BIOGRAPHIE

BE

m^
PAR
L. Cerisier Fils.

(IeHE

LlVRAlSOIif.),

KMPXlZMi: ATX PORV-AU'^FîlSHDf^
PAR
T.

BOUCHERfiAU."— 1842.

nn.so (p

AVANT-PROPOS

L

lorsque

,

il

y

a

quelques années

,

je reçus

d^une amitié corn-

plaisante

ces notes sur Pétion et son
,

époque

,

que

j'ai

formulées
concito-

et que je risque aujourd'hui

en

les offrant à

mes

yens, je ne songeais certainement pas à en faire l'objet d'une
publication et moins encore

vement

livré alors
le

aux gaspillages

à y attacher et aux

mon nom.
,

Exclusi-

folles labeurs

d'une
ne

jeunesse dont

terme vient d'être marqué

cette

occupation
et

aurait contrarié les

heureux momens dont je ne veux

dois

pl'is

avoir que des souvenirs.
ce

Mais en

moment où chacun

se rejette sur le passé

comme
;

pour y trouver quelque allégement aux douleurs du présent où tous les esprits se préoccupent activement de la gloire et
des moindres intérêts du pays
rière et revendiquer
,

j'ai

dû ne pas

rester

en

ar-

ma

part

du progrès

inc« ssant

vers lequel

marchent toutes

les intelligences.

La
paru
j'ai

plupart des
être
la

hommes

et

des choses d'aujourd'hui m'ayant

conséquence des

hommes

et

des choses

passés,

dû pour apprécier ceux-là bien étudier ceux-ci.
attentif et sérieux
la

Après un examen
de notre histoire
pensable à tous,
,

des différentes périodes
est

dont

connaissance

désormais indis^

j'ai

été frappé

d'un

fait

qui ne peut échap,

per

même

à

la

plus

insigne

mauvaise

foi

et

que

doivent
affaires
la
j

envier ceux qui sont appelés au
c'est

que Pétion

a quitté la

gouvernement des vie sans remords et avec

glou'e
li-

d'avoir préparé et dirigé tout ce qui devrait garantir nos

bertés publiques.

Dès

lors je

me

suis senti

de l'admiration pour

mon

héros

,

de l'indignation pour ses détracteurs , et j'ai résolu de publier, en vue de la vérité ce que j'ai pu recueillir concernant
,

Pétion et son époque.

AVANt-PRëi*OS.
Toutefois je
tâche

ne

me

s\)
:;

;

pas

dissimule

la

difficulté

de

la

car Thisloiie des hommes qui ont que je m'imposa. marqué dans les grands événemens d'un paya est souvent ou presque toujours rhistoire de ces événemens eux-mêmes. Mais

n'aspirant point à un
aussitôt, je ne livre à
n'ai

titre
la

que

mon

inferioiité

désavouerait

publicité
revêtit*

que des matériaux que je
littéraire.

même

pas songé

à

d'une forme

Pétion toujours magnanime dans sa vie intime ou publique
a laissé aux uns et aux autres
la

responsabilité de

quelques
rattache....

événements avec

h

gloire ou le

déshonneur qui s'y

Se distribuerai

la justice à

chacun avec exactitude

et rigidité..».

BIOGRAPHIE
DE

iU

i

lERE XZVRAISOK

>.

Alexandre Petion
avril

naquit au Port-aiï-Prince
la

le

2.

1770 d'une créole de

Ursule et d'un blanc bordelais

même ville nommée nommé Sabesse.
distinguent
,

Ursule possédait
sexe.

les

vertus qui

son

Un commerce
fruit

facile

et agréable
,

qui

n'était

que

le

d'un heureux naturel

les faisait

appré-

cier et aimer.

Quant à M. Sabesse

,

ce n'était

rien
et

moins qu'un
surtout par-

homme

de

fort

mauvaise compagnie
ridiculç préjugé

tisan renforcé

du

de couleur qui ré-

,

4

BIOGJÎAPHIE D'ALEXANDRE PETIOK.
Il
,

gaait alors.

avait une invincible

aversion pour le

sang africain et dans ses emportements il se serait» donné l'odieux de désavouer son fils si un reste d'atseule exceptée du métachement pour sa femme

pris général
les noirs
,

dans lequel

il

enveloppait les jaunes et
fois

ne venait quelque
qu'il

adoucir l'amertume
le

du chagrin

éprouvait

d'être

père d'un être

qui n'eût pas la
Il

peau
se

bancJie
la

ne cessait de déplorer cette bizarerie de
;

na-

ture

et
,

pour

dédommager de

ses

mécontente,

ments
il

qu'il

poussait

même

jusqu'au doute injurieux
traitements
,

n'était

sorte de mauvais

qu'il

ne

fai-

sait subir

à l'innocent enfant
il

il

n'était

pas

de sole

briquets ridicules dont
prédestiné.

ne gratifiait chaque jour

Lorsqu'il semblait
il

chercher une caresse
lui

paternelle

n'avait

près de
les

que sa mère qui ne
il

pouvant que déplorer
mettait tous ses

procédés dont

était l'objet

soins à en diminuer

les

rigueurs.

Le temps a fait justice de cette infamie car le nom de Sabesse s'est éteint dans
dis

d'un père
l'oubli tan-

que

celui

de Pétion est devenu immortel.
Pétion
n'avait

Alexandre en
loin

que
faillit

soixante-un jours

lorsqu'un de ces événements destructeurs qui de loin

menacent notre pays
fondateur de
la
aflfreux
la

enlever celui qui

fut plus tard le

République. Le 3 juin
le

1770 un

tremblement de terre ruina
première secousse
la

Port-au^

Prince. Dès

maison du père
et
les

d'Alexandre s'ébranla. Aussitôt M. Sabesse prend d'u-

ne main sa

fille

,

de l'autre sa femme
lui

entraîne

hors du danger qui

parait

le

plus imminent. D'autres

personnes de

sans songer à Pétion;
tait

la

maison se hâtent aussi d'en sortir , sa nourrice elle-même (c'ésœur d'Ursule) s'enfuyait éperdue; mais à
la

,

IBîQGRAPHIî:

D'ALEXANDRE PETION.

5,

à quelques pas du péril que son clicx nourisson revient à sa pensée ; trennblante , égarée elle court se frayer un chemin à travers les meubles
peine
est-elle

renversés
le

qui fermaient le passage
,

,

se précipite sur
,

berceau du délaissé

se saisit de lui
,

et

,

comme
la

Dieu l'avait ainsi voulu dès qu'ils sont hors de maison elle s'abat avec un bruit effrayant.
,

Au

grand

déplaisir de

M. Sabesse
cette

,

Pétion
tant

attei-

gnit sa sixième année.

A

époque,
la

pour
se
fils

céder aux instances de

sa

femme que pour
vue de son

dé*
,

harasser une partie du jour de
se décida à l'envoyer chez

il

M. Boisgirard
,

qui tenait

une

petite école sur la place

de l'Intendance où l'on

enseignait
prenait
blancs.

à

lire

,

écrire et calculer

comme on
n'étaient

l'ap-

dans

ce temsrlà à ceux

qui

pas

Mais en

refusant l'instruction aux iadigènes, on

ne pouvait pas fermer leurs cœurs à l'ardent amour de la liberté..... Les événements de l'Amérique Septentrionnale et
la rupture entre la

France
,

et

l'Angleterre
la

,

avaient

réuni au Port-au-Prince
ville,

outre

garnison de cette

tillerie

composée d'un détachement du corps royal d'aret d'un régiment d'infanterie un grand nom«
,

bre d'autres militaires. Entr'autres troupes étrangères
alliées

France on remarquait deux régimens espagnols de Catalogne et d'Arragon.
de
la
,

Le
leurs

jeune

Pétion en

se rendant
,

dès

son

réveiS

aux quartiers des canonniers

pour être témoin de
plus

manœuvres
qu'à
Il

,

se
,

trouvait
et

souvent

à leur

caserne
revue.

l'école

ne manquait jamais une
après les

regardait avec attention les évolutions qu'on
lui
il
,

exécutait devant

se mêlait

,

revues, à
l'ad-

CCS soldats

,

dont

sut se

faire aimer

et qui

^

BIOGRAPHIE D'ALEXANDRE PÉTION.

mirent volontiers au milieu d'eux. Ces premières no-

armes se gravèrent plus facilement dans sa mémoire que les leçons de M. Boisgirard. Aussi à douze ans était-il soldat plutôt qu'écolier»
tions des
Il

commit un jour une
la

petit© espièglerie

;

Boisgi-

yard ne pût trouver de meilleure correction à infliger

à son élève que

flagellation.

L'enfant plein de ces
déjà le fai-

jsentimens de fierté et d'indépendance qui

saient remarquer parmi ses condisciples ne voulut point se soumettre à cette dégradante punition ; il

s'échappa de l'école et

ne voulut plus y retourner

malgré toutes les menaces de son père. M. Sabesse irse décida à faire de rité de la résolution de son fils
,

lui

un chaudronnier. Mais Pétion se refusa à le devenir sachant bien que son père , dans le choix de n'avait pris conseil que ^de son aversion ce métier pour lui. Cependant pour adhérer à quelques bons avis il alla chez son nouveau maître. Il sut tellement lui
, ,

inspirer

de

l'intérêt

qu'il obtint

de sa complaisance
,

d'aller travailler

chez un bijoutier orfèvre

M. Jamain.
le

Celui-ci consentit à l'accepter et à garder

secret

sur ce changement d'état

,

bien qu'il fût l'ami du père.
faire

Quelque temps
i^a
fille

après Mr. Sabesse voulant

à

quelques cadeaux

commanda

des bijoux à son

ami^

Le bon Mr. Jamain
ménager une
le
fils
,

qui croit l'occasion favole

rable pour
çt le

réconciliation entre

père

confie ces ouvrages au jeune Pétion déjà

très-avancé dans

métier

;

il

ne manque pas de

les
les

confectionner avec goût et

solidité.
,

Sabesse en
lorsqu'il
,

recevant fut d'abord enchanté
qu'ils

mais
fils

apprit

avaient été travaillés par son

qu'il

croyait

occupé à battre du fer, furieux d'avoir été trompé »

BIOGRAPHIE D'ALEXANDRE PÉTION.
il

%

le

chassa pour toujours de sa présence et de sa
dernier

maison

Ce
core
tait
,

Pétion. Débarrassé
il

coup a décidé dû reste de lâ vie de du seul lien qui le retenait enlui

envisagea les joies à venir que

prometdepuis

rindépendancë

à

laquelle

il

soupirait

long-temps.

Cette expulsion du
effet

toît

paternel produisit

lin

autre

non moins heiireux , c'est d'avoir décidé de son goût pour la carrière des armes. Il se réfugia chez un ami de sa mère où son caractère doux et affable
le faisait

bien

venir dans la maison.

il

s'occueiï

pait sans cesse à contempler, à devancer

même

idée
rait

cette grande

époque où
l'orgueil et

la patrie la cupidité
5

s'affranchi-

du joug que

des colons
et

rendaient de
il

plus en plus insupportable
le

comme

géant du préjugé ne serait point abattu sans des secousses terribles , des crises
de longs et de sanglants combats ^ il ne négligea rien pour s'instruire de tout ce qui concerne
violentes
,

prévoyait déjà que

l'art

de

la

guerre;

il

lisait
,

attentivement

tous

les
lui

écrits sur l'art militaire

que sa position de fortune
s'attachait surtout

permettait de se procurer, et
l'artillerie

a

qui

lui

paraissait

,

avec raison

,

l'arme la

plus formidable.

Jusqu'à 18 ans Pétion
quable.

rie

fît

rien de bien

remar-

Son goût

favori était celui de la chasse.
,

Le
,

di-

manche de chaque semaine

de grand matin

il

ré-

unissait à lui quelques uns de ses amis et se rendaient

tous à la Saline située au nord de la

ville

,

et qui

mois de septembre abonde en pluviers et aîouettes. Un jour de septembre 1789 , un blanc du
dans
le

Port-au-Prince

nommé

Nicolas

,

d'une réputation fâ«

,

8

BIOGRAPHIE è'ALEX ANDRE PÉTION.
,

îheiise

chasseur intrépide et de profession

,

avait dé-

jà précédé Pétion à la Saline et pris son poste lors» que celûi-ci arriva suivi de se^ camarades. Nicolas
aussitôt
lui

intima l'ordre de ne pas

tirer

,

sous peine

de recevoir un coup de fusil s'il l'osait, Pétion au nnêtnc moment apercevant une volée d'iloucttes , en abattit, plu .ieurs et fut lès prendre. " Pourquoi as-tu
*'

osé contrevenir à

mon
il

ordre

,

dit

Nicolas. "

Il fit

en

même
prend

temps

le

simulacre de rajuster. Alors Pétion

(Ils balles
,

dont

avait eu

la

précaution de se mu-

nir les pochés

en donne
'*

à ses

amis

,

et

chargeant
l'osez

tranquillement son fusil:

Tirez donc
ici

si

vous
si

"

dit~ii

au blanc

,

en voilà

pour vous,

vous

me

" manquez." Nicolas hésita, jura, menaça, puis se retira

annonçant
chasser
faites.

qu'il allait

former sa plainte contre

le

témé-

raire qui l'avait défié. Pétion ne continua pas moins à
,

sans s'inquiéter des

menaces qu'on

lui

avait

Cette aventure peu importante en elle-même fut
ville

répandu cependant en
posés
entre
,

à dessein par

les partis

op-

car dès lors

ils

avaient

commencé

à se former

îes Petits blancs

d'un côté et les Royalistes de
l'op-

i'autree

Ce

fut là le

premier acte de résistance à

pression, lorsqu'à cette époque c'était le plus grand

des crimes que d'oser ne pas obéir à un colon.
D'autre part
tations de cette
la

France éprouvait les premières agimémorable révolution dont les contlrelutte

coups ébranlèrent l'Europe. Cette grande
les privilèges
,

entre

la

force oppressive et

les peuples

ne

pouvait

avoir que de

sanglants résultats.

La cause
la

dont
se

la

France

la

première avait entrepris
à tous
,

défen-

devint

commune
le

et le besoin

,

la nécessité

de résister s'étendit sur
devint
alor^

les colonies.

Saint-Domingue

théâtre de« dissensions (^gi éclatèrent

bIgORAPHIE D'ALEXANDRE PETIOX.
entre les royalistes ou
planteurs qui
,

â

sous

la

grands composaient dénomination de pompons rouges le parti ré,

pompons blancs
aux

et les

réunis

petits blancs

,

volutionnaire.

Les

partis connaissant Tinfluenee
les siens
,

que dés lors Pétioa
le

exerçait sur
royalistes

cherchèrent à

gagner. Les

y parvinrent en l'assurant qu'ils voulaient l'égahté des droits , et qu'ils étaient prêts à l'admettre
si

les

pompons rouges ne
le

s'y opposaient pas.

On

l'a-

boucha donc avec
le

colonel

Mauduit

,

commandant

régiment du Fort-au-Prince, qui arrivait de France. Celui-ci l'afFubla d'un pompon blanc et finit par lui
5

grands planteurs et les petits blancs seuls persévéraient dans l'inexécution des décrets qui
les

persuader que

devaient
l'Afrique.

assimiler aux

blancs

les

descendans

de

Péticn

,

jeune encore

,

sans expérience

,

chaud
foi
;

royaliste sans doute

il

croyait servir la

mais cause de
;

il

était

un de bonne
devint
,

l'égalité

et

ver-

ser son sang pour la conquête des libertés dont étaient
privés ses frères.

Le colonel Mauduit qui n'abandonnait plus Pétion , ayant reçu ordre de dissiper le comité colonial du
Port-au-Prince
pédition
,

le

voulut avoir avec lui , dans cette ex, jeune indigène qui à son tour, bridant du

désir de faire le

cause

qu'il

croyait sienne

coup de feu et aussi par dévouement à la ne manqua pas cette oc,

casion de se mettre en évidence.
colonel à la tête d'un détachement du régiment commandait, arriva au lieu où le comité tenait ses séances rencontra un attroupement de petits
,

Le

qu'il

blancs qui

essaya de résister par une décharge de

10

BIOGRAPHIE D'ALr;yANDRK PÉTION
,

Riousqaeterie

le

fît

charger à

la

baïonnette

,

et le

mit en complète déroate*
Cette
Pétion crut ù une escarmouche terminée ceux qui appartiendraient
,

perspective de gloire pour

désormais au parti

qu'il

avait
le

embrassé.

Il

réunit ses

amis, leur
res
les

dit

comment

colonel Mauduit à la tête
fait fuir ses

d'une poignée de braves avait
,

adversai-

cita les

promesses qui
lui

lui

avaient été faites et
;

espérances qui

avaient été données
,

leur

mon-

tra l'abolition

du préjugé
par

le

triomphe et

le

règne de

PEgrilité

,

et finit

faire passer

dans leurs cœurs
liste

Fenthousiasm* qui l'animait. Profitant aussitôt des sympathie? qui
.-^e

m'inifestèrent

,

il

forma une

d'une

cinquantaine de jeunes volontaires et alla les présenter

au colonel Ma«îduit en rassurant des services qu'il en pourra retirer. Le colonel les accueillit de la manierre la
plus engageante
, ,

les enrôla

dans

le

corps des

Yolontan-es
les

et

ne tarda pas à trouver l'occasion de

employer.
s'étaient réunis à

Les grands planteurs
leurs
lois.

Saint-Marc
pliât
le

en assemblée générale, et voulaient que tout

sous

Le Gouvernement
était le

royal

,

dont Mr.

comte

de Peynier
site

chef

,

se trouvant dans la néces-cette as-

de mettre un terme aux prétentions de
,

semblée

se décida à envoyer

contre

elle

des troupes

pour la dissoudre.

Le détachement de la partie du nord , commandé par Mrs. de Vincent et de Fontanges , qui avaient
avec eux M.

Cambefort

,

colonel

du

régiment

du

Cap

,

était

déjà arrivé

à l'Artibonite.

La colonne

partie du Port-au-Pnnce était composée d'un détachement du régiment de cette ville à la tête duquel était M. de la Jurie beançonp de jeunes volont^i, :

BIOGRA PIÎIK D'ALEXAIV D RE PETION
res
5

: ?

pompons blancs

,

se réunirent à Pétion sur Phabile

•ation Lafiteau

entre

Port-au-Prince et l'Arcahaie.
cflra3^ée

L'Assemblée générale
forces

se dissipa, et une
,

pour France
Léopard.

le

îi l'approche de ces grande partie s'embarqua 8 août 1790 sur le vaisseau le

Les
qu'ils

royalistes n'étaient qu'au

Mont-Rouis
Il

,

lors-

apprirent cette nouvelle.

leur

parvint aussi

que

Caradcux

,

le

plus

influent

des

membres do
re-

cette assemblée, refui?ant de fuir
l'espoir

ou ne perdant pas
entrepris de

de relever son

parti
il

avait

tourner au CuI-de-Sac dont
dirigé par des senîiers

était habitant, et s'y était

détournés.

Pétion fut chargé
Il

par

la Jurie

de

le

découvrir et de l'arrêter.

se ren-

dit sur

l'habitation Saint

Ard où

l'on avait

prétendu

que Caradeux
recherches
,

Mais après de vaines Pétion revint rendre compte de sa miss'était réfugié.

sion et la colonne retourna au Port-au-Prince. (*)

L'expédition de Saint

Marc terminée
qu'il
,

,

et

le parti

royaliste fier des petits avantages
tenir sur le parti révolutionnaire

venait

d'ob-

oublia bieiitôt tout
lui

ce

qu'il

devait aux Indigènes
si

dont les services

avaient été

yant donc
dissimula

le

en différentes occasions. Se cropouvoir affermi , et dédaignant une
utiles
lui

assistance qui
plus.

sembla
et

désormais

inutile,

il

ne

On commença
,

par insinuer l'urgence

d'une démarcation

on

finit

par exiger que

le

pom-

(*)

C'est

sans doute

de celte expédition à Saint. Marc qu'a
,

voulu parler
dans
ainsi
:

M.

de Fontanges

commissaire du

roi

de France

,

sa

lettre

au feu Président»

du 2 8bre.

1816 commençant

" Le drapeau que vous avez défendu avec courage a Hé " arboré avec enthousiasme sur toutes les terres de l'ancienne obc^"?

j^sancc du roi» {?3int,T>omingue seiiîo

est

en retard" 6i Si,

12

BIOGRAPHIE D'ALEXANDRE PETION.

pon des volontaires se distinguât de celui des blancs par une raie jaune, A cette même époque les volontaires du Port-auBourrie RePrince apprirent que Rigaud Bleck marais Faubert et autres compatriotes du Sud rangés comme eux sous la bannière du gouvernement royal ^ par suite d'humiliations sans nombre de venaient
,

,

,

,

,

,

,

se retirer

RuMacaya
,

dans

les

hauteurs de

la

plaine

des Cayes
décidés

ils

avaient établi

un camp

qu'ils étaient

de défendre opiniâtrement ; mais que sur la des promesses que leur avait faites le colonel foi Mauduit aux attaques duquel ils avaient courageu,

sement
nent

résisté,

ils

s'étaient
faits

rendes

à
et

lui

et inconti-

avaient été

prisonniers

transférés

au

Port-au-Prince.

Alors l'astuce
confiant

et la perfidie

des royalistes se mon-

trèrent à Pétion dans tout leur jour.

encore dans

le

colonel

Cependant trop Mauduit il lui fit
,

part des inquiétudes qu'il éprouvait.

Le

colonel joua

de ruse;

il

prétendit que les représentans du gouverneindigènes,

ment royal étaient bien disposés en faveur des
qu'ils n'étaient retenus

que par

les intrigues des plan-

teurs

.

et qu'une fois cette difficulté

vaincue

,

l'égalité
le

des droits régnerait. Pétion

parut persuadé. Mais

zèle et le dévouement des indigènes

pour

les

pom-

pons blancs diminuaient
sinat

>

et

le

moment de

l'assas-

du colonel Mauduit

était

prochain. Pétion vo-

yait venir avec horreur ce jour où cet officier traîné de sa demeure au comité révolutionnaire allait être immolé à la fureur d'un parti. Il aurait voulu pouvoir le défendre, mais il n'en avait pas le moyen. Cependant la bonté de son cœur le mettant au

dessus de tout ce

qu'il

avait

à redouter de la rage

BiOCKAAHîE D'ALEXANDKE FETIOX.
insensée des petits blancs en révolte
,

IS

il

engagea un
coup
fa-

de ses amis à se rendre
crier grâce
tal
s*il

avec
l'on

lui

au comité pour
se

arrivait

que

portât le

au colonel. En
la

effet les

deux amis

rendirent

galerie du comité et à l'instant où l'on Mauduit ils crièrent de toutes leurs forces grâce! grâcel Les regards se dirigèrent aussitôt de

sous

frappait

,

leur côté, et

ils faillirent

devenir les victimes de

leur

humanité. Pétion
cès
,

fut

désespéré de son
les

manque de
qu'il
le

sucve-

et

ne put concevoir pour
si

bourreaux

nait de voir
le

lâchement audacieux que
des sentiments.
,

dernier et

plus triste

Après
chercha
Bourrie
dition

la

mort de Mauduit

le

parti

triomphant

à séduire les jeunes

indigènes. Entr'autres

libéralités, ils prétendirent avoir relaxé
,

Rigaud, Bleck
depuis la
red-

Remarais

,

Faubert
,

qui

du camp
profita-t-il

Macaya

avaient été détenus dans
fut

les prisons»

Mais Pétion ne

pas dupe de ce leurre.

Aussi

de la première occasion qui se pré-

senta pour exprimer à ses

nombreux amis ce
avait eu lieu

qu^il

éprouvait de la tendance

que prenaient

les choses. Il

leur renouvela l'affaire qui

au

Fond

Parisien entre quelques blancs et la fnmîlle des Des-

mares qu'on avait voulu
Ions
;

sacrifier

à

la

haine des coles

il

leur parla de
le

l'ingratitude dont

pompons
Bleck,,

blancs avaient payé
qu'ils

dévouement des Rigaud,
dans
les

avaient plongés

cachots

,

et

qui

ne durent leur mise en
nérale

liberté qu'à l'effervescence gé-

qu'avait produite le moment de la mort de Mauduit, il leur dévoila la coupable hésitation de Mauduit qui méconnaissant leurs services les avait
traités

avec injustice dès
il

qu'il crut

n'avoir

plus bedirigées

.soin

d'eux;

«'éten:lit

sUr ^cs

poursuite??

i>

BIOGRAPHIE D'ALEXANDRE PETIOX.

contre les malheureux
fin

Ogé

et

Chavannes

et

sur leur

tragique

;

enfin

il

attira leur attention

sur les dif-

ficultés suseitées

par les colons dont le but était d'empêcher Padniission des indigènes à Pégalité des droits
civils et

poUtiques.

Pétiou parvint à obtenir
niraient secrètement.

Après beaucoup de persévérance et d'opiniâtreté, de ses amis qu'ils se réu-

En

efîèt ils se

réunirent le 21 août

Ï791

,

et prirent la noble et

rirre libres ou

courageuse résolution de de viourir.
,

On donna
on s'occupa
frit

d'élire

quelques instants à l'enthousiasme deux chefs dont l'expérience
l'entreprise.

et
of-

quelque succès à
dignes

Le choix tomba
et
ils

d'après l'avis de Pétion sur Beauvais et Lambert. Ils
étaient

de cette

marque de confiance
la liberté

avaient déjà combattu pour

aux Etats-Unis.

Beauvais
Il fut

était

alors

au Mirebalais.
lui

décidé qu'on

enverrait une députation pour
et

lui

apprendre sa nomination
,

le

prier d'accepter,

que l'habitation Diègue au quartier de Bellevue, était choisie pour le lieu du camp des indigènes. Or, le même jour, 21 août 1791 Pétion, Ferdinad Deset
,

landes et Caneaux, désignés pour annoDcer à Beauvais la charge
,

importante à laquelle
le

il

venait d'être

appelé partirent pour avec reconnaissance
Jui était

Mirebalais. Beauvais accepta

et

empressement l'honneur qui
avec
ils

proposé

,

et descendit

les trois députés

jusqu'à la Croix-des-Bouquets où

se séparèrent par-

ce que Beauvais avait besoin d'y rester quelques heures

pour

faire

quelques

préparatifs

nécessaires.
le

Les députes
22 août
r

revinrent au Port-au-Prince

lendemain

apprirent à leur^ amis

l'heureux succès de

EIQGRAPHIË D'ALEX ANDKE PETIOX.

it

leur mission et la nouvelle que Beauvais serait au point

de réunion

le

leildemain 23 août.

Or

ce jour là

ils

so

réiinifent toiîs

de bonne heure,

sortirent de la ville et
^

se rendirent à l'endroit qu'ils avaient choisi
les

malgré

précautions que la municipalité avait prises.
Bientôt
le

camp s'encombra de jeunes

gens, de pèreâ
les

de famille qui, fatigués dès vexations dont on
vait
,

abreu-

avaient résolii de tout tenter pour leur liberté.
et ses autres

Rigaud
la

compagnons qui depuis
les

leur éva-

sion de la prison avaient été obligés de se cacher

a
les

Charbonnière pour éviter
,

agens chargés de

découvrir

ayant appris

la

détermination des indigè-

nes

,

se trouver les
cueillis

no manquèrent pas de se joindre à eux et de premiers au rendez-vous. Ils furent ac-

avec

joie.

On

s'occupa immédiatement de pro-

céder à la nomination des chefs subalternes.
Pétion déclara que, satisfait du grade de capitaine

de canonnier dont
tion n'allait

il

avait reçu la promesse, son ambi-

pas plus loin. Après cet aveu d'un cœur
difficiles
,

généreux, les choix ne furent pas

à se

fixer
,

:.

André Rigaud

fut

nommé
,

tion capitaine d'artillerie

Bleck major PéCoustard, Koubiou, Aubran,
colonel,
,

Moriette, Baptiste Boyer *
J. Ulisse,
,

Doyon aîné, Lafontant^ Larose Tessier^ Cambre et plusieurs autres

capitaines d'infanterie.

Toutes ces satisfactions obtenues on renouvela le serment de vivre libre ou de mourir.
,

Le rassemblement de Diègue
•y

avait jeté l'épouvante

*

Il n'était

point parent du Président actuel,-

î*

BIOCÎRAPHÎE
les

D'ALEXANDRE

PETÏOl^.

parmi

colons et les avait mis en

mouvement

sûr plud'en,

sieurs points des environs
tre eux

du Port-au-Prince,
,

Un

nommé

Lcspinasse

habitant du

Grand-Fond
,

réunit quelques

hommes de

son quartier
et
la

leur repré-

sente le danger qui les
tenir
les droits

menace

nécessité de sou-

coloniaux menacés.

Déjà la petite troupe de Lespinasse s'était augmentée d'un grand nombre de partisans du système
colonial et
elle
fit

se dirigeait en
,

ville
,

,

lorsque

le

31 août

jonction

à Nérette

avec l'armée de Beau-

vais et Lambert.

Le

capitaine

Doyon

aîné avec sa

compagnie a ordre de dissiper cette poignée d'hommes le combat s'engage et Lespinasse fuit avec
;
,

sa bande.

Au

bruit

de

la

mousqueterie Pétion et Roubiou

accoururent au secours de

Doyon
à

;

mais quelqu'emla

pressement
les

qu'ils

missent
lieu
si

franchir la distance qui
,

séparait

du

de

l'engagement

déroute

de Lespinasse

fut

prompte

qu'ils n'arrivèrent

que

pour contempler des vainqueurs et des fuyards.

Les perfides insinuations des colons avaient entraîné à leur suite beaucoup d'hotnmes leurs esclaves ou leurs domestiques. Ces malheureux partageaient sans doute l'horreur généralement éprouvée du joug
,

avilissant qui pesait alors
le

,

mais

ils

se fesaient encore

devoir d'obéir. Cependant les indépendants de Diègue jugèrent bien que l*échec de Nérette amènerait sous leur drapeau ces frères infortunés. Ils ne se

trompèrent pas; car Pétion
rallier le plus

et

Roubiou chargés
la

d'en

possible

,

n'éprouvèrent pas
et

moinles

dre

résistance

de leur part,
la

bientôt

on

vit

prendre
celle

rang sous
tous les

bajinière

devenue désormais

de

hommen

issus de sang africaiî).

BIOGRAPHIE
DE

PAR

L. CÉftîSiER FILS.

(

Deuxième Livkaisok ).

IMPRIMERIE DE

T,

BOUCHËREAU.

, ,

BIOGRAPHIE D'ALEXAJXDRE PETION.

ïY

Mais
lait

les

vivres

manquaient à
n'était

la

charbonnière
li

>

^t la position

de Diègue

plus tenable.

fal-

songer à déguerpir.
ordonnèrent
,

On

fut

à Méiivier d'où les
Trou-Caïnrjan
était plus facile

chefs

de se porter au
parce que de

il

position plus sûre

de diriger les mouvement de la plaine du Cnl-deSac et de se retirer au besoin au Mirebalais où
,
,

l'on avait des

provisions

,

et

l'on
,

pouvait compter
déjà à
,

sur

l'assistance
la

des Indigènes

qui

TEglise
avaient

xéunis sous

présidence

de Pinchinat

proclamé

les

mêmes

principes que

ceux des indé-

pendaus de Diègue.

Dans
le

la

journé© du 2
Métivier et

septembre
la petite
,

camp de
La

on leva 1791 armée se dirigea
,

sur la Croix-des-Bouquets

passant par

l'habitation

Pernier.

tête
,

de

la

colonne était déjà fort avant
apprit
qu'il

de l'habitation
établi

lorsque l'on

s'y

était

une sorte de camp occupé par 4 à 500 coun détachement des régimens
d'Artois et

lons

,

de

Normandie, sous le commandement du capitaine Danchoux et par 200 marins de la station mili,

taire

et

marchande.
l'attaque de ce
,

camp est résolue par l'arrière-garde de l'armée commandée par Aubran , qui n'attend pas même les ordres des généraux. Le
Aussitôt
feu le plus
vif s'engage
,

et le capitaine

Pétion qui

se trouvait à

l'avant-garde rebrousse
le

chemin avec

sa compagnie et vient partager
rivée
il

péril.

A

son ar-

essuie une décharge
,

terrible

et s'adressant

à ses compagnons
il

au sang froid dont leur donne lui-même l'exemple. Mais il n'était pas
il

les rappelle

besoin d'exhorter ces

braves qui

,

malgré leur inex*

Î8.

BIOGRAPHIE D'ALEXANDRE FÉTION-.
des

•j^^rience

combats

savaient cependant

rîpoôtei

avec courage.

Après une attaque aussi vigoureuse que
avait été opiniâtre
'foiicer les lignes
,

la diéfén^e

les

Indigènes parvinrent

^

en-

des colons.

En un
à
la

instant

ils

soht

défaits et les
'^e
tiaiines

\aincus se précipitent dans
&e

pour

dérober

une piède vengeance dés

vainqueurs.

Mais Pétibn ordonne de cerner la pièce de èannes ^%t^y met le feu de ses propres mains pour contrain"âi-e

les fugitifs

à ^abandonner leur retraite.

La

flain-

propage rapidement et les malheureux vientomber sous le fer de ceux que naguères enaent core ils opprimaient. Le capitame Danchoux con* péril , dans la générosité de ;fiant , au milieu du se jette à ses Pétion sort de la pièce de cannes
se
, ,

me

pieds

,

le supplie

de

lui

donner
carnage.
,

la vie

et

,

s'il

est

possible,

de suspendre

le

Pétion

le

rassurait

furieux de la mort d'un lorsque Momain Dupouille se préciàfi ses parens atteint pendant lé combat
,

;pite

sur

Danchoux en
et lui
le bras.
,

criant

,

^'

point de qtiarticf
lui

aux vaincus,"
JËracasse

lance un

coup de feu qui
tel

Pétion indigné d'un

acte d'em-

•^f^ôrtement
^

déclara qu'il s'opposerait désormais

à de

jpàrells

excès et prit immédiatement sous sa|>rôtecet

*'Cion

Danchoux

deux autres
la

officiers

du

nïéïhe

fégiûlëîii.

Leâ colons en envoyant à
'tes

boucherie de Pérr^er

pauvres
la-

^^uo
*
Si^

marins de la ètâtion , avaient déclaré guerre se ferait à outrance et' avaient fiïis
des
r^t?ofté5

ptix

la tête

de Diêgue

( c'ést^âiftsi

^ijU'ils

ûppetôc^ çeux^^ui wmèa^' do^'^ptMJ^é

feg

BIOGRAPHIE D'ALEXANDRE PKTiqNy
lis

J|,.

avaient promis quaire-vingts gourdes
tête qu'ils rapporteraient.
le

^nr

ch^^

que muois de sacs pour
fut

Ces infortunés s'étaient transport de ces têtes. Ce
d4>struction.;

peut-être

la caur^e

de h ur entière
Pétion pour

ear quelqu'effort que
sion du sang
,

fit

arrêter
la

reflii-

ils
;

ne

purent

échapper à

furçut

de

la

l'uniforme

vengeance tous ceux qui étaient revêtus d& e marin et porteurs du sac fatal fureqt
inapitoyablement.
la

massacrés

Les avantages qui résultèrent de

bataille

de

Pernier furent considérables pour la cause des Intoute la digènes. Cette victoire révéla aux colons
puissance du
parti qu'ils

avaient

soulevé

contrq

eux,

et apprit
ils

confiance

aux descendans des africains qtiell,<^ devaient avoir dans leur propre valeur,

tant qu'ils resteraient unis.

Et ce

qui ne fut pas le
,

iBoins

avantageux aux vainqueurs

c'est qu'ils pri*

rent aux ennemis deux pierriers de 3 pouces chacun»

Pétion les

fit

transporter à la Croix-des-Bouquets le

même jour, 2 septembre. Delà Croix* des-Bouquets
man
5

,

Pétion se

rendit avec

sa compagnie et le reste de l'armée

au Trou-Caï-

l'on

ne resta que

trois

car des négociations ayant été

ou quatre jour^ , entamées avec quella Craii:-

^ues colons

du Cul-de-Sac

des-Bouquets et l'on

on revint à y campa un mois.
,

lai

Durant ce temps, Pétion, sans cesse au poste qui avait été confié , exerçait ses compagnons d'armes
la

à
il

manœuvre des deux
monter sur des
afîiits

petites

pièces qu'il avait

fait

de

campagne.
,

Toutefois

n'était

pas sans quelqu'inquiétude
les négociation^^!
si

et la difficulté

de terminer

entamées pour un consimple
,

<;ordat qni lui paraissait

lui

faisait çrain-

20

BIOGRAPHIE D'ALEXANDRE PÉTION.
les siens

dre que
^il

ne fussent trompés
le
,

;

aussi pi-essaiV

les chefs
,

d'attaquer

Port-au-Prince

regardant

cette viile

avec

raison

comme
la

le foyer

du préjusotr-

" Mettez-vous bien dans
,

tête

,

rép<^tnit-il

" vent que les blancs ne traiteront jamais de bon" ne foi avec nous. Il faut frapper tandis qu'ils sont " encore étourdis du coup de Pernier. " La suite a

prouvé combien
SI

il

y aurait eu moins de calamités
avait été
la

f

sa proposition

écoutée.

Lors de
le
fait
'ies

la

rentrée à

Croix-des-Bouquets par

négociations

du

Cul-de-Sac
^

,

Pétion

y

rencontra Mr.

Hanus de Jumécourt
,

ancien capital»

ne

d'artillerie

philantrope et pompon-blanc.
la contre-révolution
,

Ce

plan-

teur partisan de

avait

remar-

que Pétion du tems du colonel Mauduit et s'était plu à lui reconhaître quelque mérite il ne négligea rien pour gagner l'affection du jeune révolutionnaire qui, de son côté, avide de s'instruire dans la théorie de son armé et connaissant à cet égard les cane dédaignait pas pacités de Mr. de Jumécourt la bienveillance dont il était l'objet. Mr. de Jumécourt se fit donc un vrai plaisir de donner rêgulièremeni à Pétion des leçons que celui-ci recevait avec
;

,

,

,

,

,

assiduité et dont
tern^
il

il

snt

si

bien

profiter qu'en

peu de
ouvert

devint

Le
de
si

traité

consommé. de paix pour lequel on avait

un

artilleur

long*

préliminaires fut enfin
II

conclu à l'habila

taton P?miens
ration

contenait en sutstance

déclablan-

de

l'égalité

des droits entre

la

caste

che

et

celle

l'abolition,

des hommes issus de sang africain; de toute distinction injurieuse entre les
l'oubli

deux partis;

du passé

î

l'espérance d'un nielî-

BIOGRAPHIE D'ALEXANDRE PETION,
'teur

âl

avenir

,

enfin

la

rentrée immédiate au Port-au-

Prince de
stipulations

l'anîiée
,

des Indigènes.
b;on

elle

lit

entrée

En vertu de ces au Port-au-Prince le

23 octobre 1791 au
le

nfiiliou
<

peuple.
.

des acclamations de tout

Beauvais

t

tier

général

à

la

maie^on du

Lambert prirent leur quargouvernement et la
au fort èitué derrière

compagnie
cet édifice.

d'artillerie fut placée

Pétion
rité

loin

de part?îger
de
la

îa

confiance et la sécupo8te à
,

générales

ne quittait son

aucune

des

heures du jour ou

que
fait

les

colons

n'étaieiit

donnant pour motif pas de bonne foi dans le
,

nmt

traité qu'ils

venaient de conclure
.piège

et qu'ils n'avaient
qu'ils
,

que tendre un
"

aux Indigènes
à

vou-

laient réduire,

Quant

moi

,

disait-il

je ne

veux

pas être pris au dépourvu, "
Il

voyait bien; car sur ces entrefaites
ville
,

maire de la
qu'aux

Lérimbourt, du Port-au-Prince Caradeux , capi,

taine général, et autres principaux colons

,

ne rêvant
quels'arrêtè-

moyens de reprendre
affaiblie

leur

supériorité
,

que
er»tre

peu

par

le

traité

de paix

reot à la
les

misérable résolution de semer la discorde

Indigènes qui avaient pris les armes et
la

ceux qui restaient encore dans

dépendance.
avaient,

Deux
(l)

cent dix-neuf esclaves

(1)

après

Noms
lettre

embarqués bur

La

M

des nègres et mulâtres esclaves sous la dénomination de suzssr5> le navire V Emmanuel de Nantes , capitaine Colmïn. signifie Mulâtre.
,

Noms
des esclaves.

Nations

PaopuiETAIRES

Noirs
deî €.^clave%

Natioîîs

ProphieTAIKES

Etienne
Pierre

Jean
Isidor

Créole ^ Mondongue l Mp. veuve Créolo f Beauchamp
,

Azor La Kamèe
Diacoa
'JoBcph

Congo
Cap-ia!o

Brémond
Me. Bertrand
^

Créole

Nago

J

ïdim

S ^*^^*

<^Iarcl

^

BIOGRAPHIE D?ALEXANDRE PETIOX.,

dans l'armée des Indigèfies régénérés , et étaient connus sous la déno*mination de suisses , par allusion à ce peuple du
}a déroute de Pernier
pris parti

Nom»
dès eselavfs.

PropbieNatio?»s.
TAiRES.

i

Noms
des esclaves.

!

Nations.

FroprieTATRES.

Jean-Bte»

Congo
Créole

a'ame Cézard
Jn.-Paul M. Lafleur Coiar

Burguè Bourdon
BoBsonnière
Berthier

Congo
Créole

Joseph M. Eoic J.- Louis M.

Créole

-)

Bambara
Créole

>
"V
I

Madame Chambon

Congo
Idem
Créote
^

Jn Thomas Beauvais Léger Bois-Martin Joseph M.
Lo«ia

Idem

Congo
Cîéole
î

Barthélémy Joseph
Philippot
Jn. -Pierre
J.

Idem Idem Idem
Créole

Caradeux
^
•^

!

aine

'

1

J
Madame
>
"

1

Jdues.

M.

:

Noci
Ja<]oes
jVîartin

Idem
Ideni

Cotte

i

Idem
Créole.

i

Jn. Louis

;

Cadet M. Idem Sans nom M. Idem
Neurcifise

î

'

Idem Constant M. Idem Baltazaar G»ngD Gabriel Banguia JLs, Taeoïiî Tacoux
Fidel Sansquartier
ïbo

i

>^

Coibie);

IJem Jérôme M. Idem Idem Valeri Idem Pierre Idem Constantin Idem Morier M. Idem Mathieo Idem Paul Idem Alexandre. Idem Siprien Idem Nicolas Jn. Philippe Idem Créole Pascou M. Créde François M. Idem Alerte
Sanschagrin Boucassin

1

>^

C

Traitié d« Vaucressou

1

ThtimasDh
"^

Congo.

j

i

Nago
Créole

Arnda
Créole

'

René M.
Phiiippe
Jn.

j

Thomas

Idem ïdém

<
(

>

CotiEtïird

!

Bernard Jean Denis
Pre.-Paul

1

Antoine Pénis M. Jn. Loois Joseph
Jn. Philippe

Portugais Créole "1
'

Carré
1

Léon André
.'Neptune
!

Idem Idem
.

Cavadetjx
la

Jannot
Morîse M. Ciprien M.

Idem Idem Idem Idem idem Arada Congo
Créole

>-

Volant

te tort

Idenic

^
'^

François

Théodat
Ignace M. Jn. Louis

Idem Congo
Créole

Cayê

Siméon Mentor
Théodore,

Idem Idem
Ibo
Créole:

îdem
'Idem

^
Madame
'"Chateaubloniî

Azor M. Piewe Jn. Lo^is
JBaptiste

Pierre

îdem Idem Idem
Tdtem

Jérôme Paul M.

Idem Idem
Créole (^ongo

J
"1

J
TcHjsalin
r

Jn. Charles

Jean

AndEé
HipoirseM.

Idem Idem
Créole
\

T^ Jkjl n P ivLClClCllilC

m

Joseph ^ Aousa Azor Jn. François Moudopgue
1

Viârd

^

Ohatabon
ont échappé

Zéphir

Aousa

-^

El

TÎ'àatrcs îîoîns qui

à

toutes ïes rechexcké^.

BTOGRAPHIE D'ALÈXANDRî: PETION
àiêine

-^S

nom

qui

secoua

le

joug des
le

dont l'Europe a jusqu'ici respecté
liberté.

Allemands courage et

et
te.

Aussitôt les colons .^îsissent avidement cette cir-

ne aéra j^» mais parfaite tant que figureront dans les rangs des
,

eoastànce

déclarant que
des
,

la tranquillité

'^Indigènes régénérés
torité

,

esclaves éciiappés à l'au-

de leurs maîtres

et faisant valoir l'indispensa-

ble nécessité de déporter

ces

malheureux
dont la

dont

la

présence dans
tais
effet.

l'île

ne pouvait être que d'un mauperfidie
était

Cette proposition

cachée sous l'apparence de rintérêt général fiit acceptée et mise en délibératioii par tes chefs des Indigènes. Dès la première réunioa

Pétion se souleva

contre la motioa

et

combattit
la

avec
Il

chaleur

ceux

qui penchaient pour
si

déportation.

déclara que
lui et

l'astuce €t îa perfidie devaient

l'emporter,

sa

frères qui

compagnie s'opposeraient à l'éloignemetit de ces étaient venus dans leurs rangs chercher

la liberté et

comme

eux réclamer des droits sacrés.

'Les colons qui faisaient partie

de l'assemblée ne
car

ffnaoquèrent pas d'insinuer que Pétion était
exalté qu'il ne
fallait

pas écouter

,

il

un jmme était peu
de tout
Latû-

susceptible

^e

la

sagesse propre aux
et parvinrent

délibérations.

Ils tirèrent

des inductions
,

malveillantes

ce

qu'il

avait dit

par de capitieux arBeauvais et

gumens à
bert
,

obtenir des généraux

la déportation

des Suisses, Beauvais et

Lamdonirier

bert
qu'ils

ri'y

consentiretit toutefois

que
;

pour
pour

prouver

souhaitaient la tranquillité

et

"quelque légalité à cette résoltition

ils >4a^

firent voter

^ar

assis et

levé.

Dès que Pétion

apprit leur coupéible aihéBioo:%'èt

24

BIOGRAPHIE D'ALEXANDRE PETION',
il

projet infanie,

courut au gouverReuient.
et

,

itré-»-

procha vivement à Beau vais
eu
la

à

î

faib'es^e de

conseuiir
qu'il??

à TeApulsion

ambert d'avoir de leurs

frères; leur assura

avaient été abusés et qu'ils

n'auraient

pas
;

la

paix qu'ils croyaient avoir obtenue
tt'-

ù ce prix
fronts

qne

Cf

décision
,

imprimait sur
leur

leurs

que

s'il
,

une tâche a le bonheur

ineffiçable

et

déclara enfin

d'être

secondé par ses camalieu.

rades

l'embarque mer^t n'aura point
,

Les colons
xeux dessein
,

redoutant
pres.-^èreiii

la

réalisation

de ce géné-

Texécution immédiate de la

mesure

inique qu'ils avait vt
fît

eux-mêmes proposée,
,

et quelqu'effort que

Pétion

quelque

moyen

qu'il

mît en jeu

,

il

ne put déterminer que quelques uns
le

de sa compagnie à

seconder, tant les colons avaient

terrorisé les Indigènes.

On

réunit quelqu'àrgent qu'on

donna aux Suisses
messes
missaires

,

on leur prodigna de belles pro-

et ces inforts.nés
,

quittèrent la

accompagnés de quatre compatrie le 2 novembre 1791:

de

Tandisque ces victimes de la perfidie coloniale et la coupable faiblesse de Beauvais et de Lambert
,

voguaient vers des cUmats lointains
détourner
l'esprit public

les

colons

,

pour
^

de cet important événement
n'oubliait

se surpassaient les uns les autres en réjouissance de
toutes sortes

auxquelles on

pas de tou-

jours convier Pétion.
invitations
qu'il était
il

Mais

il

répondait à toutes les

en deuil

des

malheureux dé-

portés, car
la
vérité

avait la conviction
dessiller les

qu'avant longtems

viendrait

yeux de ceux qui

étaient les

dupes de ces réjouissaaces.

En
joa^il

ePet ses pressentimcns ne tardèrent pas à se
:

réaliser

un affreux

réveil vint

interrompre

le

sohk

trompeur ou étaient plongés les Indigènes^

BIOGRAPHIE D'ALEXAISURE PETION.
-

2i

Le 20

noi^embre 1791 les coions

réunis
sorte

en co-

mité délibéraient secrètement.
régnait dans
avait pîoiniis
flatté la
la

Une

de stupeur
on avait
^

vi'îe

et

les

Indigènes fiuxqueÎB on
et d^ont

une paix tranquille
le

crédulité
,

par rénivremeîît ^es plaiëirs

se

trouvaient

dès

matin du ^1
,

,

répandus chez leurs
rues
,

amis

,

leurs parents

dans

les

incertains et
,

agiles d'une foule de sencimens divers

tandisque la

garde nationale blanche et la troupe de ligne étaient en armes dans leurs casernes respectives. Vers midi, les Indigènes s'apercevant de quelques mouv raents
qui leor parurent hostiles
,

se rallièrent

;

à deux heu,

res

un de leurs tambours

nommé Scarpin
et,

passa

devant un corps de garde des colons
furent adressées.
fût saisi et

un peu en
lui

goguette, répondit par des ridicnl ?s aux injures qui
Il

n'en fallut pas d^avantage pour qu'il

et

immédiatement pendu au mât d'un;reverbère. La nouvelle de cet événement se répand bien vite excite quelque rumeur ; mais le comité qui ce jour
encore réuni et qui voulait cèotiouer son sys,

là était

tème de dissimulation fait dire seulement aux généraux Beau vais et Lambert qu'il fallait déplorer celte demanda-t-on ju-.tice de cet circonstance. En v-îi i
,

assassinat;
giversations

a.lors

le

pitaine

Valmé
aux
au

furieux des ter-

que
,

Ton

opposait

réclamations
instant
se
,

des

Indigènes

apercevant

même

un
diri-

officier

de

la

garde nationale blanche
il

qui

geait vers le groupe dont

faisait partie
,

lui

crie

de rebrousser chemin
fusil
,

;

sur «on refus

Valmé

saisit

un

l'ajusta

et

re l'atteignit qu'au bras.
e <Je
représailles se

propagea rapidement et parvi??, n Pétion. Réunissant aussitôt f?a compagnie qui se trouvait avec lui au poste der-"
cet a

Le

bruit de

,

S4

BTrOGRrVPHIE

D'ALEXANDRE
:

PETÏO.N.
,

gouvernement " Mes amis dit-il prépa» rez-vous. " Immédiatement la gi^nérale bat sur difiiévents points de la ville. Sans perdre de temps, Pétîon court prendre les ordres de ses généraux auxquels on annonce au même mon)ent que les blancs sont en marche contre le gouvernement. Commis à la défense de cet édifice il place la majeure parde fusils sur les ailes tie de sa compagnie armée le mur de clôture seit de remdroite et gauche part. Lui-même avec sa pièce de canon qu'il avait surnommée la Gourmande^ se met au milieu de la barrière. La colonne ennemie ayant en tête deux pièces
rière le
,

,

;

d'artillerie

,

débouche par

la

rue

du Rouille sur

la

place

,

aujourd'hui Place Pétioru Déjà la Barrière est

saluée par plusieurs coups de canon à boulets et mitraille.

"Allons, mes amis, dit Pétion, fournissez à mande. " Le combat devient opiniâtre des
,

la

Gouren-

files

tières sont

renversées
la
,

,

six pièces

de canon arrivent

successivement sur

place. Pétion soutient l'attaque
la

avec sa seule pièce

pointant toujours lui-même.

Un

canonnier de Pétion

nommé Pons
il

,

mérite

ici

mie mention
pièce

particulière, car
Il

fit

un acte

d'intrépidité

remarquable.
,

manquait d'eau pour rafraîchir la Po}îs prend aussitôt un seau , va tranquillela fontaine qui se

ment à
était

trouve sur

la

place et qui
,

exposée au feu meurtrier des
le

combattants

le

remplit et

rapporte au poste.

Tandis qu€ l'action s'engageait aussi chaudement les troupes de ligne tout en voulant paraître garder
la

neutralité

,

se

montraient

cependant armées au,

dessus de la muraille de leur caserne

placée au nord

de

la

maison du gouvernement,

et inquiétaient les Ift-

BIOGRAPHIE D^\LEXANDfm PÉTION.
digènes
cette

27,v

qui

craignaient

d'être

pris

en flanc
pièce
quitter
et

par
vive^
leur

manœuvre.
eiles

Pétion
et

tourne

sa

ment contre
position.

les oblige

à

Elles

sortent

de

leur

caserne

gros-

nombre des agresseurs. L'intrépide artilleur fait traîner sa pièce hors de la barrière prend position en face delà masse ennemie qui s'avance^ et là, recommence un feu si terriblement nourri qu'il
sissent
le
,

la contraint
traille
lui

de ralentir sa marche. Boulets
,

et

mi,

manquent
de poudre

il

emploie
,

pierres

,

cailloux

tout

ce
plus

qu'il

peut rencontrer
,

et enfin

n'ayant mêla

mort ; alors le général Beauvais sort du gouvernement et vient l'arracher au combat " Mon cher Pétion lui
il

me

semble

chercher

,

"
^*
'^

dît-il

ne regrettons pas notre journée, vous avez assez fait nous n'avons plus 'de munitions pour
,
;

nous défendre

,

réservons-non^ pour meilleure oéfit

" casion. " Pétion

aussitôt

amener
,

les avant-trains

,

ce qui était le signal de la retraite
traîner la pièce plus loin,
il

mais ne pouvan,t
la

l'abandonna dans
la

sa"

vanne derrière le gouvernement. Après cet échec on se retira sur
,

Crôix-des-

Bouquets.
à
l'abri

On

s'occupa aussitôt à

mettre ce bourg
suite de ce qui

d'un coup de
,

main

,

car par

venait d'avoir lieu

la

guerre se
Il

trouvait rallumée
juste toutefois de

avec

inie

nouvelle

fureur.

est

reconnaître

qu'un

bon

nombre

d'européens et

de

créoles blancs suivirent les Indigènes dans
traite
,

leur re-

qu'ils

se montrèrent
qu'ils restèrent

entièrement dégagés de
fidèles

préjugés et
l'habitation

au concordat de

Damiens.
fallait

On

ne tarda pas à tenir conseil pour décider quelle
il

conduite

désormais

tenir.

Les chefs

dirent

BIOGEAPHiE D^ALEX ANDRE PETÎÔN.
le parti

mie

le

plus sage

était

d'attendre

l'arrivée
la

jdes coïiimissaires.

Pétion toujc^urs
,

convaincu de

que ces commisque saires ne cliangeraient rien au régime colonial

mauvaise

foi

des blancs

objectait

,

les préjugés

j

l'esclavage

et toutes

les

horreurs qui

en sont
soler
le

les résultats

inévitables

continueraient à déoffraient

pays

,,

qu'^en^rr les

armes seules

une voie de
daient
fut

salut.

Après quelques débats qui tenpropositions, force lui

à ne pas adopter ses

de céder à Tavis du plus grand nombre qui était eelui d'attendre l'arrivée des commissaires.

Rigaud revenu du Sud après l'affairer du 21 avait pris position à Marquissant où il escolonel
,

Le

sayait de rallier les Indigènes afin de bloquer la viite

de ce

approuva ee plan et demanda souvainement l'autorisation d'aller avec sa comvent et pagnie assister le colonel Rigaud. Pour lui retirer le désir de renouveler ses instances on le priva de la
côté. Pétion
,

moitié de ses artilleurs qu'on envoya au

Mirebalais.
craignait
la
liberté.

Lui
de

,

refusa de

les

accompagner

parcequ'il

perdre l'occasion de coîr«battre

pour

Le
sous

9 décembre une embarcation construite pour
le

]^ettoyer le port fut transformée en batterie flottante

commandement
le

de

l'Italien

praloto\

et

envoyée pour inquiéter

poste

A
de

peine
la

le

canon se
fois^
il

fait-il

Croix-des-^Bouquets

du colonel Rigaud, entendre que le séjour devient insupportable à
pour obtenir
qu'on

Pétion.

Cette

insista tellement

îa permission

é'aller
lui

à Marquissant

ne crut

pas devoir

la

refuser. Il se mit

avec
le

les

débris de

donc en marche sa compagnie ; mais lorsqu'ils
;

arrivèrent ,tout était terminé
ft

Praloto s'était retiré
avait été transporté

9

camp de Marquissant

à.

BIOGRAPHIE D^ALEXANDKE
fîizoton.

PÉTIOÎST.

^

C'est
le

son entrée
cordialité

dans ce dernier lieu que Pétion û% 10 décembre, accueilli par la joie et la

du colonel Rigaud, que partagèrent unani^ mement tous les compagnons d'armes présents. Le 16 décembre dès le point du jour , on aperçut embossés devant Bizoton Je vaisseau de ligne le
,
,

Borée
ttne

et la

frégate la Galatée qui se préparaient

à
se

attaque contre ce poste.

En

effet

vers
,

sept

heures

une

canonnade
la

furieuse

commença

prolongea toute
dix-huit

journée et fournit à Pétion

une

nouvelle occasion de se

signaler avec une pièce de

dont
froid

le

service lui avait été confié. Possédant
l'action qui
le

ce sang
*

dans

rendait

toujours
périls

maîtr^^ de lui et
il

indifférent
disait-il,
les

aux

plus

grands

ne faut pas,
était si

perdre un seul

boulet "o

Effectivement tous

coups de sa pièce portaient.

aux Indigènes de se procurer de fortes provisions de poudre qu'ils vinrent encore ^ en manquer. Et comme il fut impossible de continuer le lendemain le feu de l'artillerie, les deux bâtimens ne purent être chassés de leur position qu'ils gardèrent. Les services de Pétioa-devenant désormais inutiles à Bizolon, il se retira avec ses canonniers sur 'habitation Volant le Tort à une courte distance du premier lieuTelle était son aversion pour le pillage ou la maraude que quoique réduits lui et les siens à ne vivre que de fruits sauvages on n'eut pas à leuy reprocher d'avoir disposé de ce qui ne leur appartenail pas. Et tel était encore son éloignement pour tout ce qui portait le nom de Colon qu'il ne voulut p^ user des facilités que lui offrait monsieur de Volant.
il

Mais

difficile

l

,

,

,

Dans

les

premiers jours de janvier 1792,
le

Pétioa

«e porta sur

morne Chabert. gitué à la tête de

30

BIOGRAPHIE D'ALEXANDRE
Il

PÊTIOIN',

la colline de la Rivière-froide.

fortifia

sa position

calibre.

en y plaçant 4 pièces d'artillerie dont une de gros En prenant cette hauteur Pétion songeait
,
,

à couvrir Volant et Bizoton et à pouvoir s'opposer, aussitôt qne besoin, aux atta<:|ues qu'on pourrait tenter et qu'on pour débloquer la partie sud de la viile
-

aurait dirigées du Fort-au-Prince par la colline à% la Rivière-froide de Jacmel par le Fond-Ferrier et
,

de Léogane par

la Grande-rivière.

Cette prévoyance

on était parvenu à enlever la Croix-des-Bouquets aux Indigènes qui furent obligés de se retirer an Mirebalais. Sur ces entrefaites les commissaires civils français si
était bonne, car déjà

impatiemment
îSaint'Légeret
apaiser
tis. Ils

attendlls^^rrivèrent enfin. C'étaient

Mrs.

xMirbeck envoyés dans notre Ile pour
le

la

discorde et opérer

rapprochement des par-

étaient dignes à tous égards de cette noble tâche

dans laquelle ils auraient sûrement réussi, s'ils n'avaient eu à surmonter la superbe et i'inimitié des colons. Tandis que l'événement de l'arrivée des commissaires fermentation dans les occasionnait une nouvelle
esprits, Pétion continua à garder sa position de Chabert à l'embranchement des trois chemins. Dans malade , il ùu dénuement complet de toute chose
,

ne voulut
"

point

chercher

des

ressources

dans

les

habitations voisines encore bien pourvues de nourriture.

Mieux vaut mourir de faim

,

disait-il

,

que de tou-

cher à rien de ce qui appartient à ces infâmes Calons." Ses conîpagnons partageaient ces sentimens , tant.,

h

cette époque,

il

y avait parmi

les

Indigènes une

heureuse fusion de vues

et d'intérêts.

Le 12 mars de bonne heure,
der
le

Pétion entend gronIl

canon du côté de Léogane.

soupçonne que

,

BIOGRAPHIE D'ALEXANDRE PÉ'riON.
«cette

tl

ville est

attaquée

par

le

parti

Le

commissaire
,

St.-Léger s'y était

du Trou-Coffy. rendu depuis
avait
lui four-

quelques jours

sur la frégate la Galatée, et
lefiis

demandé
nir des

,

sur le

de

la

municipalité de
,

troupes

pour ]m servir de garde

une com-

pagnie composée d'indigèrrçs.

Le

capitaine Baptiste
,

Hoyer
à
la

fut

tête d'un«

envoyé du Mirebalais â Léogane pour compagnie satisfaire au vœu du
,

commissaire.
Pétion en entendant
le

canon
étant

,

n'hésite pas à pro-

poser à ses artilleurs de voler gane,

à la

défense de Léo-

Sa
,
,

proposition
lils

acceptée

avec

en-

thousiasme
quatorze quelques

Chabert au nombre de traînant après eux une pièce de quatre
partent de
attirail
,

avec tout son
fruits
,

et

sans autres provisions que

du pays.
,

Vers midi ils rencontrèrent à la Grande saline Dupuche et Mathieu Mauclaire qui venaient de Léogane et qui les confirmèrent dans l'opinion que ia
ville

était

effectivement

attaquée. I^s
,

continuèrent.
xirrivèrent
ils

Après quelques heures de marche
a barrière de l'habitation

ils

à

Lasalle

trouvèrent

m

rassemblement considérable d'hommes munis de
faire halte

toutes sortes d'armes, mais sans artillerie. Pétion or-

donne de
taire.

,

prépare sa pièce en batterie

s'avance de quelques pas et

demande un parlemendu
Trou-CofTy
voisines

Ce rassemblement de
était

plusieurs centaines d'hom-

mes
pour

,

composé des

partisans

qui arrivaient

des hauteurs
passage

et habitations

fortifier l'attaque

de Léogane.
;

Pétion

demande
;

le

on hésite

,

et

on sempris

ble le lui refuser
les

il

leur dit alors
la liberté
;

qu'il avait qu'il

armes pour défendre

ne saurait

38

BIOGRAPHIE D'ALEXANDRE PÉTIÙN.
s'ils
;

Jeur faire ia guerre
les

pouvaient

s'entendre
,

dans
pillage

mêmes

réclamations

que l'assassinat

le

et

l'incendie
;

ne pouvaient que souiller

la

bonté de

leur cause

que

lui

et

les siens

allaient à

Léogane
et qu'enfraie-

chercher
fin,

le

drapeau

qu'ils
le

avaient

arboré
,

,

si

on leur disputait

passage
parlant

ils

se le

raient à l'instant à coups

de canon.
ainsi

Le chef de 14 hommes
sèrent
le

à

plusieurs
ils lais-

centaines, étonna tellement que non seulement

passage

core

ils

arîceptèrent
faire le

et sans

immédiatement , mais eft-' de rester en place sans bouger moindre mouvement , jusqu'à ce que
libre

Pétion les perdît de vue.
exécuté.

Ce

qui

fut

ponctuellement

Pétion défila

devant

eux avec

son petit

canon la mèche nombre d'hommes allumée. Ils arrivèrent ainsi à la savanne de Léogane entre 7 et 8 heures du soir. Les postes entendant le bruit que produisait la pièce de canon ,
et sa pièce de

crurent que les
ville.

ennemis étaient
,

aux portes de

la

Sans délai

ils firent

feu à toute volée, et mal-

la petite armée qui heureusement ne fut point atteinte. II fallut essuyer cette canonnade qui dura près d'une heure et demie avant que l'on pût parvenir à se faire reconnaître. Cependant le danger allait croissant alors Pétion au milieu des boulets et de la mitraille qui croisaient en tous sens, se sépare de sa compagnis à laquelle il ordonne de ne pas riposter et va se présenter aux postes. Il est de suite reconnu et la joie de ne l'avoir pas atteint comme le regret d'avoir menacé des

gré l'obscurité, sur

,

,

,

,

jours aussi chers accueillirent son arrivée et témoignè-

rent des droits qu'il avait à l'estime et à la confiance de

tous.Sa compagnie

le rejoignit bientôt,

il

était

10 heures.

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful