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ROM LANDAU

D I E U est mon aventure
Traduit de l’anglais par Thérèse Aubray

© 1952 Éditions de l’Arche

La divergence des deux versions n’est pas aussi grande qu’on pourrait le croire au premier abord — car. et ses mots appuyaient indubitablement cette impression. Il annonça la dissolution de l’Ordre de l’Etoile et d’un seul coup abattit l’édifice que M me Besant avait mis dix-huit ans à construire. — Je maintiens. C’est là mon point de vue. depuis dix-huit ans. entretenu dans cette idée. n’avoir eu aucun doute sur le résultat de leur méthode (pp. je la citerai. plus grands ? — M.. par aucune religion.L’aventure anglaise . de toute manière. il pourrait en devenir le « parfait véhicule ». Pendant dix-huit ans vous avez organisé. que la Vérité est un pays sans voies. D’accord avec M me Besant. et soutenu par un courant de foi et d’amour universels devrait obligatoirement témoigner de certaines qualités Christiques.. Théodore Bestermann décrivit l’événement dans sa biographie d’Annie Besant : « Un matin. dit Krishnamurti. la « vision » originelle de Leadbeater n’est que pure invention. Presque personne ne la connaît et je l’ai apprise par Ouspensky. mais seulement. Toute foi est matière individuelle. il semble avoir cru qu’un jeune être élevé comme un « Messie ».. je m’y tiens absolument et inconditionnellement. 85 - 86). Mais comme la source en est impeccable. qui vous libérerait. M. vous avez cherché quelqu’un qui donnerait à vos cœurs une nouvelle joie. Krishnamurti s’adressa aux campeurs assemblés. Dans quelle mesure une telle croyance a-telle balayé en vous toutes les choses inutiles de la vie ? Dans quelle mesure êtesvous plus libres. — Il déclara ne point vouloir d’adeptes.. et que l’on ne peut y accéder par aucun chemin..Chapitre I Le trône qui était celui du Christ — Krishnamurti l y a une autre version sur « l’origine divine » de la mission de Krishnamurti. il apparaît que Leadbeater et M me Besant n’affirmèrent pas que Krishnamurti était le messie.4 I L a rupture eu lieu le 3 août au camp d’Ommen. par aucune secte. encore que Krishnamurti lui-même paraisse l’ignorer. On comprit tout de suite qu’il parlait maintenant en son nom. KRISHNAMURTI Dieu est mon aventure Partie 2 . et non plus comme porte-parole.. Il établit clairement que ses paroles étaient dirigées contre ceux qui. dans les deux cas. à cette venue d’un Instructeur du Monde.. Selon cette version.. Il semble que Leadbeater et Annie Besant n’aient jamais cessé de croire que Krishnamurti assumerait ainsi tout naturellement le rôle « d’Instructeur du Monde ». Krishnamurti continua : — Vous pourrez .J. Krishnamurti décida de renoncer à cette autorité que des milliers de personnes utilisaient comme des béquilles pour parer à leur incapacité spirituelle. Krishnamurti ajouta : — Vous vous êtes préparés à cet événement.. qu’au bout de vingt ans d’études. M. avaient cherché à lui bâtir une doctrine.. Ils semblent. Elle ne peut ni ne doit être organisée.

Cela ne me regarde pas. L’organisation comprenait des milliers d’adhérents. absolument et sans condition. Pour bien comprendre ce que signifiait l’abandon de tout cela. 105). social. matériels ou moraux . — Après cela. Il est facile d’envisager l’immense courage qu’il fallait pour en arriver à une telle décision. des lieux de conférences aux quatre coins du globe . aux efforts. politique ou intellectuel dont il s’agit (pp. peu à peu. au temps consacrés à l’établissement d’un organisme semblable. avec ses livres et ses publications en douze langues différentes . une affaire commerciale indépendante... un tout puissant appareil pour la propagation d’un message spirituel. en fait. un tout-puissant appareil pour la propagation d’un message spirituel (p. avec ses livres et ses publications en douze langues différentes . M. des lieux de conférences aux quatre coins du globe . des aides parmi toutes les classes de la société. Krishnamurti se défit de tous les biens dont on l’avait accablé et. il faut penser à l’argent. une affaire commerciale indépendante. dont le but était la propagation d’un idéal non-commercial. L’organisation comprenait des milliers d’adhérents.3 . 104 - 105). prêts à tous les sacrifices.former de nouvelles organisations et attendre quelqu’un d’autre. des aides parmi toutes les classes de la société. prêts à tous les sacrifices. s’éloigna de toute organisation. matériels ou moraux . Pour en bien comprendre la portée il faut se souvenir de ce à quoi Krishnamurti renonçait. Pour en bien comprendre la portée il faut se souvenir de ce à quoi Krishnamurti renonçait. en fait. ni de créer de nouvelles cages. quel que fût l’ordre religieux. Mon seul souci est de rendre les hommes libres.2 I l est facile d’envisager l’immense courage qu’il fallait pour en arriver à une telle décision.

ne peuvent être saisis par le truchement de l’ego. pour atteindre la vérité. il y a constamment en moi un sentiment d’amour. Pour moi il n’y a pas d’amour personnel. pour moi.6 K RISHNAMURTI m’en avait beaucoup dit.Accomplissements . Ce n’est pas que je sois indifférent. Je lus les brochures que Krishnamurti m’avait données et qui contenaient ses entretiens récents d’Ojaï et d’Australie. sa personnalité ? Ne serait-il pas plus sage de la part de Krishnamurti d’avancer pas-à-pas. 285). ou Dieu. non par la vie de quelqu’un d’autre mais en vivant et en reconnaissant la vôtre (p.Chapitre III Krishnamurti à Carmel R OM LANDAU. Vous apprenez. N’enseigne-t-on point toujours que. et je ne puis m’empêcher de le donner sans distinction à tous ceux que j’approche (p. Pour moi. des faits et des informations techniques. je fus de nouveau frappé par les pages où il exprimait devant un auditoire Australien. la nécessité absolue d’éliminer le je. je sentis. L’ego n’est.5 A la question de l’amour personnel que vous venez de me poser. je répondrai que je ne sais plus ce que c’est.J. le bonheur. l’amour est un état intérieur sans fin. que le résultat de ce qui nous entoure ». — Voulez-vous vraiment dire que vous n’avez jamais fait de lectures philosophiques ? KRISHNAMURTI. KRISHNAMURTI Dieu est mon aventure Partie 3 . durant ces quelques heures passées sur la colline . Je me demandais si le public pouvait comprendre cette pensée. mais pas la vérité. « Le bonheur ou la vérité. Encore que j’y reconnusse beaucoup de ses idées fondamentales. — Pensez-vous sérieusement qu’il soit possible d’apprendre par les livres ? Vous pouvez accumuler des connaissances. l’ego. qu’il me fallait d’abord ruminer tout cela et qu’il serait plus sage de demeurer seul durant le reste de la journée. pour faire quoique que ce soit d’important dans la vie il faut d’abord développer son ego. Parfois l’on me trouve superficiel et froid. 278). en rentrant. de leur apprendre que . tout ce qui a vraiment de l’importance.

Ne leur dites pas que toutes les béquilles sont nuisibles. cherchent la vérité. qui l’étudient sous tous ses angles. Je suis absolument obligé de nier toutes béquilles. même les vôtres. la classe religieuse. Vous. Je ne suis pas un charlatan. est une béquille. avez à faire à ceux qui n’ont pas besoin de béquilles. qui en font l’épreuve et s’ouvrent à elle. ni conscience de soi. je vous en prie. « Mais Jésus-Christ lui-même fut obligé de discriminer. » « Et qu’avez-vous répondu ? Je trouve la requête de Madame Besant très juste. Krishnaji. Il ne s’est jamais adressé à une minorité seulement. Son message s’adressa à une petite minorité avant de pénétrer dans le domaine public ». « je ne suis qu’une infirmière qui aide ceux qui sont incapables de se mouvoir tout seuls et qui ont besoin de béquilles. qui marchent sur leurs deux pieds. » « Mais ne pensez-vous pas qu’il serait plus sage de préparer lentement les êtres à une vérité qui suppose un si complet réajustement des valeurs  ? Bien peu de gens sont mûrs pour ce genre de révolution intérieure. car beaucoup d’entre eux ne peuvent vivre sans elles. Cela n’implique-t-il pas que vous deviez tenir compte de l’écrasante majorité » ? « Il m’est absolument impossible de faire des distinctions entre une majorité et une minorité. Votre attitude pourrait être jugée cruelle. si je vous comprends bien. laissez-moi ceux qui ont besoin d’aide. Je considère que toute méthode définie. trouveront facile de vivre dans cet état constant d’éveil intérieur. S’il vous plaît. Et un compromis est un marché entre la vérité et le mensonge sous quelque forme que ce soit. « La majorité des êtres n’a ni indépendance. est d’aider les gens. » « Je comprends votre point de vue. c’est pourquoi ils ont besoin d’aide. mais je ne veux rien avoir à faire avec eux. Je considère que c’est là mon devoir. Tous sont spirituellement égaux ». ayant trouvé la vérité. Krishnaji. une grande importance et que j’ai toujours aimée et admirée. le lendemain. « Alors que doivent faire ceux qui ne peuvent traverser la vie sans béquilles ?  » « Qu’ils continuent de s’en servir. « En est-il vraiment ainsi ? Il donna son message à quiconque voulut l’accepter. Ceux qui. comme il faisait parfois quand il désespérait de me voir comprendre son point de vue. répondis-je. Y préparer les êtres serait accepter un compromis. Continuez de leur parler. mais. puis il dit : « Il faut que vous compreniez que je ne puis parler qu’à ceux qui acceptent de se « révolutionner » eux-mêmes afin de trouver la vérité. authentiquement. Votre devoir. mais je mets en doute sa sagesse ». » Krishnamurti s’approcha et me prit la main. Qu’il parlât devant douze ou douze mille personnes n’y change rien. par conséquent une entrave à la vérité. Les gens qui ont besoin d’un sanatorium ne doivent pas venir à moi. répondit Krishnamurti. tout avis même. intellectuelle ou sociale. Je ne me préoccupe que de vérité spirituelle ». » « Je lui ai dit : Je ne puis absolument pas faire ce que vous me demandez. car il est faux de prétendre qu’il y a une vérité pour les masses et une autre pour les élus. en nous installant sous les pins qui dominaient l’océan. quelle que soit la race. Il parlait de choses universelles qui s’adressent au monde entier.l’éveil intérieur n’apparaît qu’après une lente et longue préparation ? Ce fut ma première question. Ne me reprochez pas d’avoir été aussi cruel envers une femme de quatre-vingt ans pour qui je présentais semble-t-il. Car on ne trouve pas la . ne leur dites pas de refuser tout appui. et le plus grand nombre possible. « Madame Besant m’a dit un jour ». » « Ce sont ces quelques-uns qui importent.

mais je me demande tout de même comment la vérité. Il se mit à parler lentement. non seulement les Américains moyens qui devaient réagir à la manière du public habituel. elles semblaient plus étroites que jamais ces épaules. Combien d’entre eux repartiront plus heureux plus riches ?. telle que vous la concevez. et Krishnamurti insista pour m’accompagner jusqu’à michemin de mon hôtel. la chaleur et la végétation évoquaient le mois de Juillet. Carmel semblait particulièrement propice à une telle entreprise. plus de dix mille personnes viennent m’entendre. Le moment était venu pour moi d’apprendre quelles étaient les réactions des autres à ce sujet. je me demande souvent comment faire ? Quand je parle aux Indes. avec toutes ses conséquences révolutionnaires. Au bas de la route. en Australie [1] . Quelques-uns seulement essayent de trouver par moi ce qu’ils n’ont pas trouvé ailleurs. la tête basse.  » Il s’arrêta un moment. Malgré le plein soleil. à cause de ma notoriété passée. Ce n’était pas le Capri des romanciers Anglais et des mystiques Russes. mais la lumière. Derrière le jardin. Planté au milieu des pins et des cèdres. du passé Espagnol de la Californie. J’eus envie de courir après lui. Malgré cela je lui dis : « Je crois que vous avez raison . j’abhorre toute idée de propagande. Il y avait ici. peut être communiquée aux masses ? » La même expression de tristesse que j’avais déjà remarquée lorsque je l’avais interrogé sur ce point. et même au-delà de leurs possibilités de comprendre. Ceux-là écouteraient peut-être mes « élèves » qui n’ont pas de passé à combattre. Au bout d’un moment je me retournai pour le regarder. Je sais que la plupart ne viennent que par curiosité. de ma qualité de « messie ». mais je n’en fis rien. d’un côté se trouvait un jardin plein de fleurs bleues. une brume légère s’étendait sur la mer. de lui parler. nous nous séparâmes et je continuai seul. tandis que Krishnamurti remontait vers la colline. Nous nous levâmes. en discutant avec eux de la vérité. Il marchait très lentement. J’avoue ma tristesse de ne pouvoir aider plus de monde ». des collines s’élevaient vers le ciel. On ne peut aider les autres qu’en leur parlant. mais aussi des êtres ayant le goût réel et les capacités voulues pour comprendre et juger. envahit le visage de Krishnamurti.. mais il y a des heures où je me demande si je ne devrais pas former quelques disciples qui sauraient peut-être éclairer tous ceux qui ne veulent pas m’écouter. ou pour s’amuser. ni par aucun système d’exercices mentaux. Ce n’était pas le Positanio sans défense où déferlèrent après la guerre les hordes de peintres Allemands et Américains. puis se tournant vers moi : « Comme vous le savez. » Je commençais à percevoir qu’aucun compromis n’était possible et que Krishnamurti ne pouvait offrir que la vérité. toute cette futilité que suppose une organisation pseudo-spirituelle . Carmel n’était pas ce qu’on appelle une « colonie ». Novembre approchait. rouges et jaunes et de mimosas couverts de grappes d’or. en Europe. Ce n’était pas l’Ascona Helvétique où des rêveurs Germaniques adoraient des dieux nombreux et variés. Une vieille église . Des milliers en Amérique. Et cependant je sais qu’il me faut continuer. comme s’il pensait tout haut : « Moi aussi. Carmel était une de ces survivances vaguement baroques. c’est-à-dire plus sensible que critique. les épaules courbées.. Quel effet le message de Krishnamurti faisait-il sur ceux qui n’étaient pas préparés à le saisir et qui n’avaient aucune possibilité de causer librement avec lui ? Je me demandais s’ils le trouvaient très ardu ce message. deviennent le soir un centre de frivolité mondaine internationale.vérité en s’astreignant à une certaine diète émotive. La mer s’étendait au bout de la route en pente et. ou pas de vérité du tout. le long de la côte. découverts par un auteur Anglo-Américain à la mode. Ce n’était même pas un de ces villages de pêcheurs Méditerranéens qui.

les uns sans doute. d’autres. avec son « Drugstore » où l’on trouvait de tout. Les bûches flambaient dans la cheminée et l’on se sentait très loin de la Californie. s’arrêtaient dans leurs tournées.. Encore qu’il ne s’intéressât pas aux « mouvements spirituels ». La construction avait. fort raide. Robinson Jeffers. une ou deux fois. à la fois. entourées de jardins où poussaient des hibiscus et d’énormes fuchsias. Beaucoup de gens l’avaient personnellement approché . il était beaucoup moins question de M. Il y avait même une galerie d’art dirigée par quelques dames qui ne craignaient pas de célébrer. Un escalier en spirale. Une fois par mois. par curiosité pour sa gloire passée. épargné les bois et les plaines qui entouraient la ville. dès qu’il le vit. à parler avec mon hôte de Krishnamurti. l’un des plus grands poètes Américains vivants. parmi les intellectuels. plus rares. les deux hommes devinrent amis. Ils habitaient. jusqu’ici. Le bruit des vagues. décorée de tableaux modernes et remplis d’un nombreux et ardent auditoire. fût tellement séduit par sa personnalité que. Mais la présence de Krishnamurti semblait devoir créer une sorte de lien occulte qui. menait au sommet de la tour. nommée Boulevard de l’Océan. entre San-Francisco et Los-Angelès. je parvins à le faire parler. où se trouvait une petite pièce lambrissée avec des meubles confortables et une vue splendide sur la mer. pierre par pierre et sans aucune aide. Il portait des culottes kaki à jambières et.. élevées sur quelque promontoire romantique surplombaient la mer et jouissaient d’une vue illimitée de ciel et de côte rocheuse. faisaient songer à la Cornouaille. pour donner un récital dans la salle toute blanche.. romans policiers et chewing-gum. pendant cinq ou six ans. à cause du grand charme qui émanait de lui. Seule. Il y avait des magasins dans des maisons à un seul étage rappelant vaguement l’architecture coloniale. C’est parmi ces derniers que je rencontrai Robinson Jeffers. sur la côte même. la grande pièce était transformée en salle de concert avec une scène miniature et de nombreux rangs de petits fauteuils. également faite de galets. Je passai l’après-midi dans la petite pièce de la tour. très rapidement. Son silence persistant laissait supposer que le moindre mot pourrait détruire les images qui mûrissaient dans son âme de poète. Beaucoup d’artistes et d’hommes de lettres habitaient Carmel.s’élevait en dehors de la ville miniature et de sa grande rue. de sorte que le nom de Krishnamurti lui était inconnu. une maison que le poète avait construite de ses propres mains avec les galets de la plage qu’il avait amoncelés. par un besoin religieux mais presque tous. ni aux instructeurs religieux. Sa femme et ses amis m’avaient prévenu que je devrais assumer tous les frais de la conversation mais. Il mit deux autres années à élever dans le jardin une tour pseudo-médiévale. n’étaient ses yeux rêveurs et l’expression tendre de sa bouche. J’avais hâte de parler avec Jeffers de Krishnamurti et j’acceptai avec joie d’aller le voir. sans toutefois en falsifier l’atmosphère. L’on m’assurait que dans les boutiques d’Océan Boulevard. Dal Monte et Pebble Beach. Roosevelt ou des derniers scandales de Hollywood. Robinson Jeffers était timide et réservé. sandwiches chauds. peu sensible encore. la musique et la peinture. le vent et la fraîcheur saline de l’air. menaçait d’affecter l’ambiance de l’endroit. ainsi que sa charmante femme. Ce n’était heureusement pas une colonie Krishnamurtienne. « A mon avis » dit-il de sa manière lente et . Les maisons d’habitation se trouvaient dans de petites rues avoisinantes. une ou deux villas. Des musiciens du monde entier en quête d’un repos de quelques jours. il aurait pu passer pour un fermier Anglais. le profil sombre des rochers faits de la même pierre grise que la tour et la maison. mais la seule présence de celui-ci semblait avoir polarisé l’intérêt de tous les habitants et de ceux des lieux avoisinants comme Montberey. que de Krishnamurti.

mais tous admettaient qu’il leur donnaient une impression de bonheur et de calme qu’ils n’avaient jamais ressentie jusque là. la plus convaincante illustration de son honnête message. après. C’était sa personnalité qui. je me sentais heureux. lorsque ses mots seront intelligibles pour tous. les deux semblent si vrais dans la conversation. « Croyez-vous que le message de Krishnamurti soit mûr. Parfois vingt. satisfait de lui ou pédant. le fait paraître vaniteux. Pourtant. tout le monde pouvait prendre part à la discussion générale qui avait lieu dans la grande salle de l’hôtel où demeurait Krishnamurti. Beaucoup de maîtres nous impressionnent par leur savoir. souvent déplacées ou inspirées par la seule curiosité intellectuelle. Je dis à Krishnamurti ce que j’en pensais. pour exprimer son message. tant à Carmel. impressionnait les gens. On se sentait en présence d’un homme qui vivait ses idées plus encore qu’il ne les . « Je pense comme vous ». Ma femme dit souvent que lorsque Krishnamurti entre dans une pièce. je subis son influence. il y a en eux une certaine minceur. je crois. par dessus tout. il manque de maturité. La majeure partie de sa vie s’est passée dans la nursery des Théosophes où l’on a étouffé la plupart de ses idées. Même sans mots. L’écriture rend ses arguments irritants et sa logique peu convainquante. comme je suis un piètre causeur. au lieu que chez Krishnamurti. nous avons fait une longue promenade dans la colline et. « Qu’est-ce qui vous a le plus frappé quand vous l’avez vu pour la première fois ? » « Sa personnalité. « Oui. C’est sa personne même qui diffuse ce bonheur et cette vérité dont il parle toujours ». lui-même. J’étais plus amusé que convaincu par ces discussions où le public posait des questions purement personnelles. J’avoue qu’à certains moments je ne sais comment m’exprimer sur lui. qu’il ait trouvé sa forme définitive ? » « Il sera mûr. « D’autre devront trouver le langage voulu. qu’en d’autres lieux de l’Amérique. c’est sa personne même qui nous inspire et nous émeut ». mais il était d’avis qu’il pourrait mieux aider les êtres à trouver leur vérité s’ils développaient ensemble les réponses. qui créaient un noyau Californien pour l’enseignement de Krishnamurti. Je rencontrai plusieurs personnes. ce ne sera pas la première fois que les disciples d’un maître devront construire le pont qui fasse parvenir aux masses un nouvel évangile ». Actuellement. nous n’avons presque pas parlé. parfois deux cents personnes assistaient à ces discussions du dimanche. dit Jeffers de sa voix lente et calme. Intellectuellement. L’autre jour. « il n’y a rien qui cloche dans le message de Krishnamurti — rien que je doive contredire  ». Tout ce que j’écris me semble peu probant et donne de Krishnamurti une impression tout à fait fausse. la lumière y entre avec lui et je pense aussi qu’il est. Quelques habitants de Carmel m’avouèrent être incapables de saisir la valeur ni l’utilité pratique de son message . Il est à peu près impossible de le décrire. « Je crois que cela vient de ce que les facultés intellectuelles de Krishnamurti ne sont pas aussi complètement développées que sa spiritualité. Le dimanche après-midi. car tout dépend de sa personnalité plus que de ce qu’il dit ». « Croyez-vous que ce message devienne jamais universel ? » « Pas immédiatement. il est en effet presque impossible de décrire certaines personnalités ». Après tout. Ne le pensez-vous pas ? » « Je suis de votre avis. La plupart des gens ne le trouvent pas assez intelligible ». Peu m’importe qu’il parle bien ou mal. Robinson Jeffers ralluma sa pipe et se remit à contempler les flammes.hésitante. qui m’exprimèrent des opinions semblables. Et cependant.

prêchait. Seul le cerveau sans intelligence exerce un choix dans la vie. Je me demande pourquoi Dieu s’est complu à le rendre si compliqué ! » Je soupirai. qui crée les conflits dans notre vie — et les conflits détériorent tout. jalousie. mais c’était le seul parti qui s’accordât avec son attitude personnelle envers la vérité. Aucun sacrifice d’ordre ascétique ou similaire. de nos sentiments. mais Krishnamurti se contenta de sourire. Au bout d’une semaine passée avec Krishnamurti. ou de tout instructeur religieux authentique. « Nous devons donc. Dans une telle vie. selon vous. cela me semblait être la chose capitale. surpris. Cela paraît compliqué à cause de notre pouvoir de libre arbitre ». haine et désir de possession — ne peuvent exister. je me sentis fondé à formuler mon opinion sur son enseignement. je l’entends dans son sens le plus large. C’était l’un de mes derniers jours à Carmel. aucun de nos défauts — envie. Seul cet état peut nous libérer automatiquement de nos erreurs et résoudre nos problèmes sans que nous nous efforcions d’en trouver la solution. « Ce n’est pas Dieu. qu’il l’est pour moi. était de prendre conscience de leur vie personnelle intérieure. Tout ce qu’il demandait aux êtres. La vie devient une réalité par une identification pleine d’amour avec chacun de ses instants et non par l’assouvissement habituel et tout machinal de nos désirs. « N’est-ce pas notre libre arbitre seul. « J’ai causé avec toutes sortes de gens qui vous connaissent  ». La décision de Krishnamurti peut sembler pédantesque. des conditions plus favorables lui seraient consenties. mais Krishnamurti s’y refusa. n’est nécessaire. On me raconta que. nous ouvre les portes de la vérité. perdre tout espoir. de nos actions. de l’ordre de celles qu’il avait jetées par-dessus bord. à travers l’amour et la réflexion. Cela seul. car son cerveau voit . Krishnamurti n’avait obtenu qu’un visa provisoire. et cela m’attriste de penser qu’on ait tant de peine à comprendre ce qui m’apparaît comme la vérité la plus simple. de la sensibilité et de la volonté. lors de son arrivée en Amérique. « Libre arbitre ? » interrompis-je. Il n’était pas difficile de constater la ressemblance du message de Krishnamurti avec celui du Christ. du seul fait qu’on a mis en nous la faculté de choisir ? Vaudrait-il mieux ressembler aux animaux qui se contentent de suivre leur fatalité sans savoir ce que signifie le choix ? » « Pas du tout. lors de la dissolution de toute son organisation. « et j’ai essayé de découvrir si votre enseignement est aussi convainquant pour eux. Un homme véritablement intelligent ne peut pas avoir le choix. C’est à cause du libre arbitre que nous nous créons des handicaps et des complications dont nous devons ensuite nous débarrasser si nous voulons trouver la vérité ». Nous trouvons la vérité grâce à l’éveil intérieur constant de nos pensées. Quant à savoir jusqu’à quel point le langage de Krishnamurti pouvait être compris. car tout ce qui nous limitait est automatiquement détruit par cette plénitude de vie. et je décidai de lui en parler encore une fois. j’entends cette profonde intelligence intérieure de l’esprit. lui dis-je. Quand je dis intelligence. mais nous seuls. et je me promenais avec Krishnamurti. et celle-ci ne peut être ressentie que par celui qui prend pleinement conscience des différents aspects de la vie. Toute reconnaissance officielle de son rôle aurait pu produire des erreurs d’interprétation. Toutefois il lui fût suggéré que si son passeport mentionnait qu’il venait comme « Instructeur ». Quels étaient les principaux points de son message ? La vérité ne peut être que le résultat d’une illumination intérieure. Beaucoup le trouvent extrêmement difficile. Ses amis le poussèrent à le faire pour se faciliter la vie. du Bouddha.

sur la colline. m’écriai-je. encore que constante clarification d’un état latent.forcément la vérité et. Ce ne fut pas un éclair fulgurant. Je vous suis reconnaissant de ces jours merveilleux. Toute séparation entre moi et les choses qui m’entouraient cessa d’exister et j’étais pleinement conscient de cette merveilleuse unité. Je rentrais par la plage et la beauté du ciel. cette conscience intérieure de la vie. encore que je fusse assis au milieu des gens et que je parlasse d’un tas de choses. Un cerveau intelligent agit et réagit naturellement et au maximum de sa capacité. me frappa à tel point que j’en éprouvai une sensation de joie presque physique. Seul le cerveau médiocre a son libre arbitre ». Il lui est absolument impossible de choisir. Mais il faut que je vous parle encore une fois d’un sujet dont nous avons maintes fois discuté. en prenant ses mains entre les miennes. et aussi. Allez-y ». qu’il ne semblait jamais se rendre compte de la nouveauté de certaines de ses déclarations ni du résultat inattendu d’une conversation. mais afin de clarifier pour nous deux le problème dont il était question. J’avais déjà remarqué à diverses reprises. « Ma visite tire à sa fin. « Krishnaji ». pour trouver les mots qui l’exprimassent. l’autre jour. « J’admets selon votre point de vue. de la mer et des arbres qui m’entouraient. est que nous en devenons de plus en plus conscients. Quand j’arrivai. Krishnamurti s’interrompit brusquement. Cela ne grandit pas. plus définie ». qu’après une de nos premières causeries. et ne peut pas être autrement ». mais ce qui arrive. « Je n’ai jamais entendu exprimer une idée pareille ». Bien sûr. « C’est ainsi. mais une lente. Il s’identifie spontanément avec ce qui est juste. vous voulez les voir vivre leur vie assez pleinement pour qu’ils deviennent véridiques assez véridiques . Mais. Mais encore une fois. que je rejoignis les autres dans la salle-à-manger. et j’ai toujours l’impression que les gens s’attendent à quelque récit dramatique d’un miracle. ni pour me faire plaisir. j’avais l’impression qu’il me fallait dissimuler mon état derrière un paravent. ainsi qu’on le croit souvent. prend forcément le chemin qui y conduit. Mais la présence de Krishnamurti éveilla mon émotion sans que je me sentisse ridicule. Mais cela me paraît assez convainquant ». Seule prend un sens la vérité que l’on trouve. grâce auquel j’aurais brusquement fait corps avec l’univers. » « Qu’est-ce que c’est ? Ne soyez pas intimidé. mais il me fallut du temps pour m’en apercevoir de plus en plus clairement. par conséquent. et sortir de moi-même. comment espérez-vous aider les autres ? Je sais. à la fois par l’effort personnel et la collaboration. je savais que c’était là notre dernier entretien. que votre mission n’est pas d’agir à la façon d’un médecin et de prescrire au monde des pilules spirituelles. rien de pareil ne s’est produit. Les adieux amènent souvent à mes lèvres des mots que j’aurais quelque honte à prononcer en d’autres circonstances. j’avais éprouvé d’une manière particulièrement vive. Cette conscience intérieure existait depuis toujours. Il faut que cela existe en nous dans sa plénitude absolue. cette conscience intérieure d’être uni à tout ne me quitta pas une seconde ». en arrivant à notre lieu favori. Je devais quitter Carmel le lendemain et. C’est seulement notre réaction intellectuelle qui a besoin de temps pour devenir plus claire. Je compris alors pourquoi on lui reprochait son caractère évasif. Je poursuivis : « Beaucoup de choses me sont devenues plus claires depuis nos entretiens journaliers. Je voulais vous dire. Rien de ce qui a une importance spirituelle ne peut grandir. C’était là une définition assez inattendue du libre arbitre. Il ne discutait jamais pour discuter. lui dis-je. « Comment êtes-vous arrivé à cet état d’union avec toutes choses ? » « On m’a déjà souvent demandé cela.

fut obligé de suivre sa voie qui menait au Golgotha. Le soleil se couchait et des rubans de nuages verts et roses striaient l’étendue du ciel. Cette fois. et je commençai de comprendre ce qu’il voulait dire en parlant de cette vie de rêve qu’il avait menée jusqu’à ces dernières années. Peu importait que ses disciples pussent ou non le suivre. au travers duquel Madame Besant et M. et répudie non seulement ses biens terrestres. mais je ne crois pas que nous soyons assez mûrs pour la réaliser  ». de compassion. des millions d’êtres. Un homme infiniment plus grand que nous tous. Mais une telle révolution intérieure nécessite une force que bien peu possèdent. Vous pouvez seulement essayer de faire respirer aux autres la pureté de cet air et les faire jouir de cette espérance de s’identifier avec ce qui fait la beauté de la vie. vivons dans les plaines. Dans aucune tradition occidentale ni orientale. les détruirait . la vie de Krishnamurti se déployât toute entière devant moi. ou dût attendre pendant des siècles. Aucun n’avait été reconnu par l’Orient et l’Occident — le plus ancien et le plus récent des continents — par les Chrétiens. si souvent. nous ne trouvons l’histoire d’un « saint » qui. les couleurs et les formes du jour. ni de la manière de le faire ? Si vous avez une seule fois goûté l’air des sommets. Peu d’entre nous pourraient supporter une vie d’extase continue. Comment pouvez-vous croire que je m’inquiète de ce qui doit être fait. comme vous le dites. à la jalousie et au lucre. La nuit vient vite dans ces régions et dans peu d’instants la lumière aurait disparu. « Krishnamurti s’approche tout près de moi — comme il faisait souvent — plonge son regard dans le mien — et dit de sa voix mélodieuse : « Vous avez raison. essentiel. m’avait ému. Ses yeux rayonnaient cette lumière faite d’amour. des Yogis et des Lamas. Charles Leadbeater. par les croyants et les agnostiques. N’était-ce point là les années de préparation ? Les années durant lesquelles l’homme Krishnamurti avait essayé de se trouver. moi-même je le vois comme un but à atteindre. qui lui soit comparable ? Bien des Maîtres. me devenait plus claire. il n’y avait dans la voix de Krishnamurti nulle ombre de tristesse. les êtres sauront supporter l’air des sommets. aux pieds des sommets. Il était naturel qu’en ce dernier jour. Il n’y avait pas en lui la moindre trace de découragement. Mais vous oubliez que nous autres. En est-il une autre. ni Steiner ni M me Blavatsky n’avaient connu un aussi étrange destin. les Hindous. Je sais que telle est la seule vie qui vaille d’être vécue. Vous-même avez accompli tout cela et vous êtes sur un sommet où vous vivez dans un état d’union perpétuelle qui équivaut à l’extase. Ils vivent dans les plaines et moi. durant lesquelles il avait été à peine conscient de l’existence extérieure qui l’entourait. Mais j’espère que. Cet état d’éveil permanent. décide de devenir un être humain ordinaire. de sympathie et qui. de remplacer ce moi antérieur. ont été adorés de leurs disciples. Ni Gandhi. après 25 ans de préparation à une vie divine. ni M me Baker Eddy. vous ne pouvez redescendre dans la plaine. Nous nous serrâmes la main et je redescendis vers la plage comme je l’avais fait chaque soir depuis mon arrivée à Carmel. Il faisait tout à fait nuit et les premières étoiles apparaissaient. Toute la trame du mystérieux et extraordinaire destin de Krishnamurti. de plus en plus.pour renoncer à l’égoïsme. Mais aucun d’entre eux n’avait été arraché à son existence naturelle et désigné pour être l’Oint du Seigneur. lorsque nous nous levâmes pour retourner chez lui. L’attention n’était plus distraite par les lumières. Peu importait que son message fut accepté sur le champ. les Juifs et l’Islam. mais aussi tous ses titres religieux. dans les temps modernes. sur les sommets. Ni Ramakrishna ni Vivekananda n’avaient été élevés en vue d’un destin messianique. la théosophie jointe .

Cela ne s’est pas fait en un éclair mais grâce à une clarification lente et ininterrompue de quelque chose qui était là depuis toujours.7 S KRISHNAMURTI. il le bafoue et ne sait plus rien. 286 - 299). — Comment avez-vous atteint l’unité avec toutes choses ? . je reçus une lettre de KRISHNAMURTI de Rio-de-Janeiro où il disait : « J’ai fait ici deux causeries dans un stade de football. rien de tel n’est arrivé. Bien sûr. tout comme il m’a fallu du temps pour trouver les mots capables de la décrire un tant soit peu. Au moment où l’homme commence à découvrir Dieu en lui-même. Il fait des progrès. Et ces années même. l’aventure de Krishnamurti était souveraine. aucun théâtre n’étant assez grand pour contenir la foule. avaient tenté d’agir pendant 25 ans. et j’ai toujours l’impression qu’on s’attend à entendre le récit spectaculaire de quelque miracle inattendu qui aurait subitement provoqué mon union avec l’univers. 296). (p. Ma présence intérieure existe depuis toujours. ____________________ 1. au moment où le dieu qui est en lui doit faire place à l’homme. Il reçoit de lui des leçons et il l’aime. L’Instructeur qui renonce à son trône au moment même de son éveil. Un homme vraiment intelligent n’a pas le choix . ^ Dans l’été de 1935. Maurice Blanchot. de l’émotion et de la volonté.à une étrange crédulité. 295). celui d’intelligence intérieure et profonde à la fois de l’esprit. d’autres me l’ont déjà posée. Un tel esprit n’a tout simplement pas le choix. mais il m’a fallu du temps pour la percevoir de plus en plus nettement .1 L’élève écoute le maître avec docilité. » eul un esprit inintelligent opère des choix dans la vie. pendant lesquelles son esprit s’attardait aux rêves. Seul un esprit inintelligent possède le libre-arbitre (p. Certes. Le mot intelligence devant être entendu en son sens le plus vaste.8 R OM LANDAU. Mais si un jour il voit que ce maître est Dieu . — Cette question. Chaque fois vingt mille personnes assistaient à la réunion. n’étaient-elles point déjà remplies d’une vérité qui est encore trop mystérieuse pour être comprise par nous ? (pp. son esprit ne pouvant voir que le vrai il ne peut choisir que la voie de la vérité.

(p. 312 pp. Paris. 270 pp. (pp. . 45) © 1984. 270 pp. 3.    Mary LUTYENS. Traduction Marie-Béatrice Jehl. Le courrier du livre. Éditions Arista. 7. (p. (épuisé).    Mary LUTYENS. Traduction Marie-Béatrice Jehl. 270 pp. Partie 3 .    Rom LANDAU. 24) © 1970. 298) © 1969. Krishnamurti « Les années d’accomplissement ». Krishnamurti « Les années d’accomplissement ». 2.    Mary LUTYENS. Fin. Éditions Arista.Chapitre III 5.Chapitre I 4. (épuisé). par Planète Plus. 56) © 1983.    Bernard DELAFOSSE. 236 pp. Guy Trédaniel-Éditions de La Maisnie.    Rom Landau. Éditions Arista. 270 pp. (épuisé). (p. 6. (épuisé). Paris.L’aventure anglaise . n°19 (Décembre 1970). Krishnamurti « Cinquante ans d’éveil ». Entretiens avec Krishnamurti. (p. (p. 45) © 1984. Traduction Marie-Béatrice Jehl. 83 - 94) © 1952. Krishnamurti « Les années d’accomplissement ». (épuisé).    René FOUÉRÉ. Krishnamurti « Les années d’accomplissement ». (épuisé). Éditions Arista. 200 pp. (p. Traduction Marie-Béatrice Jehl. 8. 145 pp. Paris. Krishnamurti ou La révolution du réel . La rupture. (p. La Tour de Feu n°36-37 (Printemps 1952). Paris.Accomplissements .    Mary LUTYENS. L’homme et son message « Krishnamurti ». 45) © 1984. Paris.Sources Partie 2 . 1. Paris. 45) © 1984.