L’ANTIPHILOSOPHIE DE NIETZSCHE PAR ALAIN BADIOU (1992-1993

)
(Notes d’Aimé Thiault et transcription de François Duvert)

1er cours un triple objectif comment questionner le texte de Nietzsche ? statut des énoncés de la folie l’interprétation de Heidegger l’interprétation de Deleuze 2ème cours la fonction des noms propres le « contre » l’acte comme événement : casser en 2 l’histoire du monde la question de la révolution complications : l’éternité l’Antéchrist 3ème cours rappels le coup de dés : Nietzsche et Mallarmé l’acte, surimposition de la brisure et de l’éternité l’exécration du christianisme la loi contre le christianisme de l’Antéchrist le chien de feu et l’événement silencieux

3 3 5 8 12 15 18 20 21 23 25 27 28 30 30 32 33 34 36 41

44 4ème cours Nietzsche et la politique 44 l’équivoque du mot vie 45 Dithyrambes à Dionysos 47 le cercle 48 monde et langage : sophistique historialisée et poétique anti-théâtrale 49 a) le monde.........................................................................................................................49 b) le langage .......................................................................................................................50 4 questions adressées à Nietzsche 51 la question de l’être en 6 propositions (début) 53 a) 1ère proposition : le il y a chez Nietzsche a pour nom le devenir ou la vie. ...................53 b) 2ème proposition : l’être est une désignation fictive : il ne faut pas nommer le il y a.....57 60 5ème cours l’Etat, la nouvelle idole 60 a) 1ère thèse : disjonction entre peuple et Etat ....................................................................60 b) 2ème thèse : mort de Dieu, mort de l’Etat .......................................................................61 c) 3ème thèse : l’Etat est corruption.....................................................................................62 d) 4ème thèse : l’Etat change l’art, la science et la philosophie en un magma culturel. ......62 e) 5ème thèse : l’humanité est toujours au-delà de l’Etat.....................................................63 l’ontologie de Nietzsche en 6 propositions 64 6ème cours rappel : les 6 propositions ontologiques anti-philosophiques de Nietzsche les 6 énoncés ontologiques philosophiques d’Alain Badiou 74 74 75

- 1er énoncé : le nom du il y a est multiplicité ou multiple pur. .........................................75 - 2nd énoncé : nommer être multiple le il y a peut être innocent si on coupe cette désignation, ie si on coupe être et vérité de toute continuité avec le sens..............................................75 - 3ème énoncé : la logique est ce que la philosophie retrace en elle-même comme effet de la mathématique.....................................................................................................................76 - 4ème énoncé : puisque le il y a est multiplicité pure, il n’y a pas de rapport. ...................76 - 5ème énoncé : les moyens de la pensée philosophique vont superposer ou combiner ou articuler l’idéal du langage adéquat et celui de la fiction intense. .....................................76 - 6ème énoncé : l’élément de fiction intense dans chaque philosophie est, en vérité, ce qui se retrace dans la philosophie de sa condition artistique........................................................77 acte et nihilisme 77 a) introduction....................................................................................................................77 b) rejet de 3 orientations (Hegel, Heidegger et Deleuze)...................................................79 1ère interprétation : l’acte aurait pour essence de créer de nouvelles valeurs contre les valeurs réactives nihilistes..............................................................................................................80 2ème interprétation : l’acte est de faire valoir dans tout ce qui est l’intensité maximale. ...81 c) 3ème interprétation...........................................................................................................83 Nietzsche par Foucault : la question de l’interprétation 84 a) exposition de la thèse de Foucault .................................................................................84 b) critique de la thèse Foucault ..........................................................................................85 les 3 métamorphoses 88 Nouveau Cours Nouveau cours (Badiou, Nietzsche, l’art) Nouveau cours Nouveau cours Dernier cours Nouveau cours 90 98 104 116 128 137

1ER COURS

un triple objectif Aujourd’hui, je voudrais vous parler de ce qu’on pourrait appeler la stratégie de ce séminaire à la fois en termes d’enjeux, de problèmes, et à vrai dire, de difficultés, ainsi qu’en termes de méthode. Comme ce qui a été annoncé, en ce qui nous concerne, le vecteur de ce séminaire va être Nietzsche. Mais dire que nous allons parler de Nietzsche est en soi assez indifférencié. Ce qu’il faut voir tout de suite, c’est qu’il y a une complexité de la visée, ie que cet examen de Nietzsche, cette traversée de Nietzsche a elle-même au moins 3 objectifs, qui ne sont pas immédiatement superposables. - le 1er objectif est de tenter une qualification du texte nietzschéen. Quel est le statut exact du texte de Nietzsche ? Evidemment, ceci sera mesuré en partie par la question de la philosophie et des éventuelles définitions de la philosophie prenant pour guide la question : en quel sens Nietzsche est-il philosophe ? Et l’est-il ? on peut d’ailleurs poser la question dans l’autre sens, ie que doit être la philosophie pour qu’on puisse dire que Nietzsche est un philosophe ? Ou encore : si Nietzsche est un philosophe, quelles conséquences s’en tirent pour la philosophie ? Du point de vue du texte immédiat nietzschéen, cette question est extrêmement complexe, parce que, à la fois, Nietzsche revendique une identité de philosophe dans de nombreux passages et dans de nombreux autres passages s’en distancie radicalement. Par exemple, il soutiendra qu’en réalité, le philosophe a toujours été un prêtre masqué, caché. Mais à l’opposé des formules de ce genre, on en trouve d’autres, qui indiquent à ses yeux ce qu’est le vrai philosophe. Mais il emploiera aussi quantité d’autres noms. Il est loin de désigner son entreprise par le nom de philosophie. Ainsi, l’immoraliste sera un des noms du vrai philosophe. C’est donc ce que j’appellerais l’interrogation topique : de quel lieu procède, d’où s’énonce le texte nietzschéen ? - la 2ème question pourrait s’intituler : dans quelle mesure le siècle a-t-il été nietzschéen ? Après l’interrogation topique, nous aurions l’interrogation historique. Y a-t-il eu de manière essentielle quelque chose de nietzschéen dans le siècle ? Récemment, un certain nombre de gens se sont rassemblés pour écrire un livre intitulé : pourquoi nous ne sommes pas nietzschéens. Un livre qui a fait un bruit léger. Compte de ce qu’ils sont, c’est une question que personne ne leur posait ! Mais enfin, ils ont trouvé nécessaire d’y répondre, et de dire, avec un certain fracas, pourquoi ils n’étaient pas nietzschéens. Ce qui, évidemment, s’enlevait sur la supposition d’un nietzschéisme général auquel ils faisaient une glorieuse et collective exception. On peut donc dire que la question de savoir ce que signifie être nietzschéen, ne pas être nietzschéen, est comprise un peu comme une question qui, en effet, interroge le siècle. Je voudrais que lorsqu’on voit avec une pareille fermeté le groupe en question énoncer pourquoi nous ne sommes pas nietzschéens, la 1ère idée qu’on a, c’est que peut-être on doit l’être. C’est pour moi, d’ailleurs, une relative surprise de me découvrir, nolens volens, nietzschéen. Cela a activé, je dois le dire, mon rapport à Nietzsche, que de toute façon j’avais anticipé, puisque j’avais annoncé cette traversée de Nietzsche avant la parution de cet ouvrage, mais cela a accéléré la nécessité d’aller voir de près en quel sens peut-être, en effet, quelque chose du siècle et de la pensée avait reçu une touche nietzschéenne. A l’autre extrême, et puisque nous sommes dans l’investigation de situations, je voudrais signaler le beau livre de Sarah Kofman : Explosion I, qui est un examen extraordinairement attentif de Ecce Homo, presque un commentaire perpétuel de ce livre, paragraphe par paragraphe, et presque ligne à ligne. Livre que nous aurons à croiser plusieurs fois. Explosion I n’est d’ailleurs que la 1ère partie de cette entreprise, qui, à sa manière, elle aussi, restitue ou institue la question de Nietzsche comme une question immédiatement essentielle et contemporaine.

L’art va servir de paradigme crucial. Cette question sera pour nous celle-ci : qu’en est-il du mode propre sur lequel la philosophie re-trace l’art ? Ie qu’en est-il du mode propre sur lequel la philosophie est sous conditions de l’art. Avant et plus essentiellement que l’œuvre. ce pourquoi Nietzsche s’avère un auteur décisif de la question du rapport de la philosophie et de l’art. l’art est avant tout un type subjectif. Pour Deleuze. et qu’il serait nécessaire soit de reformuler cette disposition. le renomme. que s’est-il passé dans l’ordre propre de la philosophie à cet égard ? Vous savez que Hegel annonçait la fin de l’intérêt spéculatif pour l’art. ce n’est pas ce que Hegel veut dire. ne propose plus à la philosophie l’actualité de la question de l’esprit. dans certains cas comme condition exclusive du penser. le livre principal est Nietzsche et la Philosophie. dans ses termes mêmes. Cette question de l’art comme figure de vérité – ce qu’on peut dire qu’elle est aux yeux de Nietzsche – comment est-il retracé dans le geste philosophique contemporain ? Et comme dans mon jargon l’art est une procédure . mais ce n’est pas exactement la fin de l’art en tant que fin factuelle de l’activité artistique. parce qu’il propose une détypification et une retypification du philosophe.Donc l’interrogation historique serait : que peut-on penser ou que se laisse-t-il penser sous l’idée que quelque chose du siècle a été nietzschéen. . qui est la question de la fin de l’art. On a souvent concentré cela dans la figure de la fin de l’art. comme tel. on peut dire que Nietzsche re-trace l’art dans la figure de son type et non pas dans la figure de sa configuration formelle – mais dans la figure de son type. et dont Nietzsche est la figure capitale de cette reconfiguration de la question de l’art dans une intériorité centrale à la philosophie. Hegel pense que ce qui était en jeu quant à la figure de la philosophie n’a plus un rapport d’antériorité immédiate à l’art. c’est bien vrai que ce jugement hegelien a mis à l’ordre du jour une autre question. y compris dans le geste nietzschéen essentiel qui est celui du retournement de toutes les valeurs. et au regard de ce type Nietzsche dessine le type du philosophe. Il y a naturellement quantité d’autres allusions dans les textes de Heidegger sur Nietzsche. ie prendre Nietzsche comme support d’une détermination active ou actuelle que la philosophie. les cours donnés par Heidegger entre 1936 et 1946 – époque particulière. soit de s’y opposer d’une manière ou d’une autre ? En vérité.la 3ème visée concernera la détermination du rapport de la philosophie à l’art comme je l’ai annoncé à la fin de l’année dernière. dans le cheminement que je vous proposerai. l’art c’est la figure de l’artiste. entretient avec l’activité artistique. en dernier ressort. ne serait-ce que parce que. Par exemple. Donc dans ce type de philosophe comme philosophe artiste. je pense que l’interprétation de Heidegger et la reconstruction de Deleuze dessinent une sorte d’écart maximal autour de la question de la contemporanéité de Nietzsche. En contraposition à ce mouvement hegelien. il y a eu dès le début du 19ème siècle une vigoureuse promotion de l’art comme condition radicale du penser. il y a une reconfiguration de la connexion de la philosophie et de l’art qui est essentielle. et qui restituent. Ceci étant. chemin faisant. voire même. au sens où elle le retrace. certainement continuée par Schopenhauer. disons la fin de l’intérêt philosophique pour l’art. A très gros traits. Donc on peut énoncer que l’art. le type du philosophe artiste. le type philosophique qui est le sien est. nous trouverons 2 interrogations essentielles concernant cette question qui sont l’interrogation de Heidegger et celle de Deleuze sur : dans quelle mesure ce siècle a-t-il été nietzschéen ? Heidegger. question qui se poursuit au-delà jusqu’à Heidegger et jusqu’à aujourd’hui. en particulier le texte tout à fait remarquable qui a pour titre : Qui est le Zarathoustra de Nietzsche ? Mais le corpus massif de l’examen heideggerien de Nietzsche se trouve dans les 2 gros volumes. Position dessinée par un certain romantisme allemand. La mutation nietzschéenne est équivoque au sens où on pourra dire à la fois que Nietzsche est philosophe et anti-philosophe. Et comme nous le verrons. vous le savez. Pour Nietzsche. à savoir le philosophe artiste qui est fondamentalement le philosophe qui n’est pas ou qui n’est plus un prêtre. en particulier pour ce qu’on pourrait appeler un changement de type du philosophe. sans doute refaçonnent. pour autant qu’elle persiste ou insiste. Elle l’a mise à l’ordre du jour du biais du type d’intériorité que la philosophie entretient avec l’art. le texte référentiel ce sont les 2 gros volumes parus chez Gallimard : Nietzsche I et II.

le texte oscille généralement entre la destruction pamphlétaire et coléreuse. car – nous le verrons de façon détaillée – la philosophie nietzschéenne est fondamentalement une philosophie de l’évaluation. Au contraire – et ce point Deleuze le souligne avec une grande pertinence – il y a une sorte de décrochage tout à fait singulier entre la dimension négative ou critique. qui est déjà une problématique assez complexe en elle-même. quand Nietzsche dit : « ce qui a besoin d’être prouvé ne vaut pas grand-chose » Aphorisme 5. Tel n’est pas leur statut. On peut certes si on le reçoit dire pourquoi mais la philosophie prise dans l’image du coup de marteau indique précisément ceci qu’elle n’est pas dialogique. à aucun moment du texte nietzschéen. dont le texte est l’animation. Il n’est dans la forme de la proposition : il expose plus qu’il ne propose. parce que. nous dirons que cette interrogation est une interrogation générique. Là-dessus. Nietzsche est de manière essentielle un penseur qui expose sa pensée dans une figure soustraite à la dialogicité comme à la dialectique. Ce n’est pas ce qui va être l’objet ou l’enjeu de la figure de la question. le texte nietzschéen n’est nullement dialogique. Fondamentalement. même quand il y a en apparence des arguments ou des enchaînements. Ou encore. c’est un jugement essentiel. Le montage nietzschéen n’est pas un montage où la négation précéderait ou constituerait la possibilité de l’affirmation.l’interrogation générique. qui n’est en rien en relation dialectique avec le régime précédent. comme toute procédure de vérité. Evidemment.l’interrogation topique : le statut du texte nietzschéen . appropriée à Nietzsche justement. mots d’ailleurs faibles pour le travail de Nietzsche. Elle est d’une grande force. Car effectivement. elle s’adresse à ce qui vaut de manière .générique. et un registre affirmatif.l’interrogation historique : le siècle a-t-il été nietzschéen. disons donc la dimension destructive. le régime général de ce qui vaut pour la pensée ne saurait être le régime de l’argument ou de la preuve. Il faut donc l’entendre au sens fort : lorsque Nietzsche dit « ce qui a besoin d’être prouvé ne vaut pas grand-chose ». C’est le point essentiel. si vous voulez. La stratégie de ce séminaire va enchevêtrer 3 interrogations : . ni l’une ni l’autre ne se proposent à l’examen questionnant. et qui est la question – au fond toute simple – à savoir : qu’est-ce que veut dire exactement utiliser le texte nietzschéen ? Quel est le protocole d’usage possible du texte nietzschéen ? Plus précisément : quelle question peut-on adresser à un tel texte ? Et peut-on même lui adresser une question ? S’agit-il d’un texte qui s’expose intrinsèquement à la question ? Ceux qui ont véritablement lu Nietzsche savent que son texte ne se présente pas comme ouvert. en tant que ses 2 opérations sont les 2 opérations clé de cette pensée. y avoir examen des preuves ou même volonté de probation. de la transvaluation et. on peut rappeler le soustitre du Crépuscule des Idoles que tout le monde connaît : « comment on philosophe à coups de marteau ». ie le régime de la sérénité affirmative du retour. récurrente dans l’examen de Nietzsche. Le texte n’est pas proposé au questionnement comme tel pour des raisons qui lui sont internes et qui sont essentielles. il ne saurait. et puis le régime nommé par Nietzsche le Grand Midi. bien entendu. En particulier. A le décrire très superficiellement. le valoir. va se redoubler d’une autre difficulté. celle liée à Nietzsche. Mais qu’il s’agisse de la destruction pamphlétaire ou de l’affirmation dionysiaque. A ce propos. ie interrogation sur la généricité de l’art au regard de la disposition philosophique. et en quel sens ? . Le régime affirmatif n’est nullement la corrélation dialectique de la destruction. la philosophie à coups de marteaux se situe à contre-pente du régime argumentatif. On peut même dire que le dispositif nietzschéen consiste à défaire le régime argumentatif. l’évaluation est justement l’opération clé chez Nietzsche. Le coup de marteau est à la fois ce qui va détruire ce qui mérite d’être détruit. la maxime définitive se trouve dans le Crépuscule des Idoles. et éventuellement enfoncer le clou de l’affirmation primordiale. Il ne s’inscrit pas dans la figure récurrente platonicienne de la philosophie comme dialogue. centrée sur la question de l’art comment questionner le texte de Nietzsche ? Cet enchevêtrement. un coup de marteau n’est guère ce à quoi s’adresse une question.

a dit. qui vaut preuve. Il est proprement ce qui trace ou ce en quoi cet excès se dépose. Nietzsche ne voit pas d’inconvénient à le nommer folie en tant que ce n’est jamais que « le masque d’un savoir funeste et trop certain ». aucun questionnement de Nietzsche ne peut être le questionnement d’un montage argumentatif. mais c’est que dès que vous êtes dans l’élément de la preuve. justement en ces temps là. ce qui est une singularité philosophique très frappante. à mon sens. c’est que l’argument central de l’entreprise de Nietzsche n’est autre que Nietzsche lui-même. cette déposition dans le texte de l’excès va s’attester. mais Nietzsche est une pièce du texte lui-même. Disons simplement que si raison il y a pour Nietzsche. sauf à penser que toute raison est de part en part une raison calculatrice ou argumentative. c’est la folie ! Surtout si vous prenez l’année 1888. ce qui est déposé dans le texte de Nietzsche comme principe immanent à son évaluation. c’est une raison évaluante. Ou. mais il va le calmer. dans la démence. Il l’accueille. Nietzsche. ie une raison qui a proposé ou a disposé de ce qui est sous l’angle de ce qu’il vaut. ce qu’il fallait dire. d’autant que sur cet argument. il nous prend à témoin. « la folie peut être le masque d’un savoir funeste et trop certain ». La faiblesse essentielle pour Nietzsche du régime de la preuve. aux yeux de Nietzsche même. la philosophie ne peut pas être dialogique. si vous préférez. voire d’une démonstration articulée normée de ce dont il s’agit. Dans les textes que nous retiendrons principalement. Ce qui est . un savoir en excès sur soi pendant sa propre tension. ie dans son style. en tout cas. Mais il y a encore une raison plus essentielle pour la question il est si difficile d’adresser des questions au texte nietzschéen. vie une tension de la pensée. ou chicaneur. Nietzsche se présente lui-même au cœur de son dispositif comme principe évaluant central de sa propre entreprise. 3. parce que. Nietzsche ne fonctionne pas seulement comme un auteur ou comme un auteur plus ou moins soustrait à l’universalité du texte. Tout se passe comme si Nietzsche se convoquait lui-même comme principe d’évaluation de l’entreprise dont. La part de valoir de ce qui est est par elle-même soustraite à la preuve. ne voyons pas là une thèse d’irrationalisme. Et la raison évaluante n’est pas une raison probante. autrement dit. par ailleurs. qui fait qu’en un certain sens l’énonciation de la vérité est probante. c’est un certain régime de la certitude subjective absolue. un savoir trop certain. et qu’au fond. comme nous le verrons. Et le texte n’est là que pour à la fois accueillir et calmer pour part cet excès. ie une vérité exposée dans un régime d’appropriation si radicale ou si tendue qu’elle est à elle-même sa propre exposition provocante. Cet excès est une surtension de la vérité. interroge l’être du biais de ce qui ne vaut pas. cet argument. Et plus le temps passe. On dira évidemment. Or. Mais évidemment. tout d’abord dans sa forme. qui a manqué ce qui vaut. qui va faire basculer Nietzsche pour finir dans le mutisme. à savoir les textes de l’année 1888. la question de savoir quelle question Nietzsche adresse à la raison évaluante est une question trouble. qui est chez Nietzsche tout à fait particulier – nous y reviendrons. ce n’est pas tellement la question de savoir si l’argument est fort ou faible. pour autant que le texte est dépositaire d’un excès sur soi de la vérité. on peut dire que le texte nietzschéen est dépositaire d’un excès. car c’est une année qui semble se précipiter vers le désastre de janvier 1889. Par conséquent. cette façon de faire est omniprésente. ie qui n’arrivent même pas à constituer un espace commun. et on l’a dit maintes fois : mais cela. vous êtes dans un vis-à-vis au regard de ce qui est. Et alors. Vous le trouvez en différents points. Mais pour l’instant.essentielle ou elle interroge tout ce qui est en tant qu’il vaut. On pourrait donc dire – cela est une anticipation sur ce que nous aurons à dire sur l’ontologie nietzschéenne – que ce qui a besoin d’être prouvé. et une pièce stratégiquement centrale. est l’argument central de la disposition du texte lui-même. plus c’est ainsi. je le crois faible. mais plus particulièrement dans le texte Nietzsche contre Wagner : le psychologue prend la parole. plus généralement même la preuve. Cet énoncé par lequel Nietzsche s’inscrit lui-même dans le dispositif évaluant de sa propre entreprise. ie l’inscrire malgré tout dans le régime de l’adresse. on a toujours ce sentiment d’être dans le discord de principes d’évaluation irracordables. Ça va être sa dimension de tension et de preuve interne. disons pathologique. C’est pourquoi en tant que la raison est évaluante. ou d’une logique de la consécution. pour des raisons que je justifierai plus tard.

emphatique. où le marquage de la folie est patent. Mais j’indique que cette emprise est simplement la trace de l’excès probant de la vérité sur soi-même. le texte est aussi ce qui permet de supporter cette situation. et en même temps. déployé. De là que cette poétique va inscrire Nietzsche comme tel dans son texte. C’est sa puissance et la possibilité d’endurer cette puissance. les plus stupéfiantes. pas comme auteur. de la calmer. même s’ils le sont – mais en un certain sens. tout ceci composant pour une part une folie. la preuve. on peut dire qu’il est la vie de la vérité qu’il proclame. dans son rôle organiquement philosophique. et va donc se substituer au régime de l’argument. Au fond. voici l’homme ! Il est là. L’argument. n’est plus dommageable à la compréhension en profondeur de Nietzsche et donc de la question : sommes-nous ou sommes-nous pas nietzschéens ? que de tenter de délimiter les énoncés excessifs. dont nous verrons qu’en un certain sens elle peut même être modeste. c’est une méthode de lecture. il faut. cette espèce d’ambivalence que je vous signalais tout à l’heure. eh bien cet énoncé n’est jamais que l’installation de Nietzsche lui-même comme vie de la vérité qu’il proclame. c’est s’exposer soi-même. prendre au pied de la lettre les déclarations les plus emphatiques. Donc la poésie textuelle nietzschéenne. il y a une brutale rupture et que la fiction d’art en en emprise radicale sur l’ensemble du texte philosophique. Et si on le lit ainsi. Et la vie de la vérité qu’il proclame donne du sens. Par exemple. ie le philosophe artiste. parce que la folie elle-même ou l’énoncé emphatique. qui n’est pas une donnée extérieure ou ornementale. à savoir ce qu’il vaut. Précédemment. non pas de la vérité. ie à partir de ce que vaut l’être. ie que le texte nietzschéen n’est possible que si de semblables énoncés le sont également. . peu m’importe ! – que des énoncés que j’appellerais des énoncés d’installation du régime du texte. mais de la puissance de la vérité. son caractère apparemment boursouflé. donc Nietzsche en proie à sa propre écriture. prend une tout autre dimension. ils sont moins – à mon sens – des énoncés délirants.soustrait à l’argument va se retrouver ou se déporter en tant qu’excès sur soi du vrai dans la puissance de la forme. il faut que l’exposition subjective soit radicale. Mais si on l’interroge dans la raison évaluante. c’est qu’il intrique fiction d’art et fiction de savoir. déplié dans le texte même en tant que vie de la vérité qu’il proclame. sauf soustrait. la corrélation de la philosophie au poème comme impératif. est à la fois la possibilité de la vérité et la possibilité de la supporter. En réalité. et donc il faut que tels énoncés soient compossibles avec la vérité qu’on déclare. ou selon ce qu’il peut valoir. Nietzsche en tant que poète. qui est que la surtension poétique du texte met à la fois la vérité en excès sur soi. ou comme on dirait délirant. Rien. Et cela va agencer le texte autour de la figure de Nietzsche comme celui qui. la tolérer. je crois. justement. Même quand Nietzsche déclare des énoncés de l’ordre : « je porte sur moi le destin du siècle ». affirmée dans d’innombrables passages. ou l’énoncé qui paraît extravagant. il n’y a pas d’autre moyen. de la confier à une adresse. j’ai eu l’occasion d’écrire que tout texte philosophique proprement dit surimpose dans sa forme une fiction de savoir et une fiction d’art. C’est pour cela qu’il doit être là en personne : Ecce Homo. mais c’est dans la logique intime de cette auto-exposition du sujet dans le texte. mais là. dans Ecce Homo : « comment supporterais-je d’être homme si l’homme n’est aussi poète et déchiffreur de signes et rédempteur du hasard ? ». et la constitue comme preuve d’ellemême. les plus extraordinaires. ce n’est pas ainsi que ça fonctionne. Ce qui caractérise le régime discursif de la philosophie et ce qui en fait aussi d’ailleurs l’impureté. s’expose à ce double mouvement : être traversé ou porteur par la puissance en excès du vrai. textuellement là. ie la trace. Si réellement l’approbation d’une vérité est dans sa vie même. et en même temps l’endurer. De là l’absolu impératif du poème sur le texte. à mon avis. Mais l’exposer comme vie. des énoncés disons calmés ou ordinaires. on peut dire que chez Nietzsche. est ce qui interroge l’être en dehors de la seule chose qui compte. pour en être le dépositaire à la fois fou et patient. c’est précisément cette puissance telle que la prose la capte ou l’organise dans le registre de sa forme. et non pas comme argument convaincant. et que lorsqu’on a compris ce point crucial. ce n’est pas simplement pour que ce soit beau. alors il faut exposer la vérité comme vie. Et ce qui vaudra preuve pour la vérité. qui est le régime même du texte et dont l’enjeu est de disposer Nietzsche lui-même au cœur de son propre projet. Et cette exposition va consister dans la poétique stylistique comme vie de la vérité. A cet égard.

« je suis le 1er qui puisse en décider ». Nietzsche . dans la question de la vérité si et seulement si on est au régime de la possibilité de la décision. conquérir la possibilité de se prendre pour soi-même. . avec tous les guillemets qu’on veut.il en résulte que la vérité se donne dans la figure du risque. je parle en premier. ce qui veut toujours dire aussi : moi. on l’énonce en tant que soi. au point que l’expression « ne pas céder » va très naturellement venir sous sa plume dans Ecce Homo : « mon instinct résolut irrévocablement d’en finir avec cette habitude de céder. Donc. plutôt que les faire travailler comme symptômes. en tant que décision qui se prononce. de me prendre pour un autre ». L’enjeu du dire véritable va être de se prendre pour soi. se prendre pour soi. ce que Nietzsche sait très bien. c’est véritablement l’enjeu du « dire philosophique ». c’est là qu’est la tension ou l’exception. ou je suis le premier qui la parle. de faire comme tout le monde. on a la responsabilité absolue – on doit porter solitairement la responsabilité absolue. et non pas pour un autre. Ceci signifie aussi – et c’est un point essentiel – que Nietzsche est le 1er à établir son discours sous la thèse qu’il n’y a pas de vérité de la vérité. antérieurement à l’établissement conceptuel de ce régime dans le cours du discours analytique. et les faire travailler philosophiquement. si elle évoque quelque chose dans l’histoire de la philosophie. c’est vraiment de ne pas céder dont il s’agit.parce que. ie de la possibilité de parler en son propre nom. En revanche. la connexion est extrême. ce qui est aussi extrêmement proche de toute série d’enseignements ultérieurs du discours analytique. je suis le 1er qui puisse en décider ». ie au contraire de toute figure de sagesse ou de contemplation. Alors de quoi s’agit-il dans ces énoncés ? statut des énoncés de la folie . mais celle de la manière dont on l’endure. c’est bien ce que Nietzsche veut dire lorsqu’il dit qu’il est lui-même et s’installe au cœur de son propre dire. en réalité. c’est la folie comme « masque d’un savoir funeste et trop certain ». La vérité. La question fondamentale de la vérité c’est : qu’est-ce que je peux en supporter ? Ce n’est pas la question de sa recherche ou de sa contemplation. Nietzsche est entièrement un philosophe qui a poussé jusqu’aux extrêmes limites l’impératif de parler rigoureusement en son propre nom. c’est toujours le régime du faire comme tout le monde. parce que c’est l’énonciation qui lie la vérité à sa puissance. C’est clair que la vérité est pour part une question de souffrance. ie dans le désir auquel on est coextensif. « Je suis le 1er » : cela. ie de parler comme soi-même. On dira que chez Nietzsche est projeté dans la philosophie un régime hystérique de la vérité. la vérité. De ce point de vue. en vérité. ne s’autorise que d’elle-même en tant précisément que régime pur de la profération décisive.la 2ème chose. Et qu’on est. ou le régime sériel de l’opinion. conquérir la possibilité de ne pas céder sur son désir de dire. et je la décide. Or. mais au régime de l’énonciation. en effet. la vérité. ie le régime de l’anonymat du on. Mais le cœur de la question est d’établir que la vérité est au régime de la possibilité de décision. bien entendu. C’est vraiment l’établissement de la vérité à son régime hystérique : « moi. la maxime « ne pas céder sur son désir ». . Prenons par exemple cet énoncé tout à fait emphatique de Ecce Homo : « je suis le 1er à détenir le critère des « vérités ». mais rien ne vient en surplomb de cette décision pour la garantir ou l’autoriser. Ce point de méthode est tout à fait crucial à mes yeux. Il y a une décision de vérité. et que tout le problème est de savoir ce qu’on est capable d’en supporter. Le régime ordinaire c’est : je fais comme tout le monde.il s’agit d’abord de parler en son propre nom. c’est que le régime commun de la parole. va de pair avec ceci qu’on est convoqué au vrai dans la figure du décider et non pas dans la figure de l’extériorité ou du ralliement. je parle ». non pas au régime de l’approbation ou de l’argumentation. et non pas pour un autre. Il est d’ailleurs tout à fait frappant de voir que entre ce que Nietzsche entend comme « parler comme soi-même » et ce que Lacan entend par « ne pas céder sur son désir ». de telle sorte qu’on soit bien convaincu que ce qu’on énonce. dès lors que je me prends pour moi. Voilà pourquoi je crois qu’il faut prendre ces énoncés au pied de la lettre. Parler en son propre nom. Il s’agit bien d’un pouvoir lui-même sous la dépendance de se prendre pour soi. et rien d’autre. c’est que la vérité est toujours au régime de la décision. et par conséquent je me prends pour un autre.

D’une manière générale. en dépit de la ressemblance. Il est aussi celui qui témoigne pour la déclaration qu’il fait.être absolument soi. par exemple. Quand nous parlerons de l’art. alors ceci engage l’humanité tout entière. tous les thèmes renvoyant à une connexion poétique de l’énonciation autour d’une configuration textuelle. Ce n’est pas qu’on soit le martyr de la vérité qu’on déclare. Voilà pour toute une série de choses à avoir à l’esprit pour se rapporter au texte nietzschéen. Et.décider et risquer quel qu’en soit le prix . si on l’évalue autrement que comme une phrase de la folie ? Eh bien alors. mais ma vérité est terrible ». Ce grand midi du témoignage de la déclaration du vrai est aussi le terrible. ie au sens où il faut souffrir pour que du fond de cette souffrance vienne la rédemption salvatrice. La thèse radicale de Nietzsche pose que c’est une seule et même chose. mais au sens de la question de savoir quel animal suis-je pour supporter. lorsqu’on établit un écart entre celui qui dit et ce qui est dit. mais une vérité est vraiment ce qui se déclare. pour savoir ce qu’on peut ou ce qu’on va lui demander : . risque. le dire authentique. se prendre pour soi. car le réactif. c’est pour le sujet qui l’endure dans la modalité du fait même que c’est par sa bouche qu’elle parle. pour qui il n’y a pas de différence entre l’art et l’artiste. Ecce Homo concentre tout cela dans cette citation que je prends au plus près de cette projection du schème hystérique : « c’est la vérité qui parle par ma bouche. comme toujours. dans Ecce Homo : « je porte sur mes épaules le destin de l’humanité ». nous verrons l’approche particulière de Nietzsche. ie rompre avec l’opinion comme série . endurer ou souffrir de telle ou telle quantité de vérité. mais c’est qu’on en est le joyeux témoin en tant que cette joie est précisément le terrible comme tel. dont celui qui rompt et déclare est le véritable témoin. il n’y a pas d’écart. exposition de soi. à parler en tant que soi et non pas en tant qu’autre. à supporter ce qu’il déclare. Mais comment la comprendre ? Comment comprendre sa projection philosophique ? C’est cela qui nous intéresse. et effectivement. ie l’exposition de l’élément du terrible comme rupture interne au dire lui-même. ce serait une interprétation irrecevable aux yeux de Nietzsche. fût-elle infime. ie d’être enjoint à la déclarer On peut dire que pour Nietzsche. qui atteste que cette dose là de vérité est endurée par le sujet qui a consenti à être soi. celui qui dit et ce qui est dit. donc le dire philosophique. il ne faut pas instaurer un écart. sait-il risquer ? Voilà ce qui de plus en plus devint pour moi le vrai critère des valeurs ». (préface.affronter le terrible en tant que c’est de parler la vérité. c’est l’exposition de l’énonciation comme rupture. mais strictement qu’entre le type artiste et l’art. Il faut prendre témoignage au sens fort. On peut dire a priori : phrase délirante de paranoïaque. la vassalité et l’abaissement commence. régime qui fait qu’une vérité n’est jamais ce qui s’argumente ou ce discute. Toute vérité est dans la figure risquée d’une déclaration. Ce n’est pas simplement qu’elle va terroriser le monde. dont nous verrons que c’est l’acte philosophique selon Nietzsche. Un tel interstice est quasiment l’originaire du négatif dans l’histoire de l’humanité en tant que disjonction. parce qu’il expose la façon dont il endure la rupture qu’il déclare. 3) Donc : décision. une vérité est d’abord une rupture terrible donnée dans une forme déclarative. à mon sens. même si cet engagement ne porte que sur un seul de ses points. il n’y a pas d’écart. ça ne veut pas du tout dire cela. bien sûr non pas au sens rédempteur ou chrétien. Ce n’est pas simplement que l’auteur est dans son œuvre et que seul le biographique compte. Or. ie quel est son fonctionnement non symptômal. elle l’est. Nous verrons comment cette figure. la prêtrise. le premier pour qui elle s’avère terrible. Une page très claire là-dessus dans Ecce Homo : « quelle dose de vérité un esprit sait-il supporter. aux yeux de Nietzsche. elle veut dire ceci : d’abord. cela engage toute l’humanité : chaque fois qu’il y a exposition intégrale de l’énonciation comme rupture. ce qui est très difficile à comprendre dans la logique productiviste dans laquelle on conçoit l’art.le répétera très souvent. C’est uniquement qu’en ayant tout cela à l’esprit que l’on peut comprendre des phrases comme. véritable. dont le principal témoin et la principale preuve est le sujet de l’énonciation lui-même dans sa capacité à endurer. à chaque fois que ceci se produit. Le fait que cela l’engage en un seul de ses . est en réalité à l’opposé de la figure du martyr. entre ce qui est dit et celui qui dit. Nietzsche sous-entend qu’elle est primordialement terrible pour lui. ie qu’il est le témoignage probant de la déclaration qu’il fait. entre ce qui est dit et celui qui dit.

où que ce soit que cela se produise. et cela j’y suis pour ma part très sensible en tous les sens du terme. si on se plie aux règles nietzschéennes. ie la même chose que son texte. en ce point. à vrai dire. mais il y a simplement sens à prendre position au regard de ceci : il y a eu Nietzsche. Et si en un de ses points il y a réellement absence d’écart entre ce qui est dit et celui qui dit. ie celui qui est la même chose que le texte. dans l’histoire de l’écriture. car rien. on pourrait être tenté de dire qu’au regard de Nietzsche. de la pensée de l’humanité. A ce moment là. sans écart entre celui qui dit et ce qui est dit. Et Nietzsche aura. parce qu’il y a résiliation de l’écart et survenue de terrible. et modeste. ie de l’inscrire dans son sillage. elle exige de savoir. lui. Nietzsche. porte sur ses épaules le destin de l’humanité. en faisant cela. et d’en faire le libre usage qu’on veut comme on fait d’un événement. n’est numérique ou statistique ou nombreux. du fait qu’il a lieu. d’un écart qui régnait par ailleurs. chez Nietzsche. Voilà pourquoi Nietzsche peut dire : « je porte sur mes épaules le destin de l’humanité » sans qu’à ses propres yeux cette phrase soit emphatique ou délirante. il n’y a qu’à prendre acte de ce qui a lieu. le sort de l’humanité tout entière est en jeu. faisant cela. Je vous donne une toute dernière citation de Ecce Homo : « avant de m’avoir lu. le destin de l’humanité est tout entier en jeu. On peut dire aussi. ce qui a eu lieu. mais qui signifie que l’avoir lieu nietzschéen se manifeste comme événement dans une capacité inaperçue de la langue. de prendre acte que Nietzsche a eu lieu.points n’a pas d’importance. si on donne au terrible le statut que lui donne Nietzsche. ie ce qui met en jeu le destin de l’humanité. il peut se produire qu’en un point cet écart soit circonstantiellement ou momentanément annulé et qu’il y ait exposition de l’énonciation comme telle. Et Nietzsche a une profonde. n’exige pas de nous un ralliement ou une conviction. Mais je crois qu’il n’y aurait vraiment aucun sens à être nietzschéen ou anti-nietzschéen de ce point de vue. Il n’y a donc pas de sens à être nietzschéen. car à mon . n’a jamais de statut général. quand il y a exposition intégrale de l’énonciation. Ce qui existe. Encore une déclaration « folle » et emphatique. ce qui est advenu. Il n’y a pas de généralité. c’est que chez Nietzsche rien n’est donné sous la forme de la généralité. simplement il est en train – spécialement dans Ecce Homo où c’est : me voici ! – d’établir un régime de discours. ie toujours la résorption. et alors. qui est donc la même chose que la déclaration du vrai. une disjonction est résorbée en un point. de l’art. ie ce qui compte comme un point où l’histoire de la pensée se réaccorde à son réel. Nietzsche est l’événement déclaratoire qui révèle ce dont la langue est capable. et non pas l’auteur ou le produit innocent. Or. en effet. outre tout ce que nous venons de dire. Autrement dit. ce que l’on peut faire en général du langage ». pour argument principal de dire qu’il a révélé ce dont la langue est capable. Or le texte nietzschéen ne se tient pas dans une configuration doctrinale. mais dans une figure déclarative événementielle. comme c’est d’ailleurs le cas de toute situation événementielle. ou au contraire d’en abolir les effets. Nietzsche lui-même dira très brutalement qu’avant toute chose. l’événementialité est un avènement déclaratoire du vrai dont le signe le plus flagrant nous a révélé une dimension inouïe de la capacité de la langue. cela est vrai de tout événement. Donc. c’est dira-t-on. ce que nous pensons de la puissance formelle de cet avoir eu lieu. et celui qui est là. ie l’attribut primordial d’une vérité quelle qu’elle soit. est avant tout dans la puissance d’une forme. Cette déclaration événementielle a eu lieu. dont on partagerait les thèses principales argumentées. on ne sait pas ce que l’on peut faire de la langue allemande. donc elle entre dans le régime général de ce qui a eu lieu. c’est toujours quelque chose qui est en un point. aux yeux de Nietzsche naturellement et en dernier ressort. ie que la captation de cet avoir lieu n’est pas une captation doctrinale. il est un événement. Il révèle une capacité antérieurement inaperçue de la langue. Face à tout cela – et pour en revenir au point de départ de cette toute 1ère traversée – on peut se dire : comment questionner l’œuvre de Nietzsche ? Au fond. Le seul rapport qu’on puisse soutenir à Nietzsche. même en un de ces points. et rigoureuse conscience que. mais tout est typique et localisable. Donc on peut dire qu’il n’y a qu’à prendre acte de cet événement. Cet écart est un disjoint entre ce qui est dit et celui qui dit. le sort de l’humanité est en jeu. C’est ce que dans un langage lacanien on appellerait le point de capiton de l’histoire de la pensée. car nietzschéen renverrait à l’idée d’une doctrine. que l’absence de toute distance entre le sujet de l’énonciation et le sujet de l’énoncé.

a enduré la vérité comme terrible. Nietzsche ne fait que redire qu’il faut le lire comme un événement et non pas comme une doctrine. C’est très beau. on en reste stupéfait. Ce sont des passages très émouvants. nu. comme personnage extraordinaire par naissance ou par vocation. dans la dernière année. On peut être de cet événement au sens où on le reconnaît. Du reste. c’est. alors la philosophie est adressée et reconnue par n’importe qui. par n’importe qui. c’est la même chose que la reconnaissance de sa déclaration de vérité ou que son exposition subjective dans la langue. aux yeux de Nietzsche lui-même. nous avons à nu la vocation générique de la philosophie elle-même. Donc.sens. tout événement convoque toujours une capacité inaperçue de la langue. qui est antérieurement inaperçue. puisque c’est lui comme tel qui s’expose dans son texte. donc comme argument en la faveur de son texte. on peut finalement reconnaître ou ne pas reconnaître l’événement nietzschéen. non pas. Les événements. l’exposition absolue du sujet au risque et à la décision pure de la déclaration du vrai. qu’il en est venu à penser que n’importe qui dans la rue le reconnaissait comme tel. sinon il reste innommable. au péril de sa propre déclaration. dans sa chère Italie. voilà ce dont elle est capable. au point que lorsqu’on se souvient que le nationalisme allemand s’est réclamé de lui. ie rien d’autre que celui qui s’est exposé. la reconnaître est une seule et même chose que de reconnaître ce qui a rendu la langue capable de ce dont elle était incapable. témoigne. reconnaître que Nietzsche est un événement de la pensée. encore une fois. donc indécidable. eux. Et Nietzsche. là. seul. parce que quelque chose est sur Nietzsche lui-même lisible de cette naïve exposition qu’il endure. ie où on en reconnaît la dimension événementielle ou pas. ie ce qu’on découvre de puissance dans la langue. Si vous ne faites pas d’écart. ie que si elle est réellement ce que Nietzsche en dit. C’est l’argument. reconnaissable même dans son anonymat. à savoir que n’importe qui reconnaît en Nietzsche. pratiquement inconnu dans la ville de Turin. car Nietzsche a une si forte conscience que ce qu’il demande est reconnaissance événementielle et pas un ralliement doctrinal. dans le texte rendu capable de ce qu’il était antérieurement incapable. parce que. qu’on dira aussi complètement fous. mais vous voyez comment ils viennent au cœur de ce que nous sommes en train de dire. mais ce qu’il appelle volontiers un prince de la vérité. Il dit : il y a là une puissance de la langue antérieurement inaperçue. ie comme Nietzsche étant indivisiblement celui qui dit et ce qui est dit. fait absolument intervenir comme argument en faveur de son texte qu’il est reconnu comme tel par la foule. Nietzsche dit cela . que le juste rapport à son intervention est celui-là. c’est drôle. ie à une ressource nominative d’elle-même. c’est que les vieilles marchandes des quatre saisons n’ont de cesse qu’elles n’aient choisi à mon intention les grappes les plus mûres. là encore. Il n’y a que les faits qui peuvent être nommés dans les ressources disponibles de la langue. la même chose que d’admettre qu’il a rendu la langue allemande (mais en réalité le langage en général) capable de ce dont il était incapable. mais en tant simplement qu’il a consenti à ne pas faire d’écart entre celui qui dit et ce qui est dit. Imaginons Nietzsche à l’époque absolument solitaire. Remarquez que. qui a simplement consenti à être soi sans céder au fait de se prendre pour un autre et qui. Nietzsche. fuyant l’Allemagne pour laquelle il a une haine dévastatrice. ce qui est tout à fait différent d’être ou de ne pas être nietzschéen. dans le chapitre de Ecce Homo intitulé Pourquoi j’écris de si bons livres. le plus générique. non pas du tout un sauveur auquel on se rallie comme à un prophète. je suis absolument exposé au risque et à la décision de la déclaration du vrai. Là encore. eh bien la marchande des quatre saisons vous donnera ses grappes les plus mûres. ici. car personne n’a haï l’Allemagne et les allemands à un point si excessif. du coup. en effet. et cette capacité inaperçue témoigne pour ceci que moi. Nietzsche. ie l’exposition de l’énonciation de n’importe qui. Il demande qu’on prenne au pied de la lettre la dimension événementielle attestée dans la langue. Je trouve cela magnifique. requièrent – c’est à cela qu’on en suit les traces – que la langue soit convoquée à son propre vide intérieur. au vu de ce que nous venons de dire. écrit (j’adore cela) : « ce qui m’a jusqu’à présent le plus flatté. Au regard d’une telle configuration. c’est très fou et c’est très beau. Voilà comment il faut être philosophe ». autrement dit non événementiel. indique. Ou encore : la lecture stylistique ou le rapport artistique à la langue nietzschéenne. indépendamment du fait de savoir si on l’a lue ou pas. Nous dirons donc que la puissance découverte de la langue. C’est bien le mode sur lequel Nietzsche vient à nous. Autrement dit.

Nietzsche. comme petit prince. ni le ralliement. est prononcé par tout le monde avec considération et respect. ie jusqu’à quel point soutient-il la radicalité qu’il s’accorde à lui-même ? Heidegger va donc interroger l’événement nietzschéen du biais de sa puissance novatrice. cependant il est radicalement subjectif. ie le nom de celui qui est sans nom parce que son nom n’est absolument rien d’autre que ce qu’il dit. qu’à l’abri de ce nom sans nom. l’interprétation de Heidegger La voie de Heidegger est réellement événementielle. Cela est essentiel. car le 21 décembre 1888 il écrit encore à sa mère : « il n’y a pas de nom qui soit aujourd’hui prononcé avec plus de considération ni de respect que le mien. et voyons comment les choses se passent dans cette surtension extrême de la définition générique de la philosophie. Sans nom. le 3 janvier 1889. parce qu’il demande une reconnaissance. car elle ne va pas du tout traiter extérieurement sa philosophie comme un corpus doctrinal. je suis dans un caractère si indissociable entre ce que je dis et celui qui le dit. et Nietzsche va s’effondrer. Eh bien ce point. si on parle d’effondrement. mais la reconnaissance. A ce 1er élément s’ajoute un 2nd élément. C’est très complexe. Ce Nietzsche est un nom sans nom. en quoi consiste la question adressée à cet acte ? C’est là. de sa singularité exceptionnelle. et un nom anonyme c’est un nom qui a enduré sa propre exposition sans autre récompense que la venue du terrible. fondamentalement il est susceptible d’être reconnu. que nous nous intéresserons aux livres de Heidegger et de Deleuze sur Nietzsche. ce n’est pas un nom qui le nomme comme s’il était un nom venu vers lui du dehors. ce n’est pas autre chose que le nom de lui-même. est très important. Pour l’instant. nous savons. ce qui signifie : aujourd’hui. Attardons-nous sur ce texte. si on la conçoit comme il la conçoit. qui a pour nom Nietzsche. la marchande des 4 saisons. par différence. c’est pourquoi c’est un acte paradoxal qui ne demande pas l’examen. à quel point Nietzsche n’est pas un auteur qui demande une demande. en tout cas. et le mouvement de Heidegger va être d’interroger cet événement dans son événementialité. au départ. Jusqu’à quel point cet événement est-il réellement un événement pour la pensée. ie qu’il établit le sujet au cœur du texte. point très important. L’emblème du générique est ici. Ça commence par ceci : « il n’y a pas de nom qui soit aujourd’hui prononcé avec plus de considération ni de respect que le mien ». La méthode sera immanente à Nietzsche. qui n’est rien. Disons aussi que le geste de l’acte philosophique n’est pas susceptible d’être étudié. un nom anonyme. un nom sans marque de reconnaissance nominale. Cette métaphorique du prince est très importante : le philosophe comme prince. canoniquement considéré comme la date où Nietzsche entre dans la démence. que cet acte est sans nom. comme le dit Nietzsche. Enfin. en quoi il est aussi poétique. à commencer par les marchandes des quatre saisons ». il est génériquement reconnu comme tel. sans titre. Si bien que revient notre insistante question : si l’acte philosophique demande la reconnaissance. dont elle sait le nom parce qu’il n’a pas de nom. parce que ça nous permettra de qualifier progressivement ce que j’appellerais l’acte philosophique selon Nietzsche. sans fortune. sans titre. le risque et la décision. qu’il y a une reconnaissance générique de la philosophie. et c’est ce nom sans nom que reconnaît la marchande des quatre saisons. mais va traiter Nietzsche comme il . est celui qui est reconnu par tout le monde en tant que nom sans nom. n’importe qui peut génériquement le reconnaître comme tel et le constituer comme prince. ie « sans nom. qui est que ce nom. sans fortune ».dans l’hiver 88. Nous voyons à quel point ceci est embarrassant. Je veux simplement fixer ma propre méthode. sans titre. à titre préliminaire. je suis traité ici comme un vrai prince et ce par tout le monde. ie d’interroger la radicalité de cet événement. En tout cas. et à cet égard il est sans nom. quelle question lui adresser ? S’il s’agit d’une événementialité déclarative que finalement la marchande des 4 saisons sait reconnaître sans la connaître. Heidegger traite réellement de Nietzsche comme un événement. c’est le point par lequel elle est fidèle à Nietzsche. par confrontation. et à ce point indistingable de lui-même. il accepte de le considérer comme tel. au cœur du texte nietzschéen. que ce nom même.

un casser en deux. 1er énoncé : la pensée de Nietzsche est d’ordre métaphysique. et pas du tout quelque chose qui vient en bord topologique dans une espèce d’effet de clôture. ie que Heidegger va tenter d’évaluer la rupture : que vaut. la rupture nietzschéenne ? Cadrons les choses en gros : cette évaluation par Heidegger de l’acte nietzschéen se fait selon une double approche : . ie dans la reconnaissance d’une déclaration événementielle. si l’événementialité de cet événement est à la hauteur de ce qu’il prétend. ie la figure de pensée de l’être qui autorise que l’acte ait ce nom. en termes événementiels. ce mouvement va conclure que la nouveauté événementielle de Nietzsche reste relative. mais en intériorité récapitulative en même temps qu’en effet de bord. Mais. Dans une toute 1ère approche. on peut dire que l’évaluation de l’événement Nietzsche par Heidegger consiste à l’évaluer dans la figure d’un point limite comme à la fois ce qui est en bord extrême. Heidegger examine sous ce nom et en tant que ce nom peut être approprié à l’acte nietzschéen de retournement de toutes les valeurs. éternel retour du même. par une mémorisation de l’événementialité de l’événement que l’acte nietzschéen sera dit rester interne à ce qu’il prétend ruiner. et examiner les conditions en pensée du nom de l’acte. .« l’ère de l’achèvement de la métaphysique [est] aperçue dans l’examen des traits fondamentaux de la métaphysique nietzschéenne ». quand Nietzsche parle de son propre acte. et pas du tout comme venir à la transgression de sa limite. et qui sera l’enjeu phénoménologique de la prochaine séance. à savoir la métaphysique occidentale et le platonisme. malgré tout. mais Heidegger va faire porter l’examen de façon de plus en plus serrée sur la question de savoir si cet événement est autant événementiel qu’il énonce qu’il l’est. celui de volonté de puissance. appréhender le nom de cet acte. d’un côté. ni une récapitulation. ie fin et récapitulation de ce dont c’est le bord. ni un achèvement. examiner les conditions en pensée du point de vue du destin de l’être de ce nom sous la double rubrique de volonté de puissance. de l’autre. ie que l’acte de rupture nietzschéen peut être évalué comme restant encore à l’intérieur de la métaphysique. Et. examen qui va tourner autour de 2 concepts. c’est bien qu’il n’est pas un point limite. point essentiel à mon avis. qui serait en même temps la disposition ultime de tout ce que ça clôt. Ce nietzschéisme va être au fond le protocole de ce que la métaphysique occidentale dessine comme son point limite.« la pensée de Nietzsche est d’ordre métaphysique.entend être traité. Heidegger va tout au plus condescendre à énoncer que Nietzsche est le bord d’achèvement de la métaphysique. Il faut noter que c’est tout à fait à l’opposé de la représentation que Nietzsche a de lui-même. point qui n’est pas au-delà. Mais ce sera. mais le fait est que s’il y a une chose que Nietzsche dit. 2ème énoncé. pour que l’acte fondamental au nom duquel il demande à être reconnu puisse s’appeler transvaluation de toutes les valeurs. les conditions de cet acte. même si à la rigueur il y a toutes sortes d’arguments pour dire que c’est quand même comme cela. c’est d’abord que c’est un bris. une cassure. et cet acte philosophique conçu comme un acte politique se tient dans la figure de casser en deux l’histoire tout entière. La chicane est la suivante : on va prendre l’acte. et celui d’éternel retour du même.élucider les conditions de pensée de cet acte. l’examen de ses traits fondamentaux permet de dire qu’on se situe dans l’ère de l’achèvement de la métaphysique. Je ne donne ici que le principe de parcours. Ce retournement radical est l’acte au nom duquel Nietzsche s’expose et déclare. Dans sa conclusion.tenter de décrire et d’évaluer l’acte lui-même sous le nom que lui a donné Nietzsche : transvaluation de toutes les valeurs. . Je ne dis pas que cela invalide l’interprétation heideggerienne. La représentation que Nietzsche a de son acte. Ce problème soulevé sera : quel est en réalité le rapport de pensée à l’être de Nietzsche. ceci est cadré par 2 propositions : . Autrement dit. Cette figure ferait honneur à Nietzsche du point de vue de la représentation de son acte. il le conçoit comme d’abord un acte politique. conformément à toute pensée occidentale depuis Platon ». Cependant. . On peut dire que le cheminement heideggerien sera d’accueillir la dimension événementielle. comme on le sait.

ce qui. mais en tentant de pointer la voie ouverte. Et lui. en la matière. mais ce n’est pas pour cela que le nom épuise la substance de l’acte par sa circulation dans l’ensemble de la pensée de Nietzsche. et donc Nietzsche se mesure à la Révolution Française. ou la folie. Nous essaierons de faire travailler ce point. à partir de là. Je prépare un événement qui selon toute vraisemblance va briser l’histoire en 2 tronçons au point qu’il faudra un nouveau calendrier dont 1888 sera l’an I ». axiomatiquement. Le fait que Nietzsche dise que l’acte philosophique par lequel il s’apprête à casser en 2 l’histoire du monde soit la transvaluation de toutes les valeurs. Il faut recommencer la question de l’an I. Bref. . sans prendre garde que la qualification de l’acte ne soit pas épuisée par le nom qui lui est donnée. Nietzsche est tout sauf un contre-révolutionnaire. comme si. Or. l’exégète danois de Nietzsche. comme un « nouveau calendrier ». Nietzsche déteste la révolution française. seule entreprise précédente à avoir. c’est le nihilisme achevé dans le surmonter. en quoi il reste fidèle à Nietzsche. car c’est bien le nom que Nietzsche énonce. Nietzsche n’est donc pas du tout la pensée immanente d’une clôture. Or. la métaphysique appropriée par Heidegger au cas « Nietzsche ». Je crois que la représentation que Nietzsche a de lui-même est réellement la pensée d’une brisure. encore une fois. le nom de l’acte philosophique selon Nietzsche supportait ou pourrait endurer la totalité de l’interprétation de cet acte. que Nietzsche. pour Heidegger. C’est un point essentiel pour moi car. si raffinée soit-elle. à savoir la caractérisation véritable de l’acte philosophique selon Nietzsche – ce point. ce qu’il propose. ie au nom en valeurs. C’est le nihilisme achevé dans la séparation de sa propre essence. mais en pensée. encore proprement métaphysique. et on peut dire de façon trop sommaire. puisque Nietzsche prétend disposer des moyens de surmonter le nihilisme de l’intérieur même du nihilisme. et cela va se faire dans le bris en deux de l’histoire du monde. daté de décembre 1888. des révolutions manquées.Parmi les nombreux textes sur ce point. Heidegger a finalement manqué quelque chose dans son évaluation. du nihilisme. ce qu’il leur reproche. transvaluation de toutes les valeurs. peut-être le plus frappant est un brouillon de lettre de Georg Brandes. mesquines. déteste les socialistes. c’est que Nietzsche voit son acte philosophique dans l’image de briser en 2 tronçons l’histoire de l’humanité tout entière. Or. ce qu’Heidegger rattache à l’éternelle pbtique de la valeur. puisque c’est de lui toujours qu’il s’agit. ou encore la pensée à hauteur de son acte. la folie comme étant simplement « le masque d’un savoir funeste et trop certain ». c’est la métaphysique prise dans la figure de son achèvement. qui lui-même a pour nom le nihilisme. ou même la pensée indiscernable de son acte. Mais tenons. Dans sa détestation idéologique des figures de la révolution. Et ce qui est certain. Heidegger part trop du nom de l’acte et pratique une espèce de nominalisme intra-nietzschéen. ie la révolution telle que la pensée de la révolution est à hauteur de la révolution. ce que je ne crois pas. l’acte philosophique est conçu par Nietzsche comme un acte révolutionnaire. Il est de l’époque des révolutions. politique. au sens où il est ultimement aveugle à sa propre essence. radical et fondateur. mais il l’est dans la pensée. Pour Heidegger. se dispose dans la catégorie métaphysique au sens précis où penser comme philosophie le texte nietzschéen sera rapporté ou mis en subsomption de la métaphysique. en effet. c’est le véritable an I. constituée un nouveau calendrier. car la question de la philosophie selon Nietzsche doit partir de la représentation extraordinaire que Nietzsche a de l’acte. est finalement bien dans une pbtique de la subjectivité inconditionnée. Voilà la représentation nietzschéenne de son acte. l’appropriation du nom Nietzsche. et même la très grande. donc quelques jours avant ce qu’on convient d’appeler l’effondrement : « nous venons d’entrer dans la grande politique. ie au nom en transvaluation de toutes les valeurs. Je pense qu’il y a dans la configuration nietzschéenne de l’acte quelque chose de rebelle au nom qu’il lui a donné. Qu’Heidegger se soit posé la question de : pourquoi l’acte avait ce nom. c’est d’être des révolutions avortées. fait de Nietzsche l’emblème du nihilisme achevé. par conséquent il le voit comme une ouverture absolue d’une n nouvelle ère. ce qu’il fait très fortement du point du nom. j’aurai l’occasion de soutenir que Nietzsche est sans doute le penseur qui a essayé de porter la philosophie à hauteur d’une révolution. empaquetées dans le christianisme.

ne se laisse pas surmonter. déchaîne le nihilisme lui-même. ce que Deleuze met au centre de sa perception de Nietzsche. ie la métaphysique nietzschéenne. puisque. intitulée : la détermination ontologico-historiale du nihilisme (1944-46) : « quand la métaphysique de Nietzsche non seulement interprète l’Etre à partir de l’étant dans le sens de la volonté de puissance en tant qu’une valeur. parce qu’il n’est plus même retenu par sa propre essence. Et. Et en tant que Nietzsche a doté le nihilisme d’un tel programme. précisément. pour Heidegger. est le programme de pensée nietzschéen. car la détermination historiale essentielle du nihilisme est ce qui. au regard de la spécification de Nietzsche comme entreprise qui de l’intérieur du nihilisme l’achève comme aveuglement sur sa propre essence. mais il critique l’idée que ce retournement puisse prendre la figure ou la forme d’un programme instituant. si l’on entend par révolution une vision programmatique de la rupture historique. il l’a délivré de la prescription de la visibilité de sa propre essence. sous forme de pure efficience. Mais dès lors que le nihilisme. le passage peut-être le plus synthétique se trouve précisément dans la 6ème partie du tome II : La Métaphysique de Nietzsche (1940). Nietzsche est celui qui a doté le nihilisme d’un programme. La question est de savoir si elle est pertinente.Dans l’entreprise de pensée que représentent les 2 tomes du Nietzsche de Heidegger. de l’intérieur de soi-même. prétendant le surmonter. ou arraisonnement de l’étant. En ce sens. et ce qui est intéressant. s’exprime dans le programme de ce surmonter. qui se trouve dans la 7ème partie du livre. mais que Nietzsche va jusqu’à penser la volonté de puissance en tant que le principe d’une institution de valeurs nouvelles et entend. Heidegger saisit et pense chez Nietzsche la dimension programmatique de l’élément révolutionnaire de la pesée. donc énonce comme sa capacité la plus ultime ce dont précisément il est incapable. Ce n’est pas le point de départ de Deleuze. est une autre affaire. alors est libérée. et veut celle-ci en tant que ce qui est censé surmonter le nihilisme. et en a déchaîné l’efficience. Il dit que le surmonter le nihilisme qui. le passage le plus frappant se trouve page 301 du tome II. ne met pas au 1er plan l’exposition subjective. le nihilisme est ce qui ne peut pas être surmonté. il établit l’opacité de son essence. de telle sorte que cet embarras se retranche par rapport à sa propre essence. Voilà la voie d’une puissance cohérente dans l’appropriation du texte de Nietzsche. c’est Nietzsche comme philosophe tragique. le programme destructeur du renversement de toutes les valeurs. On pourrait presque dire que c’est sa définition. Au passage. Deleuze adresse . sous la forme d’une réduction du nihilisme. ie si le texte nietzschéen se laisse exposer à cette appropriation. mais aussi le programme de l’institution des nouvelles valeurs dans la figure du grand midi de l’affirmation. ne fait que transposer celui-ci dans l’efficacité de sa dés-essence déchaînée ». qui n’est pas non plus la dimension révolutionnaire de l’acte. qui est descriptivement la plus représentative de l’opération de pensée heideggérienne sur Nietzsche. et ainsi. Là où l’essence vient à s’obscurcir au point de se retrancher de ce dont elle est l’essence. une fois intériorisé le jargon heideggerien. à savoir le programme combiné d’une destruction de ce qui est et de l’avènement d’une nouveauté radicale. à savoir pas tant l’idée générique d’une rupture. alors le nihilisme se trouve effectivement déchaîné. au contraire. sa qualification principale. mais ce que Deleuze va tenter de spécifier intégralement. aux yeux de Heidegger. ie le renversement de toutes les valeurs. l’interprétation de Deleuze Par contraste. c’est alors que l’extrême embarras de la métaphysique dans l’inauthentique du nihilisme en vient à se prononcer par cette volonté même de le surmonter. Le mouvement de ce texte est clair. à certains égards. la puissance pure du nihilisme lui-même. à savoir que. sur laquelle nous aurons à revenir. que le nihilisme doté d’un programme de sortie du nihilisme accomplit essentiellement le principe de déchaînement du nihilisme. fût-ce l’institution de valeurs nouvelles. Heidegger soutient. ce que Heidegger appelle « la dés-essence déchaînée » du nihilisme. je voudrais faire la remarque suivante : Heidegger saisit bien quelque chose de l’essence formellement révolutionnaire de la pensée de Nietzsche. mais aussi et surtout l’institution de valeurs nouvelles. car après tout Heidegger appelle et institue aussi la forme d’un retournement. c’est que c’est proprement ce qu’il critique.

qui déploie à propos de Nietzsche l’agencement de la philosophie tragique : comment. une fois ceci dit. ie ce que quiconque est. Et. Le philosophe tragique est aussi celui dont la déclaration de pensée est que la valeur de la vie ne saurait être évaluée.la première. c’est moi qui vient de le reconstituer. . c’est qu’il y a tragique quand est rencontré un fond inévaluable. lorsqu’on est quelque chose – c’est un fragment de pensée qui croise la dérobade du fond et la supplémentation du hasard. aussi. dont Nietzsche revendique lui-même l’appellation.1er plan : il expose d’abord les raisons pour lesquelles toute philosophie tragique substitue la question du sens à celle de la vérité. Le couplage essentiel va être celui du tragique et du pessimisme. et pas du tout une nécessité formelle qui précède ou un déterminisme. Tel est le destin qui fonctionne dans la tragédie grecque. Et comme le dira encore Nietzsche dans Ecce Homo : « je suis toujours à la hauteur du hasard ». il y a le hasard à la hauteur de quoi il faut être de façon incalculée. inévaluable. . Ce sera sa 1ère interprétation essentielle. Cette maxime établit malgré tout ce fond soustrait. qui constitue le tragique comme fatalité. systématiquement. elle.la deuxième référence qui caractérise le tragique.pourquoi JE – et dans le Crépuscule des Idoles. Le héros tragique est celui qui est dans la double épreuve à la fois exposé à la dérobade de l’évaluation du fond en même temps que vient le frapper un hasard supplémentaire à la hauteur duquel il essaie désespérément d’être. Il ne faut pas du tout prendre destin en tant que figure de la nécessité. Ecce Homo : « je suis en droit de me considérer comme le 1er philosophe tragique.à Nietzsche la question suivante : que signifie une philosophie tragique. Chez Nietzsche. dénoté en même temps que totalement affirmé dans le régime de l’évaluation. inaccessible à partir de ce que ce fond fonde. en un sens quasi universel ? Le tragique me semble avoir 2 références essentielles : . La fatalité tragique au sens nietzschéen commande 2 énoncés. Nietzsche est philosophe tragique parce qu’il est « toujours à la hauteur du hasard ». le fond inévaluable est d’un bout à l’autre de sa pensée appelé la vie. en plus. Si on prend fatalité au sens que je viens de dire . Du côté du fond. qui est le principe de toute évaluation est. qui est aussi bien sûr l’opposition entre Nietzsche et Schopenhauer. en un 1er sens. Donc une philosophie tragique exige une pbtique du sens. mais finalement. le tragique. c’est le centre de gravité du propos deleuzien. un fond sans fond ou soustrait aux normes qu’il fonde. comme destin en son sens grec. c’est que le hasard est irréductible. Nietzsche établit la philosophie au régime de la question du sens et cela précisément parce que la dérobade du fond et la supplémentation hasardeuse exigent une pbtique du sens. et serré par rapport au corpus nietzschéen – a pour emblème la désignation d’un type de philosophie exemplaire. Le tragique est donc la corrélation d’un inévaluable et d’un hasard qui supplémente. la philosophie de Nietzsche va être tragique parce que la vie. soustrait à l’évaluation et. la philosophie arrive-t-elle à un montage chez Nietzsche ? Deleuze examine ce point sur 2 plans.ce que l’on est. La phrase qui ouvre son livre dit ceci : « le projet le plus général de Nietzsche consiste en ceci : introduire en philosophie les concepts de sens et de valeur ». Or. mais qu’il est requis d’essayer d’être à la hauteur de la vie. Il y a coup de dés. Donc on part des mots intra-nietzschéens. qui va se déployer de façon extraordinairement ordonnée – le livre de Deleuze est particulièrement construit. au sens où Nietzsche entend lui-même une philosophie tragique ? Le contexte de l’évaluation deleuzienne. c’est la corrélation du fond et l’excès de hasard. le destin de la tragédie grecque c’est la corrélation exposée entre le manque d’évaluation de ce qui fonde et l’excès incalculé du hasard. . ie comme l’extrême opposé d’un philosophe pessimiste ». cherchant à savoir ce que l’on est. intitulé « pourquoi je suis un destin » . qui est le type tragique. L’occurrence qui advient dans la figure du terrible ne se laisse résorber par rien. Nietzsche dira : « on est un fragment de fatalité ». quelque chose se dérobe. Que faut-il entendre par tragique au sens nietzschéen. Crépuscule des Idoles : « la valeur de la vie ne saurait être évaluée ». ce qui donnera de très belles pages comparatives de Deleuze entre Nietzsche et Mallarmé. que vous trouvez dans un chapitre entier de Ecce Homo. Si vous voulez. bien qu’il ne le dise pas ainsi.

Deleuze touche un point important et réel. c’est la philosophie tragique comme logique du multiple typique. chez Heidegger. naturellement. puisque Deleuze assume le principe typologique de la pensée nietzschéenne. Au lieu que. mais parce que ceci l’amène à traiter une question à mon avis fondamentale. le surhomme. « la valeur de la vie ne saurait être évaluée ». non pas seulement en énonçant qu’il y a une grande typologie nietzschéenne des foyers. et au point où quelque chose vient à manquer se donne un excès. qui est Nietzsche. le dernier homme) et finalement. L’interprétation deleuzienne consiste alors en un parcours typologique de Nietzsche réglé par la corrélation non dialectique entre forces actives et forces réactives. Donc les questions que Deleuze va adresser à Nietzsche vont être essentiellement des questions typologiques. Voilà. qui est chez Nietzsche la question des noms propres. elle consisterait à dire : Nietzsche. la vie comme telle n’est qu’un nom. on est dans la pluralité du sens.. De ce point de vue. dernière maxime. l’actif et le réactif . Nietzsche lui-même est un type. . ie quels sont les différents types repérables à partir desquels il y a donation de sens ? Ce sera la question axiale traversée par une logique. la vision deleuzienne va s’attacher. Nietzsche s’engage dans une interprétation qui délivre une théorie cohérente du multiple entant que théorie du multiple de ce qui donne sens. Nietzsche disant de lui-même (mais lui-même est une catégorie de sa philosophie) : « je suis toujours à la hauteur du hasard ». c’est le corrélat d’un manque et d’un excès. comme toute pensée est évaluation. le type de la philosophie tragique. doc le croisement du dérobement de ce qui fonde et de la supplémentation par un hasard qui. A partir de la détermination de la philosophie comme philosophie de type tragique.logique : logique des forces. l’appropriation du nom Nietzsche se fait sous la catégorie centrale de philosophie tragique. à savoir les types. mais il n’est pas le seul. autrement dit la question typologique sera traversée par une logique des forces actives et réactive. Si bien que si on avait à résumer en un seul mot la question que Deleuze pose à Nietzsche. ne comble pas ce qui fonde. eh bien c’est au regard de tout cela que je tenterai de dessiner ma propre voie en contraposition et en réexamen de tous ces points à partir de la séance prochaine. le nom dérobé de ce qui fonde. Or. comme le tragique c’est la corrélation d’un fond qui se dérobe. excès qui n’est jamais comblement de ce manque. tout l’accent porte sur le programme de pensée attribué à Nietzsche par Heidegger.typique : cela se cristallise dans des types (le prêtre. l’usage que Deleuze en a. vie étant le nom possible du fond chez Nietzsche. dans le style descriptif essentiel à Deleuze. il faut utiliser une logique des forces qui distribue les forces actives et les forces réactives comme 1ère logique binaire des forces. étant entendu que nous en avons déjà rencontré un principal. Cette logique du manque et de l’excès trame la logique de Nietzsche. à la description d’un parcours lié de la multiplicité typologique à l’œuvre chez Nietzsche. en un certain sens. ie d’une nomination fondatrice soustraite à cela même qu’elle fonde.le 2ème plan va être que la philosophie tragique va examiner la multiplicité du sens. Et. Zarathoustra. Donc Nietzsche nomme de façon exemplaire la philosophie dans son type tragique. . Quelle est la fonction des noms propres chez Nietzsche.multiple : il y a des donations de sens.philosophie tragique : hasard et infondation du fond . jamais une seule . La pensée tragique se tient donc dans le croisement de ceci qu’elle ne peut évaluer ce qui la fonde en même temps qu’elle s’efforce d’être toujours à la hauteur du hasard infondé. Si on veut spécifier les types à partir desquels il y a donation de sens. ie le programme de surmonter le nihilisme. et d’un hasard qui supplémente. mais précisément ce à partir de quoi il y a valeur reste absolument inévaluable et. Pour Deleuze. le tragique. des principes ou des intensités de sens. Donc : le nom Nietzsche désigne la philosophie dans son type tragique. car à partir du moment où on abandonne l’unicité de la vérité. ce qui est évident.

et qui est ce dont le texte de Nietzsche demande qu’il soit pris acte. ie de « Nietzsche » comme catégorie du texte de Nietzsche. est une reconnaissance générique. c’est de l’existence même de Nietzsche. C’était une manière d’entrer dans la singularité de Nietzsche. Ou encore : Nietzsche se présente lui-même. Il y a un Nietzsche qui est. comme une signature d’auteur. et que. cette figure du philosophe et du rapport à son texte. et puis il y a le « Nietzsche » que l’on pourrait. elle n’est pas adressée. il n’est pas la sous-jacence abolie de l’auteur. texte compris naturellement. le nom propre circulant auquel nous sommes accoutumés. Indiquons au passage que cette demande de reconnaissance ne se présente pas réellement comme une demande narcissique. ie de ne pas le traiter d’emblée comme un référent philosophique textuel comme un autre. « Nietzsche » est explicite dans Nietzsche. Comme il y a un portrait nietzschéen du philosophe. Nietzsche demande que soit pris acte de cette existence. mais bien comme une demande catégorielle. Nietzsche porte les emblèmes de « Nietzsche ». c’est cet anonymat princier qui est reconnu de façon générique. qui est le mort dont son texte est le vif. Elle n’est pas destinée. Enfin. comme déposition de la pensée. bien que cette indépendance au regard du texte ne soit pas non plus la reconnaissance d’une personne ou d’un sujet psychologique. Disons que dans tout ce qu’il fait. ie que Nietzsche demande que la catégorie « Nietzsche » soit inscrite comme telle dans le devenir de la pensée. c’est non pas être l’auteur d’un texte doctrinal. mais on remarque aussitôt que ce dont Nietzsche demande qu’il soit pris acte. mais de saisir ce qu’il y a d’absolument spécifique dès le moment où l’on tente de développer un protocole quelconque d’appropriation de son texte. Il faudrait ici – c’est ce que suggère Sarah Kofman dans on livre récent sur Ecce Homo. c’est une figure de reconnaissance. au fond. Et Nietzsche ajoute : « voilà comment il faut être philosophe ». qu’être philosophe. il est nécessaire et suffisant de prendre acte : la prise d’acte est le véritable rapport que le texte nietzschéen exige et c’est la figure de ce que j’appellerais sa singulière autorité. et qu’on appelle « Nietzsche ». par exemple. j’avais entrepris de vous parler des difficultés tout à fait particulières d’appropriation des textes de Nietzsche. ni ne demande à proprement parler un ralliement. et du reste il l’est. en partie indépendamment du texte même. ie que du fait même que ce texte a eu lieu. mais c’est porter les emblèmes probants de la vie même dont le texte est le texte. elle est quelconque au sens où Nietzsche peut et doit être reconnu par quiconque comme « Nietzsche ». Evidemment. Je vous avais dit que la difficulté centrale convergerait vers ceci que Nietzsche ne demande pas par sa proposition textuelle sa soumission à un examen ou à un commentaire. comme catégorie immanente du dispositif du texte. j’avais indiqué que cette reconnaissance que Nietzsche exige. c’est que les vieilles marchandes des quatre saisons n’ont de cesse qu’elles n’aient choisi à mon intention les grappes les plus mûres ». « Nietzsche » est présenté dans sa vie même et non pas dans sa rature ou dans sa mort à l’intérieur du texte nietzschéen. ie comme ce à quoi le texte renverrait comme à sa cause absente. le « Nietzsche » comme catégorie de la pensée nietzschéenne. Ce que la nature même du texte nietzschéen exige. qui s’intitule Explosion I – distinguer « Nietzsche » et Nietzsche. entraîner que le rapport à Nietzsche comme œuvre. On peut dire aussi que l’argument principal que Nietzsche exhibe en faveur de son texte est la validation de ce que recouvre ce nom propre : « Nietzsche ». Ou encore : le nom propre « Nietzsche » est ce qui vaut preuve immanente pour le texte de Nietzsche. je dirais que le philosophe. c’est ce qui s’exprime dans le texte que je vous avais lu : « ce qui m’a jusqu’à présent le plus flatté. comme écriture. Par quoi la marchande des quatre saisons atteste qu’elle reconnaît en Nietzsche les emblèmes de « Nietzsche ». Ou si vous voulez. semble . mais il faut entendre « Nietzsche » comme une catégorie centrale de l’œuvre ellemême. que Nietzsche lui-même appelle « Nietzsche ». « Nietzsche » soit une catégorie immanente du texte de Nietzsche. C’est une difficulté d’autant plus grande que bien sûr il ne faut pas entendre ici « Nietzsche ». ponctuer ou souligner.2EME COURS La dernière fois. ie Nietzsche présente « Nietzsche » comme étant le nom d’une puissance infinie de la pensée et ce nom doit comme tel être reconnu. en effet.

D’ailleurs. et quand le style existe. car ce qui ouvre le livre à la possibilité d’être vérifié (et la vérification est toujours la vérification de ce qu’on sait déjà. Ajoutons enfin que ce qui rend disponible le nom « Nietzsche » n’est pas de l’ordre du discours. Mais qu’est-ce qu’il convient d’en savoir déjà ? Quel est ce savoir déjà qui rend l’appropriation du livre possible ? On répondra que ce qu’il faut savoir c’est le sens du mot « Nietzsche » . ie vérifier qu’il est homogène à cette catégorie explicite centrale qu’il contient et qui est « Nietzsche ». mais aussi un élément rythmique. on doit au regard du texte de Nietzsche simplement vérifier qu’il est de Nietzsche. je crois qu’on manque l’intériorité effective de Nietzsche. J’aurai l’occasion de dire qu’il y a une sainteté intérieure de Nietzsche indiscutable. dans une image très centrale chez Nietzsche. C’est du biais du style que s’opère la reconnaissance minimale du mot « Nietzsche » comme capacité oeuvrante du livre. Il faut donc entendre style comme communication par le tempo des signes d’une tension interne. il y a donc chez moi bcp de possibilités de style ». il faut le créditer de la plus grande probité. elle-même ouvrant à un . qui fait qu’entrer dans la compréhension du mot « Nietzsche ». Plutôt que le commentaire qu’il exclut. le style. le texte nietzschéen tel qu’il s’expose et tel qu’il exige que l’on se rapporte à cette exposition n’est pas une proposition pour le commentaire. et par conséquent. si on est nietzschéen. Mais pour revenir au sens du mot « Nietzsche » comme principe oeuvrant du livre. par conséquent. à ce qu’on n’en tire pas autre chose que ce qu’on en sait déjà. Evidemment. un état ou la tension interne d’une passion. saisie de singularité qui est l’opération par quoi le livre s’ouvre à sa vérification. et j’avais remarqué la dernière fois qu’il est aujourd’hui bien porté de ne pas l’être. nous sommes alors dans la capacité de saisir la singularité du mot « Nietzsche ». Nietzsche dira ceci : « communiquer par des signes. tout cela rend extraordinairement difficile une appropriation philosophante du texte nietzschéen qui soit autre chose que l’entrée dans la catégorie « Nietzsche » du biais de la danse dans le tempo stylistique des signes.au moins cela. c’est d’abord se laisser prendre au rythme du tempo des signes. De ce point de vue. la 2nde phrase de cette citation comme des phrases marquées chez Nietzsche de la plus rigoureuse modestie. c’est une maîtrise minimale du nom propre « Nietzsche » comme catégorie oeuvrante du livre. En réalité. à savoir que c’est de l’art de Nietzsche qu’il s’agit). Et on ne peut. l’instruction qu’on peut en avoir tient dans le style. transitif. Qu’est-ce qu’un livre ? On vient de dire que l’usage d’un livre de Nietzsche est au mieux un usage de type vérifiant. y compris le tempo de ces signes. il faut donc s’attendre. tel est le sens de tout style.exclure le commentaire. Voilà. non plus. Et si l’on songe que la diversité des états intérieurs est chez moi exceptionnelle. soit font de l’auteur qch que le texte induit. mais toujours de l’ordre du style. qui ne serait pas déjà explicite dans son lecteur. si évidemment paranoïaques qu’elles puissent d’emblée nous paraître. le livre n’apprend rien. en expliciter l’existence. y compris des livres plus qu’il n’en sait déjà ». Il est très important de retenir que pour Nietzsche. en toute rigueur. Chez Nietzsche les choses marchent en sens inverse : c’est de la maîtrise minimale du nom propre « Nietzsche » que dépend qu’on puisse vérifier l’écriture du livre nietzschéen et. Quand il dit qu’il y a chez lui « une diversité d’états intérieurs exceptionnelle ». la thèse de Nietzsche est extraordinairement opposée à des thèses postérieures qui soit attestent dans le texte la rature ou la mort du nom propre de l’auteur. Il y a un élément métaphorique. Donc. qui est lui-même la frappe immédiate du livre. ie font du sujet de l’écriture une induction d’écriture. Le texte est à vérifier et non pas à élucider ou à interpréter. En tout cas. en effet. une fois pour toutes. ie son commencement rythmé. et c’est dans l’élément de cette probité exceptionnelle qu’il faut entendre des déclarations de ce que pense Nietzsche. forcer le livre à confesser un savoir latent. Si on les entend d’emblée comme des énoncés emphatiques ou délirants. Nietzsche lui-même ne cesse pour son propre compte de vérifier que cela même qu’il écrit est de « Nietzsche ». si on y regarde de près. Une remarque que j’ai déjà faite : essayons d’entendre. Mais plus généralement Nietzsche énonce dans Ecce Homo ceci : « personne ne peut tirer des choses. Quand on se rapporte à Nietzsche. le lecteur potentiel est d’abord un danseur : il faut que quelque chose de la pensée entre dans la danse du tempo des signes pour que le style soit existant. ie homogène. à la présence immanente de Nietzsche au statut extraordinairement équivoque de la notion de livre. le texte appelle un procès de vérification. c’est le temps des signes.

Il y a une 1ère raison à cela tout à fait évidente. qui est Socrate. Je dirais qu’il y a un mouvement nietzschéen qui est que le renversement des noms communs se fait au profit du propre. ie que c’est un nom – propre. comprendre la fonction des noms propres. ou l’étoilement des noms propres. qui fait qu’il faut plutôt avoir la toile. comprendre Nietzsche. propre. On ne peut donc espérer recoder. ou « Nietzsche ». mais le nom propre est un codage et aussi une coupure ou un arrêt dans cette circulation du régime d’intensités. c’est une pensée qui s’avère exemplairement une philosophie de personnages conceptuels. de très complexes opérations – c’est pour cela que me vient ici l’idée de l’algèbre. Il y a dans le nom propre une récapitulation. on aura Dionysos et Ariane. ie que la dimension topologique chez Nietzsche serait alors d’une autre nature. évidemment : qui est Nietzsche ? Seulement. par exemple. Pour le dire dans un autre registre d’image. assez difficile. Et puis. Nietzsche se propose de les anéantir dans le geste du renversement de toutes les valeurs. et c’est plutôt la corrélation disjonctive des propres qui est le repérage du sens. d’où résulte qu’à l’âge du nihilisme l’homme veut sous des noms communs qui ne communiquent que le néant. sinon pour le tout. en effet. l’injuste et tout le réseau des noms communs de la philosophie. Il y a chez Nietzsche une véritable haine des noms communs de la philosophie : la vérité. La 1ère chose qu’il faut remarquer. un élément de point d’arrêt et aussi. Là où on avait le vrai. le beau. qui traînent et concentrent les points cruciaux du dispositif nietzschéen. car tous les noms communs sont définitivement usés. est-ce que la bonne question est : qui est ? Et je dirais même ces noms propres sont-ils vraiment les noms d’un type ? Désignent-ils par eux-mêmes la probabilité ou l’intensité d’une figure singulière de la donation de sens ? Cette question est très importante et. le juste. c’est que les noms propres n’ont pas de fonctionnement insulaire. qui est en grande partie le renversement des noms communs de la philosophie. bien plus que quoi que ce soit d’autre. Paradoxalement. je demanderai en ce point si c’est vraiment la question qui ? qui est pertinente au regard du propre du nom chez Nietzsche. Vous savez . le bien. Le nom commun est infecté de néant. les noms propres ne fonctionnent pas. Je voudrais en donner quelques exemples élémentaires. c’est pour une bonne part. Pour reprendre le lexique deleuzien. entre les noms. A partir de ce moment là. le beau. ie le codage en réseau et en opérations de ce qui se donne. le bien. par ailleurs. à savoir que l’homme préfère vouloir le néant que ne pas vouloir. qui est le Zarathoustra de Nietzsche (Essais et Conférences) ? Il est frappant que luimême se soit installé dans cette logique du qui est : qui est Ariane. comme des réseaux d’intensité. Seul le propre va donc pouvoir désigner l’intensité d’un sens. et leur usure c’est précisément l’agrégation néantisante qui désormais les spécifie. on peut dire que les noms propres constituent la dimension algébrique de Nietzsche. plus généralement. Je ne suis pas sûr qu’on puisse répondre dans une entrée opératoire du texte nietzschéen à partir.procès simple de vérification de l’homogénéité du livre à la catégorie « Nietzsche » comme catégorie centrale. elle relèverait du régime d’intensité du sens et aussi du régime historial. Et il y a de la part de Nietzsche une tentative de substituer à ces noms communs de nouveaux noms propres. Au yeux de Nietzsche. renommer les nouvelles intensités à venir que dans la figure du nom propre. ils constituent un réseau. dans leur propre. un nom propre a l’immense avantage d’être inauguralement sans idéalité sous-jacente. la fonction des noms propres En réalité. de la question : qui est le Zarathoustra de Nietzsche ? Ou même. ou le blason des noms propres. ne nomme pas justement dans son propre. Et il va falloir énoncer ce qu’il nomme et que le nom. on est toujours tenté d’interroger le texte nietzschéen à partir de la question : qui est un tel ? Qui est Dionysos ? Ou comme le dit Heidegger dans un texte fameux. ie la volonté de néant selon une maxime essentielle chez Nietzsche. qui est Wagner. nous en rencontrerons ultérieurement de beaucoup plus compliqués. à partir de la question : qui est ? parce que ce qui opère vraiment est une corrélation disjonctive en réseau. Au regard de chacun de ces noms. le nom commun organise le nihilisme. à mon avis. savoir qu’aux yeux de Nietzsche.

puisque c’est « Nietzsche » comme le contre entre Dionysos et le Crucifié. Dionysos ». car Pascal nomme le grand . On peut donc dire que Nietzsche est le contre lui-même. il est celui qui doit être perdu. Dionysos ». Donc : si on a compris. la compréhension des noms propres qui sont mis. Peut-être surtout son début : « après que tu m’as eu découvert.que Ecce Homo se termine par la célèbre formule : « m’a-t-on compris ? Dionysos contre le Crucifié… ». « Dionysos contre le Crucifié ». quand Nietzsche signe « le Crucifié ». Dans la corrélation des noms propres. au passage. on peut voir des nuances. Quand les billets sont signés Dionysos. C’est cela l’opération nietzschéenne : l’opération du contre qu’on trouvera aussi bien dans le titre Nietzsche contre Wagner. Mais Dionysos est aussi de façon préférentielle le destructeur de l’infamie. Mais si l’on se souvient que « Nietzsche » est la catégorie explicite centrale du dispositif nietzschéen. Ce n’est pas tant le couplage du créer et du détruire qu’une autre tonalité. Ne voyez-vous pas comme tous les cieux se réjouissent ? Le Crucifié ». si vous voulez. « Dionysos contre le Crucifié ». Turin : « … je viens de faire fusiller tous les antisémites. Mais. Billet à Franz Overbeck du 4 janvier 1889. tout ceci est dans un entrelacs avec la méditation pascalienne. une autre couleur. C’est bien cela qu’il s’agit de comprendre. Billet à Meta von Salis du 3 janvier 1889. On sait que ce contre n’est pas le contre de la contradiction. Dans « Dionysos contre le Crucifié ». Mais peut-être plus essentiellement. c’est le nom propre de quelque chose qui couple la puissance de créer et la puissance de détruire. Turin : « le monde est transfiguré car Dieu est sur la terre. C’est un énoncé admirable – admirable. que dire sur la signification de ce contre ? Au fond. Billet à Georg Brandès le 4 janvier 1889. est plus particulièrement la puissance du créer. là. il est de façon préférentielle la transfiguration sereine du monde. Dionysos. que Pascal est un des grands noms propres du dispositif nietzschéen. ce n’était pas compliqué de me trouver… ». On appelle couramment lettres et billets de la folie le courrier écrit par Nietzsche entre le 3 janvier 1889 et le 6 janvier 1889. c’est cela qu’on a compris. Ce n’est pas : « Dionysos contre le crucifié » au sens où Dionysos serait l’élément qui contredit le crucifié. Ou disons qu’il peut se mettre sous ces 2 noms. c’est que la plupart sont signés tantôt le Crucifié. il y a Nietzsche au point du contre. Evidemment. ce n’est pas la question : qui est Dionysos ? Ou : qui est le Crucifié ? qui est décisive. évidemment. ou. mais celui qui est dans le demi jour de cette surrection qu’il va falloir aussi oublier. non pas celui qui propose ou supporte l’affirmation radicale au-delà de la destruction. ou l’élément antagonique qui rapporterait Dionysos au Crucifié. car cette question de la corrélation des noms propres est une instance ultime du texte nietzschéen. en corrélation disjonctive. en vérité. Il est intéressant de voir que Pascal est le nom propre nietzschéen qui désigne le plus exemplairement une victime aimée. Et il y a la distinction des 2 noms sous le contre dans les billets de la folie eux-mêmes. Billet à Paul Deussen du 4 janvier 1889 : « il a été avéré comme une chose irrévocable que j’ai à proprement parlé créer le monde. ce qui est très frappant dans ces billets. sont très révélateurs les billets de la folie. quand Nietzsche signe Le Crucifié. Or. ce n’était pas compliqué de me trouver : la difficulté maintenant est de me perdre… Le Crucifié ». Profitons-en pour dire. Puisque c’est un exercice d’entrée dans le texte nietzschéen. on peut aussi bien dire que ce que ces billets de la folie attestent. une interlocution constante. Naturellement. il est certain que « Nietzsche ». En revanche. le « contre » C’est pour part de la compréhension du contre que dépend. c’est Nietzsche lui-même. mais l’appréhension du contre. Entendez la tonalité pascalienne : « après que tu m’as eu découvert. tantôt Dionysos. Remarquez que « Dionysos contre le Crucifié » aurait pu être le titre du livre de Nietzsche ou de tous les livres de Nietzsche. Ces textes ultimes sont considérés dans le bord de l’effondrement de Nietzsche. le tout dernier écrit de Nietzsche. c’est que Nietzsche est simultanément les 2. en tout cas qu’il est en puissance d’être simultanément le Crucifié ou Dionysos. il y a donc à entendre un contre non contradictoire. ie qu’on a compris une corrélation disjonctive de 2 noms propres.

Mais j’ai déjà souvent vécu parmi les hommes. Mais le contre qui désigne « Nietzsche » lui-même est une opération très fine de nuancement entre ce qui s’atteste sous le nom du Crucifié et ce qui s’atteste sous le nom de Dionysos. parce qu’il est « Nietzsche ». le « Nietzsche » dont Nietzsche dit . et qui a été dévoré vivant par le christianisme. qui est ici représentée comme réincarnations successives. la production à l’écart. du plus bas au plus haut. Voilà pourquoi je ne suis pas entièrement convaincu qu’on puisse traiter les noms sous la question du qui est ? Plutôt y a-t-il le réseau des noms comme principe voyageur à travers lequel se donne la version algébrique de la vie inévaluable. chacun d’entre eux va devenir une délicate pesée du sens. au-delà de Nietzsche comme personne ou comme sujet. dans cette balance d’or. avec Ariane. va migrer dans le réseau intégral de ces noms propres. la migration de nom en nom. et en même temps. Et. Enfin je fus encore Voltaire et Napoléon. en effet. qui à la fois les apparie. Dans les billets eux-mêmes. Ceci pour dire que lorsqu’on dit : « Dionysos contre le Crucifié » il faut se délivrer immédiatement de toute perception du contre qui ne la replacerait pas comme opération nietzschéenne ou comme. Vous le trouvez aussi dans les billets de la folie à Cosima Wagner le 3 janvier 1889 : « A la princesse Ariane. Pascal nomme ce qui de l’intérieur du christianisme en atteste la puissance de destruction. Donc : dans ces billets dits de la folie. Et. Mais ce qui va nous retenir ici. c’est une catégorie. opération absolument non dialectique. C’est ce qu’il dit en propres termes : « j’ai été Dionysos en Grèce – Alexandre et César… » etc… On peut donc construire « Nietzsche » dès lors qu’on a le réseau intégral des noms propres. ie son chiffrage en opérations. Aussi ceci va se développer au régime des autres noms possibles. eh oui. J’ai été Bouddha chez les Hindous. Nietzsche. ce n’est pas un homme. j’ai seulement à être la balance d’or de toutes choses… ». Mais Pascal ne somme nullement le christianisme. dirait Deleuze. Si on veut récapituler cela. Il faut donc bien comprendre que « Nietzsche ». c’est le nom des noms. Nietzsche va dire qu’il est aussi Ariane ou avec Ariane. On peut dire que « Nietzsche » comme nom. qui. parce qu’il est les deux intimement dans le texte lui-même : on passe de « j’arrive tel le Dionysos vainqueur qui va transformer la terre en jour de fête » à « j’ai aussi été pendu à la croix ». A ma connaissance. de même que le poète de Shakespeare. A partir de là. de la vie soustraite à l’évaluation. C’est l’exemple même d’un victimaire chrétien. Je vous lis tout le billet qui commence par : « c’est un préjugé que je sois un homme ». ceci va migrer dans le système complet des noms. « C’est un préjugé que je sois un homme. ma bien-aimée ».esprit. On pourrait dire que la pensée de Nietzsche c’est « la balance d’or » des noms propres – « toutes choses » c’est d’abord cela : « la balance d’or » des noms propres. Billet à Jacob Burckhardt du 4 janvier 1889. et « Nietzsche ». qui se donne au plus près du propre fondement soustrait qu’elle est dans le parcours intégral du réseau des noms propres. peut-être Richard Wagner… [Rires !] Mais cette fois. qui peut nommer à la fois création destruction et transfiguration perte et le contre qui les lie. à partir de la signature en termes de compte : Dionysos – Le Crucifié. C’est évidemment dans ce contrepoint avec Pascal que Nietzsche énonce : « la difficulté maintenant est de me perdre ». j’arrive tel le Dionysos vainqueur qui va transformer la terre en jour de fête… Non pas que j’aurai beaucoup de temps… les cieux se réjouissent que je sois là… j’ai aussi été pendu à la croix… ». dont Nietzsche est le frère. et je connais tout ce que les hommes peuvent éprouver. montre que le « Nietzsche » qui nous intéresse comme catégorie explicite en est le résultat. lord Bacon. est finalement l’algèbre de la vie inévaluable. Dionysos en Grèce – Alexandre et César sont mes incarnations. opère un parcours où sont codées au plus près les intensités de la vie inévaluable. ce billet n’est signé ni Dionysos ni le Crucifié. lui-même. ie le nom du réseau entier des noms. Turin : « … car moi. la lettre à Burckhardt du 6 janvier 1889. il y a une spécification du contre : « Dionysos contre le crucifié ». c’est la migration dans le réseau intégral des noms propres qui fait que l’algèbre intégrale des noms propres nietzschéens. l’ultime texte connu. établir entre eux une nuance essentielle. on dira que « Nietzsche » étant le contre intime de Dionysos et du Crucifié se situe dans une référence à d’une part la création destruction et d’autre part la transfiguration perte : cela c’est Dionysos et le Crucifié en tant que possiblement « Nietzsche ». dont l’évaluation va finalement supposer le réseau complet des noms. puisque « Nietzsche » peut ainsi signer tous ces billets sous un nom ou sous l’autre.

La puissance d’interprétation de l’opération de placement historial sur le discours nietzschéen est incontestable. Je ne pense pas non plus qu’on puisse partir d’une logique primordiale. qui est donc la puissance de la nomination comme telle. tout cela est ce qui a constitué le « Nietzsche » catégoriel comme ce dont le Nietzsche-sujet est finalement la proie. Alors là. Dès lors. être dans la position d’avoir à écrire entre autres qu’il est Dieu. et entre les noms des opérations d’une extrême complexité. [c’est qu’au fond je suis chaque nom de l’histoire]… ». et manque. le « Nietzsche » en nom propre va dire : « je suis chaque nom de l’histoire ». celui-ci va. plus essentiellement. Croyons-le absolument. nomination autorisant les noms. je préférerais de beaucoup être professeur à Bâle que Dieu ». oui. le Crucifié. il opère entre les noms. d’une parfaite probité. mais cette puissance d’interprétation. « Nietzsche » en nom propre n’est pas le nom de la nomination. ie soustrait à l’interprétation. elle ne prend pas le texte comme il s’expose. c’est le cheminement de Deleuze. tout à fait sincère. qui est comme il le dit lui-même comme tout le monde ou qui s’abandonne à être comme tout le monde. outre que. on peut dire que le Nietzsche en nom commun. tout cela n’est pas sa préférence. c’est la question de l’acte : quel est pour Nietzsche l’acte philosophique comme tel. Nous voilà devant un 1er statut de la catégorie « Nietzsche » dans l’œuvre de Nietzsche. le nom de la nomination. Et c’est ce que Nietzsche va essayer d’expliquer dans la lettre à J.« ecce homo » . c’est la catégorie de la nomination en tant que puissance de civilisation dans chaque nom de l’histoire. ie comme nom en opération. en quel lieu et selon quoi ? Cela. et dans quels termes ceci opère ? Au départ. Par contre. Alors « chaque nom » signifie que « Nietzsche » en nom propre c’est bien le nom des noms : le nom en capacité d’être le nom de chaque nom de l’histoire. la vraie porte d’entrée pour saisir Nietzsche. ou le contre du Crucifié et de Dionysos. Ce qui fait portique à l’interprétation deleuzienne de Nietzsche. le Nietzsche-sujet. il le dit parce que c’est bien sa préférence.le voici ! – c’est quelque chose qui étant lui-même le réseau nominal est ce dont Nietzsche-personne. il définit une algèbre qui opère ailleurs – alors où. quand il dit cela. pas le « Nietzsche » en nom propre. encore une fois. car je ne connais pas d’énoncé d’une plus grande probité que « je préférerais de beaucoup être professeur à Bâle que Dieu ». et non pas du tout la cause. et malgré tout. comme vous et moi. malheureusement. Dionysos. mais opérant entre les noms. le Nietzsche en nom commun. Je veux dire par là que la question de la position de Nietzsche dans le mouvement de la métaphysique me paraît inéluctablement manquer la nature singulière de l’acte chez Nietzsche. Lettre qui commence par : « Finalement. sur quoi opère-t-il ? Naturellement. finalement. Qu’est-ce qui est affecté par ces opérations ? Le contre. Mais de quoi le réseau des noms est-il l’opération ? Sur quoi. c’est le nom qui autorise chaque nom de l’histoire. je ne pense pas qu’on puisse partir d’une situation historiale. ce n’est pas simplement un nom. est la proie. Burckhardt du 6 janvier 1889. mais de quoi dont les noms sont le réseau subséquent ? Le nom des noms. Au fond. à partie de quoi. donc le nom de tous les noms. En réalité. le problème ultime va être la question : nomination de quoi ? certes. ce qu’il faut entendre ultimement par « Nietzsche » comme nom propre. C’est la nomination elle-même. elle en manque. ie d’une opération de placement historial. l’acte. après quoi il n’y a plus que le silence. et donc finalement le nom de l’acte lui-même ? l’acte comme événement : casser en 2 l’histoire du monde Pour entrer dans cette question. Ne doutons pas une seule seconde qu’il préférait de beaucoup être professeur à Bâle que Dieu. c’est celui qui dit : « je préférerais de beaucoup être professeur à Bâle que Dieu ». Et l’énoncé qui va balancer celui-là est : « ce qui désagréable et embarrassant pour ma modestie. c’est la logique des forces actives et des forces réactives comme organisation logique de la question du . par conséquent. Mais il y a un autre Nietzsche. dont le réseau nominal est le tracé et dont « Nietzsche » est le nom dernier. Je vous cite ces 2 énoncés parce qu’ils indiquent exactement l’écart entre Nietzsche et « Nietzsche ». d’ailleurs. c’est saisir sur quoi opère le réseau nominal tel que « Nietzsche » en est le nom ou la nomination. étant entendu que le parcours de tous les noms de l’histoire est balisé par une algèbre singulière où il y a des noms plus significatifs que d’autres. De ce point de vue. par exemple. le je qui parle c’est le Nietzsche commun.

par une matrice logique : la corrélation non dialectique du réactif et de l’actif. la plus discontinue et aussi celle qui a la plus grande amplitude. mais un destin c’est le destin de l’acte. Certes. Notez que déjà dans les formules précédentes. Et cet événement comme tout événement est une rupture radicale. la plus descriptive qui ait été faite de Nietzsche. La force est rapportée. Nietzsche ne se représente pas l’acte philosophique ni comme interprétation ni comme discursivité. Il faut donc partir de Nietzsche comme nomination d’un acte.qu’elle est ordonnée à la préparation de cet acte. elle est donc trop bâtie ainsi pour pouvoir appréhender le discord de l’acte et sa singularité.sens comme question primordialement instituée par Nietzsche. ou juif. Mais je ne pense pas qu’on puisse le faire. car sa puissance descriptive est elle aussi très grande. par exemple Zarathoustra. et c’est en ce sens qu’il faut comprendre à mon avis ce qu’il dit dans un fragment posthume au printemps 1888. certainement la reconstruction la plus attentive. car si on fait cela on va. mais que son acte est dans la figure événementielle de son surgissement. ie le réduire au réseau de ses opérations.qu’elle est référée à l’acte. Ceci est en écho à la lettre à Brandes de la même époque que je vous avais lue la dernière fois : « je prépare un événement qui selon toute vraisemblance va briser l’histoire en 2 tronçons… ». et l’acte c’est. St Paul le prêtre. à savoir que sa philosophie est expérimentale. non seulement à conceptuel. Il faut comprendre l’acte philosophique dont Nietzsche est pour lui-même le nom propre. dans sa forme – rien n’est dit ici de son contenu – c’est briser l’histoire de l’humanité en 2 tronçons. ou italien. qui est à la fois la plus radicale qui soit. ie pourquoi je suis un destin ?. pour commettre l’acte. Lettre à August Strindberg du 8 décembre 1888 : « … car je suis assez fort pour briser 2 l’histoire de l’humanité ». le réseau des opérations nietzschéennes s’avère capital – nous y viendrons – et il est vrai que sa surface sensible c’est le système des noms propres. Or il y a là un point à mon sens décisif. Expérimental est ici clairement opposé. en effet très fortement algébriser Nietzsche. ie partir de la description du parcours des noms. Or. ou russe. dont il serait alors très difficile de sortir. Ce qui veut aussi dire que ce qu’il faut comprendre en 1er. La philosophie doit d’abord être saisie dans l’acte de son expérience. ce qui entraînera des obligations et des complexités considérables. on pourrait très bien montrer comment on entame une traversée de l’exposition nietzschéenne du texte et comment on peut inférer de cette matrice la manière dont on rejoint d’autres noms. mais cette algébrisation nous donnerait de Nietzsche une version structurale. Voilà donc la 1ère détermination ultime de la représentation de l’acte philosophique par Nietzsche. le Christ – le Crucifié. ce n’est pas la figure ou l’opération du discours. et « Nietzsche ». mesurée. donc la philosophie expérimentale c’est à la fois que l’acte . . le tandem Dionysos-Ariane. nous avions : « je prépare un événement ». c’est ce que Nietzsche dit de luimême. « philosophie expérimentale » signifie 2 choses : . chrétien etc… mais à discursif. ni comme accès à une sagesse etc… il le conçoit d’abord et avant tout comme un événement. Dans ce fragment. En partant de ces 7 noms primordiaux et de leurs corrélations internes et des opérations qui en régissent le réseau. bien que cela je saurais le faire : je vois très bien comment on pourrait dire : il y a 7 noms primordiaux. Il y a chez Nietzsche une définition de l’acte philosophique. curieusement. Nietzsche dit : « une philosophie expérimentale telle que je la vis anticipe même à titre d’essai sur les possibilités du nihilisme radical ». Socrate. Mais je ne pense pas non plus qu’on puisse partir purement et simplement du réseau nominal. antérieur à ces 2 déclarations. c’est que cet acte est conçu comme événement. par la dimension de l’acte. mais elle est en partie par trop commandée par une logique 1ère. par exemple allemand. qui permet le parcours des types. ie se demander : qu’est-ce que Nietzsche entend sous le nom de « Nietzsche ». il y a dans l’approche deleuzienne un élément que j’appellerais systématique : c’est une reconstruction. la pensée ramassée sur elle-même n’est nullement un discours. Ça signifie que pour Nietzsche. Il est assez fort pour l’acte. ou français. par l’acte du philosophique ou du penseur ou de l’artiste – peu importent là les noms communs – ce qui importe c’est la détermination de l’acte. L’acte philosophique est un événement et la scène de cet événement c’est le monde historique total. ie dont l’espace d’exercice est conçu comme le plus vaste. ou Bouddha ou Schopenhauer ou Kant. ie pas simplement qu’elle relève de l’expérience. Wagner.

c’est la philosophie expérimentale elle-même. et s’il vient. Ce qui signifie que la philosophie expérimentale est toujours en position d’anticipation d’elle-même. grosso modo. Le philosophe est donc à la fois l’auteur de l’événement et celui qui le prépare. Je pense que Nietzsche c’est exemplairement une pensée de l’acte philosophique de l’époque ou dans l’élément des révolutions. Cette dimension d’anticipation de soi-même caractéristique de l’acte philosophique selon Nietzsche est absolument énoncée comme telle dans Ainsi parlait Zarathoustra. elle anticipe même les effets les plus avancés du nihilisme radical. c’est évidemment le rapport sous-jacent de tout cela à la question et à la méditation de la révolution française. ie « l’acquiescement dionysiaque au monde ». Et la révolution c’est toujours et encore la révolution française pour Nietzsche. devient un élément essentiel du philosopher selon Nietzsche ? L’anticipation en tant que cet événement inouï qui va casser en 2 l’histoire du monde. l’acquiescement. Eh bien voilà. qui ajoute : « Je vais anticiper sur les possibilités du nihilisme radical pour parvenir à l’inverse à un acquiescement dionysiaque au monde tel qu’il est sans rien ôter. c’est comme si ça ouvrait une petite faille. le philosophe est son propre précurseur. en un certain sens. une rupture absolue. Donc la philosophie expérimentale. est-ce que cela n’est pas une figure révolutionnaire de la philosophie ? ou de l’acte philosophique comme révolution au sens strict ? Je pense que oui. c’est être son propre précurseur. Comme le dit Nietzsche. qui sont les images sous lesquelles Nietzsche tente de l’appréhender. Or. il y a une chose qu’il faut tout de suite souligner. ie à la fois sa venue. ie être l’anticipation de l’événement qu’on est. Badiou). Et pourtant. de l’acte philosophique : dans une expérimentation anticipante du nihilisme le plus radical. mais il est aussi le chant du coq qui annonce cette venue et qui donc anticipe sur son acte. que Nietzsche appelle aussi son anticipation. finalement. une coupe. Qu’est-ce que l’anticipation. ce qui nous oriente vers la définition nietzschéenne de l’événement lui-même. l’événement vient-il. Donc c’est à la fois la force de l’acte et l’exercice préparatoire de cette force. à savoir la préparation de l’événement et. c’est l’événement dans son anticipation. dans une formule bien connue du passage qui s’appelle De la Vertu qui amenuise (3ème partie. le chant du coq annonce ma venue dans les ruelles obscures » (trad. en tant qu’elle est simultanément et conjointement le propos de l’acte et le propos de sa préparation. Je tiens que c’est dans cette faille que Nietzsche s’est littéralement perdu. c’est que les grands dispositifs systématiques du 19ème siècle se . Donc on anticipe en expérience sur le nihilisme le plus radical afin qu’événementiellement surgisse l’inverse. Or. Nous aurons à y revenir. faire venir dans un bris. en excepter ou en sélectionner ». c’est cela la philosophie expérimentale. aphorisme 3 du passage) : « je suis parmi ce peuple mon propre précurseur. cela. la question de la révolution L’événement philosophique ainsi conçu : casser en 2 l’histoire du monde dans une expérience radicale du nihilisme qui s’anticipe elle-même comme acte et qui anticipe l’affirmation qu’elle est dans le plus extrême nihilisme. l’acquiescement au néant. L’anticipation a lieu dans le nihilisme radical. mais que veut dire exactement préparer un événement ? L’événement dans la dimension de bris radical. Le statut de la philosophie expérimentale au sens de Nietzsche. et qu’on est dans la préparation de cet événement. l’affirmation dionysiaque. parce qu’elle est toujours en position d’anticipation de son acte. car. comme le dit Nietzsche : « je suis assez fort pour briser en 2 l’histoire de l’humanité ». Il y a un point à noter tout à fait essentiel. la venue de l’événement qui brise en 2 l’histoire du monde. qui. l’événement lui-même. est-ce c’est dans un grandissement ? Pour Nietzsche. de casser en 2.philosophique est un événement. le nihilisme étant. La philosophie expérimentale est à la fois son acte et en réalité l’anticipation de cet acte. l’événement ne paraît pas ordonné ou ordonnable à une préparation. Telle est la caractérisation de l’acte philosophique. Cette faille. Et la philosophie est philosophie de cet événement en tant qu’elle est l’événement lui-même et le chant du coq qui l’annonce – donc l’anticipation de soi-même. Ou encore que la révolution est ce à quoi la philosophie se mesure.

le propos appréhende la révolution comme ce à partir de quoi la philosophie doit proposer le ferme terrain de l’âge nouveau. ce n’était qu’une explosion interne à ce qu’il s’agissait de faire exploser – ce que concentre l’explosion : « de la dynamite chrétienne ». il sera identique à l’acte révolutionnaire. cette notion explosive. est une dimension de dépréciation de la dimension révolutionnaire de la Révolution Française. Nietzsche va reprendre et rivaliser avec cette idée de l’explosion. c’est un rapport qui n’est pas du tout de bilan ou d’incorporation à la pensée de la rupture révolutionnaire historique et politique. qui est flagrante. J’en cite un. Nietzsche n’est pas du tout contre-révolutionnaire au sens où il défendrait les valeurs de la restauration. que cette notion explosive s’est faite révolution. donc trouver un autre explosif. Sa question n’est pas du tout de stabiliser les choses après la révolution ou d’en prendre le contre-pied. c’est la détection. restait inébranlablement dans l’espace des vieilles valeurs. Sarah Kofman a eu tout à fait raison d’appeler son livre Explosion I. aphorisme 62 : « « l’égalité des âmes devant Dieu ». Il faut bien comprendre que la dimension contrerévolutionnaire du texte nietzschéen. C’est le filtrage franco-allemand de la question. Nietzsche écrit : « je . mais c’est que la révolution française n’a pas été révolutionnaire pour la raison que l’explosion qu’elle a fait sauter à la tête de l’ancien monde était de l’ancien monde. son problème étant de trouver sa propre notion explosive. car la dynamite faisant partie de ce qu’il y a. dans l’Antéchrist. pas du tout parce qu’il est révolutionnaire. mais du tout dans l’imitation de cette césure. le paradigme révolutionnaire. une proposition systématique en pensée fondatrice d’un ordre nouveau. idée moderne et principe de déclin de toute l’organisation sociale. c’est de trouver de la dynamite non chrétienne. mais d’instaurer la stabilité de l’action à la mesure de la césure révolutionnaire. qui. Or. c’est de la dynamite chrétienne ». Et alors. De ce point de vue. pour Nietzsche. ce prétexte offert aux rancunes de toutes les âmes viles. qui est la 1ère grande tentative de synthèse de ce type. La thèse de Nietzsche c’est que la Révolution Française n’a pas cassé en 2 l’histoire du monde. Et son acte. car en effet. Dans Ecce Homo. ie que son problème est de montrer que l’acte philosophique tel qu’il l’entend est la vraie radicalité. cette dynamite. du vieux monde ou de la stabilité contre les valeurs révolutionnaires. On peut donc dire qu’il y a un élément de restauration. a été bien en deçà de ce qu’elle a prétendu être. très compliqué : il commence par dire qu’il s’agissait bien dans l’égalité d’une notion explosive. etc… En réalité. tout le problème pour Nietzsche. il ne l’est pas. que la révolution a été au principe du déclin de toute l’organisation sociale. Dans les 2 cas le pb philosophique est de savoir quelle proposition en pensée on peut faire pour rétablir sur des assises appropriables le monde que la révolution a fracturé. justement. en destin. je soutiendrais que Nietzsche entretient à la révolution un rapport de rivalité. seule la révolution nietzschéenne dans l’élément de l’acte philosophique va en être une. la proposition d’un explosif antérieurement inexistant. Et cela est un rapport tout nouveau. c’est. qu’il s’agit de renverser ou de destituer. ou de prôner l’âge nouveau de la pensée au-delà de la révolution. Voilà comment il faut entendre les très nombreux textes contre ou anti révolutionnaires de Nietzsche. le jugement ultime. l’acte philosophique. sauf que l’acte révolutionnaire a échoué à casser en 2 l’histoire du monde. ou que ce soit Auguste Comte qui est la 2ème. Formellement. Que ce soit Hegel. dans le Nietzsche terminal. pour la raison fondamentale qu’elle est restée chrétienne. ce qui est en jeu.sont rapportés à la révolution française dans l’élément d’un bilan stabilisateur. il me semble que Nietzsche est un penseur qui entretient à la révolution un tout autre rapport. casser en 2 l’histoire du monde. à vrai dire. va être lui aussi expressément conçu sur le modèle d’une explosion. qui finalement s’est faite révolution. Or. ie qu’elle est restée fondamentalement dans l’élément des valeurs anciennes. parce que son explosion est une figure de ce monde même. par exemple. Quel que soit son degré d’appréciation ou de jugement sur la révolution. pas au sens de restaurer l’avant. le texte est. Donc la révolution française n’est pas une révolution. la construction. c’est que cette explosion. mais finalement. Quand on le regarde de près. dont la révolution n’est en réalité que le semblant. mais c’est un rapport à un paradigme supposé. en bilan de la révolution. à savoir. parce qu’elle va recourir à un explosif inconnu. ou de ce qu’elle annonçait. mais parce qu’aux yeux de Nietzsche. ce faux semblant. tout le problème est de trouver une dynamite qui n’est pas dans l’évaluation de ce qu’il y a. Ce n’est pas révolutionnaire à proprement parler.

le 3 janvier 1889 à Turin : « je viens juste de prendre possession de ma propriété. de 2 casser en 2 l’histoire du monde. Nietzsche ne va pas répugner à multiplier les métaphores explosives. Nous avons déjà vu l’énoncé : « je viens de faire fusiller tous les antisémites ». dans une lettre à Franz Overbeck du 18 octobre 1888. entrant en rivalité mimétique avec le thème révolutionnaire historico-politique. Voilà à ne pas s’y tromper une définition maximaliste du philosophe. de 2 dynamites. un peu décalé. et vous allez voir comment ces formules deviennent équivoques et subtiles (1888 toujours). qui est celui d’une intemporalité conquise quasiment au rebours de l’explosion par indifférence et distance. n’ont fait qu’accomplir un pas supplémentaire dans la défiguration nihiliste de l’humanité. il y a contradiction formelle – du reste le . La mimétique révolutionnaire va aller jusqu’à proposer ou indiquer les méthodes de la Terreur en son sens révolutionnaire. en tant qu’il serait pris aux rets ou à l’image. tribunal qui est aussi un tribunal révolutionnaire. de la singularité de l’acte philosophique.la métaphorique de la rupture radicale . chez Nietzsche. qui viennent perturber ce schéma simple. Beaucoup de choses vont dans ce sens. Parvenu à ce point. je dis qu’il se surimpose à l’autre selon manifestement une prescription décalée. lorsqu’il casse en 2 l’histoire du monde. au moins formellement.la figure implacable et en même temps légitime de la Terreur L’hypothèse pourrait alors être la suivante : Nietzsche a-t-il été ce cas singulier d’un philosophe – mettons lui le nom qu’on veut – d’un penseur. et permettraient de soutenir que Nietzsche est une tentative à la fois désespérée et captive de saturer l’acte philosophique de tous les attributs mimétiquement dégagés de ce que. de telle sorte qu’il aurait déterminé l’acte philosophique à partir des attributs formels de l’acte révolutionnaire ? Si on soutenait cette hypothèse. complications : l’éternité Cependant. de 2 révolutions. alors là on est plus sur le bord des billets de la folie. ce qui était déjà un 1er nettoyage. il y a un certain nombre de grandes complications. on en viendrait à dire qu’il y aurait finalement une perte. le système des attributs principaux : . en tant que thème de la révolution. et puis. Le Crucifié ». Je soutiendrais volontiers que le régime de l’acte philosophique chez Nietzsche. à la fin des fins. tel un vieux soldat. par exemple. il en revêt. se surimpose un autre thème. et qui est. et se faire intemporel. on déclare mépriser. On attendrait : d’être assez fort pour briser en 2 tronçons l’histoire de l’humanité. Je ne dis pas que cet énoncé est exactement contradictoire à l’autre. par ailleurs. et qui déterminerait l’acte philosophique chez Nietzsche par une mimétique de la configuration révolutionnaire. Turin : « [cette fois. qui requiert la solitude de l’indifférence. Il ne s’agit pas de dire que là où Nietzsche dit : il faut vaincre son temps en soi-même. en dépit des efforts de Nietzsche pour garder la distance. la révolution française. Du coup. Nietzsche va faire comparaître devant son propre tribunal. la 1ère cassure. à Metz von Salis. de se faire intemporel ». étant entendu que le 1er explosif. on pourrait soutenir que l’acte philosophique au sens de Nietzsche est finalement un processus mimétique au regard de l’acte révolutionnaire stricto sens. ou pris dans le cheminement mimétique d’un rapport de rivalité avec le thème de son siècle. et l’autre énoncé où il dit que le philosophe doit casser en 2 l’histoire du monde. Avant propos : « qu’exige un philosophe en premier et dernier lieu de lui-même ? ». Mais Nietzsche écrit « de triompher en lui-même de son temps. je jette le pape en prison et je fais fusiller Wilhem. parce que à l’idée d’une rupture radicale : casser en 2 l’histoire du monde. Prenons le Cas Wagner.la stylistique explosive et dynamitante . Bismarck et Stöcker. petit à petit.conçois la philosophie comme un terrifiant explosif qui met le monde entier en péril ». que. Le problème nietzschéen est donc celui de 2 explosifs. et devant lequel Nietzsche va faire comparaître les noms de l’ordre ancien. Pourquoi ? Eh bien. la 1ère dynamite. je sors ma grosse artillerie] : je crains de faire éclater l’histoire de l’humanité en deux ». La détermination Fouquier Tinville du nietzschéisme ne fait pas l’ombre d’un doute. exemplairement. c’est cette surimposition elle-même : la surimposition du thème de la rupture absolue et du thème de la distance intemporelle.

c’est de comprendre cette surimposition. Il faut être devenu indifférent… ». le projet d’écrire un livre récapitulatif qui devait s’appeler la Volonté de Puissance. on sait très bien comment les choses se sont passées. puis transvaluation de toutes les valeurs. Or. Il faut bien voir que l’Antéchrist est un livre absolument crucial aux yeux de Nietzsche. cette surimposition. L’Antéchrist a pour sous-titre « Imprécation contre le christianisme ». en effet. on se tient dans l’exposition nietzschéenne ellemême. Nietzsche a eu un temps. l’Antéchrist Rappelons quelques éléments maintenant bien connus de l’histoire du livre inexistant qui s’est longtemps appelé la Volonté de Puissance. un autre thème à concevoir quasiment musicalement comme si 2 thèmes assez hétérogènes venaient se surimposer dans une séquence transitoire.ie. lui. son interprétation. Or. Nietzsche écrit dans une lettre : « je vais commettre l’acte si étrangement solitaire de l’inversion de toutes les valeurs ». On est dans ce qui du point de l’acte va en délivrer le sens le plus intime. Il dira aussi dans le Crépuscule des Idoles comme maxime pour la philosophie : que doit faire le philosophe. à partir de 1887. Je dirais que la surimposition opère entre un principe de rupture. et qui finalement est ce qu’il y a à côté de quoi il n’y a que débris. Aujourd’hui. par ailleurs. et la thématique de l’intemporalité ou de l’immortalité comme gain de l’œuvre – « créer des objets sur lesquels le temps se casserait les dents » . Ce qui est donc requis pour avoir accès à ce livre qui. il semble bien que Nietzsche considère que l’Antéchrist est le tout de la chose. c’est de dire : pourquoi diable l’Antéchrist se termine-t-il par une loi ? par un projet de loi ? Finalement. le propos. Nietzsche : « créer des objets sur lesquels le temps se casserait les dents. et ultimement. Là aussi. être déterminé comme une solitude indifférente ? Je pense que si on peut traiter et résoudre cette question. à la vision programmatique triomphale de casser en 2 l’histoire du monde. y compris Heidegger. et à la mimétique révolutionnaire qu’il détient. déposé devant aucune assemblée. cette proposition tonitruante de l’acte radical qui casse en 2 l’histoire du monde se donne dans un projet de loi contre le christianisme. être dans l’élément du retour éternel. et qui s’appelle Antéchrist. Donc désormais. Toute une partie du propos que je vais essayer de tenir. sinon Nietzsche lui-même. tout en en déniant l’existence. Il y a donc eu une ténacité existante exceptionnelle de ce livre inexistant. On lit dans le Prologue que le lecteur pour ouvrir le livre. comme étant à lui seul le résultat de ce processus labyrinthique. Comment un acte qui est si visiblement une mimétique de la révolution peut-il. Je vous les dis en 2 mots. concentre lui-même l’acte de rupture radicale en 2 de l’histoire de l’humanité. 1888. le comprendre et y participer. celui qui va concentrer l’acte de casser en 2 l’histoire du monde. certes. car il vaut mieux les savoir. continue pour part à bâtir. question insistante dans le texte de Nietzsche. Je dis seulement que c’est une surimposition. Livre enfin auquel Deleuze continue à se référer dans son ouvrage sur Nietzsche. La logique du contre n’est justement pas la logique de la contradiction. en la prenant plus massivement. tel que font assemblée ceux . ce titre est explicitement abandonné au profit d’un autre qui est Renversement de toutes les valeurs. Et exactement à la même époque. Et il commence par une introduction qui expose ce qui est requis par le lecteur pour comprendre l’Antéchrist. se surimpose manifestement un autre régime qui est le régime de la solitude et de l’indifférence. une fois de plus. dont l’espace est maximal.repérage de la contradiction formelle n’a aucun intérêt chez Nietzsche. Le 1er chapitre ou quasiment l’introduction de ce supposé ou projeté livre s’appelle l’Antéchrist. c’est un principe d’indifférence. c’est donc un genre littéraire particulier : l’imprécation. Une autre manière de formuler cette question. nous le verrons. moins en prélèvement. je pense qu’elle est extraordinairement lisible dans ce livre surprenant qui est l’Antéchrist. Une fois de plus. qui a un moment donné s’est virtuellement appelé Volonté de puissance. c’est Renversement ou Transvaluation de toutes les valeurs. tendre par la forme et la substance à une petite immortalité ». doit « … être exercé à se sentir au-dessus du misérable bavardage contemporain du politique et d’égoïsmes nationaux. en un certain sens. qui n’est. comme ce qui est requis pour être de cet acte. ce n’est pas un livre parmi les autres. nous avons de la part de Nietzsche un descriptif du lecteur : quels sont les réquisits attendus du lecteur. et sur lequel. et qu’est-ce qu’il désire faire.

qui reconnaissent qu’il y a Nietzsche lui-même. J’ai toujours pensé à la déception qu’on éprouve – en tout cas que j’éprouve, n’entrons pas dans le on – quant à la fin du Manifeste du Parti Communiste de Marx : on trouve le programme final. Ça commence par l’histoire monumentale de la lutte des classes, les prolétaires qui n’ont à y perdre que leurs chaînes et un monde à y gagner – puis après, programme (ton très ironique) : diminuer le temps de travail etc… etc… Il y a une déception. Or, véritablement, je pense qu’entre l’Antéchrist et le projet de loi contre le christianisme à la fin d’un côté, et les réformes programmatiques finales du Manifeste du Parti Communiste de Marx, je sens une analogie mimétique, si je puis dire. Nous n’aurons pas le temps maintenant de le commenter, mais après qu’il y ait eu tout l’Antéchrist, qui est proprement aux yeux de Nietzsche le concentré de l’explosif nouveau qu’il a trouvé (cela c’est de la dynamite non chrétienne !), le livre se termine par une loi. Or, quand on fait sauter quelque chose… ce n’est pas une loi qu’on trouve. Entre la logique de la dynamite et la logique de la loi, l’appariement n’est pas évident, pas plus qu’entre la prédication de la révolution communiste dans le Manifeste et le programme gouvernemental qui se situe à la fin. La connexion n’est pas évidente dans les 2 cas. Je vous lis en abrégé cette loi contre le christianisme, promulguée au jour du salut, 1er jour de l’an I (le 30 septembre 1888 du faux calendrier). Guerre à outrance au vice : le vice est le christianisme Article 1 : est vicieuse toute sorte de contre-nature. L’espèce d’homme la plus vicieuse est le prêtre. Article 2 : toute participation à une service divin est un outrage aux bonnes mœurs. On sera plus dur envers les protestants qu’envers les catholiques, plus dur envers les protestants libéraux qu’envers ceux de stricte obédience. Etre chrétien est d’autant plus criminel que l’on se rapproche le plus de la science. Le criminel des criminels est par conséquent le philosophe. Article 3 : le lieu digne d’exécration où le christianisme a couvé ses œufs de basiliques sera rasé et cet endroit maudit de la terre inspirera l’horreur aux générations à venir. On y élèvera des serpents venimeux. Article 4 : prêcher la chasteté est une incitation publique à la contre-nature. Mépriser la vie sexuelle, la souiller par la notion d’impureté, c’est le vrai péché contre l’esprit saint de la vie. Article 5 : manger à la même table qu’un prêtre exclut : on s’excommunie par là de la société honnête. Le prêtre est notre Tchandala – il faut le mettre en quarantaine, l’affamer, le bannir dans les pires déserts. Article 6 : on donnera à l’histoire « sainte » le nom qu’elle mérite, celui d’histoire maudite. On emploiera les mots de « Dieu », « messie », « rédempteur », « saint » comme des injures et pour désigner les criminels. Article 7 : tout le reste en découle. Eh bien, nous en resterons là !

3EME COURS

rappels L’acte philosophique tel que Nietzsche le soutient, notamment dans l’année 1888, qui est notre porte d’entrée dans l’entreprise nietzschéenne, l’acte est rupture absolue, il est événement pur. Donc la philosophie au sens où Nietzsche entend ce mot est apte à produire une cassure en 2 de l’histoire de l’humanité et à faire advenir au regard de l’interprétation du vieux monde, ou des vieilles valeurs, une nouveauté affirmative intégrale. Je rappelle que cet acte philosophique ne consiste pas, comme le soutient pour part Heidegger, à surmonter le nihilisme. La détermination de l’acte n’est pas du type d’un surmonter, elle est du type d’une brisure, ou comme le dit Nietzsche lui-même : « je prépare un événement qui selon toute vraisemblance va briser l’histoire en 2 tronçons ». J’avais aussi souligné l’évidente dimension de rivalité mimétique avec la révolution, singulièrement avec la révolution française. Rivalité mimétique veut dire que dans la détermination de son acte, Nietzsche est à la fois dans un rapport de fascination / rivalité formelle avec le thème révolutionnaire comme précisément l’histoire brisée en 2, et aussi dans un rapport de répulsion et de dénégation, qui consiste à estimer que la révolution n’a pas été ce qu’elle énonce être, ie un briser en 2 de l’histoire de l’humanité. C’est en ce sens qu’on peut dire que l’acte nietzschéen – j’introduis ici ce mot que je soutiendra de diverses façons – peut être nommé une conception archi-politique de la philosophie. Par conception archi-politique, il ne faut pas naturellement entendre le thème, somme toute traditionnel, d’une propos de fondation de la politique dans l’élément de la philosophie, ni non plus d’une détermination d’une originalité essentielle immanente à toute politique, ni même une détermination de l’essence de la politique, fût-ce dans sa détermination révolutionnaire. Par archi-politique, il faut, au contraire, entendre un arrachement à tout propos fondateur, encore bien plus, naturellement, à tout propos éthique, ie à tout propos qui serait un propos, disons, de surveillance philosophique de la politique, mais il faut entendre une détermination de l’acte philosophique lui-même : c’est l’acte lui-même qui, accomplissant la rupture dans l’histoire de l’humanité, se détermine comme politique en un sens principiel et radical, que la politique proprement dite ne soutient pas. C’est l’acte lui-même qui va être brisure de l’histoire sous l’opacité d’un nom propre, nom propre qui est « Nietzsche » luimême, en rappelant ce que j’ai déjà dit sur la différence qu’il convient d’introduire entre Nietzsche comme sujet ou auteur raturé de son entreprise, et « Nietzsche » comme nom propre catégoriel, ie comme nom propre organisateur à l’intérieur du dispositif de pensée de la pensée elle-même. Donc sous l’opacité de ce nom propre « Nietzsche », la philosophie est archipolitique, en ceci qu’elle effectue la cassure en deux de l’histoire de l’humanité. Mais je voudrais introduire une précision. Le fait que l’acte philosophique soit archi-politique veut dire à la fois extension inouïe de la puissance ou de la capacité du politique, d’un côté, mais de l’autre, aussi bien la dissolution de toute politique, au sens non archi-politique du terme. De sorte que Nietzsche énoncera tantôt que son acte résilie toute politique, tantôt qu’il est lui-même la suréminence de la politique. Par exemple, dans le brouillon de la lettre à Georg Brandes, nous avons déjà cité ce texte, il dit : « nous venons d’entrer dans la grande politique, et même la très grande ». C’est le versant que j’appelle supra-politique ou radicalement politique. Et puis, dans le brouillon d’une lettre à Guillaume II, il écrit en revanche : « [le concept de la politique s’est totalement dissous dans une guerre entre esprits, toutes les images de la puissance ont volé en éclats] - il y aura des guerres comme il n’y en eut encore jamais ». Nous avons donc une sorte d’oscillation constituante dans la détermination de l’acte archi-politique entre l‘idée d’une extension en radicalité de la politique elle-même, et un geste qui dissout l’effectivité de la politique. Notons que ces 2 textes sont des brouillons, ie qu’aucun des 2 n’a été adressé. Et effectivement, il y a dans l’archi-politique quelque chose d’essentiellement non adressé, parce que l’archi-politique est le tourment même de l’acte nietzschéen dans son rapport improbable à la

politique. Ceci étant, le côté brouillon dans tous les ses du terme de cette oscillation entre la supra politique et la dissolution de la politique, cette coexistence événementielle archi-politique de la grandeur et de la dissolution va contre l’herméneutique heideggerienne sur ce point. Heidegger comme Nietzsche admettent que sous le nom immédiat de politique ne se présente en dernier ressort que le nihilisme moderne, point sur lequel il n’y a pas de dissension entre l’un et l’autre. Nietzsche aura d’ailleurs la lucidité particulière d’assigner provisoirement le nihilisme, en tant que contenu réel du mot politique, aux allemands. Le nom allemand désigne pour Nietzsche la rature de tout événement affirmatif, la rature ou le ratage, mais plus précisément la biffure ou le recouvrement, ou l’occultation de toute événementialité effective. C’est cela qui est allemand. Par exemple, dans l’Antéchrist, aphorisme 61 : « la réforme, Leibniz et la prétendue philosophie allemande, « les guerres de libérations », le Reich allemand, c’est chaque fois le mot en vain écrit sur quelque chose qui existait déjà, sur quelque chose d’irremplaçable ». Parmi le système général des nominations nietzschéennes, le mot Allemand, c’est en réalité le mot en vain écrit « sur qch d’irremplaçable ». On peut dire que la politique en son sens courant, ie pour Nietzsche en son sens allemand, c’est très précisément la rature ou l’occultation de l’irremplaçable, ie sa dimension de déni infligée à toute affirmation événementielle. Sur ce point, le sens d’allemand mis à part !, Heidegger et Nietzsche convergent dans la détermination de la politique comme rature de l’événementialité. Mais Nietzsche ne va pas se proposer de surmonter ou de relever cette situation. Il va s’excepter de tout traitement dialectique de cette disposition, car l’acte nietzschéen, on pourrait le définir ainsi, c’est la volonté de réaffirmer l’irremplaçable, non pas dans la figure d’un contre ou d’un renversement, mais dans la figure d’un excès dissolvant - ce qui va soutenir dans la dimension d’excès la politique en excès sur elle-même, ie la politique comme supra-politique, dissolvant désignant le fait que cet excès est proprement aussi et en même temps la dissolution de toute politique. Et c’est cet excès dissolvant qui est par soi-même la réaffirmation de l’irremplaçable que la politique courante a raturé. Heidegger visant Nietzsche a écrit : « l’anti-métaphysique et l’inversion de la métaphysique, mais aussi la défense de la métaphysique pratiquée jusqu’alors, forment une seule et même machination par quoi se traduit l’omission advenue depuis longtemps du demeuré manquant de l’être même ». Donc visant Nietzsche, Heidegger énonce que l’inversion de la métaphysique, le retournement de toutes les valeurs, l’anti-métaphysique, est au fond originairement, ou co-originairement, dans le même élément que la métaphysique, ie perpétue du biais de l’histoire de l’être l’occultation « du demeuré manquant de l’être ». Or, dans cette description, je pense qu’il y a un point de mécompréhension, qui est que l’acte nietzschéen n’est pas essentiellement dans la forme de l’anti. En dépit de la métaphorique explicite du renversement ou du retournement, en dépit de l’anti présent dans l’Antéchrist, la figure agonique et antagonique de l’anti n’est pas la forme singulière la plus profonde de la représentation nietzschéenne de l’acte. L’acte n’est pas dans la forme de l’anti, ni dans celle de l’inverse, encore moins dans celle de la défense. L’acte est une cassure qui réaffirme l’irremplaçable sans avoir à le remplacer, ie que la réaffirmation de l’irremplaçable à la fois supra-politique et dissolution de la politique n’est pas dans la figure du remplacement, mais dans la figure de la réaffirmation de ce qui est déjà là, mais raturé et oblitéré par la politique en son sens allemand. L’acte nietzschéen va briser en 2 l’histoire de l’humanité, là où la politique a effacé une rupture déjà là. C’est évidemment en ce sens que le geste est effectué et tenu dans l’élément du retour éternel, parce que la rupture déjà là, telle qu’oblitérée par la politique, en constitue le site. Et on peut dire que l’irremplaçable raturé c’est, pour l’acte nietzschéen, le site de l’événement. L’événement est situé dans un déjà là oblitéré qui fait que la réaffirmation de son caractère irremplaçable n’est pas tenue d’en passer ni par une relève, ni par un remplacement. Voilà pourquoi on peut dire – c’est un point sur lequel Deleuze insiste à juste titre - que l’acte archi-politique de Nietzsche est dans la forme d’un coup de dés.

« je suis un coup de dés ». Nietzsche écrit exactement « c’est un préjugé que je sois un homme ». et d’autre part « je suis un destin ». Le texte de Deleuze confronte soigneusement le coup de dés nietzschéen et le coup de dés mallarméen. soutenir que l’acte nietzschéen est dans la figure du coup de dés aussi comme geste inhumain. comme nous l’avons déjà remarqué. chapitre 1. ie une suite tendancielle de coups de dés. ni anti-philosophique. tel qu’en lui le hasard s’affirmer comme nécessité. coup de dés qui est en un certain sens l’acte lui-même. « l’unique nombre qui ne peut pas être un autre ». par préjugé raisonnable. Parenthèse : sur ce point. mais . mais il va poétiquement supposer le il y a de cet acte. Je cite Deleuze : « Mallarmé.le coup de dés est unique : il n’est pas un coup de dés probabiliste. Deleuze traite la question du coup de dés de Mallarmé avec rigueur. c’est le coup de dés mais revu par le nihilisme. ie que la nécessité n’est rien d’autre que l’élément affirmatif du hasard. qui tendraient vers une moyenne ou un résultat statistique. fonde que Nietzsche. On peut simplement récapituler les caractéristiques du coup de dés nietzschéen selon Deleuze.le coup de dés affirme le hasard : il est à la fois affirmation et réaffirmation du hasard. . puisse dire simultanément.le coup de dés est un acte inhumain dans la figure d’un vouloir. Le fait que le coup de dés soit un acte inhumain. et je soutiendrai. De ce point de vue. casser en 2 l’histoire du monde. et le geste mallarméen qui. Mais là. nous pouvons maintenant les assembler.le coup de dés : Nietzsche et Mallarmé Le coup de dés est proprement ce qui vient ici faire image ou dénotation pour ce qui n’est pas justement dans la forme de l’anti. mais dans la figure de la réaffirmation de l’irremplaçable. la thèse opposée. et ce point me paraît absolument fondé. formules qui veulent dire dans les termes mêmes de l’analyse deleuzienne de Nietzsche. §11. nous avons expressément cité ce passage. qui est le biface du hasard et de la nécessité qu’il affirme. ie un préjugé portant sur le Nietzsche qui n’est pas « Nietzsche ». réaffirmant l’irremplaçable. et par là même il en fait une nécessité. et finalement vient à réaffirmer l’irremplaçable. Deleuze est très violent contre Mallarmé. mais que le n’être pas un homme est condition intrinsèque de l’acte inhumain qu’est le coup de dés. Deleuze établit une ressemblance formelle avec Mallarmé. Mais que signifie la thèse opposée ? On ne va pas dire que c’est la bonne conscience ou l’assentiment. il considère que l’interprétation mallarméenne du coup de dés est proprement l’interprétation nihiliste du coup de dés nietzschéen. c’est le coup de dés intégralement soustrait à l’impasse folle de sa volonté (car nous verrons que la trace de la volonté demeure dans ce que j’appellerais le cercle de l’acte nietzschéen) pour être poétiquement pensé comme pur il y a. Et il faudra distinguer l’effectivité folle où Nietzsche doit finalement venir lui-même à la place de l’acte. Il variera un peu sur ce point plus tard. La thèse opposée est la suivante. nous avons cité les 2 formules. Mallarmé ne va pas supposer sous son nom propre l’acte lui-même. déclare qu’il « n’est pas un homme ». ou comme dira Mallarmé. on peut en effet affirmer qu’il est un homme. interprété dans les perspectives de la mauvaise conscience et du ressentiment ». Il y a toujours cette opération essentielle de bien représenter que « Nietzsche » est un nom propre opaque pour l’acte. ie je suis l’acte même du coup de dés par quoi l’irremplaçable oblitéré va être hasardeusement réaffirmé et l’histoire brisée en 2. il suffit que vous vous y reportiez dans Nietzsche et la Philosophie. Autrement dit. Vous imaginez bien que cet énoncé me scandalise ! Que Mallarmé soit assigné aux « perspectives de la mauvaise conscience et du ressentiment » est quelque chose qui m’est tout à fait désagréable. ou sa reprise nihiliste. ce qui ne signifie pas directement ou immédiatement qu’il est le surhomme. Il est en une seule fois exactement comme c’est en une seule fois que Nietzsche va. mais en même temps elle est profonde. Dans Nietzsche et la philosophe. à distinguer naturellement du Nietzsche que. fait échapper Nietzsche à la prescription subjective ou à la prescription par la figure métaphysique du sujet où Heidegger tente de le tenir captif dans sa corrélation destinale à Descartes. mais pas tout de suite. C’est aussi pourquoi Nietzsche. n’est plus ni philosophique. Elle saute aux yeux. c’est pourquoi le geste du danseur va déployer un nombre. d’une part : « je suis toujours à la hauteur du hasard ». d’ailleurs. au regard du coup de dés nietzschéen : Mallarmé. mais disjointes. . . de l’inversion ou du remplacement.

va établir la politique dans son irremplaçable grandeur. ie sans prétendre que ce il y a du coup de dés est la cassure en 2 de l’histoire du monde. peut-il être au-dessus de ce qu’il va ruiner ou excepté de tout ce qui se donne. silence. ie la constellation. il faut bien le dire. toujours cette différence de l’acte. Et dans le prologue de l’Antéchrist : « … être exercé à se sentir au-dessus du misérable bavardage contemporain du politique… ». va dissoudre toute politique. Au fond. pas grand-chose à voir avec le vouloir métaphysique d’un renversement de la métaphysique. du côté du hasard. l’acte a aussi une dimension soustractive de lui-même.purement et intégralement poétique. de se faire intemporel ». jusqu’à présent. c’est bien de la dissolution de toute politique qu’il va s’agir. Vous voyez que dans le biface de l’acte en pur coup de dés. la question de son témoin. toujours ce « je vais ». du côté de l’affirmation du hasard. Nous dirons que l’acte nietzschéen. Nous reviendrons sur tout cela. voilà sa détermination. C’est dans une autre logique qu’il se situe. ou de son éventuel témoin. nous entrons dans des chicanes extraordinairement serrées. qui se dira aussi destin. en tant. et dans le prologue de l’Antéchrist : « il faut être devenu indifférent » à la fois pour l’acte et pour en témoigner. je dirais que pour Nietzsche. surimposition de la brisure et de l’éternité Cependant. Nietzsche va dire dans l’avant propos du Cas Wagner : « Qu’exige un philosophe en 1er et dernier lieu de luimême ? de triompher en lui-même de son temps. l’acte. c’est aussi. de celui qui a trouvé la dynamite non chrétienne et qui est au cœur de l’explosion. par quoi sera délivré le il y a du coup de dés. il reste que l’acte nietzschéen n’a. donc : « je vais commettre l’acte si étrangement solitaire de l’inversion de toutes les valeurs ». il faut bien le dire. qui est comme on le sait l’histoire de l’humanité. nous en avons donné la logique intrinsèque : dans la supposition que l’acte ait lieu. silencieuse. y compris française. en tant que coup de dés ou brisure en 2 de l’histoire de l’humanité. et. y compris dans la brisure ? C’est cela . et de cette affirmation résultera. que le hasard est en jeu. Ceci étant dit. à savoir casser en 2 l’histoire du monde. ou il y a la possibilité d’affirmer le hasard. Mallarmé propose le poème de l’événementialité venu à la place de ce que Nietzsche propose ou suppose. être convoqué par l’opacité même du nom de « Nietzsche » à être témoin de l’acte. En réalité. inattestée et indifférente – c’est l’intemporalité qui de prime abord paraît contredire le temps même de l’acte. Mais il y a une dimension purement soustractive à soi. Ce qui va être dessiné dans cette autre figure se surimpose à la 1ère figure de l’acte – cette figure solitaire. mais l’événement même sera laissé dans le suspens du il y a. qui attestent que l’acte a lieu. Et là. qui est que Nietzsche doit endurer que l’acte n’aura jamais eu lieu dans son espace général. qui est encore de la dynamite chrétienne) non chrétien. mais en tant que c’est de l’affirmation du hasard qu’il s’agit. mais dont l’imminence est aussi toujours lointaine. La question est alors la suivante : comment ce qui brise en 2 l’histoire du monde peut s’attester par de l’intemporel ? comment l’événement explosif (nous avions parlé la dernière fois de Nietzsche comme le chercheur d’une dynamite non chrétienne par rapport à la Révolution. en effet. à mon sens. nous pouvons y relire cette détermination apparemment ambiguë entre dissolution de la politique et établissement de sa grandeur. et qui est. « l’unique nombre qui ne peut pas être un autre ». qui est l’effectivité emphatique ou archi-politique de l’acte. Mallarmé dira : il y a de l’acte. sans prétendre que soit délivré là son effectivité. Disons aussi que le poème de l’événementialité vient à la place de la détermination archi-politique de l’acte. et que. la folie d’un acte archi-politique. Nous avons cité la dernière fois dans la correspondance « je vais commettre… ». ie quelle est l’épreuve de probation de l’acte ? quel est le signe de reconnaissance de l’effectivité de l’acte archi-politique ? du coup de dés ? C’est à la fois la question de ce qui fait signe en lui de son être même. Qui peut. comme dirait Mallarmé. Solitude. c’est au contraire de son irremplaçable grandeur qu’il est question. qui est imminent. une fois tout ceci rappelé. que ce nom nomme ou surnomme ? En contraste avec une 1ère détermination que nous venons de rappeler. indifférence et finalement intemporalité ». Nietzsche va aussi soutenir que l’acte est solitaire et silencieux. on entre dans le pb indéchiffrable de son effectivité ou du témoignage de son réel. dans ce silence et dans cette solitude. ou qui doit. c’est ce qui. Autrement dit.

que d’une certaine façon. dans le même aphorisme 62 : « cette éternelle mise en accusation du christianisme. j’élève contre l’Eglise chrétienne l’accusation la plus terrible qu’accusateur a jamais prononcé. La correspondance environnante indique qu’aux yeux de Nietzsche. en apparence. Or. partout où il y a des murs – j’ai pour cela des lettres qui rendraient la vue aux aveugles… ». elle a voulu sciemment le comble de la pire corruption possible. ie que le philosopher comme acte se présente comme verdict sur le système du vieux monde. qui sont comme une espèce de vacillation problématique de la détermination de l’acte comme publication du verdict : . à la rédaction de sa 1ère partie qui est l’Antéchrist. de toute vérité un mensonge. ou s’énonce lui-même comme tel. cet acte ? qu’est-ce qui est déclaré ? Nous avons déjà vu à propos du fait que Zarathoustra soit toujours pensé comme son propre précurseur. a nécessairement une nature déclaratoire. c’est justement l’imminence de l’acte. Il semble qu’à la définition immédiate de l’acte comme brisure en 2 de l’histoire du monde. Et comme cette figure est repérable chez Nietzsche. la fois dernière. quasiment phénoménologiquement. Elle est pour moi la pire des corruptions concevables. C’est bien ainsi que se présente la conclusion de l’Antéchrist. Je rappelle que pour le Nietzsche terminal. une autre détermination. les vieilles valeurs subsumées sous le nom générique de christianisme. ce qui est déclaré. c’est une 1ère version. On notera 2 choses. qui assigne à la philosophie la tâche de l’archi-politique. Et on sait que le nom générique du vieux monde et de ses vieilles valeurs. On peut donc dire que l’acte dans sa détermination 1ère ou descriptive. de toute sincérité une bassesse ». Donc l’acte comme déclaration se déclare lui-même comme venue. Voilà pour le verdict. qui est absolument d’un autre ordre que l’historicité brillante ou proclamée de la 1ère figure. Et je voudrais chercher la clé de cette surimposition. ie que dans son essence – et là. c’est christianisme. si bien que l’acte comme déclaration a descriptivement. Mais que déclare-t-il. l’Antéchrist constitue la déclaration elle-même qui est en un certain sens l’acte lui-même. et par là même nous enfoncer plus encore dans le paradoxe de la détermination nietzschéenne de la philosophie. La disposition sur tous les murs de l’exécration ou du verdict. Cela. et c’est ce déclaré comme tel qui va. puisque. parce que Nietzsche ajoute un peu plus loin un point à mon avis très important. Il faut donc en venir à : « qu’est-ce qui est déclaré dans la déclaration philosophique en tant qu’acte ? ». Il est la prévenue de la survenue. parce qu’elle installe l’acte philosophique dans l’antécédence à soi. d’abord la forme d’un verdict. comment se conclut l’Antéchrist ? Par cette péroraison : « j’en arrive à ma conclusion et j’énonce maintenant mon verdict.que j’appelle la surimposition. c’est le jugement du christianisme. ou de latence. Je condamne le christianisme. L’acte semble être finalement dans la dimension publique du verdict ou de la déclaration. l’exécration du christianisme La surimposition me paraît liée à ceci que l’acte. elle a fait de toute valeur une non-valeur. Donc le contenu de ce qui est déclaré. ou de différence. y compris pour lui-même. le livre ou la brochure qui porte le nom d’Antéchrist est en un certain sens l’acte lui-même. se surimpose en effet une autre définition. l’Antéchrist. qui. La corruption de l’Eglise chrétienne n’a rien épargné. en tant qu’il est l’acte archi-politique de la philosophie. affecte l’acte au silence de l’intemporel et à un élément d’invisibilité. L’archi-politique dans les termes de l’Antéchrist est la proclamation publique de l’exécration publique ou du verdict. je la veux afficher sur tous les murs. Zarathoustra dira expressément qu’il est le coq qui précède sa venue. c’est le jugement sur le vieux monde porté à la connaissance d’un public générique. je vous avais retracé l’histoire qui conduit du projet de la volonté de puissance au projet d’une transvaluation de toutes les valeurs. elle n’est pas satisfaisante. qu’on le prenne sur les 2 bords de la surimposition – l’acte philosophique est une déclaration : quelque chose vient à être déclaré. parce que « tous les murs » signifie que l’adresse est universelle ou quelconque – « sur tous les murs ». elle. enfin quelque chose de cet ordre. En apparence. le contenu de la déclaration c’est le jugement du vieux monde et de ses vieilles valeurs. Mais vous voyez bien que cette 1ère possibilité est circulaire. doit casser en 2 l’histoire du monde.

Nous reviendrons sur ce point. Témoin. c’est d’exister comme déclaration. Voyez dans le poing fermé nietzschéen le poing fermé de l’exécration. de mise à mort du vieux monde. mais qui déclare. donc entre l’acte et lui-même. où nous retrouvons la dimension d’excès nécessaire. c’est en fait l’intensité du verdict lui-même. Ce point lui est consubstantiel. comme est toute réaffirmation dans la forme d’un coup de dés. Elle porte l’exécration des vieilles valeurs. « tout de suite ». ou la question de l’autre. le nombre stellaire qui va sortir de là. le geste destinal en quoi le hasard de cette réaffirmation va être destiné. s’interpose ultimement. c’est pour cela qu’il est si important que Nietzsche puisse affirmer que c’est le plus terrible des jugements jamais portés sur le christianisme. de la vitupération du christianisme effectivement.la 2ème : « cette éternelle mise en accusation du christianisme ». Et alors. Nietzsche va faire cette déclaration déchirante : « écoutez-moi. il faut encore que quelqu’un sache qui est ce qui. je crois qu’il faut bien le dire. cela ne nous est pas encore déchiffrable. et d’en proclamer publiquement l’exécration éternelle. appelons là comme on veut. Le verdict contre le christianisme et contre le vieux monde doit pouvoir s’attester comme le plus terrible jugement qui ait jamais eu lieu. « ça va être ». mais c’est qu’elles puissent être attestées comme la plus terrible qu’il lui ait jamais été porté. la question du quelqu’un. elle est là. . La figure me paraît encore retenue ou. l’Antéchrist et Ecce Homo sont absolument couplés et sont l’unité de proposition. car je suis tel et tel ». à savoir que l’acte philosophique serait finalement de porter un jugement radical sur le vieux monde. il fait qu’il vienne en personne occuper le bord. n’est pas à rattacher au contenu de la déclaration. où nous retrouvons que l’acte est toujours dans la figure d’une réaffirmation. il ne suffit pas qu’il le dise. ie la puissance active de la déclaration. l’élément affirmatif du verdict. me paraît plutôt être la figure encore virtuelle du coup de dés. « Prévoyant » : nous trouvons toujours les « je vais. ie que l’accusation n’est la substance de l’acte que pour autant qu’elle soit l’accusation en archi-politique. que dans sa figure nietzschéenne. entre la déclaration et la dimension active de la déclaration. subsiste encore une irréductible question du témoin. le verdict. disons. Et il y a quelqu’un au sens où ce quelqu’un comprend qui parle dans la déclaration. Je dirais donc que la question du public ou la question du quelqu’un. Nietzsche lui-même est finalement encore là la seule dimension affirmative de l’acte. cet élément affirmatif que nous attendons comme l’autre bord de la cassure en 2 de l’histoire du monde. audience – quelqu’un – il faut qu’il y ait quelqu’un. Et le qui je suis vient là comme partie intégrante de l’approbation déclaratoire. « bientôt ». dirait Mallarmé. Nous en sommes encore au moment. car comment commence Ecce Homo ? Ainsi : « prévoyant qu’il me faudra sous peu adresser à l’humanité le plus grave défi qu’elle n’ait jamais reçue. Ou encore : la validité active de la déclaration. Je comparerais cela au moment mallarméen du Coup de dés. l’accusation ou l’exécration. Donc l’acte est explicite en tant que déclaration. Tout se passe comme si entre la déclaration d’exécration du christianisme. Ce n’est pas la déclaration elle-même qui est en cause. la déclaration est encore captive du cercle. plutôt que son geste ou son lancé. et l’acte lui-même. ie que l’acte a de toujours déjà eu lieu et dont Nietzsche est la réaffirmation à la fois hasardeuse et destinale. que le jet véritable des dés. mais elle est à rattacher à : qui déclare ? et cela constitue le cercle de l’acte comme déclaration. où le maître hésite ancestralement à « n’ouvrir pas la main crispée par delà l’inutile tête ».. Nous sommes toujours au bord de l’acte. L’acte. et que je comprends dans sa radicalité et dans sa tension. Mais je dirais qu’à retenir tout cela. ie une accusation distincte et suréminente au regard de toutes celles qui ont été préalablement portées. me paraît être la forme du coup de dés. j’ai le sentiment que les dés ne sont pas encore vraiment jetés. l’exécration. elle est lisible. La question du public. mais elle ne la porte qu’en sorte que ce soit la déclaration elle-même qui soit le seul contenu actif de cette exécration. où les dés sont agités dans le poing fermé. dans la motivation nietzschéenne. ie que ce qu’il y a là. Mais ce qui va être là affirmé. Il y a encore de cela. ce n’est pas seulement le verdict. donc elle assigne bien la philosophie à une rupture radicale. Et je pense que c’est pour cela que dans la disposition nietzschéenne de l’écriture à cette époque. Un peu plus loin. public. à savoir que le sujet de l’énonciation doit être lui-même déclaré pour . il me paraît indispensable de dire qui je suis ». Autrement dit.la 1ère : « …j’élève contre l’église chrétienne l’accusation la plus terrible qu’accusateur n’ait jamais prononcée ».

Ceci est proprement la définition générique de la loi. Une reconnaissance est obligée. on dira : la reconnaissance est événementielle parce que. de la reconnaissance du qui. la loi contre le christianisme de l’Antéchrist Alors je vous rappelle le titre : loi contre le christianisme. Or. mais que quelqu’un vienne. si le qui je suis n’est pas entendu et si la déclaration seconde ne vient pas dans le résultat de son adresse valider la déclaration 1ère où nous retrouvons un thème que j’avais introduit dès le début. N’est-ce pas en définitive. à son tour. et c’est pourquoi le cri nietzschéen : « écoutez-moi car je suis tel ou tel » met en jeu l’acte lui-même dans son effectivité. est sans loi. Ie quand un qui n’a pas pu être prononcé par l’autre. en attendant que lecteur. Aussi à la question : qu’est-ce qu’une loi ? On répondra par une définition très générale de la loi : une loi est ce qui vient à être quand une reconnaissance n’a pas eu lieu. on va occuper le terrain par la loi. en attendant. n’est pas le fait que la déclaration doit être reconnue. la véritable novation. qui pourra énoncer qu’il y a eu Nietzsche. et donc une reconnaissance inconditionnelle est demandée : il faut que Nietzsche soit reconnu. qui vient obturer l’attente. un résultat critique. c’est quand nul ne reconnaissant qui je suis. Et c’est dans la lucidité de ce point que Nietzsche.que l’énoncé déclaratoire soit adressé selon une double déclaration. incalculable. on voit bien qu’elle la présuppose. non pas finalement l’exécration du christianisme. Et ce à quoi l’entreprise tout entière de Nietzsche se trouve dès lors suspendue. Il n’est pas possible que l’acte philosophique au sens de Nietzsche ait lieu. qui est qu’une reconnaissance est nécessaire. doit être identifié pour que la déclaration fonctionne. elle est adressée ou inexistante. C’est à cette loi que nous en étions restés la dernière fois. l’événement dans son surgissement irréductible. En attendant. . le véritable surgissement. mais que pour qu’il y ait la déclaration. Le véritable événement. qui dise que « Nietzsche a eu lieu ». si l’on peut dire. C’est pourquoi. toute déclaration qui se présente comme déclaration archi-politique au sens nietzschéen est double : il faut incessamment que la déclaration déclare aussi le : qui déclare ? et la déclaration n’est pas en puissance par elle-même de déclarer le qui déclare. Mais si son lecteur n’est pas encore né. mais naturellement cette 2nde déclaration. il y a eu Nietzsche. Tant que l’autre ne prononce pas le qui. on se demande si cette reconnaissance d’un qui n’est pas finalement l’événement lui-même. ou voici la déclaration telle qu’elle se suspend à l’identité irréductible de Nietzsche. Et par conséquent. ou Nietzsche a été. une attente que Nietzsche énonce comme un différé ou un suspens irrésolu de la possibilité de l’acte déclaratoire. L’approbation du qui je suis n’est plus suspendue à l’intelligibilité des énoncés. précisément parce que l’élément de la reconnaissance est sans loi. Du coup. en en ponctuant les particularités et les problèmes qu’elle soulève. comme nous l’avons dit la dernière fois. c’est là le point. Il faut a doubler d’une déclaration seconde par quoi le qui je suis est énoncé. qui est. elle est entendue ou nulle. peut-être indéfinie. Ou encore : la loi. et cette reconnaissance. c’est que la naissance de son lecteur est en réalité l’événement véritable. c’est que se lève quelqu’un qui dise : il y a Nietzsche. que faire ? Parce que nous voyons bien qu’il y a là une attente. Eh bien. la reconnaissance de Nietzsche ne peut avoir qu’une figure événementielle : elle viendra. Nous allons la réexaminer à la lumière de tout cela. le point de cassure véritable de l’histoire de l’humanité. elle. il faut que le qui déclare ait été lui-même reconnu. alors il faut qu’il y ait la loi. parce que Ecce Homo est écrit pour obtenir ou pour extorquer cette reconnaissance. qui reconnaisse que « Nietzsche » a eu lieu. elle n’est pas le produit des faits de la déclaration. qui dise. Mais en réalité. Ou encore. va formuler une loi contre le christianisme. elle. Elle ne se laisse pas extorquer. parce que pourquoi s’intéresser à ce qui ? Si ce n’est pas précisément en tant qu’il est le qui qui déclare ? Mais le qui qui déclare. mais que le qui déclare ? et l’intensité du qui déclare ? soit effectivement reconnue ? Et comment peut-elle être reconnue ? c’est là que Nietzsche est au rouet. il faut que le partage anonyme se fasse dans l’élément de la loi. il y a cette chose surprenante que l’exécration contre le christianisme se présente aussi comme loi contre le christianisme. ce n’est pas tant qu’il y ait la déclaration d’exécration du vieux monde. il est absolument requis qu’elle soit entendue. C’est d’ailleurs ce que Nietzsche finit par dire au tout début du Prologue de l’Antéchrist : « peut-être mon lecteur n’est pas encore né ».

Mais cet élément de commutation n’est pas du tout homogène à l’idée de briser en 2 l’histoire du monde. Il n’y a pas à le prendre autrement.Christianisme : christianisme. Cette loi est entièrement prise dans la mimétique des décrets conventionnels. ou l’événement qui la rapporte à sa propre date. la loi va plutôt viser la figure concrète de la religion. Cela paraît l’évidence même. L’acte lui-même portera ou brisera avec la volonté de néant. ou que le vice soit le christianisme. Voilà pour le titre. qu’elle est la suppléance de l’événement encore attendu. précisément.en un autre sens. qui est l’inexistence de la reconnaissance de « Nietzsche ». ou ce que j’ai appelé un excès dissolvant. on ne serait dans la proclamation du christianisme comme vice. sinon que c’est précisément ce jour là que la loi est promulguée. Pourquoi ? parce que c’est une loi. dans une relève ou dans une combinatoire. c’est que christianisme ne va pas fonctionner dans le texte de la loi comme nom générique des vieilles valeurs nihilistes. ie le nom historial de la volonté de néant. C’est un pb sur lequel nous reviendrons. je n’y reviens pas. car la loi contre le christianisme va être dans une certaine mesure une loi contre le prêtre plus qu’une loi contre la volonté de néant.Loi : loi semble absolument contredire à l’acte. peut-on dire. là. mais que je pointe en passant : il y a une question décisive des noms chez Nietzsche. un devenir singulier de la figure du prêtre. La loi. La loi qui est finalement l’acte au défaut de l’acte ou qui est la déclaration comme encore non active. qui fait qu’apparemment on n’est pas tout à fait par delà le bien et le mal. Il faut bien dire qu’il y a là un élément de pure et simple commutation : ce qui était sacré est vicieux. Ensuite. ce n’est pas l’agonique ou l’antagonique. ou ce qui était affirmatif est négatif. c’est évidemment parce que la loi vient à la place de l’événement.. mais pas encore dans ce que ce déclaratoire institue comme puissance de l’acte. soulignons simplement ce que j’ai appelé la mimétique révolutionnaire. ou une double figure. Je vous rappelle que la définition de la philosophie par « Nietzsche » est la suivante : « [la philosophie veut parvenir] à un acquiescement dionysiaque au monde tel qu’il est sans rien en ôter. le pb est de savoir si on peut ouvrir une époque par une loi. Ensuite : « promulguée au jour du salut. exprime quoi ? Eh bien. . Et là encore. Là. il faut remarquer le vice. ie contredire à l’événementialité. et le nouvel an un. puisque nous en avons longuement parlé la dernière fois. Il y a donc un paradoxe du contre. C’est un nom ambigu : . Là. et pas l’acte. christianisme est le nom des valeurs nihilistes.Contre : contre paraît aussi contredire à l’essence affirmative de l’acte. nous sommes. en effet.en son sens générique. il n’y a certainement pas besoin de loi contre le christianisme. dont Nietzsche est le fondateur. ie qu’on est dans le déclaratoire négatif. car l’essence de l’acte tel que Nietzsche le détermine. en excepter ou en sélectionner » (fragment posthume du printemps 1888). car si cela était. ie l’appareillage du prêtre. sous-titre : « guerre à outrance au vice : le vice est le christianisme ». . mais loi vient. 1er jour de l’an un. Donc le fait qu’on ait : guerre à outrance au vice. c’est le nom générique des vieilles valeurs nihilistes. . . y compris la fondation du nouveau calendrier. ce n’est pas anti. qui est que la datation de la loi n’est rien d’autre que l’effet de la loi elle-même. obturer l’inexistence provisoire des conditions de l’acte. Mais ce qui va gêner dans le texte de la loi ensuite. car si l’histoire du monde est cassée en 2. ce n’est pas un renversement. et peut être le fondement de sa propre date. 1er jour de l’an un (le 30 septembre 1888 du faux calendrier) ». Cette loi est promulguée au jour du salut. C’est la philosophie sur le bord affirmatif de son acte. se date elle-même comme initiale. Ce n’est pas tout à fait la même chose. Ceci dit. c’est une cassure affirmative. mais dans une acception assez concrètement religieuse. On a donc un cercle tout à fait net. et ce qui était vicieux est sacré. Si nous n’avons affaire qu’à une permutation ou à un renversement terme à terme. en fait. exprime qu’on est encore dans l’antériorité à l’événement lui-même. et ce qui était négatif est affirmatif. ou c’est le nom du devenir nihiliste de l’évaluation. christianisme est une configuration singulière. vous voyez bien le cercle : qu’est-ce qui détermine ce jour comme le 1er jour de l’an un ? C’est précisément qu’il est le jour de la promulgation de la loi et rien d’autre – rien d’autre n’atteste que nous soyions au 1er jour de l’an un.

Là. plus dur envers les protestants libéraux qu’envers les protestants de stricte obédience. quand il règle la question des sophistes. accompagné d’un règlement de comptes avec les allemands. c’est proprement la religion déguisée en science. mais comme la religion en quelque manière rendue indiscernable de ce qui n’est pas elle. ie la déclaration elle-même sous sa forme concentrée : Article 1 : « est vicieuse toute sorte de contre-nature. alors que c’est . ie la religion dans un élément qui n’est pas elle. On sera plus dur envers les protestants qu’envers les catholiques. Aux yeux de Nietzsche. Et. l’espèce d’homme la plus vicieuse est le prêtre : il enseigne la contre-nature. ne brandit pas la peine de mort – donnons en lui acte. contre le prêtre on n’a pas de raisonnement. c’est la promulgation d’un décret qui condamne le prêtre aux travaux forcés. et ne pas porter exactement jugement ou rupture sur le générique de la chose. très roués et très complexes. Il n’y a donc pas à s’étonner que dans le contre le prêtre. l’un après l’autre. à la peine de mort. mais en un certain sens. Puis vient une dimension qui dirige petit à petit la flèche contre le philosophe au sens idéaliste du terme. La récupération de la notion d’outrage aux bonnes mœurs est dans la lignée de la récupération du vice et de tout le reste. et où son identité n’est plus déchiffrable. Le criminel des criminels est en csq le philosophe ». La philosophie. par ailleurs. Contrairement à Platon dans le Livre X des Lois. non pas quelque chose qui est simplement comme la religion. mais empruntée. ie la volonté de néant. en son sens large. et c’est un point très important. articulation centrale chez Nietzsche – renvoie à l’énoncé déterminant chez Nietzsche que : « ce qui a besoin d’être prouvé ne vaut pas grand-chose ». ie que l’article 2 désigne ce que je développerai plus tard sous le nom d’anti-philosophie nietzschéenne. il semble bien que pour lui les travaux forcés soient à peine suffisants. Nietzsche. Article 2 : « toute participation à un service divin est un outrage aux bonnes mœurs. on peut définir la philosophie historique comme. bien que le texte ne fasse nulle part allusion. Pour prendre une image tout à fait contemporaine. ie que c’est en état d’invisibilité dans un organisme que ça parasite. la religion indiscernable. Quant au philosophe. Je reviendrai tout à l’heure sur cette question du retournement des noms. non pas un service de la religion. Et il est certain que Nietzsche est le 1er fondateur de l’anti-philosophie moderne. on a les travaux forcés ». quand il examine la question du philosophe. vice / non vice. non pas même exactement comme une religion travestie. C’est donc. c’est la religion à l’état de virus. il n’y ait pas besoin de prouver sa nature vicieuse et contre naturelle. ce qui serait encore trop imagé. disons déguisée en la rationalité. contemporaine : contemporaine. très essentiels. Le fait qu’il n’y ait pas de raisonnement – nous reviendrons sur la question du raisonnement et de la preuve. Etre chrétien est d’autant plus criminel qu’on se rapproche le plus de la science. c’est en réalité la religion déguisée ou revêtue des oripeaux de la scientificité. la religion logée parasitairement dans un élément qui de prime abord lui est hétérogène. « le criminel des criminels est en csq le philosophe ». Ce qu’il faut entendre par philosophie dans anti-philosophie chez Nietzsche. Et on va adopter la mimétique terroriste. qui lui-même se déclare. depuis Platon. On va être dans des doublets nature / contre-nature. avec lequel Nietzsche entretient des rapports très fraternels.Examinons maintenant les 7 articles rapidement. J’ai dit tout à l’heure l’essentiel. Nous avons là une 1ère détermination de ce qu’il faut entendre par anti-philosophie chez Nietzsche. parce que le 1er grand anti-philosophe moderne est Pascal. la philosophie c’est comme un virus. ie que la loi va s’orienter vers la figure effective du prêtre. Je vous en avais déjà donné des exemples la fois dernière pour vous indiquer comment la mimétique révolutionnaire assumait la forme de la terreur dans des déclarations comme : « je viens de faire fusiller tous les antisémites ». On est dans l’inversion nominale. Passons vite. la philosophie. Mais enfin. Vous savez que c’est la stratégie générale de ce séminaire de déployer les figures constituantes de l’anti-philosophie en ce siècle. il y a les travaux forcés pour cela. Donc il y a une normativité naturelle inspécifiée. j’y reviendrai. Nous aurons à distinguer comme une catégorie singulière le mode propre sur lequel Nietzsche est anti-philosophe. Elle est installée dans une homogénéité apparente à l’organisme de la pensée vivante. Elle va être sous une normativité naturelle : « est vicieuse toute sorte de contre-nature ». philosophe.

c’est très peu. Je ferai 2 remarques sur cet article 3. Or. à côté des textes des anti-chrétiens de la révolution française. C’est en ce sens que Nietzsche s’auto-désigne toujours comme le plus grand psychologue du christianisme. On y élèvera des serpents venimeux ». Article 3 : « le lieu digne d’exécration où le christianisme a couvé ses œufs de basiliques sera rasé et cet endroit maudit de la terre inspirera l’horreur aux générations à venir. qui n’a pas reculé devant l’exil. c’est sa relative modération. c’est d’abord ce qui rend visible. On a donc là une mimétique révolutionnaire affaiblie qui se . et précisément parce que ce n’est qu’une loi au défaut de l’événement. le bannir dans les pires déserts ». ceci contredit expressément un passage de Zarathoustra où Zarathoustra reproche aux révolutionnaires de se livrer à des choses aussi ridicules que de renverser les statues. dans la loi. l’affamer. Or. il faut bien le dire. de la religion. c’est en csq le philosophe ».bien. En tout cas. Ce qui me frappe dans cet article 5. Or. mais « cet endroit maudit ». J’y verrai pour ma part le signe de l’instabilité mimétique du rapport nietzschéen de l’acte philosophique tel qu’il le conçoit au paradigme révolutionnaire qui continue à être pour lui la révolution française. le bannir dans les pires déserts. en effet. Le prêtre est notre Tchandala. La 2ème remarque que je voulais faire c’est qu’évidemment on est aussi là dans la mimétique révolutionnaire : raser les symboles. bon. A côté de Marat et d’autres. c’est une question qui ne m’est pas entièrement claire : la couvaison chrétienne. est d’une violence au regard de quoi il y a finalement une certaine bonhomie nietzschéenne : manger à la même table qu’un prêtre. ie c’est la mise en visibilité de l’élément religieux tel que la philosophie le dispose sous une forme dissoute ou absente à soi. voici que la mimétique révolutionnaire reprend le dessus. Car s’il s’agit du prêtre et du bannissement du prêtre. Où il prend même cela comme exemple de la futilité des révolutions politiques. les énoncés meurtriers adéquats à la figure du prêtre. on va le mettre en quarantaine. ie du nihilisme qu’il s’agit. il faut le mettre en quarantaine. On revient sur le prêtre. mais comme un changement de dispositif. l’anti-philosophie. on va prononcer que « le criminel des criminels. On s’excommunie par là de la société honnête. la guillotine et la persécution systématique. (Alain Badiou saute l’article 4 : oubli ou volontairement ?) Article 5 : « manger à la même table qu’un prêtre exclut. ie que l’Eglise est constamment régénérée par les persécutions de ce genre. descriptive. De ce point de vue là. que toute persécution symbolique est toujours une revitalisation essentielle de son dispositif. mais qu’en outre Nietzsche soutient la thèse que ceci renforcera le type dont on a détruit le symbole. honnêtement. sortir les tombeaux des rois et en disperser les ossements se situe proprement dans l’idée de la mimétique révolutionnaire. ou c’est Rome ? Je ne sais pas trop. mais on sent très bien que la métaphorique de la chose reste en partie dans la métaphorique de qui veut prononcer un énoncé scandaleux plutôt qu’un énoncé meurtrier. Je n’ai pas cherché. Il est donc très curieux de voir que non seulement il y a là une contradiction. et anti-philosophie. Or. ce sera rasé. c’est Jérusalem. il est certain que la révolution française dans son aile anti-cléricale. la destruction des symboles. mais il y a eu une 1ère destruction du temple de Jérusalem… Il y a vraiment sur la question de savoir où « le christianisme a couvé ses œufs de basilic » une pointe d’obscurité. et d’ailleurs pas seulement dans ce journal publié par Hébert de 1790 à 1794. Voilà sur philosophie dans son acception nietzschéenne 1ère. et que « Nietzsche » s’abandonne lui aussi à qch qui est tout à fait le renversement des statues ou. ce n’est pas grand-chose. quand on l’a discernée. stt si l’on songe à ce qu’aux yeux de Nietzsche il s’agit de porter l’accusation la plus radicale et la plus terrible qui ait jamais été portée contre le christianisme. on les a trouvé dans la littérature du Père Duchesne. ce n’est pas bien. Et alors. au sens non archi-politique. effectivement. ce n’est pas la société honnête. cet article 5. Nous verrons tout à l’heure que non seulement ce point est condamné par Zarathoustra comme caractérisant la frivolité des révolutions politiques. ie celui qui sait discerner le christianisme là où il est indiscernable. marteler les blasons. disons. après ça se durcit un peu : l’affamer.

Bon. que la loi laisse absolument en suspens. Or. Il faut que l’an I survienne : le I de l’an I. Et là. 3. ie de faire basculer une fois pour toutes les noms sacrés dans leur versant excrémentiel. jamais l’énoncé nietzschéen ne parvient à être un énoncé meurtrier même lorsqu’il est dans l’élément de l’apologie apparente de la cruauté. L’anecdote est admirable. cette bonté. Finalement. On peut récapituler tout cela sous une forme relativement stabilisée : dans la conception nietzschéenne de l’acte philosophique.situe dans un scandale restreint et qui renvoie à quoi ? c’est peut-être anecdotique mais il faut le rappeler. jusqu’à dans les marchands des 4 saisons qui lui réservent leurs fruits les plus mûrs. ie l’article 7. Mais le qui énonce ne peut être valablement déclaré que par un autre. Ou encore : c’est la venue réelle du 1er jour de l’an I. qui doit prononcer que la déclaration a été déclarée. ie la chose même. lui. En réalité. Il faut que : qui énonce ? soit à son tour déclaré. sale rédempteur. qui sont toujours dans des rapports de commutation ou d’identité. il faut d’abord prendre en compte : . et j’ai parlé précédemment de la sainteté intérieure de Nietzsche. je la sens. viendra aussi avec la loi et tout ce qui en découle. Et ce quelconque. Là se lit ce point . Je vous rappelle que c’est le sous-titre de l’Antéchrist : imprécations contre le christianisme. rien n’est venu. « saint ». Ce qui est énoncé ne peut être que l’exécration du vieux monde. Nietzsche finit par le voir partout. ceci ne peut pas se gager sans cercle sur la promulgation de la loi. se promenant à Turin. Nietzsche. alors : « espèce de messie. Il y a donc un tiers anonyme. 4. c’est sa venue. qu’a-t-il fait (ou : qu’ai-je fait !) ! Voilà. qui renvoie à l’extrême bonté de Nietzsche. qui vient après le système général de ses arguments ? j’ai tendance à penser ceci : c’est que le tout le reste qui en découle. Article 7 : « tout le reste en découle ». Ce qui peut découler en reste d’une loi. qui dit : l’effectivité de tout cela suppose une venue. d’ailleurs ? tout le reste en découle. ce n’est pas que de l’exécution des articles1. « Messie ». ce qui fait que Dieu est à la fois ce qu’on prie et que devant un acte horrible on va s’exclamer : nom de Dieu.2nd point : qui énonce ? Cette imprécation ne fait acte que sous la condition de l’identification du qui. Ce ne sont pas les conséquences de la loi. Ce qui est déclaré c’est l’imprécation. Mais. Il propose simplement de manier unilatéralement l’équivoque des noms. 6 résulterait… quoi. Article 6 : « on donnera à l’histoire « sainte » le nom qu’elle mérite. Et peut-être que lorsque l’an I viendra. rien n’est venu que la déclaration. 5. Mais là. Il faut que l’an I vienne. On emploiera les mots « Dieu ». est l’article événementiel. Donc ce qui en découle. c’est l’avoir lieu de tout cela. à qui lit Nietzsche attentivement. Nietzsche se situe là dans la classique ambivalence nominale entre les noms sacrés et les noms excrémentiels. qui l’identifie. mais en réalité il y a chez cet homme. qui n’est pas à elle-même l’acte déclaré. comme celui qui déclare. Nous avons vu tout à l’heure que le fait que nous soyions au 1er jour de l’an I. Alors c’est vraiment l’énigme de cette loi contre le christianisme. c’est l’événement comme non loi. Nietzsche se tient dans ce fil. cochon de Dieu ». il y a finalement une retenue de l’énoncé juste au moment où sa logique interne serait de l’installer comme énoncé meurtrier. cela c’est purement et simplement ce qui est en reste de la loi. celui d’histoire maudite. ou l’événement comme effectivité de ce dont la loi ne donne que la loi. une très grande bonté. . quand il faut vraiment prononcer. ou l’événement comme incise de la loi. comme des injures et pour désigner les criminels ». 2. Et chaque invective est conquise par « Nietzsche » sur la bonté de Nietzsche. de tout cela. Je dirais donc que « tout le reste en découle ». y compris dans le mouvement par lequel il s’expose de plus en plus lui-même à la folie de son acte. ie qu’est-ce que c’est que ce tout le reste. c’est le nom silencieux de l’événement par quoi la loi cesserait d’être loi. c’est l’événement lui-même. l’an I en tant qu’il viendrait ou en tant qu’il aura été venu. ie dans l’équivoque des noms. Chaque fureur est une fureur qui dispose d’un arrière-plan toujours inépuisé de bonté fondamentale.1er point : l’énoncé. précisément. C’est la tradition du juron. On a toujours utilisé ces mots là dans l’exclamation et dans l’insulte. « rédempteur ».

Zarathoustra dira aussi que c’est « le . indiscernable du ne pas avoir lieu.essentiel qui est que celui qui déclare doit à son tour être déclaré par l’autre. Ou encore. en un certain sens. dira Zarathoustra. le dispositif de toute archi-politique au sens où je l’ai nommée. Mais comment le montrent les innombrables clausules du type : « je vais ». « je vais bientôt ». ie à la philosophie. donc si vous voulez sa figure révolutionnaire classique. disons qu’il y a : . car elle exige l’autre. Ecce Homo. dans la sincérité la plus radicale et dans l’engagement allant jusqu’à la folie. Mais on est encore dans l’antécédence à soi de l’acte : l’événement échappe encore. ie toute disposition qui assigne la politique à la préparation principielle d’un événement radical ou qui assigne la politique à la pensée. l’événement va être repris ou ressaisi dans une théorie singulière de l’événement. En tant qu’il est ce qui échappe.la déclaration . ie que l’avoir lieu est lui-même. Nous le trouvons un peu partout chez « Nietzsche ».3ème point : l’événement non encore constitué. de la loi. C’est l’éructation du soulèvement. Ou encore. chez Nietzsche. ce devant quoi les bourgeois tremblent. va prendre la forme très spéciale suivante : l’événement est par excellence ce qui est silencieux. c’est l’événement populaire révolté. qu’il le voit dans le geste ordinaire de quiconque à son égard.un terme à constituer : le qui va déclarer ? dans l’élément de la reconnaissance . Ces 2 premiers points constituent le versant déclaratoire de l’acte. Le silence va être la métaphorique nietzschéenne du caractère toujours inattestable de l’événement. de l’imprécation ou du qui. donc dans son épreuve la plus pure. Ce tiers qui n’est peut-être pas né comme Nietzsche le dit lui-même. mais on le trouve de manière concentrée dans le chant de Zarathoustra (2nde partie) intitulé : « des grands événements ». qui va être là pour rendre raison de son échappée.un terme constitué : l’imprécation . on peut dire que son dispositif inéluctable c’est celui du triplet d’une déclaration. c’est le « démon de la révolte et de la lie ». dans une telle nécessité. d’une reconnaissance et d’un point de fuite événementiel. L’Antéchrist.l’avoir lieu Ceci constitue. mais à qui on a dit tout ce qu’on pouvait dire pour qu’il y ait la reconnaissance dans Ecce Homo. Si donc on entend ainsi archipolitique. « c’est pour ». c’est le couplage dans l’œuvre de Nietzsche de l’Antéchrist et de Ecce Homo. c’est l’imprécation elle-même. Ou que l’avoir lieu est sans trait de reconnaissance. Je dirais donc que le dispositif de l’archi-politique dans la figure du triplet de l’énoncé.un point de réel différé : la dimension événementielle de l’acte. Ce qui. donc le contenu immédiat de la déclaration. C’est l’apologue du chien de feu que Zarathoustra rencontre au seuil de l’enfer.la reconnaissance de son intensité . c’est le dossier du qui ? Ce n’est pas la reconnaissance du qui. comme le montre l’article 7 de la Loi contre le christianisme. . ie l’ensemble de l’énoncé de l’imprécation contre le vieux monde et de la résolution éventuelle de la question : qui déclare ? pour autant qu’elle suppose un tiers. ie ce qui met l’acte à distance même de la déclaration de l’acte. mais c’est au moins le dossier du qui. La démarche consiste à dire que finalement tout événement est en réalité inattestable et que c’est pour cela que la figure événementielle de l’archi-politique n’est jamais attestée. on peut dire que l’archi-politique articule une loi et un qui ? sans pour autant parvenir à prescrire l’acte. le chien de feu et l’événement silencieux Qui est le chien de feu ? Le chien de feu. Le chien de feu. Le versant déclaratoire de l’acte. Donc dans ce triplet il y a : . « je prépare » etc…. Et cette articulation va dessiner une représentation particulière de l’événement. va finalement produire en légitimation de soi-même une figure elle-même inattestable de l’événement. Et comme Nietzsche attend l’autre dans une telle tension. je crois. Ou encore : que la validation de la déclaration est principiellement invisible. et de l’événement inattesté et inattestable. ie la figure plébéienne de l’événement.

Voilà comment Zarathoustra invective le chien de feu : « vous vous entendez à hurler. Le point soutenu va être qu’aucun signe extérieur ou phénoménal n’atteste l’événement comme tel dans la conception que s’en fait Zarathoustra. nous retrouvons cette figure singulière du cercle qui est l’antécédence à soi. c’est autour des inventeurs de valeurs nouvelles que gravite le monde. comme dit aussi Zarathoustra. Zarathoustra étant proprement celui qui annonce la venue de Zarathoustra. qui est silencieuse. .toute l’opposition sur la question de l’événement se fait entre vacarme et silence. mais il gravite en silence. on pourrait dire : qu’importe dans ce cas qu’on rase les lieux où le christianisme a couvé ses œufs. donc c’est la terre elle-même parlant son soulèvement apparent. ie qui n’est pas l’invention « de vacarmes nouveaux ». autrement dit. Et tu peux bien l’avouer ! Une fois dissipé ton vacarme et ta fumée. c’est le mot que vous aimez hurler entre tous : mais j’ai cessé de croire aux grands événements qui s’accompagnent de hurlements et de fumée. Zarathoustra est donc parfaitement conscient que rien ne sert de promulguer une loi contre le christianisme. nous trouvons ici la position inverse. je t’en prie.ventriloque de la terre ». opposé ici au révolutionnaire plébéien. « Ce n’est pas autour des inventeurs de vacarmes nouveaux. c’est justement la caractéristique de la révolution plébéienne : « qu’importe qu’une ville ait été pétrifiée ou qu’une statue gise renversée dans la fange ! ».la 2ème remarque qu’il faut faire. C’est l’événement en tant que son advenue est signe de luimême : vacarme et fumée signifient que l’événement est là dans le phénomène lui-même. la terre en tant qu’elle est malade de l’homme. Vous êtes les plus grands vantards qui soient et vous connaissez à fond l’art de mettre la fange en ébullition […] « liberté ! ». d’avoir souffert et. cher vacarme d’enfer. mais il gravite en silence… ». A quoi Zarathoustra va opposer sa propre figure de l’événement. nous sommes dans un paradoxe très frappant. Il y en a déjà eu beaucoup. rien dans le monde comme monde ne va à proprement parler signaler sa venue. Une fois de plus.enfin. ne va pas être signalé dans sa venue. Ce n’est pas autour des inventeurs de vacarmes nouveaux. Là. Elle se relèvera plus divine. rompant la mimétique. Il faut précisément donner aux vieilles valeurs le conseil de se faire renverser. mais à l’heure du plus grand silence. à jeter de la poudre aux yeux. et montrant en fureur cette maladie humaine d’elle-même : c’est le chien de feu. C’est la 1ère remarque. des lois contre lui. mais qui dans l’énoncé des valeurs nouvelles s’atteste dans un monde qui « gravite en silence ». en tant qu’il se signale de lui-même par vacarme et fumée. elle vous rendra grâce de l’avoir jetée par terre. parce qu’elles renaîtront plus glorieuses et plus vivantes qu’elles n’étaient auparavant. est ici énoncé par Zarathoustra comme le vœu le plus profond de l’Eglise elle-même. . Le chien de feu. C’est la 3ème remarque. on s’aperçoit toujours qu’il n’est pas arrivé grand-chose ! Qu’importe qu’une ville ait été pétrifiée ou qu’une statue gise renversée dans la fange ! » 2 remarques sur ce 1er passage : . La statue gît dans la fange de notre mépris. c’est l’emblème de ce que Nietzsche appelle le grand événement. toute entière tissée de la brutale volonté de détruire les symboles et de persécuter le prêtre. et qu’il oppose expressément. mais ce qui va être le « coq » de sa propre venue c’est lui-même. qui est que le renversement de toutes les valeurs. Cela veut dire que l’inventeur des valeurs nouvelles. D’autant que Zarathoustra continue ainsi : « et quant aux démolisseurs de statues. mais sa loi veut justement qu’elle renaisse de notre mépris plus vivante et plus belle. les plus grands événements nous surprennent non dans nos heures les plus bruyantes. Après tout. Et crois moi. c’est autour des inventeurs de valeurs nouvelles que gravite le monde. Et voilà pourquoi tout autour le monde peut faire silence. en vérité. apparemment. programme nietzschéen par excellence. voici ce que je te dirai d’eux : il n’y a pas pire folie que de jeter du sel dans la mer et des statues dans la fange. à savoir que cela. briseurs de statues ! mais voici le conseil que je donne aux églises et à tout ce qui est affaibli par l’âge et pauvre en vertu : faites vous renverser afin que vous reveniez à la vie et que la vertu vous revienne ». au regard de ce que nous avons vu dans la loi contre le christianisme. Mais la terre malade de l’homme. mais le christianisme a . c’est à propos « d’inventeurs de valeurs nouvelles ». plus séduisante. au vacarme révolutionnaire en tant qu’autoproclamation ou auto-signalement de l’événementialité ou de la rupture.

prise dans un versant tout à fait contraire. car cela est le renversement – mais le renversement c’est finalement toujours le renforcement. Zarathoustra ne dit pas autre chose. du décret d’abolition qu’est l’Antéchrist par autre chose. ie que tout renversement est une régénération. Il faut donc forcément penser que le doublage de la déclaration négative. qu’est-ce que l’acte ? parce que ce qu’on lit dans la déclaration de l’Antéchrist est précisément de cet ordre. toute persécution est une renaissance. dans ce cas. Il faut que quelque chose vienne dire. c’est la question : où est Dionysos ? Et nous verrons que c’est véritablement la question du labyrinthe.toujours trouvé vertu et régénération dans le système de ces lois. ie la régénération ultime du Christ dans la figure de son renversement moderne ? Dans la figure que Nietzsche assume sous la signature de « l’Antéchrist » ? Ce problème est véritablement le même que celui que nous avions rencontré à un autre stade d’élaboration. mais comme en silence. n’est pas du tout celle d’un renversement de la métaphysique. ie annonçant. comme le lui imputera Heidegger. destructive. Voilà ! . au-delà de ce que nous avons vu. que le renversement du nihilisme. comme le veut Heidegger. sa conscience la plus profonde. et la loi de persécution. Mais. Et nous avions dit : comment se fait-il que le nom propre « Nietzsche » puisse surplomber ou renommer les 2 bords à la fois. qui est que rien ne sert de promulguer la loi d’exécration ou de détruire l’édifice ou la statue. renaissant. il dit : tout renversement est une surrection. et par conséquent le nihilisme déchaîné. celle de Zarathoustra. nous retrouvons cette question sous une autre forme : qu’est-ce qu’il y a d’autre que l’Antéchrist ? Qu’est-ce qui vient doubler l’Antéchrist de telle sorte qu’il s’agisse de Dionysos ? Ou encore. Et nous nous souviendrons alors que Nietzsche a dit qu’il est le seul à avoir compris Ariane parce qu’il était un être prédestiné au labyrinthe. autrement ou ailleurs. et puis. qui est le renversement des statues et des idoles. c’est le nihilisme séparé de sa propre essence. la conscience nietzschéenne n’est pas du tout. qui est prise ou comme écartelée entre une mimétique révolutionnaire dans son versant déclaration. l’événement lui-même comme n’étant pas dans son essence la déclaration imprécative. De ce point de vue là. et c’est la question qui gouvernera notre reprise de ce séminaire. Dionysos et le Crucifié ? Et maintenant. qui étaient les 2 bords de la cassure en 2 de l’histoire du monde. est requis. la grande question qu’il faut adresser à « Nietzsche ». ie le renversement des statues dans la fange. Il sait donc très bien que le programme du renversement de la métaphysique est. dans son versant antécédent à soi-même. lorsque nous avions constaté que Nietzsche signait indifféremment les billets de la folie Dionysos ou le Crucifié. l’événement qui a toujours fui ou qui se dérobe. On retrouve ici cette indécision extraordinaire de l’acte nietzschéen. parce que Zarathoustra sait fort bien que ce qui est renversé est toujours. ici. en réalité. un accomplissement de la métaphysique. Où se soutient que l’Antéchrist ne soit pas finalement le Christ lui-même.

. reste à nous demander ce que peut de toutes manières être une « bonne année »… En tout cas. Il s’agit de savoir ce qui. puisque bon il n’y a pas. tel que Nietzsche se le représente. une simple détermination immédiate ou empirique est insuffisante. à savoir que le mot politique peut fondamentalement être pris en 2 sens pour ce qui nous occupe ici. Et comme il faut trouver des noms. nous avons largement étudié cette question. et j’avais soutenu. Je rappelle que nous avons commencé par l’examen de l’acte anti-philosophique chez Nietzsche. pour des raisons que je ne peux pas rappeler ici. nous avons dit que l’acte philosophique ou antiphilosophique pour Nietzsche doit être conçu comme acte archi-politique. et dans ce cas on place le mot sous le schème de l’Etat. mais je ne peux pas supposer la connaissance de ce qui a été dit l’année dernière. C’est l’orientation qui donne en gros la philosophie politique. qui est à la fois une parenthèse et une anticipation. ou en quel sens on a pu prétendre qu’il le fut. Sur ce point. Voilà pour les objectifs. nous conclurons sur ce point que le véritable statut du discours de Nietzsche. cette question nous amènera à la catégorie d’anti-philosophie. et ce qui vous concerne. mais de la détermination immanente de l’acte philosophique ou / et anti-philosophique. Le rapport de la politique à la philosophie se trouve réglé par la manière dont la question de l’Etat est retracée de l’intérieur de la philosophie. déterminer ce qu’il en est de la mise de la philosophie sous condition de l’art dans des termes qui ne soient pas ceux d’une suture ou d’une identification. En termes nietzschéens. non pas exactement de la configuration discursive nietzschéenne. le phénomène des choses rend ce jugement difficile. une abdication de la philosophie au regard du schème de l’Etat. qui ouvre à la question de la philosophie elle-même. du mot politique. je voudrais seulement ajouter quelque chose. que la philosophie politique est. si tant est qu’il y ait sens à engager cette année sous le signe du « bon ». sous une condition qui est affectée. il s’agira de déterminer avec Nietzsche comme vecteur le rapport contemporain possible entre la philosophie et l’art. disons que je souhaite que les modalités propres de notre inscription dans cet espace de temps soient celles que vous souhaitez. nous en avons suffisamment dit. Cet objectif d’évaluation plus historisante prendra la forme de l’examen de l’anti-platonisme de Nietzsche. Je vous rappelle très très fugitivement ce que nous avions dit. de toute façon problématique. Mais même en termes non nietzschéens. on peut entendre par politique les modalités de la pensée de la souveraineté. pour ce qui nous concerne. et qui était la question de savoir ce que. Nous ne sommes pas en état de le faire. mais que je compte traiter d’une façon plus large comme une catégorie elle-même intra-philosophique.premièrement. mais pour faire court. dont la maxime est casser en 2 l’histoire du monde par les ressources affirmatives de la pensée elle-même. et à travers ce rapport. Nietzsche et la politique L’année dernière. il faut savoir en quel sens le siècle a-t-il été nietzschéen. ou que son énonciation relève de l’anti-philosophie. étant entendu que tout le pb est alors de situer l’anti-philosophie au regard de ce qu’on conviendra d’appeler philosophie. il est possible d’entendre par politique. Je rappelle que dans ce séminaire sur Nietzsche. et à vrai dire principalement. la détermination du statut même du discours de Nietzsche. . qui concerne dans archi-politique le statut du mot politique. de l’intérieur de la philosophie. en réalité. . car. nous poursuivons une stratégie qui se fixe 3 objectifs intriqués : . ou a pu prétendre l’être. en philosophie.d’une part. Plus précisément. catégorie qui dans sa forme contemporaine est de provenance lacanienne. se trace ou se retrace.deuxièmement. en la matière. .troisièmement.4EME COURS Bonne année 1993 à vous tous.

qui au contraire enregistre dans le collectif la distance à l’Etat. en un certain sens. on balance cela par un autre fragment qui est aussi du Printemps 1888 et où s’énonce de la part de Nietzsche un désenchaînement radical au regard de l’Etat. à mon sens celui sous lequel la philosophie peut être authentiquement sous condition de la politique. . la politique est la procédure événementielle. mérite le nom de politique une généalogie des figures de la souveraineté. De ce point de vue. C’est la dimension de fond inévaluable pour toute évaluation qui fait que l’évaluation du mot politique est elle-même suspendue. cela signifie identiquement que ce que l’on fait au service de l’Etat ou ce qu’on apprend en vue du service de l’Etat est extérieur à toute figure de la pensée authentique. lorsque nous disons que l’acte philosophique nietzschéen est archi-politique ? Là-dessus. et – nous le verrons – ce qui tient lieu d’être. qui est qu’il n’y a politique. tout ce qu’il apprend en vue du futur service de l’Etat est contraire à sa nature ». mais ultimement de la nature.Il y a un texte tout à fait intéressant. ie la capacité ou la possibilité d’une distance à l’Etat où est rendue possible la pensée de l’infinité intrinsèque des situations collectives. nous ne sommes pas renvoyés au schème de l’Etat comme figure du schème de la souveraineté. . c’est le nom et plus que le nom. dans le programme qu’en trace Nietzsche. en tout cas. Où nous retrouvons naturellement le fait que pour Nietzsche. Tout cela est très bref. et a fortiori. Donc on trouve en pleine page ceci : un tractatus politicus de frédéric Nietzsche. mais même dans celui du savoir. est de concevoir la politique comme procès de vérité de l’infinité intrinsèque des situations collectives. et distance radicale au regard de la forme effective qu’est la souveraineté de l’Etat. il s’agit explicitement d’une généalogie de la souveraineté. La question est alors de savoir en quel sens Nietzsche lui-même prend politique. qui est un fragment posthume du printemps 1888. mais c’est pour indiquer cette profonde ambivalence du mot politique entre la figure de la souveraineté d’un côté et de l’autre. Tout ce qu’un homme fait. c’est la pensée de la souveraineté. Et l’inévaluable est ce qui fait fond pour toute évaluation. l’autre sens du mot politique qui est. d’un côté. ie l’idée que l’Etat ne peut pas être précisément le centre de gravité de la pensée ou de l’acte archi-politique. En l’occurrence. nous. Dès lors. il faut mettre en mouvement l’équivoque du mot nature ou de la vie. parce qu’on peut dire que la souveraineté. reproduit l’ambivalence du mot politique lui-même. Pour trancher cette question de la politique au sens de Nietzsche et de son ambivalence entre souveraineté. Dans ce cas. nous y reviendrons souvent parce que c’est essentiel – à ce que la vie est le fond inévaluable de toute évaluation. Là nous avons un traité politique. politique semble basculer dans son autre identification possible. Je cite : « tout ce qu’un homme fait au service de l’Etat est contraire à sa nature […] de même. politique. l’équivoque du mot vie Nous avons déjà parlé de cette équivoque qui tient – il faut toujours le rappeler. L’attribut essentiel de la vie. Mais de quoi s’agit-il ? Eh bien. et.. non seulement dans l’ordre du faire. car la note donne le titre en milieu de page et le nom de l’auteur en dessous. que dans un déliement essentiel au regard de la figure de l’Etat. qui produit quelques vérités sur les situations collectives saisies du biais de leur infinité. comme si c’était la reproduction d’un livre existant. au sens de .cependant. « Nietzsche » est une catégorie et pas simplement son nom. alors qu’évidemment rien de tel n’existe. titré par Nietzsche lui-même – titré au sens fort. apprend. nous prenons. dans la visée de l’Etat. On pourrait donc dire que Nietzsche prend politique au 1er sens. il s’agit de la généalogie de la souveraineté de la vertu. de l’autre. c’est d’être inévaluable. entraîne une contrariété essentielle à la nature. qui. C’est cette dimension inévaluable de la nature qui soutient l’équivoque du mot politique. mais à une fidélité événementielle immanente au procès de vérité. eu égard à la valeur nietzschéenne du mot nature. ou. mais le titrage : « tractatus politicus » indique bien qu’aux yeux de Nietzsche. fidèle. archi-politique. ce qui me frappe est une évidente ambivalence du propos nietzschéen.d’autre part. la procédure toujours singulière qui produit quelques vérités sur l’infinité intrinsèque des situations collectives. ie au sens où véritablement politique.

donc. Et. et de l’autre distance au regard de toute souveraineté. instituer le il y a. comme nous l’avons déjà vu. je crois qu’il faut bien saisir que lorsqu’il est dit qu’on va casser en 2 l’histoire du monde. dans le même passage. ie évaluable. Archi-politique devra toujours être entendu dans cette équivoque. mais elle est en un certain sens le phénomène du fond inévaluable. entre le fait que : . c’est l’évaluation destructrice des souverainetés existantes. La souveraineté est tendanciellement le phénomène du fond inévaluable. une dernière chose que je voudrais ponctuer. a une essence réactive inéluctable au regard de tout ce qui est en voie d’intensification et dont l’intensification ne peut se faire que puissance contre puissance. La souveraineté sera toujours. parce qu’elle est ce vers quoi tend toute intensification de la puissance vitale. dans l’espace des souverainetés les mieux établies. il faut une sociologie de l’évaluation des formations de souveraineté. donc contre la souveraineté établie. dont il y a. à la différence du schème révolutionnaire. la souveraineté est toujours réactive Elle est à la fois l’activation de la puissance vitale. n’est pas conçu par Nietzsche comme destiné à établir une nouvelle souveraineté. Et la capacité d’affirmer le monde n’a pas son phénomène dans une nouvelle souveraineté. Donc pour compléter ce que nous avons déjà dit sur l’acte. Il est certain qu’il y a là-dessus des textes de Nietzsche profondément équivoques. c’est une capacité d’affirmer le monde. par ailleurs. la souveraineté est pour part le phénomène du fond inévaluable qu’est la vie ou la nature . ou encore. et je dirais même. elle. et comme toujours d’apparence contradictoires. évaluable. la souveraineté en tant qu’elle se laisse évaluer. alors là. ce qui serait une vision simplifiante du programme de l’acte philosophique selon Nietzsche. en particulier au regard de l’Etat. ce que l’acte archi-politique doit créer. c’est que l’acte archi-politique. en dépit. Mais la sociologie c’est ce qui rend compte de l’ordre des choses. c’est « la forme d’un dire oui dionysiaque au monde tel qu’il est ». c’est la question du oui. comme détermination de l’acte philosophique nietzschéen. une doctrine des formations de souveraineté ». peut désigner une doctrine des formations de souveraineté. qui est la même chose que l’acte anti-philosophique ou philosophique. ie de l’acte archi-politique. Cet acte n’est pas créateur d’une nouvelle souveraineté. comme phénomène. Finalement : archi-politique. Et voilà pourquoi à l’automne 1887 Nietzsche pourra fixer le programme suivant. ie en tant qu’elle est une souveraineté établie. ce qui tranche sur l’équivoque du mot politique.et de l’autre côté. disons. ce pourquoi cela vient à la place de la sociologie : « à la place de la sociologie. si je puis dire. Finalement. c’est que l’acte archi-politique est la délivrance d’une capacité affirmative immanente à toute souveraineté virtuelle. En réalité. ie dire oui au il y a. ie à celle qui est en voie d’intensification. Ce qui a à être pris du côté de la souveraineté. que l’essence de l’acte n’est pas véritablement l’institution de valeurs nouvelles : le renversement de toutes les valeurs n’a pas pour essence l’institution de nouvelles valeurs. Mais en un autre sens. de . en particulier. tout à fait significatif pour ce qui nous occupe ici : « à la place de la sociologie. dans la modalité de l’Etat elle fait violence à l’affirmation vitale nouvelle. ie toute intensification de la nature comme telle. Nietzsche se propose donc. oui pour le il y a. de l’inévaluable. une doctrine de la souveraineté ». ce qu’il s’agit d’instituer. c’est qu’au lieu d’une sociologie positiviste. Il est donc vrai que politique. La question centrale. entre évaluation des figures de la souveraineté d’un côté. imitation. C’est ce que Nietzsche appellera « mon nouveau chemin vers le oui ». en pensée. et là nous payons le prix. fortement reprises par Heidegger. pas plus qu’il n’a pour essence de remplacer la souveraineté du christianisme ou du prêtre par une autre figure de la souveraineté établie. Il y a donc une balance ou une indécision que le mot politique va exprimer ou retenir. elle. une sociologie interprétative. l’équivoque de l’acte lui-même. il ne s’agit pas de faire succéder une souveraineté à une autre ou de remplacer une souveraineté réactive par une souveraineté active. Et ce que Nietzsche veut dire. Mais pour ce qui est du mouvement essentiel de la pensée. mais comme telle elle est réactive. ie une doctrine des types d’intensification de la puissance vitale.Nietzsche. qui sera aussi.d’un côté. de déclarations absolument contraires de Nietzsche lui-même. A quelles conditions peut-on dire oui ? oui à quoi ? Dire oui au monde. est ce vers quoi tend toute intensification de la puissance vitale. ne doit pas être pris du côté de la souveraineté.

Je signale d’ailleurs une chose qui m’a soudain frappée. Quand on lit le monologue de Molly Bloom. ie qu’on ne va pas lui substituer de nouvelles valeurs au sens des anciennes. au sens où les débris du vieux monde nous donnent le monde lui-même. Ou encore : le débris des anciennes valeurs est ce qui compose l’affirmation.remplacer la description analytique par un protocole d’évaluation. Ce n’est pas une transformation de cette expérience. C’est la fin de Ulysse. . il n’est pas la substitution d’une souveraineté à une autre. et qui est les anciennes valeurs à l’état de débris – on a suffisamment philosophé à coups de marteau. de Joyce : le monologue de Molly Bloom à la fond est tout entier polarisé vers le oui terminal. cette métaphore est celle du saut. et il ne sera pas autrement. Et tout se passe comme si cette gigantesque construction qu’est Ulysse était sous le destin du oui. c’est bien la maxime de ce qui est en jeu dans l’acte affirmatif : « débris d’étoiles ». qui est qu’au fond cette possibilité du oui est une question qui traverse toute la période. ie à l’état multiple. L’affirmation travaillera sur l’espace entier des figures d’intensification. que des débris – mais le bâtir ou le composer un univers se fait de ces débris. Ou encore : pour Nietzsche. on voit qu’en effet. donc sur l’espace entier des souverainetés virtuelles ou possibles. il n’y a pas de nouveau dans le multiple. elle va délivrer à l’état d’effets. pour qu’il n’y ait plus d’étoiles. C’est pour cela que c’est « un dire oui dionysiaque au monde tel qu’il est ». J’en citerai simplement un autre indice. sauf que son évaluation affirmative sera rendue intégralement possible et que le oui sera possible. de cela même qui est. paradoxalement. telle qu’elle est. L’image du saut qui va de pair avec l’image de la danse appartient à l’imagerie la plus essentielle de Nietzsche. ie du point de ce qu’il s’agit de rendre possible – le oui intégral – dans la genèse même de l’acte. ou réaffirmer. eh bien cette mise en pièces destructrice ne fait que donner la composition multiple de l’affirmation. Et je crois que c’est pour cette raison que lorsque Nietzsche tente de trouver une métaphore pour l’acte. Comme si la machination littéraire. Par csqt. un monde qu’il s’agit de réaffirmer. ie le il y a dans son devenir multiple. ou d’une autre souveraineté. Dithyrambes à Dionysos Je pense à ce passage de l’été 1888 qui va être d’ailleurs réarticulé dans les Dithyrambes à Dionysos : « débris d’étoiles. ce qui a régné de manière stellaire dans le ciel des hommes. mais cela concerne les souverainetés établies. Donc vous voyez que l’acte n’est pas à proprement parler un changement de monde. c’est bien la totalité de l’expérience. Après tout. qui est une morphologie de la souveraineté et une mise en pièces du christianisme par le biais de son interprétation. c’est une ressaisie de cette expérience dans un oui intégral. on pourrait dire que la péroraison de l’Ulysse de Joyce a une dimension nietzschéenne du point de l’acte.c’est d’ailleurs une des significations du retour éternel – et cette identité à soi le propose dans la figure du débris à un nouveau oui dionysiaque. il est donc l’affirmation du débris comme débris. c’est la possibilité à dire oui aux débris du vieux monde. qui le recompose à partir de lui-même. dans une contexture qui n’est pas nietzschéenne. Elle ne peut pas être remplacée par une autre composition. était la machination d’où surgit la possibilité improbable du oui intégral. à mon sens. toute la bascule du 19ème siècle au 20ème siècle. l’acte est un régime nouveau de l’affirmation du monde. ce qu’on va affirmer. c’est cela qu’il s’agit d’affirmer ou de réaffirmer dans le oui dionysiaque. Quant au programme de l’acte. en tant que multiple mondain. La composition du nouvel univers. puisque le christianisme c’est le nom général des formations de souverainetés réactives. où il est en rivalité avec le schème révolutionnaire – dans le schème révolutionnaire. se compose. Le multiple. de ces débris j’ai bâti un univers ». parce que c’est le monde tel qu’il est. et non pas dans la figure fictionnée d’un autre monde. c’est aussi en ce sens qu’il n’est pas pris – sauf dans sa forme mimétique. est identique à soi . prosodique. il ne se fait pas autrement. par ailleurs. n’est-ce pas. On peut dire cela autrement : la partie destructive du nietzschéisme. ce qu’il s’agit de reprendre dans la dimension du oui. le débris des anciennes valeurs. ie sous la figure terminale du oui. dont l’acte est l’enjeu. Et le débris du monde en tant que monde.

. elle s’est donnée comme formation de souveraineté. Ce n’est pas une négativité. ou. le cercle Je rappelle enfin que l’acte archi-politique nietzschéen est pris dans un cercle. ie dans le maintenant de l’acte. . Mais le pb générique qui est soutenu dans cette circularité de l’acte nietzschéen est un problème tout à fait fondamental. Les anciennes valeurs et leurs débris ne sont rien d’autre que l’instance de la puissance vitale. inventé cela. qui est la figure de l’antécédence à soi. retenons celui que nous avons pris jusqu’à maintenant. a été brisé. c’est cela que j’appelle l’excès immanent. puisque son être même n’est lisible que dans le débris. y compris comme formation de souveraineté réactive. Voilà ce que je voulais ajouter sur les configurations de l’acte. christianisme. car c’est toute la figure de Zarathoustra. mais un autre fragment des Dithyrambes à Dionysos mérite d’être fixé. c’est pourquoi d’ailleurs son animal est le serpent. qui est dans mon propre vocabulaire le problème du rapport entre l’événement et sa nomination. Et sautant par-dessus l’ombre. Je ne peux pas revenir là-dessus. la vie va donc avoir à sauter par-dessus sa pensée. ie qu’elle est dans la supposition du caractère inéluctable et nécessaire de l’acte. c’est comme une espèce de bondissement de la vie au-delà de l’obstacle que la puissance vitale a ellemême créé et dans le bris de cet obstacle. ie tel qu’il est dans le débris. On peut dire que l’acte. mais cet excès est intérieur à ce qu’il excède. On peut donc dire – et je suis en accord assez profond avec cela – que l’acte philosophique comme événement de la pensée est un excès immanent. car ce qui est dit dans le saut signifie que ça saute audessus de soi-même. Je vois cela un peu partout. Zarathoustra est le précurseur de lui-même. quel qu’il soit. et qu’elle est la véritable figure que désigne Zarathoustra. L’acte va se présenter comme bondissement sur ou dans le débris de telle sorte qu’on se trouve. La figure de Zarathoustra est en un certain sens la figure même du cercle. si l’acte c’est au-delà du bris et du débris de dire oui à ce qui. Juste 2 ponctuations de ce texte. Parce qu’évidemment. comme un événement. comme le dira dans un autre passage Nietzsche. je ne fais donc que résumer en disant que pour que l’acte survienne. par-dessus sa propre ombre. L’acte est donné dans cette figure du saut par-dessus soi-même dans l’immanence à la pensée comme création vitale. cette pensée dépensée. Ou encore : cette annonce de l’événement radical qui doit casser en 2 l’histoire du monde n’est que la nomination anticipante de cet événement comme n’ayant pas eu lieu. Ça excède la figure des anciennes valeurs. C’est elle qui a créé. alors l’acte est simplement un bondissement ou un saut par-dessus un obstacle que la vie elle-même a créé. il faut qu’il soit déclaré. si l’acte c’est réaffirmer ou affirmer dans un oui dionysiaque la totalité du monde tel qu’il est. pourquoi un saut ? parce que. c’est la vie elle-même qui a créé ce suprême obstacle.« l’obstacle suprême » : la pensée dépensée. et qui a créé pour l’acte archi-politique cet obstacle politique particulier qu’est la formation de souveraineté ? Eh bien. Maintenant. Nous y avons longtemps insisté.et « maintenant ». comme nom générique. ie pour que survienne cet excès immanent. qui porte plusieurs noms. Et le oui au bris de cette création. annoncé – il n’y a pas d’autre possibilité ou indice de sa survenue que son annonce – mais cette annonce le suppose. c’est la puissance vitale se franchissant elle-même. Je dirais volontiers que ce problème est proprement la croix de la pensée nietzschéenne. parce qu’il n’y a rien d’autre qu’elle. Et qui s’est créé cet obstacle. mais cet au-delà n’est l’au-delà que de soi-même comme l’univers n’est bâti ou rebâti que du point du débris. c’est évidemment l’institution de la souveraineté réactive. L’acte est une pensée sautant à pieds joints par-dessus la pensée. finalement. C’est cela qu’indique le saut. là. elle saute à pieds joints par-dessus sa pensée ». au-delà. un dépassement hegelien.Le saut. qui se l’est créée ? c’est la vie elle-même qui s’est créée son suprême obstacle. n’a pour être que son disparaître – que c’est cela qui . car il est particulièrement dense et significatif : « cet obstacle suprême. en effet. ou le débris – c’est pareil – cela donne une instance irréductiblement nouvelle de l’affirmation. celui qui se présente comme « l’ombre de celui qui doit venir ».

il est d’autant moins nécessaire de gloser longuement que le rapport. vous le savez. c’est que ce qu’on appelle la folie de Nietzsche. Je ne peux pas ici détailler le problème auquel je me suis beaucoup frotté. la question de la distribution entre les forces actives et les forces réactives. le mode propre sur lequel il est possible d’annoncer qu’on va casser en 2 l’histoire du monde. c’est que devient indécidable la question de savoir si on a affaire à l’événement ou à son nom. au fait qu’on l’a déjà créé. et que le cercle est traité dans la folie de la façon suivante : j’ai droit de recréer le monde. qui est la partie la plus connue de Nietzsche. qui est que l’acte par lequel l’histoire du monde est cassée en 2 est légitimé d’être sous le nom de « Nietzsche » de ce que « Nietzsche » est déjà celui qui a créé le monde. ie le mode propre sur lequel on peut annoncer une réaffirmation du monde. La possibilité que l’événement soit représentable en situation ou de l’intérieur de ce qui continue à être au-delà de la supplémentation événementielle. suppose l’opération d’un nom. c’est en effet une coupure. On ne peut s’engager dans cette entreprise. si je puis dire. Il y a donc toujours la question de savoir d’où provient et comment procède cette nomination. Ce n’est pas simplement le fait que le disparaître événementiel n’est retracé que par son nom. mais il doit être le lieu des types. Je rappelle comment ceci se dit : « Nietzsche » a créé le monde. Notons que de ce point de vue là. parce que. tout se passe comme si la nomination précédait l’événement. qu’à des conditions rigoureuses. ultimement. si je puis dire. et celle dont nous parlerons le moins. mais fait passer aussi la coupure du 2. . parce que je l’ai créé. qui suppose la réquisition à la fois d’une circularité et d’une coupure de cette circularité. Le monde est un réseau de types d’énonciations ou de types de ce qui est en puissance d’énoncer. donc tout le protocole descriptif nietzschéen sur lequel. la doctrine de la composition des souverainetés. et cela de façon à ce que « Nietzsche » puisse être le nom propre d’un type. puisque celui qui a créé le monde peut le réaffirmer. qui concernent à la fois le monde et le langage. et comme si. La folie nietzschéenne. C’est la thèse axiale concernant le monde. il y avait une équivoque ou une indécidabilité essentielle entre l’événement même et son nom. mais je voudrais simplement marquer que chez Nietzsche. D’où toute une doctrine. dans la possibilité de nommer cet acte sous le nom de « Nietzsche ». a) le monde Le monde ne doit pas être le lieu des vérités et des opinions. ses méthodes. l’acte archi-politique nietzschéen suppose dans ses moyens. qu’en fait Deleuze. La réaffirmation doit finalement renvoyer à une affirmation 1ère. à savoir le mode propre sur lequel celui dont l’acte est de réaffirmer le monde doit aussi être celui qui l’a affirmé. la folie de Nietzsche c’est le retour éternel lui-même. renvoie. C’est cela qui à la fois énonce le cercle en création et recréation. le problème fondamental est qu’il y a toujours une antécédence de la nomination. et où le nom de l’événement et l’événement ne s’écartent qu’au prix de sa propre folie. son argumentaire. monde et langage : sophistique historialisée et poétique anti-théâtrale En réalité. On peut dire que l’avenir de l’événement est suspendu à son nom. C’est à mon avis le cœur du paradoxe nietzschéen. qui est la typologie nietzschéenne. problème d’une extraordinaire difficulté. finalement. type ultime où le monde va être à la fois brisé et réaffirmé : « débris d’étoiles » et « bâti d’univers ». ie son effectivité. est excellent à tous égards.l’institue comme excès sur l’être même – il n’est retenu que par sa nomination. sa prose. du reste. Chez Nietzsche. Mais c’est véritablement parce que Nietzsche vient sous son propre nom et en tant que son propre corps au point où le cercle doit être rompu. sous ces conditions que nous venons de rappeler. c’est de venir à la place de la coupure du cercle : de payer de sa personne au point où ce cercle pourrait s’ouvrir. ie dans le discours de nomination de cet acte. mais une coupure qui n’est que lui-même scindé de lui-même – « Nietzsche » scindé de Nietzsche – dans une scission finalement démente et mutique. 2 dispositions essentielles : l’une au regard du monde. l’autre au regard du langage. du même coup. la généalogie nietzschéenne. et mon hypothèse.

Par csqt. Ce que la langue a en charge lorsqu’elle est la langue de l’évaluation. Historialisée parce qu’il s’agit de la généalogie des types. on sait qu’il y en a toujours une investigation poétique dans son principe. c’est la question de sa puissance. On entendra par sophistique toute doctrine qui considère qu’il n’existe pas d’évaluation intrinsèque des énoncés. c’est toujours le récapitulatif d’un investissement de puissance. car précisément il n’y a pas de loi de l’autre. C’est le poème qui prend en charge la question propre de la puissance de la langue. Il s’ordonne à l’acte déclaratoire ou à l’attestation de ce dont la langue est capable. et par conséquent. De ce point de vue. Le cœur de la question est le suivant : pour Nietzsche. Ou encore. ie toute doctrine qui renvoie l’évaluation d’un énoncé quelconque au type de puissance qui le soutient.Pour l’instant. Le remplacement d’un principe intrinsèque d’évaluation des énoncés sous le nom de vérité ou tout autre nom équivalent est remplacé par un principe d’évaluation de puissance de l’énonciation. Donc le langage va être tiré du côté de son type artistique. qui est la doctrine des formations de souveraineté ou la typologie des types de puissance. il est clair que le langage ne peut pas être le lieu du partage des évaluations. Il ne peut pas être le lieu de l’argument ou de l’exposition de l’énoncé sous la loi de l’autre. on peut dire que le critère du dire. elle-même toujours donnée dans une figure antagonique. Et on touche là un point très important de la conception nietzschéenne de l’art comme surabondance réservée ou encore comme gratitude. Le langage est fondamentalement la ressource de la puissance d’affirmer. Nietzsche n’a pas hésité à dire que la sophistique était la seule partie saine de la philosophie grecque à l’époque de Platon. Toute évaluation d’énoncé suppose le repérage du type d’énonciation qui le soutient. mais qu’elle renvoyait toujours à des régimes polémiques d’évaluation de puissances. donc il n’y a pas d’évaluation intrinsèque des énoncés en quelque lieu qu’on se situe. du type de puissance de l’énonciation qui s’y engage. Un énoncé. Voilà. la figure de l’évaluation est intrinsèquement polémique. la généalogie nietzschéenne. Elle ne peut se laisser capter isolément : toute puissance s’affirme ou se contrapose à une autre puissance – et ce qui la mesure est toujours un rapport de puissance. et le type d’investissement de puissance dans le multiple quelconque dont il s’agit est ce à partir de quoi on peut évaluer l’énoncé. je veux souligner un point. là aussi. Je ne veux pas traiter tout de suite la question du rapport de Nietzsche à la sophistique. Donc : la description d’un type d’énonciation va toujours être la description d’un rapport. ie que tout type est saisi dans son devenir ou dans l’histoire de son rapport aux arts types. Du reste. vous ne pouvez le faire qu’à dégager le type de puissance qui en soutient l’énonciation. et non pas du tout la question de son adéquation. c’est la délivrance d’une capacité de la langue à être surabondante par rapport à elle-même. puisque c’est la question réglée du rapport entre anti-philosophie et sophistique. nous y reviendrons. les hommages explicites que Nietzsche rend à la sophistique en témoignent tout aussi bien. point clé de la polémique anti-philosophique de Nietzsche. Et ce dont la langue est capable. quel que soit ce dire. qui est aussi la loi du devenir ou la loi de l’histoire. un énoncé ne peut être évalué qu’à partir du type de puissance de l’énonciation. b) le langage Du côté du langage. ou la typologie sont bien une sophistique généralisée. C’est de ce point de vue là que je dirais que la typologique nietzschéenne est une sophistique généralisée. La métaphore de la guerre va couvrir cela : la pbtique de la guerre est au lieu même où la philosophie situe la pbtique de la vérité. il n’existe aucun protocole d’évaluation intrinsèque des énoncés. Disons que. La question du langage. Cette maxime centrale dit que si vous voulez évaluer un énoncé historiquement existant. ie d’une figure historiale d’un rapport de puissance. est toujours renvoyé à sa force contre un autre dire. je voulais simplement dire que la généalogie. Elle est une sophistique au sens où elle soutient que le régime d’évaluation des énoncés doit être pris dans le rapport de puissance. qui est une question complexe. est une sophistique historialisée. quels qu’ils soient. concernant la loi du monde. ce n’est pas la validation correcte ou adéquate de l’énoncé. ie à être en surcapacité au . parce qu’elle affirmait que l’évaluation des énoncés n’avait précisément pas de lieu partagé ou partageable.

finalement. Et. le saut par-dessus soi-même. c’est la langue comme gratitude. dont la ressource dernière est le poème. parce que c’est la langue. aussi. mais toujours est-il que les choses sont ainsi distribuées. Tels sont les ressorts par lesquels Nietzsche en vient à se disposer lui-même dans l’après de sa propre création. d’un côté la gratitude polémique. ce qui figure pour Nietzsche la langue comme représentation. nous dirons ceci : le discours de Nietzsche. Polémique parce que cet acte de puissance est toujours mésusé par une autre puissance. qui est l’essence de l’antécédence de l’acte. à tort ou à raison. Ce n’est pas mon sentiment. et qui fait don de cette invention dans l’espace de la guerre. Tout ceci va tramer le système de nos questions pour ce qui va suivre. la langue captive de la représentation et de l’histrionisme. et donc. non pas de son exactitude. et je les énoncerai sous la forme de 4 questions qui seront ensuite les nôtres. ce qui s’oppose à l’idée d’exactitude. c’est la composition d’une sophistique historialisée et d’une poétique antithéâtrale. finalement.1ère question : est-ce que tout propos archi-politique est nécessairement une sophistique dans ses moyens critiques ? . la poétique anti-théâtrale. 4 questions adressées à Nietzsche . qui en fait don comme on fait don d’une arme. On peut dire qu’il y a une polarité nietzschéenne sur la question de la langue. le théâtre c’est l’ingratitude de la langue. Parenthèse d’une importance considérable. ou la monstration de la gratitude la langue. elle est une langue qui invente. A l’idée de la langue exacte est substituée l’idée de la langue généreuse et de la langue qui fait montre de ce dont elle est capable. Je cite le Cas Wagner : « Mais il ne faut pas se lasser de clamer à la face des wagnériens ce qu’est le théâtre : toujours un en-deça de l’art. mais justement de sa gratitude. Poétique parce que son essence doit être la surabondance et la gratitude. ce serait une assez belle définition du poème que de dire : le poème. qui est partie intégrante de sa pensée pour toutes les raisons que je viens de dire. c’est l’idée de gratitude. au théâtre. il y en a des quantités. Et je ne cite qu’une de ces déclarations. « vraiment grand ». La langue de l’évaluation va donc nécessairement être une langue créatrice. Autant le poème en est la gratitude. Voilà pourquoi c’est aussi une langue qui renvoie à son type artiste. Chez Nietzsche. c’est le théâtre. qui distribue généreusement cette capacité. et de l’autre. le style nietzschéen a un adversaire singularisable : le théâtre. restent. En récapitulation. les ressorts à travers lesquels il tente ce saut de la pensée et de la vie par-dessus elle-même. toujours quelque chose de secondaire. Disons que le style nietzschéen. par exemple dans le Cas Wagner : « Tout art vraiment beau. le poème. tout art vraiment grand a pour essence la gratitude ». captifs de la représentation. qui est tout entière donnée dans la figure du théâtre. l’essence du langage de l’évaluation et.regard de ce dont elle apparaissait être précédemment capable. là où nous ne sommes plus dans son acte. qui a pour essence la gratitude. car c’est l’art. c’est le sort fait au monde. sur laquelle on reviendra : de ce point de vue là. Aux yeux de Nietzsche. est une sorte de poétique polémique. Mais elle ne peut pas être une langue disponible. autant le théâtre en est l’ingratitude. Evidemment. la langue comme gratitude est proprement ce qui s’oppose à la langue comme représentation. Nietzsche (qui a commencé par l’Origine de la Tragédie en montrant que l’origine de la tragédie était musicale) n’a cessé de polémiquer contre la théâtralité et contre le théâtre. ici nous pouvons la prendre au sens où pour Nietzsche. si cette polémique contre le théâtre a plusieurs sens. L’agencement de cette combinaison est assez complexe : la sophistique historialisée. l’essence du langage de l’acte philosophique est connexe au poème. En ce sens. C’est dans ce sens qu’il faut entendre ce que dit Nietzsche. captifs d’une monstration en extériorité. Je laisse de côté la question de savoir si Nietzsche appréhende réellement ainsi l’essence du théâtre. la musique. c’est le sort fait à la langue. qui distribue. en tant que le poème c’est aussi la musique comme ressource de la langue. Mais. de grossi et de gauchi ».

quelle qu’en soit la provenance ou la légitimation. qui. de son dispositif au régime de la puissance. l’anti-platonisme de Nietzsche est équivoque. quand on sait ce que signifie le mot vie pour Nietzsche. ce malheureux théâtre ? Il est quand même frappant de voir que la polémique contre le théâtre est suffisamment importante aux yeux de Nietzsche pour qu’il y consacre une bonne partie de l’année de l’acte ou de la folie. finalement. sont écrits d’abord et avant tout contre le théâtre. cette question résume les 3 premières. mais le mensonge c’est l’art lui-même. ne s’agit-il que d’une singularité nietzschéenne ? On peut. il reste toujours le même dans sa joie. de sa typologie. recoller l’une à l’autre ces 2 questions en disant : sophistique historialisée et poétique anti-théâtrale. puis « le mensonge est la puissance ». mais à travers lui. . si vous voulez. De quelles fonctions l’art se trouve ici chargé. est nécessairement une sophistique ? En prenant sophistique au sens où je l’ai prise : l’évaluation d’un énoncé au régime de puissance de l’énonciation.4ème question : est-ce que l’archi-politique exige de l’art ? En un certain sens. ou bien est-ce que cela désigne. une caractéristique de tout projet de type archi-politique. il se réjouit en tant qu’artiste. ie qu’il y a un platonisme latent de l’anti-platonisme nietzschéen. . il jouit de luimême en tant que puissance ». mais vous voyez que ces 2 derniers énoncés sont équivalents. ou investi. Le Cas Wagner. Que doit être l’art pour que la philosophie ou l’anti-philosophie puisse énoncer « l’art. en consonance avec un autre texte biographique où Nietzsche . qui récapitule toutes les autres. D’ailleurs. on peut traiter la question tout à fait précise de savoir si tout projet de la pensée qui l’ordonne à l’idée d’un outrepassement ou d’une fin. Ce point est donc essentiel. Sans aller jusqu’à cette disposition un peu agressive de la part de Heidegger. il y a une haine platonicienne du théâtre. ou bien peut-on énoncer de manière plus générale que c’est le projet archi-politique. il est le grand possibilisateur de la vie ». et d’autant plus importante qu’après tout. synonymes.3ème question : est-ce que tout propos archi-politique est nécessairement une haine du théâtre ? Question plus singulière. Qu’est-ce que doit être l’art pour supporter une pareille réquisition ? Voilà la 4ème question. au-delà de Nietzsche. qui sont une seule et même chose. le mensonge est la puissance […] L’art et rien que l’art. véhicule nécessairement une haine du théâtre ? Et qu’est-ce que cela nous enseigne sur le théâtre – que vient-il faire là. et Heidegger pousse très loin dans ce sens là. il reste toujours le même dans sa joie. ie dans le protocole de description qu’il fait du vieux monde. Nietzsche contre Wagner. Mais ce n’est pas le seul. Il y a quelques énoncés heideggeriens qui déclarent expressément que nul n’a jamais été aussi platonicien que Nietzsche.2ème question : est-ce que tout projet archi-politique est nécessairement une poétique dans ses ressources affirmatives ? 2ème généralisation que nous examinons : est-ce que tout propos de mutation radicale obtenue par les moyens de pensée est nécessairement une poétique dans ses ressources affirmatives ? Ou. qui est aussi le style de sa pensée elle-même dans son effectivité. dans l’élément de l’archi-politique ? Pour illustrer cette question. comme « grand possibilisateur de la vie ». pas du tout dérivé. ie de tout projet qui assignerait à la pensée la fonction d’une rupture radicale ou l’outrepassement d’une fin ? . vient la maxime : « l’art et rien que l’art ». est-ce un récapitulatif du style nietzschéen. non pas simplement ce qui l’intensifie.S’agit-il là d’une singularité nietzschéenne. ie le projet de casser en 2 l’histoire du monde. nous y reviendrons. il jouit de lui-même en tant que puissance. car l’art est un autre nom du mensonge. il se réjouit en tant qu’artiste. là encore. rien que l’art » ? ou encore. Enfin. imaginez ce que peut signifier « le grand possibilisateur de la vie ». mais ce qui en un certain sens la rend possible. ou d’une clôture absolue. L’archi-politique exige de l’art de le convoquer au point où « à quelque moment que l’homme se réjouisse. d’une mutation radicale. qui est la singularité de sa généalogie. comme nous le verrons à PAGE 143 MANQUENT QUELQUES MOTS COUPES et à beaucoup d’autres propos. que signifient des énoncés comme celui-là : « A quelque moment que l’homme se réjouisse. dans ses moyens critiques. dont le théâtre est l’un des analyseurs.

dit que sans la musique, ce n’est pas la peine de vivre. Il y a donc une réquisition de l’art emphatique, car il y a une telle question de savoir ce qu’il en est de l’art pour qu’on puisse lui demander cela, qui fait que la question : qu’est-ce que l’archi-politique demande à l’art ? C’est vraiment : qu’est-ce que l’art pour qu’il puisse endurer ou supporter de pareilles questions ? Voilà les 4 grandes rubriques sous lesquelles nous allons poursuivre, mais je vais les aborder d’un peu loin avant de les reconstituer. la question de l’être en 6 propositions (début) Puisque l’art est donné comme « le grand possibilisateur de la vie », puisque la maxime est à ce point générale qu’elle nous dit « l’art et rien que l’art », puisque finalement par ces 4 questions il s’agit de savoir ce que sont le monde et le langage, rien moins que cela, nous allons, quant à l’investigation de l’anti-philosophie, nous allons prendre le biais le plus strictement philosophique du rapport anti-philosophique de Nietzsche à la question suprême par excellence, à savoir la question de l’être. Tramons ces 4 questions particulières à partir d’une investigation typiquement philosophique, mais typiquement philosophique de l’anti-philosophique nietzschéenne, qui est : quel est le rapport de l’anti-philosophie de Nietzsche à la question philosophique par excellence, celle que lui-même déclare être la question par excellence, à savoir la question de l’être. Je vais énoncer là-dessus quelques propositions. Il n’est pas question de faire un cours d’ontologie nietzschéenne, mais de poser quelques propositions affectées à notre propre stratégie. a) 1ère proposition : le il y a chez Nietzsche a pour nom le devenir ou la vie. Cette 1ère proposition est, si je puis dire, évidente, textuellement empirique : vie ou devenir ne sont pas autre chose, au départ, que les noms du il y a. Il faut les prendre en ce sens même avant de les faire jouer dans leurs connotations latérales ou dans leurs acceptions prédonnées. Avant d’être biologique pour l’un ou dynamique pour l’autre, vie ou devenir sont les noms nietzschéens du il y a. Une chose que nous avons déjà dite, mais tellement importante qu’il faut y revenir de façon détaillée, que ces noms – vie, devenir – n’ont pas de corrélats dans le sens : ce ne sont pas les noms d’un sens, ce sont les noms du il y a qui, comme tel, n’est pas un sens car il est soustrait à l’évaluation : tout sens est une évaluation, or le il y a comme tel est inévaluable. De ce fait, le il y a nommé par devenir ou vie ne renvoie donc, à proprement parler, à aucun sens. Enfin, prudence supplémentaire quant à toute interprétation trop métaphorisante de vie ou de devenir, dans la nudité de la chose, ceci renvoie au il y a pur, qui n’est connectable à aucun sens. Jalonnons ce point de départ décisif par un fragment du début de 1888 que nous utiliserons à maintes reprises, car il est, à mon avis, tout à fait central : « il faut que le devenir apparaisse justifié à tout instant (ou inévaluable, ce qui revient au même) ». Retenons bien que la justification intégrale, qui est le fondement de la pbtique du oui dionysiaque, donc l’enjeu de l’acte, et qui est que le « devenir soit justifié à tout instant », est elle-même suspendue à ceci que le devenir est inévaluable. Ce qui, et ce point s’avère à mon avis capital, ramène à ce que je vous disais tout à l’heure sur ceci que le oui n’est pas une évaluation, le oui dionysiaque n’est pas une figure de la souveraineté, au sens où toute évaluation de sens est une puissance contre une autre puissance, parce que le oui au monde tel qu’il est c’est le oui au devenir, ie le oui à sa justification « à tout instant » qui, précisément, signifie simplement que le devenir est inévaluable. Par csqt, la capacité à dire oui qu’il s’agit de délivrer c’est le oui de l’inévaluable, ie non pas le oui au sens, mais le oui à ce qui n’a pas de sens. Retenons que dès lors que le il y a est nommé sous le signe du devenir ou de la vie, et que c’est cela qui doit être « justifié à tout instant » par le oui dionysiaque, l’affirmation nietzschéenne n’est pas une figure de souveraineté parce qu’elle n’est pas une figure de sens, elle est, en réalité, un oui à ce qui est soustrait au sens. L’inévaluable est donc soustrait au sens, mais aussi au non sens, car l’inévaluable n’a ni valeur de sens, ni valeur de non sens, ie sans valeur de négativité non plus. Donc l’inévaluable, c’est le oui au il y a en tant qu’il y a sous le nom de devenir ou de

vie, et tel qu’il demeure soustrait à l’opposition du sens et du non-sens, bien que ce soit à partir de l’inévaluable et dans sa propre création qu’il y ait sens ou non sens. Je cite encore Nietzsche, parce qu’il faut vraiment renforcer ce point sans lequel tout le reste s’effrite. Même fragment du début 1888 : « le devenir est d’égale valeur à tout instant. La somme de sa valeur demeure égale à elle-même. En d’autres termes, il n’a aucune valeur, car il manque quelque chose selon quoi il serait évaluable et relativement à quoi le mot valeur aurait un sens. La valeur totale du monde est inévaluable. Par csqt, le pessimisme philosophique est au nombre des choses comiques ». C’est un passage où s’intriquent les mots devenir, valeur, sens, non-sens, pris dans des équations apparemment complexes. Ce texte est pris dans des métaphores d’égalité et de sommations, etc… mais qui ne sont que des métaphores, et qui font finalement de ce texte un texte clair, qui nous dit ceci : si nous acceptons devenir ou vie comme nom du il y a, il faudra payer le prix suivant que le il y a n’a aucune valeur, car toute valeur est dépendante d’une évaluation et donc d’un il y a localisé, singulier, particulier, et non pas du il y a comme tel, donc le total du il y a est soustrait à toute valeur, ou au regard du il y a, le mot valeur n’a pas de sens. Notons, d’ailleurs, que dire : « le mot valeur n’a pas de sens au regard du il y a », comme tout sens est lui-même une évaluation, cela signifie aussi qu’il n’y a pas de valeur de la valeur. Le fait que le il y a soit inévaluable revient à dire que ce que le il y a crée, ie justement, des évaluations, il n’en relève pas lui-même, donc qu’il n’y a pas de valeur de la valeur, il n’y a que des évaluations et pas de sens du il y a. En particulier, il n’y a aucun sens destinal selon lequel l’évaluation totale du monde pourrait se faire en fonction de son destin ou d’une figure destinale liée au sens historial de l’être. Nietzsche polémique sans relâche contre toutes ces intentions ou toutes ces protentions qui sont exclues par Nietzsche, à partir du moment où le il y a est inévaluable, donc dépourvu de sens et où finalement le sens lui-même n’a pas de sens, la valeur n’a pas de valeur, ce qui est la même chose. Nous trouvons là les énoncés qui ont un destin très important et que nous retrouvons, mutatis mutandis, jusqu’à chez Lacan, dans la proposition selon laquelle « il n’y a pas de métalangage » ou « il n’y a pas d’Autre de l’Autre », ce qui dans la configuration particulière de Nietzsche se dira : « il n’y a pas de sens du sens ». Et en fait, « Dieu est mort » signifie d’abord il n’y a pas de sens du sens, ou encore le monde total est inévaluable. Tous ces énoncés sont équivalents. 2ème ponctuation : pourquoi est-ce « le pessimisme philosophique [qui] est au nombre des choses comiques » ? Eh bien, parce qu’il prétend que le non sens du monde est une valeur. Il évalue le monde comme non sens. Mais dire que « le pessimisme philosophique est au nombre des choses comiques », cela signifie cette chose très important : dire que le monde est un non sens est un réalité une évaluation, et par conséquent suppose le monde évaluable, alors que le fait qu’il soit inévaluable soustrait le monde à l’opposition du sens et du non sens. Si bien que le pessimisme se livre à cette comédie particulière, qui est que venant au plus près de ceci que le il y a est soustrait au sens, il fait de cette soustraction un sens, qui est le sens du non sens, ie le sens du pessimisme. Le pessimiste est celui qui fait sens de ceci qu’il n’y a pas de sens. Le pessimiste est drôle parce que si, quand on pense qu’il y a un sens, ce n’est pas trop comique de dire : ce sens me plaît ou me déplaît, le pessimisme sera de dire que le sens est déplaisant. Par contre, quand on dit qu’il n’y a pas de sens, continuer à macérer dans le fait que ce non sens n’a pas de sens on devient, comme Schopenhauer, un personnage de comédie. Schopenhauer est l’exhibition scénique d’un pessimisme comique. Est-ce que ce comique est théâtral, c’est évidemment la question qu’on peut poser. La question, que nous aurons peut-être à recroiser, de savoir en quel sens Nietzsche prend « comique », est une question tout à fait intéressante, puisque la métaphore du rire est essentielle : « les dieux sont morts de rire » de ceci qu’on croyait en eux. Et, en un certain sens, la formation réactive ascétique est quasiment définie par l’hostilité au rire, la condamnation de ceux qui rient. Mais, en même temps, je dois vous dire que lorsqu’on lit longuement Nietzsche, on n’a pas l’impression qu’il rit réellement, ce qui se voit à ceci qu’il y a chez Nietzsche une très violente ironie, mais pas bcp d’humour ni sur soi ni sur les autres. La question de savoir ce qu’est le comique quand il est assigné de façon unilatérale à la figure de l’ironie est une question très intéressante, y compris dans son croisement à la question de savoir

qu’est-ce que le comique de théâtre par exemple – humour, ironie, rire, comique de répétition, il y a là des filiations de positions, dont on sait très bien que ce sont des prises de position sur l’être lui-même. Nietzsche n’a pas tort, là-dessus de dire que la question du rire est une question, si je puis dire, extrêmement sérieuse. Mais chez Nietzsche, on a souvent l’impression que le sérieux de la question coiffe sérieusement l’importance qu’il accorde lui-même cependant au rire. En tout cas, il y a lieu de rire du pessimisme philosophique pour toutes les raisons que nous venons de dire. Sur la 1ère proposition d’ontologie nietzschéenne, je voudrais la commenter pour mon propre compte. Il y a un élément de cette doctrine avec lequel je me sens en accord assez profond, qui est qu’au fond une situation d’être du monde, le il y a pur, n’a par lui-même aucun sens, ie que la question du sens est impertinente au regard du il y a. Cet énoncé nietzschéen me semble tout à fait important et nécessaire à partager. D’une part, on peut dire que c’est l’accord sur ceci que « Dieu est mort » ou l’accord sur le fait qu’il n’y a pas de sens du sens, ou pas d’Autre de l’Autre, mais cela peut se dire aussi : nous ne donnerons pas de sens au fait que le il y a n’a pas de sens, donc nous soustrairons le il y a à l’opposition du sens et du non-sens. Je crois qu’il y a là un verdict nietzschéen très significatif et dont nous sommes contemporains. D’autre part, la conséquence que Nietzsche en tire et qui me semble très judicieuse, à savoir que l’événement, le supplément, non pas seulement le il y a, mais le surgir, l’advenu, ne doit jamais être saisi comme une figure de la conscience, le surgir doit absolument être pensé indépendamment de toute conscience du surgir. A propos du devenir, Nietzsche le dit ainsi, toujours dans ce fragment du début de 1888 : « Il faut nier une conscience globale du devenir, un Dieu, pour ne pas rapporter l’événement au point de vue d’un être solidairement sensible et conscient ». Cet énoncé est à mon avis tout à fait important, car il dit ceci : si l’on veut saisir l’événement comme tel, ie penser l’événementialité de l’événement, ou se rapporter au surgir comme surgissement, alors il ne faut pas le rapporter au point de vue d’un être conscient, ie qu’il ne faut jamais présupposer un sujet. Il n’est possible de sauver la pure événementialité de ce qui arrive qu’en le soustrayant à la préexistence d’un sujet. Ce qui veut aussi dire que si sujet il y a, ce sera sous la condition de l’événement, mais inversement. Le sujet sera lui-même événementiel, il ne sera pas structural. Il n’y aura jamais événement pour un sujet supposé, qui serait la conscience ou le sensible de cet événement. Et ce que Nietzsche ajoute de manière tout à fait juste c’est que, pour ne pas supposer à tout événement un sujet de l’événement, il faut d’abord nier que le devenir relève de la catégorie du sens, il faut neutraliser le il y a au regard de la question du sens ou de la valeur, ie poser que le il y a est inévaluable. Vous voyez la connexion, à mes yeux très forte, établie entre une position au regard du il y a ou de l’être pur, qui est qu’il est soustrait à la question du sens, et la préservation de l’événementialité de l’événement, ie la possibilité de se rapporte au surgir en tant que tel. Il y a une connexion entre les 2 : à la fois nous pouvons originer le sujet dans l’événement, et pas l’inverse, si préalablement, et seulement si nous neutralisons la question du sens de l’être. Cette connexion que Nietzsche indique très clairement me paraît ontologiquement décisive, car l’idée d’une pensée de l’événementialité de l’événement est suspendue à ce que l’être soit soustrait à la question du sens. Donc : non seulement je manifeste profondément mon accord, mais je constate une profondeur nietzschéenne très grande, une très grande modernité nietzschéenne. Par contre, la question qui se pose est celle de l’innocence des noms. A supposer qu’il y ait tout cela, pourquoi vie, et pourquoi devenir ? La question revient malgré tout. Je l’ai neutralisée autant que faire se peut, mais au bout du compte, en solde de tout compte, on finit toujours par demander : pourquoi quand même ces mots là, plutôt que d’autres ? Après tout, on pourrait dire : le il y a, l’événement, la soustraction au sens, nous ne sommes pas contraintes de nommer cela vie ou devenir, car quand vous dites : le devenir doit être justifié à chaque instant et il est inévaluable, on pourrait dire que sa dimension de devenir est dès lors raturée, parce que : qu’est-ce qui devient, si l’évaluation est toujours identique en tant que, justement, elle évalue de l’inévaluable ? Donc pourquoi devenir si, en fin de compte, chaque instant équivaut à tout autre - puisqu’en tant qu’il est l’instant d’un il y a, il est inévaluable ? Or, vous ne pouvez

Là est le véritable litige avec Heidegger. mais le cadre d’investigation est celui là. en réalité. nous dire que ce qui est affirmé est aussi bien réaffirmé. on saura que l’affirmation du il y a est aussi une réaffirmation. enfin peu importe. je ne dirais pas cela. d’être inévaluable. y compris sous les noms de vie et de devenir. de l’autre. De ce point de vue. Il faut donc dire à la fois le tour et le retour. n’est pas si important qu’on le dit chez Nietzsche. l'éternel retour est l’être oublié ou raturé. l’évalue. nommer cela vie et devenir. la création contre le même. mais c’est aussi le principe du même ou le principe de l’identité de l’inévaluable. sous la loi de l’éternel retour. parce que le il y a demeurera inévaluable. c’est que le devenir ne devient pas. je ne pense pas. qui paraît être un principe d’identité. qui indique l’inévaluable en tant que figure du même. ou que le il y a peut à la fois être dit venir et revenir. en réalité. car c’est bien le schème interprétatif massif de Heidegger s’agissant de Nietzsche. il ne devient pas. la volonté de puissance comme paraissant être un régime d’intensification dynamiques. il y a une tension. mais que c’est le dispositif de la volonté de puissance et de l’éternel retour qui compose. dès lors que sous la pensée de l’éternel retour. Pour être équitable. et qui. qui va. Ce qui est pensé sous le nom de volonté de puissance c’est l’étant comme tel. je ne vais pas le développer longuement. et que c’est ce qui est précisément corrigé par la doctrine de l’éternel retour. en effet. je pense que Nietzsche en a parfaitement conscience. peut composer la pensée de l’être. corriger ce que vie détient d’intensifications dynamiques et de pluralité sous-jacente par l’éternel retour. tout simplement. fût-ce le sens . une évaluation ? Au point même de l’inévaluable. en effet. d’un côté. à mon avis. Eternel retour et pluralité des évaluations ou des intensifications constituent un régime de double nomination. c’est sa soustraction à la question du sens. et. tandis que ce qui pensé ou tente de l’être sous le nom de l’éternel retour. Je dirais que éternel retour et volonté de puissance. car pour dire cela. dont l’étant manifeste sera nommé volonté de puissance. La dialectique heideggerienne est plus sophistiquée. souvent considérée comme un paradoxe absolu chez Nietzsche. qui désigne à la fois le fond inévaluable du pluriel des évaluations : le monde. le principe du même. comment stabiliser le fait que Nietzsche va tout de même nommer vie et devenir ce il y a d’inévaluable ? Autrement dit. un éternel retour. nous dire que le devenir ne devient pas. car pour Heidegger. éternel retour et multiplicité des évaluations sont les noms sous lesquels se balance ou se tient la soustraction au sens de la vie. Mais alors. c’est l’être. donc il faut absolument entendre les évaluations et l’éternel retour en même temps. Et si toute différence est une évaluation différentielle. mais que les registrations sont différentes. et que ce qui est devenu est aussi le Même ou que ce qui vient revient. C’est précisément cette possible inclinaison évaluante des mots vie et devenir qui se trouve rebasculée dans sa neutralité par la doctrine de l’éternel retour. parce que quelle que soit la pensée qu’on ait du devenir. et aussi. et c’est cela qui constitue la pensée nietzschéenne de l’être. en effet. C’est le procès qu’on pourrait faire sur ce point à Nietzsche. Moi. seul. ie l’évalue à travers les catégories latentes. C’est le fond inévaluable des évaluations mouvantes. Comment cela peut se concilier ? Heidegger remarque très justement que le pb n’est pas une conciliation. je préférerais. qui. parce que le prédicat fondamental de l’être pour Nietzsche. qui vont être finalement le vivant contre l’inerte. sournoisement. ou la venue et la revenue.introduire de la différence que par l’évaluation. qui tient ou détient ceci qu’ultimement la vie est soustraite à la question du sens. Cette superposition du venir et du revenir ou du tour et du retour est finalement ce qui maintient le il y a dans l’inévaluable. si on reprend ce mot là. appeler le il y a vie et devenir est peut-être une évaluation différentielle masquée. et que l’éternel retour c’est le nom de l’être. alors le il y a en tant qu’il est inévaluable à proprement parler ne devient pas. n’est-ce pas. La doctrine de l’éternel retour va. l’être est destinalement affecté ou affectable par le sens : il y a un sens destinal de l’être. Alors vous me direz : oui. en tant que nom ontologique essentiel. en dernier ressort. éternel retour et évaluations. parce que c’est très complexe – que Heidegger ait raison de dire que chez Nietzsche la volonté de puissance c’est le nom de l’étant. Le cadre d’investigation est que. et en ce sens. non pas dans une distribution entre pensée et être. dire que cet inévaluable on doit le nommer vie. la diversité contre l’unité etc… Après tout. Si le il y a est inévaluable à proprement parler. Ou disons. il faut. Sauvons le mot vie. elle suppose une pensée de la différence.

non-être est aussi un mauvais nom pour le il y a. Par exemple. et Nietzsche reconnaît qu’Héraclite et les sophistes constituent sa référence primordiale grecque. ce qu’Héraclite appelle le feu est très voisin de ce que Nietzsche appelle la vie. Dès que vous dites : être est un mauvais nom. Héraclite. c’est proprement cela qui est appelé par Nietzsche la vie et par Héraclite le feu. Fragment 49 a : « nous sommes et nous ne sommes pas » (trad Badiou). en son fond. parce qu’en fin de compte. volonté de puissance du côté de l’autre. quand Nietzsche énonce : il ne faut pas nommer être le il y a. Dire : « nous sommes et nous ne sommes pas » signifie : de toutes façons. C’est un point central. le nom contradictoire l’est aussi. parce que finalement c’est un nom qui soutient des intérêts de puissance réactifs. Là. généalogiquement. c’est parce qu’on sait qui a intérêt à le nommer ainsi. qui sont toujours corrélés les uns aux autres. je posais la question : dans quelle mesure vie n’est pas une évaluation ? Réponse : on ne s’en sort qu’en introduisant à tout le moins le retour éternel. On peut dire : retour éternel du côté du même. On pourrait aussi dire que le problème de Nietzsche soit que vie nomme bien la circularité du même et de l’autre. Badiou). n’est ni même ni autre. on entre dans la typologie parce que la thèse de Nietzsche est que nommer le il y a être ou étant est une évaluation. Par contre. d’ailleurs explicite. s’éclaircit si l’on voit qu’elle n’est que la double nomination par quoi tente d’être maintenue dans son équilibre la soustraction au sens de l’originarité vitale. c’est en ce sens que la pensée de Nietzsche n’est jamais dialectique. puisqu’au regard du il y a. b) 2ème proposition : l’être est une désignation fictive : il ne faut pas nommer le il y a. il n’y en a pas. et de la pluralité antagonique ou polémique des évaluations. mutatis mutandis. Et. C’est là où se tient le fond héraclitéen de Nietzsche. pour tous le même. on peut tout au mieux dire : « nous sommes et nous ne sommes pas ». Voilà pour la 1ère proposition concernant l’ontologie nietzschéenne. Ce fragment est absolument nietzschéen. ou il est de façon indécidable même et autre. la question n’est pas là. Il faut bien comprendre cette logique des noms. pour la décider. laisse la question du il y a dans un suspens nominal. Il ne s’agit jamais de relever une nomination par la nomination contradictoire. vous dites aussi bien que le nommer non-être n’est pas bien non plus. comprenons aussitôt qu’il ne faut pas non plus le nommer non être : si être est un mauvais nom. d’un côté. et métaphorique de l’intensification vitale. A chaque fois qu’un nom est discrédité. si on prend son dispositif dans sa nudité ontologique. mais il ne convient pas de le nommer être. feu toujours vivant » (trad. Or. il faut nommer le il y a devenir ou vie. Nous l’avons vu. Tout à l’heure. c’est précisément que la pensée de l’être chez Héraclite se fait un peu du même biais de la reconnaissance d’une soustraction aux configurations signifiantes du fond lui-même – ce qui chez Héraclite est sous la métaphorique du feu. ie que le il y a soit indécidable quant à la question de savoir su il est même ou autre. le nom pertinent de la question. En disant « nous sommes et nous ne sommes pas ». c’est que l’inévaluable. mais éternellement il fut. ce qui importe.réglé ou régi par l’oubli de ce sens. pour Nietzsche. Héraclite dit bien qu’être ou non être n’est pas. Le il y a dans la balance de l’identité et de l’altérité. Bien entendu. Qui ? des gens pas bien ! Il faut donc se demander qui. énoncé qui. il faudrait du sens et qu’il n’y en a pas. nommer le il y a étant ou être est une évaluation réactive. Mais finalement. la balance apparemment paradoxale entre éternel retour de l’identique. On pourrait presque dire : l’être est un mauvais nom pour l’être. nul dieu. d’une certaine manière. il est certain que pour Nietzsche. Il faut donc se demander (s’il ne faut pas nommer être le il y a). de toute façon. . telle que cette balance est indécidable. c’est vrai puisque volonté de puissance s’incarne dans la multiplicité des types. Il va donc falloir le nommer autrement que dans le couplage de l’être et du non être. Fragment 30 : « ce monde. de l’autre. parce que ce qu’il y a d’essentiel dans son rapport. ce qui est aussi très héraclitéen. il est et sera. Ce qui est tout à fait la position de Nietzsche. à Héraclite. au fond. nul homme ne l’a façonné. sous des conditions très compliquées. Ou encore : le il y a n’a pas à être présenté dans la forme de l’être. a un intérêt à nommer être ou étant la pure puissance du il y a. Or.

par csqt cette évaluation est intéressée. il faut immédiatement se demander quel est le vouloir qui l’anime. Il entre dans la figure particulière de l’évaluation. Dès lors. mais c’est une évaluation – justement. sinon on ne comprendrait pas pourquoi il enchaîne ainsi : « par csqt. Par csqt. On dira aussi. on l’a déjà évalué dans une opposition. ie contre le oui à l’inévaluable ou contre le oui à ce qui n’a pas de sens. on fait perdre au devenir sa valeur. elle a engagé le il y a dans une évaluation. on ne doit admettre rien d’étant. au regard de tout ce que nous venons de dire. qu’il est malheureux que ça soit etc… Et c’est la logique du phénomène contre l’essence. vous devriez tous sursauter. n’Ets pas vraiment. Là. a finalement sa source dans la nomination philosophique première. dont il faut chercher le type. et c’est pourquoi Nietzsche enchaîne immédiatement. il reste à se demander comment l’illusion de l’étant a pu naître ». L’être est une fiction vide de sens. une évaluation sur la vie. elle est une évaluation. Crépuscule des Idoles : « l’être est une fiction vide de sens ». une hypothèse faite originellement par la philosophie contre le oui dionysiaque. en disant : on vient de dire que le devenir est inévaluable. pace que donner au il y a le nom de l’être. ie au oui au non sens. celui-là soustrait le devenir au fait qu’il est inévaluable. ie une évaluation qui interdit le oui dionysiaque intégral au devenir. Or. l’ontologie est une fiction réactive. et le vouloir qui est investi là est un vouloir réactif. il est inévaluable. comme pour toute fiction. puisque ce oui suppose que le devenir soit inévaluable. L’anti-philosophie est cette position sur la philosophie qui . ie l’impossibilité ou l’interdit jeté sur le oui dionysiaque au monde intégral tel qu’il est. si on appelle le il y a étant. et par csqt si on l’engage dans la chicane dialectique de l’être et du non être. ie admet qu’il y a de l’étant. elle a procédé à une évaluation. de l’apparence contre la vérité etc… Donc la matrice de toutes les calomnies sur le monde. point essentiel. qui consiste toujours à dire que ceci n’est pas. est une phrase extraordinairement tordue]. Mais c’est ce que veut dire Nietzsche. ou comme le dit Nietzsche. Dès qu’on saisit une nomination fictive. dans une phrase remarquable : « cette hypothèse de l’étant est une source de toutes les calomnies à l’égard du monde ». la possibilité du oui dionysiaque. Tandis que si on donne au il y a le nom de l’être. vous êtes dans la matrice « de toutes les calomnies à l’égard du monde ». Vous voyez la chicane : inauguralement. il reste à se demander comment l’illusion de l’étant a pu naître ». parce qu’alors le devenir perd sa valeur [ce qui. la philosophie qui a choisi sous le nom de Parménide – un nom à opposer à Héraclite – d’appeler être le il y a. et on a alors le droit de se demander qui évalue. ne s’est nullement livrée à une opération innocente. ne devrait pas être. ie c’est s’opposer au oui au devenir. Et le passage est parfaitement cohérent si on l’entend ainsi : « quiconque appelle le il y a du nom de l’être procède à une évaluation. ie qu’on procède à une évaluation. quelque chose qui est. on fait perdre au devenir cette valeur particulière que. dans un interdit au oui dionysiaque. Donc : si on appelle ontologie le fait de donner au il y a le nom de l’être. Et donc quel est l’intérêt de l’évaluation ontologique du il y a ». c’est une évaluation réactive. justement. le diagnostic de Nietzsche est que le type de vouloir investi dans qui appelle être ou étant le il y a est un type de vouloir réactif. Or.Fragment du début 1888 : « d’une manière générale. Et on a donc autorisé – et la philosophie est cette autorisation – « toutes les calomnies à l’égard du monde ». Et alors – et j’en resterai là pour aujourd’hui – je pense que nous touchons un élément constituant de ce que j’appellerai ultérieurement l’anti-philosophie en un sens générique. tout le monde sursaute. sous des conditions complexes. L’anti-philosophie est toujours un propos qui énonce que la philosophie est responsable de la dépréciation du il y a. ou à la soustraction de sens. Que le il y a a été évalué philosophiquement de telle sorte que sa dépréciation est désormais possible. Si on nomme le il y a devenir ou vie. La calomnie prenant tout simplement la forme qui consiste à se réserver le droit d’évaluer quelque chose comme non être à partir du moment où vous avez évalué le il y a en termes d’être. parce qu’on a prétendu fictivement évaluer l’inévaluable. Voilà la figure de la 2ème proposition qui éclaircit la 1ère proposition. bien évidemment. Autrement dit. qui a choisi d’annexer le il y a au nom de l’être. Il faut entendre la phrase ainsi : quiconque nomme le il y a étant. Et. le il y a est inévaluable. ie que si on nomme le il y a. elle relève d’un certain type : le philosophe parménidien est originellement un type qui prononce sur le il y a le nom de l’être. et l’engager dans la chicane de l’être et du non-être. au moins on préserve.

à savoir qu’il y a une honte dans ceci que la philosophie a nommé être le il y a. que cette opération engageant originellement la philosophie est ce à partir de quoi il nous est aujourd’hui aussi difficile de dire oui au monde. nous encombrant d’un « Dieu des philosophes et des savants ». Or. Vous retrouvez cette matrice anti-philosophique cruciale chez tous les grands anti-philosophes. . nous en resterons là pour aujourd’hui. il faudrait l’appeler hontologie. la honte au logis. de l’affirmatif au sens radical. Voilà. Pascal dit que finalement la philosophie rend obscur le oui à Dieu et qui.fait de la philosophie la responsable du système général de la dépréciation et par csqt aussi de l’impossibilité de l’affirmatif. Nietzsche ne dit pas autre chose que Lacan sur ce point particulier. nous interdit de voir que tout le problème est de dire oui au « Dieu d’Isaac et de Jacob ». Par exemple. auquel Nietzsche ne cesse d’adresser des saluts amicaux. Lacan dit : l’ontologie. c’est une disposition anti-philosophique nodale. Et cela. Eh bien. Ou encore. il ne dit pas autre chose. Mais si je prends un autre anti-philosophe notoire. que la philosophie est originairement responsable de la difficulté du oui. à savoir Pascal. Nietzsche dira dionysiaque.

j’avais. on pourrait penser que Nietzsche inclinait vers une connexion entre politique et souveraineté. voire même des textes dits de la folie. est un texte d’un violent antiétatisme. On pourrait donc dire qu’on retrouvait chez Nietzsche la complexité entière du sens du mot politique. aux yeux de Nietzsche. Quand Zarathoustra entreprend de polémiquer contre la nouvelle idole. et rendre ainsi lisibles ce texte qui. en tout cas. Ou bien la politique est pensée comme ordonnée à la question de l’Etat ou du pouvoir. Sur ce point. constitue le texte le plus explicite sur la question de l’Etat. C’est une thèse de disjonction entre ce qui est désigné par peuple et ce dont l’Etat peut . A partir de quoi on peut se demander quelles sont dans ce texte les thèses de Nietzsche sur l’Etat. chez lui. ici. prendre politique. après tout. de sorte que. de la nouvelle idole. qui requiert une distance par rapport au principe étatique ou de souveraineté. En ce sens. et d’énoncer l’impératif « détournez-vous de la nouvelle idole ». puisque d’un côté est essentielle. comme c’est ma règle. comme tous les textes de Zarathoustra. Mais que. Je vous avais dit qu’on pouvait discerner une hésitation de Nietzsche sur ce point. puisque je soutiens que c’est de ce lieu là qu’il faut entrer dans Nietzsche. ce qu’on peut dégager de cette imprécation métaphorique contre le plus froid des monstres froids. un anarchisme nietzschéen connecté à la violence et à l’imprécation anti-étatique. je m’étais demandé en quel sens il fallait. la nouvelle idole Pour commencer la séance de ce soir. ce qu’il appelle une doctrine des formations de souveraineté. elle porte sur le type de conjonction ou de disjonction qu’on établit entre politique et Etat. dont vous savez que le contenu est l’annonce d’une rupture radicale dans l’histoire du monde. a) 1ère thèse : disjonction entre peuple et Etat La 1ère thèse essentielle. et en dépit de la doctrine des formations de souveraineté. éclairer la signification de politique dans archi-politique. et je crois avoir dit pourquoi. Il est certain que froideur et monstruosité sont. au moins en 1ère approximation. et son assignation à la question de l’émancipation. à savoir le chant de la 1ère partie d’Ainsi Parlait Zarathoustra : de la Nouvelle Idole. c’est précisément l’Etat. réflexion faite. à partir de là. et qu’est-ce qu’il fallait entendre par politique lorsqu’on dit que le geste nietzschéen est un geste de type archi-politique. de ce biais là. et beaucoup d’autres. ne saurait se réclamer du peuple. une complexité de Nietzsche. on constatait une distance résolue prise au regard de l’Etat. donc. ou bien elle est ordonnée à un autre principe. des imputations graves. je crois qu’on ne peut pas laisser de côté ce qui. et que la question de la domination est une question centrale dans la généalogie nietzschéenne.5EME COURS l’Etat. et la thèse selon laquelle aussi bien le service de l’Etat que le savoir sans règle ou en vue de l’Etat sont des dispositions réactives. pris ou écartelé entre son assignation à la question de la souveraineté. Je rappelle la nature exacte de la question : au fond. est par lui-même pour part énigmatique. A propos de cette qualification. qui est le point qui concerne la désignation d’archi-politique que j’ai adoptée pour qualifier le geste nietzschéen. qui a pu autoriser depuis longtemps à parler d’un anarchisme nietzschéen. une vision étatiste de la politique. Toutefois. d’un autre côté. C’est là qu’on trouve la formule devenue quasiment un lieu commun. Je voudrais en prélever quelques unes. je voudrais revenir un tout petit peu sur un point traité la fois dernière. dans la métaphorique nietzschéenne. on la trouve dès le début du texte : « l’Etat. disons métaphoriquement. c’est expressément de l’Etat qu’il s’agit. ou. Je vais donc compléter ce qui avait été dit à partir d’un examen de ce chant. formule que le général de Gaulle aimait bien citer – et beaucoup d’autres. La nouvelle idole. pris appui sur le Nietzsche terminal des textes de 1888. et ce texte. comme indications décisives sur le rapport de Nietzsche à la question de l’Etat et. c’est le plus froid des monstres froids ». c’est que l’Etat.

ceux qui tendent des pièges au grand nombre et qui appellent cela un Etat. c’est qu’un peuple est toujours une création désintéressée. ceci peut être pris dans bien des sens. donc de l’ordre de la violence. tandis qu’un Etat est une capture d’intérêts. b) 2ème thèse : mort de Dieu. autrement dit. Evidemment. il y a une dimension d’invention que nomme le nom peuple et qui est perdue ou oblitérée dans la figure étatique. Ils suspendent au-dessus d’eux un glaive et 100 appétits ». ie en tant qu’évaluation. par rapport à ce qui a été engagé contre le combat ou le thème de Dieu : « l’Etat vous devine vainqueurs du Dieu d’autrefois. dira Nietzsche. Donc : l’Etat moderne en tant que nouvelle idole. Foi et amour. pourquoi l’Etat advient-il cependant ? Quelle est la puissance qui le soutient. et par voie de csq. il est important de la signaler. Donc : un peuple doit être pris dans la dimension du créer et de l’inventer. c’est pourquoi y a-t-il un ralliement ou une idolâtrie de l’Etat ? Pourquoi y a-t-il soumission à l’Etat ? c’est donc l’Etat comme subjectivité ou comme vouloir qui l’intéresse. Et ce qui va être opposé du point de vue de la maxime de l’Etat à la foi et à l’amour. il est une création. l’Etat est toujours proprement une défiguration du peuple. Pourquoi ce piège tendu à la création populaire dans sa figure désintéressée. Eh bien. La proposition en création à un peuple de type foi et amour est en affirmation de soimême. tandis que l’Etat est un « piège tendu à la foule ». ie de . Tout peuple. Les 2 mots qui désignent le peuple comme création.légitimement se réclamer. De sorte qu’il faut bien comprendre que la maxime « Dieu est mort ». même si c’est une puissance réactive ? Nietzsche va répondre – et en ce sens il en fait une donnée moderne : il s’agit bien de l’Etat moderne – que l’Etat capte à son profit la victoire sur les dieux. dont l’Etat tire sa puissance d’idole. mais c’est aussi. dans l’élément ou sur l’horizon de la mort de Dieu. L’Etat ne peut se présenter comme figuration du peuple et. on pourrait dire qu’il n’y a pas de figuration étatique possible d’un peuple. et à présent votre lassitude s’est mise au service de la nouvelle idole ». dira Nietzsche. Il y a un élément défigurant essentiel à l’Etat. relève de ce qui lui a été proposé dans l’auto-invention de lui-même comme foi et comme amour. est de l’ordre du piège. L’Etat est l’idole de rechange.un peuple. dira Nietzsche. ce n’est pas simplement la construction ou l’appareillage étatique. c’est. où les propositions sont de l’ordre du glaive. . par csqt. L’Etat est un piège tendu à la foule. au passage. C’est le terme qu’il emploie. ce pourquoi il le nomme la nouvelle idole. L’énergie sous laquelle cette invention se déploie relève de la foi et de l’amour. voilà pour la thèse axiale. Vous vous êtes lassés de la lutte. Si nous récapitulons. déjà en partie désinvestie ou résiduelle. si on la prend du point de vue du vouloir qui la soutient. qui la soumet ou la filtre dans le réseau des intérêts ? Bref. en tant que subjectivité. « mais ce sont des destructeurs. un Etat. Un peuple n’est justement pas un Etat au sens élémentaire du mot : il n’est pas un état de chose. l’Etat n’est pas une figure où le peuple puisse être énoncé. En ce sens. Et l’énergie qu’il capte est cette énergie fatiguée. « ce sont des créateurs qui ont formé les peuples et qui ont suspendu au-dessus des peuples une foi et un amour : ainsi ont-ils servi la vie ». ie une création qui vaut pour elle-même. Et elle est appropriée à elle-même ou en évaluation de soi-même. la clé de cette interrogation c’est que le vouloir défait. Plus précisément. nous dirons : un peuple est une création désintéressée. on va le voir par contraposition à l’Etat. le glaive et l’intérêt. De ce point de vue. et non pas ordonné à autre chose que soi. donc tendu à cette création elle-même. mort de l’Etat La 2ème thèse est généalogique : elle demande pourquoi l’Etat existe. car ce qui intéresse Nietzsche. c’est cette lassitude qui a gagné les esprits au-delà ou après la victoire sur le Dieu d’autrefois. au sens où il serait une figuration représentative du peuple. et de l’expansion de l’intérêt : une capture d’intérêt. c’est en vérité le thème qui circule en dessous de tout le texte. une critique de toute théorie représentative de l’Etat : l’Etat n’est jamais fondé à se déclarer représentatif.par contre. c’est toujours une création. Les raisons fondamentales que Nietzsche met en avant pour soutenir cette thèse essentielle que l’Etat n’est jamais une figuration possible d’un peuple sont les suivantes aux yeux de Nietzsche : .

comme énergie de corruption. toujours dans une situation parasitaire. la figure fatiguée de l’Etat. a son analogue dans le non rapport qui se présente comme rapport entre l’art et la culture. mutatis mutandis. qui existe aussi. dont on peut dire que l’Etat capte l’énergie résiduelle. Ça signifie l’art pratiqué ou appréhendé en subjectivité du point de la nouvelle idole. qui signifie simplement qu’il est corruption de la force affirmative : « [tous ces superflus] veulent accéder au trône : c’est leur folie – comme si le bonheur était sur le trône ! souvent c’est la boue qui est sur le trône – et souvent c’est le trône qui est planté dans la boue ». qui se présente cependant comme rapport entre peuple et Etat. « voyez donc ces superflus ! ils volent les œuvres des inventeurs et les trésors des sages : ils appellent leur vol civilisation – et tout leur devient maladie et revers ! ». la science et la philosophie en un magma culturel. les sagesses) saisi par l’Etat. La disjonction. ou dans mon jargon (qui sur ce point recoupe l’intuition de Nietzsche) que l’Etat se présente comme une excroissance. en fin de compte. c’est le nom que Nietzsche attache aux Etats ou aux hommes d’Etat. . Il en résulte que la maxime « Dieu est mort » ne sera portée à sa puissance affirmative que si on peut aussi dire « l’Etat est mort ». mais aussi. Si on essaye d’appréhender les choses dans la dimension du vouloir ou de la subjectivité. au regard de la situation affirmative. ie en rapport subjectif et de vouloir fatigué à la nouvelle idole. Mais attention : la culture. Tout cela renvoyant. Corruption doit être pris au sens où l’Etat. « culture » c’est bildung. en vérité. somme toute implicite. La possibilité de l’énoncé « l’Etat est mort » est le seul à pouvoir parachever. l’Etat s’oppose au peuple. ou comme une excroissance. l’Etat est ce qui vient après toute victoire et dans la fatigue qui suit toute victoire : « l’Etat vous devine vainqueurs du Dieu d’autrefois » et c’est vous qui en construisez l’autorité réactive. au fait que l’Etat moderne se bâtisse sur la captation de l’énergie résiduelle engagée dans la mort de Dieu. Ces supeflus. dans le dispositif nietzschéen. mais c’est secondaire. Au fond. c’est l’art (prenons le comme paradigme.la lutte qui l’autorisée ou rendue possible. au scientifique. l’état de la situation est toujours dans la figure d’une excroissance. Au regard de quoi l’impératif nietzschéen va être. autrement que dans une lassitude récupérée. le culturel – c’est une proportion mathématique – s’oppose à l’artistique. ie sur l’événement de la mort de Dieu ou dans sa figure de lassitude. réédifiée. en 1ère ligne. Il y a chez Nietzsche une critique générale de la culture dans une définition. nous dirons que culture désigne. De ce point de vue. l’Etat n’a aucune légitimité à se présenter comme une figuration du vouloir d’un peuple. comprenons le toujours en subjectivité. Ceci se manifeste ou a son phénomène dans son caractère essentiellement corrompu. Toute culture est une fatigue. le caractère boueux de l’autorité étatique est le phénomène de son essence excédentaire ou superflue. Il y a une égalité de proportion. ie à l’Etat. Au regard de toute situation. la maxime « Dieu est mort ». ie au sens de cultiver la formation culturelle. Cela ne signifie pas l’art d’Etat. il y a une superfluité essentielle. qui est que la culture. si je puis dire. c’est dire que la nécessité de l’imprécation contre l’Etat est étroitement chevillée dans la logique nietzschéenne à la question de la mort de Dieu. Vous voyez à quel point nous sommes éloignés. Je cite : « voyez moi ces superflus ! ils dérobent les œuvres aux inventeurs et les trésors des sages : cette rapine c’est ce qu’ils appellent leur culture ». l’idée nietzschéenne du caractère superflu de l’Etat désigne quasiontologiquement le fait que l’Etat soit. Du point de vue de la captation subjective par l’Etat. extrêmement intéressante de la culture. à ceci qu’en tout cas. est cela même dont l’Etat tire la possibilité de son piège. L’Etat est bâti sur la fatigue du combat anti-religieux. au philosophique. la philosophie. et ultimement. est aussi et essentiellement superflu. c’est l’art saisi par l’Etat. je cite : « évitez de tomber dans l’idolâtrie de ces superflus ». Le culturel s’oppose à l’artistique comme. là aussi. de toute vision fonctionnaliste de l’Etat. c) 3ème thèse : l’Etat est corruption 3ème thèse – qui après tout peut nous intéresser aujourd’hui (janvier 93) – l’Etat est intrinsèquement corruption. le non rapport. mais c’est aussi la science. d) 4ème thèse : l’Etat change l’art. Au fond.

de l’autre côté comment politique chez Nietzsche peut arriver à tenir les 2 ensembles. impensable. mais ce qu’il y a de vouloir affirmatif dans l’art. mais l’homme lui-même comme formation de souveraineté non étatique avec cette idée que l’homme ne peut pas être une formation de souveraineté s’il est sous la règle de l’Etat – c’est là où finit l’Etat que ceci est possible. Là aussi. si je puis dire. toute culture est étatique. politique comme irréductiblement anti-étatique. Je vous donne le texte essentiel. c’est l’affirmation de l’homme même comme « mélodie unique. eh bien le surhomme c’est l’homme. La figure de la surhumanité est précisément ce qui n’est pas étatisable. irremplaçable. . ie ce que Nietzsche comme nom propre propose au siècle. pas plus le passage de l’homme au surhomme n’est le remplacement d’un type par un autre type au sens d’une substitution. le surhomme.parce que seule la fatigue rend possible subjectivement l’appropriation étatique. mais l’homme lui-même comme formation de souveraineté réactive. dérober. mais comme affirmation irremplaçable. 1ère remarque : l’idée d’un Etat du surhomme est une idée nietzschéennement absurde. précisément. c’est l’appropriation étatique générale de l’énergie résiduelle investie dans la mort de Dieu. ce que nous dit le texte. Il y a une corrélation essentielle entre la figure de l’Etat comme figure de la nouvelle idole pour un vouloir fatigué et la culture. dont vous voyez qu’elle est absolument radicale à la figure même de l’Etat. en tout cas. ie à tenir une règle des configurations de souveraineté en même temps qu’une distance. Le texte est absolument explicite : la condition du surhumain est d’être là où finit l’Etat. d’un côté. c’est qu’il est proprement absurde. e) 5ème thèse : l’humanité est toujours au-delà de l’Etat Enfin. c’est l’homme en état d’être une affirmation irremplaçable. Souvenons-nous toujours de ce point. il y a un point absolument assuré. Le surhomme. c’est l’homme en capacité du oui irremplaçable à lui-même. nous avons une logique que nous avons souvent déployée. Non pas une formation de souveraineté sur l’homme et sur la vie. en particulier sous quelque figure que ce soit de l’Etat. Notons que. proprement ce qui constitue l’élément culturel. la mélodie unique. on ne fait succéder une bonne souveraineté à une mauvaise souveraineté. irremplaçable ». donc c’est le comble de la force active. En réalité. mais précisément ceci doit être pris dans la logique générale du geste archi-politique. qui est la récapitulation de toutes les autres : l’humanité est toujours au-delà de l’Etat. Pas plus que quand on casse en 2 l’histoire du monde. aux yeux de Nietzsche. Au fond. « où finit l’Etat – n’apercevezvous pas l’arc en ciel et les ponts qui mènent au surhumain ? ». c’est en son point de fatigue que ça se laisse voler. 5ème thèse. Elle se tient irréductiblement là où finit l’Etat. Où finit l’Etat commence le chant de la nécessité. donc une formation de souveraineté réactive. On pourrait dire que ce qui est en jeu dans le geste archi-politique. et réciproquement. Où finit l’Etat – n’apercevez vous pas l’arc en ciel et les ponts qui mènent au surhumain ? ». d’opinion nietzschéenne. Originellement. aux yeux de Nietzsche. Le surhomme. Formation de souveraineté parce que c’est un régime de l’affirmation. Cette 1ère remarque est essentielle sans entrer dans les chicanes du rapport généalogique entre Nietzsche et le nazisme. Il n’y a surtout pas de configuration étatique possible de la surhumanité. prises dans leurs extensions. le texte dit : qu’est-ce que le surhomme ? Ce thème. naturellement. trancher ou éclairer un peu différemment l’oscillation dont je suis reparti aujourd’hui. Et il est vrai que le geste archi-politique nietzschéen annonce le surhomme. qui est la possibilité du oui. donc une formation de souveraineté sur l’homme et sur la vie. et elle ne peut se tenir ailleurs. Or. de ce point de vue là. qui d’ailleurs clôt le chant de la nouvelle idole : « où finit l’Etat commence l’homme qui n’est pas superflu. qu’il y ait une figure étatique de la surhumanité. qu’il peut y avoir de la rapine qui est. et c’est là que je voulais en venir. c’est que le surhomme est ce qui est là où finit l’Etat. donc c’est bien l’homme lui-même comme formation de souveraineté. est culturel. Bien. Ce qu’il faut retenir de central dans ce passage d’une grande densité doit être raccordé à la thématique du surhomme. A partir de quoi on peut peut-être trancher. l’oscillation entre politique comme généalogie des figures de souveraineté. c’est l’idée de l’homme comme formation de souveraineté non étatique. tout Etat.

Nous avions amplement développé le fait que ces noms n’ont pas immédiatement de corrélat dans le sens.Le nom de l’homme comme formation de souveraineté non étatique c’est le surhumain. ou de l’absence de fond. ou de la présentation en général. pour part. été de poser la question suivante : peut-il y avoir une formation de souveraineté non étatique ? L’homme peut-il être défini comme capacité à être lui-même une formation de souveraineté non étatique ? L’homme peut-il être cela qui désétatise sa propre souveraineté ? et cette question a eu le nom de communisme. De ce point de vue.est-ce que tout projet archi-politique est nécessairement une poétique dans ses ressources affirmatives ? . donc régulation de souveraineté de la nécessité non étatique. comme étant les noms que Nietzsche choisit pour désigner le il y a. en vérité. Formation de souveraineté sur la nature. et nous avions examiné les 2 premières. lui aussi. ce qui suppose que soit entièrement résiliée aussi la nouvelle idole. Et. il est. qui est : « peut-il exister une essence générique de l’homme qui soit désignable comme une formation de souveraineté soustraite à la figure de l’Etat ? ». le 20ème siècle a été l’épreuve de ces 2 noms à travers une question. Donc : nous dirions que le surhumain chez Nietzsche nomme cela même qui – dans un tout autre dispositif. vie – et c’est aussi.qu’est-ce que l’archi-politique exige de l’art ? A partir de la manière dont il pose lui-même ce qui traditionnellement la question organique de la philosophique. j’y insiste. un dispositif entièrement hétérogène – a été nommé communisme en son sens générique. puisque tout sens est une évaluation et que la vie en tant que nom du il y a est expressément posée comme inévaluable. mais plus précisément l’homme en capacité du oui à luimême. dont on pourrait peut-être dire de façon générale – nous réexaminerons ce point – que toute archi-politique (qui s’est appelée révolution) est un geste où est mise en jeu la possibilité de l’homme comme formation de souveraineté non étatique. Si on construisait cela en termes heideggeriens. Dans son sens générique – pas dans son sens politico-contemporain – communisme a originellement désigné l’homme comme formation de souveraineté collective non étatique.est-ce que tout propos archi-politique est nécessairement une haine du théâtre ? . Je les rappelle très brièvement. et qui est la question suivante : peut-on ordonner l’essence de la réalité humaine au thème d’une formation de souveraineté non étatique ? Je voulais simplement rappeler que tel était indubitablement le propos de Nietzsche. je voudrais simplement indiquer que l’homme comme formation de souveraineté non étatique porte au 19ème siècle un autre nom. qui a été le nom de communisme. elle a eu aussi le nom de surhumain. dans un propos essentiel de tout le 19ème siècle. L’étant en totalité est proprement ce que Nietzsche nomme la . cela se dirait exactement ainsi : l’étant en totalité n’a pas de sens. ce qui recoupe l’homme en capacité du oui. l’ontologie de Nietzsche en 6 propositions Nous étions en train d’interroger la détermination anti-philosophique de Nietzsche et les 4 questions principales que nous lui adressions : . Voilà pour réélucider le point de l’archi-politique. ie qu’ils ne sont pas donateurs de sens au il y a. l’épreuve du siècle au regard de cette double nomination a. a) la 1ère proposition c’est que pour Nietzsche. sur les besoins. une question de méthode – doivent être pris au départ comme n’étant rien d’autre que les noms du il y a. en dernier ressort plus essentielle que toute question empirique. à savoir l’Etat. Finalement. Nous nous interrogions avec tous les guillemets nécessaires sur « l’ontologie » nietzschéenne. par ailleurs. Et. ie la question de l‘être. le il y a.est-ce que tout propos archi-politique est nécessairement une sophistique dans ses moyens critiques ? . ce qu’il y a – appelons le ainsi pour être dans l’indétermination absolue – le il y a a pour nom le devenir ou la vie. Il faut les prendre d’abord en immanence à Nietzsche. Je reviens maintenant au cours principal des choses. qui est à l’œuvre dans le texte nietzschéen ? J’avais dit que j’allais énoncer là-dessus 6 propositions. Sans m’y attarder. quelle que soit leur connotation ou le contexte. quelle est la doctrine de fond. Devenir.

mais ce qui est important. Par contre. Nietzsche va conclure à un intérêt réactif. l’anti-philosophe. Donc : nommer être ou étant n’a aucune innocence. Il se trouve que depuis Parménide. c’est une interdiction du oui à ce qu’il y a. Et je vous rappelle la formule parmi d’autres de Nietzsche : « cette hypothèse de l’étant est la source de toutes les calomnies à l’égard du monde ». toute une série de gens ont nommé être ou étant la puissance du il y a et pas vie ou devenir. et ceci est originellement déjà contenu dans la sélection des mots être et étant. la vie est inévaluable. Il instruit le procès en illégitimité de la nomination du il y a dans la figure de l’être ou de l’étant. entre autres choses. Il y a donc une dépréciation parménidienne de la puissance du il y a dans son assignation nominale à l’être. un oui à la vie. nous entrions dans des caractérisations plus précises de l’anti-philosophie. L’être est une désignation fictive : « l’être est une fiction vide de sens » est-il dit dans le Crépuscule des Idoles. Dès Parménide. les noms du il y a : devenir ou vie. celle-là : l’être est une mauvaise désignation pour le il y a. Je vous cite un fragment de l’automne 1887. en passant. de la philosophie et de l’anti-philosophie : le philosophe. il faut se demander – c’est la grande procédure nietzschéenne – qui a intérêt à cette nomination ? Qui a intérêt à nommer être ou étant la puissance du il y a ? Ce point est pris dans la singularité historique. par des procès en légitimité pour les autres nominations. en profondeur. si je puis dire. d’oblitération ou d’incapacité concernant le oui au il y a. qui en réalité est un oui au devenir. le combat entre la philosophie et l’anti-philosophie s’engage : il y a connaissance. négative. ie que toute désignation du il y a sous le nom de l’être est une interdiction du oui au il y a luimême. dans l’acte même de nomination. Nietzsche va construire la légitimité de la nomination du il y a par vie ou devenir. La différence avec Heidegger. b) 2ème proposition. « la logique (telle la géométrie et l’arithmétique) n’est valable que pour des vérités fictives que nous avons créées. c’est que cette dépréciation critique du il y a est engagée dès Parménide. La logique est créée par l’option réactive première de la maîtrise philosophique qui asservit la puissance du il y a à la nomination ontologique. Aux yeux de Nietzsche. et la question du sens. c’est Parménide. On demandera alors quel but ils poursuivaient. mais consiste à engager la machinerie philosophique. Mais. que là. Donc l’étant en totalité n’a pas de sens ou. puisque anti-philosophie va être une catégorie que nous soumettons à l’épreuve de notre enquête sur Nietzsche. c’est que dès qu’on repère une désignation fictive et inadéquate. qui se donne sous sa forme inaugurale dans le choix des noms. la machinerie qui va dominer l’espace philosophique. Il y a là le procès intrinsèque du programme ontologique comme tel. préserver la chance de l’affirmation dionysiaque. Là aussi.vie totale. il n’y a pas à proprement parler chez Nietzsche de figure innocentée des présocratiques. quel était leur intérêt dans cette affaire. dans le lexique nietzschéen. Le couple lui-même est ici congédié : le il y a n’a pas à être présenté dans la forme de l’être ou de l’étant. c’est Héraclite. qui est une machinerie d’interdiction. Le couplage de Parménide et d’Héraclite est pour Nietzsche le couplage originaire de la philosophie et de l’anti-philosophie. Il n’est pas vrai qu’il y ait chez les présocratiques pris dans leur ensemble une pensée authentique de l’être qui aurait été oubliée ou oblitérée. nommer le il y a dans la figure du devenir comme le fait Héraclite c’est préserver la chance du oui. ie dans les noms de Nietzsche une interdiction du devenir et à la vie. Vous voyez que cette 1ère proposition commence à nouer de manière relativement complexe le il y a qui demeure entièrement indéterminé. la logique est une création philosophique : l’option qui consiste à mutiler originairement la puissance du il y a en la nommant être ou étant est ce qui fonde l’espace de possibilité de la logique. On peut dire que ce que déclare l’antiphilosophie. J’avais remarqué. De ce point de vue. c’est que la philosophie assure sa maîtrise par sa dépréciation ontologique du phénomène du il y a. et par conséquent. Nommer le il y a sous le signe de l’être engage depuis Parménide la philosophie comme maîtrise dépréciative de la puissance du il y a. la logique proprement dite est dépendante de la nomination du il y a sous le signe de l’être. La logique est la tentative pour . Nous entrons dans les parages de ce qu’on pourrait appeler l’anti-épistémologie nietzschéenne. c) 3ème proposition : la logique est dépendante de la doctrine réactive de l’être.

par csqt. noms distribués au il y a. ie le il y a lui-même n’est jamais présent à titre de pb. que dans ce registre il faut bien comprendre que la réalité. reconnaissable. Et donc. la position de Nietzsche sur la question de la logique. Pour faire court. mais comme une pure et simple théorie des signes ou du calcul. naturellement. nous aurons maintes fois l’occasion de le voir. A partir de quoi la logique est un calcul de ce schème : la logique est un calcul ontologique. C’est ainsi qu’on va à la fois la délimiter. La logique est originellement corrompue par l’option ontologique. en quelque sens qu’on la prenne. on dira aussi oui à la logique. Après tout. Voilà pour la 1ère remarque. ie non pas du tout un moyen ou un instrument de l’acte archi-politique. ie qu’elle suppose ou qu’elle se soutient de la nomination du il y a sous le nom de l’être. parce que c’est en réalité un calcul d’une ontologie préformée déjà décidée au niveau des noms primordiaux que sont l’être et l’étant. 2 remarques : . ie le il y a est hors d’état de s’y présenter. ie à la possibilité de l’homme comme formation de souveraineté non étatique.1ère remarque : la logique est dépendante du schème de l’être. ici. On va donc traiter la logique pour ce qu’elle est. Elle est donc disqualifiée comme recours pour l’acte anti-philosophie nietzschéen. ou même qu’elle n’est pas utile. on ne peut pas. Et : « une théorie des signes comme la logique et cette logique appliquée que sont les mathématiques… » marque une nuance entre les 2. le faire dans l’élément de la logique. Une csq qu’on peut tirer de ce point. mais qui est lié à la condition de possibilité de la logique. la position de Nietzsche ne se situe pas entre raison et irrationalisme. Il y a aussi des textes qui exaltent. c’est directement la mathématique : géométrie et arithmétique. voire essentielle. c’est que Nietzsche identifie constamment logique et mathématique. La question centrale est : la logique telle que nous en héritons dans son dispositif historial est-elle appropriable à l’acte philosophique ou anti-philosophique. ie qu’on lui dira oui en tant qu’elle est une théorie des signes adéquates au calcul du schème de l’être. Il n’y a la logique que sous l’option onto-logique elle-même. La logique n’est jamais qu’un calcul ontologique. pour l’acte ou le geste archi-politique nietzschéen.2ème remarque : la 2ème remarque que je voulais faire. et que. mais à mon avis très importante. On lui dira ce oui qu’elle n’autorise pas. ce qu’elle ne saurait être. c’est qu’il y a une inappropriation essentielle. c’est que la logique a sa raison d’être en tant que théorie des signes adéquate à la théorie fictive de l’étant. Finalement. Ce texte est assez explicite. Je dis cela. par exemple. à savoir la théorie des signes sous prescription du choix ontologique originaire en faveur de l’être. La logique cherche simplement à approprier au monde réel ce schème de l’être que nous avons posé dans un geste essentiellement réactif. . parce que le thème récurrent de l’irrationalisme nietzschéen est une question très complexe. apparemment plus technique. la logique peut être tout sauf un moyen adéquat de l’acte archi-politique. adéquate à la thèse fictive de l’étant ou de l’être. qui n’a rien à voir avec le débat sur rationalité ou non rationalité. si on vise à la réappropriation affirmative. c’est cela la logique : ce qui fait que la réalité. car on lui dira oui d’un autre point qu’elle-même. Dans le Crépuscule des Idoles. Les textes cités le disent : « la logique (telle la géométrie et l’arithmétique) » ie que l’exemple de ce qui est.comprendre le monde réel selon un schème de l’être posé par nous-mêmes ». Donc irrationalisme ne doit pas être pris au sens d’un nom qualifiant la logique à proprement parler. et ce n’est même pas une question d’évaluation. tout cela est dans . ceci est dit très clairement : « une théorie des signes comme la logique et cette logique appliquée que sont les mathématiques : en elles la réalité n’est jamais présente. dans le champ ou dans le domaine qui est le sien propre. c’est qu’évidemment il n’est pas possible de se servir de la logique. ie à sa généalogie : ce qui est en jeu. on dit oui à tout ce qu’il y a. En réalité. ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est rien. y compris même comme problème. on pourrait dire que toute logique est parménidienne. c’est l’option ontologique sous jacente à toute logique. pas même en tant que problème ». mais de nécessité. la froideur rationaliste classique chez Nietzsche La question n’est pas là. à l’acte nietzschéen ? ce que Nietzsche va dire. Option ontologique qui se laisse résumer sous les espèces de la nomination du il y a dans la figure de l’être. mais en fin de compte. appelé logique. la circonscrire et en montrer la raison d’être.

si on les dépliait. Cette dépréciation vise ceci : que la logique est inappropriée à l’acte. en ce sens qu’il ne reconnaît pas de discontinuité véritable. la mathématique elle-même est en réalité un calcul ontologique. 2° la position anti-philosophique identifie logique et mathématique Ce 2ème point s’enchaîne au 1er de l’intérieur de cette dépréciation 1ère et selon des raisons qui. Or. une . quasiment factuellement. je dirais qu’il y a une complicité organique entre l’anti-philosophie et la thèse couramment connue sous le nom de logicisme. Donc que la mathématique est réductible à la figure logique ou que la mathématique est une logique. C’est une question dont il se trouve. Ce point transite par une conception logiciste de la mathématique. on trouve l’englobement d’une thèse ou d’une complicité d’une thèse logiciste. Je soutiendrais que nous saisissons ici – ce qui va devenir une question cruciale dans cette investigation – un point de complicité ou d’homogénéité indirecte entre anti-philosophie et sophistique. disons. de la logique et de la mathématique. C’est cela le logicisme. et en même temps. Ceci est énoncé explicitement par Nietzsche : « … en elles [la logique et les mathématiques] la réalité n’est jamais présente. qu’elle est paradigmatique en dernier ressort de la question de savoir s’il y a de la pensée ou pas. très frappante chez Nietzsche. 4° il y a donc une complicité du logicisme (ie de la thèse : les mathématiques ne pensent rien) avec la sophistique (ie la thèse selon laquelle le langage. Ce qui veut dire que la subjectivité anti-philosophique aura tendance à traiter la mathématique elle-même comme une pure théorie des signes. au-delà donc de Nietzsche. La question de savoir si la mathématique pense ou si elle n’est qu’une grammaire. Je la déplierai ainsi : 1° la subjectivité anti-philosophique enveloppe toujours une dépréciation de la logique j’insiste sur le point que cette dépréciation reste relative. Je rappelle qu’il y a dans l’anti-philosophie ou dans l’archi-politique centration sur l’acte. ou une rhétorique des signes formels. Et vous voyez que ceci passe par l’identification logiciste entre la logique elle-même considérée comme sous-option ontologique et la mathématique. une complicité du logicisme avec la sophistique. Pourquoi ce point de complicité indirecte entre anti-philosophie et sophistique occupe-t-il une position stratégique ? Réponse : parce que la question de savoir si la mathématique est ou non une pensée est originairement une question fondamentale débattue entre la philosophie et la sophistique. nous mèneraient très loin. pas même à titre de pb ». si je puis dire. Le logicisme soutient qu’il y a continuité et possibilité fondationnelle. mais aussi originellement. Tout ceci conduisant à la thèse selon laquelle la mathématique ne doit pas être considérée comme une pensée. ie ce qui a été entendu dans les débats du tournant du siècle. ie d’une oblitération du il y a sous le nom de l’être. transitive. Toute anti-philosophie enveloppe un logicisme. au moins. cette question est depuis l’origine une question qui trace une ligne de front. mais comme une grammaire formelle. en aucun point. entre la logique et la mathématique. ie qu’elle n’est pas une pensée. naturellement. à mon avis de façon récurrente. De ce point de vue. à savoir une thèse qui consiste à soutenir que l’essence de la mathématique est la logique. mais a une théorie des signes justement. Entendons par là un calcul de l’option ontologique de type parménidien. au nom de l’acte. il y a. le formalisme logique. n’est pas prescriptif de vérités). pour Nietzsche. allant à identifier la mathématique et la logique. depuis. 3° l’objectif ultime de la position anti-philosophique c’est d’énoncer que la mathématique ne pense rien. ce qui signifie que nous n’avons pas affaire à un dispositif de pensée. et c’est le 4ème chaînon de cette inférence. mais des signes quand même. Ce n’est pas le débat rationalisme / irrationalisme. toute une chaîne d’inférences qui caractérise la subjectivité antiphilosophique en général. Par csqt. La dépréciation prendra volontiers l’allure de la thèse selon laquelle la logique n’est justement qu’une théorie des signes sans option ontologique primordiale.le même sac : il y a une identification essentielle de la logique et de la mathématique. et elle l’est. De l’intérieur de la dépréciation de la logique. et non pas seulement. entre ce dont il est question dans une grammaire logique et ce dont il est question en mathématique. ie une conception selon laquelle la mathématique n’est pas une pensée. la controverse entre Platon et les sophistes. de la vérité ou pas. qu’il y a dans toute anti-philosophie. dans son genre. Je pense qu’il y a là dans cette identification contrainte.

ie sur la question de savoir si la mathématique pense ou ne pense pas. et sa relégation grammairienne. et cependant. d) la 4ème proposition : il n’y a que des relations La 4ème proposition concernant l’ontologie nietzschéenne est un certain sens une csq des 2 premières stt. Or. qui pour de toutes autres raisons. où le débat est entièrement reconstitué de façon tout à fait active. mais au sens de la soustraction du il y a à la désignation par l’être. Il faut tenir fidèlement. Le il y a n’est qu’il n’y a que des rapports sans entité rapportée. et la contestation sophistique. Voilà qui clôt la 3ème proposition sur le rapport de « l’ontologie » nietzschéenne et la logique. prend sur cette question le parti sophistique. Mais il faut le prendre au sens strict : il n’y a que des rapports veut dire : il n’y a pas d’entité engagée dans ces rapports. qui va régler le rapport extraordinairement complexe de l’anti-philosophie à la philosophie audelà du fait que. averti. sont de pures fictions. en plus cette question est très bien investie par Deleuze. Puisqu’il n’y a pas d’être. tout au long de l’histoire des options philosophiques successives. de l’avènement d’un oui dionysiaque. voilà il y a la relégation grammairienne de la mathématique considérée comme de la non pensée. Cela est un point qu’il faut absolument remarquer. Elle est même. et l’investigation du il y a ne peut se faire que comme investigation des types de rapports. va-t-elle résister à la pression originelle exercée par l’option ontologique ? Appelons option ontologique la nomination du il y a sous le nom de l’être. qui pose que le nom du il y a est vie et devenir. Ceci. l’anti-philosophe qu’est Nietzsche déclare que le philosophe c’est le plus grand des criminels. qu’il y a dans la subjectivité anti-philosophique – que nous allons petit à petit nommer. la clé reste la question de l’acte. Et cette affaire transite jusqu’à aujourd’hui. mais il faut lui donner son autonomie – je l’introduirai de la façon suivante avant de l’énoncer : comment éviter de retomber dans la nomination ontologique ? C’est le grand péril. Je dirais simplement ceci. il n’y a que des rapports de rapports. Le point est de savoir comment l’anti-philosophie. Il y a là dessus de très nombreux textes. être. non pas au sens du nihilisme. que étant. il y a ce point de complicité récurrent d’une dépréciation inéluctable de la mathématique comme pensée. il n’y a que des rapports de puissances. à l’extrême opposé de tout ce que la sophistique envisage. La 4ème proposition va se dire ainsi : il n’y a que des rapports de puissances. en un certain sens. encore une fois. audelà de cet avertissement. tout cela s’additionnant ne concorde absolument pas. dans cette disjonction essentielle. ne transforme pas la position anti-philosophique en sophistique. sinon il faudrait introduire une atomistique de base entre quoi il y aurait des rapports. il peut avoir à l’occasion vu de chaque point un aspect différent. sous le nom générique de vie ou de devenir. pas du tout. Alors comment tenir que rien n’est. il n’y a que des relations. édifier (c’est le but de cette enquête sur Nietzsche. des relations ou des rapports de puissances. Et trouver une bonne question. mais je vous cite un fragment de 1888 : « le monde est essentiellement un monde de relations. et en tout cas. pourquoi ? parce que dans la position anti-philosophique. sur le même point. Ce sera aussi une tâche que de comprendre ce point : les mathématiques sont-elles ou ne sont-elles pas une pensée ? Je crois que c’est une bonne question à se poser. et c’est très difficile. puis Wittgenstein) – il y a dans cette subjectivité anti-philosophique un élément.ligne de rapport en miroir entre la disposition philosophique instituée par le platonisme et la résistance sophistique. Mais de cela on est. autrement dit il n’y a que des rapports de rapports. non. comme vous le savez. ce n’est déjà pas mal. n’a rien à voir avec la sophistique. il pèse sur chaque point. La quantité de puissance détermine quel être a . construire. Et cependant. si je puis dire. puisque nous allons retrouver ce pb. car la thèse nietzschéenne d’une rupture radicale dans l’ordre de la pensée. La seule ligne de tenace résistance à l’option ontologique est de tenir absolument que le il y a est sans être. la régulation du rapport est complexe tant que Nietzsche n’a pas les moyens de faire fusiller tous les philosophes. Il n’y a strictement que des rapports. Ou encore que rien n’est. que l’étant pas dans la figure de la présentation ? Eh bien il va falloir s’engager dans l’idée qu’il n’y a que des relations. et la thèse qu’il puisse y avoir un acte radical est absolument non sophistique par elle-même. étant entendu qu’un rapport est toujours un rapport de rapports. Mais. « son être » est essentiellement différent en chaque point. chaque point lui résiste.

il n’y a pas d’être du monde : il n’y en a que des aspects. donc nous voyons de l’être partout. Et. Les formules qui suivent sont très intriquées. tenir cet énoncé. ceci n’est pas une impuissance : il n’y a pas impuissance à saisir la figure en totalité du il y a. Ou encore : il n’y a de totalités données que dans l’instance de la détotalisation. appeler rapports ce qui a été appelé entité. ie que rien ne se présente en figure de tout. Non. . ou de la réalité humaine. Les 2 grandes maximes sont : . par ailleurs. ou un destin historial du sujet. qui est aussi un acte de résistance de pensée à l’option ontologique. mais de l’être pas pris au sens de l’option ontologique. conflictuelle etc… « le monde est essentiellement un monde de relations ». mais c’est le point le plus difficile à percevoir. se dérobe à nous. Le seul être qui est attestée c’est celui que le rapport détermine comme son rapport ou comme ce qu’il rapporte. encore une fois. cette pensée a 2 caractéristiques essentielles : la pensée du il y a chez Nietzsche ne donne aucun tout. Et. et puis déterminer le même et l’autre du point des rapports de puissances – il faut vous engager dans une résistance de pensée extraordinairement difficile. Vous n’échapperez à l’option ontologique que si vous posez que le caractère détotalisé de la présentation est organique à la présentation elle-même. un oubli du sujet. mais aspects doit être pris dans un sens plus « ontologique » que phénoménal. parce qu’en fait on pourrait dire que. donc qu’il n’y a pas d’être du monde. qu’elle nous est occultée – vous êtes en réalité dans l’option ontologique. La 1ère phrase donne la formule majeure. Nietzsche va étaler cela en 2 points principaux : . Ou encore. car en conformité avec son analyse. ou de la pensée. nous y avons été dressé. Changer les noms est une opération. du Dasein. Vous ne saisissez pas une entité engagée dans le rapport. pour Nietzsche. et n’a rien à voir avec une impuissance du sujet. Cette résistance est toujours difficultueuse. disons pour autant qu’il y a une pensée du il y a. Si on prend au sérieux le fait que « le monde est essentiellement un monde de relations ». L’absolu. Si vous pensez que l’être ne se donne pas en totalité en tant que vous pensez que nous n’avons pas accès à la totalité – qu’elle se refuse. il faut en conclure qu’il n’y a pas d’être du monde. avec quelle violence et nécessité il agit ou résiste ». Cela rappellera certainement quelque chose à ceux qui suivent. c’est le il y a lui-même qui a pour être de ne jamais se donner autrement que de façon détotalisée. Elle est originairement détotalisée. Chez Nietzsche.le rapport est rapport de rapports dans la figure de pesées de puissances qui sont toujours localisées. de proche en proche. il y a eu une longue hégémonie de l’option ontologique. nous avons affaire à une détotalisation qui se donne du côté de la donation. . ie il n’y a que des pesées (image préférable à celle de l’aspect) différentes et stt il n’y a pas de raccordement. Mais si l’énoncer abstraitement est une chose. ie que « tout cela ne concorde absolument pas » parce qu’il n’y a pas de présentation en être du monde. et bien évidemment. et cela de manière nécessaire. Cela se spécifie dans un rapport qui ne se laisse mesurer que comme rapport de rapports. ce n’est pas une limite. Nietzsche ne dissimule pas l’extrême difficulté de ce point. ce que je fais à mon séminaire du samedi. On peut le dire autrement : si vous voulez changer les noms – appeler vie ce qui était appelé être. pour autant qu’il y ait une pensée de l’être. menacée. sous quelle forme. en est une autre très difficile. donc il n’y a pas d’être présenté du monde. que le monde est sa présentation. Ce n’est que nous n’avons pas accès ou que la constitution de notre raison nous en rendrait incapable. mais n’est pas présenté. tenir cette déclaration. de la pensée. voilà ce qu’il s’agit de dire. peu importe.deuxième maxime : tout rapport est rapport de rapports. Ce texte essaie de tenir le fil d’une pensée qui serait fidèle au fait que le il y a ne se nomme pas comme être. que nous ne pourrions pas trancher la question. Cela est un très bon exemple de ce qu’est une puissance d’option de pensée.premièrement. Finalement.l’autre quantité de puissance. l’autre quantité de puissance va aussi déterminer quel être a la 1ère quantité de puissance. Donc 1er axiome : il n’y a pas d’être du monde. alors même que justement le il y a n’est pas apte à recevoir ce nom. au sens critique. et puis. c’est . cet énoncé interdit de déterminer une totalité. ce qui se dit : « la quantité de puissance détermine quel être a l’autre quantité de puissance ». car ce texte central est compliqué comme tous les textes nodaux de Nietzsche. Il est de l’essence du il y a de ne pas concorder : « tout cela s’additionnant ne concorde absolument pas ».

Vous voyez bien que pour une part c’est la polémique contre la transcendance. e) 5ème proposition : pas de langage adéquat Je l’énonce : les moyens de la pensée ne peuvent donc être recherchés du côté d’un langage adéquat. ie soumis à l’idée que le nom du il y a c’est l’être. la remarque que je vais faire va être ésotérique pour la plupart d’entre vous. les arrières-mondes. mais qui ont en réalité un fil conducteur. Elle sera donc toujours généalogique et historialisée. l’élémentaire. la religion etc… n’est qu’une des figures possibles. Par contre. Il est inhérent à la nature d’une langue. même quand elle se présente comme vérité particulière ou fragmentaire. Fragment de 1888 : « demander un mode d’expression adéquat est absurde. Si le nom du il y a c’est l’être. Cela est évidemment une généralisation de l’énoncé 3 qui disait : la logique est sous option ontologique. On y retrouve les 2 idées qu’il y a des univers non concordants d’un côté. si on est sous la prescription ontologique. mais le point décisif c’est : a-t-on ou n’a-t-on pas une topologie qui filtre et situe la question des vérités ? Et. qui est celui de la théorie des ensembles. mais une quantité de puissance c’est. et ne peut pas. parce qu’elle est appariée nécessairement à l’idée d’une donation totale ou en totalité. Plus généralement. ou topologique (c’est le problème de son lieu). contradictoires qui donnent de prime abord l’impression que tout est dit et le contraire. Il s’ensuit que toute évaluation de rapports est locale. Mais si on regarde ses textes sur la question. Nous reviendrons sur cette question axiale de la vérité pour Nietzsche. en réalité on a une conception hors lieu de la vérité. chez Nietzsche. bien que ce ne soit pas du tout les mots de Nietzsche. dans sa forme simple : il n’y a que des rapports. cette topologie est aussi une typologie. Ce qui se dira aussi : il n’y a de vérité que locale. ie que tout lieu est aussi un type. Nietzsche soutiendra l’idée qu’il y a un protocole local possible de quelque chose qu’il appellera aussi vérité. En profondeur. Toute vérité sera située dans une typologie. et elle concernera des types. y compris au sens de la définition aristotélicienne de la vérité.justement la non concordance. Il n’y a pas de vérité hors lieu. hors lieu dont la transcendance. C’est aussi la critique de toute théorie de l’adéquation. autrement dit une vérité qui admet que ça ne concorde absolument pas. . servir à l’acte. nous dirons : à l’acte et à la pensée ne peut pas servir l’idéal d’un langage adéquat. il est de l’essence de la vérité d’être localisable. peut-être la figure dominante. qu’elle ne l’est sous la registration du dispositif avec lequel vous êtes plus familiers. sans pourtant soutenir qu’il n’y a pas de vérité du tout. ça désigne ce point que même quand on prétend énoncé une vérité localisée. en particulier ça ne peut pas être la tentative de détermination d’un langage adéquat. alors s’ensuit une catégorie de vérité contre laquelle Nietzsche polémiquera sans relâche. sous l’autre option ontologique. mais peu importe ceci signifie que le dispositif nietzschéen sur la question de la vérité est plus catégoriel qu’ensembliste. d’un mode d’expression. Le propos de la pensée ne peut être l’adéquation. puisqu’il est de l’essence du il y a de se donner sans concordance. textes extraordinairement broussailleux. à savoir que ce contre quoi Nietzsche polémique. ici. par csqt. qu’on a affaire à une conception typologique de la vérité : le point est d’en trouver le lieu. qui nomme le il y a vie. c’est contre un concept de la vérité subordonné à l’option ontologique primordiale. Simplement. La prescription d’univers est plus sous le signe d’une doctrine particulière qui s’appelle la théorie des catégories. Je reviens sur ce que je disais au début – à part les fidèles de mes séminaires du samedi. Voilà sur la 4ème proposition. On peut donc dire. Le texte le dit ainsi : « la quantité de puissance détermine quel être a l’autre quantité de puissance ». justement. toujours une quantité de puissance particulière. devenir. ie que nous avons une topologie localisante de la vérité. ie une vérité soustraite à la prescription de l’être. de n’exprimer qu’une simple relation [Et Nietzsche enchaîne avec cette espèce de bondissement de pensée auquel nous commençons à être rompu]. Dieu etc… mais cela c’est la machine à vapeur nietzschéenne. Il n’y aura de vérités qu’en regard de ces lieux et de ces types. ie l’idée qu’il y aurait un langage adéquat à l’acte. et de l’autre la vraie question de la vérité est toujours locale. La notion de « vérité » est dénuée de tout sens ». Donc toute évaluation est locale.

mettons. « demander un mode d’expression adéquat est absurde ». c’est aussi délocalisé. et elle n’est nullement en surplomb unificateur de ce qui se donne de non concordant ou de non rapporté. c’est le langage. Comprenons aussi que nous ne pouvons pas espérer que la langue fasse concorder ce qui ne concorde pas. nous nous poserons la question de savoir. On peut soutenir que le caractère central de la question du langage dans la philosophie contemporaine depuis le début du siècle serait nietzschéennement interprétée comme un ultime sursaut de l’option ontologique. les moyens de la pensée vont être ceux de la fiction intense. convergents vers la question des moyens. « Vérité » entre guillemets désigne toujours la vérité sous prescription globale d’une hypothèse tenable de la totalité.deuxièmement : parce qu’une langue. n’est-ce pas ? Toute anti-philosophie détermine le thème du langage adéquat comme pris sous option ontologique. de l’acte anti-philosophique. Il faut l’entendre en 2 sens : . dans sa forme concordataire ou virtuelle. le langage concorde avec la chose. Si vous voulez. qui est. où sont-ils ? Eh bien. l’abri dernier de l’option ontologique. f) 6ème proposition : la fiction intense comme ressource de la pensée Si les moyens de la pensée ne sont pas du côté d’un langage adéquat. elle fait rapport d’un rapport en prenant là rapport dans son équivoque : elle rapporte un rapport. Ils vont se présenter comme des intensifications fictionnelles elles-mêmes typées. Pourquoi ? parce qu’il est « inhérent à la nature d’une langue […] de n’exprimer qu’une simple relation ». L’ultime recours de la nomination du il y a comme être. Et c’est dénué de tout sens parce que. . c’est l’idée d’un pacte langagier concernant la thématique de la vérité. tenue dans les localisations de rapport de rapports qui la tissent. donc elle-même un rapport de rapports pris dans les déterminations de puissance. « La notion de « vérité » est dénuée de tout sens ». donc cela va exprimer une relation singulière. oui. le langage lui-même ne concorde pas. il n’y a pas de mode d’expression adéquat. comme nous le faisions tout à l’heure à propos de cette histoire de mathématique / logique. Voilà pourquoi il faut entendre qu’il est inhérent à la nature d’une langue […] de n’exprimer qu’une simple relation ». la langue. et la demande même d’une adéquation à l’acte dans le langage n’a pas de sens. parce qu’il n’y a que des relations. cela va être pris dans une relation spécifique. donc une langue est elle-même toujours un rapport de rapports. Voilà pourquoi « demander un mode d’expression adéquat est absurde » et donc l’acte philosophique ne sera pas sous la règle de l’adéquation ou sous la règle du mode d’expression concordataire ou contractuel. qui nous conduisait finalement à la complicité de l’anti-philosophie et de la sophistique – nous nous poserons la question suivante : est-ce que cette thèse est anti-philosophique au sens large. En tout cas. c’est qu’elle est tout aussi non concordante ou inadéquate que le reste. précisément. Il va y avoir des langages non concordants ou des modes d’expression hétérogènes pris dans des rapports de rapports. La langue est elle-même prise. Il n’y a pas de pacte langagier possible : la langue n’est pas autorisée à régler un consensus. Le langage n’est pas un tel lieu. ie c’est aussi sous une prescription topologique et typologique. Rien n’est adéquat à l’acte. Ce qui est ici éliminé. La langue elle-même ne concorde pas. Ce qui nous amène à la 6ème proposition. Là aussi. L’opération langagière est elle-même une opération de puissance. Nous ne pouvons espérer unifier dans un concordat langagier ce qui ne concorde pas : il n’y a pas de concordat langagier. y compris langagiers. plus tard. Le langage. On dit : il y a vérité si. ou avec le rapport. Donc il n’y a même pas de lieu possible pour vérité en ce sens là.premièrement. La vision nietzschéenne de la langue. ie est-ce que toute anti-philosophie s’oppose à la doctrine d’un langage adéquat et entre dans la logique du moyen de la pensée comme toujours de l’ordre de la fiction intense ? Je serais tenté de répondre que oui. ie prises dans le réseau non concordant des sites ou des types. elle n’est pas ce qui est en face de l’hétérogénéité de l’expérience comme un horizon consensuel possible. ne surplombent pas le réseau des rapports. Elle n’est pas un recours consensuel possible. ie comme la . mais le problème c’est qu’il n’y a pas le langage. Telle est bien déjà la construction nietzschéenne.Ceci commence à faire nœud d’un peu tous les énoncés précédents. de l’intensification fictionnelle. lorsque cette nomination a été mal secouée ou chavirée par l’histoire. ils ne seront pas de l’ordre de l’adéquation.

jusqu’à la cryptopoétique heideggerienne. Il y a un anti-pacifisme langagier dans l’option nietzschéenne. lui. Ce serait sans doute ce que je proposerais comme interprétation nietzschéenne de Heidegger. met en un certain sens Parménide et Héraclite dans le même sac. mais c’est toujours. Et l’idée profonde que j’illustre de cette fable. A mon avis. il y a un point. dont on pourrait montrer que c’est déjà la thématique. Heidegger n’a pas vu qu’en réalité. du concordat langagier. Et il dirait que ce n’est pas un hasard si. Il peut y avoir une bascule. dont elle assumer qu’elle soit particulière. en effet. Les pb. de ce point de vue. originellement. c’est l’option ontologique adverse. qui oscillerait entre les subtilités sur le caractère sournoisement concordataire de la vision heideggerienne du langage sous la norme du poème. ce qui est une erreur originelle. jusqu’aux insultes inéluctables du type : « j’ai fait fusiller Heidegger hier » ! Ça se déploierait dans cet écart là. ne fait pas régner la paix. sinon on retomberait dans l’option ontologique. Or. C’est ce que Nietzsche dira souvent dans les métaphores de la guerre. on va être nécessairement au régime de la fiction intense localisée. l’option anti-philosophique ne peut pas entrer. il y a une chose certaines. au moins pour des raisons négatives. ou un abri en promesse dans la ressource de la langue prise elle-même en équivoque avec le poème. et que Nietzsche dirait nihiliste. On peut imaginer ou rêver à ce que serait l’interprétation nietzschéenne de Heidegger. d’un Pascal : le rapport de Pascal à la question du rapport du langage. allant depuis les longues chaînes de raisons cartésiennes. Et voilà pourquoi le langage serait le transcendantal de notre époque. un langage qui serait celui de l’aletheia. en quelque sorte qu’on prenne langage adéquat. décisions opposées à celles de Heidegger. sortir « sa grosse artillerie ». des moyens de la pensée. qui donne et propose d’autres noms. ie dans l’option de l’être et l’imitation de l’être. Je pense que Nietzsche dirait : Heidegger est celui qui a bien vu que cette nomination originelle du il y a sous la forme de l’être était malade depuis longtemps – depuis toujours. il y a chez Nietzsche une promotion de la figure de l’art en tant que l’art est indiscernable du régime de fiction intense auquel est nécessairement conduit quiconque refuse pour l’acte philosophique un langage adéquat. il faut qu’ils aient leur revanche ! Nietzsche a été interprété par Heidegger. ie du langage qui serait supposé être adéquat à la désoccultation. En revanche. que cet art. au non rapport rapport qu’il s’agit de rapporter Mais si les moyens de la pensée sont ceux de la fiction intense. ou l’art se présente comme la monstration interne à la langue de la puissance de la langue. l’option ontologique parménidienne primordiale. on tomberait inévitablement dans la figure ontologique. Mais je pense que ce serait de cet ordre. ce que propose l’anti-philosophie. Donc si on rompt avec le concordat langagier. Ce serait l’ultime refuge du langage adéquat que Nietzsche débusquerait comme tenant encore l’option ontologique première et la mettant à l’abri de cette proposition langagière. c’est que. l’hypothèse sournoise du langage adéquat. un langage qui se tiendrait dans l’ouvert du poème impossible. c’est vrai. Après la destitution des figures de la transcendance divine. précisément parce que l’art se présente aussi comme la discipline de la puissance de la langue. c’est une thèse localisée de la fiction intense. ie que le langage n’est jamais que lui-même rapport de rapports. où ils vont à leur tour devenir indiscernables de ceux de l’art.détermination du lieu où peut-être l’être trouve son abri. toute antiphilosophie récuse l’hypothèse du langage adéquat sous quelque forme qu’elle se donne. S’il prétendait être celui d’une représentation. aux yeux d’un nietzschéen. analogiquement. mais la guerre. comme les morts sont livrés aux vivants. là. qui. Evidemment. mais ça c’est la métaphore du caractère non concordant du langage lui-même. fût-ce sous une forme extraordinairement sophistiquée. quand il dit. qu’on convoque. du sujet constituant etc… le langage serait le point où trouve abri dans sa forme dernière. Je pense donc que c’est une thèse de l’anti-philosophie. Il y aurait donc un diagnostic nietzschéen chez Heidegger. par exemple. par exemple. c’est qu’il est nécessaire. dans aucune hypothèse du langage adéquat. Héraclite. ie le lieu où le nom de l’être en tant que nom fictif du il y a trouve ultimement son abri : ce serait le langage. par csqt. On va avoir une équivoque extrême avec ce que je viens de dire concernant Heidegger. vont être les moyens d’une . ne soit pas celui d’une représentation. Heidegger. et qu’il ne donne abri à aucune adéquation première – il est l’aggravation du non concordant. peut-être – et il lui donne un abri virtuel. Après tout.

cette question de Wagner circule comme une véritable obsession.fiction intense pourvu qu’elle ne soit en aucun sens théâtrale. et l’importance apparemment exorbitante de Wagner. c’est vraiment formidable – « c’est une ascèse »… On reprendra la prochaine fois au point de cette question de la manière suivante : nous reviendrons un tout petit peu sur : que faut-il entendre par fiction intense ? On le spécifiera à travers le style de Zarathoustra. Je ne suis pas sûr d’être venu à bout de résoudre le problème : de quoi Wagner est-il le nom. Que nomme Wagner ? De quoi Wagner est-il le nom pour Nietzsche ? A soi seule. S’il n’y a que Wagner. Et. c’est la question des noms. et le nom de sa corruption. ou est-ce qu’il y a autre chose. C’est là que se situe la question du débat avec Wagner. obsession emphatique et admirative au début. et aussi la possibilité. Evidemment. en même temps qu’il a été le nom de la corruption théâtrale de cette possibilité. alors là on est accablé ! Parce que. car c’est pour cela que ce n’est pas une question de paranoïaque à la manière d’un Schreber qui a trouvé son Flechsig. c’est une question d’une complication philosophique. de l’histrionisme. parce que la question : y a-t-il autre chose que Wagner. cela indique qu’en vérité. quand il nous dit : il y a Bizet. alors la question des moyens de la pensée est en jeu. la fiction intense ne se libère pas de la théâtralité. c’est la question : quel est le type de l’artiste ? Qu’est-ce que c’est que l’artiste. donc encore à l’époque parménidienne. le nom Wagner ? Comme toujours. Wagner a été le nom d’une fiction intense non théâtrale au sens que nous reprendrons de théâtre comme essence de la représentation. Wagner a été le nom de la possibilité – contemporaine pour Nietzsche – d’une fiction intense non théâtrale. à savoir la revanche de la représentation – le théâtral dans l’art. donc vont être les moyens d’un art non compromis avec la représentation. obsession destructrice et haineuse à la fin. la vraie question chez Nietzsche. C’est une question d’un tout autre ordre. ou anti-philosophique. ie d’un art radicalement non théâtral. Wagner. mais comme un élément central. c’est véritablement un nom propre essentiel du dispositif nietzschéen. qu’est-ce que l’artiste comme type ? Nous traiterons avec les moyens du bord de la véritable histoire du contentieux avec Wagner : Nietzsche et Wagner. Je dis exorbitante parce que d’un bout à l’autre de l’œuvre nietzschéenne. Mais c’est terrible ! C’est terrible ! Si le paradigme inaugural de la possibilité d’une fiction intense non théâtrale s’avère lui-même être en dernier ressort ce qu’il y a de plus théâtralement corrompu. et donc on est encore dans la revanche de la représentation. Mais qu’est-ce que Wagner. puisque Wagner s’est trouvé être à la fois le nom de la possibilité d’une fiction intense non théâtrale. Voilà ! . Et donc il a été le nom de la revanche de la représentation. Voilà pourquoi Nietzsche se débat avec la question : est-ce qu’il n’y a que Wagner. en prenant théâtre comme le paradigme de l’intensification représentative. Il faut bien le comprendre. parce que la revanche de la représentation. non pas comme un élément accessoire ou second. extraordinaire. En réalité. Qu’est-ce que Nietzsche tente dans le Zarathoustra du point de la langue ? Ce qui nous conduira à la question du type de l’artiste. sont en jeu la possibilité des moyens de la pensée : peut-il exister une fiction intense absolument non théâtrale ? Tel est le problème. à travers cette question. voire la nécessité. puisqu’il s’avère qu’il peut être à la fois la possibilité de la fiction intense non théâtrale. si finalement le prix à payer pour qu’il y ait des moyens de la pensée c’est de trouver qu’Offenbach. Ainsi va se disposer la polémique nietzschéenne contre le théâtre. parce qu’il est le nom équivoque de la possibilité d’une fiction intense non théâtrale. en même temps qu’il est le nom de la corruption de cette possibilité. dans cette affaire. c’est l’option ontologique elle-même. on se sent précaire ! Et quand il nous dit : il y a aussi Offenbach.

on sait que pour Pascal.5ème énoncé : les moyens de la pensée anti-philosophique ne peuvent être sous l’idéal normatif du langage adéquat. impose originellement un sens d’être. Et que pour Kierkegaard. ou de tout dispositif qui inscrit dans la philosophie cette figure singulière que nous choisirons de nommer anti-philosophie. On notera que l’anti-philosophie est d’abord et avant tout une anti-ontologie. Il n’y a que des rapports de puissances. C’est cela qui. retournement ou transvaluation de toutes les valeurs. par csqt. on peut aussi bien dire que le pur il y a est chaos. et.1er énoncé : le nom du il y a est vie.6ème énoncé : les moyens de la pensée anti-philosophique sont ceux de la fiction intense : ce sont donc les moyens de l’art pour autant que l’art soit délivré de la représentation. au stade où nous en sommes. Pour donner 2 autres exemples. c’est qu’aux yeux de Nietzsche. cerné par le dispositif discursif. nous intéresse dans cette enquête. et sous juridiction de l’acte. tous dépendant de cette conviction primordiale qu’au cœur des choses. ou sous la volonté de puissance du théâtre. quelle qu’elle soit. puisque le sens et / ou le non sens surgit à partir des évaluations de l’inévaluable vie. qui sont aussi des propositions sur « l’être » : . . en dernier ressort. . en réalité. . ie au chaos.6EME COURS Reprenons précisément ce que nous pourrions appeler les 6 énoncés primordiaux de l’antiphilosophie nietzschéenne. autre figure exemplaire de l’anti-philosophie. présent à l’esprit. c’est si ces énoncés de l’anti-philosophie nietzschéenne sont des énoncés de toute anti-philosophie. Je signale cette csq bien connue. et donc l’évaluation du sens renvoie à de l’inévaluable. l’acte a pour désignation soit dans son geste même de casser en 2 l’histoire du monde. . sans qu’il y ait un fond déterminé ou des entités spécifiables engagées dans ces rapports. ne découvre que des rapports de puissances. ie une césure irréductible au dispositif discursif. . Tout est rapport de puissance. l’art le plus délivré de la représentation est la musique. Ou encore : l’option ontologique. ce nom est inévaluable.3ème énoncé : la logique est identique à la mathématique et les 2 subsumés dans cette identité ne sont qu’une csq langagière de l’option ontologique. à interroger. Je fais une parenthèse : probablement cette conviction qu’au cœur du dispositif de la pensée il y a un geste ou un acte radicalement irréductible ou hétéronome au dispositif discursif s’avère une caractérisation de tout dispositif anti-philosophique. qui est un anti-philosophe exemplaire. ou que l’art ne soit pas sous le théâtre comme volonté de puissance. avant de les rappeler – je ne ferai que les citer – il est clair que ce que nous cherchons. soit dans sa nomination plus retenue transmutation. Voilà le corps organique de l’anti-philosophie nietzschéenne. ou ce qui se nomme « ou bien… ou bien ».2nd énoncé : nommer être ou étant le il y a est une nomination réactive. l’art qui supporte ou endure la volonté de puissance du théâtre. ie le choix de nommer être le il y a. on peut dire que l’acte a pour nom l’alternative. il y a l’acte. une pensée. cet acte a pour nom le pari encadré. la question absolument centrale de Wagner. qui oblitère le oui au il y a. sur ce point continuant à être fidèle disciple de Schopenhauer. mais qui lui demeure absolument hétérogène.4ème énoncé : puisque le il y a est sans être. Enfin. rappel : les 6 propositions ontologiques anti-philosophiques de Nietzsche Je récapitule ces 6 énoncés de l’anti-philosophie nietzschéenne. Les 6 énoncés de l’anti-philosophie nietzschéenne doivent toujours être entendues avec. nous l’avons vu. le fait qu’ils se regroupent autour de cette sorte de puit central qu’est l’acte comme tel. récuse le chaos. ici. Pour Nietzsche. . évidemment. par csqt l’art soumis à la représentation est. d’où.

Le nom du il y a est multiplicité. en outre. de la multiplicité comme pli vivant sur elle-même. ce que je complèterais ainsi. Et nous conviendrons avec Nietzsche que. car le multiple pur ne préjuge ou ne présuppose aucun sens. comme la désignation la plus radicalement neutralisée au regard du champ interprétatif. pour prendre une expression lacanienne. dans sa figure parménidienne. ie si on coupe être et vérité de toute continuité avec le sens. être et vérité sont pris dans une discontinuité essentielle ou ininterprétable avec la figure du sens. Ou toute idée selon laquelle la vérité doit. par exemple. pour autant que ce multiple soit tissé du vide . Le point de création consiste à tenir ultimement que le nom du il y a est multiple tout en arraisonnant. ce qui conduit Deleuze à une doctrine du caractère vivant de la multiplicité comme telle. mais l’option herméneutique. s’il est tissé par autre chose que du vide. contraposer à ces 6 énoncés de l’anti-philosophie nietzschéenne. il y aurait sans doute 6 énoncés contraposables aux énoncés de l’anti-philosophie nietzschéenne qu’on pourrait prélever sur tout dispositif philosophique qui n’est pas dans la figure de l’anti-philosophie. c’est que tout son propos est de faire s’équivaloir ou de faire se copénétrer la nomination de l’être en multiple et la nomination de l’être sous le nom de la vie. ce que pourraient être 6 énoncés de la philosophie – par exemple de la mienne. Multiple étant pris.Je voudrais. On peut dire que les catégories conceptuelles de Deleuze – peut-être centralement le concept de pli. comme telle. et ordonnent la pensée à la considération. si je puis dire. le fourrier du sens. une des tensions de la philosophie de Deleuze. si vous me permettez – mais. Le point décisif est de savoir si cette imposition nominale investit le il y a de la présupposition d’un sens. le point de capiton au il y a comme tel est le vide. les 6 énoncés ontologiques philosophiques d’Alain Badiou . est inéluctable. ie ne neutralise pas suffisamment la nomination du il y a. en vérité. ie l’option . d’une manière ou d’une autre. Si. si l’on prend la définition que je propose toujours de la religion : on appellera religion toute présupposition d’une continuité entre la vérité et le sens. c’est que nommer le il y a vie au lieu de le nommer simplement multiplicité pure. Là aussi. c’est la calomnie contre le monde. cette nomination par la nomination nietzschéenne. la nomination du il y a sous le nom de l’être. en réalité. Ce serait la contraposition au 1er énoncé anti-philosophique. Là est l’option ontologique de Deleuze. sans doute son apport le plus dense – couvrent cet arraisonnement du multiple par la désignation nietzschéenne vitale. Ce n’est pas l’option ontologique comme telle qui est réactive. je ne fais que citer mes énoncés contraposables. Cette innocence est accomplie quand on nomme l’être multiple pur. ultimement. Et l’effectuation de la pensée du multiple pur est la mathématique elle-même comme doctrine historisée du multiple et du vide. Je dirais cela en d’autres termes en soutenant que : ce n’est pas l’option ontologique qui est réactive. avoir un sens. l’option herméneutique est liée organiquement au religieux. Parenthèse dans la parenthèse : une des difficultés de l’interprétation deleuzienne de Nietzsche et.2nd énoncé : nommer être multiple le il y a peut être innocent si on coupe cette désignation. On peut donc dire que ce n’est pas l’option ontologique qui est réactive. dans leur appariement fondamental. que le procès latent qui serait fait à la thèse nietzschéenne. mais c’est l’option herméneutique où l’imposition du nom être est. sinon l’imposition d’un sens. mon intention n’est pas de les déployer. on dira que toute la question est de savoir quelle est la corrélation latente ou explicite entre être et sens. mais créatrice en même temps. est déjà de l’ordre d’une interprétation. en quoi elle est nietzschéenne. On ne dira pas que la nomination du il y a par la figure de l’être est l’imposition inéluctable d’un sens qui dénature ou mutile la vie. et encore moins dans sa figure démocritéenne. ici. en toute situation. . C’est cela qui est religion. évidemment. Fin de cette considération. mais l’option religieuse. c’est une parenthèse subjective. Vous savez que pour Nietzsche. J’ajoute.1er énoncé : le nom du il y a est multiplicité ou multiple pur. on dira que cette nomination peut être innocente.

la probité nietzschéenne est en torsion de son propre dispositif. qui est en même temps une anticipation. en fin de compte. et qui demeure par soi-même inrapporté. ici. Admettons qu’une vérité soit ce qui fasse advenir en déchirure d’un rapport de savoir la multiplicité pure du il y a. On ordonnera la question du savoir à la fiction des rapports. car toute la question de l’acte chez Nietzsche est tout de même dans les parages d’une telle appréhension. On dira que : le rapport est toujours une fiction constitutive d’un savoir. il n’y a pas de rapport. une vérité. mais pour des raisons assez claires : c’est le point où s’avèrent en csq les effets considérablement divergents de la nomination primordiale du il y a en termes de vie ou de sa nomination primordiale neutralisée en termes de multiple pur.ontologique sous une précondition spirituelle latente ou explicite. Ceci suppose naturellement que mathématique et logique sont originairement non identifiables et pose une thèse non logiciste. qui investit de sens la désignation ontologique. . à savoir ce qui n’est qu’en déchirure ou en trouée de ce qui est rapporté ou rapportable. on soutiendra que les vérités relèvent elles-mêmes de la pure multiplicité. L’opposition va croissant : rien n’est rapporté. la doctrine nietzschéenne du sens est elle-même tenue dans la fiction des rapports de savoir. Je fais une autre parenthèse. . Si on réexamine cela du point de ce que je suis en train de dire. ie si elle se rapporte à cette catégorie comme à sa catégorie centrale. que le non rapporté du il y a institue dans l’élément de la vérité. puisque cet acte est nommé sous son nom – ce qui. de déchirure ou de trouvée dans les rapports de savoir. mais la faille ne peut être donnée sans ses bords. et donc que vérité ou bien ne veut rien dire (ce qui est tout un pan de la polémique nietzschéenne). ie une injection de sens déterminée par un rapport de puissance. Oui. autre chose qu’un rapport de puissances et fait apparaître – et c’est la tension extrême dans lequel il se trouve pour Nietzsche lui-même. mais comme nous le verrons. ou le réel est non rapporté. Mettons que cela soit ça. elle va toujours se situer dans la description du bord de trouée qu’elle va tenter de penser. Le caractère non rapporté du il y a est précisément ce qui se donne en vérité toujours dans la figure de l’échancrure. ie que l’acte est lui-même. C’est donc une contraposition explicite. On pourrait dire que pour Nietzsche. en effet. on pourrait dire cela. Sous le il y a de la mathématique. de la déchirure ou de la trouée d’un rapport de savoir. Le il y a n’est pas dans l’élément du rapport. Donnons en cette définition. en réel il n’y a pas de rapport. mais vous pouvez en avoir une image à partir de ce qui vient d’être dit. On pourrait alors soutenir que Nietzsche manque l’élément de faille. une déchirure des rapports de savoir. que d’ailleurs elle invente. Une vérité procède toujours dans un ordre génétique particulier. alors si la philosophie est pensée de la vérité. la philosophie est. il n’y a pas de rapport. . astreinte à re-tracer en elle-même la disposition logique. Ou encore : la faille. Ces csq divergentes se donnent dans le fait qu’à proprement parler.3ème énoncé : la logique est ce que la philosophie retrace en elle-même comme effet de la mathématique. ni rapportable.5ème énoncé : les moyens de la pensée philosophique vont superposer ou combiner ou articuler l’idéal du langage adéquat et celui de la fiction intense. est nommé vérité. et corrélativement. Toute vérité fait trou ou déchirure dans les rapports de savoir. c’est la trace intra-philosophique du il y a de la mathématique. Donc : elle va être toujours à la fois dans une appréhension . ou bien veut toujours dire ce qui s’institue du point du rapport de puissance. On peut même dire que l’invention de la logique. cela signifie qu’en réalité. ie sa multiplicité sans lien ou sa déliaison essentielle dans une trouée. C’est une question que je ne retraiterai pas ici. ie qu’elle est de l’ordre du savoir et non pas de l’ordre de la vérité. et elle laisse venir le non rapport primordial du il y a.4ème énoncé : puisque le il y a est multiplicité pure. il n’y a que des rapports de puissances. Elles ne sont d’aucune façon des appréhensions de rapports.

dans le dispositif nietzschéen. ie le langage qui va donner.langagière qui tient du savoir. on peut dire que l’appréhension d’un rapport de puissance requiert le langage comme puissance. dans des combinaisons. On peut même dire que le langage comme puissance est à son tour une imposition de puissance ou établit un rapport de puissance avec le rapport qu’il appréhende. qui est aussi l’idéal de la formalisation. de l’ordre du commandement. Voilà pourquoi le langage du maître. peut saisir la relation ou le rapport de puissance. cela se dira : la philosophie est sous la norme conjointe du mathème et du poème. acte et nihilisme Ce qui va maintenant faire pivoter notre investigation de Nietzsche va s’attacher au 6ème énoncé. pour part sous celle de la fiction intense. Voilà pourquoi il me semble que les moyens de la pensée philosophique vont superposer. la philosophie est toujours dans l’opération d’une fiction intense. ie le langage saisi dans sa puissance et non pas dans son adéquation. en vérité.6ème énoncé : l’élément de fiction intense dans chaque philosophie est. ie à la réquisition par l’anti-philosophie des moyens de la fiction intense. et maintes fois articulé chez Nietzsche. a) introduction Le point de départ est au fond très simple. En un certain sens. et auquel il va ordonner la concentration maximale de ses moyens ou des ressources langagières qui sont les siennes. et si l’on entend par poème le langage qui. quelle que soit. vers la question de l’art et du rapport entre art et philosophie. précisément. son architecture. par ailleurs. non pas du rapport ou du savoir mais de l’intensité non rapportée. ne renverra pas la philosophie à la subjectivité artiste ou au sujet artiste. mais le commandement doit s’attester comme puissance langagière. et vous savez parfaitement que Nietzsche en décrit un très grand nombre. ie du rapport par un certain biais : sur la face ou les bords déchiré des rapports. ou de la trouée. ie du langage qui ne fait pas advenir du rapport. et en même temps. elle va tenter de restituer la trouée comme telle. par csqt. Si on récapitule sous le nom de mathème l’idéal du langage adéquat. ou du langage sans rapport. Je rappelle que tout le pensable est de l’ordre du rapport de puissance. Ce qui. des alchimies à chaque fois singulières. Dans mon lexique. La question est de savoir quel est le rapport fondamental que Nietzsche entreprend de saisir. ie l’idéal de la transmission intégrale. ultimement il s’agit de délivrer quelque chose qui est soustrait à la fiction du rapport. ie du langage de l’acte. . ce qui se retrace dans la philosophie de sa condition artistique. Il saisit généalogiquement et typologiquement toute une série de corrélations de . Finalement. la fonction évidente du poème. intriquer. parce que cette opération ne fait que retracer de façon immanente l’inéluctable condition artistique ordonnée au traitement de la vérité comme limite ou comme trou. seule ce que j’appelle la fiction intense. nous rétrogradons vers Nietzsche. en un certain sens. est de l’ordre de la puissance. et va nous orienter. eh bien vous disposez maintenant de 6 énoncés de l’anti-philosophie et de 6 énoncés possibles de la philosophie. est en ressource de sa propre puissance. Ceci dit. ie de l’ordre de l’ordre. On peut dire. à mon avis. parce qu’il est en effet de bord ou plutôt parce qu’il tente de penser un bord. quel qu’il soit. ce qui est. comme c’est par contre nécessairement le cas. Bon : tout est rapport de puissances. Cela ne signifie pas que la philosophie soit un art. ce qui fait que le langage de la philosophie est nécessairement équivoque. c’est pourquoi je dis quelquefois qu’elle est une fiction d’art. Il ne s’autorise de lui-même que comme puissance langagière. C’est cette équivoque que je nomme en disant que pour part la philosophie est sous la norme du langage adéquat. mais du non rapporté. exactement comme la logique est ce qui se retrace dans la philosophie de sa condition mathématique. Voilà. le renvoi au type artiste. On dira : en effet. norme qui relève de la fiction des rapports de savoir . la norme du langage adéquat et la norme de la fiction intense. bien évidemment.

l’expression éternel retour disparaît du vocabulaire nietzschéen dans l’hiver 1886-87. c’est pour Nietzsche la relation entre le nihilisme et l’acte lui-même. Cela a entraîné très souvent le jugement qu’en fin de compte. à mon avis. donc dès 1884-85. parce que. que surhomme disparaît du lexique nietzschéen beaucoup plus tôt. dès après Ainsi parlait Zarathoustra. Et je pense que cela est la substance véritable de ce qui s’est précédemment articulé sous les noms de volonté de puissance . En tout cas. va vraiment demander une concentration de moyens tout particuliers. mais une difficulté intrinsèque : le plus difficile. éternel retour et volonté de puissance sont des termes qui s’auto-effacent à l’aube de l’année décisive 1888. lequel est le plus difficile à saisir ? par csqt. et qui a déterminée une large partie de l’exégèse subséquente. nihilisme qui est la figure de puissance à la fois dominante et obsolète que le nom de christianisme récapitule. le projet de casser en 2 l’histoire du monde. l’entrée dans Nietzsche choisie ou instituée par Heidegger. ie que l’ensemble de ce qui a été écrit par Nietzsche en 1888 fait l’économie des 2. les catégories d’éternel retour et de volonté de puissance semblent. le rapport entre volonté de puissance et éternel retour est l’arche. qui se propose en ce point même de casser en 2 l’histoire du monde ? A mon sens. ce qui est incontestable. lui. nous en avons une relation descriptive exemplaire dans le livre de Deleuze. à vrai dire. de l’autre. on a : . et son acte. comme j’ai eu l’occasion de le rappeler. si engagé dans l’acte nietzschéen.ni surhomme C’est un décapage important ! Par contre. et aussi l’année où Nietzsche a le plus écrit et le plus publié. ie que le livre nietzschéen n’avait pas été écrit. Je crois que la relation fondamentale à saisir. décadence. puisque vous savez que toute ma tentative est de renommer Nietzsche à partir de l’année 1888. Or.rapport de puissance : discours du maître. Ce qui nous occupe. Nietzsche et la philosophie. lequel requiert l’imposition de puissance maximale ? où le dispositif langagier nietzschéen est-il à l’épreuve de sa réquisition essentielle ? où va-t-il s’avérer requérir le type artiste dans sa pureté et dans son intensité ? Il y a des moments où le type ironiste. mais ce n’est pas immédiatement ce qui nous occupe. Tel est le point où. je soutiens que c’est la substance véritable du rapport entre volonté de puissance et éternel retour.ni volonté de puissance .ni éternel retour . discours de l’artiste. c’est vraiment toute la question. ou le type de la grande prose allemande sont adéquats. Je dirais même que c’est la réponse à la question : comment Nietzsche appréhende-t-il ou saisit-il la relation (qui est peut-être une non relation) entre nihilisme. entre le nihilisme. que le mot. au centre de sa disposition de pensée ? qui commande le régime même de l’interprétation de Nietzsche. Zarathoustra lui-même relève d’une typologie du rapport de puissance. Je dis cela. aux yeux de Nietzsche même. et qui a fait l’objet de commentaires innombrables. discours de l’esclave. et que l’expression volonté de puissance disparaît fin 87. discours du dernier des hommes. A l’aube de cette année là. Notons factuellement. encore une fois. ce qui avait lieu en 1999 n’avait pas eu lieu. Ces questions de datation sont à la fois érudites et cruciales. Donc. se filtre et se concentre le système général de la difficulté nietzschéenne. et s’agit-il ultimement d’un rapport de puissance. et l’acte nietzschéen. c’est : de tous ces rapports de puissance. d’une part. n’être plus décisives. ie ce qui demande l’imposition de puissance maximale. et d’autre part. quel est le rapport. Or. cette articulation descriptive des types de rapport de puissance. Signalons aussi. non pas une difficulté extrinsèque ou une question qui lui serait adressée du dehors. ce point est crucial dans toute interprétation de Nietzsche. le relevé a été fait. Quelle est la corrélation. d’un côté. c’est la question du rapport entre nihilisme. qui constituent la généalogie et la typologie nietzschéenne. ce qu’on a certainement. Soit dit en passant. parce que c’est le 3ème concept souvent invoqué. le fait est que l’expression éternel retour disparaît dans l’hiver 1886-87. qui va être à la fois l’année préliminaire à ce qui a été appelé l’effondrement ou la folie de Nietzsche. à prendre Nietzsche du biais de l’année 1888. Mais il y a peut-être une relation ou un rapport de puissance. qui est si récapitulatif de tous les autres. que. et j’entends pas là.

en même temps. ce dispositif est nihiliste parce qu’il est commandé organiquement par une volonté de néant. petit à petit. Cela dit. Elle est encore un vouloir que. tout le point est de savoir comment un acte radical est-il possible. comment commence un acte d’une telle nature ? Se laisse-t-il décrire ou nommer de l’intérieur de la figure de souveraineté. J’y vois cela. Le régime de l’affirmation. de l’autre. qui commandent le régime d’interprétation du dispositif nietzschéen. que sous le régime catégoriel du rapport. et probablement encore. Là est la concentration extrême du propos nietzschéen. aux yeux de Nietzsche. dans le lexique nietzschéen. Toute la question est alors de savoir comment s’articule possiblement et comment on pense la relation entre cette figure particulière de la souveraineté qu’est le nihilisme contemporain. mais. Nietzsche. on dira un vouloir établi. donc son rapport de puissance est affaibli. La volonté du rien. c’est le contenu vital du nihilisme : l’essence du vouloir en jeu est d’être vouloir de rien. ie comme désir archi-politique radical. ie de saisir l’anti-philosophie dans son état sauvage. comment cela se pense-t-il en rapport ou en non rapport. en outre. en tout cas. d’un côté. Or. ce qui est autre chose que de dire que c’est une volonté du rien. mais dont. Je dis cela. je tente ici bien évidemment d’être dans l’épreuve difficile et pénible du moindre apprivoisement possible.premièrement. philosophante. lorsqu’on le prend dans la dimension volonté de puissance / éternel retour. Heidegger et Deleuze) Celle que nous écarterons et que nous appellerons la figure zéro serait le rabattement immédiat sur un schème dialectique. et. et cela sera plutôt nommé décadence. Evidemment. b) rejet de 3 orientations (Hegel. et il n’est pas étonnant que l’expression directe de ce propos ait remplacée l’expression thématique. l’échéance de l’acte par quoi advient ou semble devoir advenir l’affirmation dionysiaque. dans son état sauvage. de façon de plus en plus impatiente.et éternel retour. étant entendu que l’acte doit être forcément pensé dans une articulation / désarticulation au nihilisme. il n’est pas dans la force de son propre vouloir. et en un 2nd sens. annonce l’advenue imminente dans la forme de casser en 2 l’histoire du monde. dont Zarathoustra est le prophète. éventuellement contradictoire ou non contradictoire. Cela.deuxièmement. Le régime des interprétations de Nietzsche va se centrer sur ce problème : comment peut-on saisir la relation essentielle – et peut-être la déliaison essentielle – entre la configuration nihiliste comme diagnostic sur la modernité (la modernité étant cette figure très étrange qu’est le nihilisme) et l’acte qui annonce l’affirmatif dionysiaque. et la possibilité de l’acte de l’autre. est reconduire l’anti-philosophie nietzschéenne à quelque chose de plus appropriable par le philosophique. Et je pense que c’est la raison pour laquelle Nietzsche a délaissé ces catégories après les avoir créées. inventées et déployées. . ie la possibilité du oui ? Pour le dire simplement : toute la question est de savoir du biais de quel acte le nihilisme peut accoucher d’un oui alors que son essence prédominante et hégémonique est précisément le vouloir du rien. Telle est la pensée qu’on peut en avoir. Or. qui caractérise le nihilisme est. ie qu’elle est encore une formation de souveraineté. ce vouloir du rien est faible à l’égard de lui-même. quand le dispositif de souveraineté établi est nihiliste ? Nihiliste voulant dire qu’il est à la fois commandé par la volonté de néant et. parce qu’à mon sens. qui est celle du nihilisme dans les 2 sens que je viens de rappeler ? Donc : tout repose sur la détermination de l’acte. elle est loin d’être un rien de volonté. Et je rappelle que volonté de néant est absolument différent de néant de volonté. il va y avoir là-dessus diverses orientations. sur le nom qu’on va lui donner. En dernier ressort. le rapport se dira bcp plus entre la configuration nihiliste d’un côté. qui se donnait dans la volonté de puissance ou dans éternel retour. revenir à volonté de puissance ou à éternel retour comme constituant le rapport à penser à Nietzsche. en état de faiblesse par rapport à lui-même. à savoir l’extrême négativité du nihilisme se renverse en affirmation . Nihilisme a 2 sens auxquels il faut être bien attentif : . entre volonté de puissance et éternel retour. ie ce qui se donne dans la tension de l’année 1888 comme anti-philosophie extrême. une volonté affaiblie ou qui s’affaiblit. est déjà retourné au catégoriel – apprivoisé par le philosophique.

ou s’il travaille. En toute rigueur. cette 1ère interprétation est autorisée par de nombreux aphorismes nietzschéens. bien que la question de la négation et de la destruction soit très complexe chez lui. que Nietzsche ne fait que séparer le nihilisme de sa propre essence. Je vais créer de nouvelles valeurs. Au fur et à mesure qu’on approche de l’acte. de quoi ?. et l’acte serait par lui-même création de nouvelles valeurs en contraposition aux valeurs réactives. affirmatives. Je crois que si réellement la nature de l’acte nietzschéen se résume à ceci qu’il s’agit d’instituer de nouvelles valeurs. comme cela. Il aurait à être pris dans la figure de la création. ou séparé de sa propre essence dans un aveuglement. quoique ce soit d’analogue au travail du négatif. cela signifie. qui règle les choses assez bien. mais elles définiraient une autre formation de souveraineté. et par voie de conséquence. nous avons affaire à 2 interprétations principales concernant l’acte. Comme toujours. c’est ce qui se dit de moins en moins au fur et à mesure que l’on approche. c’est donc le déchaînement du vouloir vouloir. c’est d’y déceler le déchaînement du vouloir comme oblitération ou comme oubli irréversible. Heidegger a tout à fait raison de lui objecter que c’est en deçà du diagnostic de nihilisme : l’acte serait en deçà de ce que porte le diagnostic de nihilisme. finalement. c’est le comble du nihilisme.intégrale dans son mouvement immanent. c’est certain. A partir de là. l’acte étant ultimement la folie de Nietzsche : il faut prendre les choses. que l’acte fait advenir une autre formation de souveraineté. la transvaluation ou le retournement de toutes les valeurs aurait pour solde actif l’avènement de nouvelles valeurs non nihilistes. à savoir. à la rigueur. mais qui est une figure de l’invention. surgit le vouloir du tout. concernant la pensée de cette relation paradoxale et décisive entre le nihilisme et l’acte. la création de nouvelles valeurs et. nous la laisserons de côté. Il est clair qu’il n’y a pas chez Nietzsche. là où l’on est dans le vouloir du rien. car l’essence du nihilisme c’est justement le déchaînement du vouloir sans nouveauté. qui n’est. jusqu’à très tard. donc se résume à une mimétique révolutionnaire spéculative. La pensée profonde du nihilisme. car qui dit nouvelles valeurs. dit nécessairement formation de souveraineté. Ou disons : nous écartons l’interprétation en termes de négativité. de telle sorte que prétendre que le déchaînement de ce vouloir puisse s’ordonner à une institution ou à une création de nouvelles valeurs. et non pas à coup de ruse de la raison. L’acte aurait pour essence de créer de nouvelles valeurs. alors l’objection heideggerienne à Nietzsche est fondée. actives et non pas réactives. Nous avons déjà dit que ce n’était pas ce qui se disait de plus profond chez Nietzsche lui-même et. Cette tentation. car le tout est l’essence du rien comme l’être est le retournement du néant. en un certain sens. comme le dit Heidegger. Le négatif ne travaille pas. à cette 1ère interprétation. nous avons déjà dit que le rapport entre l’acte et le nihilisme est un rapport de type révolutionnaire au sens classique : l’acte est ce qui détruit à la fois les formations de souveraineté fatiguées et établit la formation de souveraineté affirmative. Nous écarterons donc une hegelianisation massive de la configuration nietzschéenne où. eh bien. On sera d’accord aussi bien avec Heidegger que surtout avec Deleuze pour dire qu’il faut écarter le schème d’un retournement dialectique par quoi l’acte ne ferait que donner l’être intime caché du nihilisme lui-même dans la figure de l’affirmation absolue. de l’acte. Nietzsche semble se prêter très longtemps. et donc nous serions expressément dans la mimétique révolutionnaire. Au regard de cette interprétation possible. 1ère interprétation : l’acte aurait pour essence de créer de nouvelles valeurs contre les valeurs réactives nihilistes. quelle que soit l’évaluation de ces valeurs. Je veux dire par là que si Nietzsche a pour essence ce rapport au nihilisme qu’est le vouloir créer de nouvelles valeurs. et nous avons déjà examiné ce point. pas une figure du retournement ou de l’accomplissement. Nous avions déjà parlé de ce point à propos de la doctrine nietzschéenne de l’Etat. Mais nous ajouterons que cette thèse se heurte à une objection décisive de Heidegger. si nous revenons au grand cadre exégétique que nous connaissons. parce que c’est le nihilisme aveugle à sa propre puissance. à savoir . c’est à coup de marteaux. en effet. mais elle ne donne pas à penser ce que cherche à penser Nietzsche. qui triomphent dans le nihilisme. il ne s’agit pas réellement de faire succéder une formation de souveraineté à une autre.

est évidemment en deçà de l’appréhension du vouloir du rien comme tel . l’interprétation humaniste. pour Heidegger. Je la résume à l’extrême. de réaffirmer la dimension active à l’œuvre dans l’actif lui-même. se donne dans la perception que le vouloir nihiliste est ordonné au vouloir du rien et que telle est. sans en rien négliger ! « Mr Birault avait donc raison de rappeler qu’entre les formes extrêmes et les formes moyennes. Voilà pour cette 1ère interprétation élémentaire de l’acte. ce qui est en jeu dans la proposition nietzschéenne. à savoir le régime des interprétations de Nietzsche. Philosophie n°6. On distinguera donc ce qui est établi. Dans ce colloque. parce que c’est véritablement les cartes disposées sur la table quant à la question dont on s’occupe ici. Deleuze. ce qui me permet une parenthèse biographique. l’interprétation sceptique etc… convergent et trouvent leur lieu absolument naturel dans l’interprétation deleuzienne. En 1964. mais parce que. Alors Deleuze conclut le colloque. y compris d’ailleurs le nihilisme actif – et. pour la question qui nous occupe : nihilisme et acte. ie si on veut ce vouloir. ou. justement. A quoi dire : on ne va pas vouloir rien. 2ème interprétation : l’acte est de faire valoir dans tout ce qui est l’intensité maximale. il s’est tenu un grand colloque sur Nietzsche. qui détecte et décèle l’actif du réactif. il y a selon Nietzsche une différence de nature. en effet. Elle est capable de déceler et d’affirmer. On ne verra donc pas. Comment l’interprétation heideggerienne. il y avait Henri Birault (donc Heidegger encore !) etc… Et c’est vraiment très bien. On peut dire que Deleuze a affirmé le colloque de Royaumont. car la manière dont il arrive à faire servir la totalité des interventions disparates à son propre propos est quelque chose d’absolument extraordinaire. en tout cas. au plus loin d’être une corrélation dialectique. La 2ème interprétation est en réalité celle de Deleuze. lequel est toujours le triomphe de la dimension réactive du vouloir. qui se donne. de difficulté à dire qu’on fond s’affirme le nihilisme lui-même dans ce qu’il recèle de création locale ou de nouveauté contrariante. l’essence de la modernité. justement. Je vous lis un passage de cette conclusion de Deleuze. qui dit beaucoup mieux ce que je suis en train d’essayer de vous dire. dans l’arraisonnement technique de l’être mais qui. c’est le déchaînement de la puissance comme telle. non pas que ça ne soit pas une puissance. Là même où il y a nihilisme. la plupart du temps. par exemple d’affirmer l’élément de volonté. en termes nietzschéens. il y avait Foucault. il y avait Karl Löwith. à laquelle tout concourt. et le vouloir actif.ce que Heidegger dit en substance. Jean Wahl. est en réalité une corrélation affirmative intrinsèque. C’est très bien. . parce que c’est au régime 1964 des textes d’une densité et d’une clarté exceptionnelles sur les modes d’appropriations contemporaines de Nietzsche. Et cela. qui serait l’acte comme création de nouvelles valeurs. c’est très nietzschéen !). Je voulais vous dire que ce colloque est très bien. y compris dans la volonté du rien. Ça commence par : « Mr Birault avait donc raison » (tout le monde a raison. C’est un exercice de style absolument extraordinaire. Nietzsche. il y a et il y a toujours aussi et corrélativement création. car dans la volonté du rien il y a ceci qui demeure affirmatif qui est l’élément de volonté. Jean Beaufret (donc il y avait Heidegger !). et sur ce point il a raison. ie susceptible d’être réaffirmé. Il y a toujours de l’affirmatif qui peut être investi d’un vouloir et qui peut être réaffirmé. ie le vouloir de puissance comme établissement.que le nihilisme c’est proprement l’incapacité à instituer quoique ce soit. ou de réaffirmer. c’est la corrélation effective du nihilisme et de l’acte. mais Deleuze dit ceci : l’acte. Nietzsche distingue nihilisme actif et nihilisme passif – comme susceptible d’être voulu. comme finalement la vie concourt à tous ses effets de pliures. Je voudrais vous lire un très beau texte de Deleuze à ce sujet. alors on réactive le réactif. comme Nietzsche demande qu’on affirme le monde dans toutes ses parties. Et il en est de même de la distinction nietzschéenne entre la création des valeurs nouvelles et la recognition des valeurs établies ». ie l’intensité maximale. Et si on veut cette volonté. on va vouloir quelque chose. dont les actes sont parus aux Editions de Minuit : Cahier de Royaumont. c’est de faire valoir dans tout ce qui est la forme supérieure. Par csqt. C’est cela qui est vraiment tout à fait remarquable. la corrélation de l’acte et du nihilisme. Gianni Vattimo.

Il y a donc des valeurs qui naissent établies. éternellement intempestives. elle soutient. à savoir que l’œuvre d’art. qui fait que l’acte. Fût-elle nihiliste. En réalité. Cette différence. soit plus particulièrement en le disséminant dans la surface entière de la configuration nihiliste. un rapport d’immanence. Il est évident que la formule casser en 2 l’histoire du monde doit être mise de côté avec ce régime d’interprétation. l’affirmation est radicalement immanente. toujours contemporaines de leur création. qui contrarie l’établissement dans un rapport de puissance qui est toujours déjà là. Tout le pb étant précisément qu’il va falloir penser création de valeurs nouvelles comme un élément immanent. même si elles doivent attendre des conditions historiques favorables pour être effectivement reconnues. il y a toujours de quoi affirmer. ie sous formation d’une souveraineté réactive. il y a une différence de nature entre « se faire attribuer des valeurs en cours » et « créer des valeurs nouvelles ». Et il y a donc un régime éternel et structural de l’affirmation. et qui. De ce fond supra-historique. Nous l’avons vu déjà au niveau de la volonté de puissance. partent les grandes créations. L’essence du nouveau c’est la novation. il y a des valeurs éternellement nouvelles. si je puis dire. à mon sens. Elle ne sombre pas dans l’établissement ou dans le réactif. On retrouve la n nécessaire apparition de la logique deleuzienne du plan d’immanence. C’est la doctrine deleuzienne de l’omniprésence de l’événement. qu’elle dissout l’acte. ie que la nouveauté d’une valeur. supra-historiques. se laisse toujours réquisitionner comme nouveauté. à la limite de ce qui est vivable ». par exemple au nihilisme. de même que les valeurs réactive et établies sont. désordre créateur irréductible à tout ordre. les valeurs nouvelles sont intrinsèquement nouvelles. et qui n’apparaissent qu’en sollicitant un ordre de la recognition. Par csqt. même quand elles semblent reconnues. C’est ce chaos dont Nietzsche disait qu’il n’était pas le contraire de l’éternel retour. mais la novation est éternellement immanente dans son régime d’évaluation. Seules ces valeurs nouvelles sont transhistoriques. pour autant d’ailleurs qu’il y ait acte. le pb de la corrélation entre l’acte et le nihilisme. en tant que création. en immanence. En fait. qui règle. de ce chaos intempestif. . dans l’immanence même. réactivable par affirmation. Le texte est d’une limpidité et d’une force exemplaire. n’est-ce pas ? « une telle distinction perdrait tout sens si on l’interprétait dans les perspectives d’un relativisme historique : les valeurs établies reconnues aurait été des valeurs nouvelles à leur époque. Par csqt.Nous sommes au cœur de notre question. Mais la nouveauté du nouveau est un stigmate immanent de la création ou du créé. témoignent d’un chaos génial. l’interprétation deleuzienne est structurelle – j’en dirais cela. A l’arrière-plan. s’adressent en fait à d’autres forces et sollicitent dans cette société même des puissances anarchiques d’une autre nature. La singularité de l’acte est. bizarrement – ie qu’elle détermine la corrélation du nihilisme et de l’acte comme régime structurel de la configuration elle-même. Au contraire. et les nouvelles seraient appelées à devenir établies. mais l’éternel retour en personne. ou plus exactement l’acte est radicalement disséminé. vous avez le paradigme de l’œuvre d’art. comme telle. assimilées en apparence par une société. n’est pas destinée à dépérir ou à se dévaluer dans la figure de l’établissement. le règle soit en annulant l’acte. on est convoqué à l’affirmation par un système d’évaluations possibles liées à ce que toute formation de souveraineté complexe comporte de la novation latente. C’est lui qui donne l’intelligence de cela. indubitablement. elle est éternellement nouvelle. éternellement anciennes. celle qui constitue l’essence de l’éternel retour : à savoir que les valeurs « nouvelle » sont précisément les formes supérieures de tout ce qui est. consiste à détecter et à réaffirmer la nouveauté du nouveau. La nouveauté d’une valeur est donc un attribut intrinsèque ou organique de cette valeur. à la disposition de souveraineté. Cette interprétation négligerait l’essentiel. ie l’activité de la force qui la soutient. Le nouveau est renvoyé à l’éternité immanente de sa novation. à leur tour. Cette interprétation est extrêmement forte à ceci près. Et tout cela co-appartient dans un régime d’immanence. A mon sens. qui est simplement le rapport de distribution entre l’actif et le réactif dans toute formation de souveraineté complexe. qui s’attache éternellement à cela même qui est créé. c’est celle-là même de l’éternel retour. elle peut toujours et éternellement être reconvoquée comme création et valeur nouvelle. Mais qui. évidemment. dissoute. ici appropriée à Nietzsche.

comme vous le voyez. Mais pour qu’on puisse lui dire oui. de ces débris j’ai créé un univers ». de même que l’accueil de l’événement est toujours possible. qui est composé avec les débris du nihilisme. en tout cas. étant entendu que par ailleurs il est aussi aux prises avec les figures du réactif et de l’inerte. si l’événementialité est la loi de l’être. à savoir Explosion I. à supposer même que quelque chose ait à être réaffirmé. ie n’atteste plus que le chaos. Or. Il faut une explosion. qui se donne dans la rareté d’une césure. est en l’occurrence sans précédent. c’est. est absolument pertinent. « un explosif situé à la charnière de 2 millénaires ». Le nouveau. c’est . ou d’une fracture. et ce qui le dispose. cependant. ie d’un nihilisme explosé. comme il le dira lui-même. c’est véritablement une composition affirmative sur débris. De sorte que ce qu’il est très important de comprendre ultimement. La question de savoir comment du « sans précédent » peut être sous la loi de l’éternel retour est une question très complexe. qu’il n’y a pas d’événément. ce n’est pas l’avènement de l’essence dans l’au-delà négatif de la configuration. mais il est partout convocable. ie atteste le fond inévaluable. traite avec une extraordinaire force et habileté l’objection qu’on peut faire.L’événement n’est jamais une singularité. à savoir qu’il y a dans l’interprétation deleuzienne une rature de la dimension archi-politique de l’acte ou. Mais le descellement interprétatif de la nouveauté est toujours possible. Il y a donc une réversibilité absolue entre dissémination de l’acte nietzschéen et dissolution de cette figure de l’acte. cet inévaluable doit être disposé. c’est que le oui est le oui à l’inévaulable. que par conséquent. qui est celle qui nous sert de porte d’entrée à Nietzsche. Tant qu’on reste dans cette figure. à l’idée de création de valeurs nouvelles. de type heideggerien. ie maintenu comme vouloir du rien. j’objecterais à ce régime d’interprétation qui. Et c’est pour cela que ce n’est pas une nouvelle évaluation ou une nouvelle formation de souveraineté. il dispose la possibilité d’un ou intégral. qui dit : « débris d’étoiles. et Nietzsche emploiera plusieurs fois l’expression. C’est ce que. Ce n’est pas du tout une figure du travail du négatif. et que l’événementialité est finalement la loi de l’être. mais peut-être n’y a-t-il plus ici de loi de l’éternel retour. Par csqt. ni il ne l’affirme lui-même. Et il faut prendre de façon plus sérieuse la métaphore de la dynamite récurrente dans le Nietzsche terminal. en un certain sens. ce n’est pas le nihilisme maintenu dans la formation de souveraineté. il est indubitable. Et le oui va se composer comme oui au regard de cela. ou comment le oui peut sortir du rien. peut-être le « sans précédent » l’a-t-il justement emporté sur la figure de l’éternel retour dans le Nietzsche ultime. Le oui peut sortir du rien dès lors que la configuration de souveraineté nihiliste a explosé. mais ce oui est lui-même composé avec tous les débris du nihilisme. pour ma part. Le débris. le titre choisi par Sarah Kofman pour son analyse de Ecce Homo. puisqu’il s’établit entièrement dans l’élément où il n’y a pas de contradiction ou de contraposition entre nouveauté et établissement. Cette 3ème interprétation est présente de façon éparse ou singulière dans de nombreux prédécesseurs. qu’il est. en tout cas dans la figure terminale. c’est cela. Pourquoi ? parce qu’il faut que la formation de souveraineté nihiliste soit renvoyée au chaos. De même. extensive ou disséminante de sa singularité. la détermination archi-politique de l’acte est raturée par une compréhension immanente. parce que ce n’est rien d’autre que le oui à l’inévaluable. il faut une explosion. On peut le dire dans d’autres termes. je le redis. qui est un autre nom pour la vie elle-même comme fonds inévaluable. il faut une imprécation destructrice. que Nietzsche raisonne tout autrement : Nietzsche énonce expressément que l’acte est une singularité radicale. J’ai déjà avancé cette formule en commentant le petit fragment des Dithyrambes à Dionysos. donc le oui au chaos. Or. ni il ne crée une autre figure de souveraineté. Je dirais que l’acte s’articule au nihilisme de cette manière là : ni il ne le surmonte. c) 3ème interprétation Je proposerais une 3ème interprétation : l’acte crée la possibilité d’un oui composé avec les débris du nihilisme. Le débris. parce que le oui ne se compose que d’un nihilisme en débris. on ne comprend pas comment l’acte peut s’articuler au nihilisme. cette réaffirmation n’est pas immédiatement disséminable dans l’éternelle disponibilité du nouveau. Je dirais ceci : l’acte crée la possibilité d’un oui.

c’est que le nihilisme. lui infligeant ainsi. Ce qui le peut. sans rien en laisser etc… Mais un tel monde est avant tout quelque chose qui n’est pas une formation de souveraineté. donc qui n’est pas un rapport de puissance. Où nous reconnaissons ce qui dans le langage de Deleuze se dira : il n’y a que du rapport de volonté de puissance. La totalité signifie donc l’inévaluable. Avec Foucault. Pour les modernes non heideggeriens. Freud. un rapport de puissance. Quelque chose doit nous exposer le pur fonds pour qu’on soit dans l’assentiment à la donation inévaluable du oui. vous êtes en réalité dans un rapport de puissance. ie que toute interprétation est. et acte. qui serait alors une évaluation. d’avoir réordonné la philosophie à la question du sens. parce qu’on ne peut pas constituer le oui si on est pris dans le réseau des formations de souveraineté. est explosée. et pas d’entité dernière qui servirait de chiffre. mais la composition de l’articulation entre diagnostic du nihilisme comme caractérisation de la modernité. qui définit une formation de souveraineté active ou réactive. un régime de l’interprétation dont la grande force est qu’il n’y a rien à interpréter. Le nom du il y a est ce à quoi on va pouvoir dire oui. en dernier ressort. dans ces essais : Foucault. que nous allons essayer d’envisager. au cœur de la proposition anti-philosophique de Nietzsche. Deleuze. ie finalement. Et c’est là que Foucault y va de son triptyque : Nietzsche. ie qu’il soit donné en débris dans le détruit radical de sa composition. Klossowski et même. donc une nouvelle formation de souveraineté. ie son exposition dans la figure du débris. mais l’institution de nouvelles valeurs et l’institution du oui dionysiaque ne sont pas identifiables. ie la vie comme telle. Il le dit aussi : vous êtes toujours en un point. de la réduction au chaos – est ce qui finalement expose les ingrédients du nihilisme lui-même. une sorte de blessure. ie qu’on construira une formation de souveraineté ou on instituera des nouvelles valeurs. à condition qu’il nous soit exposé. mais en un point. Marx. Je ne dis pas que cela ne pose pas d’immenses problèmes. Cette rupture du nihilisme – en prenant rupture au sens de l’explosion. et finalement à la pensée toute entière. en partie. en disant qu’ils ont en commun d’avoir proposé au 19ème siècle. ce n’est pas oui qu’on dira – on prononcera une évaluation. ie le il y a pur. cela se dit plus directement en ces termes : il y a un régime infini d’interprétations où toute interprétation décode le régime d’une autre interprétation. interprétation d’interprétation. du biais d’un régime novateur de l’interprétation. en un point. lui. qui est la formation de souveraineté existante. parce que si c’est de l’évaluable. Appelons explosion du nihilisme ce qui en expose la pure multiplicité. qui ne peut pas. à la possibilité de l’affirmation complète. être l’objet d’une évaluation. c’est cela qui est ressenti comme la modernité radicale de Nietzsche. dit-il. La conclusion qu’en . c’est que le oui dionysiaque ne peut pas être un oui partiel. intégralement. La métaphore de la totalité est à la fois juste et trompeuse. c’est que ce qui me frappe beaucoup à la relecture de cet excellent colloque de Royaumont.l’explosion du nihilisme. Nietzsche dit très souvent qu’il s’agit de dire oui au monde tel qu’il est. eh bien ce dont ils créditent Nietzsche – ce qui vaut particulièrement pour l’extraordinaire intervention de Foucault – c’est d’avoir proposé un nouveau régime de l’interprétation. Autrement dit. disons cela. peu importe. et où le monde se constitue comme réseaux d’interprétations sans qu’on touche jamais le ce qu’il y a à interpréter. on ne peut dire réellement oui qu’à ce qui est radicalement exposé comme inévaluable. comme le montre le texte nietzschéen de façon de plus en plus serrée au fur et à mesure qu’il se précipite vers l’acte. mais il faut que le oui dionysiaque soit un oui au fond inévaluable. le nom du il y a. on trouve au cœur du livre la notion d’interprétation. Et qu’est-ce qui peut nous exposer au pur fond ? Voilà tout le problème. Nietzsche par Foucault : la question de l’interprétation a) exposition de la thèse de Foucault Une autre manière de le dire. et affirmation dionysiaque. à mon avis. sinon vous êtes toujours dans une perspective. mais à l’inévaluable. au regard d’une autre volonté de puissance etc… Le oui dionysiaque n’est possible que si ce n’est pas à cela qu’on a affaire. mais aussi de Freud et de Marx. ou de mesure. Le oui dionysiaque ne doit pas être pris dans une certaine perspective. à ce rapport. Dans ce colloque. Henri Birault.

L’assentiment au monde tout entier. c’est que ce travail est au régime du travail infini. l’interprétation reste sous l’impératif de la tâche infinie. c’est la cessation du régime interprétatif de la pensée. Foucault a parfaitement raison de dire que si on est au régime de l’interprétation. à savoir l’institution de nouvelles valeurs. par exemple le statut de la monnaie. il s’agit maintenant de la transformer ». je soutiens. puisqu’un rapport de puissance consiste toujours à soustraire quelque chose. sans rien soustraire. Il n’y en a pas d’interprétation. Il n’en résulte aucun oui. Marx et Nietzsche. chez Marx. qui est le rapprochement antiphilosophique et non pas le rapprochement herméneutique. que le oui nietzschéen propose de faire advenir autre chose qu’une interprétation. et on retrouvera notre triptyque. Il est vrai que le régime d’interprétation nietzschéen concernant les formations de souveraineté et le régime d’interprétation marxien concernant le principe monétaire peuvent être rassemblés sous une catégorie moderne de l’interprétation. je dirais même que le oui dionysiaque. Foucault rapproche Marx et Nietzsche sous la catégorie d’interprétation. et je crois que c’est tout à fait argumentable. qu’on y adjoigne le régime d’interprétation des symptômes par Freud. si toute interprétation est interprétation d’interprétation. on ne peut dire oui qu’à l’inévaluable. Cette dernière thèse sur Feuerbach suggère un tout autre rapprochement. Moi. ou de discursivité qui renvoie toujours horizontalement à elle-même sans qu’il y ait jamais un fondement aux couches d’interprétations successives. c’est une tâche infinie. C’est pourquoi je rapprocherais. et que. finalement. on sera nécessairement reconduit à la thèse selon laquelle le oui est une nouvelle formation de souveraineté. et on retombera sur les objections heideggeriennes à mon sens décisives sur ce point. Et c’est normal puisque le oui est un oui à l’inévaluable. qui justement n’est pas une interprétation. une évaluation c’est un rapport de puissance. à affirmer une particularité contre une autre. Enfin. je dirais : c’est vrai. C’est cela. en tout cas. c’est aussi l’ininterprétable. Je crois que c’est un point essentiel. toute interprétation est sa propre affirmation. Il montre de façon admirable que. pour Nietzsche c’est une évaluation. Cela n’est pas une interprétation. vous êtes dans la cessation de toute interprétation. comme une interprétation. ie une donation de sens. je rapprocherais Nietzsche de Marx qui dit : « les philosophes ont jusqu’ici interprété le monde. c’est qu’on y fasse. Au regard de ce débat de l’époque des années 60. C’est aussi pour cela que tout se centre de façon de plus en plus pressante sur la question de l’acte. qui met en scène Nietzsche dans une espèce d’intertextualité généralisée. vous êtes au régime du rapport de puissance. Mais je crois qu’y fait obstacle la figure nietzschéenne du oui. parce qu’encore une fois. mais qui se fait au contraire sous . le régime interprétatif des formations de souveraineté chez Nietzsche est tout à fait comparable au régime d’interprétation. si vous êtes dans le oui dionysiaque. mais on se situe là dans un régime tout à fait transposable en termes de : il n’y a que des rapports de puissances. est évidemment impossible quand on est dans l’évaluation. Dès que vous êtes dans l’interprétation. Certes. qui fonctionne parfaitement bien. mais l’inévaluable. ie s’il n’y a pas de fond. Il y aurait d’ailleurs des obstacles du même ordre du côté de la pulsion du mort chez Freud et du côté de la révolution chez Marx. Evidemment. et par csqt aussi le oui ne peut absolument pas résulter d’une interprétation. qui est tout à fait consistante. Ce qu’il y a c’est que le oui n’est pas une interprétation. En plus. Le oui n’est pas une interprétation. et on fera de Nietzsche le prophète des valeurs nouvelles. moi aussi. Au regard de ce débat. mais absolument au rebours de Foucault. ce dont Nietzsche a eu une conscience de plus en plus aigue. L’affirmation du oui dionysiaque n’est pas une interprétation. Et c’est absolument convaincant. Le il y a de la vie est ininterprétable. finalement. ce qui me frappe. Et tout cela est renvoyé à Nietzsche avec grand soin et assez de textes de Nietzsche pour valider absolument cette hypothèse comme la modernité de Nietzsche.tire Foucault. l’acte ! L’acte c’est que nous n’ayons plus à interpréter. Il n’en résulte aucune affirmation. car si on la conçoit comme une interprétation. ie dans la possibilité de n’avoir plus à interpréter. En revanche. ie dans le rapport de puissances. C’est un rapprochement qui ne se fait pas sous le signe de la catégorie herméneutique d’interprétation. objection à ceci : c’est que le oui n’est pas une interprétation. b) critique de la thèse Foucault Or.

et le oui dionysiaque. Et leurs interprétations. il est vrai que la critique nietzschéenne du nihilisme est une interprétation de l’interprétation. nous y reviendrons. c’est que surhomme reste encore. Cela. je veux bien qu’en effet il soit celui qui propose un régime de l’interprétation comme interprétation des interprétations. Du coup. Cette ambivalence essentielle du personnage de Zarathoustra d’être le précurseur de soi-même doit être finalement pensée comme une équivoque entre le régime ou le règne de l’interprétation. annonce la possibilité de sa cessation. trop lié à la pbtique des formations de souveraineté. Le transformer. à énoncer. Celui-là. La dernière fois. mais au sens de rendre possible le oui à l’inévaluable. nous disions : le surhomme – si c’est quelque chose – c’est la formation de souveraineté non étatique. je crois que c’est aussi profondément la conviction terminale nietzschéenne. est le suivant : c’est le lien entre l’interprétation du nihilisme. J’ajouterais 2 points. de l’autre. c’est le Nietzsche qui s’appelle l’immoraliste. ou. En revanche. ce qui entre très bien dans la matrice de Foucault. Nous autres immoralistes. Dans le cadre de l’option ontologique. Quand Nietzsche est critique. le psychologue. comme nous l’avions dit dès le début. et nous verrons pourquoi la vraie métaphore du surhomme. comme le dit Nietzsche. On a jusqu’ici interprété le monde. ie celui qui est encore en deçà du régime de l’interprétation. pour Nietzsche. le psychologue ou l’esprit libre. Il est vrai que pour autant que le nihilisme comme formation de souveraineté est au régime de l’interprétation sous option ontologique. Mais l’affirmation est ce qui est cessation de la contrainte interprétative. à savoir qu’il n’y a que des interprétations. de ne plus avoir à l’interpréter. c’est autre chose que l’immoraliste. Pour une part. et qui. si surhomme disparaît après Ainsi parlait Zarathoustra. c’est une figure qui tient de l’interprétation. non pas au sens de substituer une formation de souveraineté par une autre. en effet.mais qu’est-ce que c’est que cet impératif ? Trop de dialectique là dedans ! Insuffisamment affirmatif ! Insuffisamment radical ! Encore interprétatif ! Dire : « l’homme est ce qui doit être surmonté ». et au fond Nietzsche serait bien d’accord que les philosophes n’ont jusqu’ici fait qu’interpréter le monde. Surhomme laisse trop entendre qu’il s’agit de faire advenir une autre formation de souveraineté. Zarathoustra est le précurseur de soi-même. encore bien moins Dionysos. car la dernière thèse de Marx sur Feuerbach veut d’abord dire : il s’agit de ne pas interpréter le monde. C’est une autre manière de nommer le surhomme. ie ne plus pouvoir interpréter. ce que Nietzsche n’a pas fait – on dira : le surhomme c’est l’homme qui n’interprète plus. nous autres psychologues.le signe de la volonté d’une cessation de ce régime. ou l’esprit libre. Quand il signera les lettres de la folie Dionysos ou le Crucifié. la confusion est venue de ceci que le nihilisme étant le règne de l’interprétation sous option ontologique. Comment penser cette corrélation . c’était cela leurs calomnies. c’est le règne déchaîné de l’interprétation sous option ontologique. Mais celui qui signe Dionysos ou le Crucifié. voire même celui qui annonce le surhomme. Donc : pour autant que nous garderions le surhomme – si on le garde. nous autres esprits libres. Disons que Zarathoustra est un esprit libre qui annonce le surhomme. Mais ce n’est pas cela le surhomme. Nous y reviendrons. le lien à capter. ie qu’il est interprète de l’interprétation qu’est le nihilisme ou la formation nihiliste réactive. laquelle est interprétation de l’interprétation. ou Zarathoustra est un psychologue en charge de Dionysos. il parle. on peut dire qu’est advenu autre chose que le Nietzsche qui signe l’immoraliste. Quand Nietzsche parle ainsi. Il dirait. je dirais même que Zarathoustra est une figure équivoque entre l’immoraliste et Dionysos. en plus. c’est la figure nietzschéenne du Nietzsche critique. il se donne à lui-même un certain nombre de noms. aux yeux de Nietzsche. ie la formation de souveraineté sans souveraineté. de surmonter l’homme : « l’homme est ce qui doit être surmonté » . et pour serrer de plus près la question acte et nihilisme. J’en suis convaincu. Mais cela. Premièrement. C’est l’homme comme non interprétant. au régime de l’interprétation. c’est l’enfant. ils ont toujours calomnié le monde. De ce point de vue. qu’ils l’ont toujours interprété de façon réactive. toute la part de Nietzsche qui est critique ou description du nihilisme va se présenter comme interprétation des interprétations. c’est encore une interprétation de l’homme. A mon sens. on dira : le nihilisme. et qui de ce fait même a encore rapport à l’inévaluable. et le règne de l’affirmation. Mais qu’il s’agisse maintenant de le transformer. et on est toujours en train d’interpréter une interprétation. ou entre le psychologue et Dionysos. Voilà pourquoi.

voire. il y a l’explosion au point de l’acte. de la touche du Réel. Il y a des textes où il salue en lui le plus éminent psychologue. ou en tout cas. en particulier par Lacan. Chez Freud. C’est vrai qu’il y a une analogie sur ce point. courageuse et en situation de maîtrise. et en interprétant l’interprétation de l’interprétation ! C’est infini. ie renvoyer à la multiplicité pure qui les constitue. Il y a toute une partie de l’œuvre de Nietzsche qui consiste à frotter les interprétations en les interprétant. C’est la seule solution qu’il trouve. on dit oui à autre chose qu’au divan. et cela semble bien être dans la figure de la pulvérulence. car vous voyez bien que tout cela est . donc ininterprétable. très dramatique. Donc entre l’interruption de l’interprétation et la possibilité de l’affirmation. Et là. Et puis je crois qu’il a compris que non. Je crois que pendant tout un temps. mais aussi marxiste. Nietzsche est dans une impasse très forte. Un oui à quoi ? C’est tout le problème. Nietzsche a cru pouvoir en finir avec l’interprétation en tant que le vrai maître de l’interprétation. c’est un régime infini. Comment une cure s’interrompt-elle ? Ie qui et à quoi va dire oui dans cette affaire à un moment quelconque. c’est principiellement infini. on userait les interprétations jusqu’à ce qu’elles soient ruinées. J’ai toujours le sentiment que cette explosion du régime interprétatif est ce que Lacan appelle le Réel. c’est qu’à la fin des fins il faut qu’il y ait un oui. si nous poursuivons notre analogie. le psychologue. et l’affirmation est possible. au-delà. quand on met le nez dessus. éventuellement l’objet a. avec cette profondeur extrême chez Nietzsche que le Réel ne se laisse toucher comme inévaluable que dans la ruine de l’interprétation. Analyse infinie. C’est ce dont il est fait à un moment donné rencontre. le psychologue au sens de Nietzsche n’est pas celui connaît les gens. il faut bien le dire. Il faut le dire ! Donc lorsque ça s’arrête. Et c’est à quoi il sera dit… alors ? oui… ça je ne sais pas. en effet. s’il n’est pas le maître de l’interprétation. c’est qu’il y a un acte. on pouvait faire advenir l’exposition ruinée de l’interprétation ellemême. Et Nietzsche. dont tout le contenu est de ne pas avoir à interpréter . que l’interprétation allait se disséminer elle-même dans l’action puissante d’une surinterprétation inlassable. De nombreux textes de Freud pourraient laisser entendre que l’analyste. concrètement. comme tel. ie que. l’interprétation s’interrompt. et la médiation de cela. Voilà. Or. sinon l’interprétation continuerait. eh bien c’est fini. mais comment son infinité s’interrompt-elle ? C’est le pb de Freud sur Analyse finie. c’est la question. Le Réel semble bien être ce qui est insymbolisable comme tel. il n’y a pas le ce qu’il a à interpréter. parce qu’elle est affirmation du multiple pur comme inévaluable. En tout cas. ie le oui au fonds inévaluable. dans ses catégories. On dit oui à autre chose qu’à l’interprétation. si on navigue d’un langage à un autre. Nietzsche appelle ce oui Dionysos. ça n’a pas l’air dionysiaque – ça n’a pas l’air dionysiaque ! mais il est dit quelque chose qui n’est pas de l’ordre de l’interprétation. c’est justement que l’analyste n’est pas le maître de l’interprétation. et on sent que c’est comme une pierre ponce : qu’il y avait cette idée qu’à la fin des fins. Le problème freudien ou nietzschéen. au régime de l’interprétation comme débris. pour prendre le triplet de Foucault. ce qui est dit en clair. donc on est toujours infiniment dans l’interprétation de l’interprétation. c’est encore équivoque. Il faut qu’il y ait un oui. c’est le maître de l’interprétation. comme a du être aussi compris que la position de l’analyste ce n’était pas la position du maître. On peut se demander si Nietzsche n’a pas pensé tout un temps qu’à force d’interpréter. et Nietzsche a cru que dans la position de maîtrise de l’interprétation. Or. malgré tout. de telle sorte qu’on ne reste pas sur le divan pendant 45 ans en interprétant et en interprétant l’interprétation.entre l’interprétation et l’interruption de l’interprétation ? Le vrai problème est là : comment un régime interprétatif de la pensée peut-il délivrer une affirmation. c’est le maître de l’interprétation. L’idée que les formations interprétatives peuvent sous certaines conditions se donner dans la figure de leurs débris. l’effondrement de la configuration nihiliste. La définition de l’analyste n’est pas d’être le maître de l’interprétation.de ne plus avoir à interpréter ? Comment l’infini de l’interprétation s’interrompt ? Car Foucault a raison de dire que l’interprétation. Foucault a raison de soutenir que dans le régime moderne de l’interprétation. Donc on peut dire aussi que la question du oui. Et quand ça advient. ce n’est pas qu’on ait une interprétation ultime ou dernière. le Réel. c’est l’idée du débris. soit dit en passant. Là. Alors. ça allait se disséminer sous le criblage interprétatif. et il a parfaitement conscience que le oui ne peut être qu’un oui à l’inévaluable.

L’enfant est la métaphore de ce point. « Mais dites moi. c’est celui qui dit oui parce que. Par contre. en écoutant la question extraordinairement difficile de l’acte tel qu’il est. L’innocence nietzschéenne. c’est celui qui découvre « l’illusion et l’arbitraire au fond même de ce qu’il y a de plus sacré au monde ». même au devoir. nous psychologues. il faut être une affirmation sainte. il lui faut à présent découvrir l’illusion et l’arbitraire au fond même de ce qu’il y a de plus sacré au monde. La transformation du chameau en lion n’est pas un gros problème. jeu. mais toute la question est de savoir comment on se métamorphose. si on ne la voit pas tous les jours. il est rendu possible par cela. et conquérir ainsi de haute lutte le droit de s’affranchir de cet attachement. Pour exercer une pareille violence. que peut encore l’enfant dont le lion lui-même a été incapable ? Pourquoi le lion ravisseur doit-il encore devenir enfant ? C’est que l’enfant est innocence et oubli. commencement nouveau. qui a le courage de dire non. c’est : ne pas interpréter. et le lion en enfant pour finir ». affirmation sainte [on pourrait commenter chacun des termes. quant au oui. Conquérir le droit à des valeurs nouvelles. Comment passe-t-on du lion à l’enfant ? Le lion. c’est pour un esprit patient et laborieux l’entreprise la plus redoutable. voilà ce que peut la force du lion. Voilà le passage : « Créer de nouvelles valeurs – le lion lui-même n’y est pas encore apte : mais s’affranchir afin de devenir apte à créer de nouvelles valeurs. Ce qu’il aimait naguère comme son bien le plus sacré. mes frères. mais tous désignent le oui comme autre chose que l’interprétation]. naturellement. c’est pourquoi il est la métaphore essentielle du oui dionysiaque dans son attribut d’innocence. son essence chez Nietzsche c’est : ne pas interpréter. Oui. Le lion est dans le versant du dire non interprétatif. pour cela. C’est celui qui non seulement n’est pas le maître de l’interprétation. les 3 métamorphoses Lisons ce fragment titré des 3 Métamorphoses. justement. pour jouer le jeu des créateurs. 1er mobile. dans le Zarathoustra.analogique. somme toute. c’est l’innocence. Il en est venu à dire : si être le maître de l’interprétation. donc c’est celui qui interprète les valeurs réactives de la religion et du christianisme. et qui est tout à fait célèbre. mais c’est celui qui n’a pas à interpréter. Et c’est pour cela que ce oui. Et l’acte. Le Zarathoustra l’appelle une métamorphose. c’est le contraire du maître d’interprétation. quel est l’acte d’une métamorphose. Et l’enfant. C’est toute affaire – possible ? impossible ? on ne sait pas… Et alors. L’enfant. Pour conquérir sa propre liberté et le droit sacré de dire non. mais que le Réel soit insymbolisable ne veut pas dire que c’est facile de le toucher comme tel ou de le rencontrer comme tel. et pour cela il faut être fort et lion. il doit y avoir autre chose – le principe du Réel n’est pas là. roue qui se meut d’elle-même. et certes il y voit un acte de brigandage et de proie. mes frères. ie entre le lion et l’enfant. exactement comme le réel est insymbolisable. On peut dire que la . c’est le lien entre la 2ème et la 3ème métamorphose du début du Zarathoustra. la métamorphose du lion en enfant est le problème central de Nietzsche. parce qu’il est le maître de l’interprétation. ie que le lieu de l’acte a pour bords le lion et l’enfant. non soumise à un régime d’interprétation et fondamentalement ininterprétable. mes frères. ayant perdu le monde. il faut être lion ». donc il est dans un acte. il est en dehors du registre de l’interprétation. il faut être lion. en est venu au même point que Lacan. En vérité. L’esprit a présent veut son propre vouloir. implicitement détenu entre le lion et l’enfant. le chameau en lion. c’est le « Tu dois ». Donc le lien à penser. qui détient le courage de se soustraire à la fatigue nihiliste elle-même. c’est celui qui dit non. C’est la figure du maître de l’interprétation. nous immoralistes. il conquiert son propre monde. qui ouvre Zarathoustra. c’est la vie comme multiplicité ininterprétée. c’est une métamorphose qui. Je vous ai dit les 3 métamorphoses de l’esprit : comment l’esprit s’est changé en chameau. est interprétativement décelable. ne nous permet pas d’exposer l’inévaluable. ie par le fait que l’inévaluable comme réel disséminé et ininterprétable est donné. Il faut bien comprendre que tout ce qui est le thème de l’innocence et de l’enfant. ie l’interprète du nihilisme.

ie vers sa folie. Voilà pour ce soir ! . le maître violent de l’interprétation des valeurs réactives.question de la précipitation centrale de Nietzsche vers son acte. qui rend possible la présentation de la métamorphose du lion en enfant – métamorphose qui doit franchir la dissémination intégrale de toutes les formations de souveraineté. Là est évidemment le propos. est entièrement attachée à la question : comment le lion se métamorphose-t-il en enfant ? ie comment l’interprète violent du nihilisme. ie doit tenter de montrer sans en faire une simple représentation. devient-il celui qui oublie toute interprétation ? C’est ce point exact que la fiction intense nietzschéenne doit tenter de présenter sans le représenter. la convocation ultime de l’art.

la vocation qu’il attribue au poème. et c’est ce que le poème nous doit. En 3ème lieu on relèvera le rôle de la fonction comparative : le poème destiné se meut dans ce qu’on peut appeler la semblance des choses. ie en un ordre strictement immanent. ie qui se tient à égale distance de la considération de Rimbaud comme figure allégorique. et par Rancière Borreil et moi-même. chez Flammarion. dans une connexion parfois difficile à saisir. le dernier livre de Michel Deguy. leur densité. paru au Seuil. Ça commande un peut tout le reste. 2. le poème n’est pas l’instrument de la vérité qui est due. Proposition est pris en équivoque entre le verbe proposer et le sens grammatical. Le poème est sous un régime de vérité qui est à la fois impératif et adressé. Par exemple. Mais cette maxime renvoie à la fonction déclarative : le poème contient ou détient qch qui est ç tous proposé. 2. Le régime de déclaration de pensée dans le poème a requis en vérité la quasi-totalité des intervenants. 4 et l’ordre dans lequel le poème est en figure de cela. ie dans une vision limitée de la fonction du poème. et qui ne figurent pas dans les recensions quotidiennes courantes. 3. Je commence par un élément publicitaire : Casser en 2 l’histoire du monde. non nécessaire. Il est autre chose que dans une dimension expression en quelque sens qu’on la prenne. et stt leur sens de la cassure douce. c’est que en tant que livre. Ce que le poème fait n’est pas de l’ordre de l’expression mais de la proposition. Le poème est destiné à une sorte de trouée qui restitue autant que faire se peut le proche et sa propension. déclaration dans le poème qui par ailleurs est très prise dans la lettre. En quelques pages il a rassemblé et ordonné sa conception du poème et plus que cela. la question de l’adresse. de l’altérité. et 4 et cette numéricité poétique. Je voudrais vous signaler un recueil de Esther Kellerman. Mon sentiment. que cet impératif est sous la règle d’une adresse (je vous dois). ie un primat du lointain qui n’est pas un lointain d’horizon. et Rimbaud pris comme un poète dont la scansion singulière est déclarative. 2ème énoncé : le poème fait des propositions. mais qui cherche à déchiffrer dans cette proximité littérale les opérations déclaratives de Rimbaud. qui m’ont touché. c’est un recueil qui prend Rimbaud comme dans la figure d’une pensée. Les choses ne sont pas dans l’ordre du semblant qd le poème les capte dans leur semblance ie dans leur renvoi aux autres choses comme attestation de leur présence. La formule est simple et dense : cet impératif est de l’ordre de la vérité. mais c’est la vérité elle-même en poème. En enfin il y a ce que Deguy appelle la propension du proche. Je voudrais dégager quelques maximes de ce liminaire. qui est précisément ce qui s’oppose à leur semblant. est qch qui a une analogie lointaine avec . distance de fuite. petite brochure sous mon nom. malgré les différentes interventions. La vision qu’il se fait du monde contemporain est son abstraction éloignée. A paru par ailleurs chez Belin un recueil qui s’appelle le millénaire Rimbaud. je le trouve pour ma part un petit peu disparate. Un énoncé est : « je vous dois la vérité en poème ». ie qch qui rompu dans une sourde et âpre tendresse du rompu. Voilà pour ces raisons et bien d’autres je trouve intéressant ce liminaire. J’en dirais ceci : on pourrait penser que ces poèmes. Mais le texte Liminaire m’a retenu. Quelques mots sur ce recueil. Je vous dois. symbole existentiel.NOUVEAU COURS Quelques indications de lecture. tout cela pourrait évoquer Paul Celan. Au fond. Il n’y a pas qch qui le fonderait comme livre. mais de dissémination abstraite recollée en image ou simulacre. par leur brièveté. pas éloignée de la textualité. mais aussi de Rimbaud considéré comme strictement littéraire. dans un des poèmes. et que ensuite cette vérité est en poème. C’est le titre donné à la recension d’un colloque sur Rimbaud organisé par le Collège de Philosophie. personnage. intéressant car il est comme une figure dans le multiple des chiffres 1. Rimbaud pris dans l’élément de la pensée. C’est un de ses textes les plus synthétiques et les plus rassemblés. ie qui introduit une commensurabilité. qui s’appelle Aux heures d’affluence. car il rassemble des textes qui ont tous été sauf un publiés. cette fonction du 1. Toujours dans le registre du poème. du repli. disparates.

Il ne peut plus rien dire car nul ne peut dire sa propre mort. Mais en réalité ce poème s’écarte bcp de Celan. Ceci… ». vu de ce point. » . Je vous rappelle que Bolzano est un penseur capital car il ouvre la voie à Cantor dans la mathématisation de l’infini actuel. une annonce. Bolzano. qln qui . Il est publié dans une Pensée Finie Deus paralysis progressiva. ce n’est plus une nouvelle. Le nietzschéisme n’a pas été de part en part une tromperie. qui commande le régime de l’adresse. mais saisir le bord dans lequel se décide ou s’abime l’acte nietzschéen pour en déterminer les arêtes. par le type d’enchevêtrement pronominal. Vous savez qu’il énonce qu’il est Dieu. apparaît destinal en ce qui concerne l’acte philosophique nietzschéen. de décentrement. et je voudrais d’abord évidemment dans des formules ou d’un biais non définitif. La thèse de Nancy est que Nietzsche a présentifié la mort de Dieu. Et on peut dire que saisir Nietzsche du point de l’acte. ie en réalité indiqué que Dieu est mort doit se prendre au pied de la lettre. mais cette fois (= qd N est paralysé et muet). je veux vous souligner les Paradoxes de l’Infini par Bolzano. Ce n’est pas ça qui. pas 2 réalités. Je voudrais en dire ceci. qui est tout à fait fort : « Dieu est mort. Dès le moment où il y a une précicpitation de l’acte que Nietzsche doit prendre sur son propre corps car il n’en supporte plus l’état d’annonce. qu’une nouvelle. nul ne peut dire je suis mort.Celan. à l’autre extrémité de la langue. Et ce Dieu est immédiatement paralytique et muet. Ici c’est enchevêtré : un nous. à notre suspens nietzschéen. Je tu. c’est en un sens le séparer de son propre nietzschéisme. c’est la présentation du mort ». dont ce qui me frappe est qu’il est un inducteur de soustraction légère. Mort n’est plus l’adjectif qui convient à Dieu. traduit et présenté par Sinaceur. Ou que Dieu est mort. Ce que Nancy voit parfaitement. une trouée blanche. leur ordre et leur fonctionnement dans le poème. entendez le verbe être dans sa résonnance ontologique. et avec quoi je suis en plein accord. et il y a d’autant plus un nietzschéisme qu’il y a eu un nietzschéisme commun pdt tout le début du siècle. Dieu est la mort même et c’est ce que présentifie. dont l’écoute est particulière. La méthode qu’on adopte est de séparer Nietzsche de son nietzschéisme immanent. on a commenté ces textes. le désir esssentiel Ceci fait résonner autrement bcp de signifiants nietzschéens. ie du point de sa folie. mais c’est une nouvelle. On peut dire Dieu est mort. ie la disposition pronominale de l’adresse poétique. On pourrait le dire en ces termes : il y a un nietzschéisme. Par exemple ceci : « elle tombe sans l’ombre des signes. On sait que chez Celan le tu de l’adresse est essentielle. et peut-être jusqu’à aujourd’hui. Dieu n’est autre que mort. il ne peut être tenu que volonté de puissance et retour étenrel sont les catégories organisatrices essentielles de la pensée de Nietzsche. ils. et ce elle en soustraction légère. colonne ou décentré ». En particulier si on procède ainsi. singulier. 1° quel a été notre point de départ ? notre point de départ a été : tenter de saisir la pensée de Nietzsche du pont de son ace. il est la forme en anticipation du cadavre de Dieu. J’en donne un exemple : « quels colliers pareraient nos nuits. dans la généalogie moderne de la pensée de l’infini. reparcourir ou reconfigurer un certain nb des choses dites. en décentrement. et pour terminer.. Il assume pour la 1ère fois l’inscription en mathème la possibilité de l’infini actuel. Je lis le poème « … neige d’été. Et bien entendu il y a un elle. Nancy dira ceci. Il doit payer de sa personne et venir là où l’annonce restait indéfiniment ouverte. Paralysie progressive de Dieu. et non pas l’inverse. est distinct d’un il qui est souvent clairement séparateur. ce qui réordonne autrement et les accentue autrement qt à leur importance et leur fonction organisatrice centrale. Je terminerai sur cette question du il : « il tranche… juste et de l’injuste. Voilà. ie disposer la folie à artir de la pensée ou considérer que a folie interrompt simpemet la pensée. même s’il ne va pas jusqu’au bout de ce que sa position détient. sous la forme de la paralysie progressive le corps même de Nietzsche. occupe une place déterminante. Je voudrais signaler que il y a un texte de Nancy où on trouve une entreprise un peu comparable. les ligens directrices. c’est que ce qui est appelé la folie de Nietzsche est en quelque manière la prise sur soi de ce qui antérieurement n’était qu’une annonce. ie que N va se faire être le cadavre de Dieu. Il y a une fonction emblématique de la 2nde personne. les points de forces. et si le ciel ne l’a pas partagé. 4 plantes ». Il l’a été pour part mais n’a pas été que cela. Maintenant nous allons revenir à Nietzsche. quel acacia lisse. Qui le dit ? Un témoin.

et qui est que Nietzsche. n’est pas une nouvelle valeur : toute interprétation de Nietzsche en termes de créaion de nouvelles valeurs est restrictive et finalement inexacte. c’est le réel même de l’acte. l’ultime soubresaut mortel de la métaphysique. et le propre de sa mort est évidemment indicible. que ce oui est composé avec les débris du nihilisme lui-même. la catégorie de sujet. ie d’achever la figure du cogito mais auss d’institution un régime fini essentiel de la pensée. dans son essence mortelle. Je voulais signaler cette autre tentative. au sens de son élément. et que par conséquent le sujet lui-même est présentifié par Nietzsche. mais celui qui était là. bien qu’il soit en rivalité avec elle. c’est que Nietzsche cède ici à une assomption du finitude. Un sujet ultimement n’est que sa propre mort ou encore le propre de sa ort. c’est que l’essence de l’autoposition c’est la mort. Il faut que ceci soit présenté et c’est sous le nom anonyme de Nietzsche que ceci va se présenter. Il faut une explosion. N dit qu’il a créé le monde. Sa folie vient quand on rompt l’annonce. En ce sens là. 6° le oui. à une disposition finie de la pensée. On a essayé de montrer. Ce qui est en jeu dans la folie. de la nouvelle ou du témoignage. Ce que présentifie N philosophiquement. c’est la présentation de la mortalité comme telle. qui est la formule Dieu est mort. ou encore de l’autoposition du sujet. on la brose. mais de créer ou de faire exploser les possibilités d’affirmer l’inévaluable vie. Le point de discussion est d’assigner cela strictement à la formule Dieu est mort. Il s’agit de créer de nouvelles valeurs. Casser en 2 l’histoire du monde. est celle d’un oui. Nous retrouvons évidemment ce que nous avons essayé de dire à propos de l’art. Ce que je crois. ce qui n’est pas métaphorique. c’est la présentation de ce que Dieu est mort. c’est le christianisme. Plus précisément elle est l’histoire de la domination des types de la volonté de néant. sous le nom de Nietzsche. la nouvelle histoire. point complexe.l’annonce ? Est-ce une bonne nouvelle entendue quelque part ? Nietzsche montre le Dieu comme mort. ce qui donne une fonction décisive à la formule Dieu est mort. Et donc on retrouve cette idée fdtale que la pensée de Nietzschene peut se satsiifaire de l’nnonce. ce qui nous a amené à dire 4° qu’en est-il de la vieille histoire du monde. Il n’est pas suffisant de témoigner que D est lmort. ie un oui au fond même de la vie comme vie qui ne se laisse pas évaluer. qui était la nécessité du bris en 2 du monde et de l’affirmatoin comme telle. mais en assumant les 2 morts de la rupture. et que c’est cette histore qui va être brisée en 2 par la profération nietzschéenne. celle qui est en jeu dans l’acte. il est ce qui là finit mais dans le double sens d’achever qch. celle qu’il s’agitt de briser ? La vieille histoire du monde est l’histoire de la vlonté de néant. C’est en ce sens que nous l’avons déclaré archipolitique. Comment se détermine l’acte philosophique ? 3° nous avons dit. Il faut que la multiplicité égalitaire résulte de l’explosion du nihilisme car seule cette mult égalitaire se propose au oui affirmatif. ie d’établir la pensée dans la considération élémentaire.d ans la finitude. On peut dire de façon équivalente que l’histoire du vieux monde est l’histoire du nihilisme. que Nietzsche va interpréter comme l’être mort du sujet. devient le nom de tous les noms possibles. Nancy prend la chose dans un défilé plus étroit. ce Dieu qui n’est même plus en état d’énoncer son être car son être n’est rien d’autre que la mort est finalement l’exaspération dernière du cogito. pas celui qui va venir. Ou. c’est la sisir du point de vue de son acte. c’est le cadavre de la figure cartésienne de la philosophie. . 5° la nouvelle historie. sous ce nom là ce qui advient c’est l’être mort du Dieu. Nietzsche est plus qu’une preuve. à contetser que la figrue nietzschéenne de la paralysie de l’acte soit la présentation de l’essence mortelle du sujet. Thèse essentielle : le oui est un oui à l’inévaluable. troisièmement. Nietzsche sans doute est la pensée la plus radicalemnt contemporaine de la pensée de la révolutoin. cet acte c’est casser en 2 l’histoire du monde. L’inévaluable est exposé comme tel au oui dans l’élément de la rupture du nihilisme qui en dispose la multiplicité égalitaire. Nous l’avons assigné. cette autre voie de saisir la pensée de Nietzsche du point de ce qui a été appelé sa folie. C’est la thèse fondamentale de Nancy : ce que Nietzsche nous révèle. Et seule la rupture du nihilisme expose sous forme rompue la pure et égalitaire multiplicité. Et le nom générique de la domination des types de la volonté de néant. comme il le dira. de l’être mort de Dieu. nous à autre. de tous les noms de l’histoire. il est lui-même le Dieu mort qd il sombre. Cela il y aura matière à le contester. 2° nous nous avons dit : saisir la pensée de N du point de vue de la folie et non l’inverse.

On pourrait dire le nihilisme en tant que nihilisme de proie. C’est la transformation du lion en enfant. comme tout régime interprétant. C’est là qu’entre en scène la question de l’art. de dire un non radical. nous avons dit : c’est une figure équivoque. simplement nommer. La 2nde létamorphose met en jeu la bascule du maûtre de l’interprétation en figure de l’innocence affirmative. Cela est non interprétable. L’art au moins doit pouvoir présenter cette métamorphose. A la question qui est Zarathoustra. L’acte est si je puis dire infiniment ou indéfiniment préparé par l’interprétation généalogique du nihilisme. que par négation dialectique. Car être le lion du nihilisme c’est être la figure la plus violente du nihilisme. Non pas son archipolitique. Ou encore il y a une intelligibilité herméneutique de la métamorphose du chameau en lion. la rupture avec un régime du non. Ce n’est pas le monde d’autres valeurs. l’innocence et l’oubli. C’est toute la question de la 2nde métamorphose. On pourrait dire ceci : la . Mais entre celui que tout cela insupporte et qui ets le maître d el’interprétation furieuse du nihilisme chrétien. cela d’une certaine façon n’est qu’une énigme interne au nihilisme lui-même. C’est ça : la critique ne génère pas l’affirmation. L’interprétation paroxystique ne donne pas l’innocence affirmative. et le lion celui que tout cela insupporte. disponibles depuis les grecs et qui peuvent par csqt être réaffirmées. Le oui est précisément ce qui n’interprète pas. qui fasse avènement du oui. qui est un monde j’y insiste sans valeur. Tout au plus y trouverons nous sa pédagogie. il n’y a pas de négation. qui est cette explosion qui dispose le multiple égalitaire pour l’exposer à l’affirmation pure. c’est le monde de l’inévaluable. On dira aussi. ie de la génalogie sophistique du vieux monde. elle n’est pas comme telle prononcée sous une valeur. On peut imaginer ou composer la fogure du lion comme figure extrême ou extrémisme. mais sa politique. l’acte est effectivement lui préparé par l’interprétation généalogique du nihilisme. ie au nihilisme. C’est une énigme relative car c’est une énigme immanente. dont la puissance dionysiaque est non interprétative. Entre celui qui a la capacité interprétante. Et ce qui lui donne ultimement sens ets l’acte même où le oui dionysiaque est possible. faire capture de son énergie propre. sans qu’il s’agisse d’une double négation ? sans que l’avènement du oui soit simplement la négation du régime du non. voire sa propagande. Il est son propre précurseur en tant qu’il est un maître de l’interprétation et que l’interpétation elle-meme demeure interne à l’interprété. Donc la centration deernière de la question de N est celle de savoir comment le oui dionysiaque advient comme autre monde.Précisément comme elle est inévaluable. Ce n’est pas une énigme interprétative. et puis l’affirmation sainte. mais il n’y a pas d’intelligibilité herméneutique possible du lion en enfant. Deleuze a raison : la pensée de Nietzsche n’est pas dialectique mais a la dialectique comme adversaire : comment en venir au oui autrement que dans la figure de la négation de la négation ? Comment adveenir à l’aff de l’inévaluiableautreent qu’un rompant avec un 1er régime de la critique. L’enfant n’est pas la négation du lin alors que le lion est la négation du chameau. dont on sait qu’elle est elle-même le nihilisme extrême. poussée jusqu’à la possibilité de dire non. On peut le formuler abstraitement ainsi : comment nommer. 7° nous avons remarqué que l’acte. définition même de Zarathoustra. Mais l’acte ne réside pas dans l’interprétation. Nous avions dit : là gît en vérité tout le pb. La 1ère métamorphose est celle du chameau en lion. là est le cœur véritable de la question nietzschéenne. mais qu’il est la fin des interprétations. Donc on peut dire que l’acte va être préparé de l’intérieur du nihilisme par son interprétation généalogique qui est le nihilisme extrême. ie de celui qui supporte en celui qui a puissance d’interpréter. avec ce point très connu que puisqu’on est dans l’interprétation on est dans le nihilisme lui-même. autrement justement que dans l’élément de la négation. c’est là qu’elle doit être placée comme question radicale. et celui qui aurait la possibilité de dire oui. Le chameau est celui qui supporte. figrue équivique entre l’interprtation du nihilisme et le oui dionysiaque. C’est ici que vont être mobilisées les ressources de la sophistique. Cette équivoque est représentée par N dans la figure de celui qu iest son propre précurseur. posée aussi par Heidegger. On soutiendra même que le surhomme est l’homme du non interprétable. Comment advient-il ? Autremnt que par négation. Zarathoustra se meut de part en part dirabelemnt dans cette équivoque essentielle. l’homme si je peuis dire qui n’a plus besoin d’interpréter. C’est l’énigme même de l’acte. que le oui n’est pas une interprétation ou une nouvelle interprétation. c’est une variante. L’interprétation nietzschéenne du nihilisme est en effet extraite du nihilisme lui-même.

il est l’art dévoué à la présentation de la nomination des types. Si on essaie de ne pas s’engager trop dans l’interprétation. jeté dans la dialecticité non affirmative. Il ne faut pas s’y tromper : le gd art soit être pris de façon rigoureuse. que Carmen était plus grande que la Tétralogie. Il n’a pas de lacte une représenttaion directement esth. Nietzsche n’a jamais complètement renoncé à la 1ère thèse selon laquelle Wagner était le nom du grand art dans le siècle. Alors la question se pose à partir de là de savoir la : puisque le gd art. Wagner a nommé la responsabilité d’une dialectisation du gd art lui-même. y compris dans l’usage nazi de Nietzsche. C’est l’art qui est en état d’affirmer l’affirmation. que nomme Wagner. Seul l’art est capable de dire ce dont il s’agit dahnd l’affirmation. c’est que le pb de présenter l’aff autrement que comme négation de la négation est un pb qui requiert l’art dans sa didactique. incontestablement. Car c’est là qu’il y a le litige avec Wagner. autrement encore ue fois que comme résultante de l’etrémisme critique. Regardons . On pourrait dire aussi ceci : l’art c’est par excellece ce qui n’est pas dialectique. Il a constamment maintenu qu’il était ce qu’il y avait de plus grand. par son génie propre. Wagner est celui qui a théâtralisé le grand art. Pourquoi devient-elle une obsession ? Au point qu’il y consacre ses dernières forces. ou le plus éloigné d’affirmer l’affirmation. D’où les diatribes acharnées de Nietzsche contre le théâtre. donc je n’y entrerai pas. Le fond du procès est là. C’est l’art qui n’est pas embarassé dans sa propre dialectique. casser en 2 l’hist du monde) mais au moins l’art peut donner à penser la possibilité de l’affirmation. ce n’est pas une esthétique nouvelle ou un art nouveau. Elle est centrale en tat que ce qu’il s’agit de faire saisir. Il est même dans cet ordre propre. ie dans un régime soustrait à l’interprétation. ie ultimement avec le christianisme lui-même. Il est de part en part typologique. Il est archipolitique. Ce qu’il y a. non pas son réel (cela relève de l’effectivité de l’archi-politique. ie le nom du grand art. Il n’est pas juste de rendre Nietzsche responsable d’une vision esthétique de la politique.fonction de l’art c’est d’affirmer l’affirmation. L’art c’est la non dialecticité. Mais l’art au moins peut faire comprendre comment l’affirmation peut être autre chose que la négation de la négation. Il l’a immergé dans la théâtralisation dialectique. Ce n’est pas une révolution artistique. On pourrait dire que l’art ets non interprétant ou qu’il y a qch de non interprétant dans l’art. Et puis finalement. En un certain sens. Cette dialectisation du grand art a un nom chez lui : c’est la théâtralisation. Ça. Le théâtre n’est littéralement et de part en part que négation de la négation. à l’intérieur de la nomination… Mais la compromission dans la théâtralsiation. Nietzsche n’a jamais renoncé à énoncer que l’acte est archipolitique. ie en effet le nom par csqt de la possible dimension affirmative de l’art. Or le théâtre pour Nietzsche. L’acte n’est pas esthétique. la question de l’art est centrale dans une délimitation qu’il faut bien saisir. Il lui a reproché d’avoir dialectisé le grand art lui-même. Et Wagner a soumis à cette règle le gd art lui-même. C’est en ce sens que j’ai dit que l’art peut affirmer l’affiration. Il n’est pas l’affirmation elle-même. donc qch qui nous branche sur la présentation de l’affirmation. c’est l’art en tant que art non dialectique. L’art est convoqué ici en tant qu’il a pusisance d’affirmer l’affirmation. Il est certain que Wagner a à un moment donné nommé cela pour Nietzsche. de quoi est-il le nom. est un coup terrible quant à la plausibilité de l’acte. Il n’a jamais dit que Bizet était plus grand. L’alliance avec Wagner était décisive dans la stratégie de N pendant toute une période. c’est la possibilité de l’affirmation. ça ne veut pas dire que c’est lui qui est ou rend effective l’affirmation. Le registre des explications psychanalytiques est ouvert à satiété. ou dans l’interprétation infini. mais il y a aussi un élément non interprétant. dont W est resté l’emblème. C’est une historie qui met en cause la possibilité même de l’acte. Mais on peut suivre dans ce labyrinthe un fil d’Ariane : il y a de l’interprétation dans l’art. c’est l’art dialectique par excellence. artistiquement extrémiste. de donner à l apensée. Là-dessus les textes sont labyrinthiques. le nom du retour du grand art. de l’avoir trempé ou détrempé dans la dialectique. Par conséquent. c’est absolument vrai et absolument inutile. car elle attestait qu’il y avait la ressource affirmative du retour du gd art. ie la capacité de se brancher sur l’aff autreet que dans la modalité de la négation de la négation. C’est ce qui s’exprime avec une terrible acuité dès le passage du Zarathoustra sur l’enchanteur. Moi je dirais : Wagner a été d’abord pour Nietzsche. C’est par excellence le paradigme de l’art non affirmatif. quels peuvent être les appuis artistiques de l’art ? c’est pour ça qu’il y a une crise terrible autour de Wagner. en essayant d’éviter de répondre tout de suite qu’il a été le nom du père.

remarquez comme il est traité ici : Zarathoustra est sombre. mais ça fait plaisir à Nietzsche de lui fzaire dire dans Zarathoustra ! Ce drame de la discussion avec le vieil enchanteur. Il faut comprendre. je vous le donne ici. Cela te fait honneur. et Zarathoustra lui donne acte de ce qu’il a dit « je ne suis pas grand ». En cela je t’honore. en langue allemande. Il a été le sorcier de lui-même. si ce n’est pas dans la guise du grand art ? Il y a des pistes. La conscience nietzschéenne que finalement l’art wagnérien est la dialectisation du grand art. que l’esprit de pesanteur c’est le contraire du débris d’étoile. il a jeté un maléfice sur ce dont il état par ailleur l’emblème. ce que je respecte en toi. La thèe c’est que legd art. ie l’idée d’une rupture inouïe dans la langue. une langue soustrait à la dialecticité. J’en suis brisé. comme figrue emblématique de l’art non théâtral ou non dialectique. dit Z d’un air sombre.quelques passages de ce dialogue entre Zarathoustra et l’enchanteur. . si on le rattache aux considérations ontologiques. Il est le magicien qui finit par tourner contre soi même son esprit. c’est que tu t’es lassé de toi-même et que tu as déclaré je ne suis pas grand. histrionisé devient en réalité le simulacre de lui-même. de sa pensée ? C’est notre question : quelle puissance de l’art peut être convoquée qui au moins affirmera l’affirmation ? C’est que la danse s’oppose au grand ennemi de ZarathoustraNietzsche. ce n’est pas une affirmation orgueilleuse de Zarathoustra face à l’enchanteur défait dans artifice. J’ai voulu agir en gd homme et j’ai séduit bcp de gens mais c’était un mensonge au dessus de mes forces. comme on avait vu (là encore métaphore aérienne). quand Nietzsche parle de l’esprit de pesanteur.et puis. qui est une piste à la fois conjointe et alternative au poème. Sur cette question de Nietzsche et de la danse. son renoncement. ça m’étonnerait que Wagner l’ai dit. que c’est ce qui interdit l’affirmation. se congèle au contacte de sa mauvaise science. C’est ce qui paralyse la possibilité aériennne de l’affirmation. l’homme qui. l’a laissé désemparé. Je ne suis pas gd à quoi bon feindre mais tu le sais je cherche la grandeur. Que dire de ce texte compliqué ? Wagner a attesté le retour du gd art. et c’est un 2nd thème important. cela te fait honneur mais aussi cela te trahit.il y a la question du poème. allemand. il lui a jeté un sort. théâtralisé. il est lui-même défait en partie. il est allé cherché du côté de la danse. Ce n’est pas seulement ce qui est lourdaud. sorcier. une langue allemande redevenue caoable d’affirlation. ce faisant il a corrompu et perdu la gdeur dont il était le nom et l’emblème. en cela tu es bien le pénitent de l’esprit. e que tu as de meilleur en toi. Il est constamment traité d’enchanteur. la piste du poème comme figure nâtive de la présentation de l’acte. j’ai le dégoût de mes artifcies. il était le gd art et l’a enchenté de manière immanente. il a été dans la recherche de la grandeur. baisse les yeux. ne fut ce que le temps d’un souffle ou d’un clin d’œil. Voilà ce que dit Wagner à Zarathoustra : « O Zarathousra je suis là de tout cela. La discussion est très étrange. O Zarathoustra Tout est mensonge en moi mais j’en suis brisé c’est la seul vérité qui reste en moi. s’étant transformé intérieurement. abaissant et détournant le regard. tu n’es pas grand. . Il y a qch d’atteint et de défait dans Zarathoustra même. Il chante un chant et Zarathoustra lui donne du bâton. son extrémisme nihlisme effectué. La question était : pourquoi la danse vient-elle à Nietzsche comme métaphore obligé de la pensée. se demnade s’il n’est pas en train de rencontrer un gd homme. comment l’affirmatioin va-t-elle être affirmée. rusé… il a enchanté le gd art. essentiellement. C’est ce qui colle au type. authentiquement. La danse. L’enchanteur c’est Wagner. Chercher la grandeur. Ce n’est pas un mince travail C’est la 1ère piste. de sa mauvaise consciene. . car elles inscrivent ou mettent la dans dans un réseau métaphorique dense. Vieil enchanteur sinisitre. des recherches sur ce point. à la typologie. On peut dire. Un instant tu as été vrai ». Nietzsche oppose son allemand à sa dialectivité nâtive. c’est avant tout l’image d’une pensée soustraite à tout esprit de pesanteur. lui qui était le grand art. Je disais qu’il est important de repérer les autres images de soustraction. ennemi qu’il désigne comme l’esprit de pesanteur. Et puis il a injecté là dedans le mensonge et l’artifice. ce qui fait qu’on est astreint au type généralement réactif auquel on est assigné. Zarathoustra le rencontre. j’ai prononcé un texte. s’il est dialectisé. Donc W en théâtralisant la gde musique a installé dans l’art même l’artifice et le mensonge. sur la question suivante : comment présenter l’affirmation.

l’envol. Il faudrait imaginer comme une sorte de bond de danseur dans la trajectoire duquel la pusisance du bon c’est le lion mais la grace aérienne suspendue de la chsoe même c’est linnnocence. notre énigme essentielle. Mais il faut comprendre que cette série. Elel est comme un cercle dans l’espace. La danse c’est ce qui fait venir l’oiseau intérieur au corps. commenceement nouveau. l’enfant. Zarathoustra dit qu’ « il a des pieds de danseur enragé ». Comme l’enfant la danse est oubli car c’es un corps qu ioublie son astreinte ou son poids. c’est un nom nouveau donné à la terre. « celui qui apprendre à voler donnera à la terre un nom nouveau. que terre et air passent l’un dans l’autre. C’est aussi pour ça que la danse va être présentation de la 2nde métamorphose. c’est l’air qui vient nommer l’énigme de la dernière métamorphose. Ou encore elle suppose le souffle ou la respiration de la terre. Le corps dansant est en état de jailir hors du sol mais aussi hors de luimême. de tout sérieux. 3ème métamorphose après le chameau et le lion. La danse. mais qui se dessine. On pourrait dire : cette série est un peu trop innocente. Il y a aussi bien entendu l’enfant. oiseau et envol est aussi tout ce que désigne l’enfant. Z dira : « c’est parce que je hais l’esprit de pesanteur que je tiens de l’oiseau ». Nietzsche parlera aussi des fontaines. Elle donndrait de Nietzsche une image où l’innocence est gagée par une surabondance de métaphores. La danse est ce qui met en absence le corps honteux. C’est le lion qui affirme l’enfant. nous le savons. mais en dissolution d’une attraction et qu itransite apr elle. On peut dire que l’acte est la traversée en puissante d’une série métaphorique d’innoncence. Tout ça est lié à la . si bien que métamorphose n’est pas exactement le bon mot. mais au sens où fût ce le temps d’un éclair elle est comme si l’attraction était dissoute. C’est pour ces raisons que la pensée nietzschéenne va trouver sa métaphore dans la danse. le corps d’avant le poids du corps. laquelle va récapitulerla série de l’oiseau. Et jeu : elle libère le corps de toute mimique sociale. ais l’enfant aussi : chaque geste ou tracé de la danse doit se présenter non pas comme une csq ou un effet mécanique. La danse est innocence car c’est le corps d’avant le corps. il y a la question d’une permutation de position entre air et terre. c’est l’enfant. C’est au fond le pb même de la présentation de l’acte. L’enfant. cette question de la figuration de l’affirmation conduit à une métaphorique de l’élément aérien. elle n’est pas négation de la négation. Nietzsche dit de l’enfant : roue qui se meut d’elle-même . Il l’appellera la légère ». Dans la danse. Cest le moment où une verticalité dissout une attraction. c’ets aussi une définition possible de la danse. Sous la question de la transformation du lion en enfant. Non pas au sens où elle la nie de façon visible. un cercle qui n’est pas dessiné de l’extéireu. et puis affirmation simple. La danse est à la fois un des termes de la série et en même temps la traversée violente de cette série. La 2nde métamorphose se danse. on a qch comme la traversée en puissance de l’innocence. Nietzsche la donne comme traversée par la danse dans son lien à une puissance et à une rage. On pourrait dire que la définition nietzschéenne de la danse ce serait ça : la dabse. la fontaine. dans la même ligne d’images : « mon âme est comme une fontaine jaillissante ». Et l’enfant est 1er mobile. c’est ce qui aère la terre ou permet de penser la terre comme dotée d’une constante aératoin. ie le corps honteux. Car la question centrale de la danse est le rapport entre verticalité et attraction. car c’est lui qui en quelque manière le traverse en puissance. Il y a plus généralement l’image de l’envol.Il y a l’oiseau. c’est un corps oublieux de lui-même. la danse l’est aussi car la danse peut-on dire c’est ce qui absente radieusement le corps négatif. Mais ce n’est pas représentatible autrement que dans une captation artistique dont la danse est l’emblème. mais comme un cercle qui est là lui-même son prorpe principe. La danse est aussi un commencement nouveau : le geste dansant doit toujours être comme s’il onventait son prorpe commencement. La danse au fond maninfeste ce possible qui est le possible de l’affirmation que terre et air échangent leur position. C’est pour ça que la danse en est une métaphore pertinente. de toute convenance. Je crois que finalement Bachelard l’a bien vu dans l’interprétation de la poétique de Nietzsche. C’est le point. mais comme source de la mobilité . l’air impalpable. est innocence et oubli. Z dit . La danse est ce qui autorise qu’on nomme aérienne la terre elle-même. Il y a une connexion métaphorique essentielle entre danse et oiseau. un peu mièvre finalement. Dans la disposition des éléments. elle est figurée dans le bondissement de la danse. Le corps dansant est un corps vertical de ce point de vue là.

On sait bien que à l’extrême de sa tension vers sa propre hauteur. avec les bonnes jambes nécessaires. il y a le midi du oui dionysiaque. C’est le contraire du corps dansant. ie je le rappelle donner la visbilité de la pensée comme intensification pure. Il faut comprendre comment la danse est convoquée comme spectacle si je puis dire ou visibilité de la pensée comme intensification. C’est le corps silencieux. elle est effective sur place. c’est l’allemand. ie comme gymnastique réglée. Au fond. elle est le mouvement de sa propre intensité pourrait on dire. horizontal et sonore. Le midi c’est quand le soleil est au zénith. ie un corps qui serait à la fois capable et soumis. une vision tyrannique de la danse. Pour Nietzsche. contrairement aux typologies réactives. ceci impose une certaine vision de la danse. ie comme corps souple obéissant à une configuration prescrite. c’est le militaire. Nietzsche voit dans la danse le thème du mobilité qui serait rattachée à elle-même. Qu’il soit capable. Il peut y avoir ue vision de la danse. où c’est cela qui doit être affirmé. la danse communique avec le midi. lui inflige. De l’obéissance et des bonnes jambes. comme si elle était l’expansion de son centre. dont la danse est une espèce d’allégorie terrestre. elle est ce qui s’intensifie sur soi-même. en dépit des apparences c’est un corps horizontal. et audelà de ça par csqt nous donner fugitivement la pédagogie du oui. Le défilé. l’intensification dansante du lion. il a un nom. au défaut du gd art dont Wagner est l’emblème corrompu. D’ailleurs. Bien sûr. C’est le corps comme visibilité d’une intensification immanente. ce n’est pas du tout la danse. ce que soit la musique soit le chorégraphe lui impose. c’est le corps vertical. la pensée tendue vers sa propre hauteur. c’est le corps sur pointes. ie qui pique le sol comme si c’était un nuage. C’est intéressant car c’est les 2 cas où on a des corps qui exécutent qch sous l’horizon d’un rythme musical ou militaire. pas de la cadence frappée. c’est le défilé militaire. Mais c’est une définition possible du dzanseur. après tout. y comprisà une configuration prescrite par la musique. La danse n’est pas du tout un corps obéissant et musclé. Il faudrait aussi pouvoir comprendre que l’enfant c’est une intensification du lion. de la cadence frappée. Pour comprendre la pensée de la danse. c’est le corps aligné et martelant. Au fond on pourrait dire que la danse nous transmet visiblement la pensée comme figure immanente. Il y a une interprétation élémentaire. ie qui se meut sans se détacher de son propre centre. il faut comprendre qu’elle a pour exact contraire le rapport au corps qui se manifeste dans le défilé militaire. On avait dit la définition de l’allemand : de l’obéissance et de bonnes jambes. Et c’est en ce point où la pensée doit être purement donnée comme mouvement de sa propre intensité. dans la figrue du corps. en particulier Nietzsche s’oppose à toute vision de la danse comme contrainte extérieure. Le corps dansant est le corps qui échange intérieurement l’air et la terre. le mauvais allemand. L’allemand. On pourrait donner une définition de la danse : la danse. qui exige du danseur de l’obéissance et de bonnes jambes. pas un corps vertical. aussi. Alors que la danse c’est le corps aérien et rompu.conviction de Nietzsche que la pensée est une intensification. bient plutôt que sa négation. Le défilé c’est le corps prescrit par le tonnerre de sa propre frappe. ce contraire de la danse qu’est ce corps capable et soumis. c’est là que l’image de la danse est naturelle. c’est le corps dédié au zénith. Si on entre profondément dans les raisons de ce soulignement de la danse. à son propre zénith. rappelons le cest essentiel. ie la pédagogie du règne de l’affirmatoin pure. Finalement la danse indique pour Nietzsche la pensée verticale. la pensée ne s’effectue pas ailleurs que là où elle se donne. Evidemment une telle image de la danse ne correspond au propos auquel on la destine ici. qui est que la danse correspond à l’idée de N de la pensée comme devenir… . Une mobilité qui se déplie elle-même. Ce n’est pasle corps martelant.

telle que N ici la pense. Il faut concevoir un bris du monde dans une figure distincte de la théâtralité. mais comprenons bien que modernité est ici un signifiant univoque. La modernité. L’ART) Nous avions en quelque manière laissé Nietzsche dans la chicane suivante concernant l’art. qui doit casser en 2 l’histoire du monde. Il est celui qui dans le siècle reformule. ou repropose le thème du gd art. L’essence de la modernité est d’être une maladie de la pensée. ce qu’il veut. Contre cela. le mépris outrageant que lui vaut aujourd’hui du fond du cœur l’artiste… ". Le grand art. il est essentiel que ce ne soit pas un acte théâtral. . Ou encore la modernité est ce dont il faut guérir. à la lumière duquel il faut réeaminer la corrélation fondatrice entre art et acte philosophique. Donc d’un côté W résume la modernité. c’est le processus de la dialectisation théâtrale de l’art. elle n’habite plus le lieu de sa puissance. une guérison de la modernité. On peut donc dire aussi que la modernité c’est l’impossibilité du grand art. Le geste archi politique est le geste à travers lequel la pensée sort de scène. C’est ce qui fait l’importance du cas Wagner. qui est à la fois un syptôme et un pb. pour l’acte. le versant négatif de la question de l’art est celle de la sortie de scène. par voie de csq. C’est ce qu’il entend en soulignant le caractère silencieux de l’événement véritable . dans le silence de sa cassure. qu’est-ce que c’est ? Le grand art eh bien c’est l’art non histrion. seulement s’il est ce que N appellera le grand art ou l’art de grand style. 3° Nietzsche se persuade progressivement et à la fin de sa vie furieusement que W n’est pas la grandeur. la coupure dont il est l’instigateur est une coupure avec la modernité. C’est en ce sens que le cas Wagner est exemplaire : il atteste ou figure l’impossibilité du grand art. Ou plus précisément que la liaison entre l’acte philosophique et la figure de puissance du grand art doit être réexaminée à la lumière précisément de l’imposture wagnérienne enfin découverte. et il reformule le pb de la relation entre art et acte philosophque. étant entendu pour faire court que grand art ou grand style désigne un art commensurable aux origines grecques.NOUVEAU COURS (BADIOU. Le Cas W est sous-titré : un pb pour musicien. La révolution est sur la scène de l’histoire dans une posture théâtrale. contrairement à la révolution. mais elle est en sortie de scène. Nietzsche propose une explosion non théâtrale (// explosif non chrétien). de la mise à mort de la soumission de l’art à la théâtralité ou à l’histrionisme. On dira aussi sur la question propre de l’art que la modernité se définit comme « la transformation générale de l’art dans le sens de l’histrionisme ». que le projet wagnérien. Il doit abolir la théâtralité. 2nd énoncé : « Wagner n’est qu’une de mes maladies ». 2° Wagner est le contemporain de Nietzsche qui aux yeux de Nietzsche est le détenteur unique d’un projet de grand art. Dans le N terminal. On peut la résumer ainsi : 1° l’art a la puissance requise pour la coupure archipolitique. Il y a dans la révolution politique qch de l’ordre de l’histrionisme. le geste fdtal. On a vu souvent dans N un prophète de la modernité. NIETZSCHE. que l’opéra wagnérien ne réalisent pas avec le grand art mais plutôt son imitation théâtrale. Il résulte de cela que le destin et la fonction de l’art s’obscurcissent. cf N contre W : "j’ai pour le théâtre. On peut reprendre cette tension ou ce pb à la lumière de 2 énoncés de Nieztsche. l’art de masse par excellence. il ne doit rien devoir au théâtre. Au reste. Il faut bien entendre au sens où ce n’est pas simplement un pb pour musicien. et de l’autre W n’est qu’une de mes maladies. rien n’y fait. Cela indique un point lié : l’acte archipolitique. il faut commencer par être wagnérien ». Donc en dernier ressort il y a une imposture wagnérienne de la question de l’art qui est de présenter un simulacre sous le thème du gd art. rompre avec elle. C’est la raison pour laquelle il emploie cette expression : i ly a un Cas Wagner. de façon contraposée. se présente elle-même maladie. une sortie de la mdernité. Le cas W est un pb. mais c’est un pb tout court. En un certain sens ce que N annonce. tous 2 présents dans le Cas W : 1er énoncé : « Wagner résume la modernité. ie l’art non théâtral. De tsq la modernité.

C’est une création du vouloir. de la vitalité comme telle. La thèse fondamentale de la NT est la thèse suivante : la tragédie ne relève pas du théâtre. ie cette conjonction miraculeuse. "Les 2 divinités protectrices de l’art. ie comment s’exerce là la puissance inévaluable de la vie. L’impératif de rupture avec la modernité est d’en finir d’une certaine façon avec la théâtralité. la théâtralité va être ce qui corrompt le grand art. c’est la tragédie comme telle. et en régime normal il y a disjonction. C’est un des points où N n’a pas varié. Le mythe. Ces 2 instincts marchent côté à côté. Rêve et Ivresse sont des attributs préartistiques ou transartistiques. grande difficulté de ce point. la tragédie reste le grand art. ce sont des attributs de la nature elle-même. Pour autant que sa pensée est tragique. mais au prix de la non théâtralité de la tragédie. pour autant qu’il surgit de la musique : donc appariement mythe / musique sous juridiction de la musique. et c’est la corruption de la tragédie. ie soustraction à la théâtralité. que sont Eschyle de façon essentielle et Sophocle de façon subséquente. la tragédie est l’appariement d’Apollon et de Dionysos sous la juridiction de Dionysos. jusqu’à ce qu’enfin ils apparaissent unis". Or la tragédie n’est-elle pas fondatrice du théâtre ? Ce point est crucial. une oblitération de son essence. N identifie la tragédie comme appariement de la musique et du mythe. . que N appelle "miracle métaphysique". Il y a amphibologie du théâtre : figure à travers quoi le grand art est devenu impossible. Il y a tragédie quand il y a conjonction réglée et rigoureuse de la musique et du mythe. L’existence miraculeuse de ce miracle. Ceci nous amène à examiner les thèses 1ère de N sur la tragédie et sur le tragique dans NT. Ce n’est pas une résolution dialectique. la tragédie est l’appariement de la musique et du mythe. Ce qui est déterminant est l’esthétique de la tragédie comme conjonction de la musique et du mythe. expression typiquement wagnérienne. d’un point de vue ontologique. A et D. et pas par les grands tragiques. dans la tragédie. mais le paradigme du grand art se trouve dans la tragédie grecque dont on peut soupçonner qu’elle est instauratrice du théâtrale. le grand art et le tragique comme détermination de la pensée et de l’acte archipolitique. en termes de figures (grand noms propres). c’est une mise en tension immanente.figuralement. Pour comprendre il faut se demander ce qu’est la tragédie. nous possédons le mythe tragique à nouveau ressurgi du génie de la musique". Comment le théâtre peut-il être à la fois le stigmate de la modernité et la matrice du grand art ? Comment peut-il être ce qui interdit le grand art dans l cas W et ce qui par ailleurs a donné figure au thème du grand art ? Contradiction apparente. c’est lisible dans l’expression drame musical. son essence est en exception de toute théâtralité. "dans la tragédie. le tragique ne relève pas de la tragédie au sens théâtral. L’art est distribué sous 2 noms et non pas un seul : il y a 2 divinités tutélaires de la puissance artistiques. sous juridiction de la musique comme abri et création du mythe.esthétiquement.Le problème sur lequel on tombe est celui-là : la matrice originaire du grand art est la tragédie. Le principe qui est sous le nom de D et celui qui est sous le nom d’A. une unité des contraires. ce qui a été voulu c’est cette conjonction. sont mis en tension immanente et cette tension constitue la tragédie comme telle. Euripide l’invente. Ce qui caractérise la tragédie est de les conjoindre. il y a qch en deçà de quoi l’explication ne remontre pas. C’est pourquoi N appellera volontiers la tragédie le drame musical. en dépit du paradoxe spécifié. "il s’agit d’énergies d’art qui jaillissent directement de la nature sans . Il se réfère de façon permanente à la tragédie grecque comme matrice ou figure 1ère du grand art. Le paradoxe va être levé dès lors que théâtre va être absous de son ambiguïté. nous suggèrent que dans le monde grec il existe un contraste dans l’origine et les fins entre l’art du sculpteur et l’art de dionysos. et son modèle 1er. on a la plus puissante continuité dans la pensée de N. Il y a disjonction entre tragédie et théâtre. Le théâtre a été créé par Euripide. On peut donc dire que l’acte archi politique a une connotation tragique en même temps qu’on soutiendra qu’il est sortie de scène. Ce point est essentiel pour pénétrer le thème du grand art. s’excitant mutuellement afin de perpétuer ce conflit des contraires que recouvre ce nom d’art. La tragédie est l’appariement du rêve et de l’ivresse. . Sur cette question du théâtre. De façon ordonnée : .vitalement. On peut même aller jusqu’à dire que la tragédie grecque est grand art car elle n’est pas théâtre. elle n’est pas théâtre.

a accompli son "suicide". que fait E ? . c’est la manifestation de l’énergie artiste de la nature. La sculpture prodigue dans son élan la possibilité de l’apparaître solaire comme autosuffisant . le musicien dionysiaque. Pas de scène. l’apparence reposant en elle-même dans le calme de sa vision. et du musicien (ivresse) de l’autre. l’image = sculpture. Il n’y a là que de l’image. sans fond dérobé. N appelle le philosophe le criminel des criminels. représentation qui touche à l’essence de la tragédie. la façon dont la terre prodigue de façon immanente ses dons. c’est le rêve tel que donné dans l’œuvre. c’est son rayonnement solaire son autosuffisance. mais donné ou transi par l’intensification musicale. Chant. La tragédie. ou subordonnée au voilement de l’essence. sans faire appel aux images. Qu’est-ce qu’Euripide ? Le procès d’Euripide est une anticipation du procès de W par la suite. Le système des arguments qui destituent W sont ceux qui identifient E comme destituant le grand art. . la tragédie est le conjointement d’énergies d’art prodiguées par la nature. Elle s’est sacrifiée elle-même à autre chose qu’ellemême. E est le criminel. et qui n’est pas dans le discrédit d’elle-même comme image mais se prodigue au contraire sereinement comme image. c’est la terre "offrant elle-même ses dons". Ce qui utilise pas d’image = musique. cela est dans la sculpture : c’est la dimension du rêve ainsi conçu. Le rêve est ce qui délivre l’apparaître comme apparaître.génériquement. C’est l’apparence comme apparence. miracle métaphysique. . ce qui éclôt dans la gloire solaire de son apparaître. Le rêve. E est une dislocation socratique de la tragédie. d’une certaine manière. c’est l’offert. L’image est sous la loi de la non image. L’ivresse. abolition de l’individuation. ie de l’apollinien et du dionysiaque. La tragédie est le moment où dans le flux des images. En tant que simultanéité du rêve et de l’ivresse. dans le mouvement de l’offrande. "le criminel Euripide". non en tant que dégradé du faux qui apparaît. s’identifie à la douleur ellemême… ". C’est le moment d’équilibre miraculeux.l’intermédiaire de l’artiste humain". La tragédie va être le conjointement du rêve et de l’ivresse. à concevoir non dans la figure des philo de la connaissance où l’apparence renvoie à ce qui n’est pas elle et vient à l’apparence. dans la totalisation immédiate du vital comme tel. La tragédie est la contemplation de l’image sous la règle de l’absence de toute image. c’est la figure ou la vision de l’apparaître. la tragédie c’est l’appariement du sculpteur et du rhapsode (le rêve) d’un coté. ou encore où l’image n’est que le transit de la non image. C’est l’offrande de la terre prise dans son mouvement créateur ? C’est ce qui n’est pas individué (le rêve propose l’individuation de l’apparence. Le rêve est parcouru par une désimagination intense. transi. ce qui capte l’offrande. c’est donc le pur mouvement d’offrande de ce qu’i y a. parcouru. danse. Ici. Elle n’est représentation que par accident. le rêve investi par l’ivresse. le mouvement sans image passe. mais en tant que l’image est l’offert comme offrande. le chant. Ça donne la définition du grand art. qch de sereinement détaché). "l’artiste plastique et le poète épique qui lui est proche se plongent dans la contemplation pure des images. la règle profonde de l’image (sculpture) est d’être sous la juridiction de ce qui n’utilise aucune image (musique). c’est l’offert comme offrande. l’évoque ou le convoque. et l’acteur de ce sacrifice en tous les sens a été Euripide. Du point de vue de l’essence de la tragédie. acteur. C’est ce qui est en tant qu’il est. Par csqt. Rien dans cela n’est théâtre. Musique désigne génériquement comme la danse. Le théâtre est une création d’Euripide aux yeux de N. ie il subordonne l’art à la philosophie (telle est l’essence de son crime). ne l’invoque. la gloire autosuffisante de l’apparence. musique. l’imagerie des dieux. désimagé dans la musique. Le grand art est la désimagination de l’image. C’est une énergie vitale. elle est oblitération de l’image dans le mouvement de sa propre intensité. On peut dire que la tragédie est cet art où la représentation est en fait sous la loi de l’irreprésentable. Disons le mythe des dieux. c’est la naissance criminelle du théâtre qui est rature ou oblitération de la tragédie. Dans l’ivresse. c’est la nécessité heureuse de l’image qui se sait image. la sculpture est l’œuvre-rêve ou le rêve investi dans la figure de l’oeuvre qui ne découvre rien d’autre que son apparaître. "la vision contemplée et comprise". Il prétend soumettre le mythe non plus à la musique mais au discours. il a sacrifié la tragédie. où la capacité est de délivrer l’offert comme offrande.esthétiquement. le mode où l’irreprésentable est en transit dans la représentation. caché.

La philo est coprésente ua théâtre. voire d’éradiquer par cette soumission même la figure de D. N a conscience d’une coappartenance originaire du théâtre et de la philo. ie au sens où une opération ontologique opération est redevenue au moins possible. La situation de l’Allemagne est Euripidienne : interruption de la conjonction entre mythe fondateur et musique dionysiaque. Il a été d’abord perçu par Nietzsche comme celui qui allait instituer pour les Allemands l’équivalent de ce que la tragédie a été pour les Grecs. effacé. va être pour l’Allemagne ce que Eschyle et la tragédie a été pour les Grecs. mais la soumission du mythe au discours.figuralement. La création du théâtre s’inscrit fallacieusement dans la généalogie tragique (le 3ème tragique). la décadence de l’une entraîne la décadence de l’autre. mais aussi. Alors Wagner : comment Nietzsche l’a-t-il perçu ? Il se proposait de recéer les mythes sous la juridiction de la musique. l’appariement de la musique et du mythe. et ceci est connexe au mode propre sous lequel la philo se soumet l’art. Il y a une responsabilité de la philo dans la théâtralisation de la tragédie. étant donné leur étroite parenté. Pas de la tragédie et de la philo. sous condition ou au regard du paradigme de la science. Il y a un nouage originaire entre les 2. cf Naissance de la Tragédie : « ainsi donc pour rendre justice au don dionysiaque d’un peuple. selon un vieux thème qui remonte à Hölderlin. Ce qui nous indiquerait que en réalité il y a un élément de théâtralité dans la philo. saisie autrement que du autre biais généalogique et critique. mais effectue son oblitération dans l’élément dominant de la philo. car son propos est de recréer le mythe sous l’abri de la musique. c’est un simulacre de mythe. dans les catégories de Nietzsche. Et si l’acte est l’effectuation de cette possibilité nouvelle. le projet d’E est de renverser le rapport entre D et A. c’est la destruction de la poésie « Euripide penseur et non poète ». Point de vue intéressant sur la philo et sur le théâtre. Coappartenance originaire. Ce qui est mis en place dans cette oblitération. car il va doter le peuple allemand de la figure du gd art en tant que réconciliation du mythe et la musique. ie dans sa fin. C’est pourquoi esthétiquement E ne nomme plus la tragédie. mais du théâtre. E est le la patron de cette oblitération. Celui qui.. est constitutif de la philo. La philo s’origine de la fin de la puissance du mythe. Ou encore. …au sens de la conjonction du rêve et de l’ivrsse. « Mais il y a des symptômes . Parenthèse : la destruction du mythe. Voulant renverser le couplage dans la domination d’A. Le théâtre est exemplairement l’art qui atteste la figure de soumission de l’art à la philo. il est celui qui est homogène à la destruction du mythe par la science. . Wagner est ce qui annonce l’Allemagne comme nouvelle Grèce. La 1ère perception est celle de héros de l’acte archi politique lui-même. de l’enracinement mythique de la pensée. il n’est plus là. On peut donc dire en effet que Euripide va créer le théâtre dans la figure d’une oblitération de la tragédie par la philo. « éliminer de la tragédie sa tension primitive. et E est celui qui théâtralise cette destruction du biais propre par lequel il soumet l’allusion au mythe ou le mythe lui-même à la logique discursive au lieu de le capter dans ‘intensification et l’ivresse de la musique. Thèse essentielle de N : la science a détruit le mythe à partir de S et de Platon. L’essence de l’exil dont E est l’instrument et l’artiste. « la science a détruit le mythe et cette destruction a expulsé la poésie de sa patrie idéale pour en faire désormais une exilée » Allusion au bannissement par Platon du poète de la cité idéale. Le théâtre est l’oubli de la tragédie (l’oubli de l’être !). de mettre leur conjointement sous la loi d’Apollon. de réapproprier intégralement la tragédie à A. et à travers cela le passage à un mythe simulé ou masqué sous juridiction de la philo. C’est ce que dit N : « la pensée philo domine l’art et l’oblige à se cramponner au tronc de la dialectique ». Le mythe est simulé et effacé. constitutif. Ces griefs sont repris contre Wagner par la suite. Dans l’Allemagne d’aujourd’hui : nature ennemie de l’art et de la vie de l’optimisme socratique ». du rêve et l’ivresse. il est le tragique contemporain de la philo. voilà l’intention d’E ». si vous voulez. il élimine les 2. C’était son propos explicite.ultimement. le mythe et le musique. il ne peut être apollinien. comme celui qui atteste que l’Allemagne va être à la hauteur de la Grèce. Si E est la théâtralisation de ce geste. il est absolument central dans le dispositif nietzschéen. sous l’abri de l’ivresse musicale. et le théâtre coprésent à la philo. Wagner est perçu par Nietzsche au départ comme l’attestation du retour du grand art. mais saisi du biais de l’affirmation. Il n’y a pu y avoir de philo qu’au prix de la fin de la prégnance du mythe.

Wagner dont on imaginait qu’il pouvait être Eschyle est en réalité Euripide. Il lui substitue la maxime "casser en 2 l’histoire du monde". Il déclare qu’il y a un ou des symptômes. Wagner a besoin de Nietzsche. elle tuera le dragon. le dispositif s’effondre. Mais Wagner a laissé entendre qu’il se suffisait à lui-même. disparu. car le retour du grand art exige la philo de ce retour. et pas en effectuation de cette possibilité. Ce qu’on croyait être la guérison est la maladie.Nietzsche va découvrir que le site de l’archi politique ne peut pas être l’Allemagne. Ce n’est pas encore le cas. Il n’est pas caractérisé comme théâtre. possible. Elle n’est pas l’abri. Il déclare seulement qu’il y a là une promesse. Wagner est au bord de possibilité. et Wagner a pensé que ce dont il était capable. Si elle revient la tragédie ne reviendra vraiment que dans la logique de la puissance de son retour . c’est un accomplissement. qu’il soit pénétré de la propre essence de son acte. L’essence de la musique n’est pas de l’ordre de la césure. a donné lieu à des querelles : Nietzsche ne conçoit pas que le retour puisse se faire sans son appui. Récapitulant cela. Sa musique est dissociante. s’effectue. De la Naissance au Cas Wagner. L’Allemagne devient une cible. Nietzsche ne soutient pas exactement que la création musicale de Wagner effectue la réappropriation. Le retour n’est pas la répétition.Nietzsche découvre que l’art de Wagner est en deçà de toute rupture. Il faudrait faire l’histoire de leurs rapports : N s’est présenté comme celui qui allait énoncer son destin (il a à être l’Eschyle de l’Allemagne). Dans l’Origine de la Tragédie. il fallait que l’innocence soit nommée pour advenir dans son retour.Nietzsche va découvrir que la musique de W n’institue pas de mythe. il est le geste archi politique lui-même. Pas d’universalité. et il doit nous faire espérer… la pire douleur. Il va réapproprier l’Allemagne à elle-même. la maladie dans sa santé. du rêve et de . W est la maladie à son comble . 5ème point : Wagner peut être ponctuellement identifié comme l’Eschyle de l’Allemagne. A partir de cette faille. gardons de croire que l’âme allemande… un jour elle s’éveillera. c’est l’archi politique elle-même. 4ème point : N ne parle pas du grand art comme étant effectivement revenu. Le mythe dionysiaque est dans le régime du symptôme consolant. . de ce que le mythe porte de dionysiaque. Le fond inévaluable est aboli. est l’Allemagne. car elle inclut Nietzsche non comme artiste au sens de Wagner. mais un effondrement du dispositif de pensée. La grandeur de W est uniquement dans le détail. mais le conjointement de la musique et du mythe sous la juridiction de la musique. Je vais faire 5 ponctuations : 1er point : la détermination de l’opéra wagnérien comme mythe dionysiaque. réveiller son âme endormie. il n’y aura pas la même innocence. pas de rompre. En réalité N montre qu’il n’y a là qu’une promesse. ce n’est pas casser en 2 l’histoire du monde mais de casser en 2 l’histoire de l’Allemagne. Donc question complexe que le retour du grand art. nous possédons le mythe tragique. 2nd point : à supposer qu’il y ait un tel art. Sa grandeur est d’accomplir. mais sous condition.. Il faut que le retour se fasse dans l’élément de la doctrine du retour. Le retour ne s’accomplit que dans l’élément de la pensée du retour .consolants . c’est un simulacre de mythe dont l’essence est psychologique. au service des nains perfides ». Ce que retient N de la résurrection wagnérienne ne concerne pas la représentation théâtrale. N s’est pensé comme celui qui pensait le retour. et pour autant que ce grand art resurgit. En la tragédie. pas son instrument ou son appui. que le mythe dionysiaque se réalise. c’est penser l’essence de la promesse qui va permettre son accomplissement dans le retour de la tragédie. se déploie. Il faut qu’il soit aidé par Nietzsche. anéantira… la lance de Brunhilde. 3ème point : le site de l’archi-politique elle-même. Wagner ne peut pas prétendre être Eschyle revenu en Allemagne. il en avait la mesure sans Nietzsche ! Le grand art est-il effectif ou en promesse. . mais finalement le grand art est encore à venir. raturé. Ceci se dira : la musique est dissociation et non conjonction. mais comme celui qui délivre l’essence du retour comme retour. dans son épanouissement. Voici les chapitres : . ce n’est pas qu’une rupture individuelle. Il faut en un certain sens avoir conscience de ce retour. car l’essence de cette musique n’est pas l’institution de mythe.

Le retour n’a pas encore eu lieu : c’est de la conjonction entre Nietzsche et Wagner que N attend le retour proprement dit. Nietzsche est convaincu que le retour du grand art est à l’ordre du jour. La théâtralisation c’est le remplacement de la conjonction rêve ivresse par la conjonction pensée passion. elle tourne le temps vers l’éternité). autour de Wagner. en dépit de tout. contre l’art soumis à la philosophie. Le réel sur lequel se joue pour N l’éternel retour est précisément ceci que la tragédie puisse faire retour. Dans le dispositif terminal. Ceci était suspendu à la possibilité du grand art. de la volonté hellénique : avoir su investir la puissance du mythe par la puissance dionysiaque de la musique. il n’y a pas d’Eschyle ! C’était le seul qui pouvait peut-être l’être. mais aussi par N. Elle est venue là om W atteste l’absence du grand art.C’est l’Euripide de la modernité. Le retour de la tragédie n’est retour que s’il est énoncé et pensé comme retour éternel : il incombe à N de dire si W est l’attestation du retour de la tragédie. ie la possibilité du retour de la tragédie. De là la question du grand art tel que Nietzsche en a estimé le retour possible à un moment donné. Nietzsche et pas sous le nom de Dionysos ou de grand art. La modernité ne connaît qu’Euripide. contre l’art soumis à la philosophie. si la modernité est en défaut du grand art. La proposition de N est que par W. non seulement i ne s’agit pas du théâtre. variante du christianisme. On peut dire que au fond. Wagner est un symptôme une promesse. L’enjeu est le suivant : si Wagner est Euripide. Bien qu’il soit nommé tragédie. et pas une effectuation. ça ne fait de Wagner qu’un cas. ça va devenir. Le protocole de validation du retour éternel est le retour du grand art. pas seulement un enthousiasme du jeune N pour W. mais qui ne s’autorise que de soi. Wagner est moins le retour que le signe du retour du grand art. le grand art. alors il n’y a pas de geste archipolitique de type artistique ou esthétique (il faudrait le grand art ou le pur artiste). sous la juridiction de la musique). Euripide est un modèle dit . Si on laisse de côté le récit de N sur le récit de l’éternel retour à Sils Maria. il y a une proposition de N à W. Voilà pour le rappel. non pas dans une forme réactive de sa répétition. et avant d’être un principe ontologique. la philosophie orpheline de l’art ou orpheline du grand art. L’idée était l’art délivré de la philosophie. ie un retour qui est l’effectivité de lui-même en même temps. Euripide opère le suicide de la tragédie avec le théâtre. C’est le miracle grec. Le retour sera aussi le retour dans l’élément de pensée du retour. C’est un diagnostic radical sur la question de l’art. L’enjeu est considérable : si réellement Wagner est Euripide. l’acte archi politique est Nietzsche contre Wagner. compliqué. une loi détemporalisante de l’affirmation (elle affirme le transtemporel du temps. C’est là qu’il y a rupture. La tragédie ne peut revenir réellement que sous la pensée du retour éternel.devient que la modernité est Euripide. C’est là où sous son propre nom. . Cette autorisation donnée à soi-même indépendamment de toute référence au grand art… la politique est venue là où il n’y avait pas le grand art. C’est pourquoi il a du s’intéresser à l’origine de la tragédie. on a la philosophie contre la soumission de l’art à la philosophie. l’événement archi politique ne peut pas être de nature artistique. dans l’ordre de l’acte. instituant la juridiction de la philosophie sur l’art au sens socratique et platonicien. c’est ce qui le rendra affirmatif pleinement. ie la philosophie contre l’art. L’en jeu de cette question du retour possible du grand art chez un musicien est légitime : dans la tragédie comme art non théâtral. délivré d’Euripide. la tragédie fasse un retour affirmatif. Et donc. par un retournement extraordinaire. Le grand art est grec. le retour du grand art soutient l’éternel retour : que le grand art puisse faire retour. sans appui ou référent du côté du grand art. qch s’engage contre l'art soumis à la philo. mais du contraire du théâtre en un sens : toute l’histoire de la tragédie et de sa cessation est celle de sa théâtralisation. ce qui prime c’est la musique (conjonction de la musique et du mythe. Mais si Wagner n’est pas le grand art. là où il n’y avait que W. Dès l’Origine de la Tragédie.OT . La précipitation vers la folie et le caractère exorbitant du conflit avec W est l’index de ceci que la folie est venue obturer la carence du grand art.

dans le grand art. est en un certain sens l’histoire de sa théâtralisation. ie à tout art capable d’instituer une nouvelle figure de la souveraineté. A partir de quoi se présente la question du grand art tel que Nietzsche en a à un moment donné. Si on regarde de près même les textes les plus prowagnériens du 1er Nietzsche on s’aperçoit que ce qui valide W est encore de l’ordre du symptôme et de la promesse et non pas véritablement de l’ordre de l’effectuation. de la philo en son sens socratique et platonicien. Je rappelle que l’enjeu de cette question de retour possible se fase à propose d’un musiciene est légitime puisque précisément dans la tragédie. C’est en un certain sens de la collaboration entre N et W que Nietzsche attend l’accomplissement effectif. lui. ce que Nietzsche identifie c’est le primat de la musique. autre point décisif : la localisation reconnaissable du grand art est grecque. On peut dire aussi que l’art est l’inévaluable vie présentée dans la multiplicité pure de l’apparaître. s’accomplit la théatralisation de la tragédie. On peut dire que ce qui s’est joué autour de Wagner. Puisque pour Nietzsche. Sous les noms successifs Apollon. est en même temps donation de la vie inévaluable. C’est le mythe du rhapsode habité et soutenu par le génie dionysiaque du musicien. et par là même l’artiste. Le grand art ainsi pensé est d’abord et avant tout le grand art grec. estimé le retour possible. le miracle de la volonté héllénique. myhe et musique ou ivresse rêve. toute l’histoire de la tragédie et de sa cessation. c’est que dans l’OT. ainsi défini. et nous avions insisté sur ceci que bien que le grand art grec soit nommé tragédie. Le théâtre. c’est la tragédie en tant qu’art non théâtral. ie le principe pur de l’apparence. on l’a souligné. Il est clair dès l’OT que pour Nietzsche Wagner est plutôt le signe de ce retour que ce retour luimême.elle se dit peut-être plus essentiellement conjonction de l’ivresse et du rêve Et tout cela signifie que finalement dans l’art. l’individuation formelle. comme type de la VP. C’est proprement ce que Nietzsche appelle le mircale grec.elle se dit conjonction de Dionysos et Apollon . de la réalisation. et la pensée au rêve. instituant d’ailleurs de ce point de vue là la juridication ultime de la philosophie sur l’art. Nietzsche est convaincu que le retour du grand art est à l’ordre du jour. Cette conjonction se dit de plusieurs manières : . la tragédie c’est la conjonction de la musique et du mythe sous la puissance ou dans l’abri de la musique. c’est précisément la question de la poss du retour du grand art ainsi conçu. c’est le remplament de la conjonction de l’ivresse et du rêve par la conjonction de la passion et de la pensée. Je rappelle que la théâtralisation. Je vous avais dit pourquoi : c’est parce que il s’agirait là d’un retour sous le signe. Et encore 20 après. Donc le retour n’a pas encore eu lieu absolument. ie aussi si vous voulez la possibilité du retour de la tragédie. à un moment donné. Enfin. qui n’est en un sens que l’imitation dégradée de la 1ère. Avec Euripide. ie de l’art tel qu’il sert de mesure à tout art véritable. C’est le point qu’il faut à mon sens retenir. Dionysos. Ce mircale c’est d’avoir su investir la puisance du myth par l’abri dionysiaque de la musique. son interruption. la rature de la tragédie ou la catastrophe dela tragédie comme grand art est une seule et même chose que sa théâtralisation.elle se dit conjonction de la musique et du mythe . c’est l’effet propre d’une toute autre conjonction. dont le théâtre n’est que la dégradation le simluacre. Ou encore que la distinction de la gloire de l’apparaître comme tel est de part en part investie par la totalité indistincte de la vie inévaluable. l’artiste comme type véritable. Je rappelle brièvement que le grand art. le grand art est défini comme point de conjonction. La tragédie avec Euripide se suicide. et qui substiute la passion à l’ivresse. non seulement il ne s’agit pas du théâtre mais il s’agit en un certain sens du contraire du théâtre. En fait je suis profondément convaincu que si on laisse le côté le récit nietzschéen . Que cette question de rteour se joue autour de la musique en général etde W en particulier n’a rien d’étonnant.NOUVEAU COURS Ce que nous avions indiqué. Nietzsche propose à la fois une généalogie et une définition du grand art. et que en un certain sens Wagne est le signe de ce retour.

Et avant d’être un principe si je puis dire ontologique. Le retour éternel se présente. On peut dire que ceci est intrinsèque : le retour sera aussi le retour dans l’élément de du retour. elle affirme en un sens le transtemporel du temps. de la proposition de Nietzsche d’avoir à se penser dansl’élément du retour de la tragédie. de la pensée du retour. c’est un débat complexe. ie fait revenir l’identité de ce qui est perdu. A preuve à la fin des Maître Chanteurs de Nuremberg. non pas tiré vers les formes réactives ou passives de sa répétition. elle n’est pas porteuse d’une décomposition temporelle). dans son élément propre. En dernier ressort. En un sens qui d’ailleurs. de la situation de la pensée et des schèmes de la volonté de puissance. s’il existe. ie un processus global de réidentification. s’il ne faut pas prendre cela très au sérieux. Un tel art est absolument réidentifiant. Ceci n’est pas surprenant. je suis convaincu que la perspective du retour du grand art est ce qui soutient en profondeur la doctrine du retrou éternel. Ie le retour de la T n’est pleinement retour que pour autant que ce retour est pensé et énoncé comme figure du retour éternel. Voilà pourquoi c’est à Nietzsche qu’il incombe de dire si Wagner est effectivement l’attestation du retour de la tragédie. nous y reviendrons. n’est plus la Grèce mais serait l’Allemagne. du point de vue de la situation.d’une frappe éblouissante et révélant à Sils Maria la doctrine du retour éternel. Quel était le dispositif de pensée de de l’intérieur de cette proposition qu’il faisait à W ? Il y avait 4 points princpiaux : . Mais le fait est qu’on peut dire que l’origine de ce drame qui a fini par faire de W un signifiant à la fois impraticable et obsédant. il est dans la figure du fils singulier qui fait une proposition au père quant à son destin. j’ai suggéré que Wagner l’avait en un certain sens repoussé. ce n’est pas seulement un ethousisasme du jeune N pour le grandiose partiarche.on pouvait identifier comme figure générique de la tragédie. ie un retour qui est aussi et en même temps l’effectivité de lui-même. mais ce dont elle traite c’est l’origine. c’est que le grand art puisse faire retour. et c’est ce qui d’une certaine façon le rendra pleinement affirmatif. comme un retour de l’origine. Elle s’origine dans W comme poss du retour. Mais en un certain sens. elle est ce qui tourne le temps vers l’éternité (d’où le nom retour éternel). ce n’est pas simplement la découverte d’un n père. Je dirais que le réel sur lequel pendant pour un temps pour N se joue la question du retour éternel est précisément ceci que la tragédie puisse faire retour. L’origine de la T orientée et pensée comme poss de son retour. mais c’est dans les termes de Nietzsche le retour de la tragédie en site allemand. mais pleinement affirmatif car pris et révélé dans le sentiment et la pensée de son propre rôle. Et sa proposition.. Ie dispose W lui-même dans l’élément du retour.. on avait dégagé le détail de cette proposition. Il y a une proposition. sera l’archipolitique elle-même. . ce que Nietzsche appelle le lied dionysiaque. le grand cantique au St Art allemand. Car l’OT n’est pas consacrée véritablement à Wagner. On pourrait dire que au fond (et ceci s’éclairecit pou N lui-même progressievemnt) il y a une proposition de N à W. Voilà pourquoi à propos et à partir de la rencontre de Wagner il a fallu que N s’interroge sur l’origine de la tragédie. . Après tout peut-être est-ce lui en réalité qui. c’est le retour de l’origine. c’est que W n’a pas su trop quoi faire. Il n’y a pas à s’en étonner quand le vouloir philosophique est comparé par N au au vouloir artistique. Ce qui fait d’une certaine façon de l’All le . Donc l’OT dispose déjà Wagner et dispose en un certain sens de W comme figure possible de ce qui revient. le couplage N / W que N voit en fait la vraie condition du retour du grand art. qu’il faudar ensuite meurtrir et assassiner. non pas aveugle. le véritable protocole de validation du retour éternel c’est la possibilité du retour du grand art. et cette proposition (c’est l’élément subjectif des choses). Ce qui est ouvert. le site. laquelle a son stigmate essentiel dans le grand art grec. Donc quand je disais que c’est dans le couple. s’il vient à exister. Parvenu à ce point. ça veut dire que la tragédie ne peut réellement revenir que sous la pensée du retour éternel. Si Nietzsche est dans la figure du fils. dans l’éventualité de son retour. puisque c’est toujours dans l’abri de la musique que doit advenir sa conjonction au mythe. ie un certain sens une nouvelle musique. l’attestation essentielle de ce qu’il y a.que le site. s’atteste ou s’avère d’abord comme retour de la grandeur de l’art. une loi détemporalisante de l’affirmation (le retour c’ets cela : l’aff comem elle ne fait jamais que evenir.le fait qu’un tel art. l’élément artistique. mais en un sens ce n’est pas W le coupable. c’est que par W mais aussi par Nietzsche la tragédie fasse un retour affirmatif.

et immémoriale le prenait fort mal. et bien il y a qch qui rend encore plus obscur à ses yeux ce que Nietzsche lui veut. Nietzsche a angoissé Wagner. Ça a un coté comme ça où on ne mesure plus la présence et l’absence des critères simples. Et Wagner visiblement avait cru avec N passer une alliance avec l’Université. ce Nietzsche ? La question grandit. complexe. et le point central est le système des questions. pas celle d’Euripide et de Socrate. A partir de là il se passe un certain nombre de choses : constitutivement Wagner n’entérine pas la proposition de Nietzsche. Et puis ajoutons que à la question qu’est-ce que me veut ce Nietzsche joue certainement le fait qu’on peut répondre : ce qu’il me veut ce Nietzsche c’est ma femme ! La situation. Question dont il n’a pas l’usage et que Nietzsche va rendre de plus en plus venimeuse. installée. et un jour il avait considéré comme un . La question est resté suspendue plutôt comme une question menaçante que comme une question qui ordonnait le protocole de sa réponse. Aux yeux de Wagner. les philologues (l’Allemagne c’est peut-être le grand art mais d’abord et avant c’est l’Université !) tombent sur N à bras raccourci et disent que le livre de N ne tient pas une seconde devant l’enquête hist et scientfique. Il le défend avec loyauté cependant. solide. car sous le mode prorpe sous lequel il s’est exposé est assez radical. s’étend là dessu. J’assume ce que j’ai appele la sainteté intéireure de N. conjonction de la musique et de la philologie. Et il s’aperçoit que Nietzsche en réalité n’est pas du tout représentatif del’université allemande ! A partir du moment où les grands philologues commencent à dire que c’est un hurluberlu. car il voulait qu’un jeune homme chante un cantique à sa gloire. qu’on peut suivre cela à la trace. par gloriole. académique. ie couplage de l’angoisse et de l’agressivité. de la science philologique. Pour l’anecdote. . L’Allemagne. Et alors il y a des textes où N fait de la séduction de Cosima par le biais de l’enchanteur Wagner un des griefs essentiel contre Wagner. ce qui n’est pas rien quand on se prend pour Dionysos.____________ que je lui donne de quoi pouvoir énoncer que la T est revenue ? . Wagne a-t-il a rebuté découragé N indument. Qu’est-ce qu’il lui veut. mais à vrai dire n’est pas encore. C’est une figure complexe. mais celle du positivisme. Cependant. C’était une autre conjonction. Si on emploie des termes un peu descriptivement lacanien : à partir d’un certain omment. Moellendorf.j’avais rassmeblé cela dans la formule : à cet égard Wagner disposé dans la proposition de Nietzsche peut être. La proposition de N c’était compliqué. mais elle est comme un symbole : il savait pertinemment que Wagner détestait Brahms._____________que je lui donne mon nom propre. une anecdote. il le défend loyalement. peut être l’Eschyle de l’Allemagne. une armistice avec justement ce qu’on pourrait appeler l’Allemagne philologique. jeune philologue montant. Mais enfin il n’était pas toujours très élégant dans cette affaire. c’est en elle-même ce par quoi la Grèce revient. il y a une littérature gigantesque essayant de distribuer les torts dans l’affaire._____________que je lui donne une part de ma gloire . Ça intéressait W. tout est subjectif là dedans. il intervient dans la presse pour le soutenir en son propre nom. sous la forme propre qui lie l’angoisse à la question que me veut-il ? . et que l’Allemagne consistante. celle d’Eschyle et de Sophocle. Et W aurait souhaité une alliance. Il dit « Ariane mon amour » : il y a qch de déclaré. on en a parlé. Par exemple. La véritable Grèce. que nos noms soient couplés ? Je pense qu’il y a eu une angoisse de W à quoi d’une certaine façon N a répondu par une agressivité grandissante. la qualité de ce que N a écrit dans OT. ça ça l’intéressait. ou est-ce que Nietzsche a essayé de parasiter la gloire de W etc… ce n’est pas d’une grande importance sauf que il faut ajouter que N n’était pas en matière d’une élégance éblouissante. pour de mauvaises raisons. et de l’appui intellectuels européens. est triangulaire : il ne faut pas oublier Cosima dans cette affaire. Mais tout cela. Wagner. un excité. Wagner se rend compte que s’il croit que à travers N il passe une alliance avec cette autre Allemagne qui n’est pas celle du romantisme du grand art. la question que me veut-il est trouble.est-ce qu’il veut que je lui donne ma femme . Wagner était à la fois en voie de canonisation singulière avec l’appui du roi de Bavière et la cour. Mais l’idée que l’université dans la personne d’une de ses jeunes et brillants représentants entérine l’art wagnérien. un pacte.retour de l Grèce. Cosima dont nous avons vu que dans les billets de la folie Nietzsche l’appellera Ariane.

Donc c’est bien vrai qu’il y a 2 Nietzsche. Il n’est pas retour de la tragédie. On pourrait parler longtemps de cela. Effondrement qui encore une fois renvoie à une faille 1ère. 1ère cassure en 2. Il va entrer dans une séquence de germanophobie déchaînée. Je pense que il y a au cœur de cet effondrement le thème du grand art. qui sont en réalité Cosima. une espèce de précipitation qui n’est pas seulement précipitation vers la cucifixion finale. comme uand une 1ère systématisation ou une 1ère vision générique est remise en cause au point où tous les éléments qu’elles dominaient (et où elle faisait circuler les éléments de pensée) doivent être repris ou réarticulés. de la poser sur le piano de W ! C’est el dernier cadeau. Chacun de ces points va prescrire le dernier N. Des hystériques. le dispositif de pensée de N s’est effondré. Il y a cela dans le dernier N. mêe s’il y a des troubles constants. Là Nietzsche en vient à penser que ce qu’il a pris pour un commencement. et c’est ce thème qui va s’effondrer et d’une certaine façon va casser en 2 non l’histoire du monde mais l’histoire de la pensée de N. au plus loin d’être l’Eschyle de l’Allemagne. en vérité le dipositif philsopique. d’ailleurs. Il y a une grandeur. Tout est signifiant : au moment où en un certain sens Nietzsche. ie l’abolition finale sous le nom propre N. elle est dissociante. Ou encore que la musique de W est dissociation. Wagner qui fait de ce trio untrio symbolique maximal. Je vous avais dit comment à mon sens les 4 points se donnent dans le dispositif nietzschéen. L’Euripide des femmes européennes. Il ne s’agit pas d’en faire grief.la musique de W n’est nullement l’abri d’une création mythique véritable. Tout cela est commandé parle fait que W est l’Euripide de l’Europe. Toujours ce problème fondamental de ceux qui rêvent d’une cassure en 2 qui est le caractère typiquement indiscernable entre ce qui achève et ce qui commence. obtenant la dernière partition de B. C’est l’Euripide des wagnériennes. Il y a un cheminement mais il y a un moment donné où rien de tout cela ne fonctionne plus. dit N. Ie la capacité de W à être le représentant du retour du grand art. fait ça.Nietzsche en vient à penser que en aucun cas la localisation du grand art ne peut être l’Allemagne. nom autosuffisant. en un sens qui n’est pas celui des traditionnelles périodisations de l’œuvre d’un grand penseur : du 3 Platon successifs. . un cadeau emposonné. couleur que j’appellerais la couleur d’un rattrapage en catastrophe. mais accomplissement du nihilisme. retour du grand art. finalement le récapituler de ces ingrédients complexes. ie qu’il n’est pas retour mais accomplissement. qui s’y connaît. de ce triangle Ariane Dionysos Thésée. des 3 Nietzsche etc… Je pense qu’il y a 2 N en un sens plus essentiel : un 2nd N tente de rattraper dans des conditions dramatiques pour la pensée l’effondrement d’un 1er dispositif de pensée. ça signifie le protocole par lequeil il commence à s’engager dans la contestation de Wagner. Nietzsche va penser que l’art wagnérien est en deçà de toute rupture. Ça antérieurement à 1889. ou au moins comme une promesse de commencement. mais qui est qu’un 1er effondrement commande la nécessité de tout revoir. mais c’est la grandeur du petit. Rattrape en catastrophe car le 1er dispositif de pensée s’est effondré. qui n’aimait pas Brahms non plus (ce n’était pas propagande). Il y a une bascule très fine. qui n’est pas donné dans les termes d’effondrement psychique. L’Allemagne est le nom de l’obstcale au retour de la tragédie. Ie il ne commence pas mais achève. était en réalité un achèvement. Nietzsche. Je voudrais chacun de ces points : . Ou encore que sa grandeur est petite. je les redis : . mais au contraire l’ornement d’une psychologie décadente. l’accomplisssement du nihilisme. que la maladie rôde. Je pense de ce point de vue là qu’il faut absolument soutenir qu’il y a dans Nietzsche avant la folie un 1er moment. Moi je dis.exploit. Effondrement qui va donner à la séquence terminale de Nietzsche sa couleur particulière. C’est une dissociation et pas une conjonction dans la figure du grand art entre rêve et ivresse. Ie n’est pas pris ou absolutment subi. celui qui me retient davantage que 1er. je pense qu’il y a 2 Nietzsche. mais qui est un effondrement. de tout reprendre. l’effondrement d’un 1er dispositif de pensée.

Là où on avait le retour de la tragédie on a un cas. « Répétons-le : Wagner n’est admirable. Rien n’est plus divertissant. j’ai fai cette exp. n’est aimable que dans d’infimes trouvailles. Que faut-il entendre par grande forme ? Par grande forme il faut entendre une certaine évidence de la totalité. Alors. qui est d’être dans la naïveté de son être ou de sa proposition. soumis à un traiterment d’agrandissement. Tout à l’heure. Juste un point sur ce texte : la thèse de N (entre nous. Question : comment analyser le contenu ? Le chimiste répond : en transposant Wagner dans la vie réelle moderne. notre plus grand miniaturiste. Le problème est celui de la grande forme. Par exemple. leur contenu mythique. toujours à 2 pas de… ». elle ne renvoie pas au grandissement de quoi que ce soit. il faut dire que l’est l’exercice est tentant. Je vous donne sur ce point (à propos précisément la volonté wagnérienne d’instituer le mythe dans l’abri de la création musicale). La grandeur du mythe est innocente. dans des oripeaux scandinaves. Un cas de nihilisme. la grande forme est . C’est un processus irréductible qui est à lui-même sa propre apparence. Ou encore si vous voulez. précisément. nous traitions la question du mythe dans son rapport de sublimation exagérée à la réalité bourgeoise. Et on peut inversement imaginer à l’inverse comment un noyau bourgeois élémentaire. elle est native. Parsifal. Ie il s’agit d’une transposition ou sublimation des données élémentaires de la vie bourgeoise au 19ème siècle. n’est jamais une figure de la sublimation. Pourquoi ? Car l’autorité du principe dionysiaque sur le principe apollinien. Qu’advient-il alors de Wagner ? Entre nous. Mais quelle thèse est en jeu ? La thèse qui est en jeu est la suivante : c’est que la création d’un mythe. mais à l’arrière plan il y a le fait que le moderne se caractérise par ceci qu’il est en incapacité mythique. recommandé pour la promenade. nécessaires pour expliquer sa pure niaisieroie on ourt alors de surprise en surprise. donc come faux mythe. en l’occurrence la grandeur du mythe. parce que selon Nietzsche on voit parfaitement qu’il s’agit en réalité d’un agrandissement. nous touchons à la question du diagnostic sur la modernité. comme simulacre du mythe.. Oui il semble grosso modo que Wagner ne se soit jamais intéressé à d’autres pb que ceux qui passionnent les petits décadents parisiens. Il y a dans le vrai mythe quelque chose qui fait qu’il est ce qu’il est. Peut-être que toute création mythique finalement relève du symptôme qu’est toujours cette figure de l’agrandissement. Regardez un peu le Cas Wagner : c’est un programme que ce soit un cas. ce qui fait la grandeur en général. dans Tristan et Yseut.sur le fait que la musique de W n’instute pas de mythe mais est en corrélation avec un psychologie décadente. et sa figure de propagation ou d’enseignement est dans la dérivation de cet être. Le grand art c’est aussi et toujours une grande forme. à ce qui fait fond. leur contenu éternel. ie on peut chimiquement dissoudre le mythe wagnérien et trouver le noyau bouregois élémentaire qu’il y a dedans. le contenu des textes wagnériens . Wagner n’est pas un créateur de mythe en ce sens là. « mais direz vous. à savoir finalement c’est Mme Bovary déguisée en scandinave. Ce qui va se donner dans épreuve et contre épreuve. ie une chose est le procès de W. qu’est-ce que c’est que ce grand monologue du cocu).. c’est qu’il n’est en rien un grandissement ou agrandissement. c’est ce qui donnne un apparaître glorieux à… comme tel l’inévaluable vie. On est parfaitement justifié à le proclamer en cela un maître de tout 1er ordre. Me croyez vous s je vous dit que toutes les heoeins sans exceptions … dépouillées de leur héorique atours ressemlbkent à s’y mpérendre à Mme Bovary. Inbersement il n’aurait tenu qu’à Flaubert de transposer son héroïne en style scandinave ou carthaginois et après l’avoir myhtologisé de l’foffrir à W sous forme de livret d’opéra. Et donc pas du tout ce qui fait la force ou la singularité du mythe. que de se raconter les œuvres de Wagner rajeuni. Là c’est autre chose. Soyons encore plus cruel dans la vue bouregoise. Ce n’est pas la sublimation d’une donnée concrète disponible. étudiant en théologie après de bonnes études secondaires. Ce que Nietzsche va dire c’est : finalement en Wagner la grande forme ne vaut rien. qui dans l’espace exigu concentre tout un infini de sens et de douceur ». pourrait se présenter comme un mythe wagnérien. dans l’invention de détails. ou l’autorité de l’ivresse sur le rêve (qui est principe du grand art). toujours sur ce point. Et donc le grand art va de pair avec une forme qui est en totalité dans l’évidence d’elle-même. au sens de l’origine de la tragédie. On viot déjà poindre cette idée que peut-être il n’y a pas tout simplement pas de mythe moderne. Wagner. elle se donne comme apparence et dans l’apparence.

magistralement fait. cuisinée. dans la coloration. Elle est bricolée. Seulement à l’arrière plan il y a aussi. Notez que l’énoncé ne porte pas seulement sur Wagner. comme tout à l’heure. Ça va fonctionner contre Wagner à raison de la déception nietzschéenne par rapport à W. Notez le « exclusivement ». le thème du retour éternel s’estompe et disparaît quasiment. la tonalité. Ce constat passe par Wagner et l’excède : notre époque n’est pas celle du retour de la tragédie. l’inflexion. du retour éternel appartient vraiment encore au N tardif. aujourd’hui. Voilà le constat de Nietzsche. On peut réellement se demander si la problématique constituante. Voyons qch d’extraoridinarement aigu dans l’intuition de N. Celui qui fait tenir dans l’espace exigu un infnin de sens et de douceur. c’est et c’est exclusivement ce qui est petit. C’est exactement ce que pense Boulez par exemple. on l’a souvent remarqué. mais en un point fugitif. tout ce qui est petit ». c’est un maûtre de l’inflexion. elle n’a pas d’autenticité formelle. Le plus grand miniaturiste de la musique. Je pense qu’elle est gravement mise en crise par le constat que en tout cas notre temps n’est pas celui du retour du grand art. pour N : l’infini est donné en un point et pas comme puissance de la totalité. mais dans l’inflexion minutieuse. Par contre tout n’est pas imposture. mais c’est en fin de compte l’art moderne. Et l’art moderne est en incapacité de mythe pour N. Il a une grandeur. se sépare pour part de la question du retour éternel. révélée. des effets mastocs. L’analyse du génie musical de Wagner par Boulez c’est précisément le maniement extraordinairement flexible et virtuose de microcellulles dont Wagner arrive à tirer un parti extraordinaire dans la variabilité. C’est la thèse du génie du détail. Peut-être est-il vrai que « ce qui de nos jours peut être bien fait. Il n’y a pas de retour de la tragédie. des contradictions massives qui excitent le spectateur et dont la finesse n’a aucune évidence. car douloureux) que l’art moderne ets incapable de grande forme. mais cette grandeur c’est la grandeur du petit. Le grand art ne peut pas être fait aujourd’hui. Ce qui de nos jours. ie des grands blocs contrastés. de retour du grand art. Donc en un certain sens on peut dire que pour le N terminal l’affirmation. ie la possibilité d’affirmer intégralement l’inévaluable. Finalement Nietzsche en vient à soutenir la thèse que ce qui caractérise l’art moderne c’est le génie de la petitesse. Comme je vous l’ai déjà dit je crois ceci correspond à l’analyse la plus contemporaine de Wagner. la question : est-ce que avec l’art moderne. Nietzsche dira aussi que Wagner est « le meilleur connaisseur en infimes infinis ». au N terminal. zarathoustrienne. qch qui peut captiver et enivrer par une brusque inflexion du détail muscial. cet omme qu is’est présente comme… instituant de colossauxopéra pour donner abri à la résurrection des mythes est en réalité le pus grand miniaturiste de l’histoire musicale. Small is beautiful ! C’est la maxime que déjà Nietzsche énonce comme la maxime de la modernité. c’est. de l’infime. nous ne serions pas devenu incapables de grande forme.du genre Victor Hugo. L’infini est local chez W. On peut utliser une formule dont N est proche : l’art moderne c’est le plus grand petit art. qui reste la norme. peut-être est-il de l’essence de l’art moderne de n’avoir sa puissance que dans l’infime. Mais peut-être en effet la modernité est-elle en matière artistique impuissante au regard de la grand forme. et c’est exclusivement. Vous voyeze thème petit s’oppose au thème du grand art. Ce 1er point est aux antipodes de l’identification de la modernité comme ressource du grand art ou retour de la tragédie. et peut-être aussi (c’est le jgt que N essaie à la fois formuler et de retenier. Et symétriquement à cela que « Wagner pratique le faux monnayage dans l’imitation des… » La thèse de Nietzsche c’est que chez Wagner la grande forme est une imposture. pour les raisons que j’ai dite. On a cru avec Wagner au retour du rand art. Et cette séparation est induite par . C’est qln dont l’unité artistique n’est pas du tout dans la grande forme. qui est le cadre de l’effet. elle ne constitue pas une autosuffisance de l’apparaîre musical ou artstique. Donc pas plus qu’il n’y a de mythe chez W. En matière d’infime infini il est le meilleur connaisseur. il n’y a de tenue grande forme. Je soutiens que ceci a entraîné une crise du thème retour étenrel. dans le registre du détail. A la fin de 1886. et c’est un énoncé général. La tragédie est absolument ce qui ne peut pas être fait. A savoir que la persepctive du retour du grand art était ce qui soutenait et vitalisait la perspective du retour étenrel. C’est des trucages. le midi affirmatif. Par contre W est excellent dans le détail.

D’ailleurs ceci explique soit dit en passant pourquoi il est si important de parler constamment de Wagner. Là aussi Nietzsche va généraliser : « mais l’imposture comme celle de Bayreuth n’a de nos jours rien d’exceptionnel Nous connnaissons tous la notion éminemment de hobereau chrétien. C’est la question clé. ou que sa grandeur a son lieu dans la petitesse. ou encore la fondation de nouveaux mythes. cette sincérité aussi. Biologiquement l’homme moderne incarne une contradiction des valeurs. Cette inconscience dans la contradidction des termes. Cela parce que finalement la loi de l’art moderne est la miniature et non pas la grandeur. il y a 5 ans. En 88 : le Cas Wagner. car en fin de compte tous ceux qui sont wagnériens. Point 2 : l’art wagnérien n’est pas rupture et fondation mais accomplissement du nihilisme. Ce qui est en jeu dans W c’est ceci que l’acte doit se passer du retour. Il faut leur montrer que ce n’est pas ça. Donc le schème du retour n’est pas ce qui commande l’acte. leffectivité de l’acte est en un certain sens le retour de la traégdie. mais casser 2 l’histoire sans l’abri que cette cassure fait retour ou est dans le paradigme du retour. Mais si ce n’est pas cela. Il est donc nécessaire d’anéantir le camp wagnérien pour que soit mise à nu que la condition de l’acte n’est pas dans la figure esthétique du retour de la tragédie. Ce n’est sans raison que j’ai appelé Wagner le Cagliostro de la modernité Mais nous avons tous 2 dans les veines à notre insu et malgré nous des velléités. Wagner occupe et obsède la pensée N. que c’est une propédeutique nécessaire à un acte qui ne pourra plus se réclamer de ce retour. en réalité la perspective de l’acte n’est plus soutenue par la logique du retour et je crois que la logique finale de Nietzsche est d’abandonner la persepctive du retour éternel au profit d’autre chose. c’est l’idée que l’acte pourrait être dans la figure de l’Allemagne comme une nouvelle Grèce. ie la politique comme esthétique allemande. et encore une fois l’induction de ça serait que la tragédie ne revient pas. ie dans la figure de l’esthétisation de l’archipolitique. On peut aussi dire que ce qui est en jeu là dedans c’est la rupture avec la vision esthétique de l’acte ou encore avec l’archipolitique comme esthétique. acte et retour de l’origine. Ecce Homo y revient constamment. au sens assez précis que c’est Euripide se présentant comme étant Eschyle. Il fait prendre à témoin la terre entière de ce point. Wagner ne répond plus. Mais si on admet que ce qui est en jeu (je rappelle que Wagner est mort en 83. qu’il a rejetée). Voilà sur ce point ce qu’on peut en tirer. c’est ceux qui font perdurer l’illusion du retour de la tragédie. ça c’est très important. cet effondrement. ce que H aurait appelé le retour des dieux. jouant le rôle d’Eschyle. Nietzsche contre Wagner. Elle suffit presque à définir la moderité.le fait que Wagner est hors d’état de fonctionner comme l’emblème du grand art mais que du coup la question même du retour du grand art est abandonnée. précipite évidemment N vers sa propre catastrophe. Il dit oui et non d’un seul souffle. dans la figure de la puissance tragique de l’abri donné par la musique à des mythes nouveaux. Mais on voit que les moyens font quasiment défaut. la perspective de l’acte est sous tendue par le retour. précipitation et quasiment angoisse. qu’on peut appeler nietzschéo-wagnérienne (ce que N croit que Wagner est). S’il y a un thème dont Nietzsche se débarasse avec violence. ce n’est pas une vindicte polémique. dans le nietzchoé wagnérisme. cet effondrement des dispo. n’est plus ce qui commande l’acte. L’acte. Les textes sont innombrables. L’essentiel étant qu’à mon sens le rattrapage en catastrophe du N terminal porterait centralement sur le rapport entre acte et retour. Dans la 1ère vision. ie de la maxime casser en 2 l’histoire du monde. du nazisme. On est encore dans la pbtique du retour des dieux. L’acte pourrait être pensé sans l’abri du retour de l’origine. Les dieux grecs vont revenir. Wagner ne peut plus se prononcer sur la proposition de Nietzsche. que la réorganisation de tout cela est très difficile. On soutiendra que par csqt c’est aussi si je puis dore une rupture anticipée avec le système générale des fondements idéolgiques. . Cela veut dire que Wagner est une imposture. que cette précipitation. Faut-il s’étonner que ce soit précisément de nos jours que la fausseté se soit fait chair et même génie. N est vraiment obsédé par Wagner en 87-88. J’esquisse juste ce point. il est assis entre 2 chaises. C’est Euripide acteur. cette bonne conscience dans le mensonge est par exellence moderne. ceux qui communient dans la thématique du retour de la tragédie. le public des wagnériens. On peut le prendre comme un symptôme obsessionnel. la question centrale. Je prends un texte dans l’Epilogue du Cas Wagner. que Wagner est agité parmi nous.

Point 3 : le site de l’archipolitique ne saurait être l’Allemagne. pour le philosophe c’est plus un cas espèce. Et au fond. et non pas un art qui . outre son incapacité au mythe. Le Cas Wagner : « ni goût. l’art de la modernité. et affirmation simple). une simple souveranieté. Et ça c’est son essence. aussi bien. et finalement dans l’art de la modrnité. un vocabulaire. ie la figure de l’obéissance. déjà donnée. C’est un art qui asservit ou ensorcelle en dernier ressort au profit dela figure du Reich. ie un art qui est lui-même inscrit dans une dialectique du commandement et de l’obéissance. Pour porter un diagnostic sur l’art moderne. la figure allemande de l’obéissance. il demeure emblématique. Il est profondément significatif que l’avènement de Wagner ait coïncidé avec celui du Reich. des teutons. le vieil enchanteur. L’art moderne. et un art de captif finalement. Les diatribes contre l’Allemagne du N terminal abondent. c’est que l’imposture moderne c’est de présenter comme grandeur la petitesse elle-même. Elle installe l’art dans la flexibilité duplice. Ou encore le révélateur de la modernité comme le règne du faux. la scène wagnérienne n’a besoin que d’une chose.des valeurs. par où devrait-on commencer ? Par un coup de bistouri résolu dans cette inconciliable opposition des instincts. son incapacité à la grande forme. l’incapacité au simple. on a fait un développement sur Nietzsche et la danse : on peut dire que c’est un art qui a cessé de danser. la vraie déd de la petitese c’est une duplicité constitutive. Il n’est même pas une svté au sens de la VP. la dette ultime de N envers Wagner : Wagner c’est le cas clinique exemplaire de la modernité. N diagnostique ce point. Mais il y a une 2ème thèse : qu’et-sce que c’est le petit ? qu’est-ce qui est petit ? La grande forme de la tragédie originelle. ie de présenter le génie de la petitesse comme figure du retour de la grandeur. son caractère duplice constituant. n’en est que le théâtre ou la figure théâtrâle. Les chefs d’orchestre wagnérienes en particulier sont dignes d’une époque que la postérité appellera avec un respect apeuré l’âge classique de la guerre » Là encore en 2 mots. l’imposture de Bayreuth. En quoi consiste cette imposture ? Quelle est son essence ? C’est compliqué. W est pensé comme strictement contemporain de Bismarck. la simple donation par la terre de ses dons. élémentaire. en apparence de simplicité. c’est un art duplice. Il y a dans l’art wagnérien. C’est ce qui est analysé constamment sur la musique de W. il est le cas clinique exemplaire qui révèle la ruse fondamentale de l’art moderne qui est cette fois de présenter la duplicité comme une simplicité. Il est inducteur d’oébissance et de soumission. Ie c’est un art qui est en un certain sens étatisé dans son être. ni voix. il y a un élément profondément étatique. On avait abordé ce versant un peu. C’est un art captieux. l’affirmation simple (je rappele que dans 3ème métamorphose l’enfant est l’emblème de la grandeur. jamais on n’a si bien obéi. des formes et des formules. par une vivissection entreprise sur le cas clinique le plus révélateur. Evidemment ceci en fait le symptôme même du nihilisme. C’est une fonction propre de l’art. c’est la simplicité de l’apparaître. La grandeur artistique c’est l’affirmation simple. W est le plus rusé des rusés. jamais si bien commandé. C’est la reconnaissance. et en tant qu’il est le plus rusé des rusés. Ie le moment où l’art ne peut même pas se présenter dans l’innocence dune figure de souveraineté. c’est une véritable aubaine. L’art moderne est astreint à la ruse. et aucune figure de l’émancipation. ie de l’obéissance et de bonnes jamabes. Et la modernité artistique est incapable d’affirmation simple. par une mise à nu de leur valeur en conflit. ie de l’incapacité à l’affirmation. La 1ère. Alors. ni talent. Car l’essence de la modernité est imposture. nous sommes biologiquement parlant faux. est celui dont la ruse extrême est de maquiller sa duplicité constituante en simplicité. L’art allemand est ce qui est captif de l’Allemagne (au sens historico-étatique). mais elle a 2 descriptions possibles. l’essence de l’imposture moderne. un art qui est en rupture avec ce qui de la nature est autre chose que la dialectique du commandement et de l’obéissance. ce st art allemand ne représente aucune figure du retour de la tragédie. Ces pages sont dictées par la reconnaissance ». Cet art allemand. au simple en tant qu’il est la donation par la terre de ses dons (comme dit Nietzsche jeune). ces 2 faits attestent la même chose. Cagliostro. le Cas W. Et donc le petit c’est la duplicité. des normes et des morales d’origine diverses et adverses.

C’est ambigu car N a partagé cette conviction. c’est une vindicte. L’acharnement précipité. il a simplement continué le théâtre. Emblématique que lui en un certain sens plus all que quiconque. ou que l’Allemagne est identifiable comme la figrue même où se prépare l’acte. plus précisément qui a soumis la musique au théêtra. contraductoire. On lit de nombreux commentaires dans lesquels les diatribes de N contre l’Allemagne sont mis au compte de la folie. Il cherche d’abord à se garantir l’effet de son œuvre et commence par le 3ème acte. ce mythe allemand. Symptômale par sa violence même. dégoûté d’être allemand. paroxystique et désespéré aussi en un sens de N à faire comparaître l’Allemagne devant le tribunal de sa grossière suffisance et de la dénoncer comome un obstcle à une conception vivante de l’archipolitique était je crois finalement bien ciblée. et une All extirpée d’elle-même. son caractère déterminant. Il faut dénoncer le faux mythe de l’Allemagne. C’est certainement chez N une grande rupture. C’est un point vital. c’est pour N une Allemagne qui se dispose dans une certaine corrélation improbale de la France et de l’Italie. de l’ordre de l’injure déchaînée et mnstrueuse. il a arraché l’All de lui-même et est devenu N. on l’a vu. La 1ère raison est la même que celle qui touchait l’imposture : il est nécessaire de détruire la théorie de l’All comme lieu privilégié du retour de la tragédie. on dit finalement que W est celui qui a soumis l’art au théâtre. qui n’est justement pas le retour de la tragéide en Allemagne. Il fatu dénoncer l’Allemagne. Moi je crois qu’il y a une raison profonde à l’acharnement antiallemand de N. Tous les derniers textes de N rôdent autour de la mise au point de cette figure improbable qui serait une ALL hors All (comme lui. difficile. Dans un 1er temps elle est présentée comme le site même du retour de la tragédie. publiqement. C’est donc une renonciation intime. Peu importe. Tout cela devient très importatn pour N. ainsi conçue. Que son nom ne soit pas allemand. sur la question de l’effet « sur ce qu’il faut avant toute chose W porterait en gros le même jugement que tous les hommes de théâtre d’aujourd’hui : une série de scènes fortes. à Turin) qui serait connoté en même temps de façon italienne et de façon française. Il faut une intense propagande intellectuelle pour ruiner. l’Italie…). C’est l’idée nietzchéenne d’une Europe. douloureuse et violente en même temps. et dans les intervalles bcp d’habiles niaiseries. N est un prophère de l’Europe. Je vous rappelle que si on dit que W c’est Euripide et non pas Eschyle. Nous revenons à la quetsion du théâtre. Il se prouve à lui-même la valeur de son œuvre par son . voilà un passage caractéristique sur la théâtralité. tout simplement. Il faut que l’All extirpée d’elle-même. de la France et d’une Alle extirpée d’elle-même. qui est en même temps conflictuelle. comme phénomène de la pensée. Au lieu du retour de la tragédie. Quiconque pense que l’Allemagne est une nouvelle Grèce. l’Europe qui finalement se constitue de l’Italie. Car il est dans l’obstruction de l’acte. tourner en dérision l’autosuffisance allemande comme prétention à être le site de la nouvelle Grèce. Autrement dit si vous voulez l’Allemagne est ce qui ne peut pas être un site pour la pensée. et à l’échelle de l’Europe (où on identifie les français. c’est embélmatique. Il faut que l’All soit ruinée dans sa prétentino mythique. désormais. Il s’est inventé une biographie polonaise. Et donc il faut là aussi réellement. Il était allemand bien sûr.libère ou émancipe. mais elle est logique. C’était important. Point 4 : Wagner c’est le théâtre. Mais du coup il en va de même de l’Allemagne. qch qui finalement était pertinent. De quoi ce mythe était capable. L’avèneent du nom propre Nietzsche comme nomination de l’acte archipolitique a été si je puis dire pour part fait de son arrachement à l’Allamgnae. Ce que N dit : c’est moi qui suis allemand et je dis l’impossibilité qu’il y a à être cela. et que N ait du se l’arracher à lui-même est d’une grande intensité mais encore une fois d’une exceptionnelle probité. Et elle devient là l’obstcale essentielà ce retour. A travers N passe une figure extraordinaire d’arrachement de l’All à elle-même. il faut publiquement. considérés comme aberrant. le mode sur lequel il entame et ruine la grande forme musicale. toutes plus fortes les unes que les autres. une rupture avec soi-me^me. non pas l’All en soiou les allemands comme réalité empirique. une violence nécessaire. Il en est même coauteur. c’est pour ça qu’elle est si véhémente. celui là est une obstruction à la possibilité de l’acte dans sa nouvelle définition. coauteur de l’All du retour ddes dieux. Sur la théâtralité wagnérienne. C’est l confiiguration européenne pour N. de l’All comme comme site arcipolitique privilégié.

et quand le publi est difficile à se concilier.l’art classique dont le paradigme est français . Wagner c’est le théâtre. mais du théâtre tel que le public qui est impliqué dans sa détermination. Conduit par un tel sens du théâtre. peut-être que ce serait une def de l’art. Il se passe ceci : ce n‘est pas seulement la thèse du retou du grand art qui va s’effondrer. La tragédie n’est pas voulue. car ce que l’on veut au sens du calcul est toujours du théâtre. Et alors c’est paradoxal mais important la logique rigoureuse de l’art ne surgit que quand on cesse de vouloir son effet. c’est ceci : le théâtre vaut finalement ce que vaut le public (pas comme le gd art. Ce qui va se passer. c’est visible et assez étrange. Vouloir l’effet. Le calcul de l’effet est plus ou moins sordide selon que le public l’est plus ou moins. peut-être N serait revenu sur la définition qu’il en donne.il y aurait Wagner : cas clinique exemplaire de la modernité. C’est du théâtre. ce n’est pas le retour. au fond. Le développement ultime serait un pb suivant : il y aurait en réalité. être attentif à son effet. dionysos et apollon.l’art moderne. Le théâtre est l’art qui veut son effet et W en ce sens est d’abord et avant tout homme de théâtre y compris dans la musique. si tant est qu’on en soutienne encore la proposition . Mais conservons là : la tragédie. si N avait formalisé cela. calculer son effet. mais l’identification du grand art grec va elle-même petit à petit devenir ineffective. et W ne s’est jamais soucié de ogique. Donc c’est vrai qu’il s’agit d’un art qui se concilie le public. Et tant qu’on est dans le cacul de l’effet il n’y a pas de rigueur ou de logique artistique. la tragédie.l’art grec. c’est du théâtre. on ne court pas le risque d’écrire un vrai drame sans le vouloir. Et alors évidemment. ou va s’absenter. On pourrait donner une définition très générale du théatre (pas seulement scènes. dernier point l’effet est aussi la représentation du public. En un certain sens. on ne peut pas soumettre l’art à ce que j’appelle une logique rigoureus. que cette référence au classicisme français. ce n’est pas public de Corneille qu’il avait à se concilier. c’est quoi ? le vrai drame c’est la même chose que la tragédie.on pourrait dire qu’il y a l’époque du grand art grec. Le théâtre est plié a une modernité lointaine. inopérante. dont le paradigme reste W. C’est une périodisation d’un autre ordre : . finalement. la logique de l’art. au fond. Mais il se concilie le public. Elle n’est pas voulue au sens strict. Le drame exige une logique rigoureuse. ce n’était que des allemands » Alors sur ce texte : 1° le point essentiel peut-être c’est que N continue à opposer le théâtre au drame. le public n’entre pas en ligne de compte. car elle est dans un certain sens une manif artistique de l’apparaîte. mais le théâtre a commencé dès Euripide. C’est plus l’ancienne périodisation. c’est la chose suivante. Ça va devenir petit petit pour N une référence essentielle. ce qui en un sens va diviser le théâtre en 2. l’écroulement du thème du retour du grand art va être aussi petit à petit l’abandon du thème de l’art lui-même. c’est le théâtre en tant que calcul de son effet. la conjonction rêve ivresse. en donne une mesure forte. comme toute chose. Ce que dit Nietzsche. Phrase décisive : « Conduit par un tel sens du théâtre on ne trouve pas le risque d’écrire un vrai drame sans le vouloir ». Un vrai drame sans le vouloir.effet final. c’est un art estimable. Cette figure d’un art originaire qui malgré tout . et pas ivresse. puisque le thépatre dès Euripide est construit sur le calcul de l’effet. C’est que au fond. Le vrai drame involontaire c’est ce qui prodigue la conjonction du rêve et de l’ivresse indépendamment de la volonté d’un effet. 3 époques de l’art. ie un objet d’un calcul de l’effet. c’est vouloir se concilier le public. Il est pensé pour cela. C’est une forme de la volonté. Il y aurait finalement 3 paradigmes : . sa rigueur est essentiellement involontaire. Ceci identifie l’art grec. Ecrire un vrai drame sans le vouloir ce serait précisément être dans l’élément du reyour et de son innocence. L’art véritable est un art indifférent à son effet. il n’est pas calcul de l’effet mais il est surgissement de son propre apparaître). A vrai dire un vrai drame ne purrait être écrit que sans le vouloi. Nietzsche va identifier l’art classique (pas au sens grec) comme l’art de l’époque d’un public exigeant sur la nature même de l’effet (public de Corneille). La logique rigoureuse ne surgi tque quand on cesse de vouloir effet. C’est une maxime nietzcchéenne typique. Et alors c’est très intéressant de voir que quand on veut l’effet. Il soutient et prend en considération son effet. qui est autosuffisant. car toute volonté artistique ne peut être qu’une volonté de l’effet de l’art. acteurs etc…) : c’est tout art qui veut son effet. .

qu’était le grand art. Ce . et s’il n’y a que le théâtre. raturée. On peut penser la Grèce. … déjà une construction allemande dans cette vision de la Grèce. alors finalement le principe d’évaluation est le grand théâtre. s’il n’y a peut-être même la tarégdie elle-même (montage alle de la Grcèe) force est de convenir qe ce qu’il y a. Cette identification là était déjà trop allemande (art de conjonction. D / A. c’est le théâtre. Ça c’est sûr. Le théâtre tel que son public fait que ce n’est pas en état d’être un théâtre histrion. à quoi on reconnaissait la grèce allemande. la tragédie française classique n’est certes pas une tragédie au sens de OT mais tend à devenir le vrai paradigme de ce dont l’art est capable. et ce qui du coup prend force c’est l’art classique. pensée. Parenthèse : ce qui est remarquable. l’identification de la Grèce elle-même s’est précarisée. L’Allemagne apparaît comme l’opérateur et le lieu où se révèle et s’opère la description pensée de cette occultation et la promesse de la décoccultation. primordialede l’accueil de l’être. N va considérer cette Grèce comme mythique ou comme étant déjà une création allemande. Qu’est-ce que c’est le grand théâtre ? c’est ce qui a un grand public. Pas seulement l’idée que l’Allemagne allait être le retour. mais la Grèce à l’arrière plan. en un certain sens depuis toujours. à condition que le public le constitue comme tel. mais d’une Grèce oublieuse d’ellemême. oubliée. C’est un schéma singulier : ce n’et pas seulement que l’All dit qu’elle va répéter la Gr-ce. N écrit la NT parce que il y a la promesse allemande du st art de Wagner. L’All s’identifie elle-même en pensée à partir de l’opération par quoi la gRèce s’est oubliée ellemême. C’est un renoncement en vérité à sa capacité mythique. Il faut toujours reconstituer dans le paysage allemand une Grèce perdue. Je pense que Nietzsche à un moment donné n’a plus cru à ça. mythifiée. mais il est de l’essence de la Grèce d’avoir été oubliée par quoi ? oubliée par les Grecs ! C’est le point essentiel. Pas la Grèce comme archéologie constituée. L’art est capable de cela. mais c’était peut-être la Grèce elle-même. La grèce a toujours traversé une épreuve d’oubli d’elle-me^me dans ce qui apparaît come sa fondation classique. Le thème du gd art s’estompe chez N petit à petit. qui est en question. C’est un schéma fdtal de la pense allemande à la Grèce. dit N. Il faut identifie ce qu’on a appelé les préso dit Heidegger comme l’authentique de la Grèce dans son éclosion. les mauvais grecs ont oublié leur propre essence originelle. L’All ce n’était pas seulement de se croire la nouvelle Grèce. Ie cette Grèce était rêvée par l’All comme paradigme de son retour. c’était l’histrionisme. c’était déjà allemand). Car si d’une certaine façon la théâtralité n’est plus mesurée par le grand art tragique. Je soutieindrais volontiers que dans le Nietzsche terminal. avant la rature (Socrate et Platon en portent le chapeau ! les grands et les suspects emblèmes de cette rature de l’origine). et à l’inverse la désintidentficiatoiun de l’Allemagne remet en cause le montage grec. mais ce n’est pas la Grèce classique avec Socrate et Platon. c’est donc le théâtre auquel le public donne dignité. alors ce qui compte c’est l’histoire de la théâtralité elle-même. l’art de la France classique. dont l’Allemagne serait la répétition. C’est assez allemand. Un théâtre non histrion. Il y a une figure de cela qui est en effet l’époque de la tragédie française classique. si on admet que en un certain sens ce qui est en jeu dans tout ça c’est une identification philosophique de l’Allemagne. nouvelle patrie intellectuelle. de l’accointaine du poème et de la pensée. Ce qui compte c’est le grand théâtre. ou la conjonction du mythe et de la musique.induit toujours la possibilité de son retour. qui a beosin de la thèse selon laquelle une grèce originaire. Les allemands modernes ont besoin pour dientifier l’All non seulement de la Grèce. puisque le théâtre est toujours dans la logique du calcul de l’effet. rêve / ivresse. après qu’on ait dit que l’essence de la théâtralité. ie un théâtre commensurable aux classiques. Une grèce a été ossifiée. totale. s’il n’y a pas retour de la tragédie. Il y a en réalité une déperdition du thème du grand art qui nommait la grèce rêve. c’est qu’elle est toujours en position d’identifier une Grèce plus fondamentale que la Grèce apparente. Donc la recherche tourmentée de Nietzsche serait celle-là : y a-t-il un théâtre non histrion. finalement cette figure va s’absenter. Si l’identification de l’Allemagne donne la clé du montage grec. dégradatino dès Euripide. Les grecs. Effectivement Wagner a comme public des allemands ! L’énoncé veut dire : somme toute. mais le montage lui-même. déjà ensevelie une 1ère fois dans l’oblitération de son passé. dont la Grèce classique est la dégradation ou l’oubli.

La vraie couche c’est pourquoi Nietzsche dit Carmen et pas Wagner ? La vraie signficaion c’est que Carmen de Bizet c’est du meilleur théâtre. ou dont la dignité est plus grande parce que ça ne prétend êyte autre chose que ce que c’est. parce que la thématique du grand art a été affectée. le public est-il contemporain de ce qu’il y a là ? Mais si la question est celle du public. vraiment ça ne se prend pas pour du grand art. Encore une fois si on se rallier à la théâtralité. Ça ça a un coût. est l’intermédiaire entre esthétique et politique. Le pb est de réconcilier les teutons ! Tant que le théâtre sera dévoué à avoir un public teuton. C’est la signification au fond de cette histoire de Bizet. . alors on ne peut plus non plus complètement tenir la critique de la théâtralité. C’est sûr. Et même dire que ce n’est pas le grand art. Il se les conciliera en faisnat croire qu’il est le gd art. Obligation par csqt d’une médiation de la norme par le public : c’est le public qu’il faut changer. Je conclurai ainsi : la tragédie. directement archipolitique. dans la sphère de l’art. C’est le vecteur d’une translation aveugle de la représentation de l’acte philosophique de l’esthétique à la politique. On le verra plus en détail. il sera wagnérien. C’est cimenté par un public qui est. On pourrait dire ceci : si on abandonne le thème de l’identification de l’époque par le retour du grand art. Il y avait le caractère normatif du grand art. Ce n’est pas une imopstyre. ie dans le régime du simulacre et de l’imposture. Mais la théâtralité conduit à une vision politique de l’acte. c’est du théâtre français. c’est les Allemands.qui naturellement (nous anticipons sur la prochaine fois) veut dire que ce qu’il faut changer d’abord. Puisque précisément la théâtralité était définie par le renoncement à la tragédie. sans retour. Donc il faut chercher des nouvelles normes du côté de la théâtralité elle-même. à tous les sens du terme. Evidemment. donc pour N c’est archipolitique. Finalement le théâtre a été. La théatralité c’est ce qu’il y a. le thème de la tragédie conduisait à une conception esthétique de l’acte. Je conclurai aujourd’hui sur ce point. ça relève d’une conception politique de l’acte. tout est une questino de public : le public est-il captif ou asservi par l’entreprise allemande. La défaillance de la possibilité esthétique de l’acte. alors la question ultime n’est pas esthétique mais politique. la folie de Nietzsche c’est le sans retour. Carmen. oblique à la théâytralitré. mais c’est une couche inférieure. Et encore une fois cette translation est aussi le passage de l’acte garanti par le retour à un acte que je dirais. ça a pu faire rire. Et c’est à cela que N s’est trouvé être en proie. c’est même en sa faveur. les français contre les allemands.

dans sa forme développée ou suprême. de Wagner est un ressort de la polémique de Nietzsche contre lui. On comprend bien cela : la théâtralité de Wagner est une imposture au regard du fait qu’elle s’est présentée comme figrue du grand art. 4° finalement Wagner qu’on croyait être l’Eschyle de l’Allemagne est en réalité son Euripide. nous en avons développé son extrême complexité la dernière fois. C’est le point essentiel. c’est autre chose. on voit qu’il ne s’agit pas de proposer une alternative à Wagner en termes de retour du grand art. de Peter Gast. qu’il s’agisse de tel ou tel italien. il y a sur ce point une complexité de la question nationale du dernier Nietzsche : on voit simultanément une allégeance italienne. je vais mettre l’Allemagne dit-il dans un corset de fer. thématique qui lie dans une anticipation remarquable l’idée de l’Europe à l’idée de contenir l’Allemagne. En un certain sens l’Allemagne s’effondre avec Wagner. A l’arrière plan de cette Pologne rêvée. ça veut dire que 1° en réalité la musique de W n’a pas pour essence la conjonction (essence du grand art). et ce qu’on croyait être une novation n’est qu’un accomplisement. la consolidation d’une généalogie fictive de Nietzsche lui-même comme polonais. une Russie essentielle. mais il est au contraire dans la forme de l’accomplissement. l’Allemagne comme site de la réinstauration mythique d’un peuple est destituée en même temps que Wagner l’est. Il y a une théâtralité qui se subordonne la musique. théâtral ou prosodique. Mais finalement la question est plus intriquée que cela cela. en ce qui concerne notamment la référence à l’art classique français. 3° il en résulte qu’il y a une destitution de l’Allemagne comme site possible du retour. On pourrait dire finalement que Wagner soit Euripide maintient la haine antithéâtrale de Nietzsche et de fait le caractère histrion. 2° l’art wagnérien est en deça de toute rupture : il n’est pas la réinstitution ou le retour en rupture du grand art. La destitution de W ets la destitution de l’hyp du retur du gd art. ie un miniaturiste là où attendait un fondateur de mythe. car ça engage la question finalement du rapport de la philosophie au théâtre. La destitution de Wagner est la destituion de l’hypothèse même du retour du gd art. Si on prend la question d’un autre biais : si l’Allemagne n’est pas le site du retour du grand art qu’en est-il de l’art ? Quelle est la réserve de puissance de l‘art. Il y a une t qui se la . Ce qu’on croyait être la guérison est la madadie. comme venant de l’Est. théâtral. la tragédie n’étant pas en son essence téhâtre. Sur l’inscription musicale ou artistique du fond russe. la conjonction de l’ivresse et du reve.NOUVEAU COURS En termes conceptuels je le rappelle. des références françaises extrêmement soutenues. dès lors finalement que Wagner est un imposteur. Ce qui ouvre à la question : quel est le site de l’acte archipolitique. mais ouvre la poss que la théâtralité soit inévitable dans les conditins du nihilisme (ie que le grand art soit une reverie inconsistante) et elle ouvre aussi à l‘idée qu’il faudrait distinguer 2 théâtralités : une théâtralité complètement corrompue. et une vivante plus affirmative. Elle peut être critique au vu de l’imposture du grand art. il dit quelque part qu’il y a une forme de gaieté dans la manière russe d’être triste. notamment sur la musique. comédien. Elle laisse ouverte par csqt l’hypothèse que la critique de la théâtralité soit ambiguë. ie comme nouvelle Grèce possible. Alors sur cet ultime point. Mais il faut souligner qu’il n’y a pas d’hypothèse de rechange. Il y a aussi finalement une thématique de l’Europe qui se développe de plus en plus. Quand Nietzsche nomme d’autres musciens. de l’acte philosophique dans son essence archipolitique ? quel est le site véritable de l’acte philosophique dans son essence archipolitique. et pas dans l’opération manifeste qu’elle explicite ou déploie. de Bizet. la théatralité advient commr corruption du tragique dans la figure de Euripide. Il en résulte je le rappelle que sa grandeur est dans le détail. mais bien plutôt dans la minaiture musicale saisie dans l’infime du discours. Il est Euripide où on attendait Eschyle. de plus en plus prononcée. la conjonction de Apollon et de dionysso mais elle est par elle-même dissociation. et elle laisse ouverte complètement la question de la figure de l’artiste à l’époque du nihilisme ou à l’époque de la décadence. ce point est important. Puisque je vous rappelle que ce qu’est essentiellement Euripide pour Nietzsche c’est le fondateur théâtre. Il accomplit le nihilisme.

la prose. Si on regarde de près. elle est le simulacre de la…Wagner est comme Euripide qln qui substitue la puissance de l’ubiquité de . Je veux le reprendre dans le détail. et cette conjonction est la conjonction de l’ivresse et du rêve. les références de plus en plus chaleureuses à Goethe. aurait sans doute été une division de la théâtralité elle-même que le strict maintien de l’objection faite à Wagner (dans le cadre de l’imposture) d’avoir asservi la question du grand art à la question du théâtre. Dans une opération qui est une opération socratique. A son école on va jusqu’à écrire comme Hegel. Il y a chez Nietzsche des définitions très précises d’Euripide. Ce n’est pas par la musique que W s’est gagné les adolescents. Il est vrai que la puissance conjonctive du grand art est de faire tenir ensemble dans une alchimie créatrice tout à fait singulière dans la figure du rêve le fini de la forme et dans la figure de l’ivresse l’infini de la vie. Je rappelle que la tragédie pour Nietzsche est une conjonction. Si on dit que Wagner est Euripide. la nébulosité c’est l’ubiquité de l’idée. Mais la plce est aussi dégagée pour une réévaluation de la théatralté elle-même et ceci donne lieu à une ouverture de la réévaluation de l’art classique français. Hegel comme Wagner ont séduit et suborné les ado par leur talent exceptionnel à être simultanément partout et nulle part. Je vous lis dans le Cas Wagner : « Hegel est un fou mais pas seulement un fou all mais un fou européen. ce par quoi elle simule. tirés du Cas Wagner. C’est ce que montre le Cas Wagner : à se cramponner au paradigme du grand art. Euripide est une autre conjonction. on voit que le caractère orgiaque du dionysisme qui se donne dans la figure de l’ivresse est une levée. et au delà du classicisme. Si on délivre du fantasme du grand art (fantasme grec) la question de l’art on va peut-être trouver un paradigme théâtrale en réalité. et à ce titre elle sera condaméne intérgalement. a immortalisé. c’est par l’idée. il est l’Hegel de la musique. Sur le fait que Wagner est un homme de l’idée. En ce sens. ie il est aussi primordialement un homme de l’idée et non pas un homme du rêve. il n’en donne qu’une caricature théâtrale. il n’a fait que l’appliquer à la musique. à savoir la conjonction de la pensée et de la passion.conjonction de l’ivresse et du rêve est une théâtralité d’imposteur. sentis. Peut-être que finalement se serait ouvert le dernier Nietzsche. et il est un homme de la passion et non pas un homme de l’ivresse. C’est stt l’adoscecent qui l’a compris il a suffi de ces 2 mots : infini et signification pour qu’il s’est senti incomparaibelment à l’aise. une remontée en puissance d’un certain…. Nietzsche va donc entreprendre de montrer que en un certain sens Wagner fait la même chose. Sinon on va être un imposteur. Ceci étant il est vrai que le procès de Wagner comme Euripide. de planer et de voguer dans les airs. L’idée faite musique. qui est aussi en un certain sens une réévaluation. Il accomplit il ne peut pas être un paradigme. on le voit dans le détail. son caractère vague et multiforme. Euripide du grand art. il faut changer de paradigme. elle délivre l’infinité de la vie elle-même. mais d’une théâtralité qui n’est plus enchaînée à la mythologie du grabnd art. alors que le rêve apollinien est la figure finie de la forme. C’est précis. 2 textes là-dessus. exactement comme Euripide est l’Euripide d’Eschyle et de Sophocle. son art de se cramponner aux nuages. avant la précipitation la folie comme nom de l’acte. bref exactement ce par quoi Hegel en son temps les avait séduit et suborné». Un fou que W a compris. C’est ce qu’il y a de plus équivoque dans son art : sa manière de jouer à cache cache derrière 100 symboles. ie celui subordonne la continuité productive du flux muscial au principe du devenir d’une idée. Art classique français qui serait le paradigme possible d’un art qui n’est plus concevable sous le règne du grand art. et que la puissance se donne dans l’acocmplissement d’une conjonction. la polychromie de son idéal qui a conduit et arriré irrésistiblement les adolescents vers Wagner. Il s’est inventé un style qui garde une signification infinie . Wagner est d’une certaine façon aux yeux de Nietzsche le Hegel de la musique. il s’est fait l’héritier de hegel. avec d’une certaine façon dans cette idée (je vais y revenir) la conjonction singulière de l’infini et du fini. Si l’art n’est plus à penser sous l’injonction du retour grec du grand art. l’art littéraire. Autrement dit Euripide est celui qui substitue la pensée au rêve et la passion à l’ivresse. ie sa puissance est proprement la puissance d’une conjonction. ceci va entraîner un rapprochement systématique tout à fait intéressant entre Wagner et Hegel. c’est ce que désignerait le classicisme français. Et comme on l’a compris Wagner ! la même espèce d’homme qui s’est engouée de H s’engoie de Wagner. ce partout et nulle part il faut l’interpréter de la façon suivante : c’est ce par quoi l’idée feint de ressembler au rêve ou à l’ivresse. C’est le génie wagnérien de cultiver le trouble.

Il y a une théorie de Nietzsche selon laquelle Wagner est celui qui a placé la singularité du timbre au cœur de l’effet musical. Osons être laid. on peut dire que Wagner se livre aux même opérations qu’Euripide. La critique nietzschéenne ne reconnnaît même pas à Wagner le statut d’Euripide en tant que Euripide effectuerait une certaine conjonction théâtrale de la pensée et de la passion. Rien n’est plus périlleux qu’une belle mélodie. toujours dans le Cas Wagner : « mais c’est avant tout la passion qui renverse. l’absence de mélodie sanctifie. ce ne sont pas des attributs extérieurs. Et voici la définition de la passion : la passion les acrobaties de la laideur sur la corde raide de la dysharmonie. Je vous lis le passage. Ça conduira Nietzsche à souligner que dans Wagner ce qui compte fondamentalement en musique c’est sa couleur. la mélodie. N analyse bien comment l’organisation du duscours musical de W consiste à accumuler des tensinos sans jamais vraiment les résoude. On ne va pas rentrer dans les détails (il faudrait du Wagner). mes amis. il faut la décoder un peu. Voilà. sa musique même en témoigne (et non les dclarations à son propos) c’est immanent à la musique. Donc il fait les 2 substitutions caractéristiques d’Euripide. Pour récapituler. mais en un certain sens ce que dira Nietzsche c’est qu’il ne s’agirait même pas d’une conjonction. Démonstration : Palestrina. Comme toujours : il faut bien comprendre idée et passinos doivent être pensées de l’intérieur de la question musique. plus on trouveara d’esprit. Il y a la substiutino mais il n’y a pas vraiment la conjonction. au-delà de son ironie. En réalité. ce n’est qu’ainsi que nous deviendrons naturels ». battons les à mort.lidée à la véritable expansion musciale. dénigrons si par ailleurs nous prenons l’idéal au sérieux. gardons-nous la beauté. dénigrons la mélodie. sa tonalité. mais dans des figures dissociées. du timbrage. Si Wagner est à la fois l’homme de l’idée et de la passion au lieu d’être l’homme du rêve et l’homme de l’ivresse. Et précisément. ce qui est appelé passion dans cette affaire (et qui vient je le rappelle) se substituer à l’ivresse. Dénigrons. D’autre part il est l’homme de la passion dans sa musique car il va privilégier progressivement le timbre sur les autres paramètres de la configuration musciale. tout cela bouleverse ». il y a en réalité dans le discours wagnérien qch de dissocié. Il faut la décoder. ce contre la régulation en quelque manière architectonique du discours muscial. elle subordonne la conduite musiclae à une théâtralité. Entendons nous bien sur la passion. La musique est de ce point de vue asservie aux figures multiformes de l’idée. Aplication : Parsifal. Il le dit juste avant : « la couleur du son est ici décisivie. Plus on introduira de timbre. Dans cette charge canonique contre la dimension passionnelle du wagnériesme. nul besoin d’être savant – la passion ça marche à tous les coups ! La beauté est chose difficle. double substitution de la pensée au rêve et de la passion à l’ivrese. C’est là-dessus qu’il faut raffiner. manions l’éclair et le tonnerre. Rien ne corrompt plus sûrement le goût ! nous sommes perdus si on se remet à aimer les belles mélodies. c’est la subordination de la construction musicale à son effet immédiat. Agaçons les nerfs. Rien n’est plus avantageux que la passion ! on peut ignorer toutes les vertus du contrepoint. Wagner l’a bien osé. jusqu’à l’obsession. ie qui diffère toujours sa récolution. Esthétiquement. Théorème : la mélodie est immorale. et plus précisément même le timbre. Repoussons courageusement la boue de l’harmonie dégoûtante ! N’ayons pas peur de nous salir les mains. de la couleur. De même Wagner est aussi un homme de la passion. mais d’une certaine façon et c’est en quoi il est un décadent. Wagner produit bien lui-même la subordination de la musique à l’idée d’un côté et à l’immédiat passionnel de l’autre. la nature exacte du son importe peu. Entre la passion et l’idée. elle va cesser d’être musique pure. C’est pourquoi c’est une musique qui est toujours ne train de promettre. La passion règne sur la musique car elle subordonnne la construction musciale à l’effet de la dysharmonie ou du moment passionnel de la musique. Il y a des raisons intrinsèques à ça : si la musique de Wagner accumule les tensions . A quoi bon gaspiller nos efforts ? Soyons singuliers dans la sonorité. Ie en un certain sens la musique elle-même va devenir illustrative au lieu de inntrinsèqe. Mieux. Pour conclure sur ce point. c’est l’idée que ceà quoi ouvre W en musique c’est à la dictature de la tonalité au sens du ton. on peut dire qu’au cœur de sa musique Wagner est euripidien d’une part car il subordonne la conduite du discours musical à la figure de l’idée. par quoi il s’est détrourné de l’enseignement des maîtres classiques qui tissaient la question de la mélodie et la question de la construction harmonique. L’idée règne sur la musique car c’est elle qui cnoduit la dramaturgie musicale.

sobre ou dissociée. Il est en quelque manière la promesse qu’on va réellement avoir l’idée. Alors il en résulte qu’il y a dans le Nietzsche terminal une espèce d’errance rapide si je puis dire dans la détermination de la question de savoir s’il y a une chose autre. au sens strict. ça ce constitue pas le même appui. n’est certainement pas en état de soutenir l’acte philosophique comme acte archipolitique. D’où la contrevalorisation de ce que serait une théâtralité sobre et aussi une musique sobre. La musique de W est le réel de la théâtralité dissociée qui s’effectue comme timbre de l’idée ou comme promesse cumulative sans résolution. si elle est une promesse non tenue. au-delà même des positions du Nietzsche intermédiaire. est certes une théâtralité. ça désigne les ambivalences de puissance de ce type. même l’hystérisation de la musique par W est une opoération compliquée. Il y aurait un long développement à faire sur la catégorie d’hystérie chez Nietzsche. ie la désignation d’un type. mais sans finalement solder ce suspens. On peut dire que Nietzsche est réellement parmi les philosophes celui qui a tenté de faire de l’hystérie une catégorie. . droite. La registration de leur définition en puissance est toujours ambivalente. elle les laisse dans une dissociation que la musique ne peut qu’énerver. Il va devenir le nomade de sa propre pensée. C’est mieux que la dissociation wagnérienne. On pourrait dire que Wagner. C’est sûr que ça désigne pour part ce qu’il appelle une petite bonne femme. droite. La théâtralité hystérisée de Wagner laisse la dissociation. C’est dans un circuit plus compliqué qui contraignant à constater que de toute façon il y a la théâtralité. l’apparition de l’homme de science est en vérité signe d’un certain endiguement. ça désigne aussi Wagner. certes. Comme toujours. Le rapport de Nietzsche à la science. Nietzsche établit toutes les poss à cet égard. Alors finalement c’est au regard de ça que Nietzsche va en appeler de plus en plus à une théâtralité au moins non dissociée. Il navigue en Italie comme figrue de cette distance. Si l’artiste du grand art n’est pas le type de la rupture archipolitique (le Cas Wagner : le type de l’artiste au sens wagnérien se révèle être une imposture). en suspens de la tension accumulée dans la tonalité ou dans le timbre. Il y a la question de avoir si la science ou une certaine science. y a-t-il un autre site ? C’est là que N va errer. L’idée. Il y a même des passages où la catégorie sert à Nietzsche à se désigner lui-même. proche de la science. Ce n’est pas sur même plan. d’énervement et de promesse. Il appelle ça une théâtralité non hystérisée. ce qui indique la doube question : y a-t-il un site de cet acte (que nation ?quelle configuration des nations) et y a-t-il un appui autre que la figure du grand art qui investirait en un certain sens la possibilité de l’acte ? Stt dans les ultimes textes posthumes. La typologie nietzschéenne. l’idée comme timbre. ie qu’il appellera simple. si la scientificité ne produit pas une figure de puissance qui finalement serait au relais de la défaillance du grand art. le timbral de l’idée. finalement. c’est précisément parce quelle ne réalise pas réellement la conjonction de la pensée et de la passion. investie dans le sonore.sans les résoudre. mais au moins elle ne laisse pas dans l’état dissociation. ou ce qu’il faut entendre sous le nom de Bizet par exemple. mais l’idée elle-même est toujours dérobée. d’une certaine baisse du niveau de la vie. ie où éclate la dissociation. Mais également d’un gain de force. et pas de l’ivresse et du rêve le grand art. Il va devenir un nomade européen. toujours dans la registration de l’idée et des passions. Ce n’est pas sur le même plan. il y a 2 questions : y a-t-il un autre type. L’hystérie est une catégorie de la typologie nietzschéenne. Mais une théâtralité simple. et si d’autre part non plus l’Allemagne ne peut pas en être le site. investie dans la singularité du son. hystérisée et conclure que la théâtralité sobre est supérieure. On peut dire qu’il en appellera à un théâtre sobre. si elle tient en haleine. Et alors c’est pour ça qu’on porrait dire que ce qui est finalement visé par Nietzsche dans Wagner c’est une théâtralité dissociée. Par exemple il tourne autour de la science. mai ce timbre de l’idée ne produit pas une conjonction architectonique véritable. Alors la théâtralité à laquelle il va faire appel est une théâtralité qui aurait été déshystéricisée. c’est à l’état dissocié le timbre de l’idée. Je vous cite un texte de l’année 88 pour indiquer les complexités de la pensée de Nietzsche sur ce point : « comparé à l’artiste. La musique est cette dissociation elle-même. à la scientificité est une question par elle-même très complexe. mais ce mieux n’est pas un mieux tel qu’on puisse (comme on espérait le faire avec Wagner) s’en soutenir dans l’échéance de l’acte. Le pb étant que de toute évidence le paradigme de la théâtralité sobre. du timbre. mais pas seulement. Mais ça ça ne donne pas à l’entrerise archipolitique de Nietzsche le soutien qu’il pouvait attendre de la perspetive du retour du grand art.

l’amour cynique. En ce qui concerne cette puissance. Dans son principe : la haine mortelle des sexes ». En un certain sens le mot même de politique est foncièrement équivoque. l’amour. c’est véritablement le réel nu d’une guerre. Nietzsche parle de Bizet : finalement Bizet finalement est sobre. « Carmen adorée. il y a une évaluation de la question de l’amour du point de vue de l’énergie dont il s’agit. l’amour retransposé dans sa nature originelle. une fatalité. Ie l’amour de ce point de vue peut être une force. que une supra ou une archipolitique. Car finalement c’est dans l’insistance de sa propre rupture. Qch comme ça. ie que l’apparition de l’homme de scinece est le signe d’endiguement ou d’une certaine baisse du niveau de vie (en Grèce après l’époque de la tragédie). courbure légèrement négative du mouvement de l’instiutuion des valeurs par la vie. innicent. L’amour dans ses moyens : la guerre. l’homme de science peut être supérieur. Mais ça n’a pas d’espace d’ouverture universel. Nietzsche l’interroge (il l’a souvent fait. Il se tourne également du côté de la question de la puissance amoureuse. Il y a des textes où il prononce d’une certaine façon que l’amour rend généreux. mais au sens du grand art). l’artiste est supérieur. Donc en un sens là aussi N ne . mais est astreint à la répétition. elle insiste dans sa propre guerre. ie gaspilleur. Mais finalement Nietzsche en restera là. cruel. un gain de force. et une grande force. Nietzsche interroge ensuite la politique elle-même en 88 de façon pressante. Ce que la vie crée dans la figrue ou le type de l’homme de science n’est pas du même degré de puissance large que ce qu’elle crée dans le type de l’artiste (pas au sens histrionique wagnérien. Donc c’est comme si c’était si vous voulez plus étroit (la science par rapport à l’art). d’une certaine façon ne trouve pas son principe d’affirmation inévaluable. La guerre. une perte en un autre sens. c’est qch comme dionysos enfant. Et en termes d’évaluation large. innocent. il y a qch qui s’égare par défaut de point d’application. avec la figure de Lou Andrea Salome par exemple). et c’est justement qu’est la nature. la haine mortelle n’est pas un élément de dépréciation de ce dont il s’agit. l’innocence et la cruauté c’est un principe de réel. En terme de force locale. Mais ce sont des esquisses et elles sont toujours repliées ou reployées par l’idée que ce gaspillage. il ne reconstruira pas un dispositif dans lequel ultimement la figure du scientifique viendra au relais de la figure du type l’artiste. Très compliqué. mais elle n’est pas créatrice de son affirmation immanente comme rupture ou odyssée d’un autre monde. Notre voie est d’examiner l’amour dans sa comparaison avec les ressources de la guerre. de vie. C’est pas l’indication qu’il y a là une détestation intrinsèque de l’amour. d’une force volontaire ». ce qui ne convient pas et ce qui fait que là aussi tout cela est repris dans un reploiement sur soi qui fait qu’on n’a pas là de quo soutenir au sens du grand art le geste archipolitique. Il conservera l’idée que la figure aurait été l’artiste s’il avait été dans la figure du retour du grand art. ça va être ce qu’il va appeler la thématique de la grande politique. Globalement il est certaint que l’avènement du type de l’homme de science est une inflexion. C’est finalement très supérieur pour Nietzsche à la sentimentalité idéalisée qu’on trouve dans la pseudo mythologie wagnérienne. qui est rendu asphyxié et délétère dans le princinpe de la musique de Wagner. c’est en un sens une figure de l’enfance. mais dans les textes de la fin.d’une rigueur. Donc baisse du niveau de la vie. Le cynisme. donc cette dimension affirmative malgré tout (la dilapidation comme telle échappe à l’ascétisme) mais c’est plutôt une sorte de dissémination. l’homem de science peut venir. mais du même coup plus concerntré. Ça pourrait être par csqt aussi une figure… mais ce qui ne convient pas. On voit ça dans la Carmen de Bizet. cruel. C’est pas une sentimentalité idéale. La force de l’amour cest qu’on peut y gaspiller l’énergie vitale. gain de force. Car au fond. d’une sancta sentimentale mais l’amour concçu comme un fatum. mais également d’un gain de force. c’est moi qui t’ai tuée ». rigueur. Alors évidemment la science. pour rien en quelque sorte. dans sa dimension cynique. il n’optera pas. Il y a des passages où la guerre est relevée en quelque sorte comme figure de l’affirmation. innocente et cruelle. force volontaire. non pas l’amour d’une vierge idéale. Ce qu’il faut entendre par grande politique c’est aussi bien la résiliation complète de toute politique. Donc il y aurait une balance : si le type de l’artiste vient défaillir. c’est que la haine entre les sexes. l’amour cynique. Et puis il y a l’amour. mais pas au sens de Wagner : « enfin l’amour. en tant qu’il est un élément de guerre inexpiable entre les sexes. Mais par ailleurs il y a une force plus grande. Ie c’est une force qui en effet se gaspille dans sa propre assistance. Nous en avons parlé dès le début de l’année. ie de puissance investie.

une guerre sans fin. Et Nietzsche est évidemment probe. Mais comme cette thématique historique de révolution est destituée par lui dans la catégroei du ressentiment (évnt trop bruyant dira Zarathoustra). Si on essaie de constituer l’ossature. tout contre W. elle est ce dont il s’agit de faire advenir la possibilité dans l’acte.l’amour est une figure de consummation insistante – c’est une guerre sans paix. . où il aurai du se trouver lors du retour du garnd art. on peut dire ceci : . ce n’est pas une création. très désintéressé. mais il y en a très peu. et qui tout seul à Turin annonce qu’il va casser en 2 l’histoie du monde ? Qu’est-ce qu’il y a. Il l’annonce. mais comme la quête désespérée de la question de savoir que puisqu’il n’y a rien d’autre et en particulier pas Wagner. Nietzsche contre Wagner ? 1er sens élémentaire : montre que depuis toujours il y a eu un écart entre Nietzsche et Wagner. C’est un dossier. c’est Nietzsche. C’est évident puisqu’il a disqualifié la révolution politique. c’est éventuellement quelques traces que ce qu’il y a. et puis il y a qd même des listes de choses à quoi se raccrocher : il y a l’esprit païen. Ce qu’il y a c’est N à la fois en un sens très noble. Mais en réalité ce qu’il veut dire. autre chose parce que Nietzsche lui- . Donc c’est autre chose. Vous voyez jusqu’où va la recherche de ce qu’il y a : ce qu’il y a. bien sûr. Mais ça veut dire quoi. Il va devoir lui la fonder. Il y a des choses. Nietzsche contre Wagner. Nous en avions parlé de manière détaillée. pas plus finalement que Wagner ne propose de grand art. Au fond c’est le dernier ouvrage sur lequel il ait travaillé. c’est certain.trouve pas dans la politique dans dans aucun des sens immédiat du mot la figure typique d’un appui possible pour le geste philosophique. à la place où il aurait du être. de ce qui peut servir d’appui. il fallait encore Nietzsche contre Wagner.il n’y a pas de garnd art (c’est un point clé) . véritablement. pour cet homme qui est seul à Turin. naturellement. Quand son tailleur s’est montré très poli avec lui. c’est un classement : il prend les textes qu’il a consacrés à Wagner depuis l’origine de la Tragédie jusqu’au cas Wagner et veut montrer qu’en classant on voit une logique fondamentale qui se donne Nietzsche contre Wagner. Il avait écrit le Cas Wagner. il faut bien qu’il y ait N. et donc en un sens en matière de politique. au moins. c’est il n’y a pas Wagner et donc regardez bien. La folie est venue là. comme ressource possible de cet acte ? Il y a dans les fragments posthumes des listes. car Wagner n’était identifiable que du point de la spécificité de l’artiste. c’est qu’il y a Nietzsche. . ie du point de la question du grand art. et qu’est-ce qu’il n’y a pas. Donc la politique en son sens à lui se dissout dans l’archipolitique et ne peut donc pas en être un appui. Comme quand il se réjouit d’être reconnu dans la rue. c’est un recueil extraordinaire. sincère.l l’histoire ne propose rien. on y reviendra. il y a l’art. La folie est venue dans le moment où finalement le fait que ce qu’il y avait c’était Nietzsche. c’est un texte extraordinairement émouvant car on ne peut pas s’empêcher de le lire comme le texte qln qui range ses papiers avant la folie. C’est ainsi qu’il fait entendre le titre Nietzsche contre Wagner. presque désespérées à vrai dire. l’histoire ne propose la grande politique. Alors vous voyez en un certain sens si on cherche à se représenter le paysage intellectuel de Nietzsche dans cette année 88. En son temps une figure possible aurait été au registre de la révolution. pour enregistrer ces traces. il y a les sophistes grecs.la science est trop restreinte (c’est ça son… sa force ou sa rigueur se paie d’un manque de généralité ou d’extension). Pas du tout comme de la gloriole ou des vanités ridicules. C’est N en lieu et place de W. il y a un point à évoquer en passant qui est que Nietzsche contre Wagner désigne aussi un changtement complet de perspective. Et Nietzsche traque les signes qui montreraient que c’est bien Nietzsche qu’il y a. ie qu’est-ce qu’il y a. Il l’a disqualifiée. dans laquelle il a vu ultimement une figure du ressentiment égalitaire. un surinvestissement absolue de cette cingualrité. Cet homme est donc en train de classer à la fois sa vie et son œuvre du strict point de vue de la question N contre W. De sorte que ce qu’il y a. Parce que Nietzsche ne peut pas venir exactement à la place où est Wagner. c’est la dernière chose qu’il ait composée. Mlais ce n’est pas intéressant. C’est entièrement fait de fragments de livres antérieurs. il faut qu’il y ait N. Ça désigne unc changement complet de perspective.la grand epolitique est à venir. la politique est pour Nietzsche entièrement à venir. finalement. la vertébration de ce paysage de pensée à l’extrême fin de la lucidité de Nietzsche. Il y a le thème général du triomphe de la volonté de néant. qu’est-ce qu’il n’y a pas.

même sait bien que lui, Nietzsche, n’est pas non plus l’artiste du retour du grand art, et que, au moins sur ce point, il est comme Wagner. Il est tout aussi impuissant à faire advenir le retour du grad art grec que Wagner. Il se gardera tout au plus de l’imposture qu’il y aurait à le coire. Si on dit Nietzsche contre Wagner, en rangeant les papiers de cette formidable histoire, si c’est la denrière chose qu’on a à dire aux gens, à savoir i ln’y a pas W donc il n’y a que N il faut voir qu’on indique que l’acte archipolitique ne sera pas de caractère artistique en réalité. Il ne sera pas soutenu ou investi par la puissance du grand art, il ne sera pas la dotation à un peuple de sa mythogie reocnstituante ou fondatrice. Il ne sera rien de tout cela. Il ne sera que la flie de Nietzsche. Mais peu nous importe. Car ce qui compte c’est que en réalité ça veut dire, ce Nietzsche contre Wagner, que finalement il faut compter sur la philosophie elle-même. Et même pour Nietzsche cest une grande conversion. Il écrit en même temps le philo c’est le criminel des cirminels. C’est un antiphilosophe forcené. Mais si ce n’est aps l’art, l’amour, la science etc… finalement c’est quoi qui donne support ou matière ou effectivité à l’acte qui consiste à casser en 2 l’historie du monde ? Qu’est-ce qui vient sous le nom de Nietzsche ? Nous le savons, quand il aura été investi ou transi par la folie, ce sera tous les noms, tous les noms possibles, il sera le nom de tous les noms, il sera la nomination elle-même. Mais ça c’est dans la bascule ultime. Mais sinon qu’est-ce qui vient sous son nom ? On l’a vu au début de l’année, c’est la question de la nature même, du statut de son entreprise. Cette question fait retour sur Nietzsche quand on a Nietzsche contre Wagner. Wagner on sait ce que c’est, peut-être que c’est une imposture, le grand art corrompu par la théâtralité, mais on sait ce que c’est. Mais Nietzsche qu’est-ce que c’est, pour N lui-même. Le nom « N » nomme quoi pur N lui-même ? il ne nomme pas un artiste, un homme de science etc… aucun type répertorié. comme le sont les autres… exmainée. Et donc je soutiendrais que Nietzsche contre Wagner c’est à la fin des fins la revnache de la philo contre l’art du point de ce que le nom Nietzsche est en état de soutenir. La grande politique elle sera initiée par la délcaration philosophante et soutenue exclusivement par cela. Elle sera en ce sens réellement silencieuse, ie non musicale, non musicale. Et cependant Nietzsche jusqu’au bout va, va, va maintenir la nostalgie de l’art. Il va laisse une espèce d’adhérence intime à la domination des choses par l’art, on sent bien cela, bien que Nietzsche contre Wagner d’une certaine façon donne ou désigne par soi-même la nudité de la philosophie. Pour le N ultime la philo déssaisie de la pbtique de retour du gd art, déssaisie des figures typiques d’appu isur lesquelles elle comptait, elle est à même sa propre déclaration et sa prorpe déclaration c’est l’archipol elle-même. Elle est solitaire, aussi solitaire que N à Turin, en effet. Je voudrais dire de ce point de vue quasiment la dernière page de Nietzsche contre Wagner, le dernier passage de l’épilogue de Nietzsche contre Wagner, donc véritablement qch qu’on peut dire si on veut dire testamentaire, juste au bord de l’acte, puisque c’est le dernier passage du dernier texte composé par Nietzsche. On ne peut qu’être saisi d’émotion en pensant à cela. Nous avons au fond les derniers feuillets que Nietzsche. estimait devoir classer en vue du public, pour le public, avant d’être dans le silence, dans l’impuissance à dire, ie finalement dans l’acte dont lequel on ne se sort plus, l’acte dans lequelon est figé. Je vous l’ai dit, Nietzsche contre Wagner est une compilation, texte classé, qu’on classe. C’est un texte tiré du Gai Savoir. On pourrait dire qu’on n’a pas affaire à un texte réellement terminal (GS de 82), mais le texte est tité de l’avant-propos du GS. C’est étrange de vori ce texte de l’avant propos passer en épilogue. Ce texte de déclaration et ouverture, devient terminal et testamentaire. Il change de statut. Il est d’ocobre 86 et publié en juin 87. C’est un texte que je considère comme le leg de l’avant-denière période. Je considère que à partir de 86, ie après le 4ème livre de Zarathoustra (85), qui est le commencement de la fin (différence de tonalité vaec les 3 autres livres). Sont données dans le 4ème livre toutes les compilcations qui vont entraîner la rupture terminale nietzschéenne. A partir de 86, après le 4ème chant de Zarathousta, les catégories du nietzschéisme classique ou courant s’absentent : ce poin test très important. Elles ne disparaissent pas dans leur mention ou leur nomination mais s’absentent comme catégories vivants ou susceptibles de souteninr la pensée. Quelles catgéories ? Celle du retour éternel (mentionné dans des plans, c’est tout). Elle n’est plus active. Vous connnaissez mon interprétation sur ce point : je pense que cette catégorie du retour éternel était organiquement liée

à l’hypoyhèse du retour du grand art. Je pense que l’effectivité, la subjectivation de la catégorie du retour éternel était d’abord et avant tout la promesse et la posisbilité du retour du grand art, et qu’avec l’écroulement du dispositif du retour du garnd art. Cette catégoriue devient non pas fausse mais abstraite. Et Nietzsche ne se cramponne jamais à une abstraction. Quand une catégorie devient abstraite elle est morte en un certain sens. De même la catégorie de VP. Imposture de construire un livre sous ce titre, comme l’a fait sa sœur, qui sous ce titre est censé concentrer le N terminal. Elle passe elle aussi au statut d’abstration. A mon sens c’est car le concept même de volonté, fut ce dans VP, n’est pas en état de désigne l’expérience du N terminal. Le caractère proprement involontaire de la folie est en préparation est en préparation, en réflexion anticipée, dans l’abstration morte porgessive que devient la catégorie de VP. Casser en 2 l’histoire du monde n’est plus un programme de la volonté, ne se nomme plus volonté. Sarah Koffman dit explosion, la question dynamuqye non chréteinne, casser en 2, c’est un événement…, ie une pbtique de son propre en acte non plus en terme de VP mais en terme d’évent qui transit ou saist son acte. La catégorie de surhomme disparaît, car lié à la pbtique de nouvelles valeurs, ce qu’indiquait le triomphe des forces active sur les forces réactives. Il ne s’agit plus de ça dans le N terminal : le maintien du terme de l’aff ne signifie plus la création de nouvelles valeurs. L’affirmation est au contraire l’acquiescement à l’inévaluable, qui ne se donne pas dans la figure de la création de nouvelles valeurs. Ou pour autant qu’il y ait une perspective du surhomme, on peut le définir comme l’homme délivré de toute figure de svté, dépris de toute cnfiguratio de svté. Mais cet homme il n’y a pas de raison de l’appeler le surhomme. Donc à partir de 86, retour éternel, VP, surhomme sont abandonnées. Et le texte du GS de 86 appartient bien à qch de la séquence terminale de ce point de vue. « moralité : on n’est pas impunément l’esprit le plus profond de tous les temps, mais on ne l’est pas non plus sans récompense. Je vais le prouver par un exemple. O quelle horreur nous inspire alors la jouissance, la grossière jouissance épaisse et sombre telle que le jouisseur, notre public cultivé, nos riches et nos puissants la conçoivent. Avec quelle méprisante ironie nous écoutons désormais les flons flons de la grande foire, où l’homme cultivé, le citadine d’aujourd’hui, se fait violenter par l’art, la lecture et la musique pour atteindre à des jouissances spirituelles à grands renforts de spiritueux. Comme les considérations théâtrale de la passions nous déchirent les oreilles ; cette agitation des sens qu’aime plèbe culivée, avec sa confuses aspiration au sublime à la grandiloquence éclatée, à la surcharge contournée, comme cela est étranger à notre goût. Non, si à nous qui sommes convalescents, il nous faut encore un art, c’est un art différent, un art moqueur, léger, fugace, divinement intact, diviniment artificiel qui monte droit comme une pure flamme dans un ciel sans nuage ; Surtout un art pour artiste et pour artiste seulement. Après ça nous savons à quoi nous en tenir sur ce qu’il exige : la gaieté toute la gaieté. Nous qui savons nous savons trop bien crtaines choses, o comme nous apprenons désormais à bien oublier, à bien ne rien savoir dans notre art. Peut être la vérité est-elle une femme qui a des raison de ne pas laisser voir ses raisons. Peut être son nom est il en grec… . O ces grecs ils s’y entendaient à la vie. Il est indispensable de s’en tenir courageusement à la surface, à l’aride, à l’apparence, aux sons, aux paroles à tout l’olympe de l’apparence. Les grecs superficiels à force de profondeur et l’espace même où nous revenons, nous, les casse cou de l’sprit, qui avons escaladé la cime la plus haute et périlleuse de la pensée conteporaine, et qui de là avons un regard circulaire, un regard condescendant à nos pieds ne sommes nous pas en cela des grecs, adorateur des formes, des sons, des mots, et par là même des artistes ». Ainsi s’achève la dernière page du dernier livre de Nietzsche. Je voulais sur ce texte faire quelques ponctuations : - d’abord, il comporte une attaque subjective typique de ce que nous disions : désormais Nietzsche va devoir prendre sur lui la grandeur intégrale de l’acte. « on n’est pas impunément l’esprit profond de tous les temps » : pas seulement ce temps, mais de tous les temps, puisque l’acte, je vous le rappelle, c’est casser en 2 l’histoire du monde, et non pas simplement surmonter la décadence nihiliste actuelle. Le texte est sous le signe de cette attaque subjective qui fait venir le nom N en position d’exécutant de l’acte.

- deuxièmement, tout le début du passage qui suit est une dérision de ce qu’on peut appeler l’art sublime, la dérision de la sublimité subjective dans l’art. Autrement dit l’attachement qui subsiste l’idée qu’il y a du grand art est ici moquée, tournée en dérision et considérée comme une grande foire. La grande foire, ce n’est pas tant l’art lui-même, l’art contemporain de Nietzsche, que l’idéologie de l’art (« l’homme cultivé, le citadin… »). C’est la forme concrète de l’absence ou du renoncement au retour du grand art. Concrètement, le fait qu’il n’y ait pas le grand art, et bien c’est la grande foire. On pourrait lui donner son nom moderne, la grande foire, c’est la culture. La culture, c’est ce qui reste non pas quand on a tout oublié (comme dit ce brave Herriot, lui-même oublié), mais la culture c’est ce qui reste quand il n’y a pas le retour du grand art. C’est la trace, c’est la trace publique de la promesse non tenue du retour du grand art. c’est la grande foire. On voit bien que Nietzche s’acharne là-dessus d’autant plus qu’il y a contribué, pour un temps à l’annonce du retour du gd art. Il y a là une manière de se déchirer soi-même. - ensuite, il faut remarquer que passe dans le texte le caractère douteux de la nécessité même d’un art (« si à nous qui sommes convalescents il faut encore un art… »). Il n’est pas évident qu’il faille encore un art. S’il n’y a pas le grand art, on peut s’en passer complètement peut-être, en tout cas il faudra se passer de l’art dans la forme qu’il prend dans la culture. Donc caractère douteux de la nécessité de l’art lui-même. Et pour autant qu’il y en aura un, cet un art qui aura des caractéristiques tout à fait différentes de celles annoncées par le grand art. C’est un art qui ne porte plus trace de la conjonction. Sa forme typique n’est plus la conjonction (rêve ivresse, Dionysos Apollon). Ce n’est plus la forme de la conjonction mais c’est un art essentiellement simple, mais pas au sens de niais ou pas complexe, mais simple au sens où précisément il n’est pas de l’ordre de la conjonction (non plus dissociation wagnérienne). Un art droit, c’est un art qui monte droit comme une pure flamme dans un ciel ans nuage. Un art marqué d’une simplicité essentielle, dont l’attribut décisif est la légèreté (aérien, fugace, léger, moqueur). C’est un art qui ne convoque plus les puissances de la nature comme elles étaient convoquées sous la figure de Dionysos dans le grand art : un art divinement artificiel. C’est, point essentiel, un art qui ne convoque plus aucun peuple : ce n’est plus l’art qui a la fonction organique de doter un peuple de ses mythes. C’est un art pour artiste, pour artiste seulement : c’est proprement un art qui n’est plus destiné à la communauté. Le nom subjectif de cette simplicité de l’art va être la gaieté. Il est subjectivé dans la gaieté. La gaieté, toute la gaieté. Entre nous, ce texte n’a rien de gai, c’est ironique. Cette tonalité subjective du Nietzsche terminal : c’est un virage qui fait que tout va s’alléger, primis à la gaieté, à la simplicité essentielle, à la pure flamme, au ciel bleu, en même temps que ce qui se prépare c’est une catastrophe absolue, sa propre catastrophe. C’est vrai qu’il y a chez lui un sacrifice. Cette dévolution du monde à la gaieté, ancienne, mais qui là affecte jusqu’au cœur de la question de lart, sa fonction, sa nécessité, ce qu’il peut faire, ce thème est porté jusqu’à la folie. Jusqu’au moment où Nietzsche est devenu une espèce de loque indicible. Donc la gaieté comme subjectivation de la simlicité essentielle. Un art pour artiste, entendons qu’il ne convoque plus le rassemblement d’un peuple. C’est un art aussi insu, un art dont la simplicité est faite d’oubli. C’est un art oublieux. Nous apprenons à bien ne rien savoir, à bien oublier. Il va être aveugle à lui-même, tout entier consummé dans sa simplicité. Ce n’est plus un art de du retour de l’origine mais un art de l’actuel. De ce point de vue là va se produire (peutêtre est-ce la métaphore la plus profonde) un changement de statut du mot grec. Que veut dire grec, être grec ? La nomination grecque continue. Ah ces grecs ! L’avant dernière phrase, il est extraordinaire que cette phrase de ce Nietzsche est « ne sommes nous pas des grecs » au dernier moment, tous les papiers classés, encore cela. Nietzsche dit qu’il va massacrer l’Allemagne, mais il restera allemand si on entend par Allemagne le caractère indestructible d’être grec. Il est encore là, mais grec a changé de sens. Grec ce n’est plus la convocation d’un peuple par la conjonction d urêve et de l’ivresse, du mythe et de la musique. Ce que c’était originellement, dans une tradition allemande, le peuple, la communauté rassemblée sous l’emblème de son façonnage mythique luimême soutenu par l’intensité de l’ivresse et de la musique. Ie le mythe qui configure le peuple en lui donnant une énergie aveugle, c’était ça grec. Or là grec veut dire le pur consentement à l’apparence. C’est l’apparaître comme radieusement pris dans son apparaître, c’est tout. Aucune fonction d’institution de l’origine, de convication de la communauté, de fondation de l’esprut

de casser en 2 l’histoire du monde ? Il classe et met ça en dernier. mais quel rapport entre l’art comme solitude apolininenne de l’adoration de l’apparaître et l’assurance de casser en 2 l’histoire du monde dans l’archipolitique ? Finalement la question c’est quel est le rapport enter l’être artiste et l’être philosophe ? Entre l’etre artiste et l’être philosophe. Tout cela est complètement tombé. L’équivoque du rapport à Wagner est déjà là. par sa disjonction élcatée dans le Nietzsche terminal. comme réaffirmation de la vie dans l’élément de l’apparaître pris dans sa forme. mais en réalit on a plutôt à la fin une déchirure de ce thème. On conviendra d’appeller romantique cette figure du lien entre art et philosophie qui fixe à la philosophie pour tâche de repérer dans l’art une forme de conjonction singulière entre le fini et le fini. mais comme Apollon. On peut récapituler finalement ce qu’on a convenu de ce legs. En effet adorateur des sons et des mots. Ça a été initié avant lui. là aussi le dernier mot : ne sommes nous des grecs. Ie Nietzsche a été romantique. on peut dire que grec bascule entièrement du côté d’Apollon. esprit libre et hyperboréen (pas le chrétien ascétique). Le pirnicpe de l’art c’est une conjonction paradoxale. de l’apparaître sensible. Voilà ce que dit ce texte. La tâche de la philosophie est de discerner dans le gd art le mode propre de conjonction entre entre le fini et l’infini qu’il propose et d’en soutenir le retour. Et qui était plus quiconque que le Nietzsche de Turin. ou si vous voulez la solitude d’Apollon. l’artiste. une énigme concernant la nature des rapports entre art et philosophie. le prince de l’acte comme n’importe qui partageant la solitude d’Apollon. mais où on peut dire qu’elle est celle en dernier ressort de l’infini et du fini.il y a la thématique de l’art comme unité ou comme intensité radieuse de l’apparaître. Dionysos était le fond de l’inévaluable. ça a transité après lui mais il en est un moment essentiel. qui est une solitude blessée. à l’état disjoint ? . La philosophie. . ie de l’explosif non chrétien. Il y a un leg de Nietzsche sur ce point : quelle est la nature des rapports entre art et philosophie ? C’est légué par l’explosion même du thème du philosophe artiste. Ie en un sens comem captation formeelle de la vie elle-même. un exilé entre tous. Nietzsche a donné toutes sortee de noms : tragédie… il y a chez Nietzsche cette disposition. le philosophe discerne le principe du grand art et soutient son retour. Apollon était l’apparence solaire prise dans sa forme pure. Seulement. Et finalement l’ultime question que nous pose Nietzsche. sans la ressource de l’art. ie le renoncement à la conjonction. Je propose de nommer cette disposition là la disposition romantique. dont personne ne se soucie. là dessus. de régénéation esthétique d’une race.d’abord. Philosophe artiste est pris dans une disjonction essentielel qui fait que artiste au fond est devenu le deuil du gd art. et a proposé une sortie du romantisme (il a nommé le rmanisme une gdr foire). fissure chez le Nietzsche terminal. Apollon c’était la gloire de l’apparaître comme tel. Quel est le contenu de ce legs ? Que nous lègue Nietzsche. C’est le tenant d’un classicisme rayonnant. Il y a qch comme le devenir quiconque de Nietzsche dans ce texte sur Apollon. Quel est le devoir de la philosophie dans ce cas là ? Le devoir c’est de montrer .ensuite. en soi même. Je dirais donc que grec c’est devenu au fond la solitude d’Apollon. c’est tout. l’antiphilosohe (version nietzschéenne du philosophe). c’est un adorateur de l’apparaître. c’est à mon sens une énigme concernant l’art. Artiste. pour quiconque. C’est pour lui que ça vaut. mais solitude en un double sens : . Etre grec c’est aimer ce qu’il y a. Adorateur de l’apparaître. Voilà. Le philosophe lui a en chargé l’acte. Après tout. C’est synonyme de grec. des artistes ? Jusqu’au dernier moment il y a eu cette idée. solitude d’Apollon car il est découplé de Dionysos .le thème du grand art dont le paradigme est grec. C’est le Nietzsche de l’Origine de la Tragédie. Mais grec et artiste changent de sens. et même une désintégation. Le lien est clair. son vrai côté princier. nous dit Nietzsche. il y a disjonction. en tant que c’est ce qu’il y a. On a dit que Nietzsche dépoie le thème du philosophe artiste. pour quiconque. la puissance multiple de la vie. sous l’hypothèse du gd art : en discerner le principe et en soutenir le retour. N seriat inventeur de cette figrue dit on souvent . le philo. l’art comme principe formel concentré de l’intensité de l’apparaître. solitude d’Apollon car tout ceci est délié du thème de la configuration d’un peuple Ceci vaut pour soi.mythique d’un peuple. le pb c’est quel rapport entre cela qui est dit et la question de l’acte. Alors. C’est son côté princier.

et on pourrait décider chez Nietzsche lui-même que selon qu’on adopte la thématique de l’œuvre comme unité pertinente pour la philo ou le type de l’artiste. volonté instructive. critique. versatile. où en sommes nous dans les rapports art philo. ie dans la pure itensité de son apparaître. on noue l’art et la phiol de façon différente. équivoque de la figrue de l’artiste. une séquence ou un genre. C’est une figrue foncièrement équivoque. écrasé par la question de la vérité. quelle et l’unité pertinente. ce n’est pas d’instruire. De Nietzsche à lui seul nous héritons d’une configuration classique et d’une configuration romantique. celle qui renforce circonstanticellement la puissance. . ie au contraire l’homme de l’illusion vitale. en un autre sens. disposition classique. quelle est la spécification du lode propre de présence d el’art ? Qu’est-ce que philo nomme art ? Chez Nietzsche lui-même il y a eu une grande complexité de la question de la . On ouvre à des hypothèses différentes sur le rapport art philo. intriquées. est bien un homme de la vérité en tant qu’homme dela conjonction. Ce n’est pas simple. La philosophie est au service du laisser être l’art tel qu’il est. l’œuvre. Pas seuleemnt que la vérité est tragique mais la tragédie est la vérité : par un miracle.en tant qu’il est pensé comme homme de la conjonction. Nietzsche a été aussi un classique. Car somme toute s’il y a un concept nietzschéen de la vérité. dans la poss de rapports aussi intriqué et évasifs. C’est la morale. Car en fin de compte le déchaînement des forces réactives est lié à la dissociatoin de ce que la tragédie conjoint Ce n’est qu’en travaillant à cette disssociation que le socratisme puis le christianisme vont pouvoir asservir l’humanité dans le déchaînement des forces réactives. l’ieuvre d’un artiste. au sens justement où plaire à la pure flamme qui monte au ciel bleu. Je propose d’appeler cette disposition la disposition classique. Eschyle par exemple). frontalement : si on cherche à penser la question du rapport entre l’art et la philosophie. Donc l’artiste tragique. il a aussi soutenu cela une fois qu’il a épuise l’inconséquence ou l’imposture de l’art. Il y a une variabilité de nomination : l’auteur. De là que Nietzsche dira tnatôt que l’artiste est un t ype de la vérité et tantôt un type de l’illusion. devoir. Il y a un 1er élément de repérage. Si on veut après N examiner la question des rapports art et philo. comment avons-nous traversé le champ de Nietzsche ? La question clé est qu’est-ce qui fait que l’art est. Je repartirai de cetet question la fois prochaine. nouées. C’est peut-être le seul homme de la vérité reocnnu par Nietzsche. tirée entre 2 significations hétérogènes. C’est de plaire. qui est lui délié du grand art. d’éduquer. chrétienne. contraductoire ? La question est quest-ce l’unité pertinente ? Qu’ets-ce que la philo appelle art. la tragédie. est-ce l’oerve d’art qui done l’art. Donc la tragédie c’est la vérité. En ce sens là. il est un homme de la vérité. Le philosophe soutient l’art dans sa pure vocation vitale. il y a une question de déterintaion de l’unité pertienet de ce raopport . Mais W ne peut être reconnue comme artiste (imposteur) que car la figure de l’artiste est équivoque. l’artiste c’est la solitude d’Apollon ie l’homme de l’apparaître simple. L’artiste comme type récapitule la complexité de Nietzsche : . bon. Carmen.d’un autre côté. ou l’artiyste ? Souvent c’est l’artiste. Finalement ceci va se concentrer dans l’énigme de l’artiste. celui de la tragédie. d’être profond. au regard de la philo. L’homme de l’illusion vitale utile. La vérité c’ets la tragédie. ie comme artiste du grand art (il y en a. l’art ne doit pas être encombré. ce qui lui permet de reconnaître à Wagner son identité d’artiste. principe de subjectivation. c’est bien celui là. ou des séquences singulières (la tragédie). Le principe subjectif est un principe de simplicité et de gaieté. Donc dispositions romantique. malgré tout. dans un sens plus important que l’œuvre. l’artiste. la volonté grecque arrive à être tenu en conjonction ce dont la séparation fait la damnation ascétique et le fourvoiement de l’humanité. Cette question est primordiale. sans conjonction (ie la vérté). C’est le principe du plaire : la destination de l’art c’est de plaire. capacité éducative. le vrai artiste tragqique.que dans ce cas. La tâche du philosophe c’est de délivrer l’art qui n’est que la proposition radieuse de l’apparaître lui-même. qui prétend charger l’art de tache. ie essentiellement la non vérité au sens de Nietzsche (affirmation vitale). pour autant que l’artiste est un homme de la conjonction. chez Nietzsche il y a : Wagner. et de le délivrer d’une destination au vrai. de diriger vers la vérité le bien. de toutes les menaces que font peser sur lui la philo dans sa figure ascétique. bien. Est-ce autre chose ? (la tragédie).

nomination philo de l’art antérieure à la question du rapport. qui initie le rapport. Ce sera notre prochaine fois… .

seule force antagonique supérieure à toute négation de la vie. rédemption de celui qui souffre. où la souffrance est une forme de la grande volupté ». Je pense que c’est tout de même pour part à partir de N ou de l’antiphilosophiei de N. mais elle nous a conduit au legs de N sur la question de l’art. C’est au moment même où il écrit que « le philosophe est le criminel des criminel » qu’il écrit conjoinctement « l’art et rien que l’art ». retransformée. la question de l’art. en un certain sens. 1er point. l’antichistianisme. est un leg supérieure. réélaborée. et même prise dans l’ombre de la quasi-certitude qu’en tout cas il n’y a pas le grand art. Nous avons montré que la question de l’art était chez Nietzsche à la fois de toute évidence centrale et profondément divisée.DERNIER COURS … d’avoir tout dit. c’est lui seul qui rend possible la vie. de celui qui non seulement voit. Sur cette question.d’une part un 1er montage. veut vivre le caractère terrible et problématique de l’existence. de celui voit. la disposition tragique moderne. rien que l’art. il y a finalement chez N . on pourrait dire en un certain sens qu’elle est pour part le dernier mot de l’antihphilosophie de N. de l’art contemporain. qui ne se résout pas dans un cantique pour l’art. comme une question redoutable et nullement évidente. Et en même temps on a vu que de l‘intérieur de cette généralité puissante qui finalement dévoue l’existence à l’art. L’art. qui ne se résout nullement dans un cantique pour l’art. L’art. que s’instruit la question dans le siècle qui est : où en est-on du rapport entre art et philosophie. un fragment du printemps 88. l’antibouddhisme. transfiguration de la vie. donne accès à des états où la souffrance est voulue. y a-t-il de l’art. et rien que l’art. divinisé. dans la guise contemporaine de cette question. de celui qui sait tragiquement. et plus précisément sur la question du nœud entre art et philosophie. qui veut voir le caractère terrible et problématique de l’existence. L’art. dans une forme. finalement. Cette thèse. et est demeurée jusqu’au bout centrale. autour du cas Wagner . L’art et rien que l’art. dont la . le grand stimulant qui pousse à vivre. Donc N nous lègue. et inversement sauve ou relève l’existence par l’art. mais qui d’une certaine façon demeure pour part indécise. Dans ce cantique. et y compris et essentiellement de la vie souffrante. je voudrais tout de même vous lire un fragment de 88.et l’effondrement de ce dispostif. il y a une scission. question complexe et controversée. L’art. ou dit l’essentiel. rédemption de celui qui sait. qui est somme toute un véritable cantique à l’art : « l’art. Voilà ! Il y a tout de même jusqu’au bout l’art. quel art et y a-t-il de l’art ? Voilà les questions que le philosophe masqué doit traité. Et nous avions dit la dernière fois finalement cette scission fait que le legs de Nietzsche sur la question de l’art pour nous est un legs complexe. masi qui entre dans des considérations plus difficiles à trancher et à décider. l’art est supposé quant à son existence. tournant autour de la thémétique du grand art . Mais qu’est-il. division. l’antinhihilisme par excellence. L’art.et il y a l’esquisse hâtive d’autre chose. complexité d’élaboration extrême qui fait que le mot d’ordre « l’art et rien que l’art » achoppe en réalité sur une question encore plus essentielle qui est « qu’est-ce que l’art ». un 1er dispositif. Pour autant qu’il y a l’art. Nullement évidente. au nom de sa puissance supériure.il y a chez Nietzsche le legs d’une possible disposition romantique. certes. Pour rappeler à quel point elle est. transfigurée. mais vit. de l’homme tragique et guerrier. Mais l’art. quelle que soit la dévioion pour l’art de l’antiphilophe. On avait dit : . rédemption de celui aui agit. c’est la grand tentation qui entraîne à vivre. alors oui l’art et rien que lui. On peut soutenir qu’il y a un mouvement d’ensemble qui en quelque manière sacrifie la philosophie à l’art. qui serait la disposition tragiquement proprement dite. au 20ème siècle. du héros. ie l’art qui serait la figure en retour éternel de l’art grec (c’est la revenu de l’art grec ou de la tragédie primordiale). dans une forme supérieure d’esthétique de l’existence.

d’une donnée immanente qui est justement dépourvue de toute santé. et au fond par rapport à la conjonction précédente. c’est autant de perdu pour l’art. Et l’artiste. C’est d’vaoir la pusisance de la conjonctione elle-même. Dans ce cas on pourrait dire l’art est essentiellement fini. Il est par conséquent en un certain sens la puissance de l’impuissance. métaphoriquement ou directement. c’est l’affirmation heureuse de la finitude. soutiendrait le retour. . Je voudrais signaler que cette idée du caractère foncièrement équivoque a une descendance dans l’artiste moderne. du grand art. ie que la puissance de l’artiste est précisément de conjoincre en force ce qui de soi même ne se laisse pas conjoindre. une seule réserve de puissance. cet univers est hanté ou habité par une méditation ou de reprise immanente du thème du caractère équivoque ou confièrement équivoque de la figure de l’artiste. sa biographie en pensée. et lui seul. sera débusqué avec une sincérité créatrice jusqu’au point où au fond il est la gloire possible dans l’apparaître artistique. Il est vrai qu’il y a chez Nietzsche une sorte de grande ambivalence sur ce point : il soutient là aussi simultanément ou dans des diachroies courtes que : . il basculerait dans la figure apollinienne comme tel. on ne sublime pas.philosophie cernerait le principe. Et dont on peut dire que la maxime centrale est que l’artiste du grand art est celui qui procède à la conjonction paradoxale du fini et de l’infini. mais dans les moments où Nietzsche revisite l’ensemble de son œuvre. C’est un thème assez freudien. Et si on la dilapide dans la volupté. Ie de déployer dans la figure de la splendeur formelle qch qui est en réalité dans son être intime est pathologique ou pervers. Cette question du rapport entre art et sexualité est omniprésente chez Mann.Fragments Posthumes. Réellement. Donc il y a cela. Elle ne l’a pas fait sans arrière pensée. . cette idée que l’artiste est foncièrement équivoque aura une postérité artistique très grande. ie une figure qui ne s’abandonne pas à l’immédiateté du désir sexuel. Parce que précisément elle n’est plus prise dans la simple puissance de la conjoncion. et dans cette force on retrouve le concept nietzschéen de la puissance. où l’art est pris non dans la puissance de la conjonction mais au contraire dans le principe aérien de la simplicité et de la gaieté. au sens de conjonction du rêve et de l’ivresse. l’artiste est une figure qui est laissée par Nietzsche dans un état foncièrement équivoque. qui est muimême pour part introubable dans l’art morderne. il y a cette double disposition. Malheureusement le reste de ses papiers. ie le goût et l’attachement de l’apparaître pris dans sa forme. Je reponctue sur ce point : . Si on effectue. y compris chez Mann. Je suis bien d’accord avec Deleuze (ce n’est pas une configuration contradictoire. ie que somme toute il y a une seule énergie libidinale. comme Nietzsche l’a fait longuement autour et à propos de Wagner.et il soutient en même temps que l’artiste est essentiellement une figure chaste. Il est dans la puissance de cette conjonction. Il est l’absentement de toute profondeur. mais c’est une conjonction et quasiment une conjonction forcée. au sens du mouvement hegelien. Je pense par ailleurs à l’univers romanesque de Thomas Mann.le grand art a pour principe d’assumer joyeusement et affirmativement l’orgiaque sexuel.se fait jour dans le Nietzsche tardif une disposition classique (avec une généalogie). et pour écrire Nietzsche contre Wagner (j’avais dit la dernière fois qu’il y a dans le Nietzsche terminal cet aspect émouvant de classement des papiers ou certains de ses papiers). dès l’OT (et puis cela est escorté par la polémique antiascétique. Il en a classé quelques uns qd même. c’est réellement conjonction et non pas le devenir ou la relève de l’un par l’autre ou le mouvement de la contradiction. pour bien indiquer qu’il ne s’agit pas d’une dialectique. Tel est ce qui fait le grand tragique. elle est prise dans un mouvment simple. Conjonction du fini et l’infinini. à la fois pour écrire Ecce Homo. Alors 2 exemples sur ce point : . On pourrait même dire : l’art. Parenthèse : j’emploie « conjonction ». de l’apollinien et du dionysiaque. comme s’il y avait qch de l’artiste qui est toujours dans l’imposture à faire valoir comme santé une maladie essentielle. distribué en quelque manière métaphoriquement entre santé et maladie. le christianisme comme dispsitif fondamental de répression des instincts) . Et ce qu’il a classé gravite autour du reparcours de son œuvre. c’est sa sœur qui les a classés.et puis l’artiste. Alors en réalité il faudrait rattacher ce point à l’équivoque chez Nietzsche du rapport entre l’art et la sexualité (cf la dernière fois).

Je prends le cas le plus déplaisant. un tel homme a besoin de musique wagnérienne ». Son art même devient pour lui une constante tentative d’évasion. Le point ne doit pas être perdu de vue. et dans les passages laissés ou corrélés : on trouve ceci à propos de l’artiste « pourtant. ne serait-ce que pour se débarasser de sa propre réalité. Il s’agit donc d’instruire la validation publique de la catégorie Nietzsche dont j’ai dit qu’elle venait là où le grand art était en défaillance. le retour éternel de la vie. abandonnée mais abandonné affirmativement : c’est celle de l’abandon affirmatif à la figure de la vie. cela dévalorise en tout cas son art jusqu’à un point incalculable. Elle a sali le… » Donc 1er versant : l’idée que finalement le grand art dans l’origien grecque est associé de manière cruciale à la quetsion du rapport des sexes. Ce n’est pas du tout testamentaire à proprement parler. Cela trahit le manque d’instinct. D’une certaine façon. souvent même un homme chaste. et non pas une personne à psychologie. cema détermine finalement le caractère de son art. Succomber en cela. c’est pour un artiste une trahison. l’ariste est en fait sous la contrainte de sa mission. je ne veux pas m’attarder sur cette question mais elle est tout de même significative. que la conjonction ne tient plus dans le Nietzsche terminal. C’est le sens profond du titre Nietzsche contre Wagner. Il n’y a qu’une espèce de force. il ne lui permet pas de se dépenser à sa guise. Il a fallu du christianisme pour faire de la sexualitéune une saleté. un oui triomphant à la vie audelà de la mort et du changement. ie un texte tout entier côté de la maîtrise de la forme. on l’a dit la dernière fois. un moyen de s’oublier. ne savait que trop ce qu’un artiste perd quand il perd à ses propres yeux sa liberté. la vrai vie. en novembre 88. Un tel homme non libre a besoin d’un monde de haschich. En un certain sens le partage que je propose de percevoir dans la doctrine de Nietzsche de l’art peut aussi se dire dans ces termes. La notion d’immaculée conception a été la pire bassesse psychologique jamais atteinte sur terre. analyses excellentes). l’absence de figure répressive. et qu’il y a un nouage essentiel entre pouvoir assumer la dimension sexuelle de l’existence. en moyenne.mais en octobre 88. la vraie quintessence symbolique de la…». . l’absence de défiguration du sexuel comme tel par Nietzsche est assigné à l’affirmation la plus haute de la puissance vitale. Alors on voit bien. et il ajoute « je ne connais pas de symbolique plus haute que la symbolique sexuelle. . Donc le rapport des sexes et le symbole sexuel conçu comme le concentré même de l’héritage hellène. C’est un texte purement apollinien. publique. survie globale dans la cité. c’est de fait la maîtrise formelle qui se soumet l’apparaître pour en affirmer le pur apparaître. le rapport des sexes.dans un de ces textes où il revisite Origine de la Tragédie. Mais l’affirmation dionysiaque est dans un certain sens justement dans l’abandon ou le oui quasi inconscient à la puissance vitale. et la capacité à affirmer la vie dans la figure du grand art. de brumes étranges. dans la commnuauté. Nietzsche est luimême une catégorie de la pensée dans le Nietzsche terminal. C’est un texte dionysien. son respect de lui-même. c’est terminal. sans qu’elle soit marquée par la figure du péché. Son instint dominant l’exige de lui. donc en même temps. la promesse et la consécration de l’avenir dans la procréation. il parle du mystère orgiaque : « que s’assurait l’hellène grâce à ces mystères ? La vie éternelle. le cas Wagner. de la symbolique des sexes. Cela altère. ensorcelé par cette sexualité incroyablement maladive qui fut la malédiction de sa vie. cela peut être signe de décadence. qui par ailleurs se donne comme grand art. se gaspiller en cela. Tandis que la figure apollinienne est la figure en maîtrise. sans la figure du péché.il le fait en partie parce qu’il lui est devenu essentiel d’énoncer qu’il y a Nietzsche. de s’étourdir. un homme tempérant. C’est l’ensemble de l’ordonnancement de la preuve. Il ne faut pas oublier que la figure dionysiaque de l’art c’est sa figure abandonnée. C’est une seule et même force que l’on dépense dans la conception artistique et dans l’acte sexuel. Naturellement l’une comme l’autre ont leur dmension affirmative et leur dimension réactive (cf Deleuze sur ce point. Donc l’absence d’ascétisme. Alors. Il est condamné à être comédien. de volonté même. Tandis que la dimension affirmative du côté apollinien. la catégorie venait occulter avais je dit la béance ouverte par l’effondrement du thème du grand art. Wagner. de sa volonté de maîtrise. lourdes et enveloppantes. qu’il y a Nietzsche. on continue à trouver des valorisations de l’élément . de toutes sortes d’exotisme et de symbolisme de l’idéal. le symbole sexuel conçu comme le symbole le plus vénérable en soi.

elle est entièrement déjà présente dans le texte de Nietzsche sur Wagner. la question peut-être la plus insistante que lègue Nietzsche. comme si d’une certaine façon la thématique de la sexualité affirmative grecque dont Nietzsche parle. Donc on dirait l’art du début du siècle sous diverses formes (très frappantes en peinture) a été hanté par la question du rapport de la ressource artistique elle-même. de l’art post-nietzschen. au fond. l’énergie sexuelle ou la libido. plus originellement avant la psy. l’art devient lui-même un analyseur du sexuel. était une question qui n’arrivait plus à être moderne. et du côté apollinien. Mais finalement la question s’instituera dans les termes suivants : qu’est-ce que l’art a à faire avec le sexuel ? La question devient explicite. C’est présent et pointé absolulment chez Nietzsche. c’est en dernier ressort une sexualité pervertie ou perverse. l’énoncé l’art . mais la conceptualité de la conjonction (qui réglait dans le principe de l’art dans l’OT) est affaibli. La question nietzschéenne. Voilà ! Nous avions conclu cela en disant : finalement. la question de son rapport à la versatilité du sexuel. Pour Nietzsche c’est comme ça.en termes d’énergie simple . ça se dit aussi dans le nœud de l’art et de la sexualité. il se présente ou se propose aussi comme un analyseur du sexuel et en particulier comme un analyseur de sa versatilité. c’est la sexualité civique. Ceci aura une grande fortune littéraire et artistique après Nietzsche. et vous voyez qu’elle n’a pas attendu à proprement parler le dispositif psychanalytique de Freud. Le sujet n’est pas tant la mort. va prendre la forme d’une question qui est celle du rapport entre la perversion et l’art. que la question de savoir : qu’est-ce que l’artiste est en état de penser. même quand elle est célébrée de façon orgiaque c’est cette sexualité là qui est célébrée. dans le 1er texte. non pas exactement au sexuel . C’est son sujet. Pour donner un exemple. C’est ça qui va devenir la question insistante. de son propre désir ? C’est cette question là. du point de son art. ce n’est pas dans cette vision classique. Je pense que cette question a été une question en effet tout à fait centrale. mais qu’est-ce qui est entendu sous ce nom art ? Cette question est d’autant plus troublante quand on essaie de la ressaisir chez Nietzsche que. Elle est explicite chez Nietzsche. son tourment à travers cette question du grand art est plus spécifié : il y a l’art rien que l’art. dans Wagner c’est la thématique d’une sexualité maladive. ie de son caractère non univoque. Je pense que de ce point de vue là. Il y a qch de scindé. mais c’est une question qui en réalité va prendre non pas seulement la figure du rapport entre le sexuel. on trouve aussi des valorisations de l’élément apollinien. Je crois que ceci est 2nd. D’accord. soit sous forme de norme soit sous forme interdit. mais dans cette vision qui intriquait ou nouait la question de la capacité artistique elle-même à la question de la versatilité des figures de la sexualité. c’est finalement la question : qu’est-ce que la philosophie est en état d’entendre sous le nom art ? C’est trop facile de dire quelle est l’esssence de l’art ou qu’est-ce que l’art ? C’est une question intemporelle et générale. dans ce panorama complexe. et il sauve la vie. de plus en plus considérables en effet. Et à vrai dire sur un terrain que je ne crois pas être exactement celui d’une problématique de la sublimation. mais qu’il faut réserver pour la simplicité formelle de l’art apollinien. Et par contre. et de façon plus immédiate que la méditation en pensée quelle en propose. il y a une circularité chez N sur ce point. C’est ça le point : ce n’était pas exactement dans les termes de l’énergie à ne pas gaspiller dans des bizarrerie de tous ordres. Elle est souvent prise sous le schème de l’intrusion de la psychanalyse dans la figure de l’art. on peut dire que la Mort à Venise de Thomas Mann est une sorte emblème de cela.mais à la versatilité de ses effets. et était en réalité mythique. La sexualité va être considérée à la fois du côté dionysiaque comme la symbolique supérieure dont l’art s’alimente. contournée. de la maîtrise des formes. qui n’arrive plus à tenir ensemble non seuelment dans l’art lui-même mais aussi dans la pensée de l’art. Il faut voir que cette symbolique sexuelle est ordonnée à la procréation. C’est pour ça que c’est un texte exemplaire sur ce point (Visconti l’a compris ainsi). il y a une destination de l’art lui-même. c’est le versant classique l’emporte peu à peu. Il y a une circularité car à bien y regarder. comme enjeu interne de son devenir.dionysiaque. comme une pure et simple dilapidation d’énergie (comme une perte de puissance). comme le dit le titre. qui s’approprie. et l’art mais de façon plus insistante. chez Mann et d’autres. J mentionnais cela chez Nietzsche pour montrer que. Il n’y a pas d’univocité du sexuel. c’est la sexualité dans les rêts de sa destination collective. avec un nappage psychanalytique par dessus.

elle. Qch comme ça. Elle s’est embrouillée probablement à partir du moment où il est devenu patent que cette identification ne pouvait se faire dans le registre d’une esthétique. l’art est toujours placé. Finalement on peut dire dans le lexique de la métaphysique qu’il va y avoir un art supérieur et des arts moins supérieurs. c’est justement ça qu’il est. de façon complexe. tandis que au contraire il y a un art plus inférieur qui se noue lui à encore autre chose. mais qu’est-ce que l’art ? Ce qui sauve la vie. je soutiendrais que une des énigmes que lègue Nietzsche est que l’art est omniprésent dans son œuvre sans d’une certaine manière y être aucunement identifié. Et ce fonctionnement. c’est la puissance qui permet de vivre. du point de la philosophie. il y a très peu de chose. considérablement embrouillée. Sur un bord un art. D’où finalement le fait qu’on reconnaît presque toujours une esthétique au fait qu’entre autre chose elle propose une hiérarchie des arts eux-mêmes. quel est son trait. La place de l’art n’est jamais remplie que par le déploiement des arts. L’art comme l’instance spécifique de l’idée. très originaire. Mais là d’une façon générale la philosophie se noue à l’art en examinant l’art comme figure singulière au fond de présentation de l’idée. Une vraie question qui est que précisément. de quel geste ou de procédure il s’agit. Ça va disposer une hiérarchie. En tout cas c’est un nouage du le sensible et de l’idée. Je ne dirais pas que ceci atteste d’une crise de l’art. par exemple. Mais je crois que la question de l’identification philosophique de l’art est une question qui s’est.c’est ce qui sauve la vie. Au fond. L’art est un des modes sous lesquels l’idée se présente. bien que chez Nietzsche il en aille ainsi dans la mesure où il y a l’effondrement du principe du grand art. l’Absolu chez Hegel). Et on soutiendra que la dernière esthétique est effectivement celle de Hegel. vous voyez qu’une esthétique c’est ce qui place l’art. Le thème général d’une esthétique finalement en ce sens là est quand même le thème selon lequel l’art est la forme sensible de l’idée. Que faut-il entendre par esthétique ? On appellera esthétique précisément un mode de fonctionnement du nom art dans la philosophie. dans une classification des arts. dévalué. Mais sous la question qu’est-ce qui est entendu réllement sous ce nom. Ie que l’art sauve la vie. Il n’y a pas tellement d’autre définition. c’est une question qui n’a nulle évidence. notamment dans la registration du fait qu’il s’agit en quelque manière de la présentation de l’idée sans concept. même avec cette circularité un peu obscure. qui peut être présentatif. Le mode de nouage de l’art suprême à l’idée est l’antichambre d’autre chose. On aurait des critères assez simples. mais en un sens. tout à fait problématique. C’est le rapport entre art et philosophie en terme d’esthétique. On aurait des critères assez simples. consiste à identifier l’art dans son rapport à l’idée. se singularise ou s’effectue dans une disposition hiérarchique des arts. non nihiliste. En un certain sens. Même l’esthétique de Kant est encore sous cette maxime. ou la science). parce que évidemment les arts c’est le mode propre propre sous lequel est remplie la place de l’art. ou identifié dans des protocoles très disparates et fugitifs. Mais c’est ce qu’il est. dont on peut penser que en ce sens Hegel est la dernière figure. mais c’est un nouage sensible / idée. C’est la seule réelle puissance antinihiliste. toute esthétique est une topologie des arts. c’est une opération de placement philosophique de l’art. un autre art sur un autre bord. classification philosophique des arts. ie en réalité comparé à autre chose. par exemple dans une esthétique. Donc j’appelle ici esthétique une figure générique du nouage entre . et puis finalement ce placement se raffine. C’est un certain mode de fonctionnement du nom art dans la philosophie. la puissance qui donne. sa singularité. Donc il y va y avoir une topologie. parce que le placement de l’art par la philosophie est aussi un placement intrinsèque des arts dans l’espace laissé à l’art. C’est la forme non chrétienne. ce que la philosophie est en état d’entendre sous le nom art est en effet devenu problématique. L’idée au sens par aileurs que par ailleurs tel ou tel philosophe va lui donner (l’Idée chez Platon. c’est ce qui relève la souffrance etc… est aussi bien à vrai dire la seule définition de l’art que ultimement il propose. pour permet de vivre. ou au contraire révalué. Or je pense que sur ce point il lègue une vraie question. ie ce qui constitue sa place. et donc toujours virtuellement dans une hiérarchie des présentations de l’idée. disposé dans un espace de placement qui institue sa singularité ou sa différence par rapport justement à d’autres figure de l’idée (la philosophie. A cause de cette circularité essentielle qui est que on le reconnaît à ceci que il permet de vivre. Et comme tout placement ça se fait dans un espace des places. la pbtique de Nietzsche est très difficile à reconstituer. Mais si on demande l’assignation de cette puissance. du rapport à la vie.

en effet. c’est une thèse de fin. parce que son approche de l’art ne relève pas d’une esthétique. de la théorie de la connaissance. On ne peut pas dire qu’elle distribue nécessairement un principe de … concernant les œuvres. aurait achevé ses vertus de pensée avec Hegel. Donc la fin de l’esthétique peut être interprétée comme fin de l’art. si on ne pense pas que le placement philosophique épuise l’essence de l’art. La thèse de Hegel. pas même au sens où Hegel le dit. mais la fin de la disposition esthétique du rapport de la philosophie à l’art. On peut le soutenir. L’art est relevé de ses tâches. peut-être la plus accomplie. il faut la comprendre.philosophie et art dont on peut dire qu’elle est au régime du placement. mais ce n’est pas l’art. Si on examine grossièrement la doctrinre de hegel. Ce dont l’art est désormais capable. C’est sa grandeur. c’est une esthétique. l’art la science. si nous partageons ce pb. Nietzsche c’est celui qui prend acte dans la pensée de la fin de l’esthétique comme figure héritée du nouage de la philosophie à l’art. mais elle est normative catégoriellement. Pour Hegel. mais ce que nous pouvons croire c’est que le nouage esthétique de l’art avec la philosophique atteint son bord terminal. La thèse l’art fini. Cette difficulté. c’est une thèse de placement mais comme il est historicisé. qu’il ait été relevé par l’approrpiation philosophie de l’idée absolue. de telle sorte que l’esthétique est aussi normative. pas la fin de l’art. Il y a là une crise d’ensemble qui ne concerne pas les procédures concernées. Donc le cadre hérité d’intelligibilité philosophique de l’art serait avec Hegel devenu obsolète. Donc Nietzsche nous lègue ce point. nous ne pourrons pas croire que l’art ait achevé le destin de pensée qui est le sien. Sur la question particulière de l’art. c’est accompagné de la thèse selon laquelle l’art est fini. mais fin du montage esthétique du rapport de la philo à l’art… Nietzsche est un penseur moderne de l’art. C’est bon pour l’appareil académique. Il n’y a pas et il n‘y aura pas d’esthétique. Ça ne veut pas dire qu’il ne continue pas de façon empirique. Elle est grosso modo la mise à mal de l’esthétique. Hegel marque non pas la fin de l’art mais la fin de cette disposition particulière de la philosophique à l’art qu’est l’esthétique. concernant le système général des beaux-arts. Vous en voyez l’importance : c’estt que si en un certain . Je vous signale au passage que ceci vaut en réalité pour le rapport de la philosophie au système de ses conditions tout entières. mais il nous en indique ou nous en spécifie les difficultés. La tentative de la refabriquer. . la singularité novatrice de son invention. elle est double. pas plus qu’il n’y aura d’épistémologie ou de philosophie politique. dans la modernité. Et donc dans une esthétique il faut voir que la philosophie intervient de façon évaluante. je pense que ce que Hegel énonce. hiérarchisée. nous sommes orphelins de toute esthétique.on peut la prendre du côté de la philosophie : ie la philosophie comme telle est-elle capable d’un rapport à l’art autre qu’esthétique ? N’est-elle pas si je puis dire viscéralement esthétisante sur ce point ? ça c’est la 1ère question. On ne peut pas non plus soutenir dans la modernité que le rapport de la philosophie à la science peut se faire dans le schème d’une théorie de la connaissance. Je ne ciors pas. Il ne veut pass dire il n’y a pas ou il n’y aura plus d’oeuvre dart : pour la pensée l’art n’apportera plus rien de nouveau. Il y a qch qui là s’achève. Et alors. Pour Hegel. qch comme ça. la proposition qui est la sienne. C’est donc une dimension qu’on pourrait dire post-esthétique du rapport nietzschéen à l’art. en ce sens. Et encore une fois. ce qu’il nous lègue sur ce point. et comme vous le savez. l’etshétique est la pensée dernière de ce dont l’art est capable. mais aussi la mise à mal de la philosophie politique. tout placement est aussi une évalution. il y a identification entre fin de l’esthétique et fin de l’art puisque sa thèse c’est que l’appropriation philosophique de l’art épuise son essence. une évaluation comparative. Prendre acte de ce que on ne peut plus rapporter la philosophie à l’art dans les catégories d’une esthétique. mais qui concerne la manière dont la philosophie se noue à ces procdures. le signe empirique du régime du placement. c’est à mon sens la fin de l’esthétique. on y trouve ce qu’on vient de dire : classement.Or en un sens la thé de la connaissance joue dans le rapport de la philo à la science le même rapport que la philosophie à l’art. la philosophie en est capable de façon suréminente. et à juste titre. de la rabibocher est réactive. Pour nous il faut dissocier les 2 choses. En réalité. elle propose une évaluation des arts. ou de l’épistémolgie. et je crois profondément que nous le partageons. Il n’y a pas fin de lart. ce n’est pas incohérent. c’est la capacité philosophique à proposer une classification des beaux-arts. Ce serait la dernière esthétique. l’importance de Nietzsche c’est de tenter de s’établir dans un rapport non esthétique à l’art. classification et en même temps histoire des arts.

elle n’arriverait pas à s’établir dans un rapport quelconque inventif et renouvelé à l’art. Elle montrerait son incapacité. s’il est vrai que l’identité de son discours est le discours du maître. mais c’est aussi bien son effondrement. l’art est le maître véritable.sens la philosophie est en réalité incapable d’un rapport à l’art autre qu’esthétique. et en particulier la maîtrise de l’art. On y reviendra dans notre ultime séance. Et ce serait un symptôme de sa propre déréliction : l’épreuve de l’art serait en réalité mortelle pour la philo. Or il est évident que Nietzsche partage pour part cette conviction. En fin de compte. Il y a aussi de ça chez Nietzsche. . la figure d’invention.c’est la 1ère question sur le bord de la philsoophie. En entendant par rapport libre. ce qu’on pourrait appeler un rapport libre à l’art ? Ce serait sans doute la question que Nietzsche nous lègue. sans pour autant avoir à crier « l’art. On dirait cela : la philosophie est-elle en état de proposer dans les conditions contemporaines. le maître de la vie. le point clé est de bien comprendre que dans l’un et dans l’autre il ne s’agit en rien de la même chose. et la philosophie court derrière. Si c’est la même chose qui circule entre art et philosophie. ce qui ne veut pas dire autre chose que : pas la philosophie. Ce serait ça : ce serait au fond la philosophie a toujours tenté d‘avoir à l’art un rapport de maîtrise. il y a eu l’époque de l’art mais c’est fini. un rapport qui n’est pas pris d’un côté ou de l’autre dans la figure de la maîtrise. On pourrait dire que Nietzsche est emblématique de la destitution de toute capacité à exercer une maîtrise sur lart. La philosophie c’est la maîtrise. de révélation fulgurante. à l’épreuve de l’art. S’il s’agit de la même chose. car comme l’esth est obsolète. est éduquée par l’art. de la polémique contre la philo. et pas simplement sur le rapport art / philo. qui est obscure chez Nietzsche. radicalement. Si on soumet la philo à l’épreuve de l’art moderne. c’est finalement l’intelligibilité du fait que les opérations en pensée qui sont en jeu dans les 2 cas ne sont pas les mêmes. Un autre manière de le dire est la suivante : l’esthétique est une position de maîtrise. rapport égalitaire qui enveloppe le principe de différenciation radicale des 2. L’art est la grande éducation de celui qui sait. et de l’art et d’elle-même. vous êtes dans une figure qui est inéluctablement une figure de rivalité. On indique la place. Destitéue de sa position de maîtrise possible sur l’art dans sa configuration esthétique. c’est son incapacité à soutenir cette épreuve. Qu’est-ce qu’un rapport égalitaire entre la philosophie et l’art. Qu’est-ce qu’un rapport libre autrement que négativement. Ça nous lèguerait une 2nde question : est-ce que la philosophie peut avoir à l’art qui n’est ni de maîtrise ni de soumission ? ie au fond où on renonce en effet au projet esthétique. l’effondrement de l’esthétique après Hegel n’est que le symptôme de l’effondrement de la philosophie. on hiérarchise. Alors bizarrement. L’épreuve de l’art organise l’antiphilosophie et non pas la philosophie. rien que l’art ». Il ne la partage pas entièrement. Donc 1ère question : si on suppose que en fin de compte la philosophie est pour part identifiée par l’esthétique. En fin de compte. rien que l’art. car elle tente toujours de ramener la catégorie ruinée d’esthétique. autrement que dans la figure de la maîtrise ? . ce qui est un peu divinisant. Le mot diviniser figure dans le texte de Nietzsche : l’art est une divinisation de la vie et de la souffrance. On aura la maxime : l’art. Mais vous voyez que le point est comme toujours quand il s’agit de liberté est celui de l’égalité. finalement la philosophie est destituée de son identitée. on se demande lequel l’effectue le plus complètement. la philosophie relève l’art. c’est que dans cette destitution c’est l’art qui est l‘éducateur véritable. Donc la clé. et il dit que que la nécessité de l’antiphilosophie. Tendance dépolyée dans le siècle : puisque la philo doit être destituée de sa figure de maîtrise au regard de l’art. ie c’est l’art qui est le maître de la philo. Ce qui donne la question suivante : la philosophie est-elle en état de soutenir à l’art un rapport qui ne soit pas un rapport de maîtrise ? La philosophie peut-elle vouloir autre chose à l’art que de le maîtriser ? On sait très bien que une solution proposée dans le siècle a été le renversement. alors la thèse de l’effondrement de l’esthétique est une thèse sur la philosophie. de percée. la modernité serait un moment où la philosophe s’avère incapable de soutenir l’épreuve de l’art. C’est ça le problème. avec l’énoncé de la fin de l’art on arrive au comble de cette maîtrise. ie pour part il est réellement un antiphilosophe. eu égard au devenir dialectique de l’idée absolue. L’esthétique c’est la philosophie tenant sur l’art le discours du maître. mais il la partage pour part. ce qu’on cnostate. C’est la condition absolue de l’égalité.

l’art serait libéré de la maîtrise et par conséquent s’approprierait les catégories immanentes de son destin. Il faut insister sur ce point car il est à mes yeux important. Ce n’est pas une réflexion. Je soutiens une thèse sur l’art contemporain en tant que figure d’avantgarde portant l’art à une conscience immanente de lui-même. On dirait : oui. Ou encore si vous voulez : s’il s’agit d’établir un rapport nouveau entre philosophie et art. ce rapport ne doit pas être fondé sur une thèse qui singularise la séquence artistique elle-même. ça doit être intrinsèque. qui est exprimé par les 2. Et cela. Vous savez que la doctrine selon lequel l’art contemporain serait conscient. Mais ce n’est pas cela. Mais doit comme toujours rétroagir sur l’ensemble de la question. Moi je ne pense pas cela. que pense la philosophie. Donc c’est une csq du dénouage que l’intériorité de l’art à sa propre pensée. et comme pensée de la pensée qu’il est. Si on pense que seul l’art contemporain est parvenu à la figure de conscience de soi. et établir de façon radicale une disjonction. rien que l’art ! Mais sur ce point particulier. c’est que l’art doit être appréhendé comme pensée. un art qui montrerait sa propre opoération. il est tout à fait essentiel de soutenir que telle est l’identité de l’art depuis toujours et non pas de réserver cet attribut à l’art contemporain. Donc figure de modernité dont le temps de scansion serait lui-même philosophique. mais il faut plutôt d’abord une disjonction. la modernité artistique. c’est la condition sine qua non du rapport égalitaire.du côté de l’art. Cette disjonction n’est pas établie par Nietzsche. en assumant que l’art a toujours été pensée de la pensée. une musique qui véhicule la dialectique de ses propres opérations. et réciproquement débarasser la philo des catgéories qui la rendent homogène à lart. la question que pense l’art. L’art va être appréhendé non seulement comme une pensée. c’est un art parvenu à la conscience de soi suffisante pour témoigner lui-même de son protocole. qch qui circule entre les 2. Pourquoi est-ce important ? Car sinon on fait de cette caratéristique une conséquence de la ruine de l’esthétique. Un rapport libre suppose qu’à un moment donné on n’ait pas une catégorie circulante. ce qui entraîne la question suivante. On aurait l’histoire d’une libération : vec l’effondrement de l’esthétique. Donc une peinture qui se montre comme peinture. qui serait la question : que pense l’art ? avec comme arrière plan le fait que ce qu’il pense n’est pas en rivalité. et qui rend en un certain sensleur nouage inextricable ou alors captif d’une procdéure de maîtrise. placement de ce que pense la philo par exemple. C’est pas ça la question. En outre. un art dont le sujet serait l’art etc… est un lieu commun de la modernité. pensée de ce qu’il pense. On voit bien que l’art et les artistes peuvent emprunter des philososphèmes et fabriquer des esthétiques. pour Nietzsche c’est la philosophie qui est finie. Il ne s’agit pas simplement de la disjonction et de dire que la philosophie pense l’art : on rétablit la pensée en maîtrise et finalement l’esthétique. Heidegger ne dit pas vraiment autre chose. Il renverse la hiérarchie. La difficulté est alors la suivante : qui pose la question « que pense l’art » ? Si c’est la philosophie qui pose cette question. je ne pense pas dans la fidélité au dernier . elle se réétablit dans sa maîtrise et enfin de compte elle bva proposer une nouvelle figure esthétique. Ça caractériserait la modernité artistique. Ce n’est pas la thèse que je soutiens ici. qui est en partage entre les 2. ou de la figure de la pensée qu’il est on dira que c’est car il a cessé d’être pensé par la philo dans l’élément de l’esthétique. il ne s’agit pas de cela. il faut faire valoir l’hétérogène. une litétrare qui se met en abîme dans son propre texte. Donc la csq véritable de la ruine de l’éthique dont Nietzsche ets un témoin fondamental. mais aussi nécessairement comme le lieu de pensée de cette pensée. qu’est-ce qui advient ? L’art. On est donc absolument astreint à la thèse suivante qui est de soutenir que l’art lui-même pense ce que pense l’art. Donc le 1er travail serait de délivrer l’art des catégories circulantes qui le rendent homogènes à la philosophie. Au sens rigorueux de esthétique. Et donc la question serait : si c’est disjoint. En fin de compte. Et naturellement pas en tant qu’i lproposerait une esthétique. Le rapport libre dont je parle ne peut pas s’établir dans un renversement. Il dit la métaphysique est finie. susomption. Ce qui se dira en d’autres termes que l’art est délivré ou reconduit à lui-même par la fin de la métaphysique. à mon sens. Et provisoirement en tout cas ce qu’il y a c’est le poème. ie que l’art doit dans son effectivité être pensée de ce qu’il est. Le processus de l’art lui-même doit être l’élément de l’identification de sa propre pensée. à savoir la ruine du dispositif esthétique serait l’ouverture véritable de la modernité artistique.. Mais alors. mais c’est un renversement du le thème hegelien selon lequel l’art est fini et lié à la philosophie.

Il y a l’artiste. d’accord. On n’aurait rien gagné. Quand il parle de Wagner ce n’est pas la singularisation d’une texture ou d’une œuvre qui l’intéresse. Son découpage de l’art se fait assez peu autour de l’œuvre. c’est une catégorie en soi. Il exile le poète. comment procède. que l’art est une pensée mais est aussi de manière immanente la pensée de ce qu’il est. et pas comme caractéristique de l’art à l’époque de l’effondrment de la métaphysique. Tragédie. le créateur) serait une autre unité pertinente. finalement. pour établir l’unité d’exmaen de la question du côté de l’art.du côté de la philosophie. comme toute caractérisation véritable. ce qui est une condition encore une fois d’un pacte égalitaire entre art et philosophie. le point est de savoir quel est. Il faut revenir sur ces possibilités. Qu’est-ce que Nietzsche entend par art ? Il y a au moins 3 possibilités : on peut entendre par art l’œuvre d’art ou les œuvres d’art. ses œuvres et autre chose aussi. il a pris sur luimême d’être le témoin historique d’une époque où le rapport en pensée à l’art ne pouvait plus être esthétique. mais foncièrement équivoque. il s’agit de faire un bilan du rôle joué par l’esthétique.Nietzsche. on dirait ainsi : . il a témoigné. Et puis il y a des catégories d’un autre type. Dans le bilan de cette affaire. Alors si on resserrre maintenant ultimemnt la question. Je pense que la figure d’une nouveau nouage entre art et philosophie propose une identification immanente de l’art comme caractéristique de l’art tout simplement. Nietzsche témoigne de son effondrement. l’artiste (l’auteur. ie délivrée de l’esthétique. or en fait chez lui il y a très peu de choses là-dessus chez Nietzsche. et puis en 3ème lieu des catégories séquentielles. que ce soit un événement négatif de l’histoire de la philosophie. mais une singularité. par exemple la tragédie. C’est une caractéristique intemporelle. C’est une catégorie d’investigation. ie l’effondrement de l’esth. Et il y a à assumer les catégories d’un rapport à l’art non esthétique. C’est une unité d’examen de toute évidence constituée. avec un complexe d’œuvre. Qui n’est pas non plus un genre au sens de la classification académique. ça c’est une catégorie très importante. 2° à quelles conditions peut-on identfitier l’art comme étant à la fois une pensée et une pensée immanente de cette pensée ? j’esquisserai. ie 1° à quelles conditions la philo peut-elle. son apogée ou son centre de gravité et sa figrue de corruption interne (Euripide). une unité subjective constituée. qui ne se résout pas dans le simple total des œuvres considérées. voire l’effondrment de la métaphysique. comme tragédie pour Nietzsche. Et qui ne soient pas vassalité ou agenouillement devant l’art. Qu’estce qui est en jeu là dedans comme pensée ? Donc je dirais que pour établir. mais pourquoi était-ce si important pour la philosophie ? de quoi s’agissait-il dans cette affaire ? Platon pour maîtriser l’art en élimine les ¾. . finalement. L’identification de l’art sous le signe strict de l’œuvre (on entendrait par art des œuvres d’art et rien d’(autre). Ce n’est ni réductible à une ou ds œuvres. ie pas « l’art rien que l’art ». quel était le sens de ce nouage. Quel rôle a joué l’esthétique ? on peut dire : c’était maîtriser l’art. quelle est l’unité d’examen ? quelle est l’unité véritable ? On avait vu qu’il y avait 3 possibilités là-dessus. que doit être la procédure artistique pour qu’elle soit pensée de la pensée qu’ell est ? ça nous ramène à la question de la dernière fois : pour penser cela. qui commande le destin interne de l’art. et n’admet que le chant patriotique et encore pas n’importe lequel.si on prend la question du côté de l’art. ie nouer avec l’art un rapport autre que celui contenu dans l’esth. Séquenec qui a sa naissance. On n’est pas au bout de savoir quel rôle a joué l’esthétique. Je crois que l’élément de bilan est non négligeable. on aurait redistribué la maîtrise. le génie. et pour part a basculé dans l’apologie illimité de l’art. . sur les 2 bords. tout en se maintenant être désesthétisiée. autre figure d’unité possible. du projet esthé. et si on donne à ça une forme technique : quel rôle a l’esthétique dans la disposition philosophie classique. Voilà ! la prochaine fois je voudrais faire quelques hypothèses sur ces questions. il faut examiner ces différentes possibilités. Cela définit qch qu’on appellera l’art mais du bisais d’une catégorie qui ne se laisse dissoudre ni en terme d’œuvre ni en termes d’artiste. c’est une séquence d’existene de ce qu’il appelle l’art. tout en se maintenant. mais ce n’est pas non plus réductible à l’artiste ou des artistes.

mais du mode propre sur lequel l’incertitude philosophique convoque les figures éminentes de son adversaire apparent. Dans ce thème de l‘artiste-roi. c’est qu’il y aurait peut-être une 2nde séquence de convocation de Nietzsche. Mais dans la pluspart d’entre eux on sent un engagement. en effet est une question tout à fait importante et difficile de notre actualité. qui gravite autour de la VP. Cette 1ère actualité. Ceci indiquait que la question « qu’est-ce que penser l’histoire ? ». du dispositif hegelien. qui marque à la fois le romantisme et le post-romantisme. y compris dans les travaux que vous m’avez soumis sur Nietzsche. dont la philosophie pourrait s’avérer capable. la thématique ou l’interrogation antihistoriciste de Nietzsche a retenu votre attenion. ie en un certain sens convoquant la philo à endurer l’antiphilosophie de N et à trouver là des indications sur le protocole de sa propre reconstitution. Et c’est le 2nd des textes interrogés avec saveur par vous.NOUVEAU COURS … l’acte nietzschéen est la dissolution de toute figure de souveraineté que l’émergence d’une figure de souveraineté de substitution. Voilà pour les annonces. est une question de sondage involontaire. Et puis peut-être enfin le fait que la question de l’art est appréhendée frontalement comme enjeu constitué et pas diagonale et complexe. ou pensé comme celui à partir duquel s’indiquent des voies ou des moyens de surmonter le nihilisme. qui m’a bcp intéressé. Donc il ne s’agirait pas d’un nietzschéisme à proprement parler. La figure du nietzschéisme a toujours été indécidable. mais s’intéressant davantage à ce que j’appellerais strictement le noyau de l’antiphilosophie nietzschéenne. C’était la 1ère Remarque. dont au fond la thématique centrale était bien le Nietzsche disons de la vitalité des peuples. une décision personnelle de s’intéresser à cela. Il est certaine que la 2nde considération inactuelle a pour . Non pour se rallier à cette perspective antiphilosophique mais pour la constituer en plan d’épreuve pour la reconstitution. qui est de quels textes avez-vous parlé ? J’avais interdit qu’on prenne des ouvrages de 188. et comme nous le verrons l’année prochaine. où la fonction de l’art et de l’artiste devient en quelque manière suréminente. Ça a joué. qu’est-ce que ça signifie. reconvoquant ou reponctuant Nietzsche d’un tout autre biais. La 2nde. s’intéressant moins en un certain sens à la thématique conceptuelle forgée progressivement du 1er Nietzsche. c’est un livre qui soutient de façon organique et déployée un certain nombre de thèses. ie celui qui depuis toujours en dénonce l’illusion ou s’en propose la thérapeutique. Donc d’abord la NT. ou disons le Nietzsche critique du nihilisme. on peut imaginer que nous sommes dans une époque qui se débat avec l’héritage de l’historicisme. Ces commentaires sur cette 2nde Inactuelle sont expressément orientés vers la question de la pbtique de l’histoire. J’ai corrigé vos devoirs. on retrouve cette situation historique singulière. Il ne s’agit pas de travaux purement formalistes ou académiques. ie qui couvre de sa large strate presque tout le 19ème siècle. malgré tout. Et somme toute dans l’effondrement circonstanciel de l’effondrement de la vision hegeliano-marxiste de l’histoire. La 2nde Considération Inactuelle est un texte sur l’histoire. et où comme j’ai proposé de le dire toute une partie de la philosophie enttreprend de se suturer ou de se conjoindre à la procédure artistique d’une façon toute particulière. plus que dans la tentative de restituer une conceptualité nietzschéenne dans la modalité de la généalogie critique ou dans la destruction de la figure ascétique du nihilisme. Je pense que qch comme cela passe. tout à fait différente. de la même chose comme on verra chez Wittgenstein. c’est bien aiutour de la signification véritable de l’acte nietzschéen que se jouait la question. Et puis après la NT il y a la 2nde Considération Inactuelle. à la corrélation tentée ou pratiquée entre Nietzsche et nous. « peut-on penser l’histoire ? ». Ou disons-le autrement. dans sa grande figure héritée. Alors là semblet-il à raison directement de l’opportunité de revenir sur la question de l’histoire. de répapproprier les peuples à leur origine mythique etc… Alors ce qu’il me semble. dans une perspective nouvelle. auquel Borreil a consacré un livre. Il s’agirait plutôt. Donc de quels textes alliez vous parler ? Le sondage a donné ceci : quasiment le seul livre dont vous avez parlé est l’Origine de la Tragédie.

la vérité) ? C’est pourquoi je distinguerais 2 rapports essentiels. Nous allons non pas conclure mais clore à partir du point où nous en étions arrivés. C’est aussi d’ailleurs un quasi-livre. Dans le 1er cas. Autrement dit. alors que fdtalt la vérité lu ireste extérieure. on aura classiquement 2 csq : . de vous indiquer quelques hypothèses.soit du côté de la philo (en se demandant quelles peuvent être les catégroeis de la saisiede l’art par la philosophie. C’est pourquoi il s’agit là davantage me semble-t-il d’un examen critique. La GM peut être considérée. ie le disposotif généalogique et critique.cible explicite certaines figures de l’historicisme. Naturellement lié au fait qu’il se présente comme disons comme étant le charme du vrai. ou encore intrinsèquement mimétique. un texte fortement construit. de détourner du détour nécessaire qui conduit au vrai. qui met au cœur de tout l’opposition non dialectique des forces réactives et des forces actives. ou selon qu’elle tient au contraire que la vérité est au contraire proprement exposée par l’art lui-même (ie l’art est l’instance figurale si l’on peut dire de l’infinité du vrai). l’art sera soupçonné de détourner de la vérité. et par csqt il se présente comme la vérité sous forme capable de captiver l’émotion. Et que sans doute est-ce là quant au fond ce dont l’attention portée par vous à ce texte est le symptôme. qui ne sont pas de l’ordre ni de l’exclusion platonicienne ni non plus de la suture ou du conjointement qu’on pointe chez N).soit du côté de l’art (sous la question que peut être ce nouage si l’art n’est pas le retour du grand art) .la 1ère est un soupçon philo porté sur l’art. tout sse joue dans l’histoire de la question sur le point de savoir quelle est la position de l’art au regard de la vérité. le système des énoncés de la philo concernant l’art. Quelle est l’unité pertinente d’exposition du processus artisique. dans la tradition inaugurée par Platon . critique au bon sens. en particulier du point de vue de l’interprétation deleuzienne de Nietzsche. si on pose que l’art est au fond irréductiblement lié à la figure du semblant. car il est le semblant d’une imméduateté. L’art se présente comme s’i pouvait exister ne frappe immédiate du . Alors ce qui nous intéresse c’est ce que ces dispositions entraînenet quant à la prescription philosophique sur l’art même. et ceux qui se sont attachés à la Généalogie la questionnent du point de vue de ses figures internes. de sa conceptualité et de sa consistance. Sur ces questions je vais m’efforcer de vous donner quelques pistes. Je vous rappelle que la question que nous considérions comme la question léguée par N était celle du nouage entre art et philosophie. quel jugt la philosophie a-t-elle porté sur le rapport du phénomène artistique à ce qu’elle considérait elle-même comme sa catégorie organique ou constituante (en l’occurrence. macroscopiques de la philo à l’art. ou la vérité sous forme sensible. qu’elle développe la nécessité vitale du suprahistorique. Finalement. Je vous indique que j’ai déjà dit ça ailleurs (vous les reconnaîtrez peut-être). nouage entre art et philosophie que l’on pouvait envisager . selon que finalement la philo tient que la vérité est absolument extérieure à l’art (ie que l’art n’est au plus qu’une imitation). c’est beaucoup plus si je puis dire un examen attentif et critique du Nietzsche classique qu’il s’agit. telle que la philo comme telle s’en saisisse ? S’en saisisse sans que ni l’art ni la philo ne viennent occuper une question de maîtrise dans cette corrélation. du terme du dispostif nietzschéen classique. C’était les remarques. et que finalement la question centrale aussi me paraît être qu’est-ce qu’il faut entendre par art du point de vue de la philo. La ligne d’invstigation sur cette question me parait devoir être prise de la façon suivante. ue d’un vrai qui opère dans l’immédiat de la trame sensible. Sur ce point je voudrais commencer par faire une espèce de recensement des figures héritées de ce nouage. c’est que là. vérité étant pris comme catgéorie organique de la philosophie classique. un soupçon philosophique porté sur l’art. Ce sera la 1ère csq. Ce qu’on peut dire sur la Généalogie. élaboré en critique de la mimétique de façon 2nde. Le cœur du procès est là. Le 3ème texte traité est la Généalogie de la Morale.

o la territorialité du contr^pole est possible car on va mesurer l’art à ses effets duplices. Le maître du jeu . Au contraire elle va montrer le syst d’écart et de subjectivation multiple à travers quoi va s’indiquer quoi ? et bien non pas la vérité (qu iest ext à la configuration artisytique comme telle) mais les figrues de son courage. qu iest dans cette tradution platonicienne. Dans le nouage didatcique entre philo et art. Le but ultime est de transmettre cette fgure du courage. de montrer que la vérité est extrinsèque . ou immédiateté seconde. de donner le ssystème visible de conditions. Autrement di il faut (et c’ets l eproipre de la surveillance) que l’immédiateté soit en réalité un résultat.la 2nde csq c’est que sur le fond de cette suspicion. Ultimement il y a une vication didcatque de l’art. . En ce sens l’invention de Brecht n’est pas dogmatique. elle ne consiste pas à organiser la totalité hors sembkant du vrai. public. Ce qui est en jeu est moins l’imitation (elle dit simplement que la vérité est ext. dont le vrai prniicpe n’est pas dans l’art. et que le théâtre a pour fonction en quelque manière de montrer lextrinsèque lui-me^me. Donc je rappelle que Brechet avait conscience de ce point de vue là d’une certaine subordination du théâtre à ce qu’il appelait la philosophie. on va la révéler par ses effets réels. C’est pour ça évidemment que la figrue de Galilée est centrale : Galilée est proprement le perso à propos et à trevres lequel lui et ce qui l’entour est discuté et débattue non pas la vérité (science extrinsèque au théatre. c’est ç ael régime de contrôle du smeblant . le thpéatre ne va pas mettre en semblant cette vérité concernant le mouvement). Comment cette vérité extrinsèque va êtye approopriée ou non appropriée. du grand détour comme dit Platon. l’art est sous le contrôle possible des effets de semblant qui lu isont propre. Ce qui est grave c’est que l’art en réalité fonctionne comme s’il existait une instance immédiate du vrai. Effets public qui sont eux-me^mes normés par une véroté extrinsèque. platonicienne et rousseauiste. Le rapport public inclut toujours ultimement de rapporter la question de l’art à la question de ses effets. C’est ce ne pas aller de soi du vrai qui est finalement la figure théâtrale agencée à des fins didactiques. comme effets de emblan articulés à une vérité extrins_que. effet ou qualité absolu. le résultat de ce que le détour permet de conquérir. Rousseau par exemple. Tout le point où l’art se faufile c’est que la vérité en sujet ne va pas de soi. l’absolu de l’art. mais si ça se voyait ce serait pas si grave). avec son mvt. Ie l’art est ce qui singulièrement doit être du point de vue de la philo surveillé. Alors surveillé veut dire quoi ? Surveillé veut exacement dire que pour autant que l’art est semblant semblant de l’immédiateté du vrai. IL faut ajouter que l’instance du contrôle. Et donc on considérera que c’est de l’art qu’il faut se détourner pour retrouver le détour véritable. Il faut le frapper d’un soupçon d’examen rigoureux afin de regagner le territoire du détour dialectyique. c’est poru ça que k’appellerai ce rapport un raport didactique. l’art va être mis en surveillance. Il en résute d’aileurs que la thépatralité n’est nullement la présentation typique du vrai. ou les conditions de la lâcheté au regard du vrai. Il faut appropier la figure immédiate au résultat des détour. c’est précisément ce que la configuration théâtrale va dessiner. Finalement le théâtre va prsenter les figrues poss de subjectivation de cette véritré extrinsqèei. Je n’entre pas dans le détail mais ce cas es tintéressant : il a une conceptionexpressement didactique du théâtre ce qui veut dire exactement que en réliaté le lieu de la véerité est extrinsèque. C’est évidemment la diposition que soutient Brecht par exemple. où l’imémdiaité est 2nd. et à quoi on consentira à donner l’appatrence de l’immédiat. L’art est une immédiateté surveillée. ie où le semblant est contr^olée. au sens du labeur du vrai. Le phénomène de distance est crucial : c’est précisément le mode d’écart qui permet la lisibilité de la subjectivation de la vérité en tant que extrinsèque. et par csqt il est ce qui détourne de la dialectique. Ce schème n’est pas seulement une configuration dépassée. qui est en réalité l’appatrence du rédultat du détour dans le semblant de l’art. est sous lecontrôle des effets publics du semblant.vrai. ce n’et pas un sembant de vérité mais c’est lorganisation artistique de la question décisisve de la subjectivation de la vérité extrinsèque et notamment des conditions de son courage. A partir du moment où la vérité est extrinsque. qui seul permet l’accès à la vérité proprement dite. écrit : « les spectacles sont faits pour le peuple et ce n’est que par leurs effets sur lu iqu’on peut déterminer leur qualiét absolue ». Parce que le courage de la vérité est la figure de subjectivation également théâtrale. il faut surveiller que le vrau dont il est le semblant soit vaiment le vrai. Le sujet de Brecht c’est quelles sont les conditions du courage de la vérité.

Il y en a un 2nd. Car si on dit que l’art est la descente de l’infini dans le fini. ou l’assomption en finitude sensible de l’infini d el’idée. lire des poèmes. le nouage romantique. soit dans la modalité d’une conjonction dialectique. formule dont N s’éloignerait tout en la fréquentant. c’est lui qui est le maître de la procédure. Dans les conceptions raffinées de Brecht on a la norme. on peut dire ceci : dans la figure didactique. Donc à proprement parler la vérté n’est pas immanente à l’art mais extrrinsèque. La nature du schème didactique n’implique pas cette disjonction mais propose une norme. L’art n’est ni une onstance de la sacralisation cporporelle du vrai ni un péril que le semblant exerce sur l’immédiaeté du vrai. Ce dispositif partage la conviction platonicienne. et d’un autre côté un thème conjonctif mais généralement dialectique. qui déjà écrit tranquillement une politique sans considérer qu’il faut prendre des mesures extrêmes. Donc nous aurions 2 nouages opposés. Séquence classique. La distanciation est propremnet le montrer de la dicjontino. Ou encore. ie dans la forme identifiable de la vérité qui sinon n’est jamais que la promesse abstraite du concept. l’art est la délivrance de la stérilité subjective du concept. bannissement de Platon). il est central. L’art est l’auto accomplisstement de l’indication abstraite de la philo. La yhèse axile est que l’art seul est réellement capable de vérité et en ce sens l’art qccomplit ce que la philo ne peut qu’indiquer. Si c’est l’art qui est véritablement capable de l’avenue du vrai. L’honnête homme peut aller au théâtre. mais ce qui est particulièrment bien c’est ce qu’on a fait sur la poésie. Même pour Platon. C’est l’art lui-même qui est en fait l’absolu comme sujet pour reprendre la formule de Hegel. A propos de Nietzsche. moins à plaire qu’à donner à chacun le courage de la vérité ie de devenir un ami de la vérité. Ou encore que l’art est le coprs réel du vrai ou prodigue ce corps réel d vrai. et même il est au cœur du dispositif constituant de la philo. l’art est l’incarnation. Cette réglation peut aller jusqu’à la disjonction absolue (exclusion. c’est décisif. L’art ne tracasse pas bcp D. ouverte avec Aristote : ce n’est pas un pb déchirant. On entérine la conception de l’art comme mimesis et comme semblant. C’est le 1er nouage. et cette figure de dsjonction exige de la part de la ophilo une régulation singulière. et la philo est en dénégation de son abstraction au réel de l’art. On peut dire aussi que l’art est la descente de l’ifini dans le fini de la forme. C’est tranquille. de la dial. finalement vérité et art sont dans une figure de disjonction. Tandis que dans le schème romanique on a une conjonction (c’est ce que N retiendra) sauf que pour l’essentiel c’est une conjonction dialectique. Dans la figure romantique. Manifestement. ça va pas dévaster en lui le détour du vrai. Disons que l’art est la figure effectivement réelle du vrai en tant que advenue dans le sensible. dans ce nouage là. on n’est pas acculé au dilemme de les expulser tous ou de s’agenouiller devant eux. il est frappant de voir que en République X il finit par dire : tout ce qu’on a fait c’était bien. soit dans la modalité d’une disjonction normée. On peut appeler ce schème. A ce propos Nietzsche appartient pour part. Il ne reste que la musique patriotique. Quelle est la nature du dispositif que j’appellerai dispositif classique ? Je crois que le noyau en est le suivant. ni didactique ni romantqiue. focalisation sur la procédure artistique. ça c’est vraiment formidable c’est ce qu’on a fait de mieux (ie exclusion des poètes). à l’extrême opposé. Brecht avait comme rêve fondamental de fonder ce qu’il appelait une sociéét des amis de la dialedctique. au mieux elle pet être un semblant. qch comme ça. Les classiques ne sont pas troubéls : il y a un 3ème nouage. Ce nouage je pense s’origine dans Aristote . on considère aussi que l’art est essentiellement mimétique. Il est une question véritable et insistante. Donc on aurait d’un côté schème disjonctif normé. L. ils ne sont pas dans le péril. Dans cette optique. Dans les 2 cas. et qui soutient que l’art seul est réellement capable de vérité. CONtraire au romantisme d’un côté (qui est un platonisme rentourné en un sens) et un trouble pour la philo. l’art est pbtique pour la philosophie. mais conclut . on est quand même dans le processus de la relève dialectique. ce nouage. Dans les 2 nouages. Finalement le théatre convoquait à une telle société. ie la disjonction qui se nomme comme distanciation. Le pb c’est que après tout il y a des philosophies que l’art a laissé tranquille. Faire entrer en amitié pour le vrai. Sp.dans les dialogues didactiques s’appelle généralement le philosophe. on a une attention.

Pourquoi ? 40 min. ––––––– . du semblant mais ce n’est pas grave. L’art est dans la dimesnio mimétique.autrement : la concluision est que c’est pas grave.

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