P E A U

D’EKWOS

1

c textes et photos Lamber Savigneux

2

3

p

e

a

u

d

E

k

w

o

s

4

-Peau
À la poursuite être vivant
par conséquent pas cadavre
)
pour autant la truite est dans le torrent

5

Grand vide dans les silences
araignée
tes pattes attrapent le vide
l’eau débat
Sans clameur
et s’en va

une ligne effleure le monde

Une fleur avale sa tige
feuilles
l’innocence nervurée
saisit la terre
Dans la transparence un cataclysme majeur
La chaleur incurve
le serpent doucement
se met à voler

je rêve

6

7

-Sonora
Fruit jaune que partage
le soleil
picore
le vents des origines
l’oiseau orange
ou papillon
vient en volant
battant des ailes sur le marbre

8

C’est comme un mirage sur tous côtés
y a t’il autre chose que les millions de couleurs
sont le signe d’une naissance
l’étendue de la lumière impose
tache solaire
l’éclipse
la matière douce ou sonore
sifflante perçante ou menaçante

9

- Ekwos

Est-ce mon habitude sur la croupe
le cheval
par où tu montes
s’entend
à l’étendue
de l’enclos à l’encolure
par le cou le pelage et la crinière
par où s’accroche
caresse
l’immensité et soi

10

Le défilé imbrique

boite déboite

Par-dessus la canopée des cimes chevauche
enlacé au crin
C’est comme faire l’amour au monde
en étalant comme des ailes aux naseaux
épi-souffle de l’étalon-jument
Ekwos le dit bien

11

12

Le temps de ton souffle n’est pas épique
le grain
l’herbe
le vent libre
la pluie
le gréement de la plaine

erre
En chemin
remonte
à ras
vers
un lac
en haut
l’horizon
dans le bris
à flanc de nuage

dévale
en bas des collines
des roches arides
aux veines d’Ekwos
l’ancêtre boit

13

L’ arbre
biche
à l’orée
et moi

L’ ours
large au temps

14

-Echos
Bleuet
routes d’une élancée
les silences mieux que les nuances
un seul mot d’une seule masse
Un trait
aspire l’espace
Ligne
pour prolonger
l’épure
un temps identique
simule
relie et brise
la simultanéité
L’un dans l’autre
parvient à l’écho en un rien alors le bleu tombe

15

16

Et si le hasard
s’il distingue
quand semble différer ou bifurquer ou séparer
espérait célébrer
quand
les désarrois de la rétine se mettent à courir
mouches sur la peau
d’un coup le tonnerre
un néant dans son milieu
presque vert ou noir
la déchirure et toutes sortes de veines

17

u<babel

ars>
Mais l’ours vit en paix à la lisière
————————————————------------………………………………………………………………….—
—.—————————————–
Il fronce les sourcils et perçoit la violence des
agrégats de fer et de ciment
Lave ses yeux voilés du dépôt à ordure dans le lac
Laisse la pourriture et l’humus nourrir les
pousses
les jeunes arbres
Ars gloutonne le miel le pollen et les fleurs

18

19

La mort nourrit la vie bourgeonne pollinise
qui (se) tait son nom s’épelle baies et fougères
le ciel
répercute
regorge
savoure
Pelage fiévreux
museau mutin
plante
(paw)
loquace
soumet la trace
heureuse
la neige garde

20

———————————————————
———————————————————
———————————————————–
Tournant le dos au Sud il gronde et on entend
La diversité des fleurs le fleuve l’eau câline
Même quand il en croque il joue avec la truite
fraternité de l’eau et des bois
de loin le cheval hennit et s’enfonce
profondément dans la hauteur
L’ours s’emballe
il hume le nord
les glaces ferment
du seul lieu encore indemne
en soi roulent les congères
Brun des pattes ouvrent le sentier
plonge dans l’eau
rit des froids
ouvre des troncs

21

h <artz
Raffole
Un par un
La forêt indiffère
Le cumul annule
L’amulette amule
Seul

<aite

22

23

-Trace du rêve

e
muet
s’efface
l’ourlet
Articulation muette
ces sons en disent long
qui entend
le vent
qui entend
l’inaudible
sous les branches des voyages
ploie
la masse se fait sentir
Sont-ce consonnes cette alliance ce lien
Nécessaire pesanteur de la
fourmi à miel

24

Confiteor sinusoïdal entrelacs et artéfacts
avec ébriété sont
écrasé
rythme et oublié de l’air
Longe sans fin
la bave de la chenille
empilement et cataracte des anneaux
L’homme immergé saisit des bribes
articule
se remémore
forme dans la bouche
ce qu’il sait de l’aspect fulgurant du monde

25

26

Mouche abeille termite
points de repère et traces
Le journal du Rêve est la mémoire de l’infime
Les supputations de l’infini
que le geste démine
Goutte sur le sable un champ sur le Temps

La bouche expulse la main cueille

27

Un cercle
Reprend les énumérations des sons
les écorces creuses
Dessinent
sur la peau surgir les couleurs
pigments blancs
se perdre dans les aberrations du temps
Un fil irradie les pôles

28

J’évite les lignes trop claires
je voudrai les embrouiller
ce n’est qu’une possibilité
il faudrait les éviter
On dit cela d’un trou
d’un ordre inexplicable

29

30

La pointe aiguisée
la boucle des songes

une enclume

À la bouche
respirer
le chant à des morsures
de là
L’apaisement
sans espace

perpétue un amalgame

Noir à l’intérieur

31

TEMPS

Dire maintenant
c’est tenir
en main le mouvement
là même si rien ne bouge la furieuse
activité
dérape les mots
de quoi
manger
courir ou rester
en même temps
que
simultanément

32

Sur l’allant de ce qui ne s’entend pas
ne sont que les départs vers la haute terre
dans toutes les
directions une embouchure
c’est
entrevoir
sentir
un souffle
tous les souffles
à quelque ambivalence de son que l’infini
perçoit

33

34

Noir à l’intérieur.-. Mais le gris amplifie
- s’approche – nous conduit au blanc
sans qu’on le voit s’en rapprocher –
indifféremment il s’agit de l’Ocre
Calme – incite à la méditation – quai à la
rêverie – voisine à la mélodie- il faut l’ouïr
monte et fonce l’odeur d’une couleur –

35

36