^p^

NOUVELLE SERIE
QUINZIEME ANNEE

TOME XY

REVUE BIBLIQUE
PUBLIEE PAR

L'ECOLE PRATIQUE D'ÉTUDES BIBLIQUES

ETABLIE AU COUVENT DOMINICAIN SAINT-ETIENNE DE JÉRUSALEM

PARIS
LIBRAIRIE VICTOR LECOFFRE J. GABALDA, ÉDITEUR
RQE BONAPARTE, 90
1918

LES SENTENCES DU SEIGNEUR

EXTRACANONIQUES
(LES

AGRAPHA)

Il

nous

est dit à la fin

du

IN" évangile, xxi, 25,

que

«

Jésus a fait

encore beaucoup d'autres choses » que celles qui sont racontées dans les chapitres précédents, ce qui nous invite à croire que les évangiles n'ont pas rapporté toutes les actions du Seigneur et non plus toutes

y a donc lieu de rechercher celles qui nous ont été transmises par la tradition et que Ton peut appeler des avpasa, en ce sens qu'elles ne sont pas contenues dans les écritures canoniques,
ses paroles.
Il
'•(pocace.i.

Ce terme àYpasa a été employé tout d'abord au sens de traditions religieuses par opposition aux lois écrites. Lysias, dans son discours contre l'impiété d'Andocides (Lysias, 104, 8), parle des lois non écrites

promulguées par
écrites,

les

Eumolpides. Antigone en appelle aux
v.

lois

non

à'^pa^ta,

des dieux (Sophocle, Antigone,
i,
:

454).
y;

Clément
ysojpYta,
;

d'Alexandrie, Strom.

1,7, nous dit que l'enseignement,

double ^^ ]j.v) â'-i'pao;;, r^ o" k'YYpacpoç; cf. Strom. v, 7, 61 I, 1, 10. Origène, dans son Commentaire sur les Proverbes, i, 8, mentionne les traditions non écrites, à'/pasouç; cf. IrÉxXée, Adv. Haer.
de l'Église
est
I,

8,

1

;

Basile,

De

Spiritu sancto, 566.

en 1776 que le terme a été employé pour la première fois De Sermonibus Christi 'Avpâac^, par KOrner, dans son ouvrage pour désigner les sentences de Notre-Seigneur qui ne se trouvent pas dans les écrits canoniques. Il signifie donc paroles non scripC'est
:

turaires, extracanoniques et

non paroles non

écrites, traditionnelles.
les

En

effet,

les écrits
xvpacpai.

canoniques sont des vpa^ai,

non-canoniques

seront des
Il

de nombreux ouvrages où l'on trouve la nomenclature des paroles extracanoniques de Notre-Seigneur; nous citerons seulement les plus importants J. B. Coteher, Patres ApostoHci, 1672 et 1698. Grabe, SpicUegiiim SS. Patrum et Haereticorum saeculi I, H, III, 1698 et 1714. J. A. Fabricius, Codex Apocnjphus Novi Testaexiste
:

menti, 1719. N. Lardner, The Credibilily of the Gospel History, 1727.

<i4

REVCE BIBLIQUE.
G. Korner,

Routh, Reliquiae sacrae, 1814-1818, 1849. R. Hofmann, Das Leben Jesu nach den Apokr/jphen, 1851. Ch. K. J. Ruxsen, Analecta Antenicaena, 1856, t. I, p. 2Î). B. F. Westcott, Introduction to the Studij of the
.1.

De Sermonibus

Christi 'Aypaçoiç, 1776. M.

J.

Gospels, 1860, 1881, Ajopendix.

Rarixg-Gould, The
J.

lest

and

hostile
to

Gospels, Agrapha, p. 156 ss., 1874.

T.

Dodd, Saijings ascribed

our Lord by the Fathers and other priinitive Writers, 1874. Ad. Hflgexfeld, Librorurn deperditormn fragmenta [Novumest Tamentum
extra
to

1884. B. Pick, The Life of Jésus according extra-canonical Sources, 1887. Th. Zahn, Geschichte des neut.

Canonem receptum),

Kanons, 1, 1888. A. Resch, Agrapha, ausserkanonische Schriftfragmente, 1889, 1906. J. H. Ropes, Die Sprïïche Jesu, die in den kanonischen Evangetien nicht ûberliefert sind, 1896. E. Nestlé, Novi Testanienti graeci Suppleinentum, 1896. Grenfell et Hunt, Sayings of our Lord from an early Greek Papyrus, 1897. New Sayings of Jésus and Fragment of a lost Gospel, 1904 (1). B, Jackson, Tœenty-five Agrapha or extra-carionical Sayings of our Lord, 1900. Griffenhoofe, The unwritten Sayings of Christ, 1903. Vrya^sc^f.^^ Antilegomena. Die Reste der ausserkanonischen Evangelien, und urchristlichen Ueberlieferungen, 1905. Grenfell et Hunt, Fi'agment of an uncanonical Gospel
relatifs

from Oxyrhinchus, 1908.

C.

\Yessely,

Papyrus grecs

à Tantiquité chrétienne dans la Patrologia orientalis de Graf-

Nad, t. IV, fasc. 2, Paris. T. Holzmeister, Unbeachtete pnlristische Agrapha, dans Die Zeitschr. fur Katholische Théologie, 1915,
FiN et p. 98-118.

Les sources où nous puisons les paroles extracanoniques du Sei-

gneur sont

les suivantes

:

I.

Les écrits néotestamentaires, les évangiles

exceptés; ces paroles sont donc extra-évangéliques, et
niques. IL Les manuscrits
et les

non extracanoLes évangiles

du Nouveau Testament.

III.

Actes apocryphes; IV. Les papyrus. V. Les écrits des Pères de

TÉglise et des hérétiques. Nous passons en revue toutes les sentences
attribuées à Notre-Seigneur en essayant d'en déterminer l'authenticité.

A. chacune d'elles est ajoutée une des notes suivantes
I).

:

A.

=

authentique; P. probablement authentique;

douteuse; N. A. non

authentique. Nous n'étudions pas les questions critiques et exégéti-

ques qui se posent à propos de ces sentences. Il y aura lieu de laisser de coté un certain nombre de sentences
qui,

pour une raison ou une autre, ne doivent pas entrer dans notre
1"

recensement.

Les sentences qui reproduisent des paroles évangéli-

(f)

Les ouvrages imbliés sur ces Logia sont trop nombreux pour que nous

les citions tous.

LES SENTENCES DU SEIGNEUR EXTRACAxNONlUUES.
;

93

ques sous une forme plus ou moins différente 2" celles qui proviennent d'écrits canoniques, mais non évangéliques, et ont été faussement attribuées aii Seigneur; celles qui ne sont qu'une paraphrase des paroles de Jésus ou ne lui ont pas été formellement attribuées; 3" les longs discours mis dans la bouche du Seigneur dans les Didascalia

ou dans

la Pistis

Sophia;

la.

lettre

du

Christ à

Abgar;

les

sentences

qui 'se trouvent dans les écrits apocryphes tardifs; celles qui provien-

nent des écrits mahométans.
Écrits jséotestamextaires, Évangiles exceptés.

I.

Dans son discours aux presbytres d'Éphèse, saint Paul leur dit en terminant son allocution \zi... ;j.v/;;j.ovc'j£',v -rs -wv '/.ô-^uyv tou KupCcj 'r^7CJ. 'i-i aj-bç ='.-zy' Ma/.âp'.cv ïaiv/ ;j.5caacv o'.sivai Xay.êâvîtv, Act. XX, 35. Il faut se souvenir des paroles du Seigneur Jésus qui a dit luimcme Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir. Cette parole de Notre-Seigneur présente tous les caractères de
:
i^

:

Fauthenticité
:

;

elle

se

Puisque le quente heureux que celui qui reçoit. 'Er.û
oioôv-ra r{r.zz

retrouve d'ailleurs dans la tradition subséSeigneur a dit aussi que celui qui donne est plus
-/.'jX

h

Kjpioç
iv,

^.'j:/à^\z^)

al-sv

slva-,

Tbv
II,

Tbv

'hy.\j/àT)z^)-y..

Const. apost.

3.

Cf.

Éphrem, Opp.

Épiphaxe, Haer. lxxiv, 5; Anastasele Sixaïte, Quaest. li —A. Nous relevons encore dans le Nouveau Testament d'autres paroles authentiques du Seigneur Ayant assemblé ses disciples, Jésus leur
23.5 c;
:

commanda de ne
promesse du
Jean,
il

point s'éloigner de Jérusalem, mais d'attendre la Père, laquelle, dit-il, vous avez entendue de moi. Car

a baptisé d'eau, mais vous, vous serez baptisés d'Esprit-Saint dans peu de jours. Étant donc réunis, ils l'interrogèest vrai,

Seigneur, est-ce en ce temps-ci que tu rétabliras le royaume d'Israël? Mais il leur dit Ce n'est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a réservés de sa propre autorent, disant
:
:

mais vous recevrez la puissance du Saint-Esprit qui viendra sur vous, et vous serez mes témoins, tant à Jérusalem que dans toute la Judée et la Samarie et jusqu'aux extrémités do la terre, Act. i, i-8'
rité,
cf.

ib. XI,

16

— A.

Jésus pour l'institution de l'eucharistie que rapportent les évangiles, saint Paul, / Cor. xi, 24, ajoute Faites ceci en
:

Aux paroles de

mémoire de moi,

que vous boirez, mémoire. Les Constitutions apostoliques, viii, 12, mettent dans en ma la bouche du Seigneur les paroles suivantes Toutes les fois que vous mangerez ce pain et que vous boirez cette coupe, vous annoncerez
et
:

^

25

Faites ceci,

chaque

fois

:

96

REVUE BIBLIQUE.
que je vienne, que Paul rapporte sans
III,

ma mort jusqu'à ce
à Jésus,

les attribuer

ib. XI, 26. Cf.

Ecclesiae Constaritinopolitanae Liturgiae, Bunp.

sen, Analecta Antenicaena,

222; Liturgia quae
S.

dicitiir

Divi

Marci,
p.

ib.

III,

127

— A.

p.

117;

Liturgia

Jacobi

apostoli,

Fabricius,

Car nous vous disons ceci par une parole du Seigneur, c'est que nous, les vivants, qui sommes laissés pour la venue du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui se sont endormis, I Th. iv, 15 A.

Voici, je viens

comme un

voleur. Heureux celui qui veille et qui

garde ses vêtements, afin qu'il n'aille pas nu et qu'on ne voie pas sa A. honte, Jjmc. xvi, 15

II.

Les manuscrits du Nouveau Testament.

On peut
ceptées
lisons
:

relever dans les manuscrits

paroles de Notre-Seigneur que les

du Nouveau Testament des éditions critiques nont pas ac-

comme
'Eiv oè

canoniques. Dans
èv ty;
a.'kk^^

ou'ùv.o'jgu

codex de Bèze, Mt. x, 23, nous ûij.àç, çpcûysTs sîç i-ç) x/0.r,y. Sils vous
le

poursuivent dans une

ville,

fuyez vers une autre.

Ce texte se retrouve à peu près textuellement dans Origène, Exhort. Et ad Martyres, 0pp. I, 295; dans Éphrem, éd. Môser, c. 8, p. 94
:

ab hac persequentur vos, fugite denuo in aliam civitatem. Cette sentence paraît être un redoublement de la parole authentique du
si

Seigneur
ï-ipy.v.

:

"Oxav

omy.y'joi'')

'j[;.aç

èv

t-?î

tcoasi

Taû-r,,

osûysTS sU

'V>

Lorsqu'ils vous poursuivent dans cette ville, fuyez vers l'auest

tre.

Il

possible
la

pensée en

que Notre-Seigneur ait affirmé davantage sa P. développant sous une forme peu différente

Le Lectionnaire syriaque Palestinien présente de la façon suivante
le texte

canonique de Matth.

xii,

36 iCod. C)

:

Aévo) oï

JiJ.tv,

cti

tSv

rr/j.a y.xAsv c

cj Àévoutriv ci avOpwTco'.. àrcsoWouffiv Trepî xjxoXi Xôycv sv

rtii.ipfx

vous dis que de toute bonne parole que les hommes ne disent pas, ils en rendront compte au jour du jugement. Avons-nous là une parole authentique du Seigneur ou simplement une transpoAéyo) es ûjaiv 'i-i zSv 'pf,\j.x sition, une interversion du texte canonique
v.pizuû:.
.le
:

xp'fyf S AaAr,7Cua-tv cl à'vOpo)7;ot àr^coôiGcuiv^ r.tpl ocjtou

Xc^cv

èv

r^lJ-épT.

y.p'.-

vous dis que toute parole oiseuse que les hommes auront prononcée, ils en rendront compte au jour du jugement D.
zzMz*
.le

LES SEiNTENCES DU SEIGNEUU EXïRACAiNONIQUES.

97

Dans

la

péricope de Mt. xvii, 24-27, ont été introduites des paroles

de Jésus

de Pierre qui semblent modifier le texte. Jésus demande De qui les rois de la terre reçoivent-ils le tribut, de leurs à Pierre Des étrang-ers. Jésus en confils ou des étrangers? Pierre répond
et
: :

clut

:

'Les fils

Ici le
Es-/;

en sont donc libérés. codex Algerinae Peckover (Codex Ev. 561) ajoute ces mots

:

Si[^.(.)V

Nxu

l\.é'(i\

z
:

Ir^azXjq'

ooç,

O'Jv

-/xl

j'j

o^ç

c/'kkbxçiioq

îcijtwv

;

Simon

dit

:

Oui. Jésus dit

Donne donc

et toi aussi

comme

étranger

à ceux-ci. Ces paroles semblent en opposition avec la suite du texte canonique, où Jésus ordonne à Pierre de payer le tribut afin

que l'on ne

soit

pas scandalisé

— N. A.

où Jésus enseigne à ses disciples que quiconque voudra être grand parmi eux sera leur serviteur, et que le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour plusieurs, on lit dans le codex de Bèze, le codex •!>, la Sinaïtique Curetonienne, la Peschito, dans de nombreux manuscrits de la vieille version latine, dans six manusla suite des paroles
crits

A

de la Vulgate
à-/.

:

't\).zXc lï

'C-q-sXxe

h.

'j.f.y.pcj

aj^yjcraf. -/al (-f-

\xq

Sin.

Vos autem quaeritis de pusillo crescere et de minore majores esse (Codex Veronensis). Vos autem quaeritis de modico crescere et de maximo minui Codex 00 de la Vulgate). Cette parole de Notre-Seigneur paraît être authentique P. Les mêmes manuscrits ajoutent des paroles du Seigneur qui sont
Cur.j

yA^ovcq l'XaxTsv

slvai.

une paraphrase de Le,

xiv,

différent qu'on peut bien le

Le texte en est cependant croire issu d'une autre tradition.
8-10.

si

Me,

XIII,

:n, le codex de Bèze,
:

nibus, donne cette leçon

Ùuod vobis dico, omQuod autem uni dico, omnibus vobis dixi.
au
lieu

de

:

Le sens des deux sentences nous parait trop différent pour que l'une soit une variante de l'autre. Optât, De Sehismate Donatistariim, i, 1,
a rapporté aussi cette parole du Seigneur, mais
il

un autre contexte

— P.

l'a

placée dans

Les paroles du Seigneur, insérées dans

le
:

codex de Bèze entre
T-^ aÙT?)
-^i^épo:
7

les

^

4 et 5

du sixième chapitre de

saint

Luc

9sa<7i|j,£v6ç

UEVUE BIBLIQUE 1918.

N. S.,

T. XV.

0^
TIV2 ïoy(x'Co[).vfOv -0)
zy.Vty.-is)
!'"';

REVUE BIBLIQUE.
cÎttsv

aù-oJ'

"Av6po)-s,
y.a'i

ê'.

[j.àv

oioaç
î'^

t'!

t:ci£'.'ç.

aaxasi;;

si'

£^

s^

C'-saç,

èTcty.aTxpa-cr

TrapaSâ--/;;

tcj

V5;j.s'j,

Dans ce
mais
si

même

jour, (Jésus) ayant vu
:

un homme
et

travailler le jour
tu es

du sabbat,
soulevé de

lui dit

Homme,

si

tu sais ce que tu

fais,

heureux;
loi,

tu ne le sais pas, tu es

maudit

nombreuses discussions.

un violateur de la Remarquons d'abord

ont

qu'elles

ne se retrouvent nulle part ailleurs. D'après les uns, ce Logion serait d'origine marcionite ou serait judéo-chrétien, ce qui paraît peu probable, car le codex de Bèze ne

aucune tendance marcionite ou judéo-chrétienne. D'aulres croient qu'il est paulinien de tendance et même que Paul l'a connu.
trahit

y a certainement des rapports entre celui-ci et divers passages Gai. m, 10; ii, 18. Il parait aussi avoir des épitres pauliniennes
Il
:

connu de Jacques, ii, 12; i, 25; rapprochent de celles du IIP évangile
été
[xay.apioç v.

ii,

10, IJ.

Ses expressions se El
;j,èv

et

du IV

:

oloaç

ti ttsisCç,

=

v.

TajTx cïsxtî,

ji.xy.âp'.ci

ècTs, ààv ttoi-^tc ajTa,

Jn, xiii, 17.

en conclut que nous avons là une parole authentique du Seigneur. Ropes nest pas de cet avis, parce qu'il n'a trouvé nulle trace, chez les Pères, de ce logion. Il cite cependant un passage de Contra advers. legis saint Augustin qui le rappelle d'assez près et j^rophetanim, ii, 11, 37. Il reconnail toutefois que cette sentence

Resch

:

est sans

aucun doute digne de Jésus
lui.
l'a

et

qu'il

est possible

qu'elle

émane de
tion

Elle est basée sur ce principe

dépend du motif qui

inspirée

que

la valeur

de l'ac-

P.

Le codex de Bèze, quelques manuscrits majuscules, plusieurs man. de la vieille latine, la Yulgate, la syriaque Curetonienne, etc. ont,

Luc,
Yap
Et
il

IX, 55, la leçon
'j'.c;

:

Kai slxsV Or/.
;jy.

olly.-t ci':u T.'n-j\}.y.-.iz

isTS
oCk'kt.

'j\j.^Iç';

TOij
:

àvOpoWcj

r^XOe d/'J'/àç

àvOpw-tov àrrcAÉja'.

stTjaa'..

Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes? Car le fils de l'homme n'est pas venu perdre les âmes des hommes, mais les sauver. Le codex D n'a pas la première partie de cette sentence. La grande majorité des manuscrits majuscules, des codex de la Vulgate, des Pères, Cyrille d'Alexandrie, Jérôme omettent cette sentence, de sorte
dit

qu'il n'est
est

pas certain qu'elle fasse partie du texte canonique. Elle cependant authentique et provient probablement de la tradition

occidentale

— A.

Au

texte

canonique de Luc,

xxii, 27, le

codex de Bèze a substitué

LES SENTENCES DU SEIGNEUR EXÏRACANONIQUES.

99

un

texte qui le reproduit

et ajoute les

mais sous une forme dilférente 'Ey^ vàp èv [jAgm û[jm^ parties placées entre crochets

en

partie,

:

cva/.ov{a [xou

w;

5

Gtay.ovôiv].

Ego autem sum

in

medio vestrum

;

veni,

non

sicut qui

recumbit sed

sicut ministrans et vos crevistis in

mini-

sterio

meo

sicut ministrat.

Resch, p. 50, croit que ce fragment conservé par le seul codex de Bèze est une parole authentique da Seigneur, parce qu'elle s'encadre bien dans l'ensemble du discours et qu'elle présente des caractères

de véritable originalité

— A.

Au

lieu

de

iAOâTo>
et le

-rj

^'iacrùsix

aou, Le, xi, 2, le

codex Ev. 604, édité
IV, 31,
y.a-

par Hoskier,
suivante,:

codex Vaticanus, olim Barb.
tc «y'-îv

ont

la

leçon
yj;xx-;.

'EXÔstw Tb -vsjt^a aou

ïo

r,\j.x:;

-/.aQapiaaTW

Que ton Esprit-Saint descende sur nous

nous purifie. Il nous semble impossible d'admettre comme authentique cette variante, bien qu'elle soit appuyée par Grégoire de Nysse, I, p. 737 ^ocjiheia azj Car dans cet évangile, il dit (Luc), au lieu de èXÔ^Tw èXÔÉTO), or,7(, -h aY'-2v Tzveuixa aou ko ri[i.Oiq 7.7.1 y,xBxpiiixi>i Y;[j.aç. Cf. Maximus^ t. I, p. 350 [ad Malth. vi, 10). Ces deux témoignages ne suffisent pas pour infirmer la tradition textuelle des évangiles de Matet qu'il
:

r,

:

thieu et de Luc, ainsi que toute la tradition patristique
*

— N. A.

Nous citerons encore l'addition entre crochets à
Seigneur
:

la prière

de Notre:

Wq

el(yvn-{'/..r^q Y)[;.aç

sic xstpatJijiv, [sv

û-£Veyx,£!:v oj ouvaiJ-îOaJ

Ne nous induisez pas dans une tentation [que nous ne puissions pas supporter], bien qu'on ne la trouve pas dans un manuscrit du Nouveau Testament, mais seulement dans
la Liturgie d'Alexandrie,

éd.

Swainson, p. 6 et dans la Liturgie syriaque de saint Jacques, ib. p. 343; JÉRÔME, in Ezecli. xlviii, 16; Hilaire, in Ps. lxviii Ps.-AugusTiNis, Sermo LXXXIV; Curomatius (Migne, LXX, 362). Faut-il voir l'orig-ine de cette addition dans cet enseignement de Paul aux Corinthiens, I, x, 19 Mais Dieu est fidèle qui ne permettra
; :

point que

vous soyez tentés au delà de vos forces; mais avec la tentation il vous en donnera aussi l'issue, de sorte que vous puissiez la supporter? C'est possible, mais cela ne suffit pas pour nous faire
admettre

comme

authentique cette addition

— N. A.

100

REVUE BIBLIQUE.

Entre
Freer,
s

les ^^

14 et 15 du chapitre xvi de saint Marc

le

manuscrit

032, ajoute seize lignes. Déjà saint Jérôme, adv. Pela(jianos, avait rapporté que dans quelques manuscrits latins et plus souvent encore dans les manuscrits grecs, il y avait une addition Et illi (apostoli) satisfaciehant, après le ^' 14 et il la citait en latin
14,
:

dicentes
est,

Saeculum istud iniquitatis et incredulitatis sub Satana qui non sinit per immundos spiritus veram Dei apprehendi
:

virtutem, idcirco

jamnunc
ô a'.ojv

révéla justitiam tuam. Voici le texte grec
la

donné par
vàv
àcT'.v,

le

codex Freer avec
ci)~cz

réponse de Jésus
7.y.\

:

Kà/.eTvot àr.zkoact-a.-

YOUVTO AÉYCVTcç" OTi
c
[j/q

Tv^ç àvoij.taç

tyjç

à-icttaç ûtto tov
-:y;v

èwv xà

br.b

twv

7:v£u;j.â-o)v x'/.yJ}y.p-a
g:>ù

àX"/;6tvr;v zc'O
r^or^,

Qzc^j

y.aTaXxSécOat oûvaixiv' cià tcutc «jroy.âXu^'Ov
'é\e-(C''/

ty;v

oiy.aiocjv^v
o"'-

VÂzivzi
c

TW Xpio-Tw'
zf/Ç

y.al o

Xpiaxoç
t;j

ày.îivctç TrpoaéXsYS'^

"Tit-'j.-qponoci

cpcç

-0)7

STwv

è^ouai'aiç

craiava,
îîç
tr^v

aAAa

ky^iZs'. à'XAa
î'va

osivâ'
e'.ç

y.a'^

JTràp -or/

y.y.apvriGœi-on èvô) xapscôôr^v
y.al
p/rjy.étt

6âva-cv
èv

ù'^roaTpstl/tociv

-rr^v
y.y.\

àXr/Jîiav

â:[;.apTr,(7a)civ,

ïva

tw oùpavw

7:vîU[j.aTiy.Y;v

à^Gap-ov

-ïjç

oixatoaûv/]ç oôçav

y.Ar/povc[;/rjawo-i.v...
:

àXXi TrspîuOsvTsç

SS.

Et ceux-ci

(les

apôtres) se défendaient, disant

Le

monde

d'iniquité et d'incrédu-

au pouvoir de Satan qui, par les esprit impurs, ne permet pas de saisir le vrai pouvoir de Dieu. C'est pourquoi révèle ta justice. Le terme des années de Satan est Et le Christ leur répondit accompli, mais d'autres choses terribles approchent. Et pour ceux
lité est
:

qui ont péché
et qu'ils

j'ai

été livré à la

mort

afin qu'ils reviennent

à- la

vérité

ne pèchent plus, afin qu'ils héritent de la gloire spirituelle et incorruptible de la justice dans le ciel. D'après Gregory (1), certaines expressions, ; alun ou-cç, r.t~'/.r,p(ù-y.i, e\ç OavaTov, se retrouvent dans les évanr, ï^o'jaiy toU (ja-ravà, r.apzobBr,v giles synoptiques; oixatotrûv/j @zoX> dans Paul; oi'y. -oj-o daïis Marc;
r.yt\t[J.y

ày.âOapxov,

àiîoy.aXûzTO),

à-Ko'ko^{Oi)'^.0Li,

èâw,

jrapasccwtj.'.

dans tout

le

Nouveau Testament; àX-^Oivr) ojvaij.tç, -KpoGké'fu), c£',vôç, 7:veu'f<.aTiy.ri lira, a^OapToc o6ça, ne sont pas des expressions néotestamentaires, bien le il faut en conclure que l'auteur de ce passage connaissait Nouveau Testament, mais qu'il ne se croyait pas obligé à se servir seulement des expressions de ce livre. Nous n'avons donc pas là des paroles authentiques de Jésus. Leur origine pourrait remonter à des paroles authentiques du Seigneur, dont elles ne seraient qu'un écho

.affaibli (2)
(1) (2)

— N. A.

Das Freer- Logion,
Cf.

Leipzig, 1908.
\\ 439. Paris,

Lagrance, Jivangile de saint Marc,

1911.

LES SENTENCES DU SEIGNEUR EXTlUCANONIQUES.

101

m. ÉVAXGILKS
Nous
y.aO'

ET ACTES APOCRYPHES.
ii,

lisons

dans Clément d'Alexandrie, Strom.

0,
:

i5,

une

sentence qu'il a extraite de l'évangile selon les Hébreux
'ESpa'O'j; Eja-f/sAiw' 6 Oa'jij-aaaç
^a'^'-''^-^'^-^ Y-TP^''^"^'-)
''•^'-

~H

y.âv -rw

^

PaatXs'jjaç

ivazav^âs-ai.
:

dans l'Évangile selon les Hébreux Celui qui s'étonne régnera et celui qui règne sera en repos. Ce logion se retrouve sous une forme légèrement différente dans
aussi
il

Gomme

est

écrit

un autre passage des Stromates,
z'r)y.x:/x'

v,

14,

96

:

"laov yàp -z'j-ziq

ï'/,zvrj.

oj -y/j^t-yx z

'^r~,Zri

%(s)z,

àv

cjp-f], s'Jptov
:

oè 6a;xêr(6r,7i-:a',, Oai^-êr^Oô-r

Car ces mots peuvent avoir Celui qui cherche ne s'arrêtera pas le même sens que ces autres jusqu'à ce qu'il ait trouvé et ayant trouvé il s'étonnera et s'étant
3à 3ac7Ù£'j(7£i,

iSacrrAe^aa; os èTzavairaÛTSTai
:

étonné
Hunt,
z-.T)

il

régnera
p. 13

et

régnant

il

sera en repos, et rappelle de près

celui qui est attribué à Jésus dans les Logia publiés
II.
:

par Crenfelle'jp-/;,
v.y).

\i-[v. 'I-^7Cjç
-/.al

:

'^:^^

-yj'jic^M

h

ïr,xwv,... so); av

t'^ç>r^,

0a[j,6-^6r,T£-:a',,

Oa;x6-r(Ô£Î;

[ùa:!CKVjaii,

xal |3a(JÙ£'J(7aç

œrj.~y:r-

zi-y.'.,

dont nous parlerons plus loin. Westcott accepte cette sentence

comme

authentique, tandis que

Resch, p. 215, la tient pour apocryphe. Ropes, p. 128, pense que le sens primitif est incertain, mais que la sentence grecque représente

premier mot, f)a'j[j.x(7aç, n'est pas une traduction exacte du terme araméen. Peutêtre faut-il le remplacer par f)a;j.5-r;6c'ç, ainsi que l'indiquent les paspeut-être un original araméen authentique dont
le

sages cités plus haut

— D.

*

Il

est

impossible de tenir pour authentique la sentence du S-iuveur
II, 6,

qu'Origène, in Joan. ï.
'Eàv s£
y.p-.i

emprunte à l'évangile selon
£ijaYY£Af.C)v,
[j.'.y.

les
z

Hébreux

:

7:poîi*r^Taî ti; -b

7.aO'
'j.z'j

'ESpaisuç
z-'',:v

|v6a xj-zc,
Toiv

zM-.-qp «p'/jaiV
;j.ou /.ai

i'kyzi a£ r

[j.r-rz

-.z

-vsjy.a iv

Tcr/wv

àvr,-

v£Y-/.£ !A£

tlq-z zpzq -z
le

\U-{y.

Qycùip. Si

quelqu'un accepte l'évangile selon
dit
:

les

Hébreux où
le

Seigneur lui-même

mère,

Saint-Esprit,

m'a

pris

En ce mument même ma par un de mes cheveux et m'a porté
fois,

sur la haute montagne Thabor, et qu'il a citée une seconde

in
:

Jerem. xv,

4.

Modo tulit me rum, Com. in Mich. vu, 7;
•/.al

Nous la trouvons encore rapportée par saint Jérôme mater mea, Sanctus Spiritus, in uno capillorum meoin Isaia, xl. 9;
viii, 3
:

m

Ezech. xvi, 13. Elle
]xt -f^q

rappelle ce passage d'Ézéchiel,
àv£Aa6£V
Il
\j.t

-/.a-

àvéXaêÉv

/.cpu??;;
;j,-.

\j.z'j

T.'nj[J.y.

âvx a£7cv
le

tyjç v-i^ç %y.l z-jpavzu

7,<x\-ri^ry.-^/é'f

zlç

Ispo'J-

cy.'K-fllj..

me

saisit

par

sommet de

la tête et l'esprit

m'enleva entre

102

REVUE BIBLIQUE.

le ciel et la terre et il

me

conduisit vers Jérusalem. Ce texte est peut-

être l'origine de la sentence

de l'évangile selon
Il

les

Hébreux, qui est

certainement très ancienne.
texte de l'évangile
Il,

serait nécessaire d'avoir l'ensemble
la

du

pour bien

12, élèvera

être

appelé la

un doute sur la mère du Christ.

comprendre. Déjà Origène, Joh. possibilité que le Saint-Esprit puisse

m

De ce passage où Jésus-Christ appelle le Saint-Esprit sa mère il faut rapprocher celui où le Saint-Esprit appelle Jésus, mon fils. Juxta evangelium quod Hebraeo sermone conscriptum est legunt Nazaraei Descendit super eum omnis fons Spiritus Sancti. Porro in evangelio, cujus supra fecimus mentionem, haec scripta reperimus. Facta est autem, cum ascendisset Dominus de aqua, descendit fous omnis Spiritus Sancti et requievit super eum et dixit illi Fili mi, in omnibus prophetis exspectabam te ut venires et requiescerem in te. Tu es enim requies mea; tu es filius meus primogenitus qui régnas in sempiternum ». Jérôme, inisaia, xi, 2. Que le Saint-Esprit soit dit la mère de Jésus, cela s'explique par le fait que le terme hébreu mi
<' : :

est-du genre féminin

— N.

A.

Dans

les

évangiles synoptiques, Ml. xix, lG-26; Me, x, 17-27;
il

Le, XIX, 18-27,

nous

est

rapporté un entretien du Seigneur avec un

jeune

homme

riche qui lui demandait ce qu'il devait faire pour

hériter la vie éternelle. D'après Origène, in
gile selon les

Mat th.
:

T.

XV,

14, l'évan-

Hébreux aurait complété cet entretien en y ajoutant les Quomodo dicis legem paroles suivantes Et dixit ad eum Dominus
:

feci et

prophclas, quoniam scriplum est in lege
sicut teipsum, et ecce multi fratres tui,

:

diliges

proximum

tuum

iilii

Abrahae, amicti

sunt stercore, morientes prae faîne, et
bonis, et

domus

tua pleua est multis
eos.

Resch, p. 217, croit que cette addition n'est pas authentique, parce qu'elle ne répond pas à la situation des Juifs contemporains de Jésus, dont on ne pouvait dire qu'ils étaient
:

non egreditur omnino aliquid ex ea ad

amicti stercore, morientes prac famé. Cette

observation n'est pas décisive, car on peut faire remarquer ([ue l'état

du pauvre Lazare, couvert d'ulcères, Le, xvi, 20, répond bien à cette description. 11 est donc possible que ces paroles du Seigneur soient
authentiques

P.

Nous trouvons dans
t.

la Thcopliania d'Eusèbe,
:

Non. Patnnn
iopaiy.ol'ç

Biljl.

IV, p.

1.").").

le

i^a^sage suivant

Tb

«'; r,;A3:ç -^y.cv

yapay.-Yîp-

LES SENTEiNr.ES DU SEIGNEUR EXTRACANONIQUES.

^3

iaoKOJç
Ç'.v

èÇ-Zj-z-ÔTCç.

TpeTç ^àp oojÀouç Trspur/e, tov
y.a',

[[aèv

y.aTaî-aYCVTa Tr,v li-ap$è
7.7.-7:/.^

;j.STà
-:b

TTopvwv

ajA'^tpiooJv, tsv oà TuoXAaTïXaTiâfjavra, tov
[;iv

j-

<)^œt-y.

-râXav-rov. sira -bv

àrco£/0-?;vai, tov ce

[;.£[j.90-^vai ;j.ôvcv,

tsv oè

a'JY"/,X£tj8^v3;i o£5;xa)T-^pu;).

L'Évangile qui est venu jusqu'à nous en cala

ractères hébreux

donna

menace

faite

non contre

celui qui

cacha

[son talent] mais contre celui qui avait vécu clans la débauche; car l'un qui dévora le bien de son la parabole] parle de trois serviteurs
:
!

maître avec des courtisanes et des joueuses de flûte, l'autre qui fit de grands profits et l'autre qui cacha son talent, et comment à la fin,

seulement blâmé et l'autre jeté en prison. Ce passage est un mélange des paraboles abrégées de' l'enfant prodigue, Le, XV, 11-32 et des talents, Mt, xxv, 14-30; Le, xix, 12-27. Ceci nous inchne à croire que nous n'avons là qu'une allusion tardive à ces paraboles. D'ailleurs, ce passage ne se trouve pas dans la
l'un fut accepté, l'autre

Theophania d'Eusèbe, éditée par (iressmann

— N.

A.

Dans l'édition syriaque de la Theophania d'Eusèbe, IV, 13, p. 234, « Quernadmodum in uno loco reperimus, in éd. Lee, nous lisons evangelio Judaeorum, in uno loco hebraico, ubi inquit Eligam mihi bonos, quos pater coelestis mihi dédit. Cette sentence, qui rappelle d'assez près des paroles du Seigneur rapportées par saint Jean, xvii, 2, 6, peut être confirmée par la description du choix que fait Jésus entre les bons et les méchants, Me, xxiv, 34. 11 est donc possible que F. nous ayons là une parole authentique du Seigneur
:

:

Saint Épiphane, Haer. xxx, 16, rapporte une sentence qu'il a trouvée dans l'Évangile des Ébionites 'Qç -b Trap' aÙTot; [-.olq 'Eôcojvaio'.ç)
:

3JaY7£A'.:v
r.y.jGTioth

7.aA;j[j.£v;v
OJs'.v,

-zp'.iyz'.

'i-.'.

-^XOsv

y.araÀyo-î:'.
-h,

ikq Oujiaç,
il

/.al

làv

[j-y;

-oï)

cj ~y.ùzz-ai

àcp'

jiawv

opY*!-

Comme
:

est

contenu

dans l'évangile appelé d'après eux (les Ébionites) J«^ suis venu abolir les sacrifices et si vous ne cessez pas de sacrifier, la colère ne cessera
pas sur vous.
Elle

rappelle, mais en les exagérant, des paroles

du Seigneur

:

'Ea£o;

W/m

-k-à

:j ô'jjiav, et elle

doit s'entendre des sacrifices de l'an-

cienne Loi, car Jésus a institué un nouveau sacrifice, celui de l'eucharistie. 11 paraît probable que cette sentence a des rapports avec l'enseignement des Esséniens qui rejetaient les sacrifices. Elle provient d'un milieu judéo-chrétien de tendance essénienne

— N. A.

104

REVUE BIBLIQUE.

Nous retrouvons cette même tendance dans les paroles que, d'après Épiphane, Haer. xxii, les Ébionites attribuaient à Jésus Oî 'E6io):
i

T,y.Qyjx

©avstv

;j,£6"

û;x(ov.

[Les Ebionitesj font dire aux disciples

:


que

veux-tu que nous te préparions la Pàque à
(Jésus) répondit
:

manger?

et là- dessus

Est-ce que j'ai désiré de désir de

manger

cette

chair la

Pàque avec vous?

Cette sentence opposée au texte évangéli(jue, Le, xxii, 15, ne peut
être authentique

— N.

A.

Nous lisons dans saint Jérôme, Adv. Pelag. m, 2 In evangelio juxta Hebraeos ... narrât historia Ecce mater Doniini et fratres ejus dicebant ei Joannes baptista Ijaptizat in remissionem peccatorum; eamus et baptizemur ab eo. Dixit autem eis Quid peccavi, ut vadam et baptizer ab eo? Nisi forte hoc ipsum, quod dixi, ignorantia est. Cette sentence est rappelée dans le De rebaptis^nate, c. 17, Cypriani Op. éd. Hartel, IÏI, p. 90 In quo libro (Pauli Praedicatio) contra
: :

:

:

:

:

omnes

scripturas et de peccato proprio confitentem inveniesChristura,

qui solus omnino nihil deliquit, et ad accipiendum Joannis baptisma paene invitum a matre sua esse compulsum. La sentence ne peut donc être authentique, puisqu'elle est déclarée w Contra omnes
Scripturas
» et

qu'elle est en effet contraire à limpeccabilité absolue
:

du Seigneur, affirmée par lui-même -{aç, Jn, VIII, 46 -- N. A.

T{; i;

ûixîov ï'ht;yt<.

\}.z

r.tç>\

ày.ap-

D'après saint Jérôme, in Ezech. xviii, 7, l'évangile selon les Hébreux aurait rapporté une sentence du Seigneur In evangelio, ([uod juxta
:

Hebraeos Nazaraei légère consueverunt, inter maximaponitur crimina. qui fratris sui spiritum contristavcrit. Celle-ci se rapproche tellement des paroles du Seigneur, rapportées par Matthieu, v, îtl\ wiii, 6, qu'on peut y voir une façon hébraïque d'exprimer le même précepte

P.

Au même

ordre d'idées se rapporte la sentence suivante

:

In hebraico
:

quoque evangelio legimus Dominum ad diseipulos loquentem

Et

LES SENTENCES UU SEIGNEUR EXTRACANONIQUES.

IOd

nim([uam, inquit,
caritate. Cette

laeti sitis, nisi

quum

fratrem vestrum videritis in
et xviif,

sentence rappelle d'assez près Mt. v, 24

15

P.

L'évangile des Nazaréens présente d'une façon ditierente la conversation rapportée par Matthieu, xviii, 21 et Luc, xvn,
4

et y ajoute

une sentence dont le style et la pensée ne rappellent en rien les sentences -du Seigneur que nous trouvons dans les évangiles Et in Si peccaverit, inquit, eodem volumine (evangelio Nazarenorum) frater taus in verbo et satis tibi fecerit, septies in die suscipe eum. Dixit illi Simon discipulus ejus Septies in die? Re'spondit Dominus et dixit ei Etiam ego dico tibi, usque septuagies septies. Etenim in prophetis quoque, postquam uncti sunt Spiritu Sancto, inventus est sermo peccati. La dernière phrase est certainement inauthentique
: :
: :

— N. A.

Dans sa première épitre aux Corinthiens, xv, -7, saint Paul nous apprend que Notre-Seigneur a apparu à Jacques. L'évangile selon les Hébreux, Jérôme, De Viris illustribus, c. ii, décrit en détail cette apparition et rapporte des paroles que le Seigneur aurait dites à Jacques Evangelium quoque, quod appellatur secundum llebraeos...
:

post resurrectionem Salvatoris refert.

Dominus autem, cum dedisset sindonem servo sacerdotis, ivit ad Jacobum et apparuit ei. Juravit enim Jacobus se non comesturum panem ab illa hora, qua biberat
donec videret eum resurgentem a dormientibus Afferte, ait Dominus, mensani (mortuis). Rursusque post paullulum et panem. Statimque additur Tulit panem et benedixit ac fregit et dédit Jacol)o Justo et dixit ei Frater mi, comede panem tuum, quia resurrexit Filius hominis a dormientibus (mortuis). Ce récit est rapporté encore dans le Pseudo-Abdias, Hist. apost. vi, 1 dans Grkgoire DE ToDRS, Hist. Franc. I, 21. Nous n'avons aucune raison de croire que les paroles du Seigneur qu'il rapporte sont authentiques. En tout cas, elles n'ont aucune importance, sauf ([uelles affirment la résurrection du Seigneur, connue d'ailleurs par des documents
calicem Domini,
: :
:

;

authentiques

— N.

A.

De divers passages des Stromates de Clément d'Alexandrie, m,
45; 9, 63, 64; 13, 92, Resch, p. 252, a reconstruit

>6,

un dialogue

entre

106 le

REVUE BIBLIQUE.
Sauveur
:

et

Salomé, lequel proviendrait de lévangile selon
•::uvOavc;j.sv/i,
[Ji'/pi
r.b-:i

les
6

Égyptiens

T^ — «Aw^uy;
ùixzXq

OxvaTc; Icyùati,

elr.zv

Kùoioç' Méypiq xv
TTjç 0-/;A£Îaç.

al 'fjyyA-Atq T'iy.TcTS.
è'çi-r;

'HXOcv yxp

y.a-yXïtrjxi -:à
;j,y;

É'pYo:

Kai

-r;

^xaojij/^

ajTw*

7.aAw; cjv

£7uci-/;ffa
T.v/.piy.-'f

-rev.ojsa; 6 cà
[j.-i^

Kjpioç

^[;.î{'J;a-o

AsywV
t-?;ç

Tràaav 97.73 .â^'^vr^v, Tr^v oè

s/ouaav

'r^VTi?'ézr,

n'Jv6avo|j.£vr,;

gs

-yJM\j:r,z,

-izt

';vM'j(ir,7Z-y.'.

-y.
-/.aï

r.tp\

wv

r^pexo,

z

K'jpiOw'
7-a^i

CTav

l'jv t'; t-^ç
\i.t-y.

a'iffy'jvTjC è'vojij.a 7:aTrj7r,TE,

STav vÉv/jTai -à oûo ëv,

Tb àppv)

-.%:

6-^Asur.

c"jt£

appv/

z'kt

bf,K'j.

Quand Salomé

lui
:

mort aura le pouvoir, le Seigneur dit Aussi longtemps que vous, femmes, enfanterez. Car je ne suis pas venu J'ai donc bien détruire les œuvres de la femme. Et Salomé lui dit Mange de toute fait en n'enfantant pas. Le Seigneur répliqua, disant herbe, mais ne mange pas de celle qui est amcre. Mais Salomé demandant quand seront connues ces choses au sujet desquelles elle Ta interrogé, le Seigneur dit Quand vous foulerez aux pieds le vêtement de la honte et quand deux seront un et quand le mâle avec la femelle

demanda jusqu'à quand

la

:

:

:

ne seront ni mâle ni femelle. Ces sentences du Seigneur, que l'évangile selon des Égyptiens attribue au Seigneur, ont pour but d'enseigner les erreurs des EncraX. A. tites; elles ne peuvent donc être authentiques

aux Corinthiens, faussement dite de Clément Romain, xii, 2, une réponse du Seigneur à quelqu'un qui l'interrogeait, nous retrouvons des paroles qui rappellent celles qui proviennent

Dans

l'épitre

de l'évangile selon les Égyptiens
iiT.z

:

'Er.tpM-zrfiûç

-;y.p

y-j-tc

Kùpizç
y.at

T'.vcç,

r.z-£70),

r,'îz<.

aÙTOu

-r;

j3a(7tAc(a,
ij-STa

ei-sV '0-av

'éa-xi

-y oùo sv,

tb

£;oj

w; Tb

-/.xî,

TS à'p7£V

r^ç

0-/;Ac(aç, C'jt£ apc7£V c"JT£

6^aj. Quel-

qu'un ayant en ell'et demandé au Seigneur lui-même quand est-ce que son royaume arriverait, il répondit Lorsque les deux (choses) n'en
:

feront plus qu'une, lorsque l'extérieur sera

comme
la

l'intérieur, lorsil

que dans

la

rencontre de l'homme avec

femme

n'y aura ni

homme

ni fenmic

— N.

A.

D'Mprès llippolytc, Phi/osop/t. v, 7, les Naasséniens auraient con'Ey.ï b ^r^Tîov zjpr,<7ii iv -aiotcç àzb servé cette parole du Seigneur
:

£-:o)v

ir.-y' ixst

yàip

£v to)

ii'jaaptT/.yiofAX-o)

auovi

y.puoc[j.VK:

oyvzpo'JiJ.yi.

Celui qui

me

cherche

sept ans: car là

trouvera dans les enfants depuis Vùge de je suis manifesté, étant caclié dans le quatorzième

me

LES SENTENCES DU SEIGNEUR EXTRACANONIQUES.
âge. Cette sentence

107

rappelle des paroles du Seigneur, Mt. vu, 8;

Le, XI, 10, mais la fin en est incompréhensible

— N. A.

Nous
i-Tâs-'.wv
OTi £CT'/;v
y.a»,

lisons
-AOL'.

dans Épiphane, Haer, xxvi,
0)

:

'Op[jx,ynoL>. $è
*î>â7/.ouijiv
y.al

7.r.o

[xojpwv

[>.xp-'jp'MV sv

îjaYYsXto) iTîaYYeÀAov-x',.
y-csl

Y'^'P

outok

ÈTcl

cpouç

ù'ii-^Acîj,

sioov^ àv6po)7:ov
-/.at

;j,xy.pbv

oXXov y.oAoêiv,
;j.e

"i^y.oucTa

W(7£t ço)vJ;v

[3pov--^ç,

-rjYYi^a ~:^ xy.ojaxt, y.aî £XàX-r;a£ Trpi;;
tqç,

y.ai s'I'TîV

èyco au y.ai au
y.at

kyM'

v.y.\

o-ou ààv

èvôj èy.si
à;/è

î'.ij.C,

y.a: Iv T.izy.av) s'.p!

£ff';:ap[XiVoç'

oOsv èàv OéX-/;? a-uX^Évs'-ç

;j.£,

-uXaéywv èauTov

7'jX-

Us s'appuient sur des visions folles et sur des témoignages qui ont été annoncés dans cet évangile (évangile d'Eve). Ils affirment par exemple ceci Je me tenais sur une haute montagne et je vis un
\i^;ziç.
:

homme grand et un autre qui était mutilé et j'entendis quehjue chose comme la voix du tonnerre et je m'approchai plus près pour écouter et il me parla et dit Je suis toi et tu es moi et partout où tu
:

es là je suis aussi, et je suis

répandu partout. Et quand tu veux, tu
rassembles, tu te rassembles toi-même.

me

rassembles

et

quan

1

tu

me

de tenir pour paroles authentiques du Seigneur ces sentences qui trahissent une tendance nettement panthéistique; elles proviennent probablement d'un écrit gnostique, l'évangile
Il

est impossible

d'Eve

— N. A.

Nous
Y^p
6r,y.Y;v,

lisons dans

Clément d'Alexandrie, Slrom.
''•^'•^w?

vi, 5,

31

:

Ejpo^.iv
oia-

£V -a?;; YP^?''"?»

^

Kûpisg

'/A'^'z'.'

lozi)

G'.aTtO£[;,ai

i)[jJ.v

v.avrr,'/

sj/

cbç

o'.£OÉ;rr,v

t:T; r-y-piaiv u'xwv èv ':psi\(t)pr,6.

les Ecritures

que

le

Seigneur

dit

:

velle alliance,

non comme

celle

Nous lisons dans Voilà que je vous impose une nouque j'ai imposée à vos pères sur le

mont Horeb.
il

est

probable que nous avons
lla-v^p

un développement de
:

l'enseiy.aOÔ);,

gnement de Notre-Seigneur,
cié()z':b
[j.oi

Le, xxii, 29

/.x^-ù)

ciaT(6£(j.ai

\)[j.vf

b

;j.cj

i3aciA£tav

— N. A.
vi, 5, 43, cite le

Clément d'Alexandrie, Slrom.

passage suivant du

Kerygma

Pétri

:

Aià

~o\t-b i^r^avi b
GeATjff-^

Wi-pzc,

£ç;r(y.£va'-

tbv Kûpicv tcîç à-za-b-

Aciç' ÏTt ;x£v

oùv Ti;

-ou

'Icpar^X

iJ.t-TK-i]<jy.q


\}.t-y.

tc3

bvb\J.oc-b:;

y.cj

zit7T£U£tv Itîi tov

0£3V, àsîOr, J5VT3:'. aijTw
\}:r^

ai y.'yj.p-.iyx'

swcîy.a

ïrr^

èçsXdit

0£-£ £;; Tiv /ic7y.:v

v.:

zi'r.r^-

:>/. Y;y.0!j(7aiJ.£v.

C'est

pourquoi Pierre

108

REVUE BIBLIQUE.
le
:

Seigneur a dit à ses apôtres Si quelqu un d'Israël veut se repentir et croire en Dieu par mon nom, ses péchés lui seront pardonnés. Après douze ans allez dans le monde pour que personne ne Nous n'avons pas entendu. L'ordre qu'avait donné Notre-Seidise gneur à ses apôtres de ne pas s'éloigner de Jérusalem, Act. i, 4., est précisé dans ce texte les apôtres iront prêcher le repentir des -péchés

que

:

:

dans douze ans. C'est une croyance répandue dans l'Église chrétienne que les apôtres devaient rester à Jérusalem, douze ans après la résurrection du Seigneur. « Apolet la

croyance en Dieu en son

nom

lonius, EusÈBE, Hist. eccl. v,

13, 14, rapporte

comme venant

d'une

Sauveur aurait ordonné à ses apôtres de ne pas s'éloigner de Jérusalem pendant douze ans ». Il est donc possible que P. ces paroles du Seigneur soient authentiques
tradition

que

le

Le Kerijgma Pelin rapporte encore d'autres paroles du Seigneur
AjTi'/.a

:

èv TOJ lletpsu

Iv/;pJY[j.aTi h X^'jpibc. ot^gi r.p'zz
[j.y.^)r-Sy.:;

tcjç

\}.y.Hr^-:y.q,

[Aî-à vr^v

y:)âa~aavi' ^^€k^c,i.\XT^v û[Ji5ç cwcsy.a
/;0ÉXr(7£v,

/.ptvaç

à^buç

£[;.oO,

c'jç 5

Kûptcç
y.io'y.cv

y.ai

à-otJTÔAo'jç r^i^'o^q Ti-^risiiJ.zvoq sivai,
'Axza tyjv o'.xou[j.£vï;v

•::£;j.-o)v

èzi tIv
°~^

sùaYY£A''c7aa^a'. ~c'jq
iffTiv, oià TYjç
-Cl)

àvôpw-cuç,
-y.

y^'^^^'^"''--^''

-'•?

&^ô:
iv.oû-

XpiaTcO

7:i'jtc(i)ç siay/Ç o-q\Q\Jv-y.:
o'.

\j.éWow-(x,

C'wç

ot

7av-£ç
o'j-/.

/.ai

Tr'.^Tîjaavtîç aoiGw^iv,
y.r:6'Kc'(iy.v

{j/r,

TziTTe'JtjavTîç à'/.ouaavuEç (i.apT'Jp-^aa)ffiv,

îyymq

v.~zbr

z'jv,

v;/.cjc7:z[j.£v.

Aussitôt, dans la Prédication
:

de Pierre, vous

le

Seigneur, après sa résurrection, dit à ses disciples.

Je

douze disciples, ayant jugé que vous étiez dignes de moi ceux que le Seigneur voulait et vous ayant jugés des apôtres lîdèles, vous envoyant dans le monde enseigner aux hommes sur la terre de connaître que Dieu est un, et montrant par la foi en moi ce qui doit être, afin que ceux qui ont entendu et ont cru soient sauvés; mais que ceux qui n'ont pas cru, ayant entendu, rendent témoignage qu'ils n'ont aucune excuse pour dire Nous n'aA ons pas entendu. Ce passage est une compilation de paroles authcnliques du Seigneur
ai choisis

:

et

de réJlexions à leur sujet.

Il

n'y a

donc pas

lieu

cette forme, des paroles authentiques

du Seigneur

— N. A.
Pclri

de voir

là,

sous

Nous trouvons
f.

cette
et

sentence dans

les rictus
:

vum Simone,

10

:

Audivi enim

hoc

eum
xviii,

dixisse

Qui

mecum
1"2

sunt non intel-

lexerunt. Lllc doit être une (umclusion déduite de paroles de Notre-

Seigneur, Me, vni, 17; Le,

3V; Jn, \vi,

— N. A.

LES SENTENCES DU SEIGNEUR EXTRACANONIQUES.

100

Dans le Pseldo-Linus, De Passions Pétri et Pauli, nous lisons Dominus in mysterio dixerat Si non feceritis dcxteram sicut sinistrani et sinistram sicut dexteram et quae sursum sunt sicut deorsum et quae ante sicut quae rétro, non coguoscetis regnum Dei. La même pensée est exprimée dans les Acta Philippi, c. 34- et en partie dans les Acta Judar Thomae. Elle a peut-être été inspirée par les paroles
: :

du Seigneur, Jn, m,

3, 5 et Jn, vi,

53

— N.
:

A.

S'adressant à Philippe, le Seigneur dit

^iKir^r^z^

losu

z

vuiaçoîv

\}.q-j

Acta Philippi, 29. Voilà que ma chambre nuptiale est prête et heureux cehii qui a son vêtement brillant, car il est celui qui reçoit la couronne de la
Èaxiv
Àaiv.5av(i)v

tov aToçavov tyjç "/ypSç ï-\

-fiq,

•/sç;aA'^ç

aÙTOU,

joie sur sa tête. Cette sentence nous parait être
roi

une transcription des paroles du

à

l'homme qui
-zf^q

nuptiale, Mt. xxii,
la vie, aTÉœavsç

venu au f-'stin sans être revêtu de la robe 11. La couronne de la joie rappelle la couronne de u(oy;ç. promise à celui qui supportera la tentation
était
i,

avec patience, Jcq.

12

— N.

A.

Nous
àz£to-J]

lisons

dans

les

Acta Philippi,
;j.:'j

c.

31

:

zlnv)
tol)
\J.T^

b

aiuTtip'

w

(ï>t)a--£,

/.(x-éhzvluxq

-•J;v

vnzXr^')
:

Ta'j-r,v

t;,ôvcv

à-jroocuvx', y.av.bv

àvTt

Philippe, puisque tu as abandonné seuleLe Sauveur dit ment mon ordre de ne pas rendre le mal pour le mal. Cet ordre de ne pas rendre le mal pour le mal est souvent rappelé dans la tradition chrétienne, I Th. v, 15 Rom. xii, 17 I Pierre, m, 9 PoLYCARPE, Phil. II, 2, etc. il est conforme d'ailleurs aux enseigne7.XY.ZU.
; ; ; ;

ments de Notre-Seigneur, Mt. v, 39, /i.3 Le, vi, 27. Il est donc posP. sible que nous ayons là une parole authentique du Seigneur
;

Amélineau, texte arabe, Car le Seigneur Christ a dit [à Pierre] En vérité ton œil ne p. 313 sera pas fermé éternellement pour la lumière de ce monde. Avonsnous là une addition aux paroles de Notre-Seigneur à Pierre, Jn, xxi.
lisons dans la

Nous

Vita Schnudi, éd.

:

:

110

REVUE BIBLIQUE.

23? Cela paraît peu probable. Cette sentence ne présente donc aucun
caractère d'authenticité

— N.

A.

Umoritten Smjings of Christ, p. ,128, cite Le monde n'est qu'un pont, sur Jésus a dit les paroles suivantes lequel vous devez passer, mais vous ne devez pas vous attarder à y
Griffenhoofe, dans
ses
:
:

demeure. Cette sentence se retrouve dans une inscription N. A. musulmane de l'Inde, mais n'a aucun appui traditionnel
bâtir votre

IV.

Les Papyrus.

1897, Grenfell et Hunt(l) publièrent des sentences du Seigneur, elles sont au nombre de huit. écrites sur une feuille de papyrus

En
I.

:

Ka't

-.b-t

lufi'fJJjz'.z

è-/.SaA£Îv xb y.âpssç ts àv

tw c96aA;j.w t:u àosXçoj

Et alors tu verras à ùter la paille qui est dans l'œil de ton frère. Cette sentence est la seconde partie de la sentence relatée par Luc, vi,
acj.

Ote d'abord la poutre qui est dans'ton œil. Ce logion -l ht -w 296aA[j.Ç) tsj àSsAoou reproduit exactement la leçon de Luc è/. toD cç;6aX;j,ou tcu àosXçou aou au lieu de celle de Matthieu, vu, 5

42

:

Jésus dit

:

:

:

aou

— A.
-z"j

IL A^ysi
As-av

'l'OJOuç"
y.a'i

'Eàv
âàv

;rr;

vr^a-eùar^TS Tbv y.isiJ.sv, ci

[j.y)

vjÇiT-.t

-y;v ^««Jt-

0£oy,
:

jrJ;

jaSêaTiV/jTs tb (7â66a-:v cjv. c'i/sjTS Tbv ::aT£pa.

Jésus dit

vous ne jeûnez du monde, vous ne trouverez pas le royaume de Dieu; et si vous ne sabbatisez pas le Sabbat, vous ne verSi

rez pas le E*ère.

vous ne jeûnez du monde » est difficile à expliquer et n'a, aucun analogue dans le Nouveau Testament. On a fait diverses conjectures à ce sujet. La plus plausible me semble être celle de Cersoy. Cette sentence serait traduite de l'araméen. Le traducteur
L'expression
« si

aurait
dS-;,

mal lu monde.

l'original
Il

araméen

:

au

lieu
:

de
Si

c«.i*,

jeûne,

il

aurait lu,

faudrait donc traduire

jeûne, ce qui rétablit exactement le expressions de cette sentence le royaume de Dieu, voir Dieu, le Père, familières aux Synople monde, et la construction àiv irr,... cù jr/i, sont
:

vous ne jeûnez pas le parallélisme. Quelques-unes des

qu'on peut penser que cette sentence reproduit plus P. ou moins une parole de Notre-Seigneur
tiques, de sorte

Sayings of Our Lord from an earhj greel, Papyrus, London. Lorjia du papyrvs de Behnesa ; Revue biblù/ue, t. VI, 1897, p. 501.
(1)

Cf.

Batiffol, Les

I.ES

SENTENCES DU SEIGNEUR EXTRACANOMQUES.
Ir,(7:jç,

IH
ojç;0r,v ajTO?:;
/.al

II!-1V.
•/,3:i

As^'î'

ï^TÇi èv
y.a't

[j.î'aa)

tij /.iîy.cu

y.j:'.

àv

japyA
aùtsCç

£Jpsv Trâv-aç [;.EOJsvTa^
;j,su

cjoÉva sjpcv oi'I/wvTa
o-t -u^Xsi sîaiv
tj-^v

iv
tyj

t:cv£ï

•/;

'i/'j-/r,

SkI

-:<.: jIzX:
::-:o)-/s'.

twv àvOp(o-wv,
y.xl

y.xpoix aÙTwfv],
:

y.al

[cjl 3X£[zo'ja-iv

sr/. ;'{c3c7'.v

--.hiyv.yy

ajTwv. Jésus dit

Je

me

suis

tenu au milieu du
trouvés ivres et
est

les ai tous
soif, çt

en chair je fus vu par eux et je je n'ai trouvé parmi eux personne qui eût
et

monde

mon âme

parce qu'ils
ils

dans la peine (s'afflige) sur les fils des hommes, sont aveugles de leur cœur et [ils ne voient pas; pauvres

ne voient pasî leur pauvreté.
Cette sentence est très claire et très belle; a-t-elle été réellement

prononcée par Notre-Seigneur? Plusieurs des expressions qui la composent se retrouvent dans le Nouveau Testament, et même rappellent de très près des paroles authentiques de Jésus « Mais moi je suis au
:

milieu de vous
20; Jn,
I,

»,

Le, xxii, 27, et d'autres analogues dans Mt.
qu'il
:

xvm,

26,

mais surtout celles

la fête des Tabernacles, Jti, vu, 37

prononça le huitième jour de Le dernier jour, le grand jour
:

de la

fête, Jésus, se

tenant debout, s'écria
».

Si

quelqu'un a
aussi

soif, qu'il

vienne à moi et qu'il boive
expression
pelait que,
:

On

pourrait

expliquer cette

«

Je

me

suis tenu

pour les Juifs, l'ombilic du monde, Èzéch. v, 5. « Mon àme est dans la peine » a pu être emprunté à Isaïe, un, 10 et se rapproche beaucoup de Mt. xxvi, 38; Me, XIV, 34 u Mon âme est triste jusqu'à la mort ». Cependant on ne retrouve nulle part dans les évangiles une idée analogue à cette
:

au milieu du monde », si l'on se rapJérusalem et surtout le temple étaient

parole

:

«

Je les ai trouvés tous ivres » ni sa parallèle
»,

:

«

Et je n'ai

trouvé parmi eux personne qui eût soif Dieu dans Jérémie rappelle cette idée
:

Pourtant, une parole de
j'ai

«

Car

enivré toute

àme

ayant

soif », xxxviii, 25.
:

La parole
dans
les
I

«

Et j'ai été vu par eux dans la chair
:

» a
».

son analogue

l'im.

m, 16

d'ailleurs des
écrits
xiii, 2;

retrouve sentences analogues à cette troisième sentence dans
«

U

a été manifesté en chair

On

canoniques

et

apocryphes,

Apoc.

iir,

17;

Origèxe, in

Ml.

Pislis Sopliia, p. 232;

Éphrem, Evangelii eoneordantis
ne soit textuellement n'est cependant pas étrangère à

Expositio, éd. Mœsinger, p. 203.

On
la

voit

donc que, bien que

cette sentence

nulle part dans les évangiles, elle

manière de parler familière au Sauveur, et les traces que nous en retrouvons, soit dans le Nouveau Testament, soit dans la littérature chrélienne, tendraient à prouver qu'elle ou une autre analogue a pu être prononcée par Notre-Seigneur P.

V. [As'yJsi ['l-^ïoj^, "0-]oj èàv

(0!j'.v

[^

oùy,]

sftalv

à'jOs^i,

xaî

[si tzo-j]

112
e[I;

REVUE BIBLIQUE.
b-:',v

[aÔvcç

['f^éy{^

^T^

s'-I^-i

H-^.-'

ajT|cj]
s'.;j/;.

ïyei[p]zv
:

tov

XiOcv,

-/.ày.î!:

sûpr^cei;

[^-s,

a/.Cffov

-b çûXcv,

vÀ^(i)

è/.sî

Jésus dit

Partout où

ils

sont deux,
seul,

ne sont pas sans Dieu, et si quelque part il y en a un je dis que je suis avec lui. Lève la pierre, et là tu me trouveras;
ils

déchire

le bois, et là je suis.

Le commencement de
aussi, les conjectures

cette

sentence est en très mauvais état;

ont-elles été

pour rétablir le texte des trois premières lignes nombreuses. Nous avons adopté celle de Blass qui nous
y.Heo:

a paru la plus probal>le.

L'expression

se

retrouve dans Éph.

ii,

2

:

Vous

étiez

en ce

temps-là sans Christ... et sans Dieu dans le monde. La sentence fait peut-être allusion à l'accusation, portée par les païens contre les
chrétiens,
d'être

sans

dieux,

à'ftscu

Au

lieu de « lève la

pierre

»,

Gersoy propose

Le traducteur grec a confondu un hé avec un he(/i, et il a lu hatsoh « lève » au lieu de hatsob « taille >>. La première partie de la sentence rappellerait, en les élargissant, « Car là où deux sont les paroles de Notre-Seigneur, Mt. xviii, 20
« taille la

pierre

».

:

assemblés en

mon nom,

je suis

au milieu d'eux

»,

ou

ses
;

paroles
23.

quand

il

parle de son union avec ses disciples, Jn, xiv, 3

xviii,

Cette sentence ne parait pas étrangère à la tradition authentique,

en termes presque identiques Lbi unus est ibi et ego sum. Et ubi duo sunt Christus... est dicens ibi et ego ero, Evangelii conc. Exp., éd. Mœsinger, p. 105. La fin
puisque saint

Éphrem
:

la

cite,

:

de

sentence indique la présence de .Jésus-Christ en toutes choses, ainsi que dans lepître aux Éphésiens, iv, 6, ce qui suppose la croyance à la divinité de Jésus-Christ, mais elle a peut-être une
la

vaguement panthéiste. Pourtant, cette allirmation de romniprésence du Christ est une reproduction plus accentuée du
tendance

prologue de l'évangile de saint Jean et de l'épitre aux Éphésiens, », 23 « Il est la plénitude de celui qui remplit tout fn tous ». Le Seigneur
:

affirme donc quil est avec le fidèle et que,
sent partout dans la nature,

comme
les

Dieu,

il

est préles plus

même

dans

fondements

impénétrables

— D.

\-jL~foz

r.zKv.

(hpy.T.i'.y.; t\:

t:'Jç Ytvojtjy.cvTaç

ajTsv. Jésus dit

:

Un prophète
fait

n'est pas bien accepté (reçu)

dans sa patrie, ni un médecin ne

des guérisons sur ceux qui le connaissent.

nous avons une sentence à deux membres qui se répondent exactement et, quoique le second membre ne se retrouve pas dans les évangiles, il est probable qu'il est authentique. Il s'adapte très
Ici,

bien au

premier,

lequel

reproduit

presque

textuellement

saint

LES SENTENCES DU SEIGNEUR EXTRACANONIQUES.
Luc,
IV,
-24.,

U3
xiii,

et

saint Marc, vi,

un peu moins exactement 4. A remarquer que dans
partie de la sentence A.
ttÔA'.ç
i<yAo'àoiJ.-/]\)ATrt
;

saint Matthieu, saint Luc,
il

37 et
guérir

au verset précéde
se

dent,

il

est aussi question

soi-même.
VII.

de médecin, à qui

est dit

l'"'

2^ partie P.
iîy.po'^

AIys'-

'lr,!J0'j^'

i-'

[o]po--jq
:

ù'V^Xcï

y.x:

kGTr,pt.if\).irr, o'j-.t 7:£[(7]stv

sûvaTa-. z'j-z •/.p'j[6l^vai.

sur le

sommet d'une montagne élevée

et

Une fondée ne peut
Jésus dit

ville bâtie

ni

tomber
La

ni être cachée.
Cette sentence rappelle, en la complétant, la parole de Jésus
ville
:

placée sur une montagne ne peut être cachée, Mt. v, 14, et cette

idée

quune maison fondée
de Jésus

sur la pierre ne peut tomber, Mt. vu, 25;

Le, VI, 48. Cette sentence pourrait être l'assemblage de deux paroles
distinctes

P.
[z]'.:

VIII. Aé^'i'. 'Ir(C7Cu;' 'kv.o'jziq

-l

'âfv

wIt-cv

io-j,

to [se ëteocv Icutaç].

Jésus dit
Il

:

Tu entends avec une

oreille,

mais tu as bouché

l'autre.

est inutile

de discuter l'authenticité de cette sentence,
simple
et concise,

le texte

en

étant conjectural.

Ces sentences ont la forme claire,

la dignité
;

majestueuse
c'est la

et

la

même même forme

grave des paroles authentiques de Notre-Seigneur langue, le grec vulgaire avec des tournures hébraïques,
parallélique qui se retrouve dans presque tous les

de Notre-Seigneur. Cependant l'impression générale qui se dégage des sentences est tout autre que celle que nous éprouvons à la lecture des évangiles canoniques. Les sentences ont un caractère très frappant, très particulier, qui n'est pas le même que celui qui se dégage des paroles authentiques de Jésus. La forme en est queldiscours
quefois subtile et
et

même

artilicielle

;

il

s'y trahit

un

travail de réflexion

du Seigneur; l'idée est poussée plus avant, quelquefois même dans un sens gnostique ou panthéiste. Le caractère secondaire de ces sentences est donc nettement marqué. Celui qui les a composées s'est inspiré des paroles du Seigneur, mais il les a développées ou combinées. Ce ne sont donc pas des paroles authentiques de Jésus, malgré leur en-tête Jésus dit...
de raffinement sur
les paroles
:

Hunt ont publié une nouvelle série de sentences de Jésus (1), et un fragment d'un évangile perdu. Les sentences, au nombre de cinq, ont dû être écrites vers le milieu ou la fin
et
(1)

En 1904, Grenfell

Cf.

New Saijings of Jésus and a fragment of a lost Gospel from Oxyrhinclius, London. Batiffol, .\ouveaux fragments évangéligices de Behnesa-, Revue biblique. Nouvelle
I,

série, t.

l')04, p. 481.

REVUE BIBLIQUE 1918.

N. S., T, XV.

8

il4

REVUE BIBLIQUE.
Tii-

du

siècle. Elles sont

pour

la plupart

en assez mauvais

état.

Les

voici telles qu'on a

pu

les rétablir;

nous citons

la restitution des édi-

teurs et entre parenthèses dans la traduction les termes restitués par

M. B. Swete [Expository Times, vol. XY, p. 488, 1904). Les mots en
italique dans la traduction sont des conjectures de

MM. Grenfell

et

Hunt.
\.

0\

'zzlzi

zl

aÔvci

0'.

[...

o'ùç

èAa])o/;c-sv

'lr,(j]sjc

b

Çwv ,K[6ptcç
ày.oùijY;

...J

-axI

0o)p.a
[j.r,

7,x'.

£i7U£V [a'JTCÏç*

Tac

ottiç] av

twv

Àd';o3v

tout

o)v

ôavdtTCuj sj

Y£j(Tr,-ai.

Celles-ci sont les j)aroles extraordinaires (véritables)

que

parla Jésus, le vivant Seigneur (qui vivait et qui était mort) à (Juda)

Thomas

et

il

(le

Seigneur

lui) leur dit

:

Quiconque écoutera ces pa-

roles ne goûtera pas la mort.

une reproduction approximative de cette parole de Jésus dans le quatrième évangile, viii, 51 'Eiv -iz Tbv ao^cv ;;.i'j rr^pTiCTf], cj Ye'juYîTai ÔavdcTCj v.z Tbv alwva. Elle peut donc être" consiCette sentence est
: [j/Jj

dérée
II.
c'jpY]

comme
[AéycI

authentique
M-/;

— A.
c

'Iy)(7cuç]*
7,al

rrauffâaôo)

LVy[Ttov
•/.a[i

swç av]
iSajjiAsuaaç

eypy;

y.at

CTav

[0a[ji.5'r;6-i^T£':a'.
:

6a[j.j6Y;6£iç

^olzCkzù^^i
(le

àva-aJ'/^acTat.
(7m'27
il

./e5M5 dit
(le)

Que

celui qui cherche
il
il

Père) ne cesse pasywv^?^^ ce
//

trouve; et quand

(r)aura trouvé,

sera étonné, et étonné,

régnera, et régnant,
l'aide
citait

se reposera. Cette sentence a été restituée à

d'un passage des Stromates, v, 14, de Clément d'Alexandrie, qui l'évangile selon les Hébreux. Nous l'avons déjà examinée, p. 101,^
l'autlienticité
''-vs?]
C'.

et

nous avons conclu que
IIÏ.

en

était
r,;j.aç

douteuse
[t'.z
"/.ai

— D.
z\-\.

Alvci

'\\r,c6ûz/
...]

sXxcvTsç

ty;v

(3a(7iX£iav

£•.]

y;

jiaciAeîa èv

cjpa[vw ïz-v)

-x

-TrexEivi

tcj C'jp|avou

SYjpiwv

itzh

7-/;v

Y^v âaT[iv
y.af, y;

y;

irÀ tïJç yyjç xaij

cî r/6-J£ç i:^ç

6aAâ[c75ryÇ cuToi cl £>vy.ov]-£ç 6[j.àç,

^aa[iX£ia twv cjpavwv] èv-cç û[j.wv
]

[s]a-Tt |y.at oi-ziç
ct'.

àv éauTCv] yvcÔ xa'jTYjV
£!:-:£

£'jp-/;[c7£i

iauTOÙç vvoiaîtjOE

[y.at

£l5'(^!7£T£
]

ulsl]

ù[j,£îç
].

toîj

Tatpbç
!

:îjt[

]

Yvo')7[£G-]6£ sauTS'j? £v

xal ùtxstç £jt£

r,7:-z\

Jésus dit

{

Vous demandez qui sont ceux qui vous tireront au royaume, si le royaume est dans lescieux... (mais cç sont ceux qui sont sur la terre et) les oiseaux du ciel et toutes les bêtes qui sont sous la terre ou sur la terre (et toute créature qui est sous la terre ou dans le Hadès) et les poissons de la mer, ce .sont ceux qui vous tireront et le royaume des cieux est au dedans de vous et quiconque se connaîtra soi-même le trouvera. (Kfl'orcez-vous donc) à vous connaître. (Si vous vous connaisse/: véritablement ^ous-mèmes) vous saurez que vous êtes (vous serez) les fils (et les lilles) du Père tout-puissant. Vous vous connaîtrez vousmêmes... et vous êtes... Celte finale ne concordant pas avec ce qui Vous connaîprécède, les éditeurs et Swete pensent qu'il faut lire
:

LES SENTENCES OU SEIGNEUR EXTRACANONIQUES.
trez

Ho
la ville) et

que vous êtes dans
êtes la ville.

la cité de

Dieu

(à l'intérieur

de

que vous

Cette sentence est très éidgmatique. Peut-être y peut-on voir

une
les

réminiscence de la parole de Jésus qui nous engage à considérer
oiseaux du
ciel,

exprimée au commencement se rapprocherait assez d'un enseignement de saint Paul, Rom. i, 20 Les choses invisibles de Dieu nous sont révélées par les choses visibles; mais le royaume des cieux n'est pas seulement dans le ciel, il est aussi en nous. Faisons donc effort pour nous connaître et nous connaîtrons que nous sommes les fils du Père. La fm de la sentence Vous êtes la ville, ce qui n'est qu'une conjecture, rappelle la parole authentique de Jésus Vous êtes le sel de la terre. Malgré ces rapprochements avec des sentences authentiques, nous croyons que la sentence III est apocryphe N. A.
Mt.
vi,

26. L'idée

:

:

:

IV. [Ki^(Z'. 'I-rj^ouç"] O'jx axoxvi^Tci àv6[pti)':îOç ...]pa)v è-îpwT'^cja', T.a[
po)V T^spl t:u tottou

]

-^[ç
[..

]a-£-:£

oti tîoXaoI è'o-ovTai 7u[pwT0i 'é(jyxioi xai]
:

èV/a-ût

TpwToi

-Aa).

Jaiv.

Jésus dit

Un homme
le

n'hésitera pas à

demander au

sujet de sa place

dans

royaume. Vous connaîtrez

que beaucoup de premiers seront derniers et les derniers premiers, et ils auront la vie éternelle (et peu la trouveront). La première partie de la sentence ne parait pas authentique; la seconde est une citation textuelle de Marc, x, 31; Mt. xix, 30; Le, xiii, 30.
V.
Ki-;i'.
'\r^GzX):^ [t:5cv

to

[xyj

è'jATirpcajGcV

r^ç

c'l/£wç

crou

-/.ai

[-"z

y.sxpuiji.-

ÎJ.svcv] àizo

(joXi
-/.al

à-oy.3:Ay9[6]-(^(TeTaî [701*
T£6a[j.[j,£vov
s

oh

yip

stJtiv

-/.p-j-jr-rcv

oùx savefpov

YsvYÎasTai]

oùx

hf^pf^-qi^TX'..

Jésus dit
toi te

:

Tout ce gui n'est
il

pas devant
ressuscité.

ta face et ce

qui

est

caché pour

sera révélé. Car

n'y a rien de caché qui ne sera manifesté, ni d'enseveli qui ne sera

Les réminiscences de Matthieu, x, 26 et de Luc, viii, 17, sont évidentes. La sentence est donc authentique dans la mesure où

rapproche du texte canonique A. VI. Il ne reste que des mots détachés de la sixième sentence. Voici la restitution des éditeurs pour les quatre premières lignes 'E^£elle se
:

Tai^GUŒiv aÙTbv
\}.-J)x

c['.

;j.a6-^Tai

xjtîj

y.yl

Xz^çouavr Ilwr

vr^azzù\GO]}.t^

-/.ai

t.mç,

]

/.ai T.iùq
:

[

-/.^a', T''

r.y.Ç)Cl.:T^o^^<7\_o\J.^•')'\.

Ses disciples

ie

questionnent

Comment jeùnerons-nous quel commandement garderons-nous?
et

disent

et

comment prierons-nous et Jésus dit Ne ... de vérité...
:
:

bienheureux

Barnes, dans The Guardian, 20 juillet 1914, restitue ainsi ce passage Les disciples l'interrogent et disent Comest celui...
:

ment jeùnerons-nous
nous,
et

et

comment

(peut-être

7:poc7£u^w;j.£6a)

prierons-

comment
:

...

et

qu'observerons-nous, pour avoir la vie?
ils

Jésus dit

Comme

font les hypocrites, ne faites pas, vous. Car

116

REVUE BIBLIQUE.
ils

contrarient la voie de la vérité, et

perdent

la

Et heureux celui pour qui une récompense est

récompense cachée. dans le ciel.
:

Swete donne une restitution différente pour la fin de la sentence Comment ferons-nous l'aumône, et quels devoirs avons-nous à obserVoyez à ne pas perdre votre récompense. Ne faites ver? Jésus dit
:

rien, sauf les choses qui concernent la vérité; car

si

vous
:

faites ces

choses, vous connaîtrez le mystère caché. Je vous le dis

bienheu-

reux

est

l'homme caché

qui...

Nous, n'avons pas de jugement à porter sur ces diverses restitutions; elles sont conformes dans quelques détails aux enseignements Mt. xix, 16-22; Le, xviii, 18-22. La de Jésus dans les évangiles question que posent les disciples rappelle celle qu'ils font au Seigneur dans Luc, xi, 1. Cette sentence n'est donc pas authentique
:

pour

le texte,

mais peut-être Test-elle pour

le

sens

P.

Voici

maintenant

Grenfell et

fragment d'évangile tel que Hunt. On peut le diviser en trois parties
le
:

le

restituent

L
-:(

[à]7:b irpwi 'é[(ùq
i^r^Ts]

o6à

[xTjtJs

ào

£J7:[épaç

iwç rrjpwi

\j:rr-i

["fj

'^pcç-"^

ôfij.wv

ça[Yr(T£

t^

(Ji[o\ri

ij[;-Tv]

t( svoûfaYjjaôs.
v[-/iG]£i....

[llcXjXw v.pEifjaovJé; [iaTs]

TO)v [y.pijvwv a-L[va ajù^dcvci cùoè

£v

îyyn[Eq
ùij.wv
;

£]vo['j]tj,a

li £v[....]
i)\j.v)

y.aiÛ!J.£Î?;
£vo'j[j,a

t(ç
:

av

7:poa6[£Î]-^

èzi.

rçf

T^kv/.{Tt

7.Wo[c

ojtô(7£t

-l

ùij.îov

Kayez en pensée du matin jusqu'au
soit

soir.,

ni

du

soir

jusqu'au matin,

pour votre nourriture ce que vous mangerez, soit pour votre vêtement ce dont vous vous revêtirez. Vous êtes de beaucoup meilleurs que les lis qui grandissent, mais ne filent point. Si vous avez un vêtement, de quoi avez-vous besoin? Qui pourrait ajouter à votre stature? Lui-même vous donnera votre vêtement. Ce fragment nous donne des sentences du Seigneur analogues à celles que nous trouvons dans Mt. vi, 20; Le, xii, 22, 23, mais les leçons du papyrus sont en générai plus courtes que celles des passages correspondants des évangiles.
elles n'altèrent

Quand

elles sont

plus longues,

En somme nous avons là des variantes du texte canonique avec addition du membre de phrase du matin jusqu'au soir, du soir jusqu'au matin, et emploi A. du mot st:>.y;, que n'ont pas les synopticjuos dans ce passage
pas cependant
le texte traditionnel.
:

11.

Af^'CJaiv

aj-(T)

cl

\).yMr-^y''.

y.-j-.Z'J'
-/.y).

Wz-.i
;;.y;

r,[j.'.v

iy.çx/r,:
\

tzii

-/.yÀ

r.iit

~t

b'lz[j.i')y.\

A£Y£'."

"Otxv

l7.c'jzr,z(}z

y^z'/y^^r,"

Ses discii)les lui
Il

direni
dit
:

Quand nous seras-tu Quand vous serez dévêtus
:

visible et
et

verrons-nous? que vous n'aurez point honte.
te

quand

LES SENTENCES DU SEIGNEUR EXTRA.CANONIQUES.

H7

ne Cette sentence ne se retrouve pas dans les évangiles, lesquels contiennent rien d'analogue. Elle rappelle un passage de l'évangile
selon les Égyptiens, que nous donnent Clément d'Alexandrie, Strom. m, 6, 45, G3 et le Pseudo-Clément, xii, 2; nous en parlons plus loin. l'Évangile » Dans notre fragment, dit Batiffol, et dans le texte de

selon les Égyptiens, le tour de la question est le
la

même,

le tour

de

réponse aussi,

et la

réponse

l'état

d'innocence décrit par la

deux cas une allusion à Cette réponse favorise Genèse, m, 7.
est

dans

les

)

l'erreur des Encratites
III.

— N. A.
: :

l

Le troisième fragment ne contient que des mots inachevés le [^vwvoici tel qu'il a été lu par les éditeurs "Kk[t-(f ty;v y.XsTca] --^ç
cewç
£j-/.pû'i/[aTS,
:

aÙTo't

oùx] z\aT[k[^axz, -ml -olq]

v.r!t^[-p\xi^oiq

oh[v.

àvsoj-

Vous avez caché la clef de la science vous-mêmes; vous n'entrez pas et vous n'ouvrez pas à ceux qui entrent... Ce troisième fragment se rapproche du texte de Le, xi, 52; Mt.
%axz... Il disait

XXIU, 13

:

"lIpaTs

--riv

y./.eToa

r?;ç

yvwœsio;' ajto't

oùv.

e'.c7Y)X6xt£

-/.ai

tcùç

3;7£p7oijivûu;

de Luc avec deux variantes et encore pour la première, r,paTs, nous avons le Codex de Bèze qui a A. la leçon ï-Aç>ù<by-t comme notre fragment
â-/wAjaaT£.

C'est le texte

En 1908, MM. Grenfell et Hunt (1) ont donné un fragment d'un évangile non canonique, trouvé comme les précédents à Oxyrhinchus.
Voici le texte grec, tel qu'il a été restitué par les éditeurs
r.fo [-ou| àoi/.-^uai -jrdcvTa cooi'^=.-ai.
:

TrpiTspov

'Alla Kpotsiyexz
;xiv;iç

\j:r^

tmz

v.a: ûp.£Îç ~cc o\}.oix
y.

ajToT; Tràe-otEàv[6pto7:]a)V
/.a6à)v

cj

^àp
[y.Jar,

àv toiç

Cwoîç

7.TSky.\j&hzuzv)
y.ai

/.xy.oupyoi

twv

àWy.

/.iXac-iv
£'.;

G-j;j.évo'jc7'.v
-:b

r.0KKr,v [Sxcjavcv.
za'.

Kai
£v

Tuapa-

a'jToù; elGT^^a-^e^f

abxo

à^vEur/^ptov

TrepuTCa-cst

tw ispw.

Kat 7upoa£[A]6à)V ^apiaalbq
y.ai

-iq ocpyy.pzbq A£'j[£iç?] to '6wo[)m cruveTU/sv aùxotç
ac. T.ocz[tv/]

a[lr.z}>

tw

cra)[f^]pt, tiç è-JTÉTps'i^év
(Ty.£u-/)

tcjts to àYV£UT-/ipiov

v.a\

tOECv

[xauj-a xà ayia
^aTCTiJÔÉVTWV
;

H/<i-r£

}.oucra[[j.]£v[o)] îJ.[ïi]T£

xwv

p.aO-rjTwv

aou TOÙç

7:[6oaç

àXXà

[;,£[j,oA!j[[;.[;ivoç]
£'.

èicaTYicraç

tojto to

t£pbv t[5':uov
£v5u][J.a-a

cvj-a y.aOapov, 5v ouoelq a[Xkoq
7:aT£!;,

y/r;]

Xouffà[j.£vcç 7.a\
cry.£Û-r].

àXXà[^aç Ta

O'M
aÙTw

ô[pav] ToX[;.a Taûxa Ta ayta
àTzv/.pifi-ri

Kal s[Tàr

sjOecoç o ao)[rn]p ff[ùv

t]oTç
A£Y£'01

j;.a6-^TaT[ç

aÙTW, au ouv èv-cauOa wv

èv tw. i£pw
X([;,vy]

y.a6ap£Û£iç

;

£y.£Îvoç,

y.aOapEyo)' £X:u(7â;j/r,v

y»?

^^

ttj

tou A[aU£iJo

y.aà

k-zépaq y.XiV-axoç

xàT£XOwv
y.al

3'.'

ÉTÉpa; à[v]-^AÔov. Ka'i
-^aOcv
xa'i

X£'jy.à

ivouH-axa £V£-zoiq

ou7a;rr)v
(1)

xai

y.aOapà,

xb-t

7:poa£8X£'J;a

zoù'Oiq

àyCoiq

Fragment of an uncanonical Gospel from Oxyrhinchus, Oxford, 1908. Le P. Laarticle qui est j;range a publié dans la Revue biblique, N"' Série, t. V, 1908, p. 538, un
il

consulter sur ce fragment.

J18
(r/.£Ûsc7iV
(7'j

REVUE BIBLIQUE.
5 aa)[rJ;]p -^zpoç, aj-:bv

à-c[y.pi]6£t^ îîtzsv,
u[sai7f,v

cjaî,

-doVS:

;j/J;

cpwvTÎôjç*
H^6XY;v|'"Taij

ïkoùaM TOÛTOtç
-/.xl

TCtç

)^£op,£VOtç

èv

c'.ç

x'jvs; y.al yoXpoi

VU7.TCÇ

-/ii^ipaç.

xal

vt'!ii[j,£[v]cç

èx-:bç

oépî^a

èjp/^ço),
v.y}.

oizzp

[xajl. ai
-/.]aA-

Tripvai xai a[l] a'jXvjTptosç
>a.)-tvCUJi

[j/jp{[Ç]ou[aiv y.]ai Xououîjiv

crix-rj^cuai

[xal

xpb-/.aï

è7:t6u{;i[av
[';:â'jr,q

tJwv àv[6pw7:]o)V evosÔev oè

S7.s{[v{n)v
;j.su]

zsrAjrjpwxa'.
aî'yîiç
\J.r,

cxop-i(i)v

y.a]%îaç*

Iyw

xa?.

cl [[}.abr,xai

o'ùç

i3e6a[7UTia0at psSâljj-ij.sOa èv

'lIoaG-i

s(t>[y;;;

a'.wvioù toT];

âXOcuo-iv

àTrcL..

àXlXà

Avant de provoquer injustement, ils rusent de toute manière. Or, prenez garde qu'il ne vous arrive la même chose qu'à eux, car ceux qui font du mal aux hommes n'en reçoivent pas seulement autant parmi les vivants, mais ils endureront des châtiments et beaucoup de tortures. Et les prenant avec lui, il les fit entrer dans le propre lieu de purification et il se promenait dans le Temple (hiéron). Or, un certain Pharisien, grand prêtre du nom de Lévy, s'avançant, les rejoignit et dit au Sauveur Qui t'a pei'mis de marcher dans ce lieu de purification et de voir ces vases sacrés, quand tu ne t'es pas baigné et que tes disciples n'ont pas plongé leurs pieds [dans l'eau]? Mais étant impur tu as marché dans ce temple (hiéron) qui est un lieu pur, où aucun autre homme ne marche s'il ne s'est pas baigné et s'il n'a pas changé ses vêtements et [il n'a
oboà \t:]oXç...
:

pas l'audace de regarder] les v^ases sacrés. Et le Sauveur, se tenant aussitôt deboîit avec ses disciples, lui répondit Et toi, qui es ici dans le temple (hiéron), es-tu pur? Il lui dit Je suis pur, car je me suis baigné dans la piscine de David et, étant descendu par un escalier,
:
:

je suis remonté par l'autre et j'ai revêtu des habits blancs et purs
et alors je

suis

venu
:

répondit et lui dit

regardé ces vases sacrés. Le Sauveur Malheur à vous, aveugles qui ne voyez pas!
et j'ai

baigné dans ces eaux courantes où Ion jette, jour et nuit, des chiens et des porcs et tu as lavé et oint la peau extérieure que les courtisanes et les joueuses de flûte lavent, oignent et

Tu

t'es

embellissent pour le désir des
remplies] de scorpions et

hommes, mais au dedans elles [sont de [tout] mal. Mais moi et jmes disciples]
de... Mais

que tu

dis

n'avoir pas été lavés, nous avons été plongés dans les

eaux de la vie [éternelle] qui viennent
lui

malheur
pas

aux...

Cet épisode rappelle la discussion entre

Jésus et les

Pharisiens
les

reprochant que
ils

ses

disciples

quand

se
il

mettent à
s'agit

tal)lc,

mains Ml. xv, 1-20; Me, vu, 1-23. Mais dans
ne
se

lavent

l'évangile

de savoir ce

c[ui souille

et ici

il

s'agirait plutôt

de savoir ce qui purifie. D'après notre fragment l'eau naturelle est incapable de purifier, mais les disciples ont été purifiés par les eaux de la vie éternelle, ce <]ui nous rappelle des passages du IV'' évangile

LES SENTENCES DU SEIGNEUR EXTRACANOMQUES.

110

Sauveur et le grand prêtre pharisien comme autlientique. Ainsi que le fait remarquer le P. Lagrange, l'eau vive de saint Jean est donnée à ceux qui ont soif, celle du fragment sert à un bain. De plus, il est contraire à la façon de parler du Seigneur dans les évangiles que
le

de l'Apocalypse. Peut-être avons-nous là un écho écrits? Mais on ne peut tenir cette conversation entre
et

affaibli

de ces

celui-ci se mette sur le

môme

pied que ses disciples. Enfin, en pro-

en l'opposant à l'action efficace d'une eau surnaturelle, cela peut signifier que l'eau est inutile à ceux qui sont purifiés par l'Esprit ou, tout au moins, c'est insister sur le rôle inefficace de l'eau dans un baptême par l'eau, si l'on n'y joint le feu et FEsprit. Nous en conclurons donc que les paroles mises dans la bouche du Sauveur ne sont pas authentiques, bien que, en quelques détails, elles se rapprochent de la tradition évangélique N. A.

testant contre l'usage de l'eau dans les purifications et

V. Les écrits des Pères de l'Église et des hérétiques.

Clément Romain, dans son épitre aux Corinthiens, xiii, 2, rapporte des paroles du Seigneur qui rappellent de très près celles que nous lisons dans Mt. vi, li, 15; vu, 1,2, 12; Le, vi, 31, 36-38, et y ajoute m- ypr,<y-z-jéG^e, sjtwç ^pYjaTsuOr^CTSTa'. •J[j.Tv. Selon que cette sentence vous êtes bienveillant, ainsi l'on sera bienveillant envers vous. Cette sentence, enchâssée dans des paroles authentiques du Seigneur, présente le même caractère que celle-ci et doit être authen:

tique

— A.

Nous
;xî
;j.s

lisons

dans

l'épître
[aou

de Barnabe, vu, il

:

Ojtoj,

sy;::(v,

o':

OéXovté^

'.oîtv 7.ai

a6aaGa{

t^^

[i7.(jiKzi<xq

oçsiXcuaiv GXiêÉv-âç

y.x\

7:aOôv-cç XaôsTv

Ainsi, dit-il, ceux c[ui veulent

me

voir et atteindre

mon royaume

doivent m'obtenir par laffliction et les souffrances.

Avons-nous là une citation d'une parole du Seigneur ou une conclusion que l'auteur a tirée de l'exposé précédent? Les commentateurs de l'épître ne s'accordent pas sur ce point. Toutefois le rapport assez étroit qui existe entre ce passage et celui des Actes, XIV, 22, que Prochorus donne comme une parole de Jésus, nous
inclinerait à
Y^p,
Y3cp

y voir une sentence authentique du Seigneur. O'Sxmç lisons-nous dans Prochorus, Acta Joannis, éd. Zahn, p. 83, Outw;
ivïTîiXx-o Xc'ywv*
'.soj

\J.z\

aTîOffTiXXw

(7£...

7.a;

TcâXiv

î'Ittsv

iQl^'iV'

sti

120
c'.i

REVUE BIBLIQUE.
zcA/aov
(f/J.àzMV

c£i 0;x3tr
:

sÎcjsXOîTv

e'.ç

Tr,v

i^aatAsiav

tou ©sîîj.
il

Car
dit

il

m'a nouveau

ordonné ainsi, disant
:

Voilà que je t'envoie... et

nous a

de

Il

faut entrer dans le

royaume de Dieu
viii,

à travers de

nom-

breuses tribulations. Cette sentence se rapproche assez des passages

où Jésus enseigne que celui qui veut être son disciple doit renoncer à soi-même. La sentence de l'épître de Barnabe peut, par conséquent, avoir été inspirée par ces paroles authentiques du Seigneur P.
34,

des évangiles, Mt. v, 10; x, 38; xvi, 24; Me,

Faut-il voir
1,

une parole du Seigneur dans ce passage de
'TTspi

la Didachè,
o-ou

6? 'AAAa

"/.al

TOUTOU

or,

eipr,-<x.i'

'.opwa-âTW

-/j

èÀ£*^iAO(juv/;

zlç
:

Taç

ytipiç aou,

[^i'/pi?

âv

^vw;

''.'n

cm;. Aussi a-t-il été dit à ce sujet

Que

ton

aumône

transpire dans tes mains, jusqu'à ce que tu saches bien

à qui tu donnes.

Aucun

écrivain antérieur à la Didachè n'a cité cette sentence ou
la

une parole analogue; on
subséquents
tor,
:

retrouve seulement dans les écrivains

Augustin, Grégoire le Grand, Cassiodore, Petrus Comesla

Bernard, mais aucun ne

donne comme une parole du Seil'esprit
vi,

gneur. Ce conseil de prudence nous paraît éloigné de
Jésus, qui

de
30;

Ml

V, 54,

recommande de donner Bemarquons cependant

à quiconque demande. Le,
qu'elle est citée

comme une

addi-

tion ajoutée à des paroles authentiques

du Seigneur

— D.

Ignace martyr,

Ad
Il

Si7iyrn.

m,
:

2,

rapporte les 'paroles suivantes
\}.t

du Seigneur
02i[^.ovtov

:

"Ecp'/j

aÙTcTç'

a:zocTS,

àr[Kaor^c(x-i

7.a"i

ïgets,

cti

cj-/.

v.\j}.

àaw[j.aTov.

leur dit

Touchez-moi, palpez-moi

et

voyez

que je ne

suis pas

un

esprit sans corps.

Ce logion rappelle de très près la parole de Jésus à ses disciples
rassemblés. Le, XXIV, 39
hz-ioi cjy.
£-/£',
:

\^-qKa.or^ao:-i

\j.t

y.yX î'osTî,

c-t 7;v£U[J,a ŒJtpy.a xat

-/.aôô);

ï\j.ï

OstopsiTS ïyyny..

Palpez-moi

et

voyez, car un
j'ai.

esprit n'a pas de la chair et des os

comme

vous voyez que

On ne

peut donc pas tenir cette sentence rapportée par Ignace comme nouvelle; elle était déjà connue par l'évangile de Luc. Il est possible même que la forme sous laquelle il en donne une partie ot-, o>/, z'.]j\ oaii;.ôvf,ov às(.)[xaTcv, Soit plus primitive que celle de Luc, c-i r.')t\»'^y. aipv.oi y.a't ia-ix cjy. eysi. D'après Origène, Dr Princip. Prooem. c. 8,
:

la Doetrina Pétri

rapporte la parole du Seigneur de
:

la

même

façon

qu'Ignace martyr

Non sum daemoniuni iucorporcum. Saint Jérôme,

LES SENTENCES DU SEIGNEUR EXTRACANONIQUES.

121

Prooem.

in lih.

xviii Esaiae,

a Ju

:

incorporale claemonium dans

l'évangile selon les

Hébreux

— A.
:

SaScaridans Justin, Adv. Trijph. xii, cette sentence livt 'j\xx: b y,y.v>lz v;;/:; v.y-y.'nl: ïHtKz'.. La loi nouvelle veut que vous observiez continuellement le Sabbat. De même, dans Tertullien, Adv. Sabbatizare nos ab omni opère servili semper debere, et Jiid. IV

Nous

lisons

:

non tantum septimo quoque
les
:

die,

sed per

omne tempus,

sentence que

Masbothéens, d'après Ps.-Hierooymus, Indiculus de haeresibus, attribuent à Notre-Seigneur Masbothaei dicunt ipsum Christum esse qui docuit illos in omni re sabbatizare. Il est possible que cette sentence soit une interprétation des enseignements de Notre-Seigneur

sur le sabbat

— P.

Adv. Tnjph. xxxv, rapporte des paroles du Seigneur qui se rapprochent beaucoup de paroles évangéliques -J.r.z •;7.p- -o'kkol kXzù•Justin,
:

ffîv-ra'-

è-l

Tw

sv3;j,aT( ij-ij,

et irajoute

:

v.xl eacv-ra'. cyid'^.x-y.

-/S',

ylpizv.z

'.

et

il

y aura des schismes et des hérésies. Nous retrouvons cette seneaov-ai tence, mais moins complète, dans les Homélies Cl. xvi, 21
:

vio,

tî);

=

Kôp'.s; eitev,

...

a'pÉffsiç;

elle est aussi

dans Lactance, Div.

Inst. IV,

30 et dans Didyme, De Trinit. m, 22. Toutes ces citations rappellent cette idée qu'il y aura des schismes et des hérésies, idée
qui se retrouve dans la première épître de saint Paul aux Corinthiens,
XI, 19
:

AsT Yap

y.y}.

ylpi-^i:

h

JiJ.Cv

c'!vau

II

est

donc

très

probable que

cette sentence est authentique

— P.
:

La sentence que
Aib
y.x't

Justin,

Adv. Trijph. xlvu, attribue au Seigneur
Xpvjxoq dr.vr

'/ji^i-rspo;
v.'A
v.pvfî;)

Kjp'.c;
:

'I'/;croliç

h

oT; av û^j-xç 7,a-aXâ5a), èv
:

-zù-c;

pourquoi Notre-Seigneur Jésus-Christ a dit Dans l'état où je vous surprendrai, je vous jugerai, parait être authentique; elle a bien le même caractère que les paroles du Seigneur
C'est

dans

les évangiles,

dont

elle

rappelle divers passages, Mt. xxiv, iO-

42; XXV, 13. Nous la retrouvons dans la littérature chrétienne subséquente Vitae Patrum, éd. Coteier, Eccl. Graec. Mon. p. 821; Clé:

ment d'Alexandrie, Quis dives salv. xl; Cyprien, De Mortalitate, 17; A. Ps.-ÂTHANASE, Quaest. ad Antiochum, 36, etc.

122

REVUE BIBLIQUE.

Le logion que rapporte le Pseudo-Justin, De Resurr.
{ipr,v.zv èv

c.

:

KaOôjç
:

cjcavo) ty^v

7.y.-ïciy.r,tjiv

TiIxmv

ù^ipyiiv

:

Comme

il

a dit

Notre

demeure
du
Il

est

dans

le ciel,

parait authentique à Resch, p. 103. Pour

lui, ce serait

une
Tjtj.wv

citation littérale, sous

forme

indirecte, de la parole

Christ qui a
:

donné naissance à divers passages des
yàp
-zb t.cX'-z\j[j.(x

épitres de

saint Paul

h

cypavotç ù-âpysi, Philip, ni, 20; cf.

que cette sentence rapportée par Pseudo-Justin serait simplement un développement de la parole de Jésus èv -r^ z'vdy. tij xatpôç ;xcj \}.z'>t. -oWai slcnv, Jn, xiv, 2, ou bien l'auteur a-t-il cité le passage de Fépitre aux Philippiens, mais peu littéralement et en croyant que c'était une parole du Seigneur P.
Cor. V,
1,

2; Héb. xiii, li. Ropes, p. 32, pense

:

Les Ordonnances apostoliques des apôtres, xxvi, citent une sentence
ceiy.'.
:

:

xpcÉASY- V^? VM^'

'^~-

îî'-îaff'/.sv

Ôt'.

~o às-Osvè;; oià toj l^yopcX)

i(<if)r-

nous a dit d'avance quand il a enseigné que le faible sera sauvé par le fort, que nous retrouvons littéralement dans le Judicium Pétri, c. 26. Elle se rapproche de la parole de Jésus Où -/psîav
Car
il
:

iyc-j7v/

0'.

î(7"/'J2VTîç

'.y.-po\J

àXX

ci

v.xvSoq

ïyo^-ec,
:

mais surtout de
yoDv
or^a^iv*
c-.i

cette
-cl,:

sentence d'(higène,
àjOsvcûviaç
v^ffOÉvijv.

m

Mt. T. XIII, 2

y.xl

'Ir^^o^jq

Resch, p. 104, la source de ce passage de la première épitre aux Corinthiens, i, 25 -l àadz^/ï:
Faut-il y voir,
:

comme

Tou 0£oîi î(j)jupè-:spcv to)v àvOptoTrwv èa-tv? Cela

nous parait douteux. Nous
viii,

trouvons d'ailleurs dans les épitres pauliniennes, / Cor.
IX,

7

ss.

;

22; // Cor.

xir,

9,

des idées analoi^ues à la sentence précitée,

nous inclinerait à croire que nous avons là probablement une sentence plus ou moins littérale du Seigneur P.
ce qui

Les Homélies Clémentines, m, 55 citent
cette sentence celui qui
:

comme
Il

parole du Seigneur a dit
:

ïor,'

b

-zrr^p'zz ïz-.vi

z r.tipiZi<yi.

Le malin

est

nous tente.
p.

Resch,

105,

Ropes, p. 75, passage de l'épître de Jacques,
tion —
1».

une parole autheuti<jue du Seigneur; pense que nous avons là un résumé aphoristique du
y
voit
i,

13, IV,

il

est parlé

de

la tenta-

LES SENTENCES DU SEIGNEUR EXTRACANONIQUES.

123

Nous
•r;;j,wv

lisons

daus l'Epitome Glementina prima,
b

c.

9G

:

O

Kûpto?

'It]«joOç

Xpiatbç

uVoq zou
y.a'.

6£0J
Ta

à's-r;*

tx à-j'aOx à/.OîTv Ssi,
èaÔsîv,
Fils
cjx'.

[/.ay.âptoç ce,

©•/;aiv, Si'
0','

OJ 'épye-ai' o[ioCiùq

y.zy.à

àvxY/.r,

oà to)

àvôptoTiw
:

Notre-Seigneur Jésus-Christ le Les bonnes choses doivent arriver; heureux,
ou épyz-oLi.

de Dieu a dit dit-il, celui par qui

Semblablement il est nécessaire aussi que les mauvaises arrivent, mais malheur à l'homme par qui elles arrivent. La même sentence est attribuée au prophète de la vérité par les
elles arrivent.

Homélies Clémentines, xii, 29. Aphraates, Hom. V, rapporte aussi cette sentence. Resch, p. 107, la croit authentique. Il semble cependant que nous avons dans la seconde partie simplement une reproduction presque littérale de la parole du Seigneur àviyy.v; yocp èXOsiv
:

Ta

ay.i'^oa.Ax, -A-J;v cjai to)

àvOpwTrw

oi

ou

-ïb

(7XxvoaA:v ïpyt-y.\^

M

t.

xviil, 7

;

Le, XVII,

1.

La première partie de

de la seconde

la sentence serait

une réplique

P.

D'après les Homélies Clémentines,
disciples
la
:

xix, 2, après avoir dit à ses

'O

-.o

y.ay.bv î-Ép.y.a -TisCpaç

ka-h

b

oiaêcAoç

:

Celui qui

sème

mauvaise semence, c'est le diable, sentence qui rappelle de près Wq ob-z -pôç/aatv celle de Matthieu, xiii, 39, le Seigneur ajoute Ne donnez pas un prétexte au malin, ce qui se rapproche TCO t:cvy;pÇ) de Mr,ok oîsots to tôxov tû oiaosAw, Éph. iv, 27. Nous n'avons pas de raison de croire que cette addition au texte canonique est authen:

:

:

tique

— N. A.

Clément d'Alexandrie, Strom. v, 10, 6i, rapporte que le Seigneur aurait dit dans un évangile MujT/ip'.sv £;xsv ï[j.zi l-à -zi: i»[ciç toîj o'iV.su Mon mystère est pour moi et pour les enfants de ma maison. l).z-j.
:

Les Homélies Clémentines, xix, 20, rapportent la
~a
\).'jGTfipio:

même

sentence

:

kiiol

y.ai

tcî;

uîcT;;

-.oXi

oî'xcu

\j.o-j

-:'jA7.;xts.

Gardez

les

mystères pour moi

et

pour

les fils

de

ma

maison. Nous la trouvons

encore dans Théodoret, in Ps. lxv; saint Jean Chrysostome, in Ep. ad Cor. Hom. VII, 2; dans saint Jean Damascène, Sacra Parallela, lit. 0, 0pp. II. Ce qui pourrait nous faire douter que nous avons

une sentence de Jésus c'est que nous la retrouvons littéralement dans un passage d'Isaïe, xxiv, 16, dans les traductions de Symmaque D. et de Théodotion

124

RKVUE BIBLIQUE.

Divers écrivains ecclésiastiques, Clément d'Alexandrie, Stro?n.

i,

2i;

Origène, De Orat.
ces paroles

libell.

2 et 14;
I,

Selecta in Ps. iv;

Eusèbe,

m
Car

Ps. XVI, 2; Ambroise, jEp.
:

36 ad Horont., ont attribué au Seigneur
'(j-îv^Xa,
y.a'i

Aî-cTtrÔs

yap -x

Ta

!j-i/,pi

ûpiv "jrpCTTsO-^ss-au

vous seront ajoutées. Elle est encore dans une forme légèrement difl'érente dans Clément d'Alexandrie, Origène. Son caractère évangélique ressort de la comA. paraison avec M/, vi, 33; vi, 19, 20; Le, xii, 31, 33
les

demandez

grandes choses

et

les petites

Voici

une sentence qui
:

se trouve répétée souvent

dans

la littéra-

ture ecclésiastique
1,

Ftveffôc oèo bv.v^.oi -zpxr.aZi-xi,
:

Glém. d'Alex. Strom.
26; Basile, inlesaiam,

28, 177; ait (Christus)

Estote prudentes nummularii, Origène, in
vi,

Mi. T. XXVII; Cvrille de Jérusalem, Catech.
1,

22; Ps.-Athanase, Ho/a. in Mt. xxi, 8 et les écrivains subséquents,

Cyrille d'Alexandrie, Césaire, Jean

Damascène,
éd. p.

etc.

Voir les textes

complets dans Resch, Agrapha,
est

2'

113-122. Cette sentence
la parabole
ait

probablement une addition ou une conclusion à Quod des talents. Elle a été attribuée au Seigneur
:

Christus

(Origène); Salvatoris verbadicentis (Jérôme); (Vila S. Syncleticae)\ elle est donnée
zapaivcT

-rbv

cto-r^pa tlzr^y.hxi -z ...
:

comme
tyjv
:

Écriture

-ml

r,

-^{pxzr,

(Clément d'Alexandrie);

v.o^^y.

ypaartv (Origène), et
c

même
hr,7''.

comme

étant contenue dans les évangiles
;

Qzhq

èv

sJaYYSAÎo'.;

(Césaire)

'éor,

ev

-rw

s^av^sAto) (Apelles)

;

secundum illam evangeli-

cam parabolam
sentence
:

Nous devons en conclure que l'antiquité ecclésiastique a tenu pour une parole authentique du Seigneur la
(Cassien).
vivscOs
BbY,i\>.zi -pxizz'Ç'-oii

— A.

La sentence Et le Seigneur

:

Kal
:

c

Kupioç" ècÉXÔE-s, sIzîv,
le

kv.

twv

c£7;x(7jv

c:

OéXcvte^.

dit

Vous qui

voulez, sortez des chaînes, que Clé-

ment d'Alexandrie, Strom.
blement authentique, car
Jésus sur la loi

vi, 6, V\, attribue

au Seigneur,

est

proba-

— P.

elle

répond à l'ensemble des paroles de

Resch (p. 129) tient pour authentique par Clément d'Alexandrie, Eclog. Proph.

la

sentence suivante mise

%,

20,

dans la bouche du

Sei-

LES SENTENCES DU SEIGNEUR EXTRACANONIQUES.

125

gneur
OéKr,[j.a
-.'àp

:

'AâsA^o^

;xou

yip, fqah

b

Kjp'.:;,

y,al

au7XAr(pov6^,ct

ol

-cioïvtsç -o

-.Cl)

Tzarpôç ;xou. Mr, y.aXsr^-s cuv sauToTç Tzazépy.

krJ. --qç, y?;?*

oea^sTat

ÈTUiT^ç Y^ç, £v CE o'jpavofç 5 -x-:r,p, à; ou Tzaaa zaTpia Iv tô oùpaviïç y.at faisant la è-l T'^ç Y'^ç. Mes frères, dit le Seigneur, et les cohéritiers,

volonté de

mon

Père

:

N'appelez donc pas Père pour vous-mêmes

quelqu'un sur la terre, car sur la terre sont des maîtres, mais dans les cieux est le Père, de qui vient toute paternité et dans les cieux et
sur la terre.
Cette sentence rappelle à Resch des paroles évangéliques Mt. xii, r.y-ipx ;r/; y.aXécr-^-s û-j.wv ïrd -.^; '(r,q' £'.; ".'âp è—iv û[;.ôJv b 50; XXIII, 9
:
:

quelques passages des épîtres de saint Paul, / Cor. vm, 5 Éph. m, 15. Il est possible que cette sentence soit un souvenir affaibli des paroles du Seigneur. Ropes, p. 27, pense que Clément d'Alexandrie a cru citer une parole du Sei^aTY]p
ojpâv'.=ç
;

Me,

III,

35; Le,

vm, 21
;

et

gneur, tandis qu'il

citait

des paroles apostoliques. D'après

lui, il est

peu vraisemblable que

cette sentence soit authentique

— D.
xrr,p àcbv.iy.zq
:

Nous lisons dans les Didascalia, n, 8 '/A';ii vàp Ypacpv^à-EÎpaa-oç, et dans la traduction latine des Didascalia, xi
:

r,

Dicit

enim
Cf.

scriptura

:

Vir, qui

non

est temptatus,

non

est

probatus a Deo.

Cyrille de Jérusalem, Caleeh. mijstag. v; Cassikn, Coll. ix, 23; CuRYSOSTOME, 0pp. II, 506, éd. i>Iontfaucon. Nous trouvons des idées

donc possible que la sentence précitée en soit une reproduction plus ou moins rapprochée et non une sentence authentique du Seigneur. Cependant, Tertullien. De Baptismo, c. 20, semble la lui attribuer. Après avoir cité Vigilate et orate, inquit, ne incidatis in tenla parole évangélique tationem, il émet quelques considérations qu'il appuie en ajoutant Nam et praecesserat dictum Neminem intentatum régna coelestia
parallèles dans Jcq.
i,

12; I Pierre,

i,

6, 7; il est

:

:

:

consecuturum

— D.

Il

est possible

que

la sentence suivante attribuée à Jésus
:

par Ori-qG^it-

gène, in Mt. T. XIII, 2
vojv
7.yX

Kai

'I-^crouç -'oDv or.^v)-

toj? àcrOsvojv-aç
:

où.

-.Z'jq

r.ivnoy-x; È-£ivwv xai 5tà tojç oi'iwvTa; èoi'I^wv

A

cause de

ceux qui sont malades, je suis malade; à cause de ceux qui ont faim, j'ai faim à cause de ceux qui ont soif, j'ai soif, soit authentique, car elle se rapproche beaucoup des paroles du Seigneur dans Matthieu, XXV, 35, 36. Il est vrai qu'il est possible qu'elle ne soit qu'une adapta;

126

REVUE BIBLIQUE.

tion de celles-ci. Cependant, Origène n'a pas l'habitude de citer des

paroles apocryphes du Seigneur

P.

Nous lisons dans le De Aleatoribiis. c. 3, la sentence suivante Nolite contristare Spiritiim Sanctum, qui in Monet Dominus et dicit vobis est, et nolite exstinguere lumen, quod in Tobis effulsit. Elle rappelle des passages des épitres de saint Paul, Èplu iv, 30; / Thés. \, 19, et pourrait bien n'en être qu'une reproduction peu litté:

:

rale

— D.

Il

est difficile

de tenir pour authentique
c.

la sentence citée
:

par

le

I^eudo-Cyprien, De duobi(s montibiis,

13

Ipso nos instruente et
:

monente

in epistula Johannis discipuli sui

ad populum

Ita

me

in

vobis videte,

quomodo

quis vestrum se videt in

aquam

aut in spécu-

lum. Cette épitre de Jean est un écrit inconnu. Il est possible que cette sentence soit une réminiscence ou une interprétation des passages suivants
:

/ Cor. xni, Ki; // Cor.

m,

18; Jcq.

i,

23

— N.

A.

Dans son épitre aux Éphésiens,
'0
t^"A'.2ç
jxY)

iv, 20, saint
jy.wv.

Paul leur ordonne
soleil

:

ï-'.o-A-A<-i

k~\

r.y.ç>oa-'(i:j[)Z)

Que

le

ne
dit

se

couche
senest

pas sur votre colère. Polycarpe,
tence.

Ad
De

Philip, xii, 1. cite la
I,

même

Un

traité

du

x*"

siècle

:

recta fuie, sect.

quelle

dans l'évangile

au Seigneur. La Vita S. Syncleticae l'attribue au Sauveur. Bien que cette sentence nous rappelle des enseignements du Seigneur, Mt. \, 22, 23, nous ne la croyons pas authentique comme parole du Seigneur dans la forme précitée
et ailleurs l'attribue

— N.A.
La sentence citée par
v£Aiti) -ozt'.^r^y.y.'

les

Didascalia, v, 15

:

A-.i tijt:

/.ai

b

-m sj^y-

7:::-3>/£îOî û::èp twv ÈTrOpwv
àr.oKt'.x:.

u;j,o)v"

y.7.\ \).(xy.xpiz'. c':

-evOûDvteç

r.ipi

-rfjç

T(T>v
:

àziJTwv

C'est

pourquoi

j'ai dit

auparavant daus

l'évangile
la perte

Priez pour vos ennemis et heureux ceux qui pleurent sur

Mt.
cTwv

\.

de ceux qui ne croient pas, doit être une combinaison de 44 et de Mt. v, V, avec l'addition secondaire, -ip\ -.?,: twv xt.(-

xt.c'kv.x;

— N.

A.

pour

celte addition.

LES SEiNTENCES DU SEIGNEUR EXTRACANONIQUES.

127

A^\\T?Ldites

[Texte

und

Uiiters. III, 3, i)

expliquant la parabole de
:

Le, xviii, 1-8, traduit le

^

1

de

la

façon suivante
il

Notre-Seigneur dit

:

Priez et ne soyez pas fatigués. Dans Luc,
aj-oîç'Tcpbi; to cîÏv TràvTCT; xpocsuyctrOat. xai

y a

:

"EXcvsv oè 7:apa6oXï;v

\j:r^

èvy.ay.stv.

La sentence

citée

par Aphraates Luc P.

est peut-être

une

citation

peu

littérale

de ce passage de

Il

est difficile

de tenir pour authentique la parole attribuée au
ii,

Seigneur par
vliv

les Constitutions apostoliques,
b

60

:

IIw;

ce cjyl xai

èpef TOJ

Tcojxw

Kupioç'

èoizattoô'/]

'é^vr^

\j~ap

u[J^ocç

ô'yar.zp

xai

ty;v

'IspcuaaXïjjx bwzioi'Çuiv fXevçv'

èor/.atwOV) Sioo[;,a iy.

aou.

Mais

comment

le

Seigneur

n'a-t-il

pas dit à cet
il

homme

:

Les Gentils ont été justifiés
in Jerem.

plus que vous,

comme

a dit lorsqu'il faisait des reproches à Jéru-

salem

:

Sodome

a été justifiée plus
aussi la sentence

que vous. Origène,
:

Hom.

VIII, 7,

donne
52

'Eoixa^ôô-^ yàp ^boo\j.y. sx aou.

Ces sentences doivent provenir d'une application des paroles d'Ézéchiel, XVI, i8, i9,
et

de Luc, x, il

— N. A.

Les Constitutions apostoliques,

vi-,

18,

mettent dans la bouche du
xsp't

Seigneur
ai:o-:ô[)Mq

les paroles suivantes
xizzoTfVixxo

:

OlxoiÛQi

wv

-/.ai

ô Hûpioç, r.vApMç /.al

Asyiov

o-i
if^q

tlal

'heuoby^pia'îci
y,x\

v.al

dtsuoooioàffxaÀoi
xf^v
r^y.p'

c[

,8Àa(73/'r][^/f,a-av-£-;

xb

7:v£U[;,a

yipi-coq

à7ûOT;x!J!7avxî^

aùxoli

owpsàv

î^.sxà

x-^v '/aptv,

clç

eux

àçsG'/^a-cxa'.

cjxî Iv

xw
le

atwvi xcjxw o'Jxî Iv

xw

fjLÉAAcvxt.

Ceux-ci sont ceux au sujet desquels
:

Seigneur

s'est

pro-

noncé disant avec amertume et sévérité Ceux-ci sont de faux Christs et de faux disciples ceux qui ont blasphémé l'Esprit de la grâce et ont méprisé le don qui leur a été fait après la grâce (du baptême) et à qui il ne sera pardonné ni dans ce siècle-ci, ni dans celui qui vient. Ce passage est un mélange de textes canoniques, Mt. xxiv, 24;
XII,

32

et

de conclusions théologiques

:

àTcixxjcravxsç ss.

— N. A,

Nous avons dans la sentence du Seigneur que cite Éphrem, Evang. concordante Expositio, éd. Môsinger, p. .50 Elegi vos antequam terra fîeret, une conibioaison de Jean, xv, 19 et de Éphé:

Siens,

I,

k

'.

KaOcoç èçs/.s^ax:

'riixSç

èv atjxw r^ph Ly.zo.bzuf^z 7,:7|j.cu

— N. A.

128

REVUE BIBLIQUE.

La sentence
ibç xaétcty;;

citée

par Didyme, De Tria, m, 22
-q

:

-/.ai

[5 Xpicr-bç]

s'-wv
;

v)

vuxtI epye-xi

nzXz'^-aîoi.

r^yApy..

Et le Christ disant
la nuit, et

Le

dernier jour vient

comme un

voleur pendant

par Épiphane.

Ancor.

en termes un peu difiFérents, est-elle authentique ou plutôt n'est-elle pas un souvenir de paroles authentiques du Seigneur.
21,
xii,

Mt. XXIV, 42; Le,
idée, mais sous

39? Saint Paul, / Thess. v,
difFérente
*

une forme

— D.

2,

présente la

même

A

la parole

authentique du Seigneur
L'ouvrier

•.

"AHio;

-.'àp

s

àp^â-:-/;;

tsj

(j.ic7Goy

ajTij

:

mérite

son salaire, Le, x,
r,

7,

Épiphane,
aù-rcu
:

Haer. lxxx,
suffisante

5,

ajoute

:

xat àpy.îTbv -rw £pYa!^C[J.cvw

-pcs-r;

et

pour le travailleur est sa nourriture, ce qui nous parait N. A. être une glose complémentaire de la première sentence

Ep. ad PaminaEst confusio quae ducit chiimi : Taie quid et illud Evangelii sonat ad mortem et est confusio quae ducit ad vitam, reproduit à peu près

La sentence que rapporte Jérôme,

in

Ezech. xvii
:

;

textuellement un passage de la-Sagesse de Sirach,

iv,

21.

Remar-

quons que Jérôme n'attribue pas cette sentence au Seigneur, mais N. A. la juge seulement évangélique

Les paroles que Macaire, Hom. XII, 17, met dans la bouche du '0 Kjpioç sasysv ajtoTç" ti hy:j\).y.'Ct-.t -y. rr^\j.tly.: vXr^pz-)o\)J.y^t Seigneur
:

Le Seigneur leur dit Pourquoi vous étonnez-vous des miracles? Je vous donne un grand héritage que le monde tout entier ne possède pas, me paraissent être inspirées par des paroles authentiques de Jésus, J/i, iv, J8; i, ÔO; N. A. XVII, 9, l'i. ou n'en être qu'une paraphrase
;j.r,'âAr,v
S{so);j.f.

Jy.tv,

r^v

eux r/si

c

-/.i'-y^z

l\z:

:

:

ne nous semble pas non plus que les paroles du Seigneur rapportées par Macaire, Hotn. XXXVll W'/X icv.:j(.)v t;j Kupî^u \é^(zy-:z'
Il
:

i~i\Js\s.îG()t

zîJTcWç
a-or/tcv

y.ai

kK7:iooz,

ci

»ôv

YîvvàTa:',

c

s'.AcOsbç

v.y.

siXavOpioTC?
:

àyâz-/;

r,

-rbv

Zurr,-/

Prenez soin de la

foi et

Seigneur disant de l'espérance desquelles naît la charité aimant
r.yptyzXtzy..

Mais écoutant

le

LES SENTENCES DU SEIGNEUR EXTRACANONIQUES.
Dieu
et les

129

laquelle obtient la vie éternelle, aient une saveur évangélique. Les trois vertus, la foi, l'espérance et la charité sont des vertus chrétiennes, mais ne se trouvent pas réunies clans les

hommes,

évangiles

— N. A.
de

11

est inutile

citer les sentences attribuées

Homélies
Quis dives
le

Clémentines,
salviis, c.

m,

52,

53;

xi,

au Seigneur dans les 26; Clément d'Alexandrie,

37: Épiph. Haer. lxix, 53; lxix, 63; lxxvi, 6;

codex copte Brucianus, éd. Schmidt, p. 5VT. 548, etc. On les trouvera dans Resch, p. 161-165; ce ne sont que des citations pkis

ou moins

littérales

du

IV" évang-ile.

enseignements sur la fertilité de la terre et l'abondance de ses productions dans le futur royaume millénaire que Papias, Irénée, Aclv. Haer. v, 33, 3, 4, attribue au Seigneur. Il ressort du texte lui-même que jamais Jésus n'a prononcé

Nous ne citerons pas non plus

les

de semblables paroles

— N. A.

*

La sentence que Barnabe,
Kjjpiîç- \ooh xoiw Ta ÏQyy.-y.

vi, 13,

attribue au Seigneur
:

:

Aiye', oè

w; -% ^ptota

Or

le

Seigneur

dit

:

Voilà que

je fais les dernières choses
sition

comme

les premières, sont

une transpo-

du

texte de Mt. xix, 30; xx, 16

— N. A.
sont

Les paroles du Seigneur dans

le Ps. -Clément, iv, 5,

un composé

de divers textes évangéliques, Mt. v, 73; Le, xiii, 27, ainsi que V, 2-4, qui réunissent Le, x, 3; Mt. x, 16; Le, xii, 4, 5; Mt. x, 28;
Jn, X, 12

— N. A.

La sentence attribuée au Seigneur par
Asyst yàp
6;j,îv

le

Ps. -Clément,

viir,

5

:

ô

Kupioç

àv

tw

zjy.-^^ùdi)y
oti
6

v.

-.h

\J.iy,po^/

olv. k-r,pTtGaTe,
y.y.:

xb [Asya t(ç

owaîi; Aevo)
:

v^P

'Jp-i^v,-

tj.z-z:

Iv

çAayî^Tto
:

îv

ttoA/uo ~iz'.::

Seigneur dit dans l'évangile Si vous n'avez pas gardé ce qui est modique, qui vous donnera ce qui est grand? Car je vous le dis Quiconque est fidèle dans les moindres choses sera aussi fidèle dans les grandes, est dans sa seconde partie une citation de Le, xvi,
èaTiv

Car

le

:

REVIE BIBLIQUE 1918.

N.

S.,

T.

XV.

9

130

REVUE BIBLIQUE

dans la première une interprétation de Le, xvi, 2 la première partie.
10, et

— N. A. pour

Nous avons une amplification de la seconde sentence, donnée aussi par Ps. -Clément, viii, 6 "Apa ouv -cDto aeysi" vqç)-<]<jy.iz tyjv uâpy.x
:

«YVYjv xa\ TY)v o-opavTooc ào-T:iAcv, ïva

'rY;v

akôvtov

!^(j)Y)v

àxoXàêwiJ.sv.

Puis

il

donc ceci Gardez votre cliair chaste, et votre sceau immaculé, N. A. afin que nous recevions la vie éternelle
dit
:

Nous ne pouvons voir des paroles authentiques du Seig-neur dans les suivantes que Justin, Adv. Tri/ph. xxxviii, lui attribue OIIt. zv.
:

xo',y;toû

twv oXoiv
:

y.at

TïavToy.pa-opo;

Oscli.

Je sais

que comme

le dit le et

Verbe de Dieu

Cette ^^rande sagesse

du créateur de toutes choses

du Dieu
/ Cor.

tout-])uissant vous est cachée. Ces paroles sont trop éloignées

de la façon ordinaire de parler du Seigneur. Elles rappellent plutôt

C

19-2-2;

ii,

7

N. A.

Adv. Tryph. li, met dans la bouche du Seigneur un résumé des événements qui doivent précéder et suivre sa passion. Ces paroles, tout en reproduisant plus ou moins le texte évangélique, n'ont pas dû
Justin,

être

prononcées sous cette forme

— N.

A.

Nous ne pouvons tenir pour paroles du Seigneur celles qui lui sont attribuées par les Homélies Clémentines, ii, 17; elles dérivent du
eh. XXIV de Matthieu

N. A.

Athenagoras, Lcgatio, 32, introduit par ces mots jy.-rv aévivtcç -z'j ne répondent pas aux enseigne"a:Y3j, une suite d'enseignements qui
:

ments du Christ, ni à sa façon de s'exprimer. Il n'est pas certain d'ailleurs que le "asyc; mentionné ici soit le 'k'z^^zz divin; il est possible N. A. que ce terme désigne simplement une maxime, une sentence

La sentence attribuée au Verbe par saint Irénée, Adv. Haeres.

LES SENTENCES DU SEIGNEUR EXTRACANONIQUES.
V.

131

Uuemadniodum Verbum ejus ait, omnibus divisum esse a pâtre secundum quod quis dignus est aut erit, se rapproche de Matthieu, XXV, 15. Le style indirect indique une citation ad sensum;
36, 2
:

la

formule

n'est pas

conforme au

style évang-éîique

— N. A.

La sentence que Théodote, Cloient d'Alexandrie, f 2 des Excerpta Atà toutq \i^zi à aiùT-rip' Theodoti, met dans la bouche du Sauveur Sauve toi et ton C'est pourquoi le Sauveur dit t7w^ou (7Ù /.al thuxn «îs"
:

Y]

:

âme, rappelle des paroles canoniques, Ge?i. xix, 17; Le, xvii, 33. Il D. est possible que nous ayons là un extrait d'un évangile apocryphe

La sentence que rapporte Théodote, Clément d'Alexandrie, Exc.
Theodoti,
"^

9

:

'Oôsv dp-q-ai toÙç

[xèv x-qq yX-qGeijiç

àvôpcoTuou^ xatà

t-Jjv

Tcapou7,a'.

jîav TOÎ àv':i)(p((7T0u TcXav^rjÔTjîJîaÔat.' àoûvaTOV oà tobq kv.'kev.zoùq' oib çï)(Jiv*
S',

o'jva-bv Toù.; zv'KB'A-O'jq

'j.ou.

FlaXiv otav Xéyv]* IçsXOïts àx
il

toîj

ol'xou tou ira-

Toiç

;xou, ToTç -/Xr-.oiq ké'^'ii.

D'où

est dit

que

les

hommes
est
il

appelés seront

trompés, lors de l'apparition de l'Antichrist;
élus le soient. C'est pourquoi
élus le fussent.
il

il

impossible que les

dit

:

Si

même
:

était possible

que

les

Père,

il

De nouveau lorsqu'il dit Sortez de la maison de mon parle aux appelés, présente la même distinction que dans Mt.
dans
la

xxfi, 14, entre les yXr-.zi et les k%kôxxoi et

seconde partie se

rapproche des paroles du Seigneur, Jn, ii, 16. Cela ne prouve pas D. cependant que nous avons là des paroles authentiques de Jésus

Il

est

peu vraisemblable que

la sentence
:

que nous trouvons dans

Clément d'Alexandrie, Strom. i, 19, 9i Eiâec vâp, ©r^at, tov àosÀ^ov 70U, clos; xbv Osiv acu et dans Tertullien, De Oral. c. 26 Vidisti, inquit, fratrem et vidisti Dominum tuum, soit authentique; elle a une tournure philosophique trop accentuée et paraît basée sur cette idée N. A. que l'homme a été créé à l'image de Dieu
:

:

Il

est possible

que

les paroles suivantes

que Clément d'Alexandrie,
:

jm Strom. m,
ffl-/icrtv'

15,

97,
[xr,

met dans
-;f^\i.(^i

la

bouche du Seigneur
[Ar,

IlaXtv

5

Kupiir

b Yr,ixaç

àyiaXXÉ-^oj

xa'. c

-{:c[ir,(jscc

ij/q

y-z[X£(to)-

5 y.a-à 'n;p60£j'.v

tt^vauyioLz
dit
:

b\).z'koxh'^ot.q ]}:q

«Yai^^oç oiaixsvé-ro)

Que

celui qui est

marié ne

soit

De nouveau le Seigneur pas rejeté et que celui qui n'est
:

132

REVUE BIBLIQUE.

pas marié ne se marie pas. Que celui qui dans un dessein de célibat a promis de ne pas se marier reste non marié, aient été empruntées à un évangile apocryphe, peut-être l'évangile selon les Égyptiens.
Elles rappellent des paroles de saint Paul
:

1

Cor.

vji,

— N.

10; 1, 8, 27

A.

Nous ne jugeons pas plus authentiques les paroles que le Seigneur, d'après llippolyte, in Dan. iv, 00, répondit à Judas qui lui demandait qui verrait les beautés et les splendeurs du royaume des saints Ceux qui en sont dignes verà venir TauTa H-i/oviai cl àçic ^(vfOY.tvoi
: :

ront ces choses

— N.

A.
*

La parole que rapporte TerluUien, /)e Idol. c. 23 Si, inquit, concupiscentia vel malitia in cor hominis ascenderit, pro facto teneri, se
:

rapproche de Mt.

v,

28

et

— N.

ne peut être authentique sous cette forme

A.

Faut-il voir
g'ène, in
'(]

une parole du Seigneur dans
:

la sentence citée

par Ori-

Jeron. xiv, 5
:

Ka\
Et
il

èv

tw

eùaYYs^^^'w àvavéYpaTïxai* xal àirofftéÀXet
:

dans l'évangile Et la Sagesse envoie ses enfants, sentence que nous retrouvons dans l'Apocalypse Ego misi pueros meos prophetas ad vos, et dans Terd'Esdras, i, 32
coçia Ta TÉy.va aùtî;;

est écrit

:

tullien,

Adv. Marc,

iv,

31

:

Et adhuc ingerit

:

Et emisi ad vos

omnes

famulos meos i)rophetas? cela nous paraît fort douteux. Bien que cette sentence rappelle celle de Le, \i, 4-9 Ala -z'j-z xa-, ^oçi'a toj ©ssu e^zsv
:

y;

à::;cTs>aT) z\z TJio'jq Tcpoç/j-a;, ss, elle

paraît plutùt dériver de ce passage
jcipîa]

des Proverbes, ix, 3

:

'Atts^ts'/asv

[-q

t:jç

èajt-?;;

^oûAsur

D.

Il

est possible
lu

que nous ayons une parole authenticjue du Seigneur
:

dans

sentence suivante citée par Origène, In Jcrem. xx, 3
:

Ait

autem ipse Salvator Qui juxta me est juxta ignem est; qui longe est a me, longe est a regno, que nous retrouvons dans Didyme, m Ps. Lxxxvm, 8, qui l'avait probablement empruntée à Origéne. Peutêtre a-t-elle été inspirée par ces paroles du Seigneur dans Le, xii, 49
:

llyp

"?]AO:v

jiaAîlv £-; Tr.v yv-'

^

!*•

LES SENTENCES

KL'

SEKS.NELR EXTRACANONIQUES.

iT3

Nous

lisons

dans Agathan^elus, éd. L\garde, p. 3ï, 81
•/;/.r,p:7:y.Y;7si.

:

Kxh

tû?

Seigneur a Si quelqu'un aura tout abandonné à cause de dit dans l'Évangile mon nom il héritera de la xie éternelle dans la seconde parousie. Cette sentence parait être un résumé et une conclusion de paroles
;-jT£ca zapsjjia ^wr.v r.wvisv
:

De

même

que

le

évangéliques. Le, xviii. 29, 30; Mt. xrx, 28% 30: Me, x, 29. 30
N. A.

La tradition ecclésiastique a rapporté plusieurs
suivante
:

fois !a

sentence

Ez;!

/.a-

5

Kjpis;

}ji.ay.âpiov

zl-iy tsv sisivTa Tf-zp tsv Kx'^M^z^-x.
y.al

Kx:
r,

';'xp z.ipr,-xi

-i/viv ût:^ aÙTcy* ojaî "oT; l'ycuaiv
y.a:

àv j'::z7.phv. Aa;A6avcj7iv

cjva;jiv:i; ^or^Qsfv èaUTOîç
Às^-sv K-jpiw

Axy-êâvEiv -ap" itspwv g2u).oi;.Évoi;' £y.iT=p;r
èv T;i^.Epa y.p-rewç.

yap ir:sw7£i
(1i^
:

tw 0sw

Puisque

le

Seigneur

heureux que celui qui reçoit.. Car il Malheur à ceux qui possèdent et qui reçoivent est encore dit par lui dans rhypocrisie; ou à ceux qui sont capablps de se soutenir euxmêmes et veulent recevoir des autres, car tous les deux rendront compte au Seigneur au jour du jugement, Coiist. apost. iv, 3.
Celui qui

donne

est plus

:

Mx/.âplS;
;j.sv

5

StSOjÇ 7.X-X TYiV àvTcXï-V- Xhihzç -Xp ÈTTIV.
à'/iov

o'jxl

Bà Kx\).6x^zy-i'

£'.

yip Xpeiav

\x\}.zx')V. -riç.
-.i.

àOwcç

i'jTaf h l\

\i.r^

ypv.x^ h'/wv 2w7EI

ci'y.r//

Tva TieXais

Bienheureux celui qui donne selon le commandement, il est à l'abri de tout reproche: Malheur à celui qui reçoit! reproche; s'il n'est pas S'il reçoit étant dans le besoin, il est à Fabri de dans le besoin, il rendra raison pourquoi et à quelle fin il a reçu,
/.ai

v.z

Di'l.

trouvons des sentences analogues dans les Didascalia dans Clélai. éd. Haller, p. 53; dans les Didase. éd. Lagarue, iv, 3 ment d'Alexandrie, Fracjm. ex Nicelae Catena in Mat. c. v; dans le Pasteur dllerraas, Mand. ii. 5. Cette sentence de reproche de lIThes<.
I,

5. x\ous

:

III.

10, 11 et

de Kethuboth, 68'

:

Celui qui a reçu des

aumônes sans

en avoir besoin, avant sa mort tombera dans la misère. Nous n'avons aucune raison de croire que ces paroles sont authenau tiques; Jésus dans les évangiles n'a donné aucune prescription
sujet de ceux qui reçoivent

i'aumùne.

Il

semble
A.

qu'il

y a

ici

une

allusion à ceux qui dans les premières étaient indûment à charse à leurs frères

communautés chrétiennes

— N.

134

REYUE BIBLIQUE.
*

« «

Faut-il attribuer à l'Écriture ou au Seigneur la sentence suivante
Pacificos itaquç^ filios Dei nominat,
sicut et dicit
:

:

Qui Spiritu Dei

ambulant, hi sunt
MOESINGER,
C. 6.

filii

Dei? Éphrem, Evangelii concord. Expos, éd.

D.

Il

n'y a pas lieu de tenir pour authentiques les paroles suivantes
n

:

Quod auteni
vobiscum
generatione

turbatus est

»

consonat

cum
et

eo,

quod
:

dixit

:

Quamdiu

ero et vobiscum loquar?
ista.

alio loco

Taedet

me

de

Probaverunt me, ait, decies, hi autem vicies et decies decies, Éphrem, ib. c. 17. La première partie a été inspirée par Le, IX, 41 Me. ix, 19; Mt. xvii, 17 la deuxième par le psaume
;
;

xciv, 9, 10; la troisième est de

provenance inconnue

N. A.

Pour
c.

la citation suivante d'Éphrem:,£'y. eone.

Expos, éd. Moesingkr,

Quia ergo ipse est dominus regni, placuit ei, purificare in se ipso regiones excelsas et superiores, simulque purificare inferiores Mundabit domum regni sui ab omni scandalo, Quod autem dicit
18
: :
:

intellige de terra et

quas renovabit, ibique justos suos collocabit, bien que ces sentences soient une réminiscence de paroles évangéliques, elles ne peuvent être authentiques sous cette forme rébus
creatis,

— N. A.
Il est

possible que nous ayons une parole authentique du Seigneur
:

dans ce passage d'Kpiphane, Haer. lxvi, 42 Aià bi Toîç T:po<p-/]Taiç \'bo-j r.ÔLçzi\u. C'est pourquoi il dit
présent,

toutc Xsysi'
:

5 Xa/aTjv

Voici

que

je suis
5.

moi qui parle dans

les prophètes. Ailleurs,

ib.

xxiir,

Épiphane attribue cette sentence au Seigneur Jésus dans l'évangile, mais ailleurs, ib. xli, 3, il la donne comme étant de la puissance, ouva[j.tç, qui a parlé dans la loi, dans les prophètes et dans les évangiles

— P.

Saint Augustin a probablement emprunté à un évangile apocryphe

Sed apostolis, inquit. Dominus noster interrogantibus de .ludaeorum prophetis quid sentiri deberet, qui de adventu ejns aliquid cecinisse in practeritum putabantur, commotus
les paroles suivantes
:

LES SENTENCES DU SEIGNEUR EXTRACANONIQUES.
falia eos

135

etiam iiunc sentire respondit
A.

:

Dimisistis viviim qui ante

vos est et de moituis fabulamiiii. Contra adversarium legis et pi^oph.
H,

14— N.

Il est

possible que nous ayons des paroles
:

du

Clirist

dans

la sentence

suivante

Estote fortes in bello et pugnate

cum

antiquo serpente,

Dominus, OUI EnglisJi Homilies, p. 151. La même sentence se retrouve dans les mêmes Homélies, 1" série, p. 185 et dans le Play of the Sacrament, p. 39. Elle est encore dans le Bréviaire romain, au Commun des apôtres, antienne du Magnificat des secondes Vêpres P.
et accipietis dicit

regnum aeternum,

Arrivé au terme de cette énumeration, nous devons constater que
les paroles

authentiques du Seigneur que nous avons retrouvées

dans

la littérature chrétienne,
:
;

en dehors des évangiles, sont peu

nombreuses
tiques.

Treize en tout (1) vingt-six sont probablement authentiques, quinze sont douteuses et cinquante-deux ne sont pas authen-

Nous pourrions faire la môme constatation pour les faits de la vie de Jésus. Il semble bien que les évangiles nous ont rapporté à peu près tout ce qu'on savait des paroles du Seigneur et des faits
de sa
vie.

Lyon.

E. Jacquier.
(1)

En dehors de

celles qui sont rapportées

dans les autres écrits du Nouveau Testa-

*

ment.

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