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´ ´ elegies et sonnets
Mihai Eminescu

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archives ´quivalences e po`mes e 2003

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original edition: ´e Mihai Eminescu El´gies et sonnets (s´l´ction et version fran¸aise par Em. Marcu), ee c c 1994 junimea (Ia¸i, Romania) [19972 ] s present edition [revised]: c 1994–2003 Em. Marcu (Boto¸ani, Romania) [french text] s c 2001–2003 Adrian Rezus (Nijmegen, The Netherlands) [edition] ¸ A ´ c 2003 equivalences / po`mes [pdfL TEX – hyperscreen] e This electronic edition is a non-profit publication ´ ` ˆ ` produced by pdfTEX14.h [ c 2001 Han The Thanh] & A created by L TEX 2ε with hyperref & hyperscreen
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typeset by romanianTEX c 1994–2001 Adrian Rezus ¸ printed in the netherlands – July 10, 2001 revised reprint – March 27, 2003

ƒ± ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Le traducteur remercie ses amis, Guylaine Juerys, Anne Marie Rochaix, Didier Corbel, d’avoir contribu´, par leurs conseils attentifs, e a ` cette tentative de dialogue entre deux langues, cultures et sensibilit´s po´tiques. e e E. M.

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en passant. dans ton auguste mausol´e. e Une chouette grise sur l’une d’elle s’assoit. sous gaze argent´e. a e e " 5 . d’une ˆme qui se fˆle. les piliers de mˆme. – Au firmament. a e L’´glise ruin´e e e Est l`. l`-haut. o e Toi. d´serte. O. Le haut clocher cr´pite. morte. pieuse et triste. ˆ dors. l’airain du bout des ailes – Un triste son en sort. e Tombeau d’azur. si beaux! e La terre est riche en vastes espaces.ƒ± ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë M´lancolie e C’´tait comme si les nues avaient ouvert une porte e Pour que la reine blanche des nuits y passe. si doux. a e ˆ dors en paix. et l’argent D’un voile de frimas vˆtit villages et champs. e e Et si fendant les airs le beau d´mon tout blˆme e e Effleure. e Le cimeti`re seul y veille avec ses croix. e Et comme enduits de chaux scintillent dans les airs Murailles et ruines jonchant le champ d´sert. ador´ monarque des nuits. surann´e. veill´e de mille flambeaux.

.... Et il me semble. e ... e e e Que c’est la vie d’autrui.. La foi revˆt de saints les murs des basiliques – e Aussi m’emplit-elle l’ˆme de contes f´eriques....... Ne restent que les ombres des anciennes images.... Le prˆtre – un grillon – d´vide un songe obscur..ƒ± ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Par les fenˆtres vides. a e Mais.... et ses orages....... dans le cercueil... les voˆtes sombres.......... e ea " 6 . il semble que le vent. ee ` e Qui donc me la raconte par cœur? A l’´couter.... que je n’ai pas ´t´.. Je ris de mes douleurs..... lorsque je pense ` ma vie.. vagues de la vie passant.... Et sur l’iconostase...... e Jetant des charmes... u ` A peine reste-t-il des galbes et des ombres. a C’est comme si j’´tais mort depuis longtemps d´j`... qui ne sont plus ` moi......... Dans mon cerveau ce monde en vain le chercherais-je Car une cigale rauque y fait des sortil`ges: e En vain ma main se pose contre mon cœur d´sert – e Il ronge comme ronge... un ver... siffle de mots que l’on entend. e e Une vrillette-chantre r´pond dessous le mur.. les murs... a Qu’une bouche ´trang`re m’en conte le r´cit.......

cette infortune. e u Nos pauvres vies s’unissent en un baiser ardent. Dans l’ˆme qui s’oublie les souvenirs refluent a Ressuscitant la moindre des pages r´volues. tu serais morte. aux fines mains de glace.. a e Se taise. repasse devant mes yeux.. Et ` mon cou pendue... e Aux grands yeux en pleurs. que j’oublie ma chance ´ph´m`re – e e e L’instant o` tu m’aimas. Je suis si loin de toi et seul aupr`s du feu.. u e Je serais vieux et seul.. que toi. morte et enterr´e! e " 7 . ˆ O! qu’` jamais la voix des souvenirs. tu cherches ` me dire a a Des mots myst´rieux..ƒ± ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Je suis si loin de toi. e Frappant dans les fenˆtres le vent se fait entendre e Et je retords le fils de nos histoires tendres. am`re. toi. tu pousses des soupirs... Envelopp´e de brumes je crois te voir qui passes. d’envoˆtements. Et il me semble que sur mes ´paules je porte e Un faix de cent hivers... e J’embrasse mon tr´sor d’amour. pour apr`s me quitter. e Ma vie....

Les gouttes lourdes frappent les fenˆtres: e Toi tu relis tes anciennes lettres. e e Ainsi a mes pens´es m’abandonnai-je. ` e Rˆvant aux f´es d’un conte tout vieux. Et des mains de neige. Aupr`s du feu aux rˆves se soumettre. Et en une heure tu revois une vie. s’il bruine dans la nuit.ƒ± Sonnet I ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë L’automne dehors.. " 8 . couvrent mes yeux. e Et tu voudrais que tout le monde t’oublie. e Mais tout ` coup. c’est le frou-frou soyeux a D’une robe.. e e Les brumes montent comme un sortil`ge. Graciles et froides. l’orage et la pluie.. Ce sont de doux riens qui s’enchevˆtrent. Il vaut mieux..

Reviens! Tu es la seule qui m’inspires De tendres mots. a Comme les ´toiles qui naissent en silence. e Tu ris comme un enfant et je me pˆme. et mes yeux s’enflamment.ƒ± Sonnet II ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Les ans pass`rent depuis le jour de grˆce e a Qu’on s’est connu. peut apaiser mon ˆme. e e Ta seule vue. De nos amours me hantent encore les souvenirs. Tu ne sais mˆme pas que ta pr´sence. Merveille aux yeux profonds et mains de glace. que ton regard m’embrasse Et que ma vie en soit illumin´e. et d’autres vont courir. et passe e Aux sons des harmonies nouvelles de ma lyre. e e Mon cœur d´borde.. a Ma vie dolente voit son ´ch´ance. e " 9 ..

serre-moi. plus pr`s. Fais-moi fr´mir lorsque tes cils effleurent e Mes paupi`res. toi. mon ange e Perdu ` tout jamais. avoue-moi ton amour. J’entends le chant d’une ferveur si tendre. ador´ toujours! a e " 10 . e e Souris et penche-toi sur mon visage. vas-tu m’entendre? Vas-tu te rompre de ton froid nuage? Tes yeux porteurs de paix. e a Renais – comme dans un rˆve... de tes cendres! e Descends tout doux. En soupirant... Alors moi je t’appelle.ƒ± Sonnet III ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Quand de l’esprit se taisent les rouages. plus pr`s encore. sauront-ils rendre Sereine et calme cette nuit d’orage? ´ Emerge du brouillard ´pais des ˆges.

.. Se perd avec les autres vers le soleil couchant......ƒ± Si quelquefois........ ma mie.... car il se meurt.. e e e Tandis que tu te perds dans l’´ternelle aurore....... Il la suit des yeux.... a Un oc´an de glace surgit devant mes yeux: e Au firmament brumeux.. plus seul encore..... e " 11 ... ni joie.... a a Et au-dessus des vagues qui poussent des banquises C’est un oiseau qui traˆ ses lourdes ailes grises ıne Alors que sa compagne....... ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Si quelquefois.. e .. Mais sans regret aucun.... aux jours du temps jadis.... que voile la douleur. plus loin... je m’ent´n`bre.... e Seule la lune pˆle ` l’horizon se dresse.. en rˆve.......... la route poursuivant....... ma mie.. je pense ` nous deux... De plus en plus les ans pass´s nous d´sunissent: e e Glac´. Se retrouvant.. pas une ´toile qui naisse....

e Elles sonneront toujours. m`re. nous dormirons sans cesse. a e Qu’on ne nous m`ne pas en triste n´cropole. e e Qu’on creuse notre tombe au bord d’une rivi`re. e Et si nos ˆmes sœurs le mˆme jour s’envolent. d´j` ea Le vent d’automne emporte les feuilles d’acacia. e e Mon flanc y sentira de ton flanc la caresse. ne verse pas de pleurs ` A mon chevet mais romps. e ˆ e o O m`re. a Dessus la crypte noire du saint tombeau.. L’eau pleurera toujours. tu dormiras sans cesse.. e Elle grandira toujours.. Une branche et plante-l` juste o` mon front repose: a u Que cette seule branche tes beaux yeux l’arrosent.. du saint tilleul en fleur.ƒ± ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë ˆ O.. des brumes ´ternelles e e Par le frisson des feuilles ` ton sein tu m’appelle. ˆ douce m`re. ma mie. " 12 . je dormirai sans trˆve.. Son ombre sur ma tombe je la verrai en rˆve... e Et qu’on nous mette ensemble dedans la mˆme bi`re. Le son des branches s`ches avec ta vois se tresse. Quand je mourrai.

ƒ± Dans ton jardin. Les arbres remuent sous la brise l´g`re. e ea Tu l’as jet´e sur tes ´paules frˆles e e e Et. a e Tes fines mains ont fatigu´ d´j`. e La vague d’or des nattes. je te vois: e Toi. ` la d´faire. en rˆvant. e Mes yeux demeurent dans le noir. e Te l`ves doucement et souffles la chandelle. tu regardes.... La nuit est claire. Des branches fleuries me prennent comme des bras. e e Et moi. l`-haut – a ´ Etoiles scintillant dans le branchage.. Les Arbres tendent leurs branches sur moi. tu ouvres ton corsage.. les yeux dans la lumi`re... La lune triste frappe les carreaux.. ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Je suis dans ton jardin. par la fenˆtre. " 13 .

a e Mes l`vres et mes yeux de fi`vre tortur´s e e e Les vois-tu donc. u De l’ˆme qui me sait et me d´sire.ƒ± T’aimer secr`tement.... ˆte ma peine. o " 14 . e Pour ˆtre ` ton goˆt. e Je n’en peux plus. car j’ai cru lire e a u En tes regards un ´ternel empire e Des rˆves voluptueux et assassins. e Ma douce enfant aux longs cheveux dor´s? e Tu rafraˆ ıchis mon front de ton haleine. ma flamme fond la cire Du vain cachet qui c`le mon dessein.. e Aussi veux-je brˆler aux flammes de ton sein. e ˆ O viens contre mon cœur. pour m’en gu´rir. Et ton sourire enivre ma pens´e. e ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë T’aimer secr`tement fut mon larcin. ma reine.

a Le temps m’ensevelit. La douce voix d’un autre ˆge se tait. saisies ` peine – e a En vain tes ombres ` pr´sent me prennent. l´gendes. a e Tout est perdu. Pour ne plus revenir.. heure du myst`re. au loin. a e ˆ O doux couchant. e Pour m’arracher ` mon sommeil fun`bre. e Contes de f´es. e e Riches de sens cach´s.. cantil`nes e e e Qui d´ridaient mon jeune front nagu`re. je m’ent´n`bre! e e " 15 . e ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Comme des nuages survolant les plaines. comme me charm`rent. e En vain je prends mon luth et le caresse Pour ranimer un son des jours pass´s.. dans la jeunesse.ƒ± Les ans pass`rent. les ans pass`rent.. e Et ne me charment plus.

e e Pour que l’on soit ensemble. et dans tes yeux je vois mon seul bonheur. e En la tenant plus pr`s. a e Se plie sous quelque tendre chagrin. Et moi je reste seul. h´las! e Et tu te perds. une ombre dans le brouillard de glace. Sous mes baisers ardents j’´toufferais ta bouche. Ne retenant du rˆve qu’un souvenir languide. ma mie. Mais des t´n`bres froides. ˆ O femme entre les astres. tu m’apparais Aux bras marmor´ens. plus pr`s de moi encore. coul´ en blanche cire.... ´toile entre les femmes! e Le moindre de tes gestes me fait verser des pleurs De joie. mais ton sourire Caresse mes yeux et sa douceur m’enflamme. comment t’en arracher. ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Parmi les flots du temps. e En r´chauffant ta main frileuse sur mon cœur. vides. les mains pendantes.. aux longs cheveux dor´s – e e Et ton visage pˆle. cher ange ador´? e Je veux que mon visage sur le tien se couche.. e e Mais tu n’es pas du monde d’ici-bas.ƒ± Parmi les flots du temps. e " 16 ..

ch`re ombre: e Des flots du temps pass´ je ne peux pas te rompre. e ƒ± ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë " 17 .En vain mes mains se dressent pour te saisir.

e Il frappe. – les morts ne ressuscitent!)) " 18 . sinistre survivance. e e Se plaint. plus de musique. r`gne le silence. e e e Sonne minuit Saint Marc. Dans la cit´. par les portails antiques. les murailles grises. le c´nobite e D’un ˆge r´volu. mais sans vieillir. en clapotant. que les canaux ´triquent. d’un ton profond. Ok´anos. ces mots qui tombent en cadence: ( (Jamais. e La lune teint. il temporise. Lui seul ranimerait la mari´e exquise. e e Plus de lumi`re de bal. r´cite e Tout doux. mon fils. a e Et sibyllin. contre les murs de briques. Les escaliers de marbres. fun`bre.ƒ± Venise ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë La grande vie a d´sert´ Venise.

` sa douane. " 19 . Morph´e. ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Minuit. il me faut faire un choix. e a L’esprit me veut porter sur ses vieilles voies O` vie et mort pesant.ƒ± Minuit. refuse mon obole. Sonne l’airain. en vain je les repense.. Les douze coups s’envolent.. u Mais aujourd’hui encore. Car entre l’une et l’autre l’esprit tient la balance.

douce lumi`re. e e Viens dissiper la nuit de mes chim`res. je ne crois plus ` rien e a Et mon ardeur. e Mis ` l’´cart. perdu dans ma d´tresse a e e De mon n´ant.ƒ± Parais pour m’´clairer. Redonne-moi la foi et la jeunesse. e e De mon c´leste rˆve de jadis. Marie! a " 20 . e Ne laisse pas s’´teindre comme un cierge e Mon esp´rance. ont tari. ´ternelle vierge. – exauce ma pri`re e e Mˆme si la faute est ` moi enti`re. e a e Que ton regard m’apaise et me prot`ge... ma force. e ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Parais pour m’´clairer. De ton ciel d’´toiles r´apparais. reviens e e Afin que je t’adore ` jamais. ´merge! e e e ˆ O sainte m`re.

e a e Mais tu m’en d´tournas. je n’en fais pas un drame.. Ce que je crains – autant que je r´clame – e C’est ton avis. e e Tu as gagn´ et regagn´ ma vie – e e Alors ses chants et fruits. a Et si le monde va – de ce po`me – maudire.. ` lui sera le blˆme.ƒ± Te cherche-t-elle. ma mie.. e Je ne m’en soucie pas. je l’ai cherch´e souvent. te les devant. mon ˆme? – a C’est que sans toi je n’ai rien ` dire... a a Si mes enfants en sont le point de mire – Qu’il fasse donc. L’amour avec la mort sont ennemis: Fid`le ` la seconde.. de mˆme que celui-ci! e " 21 . non pas leurs dires. Je te les offre tous. ma ch`re enfant. ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Te cherche-t-elle – ce jour encore –.

un qui traˆ l’autre – l` – qui cloche. e Je lui d´die toujours mes vers all`gres – e e Des chants que ne combl`rent pas les palmes.. e Quand elle se penchera sur mes ´bauches.. toute cervelle maigre e Le peut...ƒ± Toute cervelle maigre. a " 22 . Qu’elle soit donc couronn´e de par la p`gre. int`gre. a Ainsi d´couvre-t-elle mon univers. e e Ainsi soit-il – ma muse reste calme. et son vacarme. mais doux. ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Se croire g´nie. a ıne. Je n’ai qu’un compagnon. e Elle va juger et rajuster mes vers: L`. de mˆme les sots qu’elle charme e Avec ses vers tout creux. e Sur l’arche de mes songes elle s’approche Et dans mon ˆme la sienne se perd.

car j’en connais le terme. sans se rendre. Pour qu’` la fin. elle soit beaucoup moins ferme. e Ses yeux..ƒ± J’ai cru qu’elle attendait. e Je les ch´ris. ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë J’ai cru qu’elle attendait que je la serre Contre mon sein. e Mais. en me guettant. face ` face. plus elle s’arrache et glisse. a Ces doux refus que la beaut´ oppose. a Dans ses beaux yeux lisant ma vie enti`re. pour qu’elle aussi m’enlace Et que l’on reste ensemble.. Plus on la prie. me demand`rent: e Qu’elle me permette ou non que je l’embrasse? Elle n’en finit jamais de ces caprices.. elle changea de place Tirant son doux visage en arri`re.. e " 23 . e Combats agr´mentant les jours moroses.

ma douce amie... – ma grˆce! a Je vais te sermonner. a e Si tout moment de joie m’´tait ravi – e Que me vaut-elle encore une telle vie: Toute d’amertume et d’´ph´m`res rˆves! e e e e Pourquoi ta voix se glace dans la nuit? ` Ton corps exquis – ˆ souriante Eve – o Qui fut ` moi une heure. e Toi. blonde chance d’une rˆverie fugace. que je t’embrasse Et te caresse ` perdre la m´moire. a ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Je pense ` toi et j’ai le cœur qui cr`ve..ƒ± Je pense ` toi. rˆve blond d’une chance illusoire. a e " 24 . ne l’attends pas. et pour le croire. e Si tu reviens. unique et br`ve – a e Le reverront-ils donc. mes yeux tout ´blouis? e Toi.. Il faut.

...... esclave de tes charmes......... Je change en joyaux chacune de mes larmes.. tes songes d’autrefois............. Aujourd’hui......ƒ± Tu ne me comprends pas...... Si aujourd’hui.... e T’enveloppant en leurs ´vanescents ´chos....... du tendre rˆve..... faire un ouvrage d’orf`vre.... lorsque ma flamme est aussi pure Que cette aur´ole de charme qui t’entoure.. e e e ...... e Dans leur profonde nuit. e e Je veux...... e e Pour empˆcher son ombre d’aller dans les t´n`bres. pour toi.. Si je te vois surgir pareille au marbre clair Aux yeux resplendissant d’une froide lumi`re e Qui ´blouit mon œil de sorte qu’il ne voie.... C’est que j’ignore une autre merveille pour laquelle Je changerais ma vie contre des bagatelles Et mes pens´es sereines contre de pauvres mots...... ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Il n’est pas de myst`re qui ait pour moi le prix e De celui par lequel tes charmes ont fleuri......... e Que l’´ternelle soif qui r´unit sitˆt e e o " 25 .

e e Je vois ` tes paroles: tu ne me comprends pas! a " 26 . e e e Quand ma passion est si profonde et sinc`re e Qu’elle n’a pas sa pareille entre ciel et terre. Quand j’aime tout.ƒ± ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Lumi`re et t´n`bres ou marbre et ciseau. un frisson. Lorsque l’´nigme mˆme de mon destin c’est toi. Un rire. le mal et le bien. mais tout ce qui t’appartient...

. en souveraine. ce mal qui me consume? e e " 27 . je pr´f`re o ee Que la camarde ferme ` jamais mon œil. ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Ma vie s’´coule. p´nible et am`re – e e e Le jour je pense et la nuit je veille – Voudra-t-elle.. ses pens´es – ´cume. e e Les charmes de la vie en dissimulent les peines.ƒ± Le jour je pense. la nature.. prˆter l’oreille e ` ma supplique – et me satisfaire? A Je n’en demande que le froid cercueil. Je ne t’ai vu qu’une fois – et l’amertume Du monde m’a combl´. e L’ai-je donc m´rit´. Un long repos apr`s un long calvaire – e Plutˆt qu’aimer sans chance. a Car notre monde n’est qu’une g´henne: e Ses flots – une torture..

en gerbes. muette et transie de peur? Tu guettes en lionne. e " 28 . e Tu affrontas pour lui intrigues et r´voltes. Le regardant. e Mais tu r´chauffes un traˆ sur ton cœur. Tu exhortas ` l’œuvre ton faucheur: a Des vies.ƒ± Marie Tudor ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Pourquoi sous les portails tes yeux l’escortent. a e Mais tu es reine. Celui qui sous ton front de cire pˆle a Sait la tempˆte de ta vie – se tait. et ceci te plaˆ ıt. le front en sueur. telle est sa r´colte. ee Car de tes lords assassin´s tu sais e Faire ` Fabiano ´chelle triomphale. la furie t’emporte. e ıtre Au ciel t’´l`ve une envie fatale. Tes poings se crispent.

.. et l’amertume Du monde m’a perc´ le cœur. e Mais je t’ai vu.. – tu me l’interdis? J’´tais perdu dans l’ombre engourdie. ee Qui prennent au vol les charmes de la vie – Tous les matins l’aurore leur sourit.. e Mes jours d´serts passaient comme une ´cume. Par tous les temps les astres les ´clairent. e Pourquoi leurs rangs pour moi se referm`rent e Et ce qu’ils prennent. e e J’´tais aveugle aux charmes de la vie. Depuis e Je l’ai entier. ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Il y en a que le destin pr´f`re. ma lumi`re... une fois. ce mal qui me consume.. ˆ douce enfant..ƒ± Il y en a. " 29 . e Mais moi. moi qui o Ai fait de toi mon astre. dis-moi...

ƒ± S´paration e ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Quel gage te demander pour ne pas t’oublier? Toi seule en serais un. si tu t’appartenais. t’inqui´terait mon sort? e e Pourquoi compter les ans qui neigent sur les morts? Mourir aujourd’hui. pourquoi donc la douleur Ne la suit-elle pas. e Que l’ombre soit ´paisse sur mon tombeau perdu. nous abreuvent e Si notre vie au monde s’´crit et puis s’´ponge e e Tel le songe d’une ombre et l’ombre d’un songe? Pourquoi. ma mie. mais reste dans nos cœurs? Des eaux renouvel´es refont le mˆme fleuve – e e Pourquoi donc les regrets. " 30 . Puisque s’en va la chance. jamais tu ne m’avais connu. mon amour. dans les ann´es d’antan. e Oublie-moi vite. e Comme si jamais. et remontant e e En songe. Que tu oublies la chance rˆv´e. dor´navant. Et non la fleur fan´e cueillie dans tes cheveux. les mˆmes. – ¸a m’indiff`re c e Puisque je veux qu’on perde ma trace sur la terre. demain. c’est mon unique vœu.

au bord d’une route. D’o` je viens – qui donc pourrait s’en faire? u Parmi les murs de glace. rajeunissant toujours. s’ils veulent. e Donnant mon cœur au vent. e a Et quand enfin la terre retournera en terre. e Et qu’un orage ´clate aux marges de la terre. a " 31 . le dernier. ma chair ` la poussi`re. Riant comme un enfant. ma folie? La face contre le mur. de tristes lamentos Vont supplier pour moi un ´ternel repos. e Et qu’on me jette apr`s.. e Mon vœu.. a e Mais toi. en fleur. demeure comme le mois d’Avril. sans doute... Que viennent les corbeaux de l’horizon lointain Pour obscurcir le ciel de mes yeux ´teints. Qui suis-je. je veux e Que les lumi`res pˆles se glacent. Oublie-moi donc! aussi le ferais-je ` mon tour. e Conserve ta fraˆ ıcheur. aux grands yeux rˆveurs.ƒ± ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Comme si les ans de flamme ´taient tous abolis – e Sauras-tu pardonner ma flamme. de mes yeux. e Cela sera mieux que maintenant. sera une seule chose – Que ton cher nom soit dit sur mes paupi`res closes. abandonn´.

et tu clignes De l’œil. Je ralentis mes pas. Puis tu revois les feuilles. De la bˆtise clou´e en quelques lignes. sa voix... e J’entrai aussi. e e " 32 . e e Pour te ressouvenir tes fˆtes d’autrefois. sa pens´e. que j’y signe. en te moquant de nos tournois.ƒ± L’album ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë L’album? Un bal masqu´ que l’on redoute: e On s’y regarde tous de haut en bas Dissimulant sa gueule. e De tous tu fauches une gerbe – c’est ta proie. e On parle tous en cœur et nul n’´coute. e Tu veux que j’y ´crive. J’essaye un vers avec ma plume brute Et pose sur la table une feuille en d´route e Dont mˆme le Parnasse n’en rˆve pas.

´ Ecrire ce que l’on pense – nous le dˆmes. toi. e e e L’esprit est creux derri`re tes parlotes: e Tu bats sa paille s`che avec rage e Mais rien ne sort d’une tˆte de linotte! e " 1. a De Pantazi 1 tu es l’image pareille. V. Ses vieilles bourdes. Oreille. c e Eminescu. e Car tu ne cesses de frotter ta plume: De tout ce que tu forges sur l’enclume – Les mots sont neufs. mais la teneur est vieille.ƒ± Sonnet satirique ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Tu as la main piqu´e par une abeille. Ton front me semble un pi`tre emballage. e Et tes ´crits – du vent et de la crotte. A. Ureche (en fran¸ais Oreille). tu les rallumes. Pantazi Ghica : adversaires litt´raires et politiques de M. u Mais tu n’as rien de neuf ` dire. (ndt) 33 . e Les dieux – h´las! – ont d´sert´ tes pages.

ils nasillent... a Et cette marchandise de pacotille – Eux. ee Fris´s.. e Ils laissent bouche-b´e la populace e Qui les regarde faire les ´l´gants. ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë C’est ` Paris que vont nos jeunes gens a Apprendre modes. Ils font les saltimbanques. e " 34 . et long cigare entre les dents. grˆces – e a Puis ils nous viennent ´clairer les masses e Avec leurs tˆtes de moutons savants. Piliers de cabaret et de bordel..ƒ± Nos jeunes gens. Mais pas un seul ` l’œuvre ne s’attelle. e La vie – c’est le corso pour ces paillasses. e Se croient ´toiles au ciel de la patrie. qui ont oubli´ leur langue maternelle. mani`res.

Si l’on entend en lui le son des ondes. mes ronds de jambe – e Je ne le sais juger ni le comprendre. Et fort – s’il veut – c’est toujours lui. pudique et tendre. en des colonnes Qui sans accroc enjambent la c´sure. c’est l’¨ ıambe.. a Je ne sais pas s’il est de notre monde. e ` A son appel les ´tendards bourdonnent. Pour en couler mes vers. Mais le plus riche des vers. " 35 . S’il les m´rite. donc.ƒ± L’¨ ıambe ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Depuis longtemps je cherche la mesure Riche tel – aux rayons – le miel d’automne. e Passions et haines naissent et perdurent – Mais il vous fait parler d’une voix si pure Quand ` l’Amour timide on s’abandonne..

enfin il s’amollit e e Et un z´phyr l’endort avec un conte. e Et tout ce qu’il rˆvait. a Bless´ par les ´claires. e Il frappe les cieux. s’accroche aux nuages. u e Il dort en murmurant – et murmurant sursaute...ƒ± L’oc´an. ce qu’il est fou de rage – e Hurlant il dresse mille bras de mousse! Avant que la tempˆte en son lit le repousse. la lune d’or poli. " 36 . sauvage. car l’oc´an. il l’a sans faute: e La voˆte.. les ´toiles. En vain le ciel appelle ` sa rescousse a Les foudres effrayantes. e En rˆve – le ciel se penche sur son lit.. e Prenant l’azur pour un sien rivage Y monte ` l’assaut et se courrouce. e ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Ah! L’oc´an.

unique! e " 37 . a Et sans se soucier de nous. Et dans sa rage elle ´cume et rˆle.ƒ± La mer profonde. e Une harmonie sans bornes. e Sur son miroir elle porte des ´toiles. ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë La mer profonde sous la lune pˆle. fantastique – Telle est sa sombre. e a Ses mille bras se dressent pour une fatale ´ Etreinte aux rivages qu’elle inonde.. – ee e e Dans ses abysses rˆve tout un monde.. e Demain – elle fait bouger ses noires ondes. elle dure – Indiff´rente. l’autre – doux murmure. e e Telle reste l’ˆme de la mer antique. Un jour – d´luge. a Rass´r´n´e par la lumi`re blonde. infinie. t´n´breuse nature.

Remplissent les forˆts de chants joyeux. Si change en route le d´cor sous les yeux. e La vie est unique. e e e De plus en plus se chargeant de tristesse. Et quand elles d´bordent dans la mer am`re. c Mais plus elles descendent. Ruissellent dans les bois et se baladent. plus leur voix baisse. D´vale l’´chelle des sons et s’alt`re. d´j` elles l’oubli`rent. Et apprenant la langue des na¨ ıades. e Leur douce voix d’antan. e Leur onde croˆ se jette en cascade ıt. Creusant dans le roc un lit tortueux. sous mille fa¸ades.ƒ± La descente des eaux ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Les sources naissent dans les monts pierreux. ea e " 38 . e e – Fleuve grondant aux ondes ´paisses –.

je vois des torches encor.... viens plus pr`s. e " 39 . leur scintillement. ˆ O. ea Attendent ceux qui veulent me porter en terre. e Va h´riter l’oubli. e ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Si mille ´toilent tremblent sur la voˆte.. approche. e Avec leur lumi`re. bel ange de la mort Aux ailes noires. ce que tu goˆtes. e e Juste au-dessus de moi. de toutes. aux fraˆ ıches paupi`res. e u Si mille bagues rident l’oc´an. Sois saint ou sc´l´rat. ee u Tout est poussi`re.. J’entends des chants. D´j`. ombre ch`re.. dehors. et le n´ant. et de tous.. e Ce que cela veut dire – qui s’en doute? Donc mille voix se valent tout autant.. e e Je crois me voir mourir.ƒ± Si mille ´toiles.

se les rappelle?. ` S’il nous passe par-devant Tant et tant de bagatelles. qu’on t’envoˆte.. tout est nouveau. e c Pas d’espoir et pas de doute. apr`s. et le bien.ƒ± Glose ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Temps s’en va et temps s’en vient. Qui. Qui les voit et les entend. Tout est vieux. e Qu’on t’appelle.. Bruit de tripes en carˆme – e Temps s’en va et temps s’en vient. u Face a tout reste de glace. Vagues apr`s vagues passent. Que jamais l’esprit ne fasse Cette trop humaine erreur " 40 . Et le mal. e Pour te retrouver toi-mˆme e Fuis le monde et ses liens. – P`se bien ce que ¸a vaut.

et le bien. Et. e Toi. Sous le masque vois l’acteur. Ce qui fut ou le sera – Tout est. Tout est vieux. qu’il menace. e Pour qui sait les d´chiffrer e Le couchant en vaut l’aurore. e c Parce que tout ce qui existe " 41 . Dans ton coin ne dis rien. dans l’art de ces paillasses. qu’il pleure.ƒ± ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë De choisir l’instant fugace Pour le masque du bonheur: Il est n´ de son cadavre e Et s’´coule ` vau-l’eau. tout est nouveau. le lot. du pr´sent. L’avenir et le pass´ – e Deux images – un seul d´cor. e a N’y cherche donc pas un havre. devant ce vain fatras. Au th´ˆtre de ce monde ea Conduis-toi en spectateur: Que nul jeu ne te confonde. P`se bien ce que ¸a vaut. Vois. Et le mal.

Elles te trouveraient une faille Mˆme si tu ´tais sans pair. Qu’on t’appelle. qu’on t’envoˆte.ƒ± ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Se soumet aux mˆmes lois e Et le monde et gai ou triste Depuis mille ann´es d´j`. e Tourbillons et sortil`ges e Changent les acteurs en sc`ne. Ne leur offre pas ton bras: Vagues apr`s vagues passent. e e Autres pas. la mˆme route. e Penses-y toujours et veille. M´fie-toi de tous. de toutes. u " 42 . e ea Autres masques. e e Mais pares tu les verras Entre eux qui se terrassent. Ne dis mot si les canailles Pour te surclasser s’affairent. e Tout le monde tend des pi`ges: e Chants perfides de sir`nes. e Bouche-toi les deux oreilles. e Face aux voix enchanteresses – Pas d’espoir et pas de doute. la mˆme pi`ce.

a Face ` tout reste de glace. Tout est vieux. a Ne dis mot ` leurs parjures. a Par ce monde. Comme l’amour n’est plus de mise. Laisse-les braire ` leur guise. et le bien. tout est nouveau. Face ` tout reste de glace. qui veut. u Vagues apr`s vagues passent. passe. qu’on t’envoˆte. P`se bien ce que ¸a vaut– e c Et le mal. " 43 . Temps s’en va et temps d’en vient.ƒ± ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë Sauve-toi ` leur approche. a Qu’on t’appelle. a Les conseils ni les reproches – Rien ne change leur nature. e Pas d’espoir et pas de doute.

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ƒ± ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë " 46 .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . e Je suis si loin de toi. . . . . . . . . . .. . . . . . . . . ˆ O. Si quelquefois. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ma mie. . . . . . . . . . . . . . . . . Venise . .. . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . ... .. . . . . . . . . Parais pour m’´clairer. . . . . . . . . . . . . . .. . . . . 5 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 18 19 20 21 22 Table " 47 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . .. . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . e Te cherche-t-elle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . e Les ans pass`rent. . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . m`re. . . . . .. . . . . . . . . . . . e Dans ton jardin.. . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . .. . . . . . . Minuit.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Sonnet II Les ans pass`rent. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . Toute cervelle maigre. . . Sonnet I L’automne dehors. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . .. . . . e Sonnet III Quand de l’esprit.. . . . . . .. . . . . . . . . . . . e Parmi les flots du temps. . T’aimer secr`tement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .ƒ± ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë M´lancolie . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La descente des eaux . . . . . Si mille ´toiles. . . . . . . . . . . . . . . . . . L’¨ ıambe . . a Tu ne me comprends pas. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . e La mer profonde. . . . . e . . . . . . . . . . . . . . . .ƒ± ± ± ±ƒ ¯ ¯ Ë J’ai cru qu’elle attendait. . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . S´paration . . . . . . . . . . . . . . e L’album . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . Le jour je pense. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Nos jeunes gens. . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . e Glose . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Marie Tudor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Il y en a. . . Je pense ` toi. . . . . . . . . Du mˆme traducteur . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . Sonnet satirique . . . . . . . . .. . . . . . . L’oc´an. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 24 25 27 28 29 30 32 33 34 35 36 37 38 39 40 44 " 48 . . . . . . . . .. . .. . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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