99

,TRAVAUX

ET DOCUMENTS DE L’ORSTOM No 148

AINSI PARLAIENT

NOS ANCÊTRES.... WAYAPI

ESSAI D’ETHNOHISTOIRE

Pierre GR ENA ND

ORSTOM -PARIS

- 1982

Cet ouvragea fait l’objet d’une thèsede 3èmecycle, soutenueen 1980 à l’École desHautesÉtudesen Sciences Sociales
Directeur de recherche : Madame Simone DREYFUS

« La loi du 11 mars 1957 n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de I’article 41, d’une « part, que les «copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non « destinées à une utilisation collective» et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations « dans un but d’exemple et d’illustration, «toute représentation ou reproduction intégrale, ou « partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est « illicite (alinéa ler de l’article 40). « Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc « une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code Pénal». ISBN : 2-7099-0656-2 @ ORSTOM 1982

AVANT-PROPOS

Le présent des Waygpi, Ils sont amer-indiens

travail vivant répartis

est

consacré en Guyane

à l'étude française

ethnohistorique et en Amapa (Brésil).

actuellement et les

en onze villages et de 1'Amapari. sous-tribus Le premier

installés

sur

le

fleu-

ve Oyapock

bassins est et

du Jari divisée

L'ethnie tincts, personnes tits les Wayapi (dont

en deux

aux dialectes groupe totalise

dis379

les

Wayapi-puku. et

366 en Guyane)

le second en outre

190. L'existence de plus en plus

de pecertaine. Tupi-' la plus

groupes

non contactés

semble

Les Wayapi Guarani dont ils

appartiennent. avec

à la famille les Emerillon,

linguistique l'avancée

constituent,

septentrionale: La présente se de données toute théorie pour sur terres, Notre l'ethnologie thèse une large l'appréciation tant prétention, se veuf part résolument nouvelles de 1'Histoire et description se refuse par les et analy-

à élaborer Amérindiens dans ce inévitable naturelle, pour être qui

des basses domaine. empêche n'est reprise

nous en sommes encore au delà de la

à l'aube

subjectivité science fiable

de devenir une analyse

une authentique suffisamment

que de présenter ultérieurement

dans des travaux

de synthèse.

A souvenir de nos

mon vieil des fêtes

ami

Misa,

en et

à eachiri

pêches

à S9aXrraspa.

PHUNEMES

DU

WAYAFT

CONSONNES comme comme comme comme comme comme le le le le le le Frangais Français Français Français Français Français papa ma ta sa la ni comme comme comme comme occlusion césure voyelles: le le Français Français yeux kilo world camping

P m t s 1 n

Y k
W

l’Anglais l’Anglais glottale:marque pertinente

ng 7 une deux

entre

kaa / ka?a Cp&eJCforêtJ

VOYELLES i E a i .u 3 comme comme comme entre Français comme comme le le Français Français loup lotte rl /. u J nasalisé le Franqais long ’. le la le le Français Français Frangais i et le u lit lait 1s du ï E a z i nasalisé le le Français Français lin lent

comme comme &

nasalisé

comme

t :.

AVANT-PROPOS PHONEMES DU WAYAPI INTRODUCTION

!. '-.,

I.

1 V 1

PRELIMINAIRES III III CADRE GEOGRAPHIQUE ET PEUPLBMBNT ACTUEL - PROBLEMES MSTHODOLOGIQUES - RECHRRCHES HISTORIQUES SUR LES AMBRINDIENS DE GUYANE 9 20 42

LES WAYbI 1 - UN PEUPLE ET SA TERRE II III

PAR EUX-MEMES 50 DES WAYAPI : 96 WAYÂkI : 145 205

- ORGANISATION SOCIO-POLITIQUE Evolution historique - EVOLUTION DE LA C.IVILISATION Ses adaptations

IV - LA GUERRE V - L'EQUILIBRE INSTABLE DE LA MAGIE

235

L'HISTOIRE Bilan

DES WAYAPI :

événementiel

1 - PEUPLEMENT DU BASSIN DE L'OYAPOCK ET DES REGIONS ADJACENTES AVANT 1700 II III - LES TEMPS ANCIENS - LA CONQUETE WAYbI

247 259 280

VIII

IV - LE DECLIN V - L'ISOLEMENT ET LA SURVIE : Naissance Waybi contemporains (1840-1940) VI - SITUATION ACTUELLE (1940-1975) CONCLUSION des

298 316 347 355

BIBLIOGRAPiIE

392

INTRODUCTION

L'exotisme contrer et de contempler

m'intéresse

dès lors

qu'il Il fait d'une

me permet ne s'agit d'eux société,

de ren-

des hommes libres. des choses qui de la geste

pas seuledes symboles telle partagée., qu'el-

ment de l'aspect vivants de liberté,

esthétique. mais bien

le m'a été insufflée

au cours de longues

années de vie

L'intérêt particulièrement est dû - cela de survie re d'une sant quels vant

majeur

que je porte

aux Amérindiens ce travail sera

et plus consacré,

à ceux de Guyane auxquels peut paraître Si l'on une boutade observe

- à leur tant soit effaré

immense capacité peu de près par le poids l'histoiécra-

culturelle. population

amérindienne, destructeurs,

on est tant

des processus elle

politiques

que matériels,auxOn peut,deseraient

a été - et est encore situations, aptitudes

souvent

- soumise.

de telles

se demander si nos sociétés à la résistance.

porteuses

de telles

Il des Amérindiens décadence à leur

est donc essentiel, comme l'listoire

a mon sens, d'une survie

de penser

1'Histoire d'une

et non comme celle

car c'est

la démarche qui de cet

correspond,semble-t-il, le seul

le mieux

pensée.

A partir

a.priori,

que nous nous permetdes

tons de poser,

nous essaierons

de reconstituer

le changement

-2-

sociétés l'évolution

sans tenir

compte de la linéarité humains.

assignée

au XIXème siècle

à

des groupes

Je ne pense pas en effet de progression aptitude principal atomisation soient utilisables

que les

concepts

de régression dépit

et

dans ma perspective,en historiques. Dès lors qu'ils

de leur

à décrire est

des processus

que l'impératif choisissent change-

la survie

des hommes, les isolement - ne peuvent qui était

chemins ou alliance être

ou regroupement,

stratégique,

ment de mode de subsistance de vue d'un tre, dès lors gain

envisagés

que du point Par cons'en

pour la société

condamnée à mourir. plus de solutions,

que des hommes, ne recherchant pour société. leur survie, ils

remettent faire

à d'autres leur

renoncent

du même coup à

perdurer

Bien entendu, tout de mettre l'accent

à travers sur les

ces changements, ou les

il

s'agira

avant partout

dynamiques autre

stratégies

où le faisceau

des documents

permettra

chose que des conjectures.

Il

est en conséquence que l'histoire une réflexion qu'elle

bien

clair

pour moi, telle

comme pour vient sur elle-

S. DREPFUS (1976) d'être définie

amérindienne politique côtoie polarités,

qu'elle

suppose ethnies

de la société

même et sur les

Au delà historiques

de mes propres

les depuis

recherches longtemps

ethnoopportunes

en Guyane française raisons :

me semblent

et ce, pour plusieurs

-3-

- la position le pays est une extrêmité du bassin sations. - on y trouve avec plusieurs nes) ayant biotopes (forêt amazonien) qui

géographique

est particulière

: nord-est civili-

(extrêmité favorise

des Guyanes ; frontière la convergence de plusieurs

une situation de terre ferme,

écologique marécages différents.

de transition côtiers, sava-

conditionné - Il

des écosystèmes y vit six répartis Arawak. peuples entre

humains

autochtones trois

totalisant familles

plus lin-

de trois guistiques

mille

personnes, Tupi,

grandes

: Karib,

- L'écartèlement trois puissances (France, Hollande

des populations puis Surinam,

indigènes Portugal

entre puis Brésil), sont

a créé une situation encore vivantes. La variété et laisse l'historien supposer

politique

conflictuelle

dont les

conséquences

des cultures un puzzle terres

est

ainsi

prévisible

d'entrée

de jeu pour

historique d'Amérique

pour le moins enrichissant tropicale.

des basses

Le travail le premier ou ayant volet peuplé Il quelle .tions d'une

que je présente recherche

doit

donc être

considéré

comme '

sur l'ensemble régions

des ethnies

peuplant

la Guyane et les se limite

adjacentes. des Way?ipi, ethnie pour la-

à l'ethnohistoire

je considère orales

posséder

une somme de sources

écrites

et de tradifructueuse.

suffisantes entre les

pour réaliser deux est écrire

une confrontation primordial qu'il

L'équilibre prématuré Guyane.

à ce point

me semble de

de vouloir

l'histoire

des autres

populations

-4-

Mon choix intéressants ne qui voie

des WayZpi s'est s'agit

a posteriori

révélé amérindienne

des plus de Guyapar

en ce sens qu'il

de la societé

a le plus

bougé territorialement a fait

aux temps modernes

et qui,

de conséquence,

un maximum d'expériences donc postuler pour qu'elle

au niveau

du contact plus de cultu-

intertribal.

Nous pouvons

nous apportera de l'histoire il devant

données que d'autres relle et événementielle

sociétés

la reconstitution A partir de là,

de la région. nombre d'axes du passé - définition :

est possible conduire à

de s'assigner

un certain

de recherche

une bonne connaissance

des ethnies

(ethnies

vraies,

groupes

de filiations,

etc...), - étude des modifications de l'écosystème au re-

gard de la démographie

et des évènements. linguistique des ethnies de la

- identification région étudiée. - mise en évidence sur l'organisation sociale. - description de tactiques opérantes

des incidences

démographiques

des mécanismes alliance,

de survie éclatement

à partir et guerre. ethnies et linsuccessifs. qu'unité

: regroupement,

- appréciation entre elles : c'est-à-dire avec tentative

de l'étanchéité

des diverses culturelle

mesure de la diffusion de définition

guistique

des alluvionnements

- examen du rôle moderne d'impulsion culturelle

de la communauté en tant

et politique. pas le plan du présent retrnwera? travail, c11aque

Ces axes ne constituent mais seront des points de repère

que le lecteur

-5-

chapitre. Il suffisamment rel cohérent m'a semblé que le discours solide, et éviter tout aussi quoique non objectif, wayapi offrait un continuum un tout cultu-

pour embrasser caractéristique

le morcellement inobjectives.

des archives, le coeur faire de mon tra-

d'ailleurs vail

En intitulant j' entends eux, donc bien

"Les Waygpi par eux-mêmes", sages d'entre

des Wayapi,

ou du moins des plus

des historiens

de la culture constante du

à la Marc BLOCH ou à la LE ROY LADURIE. Leur démarcation présent.par qu'ils rapport au passe d'une entre histoire part,

et la différenciation part, leur

soigneuse confèrent

établissent ce titre.

et mythe d'autre

pleinement

-<
Ce travail sition révèle tions n'y voudrai .t aussi civilisé, être tant un témoignage il est vrai contre l'oppo. -

homme sauvage/homme à l'analyse permutables a pas pour moi, une "histoire 1' "histoire solitaires.

que l'llistoire et des réactemps. Il

des modes de pensée, et combinables selon en tout

des stratégies lieu et en tout

la terminologie face

proposée à une "histoire

par LEVI STRAUSS stationnaire". le fait un

(1961)

cumulative" stationnaire"

Pour lui, de cultures étalonnage

(1961,

p. 73) serait

Ces définitions

présupposent

à la fois

sur les dimensions par isolement

et les rythmes de sociétés

de 1'Histoire immobiles.

occidentale, Elles me

et l'existence semblent

quasiment

donc réfutables,

dès lors

1) la distinction pas indispensable pour l'analyse d'un corpus

entre

deux histoires ;

n'est

historique société attitude

2) la solitude donc l'inverse de l'immobilité, puisqu'une

d'une telle

est un choix, ne se justifie

-6-

que par rapport

aux ethnies A partir

voisines. simples, 1'Histoire peut donc être

de ces notions

envisagée

dans son universalité.

PRELIMINAIRES.

Il indigène lieu

paraît

désormais

absurde

d'aborder

l'étude

d'une

société le mi-

d'Amérique

du Sud sans présenter, elle évolue. Bien

au moins brièvement, que ce travail l'écologie diverses

naturel

dans lequel

ne s'inscrive j'indiquepossi-

pas dans une perspective rai bles cependant entre par touches

qui m'est succintes

chère, les

humaine, interférences

sociétés

indigènes

et milieu très

dans la région il est

Amapa-Guyane indispen-

française. sable

Pour des raisons les sociétés

similaires, indigènes

également

de replacer

dans le cadre

politico-écono-

mique de la région. Cette des outils et de l'état première partie utilisables est aussi consacr5e à l'appréciation dans cette région

de travail

par l'ethnohistorien

des recherches

scientifiques

ou pré-scientifiques

dans

le domaine abordé.

-9-

1 CADRE GEOGRAPHIQUE ET PEUPLEMENT ACTUEL

La région fait tement fédéral l'objet

de ,l'Oyapock,

du haut Araguari en partie

et du haut

Sari

qui

de mon étude

est incluse

dans le cadre

de la Guyane créé en 1946, en partie d'Amapa, unité administrative administratives la vie

dans celui

du déparb du Territoire du Brésil créée

de la République modernes, issues L'Histoire évoqués plus toutes

en 1943. Ces structures tinées à y promouvoir

deux desluttes de ces polari-

économique,sont européennes. seront

des vieilles coloniale avant, s'est

impérialistes régions,dont sée jusqu'en et de Cayenne, p 10), situé

des puissances certains chapitres

1900, à partir

des bases portugaise d'un territoire

et française contesté,(cf.

de Macapa carte 1,

sur la possession entre l'oyapock

et 1'Araguari.

En 1900, après territoire torique fut

arbitrage

de la Confédération De près sur ou de loin, les socgétés

helvétique, ce contentieux indigènes.

ce his-

cédé au Brésil.

a eu des :reDeroussions

-10

-

1) CONDITIONS NATURELLES

Les deux territoires géographiques P 12). : les terres basses

sont

composés de deux grandes ancien (cf. carte

zones 2,

et le massif

carte

1

Amapa/Guyana

: données

d'ensemble

limite m zone

du

territoire entre

wayapi la France

vers et

1830 le Brésil

contestée

[I700-ISOO] M * manganèse voie ferrée Serra do Navio/Porto Santana

-

11 -

Ces deux zones sont bien logie et leur végétation.

caractérisées Leur influence

par leur a été,& économique

géologie, reste

leur

morpho-

dans une large des dans

mesure‘déterminante populations qui les

sur l'organisation occupent. Du point

et technologique étude, c'est

de vue de notre l'histoire

la zone du massif voisins.

ancien

que s'inscrit

des Wayapi et de leurs

1.

1. Relief

: La zone du massif ancien correspond géologiquement de pénéplaine, pas encore zone enta-

au socle plate

précambrien

quisetraduit

par un paysage d'eau,

sans aucun ravinement. coulent existent

Les cours

qui n'ont

mé la surface, Les reliefs

dans des dépressions bien, mais ils

à grand rayon

de courbure. assez mous.

sont dans l'ensemble ainsi qu'au

Au nord et au sud-ouest ils Enfin, forment néanmoins

de la Guyane,

nord de l'Amapa, accentuées. par points inselbergs et qui

des zones de collines la roche cristalline restreinte,

fortement affleure les

un peu partout,

crée des reliefs sont des "typical in the variably (SICK,

dénudés de surface

climatic-geomorphological humid tropics" 1968, p, 455).

forms

of the cystallines

in FITTKAU et AL.,

Les zones'basses dépôts marins successifs; de l'Amazone. leur

plus extension sont,

hétérogènes

sont

formées

de

va en grandissant au niveau

en direction unique-

de l'estuaire

Elles

de la Guyane, de

ment composées de terrains 1'Amapa vient s'intercaler

quaternaires, entre

mais dans le sud-est et précambrien

quaternaire

une bande

carte

2

Amapa/%Uyane

: conditions

naturell&s

mangrove m m varzea Savane forêt m a + - - forêt forêt limite isohyètes et savane inondée

sèche humide de basse de ferme ancien [terres hautes] terre terre [low ferme selva]

hyper-humide de du terre massif

- 13 -

de terrains

tertiaires

détritiques

engendrant

un relief

de cuestas.

1.

2. Hydrographie

: Les mêmes oppositions se retrouvent nombreuses irréguliers au niveau donnent des cours nais-

d'eau.

Dans le massif d'eau

ancien

les

très

failles entrecoupés

sance à des cours roches et surtout

aux.profils (sauts

d'obstacles, au Brésil).

rapides

en Guyane et cachoeiras même sur

Les terrains

tertiaires

du sud se traduisent obstacles

le bas Rio Sari

par de véritables important amont.

cataractes,

naturels

qui ont joué un rôle situées en

pour la protection

des populations

amérindiennes

Les terres Guyane sont caractérisées serré

basses.en par un réseau

dehors

du nord-ouest

de la

hydrographique venant

extrêmement terres, Ce ré-

formé par les bas cours des lacs,

des fleuves

des hautes inondées.

des bras-morts, seau, affecté

des marais

et des-savanes

par les marées pour système

l'essentiel

et connecté qui a joué

à l'océan, à travers par sa

forme un merveilleux l'histoire. complexité

de conmwnication autant comme élément par

des Amérindiens que comme élément

de protection

de relation

son unicité.

1.

3. Climat

: C'est à peu près le seul donné qui ne recoupe est très pas marquée

pleinement

la dichotomie

géographique. plus grande

Son uniformité que la région orient;1 principale selon

et ce à une échelle française. (1972, p. Il 14). s'agit

beaucoup du climat

Amapa-Guyane DEMANGBGT alternance

amazonien

dont la caracteristique

est"une

- 14-

saisonnière let, saison

véritable"

avec une saison d'un mois située à novembre. (Atlas forestiers Si l'on

des pluies entre février

de décembre et avril, les

à juilet une

dont une coupure sèche d'août

en juge

d'après

données

météorologiques sances sont sur les suivants - les sud-est

existantes écosystèmes : températures

do Amapa, 1966; Etat de la Guyane,

des connaisvariants

1976) les

les

moyennes annuelles faiblement,

décroissent

du

au nord-ouest,

mais très

de 27O à Macapa à 25'

sur la frontière

du Surinam. décroissent très rapidement centrée du nord-

- Les précipitations est pluie gion au sud-ouest, sur les concernée la zone la plus

humide étant

avec 4 m de La réà 3m

collines par notre

de Kaw à 40 km au sud-est étude reçoit

de Cayenne. à l'ouest :

de 2m de pluie de ce climat sont concerne sociétés

à l'est.

Les conséquences 1) soit directes

humaines , pour pour

tout

ce qui les

le calendrier indigènes ou

agricole,

immuable

ou presque

toutes

néo-coloniales

de Guyane et d'Amapa. 2) soit indirectes, par son influence très sur le régime favorables des proies du massif des

cours tions

d'eau.

Les basses terres

eaux par exemple inondées

aux populaaquatiques)

des basses

(concentration

le sont beaucoup

moins pour

les populations

ancien.

1.

4. Végétation

: la plus recoupe visible les des diverses composantes du

Conséquence milieu, la végétation

données du relief

et de l'hydrographie.

Les terres équatoriale,

du massif

ancien

sont

couvertes forest,

par la forêt Regen Walder...).

sempervirente

et ombrophile

(Rain

- l5-

Pour l'ensemble essentiellement uniformité

des auteurs d'une

brésiliens dite

comme SAMBA10 (1930), "mata de terra firme".

il

s'agit Cette

de ses formes entendu

est bien

déterminante

économiquement Guyane. travaux

et technologiil est

quement pour aussi certain,

l'ensemble

des ethnies les loin

de haute récents d'être

A contrario,

comme le montrent ombrophile est

de GRANVILLE (1978), en par-

que cette ticulier liées

forêt

homogène et présente

des différences surtout à la variation Les terres

floristiques

et architecturales des eaux.

importantes

de l'écoulement ont,

basses

en corrélation

avec les variations plus variée.

c pedologiques, Celle-ci liée

géologiques aux autres sur les

et hydrographiques, facteurs civilisations En dehors écologiques

une végétation déjà envisagés

a influé sur la

considérablement répartition importante front côtier

indigènes de l'île indigène

en particulier

du peuplement. aussi est bien

de Cayenne - exception que coloniale puis -, le

pour l'histoire par

couvert

la mangrove

à Avicennia Au nord-ouest à la forêt

Rhizophora on

(Siriubais

et manguezais directement

en brésilien). de la mangrove

de la zone, ombrophile

passe presque que les Araguari médiaires

alors .

formations

intermédiaires

atteignent

60 km au nord du bas Rio' végétales inter-

dans la zone dite sont grossièrement - les

"Dos Lagos".

Ces formations :

au nombre de quatre limpos", seulement cerrados", savanes

"campos

strictement

herbeuses

très

restreintes,

sont présents - les "campos

en Amapa. appelés savanes hautes entrecoupées et d'ar-

basses bustes

en Guyane, (Curatella,

sont

des formations

à Cyperaceae

Byrsonima). - les savanes inondées dominer ou "campos de Varzea" le paysage en Amapa. qui

débutent

à l'est

de Cayenne pour

- 16 -

- enfin duite

la forêt

inondable galerie

dite

de "Varzea"

qui,très

réenfin certain évo-

en Guyane,devient ampleur ancêtres

une forêt

en Amapa pour prendre Il est à peu près temporairement,

sa réelle que les

aux bouches récents (cf.

de l'Amazone.

des Wayapi ont, carte 2, p.12).

au moins

lué dans ce milieu

1.

5. Paune :

NOUS manquons de données d'ensemble zone Guyane-Amapa. Celles - souvent de leur non publiées côté,

quantitatives

sur

la

- dont nous disposons extrapolables prudentes

sur le haut Oyapock sont, à l'ensemble ou d'évidences de la région. bien J'affirmais très semblable à celle

difficilement

Je me contenterai

donc d'assertions

constatées. en 1976 que lrla rencontrée faune de Guyane est les forêts sans doute ferme bien

dans toutes

de terre Phrase

de l'Amazonie imprudente "des forêts"

et des Guyanes" lorsque l'on sait

(P. GRENAND, 1976, p. 28). les vicissitudes que les montre variées

de la formation des refuges les 1978 que la ré-

amazoniennes (GRANVILLE, d'une sera enquête fait

telles

la théorie Par ailleurs,

du Pleistocène sultats à laquelle productivité rement élevée bruts il

1978, MEGGEES, 1975). de production référence du haut plus effectuée loin

en 1976 et indiquer

semblent

de la région au regard

Oyapock en protéines écosystèmes amazoniens.

est particuliè-

d'autres

Certes, niennes est partout

si

l'organisation il selon

synécologique semble les

des forêts

amazo-

identique,

que l'importance végétales.

des peupleL'influet des forêts

ments varie

considérablement en particulier,

formations

ence anthropique

en créant

des broussailles

- 17-

secondaires concentrations

(yanman en créole, très Enfin importantes

capoeiras

en brésilien)

entraîne

des

en phytophages différence les milieux aquatique.

et insectivores. existe inondés entre en parti-

une grande et forestiers, riche faune

faunistique ouverts

les milieux culier ayant

ouverts une très

2) CONDITIONS HUMAINES

La Guyane française restent largement des terres

et le Territoire avec,

fédéral

de 1'Amapa

sous-peuplées

pour des superficies de 55 125 h. en est accru particulièzones ur-

de 90 000 et 140 000 km2, des populations 1974 et 150 000 h. en 1975 (PETIT, rement baines. en Guyane par la concentration Ainsi, Cayenne, 1978).

respectives Le vide

des habitants

dans les

en 1974, totalisait

une population La situation

agglomérée entre les rurale deux '

de 35 000 habitants régions (bourgs, est cependant

(CALMONT, 1975, p. 84). un peu différente

puisque

la population

hameaux et habitations

dispersées)

représentait

en Amapa plus fort

30% en 1975 pour lorsque lations l'on sait

14,8% en Guyane en 1974. L'écart que sur ces 14,8%, 9% environ (Noirs Réfugiés et Amérindiens).

est encore représentent

des popu-

tribales

Les régions ception tants

qui intéressent

notre do Navio

étude

sont,

à l'exd'habide

de la mine de manganèse de Serra permanents autres

en Amapa, vide la majorité

que les Amérindiens.

Ailleurs,

la population amérindienne

des deux territoires en Amapa (caboclos),

est composée de métis à dominante noire

à dominante

en Guyane (créoles).

-

18-

La population unité raciale,

métisse très

de Guyane est cependant, hétérogène,

en dépit

d'une aIAntillais,

certaine de groupes
OU

composée de Guyanais, d'Haïtiens. La présence Réfugiés

Saint-Luciens ethniques les Chinois bien

et aujourd'hui délimités

d'autres

comme les Noirs la diversité. de la situation entre

(5 400 en 1976)

accentue C'est

encore

au niveau fort

économique

que réside

sans

doute ticle

l'écart "French

le plus Guiana"

Amapa et Guyane française Britannica :

; dans l'ar-

de 1'Encyclopaedia ainsi

(BRUGIERES et P.

GRENAND, 1979),

je la résumais "French

Guiana has an artificial and social legislation

economy sustained requiring to a low produce emigration Hopes having is

by aid salaries

from France. similar

The economic

to those

of France

cari,, as opposed

and a unsufficient to metropolitan of economic been deceived being carried

qualification France, hinder linked sixties,

and dynamism due to important further with economic the Guianan a new program, development. Space Center, the "Plan stock raising

development, in the late out. It

Vert" and settlers.

is based on agricultural, partly through immigration

lumbering Other

development

of French

activities

are the shrimp mining

fisheries

and the traditionnal brought little

gold

panning. and other far

The recent minerals.

prospection

hope on bauxite raising are still

In general,

agriculture food."

and stock

from meet the local A l'opposé,

demand for la situation

de 1'Amapa est beaucoup une région contestée, elle

plus

dynami-

que. Pourtant, son démarrage le territoire que maïs,

ayant

été longtemps plus

a amorcé rurale, tels de

économique

tardivement. en suffisance

Grâce à sa population de produits Le long vivriers

est producteur manioc, riz

et canne à sucre.

de la vallée

- 19 -

1'Araguari naçant amont.

les fronts

de colonisation terme les

agricole terres importante des bovins

sont en progression, amérindiennes de l'Amapa, dans les situées citée

meen dès inon-

à plus

ou moins long agricole

La ressource

la plus l'élevage

le XVIIIe

siècle,demeure

savanes

dées (72 000 têtes

en 1964, 86 000 en 1975). L'essor économique rapide est cependant principaleen 1964,

ment dû, depuis

1950, à l'extraction do Navio

du manganèse qui

(740 000 t.

1 900 000 en 1975) de Serra sance de la ville de Macapa,

a été accompagnée d'une Carte ligne

par la crois-

la création (cf

de chemin de fer Depuis dix ans

de 250 Km et d'un port au manganèse s'est forêt trait de "Varzea".

de commerce.

1, p. 10).

adjoint Ainsi,

l'exploitation en 1975, la firme 1978).

des bois

de déroulage

de la

BRDYNZEEL MADEIRAS en a ex-

257 500 m3 (PETIT,

Si l'on ressources caoutchouc l'impact de cueillette ou la chasse sur le milieu

ajoute

à cette du

industrie Brésil,

extractive la collecte très vite

des du que

comme la noix

aux caïmans noirs, est beaucoup plus

on comprend fort qu'en l'histoire

Guyane des Wayapi différents.

Nous retrouverons les diverses conséquences

à travers

de ces économies

et peuplemeks

- 20-

PROBLEMES METHODOLOGIQUES

Est-il rindiennes

besoin

de rappeler terres

que l'histoire tropicale,

des populations et parmi elles,

am& celle

des basses

d'Amérique

des populations

de Guyane française, il s'agit à cette bien

est mal connue ? entendu plus d'en étudier les

Pour l'heure, raisons de notre

que de nous borner connaissance

connotation. ordres écrits : rédigés

Les sources

historiques

sont de cinq - les documents ou leurs traditions

dans leur

immense ma-

jorité

par des Européens - les

descendants. orales des populations actuellement

survivantes. - les l'ensemble des écrits. - les savanes et les forêts. témoignages archéologiques enfouis dans les données ethno-linguistiques dispersées à travers

- 31

-

- les tifiques tant

indices

déductibles

d'observations

ethno-sciende la flore ou

sur la classification

que sur l'utilisation

de la faune, Ce sont leur Amérindiens capacité ici. de livrer une
image

fidèle

des anciens

que nous examinons

1) SOURCESECRITES

1.1. Nature

des sources Il

écrites

: certain, au regard des plus le XVIIe des archives, que la

est à peu près n'est

Guyane française de l'administration méthodique minant rapports leur qui

pas une région depuis centraliste

défavorisées. siècle

Le continuum -

française

avec son archivage un facteur déter-c

et sa politique a abouti

est sans doute conservation

à une excellente à caractère

,des corresp'ondances, édités, à leur suc-

et mémoires

officiel.

Quant aux ouvrages fois-ci liée

survivance

a été plus hasardeuse

et cette

cès et à la bonne conservation

du papier

en climat

tempéré.

Un autre taire

atout

de l'historien

de la Guyane est

l'inven-

par les archivistes-paléographes 4rchives trié

BOUGARD-CORDIER, SAROTTE, Coloniales concernant la Guyane. volumes officielle C 14 parus écrite . Ce traconcersuivi par du

BASSERBAU et TAILLEMITE,des Ces spécialistes en 1952, 1953 et entre vail nant 1651 et est plus

ont dépouillé, 1956,l'ensemble

et résumé en trois

de la correspondance

1822, contenue largement

dans les registres un

de la série

complété‘par conservés

Catalogue

des Documents Nationale

la Guyane française

à la Bibliothèque

Dépouillement

des Notes et Documents concernant

la Guyane réunis

Artur, auteurs.

médecin Enfin

du Roi à Cayenne paru la Bibliographie

en 1952 et écrit

par les mêmes (1957) par

de la Guyane française

HTJR#JJLT, SABAN et ABONNENCnous donne un panorama et articles publiés sur ce pays. Nous ne disposons

général

des ouvrages

malheureusement des archiA par-

pas de travaux ves portugaises tir des seuls

identiques serait excellents

du côté brésilien. sans doute travaux de son côté français, il

Une exploration très productive.

nous est donc possible du point de vue

de dégager

rapidement

la valeur

comparée des documents

de la recherche

ethnologique. Dans un récent travail pour l'Atlas de la Guyane de l'l-listoire en périodes, :

(P. GRENAND, 1978), des Amérindiens conditionnée entre Amérindiens

j'ai

été amené à tenter

une synthèse une division

de Guyane où je présentais par la nature du contact

avec le monde occidental au milieu du XVIIe

- du XVIe siècle à l'installation - 1650-1790 le miroir aux alouettes.

: des conflits

durable

des Européens. à l'assistance;

: de la colonisation

- de 1790 à 1930 : l'oubli.

Bien que les tent quelque peu de ce cadre

idées

véhiculées

dans les les périodes

archives ainsi

sordélimi-

chronologique, selon

tées ont l'avantage majeures de la France

de les ordonner à l'égard

les orientations indigènes. (occupation

politiques

des populations du XVIIe siècle

Du XVIe au milieu tive de Cayenne en 1664),

définique sur du

nous ne possédons tardive grever

de sources

écrites moitié

la zone côtière, XVIIe tion siècle) purement

la pénétration venant en effet

du pays nos chances

(deuxième

de connaître espagnole

une situaet

pré-européenne.

La colonisation,

à l'ouest

portugaise tation nait,

au sud,avait soit

déjà bouleversé, indirectement de l'Amérique

soit

directement

par la fréquenqu'elle entraîCharles à l'embou-

des côtes, la carte

par les migrations forestière

ethnique

; le voyageur pas,

LEIGH (1606)

(WILLIAMSON, 1923, p. 29) ne rencontra-t-il des Indiens Yayo chassés de Trinidad

chure de l'oyapock, Espagnols ?

par les

Les sources daises, plus anglaises et françaises elles

sont

d'origines

très Récits

variées,

hollan-

principalement, présentent

de découvreurs un intérêt elles se-

que correspondances, réel.

obligatoirement travail,

descriptif ront

Moyennement utiles utilisées

pour le présent postérieurs. auteurs,

largement est

dans nos travaux de leurs

Leur défaut la Guyane n'ayant les fastes époque

principal

le manque de talent

pas eu son JEAN de LERY ou son YVES d'EVRBUX pour peindre de la nature et des sauvages. Les principaux auteurs

de cette

sont MOQUBT, RALEIGH et BIET. 1' 1 ,

De 1650 à 1790 l'essentiel est constitué par la correspondance compétents. entre les

de notre

documentation royaux près utile S'il faible.

fonctionnaires d'exceptions est plus des Indiens. porté qu'il serait

et les ministres sur des centaines pour l'histoire fallait mesurer

A quelques ce type

dizaines de sources

de documents, de la colonisation au poids

que pour celle l'intérêt évident années, : l'esprit

de correspondance il est bien premières guère

par les très

gouverneurs

aux Amérindiens,

Au moins dans les quatre-vingt que et politique tait ne s'y prêtait

le cadre

philosophiénée.

de la Renaissance n'était pas encore

mort et la curiosité

de l'encyclopédiste

-24

-

L'installation fit entrer d'emblée

tardive

de colonies

permanentes

à Cayenne

la Guyane dans l'ère la Guyane ne fut à l'instar dorés

de l'économie

de plantation. nos jours, blanche sordide se

Or, dans les faits, un joyau s'y

jamais, des Antilles. et une vie au milieu.

et ce jusqu'à L'Histoire quotidienne C'est

de la couronne entre

partagera

des rêves

consumant

dans une survie

inadaptée

à des thèmes tels de routes, découse cependans plus alors fut

que ravitaillement, vertes de minéraux

conquêtes précieux,

de terres, querelles

ouverture entre

fonctionnaires,que et rapports. étaient 11 faut

consacraient 'dant nuancer le jeu tard

donc au fil : soit parce pour parce

des ans ces lettres que les Amérindiens la possession qu'ils

des pions qui deviendra

impérialiste soit

du Contesté

l'Amapa,
au

représentaient

une composante leur

importante consacrée.

peuplement,

une partie

de la correspondance nettement

Ces préoccupations

apparaissent

sous le gouverneavant 1650, limités

ment du Marquis présentent aux écrits

de FEROLLEI;. Les récits descriptif ; ils

de voyage,comme

un intérêt des pères

sont malheureusement

GRILLET et BECHAMEL, GOUPIL des MARETS et du Père en particulier le voile sont essentiels sur la géographie la plupart entachés la réalité. pour notre humaine de la s'avsrent de mer-

CHRETIEN. Les premiers travail, haute car ils Guyane. lèvent

Malheureusement, secs et trop

de ces documents

en général veilleux

trop

d'ethnocentrisme,

voire

, pour nous rendre

Après pour l'essentiel,

1720, les mentalités de notre

changent

peu à peu, bien reste

que,

la nature

documentation espoirs

la même. C'est à par-

la période tir qui,

des Missions

Jésuites aussi

et leurs l'hégémonie

de colonisation

des Amérindiens. pendant 63 ans,

C'est

de la famile

d'ORVILLIERS de la

de 1700 à 1763, va dominer

le gouvernement

- 2s -

Guyane.

Il

semble que la sympathie ait

personnelle politique plus

des d'ORVILLIERS de protection. nombreux et plus

pour Au niprécis

les Amérindiens veau des archives et ce n'est suivie n'est

été à la base d'une les rapports qu'à partir deviennent

vraiment

de 1720 que nous avons une connaissance La naissance de l'esprit philosophique : déjà présent Naturelle atteindre de position son

de l'intérieur

du pays.

sans doute pas étrangère

à ce mouvement général il fleurit

dans l'ouvrage des plantes

de BARRF,RE (1743), de la Guyane Française

dans l'llistoire pour

d'AUBLET (1775)

apogée dans les mémoires contre l'assimilation

de MALOUET (1778)

par une prise

des Amérindiens.

La troisième dans les sources écrites

période

(1790-1930) aux ères

que nous distinguons du Positivisune colonie nombreux plus diserts, des

correspond Politiquement, Les documents

successives

me et du Rationalisme. de Seconde importance, - pour des raisons la part archives. guère plus des ouvrages

la Guyane devient y sont pourtant plus

évidentes édités

de conservation devenant cette prolixe En effet, sinon qu'il aussi

- mais aussi importante

que celle

Malheureusement

littérature l'esprit

ne nous apprend du temps ne changea de l'éternel écrits de cette puisque

sur les Amérindiens.

guëre le fond des documents, sauvage, période l'on introduisant ne reculent l'idée d'ailleurs

imposa l'image culturel : les

de fixisme pas devant

la contradiction, culturelle.

y parle

avec autant

d'aisance

de dégénkescence

Néanmoins, porte de plus en plus

ce siècle

des sciences tant

descriptives domaines

nous apdes et nous

de données précises que de la cartographie

dans les

sciences

naturelles

ou de l'ethnographie

pouvons, travailler

à partir de façon

de celles-ci, plus ainsi

dégagées

de leur

gangue de préjugés,

analytique. qu'en Guyane comme ailleurs, voyageurs explorateurs assez le XIXe siècle dont CREVAUX pour le dra-

C'est se termine

avec l'apogée

des grands

en 1878 et COUUBBAUentre se préoccuper peau français plus

1889 et 1891, esprits ce qu'ils furent voyaient

indépendants

d'observer

que de planter

là où ils

passaient,

des représentants

typiques.

En dépit des écrits jeur porté plus lation reste, pour l'ensemble

d'un bilan de cette de notre

assez positif troisième recherche,

quant période,

à la qualité le handicap ma-

dans le cadre

le désintérêt

progressif signalés popu-

aux Amérindiens. haut, seul

A l'exception

des deux explorateurs avec l'entrée des Boni, 1890 cette

le début

du XIXe siècle

de la grande

Wayapi

et les mouvements migratoires Après

a connu une série région plus visités ainsi et

de voyages

dans le sud de la Guyane. de l'Amapa,

que le nord-ouest ce,à une période

ne furent

pratiquement

où l'ethnographie

moderne naissait.

1.2.

Traitement

des sources Cette brève qualités

écrites analyse

: diachronique des sources, si elle

permet de leur

de sentir temps,

les n'exclut

diverses

des documents

dans le contexte confronté d'un docu-

pas que l'ethnohistorien identiques autre de trois connaître est presque cités , qu'il

se trouve s'agisse ans :

à un certain

nombre de problèmes ans, ou d'un a) il

ment de cinquante

cents

nous faut

la date toujours plus

du document résolu Cependant,

et son auteur. par les excellents

Cet aspect travaux

du problême

bibliographiques

haut.

- 27-

le fait ne doit

que nombre d'ouvrages jamais être oublié. b) il

furent

publiés

bien

après

leur

rédaction

nous faut face

dater

les

faits cas :

exposés

dans les

documents; - soit n'étant il

nous sommes alors s'agit d'une ni

à plusieurs d'un

compilation sa provenance

document plus Il

ancien,

l'original alors le ha-

pas daté,

précisée.

nous faudra

sard d'un nom, d'un - soit trouver siècle. si l'on phique, qu'au il s'agit

lieu,

pour essayer compilation

de le replacer

dans son temps. et l'on pourra

d'une

de plusieurs siècle

documents et une autre inextricable,

mêlées une observation Il s'agit là d'une à l'esprit

du XVIIe

du XVIIIe surtout

situation

souvent

a présent hormis

que l'usage

de la référence n'apparaît

bibliogravraiment

celle

de la Bible La. seule Guianne

et des Anciens, est 1760) 1'Histoire

XIXe siècle. de la

exception (vers

des colonies dont nous reparlerons

françoises paufi loin.

d’ARTUR

c) il ne des observations, ethnographiques - soit teur - soit - soit il s'agit : d'un plus point

nous faut essentiel

déterminer en ce qui

la nature concerne

et l'origiles rares notes

rapport

sur les indigène

paroles ;

directes

d'un

observa-

européen, il il s'agit s'agit cas,

rarement rapport

d'un d'une c'est

sur des ouï-dire directe, le dernier il nous faut

déjà du type

anciens "notes le plus

; de voyage". intéressant.

observation évidemment

Des trois

qui isoler

sera

d) enfin graphiques, pertinentes... souvent livrés géographiques, et là,

les

données ethno-

historiques,

numériques

et linguistiques possibles,

nous sommes, faute des auteurs.

de recoupements

à la sincérité

28

-

1.2.1

- Les données ethnographiques

concernant

la civilisation

matérielle disodes é-

ne sont recevables rectes. ciale crits ses, Dès lors

que dans la mesure où elles que nous entrons religieuse, variées de jeu Cet exercice les

sont des observations

dans le domaine de l'organisation les interprétations possibles

et de la pensée sont sachant tellement d'entrée propre.

que nous devons nous limiter que la subjectivité est de toute de l'auteur façon limité,

à des hypothèest livrée

à la nôtre toute re... presque

car à travers la parusociale

la période,

données sur les abondantes

techniques

de subsistance,

sont somme toute nulles, sauf

et celles

sur l'organisation

chez le Père CHRETIEN (1715) leur à défaut connaissance de leur

et COUDREAU (1893). amérindiennes ex-

Pour ces deux auteurs, plique leur intérêt

des langues

compréhension.

1.2.2. tions,

- Les données cartographiques fournir de par leur sécheresse

peuvent

avec certaines

précaude

même des données dépourvues

subjectivité.

Les problèmes au niveau de la qualité

posés par la Cartograph?edes relevés contenus d'échelle. topographiques, documents

résident

surtout sur car-

du report et,

te des renseignements mesure, gine grande du changement

dans les

dans une moindre exemple,à l'oriqui, à

Ce dernier

cas est,par

de la célèbre échelle, fut

erreur

des Tumuc Humac, montagne comme si elle plus grand à partir allait est

du Vénézuela

orthographiée

du Vénézuela tendu par les de documents ou car-

à la Guyane (HURAULT, 1957). tes résultant pluridatés il pas, d'une ou anciens concernant compilation : l'Atlas

Un piège

de cabinet Général

Larousse

(1959) datant

ne publiaitde 1890 ?

la Guyane,des

renseignements

-

i?9-

Au delà ler une série

de ces inconvénients, cartes originales

il

m'a été possible qui, confrontées

d'isoaux car-

d'excellentes permettent

tes contemporaines, minimum d'erreurs, plus avant.

d'effectuer l'apport

des localisations toponymique qui

avec un sera évoqué

sans compter

1.2.3. Elles dental, acteurs.

- Les données historiques sont précieuses cependant Elles elles pour l'histoire

sont d'un

intérêt

extrêmement

variable.

des contacts

avec le monde occid'une moitié concerne des les

ne nous livrent très

que la vision décevantes de la vie

sont en revanche ou inter-tribaux culturelle

en ce qui politique

.mouvements le concept comparatives. arrive laissant indien... indigènes enlisement,

internes d'uniformité

des Amérindiens, les observations il émergent,

apparente

grevant

En dehors qu'une qu'il

de deux ou trois date, une allusion,

documents

exceptionnels, de récit

cependant à penser

une bribe

se passait le silence... pas, hors

quand même quelque Tout s'ordonne

chose en pays sociétés

P'uis rien, ne vivaient vie

comme si les Blancs

du contact

avec les On assiste sociétés

: monotonie, sorte

végétative, de toutes

désespérance... pièces des

en quelque sans Histoire.

à la fabrication

1.2.4.

- Les données démographiques qui demande une grande : nous possédons du XVIIIe donnée,

sont abondantes, prudence.

parfois

même, d'ubien des .

ne précision ce problème Missions

Un exemple

éclaire

des chiffres s., rien tant

précis sur la côte

sur le peuplement que sur 1'Oyapock. - pour

Jésuites

Or, dans l'énumération politiques Galibi, et religieuses Kaikuxian, ainsi

ne nous est - sur les

dit

des raisons de des docul'exis-

évidentes alors traditions

groupes

réfractaires allusions

AramiXo, que les

que de nombreuses orales

ments écrits,

actuelles,prouvent

-

30-

tente

de ces groupes

non "réduits". de l'utilisation données des données numériques : ici on scrute de se laisser est

Le problème donc l'inverse les lignes, de celui là on doit offertes, particulièrement

des autres résister

désespérément aller à des part

à la tentation chiffres sanitaire

interprétations révélateurs, gnait

même si les de l'état

sont pour une grande catastrophique

qui ré-

sur les MIssions.

1.2.5. certain maires rarement

- Les données linguistiques que nous souffrons
et

sont

au contraire, de nombreux interne porté atténué

maigres. documents.

Il

est Les gramont

là de la perte destinés De plus,

les vocabulaires traversé l'océan.

à l'usage l'intérêt s'est

des Missions par les premiers

missionnaires çurent ils

à l'ensemble (Galibi)

des langues était efforts bien

lorsqu'ils

s'aper;

que le Kaliiïa

connu dans toute derniëre générale".

la région langue

concentrèrent plus

alors

leurs

sur cette

et par-

vinrent

ou moins à l'imposer comme pâture, (personnages, intéressantes

comme "langue de brefs plantes, sont les

Nous devons

donc nous contenter, dans un texte rement français

lexiques animaux, cartes

de mots isolés objets, détaillées celle plus ra-

coutumes). excellentes

Plus

: certaide Simon

nes sont

et reproduisent

- en particulier

MSNTELLE (1778)

et celle

d'AUDIFFKKDY (1763) très précieux

- un grand nombre de toposur les langues parlées

nymes, nous donnant sur telle sont plus souvent et telle révélateurs écrit

des indices rivière.
Assez

différemment, des contacts "x"

les noms de populations intertribaux : nous avons "y"

sur le plan

le nom de la population ; quelquefois vrai

donné par la population c'est un sobriquet, est plus

et non l'autodénomination ment la traduction de leur

rarepar les

nom. Le problème

compliqué

-31

-

écritures

approximatives

des différents

auteurs

et leur

méconnaissance

de la langue , qui ples différents,

aboutissent,

par exemple,

à donner

comme nom de peu-

des noms de chefs, En définitive,

de villages,

de rivières... données livrées avec les tra-

la valeur qu'après

des diverses confrontation

par les ditions

textes orales

n'est

déterminable

existantes.

2) SOURCESORALES

Bien que nous ayons pu constater, loque "Situation et avenir chercheurs orales, il de l'llnthropologie encore en doute

lors

du récent (Paris, historique

col191)7),

en France" la valeur

que quelques des traditions

mettent

nous a semblé impossible en les escamotant. que ce qui

d'aborder

une recher-

che sur le passé des Amérindiens Il une évidence ne l'a est

sans doute vrai été,

semble pour nous raisons : char202-

pas toujours

et ce pour diverses des Amérindiens

- Les idéologies mants, 206).

dominantes

faisaient

des êtres

mais sans curiosité Dès lors, l'ensemble

ni persévérance de leurs propos

(HUR~DLT, 1972, pp. étaient tenus

pour pittores'

ques y sans plus. - Le fait que les Amérindiens en rien aient un mode de repérage de dater impossibilité chronologie, ? des langues . vernaculaires faisait fut dans le temps perçu par

qui ne ressemble les Occidentaux toire. histoire - Enfin, La fin

à nos manières

toujours à concevoir

comme une irrémédiable de la confusion pas toute entre récente

l'Hiset

historiographie

n'est-elle

l'incompréhension des êtres

générale "muets".

des Amérindiens

Or, nos observations se : le discours historique en tant

de terrain que réflexion

nous montrent politique

l'inversur la socié(Palikur, des connai-sou guerqui

té existe
Galibi, sances riers,

chez tous

les Amérindiens et Waygpi).

que nous avons approchés De plus, la combinaison des récits de points

Wayana, Emerillon généalogiques des toponymies

(réelles

ou mythiques), autant défaillante.

héroïques de repère

historiques,sont une datation

permettent

de compenser

2.1.

- Valeur

ethnohistorique Il ne faut orales, pour favoriser

des traditions certes tels tel

orales

: les pièges tendus

pas sous-estimer que tassement groupe, tel

par les

traditions

du temps, village

ou manipulation ou tel destin" personna(HURAULT, HURAULT, pas,

des évènements

ge. Mais comment connaître 1972, p. 17) des Amérindiens, ouvrage

"comportement, autrement Français

motivation, qu'en les

écoutant;

dans son minutieux en dépit d'une

et Indiens des sources,

de Guyane n'a-t-il été parfois ? L'écriture avoir bien abusé,

critique par

permanente la vision encore longue qui

en sens inverse, technique exemple,

des colonisateurs son contenu discussion, tente doit-il éclaire

est une Un : COU-

merveilleuse, mieux qu'une

une valeur.

ce problème

DREAU (1893), lations 1800, ils engagèrent guerre qui

le premier parle

une synthèse suivante

de 1'Histoire des guerres

des popuwayapi : "Vers Ils

indigènes,

de la façon jusqu'au

s'avancèrent alors

Rouapir

et aux sources avec leurs

de l'oyapock.

une guerre

sans trêve ans,

ennemis

les Roucouyennes, (ibid, dates p.279). appro-

dura près

de trente

de 1800 à 1830 environ" citation lieux ? Trois

Que nous fournit ximatives ne répond ; le nom des antagonistes pas aux questions

une telle ; les

de la guerre. la guerre

Mais elle

du genre

: pourquoi

? combien

- 33-

d'hommes,

de villages "sans

en guerre trêve" ? lorsque
kasi po

? comment faisait-on

la guerre

? Certes,

COUDREAUdit bien

; mais n'est-ce

pas là une clause

de style

passe-partout

A l'opposé, ./katu
sa

les Waygpi actuels
t&&‘&wal&/

chantent

:

/tis~Ewalô,tiE~owalô/ /akusiway /mDkük”uma apiliks wsiys/ mûkiïküma weiyû/

"Etions-nous

tellement

forts,

nous les buveurs

de sang,

nous les buveurs réduits réduits Nous n'avons

de sang ? à manger les ., -' reliefs des acouchis,

que nous étions que nous étions". nous n'avons

pas de date,

même pas le nom des antagonistes, par d'autres informations

mais le 11 sans trêve" autrement plus

de COUDREAUest remplacé : : la projection interrogative rituel ;

pertinentes linguistique

- une information rendue

du présent

sur le passé,

par une forme verbale d'ordre

- une information ennemis ;

: les Wayâlpi buvaient

le sang de leurs

- une information
vie sociale

à valeur

sociologique

: la guerre

annihilait fairè leur

toute d'abattis. passé' sans

régulière, Certes,

au point, dira-t-on,

semble-t-il,

de ne plus subliment

les Way?ipi actuels terrible avant ou glorieux d'être

n'en

retenant

que.l'aspect que l'Histoire, l'idée

. Je répondrai

hésitatian

une critique, de leur

donc une science, passé. Et même.si mieux vaut

est pour les peuples, l'on tient compte

qu'ils que

se font les

du fait

i<ayl?pi

affabulent,

- 34-

pour vécus

le par

chercheur l'ethnie sur des C'est

cette que faits pour centrale

affabulation des jugements

directe indirects ou déjà parmi

sur

des

faits par des

portés lointains.

étrangers

incompris cette raison,

d'autres, orale,

que notre

tra-

vail qu'il les

accorde

une place

à la tradition

ou plus entre

exactement, ora-

se présente et sources

comme une confrontation

permanente

sources

écrites.

2.2.

- Connaissance

des traditions

orales

historiques:

Dans la mesure où les documents temps à autre de tradition les paroles orale. d'un Amérindien, il s'agit on peut le plus et leur

anciens

relatent

de

déjà parler souvent

de bribes arrandès

Cependant,

de paroles s'en trouve

gées au goût de la pensée lors bien amoindrie.

européenne,

pertinence

Prenone il cite

comme exemple les paroles

une lettre d'un Indien

du Père LOMBARD Galibi qu'il a re-

(1730)

dans laquelle

fusé de baptiser en moi quelque

: "Pourquoi

donc ne m'avez-vous

pas nommé ? Y a-t-il encore quelque pas

chose qui vous déplaise pas renoncé chrétienne

? Exigez-vous

chose de moi ? N'ai-je assez bien la doctrine

aux superstitions ?"

:? Ne sais-je

Au XIXe siècle, tables vent relevés réel de paroles

si nous n'avons

pas encore

de vérisou-

authentiques, indigène

nous trouvons de tel ou tel

déjà un souci fait.

de relater

la version

Le voyageur ; citons dix la ans :

H. COTJDREAU (1893) rencontre

est à cet égard wayapi

un exemple

remarquable

de deux frères “- Je suis venu.

qui ne se sont pas vus depuis

-

35 -

- Et moi je suis

ici.

Un moment de silence. - La rivière est bien sèche ? qui portent à petit, le canot. on s'informe des voyages de la santé, faits, de la des

- Ce sont les roches Et cela famille, mariages, vers continue. des amis,

Petit

des récoltes,

des morts, Acara

des naissances. :

Au bout d'une

demi-heure,

se tourne

son frère

- Je m'en vais. - C'est Et Acara bien. repart pour son village." dialogues il n'y (ibid. p. 316-17). être pris

Si de tels pour des citations quelconque profondeur authentiques,

peuvent

effectivement

en a que très

peu qui aient,une

historique. plus proches de nous,ceux de DE.,GOEJE (1941), nous fourpour-

Les travaux :.HLBRINICK nissent tant tation (1931), bien

NIMUENDAJU (1926) témoignages

et du Père DELAWARDE (1966) des Amérindiens tend beaucoup sur leur plus vers

quelques

passé,

l'orientation anthropologique plus

de ces savants qu'historique

une interpréIls historiques. actuelles. les relevés accordent,

des données recueillies. qu'aux traditions

en général Seul parmi

d'intérêt

aux légendes

ces auteurs,

NIMUENDAXJ annonce nos préoccupations 1972) commencent vraiment là encore, l'apport,

Avec HURAULT (1968, systématiques important, de tradition nous laisse orale. sur notre

Cependant, faim.

pourtant de se référer à

Si cet auteur il :

s'efforce

sans cesse aux paroles ses textes des limitations

de ses informateurs, subjectives

impose quelquefois "Nous avons dû parfois

- 36-

alléger

le texte

de nombreuses

répétitions évidence,

et résumer

un certain

nombre

de passages l'entraînait thèses".

dans lesquels, loin

de toute

l'imagination sont placés

du conteur entre paren-

de son sujet 1968, p.

; ces passages

(HURA~T, Il

117). dans le présent a été collecté travail, l'essen-

se trouve

donc que,

tiel

des traditions

historiques

orales

par F. GRENAND

et moi : - 1) en 1969 chez les Wayana de 1'Itany - 2) en 1969, puis Oyapock et secondairement et du Jari.

de 1971 à 1978, chez les Wayapi du haut Quelou

avec ceux du moyen Oyapock et du Kouc. avec des informateurs et 1'Inipuku originaires

ques données ont été collectées ayant puku. - 3) des données Emerillons séjourné sur 1'Amapari

en Amapa, chez les Wayapi-

comparatives

ont été recueillies par E. NAVET (l)(1972)

chez les et R.

par nous en 1972 et surtout

- 4) Une enquête à mai 1979 par J.M.

complémentaire

a été effectuée

de mars

BEAUDET(3)

- 5) Un texte ApalaifWayapi collecté - 6) Enfin, bliés

chez les Wayâ'pi du haut Oyapock. .. important sur les rapports Néo-Brésiliens/ Paru m'a ét& confié souvent (4). par D. SCHOEPF Wayana pu-

sur le rio

je me référerai

aux textes

en 1968 par J. HURAULT. Maître Assistant à la Faculté d'Oran Amérique, du Musée

(1) - ethnologue,

(2) - instituteur
Orstom (3) - ethnomusicologue, (4) - ethnologue, conservateur du département d'Ethnographie de la Ville de Genève.

-37

-

3) DONNEESETHNOLINGUISTIQUES L'apport aussi récent de la linguistique de cette Dès lors à l'ethnologie et relève est tout évidemment particulièrement ou étymologide la culture,

que l'essor comparatif.

science

du travail que fournit elle

où la recherche pour d'autres

sémantique

des données utilisables secondairement

la compréhension à valeur

en fournit

diachronique.

Ainsi était appelé/kuyuyu/ vers

lorsqu'un

Waygpi dit

à propos il oblige

d'un poisson"ywalapa/ l'ethnologue ce changement à se tour?> et

par nos anciens" le passé

ner à la fois vers d'autres

(quand et pourquoi familles

langues

(à quelles

linguistiques

appartiennent

ces mots ?). Il sinon celle n'y a pas de limites qualitatives à de tels indices

de la notation large récits

linguistique. : cartes,

Le champ de renseignements documents bref d'archives, la totalité relevés des é-

est donc extrêmement de traditions crits consacrés orales,

de voyages...

de près

ou de loin

aux Amérindiens

des Guyanes. que même asser-'

Lorsque les Nouragues des familles tion. Plus

les Pères GRILLET et BECHAMEL nous disent appelaient pieu, Mairé, leur ignorance leur

(Norak) linguistiques

en présence connaissance des hypothèses

nous authentifie moderne des langues trop vite bâties.

encore

notre

en présenL'examen siècle monKarib,

ce permet

de tempérer

des noms des ethnies tre que nous étions de langue

du bassin en présence Tupi, alors

de l'oyapock d'ethnies

au XVIIIe. en partie

de langue

en partie d'une

que le géographe

COUDREAU, à partir uniquement des

citation

ambigüe de langue

du Père FAUQUE (1728) Karib.

en fait

populations

-

3%

Dans le présent ethnolinguistiques jectivité dont les

travail,

nous considérons

donc les éléments de toute : sub-

comme des données primaires trois utilisations principales

libérées seront éteintes.

- l'identification - l'appréciation Wayapi ont-ils les plantes ils

linguistique des contacts adopté et les

des populations intertribaux mots Karib certains Tupi

: pourquoi (Kalifia termes et Karib

et quand

les

de nombreux

et Wayana) pour de parenté en Guyane ? Prenons pour à tasser guerrier, La forme là un sont-

animaux

? Pourquoi de langues

communs aux populations

- les modifications un exemple désigner les fils

ou la disparition

de traits actuellement en bois

de culture.

: les WayZpi emploient le couteau de trame à double

le mot lsawalapal d'arc, destiné

tranchant à tisser.

sur le métier

Or, dans un chant à double différente, tranchant.

le même mot est des casse-têtes maillon

appliqué "modernes"

à un casse-tête étant assez

nous tenons

de changement

technologique.

En conséquence, pas m'aventurer sémantiques, grand poids trop la part avant

dans la mesure où j'aurai dans des interprétations à l'argumentation

pris

garde

de ne ou d'un

étymologiques linguistique sera

réservée

dans mon travail.

4) DONNEES DE L'ARCHEOLOGIE Jusqu'à giques taires (1943), ces toutes dernières inexistantes. pour années, les fouilles archéoloinven-

ont été à peu près de sites

Par ailleurs, l'ensemble

quelques

ont été dressés

du pays par REICHLEN pour l'Atlas métho-

ABONNENC (1953) En l'absence

et complétés d'études

par TURENNE. (1978) stratigraphiques

de la Guyane.

et d'études

-39

-

diques n'a

des styles

de poteries,

aucune série

de couches

archéologiques

pu être

sérieusement Tout au plus

dégagée. le sauvetage a-t-il du site permis de la Pointe d'établir Gravier

. par le pédologue relative

TURENNE (1973) de l'île

l'ancienneté

de l'occupation

de Cayenne (2500 BP). des gisements cependant focalisations de

De la fréquence poterie de surface

et de la localisation nous pouvons régions et les

et des polissoirs, selon les

dégager de

la densité l'habitat

du peuplement par rapport

au milieu

bio-géographique. avec les traditions

Ces données mises en corrélation orales peuvent conduire, comme nous le verrons,

à des hypothèses

fructueuses. Enfin, fort. heureusement l'absence suppléée par d'archéologie les travaux moderne en Guyane est méthodiques ainsi appel conduits au

Surinam lents

et au Brékil,, travaux

en Amapa. Nous ferons

aux excel-

de EVANS et MEGGERS(1949, concerne les migrations récentes

1975) et de BUBBERMAN (1974) anciennes. Les connaissances

pour tout géologiques permettront

ce qui

et pédologiques secondairement

(CHOUBERT, 1957, LEVECUE, 1962)

des corrélations.

5) DONNEESETHNOSCIENTIFIQUES Les recherches vingt mettent ans parallèlement de mieux soit en ethnoscience à l'écologie, les différentes
du

qui soit

se développent à la linguistique,

depuis per-

comprendre

ordonnances sur l'organisation

de l'univers des sociétés. ces

et de mieux

apprécier

le poids

milieu

Comme dans le cas des données ethnolinguistiques,

- 40-

recherches chroniquement

fournissent

en deuxième

lieu

des éléments

utilisables

dia-

et comparativement Les connaissances

dans l'espace. en ethno-botanique Bien qu'il plus d'espèces en particulier s'agir sur

peuvent

être

utilisées

fructueusement. des observations

ne puisse

de phytochronologie, la domestication toires contacts sérieuse, des ethnies historiques resteraient

modestes, dans les

par exemple divers terri-

ou la spontanéité observées, qui,

permettent l'absence

de mettre

en évidence

des

de par

d'archéologie

guyanaise

occultes.

L'importance de plus botaniques milieu logique soit entre être appréciée suivant

des contacts

et des migrations zoologiques ethnie

peut ou

par l'étude

des nomenclatures : lorsqu'une transposer espèces

un principe elle

simple peut soit

change de zoo-

biogéographique, et botanique

son lexique qu'elle

sur les nouvelles nouveau

rencontre, elle

emprunter en contact.

un lexique

aux populations

avec qui

D'autres fournis par la confrontation Par exemple

repères

historiques

enfin,

peuvent

être et

de nos connaissances dans l'important chant

sur le milieu /pilau/ "les

le folklore. poissons", (Arapaima

grands

les Wayapi donnent gigas) dont les plus

la prééminence proches territoire

à l'espèce

/pilauluku/ fréquentent

représentants actuel.

les eaux à 500 Km au Sud de leur sont des indices sûrs de localisation

De tels

chants

ancienne à d'autres

dans des biotopes éléments, témoi-

différents, gnent d'un

et par conséquent, écosystème également

joints

différent.

Reposant des collections l'ethnologue ches, un très

sur un herbier

considérable fruit

(2500 numéros) d'une collaboration de toutes

et sur entre branet

zoologiques et les

importantes, en sciences

chercheurs

naturelles des espèces

bon fichier a pu être sur cette

d'identification mis au point. base, divers condition éléments

guyanaises

nord-amazoniennes C'est tion

sine

qua non de toute naturel de nos

déduc-

ethnoscientifique,que

du milieu

utilisés

par les Wayâpi seront connaissances.

mis en relation

avec l'ensemble

-42.

-

III RECHERCHES HI§TORIQUE§ SUR LES AMERINDIENS DE GUYANE

Avant Amérindiens

d'apporter tropicale,

ma propre discipline

contribution pour il

à l'histoire laquelle m'est l'intérêt apparu utile

des

d'Amérique

des anthropologues de brosser des historiens un rapide ayant

contemporains panorama abordé

va croissant, critique

des travaux

et des orientations de Guyane.

le passé des populations

Nous avons déjà des Européens face

suffisamment à travers

vu l'évolution les écrits,

de l'attitude pour comprendre récente dans

aux Amérindiens mieux

que la démarche historique,ou cette partie du monde.

ethnohistorique,est

Encore nous faut-il définition acceptable

apprécier

ces travaux comme celle

à partir

d'une

de l'ethnohistoire

que proposent

- 43-

POIRIER et DESCHAMPS (Ethnologie la tâche nelles tituer" est double. et pour la part et de "reconnaître de leur Il s'agit où elles

générale, de "décrire ont disparu, les

1968, p, les

1436).

Pour eux, tradition-

civilisations

s'efforcer civilisations

de les

reconset pas

et expliquer

actuelles certes

le processus parfaites à tradition un hiatus Néanmoins, canerai .' sent. sation, pas, Mieux,

changement". n'explicitent

Ces définitions

ne sont

, puisqu'elles orale entre

pas la capacité

des sociétés introduisent "disparu". je ne chi-

à réfléchir

sur elles-mêmes par l'emploi de langage, de jeter

et qu'elles de l'adjectif sur lesquelles entre

passé et présent de ces erreurs est bien

au delà

l'essentiel

un pont les

passé et préde civilide

en se proposant

d'expliquer inclut

changements

ce que l'ethnologie

traditionnellement

dans l'étude un lien histoire

l'acculturation le plus nologie. important

(1) , POIRIER et DESCHAMPSétablissent selon WACHTRL (1971, p. 25) entre

fécond, et eth-

En définitive, importante, hue, l'autre l'une entre ethnohistoire

la seule

différence,

à mes yeux d'ordre à partir méthodolodu présent,

et histoire,reste sa recherche contrainte.

amorçant

nécessairement aucunement cette

ne subissant

Ces deux démarches partie

correspondant du présent

respectivement travail.

à la deuxième

et à la troisième

Nous ne pouvons contenues dans les écrits allant

considérer du XVIIe

les notes siècle

historiques du XVIIIe ARTUF.,

au milieu

siècle comme correspondant à nos exigences actuelles. --s-v _________-----------(1) Terme de moins en moins opérant pour l'ethnologue et qu'il convient de remplacer par le terme plus

Toutefois

contemporain d'adaptation.

général

- 44-

. . medecin
peut être

du roi,

par son travail

d'historiographe : en effet il

écrit

vers

1760, de façon une du XVIIe

considéré

comme un précurseur de son temps, des évènements siècle.

en classant d'établir

critique chronologie siècle

les documents correcte

a eu le mérite

survenus

dans la colonie

au milieu

du XVIIIe

Avec COUDREAU(1893) Ce voyageur charentais mérite épris, il à tour d'ailleurs

nous abordons

l'histoire

moderne.

une digression. voyage

Professeur

de géographie de la forêt et

dès son premier nous a laissé

en Amérique, pleine

des Amérindiens, Il passe tour

une oeuvre

de contradictions. du progrès nihilistes à un ou cartogra-

dans ses ouvrages en passant

des louanges

idyllisme anarchistes. phique graphe de fois

rousseauiste

par des poussées la faiblesse

Si HTJRAULTa montré p. 95-lOO), dont lors je les

de son oeuvre

(1957,

le tiens informations

pour un historien ont pu être de terrain.

et un ethnodes dizaines

perspicace recoupées

de nos enquêtes

Le genre de voyage

littéraire

utilisé de route,

par COUDREAU, le récit ne prédispose ; pourtant, bien sûr pas

sous forme de journal approfondies il interrompt

à des analyses Indiens historiques Waygpi (p. (1893),

et méthodiques son récit Jésuites des (p.

dans Chez nos digressions des très ben

par de longues 269-78), (p.

sur les Missions 279-86) ou celle

sur l'histoire De plus, au long L'intérêt

Kayana il

547-48). tout

connaisseur vrage majeur

des langues

indigènes,

nous offre

de l'ou-

de nombreuses des écrits à fait

anecdotes historiques nouvelle

attachées

aux toponymes.

de COUDREAU, est bien qui mérite d'être récits relevée

- et c'est - d'avoir

là une puisé

chose tout autant Il

dans les

archives

que dans les que les

des WayZpi et des Wayana. ne soient pas clai-

est évidemment

regrettable

deux parts

-45

-

rement

délimitées,

ou, fait

plus

grave,

que la seconde européens. Il

soit

réinterpréreste pas

tée à travers

des concepts

strictement

n'en

moins que COUDRRAUest

le premier

ethnohistorien

de la Guyane. la Guyane,dans de historique moitié le fait des mentalités élé-

L'intérêt les milieux scientifiques Il s'agit

suscité français,est d'une

par COUDREAUpour à l'origine recherche

du travail

FROIDEVAUX (1894). sur les étapes du XVIIIe d'avoir siècle. replacé

de géographie

de la découverte L'intérêt

de la Guyane dans la première est nul dans ; cependant le cadre

ethnohistorique

chaque document d'archives coloniales les relations

et des préoccupations ments pour comprendre Français.

du moment,nous entre les

fournit Amérindiens

de sérieux et les

Ce n'est (1928), que l'on s'intéresse sur les vers tribus

que plus à nouveau qui titre

de 30 ans après,

avec LOMBARD Dans

au passé de la Guyane. le territoire

ses Recherches Guyane Française qu'une liste

occupaient

de la

1730,au

si prometteur. suivie d'une

nous n'obtenons chronologie sans aucune reêtre un

des tribus

amérindiennes stricte est

pour chaque ethnie. marque critique, travail

Compilation cet article

des archives

le contraire

de ce que peut

d'ethnohistoire.

..
A l'opposé Les migrations de la Société cherches elles historiques et au même moment, METRAUX (1927), , publié avec des Tupi-Guarani ouvre dans le même"Journa1 des reerreurs,

des Américanistes", terres.

la voie

contemporaine comporte plusieurs

sur les basses

Si son exposé d'études

sont dues plus

à l'absence

sur le terrain

ou à la

- 46 -

méconnaissance En liant

de certains

fonds

d'archives

qu'à

des fautes

d'analyse. il

l'ensemble

du passé des Tupi-Guarani fécond relativement

(dont

ceux de Guyane),

nous fournit

un travail

peu démodé actuellement.

A partir Amérindiens va de plus

de METRAUX, l'intérêt préoccuper les

pour

l'histoire

des travaillant

en plus

scientifiques

dans la zone des Guyanes. pour l'archéologie, l'essor

Cependant,et

comme nous l'avons fut plus Ainsi,

déjà

signalé des

des recherches

le propre

zones adjacentes duction

que de la Guyane française. Des Indiens mais original Il Néolithiques panorama

en 1943, en introDE GOEJE des Amérinà utiL'eninitia-

de son article un rapide

au Surinam, de l'histoire le premier

nous livre diens liser

des trois les

Guyanes.

est en particulier

données ethnolinguistiques de cet auteur,

comme indices en particulier

historiques. Philosophie,

semble de l'oeuvre tion et mythes

de la Guyane et des contrées

voisines

(1943)! prend

d'ailleurs culturelle

en compte la perspective et correspond bien

diachronique partie

de l'évolution de la définition

à la deuxième

énoncée en tête

de ce chapitre.

En dehors crés sable

de DE GOEJE, la plupart d'un bref chapitre

des travaux historique

consa-

aux Guyanes sont précédés à la connaissance

indispende

de la société (1925), l'llistoire,

étudiée. récent,

Citons

le travail

NIMUENDAJU sur les Palikur Galibi n'est (1971). Cependant

celui,

de KLOOS sur les de ces travaux,

dans la plupart principaux.

pas un des fils

conducteurs

A contrario, J. HURAULT lui donnent

deux ouvrages place.

de la riche consacré

oeuvre à l'étude

de

la Premiere

L'un

-

47-

,des causes de l'écroulement l'autre à l'analyse

démographique entre d'une antérieurs

des Amérindiens et Indiens

(1965-66), en Guyane

des rapports

Français réflexion

(1972),sont des écrits

la cristallisation ethnologiques

quiparoourtl'ensemble 1965, les il qu'elle 1968). rares n'en Si points reste traite

(HURAULT, 1963,

nous avons souligné, faibles de cette

du point

de vue méthodologique, des traditions au niveau orales,

oeuvre est

à propos inégalable

pas moins qu'elle et nous servira

des sujets travail.

sans cesse au cours

du présent

Cependant .vre historique elle ne s'attarde

elle

nous apparaît

plus

comme une oeudans la mesure où anciennes.

que comme une oeuvre

ethnohistorique

pas sur la reconstitution

des cultures

Contemporaines nées'par respondent

des recherches

de HURAULT, celles anglais RIVIERE cor-

me-

le Père FRIKEL et par l'anthropologue plus à mon orientation présente.

Je n'ai de RIVIERE, the Guianese ses recherches ry of the Trio" L'oeuvre travaux An Ethnographie

malheureusement Survey River qu'à

pas pu me procurer

la thèse of

of the Indians Systems (1967),et

on the Divide ne puis chapitre

and Amazonian historiques inclus

apprécier "Histo(1969). les

travers

le deuxième Marriage connue,

dans son ouvrage mieux

Among the Trio en particulier dans une perspective

du Père FRIKEL, qui m'est publiés en 1958, 1960,

1961, s'inscrit

résolument des actuels récente

ethnohistorique. Tirio

Les conclusions

de FRIREL sur la formation jusqu'à une date

et sur l'existence sensiblement

de sous-groupes de RIVIERE.

,diffèrent

de celles

-40

-

On s'aier$oit Guyanes est, traditionnelle cace. véritable qui s'offrent Néanmoins, histoire à elle. bien que récente,

donc que l'ethnohistoire existante. Son rattachement - reste a pris fort

de l'Est

des

à 1'Histoire effi-

- surtout depuis

événementielle METRAUX, elle prenant

et parfois

nettement

le chemin d'une les données

culturelle

en compte toutes

LES

WAYAPI

PAR

EUX-MÊMES

-50

-

UN PEUPLE ET SA TERRE

Une des tâches
miter

primordiales ethnies

de l'ethnohistorien parle, et, qui les

est de déliterritoires que ces les unités

correctement fréquentent opérantes

les

dont il

ethnies politiques

ou ont fréquentés, et les rapports

ensuite,d'isoler les régissent.

1) AWA.E'JP&Y&

? ("QUI ETES-VOUS")

: LES WAYk?I

Avant de l'individu

d'aborder

les modes de dénomination étrangères, il faut

des Wayapi nous arrêter

allant sur le

aux populations

nom WayZpi lui-même. 1.1. Le mot Way'api : son origine, sa signification

Le mot a reçu diverses les sikles. Cela peut indiquer

graphies soit

et prononciations selon

à travers les ethnies

des variantes

'qui

les prononçaient,

soit

de

mauvaises

notations

par les voyageurs

européens. Les variantes Oyanpiques Guaiapi Oürampis Oyanpis Ouyampis Oucampis Ouampi Oyampi Oyampi Oyampi Oyampi BAGOT (1849) Banaré Oyapi Oyampi Oyampi Banaré SOUZA (1873) CREVAUX (1883) COUDREAU (1893) LOPES DE SOUSA (1927) MOURA (1934) des fonds originaux (1729) anonyme (1729) (1741) sont les suivantes :

D'ANVILLE

document portugais carte

anonyme des Jésuites (1745) (1745)

BARRERE d'ORVILLIERS

BRULETOUT DE PREFONTAINES (1749) TONY (1769) THEBAULT DE LA MONDERIE (1819) ADAMSE BAUVE et FERRE (1833) LEPRIEUR (1834)

Banaé Oyampi Oyampi Oyampik WayZpi

LEVEILLE

(1938)

HECKENROTH (1942) HURAULT (1946 et ARNAUD (1971) GRENAND (1972) 1962)

-52

-

Wayampi WaiZpi Waigpi

HURAULT (1972) OLSON (1977) TILKIN-GALLOIS (1979)

Eliminons Celui-ci, employé

tout

d'abord à propos

le mot Banaré des Wayapi

ou Banaé. au XIXe siècle, IX, 1718),

occasionnellement Galibi

est une erreur. quoique disparu

D'origine actuellement XVIIIe allié".

(Père

CHRETIEN, lettre langue, les les il avait

de cette siècle (1) parmi

été popularisé

par les Jésuitesdu

colons très

et les Amérindiens nombreux exemples parlant

dans le sens de "ami, allant du XVIIIe

Parmi on peut

au XIXe siècle,

citer

ARTUR, qui,

de la mission du Haut-Camopi, (c'est-à-dire les autres

de pacification écrit amitié) (1762)

de M. de CHABRILLAN chez les Amérindiens : "Il était encore chargé de faire banaré et

au nom des François de ces quartiers...".

avec les BAGOT (1849)

Caycouciannes divise

nations

les Wayzpi

en Oyampi sur la rivière des forêts".

Oyapock et en "Banaré

habitant

l'intérieur de l'oyapock, un peu sybil-

CREVAUX, en arrivant,

en 1878, à la source Jean-Pierre cette phrase

met dans la bouche du Capitaine line : "Il faudra, car me dit-il, qui

que je ont peur

te quitte

au dégrad

(2) des

Banarés, voyant

les Oyampis,

de la maladie, (1883, p. 183).

se sauveraient

que nous sommes tous malades."

Plus Banarés, ainsi nommé parce dire

loin,

il

dit

: "Nous arrivons

au dégrad

des

que les ami"

Oyampis répètent p. 189).

à chaque instant

le mot banaréqbiveut -----------------c-------(1) Voir début l'emploi

(ibid,

du mot parmi limite de portage

les populations de navigabilité entre deux bassins

de langue fluviaux.

Karib,

p.

139.

(2) Degrad:

en créole,

sur une rivière,

et donc,

des chemins

- 53-

Notons vocabulaire mentaire n'ait Wayapi,

que COUDBEAU (1892) Il

n'a

pas relevé, qu'un parlait

dans son élé-

de mot "banaré".

est étrange de surcroit,

mot aussi

pas frappé

un homme qui,

la langue.

Le mot réapparaît SOUZA, membre de la commission de l'ingénieur placers aurifères

en 1927 sous la plume de LOPES DE brésilienne, chargé est puis sous celle des que dans

de frontière créole Il

des mines LEVEILLE, de l'oyapock

de l'inspection de noter

(1938). de signaler

intéressant

MOUBA, en 1934, se contente la région.

le nom comme employé

à tort

Qu'en est-il sonnes âgées de Saint la jeune génération ils Georges utilisant dénient

actuellement appellent

? Effectivement, les Wayapi, "Oyampis".

les perBanarés, Quant aux tout ou

toujours

la forme française avoir jamais employé

WayZpi eux-mêmes, partie /panal^r/ de leur désigne

ce mot pour

ethnie.

En revanche, l'ethnie

un mot phonétiquement wayana. C'est

proche, lui que se

en wayapi

sans doute

CRBVAUX a entendu référer à l'endroit du troc testées au point

en 1878, et Jean-Pierre, ultime de la navigation, les Panalr

en l'employant,devait c'est-à-dire,

en sens inverse, faire

où s'embarquaient sur l'Oyapock(*). dans l'ensemble

- Wayana pour descendre sont

De telles de l'oeuvre

expéditions

abondamment at-

de CCUDBEAUet de CBBVAUX, ainsi

que par les WayZpi actuels.

(1) Ce débarcadère, sous le nom de

aujourd'hui

abandonné,

est

connu chez les Wayapi du prêtre".

/Mop&ialups/

, le "débarcadère

- 54-

Dans le cas de BAGOT, qui, Banaré dire les WayZpi localisés , encore une fois, à partir

notons-le

bien,

désigne

par

de la source il

de l'oyapock, s'agit d'une

c'est-àconfusion Créoles

au delà

du débarcadère,

linguistique de I'Oyapock, Jésuites, WayZpi,

du même ordre. il s'agit soit

Quant à l'utilisation d'une survivance d'une

du mot chez les du mot employé entre

par les

soit, puisque

comme précédemment, les (cf. deux ethnies diverses

confusion

Wayana et

fréquentaient

le bas Oyapock au milieu : BOUDAUD, 1837, COUY,

du XIXe siècle 1839,

correspondances

DABBADIE, 1854).

Revenons nous obtenons cependant la première d'en

à notre

mot Waygpi.

A quelques n'est

nuances

près,

une remarquable examiner

uniformité variantes.

du nom. Il Il

pas inutile que car en fimême

quelques

est vraisemblable est authentique, occlusives en Wayapi,

forme recueillie, montre

"Oyanpiques" que la présence

(1729)

F. GEENAND (1979) nale si, telles que t,

de consonnes attestée

k, p, est historiquement ont disparu. renouer Je tiens

aujourd'hui, d'auteur

elles

en revanche

pour une simple

fantaisie ou bien

voulant

avec la première la forme "Oyampik"

forme connue, collectée par

pour un défaut

d'audition,

ARNAUD (1971) bien entendu

dans la région

de Camopi.

"Guaiapi" Enfin

relevé les

en 1736 est formes OÜrampis

la forme portugaise

de "Waiapi". être,

de 1741 et Oucampis de 1749 ne pourraient fautes de graphie. Depuis GRBNAND (1972), correcte

à mon avis,

que des la seule parlers de

la forme Wayapi, des locuteurs

correspondant de la langue,est graphisme Signalons de travaux

à la prononciation en cours

des quatre

d'adoption

définitive phonétique,

avec des différences portugais

correspondant enfin

aux alphabets pas pris

ou français. formes issues

que je n'ai

en compte certaines

de compilation.

-55

-

Que signifie littérature , je n'ai "Je n'ai proprement les Indiens trouvé

le nom '%ayapi"

? A travers

la une explication: Il signifie (1) ,

que ADAM DE BAUVE pour risquer l'origine Aussi, n'aiment ils du nom Oyampi.

pas pu cnnna?tre mangeurs de cette

d'hommes. peuplade

dans le bas de la rivière point n'en ils qu'on emploie

cette

dénomination, d'autre. répugnance. José Antonio, ils cette étaient

à laquelle

cependant

ont pas substitué l'emploient sans par

Dans l'intérieur, Une de leurs prouve que,

au contraire, chansons,

qui m'a été traduite

dans des temps encore : "anciennement, est-il

peu éloignés, dit dans

anthropophages nous étions

chanson,

hommes, nous mangions pas de manioc

nos ennemis,

et nous ne nous nourrissions

comme des femmes".

ADAMDE BAUVE, et P. FERRE, 1833, p. 277.

Si nous allons à déterminer, il

voir

plus

loin

que la paternité

de ce mot est difficile est stable

ne fait

pas de doute langues tupi.

que son étymologie

et ce, dans de nombreuses

(2)

(1) C'est-à-dire Alexis, lesquels

au contact parlaient

des descendants une langue Tupi.

des Piriu

du Capitaine

(2) J'élimine

d'entrée

de jeu une possible

origine

karib (FRIKEL,

du mot. 1958,

Chez

les Wayana (GRENAND, 1972), SCHOEPF, comm. pers.) Oyapi, Wayampi, notre

comme chez les Aparai ethnie est désignée possible.

par les mots Wayapi,

sans aucune étymologie

-56

-

Cette du "Wayapi en particulier se ainsi signifiant lui-même moyen".

étymologie

ne fait au hasard

pas partie des textes

du savoir

vulgaire

Cependant,

et des discussions, Le mot se décompode /- waya/ Ce mot fait par

avec Alasuka,

le sens nous est partie

apparu.

: /wayZ - pi/. selon partie

La première

/WayZ/ vient ou "adversaire".

le contexte du ségrégat

"affronter" / Dwa/ fait

"visage", front".

après

un relais

/ may/ "en face de",

"ce qui

On retrouve riers", et /-kü/ "les adversaires",

/- wayal où/+/ Voici

dans

/ tDwayZkc/

"les

guer-

est un morphème de non détermination quelques exemples d'emploi :

la marque du pluriel.

/na
ne "vous

-

pfz
votre

-

kasi force jamais

-

Zay

l

ale
notre

de

1 -

owaya

mïi

/

futur-ne assez forts

affrontement

pour

ne (serez)

pour nous affronter".

In ne

-

i sa

-

kasi force

/

Panai+

- kil

/

Jwayâ adversaire

-

kB plur.

Emü pour

/

Wayana plur. pas assez forts

11 les Wayana n'(étaient)

face

à leurs

adversaires".

1

tswaya guerrier "Pour être

1Zmii pour un guerrier"...

noks être

l...

La deuxième texte 13

partie

du mot, Paul. /-pi/ au but "il

/-pi/, est (avec

fut

dégagée

lors

d'une

traduction

de

avec Ilipr "il "il

à rattacher sa flèch$',

au lexème verbal duquel est dérivé

-yapil

touche

/ 3 -yapisil

combat",

guerroie".

- 57 -

Les Way%pi sont donc "les saires qui combattent".

guerriersquitouchent

au but",

"les

adver-

De nombreuses pour former cas isolé. des noms d'ethnies, Ainsi les Tembé disent

langues montrant :

Tupi utilisent

le mot /waya/

que les WayZpi ne sont pas un

/uwaza /tuwazan/

/ "adversaire, "ennemi"

guerrier"

luway
/waza Maranhao

l "en face de"
/"les Indiens Guaja: groupe vivant dans le

(BOUDIN, 1966, p. 283 et 286) anciens (NOGUEIRA, 1879) disaient de" i

Les Guarani

/ obai lbayar Les Tupinamba deux de leurs (LERY, p. 318, 1969).

/ "en face

l "ennemi"
du .XVIe siècle fractions, qualifiaientdeTouaiat localisée dans 1'Etat et de Tobajara d'Espirito Santo,

l'une

1580>, l'autre

dans le Pernambuco

(EDELWEISS, p. 74,

Forts la fortune porains de son emploi.

de cette Il ainsi est

traduction incontestable

du mot Wayapi,

suivons

que les Wayapi contemque soient les fractions prononcé qu'avec

s'autodénomment La meilleure ainsi qu'il

et ce , quelles

de la tribu; parcimonie,

preuve

en est que le mot même n'est les "véritables"

en va chez eux pour tous

noms propres,

- 58-

lt aewal.

De cette

façon,

chacune

des deux sous-tribus qu'une valeur

actuelles, chez les et qualifie

WaySpi et Wayapi-puku Wayapi de 1'Oyapock)se l'autre c'est de /Kamala-kû/,

(ce mot n'ayant considère "les

de référence wayapi

comme authentiquement Lorsque relations

amis". dans les

le mot Wayâpi est employé, avec les autres ethnies.

avec emphase ou bien

Ainsi, anciennes, ce,dans les la grand-mère le cas très

au cours

d'un

très

long récit qu'une enlevée seule

sur les fois

guerres

P &kiï ne prononce d'une fillette

le nom et ennemie :

spécial

par une ethnie

Tap*'ïy. "Leur que, soeur, désormais,était devenue près Tapi'% d'elle, plus". ; c'est elle pour cela cria 'les

quand nos hommes passèrent !" ; elle

WayZpi

ne nous connaissait

L'adoption preuve de son emploi le place ,que perpétuel.

actuelle

du nom n'est,bien précédente

sûr,pas le montre d'ailleurs

une bien à

La citation

puisqu'elle eux,

dans la bouche les Wayapi

d'étrangers.

Ce sont

les Tapi'Iïy bien

attribuent

l'origine autres

de leur

nom,

et c'est

dans des bouches ont relevé si les

d'Amérindiens

que les Wayapi est en fait les Tapi'îy des ethnies adopté

que les Européens impossible (dont tupi

le nom de 1729 à 1769. Il inventeurs du mot sont

de trancher

la filiation du bassin indiquer honorifique, leurs p. entre part. 55

linguistique de 1'Oyapock. qu'il surtout exploits ),

est problématique) Le fait que les Wayapi signifiant sait

ou l'une l'aient

pourrait croît

a été longtemps lorsque guerriers. l'on

pour eux et de surqu'ils
ADAMDE

le plaisir

prennent BADVE simplement

à valoriser (CF. supra confusion d'autre

Dans le cas de y aurait

je pense qu'il

donc eu plus d'une part

l'accusation

d'anthropophagie

et le nom tribal

1.2.

Système de dénomination

et structures

sociales

anciennes

des

Wayâpi

Il que soient employer "verbaux", mais aussi les WayZîpi. leurs

est important

de rappeler

tout

d'abord

que, quelles dû les

autodénominations

anciennes,

les Way"api n'ont courante.

que peu fréquemment répétons-le, la plupart

dans la conversation pas seulement

Ces tabous

ne recouvrent des catégories

les noms de personnes, distinguées par

anthroponymiques

Actuellement collectivement un exemple à-dire tiré

comme par le passé, /yans /,

les Wayapi se réfèrent "nous". Voici déviant précisément (c'est-

à eux par le morphème d'un récit

de Miso sur le comportement :

occidental)

d'un

chef du XIXe siècle

l yane
nous

-

luwâ
faux

/

E7 i
elle dire

sa 'i grand-mère tE c'est

ami défunte k> nu

l

l
je

a

7s dire

-

pa fini

ta' ainsi

Z

l

palaisi Blanc

/

donc maintenant

"Il tout

n'est

plus

des nôtres à dire. Il

(disait n'est

feu la grand mère) plus qu'un Blanc

c'est

ce que j'ai

désormais".

Le tabou verbal francophones à eux-mêmes. ,pas notre avoir qui préfèrent L'utilisation d'anciennes en groupes est répétés,

se retrouve dire "indien"

même au niveau que leur

des Wayapi

nom pour se référer 1, "nous", ne simplifie disent

des mots comme /yane autodénominations. qu'ils désignent /ApX/.

quête

Les Wayapi actuels par une série qu'en

été divisés

de termes dépit d'in-

dont le principal terrogatoires

/ ApZ/ ou bien

Nous verrons d'Ombre

des points

susbistent

sur ces/Apa/,

-GO

-

qui

ont vraisemblablement

constitué

la mosaïque

ancienne

de l'ethnie.

Il nant ces groupes

n'y

a que peu de choses : signale

dans la littérature

concer-

anciens

BODIN (1824) composante des Wayapi peuplant

sans commentaire Yaroupi.

des "Maracoupis"

la rivière lors

ADAM P)EBAUVE (1834), (1831-1832) signale des indiens sur la rivière groupe

de son quatrième sur la rivière

voyage (Kouc) S'il

"Aoutas"

"Cououa"

et des"Tamokomes" considère

"Carapana-touba"

(Kalapanatir). il

le premier

comme "proche" ou Joachim est

des Wayspi,

pense que le dans la avec

second commandé par Oarapixi tradition orale d'aujourd'hui)

Manoel

(Yawalumiti

un groupe WayZpi en contact

les Brésiliens.

Parlant signale que les

des sous-groupes

WayZpi,

CHEVAUX (1883) perspicacement distincte,

ne :
mais

"Calayouas" trouver

sur le Kouc et ajoute là une tribu d'indiens

"Je croyais je m'aperçois quelques

que ce ne sont

que des Oyampis qui que les

ont eu de par qu'il

relations

avec les Brésiliens Calayauas.... B. Brown,

indigènes

la Guyane appellent le voyageur a rencontrés désignent forteresse anglais

Nous avons su depuis, que les indiens Ouapisiana

dans le rio

Cotinga,

affluent les

du Rio Branco, brésiliens de la

sous le nom de Cariouas de San Joachim". (1883,

soldats

p. 229). des voyageurs Wayapi. intertribaux du

COUDRRAU (1893), XIXe siècle,accorde il est le premier une grande à avoir insisté

comme la plupart uniformité à l'ethnie

Cependant

sur les métissages

- Gl-

et semble avoir formateurs. Ainsi,

frôlé,lors p. 301 : fut

de ses enquêtes,l'existence

des sous-groupes

" Yaouroupicic réuni Toujours beaucoup

plus

qu'un

simple

lieutenant.... des Tamocomes..."

Il

avait

d'oyampis

et surtout p. 336 : des dernières Il avait

à propos " Il fut

du même chef, le chef d'une vers

migrations pris

des Oyampis (1) les

de l'Amazone et ce fut

le nord.

par Irapouroutou qu'il rencontra

dans le haut

de cette

rivière

Tamocomes qu'il Lors d'une découvre :
11

emmena avec lui". des sources de l'Oyapock, COUUREAU

randonnée

dans l'est

. . . l'unique

village

des Caïcouchianes,

composé de deux Les Caïcoupresque la &me

cases et comptant chianes langue sont

une quinzaine tupi. Leurs

d'habitants.... Ils parlent

de la famille

que les Oyampis.

moeurs ne diffèrent une étude

pas suffisamspéciale."

ment de celle (ibd.

des Oyampis pour mériter

p. 368-69). Enfin, comme CREVAUX, il : mention des Oyampis" (2) . reprend l'appellation

“Ca .ay.ouas" pour les Wayapi méridionaux " Patris est le premier

qui nous fasse

Les Roucouyennes à l'Amazone, en guerre

(3) , dit-il,

ne voulurent

pas l'accompagner ils étaient

par crainte (1766), et qui

des' Oyampis, devaient restés

avec lesquels alors

se trouver jusqu'à (ibid.

dans le ces Oyampis

Moyen et Bas Yary, d'arrière (1) Sans doute oriental (2) Ce qui garde 1'Iratapourou entendu

où sont

nos jours p. 279). grand

appelés

Calayouas".

des cartes erroné.

brésiliennes,

affluent

du Rio Jari. est bien les Wayana.

(3) C'est-à-dire

- 62 -

Cette soit-elle, la première

brève

revue pourtant

des sources

écrites,

aussi

décevante siècle et de En fait,

nous montre moitié

que les Waygpi du XVIIIe ne formaient auteurs sont

du XIXe siècle par les divers

pas une unité. : soit soit

les noms employés pant l'ensemble

un terme regroule nom des divers des blasons sui-

des sous-groupes (Maracoupi,

(Tamocomes), soit

sous-groupes populaires vante :

Caïcouchianes...) Ce dernier "ceux qui

encore

(Calayouas). /kalai encore lswa/

terme s'explique sont

de la manière (Kalai)'!

avec les Brésiliens

Ce mot est villages

quelquefois Waygpi

employé les plus /tarnG-kG/, très

aujourd'hui proches

pour désigner

les

des anciens

de L'Amazone. "les

Quant à

"Tamocomes", Il s'agit

on reconnait appellation

c'est-à-dire

grands-pères". pour désigner dit, "les

d'une

fréquemment anciens,

employée autrement

la totalité ancêtres".

des membres des groupes

Les A$, la forêt", animaux chent étaient, ou végétaux. gestes

quelquefois selon

appelés

aussi

ka'apo descendants

,"ceux

de

les Wayapi

actuels,

d'ancêtres se ratta-

Les origines différentes les plus

mythiques (1) . anciens,

de ces groupes

à trois

1. Deux groupes,

semblent

remonter

à la perte de Dieu,

des femmes due à la malveillance nommé Wayamakala recueillie

du "mauvais" Selon

jumeau fils la version

(P. GRENAND, 1976).

de Yawalu, en 1978, soit de

en 1972, et celle avec l'aide

de Awala et Kamala recueillie de Mayamayali, le "bon jumeau", embêchant

les hommes, soit

seuls, réussirent à reconquérir ---------__---__--------------(1) Les textes sont cités

deux femmes en les

intégralement

en annexe.

-

63

-

.remettre perroquet

leurs

dépouilles

animales,

celle

d'un

sajou

fauve

et celle

d'un

amazone (1) que ces "Peaux de la cassave

d'Aneu

quittaient de manioc

pour préparer aux hommes. qui se

clandestinement

et de la bière

. Les membres de ces deux sous-groupes marièrent avec ces femmes animales. majorité

descendent

donc des ancêtres

2. La grande "créée" par

des sous-groupes

wayapi

(une dizaine)

a été selon peaux à chaque un

le démiurge : il

Yawapake les

(ou Yawap skwe larves

en wayapi-puku) dans diverses transforma

modèle fixe en putréfaction fois

recueillit

(2) contenues
et les

ou dans des troncs

vermoulus

par un acte magique descendent

en un couple actuellement. derniers d'un acte

incestueux

dont les membres des

sous-groupes 3. Enfin, catégorie; le colt Selon soit ils

les quatre sont issus

sous-groupes de bestialité

forment (/-mawa/,

une troisième "pratiquer mâles.

avec un animai")(3) les cas, les unions soit

entre présentent

des femmes Wayapi et des animaux des variantes, donnant

naissance

à un enfant,

à un couple.

Les trois groupes principales. formateurs. Essayons

origines d'en

regroupées, cerner

nous avons donc 17

les caractéristiques

(1) Sajou créole

fauve

:Cebus apella. Perroquet

Macaco prego amazone :

en brésilien

; macaque en Papagaio-assu

de Guyane.

Amazona farinosa.'

L . en bresrlren. (2) Aussi "larve, soit loin

; jacquet

boulanger

en créole. ces vers bien appelés réels, cité /tapulu/ soit lors diptères, de converWayZpi.

que nous avons pu.enquêter, correspondent

,asticot", coléoptères.

à des insectes

(3) L'acte sations

/ -mawa/ nous a été à plusieurs comme une perversion

reprises

grivoises

pratiquée

par quelques

- 64-

A beaucoup familles vivant

de ces groupes (cf. tableau

se rattachent 1, p.69)

les

diverses et les

actuellement

sur l'oyapock

le Kouc. En revanche, familles vivant

nous ne savons que peu de choses concernant de 1'Amapari. Enfin, plusieurs

dans le bassin

groupes

sont éteints.

Parmi d'abord les entre signaler

leurs

caractéristiques pu le vérifier - qu'il n'y

les plus de nombreuses

évidentes, fois

il

faut

- et j'ai

à travers un lien

enquêtes les

généalogiques

a aucun moyen d'établir éponyme.

ancêtres

historiquement

connus et l'ancêtre

Ensuite, niveau entités, type des types les d'union

alors

que l'on

constate

des distinctions

au

qui présidèrent groupes obligatoire

à la formation d'ailleurs d'alliance

des différentes un seul ces

rangeant devient

en trois la règle exogamique.

symétriques, pour toutes

d'union

entités,

le mariage Groupe 1

animal union

femelle incestueuse

+

homme wayapi entre deux animaux (vers)

Groupe 2

transformés Groupe 3 Ainsi, celui-ci, au cours femme wayâpi dans la version

en humains + animal

(homme + femme) mâle d'Awala, de la descen-

recueillie précise, :

auprès à propos

de la conversation, formateurs

dance récente

des ancêtres

/ taila beau-frère

-kC; plur. iyrkrl% descendance waTwï femme k3

Yï encore Yï encore ?i tE c'est

s3 t3 donc 5 il
W

l

In
ne / 3

-

-kwa partir - &l(k3 épouser kupa

/

être groupe

1amT si

/

son propre

il

pluriel

In
ne "Il

-

iy$kilz descendance

-

?&Y

a+ très

pouvoir-pas des beaux-frères partirent-ils. ils n'auraient

kupa pluriel

/

restait

encore

(1) . Ils S'ils

n'avaient

pas de fem-

descendance,(aussi) mes de leur du tout". Ainsi, très selon nettement Awala, l'ensemble groupe,

avaient

épousé les

pas pu avoir

de descendance

des groupes

avaient

une base exogamique toute union endogame.

établie,

considérant

comme stérile se faisait se déduire

Par ailleurs, de filiation fut maintes

l'appartenance patrilinéaire, fois confirmé

à un groupe ce qui peut lors

suivant des propos

une règle d'Awala et

de nos enquêtes

généalogiques.

(1) Awala veut époque, celle

en fait

dire

"beaux-frères maternel Ulu~,

en devenir". vers

Il

parle

d'une groupes plus

de son ancêtre étaient décadents

1860, où les n'étant

de filiation

et où les hommes à marier, devaient

en mesure de capter s'exiler.

des femmes à l'extérieur,

donc eux-mêmes.

- 66-

Un autre le rôle ples, de ces groupes voici l'extrait : : ils d'un

point étaient dialogue entre

nous semble essentiel localisés. qui autres laisse

pour

comprendre exem-

Parmi de nombreux peu de doute a-t-il

sur ce point: dit que les

- Alasuka

De qui

mon oncle ?

Ka 'iim%~w&gS - Kamala Alasuka. - Alasuka res, : Il

étaient a dit qu'ils

la souche étaient

la souche de l'ancêtre

: Et de quelle papa ? successives). : On dit : D'ailleurs, de leurs : Oui. : C'est : C'est

région

étaient-ils

vraiment

originai-

ceux-là,

(Hésitations - Kamala - Awala cements - Kamala - Awala - Kamala

avec sûreté

qu'ils

venaient

depuis

l'aval.

nous sommes installés anciens villages.

à côté des empla-

par la rivière bien cela.

Pakati

qu'ils

arrivèrent.

J'ai généalogiques volonté toire

retrouvé

également village,

au cours

de mes enquêtes Aïtu,une et terriapZ ta , ?/,

avec l'aïeule de faire Par exemple, était-il?", /, "c'était

de notre

la grand-mère de filiation mDma'&

permanente d'origine. groupe

correspondre à ma question elle répondait

groupes : / :

"de quel

/Mapali-wâ Mapali,

AkikiimiS~w%ge du singe hurleur."

un gars

de la rivière

du groupe

Plus guistiquement /im%Zw&gF. /.

encore,

cette

base territoriale qui sert

est à désigner

figée les

lingroupes :

dans le terme

de dérivation est

Ce terme de dérivation

lui-même

un mot composé : /rn&g/

- 67 -

veut

dire

"être

lié",

"avoir

des attaches". : "ceux : "le référence groupe",

f-wZ/ de", "le

est "les

le morphème de gens de".

dérivation f-nge

indiquant

la territorialité sociatif

/ est un pluriel

rassemblement". d'un ancêtre,

.Dans le discours, on dira :

pour faire

à l'appartenance

l

m3ma'E

*pi/ .

"de quelle "quelle

souche

(est-il)

?" ?"

(est)

son origine

On pourra

dire

aussi

: apZ/ ou / m3ma'E wakîif "à quel groupe

fm3ma'E

(appartient-il)?" Il est à remarquer pour définir que cette dernière formule est celle employée actuelle, aujourla

d'hui

l'appartenance 137).

à l'unité

territoriale

communauté (cf.p.

Enfin, à denombreux la relever groupes

dernier

point

sur lequel

insistent physique.

les Wayãpi Je n'ai à un On dit

: pu

s'attache

une particularité mais j'attribue qu'à plus

pour chaque groupe, de ma part ont "le

ce résultat des Wayapi.

manque d'insistance que les Ka' femelle sajou iimigw&ga fauve

une ignorance

ainsi

cul pendant", sont

résidu gros

de la queue de la' comme la grenouille morphologiques est

; les Muluimiaw&gE la survivance douteuse d'alliance de tels

Leptodactylus,etc. bien sûr hautement aux règles

traits

et impliquerait énoncées plus

une consanguinité haut.

élevée,

contraire

Tels strictement tion soient aux propos des clans

que nous les des Wayapi‘, caractérisés il

avons dépeints semble bien par :

en nous limitant que ces groupes de filia-

- 68-

- Filiation - Profondeur - Exogamie - Solidarité - Enfin

unilinéaire généalogique permettant de leurs

(ici

patrilinéarité) avec l'ancêtre éponyme les groupes

sans lien

l'échange

des femmes entre

membres au niveau

de la communauté

base territoriale.

Bien que nous ayons des clans différentes, connaissances, culière ne leur il me semble difficile, de parler permet de phratries de s'articuler. des relations plus avant,

provenant

de trois actuel d'alliance il

origines de mes parti-

du moins dans l'état puisqu'aucune règle

De la même façon, interclaniques elles existent

ne nous a pas dualiste, actuellement

été possible telles entre

de dégager

de type souvent

que, nous le verrons les communautés.

Voici clans anciens

résumées

les

données que nous possédons des ancêtres

sur les

et les provenances

territoriales

mâles des à la 5e

Waygpi actuels ou 6e génération. il s'agit les

du Kouc et de l'oyapock, Par recoupement ayant

connus historiquement

avec CBEVAUX (1883) 1850-1860. J'ai

et COUDREAU (1893), provisoirement

de personnes éléments

vécu vers

exclu

non WayZpi.

.groupss 11
irmur d’un

ds

olas
homme mt d’un sn

Clans =nim&l
femme

traduction

enoêtrss vers
Kwsnu Alasuka , Uluru

1860

localisation haut
Pakûti

kuleimSw2inge ka*iimiEwËnge mûyuimiË&ngc
ralekupi
I,

de 0-8 derniers Kuluepi C Ulualil
[vsnent de Amakûl

famslla

m6tamorphoaS

” ” 11 *’ ” >t 91 ” ”

da du de du ‘du de de de du de du

1 ‘eneconde poisson l’oisseu singe singe le l’arbre l’arbre palmier l’arbre bourdon stèle hurleur Flèche fromagsr acajou Leporinus tinamou

cf.
Fondus

contect&
dens

intertribeux les kulsimiasenge vers IR70 traCes
les vers AkikiimGiwGnga 1900

p.440 Yeroupi ?

IV 11 II

éteints
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SO’0 Sulu, Temanuwe, Tapakule*i

Waipûkolc Jeri sou-ce Kuye*i
CKumakakwe) ds

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1'0yapock

WiliimiËwiingî
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Teohigalie

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Suluku,

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11

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grenouille
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fondus Wiwaile,

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kulcimiEiw%gr 1890 Alepao
AkËngu,

tale*iimi&ünge
yawaimi&+angî

11

poisson
chien

Hdpliss

Nemi, Kuluws,

8,

fiap"sï,

Sapa

Mepali

at

Yasi

*bni

Les clans

anciens

des rray2*i

-70

-

Peut-on formateurs tout sont devenus siècle,

comprendre ? Il

comment les est plus

dix-sept

clans que, pendant du tout moitié a

les Wayapi

que probable

le XVIIIe

le nom Wayapi C'est

a eté peu ou pas utilisé pendant fait la première

l'intérieur

des groupes.

probablement s'est

du XIXe siècle la décadence Le besoin car certains

que le remplacement démographique appellation

et ce, au fur dans un autre

et à mesure de chapitre. en plus "étrangers" de fort

que nous examinerons générique

d'une

a sans doute

été de plus

groupes

formateurs

ont sans doute correspond

été des groupes

et la généralisation leur liance absorption. intertribale.

du mot Wayapi Nous discuterons

peu ou prou à l'époque au niveau

ces cas particuliers

de l'al-

Actuellement, plus moins, clan aucun rôle par prééminent pour tout

il

est

certain touche

que les

clans

n'ont Néanà un Ainsi,

ce qui

à l'alliance. l'appartenance

le biais est

de la filiation

patrilinéaire, partie

formateur pourra telle

connue par la majeure lors famille. de l'évocation Il pourra

de la population.

ce lien entre

émerger

de différences aussi déterminer

de comportement une certaine à le

ou telle ou obligation

solidarité

: un Yawaimiawkgs

du Kouc en déplacement pour demander sont,

Camopi s'adressera g?te et le couvert...

de préférence Enfin,

aux gens de son clan

les noms mêmes des clans ; on emploiera plutôt,dans

comme pour

le mot WayZpi, leur dernier

peu employés lieu

la conversation, le morphème ; prête de

de localisation on dira

connu auquel Mapali-wakg,

on accolera

de dérivation Yasi75ni-wak'ii d'ailleurs plus en plus

/-w&ii/: pour à confusion

pour , etc.

les YawaimiawZings . Si cette attitude

les M%g&g~imi~w&ge (après

1850 ces localisations elle prouve

correspondirent pourtant l'attachement

à des groupes

mélangés),

Carte.3 Les clans wayapi vers 1850- 60

- 72 -

profond ancienne

que les Wayapi témoignent, société.

en dépit

de liens

distendus,

à leur

2. LE

TF3RITOIRE

Dans un article écrivions II : Il est une évidence les Européens

récent

(P. et F. GRENAND, 1979),

nous

qui ne sera pas contestée, une richesse soit destinée à être

que le sol mise en vaPour porprocure: privée est

est pour leur soit

par des constructions, la terre la vie ne vaut

par des défrichements. la forêt qu'elle

les Amérindiens, te, autant dire

que pour

qu'elle

renferme

et celle

qu'elle

la vie leur bien

sociale. est

En conséquence, étrangère,

si la notion celle

de propriété tribal

totalement

de territoire

développée."

Une telle té territoriale, plus liée

définition

peut

faire

croire or il

à une grande n'en est rien.

uniPas

à un peuplement comme nous allons cohésion.

continu, le voir,

dans le présent, n'eut

que dans le passé, les WayZpi ne purent qu'ils fréquentaient.

l'ethnie établir

de grande totale

En conséquence, territoire

une emprise

sur l'immense

2.1.

De l'occupation

du territoire des Wayapi stratégies ethnique semble être la résultante - selon les

La territorialité de tendances périodes tions diverses soit où les

politiques globalisante,

s'opposent soit

à la conscience et écologique

aux concep-

métaphysique

atomisantes.

-

73-

Parlant révélatrice

de la localisation : /kalama& autrefois, nil ya-y-m>

ancienne

de sa communauté,

Mis2 a cette

phrase

- Eai

ka7 a forêt

lupi. dans ces forêts" (P. GRENAND, 1976), chez les Wayapi j'ai ; j'y abormoninclus de maîtres :

nous nous occuper

y a longtemps,

nous exploitions travail de l'espace et végétal

Dans un précédent dé plus trais en détail les conceptions minéral,

que les règnes

animal

ne sont pas vraiment tome une sorte de leurs

dans l'opposition support neutre

nature/culture, qui ne prend

mais apparaissent

un sens que par la main-mise où évoluent (village de viande les esprits,

- la forêt, - la clairière C'est la nécessité de se nourrir

et abattis), qui provoque

où évolue la rencontre

l'homme. de ; (1

l'homme et des esprits.

Si l'on de subsistance concentriques

recoupe

cette

division Oyapock,

par l'étude une organisation

des activités en cercles

des communautés du haut apparaît : I- le village 2- les s'il 3- l'aire 4- l'aire abattis existe

périphériques un cours d'eau

avec extension important

en bande

de parcours de parcours

quotidienne secondaire du haut

de la communauté commune aux trois Oyapock par l'homme et

communautés "alliées" Les deux premières les deux autres l'exploitation risques. par les des quatre esprits.

zones sont la vie

dominées

Toute

économique

est basée

sur

zones avec des différences

d'intensité

et de

-74

-

Cette catégories - le village l'on parle

division :

de l'espace

correspond

évidemment

à des

nommées en Waygpi est /ta/ si l'on

parle

de "l'espace d'une

défriché"

et / etZ/

si

de "l'espace

construit"

ou plusieurs soit

habitations. par / k2 /, "abattis "la

- la zone défrichée en exploitation", forêt - les secondaire" aires

périphérique soit par / kokh

est

représentée

/ "vieil anciens

abattis",

c'est-à-dire d'abattis. a/ "la

de repousse

sur les

emplacements sont / ka'

de parcours

quotidienne

ou secondaire

forêt",

le règne végétal. Ces différentes autres, gigogne, du village, vation et peuvent puisqu'il village, : 9 -i-m3 il se faire être notions s'emboitent / les unes dans les anal, lui-même maison, dire, mot place en déri-

recouvertes selon pays."

par le terme les contextes peut-on

signifie, région,

: "banc, entendre

Ainsi

verbale /wayZpi

ma
habitat

Wayapuku Oyapock

PuPs dans

f

WayZpi

"Les Waygpi habitent On peut nébuleuse d'aires

sur 1'Oyapock" le territoire selon Wayapi comme une des

donc définir avec,

de parcours ou de: grandes la valeur

l'importance inhabitées.

du peuplement, Nous verrons,

zones de contact de la guerre,

régions

à propos

toute

que prenaient

ces notions. pas pour des terres autant qu'ils Sn gros inoccupées les ne

Ce type que les Vayâpi peuvent effort exploiter u'aient

d'occupatj.on

(113sol n'implique bistorique

pas une conscience limites

et de leurs est fait

avec les

ethni&voisines. terres

de mémorisation

dans ce sens et les d'autant

sont pas considErées

comme abandonnees,

moins qu'on

traverse

-75

-

régulièrement inverse, français conception don définitif

pour se rendre

d'une

aire actuelle

de parcours encouragée

à une autre. par les

En sens

la semi-sédentarisation et brésilien du territoire, de régions risque

gouvernements

de nuire

à plus

ou moins long

terme à cette l'aban-

en favorisant, entières

par perte

d'itinéraires,

du pays wayapi.

Qu'en était-il moitié gnit de ce siècle, un point extrême, la séparation en relation

dans le passé entre les divers

? Pendant groupes

la première locaux attei-

d'ailleurs

avec le seuil de voyage

démographique brési-

le plus 'lien

bas accusé par ethnie.

Le journal

du géologue :

Pedro MOURA (1931) "Sur très

ne laisse

aucun doute

sur ce point nous vîmes

le Uassipein('), anciens

au contraire,

des signes

pas

d'T.ndiens , probablement

des Oyampis des régions des sources Par ailleurs, de

des montagnes 1'Araguari.

d'Uacamia (2) ou des Uracuyanas(3) vermouiue...

Nous vîmes une pirogue pas le moindre utilisé,

nous ne rencontrâmes conque qui fut

vestige d'un tracé queld'accord en cela avec ce

constamment

que nous affirmaient de cette région

nos propres

guides

(Wayapi)

originaires

de Uassipein."

___________-_--__--------------(1) wasa ypE"i de la limite : un des noms donnés à la source de navigabilité. en fait une rivière formatrice de 1'Amapari qui de 1'Oyapock au delà

(2) Yakamiwa : c'est porte ce nom.

(3) C'est-à-dire n'ayant jamais

les Wayana. MOURA se trompe d'ailleurs, habité si loin vers l'est.

les Wayana

-

76-

Vingt

ans plus

tard,

HURAULT constatait

: les voyages ; ils (1962,

"Les Oyampi n'ont se fréquentent p. 69). On peut territoire circulation donc déduire identique encore

pas le goût des Oayana pour

même assez peu d'un village

à l'autre..."

sans peine à celle plus réduite

pour

cette

période

une occupation

du

que nous venons entre les

de décrire,

mais avec une

aires

de parcours.

Plus

on remonte

dans le temps,

plus

le peuplement

est

dense - du moins dans certaines entre les communautés, forte d'où

zones - et les distances admettre

moins grandes sensiblede étaient

nous pouvons

une emprise était aires

ment plus celle

sur le territoire. En premier avec celles source d'un

La situation lieu, plusieurs

donc différente de parcours les

d'aujourd'hui.

en intersection pouvant Voici vers devenir le début les années "C'est

de communautés voisines, , ce qu'atteste par Mspea d'un

zones mixtes orale. survenu

de conflit fait

la tradition conflit

récit

de ce type

*895('): Ali. Il habite sur WasEypZ'x, lui, ; il à y a beaudans lui

un monsieur qui s'appelle Y3 àPcksalaw& , près du village Kumakawir. Le chef Akala coup d'almaras. l'abattis en prenne. de
Ali

de Akala

qui habite,

part

à la pêche à l'aïmara il est

En revenant, ; mais Ali

coupe de la canne à sucre avare et il rouge n'aime très

pas qu'on sucrée.

C'était

de la canne à sucre et laisse Il voit les déchets

Akala

mange en marchant main Ali passe. ~~~~~---~~------_----~~--~~ (1) Ce texte conté. J'ai a été traduit respecté

sur le chemin.

Le lende-

que sa canne à sucre

a été coupée par

en français

immédiatement du traducteur

après

avoir

été

la conjugaison

francophone.

-

77-

Akala.

Il

ramasse /(l) s'il

les

déchets devient précisé

et les met dans un nid malade...." qu"'Ali est avare",

de

/ tuk%g& Dans cet exemple, d'Akala n'est

et Akala est bien

la conduite "beau-

guère meilleure, et n'en revenant

car n'oublions En fait,

pas qu'il

acapturé

coup d'a?maras" d'un homme qui,

a pas donnés. d'une permet Ali selon

nous sommes en présence sur un terrain partagé
par

pêche fructueuse de

les deux cosununautés,se abattis sucre part. sucre du village et d'aïmaras voisin. dont,

surcroît

de prendre

de la canne dans un lésé aurait de canne à dû avoir La canne à une

se sent donc doublement la logique il n'y wavapi, a qu'un il

De la concurrence sera ici

au conflit,

pas...

le prétexte.

Un autre cette Il cle, époque, est

indice

d'un

contrôle

meilleur

du territoire des personnes.

à

la grande

fluidité

de la circulation

n'est

pas de récits ne parle villages

que nous avons recueillis d'individus parfois en

concernant

le XIXe sièen visite Il semble bien

où l'on

voyage et de familles
plusieurs mois.

dans les qu'il

autres

pendant nette entre

y ait

là une différence

Wayapi du XIXe et du XXe siècle.

Sans remonter que l'occupatian - c'est

plus

avant

dans le temps, liée

on constate

donc

du sol est non seulement mais aussi locaux.

à la baisse alternantes

démographique d'isolement avoir

une évidence entre

aux stratégies Ce'sont de contrôler celles-ci

et de contact

groupes

qui semblent du territoire.

toujours prédominé sur la volonté ----------_---------------------(I>/tuk%gi/ : fourmi-flamant Dinoponera (Cr.), grandis,

l'ensemble

tocandeira Poneridé.

(Br.)

- 78-

2.2.

Voies

de communications dans un travail donc pas. liées

et moyens de transports

J'ai

déjà 13-22)

abordé et ne

ce sujet

précédent J'y depuis montrais

(P. GEENAND, 1972, p. que les

m'appesantirai

communications

dans le Sud des

de la Guyane sont deux grands groupes

le début

du XIXe siècle

"à l'évolution

survivants

: les Wayana et les WayFipi."

Actuellement, déplacements secondaires. les Wayana, au Brésil, pédestres cours port tiels, à partir Cependant, ils restent

les Wayapi de 1'Oyapock les affluents de leurs étant voisins

organisent

leurs

de ce fleuve,

des itinéraires occidentaux, installée

à la différence de grands les

marcheurs. déplacements

Chez la fraction

les Wayapi-puku, et les

sont même essentiellement avec les

axes de communication les ils (ia)

ne sont pas confondus recoupent.

d'eau, utilisés

mais au contraire, par les WayZpi, ouvert au feu

Quant aux moyens de transdans deux objets en vannerie essen-

se résument et la hotte

le canot

(panakii).

Il voies siècles, de l'habitat. des WayZpi, (Jari, tendance satrices, plus

est

certain sont

que si les moyens de transport restées relativement a varié que l'on stables en fonction examine depuis

et les deux

de communications leur intensité Ainsi, on note

d'utilisation à quelque période

de l'évolution la situation cours selon d'eau la coloniétaient des vers

des villages et d'autres

localisés installés

le long en forêt.

des grands Néanmoins,

Oyapock...) politique guerres

du moment (contact intertribales...), Vers

ou rupture

avec les nations

ces deux modes de répartition 1830, par exemple, plus de la moitié alors que,

ou moins importants. strictement

Wayapi vivaient 1890, ce sont situation.

dans un habitat de l'ethnie qui

forestier,

les deux tiers

se trouvaient

dans cette

-

79-

Cet état de communication utilisaient Accessoirement, sur les petits visoire côté, utilisées

de fait

se répercutait

bien ; les

sûr sur les voies groupes forestiers

préférentiellement les utilisaient encombrés d'arbres riverains

les voies les

terrestres, forestiers

les voies

fluviales. en écorce prode son

également

le canot

cours d'eau

morts (1) . L'abandon,
monoxyle n'allait pas,

dans l'esprit sans perte Ainsi il

des Wayâpi, aussi

du canot bien

d'habileté

pour sa construction ne s'être avoir

que pour sa guère servi été obligés de

manoeuvre. de canots "se recycler"

les WayZpi du haut

Oyapock disent et avouent

y a deux ou trois auprès

décennies,

des Wayana et des piroguiers

saramaka.

Etre miné entraîna port.

fixés

pendant

une longue

période

dans un habitat

déter-

même pour

certains

WayZpi une perte et de 1'Inipuku

sèche de moyens de transont, par exemple,

Les Wayapi-puku

de 1'Amapari

progressivement

abandonné le canot monoxyle. déjà plus que "mauvais

En 1890, COUDKEAU (1893, canots" sur la rivière Mapali. I

p. 525) ne rencontre

En 1969, sur le KOUC, nous avons voyagé réapprenant maniement J des canots

avec un groupe

de WayZpi-puku et le

avec des Wayapi et des Wayana,la monoxyles. De leur côté,

fabrication

les Wayapi de l'Oyapock.ont inutile.

abandonné le canot

en écorce,jugeant

son usage dorénavant

__--------~~~~~----~~~~~--~(1) Grâce aux personnes la technique villée calfatée de fabrication à la glaise, Son utilisation entrecoupés les plus âgées du haut en écorce Oyapock, : j'ai pu observer cheque pour

du canot très

c'est une nacelle
Elle ne servait

rudimentaire. est pratiquement

un seul voyage. grands

impossible

sur les

cours d'eau

de rapides.

-80

-

En dépit

de ces tendances historiques, ne peut être il

adaptatives ne faut que très anciennes

fortes pas perdre ancien du début

au milieu de vue

et surtout
que l'usage Waygpi. siècle Jari Il (cf.

aux circonstances
du canot est évident infra monoxyle

chez les du XVIIIe au bas

que les migrations menèrent

p. ~5i)qui

les Wayapi du moyen Xingu La mythologie près bien actuelle

ne purent

se faire

sans canots. ancien situé

se réfère

d'ailleurs sait qu'il

à un habitat recouvre pour

de /palana/, l'Amazone encore,

mot dont on que les le chant fleuves /pilau/ poissons du

les Tupi Plus

aussi

géants assimilés

à l'océan. civilisation

précisément basée

évoque une ancienne amazoniens canot (cf. (pirarucu infra

sur la pêche des grands civilisation inséparable

(1) et piraiba(2)), chap.III pp. 157-163).

2.3.

Toponymie

et connaissance Pour apprécier

du territoire. l'ancienneté il n'est touchant pourtant variable pas inutile des liens d'aborder, qui unisdans

sent

les WayZpi à leur historique, géographique toponymique

territoire, les problèmes . Ce n'est complète précédent

un travail de repérage une étude faite bassin

à la toponymie pas ici Wayapi. le lieu Celle-ci

et les modes de refaire a déjà pour le méridionale été

du territoire

dansuntravail de 1'Oyapock

(P, GRENAND, 1972, p. 22-44) pour la zone la plus

et semble prématurée (3).

(bassin de 1'Amapari et du Jari) _---~~----___-----~-~-----~~~~~~~~~ (1) pirarucu (2) piraiba (3) Je renvoie les toponymes lieux-dits soit et les : Arapaima le lecteur employés bien gigas

: Brachyplatystoma

aux cartes actuellement

filamentosum 4 et 5, pp.87 par les Wayâpi. , j'indique

et

93

: j'y cours

indique d'eau

Pour les entre

connus régionalement soit

parenthèses

les formes

franco-créoles,

brésiliennes.

-

81-

- dans le bassin graphiquement conservé (Piriu, les depuis

de l'oyapock

relativement

bien

connu cartopartie

AUDIFFREDY (1763), utilisés par leurs

les Way?ipi ont en grande prédécesseurs des langues Jari immédiats Tupi.

toponymes

Akokwa) qui parlaient, - dans le bassin

comme eux, du haut

du Kouc, pas,

et de l'Amapari, noms, au delà anciens, les

nos de

renseignements 1830 et,

ne remontent

sauf pour quelques des auteurs à ceux utilisés

compte tenu des déformations identiques

toponymes par les

sont en grande majorité Wayapi. - la topographie à l'est, l'oyapock était

actuellement

du quadrilatère

inclus

entre

le Rio Araguari et le Jari

et le Kouc au -riord-ouest incertaine, voir

et à l'ouest,

au sud-ouest aérienne pauvreté dite

erronée,jusqu'à par le Brésil

la couverture en 1972. Cette pour analyser

Projeto

(1) effectuée RADAM est une difficulté

cartographique de la région.

supplémentaire

la toponymie

Il serrée tribal. quables, partie

reste

que la toponymie de décrire

wayzpi

offre

une couverture le territoire

du pays et nous permet C'est une toponymie

correctement (cours Cette d'eau) conception

par lignes

ou points vient

remaren grande

et non par zones ou surfaces. des modes de déplacement

des Wayapi.

Les sentiers

sont peu marqués Si les subissent

(COUDREAU, 1893, p. 365, axes restent des variations identiques latérales

LEPRIEUR, 1834, p. 208) et changeants. au cours des années, les itinéraires

(1) Nous remercions

ici

Mme TILKIN-GALLOIS communiqué ces cartes

de l'université interprétées.

de Sâ'o Paulo

qui nous a aimablement

- 82 -

allant

de quelques

centaines

de mètres

à plusieurs

kilomètres.

Le repérage sés jadis, indiens. coupés aujourd'hui), Les points

est

simple

(arbres

encochés,

arbustes

cas-

mais suffit sont aussi

à la vue exercée mémorisés d'eau

des Amérgéant,

remarquables dominante,

: un arbre

une espèce courant, remplace. /ytsapuku/ taires.

arborescente village cours

un cours

traversé, qui, les

le sens du le

un ancien Sur les

et la forêt d'eau, les biefs

secondaire /&a 1 a/,

peu à peu, lignes

droites supplémen-

et les "sauts"

ou rapides

/i-tu/

sont des repères

Ces points l'élément On s'oriente de jonction est

remarquables l'orientation,

balisent fondée

une progression

dont

sur la marche du soleil. lapt +Pi/, "le début 3'a : 331

en regardantl'e.sf, Derrière,

nommé /kwalai soi se trouve

du chemin du soleil". "le soleil s'en kE

l'ouest

: /kwalaL

va et tombe". kiti kitil6 la/ / "là "là

On a alors est est

le sud à main droite

IE’E katu
che :

la droite",

et le nord à main gau-

l EyaukE

la gauche."

La toponymie de repérage du plus qui entrent

Waygpi est donc le reflet : un village auquel

de ces éléments est nommé par le nom

en combinaison qui le dominent,

grand

des arbres : /wi/ "sous". "sous

on adjoint

un indicateur Zidock se

de fonction

Ainsi,

le village goupi" (Oa

de feu le chef

nomme lpasisiw+/

l'arbre

Les toponymes sont souvent ------------------(1) lpasisil formés

désignant

les

ruisseaux

ou les

collines

sur un nom de plante

suivi

du morphème de dérivation

: Goupia

glabra,

Celastraceae.

- En-

/ti/

"nombreux"

: la colline

/As &rnZti-/

"beaucoup

d'arbres

grignons"

(1)

â la source

de 1'Oyapock Les cours

par exemple. d'eau se nomment souvent : "la riviêre /Apam?ili-/, de...", "la

/-li/. rivière

Ainsi

a-t-on,

se jetant Apamg."

dans le moyen Oyapock,

des (Indiens)

Les rapides même /itu/ : par exemple,

portent /mutusiitu/

tous un nom, basé sur le mot lui"le saut des arbres bief moutouchys ,,(2) .

11 en va de même pour les biefs Les gouffres /kalaikwa/ : "le gouffre Enfin, nimal, de plante les

: /wa7 anE" / "le grottes

puant". : Oyapock.

et les

ne sont pas oubliés du fleuve

de la fièvre"

est un affluent accolé

le mot /E&S/ "habitation", magique, désigne

à un nom d'asites qui

ou d'entité

de nombreux rapides, de l'esprit

recoupent bief, etc.

toponymes

précédents lsta/

: ruisseaux, "habitation

montagnes, des blancs". un Leur ils sont

. Ainsi

/palaïsy

Au delà de cette certain rôle est,

gamme de toponymes historique

de base,existe

nombre de composés à valeur â mon sens , plus de récit évocateur au cours

ou mythologique. tant

que géographique, des voyages

des déclencheurs rivière cement) seurs Inipuku, du piège

: se jetant

dans la (empla-

nous trouvons à jaguar", brésiliens

le ruisseau

lkulalakwa

/ "ancien

évoquant

la première région, 1~ yuka

incursion il /,

des chas-

professionnels

dans cette /meik3

y a une trentaine "ancien (empladu

d'années. cement)

Sur l'oyapock, du meurtre

le saut

(commis)

par les Noirs", Réfugiés

évoque Boni,

l'assassinat en 1842.

chef wayapi Waninika _~---____----___~~--

par les Noirs

(1) lase mg/ : Ocotea rubra,
(2) /mutusi/: Pterocarpus

Lauraceae. Papilionaceae.

officinalis,

-84

-

Dans ses grands stable. Cependant, quotidien, momentanée, lorsqu'une elle

traits,

cette

toponymie ouvre

semble

assez aire

communauté wayapi éprouve le besoin

une nouvelle

de parcours toponymie" lon,

de se créer temporaire,

une "microchaque mame-

nommant chaque ruisseau végétal. notre

chaque peuplement pendant est site. très

Nous avons assisté séjour dans le haut

nous-mêmes â un tel Oyapock. Cette après "microl'aban-

enrichissement toponymie" don d'un

labile,

et se résorbe

en une génération

C'est que nous étions cette forêt était assis

ainsi

que,

dans une forêt couché, vu, Plis3

haute

et propre,

alors : "quand X que le

sur un tronc j'ai

put me dire

un abattis, l'amour

sur ce tronc-même, jeunes."

l'oncle

et sa femme faire
souvenir fondé de telles

quand ils (celle-la

étaient

Nul doute

anecdotes

remonte

aux années

1942 ou 43),

sur des repères

de la vie

quotidienne

et non sur

les évènements

historiques,

ne passe pas la barrière

des ans.

Il prendre découle

n'est

pas nécessaire de repérage

d'insister

longuement

pour

comen

que le système n'ont

géographique

et la toponymie La permanence de maintenir

qui

dû guère varier

au cours

des siècles. la nécessité

des une

modes de communication connaissance les plus sûrs. du territoire

et secondairement utilisable

par tous en ont été les

garants

2.4.

Evolution

historique

du territoire

waygpi ? La stabilisation des bornes relaassez clai-

Quel a donc été ce territoire tive res, des Waygpi après qui, si elles depuis 1850 leur permet

de donner n'en

ne sont pas très date.

précises,

sont pas moins inâ partir des

changées

cette

Ces limites

sont désignées

- 85 -

grands

axes fluviaux. Vers le nord, sur le fleuve Oyapock (IWayap oko 1, ou / "le où) les qui vieux oiseaux pot en bu-

/Wayapuku/), terre rent

la limite

est

le lieu-dit /Wila

/W+la tuluak& kawaws / "(là

des oiseaux" (du cachiri)". "le

nommé aussi Ce toponyme,

connu même des Créoles est un haut Piriu, lieu

le nomment

"Canari-zozo", wayapi, la carte déjà

pot des oiseaux", indiens

de la mythologie est porté sur

connu des anciens dressée

puisqu'il

de 1'Oyapock C'est

par AUDIFFKEDY (1763), que les oiseaux,

sous le nom de après avoir tué

"Ouaracaouare". l'anaconda naient géant,

â cet endroit

se parèrent et firent

des couleurs la fête.

de l'arc-en-ciel

que conte-

ses excréments

Selon une indication les WayZipi auraient limite, moi, en dessous cette tradition eu, au XIXe siècle, du confluent se réfère

peu claire un village

recueillie en aval

â Camopi, de cette Pour qui

de la rivière plus

Crécou

(KGkulu). aux Piriu

vraisemblablement

se métissèrent au sein

postérieurement

avec les Wayapi; en fait cette

aujourd'hui, région

personne

de l'ethnie,

ne considère

de 1'Oyapock

comme une terre

Wayapi.

En amont de Canari-zozo rivière ents Camopi, de cette le territoire wayapi n'a n'étant

jusqu'au

confluent

de la les afflu-

pas de profondeur, guère fréquentés (Malupi),

portion

de I'Oyapock Seule

au delà af-

de leur fluent

zone de confluence. de droite,

la rivière loin

Maroupi

est remontée /Kapi

assez

par les Wayapi du village du Camopi").

de Camopi (dit

limir ' a/ "confluent

-

86-

La faiblesse aisément s'est faite : elle

de l'occupation

de cette

zone s'explique en Guyane et (1842), avancé. la famille à une Historide que l'ex-

marque l'extrêmité après

de la migration

wayapi

tardivement

la mort

du chef Clanini.ka était largement par vers

époque où l'écroulement quement, Waninika, plique

démographique

le mouvement est à relier d'ilmérindiens

à l'absorption

venus de 1'Approuague

1825 ainsi

BAGOT : "On passe devant on arrive Indiens (1849). ensuite qui sont la grande au village sortis roche Monpère ou roche de Cayemou (1) , habité il Diable... par les 20 ans"

de l'ilpprouague

y a environ

Cette colonie

région

étant

ultérieurement la situation

demeurée sanitaire

le front mauvaise

de contact

avec la fut

française,

qui en découla,

une cause supplémentaire

du maintien

de son sous-peuplement.

A partir sivement en direction

de Camopi, de la source

le pays wayapi de l'oyapock.

s'élargit Au cours les limites

progresde sa campaaffluents des

gne géographique deux rives wayapi

de 1890, COUDRRAU, en cartographiant à loisir C'est apprécier les

de l'Oyapock,put région.

du territoire que

dans cette ici.

donc largement tout Depuis jusqu'au

sur ses appréciations d'abord, trois n'a guère été les

je me baserai fréquenté avant

Le bassin toute

du Camopi, récente.

une date

décennies,

Wayapi exploitent

son cours

inférieur

mont Alikéné

(AlikEnE Au XIXe ancienne prirent

)

considérant la région plus en amont comme le pays émerillon. -----------_-----_---~~~~~~~~ (1) Actuellement Saut Keimou, ou lksimukwale /, "la fosse K E imu" couleurs. ; KS imu était l'anaconda géant auquel au Galibi les oiseaux /okoyumo/. Le mot KE imu est à rattacher

de leurs

(AHLBRINCK, 1956, p. 325).

Carte.

4 :Le

Pays

wayâpi

: region

Septentrionale

H--

Kapi(Camopi) 1860

P

collines principales lieu- dit rapides nom wryâpi /nom regional limites raptantrionalss successives de l’expansion wsyapi peuplement de bois d’arc

-

13%

siècle

le seul

cas d'occupation

wayâpi aurait

dans le Camopi est

celui

d'Asapo 1870. de

(COUDBEAU, 1893, p. 440) qui Encore doit-on signaler

eu un village

à St Yaniwe vers des émigrés

que Asapo appartient

au groupe

1'Approuague.

Entre de 1'0yapock axe que s'est DEBAUVB note Aricoto (Alik>ts

Camopi et la limite en permanence

de navigation,?es depuis

deux rives sur cet

ont été occupées faite après ): l'expansion son arrivée

1830 et c'est

des Wayapi vers chez le capitaine

le nord.

En 1830, ADAM au Saut

Wawarassigne

"En 1828, je n'avais de huit Cette des phrase rives journées

trouvé

d'établissement du Saut Aricoto." sur la rapidité

indien (1833, de

qu'à

plus

au dessus

p. 211) l'occupation

ne laisse du fleuve

aucun doute par les

Way';pi.

Au cours paux et leurs de rive (*pis?) cours gauche, furent avant bassins

de cette

progression, occupés. (Yalupi)

les

affluents les

princiaffluents

furent

inégalement la Yaroupi

Ainsi,

le /Kuluwatir/,

et 1'Eureupousigne sur l'ensemble de leurs

des axes de pénétration dans 1'Oyapock. en particulier

sud-nord

de se fondre région, bien

Les emplacements dans les historiques

de villages bassins

abondent

dans cette aussi

deux derniers

et recoupent in situ

nos propres

relevés

et observations

que les affirmations un groupe Yaroupi.

de COUDREAU (1893,

p. 475 et p. 483). habite encore les sources

Actuellement de la rivière par

de Wayapi non contacté Son cours inférieur est

régulièrement saut Milfsi

parcouru itu. jusqu'à Quant son

les Wayapi de la région /%pis?/ , elle

de Camopi jusqu'au est remontée loin

à la rivière affluent

vers

l'amont

le /Takululir/

par les Wayapi de Trois

Sauts.

La plupart revanche avoir

des affluents

de la rive

droite

semblent

en

été moins fréquentés. (Mutula) Il

En particulier,

les grandes

rivières

Yaoué (Yawa ) et Moutoura comme des terres Ainsi, Pierre la Mutula, Wayzpi.

ne sont pas actuellement en ait

considérées

semble qu'il

été de même dans le passé. était inconnue du chef le

après deux jours

de remontée,

en 1890 (ibid. rivière de plus grosse région

1893, p. 443). comme habitée qu'elle

Les WayZpi actuels par d'anciens ennemis,

considèrent les Tapfiy. de

haut de cette Ils pensent

mène directement géographique

chez les Wayapi-puku qu'ils

l'Amapari, pas cette m-me pour

erreur

qui prouve

ne connaissent Il en va de

du moins depuis

plusieurs

générations. aujourd'hui de canotage.

la rivière

/Yawc / qui , pas plus de deux jours

que du temps de

COUDRF,AlJ,,n'est connue au delà

Le territoire réelle rivière ou a été, ampleur Yingarari fréquenté qu'à partir

Wayapi, du cours tout

dans l'oyapock,

ne prend

sa de la est,

supérieur le bassin Les rivières /isuk+/,

: dès le confluent de la rive /YEngalal+/, droite

(YE ngalali),

par les Wayapi. /KalaSkwa/, ancienne

/Ralaliwa/, des

/PakDt+/,/Walapululi/, axes sud-nord 1'Oyapock. par tous

/ MitakE

/ sont toutes de

de pénétration /M+taka

des Wayapi dans la région a été visitée et était

La crique

/ en particulier

pratiquement d'ac-

les explorateurs versant

du XIXe siècle amazonien

une des voies

cès principalesau P.FERRE,

jusqu'en

1850 (ADAM DE BAUVB et

1834, p. 224-25;

BAGOT, 1850: COUDREAU 1893, p. 520).

A partir le "vieux les plus pays" way?ipi,

de la source celui

de l'oyapock, les n'a

nous entrons orales

dans parmi

où se placent proprement dite

traditions dû être

anciennes.

La source

occupée que

dans les premières cette région

années du XIXe siècle précise :

, car,

lorsque

LEBLOND explora

en 1789, il

-9G

-

II

.

.

.

la méfiance

qu'on

avait

de quelque

nation

indienne

in-

connue et ennemie traces, sendre tout cela

dont on découvrait me détermina

de tems en tems quelques au canot 14). et à redes-

à revenir

l'oyapock."

(HUHAULT, 1965, p.

En revanche, située La carte bassin sur le versant de D'ANVILLE, de La Notaye amazonien datée

toute est

La partie occupée

du territoire depuis le XVIIIe

way?ipi siècle. dans le

de 1729, situe "crique

Les "Oyanpiques"

nommée alors

des Palenques." d'Amapa sur cette

Compte tenu carte, cela

du tassement signifie

cartographique qu'il

de la terre

raisonnablement La plus

y avait déjà à cette
de cette région.

époque des WayZpi

dans La partie

méridionale

Sur la carte fausse l'Amapa, qui, actuel pour ce qui concerne Le nom "Oürampis" de sa position

dite

des Jésuites

(1741),

à peine

moins

Les zones intérieures est porté orientale, à La source

de la Guyane et de de la rivière au haut "Mapari" Araguari Les ama-

en raison

correspond

et non à L'Amapari. du siècle passé,

Pour les WayZpi actuels, les axes de circulation

comme pour

voyageurs zonien

dans le bassin 1'Inipuku dit,

sont

le Jari(/Y?il+/ (/Mapali/

ou /Yali/)(L), et /Alawali/).

le Kouc (/Kuu/), L'Araguari actuels proprement

et 1'Amapari plus à l'est,

situé

est mal connu des Wayapi Vers

qui nomment /ALawali/

le cours moyen de L'Amapari. comme Limite territoriale

l'ouest,

les Way?ipi disent la rivière

avoir eu

un affluent

du Jari,

Kouyaci

(/KuyaLi/). _-----~--~~~~-~~~~~~~~~~~ (1) /YâLi/, le Jari cité" signifie ainsi la "rivière appelé l'importance des Noix /Tukui de Para" qui selon signifierait Wayapi. les Wayapi; "la grande est quelquefois évoquant puku/,

des anciens

villages

- 91 -

Voici, héros pays" Ulukauli, du bassin d'une "Il

après

avoir

raconté

le récit

de la fuite entre

du

comment Yawalu du Jari part,

commente les différences de l'Oyapock,

le "vieux abondance

et la région insécurité le canot

en opposant :

et rareté

et sécurité

de l'autre

a fabriqué

avec de l'écorce une rivière Le Kouc était

de cacahuète jeune, car elle

et ils ne lui car par

sont partis arrivait il fallait

: le Jari qu'aux

était

chevilles.

une rivière L'oyapock que le Jari

âgée,

un canot

pour la traverser. se tord, alors

a été fait est droit. Indiens y De aussi

un anaconda parce L'Oyapock habitent l'autre ce qu'il qu'ils n'est : il côté, n'y il

qu'il

pas une bonne rivière a pas beaucoup y en a beaucoup,

pour

que les

de poisson mais c'est

et de gibier. dangereux

par-

y a des /kunawaluyawa/ dirigent.

(1) et aussi

des armées de singes

Le peuplement s'être faisaient réalisé progressivement

de ce grand après

territoire

amazonien

semble

1750. Auparavant, (Anon.

les Wayapi n'y 1745).

que des incursions les archives

guerrières

1740; d'ORVILLIERS, avec les traditions

Sur ce point, orales vers

(TONY, 1769) concordent

des Wayana (HDRAULT 1968, p'. 152) et des Wayapi. le nord amena fatalement les Wayapi aux marches Sari. Dans un récit

La progres‘sion

du pays wayana, à ces heurts

dans le haut bassin du fleuve _______---------------------(1) Ce jaguar magique particulièrement

consacré

grand est

issu

de la transformation (Phrynohias resinifitrix).

de la rainette

de Goeldi

ou /kunawalu/

-5-z

-

anciens reprises quoique

avec les Wayana, un Wayapi du Kouc, Pirl+la, que les relations ne soit se faisaient pas très de part précis, n'étaient il

indique

à plusieurs du Jari et, que

et d'autre laisse séparés

le discours villages de voyage.

l'impression

les premiers ques jours

des deux ethnies

que par quel-

Jusqu'en gardèrent
plUS

1890 (COUDREAU 1893, p. 529), Depuis
rivière

les Wayapi n'habitent les interfluves cependant situé

un pied

sur le Rio Jari.
Parler]$ grande

cette
(1)

date, mais du
Jari

ils

à prOp?XUIent

entre avoir tations

le Kouc et 1'Amapari. commencé plus tôt.

L'abandon

progressif

semble

Dès 1832,ADAM DR BAUVE ne rencontre lui-même, localisation mais, à peu de distance, de toute

pas d'habisur les un

Wayapi sur le fleuve orientaux. Cette face

affluents repli

indique faites à partir

évidence

stratégique

aux tentatives (povoaçges) est faite

par les Portugais des Amérindiens. p.

de fonder Une allu-

des colonies sion récits portent à cette

agricoles colonisation

dans SOUZA (1873,

156) et les se rap-

que les Way?ipi consacrent sans doute, soit à cette

à l'héroïsme période, soit

du chef Asingau à celle ans plus

de la tentative tôt. C'est aux

d'enrôlement mêmes raisons bassin les

dans les milices que correspond

de Para quinze la migration

du chef Yawalumiti Des exactions ont également

dans le par contri-

du Kouc (COUDREAU 1893, p. 336). métis révoltés de l'Amazone,

perpétrées grandement

Cabanos,

bué à accélérer

le mouvement.

Afin aux -------------1---------_-_4 et 5 ____ cartes (1) Je ne tiens par

de simplifier pp. a7 et

l'exposé, 93,

je renvoie ces

le lecteur divers changements

montrant

pas compte de la communauté du chef Salapo village Wayana de Moloko pata.

installée

la FUNAI sur l'ancien

:arte.5:

Le

pays

Wayapi

: Région

méridionale

-94

-

territoriaux. seront analysés

De nombreux plus

évènements

auxquels

il 3 p.

est

fait

allusion

ici

en détail

au chapitre

279.

Ainsi nie pour les deux cents du territoire de l'oyapock, d'un repli surtout

donc,

les

fluctuations

territoriales

de l'ethpar

dernières vers le nord,

années se caractérisent avec la prise jusqu'au égal

une exdu

tension bassin

de possession Elle

de la source pratiquement remarquer

moyen cours.

s'est

accompagnée wayapi. sont

dans le sud du territoire territoriales portugaise,

On doit

que ces fluctuations face les à l'invasion

liées

à une stratégie qui consistait affluentes,

de protection à abandonner offrant

stratégie les rivières

grands

axes pour peupler plus grande.

une garantie

de défense

Avant d'aborder
il nous faut cependant dire

d'autres

aspects

du passé des Waygpi, territoires il n'y les plus a pas de

quelques ancêtres.

mots sur les

anciens documents (GILLIN, logiques, XVIIe pendant

occupés

par leurs depuis 1948).

Dans ce domaine,

nouveaux p. 824,

ceux mis à jour

par NIMUENDAJU en 1927 historiques et archéoau

Grâce à ses recherches que 1es'Wayapi sur le Jari De cette précis habitaient

nous savons

le moyen Xingu

siècle

et passèrent

en 1736, c'est-à-dire période lointaine "vers

sans doute les Wayapi Mazone", c'est-à-

la décade

1730-1740.

ne gardent dire

que le souvenir

d'avoir

habité

l'Amazone.

Pendant Portugais peut-être (1730-1740), ils

la période occupaient D'après de cette

de contacts le bas Jari, les

fréquents le rio

avec les Maraca et de

le moyen Araguari. au centre

trouvailles le rio

archéologiques Iratapuru,que ; il est aussi

NIMUENDAJU, c'est se trouvait

zone,sur

concentrée

la majeure

partie

du peuplement

- 95-

certain 1'Inipuku

que, dès la fin

de cette fut

période, également cependant

une grande occupée. être

partie

de progressi-

et du moyen Jari

Les étapes mieux

ves de ce peuplement que les recherches l'ethnohistoire. pects culturels

ne pourront archéologiques

connues que lorsde as-

suppléeront plus ancien. avant

aux insuffisances (cf. p.145

Nous reviendrons de ce peuplement

> sur les

i

-99

-

II ORGANISATION SOCIO-POLITIQUE $volution historique DES NAYAPI :

Se référer sont les communautés locales sociale actuelle

aux unités

les plus

faciles

à cerner nous conduire et

que de

est un des fils à l'organisation les leur stratégies

qui peut

l'organisation

ancienne, politiques

par là

même nous permettre

d'expliciter

adoptées

par les Wayapi pour maintenir

indépendance.

1) LES COMMUNAUTES LOCALES WAY&?I : SYSTEME DE PARENTE ET ORGANISATION POLITIQLJJ3

Depuis -‘-yeux des Wayapi est d'elle d'elle

150 ans,

l'unité possible

la plus

représentative

aux C'est

sans conteste

la communauté locale. en temps de crise pacifique ou parfois ; c'est

à partir autour

que s'organise que s'organise

la survie l'expansion

guerrière

- 97 -

lorsque pitre influer envisagée. contenterai entre

l'occident que le milieu valablement Afin

relâche n'a

sa pression.

Nous verrons

an prochain suffisante toute

chapour ici

pas joué

comme une contrainte pendant de type

sur ces deux tendances des objections d'affirmer

la période

de dissiper

écologique, général

je me des terres

présentement Jari..

que le peuplement du milieu

Oyapock,

et Araguari,

du XIXe siècle très riche,pour surtout

à nos jours, que la vie si.l'on sait

a été trop des villages que les libres

peu importantSface

à un milieu

de 20 à 200 personnes de base à respecter mouvements.

pose problème, sont évidentes

règles de leurs

pour des Amérindiens

C'est c communautes, population ou.deux ciales qui apporte d'une couples , partant, de sept

le contraire, la misère

c'est-à-dire mentale trop

l'exiguité

des si la à un so-

.et physique. faible - disons plus

En effet, réduite de relations

communauté devient et leurs d'alliances, années de vie enfants

- elle

ne'permet final

dont le but

m'a semblé, la "production"

somme toute, de loisirs 11 faut nécessaires est 'se ! C. . être

au, cours comparable plusieurs aux loisirs. celle

avec les Wayapi,

à ce qu'observa familles

CARNKIRO (1961)

chez les Kwikuru. les surplus

pour prélever

sur le milieu me l'a

Une belle

communauté,, il

sans cesse été répété; à donner, où les fêtes

où le chef se distingue à un rythme rapide...

par sa capacité mais j'anticipe

succèdent

'là sur mon'propos

final

1.1.

La parenté

: nomenclature Par négligence ou par incapacité jusqu'à ou, plus d'état intellectuelle,-la mal étudiée du personnel nous-

parenté
OU

waygpi

est restée

pratiquement européens

nos jours

mal comprise

des voyageurs ayant à régler

r'écemment, civil.

administratif

des questions

Ayant

-

98-

mêmes des aptitudes la parenté, ce n'est

fort

modestes

à nous mouvoir intégration à comprendre deux ans,

dans les dans la vie l'organisation

concepts de
villageoise sociale de S. de la

que par notre

que nous en sommes peu à peu venus des Way;lipi, et ce n'est que depuis

sous l'impulsion

DREYFUS,,que nous avons réellement parenté wayapi.

amorcé une étude méthodique

Ainsi XIXe siècle,avant wayZipi. chefferie La plupart

que nous venons de le dire, une description de quelques ils

aucun auteur de la société

du

COUDF%AU,ne tente du temps, au delà

remarques vouent

sur la les Wayapi

et une constatation

de la polygamie, : n'est respecté

à une inorganisation "Aucun père vit souvent (1833, entre une'telle lieu

quasi-bestiale de parenté

dans ces unions

; le

avec sa fille, même le fils

le frère

communément avec sa soeur, nous dit qu'il induit ADAY DF BAUDS y a contradiction sans cesse ailleurs et éconorique. l'appréciation b ces de tDX~kDI,T :

avec sa mère"

p. 277), affircation

sans mesurer et le fait

un instant qu'il politique

dans ses descriptions lignes peu brillantes

une organisation s'applique

parfaitement

"Au XIXe siècle, prit faires mesquin,

la plupart borné

des textes

sont imprégnés

de l'esd'af-

et satisfait (1972, p.

de soi de la bourgeoisie 174).

de l'époque".

A la fin comme dans d'autres, Guyane. cis S'il ouvre

du XIXe siècle, à la connaissance

COUDREAU, dans ce domaine les Amérindiens de haute pré-

ne nous dégage pas, du fonctionnement de remarques intervillageois,

par manque de méthode, de la société sur alliances, wayapi,

un portrait

et clair

son texte

fourmille'

en revanche, les rapports

pertinentes les

la formation

des communautés, dont

le don, etc.

- 99 -

l'absence

d'interprétation de parenté

nous garantit qu'il recueillit utilisable

la fraîcheur.

Par contre, en 1891 dans nomenclaet la et d'au-

la nomenclature

en 1889, puis

(COUDREAU, 1892, pp. 80-82), n'est la mesure où il ture qui sont ne reconnut l'opposition entre d'une

que linguistiquement, de cette et alliés

pas les majeure part

caractéristiques entre consanguins

différenciation tre part

ego masculin

et ego féminin, De plus,

terme de référence une correspondance surtout Ainsi, il lors

et terme d'adresse. entre les

sa volonté et des compo-

d'établir

terminologies enquête,à

française dégager

way"api l'amena, sés malheureux.

de sa seconde :

donne : "frère

"maman érékère" On reconnaît lant,

de ma mère". pour homme et femme parfemme parlant mais "la (on

/mZmZ/, "mère", /, "ma soeur donc lire

terme d'adresse aînée",

et / -1ikt

terme de référence, de ma mère",

uniquement. soeur dirait

On doit

: non pas "frère

arnée de maman", ce qui n'est en effet simplement l-1,

pas en soi un terme de parenté "ma mère"), mais une explication.

Il phique première National analyse (1947,

faudra

attendre

les missions

de l'Institut

Géograune Il y

1956, 1960) pour que HUFMJLT nous propose wayapi qu'il (1962, pp. 70-82). :

du système de parenté nombre de principes de parenté

dégage un certain "le

résume ainsi très Apalai

système

des Oyampi est Oayana,

comparable et Trio :

à celui

i

des Caraïbes

de l'intérieur,

- on compte laparenté gnage et matrilignage préférentiel que le mariage classificatoires. avec les

simultanément comportent cousins

sur deux lignes. chacun un principe classificatoires, soeurs

Patrilide mariage tandis et filles

croisés

est prohibé

avec les mères,

-

100

-

- matrilignage deux éléments englobe

et patrilignage distincts.

ne sont pas regardés

comme (1)

Un seul mot /kulungwa/

("famille")

l'ensemble

de la parenté. L'étude ne met en évidence les groupes. patrilinéaire, se fait toujours

- la résidence aucun mécanisme - il existe

est matrilocale. d'échange

de femmes-entre à la filiation des chefs qui

une forte pour

tendance

notamment du père

la succession

au fils. profonde du système semble être la juxtaposition et

- la tendance

en un même groupe fragments

de parenté

de fragments (ibid.

de matrilignage 70-71) dès lors qu'"ils

de patrilignage". Insuffisante

1962, pp. arbitraire, lui-même cette : (mariage limites

et surtout l'auteur distincts', de préciser de l'alliance les dit

où elle

isole

certains

lignages,

dont

ne sont pas de la parenté

regardés waygpi

comme deux éléments a cependant le mérite

définition

1) les bases normatives sés classificatoires) 2) "la Les autres semblent forte aspects avoir

entre

cousins

croi-

et conséquemment tendance à la filiation

de l'inceste.

patrilinéaire". partiellement d'enquête justes -

du raisonnement

- du reste

été infléchis -kilingE

par des défauts

(2) , ce qui du Kouc) signifie

(1) Le mot / en fait classificatoires).

/ ( -k&lingwE,

dans le parler

"ma descendance", de 1'IGN valeur

au sens de "mes enfants" se consacrant le travail

(directs

et le temps d'appar HUKAULT.

(2) Les missions réservé précier à sa juste

à la cartographie, était restreint, considérable accompli

aux enquêtes

ethnographiques

ce qui permet

- io1

-

apparaît de parenté d'adresse

nettement, à la fois

d'une

part

au niveau

de la nomenclature par le mélange

des termes des termes citée

incomplète d'autre

et obscurcie part

et de référence,

au niveau

de la généalogie

qui est partiellement

fausse.

Les WayZpi contemporains riche groupés de 57 appellations. en deux catégories à la fig. Ils distinguent

définissent consanguins

une nomenclature et alliés re-

fondamentales 1 présentant reconnues

sur les niveaux un village fictif

de génération. : s'y illusdes

Nous renvoyons trent Wayapi. les unités

de parenté

dans le langage

courant

Cette conforme à la nomenclature

distinction de type :

entre iroquois

consanguins ou dravidien

et alliés

est

(DUMONT, 1975)

nommant d'un même terme - le Père et le Frère Mère (E-i), - le Frère Cette elle et d'un

du Père (&-l-u) autre terme :

(1) , la Mère et la Soeur de la

de la Mère (é-1-ati) possède aussi

et la Soeur du Père latérale

(&-yays

>. car '

distinction s'applique

une extension

classificatoire, parents.

aux germains

des grands

(1) Par commodité,

il

sera toujours

utilisé

non le terme personne

d'adresse,

mais le terme de référence, Ex.: -&-l-u, /Ière pers./de/père l-l-1, "de",

à la première

du singulier. est l-u/ -*

: "mon père", n'est pas présent

où le radical partout.

Le déterminatif

-0

a
t

II-OI-+

0

Iia

+ + + t + : 3 + t 4 + Il + +

--L-+ ‘“i -II
:- a-

I---- oi--

0 Il-oi i a : + i + ----a Il;TT
0 i --II ---a1 a :i .: .-•. . ...** : t 4 4 Iz

:;

3: ; 3 + -i + t 4 g

-lx
+,--0 :a.

OI----

Le niveau claeses de parents : germains

d'ego

se caractérise potentiel;, 2 et tableau "mon.grand

par conséquent soit II, ppi :

pa? deux

et alliés Fig.

1) Pour un ego masculin - des frères -mon petit Fils frère"

(cf.

106tlQ9~

(C-lL-ki'i), : Fils

frère"

; (&-m~?mll?), du Frère du Père ;

du Père et de la Mère ; Fils

de la Soeur de la Mère.‘ - des soeurs (t-k@) : Fiile du Père et dC la Mère ; Fille

du Frère

du Père : Fille - des "beaux-frères"

de la Soeur de la M&e. (L-l-ail>? i) : Fils de la Soeur db Pere.3

Fils

du Frère

dé la Mère. (0-18-l e kwa) . : Fiile dé la Soeur du Père ;

- des époueee Fille du Frère

de la Mère.

2)

Pour uu ego féminin - des Soeurs

(cf.

Fig. ),

3 et tableau soeur"

SI,

pp.

10&4t@~;~-~

(E -l-ike

"ma grande

; (t -kip&~"ms. du Frère 'du Pèrt ; '

petite Fille

soeur"

: Fille

du Père et de la Mère ; Fille

de la.Soeur

de la M&e. (E-k*) Fils "mon frère" : Fils du Père et de 1a’Mike ;

- des frères Fils du Frère du Père';

de la Soeur de la Hère. (E'-uke?,i) : Fii3.e de la coeur du Pi%e ; .i

- des 'Ibelles-soeurs" Fille du Frère de la Mère. (E-m?)

- des époux de la Mère.

: Fils

de la Soeur du Père ; Fils

du Fr2re.

-

104

-

Le niveau

des descendants

au premier

degré.

1) Pour un ego masculin - les (E-1-ayi). - les (E-~-S@@) -'les distingués fils subtile un peu", enfants des Soeurs (E-l-a et des 'IBeaux-Frères" ?itati). sont des Fils termes (& -l-a7 et des Filles %la' u), plus "mon sont des Neveux enfants des Frères sont des Fils (E-l-a' 5) et des Filles

et des Nièces enfants des enfants (E-1-ayila)

des Epouses potentielles des hères u), par les

"ma fille

UR peu".

Une distinction

interviendra

au niveau

de l'alliance.

2) Pour un ego féminin - les distingués n'établit enfants des Soeurs et des Maris (E-mEmi). entre potentiels ne sont pas une feme et de

et sont des enfants, pas de distinctio?

Comme on le voit,

ses enfants

de sexe masculin

sexe féminin. - les (E -pZ) nièces, enfants des Frères il n'y et des "Belles-Soeurs" a pas de distinction plus tard, au niveau entre sont des Neveux et

. Là. non plus, sauf,

neveux

comme on le verra

de l'alliance.

Au deuxième nologie naît :

niveau plus

ascendant

et au deuxième entre

niveau alliés

descendant, et consanguins,

la termiet recon-

ne fait

de distinction

-

105

-

- des Grands-Pères Mère", Père"; - des Petits-Enfants de mon Fils ou de ma Fille". des Grands-l!ères

(E-1-amïïi), (E-yalii),

"Père

de mon Père"

ou "Père

de ma

"Mère de ma Mère",

ou "Mère de mon

(&-pal+),

"Enfant

(sans distinction

de sexe)

1.2.

La parenté

: Filiation Rien ne permet d'affirmer, les liens avec HURAULT, que lorsqu' de parenté, qu'en les être on ne parvient à part telles que 77) à

"on relève construire patrilignage

effectivement des généalogies et matrilignage

étendues (...);

considérant filiations suivies". jamais allègrement

homme ---+-femme -3 Au contraire, cultés lors

homme ne peuvent

(1961,~. de diffides il

de nos enquêtes, le long

les Wayapi n'eurent passant

à se mouvoir

des généalogies, parfois six

hommes aux femmes et ce, jusqu'à ne peut être question ici

générations. de vue'

De plus,

de "personnes

perdues

pour une population d'environ s'attendre situation

- je ne parle soixante-dix à ce que les démographique.

que des Waygpi du centre vivants de filiation vers

et du nord - issue légitimement à une telle

ancêtres règles

1860. On peut aient

eu à répondre

Si l'on parents n'ont groupe consanguins, de pères maternel,

s'en

tient qu'un

au principe

de classification

des qu'ils

on constate

homme ou une femme, alors

que dans le groupe

paternel

et de mères que dans le

ont des deux côtés clairement

des germains

et des cousins
symétriquement maternelle

croisés. se ratou

Cela implique tacher

que chaque Wayapi peut de même statut

à des individus

dans sa branche

-

106

-

tableau
NOMENCLATURE OES

2
TERMES DE PARENTE

a]

communs à ego masculin

et ego féminin

n0
1 2

terme de référence E-l-amiïï E-yalii

terme adresse tZm”u savi

dy

équivdlcnce père du père;père de la mère mGre du p&-e;mère de la mère père mère frère soeur de du la père m%re

3 4
5 El

E-1-U E-i
E-l-ati E- yayc: E-pal&

papa
marna papi pipi pi?a,piaï, E-pal&

27

fils de la fille; fille de la fille; fils du fils;fille du fils époux autre ego épouse autre ego mari père de la mère, si que père d’ du que de si père,si mère

28

E-l-uapu

papa;papaa?u

25

E-&a?u

marna, marnaa pu

d’

45

E-l-atia?u E- yayôa Tu

papi

,pali.a?u

la soeur du autre que 5 de

46

pipi,pipiaiu

épouse du frère la mère si autre que 6

b]

propres à ---------------------- ego 7% kakay

masculin frère frère aîné cadet

7
8

E-1-Eki E-mûmT1ï

pi va, tuku

. ./ . . .

-

107

-

no

terme de référence z-kuya E-kuyZ[miti E- l-ai.13 75 1

terme adresse yaya pisï tailû

d’

équivalence 5oeur soeur aînée cadette de la la

9 10 11

fils du frère de mère ; fils soeur du père

12

E-le-1Ekwa

tY?ï,pioai

épouse:fille du fr&re de la mère;fille de la soeur du père yapi file fille fils frère fils soeur masï fille frère fille soeur fils autre eso du fils du de la mère; du fils cie la du père du de du du fils du la mère; fils de père d’

19
2a

E-l-a?& E-l-a)‘& E-1-ayiwE

pi ?a, tuku, pisï kwani

21

32

E-1-aiitati

pis?,

la si

30

E-l-a?ia?u

pi ?a

de l’épouse que fils l’épouse que fille

31

E-1-ayLa?u

pisï

fille de si autre d’eso kakay, fils fils fils jamin fils son pisï fille fille premihe seconde soeur . aîné cadet ou ou

34. 35 36

E-1-aPilipik&, E-1-a?itaïwï E-1-a?imit&pû --mitikc

tuku, ya ii

tuku,piPa,ya?i pi?a,pisï, yaq&sakilE

fille fils

bennourris-

38 39 47 43 49

z-1-ayilipikô E- 1-ayisa E-1-ay&mitE s-lc-lckwaipikô E-ls-l&kwakipii E-le-l&kwaZmC

ya 76, ySy5, 9i ysG,pisï pi ?a& pi Qai pi va*

aînée cadette épouse épouse,si la premi&-e si de

de

seconde épouse, autre que soeur la première

. . / ,..

-

108

-

nc

terme de référence E-l-a?ilapu z-1&-kiiia?u

terme adresse ww kakay

d'

équivalence fils d'une potentielle épouse

fils aîhé d'une époupère autre ee du que la mère d'ego fils aadet d'une épouse du père autre que la mère d'ego fille pore mère O'une autre d'ego

E-mûmlllapu

pipa

&-kuyaa*u

pisï,y%yS

épouse du
que la

E-y-Emüy

ssmü

fils d'une épouse décédée du pore autre que la mère d'ego -

c) e-kLw& &-l-ikô e-k+&& e-m&

propres à __---_--------------- ego kakZy,pioa, tuku yaya pi.51 a

féminin frère soeur soeur aîné aTnée cadette : fils la mère; soeur du du frère fils de père de la la soeur

i époux
de la

l
18
e-ukE"i

fille du mère;fille du père ! i i pi*a,tuku,ya'i pisï suwi fils fille

frère de

23 25
I !

' i

&-mem&
E-P??

I 1 !
1 2G

fils de la fille du frère de la mère;fils de la fille de la soeur du père fille frère le de soeur fille frère épouse de de la du la fille la mère;filfille de père du la : / I

1 !
1 z-memitati

: /

pisï,mZsï

1

pisï,mSsï

de la fille du de la m&-e si du fils; fille

-*. / .n.

-

109

-

~~~~~~-. .< t;:~~~r?g~~d~ eço l fille
autre égo E-m&milipikE E-mcmitaïwl E-msm&taïwïngEJ lôwowa E-m&misakil& E-m&mCsa : . . bmômim*topû E-k&wàapu vi I 1 j yapisaki 1 1 pisl,ya?i, yaya pis? , kakay, ’ kaksya’u yaya l fils henjamin;fille benjamine fille fille aînée cadette la kakay pi ‘a fils fils

I /
4o 41 42 43 44 54 I I t ! ; f

> pisï

de l’époux,si que fille ainé cadet

d’

fils d’une épousa du pire autre qua mère d’ego

55

!

E-1-ikEa?u

fille aînée d’une épouse du père autre que la mère d’ego fille Cadet;te d’une épousa du père autre que la mère d’ego

56

E-kipiiaiu

pisï

O&---0 3
-r-

a&----

am a 0 l-u 0 0* a a-r Od 0

Ogj---l -i---lx a;-----

0 -l il --L
m L ---II

Oi-l------

aN
ON------ay----

cl -l 0:

--c

0 a m ---II oe a P. ---II 0 a :q
Of?fY n ---lx

oiiiQ 0: ---_
Oit---4L---

0 rl d---II

~%----.&&---a~------

:---c

On------

.$L-.-

; 41 9-l r-i lr--l--lr-5 r-5
0 6 A
3

.A

0

0

A
5

3

4

4

A

0

A

0

A

0

0

A

0

A

0

f&g.

3

Epo

fémiriin

- llz!-

paternelle.

Ce caractère puisqu'au à l'un

relevant niveau

de l'alliance

est

solidement ego peut

corroboré se référer

par la filiation indifféremment avec l'un lignage titude

des grands-parents, d'entre

quelconque

eux pour définir Ce n'est

ses relations

quelconque

de ses collatéraux.

donc pas à un patrimais à une muldescendante.

ni à un matrilignage de lignes, les ancêtres

que se rattache doublant

un Wayapi,

à chaque génération

Dans le cadre présentent linéarité. se fait d'ailleurs par aussi Ainsi, le clan la trace pour leur

de ce système

indifférencié, qui relèvent à sa parenté

les Wayapi de la patripaternelle dont c'est

filiation

des traits d'un individu

le rattachement : un enfant la plus

appartient

au clan

de son père, (cf.

concrète

d'existence

supra p. 67).

Par extension, ethnique wayapi, gers. c'est l'avait chefferies, qu'il soeur y ait (cf. : un couple tandis Plus qu'un

il

en va de même dans un mariage femme étrangère wayapi

inter-

homme wayapi/ couple

aura des enfants aura des enfants P,tran-

étrangerlfemme

avant,

même lorsque que l'enfant remarquer qu'en

le nom du clan est rattaché.

est pratiquement est,

oublié, comme des

à son père déjà fait bien

Ce rattachement pour rarement

HURAULT, déterminant celle-ci par le mari soit

la succession directe et

pratique

souvent infra p.

un relais 133).

de la fille

ou le mari

de la

A ce niveau en fait:illustrer "Ainsi cette

de l'analyse,

les WayZpi semblent

bien,

remarque

de Robin FOX : la plupart l'héritage peut passer des droits et la succession pour "patrilinéaire" et devoirs, sont

une société ceux qui en ligne

dans laquelle concernent paternelle,

y compris transmis

-

113-

sans comporter néaires". (1972,

pour

autant

de groupes

de filiation

patrili-

p. 53)

En définitive, diversifié nous renvoie

ce système

de parenté

pour le moins wayapi; - le recruque

aux besoins est

fonctionnels associé

de la société besoin

le comportement tement

patrilinéaire

à un premier au niveau profond

des détenteurs maintenant

du pouvoir observer

; c'est le rôle

de l'alliance

nous allons

du système

indifférencié.

1.3 La parenté

: Alliance

Nous avons vu que la nomenclature sition entre alliés épousables et consanguins (A')

fournit

une oppot offrant

non épousables,

à chaque ego masculin joints potentiels, les

(A) et féminin cousins croisés

un certain (cf.

nombre de config. 4).

(B et B')

0

r
(3

‘A=0

1 l----In
a 0 a --0 a
1 I

0

a A

0
B
fig. Mariages 4

a
B’

n

B’

préférentiels

- 114-

Ce type si, comme nous le verrons, est possible. cousins

d'union

est

considéré

comme préférentiel, extérieures

même

le mariage L'union

avec des personnes définies

au groupe maines dérée (les

avec les personnes est en revanche "ils

comme gerque consi(les liens

parallèles)

rejetée

parce

comme incestueuse

: (3-y Eupi),

se chevauchent"

de parenté). D'autres Waygpi cousins : les deux premières le lévirat même fortement polygame : Auguste ici fille est (akits la plus ) a quatre ancienne fermaes ; celle dont il types d'union sont encore extension possibles pour les

ne sont qu'une (cf. fig.79

du mariage (cf. fig.5

entre ), le plus

croisés,

et le sororat

le second étant souvent,

recommandé et prenant (cf. fig. 6). Déjà,

la forme,

du mariage

en 1856, MARIN et

MAZIN le notifient "Le Capitaine est question

et la soeur

de celle-ci

est une jeune

de 17 à 18 ans".

A
Jamani A Palu*i 0 Yamauli

0

1
Si3asï
fig.

/
=xzc=zo
MYpEa 5 Sororat -épouse dGfunte1 Kalaisemô

====A

!Misû
0 A
Tawal~ fil. l-2 Ilipô Yamili
son-n-de

II

I

0

6
EOeurs

Pr>lwj~ie

[premih-e

olassificatoiraa vivantes3

- 1150 Sapipûkû l

I<wa&

Takaka I

A
Ail&

@
Tapi l 9 Yamauli Yamili pi.

A
Ilu?ay I

1 A
Alamasisi

A

A

A
Si.?i

Samani

A
M”up E a fi.2. 7 Lévirat avec [premier deux époux

0
Kalaisemô fràres defunt classificatoires J

A
Walayü -

Ce dernier montre ficatoire il est une femme ayant : ce type intervenu

cas (cf.

fig.

7) est

intéressant

: il

nous classimais

épousé en premières est en principe 1942-1944,

noces WalayU, jugé

son frère

d'union

comme incestueux,

dans les années

dans une période peu de place décédé, KalaisE

où l'éclateà l'accomplism& se remaria, -.'

ment des communautés du haut Oyapock laissait sement de mariages dans les règles. Walay; à le penser

non pas comme on aurait avec son demi-frère "avec le frère

tendance

à la lecture

du schéma, nous fut dit, ies

classificatoire, mari".

Miïp&.:a , mais, Ainsi n'est s'opèrent,
mis

comme il

de son défunt des faits

dans les dits,

redressements té.

; l'accent

que sur une partie des conjoints, la vérité : nj'ai

de la véripuisque est

Non pas que soit

oubliée

la situation

exacte

chacun peut infléchie le frère

la retrouver

dans la généalogie, devient honorable

simplement, de dire

dans le sens où il de feu mon mari".

épousé

-116

-

Le mariage (cf. fig. 8) est un type

secondaire

avec la fille .

d'une

veuve

d'union

assez pratiqué

.Fi.y.

2 -_ Mariasa

secondaire -.-.

la fille _. . avec.__- I_c_-._

_dyune . . . --_

veuve

On trouvera avunculaire une tante (cf. (cf. fig. fig. 9) 10). et,

aussi,

assez fréquemment,
mesure,

le mariage le mariage avec

dans une moindre

r A Késa Yeli
Yapu Iluay

I
Aitu

I A
Sasa

1 Tawatû

A' M~YP&

I

0
P&kü l A +++ Xlipe 5' ,.

0
l;l&le

-

I A Tamali

Sa?i.payE f ic.9

Mariage -_-

avunculaire

fiE.3.C

Mariage

avec

une

tante

Le mariage matiser lui-même, est encore à l'état pour qu'à

avec la tante de projet sa mort, ; il

que nous venons a été arrêté Dédé

de sché-

par le mari ne soit avait en-

Tamali,

sa veuve

(lJls1~)

pas sans ressources. trevu sans bien les

TKEBAULT DE LA MONDERIE, en 1819 déjà, comprendre les mariages secondaires :

-117

-

"Il tard Le mariage entre les

arrive

très

souvent soit qui

qu'ils

élèvent

un enfant

pour plus (1857) d'âge mais consi-

en faire

un mari, sous-entend

s,oit une concubine'! souvent

avunculaire, conjoints,est

une différence filles,

assez mal toléré pour ne pas sortir plus bas.

par les jeunes de la famille,

déré comme une solution comme nous le verrons

ou du village,

Si l'on Zidok pour l'année cousins

examine

la totalité constitués), croisés

des mariages on trouve classificatoires classificatoire

du village : 17 maria; 3 ma(consi(cas De ces de

1975 (29 couples croisés et cousins

ges entre riages

avunculaires

; 2 mariages

avec une fille avec un frère six

déré comme incestueux) du lévirat, chiffres l'ethnie, villageoise. quences siëcle, groupes arrivait solution d'un rente, très fig.

; un mariage

classificatoire exogames. à la totalité

7, p. 11: ),

et enfin, étendre

mariages

que nous pourrions il ressort

par expérience

une forte

tendance

des Wayapi à l'endogamie endogame eut des consédémographique relatif du XIXe des différents : il ; la seule la pensée de référéserdu .

Historiquement, importantes pendant

ce comportement à partir du creux

surtout locaux. souvent

les périodes

d'isolement

Les WayZpi expliquent qu'un homme n'eût

eux-mêmes la situation pas d'épouse potentielle suivant les lignées

pour ne pas sortir indifférencié, de former

du groupe, multiplier

pour ne pas, à l'infini les mariages, étant

système était

incestueusement populaire :

les ultimes absolue

ves mises par la conscience mariage

l'interdiction

avec la mère et la fille "lorsque .des soeurs l'on

est en manque d'épouse, (yawalu,

mieux vaut 1978)

prendre

que des filles:'

-

118-

Ces entorses veaux généalogiques n'aboutirent indiffcrenciée,

à la règle,

faites

un peu à tous les nidu système. Nloublions

pas à la cassure combinée, permet

pas que la parenté lente à l'un connaissance quelconque

chez les Waygpi à une excelde se rattacher niveau ascendant. la là 1,

des généalogies de ses seize

à un individu au*quatri2me suffit

ancêtres,

Four arranger parenté

les mariages

au niveau plutôt

moine un, il que sur un autre

de compter

nur un des ancêtres les propres

; nous ne faisons lupi te a-ika :

que traduire "je

paroles

des Waygpi Illustrons

: / pipi cela

compte du côté dewa tante".

par un exemple

bousins fig. 11

croisés Mariage ion la ternelle réalisé separent6 madL: mari

cousins Mariage parent&

paral.l&les impossible paternelle selon sa

Le mariage rait celfe

de YapDk

et So\.,l3
; il

était était

impossible possible

si Yap3k s'il fut

se réféà

2 la parenté

de son père cette

se référait choisie.

de sa mère : c'est

vision puissante

des choses qui des Wayapi liée à leur

La tendance nous venons graphique
niZUti%

à l'endogamie situation des

est, démoCO~~U-

de le suggérer, C'est

profondément la connaissance de comprendre des groupes sociétés

récente.

de la structure

qui va nous permettre trop poussée

comment les Waygpi évitent locaux qui,
Eelon

une imbrication le danger (1972, p. majeur 147).

FOX, est

qui menace les

à parenté

indifférenciée

-

llY-

Une communauté est mes ou non. Le Couple est, indivisible d'une association d'une avec les

d'abord enfant3

formée qui

de couples, issus,

polygala base en

en sont

économique. (veuve

La preuve

la plus

évidente est nommé

est que l'enfant ~mzvnake Pression éliminé3 1, "la est d'

iemme seule

ou célibataire) que le fruit

chose volée" ailleurs

au même titre faite

d'un

inceste. soient

généralement par enterrement, de cette

pour que ce3 enfant3

à la naissance inéluctable

en même temps que le placenta. déjà été noté au XIXe

Le caractère siècle :

solutiona

"Une femme accouchée parfaitement diens, décidé . mere, fant à terme,

il

y a environ n'ayant

six

mois d'un

enfant les Ina été de la en-

pu en désigner réuni5

le père,

hommes et femmes, se sont 2 l'unanimité jeune serait

en conseil

et il

, sans opposition

aucune de la part le malheureux

femme âgée de 18 â 20 ans,que enterré vif':

(MARIN et MAZIN, 1856) ne compromet clos, l'avenir faire de un mariage veuve qui

Cependant la mère qui pourra tout â fait régulier. ensuite

aucune tache , une fois

l'incident

Quant à la femme qui on lui trouve

se trouve

brutalement

pendant prend souvent

sa grossesse,

immédiatement

un second mari

â son compte la paternité que fortuitement

de l'enfant réelle.

à venir,lequel

n'apprendra

sa filiation

Si le3 arrangements mencer tôt, conjoints jeunes le mariage sont arrivés femmes, cela ne peut devenir

entre effectif

les

famille5

peuvent

com-.

que lorsque économique.

le3 deux Pour les

au 3tade de l'indépendance signifie s'occuper et l'objectif faire

de 3on abattis, est plus

de sa cuisine, difficile dit à Yawalu,

de se3 enfants. atteindre, il

Pour le mari, faut qu'il puisse

sa maison

et surtout,

-120

-

"savoir

chasser,

savoir

faire

toute5

les vannerie5

pour sa

femme, savoir Ce sont se récrier une des fins cède pourtant les seuls lorsqu'on de l'union

faire

un abattis!' sur lesquels une femme peut La procréation, comme dans toute : la stérilité /3-p oy/, s'appuyer si elle société d'une "il pour est humaine, épou-

critères lui

propose

un mari.

chez les Wayapi

le pas â la fonction n'entralne

économique le divorce

se, en conséquence, La polygamie tion, peut rarissime, entraîner est

jamais

divorce". la défec-

le seul moyen d'y d'une

suppléer.

En sens inverse, au travail

épouse en tant

qu'associée

familial,

le divorce.

Les mythes, ses sur les tion sociétés, d'un de la tête

dont on sait ici

qu'ils

fourmillent

de réponde la situa: il s'agit

me fournissent couple

une illustration est improductive

affligeante

où l'épouse

du thème dit grâce

coupée, pp.

ou de la femme crampon, 388-394) wayapi, la large on voit

dont on sait, en Améri-

à LEVI-STRAUSS (1966,

diffusion

que tropicale. lement trueux, guet enceinte puis rouge

Dans la version par un ver, sa tête. la tête

une femme mise accidentelses trois enfants monsen daet, devenue

d'abord Tandis

délaisser

perdre /sa% /('),

que le corps

se transforme

se colle

sur le dos du mari celui-ci. conjoint

strictement

consommatrice,

épuise

littéralement le malheureux

La suite cherchant enfin. Sans

du mythe nous montre â se débarrasser commentaire de cette

avec sympathie lui reste

de ce qui

de femme et y parvenir et

excessif,

l'accent

mis sur l'improductivité n'échappe à aucun Wayapi.

la nocivité

union

avec une infirme

Les communautés wayapi d'un certain nombre de familles _-_~~-------~-~~~~(k) / S~?D /, Mazama americana, nucléaires cervidés.

actuelles qui

sont donc composées au "groupe

correspondent

-121-

limitatif" fruit d'un

de 2Q.X (1977, ras3emblement

p.

153). Elles

sont en effet un certain

généralement

le

de familles

ayant

nombre d'ancêtres la totalité du fait des perqu'elles

en commun, mais en aucun cas elles sonnes descendant ont choisi de vivre de ces ancêtres. ensemble

ne repré3entent Leur limite

provient qu'elle3

et non pas seulement â la fin de ce travail

descendent

de ce3 anGtre5. que,

Nous verrons

(tableau fluctuation

3 p. 328)
des

sur ces bases,

nous obeervon3

certes

une grande remarquable doutons offert pas, par

communautés, nombre d'entre leurs nisation leaders,

mais également elles. c'est

une stabilité tient, n'en subtil leur

pour un certain à la qualité d'orgade

Si cela aussi

au jeu doivent

le syçtème

sociale

qu'elle5

survie.

Une communauté me semble - le jeu des liens cïation des famille5 indifférenciés d'une communauté. qui

la-combinaison le libre

de traie choix

jeux d'asso-

:

scellent

- le jeu du pouvoir teur et assure

qui organise

ie village

autour

de l'homme

fondaCetau fil.5 ne jouent

sa perpétuation

par le biais du père

de la patrilinéarité. au fils aîné, à défaut

te autorité cadet,

masculine

se transmet

â défaut

aux gendres qu'un revenir

et beaux-frères rôle de régents,

; ces deux derniers puieque, en th&rie

â proprement la chefferie raux sont,

parler doit

du moins, successodes

aux enfants

du défunt.

Les litiges d'éclatement

corne nou3 le verrons,

une des sources

communautés. - le jeu fense contre de l'endogamie, l'extérieur, qui n'est défen3e.à autre force qu'une centripète, au contraire technique de déau

cherchant les

maximum â éviter

les départ3

et favorisant

entrées.

-122

-

Quelles orphelins, veuves, parce

entrées qu'elles bagages

? Avant constituent un trop

tout,

les personnes des alliés

seules,

en puissance, avec : ce

sans apporter lesquelles il

dans leurs faudra

grand nombre de lignées intercommunautaires mariées, par alliance, à elle.

compter politiquement

dans les

relations

sont des personnes nes font pour

neutres. de leur situées Sauts,

Une fois famille

ces personet sont, Ainsi,

indéfectiblement

partie

l'ensemble

de la communauté, de Kamala à Trois

par rapport vit.

dans le village - c Y El& , mariée

une femme Wa*ySpl-puku, Yawalu dit est mariée : à mon oncle"

à un homme du village,dont

"Je l'appelle

ma tante
La recherche

parce

qu'elle

d'individus,

soit

appartenant

à une fi-

lignée

éloignée,

ce qui soit

est

le cas de la plupart étrangers, karib, tout

des Wayapi-puku ce qui est

xés sur l'oyapock, Emerillon

franchement de langue

le cas des tactide en dispar lequel tout d'abord

et des Indiens

semble être au long

une autre de l'histoire

que de recrutement nos communautés. cuter plus avant,a

que nous retrouvons L'intégration peut-être

d'étrangers,, d'ailleurs

comme nous allons été l'un des biais

les Wayapi ont pu (ou ont dû ?> au milieu passer actuel, Tout cela d'un système clanique exogamique intégrer

du XIXe siècle, et patrilinéaire

au système voisines. si certaiPour l'heure, comme

et secondairement ne se fit ne furent

des débris et l'on

des sous-tribus peut se demander dans ce but.

pas sans heurts pas provoquées

nes guerres

uniquement

contentons-nous une nasse des autres remment,

de remarquer

que la communauté wayapi n'est en fait compromise de chefferie,

fonctionne que par et très

dont la solidité cormnunautés, les maladies les

la convoitise diffé-

successions

importées.

-123

-

2. DES RELATIONS INDIVIDUELLES AUX RELATIONS INTERTRIBALES : UNE CLE DE L'EVOLUTION SOCIO-POLITIQUE DES WAYk'I

Ce que nous savons nous oblige à constater tout

déjà

de la réalité

et de la norme réductions une atomiL'an-

que les Wayapi,

subissant

de fortes vers

démographiques sation cien

au long importante

du XIXe siècle, laissant

ont évolué

géographique système

des vides

territoriaux.

clanique,reposant

sur une base territoriale
avec circulation

et fondant avoir de la tocertain. indifférenne survivait subsidiaipro-

l'alliance gressivement talité

sur l'exogamie laissé

des épouses,semble

la place

à des communautés détentrices vers un isolationnisme

de la vie

sociale, fut

donc penchant alors assurée

La pérennité ciée,

du groupe

par une filiation système ce qui,

permettant

le mariage paternel

endogame.

De l'ancien familiale, à un clan.

que l'héritage rement, maintint

de l'autorité nominale

l'appartenance

L'observation tater rôle

de la réalité

nous permettra

de cons: le et pour il

que ces communautés endogames n'ont de noyau de sécurité se sont souvent En dépit

pas toujours leur sur

pu jouer assigner

que les Wayapi voulaient vu obligées négatives, de s'ouvrir surtout

qu'elles survivre.

l'extérieur

de forces

démographiques, jamais inscrite

est à peu près

certain

que les Wayapi ne renoncèrent Cette idée, actuelles, la tradition encore solidement

à créer dans dans les écrites du XIXe

des communautés fortes. leurs conceptions

politiques Ainsi

apparart . orale

clairement et les sources wayzpi

témoignages dépeignent siècle lité

du passé. toutes,à

un moment quelconque village

de l'histoire

et du XXe siècle,un forte, constrastant

important autres.

commandé par une personnaEn 1819, c'est le village

avec tous les

- 124-

de Waninika

qui

tient

ce rDle

sur le haut %~%ST (THEBAULT DB LA le village de "Damocome", celui probablement

MONDERIE, 1857) ; en 1849, c'est le chef Yawalumiti Ka 7 iluwiy2 (BACOT, 1849):

en 1890, c'est

de Pierre

(COUDREAU, 1893).

2.1.

Conflits

individuels La vie

et paix quotidienne de leurs Ce trait

publique des Waygpi actuels,aussi bien d'ail-

leurs grand

que le fut individualisme. tendre

celle

grands-parent de caractère

s,est caractérisée
est puissamment

par un imprimé expé-

c des la plus riences lement lui-mgme

r enrance,

p uisqu'un

Waygpi fait

ses premières

existentielles Libre

sans contrainte Dans de telles

aucune et qu'on le laisse
conditions, de ses actes il doit

tota-

de ses choix.

découvrir

la discordance

ou la concordance il évolue. pas obligé

avec les normes sont bien enten-

de la société du enseignées, contraint dividu, dont

dans laquelle mais il n'est

Ces normes lui

de les accepter,

et sera alors quel in-.

de quitter dès lors qu'i1

La communauté. désire sont vivre l'esprit

En sens inverse, selon

n'importe

les canons d'une

communauté,

les deux principaux actes d'une

de réciprocité
accepté

et la modération même s'il

dans les provient

et les jugements, ethnie éloignée.

sera

en 3on sein,

Si on le met en parallèle la communauté endogame, d'une les harmonie postulants relative. remplaçant ce comportement Les déviant3 les déviants.

avec le fonctionnement social me semble le garant et l'équilibre telle est

de

partent

sauf,

Le vécu d'une des relations

philosophie qui vise

passe

concrètement par une ritualisation
sans cesse les sources

humaines écrite3

à écarter

de conflitr;.

Des 3ource3

- 125 -

anciennes il note

aux traditions

orales,en

passant

par la réalité

contemporaine,

se dégage une continuité que le chef frotte (rituel encore

remarquable. le front

En 1819, THEBAULT DE LA MONDERIE arrivants avec un morceau Peu

des nouveaux entre

de coton, après, Blancs.

en vigueur les

deux communautés alliées). à se bien d'un conduire village avec les waygpi sur

un vieillard

exhorte

Indien3

En 1832, LEPRIEUR, résumant le prototype soit

l'accueil

le Ro~c, fournit arrivant, qu'il "Là,

du comportement

de3 Way?ipi à l'égard

d'un

ou non de la communauté : que j'avais La plu3 visité3 franche précéhospitaliavec moi ; de poiset le chef et à suifini, sur de

comme sur les établissement3 reçu. qu'aux

demment, je fus parfaitement té me fut offerte, ainsi

hommes que j'avais quelques aussitôt morceaux apportés,

.du macouray(l), son

de la crayave(2), nous' furent

et de la cassave

de la famille vre l'exemple

nous engagea par signes qu'il ses filles

à nous asseoir ; le repas couis

nous donna de manger apportèrent

-

son ordre, carhiri(3)

de grands

pleins

que nous faisions Indiens,

circuler il est

à la ronde

aprSs y a-

voir

bu ; car chez les de boire insulte (1834, tard,

de bon ton de ne jaet ce sepreuve de

mais refuser rait lui faire

dan3 la coupe de son voisin, que de lui p. 210) nous devions observer refuser cette

fraternité". Cent cinquante ans plu3

une e,cène identique du Pilawili séjour ren-

chez les WayZipi du RO~C. Il dant visite 3 leurs : voisins

s'agissait du Kuluapi,

des villageois après un long

chez les

Wayana du Jari -------------(1) "macouray",

/ makule. / : tabac. vraisemblablement de bière de manioc. /kalali/: bière d'igname.

(2) "crayave", (3) calebasse

- 126-

"L'arrivée les

par canot d'aboyer

est

silencieuse.

On retient au village.

les

chiens,

empêchant

et de courir

Les visiteurs leurs vêtements); perles. Les

peuvent tous

se baigner les

(nus pour ne pas mouiller cheveux et se parent puis les

se peignent entrent

de leurs

enfants puis

les premiers, enfin les chiens.

femmes, puis rencontre on s'ignore (...>

les hommes, des habitants de part et du

le chef,

Si l'on

du village d'autre, village

avant ne jetant

l'entrée

officielle,

même aucun regard.

Les habitants

ne se pressent vont

en aucun attroupement.

Les hommes nouou SOUS une des bancs. En

veaux-venus

s'asseoir vide,

sous la case à cachiri femmes leur debout

case de cuisine

où les

ont préparé

Les femmes et les

enfants

restent

ou s'accroupissent.

aucun cas les invités dès leur arrivée,

ne pénètrent

dans une case d'habitation proche. Les

même s'ils puis être les

y ont de la famille femmes,rendent un quart visite d'heure

hommes du village, arrivés qui peuvent

aux nouveaux ou plus seuls. quelcette sa

restés

Les femmes leur le autre offre boisson,

apportent

du cafhiri

ou,à défaut,n'importe pas pour pour

sauf de l'eau.

On ne remercie vide

et l'on

tend la calebasse

sans un regard

propriétaire. sans élever 1972, p.

Les hommes et les femmes parlent la voix et sans gestes inutiles..."

sans se regarder, (P. GRENAND,

135)

Les fêtes puisqu'elles rer les liens visent, entre

sont

le sommet de la coexistence de l'invitation réciproque,à Le rôle

pacifique resser-

par le système

les membres de la communauté. de la vie sociale

de la fête écono-

en tant

que ciment

et concrétisation

de la vie

mique des Wayapi a été étudié

par F. GRENAND (1972)

dans deux chapitres

-127

-

intitulés don" catif
s’agit

"La fête 165-178).

au village" Je n'insisterai dans les ona/, "le

et "Du don et de l'échange ici que sur un rituel entre

camouflé très signifi-

.en

(p.

mis en place de qui
/yawam

grandes vol

fêtes

deux communautés fête,

: il

des chiens". invités,

En pleine

les dandans butin parodie une

seurs,

sont également et pillent à l'intention de guerre, ! Les invitants Demain,

les

se répandent

brutalement entassant leur Cette : c'était

le village sur la place

les demeures des invitants, de leurs finit font épouses

respectives. de rire

de mise à sac, plaisanterie aux invités.

dans les éclats généreusement ceux-ci iront

don de leurs à la chasse

larcins ou à la devient

dès l'aube,

pêche et paieront alliance. que les une autre Cette

les volés félicité n'a

; de guerre peut-être allaient

apparente, pas toujours

/yawamona/ éd

de mise puisà cachiri /kulumuli-kulu/. ne dégénécommudans

gens du XIXe siècle communauté'

toujours flèches tels

aux fêtes de guerre

armés de leurs les rituels

Dans un semblable raient-ils nautés

climat,

que /yawam>na/ lieu

pas en combat ? Ou bien sûres de leurs relations

n'avaient-ils

qu'entre

pacifiques

'7 Les enquêtes

actuelles

ne peuvent

permettre

que des suppositions. L'amour des Waygpi pour est en tous les règlements acquis, psychodramaet nous en redans les querell'insultant en

tiques trouvons

à leurs

conflits

cas un fait

un reflet les

dans ce qui L'insulté et reculant à grands

s'observe

actuellement devant

les entre criant dansant, S'il vient, écartées, fort,

individus. avançant

se plante en frappant

du talon

un peu comme en

se frappant

coups la poitrine il s'en

de la paume de la main. distance les et re-

invective

plusieurs

personnes,

va à courte écoute, croisés

recommençant les poings

avec un autre. aux hanches

L'adversaire OU les bras

jambes

sur la poitrine,

-128

-

Il

peut

ou se taire,

ou répondre,

c'est-à-dire sinon,

entrer à l'échelle

dans le combat. de l'individu,

Car que sont donc ces joutes ce qu'est la guerre à l'échelle

oratoires

de la communauté ?

2.2.

§ystèmes

relationnels Il

et nouvoir étrange d'aborder ethologique mais j'ai dangereux loin l'observation des évitements la conviction de l'alliance que et de des ou

a pu sembler

relations

sociales

par une description individuels, du jeu

des règlements

de conflits

ces phénomènes sont la rupture gations. qui agite

révélateurs

le5 WayZpi aus5i

que plongent

mes investi-

C'est pouvoir,que dans l'étude trois je vais

ce jeu,

vu sous l'angle examiner. cette Ainsi

de la transmission que je l'ai déjà

du suggéré selon

maintenant

du système

de parenté, :

transmission

se fait

axe5 relationnels relations relations

- les - les

descendantes d'alliance

pèrelfils, beau-pèrelgendre et d'alliance

puis

fils

aîné/fils

cadet

;

ou beau-frèrelbeau-frère; interne * et externe

- les relations chef/obligé

de dépendance

et homme/ami préférentiel. Les relation5 entre père

et fils

ont déjà

été cernées

à propos soit

de la succession du village

de l'autorité, ; le lien qui

soit les unit

au niveau est

de la famille, valorisé

à celui

socialement

et les mésententes redouté d'un e5t celui

considérées

comme gravissimes. sénile.

Le moment le plu5

où le père devient

Nous avons été témoins en refusant de l'autori-

cas où l'entêtement son rôle contraintes

du père à ne pas abdiquer,tout à un abandon total au fils toute

de remplir té, les

de chef,équivalait affectives enlevant

marge de manoeuvre.

-129-

Il

s'agit

là'à

mon sens,d'un

des points

faibles

essentiels

de la socié-

té wayiipi. Les ruptures bien et nous pouvons relever précis. violentes entre père et fils existent nous posaé1870-75 : mais chas-

au moins deux cas sur lesquels Le premier était se situe mort Louis depuis vers

dons dea renseignements "Oui, d'abord

le grand-père le fils (le

Alasuka

longtemps,

chef Pierre

ou Tarn& yu7 a) avait Il

sé son père. vieillards raison disaient

Ce n'était qui veulent

pas sans raison.

y a comme ça des C'est chassa pour cette

les femmes des autres. chassa son père ; il

que jadis

le fils

son père'

nos anciens. fuyait,

Et le grand-père dit-on,

partit... fuyait, aussi il il arriva derpéter retenir" pas son

'Le grand-pere près du village rière fusil. dit lui ; il

le grand-père Mais son fils

du Pilawili. fit péter

arrivait fit

son fusil

; deux fois

"Je vais Sa?i

à la rencontre (en parlant ainsi Voilà il

de mon neveu pour le de Pierre que votre ce que j'ai me répondit ainsi, Louis) Louis); père

Ulupe

"Ce n'est jadis a fait

pour que vous le chassiez la couvade ce que j'ai ! (ygkwaku). dit

à vous dire"‘, en français! ils dit parlaient

Voilà ,Jamais notre

à mon neveu, chefs

aucun de nos anciens langue, père, pas le français que je lui

ne parla

! Et (Pierre

: "Où est mon les mains!"; Et des ! Il

attache

les mains , que Je lui ' attache ' (Alasuka) son neveu "Voilà se mit : "Il

et on raconte la grand-mère nôtres" n'est disait plus

que le grand-père engueula beaucoup

à pleurer. n'est plus

la grand-mère, Blanc

ce que je dis il était était

de lui

qu'un

désormais!"Désormais, ça parce qu'il

devenu durant en gen-

totalement l'enfance. darme".

un Blanc, Désormais, (Miso '

et tout il

parti

s'était

transformé

entièrement

1977)

-138

-

Le deuxième dont nous aurons s'étalent tion Pierre recueilli persuadée contée entre à parler 1884 et

exemple

est

celui

du chamane Asapa

,

dans d'autres

circonstances. fut relaxé. destitué

Les évènements sur interventemps, vacante étant son fils et bien fut
:

1891 ; ce personnage et ensuite à son profit

des Français, Ka 7 iluwiya les

mis en prison avait repris

Entre

la chefferie

femmes de son père,

la communauté toute l'ethnie. La fin

entière

que l'homme était

perdu pour

de Asapn
Kwataka

à J.M. BEAUDET par Mis3 "Asap3 revient chez lui

et traduite ; c'était (pour

par son fils le soir. prévenir Il

fait

du bruit

avec sa pagaie San fils tée" fils Pierre (il ; ils

dans le canot

,de son arrivée). ; il l'a "encein-

est déjà marié

avec la femme d'dsaps ; Asap3 est maigre la nuit

se sont bagarrés toute

; Asapa et son aussi. en l'air"

se sont bagarrés donne de l'argent Asapn .

et le lendemain puis, il "fout

à son père,

expulse)

"Le fils

de KalianalE plus

appelé

PalaEsi(l)

a été'chercher ; en revenant, et a pris

des

bambous à flûte il a ouvert

en amont que Kwasiatâ

la valise

de Asapo , a vu la maraca, pour les donner

les

esprits un grand devait "Asape

qu'elle

contenait

à son père qui était esprits, le fils

chamane.

Pour avoir

transporté

les

lui-même était

être

un peu chamane. très malade. n'y Il est remonté plus puis d'esà

à Saint-Georges, de sa maraca, est redescendu

chez lui, prits

a joué Il

mais il

avait

dedans.

à Saint-Georges,

Cayenne où il (1) Des métis Piriu

est mort..." de Gnongnon dans la région de MariPa

du village

sur le bas Oyapock.

-

131-

Les deux cas de destitution situations sur la côte, pour une faute Il semble bien spéciales. acculturé réelle Dans l'un, et ambitieux de son père, Louis ait Pierre Louis,

mettent

en scène des par les Blancs

homme élevé devient

à la fois, l'adultère saisi cette

un fils

indigne

avec la femme de son fils. occasion ; il n'y pour éliminer parviendra d'un pas

que Pierre

son père et asseoir et sera à son tour

définitivement éliminé, cette

son pouvoir fois. cas,

par la puissance le fils, qu'il certes Ka'

chamane. agit à légi-

Dans le deuxième timement jamais. bon fils, années en épousant Lorsqu'il les "veuves"

iluwiya, croit il

de son père à son retour,

disparu n'agit pendant

chasse Asap3

pas en des

mais l'intérêt Asap? a rançonné

des Waygpi est en jeu, et terrorisé crimes.

puisque

les habitants

de la région‘et

les Wayana, commettant

plusieurs

(COUDBEAU, 1893, p. 297). situations conflictuelles, les rap-

En dehors

de ces rares

dont au moins une a été infléchie ports entre père et fils existaient, semblent

par le monde occidental, avoir rarement vers d'autres ainsi

posé de problèmes. communautés était entend dire

Si des tensions la solution

le départ adoptée

généralement

: c'est

que l'on grande déjà

que la solitude fils telles s'étaient situations

de Tgmiï Kwanu (vers dispersés, ses fils

1860) est qui étaient

parce

que uses

des hommes". De au XIXe siècle, à plupaternel chez réside ;

me paraissent à l'époque la présence

avoir

été fréquentes

particulièrement sieurs c'est reprises

des voyages de fils

de COUDBEAU, qui note loin du village qui résident qui

de chefs

le cas des fils (Salui); (Wila> de tirer

du chef Maracaya c'est le cas d'un

(Malakaya) fils d'Acara

Jean Louis chez Ouira hasardeux

(Akala) serait

(COUDBEAU, 1893, p. 327 et 335).11 des déductions du gendre de cas qui ne relèvent du beau-père.

cependant

probablement

que des obligations

à l'égard

-132.

-

Dans le droit a, chez les Wayapi, ritairement pour une autorité

fil

de l'autorité puisqu'il n'y a rien

paternelle,

l'aîné prio-

importante Il

est désigné là de bien

succéder

à son père.

original.

En 1819, THEBAULT DE LA MONDEBIE note "L'aîné de la famille

:
avec fermeté mélangée

commande aux cadets

de douceur". Pour gratuite moins juste. concernant que Pui$se Miso paraetre cette cette observation, position Louis était : le fils de grand-père Alaelle n'en est pas le récit

nous confirme

prééminente,dans

le peu sympathique Tatu : - Ainsi,

Pierre Louis

Pierre

suka ? Misa dirai quoi donc, : - Oui, c'était le fils avait de grand-père fait une chute ; plue chef . qui il caracexiste partiAlasuka. mortelle, tard, Je te sans

que le grand-frère c'est c'est lui qui serait

devenu chef qui devint

te dis-je

le petit-frère

La douceur térisent l'aîné

est effectivement

un des traits ; cependant,

dans ses rapports à ce droit

avec ses cadets

un corollaire culiers

d'aînesse,qui

est une source sont, pour l'aîné,

de conflits

: en effet,

ses belles-soeurs et certains les arrive profitent

des épouses situation,

classificatoires, créant

un peu trop

de cette

une gêne entre Il

frères. aussi à leur que des frères aîné. On peut ne s'accordent alors assister montre pas à un en appasoit fourni par

pour confier éclatement effet raît

la chefferie

de la communauté.

L'observation (réels l'histoire

superficielle ou claesificatoires) waygpi

que la dispersion assez fréquemment

des frères à travers

sans qu'il est

possible

de la fonder

sur une mésentente.

Un. cas clair

-

133-

la dispersion les traditions

en 1935 des fils orales et les

du chef SapntD sources écrites

. Plus montrent

loin

dans le temps, 1824, le premier

qu'après

Palananupa fondant s'installant Le caractère

et Yawalakal&

s'éloignèrent

de leur

aîné Waninika,

un grand établissement selon Misa

sur le Yarupi A?i qu'il

(BAGOT, 18419, le second sur la rivière est présenté expliquer près, Y& ngalalf. par ADAM DE BAUVE cette séparation.

chez le chef tel

emporté p.

de Waninika 1069, peut,

et FERRE (1833,

avec réserve, de plus

Si l'on si la séparation de sûreté d'une évitant de frères

y regarde n'est

an peut

se demander

pas à envisager,soit soit encore

comme une soupape comme le moyen économi-

une rupture

irrémédiable, plus en effet,au formant vaste

emprise faible.

sur un territoire On observe

avec une contrainte

que plus fréquente entretenant

moins depuis de véritables très serrés. cette

1870, l'existence groupes locaux ne est i et

de paires

de villages

des rapports

de réciprocité dirigées

Si ces paires situation

sont pas nécessairement cependant Alamasisi, Iluay, fréquente. les fils

par des frères, du XIXe siècle, 1910-1920,

Vers la fin

ce sont Tapi? ce sont

de Kwanu ; vers classificatoires

SapD t9 et du second amena et Sapakway

deux frères

; la mort prématurée

le retour

à une grande

communauté ; vers le voir

1930, ce sont swi sur la carte

sur le Pilawili.

Comme on peut

13 p. 332, ces leurs relations. pour as-

communautés ne sont jamais , surer les la continuité crises

éloignées,

ce-qui

favorise

Les Way?ipi ne sont donc pas sans ressources de leurs communautés . Un autre la chefferie

moyen de prévenir à un personnage a un âge la plus

de succession

est de confier du défunt des alliés adoptée

neutre suffisant. solution

: le beau-frère L'arbitrage principalement

ou son gendre me semble bien

si celui-ci

historiquement

par la communauté .endogame pour éviter

-134

-

l'éclatement. long aspect terme,

Mais ne peut-il de renversement

pas aussi du pouvoir

être

un moyen,à

plus

ou moins pas à cet

? Ce n'est

certainement : aussi

des choses que pense Yawalu "Les hommes souhaitent filles, car, lorsqu'elles

lorsqu'il

nous dit mais ils

des fils,

veulent

des un peu lui

se marient, ; c'est ce dernier

le beau-père qui travaille

devient pour

le chef de son gendre le canot Cependant, place allons petite ou la vannerie". ambition peut

devenir

grande

! Cette Elle

phrase est,

résume la comme nous

du gendre le voir,

ou du beau-frère lourde

dans le système.

de conséquences. des gendres au village croisé, il et des beaux-frères de s'accro?tre permet est numériquel'usi

Le recrutement très ment. nité large et permet indubitablement

Par le mariage territoriale

avec le cousin

de maintenir échange

de la parenté, en plusieurs

mais oblige unités

à un certain de résidence. des alliés s'agréger

la parenté l'exogamie extrêmement

èst divisée permet variée.

En revanche, d'origine aux diver-

à la société

wayapi

d'intégrer on voit ainsi

Au XIXe siècle,

ses communautés des individus,soit colporteurs à l'origine), Lorsqu'ils se réfèrent bien avant tout soit

aparai

ou wayana

(essentiellement d'extinction. les Wayapi nomment

membres d'ethnies pensent gendre

en voie

ou beau-frère, exogame puisqu'ils "ceux qui

à une situation /l&m?ngwayf,

collectivement ces obligés --~~-~~---~_^~~---__---~~~ (1) Vieux gissait le rôle mot, vieille

ont immigré"(').

institution. de gendres étaient

LERY relève (1580, p. 330). p. (1948,

chez les Tupinamba Selon MITRAUX, il dire s'aque

/che-reniboyef,

"mon serviteur"

essentiellement et la position

111) dont on peut

les mêmes dans la communauté Tupinamba

que dans la communauté Wayapi actuelle.

-

.l.35-

Ce statut par rapport obligés. il assure

permet

donc de compléter : il

la situation

des hommes d'un village mâles et il y a ses

à son chef reçoit

y a ses descendants des biens

Un obligé les

et une femme ; en contrepartie, (cela assure uniquement le decorum, de la place tant qu'il *

surplus

en manioc

et gibier il

n'est

pas père de famille); de fête

surtout

construction de danse, qui A Mis3 se

des carbets toutes dégagent propos explique

et de cuisine, qui

entretien créent

choses, d'une

en définitive, grande

la force qu'en rêve

et la cohésion chaque Wayapi. Louis,

communauté telle

de l'installation bien le processus Alors

d'un Wayana chez le chef Pierre : Pierre Louis dit dit se fit son propre travailler ancêtre

- Mis> : C'est

Village(...). à faire Tatuluwiya.

à ce moment là qu'il Voikà A notre ce qu'il

: "Venez à notre ?

mon village". - Tatu
- Mis>

:
:

ancêtre il

Tatuluwiy?i commandait

Ah! Désormais

etles

gens venaient! bien le pourtour

Eux,

c'étaient oui, d'ajouter

des Wayana ; ils ils nettoyèrent

nettoyèrent bien. de Miss

du village, Il est important

aux paroles

que Pierre en mariage.

Louis,

pour fixer

Tatuluwiya,

lui

donna sa soeur Walusi comment le pour

Voyons en effet brique dans le fonctionnement : doit

système

économique

5'im-

du pouvoir

assigner

une position

au gendre

- demandeur de femme, il forme de nourriture, défaut s'il au beau-frère. vient - marié, de son père. de l'extérieur. il n'a plus

fournir travail qu'il

un apport d'entraide, va résider

de travail

SOUS ou à

vannerie,

au beau-père

Cela implique

chez sa femme

aucune obligation

économique

théorique

à l'égard

-136

-

A partir

d'un

tel

syatème,

un chef wayapi

aura donc intérêt

à assurer de ses fils qu'il aura

la continuité avec ses nièces attirés... dès lors tout

et la force et celui

de sa communauté par le mariage de ses filles avec des étrangers

en contentant faible

ses neveux (1) . Le nombre des femmes apparaît du modèle de croissance, circulent, voisines. et ce
aussi

comme le point

puisque

seuls

les hommes en âge de mariage Way&i que dans les les ethnies

bien

chez les

Une communauté sans femmes doit faire la guerre ou du moins

donc aller la provoquer. dition 1880-90, orale,

chercher Si rien les

ailleurs, n'est

c'est-à-dire dit

expressement le confirment.

dans ce sens dans la traAinsi, .dans la décennie de l'Oyapock, les épouses des de

g&éalogies

nous voyons

dans les villages

de la source devenues

femmes, soeurs leurs vainqueurs

ou veuves (cf.

des gens de Mapali,

p. 333). se réfère du début naissant plus au schéma proposé du XIXe siècle au chapitre échangeait de la baisse prédes démogra-

Si l'on cédent, la société clanique

femme3 ; celle;endogamique, phique des années

des décombres qu'elle

183O.cherche

n'échange

des hommes sous elle ne la ou le de sucaparai, très impor-

la forme de gendres se voit peut même obligée

ou de beaux-freres. de rechercher Il

Bloquée

démographiquement, qu'elle pas penser le gendre

violemment.l'équilibre cependant précisément,

obtenir wayapi

pacifiquement.

ne faudrait puisque,

société beau-frère cession.
Pi?s,

comme paralysée, d'assurer à partir

permettent On voit ainsi, la place

la continuité

en cas de crise d'un émigrL

de 1910, le fils qui

prendre

de chef dans un groupe

deviendra

tant à la source de 1'Oyapock. ----------------------------(1) Il n'y a pas de règle subsiste de résidence la dépendance stricte au sein de la communauté

endogame ; seule

économique.

-137

-

Si son pouvoir tres vingt Maluka, Maluka. chefs ans'de

s'est

prolongé eux,que émigré

à travers de simples du Pilawili,qui

celui

de ses descendants, C'est le cas,

n'assurent, Uwaila,

régences. succéda revenait

d'auil y a

--

à son beau-frère à Kamala, fils de

cependant

qu'à

sa mort

la chefferie

2.3.

Relations

intertribales

et renforcement

de la communauté de relations qui

Revenons brièvement conduit de l'individu à l'humanité

sur le @stème entière.

Hors du noyau familial.,l'individu c communaute, "les à son village. (cf. 11,fait supra. entité partie 8.67 s'oppose ). le reste allant

appartient

à sa

de la catégorie

des -/w%;+,

gens rassemblés"

A cette JamGkdl, "les autres","les les plu5

de l'humanité, du village la plus

les voisin neutre i

gens extérieurs", , envisagés

aux ethnies possible.

reculées

de la manière

Cependant, regard aurIes il

on peut

tout

aussi

bien

focaliser

son

gens avec qui la communauté. n'entretient est deux manières de les appréhender de manière :

pas de relations;

dans ce cas, - ils /apaf,

aont collectivement ceux avec qui

envisagés

négative; au'tant

ce sont' les dire ceux.qui . . ICI) '-‘y hostile4 i Ce terà' l'ex-

aucune relation dangereux,

n'est . 1 entretenue, devenir

sont potentiellement me "d'étranger

ceux qui peuvent aux ethnies

inconnu"

est réservé

amérindiennes',

clusion des Noirs et des Blancs. ------------------------------(1) Ce mot désignant souligner montrant actuels. ici par aussi les clans formateurs, entre différents on ne peut ancêtres s'empêcher dont de i

le rapprochement là même qu'il partie

linguistique étaient

monde inconnu

e't ancêtres, la terre

y a une coupure

avec les

et en grande

le mode de vie

de ceux des Wayapi

-138

-

- ils les

sont

individuellement "les voyageurs

envisagés étrangers",

de manière avec qui

positive l'on peut

: ce sont conclure

/m313up&ü/,

des alliances. où l'on agitait

Nous avons souvent des thèmes tels inconnus

été témoins que contacts

de nombreuses anciens

discussions entre

ou récents détachées

Waygpi et Indiens différentes). correctement geste lité. fait

(fractions dans de tels (salutations

anciennement cas, rituelles) est

ou ethnies établir aucun

Le problème, le dialogue être

de pouvoir

et de ne faire

qui puisse Par exemple, de suivre

interprété la trace

symboliquement

comme une marque d'hostiest assimilé les au

suivre

d'un homme inconnu

un gibier. de nouvelles quelques

On comprend donc avec quelle relations, tant il est vrai

prudence

Wayapi abordent leur a réservé

que l'histoire

mauvaises

surprises. fait plus souvent l'une celle place des plus de l'amitié tenté

En vérité, à l'alliance belles qu'à l'évitement

l'ambivalence

et m'amène à envisager celle du /yaps /,

institutions

des Wayapi,

extérieure. de dire parenté.

Le mot signifie 1"'élu". Ils

littéralement des /ysp&

"un seul",

et je serais la

Le recrutement être WayZpi,

/ commence où finit surtout

peuvent voisines, son sens.

mais c'est

avec les membres cette institution une reun

des ethnies prend lation lien lations dehors tout entre

les Européens Sa caractéristique

ou les Noirs,que essentielle

est d'être

deux individus. fyr

Ultérieurement, pu /, mais jamais des relations - et celui

un homme peut

établir

avec un deuxième de groupes. du cadre

ne sont observées intervillageoises

des re- en -

Le réseau

de la parenté

des relations

intertribales par paires. qu'à qui

en dehors Replacé

de la guerre dans le cadre entre tout

- sont donc fondés événémentiel,

sur des relations ne peut

ce système débouchant

aboutir

une rupture concernent

deux individus, au plus leur

sur des conflits

parenté.

- 139-

Le système rature ralisé ancienne,à celui

du /y~ p& / qui équivaut, (cf. Alors supra p.52

dans La litté) semble très généinsisté un rôle

du "banaré" des Guyanes.

dans l'intérieur

que nous avons surtout il assure pendant fut aussi également

sur son insertion économique tation

dans le système Ce rôle

d'alliance, capital Il

important.

dut être

la phase d'adaptrès important Portu-

des Waygpi à leur

nouveau milieu. commerciaux des auteurs

dans l'établissement gais plus puis Français.

des liens L'ensemble

avec les

Européens,

du XIXe siècle son caractère

le décrivent Si le

ou moins bien,

mais tous soulignent

exclusif.

IYE PC / a, chez les Wayzpi, c'est jet le lien de l'échange d'alliance, est lui,

une signification d'amitié, qui

économique

non négligeable, L'ob-

partant parfois

est mis en avant.

si secondaire,

que nous avons vu des Cet état selon d'esprit l'ethnie

/y& pu / échanger n'est certainement

strictement pas toujours Sans parler suivant,

les mêmes produits. généralisé des Européens et varie

des partenaires. au sous-chapitre dont les positions

sur lesquels

nous reviendrons avec les Wayana

ce décalage plus

semble exister

paraissent Les études

ambigües. consacrées par A. BIJTT (1973) intertribaux,montrent commercial que s'établissent des Guyanes. d'où dérive .

récentes

et D.J. bien

THOMAS (1972)

au problème

des rapports

que c'est

essentiellement entre les individus

sous l'angle parmi

les rapports Ce type peut-être à propos

les Karib

du plateau

de relations

est désigné

sous le nom de /pawana/, voyageurs.

le mot "banaré" de /pawana/: "1 found Guiana, Rivière meaning it

de nos anciens

A. BUTT indique

in use among the Wayana of Suriname it it for to their the Trio (1973, Bush Negro trading

and French contacts.

who apply reports trading

of Suriname p.

as /ipawana/

partners".

169

De notre tion

côté,

R~US avons collecté ci-dessus,aussi Enfin bien

/yepe

/ désignant

le type

de relaet du Jary (11

décrite

chez les Wayana de 1'Itany le mot et observé

que chez les Wayapi. sur le Rio Paru, que celle différentes de cette appellation rents relevee langues origine

SCHOEPF a noté

l'institution

chez les Wayana et Aparai, chez les Wayyálpi. Enfin,le tupi

avec la m&ne marque d'intensité mot fyç" pc / existant j'incline dans

avec le sens de "un seul", L'existence

à le penser double diffé-

linguistique. appliquée

chez les Wayana d'une géographiques

apparemment

à deux secteurs

m'amêne à penser

que nous sommes devant l'un plus

deux champs relationnels l'autre plus tourné

distincts vers

chez ces derniers, entre d'illustrer part individus.

commercial, de l'histoire

l'alliance

L'examen

événementielle entre les

nous permettra Wayapi d'une leur importance

la mise en place

de ces relations de l'autre,

et les Wayana et les Aparai quantitative. Le lien individuel besoins constitué sociologiques

et d'apprécier

par le /yeps créés par les

/ ne comble circonsles Wayapi

pas pour autant tances du haut historiques.

certains

En effet,

nous constations

dès 1971,que

Oyapock ayant "ont

un ancêtre admiration

wayana ou aparai à l'égard-des Wayana. Les personcomme

une grande

nes les plus

métissées

n'hésitlnt

pas à se considérer

wayana ou aparai". L'examen ques montre indubitablement Way$pi,furent du syst&ne clanique et des faits histori-

qu ' au moins deux ethnies, d'origine incluses linguistique dans la liste clair, puisqu'il a été relevé

les Wayana et les Raiku%ian, et culturelle différente des

des clans s'agit

formateurs. d'une ethnie

Le cas repliée

des Kaiku)Sian est assez ___-_----------------------(1) le terme wayana l'amant

Jpawanaf

par nous tome

désignant

et la maîtresse.

-141

-

depuis

le centre

de la Guyane dans le bassin avec les Wayapi, ancêtres elle

du Kouc. Après une longue se fondit repérés est progressivement dans les obscure généalogies. : ils sont regrouou

coexistence parmi

pacifique

eux et plusieurs

ont pu être

Pour ce qui

est des Wayana, la tradition
/m3yuim*%w&gs / "les

orale

pés dans le clan /m 3 yuwzikîi/ , "les Les ancêtres 1870-1880

descendants et devinrent

de l'anaconda" "plus tard" les Ceux-ci wayapi,

gens de l'anaconda", venus se marier

les Wayana.

récents

en pays wayâlpi vers /. clans

années forment probable-

aont appelés rapportée

Wayana, non /Msyuimigw%ga tardivement aux autres

donc une pièce

ment â une époque où ceux-ci économiques quent grande privilégiés cette établis

ne fonctionnaient entre J'y

déjà plus.

Les rapports 1850 explide la

Wayana et Wayapi vois pour ma part wayapi.

après

sans doute souplesse

création.

un exemple

adaptative

du système

politique

3) DES BRESILIENS,

DES FUNCAIS ET DES NOIRS

C'est satellites diens. expliquent k sont devenus

un truisme le problème de Mis0

de dire majeur et celle

que les

Blancs

et leurs des Amérin-

dans la survie

Deux paroles, clairement \ P&ku :/.'Ils ceux-là - Alasuka, iPeku" :,Au Miss (les

celle

de la grand-mère

la méfiance'des en ont fait Noirs), -_. son fils fusil c'est

Waygpi 3 l?égard tellement bien ? font!',; : ceux-ci

PSkG& . de notre monde : Blancs), et

(les

la même chose.

:. Au fusil ! c'est

avec ça qu'ils anciennes les

Ecoutons

/._- Mis3

, à propos ; "Ils

des guerres

étaient

comme ça,

gens d'autrefois

; m@

nous, aujourd'hui,
gens de leur race

nous ne sommes plus (en montrant lee

comme ça ; B cause des blanc+z), qui

ethnologues

-142

-

se mêleront Plusieurs conclusions

toujours peuvent est

plus

de nos affaires". de ces deux répliques de base des Blancs : et des

se dégager

- la barbarie Noirs. - ils - leur

aveugle

le comportement

ne comprennent emprise est

rien à la vie indienne.
de plus en plus forte. que trop souvent l'exactitude de

Nous ne vérifierons tels propos

malheureusement

dans la suite Les trois

de ce travail. groupes "Franqais" (31, nommés par les Waygpi, /kalai/, /, "Noir" et géotout

"Brésilien"(i), (Créole ou Noir

/pala?sy/ Réfugié) puisqu'ils

(29 , et

/m &ike

13

ont été distingués

historiquement différents,

graphiquement en ne présentant

correspondent

à des contacts

que des nuances

de gradation

dans le nocif.

Hier te période à fuir dèrent grande

alliés

des Portugais, d'une

ils

n'ont

retenu qui les ils

de cetcontraignit se consiplus

que le souvenir vers

phase de dépendance du nord. leur

dans la forêt alliés qu'aux

les et,

terres s'ils

Aujourd'hui,

des Français Créoles, : une trop une forte ils

accordent

une confiance

ne se méfient rapide et trop

pas moins de certains franche familiarité,

de leurs une grande

comportements indiscrétion,

propension enfin, aussi

à l'autoritari5me bien dans les

et à la colère, rapports commerciaux se sont est plus ceux du

un manque de fidélité que dans l'amitié. manifestés

Si ces traits

de caractère, intermittents, trente

dans le passé, il n'en

dans le cadre

de rapports depuis

de même pour les Wayapi du nord -~-~---_-__-__--~~--___ (1) kalai est un vieux mot tupi grands chamanes, puis, au XVIIe (2) pala?sl, emprunt

ans,

et pour

désignant tout d'abord les prophètes ou siècle, les Espagnols et Portugais. au Wayana palasisi, "les gens de la mer". les Blancs. d'abord un poisson a

(3) maikclr, , emprunt à une langue karib désignant bouche en ventouse, puis les gens de race noire.

- 143-

centre

depuis

une décennie. administration

C'est

à travers

les

institutions

nouvelles,

gendarmerie, désormais

préfectorale... Opportunistes, ils cherchent

que les Wayapi perçoivent ainsi avant qu'il5 tout l'ont toujours les

cette

mentalité. leur histoire, alliance

été à travers avantages une volonté font sions, jour

à recueillir

de leur

avec les Français. sinon

Parallèlement

cependant,

de prise parmi

de distance,

un certain qui n'oublient du passé.

mécontentement,se pas, à ces occa-

les jeunes référence

responsables aux expériences

de faire

Nous avons vu que les non-Indiens dans la société d'apprivoiser téralement,doit quotidien plus effet, délices rence. Il par l'institution (o-m2wi s'habituer Certes, d'une attitude du /yeps /.

peuvent

être est qui,

inclus alors unila-

Le problème d'alliance

' a) l'étranger

désireux

à une mentalité, pensera-t-on, ancienne

un mode de vie,

un rituel ici est En avec

différent.

le schéma développé que la réalité Amérindiens n'y a pourtant actuelle. plonger

l'évocation on voit,

en sens inverse,

des jeunes Il

dans l'exotisme suffit de voir qu'il

de l'Occident... évoluer

là qu'appacomme Cayenne

un Wayapi dans une ville clairement technologie

pour comprendre mer et barbarie

distingue

bonne à consom-

existentielle. Les Amérindiens savent d'une dressé qu'ils manière sont toute dominés numériquesuperficielle. mentale tant derrière de Leur

ment et technologiquement, meilleure laquelle tendre protection ils

quoique

est d'avoir

une barrière plus, après

se retranchent,

n'acceptant pensée.

d'échecs,

la main sans une arrière tomber, les Blancs

Ne disent-ils rien

pas en effet: monde, les était la suiautre-

"Paissons Blancs vante

ne connaissent pas"? Envers tu n'es moi,

à notre

ne nous comprennent : "nous "les t'avons conseils

la réaction vraiment

apprivoisé, de politique

plus

un Blanc",

ment dit:

étrangère

que tu nous donnes ne

- 144-

sont pas valables,

car tu n'es plus représentatif
Face au monde non-indien,

de ton peuple." way'à'Ipi fonctionne

la société

encore

une fois

comme une nasse,

prelevant

des hommes par le système 1 occidentales dans 3on

du /y ~pc 1, mais se fermant ensemble. Cette compatible procurer tentative3 indiea.

à la civilisation

attitude

n'est établie

malheureusement depuis

pa3 toujours

avec la nécessité, au loin divers produits

plusieurs 3iècPes+ de 3e
C'est ce qui avec le explique le3

manufacturés.

renouvel&es,et Au XVIIIe siècle,

toujours

déçues,d'alliance doute

mondenon-

l'alliance,sane du XIXe siècle,

semi-forcée,s'installe un isolement total,

avec les Portugais. les WayZpi provoquent Avec le3 Noirs toujours un exemple existence ~ tendue, typique. pacifique

Au début (cf.

après

infra diverses,

p. 3QO> l'alliance la situation de Waninika il faudrait les

avec le3 Français. semble avoir été presque

d'origines

et l'alliance Quoi qu'il que d'alliance que le3 Waygpi

ratée

avec les plu3

Boni en est parler de coplus ou

en soit,

pour définir entretinrent

relations

moins régulières après 1815.

avec les Français

-145

-

III JNOLUTION DE LA CIVILISATION ses adaptations WAYAPI :

Il wayapi

nous est possible directions

de sonder : survenue

les

changements

de la culture

dans plusieurs 1 - celle

de l'adaptation

à la suite

des changements

de milieu. 2 - celle 3celle de l'adaptation à la fonte démographique. populations

de la mise en contact

avec de nouvelles

amérindiennes. 4celle de l'adaptation à divers aspects du monde occidental.

Ces orientations, titué leurs pour les WayZpi autant très inégales.

utilisables

par l'ethnohistorien, à affronter, beaucoup

ont consnécessités plus sélective liées à la d'ail-

de nécessités

Compte tenu de l'érosion il

que linéaire fonte

du souvenir,

me semble que les difficultés avec l'occident constituent alors

démographique indivisible

et au contact

un tout contacts

relativement

dans la pensée wayapi,

que les

- 14G-

intertribaux.d’une d’autre

part

et l’adaptation d’autres

aux milieux domaines bien

biogéographiques, individualises.

part,représentent

1) ADAPTATIONS ANCIEWNES AUX MILIEUX AMAZONIENS

Ce domaine m’a paru travers Je serais nouvelles approchés, niers siècles les discours assez est, tenté traitant de dire

être

assez rarement

évoqué à

des choses anciennes, que l’adaptation comme pour les de source.

du moins spontanément. naturelles que j ‘ai les derpas

à des conditions autres Amérindiens est vrai il n’en eurent

pour les Wayapi, coulant

une nécessité de l’histoire

Si cela

pour

des ethnies

de Guyane,

a peut-être à affronter, sec du Brésil.

étë de même lorsque lors de leurs

des ethnies

comme les Tupinamba tels

migrations,

des milieux strictement

que le Nord-Est aux WayZpi, de changements En termes d’une sinon aisée

Me limitant la tradition avec clarté orale,

je ne trouve, culturels

dans liés

que peu d’évocations

à des changements

biogéographiques. la nostalgie actuellement, d’une wayapi, chasse

“sentimentaux”, terre ancienne d’une géants. Tupi-

peu de choses également plus belle que celle soulignant

qui évoquent vivent

où ils

le récit

migration

l’existence La mythologie

d’animaux des autres

comme celles le divorce entre

Guarani, (Maira,

évoque Yandéyara

1’Age d’or des autres tradition naturels

manqué et

l’homme et YanEya de Paradis perdu.

Tupi-Guarani), orale

mais point plus

Au demeurant,

leur

est à peine occupés

riche

sur la connaisles genres de vie contemles évoquer. ou

sance des milieux qu’on parain, D’autres y pratiquait. ils

anciennement

que sur

Comme pour plus

la description

de leur

territoire

procèdent

par clichés

que par panorama pour par interrogatoires

indices,

fournis

en marge des récits

- 147 -

déduits pendant

des enquêtes de formuler

ethnoscientifiques quelques hypothèses

et linguistiques, à défaut

permettent Les

ce-

de reconstituer

adaptations

successives. Je ne fournirai présentement aux milieux, d'une qu'une brève analyse des

données relevant vail cours

de l'adaptation et participant avec d'autres

car je considère plus

ce traen LESCURE.

comme prématuré d'élaboration

réflexion

approfondie J.P.

chercheurs,dont

le botaniste

Le problème - et ceci constituera lIessentie

crucial

de l'écologie

ancienne

des Wayapi s'ils

de mon propos de "varzea" existant

- est de savoir

ont séjourné querai offertes et celles pas ici

ou non dans la forêt les différences en Amazonie

du bas Amazone. Je n'évoentre de terre le lecteur les potentialités ferme (3 303 000 km2) aux travaux de

majeures

à l'homme de varzea

par Les forêts

(55 000 km2) et renvoie (L975)

GOODLANDet IPTIN

et de HEGGE?S (1971).

Le problème pourrait
(LIZOT,

est

de taille

et,

au delà

des Wayapi,

concerner
1977,

d‘autres

populations

des Guyanes comme Les Yanomami et Aparai (FRIKXL, 1958, p. 119).

p.

114) ou les Kachuyana

Si,

en effet,

nombre d'ethnies

d'affiliations

linguistiques proviennent

différentes, d'un dépla-

en place

actuellement

sur le plateau depuis d'une les terres

des Guyanes, riches

cement post-colonial

du moyen et du bas Amazone, et rapide populations (quatre avaient à

nous sommes en présence siècles), faire d'autant face plus

adaptation

profonde

remarquable

que les dites

à la civilisation Examinons

européenne. les données de plus près toujours pour ce qui peut d'actualité sur les

éclaircir

le cas des Way?ipi. Dans son travail

-

14iB-

migrations rent ments, Ile

des Tupi-Guarani, de l'Amazone

METKAUX pense que Les Tupinamba vers 1560-80 (1929, installês à traverser p. 6).

atteignimouve-

l'embouchure telle

D'autres

la migration

des Tupinambara,

en 1639 sur une grande de part en part p. 23). azimuts" à la est vraila Terre

du moyen Amazone, centrale

ont amené les Tupi moitié

l'Amazonie

dès la première il montre

du XVIe siècle

(ibid.,
“tous

Dans le même travail, étaient philosophie semblable antérieurs

surtout

que ces mouvements et profondément constatation, mis en branle

à l'arrivée

des Européens Par cette simple

liés il vers

des Tupi-Guarani. que certains l'arrivée

Tupi-Guarani de Christophe

se soient

sans Mal avant exemple

Colomb. N'est-ce observé

pas le cas par sur pa-

des Omagua ou des Yurimagua,

dès 1542 par Carvajal relative de leurs

le haut Amazone ? La différenciation rents et descendants, plus "pures",

Linguistique

les Kokama du haut semble devoir

Amazone, par rapport (VOEGELIN

aux lanC.F. et F.M.,

gues tupi

l'attester.

1965 ; LEMBE, 1971). Si je m'en tiens fondés, comme ceux avancés de langue aux éléments historiquement d'affirmer de les pour les bien que

par METKAUX, il tupi Si cela furent est

est possible

des populations la "varzea"

installées certain cela

dans le biotope au XVIe siècle est plus : vers pour

amazonienne.

Omagua, les Yurimagua Tupinamba Les villages l'ouest émigrés vers

et les

Tupinambara

douteux

1560 dans le MaranhZo ne semblaient

1612, en effet, Bélem vers ferme

de ces derniers

pas dépasser de forêt

et se trouvaient p. 25). Au XVIIe

dans des régions

de terre

(EVREUX, lh12,

siècle,

la présence fleuve

des Tupi-Guarani

est (1929,n.33)

encore à propos

plus

forte

le long du grand

et METRAUX précise :

de la migration

des Wayapi et des Emerillon

-

149

-

"J'incline ou l'autre de l'Amazone.

à croire des tribus

qu'il

convient

de les identifier sur la rive dans cette

avec l'une gauche région 124la a pu +

guarani

qui vivaient

La présence par AC&A

de Tupi-Guarani (pp. 706-710) 706-710) a tenté rares (p-

est mentionnée 126, 340). liste

et BETENDORF (pp. de nous donner indications 732) croit la conquête qu'il

MAKTIUS (pp. tribus

de leurs

d'après

les

recueillir

sur elles.

Ce même auteur

que les des bouches

Oyampi ont été refoulés de l'Amazone Si MAKTIUS voulait ses conclusions c'est tupi, par

en Guyane après

les Portugais trop en faire grande

(1620-1630)". dire attention. à ses "rares N'oublions les Norak, indications", pas que un groupe

en effet méritent

la plus

en 1596 que Keymis entre

(COKKEAL, 1722) signale

Oyapock et Approuague,

et en 1623 que JE§SE de FOKEST commençait de Guyane. que, dès le dernier alors quart à peine à nouer

(E. FOKEST, 1914) explique des
contacts avec

que ce groupe côtières

les populations Tout cela

tend à prouver avaient franchi certain

du XVIe siècle, l'avaient n'apparaît périphérie

des Tupi Il

l'Amazone,

que d'autres

remontée. jamais

est également

que le nom des Wayapi ayant siècle. tardivement que les avait précise, sources parcouru la

dans les écrits

des voyageurs

de la Guyane et de 1'Amapa au XVIIe En 1690, c'est-à-dire plus

citées

par METFAUX, le traiteur

GOUPY des MARETS, qui côte d'Amapa,nous : Arua) qui servent

l'habitude en tête

de fréquenter d'une longue "Il

le bas Amazone et la liste ethno-géographique

y a les Arouats pour

(Arua'ou aller

d'interprètes rivière

aux François

le long

de la coste

de la ditte

des Amazonnes".

-150

-

Cette

ethnie

étant

de langue vivant

arawak,

on peut

penser

que la majorité rattachées à

des ethnies cette gion, la fin tupi. famille telles

de la région linguistique. les Tapajo,

dans la "varzea" populations sur la rive pas non plus

étaient

D'autres installées

importantes droite d'affiliation l'île autres

de la réjusqu'à

du fleuve

du XVIIe L'ensemble avoir

siècleSn'étaient de la "varzea" été contrôlé L'impression

linguistique de Marajo que tupi. diverses que je dans le basses à parcomprise,

du bas Amazone, par des groupes qui

semble bien

se dégage des sources Tupi-Guarani que passer loin

viens bassin

d'examiner amazonien

est que les populations n'ont en général Ce n'est fait

gravitant terres

dans les vers

riveraines tir

du bas Amazone. (avec

que plus

l'amont,

du Rio Madeira (avec

les Tupinambara)jusqu!à qu'ils

l'actuelle s'installèrent

frontière vraiment nouvelle. avoir lar-

du Pérou

les Omagua et Kokama), pour y créer

dans la "varzea"

ou y adopter

une civilisation semble et d'autre

Dans le bas Amazone, gement favorisé puisque, plateaux le passage de populations

la géographie de part

du fleuve des

dans la région guyanais

du confluent étrangle

du Tapajos, la vallée

le rapprochement du grand fleuve.

et brésilien particularité

Compte tenu de cette nous possédons, a pu se faire

et des données chronologiques

que

je pense que le mouvement des populations de la façon suivante des grandes sans doute vers seule dans le bas Amazone : migrations franchirent Tupi

tupi-guarani

1) Dans le courant une ou plusieurs aient l'arrivée être amorcé leur ethnies migration

du XVIe siècle, Qu'elles ou après peut-

l'Amazone. avant

le centre l'archéologie à peu

du Brésil

des Européens, Il

nous le prouvera certain

un jour.

est en revanche est bien lié

près

que le franchisse-

ment du fleuve

à cette

arrivée.

- 151 -

Ces populations, par AClJ??Aen 1636,avaient des pourtant

signalées déjà atteint

sur la rive le versant compris entre

nord du fleuve nord du plateau la Comté

Guyanes dès 1596. C'est

dans un secteur

(Oyac) moitié

et le moyen Araguari,qu'elles du XVIIe siècle. A ce groupe tupi

se concentreront d'ethnies

dans la deuxième les diverses français très des

se rattachent

populations XVIIe leurs

de langue siècles.

découvertes

par les voyageurs sont aujourd'hui

et XVIIIe seuls

Les Emerillon

probablement

descendants. Tupi-Guarani, originellement siècle Leurs les liés forêts ou non au groupe de terre ferme comprile

2) D'autres précédent, ses entre

occupèrent

dès le XVIIe

le Maranh?io et le Tapajos. comme celles au début et bien rapportées siècle,

tentatives

pour dominer

bas Amazone, d'ABBEVILLE nombreuses sations barrage

par YVES d'EVRBDX ou CLAUDE échouèrent face à des sociétés siècle, les civili-

du XVIIe

organisées. furent

Dès le milieu balayées

du XVIIe

de la "varzea" se dressa devant

par les Portugais d'autre

et un nouveau choix que de Des

les Tupi

qui n'eurent forêts

se disperser ethnies

sur les rios telles

et dans les

du Para méridional. les Parakana

actuelles,

que les Asurini, de cette Carte dispersion. 6, p. 152).

ou Guajajara que je

sont autant rattache

de produits (cf.

C'est

à ce groupe

les Wayapi

Tous les mouvements reconstituer ferme, soit se déroulèrent

hypothétiques

que je viens de terre

de

essentiellement typique entre

dans la forêt , soit

sous sa forme la plus dite "mata de sipo" Il est pourtant

sous sa forme moins

luxuriante,

Xingu

et Tocantins. d'enfermer écologique purement telle et simque :

difficile

plement

les Tupi-Guarani

dans une alternative

Carte.6

:

Migrations l’Amazone

des (XVIe au Tupi TuDi

Tupi et début

au

nord

de 1

XVI le siécles du XVllee S.

m

Population

non-Tupi migration migration

/
-e -7

Première
Deuxiéme

-

153-

forêt

de terre

ferme ou forêt n'aient

de "var;iea". pas subi

Est-il l'influence

vraiment

possible

en effet riveraines provoqués de certains ie milieu Tocantins,

qua ces groupes de l'Amazone par l'impact traits

des civilisations et de dispersion la diffusion insertion fleuves dans

? Les mouvements portugais n'ont-ils

d'éclatement pas favorisé d'authentique des grands

culturels l'accès

? A défaut aux rives

de "varzea", le bas Xingu, de vie

comme le bas

le bas Jari

ou le bas Paru,ne différents Tupi

permettait-il de ceux pratiqués

pas des genres aujourd'hui

au moins sensiblement autres

par les Wayapi ou les De la culture

du Para ? siècle, les Wayapi ne les chants

vécue cristallisés tout

au XVIIe surtout

retiennent

que des fragments Nous possédons ancien. personne

â travers

et les mythes. ture de l'habitat

d'abord

une indication

sur la struc/tapui/",

Les ancêtres ne peut

possédaient

des grands

cases au sol:dont Au XIXe siècle, mais il s'agissait

donner parfois

une description aux grandes différente. Il

précise. cases de réunion, me parait jusqu'aux

le mot s'appliquait déjà d'une

construction

vraisemblable Petites Antilles

que le /tapui/. ait

- le mot existe semblable C'est

du Paraguay

été très

à 1"'oka" précisément

des Tupinamba par un composé de Wayapi désiA la différence cependant â l'étage ne rencontre de et pas

ou des modernes Kamayura du Xingu. ce dernier gnent leur nom, /$ayula/ habitation voisins "maison actuelle

à escalier",

que les

construite ou Tir'iyo

sur pilotis. , qui n'ignorent strictement que l'on

de leurs ce genre négligent

Wayana, Aparai

de construction, le rez-de-chaussée.

les WayZpi vivent Le toit

en voûte

que chez eux dans toute leur habitat.

la région,accentue

encore

l'originalité

- ECI-

En 1613, laire tallée nommé "Youla", près

YVES d'EVRF,UX nous dépeint de Tupinamba, ville

un habitat les Kamarapin,

simiins-

chez une fraction de l'actuelle supposer

de l'emplacement laisser

de Belem.

Le passage, étaient adopté collecl'une peu â qu'ils avec la

un peu obscur , peut tives.

que ces habitations

En marge de la "varzea", d'habitat les typique, 'caboclos'

des Tupi avaient aujourd'hui amazoniens.

donc déjà

de ces formes européanisée,pan la même période utilisèrent,selon maloca

conservée,quoiqu'un C'est l'habitation vraisemblablement sur pilotis

que les Wayapi adoptèrent l'emplacement de leurs jusqu'au

villages,conjointement XVIIIe siècle. sur le territoire

ou /tapui/,probablement La conservation

de l'fûkayulal

ac-

tuellement part tection villages de taille

occupé par les Wayápi m'a invariablement contre les les ennemis, les d'autre animaux,à

été expliquée,d'une part comme une prooù les locaux

comme une sécurité efficace pour

femmes contre

l'époque

wayapi,enserrés restreinte. Il est

dans la forêt,formaient

des groupes

risqué

d'extraire pas.

des mythes Pour ce qui

des renseignements concerne l'évo-

historiques, cation

et je ne m'y aventurerai oubliées, ce travail

de terres

est peut-être divers mythes

plus qu'ils

fructueux. ont plus en particulier Jyantyal créer ou

Les Wayapi racontent moins en commun avec les un très grand cycle autres

populations

tupi-guarani, Nous y voyons qui engendre

axé sur la création.

le monde, avoir L'antogonisme l'humanité par

commerce avec une mortelle entre le père subir l'accès et ses enfants "mauvais immédiat

des jumeaux. avec

consomme son divorce du démiurge éternel.

qui doit

les

tours"

et manque, Le cycle

son incrédulité,

au bonheur

se termine cultés

sur un grand exode où les hommes, témoignant face â des embûches répétées,déclenchent forme peu â peu la culture mythes de Création~ dont celui

de leurs le Déluge

diffi(Ipolu). an-

â faire

Après celui-ci.prend noncée par divers mergence des clans

des hommes actuels, sub-historique _.

de l'é-

formateurs

des Wayapi. antédiluvien événementiel indéniable de l'exode évoqué ci-dessus du XVIe ont fourni contempo. ..

Si le caractgre m'interdit siècle, il tout rapprochement

avec les migrations

est en revanche et des détails

que ces pér&gr'inations et botaniques au récit

des décors rdn.

zoologiques

Alors forêt de terre "Ils les voyageurs lana) : ferme arrivèrent

que le paysage :' un jour

général

du mythe est

la grande

devant

un grand

arbre

â contreforts", â la mer (pac

rencontrent

des grands

fleuves

assimilés

"Le dernier sauter très Plus rencontrés

désobéit loin,

et une grenouille de l'autre encore sont

monstrueuse côté les de la mer". animaux sont

le fit

jusque

intéressants

géants â la limite' ou l'espeuvent des

le long du voyage et du rêve (uluwaluwiya)

: tandis

que certains géante

de la symbolique cargot être monstrueux envisagés

comme la rainette qui vomit

(kgta) d'autres

le Déluge,

comme des gibiëes: une crique

. connus jadis

des ancêtres

WayZpi ; ainsi

"Arrivé5!devant /mani'is'il/(') (1) un poissonrPimelodella épineuses couvertes

où il : "Il

y avait faut

beaucoup

de

, le chef dit sp.,

mettre

des chaussures, pectorales

Siluridi5,

aux nageoires

d'un mucus irritant.

- 155-

sans quoi vous vous ferez Nous sommes peut-être niere de poissons, "Le chef Il faut lui en face d'une

piquer". "piracema" observée ou concentration centrale. /Alakulu/. chez lui". de son trou saison-

si frequemment dit

en Amazonie

: "On va passer demander pardon sauf

là où il

y a l'oiseau ainsi sortit

de le déranger ; /alakulu/ en mourut". grande",

Tous obéirent, et le piqua Le mot /alakulu/, au rarissime vanes litt.

le dernier

avec son bec ; il "poule d'eau

s'applique typique

aujourd'hui des forêts et sanous

courlan

(Aramus guarauna),animal Le caractère oiseau (Cariama obligé mortel

de "varzea". à un autre la sariema "Là, il fut

de sa piqûre

peut

également

renvoyer central,

de la "caatinga" cristata). d'attendre qu'un

et du "cerrado"

du Brésil

très

gros

caiman

(yakale

wasu) passât". C'est bien entendu le caïman noir basses. leur voyage, Le chef dit à ses hommes : ce ne sont les vraies (Melanosuchus niger), __-. _.- ._ .---habitant carac-

téristique

des terres Enfin, "Tous les

couronnant animaux

que vous avez l'habitude réduites. leur tapir, agami, daguet daguet Voyez celles-ci, montra

de tuer, ce sont :

que des espèces espèces".

Et le chef - le vrai - le vrai - le vrai - le vrai

successivement qui était était qui

/miyalusu/, /yakamiwasu/, rouge, gris,

un éléphant. un nandou. était était une girafe. un cheval."

qui

/so73wasu/, /kaliakuwasu/,

qui

L'improvisation bien tuels. à quel point

comparative

de Alasuka pour

et Ilip&.

montre

le mythe est dynamique les résultats

et réalité

les Waygpi acd'identification faux. Pourquoi

Secondairement, géantes

de cette

tentative

des espèces

ne sont peut-être

que partiellement

-

157

I

douter

du nandou (Rhea americana),comme ? Si la "véritable n'est pas la girafe forme"

prototype du daguet

de l'agami rouge fso'3 cerf

(Psophia / (Mazama des marais central ?

crepitans) americana) (Blastocerus

, n'est-elle

pas le grand

dichotomus),

chassé par les populations ce mythe (cf.

du Brésil

En sens inverse, évoquer mentionne en Amérique servir des souvenirs ou singes concrets ou félins

Annexes)

me semble bien ne

et précis, géants,

car,

à aucun moment, il n'existe effectivement

dont il

méridionale

aucune espèce

suffisamment

grosse

pour pouvoir

de prototype

à celles

actuellement

connues des Wayapi.

Un chant d'un cycle genre de vie

très

important : il s'agit

nous fournit de /pilau/, de clarinette

une évocation "grands poissons",

moins ancien

chanté,

dansé et joué par un orchestre et exécuté

et de flûtes de saison

(EEAUDET, 1979) sèche.

chaque année en moyenne en fin

Les paroles, F. GRENAND, présentent parfois vent être à un point traduits tel

récemment

traduites d'être

par J.M.

BEAUDET et

la particularité que certains

du Wayapi

archaïque, et ne peutupi. de poissons avec

mots sont des locutions avec d'autres langues espèces

que par comparaison

On y évoque la pêche aux grandes sur l'immensité la période qui "Jusque d'un suivit vers fleuve : 1950, les Wayapi du haut étaient restés énorme , qui contraste

singulièrement

Oyapock

(et

ceux du Kouc

et de 1'Amapari) Les techniques puisque

essentiellement alors réduites

forestiers. à l'extrême plus le canot

de pêche étaient

les Way'api n'utilisaient

pratiquement

- 158-

monoxyle soit toute

et se contentaient et à la flèche, d'une

de pêcher soit

dans les Il

grands

ruisseaux, de

à l'arc évidence

au poison.

s'agissait plusieurs

phase régressive dont le chant ancienne

(1) , puisque "les

traditions soulignent

orales,

/pilau/,

grands

poissons",

l'importance

de la pêche"

(P. GRENAND,

1976, p. 8'8). La pêche etait blement devenue progressivement une activité dans la forêt. secondaire, Le chant proba/pilau/ évo-

dès 1830, avec la dispersion antérieure.

que donc une période le chant,

Interrogés hésitent entre

sur le fleuve le Jari

évoqué dans Cela

les Waygpi actuels improbable dit :

et 1'Amapari.

me semble hautement En effet, le chant
m3ma7E pilauluku

pour le second et discutable

pour le premier.

simbpo ipilau simopû ipilau

ipitô ipite

lcp.5 ? 1~p.z

"qui

est-ce

qui vient s'ajouter

s'ajouter aux /pilau/". en raison

aux Jpilauf?

c'est

lpilaulukul

qui vient Le lpilauluku/, est le "pirarucu"

"poisson

roucou"

de sa coloration

rouge

dorée,

des Brésiliens(*).

Le souvenir immédiatement

de ce poisson sur illustration. reconnu

est resté

vivace

et les Wayâpi l'identifient en revanche, est n'est

Le /pilau/, jours. dont fin Il

pas aussi associé

clairement

de nos

symboliquement est contée

à Pilawi,

la mère des poissons, STRADELLI, à la du bas Rio Negro avait sa repréou lui

l'origine

dans un mythe. chez les

Par bonheur, "caboclos"

du XIXe siècle,

a découvert

que la "mère des poissons", sentation dans les ----------_-----------(1) Ce mot semble substituer (2) Arapaima l'adjectif gigas,

nommée précisément

/pirau/,

eaux amazoniennes aujourd'hui des plus

sous la forme du /pirayua/ impropres et je préfère

"adaptative". Osteoglossidae.

-159

-

"piraiba" 1929).Ce à défaut habitants.

des Brésiliens poisson géant

(Brachyplatystoma de trois mètres la faune

filamentosum)

(STPADELLI,

de long et de 150 kg est bien, de l'Amazone, le "roi" de ses

de pouvoir

engendrer

La répartition limitée et sauts chute

géographique strictement c'est-à-dire,

de ces deux espèces arrêtée par les

est chutes

aux eaux calmes et se trouve en direction des Guyanes,

sur le Jari., avec l'Amazone,

à la et sur en aval

de la Pancada,

à 70km de son confluent dos Mongubas, Si l'aire

1'Araguari

aux Cachoeiras

à 130 km de l'océan, du "pirarucu" celle
les

,de son confluent vers le nord par guère

avec 1'Amapari. les savanes (cf. ils

se prolonge du piraiba
Wayapi

côtières carte 7 p.

de l'Amapa, 161). alors
Lorsque

ne
asso-

dépasse tient

l'Amazone

ces deux poissons, Jari/Xingu/

ne peuvent

que se référer remonterait vers

à la zone

de confluence

Amazone ; le chant l'Amazone, c'est-à-dire

donc à l'époque 1730-1740

où les Wayapi franchirent (cf. infra.11, p. 259). D'autres sation géographique
ûyslopita amuta &mawa wayali oka aka ûka

détails

du chant dit :

confirment

bien

cette

locali-

puisqu'une
pita pups ape aw ipilau

strophe

ûyelûpita

"ils

s'arrêtent,

les village de

/pilau/, ils ?s'arrêtent (incompris des Wayápi)

dans un autre dans le village dans le village

de Wayali".

- 160 Précisément, Waygpi d'aujourd'hui, f-maw, -mawa/ marquant signifie le mot /Tmawa/, "la fin incompréhensible pour les

de la rivière", langues

le "confluent". tupi apparentées Ce mot Où ? NOUS

l'achèvement et ayant confirmer

dans les évolué notre

au wayapi, vient était juste

comme le tembé, à propos pour

en /-ma/ hypothèse

en wayapi. géographique.

le village

de Wayali sans doute

: sur le bas Xingu, jamais avec précision.

sur le bas Jari

ne le saurons

Ce qu'il c'est la place évoque culturelle la vie

me semble occupée

dans l'immédiat

important

de constater,

par la pêche chez les WayZpi anciens. aquatique amazonienne, lagunes, en particulier ou "piracema" du grand

Le chant les grands

de la faune

rassemblements qui rythment

de poissons le calendrier

dans les annuel

en brésilien, fleuve :

des riverains

3~~tn3usu &pa wala
3y~m3usu

usu lupi
ipilau

ipilau

"ils

se mettent vers

en ligne, le lac en ligne, ,

les

lpilaul,

pour aller ils Les techniques

se mettent anciennes

les

/pilau/.fl précisées :

de pêche sont également d'abord
p3 pilau

- la pêche à la flèche
tn3ma~E lewi

:
oyi-w3 upa

" grâce - ensuite,

à auoi

a-t-on

fléché :

les

/pilau/

la pêche au poison
yl p3

m3ma?E

selDwa$

l%niï

kupa

Carte Limite septentrionale Pirarucu

no7 des . poissons Piraiba et

- 162 -

kut-tami kapapiys salisali

sslowaya yî’ yl

lZm”u seloway% sol3wayZ

kupa lamü lamü

kupa
kupa

"qu'est-ce qui est le plus c'est le poison kuna,,i(*) c'est c'est - puis, la plante la liane parfumée, à poison(2). :

dangereux

pour moi"

(dit

/pilau/),

la pêche au barrage
ipilamo va

talakwa,t2imülawL

'lau piège

à poisson,

nous allons, qui

grand-père". s'est perpétué jusqu'à nos jours,

Selon un souvenir les anciens pêchaient Il s'agissait enfermé. à la nasse,

/pilamni/,

ou au barrage vers

à poisson,

/walakala/. où il

de canaliser

le poisson

une mare secondaire ne sont vraiment des poissons

se trouvait

Ces deux techniques zones des grands

simples

utilisables est liée

que dans les à l'existence

fleuves bras.

où l'éthologie

de lagunes

et de faux

De tous Waygpi connurent première qui,

ces indices

, je pense que les depuis d'une

ancêtres

des une

au moins deux adaptations siècle, les fit

le XVIe siècle,

au XVIIe

passer

phase de migration

où la chasse était lclong des grands

prépondérante cours d'eau

, à une phase de semi-sédentarisation (bas Xingu, puis bas Jari), où la pêche C'est Une

et l'agriculture peut-être à cette --------------------_____ (1) Poison (2) liane Papilionacae. image.

dominaient période

leurs

activités

de subsistance. clanique. Compositae.

qu'émergea Clibadium

l'organisation sylvestre,

de pêche /kunami/, ichtyotoxique

/fmF.ku/, à l'aparai,

Lonchocarpus tandis

chrysophyllus, sont métaphoriques, est une que le premier

Les deux mots employés

dans le chant

le second est un emprunt

-163

-

deuxii:me zone ) ils

adaptation durent

enfin, diversifier

où, à mesure qu'ils leurs activités l'agriculture

s'éloignaient et accorder

de l'Amaune prépondéranune acticercours avec

ce à la chasse et à la cueillette, vité tains depuis de base qui groupes se maintint

représentant contraignit

même lorsque l'outillage siècle, fut

l'isolement Cette

à retrouver du XVIIIe au début Toutes

lithique.

évolution,en de la rupture

le milieu

consommée lors

les Brésiliens,

du XIXe siècle. les adaptations au milieu autres survenues ethnies depuis cette

époque sont guyanais

trop

liées

aux contacts

avec les

du plateau traitions les

et aux phénomènes de dépopulation,pour et c'est sous ces angles

que nous les

indépendamment aborder.

que nous allons

maintenant

2) DEMOGRAPHIEET ADAPTATIONS SOCIO-ECONOMIQUES

Il tenant

me semble fructueux de milieu

d'essayer

de comprendre démographique

mainont pesé Cette

comment changement

et évolution

sur la société démarche s'inscrit Eléments Population défaut

Wayapi et dans quelle dans la perspective amérindienne (1976), et vise

mesure celle-ci des articles (1973),

y a répondu.

de P. C%ASTRES,

de démographie of Amazonia

et de DENEVAN, The Aboriginal des hypothèses, à .

à reconstruire

d'apporter

des preuves

définitives.

2.1.

Effets

de la dépopulation Avant

selon

les Wayapi dans les dédales de l'arithmé:

de nous enfoncer ce que disent de bilan,

tique, point

voyons

d'abord

les Wayapi de leur mais un sens réel

démographie de la relativité

de chiffres,

point

- J..G4-

basé sur des impressions en voici cadence les principaux :

justes éléments

qui

guidèrent

leurs tous

choix

politiques

; de dé-

se rapportant

à la période

démographique

1 - Les Wayapi ont une conscience défavorable avec l'Occident, "Les Brésiliens est vraiment remontent Plus loin, on fait "Je n'ai coup, De nos jours, qu'ils et noirs viennent très dire et ce depuis ont obligé chef, mais il les :

nette

du rapport

de forces par exemple Il :

1050. Citons

le chef Asrngau

à se sauver.

se sauve quand même. Les Brésiliens rivières pour venir chez nous".

souvent à Asingau

pas tué tous

les Brésiliens, des arbres".

il

y en a encore

beau-

comme si c'était un des aspects à Cayenne, rues.

qui dépriment est de voir cette

le plus

nos amis WayZpi,

lors-

multitude

d'hommes blancs pensée avec

dans les

Et ils

ne cachent

pas le fond de leur faire la guerre Cette bien

sur cet aspect eux !", ou "Il

de l'Occident faut

: "Nous ne pouvons

que nous fassions force et guerre,

des enfants". qui a bercé

association des fins Sauts,,fait de sur-

démographie fêtes gir

galopante,

de boisson bien

au cours

de mes années passées sociétés

à Trois

sûr l'ombre étaient

des puissan'es précisément cite plus

Tupi-Guarani, population. la preuve d'une

où chefferie Toute d'une la impos-

et guerre suite sibilité honorable, sécurité 2-

liées d'Asingau

à une forte haut est bien

du récit

numérique Asingau

5 éliminer doit choisir

les Brésiliens. finalement

En dépit la survie,

résistance la

c'est-à-dire

de l'épaisseur

des bois. que leurs anciennes ancêtres etaient nombreux. le conteur

Les Wayapi savent sur les guerres

Dans le récit

avec les Wayana,

- 165

-

.

Pil%la, récit

garçon n'ayant de phrases "Ensuite, flèches, telles

jamais que :

quitté

le territoire

wayapi,

ponctue

son

beaucoup

de monde fut

tué.

Quand nous décochions qu'une".

deux

les Wayana n'en

décochaient

Plus

loin

: "Ils étaient vraiment nombreux quand ils rien sont dit arrivés, ? Ils les auraient wayapi)

Waygpi. dû dire

Pourquoi quelque

les Wayana n'ont-ils chose, mais ils avaient

peur rive".

des (soldats

qui étaient Enfin,

restés

nombreux de corps les corps,

sur l'autre. à corps dit-on,

des images guerrières "Ils s'entassaient

comme : les corps, les corps des

Wayana" prouvent dépassant que nous étions plusieurs devant des,partis d'individus. de guerre considérables

centaines

3 - Les Waygpi attribuent amérindiennes leur dispersion : les

en grande et leur

partie

aux populations ; le passage

non suivant

dépopulation

se passe de conrmentaires

Pskiï : "Les Noirs ils les ont trouvés

ont cherchés ont tués

; ils ; ainsi

les

ont trouvés, je

et les

raconte-t-on

pense. Quelques-uns, tement anéantis. comment dire, Il en restait pas hors nous étions encore presque quelques-uns quelques-uns tous complè; quelquesqui étaient

uns qui n'étaient saufs".

de combat,

4-

Les Wayapi n'ignorent importées. réduite

pas en outre Ainsi, l'accent

les effets

désastreux

causés

par les maladies port entre taille

est mis par eux sur le rapdisette et maladie. Ainsi,

des communautés,

-

166

-

lors

de nos enquêtes

généalogiques, constatée était

il

nous fut

précisé

que la décroistel que

sance démographique

due à la disette d'enfant

à un point

nous avons même relevé de COUDRBAUindique te en manioc à la perfection "Il vre faut les sévissait

un cas d'abandon

en forêt.

Un passage la disetdémonte :

que,

chez le chef Akala, (1893,

sur le WassypZ'L, Plus loin, il

en 1889

p. 317).

le mécanisme voir tord

de destruction

des communautés isolées isolé.

la maladie

dans un hameau indien ils délirent. à faire

La fièfinit par

dans le hamac, tous. Ils

La fièvre peur.

les prendre en feu, ils

sont maigres et ils crachent ni

La poitrine Personni remè-

toussent aller Ils

désespérément.... : ni aliments,

ne ne peut des, ni se lève

ni pêcher, ne font

chasser

soins.

pas de cassave trop , et fait

: une femme malade une petite cassave que Pas qu'ils

si la faim presse estomacs lieues

ces malheureux de voisins

détraqués

se refusent ; personne

à recevoir. ne sait

à vingt

à la ronde

se meurent...." C'est cessus En effet, majeure - déjà signalé

(1893, surtout

p. 514) vers la fin du XIXe siècle 1830 - devient était locaux que ce proprédominant. la cause selon

par ADAM LE BAUVB vers représenté par les

le danger de destruction.

épidémies des groupes

devenu était,

L'atomisation

nos informateurs,

le seul Cette

moyen de survivre. attitude a perduré puisqu'elle fut encore a-

doptée sa vie, sinon

par certains le chef Pina, la destructuration missions celle

lors

de l'épidémie

de rougeole

de 1971. Nous racontant la destruction, 1945 et 1960, en

de son côté, des groupes françaises

attribue locaux

formellement du KOUC, entre

aux diverses 1951, puis

(IGN,

en 1947, mission

préfectorale

clandestine

du gendarme Martin

sur le Kuluapi,

en 1955)

-

167

-

venues

dans la région

des sources

de 1'Oyapock.

Notre

vieil petit

ami raconte à petit la tota-

que, par Waygpi interposés, lité

les épidémies alors

gagnaient

des communautés qui étaient Faisant

obligées

de se disperser. je citerai y a un siècle malade affamé. ; il n'y encore : avait la

écho à COUDREAUet PINA, la vie de sa famille, était il

grand-mère

PEk"u évoquant 'Je plus peux te dire rien

que le grand-père

à manger et tout en vain

le monde était ; ses fils

Le grandses

père s'affligeait fils leur Maladie, qui étaient soeur aînée,

s'étaient par là,

dispersés,

déjà des hommes. Loin la grand-mère Yateu,

à Yawakwa, vivait par là..." On comDès de se soient

et les autres recommence.

dispersion, ici

pauvreté,

et le cercle

vicieux

prend mieux que l'épidémie refermer encore

une des causes de l'endogamie s'éloignait, le "réflexe" à condition pour assurer * social

villageoise élémentaire

waygpi. était

sur soi-même... assez nombreux

que les membres du village une vie sociale décente.

5culturel.

Les Waygpi attribuent

à la baisse

démographique en visitant

l'appauvrissement le haut Oyapock

WRAULT, en 1958, avait

remarqué,

en temps d'épidémie, "Ont( . ...) s'appuyait matérielle parfois Pour ponctuelle

que les Waygpi perdu le fond de tradition des chefs. tenue et de croyances sur lequel

l'autorité

Cela se traduit et la malpropreté (1962, p. 68)

dans la vie des villages,

par la mauvaise envahis qu'elle

par la brousse". soit, cette porte

remarque

de bonne foi culturel De jeunes lorsqu'ils

montre

bien qui

que chaque période se replie Jacky

d'épidémie

un préjudice

à l'ethnie

sur elle-même ont bien :

et entre

en léthargie. de cela

hommes comme commentent en

ou Kwataka

conscience

marge d'un mythe

-

168

-

Jacky

:- Les Brésiliens pas sûr. : - Le mot n'est : -Non ! Aujourd'hui : - Ah ! Autrefois

disent

/Sapukay/

(1) pour

le coq, mais le

mot n'est Kwataka Jacky Kwataka

pas sûr. n'est bien pas comme autrefois, sûr-; essayons tu sais. même

de raconter,

si on se trompe. Jacky Kwataka : - Même si on se trompe, : - Allons, orphelins, essayons essayons, bien sûr. Nous sommes

même si on se trompe. !" de l'impossibilité qu'à telle

tous devenus Ainsi

maintenant partant langue plutôt

donc, nos deux interlocuteurs, d'un mot à telle à se considérer au manque de relais du savoir. Si le jour où ils

à trancher autre, attribuent en arrivent leur

l'appartenance rapidement ignorance pour

comme orphelins, entre leur

c'est-à-dire, genération

et les précédentes

Pa transmission

prononcèrent affirmation

ces paroles, en racontant

Jacky

et

Kwataka magistrale

ne justifigrent

pas leur

triste n'en

de manière nous

le mythe commencé, il arrivé cette

est pas toujours sur un oubli (paila tu&..) total

de même, et il d'un chant

est quelquefois cérémonie,telle dentellement

de déboucher danse de l'arc le dernier n'est

ou d'une acci-

dont Posisa,

mort

en 1977, était Quand elle

dépositaire. d'oubli, les en bois adultes la dépopulation connaissent

pas génératrice Ainsi,

mord sur l'enthousiasme encore la fabrication americana)

des villageois. compliquée ou le décor

des trompes sophistiqué

dur de /wakapu/ que l'on immeralOrS tête que,

(Vouacapoua geait pendant

des flèches de tels

dans la boue, tant

mais à quoi bon élaborer les malades

raffinements ont occupé "la

de décennies,

et les morts

et le coeur" des bien ~~~---_-~_-__--_-----~~-

portants.

(1) mot de la Lingua Geral, aujourd'hui tombé en désuétude, mais en usage quand les WayZpi fréquentaient les Portugais. 11 survit cependant chez les Wayapi-puku.

-

169

-

Ainsi, Kamala une grande

lorsqu'en

1972 fut support

organisée

par le chef Roger renouée les jeunes entre adultes, depuis deux

danse masquée, seulement

de l'alliance

communautés distantes après 1955. réflexion,

de deux kilomètres, que cette danse n'avait

m'affirmèrent

pas eu lieu

A cette les Wayapi répondent

menace constante

d'appauvrissement de la famille chapitre.

culturel, nucléaire,

par une extrême souligné

valorisation

ce que nous avons déjà cette forte union

dans un précédent stabilité

Concrètement, une place quasi

se traduit

par une grande J'y vois

du couple, l'absence

prépondérante totale

accordée

à l'enfant.

comme preuve alors

de contraceptifs

ou de méthodes

d'avortement,

que les remèdes Les règles des

pour favoriser

la fécondité

et la grossesse

ou régulariser

femmes sont connus (P. et F. GRENAND, 1977). Pour résumer évolution dont ils démographique, ont essayé les connaissances apparaît des Way"api sur leur hémorragie sociaux avec la ici et de .

ceLLe-ci

comme une vaste par des ajustements triste situation

de modérer

Les effets cette

et territoriaux. plus grande partie

Les WayEipi partagent des ethnies

de la fore^t.

On a vu pourtant que leur

ailleurs, reformer

à l'examen une sociLté

des institutions forte n'a jamais

sociales, disparu.

volont

2.2. de

Densité

du peuplement

wayapi

et espace vital

: quelques

problèmes

Je voudrais des rares plement données utilisables,quel relativement

maintenant

essayer

d'examiner,à probable

la Lueur du peuwayapi.

a pu être

le poids

dense dans Les premiers

pas de la migration

-

170

-

Les problèmes peut-être

socio-économiques inverse

qui

se posaient apparaîtront

alors

à eux étaient après 1830. au

de nature

à ceux qui

Si Les Wayapi ont été estimés début affaibli du XIXe siècle ? En dépit (BODIN, de notre 1824), n'était-ce relative,

à 6 000 personnes pas déjà

là un chiffre est plus ou ennemis on peut être cer-

ignorance tient depuis

l'affirmative qu'alliés

que probable. avaient tain temps, grossi

Même si l'on leurs guerres plus rangs

compte du fait plusieurs les épidémies ces apports. tenter

décennies, avaient C'est

que les

et surtout qu'annuler que je vais

fait,

dans le même de cette de l'emprise

beaucoup

à partir une idée

conviction territoriale‘et qui vivaient

profonde

de fournir

des causes dans des grands

de migration /tapui/

de ces ancêtres, et pêchaient

ces / tam"uk"u f

le "pirarucu". des données indications chiffrées qui nous occupés.

Nous possédons sur l'éco-système permettent actuel

pour ce faire

des Wayapi et quelques la superficie des territoires

de calculer

anciennement

En revanche , nous ne possédons wayâpi avant 1820.

aucune donnée chiffrée

de la population

En 1820, j'estime 19 000 km2 habités personnes. (si Le recensement de population comparable ethnie

la surface

du territoire juste)

wayapi par fi 000

à

de BODIN est aurait (0,34)

La densité

donc été de 0,33 habitant qui a été trouvée par LIZOT qu'elle

au km2. C'est

une densité

chez les Yanomami centraux, domine politiquement Oyapock, habitant fraction

possédant

un territoire

continu

et économiquement. de l'ethnie tient la mieux

Chez Les Wayapi actuels structurée, la densité

du haut est de 0,45

au km2. Si l'on sont

compte du fait aux trois-quarts

que les

zones environnant formant ainsi

Leur territoire

sans doute

désertes,

-

171

-

de véritables

réserves

qui

influent

sur le rendement on a l'explication secondairement,

de la pêche et de de la densité on peut légè-

la chasse du territoire rement blement supérieure admettre à celle

exploité,

de 1830 et,

raisonna-

une économie

du même type....

ce qui nous est confirmé

superficiellement

par les voyageurs En était-il

du XIXe siècle. plus est rives Il tôt tout lorsque d'abord les peu pro-

de même un siècle ? Il

Wayapi s'installèrent bable que les Portugais

au nord de l'Amazone eussent forte toléré

sur les

du grand fleuve ne me semble en

une population outre

amérindienne

et indépendante. plusieurs milliers sur les

guère possible

d'imaginer

de Waygpi tous adonnés 70 km que représentent Les découd'ailleurs de terre

à la pêche du pirarucu le bas Jari, vertes entre

et se concentrant de la Pancada

la chute

et son confluent. prouvent dans les

archéologiques qu'ils

de NIMUENDAJU sur 1'Iratapuru très rapidement

amplement ferme.

s'installèrent

forêts

Si j'admets

à nouveau un chiffre disposer est probable encore d'un

de 6 000 Wayapi en 1830, ces territoire identique les Portugais de 19 000 km2 ? du Sud

immigrants

pouvaient-ils Il

que non. Entre continu

et un peuplement au nord devaient Ipitinga, l'est, densité soit

amérindien

au nord-est

(Makapa et Kusari), ils Rio ne

(Namikwan et Upurui) guère pouvoir son grand occuper

et à l'est

(Apalai

et apparentés), du Jari, jusqu'au

que le couloir 1'Iratapuru

affluent

et atteindre

le Rio Maraca à donc une puisque avancé.

probablement

une surface au km2. Il

de 12 000 km2. Nous aurions s'agit d'un chiffre par défaut

de 0,50 habitant était

la population

probablement Tout le problème

supérieure

comme nous l'avons si cette Une petite

déjà

est de savoir

densité

était

supportable théorique

et supportée s'impose.

par les Wayapi d'alors.

digression

-

172

-

Je ne partage conclut : "Pour les populations fortes." trop,

pas l'optimisme

de P. CLA§TRES, lorsqu'il

de la forêt

aussi,

il

faut

aller

aux

hypothèses D'une part, il

transpose

dans son étude

sur la population qui il dispoçaient

guarani:, des

des données recueillies ressources impossible nourrir

chez les Tupinamba p. 181) ; d'autre continue,

côtiers part,

de la mer (1972, d'admettre des groupes trop que, locaux

est probablement guarani 150 km2. C'est les pût là

de façon

le territoire sur

moyens de 600 habitants à l'agriculture C'est

demander un rôle des autres me semblent facteurs, milieu activités liés tels naturel qu'ils

important économiques.

et négliger

exigences que

précisément de population, liées

à cee exigences ainsi qu'à

les

seuils

critiques

d'autres de

que contraintes ou heurts furent

psychologiques

au changement dont il

avec d'autres tous consécutifs

populations à l'arrivée

ne faudrait sur

pas croire le continent.

des Européens

Si P. CLASTRES a le mérite de ses prédécesseurs terres d'avoir indiens activités n'étaient voulu fondés sur le fait

d'avoir

balayé

les

résultats

que les populations il

des basses tort

que des chasseurs-collecteurs, en faire uniquement d'avoir les des agriculteurs. souplement différences dans l'espace joué entre

a, à mon sens, Le génie

des Amérdes n'étant

est précisément de subsistance,

sur la totalité les sociétés

que des variations

d'intensité

et dans le temps. des Wayapi, le moment envisagé et leur

Dans le cas particulier ici de leur histoire dans les - le passage forêts

sur la rive

nord de l'Amazone

installation

de terre

ferme des Guyanes - est précisément Accordant précédemment à la pêche

une de ces "variations

d'intensité".

-

173

-

une importance leur pair l'effort Enfin, couverts la "varzea" qu'il s'agit effort

essentrelle,

1 s furent '1 Si l'on tient

amenés â déplacer compte que cet effort espèces zoologiques d'un

sur la chasse allait de

économique.

avec la découverte technologique une partie de forêt

de nouvelles dut également

et botaniques, effort intellectuel.

s'accompagner est composé formant

de cet habitat de basse terre

ancien

d'interfluves transition entre

(low selva) ferme. amazoniens

et la forêt d'un

de terre

DENEVAN (1976,

p. 225) a montré à l'homme, au km2.

des biotopes

les moins favorables à 0,2 habitant

ne pouvant Il

guère supporter

une densité qu'une densité forte,par

supérieure

est donc vraisemblable ressentie de s'adonner aujourd'hui(')-.

de 0,5 habitant les Wayapi qui

au km2 fut leur

sans doute permettre encore

comme trop

de 1730, pour caractérise

à l'économie

de loisirs

les

Le peuplement devait encore aggraver

de l'ensemble et cette violente

des zones périphériques situation fut sans doute le nord, une ex-

la pression,

des causes majeures pliquant celle colonie

de l'expansion

des Waygpi vers

du même coup la concordance des Portugais française. dont le but @tait Cet aspect

de la politique de dépeupler plus

des Way?ipi avec les abords de la

sera étudié

en détail

sous l'angle

de la guerre. Si l'expansion impératifs de peuplement, Wayapi semble avoir entendre été liée à des dans

nous avons laissé

que l'arrivée

l'intérieur de la Guyane eut pour conséquence --_-_---_-_---_-~-~-~~~~ (1) A titre de production semaine hors ou de cueillette d'exemple du village : le dépouillement qu'un pour obtenir à la vie

la découverte

de nouvelles

provisoire sort

de nos enquêtes trois jours par de pêche de chasse, nucléaire.

nous indique nécessaires

homme Wayapi

les produits de la famille

- 174 espèces avéré, firent que par tenant zoologiques à l'étude plus ou botaniques et de nouvelles adaptations intertribales, C'est techniques. Il s'est se

, que les principales des relations

à ces nouveautés hostiles

par le biais

ou non, main-

le biais étudier.

de la réinvention

ex-nihilo.

ce que je vais

3) INFLUENCES INTERTRIBALES ET CIVILISATION REJET ET PERTE

OCCIDENTALE : SELECTION,

J'ai d'analyser les

essayé,

dans les deux sous-chapitres aux contraintes

précédents, du chan-

adaptations

des Wayapi

majeures

gement de milieu de faire le bilan

et de l'évolution matériel

démographique.

Essayons avec les

maintenant ethnies des

de la mise en contact J'ai fait remarquer,

Guyanes et avec l'Occident. chapitre, que fonte

dès le début

de ce sont liés

démographique

et contact

avec l'Occident des transformations yeux. de leur En effet,

dans la pensée des Uayapi. giques, d'objets rel cette causalité

Vue sous l'angle est moins nette

technolonombre cultud'é-

à leurs dire

occidentaux, se sont

"libérés" intégrés

pour ainsi depuis

contexte réseaux

de départ,

longtemps finale

dans les est devenue

change intertribaux amérindienne.

et leur

utilisation

strictement

Un problème se pose en ce qui mières milieu et d'objets. concerne Doit-on

de délimitation

tout

aussi

délicat preau

l'abandon les

ou l'adoption

de matières

considérer intertribales difficulté,

comme des adaptations ? qui relève cette ce qui fois

ou comme des influences Une dernière

de

l'orientation

du présent

travail,

est de différencier

est reconnu

ou no* comme emprunt les Wayapi considèrent me ayant bois de tout

175

un exemple significatif Moraceae) d'une part, part, le mot dans les : comce

par les WayZipi. Voici le bois d'arc à faire

(Brosimum quianensis, des arcs, alors que,

temps servi

est peu utilisé

au sud de l'Amazone, /paila/,

et que,

d'autre

employé pour langues karib

le désigner, du plateau C'est

est utilisé

essentiellement

des Guyanes. en tenant les apports compte de ces obstacles et les pertes strictement ou d'emprunt signalé (cf. que je vais de la ; lar-

donc analyser civilisation l'étude ge fait autre

en détail waygpi

successives

en me limitant

à leurs pris

affirmations

des phénomènes d'échange partie, perspective comme je l'ai de recherche. siècle

au sens le plus d'une

déjà

supra p. 147), quels furent les

Voyons d'abord à nos jours.

axes

commerciaux

du XVIIIe

3.1.

Troc et rapports

avec les

autres il

ethnies est

et les Occidentaux que l'essentiel des Portugais. du Nous

Au XVIIIe commerce venait de l'Amazone

siècle,

certain

par l'intermédiaire sources (Anonyme,

savons expressément

par diverses

1740 ; FAUQUE, 1839) L'apport matériel

que les Way"api pratiquaient qu'ils qu'ils recevaient obtenaient qu'ils en paiement

le commerce des esclaves.

nous est mal connu ; on sait

simplement Il est

des armes à feu recevaient (perles, jusqu'à

(TONY, 1842 ; KERKOVE, 1760). de l'outillage ;> qui formeront en fer tout

indéniable objets

également miroirs, etc.

et des au long

de parure

du XIXe siècle visita Brésiliens

nos jours,

les bases villages

du troc.

ADAM DE BAWE, qui avec les européens ne

en 1832 l'un , précise

des derniers

ayant

des contacts

même que les Wayapi portaient

des vêtements qu'il

(1835 p. 90).

Quant au commerce intertribal,

nous verrons

-

176

-

devait

pas être

nul,

en dépit a c partir ' (cf. infra

de l'attitude de la frn

de conquérants du XVIIIe siècle,

des TJayapi. de membres sur

En outre, d'ethnies

l'insertion, guyanaises

p. 291 ) dut avoir

des répercussions

la civilisation

matérielle. Après 1820, les rapports commerciaux de rapports principal des Wayapi vont volontaires avec des mar-

changer

radicalement va faire

d'axe.

L'instauration l'axe

les Français chandises

de 1'Oyapock Cette période

de l'arrivée

européennes.

va durer

de 1820 à 1880. Les témoiabondent dans les docu-

gnages sur le commerce entre ments du XIXe siècle,

Wayapi et Francais récits

moins dans les

amzrindiens. l'impression temporel que les des hom; bien, rap:

Dans ces derniers, objets mes qui divers européens se posent passages sont un puissant

on a surtout adjuvant

du pouvoir

comme intermédiaires du récit sur la vie

du commerce avec les Blancs du chef Pierre Louis montrent sur leurs conséquences

en fait,que ports

les Wayapi ne se faisaient et en redoutaient Louis) était-il

aucune illusion même les déjà

avec les Français Tatu :" (Pierre

grand quand les Français

l'emmenèrent Mis> ans) :- On dit ; la fois

à Cayenne ? qu'il était il à peu près etait grand comme $a (4 à 5 grand comme ça plufois)

suivante,

à peu près Il partit (pour

quand ils sieurs c'était C'est il fut fait fois,

l'emmenèrent

(9 à 10 ans).

et revint la première

mais quand ils

l'emmenèrent

un enfant. à cause de ce la que (cet capitaine(l), voilà homme) fut dit. fait capitaine ;

ce qu'on

(1) Miso

veut

dire

qu'il

ne fut

pas nommé chef par

les

siens,

mais

par les Blancs.

-

177

-

Des tas de marchandises ve) jusqu'à elle son village,disait disait

montaient

et montaient

(par

le fleuDes carhaTout ; ainsi

feue notre rouge,

grand-mère.

touches, ches, elle

; du tissu aussi

des machettes,des du sel, plus aussi. indien

disait

; des allumettes, chez lui. Il n'était

ça montait parlait

et arrivait

feue notre Plus loin,

grand-mêre". dans un passage profond : frères d'arc. (à Pierre C'est apporté ainsi Louis) lui avaient fait avec un enhumoristique, au niveau nous comprede l'échange

nons le malentendu entre Amérindiens Mis.3 : apporté les droit Il jeunes Tatu

sociologique et Européens - Ses plus beaucoup ; ils

régnant

jeunes de bois

que l'on

chefs fort

lui

en avaient depuis

beaucoup,

depuis

éloigné, Sikay, L'aîné, étaient ils

Walakutir

(...). Eux, c'étaient ses

y avait frères. : - Ils

et d'autres c'était venus voir

encore. Pierre leur

Louis. famille leur ? Ils avaient .

Mis-, : - Oui, apporté grand un petit frère...

étaient animal

venus voir (vivant),

famille. unau (2)

un petit et si...

: "Heu... ce petit

à ce propos...

nous échaudions

personnage.. Tatu Mis3

. dans un chaudron?" étaient étaient venus voir venus (leur frère) "Heu... ? grand frère,

: -Donc ils : -Oui ! ils

le voir.

un chaudron, (les frères

pour ça, comme paiement plus "Oui jeunes à leur aîné),

du petit ainsi

unau" racontait

dirent feue ma échaufrère.

grand-mère. der ce petit Et il leur

! un chaudron

dans lequel - "Oui était bien

nous pourrions ! dit obligé le grand

personnage"

dirent-ils. Il

donna un chaudron.

de le donner

à ses petits frères. ______-_-------------------(2) unau, ou paresseux â deux doigts

: Choloepus

didactylus

L.

-

178

-

Tatu Miso dit Tatu

: - Oui, : - "Mais

bien il

sûr

! plus m'apporter de telles choses",

ne faut Ainsi Louis Pierre

le grand frère. : -T' est Pierre c'est d'une

racontait qui dit

feue ma grand-mère. ca ? "Les Blancs, dit-il les Blancs n'ont

Miso : - Oui, rien unau). à faire "Ils

Louis.

chose pareille"

(en montrant

le petit

ne le mangent même pas ; mais un petit ou un petit j'en agami (2) , ou un petit ; mais ça, non,

pénélope('), perroquet, les Blancs des n'en

je veux bien, choses veulent

comme ça, pas..." Ce texte

veux bien

nous montre à l'aîné,

bien lequel

la nature offre Louis

des échanges

entre ;

frères,

les

cadets

offrant

à son tour est sorti

aux cadets du jeu, cartes. offrir Il

en somme, un échange ou du moins, ne veut il

de cadeaux.

Mais Pierre les règles,

en a changé,

sinon

du moins les qu'il il

de la part

de ses frères des objets

que des produits européens à la fois

puisse

aux Blancs Il est

en échange

qu'ensuite puissant

redistribuera. : son son

devenu un intermédiaire qu'autant

et dépendant

commerce ne tient jeu consiste

que ses frères faire entendre

le ravitaillent

; tout

donc à bien

à ses frères

la nature

des ca-

deaux qui plaisent

aux Blancs. Les documents européens couvrant cette période nous d'appréde ceux amérvoire

fournissent cier qui

pour

leur

part

d'heureux

compléments

nous permettant que la valeur

la nature

et l'intensité

du commerce ainsi faisaient créoles, P.L.S. crepitans

le pratiquaient.

Les hommes qui des "petits blancs"

le commerce avec les socialement Müller. L. marginaux,

indiens étaient _-----~--__--_-_--(1) Pénélope

: oiseau.

Penelope

marail Psophia

(2) agami ou oiseau

trompette.

-

179

-

déchus traînant

; leur

seul

aspect

positif,

l'assimilation

à la vie

indienne

en-

une communauté d'aspirations,

ne semble de surcroît

pas S'être

développée d'un type traiteur

en Guyane conm'e dans le nord de l'Amérique. du XIXe siècle,décrit qui sévissait a reçu,

Le comportement bien ce

par BAGOT (1849),illustre depuis il la fin du XVIIe siècle

de personnage

en Guyane :

"Un nommé Gautier de douze cents aller était fait

y a quelques objets

années,

une somme pour

francs

en divers

et marchandises (Wayana).

à la recherche ivrogne, son voyage Il aussi

des Roucouyanes comment a-t-il il est

Cet individu

fini arrivé

et comment a-t-il à Qyapock avec peu pendant lui, quinze jours.

? D'abord, s'est il saoulé

de choses.

à son arrivée

Au grand saut, gent qui poudre petit

a manqué de sauter, au poste. servir

sa bande et le serle feu a pris Il comme il fit à la un était

se trouvait

En fumant,

qui devait voyage

pour faire plus rien, il

l'expédition. retourna

; n'ayant

monté" . En dépit tant dit avoir de cette conclusion, ce commerce semble pour-

été assez important,

puisqu'en

1836, TBEBAULT DE LA MONDERIE s'approvisionner de la Yaroupi en couac (Yalupi). reçoit Venu les

que les.commerçants de manioc

de Cayenne venaient dans la région

(farine en visite plaintes

torréfiée)

avec un envoyé du gouverneur du chef Waninika à propos visé au fort

de la Guyane,

l'auteur

de la malhonnêteté de Cafésoca

des commerçants. de contrôler

En 1842, un "passeport" plus ou moins le trafic

permettra

sur 1'Oyapock. sur les objets les plus les objets divers indiens étaient ;

Ce commerce portait cependant, ayant les "curiosités esthétique), de cabinets" très

(comprendre au XVIIIe

une valeur

prisées

siècle,

-

180

-

au XIXe siècle le couac, ainsi

reléguées

au second rang.

Le commerce portait animaux sauvages

surtout

sur

que le montre Mis2

THEBAULT, les traiteurs,

domestiqués,

comme l'explique semblent avoir

. Certains

comme Charles

Couy ou Martin, du père Jean D'autres étaient prodes-

été des spécialistes ; lettre d'acajou ou une plante En contrepartie, les outils en fer.

de ce commerce (lettre CODY, du 11-l-1839). 170) qui

AL-ET, du 17-12-1854 duits, tels les billes

de Charles

(CBEVADX, 1883, p. médicinale,

cendues en radeaux, aussi très demandés. tout

la salsepareille obtenus les

(1) , étaient étaient tissus, d'ales

les produits Venaient

bord et avant perles, tille.

ensuite

les miroirs, Les objets

ce que les de grand prix,

auteurs tels

du XIXe siècle les fusils,

nomment la pacotoujours rarement parle de avoir

semblent

été échangés signalés, sa victime des haricots semble n'avoir est côte signalé (Galibi, les bien

avec parcimonie. que Misa, qui

Les produits

alimentaires

sont

dans le récit "avait acheté

des méfaits de la nourriture et Pierre".

d'Asapo,

Malukf.

(à Saint-Georges), L'alcool' alors ethnies point enfin, qu'il de la essentiel,

secs et du riz, joué qu'un rôle

pour Asapz' mineur

dans ces hchanges, oarmi les

à la même époque comme une plaie Palikur documents leurs bras. et réfugiés brésiliens).

Dernier

à travers reux

les Wayapi n'apparaissent C'est alors la distance à des Indiens appel plus

jamais éloignés,

comme désiles Wayana,

de louer

que les Français 1883, p. bilité

faisaient

(BAGOT, 1849, p, 7 ; CBEVAUX, considérablement leur possi-

1099, quoique

limitât

d'embauche. Pendant toute cette période, le commerce avec les pas être Il négliétait

ethnies geable,

amérindiennes quoiqu'il fût

environnant bien

les Waygpi ne devait

moins important intégré

quantitativement. aux transactions (Smilax

d'ailleurs souvent plus ~~~~--~--___--~-~~--~-(1) Plante médicinale

ou moins

avec les

anti-syph'.litique

pseudosyphilitica). *-

-

181

-

Européens.

C'est

le cas en particulier les Piriu, avaient

des échanges descendants eu une part infra

avec les

Indiens des Mis-

du bas et du moyen Oyapock, sions entre virent Enfin jésuites. Ces Indiens

des habitants

active

dans le contact Plus tard, ils ser-

Wayapi et Français régulièrement et surtout,

en 1817 (cf.

p.'3CC). qui

de canotiers leurs chefs, le poste

aux voyageurs

remontaient

1'Oyapock. de

les Gnongnon Bosson (1) père de "Capitaine toute général" symbolique

et fils,

1840 à 1900, occupèrent de 1'Oyapock nautés waygpi et exercèrent les plus

des Indiens sur les commu-

une autorité

accessibles. du fait indéniable que les Piriu servirent d'intermélieu.entre

En dehors daires aux Français, il est

que des échanges bientôt les traces

eurent

les deux ethnies.

Nous en examinerons Des rapports

actuelles. s'établirent époque, cette 1822 ;

d'échange à partir

intermittents

également petite lettre

avec les Emerillon persécutée

de 1830. A cette Réfugiés Boni refuge

ethnie,

par les Noirs

(MILT'HIADE,

de LEPRIEUR au Gouverneur, semblent s'être

1836),cherche

chez les Wayapi.. de vassalité (ADAM

Les relations

établies teintés

sur des bases d'hostilité,

DEBAUVE et FERRE, 1832, p. 217), verrons plus avant (cf. C'est et surtout les plus contacts siècle, Wayana,que fructueux sporadiques les hostilités p. 305); cependant les rapports

comme nous le

avec les

groupes

de langue les plus pas douteux depuis durent

Karib,

Apalai

<

commerciaux S'il

furent n'est

importants, que des

et les plus existaient

durables. avec les

deux ethnies

le XVIIIe longtemps stables

engendrées C'est famille

par la poussée wayapi vers

les gêner considérablement. -------------------------(1) Le patronyme de cette

1830 que des relations évolué

a de. nos jours

en BOSS~U.

-

182

-

s'établirent n'est pourtant

entre

Wayana et alliés 1850 qu'elles officielle tout

d'une

part,

Wayapi d'autre de l'ampleur. la mission

part. En ouvrant

Ce

qu'après

prirent

le Maroni, daise

la pacification

des Boni par

franco-hollan-

de 1861 contribua dans l'intérieur de nombreuses Les produits

particulièrement

à créer

un immense circuit dans lequel Wayapi, soit pour

de traite entrèrent Emerillon. de Cayenne, créer

de la Guyane orientale, ethnies : Boni, Djuka, Tirio, soit

circuit Apalai,

occidentaux offrant

provenaient

de Paramaribo, suffisante toile

ces deux comptoirs cormnerciaux

une spécialisation C'est sur cette

deux courants

inverses.

de fond de l'inté-

que les Wayana devinrent rieur, ce qu'ils

peu à peu les principaux restés.

colporteurs

sont d'ailleurs

De 1850 à 1880 pourtant, suffisamment été maîtres

les Waygpi

semblent

avoir une attirance

du commerce de 1'Oyapock

pour exercer

sur les Wayana et les Apalai. C'est rent s'établir éclaire à cette époque que plusieurs dans les conditions qui de ces derniers que le passage ont le plus vincité

chez les Wayzpi, nettement.

p. 135 l'intérieur tent

Les deux voyageurs 1870 et Leurs

parcouru

de la Guyane entre sur ces contacts. deux dates de leur

1900, CBBVAUX et COUDREAU, insisrécits sont d'autant 1889-91, plus les intéressants relations

beaucoup les

qu'entre semblaient

passage,

1878 et

en pleine

évolution. contacts avec les Wayapi, comme avec les occiden-

En 1878, les Boni, taux étaient

un moyen pour les Wayana de se procurer 128). Avec les Wayapi, ils

des objets

(CBEVAUX, 1883, p. intenses,

n'étaient qu'un

d'ailleurs parti de
col-

pas très porteurs

puisque

ce voyageur

ne rencontra sur l'Oyapock,

Wayana en huit

mois de séjour

le Kouc et le Jari.

-

183

-

En 1889-91, Les Wayana, d'acheteurs, sur le haut Marwini, rançonne depuis tant

la situation

a considérablement Certes,

évolué. en 1889 encore, qui les

sont devenus

fournisseurs.

les Wayana se plaignent d'années, les obligeant françaises est toute

amèrement d'Asapo à passer

par son intermédiai(COUDREAU, ce en

re pour se procurer 1893, p. 157).

les marchandises la réalité

du bas Oyapock autre

Pourtant, groupes

: chaque année, le pays wayapi,

sont de multiples particulier importaient des tissus les rondes

de Wayana qui parcourent

la région des.objets

du Kouc et de la source européens venant

de l'oyapock. tout

Les Wayana particulièrement

du Surinam, métalliques

pour moustiquaires, ventrues, émaillée, quelques ou d'artisanat des perles,

des coffres

peints,

des gamelde la ; à cela et noix

des couteaux, pour creuser

des hameçons, les canots

vaisselle s'ajoutaient de Para)

des herminettes produits

de cueillette

(gomme de balata Aux Wayapi, la chasse, ils

(hamac en filet). dressés sec, pour

achetaient de fil

en contrepartie de coton,

des chiens

des pelotes

des paquets

de tabac

des hamacs tissés, après

de la plumasserie. des WayZpi

Au début centraux, la région p. 270).

du XXe siècle, de fait

l'isolement

les Wayana détinrent et semblent C'est en avoir

le monopole

du commerce dans

particulièrement

abusé (HRCKENROTH, 1939 , selon Miso,

essentiellement les

à cause de ces abus que, avec leurs d'autres relevant parents Wayapi, plus

les Wayapi renouèrent et les Français, affirment avoir

contacts

du moyen Oyapock comme le chef Pina, de l'alliance rendues et de par des

en 1935. Pourtant, entretenu les visites qui, depuis Vers des rapports

la réciprocité, groupes wayapi

des colporteurs

wayana étant

le KOUC, se rendaient

sur le Jari. peu à peu entre peu de

1950, le troc diverses

avec les Wayana allait pour le réactiver

s'étioler. 1'Itany

De nos jours, et la région

tentatives

de Camopi par le pays emerillon

connaissent

-

184

-

succès, objets

quelques

Wayapi craintifs

vont

même jusqu'à

dissimuler

leurs les Au

chez le gendarme du poste annoncés, situation intenses wayapi

administratif à s'en est

de Camopi lorsque séparer à leur

Wayana sont delà de cette

de peur d'avoir récente , il

défaveur. que ce siècle

cependant

évident

de contacts la culture

avec les Wayana a laissé plus les

des traces en détail. wavZpi

positives

dans

que nous envisagerons Les relations entre générale. favorable

groupes L'isolement

eux-mêmes ne de nombreux et res-

semblent groupes ceux-ci treinte, circuit

pas obéir de villages ont souvent entre plus

à une règle n'est guère

réitéré

à des échanges vu,

réguliers à une aire

été limités,

comme nous l'avons Pourtant

deux communautés par exemple. général depuis 1860, l'ensemble 1900, les

inséré

dans un en a subi

du pays wayapi

les vicissitudes. fournissaient manufacturés directement et à l'écart les miettes

Entre des produits hollandais

1860 et

communautés de l'oyapock contre les produits

manufacturés fournis,soit

français

par les Wayapi de la source, soit isolés pour la plupart en loin

par les Wayana. Les Wayapi-puku, des itinéraires de ce commerce. Après 1900, la coupure de troc,ne

recevaient

que de loin

du circuit

limite

considéraon se découvre

blement

les

échanges partenaires

à l'intérieur

de l'ethnie. pour

Pourtant,

de nouveaux

: les Emerillon les Wayapi sur les

les Wayapi du moyen Oyapock, Dans le que porsemblent

et les Wavapi-puku premier tait avoir d'outils vaient cas, c'est

pour encore

du haut produits

Oyapock et du Kouc. hollandais les produits : en effet, les Waygpi du Maroni indigènes si centraux

le troc.

Dans Le second,

en revanche,

dominé les produits en fer peu à leur

d'origine était

européenne grand,

le besoin en a-

des Wayapi-puku offrir.

-185

-

Depuis avancés et, plus de l'Occident, récemment, sur le Paru,

deux décennies,

la polarisation

sur les postes Anatum sur le Paru et de

Maripasoula, les postes le Jari

Camopi en Guyane,

FDNAL d'bldeia fait

Bona, de Molokopata peu à peu voler les réseaux

Mitico

et l'Amapari,

en éclats

le commerce intertribal. sur de courtes commerce. besoins distances,

Seuls

se maintiennent plus

d'alliance qu'au leurs

d'ailleurs

rattachés règlent

aux fêtes désormais

Chaque ethnie

et chaque sous-groupe directement moteur la voie

en produits

manufacturés

aux sources hors-bord, d'avenir,

de la distribution. avion, tel ont surgi.

De nowaaux Citons qui, l'Itany, par voie mois, puis

moyens de communication, mais montrant d'une visite

un cas extrême, ayant appris, lors

Wayana du Paru de vint six

traditionnelle

de ses frères des Amérindiens, s'embaucher

que le Bureau Minier aérienne retourna via Santarem, chez lui Négligeant

de Cayenne employait Belem et'cayenne,

pendant

par le même chemin. les intermédiaires, Wagana, WayZipi, Emese ravitailjusqu'aux

rillon, lent

Apalai directement villes,

sillonnent

les fleuves

de Guyane et d'Amapa, certains Macapa. doute.

dans les bourgs Cayenne,

de la côte, Belem, ! J'en

poussant Voies

grandes

Paramaribo, certains

de la déchéançe

et de l'assimilation,

diront

En ces temps où voyeurs,

les mêmes moyens de communication fonctionnaires de l'ailleurs nomie culturelle. sans doute lations ou prêtres devient
NOUS

déversent

chez eux touristes variés, au maintien

aux messages

les plus

la connaissance de leur auto-

un facteur verronsà

indispensable la fin

de ce travail

que c'est les assez redit

sur d'autres

bases que le commerce que se dessinent de demain. Nous en avons cependant les Waygpi, et impératifs déjà

intertribales

pour affirmer voisins,

qu'aujourd'hui

comme hier, besoins nouveaux

de même que leurs de la vie

ont su équilibrer

-

186

-

communautaire, par l'opportunité

l'évolution

de leurs

relations minimal

intertribales de leur

étant

dominée

et un engagement

personnalité.

3.2.

Apports

culturels

et pertes

selon

les Wayapi depuis

: un bilan deux siècles avoir pas vain. exemplg à tel tel dans des cherché à

Les WayZpi, milieux conserver quotidien, duire humain, aussi nouveaux face

se trouvant

à des hommes nouveaux, très sélective.

semblent

une attitude cette bien attitude

Le mot n'est peut'par face

Dans le se tra-

de doute permanent divergentes

en interprétations sur l'opportunité tel

comportement que attitude, :

en hésitations

de chasser nouveau.

gibier, cette

sur l'intérêt une expression /p5 a?Ett bien cette

de se procurer revient

objet

Illustrant les

sans cesse dans toutes bien!". de doute Trois

conversations

1, "ça se pourrait attitude à la fois

mots illustrent

particulièrement

et de référence délimité, ce sont

à quelque les mots /la/,

chose de préexistant, /la&ga/ et / kz'wiya/.

de sérieusement

. /lâ//
tation, futur. /yans ou bien : tandis On dira laânga

et /la%ga/ que /1$ ainsi : peut

désignent en outre

aussi

bien

la fausseté

que l'imile

occasionnellement

désigner

kîi ?/,

"est-ce

qu'ils

sont

comme nous ?",

/wilil"a/, aussi bien

"faux que : m3telZ/,

palmier

wili",

/yane

"notre désigne

futur

moteur

hors-bord". ou identique,' De tels par le verbe

. / kz'wiya/
/m3 aussi kowiya/ bien

une chose équivalente "faire l'échange". accordée

signifiant

mots trahissent culture

la valeur

de référence

les Wayapi à leur

-

187

-

que la démarche présidant pratique dentaux, simplement wayzpi, nouvelle. un emprunt Loin

à toute d'être

intégration

d'une

technique

ou d'une occiou plus

une évolution,

chère â nos cerveaux au plus ainsi un remplacement dans le lexique :

est donc pour eux tout à essayer. C'est

une nouveauté

que,

nous trouvons

les deux mots nouveaux

suivants

/kwalairla&ga/ le premier, bracelet, re, surtout qui

et JsusulakgaJ. Jkwalaila&gaJ, effectivement pleut. le biberon. sein" Il est à traduire, "comme le soleil", le soleil pour désigne le comptage la montrede l'heu-

remplace

la nuit

ou quand il

le second,

/susula%gaJ,désigne

non pas par "comme le sein", étant nulle

mais par "faux

; sa crédibilité sémantiquement,

aux yeux des femmes wayTipi, de Jkwalaila&rgaJ. C'est en tenant

le mot est donc,

différent

compte de cet ét,at diachronique, tels que les

d'esprit. les

que je vais et les

maintenant les pertes

passer

en revue,

de manière siècles,

emprunts

de ces deux derniers

envisagent

Waygpi actuels.

3.2.1. PECHE :

Perte

de traits

culturels

(1)

- Barrage __----------en fascines __-_grands cours d'eau

(walakala), ; personne,

technique actuellement, probablement

jadis

employée

sur les

ne peut

la décrire du XVIIIe petits siè-

correctement. cle, d'eau. (1) ne seront rattachant Les techniques justement

Son abandon remonte lorsque

à la fin sur les

les WayZpi se replièrent

cours

pas abordés (cf. d'utilisation

ici

l'organisation rare ne seront

sociale

et les "rites" p. 219). évoquées.

se

à la guerre

ch 1, p 7û, et ch. IV,

pas non plus

-

188

-

- ----_ Barrage ----simple d'une rivière _-----__________ de palmes, technique soit parfois était complété originellement (marées), soit

(pali).

Il

était

fait

de branchages (masiwa). de niveaux et baisse d'eau

et

par une nasse liée

sans clapet

Cette d'eau, dans

aux changements (inondation

quotidiens

saisonniers

les mares et lagunes Son utilisation des grandes du siècle.

en correspondance cours

avec un cours d'eau

principal). moment

sur les petits inondations

de l'intérieur,au maintenue

de Mai et Juin,s'est

jusqu'au

début

- Hameçon en bois d'arc et corne de daguet rouge----_--__-__--__-__ (Mazama americana) ---- ____--__-----_____------------------enchâssée--_--_ (uk+). - ----poisson centre employé aïmara Cet objet (Hoplias très ancien était utilisé pour la pêche du

macrophtalmus). plus il d'un siècle,

Abandonné par les Wayapi du il était encore sporadiquement

et du nord depuis par

les Waygpi-puku

y a encore

une décennie.

CHASSE ET GUERRE : - ------ empennes de flèche Les -e--w "est-brésilienne" légèrement courtes était (cf. de guerre fig. 12, p. avaient 189), une forme de ligature c'est-à-dire dite

que la plume, par deux qu'il à tuer par opposition

distordue,n'était ligatures. Les actuels fruste qu'elle

attachée

qu'aux

deux extrêmités de cet empennage était qu'une destinée fois,

Wayapi disent la flèche servir

volontairement et surtout de chasse.

puisque

un ennemi, aux flèches

ne devait

- Le casse-tête ----------------chants de guerre,

de guerre -_-_n'est

(sawalapa), plus

dont

le nom est vaguement les bords porte

attesté

dans les une comme

évoqué qu'assez d'arc à tisser, et ayant lequel

comme étant tranchants

arme de guerre l'actuel couteau

faite

en bois

du métier

d'ailleurs

le même p. 22.5)

nom de JsawalapaJ.

Ce mot relevé

par LEPRIEUR en 1832 (1834,

-

189

-

a3

empennage Cwayapi fig. 12

guyanais 3 Empennage

bl
ancien

empennage CTapirape et

est-brésilien ,BALDUÇ ,197OJ

moderne

fig.

13

Deux

modes

dé en

ligature pierre

de

haches

-

190

-

était

ê. l'epoque cette

le seul

terme valable fut

pour "casse-tête" (cf. infra

; c'est p. 224,. (1)

néan-

moins vers

époque qu'il

abandonné

- --- protection La -----____------___------des habitations fut abandonnée
991%~

par des écorces avec les Namikwan, utilisé

de /wafpgpi/ vers

la guerre

1830-40.

De plus,

la répartition du pays wayZ%pi.

géographique

de l'arbre

ne couvre

que le sud

- Les anciens fabriquaient des arcs --_----______----___--------------------- de chasse Jyata’iJ (Syagrua inajai). Cette technique

avec le bois maintenue

dur du palmier tardivement habitat

s'est

chez les Wayapi-puku. méridional, le palmier

Qn peut voir /grata’+/

là une survivance l'essentiel arcs faits

de l'ancien de sa répartition

ayant les

dans le bassin à bois usage dur très

amazonien.

De plus, Syagrus

dans les palmiers caulescents) sont d'un

(Oenocarpus,

et Astrocaryum

commun au sud de l'Amazone.

NAVIGATION : - Le canot en écorce ----------___d---au long du XIXe siècle Il (cf. supra p. 79 > semble avoir été utilisé tout avec le étroits. 1950. Ac-

comme moyen de transport au déplacement de loin

en association cours d'eau vers

canot monoxyle. Son utilisation tuellement,

servait

sur les en loin

s'est seules

maintenue

jusque

les personnes

âgées en connaissent

la fabrication.

VIE DOMESTIQUE : - Le feu. ----_-depuis La technique ancienne d'acquisition Si, â Trois faire du feu a été abandonnée Sauta, quelques vieillards à Camopi, l'étincelle

le milieu qu'ils

du XIXe Sièc]le. sauraient a un jour encore fait

prétendent

du feu à l'ancienne, de deux silex frottés

le chef Norbert ------------------------(1) arbre

jaillir

malheureusement

non identifié.

-

191

-

qui enflamma

le nid d'oiseau-mouche là un cas isolé, des points

qui

servait

d'étoupe génération velléité

(R. DE%AN, com. considère de rupture cette de

pers .) , mais c'est perte contact comme l'un

et la jeune
à toute

faibles,face

avec l'Occident

en cas de force

majeure. sont désormais encore les

Les allumettes dans toutes résines démarrer allumettes les maisons,

et même les briquets Ies femmes utilisent en forêt

mais toutes

de diverses un feu. étaient servir filles

Burseraceae

récoltées

pour faire

rapidement

De la même manière, rares, circuler

on voit,

comme au temps où les selon des ragles les femaes' ami.

dans le village, à un chapitre prise

qui pourraient ou les petites

d'illustration

de parenté,

avec une bûche enflammée plus aucune famille en écorce qu'un

sur un foyer

Parcontre, avec son feu enfermé hostmannii, vu faire

ne circule

aujourd'hui (Iryanthera l'avoir

dans une boîte ainsi (Fr.

de /kulupiyg/ nous dit,

Myristicaceae), dans sa jeunesse

Wayapi-puku

GRENAND, 1972). /tapui/ (cf. supra p. 1.53 ). tr88 vif

- Habitation collective ancienne ~~_~_,,~,~~,,~~,,~,~___,,_,,,_> - Hache en pieEre, de cet outil /yi'a/.

Les Waygpi ont conservé agricoles l'a vu utiliser Conséquemment, enchassage qui s'y

un souvenir

et des techniques Tawika, d'années. (par

rattachaient

. Un infor-' de *lAmapari,

mateur wayapi-puku, il y a une trentaine

dans la région

le mode de montage des creusé ou par liga/yiTakilika/ se soit

pierres ture sont

de hache polies sur un bois connus ('cf.; de loin encoché) fig.

dans un bois

et l'utilisation 1921. Il

des polissoirs

13, p.

semble que la technique par les outils

maintenue début vers lement

en loin,concurrencée pour

en fer,'jusqu'au et jusque occasionnel-

du XIXe siècle 1940 pour utilisés

les Wayapi du centre Les polissoirs les machettes
OU

et du nord, sont les encore fers

les Waygpi-puku. pour aiguiser

de haches.

- 192 -

- Les anciens outils tranchants __--__-__-__-_---------------~ chettes,n'ont en incisive laissé d'agouti d'autre trace

remplacés

par

les

couteaux d'un

et les maà lame

que le souvenir aguti) faire. dont la fabrication

couteau

(Dasyprocta ne sait plus ancien

que personne,

du moins chez les

WayZpi de L'Oyapock, - Le seul objet

domestique

soit

encore

connue

est __-----_--~--~~_-_ occiput-_---_--- singe - atèle(Ateles la cuiller en de un manche en bois, - Les villages peu à l'écart On utilisait que l'on grand-mère du siècle. - _____-__-__--_--------------------- et masculins Les vêtements féminins 1850, les plus trale visités. en fil femmes wayapi allaient nues, /kwatak&gEJ. étant d'eau, localisés,

p aniscus)

montée sur

anciens des cours

à des fins

de discrétion, était la corvée (cf. fig.

un d'eau. 14 p. la 194)

une des contraintes J+ a/,à

des _--------------ventrues, _-_- poteries empilait Pekii. par deux ou trois Selon elle, cette

col étroit

dans des hottes,nous technique

explique

a été abandonnée

au début

ont sensiblement à l'exception d‘une

évolué. des villages

Jusque vers les vencomme

Les hommes, eux, de coton et teinte tissé,

se vêtaient /kalama/,

étroite

ceinture toile 1/1,

à armure droite avec le fruit Vers 1830-50,

les hamacs, (Pisonia soit

de bandes noires Nyctaginaceae). infra p. 200), tissé, tissée soit

de JinimJp$piyUnfz/ les femmes adoptèrent Jkamisa/. en étoffe

olfersiana, (cf. soit

la tangue était

l'actuel soit, fut

pagne drapé,

Ce dernier importée. la fin

en coton ventrale pour

comme aujourd'hui, abandonnée

La ceinture du XIXe siècle

par les hommes à récemment pour sur le même mo-

les Wayapi d'un

centraux, large, rouge.

et tout fait

les Wayapi-puku, dèle, en étoffe

au profit importée, sont

pagne plus

obligatoirement considérées JwilaulaE/,qui

- D'autres

parures

comme totalement était l'apanage

abandonnées, des guerriers,

tel

le duvet collé, ------------- d'aigle -m-----v

- 193 -

ou encore major)

la ------------- poudre verte pilées,qui servait

faite

de coquilles

d'oeufs faciale.

de tinamou

(Tinamus

à l'ornementation

AGRICULTURE : - Les techniques des outils faire exigeait ait choisi anciennes de mise en façon du sol étaient -----------------du feu. Aux dires était dépendantes les Wayapi, qui

et du mode d'acquisition

de tous

un abattis à la fois

avec une hache en pierre que l'on s'y prît

une tâche

colossale

de longs peu fourni

mois à l'avance en arbres, autant

et que l'on dire un

un terrain

relativement affleurait

terrain

pauvre

où la roche

(3'. et P. GRRNAND, 1979). arbustes étaient cassés La plaie un feu à

Sur ces bases, la main. était Pour les arbres, ils

les petits étaient

entaillés

à la hache. continuellement jusqu'à

agrandie

au couteau d'abord,

et l'on

y ‘entretenait ensuite,

de brindilles mourût.

de branchages ensuite

ce que l'arbre comme d'une masse.

On le cassait

en se servant

de la hache

(F. GRENAND, 1972). Compte tenu de ce que l'on de relations, (cf. p, 316), puis il d'isolement,des est probable furent d'être que, sait des phases cycliques

Waygpi par rapport selon les secteurs,

à l'extérieur les techniques fois durant technique, en effort

anciennes

d'abattis

abandonnées totalement

et reprises remplacées

plusieurs par l'actuelle

le XIXe siêcle,avant très rentable

au niveau

de la production

et de l'investissement

et en temps. - Le domaine des Plantes cultivées _--------------et je me bornerai Plusieurs mauvaise plantes adaptation ici à suivre nécessiterait une analyse strictes spéciale

les.conclusions abandonnées, terres

des Way?ipi. plus par qu'elles

cultivées

furent

probablement

sur les nouvelles

occupées

que parce

194

fig.

14

Jarre

ancienne

La

fig.

15

P~ihite

2 curare

incZs8e

- 195 -

n'avaient

plus

grand

intérêt.

Bien évidemment, avec précision.

la plupart

d'entre

elles

sont difficiles . /alasa/ vallée du Jari.

à identifier : il s'agit

d'un

arbre

semi-domestiqué ses fruits

qui pousse

dans la

_

Les Wayapi décrivent est abandonnée araca. neriifolia, domestique d'un enfant depuis

comme étant

des goyaves.

Sa domestication s'agit-il

la migration

de 1820. Peut-être

de Psidium : Ihevetia

. /away/ toxiques Aprës culture

Apocynaceae. étaient au village

Les graines

dures sonnailles.

et

de cet arbuste l'empoisonnement fut abandonnée. : Psidium

utiliséescomme d'llluali vers

1945, sa

. /kuya/ pu se maintenir plus forte

guajava,

Myrtaceae. guyanais

La culture des Wayapi.

du goyavier La pluviométrie

n'a

dans l'habitat

que sur le Jari

explique

peut-être actuel. cultivée, pendant

la disparition

de /kuya/

et de /alasa/ . /kwEli/ Cucurbitaceae. Misa

dans le territoire : Variété Elle

de la gourde été perdue

Lagenaria l'enfance

siceraria, des deux frères

I

aurait vers

et MiipEa, soit

1920, probablement avec /ka?aluiu/, des seuls

par négligence. Phytolacca rivinoides;

. /malculEyau/
et les avoir feuilles consomm&.

: Il

s'agit

de manioc, Encore

légumes verts qu'ils s'agit

que les Wayapi disent towt au plus

affirment-ils Il pourrait

constituaient de cette jeunes plante

des aliments

de disette.

dont parlent de tabac vert,

déjà en 1830 ADAM DBBAUVB et PERRE : "les hachées et bFillies, font leur "tabac mets le plus comestible",

pousses

journalier" il est plus

(1834;

p. 279).

Or, /makultyau/ que c'est soit cette

signifiant plante

que probable Il
peut s’agir

que les voyageurs connue par les comme épinard

virent

conscmsaar. de 1'Etat

de Solanum oleraceum, utilisé

caboclos

de Para sous de

le nom de "caruru",

ou mêlé à la soupe d'amidon

- 196 manioc (tacaca), soit de l'épinard signalé récemment chez les ApardiLa culture et

Wayana du Paru nommé /kumapa/, du lmakulsyaulfut le Kouc, abandonnée il

(D. SCHOEPF, 1979, p. 88). y a au moins un siècle pu la décrire était lors s'agit, cultivée d'un correctement. il

sur 1'Oyapock

car aucun Wayapi n'a : cette plante

. / makwali/ sur le MOU~. Elle connue de plusieurs Marantaceae Calathea

y a trente de village. description,

ans environ Bien d'une

a été perdue Wayapi, il

déplacement leur proche

d'après

à rhizomes

et racines

tubérisées,

de /walaa/, toujours cultivées

ovata,

et de /yuluw~/,

Myrosma cannifolia,

de nos jours.

3.2.2.

Emprunts

culturels Les emprunts seront Les plus digestion, classés récents leur rejet par rapport (dernière ou leur partie aux ethnies décennie) ne

auxquelles seront

ils

ont été faits. : leur

pas envisagés encore être

modification, de la pré-

ne pouvant sente

assurés , ils

ne peuvent

faire

recherche

ethnohistorique.

. Emprunts aux Occidentaux --~~~~~~~-~___---~--_ La totalité Les plus Néanmoins, des siècles française; Voici anciens emprunts sont de l'outillage la machette, en fer a cette origine.

le couteau

et la hache.

la qualité selon

et la forme de ces objets fût portugaise,

ont changé au cours hollandaise ou

que la provenance

les Waygpi ont enregistré l'introduction et début étoffe,

dans leur

mémoire ces différences. : fusil seront et pouen-

par siècle siècle

probable du XIXe pantalon perles,

de ces objets couteau, (lesquels

- XVIIIe dre, suite houe,

: machette, et chemise miroir,

hameçon,

totalement

abandonnés),

aiguille.

- 193 -

. XIXe siècle
rent balles, que c'est plomb,

: réintroduction là la première platine

du fusil

(les

Wayãpi

actuels

considèpoudre, tôle canif,

date d'acquisition rabot, rouge, sel,

de cet objet), marmite perles riz, en fonte, opaques,

en fonte , pelle, à manioc, étoffe pétrole,

pour fabriquer vaisselle (ces trois

des râpes

en faïence derniers

ou en grès, produits

haricots,

alcool

seront émaillée cartouche, perles

ensuite

perdus). fusil, en métal réintropeint, cocotte

. XXe siècle
duit fil pour nylon,

: vaisselle

ou en aluminium, valise, coffre fines,

la seconde fois, parfum, râteau,

de verre

moustiquaire,

en fonte.

.Emprunts aux Wayana -- ---_--^------En dehors cédemment,dont d'.eux un certain de plusieurs les dbjetsoccidentaux, les Wayapi cités pré-

les Wayana furent nombre de traits

colporteurs,

ont retenu

spécifiques.

- Chasse et pêche : - -----Curare ) /w%lali/ les opinions connu de leurs d'autres l'oyapock, dernières encore (Strychnos toxifera et S. guianensis).A pensent son sujet, était. ; de '

des Wayâpi divergent ancêtres pensent ; d'autres qu'il

: certains lui donnent

que ce poison wayana Indiens

une origine les anciens l'une

a été donné par

sans précision versions qui est

ethnique.

C'est _probablement les Tupi

des deux

la bonne , puisque de chasse. Depuis

sud-amazoniens duXIXe siècle, tandis que quelC'est par des que

ne fabriquent

pas ce poison qui

la fin

ce sont les Tirio ques-uns donc soit descendants le curare seulement

fournissent

le curare savent

aux Wayana,

parmi

ces derniers

le confectionner. plus voisins (cf. anciennement

par l'intermédiaire des Proto-Tirio et la flèche

des Wayana, soit ou leurs anciens

de 1'Oyapock Fig.

adaptée

à son utilisation

1.5 p 194 )

- 196 -

furent ébullition,

introduits selon

chez les Wayapi. la terminologie

Actuellement

ce poison,

curare

par de

de VELLARD (1966),

est en voie

disparition. - Encordage --_------de l'arc ------descendants des extrémités siècle, cordes ils actuels, : les WayZpi anciens, selon les spires dires de leurs ?i l'une

ne laissaient

que quelques

de réserve la fin

de l'arc ont adopté

; actuellement, l'encordage autour

et ce depuis constitué Cette

du XIXe de

wayana, de l'arc.

de deux réserves technique permet

étroitement

enrouGes

de retendre de la partie

rapidement en tension.

une corde neuve

en cas de rupture

intempestive

- Lance-Eierre ---m-w e---e désignant bidentata) cette aussi

: son nom wayàpi, bien

/palata/,vient de l'arbre il

du mot wayana balata

/palakta/

la gomme élastique Introduite

(Manilkara ans environ,

que le lance-pierre. entre

y a trente

arme est un jeu,

les mains des jeunes

et des adultes.

- Vie domestique, - Habitation circulaire -----------_--------nion

parure.% à toit est, en dôme, /tukusipa/. de loin ancien, en loin, Cette construite maison de réu-

des Wayana (tukuliipan) L'emprunt est

par les sur la

Waygpi. Ybngalali, -maison

sans doute vers

car un cas est

signalé

chez le chef A'+, pointue".

1830, sous le nom wayzpi

de /Dka-piakwa/,

- La hotte -----------_ JuluJ s'est dire

de portage - des Wayana, m--e arouma) est

finement

ouvragée

en lames de roseau Wayapi. Son introduction c'est-à-

(Ischnosiphon faite vers pendant 1920-30. parures -----fait

connue de quelques de nos plus ne paraît vieux

la jeunesse Cet emprunt

informateurs, se maintenir. cependant

pas devoir ; certaines /waipu/

- Diverses -------em

wayana ont été adoptées l'objet de rejet : les

ont

secondairement

sont des jarretières ___-----c-

-199 de haut de ----------------- mollet, ne sont que rarement L'emprunt remonte en coton, ornées

franges tombantes. jeunes Elles enfants.

de longues

rencontrées

, et uniquement

chez les

au XIXe siècle.

La tangue wayana /w~yu/ devenue /kwcyu/ en Wayapi, faite jadis de -w-m-_ -. . c graines tissees, puis, de nos jours, de perles de verre, a été adoptée par les Waygpi vers devant le milieu n'est du XIXe siècle. plus aujourd'hui d'étoffe Son usage a ensuite utilisée régressé

le pagne et elle réduite

que pour les-peen place par

tites-filles, deux liens La ceinture -------_------‘( vers il 1945-50).

à un carré

rouge maintenu

noués au dos. de Perles ----Elle tissée est une création moderne des Wayana sur 1'Oyapock

a commencé à faire d'années.

son apparition

y a une vingtaine 4e pendentif d'oreille,

Son succès va sans cesse grandissant, jadis vers en 08, a été introduit' chez les Wayapi. disparu. les Wayapi,d'oridu XIXe siècle. longs. Son

/panahele/,

sous sa forme moderne en aluminium usage s'est résorbé vers

1920-30

1965 et a actuellement /syeta/ vers

La coupe de cheveux --w--w ----------r-------gine wayana, Elle s'est et aurait maintenue : très

mi-longue, -été introduite parallèlement

serait,selon le milieu très

aux cheveux

- Musique Les Wayapi sont

redevables

musicalement diaent avoir

aux Wayana. Voici empruntés carapace

la liste :

des instruments

que les premiers /pupu/

aux seconda de tortue

- -------------------____ l'ensemble instrumental du tranchant

formé d'une que l'on trous, joue

frottée

de la main pendant à quatre

de la flûte

de Pan, /slCwu/.

- une ---------______ flûte à encoche - une ------flûte Cette par flûte

/yami

'akwsm%/. trous, /t*liyo yrmi?a/.

symétrique __ à deux encoches -____ d'origine Tirio,

et quatre

comme son nom l'indique,

a été introduite

les Wayana au début

de ce siècle.

- 200 -

- une flûte traversière --------------------________s est Wayana. Signalons

nasale cependant sont

Jkulipawaf.

Les Wayapi

affirment langue est

qu'elle JpatitiJ.

que son nom dans cette apparus de nombreux avoir airs

Avec ces instruments wayana. les Cependant fêtes

de musique dans

aucun d'entre ritualisées

eux ne semble (J.M.

été intégré

grandes

BEAUDÈT 1978).

- Agriculture La plupart des plantes Il

: cultivées de : amer Jmani'opîp3 J et /mani SP.). a163 J. adoptées des Wayana l'ont été à la fin

du XIXe siècle.

s'agit

- --------------------______) deux clônes de manioc - une variété ~-----~-___~----_de tayove ---> - une variété -----------------_-- de coton, - --------__------,___~ un arbuste médicinal indigène

/aima1 a/, JalimauJ,

(Xanthosoma

(Gossypiumbarbadense). curcas). préalablement Cet arbuste-on introduit chez

Jtaya+p3aJ,(Jatropha aussi,être

dans la régionidut,lui

les Wayana.

. Eggrunts aux Apalai --------___ --__ - Seul le point à boisson à cette exemple, et les ethnie. de vannerie corbeilles JtawekaJ carréea ou JtaltkaJ est reconnu utilisé pour les tamis

comme ayant

été emprunté comme par

Je pense pour ma part

qu'il

y en eut d'autres,

J piawanap8J

(F. GSSNAND, 1979). ethnies assez de .Uaute-Guyane --floue; certains

. IZZprunts aux Emerillon et aux anciennes ------------------------------------------------.-------J'ai d'entre regroupé ces emprunts, quelques car leur origine est

eux méritent

remarques

critiques.

- Chasse : - Les Wayapi disent flèche de chasse (cf. avoir fig.12 acquis p. la taille 189) actuelle de l'empenne des populations de leur de haute

au contact

- 201 -

Guyane, dans l'est

sans précision

d'ethnie.

11 est

certain

qu'il en ce qui

existe

actuellement le mode

des Guyanes une grande des flèches. :

uniformité

concerne

d'empennage

- Vie domestique - Râpe en Fierre -- -------mm> de certaines Guyane. lement

/ GW& SZf : les WayZpi.disent en guise ce seraient de râpe à manioc les Kaikugian Chabrillan,

avoir lors qui

appris

l'usage arrivée initiala tribu en

roches

de leur les auraient

Selon eux, débitées.

Par ailleurs

(ARTUR, 1765) signale faiseurs et vendeurs

des Ouens (wes) dont le nom "signifie sortes de râpes". On aura remarqué

de grages, ethnie

l'apparentement Ces /w&/,

du nom de cette de langue tupi confir-

avec celui (cf. infra

de la râpe en pierre p. 266),étaient voisins

en Wayapi.

des Kaikuxian,

ce qui peut en pierre été retrouvé

mer l'affirmation lement pratiquement

des Wayapi contemporains.&râpe disparu ; un exemplaire abattis, ayant

a actuellors à s!en

de la mise en façon servir, disant

d'un nouvel

des femmes tinrent obtenue s'agit était objet

que le grain

de la farine I~&ls/. et verni Il

inégalable. en bois, teintures récemment du bas

- Louche à soupe d'amidon, au manche souvent végétales. introduit. Oyapock. - Rituel et musique : sculpté

d'un

de noir

avec diverses

Les Waygpi le considèrent Il semble pourtant qu'il

comme un objet provienne

emerillon

des populations

- Enterrement avec urne retournée _______,___---_--,-------------------------~ foetale. Kaikugian. risque Cette d'être Les Waygpi affirment Ce mode de sépulture dangereuse avoir

sur la tête adopté utilisé cette

le corps coutume

étant

en position des l'âme

au contact

n'ést

que pour

les morts celle il est

dont

pour les vivants dans diverses

, en particulier ethnies tupi,

des chamanes. difficile

coutume étant

attestée

- 202 -

de trancher

s'il

s'agit

ou non d'un

emprunt. (Brosimum a une aire acutifolium, de répartition proches Les Wayapi ethnie du fleuve de Guyane

- ----l'usage ---------_-------_----hallucinogène --__-- de /takwsni/ de la sève Moraceae), restreinte de /takini/ disent dont l'action n'a est encore été trouvé, mal connue,

puisqu'il

sous les noms d'ailleurs et les Palikur. dans leur

et de /tauni/,que

chez les Gal.ibi qui fut

que c'est vers

le chamane Asapr, les

le premier

à l'utiliser, Approuague, utilisaient

années 1860-70. que la plupart

Cet homme étant des ethnies

un émigré anciennes

on peut également

penser

cet hallucinogène. les chants qui l'accompagnent dans les toutes sont donnés années

- -----e-e la danse /tul&kala&/'et comme ayant été volés (cf.

aux Indiens infra p. 294).

Karana

premières

du XIXe siècle

- _-----__ la danse /y%w?tule/, comporte le bris rituel

pratiquée

uniquement d'une

par

les Way&pi de Camopi, de terre par les vivante émigrés de

de la carapace (1) Elle quart

tortue

(Geochelene 1'Approuague

denticulata).

a été introduite du XIXe siècle. et les chants

dans le dernier "les

- -w---v-_ la danse /tawato/, seraient, selon

rapaces", Waygpi,

qui

s'y

rapportent

quelques

venus des Piriu

du moyen Gyapock. aux Emerillon vers

- --- grande trompe- /ama'ip3ks la ---------les années 1930 ou 1940. /pako lors

/ a été empruntce

- -------_------------ bananier, un clône de selon les Way%pi,emprunté

tapf3iy/, d'une

"la trêve

banane

des Papi'?y",

fut, au début du

avec ces Indiens,

XIXe siècle. - --------un bambou d'origine par le chef faire Sat% vers asiatique, 1910-20 /ilipala/ dans le haut (Bambusia Gyapock. montré Il SP.>, a été introduit sert par les toujours à

des clarinettes

JtulaJ ; l'usage

en fut

descendants

des Piriu. --------_-------__(1) Observation Juin 1972. personnelle de E. NAVET, au village de Masikili, en

9

- 203 -

. Mprunts --v------waux EoEulations - -----_----------créoles Sous cette emprunté rubrique, venant je regroupe tout ce que les Wayapi affirment après (un petit leur arrivée ovale avoir

de la basse rivière, A une exception près

dans le bassin à. spirale ; la datation sauf cas spécifié, de proche

de l'oyapock. tissée nommé

panier

JpZyËJ) il ne s'agit
est difficile déjà faits

que de plantes

cultivées que,

de ces emprunts la plupart en proche possible étaient

; je pense néanmoins vers

1850, pour se répandre.ensuite isolées aient du pays wayâpi. en fait

dans les

zones les plus

11 est également plus

que certaines lors.de

de ces plantes contacts

été empruntées

anciennement, - oranger, - corossol, vers 1950.

avec les Brésiliens.

JapiJ, (Citrus
Jk3lDss

sinensis). Il n'aurait été introduit que

J, (Annona muricata).

- oranger - citron

amer, vert,

Jkamisa Jsit3Ei

kusukaJ,

(Citrus medica).

sp.)

J, (Citrus

- manguier, - châtaigne, fruitier - dachine,

/ma/, (Mangifera

indica). incisa var. seminifera). Cet arbre

JsXtXyJ, (Artocarpus
il

a été introduit

y a trois esculenta).

décennies‘seulement. Elle aussi a été introduite il y

JïàsiJ (Colocasia
ans. douce, très

a moins de trente - une variété correspond JtapanaJ après

de patate à la variété,

dite

Jyati ?piyïiJ

ou

Jyati

mtikQ2

J,
dite

importante

pour la bière

de manioc, cependant.

ou JkalawasaiJ créole. Jkala

des Galibi. Sa culture

Les Wayapi l'ont est limitée

empruntée

un relais

à la région

de Camopi. Sa culture

- l'igname également

piquant, limitée

BS?/, (Dioscprea
de Camopi.

cayennemeis).

est

à la région

- 204 -

- le clône domestiques". - le pois

de bananier

dit

/tayaus?l&miSU?

+J, "nourriture

des cochons

de sept

ans,

JkumZnZ'iJ,

(Vigna

SP.>.

Son introduction

ne remon-

te pas au delà

d'une

quinzaine

d'années.

A travers nouvelle fois leur alantabilitk montre

ce chenitre, : tandis

les r'ayani

nous prouvent

une Zes

nue la bonne mémorisatîon anciens ne sont pas de leur

eir.pr-unts et oes 2eïtes toujours culturelle, civilisütion rapide tout clairement le bilan

-même si les plus conbien ils

évoquésquantitatif

ont conscience également une mutation un gain

mobilité pour et découlé, pris la

anoaraît apres

comme positif suJstan8ielle en être culturels

matér&elle. au lorr

En effet

du XVJTITène siêcle,

semble

caractérisé autant

n2r la sélection ethnies Il

et la digestion de Guyane qu'aux

de traits occidentaux.

aux autres

en a été tout

Lifférement

pour divers

aspects

de

la vie ainsi

culturelle

et tout

particulièreçe;.t

ire la guerre

dont la disparition, par les Wayapi.

que nous allons

le voir,

a été profondément

ressentie

- m5 -

IV LA GUERRE

La plupart WayTzipi au XIXe siècle

des voyageurs

européens

qui

ont visité à les

les

et au XXe siècle

sont quasi

unanimes

décrire les ;

comme des houunes pacifiques voyageurs néanmoins ciellement maladresse leur mot,

mais un peu fermés les peignent

sur eux-mêmes. sous de

Seuls

MARIN et MAZIN (1856) dans leur cas - il

sombres couleurs envoyés de l'or ouverte", offileur

s'agissait

de prospecteurs

par le gouverneur semble avoir des Wayapi. Au XVIIIe

de la Guyane à la recherche

été la cause de la "résistance

selon

siècle, français,

en revanche, sont

les Wayapi,

alors

non visités tables entre 1745).

par

les voyageurs et vont

considérés

comme de redou-

guerriers

même jusqu'à

provoquer

des correspondances des colonies (D'ORVILLIERS,

le gouverneur

de la Guyane et le ministre

Qu'en est-il sur les Wayapi du XVIIIe siècle

de cette

différence

de jugement siècles

si grande ?

et ceux des deux derniers

- 206 -

Le domaine des relations dé dans un chapitre entre les situations Il geurs çais propre. européens ou au mieux n'ont précédent normales faut permet tout

sociales d'abord

que nous avons aborde faire la différence pas.

et anormales comprendre

; nous n'y que les contacts débordant de force entre fut

reviendrons opinions

surtout

des voya-

été forgées

que sur' les intertribales

amérindiens-frande leur le XVIIIe tel que les cadre siècle redou-

sur des luttes

Or, la modification entre

des rapports

et le XXe siècle tables pacifiés guerriers sinon

Amérindiens

et Occidentaux

se transformèrent pacifiques. Enfin,

, vu sous cet angle

étroit, n'a

en hommes vu réelle-

aucun de ces voyageurs

ment ce qui

se passait

dans la forêt.

1) PLACE',DE LA GIJERFE DANS LA SOCIETE WAYÂPI Pour apprécier de comprendre uniquement l'étude sa place, son rôle orale le phénomène guerre, et son déroulement, et à la pensée wayápi. faite (wanini), pour tenter donc

je me référerai Fort

à la tradition

heureusement et par

de la guerre

des Tupinamba

par FERNANDES (1952)

METRADX ( 1928) constitue bien des aspects

un modèle qui nous a permis wayapi. part, Cependant, la nécessité

de comprendre de aux inont oblitéré

de la guerre rituelle

la disparition de résister part,

l'anthropophagie vasions

d'une

européennes

ou liées

à la colonisation

d'autre

peu à peu le phénomène. Les Wayapi actuels L'histoire Elle racontée par eux est sont des guerriers héroïque sans guerre. ou dramatique. par les comme

essentiellement le /mal%gatu/

constitue,

avec les mythes, francophones

qui est voulu récit" mais plutôt

informateurs le "parler

non comme le "beau de guerres

sërieux".

Les récits

prennent

chez eux une valeur

- 207

-

théâtrale sentiment l'une

réelle

à laquelle

se rattache profonde.

une nostalgie, ce que dit

parfois Miso

même un à la fin de

de frustration :

Ecoutons

de ses histoires Pierre Tatu Mis3 Pierre

: - C'est

très

bien. très bien. ami, c'est passable.

: - Bien sûr que c'est : - Ça n'est : - J'aime pas si bien bien. ?

que ça,

Misr, : - Tu aimes bien Pierre Mis3 De plus, pour passé En vain étions genre, : -J'aime bien

tes histoires.

: - Ho ,! mes histoires... qui un rôle suivent les récits de guerre du présent m'ont semblé au

les discussions jouer

la plupart : on essaie

de rééquilibrage la guerre

par rapport

de noircir revient

? "Ce n'est

pas beau la guerre" aujourd'hui", discussion telle "Nous de ce

! La nostalgie forts, pendant

: "Nous sommes faibles forts". Lors d'une fut

nos anciens une fête prirent

étaient de cachiri, leurs

la tension

que les hommes pour

du village prouver leur

Zidock force.

fusils

et tirèrent

tous ensemble., l'impression

En de tels (nikasi) En d'autres

moments , j'avais les tenaillait .. j'ai

que la-

peur de la faiblesse

circonstances,

eu la preuve l'administration

que franla visite .

l'idée çaise

de la guerre voulut envoyer

était

même latente.

Lorsque

un jeune

homme au service entourés le refus

militaire, leurs

j'eus

des trois mant l'ordre laisser multiplierai c'est sement, cette

chefs

du haut

Oyapock, par radio

de tous

hommesS m'intides Waygpi de Blancs. Je ne

d'annoncer

catégorique

partir

aucun jeune

homme faire

la guerre

chez les

pas les exemples impatience

de ce genre.

Ce qui m'a semblé important contrariée, règles malheureudu jeu !

à en découdre,

impatience pas les

par les Blancs

qui ne connaissent

- 208

-

Quelles combat fait mot fo-yapisif contre les partie

sont-elles

? Qu'ont-elles

été ? La notion

de

de l'horizon l'action La guerre contre le chapitre dans les ici les

quotidien de chasser, rendue les

de la pensée wayapi. de faire il la guerre reste

Le même et de lutter

désigne esprits.

impossible,

aux WayZpi Alors que

la possibilité

de lutter

esprits suivant,le

et de chasser. rôle imparti

nous envisagerons,dans comme normalisateur bales, j'examinerai

à la magie et intertri-

relations liens

inter-villageoises les trois

unissant

activités. clairement reliées (aya> rensont

La chasse dans la conception ferme les le gibier, les contre

(1) et la magie restent La forêt, nourriture

de l'univers. la véritable "animaux les

domaine des esprits de l'homme. Ces gibiers

/Eima/,

domestiques" entre

des esprits. également

Donc l'homme entrant avec les esprits.

en guerre Même après (tEangE) q-s,

gibiers

en conflit l'ombre

la mort, chasse les

le combat se poursuit âmes des animaux. abondants

puisque

des morts magispécial, les

La chasse,

par ses pratiques un travail contre des vivants

ses tabous

extrêmement

qui mériteraient lutte

se double esprits libère morts. guerre, suprême.

donc d'une

intimidation

ou d'une 45-52).

permanente la chasse pour pour

(P. GRENAND, 1976, pp. un potentiel Il est de gibier,

De plus,

donc de nourriture, cette optique sociale,

les

âmes des la

important

de conserver

comprendre

non pas bien

sûr dans sa fonction

mais dans son rôle

La guerre

wayZpi

ancienne dès la fin

était

liée

au cannibalisme, siècle, sans doute

coutume qui a disparu probablement ---___----------__---------------(1) Il les vais puku), n'existe pas de terme utilisés /awela/ "je "je sont combats".

du XVIIIe

spécifique tous très

pour "chasser". significatifs: "je nourris"

En revanche, /aa-amaya/ uje (en Wayapi-

substituts voir", fa-apisif

rapporte",

/aparokz/

- 209

-

sous l'influence jusqu'à nos jours

portugaise.

Néanmoins,

son souvenir

s'est

maintenu les Wayzpi prédes

et la description rituelle de leurs à la leur

assez-minutieuse ennemis propre les

que donnent Tap%tly est trop

de l'anthropophagie cise

pour ne pas ressembler (cf. 192), infra p. 231et frappé

et parallèlement lire l'analyse

à celle

Tupinamba (1950, ethnies p. : "Si

annexe p,' 383).A par l'analogie

de FERNANDES des deux

on est

des démarches

l'on

prend pour base le sacrifice récemment de mort violente, surnaturelle-victime sacrificielle était impliquait

humain dû à un parent cela d'une indique nature que le circuit précise et que L"'esaucune de son corps par l'inter-

"mort" entité

la relation prit" espèce

une récupération. sacrificielle

vengé ne recueillait de bénéfice,

de la relation

mais récupérait

la-"substance" des ennemis

qui était médiaire

tombé précédemment du massacre C'est bien rituel."

au pouvoir

une relation avec les esprits

du même type puisqu'ils tué pour soi

que les Wayapi ne considèrent et pour plus le mort loin

contemporains aucune mort

entretiennent comme naturelle.

Chaque animal

est une récupération la comparaison Celui-ci entre

sur les esprits. le chasseur wayapi

On pourrait

pousser

et le sacrificateur détruit ou distribue avant

tupinamba. ses biens d'aller

change de nom après être reconnu. jamais

le sacrifice., Celui-là

pour ne point en forêt La tragédie dramatique

se passe

au roucou

et ne doit

être

appelé

par son nom là plus tupinamba s'affadit ombilical

qu'ailleurs. en action qui relie

vécue par le sacrificateur pour le chasseur tupi way"api,

mais le cordon

ces deux cultures Asapo, qu'il blessé poursuivant rencontre ?".

à travers

l'espace

et le temps,demeure. dit-il

Le chef

sa victime : "N'as-tu

Jean-Pierre,ne

pas au chef Pasawa / miya/, que j'ai

pas vu le gros gibier,

- 210

-

2) LES DIFFERENTS TYPES DE GUERREET LEUR EVOLUTION

Ainsi toriques liées

que je

l'ai

déjà

signalé,

les

circonstances

his-

à la pénétration conflictuelles

occidentale variées.

ont placé

les Wayapi dans de typologie que

des situations j'esquisse Il ici

La-tentative est d'une imposées

à partir

du corpus

recueilli partir

donc une spéculation. conception surtout‘ de base de au niveau des

m'a cependant

semblé possible,.à des variantes,

la guerre, causalités les fin récits

de distinguer et des fins

par les évènements

venus de l'extérieur.

Tous la

que nous avons recueillis siècle antérieure et

se situent

dans le temps entre remontant

du XVIIIe

1900. Nous n'avons au contact tout à leur aisée.

donc aucun récit

à la période

avec les Portugais. d'abord niveau Sur sept les causes et les consétypo-

J'examinerai quences logique j'ai des conflits. C'est

que la différentiation récits

me semble la plus trois

que nous possédons,

pu dégager

causes différentes. traditionnelle des relations est la rupture d'alliance

La plus entre deux groupes ayant

d'échange

et des relations cette situation potentielles le résultat :

matrimoniales.

LEVI-STRAUSS (1943) commerciaux résolues,

résume clâirement représentent tandis que les

"Les échanges pacifiquement de tractations Ces ruptures peuvent être

des guerres guerres sont

mal menées". pas nécessairement à la guerre C'est ouverte, mais

ne conduisent

consommées par magie interposée. les hostilités waygpi. entre les

de ce type plus

de rupture anciennequi Villages

que découlaient ment, les clans

communautés et, connus est de l'Oyapock,

Un des cas les plus des sources

la guerre et divers

opposa les

gens du chef Salui

- 211

-

de la région pas claires, de l'échange cette période, "T&if ter

de la rivière mais tournent de biens Kwataka Akalape. au cachiri.

Mapali.

Les cauees autour

avouées.ne de ruptures de récits :

sont

cependant

probablement

au niveau recueillis sur

; dans un des fragments indique descend Akalape laconiquement sur le Mapali.

Manu~& 1Ùi dit

de s'arrêr d'un

donne un arc 3 Manuw& en paiement

couteau." En clair, boire ni du cachiri ni que pour le moment. Il lui Manuw$.n'invi‘te rappeler s'agit un voyageur ancienne. grave solitaire. Or, Z ce n'est

une.dette

le lieu

là d'une D'autres

entorse hostilités

aux relations an-

d'alliance ciennes

entre entre les

deux communautés.

un peu plus pour motif. pae mince Ainsi,

gens de *ka et ceux de Kuya'i, par ces derniers. Le prétexte l'égal lui

eurent n'est

le meurtre puisque le mort n'a

d'un

chien

le chien arrive

est pour les Wayapi au'ciel, Yan&ya (Dieu)

de l'homme. demande.en -le

lorsque lieu d'un s'i.1 défunt‘ -

premier

pas martyrisé

ses chiens; - selon

par ailleurs,

ou les chiens son maître

est mis à mort Enfin, terre. entraîner, les

la norme - pour

accompagner

au.ciel.

chiens

comme les hommes ont une ombre (toanga) d'un chien, à fait par les conséquences au meurtre déclenchées, effacées?par du mort. paiement, de l'alliance Il magiques

qui demeure sur qu'il peut'

Le meurtre est

donc tout

identique

d'un homme. les causes une autre semble importWZ

Une fois premières plus ici se trouvent encore, que‘ce vite

les hostilités augmentées , voire (-lepi)

puissante de dire point

la vengeance

mot signifie est

également

ce qui montre bian fondée sur

à quel

la guerre

la prolongation

l'échange.

- 212

-

La vengeance, n'en les mort à qui est pas moins un moteur communautés d'un ils
OU

si elle

n'est

pas un mobile

premier, entre
Après la

privilégié

non seulement les

des conflits
wayapi.

des clans, chez les

mais de toutes Tapi?ly, :

guerres

des leurs demandent "olsapisaa

les Waygpi disent

aux Noirs

fugitifs

des renforts

si yawo kupa ; ya?& Allons,

tolEl&pG

Eipa" !" di-

"Nous avons été vaincus. rent-ils. Dans le même ordre par ce couplet : à me venger, à me venger, à la fin, d'idées,

que nous nous vengions

le chant

d'exhortation

à la guerre

commence

"Aidez-moi Aidez-moi Aidez-moi, On retrouve les Tupi. des Waygpi, là,

tîiî%yE

à me venger

de mes adversaires." de la guerre un mot proche chez de celui

en fait,

un thème caractéristique employaient désigner les récits d'ailleurs la vengeance. et les

Les Tupinamba fyepycai'pour D'après

indications les hostilités

de résidence aboutissaient d'attirantes,

obtenues

lors

des enquêtes

de généalogies, les

à des changements devenant attirées.

d'hégémonie,

communautés vaincues,

Ainsi puisque de l'aide avec les vants vers

la communauté de Ska, des sources brésiliens, 1860-70,

groupe

longtemps leur

important demandaient

1830 les villages les fugitifs vers

de 1'0yapock se trouva,

contre

après anéantie,

les hostilités les SurVi-

gens de Kuy&,

complètement

s'agrégeant

aux communautés de la source

de l'oyapock.

- 213

-

Les conflits dans le même schéma essentiel geance), forcée sont aussi,

intertribaux, (rupture

s'ils

semblent mécanisme

s'inscrire de la ven-

d'alliance,

du moins dans le contexte du XVIIIe impérative

d'expansion

territoriale motivés un espace

des WayZpi de la fin raison plus

et du début : la nécessité

du XIXe siècle, de trouver

par une autre vital.

La montée vers v,iolents,principalement les deux cas,

le nord des Waygpi,provoqua

des heurts Dans

avec les Wayana et les Namikwan (Tapi?'jry). pourtant avoir entretenu

les Wayapi prétendent d'alliance qui

avec eux

des rapports

se dégradèrent

rapidement. ne diffèrent cepen-

Les motivations dant guère Ainsi Sa'i de ceux déjà Peku nous dit "/Zrnu yso-piri @.i.kakupaf "Il signalés : slaa kupa/

de ces conflits à propos des luttes

inter-villageoises.

waywy, walwl

le y~. / qui capturèrent (des femmes)

y eut d'autres

(ennemis)

et les emmenèrent." Pour les Wayana, Pilirla, causes de guerre "Oui qui sont en fait l'expression plus disert,énonce d'un conflit plusieurslatent :

! Les Wayana ont attaqué Ce n'est pas bien étaient

pour rien. d'avoir en train Ceux qui fait

Nous leur

demandions ~

des objets. On dit

ça à ce moment-là. du troc allés en

que leurs

chefs

de faire

(wEpimÊ?E) visite qui

avec les nôtres. ils les

étaient

d'abord

chez eux, étaient

attaquèrent

dans la maison. ils les

Nos chefs

en courte

visite

(o- molnu), vengèrent

attaquèrent.

Ce sont

donc eux que nos ancêtres

(z~-wcppi)."

- 214

-

Plus cet antagonisme "Ils : sont

loin,

il

insiste

sur le caractère

éternel

de

toujours donnent (cette pour

comme ça, du calicot, quantité) raison

les Wayana,à ils

ce qu'on

dit

: peu.

Quand ils Et pour Et c'est

en donnent

vraiment

petite cette

nous donnons deux couronnes. ont fait la guerre...' bien commuvillages. ennemis. de

qu'ils

L'ampleur différente nautés. Le but Il est de ce qui n'y

des conséquences

est en revanche entre

se passe dans le domaine des luttes des survivants

a pas dispersion

dans d'autres par les

l'extermination

ou l'abandon d'ailleurs bien d'anéantir

de territoire linguistiquement (D-ml-ma -pa)

Les WayZipi distinguent vaincre giquement, Pil+la (3-lapisikc) signifie,

le fait qui,

de celui

étymolodu même

il/faire/vider/totalité. aucun doute sur cette

Les commentaires différentiation rien avaient nombreux dit peur ? Ils : auraient

ne laissent "Pourquoi dire

les Wayana n'ont-ils chose, étaient mais ils restés

quelque qui

des guerriers rive. C'est sont allés

(Wayapi) pour vers "Tous ainsi, Des Tapir'î'y, il cela

sur l'autre et qu'ils

que les Wayana se sont Voilà ce que l'on

déplacés racbnte. S'ils

1'Itany. ceux qui

restaient

sont partis. auraient

n'avaient

pas agi

les Wayapi les est dit : qui, n'en

tous exterminés."

" Les Tapi"iy nos ancêtres agirent

à cette laissèrent

époque,

étaient

assez nombreux, et les Noirs

même pas un vivant ainsi."

de même. Voilà,c'est

Nous savons peu de choses des conflits qu'engagèrent les Wayapi, armés par les Portugais, contre

plus les

anciens Indiens

- 23.5 -

des Missions les ignorer.

de 1'Oyapock. Cependant

Les Wayapi actuels

les

ignorent

ou veulent archives indique _

le peu que nous en savons par les guerres d'extermination Indiens : furent

également

de véritables "L'an dissipés

1736 ou 1737, les par les Indiens

Armacotous

attaqués

et

des Portugais. Indiens portugais ; ceux-ci voulurent se défendirent L'an d'un carbet s'y 1740). des

La même année 1736 ou 1737, les enlever un carbet les des Indiens Indiens Indiens

Taripis

et obligèrent

portugais portugais

à se retirer(.....) se saisirent tous les

1742 ou 1743, les Indiens trouvèrent

Caussanis (1) et emmenèrent sans qu'aucun Dès cette époque, s'en les soit

Indiens

qui

échappé..." rituels

(Anonyme,

sacrifices

et l'anthropotroquaient part, l'in-,_

phagie les

ne devaient contre

~LUS guère être

célébrés,

car les Portugais de traite. puisque D'autre

captifs

des armes et des objets n'est

fluence rapporte

des Missionnaires : "Un père de Saint qu'il était

pas à exclure,

le même document

Antoine

de Para a dit

au Sieur qui

de Chassy‘ fut chez les endroits .'

avec le détachement et que,

(d'Indiensi) il avait

Courouanes(2) où les François Montoura(3),

dans un autre, ou celui

vu les

ont été,

de la Jeunesse,

que par I: .-

fut

assés près

de 1'Aouary(4)

(1) Kusari, (2) Kurukwan, (3) Mutula (4) Araguari.

cf. cf.

p. 265 et293. p. 268. les Kusari.cités plus haut.

où vivaient

- 216

-

Un troisième les guerres de résistance contre

type

de guerre

enfin,est Elles

constitué

par

les non-Indiens. par le fait

se différencient de la guerre utilisées n'est par Selon eux, siè-

fondamentalement pas respecté, leurs quatre cles. contre

non seulement mais surtout sont hors de ce genre

que le jeu techniques

par celui

que les

adversaires conflits L'un contre

de l'horizon eurent lieu très

de pensée au cours tôt

des Wayapi.

des trois

deïniers

les Brésiliens, probablement

dans le XIXe siècle, à la même époque au début d'or

l'autre ; un troiun

des fugitifs,

brésiliens, ; enfin,

sième contre dernier contre

les Boni dans 1'0yapock des "maraudeurs",

de ce siècle, probablement

ex-chercheurs

fuyant

les placers

du centre

de la Guyane.

(19
ou de découragement :

Les exemples sont abondants dans les Ainsi, qui dirigea Mis Pierre Miso la migration : "Waninika : Oui, : C'est récits

d'incompréhension

que nous avons recueillis rencontre

la première wayapi venait

des Boni avec Waninika, : ami, tu comprends ?

dans 1'0yapock d'arriver

du Brésil,

je connais. par là-bas un endroit.... Waninika offrit que les Boni entrèrent. peut-être les fit bien Ils arrivèrent . (29 .

à un endroit,

à Masikiri

A l'aube, Il leur

s'arrêter

(à son village). ; ils ne burent

de la bouillie

de banane

pas. --------------------__________ (1) Nous reviendrons (29 En fait, en amont, le village au confluent p. 339 sur l'identification de Waninika se trouvait de la Yawé et de l'oyapock. de ces évènements. quelques kilomètres

- 317

-

Pierre Miso Pierre Misa

: Ils

ne burent leur

pas ? versa du cachiri ; ils ne burent pas.

: Non. Il : Ils

ne burent

pas ? en bouillie, tout ça. Ils du tapioca ne burent en boisson. pas !Il... cérémonie qu'ils

: De la cassave On leur prépara

Il

est évident

qu'alors

que les Boni ne comprennent eux, qu'ils se sentent veulent insultés. en avoir contre ies

pas cette fait

d'accueil, insistent

les Wayapi, montre bien Lors

Le simple le coeur net. esclaves : (les

de la guerre fait place

fugitifs

brési-

liens,

l'incompréhension P7kï.ï : "Ils

au découragement ceux-ci bien

en ont fait (les

tellement c'est

Blancs)

et

ceux-là Lg : Avec leurs

Xoirs), ?

la même chose.

fusils fusils. plus

Pckil : Avec leurs ne tiraient flèches ainsi ainsi

C'est leurs

avec ça qu'ils flèches, ils

font.

Les nôtres plus flëches, en l'air, leurs

ne tiraient plus leurs haut

; les

anciens

ne tiraient Certains les

raconte-t-on. raconte-t-on. pas là qu'il

tiraient

"Ce n'est un jeune "Ce n'est

faut

tirer"

dit

un homme. C'était

homme comme vous autres. pas par là que sont qu'on bien en tue un." qu'il ne nous attaquent plus!" dit un les ennemis. Il faudra tout

de même bien "Mais autre Le découragement faite ils sans raisons vont pouvoir ici tu vois homme." vient

essentiellement

du fait

que cette

attaque

s'est

apparentes continuer

et que les WaySpi ne comprennent avec de tels gens.

pas Comment

la guerre

- 818

-

De même, ils fugitifs&autres en fin de récit Brésiliens commente :

ne comprennent recherchent

pas pourquoi

les Noirs le combat ; PkkG

systématiquement

"Même quand on change de village, toujours. C'est il pour cette raison

les.étrangers

vous trouvent marchaient.

que (nos ancêtres) les étrangers

Mais tu vois allaient

y avait plus

toujours avant

; pour ça, ils (un jour cependant) les ob-

toujours

dans la forêt.... chasser loin.

. . . . . des hommes partirent servaient grand feu. du haut d'une

Les étrangers avaient grimpé

colline

; ils et ils

sur un très

arbre, Entre là,

sur la colline, deux,pentes, il y avait

<avaient d'un

vu la fumée de leur juste à cet

à la source

ruisseau, feu.

endroit

la fumée de leur dirent

"Ce feu est tout Mais ils avec nous,

de même loin" C'est

(les

Noirs). étrangers font

y arrivèrent. te dis-je....."

comme ça que les

Avec les Brésiliens même ordre son fils de leurs et il semble bien J.M.

(Kalai)

le découragement de Mis2 d'une , ici solide

est du par

que les paroles BEAUDET, témoignent . : souvent avec les (la

traduites

Kwataka,pour impitoyables "Les Kalai grandes de manioc

connaissance

techniques montaient

rivière) Ils

mais faisaient grattent

des

couillonades (pour

Indiens.

les bourgeons

que ça ne pousse plus). ont fait un gros tas de tiges de manioc on ne peut déjà rien font

Les Brésiliens grattees. faire ça3 ils parce

Même si on se sauve dans la forêt, qu'il n'y a plus de manioc.

Quand les Brésiliens

nous rendent

malheureux."

- 219

-

Dans de tels La lutte

conflits

tout

paraît

devoir

être

permis. entre les

engagée demande un raidissement . Contre les fugitifs

d'énergie

et l'union

communautés s'impose. la source la crique villages. recherché ment, conflits. du Kuluapi Zka,

du Brésil,

les Wayâpi de jusque sur

et du Kouc allèrent

demander de l'aide de cent kilomètres des ennemis d'expansion. atteinte

chez le chef Sawaku, à plus ou la fuite luttes

de leurs est le but

L,'extermination comme dans les

définitive

intertribales

Malheureusedans ces

la réussite

ne semble pas avoir

été toujours

3) TECHNIQUES ET RITUELS DE GUERRE Un raccourci par le chant guerrier simplifié qui était saisissant entonné de la guerre lors du départ. nous est fourni ici

Je présente

un découpage

des couplets / "la guerre"

avec une courte

analyse

des métaphores.

Chant / Wanini Ier C'est couplet

: "Aidez-moi

à me venger..." les guerres Waygpi.

le motif

avoué de toutes : "Mon animal C'est C'est

2ème couplet

domestique de quoi

déjà va mourir
? (1)

un petit un petit

de /kakawa/

Mon animal 'De quoi Il meurt

domestique

déjà va mourir

meurt-il de soif...."

donc ?

----------------------(1) perruche soleil : Aratinga'solstitialis.

- 220

-

Ici

est placée

la solitude

du guerrier

loin

des êtres forts

aimés.

3ème couplet

: "Etions-nous du sang ? Nous mangions

vraiment

quand nous buvions

le reste

des acouchis." est comparée à la

Ici

la soif

de sang au sens propre précaire

comme au figuré

situation

de la communauté en temps de guerre. : "Des guêpes mangeuses Voilà de chair.... quand nous étions

4ème couplet

ce que nous étions

en guerre." Les guerriers au combat sont impitoyables. C'est aussi une allusion

à l'anthropophagie. sème couplet : "Sors de ton trou de pécari, grand-père, 11

Ton nez est La lâcheté d'un guerrier est

comme un champignon... en dérision. jusqu'aux mollets

tournée

6ème couplet

: "Nous marchions de la mer."

dans l'écume

La violence On remarquera aujourd'hui.

est

telle

qu'ils

piétinent fait

dans le sang de leurs allusion à des paysages

camarades. oubliés

la métapho1.e qui

7ëme couplet

: "Il

se sert

de son casse-tête douces noires, Les patates brésiliens. les taons se ruent sur ya ya ya !..."

sur les patates Ce couplet (yetfpiyii) se passe sont de commentaires. fugitifs taons,

douces noires

les Noirs : "Les les

8ème couplet

déchets..." des blessés.

Ici

est

indiqué

l'achèvement

- 221

-

9ème couplet

: "Faites Faites Elles Elles Elles

attention attention

aux guêpes /alasisi/

sont à la queue leu leu suivent suivent le jaguar le jaguar." les ennemis. se réfère L'image en file indienne

C'est

la débandade

finale.

Les WayZpi poursuivent des taons à divers

des guêpes ainsi à un rituel

que celle

couplets plus loin.

de métamorphose : "J'ai

que nous verrons vu un petit

IOème couplet

hocco sur le chemin pour aller à la guerre..." de la vie.

que nous prenions Ce couplet final symbolise la paix,

le renouveau

Ce chant son allusion plet Il consacré

donne l'impression

d'une

grande

ancienneté Pourtant,

par le cou-

à la mer et sa référence aux Noirs très indique riche qu'il

à l'anthropophagie.

a été au moins une fois techniques décrire. pratiques sont

remanié, et

est par ailleurs joint

de sens sur les données, de les

guerrières

nous permet,

à d'autres

Les WayZpi connaissent sables vivantes pour tenir leur valent rang au combat aussi bien

diverses ; celles-ci la chasse manger

indispenplus

d'autant

qu'elles

pour

que pour les coeurs

la guerre. des gros couards.

Dès l'enfance, gibiers Les rites un rôle (Tayassu (tapir,

les bébés mâles ne peuvent pecari, cervidés,...)' (application

sous peine de fourmis

de devenir

de passage d'endurcissement. albirostris) /k%f/

ou /y:pi?a/) à lèvre les

jouent

aussi

La poche à musc du pécari est consomm&par d'ailleurs

blanche rendre forts, Enfin, car,

les hommes pour du mot /kasi/ d'amidon

le mot "musc"

dérivant

"force".

les hommes ne doivent

pas manger de galettes

/tspGi>o mi'i/

- 222

-

par analogie, tiques nente concerne pour

leurs bien dire

pieds

colleraient

à la terre. de guerre, Wayâpi. était

Cet ensemble

de praperma-

sûr non l'état du guerrier

mais la formation

ainsi

Partir tante qui nécessitait l'état

à la guerre toute

une affaire Dans les

éminemment imporguerres entre immédiats. de

une organisation. ne signifiait les Tapltly, bien

Amérindiens,

d'hostilité contre

pas des combats l'évolution combats de paix

Dans le cas de la guerre l'âge de la captive

progreseive se sont étalés armée.

Wayapi montre

que les

sur au moins dix

ans avec de longs Le rêve (maau) un rôle

intervalles jouait,

comme chez les Tupinamba important pouvait lever". quant devenir Le chef au alors choix chef

(MSTKAUK, 1948, p. du moment favorable. de guerre, /obpu"~a/, aussi

119),

extrêmement qui rêvait

La personne "celle appelé Bien sûr,

qui nous fait /ZikZma/ "le il pouvait

de guerre

au combat est

chef de file". y avoir concordance entre actuels chef in-

de village, sistent devant rare

/tuwiyâ/, sur le fait

et chef de guerre que ce n'était de l'âge. tupi était

; mais 'les Waygpi fréquent, que cette

pas très Notons

un chef de guerre distinction semble

être parmi

dans la force les ethnies identique

de langue à /tuwiyZ/)

; chez-les à la fois

Tupinamba, chef

le "roubichac" et de fréil

(mot presque guerre.

de village étaient

Chez les Karib,

au contraire,

ces deux fonctions Pour ce qui est d'un emprunt

quemment séparées m'est interne impossible d'une

(GILLIN,

1948, p. 852). s'il s'agit

des Wayapi,

de déterminer société

ou de l'évolution

à un moment de son histoire. la norme connue actuellement, au sens où nous l'entendons. deux ethnies, au village il n'y avait pas

Selon de déclaration dation y avait de guerre, entre

En cas de dégradeux villages, ces visites

de rapports

deux clans,
ennemi.

il

une visite.armée

Quelquefois,

- 223

-

se soldaient ration

par un premier

combat,

quelquefois

par une simple

déCla-

d'hostilité. Ainsi, vers d'Uluali 1945, le chef lancer

Tawa'a, du bassin
guerrière sa fille

de L'Amapari, contre en les

vint

seul

sur la place de cette

une invective laissé

habitants forêt.

communauté qui entraîna

avaient

mourir

L'incident

une rupture

avec les Wayapipuku,

mais n'alla

pas jusqu'à

la guerre. 11 est important de rappeler décennies : les contre ici encore, arcs que les WayZni acon entrait flèches toujours resde

tuels

affirment

qu'il

y a quelques

en armes dans une communauté invitante taient réunion. appuyés derrière les buveurs

et les

les poteaux

du carbet

THEBAULT DE LA MONDERIE (1857), source déclarer y fasse écho, : voulait cherchait du village déclarer signale pourtant

sans qu'aucune

autre. 8-

un code utilisé

en 1819 pour

la guerre

"Quand un village

la guerre

au village

voifréquenêtre

*

sin, un villageois
té par les habitants en guerre la pointe tait

un sentier

dan8 le bois, il voulait

avec lequel il

; au milieu en haut

de ce sentier, voulait

plantait la paix,

une flèche il la plan-

; et quand il

en bas." existé, il ne devait s'appliquer qu'à d'alliance certains types

'Si ce code a bien de conflits,

ceux qui

impliquaient

des relation8 des adversaires.

préalable

et ne visaient

pas à l'élimination Le départ

2 la guerre boucanée

ne se faisait pour les

pas sans avoir enfants.

constitué Le village

une réserve était laissé

de viande à

femmes et les

la garde des vieillards

et de8 adolescents.

- 224

-

Les guerriers les francophones taient d'ailleurs

étaient

des adultes A la fin

de plus

de trente

ans, les

expliquent communautés é-

actuels. si petites

du XIXe siècle, norme n'était

que cette

guère

facile

à

respecter. Puis que homme faisant ne reviendrait se marier. (yaokh). L'équipement sement réglé (Jpok, par oy& du guerrier semble puis avoir été minutieuà corps armés de fusils du XIXe d'affrontements les chants de guerre étaient exécutés, expLiquant elle chaqu'il

ensuite sans doute

un discours pas et lui alors

à sa fenune, lui indiquant entendre

avec qui les pleurs

devrait

Les femmes faisaient

de deuil

en vue du combat à distance, kupa). Si, au XVIIIe ce n'était siècle, plus à cette

au corps

les WayZpi furent des guerres

les Portugais, Bien

le cas lors époque, les

siècle. contre

au contraire,

la perspective

des ennemis

armés de fusils L'équipement

démoralisait était tout

totalement. d'abord composé de indique aujourd'hui en bambou, lancéolée, sommaires Ces ou non du XIXe en des
Sans

wayapi leur

flèches

en quantité Pekii -et

- "elles d'un

soulevaient à celui

le bras" utilisé soit

la

grand-mère encore .soit pour en bois

arc comparable Les pointes guianensis) (kulumulikulu)

le gros gibier. d'arc (Brosimum latérales seulement tirées

de flèches, , citaient ; les

de forme

munies étaient flèches leur siècle, bois

d'encoches ligaturées n'étaient

empennes très de la plume. touchent Au début à double

aux deux extrémités seule les fois,

qu'une

qu'elles

but.

Les autres était encore (sawalapa) Lors

armes étaient utilisé très

casse-têtes. plat

un casse-tête semblable

tranchant

d'arc

à l'ibirapema cette

ou au tacape arme existait

Tupinamba. doute

du voyage

de LEPRIEUR (1831),

encore.

- ii25

-

Au /sawalapa/ laire était fait équipé

succéda un casse-tête en bois de six d'arc ou de balata

court

(wirlasï)

à section spp.).

triangu-

(Manilkara

Chaque guerrier deux

de ces armes,

deux pendant

sur la poitrine,

sur le dos et un sous chaque aisselle. Au XIXe siècle, de plus en plus en complément machettes et couteaux intervinrent contre ou

des casse-têtes. les /alala s?ngE/,

Dans la guerre "becs de ara"

les Tapi%y, /amilik? précise saa/, (1893,

Sa7i P&Kc cite "machette p. 38) qu'il

américaine". s'agissait

Sous ce dernier d'un objet

nom, COUDKEAU apprécié

de traite

en Guyane. Selon ment variait. et des esprits, de colin grouper lement, Si les ils la tactique des combats, le reste de l'équipe-

guerriers portaient

ne voulaient

pas être faite ; s'ils pendant

vus des hommes de peaux collées voulaient se re-

une cape (apela) guianensis)

de Guyane (Odontophorus ou se reconnaître ils tressaient des palmes

dans l'obscurité des couronnes de /Kuluwa/ (samelc (Attalea l'un

un combat de harcèfolioles

) dans les jeunes Spectabilis). l'autre

blanchâtres plus tressé

Un équipement dorsal bacaba (Walakapa)‘ et

commun était en palmes qui

deux écussons, de /pin-J/

ventral,

ou de /patawa/

(Oenocarpus les

O.batawa)

servaient

de protection

contre

flèches. les Wayapi utilidans leurs tactiques une du ;

En complément saient également

de cet équipement, vocale d'un

abondamment l'expression sifflé pour prévenir

guerrières offensive singe sajou

: langage et cris fauve

danger

ou lancer le cri

de ralliement. (Cebus apella) c'était celui

En temps de paix, qui était (et reste

c'était encore)

utilisé

en temps de guerre, (Crypturellus SP.).

de l'oiseau

tinamou

/suwilyly/

- 226

-

Les autres que : s'enduire pendant le corps, de roucou,

pratiques qui servait

avaient

un rôle

éminemment magicontre les esprits sur tout

de protection ennemis blanc

la marche vers

le ou les villages d'abeille,

; se coller

avec de la cire

le duvet

du vautour,véritable que PirlTla

charme propritiatoire attribue aujourd'hui

donnant encore Une dernière

la victoire.. la victoire pratique

C'est

à ce duvet

sur les Wayana. magique volée enfin, jadis était jugée supé-

rieure Anilawa elle d'autres, d'être invisible"

à toutes

les

autres /ay%%i.?/

: la substance, et aujourd'hui

par le héros frottée sur le front, ou selon et surtout qui rend

aux esprits 1 permettait de courir invisibles. (cf. cette

perdue;

aux guerriers sans toucher Elle portait

de se transformer le sol...

en guêpes,

couune des guêpes, "farine

le nom de/KgyFma ku?i/, Chez les Emerillon, pas. /makay/ Elle était

mythe en annexe). substance n'existait les d'eau.

Tupi voisins remplacée voler après leur ou aliétait par

des Wayapi, des guerriers marcher mentés celui

extraordinaires,

qui pouvaient ainsi

au fond des cours d'oiseaux-mouches. d'éclaireurs

Ils

devenaient guerres

a'être rôle

Dans les

émerillon,

(NAVET, 1974).

Les guerriers rendant aliment chez leurs que du jus ennemis, de piment. Voilà le côté défensif. informateurs, aussi Il le portrait

s'astreignaient n'emmenant

à un voyage

rude en se comme

pas de hamac, ne prenant

du guerrier techniques leurs

offensif

; examinons nos

se résume en trois bien aux Wayãpi qu'à

communes, selon les Tapi?ry.

voisins

- 227

-

Les meilleurs chiens('). Lors - "Mais &tres Plus loin : - '1 3.. mais les filaient chiens d'une ils attaque étaient

défenseurs chez les avec leurs

des villages

étaient :

les :

l'api7?y, chiens,

P&kg explique tu sais

! Et nos an-

s'enfuirent

encore

une fois,

te dis-je'!

étaient hai,

vraiment hai

très

grands forcèrent

; ils un de

maintenant à entrer

; hai,

! et ils d'un tronc

nos ancêtres enfin ils

dans le creux

d'arbre,

l'acculèrent..." L'autre protection était constituée' par des plaques endes

d'écorce flanrmées. maisons Lors

/waypspi/(2) Ces plaques à étage

épaisse étaient

et ne brûlant attachées sur

pas sous les 'flèches le toit et le flanc

et permettaient

aux villageois

de se retrancher. aussi (1834, p. 33)

de son voyàge

de 1832, ADAM DE BAk palissadé, des fugitifs

signale

l'existence à rattacher

d'un village à la présence

technique brésiliens

sans doute

exceptionnelle, les Wayapi

avec qui

étaient alors en guerre. _---------_-------_---(1) Les Indiens pour sentir cendres les de têtes Emerillon ennemis. disent avoir dressé pour cela spécialement une bouillie d'eau de moules les chiens faite douce

. On préparait des

.

'.

_

de serpents

mêlées de celles

(NAVET, 1974) . (2) Grand arbre du pays wayãpi. non identifié poussant sur le versant amazonien

- 228

-

Enfin, les plantes sensitives

en temps de guerre, (y+wZy31) (1) , plante

les villageois rudérale n'existant

touchaient que près censés

des zones habitées. mollir, tels les

Les bras feuilles

dassennemis qui passaient se repliant

là étaient sur leur très rachis.

de la plante

Les techniques dépendaient, comme nous l'avons

de combat étaient déjà esquissé,

variables et du

et

de la nature entre

nombre des antagonistes. numériquement recueillis. Wayana. Il Il importants,est n'est cité

J,e combat de face très qu'une rare seule

@-pala)

des groupes

dans les fois entre

textes

que nous avons

les WayZpi et les au corps à corps les

commence à la flèche , puis Les techniques (w-PlT).

se poursuit les plus

avec des casse-têtes. combats d'embuscade

utilisées

semblent

Les guerriers les tuant

se dispersent par surprise

et se postent (sa7?? k3 d'un y avoir gens lupi).

sur le chemin des ennemis, Une variante village (taa très

isolément nos textes,est

utilisée.d'après L'attaque

l'encerclement ou il entre envoyé célèbre peut les

walima). préalable

peut

être

soudaine

une diversion

comme dans le cas des combats un homme seul de phrases aussi fut

de ZKa et de Kuy&i, vateur. Alors

chez lesquels cet échange pour nous :

en obserchez les

eut lieu

WayZpi que significatif - l'arrivant - Melu

: Comment ça va, : Ça va ! Si un serpent fais attention bien

demi-frère

!

vient !

sous ton hamac,

- l'arrivant Se voyant ------~~-~------__-------~ (1) Mimosa polydactyla

: Peut-être dévoilé,

que toi; déclencha

tu mourras l'attaque.

en dormant

!!

l'arrivant

HBK, Mimosaceae.

- 229 A ce point, les assaillants bénéficiant on peut

choisir plusieurs attaquent d'enflammer le siège attitudes à découvert,,soit les habitations. : soit ils

de la surprise des bois, essayant

restent

sous le couvert

Si les protections temps, car les

du village assaillants on essaie

sont bonnes, se replient de dégager

ne dure pas longSi le combat s'engage Les blessés égorgées, ennemis mais le vain-

rapidement. les blessés. parfois

au corps à corps,
étaient plus queur. achevés. souvent Seuls,

Les femmes étaient

violées, puis parfois

emmenées en captivité, les enfants étaient

intégrées épargnés. était

dans le groupe

Un traitement "nommes) marié de la guerre. vienne Il

spécial

réservé

à l'homme

(ou aux

dans la communauté voisine, Il était

devenue

"adverse" logique

le temps qu'il pré-

admis comme une éventualité par les faire.

les siens

de l'attaque le laissait

gens de son village Après une fête les hostilités, de boisson,‘& en acceptant

d'adoption. son village on lui d'être exé-

semble même qu'on organisait le choix

d'adoption laissait

à son intention mourir

entre

courageusement

cuté au casse-tête On le découpait ne gonfle pas.

ou-être ensuite

fléché

ignominieusement et on le lacérait devait être

dans le dos en fuyant. pour que sa chair exécutée soua peine

en morceaux pratique

Cette

dernière

que le bourreau

ne meure de la m&e façon. On aura évidemment vu là.encore tupinamba. J'y une analogie La ressemblanize reviendrai plus avec s'arrête bas.

l’exécution cependant

rituelle avant

des prisonniers

le repas

anthropophagique. fort

Que ce tableau cependant état certain latent qu'il de parler d'hostilité n'a de paix.

sombre ne nous empêche pas tout régné. au long du XIXe siècle, Pourtant, il est un

Certes,

semble avoir

à peu près réduites.

représenté

que des fractions

de temps fort

- 230

-

Après phases prendre lis5

la guerre, de paix

les

deux communautés passaient La première, la fin /a-y~pizi:

selon

la norme par deux (littéralement très rituaWayapi paix" commu:

successives. marquait C'est

mE7Fy/,

- donner)

des hostilités

par un échange eut lieu

de cadeaux.

une cérémonie au lieu-dit

de ce genre qui

entre

et Wayana sur le Jari en wayana) nautés taurant au début

Kulgkatp~.(littéralement Ensuite, par petits

"ancienne gkoupes, les réins-

du XIXe siècle.

s'invitent,c'est-à-dire des réseaux commerciaux

s'allient

(a-ygkway)

de nouveau,

et des relations

matrimoniales.

4) ABANDON DE LA GUERREET DE L'ANTHROPOPIiAGIE : DN VIDE CULTUREL

Ainsi pitre, la conception

que nous l'avons

montré

tout

au long de ce cha-

et la fonction semblables

de la 'guerre furent

chez les Wayãpi restent cher. les Tupi de la

sur le fond assez côte du Brésil

à ce qu'elles

au XVIe siècle. La première grande acculturation rituelle. pratique que les Wayapi aient Ainsi que je l'ai dit,

subie ils

est

l'abandon

de l'anthropophagie volontiers lors d'une avait cette enquête

reconnaissent Ainsi,

et y font

même de fréquentes

allusions. diqua

généalogique,

feu Emmuel PawE. m'in"ce qui se voyait par

que sa grand-mère

mangé de l'homme,

sa grande mâchoire", Cependant, cription propos de repas de leurs dans tous les n'est ils récits recueillis, aucune desà à

anthropophagique ancêtres. des Noirs

faite font

par nos informateurs une allusion et surtout ils rapide insistent

En revanche, fugitifs

l'anthropophagie

brésiliens

abondamment sur celle

des Tap$'ïy.

- e31

-

Pans un récit comment ces Amérindiens au bout du village rôtis. d'une longue élevaient

que nous donnons en annexe, leurs prisonniers,

ils

montrent et

les mariaient sur la place

période,

les

conviaient par surprise consacrés

à une fête , puis

où ils

étaient

saisis

exécutés

et mangés contre la

Par ailleurs, décrit

dans les rapidement d'une

récits

aux guerres

m&ne tribu,{est

le début

d'un

repas anthropophagique

sur un WayZpi tué lors Il

escarmouche

de la veille.

y a là matière

à réflexion. Ie cannibalisme ce qui les sur les morts des Tupirôtisparties

Ces Tapi'?y au combat aussi namba qui, saient bien bien

pratiquaient captifs,

que sur les

rapproche

que cherchant sur place, corps. puisque,

surtout

à faire

des prisonniers,

les morts

ne rapportant

au village

que quelques différents

privilégiées sur ce dernier tueur interdit ne doit était

de leurs point, toucher si bien de village,

Les WayZpi étaient jusqu'à nos jours,

peut-être ils

affirment qui

que le l'a tué.

., 'Cet '.

ni à sa victime, respecté

ni même à la flèche

que les Wayãpi nous ont cité que, ne pouvant obligés d'en toucher

plusieurs aux'corps un“ des ,

cas d'abandon ennemis morts nouveau plus

dus au fait ils étaient

dans la place, loin. Nonobstant

reconstruire

cette

disjonction, depuis

la description 150 ans'me semble

de l'anthroà la fois

pophagie trop

d'un

groupe et trop

qui serait authentifiée

éteint

précise

par la ressemblance

avec ce que nous de ce iue pra-

connaissons tiquaient

des Tupi

en général,'pour

ne pas se rapprocher

les Waygpi eux-mêmes. Par ailleurs,'les Emerillon, avoir pratiqué Tupi qui

ont précédé
sur les

les Wayapi en Guyane, prisonniers boucanés élevés au village

affirment

l'anthropophagie qu'ils Tupi

et les ennemis morts (NAVET, 1974). Enfin,

au combat, Ies autres

apportaient peuplant la

- 232

-

Guyane au XVIIe anthropophages

siècle

(Norak,

Akokwa,

Piriu)

sont

tous

cités

comme

par les Pères GRILLET et BECHAMEL (1674).

Reste qu'en tait dépit de l'affirmation dès la fin

à aborder

l'abandon

de cette

coutume.

Se pense é-

de Pawe sur sa grand-mère, du XVIIIe siècle ou le début

la pratique du XIXe. C'est

moribonde

du moins ce que je peux déduire rencontra dit "avoir sur la WaipskDle mangé de la chair La raison queurs. Jean de LERY écrit, achetaient le danger " Car disoit que s'en fera : celuy qui

des propos

de COUDREAU, qui, presque centenaire" (1893, écrits

en 1890, qui prétenp. 360).

un "vieillard humaine nous est à plusieurs des prisonniers

dans sa jeunesse". fournie par les

des chroniet

reprises,

que les Français Ceux-ci

les Portugais ment virent

aux Tupinamba.

rapide-

les me vendit, que Paycolas

ie ne scay d'oresenavant (entendant Villegagnon) de nos ennemis",

: car depuis

est venu par deça, (1570, p. 210). C'est traumatisantes,que baie de Maranhao "Ils çais : décrit

nous ne mangeons pas la moitié

une situation Claude

similaire,avec chez les

ses conséquences Tupinamba de la

d'ABBEVILLE

en ont grande traitent

compassion , et quand ils les leurs, ils

voyent

que les Fran(ibd. 1613). donna

_ rudement du XVIIe indiens

en pleurent"

A la fin à ce problème "Les des esclaves Rois de Portugal néanmoins

siècle, un tour

la politique particulier cesser :

portugaise

ont fait d'acheter

depuis

ce brigandage, qui auraient

en

permettant

des Indiens

été pris

- 233

-

en guerre rement

par d'autres

Indiens,

et dont le sort C'est l'origine

d'être

tués et mangés.

ordinai._ de ce qu'on appelle de quinze font

était

la troupe cents

de Rachat,

Del Rescaté, Portugais souvent les qu'ils

composée ordinairement couleurs... à aller point

ou deux mille engagent d'autres

de toutes Indiens n'auraient

Ceux qui

ce trafic voisins prisonniers Il des tribus

enlever pensé.

chez leurs à faire

Indiens

sans cela..." est à peu près à ce trafic.

(ARTUR, 1765). certain C'est que les WayZpi firent donc probablement. moitié partie

encouragées

dès le passadu XVIIIe siècle,

ge sur la rive

Nord de l'Amazone, déclina. Il

dans la première est cependant

que l'anthropophagie la citation vivaient, s'éteindre ils

possible,

comme le prouve où ils qui dut

de COUDREAU, que, purent deloin

dans l'état

de semi-indépendance la pratique,

en loin de leurs extrémité

maintenir contacts de l'histoire ils

définitivementlors A l'autre

avec les Français. des Wayapi, ont cessé de ou intercommude bonnes raisons plus valables de il est

important combattre. nautaires faire

de se demander comment et pourquoi Nous avons vu que les pourraient fournir relations

intertribales comme hier d'autant importante

aujourd'hui redeviennent est

la guerre.

Ces raisons

actuellegroupes pour-

ment que la croissance locaux; rait la frustration

démographique

pour certains

que nous avons signalée un besoin définitif C'est forte

au début

de ce chapitre

dans ce cas indiquer L'abandon

de renouveau. de la guerre à cette période (vers qu'il 1905) correspond faut situer la

à des changements baisse totaux

inverses. la plus

démographique ou semi-totaux ne pouvaient

de l'ethnie locaux,

et la formation extrêmement

d'isolats limités En outre,

des groupes plus,

Ceux-ci,

en nombre,

à mon sens,

se permettre

la guerre.

- 234

-

la culture sur le strict l'hégémonie

de repli

caractérisée

par une civilisation guère de surplus l'ensemble

matérielle d'échanges. du troc

basée Enfin, wayapi.

minimum ne fournissait des colporteurs L'abandon

Wayana absorbait de la guerre tant est

donc à saisir

comme un appauqu'elle

vrissement engendra, nautaires.

culturel que pour

des Wayapi, le vide

par la monotonie

existentielle

créé à l'intérieur

des relations

intercommu-

Depuis culturel Blancs combien est (palafsï) sensible, qui

vingt

ans,

les

relations

ont repris,

le dynamisme les Pour

les querelles détiennent ? les

bouillonnent... clés de la paix

mais ce sont

et de la guerre.

de temps encore

- 235

-

V L’EQUILIBRE INSTABLE DE LA MAGIE

A travers à plusieurs reprises senti

l'ensemble le caractère

de ce qui précède, magique

nous avons des Wayapi ici

des relations

avec le monde, avec les faire

autres,

avec l'impalpable. magiques

Je ne voudrais

une étude ni des conceptions invisibles dans tous

des Wayapi,

ni du contrôle de montrer leur

des forces permanence

par le chamane, les actes

mais me contenter ancienne dans tous sont

de la vie

et actuelle. les domaines

En effet, que nous

si nous avons enregistré avons abordés, par les les

des changements magiques çà et là, ou reçoivent

conceptions Seules,

données comme inchangées magiques extérieur. subis-

informateurs.

des techniques un apport

sent une légère

modification

1) L'HOMME ET L'UNIVERS

: UNE CLE DE L'ETHIQUE POLITIQUE DES WAYAiI

Nous avons déjà nous tient à coeur dans divers

eu l'occasion

d'aborder

ce sujet

qui

travaux

(P. GRENAND, 1976 ; P. et P. GRENAND,

- 236 -

1977). prits, magiques /man+wo de lutte fort,

Nous savons que, pour /ayg/. Aller en forêt y court. lesquels Ils

les Wayapi, exige sont

la forêt

est

le domaine des esdes dangers d'interdits,

une connaissance évités être grâce

parfaite à une série

que l'on naikayf, plus

doivent

compris

comme une technique de l'homme Ainsi le récit dit

que comme une privation. faiblesse,

Ils sont l'apanage
d'une allégeance.

et non la marque d'une du voyage autour

mythique qu'il montre terres les

du monde, voyage (cf.

dont nous avons déjà aussi chef,

évoque les un groupe nouvelles.

temps immémoriaux d'homme qui, Le chef, que la forêt Seuls

p 155. cf. d'un

annexe p. 367) découvre des

sous la conduite magicien inspiré,

découvre

au fur

et à mesure

traquenards

tend aux hommes et indique les soit désobéissants en devenant wayapi et les

à chaque fois sont

l'interdit éliminés, On touche

protecteur. soit

aventuriers

par la mort,

des créatures

de la forêt. : .

là au fond de la morale "On ne doit trop coucher pas faire avec les respecter

que Alasuka

résume ainsi choses de telle

d'excès,

et ce en toutes abuser

: pas ou telle

femmes , pas trop les interdits". on dit

nourriture, De celui "il qui

se comporte trop".

différemment

./E7i d'origine,

ts

piras

/, du

en fait

Un bon nombre de mythes atèles, des cervidés

comme ,ceux esprits

jaguar,

des singes

et de divers

sont basés

sur ce thème de l'excès. Au niveau par la lassitude Pierre Louis il rapide historique, le danger de l'excès tels se traduit ces Waninika, de la dans les

que l'on D'être pas.

a des hommes forts, ennemis de l'excès

et Ka7iluwiyZ. n'y a qu'un

à ennemis

coercition, l'absolu, excès

Pourtant, étatiques. la force.

les Wayapi ne sont pas, En vérité, ils redoutent s'est

opposés du pouvoir

à ces prémices mais en admirent sociale,

Ce balancement plus loin

traduit

dans l'organisation

nous le vérifierons

dans les

- 237

-

évènements.

2) DES VILLAGES ET DES MORTS

Le rapport morts tion détermine avec autrui. profondément

que les Waygpi entretiennent la mobilité territoriale

avec leurs et la communica-

Dans ces domaines, qu'une git soit mort n'est de l'acte la règle jamais direct du jeu naturelle d'un esprit

il (cf.

convient

d'abord

de rappeler Il n'ayant s'apas

P. et F. GRENAND, 1977). à l'égard soit d'un c'est d'une de celui esprit personne de l'âme téléguidé

respecté récupérant

des interdits, soit encore mort,

d'un mort par un

un parent

vivant,

chamane. Comprendre de dangers futurs.

la cause d'une Pour y parvenir, d'un certain

largement

se prévenir non seulement ou

les Wayapi disposent nombre de signes un village un enfant

du chamane, mais aussi /m31%$. Ulukut+. Ainsi, Au cours vers

interprétables, sur la rivière fut dévoré

1910, le chef S$tita fit de construction,

des travaux fut

par un jaguar. abandonné.

Le fait

considér6

comme un /mt?%&~~~ et t'emplacement

fut

Il tions les influent, autres

est aisément

compréhensible

que de telles sur les d'hostilité rapports larvée

concepavec ou

aujourd'hui

comme par le passé, des situations

communautés,

créant

ouverte. La conséquence bandon des villages. de détecter nauté éclate. Le processus la plus importante Soit reste cependant l'a-

est variable. d'une

un présage

permet

, par exemple, Soit

la progression trop

épidémie, enterrés

et la commudu village,

les morts,

nombreux,

près

- 238 tourmentent les vivants et les obligent

à émigrer. ennemis Soit il encore, est en interdit

temps de guerre, de toucher, donc,

la présence d'enterrer,

de morts oblige

auxquels

à la même migration. de mobilité s'avèrent,à les travers causes écono-

Ces causes magiques l'histoire, miques. très fréquentes,

et occultent exemple,la

même parfois

En attribuant,par malveillante qu'il

présence

de fourmis-manioc un Wayapi place

à une

manoeuvre

d'un

chamane wayana, Ztre cette

sur le plan de

de la magie un fait naturel.

ne saurait à l'esprit l'attitude

question conception

de qualifier

Gardons présente de voir

des causalités

qui nous empêchera suite d'incohérences.

politique

des Wayãpi comme une

3) LE CHAMANE : MEDIATEUR OU FAUTEUR DE TROUBLES ?

Si l'ethos /paya/, n'en joue

quotidien

est essentiel,

l'affaire ici

de tous,

le chamane,

pas moins un rôle En réalité, est l'un

comme dans le reste dans le monde wayapi, dans

de l'Amérique de l'invisible, l'autre étant

latine. il

en baignant

en permanence

des dèux

spécialistes entre

de la société

le chef de guerre. du premier

La différence

les deux réside du second.

la permanence lisation naturel. lement

et le caractère est pourtant

temporaire issue

La spéciasur-

des deux personnages L'un rêve

d'un

même pouvoir l'autre

le moment opportun forces

d'une

guerre, Cette

est perpétuelest solide-

en guerre

avec les

invisibles.

situation

ment attestée les est esprits, assimilé

au niveau

du langage

: le chamane combat, ennemis

/o-yapisi/, /psyu/, devienne

comme le guerrier à un geste /tDwayakU/, guerrier.

combat les

; son souffle, /Eima/,

Ses esprits où il

domestiqués,

ses guerriers,

dès lors

opère.

Un chamane francophone

- 239

-

parle

même de son

"armée". hautement

Quant au fait risquée, ainsi

d'apprivoiser que l'explique

un esprit, Yawalu :

c'est

là une entreprise

"On s'asseoit tuels

sur un banc un peu plus

haut que les bancs habila et de

en le mettant basse, vient,

en longueur (1) ; on secoue la maraca, contre le mollet, presque toi. qui à terre, A partir

main très l'esprit

placée s'asseoit

sur le banc devant qui c'est chante, c'est lui

ce moment-là, maraca. lement alors

c'est

lui

secoue la a faciIl est faut

Mais un esprit, peur. bien Un chien le retenir,

comme un enfant un enfant il qui

: cela crie...

qui

aboie,

sans cela

se sauve et l'on

malade". Si le chamane a le invisibles, tants il court donc aussi sont pouvoir de contrôler risques d'autant les forces plus impor-

des risques,

que tous

les villages des ethnies

censés posséder

un chamane,

de même encore ..

que les villages unité

voisines.

A ce niveau,

se retrouvent conflictuels

et permanence, échelle

ce qui permet ; seuls

d'établir

des liens et les Noirs dans ce jeu. pas,

sur une grande Brésiliens être

les Blancs entrer

- mais non pas les Ils peuvent, les

- sont

réputés esprits,

ne pouvoir

tués par les

mais ne savent

en sens inverse,

contrôler. De nombreux intertribaux.ne le plus lent. souvent, peuvent les conflits,individuels, que par une guerre et les actes villageois entre ou même chamanes ; s'entremê-

se régler magiques

actes

de guerre typiques

Examinons

de plus

près

certains

exemples

de ce rôle

politïque de la magie. -_-------------------(1) On s'asseoit à califourchon.

3.1.

Le chamanisme est Vers

une prolongation 1870, quelques

des conflits années après

armes: le conflit Mapali, qui opposa

plusieurs se poursuit Takulupayk.

villages entre

du haut

Oyapock à ceux de la rivière Louis

celui-ci

le chef Pierre

et un homme de la Mapali,

- Tntu Louis

: "Comment dit-on est mort ?

que le grand-père,

le grand-père

Pierre

- Mi s 3 : Il il

a été tué ; voilà

bien

ce qu'on

dit,

petit

frère

?

a ét$ tué ? que c'est que c'est Louis il qui TakulupayE TakulupayE tua Takulupayt. qui qui Il l'a l'a tué. tué. Non, c'est dit feue Takulupayt

- Mû"p~a : On dit - Mis2 plutôt notre était - Tatu - Miss doute lerie. doute : On dit Pierre

le tua,

grand-mère, aussi

le tua par magie.

Et grand-père

un chamane. Pierre Pierre Louis était aussi ? un chamane. histoires Sans

: Et grand-père : Grand-père se querellaient-ils Moi, jamais je resterai

Louis

aussi

pour d'anciennes bien tranquille comme ça.

de sorcelsans

; je ne me lancerai

dans des histoires sur un autre sujet)

(8;gression On raconte "Ils m'ont m'ont tue".

que ses gens soignèrent tué", " C'était disait Qui t'as

le corps Ainsi

de TakulupayS. raconte-t-on. "C'est Louis. dit le grand"Ils

le grand-père. tué ?" lui

dirent

ses gens. Pierre

Tameyua". "C'est lui

un autre

nom de grand-père

qui m'a tué.

Vengea-moi,

vous autres",

père en mourant. (Autre digression)

- 241

-

'ge crois sommeil. vint Louis. pas

bien

que la mort de Pierre qu'il dormait,

Louis

arriva

pendant (qui

son ne par-

Pendant
à guérir

le contre-sortilège se retourna cependant (pour lui

Takulupaye) bien

sur Pierre

Sa femme aurait se fait,

voulu

souffler qu'il très

le chasser), cruellement 5%écarter". entre La .cha-

comme cela

mais on raconte furent est clair

mordit

la main et que ses mâchoires Dans ce récit, manes
est

difficiles

il

que le conflit y sont identiques.

assimilé historique n'est

à une guerre.

Les danger8

situation

du moment nous prouve-d'ailleurs i qu'une prolongation du conflit

que le conflit guerrier. celui On constate

chamanistique aussi nautés,

que le conflit comme c'est

de deux hommes est également au, moins ici attesté pour

de deux CO~~Udes gens de

l'attitude

Takulupaye.

3.2.

Le Chamanisme est

la sauvegarde

ültime

du groupe

ethnique.. des Wayapi désastreuses. les

Dans un récit avec les Brésiliens, des seconds, Brésiliens les premiers,

sur les

démêlés historiques des incursions

désespérés tel

se réfugient insistent:

en forêt,

le chef' Asingau.

Pourtant,

Miss (et

: "C'est leurs

pour cela

que la grand-mère par

fit

bouffer

les

canots C'était

passagers

brésiliens)

les poissons là où il

piranhas.

une vraie de piranhas. liens.

chamane. C'était D'autres pour cela

dans le Jari, *, il n'y

y a beaucoup aussi les Brési-

monstres, qu'après;

mangèrent eut plus

C'est

de Brésiliens

chez nous,

chez nos ancêtres".(')

-------------------------------(1) texte de Mis3 traduit par son fils Kwataka pour J.M. BEAUDET.

- 242 -

Cet acte Sa7i du haut Pas, Jari, correspond

de salut

public

de la grand-mère

chamane,

historiquement

à l'abandon

par les Brésiliens

abandon qui

dura de 1840 à 1940 environ.

3.3.

Le chamanisme

est un facteur L'utilisation

de modification de la magie,

des communautés un certain désé-

entraînant

quilibre vidus, C'est il

psychologique devient ce qui

et contribuant essentiel 6. en particulier

largement de modification du récit

à la mobilité

des indi-

un facteur ressort

des communautés. conté par ap.aa ;

suivant

se situe

vers

1900. chef, qui s'appelait Ils Kulawa, se disputa avec proà

MUpca : "Un petit Tckwatï (un immigré

wayana).

habitaient

deux villages

ches à la source

de l'oyapock de cette K;lawa environ

; TEkwatT à Yemi'iwi, querelle (et par peur chez Ka7iluwiya

et Kulawa des mauvais (sur le

>kawd+. A la suite
sorts fleuve de Tekwatï), Oyapock,

s'installa

à 150 km en aval). Akusi. Kulawa,

Les gens du bas mécontent, et s'installa par magie, l'a remonta finaYElEman, Il faut Ils enterjuste faut

convoitèrent sur le haut lement fille faire lui r&ent

sa femme, Sali

Oyapock avec son ami Akayawa, gens du Kouc. YanEya dit Là, il tua,

chez les de YanEya.

: "Quelqu'un

empoisonnée. ?". - "Il

un contre-sortilège". planter

- "Comment mon père

une plume de ara rouge

dans chaque narine". Kulawa, qui

YElEman avec les plumes mit à vomir

de ara.

rentrait

de voyage,se

du sang et mourut."

- 243 -

3.4.

Le Chamanisme peut

devenir

un moyen de coercition connu est celui d'bsapo p. , au XIXe siècle.

Le cas le plus Il est signalé

en ces termes par COUDREAU(1893, d'Asap2) établi

157) : au saut Coumaraoua,

"Ce Raymond (nom français un peu en amont du confluent assassinats Quand les

du Camopi,

a déjà

à son actif (...).

plusieurs

commis sur des Oyampis et des Emerillons Roucouyennes (Wayana) sortis les qu'il de les les de chez François

arrivent pour lui

chez Raymond, celui-ci leurs les marchandises, récalcitrants En fait, de sa propre main,

empêche de descendre paye un prix dérisoire

et prend

en menaçant

assassiner..." d'bsap-, furent pour moitié d'actes commis magiques, soin

crimes

pour moitié lors fut

commis par l'intermédiaire (cf. p.

et nous avons vu que, des Indiens de sa maraca. de l'oyapock

de sa déchéance d'envoyer

1301, le premier
les esprits

un chamane extraire

De ces quatre ambivalente sauvegarde de

exemples

peut

être

déduite

la position de

la magie et de son spécialiste,
elle devient tour à tour

le chamane. Elément substitut

du groupe,

ou prolongation

de la guerre, nation.

cause de destabilisation se retrouverait, avoisinant

des communautés ou moyen de dominotre expérience

Ce panorama

nous l'a
C'est

montré,

dans l'ensemble essentielle, l'uniformité

des ethnies car de l'uniformité

les Wayãpi.

là une réalité

de l'utilisation dire entre

de la magie dépend

des réactions
qui

; autant s'établit

que de la magie dépend l%quilibre ethnies, villages, individus.

éminemment instable

- 244

-

Comme ïe souligne forces traïise, invisibleo rend circonspects mesure,

MiEoa, le danger leu utilioateuru le9 antagonismes.

3 manipuler

le9

de le magie et neu-

dana une certaine

L’HISTOIRE UN BILAN

WA YAPI : EVENEMENTIEL

- 246

-

Dans la partie vail, je me suis attaché à dégager

proprement les divers

ethnohistorique changements

de ce trade la société

à-travers

la conscience

que les WaySpi en ont.

Une fois plus large du passé

l'ethnie

replacée

dans le cadre historique je voudrais présenter le

amérindien

des Guyanes,

premier

bilan

événementiel chronologique

de l'histoire continue diverses les

wayapi,

c'est-à-dire sélectionnés

souder par

en une ligne la mémoire jusqu'à

temps forts

collective

et les

données d'archives de l'histoire

parvenues coloniale.

nous à travers

le hasard

organisé

- 247

-

PEUPLEMENT DU BASSIN DE L’OYAPOCK ET DES REGIONS ADJACENTES AVANT 1700

Les Wayapi étant comprendre les biens bien des aspects anciennes ils de qui

des immigrés,

il

est

difficile

de

leur culture
sont

actuelle

sans appréhender
post-colomdu Jari et

civilisations

le moule des groupes dans les bassins les

avec lesquels

furent

en contact ici

de 1'Oyapock. contradictoires ciennes, les

Je me contenterai qui peuvent traditions être

de retenir

données les moins sources écrites

recoupées et surtout

par les

an-

orales

l'archéologie. plus ou moins bien qui nous n'ayant les

Nous ne possédons reliés sur les phases De plus, successives recherche&

que des éléments de peuplement archéologiques ouverts

de la région méthodiques favorisaient

intéresse.

les

été menées que dans leszones découvertes, il est impossible

où les milieux de dégager

un panorama

d'ensemble.

- 248

-

Pour l'intérieur, il semble certain,

nous devrons

nous contenter abondance

d'indices.

Par exemple, et des polisplus fré-

par la relative ait

des pétroglyphes beaucoup

soirs, quentée

que 1'Oyapock et peuplée

été une voie

de communication

que le Maroni,

l'autre

grand axe de l'est

des Guyanes. les

Force nous est doncpour évidences recueillies

les périodes dans les

les plus

reculées,d'extrapoler

zones périphériques.

1) ARCHEOLOGIE DE L'EST DES GDYANES Il de l'est Il est maintenant faite prouvé que l'occupation période dont ancienne

des Guyanes s'est de civilisations savanes

à la dernière pré-céramiques

sèche du Pleistocène. est attes-

s'agissait

l'existence

tée dans les 1977).

du Sipaliwini avec d'autres entre

et du Paru de 1' oeste sites

(BUBBERMAN, 1973, elles

Par comparaison épanouies

de Guyana et du Vénézuela,

se seraient

10 000 et 7 000 B.P. les reliques d'une extension D'après civilide a pu

plus

grande

Ces savanes intérieures sont \ en Amazonie, durant le Pléistocène lithique découvert au Sipaliwini, qui utilisaient Si cette il

(MEGGERS, 1975). s'agissait largement les

l'outillage sation

d'une feux

de chasseurs-cueilleurs le gibier.

savane pour rabattre concerner

civilisation il

de savane n'en

le sud de la région le nord

que nous étudions,

a probablement qui de

pas été de même pour correspondent 1'Holocène pu exister basées ce type

de 1'Amapa et le bas et moyen Oyapock, forestier du Pleistocène, Dans cette puis

sans doute

à un refuge

(PRABCE, 1973, & d'autres civilisations,

de GRANVILLE, 1978). contemporaines des crustacés. en Guyana. spéculative.

zone ont de savane, de en

des chasseurs Une civilisation

sur la pêche et la collecte a été identifiee à Alaka

Evidemment,

sa présence

Guyane et en Amapa est hautement

- 249

-

Ces phases entre zonie, 3 500 et 2 000 B.P.,ont des
mouvements

de sécheresse, par ailleurs importants.

en particulier déclenché Linguistes

la dernière, de l'Amasont

à l'échelle

humains pour dire qui

et archéologues les

actuellement migrations l'Amérique

d'accord

que de cette aboutirent

période,partent carte

diverses de

et éclatements tropicale

à la complexe

ethnique

moderne. L'est des Guyanes, cul-de-sac par les géographique, grands semble cultu-

n'avoir rels

été atteint engendrés,

que très

tardivement l'apparition le passage Trois

changements indiquant,

en particulier région,

de la poterie, à l'agriculture

du moins pour cette sédentarisation

et à une certaine résument notre connais-

du peuplement. : site

dates

et lieux

sance sur ce point l'île le plus

ancien

céramique

de la phase Ananatuba,

au nord de

de Marajo,est - le seul site

daté de 4 2 950 B.P. ancien exploré entre

(MEGGERS, 1971, pa 36). a pu être daté, un

en Guyane française 2 500 et situé 1 300 B.P.

grâce débris

à une couche d'argile, de vannerie

Par ailleurs, donné

du même gisement

en milieu

anaérobie,a

3 000 ans B.P.

en datation plus

au C 14 (TURENNE\ 1973). ancien site céramique rattaché à la tradition du Corentyneia

- à Surinam'le Saladoïde

du Vénézuela,situé

à Wonotobo,

dans la vallée

été daté t 1 920 B.P. Faute prudence il que l'agriculture

(BUBBERMAN, 1977). d'autres est indications, arrivée d'abord plus cependant nous pouvons à l'extrême tard, avancer est avec

des Giayanes, et ce, par

y a plus

de 3 000 ans, puis,,beaucoup différentes. Comme le font

. à Surinam,

deux voies

remarquer,

dès 1957,

MEGGERSet EVANS :

- 250
"Except Phase, phases groups that for this single,

occupation Mangueiras by the Acauan and Formiga pottery making either by

short-term

the period on Marajo

of the Ananatuba, is not represented of Amapa...

by comparable It

in the Territory these ,

must be concluded

areas were unoccupied fishing aujourd'hui singulièrement and gathering

or that groups"

they were inhabited (p. 593).

hunting

Ce que nous savons amazoniens cités plus éclaire haut soit

sur les possibilités cette soit citation.

des différents Les sites

biotopes anciens

les plus

sont

installés sols

dans des milieux basiques En contre

de "campos de varzea", de 1'Ile partie, de Cayenne, nous ne groups" civilisations

pour Marajo, tous deux très

sur les

volcaniques

favorables "possible

à l'agriculture. hunting , fishing

savons pas si les représentaient de savanes

and gathering des anciennes

des adaptations évoquées plus haut.

forestières

D'où provenaient et EVANS (1957), ordinaire glissement D'un autre rattachée Cette les civilisations Marajoara

donc ces civilisations agricoles

? Pour MEGGERS l'extrad'un

de Marajo,jusqu'à être issues

civilisation progressif côté,

elle-même,semblent périandines civilisation

de civilisations ancienne

le long

de l'Amazone.

la plus

céramique

connue à Surinam, le Vénézuela. vague aurait

au complexe

Saladero,est avoir par

venue du Rio Negro par été remplacée le style

civilisation

semble caractérisée il

par une deuxième Ce style

d'immigration atteint

Barrancoïde.

le Surinam

y a 1 450 années B.P. de peuplement grands L'un renferme cours

(BUBBERMAN, 1977). , quoique affectant en premier sans doute

Ces vagues lieu aussi actuelle les zones côtières

et les

d'eaujtouchèrent en est

l'ensemble

de la région. qui

des indices de nombreux

la toponymie en

de l'intérieur

toponymes

- 251

-

/-ni/, toutes

/-uni/, les

l-onil,

radical

stable

désignant famille les

l'eau, n'ayant

la rivière,dans jamais été attes-

langues

arawak (1) . Or, cette après

tée dans l'intérieur, buer étant à des populations stable, l'indice céramiques

le XVIe siècle,

toponymes

sont à attri/-uni/

pré-colombiennes. est trop

A contrario,

la racine

mince pour l'attribuer à des peuples furent arawak.

à une quelconque

des phases

rattachées

Ces migrations heurts savanes Formiga), entre guerriers. Les civilisations

probablement érigées

accompagnées au milieu

de. des

sur buttes

inondées,repérées datées,

à Hertenrits entre

à Surinam, 1 065 et

et à Marajo

(phase secondes troublées...

les premières

1 285 B.P.

et les

970 et 1 070 B.P.,témoignent sous l'angle

peut-être

de telles qui

périodes devaient

si on les considère associés buttes

de sites-refuges dense.

être
récentes de

à un peuplement non encore fouillées

relativement

Les découvertes d'Iracoubo

dans la région

en Guyane française côtier dense

(TURENNE, 1979),paraît et continu tières ayant à faire

aller face

dans le sens d'un à des pressions

peuplement venant

des zones fores-

adjacentes. Aux cas d'expansion violente, il faut peut-être rat-

tacher

la migration

des Aruadont font passer,en

les phases un siècle

finales,étudiées (entre

par MEGGERS

et EVANS (1957),les ëre),de civilisation particulier relais

1 300 et 1 400 de notre Bien que cette en

1'Amapa aux îles soit rattachée

de l'embouchure culturellement de pierre

de l'Amazone.

à la zone circum-Caraïbe, à caractère cérémoniel, Guyanes. aucun

par ses enceintes sûr n'a pu être établi

avec les phases grandes phases

des autres

Les dernières dans l'est des Guyanes,sont ~~----__-_____~~------~-~-~ (1) Notons par exemple, Inini,

pré-colombiennes

connues

les phases Mazagao et Aristé Marwini, Tapanahoni, Sikini.

de l'Amapa,aux-

- 252

-

quelles phases

sont

rattachées

la phase Koriabo

de Guyana et du Surinam. rapide illes longeant

Ces nord

semblent

correspondre

à une migration dans les auraient

la rive

du bas Amazone. Rejetant certains notre ère. de leurs

les Ar&

des bouches Surinam

de l'Amazone,

représentants

atteint

dès 1 200 de

Les civilisations par des niveaux s'accompagnait dans les fertilité érigées). nautés constitué C'est céramiquea,posaédaient d'une sédentariaation

pré-colombiennes toutes plus

caractérisées Celle-ci surtout de la (buttes des commuau village étendues. contemporaine secondaire semble en avoir

l'agriculture.

ou moins importante, inondées, soit

zones de "Varzea" des sols, soit

et de savanes en raison

en raison

de la complexité ont montré

de l'habitat

MEGGERSet EVANS (1957) était variable, allant maisons

que la structure communautaire des familles

de la grande abritant

hutte

de plusieurs d'habitat

chacune

ce type

qui prédomine La pratique

dans la phase Aristé, de l'enterrement

de l'arrivée urne,

des Européens.

de la crémation répandue.

ou de la conservation bien

des os du défunt, être

été très du point

Evidemment,

peu de choses peuvent sociale. l'état actuel

déduites

de vue de l'organisation

Nous ne savons pas,en ces,à quelle époque l'agriculture des agriculteurs pénétra

de nos connaissandes terres. dans la région de pierre

dans l'intérieur localisés en outils

A Surinam

cependant,

sur brûlis, côtières

du Brownaberg, polie,ont

fournissant

les populations

été contemporains intérieure,

de la phase Koriabo le site

(BUBBERMAN, 1977). récemment fouillé

En Guyane française sur le moyen Maroni, Sur ces bases, que quelques

de Kormontibo, même phase

a été rattaché n'aurait l'arrivée

à cette

(TURRNNE, 1979).

l'agriculture siècles avant

été développée des Européens.

dans l'intérieur Certaines traditons

- 253

-

.orales

des Amérindiens

actuels,

dont la présence des

est

la plus aller

anciennedans le même de l'archéone serait chasaeurs-

ment attestée sens : ainsi, logie apparue collecteurs ou Akulio), XVIe siècle dant,

dans l'intérieur selon

Guyanes, semblent
p, 4), montre

FRIRRL (1961, des Tiriyo

la mise en corrélation que l'agriculture Des groupes

et des traditions qu'au XVIe siècle existant

dans le haut

Rio Paru.

encore

dans la périphérie rattachement

des Tumuc Humac (Tiriyosa direct à ces sociétés anthropologues d'explications actuellement enttermes du cepensatisaurvi-

le problème

de leur

a été posé par le même auteur. ont postulé culturelle

D'autres

comme RLOOS (1977), une régression

, sans fournir pour les groupes

faisantes, vants.

Poser ainsi

la situation

culturelle

d'ethnies peu satisfaisant, et la disparition,

de régression

ou de progression problème soit se situant

me semble d'ailleurs entre l'adaptation

le véritable soit totale,

par fusion. Quoiqu'il en soit, il est vraisemblable que‘ l'est des

Guyanes était plutôt d'eau,

dominé à l'arrivée sur les côtes,

des Européens semi-sédentaires de terre

par des sociétés

agricoles

sédentaires grands

le long des cours De çà, de là,devaient

et petits,

de la forêt groupes problème humainesAest Certes,

ferme.

cependant

survivre

quelques Un autre

de chasseurs-collecteurs. posé aux chercheurs l'affiliation est?là recouper des différentes des mise. Nous dif-f-é--chocs

disciplines ethnies

des sciences précolombiennes. famille

linguistique encore&de

la prudence peut les

savons tous qu'une rentes, entre

linguistique

des culturesde milieu

les phénomènes de diffusion, peuples représentant autant

influences

et les Dans l'est

de causes de perturbation. fait que seules ou presque,les

des Guyanes cependant, karib, arawak et tupi

le simple semblent

familles des de glotto-

avoir

été représentées De plus,

à l'arrivée les études

Européens,simplifie

quelque

peu le problème.

- 254

-

chronologie de la famille tion entre

comme celles arawak

de NOBLE concernant permis

la formation

des langues corrélacéramiques à cette Saladero, que l'on avant son fa-

(1965),ont

de montrer

une certaine phases

les déplacements des langues qu'il diverses faut

d'ouest arawak.

en est des grandes C'est les très

et la dispersion mille linguistique et les

probablement

rattacher

civilisations C'est

Barrancas y rattache extinction p. 195).

phases cette

de Marajo. langue ayant

avec certitude recueillie

la phase Arua,

pu être

(BLJBBERMAN, 1977, MEGGERSet EVANS, 1957, NIMUENDAJU, 1926,

Les phases originaires de langue Guyane n'a sances du moyen Amazone, karib

plus sont

récentes,

Mazagao,

Aristé

et Koriabo,

avec doute Enfin,

attribuées

à des Indiens tupi en

(BUBBERMAN, 1977). datée

l'entrée dans l'état pourtant qu'au

de groupes actuel certains XVIe siècle

pu être

avec précision

de nos connais: les Tupi dans d'une

archéologiques.

Rappelons

deux faits établis

en provenance la région ethnie

du sud-ouest

ne se sont

des bouches les Norak,

de l'Amazone est attestée

(METRAUX, 1927) ; la présence par KEYMIS en 1596, puis et l'oyapock (cf. par

tupi,

HARCOURT en 1608,entre

le bas Approuague

supra p 149 ).

2) SITUATION ETHNIQUE A L'ARRIVEE DES EUROPEENS Nous ne commençons à saisir peuplant que les la région styles qu'à larrivée peuvent d'autres des Européens. être remplacés telles l'ensemble Ce n'est des ethnies qu'à partir de là

de poteries

par des noms d'ethnies. que le Vénézuela au XVIIe des terres est ou

Cependant, le Brésil, siècle. celle

à la différence

régions, pénétrées

les Guyanes ne furent La première pénétration

que tardivement dans l'intérieur

attestée

de FI%ER

remontant

le Maroni

(1608).

Dans la zone côtière

pourtant,

- 255

-

les passages précoces

d'Européens,

surtout

Hollandais

et Espagnols,

furent

très

: 1499, avec Vincente authentique abri

Yanez PINZON, ou même 1488, si le voyage (JULIEN 1946, p. 2) ; la baie sûr et point des courants de la côte. d'atterrissage et des vents), C'est en tenant historiques ici. siècle. dominé par les pays était d'oyapock naturel fut en l'une

de Jean COUSIN est en particulier, Amérique

à la fois

méridionale

(en raison fréquentées diverses

des zones les plus contraintes lire naturelles

compte de ces qu'il Les faut

et de ces réalités ethnique

la reconstruction s'étalent

du panorama

que je propose quart du XVIIe

sources

du XVIe siècle Le littoral

au premier

nord-ouest à Surinam.

de la Guyane était Cependant, arawak leur

Galibi encore les

(Karib)

de 1'Approuague

entrecoupé, peuplait

au XVIe siècle, l'île

de groupes

dont le principal, et celle

Sebaio,

de Cayenne, jusqu'à

la rivière vers

Corossony l'ouest

de Counamama et s'étendait p. 14). Il s'agissait

Trinidad

(TAYLOR 1977, à l'actuelle encore le

certainement

d'Amérindiens

à rattacher porte

ethnie

arawak de Surinam p. La côte

et du bas Maroni, dont un clan 14). était en cours de peuplement fuyait

nom de Sabayo (ibid.

par une ethnie Ce peuple , fixé

réfugiée dispersé

de Trinidad, et en migration

les Yayo ou Yao, qui lors lors du passage

les Espagnols.

de KEYMIS (1596), s'ëtait

à 1'0yapock

et à Mayacaré,

des voyages

de la RKVARDIERE (1604), karib (TAYLOR, 1977,

de HARCOURT (1608) p. 16),

et de MOQUAT (1617). la conduite dé leur

De langue

les Yayo.,sous

chef Anakayouri,fédérèrent les Galibi.

les groupes Les autres

arawak et karib ethnies attestées

du bas Oyapock et de 1'Amapa contre avec, sûreté sont

les Arua ou AruZ à l'embou-

- 256

-

chure Uaça,

de l'Amazone,

les Palikur

et les Mayé (1) du Cunani à la rivière droite du bas Oyapock et les Aracaret que ces groupes et arawak. au bord

les Maraone sur la rive de Mayacaré. familles complexe Il

Aes lagunes entre les

semble bien karib

se répartissaient est cepenont du

linguistiques : les Aru%et linguistiques qu'avec

Le problème

dant plus cependant nord-ouest

les Palikur, plus

d'authentiques fortes avec les dits

arawak, langues

des affinités de l'Amazonie,

les Arawak proprement

de Surinam

et de Guyana. L'intérieur côte où l'ensemble des ethnies semble avoir été quelque peu coupé de la des relations 1'Araguari de l'inté-

entretenaient

en alternance voulut

de guerre

et d'alliance.

Ainsi,lorsqu'HARCOURT entrer en contact d'évitement

remonter ethnies

en 1608, ses guides rieur qui affichaient

ne purent

avec les hostile.

une attitude,

A..&+ même date, des sauts,de

les Yayo peur

du bas Oyapock ne voulurent un groupe tupi.

pas remonter

au-delà les

des Norak,

En 1623, cependant,

compagnons de commençaient à

JE§SE DE FOREST signalent s'établir le Maroni douze jours du Tapanahoni seront Tapiri), entre ces derniers

que des contacts et les tribus il

commerciaux côtières.

Lorsque personne village

FISHRR remonta pendant du confluent qui ne
OU

en 1609 (RARCOURT, 1926), entre les Galibi

ne rencontra et le premier on reconz'sîttard,

de la côte cite,

Parmi- les noms qufi?I que cent (Akulio, orales archives autre

des tr%us (Taripi siècle),

"découvertes" Acooreo

ans plus

Tareepeeanna au XVIIIe

nom des Tirio actuels

(1) Les traditions non publié) que ce groupe et les

des Palikur

(DREYFUS, P. et F. GRENAND, entendre ancien.

(JESSE DE FOREST, 1623) laissent le résidu d'un peuplement très

représentait

- 257

-

Atameeso

(Aramiso), déjà

Cocoanno (peut-être collecté auprès

Akokwa).

En 1596, KEYMIS (CORREAL, les noms des Coonoracki Nous verrons formateurs qu'il

1722) avait (Norak) s'agissait Tiriyo. est

des Indiens

côtiers 1'Oyapock.

et Wacacoa (Akokwa) soit de tribus

comme habitant tupi, soit

de sous-groupes c'est-à-dire des Tucuju en raison et français vite

des actuels

A l'extrême signalée Persécutés fortins avoir

du sud du territoire, la grande ethnie

en Amapa méridional, par les Tupinamba, accointances

souvent

appelée de leurs

Tapujussu. avec les ils

par les Portugais hollandais

anglais, décliné

(GOUPIL DES MARETZ, lh90), après les qui grandes suivra, razzias Tucuju et Arua

semblent

particulièrement

effectuées (connus de Marajo

sur le .Tari en 1654. Tout au long sous le nom de Tokoyennes chercheront Il refuge dans les

du siècle

archives

françaises)

en Guyane. certain que, compte tenu des données ethnique la fin de l'intédu XVIIe

est à peu près

périphériques rieur siècle ne devait lors

que nous venons guère différer

de présenter, de ce qu'elle de l'intérieur quelques

la carte sera vers

de l'exploration Tout au plus, aux ethnies jouera un rôle

par les Pères groupes fugitifs

GRILLET et côtiers seront

BECHAMEL (1674). venus s'ajouter ge, l'oyapock l'histoire

existantes. important.

De ce point Mais c'est aborder.

de vue de zonesrefudéjà là le début de

des Wayapi que nous allons

Quels sont tions précolombiennes

les rattachements

possibles siècles

des civilisa? MEGGERS Aruâ' (Marajo) survivent l'arrivée des

aux ethnies

des XVIe et XVIIe sur le fait

et EVANS (1957, Aristë (nord

p. 588) insistent

que les

styles

de 1'Araguari) respectivement

et Masagao (sud de 1'Araguari) 250, 200 et 120 ans après

dans les sites, Européens survécu fixée

à 1 500. A Surinam, décennies

la phase Koriabo

semble n'avoir

que quelques

(1550).

- 258

-

Ces preuves qu'aient été les acculturations

montrent

clairement ou, plus

que,

quelles les influ-

intertribales des Européens

sûrement, entretemps,

ences directes des ethnies lisations au niveau

ou indirectes signalées

survenues

une partie aux civipas mérite

par les premiers par les

voyageurs

correspondaient

découvertes

archéologues.

Nous n'en

sommes certes offerte ici

des corrélations soulignée.

certaines,

mais la possibilité pas enfin des éléments

à mon sens d'être les haut. cultures

Je ne tenterai

de reconstruire plus

de l'est

des Guyanes au delà

discutés

Le travail les

a été fait

par MEGGERSet EVANS (1957, fondées surles sociétés applicables que les

p. 566-579). côtières, Galibi de

De plus, surtout, l'intérieur.

données anciennes

ne sont

à mon sens que partiellement donc à répéter

aux ethnies des Wayapi très de

Je me bornerai

ancêtres ou fluviales

ont été en contact différentes

avec des populations de l'hinterland. : peuplement

littorales

des populations étaient quasi ; religions sait des Tupi

Les traits

dominants

ces civilisations dense ; habitat hiérarchisée Ce que l'on ne correspond relativement

relativement

dense ou même très sociale sans doute cérémoniels. Tupinikin...) le peuplement

sédentaire

; organisation

concrétisées côtiers

par des édifices (Tupinamba, sommaire,

et autres à ce tableau

que sur un point dense.

- 259

-

II LES TEMPS ANCIENS

1) LES WA61

FRANCHISSENT L'AMAZONE.

Nous avons vu que les Wayapi ne se souviennent de peu de choses sur leur en fait, au bord s'ils période fort de résidence bien avoir au sud de l'Amazone vécu au voisinage, diverses,

que : sinon -

se souviennent fleuve ignorent

du grand ils

et en ont conservé totalement avoir

des évocations vécu plus

en revanche,

au sud. Pourtant, venaient

NIMIJRNDAJU a pu prouver du Xingu. "On the Upper(') found open sites

que les Wayapi

(Guaiapi

des Portugais)

Jari near

(Iratapuru) a streaui

River, which

Nimuendaju pottery

(1927) of consirelief.

yielded

derable excellence, ______----_--------------(1) En fait, le moyen Jari.

bearing

both

incised

and applied

-

260

-

One pot concav horizontal quadrangular to the

was or

anthropomorphic. sides, with and

The were

pots

had

convex in

bottoms, heavy lines and

straight bands

decorated parallels,

incised

spirals,

elements. wholhe the

NIMUENDAJU believes, in the left

attributes them early from Guaiapi that from the the

these on their

vessels journey

Oyampi into are

northward The of the sherds the

Guianas to River... the

XVIIIth old

Century. Guaiapi sites from

similar Xingu about

material The same the trip because

Middle River in

disappeared the Oyampi Xingu River of

Xingu

time

appeared the two Jari rivers

Guiana would

; and be each 1948,

to

River

easy other p.

mouths

these

opposite et EVAEJS,

on the

Amazon

River." 1927 et

(XEGGERS lis . S.d.).

824,

NIMUENDAJU,

En dehors extrait des des les (1947, preuves Wayapi "Guayapi"

de p.

ces 217)

correspondancesarchéologiques, des de archives la et chroniques des Ainsi, par les

NIMUENDAJU portugaises "Guayapi" au XVIIe chroniqueurs sur pur. le et siècle,

irréfutables (Oyampi) sont (1691) le et cités et de

similitude migration. reprises (1699) c'est-à-dire groupes région des

leur à deux

SAMUEL FRITZ Xingu et parlant

BETTENDORF Geral, certains dans Grande. la

comme vivant un furent grands tupi

Lingua

Au temps fixés Bas par Xingu,

de Bettendorf, les dite par le Jésuites Volta

même brièvement sauts du

Un document la migration

anonyme,enfin,trouvé "des Guayapi"

à Belem vers le

même auteur,date 1736.

Nord,de

-

261

-

La validité confirmée le avec des vées et bas par Xingu l'Amazone poteries aujourd'hui sont connues les

de

ces

données que pas

semble nous

en grande

partie ou

éléments

possédons.

Le moyen

ne doivent dans décrites encore sous trouvée d'autres des et le la

présenter historique

de différence des correspond sites L'unicatum peut l'on se être des Wayâpi.

suffisante La forme trouwayapi poterie par que se pas un les

mémoire par

NIMUENDAJU dans les vieux

à celles villages de la

nom de fila/. par NIMUENDAJU, Si

anthropomorphe, le troc avec étaient impliquée

'expliqué

populations. pêcheurs, la traversée la

souvient du canot n'est

Waygpi trouve obstacle.

connaissance de l'Amazone

Si

tout

cela nous

concorde ne percevons,

bien

avec a priori, d'un

la

démonstration pas très tup,i. bien

de les

NIMUENDAJU, causes avoir des de

cette

migration l'Amazone était situation début tel

tardive à une l'isolement régionale

groupe où le les

Pourquoi général des fin pas par et (Almqirim arawak vers dans la la _

franchi Amérindiens ? La et le

époque vers

mouvement cours

supérieurs vers d'ailleu.rs la

rivières du XVIIe favorable des le forts Rio

du bas siècle La région la région

Amazone

du XVIIIe mouvement. avec, dans

ne paraît était entre Gurupa

à un

contrôlée la et tribus orientée Paru Paru

portugais Maraca, ceux portugaise, dans les

de Toheré, face

Destero, aux

La politique réfugiées dépopulation région

puissantes était

îles

de l'Amazone, d'une colonisation EVANS, les "Indiens

au profit

agricole 1957).

de Belem

(MEGGERS.et en 1736, des

Pourtant, les incursions par les terrestres une lettre

archives des

françaises Portugais" en

signalent qui 1745, sont

identifiés comme étant

de Gilbert

d'ORVILLIERS, c'est

"Ouyampis".

Paradoxalement,

également

-

262

-

en date de

1736 la la

que

le

document de

portugais l'Amazone par

découvert les Wayapi.

par

NIMUENDAJU Compte de de peu tenu la

traversée

nécessité de de Wayapi et

de faire transport la population aient pu de date

de nouvelles des divers en émigrer 1'Amapa est

plantations, cultivars il 1736 et est et

fragilité numérique que les

l'importance probable les tribus

transit, en la

attaquer

du nord

du centre Cette

même année. comme point le déplacement (1) central ayant

à prendre des Wayâ'pi, décennies. par sans ailleurs la

de la

période sur

migratoire près de s'avère se faire est

dû s'étaler

deux

Ce qui immigration des Portugais. n'a Il cette déjà pu

certain neutralité

est

que

cette

bienveillante mais par cela eux. tupi, Dans de le leur cas reste

peut-être migration ait étude

même possible, été sur (1929, la encouragée les p.

à prouver,que METRAUX le des rôle note

dans des

son

migrations 22.).

stimulant il le par

Européens de noter avec Portugal la

Wayâ'pi, vers menée

convient nord le

concordance

poussée humaine de l'llmapa.

politique contre la

de désertification France dans la région

La présence sur bas p. dans la colonie aussi semble rapports

de

"Guayapi" portugaise que 1763 une et

mêlés de

à des Souzel,

Juruna dans 1948, le

de peuplement tardivement indiquer entre

Xingu, 217) les

(NIMUENDAJU, certaine Wayapi.

également Portugais

continuité

(1)

cf.

chapitre

III,

p. des

146 où sont Wayapi.

examinées

les

diverses

adaptations

anciennes

-

263

-

Un dernier la déjà avaient Il dans que sur s'agit la les le direction pris ce de la

facteur

enfin wayapi. siècle eux et et

a pu jouer D'autres des les liens ancêtres mais

qui Tupi

exp lique avaient

migration au XVIe existé entre certes sait

chemin

culturels des absurde Wayapi.

peut-être d'un mesure Norak,en Paru pour Quittant

argument, où l'on 1697,se faire

gratuit, un texte de

non

par

de LA MOTTE AIGRON l'bpprouague jusque

rendaient des échanges.

ces panorama

périodes humain et

lointaines, de le l'est début les des

campons Guyanes

à dans siècle.

grands les

traits

le

dernières

années

du XVIIe nous pourrons

du XVIIIe Wayapi

Ensuite leur

seulement, histoire

suivre

à travers

événementielle.

2)

IDENTIFICATION

DES POPULATIONS SIECLE du XVIIe et le de chiffre la

DE L'INTERIEUR (1)

DANS L'EST

DES GUYANES AU XVIIIe Au tournant l'intérieur relativement calculé occupant à partir un de l'bmapa et d'une

siècle, Guyane de 0,37 de Km2

la

population était par

de encore Km2

française habitant

dense

population de 40 000

15 000

personnes

territoire

(1) Ne présentant compréhension de à mon Guyane et travail (P. sur

ici qu'une l'histoire les relations 1972),

vue partielle des Wayapi, intertribales surtout 1972). et

je

limitée renvoie

à la le lecteur "Français

en haute

GRENAND, en Guyane"

à l'ouvrage

Indiens

(HURAULT,

- 264 -

(extrapolation admissible. leurs précédé péens, raissant voici talents

du recencement C'est contre

partiel

des pères

GRILLET et BECRAMgL) est allaient exercer ans qui de voyageurs faite avaient euro-

ces peuples Qui étaient-ils avaient

que les Waygpi

guerriers.

? Les cinquante

la migration surtout qu'une

wayapi

vu la pénétration Déduction être

sur le versant seule fois

guyanais.

des nomîn'appacomme un sobriquet, les qui cours d'eau

et pouvant

considérés époque,avec aux archives

le peuplement de les

de l'intérieur situer et les

à cette références

permettant

les nomment.

Akokwa 1

- Camopi - Camopi et Tamouri - Camopi - Bas Camopi et Oyapock - Confluent et Oyapock Camopi

GRILLET et BECHAMEL (1674) DROUILLON (1697) LA HAYE (1722) Père FAUQUE (1729)

PREFONTAINE (1749)

Aramakoto (Armakoutou)

- Haut Kouc et source de Csmopi - Source du Camopi

LA MOTTE AIGRON (1688)

DROUILLON (1697)

Haut Tampoc - Haut Camopi - Bas Csmopi Anonyme (1740) CBABRILLAN (1742)

AramiOo

- au sud-ouest bassin -Idem - Marwini

du

GRILLET et BECWWL

(1674)

du Camopi DROUILLON (1697) CHABRILLAN (1742)

- 265 - Mersiou Meriyoou Meraiou) et Mauriou et

Emerillon (Mauriu, Merillon,

GRILLET et BECHAMEL (lh74)

sur le Haut Arataye Haut Approuague - Moriou, source de

DROUILLON (1674)

1'Approuague - Moriou, émigrés sur GABARIT de L'HERONDIERE (1716) haute d'ANVILLE (1729)

la Ouanary - Merillon, Mana - Meriyoou, Yary” - Emerillon, Inini "dans le

FOLIO DES ROSES (1733)

PATRIS (1766)

Itutan (Itoutanes)

- haut - Idem

Cassiporé

LEFEBVRE D'ALBON'(1729) Père FAUQUB (1735)

Kaikuaiana (Kaikusian)

- Tampoc -Idem - Confluent - Tamouri du Camopi

LA HAYE (1732) CHABRILLAN (1742) PREFONTAINE (1749) TONY (1769)

Karana (Caranes, Karan )

- Moyen Oyapock

GRILLET et BECHAMEL (1674)

- Sauts du Moyen OyapockFEROLLES (1703) - Moyen Oyapock LEFEBVRE D'ALBON (1730)

- 266 Kusari - au nord - bassin du Moyen Araguari du haut Oyapock . GOWY DES MARETS (1690) DROUILLON (1697) CONSTANT et GRAS (1720)

- Courouaïe

(bas Approuague)

venus par mer

Makapa

- à l'est

du Haut Oyapock du fort de

GRILLET et BECHAMEL (1688) GOUI'Y DES MARETS (1690)

- arrière-pays Macapa - réfugiés du Camopi - Idem près

du confluent

DE MONTY (17319

PREFONTAINE (1749)

Namikwan (Tapi7?y)

- Haut Kouc - Source - Jari du Camopi

LA HAYE (1729) PREFONTAINE (17499 PATRIS (1766)

Norak (Nourague)

- Haute Comté, moyen et haut me - Approuague - Bas Approuague - Approuague bassin de l'Approua-

GRILLET et BECHAMEL (167 '4)

DROUILLON (1697) GABARET (1716) CANADA (1722)

Piriou (Pirio, Piriono)

- Haut Camopi - Haut Camopi - Région confluence

GRILLET et BECHAMEL (1674; CANADA (1722) D'ALBON (1730)

Camopi/Oyapock - Région Moyen Oyapock PREFONTAINE (1749)

-.267

-

Taripi (Tapiri)

- Yaroupi - -Idem -12 - Confluent du Camopi

CANADA (1722) LA HAYE (1729) Père FAUQUE (1735) d'ORVILLIERS (1750)

Way et Win (Wayou, W&)

- Sud du Camopi -I& - Haut Camopi - Td.em - Confluent du Camopi

GRILLET et BECHAMEL (1674) DROUILLON (1697) CANADA (1722) Père FAUQUE (1737) d'ORVILLIERS (1750)

Je ne reparlerai de ces peuples, rés dans l'ombre est l'identification mais me contenterai afin d'éclairer

pas de l'histoire d'approfondir l'histoire propre

de la décadence quelques points demeu-

des Waygpi.

Le premier

linguistico-culturelle de leurs Il mouvements

de ces ethnies, territoriaux. se soient

le second,

la compréhension

semble que ces populations tupi est : nous assura, et karib. celle

partagées

entre

les tique

familles

linguistiques ce problème

La première

remarque

linguis-

concernant

des Pères GRILLET et BECHAMEL (1674)

sur 1esNorak "Cet

de 1'Approuague idiome,

à ce qu'on près,

est

le même, à peu de (Akokwa) et les dans la é-

différence Mercious langue tait langue

que parlent

les Acoquas

(Emerillon). des Galibis, familière est fort

Nous avions que quelques-uns

déjà un peu d'aide entendaient,

et qui de cette a quantité

au P. Béchamel. douce ; mais celle

La prononciation des Nouragues

de

- 268 -

mots, rudes,

dont les uns se prononcent les autres, avec les dents

avec des aspirations

fort

serrées, ou du nez ; et
difficultés dans un seul mot"

quelquefois, (1854,

on trouve

ces trois

p. 233). Un peu plus loin, ils nous précisent, Akokwa, Piriou, après avoir

énuméré les "Ils les

tribus parlent

de la région

(Norak,

Makapa): entendue par

tous la meme, qui est ennemis on trouve des Nouragues des Aramisas

également (...>.

Caranes,

Au sud sud-ouest qui ont beaucoup pas

des Acoquas, de Galibi les Cependant Indiens

(Aramigo)

dans leur

langage,

quoiqu'ils

ne connaissent

de ce nom". que: Dieu Tamoucicabo, c'est-à-dire l'ancien Mairé...' que les remar-

que nous apprenons "les Galibis appellent

du ciel.

Les Nouragues

et les Acoquas l'appellent ou Maira, que Nourague ainsi

Ce nom même de Mairé, ques phonétiques;prouvent De plus, aussi linguistique. la langue leur il bien clairement semble bien à l'est Seuls, qu'à

et Akokwa étaient des populations envi-

des Tupi. ronnantes, famille

que l'ensemble l'ouest,

appartenaient est douteux,

à la même puisqu'ils nullement : plus

le cas des Karana ce qui d'ailleurs Autre

"entendent" qu'elle vers Galibi, soit

des Norak, maternelle.

ne signifie précieuse

langue vivait

'indication

le sud-ouest

une population indications

karib

sans rapport

avec les des Nouragues l'anthropoalternant guerre et

les Aramigo.

D'autres

sur la culture

des AkokwaJdonnées phagie rituelle,

par les Pères la polygamie, groupes, les ethnies

GRILLET et BECJIAHF,L, telle les rapports l'impression Tupi qui, intertribaux, d'une

et commerce entre culturelle un bloc entre

donnent

relative

unité formaient

de langue

de surcroît,

géographique.

Carte.8:

Les

ethnies

amérindiennes (1650-

dans 1750)

l’est

des

Guyanea

I

IOOKm

1-

3741

--a
-> ‘, t m .

De’portation v.¶rs le Nard-Est du Para h!igratiOn Spontanée vers la Guyane Mission Jésuite Fort Portugais Fort Francais

- 270 Les documents complbments des Karana par divers des Palikur, deux traiteurs. En 1720, sur le bas Approuague, envoyés par le Gouverneur ne parviennent sentiers pour chercher l'or les CONSTANT et GRAS, banaré" avec à leur orales appréciables "ennemis documents renforcés du XVIIIe siècle nous fournissent culturel des

à ce puzzle

humain selon

: l'isolement

des Nouragues" postérieurs. de quinze

GRILLET et BECHAMEL, est précisé contre eux de

En 1702, FEROLLES envoie soldats, pour venger

l'assassinat

et "faire chefs

les Karana, montrer concernant les

pas à décider anciens

nouragues

de leurs

ennemis.

Diverses

traditions

ces Karana,collectées

par NIMUENDAJU (1925) à quel point

chez les Palikur cette population

et par nous-mêmes chez les Wayapi , montrent est restée bien différenciée Wayapi : la région, il y avait qu'ils des autres

Amérindiens. en français

Voici

comment des

le chef Norbert, Karana

de Camopi,

raconte

la "guerre"

et des Blancs "Dans toute construisaient

beaucoup

de Kalana.

Ils

des villages de large de piquets. Il

protégeaient

avec des fossés Le fond

de deux mètres était planté

sur un mètre

de profondeur.

Ceux qui ne savaient existe des restes

pas tombaient autour

dessus et mouraient. d'une étaient le fleuve un Créole, montagne près

de ces fosses encore.

de Camopi (1) et ailleurs Ils tuaient les

Les Kalana remontaient Un jour pas vu

cannibales. pour il entrer remonte ?". Ils

Créoles (2) qui

chez les Kalana le fleuve disent

et les mangeaient.

et demande : "Vous n'avez les avaient

mes camarades

non, mais ils le fait ; les

mangés.

Une seconde fois, ils avouent -________---------------(1) Les sites connus en Guyane sous le (Abonnent, 1954) ne sont expliqués que été trouvés que dans le nord-est de la (2) C'est évidemment une aberration très faible vers 1700.

soldats

viennent

nom de "montagnes couronnées" par la tradition orale. Ils n'ont Guyane et le nord d'Amapa. le métissage étant encore

historique,

-. 271 -

alors les

à la pagaie tournent

et attaquent

les villages, dans la forêt. surtout Il

mais les Kalana y a une bataille, et Indiens dans ; c'est

et s'enfoncent

beaucoup tombent leurs fini

de morts,

chez les Kalana Les Kalana qui

; Blancs

dans les fossés.

survivants

s'enfuient au Brésil

canots , par une crique ; il n'y a plus de Kalana

les conduit

en Guyane",

Si les Karana données du XVIIIe taire siècle

restent

une énigme culturelle, en revanche d'affiner

les l'inven-

nous permettent

ethnolinguistique

des Pères GRILLET et BECHAMEL. Dans une lettre entendre que toutes les langues qu'il de la s'en-

de 1730, le Père LOMBARD laisse Guyane sont tretient bien Il identiques au Galibi

; mais en 1733, il qui savaient

indique

"avec

ceux des sauvages langues

le Galibi",

ce qui montre karib. des que j'ai

que les ajoute

du moyen Oyapock n'étaient que je puis avoir, les

pas de la famille je l'emploie langues à faire

"tout

le loisir

grammaires apprises". parlent

et des dictionnaires Dans une lettre

de toutes

indiennes

de 1735, le Père FAUQUE dit que les Piriu. Les Karana il étant

que les Karana très réduits peut-être linguislui, apparentée

le même langage

en nombre et s'intermariant chez eux, tique.

avec les Piriu, écrit,

s'établissait une acculturation

au moment où le Père Jésuite dans une lettre que Kaikugiana

Enfin,

de 1738, le Père FAUQUE insiste, et Aramakoto parlaient une langue

sur le fait au Galibi.

Deux cartes (AUDIFFREDY, 1763 , domaines plus linguistiques valeur

de la seconde moitié

du XVIIIe

siècle les déjà

MENTELLE, 1779) nous permettent tupi de témoin, et karib. puisque Cette limite

de délimiter ne représentait qui

qu'une

les populations

se trouvaient

- 272 -

encore

de part

et d'autre

en 1730,étaient jésuites

en train de Saint

de s'éteindre et de Sainte ces cartes à soixante

et Foy, nous kilo-

de fusionner sur l'oyapock. montre mètres dernière Plus

sur les missions L'étude

Paul

des toponymes

que contiennent sauts

que le pays de l'Oyapock, en amont du confluent rivière, sont en arrivant tupi.

des premiers

du Camopi, La vallée

de même que celui

de cette est karib. Maroni

du Tampoc en revanche de confluence, toponymes tupi entre

au nord,

dans la région les

et l'Inini,

domaine des Emérillon, En se reportant

réapparaissent. de 1730,

à la situation

ethnique

on en déduit étaient localisés d'alliance liation

aisément

que les Piriu,

Akokwa, Way, Makapa et Emerillon et Arami des Karib. entretenaient groupes Ces deux groupes des rapports d'affi-

des Tupi

et les Aramakoto

au sua-ouest et d'agressivité linguistique

de la Guyane actuelle, entre eux,

avec d'autres

identique interrogea

(c'est

le cas des Okomayana signalé chefs venu commerco,r les Taripi saillants motivée plus de ces par la venénigmatiques car ils way+i.

en 1760 par KEPK9VE qui à Camopi) et surtout groupes, geance. encore jouent ou encore

un de leurs posant traits

avec des groupes Parmi signale les

problème;tels culturels

les Kaikugiama. CJUJ'ZILLAN (1742) L'identification

l'anthropophagie et d'autres d'être

de ces groupes,

comme les précisément

Namikwan et les Kusari,mérite un rôle de premier plan

tentée

dans l'histoire

Examinons Namikwan, les Indiens _-_~~~~~~~~-------~~~ (1) "J'ai de feuilles quelque 1730). vu aussi figure

d'abord

les

données des archives. (1) , les Tapir"iy d'oreille Ils en noir : c'est gravent et en rouge"

Les

"Longues

Oreilles" pendants peignent

des Way+i, un rouleau sur le tranchant (LOMBARD,

un de leurs d'un qu'ils

de palmistes bizarre

pouce de large.

- 273 -

sont signalés les Karana, n'entretenant venons diverge ils

dans le bassin apparaissent pas de relations Une citation des Karib

du Kouc par LA HAYE, en 1729. Comme d'entrée de jeu comme des "outsiders" de tribus que leur que nous langue

avec les

deux groupes indique

de définir. de celle

de ce voyageur

de la source parler

du Camopi et du Tampoc : par notre Armacoutou qui entendait

"NOUS leur un peu LA HAYE Précise signale les leur

avons fait langage..."

que les Namikwan étaient (Upului) à l'ouest.

installés C'est

à l'est la première

du kouo et notation de

"Pouroui"

ce sous-groupe du siècle,

wayana dans la littérature. nous indique une suite Amicouane

Dans la seconde moitié

TONY (1769) "qu'il y a (là)

de villages (Namikwan)

roucouyens et Appareille

(Wayana) (Aparai),

et des nations toutes

amies et alliées..." d'idées,

Dans le même ordre

KERKOVE (1760) transc&vant

les

paroles

du chef Okomayana parle "d'une autre nation ils qu'ils nomment Oyana du nom d'une Ce sont les Amicouanes rivière ou

sur laquelle

sont établis.

Grandes Oreilles". Les Namikwan ne seraient préhension s'expliquerait de la famille linguistique donc qu'un importante groupe existant formateur entre des Wayana. L'incomAramakoto

eux et les

par une appartenance linguistique Les Tapiri karib.

à deux aous-groupes Nous y reviendrons. par divers

différents

ont été signalés

auteurs

du

XVIIIe

siècle comme vivant sur la Yaroupi
Ils tupi semblent avoir

et auparavanf au XVIIe siècle,
entretenu des rapports ne permet pacifide les

dans le haut Maroni. ques avec les classer. tribus

du Camopi.

Rien d'autre

- 274 -

Le cas des Kusari , émigrés guère plus près cation galibi inondée déjà tique, tribu clair. Qu'ils se soient installés nous n'avons culture.

du centre près

de l'Amapa,

n'est

de Camopi ou, par mer, pas d'indien

de Kourou ou à l'Approuague, sur leur le cerf langue et leur

pratiquement leur

Certes,

nom désigne

de Virginie, virginianus ne prouve

animal

de savane,

de mangrove ainsi

et de forêt

(Odocoileus cela qu'ils

cariacou), rien quant

mais, à leur

que nous l'avons linguisou une

expliqué, sinon

appartenance avec les Galibi

ont été au moins en contact

apparentée. Après cette revue d'archives sur les tribus du ethou

XVIIIe niques,

siècle, l'un

un bilan affilié

sommaire

est possible.

Deux grands formés centre

blocs de tribus

~.?. aux Tupi,

l'autre

aux Karib, qui avait

de sous-tribus, de 1'Oyapock. démographique ne semblent culturelle lui jouer aussi .

peuplaient HURAULT estime

la région

pour

la vallée

à 1 000 personnes D'autres ethnies

en moyenne le poids difficiles à classer de différence blac,

de chaque ethnie. pas présenter,

sauf dans le cas des Kalana, vers karib, le sud-ouest, se dessine

marquante.

Enfin,

un troisième et va,

composé de groupes important Il

comme les Wayapi,

un rôle

dans l'histoire semble que la totalité

de la région. de ces Amérindiens en petites ressort unités étaient proches des Pères des

semi-sédentaires les

et agriculteurs C'est

et vivaient

unes des autres.

du moins ce qui pour

des écrits

GRILLET et BECHAMEL qui unités variant entre

indiquent,

les Norak et les Akokwa, personnes rassemblées

vingt

et soixante

en malocas.

A ce point des enquêtes (1938-40), modernes

de mon investigation, essentiellement jette

la comparaison celles un éclairage

avec

de terrain,

de DE GOEJE nouveau.

de FRIKEL (1958)

et la nôtre,

- 275 -

Dès 1938, DE GOEJE, confrontant relevés de terrain, et Taripi, Plus loin, montre que les Aramakoto,

les

archives

et ses aussi et

Namikwan et peut-être Karib indique des Tirio que les

les Arami. apparentés.

appartiennent le chef wayana, des Upurui Cette

au sous-groupe Taponte, lui

Namikwan étaient pour avoir relatif de

sans doute longues

connus dans la tradition tradition orale

wayana

oreilles. du chef

tombe donc en

accord

avec celle territoriales

Okomayana relatée

par KERKOVE en 1760. plaçant Upurui et Namikwan de

Les indications sur les relative signifiant qu'un soit culière

de LA RAYE (1729),

deux rives unicité en tupi

d'un même cours des Orokoyan "trou

d'eau ' renforcent

l'impression

(Wayana),

Namikwan et Upurui, d'ailleurs

Namikwan pu être Taponte, parti-

d'oreille". soit

Ce mot n'a

sobriquet

utilisé

pour les Upurui en croit le chef et reste

comme le suggère Okomayana. clairement auteurs

pour les Wayana si l'on des Upurui n'est orale

La place établie anciens 97). de les ils

pas douteuse des Wayana,

dans la tradition

comme chez les

(COUDPEAU,1893, p. 558 ; LEBLOND, 1789 ; P. GRENAND, 1972, p. Aussi la part bien COUDREAUque moi-même avons relevé généalogique. cette distinction encore, auxquels

des Wayana, même au niveau venus agricoles.

Plus

Upur&

sont pour eux des réfugiés apprirent liées plus les techniques

du bas ou moyen Jari, Après de nombreuses ensuite parmi (cf.

péripéties la

aux événements grande partie

que nous conterons d'entre eux se fondit loin tiriyo

p 287 ),

les Wayana. que DE GOEJE, puisqu'il la trace des groupes

FRIKEL va plus a retrouvé karib parmi les sous-groupes

encore

actuels

localisés

en Guyane au XVIIIe en langue tiriyo :

siècle.

Leurs noms ont tous une

signification

- 276 -

- Taripiyo - Aramayana

: "indios

macaco prego". chez les Wayana) : "indios

(ou Aramakoto,

Abelhafpreta". - Aramih'tcho' : "indios Pombo". Vespa" (FRIKEL, la langue l'origine 1958, pp. tiriyo. 149, 166, 1749. les Wayana, qui la karib est

- Okomayana : "indios Tous ces groupes parlent

ou parlaient découvrir

Parmi

FRIKEL a pu par ailleurs

du mot Urukuyana, de la cassave", différents

le second nom des Wayana : "indien rivière de la cassave (1958, p. étant 180).

de la rivière pour les

l'Amazone

groupes

de la région

Sur la base de nos propres et surtout Tap%'?y progressif lpasi'il, les Waygpi, nous n'avons

enquêtes

chez les Wayana les

aucune peine

à identifier

aux Namikwan par les descriptions
des oreilles (Iriartea fait

suggestives de l'agrandissement
épineuse provoquée leur était du palmier permettait langue, différente de LA HAYE. des les

avec la racine La suppuration

exhorriza). rapide

un agrandissement Wayapi disent de qu'ils

de l'orifice.

Concernant mais qu'elle

la comprenaient la localisation dans le texte

la leur
fait

et confirment intéressant,

géographique déjà

Autre Wayapi

évoqué sur la guerre les Waygpi de leur

contre

les Tapi71y, témoignant

ces derniers

appellent

/Kalai/, de des

"Brésiliens", présence rapports

par là même à la fois

antériorité

par rapport

aux intrus

Wayapi et de leur Portugais. wayapi notifie

connaissance

de ces derniers

avec les

La tradition ment les Kaikusiana, inclus dansle "les

orale

également

abondamsont

gens du chien",

dont nous avons vu qu'ils formateurs des Wayapi, (cf. p.69

mythe d'origine simplement traduit

des clans.comme en tupi

sous le nom

de Yawaimi-gw%gc

).

_- 277 -

Or, d'une ethnie et

part

les Wayana et les Waygpi gardent part, chez ces derniers, appellation trace il

le souvenir s'agit

de cette groupe cepen-

d'autre

du seul

formateur

connu sous une double pas trouvé la difficulté

karib

et tupi.

Notons

dant que FRIKEL n'a actuels('). ethnie Malgré à.partir la foi au tirio,

de ce groupe

chez les Tiriyo présentée orale, par cette à

d'identification et de la tradition d'une en tirio part

des archives

j'incline

penser,sur apparentés être

de la présence, d'autre part tels groupes

en wayapi

de mots karib doit

de mots tupi;qu'elle et les Aramakoto. aux Tirio

rattachée

aux groupes les anciens

que les Aramigo apparentés

A contrario, Aramakoto seuls

avec sûreté

actuels,

et Aramigo,ne

sont apparus

connus en cours d'enquête

que des

Wayana Deux autres groupes enfin apparaissent tardivement évoqués pour

dans les par les

sources Indiens fois

écrites,

mais sont en revanche : il s'agit

fréquemment signalés

contemporains

des Aparai,

la première

par KERKOVE en 1760, et des Apamâ (Apama, Apamay). est rarement seule fois signalé dans la littérature et n'a

Ce groupe mystérieux été visité "Jenipoko'! pourtant,il qu'une (Inipuku) aurait

par ADAM DE BAUVE, en 1832, sur le du Jari. Selon MARTIUS (1862) siècle par une source en outre qu'il par-

dans le bassin été signalé pas.

dès le XVIIe

que nous ne connaissons

ADAM DE BADVE affirme

lait une langue Tupi. ___-------____-----(1) Les Kaikuidjana et Kaikutsyana koto-charumg rapport sait (2) Pour être l'existence Tampoc) disait-il, non contactés,situés ethnie. juste, avec notre

qu'il trop

signale loin vers

sont des groupes l'ouest pour avoir

paraun

un seul WayaT>i, feu le capitaine des Aramigo, entre tenait "Kampi mais je pense qu'il ce savoir

Eugène Inâinu.,,GonnaiSet Alawa" (Camopi et des Wayana.

ancienne

- 278 -

Beaucoup plus KRUSE, signale, Ces Indiens' Wayapi vers puisqu'il des Apams'. resté ne les

près

de nous,

FRIKEL (19589, sources

d'après du Maecuru.

en 1944, un ultime dont la civilisation

village matérielle

sur les

ressemblait

à celle

des

1830, semblent existe Ils un affluent peuvent lors

avoir

été dispersés

sur une grande

surface, "rivière partiellement Je

du haut

Oyapock nommé Apamgl%, selon migration moi un groupe tupi vers semblant avoir

avoir

représenté

en arrière, rattache

de la première

la Guyane.

pas volontiers

aux Wayapi,

ceux-ci les

comme dans sur place

le cas des Aparai à leur arrivée.

et des Namikwan -.Tap%'fy,

trouvés

Le cas des Aparai nord-ouest indiquer depuis, avec les que les D'après des Wayana dans le texte le haut ils Paru, rivière

est mieux

connu.

Cités

à l'ouest semble

de KERKOVE de 1760, ce qui ils ont toujours de mauvais tué les alliance jusqu'au

sur laquelle

été installés rapports envoyés avec eux,.." premier quart dé-

entretenaient'selon de langue leur tiriyo

le même voyageur, : (Ils) députés "avaient pour faire

groupes Comanianas

avaient

SCHOEPF (1977,

p. 219, le rio habité

Paru était par eux.

du XIXe siècle cennies plus

exclusivement tard

Ce n'est du haut Jari

que quelques sur le Paru.

que les Wayana passèrent

A partir rébarbative, tico-culturels il

de cette

longue

série les

de données, grands traits

quelque

peu

me semble possible de l'intérieur : le bloc Akokwa, j' associe arrivé

de résumer

linguis-

de la Guyane orientale

au moment où les

WayZpi y pénétrèrent

1) Au nord nord-est, émigrées Maouriou). un groupe : Piriu, Norak,

des tribus

tupi

les plus

anciennement

Way, Makapa, les Karana et d'affinité

Emerillon qui

(Mersiou, sans doute inconnue.

A ce groupe, plus

constituaient linguistique

anciennement

. - 279 -

2) Au nord-ouest nommerai proto-tirio et d'autres voyageurs encore, hollandais

et au centre : Aramakoto, plus à l'ouest,

nord, Aramigo, toutes

des populations Taripi, connues

karib

que je Okomayana, par les

Kaikugiana, à l'époque

sous le nom galibi et au sud-ouest, des affinités

d'Akuli

(DE GOEJE, 1940). sans doute d'arri-

3) Au centre vées diverses, siècle :

des populations entre elles

mais ayant

dès le XVIIIe

- Wayana, probablement dent habitat aurait été la rive (Upuluy)

installés

là depuis

peu ; leur

précé-

nord de l'Amazone. sans doute Plus tard qu'un seul et même

- Upurui groupe

qui ne font

avec les Namikwan ou Tapirlly. par les Wayapi,

assimilés restent

aux Wayana

ou massacrés

ces Amérindiens

pour moi linguisti-

quement inclassés. - Aparai, qui établira plus groupe karib tard d'origine différente des Wayana, mais (cf.

des relations

étroites

avec ces derniers emprunts

SCHOEPF, 1972). notés wayapi,

L'existence.,en p.

aparai,de 13l),indique suivant : groupe serait

nombreux

au tupi, avec un clan

par FRIREL (1958, soit

une relation,soit

avec le groupe

- Apamg (Apama, Apsmay), au groupe tsa migration. Le portrait faire perdre figé du nord-est, mais qui

tupi

à rattacher

sans doute au sud pendant

dans ce cas resté

que je viens avaient sur les contribuer

de brosser

ne doit

pas subi les

de vue que ces populations de l'arrivée des Européens des Waygpi allait de la région.

déjà probablement côtes

contrecoups

de Guyane et le bas à accélérer le

Amazone. L'irruption bouleversement

largement

ethnique

- 280 -

III LA CONQUETE WAYAPI

Les Wayapi commerciaux d'anciens faut, avec les Portugais, ennemis. Entre

se montrent ne voulant 1780, ils

peu loquaces voir n'en

sur leurs

rapports

aujourd'hui sont pourtant

en eux que pas, tant s'en

1730 et

à la rupture. Nous avons déjà cité (cf. p. 215) leurs diverses . attaques contre les Kusari, les Taripi et les Aramakoto. Les faits sont : est à souhaiter ,,répondait en 1743 le Ministre que vous ayez pu prévenir avaient enlevé des Coloniés les suites

incontestables "tl

au Gouverneur des courses de la nation ne peut Indiens".

d'ORVILLIERS, des Indiens

Ouyampis qui (Kusari) à votre

une partie Sa Majesté

des Coussanis rapporter

; en tous cas, prudence pour

que s'en

contenir

ces

- 281 -

Le chef Okomayana, Amiacaré, à Camopi en 1760, confirme bien la puissance de fusils

interrogé

par KERKOVE époque. accointances

des Wayâipi à cette , prouve leurs

et, en notifiant
avec les Portugais

chez eux la présence :

-"Les Oyampis Sont installés sud-ouest('). banaré de fusil, Caicoucianes devaient de les parler qu'ils être tuer Amiacaré avait

au delà

des cacaoyers

du Camopi au pour faire

été thés ces indiens le reçurent personne. lui fit lui Cette croire et cela, ils

avec eux ; mais ils sans pourtant lui avaient tuer

et ses gens à coup arme dont les que les Oyampis

parlé,

alliés eux-mêmes,

avec les Français
parce avec qui de les que, ils

dit-il,,l'empêcha avaient amitié entendu et

dès lors voulaient

des Français, craignaient

faire

fâcher." l'organisation commente : les avaient Indiens enlevée, Oyampis et guerrière

En 1769, TONY, dépeignant des Wayana, destinée "C'est à contenir les Wayãpi, que se sont

sur le Yarri

établis

ou Ouampi, qui, dont l'histoire considérable presque à feu, engager

pour une femme qu'ils ressemble à celle nations

d'Hélène,

ont eu une guerre et

avec trois : parce donnaient fournir nations guerre,

, qui

en ont été repoussées

anéanties que leur à leur

que ces Oyampi étaient les Portugais pour les

munis d'armes favoriser, étaient ou s'éparce de les

des esclaves. ; ils et c'est -(...) avaient depuis C' est

Les Armacotous presque tous

une des trois tués à cette taient établis _________--_----------(1) Indication

été pris qu'ils

ce temps-là aussi

au Camopi.

en partie

donnée par rapport de cette rivière

à la position

de la Mission

Camopi au confluent

avec 1'Oyapock.

- 282 -

que ces Oyampi s'étaient à feu (...

rendus ainsi

si redoutables

par leurs

armes un

9 qu'ils

vivaient

sous une espèce

de police

peu militaire" En fait, contestées d'entre l'alliance

(TONY, 1842, p. 232). la plupart des guerres anciennes ne sont pas

par les Waygpi contemporains, elles, ainsi que nous l'avons est, soit

et le souvenir déjà vu, reste très

de certaines précis. Seule

avec les Portugais de Asingau.

gommée, soit

évoquée en filigrane, de fusils, elle

comme dans le récit est totalement

Quant à la possession

oubliée. Trois hypothèses sources peuvent être avancées pour expliquer orale ultérieure, waygpi :

le décalage - soit oublier - soit mais bien - soit

entre

les

écrites

et la tradition rupture ; comme alliés ;

les WayZpi, leurs ils plutôt seuls rapports

compte tenu de leur avec les Portugais jamais d'eux

voulurent

ne se considérèrent comme dépendants quelques villages plus

aux Portugais,

participèrent pour la première wayapi

à la guerre hypothèse.

esclavagiste. 11 faut et cepen-

Je penche personnellement dant finalité intertribales les phases distinguer de leurs font d'alliance concordance cultures partie

des politiques

et portugaise, point les

: nous avons vu à quel de l'univers culturel

relations

des Wayapi et comment entre les hostilités.

et de troc quoique

s'intercalaient

Les déclarations, les nombreux

négatives,

du chef okamayana en sont une preuve, entre Wayapi et Karib voisins

éléments

culturels

partagés

en sont une autre. Quelques des Wayapi sont contenus autres dans les indices archives. sur la convivence Ainsi, des villages pacifique

en 1740, LA JEUNESSE Haracoupi (entendons,

et SAINT JULIEN visitèrent

sans problème

- 203 -

le clan wayâpi

des Walakupi) un village

sur le haut Amapari.

En 1749, BRULETOUT DE Ces :

PREFONTAINE recensa groupes isolés

Oucampi dans "Le Sud de 1'Oyapock". ont peut-être représenté véritable du XVIIIe leur

du gros de l'ethnie du rôle-clé Il est déjà

des outsiders unité siècle, les

souvenons-nous indépendante. Wayapi avaient

joué par la communauté, certain qu'au milieu

cependant glissé vers

le nord et agrandi actuelles,

territoire. la conviction

Compte tenu des traditions qu'il ne devait exister

orales

j' ai pourtant

aucun de leurs sud-est

établissements,, Parmi tous

ni sur le KOUC, les documents entre

ni sur les cités plus

formateurs haut, celui

de 1'Oyapock.

de TONY nous permet orale.

de dresser

un pont

archives

et tradition

1) LA DOUBLE HEGEMONIEWAY&/WAYANA Les guerres vivant dans les

: le souvenir reste

avec les Wayana.dont être situées

deux campa,peuvent A cette période,

sans peine

dans les alliés

décennies

1760-1780.

les Wayana et leurs et du Kouc à partir vers l'ouest

Namikwan occupaient du confluent des Apalai moyen Jari l'Iratapuru, Cette Apalai et les de cette installés

les bassins rivière

du Jari

et confinaient

au territoire le

sur le Paru de l'Este. de droite, l'est faite

Les Wayâpi occupaient et de gauche,

et ses affluents et atteignaient s'était

l'Ipitinga,

du bassin

de l'Amapari-Araguari. d'autres ethnies : les

occupation

au détriment s'étant plus

et les Apamâ', les premiers rivières situées

repliés à l'est,

sur le Paru de l'Este les seconds cite s'étant

immédiatement doit plus

dispersés. des luttes il visita

MARTIUS, à qui l'on contre les des tribus

ces renseignements, mal connues, tels

même dont 1820.

les Aracaju, du Parusen

survivants

à Almeirim$à

l'embouchure

- 284 -

Ces premières laissé n'eurent de longue que de vagues peut-être durée souvenirs

guerres

contre

les ; il

ethnies est vrai

du Paru n'ont qu'elles les guerres ce qui,

chez les Wayapi remarquable.

pas un relief contre

En revanche,

les Wayana ont marqué les protagonistes, de comprendre et, cette période..

secondairement,

va me permettre A partir

de 1760

avec une atténuation

progressive,

probablement semble avoir de discuter les

jusque

vers

1820 ou même 1830, l'histoire remuante. possible Aussi est-il

du sud de la Guyane indispensable et d'en indiquer les

été particulièrement ici une chronologie Entre

des événements p. 556-560)

circonstances,

COUDREAU(1893,

qui présente

populations les conflits,

en guerre

permanente orale

et HURAULT (1972, nous invite

p. 379) qui minimise une voie événementielle des chefs wayâ'pi et médiane.

la tradition

à choisir

COUDREAUnous propose de la région François Atupi à partir

une histoire auprès des chefs

de données recueillies et Pierre'(Ka'iluwiyR), L'utilisation bornée

(Uluwu'i),

wayana !iarière dans son

et du Boni Apatu. s'être résumée'la

des données d'archives

travail,paraît siècle. Voici - vers

à LEBLOND, PATRIS et MENTELLE pour le XVIIIe qu'il propose : violent

chronologie

1760, la pression p. 556).

des Waygpi Il précise attaque

amorce un conflit cependant des Wayapi (ibid.

avec les Wayana (1893, avait alors été précédé bien - vers villages distincts

que ce conflit contre les Upului,

par une première

des Wayana dans le bas Jari

p. 556). issus des des fugitifs se seraient également les

1775, les Wayana sont attaqués auxquels s'étaient

par des Galibi probablement

du bas Maroni, Jésuites

joints

des Missions alliés attaqué

de Kourou et de Sinnamary. karib (ibid. étaient du Tampoc, les p. 558). occupées Il

Ces Galibi auraient

avec un groupe les Emerillon de 1'Itany

Arami%o,et

indique

que vers

1760-1770, les

deux rives

par un groupe

proto-tirio,

.,_ 4.’ 3 P Okomayana &bid.!p. : - *e;s des Way@i;-il ;; Li haut Itany,Let Tampoc et la Okomayana de ;.

i. Y Y. 559).

.- 285 -' ,c. ',.. :' '_' -'

l . ! ,:; ..i I '_. *'

-. ' .._ ; -y, .i i *788 sans préc?er si:c'est.par, ;c . suF,te de la vic$oire .-' . I< ._ ''7 indique,que les Wayana occupent les Tumuc-l$&ac'et 3 :: z y. installe le&Upului,au ndrd',de leur habitaf sur _'. r? . i haute Wakï; Il indique,iqui 1:s Galibi d'une part et ;j ;f 1 i -. t l'au;re,ont été.dainc&, les premiers descendant sur i: II. retirant-sur-les1, ‘3 ..I’

le le les la .--_ ,- ‘.',. z,c) .,. ,.- ..' i I i ..’
Ii

.____c.ô_t.e., .les..s~conds-s.e D ‘(ibid!
,Y<’,.

affluents-gauches.de

-l'It,any-'.----.----

.p. 558). ' I.
-. ‘.S,.(.

- vers .lJ$.C, il ne mentionnegas de conflit~..a~ec-~e?,Wày~~pi, mais 1 ,*'.,<' ,.' \ .)'. +-.y---_., i.-- '>. ..X"' I I -8 '.. ._ .-'. .,__ _./- ,-' -7 I signfle le reflux des,'$$rs Boni sur la rivière.-$arwiiii, fuyaht les I .y 1 , .-*;,1; , -> ,.".-.y‘,' Y-...: per$dcution~'de~. Noirs Djuk~~$+$$.V~@~h) , armés:bar les Ho'llandais. La ' ,' *' ?.I,,~ ‘Q.,*, ./' .d' .? .. pe?r des Upului face auxjBor(i aurait proï'oqué'.des hostilités entre$& _. . :..a t*‘ <.-: ;: : Y' 8 Wayana et cette tribuyaÉsale,,qGij aurait alots'.,dté installée'sura'le _.G ,:' ; '.'",J 7:; .' , -, .." '. i,"P,~,.(i~'i~i?p.,~~9;160),.:,;' Tapanahoni; /puis e,ntxe,le Sari-2 ,.+ : ,' ; t +

s'étiolent.

L. I

I

_. _.l.

--_ -

_-..

. ----

. 2' r. ... _.-i. __ ., .-z* T,/ \ /,* _-. -..-....__. .1 ,.f'<., f i ..>..y. -. : ‘I .._ _. /‘t y.; _ __ _ __- .__.-. -.._-A.---__ ,..-; p.. . .:*.,;,

.

- I_ -- -. ----_

.___-- AI .

i 1

Carte La conquête

9 (1760-1810)

wayapi

LEGENDE ----A m / ‘Bataille Bataille Voies Raids Wayana/Galibi. Wayana/ pdnétration WayZpi. WaySpi. Wayapi.

Limite

du pays

Wayana

en 1780.

f

‘-‘\

Limite

du pays

Wayana

en 1769.

e-- \
---z*

Limita

du pays

Wayapi

en 1760.

Localisation d’autres

et mouvements ethnies.

- 287 -

- vers

1850, une paix

solennelle

est conclue

entre

les Wayapi

et les Wayana sur le moyen Jari.

Si ce tableau ce qui n'est que partiellement

évoque des populations possible, ainsi que l'a

en guerre montré

constante, l'étude

du phénomène guerre voir qu'il recouvre Il de la plupart moitié d'ailleurs premières

et de l'organisation cependant est certain bien

du système

social,

nous allons

des évenements

réels. est bien la cause

que la poussée wayapi enregistrés

des mouvements migratoires siècle.

dans la seconde s'étaient firent leurs

du XVIIIe

Nous avons vu que les hostilités tôt, puisque,

amorcées plus incursions

dès 1736, les Wayapi

armées. du second voyage territoriales de PATRIS, sont la situation installées.

En 1769, lors conflictuelle La citation d'intrus

et ses conséquences p.286 précise,

solidement

de façon

romancée sans doute,

la situation territoriale,

des Wayapi. : Indiens

Pour ce qui est de la répartition

TONY ajoute "les

(Wayana) nous ont dit côté de la rivière il

qu'en

allant

vers (Marwini)

le

Sudque

Ouest,

de l'autre

Ouahoni

nous avons remontée,

y a une suite Amicouane qui

de villages

Roucouyens (Apalai),

(Wayana) et les nations toutes amies ou alliées, jusqu'auprès

et Appareille

communiquent

par un beau chemin de montagnes dont je

et s'étendent viens de parler"

de la chaîne

(TONY, 1769, p. 332). les souvenirs, quoique non datés,

Pour les Waygpi, sont' sans ambiguïté "(nos : faillirent les

ancêtres)

exterminer exterminer

(3-m3 Erra-&) tous.

tous

les

Wayana. Ils

faillirent

Les chefs

combatti-

- 288 rent Les combats son récit est ; tous semblent les bien chefs". avoir eu une longue Le territoire durée, Pglila ponctuant par les hostilités les d'un zones

de plusieurs

"une fois". les

couvert

considérable, reculées Kulbkatpë

puisque

combats

connus atteignirent

les plus lieu-dit

du pays wayana. ("ancienne

Les Wayspi parlent en Wayana),

combat au près

paix'<

dans le moyen Jari, déroulé près

du confluent au lieu-dit dans le haut 'de même largeur

du Kuyari. Pit&a. cours

Un autre La localisation

combat se serait reste

du Jari

non précisée, indique : "(le

mais se situe fleuve) est grand

du fleuve,

car Pi-lfla (à Trois

que l'oyapock en forêt entre

Sauts)".

Un troisième Jari,

combat eut lieu ayant voulu

le Kouc et le haut

les Wayana

prendre

les Wayapi à revers. Les Wayana, de leur côté, signalent dans le chant

/kalau!{un TukuBipan, guerrière(l). qu'ils dire orales ouvertes qu'à

combat dans les précisément La simple avant

collines

des Tumuc Humac, sur le mont où PATRIS décrit des combats leur organisation indiquer c'est-à-

dans la région localisation la migration

semble bien le nord, que les

se situent vers

des Wayana vers nous remarquons

1760-1770.

Par ailleurs,

traditions

dés Wayapi n'évoquent contre les Tap+?ïy

que le seul

nom de Wayana. Les hostilités s'être si l'on produites se réfère Enfin, repoussés nombreudes

- Namikwan ne semblent définitive en Guyane,

la période

de l'entrée orales

aux traditions je ne pense pas,

recueillies

par COUDREAUet nous-mêmes. à COUDRRAU, que les décrits Upului

contrairement de pierres naturelle utilisés

furent et les inselbergs

(1) Les alignements ses traces Museum d'histoire Tumuc Humac furent

par HURAULT (1963) bien par que les

de plantation

de manioc (1973)

découvertes prouvent refuge

par la mission les Wayana.

ORSTOM-

comme site

du bas Jari moyen Jari en 1728.

seulement et la rive

vers

1760, puisqu'ils

étaient

installds

sur le LA BAYE

occidentale

du Roue lors

du voyage

du Sergent

Territorialement sur ce point d'ensemble Nord. Cette la poussée wayapi
leurs

- toutes a pourtant alliés avoir

les

sources

sant

d'accord

entraîné

un déplacement le

des Wayana et de expansion forcée

Upului

et Namikwan vers par des Le fait

paraît

été contrariée de la côte.

mouvements en sens inverse lui aussiAbien établi

des Indiens

Galibi

est ,

: MENTELLE, BRISSON DE BEAULIEU et FIEDMONT galibi, Emérillon tard, ils surnommés Taira (1) , armés par les de la rivière installèrent selon Inini. Vraisembladans

en 1767 signalent Hollandais blement

des partis les

et attaquant quelques

années plus

un village

le haut Maroni, sur 1'Itany actuel

sur le moyen Marwini

COUDBBAU (1893,

p. 5671,

en amont du confluent Ils entretinrent

de l'Ulemalii'selon alors

Palanacwa (2). installés

le chef wayana >. des rapports amicaux avec

les Arsmigo

sur le Tampoc et les Wayana du haut Marwini. cependant, la rupture intervint rapidement. Selon

Avec ces derniers les traditions "quand les qu'ils

recueillies les Indiens

par COUDREAU, des deux tribus
autres,

se rendaient avec leurs

en visite marchandises de

uns chez les tenaient

les Galibis, les Galibie les

de la côte,

qui manquaient Galibis

femmes, dit et enlevaient

toujours les

la tradition,

séduisaient (ibid. pF 567).

femmes des Roucouyennes”

(1) Ce nom désigne cheuse d'oisillons. les Emérillon peuplement

la martre 11 est

ayra toujours

@ira

barbata)

mangeuse de miel

et déni-

utilisé

actuellement

par les Wayana et

pour nommer les de roseau à flèche

Galibi. cet emplacement epp.). marqué par un grand (Gynerium

(2) En 1968, ce chef nous a montré

- 290 -

Un combat important boni),obligea actuellement "ils les

dans le haut Galibi

Itany,

au lieu-dit sur la côte.

Tribiki

(en langue encore

à redescendre

Ce combat est

magnifiquement abattent les

évoqué dans le chant Kalipono (1) , leur

/kalau/

des Wayana : à terre

sang se répand

comme une vomissure. Ce n'est Le courant Les canots Les canots Il pas le sang des Sieouyana (2) , c'est charrie brisés des flèches. se mettent en travers des rochers. coulés. emporte des flèches" celui des Kalipono.

en écorce

de /mëpu/ (3) sont le courant

y a de l'écume

sur l'eau, 126). il

(BURAULT, 1968, p. En revanche, à ce qu'affirme sur le bas Maroni au voisinage groupes durent

est peu probable, aient fui furent

contrairement jusqu'au encore dernier signalés

COUDREAU, que les Aramigo avec les Galibi , puisqu'ils

des Wayana,sur également

la Waki,en

1789,par

LEBLOND. D'autres pour devenir 1950 en effet, à une

émigrer

à l'ouest : vers rivières

de 1'Itany les années

des constituantes les "Aramihtcho"

des actuels vivaient

Tirio

sur les

Okomokê et Arakopina les attaques ultérieures

la source

du Paru de l'Este. les

En revanche,

des Wayana contre et n'ont les récits pu être

Okomayana ne sont Elles-sont

signalées cependant

que par COUDKBAU probables car tous DE GOEJE du XIXe

confirmées.

des voyages (1955,

ultérieurs,

français

ou hollandais>dont que,tout tirio au long

a fait

une revue

p. 2-121,montrent entre terme ethnie

siècle,éclateront (1) kalipono, (2) sieouyana, wayana.

des frictions "indiens "gens ennemis", du coati",

groupes général.

et wayana sur 1'Itany.

qui apparait

dans plusieurs

contes

(3) mëpu : "arbre Hymenaea courbaril", ethnies du sud de la Guyane pour faire

principalement utilisé leurs canot en écorce.

par les

- 291 L'existence d'ancêtres collectées Il lés n'est okomayana récents dans les généalogies des

Wayana actuels

par RURAULT,prouve pas certain

en tous cas des contacts. installeur

que les Wayana se soient

sur le bas et le moyen Itany sur les Galibi, la paix

comme l'affirme alliés

COUDREAU ; après Upului

victoire rent effet,

les Wayana et leurs et le contact une suite

recherchè-

à la fois

avec les Français.

En 1789 en installés, à

LEBLOND observe

de villages

wayana et upului de la rivière Tamouri

non sur l'Ltany,mais la source jusqu'â nette de 1'Itany. la source signalée

sur un chemin allant Oralement, il apprend

que ce chemin se poursuit La séparation ressort les très pas deux, mais

du Jari

ou du Paru de l'Este.

par COUDREAUentre bien

Wayana et Upuluine la distinction installés entre

du texte donne

de TEBLOND, qui fait leurs villages militaire

comme étant
a disparu,

côte à côte.

En revanche, identiques éloigneque Wayana

l'organisation à ce qu'observera ment géographique

Les communautés étant tard COUDREAU. De par leur certain

un siècle relatif, plus il

plus est alors

donc à peu près être en guerre. les

et WaySpi ne pouvaient

Je ne discuterai vers vallée 1790, conséquents du Maroni,

pas ici

évènements Réfugiés

survenus Boni dans la

aux mouvements n'interfèrent

des Noirs plus

car ils

vraiment

avec l'histoire les Boni, sont

des Wayapi. d'ailleurs très conté clair.

Les faits bien

avancés

par COUDREAUconcernant p. 31-34) des Upului,

connus et CREVAUX (1878, le triste destin

en donne un récit tel qu'il est dans

En revanche,

par COUDREAI& semble douteux, me travaux

ou pour

le moins exagéré,

la mesure où tous les

contemporains

(DE GOEJE, 1941 ; FRIEEL, se métissèrent travail la plus parmi

1956 ; P. GRENAND, 1972) ont montré les.Wayana. 1972, p. J'ai même pu monter

que les Upului

dans un préeadent la composante

(P. GREBAED, importante

131) que les Upului

sont

- 292 -

aes actuels

Wayana. Pourtant 1937

aes heurts

entre

alliés

restent

vraisem-

blableç,puisqu'en 1 son informateur

DE GOEJE (1941,

p. 2) apprend

de la bouche de

wayana/,T.aponte,{que les Oupouroui prirent avaient les été vaincus par les

"dans un combat,

Wayana ; ces derniers

femmes des Oupouroui"

2) LA PAIX WAYÂ?PI

Il et les Wayapi, seur de.forêt, Il est également

semble donc bien leur territoire

qu'après respectif plus

1780, les Wayana par une bonne épaisque des rapports déjà diffus.

séparant

n'entretinrent possible

probablement

que les Way%pi fréquentaient ainsi qu'une cependant phrase

en 1789 en-

la source tendre le Jari très (cf.

de l'oyapock, ch. 1

de LEBLOND le laisse territoire alors de leurs couvrait

p. 90 ),

que leur

et ses‘affluents et il

médians. est fort ils

Les Waygpi,forment qu'en dehors

une ethnie rapports

puissante

probable

avec les

Brésiliens,

devaient

entretenir

des,:contacts Cette

permanents affirmation de LEBLOND (1789)

ou intermittents est déduisible

avec des minorités de la différence entre

amérindiennes. les observations d'une part, orales

et le recensement documents

de LESCALLIER (1787) et les compare traditions

l'ensemble wayápi d'autre

des part.

du XIXe siècle si l'on

En sens inverse, avec les de la liste sources

les données des auteurs une diminution

précités considérable

antërieures, entre

on constate

des ethnies "libres"

1730 et 1750 ; ainsi,

en 1787-1789,

les Amérindiens

survivant limités

dans le sud de la Guyane (en dehors à une ou deux communautés arami vivant autour de la

des Wayana) se seraient sur la haute vieille Waki,

le reste

de la population entre

mission

de Saint

Paul réouverte

1784 et 1790.

- 243 -

L'effectif mêmes issus

de 172 personnes,recensé du métissage de plusieurs

en 1787,se ethnies), d'ethnies

divisait

en Piriu

(euxEmerillon colpor-

Win, un groupe diverses, surtout

émigré de 1'Itany
teurs Or les mière

et des individus Le reste

wayana et arsmigo. auteurs moitié

du pays était

donné comme inhabité. connues de la pre-

du XIXe siècle du XVIIIe siècle. (1834,

signalent Ainsi, p.

des ethnies

en 1830, ADAM DE BAUVE rencontre 166). En 1832, on lui wayapi signale montre une

des Kusari vieille p. 38). de fusion

sur 1'Inipuku

femme wagne (Way) dans un village En 1890, COUDREAU, à son tour, avec les Wayapi (1893,

du Kuluapi les Kaikulian qu'ils

(1835, en cours étaient au du indiquent,

p. 369) et précise Yasi?ynf,

nombre de 200 à 300 personnes Kouc, vers eux, Il 1860 (ibid. Mapali p. 527).

sur la rivière Notons

affluent

que les Wayapi actuels principal

la rivière

comme habitat entre

du groupe les

au XIXe siècle. du XVIIIe

y a donc là une contradiction du XIXe siècle.

sources

de la fin

et celles

Dans le cas des Kaikugian, de leurs villages signalés se déplacer entrèrent d'autres

on doit

admettre

que ceux

sur la Waki en 1766 et 1767 par PATRIS et avant 1800

MENTELLE,durent

vers le Kouc,en suivant
en contact

la vallée

du Camopi où ils
Les membres isolés

inévitablement ethnies,

avec les Way?ipi.

comme la femme way vue par ADAM issus de la dispersion en 1790. sur le haut Ipisi des habi-

DE BALNE et FERRE, sont tants Ainsi, de la Mission

eux peut-être Paul après

de Saint

sa fermeture

en 1819, THEBAULT DE LA MONDERIE rencontre qui a vécu à Saint bien qu'aucun Paul autre ; l'auteur ne se fasse de Saint

un Indien

pense qu'ils connaître

sont plusieurs (1857). Ce être

dans son cas,

mouvement des habitants limité, car les divers

de la région recensements,

Paul dut pourtant

en particulier

ceux de THEBAULT DE que la population était

LA MONDERIE (1857)

et de BAGOT (1849),montrent

- 294 -

restée

géographiquement

stable

entre

1789 et la période est plus obscur

1830-1850. des zones

Le cas des Kusari côtières siècle, rieur

: fugitifs début

de 1'Amapa au nord de l'Araguari.jusqu'au ils se dispersèrent soit sur la côte

du XVIIIe soit dans l'intétous

de Guyane,

de 1'Amapa où, en 1743, sur la Mutura, d'un plus carbet" ensuite (Anonyme, dans les 1740). archives

les Wayapi "emmenèrent Les Kusari jusqu'au de l'intérieur voyage

les habitants n'apparaissent

de ADAM vil-

DE BAUVE et FERRE en 1830. Il lages kusari isolés survécurent

est donc vraisemblable dans le haut bassin

que plusieurs de l'ilmapari-

Araguari. Kusari, Paul,ne sont probablement KaikuBian pas les et fugitifs seuls de la mission à être orale de Saint

Amërindiens

en contact parle

avec les Wayâ'pi entre aussi des Karana

1790 et

1800. La tradition et surtout

wayapi

(Kalana,

Kalana) étudié supra

des Namikwan ou Tap&?î!y. particulière et incertaine représentent car ils un ont

Nous avons précédemment de ces deux ethnies cas très laissé qu'ils cette intéressant une trace furent dispersion très (cf.

la situation p. 269).

Les Karana

du point profonde

de vue de l'ethnohistorien, dans les mémoires indiennes, orales

alors

dispersés

dès 1702. Les traditions

concernant

sont attestées

dès 1836 (BAGOT, 1842) chez les NIYUENDAJU, en 1925, note entre un

descendants même récit

des Piriu

du chef Alexis.

chez les Palikur Emerillon

de Urucawa (1) . Enfin, et nous-m&aes

1969 et 1973, avons à trois

NAVET chez les reprises recueilli --------------__-_ (1) Les enquêtes en 1978,ne nouvelles traces

chez les Wayapi, concernant

des récits

et un chant

la même affaire. Palikuy de

menées par nous-mêmes et S. DREYFUS chez les présent pas permis de mettre à jour de ce récit.

nous ont jusqu'à

- 295 -

Tous les d'archives variées. en recense Un fort emerillon teurs fuirent vers parti : les Karana Seul,un

récits

concordent après

avec les rares

données

se dispersèrent,

1702, dans des directions (en 1729, LEFEBVRE D'ALBON sauts de L'Oyapock). selon l'actuel les chef

noyau survécut

sur 1'Oyapock

17 familles fuit vers

dans la région l'est

des grands

par la rivière

Notaye,

Mompera,

et aboutit

au sud du pays palikur,selon et Miss, et Mul.&ni et c'est

informagroupes fuit lui les

de NIMUENDAJU. Selon les FJayapi Yawalu vers l'ouest le sud par les rivières par la rivière tant les Armontabo guides Marupi

deux autres ; un autre

(Matapu)

probablement

que redoutaient derniers, toujours

Norak de LA GARDE en 1729. Enfin, et Miso, gagnèrent la source

selon Yawalu la colline C'est

de 1'0yapock villages

et y installèrentssur fortifiés vrirent, quel avait circulaires. mais ce n'est été le sort Yawalu

nommée Yaya?+tl,un ancêtres

de leurs

11 que les tard,

des WayZpi les découqu'ils : village les Earana apprirent /

que plus

auprès

des Piriu,

des Rarana.

Le récit

moderne raconte dans leur saouls, leur

: "Nos anciens

entrèrent

une nuit étaient

et dansèrent ne virent Les Wayapi affirment traces.

avec eux ; comme ils Depuis,

rien.

nous connaissons disparut ensuite

danse". de

que ce groupe

sans laisser

Compte tenu de la position - on peut tard vers penser

gëographique

des Rarana entre peut les aussi

- la source

de l'oyapock se fit plus tôt au plus

que la rencontre elle

deux peuples avoir eu lieu des

1800. Cependant, siècle,lors d'une

dans le XVIIIe le nord.
AU

expédition

guerrière

Waygpi vers

regard

de ce qui vient

d'être

dit

pour

les

Earana, important

le problème

des contacts

avec les Namikwan-Tapi'î'y wayapi.

semble

plus

pour la connaissance

de l'histoire

Les données

que nous possédons

- 296 -

sur cette différentes

période

nous amènent d'ailleurs

à des conclusions

assez

de celles avoir

de COUDREAU. Nous avons vu que ses informateurs été continuellement alors en guerre contre les Wayapi ne parle

wayana disent (à partir

de 1800),

que nos informateurs

wayapi

au contraire,

que de conflit avons aéjà on peut fondé (surtout dit

avec les Namikwan-Tapi'ïy. (cf.

Si l'on

se réfère

à ce que nous

p 272) sur l'apparentement si l'on n'est pas devant

des Nsmikwan et des Upului, un malentendu pur et simple, d'Upului pas à leur

se demander sur le fait

que les

informateurs où il alliés

de COUDRRAU, métissés voyagea),ne contre reprennent

dans la région hostilités

du Jari de leurs

compte les hostilités Camopi,

les WayZpi, entre le haut de leurs

lesquelles Tampoc et le haut guerres étant contre contigües, étant à

se seraient,selon tandis

eux,déroulëes

que les Wayapiplacent

le théâtre

les Tapi?î!y je vois attribuer penser

dans le bassin

du haut Kouc. Les deux régions unicité des faits, Peut-être

la encore

une relative

le décalage peut-on plus

aux traditions que les

différentes.

simplement l'oubli qui participa

deux traditions l'extinction

sont exactes., pure et simple

et n'attribuer de la fraction

des Wayapi qu'à à ces combats.

Les relations être aussi plus bien profondes les récits encore

entre

WayZpi et Namikwan durent,en dits car i leur

fait,

qu'avec

les Wayana proprement

consacrés

aux guerres part d'une

que ceux racontant d'une

anthropophagie mutuelle Ainsi, le

rituelle9témoignent,d'une d'autre part

bonne connaissance de relations.

des cultures,

longue

période

Wayapi Piamisi,enlevé qu'il était

enfant marié

par les Namikwan,s'évada de famille. en visiteurs n'ont Plus tardivement,

de chez eux alors nous voyons En définitive,

et père

les WayZpi entrer les premières

dans un village

pacifiques. probablement

années du XIXe siècle

- 297,-

guère vu d'hostilités stabilité pacifique années plus définitive d'autres territoriale, des minorités tard, de leur ethnies.

et ont dû représenter les Wayapi amorçant amérindiennes après actuel déjà

une période leur

de relative d'absorption que quelques l'occupation avec que

processus Ce n'est entameront en conflit

survivantes. 1810, qu'ils et entreront

sans doute territoire Mais c'est étudier.

là le début

de leur

décadence,

nous allons

maintenant

- 298 -

IV LE DECLIN

A partir entraînant piter des transformations

du début

du XIXe siècle,

les

évenements vont se prëcisur

démographiques qu'ils

profondes

et les Wayapi,

d'invaincus

étaient,vont

se replier

eux-mêmes. C'est XVIIIe siècle probablement dès la dernière Brésiliens décennie du à

que les relations Les raisons

avec les

commencèrent : la désertification totale contre actions et fut

se dégrader.

en sont assez

évidentes quasi en guerre

humaine du bas Amazone et de l'kaapa en 1796. A cette aux côtés lever les date, le Portugal et l'une françaises centaines nombreux

était était

achevée

la France fut d'en-

de l'Angleterre, deux Missions déportant Amérindiens

de ses premières de Counani

et de Macari

sur la côte

d'Amapa, Les seuls Wayapi.

quelques restés

d'tlmërindiens et accessibles

au sud de l'Amazone. étaient donc les

- 299 -

1) RUPTURE AVEC LES BRESILIENS,

ALLIANCE AVEC LES‘FRANCAIS (1790-1818)

A partir Wayapi, d'alliés qu'ils , proie

de 1796 - et peut-être étaient, devinrent

déjà

avant

- les pour prêtées

peu à peu une proie les paroles

les Portugais

commerciale,comme

en témoignent

au chef Asingau deux documents relatif relatif laisse

; proie d'archives,

en hommes bons à recruter, celui

comme en témoignent pi 29)

de THEBAULT.DE LA MONDERIE (1857, de ADAM DE BADVE (1834, en particulier,

à son voyage à ses voyages aucun doute

de 1819, et celui

p. 220) ne :

de 1828 à 1832. Le premier,

sur les

causes du mouvement migratoire aux alentours des carbets, je fis

des Wayapi la ren; je les

"En me promenant contre

de deux Indiens sur le fait au service

qui me parlèrent : ils

boncréole

interrogeais ils étaient

me répondirent qui avaient

qu'autrefois occupé Cayenne pour

des Portugais d'une

en 1815 et que, par suite avoir voulu se sauver, erré ils

condamnation évadés plusieurs arrivés

à la chaîne plus mois, tard

s'étaient

; et que

qu'après de fruits qui les

avoir

dans les bois ils bien étaient accueillis

ne vivant peuplade cette

sauvages, avait ils fort vivaient comment ils Ils

chez cette

et que, depùis et en faisaient

époque, demandais

avec elle avaient

partie. facilement environ

Je leur la langue trois ans

appris qu'il

aussi

de la tribu. qu'ils avaient

me répondirent été pris par les

y avait

Portugais ; qu'ils habitaient

et conduits étaient

au Para

et de là à Cayenne comme soldats nation que les Oyampis et qu'ils ; qu'à force d'avoir

de la même

une des branches par les de venir Portu-

de l'Amazone gais, s'établir

été tourmentés vue contrainte

la bande des Oyampis s'était à l'endroit où elle

est actuellement."

- 300 -

Si les WayZpi ont été "tourmentés" c'est probablement plus par traîtrise ou séduction de TBBBAULT place lors d'un déplacement

par les

Portugais,

que par une action sa capture de troc. sur les Le récit

militaire,organisée. bords de l'Amazone,

L'informateur sans doute

de As&gau,~,raconté parti librement

par les Wayapi actuels,dit avec les mal définie Portugais,'fut : du chef ?" leur est parti ensuite

que le frère pris

de ce chef, puis tué,

par eux,

pour une raison Miso:

"Le frère

avec les "Il pas vrai.

Brésiliens.

"Où répondirent très longré-

est mon frère les Brésiliens.

demanda-t-il.

est au Jari" Il les y avait Brésiliens

Mais ce n'était était parti, était canot. bien Il

temps qu'il pondaient

et à chaque fois toujours est vivant toujours climat

qu'il

: "Ton frère vivant

va monter pays". alors

dans un autre Cette citation montre entre

dans un autre se nouaient

dans quel

de tromperie

les relations

Amérindiens Si les

et Portugais. de 1815 furent la goutte qui fit du repren-

évènements

déborder siècle dront Il

le vase, précédent.

le repli

dans la forêt après

dut commencer dès la fin 1815, quelques villages

En sens inverse,

pour un temps contact, difficile avec les

comme nous le verrons, de dire Brésiliens, si le récit

avec les

Brésiliens. sur la

est d'ailleurs rupture

d'Asingau

porte définitive,

première vers

ou sur la seconde,

1830-1840. En se repliant géographiquement vers le nord et le peu peuplées ou

nord-est,

les Wayapi furent

amenés à occuper C'est à cette

des terres pourtant

mêmeqpar endroitspdésertes. conflits éclatèrent

période autres être du haut

que de nouveaux Les étapes comme suit :

sporadiquement nouvelles

avec les peuvent

ethnies. résumées

de l'occupation - 1800-1820 la haute Yaroupi.

des terres

: occupation

de l'Ipis?,

Oyapock et de

- 301 -

légende no 10,

commune 11, 12,

aux 13,

cartes 14.

a 3 itinéraires -----------itinéraires ADAM CREVAUX COUDREAU GRENAND __-_--i-l-+-l--l-++ autres itinéraires * [carte [carte [carte chemins des wayapi [carte no111 no no133 wayapi colporteurs wayapi dénomination de date sans sources ---mm-d’après la littérature localisation de localisation précise wayana 12 et carte nD 133 relevés no 101 par:

DE BAUVE

b] -communautés localisation et ---------------------------. 1824 .1860? . Mikula 1870 - 80 ,---., , \ .w-_ 2 e Mikula 1870- 80 0 Wayûlo 1890-1910 . SBIUT -1882-95

sans date avec groupe

nom, et nom de

avec localisation de chef

date et

imprécises

villages

localisation

d’après

La

tradition

orale

recoupé

par 03

les autres

deux

sources

ethnies tribal. résiduels] groupes

ethnie

sans

territoire

[envahisseurs,

0
f

NAMIKW AN 1831

ethnie

avec dl

territoire évènements MaySpi/autre inter-villageoises

tribal historiques ethnie wayapi

m
3

hostilités hostilité

1830-32

1870

- 302 -

- 1820 - 1830 : occupation jusqu'au confluent du Camopi. Dès leur cherchèrent procurer Portugais. Portugais, cependant les arrivée

de l'ensemble

du bassin

de l'oyapock,

dans le haut Oyapock, d'alliance

les Wayapi de se des

à nouer des rapports objets de traite bien

avec les Français,afin précédemment auprès aux

qu'ils

obtenaient

Connaissant ils comprirent

l'antagonisme

opposant

les Français

que le moment était Les circonstances

favorable,

mais manoeuvrèrent avec les Français certains qui descendent

avec prudence. connues

du contact dont

sont actuellement à la fois

des WayZpi de Camopi,

des Wayapi qui y participèrent Je me baserai de lyrisme, mais néanmoins identique

et des Piriu sur la version

servirent de COUDREAU, à

d'intermédiaires. certes merveille expériences pleine

sur le fond et montrant rendus méfiants par leurs

la stratégie passées

des Amérindiens, avec l'Occident.

En 1817 ou 1818, "une femme indienne mystérieusement. dans un canot du bas de 1'0yapock affirmèrent venait l'avoir de disparaître vue passer (1893, p. 280)

Des Pirious

monté par des Indiens

inconnus" était-ce

COUDREAUcommenté : "Peut-être moyen inventé d'en par les Oyampis pour faire

un ingénieux' Indiens

connai,ssance

avec les

bas ?" (ibid.

p. 280). Pour Norbert, actuel connaître d'un chef wayapi de Camopi, woiqu'il ce rapt en

avait soit,

bien

pour but de se faire Piriu, veuve soldat

des Français.

une Indienne

planteur

de l'oyapock, des Indiens" vers

M. Popineau, nommé

qui vivait Beaurepaire, rechercher

avec un vieux partit

"protecteur de Piriu

avec un groupe

le haut Oyapock pour

la disparue.

Carte.10
1815-1850

Carte. Les communautés

11 wayZpi .. .._ <

1850-1885

- 303 -

"A la hauteur avait pirogue. (ibid. Norbert, réussi Elle p. 280).

de la Roche Mon Père, à s'évader raconta

on ( la)

rencontra, dans une petite traitée"

qui

et qui descendait qu'elle avait

été bien

de son côté, des paroles jusqu'à le principal Waninika

précise

qu'elle

avait

été libérée La petite

par les Wayapi remonta qui allait deux Louis

pour porter 1'0yapock devenir décennies. où il

de bonne entente. où le contact wayapi

expédition

l'Ppi-s?,

se fit

avec Waninika

personnage descendit

aux yeux des Blancs

pendant fort

dans le bas Oyapock jusqu'au

Saint

rencontra

les Français: remonta comblé'de civilisés. au dégrad des Indiens et un vieux suspectes. d'amitié présents Les peïtos et accompagné ("hommes") cents par plusieurs de Ouaninika guerriers. furent étalés ces scellèrent

"Ouaninika canots

d'indiens

l'attendaient Les présents sur une roche, marchandises ce traité

au nombre de trois civilisés piaye

et des Blancs ("chamane") de grands absolu".

exorcisa cachiris

Au village,

si étrangement

(ibid.

p. 280).

2) LES DERNIERS REMOUSDE LA CONQUETEWAYIPI (1815-1840) Les hostilités pour toute exagérées. du député cette période. selon entre Amérindiens, très avoir importantes, été hautement est celle oculaire :

CODDREAU, semblent contemporaine

La seule

assertion

dramatisante

NOYER en 1820, 'Les Roucouyennes

qui ne fut d'ailleurs
viennent d'être

pas un témoin complètement

exterminés

par leurs Cette affirmation

ennemis les Oyampis" erronée était sans doute basée sur le fait qu'à la fin

- 304 du XVIIIe siècle, "ils (les ainsi que l'a montré

HURAULT, avec les Français épidémies, ils avaient

Wayana) avaient Sévèrement de renoncer sud"

noué des relations atteints par les

de l'oyapock. eu la sagesse dans l'extrême La fermeture et l'abandon

à ce contact

et de demeurer 181). où se faisait

isolés

(HURAULT. 1972, p. de Saint Paul, point

de la mission de toute

le troc, française

politique

indienne

sous la Révolution Le rapport partiellement

et l'Empire,accentuèrent Gouverneur

sans doute

ce repli.

de BAGOT au l'appréciation

de la Guyane confirme

d'ailleurs

de HURAULT : "Les guerres qu'ils eurent (les Wayana) à soutenir à l'arrivée s'est retiré

des Oyampis en diminuèrent il y a environ soixante

le nombre et le reste ans" (1849, p. 7).

D'après mentielle

mes propres la période

investigations, 1810-1850

l'histoire est caractérisée

événepar :

des Wayapi pendant contre

- hostilités brésiliens et,

les Namikwan-Tapi??y, les Emerillon

un groupe et les Noirs

de fugitifs Réfugiés Boni. de

secondairement,

- réconciliation 1'0yapock au colportage

progressive

avec les Wayana et réouverture

de ces derniers. et début de l'atomisation géographique

- décadence des Wayapi.

démographique

En 1819, sur,la apprend séjour, en guerre gardent que les Wayapi il rencontre avec les le souvenir sont

rivière

!Epis~, les

THEBAULT' DE LA MONDERIE Emerillon qui lui ; en fin disent de être

en guerre

contre

des Wayapi venus de la source, "Longues Oreilles" ou Namikwan. mais dénient

Les Wayapi actuels totalement en avoir

de ces conflits, de leur arrivée

eu avec les Wayana lors

sur 1'Oyapock.

- 305

-

A l'époque Emerillon, rencontre ces derniers

oii THEBAULT signale

le conflit Inini

avec les où les à recueillis un peu

sont installés

sur la rivière 155),

MILTHIADE en 1822 (HURAULT, 1963, p.

c'est-à-dire

200 km au nord des Wayapi de 1819. Pourtant, par COUDREAUchez les Wayana du haut Marwini les rapports possibles entre

des renseignements en 1889:éclairent : (...>.

Wayapi et Emerillon

"Les Emerillon a pas encore dans le haut fréquemment p. Dans ce cas, vient Elle 156). la guerre

sont moins nombreux bien longtemps, au-dessus ils

qu'autrefois

Il

n'y

avaient,paraît-il,des 2 de Tamouri (...)

villages et allaient Kouc”(1893,

Camopi, danser

chez les Oyampis

de la crique

contre

les

Bmerillon au sein

aurait

été liée

au va et

de l'alliance n'a

et de la rupture limitée

de rapports de visiteurs

d'échange. et ne faire se maintint décennies, la ‘.

donc pu qu'être

à des poignées entre

que peu de victimes. probablement puisqu'en présence travaux autant

La situation

Wayapi et Emerillon pendant plusieurs

dans cet état

d'alternance

1830, ADAM DE BAUVE signale d'Emerillon d'ahattis. venus se ravitailler

chez les Wayapi de 1'0yapock et aider leurs hôtes aux

Ce comportement

de vassaux

s'explique Réfugiés les

peut-être Boni que par une orales

,que par la pression'grandissante victoire actuels, wayapi. contées Quoiqu'il

nes Noirs en soit,

hypothétique des Bmerillon

traditions

par Mompera et Chanel d‘inimitié très

à E. NAVET, R. DEMAhj accentuée alors de leurs que Le dernier le chef le moyen

et moi-même,insistent rapports leurs heurt

sur le caractère

avec les Way?ipi et les Noirs rapports avec les Wayana semblent entre Wayapi et Pmerillon et le chef

Boni au XIXe siècle, toujours se serait avoir

été bons. selon

violent

déroulé,

Mompera (Emerillon) Oyapock,entre

Inâmu (Wayapi) emerillon

au saut Wayuwaru,sur venu de 1'Inini

1830 et 1835. Un parti

par le haut

-

306

-

Approuague serait

et la rivière

Sikini

aurait

attaqué

un groupe

de Wayapi et

reparti

par le même chemin Si les

(DEMAN, 1977, p. 5). entre avec les celui Wayapi et Emerillon Tap&'?y. du Kuyari, En occupant les Wayapi Il durent massivement se

antagonismes

être

limités,

il

en va différemment du Kouc, et sans doute

le haut bassin trouvèrent pas qu'un hostilités guerre acte

en conflit concensus latentes ait

permanent

avec les Namikwan-Tap&'?y. entre les deux ethnies, dégénérèrent

ne semble car les en véritable

pu se dégager plusieurs

depuis

décennies

d'extermination. est engagé. de Noirs

En 1819, nous savons par TIIEBAULT que le dernier passage de ADAM DE BAUVE signalant par la tradition Tapilïy, orale, la

Grâce à un court fugitifs au conflit 1831, l'affaire Les combats

présence

dont nous savons, final est contre terminée. avoir les

la participation affirmer qu'en

nous pouvons

semblent

concerné

une grande de 1'Inipuku.

partie

des VayXpi, L'aide

au moins

ceux du haut.Kouc fut

et de la source ainsi

de Noirs

armés de fusils

déterminante,

que l'affirment

les actuels

Wayapi. Après la destruction de-leur des seuls les fois ennemis leur contestant à faire

encore face

certaines

portions

territoire, cette signalés

Wayapi eurent venues

à des agressions sont

non-amérindiennes essentiellement

du Sud. euxplus

Ces évènements mêmes (Aparai haut,permet

par les Amérindiens

et Wayapi), une datation

mais l'allusion : en effet, le à huit A trois environ

de ADAM DE BAUVE évoquée 17 Janvier heures, heures, cinquante se trouvait 1831,

"Nous nous mîmes en route (rivière habitation apprîmes Takw&i-) où il qu'à peu à onze. y avait

passâmes le Tacuandé nous tombâmes sur une individus. Là, nous

de distance

un établissement

-

307

-

de mulâtres qu'avec vaient ni être

et de nègres Ils

marrons.

Les Indiens

n'en

parlaient mêmes ils provenaient, que nous enle-

terreur. les

vivaient

de rapines,

souvent d'où ils

femmes. Nous ne pûmes savoir sur leur nombre,

fixés

mais d'après qu'ils 114).

les données être

avons recueillies, quinze"

nous présumons

peuvent

douze à

(ADAM DE BAUVE, 1834, p. Il est important

de remarquer

que ce groupe

de fugitifs

n'est

probablement bien colonie

pas venu de Guyane, informés, avaient auraient signalé

car ADAM DE BAUVE et FERRE, voyageurs immanquablement su si des planteurs dans les années

semi-officiels de‘la petite

une évasion

d'esclaves

précédentes. Les F?ayzpi actuels, l'identification "Noirs", /m&ikalo/; faits de leurs antagonistes. quant à eux, sont très hésitants dans des

Pour eux, interrogés Pek&se

ce sont

simplement

Yawalu et Jacky, par la grand-mère sachent

en 1978 en marge du récit s 'ils les n'auraient venir pas du

des combats pu être Boni,

demandent ancêtres qui

quoiqu'ils

que leurs

faisaient

bas du Kouc. Leurs une courte entre sation période

installations d'alliance

et la guerre contre les

s'ensuivit

- après - se fit à la locali-

Tapi%y-Namikwan ce qui correspond

la source

du Kouc et le Kulaniiti; BAUVE. Un récit recueilli

de ADAM D

par D. SCHOEPF en 1976 chez. les Aparai, en contact avec les plus solide. Brésiliens depuis

lesquels

demeurèrent permet

sporadiquement d'étayer

le XIXe siècle, content wayapi, l'histoire

une hypothèse l'un enlevés aparai,

Les Aparai l'autre

de deux enfants, qui furent fait

normné Anakari,

nommé Aikoro,

sur le Jari "2 ait les

et le Paru par des allusion à un épisode

Cabanos. Le récit, ----------------------(1) Parmi d'autres été anthropophages, la même pratique

sur un mode merveilleux, les Aparai ainsi "Noirs" qu'ils accusent

détails, faisant chez les

Cabanos d'avoir signale

écho au récit

des Wayâpi qui

combattirent.

-

308

-

connu de l'histoire auxquels (cf. s'adjoignirent

amazonienne

: la révolte noirs

des Cabanos, et parfois

métis

indiens tribalisés

des esclaves

des Indiens

le cas des Mura,

in RODp'IGUES et OLIVEIRA, aparai prouve

1977, p. S), que cette

ensanglanta révolte ne

l'Amazonie porta

de 1825 à 1836. Le récit préjudice

pas seulement

aux entreprises tribales repliées

de colonisation dans la forêt.

brésilienne, C'est certaià

mais aussi

aux populations

nement à un ou à plusieurs faire face. L'informateur wayapi fin

de ces groupes

que Wayapi et Aparai que les

eurent

de D. SCHOEPF précise Cacau, affluent

Cabanos détruisirent mettant du Jari. repliés face aux Le

un village définitivement groupe vers

sur 1'Igarape à leur

de l'Ipitinga, occidentale

occupation

de la rive

venu sur le Kouc était le nord, alors que les

sans doute

composé de fugitifs déjà

Cabanos subissaient

des revers

Brésiliens. @oiqu'il en raison cependant dernier, sans doute fin vers de leur en soit, baisse les Wayapi, démographique en les d'abord déjà démoralisés, entamée. mirent

aux exactions 1832. Pendant

des "Noirs"

exterminant

jusqu'au

et après

ces évènements,

les

Brésiliens

tentè-

rent

vainement

de fixer

les Wayapi au bord du Jari. de Brésiliens cherchant Plus

Ainsi

ADAM DE BAUVE chez visite les

rencontre

en 1832 un groupe

à s'installer

les b7ayapi au confluent Tamocomes(*) du chef

du Kouc et du Jari. Oarapixi (signalé

en avant,il

par BAGOT sous le nom de Damoucoume, et par la tradition par les Brésiliens orale sous

par COUDREAUsous celui celui naires de Yawalumiti) et portent qui

de Yaouaroupicic, "sont visités

et les MissionSOUZA, en 1873 Waygpi

des vêtements"

(ADAM DE BAUVE, 1835, p. 90). Brésiliens p. 62. fondèrent

affirme que, sur le Jari -----------------------(Ij en fait un groupe

en 1839, les cf.

avec les

de Wayapi.

- 309

-

"a povoçâ'o, Enfin, GILLIN (1948,

hoje

em ruinas, citant

chamada Tujuju-maiti". VASCONCELLOS (RONDON, 1912) et wayapi nommé Paikipiranga

p. 8159,

NIMIJENDAJU (1927)

signale

un groupe

(19 , ayant

-

émigré entre 1859 et 1860 de 1'Araguari sur le rio Anauira pucu situé _. ces Wayapi éplus au sud, puis à Macapa. Coupés du reste de l'ethnie, taient complètement métissés avec des collecteurs de caoutchouc vers

1914 (FARABEE, 1917). Les rapports à du travail sur le Kuluapi, "Ilme obligatoire, avec les Brésiliens de 'Yawalumiti devaient installé fort ressembler

car à propos

en 1839

BAGOT conrmente : dit dans ses récits qu'il était autrefois Portugais, tranquille" sur la rive il s'était (u@JT,

de 1'Amaxone(2) mais que tracassé enfoncé 1841). Après 1840, hormis des contacts cité dans les montagnes

par les

pour y vivre

individuels-toujours la rupture devint

possibles,

et le * direc:
I

cas exceptionnel A cette tions expliqué date, depuis

précédemment,

donc définitive. dans d'autres

les Wayapi ont déjà longtemps : vers

noué des contacts ainsi

les Français,

que noüs l'avons mais aussi,

déj-à vers

.

au niveau

des adaptations

socio-économiques,

les Wayana. Il CC‘ parlent aussi bien est difficile COUDREAU(1893, de dater la paix solennelle dont .

p. 563) que lés Wayapi d'aujourd'hui. du quartier'd'oyapock, indique.qu'il ne doit s'agissait pas être pris nous montre peut-être au pied

Une lettre de M. BOUDAUD, commissaire -----------------------(1) Le début (2) Ce mot, de la lettre. du nom /pa7i/ "oncle",

du chef de ce groupe. comme nous l'avons déjà vu,

-

310

-

qu'en

1837, un Uayana nommé Gros Jean Baptiste : "Il a reçu en confiance de 1%. Alexandre nommé Faval,

"est

fixé

près de nous"

et ajoute

?lure,

Grandyo, qu'il

caboteur, allait On peut

et d'un marchand porter

des marchandises

dans son pays". qu'à cette date, les Wayana venant traverser en paix du haut Itany

donc admettre

par le Tampoc et le Tamouri,pouvaient wayapi. tutelle que vers Le seul autoritaire obstacle qu'ils

le nord du pays était vers la 1830

rencontraient alliés Boni. C'est

sur la route donc plutôt

de leurs

1850, comme l'affirme d'alliance

COUDREAU,que Wayapi et Wayana établirent à Kulekatpê, là même où ils avaient

des rapports combattu

sur le Jari tôt. entre

soixante

ans plus

Les relations peu freinées Ce lamentable LEPRIEUR tentait influencé persécutés voyages par la tentative épisode débuta

les

deux populations de 1'0yapock

furent par les

quelque Boni.

d'occupation en 1832 alors 1'Itany.

que le voyageur

naturaliste

d'atteindre

Tombé à la merci

des Boni et fortement les Boni,

nar la philosophie par les Cjuka, les

rousseauiste, 2 se rapprocher

LEPRIELJR encouragea de la France. par les de vie divers, libre

Au cours petits soit

de quelques planteurs contagieux du poste

d'essais,

Boni furent

mal accueillis qu'un exemple

de basse Guyane qui craignaient pour leurs de Cafesoca devant firent esclaves. prit peur Par suite et fit

de malentendus tirer

l'officier

sur un groupe

de Boni qui

se présentaient les Boni

le fortin, diverses Français

le 30 Avril incursions -telle

1837. Dans les

années qui les

suivirent, tentatives Charles

dans l'oyapock, cette rencontre ou l'agression

alternant

de paix COUY piriu

avec les

avec le naturaliste à l'égard

en 1839- avec l'exploitation ou wayapi. C'est

des villages

ce comportement

que Miso nous évoque

p. 216. En 1341,

-

311

-

las de leurs poursuivit Camopi. d'oyapock

exactions un canot boni

et sans doute qu'il rattrapa

aussi

du laxisme

des siens,

Waninika du

à Kumalawa près du confluent

Le rapport explique

du colporteur :

MARTIN envoyé au commandant du fort

"Une embarcation

de nègres

Bonis,

au nombre de quatre du capitaine Indien. Après

hommes et Ananica une longue d'un coup qui

de deux femmes ont attaqué se trouvait lutte, de sabre avec son frère Ananica

l'embarcation et un autre a été blessé même qu'on

le capitaine

mortellement mort. Trois

sur la poitrine,

le croit

Son frère nègres Bonis

a eu les deux bras

cassés d'un

coup de sabre. Boni s'est

et deux femmes ont été tués, rivière Une autre 7 Juillet fraction et l'on n'a

un seul

sauvé dans la

pas pu l'atteindre". bande fut exterminée alors Seuls dans le saut Maripa le

de cette

1841. Les Boni demeurèrent plus à l'oyapock.

confinés les Emerillon

dans le haut Maroni eurent leurs encore villages à

et ne reparurent souffrir sur 1'Inipi de leurs

exactions

sur 1'Inini

et déplacèrent

et le Camopi.

3) LA FIN DE LA COHESION DE L'ETHNIE De toute a été possible été possible des groupes de reconstituer de suivre locaux. Les informateurs que les généalogies plus importante les concernant, à part pied la période l'histoire à pied

ET LA DECADENCEDEMOGRAPHIQUE que nous venons à grands d'évoquer, mais il il n'a pas

traits,

l'évolution

des clans

ou même celle

contemporains alors

n'ont

retenu

avec précision était beaucoup pour et de

que la population ils

; mises

les généalogies, un certain

positionnent,

des raisons

événementielles,

nombre de communautés

- 312

-

chefs, vu, clans ils

mais ne suivent rattachent, localisés

pas leur

évolution.

En revanche, les

et nous l'avons ancêtresàdes aisée de déduire

quoique territorialement.

parfois

avec hésitation, D'un autre côté,

la circulation

à travers

la totalité

du pays wayapi

entre

1820 et 1850 permet relativement par une journée et surtout

que nous sommes à une période les villages étant séparés

de cloisonnement

faible, ou deux de

les uns des autres

marche ou de canotage. sont très clairs

ADAM DE BAIJVE (1832) :

LEPRIEUR (1832)

sur ce point se jette la route

"Le Jari , qui Gouroupa est

dans l'Amazone, la plus fréquentée partie

en face

de la ville

de

par les

Oyampis des

deux versants

Nord et Sud de cette

de la Guyane centrale, qui sont joints à la

qui ont des relations tribu

avec ceux des leurs établie

des Tamocomes qui est

sur les

rivières

de Moucourou affluents de

et Garapanatoube 1'0yapock sortis,

(1Y, ceux des sources \.' comme leurs

et des divers depuis

consanguins ces rivières

fort

peu de temps leur source;

des montagnes sont unis ment actuel des pluies, ils vont voir

dans lesquelles

prennent

à ceux du Jari n'a pas encore tous

par des liens relâchés les travaux

de parenté

que l'éloignela saison

(22 au commencement.de ,
de culture Par suite facile Jari" sont

lorsque leurs

terminés,

amis d'outre-monts. il est très

de ces relations des 1832,

et des habitudes guides p. 212). L'évolution avec les Français) pour

de voyage,

de trouver (LEPRIEUR,

se rendre

de 1'0yapoek

sur le

démographique été bien

de 1817 (date étudiée

du contact p. 359-

à 1850 ayant

par BlJRAlJLT (1972,

360), elle nous èst connue avec une précision relative. Je me contenterai ---------____------------(1) Respectivement Mukulu et Ralapanati, affluents du haut et bas Inipuku. (2) souligné par nous.

- 313

-

.d'en phique

rappeler

les

étapes

essentielles. fulgurant

Il

s'agit

de l'écroulement

démogra-

-

probablement

le plus

connu .i en Guyaneientre Lors Sauts,

le XVIIe officiëlle.

et le XXe siècle,i(pour

une société

smérindienne. à Trois

de sa mission Waninika

(1824) , l'ingéniaur
principaux A partir chefs

BODIN rencontra, wayapi venus

et les les Français. de Piriu 6 000 ajouter tard. du Kouc;~ date. .

en grand nombre pour rencontrer .faits par l'intermédiaire soit

d'interrogatoires il estime

méthodiques

du bas Oyapock, personnes. les

les WayZpi à 1 500 flécheurs, en recense 430 en 1840, auxquels quinze

BAGOT (1849)

on peut ans plus

28 higrés

de l'Approuague, n'ayant pas visité penser

qui fusionneront le bassin

Ce voyageur

de 1'Inipuku survivaient exagération

et la source à cette

on peut raisonnablement Même si l'on admet,

que 700 Waygpi

avec HURAULT, une légère au moips

pour le recenperdit.en

sement de BODIN, c'est 20 ans.

4 000 personnes

que l'ethnie

Pour ce qui celle chapitre maladies causes des autres '(1972, ethnies

est des causes

de cette

extinction,

comne

de Guyane, où il

HDRADLT y a consacré bien,

un excellent que les sont leh siècle. .

p. 372-378)

montre

non seulement

..

importées,*ajoutées essentièlles, telles mais aussi

aux endémies que celles hygiène sont,

traditionnel-lesten avancées du XVIIIe

à nos jours, de bière influentes.

que dénutrition, ou empoisonnement

insuffisante, soit absurdes,

consommation soit peu

de manioc

Dans le cas des Wayâpi, concentrations momentankes observées

il

est.indéniable

que les

en 1819 par THJ?JADLT DE LA MONDERIE, des épidémies de bronchite violentes. et de La région.

et en 1824 par BODIN, ont favorisé maladies infectieuses cutanées

particulièrement

-

314

-

visitée appelée lentes ritaires, d'individus.

par THEBAULT entre /Tekol&a7G/, imputables "la aux luttes

le haut terre

%pfsi

et le Kouc est d'ailleurs Face à cela, et intertribales que quelques

toujours vio-

des maladies".

les morts

intervillageoises

sont minodizaines

du moins après

1800, et n'affectèrent

Un autre nautés. que leurs c'est qu'il Les Wayapi actuels ancêtres étaient

aspect savent

du problème

est la taille sur cette

des commuquestion, sinon

peu de choses Ce qui

nombreux.

semble à peu près certain, considérable des unités aussi encore

y eut entre

1820 et 1840 une réduction à la baisse

de peuplement, à une tactique utilisée

due non seulement de dispersion

démographique,mais face aux épidémies,

et d'isolement

sciemment

par les Waygpi contemporains. Si l'on excepte le rassemblement artificiel de Trois

Sauts wayapi

en 1824, il semble avoir du chef

n'en

reste

pas moins très

que l'importance

des communautés

fléchi de guerre

progressivement.

THEBAULT, en 1819, estime En 1830, après

le village plusieurs

Waninika

à 1 200 personnes.

années d'épidémies,

ADAM DE BAUVE signale et "autres plus

des "établissements" (1833,

de 100 personnes,

200 personnes,

considérables" A côté

no 126, p. 217 et 219 ; 1833, no 127, p. 266). importants, très similaires dont il il visite

de ces villages

des communautés moyennes de 50 à 100 personnes, actuels, telle celle de bJawaracigne l'avaient formées très réduite Cette réduction suivi dans

aux villages dit (1833,

(Awalasr)

: "Une vingtaine p. 214), comme celle

de familles

son émigration" familles n'avait parate

et même d'autres, de Waninika,

de quelques puisqu"'i1 situation dis-

nucléaires, avec lui qu'un

Indien à montrer

et ses deux femmes". qu'en dépit vers d'une

tend pourtant les unités.

démographique du peuplement

importante, en grandes

Wayspimaintenaient

1830 une structure

-

315

-

Le lien en gros villages partir réelle. de 1850,est

existant

entre lente

le maintien

de cette

structure locauxlà bien et

et l'évolution difficile

des clans

aux groupes

à dégager,mais survenus entre

me semble la fin

intuitivement siècle

Si les déplacements contraires

du XVIIIe

1820 étaient on voit

au maintien origines

de la base territoriale des familles d'abord (cf. carte survivantes

des clans, vers 1850,

aujourd'hui

par les

que les WayZpi cherchèrent en s'enracinant tallaient mais déjà, peut être

sans doute sols

2 en palier 3 p. 71).

ies

inconvénients

sur de nouveaux

Or, s'insconstitués, de clans Wayapi situent

sur ces nouvelles en raison

terres,

non plus

des clans

bien

de la baisse

démographique, Ainsi, lorsque

des débris les actuels

déjà même intermêlés. /W!clapaim+aw&gs/

le clan /I&?ii voir

sur la rivière

Waip3kDle

et le clan faut-il ne

rnGZw"ange/ dans la région là qu'une tentative

de la rivière

Y&nagalalG,

de maintien celle

de la base territoriale. des grands groupes bien brassages intertribaux

La période et la volonté waygpi (les

1800-1850

est aussi

de présenter

certains

étrangers

comme des clans évolutive

T?ayana par exemple) clanique à l'époque A partir

indique

la dynamique

du système

même de l'écroulement

démographique. va faire sentir

de 1840, la dispersion géographique Ce n'est plus

ses effets aux relations

et le cloisonnement intermittentes. la vie

va créer

des semi-isolats clanique

sur la structure

que s'appuiera villageoise.

des communautés,

mais plutôt

sur l'endogamie

- 316

-

V L’ISOLEMENT ; ET LA SURVIE :

Naissance des Wayapi contemporaine (1840-1940)

Avec le chiffre d'après

de 700 personnes l'unité

avancé

pour

1840

les données de BACOT, apparaît l'histoire contemporaine

démographique

à partir C'est survient.

de laquelle aussi

des Wayapi va se construire. grande coupure de l'ethnie

peu après

1840 que la première déjà

Le mouvement était la région de Mltake

amorcé en 1830 car ADAM DE BAUVE et FERRE, visitant de l'Amapari, : nouvellement est la cause montrent bien les

et des sources

conséquences

de la situation la journée, (...). Il

sanitaire

"Toute

nous marchâmes dans des abattis paraît du reste Indiens qu'une épidémie

abandonnés

de ces émigrations retirés fort loin"

et que les ‘(1834,

qui ont survécu

se sont

p. 266-67). situent un peu plus tardivement

Les Wayapi actuels

-

317

-

ia scision tard

entre

Wayapi du nord et Wayapi du sud, qui deviendront D'après une tradition recueillie auprès

plus

les Wayapi-puku. Aitu, c'est

de la

grand-mère d'Awala épidémies, sud :

à l'époque

de la jeunesse

de Sulu, Oyapock,

grand-père des du

(donc vers décidèrent

1840-50)ique

les Wayâpi du haut sur leurs

de se replier

anciens

las _. territoires

Aitu l'arbre resta Le groupe présage récents

: "Lorsqu'ils (qui leur

franchirent servait gauche". gauche vit

l'oyapock

au saut Wllasapa (1) , cassa et une partie

de passerelle)

sur la rive

demeuré sur la rive et alla s'établir Le groupe où il

dans cet

incident

un mauvais

dans le haut Kouc dans le voisinage,d'émigrés qui avait franchi 1'Oyapock alla vers le sud,

du Jari.

sur l'Amapari, Wisiwisi.

fonda une communauté sous la direction

du chef

La réalité version de la grand-ère Aitu

est

sans doute - plus

complexe,

mais la

a le mérite Nous verrons

de souligner plus loin

l'unité‘originelle que la scission . . que, ,

des Wayapi' et des Waygpi-puku. des deux groupes fut très

relative. précédemment (cf. puis

Nous avons montté dès 1790, s'instaure entre une période

p.~ 29iy de brassage

de convivence ethniedde clarifiée.,

Wayapi et survivants la situation n'est partie

des petites pas encore de l'histoire

._ hamte ti~a&.V~o bien

etlubique

1840-50,

què ce brassage Wayapi. Né~oins, souvenir

fasse déja nettement ---------------,-----------' . (1) Le toponyme de cet évènement

interne,des

/wilasapa/, historique.

"passerelle'>est-d'ailleurs '.

porteur‘du

- 318

-

avant

d'aborder

celle-ci, après

j'examinerai 1840.

deux autres

cas de métissage

intertribal

survenus

1) LES RELATIONS INTERTRIBALES

Le premier du bas Oyapock nécessite

de ces deux groupes, est d'origine

celui très

des Indiens diversifiée, et

et de l'bpprouague, détaillée.

une présentation Vers

1819, le moyen Oyapock, Notaye,était Piriu ethnies Paul la fin ou, déjà, Geral. des écrits subsistait même unilingue. selon habité

des premiers

sauts

au

confluent

de la rivière p.

comme nous l'avons

vu précé-

demment (cf. les

181) par les de plusieurs de Saint depuis libérés

(1) qui représentaient jadis installées

à l'époque aux abords Ils des intédivers métis :

descendants jésuites en outre, (esclaves parlant

missions graient Noirs

et de Sainte du XVIIIe mulâtres), Quoiqu'ils

Foy de Camopi.

siècle,

des éléments de la côte, très

Indiens fussent

brésiliens il ressort,

la Lingua

déculturés,

essentiellement amérindien étant que,

de THEBADLT DE LA MONDERIE, que chez eux et en particulier En 1840, BAGOT estime la langue ce groupe

le fond culturel tupi,

le chef Alexis alors

à 65 personnes, recueillies la centaine.

la compilation

des données démographiques devaient encore atteindre

par THEBADLT en 1819 et 1822, ils

En 1830, ADAM DE BADVE et FERRE signalent groupe indien installé au Saut Keimou (KEimukwal&), entre

un nouveau les Piriu qu'ils cette à 28 et

les Wayapi. étaient

Dans son rapport vingt ans plus

de 1849, BAGOT explique tôt de l'Approuague,

clairement ce qui place estimés

sortis

immi.ation entre 1825 et -------------_--------------

1830. L'origine

de ces Indiens

(1) Quelques auteurs, comme BAGOT, conscients de l'assimilation de ce groupe,les désignent de l'appellation vague d'"Indiens

profonde Créoles".

- 319 -

personnes

en 1840,,est

tout aussi diversifiée
fournies

que celle

des Piriu.

Les nous trois

données démographiques apprennent petits

par NOYER (1824) début

et DEVILLY (1850)

que sur l'Approuague,au amérindiens, (Norak). d'aval

du XIX siècle,,survivaient

noyaux

en amont : des Maraones, groupe était

des Tapouyes les deux

et des Nouragues autres étant

Seul ce dernier de 1'Amapa et de

indigène,

des réfugiés siècle

l’Amazone. Les Maraones étaient
brésiliens p. 308). plus Les trois quIIndiens, groupes Geral.

venus au XVIIIe

et les Tapouyes, des Cabanos et leur

métis (cf.

vers 1830, après la révolte
étaient Vers en relation 1840-50, les après constante

langue

commune était citées plus plus

la Lingua haut vers cinquante travailleurs

l'émigration

des familles

l'oyapock, sonnes, "coolies"

Indiens

de 1'Approuague ensuite

ne dépassaient Créole5 qui

per-

qui fusionnèrent (Indiens d'Inde)

avec les

et les suivirent. eurent ~~300)

dans les décennies amérindiens

Ces groupes négligeable que relais apparaît tant culturel également du point

résiduels (cf.

un rôle qu'en tant

non

de vue historique (cf.

de l'Occident au niveau

p. 181).

Ce même rôle en effet,

de relais du haut : ;

des métissages. s'établirent

Bientôt

en bas de l'oyapock, Palikur émigrés encore leur et alliés

des rapports avec Piriu

de proche

en proche

; Piriu

avec émigrés Si,

de 1'Approuague

de 1'Approuague les émigrés

avec Wayapi.

en 1856, MARIN et MAZIN signalent du passage de CREVAUX,

de l'Approuague,

en 1878, lors total .

mixage

avec les Wayapi est déjà

Au même moment s'amorçait avec les Piriu, mais cette (1893, p. fois, plutôt

un processus

similaire CODDREAU Waninika avec

au détriment

des Wayapi.

nous indique

301) que, vers sur la côte tôt, où il

1870, un neveu du grand devint matelot

chef

nommé François,émigra les Tapouyes.

et navigua

Un peu plus

BAGOT (1849, qui furent

p. 6) cite attirés

le cas de deux chef

Waygpi du village des Piriu.

de Yawalumiti

par Gnongnon,

- 320

-

De nos jours, sages : Misa: - "Au fait, Milat*la Oui. bien n'a sûr,

Tatu

et Mis3 commentent

ainsi

ces métis-

comment s'appelait ?

(le)

neveu

(de Waninika),

mon fils) Tatu :'-

Misa : - Oui, Pierre Misa: Pierre Miss: Tatu Mis>: Tatu Mis Pierre Misa: : - Il - Il

M?Jatsala

! Voilà

ce que l'on ?

dit.

pas de descendants ami.

aujourd'hui

n'en

a pas, sont

: - Ils - Ils : - Il

tous morts, ?

sont y eut

tous morts. (quand même) le chef Gnonghon.

- Oui ! : - (aujourd'hui), : - Oui, Elie, il Et quel y a Elie (1) . est le nom de l'autre, déjà ?

: - Monsieur - Oui, bien

BOSS~U(2) , sûr, il y a aussi Monsieur Boss~u, mais comment ,(3) .

s'appelle Tatu Miso:

l'autre,

mon fils ça : Waninika.

? (ça me revient)

: Wananika

: - C'est

- Hein ? non ! Wananika, qui montèrent Il (jadis

Wananika. le fleuve) Toto.

Il

y en a encore

d'autres

avec Monsieur On disait celui-là

Hurault. ainsi, ? De ami.

y en a un qui était-il

s'appelait le descendant

De qui

déjà, étaient

Saliyana&Toto

et les

autres

les petits-fils

(1) et (2) : Elie BOSS~U et Henri BOSS~U vivent à Saint Georges de 1'Oyapock. Créolisés, ils sont pourtant, parmi les descendants des derniers Piriu, ceux qui sont le moins métissés. Tous deux sont canotiers sur le fleuve.
(3) Georges Wananika, métis physiquement très négroïdehappartient au même groupe, Bien qu'il ait passé sa vie à Saint Georges et à Cayenne, il connaît encore des chants en langues tupi. Son nom est évidemment une corruption de Waninika, l'illustre chef wayapi, ce que suggère d'ailleurs la réplique de Tatu.

-321

-

de KaliyanalE(l). Tatu Mis1: Pierre Mia: : - Tous sont des nôtres. - Tous sont des nôtres. : - Ils - Oui, ils sont semblables sont semblable8 aux Wayapi.

aux Wayapi,

c'est

même une

certitude. Tatu Miss: Tatu : - Ge ne sont pas des Galihi. - Non. : - Ni des Palikur.
des

. Ils auraient pu être des nôtres (9). ,' ::

Mia : :Ni Pierre Mis3:

Palikur.

: - Mais ce sont des gens de Maripa@). - hi,, ce sont des gens de Maripa. Ils
aUraient

des nôtres, Tatu Mis : - Ils : - Ils aval Il des éléments sation. les

mais ils
que.le

ne comprennent
Créole..

pas notre ..

pu êtrt . langue,,

ami.

ne parlent ne parlent du fleuve."

que le Crcole, -

,parce qu'ils‘.'habitent

‘en

semble donc évident avec les pour cette que trois Piriu,

que les Way"api aient eux-mêmes'eü nous n'av'ons reconnus voie

perdu de cr&ogidaits

par métissage

En sens inverse, wayapi

époque,

retrouvé

généalogies dire

ascendant8

conmt Piriu,
à'dts

encore
Waygpi,B

doit-on

que ces ancêtres

ne s'unirent

pas directement

mais aux.émigrés de 1'Approuague avant leur fusion. -------------------------------(1) Kaliyanalg, ou Kaliyan?i, chamant piriu qui vécut vers a été évoqué.à propos du chamane wayapi. Asapa. (Cf. p;,;&.

1880. Soti nom

pu mener la vie tribali," (2) Mis3 veut dire : "Ils auraient (3) Ainsi sont nommés par 1e.s Créoles de saint Georges les derniers métis Piriu, du nom de leur dernière localisatiod;#W le saut Maripa.

..

- 322 -

L'autre wayapi plupart les après 1840 est celui

grand

apport

amérindien et surtout

qui marqua l'ethnie des Wayana. Si la insistent de langue sur karib,

des Aparai

des auteurs

de la seconde moitié

du XIXe siècle

rapports

privilégiés eux parlent mixte

des Wayapi avec ces deux peuples dé.mariages intertribaux. (1893,

peu d'entre un mariage

Seul COUDRRAUsignale p. 551) et DE COEJE de la rivière des

Wayana/WayPpi Wapurumuit, dont p. 12). il dit

sur le Jari vivant qu "'il

le cas du Capitaine Loué et de l'Itany, Oyampis" (1942,

en 1937 au confluent descend

du côté maternel

Or, nos informateurs le fait que plusieurs intertribales selon mariages mixtes

wayapi furent délicate

insistent conclus.

beaucoup L'appréciation de

sur de

ces unions valorisation de leur donnent

est rendue

par la disparité

les deux ethnies. avec les Wayapi, grandiose,

Les Wayana ne se vantent alors qu'au contraire,

guère lui

métissage

ceux-ci

une importance

Mi83 n'hésitant

pas - en contradiction culturelle la

avec la plupart plus évidente "C'est dernier

de ses propos - à dire ainsi : qu'à

habituel8

et de la réalité

partir

de cette

époque

(la

fin

du siècle vraiment

et. le début

de celui-ci),

nos pères

devinrent

des Wayana, parce Il va même 'jusqu'à étayer

que les Wayana se métissèrent son propos lointaine d'une généalogie les

avec eux." fictive. deux généalogies de ces

Même si des liens citée8 liens :

de parenté ressortir

ont existé,

Ci-deSSOUS font

clairement

l'artificialité

- 323 -

oMisû Kulienpë Tuluwahahe

n Moloko

A PawE

1 - généalogie Uweli Paw&
Taliliman A

fictive donnée comme wayana. donnée comme wayZpi.

: personne : personne

ri’ Aika Yamilie la A -

aplili
A Yamaull

AI<L Matali

;

Walusi -

A
l..

SZJui
A Aitu Alamasisi

l-

-7
0

Miso

A

Pawc

2 - généalogie Taliliman : seule

réelle personne wayana du diagramme.

(c'était un colporteur wayana venu s'installer chez le chef waygpi Pierre Louis, lequel lui donna sa soeur Walusi comme épouse). .

Fig.

16

Les métissages généalogique"

Wayana/Wayapi

: tradition

orale

et "réalité

- 325

-

Pourquoi nous ont habitués que la généalogie de référence voir à plus réelle,

une généalogie de rigueur recoupée

fictive

chez ces Wayapi qui souvenirs ? Précisons ayant ne faut aux colporteur8 valeur donc

dans leurs maintes fois,

est la seule Il

au niveau

interne

de l'alliance

aujourd'hui.

dans cette

manipulation

que le moyen pour certains des liens les années privilegiés

de créer, avec les

niveaux

généalogique8

supérieurs, commercer vers

wayana qui vinrent

1920-30 chez les Wayapi. modeste, et nous allons et qualitatiles unions aient avec été

La réalité voir qu'il convient Par arlleurs, sont de nuancer

est donc un peu plus ces unions,

quantikativement

vement.

pour des raisons

non éclaircies,

les Aparai tout fourni aussi

Sensiblement

moins valorisées,

quoiqu'elle8 d'elle8

importantes

numériquement de chefs

et que l'une de haute

au moins ait

aux Wayapi une lignée Voici

réputation. chronologique, et- Wayapi. les

résumés,

dans un tableau

mouvements matrimoniaux

connus entre

Wayana, Aparai

- Mouvement8 matrimoniaux Wayana, Aparai, Q00000 date H. ethnie F-. Wayapi.

entre -

commentaire

vers
1860-70 Wayana WayZpi Taliliman fille cendance vers 1875 Wayana WaySpi se marie avec,Walusi, du chef way?ipi Kwanu. La desest chez les Wayâpi. des rapport8 est chez

M3&lim% entretient adultérin8 wayana. les WayZpi.

avec des colporteur8 La descendance

- 326

-

vers 1875

Il. Aparai

F. Aparai Pins, et S?I les WayZpi. chez les Wayapi. se fixent La descendance chez est

1890

Wayana

WayZpi

La fille

du chef Kuluwa

se marie

avec le chef wayana Marier:. Aucune donnée sur la descendance qui naquit 1895 Wayana Wayana en pays Wayana. s'installent

T&kwat? et MDyuata chez les Wayapi. est chez les Way?ipi.

La descendance

1900

Wayana

WayZpi

Tolonpo Wayapi.

prend

femme chez les est chez

La descendance

les Wayana. 1930 WayZpi Wayana Pilakaka épouse Miyulu, femme

wayana du Jari.

La descendance

est chez les Wayana. 1950 Aparai Waygpi SalapD, WayZpi. Aparai du Jari se marie chez les est chez

avec Atu et s'installe La descendance les WayZpi. 1950 WayZpi Aparai Osa se marie avec Ptkîi, Ils vont du Jari.

veuve, vivre La des-

mère de SalapD. chez les Aparai cendance 1'Itany. 1959 Waya"pi Wayana Pituku Pasolina émigre

est chez les

Wayana de

sur 1'Itany

et pren

pour femme. La descendar

est chez les Wayana.

1964 1965 -l

WayZïpi WayZpi

Wayana Wayana

Man%z émigrés après

et MDysini,

jeunes

hommes fondé

en pays wayanaiont 1970 seulement.

des familles

avec des femmes wa;

- 327

-

S'il mises à jour, ce tableau

est possible montre

que d'autres très

unions nette

n'aient

pas été des

une évolution s'inversant

au cours

décennies, après 1900.

l'apport

numérique

nettement

au profit

des Wayana

2) HISTOIRE DES GROUPESLOCAUX ET CHEFFERIES

Après l'évolution sont de plus actuelle. des groupes en plus

1840, il locaux,

est possible étant bien

de suivre entendu

peu à peu

que nos connaissances de la période de quelques et des

sûres

à mesure que nous approchons évolution, nous disposons

Pour apprécier

cette

données démographiques, localisations montrant ce tableau tions précises. l'évolution sert

mais surtout A partir

de nombreux

noms de chefs

d'elles,

nous avons dressé

un tybleau de

de la chefferie

et des communautés.

La lecture

de support

à la compréhension

des évènements

et des situadu

que nous allons politique,

commenter.

Pour unè meilleure au chapitre.11

appréhension p. 96.

système

j e renvoie

le lecteur

Tableau
EVOLUTION C&i

3
COMMUNAUTES DE 1840 à 1940

-

moupes

principaurr.

-

groupes

secondaires.

----

évolution

hypothétique.

La période particulièrement Pôkü peut en effet

qui va de 1840 à 1870 semble avoir employé par

été

sombre et le mot "démoralisé" caractériser s'est rapports forte l'état opérée d'esprit à cette

la grand-mère
Si une scission l'imn'est en plus ch. 'III économique même chiffres

des Wayapi.

en deux grands pression, à lire

groupes les

époque,

on a nettement

de BAGOT et de MARIN et MAZIN qu'elle atomisation géographique isole également de la pression de Guyane ayant les de plus (cf.

pas la seule

et qu'une

les communautés les unes des autres.

Souvenons-nous intense

p. 176) que nous sommes au moment le plus des traiteurs été obligé français de freiner et créoles, leur trafic

le Gouverneur après

1842. En comparant respectivement cette

,de BAGOT et. de MARIN et MAZIN, collectés 1856(l), du bassin plupart on ne peut que mettre

en 1840 et fréquentation De plus,. intense la

en corrélation situation

de 1'Oyapock

et la mauvaise

sanitaire.

des communautés sont limitées Le seul chef important

à une ou deux familles signalé

étendues. est

par les voyageurs que son autorité (1849, reprises

Yawalumiti, contrastait p. 5). Auguste sition

installé

sur le Kuluapi,

dont BAGOT dit chefs

avec la faiblesse

des petits

de 1'0yapock

Dans cette (3kitF constante

rég-ion, le seul chef signalé -à, plusieurs
dans la tradition avec les traiteurs orale), qui semble avoir

est

été en oppoplus être isolées

européens.

Dans les régions devait

des bassins

-----------------------------------------

de 1'Inipuku

et de l'Araguari,

la situation

sans

(1) BAGOT indique 223 Waygpi sur l'oyapock, 207 sur les zones qu'il visita dans l'intérieur (Kuluapi, Mltaks et source de l'oyapock) et 93 Indiens "Créoles" et émigrés de l'Approuague, soit un total de 523 personnes. VA@IN.et $ïAZIN indique& en 1856 un total de 238 personnes pour' tous les Indiens de l'Oyapock,'des premiers sauts à la source de 1'Oyapock. Même en tenant compte du fait qu'ils ne visitèrent dans l'intérieur que la source de l'oyapock, c'est une diminution de.200 personnes en seize ans,) dans le bassin de l'Oyapock,qui doit être notée.

- 330

-

doute moins négative de la société ancienne

et c'est étaient vers

dans ces régions

que les aspects

guerriers

les mieux conservés. 1865-70, même si la situation qualifiée vont de bonne, ins'tàurer de l'ethnie plusieurs tentaqui,

Ainsi, prise tives

dans son ensemble ne peut être pour créer

des communautés fortes permettre

une dynamique

sans malheureusement va redonner trois chefs vie

un redressement intervillageoises. régions, ; Aslngau résument

démographique Trois cette

impossible,

aux relations trois

noms, ceux de période : Was&yli

contrôlant

dans la région plus lité

de 1'Amapari

dans la région Louis,

du Kouc, et T%myu'a de navigabitrois autorités

connu sous son nom français du haut Oyapock. différente Trois chefs

de Pierre

à la limite mais aussi

authentiques,

d'origine

: Asingau,

l'homme de la résistance ; WasaylG,

face aux

Brésiliens,&,rassemble le dernier

un groupe de réfugiés la vieille dit guerre de lui

chef traditionnel, ; Pierre Louis, magnifine peut ;

qui pratiquera

de vengeance Miso,

"un Blanc et non plus quement la tentation asseoir Waseyli de l'intérieur.

un Wayapi" de puiser Aslngau

et qui illustre que l'on

à l'extérieur et Pierre

un pouvoir Louis mourront

ensorcelés

mourra au combat. Pierre

Mais revenons Louis

un peu en arrière. dès 1856 par MARIN et MAZIN, devait n'est ayant alors certaivoyagé MARQUET le

est signalé

installé être

dans la région

du Saut Manoa. Le chef du village Son installation à 1860. Parlant sur les Blancs à cette Adoptant il s'attira (cf. en amont de salupa français et créole,

son père Alasuka.

nement pas antérieure sur la côte, qui fréquenta s'appuyant

- peut-être parvint

le voyageur

les parages

époque - il

à monopoliser avec les et fut siens

commerce du haut Oyapock. un comportement européen+

dans les relations des inimitiés mourant

ensorcelé

par le chamane Takulupaye avant le voyage

p. 240),

sans doute peu de temps

de CREVAUX.

Les

communaut& (1885-1915)

‘waySpi

-.-

-.-

:-

,“.,.,:

f

. I

- 333

-

Le sort avoir mourut été surtout ensorcelé populaire à la suite

d'As'lngau parmi d'une

m'est

moins bien

connu.

Il

semble lui aussi

les Waygpi du Kouc. Néanmoins, joute chamanistique

avec Alama : les

deux hommes convoitaient

la même femme. je ne sais rien, sinon qu'il fut un grand

De Waseylr, chef et mourut bravement.

Les évènements les hostilités qui opposèrent

les

plus les

saillants

de cette

période Kuya'i

sont

d'abord

gens de la rivière

commandés par WastylG jourd'hui peuvent

à ceux du haut Oyapock. futiles il : le meurtre

Les causes rapportées d'un chien, ne soient un troc

auprati-

paraître ; mais

qué de façon prétextes du groupe de traite

vexante

semble bien plus profondes

qu'elles

que des

cachant

des causes

: l'importance

croissante des objets

de Wassyli

dans le premier

cas ; la monopolisation cas.

par les gens du haut Oyapock dans le deuxième Après une attaque surprise

des gens de *ka, complètement

ceux de adverOn peut

Kuya'i saires. dater

se reprirent Lès survivants ces évènements tête

et en deux temps défirent se réfugièrent vers

leurs

sur le Jari entre

et le Kuluapi. les

1870. L'hostilité et les villageois années plus les

gens de la Mapali. Louis et de Sa"lui,

avec à leur se passa

Yalalapi, quelques

de Pierre tard.

sans doute leurs

Après une ou deux escarvictimes, subir ces deux derniers de lourdes pertes

mouches dont chefs lancèrent

gens furent

principales et firent

une expédition Ils

punitive

aux gens de la Mapali, même quelques émigrèrent vers familles

récupérèrent voisines

plusieurs-de du village

leurs

femmes et qui

isolées

de Yalalapi,

le haut Oyapock peu après. Lors du passage de CREVAUK, en 1878, la pacification

- 334

-

de la région l'ensemble des grands lement dernier rapports qu'avec dit

semblait

totale

(1) , et même si ce voyageur on peut déduire vient d'être de sa relation évoquée,

n'a pas visité qu'après la mort à l'isoPierre, de

des communautés,

chefs dont la figure ses droits.

la tendance

reprenait descendant

Dans le moyen fleuve, du chef Waninika,

par exemple,Jean entretenait plus

de la famille

avec les émigrés ses frères

de 1'Approuague Son village,

et les descendants installé le plus

des Piriu

de la forêt.

en face du lieu septentrional

Roche hion Père marque d'ailleurs atteint par les Wayapi. Pourtant, après

le point

jamais

1880, la situation

va à nouveau changer. pas

Les grands voyages étrangers, teurs tion

de CREVAUX et de COUDREAU n'y de plus en plus fréquent

sont certainement

le parcours trait

du pays par des colpornon plus. La descrip-

wayana, détaillée

d'union

entre

les deux cultures,

des communautés wayapi de COIJDREAU,suffit décennie. Il

en 1889-90, à partir

des données l'évolution que les des mi-

géographiques pendant retombées grations fut entre très cette

d'ailleurs très

à nous en montrer important de rappeler

est aussi .

des conflits ou de simples favorable

de la période déplacements

précédente d'individus.

ont déterminé Cette

destabilisation Aux guerres

aux transformations

des groupes

locaux.

communautés s'ajoutent appartenant

des phénomènes de fusion à des ethnies et des Apulakawakiï, qu'une situation étrangères

avec des groupes : c'est le cas wayana

ou des individus des Kusari, et aparai. Il

des Kaikugian est évident

ou de colporteurs si variée

va se refléter

dans la composition des nombreux groupes locaux : ------------------(1) Cependant il rapporte (1883, p. 99) la parole d'un Jari, à l'une qui lui déclare que "la guerre vient il haut. d'éclater Compte tenu du retard des nouvelles, évoquées plus s'agit

chef wayana du bas du Yari". d'une allusion

dansle

certainement

des deux guerres

- 335

-

Dans le moyen Oyapock, sur le Saut Kumalawaiun François, originaire éteint petit groupe local

en 1889, nous trouvons dirigé par M+kula, ; ce petit dit

installé Petit isolé

de la source de 1'Oyapock rapidement.

groupe

semble s'être

Plus en amont, à Wiliitu, dit François (Pal&a), à Mutusi,

est installé

le chef Uluwu?i, tôt. Plus le issu

émigré du haut Oyapock vingt c'est du fleuve Ka?iluwiyZ jusque vient ou Pierre, vers

ans plus

haut encore, principal

qui va devenir Ce jeune

personnage

1905-1910. du pouvoir supra p. 130).

chef,

des émigrés à la suite en effet,

de l'hpprouague, d'évènements

d'hériter (cf.

de son père Asapa En 1882 ou 1883 avec les quand le réputation, Jean il

dramatiques

les gens de 1'Approuague depuis

ont fusionné déjà plus Asapo, assassine d'une

définitivement décennie,

Wayapi du chef Jean Pierre principal ne tolérant Pierre personnage pas cette de leur

groupe,

chamane de mauvaise ou fait assassiner

suzeraineté, Umalukct.

et son frère en justice

A la demande du chef Piriu puis relaxé grâce

Gnongnon,

est traduit qui plaide tribales chefferie Kaliluwiya

à Cayenne,

à Maître

Aimé Belon les affaires

l'incompétence

de la justice

française

à régler

(COUDREAU, 1893, p. 300). pendant aon emprisonnement.

Son fils

KaliluwiyZi

récupère.la Asapo, puis

Avec les personnages chefferies

et François,

ce sont de nouvelles

qui apparaissent

dans 1'0yapock. La population ailleurs des plus composites-: des groupes émigrés locaux de 1'0yapock est par

récents

du haut Oyapock et même ; gens de Nouragues incessants sans

du pays wayapi-puku l'bpprouague (Norak)

; descendants

des émigrés de Waninika aux anciennes bénéficieront par les objets locaux. Ainsi

et du bas Oyapock rattachés Jusque vers 1910, ils

ethnies d'apports européens, le plus

et Piriu.

de Wayzpi du centre pouvoir constituer

et du sud, attirés de puissants groupes

important,

- 336

-

celui jamais

de Ka?il&wiya excéder

qui connut

quatre

localisations

en quinze

ans ne dùt x

35 habitants. Ce mouvement hémorragique semble avoir au cours

été involontaide ses missions leur

rement

perpétré

par COUDREAUqui, le chef François. une richesse et donc d'attirer

s'appuyant, puis,‘surtout,

géographiquesisur permit d'acquérir

sur Ka'iluwiya, proportionnellement

en objets

européens

considérable, il

des hommes. Sans les maladies aurait réussi. à peine En

importées,

est vraisemblable

que Ka'iluwiyZi

1890, la population

totale

des Wayapi de 1'0yapock Dans la région

atteignait du partage : celui

70 personnes. les Wayapi Kaub et Akala sont sur

des eaux, des chefs

regroupés

en trois

groupes

locaux

le WascypS ?I ; celui Tuwcle 1 vement (formateur isolé A vers

de Salui

et de Tapi?i ; celui

sur le haut

Oyapock et le relati-

du Kuluapi) le nord-ouest'sur Les autres

de Wlla

et de AlipGp>k>,

le Waypskale. par COUDREAU,jcomme récents issus de la rivière ils les trois

communautés visitées composées d'émigrés Au cours d'Alipipoks

Yakami et Malakaya,étaient Mapali (haut cours

de 1'Amapari).

des années qui et de Wila

suivront,

fusionneront groupes groupes locaux

avec les villages

pour former les

que nous trouverons sus-nommés, c'est

sur le Kouc vers celui des chefs le plus

1920. Parmi Salui

principaux

et Tapi?i

qui représente le mieux en paire côté, jeune d'origine émigré

le noyau géographiquement

stable

et correspondant par une association semble, de son alors

au modèle de l'endogamie des villages. L'association durée.

villageoise de Kaul& En 1878

tempérée et d'Akala

avoir chef,

été de courte était kusari, localisé était via

en effet, tandis

ce dernier, que Kaul&

sur le Pilawili installé la rivière plus

, chef après de avoir

au nord sur l'%pis?,

de 1'Inipuku

Mitaka.Au

moment du passage

- 337

-

COUDREAU (1889-90),

Kaul~

commencera une installation mais changera mourra d'avis, puisqu'il

chez Kaliluwiyá s'installera à son fils Posisi.

(COUDREAU, 1893, p. 431), sur le moyen Ipis'I Celui-ci pendant Une partie de l'Zp&sî'où contact émigrera quelque où il

en passant

la chefferie

sur le moyen Oyapock chez Ka'iluwiya, temps encore des relations avec les restera

mais entretiendra gens du haut Oyapock. dans la région refusant le

de la cormnunauté KaulF-P3sisi ses descendants autres groupes survivraient wayapi.

cependant

actuellement,

avec les

Chez les Waygpi du sud est mal connue. nautés ont, de cette Il est certain très

ou Wayapi-puku,

la situation des commu-

que COUDREAUignore certainement délibérée Kaluni parce

la plupart

région,

que ses informateurs La seule zone qu'il

sur ce point, est celle (Mapari),

une volonté des rivières formatticee

de silence. (Caroni),

parcourt et Mapali

Yakamiwa

(Agaiouare)

de l'llmapari. région se réduisent

Au moment de son voyage, à moins de‘30 guerres évoquées (1893, personnes. précé_

les deux communautés de cette La dépopulation demment..Si p. 3681, il après avait

évidemment allusion

pour causes

les

COUDREAUfait

à ces hostilités pas en mesurer

récentes

ne semble cependant l'ultime reste

la portée. qu'il Mis?.

Une décennie visita émigra

son passage, vers

de la population selon est

d'ailleurs

le haut

et le moyen Oyapock, de la Mapari

Si le-bassin une zone déserte, sont relativement parmi les divers

sans doute

désormais région

.,

les Waygpi descendants nombreux groupes actuellement,et

des villageois nous les

de cette

avons rencontrés

locaux

contemporains. de cette d'avec époque, les je ne sais

Des autres pratiquement rien, sinon totale

Wayapi-puku scission

que leur

gens du Kouc et .du au moins. pas

haut Oyapock était COUDREAUentend

en 1890, et ce, depuis à l'est

une décennie du Jari

parler

des "Calayouas"

mais ne cherche

à les visiter en fait par cette voie. Il

338

vraisemblable qu'il s'agissait

est très

des Mayapi-puku De tout

de la rivière

Karapanatg. on peut déduire que, vers 1885-

ce qui précède, d'ensemble

1890, la situation bonne, relativement

démographique stable.

des Wayapi était, du moyen Oyapock,

sans être c'est une de être

Aux 70 habitants que j'ajoute

estimation

de 200 personnes

à partir

des données globales identique peut

.COUDREAUpour le haut Oyapock et le Kouc. Un chiffre avancé pour les Wayzpi-puku. de 500 personnes Nous arrivons de l'ethnie

donc à une estimation à la fin semble avoir la population par secteurs

de près

pour l'ensemble Cette fin

du XIXe siècle. été, pour les Wayapi, les

du XIXe siècle La faiblesse.de

une période villages

d'hésitation.

contraint

à un isolement

relatif.

Pourtant,

géographiques, On ne peut pas

nous retrouvons vraiment voir, parler

des groupements de groupes

de communautés solidaires.

dominants , quoique, aient dit,

comme nous venons de le Exploration un rôle essentiel vilentraîet :

des tentatives

pour y parvenir ainsi

été faites. jouent

commerce intertribal, tour lages, nent, à tour force

que je l'ai

de stabilisation de dispersion

par l'enrichissement par la circulation

de certains

et force ils

des hommes qu'ils

donnent

la clé de l'époque. 'Flalheureusement, les maladies et obliger importées vont, une fois à leur de 1891

de plus, unité

intervenir

négativement Des maladies

les Waygpi à renoncer amenées par la mission

relative.

pulmonaires la cause

de COUDREAU pourraient L'épidémie avoir semble avoir

en être affecté

(COUDREAU, 1893, p. 505 et p. 525). de villages dont Wila. et

un nombre considérable chefs,

causé en particulier

la mort de plusieurs

- 339 A cette nouvelle d'après agression situation

-

catastrophique fois-ci

vint s'ajouter une
de Guyane. L'évènement,

extérieure

venue cette wayapi n'a

le nom des protagonistes tard vers ce qui, étaient 1905. Il

1895, au plus françaises, et Français

peut être daté au plus tôt vers /4 laissé aucune trace dans les archives que les relations entre Wayspi

secondairement, alors nulles.

prouve

Un groupe de Noirs EranFaise devaient parvint venir dans la région de Surinam

cherchant

à échapper

à

la justice
ces Noirs

du Kouc ci> . Selon les Wayapi, Guyane hollandaise), de trois d'entre eux,

(à l'époque

car ils
Siling,

parlaient
Pase

un peu le Wayana. Les noms déformés et MitefprAque indices la tradition orale

wayapi

a retenus wayapi,

: si le dernier

est un sobriquet que furent fuite

ne sont que de faibles f\ le premier est à consodes intrus, aux ruées

nance anglo-saxone. j'incline vers furent l'or à penser

Quelles que leur

la ou les nationalités

est sans doute à rattacher à celle de 1'Inini

du Lawa de 1888 ou-mieux des voleurs guyanais.

de 1900. Ces hommes comme disent crime Arrivés puis s'emparèrent et

peut-être mineurs

de placers, Ayant ils

des "maraudeurs"

les vieux

sans doute commis quelque dans la forêt. les villageois,

poursuivis par la justice,
chez les Wayâipi du Kouc, ils de plusieurs village, ils

s'enfoncèrent rançonnèrent

femmes. Après qu'ils furent le Jari. exterminés

aient répété ces exactions dans un second
en deux temps, un seul rescapé venant s'ajouter étant parvenu ,

à descendre . eut un effet

Cet évènement mineur, désastreux.

aux épidémies,

psychologique Caractérisé

par la dispersion, d'alliance

l'isolement,

donc l'afdu XXe

faiblissement siècle est

de la dynamique

et d'échange,

le début

la période
d'une

noire

de l'ethnie trop

wayapi. Chaque communauté avait
de s'accroître aux

conscience

faiblesse

grande pour tenter

dépens des autres. Nos les plus âgés, Mis>, Awala, Pina, -- -------__----------------------- informateurs (])Leur itinéraire exact dut être 1'0yapock et le Knluapi. Ils ne semblent pas avoir visité les villages du WasEyp"t? f ni ceux de la source de l'oyapock.

- 340

-

nous disent tandis

qu'alors

les villages

étaient

petits, sur leurs enfants.

enserrés pilotis, La vie jarres,

dans la forêt, étaient sociale étaient faites était ins-

que les habitations, des félins tel les

haut-perchées femmes et les

pour protéger réduite tallées une place de repli, riences tinction entre

à un point dans les

que les

auges à cachiri,

les

habitations Il

et que bien peu de communautés possédaient
ne fait pourtant pas de doute que cette attitude

pour danser. préjudiciable de contacts physique

à la richesse du XIXe siècle,

culturelle, contribua

mais tirée à sauver l'ethnie

des expéde l'ex-

pure

et simple. l'objet trouvé

Signalons

que la région

du moyen Oyapock et que ni sani-

1910 et 1940 fut

d'actives en ce lieu

prospections assistance et maladies.

aurifères ni matérielle Le

les Wayapi n'auraient taire, Emerillon p. 12-13). J'ai époque que les Wayapi, le plus faible mais au contraire est

exploitation

cas bien connu des

là pour le prouver

(HURAlJLT,.l963,

p.

140 ; DEMAN, 1977,

aujourd'hui pris

la conviction ensemble,

que c'est atteignent

vers leur

cette chiffre

dans leur

de population. En dépit d'apports locaux venus des sources de 1'0yapockjdirigés 50 personnes. semble moins mauvaise les survivants ; réunis des : à la période par les chefs

précédente,

les

deux groupes ne doivent

S"atZ et Walapa,

pas excéder

A la source, au début épidémies celle du siècle

la situation

sous la chefferie se divisèrent

de Alamasisi, ensuite et celle très

du XIXe siècle

en trois

communautés

de Sapat3

sur le Waseypl"i de l'oyapock, seul groupe

de Ilu?ay

sur la Salamandre, paraisLeurs

une des deux sources sent n'avoir deux chefs

proches

géographiquement, constantes.

formé qu'un étaient

local

en relations du frère

respectivement

le fils

d'Alamasisi

et son

- 341 -

propre pouvoir

fils.

La troisième

communauté, Aparai

celle

de Pila,

voit

arriver

au

une famille

d'origine

dont le rôle locaux

dynamique

permettra et ce

de maintenir jusqu'à

la cohésion

des groupes

du haut Oyapock,

nos jours. Les trois communautés, installées repliées d'un sur de minuscules sur elles-mêmes, wayana venu

cours

d'eau

au coeur

de La forêtsvivaient en loin faibles, la visite elles

ne recevant du Jari. personnes.

que de loin

colporteur

Numériquement

ne dépassaient

sans doute pas l'O0

Sur le haut repli.

Kouc, on observe la population Ce groupe

la même situation est regroupée sans doute

de autour divisé

Dans le haut de la rivière, fils du chef Yakami.

du chef Mulu, en plusieurs devait totaliser

local,

communautés,que 70 personnes. Je ne sais

nous n'avons

pu identifier

avec sûreté,

rien

pour cette situation

époque des WayZ$pi-puku. de dispersion, C'est

On

peut

penser

cependant

que, dans cette leurs

plusieurs

villages totale

isolés oscillant

maintenaient entre

effectifs.

donc une population pour 1915-i920.

420 et 450 personnes comme le seuil

que j'avancerai bas atteint

Je considère

ce chiffre

le plus

par les Waygpi.

Vers En 1915, par exemple, Sapsts de la source

1920, l'i‘solement le chef

de certains

groupes

devient

total.

Sa& du moyen Oyapock rompt avec le chef Le règlement interposée. de leur conflit se terminera ne se

du fleuve.

par la mort de Sa%, visiteront plus

tué par magie vingt ans.

Les deux groupes

Pendant

- 342

-

Chez les Wayapi centraux, visite de loin en loin

un cloisonnement d'un colporteur certain. de succession

moins net s'instaure,

la

wayana assurant,

ne serait-ce

que par la médisance,

un lien

Le tableau que, parmi les trois n'y groupes eut point

des chefferies

montre du Pilawili

néanmoins

de la source de l'oyapock, de scission d'après et même quelques

et du Kouc, il Leurs relations un constant d'hostilité,

mariages. recueillis,

paraissent, entre

les divers

témoignages

balancement ces dernières

des phases d'alliance uniquement

et des phases à travers l'endogamie permet le chamanisme. villale maintien

se concrétisant

Comme à la fin geoise qui prédomine, sociale, tandis

du XIXe siècle,

c'est par paire

que l'association les festivités.

de la vie

en particulier

Sur le Kouc, ce sont les villages Mas513 et Kapasi Il qui sont associés ; sur les certain sources ; sur le Pilawili, de l'oyapock, total

de ApiyDk3

et Ygw?

ceux des frères

ceux de Sapotr, et de Pi3a. de ces trois de la stabilité secteurs fores-

est aussi

que l'isolement favorise essor. contre

tiers

du pays wayapi un léger 1930-35,

le maintien C'est un total

démographique que j'enre-

et peut-être gistre vers

de 190 personnes

170 vers

les années 1915 pour l'ensemble

des Wayapi centraux. Dans le moyen Oyapock, beaucoup plus mauvaise. Les rapports la situation est à cette époque

des missions

brésiliennes

effectuées

en 1927 par le Major montrent l'autre chefs

BOANERGES LOPES DE SOUZA et, en deux groupes et totalisant Malukawa : l'un

en 1931, par P. MOURA installé près de Camopi, Les et

les Wayapi divisés au confluent

du Yaroupi étaient

de 40 à 50 personnes. fils

de ces villages

et TZwZtZ, respectivement

If I ’

inconnus

Carte.14 Les communautés 1915-1970 wayàpi

- 344 -

petit-fils

du chef

Ka?iluwiyg. relatif, puisque

Si T,?wgtZ et les

essaya siens

de maintenir vivaient

son groupe dans créole

dans un isolement le milieu que tupi Mis4, créole,

Malukawa

plongés aussi bien p.

SOUZA indique

qu'ils

parlaient

et travaillaient

pour une distillerie les contacts cette

de rhum (1955, entre situation

112).

qui fut

le Wayapi qui rétablit

gens du haut et précise de bois était Il le sem-

et gens du bas en 1935,confirme qu'à la distillerie La seule de rhum s'en représentation les

pleinement ajoutait

une autre

d'essence

de rose. douanier ble aussi

administrative d'or

dans la région du Camopi.

. qui contrôlait avoir soit de cette participé plutôt

sorties

des placers

à l'exploitation

des Wayapi de la région, dans la mémoire des

quoiqu'il témoins

demeuré comme un médiateur

époque. Plus mal connue est pour moi la situation des Waygpisituation

puku > alors avant et vers

encore

totalement

isolés.

Les connaissances des rares région

sur leur

1949,viennent

essentiellement fréquenté leur

Wayapi du Kouc 1945. C'est les sources

et du haut en effet désertes

Oyapock qui aient

après vers

en 1944 que des chasseurs du Pilawili,rencontrent de 1'Inipuku. peut-être

de Uluali, un grouoe En dépit

opérant de chasseurs des hostilités les

wayapi-puku du XIXe siècle parents lancée des deux par les est

venus par la source qui, d'ailleurs,

n'avaient

pas impliqué solennelle

groupes

en présence, Après

une invitation la visite

est alors

gens d'lllualir. rendue et les

des Waygpi-puku,

la réciprocité

échanges Lors

se multiplient. de ces contacts, de leurs de leurs sans doute les Wayapi du haut Oyapock freres de la forêt,

furent

frapp&

par la prestance

Par leur
de Taws? a,

générosité dont

et par l'autorité remontait

chefs , en particulier aux années 1920.

la chefferie

- 345

-

Il puku ont, ment, tous à cette

est vraisemblable,

sinon

certain,

que les Wayapilocaux qu'actuelle-

époque , peu ou prou les mêmes groupes constante. Les principaux déjà cité, (rio chefs

en relation

ont pour nom Kawu de

pour le groupe Kumakalg

de 1'Inipuku

; Taw ETa,

pour le groupe Felicio) très

.; Tup?i pour le groupe du Kalapanati.

de 1'Amapari En dépit d'un avoir entretenus après

; et Apisalu dispersé, de Tu$ locaux fille

pour le groupe quelques grandes

habitat existé,

communautés semblent Les contacts étroits

comme celle

et de Tawa?a. d'Uluali: de Taw&Ta 'mourut seule

avec les groupes la mort de Yaliki,

et du Pilawili : cette jeune

se distendirent fille, ce qui On voit mariée laissa très

à M~yu, de la communauté de Yaw'il, croire à son père à de la malveillance point l'isoleles stables. montre de

en forêt, des Wayapi.

de la part

bienkdans

ce cas, à quel paranoïa

ment des communautés entretient conflits. Par dessus D'autres tout, mariages

une certaine conclus

et favorise plus

à la même époque furent est exemplaire pouvaient Ils encore

le cas des Wayapi-puku isolées de revanche. de plus,

puisqu'il envisager

que des communautés totalement pratiquer arriver bénéfique, l'ensemble là la vieille car, guerre une fois

n'auront

pas le temps d'en toute 1935 pour

la période

d'isolemen~somme après

des deux dernières des Waya"pi centraux. Au regard

décennies,

va s'achever

des données démographiques 250 personnes de 480 personnes vers

actuelles, ce qui

les porte

Wayapi-puku le total

devaient

avoisiner à plus Entre

1935-40,

de l'ethnie

pour cette entre

époque. les sources par un ensuite adminis-

1935 et 1944

les contacts

et le moyen Oyapock se multiplient groupe de Wayapi venus de la source par les autorités contrôlant

à nouveau. (?Cs?,

D'abord

renoués furent

Sapjta

>, ils

encouragés tratif

françaises l'ensemble

qui ouvrirent du fleuve.

le poste

de Maripa

Leur but était

- 346

-

essentiellement

le regroupement

des aayâ'pi

dans la région

de Camopi

(HECKENROTH, 1939, p. 268), puissante du nouveau

s'appuyant

pour ce faire

sur la personnalité

chef du moyen Oyapock, de Sapsto entre

Eugène IGïmu. favorisa le vieux quelque village peu ces paternel

En 1936, la mort desseins. de GitZ brève En 1939, le groupe et celui du confluent les

se divisa du Takw&iquatre fils

et de l'oyapock. vivants

Après une

période

en ce lieu,

de SapDt3 émigrèrent aux gens de Uluali. missions françaises des trois et Uluali, local Pierre sous Yakanali groupes

sur le moyen Oyapock, La baisse dans cette locaux démographique zone

passant

la direction

du village

consécutive

aux nombreuses

amena, entre

en deux communautés, amazonien, d'une Maluka, famille plus

1946 et 1949)un regroupement \ Kwam%"a, sur le haut Oyapock, former aparai, qu'un avec le groupe chef

sur le versant la direction et son oncle

pour ne plus d'origine

connu sous le surnom de Caïman. qui suivra, française, Cette le chef Pierre tout opposera

Dans la ,décennie une résistance certains aspects permanente

à l'influence

en en acceptant opposée

technologiques de constitution

et sanitaires. d'une

résistance

à la tentative

communauté forte de maintenir

par Eugène Inâmu entre du pays encouragé chef

dans le moyen Oyapock,eut les deux pôles dynamiques

l'avantage ainsi créés

un équilibre éloignés

en deux points

wayaZpi. Il d'abord wayapi,

est d'ailleurs

important

de souligner sut rester travers d'un

qu'Eugène,

par 1'Administration et ne tomba jamais Arrivés

française, dans les à ce point celle

un authentique Pierre Louis

par exemple.

de l'histoire

wayapi,

nous débouchons au cours chronoloannées

sur la situation de nos recherches gique, je préfère

contemporaine, ethnographiques. présenter à partir

que nous avons cotoyée de la reconstitution des vingt-cinq sociologique

Sortant

la situation de la réalité

dernières actuelle.

comme un cliché

- 347

-

VI SITUATION ACTUELLE (1940-1975)

Au cours ont vu apparaître le administratif un certain groupes.

des trois

dernières

décennies,

les Wayapi : le contrôfaite avec

deux facteurs et l'assistance chronologique

essentiels sanitaire. en fonction

de la vie L'apparition

politique s'est

décalage

de l'isolement

des sous-

1) INSTALLATION DU CONTROLEADMINISTRATIF ET DE L'ASSISTANCE En 1940, les Brésiliens Service attirer de Protection des Indiens (S.P.I.) créent un premier

SANITAIRE poste du

sur le moyen Oyapock pour emerillon vers s'installera des années

Wayãpi et Emerillon. qui

Seul un groupe jusque

près de ce poste soixante.

se maintiendra

le début

- 348

-

En 1947, les Français, l'Inini(,créent de gendarmes en pays indien. apparaît un premier la totalité et les 1956. A cette de Camopi et les missions Brésilienne) les Français. de brousse accentuent C'est date, le poste qui , jusqu'à

dans le cadre

du Territoire

de

de Camopi OU sera installée nos jours, contrôleront

toute

une succession l'accès du Maroni) Dans

et filtreront populations

Avec Camopi (et Maripasoula signe d'une politique

pour les indigéniste eurent

le premier temps,

de la France. pour but d'attirer sut leur jusque

les détenteurs

de ce poste

des Waygpi.

La dynamique

des groupes

locaux

résister vers

groupes

du haut Oyapock et du Kouc restèrent

isolés

les missions

intermittentes

des gendarmes Franco-

hydrologiques le contact

(Commission

de Frontières

des villages

du haut Oyapock avec école et un dispensaire

également

à cette

époque qu'une

sout ouverts

à Camopi. des "populations (qui entre Après est rattaché autres, le bref sont, tribales" au dépar-

En 1967, la francisation et la suppression tement) français. Créole font du territoire de 1'Inini

des Wayapi et des Emerillon, à Camopi.

des citoyens passage d'un

Une commune est créée à la mairie,
maire et

conseillers

municipaux

dès 1970,

Wayapi et Emerillon. En 1967, l'Armée d'aviation De nombreux stratégique Amérindiens de l'Air village participent brésilienne ouvre une piste

sur le .Tari,au de la région

wayana de Molokopata. aux travaux. une infirmerie à Trois Sauts.

'En 1971, un poste et une école bilingue sont itistallés

émetteur-récepteur, dans le haut

Oyapock,

- 34:s -

En 1973, les Wayapi-puku construction (Organisme de la route brésilien Psrimétrale nord

de l'Amapari, sont contactés

menacés par la par la FUNAI d'assistance

de tutelle sont créés.

des Amérindiens).

Un poste

et un dispensaire

En 1978, un poste le Jari à Molokopata pour

d'assistance

FUNAI est ouvert

sur

les Wayapi du Kouc.

2) SITUATION DES GROUPESLOCAUX Cette l'évolution et tableau récente 4 p. 352. Les groupes sont dûs au regroupement amont entre pression récent locaux de la région de Camopi (1 et 2) immédiatement en situation est en grande de résumer partie (cf. le produit carte de

que nous venons

15, p. 350

des villages

installés est à mettre

1947 et 1960. Ce regroupement de l'administration

au compte de la (gendarmerie) contraire. composés;

arbitraire

française qui représentait de Trois stable

locale

et de la mort du chef Eugène In&u Les groupes pour le premier deux villages population d'une localisés importante

une force Sauts,sont issue

3 et 4,dits . population

en 1967 de l'ancienne

près du Saut %tus%say,

qui regroupait

du haut Oyapock et du Pilawili près du confluent 4 a émigré

; pour le second de deux du Kouc et du Kuluapi en quatre d'ordre .temps, sanitaire après 1967, au Brésil. 1969, 1970

communautés installées

Ce groupe et 1972, essentiellement mettaient de plusieurs groupe la survie

pour des raisons

qui comprole décès du de ses

de la communauté, D'abord essaie

en particulier dispersé

hommes adultes. local

dans les

deux villages

3, le groupe

de se reconstituer du chef

et une partie Pina.

membres s'est

regroupée

sous la direction

Carte.15 A %
: Ancienne

:Situation
communauté

actuelle

des

commt%%és

waygpi

: Centre

odministrotif
emerillon de ~arcaurs

Francois

ou

Poste

FuNA~

“Brésilien’.

e-s L-2 .. . . . :....:

A4 :Village : Village 0
: Aire :

WcyOpi (chiffre
actuelle

de renvoi
des

eux groupes
Wayapi

locaux)

fl

Aire de ~orcours récemment Mouvements de population

abondcnnée

- 351

-

Le groupe Indien la fin vers Aparai du moyen Jari,

5 est

issu

de la famille

du chef

Sarapo,

venu. se fixer Installé

dans la région

du Eouc vers reçut Il semble

des années cinquante.

sur le Pilawili,

ce village

1965 de nombreux Wayâ'pi-Puku personnel Invité de Sarapo,

venus du bassin chamane réputé,

de 1'Inipuku. ait

que le poids migration. d'aviation se déplaça La situation éclata

joué dans cette d'une Jari, piste Sarapo

par la Funai

à aider

à la construction sur le haut

au village

Wayana de Molokopata

momentanément sanitaire

avec sa communauté mixte s'étant très rapidement

AparaifWayapi-puku.' la conrmunauté avec des au village la Guyane par la source se fixant soit alors, à Camopi

dégradée, Sarapo, revint vers

dès le décès de plusieurs se déplaça en aval

hommes adultes. à Yasi)rni-, puis

Wayapi-puku, wayana déserté française. de l'oyapock, soit à Trois

de' ses habitants Wayapi-puku

après une migration émigrèrent

Les autres

eux aussi,

en Guyane française, Sauts (groupe

avec le chef Pina,

3, chez le

chef Roger Ramala),

(groupe

1, chez le chef Norbert!.Tiyu). Le groupe 6 de 1'Inipuku a constitué, jusqu'à Il semble une date avoir été

récente, le coeur de ce que j'appelle
durement durant constitué éprouvé les années de trois par les 1965-70. contacts

les Wayapi-puku,

avec les Brésilien: il

sur le Kouc et le Jari, est actuellement forestiers. encore

Selon D. TILKIN-GAJAOIS,

communautés reliées Les groupes

par des chemins

7 et 8 formaient du Rarapanaty, probablement

récemment affluent.& les plus

ade

groupes Il s'agit

locaux

dans le bassin anciens

bas Inipukm. stables

de très

groupes,

toute

l'ethnie

wayapi, ils

signalés étaient

déjà installés

par ADAM DE BADVE en 1832, D'après sur des terres très giboyeuses,

D. TILRIN-GALLOIS,

352

-

. I

.

.

-

353

-

Selon notre 1'Igarapé

collègue,

ces groupes

ont dû se déplacer le premier(l973)

sur

da Onça (bassin le second de diamants

de l'Amapari),

à la demande avec des signalons-le,

de la Funai, chercheurs 'le dernier

(1975)

après une phase d'hostilité Cet épisode constitue,

(garimpeiros).

cas connu d'hostilité Le groupe

armée chez. les Wayapi. 9 enfin, semble être Sisiwa le reste d'une population

plus

importante?

selon

nos informateurs région il

et TzJ%J%. qui visitèrent d'années. rassemblés

ou vécurent

dans cette

y a une quinzaine

Les groupes. en deux villages près du poste

7, 8 et 9 sont aujourd‘hui Funai de Mitiko.

3) DOMINATION OCCIDENTALE ET RENOUVEAU

1 en contact sont avec les

est indeniable Occtdentaux, e immédiat

que les ETayapi n'ont puisque cinq groupes

jamais

tant

été

locaux

sur neuf ou brésilienne. de l'oyapock, sur\

sous le contrô si,

des administrations décennies

française

En contre-partie,

dans les

1940-50 pour le bassin le contact

et 1965-75 pour le bassin le plan démographique,

du Kouc-Amapari, actuelle

a été négatif stable précis et

la situation

semble être très

au Brésil que

et est très

bonne en Guyane française. (cf. tableau

Le recensement

nous présentons nous-mêmes,permet l'accroissement

4, p. 152), pour un total

dû à 0. TILKIN-GALLOIS de
569

d'estimer, total

personnes personnes

en 1978, depuis 1950.

de l'ethnie

à près de cent récents

Les regroupements caractère artificiel, pleinement

ont été,

en dépit

de leur

.récupérés

par les Wayapi qui en profitent par les relations par paire.

pour'maintenir

1"endogamie

villageoise

tempérée

- 354 L'assistance le danger chères sanitaire, de son côté,

en éloignant, surtout sur l'oyapock,

des épidémies , permet

la reconstitution sociale reste laisse plus

de communautés fortes, active. dans une large mesure

aux Wayapi,

et donc une vie Tandis

que la forêt ce qui

encore

inviolée de leurs du centre tière

par les

non-Indiens,

en théorie entre se trouve

les Wayapi libres et

mouvements,

la séparation

historique

Wayapi du nord renforcée

et Wayapi du sud (Wayapi-puku), la France parfois et le Brésil

par la froninsistent français,

entre

; les deux administrations extravagantes du côté la scission. à celle

d'ailleurs

à coups de fables

et de menaces du côté brésilien, La disparité d'achat rentes pratique au Brésil

pour maintenir économique liée

des pouvoirs diffé-

et en Guyane est aussi les produits

à la base d'assistances occidentaux (liée : tandis

en ce qui concerne une politique

que la France

de dons inconsidérés encourage leur

à une arrière-pensée prise en

électoraliste), charge, de leurs

le Brésil

les Waygpi à une saine permettre un écoulement

sans malheureusement produits. En dernier

satisfaisant

lieu, sa maîtrise

l'atout

économique

de l'ensemble naturel. j'ai acquis qu'un choix. de force. grand

de l'ethnie

reste,

en fait,

parfaite aussi

du milieu contraires,

Face à des tendances la conviction, au cours

des années passées

auprès

des Waygpi, à leurs

pragmatismaaujourd'hui Ces choix, parcourir le plaisir la forêt

comme par le passé,présidait de faire et de glisser la fête, de donner

et de rendre, sont aussi leur

sur le fleuve,

-

355

-

CONCLUSION

Nous voici travers l'histoire. En effet, donner sociale des sociétés la tradition orale

arrivés Wayapi,

au terme de cet itinéraire nous a conduit

qui,

à B

de l'anthropologie

pendant

longtemps

l'anthropologie en décrivant en s'ouvrant

sociale l'organisation à l'écologie, travail de la

a su

une vision et:, plus

cohérente, récemment,

du moment perçu liant

les'rapports a tenté diachronie, contemporain

les hommes au milieu le troisième de constituer volet

naturel.

Le présent celui

d'introduire afin

du tryptique,

le champ d'observation et l'histoire.

de l'ethnologue

: la société,

la nature

Les intéractions -car sont c'est lisibles avant tout sur elles

de ces trois que doivent

composantes

fondamentales

se porter

nos observationschez les sont, de par

à deux niveaux d'Amazonie profondes, : d'une

apparemment part

contradictoires actuelles

Amérindiens leurs d'autre racines part,

les sociétés de celles fruits qui

le reflet

les ont précédées, post-coloniaux

ces mêmes sociétés,

de bouleversements

- 356 -

et d'enracinement comme largement de composante vient oblique

sur des terres nouvelles. du fait permanent Il ne fait

diverses,

doivent

être

envisagées l'histoire, et permet un va et

Dans cette

perspective,d'ailleurs, devient et culture. que les Wayapi, médiatrice

anthropologique, entre nature

pas de doute

à la fois et, en même d'éléments

parfaitement temps, ayant

ancrés tendu

culturellement tous leurs efforts

à leur

passé amazonien

pour constituer, vivant en fonction

à partir

hétérogènes, sociologique niveaux.

un noyau moderne solide, de la seule dit, Haute-Guyane, c'est

de la réalité les deux puisait son

illustrent

parfaitement société

Autrement

un peu comme si cette est pour ainsi histoire seulementhistoriques de l'expérience dire

âme dans un passé dont -même s'il voire s'agit parfois

la saveur d'une

"pré-colombienne" au XVIIIème de vivre siècle, dans

remontant

au début

du XIXème siècle des expériences Cette dichotomie

et sa raison post-coloniales. historique

la dure réalité

est-elle

propre voire

aux Wayapi, à l'Amazonie necessiterait qui peuvent

ou correspond-elle 7 Ce n'est un ouvrage, fournir autant

à un phénomène commun aux Guyanes, de répondre elle à une question quelques qui

pas le lieu néanmoins d'axes

nous suggère

réflexions

de recherches. orales 1960, recueillies dans les 1948, que

La plupart Guyanes Hurault, (Coudreau, 1968;

des traditions 1958,

1893, Frikel,

1961,

1971, De Goeje, 1948) ainsi

1972, Grenand, tant état div,ersité :

1972, Nimuendaju, sur la côte

1926,

nos enquêtes

actuelles, font grande

que dans l'intérieur

de la

Guyane française, 1. d'une concentration inter-villageois

ethnique

dans les

temps anciens, d'eau,

avec

du peuplement

le long des grands considérables.

cours

et de contacts

sur des distances très

2. de peuplements

importants,

de puissances

guérrières

et

- 357 -

d'organisation 3. d'une clairement

politique période

différentes de baisse

de ce que nous connaissons (pas toujours

actuellement. liée

demographique

mais souvent

à la pénétration naturels,

européenne), enfin

de migrations

tous azimuts, tendant vers

de chan-

gements de milieux contemporaines.

de regroupements

les ethnies

La totalité Guyanes sont caractérisées c'est à dire une imprécision à rendre au final,

de ces traditions

orales

de la région

des

par un phénomène de tassement croissante à mesure que l'on (mythique) opposition visible entre les

de la chronologie s'enfonce dans le temps

et une tendance lointains. dont le rôle D'où,

merveilleux cette

évènements

les plus récente à qui est assigné

une histoire ancienne

politique

est bien où plus

et une histoire moral. répétitives terres

un rôle

métaphysique

simplement

,A travers amérindienne sans doute volonté de cette parce

ces tendances région des basses

de l'histoire d'Amazonie - répétitive:

que ces sociétés en dépit cours

ont subi

le même choc - une puissante démographique de notre catastrophique, travail et passe occidenta*les

de survie,

de la réduction

a été observée'au tout autant

des différents passif,

chapitres

par un refus (tant

mais catégorique, les rapports

des idéologies individuels phi&okophique de subsistance

successives concepts

en ce qui ou encore

concerne

que les de l'univers), diversifiée

de pouvoir

la représentation à l'économie

que par un attachement et à l'intégrité

indéfectible naturel.

du milieu Ces quelques

lignea"montrent, avec les

du moins je l'espère, sociétés amérindiennes du passé telle

à quel

point

il

est important d'Amazonie de tenter Il

de multiplier

survivantes que je viens

les reconstitutions pour les Wayapi. pour un tel sorti

méthodiques

celle

y a urgence

travail du long

car si,fort tunnel

heureusement

1'Amérindien

d'Amazonie

semble être

de l'extinction

- 358 -

les plus livres

sociétés le fruit les

amérindiennes de nouveaux indispensables

d'aujourd'hui regroupements et de luttes, connaissances

et de demain seront inter-tribaux vont de leur passé et, tel probablement

de plus puiser

en de dans les commence

cherchant que cela

nouveaux

moyens d'expression chez les Galibi

à se pratiquer

par exemple. sera, dès lors, est renvoyé à sa propre

L'anthropologue-historien authenticité et redeviendra un témoin sommes pas encore là et la tâche

du temps qui passe.

Mais nous n'en

qui nous reste

immense...

ANNEXES

-

359

-

ahnexe

1

Origine perroquet

des

clans amazone

du

singe

sapajou et

et

du .,

Cka?iimi%wZngô

kulôi.mi~w%go)

Kamala Awala

-

C’était C’était

il il apparition

y

a

longtemps longtemps, sur il la y terre. a

? lors de Toutes longtemps notre las : c’était prefem-

y a

mière me5

furent

enlevées époque-là.

à cette c. . . 3 Kamala Awala Les

hommes

étaient ils étaient

désormais bel de et

sans bien

femmes sans C’est travailler et

? femà ce

Désormais, Ils

mes.

n’avaient qu’elles : une une femelle femelle

plus arrivèrent

cassave. pour singe

moment-là le manioc

de de

sapajou, amazone

1”

autre, Un jour,

perroquet travaillaient, partis

[. . . 1. les

pendant eux, étaient près et avons

qu’elles

hommes, ils de save. animaux, virent paravant; boire de

chasser. ils revinrent avait les

Ensuite, avec de la casLes serAuà

revinrent la viande “Nous leurs leur les la

d’,elles; qu’il ” dirent

virent faim

y

hommes, leur

animaux repas animaux oassave

domestiques, ‘de avaient dans les revinrent les observer: préparer de

accompagné leur trempée repas, et

caesave. servi l’eau.

Après s’éloignèrent ment travaille sur leurs ainsi un

le

hommes,

intrigués,

peu

subrepticeWui notre donc nour-

pas pour

pour nous

- 360

-

riture?” Kamala Awala N’étaient-ce C’étaient

se

demandaient-ils. pas leurs leurs animaux femme le leur singe cachette, vers Alors “C’est mangeons qui allaient animales la lancèrent : elle L’autre c’était le l’abattis les hommes donc 7”’ vous “Oui, qui animaux domestiques Le dans une peren?

domestiques. vivait de meme. les hommes et

roquet veloppe

était animale; De

une

virent

les avec dans rez c’est

femmes du le ce

partir

revenir

manioc. village: que nous noua Elles

entrèrent qui prépa-

dirent-elles,

bien

préparons.” rentrer quand vivre hop! singe les dans homsapajou

leurs mes et fit singe p-ipi, quet

enveloppes ramas&rent vlop! la la dépouille sapajou. pLpi..., amazone. Les

dépouille:de au loin.

kikS,kikO,kikO... devenue eh un vrai un bien, perrovrai

était dépauille, devenu

hommes

ne avaient

conservèrent contenu. des étaient singes des étaient-ce

que Ainsi

ce donc,

que

les

dépouilles hommes singes perroquets femmes? C’est leurs ainsi animaux avec avec ce même elles que chose elles

plusieurs car Kamala Et ‘les les des

épousèrent sapajous

sapajous femmes. égale-

amazones,

ment Awala Oui.

que

plusieurs

hommes

épou-

sèrent Kamala Awala Ils dance. qu’avec Et C’est

domestiques. qu’ils qu’ils l’on peut arriva nous nous engendrèrent?

c’est

engendrèrent. une les descen-

e’urent La les

appeler avec

sapajous

amazones. ces ex-femelles singes avaient

Mais une Kamala Awala queue. queue queue. ?

Une Une

-

361

-

Kamala Awala

-

On

ne

réussit qui

pas eurent on Ce de

à la

la

leur queue

couper coupée donc qui qui

? en que sont avaient ce que l’on de mourula à

Celles Aux de la

rent. tié origine fesses dit.

autres, queue. ceux

ne sont

coupa elles ancêtres

moi1’ les

de

nos voilà

tombantes; Elles sont Alasuka,

assurément dit-on,

aussi, mais

à l’origine sont assurément de que si bien

grand-père très jous. nombreux

ils des la

à descendre C’est pour

Pemelles raison

sapacerle

même

tains gland

de de

nos leur

ancêtres pénis. Avec les . probleme,

décalottaient

femelles

de

perroquets,il n’avaient

n’y pas

eut de

pas

de

p uisqu’elles

queue.C...l

recueilli
Sauts. duction F . Grenend de .

en

mai

1978
et Paul

à Trois traet de

Transcriptioh

Ilipa

-

362

-

annexe

2

Origine

de

différente

clans

way”api

C’est les Wayapi. Il d’un était vers. une ciens singe devenue Les fille, vers vers qui de atèle. Quelque comme se sont singe un pot y a

un

homme,

Yawapûks,

qui

a créé

longtemps, temps en terre, en des après, et

il elle

ramassa avait pleine un

la

peau

gonflé, de et “an-

était

transformèrent les stèle” Un jour, la ancêtres .

enfants,

garr;on

/kwatatapuluks/,

quelqu’un forêt. dans la un

perdit

une ramassa vermoulue, et une

flèche les

qui vers

resta qui

longtemps s’étaient temps à après,

dans accumuléa ils des

Yawapaks flèche gargon

Quelque qui sont

devinrent /wilapayalikake/,

fille flèche

1’ origine

“ancienne

vermoulue”. Les singe hurleur”, sont venus /ak&kiimiaw%ge/, de la même manière “descendants que les du

/kwataimiaw%ge/. Un dans vers. un Ils tronc de fromager naissance qui jour, ; Yawapûke c’était aux sont une ramassa grosse des espèce vers de

donnèrent du femmes.

/kumakaimiZwZngs/,‘*les de gros hommes et de

descendants grosses

fromager”,

Il à l’abattis et L’une C’était un entendirent d’elles mâle.

y

a le lui Le

longtemps, chant dit: le de “Viens mâle

des la

femmes grenouille avec vint moi faire

allèrent Lepau vil-

todaotylus. lage”.

soir,

1’ amour

-

363

-

avec et, gras. sont cendants

la deux Les ses

femme mois gens

dans plus qui,

son tard,

hamac. elle

Celle-ci accoucha sont les

fut d'un gras

bientôt homme comme
il

enceinte, gros le "les et fut des,

aujourd'hui, ce sont

descendante: de la grenouille

/muluimisw&gc/,

Leptodactylus". Un jour, deux pourtant un Le mit Le poisson première au bébé monde vécut jeunes à la filles rivière. et véritable Hoplias les dessendants hommes;il du poisqui aElles aooouohèenqui

vaient furent rent fant; retourna est son

leurs mises l’une la

règles enceintes après

allèrent par

Hoplias, eut un un poisson

l’autre. elle,

seconde, à la rivière. des

parmi "les

l'ano&re Wopliae”.

/talE*iimi$wSngs/,

Un dans un un garcon et de arbre et acajou. une fille Ce Ces

jour, vers les les

Yawapake étaient

recueillit longs; ils sont

des

vers

donnèrent aujour>hui descen-

dont sont

descendants /kaisuimiaw%gs/,~lles

grande dants

minces. l'arbre

aoajoui'. Les /wiliimiaw%gs/, /tasiimiZwEng.z/, la
Uh

"descendants "les descehdants

du

palmier de

t3actrisrr

et

les

l'arbreTaohigalia';ont

même

origine. recueillit été tu& par à deux de descendants tous les les astigens

jour, qui donnèrent sont

Yawapoks avait

cots de petits que oonda”. son

d’un

cadavre Les costauds. appelle

d’anaconda vers Ils

village. et

naissance ancêtres "les

bébés les de Wayana l’ane-

les

l'on

/mayuim&%w&ge/,

Une chien alla dans fut un enceinte et issus que village et accoucha tous l’on les appelle et

grand-mère faisait d'une fois

vivait l'amour portée d'un gargon avec

seule lui. chiots. et

avec Un

son jour, Elle fille _

accoucha cette

de

recommença d'où du sont chien",

d'une

/yawaimiaw%g&/, aussi/kaikugien/

"les descendants El3 .

-----c------m.------.

cl]

mot

karib

signifiant

la

même

chose.

-

364

-

Un de tu des de poisson des enfants de les Leporinus. pleurer poissony>. /walakupi/, Un

jour, jour il sont deux

Yawapakz dit les enfants de poisson

conserva à sa enfants sont femme: qui les

des

peaux

"Entendsviennent ancêtres

? Ce Ces "peaux

peaux tous

Leporirius*y.

conté par sur suka. La le

en

mai

1974

à Trois PEI&; son

Sauts traduit

grand-mère -champ par

PilsAla-

-

365

-

annexe

3

Identification étant à

des l’origine

animaux des

et clans

plantes

animaux ---m--nom wayZpi akiki in”amu ka?i
kUlE

nom f rangais singe grand sapajou amazone singe bourdon anaconda grenouille CSP.3 hurleur t inamou fauve meunière atèle rouge AloIi.atta Cebidae. Tinamus Tinamidae. Cebue dae.

nom scientifique seniculus major apeila farinosa pàniscus L. Gmelin, L.,CebiBod. L.

Amazona Psittacidae. AteTes Cebidae. Bombicidae, tères. Eunectes Soidae. Léptodatitylus dactylus todactylidae. Hoplias mus Pell., 1

kwate m%igZngZ mûyu mulu

Hyménopmurinus L.

pentàLaur.,LepmaorophtalCharacidae,

talc?& walaku

poisson poisson

Esp. Cspp.

3

tête de ségrégat couvrant plusieurs espèces des genres Leporinus et Schizodontopsie. Spizaetus ornatus Oaud. ,Accipitridae.

yapakani

oiseau

spizaète

-

366

-

plantes ---v--kaisu kumaka tasi wili wilapa arbre arbre arbre palmier flèche, dire flèche acajou fromager Cedrela Meliaceae. odorata L., Gaertn.

Ceiba pentandra Bombacacaae. Tachigalia Aubl., 3 à à [3actrls Rod.,

CSP. 1
Csp. c’est roseau

(jariictilata Caesalpinoidae. elëgcins Palmae. Barb.

Gyn&riuni àagitattuti Beauv. , Poaceae.

-

367

-

annexe

4

Le

voyage

autour

du

monde

Il un grand voyage femme . Ils Le avec

y eut ses

jadis hommes.. un dit: “Il

un

chef

qui

partit ne un

faire comptait arbre

L’expédition jour faut Le devant marcher dernier de Les une le autres où dit: ferez

aucune

arrivèrent chef

grand

à contre-forts. sans seul sirent’et s’attarder qui n’écouta se

normalement, homme l’arbre continuèrent. il “11, y faut avait metLe et fut le le sai-

devant pas;

l’arbreY’. ies sur devant /maniisï/, sans quoi : contre-forts lui.

refermèrent k-rivé

rivière chef vous

beaucoup tre dernier mourut. des

de

poissons

Chaussures, ne Les voulut autres Le pas

vous il fur-

piquer”. de piqûres

obéir

couvert

continukent. chef de des Tous qu'il dit: singes chapeaux, obéirent, reçut sur “On va passer qui que le tête là où il y a des ne vous La mou-

beaucoup arbres. tombe quantité rir. Les pas Il

de

déjections faut mettre la tête”.

hurleurs pour sauf la

tombent cela dernier. le.fit

sur de

déjections continuèrent. Le chef environ des terminé,

autres

dit:

“Un mangèrent

va

manger”. différemment

Une

cinde leurs

quantaine camarades Une Mais repas, Le d’y chef fois ces le

d’hommes enavalant raps

crabes le chef

et

des dit:

petits %On, alourdis

poissons. on repart”. par de suite”. liane et leur

oinqüante refusèrent ordonna les qu’ils : alors

hommes, "Non, de on

étrangement ne part une Dr, à grogner pas très

tout longue

couper

attacher

récalcitrants. se mirent

à peine comme des

étaient-ils pécaris à

attachés

-

368

-

lèvres la forêt. liane,

blanches, et Les les autres

Les

compagnons pécaris

du

chef s'enfuirent

lachèrent dans

alors la

cinquante continuèrent. Le chef bousiers; de bien faites sur vous dit:

"On faites

va

passer bien

là attention avec comme

il si des

y

a de
vous

gros

insectes

déféquez, si vous ile si dernier: tapa sur gros ne

protéger pas, vos tueront."

votre ils feront

corps

feuilles

les; bousiers, sont le lui autres

le

tous ceux-ci

viendront qu'ils un la énorme tête;

déjections,mais Tous s'approchant mourut obgirent alors

sauf de lui,

bousier, l'homme

immédiatement.Les

continuèrent. Le soir Cn "cra, pas crier, eux. les se tombait entendait cra, et L'oiseau hommes et ie tout cra..." certains accepta, avec qui en continuèrent. va passer là . arbre, monstre il le
VOLE

chef près Les lui

dit: le

*'Nous cri de lui 1'

allons oiseau demandèrent de bec ceux-ci pécari venir

dormir grand

ici." ibijau: de ne

hommes demandèrent mais, il de coucha; variété

dormir il

avec piqua et disperse. Le

son

empoisonné, hurlèrent qui se

transformèrent Les autres "On

la

de

chef

dit:

où Ne

il le

y re-

a le gardez Le

monstre pas

/tukamayu/,mi-toucan,mi-anaconda dans homme le creux de et son le

mangerait'?. Les

dernier

désobéit

mangea.

autres

continu+ent. Le chef Il lui". de Les son faut Tous trou dit: lui Wn va passer 1% où pardon sauf piqua le avec de dernier; son bec; il le y dé-

a

l'oiseau ainsi

courlan. chez sortit

demander

ranger le il courlan en

obéirent, et 1.;

mourut.

autres Le chef

continuèrent. dit: Wn va passer tous les d'un il s'en là un où bâton pas." mais pour au lieu il y pour a

de

gros

coléoptères/suw%uw%/. leurs trous, homme servir était pour se mais surtout,ne bien guider, armé

Prenez

Gviter Le , de dernier s'en

touchez bâton, servit

toucher

- 369

-

une dans

de son

ces

larves trou. Les

monstrueuses: autres Le chef patte avec las

elle continuèrent. dit: d'oie, votre 17cn va de bâton, pas." le la mer. passât ce retrouver Le qu>i'l fit Là,

l'emporta

aussitôt

passer très

là grosses

il

y a

de patte les et

grosses d'oie. trous une ,

rainettes Toujours mais ne

rainettes entre désobéit loin, d'etan là, arriva et 1'

guidez-vous Le sauter il fut dernier tràs obligé il

touchez

grenouille de qu'un l'autre très noir "Je

monstrueuse côté gros lui de

jusque tendre un. Le

caïman demanda bien prendra". et nous Très à chaque

. Enfin, faisait mes caïman

caïman dit: sais

homme je bien deux'*. 'le si que encore pas cela queue homme tailla lui le ses très ne

voudrais m'y dos

compagnons,mais noir la dit:“Eh mer de à tous chemin,' l'homme .-

comment sur mon firentAils. noir rota;

monte Ainsi

traverserons souvent, fois il fois, le est-ce répondit: le en

cours

caïman cela non,

demandait lyhomme caïman que Fii,

sentait Arrivé une fois:

mauvais; tout "Mon et mauvais". sur la son puis crevé noir. Il il rive près

à chaque du rivage,

répondait noir cela ne rota sent

petit-fils, l'homme Alors et pays. chanta yeux continua

mauvais?" très déposa

Grand-père, grand coup Mais et se de 1'

sent le avait des avait dos du

caiman,d'un alla coupa comment quand son il

s'en Il

mécontent. des le était et bambous

retrouvé flûtes; presque caïman

martin-pêcheur juché retrouva. sur

les

chemin

camarades. Ils arrivèrent dit à ses de tuer, ce sont là où il y avait "Tous ne sont vraies les que de très

gros que

animaux. vous avez voyez montra . . . . . le le le la le vrai vrai vrai

Le

chef

hommes: ca les

animaux des espàces Et *

l'habitude celles-ci: successivement: tapir, agami, hocco,

réduites; le chef

espèces!'>

/miyalusu/,qui /yakamiwasu/,qui /mitYwasu/, qui qui

était était était était

un

éléphant, un nandou, autruche, girafe, un cheval.

une une était

vraie vrai

biche,/sa?ûwasu/, cariacou, /kaliakuwasu/,qui

-

370

-

Et "L'agami une tous et ils fourmi!". ces les grands que
VOUS

le

chef

leur

dit de

en tuer,

plaisantant: ce n'est qu'

avez les

l'habitude hommes armés Puis arrivèrent le chef faut frappa d'eau pas se pas la ils et

Puis

leur

chef de

attaquèrent leurs couteaux

animaux,

seulemnt continuèrent. là des le où il

mangèrent. Ils

y

avait

un d'eau. Mais

esLe le bâton.

cargot chef dernier C'est quille; border Déluge dit:

d'eau

monstrueux, 'Surtout, il ne et

escargots toucher!". de

homme alors cette les qui que

désobéit beaucoup eau ne

coquille à sortir

son de la fit

mit

CO-

voulait et recouvrit C...3

s3arrêter, la terre.

elle C'était

déle

rivières commençait.

Conté janvier Traduit

par

Alasuka 1972, par

et

Ilips Sauts,

en

à Trois eux-mêmes.

-

371

-

.‘

annexe

5

Chant

/pilau/

r

Vous Mais Vous

arrivez, d’où arrivez

pilau; venez-vous par notre donc, rivière. pilau ?

Ils Ils

se se

rassemblent rassemblent

pour pour

la aller

fraie, où ?

les

pilau,

Ils Ils

se se

mettent mettent

en en

ligne, ligne

les pour

pileu, aller dans les mares.

Ils Par Ils

entrent, le saut

le5

pilau,

/kumakayula/, dans leur demeure, les pilau.

entrent

On donne On leur

à boire fait boire

aux

pilauC1’ 1 ‘écume du bassin,

Qu’est-ce C’est C’est la le

qui plante poison

m’a

rendu

comme

ça

? m’a fait ç33 ça, qui m’s fait ça.

parfumée de pêche

(23 qui
/salisali/

Qu’est-ce C’est la

qui plante

est

le

plus

dangereux

pour

moi.

?

parfumés,

- 372

-

C'est

le

poison

de

pêche

/salisali/.

Qui

vient

s'ajouter

aux vient

pilau

? aux pilau.

C'est/pilauluku/qui

s'ajouter

Ils
fjans t3ac-s

se le
le

Fpcttent bassh,
grand

L’un

contre

l’autre

les las pilau, les

piiau,

ils
reniou,

se ils

frottent

sb fmat%ent
pilau,

pilau,

Gin ~1%
Même On les au

vas
fond voit

belle
de l'eau zigzaguer.

peintures,

Qu'est-ce C'est C'est C'est la le le

quim'a plante poison poison

rendu parfumée, de de pêche pêche

comme

Fa

?

/salisali/, /kunami/

c43 .

Ils Sur Oans Dans L'un

se le le le

frottent, banc bassin, grand de

les sable,ils ils remcu, l'autre,

pilau, se se ils les frottent, sa pilau, frottent frottent,

contre

Ils Clans Dans

grcgnent,les leur le demeure, bassin qui

pileu, les est pilau, leur maloca.

11s Ils Depuis

se se

dispersent, dispersent, le banc de

en en sable,

quête quête ils

de de

leur leur

village, demeure,

les les les

pilau pilau pileu.

SS dispersent,

Ils En

se quête

remettent de

en nourriture, les

ligne,

les

pilau,

Ils

Ls'alignent.

pilau.

- 373

-

Grâce Grâce Grâce Grâce

à quoi au au au fruit fruit fruit

a-t-on de de de

fléché /kulupa/ /kulupa’i/ /sûkûlo/C73.

les

pilau

?

(53
CSJ ,

Grâce Grâce Grâce

à quoi au au au à la fruit fruit fruit

a-t-on de de de fleur

tué /kulupa/, /kulupaoi/, /s3kalo/, de

les

pilau

?

Grâce
Grâce

/pilima?&/

(81 .

Ma Dans Dans

flèche leur le

fait demeure bassin

fuir elle elle

les

pileu, les fait fuir. fuir,

les

fait

Ils
Dans Au Au

s’.errêtent un pays pays autre d9 de

les pays, /&mawa/, /wayali/.

pilau, ils s’arrêtent,

Ils Là

abandonnent, s’arrête la belle

les

pilau, chanson des pilau.

Cette tant par chant Jacky Enquête cripticn et et

version des Paws de

du

plus

impcr-

Wayapi
en

a été

chantée

1977.
de ALASUKA

J.M.SEAUDET;trans-

traduction

F. GRENAND

notes --I-m .Cll xiques. C2 3 plante ichtyctcxique, parfumée : mataphare On empoisonne la rivière avec

des

produits

tc-

pour
ctiryscphyllus

/imoku/,liane
:<leinh.

Lcnchccarpus

[33

/salisali/:

autre

nom

métaphorique

de

la

même

liane

ichtyotoxique. (43 /kunami/: cultivée, autre poison Clibadium métaphore pour de pêche, sylvestre l'arbre cette Aubl. /yanipa/, Genipa amefois-ci plante

herbacée c51 ricana (63 /kulupa/: L.

/kulupa?i/:

métaphore Steyermark. arhre,Sim.&a arbre, ainsi les les que poissons. hommes les

pour

l'arbre

/yanipa"i/,denipa

sprutieana (73 [8] cet /sûkûlû/: /pilima?&/: arbre, par l'eau,

'multiflbra Qualea fruits En sont se sûrs coerüleà des postant de

JU~S. Aubl. trois là surprendre Les fleurs de

précédents,sont où ils tombent leurs proies.

mangés dans

-

375

-

annexe

6

c.
le il chef a fui. As’ingau

. , J Autrefois, 31 était

les pourtant

Brésiliens un vrai

ont

forcé

3 fuir.

chef,:nais

Quelque avaient ge, liens un la des vérité: alors retour Aslngau le tua avoir près à lorsque lui emmené à la ville

temps son

auparavant, jeune de ses frère, nouvelles, revenir ami les avec

les et

Brésiliens à chaque les voyaErésiMais dit Le [en otage] reparlaissé pour ne chef

Asïngau répondaient

demandait qu’il qui était a été qu’un son à trou la des frère. chasse

allait devenu tué par

sans

tarder.

Br->siliens, “Ton frère à ce de emmena du

Asïngau,lui

Brésiliens.‘* restât les qu’ils

demanda jusqu’au tis, et pas

Brésiliens Une fois

Bresiliens avaient déraciné,

celui par un

formé

arbre

l’enterrer. A leur voyage camarade: mangé les par Brésiliens un jaguar ! Le ? ” chef Mais l’avait les jatué suivant, les Brésiliens de-

mandèrent -“Peut-âtre guars pour ne venger

était a-t-il

leur été jamais frère. été jamais

mangent son a-t-il ne mangent

“Peut-être

mangé les

par

un

monstre ! alora lui encore dessus, des fort le

Fr

Mais

les

monstres

Brésiliens monterent

Les.Brésiliens breux au village d’A.slngau. car t’attaquer; dessus pas !” , aussi.” beau leur de . bientôt ils C’était Le chef te Ses

très

nom-

hommes

dirent: de Brésiliens toi,tire il Brésiliens: par Alors le bras qua ne

“Prépare-toi,

davantage tireront la parla . Il Sa saison très femme les

viendront leur faisait lr. Partez pour

mais

pluies, aux tenait même!

disait-il le modérer.

essayer

frappa

-

376

5

les

Brésiliens peux vous te en

quittaient .préparer, faites car pas” tirèrent donc, pieds voulez n’avait qui tué ai tué mon êtes qui C.. “. Plusieurs au disait sol

le

village, nous leur sur les allons répondit-il. lui, Brésiliens, nos les peur balles pieds, des et

ils

lui remonter!”

dirent:

-‘>Tu là, ” “Na les

A ce lui tira et ! IV noue

momentsur te eux.

Brésiliens

Approche les vous As’ingau moi

clouons là ce tuer la ‘* Si ! ” ” C’est

avec

me clouer pas

approchez,je

suis

Brésiliens. je ne que et l’ai pas arbres c’était non le tué parvous de pour

votre frère, aussi ai tué “Ici

camarade; mais nombreux cet est je

que

vous car

avez vous

peux les

tous forêt. mon

C’est fr&-eY’. !

moi

homme, mon

venger vôtre.

,1

village,

Partez

fois fois

de Asïngau fois

suite, refusa il y eut

les

Brésiliens qu’ile des couchent bagarres; revenir plus

remontèrent, dans et son à chaque village;

et

5 chaque et les

à chaque Brésiliens

fois,

promirent

de

nombreux, T1- Qu’allons-nous mes de et à Asïngau. les les aider: fit Et elle dévorer Aslngau fit par Puis source il Kouc le les finit alla , le du Kouc. loin, Les demanda chavirer des Asïngau Brésiliens sur Maykwa pas; et c’est bien C...l. que un petit Cou piranhas décida le les à faire la ?” dirent ses chamane Brésiliens c...] jusqu’à jusque de Là, village les la source là. la Alors du ne que Capit”ao, hom-

grand-mère des

canots voraces. d’émigrer suivirent

plus

affluent Moypa].

ruisseau

Brésiliens que celui

trouvèrent Brésiliens,aussi sa vie

dans ses

ce

hommes,appelaient

Conté DET duction en mai

par 1979

Misa à Trois par

à J.M.i?EA:.!Sauts. Tra-

résumée

ALASUKA.

-

377

-

annexe

7

La

guerre

d’extermination les Taoi +ïy

contre

Jadis, mes Tel alors et fut les le W&waila. emmenèrent, sujet de Voilà Nos village des ravisseurs: allez-vous bien”, un passèrent celles Ils bien et avaient qui la ce

les mais guerre. que

Tapivïy les nôtres Le l’on partirent

capturèrent les wayapi

des reprirent. s’appelait

fem-

chef raconte.

hommes

et

arriverent

au

11 Comment Y’ Nous s’assirent femmes sont

?rt,

dirent-ils. les regardaient à la rivière. pensèrent nos TapiiYy. de Nqe tous homcôtés.

allons

répondirent Ils aller été leur que leva. la mienne, et Ils sa

mes .Oes ff Ce

moment. pour ont chacun

capturées” machète. celle-ci

hommes. dit ci vre. rent ‘* J’ai

l’impression il est tous se

est

ma fille”,

Wiwaila, >t Et !” celle-ci dirent-ils Hop! chacun

celle-ci, se fille. mirent Ils

et à

celleles sui-

également. attrapa agirent-ils. TapL?ïy avec combattirent.

Notre la

ancêtre leur. Mais Ainsi les

attrapè-

se . . .

levèrent avec les

à

leur de ? cette Et faiIls donc,

tour. ara, C’est forme-là: avec saient tuèrent

On dit que le nos modèle elles ces

que

c’est

avec, les machètes arrondies

becs dire ont ga. les

ancêtres des sont

Comment elles comme ancêtres machètes.

américaines, au bout, ‘Nos leurs retournèrent.

machètes, tournoyer des Tapi?‘iry et

sac,sao,sac... retournoyer, et s’en

-

378

-

C Cependant
las thés -II un Je de "Je ennemis dans t'avais nos t'avais lee mirent fourrés, bien ancêtres. bien répondit le donc, les corps voilà Wayapi. d'un un Et dit qu'il un dit son corps observaient qu'ils

le

chef

IdLwaila Iles la scène)

fut

tué

et

à bouillir,

Wayapi,ca,

seraient

nombreux",disait

fallait autre. de nôtres ils partirent. Les leur qui

d'abord ennemis famille va être Ainsi

bien faisaient ,

les

observer':,lui bouillir -I' Ainsi

membre des

mangé", raconte-

pansèrent t-on.[...3

En " Voilà tué Allons du de pour quelle être

arrivant, manière un

ils

prévinrent de notre

les

autres: famille

membre

a .été "

mangé':,dirent-ils. chez ils eux ! " Ils répondirent partirent les. nom-

immédiatement village. Et

hommes breux. TF Ils Il

partirent.

vont nous alors

sans faut des tellement

doute en paquets de

nous prendre de

faire

tirer

toutes Ils comme paquet

nos se %a; leur

flèficeils sou-

ches. lèrent

suffisamment'*. flèches que pour la gros le

empcrtèrent levait le

flèches,

bras.

Ils

partaient dirais-je Ils ennemis aller Ils pour TapLPïy nos

guerre, se en mirent en tout de nous de la leurs pasle

Comment embuscade le ser faisions maisons Mais avaient son qu'ils cette peur; ne et long sur du ce sur le chemin. Les pour noua-mêmes. leur village les de

? Ils mirent avaient

se

embuscade

chemin. chemin

l'habitude comme sortir à

à la

rivière,

jadis de

devaient descendre ne

rivière. pas: cette ils rai-

fois-là, peur quittaient

descendaient pour de C'est Ils descendit dans alors sa le leur de

ancêtres.'Cgest pas l'intérieur un sortit. jadis, un le autre

maison. cette et sortit et

Cependant; façon cachèrent du le village. tuèrent. que nos son ancêtres corps. Celui-là, Comme nos tuaient, Ensuite ils

tuèrent et marche

suivirent étaient

ancêtres

nombreux

-

379

-

autour te, Mais

du

villege nos ancêtres

,

nos las

ennemis tuèrent ce

le

devinàrent tous. C’est Ensuite,

sans de

doucette ils re-

manière vinrent

qu’ils chez

exterminèrent eux. C.. .l

village.

Une cêtres trefois, dit lui ” que que Allons tuèrent nos cet nos des ancêtres homme hommes voir ! ‘I, disaient ramenez-la chercher maintenant, qui étaient nos

autre

fois,

d’autres te tuer C’est

parmi dirais-je un

nos

an-

ennemis. partirent s’appelait partirent enflemis! nos !“, notre elle enleves

Comment pour Nasôylk. en guerre,

? AuTapioï!y. à cause On de

Allons

reprendre

notre

soeur

enlevée ” ” oui, Allons

anckres. leur dirent soeur est par et ceux qui restaient. Elle Tap&pïy.” devenaient est

ramenons-la. les

comme Qui, comme

eux, ceux eux.

comme les

Tap&vïy

Nos La le. leurs Les étaient “Ho, Les dit-elle, Tapi ?1y les ne tous

ancêtres femme ces allait

partirent. ver5 Les la rivière: criait-elon se nos dit que

WaySpi! leurs Nos

WaySpi!

sortirent’de suivaient. les trouvèrent

maisons;

chiens Tapk pï’y sauvés.

ancêtres pas, car

dispersèrent, ancêtres s’

Après Et “Cette ils fois-ci, partirent. près les oui, avec fois y1 Cette encore, fois-ci, ceux Voilà ce que d’eux: Nay%pi ! . nous Ils

cela, devons virent

ils

revinrent. notre mais soeur.” quand elle

reprendre leur soeur,

passa l1 Ho! ”

Oui,

r7 dirent-ils. leurs te chiens, dis-je.
VOUS

Mais et nos

tu

sais, ancêtres

les

Tapiiïy

étaient une i

s’enfuirent

devez nôtres

vraiment qui

aller étaient

tuer restée

les au

Tapi?ïy”,dirent village.

des

me raconta

ma grand-mère.

-

380

-

-

Vous

devez Leur

reprendre soeur, que quand WayZpi était Après VT Hai, hai, ; et

votre désormais, nos !” petite cela, bai” cette :

soeur était hommes elle comme elle ne ga ne aboyaient jeune

et

la

ramener Tapivïy; près connaissait ils plus

ioi”,dic’

rent-ils. est elle On dit rent ses vaient te dis-je! pour criait

devenue

cela “les

passaient nous quand pouvait les fille

d’elle, plus.

qu’elle (4-5 ans].

l’enlevèreconnaître qui de aui-

frères. nos

chiens criait

ancêtres

même,

“Maintenant, ancêtres. et rent enfin, contreforts lui chaient mordaient vec chiens daient / ” Vite, son arc aussi, que et [il ils un Mais filaient de je nos veux d’un arriva. les le les chiens étaient hai, à entrer qu’ils arbre. Et contreforts, mordaient; avait pas tiré et Les sak,

on

va

bien

voir”,dirent très et creux dans le très ils d’un creux et ne les en

nos grands; forcèarbre, des
waSEyl&,

vraiment hai, dans hai... le

maintenant: ancêtres dire

l’acculèrent Tapi sak, mais lui ??y sak,

arrivèrent, les flèches

toule ales mor-

maintenant les ses frappait flèches], battus,

chiens vain

toutes

mais et n’en

n’avaient que plus. venez

demandé

à être

! ,‘! cria

1 ‘homme l$uyuwiluway, nom d’un

à ses

compagnons, viens ! ”

“Waytadisait-il. le nom

t”asï,viens l<uyuwiluway d’un autre;

me chercher! était mais le ils

ancêtre, . . . ennemis

Waytatasl,

passèrent D’autres

arrivèrent chiens avaient

alors.Ce acculé. Les

sont Aindeux

ceux-là ai

qui

tuèrent Ils étaient

celui le

que tuèrent

les et

raconte-t-on. Way”api

l’emportèrent.

autres

partis. y7 Ils l’ont chez chez les bel eux, Noirs et “ils Cl3 ; bien ont ils tué”dirent tué voulaient Yalimo”. ces

deux Puis

hommee ils

en

arrivant

partirent

(11

Pour

l’identification

de

ce

groupe,

cf;

p.

3C5

.

-

381

-

les

inviter.

Apparemment, ce avons noua doute Ils qui ‘&té vengerons comment étaient s’était vaincus”,

ils

étaient

vaguement

amis.

Il5

racontèrent et là ” Noue nous sans

passé: dirent-ils; ‘.le.s Wayapi Et Noirs, les très allons aux ensemble, Noirs. Noirs les Voisui-

II, dirent ils nombreux,

perlèrent. les

virent. comme

nombreux,

d’habitude. Les Way”api Ceux-ci Ils nettoyés des l’on aurons jouaient et des et les Noirs en la flûte dans de quoi asoûls. le dirent-ils; eux partirent: Ainsi Cl3 firentvillage, je nous veux arriverent train de : t’étaient lesquels jouait boire su fordes ils Wa-

village ce os biêre humains

des de

TapL??y. maïs. bien

étaient de

crânes.

avaient s~yl&,Z~ ” Quand

introduit ce que nous

bambous. raconte. fini welilili. Trois Tous

Loilà
étaient

d’encercler “,se drentre

sifflerons: parler ils. ” Ho d’où !rr ‘l C’est de noe

WElilili, ancêtres. qui

nous

eifflerons”,dirent-ils.

dirent chante-t-il

les

Tap&??y,“le donc ainsi .

petit ? I’

tinamou

chante

!

Maie

Tiwi,tiwi,tiwi, la flûte : : il se

E..

. E..

. E.. des

: WasEyli dont il

jouait avait

toujours deviné la

de

moqua

Way”api

présence II ge lui !

Apportez, que apporta je

apportez voua de la tue,. bière Pendant

donc et de

vos que maïs. ce je

carcasses, vous mange

que ! ”

je

lee Sa

manfemme ,

temps,

les

nôtres

avaient

fi-

ni Ti...

de

se

préparer: lui le pof! dirais-je qu’il fusil il finit ? avec renversa; il nous dans faut sa par sa en direction: tomber. calebasse sa 11 premierY’,dirsnt-ils. WaeEyli Était pleine boisson. roula tombé, de sur avec, biëre de lui-

1, C’est fit et

même, comment ma&,

qui

se

renversa

------y------_-_----Cl] oiseau /suwil?5l~/:CrÿptureTlus .sp., Tinamidae.

-

382

-

Voila

ce

que

l’on

raconteC1’ Les autres ils tous; et les ils ils les les ne ils TapLoïy réussirent lesanéantirent dans les après Ils réagirent pas à se tous, maisons, les tuèrent avoir tou? avec femmes. chez c’est guerre; qui, à cette nsen de même. ainsi eux: alors sauver. Ils en se Les attrapuis

dispersant; nôtres pèrent ils les les abusèrent

en tuèrent

vain;

femmes d’elles: Ensuite,

ramenèrent les baisèrent égorgèrent.

rattrapées. tes des les

femmes

en Ils

égorgeant, ainsi Noirs

comment toutes repartirent

dirais-je les

couteaux.

liquidèrent Puis les

-

11 Nous ce nos

vous que

avons fut,

vengés; autrefois, Les Tapi

maintenant, cette pïy, nos Noirs

terminé.” raconépoque, laissèrent Voilà, é-

Voilà taient taient même c ‘est

ancêtes. assez vivant,

encore pas ainsi. un

nombreux, et les

ancêtres agirent

Conté PEICÜ, à Trois

par

la Sauts et

grand-mère en Août 1977. de

Transcription Alasuka et

traduction

F.Grenand.

-------------Cl) pe leurs la Selon sur le rivière que Robert l’identité nom. Pour Yawalu du chef et Jacky Tapipïy, Was&yli vécut hommes plus aient était tard, porté
PaWE,

la ils un

narratrice ignorent waygpi-puku 1870. même Il nom.

se par

tromailde

dont

eux, qui deux

chef

i<uya?i les

vers le

se

peut

pourtant

-

383

-

annexe

8

Histoire

d’un Chez! les

captif Ta Ciï

wày”api

Ciétait les taient se ve frottant de] la Mayapi très n’étaient sauvages; [le racine trou du pas ils

avant sur

la l>Oyapock.

migration Les les les Cl3 lobes . Ils

de Tapii?y

Manînika; éen la sède

s’allongeaient dans /pasiq&/ où vivaient les au village avaient sa soeur; plus comme les Tapi?ïy wayapi enlevés l’autre jeune. il

oreilles avec avaient familles. deux Kwatakôa. les eut Les ils longues le partag-èdeu-

pratiqué palmier

grandes
garqons Les rent xième taires comme eux. deux : l’un

maisons
et une

à étage Un fillette qui Pîamîsi les et jour,

plusieurs enlevèrent de se

Tapioïy eut qui

garBon élevèrent les Tapb

était leurs

beaucoup captifs avaient

proprîévivaient comme

faut;

+‘ïy

et

oreilles

Un dît L’autre venait veux”. sont à l’autre: lui de Il difficiles le -II répondît: marier Je

jour, veux avec ”

le

propriétaire le c’est mien. mon mange à dire: qui pas

du Et

plus toi Fr.

jeune

manger Non, sa

beau-frère le tien <<les si

[il tu

soeur]; c’est Piamîsi,

ajouta

:‘t/tatap~l~/“, à trouver”; et bien qu’il exorrhiza

captifs pas loin, alla Palmae.

n’était conoerné,il Wendland,

avait entendu, --------e--[l]/pasivi/:

ne

soit CMart.1

IFiarteà

-

384

-

prévenir " Je

son suis se

ami. bien promît une

Celui-ci ici; de grande dansa ils se

répondit: ne sauver fête avec me feront 2 la rien". première occasion.Eientoute garson danser. comTapi??y en firent bon. Ils il Ils 1' la

Piamîsi t& eut

lieu Piamisi

à caohiri; les pas mais son et les le où la Tap&?ïy; encore Piamisî, ami. lui pieds. fléchèrent l'on

pendant le l'âge lui, A l'aube, lièrent Ensuite, pour les jeune de

journée, les il pris regardait ne

car

il pas

n'avait bien, manger

comprenait qu'ils allaient du poteau, de le alors le manger. à Piamisi: ! C'est préférait trop bu.

avait les mains ils de

s'emparèrent air à un

jeune ainsi flècher, une

homme que puis chanson

semblant chantèrent fallait disaient sait vait Y1 Viens qu'il déjà

expliquait ils

comment mangèrent.

Pendant

journée,

bon le

comme caohîrî

du

singe et

stèle que,

rôti".
d'ailleurs,

Lui,diil a-

Comme quatre Tapi?ïy tinuait il allait soeur. et des la été que en il jours, allaient dedanser cacher Il il décida se seul. dans fîtlpareil La rapide la

les de

danses s'évader. il feignait

devaient Le soir,

encore quand

durer les et con-

coucher, Puis, la forêt la dertîîère de nuit raison, Le maître était nuit lui

l'ivresse tout le monde qu'il àvec son maître Piamisi qu'il mangé qu'il de

lorsque de nuit la

dormait, prenait la lui.fit dit qu' rien de rien cas-

cassave

à sa save

suivante nuit,

ignames. baisse chasser pour rentrant. qu'il La cette

remarquer il tué, oassave tué; avait et

la

oassave.

ptkoédente, il avait

n'avait beaucoup n'eût

s'étonna saoûl.

répondit

suivante, répondît chez les

il

demanda

à sa aimait Il partit au

soeur bien son donc bord il de

de mari seul d'une

fuir et et

avec qu'elle marcha rivière

lui.

Elle resterait toute la

qu'elle Tapivïy. il la Il restes

nuit. durant

A l'aube, toute nuits. des

arriva journée;

et jours siens.

navigua etquatre Il trouva

puis à un abri et

marchaquatre chasse des

arriva de

cassave

reprit

-

385

-

des le trée

forces, lendemain du village

car

il

n’avait et ,dans

plus la

rien soirée,

à manger. il arriva

Il

marcha à l’en-

encore

way”apî. Il s’assit faire y avait le leurs un tuer, cria s’appelait souviendra et un regarda qupîl ce qui Alors ne plus et il vécut tard, mourut. au milieu besoins Tap& Les qu’il ?ïy du le qui hommes était I<watak&a; avait “Tapiply”; s’appelait ils pas les se un sentier. virent voulait.1 du leur s’il village frère. est Il enet Oes coules

femmes rurent violer arrivèrent; dit: core -

qui dirent et

venaient qu’il qu’il alors fallait

Piamisi

Mon

grand-père il ae

vivant,

petit-filsrr. il dit: Piamisi et

Kwatakoa que 1t Oui, les

s’approcha j’avais Tap&vly

petit-fils

oapturèrent”. Piamisî

reconnurent. chez lui les en-

longtemps Tapipïy

siens, voyèrent

car un

quelque mauvais

temps sort

Conté Janvier sur le 1972, champ

par

Zidoc

et Sauts;

Müpôa traduit

en

à Trois par Yawalu.

-

386

-

annexe

8

.Comment’un magique qui

ohamane rendait

acquit les’,querriers

la

substance invisibles

Anllawa esprits. muli/C1’ courut rhombe. dant de de marcher, le Les la Un soir, ficelle du il attacha pour village /mümü/ fa2on continua Il un, Il nouveau approchèrent; tournoyer il son en [En dain forma iuleC3’ alors Alors en jaguar, en mais mais serpent AnBlawa mais revint que

était un appeler en lui son de arrêta il eut

capable morceau 1,es

d’attraper de bambou esprits. tournoyer alors Anllawa Il son en s’arre”ta l’objet: rhombe recula. avant de au se et grande village. fit et

les /kulupar-

à une cercle

faisant répondirent rhombe.

esprits même mais

gron-

faire alors

tournoyer son et en esprits l’emmena

les essa-

esprits ya d’en

approchèrent. ‘attraper

peur

cependant Des un et

de taille

rhombe. attrapa chemin), AnLlawa maître ne mais le

l’esprit ne de ‘lâcha le la lâcha

transforma

soutransen

alors , en

pas. Il se E23 , puis brousse Il se ses transforma mains

pas. enfonga

excréments, se

Anilawa en

dedans.

l’esprit

transforma

chenille

Curticantel,maîs

------------(11 [3) (33 /kulumuli/: /u>ui.uku/: /amula/: Buadua Latihesis Grthoporüs latifoiia mutus, lomontl L., H.B.K., Crotalidae. .Bro., Myriapodes. Poaceae.

-

387

-

Anilawa

ne

le

lâcha

pas. [Alors l’esprit /k~y~mal:u?î/, dans bras, dans variété ses la sous bouche ses capitula] “la farine de l’esprit, et An&lawa qui rend dans dans trouvait /munuwiu/, à le put în-

chercher visible”. ses creux chaque “grande oreilles, de fois

la Il

substance la chercha sous ses

testicules, Il ne

ses

genoux, que la

narines.

d’arachide

nommée

arachide”. Il recommenc;a caché lâcha ses sous recherches la qui gencive se et trouva înférîeusauva.

enfin re.

le Alors

produit seulement

magique il

l’esprit

Conté P&IC~~ en Sauts son Septembre

par

la 1974,

grand-mère à Trois champ par

; traduit fils Alasuka.

sur

le

-

388

-

annexe

10,

Principaux

informateurs

.
13 Wayapi Raymond’l’: side toine le chef Né sur en le 1946 haut Tient Yakanali, sur la rivière au savoir et de Uluali;révillage de sa son d’Anpère

Alasuka ---------------

Oyapock, son

Tamali. Pierre aparai

mère,Pek”u.

Origine

c23 .
1910-1913 sur Kamala. le sur haut Origine la rivière au Pilavilla-

Awala --------------- Alexandre wili. ge

:

vers Réside

Oyapock, wayapi

de

Roger

[clan

KumakaimiZwZnge].

Ilips ----------

Paul:

Né sur

en le

1949 haut Tient Pierre

sur

la

rivière au savoir

Uluali.Réside village de Origine son d’Antoine père,le aparai.

Oyapock, son Yakanali.

Tamali. chef

Aitu -------^-----Germaine

: Né dans

vers le

1898 village

à

la du

source chef

de

l’Oyapock,

Alamasisi.Tenait

------------Cl3 les noms être qui ou filiation les des wayapi utilisés portent. surnoms utilisés face Ils d’état aux sont civil. ici sont esprits devenus les sans avec surnoms danger le temps qui pour des peuvent ceux noms [21

patrilinéaire.

- 389 ”

son Wayapi 1978

savoir

de C clan

sa

mère

Matali.

Origine en

Kul&imi%w%gE].Oécédée de Antoine Tamali,son

au

village

gendre.

Jacky ----------

Pawa:

Né sur ne

en le

1950 haut

sur

la

rivière au

Ulual&.Réside village de 1971, d'Antoison et père de en KuleimiZw%son

Oyapock, Tient son décédé

Tamali.

savoir en

Emmanuel grand-père 1967. gE3.

Pawe, Pierre Origine

Yakanali,décédé [clan

wayapi

Kamala ------------

Roger:

Né au lage voir

en

1913

sur du le

la chef haut

rivière Piva. Oyapock. Maluka.

Yawamsmisisi, Chef Tient Origine d'un son Aparai. vilsa-

village dans de son

père

Kwataka ---------------

Patrick:

Né lage toine père

en

1956

sur

le

haut

Oyapock, chez savoir [clan le

au chef de son

vilAn-

d'&tus%Zy. Tamali. Misa. Tient Origine

Réside son Wayapi

Kulsim&-

ZwZngel.

Miso ----------- Arthur:

Né la

en

1915

à

la

source

de

l'Oyapock,sur au savoir et wayapi de la Cclan village de

rivière

Salamandre. Tamali. Yamauli Aniko. Tient et

Réside son Sapoto

d'Antoine ses pères

grand-mère Kuleimi%wZngô].

Origine

MZipsa ------------

Joseph:

Né side de

en

IS38 au

sur

la

rivière d'Antoine

WaseypsPy.Pp, Tamali. savoir des Frère mêmes

village il tient

Misû;

son

personnes.

-

390

-

Norbert ------------

Miyu:

en

1929

au dans

confluent le village chef WayZpi

du

Camopi du chef village la de

et

de

l’oyapock, kawa. au

Malusis

Actuellement endroit. Par des 1920 rivière de sa

d’un par

même

filiation sa mère,

paternelle. descend Pzkü -----------mRoselia. Née sur voir mari Origine en la

la

famille

gens,de 21 la

1’Approuague. source de 1’Oyapock Tient Matali Pierre et son de son sa-

*

Salamandre. grand-mère le chef [clan

décédé, wayapi

Yakanali.

Kuleim&%wZng.zl.

Pina -m-e

;

Né pock, dans vers haut

vers au la

1905-1910 mont région Depuis où il son

à Tayauqa. du

la

source A paaeé où il

de sa devint

l’Oyavie chef sur le

Kouo 1971,

1950. Oyapock

a émigré son de [clan

a fondé savoir

propre Tatuasu Kulôim&% et

village. Ma&l??. wangs 3.

Tient Origine

wayapi

en

1940

sur sur

le la

haut haut

Kouc. Oyapock Tient

Réside , son au

acvil-

tuellement lage de son d’Antoine père

Tamali. Apiûko et wayapi

savoir

des [clan

colporteurs AkLkLimL%

wayana. w%go 3.

‘Origine

Siaiwa. --m---

N& en jeunesse pays

1942

sur entre

le la

Pilawili. région Qrigine du

A passé Kouc wayapi et

sa le [clan

wayapi-puku.

KumakaimèawZngsl. Né en 1944 sur Frère l’Inipuku, de Sisiwa, en il pays a lui wayaaus-

Toatû% -w-B

:

pi-puku.

-

391

-

si et voir

passé la

sa

jeunesse du haut

entre Kouc.

le Tient

pays son

puku sachef

région de son

grand-père wayapi

maternel,le [clan

Apisalu. ZwZngû 3.

Origine

KumakaimL-

Yawalu ----------_--- Robert*

Né sur ne

en le

1945 haut

sur

la

rivière au son

Lllual&. village de Inamu, de

Réside Antoi-

Oyapock, Tient

Tamali. et

savoir Eugène [clan

Pierre décédé

Yakanali

du

chef

en 1978. Origine wZngE3 . 2 1 Emerillori Mompera -------------------- Pipa Antonin: des Né Emerillon actuellement de son père, en IS24 du

Wayapi

Kuleimi%

sur

le

haut depuis

Tampoc.Chef 1950. Tient son Résa-

Camopi

side
voir

à Camopi. le chef

Alspon.

33

Wayena Né Jari revenu en 1952 de 1963 sur sur l’ltany. à 1971, d’où A r&sidé il est sur ensuite le

Lipolipo: --------

1'Itahy.
sur chef sur date le des les Jari.

Moloko: -mm---

Né nier du qulen sur

vers

1915 1) grand

Il
Wayana il grande

est
ayant du

le
sud

derétenjus-

Wayana”

son

pouvoir 1967,

à laquelle de

a émigré réputation.

1’Itany.

Chamane

Palanaewa ---------I

*

Né ment vière.

vers chef

1930 d’un

sur

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