Le 15 Décembre 2012

"Batay pou sa w kwè", scande depuis quelques années Barikad Crew (BC), le plus populaire groupe Rap de la rue Nicolas. Apparemment, le candidat "Tèt Kale" a cru en quelque chose et d'autres y ont cru également, mais en quoi ont-il tous cru finalement? Si croyance y en avait où est passé l'esprit de combativité? Le président Martelly a pris le pouvoir grâce à des slogans passe-partout dont il ne mesurait même pas la portée. Assurément. Il voulait, disait-il, changer le système ; il voulait, pensait-il, changer l'Etat. Probablement. Assoiffés de changement de paradigme ou de renouvellement, certains y ont naïvement cru -l'erreur est humaine- ; d'autres, au contraire, ont fait et font semblant d'y croire encore pour des raisons diverses comme par exemple pour garder un strapontin ministériel ou pour garnir un compte en banque ou pour ne pas être en panne de "chef". Le sénateur de l'OPL, Andris Riché, qui a le sens de la formule qui fait rire, aurait résumé une telle attitude en quelques mots : "Lavi mezanmi, yap chache lavi !" Dès sa prise de pouvoir, la suite s'annonçait pourtant mal. Les tergiversations pendant plusieurs mois pour nommer un Premier Ministre laissait poindre le degré d'impréparation du président. Son entourage d'affairistes, tapis dans l'ombre, avait réussi rapidement à prendre l'ascendant et à chasser les rares esprits éclairés qui se sont perdus dans ce marigot rose et blanc. Divagations. Aujourd'hui, il serait tentant de se contenter d'observer l'amateurisme de l'équipe au pouvoir, de ricaner en les regardant s'enfermer dans leurs bassesses pour enfin voir combien de temps cet attelage fait de bric et de broc va pouvoir tenir la route, combien de temps le président de la république va pouvoir nous vendre cette soupe rance du changement et la promesse de la réussite du vulgaire

Dieudonne Saincy

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chanteur là où les gens bardés de diplômes ont échoué – Au passage remarquons que celui qui se présente comme le visage du changement est entouré de routiers du système qu'il pourfendait pendant la campagne électorale- . Cependant, face à la crise morale, sociale et économique que traverse notre pays, nous serions irresponsables de croiser les bras et de nous morfondre dans la posture de spectateur. C'est pourquoi, il nous faut dès aujourd'hui, nous mettre au travail pour proposer une vraie alternative. Autrement. Le ras-le-bol du même et de toujours les mêmes paralyse quelques fois l'élan du renouveau. Nous en sommes bien conscients. Donc, oui à cette alternative démocratique où anciens et nouveaux pourront cohabiter, mais non pas ce brassage de neuf et usé (des rats mode soufle), lequel ne colle jamais. C'est bien prouvé. Nous le constatons en effet chaque jour, les 4 E de la recette présidentielle n'étaient que de la poudre aux yeux. Il y a ajouté depuis un cinquième E, mais le résultat est un malheureux plat qui porte un nom bien connu : le renoncement. Si le chef de l'Etat renonce-ce qui est une évidence-, c'est tout l'édifice qui menace de se fissurer ou de s'effondrer. BC nous invite chacun à ne pas renoncer. "Batay pou sa w kwè", nos ancêtres y ont cru jusqu'au bout, et plus loin de chez nous, lorsque Hitler préparait son attaque contre l'Angleterre pendant la Seconde Guerre mondiale, on a demandé à Winston Churchill d'adresser la parole à un groupe de Londoniens découragés, sur le point de renoncer. Voici les huit mots qu'il a prononcés: "N'abandonnez jamais. N'abandonnez jamais, jamais, jamais!" Alors le président peut encore choisir entre Micky ou BC. L'opposition aussi.

Dieudonne SAINCY. DS

http://www.touthaiti.com/touthaiti-editorial/1586-renoncement-batay-pou-sa-w-kwe

Dieudonne Saincy

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