DELEUZE - LEIBNIZ 15/04/1980 Dernière année, Vincennes Nous allons être tenus un certain temps par une série

sur Leibniz. Mon but est très simple: pour ceux qui ne le connaissent pas du tout, essayer d’avancer, de vous faire aimer cet auteur, et de vous donner une espèce d’envie de le lire. Pour commencer Leibniz, il y a un instrument de travail incomparable. C’est la tâche d’une vie, une tâche très modeste, mais très profonde. C’est une dame, madame Prenant, qui déjà il y a longtemps a fait des morceaux choisis de Leibniz. D’habitude les morceaux choisis c’est très douteux, là il se trouve que c’est un chef-d’œuvre. C’est un chef-d’œuvre pour une raison simple: c’est que Leibniz a des procédés d’écriture qui sans doute sont assez courants à son époque (début XVIIIe), mais que lui pousse à un point extraordinaire. Bien sûr comme tous les philosophes il fait de gros livres; mais, presque à la limite, on pourrait dire que ces gros livres ne sont pas l’essentiel de son œuvre car l’essentiel de son œuvre est dans la correspondance et dans de tout petits mémoires. Les grands textes de Leibniz, c’est très souvent des textes de quatre ou cinq pages, dix pages, ou bien des lettres. Il écrit un peu dans toutes les langues et d’une certaine manière c’est le premier grand philosophe allemand. C’est l’arrivée en Europe de la philosophie allemande. L’influence de Leibniz sera immédiate sur les philosophes romantiques du XIXe siècle allemand, bien plus elle se poursuivra particulièrement chez Nietzsche. Leibniz est un des philosophes qui fait le mieux comprendre une réponse possible à cette question: qu’est-ce que la philosophie? Qu’est-ce que fait un philosophe? Ça s’occupe de quoi? Si on pense que les définitions telles que recherche du vrai, ou recherche de la sagesse, ne sont pas adéquates, est-ce qu’il y a une activité philosophique? Je veux dire très vite à quoi je reconnais un philosophe dans son activité. On ne peut confronter les activités qu’en fonction de ce qu’elles créent et de leur mode de création. Il faut demander qu’estce que crée un menuisier? Qu’est-ce que créée un musicien? Qu’est-ce crée un philosophe? Un philosophe, c’est pour moi quelqu’un qui crée des concepts. Ça implique beaucoup de choses: que le concept soit quelque chose à créer, que le concept soit le terme d’une création. Je ne vois aucune possibilité de définir la science si l’on n’indique pas quelque chose qui est créée par et dans la science. Or il se trouve que ce qui est créé par et dans la science, je ne sais pas bien ce que c’est, mais ce ne sont pas des concepts à proprement parler. Le concept de création a été beaucoup plus lié à l’art qu’à la science ou à la philosophie. Qu’est-ce que crée un peintre? Il crée des lignes et des couleurs. Ça implique que les lignes et les couleurs ne sont pas données, elles sont le terme d’une création. Ce qui est donné, à la limite, on pourrait toujours le nommer un flux. C’est les flux qui sont donnés et la création consiste à découper, organiser, connecter des flux, de telle manière que se dessine ou que se fasse une création autour de certaines singularités extraites des flux. Un concept, ce n’est pas du tout quelque chose de donné. Bien plus, un concept ce n’est pas la même chose que la pensée: on peut très bien penser sans concept, et même, tous ceux qui ne font pas de philosophie, je crois qu’ils pensent, qu’ils pensent pleinement, mais qu’ils ne pensent pas par concepts – si vous acceptez l’idée que le concept soit le terme d’une activité ou d’une création originale. Je dirais que le concept, c’est un système de singularités prélevé sur un flux de pensée.

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Un philosophe, c’est quelqu’un qui fabrique des concepts. Est-ce que c’est intellectuel? A mon avis, non. Car un concept en tant que système de singularités prélevé sur un flux de pensée… imaginez le flux de pensée universelle comme une espèce de monologue intérieur, le monologue intérieur de tous ceux qui pensent. La philosophie surgit avec l’acte qui consiste à créer des concepts. Pour moi il y a autant de création dans la fabrication d’un concept que dans la création d’un grand peintre ou d’un grand musicien. On peut concevoir aussi un flux acoustique continu (peut-être que ce n’est qu’une idée mais peu importe si cette idée est fondée) qui traverse le monde et qui comprend le silence même. Un musicien, c’est quelqu’un qui prélève sur ce flux quelque chose: des notes? Des agrégats de notes? Non? Qu’est-ce qu’on appellera le son nouveau d’un musicien? Vous sentez bien qu’il ne s’agit pas simplement du système de notes. C’est la même chose pour la philosophie, simplement il ne s’agit pas de créer des sons mais des concepts. Il n’est pas question de définir la philosophie par une recherche quelconque de la vérité, et pour une raison très simple: c’est que la vérité est toujours subordonnée au système de concepts dont on dispose. Quelle est l’importance des philosophes pour les nonphilosophes? C’est que les non-philosophes ont beau ne pas le savoir, ou faire semblant de s’en désintéresser, qu’ils le veuillent ou pas ils pensent à travers des concepts qui ont des noms propres. Je reconnais le nom de Kant non pas à sa vie, mais à un certain type de concepts qui sont signés Kant. Dès lors, être disciple d’un philosophe ça peut très bien se concevoir. Si vous êtes dans la situation de vous dire que tel philosophe a signé les concepts dont vous éprouvez le besoin, à ce moment-là vous êtes kantien, leibnizien ou etc. Il est bien forcé que deux grands philosophes ne soient pas d’accord l’un avec l’autre dans la mesure où chacun crée un système de concepts qui lui sert de référence. Donc il n’y a pas que cela à juger. On peut très bien n’être disciple que localement, que sur tel ou tel point – la philosophie, ça se détache. Vous pouvez être disciple d’un philosophe dans la mesure où vous considérez que vous avez une nécessité personnelle de ce type de concepts. Les concepts sont des signatures spirituelles. Mais ça ne veut pas dire que c’est dans la tête parce que les concepts, c’est aussi des modes de vie – et ce n’est pas par choix ou par réflexion, le philosophe ne réfléchit pas davantage que le peintre ou le musicien – ; les activités se définissent par une activité créatrice et non pas par une dimension réflexive. Dès lors, qu’est-ce que veut dire: avoir besoin de tel ou tel concept? D’une certaine manière je me dis que les concepts sont des choses tellement vivantes, c’est vraiment des trucs qui ont quatre pattes, ça bouge, quoi. C’est comme une couleur, c’est comme un son. Les concepts, c’est tellement vivant que ce n’est pas sans rapport avec ce qui pourtant paraît le plus loin du concept, à savoir le cri. D’une certaine manière, le philosophe ce n’est pas quelqu’un qui chante, c’est quelqu’un qui crie. Chaque fois que vous avez besoin de crier, je pense que vous n’êtes pas loin d’une espèce d’appel de la philosophie. Qu’est-ce que ça veut dire que le concept serait une espèce de cri ou une espèce de forme du cri? C’est ça, avoir besoin d’un concept : avoir quelque chose à crier! Il faudra trouver le concept de ce cri là… On peut crier mille choses. Imaginez quelqu’un qui crie: «quand même il faut que tout ça ait une raison.» C’est un cri très simple. Dans ma définition: le concept est la forme du cri, on voit tout de suite une série de philosophes qui diraient «oui, oui»! Ce sont les philosophes de la passion, les philosophes du pathos, par distinction avec les philosophes du logos. Par exemple, Kierkegaard, il fonde toute sa philosophie sur des cris fondamentaux. Mais Leibniz est de la grande tradition rationaliste. Imaginez Leibniz : il y a quelque chose d’effarant. C’est le philosophe de l’ordre ; bien plus, de l’ordre et de la police,

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dans tous les sens du mot police. Au premier sens du mot police surtout, à savoir l’organisation ordonnée de la cité. Il ne pense qu’en termes d’ordre. En ce sens il est extrêmement réactionnaire, c’est l’ami de l’ordre. Mais très étrangement dans ce goût de l’ordre et pour fonder cet ordre, il se livre à la plus démente création de concept à laquelle on ait pu assister en philosophie. Des concepts échevelés, les concepts les plus exubérants, les plus désordonnés, les plus complexes pour justifier ce qui est. Il faut que chaque chose ait une raison. En effet il y a deux sortes de philosophes, si vous acceptez cette définition comme quoi la philosophie est l’activité qui consiste à créer des concepts, mais il y a comme deux pôles: il y a ceux qui font une création de concepts très sobre; ils créent des concepts au niveau de telle singularité bien distinguée des autres, et finalement moi je rêve d’une espèce de quantification des philosophes où on les quantifierait d’après le nombre de concepts qu’ils ont signés ou inventés. Si je me dis: Descartes!, ça c’est le type d’une création de concept très sobre. L’histoire du cogito, historiquement on peut toujours trouver toute une tradition, des précurseurs, mais ça n’empêche pas qu’il y ait quelque chose signé Descartes dans le concept cogito, à savoir (une proposition peut exprimer un concept) la proposition: «Je pense donc je suis» ; c’est un véritable concept nouveau. C’est la découverte de la subjectivité, de la subjectivité pensante. C’est signé Descartes. Bien sûr on pourra toujours chercher chez Saint-Augustin, voir si ce n’était pas déjà préparé – il y a bien sur une histoire des concepts, mais c’est signé Descartes. Descartes, ce n’est pas qu’on en a vite fait le tour? On peut lui assigner cinq ou six concepts. C’est énorme d’avoir inventé six concepts, mais c’est une création sobre. Et puis il y a les philosophes exaspérés. Pour eux chaque concept couvre un ensemble de singularités, et puis il leur en faut toujours d’autres, toujours d’autres concepts. On assiste à une folle création de concepts. L’exemple typique c’est Leibniz ; il n’en a jamais fini de créer à nouveau quelque chose. C’est tout ça que je voudrais expliquer. C’est le premier philosophe à réfléchir sur la puissance de la langue allemande quant au concept, en quoi l’allemand est une langue éminemment conceptuelle, et ce n’est pas par hasard que ça peut être aussi une grande langue du cri. Activités multiples – il s’occupe de tout –, très grand mathématicien, très grand physicien, très bon juriste, beaucoup d’activités politiques, toujours au service de l’ordre. Il n’arrête pas, il est très louche. Il y a une visite Leibniz-Spinoza (lui c’est l’anti-Leibniz): Leibniz fait lire des manuscrits, on imagine Spinoza exaspéré se demandant ce que veut ce type là. Là-dessus quand Spinoza est attaqué Leibniz dit qu’il n’est jamais allé le voir, il dit que c’était pour le surveiller… Abominable. Leibniz est abominable. Dates: 1646-1716. C’est une longue vie, il est à cheval sur plein de choses. Il a enfin une espèce d’humour diabolique. Je dirais que son système est assez pyramidal. Le grand système de Leibniz a plusieurs niveaux. Aucun de ces niveaux n’est faux, ces niveaux symbolisent les uns avec les autres et Leibniz est le premier grand philosophe à concevoir l’activité et la pensée comme une vaste symbolisation. Donc tous ces niveaux symbolisent, mais ils sont tous plus ou moins proches de ce qu’on pourrait appeler provisoirement l’absolu. Or ça fait partie de son œuvre même. Suivant le correspondant de Leibniz ou suivant le public auquel il s’adresse, il va présenter tout son système à tel niveau. Imaginez que son système soit fait de niveaux plus ou moins contractés ou plus ou moins détendus ; pour expliquer quelque chose à quelqu’un, il va s’installer à tel niveau de son système. Supposons que le quelqu’un en question soit soupçonné par Leibniz d’avoir une intelligence médiocre: très bien, il est ravi, il s’installe au niveau parmi les plus bas de son système ; s’il s’adresse à quelqu’un de plus intelligent il saute à un autre niveau. Comme ces niveaux font partie implicitement des textes mêmes de Leibniz, ça fait un grand problème de commentaire. C’est compliqué

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se monte la grande théorie des jeux et des probabilités. A attribut ou prédicat. à mon avis. Ça c’est sur. Le principe d’identité a un énoncé classique : A est A. Dans ce petit texte «Drôle de pensée» il imaginait une institution très inquiétante qui serait l’institution suivante: il faudrait une académie des jeux. En effet. Il n’y a plus simplement réciprocité du prédicat avec le sujet et du sujet avec le prédicat. Donc je suis autorisé par l’auteur lui-même. Il y a un second cas un tout petit peu plus complexe. Il appelle ça «une drôle de pensée». Les deux choses ne sont pas du tout contradictoires. un casino où l’on joue. «Le triangle a trois angles» est une proposition identique parce que réciproque. Pourquoi j’appelle ça «une drôle de pensée»? Et bien parce que parmi les textes de Leibniz il y a un petit texte que Leibniz appelle lui-même «Drôle de pensée». je ne dis pas par là que Dieu existe. ça veut dire: sujet A. de tous temps. il y a des textes où Leibniz explique ce qu’est selon lui l’union de l’âme et du corps . il y a une réciprocité du sujet et du prédicat. Il est passionné par les problèmes mathématiques de jeux. c’est un philosophe très difficile. Est-ce que c’est tout? Une proposition identique est une proposition telle que l’attribut ou le prédicat est le même que le sujet et se réciproque avec le sujet. ou pour y participer – ce serait à la fois une section de l’académie des sciences. Il imagine cette académie des jeux qu’il présente comme devant être à la fois – pourquoi à la fois? Parce que suivant le point de vue où on se place pour voir cette institution. Seulement voilà : est-ce que je pense quelque chose quand je dis A est A. Cette histoire consiste à prendre un des points centraux de la philosophie de Leibniz. Leibniz rêvait beaucoup. bon. A cette époque. chez Leibniz lui-même. verbe être. Supposez que je dise: «le triangle a trois côtés». aussi bien chez Pascal. Supposez que je vous raconte une histoire. «Le triangle a trois côtés» c’est un peu différent. c’est deux niveaux du système. ou Dieu est Dieu. Si je dis le bleu est bleu. et en même temps on ne voit pas du tout ce qu’il nous apporte. Leibniz est un des grands fondateurs de la théorie des jeux. mais il est vide. Leibniz. chez les autres mathématiciens. Si bien que si on n’évalue pas le niveau d’un texte de Leibniz.parce que. en un sens je suis dans la certitude. C’est pas mal. ou est-ce que je ne pense pas? Essayons tout de même de dire ce qu’entraîne ce principe d’identité. a) Le flux de pensée. une exposition universelle. Il est certain. entraîne avec lui un fameux principe qui a un caractère très particulier parce que c’est un des seuls principes dont on peut être sûr. ce n’est pas réciproque. ce sont des propositions vides et certaines. Par exemple. trois côtés ce n’est pas la même chose que trois angles. Et pourtant il y a une nécessité 4 . Le grand 1) je voudrais l’appeler «une drôle de pensée». Ce principe célèbre c’est le principe d’identité. Il n’y a pas identité du sujet et du prédicat. alors on aura l’impression qu’il ne cesse pas de se contredire. Le bleu est bleu. et en fait il ne se contredit pas du tout. il a tout un côté sciencefiction absolument formidable. à savoir que le principe d’identité peut déterminer des propositions qui ne sont pas simplement des propositions réciproques. on ne peut jamais s’appuyer sur un texte de Leibniz si on n’a pas d’abord senti le niveau du système auquel ce texte correspond. Je voudrais donner des titres à chaque partie de ce que j’ai à vous proposer. c’est à tel ou tel correspondant. lui-même devait d’ailleurs être très joueur. et je vous la raconte comme si c’était la description d’un autre monde. et une entreprise de contrôle policier. un jardin zoologique et botanique. il imaginait tout le temps des institutions. ce n’est pas la même chose que dire «le triangle a trois angles». le triangle est triangle.A tel autre correspondant il expliquera qu’il n’y a pas de problème de l’union de l’âme et du corps car le vrai problème c’est le problème du rapport des âmes entre elles. et là aussi je numérote les propositions principales qui vont former une drôle de pensée. Il se présente sous forme d’une proposition réciproque. A est A.

Vous ne risquez pas de vous tromper. une proposition analytique est vraie si vous attribuez à un sujet quelque chose qui ne fait qu’un avec le sujet lui-même. Pourquoi un modèle certain? Dans son énoncé même. S’il est vrai que le principe d’identité nous donne un modèle de vérité. ou qui est déjà contenu dans le sujet.dite logique. Il surgit sous la forme de ce cri très bizarre. Il vous suffit donc d’une analyse pour trouver le prédicat dans le sujet. De même si je dis que la matière est matière. pourquoi est-ce qu’on achoppe sur la difficulté suivante. c’est une proposition identique par inclusion. Si je dis que « la matière est étendue ». Si je cherche un énoncé plus intéressant du principe d’identité. Vous me direz que retourner A est A. Le coup de génie pré-philosophique de Leibniz. Leibniz arrive et dit: très bien. Jusque là Leibniz comme penseur original n’a pas surgit. je supprime mon exemple… A est A c’est une forme vide. mais il ne nous fait rien penser. Il n’y a pas réciprocité mais il y a inclusion. L’étendue est dans la matière. Mais dans la formulation philosophique. Je dirais donc que les propositions identiques sont de deux sortes: ce sont les propositions réciproques où le sujet et le prédicat sont un seul et même. ça veut dire qu’il fallait avoir besoin de ça. Oui et non. C’est une nécessité logique. ou qui se confond. si vous retournez le 5 . et les propositions d’inhérence ou d’inclusion où le prédicat est contenu dans le concept du sujet. Inhérence ou inclusion. une proposition analytique est une proposition telle que soit le prédicat ou l’attribut est identique au sujet. Leibniz surgit et dit: toute proposition vraie est analytique. Donc toute proposition analytique est vraie. mais c’est une proposition d’inclusion. Tout ce qu’on dit ce n’est pas de la philosophie. qui revient exactement au même pourtant. c’est encore une proposition identique parce que je ne peux pas penser le concept de matière sans y introduire déjà l’étendue. Je vais lui donner un énoncé plus complexe que tout à l’heure. inversement. c’est le terrain sur lequel va s’élever une philosophie très prodigieuse. « matière est matière ». c’est-à-dire sans matière. proposition réciproque. Le principe d’identité nous donne un modèle certain. c’est de dire: voyons la réciproque! Là commence quelque chose d’absolument nouveau et pourtant très simple – il fallait y penser. Et qu’est-ce que ça veut dire «il fallait y penser». ça fait A est A. le prédicat est contenu dans le sujet au point que lorsque vous avez conçu le sujet le prédicat y était déjà. lorsque je dis «la matière est étendue». Qu’est-ce que veut dire analytique? D’après les exemples que nous venons de voir. c’est une proposition identique sous forme d’une proposition réciproque. peut-être bien que je peux penser une étendue sans rien qui la remplisse. «toute proposition analytique est une proposition vraie». on va l’inverser. On va forcer le principe d’identité à nous faire penser quelque chose. à savoir que vous ne pouvez pas concevoir trois angles composant une même figure sans que cette figure ait trois côtés. b) Leibniz surgit. Si je dis «cette feuille a un recto et un verso» – bon passons. C’est d’autant moins une proposition réciproque que. à savoir: il est vrai. Ce n’est donc pas une proposition réciproque. le sujet est identique au prédicat. il fallait que ça réponde à quelque chose d’urgent pour lui. Trois côtés sont inclus dans triangle. soit proposition d’inclusion «le triangle a trois côtés». je dirais à la manière de Leibniz que le principe d’identité s’énonce ainsi: toute proposition analytique est vraie. Ça fait A est A dans la formulation formelle qui empêche le retournement du principe. on va le retourner. exemple : «le triangle est triangle». c’est de la pré-philosophie. Qu’est-ce que c’est la réciproque du principe d’identité dans son énoncé complexe «toute proposition analytique est vraie»? La réciproque pose beaucoup plus de problèmes.

ciel. mais qu’elle soit analytique. j’ai un sujet. Doit surgir dans votre cerveau l’idée d’une tâche infinie. et ce n’est pas par goût qu’il dit ça. Et «2 + 2 = 4» c’est un jugement qu’on appelle ordinairement un jugement de relation. c’est-à-dire identique.principe. Il se lance dans une analyse combinatoire. ou bien un cas de jugement parmi d’autres. jugement d’attribution. être en relation avec. Est-ce que je peux traiter «plus petit que Paul» comme un attribut de Pierre? Pas sûr. est-ce que je peux le traduire formellement sous la forme de «Dieu est existant». et un attribut. Ça ne va pas être facile à montrer. que vous le vouliez ou non. est assimilable à un prédicat? Est-ce que formellement je peux ramener le jugement «je suis ici» à un jugement du type «je suis blond»? Pas sur que la localisation dans l’espace soit une qualité. est-ce que «ici». Peut-être qu’il faut distinguer des types de jugements très différents les uns des autres. où est le prédicat? Voilà exactement le problème qui a agité la philosophie depuis son début. Vous voyez donc qu’en lançant l’idée que toute proposition vraie doit être d’une manière ou d’une autre une proposition analytique. Je pourrais dire que la boîte d’allumettes est «ici». il faut bien que toute proposition vraie soit analytique. Mais il s’engage dans un truc impossible : il lui faudra en effet des concepts complètement déments pour arriver à cette tâche qu’il est en train de se donner. c’est-à-dire que le prédicat soit ou bien réciproque avec le sujet ou bien contenu dans le concept du sujet? Est-ce que ça va de soi? Il se lance dans un drôle de truc. car je ne peux dire «Dieu est tout puissant» qu’en rajoutant «oui. Si je dis «Dieu existe». c’est-à-dire qu’elle soit réductible à une proposition d’attribution ou de prédication. Quand je dis «le ciel est bleu». A nouveau je redis des choses très simples. je peux dire «Paul est plus grand que Pierre». il faut bien (et c’est là qu’il y a le cri). quel monde va en sortir? Quel monde très bizarre? Qu’est-ce que c’est que ce monde où je peux dire «toute proposition vraie est analytique»? Vous vous rappelez bien que ANALYTIQUE c’est une proposition où le prédicat est identique au sujet ou bien est 6 . il s’engage à montrer de quelle manière toutes les propositions peuvent être ramenées au jugement d’attribution. Ou si je dis «Pierre est plus petit que Paul». et que. jugement de localisation spatio-temporelle. qu’elle soit analytique. Il n’y a rien d’évident. existant étant un attribut? Est-ce que je peux dire que «Dieu existe» est un jugement de la même forme que «Dieu est tout puissant»? Sans doute pas. c’est une relation entre deux termes. les propositions qui énoncent des localisations. mais elles ont toujours été des problèmes fondamentaux de la logique. Pierre et Paul. s’il existe». à savoir: jugement de relation. localisation dans l’espace. à la limite ici. bleu.Depuis qu’il y a de la logique on s’est demandé dans quelle mesure le jugement d’attribution pouvait être considéré comme la forme universelle de tout jugement possible. Supposons que Leibniz y arrive . les propositions qui énoncent des existences. ou «je suis ici». «toute proposition vraie est nécessairement analytique». Où est le sujet. Lorsque je dis «le ciel est là-haut». Leibniz se donne déjà une tâche très dure. «Ici». peuvent être traduits comme l’équivalent d’attribut du sujet. Sans doute j’oriente cette relation sur Pierre: si je dis «Pierre est plus petit que Paul». et que non seulement elle soit réductible à un jugement de prédication ou d’attribution (le ciel est bleu). exister. C’est juste pour suggérer qu’en apparence tous les jugements n’ont pas pour forme la prédication ou l’attribution. je dirais que c’est un jugement quoi? «Sur la table». et bien d’autres encore: jugement d’existence. c’est quoi? Je dirais que c’est un jugement de localisation. comme il le dit lui-même qui est fantastique. Est-ce que Dieu existe? Est-ce que l’existence est un attribut? Pas sûr. Ça ne va pas de soi du tout que tout jugement soit réductible à un jugement d’attribution. à savoir les propositions qui énoncent des relations. c’est une détermination spatiale. Pourquoi ça ne va pas de soi? «La boîte d’allumettes est sur la table». il en a besoin. Si toute proposition analytique est vraie. ça veut dire quoi? Chaque fois que vous formulez une proposition vraie.

inclus dans le sujet. c’est donc toute proposition vraie est analytique. Il faut bien que «bleu» soit contenu dans la notion du ciel. Il ne s’agit pas de discuter. Quand je dis ça. C’est une douce violence. Un tableau signé Leibniz. Voilà le principe de raison suffisante qui est donc juste la réciproque du principe d’identité. C’est vraiment un monde hallucinatoire. Je ne me demande pas si c’est vrai. Il fallait l’inventer ce concept. Pourquoi est-ce le principe de raison suffisante? Parce que s’il en est ainsi. Je voudrais vous faire sentir cette présence d’une espèce de folie conceptuelle dans cet univers de Leibniz tel qu’on va le voir naître. Vous savez qu’il y a un philosophe postérieur à Leibniz qui a dit que la vérité c’est celle des jugements synthétiques ? Il s’oppose à Leibniz. laissez vous aller. c’est-à-dire ce qu’on dit de lui avec vérité. c’est comme si vous disiez que Velasquez n’est pas d’accord avec Giotto. il y a une conception leibnizienne du concept. Ça va être bizarre un tel monde. c’est-à-dire telle qu’elle attribue quelque chose à un sujet et que l’attribut doit être contenu dans la notion du sujet. la notion? Ça c’est signé Leibniz. c’est quel monde va surgir et dans ce petit c) je voudrais commencer à montrer que. que ce soient des déterminations d’espace et de temps. Je fais une parenthèse pour compliquer. par exemple. Dès lors tout a une raison. il faut bien que tout ce qui se dit d’un sujet soit contenu dans la notion du sujet. Il lui donnera un nom très beau: principe de raison suffisante. La notion de «notion» va être essentielle. Pourquoi raison suffisante? Pourquoi est-ce qu’il pense être en plein dans son cri à lui? IL FAUT BIEN QUE TOUT AIT UNE RAISON. Qu’est-ce que ça veut dire. Prenons un exemple. chaque chose à une raison . Une proposition vraie ça peut être une proposition élémentaire concernant un événement qui a eu lieu.» 7 . et c’est Kant qui l’invente. je me demande ce que ça veut dire. Si vous voulez penser les rapports de la philosophie à la folie. Sentez que ça devient déjà fou. ce serait le rapport du concept avec le cri. Prenons les exemples de Leibniz luimême: «CÉSAR A FRANCHI LE RUBICON. Toute proposition vraie doit être analytique ou encore une fois tout ce que vous dites avec vérité d’un sujet doit être contenu dans la notion du sujet. il en a pour la vie à travailler. On ne peut saisir la positivité de ces rapports que par une théorie du concept. Leibniz va créer des concepts vraiment hallucinants. non l’inverse – toute proposition analytique est vraie. Plutôt que de chercher des justifications abstraites je me demande quel bizarre monde va naître de tout ça? Un monde avec des couleurs très bizarres si je reprends ma métaphore avec la peinture. de relation. il y a des pages très faibles de Freud sur le rapport intime de la métaphysique avec le délire. et la direction où je voudrais aller. Il faut bien que tout ce qui arrive à un sujet soit déjà contenu dans la notion du sujet. Comprenez la bêtise des objections. Dire que les philosophes se contredisent c’est une phrase de débile. événement. à partir de là. Il ne s’agit pas de dire qu’ils ne sont pas d’accord l’un avec l’autre. Tout comme il y a une conception hégélienne du concept. c’est un non sens. je crédite Kant d’un nouveau concept qui est le jugement synthétique. c’est vrai – c’est même pas vrai. Prenons un exemple de proposition vraie. Toute proposition vraie doit être analytique. Raison = la notion du sujet en tant que cette notion contient tout ce qui se dit avec vérité de ce sujet. quoiqu’il arrive à un sujet il faut bien que ce qui arrive. D’accord! Qu’est-ce que ça peut nous faire? C’est Kant. la raison c’est précisément la notion même en tant qu’elle contient tout ce qui arrive au sujet correspondant. Qu’est-ce que c’est la réciproque du principe d’identité? Le principe d’identité. Le principe de raison suffisante peut s’énoncer ainsi: quoiqu’il arrive à un sujet. c) Encore une fois mon problème. Leibniz dit qu’il faut un autre principe. c’est la réciproque: toute proposition vraie est nécessairement analytique.

Dans «Adam a péché». mais la totalité du monde. Franchir le Rubicon appartient à la notion de César. Quelle différence y-a-t-il entre la raison suffisante et la cause? On comprend très bien. dans la notion de César. Qu’est-ce que vous voulez dire à ça? Vous voyez que toutes ces propositions choisies par Leibniz comme exemples fondamentaux. C’est un grand cri. Pourquoi? Si vous reprenez la proposition c). Dans le domaine des cris. d) Quand on dit ça on ne peut plus s’arrêter. il faut bien que ce prédicat soit contenu dans la notion de César.C’est une proposition. il faut bien. ou de chaque notion de sujet. dès ce moment-là. c’est que la cause d’une chose c’est toujours autre chose. La cause n’est jamais suffisante. «franchir le Rubicon» est compris dans la notion de César. ce qui est très différent de toute chose a une raison. Qu’est-ce qui les distingue de toute évidence. C’est donc une série indéfinie de causes et d’effets. Car enfin le principe de causalité va à l’infini. Je peux faire la même chose. C’est le philosophe devant le gouffre de l’enchaînement des concepts. d’ailleurs. il y a un cri fameux d’Aristote. la cause de B c’est C. Quand on a commencé dans le domaine du concept. il ne se donne pas la tâche facile.. Autre proposition: «ADAM A PÉCHÉ. Ça devient curieux. ce sont des propositions événementielles. La raison suffisante d’une chose. ce n’est pas du tout autre chose que la chose. a exercé sur Leibniz une très forte influence. péché à tel moment appartient à la notion d’Adam. Mais ce que vous attribuez avec vérité à un sujet quelconque dans le monde. Tout ce qui se dit avec vérité de quelque chose est inhérent à la notion de ce quelque chose. 8 . Elle est vraie ou nous avons de fortes raisons de supposer qu’elle est vraie. etc. d) Si vous dites que tel événement est compris dans la notion de César. C’est le simple principe de causalité. si la proposition est vraie. c’est à ce moment-là la totalité du monde qui doit être compris dans la notion de tel sujet. non seulement la chose que vous lui attribuez avec vérité. Il faut dire que le principe de causalité pose une cause nécessaire. Il va nous dire ceci: puisque cette proposition est vraie. il faut bien que le prédicat «franchir le Rubicon». le concept d’inhérence. Mais la cause c’est une chose. à savoir que toute cause a un effet et cet effet est à son tour cause d’effets. il suffit que vous lui attribuiez une seule chose avec vérité pour que vous vous aperceviez avec effroi que. La notion du sujet contient tout ce qui arrive à un sujet. de cause en cause et d’effet en effet. La cause de A c’est B. que ce soit César. vous êtes forcé de fourrer dans la notion du sujet. mais pas suffisante. tout ce que vous attribuez à un sujet doit être contenu dans la notion de ce sujet. A savoir que le principe de causalité dit que toute chose a une cause. c’est la notion de la chose. en quel sens? C’est que. on ne peut pas s’arrêter. La raison suffisante.» Voilà une proposition hautement vraie. et elle a à son tour une cause. C’est limpide. Je dirais que là Leibniz lance un de ses premiers grands concepts. Et c’est un infini très particulier puisque en fait il va à l’indéfini. Vous ne pouvez pas vous arrêtez. c’est là son propre. lâche à un moment dans la Métaphysique une formule très belle: « il faut bien s’arrêter » (anankéstenai). etc. Donc la raison suffisante exprime le rapport de la chose avec sa propre notion tandis que la cause exprime le rapport de la chose avec autre chose. Leibniz s’en fout. Le grand Aristote qui. il ne s’arrête pas. etc.C’est le premier aspect ou le développement de la raison suffisante. Pourquoi? En vertu d’un principe bien connu qui n’est pas du tout le même que celui de raison suffisante. Pas dans César lui-même. c’est-à-dire tout ce qui se dit du sujet avec vérité. En effet. Série indéfinie des causes. voilà que le monde passe à l’intérieur de chaque sujet. que vous le vouliez ou non. or elle est vraie. Il faut distinguer la cause nécessaire et la raison suffisante.

Le concept. Il y a concept quand il y a une représentation qui s’applique à plusieurs choses. c’est-àdire est compris dans cette notion du sujet. c’est le concept d’expression qui. Si vous avez dit. L’empire romain à son tour ça a des effets. jamais on n’avait fait ça. Son propre «franchir le Rubicon» s’étend à l’infini en arrière et en avant par le double jeu des causes et des effets. un sujet universel. ça veut dire qu’il n’y a qu’un seul sujet. Il ne peut pas 9 . franchir le Rubicon. pourquoi est-ce nouveau? Jamais personne n’avait osé. Tout comme César. et que vous. Il y a bien un caractère trans-historique de la philosophie. Il y a un concept de l’individu comme tel. – appartient à la notion du sujet.franchir le Rubicon ça a une cause. «Médor» n’est pas un concept. il est temps de parler pour notre compte. vous ne pouvez pas vous arrêter. Ce serait se renier. si chaque notion de sujet exprime la totalité du monde. ça a des effets. la première grande réconciliation du concept et de l’individu. C’est toute la série du monde qui y passe. vous ne pouvez pas dire tel événement est compris dans la notion de tel sujet sans dire que. qui exprime ou contient la totalité du monde. on avait toujours considéré comme allant de soi que l’individu n’était pas comme tel compréhensible par le concept. à mon avis. C’est-à-dire chacun de vous. chez Leibniz. avoir les yeux bleus. Leibniz s’exprime sous la forme: la notion du sujet exprime la totalité du monde. et qui le concerne personnellement – donc ce que vous attribuez de lui avec vérité. conformément au principe de raison suffisante. Donc. Leibniz était en train de construire un concept du concept tel que le concept et l’individu devenaient enfin adéquats l’un à l’autre. Il y a bien une canéité de tous les chiens. cette cause a elle-même de multiples causes. On avait toujours distingué un ordre du concept qui renvoyait à la généralité et un ordre de l’individu qui renvoyait à la singularité. il faut dire que ce sujet contient le monde entier. Il faut bien dire que c’est chaque notion de sujet qui contient ou exprime la totalité du monde. «chien» est bien un concept. Leibniz est le premier à dire que les concepts sont des noms propres. en tous cas c’est possible qu’il y en ait. De cause en cause et d’effet en effet. est un concept fantastique. moi. ça allait dans quel sens? C’était. Pourquoi? Que le concept aille jusqu’à l’individuel. Bien plus. c’est la même chose. Ce serait une possibilité de dire ça: il y aurait un seul sujet qui exprimerait le monde. franchir le Rubicon. Ça se complique. pourquoi? Grand danger: si chaque notion individuelle. César on ne serait que des apparences de ce sujet universel. nous dépendons directement de l’empire romain. Pourquoi Leibniz ne peut-il pas dire ça? Il n’a pas le choix. En effet. Et en plus. Tout ce qu’il a fait précédemment avec le principe de raison suffisante. le monde entier est compris dans la notion de tel sujet. que ce qui arrive à tel sujet. Qu’est-ce que ça veut dire être leibnizien en 1980? Il y en a bien. de cause en cause. c’est-à-dire que les concepts sont des notions individuelles. On avait toujours considéré que le nom propre n’était pas un concept. peu importe ce qui nous arrive et l’importance de ce qui nous arrive. en cause de cause et en cause de cause de cause. le monde est donc contenu dans un seul et même sujet qui serait un sujet universel. dès lors. moi. Ça n’est plus le concept d’inhérence ou d’inclusion. c’est quoi? Ça se définit par l’ordre de la généralité. comme disent certains logiciens dans un langage splendide. Ni plus ni moins. Mais alors. etc. Jamais une voix n’avait retenti dans le domaine de la pensée pour dire que le concept et l’individu. vous voyez que Leibniz ne peut pas se rabattre sur la proposition puisque toute proposition vraie est analytique . Mais que le concept et l’individu s’identifient. mais il n’y a pas une médorité de tous les Médors. du moins la série antécédente. Si j’en reste à de gros effets: instauration d’un empire romain.

dérouler. c’est-à-dire à la lettre déplier. chaque sujet. pour chaque notion individuelle. C’est la substance César. ce sont des formules banales. Vous voyez que c’est un vrai problème. etc. qu’est-ce que ça implique? Est-ce que ça pouvait être fait n’importe quand? Est-ce que c’est par hasard que c’est Leibniz qui fait la première grande théorie à tel moment? Au moment où le même Leibniz crée un chapitre de géométrie particulièrement fécond. à l’individu comme tel. la substance est individuelle. prendre une formule banale et se marrer. Alors Leibniz fera une petit opuscule. Qu’est-ce qui va distinguer vous et César puisque l’un comme l’autre vous exprimez la totalité du monde. exprime ce monde total. Il y a même un texte très court de Leibniz. c’est très dangereux en régime chrétien. Il y a une vérité éternelle des événements datés. la liberté? Si tout ce qui arrive à César est compris dans la notion individuelle de César. qui arrive tout le temps chez Leibniz – ou expliquer (c’est la même chose). on ne peut pas le laisser de côté pour le moment. qui a comme titre «Considérations sur l’esprit universel». en franchissant le Rubicon. on lui dit: mais alors. il en a pour la vie parce que l’objection lui tombe sur le dos tout de suite.puisque son principe de raison suffisante impliquait que ce qui était contenu dans un sujet – donc ce qui était vrai. Donc irréductibilité des substances individuelles. où il va montrer en quoi il y a bien un esprit universel. Question urgente dans mon petit d) puisqu’il s’est barré la voie d’invoquer un esprit universel dans lequel le monde sera inclus… d’autres philosophes invoqueront un esprit universel. Un clin d’oeil du philosophe c’est. comme vous dépliez un tapis. César. mais que ça n’empêche pas que les substances soient individuelles. Donc. e) Ce qui distingue une substance individuelle d’une autre. la substance moi. Faire une théorie du point de vue. Il faut qu’il reste fixé à la singularité. c’est la substance vous. ce qui était attribuable à un sujet – était contenu dans un sujet à titre de sujet individuel. ce sera une des grandes originalités de Leibniz. César franchit le Rubicon en telle année. vous exprimez le monde. devolvere. Et ce n’est pas rien. Ça va être une drôle de chose la liberté pour lui. qu’est-ce que c’est que créer des concepts? En gros. à la limite. et la liberté? Tout le monde lui tombe dessus. de tout temps. passé et à venir? C’est curieux ce concept d’expression. où il expliquera ce que c’est que la liberté. déplier. si le monde entier est compris dans la notion universelle de César. mais d’un certain point de vue. Et en effet. C’est là qu’il lance une notion très riche. Vous me direz: qu’est-ce qu’il y a de plus banal que l’expression «un point de vue»? Si la philosophie c’est créer des concepts. puisque chacune exprime le monde. Les grands philosophes ont chacun des formules banales auxquelles ils font des clins d’œil. Donc franchir le Rubicon comme événement ne fait que dérouler quelque chose qui était compris de tous temps dans la notion de César. C’est la même chose: expliquer. vous ne savez pas ce que je vais mettre dedans. c’était compris de tout temps dans sa notion individuelle. la formule perpétuelle chez lui: la substance (pas de différence entre substance et sujet chez lui). Mais on laisse ça de côté pour le moment. Mais alors. présent. ou plutôt chaque notion substantielle. Dieu. Et là commence une philosophie perspectiviste. La liberté. Donc il ne peut pas se donner une espèce d’esprit universel. ce n’est pas difficile. Est-ce que c’est par hasard que c’est à l’issue d’une époque où se sont 10 . en effet. mais qu’il franchisse le Rubicon en telle année. Puisque chaque substance exprime le monde. chaque notion d’un sujet. chaque notion de sujet comprend la totalité du monde. «De la liberté». On se dit que. Il faut que chacun. Mais qu’est-ce qui distingue un sujet d’un autre? Ça. ne fait que dérouler – mot curieux. sinon notre courant est coupé. la géométrie dite projective. où est-elle cette notion individuelle? Elle est éternelle. D’une certaine manière. il faut que ce soit irréductible.

et d’autre part la géométrie projective. Une analyse des points de vue comme raison suffisante des sujets. invoque le portrait changeant d’après le point de vue. c’est le point de vue sous lequel l’individu exprime le monde. Il parle comme un cardinal. et limite autant qu’elle est susceptible. autant là aussi il ne peut plus s’arrêter. ça fait partie des propositions qui ne font de mal à personne puisqu’elle [n’ont] pas de sens. c’est les sujets qui s’expliquent par les points de vue. Qu’est-ce que ça veut dire? Autant ce n’est rien banalement. Quand. La notion individuelle. c’est l’inverse. Si vous voulez. il faudra qu’il aille jusqu’à une théorie du point de vue telle que le sujet est constitué par le point de vue et non pas le point de vue constitué par le sujet.] … ce qui me fait moi = moi. un point de vue qui définit la notion individuelle. Du temps du fascisme italien on voyait un portrait très curieux un peu partout: de face il représentait Mussolini. ça ne veut rien dire. là aussi chez James. voilà la raison suffisante du sujet. Leibniz : «toute substance individuelle est comme un monde entier et comme un miroir de Dieu ou bien de tout l’univers qu’elle exprime chacune à sa façon: à peu près comme une même ville est diversement représentée selon les différentes situations de celui qui la regarde. Mais ça se complique parce que ce point de vue vaudrait de la naissance à la mort de l’individu. C’est le point de vue qui explique le sujet et pas l’inverse. L’essence individuelle. Henry James renouvelle les techniques du roman par un perspectivisme. en plein XIXe siècle. Il ne l’aimait pas mais qu’est-ce qu’il lui a pris… La théorie du point de vue. c’est un point de vue sur le monde. le sujet est second par rapport au point de vue. Ce qui nous définirait. c’est une idée de la Renaissance. Je disais que Nietzsche retrouvera cette idée. et la gloire de Dieu est redoublée de même par autant de représentations toutes différentes de son [????]. devient tel ou tel sujet celui qui est déterminé à être à tel point de vue. ce n’est pas de la tarte. Ça l’engage à montrer que ce qui constitue la notion individuelle en tant qu’individuelle. de droite il représentait son gendre. toutes sortes de techniques de perspectives? On retient juste ces deux domaines qui symbolisent avec ça: l’architecture-peinture et la perspective en peinture d’une part. dire ça.» On peut même dire que toute substance porte en quelque façon le caractère de la sagesse infinie et de toute la puissance de Dieu. et si on se 11 . Tout le monde le dit . Mais ça fait de la conversation. mais d’un certain point de vue. Nietzsche dira: ma philosophie. ce n’est pas les points de vue qui s’expliquent par les sujets. Il faut croire que. Le Cardinal de Cuses. à chaque notion individuelle correspond un point de vue. C’est le point de vue qui définira l’essence. vous comprenez que ça devient idiot ou banal à pleurer si ça consiste à dire que tout est relatif au sujet. très grand philosophe de la Renaissance. c’est un point de vue. Il va dire que chaque notion individuelle exprime la totalité du monde. Le perspectivisme. C’est beau et c’est même poétique. au fond de chaque notion individuelle. Et bien. à savoir Nietzsche. j’ai causé. Il faudra bien qu’il y ait. ou tout est relatif. c’est un certain point de vue sur le monde. par une mobilisation de points de vue.élaborées. oui. Comprenez où veut en venir Leibniz. c’est le perspectivisme. Et que donc le point de vue est plus profond que celui qui s’y place. Ainsi l’univers est en quelque façon multiplié autant de fois qu’il y a de substances. Leibniz ne pourra pas s’arrêter. pré-philosophiquement. Tant que je prends la formule comme signifiant tout dépend du sujet. Il fonde une philosophie qui trouvera son nom chez un autre philosophe qui tend la main à Leibniz par dessus les siècles. Dans ce e) je dis que le nouveau concept de point de vue est plus profond que celui d’individu et de substance individuelle. James a des techniques suffisantes pour qu’il n’y ait pas de sujet . en architecture comme en peinture. comme on dit… [Fin de la bande. ce n’est pas rien.

Je ne peux même plus dire «de son propre point de vue». Et Leibniz dit: vous n’entendriez pas la vague si vous n’aviez pas une petite perception inconsciente du bruit de chaque goutte d’eau qui glisse l’une par rapport à l’autre. chaque individu a sa petite portion à lui. il a son petit crochet et. Si lamentables qu’ils soient dans leur poubelle. Mais qu’est-ce qui détermine ce point de vue ? Leibniz: comprenez. seulement il l’exprime obscurément et confusément. Il y a une espèce d’essentialité. c’est comme une espèce de projecteur qui. Pour la perception consciente. vous saisissez clairement et distinctement une résultante partielle de cet infini de gouttes. et la petite perception. c’est quoi? C’est la proportion de la région du monde exprimée clairement et distinctement par un individu par rapport à la totalité du monde exprimée obscurément et confusément. tous les autres sujets l’expriment aussi. en quel sens? Celui en ce sens très précis que cette portion du monde que j’exprime clairement et distinctement.mettait à gauche. L’analyse des points de vue. en d’autres termes des perceptions inconscientes. et encore c’est pas sûr. chacun de nous exprime la totalité du monde. mais obscurément et confusément. mais elle a sa petite portion. c’est la différentielle de la conscience qui n’est pas donnée dans la conscience. ils ne comprennent rien. et chaque sujet. On en est tous là. Tous les individus expriment la totalité du monde obscurément et confusément. Vous écoutez la mer et vous entendez le bruit d’une vague. et vous avez votre petite zone de clarté. dans un rayon de 1 mètre. Leibniz a une métaphore qu’il aime: vous êtes près de la mer et vous écoutez les vagues. dans la rumeur du monde obscur et confus. Ce qui définit mon point de vue. C’est ça le point de vue. Obscurément et confusément ça veut dire quoi dans le vocabulaire de Leibniz ? Ça veut dire que c’est bien en lui la totalité du monde mais sous forme de petite perception. il y a la grande rumeur du monde. mais confusément et obscurément. et vous en faites votre petit monde à vous. en mathématiques – et c’est encore Leibniz qui fait faire à ce chapitre des mathématiques un progrès considérable sous le nom d’analysis situs – [et] c’est évident que c’est lié à la géométrie projective. Concrètement que chacun exprime le monde à son propre point de vue. de cet infini de rumeur. Si je disais «de son propre point de vue». Il y a la rumeur de toutes les gouttes d’eau. apercevoir. i. nous avons notre petit truc. c’est la perception consciente. ses propriétés. votre 12 . Mais notre zone est plus ou moins grande. c’est des perceptions sans conscience. or c’est l’inverse. Les personnages de Beckett. comme une clameur. même la pure vermine a son petit monde: elle n’exprime pas grand chose clairement et distinctement. et qui font l’objet de petites perceptions. Il ne bouge plus. Les petites perceptions. Alors. et l’objectité. ça représentait le roi. je ferais dépendre le point de vue du sujet préalable. e j’ai une aperception: je distingue une vague. c’est le point de vue. C’est la zone claire et distincte qu’il exprime. d’objectité du sujet. ce sont des loques. qu’est-ce qui distingue un point de vue d’un autre point de vue? En revanche. qu’est-ce que ça veut dire? Leibniz ne recule pas devant les concepts les plus étranges. Leibniz se sert d’un autre mot: l’aperception. Est-ce par hasard que Leibniz est un des inventeurs du calcul différentiel? Ce sont des perceptions infiniment petites. il tire des trucs. Si débile que vous soyez. mais sentez que les petites perceptions ou l’inconscient c’est comme des différentiels de la conscience. Ce qui fait le point de vue. c’est des individus: tout est confus. J’entends le bruit d’une vague. J’exprime tout le monde. avec son crochet. ils ont une petite zone à eux. Ce que le grand Molloy appelle «mes propriétés». garde une zone limitée d’expression claire et distincte. L’aperception. des rumeurs. si insignifiants que nous soyons. Plus tard on verra pourquoi est-ce que c’est lié au calcul différentiel. il y a une petite portion du monde que j’exprime clairement et distinctement. mais c’est jamais la même.

mais il n’existe que dans cette inclusion. mais ce que j’exprime clairement et distinctement c’est ce qui affecte mon corps. Ce que j’exprime clairement et distinctement. mais elles n’expriment pas la même portion claire et distincte. C’est comme un jeu d’échecs. C’est la complication du concept d’expression. Donc. C’est la première fois qu’intervient cette notion de corps. C’est contradictoire. C’est l’exprimé commun de toutes les substances individuelles. mais l’exprimé n’existe pas hors de ce qui l’exprime. Il n’a pas d’existence au dehors. c’est ce qui a trait à mon corps. Le monde n’existe pas en soi. et ne symbolisent pas l’une avec l’autre – il n’y a pas seulement des communications directes. ça concernait le corps de César. c’est bien plus compliqué.Pourquoi? Parce que Adam non pécheur. c’est A n’est pas A. mais l’exprimé n’existe pas hors des substances qui l’expriment. je peux avoir un critère de la contradiction. Le monde entier est contenu dans chaque notion individuelle. il est géométrique et non pas psychologique. Encore faut-il que toutes les notions individuelles expriment le même monde. ou bien c’est comme deux cercles qui se coupent: il y a une toute petite zone commune . une portion finie. C’est l’exprimé de toutes les substances individuelles. le secret du point de vue est mathématique . de la manière dont on est parti. Il y a quelque chose qui concerne mon corps et que je suis seul à exprimer clairement et distinctement. il y a une difficulté. Tandis que. C’est tout au moins un psycho-géométral. Un cercle carré. il n’y a pas deux substances individuelles qui aient le même point de vue ou qui aient exactement la même zone claire et distincte d’expression. c’est-à-dire que de ce point de vue elle prélève sur l’ensemble du monde qu’il exprime une portion déterminée d’expression claire et distincte. Le monde c’est uniquement l’exprimé commun de toutes les substances individuelles. Deux individus étant donnés. ce n’est pas un homme de psychologie. Ces points de vue préexistent au sujet qui s’y place. sur fond de cette rumeur qui couvre tout l’univers. Il y a différents points de vue – très bien. César ne franchissant pas le Rubicon. du côté des idéalistes: il n’y a pas de monde en soi. le monde. ce n’est pas comme cercle 13 . Mais dans mon histoire de monde exprimé. c’est bien forcé que je n’exprime pas clairement et distinctement le passage du Rubicon– ça. A ce moment. au niveau de la raison suffisante. je peux démontrer qu’un cercle ne peut pas être carré. et pas à tort. Alors c’est curieux– c’est curieux. f) Dans cette histoire de la ville. Et enfin. on peut concevoir qu’il y ait des analogies – et à ce moment-là on a rien à se dire .propriété à vous. Donc à partir du principe d’identité. Que va donner cette dernière difficulté. parce qu’en vertu du principe d’identité qui nous permet de déterminer ce qui est contradictoire. C’est en ce sens que Leibniz sera souvent. Selon Leibniz je peux démontrer que 2 + 2 ne peuvent pas faire 5. coup de génie de Leibniz: qu’est-ce qui va définir la zone d’expression claire et distincte que j’ai? J’exprime la totalité du monde mais je n’en exprime clairement et distinctement qu’une portion réduite. C’est un vrai problème! Qu’est-ce qui distingue ces substances ? C’est qu’elles expriment toutes le même monde. Le monde n’existe pas. On verra ce que ça veut dire ce corps. Leibniz c’est un homme de notion. nous dit Leibniz. le monde n’existe que dans les substances individuelles qui l’expriment. c’est un cercle qui n’est pas un cercle. Chaque notion individuelle a son point de vue.Exemple: le cercle carré. Mais tout me pousse à dire que la ville existe hors des points de vue. Leibniz peut donc dire avec une grande force qu’il n’y a pas deux substances individuelles identiques. le monde n’a aucune existence en dehors du point de vue qui l’exprime– le monde n’existe pas en soi. c’est-à-dire ce qui est impossible –. très bien. c’est uniquement l’exprimé. vous avez deux cas: ou bien leurs zones ne communiquent absolument pas. là on peut faire quelque chose ensemble.

Pourquoi est-ce ce monde là qui est passé à l’existence? Leibniz explique ce qu’est. encore faut-il savoir avec quoi elle est compossible. Adam aurait pu ne pas pécher. Le monde que les notions individuelles expriment est intérieur. tout est inclus en chacune. Adam non pécheur fait partie d’un autre monde. à savoir la totalité du monde. Adam non pécheur. une fois qu’il s’est mis dans une bien mauvaise situation pour la sauver. C’est un monde où il n’y a aucune 14 . C’est même tout ce qui distingue. c’est quand ils sont coincés qu’ils se dégagent. Voilà qu’il crée le concept logique très étrange d’incompossibilité. est incompossible avec le monde qui existe. Sentez comme il va essayer de sauver la liberté. C’est une merveille. mais à condition qu’il y ait un autre monde. Au niveau des existences il ne suffit pas qu’une chose soit possible pour exister. Les vérités d’existence ce sont telles que leur contradictoire est possible. Comment Leibniz va-t-il se tirer de cette dernière difficulté: comment est-ce qu’il peut maintenir à la fois tout ce qu’Adam a fait est contenu de tout temps dans sa notion individuelle [et pourra Adam non pécheur était possible] ? Il semble coincé. Pourquoi? Parce qu’il n’y a pas d’extérieur. tout ça est possible mais ça ne s’est pas produit parce que. Leibniz dit que les notions individuelles sont sans portes ni fenêtres. oui. à nouveau on est coincé. c’est la création d’un concept propre de compossiblité pour désigner une sphère logique plus restreinte que celle de la possibilité logique. les vérités dites d’essence et les vérités dites d’existence. donc en d’autres termes les vérités régies par le principe de raison suffisante ne sont pas du même type que les vérités régies par le principe d’identité. seulement ces mondes possibles ne sont pas compossibles les uns avec les autres. conçoit une infinité de mondes possibles. Et il se trouve que le meilleur des mondes possibles implique Adam pécheur. selon Leibniz. Pour exister il ne suffit pas que quelque chose soit possible. et le fait que autre chose était possible. Ce n’est pas du tout impossible: César aurait pu ne pas franchir le Rubicon. Adam non pécheur aurait été possible. ce n’est pas contradictoire. Alors. comme César n’ayant pas franchi le Rubicon . Il va nous raconter la chose suivante: que Adam non pécheur c’est parfaitement possible. Il est incompossible avec le monde existant. Pourquoi? Ça va être affreux. il faut encore que cette chose soit compossible avec les autres qui constituent le monde réel. tandis que les vérités régies par le principe de raison suffisante ont un contradictoire possible: Adam non pécheur est possible. alors qu’il est possible en lui-même. Il n’est compossible qu’avec d’autres mondes possibles qui ne sont pas passés à l’existence. de tous ses concepts fous. Adam non pécheur. mais ce monde n’a pas été choisi. tandis qu’un cercle ne peut pas être carré– là il n’y a pas de liberté. et forcément parce que c’est Dieu qui choisit le meilleur. Ça vient corriger la métaphore de la ville. à nouveau il va falloir à Leibniz un nouveau concept et. la création des mondes par Dieu. Ce qui est intéressant logiquement. ça veut dire qu’il n’y a pas d’ouverture. Sans portes ni fenêtres. selon lui. il est inclus dans les notions individuelles. Adam aurait pu ne pas pécher. Vous voyez que l’inclusion du monde dans la notion individuelle. c’est délicieux parce que à cet égard les philosophes c’est un peu comme des chats. Il choisit le meilleur des mondes possibles. Dans une formule célèbre de la Monadologie. avec la notion de compossibilité. Les notions individuelles sont sans portes ni fenêtres. dans son entendement. ce sera sans doute le plus fou. elle l’inclut nécessairement sous une forme où ce qu’elle exprime est compossible avec ce que les autres expriment. il concilie du coup. ou c’est comme un poisson : c’est le concept devenu poisson. pourquoi? Parce que les vérités régies par le principe d’identité sont telles que leur contradictoire est impossible. et pourtant il y a un monde commun à toutes les notions individuelles: c’est que ce que chaque notion individuelle inclut. si c’est possible en soi. c’est incompossible.carré. et on voit bien en quoi c’est une théorie des jeux: Dieu.

Au point où on en était resté la dernière fois. et c’est en même temps le grand âge des automates. et comme on dirait aujourd’hui.communication directe entre les sujets. Tout ce premier paragraphe avait fait surgir un certain nombre de concepts proprement leibniziens. Pour introduire une clarté numérique. Laissons-nous aller et on se confie à ça et. c’est créer des concepts parce que les concepts ce n’est pas quelque chose qui préexiste. Chaque notion individuelle est comme un automate spirituel. entre vous et moi. Puis un tout autre concept. et. dans une philosophie d’apparence fondamentalement rationaliste. Il y a une signature. mais évidemment beaucoup plus général. Donc. et encore seulement une partie de ce monde. se livre à une espèce de création exubérante de concepts insolites dont il y a peu d’exemples dans l’histoire de la philosophie. Il y a toutes sortes de choses qui sont incluses dans certaines choses. Il faut que tout ce qui arrive. en cette fin du XVIIe siècle. comme convenu. c’était inclusion et compossibilité. à partir d’une notion très simple: faire de la philosophie. si Adam a péché. je voudrais donner comme titre à ce second paragraphe. Ce que j’ai fait aujourd’hui c’était uniquement une description du monde de Leibniz. enveloppement. elle est programmée de telle manière que ce qu’elle exprime est en compossibilité avec ce que l’autre exprime. elle est sans portes ni fenêtres. Si une proposition est vraie. Cette définition semblait convenir parfaitement à Leibniz qui. il faut que le prédicat soit inclus dans la notion du sujet. à cette seconde recherche sur Leibniz. notre premier paragraphe était une espèce de présentation des concepts principaux de Leibniz. nous avions commencé une série d’études sur Leibniz qu’il fallait concevoir comme introduction à une lecture – la vôtre – de Leibniz. Préétablie. Monde et Continuité». non pas que la signature établisse un lien entre le concept et le philosophe qui le crée. très bizarre. chaque notion individuelle est programmée de telle manière que ce qu’elle exprime forme un monde commun avec ce que l’autre exprime. se sont dégagées successivement les notions suivantes: raison suffisante. C’est une philosophie de la 15 . expression ou point de vue. il fallait bien que d’une manière ou d’une autre le prédicat ou l’attribut soit contenu ou inclus non pas dans le sujet. tout ce qui se prédique d’un sujet soit contenu dans la notion du sujet. il faut que péché soit contenu ou inclus dans la notion individuelle de Adam. C’est un des derniers concepts de Leibniz: l’harmonie préétablie. celui de compossibilité: il y a des choses qui sont possibles en elles-mêmes mais qui ne sont pas compossibles avec une autre. En quel sens? On a vu que si une proposition était vraie. je tenais à numéroter les paragraphes pour que tout ne se mélange pas. comme le dit Leibniz. mais dans la notion du sujet. c’est à dire que ce qu’elle exprime est intérieur à elle. Les deux principaux qu’on avait dégagés. incompossibilité. La dernière fois. Entre César et vous. inhérence et inclusion. précisément. Inclusion. Ce n’est pas quelque chose qui soit donné tout fait. et en ce sens il faut définir la philosophie par une activité de création: création de concepts. Aujourd’hui. on se trouvait devant deux problèmes: le premier c’est bien celui de l’inclusion. ou bien enveloppées dans certaines choses. c’est créer des concepts. Ce second paragraphe se propose d’analyser plus précisément ces deux concepts majeurs de Leibniz: Inclusion et Compossibilité. à savoir: qu’est-ce que c’est au juste que de faire de la philosophie. Si les concepts sont l’objet d’une création. C’est l’idée de l’automate spirituel. Faire de la philosophie. il n’y a aucune communication directe. La dernière fois. «Substance. c’est absolument une harmonie programmée. comme faire de la peinture c’est créer des lignes et des couleurs. A l’arrière fond de ceci. c’est beaucoup plus les concepts eux-mêmes qui sont des signatures. il y avait un problème correspondant à Leibniz. alors il faut dire que ces concepts sont signés. que tout ce qui peut s’attribuer.

on voit bien ce que ça peut vouloir dire au niveau des vérités d’essences. ou du point de vue. Mais si on dit ça. Leibniz prend un 16 . à l’infini. 2 + 2 = 4 est une proposition analytique. on ne peut plus s’arrêter: si une seule chose est contenue dans la notion individuelle de César. on n’a pas fini. oui. Devant une proposition aussi étrange. En effet. Le premier problème c’est ceci: quand on dit que le prédicat est contenu dans le sujet. ça supposait que ça soulevait toutes sortes de difficultés. Les vérités d’essences. nous dit Leibniz. Il y a toujours des moments délicieux dans l’histoire de la philosophie et un des moments les plus délicieux. à savoir c’est la subjectivité qui renvoie à la notion de point de vue et non pas la notion de point de vue qui renvoie à la subjectivité. franchir le Rubicon a lui-même une cause qui doit à son tour être contenue dans la notion individuelle. d’un nombre fini de démarches d’opérations. c’est-à-dire lorsque le rationalisme poussé jusqu’au bout de ses conséquences engendre et coïncide avec une espèce de délire qui est un délire de la folie. On ne peut donner tort à Leibniz qu’à partir d’un ensemble de coordonnées conceptuelles de celles de Leibniz. mais d’un certain point de vue qui est plus profond. s’il est vrai que le prédicat est inclus dans la notion du sujet.prédication. Une proposition vraie est telle que l’attribut est contenu dans le sujet. découle du franchissement du Rubicon. comme «franchir le Rubicon». à commencer par l’écho que ça allait avoir sur Nietzsche dans la création d’une philosophie perspectiviste. etc. si un événement quelconque qui concerne telle notion individuelle. puisque chaque notion individuelle sera dite exprimer et contenir le monde. Voilà que la proposition devient de plus en plus étrange. et de quelle manière? Évidemment je ne pose pas le problème de. à savoir Adam. Identité du prédicat avec le sujet. je peux démontrer que 4. Est-ce que je peux vraiment le démontrer. En effet. Mais acceptons ça. Si bien que chaque notion individuelle sera gonflée de la totalité du monde qu’elle exprime. en vertu de leur définition. et 2 + 2. A savoir que si un événement quelconque. je peux démontrer. en vertu de sa définition. très bien. A ce moment-là il faut que l’empire romain qui. Si je dis 2 + 2 = 4. et que toutes les suites de l’empire romain.. soit les vérités métaphysiques (concernant Dieu). il faut que d’une manière ou d’une autre elles soient inclues dans la notion individuelle de César. à savoir est-ce que les relations peuvent être ramenées à des prédicats. comment? En gros on comprend ce que ça veut dire: le prédicat est compris dans le sujet. on a tellement de peine à savoir déjà ce que quelqu’un est en train de dire que si. où c’est la même chose qui est le rationnel poussé jusqu’au bout de la raison. mais je comprends immédiatement ce que veut dire Leibniz. ça veut dire que. d’accord. il faut que franchir le Rubicon soit inclus dans la notion individuelle de César –. A ce moment-là on assiste à cette espèce de cortège. On a vu que ça conduisait Leibniz à une théorie extraordinaire qui est la première grande théorie en philosophie de la perspective. il faut bien que chaque notion individuelle exprime la totalité du monde. ou bien alors vérités mathématiques. est-ce que les événements peuvent être considérés comme des prédicats. on se trouve tout de suite devant des problèmes. de défilé. en remontant et en redescendant. en plus. Je rappelle qu’une proposition analytique c’est une proposition telle que le prédicat est contenu dans le sujet ou dans la notion du sujet.. c’est lorsque l’extrême bout de la raison. à savoir c’est une proposition identique ou réductible à l’identique. Ça va avoir beaucoup de conséquences en philosophie. sont identiques. Elle exprime la totalité du monde. toujours indépendamment de la question est-ce qu’il a raison ou tort. il y a beaucoup à discuter là-dessus. et que la totalité du monde soit inclue dans chaque notion. il faut bien que d’effet en cause et de cause en effet. il faut bien que la totalité du monde soit contenue dans cette notion individuelle. en gros. mais le délire de la folie la plus pure. à l’issue d’une série de démarches finies. je peux démontrer l’identité de l’un et de l’autre. ou César – César a franchi le Rubicon. à l’issue d’un ensemble d’opérations. et qui est le délire. Donc chaque notion individuelle. on se demande s’il a raison. on est tout prêt à soutenir Leibniz. si on accepte cette espèce de pari de Leibniz. etc.

exemple dans un petit texte qui s’intitule «De la liberté». mais non moins. c’est quoi? Ça renvoie non plus à une vérité d’essence. nous. mais là on en est à un autre cas de vérité d’essence: tout nombre divisible par douze est divisible par six. le prédicat doit être contenu dans le sujet. Je peux manifester cette inclusion. cette fois-ci il ne se contente pas de démontrer une identité. ou qu’il semble que nous n’en soyons pas capables. Tout nombre duodénaire est sexaire. seulement dans ce cas-là l’analyse est infinie. multiplié par deux. Et pourtant. Non moins que pour les vérités d’essence. Leibniz nous dit que même là le prédicat est contenu dans le sujet. Ou bien je démontre l’identité ou bien je montre l’inclusion. seulement voilà: si pécheur est contenu dans le notion d’individuelle d’Adam. Pour les vérités d’existence. si l’on remonte les causes et si l’on descend les effets. ça ne veut pas dire de la même façon. il faut bien que le prédicat soit dans le sujet et compris dans la notion du sujet. Il démontre d’autre part que divisible par six est égal à divisible par deux multiplié par trois. il montre une inclusion à l’issue d’opérations finies. Et ça revient au même. La démonstration de Leibniz est très convaincante: il démontre d’abord que tout nombre divisible par douze est identique à divisible par deux. Il va démontrer que tout nombre divisible par douze est par là même divisible par six. C’est une vérité d’existence. Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire? Ça semble vouloir dire ceci: pour démontrer l’identité de «pécheur» et de «Adam». ou que César a franchi le Rubicon. nous ne 17 . ou je peux faire surgir une inclusion du prédicat dans le sujet. C’est pas difficile. en une série d’opérations déterminées. il faut cette fois-ci une série infinie d’opérations. Il a montré l’inclusion lorsqu’il a montré. les vérités d’existence. c’est le monde entier qui est contenu dans la notion individuelle d’Adam. 2 + 2 = 4 ça se fait en tout temps et en tout lieu. Remarquez que dans la logistique du XIXe et du XXe siècle. il est inclus de toute éternité que Adam péchera à tel endroit et à tel moment. Il va sans dire que nous n’en sommes pas capables. je peux démontrer l’identité du prédicat avec le sujet. ça nous fait comprendre au niveau des vérités mathématiques qu’on peut dire que la proposition correspondante est analytique ou identique. en vertu des principes qu’on a vu la dernière fois. à la lettre. ça a référence à l’existence. c’est très daté. pour les vérités d’existence non moins que pour les vérités d’essence. La vérité de la proposition «César a franchi le Rubicon» n’est pas du même type que 2 + 2 = 4. ou l’identité de «qui franchit le Rubicon» et «César». Et en effet. vous retrouverez des démonstrations de ce type qui ont fait notamment la gloire de Russell. multiplié par trois. César ne franchit le Rubicon que s’il existe. compris donc de toute éternité dans la notion de sujet. Soit. Par là même qu’est-ce qu’il a fait voir? Il a fait voir une inclusion puisque deux multiplié par trois est contenu dans deux multiplié par deux multiplié par trois. comme c’est le monde entier vous comprenez que la proposition «Adam a péché» doit être une proposition analytique. il y a tout lieu de distinguer des vérités d’essence des vérités d’existence. C’est un exemple. C’est-à-dire que le prédicat est contenu dans le sujet. vous ne pourrez pas. c’est-à-dire qu’elle ne comporte qu’un nombre limité d’opérations bien déterminées. une série finie d’opérations déterminées – j’insiste là-dessus –. Donc. que je peux faire en un ensemble. Je peux dire que l’inclusion du prédicat dans le sujet est démontrée par analyse et que cette analyse répond à la condition d’être finie. L’analyse va à l’infini. je peux la montrer. Ça veut dire. par exemple… [????] une identité pure ça aurait été: tout nombre divisible par douze est divisible par douze. quelle première grande différence il y a entre la vérité d’essence et la vérité d’existence? On le sent tout de suite. hommes. Sommes-nous capables d’une analyse à l’infini? Leibniz est très formel: non. César a franchi le Rubicon ici et maintenant. et c’est ça notre problème. Mais quand je dis qu’Adam a péché. Il faut bien que «pécheur» soit contenu dans la notion individuelle de Adam. Ça c’est les vérité d’essence. bien déterminées.

Admirable est la réponse de Leibniz: bien sûr Adam aurait pu ne pas pécher. Pourquoi? Pour la simple raison que je peux démontrer l’identité de 4 et de 2 + 2 à l’issue d’une série de démarches finies. César aurait pu ne pas franchir le Rubicon. Alors. on peut faire ce rêve à bien des niveaux. qu’est-ce que c’est que l’analyse infinie?. mais l’analyse infinie est. Donc 2 + 2 = 5. lui qui n’a pas de limites. en revanche. César aurait pu ne pas franchir le Rubicon. Mais je peux très bien penser un Adam qui n’aurait pas péché. il faut attendre l’expérience. qu’il n’y ait pas certains échos par rapport à un certain type de calcul qu’il a lui-même inventé. Vous rêvez. et il a toujours distingué les vérités philosophiques et les vérités mathématiques et donc il n’est pas question pour nous de mélanger tout. C’est-à-dire que Dieu a choisi un monde tel que Adam pécha. Je retiens juste que notre première difficulté c’est: qu’est-ce que c’est que l’analyse infinie? Toute proposition est analytique. seulement il y a tout un domaine de nos propositions qui renvoie à une analyse infinie. Un Adam non pécheur enveloppait un autre monde. ça aurait été un autre monde possible. pour nous repérer dans le domaine des vérités d’existence. Ce n’est pas la seule. non seulement possible mais faite dans l’entendement de Dieu. Donc. de quel type ou quel est le mode de l’inclusion du prédicat dans le sujet? De quelle manière «pécheur» est-il contenu dans la notion d’Adam. Voilà qu’on peut en tirer un rêve. je prends donc le contradictoire de pécheur. il y a une seconde différence: selon Leibniz. La preuve c’est que. Pourquoi est-ce que Dieu a choisi ce monde? Leibniz va l’expliquer. lorsqu’il découvre en métaphysique une certaine idée de l’analyse infinie. Les vérités d’existence sont dites des vérités contingentes. Qu’est-ce que c’est cette relation de compossibilité très insolite? Comprenez que c’est peut-être la même question que. Alors pourquoi nous fait-il toute cette histoire sur les vérités analytiques? Il ajoute: oui. Je viens de dégager déjà une première différence entre les vérités d’essence et les vérités d’existence. Est-ce que ça nous arrange que Dieu. ce n’était pas compossible avec le monde existant. Ce monde était possible en lui-même. mais c’est impossible de penser que. lui qui est infini. à savoir qu’il est impossible que 2 et 2 ne fassent pas 4. suivant le grand critère de la logique classique – et à cet égard Leibniz reste dans la logique classique –. Dans les vérités d’essence l’analyse est finie. voilà ma première difficulté: lorsque l’analyse va à l’infini. Adam non pécheur impliquait un autre monde: ce monde était possible mais il n’était pas compossible avec le nôtre. mais à première vue on se demande ce que Leibniz nous raconte. je ne peux pas penser l’impossible. pas plus que je ne pense quoi que ce soit selon cette logique que quand je dis cercle carré. une fois dit que l’identité de pécheur et d’Adam ne peut apparaître que dans une analyse infinie? Qu’est-ce que veut dire analyse infinie alors qu’il semble qu’il n’y ait d’analyse que sous les conditions d’une finitude bien déterminée? C’est un rude problème. sans doute c’est en mathématique. mais elle n’a pas le même aspect. seulement il n’est pas compossible avec notre monde. à savoir le calcul de l’analyse infinitésimale. on est content pour lui. on peut démontrer que c’est contradictoire et que c’est impossible. Deuxième problème. la notion de compossibilité devient très étrange: qu’est-ce qui va me faire dire que deux choses sont compossibles et que deux autres sont incompossibles? Adam non pécheur appartient à un autre monde que le nôtre. puisse faire l’analyse infinie? On est content. je ne peux rien penser lorsque je dis 2 + 2 = 5. Adam non pécheur. mais du coup César n’aurait pas franchi le Rubicon non plus. et une espèce de sorcier est là qui 18 . On a un espoir: si Leibniz est un des grands créateurs du calcul différentiel ou de l’analyse infinitésimale. une vérité d’essence est telle que le contradictoire en est impossible. C’est possible. Adam qui n’aurait pas péché. Seulement voilà. Comprenez qu’à ce niveau. un monde où le premier homme n’aurait pas péché est un monde logiquement possible. dans les vérités d’existence l’analyse est infinie.pouvons pas.

Puis. La dernière fois. qui a beaucoup lu. Dieu a choisi de faire passer à l’existence le monde extrême le plus proche de la pointe de la pyramide. Leibniz adore ça. une fois dit qu’il a choisi tel monde. je vois le même personnage qui fait tout autre chose en un autre lieu. L’image du labyrinthe le poursuit. Il ne cesse de parler du labyrinthe du continu. ce qu’il veut dire. un seul peut passer à l’existence. il n’en revient pas. ce palais… (C’est le rêve d’Appolodore raconté par Leibniz. à la section de ma pyramide la plus haute. c’est par nécessité de métier. il ne faut pas précipiter car ce sera un rude problème. c’est un monde possible. Mais. dans cette lettre. il avait lu Spinoza très tôt et. c’est un auteur extrêmement savant. à la lettre. Vous comprenez. c’est que à chaque niveau. c’est non professionnel. et ce palais est composé de plusieurs palais. je vois un personnage qui fait telle chose. Et ça m’intéresse encore plus quand c’est des non philosophes. Qu’est-ce que c’est que cette communication? Spinoza a secoué beaucoup d’incultes… Borges et Leibniz. dans un autre monde. C’est des types qui peuvent ne pas être philosophes. Et ce n’est pas par hasard que Leibniz est un des fondateurs de la statistique et du calcul des jeux. Chacun d’eux est possible. Il est toujours sur deux trucs: le livre qui n’existe pas… (Fin de la bande. on peut concevoir autre chose et à chaque fois c’est un monde. la pointe vers le haut. avec des personnages qui ont des segments communs. Je pense à Nietzsche. je regarde de plus près et. dit en quelques lignes le bouleversement que lui donne Spinoza. des boîtes qui contiennent des boîtes. Il y a une manière pas intéressante d’être leibnizien ou d’être spinoziste aujourd’hui. Laquelle? Vous sentez déjà la réponse splendide de Leibniz: ce sera la meilleure! Et non pas la meilleure en vertu d’une théorie morale. c’est lorsqu’un non philosophe découvre une espèce de familiarité que je ne peux plus nommer conceptuelle. Sur quoi s’est-il guidé pour choisir ça? On verra. dans chacun des palais. tout à fait différentes. à savoir la justice divine. mais en vertu d’une théorie des jeux. La vision que Leibniz nous propose de la création du monde par Dieu devient très stimulante.) Appolodore va voir une déesse et cette déesse l’amène dans ce palais. Ils sont incompossibles les uns avec les autres. Or tous tendent de toutes leurs forces à passer à l’existence. et qui chacun pour son compte presse à une prétention à passer du possible à l’existant. Et tout ça va se compliquer… Qu’est-ce que c’est que cette relation de compossibilité? Je remarque juste qu’un auteur célèbre aujourd’hui est leibnizien. Cette fois-ci. C’est un gros livre de Leibniz qui s’appelle La Théodicée. Il y a tous ces mondes qui sont dans l’entendement de Dieu. Dieu merci il ne devient pas philosophe pour autant. Et je m’aperçois que chaque section de la pyramide constitue un palais. ce sont des variantes. Lawrence. Ce que je trouve de formidable dans la philosophie. des types travaillent sur un auteur. Et ce n’est pas possible car ils ne sont pas compossibles les uns avec les autres: l’existence est comme un barrage. en fonction de leurs essences. Ils ont un poids de réalité. Il explique. il venait de le relire. comme si toutes sortes de pièces de théâtre se jouaient simultanément.) 19 . et il n’a pas de fin. Une seule combinaison passera. Juste en dessous. Il saisit quoi? Qu’est-ce que ça veut dire? Lorsque Kleist tombe sur Kant. évidemment tout ça est simultané. mais il y a une autre manière de se réclamer d’un philosophe. Ce palais a une forme de pyramide. je disais que le concept est dans un rapport spécial avec le cri. dans un texte qu’on aura à voir. plus près de la pointe. En dessouss encore le même personnage dans une autre situation. et il s’exclame: je n’en reviens pas! J’en reviens pas! Je n’ai jamais eu une relation avec un philosophe comme celle que j’ai eue avec Spinoza. ce monde impliquait Adam pécheur. Quand le romancier anglais.vous fait entrer dans un palais. mais saisit immédiatement une familiarité entre ses propres cris à lui et les concepts du philosophe. quels sont les critères du choix de Dieu. Borges. il explique que dans l’eau il y a plein de poissons et que dans les poissons il y a de l’eau et dans l’eau de ces poissons il y a des poissons de poissons: c’est l’analyse infinie. En fonction des essences qu’ils contiennent ils tendent à passer à l’existence. Qu’est-ce que ça veut dire être leibnizien aujourd’hui? Je crois que ça veut dire deux choses: une pas très intéressante et une très très intéressante.

. je voudrais poser la question de qu’est-ce que c’est qu’une analyse infinie? Je vous demande beaucoup de patience. Mais là. le monde et la continuité. Toujours dans ce paragraphe sur la substance. il cite souvent Confucius. c’est une analyse indéfinie. qu’est-ce que c’est? C’est le livre infini. Les textes de Leibniz. Borges a fait une espèce de copie conforme de Leibniz avec une différence essentielle: pour Leibniz. Convenons que dans une proposition d’existence du type César a franchi le Rubicon. mais très bizarrement il emploie le mot virtuel mais pas à propos des vérités d’existence. il y aurait des niveaux de clarté ou d’obscurité tels que le monde pourrait être présenté de tel ou tel point de vue. Donc essayer de découvrir une simple contradiction logique ce serait encore une fois ramener les vérités d’existence aux vérités d’essence. même à l’intérieur du même monde. Seulement il est contenu soit en acte – actuellement – soit virtuellement. Ce texte me suffit déjà pour dire qu’il n’est pas possible que la distinction vérités 20 . puis à un autre terme. Leibniz emploie le mot «virtuel». «Le jardin au sentier qui bifurque». tous les mondes différents où. Finalement il y aurait une contradiction entre Adam non pécheur et notre monde. Il y a un texte célèbre de Malebranches qui est l’entretien avec le philosophe chinois. et deuxièmement. il y a la nouvelle «Le jardin au sentier qui bifurque». Je résume l’histoire et vous gardez dans votre tête le fameux rêve de la Théodicée. ils s’excluent les uns des autres. cette inhérence. où Adam ne pèche pas du tout. Je prends un autre texte qui paraît contredire le premier. Dès lors ça va être très difficile de définir la compossibilité. toute cette infinité de mondes. mais dans le Discours de métaphysique. il l’emploie à propos des vérités d’essence. Deuxième sorte de texte: l’analyse infinie sous laquelle pécheur est contenu dans la notion d’Adam. Ce n’est pas possible puisque Adam non pécheur n’est pas contradictoire en soi et que la relation de compossibilité est absolument irréductible à la simple relation de possibilité logique. tantôt Adam pèche de telle manière. qu’est-ce que c’est que cette relation d’incompossibilité? Labyrinthe de l’analyse infinie et labyrinthe de la compossibilité. tentent finalement de ramener la compossibilité au simple principe de contradiction. L’idée du philosophe chinois comme ayant à faire avec le labyrinthe. à l’infini.… il aime bien les histoires policières. Le prédicat est contenu dans le sujet. mais cette inclusion. à savoir franchir le Rubicon est contenu dans la notion de César. Ça apparaît en plein XVIIe siècle. Pourquoi? J’énonce juste nos deux difficultés: la première. il y a des choses très curieuses. Tandis que Borges met toutes ces séries incompossibles dans le même monde. La plupart des commentateurs de Leibniz. Si bien que les textes de Leibniz il faut savoir à qui il les adresse pour pouvoir les juger. est ou bien actuelle ou bien virtuelle. c’est qu’est-ce que c’est qu’une analyse infinie?. ou bien un autre. l’inclusion n’est que virtuelle.Dans un texte plus savant De la liberté. Ce serait donner un certain statut: je dirais que l’analyse infinie c’est une analyse virtuelle. il faut s’en méfier parce qu’ils sont toujours adaptés à des correspondants sous des publics donnés. Voilà une première sorte de texte de Leibniz où il nous dit que dans toute proposition le prédicat est contenu dans le sujet. ils sont incompossibles les uns avec les autres. On a envie de dire que ça va très bien. Leibniz présente et propose la totalité de son système à usage de gens peu philosophes. et une variante du rêve serait que. où Adam pèche de telle autre manière. à ma connaissance. Exactement comme si pécheur = I/2 + I/4 + I/8. c’est le monde des compossibilités. Dans Fictions. c’est-à-dire que je remonterais de pécheur à un autre terme. Il y a des textes de Leibniz qui disent ça notamment dans le Discours de métaphysique. etc. Borges. etc. et que si je reprends son rêve il faudrait le varier. c’est une analyse qui va à l’indéfini. la lettre de Leibniz nous paraît déjà d’une telle nature que ce n’est pas possible. Si bien qu’il conserve un principe de disjonction très classique: c’est ou bien ce monde-ci. c’est une idée de contemporains de Leibniz. mais n’est que virtuellement contenu. Ça permet une multiplication des effets. Leibniz n’aurait jamais admis que les incompossibles fassent partie d’un même monde. Leibniz est fasciné par l’Orient.

anachroniques. qu’est-ce qu’un infini qui est plus grand qu’un autre infini?. Spinoza avec la fameuse lettre sur l’infini. c’est une manière innocente de penser à partir de l’infini et en fonction de l’infini. etc. Qu’est-ce que c’est l’indéfini en toute rigueur? Quelles différences y a-t-il entre l’indéfini et l’infini? L’indéfini. Dès lors Dieu. Si je dis 1 = 1/4 + 1/8. à la fin du XIXe et au XXe siècle précisément avec la théorie des ensembles dits infinis. vous vous rappelez que les vérités d’essence renvoient à deux cas: la pure et simple identité où l’on démontre l’identité du prédicat et du sujet. Il faut dire que si la philosophie est encore mêlée à la théologie au XVIIe siècle. Donc. Donc il ne suffit pas de dire que l’analyse infinie est virtuelle. Il a fait un petit texte sur les philosophes dits classiques du XVIIe. c’est de l’actuel. il y a un texte formel qui donne raison à cette interprétation que j’essaie d’esquisser. C’est ça. et il essaie de les caractériser d’une manière vivante. il ne faut pas croire que le «etc. ce n’est pas un truc de Leibniz. le terme suivant ne préexiste pas avant que ma démarche l’ait constitué. c’est Merleau-Ponty. parce que une analyse indéfinie ça reviendrait à dire que c’est une analyse qui n’est infinie que par défaut de ma connaissance. avec son entendement. l’analyse de Leibniz est évidemment infinie. En effet.. Ça veut dire quoi? L’infini. cette pensée. C’est beaucoup plus intelligent que de nous dire que c’est une époque où encore la philosophie est mêlée à la théologie. Indéfini. toujours. c’est dire que je n’arrive pas jusqu’au bout. c’est un texte tiré de De la liberté où 21 . Est-ce que c’est ça? Non. C’est un siècle qui ne cessera de distinguer des ordres d’infinis. etc. Rien ne préexiste. Est-ce qu’on peut dire que c’est une analyse indéfinie? Non. Alors il peut y avoir toutes sortes d’infinis.d’essence/vérités d’existence se ramène à ce que dans les vérités d’existence l’inclusion soit seulement virtuelle. c’est un cas des vérités d’essence. Or qui sont les grands noms dans cette recherche sur les ordres d’infinis. Elle n’est pas indéfinie. Leibniz ne connaît pas ça. arriverait jusqu’au bout. c’est ma démarche qui chaque fois le fait surgir. Dans le cas des vérités d’existence. ce n’est pas possible que Leibniz veuille dire ça parce que l’indéfini ça n’a jamais existé chez lui. puisque l’inclusion virtuelle. c’est pour ce cas-là que Leibniz dit: j’ai dégagé une identité virtuelle. lorsqu’il emploie les mots de virtuel.» préexiste.. c’est précisément parce que la philosophie n’est pas séparable à ce moment-là d’une manière innocente de penser en fonction de l’infini. A savoir. et ce statut ce sera précisément que l’indéfini renvoie à un ensemble qui n’est pas séparable de la synthèse successive qui le parcourt. c’est du virtuel: en effet. il n’y a d’infini qu’en acte. l’indéfini ça lui paraît purement conventionnel ou symbolique – pourquoi? Il y a un auteur qui a très bien dit ce qui fait l’air de famille des philosophies du XVIIe siècle.C’est évidemment Pascal. C’est Kant qui sera le premier philosophe à donner un statut à l’indéfini. et il disait que ce qu’il y a d’incroyable dans ces philosophes. c’est-à-dire que l’indéfini existe dans une démarche par la quelle je ne cesse de repousser la limite que je m’oppose. tout nombre divisible par 12 est divisible par 6 (je démontre l’inclusion à la suite d’une opération finie). Quelles différences y a-t-il entre l’infini et l’indéfini? C’est que l’indéfini. C’est bête de dire ça. et c’est Leibniz qui va subordonner tout un appareil mathématique à l’analyse de l’infini et les ordres d’infinis. Bien plus. dans quel sens peut-on dire qu’un ordre d’infinis est plus grand qu’un autre?. Manière innocente de penser à partir de l’infini. à savoir la distinction des ordres d’infinis. Avec les ensembles infinis on retrouve quelque chose qui travaillait le fond de la philosophie classique. sans arrêt. etc. Elle nous retombera dessus. C’est ma propre démarche qui consiste à faire exister. et la pensée des ordres d’infinis est fondamentale dans tout le XVIIe siècle. C’est-à-dire que les termes de la série indéfinie ne préexistent pas à la synthèse qui va d’un terme à un autre. c’est le fait que je doive toujours passer d’un terme à un autre terme. et le dégagement d’une inclusion du type. Là il y a des notions qui sont incompatibles. mais sans que le terme suivant auquel j’arrive ne préexiste. Or. le siècle classique. Pensez à Pascal. mais pas du tout confusément puisqu’on introduit toutes sortes de distinctions.

je passe de quoi à quoi? Je passe d’Adam pécheur à Ève tentatrice. Il ne voit pas la fin de l’analyse puisque il n’y a pas de fin de l’analyse. Bien plus. ça veut dire un rapport infiniment petit entre deux éléments. lui. du point de vue d’une analyse infinie. ils seraient donnés au fur et à mesure. c’est tout le monde existant. Dieu certes voit. Alors. tous les éléments de l’analyse lui sont donnés dans un infini actuel. Ça veut dire donc que pécheur est relié à Adam. Et qu’est-ce que c’est qu’un monde? Un monde est défini par sa continuité. demandez-vous à qui il le dit. Qu’est-ce que ça veut dire: élément infiniment petit? Pourquoi est-ce que le péché est un élément infiniment petit? Pourquoi la pomme est-ce un élément infiniment petit? Pourquoi franchir le Rubicon est un élément infiniment petit? Vous comprenez ce que ça veut dire? Il n’y a pas d’élément infiniment petit. d’un autre à un autre. d’Ève tentatrice à serpent méchant. a une autre formule à vous donner: l’identité..Leibniz dit exactement ceci: «quand il s’agit d’analyser l’inclusion du prédicat pécheur dans la notion individuelle Adam. ce n’est pas de l’indéfini puisque tous les termes de l’analyse sont donnés. même pour Dieu? Non. La totalité des éléments est donnée. et encore d’un autre à un autre. à savoir tout ce monde compossible qui est passé à l’existence. et vous passez d’un élément à un autre. une analyse qui n’a pas de fin. ni pour vous ni pour Dieu. c’est l’identité qui régit les vérités d’essence. Qu’est-ce que vous voyez si vous faites cette analyse? Supposons qu’il n’y ait que Dieu qui puisse la faire: vous vous faites de l’indéfini parce que votre entendement est limité. tous les termes ne seraient pas donnés. vous me direz que c’est de l’indéfini. ça ne régit pas les vérités d’existence – tout le temps il dit le contraire. dans une analyse infinie on arrive à quel résultat: vous avez passage d’éléments infiniment petits les uns aux autres. l’infinité des éléments infiniment petits étant donnée. On touche là quelque chose de très profond. en d’autres termes. Qu’est-ce qui définit le meilleur des mondes? C’est le 22 . On dira d’un tel infini qu’il est actuel puisque la totalité des éléments infiniment petits est donnée. Ils ne seraient pas donnés d’une manière préexistante. mais il fait l’analyse. c’est quoi? Ce qui l’intéresse au niveau des vérités d’existence. elle ne procède pas par démonstration d’une identité. Leibniz a raison. etc. fin qui n’a pas lieu. Il est relié à la notion individuelle d’Adam par une infinité d’autres éléments actuellement donnés. mais Dieu. Si c’est quelqu’un qui est très savant en calcul différentiel. il faudra qu’il comprenne que ce sont des rapports infiniment petits entre éléments finis.e. Vous passez d’un élément à un autre: vous faites une analyse infinie. L’analyse infinie qui va démontrer l’inclusion du prédicat dans le sujet au niveau des vérités d’existence. je pourrais peut-être lui dire autre chose. Mais Leibniz. Il s’agit de rapports. c’est que l’on passe d’un prédicat à un autre. ça régit les vérités d’essence. D’accord. Pécheur est un élément. il fait de l’infini. Qu’est-ce qui sépare deux mondes incompossibles? C’est le fait qu’il y ait discontinuité entre les deux mondes. à pomme. i. même pour Dieu il n’y a pas de fin à cette analyse. Vous me direz qu’alors on peut arriver à la fin! Non. il ne s’agit pas d’éléments. C’est une analyse infinie et c’est cette analyse infinie qui montre l’inclusion de pécheur dans la notion individuelle Adam. vous ne pouvez pas arriver à la fin puisque c’est un ensemble infini. Qu’est-ce qui définit un monde compossible? C’est la compossibilité dont il est capable. En d’autres termes. Alors. alors un élément infiniment petit ça veut dire évidemment. ce n’est pas l’identité du prédicat et du sujet. non pas la fin de la résolution. Si c’était de l’indéfini. même virtuelle. Si c’est quelqu’un qui en a une très vague connaissance. c’est-à-dire du maximum de continuité. et vous avez donc un ensemble infini d’éléments infiniment petits. mais de rapports infiniment petits entre deux éléments? Et vous comprenez que si je parle à quelqu’un qui n’a aucune idée du calcul différentiel. vous pouvez lui dire que c’est des éléments infiniment petits. mais c’est la continuité qui régit les vérités d’existence.» Donc. mais ça n’a aucune importance. on n’a pas besoin de le dire. dans un autre tiroir. En d’autres termes. par nature. Ce n’est pas ça. un rapport infiniment petit entre deux éléments. En d’autres termes. Quand je fais l’analyse. qu’est-ce que ça peut être? Qu’est-ce qu’on a gagné en disant qu’il ne s’agit pas d’éléments infiniment petits.

c’est le propre de Leibniz. Or. seulement quelle est la formule de la continuité? On pourra définir la continuité comme l’acte d’une différence en tant qu’elle tend à s’évanouir. c’est une différence évanouissante. Du reste. Il y a comme des séries qui vont se mettre à s’emboîter par delà les différences de temps et d’espace. Mais c’est en même temps que Newton et que Leibniz montent le calcul différentiel. La continuité. En d’autres termes. De tous les mondes incompossibles les uns avec les autres et possibles en eux-mêmes. mais vous pourrez démontrer – et le mot démonstration changera de sens –.monde le plus continu. Une analyse infinie. à ce problème qui est un problème fondamental. Le calcul différentiel trouve son niveau d’application quand vous vous trouvez devant des incomparables. Chez Newton… alors que tous les deux l’inventent vraiment en même temps. même dans l’algèbre la plus simple: à quoi ça sert le calcul différentiel? Le calcul différentiel vous permet de procéder à une comparaison directe de quantités de puissances différentes. il y a une différence. vous pourrez démontrer une continuité. 23 . il y tient énormément. Donc entre pécheur et Adam vous ne pourrez jamais démontrer une identité logique. et ça revient au même. Là. Ça renvoie à une certaine symbolique. Pourquoi le péché d’Adam est-il compris dans le monde qui a le maximum de continuité? Il faut croire que le péché d’Adam est une formidable connexion. c’est-à-dire devant des quantités à puissances différentes. des équations dont les variables sont à des différentes puissances. Toute la théorie des équations se heurte.] Les équations différentielles. Il n’y a pas de physique sans équation différentielle. c’est une analyse du continu opérant par différences évanouissantes. aujourd’hui. dans le cas des vérités d’essence. Il y a continuité. dans le cas des vérités d’existence. au XVIIe siècle. les quantités de puissances différentes ont reçu un mot voisin: c’est les quantités incomparables. les vérités sont régies par la loi de continuité. il y a une différence entre les deux éléments: entre le péché d’Adam et la tentation d’Ève. Il faut un effort de plus. l’armature logique et théorique est très différente chez Leibniz et chez Newton. et le thème de la différentielle conçue comme différence évanouissante. symbolique du calcul différentiel ou de l’analyse infinitésimale. Mais si on se place au moment de Leibniz. Deux éléments seront en continuité lorsque je pourrai assigner un rapport infiniment petit entre ces deux éléments. au XVIIe siècle. l’interprétation du calcul différentiel par les catégories évanouissantes. Bien plus. Dieu fera passer à l’existence celui qui réalise le maximum de continuité. Qu’est-ce que ça veut dire qu’il y a continuité entre la séduction d’Ève et le péché d’Adam? C’est que la différence entre les deux est une différence qui tend à s’évanouir. Comment comparer? Vous savez tous l’histoire des quantités non commensurables. ou des différences évanouissantes. Il y a une connexion directe entre le péché d’Adam et l’incarnation et la Rédemption par le Christ. Le critère du choix de Dieu. des équations du type ax2 + y? Vous avez une quantité à la puissance 2 et une quantité à la puissance 1. le calcul différentiel s’est purgé de toute considération de l’infini – l’espèce de statut axiomatique du calcul différentiel où il n’est absolument plus question d’infini date de la fin du XIXe siècle. mettez-vous à la place d’un mathématicien: qu’est-ce qu’il va faire lorsqu’il se trouve devant des grandeurs ou des quantités à puissances différentes. je vais témoigner d’une continuité assurée par les rapports infiniment petits entre deux éléments. c’est-à-dire une ou des différences évanouissantes. Puisqu’il y a deux éléments. il ne sert que là. ce sera la continuité. Mathématiquement. je démontrais une identité où je faisais voir une inclusion. c’est proprement du Leibniz. que c’est une connexion qui assure des continuités de séries. Je dirais donc que les vérités d’essence sont régies par le principe d’identité. Notre histoire se fait plus précise: qu’est-ce que c’est que cette différence évanouissante? [Gilles Deleuze fait un dessin à la craie. et il y a une grande polémique entre les newtoniens et Leibniz. aujourd’hui. Je suis passé de l’idée d’élément infiniment petit à [un] rapport infiniment petit entre deux éléments. ça ne suffit pas. c’est fondamental.

Dans la mesure où pour ce cas vous pouvez écrire x = c. tout l’algèbre. le plus petit accroissement dont soit capable la quantité x ou la quantité y inassignable. [Longue explication de Gilles Deleuze au tableau. admirable. Cette justification ne met rien en cause de la spécificité du calcul différentiel. supposons que par des moyens quelconques vous extrayez dx et dy. dy n’est rien par rapport à y. Elle est inassignable par convention. c et e sont des zéros. Qu’est-ce que c’est? On le définira verbalement. En un sens c’est fou. il est déterminé. par convention on dira que dx ou dy. grande découverte mathématique. dans le cas présent. toute la physique s’inscriront dans le symbolisme du calcul différentiel… […] C’est ce rapport entre dx et dy qui a rendu possible cette espèce de compénétration de la réalité physique et du calcul mathématique. ni dans un cas ni dans l’autre puisque ce serait contraire aux données mêmes de la construction du problème. De quoi? Voilà ce qui est formidable dans le symbolisme du calcul différentiel: dx = 0 par rapport à x. C’est un symbole mathématique. dx c’est la différentielle de x. Supposons que ce cas est 24 . c’est de l’infiniment petit. donc ça égale zéro. il est déterminable. c’est la quantité infiniment petite supposée être ajoutée ou soustraite de x ou de y.by + c. Dès ce moment-là toutes les mathématiques. dy c’est la différentielle de y. y C’est une justification du vieux calcul différentiel. Donc c ne devient pas égal à e puisque il reste proportionnel à x et que x n’est pas égal à y. ce sont des riens. Commence à prendre corps la notion de différence évanouissante. mais voilà que dy c’est quelque chose. et l’intérêt de ce texte c’est que c’est une justification par l’algèbre la plus facile ou ordinaire. C’est une variation ou une différence. avec dessin à la craie: construction de triangles. mais ce ne sont pas des riens absolument. il n’est pas zéro. en un sens c’est opératoire. Donc il vous donne un moyen direct de confronter des quantités incomparables à puissances différentes. et qu’on ne pouvait pas faire autrement. vous avez deux puissances dont vous avez des quantités incomparables: y2 et x. ce sont des riens respectivement.Pourquoi? Dans ax2 + y.] x n’est pas égal à y. même au niveau de l’algèbre la plus ordinaire. Donc dx = 0 en x. dx Stupéfiant. il y aura x-c = x. Si vous considérez le rapport différentiel. En voilà une invention! La quantité infiniment petite… c’est-à-dire que c’est la plus petite variation de la quantité considérée. comme il dit dans son langage. Je lis ce texte très beau: «Donc. Le rapport dy vous donne le moyen de comparer les deux quantités dx incomparables qui étaient à des puissances différentes car il opère une dépotentialisation des quantités. A savoir ce sont des riens mais qui conservent la différence du rapport. vous comprendrez tout. C’est quelque chose parce que dans un exemple tel que ax2 . Il y a une petite note de trois pages qui s’appelle «Justification du calcul des infinitésimales par celui de l’algèbre ordinaire». Leibniz essaie d’expliquer que d’une certaine manière le calcul différentiel fonctionnait déjà avant d’être découvert. dx C’est des relatifs uniquement relatifs. dx ou dy: elle est plus petite que toute quantité donnée ou donnable. dx n’est rien par rapport à x. ye Ce sont. Avec ça. la plus petite différence. c’est la plus petite quantité dont puisse varier x. Miracle dy n’est pas égal à dx zéro et bien plus: dy a une quantité finie parfaitement exprimable. dy = 0 par rapport à y.

Il ne le dira que dans d’autres textes: ça ne voulait plus dire qui va à l’indéfini. c’est égal à x. et même le calcul d’algèbre ne saurait s’en passer si il doit conserver ses avantages dont un des plus considérables est la généralité qui lui est due afin qu’il puisse comprendre tous les cas. Pourquoi est-ce que e et c restent-ils distincts de a lorsqu’ils n’existent plus. ey Donc il est déterminable et déterminé. ou que le cercle est la limite d’une série infinie de polygones dont les côtés augmentent à l’infini. mais c’est un mouvement inassignable. mais il est inassignable.» C’est exactement de cette manière que je peux considérer que le repos est un mouvement infiniment petit. Qu’est-ce qu’il y a de comparable dans tous ces exemples? Il faut considérer le cas où il y a un seul triangle comme le cas extrême de deux triangles semblables opposés par le sommet. C’est une conception du virtuel à la fois très nouvelle et très rigoureuse. e c est un rapport parfaitement déterminé égal à x. comme un rien vaut l’autre alors c et e seraient égaux et de l’équation ou analogie x = c serait fait x = 0 = 1. je dirais ce n’est pas du tout que le triangle CEA. nous avons supposé. yey0 C’est à dire qu’on aurait x = y ce qui serait une absurdité. Et pourtant c’est complètement déterminé puisque c. Vous voyez ce que veut dire virtuel. l’autre triangle est là mais il n’est là que virtuellement. C’est inassignable puisque c est devenu égal à zéro. Ce que Leibniz a démontré dans ce texte. ou celle qui est entre le sinus entier ou rayon et entre la tangente qui convient à l’angle en c. De même le repos est un mouvement parfaitement déterminé. ce n’est pas du tout que le triangle ait disparu au sens commun du mot. sans rien dire – c’est son droit –. Le virtuel ne veut plus du tout dire l’indéfini – et là tous les textes de Leibniz peuvent être récupérés. xy. C’est de cette même manière que le repos sera considéré comme le cas particulier d’un mouvement. il lui donnait une nouvelle acceptation tout à fait rigoureuse mais sans rien dire. mais c n’est pas égal à zéro. le calcul différentiel). e = 0. et pourtant il est parfaitement déterminé puisque dans ce cas c = 0.» «Ainsi l’on trouve dans le calcul de l’algèbre les traces du calcul transcendant des différences (i. de même le cercle est un polygone inassignable et pourtant parfaitement déterminé. lequel angle. et ses mêmes singularités dont quelques savants se font des scrupules. et puisque e est devenu égal à zéro. mais il faut dire à la fois qu’il est devenu inassignable. continue à exister lorsque les termes se sont évanouis. Encore fallait-il avoir la technique et les concepts pour que prenne un sens cette expression un peu mystérieuse au début: inassignable et pourtant déterminé.e. Là vous sentez qu’on est peut-être en train de donner à «virtuel» le sens que l’on cherchait. e et c restent distincts de a lorsqu’ils n’existent plus parce qu’ils interviennent dans un rapport qui lui. est toujours demeuré le même. à savoir 0 n’est pas égal à e0 zéro ni à 1. Il est là virtuellement puisque a contient virtuellement e et c distincts de a. Il faisait une opération diabolique: il prenait le mot virtuel. c’est comment et dans quelles circonstances un triangle peut être considéré comme le cas extrême de deux triangles semblables opposés par le sommet.compris sous la règle générale et néanmoins c et e ne seront point des riens absolument puisqu’elles gardent ensemble la raison de cx à xy. y 25 . C et e étaient des riens absolument dans ce calcul réduit au cas de la coïncidence des points c. Dans ma seconde figure. ça voulait dire inassignable et pourtant déterminé. à savoir un mouvement infiniment petit. e et a. Car si c. Je pourrais dire que dans le cas de ma seconde figure où il n’y a qu’un triangle.

elle ne le touche plus en aucun point. il y a continuité du polygone au cercle. ce n’est pas que les deux points aient disparu. vous définissez le polygone. ou bien le triangle unique par rapport à tous les triangles combinés. Si j’y arrive. comprend aussi le cas extrinsèque. peu importe. correspond au cas général intrinsèque et qui. Vous retrouvez la formule de la prédication: le prédicat est inclus dans le sujet. On patauge depuis le début dans un domaine où il s’agit de montrer que les vérités d’existence. Il y a quelque chose d’éperdument comique là-dedans. Les mathématiques garderont ça intégralement – c’est une technique formidable. ils sont toujours là. Quand tout sort. et c’est vrai d’après la lettre des textes. dont l’un des deux triangles est devenu inassignable. peu importe. fera la géométrie projective en son sens le plus moderne – il est complètement leibnizien. La continuité. c’est dans l’entendement de Dieu. Il y a continuité lorsque le cas extrinsèque peut être considéré comme inclus dans la notion du cas intrinsèque. C’est l’axiome de continuité qui permet précisément tout un système de projection. et un moment où elle sort du cercle. tout un système dit projectif. le cercle contraire du polygone. puisque après tout Dieu aussi opère par symbolique. En plein XIXe siècle. vous considérez le cas extrême ou contraire: le repos. le cas extrême ou contraire peut être d’un certain point de vue considéré comme inclus dans le cas d’abord défini. mais les deux sont virtuels. Là aussi les commentateurs sont très curieux. La géométrie projective tout entière est fondée sur ce que Poncelet appelait un axiome de continuité tout simple: si vous prenez un arc de cercle coupé en deux points par une droite. Comprenez bien. le cas extrinsèque peut être considéré comme inclus dans la notion du cas intrinsèque. ou bien c’est des propositions 26 . avec le calcul différentiel. c’est bien sûr impossible. Il ne présuppose aucune notion du calcul différentiel. Il réussit à expliquer à quelqu’un qui n’a jamais fait que de l’algèbre élémentaire ce que c’est que le calcul différentiel. un très grand mathématicien. il me semble qu’il y a trop de commentateurs de Leibniz qui font de la théologie plus que Leibniz n’en demande: ils se contentent de dire que l’analyse infinie. J’appelle «cas général intrinsèque» le concept de mouvement qui recouvre tous les mouvements. Je me charge de construire un concept qui implique tout le symbolisme différentiel. il y a un moment où elle ne touche plus l’arc de cercle que en un point. ce n’est pas la même chose que les vérités d’essence ou vérités mathématiques. Donc cette approximation de la continuité c’est que le maximum de continuité est assuré lorsque un cas étant donné. Pour le montrer. L’axiome de continuité de Poncelet réclame la possibilité de traiter le cas de la tangente comme un cas extrême. tout comme je dis que mon triangle unique c’est l’opposition de deux triangles semblables opposés par le sommet. il y a continuité des deux triangles semblables opposés par le sommet à un seul triangle. j’appelle «cas extrinsèque» le repos ou bien le cercle par rapport à tous les polygones. pourtant. pas la même certes. il y a continuité du repos au mouvement. le cercle qui est dénué d’angle. qui s’appelle Poncelet. à savoir que ce n’est pas qu’un des points ait disparu. à la fois. mais il se trouve qu’on a. mais virtuels. A ce moment-là. L’idée qu’il y a continuité dans le monde. mais ça ne va pas du tout gêner Leibniz. Par rapport à ce premier cas. un concept qui. je peux dire qu’en toute vérité le repos c’est un mouvement infiniment petit. les deux points sont toujours là. mais le calcul différentiel nous donne un artifice tel que nous pouvons opérer une approximation bien fondée de ce qui se passe dans l’entendement de Dieu tel qu’on peut l’approcher grâce à ce symbolisme du calcul différentiel.En plus il a vraiment un génie de prof. c’est l’instauration du chemin selon lequel le cas extrinsèque: le repos contraire du mouvement. Vous définissez le mouvement. simplement. on a l’artifice non pas de nous égaler à l’entendement de Dieu. si vous faites remonter la droite. Leibniz vient de montrer pourquoi.

très générales pleines de génie chez Leibniz, mais qui nous laisse comme ça: l’entendement de Dieu, l’analyse infinie – et alors, c’est quoi tout ça? Et enfin quand il s’agit de montrer en quoi les vérités d’existence sont irréductibles aux vérités mathématiques, quand il s’agit de le montrer concrètement, tout ce que Leibniz dit de convaincant, c’est mathématique. C’est rigolo, non? Un objecteur de service dirait à Leibniz: tu nous annonces que tu nous parles de l’irréductibilité des vérités d’existence, et cette irréductibilité tu ne peux la définir concrètement qu’en utilisant des notions purement mathématiques… Qu’est-ce que répondrait Leibniz? Dans toutes sortes de textes on m’a toujours fait dire que le calcul différentiel désignait une réalité. Je ne l’ai jamais dit – répond Leibniz –; le calcul différentiel, c’est une convention bien fondée. Leibniz tient énormément à ce que le calcul différentiel ne soit qu’un système symbolique, il ne dessine pas une réalité, il désigne une manière de traiter la réalité. C’est quoi une convention bien fondée? Ce n’est pas par rapport à la réalité que c’est une convention, c’est par rapport aux mathématiques. C’est là, le contresens à ne pas faire. Le calcul différentiel, c’est du symbolisme, mais par rapport à la réalité mathématique, pas du tout par rapport à la réalité réelle. C’est par rapport à la réalité mathématique que le système du calcul différentiel est une fiction. Il emploie aussi bien le mot «fiction bien fondée». C’est une fiction bien fondée par rapport à la réalité des mathématiques. En d’autres termes, le calcul différentiel mobilise des concepts qui ne peuvent pas se justifier du point de vue de l’algèbre classique, ou du point de vue de l’arithmétique. C’est évident. Des quantités qui ne sont pas rien et qui sont égales à zéro, c’est du non sens arithmétique, ça n’a ni réalité arithmétique, ni réalité algébrique, c’est une fiction. Donc, à mon avis, il ne veut pas dire du tout que le calcul différentiel ne désigne rien de réel, il veut dire que le calcul différentiel est irréductible à la réalité mathématique. C’est donc une fiction en ce sens, mais précisément en tant qu’il est une fiction, il peut nous faire penser l’existence. En d’autres termes, le calcul différentiel est une espèce d’union des mathématiques et de l’existant, à savoir: c’est la symbolique de l’existant. C’est parce qu’il est une fiction bien fondée par rapport à la vérité mathématique qu’il est dès lors un moyen d’exploration fondamental et réel de la réalité d’existence. Vous voyez donc ce que veut dire «évanouissant», «différence évanouissante»: c’est lorsque le rapport continue alors que les termes du rapport se sont évanouis. Le rapport c alors que c et c se sont évanouis, c’est-à-dire coïncident avec a. Vous avez donc construit une continuité par le calcul différentiel. Leibniz devient beaucoup plus fort, pour nous dire: comprenez que dans l’entendement de Dieu, entre le prédicat pécheur et la notion d’Adam, et bien il y a une continuité. Il y a une continuité par différence évanouissante au point que quand il fait le monde, Dieu ne fait que calculer. Et quel calcul! Évidemment pas un calcul arithmétique… Là-dessus il oscillera entre deux explications. Donc, Dieu fait le monde en calculant. Dieu calcule, le monde se fait. L’idée d’un dieu joueur, on la trouve partout. On peut toujours dire que Dieu a fait le monde en jouant, mais tout le monde a dit ça. C’est pas très intéressant. Mais les jeux, ça ne se ressemble pas. Il y a un texte d’Héraclite, [où] il est question de l’enfant joueur qui vraiment constitue le monde. Il joue, mais à quoi? A quoi jouent les Grecs et les enfants grecs? Diverses traductions donnent des jeux différents. Mais Leibniz ne dirait pas ça: quand il s’explique sur le jeu, il a deux explications. Dans les problèmes de pavage, à cheval sur les problèmes de mathématiques et d’architecture: une surface étant donnée, avec quelle figure la remplir complètement? Problème plus compliqué: si vous prenez une surface rectangulaire et que vous voulez la paver avec des cercles, vous ne la remplissez pas complètement. Avec des carrés, est-ce que vous la remplissez complètement? Ça dépend de la mesure. Avec des rectangles? Égaux ou pas égaux? Puis, si vous supposez deux figures, lesquelles se combinent pour remplir complètement un espace? Si vous voulez paver avec des cercles, avec quelle autre figure vous comblerez les vides? Ou bien vous consentez à ne pas remplir tout… Vous

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voyez que c’est très lié avec le problème de la continuité. Si vous décidez de ne pas remplir tout, dans quels cas et avec quelles figures et quelles combinaisons de figures différentes arriverez-vous à remplir le maximum possible? Ça met en jeu des incommensurables, ça met en jeu des incomparables – ça passionne Leibniz, les problèmes de pavage. Lui, quand il dit que Dieu fait exister et choisit le meilleur des mondes possibles, on a vu, on devance Leibniz avant qu’il n’ait parlé: le meilleur des mondes possibles, ça a été la crise du leibnizianisme, ça a été l’anti-leibnizianisme généralisé du XVIIIe siècle: ils n’ont pas supporté l’histoire du meilleur des mondes possibles. Voltaire, il avait raison Voltaire, ils avaient une exigence de philosophie qui n’était évidemment pas remplie par Leibniz, notamment du point de vue de la politique. Donc, il ne pouvait pas pardonner à Leibniz. Mais si l’on se lance dans la démarche pieuse, qu’est-ce que dit Leibniz, par le monde qui existe est le meilleur des mondes possibles? Une chose très simple: comme il y a plusieurs mondes possibles, seulement ils ne sont pas compossibles les uns avec les autres, Dieu choisit le meilleur, et le meilleur ce n’est pas celui où on souffre le moins. L’optimisme rationaliste, c’est en même temps d’une cruauté infinie; ce n’est pas du tout un monde où on ne souffrirait pas, c’est le monde qui réalise le maximum de cercles. Si j’ose une métaphore inhumaine, c’est évident que le cercle souffre lorsqu’il n’est plus qu’une affection du polygone. Lorsque le repos n’est plus qu’une affection du mouvement, imaginez la souffrance du repos. Simplement c’est le meilleur des mondes parce qu’il réalise le maximum de continuité. D’autres mondes étaient possibles, mais ils auraient réalisé moins de continuité. Ce monde est le plus beau, le plus harmonieux, uniquement sous le poids de cette phrase impitoyable: parce qu’il effectue le plus de continuité possible. Alors si ça se fait au prix de votre chair et de votre sang, peu importe. Comme Dieu n’est pas seulement juste, c’est à dire poursuivant le maximum de continuité, mais comme il est en même temps d’une coquetterie, il veut varier son monde. Alors Dieu cache cette continuité. Il met un segment qui devrait être en continuité avec celui-là, ce segment il le met ailleurs pour cacher ses voies. Nous, on ne risque pas de se retrouver. Ce monde se fait sur notre dos. Alors, évidemment le XVIIIe siècle ne trouve pas très très bien toute cette histoire de Leibniz. Vous voyez dès lors le problème du pavage: le meilleur des mondes sera celui dont les figures et les formes rempliront le maximum d’espace-temps en laissant le moins de vide. Deuxième explication de Leibniz, et là il est encore plus fort: le jeu d’échecs. Si bien qu’entre la phrase d’Héraclite qui fait allusion à un jeu grec et Leibniz, qui fait allusion au jeu d’échecs, il y a toute la différence qu’il y a entre les deux jeux au moment même où la formule commune «Dieu joue» pouvait faire croire que c’est une espèce de béatitude. Comment Leibniz conçoit le jeu d’échecs: l’échiquier, c’est un espace; les pièces, c’est des notions. Quel est le meilleur coup aux échecs, ou le meilleur ensemble de coups? Le meilleur coup ou ensemble de coups, c’est celui qui fait qu’un nombre déterminé et avec des valeurs déterminées de pièces tient ou occupe le maximum d’espace, l’espace total étant détenu par l’échiquier. Il faut placer vos pions de telle manière qu’ils commandent le maximum d’espace. Pourquoi est-ce que ce ne sont que des métaphores? Là aussi il y a une espèce de principe de continuité – le maximum de continuité. Qu’est-ce qui ne va pas, aussi bien dans la métaphore du jeu d’échecs que dans celle du pavage? C’est que dans les deux cas, vous avez référence à un réceptacle. On présente les choses comme si les mondes possibles rivalisaient pour s’incarner dans un réceptacle déterminé. Dans le cas du pavage, c’est la surface à paver; dans le cas du jeu d’échecs, c’est l’échiquier. Mais dans les conditions de la création du monde, il n’y a pas de réceptacle préalable. Il faut donc dire que le monde qui passe à l’existence est celui qui réalise en lui-même le maximum de continuité, c’est-à-dire qui contient la plus grande quantité de réalité ou d’essence.Je ne peux pas dire d’existence, puisqu’existera le monde qui contient, non pas la

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plus grande quantité d’existence, mais la plus grande quantité d’essence sous les espèces de la continuité. La continuité, c’est en effet précisément le moyen de contenir le maximum de quantité de réalité. Voilà, c’est une vision très belle, comme philosophie. Dans ce paragraphe j’ai répondu à la question: qu’est-ce que c’est que l’analyse infinie? Je n’ai pas encore répondu à la question: qu’est-ce que c’est que la compossibilité ? Voilà.

Aujourd'hui nous devons voir des choses amusantes, récréatives, mais aussi tout à fait délicates.

Réponse à une question sur le calcul différentiel : il me semble qu'on ne peut pas dire que à la fin du 17ème siècle et au18ème siècle il y a des gens pour qui le calcul différentiel est un artifice et des gens pour qui le calcul différentiel représente quelque chose de réel. On ne peut pas dire ça parce que la coupure n'est pas là. Leibniz n'a jamais cessé de dire que le calcul différentiel est un pur artifice, c'est un système symbolique. Donc sur ce point tout le monde est strictement d'accord. Là où commence le désaccord c'est dans la compréhension de ce qu'est un système symbolique, mais quant à l'irréductibilité des signes différentiels à toute réalité mathématique, c'est à dire à la réalité géométrique, arithmétique et algébrique, tout le monde est d'accord. Là où se fait une différence c'est lorsque les uns pensent que, dès lors, le calcul différentiel n'est qu'une convention, et une convention très louche, et ceux qui pensent que, au contraire, son caractère artificiel par rapport à la réalité mathématique lui permet d'être adéquat à certains aspects de la réalité physique. Jamais Leibniz n'a pensé que son analyse infinitésimale, son calcul différentiel, tels qu'il les concevait, suffisaient à épuiser le domaine de l'infini tel que lui, Leibniz, le concevait. Par exemple : le calcul. Il y a ce que Leibniz appelle le calcul du minimum et du maximum qui n'est pas du tout une dépendance du calcul différentiel. Donc le calcul différentiel correspond à un certain ordre d'infini. Si il est vrai qu'un infini qualitatif ne peut pas être saisi par le calcul différentiel, en revanche, Leibniz est tellement conscient de ça qu'il instaure d'autres modes de calcul relatifs à d'autres ordres d'infini. Ce qui a liquidé cette direction de l'infini qualitatif, ou même de l'infini actuel tout court, ce n'est pas Leibniz qui l'a bouché. Ce qui a bouché cette voie, c'est la révolution kantienne; c'est la révolution kantienne qui a imposé une certaine conception de l'indéfini et qui a mené la critique la plus absolue de l'infini actuel. Ça c'est dû à Kant, pas du tout à Leibniz. En géométrie, depuis les Grecs jusqu'au 17ème siècle, vous avez deux types de problèmes. Les problèmes où il est question de trouver des lignes dites droites et des surfaces dites rectilignes. La géométrie et l'algèbre classiques suffisent. Vous avez des problèmes et vous obtenez les équations nécessaires; c'est la géométrie d'Euclide. Déjà chez les Grecs, puis au moyen-âge bien sûr, la géométrie ne va pas cesser de se trouver devant un type de problème d'une autre nature : c'est lorsqu'il faut chercher et déterminer des courbes et des surfaces curvilignes. Là où tous les géomètres sont d'accord c'est que les méthodes classiques de la géométrie et de l'algèbre ne suffisent plus. Les Grecs déjà doivent inventer une méthode spéciale qu'on a appelé méthode d'exaustion, elle permet de déterminer les courbes et les surfaces curvilignes en tant qu'elle donne des équations de degrés variés, à la limite infinie, une infinité de degré variés dans l'équation. C'est ces problèmes là qui vont rendre nécessaire et qui vont inspirer la découverte du calcul différentiel, et la manière dont le calcul différentiel prend le relais de la vieille méthode

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l'idée qu'une infinité de petites quantités s'approchent de la limite. Eux-mêmes sont tout prêts à le reconnaître. Un phénomène physique ne peut être étudié . l'idée du calcul différentiel n'est pas séparable et pas séparé d'un ensemble de notions jugées non rigoureuses et on scientifiques. ça ne marche pas. La seule différence dans la formule c'est l'érection de v à la puissance 2. si vous ne le rattachez pas au problème pour lequel il est fait. il faut tout l'appareil du calcul différentiel. Et au niveau même des lois du mouvement. on chasse toute référence à l'idée de tendance à la limite. mais ce point de rencontre est de parfaite exclusion. Si vous rattachez un symbolisme mathématique à. l'idée d'une tendance à approcher de la limite. l'idée d'une limite du devenir. L'idée qu'il y a un devenir quantitatif. ce qui se conserve c'est MV2. il y a quelque chose qui est le domaine des forces. l'idée de la limite de ce devenir. ce n'est pas masse et vitesse. Historiquement. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que tout ce qui est convention est expulsé du calcul différentiel. c'est rendu possible par le calcul différentiel parce que c'est le calcul différentiel qui permet la comparaison des puissances et des rejets. une théorie. on peut toujours expliquer que ce qui se conserve c'est MV2 sans faire aucun appel à l'analyse infinitésimale. et pour que la formule ait un sens. même pour Leibniz. Dès lors. Il se passe qu'à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème. aussi. déjà. alors on ne peut plus rien comprendre. on chasse toute référence à l'idée de limite. Ça se fait dans les manuels de lycée. tout ça c'est considéré par les mathématiciens comme des notions absolument métaphysiques. qu'est-ce qui est artifice ? Ce qui est artifice c'est tout un ensemble de choses : l'idée d'un devenir. Descartes en reste aux figures et au mouvement. mais pour le prouver. Or. Intervention de comptesse. de la géométrie. Le calcul différentiel n'a de sens que si vous vous trouvez devant une équation dont les termes sont à des puissances différentes. Leibniz va tout changer.et Leibniz sera très fort : Descartes ne disposait que de la géométrie et de l'algèbre et de ce que Descartes lui-même avait inventé sous le nom de géométrie analytique. et de l'arithmétique et de l'algèbre est un pur et simple non-sens. Avec ce qu'on sait en science aujourd'hui. Donc. Il dira que ce qui se conserve ce n'est pas MV. mais si loin qu'il ait été dans cette invention ça lui donnait à la rigueur les moyens de saisir les figures et le mouvement sous l'espèce rectiligne. le calcul différentiel ou l'analyse infinitésimale va recevoir un statut rigoureusement scientifique. Si vous n'avez pas ça c'est un non sens de parler de calcul différentiel. Gilles : le calcul différentiel et l'axiomatique ont bien un point de rencontre. Leibniz traduira : c'est la même chose de dire que la nature procède de façon curviligne. dès le début. Descartes n'avait pas le moyen technique de dire MV2. c'est très tardivement que se fait le statut rigoureux du calcul différentiel. du point de vue du langage. que ce soit chez Newton et les successeurs. mais vous devez aussi considérer complètement la pratique. donc comme réellement non axiomatiques ou non axiomatisables. à quel prix ? On chasse toute référence à l'idée d'infini. or l'ensemble des phénomènes de la nature étant finalement des phénomènes de type curviligne. ça devient 30 .d'exaustion. on ne peut rien comprendre sur l'analyse infinitésimale si on ne voit pas que toutes les équations physiques sont par nature des équations différentielles. Qui fait ça ? On va donner une interprétation et un statut du calcul qui est très curieux parce qu'il cesse d'opérer avec des quantités ordinaires. C'est très de considérer la théorie qui correspond à un symbolisme. tout ça c'est considéré comme des notions absolument impures. ou de dire qu'au-delà des figures et du mouvement. que ce soit chez Leibniz. MV2. A mon avis. et on en donne une interprétation purement ordinale. grâce précisément au calcul différentiel.

C'est un très grand mathématicien qui fait ça : Weyerstrass (?) Mais c'est très tardif. à savoir un Z. Et encore pas n'importe quelle tangente. et c'est par là qu'il assure le passage aux limites. elle ne détermine pas un c qui lui serait concret. de nature et finalement est complètement expulsé. il n'y a plus aucune référence aux notions d'infini. Donc elle n'assure pas du tout un passage. c'est une quantité infiniment petite. Aujourd'hui lorsque l'on fait du calcul différentiel. Leibniz était le premier à dire ça. On a une interprétation statique et ordinale du calcul. 31 . Un rapport différentiel du type DY /DX est tel qu'on l'extrait de X et Y. mais il signifie autre chose de concret. Tandis que la relation axiomatique est complètement formelle de tous les points de vue. Je dirais donc que le rapport différentiel est tel qu'il ne signifie rien de concret par rapport à ce dont il est dérivé. si elle est formelle par rapport à a et b. Il y a opposition. Il assure autre chose de concret. Ce serait toute l'opposition classique entre genèse et structure. de limite et de tendance à s'approcher de la limite. il détermine un c.oui. MONDE et COMPOSSIBILITE. mais à quel prix ? Il le transforme complètement. En revanche DY/DX c'est quelque chose. mais encore à ce moment-là il faudrait savoir quelle est alors la valeur symbolique. bien non. c'est une quantité infiniment petite par rapport à X. Mais c'est quelque chose de tout à fait autre que Y/X Par exemple. si Y/X désigne une courbe. C'est exactement comme si je disais que le calcul différentiel est complètement abstrait par rapport à une détermination du type a/b mais qu'en revanche. Les relations axiomatiques et les rapports différentiels. Alors lui fait une axiomatique du calcul. DY/DX désigne une tangente. du fini comme tel. DX ce n'est rien par rapport à X. Il y a une interprétation statique. La dernière fois on en était à mon second grand titre et ce second grand titre portait sur : SUBSTANCE. L'axiomatique c'est vraiment la structure commune à une pluralité de domaines. L'infini a complètement changé de sens. Il faut lire le livre de Vuillemin. Il n'y a plus aucun dynamisme dans le calcul différentiel. c'est dire par rapport à X et à Y. Ce fait est très important pour nous car il doit bien nous montrer que les rapports différentiels . mais même avant l'axiomatisation tous les mathématiciens étaient d'accord pour dire que le calcul différentiel interprété comme méthode d'exploration de l'infini était une convention impure.un mode d'exploration du fini. "Philosophie de l'algèbre". En même temps DY ce n'est rien par rapport à Y.

Adam non pécheur c'est incompossible avec le monde existant. mais un domaine qui est régi par la continuité et les différences évanouissantes. il ne publie pas ou très peu de choses de son vivant. et vous sentez que c'est très lié à l'idée analyse infinie. Leibniz nous apporte un nouveau domaine. Une autre solution que je dis très rapidement parce que là aussi certains textes de Leibniz la suggèrent : c'est que ça dépasse notre entendement parce que notre entendement est fini. je ne vois que trois solutions possibles pour essayer de caractériser la notion d'incompossibilité. Si on dit ça. dès lors la compossibilité serait bien une relation originale. Bien plus on a vu que l'analyse infinie. il n'y a qu'une contradiction infinie entre Adam non pécheur et le monde. loin de découvrir l'identique à la fin d'une série. Certains textes de Leibniz vont dans ce sens. il n'y a pas seulement possible. mais on ne saurait pas quelle est sa racine. Alors qu'il y a une contradiction finie entre cercle et carré. Première solution : on dira qu'il faut bien que d'une manière ou d'une autre. Il prétendait couvrir toute une région de l'être. Identité contradictoire. Puis je tombe sur le deuxième aspect de la question. Il faut bien qu'il y ait contradiction entre Adam non pécheur et le monde existant. ce n'était pas une analyse qui découvrait l'identique à l'issue d'une série infinie de démarches. Il y a le compossible et l'incompossible. Voilà l'hypothèse que je voudrais faire : Leibniz est un homme pressé. partout. D'où deuxième aspect du problème : qu'est-ce que c'est que la compossibilité ? Qu'est-ce que ça veut dire que deux choses sont compossibles ou non compossibles ? Encore une fois Leibniz nous dit que Adam non pécheur c'est possible en soi mais ce n'est pas compossible avec le monde existant. Tous nos résultats de la dernière fois c'était que. il écrit dans tous les sens. C'est lorsque l'on procède par continuité et différences évanouissantes que l'analyse devient proprement analyse infinie. il aurait fallu un autre monde. l'incompossibilité implique une espèce de contradiction logique. par l'identité. Donc il se réclame d'une relation de compossibilité qu'il invente. en vertu de notre première partie. Seulement cette contradiction on ne pourrait la dégager qu'à l'infini. La réponse était ceci : l'analyse infinie remplit la condition suivante : elle apparaît dans la mesure où la continuité et les petites différences ou différences évanouissantes se substituent à l'identité. ce serait une contradiction infinie. Mais encore une fois nous savons qu'il faut se méfier des niveaux des textes de Leibniz. Leibniz a toute la matière. Forcément 32 . En fait tout ce qu'on a dit précédemment impliquait que la compossibilité et l'incompossibilité soient vraiment une relation originale irréductible à identité et contradiction. On arrivait à une réponse relativement claire. à la limite d'une série infinie de démarches. Il y aurait analyse infinie et il y aurait matière à analyse infinie lorsque je me trouve devant un domaine qui n'est plus directement régi par l'identique. Donc c'est un autre domaine que le domaine identité/contradiction. C'est compliqué.La première partie essayait de dire ce que Leibniz appelait l'analyse infinie. tous les matériaux pour donner une réponse relativement précise à ce problème. le nécessaire et le réel. loin de procéder ainsi l'analyse infinie substituait le point de vue de la continuité à celui de l'identité. Le problème c'est que l'incompossible ce n'est pas la même chose que le contradictoire.

Je dis juste que. équations. variables. Les mathématiciens nous disent qu'il y a des singularités remarquables et des singularités qui ne sont pas remarquables.puisque c'est lui qui l'invente. Or. constantes. et qu'on pourrait appeler la théorie des singularités. le particulier et le général c'est en rapport. Il y a bien une étymologie philosophique. Et notre travail d'aujourd'hui c'est : qu'est-ce que c'est qu'une singularité au niveau mathématique. xy. pas de suite. c'est lui qui a la solution. en référence avec universel. par commodité. ils la mettent en rapport avec quoi ? Il faut se laisser guider par les mots. et en même temps en relation avec universel. Est-ce que ce serait intéressant pour nous de la reprendre ? Je suis toujours partagé entre deux choses quant à la philosophie : l'idée qu'elle ne nécessite pas un savoir spécial. ou bien une philologie philosophique. Il y a un autre couple de notions employées par les mathématiciens. Singulier ça existe de tout temps dans un certain vocabulaire logique. il y a un minimum. la théorie des singularités est éparse. vous devez attacher de l'importance à ces points là. idée. que vraiment en ce sens n'importe qui est apte à la philosophie. a posteriori. C'est le cas d'une théorie qui a été plus que esquissée par Leibniz. formellement. Mais nous. b. c'est une théorie très curieuse que Leibniz est sans doute le premier à introduire en philosophie. concept. et qu'est-ce que Leibniz crée là-dedans ? Estce que c'est vrai qu'il fait la première grande théorie des singularités en mathématiques ? Deuxième question : qu'est-ce que c'est que la théorie leibnizienne des singularités psychologiques? Et dernière question : en quoi est-ce que la théorie mathématico-psychologique des singularités. a priori. Donc le singulier et l'universel c'est un rapport l'un avec l'autre. et donc à la question qu'est-ce que l'analyse infinie ? Qu'est-ce que c'est que cette notion mathématique de singularité ? Pourquoi est-ce que c'est tombé ? En philosophie c'est tout le temps comme ça : il y a quelque chose qui pointe à un moment et ce sera lâché. singulier était pensé. Singulier se dit pas différence. c'est particulier. elle n'a pas eu de chance. et puis il n'y a pas eu de suite. mais vous ne pouvez pas la créer en faisant n'importe quoi. Vous devez savoir ce que c'est que des termes comme : catégories. Et puis qu'est-ce qui a fait qu'il n'ait pas regroupé tout ça ? Je crois que ce qui va donner une réponse à ce problème. c'est remarquable et ordinaire. La théorie des singularités me paraît avoir deux pôles chez Leibniz : il faudrait dire que c'est une théorie mathématico-psychologique. et en même temps que on ne peut pas en faire si l'on n'est pas sensible à une certaine terminologie de la philosophie. Qu'est-ce que c'est qu'un jugement de singularité. Il y a un autre couple de notions. ce n'est pas la même chose qu'un jugement dit général. ce n'est pas la même chose qu'un jugement dit particulier. Et ça n'épuise pas forcément une notion : quand les mathématiciens emploient l'expression de singularité. et que la terminologie vous pouvez toujours la créer. qui se dit en référence à général. On risque même de lire des pages de Leibniz et ne pas voir qu'on est en plein dedans tellement il est discret. dans la logique classique. et à la fois de l'analyse infinie et de la compossibilité. exactement comme on peut pas faire de mathématiques si on ne sait pas ce que c'est que a. elle est partout. Chez Leibniz. Singulier en mathématique se distingue ou s'oppose à régulier. Leibniz ne fait pas 33 . telle qu'elle est esquissée chez Leibniz nous donne-t-elle une réponse à la question : qu'est-ce que l'incompossible. Le singulier c'est ce qui sort de la règle.

qu'est-ce qui est ordinaire dans une pensée. Qu'est-ce que ce sera. L'usage mathématique du concept de singularité oriente la singularité sur un rapport avec l'ordinaire ou le régulier. dira que la philosophie a toujours ignoré l'importance d'une catégorie qui est celle de l'intéressant! Du coups ce n'est peut-être pas vrai que la philosophie l'ait ignoré. mais on n'en sait pas un mot. puisque le dire indique que dès lors on veut faire de la singularité un concept philosophique. Peut-être ? Je prends une figure très simple : un carré. à savoir les mathématiques. Vous sentez que ce n'est qu'un début. Si bien que lorsque vous trouverez le mot notable chez Leibniz. les points ordinaires ? Ce sera l'infinité des points qui composent chaque côté du carré. Qu'est-ce qui est singulier. Ou bien qu'est-ce qui est ordinaire. mais les quatre extrémités seront dites des points singuliers. on pourra appeler les points singuliers : les points qui marquent l'extrémité d'une ligne droite. d'orientation différente. on fait une recherche enfantine. Quel intérêt pour nous ? Supposez quelqu'un qui dise : ça va pas fort dans la philosophie parce que la théorie de la vérité s'est toujours trompée. une figure rectiligne peut-être est)ce que je peux en dire que les points singuliers sont nécessairement des extremum ? Peut-être pas. c'est les quatre sommets a. qu'est-ce qui est remarquable. Et le dire ça va déjà très loin.encore cette distinction entre le singulier non remarquable et le singulier remarquable. ou bien beaucoup plus généralement à propos d'une figure. on s'est avant tout demandé dans une pensée qu'est-ce qui était vrai et qu'est-ce qui était faux. et non plus avec l'universel. On nous convie à distinguer ce qui est singulier et ce qui est ordinaire ou régulier. donc il y a quatre points singuliers qui sont des extremum. Ce grand coup de mathématique c'est que la singularité n'est plus pensée par rapport à l'universel. Pas forcément dans une courbe. mais on en reste à des exemples. Je pense à Kierkegaard qui. On va chercher à définir la singularité. et que une autre. C'est les points qui marquent. Une courbe. en géométrie la plus élémentaire. On sait juste qu'un carré a quatre côtés. dites-vous que nécessairement il y a un clin d'oeil. Pourquoi pas définir la détermination en général. Votre exigence légitime serait de me demander qu'est-ce que c'est les points singuliers d'un carré ? Les points singuliers d'un carré il y en a quatre. c'est le singulier et l'ordinaire. Quel intérêt pour nous ? Voilà que les mathématiques représentent par rapport à la logique déjà un tournant. d. La réponse est simple : à propos de certains points pris dans une courbe. c'est qu'elle est pensée par rapport à l'ordinaire ou au régulier. dans quel cas les mathématiques nous parlent-elles du singulier et de l'ordinaire. Question : un cube. remarquable et notable. J'opposerais donc les points singuliers et les points ordinaires. on avance beaucoup. à 90° commence. il y a au moins un concept philosophico-mathématique de la singularité qui a peut-être quelque chose d'intéressant à nous dire sur le concept d'intéressant. c. bien plus tard. il engrosse le mot d'une signification insolite. que ça ne veut pas dire bien connu. une figure ? Parce que une figure c'est quelque chose de déterminé! Alors le singulier et l'ordinaire ça ferait partie de la détermination. tiens ça serait intéressant! Vous voyez qu'à force de ne rien dire et de piétiner. Leibniz emploie comme équivalents singulier. Quand il parlera d'une perception notable dites-vous qu'il est en train de dire quelque chose. Voilà ce que. b. dans une pensée ce n'est pas le vrai et le faux qui comptent. Pourquoi ça. or vous savez. Le singulier c'est ce qui sort de l'ordinaire et du régulier. une figure pourra être dite comporter par nature des points singuliers et d'autres qui sont réguliers ou ordinaires. quitte à trouver les raisons de le faire dans un domaine qui est favorable. en disant que c'est une combinaison de singulier et d'ordinaire. et toute détermination serait comme ça. Or. on parle de mathématiques. précisément que une ligne droite est finie. mais notamment. mais supposons qu'à 34 . combien lui donnez-vous de points singuliers ? Je vois votre stupeur peinée! Il y a huit points singuliers dans un cube.

et dans ce cas là il est au milieu. Qu'est-ce qu'on appellera ses singularités ? Les singularités d'une courbe complexe c'est. Je trace en dessous une ligne droite que j'appelle. C'est un autre cas. Et c'est soit un minimum. c'était déjà dans une figure simple comme le carré rectiligne. maximum par rapport à un des arcs de cercle. est une notion clé dans tout le domaine de la topologie. et qu'il appellera le calcul des maximis et des minimis. je les appellerai des singularités. son petit jumeau. il peut très bien être au milieu. tous les autres sont ordinaires ou réguliers. D'où l'importance d'un calcul que Leibniz contribuera à pousser très loin. Je dirais donc que mon point A est un point singulier. un petit opuscule de sept pages écrit en latin. Vous me direz que les figures rectilignes comprennent déjà des points singuliers. En effet. Je dirais que AB est une singularité. xy a son miroir. AB a donc deux caractéristiques : c'est le seul segment élevé à partir de l'ordonnée à être unique. tous les autres ont. Ces points de croissance ou de décroissance. comme dit Leibniz. les points au voisinage desquels . il n'y a que AB qui soit unique. avec la géométrie. ça se gâte. c'est ce qui est entre deux singularités. l'arithmétique et l'algèbre classique. minimum par rapport à l'autre. sans jumeau. à votre choix concave ou convexe. conformément à la nature des choses. J'ai introduis l'exemple de la courbe la plus simple : un arc de cercle. C'est simplement au niveau des courbes complexes que ça s'impose. Jamais les figures rectilignes les plus simples ne m'auraient donné une occasion consistante. Une fois que je l'ai trouvé au niveau des courbes complexes. n'est pas restreint à l'extremum. mais avant vous ne pouviez pas. ça va du voisinage d'une singularité au voisinage d'une autre singularité.première vue je peux dire quelque chose comme ça. concave si l'autre est convexe. c'est que ils sont en dessous du maximum et audessus du minimum. Deuxième point : AB peut être dit également un maximum ou un minimum. Prenons l'exemple le plus simple : un arc de cercle. Nouvel effort : prenez une courbe complexe. une nécessité réelle de construire la notion de singularité. c'était déjà dans un arc de cercle. En dessous je fais un deuxième arc. L'ordinaire c'est la série. l'ordonnée. et enfin ils existent en double. Intervention : xxx 35 . au plus simple. dans les phénomènes physiques. C'est un peu plus compliqué : ce que j'ai montré c'est que point singulier n'est pas nécessairement lié. Pour une courbe. soit un maximum. J'élève mes perpendiculaires à l'ordonnée. qui est très différente de la notion de contiguïté. On saisit comme des rapports. C'est un exemple de Leibniz. je reviens en arrière et je peux dire : ah. alors là oui. c'est une singularité d'un autre cas. son image dans x'y'. et qui veut dire essais analogiques. mais une fois que j'ai découvert et construit la notion mathématique de singularité. c'est à dire les figures rectilignes. d'accord. et encore aujourd'hui ce calcul a une importance immense par exemple dans les phénomène de symétrie. ou elle décroît. Ouf. Donc on précise un peu cette notion d'ordinaire. Les deux se rencontrent en un point. comme des épousailles très étranges : est-ce que la philosophie dite classique n'a pas son sort relativement lié. dans les phénomènes optiques. Je trace l'ordonnée. un double. donc au voisinage d'une singularité quelque chose change : la courbe croît. Ils sont ordinaires ou réguliers de deux manières. et vous pourrez vous rapprocher avec des différences évanouissantes de AB. convexe si l'autre est concave. je peux dire que c'était déjà là dans les figures rectilignes les plus simples. c'est de l'ordinaire ou du régulier. soit les deux à la fois. et inversement. et c'est la notion de singularité qui est capable de nous faire comprendre ce que c'est que le voisinage -. dans un texte au titre exquis: "Tantanem anagogicum".et vous savez que la notion de voisinage. vous avez tout compris. en mathématique..

Il nous dit qu'il y a quatre sortes de points singuliers : premièrement les cols. au voisinage de ce point. vous avez des singularités encore très faciles à déterminer.. J'en lis un bout sur les espèces de points singuliers dans une courbe renvoyant à une fonction ou à une équation différentielle. C'est ça que les mathématiques nous fournissent comme matériau de base. dans quelle mesure ? Dans la mesure où il devient égal. donc vous direz que le rapport différentiel change de signe. Voilà un type de singularité.. mais pas maintenant .. dont le principe de détermination était facile. selon lui.. pitié . Là l'équation différentielle est telle que. les centres... Ce sont les points par où passent deux courbes définies par l'équation. Je vous lis un petit texte tardif de Poincarré qui s'occupera beaucoup de la théorie des singularités qui va se développer pendant tout le 18ème et le 19ème siècle. ah pitié . d'une figure rectiligne. et dans cette tension ou opposition entre point singulier et point ordinaire. les foyers. au niveau d'une courbe simple. elle va définir et elle va faire passer deux courbes et deux seulement.... Là vous avez des singularités plus complexes quand vous passez à des courbes plus complexes. la singularité c'était le cas unique qui n'avait pas de jumeau.. il devient égal à zéro ou à l'infini. vous n'avez pas besoin du calcul différentiel. il m'a cassé. Là se dessine un très curieux paysage. et deux seulement. des travaux logiques et philosophiques.. ou bien c'était le cas ou maximum et minimum s'identifiaient.. Quelle va être la formule ? Tant que vous avez à faire à des problèmes dits rectilignes. Vous avez besoin du calcul différentiel lorsque vous vous trouvez devant la tâche de déterminer des courbes et des surfaces curvilignes. Pourquoi est-ce que je cite cet exemple de Poincarré ? Vous trouveriez les notions équivalentes chez Leibniz. les singularités c'étaient des extremum. et encore une fois si il est vrai que dans les cas les plus simples le singulier c'est l'extrémité. Il change de signe à cet endroit. oh la la . avec les cols. Enfin quatrième type de singularité : les centres autour desquels les courbes se présentent sous forme de cycle fermé. au voisinage de ce point. pitié. c'est le trou. Deuxième type de singularité: les noeuds où viennent se croiser une infinité de courbes définies par l'équation. Ça veut dire quoi ? En quoi est-ce que la singularité est liée au calcul différentiel ? C'est que le point singulier c'est le point au voisinage duquel le rapport différentiel dy/dx change de signe. Troisième type de singularité : les foyers autour desquels ces courbes tournent en s'en rapprochant à la façon d'une spirale. Vous savez. c'est à dire où il s'agit de déterminer des droites ou des surfaces rectilignes. C'est le thème du minimum et du maximum que vous retrouvez là. mon Dieu .. Il y a un mémoire de Poincarré sur les équations différentielles. et des travaux mathématiques. Donc le domaine des singularités est à proprement parler comme infini. un de ses grand mérites mathématiques est d'avoir poussé la théorie des singularités en rapport avec la théorie des fonctions ou des équations différentielles. je te laisserai parler une heure quand tu veux. tel que vous allez définir le singulier en fonction des problème curvilignes en rapport avec le calcul différentiel. Il y a deux sortes de travaux de Poincarré. parler c'est fragile.Gilles râle :. sommet relatif d'une courbe avant qu'elle ne descende. Et Poincarré dans la suite du mémoire explique que. C'est vraiment comme une espèce d'astrologie de géographie mathématique. ou point singulier et point régulier. Tout cet ensemble consiste à dire : voyez l'espèce de relation entre singulier et ordinaire... Il est lui-même avant tout mathématicien. Par exemple : sommet. Pitié . dans d'autres cas simples c'est le maximum ou le minimum ou même les 36 . Vous voyez qu'on est allé du plus simple au plus complexe : au niveau d'un simple carré.

il faut bien que nous ayons des petites perceptions de chaque vague. ce seront les partisans de l'indéfini. que par exemple je vois du rouge. ce sont des perceptions inconscientes. Ce que nous saisissons par la perception consciente c'est des totalités relatives. Or il faut bien qu'il y ait des parties puisqu'il y a du tout : ça c'est un raisonnement que Leibniz fait constamment. mais Leibniz pour d'autres raisons pense que l'infini est actuel. Il faut qu'il y ait du simple puisqu'il y a du composé. j'entends le bruit de la mer. or loin que ça s'oppose. Donc je dis que la théorie des singularités est inséparable d'une théorie ou d'une activité de prolongement. mais je remarque juste que dans tous les textes de Leibniz il y a toujours deux arguments distincts qu'il est amené perpétuellement à faire coexister : un argument fondé sur la causalité et un argument fondé sur les parties. Pourquoi le faut-il ? Pourquoi il faut ? Leibniz donne deux raisons : c'est que nos aperceptions. Cette fois-ci les gouttelettes ne sont plus les parties qui composent la vague. Voilà donc que nos perceptions conscientes baignent dans un flux de petites perceptions inconscientes. Ce sont des perceptions. Vous me direz qu'il n'y a pas grande différence. nous l'appelons aperception. à savoir une singularité où quelque chose change. il le fait aussi bien cette fois-ci. Car en effet c'est la perception que j'aperçois. il l'érige à la hauteur de principe. il faut bien qu'il y ait du simple si il y a du composé. vous comprenez ce qu'il veut dire ? Il veut dire qu'il n'y a pas d'indéfini. Je dirais que la continuité ou le continu c'est le prolongement d'un point remarquable sur une série ordinaire jusqu'au voisinage de la singularité suivante. non pas en invoquant un principe de totalité mais un principe de causalité : ce que nous percevons c'est toujours un effet. les singularités développent là des rapports de plus en plus complexes au niveau des courbes de plus en plus complexes. comme apercevoir. Rapport cause-effet et rapport partie-tout. Leibniz nous dit qu'il faut bien dès lors qu'il y ait des perceptions inconscientes dont nous ne nous apercevons pas. et bien plus de chaque goutte d'eau. nos perceptions conscientes sont toujours globales. bien plus on devrait leur réserver un nom spécial parce qu'elles sont conscientes. mais interviennent comme les causes qui produisent un effet. Pourquoi ? C'est une espèce d'exigence logique. C'est d'autant plus bizarre que pour obtenir cette définition du continu je me suis servi de ce qui en apparence introduit une discontinuité. c'est un point au voisinage duquel le rapport différentiel change de signe. c'est elle qui me permet cette définition approximative. donc il faut bien qu'il y ait du ??????? Dès lors puisque nous percevons le bruit global de la mer quand nous sommes assis sur la plage. 37 . On les appelle les petites perceptions. et on va voir ce qu'il veut dire. Est-ce que ce ne serait pas des éléments pour une définition possible de la continuité.deux à la fois. Une aperception ça signifie une perception consciente. Il y a des gens qui penseront que tout est composé à l'infini. et ça va si peu de soi que ça implique l'infini actuel. c'est à dire la perception perçue comme telle par un moi. et ça ne va pas de soi. Du coup je suis très content parce que j'ai enfin une première définition hypothétique de ce qu'est le continu. Le même raisonnement au niveau du tout et des parties. Je retiens la formule suivante : une singularité est un point prélevé ou déterminé sur une courbe. et le point singulier a pour propriété de se prolonger sur toute la série des ordinaires qui en dépendent jusqu'au voisinage des singularités suivantes. Ce dont nous nous apercevons c'est toujours d'un tout. C'est la perception douée de conscience. il faut bien qu'il y ait des causes. Leibniz nous dit que nous savons tous que nous avons des perceptions. comme il dit sommairement. Et il faut bien que les causes soient elles-mêmes perçues sinon l'effet ne serait pas perçu. et les vagues les parties qui composent la mer.

elles s'enveloppent en infinité de petites perceptions. dans la descendance de Freud se trouvera des phénomènes très bizarres de retour à une conception leibnizienne. c'est un exemple qui revient tout le temps chez Leibniz. Mais je les vis. Mais comprenez qu'il ne peut pas simplement dire ça de la perception. A ce moment-là. je ne les perçois pas. mais les grands moments c'est lorsque l'expérience vient confirmer l'exigence des grands principes. mais elles sont là. Or. mais très bizarrement elle devient conscience infiniment petite des petites perceptions inconscientes. il raconte son retour et le fourmillement de petites perceptions. Cherchons des expériences de pensée : on n'a même pas besoin de faire cette expérience de pensée. Lorsque se fait la très belle coïncidence des principes et de l'expérience. qui se dilue parce qu'elle perd conscience de soi. tout est comme il faut. Il y a une psychologie signée Leibniz. Est-ce qu'il faut dire cela seulement de la perception ? Non. on sait que c'est comme ça. Tout ça pour dire ce qu'il y a de nouveau dans Freud : ce n'est évidemment pas l'hypothèse d'un inconscient qui a été faite par de nombreux auteurs. génie de Leibniz. Ça a été une des premières théories de l'inconscient. Quand ma conscience se relâche. c'est du plein Edgar Poe. Et là à nouveau. la philosophie connaît le moment de son bonheur. l'appétit. il y a un vécu inconscient. les petites perceptions forcent la porte de ma conscience et m'envahissent. en vertu des principes et de leur exigence. C'est un texte très célèbre de Rousseau dans les "Rêveries d'un promeneur solitaire". Ce n'est pas que ces petites perceptions cessent d'être inconscientes. mais ça je le dirai tout à l'heure. l'âme a deux facultés fondamentales : l'aperception consciente qui est donc composée de petites perceptions inconscientes. qui est le retour à la connaissance. le désir. encore le sommeil sans rêve où il y a plein de petites perceptions. Je ne les représente pas . simplement on est réduit aux petites perceptions. On me donne un grand coup sur la tête : l'étourdissement. la mort ce n'est rien d'autre qu'un enveloppement. et ce qu'il appelle l'appétition. dit-il. car selon Leibniz. Et nous sommes faits de désirs et de perceptions. Leibniz va beaucoup plus loin et dit : est-ce que ce ne serait pas ça la mort ? Ça va poser des problèmes en théologie. même si c'est le malheur du philosophe personnellement. non pas qu'elles envahissent ma conscience. elles ne deviennent pas aperceptions puisque je suis envahi dans ma conscience que lorsque ma conscience est désorganisée. Or. J'en ai presque assez dit pour que vous compreniez en quoi c'est une conception de l'inconscient qui n'a absolument rien à voir avec celle de Freud. je m'évanouis et un flot de petites perceptions inconscientes arrive : une rumeur dans ma tête. En d'autres termes. un flot de petites perceptions inconscientes m'envahit. c'est moi qui cesse d'être conscient. Je suis étourdi. Si les 38 . elles fourmillent. je suis donc envahi par les petites perceptions qui ne deviennent pas pour autant des perceptions conscientes. il fera la cruelle expérience de s'évanouir ayant reçu un gros coup. Et encore une fois. mais c'est ma conscience qui s'étend. Et à ce moment-là le philosophe dit : tout est bien . la mort ce serait une catalepsie. Dans quels cas. alors on cherche par la pensée le type d'expérience qui correspond au principe : l'évanouissement. l'appétition c'est l'appétit conscient. il faut que ce soit comme ça logiquement. La mort ce serait l'état d'un vivant qui ne cesserait pas de vivre.D'une part. les perceptions cessent d'être développées en perceptions conscientes. mais c'est la manière dont Freud conçoit l'inconscient. Ce serait ça la mort. qui perd tout son pouvoir propre. Ou bien. Alors il faudrait que l'expérience me montre que dans certaines conditions de désorganisation de ma conscience. Rousseau connaissait Leibniz.

on mange tous des qualités sensibles. "j'ai faim". C'est ça le problème de l'instinct.perceptions globales sont faites d'une infinité de petites perceptions. Les peties différentielles sont les différentielles de la perception consciente. la quantité de protides nécessaire à l'équilibre de leur milieu intérieur. et Turro dit que quand on dit "j'ai faim". il fit un livre intitulé en français : "Les origines de la connaissance" (1914) et ce livre est extraordinaire. faim de graisse. Le carnivore ne mange pas de protides.. Et leur milieu intérieur c'est quoi ? Le milieu intérieur c'est le milieu de toutes les petites perceptions et petites appétitions. etc . Vous voyez que les mille petites appétitions c'est les mille faims spécifiques. pourtant elle ne mange pas n'importe quel vert puisqu'elle reconnaît le vert de l'herbe et qu'elle ne mange que le vert de l'herbe. à laquelle correspond une petite appétition chez celui qui a soif. Qu'est-ce que ça veut dire ? Au début du vingtième siècle. Quand je dis "j'ai faim". il mange le truc qu'il a vu. mais c'est rare. Cette psychologie à la Leibniz invoque les petites appétitions qui investissent des petites perceptions. ou tout ce qui se mélange. Vous voyez que les appétitions ce sont les vecteurs correspondants aux petites perception. dit Turro. petite faim de protides qui passe à petite faim de graisses. Et Turro continue car il y a tout de même quelque chose de bizarre au niveau animal : comment l'animal sait-il ce qu'il lui faut ? L'animal voit des qualités sensibles. La vache mange du vert. Quelle drôle de communication entre la conscience et l'inconscient. De quoi est composée la faim comme substance globale ? De mille petites faims : faim de sels. l'intégrale ou l'intégration de ces mille petites faims spécifiques. Qu'est-ce que vous faites des enfants mangeurs de terre ? Par quel miracle est-ce qu'ils mangent de la terre alors qu'ils ont besoin de la vitamine dont cette terre contient ? Ça doit être de l'instinct. sauf les erreurs tragiques ou comiques qu'invoquent toujours les ennemis de l'instinct: les chats. Elle ne mange pas de l'herbe. faim de sels minéraux. mais lorsque je dis "j'ai faim". faim de substances protéiques. Chaque espèce mange à peu près ce qu'il lui faut. Turro disait que quand on dit "j'ai faim" . même sans le savoir.. il ne voit pas des protides. 39 . Le problème de l'instinct. c'est ce qu'il appelle une sensation globale. Notre conscience en reste aux perceptions globales et aux gros appétits. c'est vraiment un résultat global. La goutte de la mer à laquelle correspond la goutte d'eau. j'ai soif".il a une formation purement biologique -. il y a toutes sortes de passages. et ça va faire quel monde ? On ne cesse de passer d'une petite perception à une autre. ma petite faim de sel qui passe à une autre faim. au niveau le plus simple. par exemple. Il emploie ses concepts : la faim globale et les petites faim spécifiques. il se précipite dessus et mange ça. il s'appelait Turro. j'ai soif. Et lorsque je dis "mon Dieu. ça devient un inconscient très bizarre. C'est des monstres! Mais même Dieu a fait les monstres en harmonie. qui vont juste manger ce qui va les empoisonner. la perception consciente est l'intégration des petites perceptions. qu'est-ce que je fais ? J'exprime grossièrement un résultat global des mille et mile petites perceptions qui me travaillent. c'est : comment est-ce que ça s'explique que les bêtes mangent à peu près ce qui leur convient ? En effet. les bêtes dans un repas mangent la quantité de graisses. Il dit que la faim comme phénomène global c'est un effet statistique. la petite appétition fait l'investissement psychique de la petite perception. petite faim de protides. je fais à la lettre. et des mille et mile petites appétitions qui me traversent. les appétitions ou gros appétits sont faits d'une infinité de petites appétitions. de métamorphoses. la quantité de sel. et on se dit que c'est Leibniz qui s'est réveillé -. c'est des hétérogènes. Très bien. un grand biologiste espagnol tombé dans l'oubli.

Alors qu'est-ce que c'est que le statut de la vie psychique inconsciente ? Il est arrivé à Leibniz de rencontrer la pensée de Locke, et Locke avait écrit un livre qui s'appelait "Essai sur l'entendement humain". Leibniz avait été très intéressé par Locke, surtout qu'il trouvait que Locke se trompait en tout. Leibniz s'était amusé à faire un gros livre qu'il avait intitulé "nouveaux essais sur l'entendement humain" et où, chapitre par chapitre, il montrait que Locke était un débile. Il avait tort, mais c'était une grande critique. Et puis il ne l'a pas publié. Il a eu une réaction morale très honnête de sa part, parce que, entre temps, Locke est mort. Tout son gros livre était fini et il l'a laissé de côté, il l'a envoyé à des copains. Je raconte tout ça parce que Locke, dans ses pages les meilleures, construit un concept dont je vais dire le mot anglais "uneasyness". C'est, sommairement, le malaise, l'état de malaise. Et Locke essaie d'expliquer que c'est ça le grand principe de la vie psychique. Vous voyez que c'est très intéressant parce que ça nous sort des banalités sur la recherche du plaisir ou du bonheur. Locke, en gros, dit que c'est bien possible qu'on cherche son plaisir, qu'on cherche son bonheur, peut-être que c'est possible, mais que ce n'est pas ça; il y a une espèce d'inquiétude du vivant. Inquiétude, ce n'est pas non plus l'angoisse. Il lance le concept psychologique d'inquiétude. On est ni assoiffé de plaisir, ni assoiffé de bonheur, ni angoissé, il a l'impression qu'on est avant tout inquiet. On ne reste pas en place. Et Leibniz, dans une très belle page, dit qu'on peut toujours essayer de traduire ce concept, mais que finalement très difficile à traduire; ce mot marche bien en anglais, un Anglais voit tout de suite ce que c'est. Nous, on dirait quelqu'un de nerveux. Vous voyez comment il emprunte à Locke et comment il va le transformer : ce malaise du vivant, c'est quoi ? Ce n'est pas du tout le malheur du vivant. C'est que, même quand il est immobile, quand il a sa perception consciente bien cadrée, ça fourmille : les petites perceptions et les petites appétitions qui investissent les petites perceptions fluentes, perceptions fluentes et appétits fluents ne cessent pas de bouger, et c'est ça. Alors, si il y a un Dieu, et Leibniz est persuadé qu'il y a Dieu, cette uneasyness est si peu un malheur qu'elle ne fait qu'un avec la tendance à développer le maximum de perception, et le développement du maximum de perception définira une espèce de continuité psychique. On retrouve le thème de la continuité, c'est à dire un progrès indéfini de la conscience. En quoi est-ce qu'il y a malheur ? C'est qu'il peut toujours y avoir de mauvaises rencontres. C'est comme la pierre lorsqu'elle tend à tomber: elle tend à tomber suivant une voie qui est la voie droite par exemple, et puis elle peut rencontrer un rocher qui l'effrite ou qui la fait éclater. C'est vraiment un accident lié à la loi de la plus grande pente. Ça n'empêche pas que la loi de la plus grande pente c'est le meilleur. On voit bien ce qu'il veut dire. Voilà donc un inconscient défini par les petites perceptions, et les petites perceptions c'est à la fois des perceptions infiniment petites et les différentielles de la perception consciente. Et les petits appétits c'est à la fois des appétits inconscients et les différentiels de l'appétition consciente. Il y a une genèse de la vie psychique à partir des différentielles de la conscience. D'où l'inconscient leibnizien c'est l'ensemble des différentielles de la conscience. C'est la totalité infinie des différentielles de la conscience. Il y a une genèse de la conscience. L'idée des différentielles de la conscience c'est fondamental. La goutte d'eau et l'appétit pour la goutte d'eau, les petites faims spécifiques, le monde de l'étourdissement. Tout ça, ça fait un drôle de monde. J'ouvre une parenthèse très rapide. Cet inconscient-là a une longue histoire dans la philosophie. En gros on peut dire que c'est en effet la découverte et la mise en théorie d'un inconscient proprement différentiel. Vous voyez que cet inconscient est très lié à l'analyse

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infinitésimale, c'est pour ça que je disais un domaine psycho-mathématique. De même qu'il y a des différentielles de la courbe, il y a des différentielles de la conscience. Les deux domaines, le domaine psychique et le domaine mathématique symbolisent. Si je cherche la lignée, c'est Leibniz qui lance la grande idée, la première grande théorie de cet inconscient différentiel, ensuite ça ne cessera pas. Il y a une très longue tradition de cette conception différentielle de l'inconscient à base de petites perceptions et petites appétitions. Ça culminera avec un très grand auteur qui a été toujours bizarrement méconnu en France, un postromantique allemand qui s'appelle Fechner. C'est un disciple de Leibniz qui développera la conception de l'inconscient différentiel. Qu'est-ce qu'a apporté Freud ? Certainement pas l'inconscient qui avait déjà une très forte tradition théorique. Ce n'est pas que pour Freud il n'y ait pas de perceptions inconscientes, il y a aussi des désirs inconscients. Vous vous rappelez que pour Freud il y a l'idée que la représentation peut être inconsciente, et en un autre sens l'affect aussi peut être inconscient. Ça répond à perception et appétition. Mais la nouveauté de Freud c'est qu'il conçoit l'inconscient - et là je dis une chose vraiment élémentaire pour marquer une grosse différence -, il conçoit l'inconscient dans un rapport de conflit ou d'opposition avec la conscience, et non pas dans un rapport différentiel. C'est complètement différent de concevoir un inconscient qui exprime des différentiels de la conscience ou de concevoir un inconscient qui exprime une force qui s'oppose à la conscience et qui entre en conflit avec elle. En d'autres termes, chez Leibniz, il y a un rapport entre la conscience et l'inconscient, un rapport de différence à différences évanouissantes, chez Freud il y a un rapport d'opposition de forces. Je pourrais dire que l'inconscient attire des représentations, il les arrache à la conscience, c'est vraiment deux forces antagonistes. Je pourrais dire que philosophiquement Freud dépend de Kant et de Hegel, c'est évident. Ceux qui avaient orienté explicitement l'inconscient dans le sens d'un conflit de volonté, et non plus de différentiel de la perception, c'était l'école de Schaupenhauer que Freud connaît admirablement et qui descendait de Kant. Donc il faut sauvegarder l'originalité de Freud, sauf qu'en effet il a bien une préparation dans certaines philosophies de l'inconscient, mais ce n'est certainement pas le courant leibnizien. Donc notre perception consciente est composée d'une infinité de petites perceptions. Notre appétit conscient est composé d'une infinité de petits appétits. Leibniz est en train de faire une opération bizarre, et si on ne se retenait pas, on aurait envie de protester tout de suite. On pourrait lui dire, d'accord, la perception a des causes, par exemple ma perception du vert, ou ma perception d'une couleur quelconque, elle implique toutes sortes de vibrations physiques. Et ces vibrations physiques ne sont pas elles-mêmes perçues. Qu'il y ait une infinité de causes élémentaires dans une perception consciente, de quel droit Leibniz en conclut-il que ces causes élémentaires soient elles-mêmes objets de perceptions infiniment petites, pourquoi ? Et qu'est-ce qu'il veut dire quand il dit que notre perception consciente est composée d'une infinité de petites perceptions, exactement comme la perception du bruit de la mer est composée de la perception de toutes les gouttes d'eau ? Si vous regardez de près les textes, c'est très curieux car ces textes disent deux choses différentes, dont l'une est manifestement dite par simplification et l'autre exprime la vraie pensée de Leibniz. Il y a deux rubriques : les unes sont sous la rubrique partie-tout, et à ce moment-là ça veut dire que la perception consciente est toujours celle d'un tout, cette perception d'un tout suppose non seulement des parties infiniment petites, mais suppose que ces parties infiniment petites soient elles-mêmes perçues. Donc la formule : la perception consciente est faire de petites perceptions, je dis que dans ce cas là "est fait de " c'est pareil que "être composé de". Leibniz s'exprime très souvent ainsi. Je prends un texte "Autrement on

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ne sentirait point le tout" ... si il n'y avait pas ces petites perceptions, on n'aurait pas conscience du tout. L'organe des sens opère une totalisation des petites perceptions. L'oeil c'est ce qui totalise une infinité de petites vibrations, et dès lors compose avec ces petites vibrations une qualité globale que j'appelle le vert, ou que j'appelle le rouge, etc ... Le texte est net, il s'agit du rapport tout-parties. Quand Leibniz veut aller vite, il a tout intérêt à parler comme ça, mais quand il veut vraiment expliquer les choses, il dit autre chose, il dit que la perception consciente dérive des petites perceptions. Ce n'est pas la même chose est composé de ou dérive de. Dans un cas vous avez le rapport parties-tout, dans l'autre cas vous avez un rapport d'une toute autre nature. Quelle autre nature ? Le rapport de dérivation, ce qu'on appelle une dérivée. Ça aussi ça nous ramène au calcul infinitésimal : la perception consciente dérive de l'infinité des petites perceptions. A ce moment-là je ne dirais plus que l'organe des sens totalise. Remarquez que la notion mathématique d'intégrale réunit les deux : l'intégrale c'est ce qui dérive de et c'est aussi ce qui opère une intégration, une espèce de totalisation, mais c'est une totalisation très spéciale, ce n'est pas une totalisation par additions. On peut dire sans risque de se tromper, que même, bien que Leibniz ne le signale pas, ce sont les seconds textes qui ont le dernier mot. Lorsque Leibniz nous dit que la perception consciente est composée de petites perceptions, ce n'est pas sa véritable pensée. En revanche, sa véritable pensée c'est que la perception consciente dérive des petites perceptions. Qu'est-ce que ça veut dire "dérive de " ? Voilà un autre texte de Leibniz : "La perception de la lumière ou de la couleur dont nous nous apercevons, i.e la perception consciente - est composée de quantité de petites perceptions sont nous ne nous apercevons pas, et un bruit dont nous ne nous apercevons pas, et un bruit dont nous avions perception mais où nous ne prenons point garde devient aperceptible - i.e passe à l'état de perception consciente -, par une petite addition ou augmentation". On ne passe plus des petites perceptions à la perception consciente par totalisation comme le suggérait la première forme de texte, on passe des petites perceptions à la perception consciente globale par une petite addition. On croyait comprendre et du coup on ne comprend plus rien. Une petite addition, c'est l'addition d'une petite perception; alors on passe des petites perceptions à la perception globale consciente par une petite perception ? On se dit que ça ne va plus. Du coup, on a tendance à se rabattre sur l'autre sorte de texte, au moins c'était plus clair. C'était plus clair mais insuffisant. Les textes suffisants sont suffisants mais on n'y comprend plus rien. Situation délicieuse, sauf si on tombe par hasard sur un texte voisin où Leibniz nous dit :"il faut considérer que nous pensons à quantité de choses à la fois. Mais nous ne prenons garde qu'aux pensées qui sont les plus distinguées ...." Car ce qui est remarquable doit être composé de parties qui ne le sont pas - là Leibniz est en train de tout mélanger, mais il fait exprès. Nous qui ne sommes plus innocents, on a repéré le mot "remarquable", et on sait que chaque fois qu'il emploie notable, remarquable, distingué, c'est dans un sens très technique, et en même temps il met de la bouillie partout, car l'idée qu'il y a du clair et du distinct, depuis Descartes, c'était une idée qui courait partout. Lui, glisse son petit "distingué", les pensées les plus distinguées. Comprenez le distingué, le remarquable, le singulier. Alors qu'est-ce que ça veut dire : nous passons des petites perceptions inconscientes à la perception consciente globale par une petite addition. Alors évidemment ce n'est pas n'importe quelle petite addition. Ce n'est ni une autre perception consciente, ni une petite perception inconsciente de plus. Alors qu'est-ce qu'il veut dire ? Il veut dire que vos petites perceptions forment une série d'ordinaires, une série dite régulière : toutes les petites gouttes d'eau, perceptions élémentaires, perceptions infinitésimales. Comment est-ce que vous passez à la perception globale du bruit de la mer ?

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C'est lorsque la série des petites gouttes d'eau perçues s'approche ou entre dans le voisinage d'un point singulier. j'opère une singularisation. Ce qui est différentiel ce n'est pas dy par rapport à y car dy par rapport à y ce n'est rien. La réponse c'est que j'arrive à un voisinage d'un point remarquable. dans Young par exemple. Jamais on ne penserait à faire une objection. Quand je faisais allusion à la posétité de Freud. c'est à dire change de signe. C'est le rapport différentiel de l'excitant et de mon corps biologique qui va permettre de définir le voisinage de la singularité. C'est ça le rapport différentiel de la perception. Il faut aimer juste assez un auteur pour savoir qu'il ne se trompe pas. Ce n'est plus du tout un rapport de parties. c'est à dire que le signe s'inverse. Les vibrations et les molécules de mon corps. ça ne peut pas être non plus l'addition d'une perception consciente puisqu'à ce moment-là la conscience serait présupposée. Vous comprenez qu'à ce niveau on ne peut plus parler exactement de petites perceptions. C'est le rapport de l'excitation physique à mon corps biologique. c'est à dire les passages du conscient à l'inconscient et de l'inconscient au conscient. c'est aussi une manière de parler car ce qui est différentiel ce n'est pas les éléments. Dans ce cas de la perception. il y a tout un côté leibnizien. C'est ça qui travaille dans l'infiniment petit. Qu'est-ce que ça veut dire ? Viennent les textes qui paraissent les plus complets de Leibniz. Depuis le début on traîne l'idée que de petites éléments. donc je n'opère pas une totalisation. ce n'est pas dx par rapport à x. quel est le rapport différentiel ? Pourquoi est-ce que ce n'est pas des éléments mais bien des rapports ? Ce qui détermine un rapport c'est précisément un rapport entre les éléments physiques et mon corps. les inversions de signes renvoient à un inconscient différentiel et pas à un inconscient d'opposition. c'est commode à dire. et ce qu'il réintroduit pour la plus grande colère de Freud. On parlera du rapport différentiel entre l'excitation physique et l'état physique en l'assimilant franchement à dy/dx peu importe. Voyez en quel sens Leibniz pourrait dire que les inversions de signes. Réponse du commentateur : d'accord. qu'il parle comme ça pour aller vite. A niveau de la singularité des croissances ou des décroissances. Or la perception devient consciente quand le rapport différentiel correspond à une singularité.Première réponse : par globalisation-totalisation. Deuxième réponse : je passe par une petite addition. Vous vous rappelez qu'au niveau des points singuliers le rapport différentiel change de signe. c'est un rapport de dérivation. C'est une vision tout à fait différente parce qu'à ce moment une grande partie des objections qu'on fait à l'idée d'un inconscient différentiel tombe. Ça ne peut pas être l'addition d'une petite perception ordinaire ou régulière. Par exemple quand l'excitation se rapproche suffisamment. Leibniz est en train d'engrosser Freud sans le savoir. C'est la molécule d'eau la plus proche de mon corps qui va définir la petite augmentation par laquelle l'infini des petites perceptions devient perception consciente. Vous avez donc dy et dx. Ce qui est différentiel c'est dy/dx. d'un point remarquable que la perception devient consciente. car dx par rapport à x ce n'est rien. le rapport différentiel change de signe. et c'est par là que Freud 43 . c'est le rapport.

qu'il y a dans notre monde des discontinuités. et celles de b à a. alors vous avez une discontinuité. Il les a dispersées. encore une fois. vous direz qu'il y a continuité lorsque les valeurs des deux séries ordinaires. vous le prenez comme centre d'un cercle. il a composé le monde choisi sous cette forme. vous prenez a comme centre d'un cercle qui s'arrête ou dont la périphérie est au voisinage de la singularité b. Ça veut dire quoi ? On a l'impression. Vous direz qu'un monde est constitué par une continuité de continuité. Lorsqu'il y a coïncidence des valeurs des deux séries ordinaires comprises dans les deux cercles. Je reviens à mon exemple du carré avec ses quatre singularités. si bien que la vie psychique tout comme la courbe mathématique sera soumise à une loi qui est celle de la composition du continu. Si les séries des ordinaires qui dérivent des singularités divergent. Dernière définition : qu'est-ce que l'incompossible ? Lorsque les séries divergent. seulement il a dispersé les continuités puisque c'est des continuités de continuités. Le cas la plus simple d'une continuité c'est une ligne droite. Quel cercle ? Jusqu'au voisinage de l'autre singularité. On tient la formule de la compossibilité. celles de a à b. Une discontinuité est définie lorsque les séries d'ordinaires ou de réguliers qui dérivent de deux points singuliers divergent. calcul du maximum. à ce moment-là ça ne peut plus faire partie du même monde. Donc vous pouvez construire une continuité faite de continuité. En d'autres termes. dans le carré abcd. Pourquoi on ne le voit pas ? Pourquoi faut-il toute cette exploration de l'inconscient ? Parce que. Et ça il le doit à la tradition du romantisme allemand qui est très lié aussi à l'inconscient de Leibniz. coïncident. non seulement l'univers du symbole mathématique.estime que Young trahit absolument la psychanalyse. Vous avez une loi de composition du continu qui est psyho-mathématique. Vous faites la même chose avec b : vous tracez un cercle qui s'arrête au voisinage de la singularité a et vous tracez un autre cercle qui s'arrête au voisinage de la singularité c. A partir de là on n'a plus qu'une seule question : qu'est-ce que le compossible et l'incompossible ? Ça en dérive tout droit. C'est la composition du continu. exemple : le carré. lorsque vous ne pouvez plus composer la continuité de ce monde avec la continuité de cet autre monde. La perversité de Dieu c'est que il a choisi le monde qui impliquait le maximum de continuité. c'est un point. Troisième définition : le monde existant est le meilleur ? Pourquoi ? Parce que c'est le monde qui assure le maximum de continuité. des ruptures. Vous pouvez construire une continuité de continuité. il a choisi le monde et fait passer à l'existence le monde qui impliquait le maximum de continuité. des sauts. Avec votre système de cercles qui se coupent. Donc on passe des petites perceptions à la perception inconsciente par addition d'un quelque chose de notable. mais l'univers de la perception. c'est à dire lorsque la série des ordinaires arrive au voisinage de la singularité suivante. Dans un terme admirable. de la conscience et de l'inconscient. vous avez une continuité. de singularité en singularité. Ces cercles se coupent. Dieu est pervers. c'est un inconscient de type différentiel. mais justement il y a aussi continuité des lignes non droites. Vous allez comme ça construire. Divergence dans les séries d'ordinaires qui dépendent des singularités. Et que ceci travaille. Vous prenez une singularité. il dit qu'on a l'impression 44 . ce que vous pourrez appeler une continuité. Il y a composition du continu puisque le continu est un produit : le produit de l'acte par lequel une singularité se prolonge jusqu'au voisinage d'une autre singularité. dit Leibniz. Quatrième définition : qu'est-ce que le compossible ? Un ensemble de continuités composées.

il a présenté un monde au contraire très tranché. ne 45 . Le concept de singularité vous ne pouvez le saisir que au travers d'un minimum d'appareils mathématiques : les points singuliers par opposition aux points ordinaires ou réguliers.. les séries de points réguliers qui dérivent de deux singularités et lorsque leurs valeurs coïncident. On passe notre temps à dire que les bêtes n'ont pas d'âme (Descartes). mais il s'est bien gardé de les mettre sous nos yeux. pour des raisons qui sont les leurs. Ce fut un grand jour pour la philosophie lorsque quelqu'un a attiré son attention sur ce couple insolite. Un concept est toujours polyvoque. on aurait été moins vaniteux. lorsque Leibniz nous dit que singulier. C'est beaucoup plus intéressant si vous écoutez ce que disent les mathématiciens qui eux. Un concept c'est toujours quelque chose de très complexe. pour cacher tout le système des petites différences. etc . nécessairement. Pourquoi Dieu a-t-il choisi ce monde plutôt qu'un autre. Au besoin il les a mis dans d'autres planètes de notre monde. mais dans un concept philosophique il y a toutes sortes d'ordres différents qui nécessairement symbolisent. il a une tête mathématique et il a une tête d'expérience de pensée. Mais rien du tout : il y a toutes les transitions. ou bien qu'elles ne parlent pas. alors qu'un autre était possible ? Réponse de Leibniz qui devient splendide : c'est parce que c'est le monde qui mathématiquement implique le maximum de continuité. au niveau d'expériences de pensée de type psychologique : qu'est-ce que l'étourdissement. c'est que Dieu n'a pas cessé de casser les continuités qu'il avait construites pour introduire de la variété dans le monde choisi. Certains d'entre nous ont l'impression qu'il y a un fossé entre l'homme et l'animal. dans l'autre cas. une rupture. Mais en fait il n'y en a pas. Et au niveau de la philosophie. qu'estce qu'un murmure. pas plus que les mathématiques ne deviennent philosophie. Je dirais que son inspiration est mathématique et il va faire une théorie philosophique. Lorsque Leibniz a lancé ce truc : singulier. Dans un cas vous avez la définition de la compossibilité. C'est forcé parce que Dieu. Il a une tête philosophique. Si on avait vu toutes les transitions entre la pire bête et nous. Or le concept de singularité a comme toutes sortes de langages qui se réunissent en lui. toutes les petites définitions. Leibniz ne fait pas des mathématiques à ce moment-là. Et c'est vrai de tous les concepts. Là on tient une relation spécifique qui est la compossibilité ou l'incompossibilité. mais en rapport avec ordinaire ou régulier. qu'est-ce que la rumeur. pensent singulier non pas en rapport avec universel. notamment toute une conception de la vérité qui est radicalement nouvelle puisque ça va consister à dire : ne faites pas trop attention à l'histoire du vrai et du faux. donc il y a toutes sortes de degrés intermédiaires entre l'animal et l'homme. a conçu le monde à choisir sous la forme du maximum de continuité. Alors il a proposé à notre organe des sens et à notre pensée débile. dans sa malice extrême. il n'y a pas de raison que vous l'opposiez simplement à l'universel. la construction de cette relation de compossibilité. Pourquoi ? Parce que finalement c'était bon. alors cette vanité est quand même bonne parce qu'elle permet à l'homme d'asseoir son pouvoir sur la nature. dans le cas de Leibniz. Finalement ce n'est pas une perversité de Dieu. voilà exactement l'acte de création. Ce n'est pas une philosophie mathématique. Je dirais encore une fois que la compossibilité c'est lorsque convergent les séries d'ordinaires. la définition de l'incompossibilité. La séance d'aujourd'hui on la met sous le signe du concept de singularité. c'était bon pour nous que nous puissions croire à l'excellence de notre domination sur la nature.qu'il y a des chutes de musique. et c'est uniquement en ce sens qu'il est le meilleur des mondes possibles.. et c'est ça que j'appelle une création en philosophie. sinon il y a discontinuité. des différences évanouissantes.

c’est le principe d’identité. Le premier principe que Leibniz se donne avec une justification rapide. vous n'avez pas de méthode de prolongement. Si le principe d’identité peut s’exprimer sous la forme« une chose est ce qu’elle est ». Il faut les deux : si vous n'avez que des points singuliers dans une pensée. si vous n'avez que des points ordinaires. je voudrais faire une troisième grande rubrique qui consisterait à montrer à quel point Leibniz organise d’une manière nouvelle. mais ne vous dites jamais qu’elle est difficile à acquérir. J’ai déjà un peu avancé. c’est l’identique. une ratio. il faut retrouver le cheminement de la déduction leibnizienne. Pour s’y repérer dans ses principes. DELEUZE . Une chose. Qu’est-ce que c’est que le principe d’identité? Tout principe est une raison. l’impossible c’est le contradictoire. c’est-à-dire le sens des 46 . C’est le minimum. A est A. ce n’est pas une besogne courante. je peux dire. qu’est-ce que c’est que la chose? Ce qu’est la chose. Si l’identité régit le rapport de la chose et de ce qu’est la chose. ça découle toujours de quelque chose de beaucoup plus profond. il invoque tout le temps des principes en leur donnant. Une chose est ce qu’elle est. pourquoi? Parce que ça montre qu’elle est la région gouvernée par le principe d’identité. le minimum qu’il se donne. d’une déduction philosophique. La règle des essences. Je dirais que le principe d’identité c’est la règle des essences. et qu’est-ce que c’est que l’incompossibilité? Qu’est-ce que c’est que ces deux relations? La relation de compossibilité. ou la terminologie du Moyen Age bien longtemps avant: ratio essendi. comme disaient les latins. Ce qui compte dans une pensée. parce que ce qui est vrai et ce qui est faux dans votre pensée. c’est que l’identité consiste à manifester l’identité propre entre la chose et ce que la chose est. Aujourd’hui. et la chose est identique à ce qu’elle est.demandez pas dans votre pensée ce qui est vrai et ce qui est faux. que les principes soient objets d’une déduction particulière. Créer des principes. Le possible. la relation d’incompossiblité. Et plus vous vous croyez vous-mêmes remarquable et moins vous pensez de points remarquables. et même crée de véritables principes. de l’analyse infinitésimale. ou ce qui revient au même. au besoin.LEIBNIZ 6 MAI 1980 La dernière fois. c’est la chose. elle éclate dans l'élément de la singularité. Ce troisième grand chapitre d’une introduction à une lecture possible de Leibniz. quelle ratio? C’est la ratio des essences ou. c’est mieux que A est A. c'est zéro. à savoir ce que la chose est identique à la chose. ça aussi ça ne va pas de soi. Il y a une telle richesse des principes chez Leibniz. même sommaire. Comment les définir? On a vu que ça nous posait toutes sortes de problèmes et que ça nous lançait dans l’exercice. Une chose est ce qu’elle est. du possible. Si bien que. En d'autres termes. Justement. Si vous ne savez pas assez précisément la rigueur des concepts. la pensée du singulier c'est la pensée la plus modeste du monde. on avait terminé sur la question: qu’est-ce que c’est que la compossibilité. Je prends ça comme exemple typique parce que je crois que c’est très difficile de faire de la philosophie si vous n’avez pas une certaine certitude terminologique. vous avez intérêt à penser autre chose. C’est exactement l’équivalent des gammes au piano. et la pensée elle. tout le monde l’a toujours appelée l’essence de la chose. je l’appellerai: « déduction des principes ». dans la mesure où le principe d’identité est une raison. c'est là que le penseur devient nécessairement modeste. et l'élément de la singularité c'est le concept. parce que le penseur c'est le prolongement sur la série des ordinaires. ne vous dites jamais que vous pouvez vous en passer. En effet. des noms qui n’existaient pas auparavant. c'est les points remarquables et les points ordinaires.

Le fait que la chose existe ou n’existe pas. Deuxième cas: inclusion: le triangle a trois côtés. et ça ce n’est pas bien parce qu’ils en ont fait une matière d’examen et non pas une matière d’études. elle a été prise en main par les professeurs de philosophie.grandes notions. Je peux toujours définir ce qu’est une chose indépendamment de la question de savoir si elle existe ou si elle n’existe pas. Formulation vulgaire du principe d’identité: la chose est ce que la chose est. à savoir l’identique. Par exemple je sais que la licorne n’existe pas. Deuxième principe: principe de raison suffisante. or. de la raison d’être. Quelle serait l’expression savante? Vous voyez qu’en apparence on est tout à fait en dehors du principe d’identité. c’est leur piano mental. la raison des essences ou la raison d’être. Qu’est-ce qu’une proposition analytique? C’est une proposition où le prédicat et le sujet sont identiques. c’est la ratio existendi. Exemple de proposition de réciprocité: le triangle a trois angles. on peut même compléter la formulation savante. Formulation savante du principe d’identité: toute proposition analytique est vraie. C’est la ratio existendi. de gammes. c’est pourquoi quelque chose plutôt que rien? C’est le cri de la ratio essendi. Donc il faut bien un principe qui nous fasse penser l’existant. Il faut bien que toute chose ait une raison. Ça nous renvoie à tout le domaine qu’on a repéré comme étant le domaine des existences. Il faut prendre ça comme exercice. mais il ne dit pas si la chose existe. En allant dans le détail des formules de Leibniz. il y a beaucoup de choses qui sont impliquées. c’est vrai. Les philosophes. implique avoir trois côtés. Ce n’est plus la question: pourquoi quelque chose plutôt que rien puisque le principe d’identité nous a assuré qu’il y avait quelque chose. identité de la chose et de son essence. et on dira que les propositions analytiques d’inclusion sont objets de démonstration. Avoir trois angles. mais c’est pourquoi ceci plutôt que cela? Quelle en serait l’expression vulgaire? On a vu que toute chose a une raison. lorsque je dis «le ciel est bleu». règle des essences. On dira que les propositions analytiques de réciprocité sont objets d’intuition. c’est tout à fait différent de ce qu’elle est. Chaque fois que je parle d’un principe selon Leibniz. La ratio correspondant au principe de raison suffisante.Toute proposition analytique est vraie soit deux cas: soit par réciprocité. dans le formulation vulgaire. à ce moment-là il n’y aurait rien. la raison d’exister. alors c’est très difficile. Pourquoi? Parce que le principe d’identité concerne l’identité de la chose et de ce qu’elle est. L’histoire de la philosophie ne peut être faite que par des philosophes . ratio essendi. ce rapport d’extériorité où la philosophie a besoin d’une pré-philosophie. Une formulation vulgaire et une formulation savante. Si il n’y avait pas d’identité. C’est un très beau moyen au niveau des principes. On trouve cette formulation savante chez Leibniz sous l’énoncé suivant: toute prédication. soit par inclusion. figure fermée ayant trois angles enveloppe. à quelle question répond-il? A quel cri répond le principe d’identité? Le cri pathétique qui constamment apparaît chez Leibniz qui correspond au principe d’identité. Vous voyez que déjà. c’est cela que le triangle est. En effet. je vais lui donner deux formulations. Une proposition analytique est vraie : A est A. le rapport nécessaire entre la pré-philosophie et la philosophie. Ce n’est plus: pourquoi quelque chose plutôt que rien. une identité conçue comme identité de la chose et de ce qu’est la chose. je peux dire ce qu’est une licorne. j’attribue bleu à ciel et j’opère une prédication). toute prédication a un fondement dans la nature des choses. Or en quoi est-ce que un principe qui nous paraît aussi vague que «tout a une raison» nous fait penser l’existant? C’est précisément la formulation savante qui va nous l’expliquer. inclus. c’est normal qu’ils aient leurs gammes à eux. ça veut dire l’activité du jugement qui attribue quelque chose à un sujet . Essayons de mieux comprendre comment toute prédication a un fondement dans la nature des 47 . Donc principe d’identité. hélas. Il faut changer l’air des catégories. ou du possible. ce n’est plus la ratio essendi.

c’est l’ensemble des affections. non seulement l’essence sera contenue dans la notion de la chose. les affections du type aimer. Quel est ce domaine? C’est le domaine de l’analyse infinie. cette réciprocation n’était possible que si l’on avait su porter l’analyse à l’infini. En effet. chaque notion individuelle – et l’existant c’est précisément l’objet. de retourner la formule de l’identité pour obtenir celle de la raison suffisante. inclus dans la notion de la chose. il n’y aurait aucune différence entre raison suffisante et identité. Troisième principe : est-ce que c’est vrai que la réciproque de la réciproque donnerait le premier? Pas sûr. que ce qui est important ce n’est pas du tout une manière. C’était énormément compliqué. C’est ça le principe de raison suffisante. si on la prend à la lettre. seulement il va y ajouter quelque chose: ce qui se dit d’une chose ce n’est pas seulement l’essence de la chose. de reprendre un principe célèbre. au contraire. la moindre des affections qui concernent la chose. pourquoi? La réciproque n’était possible. Lorsque Leibniz dit que tout a une raison. tout ce qui se dit d’une chose est compris. il y a tellement de points de vue. elle devient beaucoup plus étrange: tout ce qui se dit d’une chose doit être compris. toute proposition vraie – par exemple toute proposition qui consiste à attribuer à quelque chose un événement qui s’est effectivement produit et qui concerne le quelque chose –. le principe de raison suffisante c’est la réciproque du principe d’identité – seulement qu’est-ce qui s’est passé dans la réciproque? La réciproque a conquis un domaine radicalement nouveau. La formulation définitive du principe de raison suffisante est toute simple: toute proposition vraie est analytique. le concept d’analyse infinie est une notion absolument originale. Essayons de varier les formulations du principe de raison suffisante. et bien si c’est vrai. J’avais insisté là-dessus. Ça veut dire: tout ce qui se dit d’une chose. Donc. il faut bien que l’événement soit compris dans la notion de la chose. ce qui implique l’analyse infinie. haïr. Ça implique toute une technique. à ce niveau là. Seulement voilà. pour la raison suffisante. des événements qui se rapportent ou appartiennent à la chose. Tout a une raison signifie que tout ce qui arrive à quelque chose doit être contenu de toute éternité dans la notion individuelle de la chose. la technique de l’analyse différentielle ou du calcul infinitésimal. c’est-à-dire qui s’attribuent avec vérité à la chose vont être contenus dans la notion de la chose. alors que. principe de raison suffisante concernant les existences. Or la notion. qui est infini ? Certes pas. On l’a vu: franchir le Rubicon. inclus dans la notion de la chose. il ne veut pas du tout ça– ce serait le principe de causalité. c’est la prédication concernant cette chose. mais le moindre des événements. l’essence se dit de la chose. qu’on le veuille ou non. tout ce qui se dit d’une chose. Il suffisait de réciproquer. au niveau du principe d’identité. Autant dire: pour tout ce qui arrive ou pour toute chose il y a un concept. la réciproque a conquis le domaine des existences. J’en étais. contenu. Et c’est normal car la raison suffisante reprend tout l’acquis du principe d’identité. Il y aura un rapport analytique infini entre l’événement et la notion individuelle qui comprend l’événement.choses. Les événements. le corrélât d’une notion individuelle – chaque notion individuelle exprime le monde. Bref. Au contraire. Alors. ça ne veut pas dire du tout 48 . Vous voyez que la formule qui paraissait innocente tout à l’heure. Tout dépend. inclus dans la notion de la chose. pour Leibniz. l’ensemble de ce qui se dit d’une chose. Vous me direz que ce n’était pas compliqué. c’est quoi? Premièrement c’est l’essence. à tout ce qui arrive à une chose doit être compris. il faut bien que ce soit contenu dans la notion de César. il faut bien que ce soit contenu dans la notion du sujet qui éprouve ces affections. toute prédication a un fondement dans la nature des choses. on ne se trouvait que devant des analyses finies. contenu. En d’autres termes. Est-ce que ça consiste à dire que ça se passe uniquement dans l’entendement de Dieu. Voilà le principe de raison suffisante. il suffisait de réciproquer la formule de l’identité qui concerne les essences pour disposer d’un nouveau principe.

cris et chants. Ou il crie. Les gens qui chantent faux une philosophie. Qu’est-ce que c’est que le contradictoire. Qu’est-ce que c’est la réciproque? Pour une théorie du concept. etc. Pour toute chose il y a un concept. Qu’estce que c’est que la réciproque? En musique. La réciproque. De la même manière. elles ne sont abstraites que parce que vous n’avez pas su y repérer le moment où il crie. B renvoie à C. Le cri de Marie et le cri de Lulu. Plein de gens penseront que c’est le propre de l’existence de ne pas avoir de concept. ou un chant philosophique. c’est les deux grands opéras de Berg: il y a deux grands cris de mort. Tout a une cause. l’exemple qui me revient tout le temps. Là. au niveau de la pensée. Le chant de la raison suffisante: pour toute chose il y a un concept. je ne peux pas échapper à la réciproque. non. Donc le principe de raison suffisante est un dépassement du principe de causalité. Tout a une raison signifie qu’il faut rendre raison de la causalité elle-même. C’est en ce sens que le principe de causalité énonce seulement la cause nécessaire mais non pas la raison suffisante. Le grande amie de Lulu chante la mort. Quand on meurt on ne chante pas. et pourtant il y a quelqu’un qui chante autour de la mort : la pleureuse. les cris de faim. c’est une sirène. et puis les chants d’oiseaux. mais elle est complètement morte. il a beau écrire des pages très abstraites. une chose et une seule. C’est curieux. C’est fantastique. même acoustiquement: il y a un cri qui file en haut et il y a un cri qui rase la terre. si on ne le rapporte pas à des coordonnées qui sont des espèces de cris. Quand vous mettez des sirènes dans la musique. ça signifie A renvoie à B. « Tout a une raison » est un chant. Pour toute chose il y a un concept. Vous ne pouvez pas dire : le contradictoire quand c’est le contraire. Revenons au chant de la raison suffisante. je ne sais pas. Quand un philosophe est grand. il faudrait repartir du chant des oiseaux. Lorsque je dis pour toute chose il y a un concept (encore une fois ce n’est pas sûr du tout). Une harmonie des concepts. Et puis il y a le chant. qu’est-ce que ce serait la réciproque? Comprenez que réciproque n’a pas du tout le même sens. ça ne va pas du tout de soi. vous ne pouvez pas dire n’importe quoi.que tout a une cause. Il y a un cri là-dessous. Là. Si je reviens à la musique. La grande différence entre les cris et les chants – les cris d’alarme. Dans Woyzzeck c’est un si. Donc je peux énoncer le principe de raison suffisante sous la forme suivante: pour toute chose il y a un concept qui rend compte et de la chose et de ses rapports avec les autres choses. Je dirais que la signature d’un philosophe c’est pareil. des cris qui continuent. Chez Aristote il y a un traité de logique ancienne qui concerne uniquement le tableau des opposés. Les causes sont seulement des nécessités qui renvoient elles-mêmes et qui supposent des raisons suffisantes. à savoir tout a une raison signifie que le rapport que A entretient avec B doit être d’une manière ou d’une autre compris dans la notion de A. il y a des cris de pensée et des chants de pensée. Or les deux cris ne sont pas du même type. on pourrait harmoniser. etc. j’emploie le mot réciproque sans préciser. qu’est-ce que c’est que le subalterne. y compris de ses causes et de ses effets. C’est complexe. c’est: pour tout concept. Pourquoi est-ce la réciproque de « pour toute chose un concept »? Supposez que un concept ait deux choses qui lui correspondent. non. C’est une mélodie. On peut chanter faux une philosophie. Je reviens à ma formulation chantée du principe de raison suffisante. Tout comme le rapport que B entretient avec C doit être d’une manière ou d’une autre compris dans la notion de B. il y a une chose qui n’a pas de concept et à ce moment- 49 . ils la connaissent très bien. On peut parler interminablement. C’est signé Berg. qu’est-ce que c’est que le contraire. c’est le cri que vous y mettez. Et on peut expliquer acoustiquement quelle est la différence entre les cris et les chants. supposez que vous m’accordiez ça. on parlerait de séries rétrogrades. Cherchons la réciproque de « toute chose a un concept ». Les deux fois ce sont des cris de mort. Mais en dessous il y aurait les cris rythmiques: non. un cri qui fait horreur. Celui qui perd l’être aimé chante. Comment distinguer ces cris et ces chants? On ne peut pas comprendre comment se développe une philosophie comme chant.

Donc la vraie réciproque du principe de raison suffisante chez Leibniz s’énoncera comme ceci: pour tout concept une chose et une seule. il faut comprendre. la ratio comme ratio cognoscendi. En d’autres termes. il faut bien qu’il y ait deux concepts. mais c’est parce que vous n’allez pas assez loin dans l’analyse. Il n’y a de différence que conceptuelle. Le concept de goutte d’eau s’applique à toutes les gouttes d’eau. ce n’était pas le même sens car si vous vous rappelez l’énoncé du principe d’identité. je détruis la première. Un petit agneau n’a pas le même concept que le même concept individuel. Voyons les conséquences d’un tel principe. Il dit que évidemment vous. « pour tout concept il y a une chose et il n’y en a qu’une »? Là ça devient bizarre. à savoir pour toute chose un concept et pour tout concept une chose et une seule. Si il était vrai ce principe des indiscernables. à savoir toute proposition vraie est analytique: là il n’y a aucune nécessité. Là c’est très curieux car toute la logique classique elle est plutôt du type à nous dire que le concept comprend. ou toute différence est conceptuelle en dernière instance. car si un concept a deux choses. sinon il n’y aurait pas deux choses. Ce pourquoi la brebis reconnaît son petit agneau. Si je ne reconnais pas la seconde. Leibniz là est parfait. par nature. Ça veut dire qu’il n’y a pas deux choses absolument identiques. il n’y a pas deux feuilles d’arbre identiques. La réciprocation est absolument nécessaire. qu’est-ce que c’est? Vous sentez bien que ça consiste à dire qu’on ne connaît que par le concept. Dès que j’ai dit pour toute chose un concept. Il avait lui-même créé toute une méthode de l’analyse infinie. Là. Il a fait ce coup de force parce qu’il avait les moyens de faire le coup de force. il a fait un coup de force. Leibniz 50 . un autre petit agneau. mais si vous poussez l’analyse il y aura un moment où les concepts ne seront plus les mêmes.là c’est la raison suffisante qui est foutue. je réciproque et j’obtiens la raison suffisante. Leibniz le nomme principe des indiscernables. Sinon. On peut donc l’énoncer: il y a une chose par concept et une seule ou bien toute différence est conceptuelle en dernière instance. Je pourrais très bien dire qu’il y a des propositions vraies qui sont autres que analytiques. j’ai dit forcément qu’un concept avait nécessairement une chose et une seule. il y a nécessairement une chose par concept et une seule. si vous assignez une différence entre deux choses. en un drôle de sens. c’est à dire qu’il a poussé un cri. Ça signifie quoi. là la réciprocation est absolument nécessaire. à savoir toute différence est conceptuelle. à savoir toute proposition analytique est vraie.: comment la brebis reconnaît-elle son petit agneau ? Eux pensent que c’est par concept. Qu’est-ce que ça veut dire. Tandis que dans le cas passage de la raison suffisante au troisième principe que je n’ai pas encore baptisé. une pluralité infinie de choses. Je peux dire que toute proposition analytique est vraie sans que par là même il n’y ait de proposition vraie que analytique. Et si je lui fais correspondre une ratio. il délire avec ce principe. il y a quelque chose qui n’a pas de concept et donc je ne pouvais déjà plus dire « pour toute chose un concept ». Leibniz dit bien sûr. il y a nécessairement une différence dans le concept. à un moment fini. la raison comme raison de connaître. vous croyez que deux gouttes d’eau c’est identique. je ne peux pas dire l’un sans dire l’autre. Si vous avez deux choses. le principe des indiscernables me semble correspondre à la troisième ratio. si vous avez bloqué l’analyse du concept à un certain moment. C’est une réciproque. Qu’est-ce que c’est que ce principe: il n’y a qu’une seule chose. Il fallait la découvrir. il n’aurait pas pu. Donc quand Leibniz a fait sa réciprocation de l’identité. c’est par là que le concept va jusqu’à l’individu. il n’y a pas deux choses absolument identiques quant au concept? Ça veut dire qu’il n’y a pas deux gouttes d’eau identiques. Je ne peux pas dire « pour toute chose un concept ». Mais dans ce cas de réciprocation la raison suffisante et l’autre principe. Lorsque je disais que la raison suffisante c’était la réciproque du principe d’identité. En d’autres termes. Leibniz nomme ce principe principe des indiscernables. C’est un exemple de Leibniz. il n’y a de différence que conceptuelle. Elles ne peuvent pas avoir le même concept.

Il faut qu’il trouve une raison pour laquelle un corps est soit en tel nombre. Il oppose la force d’une part à la figure et à l’étendue d’autre part. elles ne font que le traduire imparfaitement. Qu’il n’y a pas de concept de l’étendue. Je compte les éléments d’un ensemble. C’est la force qui est le vrai concept. Ce sont de pures apparences. On a presque fait l’ensemble des distinctions non conceptuelles. Par le nombre seulement. Toutes les différences non conceptuelles ne font que traduire imparfaitement une différence conceptuelle de fond. A quoi s’engage Leibniz lorsqu’il nous dit non: il faudra bien qu’à toutes ces différences non conceptuelles correspondent des différences conceptuelles. trois gouttes. C’est la physique qui correspond au principe des indiscernables. Extension et mouvement. Ça veut dire quelque chose d’énorme pour la philosophie du XVIIe siècle. Cette fois-ci c’est une distinction spatio-temporelle du type ici-maintenant. c’est du pur phénomène. Qu’elle renvoie à quelque chose de plus profond. Je dirais que ce sont des distinctions par l’extension et le mouvement. elles n’ont pas le même concept. 51 . L’élévation de la vitesse au carré. je néglige leur individualité. Remarquez que dans la formule cartésienne. Descartes s’est trompé. Il y en a une qui est ici et l’autre qui est là-bas. Leibniz s’engage à une tâche de physique. Beaucoup de penseurs ont estimé cela. Deuxième type de distinction: je dis prenez cette chaise. Leibniz arrive et tranquillement nous dit non. par exemple. c’est la force. Quel autre type de différence que conceptuelle? On voit immédiatement: il y a des différences numériques. Il traduira ça très bien dans sa critique de Descartes lorsqu’il dira que la vitesse est un pur relatif. D’où l’importance de cette opération qui paraissait purement technique lorsqu’il dit que ce qui se conserve dans le mouvement ce n’est pas mv. c’est-à-dire que ce sont des moyens provisoires d’exprimer une différence d’une autre nature et cette différence est toujours conceptuelle. et cette autre chose qui est là à tel moment. Comprenez que ça engage Leibniz dans un drôle de truc rien qu’avec son principe des indiscernables. c’est la traduction du concept de force. Enfin il y a des distinctions de figure et de mouvement: toi qui a trois angles. ce qui se conserve dans le mouvement (mv – le produit de la masse par le mouvement) dépend étroitement d’une vision du monde où les corps se distinguent par la figure et le mouvement. La force. Descartes nous dit que les corps se distinguent entre eux par la figure et le mouvement. A savoir qu’il n’y a pas de substance étendue ou que l’étendue ne peut pas être une substance. il recrée complètement la physique des forces. la distinction numérique. soit ici et maintenant. la figure et l’étendue n’étant que des manifestations de la force. deux gouttes. Voilà un premier type de distinction très classique. deuxième goutte d’eau. Il y a la première et il y a la seconde. La chose qui est ici à tel moment. je les distingue par le nombre. Il faut donc que la figure et le mouvement trouvent leur raison dans quelque chose de plus profond– dès lors l’étendue n’a aucune suffisance. Que l’étendue. il a pris quelque chose de purement relatif pour un principe. Il faut qu’il montre que tous ces types de distinctions non conceptuelles – et en effet ce sont des distinctions non conceptuelles puisque deux choses peuvent se distinguer par le nombre alors qu’elles ont le même concept. Ce n’est pas par hasard que c’est le même qui fait une nouvelle physique. non. Qu’est-ce que ça veut dire de très important? C’est très important dans les problèmes d’individuation. C’est-à-dire tout change. Il n’y a pas deux forces semblables ou identiques. Il est célèbre que. S’il y a deux gouttes d’eau. que le concept est d’une autre nature. Je dis par exemple une goutte d’eau. c’est la raison de la figure et du mouvement dans l’étendue. C’est le même concept. Il n’y a pas de concept d’étendue parce que le vrai concept. Il faut donc que figure et mouvement se dépassent vers quelque chose de plus profond. un deux trois quatre. soit ait telle figure et telle vitesse. quelqu’un de gentil prend une chaise et je dis: non pas celle-ci.nous demande d’accepter quelque chose qui est énorme. Vous fixez le concept de goutte d’eau et vous dites: première goutte d’eau. mais mv2. mais celle-là. Procédons par ordre. Il y en a une qui va vite et l’autre qui va lentement. Je distingue les gouttes solo numéro. ou autre chose.

dans l’autre cas le second corps est entraîné par le premier. et comme une de ses grandes découvertes à lui. Mais voilà qu’avance à petits pas un quatrième principe. Si je cherche la formulation vulgaire de la loi de continuité. Pour résumer l’ensemble. Ça. vous pouvez faire que ces deux états se rapprochent l’un de l’autre dans les causes. Première question: en quoi y a-t-il contradiction? Deuxième question: le fait est que Leibniz n’y a jamais vu la moindre contradiction. Le repos. Où serait la contradiction s’il y en avait une? Je reviens au principe des indiscernables. il n’emploie plus le terme principe. dans la direction du premier. Si deux causes se rapprochent autant qu’on le veut. Je dirais à la limite qu’à toute 52 . Mais autre formulation savante du même principe. le concept du cas se termine dans le cas opposé. Donc renouvellement complet de la physique des forces. Pourquoi? Vous avez deux états de la cause. Leibniz dit que vous pouvez faire décroître la différence à l’infini. le concept du mouvement se termine dans le cas opposé. Mais au moment où on croyait en avoir fini. rien que dans l’élévation de vitesse au carré. Lorsque Leibniz parle de la continuité. Premier état de la cause: deux corps de même masse et de même vitesse. c’est-à-dire dans le repos. Nous voilà dans la situation d’aimer et d’admirer profondément un philosophe. La force n’est pas un mouvement. il y a une contradiction. Il faut que le nombre se dépasse vers le concept. Pourquoi a-t-il dit loi? Voilà un problème. il n’y a pas deux choses ayant le même concept. il faut que la figure et le mouvement se dépassent vers la force. Or on nous dit que les deux effets sont complètement différents: dans un cas il y a rebondissement des deux corps. Vous voyez que c’est essentiel. de la cinématique. ce n’est pas une formule du mouvement. on l’a fait la dernière fois. c’est: une singularité étant donnée se prolonge sur toute une série d’ordinaires jusqu’au voisinage de la singularité suivante. Mais la formulation savante. Deuxième état de la cause: deux corps de masses différentes. Je citais ça pour mémoire. entre le principe trois et le principe quatre. c’est-à-dire qu’entre le principe des indiscernables et le principe de continuité. Leibniz dit que ça ne peut pas être ça. Il y a une discontinuité dans l’effet alors que l’on peut concevoir une continuité dans les causes. il utilise celui de loi. il y en a deux. au point de ne différer que par une différence décroissante à l’infini. il y a une contradiction. donc il emporte l’autre. et vous allez comprendre que c’est la même chose que la précédente formulation: un cas étant donné. et aussi de la géométrie. c’est le mouvement infiniment petit. d’être gênés parce que des textes nous semblent contradictoires. Il faudra expliquer cela. Exemple: un cas étant donné. Ou bien je dirais que la dernière formulation savante possible de la continuité. C’est l’énoncé pur de la continuité. voilà un problème très important. mv2 c’est une formule des forces. Qu’est-ce qu’on nous dit dans les lois de la communication du mouvement? Voilà deux cas: deux corps de même masse et de même vitesse se rencontrent.et ce sont les forces qui sont les vrais concepts qui doivent rendre compte ou nous donner la raison de tout ce qui est figure ou mouvement dans l’étendue. un des deux corps a une masse plus grande ou une vitesse plus grande. Quelque chose me pousse à dire que. Il faut que l’espace et le temps se dépassent aussi vers le concept. Donc ce n’est pas possible qu’il y ait discontinuité dans les faits s’il y a continuité possible dans la cause. qu’il considère comme un principe fondamental. C’est cette fois-ci la loi de la composition du continu. c’est tout simple: la nature ne fait pas de saut. toute différence est conceptuelle. Je dis tout de suite à quoi il pense parce qu’il en veut tellement à Descartes. Tout y passe. c’est la raison du mouvement. Voilà que Leibniz le nomme loi de continuité. et lui ne voit même pas ce qu’on peut vouloir lui dire. C’est ce qu’on a vu du principe infinitésimal de la continuité. Il n’y a pas de discontinuité. C’est de manière continue que l’on peut passer de masses différentes à masses égales. il faut bien que les effets soient de même. c’est le mouvement. Ça l’entraîne encore à toute une étude physique du mouvement très importante qui sera centrée sur la substitution d’une physique des forces à une physique du mouvement. je pourrais dire aussi bien.

par prolongement des singularités sur les séries d’ordinaires. L’identité. vous ne regardez que le mouvement. etc. Elle doit être assignée dans le concept. Leibniz. elle est assignable dans le concept même. Les concepts en philosophie. Je reviens à la proposition: chaque notion individuelle exprime le monde entier. Le monde continu. et non pas les notions individuelles qui expriment le monde. La différence est non seulement déterminée ou déterminable. Cette formule. deux saisies de quoi? Vous pouvez considérer le monde. Ça devient terrible. Que nous dit le principe de continuité? Il nous dit que les choses procèdent par différences évanouissantes. il crée le monde où César franchit le Rubicon. le principe de continuité. Comment concilier la continuité et les indiscernables? Bien plus il faut montrer que la manière dont on va les concilier doit rendre compte en même temps de ceci: que Leibniz avait raison de ne voir aucune contradiction entre les deux. Là on fait de l’expérience de pensée. La grammaire philosophique consisterait en ceci: un concept étant donné. mais encore une fois le monde n’existe pas en soi. chacun de vous exprime le monde. c’est exprimer. Adam exprime le monde. Si vous privilégiez une notion individuelle sur l’autre… Si vous acceptez ça. Deuxième proposition de Leibniz: le monde n’existe que dans les notions individuelles qui l’expriment. C’est une raison de devenir très différente des raisons d’être ou d’une raison d’exister. Il ne crée pas César franchissant le Rubicon. Si vous n’avez pas trouvé le verbe. le monde c’est cela. en multipliant ses côtés. etc. devient cercle. Est-ce qu’on peut dire que toute chose procède par différence inassignable? Et dire en même temps que toute différence est assignée et doit être assignée dans le concept? Ah! Est-ce que Leibniz se contredirait? On peut juste avancer un peu en cherchant la ratio du principe de continuité puisque j’ai trouvé une ratio pour chacun des trois premiers principes. Mais vous pouvez faire cette abstraction. simplement c’est un type de mouvement particulier. c’est comme si deux mouvements coexistaient. parfois il ne le dit pas. c’est la raison d’essence ou ratio essendi . César exprime le monde. Donc toute différence est une différence assignable dans le concept. Une seule chose compte. c’est très bizarre. Un point singulier se prolonge sur les points ordinaires qui en dépendent jusqu’au voisinage d’une autre singularité. Le polygone. Leibniz nous dit à la fois: Dieu ne crée pas Adam pécheur. c’est à dire des différences inassignables. Un grand concept philosophique c’est un complexe. c’est la ratio fiendi. d’un mouvement de pensée. c’est le mouvement de pensée. c’est une proposition ou une fonction propositionnelle. ce n’est pas un mot. c’est-à-dire la différence un. Des différences infiniment petites. et vous composez la courbe de manière continue comme ça. Comment vous le considérez? Vous le considérez comme une courbe complexe. vous n’avez pas dynamisé le verbe. c’est le monde. Quel est le verbe? Parfois le philosophe le dit explicitement. la raison suffisante. le repos devient mouvement. ou des singularités et des ordinaires qui constituent précisément l’ensemble choisi 53 . c’est la raison de connaître ou ratio cognoscendi . il crée le monde où Adam a péché. Le mouvement devient repos. le mouvement. Vous ne pouvez pas le vivre. ce que Dieu crée. Mais qu’est-ce que ça veut dire ça? Ça veut dire deux choses à la fois. Lorsque vous faites de la philosophie. il n’existe que dans les notions qui l’expriment. non seulement déterminée mais assignable dans le concept. est-ce qu’il va le dire? Dans chaque notion individuelle exprime le monde. les indiscernables. etc. c’est la distribution des singularités et des régularités. c’est la raison d’existence ou ratio existendi . La ratio fiendi avait besoin d’un principe. Une courbe complexe a des points singuliers et des points ordinaires.chose correspond une différence déterminée. vous considérez le monde. Les choses deviennent par continuité. Donc.. c’est le principe de continuité. Il n’y a pas deux gouttes d’eau ayant le même concept. Il faudrait faire des exercices de grammaire philosophique. c’est-à-dire la raison de devenir.. trouvez le verbe. il y a un verbe. Le concept est toujours sujet d’un mouvement. vous allez avoir comme deux lectures ou deux saisies complémentaires et simultanées. Pour Leibniz. deux doit être comprise dans le concept. etc.

il n’existe que dans les notions individuelles qui expriment ce monde. comme un certain état de chose qui traverse certaines disciplines. Qu’est-ce que c’est un philosophe qui critique un autre philosophe? Qu’est-ce que c’est cette fonction de la critique? Leibniz nous fournit cet exemple: qu’est-ce que ça veut dire l’opposit els philosophes. je crois que vous n’êtes plus capables de comprendre ce dont il est question dans une polémique. 20 MAI 1980 Je voudrais terminer ces séances sur Leibniz en posant le problème que je voulais aborder. on sait de quoi on parle. C’est ça qui est au fond d’une notion individuelle. Je fais parler Leibniz. C’est à propos de Leibniz que je voudrais prendre des exemples très précis. qu’est-ce que c’est que cette image que le bon sens se fait parfois de la philosophie. le monde est régit par la loi de continuité puisque la continuité c’est précisément cette composition des singuliers en tant qu’ils se prolongent sur les séries d’ordinaires qui en dépendent.) DELEUZE . Qu’est-ce que ça veut dire. Peut-être qu’il y en a une plus profonde que l’autre. comme une espèce de lieu de discussion où fondamentalement les philosophes ne sont pas d’accord ? Une espèce d’atmosphère philosophique où les gens se disputent. et moi autour de telles et telles singularités. Proposition leibnizienne: toutes les propositions sont analytiques. Ce qui fait la différence entre vous et moi. ils sont tous d’accord ou ils disent des choses opposées. du point de vue de la connaissance.LEIBNIZ 20 MAI 1980 DELEUZE LEIBNIZ. une monade. tandis qu’au moins. à savoir qu’est-ce que ça veut dire que cette image. Il y a deux états du monde. Et ce que vous appelez l’individualité c’est un complexe de singularités en tant qu’elles forment un point de vue. Si vous ratez votre organisation des oppositions. Elle enferme un petit nombre de singularités. Il a un état développé. Elles ne se valent pas. sur cette espèce de courbe fictive. Première opposition entre Leibniz et Kant. ce monde n’existe pas en soi. D’où nécessité de se demander : qu’est-ce que c’est que ce point de vue? Un point de vue est défini par ceci: un petit nombre de singularités prélevé sur la courbe du monde. Ce n’est pas le sujet qui explique le point de vue. Vous avez votre monde qui est littéralement déployé sous forme d’une courbe où se répartissent singularités et régularités. On nous dit aussi bien que les philosophes disent tous la même chose. (Fin de la bande. une plus décisive. Vous vous rappelez qu’on appelle proposition analytique une proposition telle que l’un des deux termes de la proposition est 54 . C’est le petit nombre de singularités… Vous vous rappelez que les notions individuelles ou monades. il faut aussi évaluer leurs rapports à ces oppositions. et la connaissance ne peut procéder que par propositions analytiques. c’est-à-dire celui qui réunit le maximum de continuité. ce sont des points de vue sur le monde. que le bon sens se fait souvent de la philosophie. deux philosophies qui ne sont pas d’accord? La polémique. vous êtes construits autour de telles et telles singularités. Si vous en restez à cette vision. Seulement voilà. c’est le point de vue qui explique le sujet. dans la science.par Dieu. c’est que vous êtes. C’est le premier point de vue qui est entièrement soumis à la loi de continuité. Je reviens à cette question que je posais dès le début. je ne trouve pas qu’il y ait plus de polémique en philosophie qu’il n’y en a en science ou qu’il n’y en a en art. Ça veut dire qu’une notion individuelle. ils se battent entre eux. que chacune embrasse un petit nombre déterminé de singularités.

Ça veut dire qu’en fait. c’est une proposition dont l’un des termes n’est pas contenu dans le concept de l’autre. et quid juris. elle implique aussi une certaine conception de la connaissance. quand je dis: est-ce que c’est décidable? Qu’est-ce que ça voudrait dire? Ça peut vouloir dire que c’est une question de fait. mais en sciences aussi il y a aussi des présupposés. Comprenez tout ce qui est en train de se jouer. d’une certaine manière. Dans la première conception. je passe mon temps. Évidemment ce n’est pas ça. connaître c’est avoir un concept et découvrir ce qui est contenu dans le concept – je dirais là de la connaissance qu’elle est modelée sur un modèle particulier qui est celui de la passion ou de la perception. ne sont pas justiciables de vérification de faits. c’est un modèle passif de la connaissance. qui a raison sur quoi? Est-ce que c’est prouvable. Les propositions philosophiques. L’opposition semble parfaite. Pourquoi ? Toute ligne droite n’est pas blanche. il n’y a pas de problème parce que on rencontre tout le temps des phénomènes qui sont des phénomènes de synthèse. Je reviens à mes deux propositions. c’est sortir du concept pour affirmer autre chose. On appelle synthèse l’acte par lequel on sort d’un concept pour lui attribuer. est-ce une proposition? Contre Leibniz. On se trouve devant ces deux propositions. Là. autre chose. si vous la creusez. la conception leibnizienne. C’est une définition de la connaissance. connaître. En effet. Que cette ligne droite soit blanche. à savoir. mille questions me viennent. Et si la philosophie a à faire avec le droit. c’est précisément qu’elle pose des questions qui sont dites des questions de droit. il dit qu’il y a des propositions synthétiques et il n’y a de connaissance que par propositions synthétiques. Quand on dit que la connaissance ne procède que par propositions synthétiques. On est content d’avoir une définition de la connaissance. Cette distinction était formulée en latin: quid facti. dans mes jugements les plus simples. ne sont pas justiciables d’une réponse de fait. et il se trouve que cette conception de la connaissance est très différente de celle de Leibniz. qu’en estil du droit. Supposons qu’on soit comme des arbitres. c’est dépasser. celle de Leibniz et celle de Kant. Pourquoi? Parce qu’il y a déjà quelque chose d’impliqué. c’est-à-dire proposition telle que l’un des termes n’est pas contenu dans le concept de l’autre. à opérer des synthèses. Quelqu’un qui dit ça ne peut plus se faire. Il nous dira au contraire que connaître ce n’est pas du tout découvrir ce qui est inclus dans un concept .contenu dans le concept de l’autre. c’est finalement percevoir quelque chose . c’est une certaine idée de la connaissance. Ce qui est présupposé. C’est une formule philosophique. connaître c’est découvrir ce qui est inclus dans le concept. On peut déjà pressentir que ce n’est pas la peine de discuter à ce niveau. Je dis par exemple que cette ligne droite est blanche. mais pourquoi ça plutôt qu’autre chose? De l’autre côté. Est-ce un cri. qu’en est-il du fait. C’est pour cela que la philosophie a toujours distingué deux questions – et surtout Kant reprendra cette distinction. Vous voyez ce que c’est une proposition synthétique. même si beaucoup d’activités en dépendent. Connaître. au contraire. ce qui est présupposé. Qu’est-ce que ça voudrait dire discuter. connaître c’est nécessairement sortir d’un concept pour en affirmer autre chose. Connaître. connaître. c’est appréhender. En d’autres termes. c’est un modèle de la connaissance acte. C’est bien évident que j’affirme là d’une ligne droite quelque chose qui n’est pas contenu dans le concept de ligne droite. c’est évidemment une rencontre dans l’expérience– je ne pouvais 55 . Qu’est-ce que ça veut dire que mes deux propositions antinomiques. de la connaissance. Dans l’autre cas. à savoir qu’il y a un certain modèle de la connaissance. et on se dit: je choisis quoi? Premièrement. Il faut trouver les faits qui donnent raison à l’un ou à l’autre. donc il y a synthèse entre les deux termes. ou en affirmer. discuter de qui a raison. Kant surgit et dit: il y a des propositions synthétiques. c’est toujours déborder le concept. est-ce que c’est du domaine des propositions décidables? Je dis juste que la définition kantienne doit vous intéresser parce que. il dit non.

ou bien alors ils disent la même chose. sinon elle ne serait pas une ligne droite. je suppose. c’est un concept qui implique une comparaison.pas le dire à l’avance. une relation de la ligne droite aux lignes courbes. d’être le plus court chemin d’un point à un autre? Il va de soi que Leibniz dirait que c’est contenu dans ligne droite. au contraire. Je n’attends pas l’expérience pour reconnaître qu’une ligne droite est le plus court chemin. Prenons cette proposition là – c’est une proposition a priori. Ils disent la même chose ce serait quoi? Ça voudrait dire que ce que Leibniz appelle analyse infinie c’est le même chose que ce que Kant appelle synthèse finie. elle. Je ne peux pas dire que la ligne droite est le plus court chemin d’un point à un autre sans sous-entendre une comparaison. Il y a un processus à la limite. Kant l’appellera synthèse finie. Donc il y a des synthèses de fait. tout comme le repos est la limite du mouvement. Est-ce qu’on avance? Ou bien alors on ne peut plus s’en tirer. c’est le plus court chemin. 56 . on dirait qu’ils sont d’accord pour établir une différence de nature. Est-ce que ce n’est pas contenu dans ligne droite. seulement c’est une analyse infinie. une telle synthèse. On n’est pas convaincu. Il faut que vous sortiez du concept pour en affirmer quelque chose d’autre. puisque le plus court chemin d’un point à un autre. que le plus court chemin à un autre. Est-ce que là on va pouvoir poser la question enfin de partage entre Leibniz et Kant. D’où le thème de Leibniz: c’est un rapport analytique. Qu’estce qui définit le droit d’une proposition. Vous n’en tirerez pas le plus court chemin d’un point à un autre. je tiens une proposition de droit. L’un entre l’analyse finie et l’analyse infinie. Dans cette perspective. si elle est droite. le concept de ligne droite. constitue une proposition de connaissance. c’est autre chose que tracer des protocoles d’expérience. Ça suffit à Kant pour dire qu’il y a une synthèse là-dedans. donc la connaissance est une opération synthétique. Pourquoi? Parce que je n’ai pas besoin de mesurer chaque ligne droite pour savoir que. mais ça ne règle pas le problème. c’est que ne constitue pas une connaissance. Pourquoi Kant dit-il cela? Kant répondrait. à savoir : est-ce que c’est une proposition analytique ou est-ce que c’est une proposition synthétique? Kant dit une chose très simple: c’est nécessairement une proposition synthétique a priori – pourquoi? Parce que lorsque vous dites que la ligne droite est le plus court chemin d’un point à un autre. Toute ligne droite. ou bien brisées ou bien curvilignes. et c’est dans le rapport des lignes droites aux lignes courbes que vous dites … C’est une synthèse. La connaissance. C’est une proposition de connaissance et non pas de protocole. l’autre entre l’analyse et la synthèse. d’après la définition euclidienne. Pourquoi? Pour une raison très simple. d’avance. on la nommera a posteriori. à ce stade là. je détermine l’expérience. la comparaison de la ligne la plus courte avec d’autres lignes qui sont des lignes. C’est une synthèse . a priori. vous êtes forcés de sortir du concept de ligne droite pour atteindre au concept de ligne courbe. c’est à dire des courbes. Je rencontre donc dans l’expérience des lignes droites qui sont blanches. Du coup ce n’est qu’une question de mot. Kant dit non. est le plus court chemin d’un point à un autre. Ça revient au même : ce que Leibniz appelle analyse infinie. vous sortez du concept ligne droite. Lorsque je dis que la ligne droite est le plus court chemin d’un point à un autre. il dirait qu’évidemment il faut que vous ayez dans l’esprit le concept de ligne courbe lorsque vous dites que la ligne droite est le plus court chemin d’un point à un autre. Toute ligne droite est nécessairement le plus court chemin d’un point à un autre. c’est l’universel et le nécessaire. c’est: ligne ex aequo en tous ses points. c’est-à-dire indépendamment de l’expérience. Donc je dirais que la proposition . mais Leibniz est le créateur d’un calcul différentiel par lequel la ligne droite va être considérée comme la limite des courbes. Est-ce que Leibniz serait gêné par cela? Non. c’est ma manière de tracer une ligne droite dans l’expérience. C’est un protocole d’expérience. La ligne droite est la limite de la courbe. Quand est-ce qu’on connaît? On connaît lorsqu’une proposition se réclame d’un droit. c’est-à-dire donnée dans l’expérience.

Toute différence est conceptuelle. Situation tragique. si toute différence est conceptuelle. vous verrez qu’il est composé de deux sortes de déterminations irréductibles: vous avez des déterminations conceptuelles qui correspondent toujours à ce qu’une chose est. c’est bien évident que c’est en analysant les concepts que l’on connaît. à la fois. est-ce que ce n’est pas en fait parce qu’elle se dépasse vers une opposition plus profonde. S’il a raison sur ce point. est conceptuelle. Kant lance son grand truc: il dit que c’est des déterminations non plus conceptuelles mais des déterminations spatio-temporelles. il n’y a pas de raison à se fatiguer à faire de la philosophie. par exemple. Voyez en quoi cette proposition est vraiment le présupposé de la proposition précédente de Leibniz. quelle est la proposition de Kant en opposition avec la seconde proposition leibnizienne? Là aussi ça va être un drôle de truc. Il y a des tas de mathématiciens qui inventent complètement des théories absolument folles. Vous avez ces déterminations-là. si maintenant elle nous apparaît comme évidente. Alors? Cherchons une espèce de bifurcation car cette première grande opposition entre Leibniz et Kant. c’est l’analyse du concept qui nous fait connaître la différence. en dernière instance. puisque connaître c’est connaître par différences. Toute différence est dans le concept. elles se déterminent par ceci qu’elles manient un énorme appareillage conceptuel mathématique. qu’elle occupe de telle ou telle manière un espace. Considérez deux mains. mais ça n’a aucune importance. Kant tient une proposition très curieuse: si vous regardez bien le monde qui se présente à vous. vous ne trouverez jamais une détermination dans le concept qui vous rende compte de ceci: que cette chose est à droite ou à gauche. Et là c’est un point pour Leibniz: s’il y a deux choses il faut bien qu’elles diffèrent par le concept. et si on ne voit pas l’opposition plus profonde. Donc si toute différence. je peux dire même que un concept c’est la représentation de ce que la chose est. Il dit que ça n’a aucun intérêt. par le mouvement. qu’elle dure un certain temps. Elle sont folles pourquoi? Parce qu’elles sont fausse ou contradictoires? Non. Et puis vous avez une tout autre sorte de détermination. mieux que la philosophie ne le fait elle-même. par exemple le lion est un animal rugissant – ça c’est une détermination conceptuelle. Le bon sens peut d’autant plus conclure: la seule bonne philosophie. Vous aurez beau pousser votre analyse du concept à l’infini.Vous voyez l’idée du bon sens que. en dernière instance. vous n’arriverez jamais à ce domaine des déterminations spatio-temporelles en analysant les concepts. Si deux choses diffèrent. elles passent par: est-ce que ça a un intérêt quelconque ou est-ce que c’est une platitude? un fou ce n’est pas une question de fait. 57 . On voit dans quelle tâche mathématique très poussée ça entraînait Leibniz. il faut bien que leur concept ne soit pas le même. si loin que vous poussiez l’analyse des concepts. qui consistait à montrer que les différences entre les figures. elles ne peuvent pas simplement différer par le nombre. Qu’est-ce qu’il veut dire? Il prend lui-même des exemples à première vue très convaincants. et qui donc nous fait connaître tout court. on ne peut rien comprendre. c’est moi. il n’y a pas deux mains identiques. pas la même distribution de pores. Kant dit que en fait c’est bien possible. renvoyaient à des différences dans les concepts. par la figure. c’est son principe des indiscernables. et en même temps ça n’a aucune importance de savoir qui a raison puisqu’ils disent tous la même chose. En fait. est conceptuelle. Bon. Parce que si le bon sens réalise les buts de la philosophie. Les discussions ne passent jamais par le vrai et le faux. une dispute philosophique est inextricable puisque l’on ne peut pas décider qui a raison. Et bien. Ce n’est pas quelqu’un qui dit des choses fausses. les différences de nombres. Des déterminations spatiotemporelles c’est quoi? C’est le fait que la chose soit ici et maintenant. Chacun sait que les deux mains n’ont pas exactement les mêmes traits. c’est aussi une question quid juris. qu’elle soit à droite ou à gauche. à savoir que toute différence. Quelle serait cette deuxième opposition plus profonde? On a vu qu’il y avait une grande proposition leibnizienne. qu’elle décrive un espace. sous le nom de principe des indiscernables.

On est train de trouver en quoi c’est autre chose qu’une discussion de mots. c’est une détermination spatio-temporelle. Deux volumes. aussi loin que vous poussiez l’analyse. détermination spatio-temporelle extra-conceptuelle. En d’autres termes. Voilà qu’il est en train d’arracher l’espace et le temps au concept. Kant oserait dire à Leibniz que ça n’a aucun intérêt ce que vous racontez sur les deux mains avec leurs différences de pores. Elle peuvent être absolument identiques pour tout le reste. il la nommera lui-même Esthétique? Est-ce que. Que veut dire Kant lorsqu’il dit que la ligne droite est le plus court chemin d’un point à un autre ? Que ça c’est une proposition synthétique. concept. un ordre de différence restera toujours extérieur aux concepts et aux différences conceptuelles. Vous ne pouvez pas les faire coïncider. Mais. l’espace et le temps ne sont pas des concepts. or admirez qu’elles ne sont pas superposables. au concept logique. mais le plus court chemin d’un point à un autre. c’est quoi? Connaître c’est faire la synthèse des déterminations conceptuelles et des déterminations spatio-temporelles. Vous avez vos deux mains absolument identiques. La même chose pour le temps: il y a une irréductibilité de l’ordre du temps. Quelle est la différence entre cette seconde proposition kantienne et la première? Admirez le progrès qu’a fait Kant. le mot le plus connu: la théorie de l’art. Vous ne pouvez pas les faire se superposer. irréductible à l’ordre du concept. vous ne pourrez jamais déduire l’une de l’autre. Les deux sont irréductibles. en droit et non pas en fait. est-ce que cette libération de l’espace et du temps par rapport aux concepts logiques ne sera pas à la base de toute discipline dite esthétique? Vous voyez comment maintenant.pour des propositions dénuées de tout intérêt. ce n’est pas une détermination conceptuelle. Et connaître. ces deux mains sont identiques. on n’avait pas le moyen de trouver. Ce qu’il veut dire c’est ceci: ligne droite c’est bien une détermination conceptuelle. vous aurez un ordre irréductible du temps et de l’espace. La première définition de Kant. Il y a une synthèse entre les deux. car vous pouvez concevoir quid juris. vous pouvez concevoir deux mains appartenant à la même personne. Est-ce que Kant ne redevient pas le plus fort? Revenons à la ligne droite. si loin que vous poussiez l’analyse des différences conceptuelles. il y a quand même quelque chose de très curieux: si loin que vous poussiez votre analyse. même si ça n’existe pas en fait. dit Kant. A quelle condition vous faites superposer deux figures? A condition de disposer d’une dimension supplémentaire à celle des figures… C’est parce qu’il y a une troisième dimension de l’espace que vous pouvez faire se superposer deux figures planes. Il dirait que la synthèse c’est l’acte par lequel je sors de tout concept pour affirmer quelque chose d’irréductible aux concepts. Ça veut dire qu’il y a une détermination spatiale irréductible à l’ordre du concept. le paradoxe des objets symétriques non superposables. même au niveau le plus grossier de l’esthétique. est le plus court chemin d’un point à un autre. il y en a une qui est la main droite et l’autre la main gauche. Il y a deux sortes de déterminations: les déterminations de concepts et les déterminations spatio-temporelles. Est-ce par hasard que cette opération. 58 . Donc. vous ne pouvez pas les superposer. vous pourriez les faire se superposer si vous disposiez d’une quatrième dimension. parce qu’il y a une droite et une gauche. à ce second niveau. C’est un fameux paradoxe. La ligne droite. dit Kant. Pourquoi? Vous ne pouvez pas les superposer. Il y a une irréductibilité de l’ordre de l’ordre de l’espace. ce sera les différences spatio-temporelles. comment est-ce que Kant définirait la synthèse. Le concept de vos deux mains peut être strictement identique. j’en sors. il y en aura une qui sera à ma droite et une qui sera à ma gauche. Si on en restait à la différence analyse-synthèse. Ce n’est pas contradictoire logiquement. le même tracé de traits. Connaître c’est faire une synthèse parce que c’est nécessairement sortir de tout concept pour en affirmer quelque chose d’extra-conceptuel. on va s’apercevoir que ce n’était pas une question de mots avec Leibniz. ayant exactement la même distribution de pores. vous les coupez pour avoir un degré de mobilité radical. L’idée de la synthèse. Kant est en train de dire: aussi loin que vous alliez dans l’analyse.

ce n’est pas le même espace-temps dont Leibniz disait: toutes ces déterminations d’espace et de temps sont réductibles à des déterminations conceptuelles. Quand bien longtemps il y aura une théorie fameuse qui est celle de la simultanéité. Il dit. d’une part je ne peux pas définir l’espace par l’ordre des coexistences. Pourquoi? Parce que . mais pas du tout. Leibniz ajoute. Cette opposition est dénuée de tout intérêt si on ne voit pas que les propositions leibniziennes et les propositions kantiennes se distribuent dans deux espace-temps tout à fait différents. Kant ne peut tenir la proposition qu’il vient de tenir sur l’irréductibilité des déterminations spatiotemporelles par rapport aux déterminations conceptuelles. et en affirmer quelque chose qui est irréductible à l’ordre du concept en général. et là il n’était pas forcé de le dire. Qu’est-ce qui gêne Kant ? C’est parmi les pages les plus belles. donc vous ne pouvez rien affirmer d’un concept qui sorte de l’ordre du concept en général. Coexistence ça veut dire. dont un 59 . Leibniz arrivait et disait que au nom d’une analyse infinie ce sera toujours contenu dans le concept ce que j’affirme d’un concept. Kant dit que ça ne va pas. L’ordre des coexistences ou des simultanéités. si je n’ai pas comme réflexe de dire que le temps. si bien que connaître c’est nécessairement sortir du concept pour en affirmer quelque chose qui est irréductible à tout concept en général. bien plus il pourra le dire cent pages après. mais ce qui est en même temps. c’est l’ordre des coexistences – c’est quand même un petit quelque chose. l’espace a été défini. la première proposition de Kant se réduisait à ceci: connaître c’est sortir d’un concept pour affirmer de lui quelque chose qui n’était pas contenu en lui. J’espère que vous devenez plus sensible. C’est une proposition beaucoup plus intéressante. sentez que c’est un moment où la pensée vacille. Donc voilà qu’il capture la vieille conception de l’espace et du temps. on s’aperçoit qu’on n’est pas sorti de tout ça parce qu’on s’aperçoit que Kant. à la lettre. En d’autres termes. A ce point. la coexistence ou la simultanéité c’est un mode du temps. Est-ce que c’est décidable? L’un nous dit que toute différence est en dernière instance conceptuelle. En ajoutant possible pourquoi est-ce qu’il pousse à l’absolu? Parce que ça renvoie à sa théorie de la compossibilité et du monde. les différences conceptuelles et les différences spatio-temporelles. En d’autres termes. en douce. A première vue ça paraît pas mal : en effet c’est toujours délicat quand on me dit . Et le temps a été défini comme l’ordre des successions. c’est l’ordre des successions et l’espace. . longtemps. c’est un mode du temps. mais connaître c’est partir d’un concept pour sortir de tout concept. En d’autres termes. Or est-ce par hasard que c’est Leibniz qui pousse cette conception très ancienne jusqu’à son terme. nous arrivons à un troisième palier. c’est l’ordre des coexistences possibles et le temps c’est l’ordre des successions possibles. Second niveau plus profond: Kant ne nous dit plus que connaître c’est sortir d’un concept pour affirmer quelque chose qui serait comme un autre concept. après tout.lorsqu’il disait que connaître c’est opérer par synthèse. Il donne une toute nouvelle détermination de l’espace et du temps. comme d’une certaine manière l’ordre des coexistences. d’autre part je ne peux pas définir le temps par l’ordre des successions. ça appartient au temps. il ne peut affirmer cette irréductibilité que parce qu’il a fait un coup de force. et le fit formellement: l’espace. et cet autre espace-temps dont Kant nous dit que les déterminations d’espace-temps sont absolument irréductibles à l’ordre du concept. il dit que. A nouveau on rebondit. Longtemps. c’est émettre des propositions synthétiques. C’est ça qu’il faudrait montrer d’une manière simple. et il s’en sert pour son propre système. Pour que sa proposition ait un sens il fallait qu’il ait radicalement changé la définition traditionnelle de l’espace et du temps. l’autre nous dit qu’il y a deux sortes de différences. Mais à ce niveau je ne pouvais pas savoir si il avait raison. à savoir quelque chose qui concerne l’espace et le temps. jusqu’à une espèce de formulation absolue. Qu’est-ce que ça veut dire ça? L’opposition Kant Leibniz. Le temps est une forme dans laquelle se passe non seulement ce qui se succède.

ça implique qu’elles aient une intériorité. sur toutes les différences. et. bien sûr il y a des philosophes qui s’intéressent beaucoup au problème du temps. il n’aurait pas pu. dans ce qu’elle avait pour nous de déjà compréhensible. Ça veut dire que ce n’est pas une substance et que ça ne renvoie pas à des substances. c’est-à-dire la forme sous laquelle nous arrive ce qui nous est extérieur. Là il peut refaire un saut dans la tradition. C’est déjà une révolution dans l’ordre des concepts. et ce qui coexiste en lui. il n’aurait pas pu critiquer Leibniz. Lorsque Kant dit que l’espace est une forme. A ce moment-là c’est la différence conceptuelle qui est le dernier mot. s’il ne nous proposait pas une autre conception de l’espace et du temps. mais ce n’est pas que cela: c’est aussi la forme sous laquelle arrive tout ce qui est extérieur à soi-même. Le temps. Si vous prenez la philosophie classique. Sautons au temps. Kant ne pouvait pas rompre avec les conceptions classiques. ou du moins ça n’aurait eu aucun intérêt. bien plus. une partie de l’espace est extérieure à une autre partie. d’intérieur à nous. Mais ça ne veut pas dire que ça. le temps deviendra le problème principal de la philosophie. Les choses sont dans le temps. et arrive ce qui reste extérieur à soi-même. poussées par Leibniz à l’absolu. Mais ce qui n’était qu’un caractère de l’espace.En effet l’ordre des successions reçoit sa raison d’être de ce qui se succède. ce qui se succède en lui. Quand je dis que l’espace c’est l’ordre des coexistences possibles. autre conclusion en même temps: je ne peux pas définir l’espace par l’ordre des coexistences car la coexistence n’appartient pas à l’espace. Kant est le premier à nous dire que la simultanéité n’appartient pas à l’espace mais appartient au temps. L’espace est la forme d’extériorité. ils paraissent insolites. Pourquoi est-ce qu’on nous sort toujours les pages dites inoubliables de Saint-Augustin sur le 60 . Si on saute et si on fait des rapprochements. c’est ce qu’on appelle la permanence . c’est une forme. c’est-à-dire n’est pas une substance. Ça veut dire quoi? Premièrement. il n’y aurait pas d’extériorité. bien plus tard il y aura des philosophies du temps. que c’est le forme de ce qu’il nous arrive d’intérieur. en dernière instance. c’est-à-dire à quelque chose qui est énonçable dans l’ordre du concept. Cette conception. je dis qu’une telle formule. Je ne dis pas du tout que c’est Kant qui a inventé la relativité. il va de soi. l’ordre des coexistences possibles s’explique en dernière instance par les choses qui coexistent. d’accord . car si je définis l’espace par l’ordre des coexistences et le temps par l’ordre des successions. C’est la forme sous laquelle nous arrive tout ce qui est extérieur à nous. alors que l’espace et le temps renvoient. l’ordre spatial doit trouver sa raison dans l’ordre des choses qui remplissent l’espace. c’est ce qu’on appelle la succession . voilà que Kant le prend pour en faire l’essence de l’espace. Je ne peux pas définir le temps par l’ordre des successions. Kant va donner la définition symétrique. Qu’est-ce que c’est que l’espace? L’espace. En d’autres termes. c’est ce qu’on appelle simultanéité ou coexistence. ordre des coexistences et des successions. et je n’ai aucune raison de privilégier ce mode là sur les autres. ça veut dire qu’il ne renvoie pas aux choses qui le remplissent. il nous assène le temps sera forme d’intériorité. En d’autres termes. C’est une forme qu’il faudrait définir comment? Il nous dit que c’est la forme de l’extériorité. La tradition avait toujours défini l’espace comme partes extra partes. S’il n’y avait pas d’espace. l’ordre des coexistences reçoit sa raison d’être de ce qui coexiste. c’est le plus insolite et le plus familier. Kant dira que le temps a trois modes: ce qui dure à travers lui. Il n’y a plus de différence entre les différences spatiotemporelles et les différences conceptuelles. Pendant longtemps ça n’avait pas été comme ça. n’aurait pas eu ce déjà compréhensible s’il n’y avait pas eu Kant bien des siècles avant. car la succession n’est qu’un mode du temps.des aspects fondamental sera de penser la simultanéité en terme de temps. à ce qui se succède et à ce qui coexiste. Si Kant avait maintenu la définition classique du temps et de l’espace. c’est la manière dont la chose est intérieure à soi-même. Et.

et l’autre proposition où la connaissance procède par propositions synthétiques. Un quatrième point. Il valorisera à fond le thème de l’Ouvert. une fois dit que la pensée. Il s’est passé. vous verrez que Heidegger se réclame de Rilke qui doit lui-même cette notion de l’Ouvert au romantisme allemand. C’est un espace esthétique puisqu’il est affranchi de l’ordre logique du concept. c’est un espace bouclé. c’est la forme des éruptions. on ne sait pas. Est-ce qu’on peut dire que Leibniz c’est dépassé? Ce n’est pas aussi simple. C’est déjà un espace romantique. D’une certaine manière certains font partir la philosophie moderne d’une espèce de changement de problématique. Il y a eu des mutations de vie quotidienne. Si vous définissez l’espace comme un milieu d’extériorité. j’ai à nouveau deux propositions antithétiques: toute détermination est en dernière instance conceptuelle. On aimerait dire que Kant nous correspond mieux. une espèce de grand chant au thème de l’ouvert. où la pensée se met à affronter le temps et on plus l’étendue. des savants l’inventent comme espèce scientifique. c’est un espace romantique car c’est l’espace des irruptions. C’est l’espace de l’ouvert. et notamment quel le rapport entre la pensée et l’étendue. Et c’est bien connu que la philosophie dite classique attache une grande importance au problème correspondant – l’union de la pensée et de l'étendue – sous le rapport particulier de l’union de l’âme et du corps. En même temps. C’est comme si la véritable chose que la pensée affrontait c’était la forme du temps et pas la forme de l’espace. début du XVIIIe . qui nous ouvre à x. La forme de Kant est une forme qui nous ouvre. Vous comprendrez mieux pourquoi Heidegger éprouve le besoin d’écrire un livre sur Kant. à savoir l’étendue. c’est fin du XVIIe siècle. à savoir l’opposition Leibniz-Kant ne vaut que dans la mesure où on considère que l’espace et le temps ne sont pas du tout définis de la même manière. Il n’y a pas beaucoup de temps entre les deux. Je ne peux pas décider entre la proposition . et la proposition kantienne: il y a des déterminations spatio-temporelles irréductibles à l’ordre du concept. c’est le problème de l’étendue. Curieux cette idée que l’espace c’est ce qui nous ouvre au dehors – jamais un classique n’aurait dit ça. Si je cherche par exemple le rapport entre la poésie et la philosophie. Ça va mieux avec notre manière d’être à l’espace – l’espace. c’est le XVIIIe siècle. Mettons que l’ordre des concepts philosophiques l’exprime à sa manière. c’est un espace ouvert. Et lorsque vous verrez chez des philosophes bien plus tardifs. Encore une fois on est parti d’une première opposition Leibniz-Kant et on s’est dit que c’est indécidable. L’espace leibnizien. Il fallait encore reculer pour découvrir une espèce de présupposé. ce n’est pas de l’étendue. Au point où j’en suis. en 61 . Est-ce qu’elle a impliqué un autre espace-temps. Leibniz. qu’est-ce que ça implique? Ça implique un espace ouvert. L’espace est la forme de ce qui nous vient du dehors. comme Heidegger. On ne peut pas croire lorsqu’il y a un tel changement dans l’ordre des concepts qu’il ne s’est rien passé socialement. des poètes l’inventent comme valeur rythmique ou valeur esthétique. Il fallait reculer. En même temps. l’ordre des coexistences. même s’il devance. des données politiques. ce n’est pas un espace bouclé. c’est très difficile de dire qui a tort et qui a raison. c’est ma forme d’ouverture. C’est déjà un rapport existentiel avec l’espace. la science dite newtonienne. entre autre. Kant a fait cette espèce de révolution: il a arraché l’espace et le temps à l’ordre du concept parce qu’il a donné de l’espace et du temps deux déterminations absolument nouvelles: forme d’extériorité et forme d’intériorité. Le problème du rapport de la pensée et du temps n’a pas cessé de secouer la philosophie.temps? Le problème principal de la philosophie classique. C’est donc le rapport de la pensée à ce qui paraît le plus opaque à la pensée. Kant. la Révolution française. C’est peut-être à la pointe extrême de ce qui est nouveau que. Qu’est-ce qui s’est passé? Il faut tout faire intervenir: mutations scientifiques. Premier recul.

L’apparence sensible. Y a-t-il deux mondes. il le charge d’un sens beaucoup plus violent: ce n’est pas l’apparence qui nous sépare de l’essence. à force de pousser Kant jusqu’au bout. elle forme un couple avec la notion corrélative d’essence. c’est l’apparition. Il en sortira une conception célèbre: la conception des deux mondes. se fait ce qu’on appelle . ça ne marche pas. il n’appartient jamais à un auteur de se pousser lui-même jusqu’au bout. D’autres diront que l’apparition renvoie à sens. au lieu de les considérer comme des apparences renvoyant à des essences. c’est: apparition et sens de l’apparition. ce qui apparaît renvoie à des conditions qui conditionnent l’apparition de ce qui apparaît. c’est en rapport avec quoi? Apparition c’est en rapport avec condition. c’est l’apparition. apparaît sous des conditions qui sont les conditions de son apparition. et le lecteur a l’impression que quand il essaie de mettre la vieille notion d’apparence sous le mot kantien. La phénoménologie prendra autant de sens que vous voudrez mais elle aura au moins cette unité. Pendant très longtemps le phénomène s’est opposé à quoi ? Et qu’est-ce que ça veut dire? On traduit très souvent phénomène par apparence. à savoir phénoménologie. ça veut dire l’apparition spatio-temporelle. Ce qui apparaît en tant que cela apparaît. Et les apparences c’est. L’apparition renvoie à des conditions de l’apparition. Les apparences. Ça se soude immédiatement aux thèses précédentes. L’essence fait place au sens. mais comme une apparition en rapport avec sa condition ou son sens. Est-ce qu’il ne va pas y avoir une révolution aussi importante que pour le temps et l’espace. Vous allez voir pourquoi ça en découle. éprouvent cette chose étrange: faire un retour à Leibniz. qui prétend faire une phénoménologie. L’apparence s’oppose à l’essence. renvoyant à des conditions ou à un sens. ce n’est pas l’apparence. Le doublet. le monde des apparences et le monde des essences. Les conditions sont le faire apparaître de l’apparition. chez Kant. Phénomène veut dire: ce qui apparaît dans l’espace et dans le temps. au point qu’il y a peut-être deux mondes. des apparences sensibles et des essences intelligibles. le monde sensible et le monde intelligible? Sommes-nous prisonniers par nos sens et par nos corps d’un monde des apparences? Kant emploie le mot phénomène. L’apparition c’est le manifestation de ce qui apparaît en tant que cela apparaît. Ça ne veut plus dire l’apparence sensible. Ce qui apparaît ne renvoie plus à des essences qui seraient derrière l’apparence. Le phénomène. qu’est-ce que ça veut dire en tant que? Ça veut dire que ce qui apparaît apparaît nécessairement dans l’espace et dans le temps. Comprenez que c’est un tout nouveau concept en philosophie d’où partira la détermination de la philosophie sous le nom d’une nouvelle discipline. Et le platonisme développera une dualité de l’apparence et de l’essence. de même que l’apparence renvoyait à l’essence. Le phénomène n’est plus pensé comme une apparence en rapport avec son essence. mettons. au niveau du phénomène? Lorsque Kant emploie le mot phénomène. Ce n’est pas Kant qui va jusqu’au bout de Kant – il y aura les post-kantiens qui seront les grands philosophes du romantique allemand.] Je cherche les changements profonds que la philosophie kantienne va entraîner à la fois par rapport à la philosophie dite classique et par rapport à la philosophie de Leibniz. C’est les conditions sous lesquelles ce qui apparaît. le sensible. Et l’apparence est distinguée de quoi? Elle forme un doublet. précisément parce 62 . Quelque chose qui apparaît. Un nouveau coup de tonnerre: il n’y a plus qu’un seul monde constitué par ce qui apparaît et le sens de ce qui apparaît. Le concept n’est plus l’essence de la chose il est le sens de l’apparition. Il y a un second changement concernant cette fois-ci le concept de phénomène. On a vu un premier changement concernant espace-temps. Qu’est-ce qui montre à quel point ce n’est pas la même chose? Si je cherche le doublet avec quoi apparition est en rapport. Phénoménologie ce sera la discipline qui considère les phénomènes comme des apparitions. [Fin de la bande. Pourquoi c’est immédiatement lié à la révolution précédente? Parce quand je dis que ce qui apparaît en tant que cela apparaît. C’est eux qui. On a vu que apparence est en rapport avec essence. apparaît.philosophie. Mais apparition. Après tout. à savoir son premier grand moment ce sera avec Kant.

Le second moment de la phénoménologie sera le moment de Husserl qui renouvellera la phénoménologie par une théorie de l’apparition et du sens. Le premier grand moment où la phénoménologie se développera comme discipline autonome. c’est-à-dire qu’on nous cache l’essence. Mais l’aspect vraiment nouveau chez Kant c’est la conversion dans un autre couple de notions. à savoir: il fera pour cela une théorie de la symbolisation. Pour pousser cette direction là il faudrait un tout autre ensemble. Kant va conserver quelque chose de la vieille opposition. Il y a chez lui un drôle de truc qui est la distinction du phénomène et de la chose en soi. Bien plus. mais pas jusqu’au bout. Vous voyez en quoi ça s’enchaîne tout de suite avec le bouleversement de l’espace-temps. C’est à dire que leur point de vue est fondamentalement créationiste. ça conserve quelque chose de la vieille apparition. Le rapport entre l’apparence et l’essence est un rapport très complexe que Leibniz essaiera de pousser dans une direction très curieuse. c’est en fonction du concept de création qu’ils luttent contre la création. Il n’y a qu’un seul monde. c’est à dire qui ne s’intéressent pas ou qui remplacent le concept de création par autre chose. Phénomène-chose en soi. Là aussi. Les philosophes avaient une manière innocente de penser à partir de l’infini. C’est à ce moment-là que la philosophie rompt ses dernières attaches avec la théologie. ce dont ils partent. Il y avait de l’infini. Je vous propose un schéma extrêmement simple: Kant est celui qui rompt avec la simple opposition de l’apparence et de l’essence pour fonder une corrélation apparition-conditions de l’apparition. La subjectivité. chez Kant. Quand ça part. Et même les philosophes qui font autre chose que du créationisme. C’est des philosophies de la création. au point que même les athées. et l’infini ils se le donnaient. Ce rapport de symbolisation ce n’est plus un rapport de l’apparence avec l’essence.qu’il a changé la conception du phénomène. Nouveau bouleversement au niveau de la conception du phénomène. Il inventera une forme de logique propre à la phénoménologie. De toute manière. il en a fait l’objet d’une phénoménologie au lieu d’en faire l’objet d’une discipline des apparences. Enfin un bouleversement fondamental au niveau de la subjectivité. Ils ont cette alliance avec la théologie qui fait qu’ils partiront de Dieu d’une certaine manière. Ils pouvaient aller très loin. Or le mot est très insolite. J’essaie de continuer. Une manière innocente de penser à partir de l’infini ça veut dire un monde de la création. Mais c’est très difficile de se séparer complètement de quelque chose. Pourquoi est-ce qu’ils ne peuvent pas aller jusqu’au bout d’une 63 . ça veut dire que le phénomène n’est pas une apparence derrière laquelle il y aurait l’essence . Qu’est-ce que ça veut dire une philosophie de la création? C’est des philosophies qui ont avec la théologie une certaine alliance. de Platon à Leibniz on ne nous disait pas simplement qu’il y a les apparences et qu’il y a les essences. il n’y a rien à voir. en Dieu et dans le monde. Les choses sont évidemment plus complexes que ça. le phénomène est une apparition qui renvoie aux conditions de son apparition. les présupposés de la philosophie classique. Ça ne joue pas au niveau du mot. mais que d’une certaine manière l’apparence l’exprime aussi. La théorie leibnizienne de la symbolisation prépare singulièrement la révolution kantienne. apparition-conditions de l’apparition. cette notion de subjectivité? Leibniz pousse jusqu’au bout. on n’a pas beaucoup le choix. Philosophiquement. c’est l’infini. déjà chez Platon apparaît une notion très curieuse qu’il nomme l’apparence bien fondée. Dans un point de vue comme celui de Leibniz. Le phénomène symbolise avec l’essence. ils passeront par Dieu. ce sera Hegel qui intitulera Phénoménologie de l’Esprit un texte célèbre. La formule de Hegel est: derrière le rideau. Il y avait de l’infini partout. si athées qu’ils soient. évidemment. La phénoménologie de l’esprit étant précisément le grand livre qui annonce la disparition des deux mondes. ou apparition-sens. dans des chemins de génie et de délire. il n’y a plus qu’un seul monde. Et second correctif. Et la chose en soi ce n’est pas du tout une condition de l’apparition. c’est une drôle d’histoire. Ça leur permettait de faire des trucs comme l’analyse infinitésimale. C’est complètement différent.

ils n’ont qu’à mettre le sujet pensant à la place de Dieu. comment le fonder? La question de la création est expulsée. Il y a une année j’avais essayé de distinguer l’artiste classique et l’artiste romantique. et en ne cessant de passer d’un milieu à un autre. précisément parce qu’ils ont une manière innocente de penser à partir de l’infini. Il passe de l’air à 64 . Il va être pure forme. une fois dit que le monde existe et qu’il apparaît. Maintenant le modèle du philosophe. ça veut dire quoi? Ça veut dire que le sujet pensant est substance. ce n’est pas celui qui crée le monde. désertique. c’est que cette subjectivité. c’est la condition d’apparition de tout ce qui apparaît dans l’espace et dans le temps. c’est le monde habité par le divin. aucun intérêt de permuter les places. Le problème du fondement ou de la fondation. Ce qui est fondateur. c’est une substance. Ce n’est pas une chose étendue. créé par Dieu. à savoir le problème du fondement. à savoir cette manière innocente de penser en fonction de l’infini. L’idée d’un sujet pensant. il est une chose. si loin qu’ils aillent dans leurs explorations. puritaine. c’est devenu le monde des hommes. et elle a le statut des choses créées. un monde désert. en organisant les milieux. peut être pensé que comme créé. c’est celui qui organisa les milieux et qui. il n’est pas déterminé comme chose pensante. le fameux . La pensée rapportée au sujet ne peut être pensée que comme créée. Maintenant se fait une pensée rusée. pourtant ils vont très loin. Ce qui a disparu. Ce qui a disparu. Changement dans la notion d’espace-temps. Donc leur force. La découverte que la pensée renvoie à un sujet. c’est Leibniz. On n’aurait rien gagné. Res. les emmène jusqu’à la porte de la subjectivité et les empêche de franchir cette porte. en tant que sujet fini. Seulement. maintenant arrive le problème du fondement. qui se demande. c’est une chose créée. mais lui-même est une forme vide qui conditionne toute apparition. Le sujet pensant comme pure forme ne sera que l’acte de fonder le monde tel qu’il apparaît et la connaissance du monde tel qu’il apparaît. Pure forme. A savoir la découverte de la subjectivité ou d’un sujet pensant. Le sujet pensant. S’il y a vraiment un philosophe qui a tenu le discours de Dieu. Tout est lié là. A ce moment là il faudrait parler d’un sujet pensant infini par rapport auquel les sujets pensants finis seraient eux-mêmes des substances créées. c’est devenu le héros. Le désert croît. une substance créée. elle ne peut être posée que comme créée.découverte de la subjectivité. Je pense est la condition de toute pensée d’un quelque chose qui apparaît dans l’espace et dans le temps. Leibniz ne l’oubliera pas – il y a une subjectivité leibnizienne. En quoi consiste la rupture de Kant avec Descartes? Quelle est la différence entre le cogito kantien et le cogito cartésien? Chez Kant le sujet pensant n’est pas une substance. L’artiste classique ne cesse de recommencer la création. Et généralement on définit la philosophie moderne par la découverte de la subjectivité. d’une certaine manière est dans la situation de Dieu – c’est la création. forme de l’apparition de tout ce qui apparaît. Ça devient un monde très sévère. Descartes invente un concept à lui. c’est ce qui conditionne la condition de ce qui apparaît dans l’espace et dans le temps. Je disais que l’artiste classique. c’est la condition de toute pensée d’un quelque chose. Kant s’engage à trouver un nouveau rapport de la pensée avec l’espace et le temps. C’est celui qui fonde dans un monde existant. par l’infini. un Grec n’aurait même pas compris de quoi on lui parle. forme vide – là Kant devient splendide: il va jusqu’à dire du que c’est la plus pauvre pensée. mais c’est une chose. C’est une toute nouvelle entreprise. Ça les bloque ça? Vous me direz que ce n’est pas difficile. changement dans la notion de sujet. le héros fondateur. c’est le problème de la création à la place d’un tout autre problème qui va être le problème du romantisme. C’est une chose inétendue. Nouveau coup de tonnerre. Ils ne peuvent pas aller jusqu’au bout de cette découverte de la subjectivité pour une raison très simple. comme le dit Descartes c’est une chose pensante. En d’autres termes. Le classique et le baroque c’est deux pôles de la même entreprise.

A est A. Pour les classiques. c’est le correspondant exact de ce qu’est en philosophie le phénomène apparition et les conditions de l’apparition. Ce n’est plus création et milieu. L’opposition tendue entre la chansonnette du territoire et le chant de la terre. D’où il lance son grand thème: dépasser le jugement hypothétique vers ce qu’il appelle le jugement thétique. elle arrivera jusqu’à Nietzsche. ce sera l’infini qui sera un dépassement du fini. Or il appartient au fini de se dépasser soi-même. Elle renvoie à quelque chose de plus profond. parce qu’il est limité. et le héros s’en va. mais créée en fonction de l’infini. ce n’est plus celui du monde. Est-ce que l’image de la pensée héroïque nous convient encore? C’est fini tout ça. c’est l’identité du 65 . Comprenez l’importance énorme de cette substitution de la forme du moi à la substance pensante. C’est très intéressant parce qu’il est en train de destituer le principe d’identité. Le romantique. Pourquoi? Parce qu’elle sous-entend il y a A. Malher. Toute la philosophie post-kantienne de Schelling se fera autour de cette espèce de concept foisonnant ou le fond. la finitude c’est une conséquence. c’est une forme qui conditionne l’apparition de tout ce qui apparaît dans l’espace et dans le temps. L’infini n’est plus séparable d’un acte de dépassement de la finitude car seule la finitude peut se dépasser elle-même. Qu’est-ce qu’il est en train de faire? Il érige le moi fini comme premier principe. Le lied. l’artiste classique. Tandis que lorsque Kant nous dit que le sujet pensant n’est pas une chose. à savoir qu’il faudrait dire que A est A parce qu’il est pensé. En d’autres termes. le fondement. Il dit que le principe d’identité c’est une règle hypothétique. c’était encore le point de vue de Dieu : c’est une substance finie. Le fondement est dans le sans fond. il entend bien une chose créée . créée par Dieu. c’est: je quitte mon territoire. c’est celui de la terre . Si A est. Voilà ce que nous dit Fichte: Je peux dire A est A. Exactement la besogne de Dieu dans la création. Pourquoi est-ce que A est A. serait moins fou. mais c’est une proposition seulement hypothétique. c’est la finitude qui est le fondement du monde. La substance pensante. Tout ce qu’on appelle dialectique est l’opération de l’infini à s’y transformer. et pourquoi n’est-ce pas le dernier mot? S’il y a eu un moment où la pensée occidentale a été un peu lasse de se prendre pour Dieu et de penser en termes de création. Ce ne sera plus le fini qui sera une limitation de l’infini. il faut que le germe soit là. Dépasser l’hypothèse vers la thèse. mais s’il n’y a rien A n’est pas A. à première vue. L’histoire de Kant dépend beaucoup de la réforme. c’est toujours ça : c’est le tracé d’un territoire hanté par le héros. Elle traversera tout Hegel. Le moi fini est le véritable fondement. A savoir ce qui fonde l’identité des choses pensées. Les rapports de l’infini et du fini basculent complètement. il part pour le centre de la terre. Pourquoi est-ce qu’ils abandonnent le point de vue de la création? Pourquoi est-ce que le héros ce n’est pas quelqu’un qui crée mais quelqu’un qui fonde. il sépare la terre et les eaux. Empédocle.la terre. c’est-à-dire que c’est la forme du fondement. Ils lancent à Dieu une espèce de pari: ils vont en faire autant et c’est ça. nous dirons les classiques. Ce doublet musical territoire-terre. c’est la limitation de quelque chose d’infini. Voilà que c’est l’infini qui est subordonné à l’acte du fini. Le chant de la terre. c’est la fondation. c’est ça fonder. La notion d’auto-dépassement commence à se former en philosophie. Le moi fini fonde le monde et la connaissance du monde parce que le moi fini est lui-même le fondement constituant de ce qui apparaît. Qu’est-ce qui en découle? Fichte a une page exemplaire pour cette polémique de Kant avec Leibniz. son problème est celui du fondement. Sortir de son territoire pour trouver le centre de la terre. il déserte. ce n’est plus celui du milieu. Le monde créé est fini. C’est effarant de faire ça. l’infini devenant et devenu l’acte par lequel la finitude se dépasse en constituant ou en fondant le monde. si A est bien parce que finalement la proposition A est A n’est pas du tout un dernier principe ou un premier principe. c’est celui du territoire. Voilà que le premier principe devient la finitude. le sans fond. et cette tâche héroïque. L’artiste romantique a renoncé à créer parce qu’il y a une tâche beaucoup plus héroïque.

Kant avait laissé ça de côté parce qu’il s’était contenté d’une réduction de l’infini à l’indéfini. le moi fini. La philosophie allemande encombrera ses livres de la formule magique: moi égal moi. quel est le rapport entre le conditionné et la condition? La condition c’est la forme du . Je termine sur deux choses: qu’est-ce que ça peut vouloir dire être leibnizien aujourd’hui? C’est que Kant crée absolument une espèce d’ensemble conceptuel radicalement nouveau. c’est moi égal moi. et en se dépassant constitue le monde des apparitions. à savoir qu’il y a harmonie du conditionné et de la condition. et [???] qui apparaît dans l’espace et dans le temps lui-même. notre sensibilité passive et notre pensée active. doit également apparaître dans l’espace et dans le temps. premier moi. Voilà l’identité synthétique du moi fini qui remplace l’identité analytique infinie de Dieu. Or faire ça c’est faire un retour à Leibniz. car si on en reste à ce rapport de fait. et c’est comme ça. Comment est-ce possible. ça ne peut s’expliquer que par. à savoir que l’infini soit vraiment l’acte de la finitude en tant qu’elle se dépasse.sujet pensant. Ce sont des coordonnées conceptuelles philosophiques tout à fait nouvelles. Le phénomène apparaît dans l’espace et dans le temps. mais dans ce qu’il emmène à jour il y a plein de trucs qui ne sont pas élucidés. conditionne. il faudra à ce moment-là que le de la conscience baigne dans un inconscient. Je reprends. Kant en reste encore à un point de vue qui est celui du conditionnement extérieur. à savoir. fonde l’apparition de phénomène. Que fait Kant ? C’est pathétique : il est en train de nous faire un Dieu dans le dos. Qu’est-ce que feront les post-kantiens? Les post-kantiens sont des philosophes qui diront avant tout que Kant c’est génial . Kant dirait qu’il y a pensée comme forme du moi fini. Pour revenir à une conception forte de l’infini. il le dira lui-même: l’idée de Dieu. Tous les éléments pour faire une genèse telle que les post-kantiens la réclame. et qu’il y ait un inconscient de la pensée comme tel. Mais dans le cas de ces nouvelles coordonnées. mais voilà on ne peut en rester à un rapport extérieur de la condition et du conditionné. mais en tant que tel il est l’acte de la finitude en tant qu’elle se dépasse. Comment est-ce possible? Qu’est-ce que c’est que ce rapport de conditionnement? En d’autres termes. tous les éléments sont virtuellement dans Leibniz. à savoir le sujet pensant. on est bien forcé de ressusciter un Dieu comme garantie de l’harmonie. L’idée de différentiel de la conscience. Kant. une harmonie de nos facultés . Exemple: quel rapport exact y a-t-il entre la condition du phénomène lui-même en tant qu’il apparaît. forme de tout ce qui apparaît dans l’espace et dans le temps. Les classiques auraient dit qu’il y a seulement Dieu qui dépasse la pensée. en un sens renouvelle tout. ce qui lui apparaît. Qu’est-ce qui garantit cette harmonie. il faut montrer que l’infini est un infini au sens fort. il n’arrive pas à un véritable point de vue de la genèse. Il faudrait montrer comment les conditions de l’apparition sont en même temps les éléments génétiques de ce qui apparaît. Qu’est-ce qu’il faut faire pour montrer ça? Il faut prendre au sérieux une des révolutions kantiennes que Kant laisse de côté. Or l’identité du sujet pensant c’est l’identité du moi fini. Le moi pensant. mais pas à la manière des classiques. Il y a là une synthèse qui est la synthèse de la finitude. Kant dira que cet accord du conditionné et de la condition c’est. le est une forme de la connaissance qui conditionne l’apparition de tout ce qui apparaît. voilà qu’il invoque ce qu’il appelle lui-même un factum: le moi fini est ainsi constitué que ce qui apparaît pour lui. C’est substituer le point de vue de la genèse au point de vue de la condition. Pourquoi cette formule est-elle très bizarre? C’est une identité synthétique parce que moi égal moi marque l’identité du moi qui se pense comme la condition de tout ce qui apparaît dans l’espace et dans le temps. Mais sur d’autres bases que celles de Leibniz. Lui qui avait tant réclamé que la question soit élevée à l’état d’un quid juris. Là il faut comme assigner un inconscient de la pensée qui 66 . Donc le premier principe ce n’est pas A est A. est conforme aux conditions de l’apparition telles que le détermine sa pensée à lui. Il dit que c’est un fait de la raison. soit moi égal moi. Kant est très embêté.

qu'il ne se relâche pas. Deleuze 16/12/1986 Leibniz Le pli-Récapitulation Il s'est passé tant de choses qu'on se reconnait à peine. ça a été cette espèce de faillite du romantisme pour notre compte. vous nuit gravement dans vos efforts intellectuels. jamais personne n’est dépassé.adréssée au président de l'université pour soulever l'hypothése: les barreaux qu'on vous a mis sont-ils compatibles avec la sécurité? Au cas ou ça flamberait. On a fini de se prendre pour des héros. Il y a une sensibilité philosophique. On est toujours dépassé dans ce qu’on ne crée pas.contienne les différentiels de ce qui apparaît à la pensée. ce n’est plus du tout le héros en tant qu’il se propose de fonder un monde – c’est devenu encore autre chose. c’est la grande synthèse de la finitude. En quel sens on a besoin de concepts. étonnés d'en être déjà à la quatriéme séance. Je ne sais pas trés bien ce que vous vous rappelez dans ce qu'on fait. pas ouvertes. C'est pour ça que je crois trés important toutes les tentatives des étudiants. c’est l’art d’évaluer la consistance d’un ensemble de concepts. comment s'échappera-t-on? D'autres part que l'histoire des clefs . il est suggéré que vous devriez faire une pétition. ici. Vous voyez. trés poli. Et nous? Il s’est passé bien des choses. Rien. au niveau de chaque université pour faire même des éléments de contre-projet de l'organisation de l'université. Le modèle du philosophe et de l’artiste. c’est aussi créateur que l’art. quand même. Les coordonnées de la peinture ont changé. C’est une existence matérielle. Holderlin et Novalis ne fonctionnent plus pour nous et ne fonctionnent pour nous que dans le cadre de nos nouvelles coordonnées. Nous reprenons. Leibniz. Kant. Estce que ça marche? Comment ça fonctionne? La philosophie n’a pas une histoire séparée du reste.des portes fermées. Mais comme toutes choses la création de concept se fait en correspondance avec d’autres modes de création. retrouver tout Leibniz. Il y a une espèce de flux continu et ce flux a des torsions. une fois dit qu'il ne faut pas que le mouvement étudiant perde sa force.Dans les séances précédentes où vous étiez trés peu nombreux on a parlé de ce qui s'est passé. Il y a un petit texte de Paul Klee où il essaie de dire comment il voit sa différence même avec les peintures précédentes. Les barreaux. Bon. je ne pense pas qu'il soit nécéssaire de revenir sur ce point. Créer des concepts. Les concepts c’est des bêtes spirituelles. Ce qu’il y a eu de fondamental dans ce qu’on peut appeler. ouvertes. notre modernité. parmi les activités secondaires. à la limite. Ça ce sera la grande tâche de Fichte. ce n’est plus du tout Dieu en tant qu’il se propose de créer l’équivalent d’un monde. se continue. c’est l’analyse infinie . Les profs aussi peuvent un peu se démener. en gros. par définition. mais c'est évident pour tout le monde. réfléchissez! Bon. En d’autres termes. reprise par Hegel sur d’autres bases. pas fermées. dès lors qu’ils peuvent. Supposons qu’aujourd’hui on soit à l’âge du synthétiseur : c’est encore autre chose. Puis le flux ne passe plus par là. On n’est jamais dépassé dans ce qu’on crée. Il faudrait faire une pétition. qui opère la genèse du conditionné en fonction de la condition. à la manière romantique. ce qui importe réelement c'est que ce mouvement étudiant se prolonge. Qu’est-ce qui s’est passé dans notre philosophie contemporaine? Je crois que le philosophe a cessé de se prendre pour un héros fondateur. On ne peut plus aller au motif. Comment se font ces espèces d’appels aux concepts? Les vieux concepts serviront à condition d’être repris dans les nouvelles coordonnées conceptuelles. La semaine prochaine 67 . à moins que quelqu'un ait une déclaration à faire? Je redis. Je définis donc la philosophie comme activité qui consiste à créer des concepts.

et je voudrais procéder par remarques numérotées. D'autant plus que ces deux étages. nous étions partis d'une recherche.2 phrases manquantes. pourquoi la matiére est une puissance qui ne cesse de se replier. On me dit que. Le monde intellible et le monde sensible. de nous apercevoir que l'inflexion. On avait vu un vague programme de l'étude des replis de la matiére. mais c'est pas grave. ne s'inscrit pas dans cette tradition tout en la remaniant trés profondément. le 6 est un mardi.. il ya quelque chose qui doit nous frapper parceque ça engage la réflexion philosophique en général. Chez Leibniz le monde est fondamentalement affecté d'une courbure. et puis on s'était lancé dans l'analyse de qu'est-ce que ça veut dire les plis dans l'âme.. pour la philosophie une extrême importance. Or notre réponse avait été que l'élément génétique des replis de la matiére. et aussi bien engendre une série infinie. inséparable d'une courbure sur la droite. je vous le rappelle trés briévement. Donc la courbure variable. mais. à savoir le fameux problème des deux mondes.il faut bien que les deux étages communiquent-. on a vu en quoi ils consistaient. Replis de la matiére et plis dans l'âme. A savoir est-ce que ce monde baroque à deux étages. est-ce que Leibniz. dans l'idée d'un monde à deux étages. de l'inflexion au point de vue.. Deuxiéme remarque. D'où l'expression: les plis dans l'âme. On a vu l'importance que ça a . Et l'étage des replis de la matiére c'est comme le monde du composé. sur lequel je ne reviens pas. les vacances vont du 20 au 6. le nombre irrationnel ou sourd est. pourquoi? Parceque la courbure variable renvoit à des centres. va à l'infini. depuis trés longtemps la métaphysique. et l'autre étage c'est l'étage des simples. du point de vue de la physique de la matiére. bien au delà de la physique de la matiére. nous nous retrouverons le 6. sans doute le concept d'inflexion avait déjà une trés grande originalité caractéristique de la philosophie de Leibniz. dans les mathématiques et dans les idéalités mathématiques. accordez lui également que l'introduction du point de vue comme concept philosophique devait avoir. Et sans doute. c'est en quoi consiste cette partie introductive.. chaque fois qu'on rentre c'est un mardi. vous vous rappelez. C'est un thème Leibnizien trés profond. s'il y a un tel élément. C'est que l'idéalité mathématique est courbe: une courbure de l'univers. Troisiéme remarque: de l'inflexion. se dédouble en deux sortes de plis.. dans l'âme. à ce moment là. il fait déjà partie de l'autre étage. L'idée d'une série infinie allait définir un des chapitres les plus importants des mathématiques de Leibniz. Leibniz opére un ramaniement trés profond de la distinction des deux mondes. et je vous disais : c'est trés simple. A un étage nous avons les replis de la matiére et à l'autre étage les plis dans l'âme. Dans une premiere séance on avait étudié les replis de la matiére. Les âmes sont simples.c'est à dire courbure variable. Pour répondre à cette question qu'est-ce que c'est ces plis dans l'âme.. c'est quoi? C'est la courbure variable ou l'inflexion. ou l'inflexion. ç a engage la reflexion philosophique toute entiére parceque.commence les vacances. peut-être est ceque c'est un moment trés important dans un problème qui agite. 68 . ou plus précisement. voilà. De l'inflexion au point de vue. Comment vont se distribuer ces deux étages?.ou la courbure variable. c'est que la philosophie baroque de Leibniz se présente sur deux étages. Figure 1. du composé à l'infini. ou du nombre "sourd" comme on dit au 17° siécle. On l'avait vu. quitte à abréger des choses. ça ne nous étonnait pas. va à l'infini. élément génétique idéal des replis de la matiére. en nous présentant un monde à deux étages. Ma premiére remarque . Ce que je n'ai pas dit c'est que. Est-ce que la philosophie baroque. Aujourd'hui je voudrais faire tous les efforts pour finir la premiére partie. par les propriétés mêmes du nombre irrationnel. vous vous rappelez. et puis on était passé à l'hypothése d'un élément génétique idéal des replis de la matiére. et je vous disais que le monde baroque c'est le monde du pli qui va à l'infini. comme d'habitude. une recherche concernant un élément génétique idéal . la matiére n'en finit pas de se replier et de se déplier. déjà là. et qui d'abord se différencie. à la fois.

il est sommet? ça veut dire qu'il est le lieu des points où se rencontrent les tangentes à chaque point de la courbe variable. le sommet du cône est un point de vue parcequ'il a la puissance d'ordonner les courbes du second degré. qu'est-ce qu'il est? Il est sommet. comment précisement on passe. hyperbole. puissance d'ordonner. finalement. On l'a vu. ` Quatriéme remarque: mais alors qu'est-ce que c'est un point de vue? premier caractére. cet univers courbe chez Leibniz. tout d'un coup. ou du moins il signifie que tout est relatif à condition que le relatif devienne absolu. comme naturellement. du coté de la concavité de la courbe. c'est à dire que c'est quelque chose qui donne à voir. puissance d'ordonner les cas.. c'est le monde élastique. la notion de point de vue soit vraiment fondée concrétement. condition de surgissement ou de manifestation d'une vérité dans les choses. Donc la courbure variable est inséparable de vecteurs de concavité. et ça Michel Serres. Donc c'est comme par un enchainement nécéssaire qu'on passe de l'idée variable à celle de point de vue ou sommet. Or c'est ça qui était essentiel. bien plus. puissance de mettre en séries les phénoménes. Vous vous rappelez? Je dirais qu'un tel centre de courbure est un point de vue sur la portion de courbe définie par un vectuer de concavité. Second caractére du point de vue: surtout il ne signifie pas que tout est relatif. Je voudrais que vous compreniez. ça vaut pour toutes les remarques d'aujourd'hui. Qu'est ceque ça veut dire.Centres de courbure. C'est ça qui me semble fondamental. une géométrie des points de vue. Tel est le premier caractére du point de vue. J'avais essayé de montrer en quel sens c'était trés important. Je veux dire que le point de vue n'indique pas une relativité de ce qui est vu-ça decoule du précédent caractére: si le point de vue est vraiment puissance d'ordonner les cas. Retenez bien que nous sommes comme passés de l'idée d'inflexion à celle de point de vue. Et le centre. il faut partir de là. Le sommet du triangle arithmétiqu de Pascal. Ca va ça? C'est clair? Quatriéme remarque. C'est la courbure des choses qui exige le point de vue. il est point de vue. il me semble. Vous ne trouverez aucune vérité si vous n'avez pas un point de vue déterminé. mais on aurait pas compris ce qui l'amenait à ça. c'est la physique de l'elasticité chez Leibniz. en quel sens c'était trés trés important que. qu'aprés. indépendament de toute chose trés scientifique ou trés philosophique. Au centre du cercle se substitue le sommet du cône. Il fallait d'abord que l'univers soit affecté d'une courbure.. c'est une espéce de déduction que je voudrais vous proposer. parabole. Le centre de courbure variable n'est plus un centre. dans son livre sur leibniz l'a montré d'une maniére parfaite. Comprenez. dans des exemples mathématiques simples. En d'autres termes il 69 . . c'est un sommet. si on avait commencé par se donner la notion de point de vue chez Leibniz. chez Leibniz. bien sur. On ne peut pas dire autre chose. et bien plus d'une courbure variable.Qu'est-ce que je veux dire. Il y est amené par toutes sortes de problèmes. mais encore une fois. Quand un philosophe découvre des nouveaux concepts.Le sommet du triangle arithmétique de Pascal est puissance d'ordonner les puissances de deux. ce sont les étapes d'une déduction. il est lui-même puissance de mettre en série. il fallait que l'univers fut affecté d'une courbure variable pour. se faisait la substitution du centre conçu comme centre de configuration d'une figure réguliére. on aurait pu dire. un point de vue est toujours en rapport avec une variation ou une série. C'est un sommet en fonction duquel je vois. A la géométrie du centre se substitue une géométrie des sommets. Cercle. vous vous rappelez ce si joli triangle? Enfin j'espére.. ellipse. le sommet du cône est point de vue. à cette notion de centre se substituait celle de point de vue. ce n'est pas comme ça. Sentez comment on passe de l'inflexion au point de vue. peu importe. dans sa tête.le point du vue est. des choses intéréssantes. Sinon tout reste abstrait. compris comme centre de courbure variable. au sens de centre d'un cercle. du coup. Comment on passe de l'idée d'inflexion ou de courbure variable à celle de point de vue. figure 2. c'es un site. c'est à dire centre d'une configuration réguliére.

soit comme anamorphose : passage du chaos à la forme. Dernier caractére du point de vue. Bien non.. au contraire.. La petite difficulté c'est. c'est à dire sur le monde. Etre inhérent 70 . le romancier Henri James. mot constant chez Leibniz. Donc il y a nécéssairement plusieurs points de vue. en vertu du premier caractére. il y a évidemment une distribution des points de vue autour du point d'inflexion. Qu'est-ce que c'est que inesse.j'essaie de vous parler en termes trés ordinaires de ce que Leibniz présente dans une élaboration de concepts beaucoup plus. et chez Nietzsche comme chez Leibniz . sur la série des séries.Pourquoi si le point de vue s'ouvre sur une série infinie.C'est un peu gênant . On sens qu'il y a là quelque chose qu'il faudra arranger. c'est à dire si tout point de vue est sur le monde. c'est précisément au nom d'un tel perspectivisme. Il faudra arranger ça. le point de vue est affecté d'un pluralisme fondamental. c'être dans.. mais qu'il y a un point de vue à partir duquel le chaos s'organise. Pourquoi est-ce qu'il n'y a pas un seul point de vue qu'il faudrait simplement découvrir et auquel il faudrait se hisser. Je suis sur que tout point de vue s'ouvre sur une série infinie. soit. C'est le propre de la perspective baroque. que toute philosophie du point de vue soit pluraliste. le point de vue s'ouvre sur la série infinie.. dans leurs passages les unes dans les autres.pourtant il faut bien maintenir : il y a une pluralité essentielle des points de vue. il y a forcément plusieurs points de vue à cause de la courbure. Cette quatriéme remarque permettrait des éléments pour définir ce qu'il faut entendre par perspective baroque. où le secret se découvre.c'est à dire mettons à la limite si tout point de vue est sur la série des séries. et que le point de vue est défini du coté de la concavité. de l'inflexion. pourquoi est-ce qu'il y a plusieurs points de vue? Si le point de vue est sur une série infinie. de sérier une multitude de formes. mais il signifiera le point de vue comme condition de la manifestation du vrai. au point de vue.. Encore une fois. nous savons en tous cas ce que ça ne veut pas dire. le perspectivisme ne signifiera pas à chacun sa vérité. Le point de vue s'ouvre sur une série infinie.. c'est à dire sur le monde. encore une fois. Troisiéme caractére du point de vue : le point de vue n'est pas du tout une perspective frontale qui permettrait de saisir une forme dans les meilleures conditions. Si bien que la théorie du point de vue introduit en philosophie ce qu'il faut bien appeler un perspectivisme. A l'issu de cette bréve remarque je suis sur de deux choses. le point de vue est fondamentalement perspective baroque. et la technique des points de vue n'a jamais signifié que la vérité est relative à chacun . soit comme métamorphoses de formes : passages d'une forme à une autre.si tout point de vue est sur le monde. Nous allons passer du point de vue à l'inclusion ou l'inhérence. ça ne veut surement pas dire "à chacun sa vérité". Lorsque Nietzsche. inesse en latin. et à la limite. Le point de vue est inséparable d'un pluralisme. pourquoi il y a plusieurs points de vue? Peut-être qu'on va avoir des difficultés à rendre compte. pourquoi? C'est que jamais le point de vue n'est une instance à partir de laquelle on saisit une forme.. et je suis sur aussi qu'il y a plusieurs points de vue. mais en quel sens? Remarquez que là.ça n'empêche pas qu'un essentiel pluralisme est le dernier caractére notable... mais le point de vue est une instance à partir de laquelle on saisit une série de formes. Cinquiéme remarque. dès lors le point de vue est sur le monde-. A l'issue de ces quatre premiéres remarques je dis que nous sommes passés de la courbure variable. nous allons avoir une petite difficulté: Que le point de vue soit essentiellement multiple. Peut-être que ma figure2 l'indique assez: si le monde est en inflexion. ce n'est pas ça qui fonde le pluralisme du point de vue. le point de vue. on a vu que c'est la puissance d'ordonner et de sérier. Chez un autre grand perspectiviste.n'y a pas de vérité si vous n'avez pas trouvé un point de vue elle est possible. mais alors. qui dit point de vue dit pluralité de points de vue. de la courbure variable. pour le moment du point de vue. C'était ma quatriéme remarque.ce n'est pas étonnant puisque c'est le monde qui est affecté d'une courbure. Bien oui. c'est à dire sous lequel tel genre de vérité est possible. ce n'est pas ça. ou inflexion.

la courbe visible est dans le point de vue sur la courbe. c'est trop abstrait. Il ne suffisait pas d'aller de la courbure variable ou de l'inflexion au point de vue. est inclus dans le point de vue. Si les choses sont pliées c'est pour être mises dedans. Leibniz. des choses qui vraiment vont de soi.amsi à ce moment là ça le ferait mourir. Ceci n'est pas le centre du cercle. Le visible est inclus dans le point de vue. dans la technique leibnizienne de la traduction des centres en sommets. Ou bien je dirais: la courbure variable est dans le centre de courbure qui lui correspond(figure2). ou l'élément génétique du pli. D'une certaine maniére l'angle est déjà droit dans le point S tel qu'il est défini? Bon. c'est une philosophie que lui-même présente comme philosophie de la raison suffisante. Ce qu'il entend par raison. C'est l'objet de la cinquiéme remarque. L'auteur qui est justiciable d'une lecture philosophique extremement complexe. je dis un chose toute simple: je ne sais pas si les choses sont pliées? Leibniz nous dit oui. Si bien que le plus philosophes de tous les philosophes. Bon. pOur l'instant. Tout a une raison. c'est la lecture philosophique. Avant que ce soit Nietzsche. extrêmement vivante. mais c'est ça que je cherche . pourquoi quelquechose serait-il plié? Au niveau de l'intuition sensible non philosophique. mais là aussi on ne peut pas partir de ça. On a vu la matiére ne cesse de se replier sur elle-même. Quelle intuition sensible il y a là-dessous. C'est une idée bizarre. Ou si vous préférez la courbe. c'est à dire accessible aux non philosophes. et par la même. Si bien que notre objet total c'est montrer comment on passse nécéssairement de la courbure variable ou de l'inflexion à l'inclusion ou inhérence. il est célébre que Leibniz demande une raison à toute chose. c'est Spinoza. On aurait comme une espéce de Lein. c'est d'une certaine maniére le moins philosophes des philosophes. on le verra. mais il n'y a pas de lecture philosophique qui ne se double d'une lecture non philosophique. Les choses ne sont pliées que pour être 71 . La courbe visible est comme dans le centre de courbure. mais des intuitions sensibles extremement rudimentaires.à. mais pourquoi? ça sert à quoi être plié? ça sert à quoi être replié. Essayons de reprendre. Voilà au moins une réponse. voilà que maintenant il faudrait dire: le visible. Permettez moi de demander pourquoi quelquechose est plié? Pourquoi c'est plié? ça tombe bien avec Leibniz. Mais mettons que ce soit aussi Leibniz. ou si vous préférez ce qui se manifeste. On a pas de chance. on parle de Leibniz et c'est Spinoza qui nous revient. est inclus dans le sommet. et en même temps de la lecture non philosophique la plus violente. le fait que cet angle soit un angle droit est inclus dans S. ma cinquiéme remarque c'est: comment passe-t-on du point de vue à l'inclusion. VOus me direz que c'est quand meme un peu pauvre ça. l'univers est affecté d'une courbure. plus généralement le monde est plié. La courbe visible est dans le point de vue sur la courbe. dans l'histoire de la philosophie il y a le plus philosophes de tous les philosophes qui a été aussi le moins philosophes de tous les philosophes. et. Repartons de notre courbure variable. sans laquelle la lecture philosophique reste morte. Pourquoi? Puisque précisement ce centre est le lieu des points où se rencontrent les tangentes à chaque point de la courbe variable. c'est toutes sortes d'intuitions sensibles que vous devez faire naitre envous. le phénoméne.iz mort. c'es Spinoza. plus vous pourrez constater que l'angle est déjà un angle droit. Lire de la philosophie c'est faire deux choses à la fois : c'est être trés attentif à l'enchainement des concepts. c'est le sommet. Je vous disais que Leibniz prend souvent le théme suivant: vous pouvez toujours construire un angle droit dans un cercle. Vous ne pouvez faire vivre un philosophe que par la lecture non philosophique que vous en faites. Et la lecture non philosophique. Où commence l'angle droit? Plus vous rapprocherez l'arc-de-cercle du sommet lui-même. c'est le sommet d'un angle droit. il faut aller du point de vue à l'inclusion et à l'inhérence. Notre courbure variable c'est le pli. A la limite. C'est pas que c'est trop difficile .

c'est quoi? C'est l'état du pli qui est enveloppé dans quelque chose. c'est d'une grande beauté tout ça. est par lameme enveloppé dans quelquechose. par commodité et pour aller plus vite.. de ce qui l'enveloppe. mais en plus est nécéssairement impliqué. L'inflexion est la raison de la courbure. de ce qui l'implique. Impliqué. premiére 72 . C'est vrai les choses se passent comme ça. dès lors. arretez de demander pourquoi. on en avait pas d'autre à ce moment là. ce qui est plié est mis dans quelquechose.. ou si vous préférez ce qui est courbé. que ça ne collait pas tout à fait. mais ce qui est plié ne renvoit pas seulement à un point de vue.. Mais alors. puisque l'inflexion nous a paru l'élément génétique du pli.. si vous développez ce quelque chose c'es possible . ce qui est courbe n'est courbe que pour être enveloppé. ou courbé d'une courbure variable. C'est compliqué le gain qu'on a fait dans cette cinquiéme remarque. c'est la meme chose. ce qui est courbe ou plié. c'était l'objet des remarques précédentes.. est inclus dans quelquechose. Maintenant on peut quand même préciser un peu. mais est nécéssairement enveloppé dans quelque chose qui occupe le point de vue. ce qui est plié. Donc je conclus cette cinquiéme remarque en disant que nous nous trouvons maintenant devant deux propositions qui ont un rapport de progression l'une avec l'autre. c'est aussi beau qu'une oeuvre d'art. de l'enveloppe. Ce qui est plié et par la même impliqué dans quelque chose. ou implicare . enveloppé dans le point de vue c'était une approximation. Ce qui est plié ne se laisse pas déplié sauf idéalement. Enveloppé. on a pas fini xxxx. Et par rapport à une oeuvre d'art ça a un avantage . pour être mises dedans. dire que c'était presque ça mais pas tout à fait ça. Ce qui est plié. ce qui est plié. Déplié ce qui est plié. est par là même implicare. Car ce qui est plié. C'est trés curieux ça. c'est vrai. et tantôt au contraire le distinguer du point de vue. à ce moment là. Si vous me dites pourquoi. qui est impliqué dans quelque chose. Ce qui est plié n'existe que comme enveloppé dans quelque chose. en latin. Le pli renvoit à l'enveloppe. enveloppé. On a pas fini de mesurer ces tout petit progrès car vous sentiez bien que lorsqu'on disait tout à l'heure: le visible est inclus. il faut demander "est-ce que ça va"? C'est le monde de Leibniz.Implicare. Je traduis en concepts philosophiques. que c'est par approximation que je peux dire que l'angle droit est dans le sommet. vous accorderez bien à Leibniz que Leibniz peut nous dire tantôt.. ce qui est plié renvoit à un point de vue. En d'autres termes ce qui est plié n'existe que dans son enveloppant. plicare.. c'est involvere. Le pli c'est ce que vous mettez dans une enveloppe. Les choses sont pliées pour être incluses. mais c'est une abstraction. ce qui est plié renvoit à un point de vue. c'était une maniére de parler. quel gain on a fait. Il ne faut demander pourquoi.et ce quelque chose qui occupe le point de vue. Ce qui est plié n'est plié que pour être dans quelque chose. est enveloppé dans un quelque chose qui occupe ce point de vue. changement de bande. Dans cette cinquiéme remarque on peut conclure: ce qui est plié ne renvoit pas seulement à un point de vue. en d'autres termes: l'enveloppe est la raison du pli.. Continuons. Un petit pas de plus: ce qui est plié n'existe pas hors de ce qui l'inclus. L'inclusion est la raison de l'inflexion. Il fallait bien plier les choses pour les mettre dedans. Ce qui est plié-je vais trés lentement parceque je voudrais que vous compreniez au fur et à mesure-. ou infléchi. est nécéssairement enveloppé dans quelque chose qui occupe le point de vue. Ce qui est plié est nécéssairement enveloppé dans quelquechose sinon ce ne serait pas plié. Mais aussi je ne dis plus ça. c'est possible mais c'est une opération d'abstraction. c'est que. Vous faites abstraction. il peut tantôt l'identifier au point de vue lui-même. Là on a pas fini de mesurer le progrès qu'on vient de faire. L'enveloppe est la cause finale du pli. Ce qui est plié n'existe pas hors de ce qui l'enveloppe. en plus . mais arrétez. Ce qui est plié n'est plié. Vous ne plieriez pas si cen'était pas pour mettre dans une enveloppe. Continuons nos petits pas.enveloppées.

Là j'ai l'impression que parfois les commentateurs de Leibniz ne voient pas bien cette progression et se contentent de la notion de point de vue pour définir le sujet. il porte sur la série infinie des états du monde. le point de vue est son mode inséparable. quelle est notre progression? Je dis d'abord que le point de vue est un point de vue sur la série infinie. ce qui est plié est nécéssairement enveloppé dans uelque chose qui occupe le point de vue..Il résulte de sa constitution vienne à un point de vue et soit inséparable d'un point de vue. A ce moment là. mais. au-dessus de la matiére. et maintenant l'idée de point de vue se dépasse vers un quelque chose qui occupe le point de vue. c'est bien la premiére fois qu'un philosophe définit le sujet de cetrte maniére là comme un point de vue. le sujet ou comme disait Whitehead: le superjet C'est le sujet qui enveloppe. l'attribut. J'insiste là-dessus. Il faut maintenir les deux à la fois. par nature. la série infinie constituée par les états du monde. C'est comme la manifestation du visible. ou la courbure variable. c'est le superjet qui enveloppe. c'est à dire que le point de vue est un point de vue sur la série constituée. Il enveloppe quoi? Il enveloppe ce qui est plié. vous voyez que dans mon premier étage. il est enveloppant. si ça vous convient. si on seute d'une lecture à l'autre. mais ce n'est pas le point de vue qui défini le sujet.pourquoi? Parceque le sujet. ce qu'on appelle le prédicat. Le pli est impliqué dans l'impliquant. ou suivant les mots de Whitehead(on aurait du y venir.il ya une espéce de parallélisme Leibniz-Whitehead-.. je dirais que si j'en reste au point de vue j'en reste comme à une chélle de la perception. Or ce n'est pas possible. renvoit à un point de vue.ça n'est plusexactement comme tout à l'heure la série infinie des états du monde car ce qui est enveloppé dans le sujet c'est quoi? C'est. qu'on ne peut pas mieux dire que le sujet devra être défini indépendament du point de vue. Rendez-vous compte. Le sujet. Une bonne philosophie est éminement chose de spécialistes puisqu'elle consiste à créer des concepts. un sommet. un superjet. Cet enveloppant nous savons d'avance que c'est. Deuxiéme proposition. il vient à un point de vue. La série 73 . un impliquant. C'est pour ça que la philosophie ce n'est pas du tout une chose de spécialistes. philosophiquement. pour parler savant. Mais en plus. puisque l'objectile c'etait l'objet en tant qu'il décrivait des courbures variables ou une courbure variable. c'est le percept. mais tantôt il sera trés formel. une méthode pour votre lecture. je dis: le monde. mais les circonstances n'ont pas été. voilà ce qu'est le point de vue. il n'est pas point de vue. c'est le monde du percept. Et je dis tantôt Leibniz fera comme si sujet et point de vue c'est la même chose. Qu'est-ce que c'est ce qui est plié? On a vu qu'on avait des raisons de l'appeler non pas objet mais objectile. c'est à dire est enveloppeée dans le sujet..proposition: ce qui est plié renvoit nécéssairement à un point de vue puisque l'inflexion. l'inflexion se dépassait vers l'idée de point de vue. Ce que je suis en train de faire c'est presque une opération de déphilosophiser. remarquez que le statut du monde a changé. Le point de vue donne sur la série infinie des états du monde. la série infinie du monde est enveloppée dans leuelque chose qui vient au point de vue.). qui implique. la sixiéme remarque aurait pour objet de préciser en quoi consiste la progression. Il a un point de vue. c'est à la fois une chose de spécialiste. Je dirais de ce quelque chose que c'est un enveloppant.. le sujet. Il faudra bien que le sujet. dans sa constitution il n'est pas point de vue. se dessine comme peut-être des petits étages différents. des dessins d'intuitions sensibles. sur cette nécéssité. mais le point de vue n'est pas sa constitution même. En d'autres termes. C'est trés curieux ça: le sujet c'est ce qui vient à un point de vue. mais elle est fondamentalement chose de non spécialistes parceque les concepts sont véritablement des dessins. voilà une nouvelle instance. Juste là ça va? Pas de problèmes? Je voudrais juste que vous en tiriez. et c'est en même temps une chose absolument de non spécialiste. en gros. ou si vous préférez. trés précis et il nous dira que le point de vue c'est la modalité du sujet. Je crois vraiment qu'il n'y a de lecture complétement philosophique que si vous la faites coexister avec une lecture non philosophique. la série du monde.

. Mais à quel prix? Au prix de découvrir que. notamment on ne s'occupe pas de la question redoutable et trés belle : qu'est-ce que c'est qu'un attribut du sujet! Je dis juste: bien oui.et quand il parle rigoureusement il ne dira jamais. (i. est enveloppée dans le sujet.nonce n'est pas ça. mais que le point de vue renvoyait à quelque chose qui venait occuper ce point de vue. nommons le : une âme. ça se complique. je vous le lis: Une âme. Le sujet est individuel. Mais c'est intéressant de marquer ce qu'il y aura à comprendre pour l'avenir.e un sujet)ne peut lire en elle-même que ce qui est représenté distinctement(peu importe ce que ça veut dire. le quelque chose qui vient occuper ce point de vue. là on est absolument hors de mesuere de comprendre encore.. On n'est pas encore en mesure de le commenter. Au niveau du point de vue on est dans le percept. il faut bien que les états du monde soient les prédicats du sujet qui les enveloppe. chez Leibniz.. qui évidemment est fondamentale. moi. les états du monde sont aussi les prédicats du sujet. On est passé du visible au lisible. on est bien passé de l'inflexion à l'inhérence. mais en moi je le lis. Tout ça. c'est un nom propre. non seulement l'inflexion renvoyait à un point de vue. les attributs du sujet. mais au niveau de l'enveloppement sujet-prédicat. on est dans le concept. D'un certain point de vue je vois le monde. à condition de concevoir le concept comme individu. il dira que l'âme lit en elle-même). c'est la notion. Bien plus l'individu c'est le concept. mais ça valait la peine. Et c'est sans doute avec Leibniz que commence une vraie logique des noms propres.. dans la logique moderne depuis Russel. Qu'est-ce que tous les prédicats que nous enfermons? Tous les états du monde! En d'autres termes qu'est-ce qui vient a un point de vue? ce qui vient à un point de vue c'est le sujet compris comme notion individuelle. relativement ancien. on est dans le concept. Ce qui vient à un point de vue c'est ce qui est indiqué par un nom propre. Vous voyez toujours le petit progrés.bien qu'il lui arrive de parler non rigoureusement pour aller plus vite. on n'est plus dans le domaine du visible. Vous savez à quel point. Qu'est-ce qu'un sujet? C'est César Adam. On est passé de la série infinie des états à la série infinie des prédicats ou attributs. Percept et concept. C'est bizarre ça. Vous... si je résume cette remarque. Et qu'est-ce que c'est qu'une notion de sujet? C'est une notion individuelle. D'où ce texte qui me parait si charmant. paragraphe 36. ça engage beaucoup de choses.ce qu'elle enveloppe ce sont les états du monde en tant que prédicats du sujet. si la série infinie des états du monde est dans le sujet. parcequ'on n'est plus en effet dans le domaine du percept au niveau de l'enveloppement. En d'autres termes le concept va jusqu'à l'individu. En d'autres termes on est bien passé de. on est passé du visible au lisible.on le verra en détal plus tard. Série infinie des prédicats d'un sujet qui les enveloppe. Leibniz est s ans doute le philosophe ancien. L'âme lit ses propres prédicats en même temps que sous le point de vue où elle est. Leibniz. Leibniz est le premier à nous dire que le vrai nom de la substance individuelle. mais on ne s'en occupe pas encore. En d'autres termes. qui est le plus moderne du point de vue de la Logique. C'est la notion individuelle de chacun de nous car seule la notion individuelle enferme les prédicats.et chaque fois que Leibniz dit "sujet" il faut que vous corrigiez en mettant "notion". une substance. il répondra que c'est ce qui est indiqué par un nom propre. qu'est-ce qu'un sujet? C'est un concept. Voir et lire. c'est le paragraphe 61. elle voit les états du monde. la théorie des noms propres a eu une importance.infinie des états du monde est maintenant devenue la série infinie des prédicats du sujet. Je vois d'un point de vue et je lis dans le sujet. Pourquoi? Précisement parcequ'il n'existe pas sans venir à un point de vue. c'est ça une âme. le vrai nom du sujet. si on demande à Leibniz qu'est-ce que c'est qu'un sujet. le texte. un superjet si on parle 74 .. mais on est en mesure de remarquer que Leibiz ne dit pas et ne dira jamais. c'est la notion du sujet..il ne dira jamais que l'âme voit en elle-meme. toujours. dit-il. A une remarque prés. c'est une notion. si les états du monde sont enveloppés dans le sujet. En effet. c'est ça une substance. Monadologie. Je peux dire que.

les substances individuelles sont "sans porte ni fenêtre". le monde n'existe pas hors des sujets qui l'enveloppe. Comme vous ne manifestez rien. dans votre âme où vous lisez parfaitement. Pourquoi dépasser vette métaphore? Parcequ'elle reste au milieu du chemlin. nous précisions juste qu'il faut comprendre "miroir" comme un miroir concave. et n'existe qu'enveloppé dans chaque sujet . les états du monde devenaient les prédicats du sujet individuel. Il n'y a de sujet qu'individuel. parceque ça aurait l'air de dire que le monde existe en soi. On a vu ce qu'on était pas encore capable de comprendre. tout ça. il n'existe que comme plié.comme Whitehead et non pas comme Leibniz. qu'est-ce que ça entrainait tout ça? Leibniz arrive tout tranquille et nous assène: tout sujet est individuel. tout ce qu'elles lisent ou tout ce qui leur arrivent. la derniére fois. mais dans la septiéme remarque.. il ne faut pas vous étonner de ne pas comprendre ce qui actuellement est incompréhensible : qu'est-ce que c'est au juste qu'un prédicat ou attribut.. et ça on l'avait vu dans notre séance précedente. et bien plus le concepr va jusqu'à l'individu et n'existe qu'en allant jusqu'à l'individu. A premiére vue vous ne voyez rien du tout. une notion individuelle. Grande difficulté qu'on a complétement laissé tomber. un nom propre. et s'y inscrit une courbure variable chiffrée. Tout ce qui précede le justifie. pas individuelle. le thème du miroir: chaque sujet est miroir du monde. sans référence à une extériorité. le sujet est un écran sur lequel passe un film. Dès lors il faudrait dire que. Elles ne reçoivent rien du dehors. où il y a tout ce qui nous convient : la surface du tableau comme surface d'information. même supposée. Avant. Comme symbole de Leibniz. Second point: ce n'est qu'une métaphore et il faut dépasser cette métaphore. Leibniz dirait que dans votre âme. l'adjonction de la concavité. vous êtes des visages indéchiffrables. Là c'est vraiment le langag du visible. dès lors . Premiérement. puisque le mot est de whithead. et qui maintenant pour nous ne font plus tellement problème. Alors on procéde au fur et à mesure de ce qu'on est capable de résoudre d'où ma septiéme remarque. Leibniz ajoute: chaque sujet est miroir du monde sous son point de vue. C'est en effet la représentation d'un monde leibnizien. comme table d'information qu'il faudrait imaginer légérement concave. Septiéme remarque. et on voit bien la différence entre le point de vue et l'âme. Il faut juste que vous sentiez la nécéssité de passer du point de vue à l'inhérence. Il faut savoir ce qu'on est capable de comprendre. je vous proposais un tableau célébre de Rauschenberg. ça ne va pas de soi mais c'est des difficultés à résoudre pour plus tard. du point de vue qu'il vient occuper. Le monde est enveloppé dans chaque sujet. il n'existe que enveloppé dans chaque âme ou sujet. Il ne faut pas dire que chaque sujet est un miroir sur le monde. Or il n'existe-rappelez vous-. puisque un film a été tourne et renvoit à une extériorité. plutôt qu'un miroir sur le monde. Vous voyez qu'il ne confond pas le sujet et le point de vue.dans votre âme. 75 . il y a toute une série de textes de Leibniz qu'on retrouve partout. Mais c'était encore insuffisant. C'est en ce sens que la Monadologie nous dira : les sujets. c'est à dire à l'idée de quelque chose d'individuel qui vient occuper le point de vue et qui. c'est à dire le sujet "miroir du monde" sur le mode de son point de vue. elles l'incluent. elles l'enveloppent. une table opaque d'information où s'inscrivent des données. Je devine que vous avez trés bien compris. vous voyez pourquoi elles ne reçoivent rien du dehors puisque tout ce qu'elles ont. En d'autres termes le monde n'existe pas hors des sujets quil inclue. qu'est-ce qui s'était débattu dans la question de savoir si l'âme était individuelle. D'où nous invoquions une table opaque. c'est à dire à l'inclusion. enferme. et voilà quelque chose de tout à fait étrange en philosophie. les autres. enveloppe la série infinie. c'est à dire il n'existe que enfermé dans chaque âme. de cette substance ou du sujet? On a juste vu que dans la mesure ou il y avait enveloppement. comme je le sugérais la derniére fois.

dune maniére illisible. pourquoi plusieurs sujets? Pourquoi est-ce qu'il n'y aurait pas qu'un seul sujet qui viendrait à un point de vue. si il est vrai que le sujet inclue le monde. on exprime tous le monde. on enveloppe le monde entier. un seul sujet qui serait Dieu. trés bien. Hors des sujets qui l'enveloppe. c'est bizarre! Pourquoi plusieurs points de vue? Je vous rappelle qu'à la derniére séance j'ai tenté de vous proposer une réponse. lequel point de vue serait et porterait sur la série infinie des états du monde. ou. le reste on bafouille. C'est pour ça qu'il y a nécéssairement une infinité de sujets. Dieu enveloppe toute la série du monde clairement et distinctement. par exemple quand nous nous réunissons dans ce lieu à barreaux nous exprimons clairement une petite portion d'espace. C'est déjà pas mal si j'enveloppe ma chambre à moi! Il ne faut pas demander beaucoup plus. le monde n'existe pas hors des sujets qu'il enveloppe. qui comprend. Alors qu' est-ce qu'il faut dire que chaque sujet répond à une variation? Sans doute. chacun retrouve sa chambre à soi. notre petite lueur claire et distincte. Vous comprenez. on a une petite portion de lecture claire et distincte. on peut se réunir. notamment il n'y a pas deux sujets qui commencent la série infinie par le même terme. Mais si nous nous dispersons. la substance individuelle est miroir sur le monde. D'ailleurs on va de l'un à l'autre. la série infinie du monde. L'heure est venue de résoudre une difficulté: pourquoi plusieurs points de vue. chacun de nous a sa portion commune mais elle peut empiéter sur celle du voisin. mais je n'enveloppe clairement qu'une petite portion. mais confusément. le reste c'est quoi?Il faut dire que chaque sujet est. et vous de moi? C'est qu'on exprime pas clairement la même petite portion. J'exprime le monde entier. ou si vous préférez je l'enveloppe. c'est que d'accord chaque sujet enveloppe la série infinie. Et puis vous aussi. oui. aurait pour attribut un terme : la série infinie des états du monde. il faudra revenir là-dessus. Seulement voilà.. j'enveloppe le monde entier. Huitiéme remarque. Qu'est-ce qui me distingue de vous. Et on a notre petite portion. qui contient toutes les modifications. bien sur que Dieu c'est un individu. chaque sujet a une capacité finie de lecture claire. Mais alors il y a aussi une raison. Les variations d'une série. qu'on est co-vivants. mais ça va nous poser ds problèmes. se séparer. j'exprime le monde à la maniére d'un miroir et je l'enveloppe à la maniére d'un sujet. et envelopperait donc la totalité des prédicats. notre petite lueur sur le monde. une seule substance. ni qui le finit par le même. Mais nous. c'est par là qu'on appartient à un même temps. la série infinie des modifications constitutives du monde.Dans cette septiéme remarque nous sommes passés des textes de Leibniz où il nous dit que le sujet. dyslexique. sujets individuels. qui inclue toutes les modifications constitutives du monde. à la lettre. à l'autre sorte de texte plus profond: le sujet individuel enveloppe le monde. des variations mélodiques. lorsque l'ascendant devient descendant et le descendant ascendant. ce qui revient au même. on n'exprime pas clairement la même portion. en quel sens c'est un individu. Le grand lecteur du monde c'est Dieu. obscurement. Dieu. mais on n'en est pas là encore. s'il est vrai que un point de vue saisit la série infinie du monde. Mais encore une fois. et en quel sens nous aussi nous sommes des individus. vous me dires on a une sphére commune. D'une certaine maniére ce serait Spinoza. de la pluralité des points de vue à la pluralité des sujets. qui est: c'est que la série infinie est essentiellement susceptible d'une infinité de variations. enveloppe le monde. des mouvements rétrogrades lorsque vous commencez par la fin et que vous obtenez une autre série. la région qu'il peut lire clairement et distinctement. J'exprime le monde. mais chaque sujet se définit par une région de cette série.. il faut les concevoir de toutes les façons: des variations rythmiques. le grand lecteur. ça nous relance. Donc il y a une infinité de variations de la série infinie.vous me direz: mais Dieu c'est un individu. mais nous? C'est déjà bien beau. C'est dire à quel point Leibniz tient à la pluralité des sujets et à la pluralité des points de vue. 76 . des mouvements contraire. il n'y a pas de raison. notre petite région de monde: ma chambre à moi. vous voyez qui c'est.

. il faut y répondre aujourd'hui. d'enveloppement lisible est extremement restreinte. C'est tout à fait nouveau.c'est du mode accordéon. Il arrive à Platon de demander: est-ce quil y a des idées d'individus? Est-ce qu'il y a une idée de Socrate . Pourquoi il peut dire ça.. en toute rigueur. imaginez-vous. vous voyez. définir l'individuation par le point de vue. Platon c'est les Idées. on ne peut pas dire qu'il soit indiquer par un nom propre. Qu'est-ce que c'est que ce "Je". puisque à ce moment là on écrivait en latin dans les universités. l'autre. C'est une drôle d'histoire parceque. Remarquez qu'on a déjà deux réponses: par 77 . elle ne peut lire clairement que une portion du monde . l'individuation? on a déjà deux réponses possibles. Il fallait en avoir les moyens.fin de la bande. Vous imaginez Platon avoir. C'est une discussion trés intéressante avec certaines philosophies du moyen-âge. Le "Je" du "Je pense" est-il un sujet individuel? Non. Reprenons: le monde entier est enveloppé dans chaque sujet. le point de vue ne peut pas définir l'individuation. que le concept va jusqu'à l'individu. c'est ça qu'il a toujours pensé : l'individuation. c'est un petit mémoire. J'espére qu'on aura pas le temps. on a vu comment les sujets étaient sensés se distinguer. Ce n'est que le mode de l'individu. Peut-être. une idée d'Alcibiade? Tout ça. César. A ce moment là ils étaient plus précoces. Réponse: ça peut se dire . Chaque monde est enveloppé dans chaque sujet. Le sujet est individuel. il a donné à la notion de point de vue une consistance suffisante pour que ce soit une réponse possible. "Je pense". je pense! Voilà que Leibniz nous dit : "sujet". c'est ce qui mérite un nom propre.. le sujet c'est ce qui mérité un nom propre.. Mais de toutes maniéres notre portion d'enveloppement claire.. il avait 17 ou 18 ans. tous les cartésiens ne cessent de réfléchir sur le "Je" chez Descartes. ça ne peut avoir qu'un sens : ce qui a un nom propre. Pourquoi? Là c'est extraordinaire. avec Aristote.. qui se distingue nécéssairement de la portion du monde lisible. Donc il y a forcément plusieurs point de vue. c'est le concept allant jusqu'à l'individu. Il faudra se débrouiller comme on peu. Descartes. Maintenant j'ai ma réponse car. On pensait à Descartes....Tandisque Leibniz arrive et nous dit que la notion est individuelle. Mais il va tomber dans des problèmes. le titre exact écrit en latin. le sujet c'est l'individu. moi. c'est la substance individuelle ou c'est la notion individuelle. et ce n'est pas par hasard que dès le début c'est ça son problème. même si il vrai que chaque substance individuelle enveloppe le monde entier. ce n'est pas : moi. qu'est-ce qui fait l'individuation chez Leibniz. c'est difficile.de la courbure. c'est une drole d'histoire cette logique des noms preopres. "Je pense". Il faut y répondre d'urgence. Sentez. Mais c'est un sujet extrémement difficile parcequ'il faut chercher loin dans les textes. par la petite portion. le point de vue ne peut pas définir l'individu car le point de vue n'est que la modalité de l'individu. . Vous. Il y a une thése trés intéressante qui s'est faite sur la notion d'individu chez Descartes. c'est la notion individuelle. si peu que vous connaissiez. à quel point ça rompt avec toute la philosophie. Qu'est-ce qui définit l'individualité de l'individu? Qu'est ce que c'est. C'est ça son problème. mais ce n'est pas le dernier mot parceque. Et en même temps ça ne suffit pas car là on va se trouver devant un problème impossible. il fallait passer par toute cette théorie de l'inflexion. mais surtout avec Saint Thomas et Dun Scott. ça il faut le mettre de côté parcequ'il faut y répondre.. elles sont possibles mais pas satisfaisantes. Premiére réponse qui nous saute à l'esprit: le point de vue... mais il faudrait y répondre aujourd'hui. On va se trouver dans une situation impossible parceque. On a gardé heureusement une petite dissertation de lui. Que ce soit un grand problème pour Leibniz. Je recommence. et c'est quelque chose qui restera dans toute sa philosophie jusqu' à sa vieillesse.. à quel point ça apporte du nouveau. ça suppose que vous connaissiez Platon...Non. Auguste. le titre est Dissertation sur le principe d'individu. ou si vous préférez il ya nécéssairement plusieurs substances individuelles.

. Le monde n'existe pas hors des sujets qui l'enveloppe. comme dans les romans anglais quand il y a des tites de chapitres "comment il en découle que Leibniz va nous parler de la notion de Monade".que la petite portion claire et distincte enveloppée dans chaque sujet varie suivant le sujet. Est-ce que ignorer ça n'impliquerait pas. puisque le sujet ignore.. ou ce qui revient au même par la petite portion..comme il dit tout le temps-. rapports visible-point de vue se substitue les rapport des points de vue entre eux. Mais pour lui il n'y a pas d'ignorance. c'est à dire ou bien c'est clair et on sait ou bien c'est du mode. La réponse de Leibniz. Bien plus pour Leibniz il n'y a pas de multiplicité finie. je multiplie parfois les expressions parceque je me dis que certains d'entre vous peuvent comprendre l'une 78 . pourra t-on dire que c'est de l'idéalisme? Quite à dire quelque chose. trés bien il existe enveloppé dans chaque sujet. que nous ne pouvons pas encore évaluer parceque nous resterons plusieurs séances là-dessus. quelque chose qui est hors du sujet. Il y a des degrés de conscience échelonnés à l'infini. pourquoi? Heureusement il y a une pluralité irréductible de sujets. mais elles marchent bien y compris dans ce qui nous a semblé leur insuffisance. Quand vous dites je ne sais pas c'est à l'état de rumeur. si je comprends bien. Donc les deux réponses marchent bien. Je dis que ça revient au même finalement car. c'est à l'état de clapottement. si pour Leibniz il y avait une ignorance.. la rumeur.le monde n'existe pas hors des sujets qui l'impliquent. il faut se méfier. Chez Leibniz l'infini est le statut nécéssaire du multiple.ce passage de l'inflexion à l'inhérence. qui l'incluent. Il faudrait l'appelée. votre question est trés juste. Il n'y a aucune opposition entre multiplicité et infini. le monde n'existe que comme enveloppé dans les sujets. mais je vous en supplie. en effet. Comment la monade. Ou. le monde n'existe pas hors des sujets qui l'impliquent. le multiple va à l'infini.. comment la monade découle de tout ça? C'est pour ça que monade c'est un terme que jusqu'à maintenant je ne pouvais pas prononcer. Alors peut-être que tous les sujets communiquent par ce clapottement cosmique. ce qui revient au même.. Enfin le moment est venu. mais votre remarque est trés juste. Pas de problème là. Ca sera trés difficile de dire même que c'est de l'idéalisme.. Leibniz ne pourrait pas s'en tirer s'il n'élaborait une théorie qui n'est pas une théorie de la conscience. qui n'est pas enveloppé dans le sujet. Mais alors le problème fondamental devient: quel est le rapport des sujets entre eux puisque l'objectivité et la réalité du monde se confondent strictement avec le rapport des sujets entre eux.etc.il n'y a que des degrés de conscience. vous revenez. au rapport monde-sujet se substitue le rapport des sujets entre eux. Question: je ne comprends la différence qu'il y a entre une notion individuelle et le concept qui va à l'individuel? Gilles: aucune c'est deux expressions équivalentes. il faudrait dire qu'il y a dans le monde quelque chose qui échappe au sujet. une espéce de clapottement cosmique qui est au fond de chacun de nous. Si je dis que le monde existe enveloppé dans chaque sujet. . Je dirais à deux niveaux: aux rapports que je pourrais appeler rapports de perception. Le monde n'existe pas indépendament des sujets qui l'enveloppent. Il n'existe que comme enveloppé dans chaque sujet. mais une théorie de l'infinité des degrés de conscience. votre remarque est trés bonne. mais lui-même n'est pas hors des sujets. plus ou moins confus. Oui. c'est que il n'y a pas d'ignorance . c'est une variation de la série infinie. il n'y a que des degrés de conscience plus ou moins claire.. Vous vous reposer. Je me disais que j'accumule. Voyez la transformation des problèmes que Leibniz nous impose. Il n'y a pas de question? pas de problème? Question: sur l'ignorance? Gilles: il a pensé à tout. la monade notion typiquement leibnizienne. Et. Neuviéme remarque..la variation de la série. Question: XXXXX Gilles: il s'agit bien d'une multiplicité infinie. plus ou moins obscure.

Alors que César s'appelle César. hélas. Question(Comtesse peut-être): comment vois tu la chose suivante concernant leibniz: à la fois il affirme que le sujet comme substance individuelle. ce sont des noms d'espéce et de genre.. selon Leibniz. C'est en fait un nom commun appliqué à une substance individuelle. Alors vous pouvez être réduit à cette partie minuscule. je ne sais plus quoi.ce n'est pas pour vexer les autres. Quand je dis: le nom propre indique la substance individuelle. ou monade. Mais la portion claire de chacun elle est trés différente selon quoi? là ça explique tout. alors ils ont une grande grande portion. quelqu'un s'appelle "laboureur". qui implique justement de recevoir quelque chose du dehors? Gilles: ha. Ceux qui ont déjà ludu Leibniz ont une portion claire. ce par quoi c'est une enveloppante. Votre tâche à vous c'est: captez du Leibniz dans votre portion claire. Et pourtant. au point que. est conventionellement désignée par le nom propre "César".là je n'invente pas parceque les textes me viennent à l'esprit.. et que chacun de vous s'appelle comme il s'appelle. aprés le titre. à l'état de rumeur. c'est une fête-. Don il y a toute une partie de l'oeuvre de Leibniz. assez restreint. et qu'Auguste s'appelle Auguste. où il oarle de substance individuelle. c'est un exemple. il définit le sujet individuel par le nom prope. Bien plus il a un texte dans les Nouveaux essais sur l'entendement humain . et pourtant. et n' a pas encore le mot "monade". car si vous ouvrez La Monadologie. ça c'est une opération conventionnelle qui. Les spécialistes repérent le premier emploi du mot "monade" en 1697. C'est cela apprendre. suivant votre culture. Je suis exactement dans la situation d'une tête aveugle qui essaie de taper dans la portion claire de chacun.Si on cherchait bien. Vous avez entendu dire que Leibniz disait. le premier mot de La Monadologie. c'est(paragraphe 1): "La monade dont nous parlerons ici n'est autre chose qu'une substance simple". je dis: c'est la détermination interne de César. ça donne monade parceque la déclinaison est en "d"(monado).. d'une certaine maniére peut être dite venir du dehors. on en aura fait aujourd'hui. il faut bien que Leibniz. dans la mesure ou tous les sujets sont dans chaque sujet. il faut distinguer le nom propre nominal. c'est quelque chose que le nom propre conventionnel symbolise. mais ne fait que symboliser. On dira par convention que la détermination interne de César. d'âme. le mot grec est monas. Or d'où ça vient? Il faut remarquer qu'il s'en sert assez tard. a été assassiné par son fils ou son beau fils. de notion individuelle. une portion claire plus grande que ceux qui n'en ont pas lu du tout.. on ne peut pas mieux. systématique. et puis y en a qui ont lu Leibniz. même lorsque vous l'ignorez. mot étrange? Et la monade. il a un petit chapitre consacré aux noms propre où il nous dit : les noms propres dérivent de noms communs. soit en vous. mais qui n'affecte en rien le sujet. Par xemple je dis: x a franchi le Rubicon. mais il ne l'a pas inventé ce mot.La Monas. en effet. chaque fois qu'on entend le mot "monade" on ajoute "comme dit Leibniz". alors autant en ajouter plein. par exemple vous vous appelez "laboureur". Il disait "monade". Ca a du rudement lui plaire. Je dis qu'il faut distinguer. je dis des choses dont je ne 79 . Alors si tu me dis: quel est le nom propre de César.et pas l'autre. Là le sujet individuel est désigné par un nom propre qui est sa détermination interne. c'est gagner dans l'échelle des degrés de conscience. Pourquoi il y aura-t-il un progrès chez leibniz? Pourquoi est-ce un des premiers philosophes qui essaure la notion de progrés? C'est parceque chaque notion individuelle a un pouvoir. le nom propre nominal c'est le nom de convention. cette détermination interne.voilà. Le nom propre cela signifie : ce qui est sujet dans un ensemble infini de propositions. pour nous.euf. La monade ça sonne trés bizarre.. D'où résulte la "monade". d'agrandir sa région claire. chez des auteurs trés intéressants qui sont les néo-platoniciens. C'est dire qu'il ne croit pas aux noms propres en ce sens. Neuviéme remarque. Le mot "monade" fait l'objet d'un emploi philosophique consistant. J'essaie de vous expliquer Leibniz.subsistance(?) de l'unité individuelle ne reçoit rien du dehors.

Monas. qui est le fondateur du néo-platonisme.suis pas trés sur parceque c'est des recherches que je n'ai pas faites et je n'ai pas les dictionnaires qu'il faut. Et. je ne dirais même pas en découle.henas. en lisant notamment Eléments de Théologie.n'en fait un usage systématiQue. qu'est-ce que c'est? Ou bien ça veut rien dire tout ça. et qui va recevoir un statut dans le neo-platonisme. un élément numérique dans une multiplicité qui est passée à l'acte. est au-dessus de tout. mais là je deviens trop savant. Le Plotinisme. voilà ce qui sera nommé Monas. Des unités grosses d'une multiplicité virtuelle. trés approximativement. L'Un sans multiplicité. Voilà. Voilà. à partir de cet Un. c'est une philosophie qui érige comme catégorie fondamentale l'Un et le Multiple. Et en effet le néo-platonisme va consister en une série d'étages où. E et n. Monos ça veut dire "un seul". quand l'unité est grosse d'une multiplicité virtuelle. en-dessous de la Monas. vous voyez: monade. il serait deux. faisant fonction de principe. et ce multiple enveloppé c'est du multiple virtuel. engendre 80 . et c'est inutile. Donc c'est curieux. il se dit En. Avant les choses. L'Un au-dessus de l'Etre. Pas dans n'importe quel sens d'unité. l'un tout seul. je dis en gros: monas désigne en premier chef l'unité. Le mot se trouve chez Plotin. on voit bien dans les Elements de théologie. il y a l'Un ou la Lumière. L'En en grec ne se dit pas monos. que monas désigne quelque chose de trés particulier parceque monas c'est l'unité. La tradition Aristotélicienne considérera ds composés de forme et de matiére. il me semble. comme les rayons de la lumière. sous quelle forme. l'En. qui va être dégagé. mais en ruisselle comme la lumière. en gros. au dernier étage. Et un des stades de L'Un c'est quand L'Un cesse d'être purement Un pour envelopper. mais il y aa un autre terme. de lEn. Pas encore passé à l'acte. s'il fallait le définir. est réservé à deux caractéres spéciaux. considérera des composés d'Un et de multiple qui donnera lieu à des figures de lumiére. dans une tradition pythagoricienne Monas c'est le feu. Vou voyez. qui présenteront des figures solides. involvere disent les traductions latines. Vous savez que le néo-platonisme. il serait Un et Etre. tout comme au-dessus de la Monas il y a L'Un. En revanche l'usage systématique se fait chez les néo-platoniciens. Mais en quel sens? dans le sens d'unité. qu'est-ce que c'est que ce sens particulier de l'unité? Proclus nous parle beaucoup d'un certain stade de l'Un. une unité grosse d'une multiplicité virtuelle. On voit en lisant un livre trés court de Proclus. S'il y a une figure. qui va recevoir un statut de plus en plus rigoureux à partir de Proclus. ça c'est l'unité numérique. je dis ça pourquoi? Chez Proclus on voit bien que Monas ne désigne pas n'importe quel type d'unité. C'est ça son affaire. dans une multiplicité actuelle. Deuxiéme chef: monas désigne l'unité quand elle est principe d'une série dégréssive. dans le texte Eléments de théologie. Et il y a en grec un substantif dérivé de En qui est Henas . L'Un au-dessus de tout. Mais l'Un qui n'est pas. Et en-dessous de la Monas. ce qu'il faut savoir. tout à fait en haut. parceque Proclus. L'Un purement Un. pour impliquer. dont le premier trés grand s'appelle Proclus. L'Un qui n'est qu'Un. monas. C'est le grand philosophe de la lumiére. Il faut en savoir un tout petit peu plus. ou néo-platonisme. et le néo-platonisme à partir de Plotin qui tire le couple Un-multiple. je lis: " la monade. Monas c'est l'unité. ce n'est pas notre objet cette année. c'est celle de la lumiére. il y a la lumière . L'Un plus qu'Etre.c'est à dire les disciples de Plotin. Mais L'Un(U majuscule). en ruisselle des rayons où on peut fixer des stades dégressifs de L'Un. que l'on traduit par Hénade. ou bien la monade indique un type trés spéciale d'unité . parceque si on disait qu'il Est. hénade. il est rudement compliqué. L'Un qui est tellement un. Il y a l'un qui n'est plus qu'un élément arithmétique. et la lumière émane de l'Un. Il désigne un stade de l'Un qui est déjà gros d'une multiplicité virtuelle. là c'est la philosophie de Plotin. Je peux dire-je croisque ni Platon ni même Plotin. Par parenthéses. pour envelopper du multiple. L'Un dont on ne peut rien dire. A partir de Platon il ya deux grandes directions: l'aristotélisme qui tire de Platon le couple forme-matiére. chez Plotin. mais en un sens variable d'unité. Exemple.dont on ne peut mêmepas dire qu'il Est.

la Monas désigne l'unité. des unités. c'est l'individu. car il va bien garder ses deux caractères: la monade c'est une unité comme principe de série. Deuxiéme condition: qu'elle soit principe d'une série dégressive qui en découle.la multiplicité qui lui est appropriée. Pourquoi ces deux points sont-ils liés? Parceque. Exemple: de l'âme pure découlent les âmes des Dieux. c'est l'unité subjective. Qu'est ce que ça veut dire ça? Ca veut dire une chose trés simple . elles forment elles-mêmes toute une série. et principe d'une série. vous avez une série. Je n'ai pas besoin de revenir sur ce qu'on a fait pour dire que ces deux caractéres conviennent à merveille à Leibniz. et qui échappent aux néo-platonisme.. Je dis donc: a en rester à Proclus et au néo-platonisme. des âmes des hommes.. On l'a vu.sous certains chefs. c'est la subjectivité. c'est l'individu même. il l'a connu de tous temps. Donc ça nous convient parfaitement. il n'analyse pas ce qu'il veut dire. si vous préférez. ce qui serait incompréhensible pour un néo-platonicien. car c'est tout à faitvrai que Leibniz a subit l'influence néo-platonicienne. il s'est dit: Bon Dieu! pourquoi je ne me suis pas servi de ce mot là? C'est celui qui me faut. Là les néo-platoniciens se surpassent car il y a l'âme Jupitéique. Lui qui d'un bout à l'autre tient de sa monade sa descente vers la multiplicité. car il n'est pas d'ordre ni de série si la monade demeure en elle-même inféconde. c'est les neoplatoniciens qui font les premiers une philosophie de la série) est une. Leibniz nous dira : l'individu enveloppe l'infini. Le mot. qui enveloppe une multiplicité potentielle. etc. chez Leibniz. Vous voyez: la monade.. Ce texte vous le trouvez dans les Nouveaux essais sur l'entendement Humain. c'est pourquoi chaque série est une et chaque ordre est un. mais c'est trés rapide. C'est l'infini et l'individu. Mais dans le commentaire du Parménide de Platon. Vous direz qu'il ya une Monas comme principe de la série des Enades. c'est l'individu pris dans sa notion. ça veut dire quoi? 81 . découlent des âmes d'animaux. L'individu enveloppe l'infini. vous mettrez en haut: L'Un plus qu'Etre. ça m'étonnerait qu'il l'ait connu trés tard. dont les néo-platoniciens n'avaient aucune idée. et une unité comme pleine d'une multiplicité virtuelle. C'est pourquoi chaque série(série. De même si vous faites une série des Enas. une autre fonction. Vous voyez c'est trés joli tout ça. il y a toute une théorie de la monade.etc. engendre la multiplicité qui lui est appropriée." dans le texte grec c'est En. mais le texte même est donc de Leibniz: "l'individu enveloppe l'infini". par Proclus. Leibniz nous dit: la monade c'est la notion individuelle. puisque par son point de vue elle est ouverture sur une série infinie. trés belle. parceque en se seravant du mot "monade" il lui donne une situation . S'il s'agit de résumer. Des ames des Dieux découlent les âmes des hommes. faisant fonction de principe. il y a un admirable commentaire de Parménide ou sa pensée est beaucoup plus développée. et même les âmes des Dieux. pleine d'une multiplicité virtuelle puisque elle enveloppe tous les états du monde. Et comment il arrive à ça? Il faut voir qu'il y a deux points strictement liés. il va le transplanter complétement... mais peu importe. ensuite L'Un qui comprend. et chaque ordre est Un. l'âme aréique. ou. grosse d'une multiplicité virtuelle qu'elle enveloppe. mais sous deux conditions: que l'unité soit pleine.. en même temps. l'âme titanique. vous voyez ce qui plait à Leibniz. Parmi les rares choses de Proclus qui nous restent. mais sur de tout autres points que celui là.etc. une série des Uns. mais ça a du être sous une espéce d'inspiration. En d'autres termes la monas c'est l'unité comme principe d'une série dégressive. cvomplétement originale. ensuite L'Un qui n'est plus qu'une unité dans une multiplicité actuelle. C'est le sujet. mais qui à mon avis ne pouvait apparaitre que dans une perspective du christianisme. Le principe de cette série sera dite Monas.qui sont des âmes raisonnables .La procession des âmes c'est sublime. Et. ça n'empêche pas qu'il serait proprement grotesque de dire que Leibniz a subit l'influence néo-platonicienne. De l'âme pure découle les âmes des Dieux. Vous avez une série dégressive.Il faudra que je vous donne le numéro du paragraphe pour que vous voyez vous-même. ça c'est manifestement un résumé de leçons. Ce qui revient à dire: l'unité comme monade.

Les lions du Sahara ont yous les attributs attribuables à "lion". si loin que vous alliez dans la compréhension ou la 82 .Il dit: là. Si bien que. c'est à dire tend vers un. La logique du concept nous dit quoi? Elle nous dit que plus l'extension diminue.. mais ils en ont en plus. La compréhension du concept c'est: l'ensemble des prédicats qui lui sont attribuables. Il faudra bien vous arrétér à un moment.Il y a moins de lions du Sahara qu'il n'y a de lions. Il ya un moment logique ou le concept s'arrête. par exemple avoir au bout de la queue une touffe de poils plus fournie que les autres. je dis extension=IO. Ou plus la compréhension augmente. qu'est ce que ça veut dire? Plus l'extension diminue..ça fait partie de concept "lion". Je dirais: "animal courageux" fait partie de la compréhension du concept "lion". Que n'ont pas.. vous pouvez aller à l'indéfini-là je pése mes mots. ou plutôt les historiens naturels. en gros. et là c'est absolument nécéssaire. mais vous medirez: vous oubliez l'essentiel.Le rapport individu-infini. combien y a t'il de lions? "combien y a t-il de lions" répond à l'extension du concept.bien qu'il y ait des textes trés compliqués-. vous ne rejoindrez pas. Je fais un pas de plus dans un mouvement qu'on appelera la spécification du concept: ça il faut le savoir.fin de la bande. plus la compréhension augmente. Un concept se défini comment? Par ceci qu'il a une compréhension et une extension. tels et tels et tels attributs prédiquables de "lion". mais le concept s'arrête à un moment. vous pourrez prolonger la compréhension du concept à l'indéfini. Bon.etc. mis sous ce concept. moins l'extension est grande. vous n'arriverez pas à l'individu. mais dans tel oasis du sahara il y a un type de lion qu'on ne trouve pas dans les autres régions du Sahara.. Continuons. les lions. quant à cette loi. donc que j'ajoute. plus la compréhension augmente. parceque ça va pas être facile. c'est à dire: plus la compréhension est grande. je les ignore. Mettons. lion du Sahara. c'est à dire tend vers un. Je dirais que les lions du Sahara ont une compréhension plus grande que les lions en général. sans exception. Vous me suivez. je ne sais pas quoi. le nombre d'objets subsumés sous ce concept. Exemple: le lion est un animal courageux. comprhénsion= ceci. Je dirais: c'est un caractére de la compréhension des lions du Sahara que les autres lions ne présentent pas. une espéce de survol de philosophie. Ce sont des "lions". D'ailleurs je les ignore: mamifére. c'est à dire tend vers l'infini..OOO. Exemple: je reviens à mon lion: lion de tel oasis. l'ensemble des attributs qui lui sont prédicables. et inversement. ça fera de la compréhension en plus et de l'extension en moins.. par exemple. Les biologistes. mais par la même ils ont une extension moindre.. autre caractére de la compréhension du concept: "avoir une criére". Donc la compréhension c'est l'ensemble des prédicats que on peut attribuer à l'objet du concept. c'est le nombre d'exemplaires... Je prends les lions du Sahara. Bien. lion d'Afrique.cela. pourquoi? Parceque l'individu dépend d'accidents de la matiére et non pas de caractéres dans le concept. Qu'est-ce qui se passe? J'hésite. son extension et sa compréhension sont en raison inverse. plus l'extension diminue."rugir". Qu'est.ce qui se passait quant au concept. Plus l'extension diminue. La compréhension d'un concept c'est ce qu'est la chose désignée par le concept. C'est des choses qu'il faut savoir. je vais faire ce que je ne veux jamais faire.enfin les lions d'ailleurs. En-dessous ça n'est plus du concept. c'est ça que vous appelez la comprehension d'un concept. Je suppose qu'actuellement il existe dix mille lions."beaucoup dormir" etc. on le comprend facilement si on se donne la notion de concept. à ma connaissance sans exception. Voyez ce grand principe tout simple: un concept étant donné. c'est à dire qu'il y a un moment logique où la compréhension du concept s'arrête.. lion de tel oasis dans le Sahara.vous pouvez aller à l'indéfini. tous les philosophes nous disaient: oui. D'accord? L'extension du concept. C'est exprêt: j'oublie les caractéres par lesquels on définit le concept "lion". les naturalistes peuvent être amenés à dire aaaaH.. avant Leibniz? Je crois que tous les philosophes. à savoir ils ont les caractéres particuliers des lions du Sahara que n'ont pas les autres lions... .Exemple: concept "lion".

Vous me direz quel intéret? 83 . où la monade. Vous pourrez spécifier votre concept aussi longtemps que vous voudrez . Bien. En d'autres termes. c'est à dire des attributs quin'appartiennent pas au concept. que tout le monde est d'accord sur ceci que finalement. C'est parceque il y a de l'infini actuel partout selon Leibniz que cette définition est possible. Il nous dira : l'individu et le concept. parceque l'individu c'est le concept en tant qu'il a une compréhension actuellement infinie. Donc le concept va jusqu'à l'infini. aussi loin que vous voulez. Si il disait: l'individu c'est le concept dont la compréhension est indéfinie. D'ou ce problème: qu'est cequi fait l'individuation. mais n'est pas elle-même une forme. En effet. le concept ne va pas jusqu'à son individualité. Elle était donc impossible pour les néo-platoniciens qui n'avaient aucune idée de l'infini actuel. C'est pour vous dire.On a jamais vu tant de tranquillité pour autant d'audace. qu'est-ce qui fait l'individu puisque ce n'est pas le concept? En d'autres termes le concept est toujours général. L'individu c'est le concept en tant que sa compréhension est infinie et son extension l'unité. Il expliquera qu'il n'y a pas d'indéfini. peu importe. même si je peux pousser indéfiniment la compréhension du concept. En d'autres termes il n'y a pas de formes de l'individu. il suffit que vous ayez une espéce de petit sentiment affectif. Qu'est-ce que c'est qu'un acte ultime de la forme? Enfin ce n'est pas monobjet.Qu'est ce qui lui a permis de dire que l'individu envelloppe l'infini? D'où ça lui vient? On l'a vu. L'individu c'est le concept. Vous pouvez le poursuivre indéfiniment. C'est toute la théorie précédente . Autre réponse. C'est notamment une théorie trés belle de l'individuation chez Dun Scott. Même si j'en arrive à un état du monde où ne survive qu'un seul lion. vous n'atteindrez pas l'individu. ça n'aurait aucun sens. FAisons parler Leibniz. Vous voyez. L'individu n'est pas une forme ultime. la forme ou le concept. vous n'arriverez pas à l'extension=1. ce serait un autre cours.dessein au tableau 1/infini. Il n'y a que de l'infini actuel IL définira immédiatement l'individu comme le concept. c'est la même chose. Vous pouvez continuer à l'indéfini. c'est l'acte ultime de la derniére forme. l'acte ultime de la forme. Ma faute c'est de na pas encore pouvoir vous raconter ce que c'est que l'infini actuel. un sur infini. d'une maniére ou d'une autre. Qu'est-ce qui fait l'individuation? Réponse de certains aristotéliciens: ce n'est pas la forme. non seulement je les réconclie. l'individu enveloppe l'infini. c'est la matiére. Ne serait-ce qu'en droit. La monade c'est l'unité individuelle grosse d'une multiplicité infinie. s'arrête avant l'individu.spécification d'un concept. Donc je vous dis: premiére réponse il faut faire intervenir des accidents. c'est à dire la substance individuelle enveloppe l'infinité des prédicats que constituent les états du monde. là au moins pour une fois on l'a vu. qui est forme de concept. si j'avais un symbole mathématique à proposer pour l'individu. Un concept dont la compréhension est actuellement infinie. C'est. ne rejoint pas l'individu. l'individuation n'est pas un accident de la matiére. mais ils sont identiques . il y aura toujours plusieurs individus sous le concept. en vertu du concept il y aura toujours une infinité de lions possibles. puisque ce n 'est pas une spécification compliquée. vous voyez c'est l'infini actuel qui lui permet de dire ça. des contingences. le concept ne va pas jusqu'à l'infini. beaucoup plus complexe: l'individuation dépend bien de la forme. vous pouvez continuer indéfiniment à pousser la compréhension du concept. je dirais. c'est l'accident. pourtant. Tout concept en tant que concept est justiciable d'une extension=x. ou la notion est individuelle. en d'autres termes le concept s'rrête avant l'individu. vous n'atteindrez pas à l'individu. et donc une extension égale à 1. simplement. Mais alors. mais l'individuation n'est pas la même chose que la spécification. Ce n'est pas simple: ce n'est pas une forme qui s'ajoute à la forme. où l'individuation est définie. le lion de tel oasis a un concept. mais . Il a toujours une extension. il y aura toujours plusieurs individus possibles. en d'autres termes ils se retrouvent devant le problème suivant: l'individu n'est une forme ultime qui soit rapportable au concept. Le lion du sahara a un concept. il nous dit: ce n'est pas une forme qui s'ajoute à la forme comme l'espéce s'ajoute au genre.. nous dit-il.vous allez peut-être tout comprendre grace à ça. Mais.

parceque "infiniment parfait". dit Leibniz. c'est une notion contradictoire. Pourquoi je dis: ça suppose le christianisme? Parceque le christianisme.. Etre singulier. En d'autres termes. Et la preuve ontologique. sous sa forme philosophique.entre parenthéses il repproche à Descartes de ne pas avoir fait la demonstration nécéssaire-. J'en conclus que Dieu existe puisque si il n'existait pas il lui manquerait une perfection. Quelles est la formule mathématique de la preuve ontologique? La preuve mathématique de la preuve ontologique c'est infini sur 1. il est bien connu qu'il affronte un problème trés intéressant qui n'a rien perdu de son actualité. J'ai l'air de m'éloigner. il est bien connu qu'elle s'énonce de la façon suivante: je définis Dieu(sans savoir si il existe. à ce moment là Dieu existe nécéssairement. qui est doué de toutes les perfections et que j'appelle Dieu.à l'existence singuliére d'un être correspondant. Vous me suivez.Vous allez voir l'intéret. parceque l'argument ontologique marche. ce ne serait pas raisonnable. sous cette condition . A ce moment là je ne pourrais pas en tirer l'idée que l'être correspondant existe. être individuel... Supposez que l'infiniment parfait soit une notion comme cercle carré. sinon ce ne serait pas bien) comme et par l'infiniment parfait. la plus noble est dite preuve ontologique. Pourquoi? Infini=ensemble de toutes possibilités.Infini/1. quelle est la formule de Dieu?Je vais de l'ensemble infini de toutes possibilités à l'existence singuliére de l'être correspondant. en vertu de la définition de la "vitesse". et que l'ensemble de toutes possibilités est possible. à condition d'avoir montré que l'ensemble de toutes possiblités n'était pas un nonsens. ça veut dire quoi. voilà ce qu'il fallait montrer pour que la preuve ontologique puisse conclure de l'infiniment parfait à l'existence d'un Dieu correspondant. unique. dit Leibniz. A savoir: Dieu est l'être infiniment parfait . Il va le montrer en montrant que l'infiniment parfait c'est l'omnitudo. selon Leibniz. à savoir les preuves de l'existence de Dieu. La plus grande vitesse. cette notion d'individuation qui envahit la philosophie. on va se coucher. une vitesse étant donnée il ya toujours une vitesse possible plus grande. qu'on appelle Dieu. ça va nous tomber sur la tête comme au moment où on ne s'y attend pas. Qu'est-ce qui nous dit que l'Etre infiniment parfait n'est pas un non sens? Donc il dit: la preuve ontologique ne peut conclure à l'existence de Dieu que si on montre d'abord que l'absolument parfait est une notion cohérente. qui pourtant est trés partisan de la preuve ontologique. Donc la plus grande vitesse est un non sens.Là où nous avons des troubles c'est lorsque quelqu'un comme Leibniz. qui n'implique pas contradiction. il est bien connu. l'ensemble de toutes possibilités. singlier. donc je contredirais ma définition en lui refusant l'existence. selon Leibniz. cette individualité. Tout se passe entre noms propres. Et les preuves de l'existence de Dieu. Leibniz se charge de le montrer.si l'ensemble de toutes possibilités est possible. Bien. va donc de l'ensemble infini de toutes possibilités. pourquoi? Parceque. un être individuel et singulier qui 84 . Donc la preuve ontologique passe légitimement. et bien voilà! Mais si l'ensemble de toutes possibilités est possible. J'en conclus. mais vous allez voir. il est formidable l'intêret! Et aprés on en pourra plus. il faudrait au moins montrer que l'infiniment parfait n'enveloppe pas contradiction. dès qu'on a compris l'interêt. L'infiniment parfait. Tout ça c'est curieux. Dont le nom propre est Dieu. la preuve ontologique . il peut conclure de l'ensemble de toutes possibilités à l'idée d'un être existant nécéssairement. L'ensemble de toutes possibilités est possible. dit: il ne faut pas aller aussi vite. à l'existence singuliére d'une réalité correspondante qu'on appelle Dieu. Je ne pourrais pas.si il n'existait pas il lui manquerait une perfection. au juste? Pour que la preuve soit concluante.on en parlera pas beaucoup quoique ça intéresse beaucoup Leibniz-. C'est pour ça que nous pensons tous que Dieu existe. qu'existe un être individuel qui correspond.

espéces. je ne dis pas "l'opposé".il y a que de l'infini. exactement comme si vous faisiez des mathématiques. c'est que ils avaient une drôle de maniére de pousser le problème de l'individuation. Il me semble que toutes les théories de l'individution. l'inverse de 2/1 c'est 1/2. pas du tout. La logique nous présente un tableau trés stricte des opposés.. Pour d'autres raisons vous venez de voir pourquoi la monade avait pour symbole mathématique 1 sur infini(1/infini). ou le contraire? Non ce n'est pas pour rien. la monade 1/infini est l'inverse de Dieu infini/1. espéces de plus en plus petites. C'est vrai littéralement. L'infini de Dieu n'est pas le même que l'infini du monde enveloppé par chaque individu. vous n'auriez pas le droit d'ignorer la science nécéssaire à faire des mathématiques. Vous comprenez que quand Leibniz nous dit: tout est infini..Pourquoi est)-ce que je ne dis pas que la monade est l'opposé de Dieu. et cette unité individuelle enferme l'infinité des prédicats 1/infini. mais va à l'infini. Donc tout se passe à ce niveau. quel est le rapport? Voilà. puisqu'on parle des mathématiques. Inverse. C'est ça la preuve ontologique. Et là je me permets presque de parler pour mon compte. il n'y a pas d'indéfini. justement. mais dans l'espoir de vous faire comprendre quelquechose de Leibniz. Elle vient aprés la spécification. Et on s'est mis dans la tête que c'était trés normal de commencer par le plus général. On sait qu'il y a toutes sortes de types d'oppositions. Il fait que le concept aille jusqu'à l'individu. Je dis. inverse? Mais qu'est-ce que c'est que ça? inverse ça veut dire quelque chose de trés précis. Tout ça à l'air trés arbitraire. 2. et tout est infini en acte. c'est la faute à tout le monde quoi. A la lettre il est le premier à réconcilier le concept et l'individu puisque la compréhension du concept. et ça c'est la faute à Platon. et ne voyaient pas le moyen de pousser le concept jusqu'à l'individu. et on sait que l'opposition de contrariété ce n'est pas la même chose que l'opposition de contradiction. même si on pouvait indéfiniment en pousser la compréhension. en mathématiques il y a la notion de "nombres inverses".Tout se passe entre individus. au sujet individuel(1/infini) . non sulement peut être poussée indéfiniment. Donc le nombre 2 c'est 2/1. ça me permet de dire que la monade c'est l'inverse de Dieu. la preuve de l'existence de Dieu c'est: l'infini enveloppe l'individualité. il ne rejoignent pas l'individu. C'est par le couple infini-individu que Leibniz va secouer l'ensemble de la philosophie. Infini sur 1. Ca n'empêche pas qu'il ya toutes sortes d'infinis. autant vous n'ave pas le droit de manquer de la science nécéssaire à la philosophie. Il faut savoir le sens des mots. Quans ils pensaient qu'il fallait bien que le concept s'arrête avant l'individu. alors c'est forcé. à la lettre.Il a décidé ça. Or là. avant leibniz. à d'autres. La spécification c'est la division du concept en genres. En effet cette fois-ci je pars de l'unité individuelle. qu'est-ce qu'il y a . Je vais de l'infini à l'individu. Quand les autres disaient. Je dirais de Dieu(infini/1)à la monade. Si il fallait en donner une formule qui nous arrange. quel est son inverse? L'inverse de 2? Le contraire de 2 c'est -2. Donc 1/2 est l'inverse de 2. la singularité de Dieu. Comme l'individuation n'est pas une spécification. pourquoi est ceque. Leur présupposé catastrophique c'est que l'individuation vient aprés. L'inversion est peut-être un type d'opposition? Mais pas n'importe quel type. là aussi il faut savoir. ce n'est pas en poussant 85 .Le dénominateur devient numérateur et le numérateur devient dénominateur. simplement ce n'est pas le même infini. je dirais: l'infini enveloppe l'individualité. Ils partent du plus universel. C'est ça la preuve ontologique. elles ont un présupposé catastrophique.correspond à ce concept. par exemple. C'est en ce sens que la philosophie implique un savoir. Une fois dit qu'il y a de l'infini partout. Mais je peux dire que l'individu c'est exactement l'inverse de Dieu. enfin c'est la faute à personne. Là vous n'avez pas le droit. Sous entendu l'individualité de Dieu. la preuve ontologique. Pourquoi? Parcequ'il n'y a pas de nombre entier que vous ne puissiez écrire sous la forme numérateur/ denominateur. Dans le cas de Dieu. Un nombre entier étant donné. vous avez chaque fois l'infini et l'individualité.autant vous avez le droit de créer des concepts si vous pouvez. Mais comprenez à quoi ça l'engage. L'inverse de 2 c'est un demi.

mais enfin. on en peut plus. ça n'empêche que Dieu peut pénétrer tous les points de vue. dans le cas de la monade unité/infini. Sans doute on peut dire les deux: Dieu est bien un point de vue qui passe par tous les points de vue. Elles enveloppent le monde puisqu'elles ont pour attributs tous les états du monde. il y a deux étages: un étage où tout tombe. en effet. ne peuvent pas se faire sur ce type de la spécification. c'est ce qu'on appelle le fameux XXXX XXXX-. l'individu ça vient aprés la plus petite espéce. simplement ce qu'on peut conclure c'est que.Prenez Le Tintoret. C'est les deux étages représentés: en-bas l'enterrement et les participants à l'enterrement. mais en même temps les textes les plus riches de Leibniz c'est que il ya des vues de Dieu qui engendrent les points de vue. Entre les deux il y a quoi? J'ai montré comment les deux étages communiquaient -par parenthéses tout va bien-. et en-haut. à l'étage au-dessus il ya la danse des âmes. est-ce que Dieu est un point de vue? Est-ce que je peux parler de Dieu comme d'un point de vue simplement infini? Est-ce qu'il est autre chose qu'un point de vue? Trés bizarement les textes de Leibniz oscillent là. mais il renvoit aussi à l'étage du bas puisque c'est l'élement génétique des replis de la matiére. Alors comme ils se disent que l'individu ça vient aprés la derniére espéce. En ce sens on retient ce rapport littéralement inverse de la monade et de Dieu. Il y a bien deux étages. ils sont perdus d'avance. dans le cas de dieu infini/unité.. je ne dis pas présuppose des objets individuels. Il nous reste enfin à dire qu'on a rempli notre premiere partie. Si l'individuation est premiére. Il n'y a plus deux mondes. je l'ai montré puisqu j'ai montré que l'inflexion participait à la fois de l'étage au-dessus puisque c'est l'élément génétique idéal. il y a mille communications entre les deux. en effet tout se comprend. ça nous permettra de poser toutes sortes de problèmes: s'il est vrai que toute substance individuelle est un point de vue. mais il n'y a pas de point de vue de Dieu. Ce qui est complétement nouveau c'est de dire que. En-dessous il y a la matiére et ses mille replis. sont pris dans des basses. Il fallait prendre conscience que toute spécification.indéfiniment la spécification qu'on trouvera l'individu. il faut réfléchir là-dessus. On a à peu pret montré comment se développait l'étage au-dessus. et que c'est à partir de l'inflexion qu'on arrivait au point de vue et à l'inhérence. Donc là les deux étages communiquent. La position du point de vue est l'inverse de la position de Dieu. mais que toute spécification présuppose des champs d'individuation. un seul infini/1. et un seulcomprenant tout. c'est quand même un remaniement absolu de la tradition des deux mondes. il n'y a plus deux mondes. où les corps perdent leur équilibre. l'extrordinaire spontanéité des formes subjectives.ça ça a été déjà fait. ils ne pourront jamais combler le fossé entre la plus petite espéce et les individus. il est vrai. En d'autres termes c'est l'individuation qui est premiére. à l'étage au-dessus il n'y a que des sujets comme notions individuelles. Vous comprenez en quel sens il n'y a pas de point de vue de Dieu? C'est que infini/1 ce n'est pas une formule du point de vue.il appartient à l'étage du dessus. tout le haut de la toile. c'est à dire toute assignation d'espéce ou de genre. tout ça. les corps tombent et un étage ou les âmes s'élancent. je dis double rapport. Et dieu. non il s'agit de dire autre chose. C'est ça le monde baroque. ce célébre tableau du Greco. mais estce que c'est encore deux mondes? A l'étage au-dessus il y a lers substances individuelles qui enveloppent le monde. à un 86 . Un étage des replis de la matiére qui ne cesse de déborder. Et puis. Que toute assignation d'espéces et de genres présuppose des processus d'individuation qui. Le Greco. l'enterrement du compte d'Orgaz . Qu'est-ce que c'est que ce monde baroque? Je vous disais la derniére fois la peinture du Tintoret..les formes subjectives dites célestes.Vous occupiez les deux étages. précisement parceque les points de vue sont l'invers de la position de Dieu. Le double rapport individu-infini. seulement il fallait xxxx xxxx.La formule du point de vue c'est 1/infini. Il fallait faire le contraire. Prenez un tableau typiquement baroque. Il y a une infinité de 1/infini. dès lors.

c'est la plus vive spontanéité. Deuxiéme determination. c'est notre sujet de travail cette année. et chacun d'entre nous se reproche de ne pas y avoir songé immédiatement: ça renvoit à un aménagement trés concret. Il faut y réflechir. la moyenne arithmétique ce n'est pas difficile. Ce n'est même pas le mouvement. Mais je dis qu'il y a de quoi bondir.des choses aussi bêtes que ça je m'aperçois avec étonnement que. parceque c'est un de ses grands concepts. je n'avais pas assez remarqué. la moyenne harmonique des nombres et de leurs inverses. mais notamment ce texte de la Monadologie . du coup.pourtant ça ne s ressemble pas? Pourquoi ces deux peintres sont-ils considérés comme deux génies du baroque? Alors nous supprimons la séance qu'on aurait pu faire là-dessus parcequ'il faut bien gagner du temps. et que la moyenne harmonique passe par le rapport du nombre et de son inverse. mais il y a quand même quelque chose de frappant : quand on lit ça. je connaissais ce texte depuis trés longtemps. A l'étage du dessus vous ne trouverez que les notions individuelles. Pourquoi harmonie? Quand on en sera là. au début. mais la moyenne harmonique? Il faudra que nous retrouvions nos douleurs d'enfant. donc raison de plus pour le faire nous. C'est la considération des inverses qui définit la moyenne harmonique par différence avec la moyenne arithmétique. on se dit : évidemment. c'est à dire le sujet est sans porte ni fenêtre.étage ça tombe. Notamment si vous vous rappelez l'école communale(peut-être meiux que la communale) peut etre que vous rappelez qu'il y a une moyenne harmonique des nombres qui n'est pas la même chose que la moyenne arithmétique. le baroque c'est la piéce sans porte ni fenêtre. sans trou". que on apas essayé de faire la liste des sens du mot "harmonie". Dès la rentrée nous serons trés vite amener à envisager les rapports Withehead-leibniz. je crois. trés vite. on était parti de l'idée que le baroque c'est pli sur pli. parceque ce n'est pas rien. ces textes il y en a beaucoup. 87 . Ce n'est pas deux mondes ça. "sans porte ni fenêtre. à l'étage en-dessous vous ne trouverez que les replis. on a fait comme si c'était une proposition métaphysique de Leibniz. C"est ce texte célébre sur les monades qui sont sans porte ni fenêtre. il ne faudra pas oublier ce qu'on vient de faire aujourd'hui. Retour en arriére : plus ça va . une proposition éminement paradoxale : la monade est sans porte ni fenêtre. quels rapports y aura-t-il entre les deux? Commence à naitre le trés grand concept original de Leibniz: le rapport sera toujours nommé harmonie. Alors ce qui m'étonne de plus en plus. comme 2 et 1/2. plus quelquechose m'étonne que. à parler de l'harmonie chez Leibniz. c'est l'aménagement baroque par excellence. Une fois dit que chez Leibniz ils interviennent tous. mais ce que nous pouvons pressentir c'est que les deux étages ce n'est pas une maniére de rebaptiser les deux mondes. La plupart des autres textes disent : "sans trou". Deleuze Leibniz 20/1/87 Un résumé puis nous irons de l'avant. Mon rêve ce serait de trouver. Harmonie. C'est. et ces textes ont toujours été considéré. Or. C'est une mise en question des deux mondes trés trés forte. c'est qu' il me semblait bien qu'on n a pas remarqué. c'est le pli qui va à l'infini. elles n'ont pas été faites. c'est pli sur pli. c'est notre point de départ. Une piéce sans porte ni fenêtre! Et en quoi c'est ça le baroque? Vous voyez que dans ce rappel en arriére. Il faudra recomprendre ce que c'est qu'une moyenne harmonique. les sujets individuels. mais il y en a beaucoup qui reprennent l'idée. En quoi c'est ça. à quoi ça renvoit? Ca ne renvoit pas à de la métaphysique. je dis ça pour moi aussi parceque ça m'est venu tout d'un coup. à un autre étage c'est une espéce de danse incroyable.

La chappelle du Saint Suaire à Turin. Or est essentiel que. car encore une fois le marbre est veiné. la confrontation avec la chambre obscure. on a vu précedemment tout le passage de voir à lire chez Leibniz. chez Le bernin. la lecture est une opération de l'esprit. suivant qu'il veut une position perpendiculaire du tableau. miroir de la ville. aussi bien de la cellule. Prenez l'architecture baroque. La chambre obscure. Vous voyez c'est une petite piéce dans laquelle l'individu. Les fenêtres sont en trompe-l'oeil. une description du dix-huitiéme siécle de la chambre obscure. c'est tout ce qui est à lire. c'est le Cabinet de lecture. la cellule du moine. moine et monade. En revanche ce qui attend le baroque c'est la constitution comme idéal architectural de la piéce sans porte ni fenêtre. Concrétement c'est quoi. La chambre obscure ça n'a pas attendu le baroque non plus. et suivant la position que le peintre veut donner à son tableau par rapport aux objets modèles qui arrivent par le miroir. une petite ouverture. c'est le même mot. tout le reste est en trompe-l'oeil. à partir du baroque. et il va recevoir la lumiére par une ouverture cylindrique dans le haut. par exemple il y a un livre de Sarah Kofman qui s'appelle Camera oscura . et que c'est sans doute un des apports baroques à l'architecture. Finalement. la chambre obscure sera l'objet d'une utilisation systématique chez certains peintres. Il n'y a même pas besoin de donner des exemples parceque c'est la constante du baroque. elle est trés trés obscure. grande technique du baroque. ou bien s'adresse à l'esprit. Tout le reste est. L'intérieur sans porte ni fenêtre c'est vraiment . Bien sur. Ce qu'est une chambre obscure dans le détail de son mécanisme. du théatre. Mais bien entendu ni la cellule de moine ni le théâtre profane n'ont attendu le baroque.l'un d'entre vous me citait. Tout ce qui est voir est dedans. Et quand je dis "moine". L'un d'entre 88 . Et la monade lit le monde encore plus qu'elle ne le voit . Continuons. etcaetera. à l'âge baroque. mais cette ouverture est réglée par. par exemple le peintre s'introduit. et encore l'idéal de ces ouvertures c'est qu'on ne voit rien par elles. ou la lumiére qui arrive par cette ouverture est réglée par un jeu de miroirs inclinables. chez Guarini. de la sachristie. Vous vous rappelez l'importance du marbre dans le baroque. oui il faut de la lumiére. mais le fait est que. ça évoque quoi chez vous? C'est évidemment l'idéal de quoi? C'est l'idéal. je dirai. Vous reconnaissez aussi le thème leibnizien de la monade miroir de la ville. le théâtre. comment la décrit-on. même dans les manuels de visite de la ville? Je ne sais pas si on la décrit comme ça. Vous me direz que pour lire il faut de la lumiére. et elle comporte vraiment un minimum d'ouvertures. sans porte ni fenêtre. vous le trouverez. à la lettre. ce thème architectural monacal de la cellule sans porte ni fenêtre. le baroque. la chambre obscure prend pour tous les arts une importance déterminante. "cellule de moine".L'utilisation du trompr-l'oeil à l'âge baroque ne fait pour nous aucun problème puisque c'est exactement la monade sans porte ni fenêtre. parralélle ou oblique.concrétement. Elle est toute en marbre noir. elle est notoirement décrite comme ceci: elle est toute en marbre noir. la piéce sans porte ni fenêtre? Concrétement c'est une chambre obscure. mais purement comme condition physique. C'est directement la chambre obscure. l'avantage de ce livre c'est que dans un appendice il donne un texte du dix-huitiéme siécle qui décrit en détail-c'est donc précieux pour nous. Mais puisqu'il fait noir. J'entends bien que c'est un idéal. de la chapelle. ne comporte qu' une minuscule entrée.. c'est à dire de tous les lieux où ce qu'il y a à voir. à l'âge baroque. ou bien ce qu'il y a à voir est intérieur à la piéce. par exemple Le Caravage. la lecture est une perception de l'esprit. Il y a une sachristie à Rome qui. lorsqu'il nous dit : la monade. mais nous parlons idéalement. le plafond est peint en trompel'oeil.mais ça ne fait rien. et là aussi c'est trés étonnant que ne s'impose pas la comparaison. ou ce thème de sachristie a pris un essort.. il faut toujours bien un petit trou. donc il y a bien une ouverture. la sachristie. à la limite ce n'est même pas tout ce qui est à voir. ce n'est pas par hasard puisque le moine c'est le monas. il y aura tout un jeu d'inclinaison des miroirs. chez Borromini.

ou le décor à transformations dans le théâtre. dès lors le baroque va constituer un intérieur éclaté. En ce sens. Je ne veux pas dire que cette abaye de Le corbusier soit baroque. c'est au contraire un intérieur ramassé sur soi. réciproque. C'est la piece qui réalise à la lettre. Là il me semble que ça ne va plus. parceque l'intérieur est sans porte ni fenêtre. tellement obliques. qui s'appelle La littérature de l'âge baroque en France . c'est l'abaye de Latourette.vous me citait une chose célébre de Le corbusier et qui l'analysait trés bien. du baroque. L'intériorité sans porte ni fenêtre: c'est à dire que tout ce qui est à voir est dedans. que ce soit les ouvertures latérales. justement et c'est cela le paradoxe baroque. il l'appelle trés bien L'intérieur et l'extérieur . l'architecture de la renaissance implique cette correspondance de l'intérieur et de l'extérieur. il expliquait ça trés bien. mais. quand le second livre qu'il consacremais bizarrement ce second livre c'est un peu son adieu au baroque. que la lumière passe par ces ouvertures mais on ne voit rien du dehors. où la chappelle. et le décoratif. seulement la façade n'exprime plus l'intérieur. Qu'est-ce que c'est? C'est la façade! La façade est percée de portes et de fenêtres. l'indépendance de la façade par rapport à l'intérieur. Et en lisant bien xxxxx on trouve une phrase qui me parait décisive(page 71 de la traduction française) : "c'est justement ce contraste entre le langage exacerbé de la façade et la paix sereine de l'intérieur qui constitue l'un des effets les 89 . je veux dire que une telle entreprise n'aurait pas existé sans l'architecture baroque. Et si ce qui est à voir est dedans. et bien tout ce qui est à voir est à lire. qui a beaucoup écrit sur la littérature baroque. ce n'est pas du tout un intérieur éclaté. par exemple on pourrait dire que. entre la façade et l'intérieur. je crois. Notres derniére définition. un critique littéraire comme Jean Rousset. c'est à dire n'exprime plus l'intérieur. là ou il a des doutes sur la notion de baroque. Vous voyez comment finalement toutes sortes de techniques que manie le baroque. littéralement. ce n'est donc pas du tout un intérieur éclaté. à la limite un intérieur sans exterieur.si il est là il ajoutera quelquechose si il veut-. Si bien que nous voilà avec une nouvelle caractérisation du baroque : la tension de l'intérieur et de l'extérieur compte tenue de leur indépendance respective. Mais enfin. à la limite. l'autonomie de l'intérieur par rapport à la façade. quel est le corrélat de cet intérieur sans porte ni fenêtre? Le corrélat de cet intérieur c'est un extérieur qui lui comporte des portes et des fenêtres. dans l'oeuvre de Le corbusier. mais c'est uniquement parceque tout ce qui est à voir à l'intérieur est à l'intérieur. à la fois il a raison. il se demande dans la derniére partie mais qu'est-ce que c'est .Et puis il passe à un autre point. Dans le premier livre de Rousset. pour le moment. Comme si les deux éléments avaient conquis l'un l'indépendance. c'est trés complexe tout ça. ou bien alors il faudra concevoir des correspondances d'un type nouveau. la chappelle. a trés bien vu quelquechose. si bien que ces ouvertures elles-mêmes ne donnent rien à voir à l'extérieur. ça va être : la façade prend de l'indpendance en même temps que l'intérieur a conquis son autonomie. et il donne comme exemple de l'intérieur éclaté: il y a surcharge décorative. il ne correspond plus à un intérieur. comme le trompe-l'oeil. Il y a forcément décoration qui paraitra à un certain point de vue excessive.mais ce second livre. mais des ouvertures tellement biaisées. Que ce soit les ouvertures d'e-haut. par exemple. Si bien que Rousset à beaucoup plus raison lorsqu'il marque cette tension entre l'intérieur et l'extérieur. Ca ne va plus. de la façade et de l'interieur se substitue une tension entre la façade percée de portes et de fenêtres et l'intérieur sans porte ni fenêtre. et passe uniquement une lumiére colorée par les éléments du dedans. Alors bien sur il y a des ouvertures. ca n'empêche pas qu'il faudra bien un rapport et le rapport ne sera plus de correspondance. il a beau avoir des doutes. l'autre l'autonomie. même en pseudo-surcharge ce n'est pas du tout un éclatement. doivent se comprendre à partir de cet idéal d'intériorité. d'une certaine façon. le baroque? Et il commence trés bien par dire : c'est l'indépendance de la façade. prés de Lyon. A la correspondance de la façade et de l'intérieur. est sans porte ni fenêtre. la formule: "un intérieur". et comme la façade est indépendante.

Est-ce que vous voyez des choses à ajouter? Question: Pour l'architecture? Deleuze: pour l'architecture. C'est pour ça que l'articulation de deux étages dans le baroque va se substituer à la distinction de deux mondes. Ce sera cela le grand problème du baroque. est-ce qu'il y a des blocs de lecture-vision? Oui. le pli qui va à l'infini. remplisse le monde baroque comme synthése des figures visibles et des caractéres lisibles. c'est un beau texte. parceque on la jugeait au nom de jugement de valeur. Le sans porte ni fenêtre. tout ce que vous voulez. L'étage du dessus est un cabinet de lecture. L'intérieur sera envoyé au premier étage. l'unité devise-figure elle est vieille comme le monde. dans son livre sur le baroque. tandisque la façade occupera tout l'étage d'en-dessous. c'est bien connu. Déterminer des correspondances indirectes entre niveaux.. on dirait aujourd'hui qu'un bloc de lecture-vision c'est la bande dessinée. on a voulu que l'allégorie ce soit un mauvais symbole. Bon. sur le drame et le baroque.plus puissants que l'art baroque exerce sur nous". Alors il n'y a plus de correspondance. il dit que l'allégorie c'est quelquechose qui différe en nature du symbole. On était parti de la définition des plis. Peu importe comment il définit l'allégorie. c'est à dire le pli entre deux étages. Et le pli c'est vraiment ce qui passe entre les deux. la chambre obscure c'est le cabinet de lecture. tension entre la façade devenue indépendante de l'intérieur. C'est l'articulation de deux étages. Mais ça existe à l'âge baroque. à l'âge baroque. Je dis la tension entre la façade. mais il dit non. ce qu'on voit du dehors à l'étage d'en-bas. on ne peut pas mieux dire. le texte de Benjamin. la tension de la façade et de l'intérieur ne peut être 90 . Mais est-ce qu'ily a une unité lecture-voir. puisque. Alors une correspondance qui ne serait plus directe . L'extérieur se donne à voir dans une figure. ça me parait évident. Si bien que l'unité baroque ce sera.entre la façade et l'intérieur. Par exemple un emblème hiéraldique c'est quoi? Une devise et une figure. ce qu'il y a à voir du dehors. je dis la tension entre la façade et l'intérieur ne peut être résolu.mais enfin certains d'entre vous pourrons surement y entrer. L'allégorie ça suppose la rupture. Il faudrait opposer allégorie et symbole. c'est de la lecture. peu importe comment il définit. un tel développement? Je fais presque un regroupement sur ce thème: qu'est-ce que le baroque. c'est pour celà que je tenais à ce retour en arriére. l'intérieur se donne à lire dans des caractéres. Ce que je retiens c'est la différence de nature symbole-allégorie.. encore une fois. Que l'allégorie . et l'intérieur devenu autonome par rapport à la façade. Ce n'est pas du tout. c'est l'articulation des deux étages qui va rendre possible un nouveau mode de correspondance entre la façade indépendante et l'intérieur autonome. Walter Benjamin nous dit quoi? Il nous dit: on a trés mal compris ce que c'était que l'allégorie. au sens ou l'on parle de résoudre une tension. Pourquoi est-ce que le baroque développe des cycles d'emblèmes? Pourqoi est-ce que l'emblème prend. et la correspondance n'est plus directe. ne peut être résolu que par la distinction de deux étages . L'âge baroque. Un emblème c'est un bloc lecture-vision. c'est forcé! Voilà. ce qu'on lit du dedans à l'étage d'en-haut. Pourquoi? Parceque je dirais. mais en quel sens? Encore une fois quel va être le rapport? Quel va être le rapport entre la façade indépendante et l''intérieur xxxxxx. c'est ça que je voulais dire. l'extérieur devenu indépendant pour un intérieur devenu autonome. pour mon compte et de la maniére la plus simple. c'est quoi? Ce sera tout le probème de Leibniz. encore une fois.Bon. c'est l'âge emblématique par excellence. Mais qu'est-ce que c'est qu'un emblème dans la théorie des signes. lecturevision? Est-ce qu'il y a un bloc. Si vous préférez. le symbole c'est une correspondance directe entre un intérieur et un extérieur.. car la façade est vue du dehors puisqu'elle n'a pas d'intériorité. enfin je n'arrive pas bien à rentrer dans ce texte. entre ce qu'il y a à voir du dehors et ce qu'il y a à lire du dedans. la disjonction de l'intérieur et de l'extérieur. c'est à dire entre étages. le trompe-l'oeil. Bon. dès lors. C'est ce qu'il appelera l'Harmonie. dès lors ce qui articule les deux étages. mais à partir de cette définition on passe à la seconde définition.

vous comprenez? Il ne faut pas tout réduire. peut elle être présentée sous la forme suivante: dans le cas des propositions d'essence. mais ça ne suppose pas éviter toutes lignes droites. Si je montre que tel prédicat est contenu dans une notion. Ce n'est pas possible. Or Dieu est infini et n'a à faire qu'avec de l'infini. c'est à dire on montre par une suite d'opérations finies que le prédicat est inclu dans le sujet.résolu que par la distinction de deux étages. sur une courbe. Pourquoi? Parceque. l'analyse est indéfinie. qu'il n'y ait pas de structure rectiligne. On peut concevoir la courbe.. ou pour des mathématiques baroques. Dans les textes de Leibniz. proposition d'essence dy type 2 et 2 font 4. ça n'empêche pas que il y a l'angle droit.. proposition d'existence : César franchit le Rubicon. la résolution du prédicat dans le sujet est infinie. Réponse : Non. Là c'est trés trés important. alors qu'en fait on projette sur une sphère... constament il y a des démarches rectilignes. ce que vous trouvez constament dans l'architecture baroque. Tout ce que vous pouvez dire c'est que l'inflexion vient arrondir l'angle. quoi qu'on dise.(changement de bande). ou qu'il n'y ait pas de figure rectiligne. C'est ça sur quoi je voulais insister. Dès lors on allait être amenés à distinguer toutes sortes de types d'inclusion suivant les propositions considérées. Il faudrait que je vous convainque. Proposition d'essence : deux et deux font quatre. et dans le cas des propostions d'existence. Même si il le dit c'est maniére de dire. or dans tous les cas je crois que l'analyse est nécéssairement infinie. Les propositions d'essence ne peuvent pas être justiciable d'une analyse finie.. D'autre part les proposition d'exsistence ne peuvent pas être indéfinies. ou adam a pêché. je fais une analyse. il ne faut pas vouloir que.comment je voudrais vous faire sentir: par exemple si vous prenez une figure comme un triangle. la courbure sera premiére par rapport à toutes les lignes droites. mais l'angle est là. Là-dessus nous envisageons le cas des proposition d'essence. c'est le premier contresens qui serait tout à fait facheux. Et d'abord la grande dualité des propositions c'était les propositions d'essence et les propositions d'existence.. même pour Dieu. l'analyse est finie. Alors que la chambre obscure soit elle-même rectiligne ça n'a aucune importance. du type 2 et 2 font 4. comme la limite d'une série d'angles droits. De même lorsque je vous disais : vous voyez bien ce qu'on fait avec un inflexion dans le baroque. il me semble.il le dit tout le temps dans les méthodes de limite. Premier type d'inclusion 91 .et concernent essentiellement-. c'est des tissus de contresens. Et même si leibniz à l'air de le dire. ça sert à cacher l'angle droit. ça n'est pas possible! pas possible. Deleuze: C'est pas au même niveau. Oui? Hein? Ouais? Question: quelque chose me dérange un petit peu(Gilles: aie).. Et là Leibniz le dit formellement: Dieu lui-même ne voit pas la fin de la résolution puisque il n'y a pas de fin. Pas de problème? Tout va bien? Non. elle est évidemment rectiligne.. en principe elle sert à projeter ce qu'on voit sur des axes.. mais c'est à vous de voir si vous êtes convaincu ou pas. et prosposition d'existence du type "César a franchi le Rubicon". Cette usage de la chambre obscure semblerait en apparente contradiction avec ce que vous avez dit sur l'usage des courbes dans le baroque. L'inclusion du prédicat dans le sujet implique une analyse infinie. On appelera analyse l'opération qui montre une inclusion. alors je sollicite à la fois et votre bienveillance et votre attention. ce qui compte c'est que. Deuxiéme point. Bon. En quoi consiste l'inclusion. Tout ce que le baroque demande c'est que les structures rectilignes soient secondes par rapport aux courbures. les couches les plus profondes de l'entendement de Dieu.. il ne faut pas croire que ça implique qu'il n'y ait pas de ligne droite. Pour Leibniz. en effet. la chambre obscure. à un autre niveau de la physique.. la distinction entre les deux types de propositions. Pourquoi? Parceque dans les propositions d'essence l'analyse ne peut pas être finie quoiqu'on dise puisque les propositions d'essence sont .

Leibniz . non pas au sens de identiques les une aux autres. Qu'est-ce qu'une définition réelle. chacune est identique à soi. supposons. peut-être dirait non. Les notions primitives absolument simples sont disparates. blanc est dans ce cas. j'appelerai notions absolument simples les formes infinies. Un blanc est toujours un degré de blanc. vitesse sera une notion absolument simple. Elles sont diparates. Que j'arrive à de telle formes ou pas .peu importe pourquoipenser un blanc infini. c'est le rapport d'un défini et de sa définition. Entre un défini et une définition réelle il y a inclusion réciproque. Elle s'oppose à la définition nominale. est-ce qu'on peut penser un entendement infini? Selon Leibniz oui. Formellement distinctes et ontologiquement Une. Non on ne peut pas. elle ne renvoit qu'à soi-même. Qu'est-ce qu'une inculsion réciproque. Est-ce qu'on peut penser un blanc infiniment blanc? Si oui. dira Descartes par exemple. Est ce qu'on peut penser une étendue infinie par elle-même. je vous donne la réponse leibnizienne : ce sont les formes directement élevables à l'infini. qui dès lors posséde toutes les formes infinies. à condition que la définition soit réelle. Bon. Donc l'auto-inclusion des formes primitives permet de conclure à l'existence singuliére d'un être infini. est-ce qu'on peut penser une vitesse infinie? Si oui. dernier terme. ça il faut le savoir par coeur. c'est vraiment un raisonnement dans l'air du temps. c'est que c'est précisement parceque les formes infinies. Mais peu importe tout ça. Que sont les notions primitives absolument simples. ces derniers termes sont nécéssairement infinis eux-mêmes. mais qui n'en montre pas la possibilité. Pourquoi est-ce que c'est une définition réelle? C'est une définition réelle parceque c'est une définition par facteurs premiers. c'est le domaine des auto-inclusions. Je dirais que là ce ne sont plus des inclusions réciproques puisque chacune n'a à faire qu'à elle-même. car se contredire ce serait encore avoir à voir quelquechose. Pourtant je viens de dire qu'il n'y avait pas de dernier terme. Exemple d'une définition réelle : vous définissez 3 par 2 et 1. qu'elles peuvent appartenir à un même Etre. Donc chaque notion absolument trés simple est un identique à soi.j'avais essayé de l'expliquer la derniére fois. C'est la nouvelle preuve de l'existence de Dieu. il faudrait dire: les notions absolument simples ou les formes infinies primitives sont formellement distinctes mais ontologiquement Une. C'est à dire les attributs d'un seul et même Etre. les formes directement infinies. Ce n'est plus le domaine des inclusions réciproques. On ne peut pas penser une couleur infinie. peut-être pas. Est-ce qu'on peut penser une étendue infinie. une définition nominale étant une définition qui permet de reconnaitre le défini . c'est à dire que ce sont des termes absolument simples. Bon. si vous voulez. Oui. Qu'est-ce qu'on peut penser comme infini. C'est parceque la pensée et l'étendue n'ont strictement rien à voir l'une avec l'autre que toutes deux peuvent êtreles attributs de Dieu. une définition réelle c'est une définition qui montre la possibilité du défini. et le raisonnement paradoxal de Leibniz. Si vous enchainez les définitions réelles. ce sont des termes infinis par eux-mêmes. Je dis même raisonnement chez Spinoza. pour Leibniz c'est trés précis. Un identique c'est une auto-inclusion. Deux notions absolument simples n'ont aucun rapport l'une avec l'autre. si on peut penser une vitesse infinie. En effet. Qu'st-ce que c'est les identiques? Ce sont les derniers termes de l'analyse. les notions absolument simples n'ont rien à voir les unes avec les autres. c'est à dire sans aucun rapport les unes avec les autres. vous faites une démonstration. une auto-inclusion. C'est de l'identique à soi. 92 . qui dès lors n'ont absolument rien à voir les uns avec les autres. directement infinie. En d'autres termes. Exemple-chaque fois on fera l'épreuve-. à la limite vous arrivez à ce qque Leibniz appelle des identiques . C'est ce que Leibniz appelle des notions primitives absolument simples. ce pourquoi il en tire une nouvelle preuve de l'existence de Dieu. Elles peuvent d'autant plus appartenir à un même être qu'elles n'ont rien à voir les unes avec les autres. Vous pouvez substituer un à l'autre. Donc ce n'est qu'une maniére de dire. ça ne se contredit pas. les inclusions réciproques.dans les propositions d'essence. par nombres premiers. Ce sont des identiques.

Je prends un autre domaine: l'organisme. Pour Leibniz oui et non. d'accord!mais ce que je vais dire est trés trés confus parceque je n'ai pas encore les éléments pour le dire plus clairement. un concept ça a une histoire trés discontinue. c'est des nombres trés singuliers . trois grands philosophes pour un concept. Mais pour nous. de la matiére inorganique. c'est des nombres qui sont les réquisits de tout nombre. C'est déjà un acte créateur en philosophie se dire tiens tiens je vais faire de l'événement un concept. On est supposé partir de notions simples pour arriver jusqu'aux composées. d'enrouler et de dérouler les parties d'un organisme. ou que Leibniz défini du joli mot de forces plastiques? On a vu trés rapidement en quoi consistaient les forces splastiques. et ça n'a aucune importance. Je vous ai lu la maniére dont Leibniz le démontrait dans les Nouveaux essais . et pour chaque domaine. c'est l'objet de ce que Leibniz appelle la Combinatoire. Avant Leibniz il y a eu une premiére grande philosophie de l'événement. On a voulu placer l'inclusion là où Leibniz n'a jamais voulu la placer car Leibniz ne diit pas que 4 sit dans 2 et 2. les identiques étant indéfinissables puisqu'ils ne contiennent que soi. ce n'est pas chez lui un concept.En principe nous remontons des inclusions réciproques jusqu'aux auto-inclusions. comme toujours chez Leibniz . et je dis : quel est le réquisit de ce domaine? La réponse de Leibniz c'est : c'est les nombres premiers. mais c'est faux! Pour les propositions d'essence aussi. les notions relativements simples c'est quoi? C'est ce que Leibniz appelle les réquisits d'un domaine. Exemple. c'est les stoiciens. en vertu de quoi tous les corps sont élastiques. Chaque fois. C'est juste pour vous faire sentir un problème. c'est Leibniz. 93 . Et ça explique-il me semble-à quel point Leibniz a été mal compris. Il le démontre précisement par décomposition en facteurs premiers. Le concept d'événement c'est signé les stoiciens. Là-dessus ça retombe. Enfin constamment la philosophie ça se fait avec des coups de génie comme ça. les objections qu'on lui fait viennent de là. Si je prends le domaine de la matiére inanimée. c'est des forces qui ont le pouvoir d'envelopper à l'infini et de développer les parties d'un organisme. il faut l'écrire. mais prendre l'événement comme l'objet d'un concept irréductible. on a tendance à le réserver pour les propositions s'existence. Il n'y a que des événements chez Leibniz. je prends un domaine qui est la quantité discontinue ou le nombre. Les réquisits d'un domaine c'est la dénition réelle des objets d'une catégorie donnée. nous nous sommes des créatures finies et on y arrive pas. encore une fois puisqu'on arrive pas aux notions absolument simples qui sont dans le fond de l'entendement de Dieu. Quel est le réquisit des forces d'un type trés particulier que je peux définir . accordons lui. Voilà. Le deuxiéme grand philosophe qui va reprendre le problème de l'événement et d'un concept d'événement. C'est idiot. C'est les forces plastiques qui définiront la vie. Alors. Le trosiéme ce sera Whitehead. vous le sentez. puisque chacun ne contient que soi-même. c'est une notion trés dérivée qui dépend des concepts d'Aristote. Les nombres premiers sont les réquisits de tout nombre. ça n'a aucune importance que nous n'y arrivions pas parceque nous nous contenterons de notions relativement simples. Mais vous me direz que les nombres premiers c'est des nombres. j'arrive à des réquisits qui sont des relativement simples. où est l'inclusion? Pourquoi? Comprenez.ça c'est vraiment un coup de génie. c'est que 2 et 2 sont 4. dès lors. où tout à coup quelquechose est érigé à l'état de concept. Aristote peut parler de l'événement. c'est à dire nous remontons desdéfinitions jusqu'aux identiques. C'est bien. il le démontre trés bien. Je dis : où est l'inclusion dans 2 et 2 sont 4 ? Elle n'est pas où on le croit. quand on consent à donner de l'importance à la notion d'événement chez Leibniz. ni que 2 et 2 soient dans 4. cette fois-ci les réquisits ce sera les forces élastiques. symbolisent avec les simples absolus. Et qu'est-ce que c'est que les notions relativement simples qui. Il n'y en avait pas avant. Encore une fois 2 et 2 sont 4. Dès lors je conclus ce nouveau point : Leiniz nous dit que le prédicat est inclus dans le sujet. Les réquisits sont des notions relativement simples auxquelles nous arrivons. avec un point d'exclamation : C'est un événement.

2 et 3. Dès que quelque chose est prédiqué il y a surgissement de la relation. encore faut-il penser ensemble 1. Qu'est-ce qui est prédicat: 94 . Vous pensez 1. le sujet "César". il n'est pas plus tout seul puisque le sujet "César" inclus le monde entier.2. la relation est née. tu t'es déjà donné des rapports. Je dis : le prédicat est contenu dans le sujet.. ensemble. ou bien 2 et 2 soient dans 4. c'est de la blague. Pourquoi ça se gâte? Parceque . Il voudrait que.Russel. là il y une relation entre la monade "César" et la monade "Cicéron" puisque Cicéron va être trés chagriné de ce que César fasse ça.... le sujet "Néron". 2 et 3.FIN DE LA BANDE. C'est pour ça que. dans la notion du sujet. Bien. mais chacun pour son compte. En d'autres termes il faut distinguer deux plans : vous pouvez penser des termes distributivement. c'est lui qui est inclus dans le sujet "César". Russel. Loin que la relation et le prédicat s'opposent.. Dès que quelque chose est posé comme prédicat. Quand on dit ça. mais chacun pour son compte. vous ne pouvez pas dégager une inclusion.. alors d'où vient l'équivoque. il est tout seul.2. Mais vous allez me dire que c'est se moquer du monde car. Les réquisits c'est quoi? C'est les trois nombres premiers mobilisés par les définitions 1. 2 et 2 sont 4! sont dans 1.2 et3.3. ces trois définitions mobilisent xxxxx 1. comme unités suffisantes. si bien il ne faut surtout pas dire que 2 et 2 c'est le sujet et 4 c'est le prédicat. Alors je dis 2 et 2 sont 4!. Si on ne fait pas cette distinction. et le monde entier il est constitué non seulement par le sujet "César".. 2 et 2 sont 4. question que tous les logiciens posent? Il me semble que c'est trés simple.3. il va dire évidemment: vous voyez bien que c'est faux que tout jugement soit un jugement d'inclusion. comme des unités distributives. le sujet vous. moi etc. En effet pour démontrer que 2 et 2 sont 4!. qui fait sur Leibniz un livre admirable.2. parceque une erreur de Russel ça vaut mille vérité d'un connard. mais le prédicat c'est le rapport même. Je dis 2 et 2 sont 4! c'est un ensemble de rapports. " César franchit le Rubicon".. selon Leibniz. c'est ça que Leibniz appelle un prédicat.. tout tombe. Alors là ça se gâte. mais chacun pour son compte. or un rapport ne peut pas être sujet d'autres rapports. et chacun pour son compte. on voit bien que c'est faux. On est loin de ceux qui disent que Leibniz ne peut pas rendre compte des rapports ou des relations. Leibniz utilise trois définitions. il me semble. pour Leibniz. Tandisque 1. 1.Les relations c'est les prédicats. c'est un sujet. c'est à dire vous les pensez ensemble et chacun pour son compte. vous dites:" César franchit le Rubicon" . il y en a trois.2 et 3. Et pourtant si! Je passe aux propositions d'existence. La démonstration que 2 et 2 sont 4! c'est l'enchainement de trois définitions.euhhhhh. mais par le sujet "Adam". 2 et 3. et en même temps il montre une espéce d'incompréhension radicale.. le sujet "Alexandre". Pourquoi? Il me semble que ce que Leibniz appelle un prédicat c'est justement ce que nous appelons une relation. vous ne voyez pas que c'est un rapport. la relation c'est le prédicat. Et si tu penses ensemble 1. ou bien 4 dans 2 et 2. Si bien qu'à la question: d'où peuvent naitre les relations chez leibniz. il ne suffira pas de dire: je pense ensemble des termes pour qu'il y ait relation entre eux. Evidement. vous pouvez les penser ensemble. Il n'y a pas encore de relation. c'est pas sérieux.autant dire que j'ai dit: le prédicat c'est la même chose que l'événement ou que le rapport. il est inclus dans les réquisits. il se dit des réquisits. Je dirais 2 et 2 sont 4! c'est le prédicat qui renvoit au sujet 1. Deuxiéme niveau. Oui... comprenez que c'est ça l'événement ou le prédicat. 2 et 3. C'est pas raisonnable. Il n'y a aucun problème. Bien non. donc c'est de la blague tout ça. Mais vous me direz le sujet "César".. comme le pense Russel.. J'essaie de terminer mon thème parceque tout arrive à la fois..ça suffit. Il s'attribue à quoi? Il s'attibue aux réquisits. mais c'est Russel donc c'est pas grave. 3. vous pensez la monade "César" et la monade "cicéron" ensemble. vous vous rappelez peut-être. au moins lui.

Je vous jure qu'il n'a jamais jamais dit ça! il l'aurait dit s'il l'avait voulu. c'est un événement. ou le prédicat "j'écris". Ce sont des verbes.2. On passe à la logique de l'existence. pris comme unité distributive. Avec ça on a fait la logique de l'essence. il faut l'écouter: les prédicats c'est des verbes. "J'écris" "je meurs". C'est dire à quel point il ne s'agit pas d'attributs. c'est un verbe. il dit: qu'est-ce que je fais maintenant.Donc je n'inclus pas un verbe quelconque sans inclure la série infinie des causes qui sont également des verbes. c'est tout Leibniz qui tombe. "je vais de France en Allemagne". de cause en cause. "J'écris". et dans le prédicat puisque la relation c'est le prédicat. c'est la même chose? On va voir tout à l'heure. verbe être+ adjectif qualificatif. Et les réponses c'est: Monadologie. c'est à dire les propositions d'existence. et le verbe est le caractére d'un événement. Bon. et par. Je dirais les notions à nom propre: César. C'est Forcé que l'inclusion soit non localisable. Toute monade qui inclue quoique ce soit inclue nécéssairement le monde entier. "je fais un pêché"."César a franchi le Rubicon" "Adam a pêché". Pourquoi? Cette fois-ci je diraiset c'es ce que je proposais comme terme: quatriéme type d'inclusion: ce sont des inclusions non localisables. puis il y a une cause à cette à cette cause etc. Il s'agit des notions individuelles. Il faudrait arriver à tout dire à la fois. dans un ensemble de contradictions. Il n'y a de relation que en même temps. quand on présente les théses de Leibniz on dit: l'inclusion du prédicat ça signifie que le jugement d'existence c'est: nom d'un sujet+ copule. vous .les relations. etc. C'est un verbe. C'est pour une raison simple qui ne marcherait pas au niveau des attributs. Qu'est ce que Leibniz appelle un prédicat? Ce qu'il appelle un prédicat c'est un verbe: "J'écris". quan il veut donner l'exemple de l'inclusion du prédicat dans le sujet.3. "Je voyage". Ce sera ça la causalité. Il dit: "j'écris". c'est pas des attributs. vous me direz ce n'est pas clair: en quoi est-ce que relations et événements. ce sont les notions d'individu. En d'autres termes la causalité ce sera le rapport d'un verbe à un autre verbe. ce sera la liaison des verbes. moi. c'est quand même curieux que là-dessus on lui fasse dire. Et là aussi il y a inclusion. il me semble. j'inclus par la meme la totalité du monde. Voilà donc le systéme des trois types d'inclusion relatifs aux vérités d'essence: les auto-inclusions ou les identiques. Voilà ce qu'il dit Leibniz. c'est pas des adjectifs. "j'écris". L'inclusion est donc non localisable. comment vas tu?". Là ça va être le grand problème: quel est le rapport entre les deux types de notion.. il s'agit d'événements. Et dit Leibniz: si le verbe "J'écris". Si bien que c'est trés important. J'écris à ma cousine: "chère cousine. "je pêche". On fait comme si la théorie de l'inclusion impliquait chez 95 . c'est à dire si j'inclus un événement qui me concerne actuellement. tout ça c'est des verbes. les inclusions non réciproques ou réquisits. Quand leibniz veut montrer en quoi consiste une inclusion dans une notion individuelle. C'est parceque tout événement à une cause: si j'écris c'est pour telle et telle raison. les inclusions réciproques ou définitions. en effet. quelle horreur. Il y a une cause à cette cause. Pourquoi? Parceque une notion individuelle n'inclus pas un prédicat sans inclure l'ensemble du monde. en d'autres termes. Profitons-en pour régler ce point. "Je vais de France en Allemagne". mais d'un tout autre type. Mais "J'écris" c'est quoi? Qu'on ne me dise pas que c'est un attribut. c'est un ensemble de relations qui est prédicat de 1. Si vous ne maintenez pas ça. il donne quoi? " Je fais un voyage". c'est à dire notion relativement simple. soit réquisit. Il ne s'agit plus de notions simples du type soit notion primitive absolument simple. ou liaison des événements entre eux. Les prédicats ce sont des verbes. justement. a va étre un quatriéme type d'inclusion. Elles sont simples aussi. c'est à dire les événements. Et qui tombe. il y a une cause a ça: j'ai entendu dire qu'elle allait mal. je peux dire que 2 et2 font 4! c'est l'ensemble des relations. Finalement tous les verbes sont liés les uns aux autres. chez Leibniz. que si j'inclus quoique ce soit. Le verbe c'est l'indice d'événement. Qu'est-ce que ça veut dire? Si il y a un prédicat que ma notion inclus c'est: ce que je fais en ce moment.. Simplement dans les Lettres a Arnauld. Bien. "César franchit le Rubicon".

il sait trés bien qu'il y a des relations. C'est pas difficile: c'est ce qui est dit. la prédication c'est: dire un événement d'un sujet. 2 et 3. c'est a dire une qualité. parceque Leibniz n'a jamais. alors que ça n'avait strictement rien à voir. par l'intermédiaire de la copule être. nominal seulement. Là-dessus des logiciens disent: mais non.en toute rigueur du mot attribut ce n'est pas un attribut. C'est une trés bonne définition nominale de l'événement dire: l'événement c'est ce qui se rapporte à l'existence et au temps. Mais ce qui se rapporte à l'existence et au temps. Alors Russel ajoute: Leibniz va etre bien embété parceque sa théorie de l'inclusion l'améne à réduire tout jugement au jugement d'attribution. donc surtout ne croyez pas que la prédication chez Leibniz puisse se réduire. que c'est des réductions forcées.. Supposons que" le ciel est bleu". mais le prédicat n'est un attribut que du point de vue du sujet d'attribution. considérés comme sans rapports. ça veut dire: ce qui se dit de quelque chose. il n'y a pas d'attribut là-dedans. Mais en tant que mathématicien et en tant que logicien. ce n'est pas un prédicat puisqu'il n'y a pas de sujet.e César. Ce qu'on a confondu c'est l'inclusion du prédicat et l'attribution. Pour Leibniz le prédicat c'est un événement. Si bien que le jugement d'attribution se présentera sous forme: un sujet.Leibniz une réduction du jegement au jugement d'attribution. voilà. mais bien du point de vue du jugement d'attribution. et c'est le grand thème de Russel. 1. le prédicat c'est l'attribut. 2 et 3. Si un jugement n'est pas d'attribution. L'attribution c'est exactement le rapport entre un sujet et un attribut. dans votre coeur. et que les relations ce n'est pas des attributs. dans son livre sur Leibniz. 2 et3 considérés comme sans rapports ont un prédicat qui est le rapport "2 et 2 sont 4!". C'est quoi? C'est un événement. C'est ce qu'on appelle un jugement d'attribution. il a pourtant parfaitement un prédicat. Par exempel: le ciel est bleu.) -il dit " la notion individuelle enferme ce qui se rapporte à l'existence et au temps". Mais prédicat ça ne veut pas dire attribut. En d'autres termes. Il ne suffit pas de pas trouver le sujet pour qu'il n'y en ait pas! Si on demande quel est le sujet de "2 et 2 sont 4!". pour un logicien c'est trés facheux. il est le premier à savoir que les mathématiques et la logique sont des systémes de relations irréductibles à des attributs. le prédicat qui est un attribut. Du point de vue du jegement d'attribution. la copule être. Ce qui se rapporte à l'existence et au temps se dit d'un sujet. que "bleu" soit un attribut. Mais ça ne change rien. Le jugement n'est pas un jugement d'attribution. ce n'est pas un attribut. ou vous ou moi) enferme (il pourrait dire l'attribut. Ils sont idiots. le prédicat c'est ce qui est dit. jamais fait ça. comme le croit 96 . Il dit ça pour rire. et ce n'est même pas sure. Et finalement il va faire de la relation : l'attribut du sujet qui compare les choses. en revanche 2et2 sont4. Donc il va falloir qu'il trouve un statut à la relation. Lettres à Arnauld: je lis le bout de phrase qui m'intéresse: Arnauld demande qu'est-ce que c'est. Ou bien "césar franchit le Rubycon"ce n'est pas un attribut. inclusion du prédicat dans le sujet? J'extraie cette petite phrase. mais il est un rapport à l'existence et au temps. Il faut que vous la reteniez par coeur. ça vous garantit de tout contre-sens: La notion individuelle (i. il est non seulement un rapport avec l'existence et le temps.. ça ne montre pas comment un événement est possible. mais aucune importance parceque c'est à ce moment là le synonyme de prédicat. "2 et 2 sont 4!" c'est le rapport qui se dit de 1. ce que Russel a confondu. au juste. Russel ne conçoit pas que Leibniz puisse faire autrement puisque. c'est la prédication et l'attribution. c'est 1. Là-dessus Russel dit: ça va étre embetant pour Leibniz. que cette histoire d'inclusion. à moins de traduire "j'écris" par: je suis écrivant. Qu'est-ce que ça veut dire: "ce qui se rapporte à l'existence et au temps"? C'est ça le prédicat. L'événement est toujours un rapport. C'est même une définition parfaite de l'événement. dit Russel. à moins de traduire: est franchissant le rubycon. Mais tout est faux dès le départ. 2et 2 sont 4 c'est un prédicat. parce que Leibniz en tant que mathématicien et en tant que logicien. on voit bien que ce n'est pas la même chose . il va être trés embêté. en ce sens il n'y a pas d'événement sans rapports. jamis! si d'ailleurs il dit parfois "attributum". non il ne dit pas du tout l'attribut. Il faut dire l'attribut c'est l'évenement.

Vous voyez que l'inclusion du prédicat dans le sujet chez leibniz est un pas fondamental dans une théorie de l'événement qui n'a rien à voir avec une théorie de l'attribution et du jugement d'attribution. Enfin il ne faut pas dire des choses comme ça. dans leur échange de lettre. La grande rupture des stoiciens c'est de dire: non. il fait clair"! lien des événements entre eux. Par exemple: qu'est-ce que ça veut dire une proposition portant sur le futur? Un événement futur? Une bataille navale aura lieu demain. aucun texte de Leibniz. l'événement prononcé dans une proposition. l'événement c'est l'exprimable de la proposition. c'est à dire la relation à l'existence et au temps dans le cas des propositions d'existence. en effet Leibniz tomberait dans toutes les contradictions que vous voulez. à une attribution. tout ça c'est pareil. encore une fois. on peut dire qu'il découle de la tradition. Le prédicat ou l'événement c'est l'exprimable de la proposition. selon Leibniz. c'est trés légitime. alors elle a changé de modalité la proposition? Une proposition peut-elle dès lors changer de modalité avec le temps? Toutes sortes de problèmes: ce qui à rapport à l'existence et au temps. va s'inspirer de cette logique de l'événement. est-ce qu'elle n'a pas de sens? Quel sens à-t'elle? Et quand la bataille navale s'est passée. j'insiste là-dessus parceque c'est le contre-sens fondamental: l'inclusion du prédicat dans le sujet chez Leibniz. en effet. c'est que. car. à ma connaissance n'autorise la réduction du jugement ou de la proposition. En quel sens ils rompent avec Aristote. Qu'est-ce que c'est que le prédicat d'une proposition: ce n'est pas la qualité attribuable à un sujet. Il y a un précédent. à un jugement d'attribution. hélas ce n'est pas un sacrilé que dire: on aurait pu avoir un tout petit peu moins de Platon et un petit peu plus de stoiciens. et il va donner une orientation nouvelle à cette logique. Avec un tout nouveau type de problèmes.surtout grace aux commentateurs. c'est trés claire au contraire. Or là c'est trés proche des stoiciens. La dialectique sera définie par les stoiciens comme le lien des événements entre eux. je fais quand même ma transition: Leibniz va reprendre. C'est ça l'apport fondamental de leibniz à une logique de l'événement. le monde est fait d'événements et les événements ne répondent pas à ce schéma. il y a un passage où Leibniz. avec ses correspondants. qui eux nous sont restés. Si il en était ainsi. sur le mode: "si il fait jour. elle est trés liée à: on fait avec ce qu'on a. à un moment . dans la correspondance avec Arnauld. L'événement. les évenements sont inclus dans la notion individuelle de celui à qui ils arrivent. En d'autres termes. ou de ceux auxquels ils arrivent. votre truc sa repose sur ce que vous donnez de la substance une définition assez nouvelle. Il dit à Leibniz: mais vous savez. Arnauld il est trés malin. on n'en finirait plus du toutmais je peux dire. comme ils disent. Ce sont les événements qui sont prédicats dans le jugement. vous savez il a beaucoup de mauvaise fois Leibniz. Est-ce que cette proposition à un sens. notre hiérarchie de la pensée antique. les événements. Le jugement d'attribution. D'où une logique d'un tout autre type que la logique aristotélicienne. ça a été la nouvelle logique des stoiciens. évidemment vous avez raison 97 .là je ne veux pas me mêler d'Aristote-. Difficile? Non pas difficile. dans la proposition.Russel. Vu tout ce qui a été perdu on ne se rend pas trés bien compte. on a que des framents misérables des anciens stoiciens. Vous voyez. Vous comprenez? Il en sort quelquechose de trés important. du type: "il fait jour"! Et le lien de deux événements fait le véritable objet de la logique. les commentateurs de l'antiquité. Mais loin d'être un atribut le prédicat c'est la relation ou l'événement. là): les événements ou prédicats ou relations. Voilà ce que je voulais absolument dire. il faut se contenter de ce qu'on a mais. on voit bien la nouvelle logique qu'ils faisaient. mais le peu qu'il nous reste. Il nous reste plus grand chose. c'est l'événement. C'est le jugement d'attribution. en gros. L'événement est inclus dans la notion individuelle de celui à qui il arrive. Arnauld. que hélas on connait si mal. mais c'est normal. parfois il est trés intelligent. Sous quelle forme? Sous la forme (ce qui n'était pas du tout stoicien. qu'il découle tout droit de la tradition aristotélicienne: Sujet + verbe être + qualité. alors si on définit la substance comme vous le fait. vous comprenez.

ce n'était pas son essence. si j'ose dire: justement Leibniz ne veut pas de cette définition. Comment on définit la substance chez les classiques. La substance a des maniéres d'être. Mais pour les autres. elle est une. Est-ce exagéré de dire que. il ne veut pas du tout.changement de bande. tout le monde à peut-être fait ça. Il y a. mais tout le monde à toujours fait ça. elle est rapportée à des maniéres. Elle est monas. On la définit par son attribut essentiel sinon elle est indéfinissable. Il en découlait qu'elle était une d'une certaine maniére. pour les autres l'unité c'était une propriéte de la substance. en d'autres termes le monde est la maniére d'être des unités substantielles. chaque unité substantielle exprime le monde. Le grand noeud baroque c'est le noeud célébre dans l'histoire de la mythologie qu'on appelle le noeud Gordien.. c'est le cas ou jamais de le dire. Tout ça c'est sur le dos de Descartes.. Encore une fois c'est dire à quel point ça n'a rien à voir avec un jugement d'attribution. C'est un attribut. à l'essentialisme classique s'oppose le maniérisme de Leibniz. à la corrélation substance-attribut essentiel telle que vous la trouvez chez Descartes. à quel point j'ai raion. être une. Elle est monade. Il a toutes les raisons de ne pas être convaincu. Qu'est-ce que c'est. Il la définit par quoi?Une substance c'est en effet une unité. ou un noeud! C'est le grand noeud baroque. Arnauld finit par dire: d'accord.. C'est dire que pour luil le jugement n'est pas un jugement d'attribution. J'entends bien: la substance n'est plus rapportée à un attribut. Elle est une. Car qu'est-ce qu'on appelera maniérisme? On appelera maniériste une conception ou une vision. Remarquez que l'attribut essentiel c'est bien un attribut. C'était l'attribut dont elle était inséparable. Le monde c'est le prédicat du sujet.. Il n'est pas trés trés convaincu. Là Leibniz répond immédiatement et dit: vous me dites une chose bien bizarre. c'est finalement une unité. Une substance est inséparable de son attribut essentiel et inversement la substance est définie par l' attribut essentiel. Alors Leibniz peut dire: mais tout le monde a toujours dit que la substance était une. Mais.. C'est l'unité qui définit la substance: c'est ça qui est nouveau. C'est dire à quel point il répugne au jugement d'attribution. on l'a vu. Elle n'est plus rapportée à une essence. Elle n'a pas d'autre essence. et que la substance est concréte. C'est la maniére d'être de l'unité substantielle. La substance pensante se définit par un attribut essentiel qui est la pensée et dont elle est inséparable. En effet. son essence elle l'a dans le dos. Leibniz substitut le rapport unité substantielle-maniéres d'être. c'est là où ça devient un dialogue de sourd avec Arnauld. Mais est-ce que c'est possible de la définir comme ça? Et Leibniz là va se livrer à des excercices de haute voltige: comment nouvelle? Ce n'est pas nouveau du tout ce que je dis. C'est l'attribut essentiel "pensée" qui définit la substance pensante. Dès lors. L'essence c'était l'attribut essentiel. Il s'agit de quoi? Arnauld lui dit: vous définissez la substance par son unité. il y a inclusion réciproque entre la substance et son attribut essentiel. Au rapport substance-attribut essentiel . et ce que vous appelez substance. Pourquoi? parceque pour lui c'est une abstraction. Il faut prendre maniéres au sens le plus littéral du mot: maniéres d'être. tandisque Leibniz c'est son essence: la seule essence de la substance c'est d'être une. la Monas. ça? Appelons ça une portion. le rapport fondamental c'est substance-maniéres d'être. De toute maniére chaque monade exprime la totalité du monde. Merveille. mais c'était une propriété de la substance.d'avance. . Le rapport fondamental n'est plus substanc-attribut. vous me dites que c'est étonnant de définir la substance par l'unité. Chaque monade exprime le monde. au 17° siécle. l'unité. une conception philosophique ou une vision picturale qui caractérise un être par ses maniéres. Et qu'est-ce que c'était le noeud gordien? il est 98 .. Descartes ne définit pas du tout la substance par l'unité. Et c'est l'attribut essentiel "étendue" qui définit la substance étendue ou la substance corporelle. Il ne veut pas définir la substance par son attribut essentiel. Je dirais à ce moment là que tout l'âge classique est essentialiste. En revanche ce qu'elle a c'est des maniéres. chez Leibniz qu'est-ce qui va apparaitre? Un tout autre type de corrélation: unité substantielle qui va être en corrélation avec toutes les maniéres d'être de cette unité. chez Descartes.

mais le monde est dans la monade. Qu'est ce que c'est la torsion baroque par excellence: c'est un chiasme. Heidegger trés tôt se démarque de Husser et des husserliens en rompant avec l'intenstionnalité. Le noeud Gordien c'est deux serpents indiscernables. C'est le noeud parfait. Le monde. entre autre avantage.Je veux dire: le noeud gordien c'est un noeud qui ne commence et ne finit pas. mais cette proposition est nulle si vous n'y joignez pas la seconde proposition. il est trés agassé.ce qui me parait trés intéressant c'est une histoire comme celle de Merleau Ponty. c'est le noeud Gordien. il dit qu'il a autre chose à faire: il dit: il faut que je réfléchisse à la sainte trinité.les notions individuelles: les unes sont pour l' autre. c'est trés difficile à défaire un noeud où il n'y a pas de bout. il n'y a pas qu'une notion individuelle.c'est une maniére de dire que ce n'est pas la faute de Dieu si Adam pêche-. c'est à dire les notions individuelles. il a crée le monde. vous savez à quel point il a été repris par la phénoménologie et par Heidegger. ce sont des signes magiques par excellence. il est étonnant. Vous savez que dans la mythologie il y a toute une histoire des noeuds qui sont fondamentaux. les sujets sont pour le monde. Dieu a crée le monde où Adam pêche. Alexandre.. c'est un entrelat. je l'indique. Si vous supprimez une des deux propositions.. Pourquoi? Parceque je fais le monde plus gros que le sujet puisqu'il y a une infinité de sujets. dont une boucle est toute petite. Le rapport du sujet et du monde. c'est lumineux ça. le joug et le timon. C'est ça qu'il a fait. Mais il n'y a pas qu'une monade. César .repris dans le caducée médicale. surtout que Arnauld n' apas le temps. Leibniz avec Arnauld. mon gros cercle n'est plus qu'en pointillés. C'est un noeud sans début ni fin. Pour rendre compte du noeud leibnizien: le moi-le monde. Là du coup il est évident que la monade est pour le monde. il lui en fait voir à Arnauld. Vous voyez. Il aimait bien faire des listes de tous les avantages qu'il y avait à comprendre sa philosophie à lui. deuxiéme proposition: mais attention le monde n'existe pas hors des notions individuelles qu'il inclue. En effet ça répond assez bien au texte de Merleau Ponty disant: il fallait bien rompre 99 .alors votre métaphysique m'ennuie. Je dis trés vite. l'autre est dans les unes. c'est le maniérisme. et il y substitue ce qu'il appelle l'être-dans-lemonde. Donc dieu ne crée pas les notions individuelles. à condition que j'ajoute des fléches qui font rentrer le monde dans la monade. qu'il enveloppe. certainement. c'est le noeud sur soi-même. à premiére vue on a envie de faire ça(dessin au tableau). C'est le noeud que le grand roi Gordios avait fait pour que son sur son char royal. là ça devient parfait. Le théme commun de Heidegger et de Merleau Ponty c'est: au début chez Husserl et ses disciples le rapport du sujet et du monde est présenté sous forme de l'intentionnalité. etc. Alexandre. chaque petite boucle sera une notion individuelle. il crée le monde où Adam a pêché. tout est perdu. il crée le monde auquel renvoient ces notions individuelles. Comment schématiser ça? Perpétuellement ça consiste à dire: les monades sont pour le monde.le sujet-le monde. Vous me suivez.dont chacune inclue le monde entier de son propre point de vue. Ce qui est vrai d'ailleurs. c'est à dire sans rien qui en sorte. simplement il faut le compléter. encore une fois c'est un rapport des sujets et du monde. il y en a une infinité: vous tous. avait pris son épée et l'avait tranché. C'est dire que les deux éléments du noeud Gordien ne sont peut-être pas séparable. Dieu ne crée pas Adam pêcheur. naitre dans le monde. mais vous retrouvez le noeud Gordien. Et il nous est dit que le grand roi Alexandre. Il passe son temps à dire: attention. c'est la photo du maniérisme ça. c'est les pointillés.les substances individuelles. c'est le noeud absolument clos. soient bien liés. et le noeud Gordien est un des plus beaux signes magiques. dans les sujets. irrité parcequ'il n'arrivait pas à le défaire. En fait c'est une infinité. Dieu n'a pas crée les monades. C'est la grande torsion baroque. Le monde n'existe pas hors de la notion individuelle. il faut que j'en rende compte aussi. le monde est dans les monades. Je le compléte avec deux petites fléches qui indiquent que la notion individuelle est pour le monde. Alors essayons. en présence du noeud Gordien. Leibniz le prend trés mal et lui dit: mais si vous comprenez ma métaphysique vous comprendrez la sainte trinité.

Vous ne pouvez pas dire sans contradiction: le cercle est carré. C'est cette fois-ci le rapport non pas entre Adam non pêcheur et Adam pêcheur. d'accord: c'est pour ça que Adam pêche. vous dites que le monde est dans la monade. le monde est dans la notion individuelle.avec l'intentionnalité parceque l'intentionnalité par elle-même. et Merleau Ponty ce sera le Chiasme. un simple apprentissage psychologique. Il est impossible que Adam soit à la fois pêcheur et non pêcheur. vous sentez que je pénétre dans un concept leibnizien trés particulier: c'est le concept d'incompossibilité. Mais enfin. l'intentionnalité ne suffisait pas. dans les propositions d'existence. Donc là le contraire n'est pas contradictoire. tandisque vous ne pouvez pas dire sans contradiction que 2 et2 ne font pas 4. Merleau Ponty oscille. Si vous m'avez suivi il faut bien qu'il y ait un rapport plus complexe. mais le rapport entre Adam non pêcheur et le monde où Adam a pêché. c'est que vous pouvez toujours penser Adam ne pêchant pas. On en arrive là: c'est ça l'inclusion dans les propositions d'existence c'est donc cette torsion telle qu'on vient de la voir. La différence c'est ceci: c'est que dans les propositions d'essence le contraire est contradictoire. c'est curieux. Prenez une longue note posthume publiée à la fin de Le visible et l'invisible. sinon on ne voit pas ce que veut dire Leibniz avec son rapport de compossibilité ou d'incompossibilité. C'est bien possible. le compossible et l'incompossible chez Leibniz. C'est tout ça que je voulais résumé. Mais Adam non pêcheur n'est pas contradictoire avec le monde où Adam a pêché. elle n'est certes pas l'harmonie entre notre monade et les autres(ça c'est contre Leibniz. ce n'est pas contradictoire. qui n'est pas la même chose que le possible et l'impossible. en quelque sorte. toute une page sur Leibniz. Ma question c'est: est-ce que nous pouvons localiser un autre type de rapport? Oui. une longue note trés intéressante sur Leibniz. Tandisque vous pouvez dire sans contradiction : Adam ne pêche pas. à la fin de sa vie. c'est à dire le contraire . page 276 du Visible et de l'invisible. Le rapport entre Adam pêcheur et Adam non pêcheur est un rapport de contadiction. Adam non pêcheur n'est pas impossible. il est contraire à Adam pêcheur. Ce n'est pas facile cette histoire. mais encore faudrait-il expliquer ceci. Curieux toutes ces notions qui nous reviennent. Merleau Ponty ne cesse pas de se référer à Leibniz. cette espéce de torsion monde-sujet. Là il y a un rapport qui n'est pas de contradiction ou d'impossibilité. Heidegger ce sera le pli de l'être et de l'étant. où il dit: "l'expression de l'univers en nous(c'est à dire chaque monade inclue l'univers ou l'exprime). Il faut l'expliquer d'une maniére ou d'une autre. Trés intéressant parceque ce qu'il substitue à l'intentionnalité husserlienne. c'est à dire que 2 et 2 ne fasse pas 4. Vous n'avez qu'à reprendre un texte comme Le Visible et l'invisible: il le dit lui-même: ce qui va remplacer l'intentionnalité c'est le chiasme. Notre âme n'a pas de fenêtre cela veut dire être dans le monde". Et c'est ce que Heidegger appelera le pli . il est incompossible. c'est à dire la portion du monde et du sujet. Je pense Adam non pêcheur. Adam non pêcheur est possible. On n'en peut plus. dans ses notes. A la fin. entre Leibniz et Heidegger. Donc si on veut échapper à la psychologie. Essayons de poser le problème concrétement: Adam non pêcheur. l'entrelat. Et pour ajouter. Je dois dire: Adam pêcheur et Adam non pêcheur sont contradictoires. or comment il y échappe? Merleau Ponty à la suite d'Heidegger. il faut bien. c'est contradictoire ou impossible. Simplement il est 100 . telle qu'elle est définie par Husserl ne nous garantit pas que c'est autre chose qu'un simple "learning". Mais où situer ce rapport de compossiblité et d'incompossibilité: entre Adam pêcheur et Adam non pêcheur. et vous pouvez penser Adam non pêcheur. le rapport est de contradiction. mais il emploie un langage leibnizien) mais elle est ce que nous constatons dans la perception à prendre tel quel au lieu de l'expliquer. C'est ça qu'il faut expliquer. on a pas le choix d'ailleurs. Alors où serait un autre rapport plus complexe. Alors on en est à la grande différence entre les propositions d'essence et les propositions d'existence. Adam non pêcheur. il n'est pas contradictoire en soi. Le monde où Adam a pêché est intérieur à Adam. Si bien que Adam non pêcheur est possible contrairement à 2 et 2 font 5.

mais ne s'y exprime clairement qu'une petite portion: si j'ai ma monade sans porte ni fenêtre. comme vous êtes fatigués ja vais donner juste un schéma et puis la prochaine fois on le verra à fond. c'est une autre relation. et nous ne savons pas d'où ça vient l'incompossible.. C'est dans le tome 7. Je pars de la notion individuelle Adam. il y a bien une zone où l'incompossibilité se distingue de la contradiction. Il ne s'agit pas pour nous. un texte trés bien qui dit: on a beau ne pas comprendre. j'ai mon texte qui l'autorise. c'est en latin . Ce qui est embêtant c'est que-il y a un texte de Leibniz. référence savante édition Gerhard. nous ne savons pas.etc. particuliérement net sur l'incompossibilité. toutes les deux expriment le monde entier. et le monde où Adam a pêché excéde la contradiction: c'est un rapport d'incompossibilité. c'est à dire avec le monde où Adam a péché. Donc deux notions individuelles étant données. ceux qui voudraient vérifier. Donc il y a bien une sphére. l'incompossibilité.. on l'a vu). nous y avons déjà répondu en quelque façon: non pas pour trouver les raisons de Dieu( vous voyez: pas question de trouver les raisons de Dieu. Mais il n'est pas contradictoire. A partir de maintenant. Je dis: dans la monade Adam. ce sont les raisons de Dieu. Il dit: nous ne savons pas. il nous donne la permission. Donc il y a un autre texte. D'autre part vous ne les trouverez pas puisqu'elles sont introuvables.incompossible avce le monde où Adam a pêché. ça nous dépasse. c'est l'infini. le problème de la grâce: "Si quelqu'un demande pourquoi dieu ne donne pas à tous la grace de la conversion. Il y aplusieurs éditions comme ça puisque je vous ai expliqué l'état des manuscrit. ce qui est contradictoire c'est "Adam pêcheur" et "Adam non pêcheur". tout le monde est inclus.. vous comprenez. je l'ai traduit sans erreur. Enfin il faut demander à votre libraire. D'accord. tout cequ'on veut c'est: savoir qu'il n'en manque pas.(Dessins au tableau)ça va étre un truc trés trés curieux.. Voilà ce qu'il dit à propos de la grêce. donc c'est une trés grande édition. on peut faire une hypothése à condition qu'elle s'appuie sur certains textes de Leibniz: partons de ma monade Adam. mais vous vous rappelez son idée: comment est-ceque deux sujets individuels se distinguent alors que chacun exprime tout le monde. c'est promis juré. C'est une notion trés trés curieuse. sans contre-sens. chacune à 101 . il faut plutot le faire venir d'Allemagne. Donc vous pourrez trouvez le Gerhard mais cest difficile en France. nous ne comprenons pas les incomposibilités: on ne peut que les constater. ça ne se réduit pas à la contradiction. pauvres créatures finies de trouver les raisons de Dieu. mais le rapport Adam pêcheur. Etre incompossible ce n'est pas la même chose qu'être contradictoire. mais il s'agit pour nous de montrer que Dieu en tous cas ne manque pas de raison. Il y a de l'incompossibilité. on peut saisir en général. le reste c'est son affaire. Ce qui me donne le droit de dire la même chose pour l'incompossibilité: on ne sait pas en quoi consiste le rapport. Mais on peut quand même montrer que ça ne manque pas d'être un rapport. On peut y allez. les oeuvres philosophiques sont en sept volumes je crois bien. Heureusement il y a un autre texte où Leibniz dit. on ne fera pas de retour en arriére. mais chacun aussi n'exprime clairement que une petite portion de monde. c'est à dire nous ne savons pas ce qui peut faire que des essences diverses répugnent les une avec les autres". Alors on sait pas lesquelles. C'est une notion qui n'apparait que chez Leibniz. ce qui nous autorise alors pour une fois à être plus leibnizien que Leibniz. il exprime le monde et il est pour le monde. mais pour montrer qu'il n'en saurait manquer(c'est une merveille)". Nous comprenons les contradictions. page 195. quoi! Donc 7-195. je vous jure que ça y ait. chacun exprime la totalité du monde.. c'est trop obscur... Je le lis:"Or nous ne savons pas d'où vient l'incompossibilité(il affirme l'irréductibilité de l'incompossible à la contradiction) des divers. D'où qu'est-ceque c'est qu'être incompossible? Célébre formule de Leibniz:"Adam non pêcheur est incompossible avce notre monde". et un rapport irréductible à la contradiction. en quoi "Adam non pécheur" est incompossible avec le monde où Adam a pêché. On partira de la la prochaine fois. Non elles viennent d'être ré-édités. dans La Théodicée.

Or les points singuliers ou les singularités sont l'instrument essentiel de cette théorie. C'est à dire que: vous. ou si vous préférez un point d'inflexion. et ce sera un objet pour nous que classer les singularités. Jusque là c'est du Leibniz textuel. vous avez une petite zone d'expression claire qui n'est pas la même que la mienne. c'est une notion d'origine mathématique qui apparait avec les débuts de la théorie des fonctions. on avait déjà vu qu'il y en avait de plusieursieurs sortes. sans doute. On s'intéresse seulement à la perception Claire d'Adam. Alors il y a une hiérarchie des âmes: supposez que on soit devant une monade qui a une grosse région. vous. c'est même un événement trés considérable. on va voir ce que c'est que ce balisment. et se perfectionner. au sens leibnizien du terme singularité. que la théorie des fonctions est. Donc c'est un acte mathématique fondamental.une zone claire qui lui appartient. La théorie des fonctions analytiques. La premiére question. est inséparable d'une technique et d'une philosophie des singularités et des points singuliers. c'est un événement: "Et Dieu crée le premier homme". que celle qui en a une toute petite. de la surface à courbure variable qui est le thème fondamental qui nous a paru être celui de Leibniz. Mais la singularité au sens de point singulier où cequi 102 .nous pouvons dire: les singularités . c'est l'extrême importance de la notion de singularité. nous nous trouvons devant comme trois questions. seuelement Leibniz ne se contente pas d'être le premier grand mathématicien à développer toute une théorie des fonctions. à juste titre. L'importance de Leibniz en mathématiques est sans doute que dans ses oeuvres mathématiques il élabore une théorie des fonctions à laquelle il n'y aura. le particulier. Deuxiéme trait: "vivre dans un jardin". C'est comme ça que à premiere vue se distinguent deux monades: elles n'ont pas la même région d'inclusion ou d'expression claire que la voisine. premier trait: Adam c'est le premier homme.. ou qu'est-ce qu'un point singulier. le monde est la série infinie des inflexions possibles. toutes proportions gardées. Les historiens des mathématiques considèrent. Leibniz. nous l'avons vu la derniére fois. le singulier. et en quel sens? Au sens exact ou-en gros. Qu'est-ce que c'est ce premier trait? C'est un predicat. car bien sur avant la logique connaissait l'universel. depuis le début. or le monde est la série infinie des inflexions. qu'est-ce qu'une singularité pour leibniz? je dirais trés sommairement qu'une singularité c'est une inflexion.. je ne dis pas plus rien à développer. c'est à dire faire de la philosophie.. une région trés volumineuse d'expression claire. qui oriente les mathématiques vers une théorie des fonctions. je ne dis pas q'il l'invente puisque c'est au 18° siécle que se déssine les rudiments d'une grande théorie des fonctions. ou bien une singularité c'est là où se passe quelquechose dans une courbe. Ma premiére question-conclusion c'est : qu'est-ce qu' une singularité.nous pouvons dire qu'une singularité c'est une inflexion. sur la nouveauté du sens d'une telle notion. J'essaie de la baliser. Troisiéme trait: "avoir une femme né de sa cote". une fois dit que-en gros. Donc notre idée. Je n'ai pas besoin d'insister. ce n'est pas un attribut.. et je crois que singularité ou point singulier. mais à laquelle il y aura trés peu à changer. mais non seulement il est celà. c'est augmenter sa zone de perception claire. le général. je dirais qu'elle vaut mieux. Or Leibniz est à la base de cette théorie des fonctions.fin de la bande Deleuze (derniére année) Leibniz 27/01/1987 (premiere partie) Voilà où nous en sommes. je pense. mais le concept de singularité va essaimer et devient chez lui un concept philosophico-mathématique. Or au premier sens du mot singularité. la premiére grande formulation dont dépend ce qu'on appeler mathématiques modernes.

l'activité supérieure ou divine est le jeu. tout ce que vous voulez. vous voyez. La situation de Dieu quand il crée le monde est trés bizarre. Il ne peut pas les choisir tous à la fois. même pas à faire une théorie des jeux. pour nous. c'est déjà tout un ensemble de problèmes. On prend les piéces. est-ce que le Dieu de Leibniz joue au même jeu que l'enfant d'Héraclite ? Est-ce que ce sera le mêmeme jeu que Nietzsche invoque? Est-ce que ce sera encore le même jeu que celui de Mallarmé? Leibniz nous forcera à faire une théorie des jeux. mais d'origine physique. parmi ces mondes possibles. lui-même ça le passionait.finalement. et dans une petit texte trés étonnant il fait un paralléle entre le go et les échecs. l'avénement de cette notion matématico-physico-philosophique. Voilà un premier groupe de questions qui. et comment est-ce qu'il le choisit? Estce que Leibniz ne va pas s'inscrire dans une longue théorie de philosophes pour qui l'activité supérieure est le jeu? Seulemnet dire que. 103 . ce n'est pas dire grand chose. Il ne le nomme pas "go". ça c'est quelquechose de tout à fait nouveau. il connait le go. Dans l'entendement de Dieu il y a une infinité de mondes possibles et Dieu va choisir."Adam non pêcheur" est incompossible avec le monde où Adam a pêché. et il dit que la grande différence entre le go et les échecs-et il dit une chose trés juste-. ou deuxiéme pressentiment que nous avaons: peut-être que entre deux singularités il y a un type de rapport tout à fait original. Il va choisir le meilleur des mondes possibles. sont bien lançées. Simplement entre le monde où Adam a pêché et le monde où Adam ne pêche pas. et de quel type sont les rapports entre singularités. à recherche. mais qui ne sont pas compossibles les uns avec les autres.et il dit que. mais vous sentez que c'est matiére à développement. et j'apporte la remarque érudite suivante. Deuxiéme question. Il est bien connu que déjà Héraclite invoquait le jeu de l'enfant-joueur. il choisit entre une infinité de monde également possibles. Je dirais à ce moment là que la notion n'est même plus seulement d'origine mathématique. la situation de Dieu quand il crée le monde c'est que Dieu se trouve dans la situation où il choisit entre une infinité de monde possible. et une logique de l'événement exige que ce type de rapport soit spécifié. pour beaucoup de philosophes. Tout ça. Lequel? Heureusement on a pas encore à s'occuper de cette question . cristallisation. comprenez bien. c'est que les échecs ça fait partie des jeux où il s'agit de prendre. le point singulier. Qu'est-ce qu'un rapport. c'est que Leibniz connait le "go". Il va donc choisir le meilleur des mondes possibles. il ne sont pas forcément compossibles. ils sont incompossibles. Le meilleur. Dès ce niveau là je peux définir alors philosophiquement un événement comme un ensemble de singularités. l'enfant-joueur. il va choisir le meilleur."Adam non pêcheur" est contradictoire avec "Adam pêcheur".arrive à une ligne. mais tout dépant à quoi qu'il joue. il dit "un jeu chinois". et la derniére fois j'ai avançé une hypothése à partirde l'idée suivante : une notion aussi bizarre que celle que Leibniz instaure en nous disant : si vous prenez un ensemble de possibles. évaporisation. donc la relation de compossibilité et d'incompossibilité serait ce type de relation entre singularités. il y a incomposssibilité. Au I7° siécle commencent les grandes théories des jeux. c'est trés intéressant ça(rires). Un point critique en physique. faisons en homage à Leibniz. un point critique en physique se présente comme une singularité. il ya deux sortes de jeux. vous le sentez. et en effet c'est d'origine mathématique. qui ne sont pas compossibles les uns avec les autres. Leibniz y prêtera son concours. idée trés trés curieuse. mais c'est facile à deviner. il va choisir l'un d'entre eux. parcequ'il s'agit de savoir de quel jeu il est question? Et tout change suivant la nature du jeu. et comment est-ce qu'il choisit le meilleur? Il faut bien une espéce de calcul! Qu'est-ce que ce sera le meilleur des mondes possibles. etça fait partie des idées les plus célébres de Leibniz. Encore une fois ç'est ça qui m'importe. l aréponse de Leibniz. mais qu'est ce que veut dire le meilleur. mais il n'est pas contradictoire avec le monde où Adam a pêché.

la réponse n'est pas difficile. mais c'est des jeux de capture.pour vous dire quoi? Oui. la substance individuelle.. s'il est vrai que la substance c'est la notion individuelle désignée par un nom propre . Bon. en quel sens? Il existe une exprression parfaite pour nous. Dieu va-t-il choisir un monde déterminable comme le meilleur. un condensé de singularités? Par exemple. il dit que ça renveraità. "dans un jardin". voilà que je perds du temps. quatriéme singularité: "avoir succombé à la tentation". Enfin bon. j'avais au moins-avantage inapréciable. il y a une note.et je reprends les textes des lettres à Arnauld : "premier homme". devient fondamentale. Adam Etc. au début du 20° siécle. Alors je dis "remarque érudite". Qu'est-ce que ça voudrait dire.. c'est un condensé de singularités compossibles. L'individu est un point comme dit Leibniz. et l'hypothése que nous tentions était celle-ci: est-ce qu'on ne pouvait pas dire que il y a compossibilité entre deux singularités lorsque le prolongement de l'une jusquau voisinage de l'autre donne lieu à une série convergente. à l'issu de quel calcul. c'est que. d'entourer. Ce serait enfin une définition de l'individu. Ma répnse ou mon hypothése était celle-ci: est-ce qu'on ne peut pas dire que l'individu. qu'est-ce qui individue la substance si toute substance est individuelle. de neutraliser. par exemples. c'est que dans les éditions de Leibniz du 19° siécle. troisiéme singularité: "avoir une femme née de sa propre côte". ça on laisse de côté par ceque ce n'est pas difficile. lorsque les séries divergent. vous.. qur les individus ce sont des singularités de seconde espéce. c'est des problèmes. Ce serait donc la convergence et la divergence des séries qui me permettraient de définir la relation de compossibilité et d'incompossibilité.mais on va voir-. il n'y a rien de plus difficile à définir que l'individu. C'était pour vous dire. de quel jeu. Son importation en France est trés réçente. déjà. mais qu'on avait le droit de tenter une hypothése..Vous voyez la classification des jeux qui s'esquisse. Vous voyez sortes de xxxxx(un ou deux mots inaudibles. et pour le moment on nage dans le difficile. ou d'angles. mais un point métaphysique. il y a une note de couturat sur l'allusion de Leibniz à ce jeu chinois. c'est à dire convergentes.. Troisiéme probléme . j'avais au moins une derniére hypothése sur cette question fondamentale chez Leibniz : qu'est ce que l'individualité ou l'individuation? pourquoi est-ce une question fondamentale chez Leibniz? On l'a vu. on dira des singularités qu'elles sont pré-individuelles. par exemple dans le Couturat. d'inactiver. 104 . Dès lors il n'y a aucun cercle vicieux. Couturat qui est un trés bon spécialiste à la fois des mathématiques et de Leibniz. c'est une condensation. à définir l'individu comme un condensé de singularités si les singularités sont pré-individuelles. c'est mon second problème. Donc c'est tés curieux puisque d'aprés la note de Couturat le go n'était pas du tout connu à ce moment là. et c'est ma seconde question. c'est : quel est le type de relation qui permet de définir la compossibilité et l'incompossibilité? La derniére fois j'étais bien forcé de dire que les textes de Leibniz manquait un peu à cet égard. à propos de ce texte de Leibniz. si j'ai un nombre infini d'angles. moi. donc il y a plusieurs modes de capture. il décrit un peu et il dit "d'aprés ce que nous a dit un spécialiste de la Chine". "Condensé" signifie quoi? Toutes sortes de texte de Leibniz nous disent et nous rappelent que les points ont la possibilité de coincider. C'est le second problème que l'on pouvait tirer de notre séance précédente. dès lors. je dirais alors-presque.. Si j'ai un nombre infini de triangles. Tandisque le go il s'agit d'isoler. César. incompossibilité. Je dirais que "condensé de singularités" signifie que les points singuliers coincident. c'est même pour ça que les points ne sont pas des parties constituantes de l'étendue.. peut etre celui de "singularités"). si ça peut se dire. deuxiéme singularité .La question "en quoi consisté l'individuation". on ne les prend pas de la même maniére aux échecs et aux dames. et dernier problème. le jeu de go est si peu connu que. cequi serait tout à fait facheux. je peux faire coincider leurs sommets. Donc la compossibilité et l'incompossibilité seraient les conséquences directes de la théorie des singularités. et au contraire. pas du tout de prendre. l'individu Adam je le défini par-premiére singularié-. Ce qui nous importe. s'il est vrai que toute substance est individuelle. et j'insisté là-dessus.elle préexiste au sujet.

Il fallait partir de la série infinie des inflexions. le compossible. et quelles sont les conséquences de cela pour l'Entendement de Dieu. mais je vais le faire assez vite. une mathématique des événements. c'est à dire: il fallait partir de l'inflexion. à propos d'un problème concernant le vrai et le faux. Ou. se sont occupé de ça. je voudrais juste en tirer des conséquences reposantes. sans ce texte. dieu n'a pas crée "Adam pêcheur". il fallait partir du monde... Vous voyez cette situation trés curieuse. Là Leibniz y va à fond. Je demande pardon à ceux qui étaient là il y a deux ans. c'est une théorie des singularités. celle d'Adam et celles de nous tous qui vivons sous le pêché originel. si je résume les trois points. Or en mathématiques ça se confond avec la théorie des fonctions. il faut maintenir absolument les deux propositions à la fois: les substances individuelles sont pour le monde. séries divergentes. Troisiéme point: qu'est-ce que l'individualité si on part de l'idée qu'elle condense un certain nombre de singularités. comme dit leibnir: Dieu n'a pas crée "Adam pêcheur". s'agite une infinité de mondes possibles. paragraphes 413 et sq. Il y a trois textes fondamentaux que vous devez considérer. ils sont tous d'accord pour nous dire ceci que ce qui caractérise les récits baroques-a premiére vue. c'est à dire aller du monde à la substance individuelle. et c'est ce qu'on a fait.. La Théodicée. tout ce qu'on à fait. Là c'est tout facile. à quoi répond mon problème "mais en fin de compte qu'est-ce qu'une singularité.le point métaphysique c'est la coincidence d'un ensemble de points singuliers.Mon troisiéme point c'est toute cette sphére du problème de l'individuation où je crois que Leibniz est. ne serait pas valable.Alors vous voyez. il est bien entendu que Leibniz nous répète tout le temps: il n'y a que les substances individuelles. et pour le jeu de Dieu? Si Dieu crée. C'est seulement en second lieu qu'on s'apercevait que les inflexions .et en gros.. Une logique des événements. dans La Théodicée.nécéssairement pré-individuelles. ou bien une infinité de singularités. c'est avant tout l'emboitement des récits les uns dans les autres. Bon. c'est un texte éminnement baroque. l'histoire trés curieuse que leibniz raconte. Ca fait trois rudes problèmes. c'est celui de Leibniz lui-même. c'est à dire choisit le meilleur des mondes par une espéce de calcul ou de jeu. et pour la création du monde.ou le monde lui-même. troiséme partie. immédiatement-. A chaque récit emboité dans un autre correspond. j'ai déjà parlé de ça à propos d'autre chose. Dans L'Entendement de Deu. etc. entendez il n'y a de réel que les substances individuelles. Deuxiéme point: les types de relations d'une singularité à une autre. Si vous prenez.il y a premierement l'irruption de la notion mathématico-physicophilosophique de singularité. et là il faut de toute évidence que je le reprenne. mais nous réclamons aussi une logique de l'événement. en effet un rapport narrateur/narration d'un type nouveau. et le monde est dans les substances individuelles.. à partir du paragraphe 413. séries convergentes. le premier est trés célébre. Mais ça n'empêche pas.n'existe que dans les substances individuelles qui l'expriment.ça c'est le texte clef pourmoi puisque. je dis que. les deux ne faisant qu'un. Qu'est-ce qu'on appelle un récit baroque? Par exemple Gérard genette.ces singularités étant -dès lors. incompossibilité. et d'autre part la variation du rapport narrateur/narration. et qui 105 . notre ordre que nous avons suivi dans le premier trimestre. Je parle pour ceux qui n'étaient pas là.. Finalement il n'y a de réel. mais nous réclamons non seulement une théorie des fonctions.parmi toutes les choses fondamentales que Leibniz apporte à la philosophie. il a crée le monde ou Adam a peché." parcequ'on en aura jamais fini avec la singularité comme élément constituant des événements. d'autres critiques.. une fois dit que le monde où Adam a pêché n'existe que dans les notions individuelles qu'il exprime.. là aussi. compossibilité. on l'a vu . l'incompossible. Mais ça n'empêche pas que les substances individuelles résultent du monde . c'est ce que je vous disais. le premier. d'où l'importance-mais ça c'est ce qu'on a fait depuis le début. mais je tiens à le justifier perpétuellement-. d'une part.

bon mais dans la tradition que Leibniz retirns c'est Sextus qui viole lucréce. il y a un nouveau personnage qui est Théodore le grand sacrificateur. saisissez: comment remplir une pyramide et avec quelles figures. En-dessous. nous dit Leibniz. même i j'essaie de faire un dessein. dans cette fin de La Théodicée qui est parfaitement folle. et toutà fait en haut. comment la diviser de telle maniére que il n'y 106 . Ca nous intéresse parcequ'il faut tout prendre mathématiquement. tout ça. il y a d'autres appartements.. il y a un moment ou surgira. mais il n'y en a pas qui soit le pire.. et dans cet appartement vit un Sextus. là ça se complique.-pas du tout pour le moment-. mais il rêve.. Sextus. Donc commence un thème architectural qui doit faire notre joie. une surface étant donnée. Là. C'est le palais des destinées. Vous vous rappelez nos histoires. ça veut dire que. en d'autres termes. il y a bien un monde qui est le meilleur. Appolon. Je dirais quelle est la figure des appartements? C'est un problème que les mathématiciens connaissent bien et qui est un problème passionant. Et la question est: est-ce que c'est la faute de Dieu. Donc c'est le dernier récit imbriqué dans les autres récits: Théodore va voir Pallas. il occupe toute la région supérieure de la pyramide.. le dialogue Valla-Antoine. Jupiter lui dit: va voir ma fille Pallas. il dit à Jupiter: quand même tu ne lui a pas bien répondu. ."appartement" est le mot que Leibniz emploie. Vous sentez tout de suite venir quelque chose. et il va trouver Jupiter lui-même. Elle l'emmene voir une splendide pyramide transparente.. Les romans baroque c'est complétement comme ça. Qu'est-ce que c'est que cette architecture transparente? C'est une immense pyramide. il part d'un dialogue entre un philosophe de la renaissance qui s'appelle Valla. Certains disent que c'est son père qui a violé Lucréce. pour lui dire mais enfin. Du côté du ba on va à l'infini. dit Pallas.. il sait parfaitement ce qu'il fait. qu'est-ce qui va m'arriver? Puis se jusxtapose un troisiéme récit : sextus est insatisfait de ce que lui dit Appolon... il s'endort... Théodore le grand sacrificateur aimé de Jupiter. Et là!(Gilles éclate de rire).. Donc je ne peux pas croire que Leibniz. Je regarde tous ces appartements et ce n'est pas facile. C'est une grande imitation baroque et. encore une fois. dans les listes de tout ce qui est point singulier. chez Leibniz. il y a un appartement qui se termine en pointe. c'est théodore qui a assisté au dialogue de sextus et de jupiter ... Tout à fait en haut il y a un appartement. Je crois que les maxima et les minima ne sont pas de même sorte. dont j'ai la garde. et nouveau récit. vous allez voir tout ça repris dans ce texte admirable. il le sait. dans l'infinité des mondes possibles. dans ce premier récit s'emboite un second récit qui est Sextus allant consulter Appolon. qui a bien un sommet. mais il n'y a pas de monde qui soit le pire.. Il rêve qu'il parle à Pallas.. Bon.ou surgiront l'idée qu'il y a des maxima et des minima. le texte est splendide.est belle comme tout. Il s'adrese à Jupiter lui-même pour avoir une réponse de premiére main.mais remarquez ça pose un problème.. comment ils s'organisent? A mon avis il n'est pas possible qu'il y en ai qui aient la tête en bas. J'ai donc ma pyramide sans fin mais qui a un sommet. la fille de jupiter. mais qui n'a pas de fin. Le palais des destinées. Est-ce que Dieu est responsable du mal? A ce premier récit . vous verrez que c'est typiquement un récit baroque car. c'est le rêve de théodore. Il y a un maximum mais il n'y a pas de minimum. On verra que.un personnage romain est invoqué. Vous voyez que ça fait un emboitement considérable. ça pose un problème parceque comment l'organiser. l'étage du dessous. si je comprends bien. Au niveau le plus simple.fin de la bande. et voilà que Pallas lui dit: viens et suis-moi! On a pas fini..Il sait parfaitement ce qu'il fait. le dernier roi de Rome qui a montré de mauvaises passions. Théodore! C'est typiquement baroque. Variations du récit. mais pas du côté du haut. l'étage du dessus. vous le lirez j'espére. et qui notamment a violé Lucréce. Elle dit que jupiter vient parfois. il vient quelque fois visiter ces lieux pour se donner le plaisir de récapituler les choses et de renouveler son propre choix. cette architecture transparente. Au niveau des mondes il y a bien un monde qui est le meilleur.dans La Théodicée-. Donc Théodore s'endort. dans l'entrevue Sextus-Jupiter. Dieu vient visiter cette architecture.

c'est pour vous ouvrir des problèmes immenses que je dis tout ça. a un chiffre sur le front. avec lequel ce sextus est compossible. 3OOO. Donc à l'étage d'en haut vous avez un Sextus. quoi de plus beau que d'écrire un livre intitulé:"De l'origine radicale des choses ". 10000. là aussi. c'est à dire l'ensemble du monde avec lequel ce sextus là. ce qu'on a appelé la derniére fois l'emblème. celui qui viole lucréce et qui se fait couronné roi de rome. Pourquoi est-ce qu'il a un chiffre? C'est que en même tempsvous vous rappelez ce que je vous avais dit. je le voyais.. hein. Pourtant je voyais déjà Sextus dans son appartement transparent. Vous voyez la combinaison lire-voir propre au baroque. Le sextus d'en haut. et il dit: Dieu choisit nécéssairement le monde qui remplit le mieux et au maximum cet espace. la pavage. Alors là où ça se complique. C'est un autre sextus. lui dit la déesse. Pressentez le problème: pourquoi c'est des Sextus. C'est une activité divine . d'ailleurs. et puis vous avez un autre appartement. surtout quand ce livre a quinze pages. il se faisait couronné roi de Rome. vous avez un premier appartement où vous avez un Sextus. et bien Leibniz évoque explicitement. Par exemple est-ceque vous pouvez paver un cercle avec des cercles. je dirais: ce Sextus numéro deux est incompossible avec l'appartement du haut. la piéce d'en haut était un cabinet de lecture. Mais il n'y met pas toutt. je le lis dans le livre. par exemple il violait Lucréce. ou est-ce qu'il y aura des parties vides? Une surface étant donnée avec quoi pouvez vous la paver? ça à l'air de rien le métier de paveur.hé hé : "Là-dessus la déesse Pallas mena Théodore dans un des appartements. mais peu importe-il suppose que l'espace soit assimilable à une surface donnée. le pavage. dans le baroque. bon. théatre. répond Pallas. Vous avez vu un nombre sur le front de Sextus. Comme dit leibniz il s'achéte un petit jardin et devient un homme riche et respecté. C'est à dire qu'il suppose-ce à quoi. Vous entrez dans la piéce baroque et en même temps que vous y entrez. La preuve c'est que leibniz. Quand il y fut ce n'était plus appartement.et il mimait une séquence. si c'est des petites pyramides. ça va être un problème pour nous. il a un autre chiffre sur son front. là aussi c'est des problèmes d'architecture. Théodore le chercha et il trouva l'histoire de Sextus. il y a toujours des étages plus bas. je le voyais. à propos de la création du monde par Dieu. En d'autres termes: l'ensemble du monde auquel ce Sextus-là appartient. il ne croit pas.il n'y a pas d'étage assez bas. mais aussi des problèmes de mathématiques. je ne sais plus où. mais c'est un des plus beaux métiers du monde. il dit: chacun des Sextus. alors comme c'est infini par le bas vous avez un Sextus qui a le chiffre 1000000. sinon ça va pas. Mais en bas. en disant que le baroque est emblèmatique. avec le monde 107 . J'ai l'impression que c'est l'entrée dans le baroque.. c'est un monde. Je retrouve le texte. ou bien plus convenable. dans un texte célébre intitulé De l'origine radicale des choses car il avait le génie des titres. en bas. cherchez dans ce livre l'endroit qu'il marque. Je vagabonde. C'est le livre de ces destinées. C'est l'histoire de ce monde où nous sommes maintenant en visite. Théodore ne pu s'empêcher de se demander ce que ça voulait dire? Pourquoi qu'y a un grand volume d'écritures? C'est l'histoire de ce monde. ah oui! Hé oui. Vous voyez. Mais alors dans les appartements plus bas. Il faut supposer.mais renonce à se faire couronner. que aucun appartement n'ait la pointe en bas. dans les étages suivants vous avez d'autres Sextus. je vois un sextus qui va à Rome . Dans chaque appartement il y a un grand volume d'écritures. un chiffre. c'était un monde". mais croyez moi. Celui de l'appartement d'en haut il a 1. Donc comment est-ce que je vais paver ma pyramide d'appartements de telle maniére qu'il n'y ai pas de vide? C'est intéressant. toute l'histoire de Sextus. mais il y a un étage qui est le plus haut. mais tout m'importe dans ce texte qui est tellement gai.chaque appartement nous dit Leibniz. je ne le voyais pas. Ca. En d'autres termes Dieu choisit le monde qui pave le mieux l'espace de la création. dans les appartements. ce n'est plus une piéce .ait aucune partie vide? plus simplement comment paver un espace? Les problèmes de pavage. chaque appartement est un monde. on le retrouve complétement ici.

mais on peut supposer que c'est parceque un petit nombre de singularités leurs sont communes. qui renonce à aller à rome. Un inconnu frappe à sa porte.C'est dans le volume intitulé Fictions. qui vient directement de la Théodicée. L'incompossibilité est devenue. tous deux peuvent réchapper. Je dirais que dans l'Entendement de Dieu c'est exactement la même chose. mais il n'a pas besoin de la citer. Et puis je vois un troisiéme Sextus. Mais ce qui m'intéresse plus c'est ce roman que je vous signalais et qui est encore plus leibnizien. mais supposez un tel Dieu. Fang peut tuer l'intrus. ça veut dire quoi? Ca veut dire qu'il y a divergence. un ensemble de compossibilité. Dans la fiction du presque inextricable Tsui Pen. un exercice de style. "Fang. impossible. chaque fois que diverses solutions se présentent. Supposez un Dieu qui n'ait pas le souci du meilleur. c'est une vision de l'Entendement de Dieu comme on avait jamais eu. je lis un passage: il raconte un roman qu'a fait un mystérieux auteur Chinois: "D'habitude.. Chacun est le point de départ de nouvelles bifurcations". Vous allez voir à quel point c'est un roman trés 108 . par exemple(c'est un personnage comme Sextus) détient un secret. Pourquoi est-ce que c'est tous des Sextus? On reprendra le problème parceque c'est trés important. divers temps qui proliférent et bifurquent".les sentiers qui bifurquent. bien connu parceque c'est le créateur d'Arséne Lupin. c'est Borgès. et il va ailleurs .. sous le titre Le jardin aux sentiers qui bifurquent. je voulais juste dire en quoi Borgés fait une pure application. mais ils sont incompossibles entre eux. il crée ainsi divers avenirs. Vous voyez tous ces mondes sont possibles. et Dieu choisit. Que dirait Leibniz? Leibniz dirait que c'est impossible! Mais pourquoi est-ce que c'est impossible? Parceque.. tous les dénouments se produisent. il en adopte un et élimine les autres). dans son Entendement. vous trouverez deux textes littéraires typiquement leibniziens. c'est curieux d'ailleurs . dans les fictions. tous deux peuvent mourir etc. il y a toutes les bifurcations. Ce roman vient de quelqu'un qu'on attendrait pas et qui se révéle etre un grand philosophe. dans un autre cas il renonce à la succession mais reste à Rome.du haut. Choisirle meilleur. Mais.. de la les contradictions du roman. et il se fait couronner roi de Thrace.etc. avec le monde 1. il est littéralement leibnizien.dans l'ouvrage de Tsui Pen.L'un ne fais aucun problème puisque l'auteur en est extrêmement savant et à fait une version typiquement leibnizienne. alors on tombe de Leibniz en Borgés). et notamment un qui a été réédité dans le livre de poche et qui s'appelle: La vie extravagante de Balthazar.. il ferait passer à l'existence tous les mondes incompossibles. un ensemble de singularités compossibles définissant un monde. Simplement il y a un barage: Dieu ne fait passer à l'existence que l'un de ces mondes.etc. grand romancier populaire du 19°siécle. Dans l'Entendement de Dieu tous les mondes possibles se développent.en Thrace. Vous voyez que les divergences ne passent pas d'un monde à l'autre. l'intrus peut tuer Fang. C'est ça qui est trés important: j'ai un réseau de divergences qui ne commencent pas à la même singularité. Il ne viole pas Lucréce. il choisit le meilleur des mondes possibles. Tous sont fils de Tarquin. sous la plume de Borgés. Vous avez ce tableau extremement joyeux des mondes incompossibles. et successeurs du roi de Rome. à ce moment là.. Naturellement il y a plusieurs dénouments possibles. Trés vite je veux juste faire allusion à deux textes fondamentaux. la bifurcation. Dieu renoncerait à son principe favori qui est le principe du meilleur.. ce qui est impossible évidemment. c'est Maurice Leblanc. à l'infini. Fang décide de le tuer. Mais outre Arséne Lupin il a fait des romans admirables. dans un autre cas il renonce à la succession et quite Rome. Le jardin aux sentiers qui bifurquent. l'homme en adopte une et élimine les autres(Remarquez que c'est exactement la situation du Dieu de Leibniz: entre les mondes incompossibles. Supposons etc. ou qui ne commencent pas au passage de la même singularité avec une autre. il les adopte toutes(imaginez un Dieu Leibnizien pervers . il y a un moment ou ça diverge. mais dans un cas il succéde à son pére effectivement. les divergences qui définissent l'incompossibilité ne passent pas nécéssairement au même endroit.

une voyante lui a dit: ton père n'a pas de tête. Dans un monde c'est ça. D'autre part. tout est ordinaire. je peux dire que chacune de ces singularité est un double point ordinaire. et Balthazar c'est un jeune homme qui a comme métier professeur de philosophie quotidienne. troisiéme singularité. p. DELEUZE: 10/03/87 Leibniz 109 . même les singularités.. jusqu'au voisinage d'une autre singularité. et que j'ai cité la derniére fois.. Lui. Dans les Nouveaux essais. tu ne comprends pas. Est-ce que je devrais dire que tout est ordinaire. ça lui est complétement égal de savoir qui est son père. je le résume rapidement: il a pour héros Balthazar. quand même.. il se trouve qu'il y a un problème d'héritage où il faut qu'il le sache. est-ce que elles se prolongent sur et jusqu'au voisinage de cette singularité là: être le fils du compte assassiné. et avoir comme tatouage mtp. dans un monde. ses quatres sommets. Mais là-dessus. les empreintes digitales qu'il a. ses quatres points singuliers. Ce qui est remarquable doit être composé de parties qui ne le sont. ou est ce que je devrais dire que tout est singulier. Prenez une figure comme le carré qui a quatre singularités. Or qu'est-ce qui l'emporte? Est-ce que les ordinaires dépendent des singularités ou est-ce que les singularités dépendent des ordinaires? Un texte de Leibniz auquel je tiens beaucoup. que dit la philosophie quotidienne. la tête largement tranchée. Qu'est-ce que ça veut dire? Ce n'est pas trés compliqué. ses quatres machins ou ça change de direction. être dans un jardin et avoir une femme née de sa côte.B. en d'autres termes il n'y a pas de singularités. ça marche à fond. tout est régulier. Il arrivera à Balthazar.fin de la bande. contrairement aux héros des romans modernes. Donc les trois singularités de balthazar c'est: avoir un pére sans tête.et la philosophie quotidienne est une philosophie trés particulière mais trés intéressante qui consiste à dire: rien n'est extraordinaire. et à chaque fois il est poursuivi par une timide amoureuse qui s'appelle Coloquinte.... avoir des empreintes digitales qui sont les siennes. enfin ses quatres je ne sais pas quoi.. au moment où Balthazar va toucher l'hériatge du compte de Coucy. en d'autres termes une singularité est composée d'ordinaires.mtp. de ce grand roman donne trois singularités qui définissent Balthazar: il a des empreintes digitales.C et D.ça vaut les trois singularités d'Adam.. Là-dessus toute une série de pères lui arrivent. un tatouage qu'il porte sur sa pointrine et qui est fait de trois lettres: m. et Balthazar la gronde et lui dit: Coloquinte. t. il ne sait pas qui est son père. Pourtant il lui arrive des droles de choses à Balthazar.tortueux. égorgé par un bandit. Bon. le compte de Coucy Vendome(?)... Et Coloquinte lui dit: mais monsieur Balthazar. Deuxiéme singularité. Tout ce qui arrive est ordinaire. tout cela est trés ordinaire comme nous allons le voir bientot. puisque la singularité B c'est la coincidence d'un ordinaire qui fait parti de AB. Vous vous rappelez tout mon thème: les singuralités se développent comment? En se prolongeant sur une série d'ordinaires. Sans doute oui. l'immortel auteur de ce livre si beau. Est-ce que Balthazar est le fils? A partir des trois singularités données. il répond assez bien aux conditions parceque il est mort égorgé. quand même ce n'est pas banal ce qui nous arrive. je peux dire A. ferait croire que la réponse est complexe.. Et les singularités se dissolvent. et d'un autre ordinaire qui fait parti de BC. même la singularité. il se fait enlever par un bandit qui lui dit. une voyante qu'il est allé voir. pendant le roman toutes sortes de malheurs effarants.être le premier homme. c'est une singularité puisque ses empreintes ne ressemblent à celles de personne. car voilà.. Premier père.. Leblanc.. c'est trés important ça.. premiere singularité. On peut partir de là. et même l'ordinaire? Balthazar a choisi à premiére vue et dit : tout est ordinaire. puisque Leibniz nous dit: ce qui est remarquable(entendez la singularité) doit être composé de parties qui ne le sont pas. Et.

dans l'école néo-platonicienne. Le diadoque. les grecs avaient un beau mot. Tout ça fut terrible et dure encore. qui s'installent. Et comme Isabelle Stengers est là aujourd'hui. D'où mon envie. Assassiné. il y avait un chef d'école. était extraordinairement riche. C'est parcequ'il fait partie de ces auteurs.L'événement Whitehead On travaille. d'avoir réduit Russel. La France a été épargnée. qu'est-ce que ça veut dire? ça veut dire que de temps en temps surviennent des écoles de pensée qui établissentd'une certaine maniére quant au problème des penseurs il y a deux dangers : il y a tous les Staline. Bien. Whitehead et ses rapports avec leibniz. parceque c'est des problèmes qui concernent de très prés Leibniz et qu'elle le connaît. Whitehead c'est le grand diadoque. à une sorte d'essayiste n'osant plus parler de logique. le seul trés trés grand philosophe australien. la France a été épargnée car elle a été réservée pour d'autres épreuves encore pires. Donc vous pouvez considérer que notre séance d'aujourd'hui. de ces trés grands philosophes qui ont été étouffés. d'avant la derniére guerre. et j'accuse Wittgenstein d'avoir assassiner Whitehead. William james est un éffarant génie. Alexander. En ce sens j'accuse la philosophie analytique anglaise d'avoir tout détruit dans ce ui était riche dans la pensée. c'est à dire dans les universités. à la fois s'insère pleinement dans cette recherche sur Leibniz. et il y en avait un autre. Et puis il y a whitehead. Il est en philosophie exactement ce que son frère était dans le roman. je pense à William James. j'ai besoin d'aide qui ne porte pas cette fois-ci sur les mathématiques. un tribunal intellectuel d'un type spécial. c'était le diadoque. et qui établissent une sorte de tribunal. Il faudrait arreter les appareils parceque ma parole est libre. Vous savez. et il avait un mot pour désigner le chef successeur. Pour ceux qui cherchent un sujet de thése. mais nous avons nos philosophes analytiques. comme je vous l'avais annoncé. comme assassinés. Si on imagine une école leibnizienne. ce sont d'étranges doctrines qui surviennent. et d'autre part parceque ce sont des problèmes qui concernent également cet auteur dont je vous ai prévenu depuis le début de l'année que je voulais vous en parler. ou sous eux. devant lesquels les penseurs n'ont plus que deux possibilités : résister ou s'exiler. C'est vous dire que tout ça va mal. encore une fois je gémis sur le fait qu'il n'y ai pas eu à ma connaissance d'étude sérieuse sur les deux frères james et leurs rapports. plus rien ne pousse. vraiment. J'éprouve le besoin de le laisser parceque là j'ai besoin. il y a autre chose qui se passe parfois. mais qui porte sur certains problèmes de physique. et dérriére eux.. qui prennent un véritable pouvoir là où il y a du pouvoir dans ce domaine. Whitehead est lu 110 . à savoir Whitehead. elle était d'une richesse. Je veux profiter de sa présence pour deux raisons. mais porte sur ce philosophe. et qu'elle ne sera pas là les autres semaines. et pourquoi est-ce que j'ai tellement envie de parler de cet auteur.. Je n'écrirai jamais ce que je dis donc j'aimerai pouvoir dire : "je n'ai jamais dis ça". à l'intérieur de la pensée. Rien dans le domaine de la pensée ne meurt de mort naturelle.Des auteurs dont on a prit l'habitude de les traiter comme si ils étaient un peu débiles. il faut que je profite de sa présence. un australien. tous les Hitler que vous voudrez. dont les dates sont relativement anciennes 1861-1947. J'avais commencé la dernière fois une espèce de vue d'ensemble ou de conclusion concernant la transformation que Leibniz faisait subir à la notion de substance. Mais parfois. Si vous le voulez bien on laisse ça de côté et je le reprendrai plus tard. et il succédait au chef d'école précédent. mais en même temps il renouvelle tout. il est mort vieux. son maitre. Cette pensée anglaise et américaine . surtout que c'était à peine commencé.

or je pense que c'est pour la troisiéme fois dans l'histoire de la philosophie que ce cri retentit. Son grand livre.de ce qu'il appelle le schème catégoriel. on pourrait se trouver la continuation de traditions stoiciennes. Whitehead est un mathématicien de formation. Cri qui retentit dans toute son oeuvre : non. La vraie question c'est celle de : l'attribut. Or c'est moins la question de la substance. et puis aprés il s'installe en Amérique verts 1920-23. de prédicats multiples. et comme Leibniz. whitehead risque de nous apporter un éclairage fondamental sur leibniz. en même temps que vous sentiez le lien qu'elle a avec Leibniz. La science et le monde moderne . à la lettre. mais le comment de la chose. L'attribut c'est ce que la chose est. et ils s'opposaient à Aristote précisement dans l'entreprise aristotélicienne de définir la substance par l'attribut. c'est un processus dramatique fréquent. un des rares livres de Whitehead traduit en français. longtemps. 1926. grand livre de logique. tout n'est pas événement puisque l'événement c'est le prédicat. chaque fois il retentissait d'une maniére nouvelle : Tout est événement. le comment être. Toute philosophie prétend comme mettre en question quelquechose. c'est quoi? Il nous dit. le schème catégoriel de la pensée classique c'est : sujet-attribut. philosophe et physicien. Et pourquoi? Parceque le prédicat est événement. et sans doute. La science et le monde moderne. Il doit être introuvable. mais il fallut attendre longtemps. peu importe. Il y a t-il un sujet dont la naissance ne soit pas événement? Tout est événement. Ne fait aucun problème la connaissance de Leibniz par Whitehead. 1920. Je vais essayer de le dire rapidement. en quel sens? Précisement est-ceque la substance doit être pensée en fonction d'un attribut. est-ce que le prédicat est réductible à un attribut. Aprés tout Bergson aussi. il se trouve être mathématicien. cet espéce de cri retentisse à nouveau : tout est événement! 111 . Bon. Ce sont les Principiae mathematicae qui engendreront Wittgenstein. La notion fondamentale ça va être celle d'événement. en 1903 il écrit avec Russel les Principiae mathematicae . non traduit en français. En 1903. Processus et Réalité. ou bien est-ce qu'elle doit être pensée en fonction d'autre chose? En d'autres termes si la substance est le sujet d'un prédicat. 1929.. en gros. trés trés beau. La substance vous pouvez la concevoir de telle ou telle maniére. Le schème catégoriel. Vous me direz non. le prédicat est irréductible à tout attribut. et dès lors comment. Donc Principiae mathematicae avec Russel. 1933. Et sans doute il y eut une suite dans les logiques du moyen-âge. Et eux se réclamaient de ce qu'il faut bien appeler un "maniérisme" puisque à la notion d'attribut ils opposaient celle de maniére d'être. L'être comment. A la fois je voudrais que vous sentiez la grandeur de cette pensée pour elle-même. je suppose. mais c'est d'une certaine maniére nouvelle. ça c'est tout à fait autre chose. si la substance est le sujet de prédicat. Et les stoiciens firent la premiere grande théorie de l'événement. ou Procès et Réalité. mais je me trompe à chaque fois. un attribut du type "le ciel est bleu"..par une poignée d'amateurs et par une autre poignée de spécialistes. qui sont à la base du formalisme moderne et de la logique moderne. Pour le moment nous disons : tout est événement puisque le sujet est une aventure qui ne surgit qu'à l'événement. Il est imprégné de leibniz. c'est un livre important. trés beau. ou de prédicats.on ne peut pas dire que ce soit trés grave tout ça. trés beau. substance-attribut. e qui est important ce n'est pas de se demander si les choses sont des substances. qu'est ce que Whitehead met en question? Il met en question le problème . pour que pour la fois le cri. la maniére d'être. le cri de Whitehead . je crois bien qu'il est anglais Whitehead. Mon but est double. Vous me direz que ce n'est pas un problème fondamentalement nouveau. Aventure des Idées . Le concept de Nature . çela a retentit une premiére fois avec les stoiciens.

A la rigueur je dirais : ah oui.C'est ce que j'ai essayé de montrer depuis le début. est passage de la nature. une théorie des relations. Il y a tout lieu de s'attendre à ce que ça ne lui fasse pas tellement problème. comme il le dit trés bien. Bon. En quoi la grande pyramide est-elle un événement? C'est en tant qu'elle dure. ça fait partie de ce que tout le monde appelle un événement. l'expression "tout est événement". Pécher c'est évidemment un événement. Et la chaise? La chaise c'est un événement. Ou lorsqu'elle a fini de pousser elle ne cesse pas de se flétrir. mais alors? Est-ce que ça veut dire en tant qu'elle pousse? en tant qu'elle surgit. Une chaise ce n'est pas un événement. une fleur.pas seulement la fabrication de la chaise. et par définition. Et voilà que pour une troisiéme fois le cri retentit avec Whitehead : Tout est événement. et je voudrais perpétuellement sauter de l'un à l'autre. Non seulement il rend compte des relations mais il n'a aucune peine à rendre compte des relations pour la simple raison que. A ce moment là . Même du point de vue du style c'est assez leibnizien. comment est-ce qu'une relation peut-elle être inclue dans le sujet. En tant qu'elle dure cinq autres minutes. ou comme il dit encore en toutes lettres dans Discours de métaphysique : Evenement. c'est un attribut. elle est un événement. les événements c'est des rapports à l'existence. Mais si ce qui est inclus dans le sujet c'est les événements. en effet. on se dirait. C'est trés important pour comprendre que ce soit possible. On partait de certaines déterminations liées à Adam. prédicat ou événement. y compris la grande pyramide dit Whitehead. Mais elle ne cesse pas de surgir. En anglais c'est "passage of nature". passage de nature. ce n'est pas seulement la fabrication de la chaise. c'est un autre événement. Et loin que le prédicat soit un attribut. Corrigeons un peu pour retrouver leibniz : 112 . Je peux réunir les deux événements en disant : elle dure dix minutes. Elle ne cesse pas de pousser. cinq minutes. ce n'est pas un événement. Il était dans un jardin et il péchait.mais pas la grande pyramide elle-même. pour lui. le prédicat pour lui est rapport. c'est une chose. il commetait un péché. est-il dit dans le Discours de métaphysique. Tout est événement. Et là il faut prendre au sérieux le mot rapport.. Tout est événement. pour Leibniz. par exemple je sors dans la rue et je me fais ecraser par l' autobus. C'est un événement. du moins tous les prédicats sont des événements. C'est de la fleur elle-même et à chaque instant de sa durée que je dois dire c'est un événement. En tant que la pyramide dure pendant cinq minutes. ça ne fait problème que du point de vue d'un faux Leibniz où le lecteur croirait que le prédicat. elle. à savoir c'est Leibniz.je dis que le résultat de nos recherches précédentes c'est que il n'y a pas de pire erreur sur Leibniz que comprendre l'inclusion du prédicat dans le sujet comme si le prédicat était un attribut. c'est l'événement. Whitehead dit que la chaise est un événement. En quoi la grande pyramide peut elle être événement? Je saute à Leibniz. D'où il me semble particuliérement stupide de dire comment Leibniz peut-il rendre compte des relations. Mais la grand pyramide. Toute chose. et il n'y a pas de pire contresens. Une fleur est un événement. -Leibniz ne cesse de nier que le prédicat soit un attribut.mais on laisse ça de coté. par exemple. la construction de la grande pyramide est un événement. dira Whitehead. On a commencé déjà à voir un peu comment il rendait compte de la relation. ce qu'il appelle prédicat c'est la relation. La grande pyramide est un événement.. Généralement on considére que un événement c'est une catégorie de choses trés spéciales.on ne peut pas dire mieux. Mais le jardin lui-même c'est également un événement.."ou". une fois dit qu'il met le prédicat dans le sujet. oui.

retourner la bande. Peut-on faire la genése de l'événement? comment arrive t-on à des conjonctions? Est ce que les conjonctions c'est donné comme ça? Qu'il y ait des conjonctions dans le monde ça ne va pas du tout de soi. par exemple. je dis voyez les trois coordonnées : les occasions actuelles définies par les conjonctions. les préhensions. des processus de subjectivation.. C'est d'ailleurs le titre d'un des livres de Whitehead. Qu'est-ce que veut dire : faire événement. Modes de Pensée. hier et aujourd'hui.non c'est mauvais ce que je viens de dire. concrescence.toute chose est passage de Dieu. non pas du tout de soi. Mais n'allons pas trop vite. c'est uniquement grace à un objet éternel. ou bien toute chose est une variation d'un champ électro-magnétique. Un événement est le support d'une infinité de processus.. Je voulais vous faire sentir ce que cette philosophie a à la fois de trés familier et à la fois de trés bizarre pour nous. tout le reste va . je ne sais pas ce que dira isabelle.. Il faut peut-être pressentir qu'il n'y a pas une seule grande pyramide. nous sommes partis des conjonctions. C'est strictement pareil. ou qu'un sujet promeut.. et les objets éternels. des processus d'individuation. Premier problème.. c'est la grande pyramide. La grande pyramide est un événement. Tout est événement..pour le moment c'est comme ça. en disant : c'est la même pyramide. toutes les composantes de la préhension.. A l'occasion actuelle correspondent les concepts de conjonction. c'est à dire des occasions actuelles. Tout ça c'était relativement facile.. des rationnalités. créativité. aux préhensions correspondent tous les éléments qu'on a pas vu encore de la préhension. Il nous faut une réponse précise à cette question. mais tout le reste va agréablement. Si je résume. et c'est là-dessus que j'ai tant besoin d'Isabelle. mais tout ça dans les événements. pourquoi? Sentez le. C'est vraimeny le problème le plus difficile et là où Whitehead est physicien et mathématicien. Par exemple il y a des objets éternels sensibles et il y a des objets éternels conceptuels. à ce moment là on aura raté. est même un multiplicité infinie d'événements. qu'un sujet subit. mais il faudra bien une classification des événements. Il n'y a pas de choses. En quoi consiste l'événement? A la lettre toute chose est une danse d'électrons. Toute chose est passage de nature. tout est évenement. il n'y a que des événements. c'est le problème fondamental de la philosophie de WhiteheaD. on part d'une distribution aléatoire du type distribution aléatoire d'électrons. C'est ce qu'il dit dans le texte. mais qu'il y a peut-être deux grandes pyramides. Des sujets vont naitre. ou variation d'un champ electro-magnétique. l'événement qui est la vie de nature dans la grande pyramide. Voilà. de rationnalisation. aux objets éternels correspondent les différents types d'objets éternels. Il y a besoin de toute une physico-mathématique pour rendre compte de la formation des conjonctions. nous nous sommes déjà donné des événements et un monde d'événements.. La deuxiéme question ce sera : de quoi une préhension est-elle faite? quels sont les 113 . Comment se forment les conjonctions dans un tel monde? Si on n'a pas une réponse précise à ça.(.. et d'autres qui renvoient à des concepts scientifiques. La philosophie doit créer de tels modes de pensée. c'est à dire de la formation des occasions actuelles. des individualités vont se dessiner.. à supposé que je sache ce que c'est qu'un sujet. Si ce problème là est réglé. Voilà que nous mettons un pieds trés prudent dans la physique... en termes d'événements? Il y a-t-il une différence de nature entre les événements qu'un sujet.) Si je peux identifier la grande pyramide à travers deux passages de nature.il y a des objets éternels qui renvoient à des qualités sensibles. Mais nous avons trois problèmes. Qu'est-ce qui va expliquer qu'il y a des conjonctions dans le monde? Pour moi. Tout ce que vous voulez. comment est-ce qu'il faudrait poser le problème de la liberté. Par exemple..

une conjonction c'est un quelque chose de nouveau. opére au niveau des occasions actuelles. Là il faudrait demander à chaque fois à isabelle. à ce moment là il pense que seule une physique mathématique peut nous donner la clef de cette genése. Deuxiéme probléme.c'est le propre de tous les grands penseurs-.hé bien comme une occasion actuelle ne peut pas être déduite d'autre chose qu'elle même. Le plus difficile pour moi c'est cette genése préalable. Il ne s'agit pas du tout de discuter. ça doit être une genése qui rend compte de ceci que la seule loi de l'occasion actuelle est d'être toujours une nouveauté par rapport à ses propres composantes. toi? Isabelle Stengers: . finalement. elle est préhension. va faire dans des conditions qui. ce n'est pas ce qui m'intéresse le plus. C'est quelque chose 114 . parcequ'il sait beaucoup de mathématique et de physique. Troisiéme problème. il n'y a pas de déterminisme. à avoir opérer avec la science moderne un lien fondamental. les composantes de préhensions. on doit dire dans le vocabulaire de Whitehead. j'ai oublié de le préciser. elle est même nouveauté. ça va être mon tour de poser des uestions à Isabelle parceque je suis sur qu'elle a les moyens d'y répondre. comme toute conjonction est nouvelle. elle me dit.à mon avis avec celle de Bergson-.éléments d'une préhension? Et si il est vrai que l'occasion actuelle est une conjonction. on va voir. Et d'accord. les modes d'objets éternels.. Ce qui me frappe c'est que ce qui semble intéresser Whitehead.. font de lui et de sa philosophie. ou la genése des conjonctions. Gilles deleuze: C'est trés intéressant.au début de son oeuvre. moi je pense que la genése des conjonctions. Elle nous a dit trés exactement ceci: c'est vrai que . c'est cette genése même que Whitehead. c'est à dire une genése des conjonctions.ou bien qu'il se serait moins intéréssé à sa genése pour prendre le problème au niveau d'une finalité et d'une conception trés particuliére de Dieu qui.. elle est nouveauté dans son essence. découle ou résulte de ses composantes génétiques. par exemple dans le Concept de nature . pourquoi y a t-il des conjonctions? Est-ce qu'il y a une raison des conjonctions. est-ce que ça marche ou est-ce que ça ne marche pas. et qu'il tenait déjà énormement à cette idée.. Moi je pense. Isabelle pense qu'il aurait renoncé. c'est à dire qui n'implique aucune réduction du nouveau à l'ancien. sans du tout abandonner son point de vue. On en est au problème de la genése des occasions. il se donne quelque chose. à savoir que ça ne doit pas être une genése telle que l'occasion actuelle dérive. genése de la nouveauté comme telle. du type ce soir il y a concert.Isabelle est trés éloignée du micro et sa longue intervention est difficilement audible. à ce moment là si il faisait une genése des conjonctions. il n'y a pas d'occasion actuelle qui ne soit nouvelle. c'est à dire préhendante. comment arrive t-on à des conjonctions. Whitehead pense encore possible de faire une genése de l'occasion actuelle . Il n'y a pas lieu de dire qui a raison ou qui a tort. Une occasion actuelle est active . Comment tu vois ça. Il part de quelque chose. Et puis elle dit mais il aurait eu le sentiment que. que un ensemble de préhensions c'est un nexus . Elle n'est pas l'effet des occasions actuelles précédentes. genése physico-mathématique. est quelque chose à quoi Whitehead ne renoncera pas. ou la genése des occasions actuelles. à condition que cette genése respecte pleinement l'exigence rappelée par Isabelle. en effet. Je voudrais déjà l'avis d'isabelle. une des rares philosophie. ce qui semble intéresser tout particulierement Isabelle stengers dans whitehead. raison qui ne peut être que mathématique et physique. Et c'est précisement cette genése de la nouveauté qui est essentielle.

les questions abondent dans tout ce que je dis. ça a un nom célébre dans tous les domaines. Au fond des événements actuels il y a des vibrations. Isabelle.. se dessine dans cette diversité disjonctive des séries infinies sans limite. ces séries infinies sans limites? Je commence à répondre en disant que ce premier stade repose sur une analyse de la vibration. des vibrations n'importe comment. C'est comme le stade. ça ne résulte pas. c'est des philosophies trés proches. une vibration qui se forme dans le "many".et dès ce moment là la diversité disjonctive commence à s'organiser en séries infinies sans limite. Ahn tu sais il y a untel qui donne un concert ce soir. et moi je veux bien. j'établis un plan-. ces séries non limitées. Je ne saurais jamais le prononcer. Pourquoi la vibration met-elle déjà ce début d'ordre? C'est parceque toute vibration a des sous-multiples et s'étend sur ses sous-multiples. dans le pur cosmos.. Tout est vibration. premiére étape de la nouveauté. ça va être la premiére étape de la genése. qui ne tendent pas vers une limite. c'est pour que vous reperiez des choses dans votre tête. Or évidemment Whithead est un grand philosophe. la diversité disjonctive. Il part du "many". un philosophe de génie. ce premier moment. question : qu'est-ce que c'est que ces séries sans limite. pour ceux qui connaissent Bergson. C'est une nouvelle occasion actuelle. c'est le pure état de la diversité disjonctive. La diversité disjonctive. toute couleur a des harmoniques. En tant que tel tout son a des harmoniques. Il lui donne un nom dans Procés et réalité. un son est une vibration. Donc à ce premier stade. Là je ne parle vraiment pas scientifiquement. Whithead n'est pas un grand philosophe. Mon hypothése est celle-ci : c'est la vibration qui surgit dans le "many". c'est la divisibilité infinie.. Troisiéme étape. C'était le chaos cosmos. Une genése n'est pas causale. le fond de la matiére est vibration et vibration de vibrations.. vous excuserez mon accent. Le cosmos c'était le many.je dirais qu'il part du multiple. tu me l'accordes. On va voir. en même temps qu'il nous fait surgir un nouveau Leibniz. Il va nous montrer que à partir de cet état de diversité disjonctive se produit quelque chose d'absolument nouveau. C'est trés important tout ça pour votre avenir. Si tout s'écroule nous dirons : nous nous étions trompés.. C'est une nouveauté et vous ne l'engendrerez pas. ça? Deuxiéme point. voilà. a des harmoniques à l'infini. là aussi je n'ai pas besoin de souligner le clin d'oeil à Leibniz. ou bien alors tout s'écroule. Le mot disjonctif est trés important puisque on part de l'opposé de la conjonction. et je vous en supplie il ne faut pas me lacher si je n'ai pas répondu à tout. Je ne sais pas.de nouveau. Séries infinies sans limite. Ce qui m'importe c'est que. mais une multiplicité pure et aléatoire. Il part comme ça du "many". ça on est repoussé. peut-être que vous vous rappelez la splendide fin de Matiére et Mémoire . multiplicité aléatoire définie par la diversité disjonctive. Il faut supposer que chaque vibration a des sous-multiples. on va voir comment et pourquoi. Séries infinies vibratoires. comment estce qu'elle surgit. qu'est-ce que c'est. Je le dis en anglais. Une couleur est une vibration. Alors. Etonnant. Finalement au fond de l'événement il y a des vibrations . Il se donne une diversité disjonctive quelconque. la propriété de la vibration c'est de s'étendre sur ses sous-multiples. à chacun de ces stades. est soumise à un processus de divisibilité infini qui organise des séries infinies sans limite xxxx(un mot inaudible).qu'est-ce qu'elle est? De quoi part-il? C'est à chacune de mes phrases que j'ajoute un point d'interrogation. il faudra répondre.en d'autres termes toute vibration 115 . Le premier stade c'était le "many". il y a une espéce d'ajustement avec Leibniz qui est étonnant. Ce n'est pas l'effet d'une cause. . ce sont des harmoniques. si bien que tout ça c'est une lecture prodigieuse de Leibniz. la correspondance avec Bergson se révéle à toutes sortes de niveaux. des vibrations aléatoires. c'est à dire le chaos.

la vibration entre dans des séries infinies sans limite. les séries vibratoires infinies sans limite. ce sont ces caractéres. c'est le premier stade de la genése. soit même-caractéres extrinséques. vous vous rappelez. elles. les hauteurs vont former une série convergente. l'intensité. C'est beau.. elles. Sentez que ça renvoit à toutes sortes de choses en mathématique et en physique. vous avez donc quatre termes: I) le many. de quoi est faite l'occasion actuelle . les séries vibratoires ne sont pas convergentes et n'ont pas de limite. c'est à dire de la conjonction. Voilà les réquisits successifs de l'occasion actuelle. les quantités. Elle est tout à fait nouvelle. C'est une des genése les plus. les expressions quantitatives capables de les mesurer. Réponse : elle est faite de préhensions. ou au moins pour sentir.. Deuxiéme stade de la genése : les séries de caractéres intrinséques et extrinséques. la saturation et la valeur.ses rapports avec d'autres vibrations. Vous avez engendré l'occasion actuelle. et ça n'empêche pas que l'occasion actuelle qui est une conjonction. Je dirais que une vibration sonore a des caractéres qui sont la durée. on pourra toujours en trouver une nouvelle.une fois dit qu'il ne faut pas confondre les éléments de l'occasion actuelle et les conditions de l'occasion actuelle. c'est les trois grandes dimensions de la couleur. 2) les séries infinies sans limite. quels sont les éléments composants et non plus les conditions requises. troisiéme stade. de mesurer ces caractéres. la conjonction vient aprés la convergence. les séries convergentes. les éléments de l'occasion actuelle. la saturation. convergent vers des limites. Pendant longtemps on a tenu compte de ces trois variables de la couleur : la teinte. c'est au gout de chacun. alors. vous pouvez même voir ce monde se former. C'est d'une trés trés grande beauté. de ce qui sera couleur.infiniment divisible a certains caractéres intrinséques. par rapport aux deux séries convergentes au moins. ces caractéres intrinséques soit concernent la nature de la vibration envisagée. formation de séries convergentes sur limites. mais c'est ouvert.. qui sont la teinte. la série vibratoire.. la valeur. c'est à dire de quoi est faite une occasion actuelle. la couleur à des caractéres. intrinséques et extrinséques. c'est de nouvelles séries. est radicalement nouvelles par rapport aux séries génétiques qui l'engendrent. d'où cinquiémement. vous n'avez besoin de strictement rien savoir pour comprendre.. etc.c'est une maniére tres moderne et pourtant c'est tout simple. donc premier stade le "many" ou la diversité disjonctive. le timbre. Mais de quoi est faite une préhension . Les réquisits de l'occasion actuelle c'est : la diversité disjonctive.Les teintes vont former une série convergente.. Les timbres vont former une série convergente. La conjonction c'est une réunion de deux series convergentes. Alors qu'est-ce qui m'importe? est ce que c'est trés clair comme schéma.4) la conjonction de séries qui donne l'occasion actuelle. C'est depuis la fin du dixneuviéme siécle qu'on tend de plus en plus à y ajouter l'étendue de la couleur pour définir ensuite une nouvelle variable trés intéressante qui dépend d'ailleurs de l'étendue et de la valeur. Quatriéme stade. je dirais les réquisits de l'occasion actuelle. et qu'on appelle le poids de la couleur. au moins. ou plutôt comme dit Whitehead. Cette fois-ci on a une idée de séries convergentes.3) la convergence des séries. deuxiéme stade l'organisation de séries infinies sans limite avec les vibrations et les sous-multiples de vibrations.et puis c'est tellement plein de science. 5) quels vont être les éléments. c'est à dire que ce n'est évidemment pas les mêmes séries qui deviennent convergentes. quels sont les éléments de la préhension. la hauteur. les expressions quantitatives capables de mesurer ces caractéres entrent dans des séries qui. le many c'est un espéce de soupe.etc. et non plus les réquisits. c'est la grande soupe. convergent vers des limites. les intensités vont former une série convergente. Quand au feeling comme le dit Whitehead. c'est ce que les cosmologues appellent la 116 . tout est prêt : l'occasion actuelle c'est la conjonction.

Gilles: tu dis une chose merveilleuse. elle m'accordait le stade du many ou de la diversité disjonctive.. Bergson nous dit: ce que vous appelez métaphysique. et c'est le cas d'une vibration par rapport à ses harmoniques. parceque dire que Bergson fait une métaphysique de la durée et liquide la science. c'est la métaphysique ancienne. ça? Parceque la science antique définissait le temps en fonction de moments privilégiés. L'idée de Bergson.. isabelle. les mebres épars. elle est trés belle : qu'est-ce qu'à fait Galilée. L'idée de Bergson elle est que la science moderne nous donne et nous apporte une nouvelle conception du temps. quand tu as écrit "états et processus". On ne sait pas bien ce qui s'est passé dans la diversité disjonctive. les mebres disjoints. Le temps scientifique moderne qui commence dans la physique vers la fin du seizieme siécle peut se définir scientifiquement. Là-dessus. J'insiste sur le point suivant parceque c'est un genre de philosophie qui est en connexion avec la science moderne. 117 . Et puis chacune de ces séries sans limite et sans convergence a un caractére. C'est une occasion actuelle précipitée sur un grumeau. Les séries convergentes réagissent sur les séries infinies sans convergence. A chaque niveau il ya émergence d'un nouveau type d'activité. La série est une activité. et vous vous apercevez que votre grumeau est composé de préhensions . c'est le chaos. Il y a formation de vibrations. tiens! Une occasion . sinon je recommence tout! J'insiste là-dessus. D'où viennent-elles. Physique. Mais il faut supposer que ce n'est pas un nez.est-ce que c'est trés clair. eux entrent dans des séries convergentes. Est-ce que je peux dire ça ou bien est-ce que c'est une proposition physiquement stupide? Isabelle Stengers: hélas toujours aussi inaudible à cause de la directionnalité du micro. c'est ça qu'a fait Galilée. il va falloir le dire. Il y a chaque fois activité et rétro-activité. ancienne dans quelle mesure? Elle était parfaitement adaptée à la science antique. et inversement la science antique était adaptée à sa métaphysique.. On passe au second stade. mais on se donne des vibrations. est-ce que tu connaissais déjà Whitehead? Oui! Ma question c'est tout simple. elle est trés simple. c'est un electron de nez. ce qu'Empedocle appelait déjà les membrae disjunctae. Pourquoi est-ce que c'est moderne. je dis bien scientifiquement ainsi : c'est la considération du temps à un instant quelconque. C'est le fleuve qui charrie les membrae disjunctae. le temps scientifique... comme des grumeaux dans votre soupe. sur ce spoint j'ai moins besoin d'Isabelle. Bergson. qu'est-ce qu'il prétend faire? Il dit que l'ancienne métaphysique était le corrélat de la science antique. Voilà. mais ça je me sens assez sur de moi pour dire d'où elles viennent. La science moderne définit le temps par rapport à l'instant quelconque. et les caractéres de séries. Est-ce que je peux dire que ces vibrations forment des séries infinies qui ne convergent vers aucune limite. ça va tellement bien avec tout ce qu'il y a d'important en philosophie. la conjonction est une autre activité. voilà que dans cette soupe se dessinent des séries sans limite et sans convergence. Quand elles sont entrées dans des séries convergentes. à l'instant t. il faut être profondement débile pour dire des choses comme ça. les conjonctions réagissent sur les séries convergentes. à mon avis une telle genése échappe au danger que signalait Isabelle parceque l'occasion actuelle n'est pas du tout présenté comme le résultat passif. etc. C'est tellement proche de Leibniz. les vibrations. à supposé une infinité d'harmoniques dans le cosmos.soupe pré-biotique. Je reprends l'exemple de Bergson. un bras puis un nez. la convergence des séries est une autre activité. alors il y a des conjonctions qui se produisent. Bien .

Dans le cas d'événements qui ont une extension spatio-temporelle considérable.. elle est bien infinie ". D'abord c'est en anglais. seul l'intéressera un nombre d'harmoniques finies. c'est le merveilleux chapitre 4. La métaphysique qui correspond à cette science. Il faut faire la métaphysique qui est le corrélat de la science moderne. et qui inclus ses connexions avec le reste de la nature". appelons Qe l'ensemble des expressions uantitatives définissant son caractére. Si e est un événement. reprendre la métaphysique à zéro. et Q2 L'homologue à Q1 qui est trouvé en Qe2. mais ça n'intéressera pas un physicien-remarquez la notion d'"interet".. et la physique du mouvement correspond à la métaphysique d'Aristote. j'ai de la peine. Je vous en traduit des petits bouts : "Le caractére de l'événement (pour le moment l'événement c'est donc une suite infinie non convergente et sans limite) peut être défini par les expressions quantitatives exprimant des relations entre diverses quantités intrinséques à l'événement lui-même(i. ou entre de telles quantités et d'autres quantités intrinséques à d'autres événements (c'est à dire à d'autres vibrations). e2. c'est plus compliqué.Qen+1" ça c'est la série de la caractéristique? "Si Q1 est une mesure quantitative trouvée en qe1. que j'ai mal compris la thése de Whitehead..e à la série). Ou dans le cas de l'acoustique. Quelles est la métaphysique qui correspond à une considération scientifique du temps pris à l'instant quelconque.bien qu'elle n'ait pas de dernier terme. e3. Ce sera son métier de savant..ça c'est la série vibratoire. ce n'est pas traduit. et Qen. c'est à dire sur une infinité de sous-multiples? Elle me répond évidemment oui. exactement comme la science moderne est le corrélat d'une métaphysique potentielle qu'on a pas encore su faire.. elle doit dire métaphysiquement ce que la science dit scientifiquement. Mais pour ceux qui savent l'anglais et que ça intéresse c'est dans Concept de nature . elle a en commun de ne pas avoir de dernier terme.. mais aura un intéret métaphysique considérable. ça l'intéresse prodigieusement de ne pas prendre la moyenne . y compris grace à Aristote.alors nous aurons une série Q1-Q2-Q3-Qn+1 etc. elle doit dire avec des concepts ce que la science dit avec des fonctions. Aujourd'hui il y a une série de crétins qui ont pensé.il faut. La novelty. Deuxiéme point. une série infinie sans convergence constituée par la vibration et l'infinité de ses sousmultiples. l'infinité de ses harmoniques.etc. Bergson dit: c'est la mienne. la métaphysique.elle.métaphysique. Il veut dire que c'est une métaphyque de la durée . seule l'intéressera la moyenne. Vous voyez que e désigne la série vibratoire infinie étendue sur les sous-multiples et Qe un des caractéres de la série. Le quelquechose de nouveau. et proches. Je dis : est-il possible de concevoir une vibration qui s'étend sur une infinité d'harmoniques. Qu'est-ce que c'est que la métaphysique pour Whitehead qui correspond à la science moderne? Ce serait une métaphysique de la créativité.ça n'intéressera pas un physicien parceque toute la démarche de la science sera de prendre la moyenne. ça n'a aucun sens. d'ailleurs. et vous avez déjà deviné que mes rapports avec l'anglais étaient douloureux. Ce sera une métaphysique du nouveau. elle converge vers une 118 . Il donne comme schéma des deux séries " e1.non pas du tout que Aristote ait vieilli... il faut garder ces termes excellents. Vous remarquez le thème commun avec Whitehead. et non plus de l'éternité. en. Un savant. elle pouvait se passer de métaphysique. Il se peut. l'ensemble des expressions quantitative est d'une trés grande complexité.. la science a en effet suffisament évolué. C'est merveille ce que vient de dire Isabelle. et Q3 etc.Bien qu'elle n'ait pas de dernier terme" donc elle a en commun avec la série précedente vibratoire. et de constituer une série qui en effet n'aura pas d'interet physique. évidemment. parceque la science avait évolué. en+1". Aristote fait la physique du mouvement. Bergson dit que c'est completement idiot. ce n'est pas une réflexion sur cette science. et la métaphysique qui correspond à cette physique du mouvement.

limite définie". Alors mon angoisse c'est est-ce que mon commentaire est juste ; lui ne donne aucun exemple. J'ai donc besoin d'Isabelle. Le point essentiel c'est cette naissance de la série convergente, convergent vers une limite. qu'en penses tu? Isabelle Stengers: toujours aussi inaudible. Gilles Deleuze : ça m'intéresse beaucoup car je crois à une espéce de relai, un relai métaphysique science,une fois dit que les deux disciplines sont trés différentes. Mais ça n'empêche pas qu'il puisse y avoir des relais si il y a la complémentarité que j'ai indiqué d'aprés Bergson, d'aprés Whitehead, si il y a cette complémentarité entre métaphysique et science, et que cette complémentarité n'a absolument pas vieilli, c'est que les gens n'ont absolument rien compris il me semble, et c'est que nous n'avons pas qu'il y ait des relais. Fin de la bande Question: inaudible ....la théorie platonicienne du réceptacle ne présuppose pas l'espace-temps, c'est l'inverse. L'espace et le temps naitrons sous certaines conditions. la question est trés juste mais elle est à venir. L'occasion actuelle c'est quelque chose qui est déjà dans l'espace et dans le temps. Ma réponse portait sur : quel est le rapport entre l'espace et le temps et les séries, les séries préalables à l'occasion actuelle. Les séries dont je n'ai pas céssé de parler aujourd'hui, qui sont préalables à l'occasion actuelle- vous vous rappelez?-, ce sont les conditions de l'occasion actuelle, elles sont premiéres par rapport à l'occasion actuelle. Dans l'ordre vous avez ces séries qui conditionnent l'occasion actuelle , la série espace-temps, et l'occasion actuelle. L'occasion actuelle est bien sur dans l'espace et dans le temps. Isabelle Stengers: toujours aussi inaudible.... Gilles : à mon avis non, mais je te reconnais bien là. C'est tes soucis à toi. Mais c'est pas mal, ce n'est pas du tout un reproche. Mon exemple de la lumiére, si je l'ai invoqué, c'est un pure exemple qui consistait à me servir de quelquechose qui ne peut pas intervenir à cemoment là, en droit, mais qui à l'avantage de pouvoir faire comprendre comment fonctionne un crible. En effet, je dis : l'action de la lumiére, elle consiste à faire un filtre entre les ténébres et le sombre fond des couleurs, or, au contraire, le filtre dont je parlais faisait un filtre entre le chaos et le sombre fond tout court. Donc je n'étais pas forcé de me donner rien, en tout cas, comme lumiére. Est-ce que le crible, chose beaucoup plus importante à mon avis, est-ce que le crible implique déjà des équivalences de miroir, ce serait trés facheux. A ce moment là tous les éléments de l'occasion actuelle seraient là, or il ne faut pas. Il ne faut surtout pas. Si on était obligé de mettre des quasi-miroirs, ça compliquerait beaucoup, mais j'ai espoir qu'il n'y a pas besoin de quasi-miroir. Isabelle Stengers: Quand tu nous as lu le texte de Whitehead, que tu as fais ta serie de Q, Q1, Q2, Qn+1, ce n+1, est ce que ça signifie qu'on continue comme ça à l'infini, ou bien est-ce que ça signifie qu'on est dans un espace à trois + une dimensions? Gilles Deleuze: Les symboles Q1, Q2, Q3, etc... c'est une série de caractéristiques, mais chacun anime une série convergentes. Chaque caractéristique a sa série convergente, et tu as, en revanche, une série ouverte illimitée de caractéristiques. Intervention : inaudible. Gilles Deleuze : bon bien lisez Platon.

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Deleuze: Leibniz 17/03/1987 …..Et qui concerne les caractéristiques des vibrations, ou plutôt qui concerne la mesure des caractéristiques des vibrations. Voilà. Je voulais le commenter plus longuement, mais je me dis qu’on va s’y perdre, alors ce n’est pas la peine. Je dis, en tout cas, concevez le crible comme une véritable machine, au sens où Leibniz nous disait : c’est la machine de la Nature. Au sens où Leibniz nous disait : la Nature est tout entière machine, mais simplement c’est un type de machine dont nous n’avons aucune idée, nous, hommes, qui ne faisons que des machines artificielles, car la vraie machine, celle de la nature, c’est la vraie Nature qui est machine, nous nous ne savons pas faire des machines. La vraie machine c’est celle dont toutes les parties sont des machines, c’est à dire : c’est la machine infinie. Tandis que nous, dans nos machines, très vite, au bout d’un certain nombre d’opérations, nous devons bien buter sur ceci : c’est un bout de fer, nos machines, elles, ont des parties qui ne sont pas des machines à l’infini. Les machines de la Nature sont des machines à l’infini. Le crible c’est le type d’une machine à l’infini. Là-dessus je suis en bon état, d’une certaine façon, pour dire ce qui se passe chez Leibniz après le criblage, mais ça grâce à Whitehead, je crois, car je trouve chez Leibniz deux niveaux qui vont correspondrent aux deux séries de Whitehead. Est-ce que c’est vrai, ou est-ce que je force les textes ? On peut forcer un peu, on n’a pas le droit de forcer beaucoup. Comment dirai-je ? C’est une question de bon goût en philosophie. L’existence du bon goût en philosophie est très simple : on ne peut pas faire dire n’importe quoi à n’importe qui. Et je crois que c’est la même chose que le bon goût pour toute interprétation. Toute interprétation est affaire de bon goût. Si vous n’exercez pas le bon goût vous tomberez dans des vulgarités abominables, et pire, qui seront les vulgarités de la pensée. Alors vous pouvez toujours me dire : non, tu excède le bon goût, mais vous pouvez aussi bien me dire : tu restes dans les limites du bon goût. Je suis persuadé rester dans les limites du bon goût, c’est à dire de la vérité la plus stricte lorsque je dis : voyez les textes de Leibniz. Évidemment ils sont dispersés. Je remarque une première sorte de textes, des textes où Leibniz nous parle explicitement de séries infinies qui se caractérisent par ceci qu’elles entrent, ou que leurs termes entrent dans des rapports de tout et de parties. Il y a beaucoup de textes de Leibniz sur ce rapport Tout-parties, et sur les variations de ce rapport. Ces séries qui entrent dans des rapports de Tout-parties, appelons les extensions, conformément à Leibniz. Ce seront des extensions. Est-ce que ça veut dire l’étendue ? oui et non. L’étendue avec un e, c’est à dire ce que Leibniz traduit par l’extensio, mais extensio à comme deux sens : l’extension c’est tantôt l’étendue avec un e, une étendue, et c’est tantôt le genre dont l’étendue fait partie, à savoir tout ce qui rentre dans des rapports de tout et de parties. Mais vous me direz : mais quoi d’autre que l’étendue, e, c’est important pour l’avenir, vous allez voir, qu’est-ce qu’il y a d’autre que l’étendue, e, pour rentrer dans des rapports de tout et de parties ? Tout ce que vous voulez : le nombre, le temps, beaucoup de choses. On en trouverait d’autres en cherchant. En tous cas : le nombre, le temps, c’est les exemples que Leibniz donne le mieux. C’est la famille des extensions. Je dirais ce sont des séries infinies, bien plus, ajoutons en, la matière, sous quelle forme ? La matière, pas sous n’importe quelle forme, la matière en tant que divisible à l’infini. Il n’y a pas de plus petite partie de la matière, il n’y a pas de plus grand Tout de la matière. Il y aura toujours un Tout plus grand, il y aura toujours une partie plus petite. Tout ce qui entre à l’infini dans des rapports de tout et de parties, cela constitue une série

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infinie qui n’a ni dernier terme ni limite. Je dis que tout nombre rationnel peut s’exprimer dans une telle série. Les extensio c’est tout ce dont la règle est partes extra partes, c’est à dire l’extériorité des parties, les parties extérieures les unes par rapport aux autres, à l’infini. Si vous prenez un petit bout de matière, si petit qu’il soit, vous pouvez le diviser encore, partes extra partes. Vous trouverez ça beaucoup chez Leibniz. Et des analyses du rapport Toutparties, bien plus il y attache tellement d’importance que il considère que les propositions de base sur le rapport Tout-parties sont des axiomes, mais que ces axiomes, en plus, sont démontrables. On pourrait rester une séance sur ce problème des extensions. On passe vite, mais on a repéré ce type de séries qui, à mon avis, est une région absolument consistante et ayant son unité. Et puis, dans d’autres textes, ou dans des textes voisins, nous voyons un type de série très différent chez Leibniz. Ce qui fait mon trouble c’est que, évidemment, il ne peut pas tout faire, personne ne peut tout faire. Alors il n’a pas fait la théorie de la différence entre ces deux types de séries, il avait tellement d’autres choses à faire. L’autre type de séries, c’est quoi ? Je groupe les textes. Première sorte de textes : Leibniz nous dit que les nombres irrationnels, c’est autre chose que les nombres rationnels. Vous vous rappelez, les nombres rationnels c’est l’ensemble des entiers négatifs et fractions, les nombres irrationnels c’est les nombres qui expriment un rapport entre deux grandeurs incommensurables. Une fraction, le contresens qu’il ne faut pas que vous fassiez, c’est croire que une fraction irréductible en nombre entier soit la même chose qu’un nombre irrationnel, vous vous rappelez, ce n’est pas du tout pareil. Si vous dites : deux septièmes, deux sur sept c’est une fraction irréductible en nombres entiers, donc c’est une série infinie, mais c’est une série infinie extensive, du type dont on vient de parler. Pourquoi ? Parce que deux septième, ça n’empêche pas que vous avez des deux cotés, numérateur et dénominateur, une grandeur commune. Deux quantités de cette grandeur, au numérateur, et sept quantités de cette grandeur au dénominateur. Une fraction, même irréductible, met en rapport des quantités parfaitement commensurables, puisque vous avez deux x de cette quantité au numérateur, sept x de cette quantité au dénominateur. Un nombre irrationnel, au contraire, met en rapport des quantités qui n’ont pas de commune mesure, c’est-à-dire que vous ne pouvez pas exprimer sous forme fractionnaire, puisque la forme fraction implique commune mesure. Donc je suppose que ça c’est bien compris. Voilà une première sorte de textes : les nombres irrationnels impliquent un autre type de séries. C’est quoi ? Ils sont eux-mêmes limites d’une série convergente. Il faut la trouver, simplement. Py est un nombre irrationnel, le fameux nombre Py est un nombre irrationnel. C’est un concours, à l’époque de Leibniz, je crois que Leibniz est le premier à avoir trouvé dans quelle série peut se mettre Py, de quelle série est-il la limite. Leibniz le trouvera sous forme de Py sur 4, qui est limite d’une série convergente infinie. Il faudra attendre assez longtemps, c’est-à-dire je crois le plein dix-huitième siècle pour que ce soit démontré. Leibniz donne la formule sans la démonstration. Est-ce qu’il l’avait, ça je ne sais pas…Ils vont vite les mathématiciens, il ne faut pas croire qu’ils procèdent comme dans un livre, dans leurs brouillons, ils mettent parfois des éclairs dont ensuite on a pour vingt ans à se demander comment ils y sont arrivé, comment ils ont trouvé ça. Il faudra attendre un mathématicien dénommé Lambert en plein dix-huitième pour la démonstration de Py sur 4 est limite d’une série convergente infinie, et que c’est bien une série convergente infinie. Deuxième cas : nous avons des choses qui ont des caractéristiques internes. Ces caractéristiques internes ce sont leurs réquisits, terme leibnizien essentiel : ce sont leurs réquisits. Ces réquisits rentrent dans des séries convergentes qui tendent vers des limites. Ces séries convergentes tendant vers des limites- ça je crois que c’est fondamental, c’est tellement bien tout ça, c’est tellement satisfaisant…Faisons un exercice de terminologie. Quand en philosophie la terminologie survient, je viens de baptiser ma première série : séries infinies qui n’ont pas de dernier terme et qui n’ont pas

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sinon on ne comprendra plus rien. je tire. que bien plus ces corps se trouvent dans un monde matériel. mais en même temps il faut qu'il s'effectue. La mort n'est événement que comme phénoméne de l'esprit. Il me faut un mot par commodité. Oui. Mais nous sentons bien. qu'il s'effectue dans un corps.. il faut que ce corps franchisse cette riviére. Alors j’ai le choix : ou bien un mot courant existe. ou. et puis je tombe sur un nouveau type de série : séries convergentes tendant vers des limites. sinon la naissance est événement. c'est l'événement qui s'actualise dans la monade césar. ou bien comme un peintre peut arracher une nuance ou une teinte et. D'où notre question. L'événement existe actuellement dans la monade. comme âme. ça. implique une autre dimension: s'effectuer dans une matiére ou dans un corps. Encore faut-il que l'événement s'effectue. et en effet. on a vu en quel sens il y avait une liberté Leibniz. et puis s’ il résiste. dès lors c’est extrêmement bien fondé de les appeler des extensions. les grands quand ils créent un mot.. à ce moment-là je l’arrache au langage courant et je le vous à tel sens. D’où l’acte terminologique en philosophie c’est la vraie poésie de la philosophie.. 122 . ça nous ne l'avons absolument pas abordé et ce sera l'objet de notre troisiéme partie. César aurait pu ne pas passer le Rubicon. Là je distinguerais actualiser et effectuer. exactement comme un musicien peut arracher un bruit. là j’arracherais un mot au langage courant. encore une fois. Là nous avons comme un double système de coordonnées: l'actualisation dans une âme et l'effectuation dans un corps. il me faut un mot. que l'événement ainsi défini. etc. Il y a partout des âmes.ça serait trés conforme à Leibniz: l'évenement s'actualise dans une âme et il ya partout des âmes. et la question de départ de notre troisiéme partie ce sera: qu'est-ce que signifie avoir un corps? Qu'est-ce que c'est que ça? Nous saurons ce que ça signifie avoir un corps.de limite. elles entrent dans des rapports Tout-parties. Imaginez ! vfg Deleuze Leibniz O7/O4/87 Logique de l'événement . Mais ce n'est qu'une dimension de l'événement . l'événement renvoyait à l'inhérence dans la monade. Nous avons vu comment chez Leibniz. d’abord c’est une splendeur poétique. à la lettre. les nuls font ça. ou du moins le corps même. L'événement s'actualise dans un esprit. Passer le Rubicon. Mais on a jamais jugé une discipline par ses nullités. Les grands n’ont jamais fait ça . dans chaque monade. bien plus quelque chose n'est un événement qu'en tant que porté à l'état de phénoméne de l'esprit. l'exemple éternel auquel revient Leibniz. l’extension au sens ordinaire du mot n’est que un cas particulier des extensions. et je veux l’arracher. que dans chaque monade qui exprime le monde.. c'est ce dans quoi l'événement s'effectue. c’est par commodité puisque j’ai baptisé mes premières séries. et en un sens tout événement est spirituel. ce sera un peu bizarre puisque à ce moment là je serais forcé de dire : attention. c'est à dire que l'événement n'a d'existence actuelle que dans la monade qui exprime le monde. Ou bien. Du coup je me dis : je n’ai pas le choix. Mais ça renvoit aussi à un corps et à une riviére. Et c’est tellement bête de dire que les philosophes fabriquent des mots compliqués pour le plaisir. avoir un corps? Tout ce trimestre nous l'avons consacré aux rapports de l'événement à la monade comme pur esprit.. la porter sur sa toile . Que les monades aient des corps. Mais qu'est-ce que ça veut dire. ce n’est pas pour faire le malin. Je dirais que l'évnéement s'effectue dans un esprit. il faut une décision de l'âme. et que c'est ça l'appartenance la plus profonde de l'esprit à l'événement et de l'événement à l'esprit. C’est absolument nécessaire. dont je vais me servir . si vous préférez dans une âme.. Passer le Rubicon. s’il n’y en a pas . c'est la dimension spirituelle. qu'il s'effectue dans une matiére. il faudra bien que je crée le mot. comme ce qui existe actuellemnt dans l'âme.

dans beaucoup de commentaires de Leibniz. Alors c'est trés curieux car. était comme chez les autres. mais jamais jamais. touchons du bois. Je veux dire: le prédicat est toujours événement ou rapport. La réponse de Leibniz ce serait : dans tous les cas. au moins j'espére. il me semble. Pourquoi? Pour une raison simple: il n'y a pas d'attribut chez Leibniz. à la limite du moins. Pour une simple raison: c'est que bien sur et c'est ça qui explique que trés souvent il parle d'attribution au même sens que prédication. quand je dis: par exemple: "voilà trois hommes". qui consacre un livre à Leibniz. affirme que tout jugement. Le prédicat. si j'ai raison de penser que c'est une erreur? Lorsqu' un homme comme Russel dit : chez Leibniz. toute sa philosophie est faite pour ça. depuis beaucoup de séances. chez Leibniz. ou si vous préférez l'assignation d'un prédicat à un sujet.Mais. Il dit donc que tout est attribution. En d'autres termes. Et on voit même un auteur aussi important. Ce serait quand même étonnant que ça lui fasse une difficulté particuliére. de construire? Nous sommes partis de ceci. Moi je n'ai pas le sentiment que les problèmes de relation fassent la moindre difficulté à Leibniz. Alors bien sur. c'est ceux qui entendent ou qui croient entendre: la relation n'a pas de sujet. jamais à ma connaissance. quelque soit la proposition où vous le considériez. en effet. je reviens à la fin de cette seconde partie que je voudrais avancer au maximum aujourd'hui. contrairement et là on étaient forcés de dire: non il y a quelque chose qui ne va pas . Qu'est-ce qui est dans le sujet? ce qui est dans le sujet c'est. on peut trouver le mot. nous dirait: il n'y a pas d'attribution il n'y a que des prédications. Leibniz est un auteur pour qui la prédication. que toute proposition est du type: "prédicat est dans le sujet" ne peut pas rendre compte de la relation puisque la relation .où est le sujet? C'est une proposition sans sujet. des rapports et des événement. Dans "voilà trois hommes" cherchons quel est le sujet? On m'accordera. ni Descartes n'auraient jamais dit ni même conçu. En d'autres termes faites trés attention. où comme en passant tellement ça va de soi pour lui. les jugements sont ramenés aux modéles de l'attribution Il s'appuie sur quoi? Sur la formule: "Tout le prédicat est dans le sujet". Mais "Tout le prédicat" implique. la source des erreurs c'est toujours trés drôle. Voilà une chose que. que une philosophie comme celle de Leibniz est incapable de rendre compte des relations. mais ça ne change pas grand chose. à ma connaissance ni Malebranche. dire: l'inhérence du prédicat dans le sujet implique que tout jugement soit un jugement d'attribution. Si vous vous trompez dans l'assignation du sujet. Je m'appuyais trés fort sur le texte de Discours sur la Métaphysique. Vous voyez ceux qui disent. ni Spinoza. ou événement. La question du rapport et de la relation. au nom de la logique 123 . ceux qui objectent à Leibniz.pour prendre un exemple de Russel. comme Russel. aussi génial que Russel. un attribut. C'est une bonne raison. Seulement il faut faire trés attention car ce qu'il appelle prédicat c'est toujours un rapport ou un événement. Toute sa logique est faite pour ça. qui a traversé tout ce trimestre pour nous. voyez-vous. elle a toujours été trés simple. elle a consisté à dire: il y a un sujet de la relation. ce qui est sujet ne va pas de soi. La réponse de Leibniz serait extrêmement simple. puisque certainement Leibniz affronte des problèmes difficiles. donc. Donc une philosophie qui comme celle de Leibniz. c'est la catastrophe. Et c'est un auteur qui à la lettre. puisqu'on fait comme si le prédicat chez Leibniz. que le prédicat n'est pas un attribut. Dès lors comment Leibniz va-t-il rendre compte du rapport. évidemment. Qu'est-ce que c'est toute cette logique de l'événement qu'on essaie. presque jamais vous ne trouverez une identification du prédicat à l'attribut. à savoir: Leibniz invente ou se réclame d'une inclusion du prédicat dans le sujet. de la relation? Je dis: il y a quelquechose d'effarant là-dedans. à mon avis. mais pas celui là. Leibniz dit: le prédicat ou événement. c'est un auteur pour qui la prédication se distingue radicalement de l'attribution.

La substance ne se définit plus et ne pourra plus se définir plus par l'attribut . ils ont la même fonction propositionnelle. qu'est-ce que devient la substance qui ne peut plus se définir par une essence? C'est par là que tout ce point se rattache au thème le plus évident. C'est Kant et la philosophie post-kantienne qui ménera une critique du sujet métaphysique. de lieu. L'attribut. la preuve c'est qu'elle peut avoir une autre figure. Les deux notions ont été longtemps équivalentes. c'est à dire ne se définit plus par l'attribut d'un sujet. Le rapport 2 . Vous voyez tout de 124 . Autant tout changer. et à l'essentialisme il va substituer quoi? Alors là on peut être tout heureux d'avoir trouvé un mot. là? L'attribut c'est l'essence. Car. soit un peu aprés. Et vous avez. pourquoi tout ça? C'est pour dire: le prédicat est toujours un rapport ou un événement. A l'attribution il substitut la prédication. cette année. soit intérieurs soit un peu avant. la proposition correspondante c'est 2 et 1 sont prédicats de 3. Ce qu'on appelle en logique "sujet". alors il y a mode. Est-ce qu'ils avaient raison? Tout dépend quels genres de problèmes est-ce qu'ils posaient à ce moment là. conformation. et au 17° siécle il y a équivalence parfaite entre la substance métaphysique et le sujet logique. avec précisement le baroque. elle va se définir par quoi? De toutes maniéres une substance ne peut pas se définir par ses modes. Prédicat du sujet. et conformation métaphysique: "substance être essence". appelons ça: maniérisme. Mais on peine pour les critiques qui ont l'air d'éprouver tant de peine à définir le maniérisme. a est un mode de b. vous le trouverez le sujet! Alors le raisonnement de Russel où le sujet ce n'est pas tel homme. le prédicat étant toujours rapport ou événement. Si la propostion n'est plus une attribution. Il faudra dire que Leibniz rompt avec le schéma de l'attribution. si vous voulez. à la limite elle peut n'avoir aucune figure du tout. Et tout dépend quel est le prédicat aussi. Mais l'étendue n'implique pas le triangle. Ca à l'air complétement insignifiant. je le dis trés vite. c'est quoi. est-ce que la philosophie ne pourrait pas lui donner un coup de main. L'attribut c'est ce que la chose est. et que du même coup il rompt avec l'essentialisme de la substance. Qu'est-ce que c'est que le mode d'une substance? Ce qu'on appelle mode d'une substance c'est un quelque chose qui implique la substance sans que la substance l'implique. de maniéres bien entendues différentes. Ma question immédiatement c'est: qu'est-ce qui en découle quant à la substance? Parceque la substance c'est le sujet. et dès lors dissociera le destin du sujet logique et de la substance même. de place et se dire: bon trés bien. De Aristote à Descartes. ce n'est pas un attribut. Je dis: quelles conséquences quant à la substance? C'est essentiel. Et chez Leibniz ce sujet ne pouvait avoir comme prédicat que un rapport. la substance est définie par l'attribut. Je dirais: la figure est un mode de l'étendue. Si a implique b sans que b implique a. c'est ce qu'on appelle en métaphysique "substance" : la substance est définie comme le sujet de ses propre déterminations. C'est une logique de l'événement. correspondance entre le schéma logique: "sujet est attribut". le plus certain de notre recherche. Encore une fois.même. de la substance constituée par une essence. ni tel autre homme. ni l'ensemble des trois hommes. 2 et 1 sont prédicats de 3. peut-être que la philosophie nous donne un moyen trés simple de définir le maniérisme? Et nous sentons bien que si la substance ne se définit pas une essence. et même. le maniérisme .1 est le prédicat du sujet 3. Je dis par exemple: la figure implique de l'étendue. aprés tout. Quel est le sujet de: "voilà trois x"? Réponse de Leibniz: si vous posez bien le problème. c'est à dire son essence. puisqu'il y a tant de peine à définir le maniérisme en art. Tout ça c'estpas notre affaire. c'est à dire une critique de la substance. voilà trois x. j'ai essayé de montrer que c'était une réponse extrêmement importante puisque il y avait bien assignation d'un sujet. La réponse de Leibniz c'est : "voilà trois x". nous savons tous qu'il a des rapports trés particuliers. je peux considérer la proposition "Voilà trois hommes" comme une proposition renvoyant à la même fonction que : voilà trois pommes. On a vu la réponse de Leibniz. ou "le triangle implique de l'étendue.

pour des raisons indéterminées. Peindre l'être raisonnable c'est déjà tout un style de peinture. que dans la substance il y a plus. ce qu'il appelle si bien notre "département". et qui pourtant n'est pas une essence. Leibniz nous dit quelque chose qui me parait tellement bizarre. C'est plus qu'une modification et ce n'est pas une essence. c'est autre choses que les essences. Il semblait trés normal de définir la substance par l'essence.. et cet intermédiaire n'est nullement déterminé comme l'essence." Mais ce qui est limité en nous. La substance ne se définira plus par une essence. d'abord. l'intermédiaire entre La substance et la modification. il n'y a pas seulement des modes. quelque chose qui joue le rôle d'une source des modifications. mais nous n'exprimons clairement qu'une petite région du monde). En même temps que je parle essayez. L'essence c'est ce qui implique la chose dont elle est l'essence. mais ce n'est pas les essences. ça prouve qu'il n'y tient pas tellement à cette notion) ce qui comprend tout ce que nous exprimons"(or vous vous rappelez. Vous n'avez qu'a vous demander en vous-même. Qu'est-ce que c'est le maniérisme? Définissons le comme pensée. Imaginez qu'un philosophe pense. je retiens: il y a un intermédiaire entre la modification et la substance. mais je pense moi que cet intermédiaire". C'est curieux.. Une source des modifications. vous. est autre chose qu'une essence. a condition qu'il y ait des essences. En d'autres termes elle ne pourra pas être séparée de ses modes sinon abstraitement. ce serait ça notre essence. mais il y a quelque chose qui est plus qu'un mode ou une modification. un par soi. on appelerait essence le tout de ce que nous exprimons. mais à ce moment là il faudra dire: la substance c'est le tout-et. Mais ce qui importe. ça fait appel à des données que nous n'avons pas encore. la substance de la chose étant la source de ses maniéres d'être. dans un texte qui me semble trés important du Discours de métaphysique. la monade exprime le tout). elle est source de ses maniére d'être. vous vous rappelez peut-être? C'est la petite région que nous exprimons clairement. Peu importe là. Et si vous tenez à garder le mot de substance. Vous voyez son opération: l'essence c'est le tout de ce que nous 125 . Vous déroulez une toile mentale et vous essayez de faire la peinture qui correspond. Ca vous donne tout de suite un style de peinture. En d'autres termes on dira que l'essence c'est l'implication réciproque. Qu'est-ce que c'est.Discours de métaphysique. c'est à dire la substance composée . paragraphe 15: "On pourrait appeler notre essence("on pourrait". Une chose se définit par toutes les maniéres d'être dont elle est capable. dans l'édition française page 176: " il vous semble dites-vous(dit leibniz au révérend pére) qu'il peut y avoir un être intermédiaire entre la substance et la modification(entre la substance et le mode). la monade exprime le monde entier. Et c'est quoi ce qui est limité en nous. que la substance soit inséparable des maniéres d'être elles-mêmes. Ce qui implique.je peux lire le reste mais nous ne sommes pas en mesure de comprendre. source de ses propres maniéres. vous pouvez toujours. c'est autre chose qu'une essence.. (c'est à dire notre zone d'expression claire) pourra être appeler notre nature ou notre puissance".. L'essence c'est le tout.qui d'ailleurs n'est pas un intermédiaire. reprenez votre toile mentale: je dis que l'homme est un animal raisonnable. que vous le vouliez ou non. Et justement se substancier. et qui inversement est impliquée par la chose. Peignez l'animal raisonnable. Je retiens un texte de Leibniz. ça ne peut être qu'une chose. il refuse le mot d'essence.. Nous exprimons le monde entier ... Mais si je dis: bien sur dans la substance il y a des choses qui sont plus que les modes . La substance ne se définit pas par une essence. Lettre au réverend Père des Bosses. de le peindre. ce qui compte c'est qu'il ne dise pas: cet intermédiaire est une essence. Pourquoi est-ce que nous ne sommes pas en mesure de comprendre ce qu'il va expliquer dans la lettre au révérend père des Bosses? ça fait partie de notre troisiéme partie. le conditionnel est déjà trés intéressant.. et le mode c'est l'implication unilatérale.suite comment on distingue par là le mode et l'essence. Mais ce qui est limité en nous(il a un vocabulaire trés spécial. La substance n'a pas d'essence. elle se définit par et comme la source active de ses propres modifications.

L'événement c'est la production d'un mode d'être.. Remarquez.. vous verrez: une attitude de Michel Ange n'est pas une essence. Je résume: la substance ne peut plus se définir par l'essence à ce niveau.. Je dirais presque que c'est une révolution dans la notion de substance. c'est toute la philosophie de leibniz qui sans doute est la philosophie maniériste par excellence. une fois dit que tout est événement.. C'est dans des contextes tellement différents. On aura à revoir ça de plus prés. ça revient à dire finalement quoi? Pourquoi il n'y a pas d'essence? Encore une fois pour les mêmes raisons qu'il n'y a pas d'attributs mais il y a des prédicat. pendant une seconde. Premier niveau quant à une confrontation d'une logique et d'une mataphysique de l'événement. tandisque Leibniz parlait au nom d'un calcul mathématique des séries. Et en effet. C'est vraiment la source d'une modification.Je dis: chez Leibniz vous trouvez un premier type de séries infinies qu' on peut appeler les extensions. on trouve chez lui les traces d'un premier et profond maniérisme. pendant une minute. si vous pensez à la peinture dite maniériste. et trouve sa condition dans la vibration.ça ne sera plus défini par une essence. Elles entre dans des rapports de Tout/parties. si vous vous rappelez. la source d'une maniére d'être. peut être aussi grande que l'autre révolution qui consistera à se passer de la notion de substance. pendant une demie minute. ça nous rappelait quelque chose. au contraire on appelera nature ou puissance la zone que nous exprimons clairement. Ou bien. Finalement le dernier élement de l'événement sont les vibartions de l'air ou les vibrations d'un champ electromagnétique. elles sont infinies. surtout que je force quand même un peu la ressemblance. pendant une demie-heure. et . Des inflexions comme évenements de la ligne. En ce sens c'est peur-être la philosophie qui nous donne la clef d'un problème de peinture. Qu'est-ce qui était important dans la notion de substance? Est-ce que c'était l'idée même de substance. revenons. mais 'était mon thème général. pendant un dixiéme de seconde. Tout est événement. on avait trouvé l'équivalent chez Leibniz. La série ne tend vers aucune limite. L'événement est vibratoire. sous la forme: qu'est-ce que le maniérisme? Revenons quand même. Exemple typique de rapport Tout/partie. Et on avait vu comment. elle apparait sous un mode maniériste et non plus essentialiste. Les extensions ce n'est pas 126 . mais c'est " la vie de la grande pyramide pendant cinq minutes". La production d'une maniére d'être est évenement. chez Whithead . je crois que d'une certaine façon. les deux langages étaient si proches l'un l'autre. Withehead parle au nom d'une physique moderne de la vibration.C'était le premier type de série. Elle ne peut se définir que par rapport à ses propres maniére d'être comme la source de ces maniéres. quelles sont les conditions de l'événement? je vous rappelle le point de départ valable aussi bien pour Leibniz que pour Whithead: un événement ce n'est pas simplement "un homme est écrasé". ou est-ce que c'était le fait. notre comparaison Whithehead-Leibniz nous avait emmené à développer un premier niveau. à savoir: vous prenez un événement quelconque. On se demandait quelle était la condition des événements? On pouvait parler les deux langages. cette assignation vibratoire de l'événement se faisait sous forme deux séries: premiérement des séries extensives qui se définissent comme ceci: elles n'ont pas de dernier terme... à l'infini. Pourtant je ne pense pas du tout que Withehead emprunte à Leibniz.. fin de la bande. elles n'ont pas de limite. Nous avions achevé un premier niveau. La monade leibnizienne est profondément maniériste et non pas essentialiste. c'est ça le maniérisme. Déjà chez Michel Ange. Tout est événement c'est la visions maniériste du monde : il n'y a que des événements. Les vibrations comme évenemenst de l'onde. et les membres de la séries entrent dans des rapports de tout et de partie. la série est infinie. la vie de la pyramide pendant une heure(où je la regarde). l'évenement est de l'ordre de l'inflexion. Bon.exprimons. Les prédicats c'est des événements et des rapports. Je crois beaucoup plus à une rencontre.

les séries infinies. faisaient l'objet à la fois de définition et de démonstration. les séries convergentes prolongeables les unes dans les autres qui constituen un monde conjonctif exprimé par toutes les monades. ça ne voudrait pas dire que. mais pour le moment nous n'avons répondu qu'à une chose. Alors ce serait bien parceque chez Leibniz on aurait une échelle de trois sries les unes sur les autres: les extensions. Les harmoniques c'est l'ensemble des rapports parties/tout qu définissent le premier type de séries. Il nous avait semblé que c'était les extensions qui. et qui permet à Leibniz de définir les individuations. l'intensité. A cet égard le parallélisme est trés grand entre Whithead et Leibniz. Si bien que chez Leibniz on aurait les trois séries. deux types. Mais. ou les séries prolongeablesles unes dans les autres. des réquisits. Ou si vous préférez: extensité et intensité. mais ce sont aussi les nombres qui entrent dans les rapports de tout/parties. sont les réquisits du son. et vous sentez bien que ce sont ces rapports entre ces limites qui seront prédicats? Prédicats de quoi? Nous appelions extension le premier type de série.. le monde qui sera exprimé par chaque monade. Ce sont des séries convergentes qui convergent sur des limites.Pourquoi? Sans doute que chez Whitehead c'est plus tard. vous aurez aussi les deux types de séries. ou les trois types de séries. le timbre. les intensions et les individuations. En quel sens? En ce sens qu'elle est supposée avoir un infinité d'harmoniques qui sont des sous-multiples de sa fréquence. et ce que nous avions vu la derniére fois c'était la composition de l'événement. Donc les singularités prolongeables. Ce qui m'importe c'est cette constitution de deux types de série supperposées. ce serait un troisiém type de série. nous dit-il. dans un seconde sorte de série. 127 . qui n'a pas d'équivalent chez Whithehead. Whithead nous la présente comme ceci: c'est que les premiéres séries n'en ont pas moins des caractéres internes. Il y aura des rapports entre ces limites: toujours l'idée chez Leibniz comme chez Whithead que tout est rapports. qui entrent dans les rapports de tout/parties. Les réquisiits ce sont les limites qui définissent le second type de séries. je n'ai pas encore défini la composition de l'événement. chez Leibniz. L'évenement conjonction de deux ou trois types de séries. cette fois-ci. ce sont les longueurs commensurables. Si vous prenez une onde lumineuse. de maniére à constituer un monde conjonctif. Chez Whitehead on n'aurait que deux séries. cette seconde sorte de série c'est quoi? Peut-être vous rappelez-vous? Ce sont des séries également infinies qui. je dirais: les conditions de l'événement c'est les deux types de séries. par rapport à Whithehead. à votre choix. l'intensité. A votre choix. Les rapports entre limites définissent des conjonctions. concentre en certains snombres de singularités. Voilà ma premiére condition. la hauteur. c'était: des séries convergentes qui ont pour propriétés supplémentaires de se prolonger les unes dans les autres. d'autre part elle a des propriétés intrinséques: la hauteur. au sens ou l'emploie Whithead. nous appelons intension le second type de série. puisque chaque monade individuelle contracte. L'onde sonore est premiére série. Par là c'est une série du premier type. Le troisiéme type de série. Elles tendent vers des limtes: en dans d'autres termes elles sont convergentes. tendent vers des limites internes. dont l'événement est la conjonction. Mais ainsi j'ai défini les conditions de l'événements. La seconde condition. Ces caractéres intrinséques entrent eux-memes dans des séries. C'est une réponse possible. des caractéres intrinséques.. Mais ça serait déjà trés bien. chez Leibniz. Par exemple: le timbre. on a vu comment Leibniz les baptisait d'un nom extremement précieux: ce sont. Bien plus je pourrais dire que Leibniz ajoutait un troisiéme type de série. c'est: quelles sont les conditions de l'événements. C'est tout simple: prenons une onde sonore.seulement les longueurs. Les limites internes du second type de séries. à une condition de les définir. Caractéres intrinsèques qui entrent dans une nouvelle sorte de série. simplement séries différentes de la série de premier type: cette fois-ci ce sont des séries convergentes qui tendent vers des limites. Il y aura rapports entre ces limites. Les conditions de l'évenement c'est dans les séries infies. ce n'est pas au même niveau qu'il va découvrir le phénoméne de l'individuation. les séries convergentes.Les harmoniques ne sont pas des réquisits.

c'est ce que je veux dire lorsque je dis: tel instrument répond à tel autre. par opposition aux data publiques. C'est toujours une préhension qui est préhendante. Il s'agit de savoir quels sont les différents aspects de la préhension. Sous l'aspect sous lequel une préhension est préhendée. Deuxiéme élément: le préhendé. c'est à dire que c'est un autre événement. La préhension constitue ce qu'elle préhende comme un préhendé. L'événement. J'ai une raison de le souligner au passage. ou bien les parties de l'événement. On dira que les data. mais à un autre moment. Quels autres évenements. Vous me direz: mais l'inverse aussi? Oui. On avait vu cinq aspect. Je vais trés vite pour gagner du temps.. c'est l'élément publique de la préhension. vous allez vite comprendre. Soit des événements préexistants. c'est à dire ce qui est préhendé dans une préhension. le préhendé n'existe pas. ou comme dit Whitehead un nexus. c'est de quoi les choses sont faites! Autre exemple. l'élément composant de l'événement c'est la préhension. selon Whitehead. mais je pourrais invoquer trop facilement des vénements psychologiques. etc.. Ou plutot. du point de vue de sa composition est un nexus de préhensions. ça n'empêche pas que ce sont des aspects trés différents. Le concert est un événement. Là aussi le préhendé ne préexiste pas.. parceque qu'est-ce qui est préhendé? Une autre préhension. Il y aura toute une chaine de privé-publique.On avait commencé à le voir chez Whitehead. le concert. Il y a des moments où c'est le violon qu préhende le piano. C'est une autre préhension. puisqu'un événement c'est une conjonction qui renvoit à plusieurs conditions.comment organiser les préhensions. l'événement est préhension d'autres événements. je suis votre publique. lorsque je préhende.. vous êtes mon publique. Ce qui implique que le préhendant est inséparable d'un élément privé. mais c'est stoujours une préhension qui est préhendée. toute préhension renvoit à un sujet préhendant. c'est à dire des préhensions préalables ou préexistantes. c'est une des grandes leçons de Whitehead. du point de vue de sa composition c'est un nexus de préhensions. Ce sont deux batailles différentes. Ce n'est pas du tout de la psychologie. sera à nouveau le publique de quelqu'un d'autre.lorsque je vous préhende vous. c'est 128 . L'élément publique de la préhension.Non. qui constitue quelque chose comme sujet prehendant-. Whitehead nous dit que l'élément publique de la préhension c'est ce que la préhension préhende. mais lorsque je suis préhendé par quelqu'un d'entre vous. on l'appelera selon Whitehead un datum. mais ce qui est préhendé préexiste. ce qui compose l'événement. il ya d'autres moments. On dira que toute préhension préhende des data. Vous me direz: d'accord. Tout événement préhende d'autres événements. Curieux ce mot "publique".. Qu'est-ce que c'est l'élément privé. Du point de vue de son conditionnement c'est une conjonction de séries. ou qui se constitue elle-même comme sujet préhendant. et je vous rappelle qu'on avait dit oui. la préhension que je suis. à tel moent le violon est préhendé par le piano. Alors. Une préhension constitue un événement. et qu'estce que c'est que la page d'orchestration? Lorsque je distribue des sons à des instruments? L'orchestration c'est cette répartition splendide d'aprés laquelle tel moment sera la préhension de telle autre préhension. Le sujet préhendant sera le premier élément. Le datum. c'est la préhension. Dès lors je serai toujours le publique d'un quelqu'un qui lui sera privé pour lui-même et. il faudra dire que il est lui-même un lien. Lorsque vous me préhendez. moi. Mais toute préhension sera préhendée à son tour. Il n'y a pas de préhension qui ne sera préhendée à son tour. Pour une notion aussi nouvelle que faire la logique de l'événement il a évidement besoin de mots relativement nouveaux: l'élément constituant de l'événement c'est la préhension. dans la mesure ou elle préhende. Ce qui compte c'est que ce systéme ça marche hors de la psychologie. c'est à dire: il n'y a pas de préhension qu ne sera un datum pour d'autres préhensions à venir. L'événement ne peut être que préhension de préhensions. je ne suis pas encore publique. soit des événements coexistants. Mais le sujet préhendant ne préexiste pas. et qui est lui-même une ancienne préhension. Exemple: la bataille de Waterloo est une préhension d'Austerlitz. Le piano est une préhension du violon.

Et même les petits cailloux qui n'ont rien fait à personne.il faut avoir des raisons. troisiéme partie de la préhension. C'est ça l'élément privé. C'est dans la mesure où la préhension est une contraction des élements vibratoires. C'est des monades trés intéressantes. Comme disait samuel Buttler. C'est celui qui hait tout. Est-ce qu'il ne l'aurait employé que une fois? Il veut dire que toutes les monades expriment le même monde... c'est rigolo ça. Le sujet préhendant. c'est dans la mesure où la préhension se retourne vers ce qu'elle préhende.ça me semble trés curieux cette histoire privé-publique. Là c'est un exemple psychologique. Et finalement. enfin.. dans un livre splendide. C'est resté comme une espéce de plaie. Je ne reviens pas là-dessus. je vous en parlais la derniére fois. ça ça m'intéresse énormément. car celui qui a la haine de Dieu. et de ce remplissement nait le self-enjoyment . ils sont tout entier fait pour recouvrir. se remplit de ce qu'il préhende. la Terre et l'humidité dont il est issu.. . C'est bien comme une espécede contraction. c'est la même chose.à dire aux préhensions préhendées? Vous vous rappelez c'est ce qu'il appelle le feeling. sinon on passe à côté. mais aprés-d'un point de vue purement logique. les bêtes ou les plantes.. c'est pour rêver. quant à l'histoire du "feeling". Vous vous rappelez Le damné. Ce qui m'intéresse plus. et je tombe sur un drôle de truc alors. il se remplit des data. mais ça doit nous rappeler quelque chose. La définition du damné chez Whitehead ce serait: l'homme du feeling négatif. par le feeling. Et voilà que. En d'autres termes il vomit tout. Alors j'ai cherché et je ne vois pas ailleurs dans Leibniz. que ce soit les hommes.. Il hait tout. mais il y a des événements qui sont tout entier constitués pour l'expulsion d'autres évenements. ce terme "publique". je lisais ça d'un oeil trés vague parceque je me le rappelais. qu'elle se remplit de soi-même. il a la haine de toutes les créatures de Dieu.dans cette mesure même elle se remplit de cette joie de soi-même. le feeling c'est la maniére dont le préhendant saisit le préhendé. le datum.Une série vibratoire est précisement le matériau du datum. c'était pour me le remettre dans la tête. c'est les phénoménes d'aversion. c'est à dire que ce que une préhende est préhendé par un autre. On avait vu que le feeling assure le remplissement de la préhension par le préhendé. Le blé se réjouit d'être blé. mais en contractant. Vous trouvez encore aujourd'hui des monades qui ne supportent pas que vous leur parliez de1936. c'est à dire la préhension d'une monade est le datum de la préhension d'une autre monade. Et comme disait Leibniz: Dieu c'est le tout.et donc il n'y a que Dieu qui fasse que ce qui est particulier à l'un (c'est à dire à une monade) soit publique à tous". et figurez vous que je tombe là-dessus: Discours de Métaphysique. et du fait qu'il contracte. C'est marrant. c'était l'homme qui avait la haine de Dieu. les monades qui craquent. c'est la version philosophique de: 129 .aprés le sujet préhendant et les data préhendés.. autrement il n'y aurait point de liaison. Phénoménes de degout: je rejette un événement! Ne me parlez pas de ça! Il faudrait étudier les feelings négatifs. je ne veux pas trop insister là-dessus. trés pjilosophie anglais. je préparais à cause de nos séances . cet emploi de privé/publique fait assez bizarre... dans le Discours de Metaphysique. La vie et l'habitude . Elles ne supportent pas. et elle préhende des data parcequ'elle contracte les éléments vibratoires qui conditionnent la préhension. Celui qui a la haine de Dieu c'est celui qui a la plus grande haine qui soit. surtout qu'il y attache beaucoup d'importance dans Proçès et réalité. ça c'était le troisiéme élément. trés anglais. C'est la version anglaise. Et voilà qu'un jour. les choses dontil ne faut pas parler. Whitehead insiste beaucoup. Qu'est-ce que c'est que le "feeling". je me disais: bon. changement de bande .. Il insiste beaucoup sur la possibilité de "feeling négatif". Je peux dire que tout datum est fait de matériau vibratoire. pour vomir tel évenement. paragraphe 14(troiséme paragraphe du paragraphe 14) : "Or il n'y a que Dieu qui soit cause de cette correspondance de leurs phénoménes(entre les monades). Là c'est le cas d'un feeling négatif. dans cette maniére dont le sujet préhendant préhende le préhendé. C'est un emploi assez insolite de privé-publique. et par là elle préhende des data.

Ce texte de Voltaire est un véritable chef d'oeuvre. à savoir le petit roman Candide. parceque comprenez. avec le I8° siécle. Aprés le tremblement de terre de Lisbonne. Car il est bien connu et s'il y a une formule qui est passée dans la postérité. Et qu'est-ce que nous sommes. Principes de la Nature: la musique nous charme quoique sa beauté consiste dans les convenances des nombres. à savoir: la questions qui a retenti aprés la guerre: comment est-il possible de croire encore en la raison une fois dit qu'il y a eu Auschwitz. D'où nous nous apercevons peut-être que dans l'histoire de qu'est-ce qu'un évenement le concert est tout ce que vous voulez. Et ce tremblement de terre. Et moi. y compris en passant par ce roman. En ce sens nous sommes de la musique pure. Avec voltaire. c'est l'idée que notre monde était le "meilleur des mondes possibles".Et si nous sommes de la musique pure c'est sous cet aspect. que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. qu'est-ce que c'est avoir un corps? Si je préjuge de ce qui nous reste à faire. Et nous nous remplissons de nous-mêmes en nous retournant vers ces séries que nous contractons. au plus profond de notre organisme. au sens le plus précis et le plus profond du mot. car qu'est-ce que c'est que le plaisir. c'est un cataloguqe de toutes les abominations humaines. Vous voyez. cette joie d'être? Qu'est-ce que c'est cette joie d'être par rapport à quoi les pleurnicheries sont des misères? Cette joie d'être ce n'est rien d'autre que ce qu'on appelle plaisir. c'est à dire le plaisir d'être soi-même. tels que y compris le problème du bien et du mal. c'est à dire des choses qui ont toujours été des Dieux. qu'est-ce que c'est d'avoir un corps sinon contracter ces séries vibratoires? Qu'est-ce que c'est qu'avoir un corps sinon contracter quoi? Des choses misérables ou grandioses. Il faut bien dire que jusqu'à leibniz. abominations de toutes les espéces.Le lys chante la gloire des cieux. y compris le problème du bien et du mal a été posé dans les termes: les heureux et les damnés. et que un certain type de philosophie devenait impossible. c'est le self enjoyment. Vous trouverez un beau texte de Leibniz sur la musique "comme étant issue d'un calcul inconscient". dans notre organisme. à savoir contracter l'eau. et qu'est-cequi fait que. Donc il ne s'agit pas de dire que Voltaire s'est trompé. Je crois que c'est la fin des heureux et des damnés. ne peut plus être posé comme il l'était encore un siécle avant. les plantes chantent la gloire de Dieu. vous savez ce qui s'est passé: Lisbonne subit. comment est-il possible de maintenir la moindre croyance en une rationnalité d'origine divine? Ca donnera le texte célebre de Voltaire contre Leibniz. nous vivants. si bizarre que ce soit . où il y a le jeune niai endoctriné par un professeur de philosophie.ou nous pouvons avoir si nous savons trouver. Pourquoi ça m'importe tout ça? Leibniz dira exactement la même chose. concernant Leibniz. à une certaine date. viol de sa fiancée. C'est ce qu'on appelera le calcul inconscient de tout être. le carbone dont nous sommes issus. le plaisir c'est la contraction d'une vibration. corps. Il est trés curieux que au dix-huitiéme siécle. c'est à dire l'opération qui consiste à contracter les éléments dont nous sommes issus. sauf une simple métaphore. a eu un rôle dans l'europe dont je ne vois d'équivalent que dans les camps de concentration nazi. les sels. Pour en finir. où toute l'europe s'est dite: comment est-il encore possible de maintenir un certain optimisme fondé sur Dieu. le calcul portant sur la vibration de l'onde sonore. A la lettre c'est en contractant le nombre que nous atteignons au plus haut plaisir. qui avait pourtant fait l'histoire du dix-neuviéme siécle. aller jusqu'à ce point de nous-même. ce soit le tremblement de terre de Lisbonne qui assume quelque chose de cela. même malade nous avons. la terre. pour en finir avec les bêtises sur l'optimisme de Leibniz. les plantes témoignent. C'est le self-enjoyment. etil y a le professeur qui explique à Candide toujours. et tous les malheurs lui arrivent: guerres. la grandeur du livre de Voltaire c'est qu'il est en train de remanier un certain nombres de problèmes. 130 . Il dira la même chose à propos de la musique. et dans le compte dont nous ne nous aperçevons pas". un célebre tremblement de terre. aprés Auschwitz retentit la question : comment est-il possible de maintenir le moindre optimisme sur ce qu'est la raison humaine.

Alors il a donné tout son effet. ce n'est pas votre petit plaisir d'être "moi". En d'autres termes. il me semble. Savoir ou arriver à être digne de l'événement.. Qu'est-ce que c'est l'optimisme subjectif? C'est le self-enjoyment. et ça n'exclut rien de Candide. que ce soit une catastrophe ou que ce soit un amour. ce que je veux chercher. les atrocités. Ou est-ce qu'il faut dire le contraire: ce monde est le meilleurs parcequ'il est et parceque c'est lui qui est.à partir de 1755 ça sera posé autrement. tous les mondes étant possibles. Quelque soit l'évenement. les guerres. même quand ce n'est pas des événements prodigieux. et puis il y a des points de divergence. Il ne s'agit pas de dire que les abominations vont me laisser indifférent. Ce sera ce type de joie. voilà la formule de l'optimisme subjectif. nous dit-il. C'est autre chose. ça ne va pas plus loin: le meilleurs.vous vous rappelez: "que cette joie grandisse!". Quelque soit l'abomination du monde. les morts d'innocents. Ils n'ont pas attendu le tremblement de terre de Lisbonne. ça ne veut pas dire qu'il y aura moins d'abominations. Trouver en soi la force de supporter l'abominable quand il vous arrive. Si la philosophie sert à quelque chose c'est à ce genre de chose: nous 131 . ils avaient leur compte. C'est trouver en soi la force de résister à tout ce sui est abominable. c'est qu'est-ce qu'il en était de l'optimisme de Leibniz? Et c'est vrai que c'était un optimisme fondé sur une rationnalité divine. mais ils sont incompossibles les uns avec les autres. Donc Dieu a choisit un de ces mondes. Tout se retourne. Or.Et devenez vous-mêmes en contractant ces élémenst et en vous retournant vers ces éléments. ça ne veut pas dire du tout: soigner son egoisme. Ce qui est trés curieux c'est que le tremeblement de terres de Lisbonne est arrivé à un moment ou la pensée. que ce soit les éléments d'une musique les éléments d'une chimie. c'est à dire cet espéce de coeur vital où vous contractez des éléments. un optimisme subjectif et un optimisme objectif. Alors qu'est-ce qui mettra un nouveau mode de pensée quant au mal et à l'existence du mal? Donc je ne veux pas du tout dire que Voltaire c'est de la littérature. il implique une raison venue d'ailleurs et qui ne peut être donnée que par l'optimisme subjectif. Mais l'optimisme objectif ne peut recevoir. qui peut dire d'avance: je serais digne de l'événement qui m'arrive. il ne faut pas penser que les théologiens de l'époque se disaient: ha bien oui. il n'y a pas à revenir là-dessus. Candide fait partie des oeuvres a la fois de littérature et de philosophie ayant la plus grande importance. Je veux dire l'optimisme objectif c'est: ce monde est le meilleurs des mondes possibles. Il y aura donc autant de mondes que de divergences. C'est à dire qu'elle devienne la joie de plus en plus de gens. Et ça ne veut pas dire que le monde ira mieux. pourquoi? ça renvoit à la compossibilité. Et la réponse c'est que Dieu ne pouvait choisir que le meilleurs. si vous vous rappelez. il y a des gens qui sont indignes des événements qui leur arrivent.est-cequ'il faut dire: ce monde est parcequ'il est le meilleurs ? Certains textes de Leibniz vont dans ce sens.. il faudrait distinguer deux optimismes corrélatifs. Sur tous ces points Leibniz s'est merveilleusement exprimé dans le texte auquel je vous renvois et qu'on a déjà beaucoup utilisé: La profession de foie du philosophe. C'est quelquechose de bien plus grandiose que précisement Whithehead appelle le self-enjoyment. Si bien que dans l'histoire de l'optimisme chez Leibniz. était déjà en train de changer. Je ne reviens pas là-dessus.-ne contient pas sa raison en lui-même. de joie du Devenir . le self-enjoyment c'est: être digne de l'événement. il y a quelque chose qu'on ne pourra pas vous retirer et parquoi vous êtes invincible: ce n'est surtout pas votre égoisme. des ondes vibratoires etc. à savoir: il y a des séries de singularités qui se prolongent les unes dans les autres. tout ce qui se passe de mal. même de ce point de vue. c'est cette joie du Devenir soit que vous trouvez dans toutes les pensées de type vitaliste. Mais au paravant les catastrophes et abominations à la fois et de Dieu et de l'homme étaient bien connues. Ca renvoit à la notion objective de compossibilité. j'insiste sur ceci. et sa maniére de considérer la question du mal. Etre content du monde. Etre digne de ce qui arrive! C'est un thème qui courre la philosophie. Mais ce qui m'intéresse c'est que. c'est que.

Je vous disais: c'est finalement ça l'optimisme. Oui. Il faut se les approprier. Ils on fait ça. c'est une idée qui me parait sublime. c'est ça le quatriéme élément. et sert à quelque chose. Vous remarquerez comment ça va faire l'unité de tout. qu'il vaut mieux savoir être digne de ce qui vous arrive. C'est le cinquiéme ou dernier élément qu'il appelle: la visée subjective. peut-être. la damnation sert à augmenter la quantité totale de self-enjoyment de l'ensemble de ceux qu ne sont pas damnés ou pas encore damnés. car qu'est-ce que c'est qu'un organe des sens? ou si vous préferez un organe de préhension? C'est un processus de contraction. et dans certaines conditions. Alors les damnés seront furieux de voir que leur damnation nous sert. Et puis il y a un cinquiéme élément. Vous sentez bien qu'il y a un cinquiéme élément nécéssaire.La visée subjective. Emparons-nous de ces joies. celle du damné: ça donne envie de l'être. et ce qui est important. il est réclamé par le feeling: le feeling réclame qu'il y ait comme une espéce de conformation d'un feeling à l'autre dans un même sujet préhendant. mais qu'il y aura quand même un autre coeur. si proche soit il. ayant rétrécis leur département (vous vous rappelez: la petite région claire qu'ils exprimaient) parcequ'ils ont vomis Dieu. c'est ça le vitalisme. Le self-enjoyment se présente lui-même comme l'affect d'un pure Devenir de soi. par exemple: je tourne la téte et je perçois une fenêtre. Il est saisit par un sujet préhendant. non remplis. Il faut déjà toute cette Ethique de la signité. que ce soit un grand malheur ou que ce soit un grand bonheur. qui expliquent ce que j'entends et ce que je n'entends pas de l'onde sonore. et uniquement ça. Conformité. plonge dans le passé et tend vers un avenir. et qui me semble trés trés importante: c'est avec des organes issus du passé. issu d'un passé même trés proche. pas nous apprendre. peut trés bien encore contracter les graves et ne plus contracter les aigus: elle n'entend pas les aigus. Là il va sans doute y avoir la base de la visée subjective. la persuasion que ça va durer. à une même forme subjective. car les damnés ayant rétrécis la région qui leur est dévolue. qui d'une maniére ou d'une autre. et ça c'est une idée de Whithehead. Chez Leibniz. Mais cette fenêtre que je perçois quand je tourne la tête. ça veut dire: appartenance à une même forme. pourqoi est ce que je ne peux pas 132 . nous le percevons comme immédiat et instantanée. En d'autres termes. Il donne un trés bon exemple: ce que nous percevons. Or vous vous rappelez l'idée de Leibniz. Etre digne de ce qui arrive.presuader. d'un devenir soi-même. Et si cette persuasion finit par se dire que. que je dis trés vite. prenez toute la fin de La profession de foie du philosophe. Dès lors ils ont renoncé à cette région claire. les oreilles sont des plaques à contracter les ondes sonores. c'est que : Dieu merci qu'il y a des damnés. la persuasion que. Quelqu'un qui a les oreilles malades. C'est que il est réclamé par tout. Peut-être qu'il y a un lien des selfenjoyments. je la perçois avec des yeux. c'est ça. nous persuader que c'est un problème. emparons nous de ces enjoyments vides. que je saisis l'immédiatement présent. et dont le minimum est la jonction d'un passé immédiat et d'un futur tout proche. au battement de mon coeur va succéder un autre battement. Les damnés étant tombés dans une extrême confusion par haine de Dieu. qu'est-ce qui est important dans un événement? Qu'est-ce qui n'a aucune importance dans un événement? Ce n'est pas forcément ce qu'on croit. Une espéce de conformité des feelings. je la touche avec des mains qui eux plongent sans un passé immédiat. J'aimerais que vous rajoutiez vous-même toutes sortes de choses. En d'autres termes ce que je saisis et ce que j'éprouve ne se réduit jamais à une présentation immédiate. C'est une plaque de contraction. Le préhendé réclame autre chose qu'une présentation instantanée ou immédiate. Parceque si vous arrivez à être digne de ce qui vous arrive. et dès lors c'est grace à eux: ils ont laissé de fantastiques quantités de joie virtuelle inutilisée. par exemple. il n'en sera pas toujours ainsi. qu'il faut savoir. à ce moment là vous saurez trés bien ce qui est inimportant dans ce qui vous arrive. Tout ça implique une sorte de durée dans laquelle l'événement plonge.

dont nous ne pourron faire l'analyse que dans la troiséme partie. Et il définira laperception par le détail de ce qui change. Au point que sur ce point Whitehead n'a strictement rien à ajouter. que la théorie des petites perceptions inconscientes chez Leibniz. et il les baptisera perception et appétition. elle est préhendée par les autres. détails de ce qui change.".. puisque c'est lui. C'est bien connu que la philosophie de Whithehead repose sur deux grandes notions. C'est les évenements en tant que. Les objets éternels on en a pas dit un mot.. pa r des séries vibratoires.je retire ce que j'ai dis. Le datum c'est le monde lui-meme. et c'est encore mieux. ça ne se correspond pas.Là je saute de Whitehead à Leibniz. Et personne n'aura.donc nous on a plus besoin de le faire)que chaque ême a une masse. on a vu enfin comment le self-enjoyment avait son rapport dans la joie et l'optimisme leibnizien. je dis trés vite. les occasions actuelles vous vous rappelez ce que c'est... ça ne cesse pas de changer. et la continuité et la sausalité. pour Leibniz: chaque monade préhende le monde entier. Si restreinte soit-elle.. Mais bien plus: les perceptions de la monade. Le monde entier est publique. Et Leibniz fera une splendide théorie des petites perceptions. mais je vous impore. C'est ça ce qui nous donne l'événement.. ou portion de matiére propre. Résumons vite: j'ai le sentiment que chez Leibniz et chez Whitehead vous avez non seulement les trois séries qui conditionnent l'événement. Commence. n'allez pas croire-nous dit leibniz-que chaque âme a un corps qui lui appartient. mais les autres ne la préhendent que confusment. Je dirais. Les autres ne l'expriment que confusément. mais ne préhende clairement que une petite portion.. Mais c'est curieux parceque. Je procéde trés vite. mais tout ça on l'a prévu puisque'on a introduit le facteur de durée comme derniére composante. ne m'otez pas mon bien à moi. que préhendent les autres monades. Si je pense à ce que je ne peux pas encore penser. je dirais: le sujet préhendant c'est vraiment l'équivalent de la monade. Et pourquoi? "Car tous les corps sont dans un flux perpétuel comme des riviéres(il connait la phrase d'héraclite).. Maintenant. Je dirais: au besoin. Ce sont vraiment les préhensions non conscientes. c'est exactement ce que Leibniz appelle l'appétition. chez Leibniz aussi bien que chez Whitehead. c'est les événements. il a deux grand concepts: les occasions actuelles et les objets éternels. La monade elle est préhension du monde. il n'y aura presque rien à ajouter à une théorie aussi belle. mais les cinq rapports(?) de l'événement. Au niveau de Leibniz. elles ne cessent pas de passer. là-dedans il n'y a rien qui subsiste. Et enfin.. et composés par les éléments préhensifs. en même temps. qui fasse pour ainsi dire la spécifications et la variété des substance. Il y a une portion du monde que moi je préhende. mon bien privé... et l'appétition c'est le principe interne du changement. puisque c'est notre troisiéme partie.. Vous me direz: bien. Paragraphe 71 de la Monadologie:" Il ne faut point s'imaginer avec quelques uns qui avaient mal pris ma pensée(il dénonce un contresens sur sa pensée.si. les élements de préhension. Il y a des notions qui n'ont pas d'équivalent chez l'autre.continuer à ce niveau? Parceque vous sentez. En d'autres termes. Continuité et causalité xxxxxx l'analyse. Les ondes vibratoires c'est pareil. Ce détail doit envelopper et.. mais il faut aussi. sans doute. la perception c'est le détail de ce qui change. que j'exprime clairement. qu'outre le principe du changement il y ait un détail de ce qui change. à la fois. puisque nous parlons de leur communauté. quand je vous parlerais des corps. ou affectée à elle pour toujours".. Quelque chose qui dure et qui fait une 133 . la visée subjective. Monadologie : "Il s'ensuit de ce que nous venons de dire(paragraphes 11 et sq) que les changements naturels des monades viennent d'un principe interne. pourquoi? Parceque. avec la visée subjective. la visée subjective va engager. Il dira finalement pour résumer tout: quels sont les caractéres de la monade? Les caractéres les plus profonds de la monade c'est: la perception et l'appétition. et des parties(des corpuscules) y entrent et en sortent continuellement". ils sont conditionnés par des séries. Les vibrations. Les préhensions ce sont les perceptions. Ma petite portion elle m'est privé. si je pense au corps.fin de la bande.

Donc elle recommence son propre plissement. Ha oui. Et c'est dans cette ingression de cet objet éternel que je peux dire: c'est la grande pyramide! C'est un "si"! Ha le "si". c'est toi. trés poétique. c'est tout. C'est son amant qui est en train de la jouer. Qu'est-ce qui me fait dire: c'est la même. Je dis: c'est la grande pyramide. vous dites: mais c'est la même chose. Voilà l'objet éternel qui fait ingression dans et qui fait que: les ondes succédant aux ondes. ça ne répond pas du tout à la question. elle aussi est un objets éternel. elle dure. tu l'as vu. je ne dis pas: Pierre succéde à Pierre. Je te reconnais. Une onde succéde à une onde. or la durée ça me donne à la rigueur le semblable. Qu'est-ce que ce sera ces objets éternels? Il en distingue trois sortes. Pour saisir la montagne comme événement. A votre choix c'est une concrescence de séries qui le conditionnent. Il la préhende et il la regarde. Je dis: salut O grande pyramide! C'est tout ce type de propositions dont il faut rendre compte. Comment est-ce que je peux dire que c'est la même grande pyramide? Ha c'est la grande pyramide. C'est le même Pierre que j'ai vu hier. Pierre. les occasions actuelles n'expliquaient pas. Objets éternels et non plus occasions actuelles. qui ne cesse dese plisser et de se replisser. nous entendons la musique de Vinteuil et voilà : Charlus préhende la petite phrase. mais une montagne c'est un évenement. bien plus c'est la même note dans le concert. Et vous voyez. C'est Morel qui la joue. c'est le "si" de Berg. qu'est ce que ça veut dire? ça peut durer cent ans. pas plus ni moins. elle n'a pas bougé! Ha t'as pas vieilli. Nous sommes au concert. L'objet éternel c'est ce que je reconnais comme le même à travers une pluralité d'évenements ou d'occasions actuelles. elle renouvelle ses molécules. Seulement chez lui les objets éternels ne sont rien d'autre que les composantes de l'événement en tant qu'elles font ingression dans l'évenement. ou concrescence de préhensions qui le composent. PIerre! Pierre tu n'as pas vieilli. non sans coquetterie que whitehead pourra se réclamer de Platon en disant: ha bien oui. à premiére vue. Je ne dis pas: une onde succéde à une autre onde. autant qu'une mouche. Hé oui. Et là 134 . mais rapport à quoi? Elle dure plus longtemps qu'une mouche. pas à la même échelle. Le problème du même n'est en rien épuisé par la durée si longue soit elle. elle aussi. Et le vocabulaire de Whitehead va se faire trés beau. La grande pyramide. Mais durée. La fameuse petite phrase de Vinteuil. Les sensibles: ce vert! cette teinte de couleur! Inutile de dire: la couleur. Mais les objets éternels il va les définir comme des ingressions : l'objet éternel fait ingression dans l'événement. mais ce n'est pas simplement des généralités. puisqu'elle perd ses molécules a chaque instant.Elle est composée d'un certain agrégat de notes trés individualisées que Proust détaille. les objets éternels c'est à peu prés ce que Platon appelle les Idées. C'est un événement. ou si vous préférez avec quelque chose d'éternel. c'est à dire comme plissement incessant. Il ne faut pas confondre quelque chose qui dure avec une véritable permanence. vous dites c'est la même chose d'un certain type d'objet que vous allez appeler: objets internels en tant qu'ils font ingression dans les événements. en effet repensez à mon exemple. puisque je le dis même au niveau de l'individu. Une vibration succéde à une vibration. Le même ce n'est pas le continu. c'est tout. Seulement vous ne dites pas "c'est la même chose" de l'onde qui est complétement la même. Ce bleu! Ce vert! Cette note de musique! Ce groupe de notes! Et. qu'on ne trouve que . Ha oui. tout cela voilà que whitehead va les appeler les objets éternels. Je n'ai que de la durée. tu l'as entendu! Ha ce bleu de Prusse! ce bleu trés particulier qui n'est même pas du bleu de Prusse. Ha oui c'est le vert de tel peintre. Je peux dire qu'une montagne dure. Qu'est-ce que c'est le problème du même? Qu'est-ce qui me fait dire: c'est la même onde? Vous me direz: la généralité? Non.synthése du présent avec le proche passé et le proche avenir. Je dis: c'est toi. Tout événement est une concrescence. Il a défini l'événement comme une concrescence. Ha oui voilà la grande pyramide! Vous sentez qu'il y avait quelque chose que les événements. c'est la même couleur. Oui. elle est trés trés bien analysé. il l'écoute d'un air ému.

Il me semble évident. Je ne dis plus: c'est bleu de Prusse. comme potentialité. Imaginez: le monde est hanté de potentialités. il faut ausi qu'il y ait des objets éternels de feelings. au moint que j'attends le moment où elle va surgir et où je dis: ha oui. c'est à dire lorsqu'elle est éxécutée.. que whitehead emploie le terme : il y a des feelings conceptuels. est un objet éternel. il va faire sa colére. Et si il ya des feelings conceptuels. c'est le rapport de la préhension. C'est pas une généralité. je dis:ha. Quel est le secret de leur colére. C'est vraiment: Quel agrégat sonore? Voilà l'exemple d'un objet éternel sensible.triangles etc. electrons. En effet. une haine. Pour vous habituer à ce mode de pensée il faut que vous jouiez avec lui: "ce vert!" est une pure potentialité. mon Dieu."sa colére" c'est quoi. Donc c'est bien quelque chose de trés différent des occasions actuelles. comment est-ce qu'on peut massacrer une telle oeuvre? J'aurais un feeling négatif. Les gens ont un style de colére. pourquoi? Parceque en effet ils ne s'actualisent que dans les événements: la petite phrase de Vinteuil n'est qu'une potentialité qui ne prend une existence actuelle que dans une occasion actuelle. devant un chef d'orchestre: mais. De toutes façons c'est trés insuffisant. On ne peut pas définir les objets éternels comme de simples formes de recognition. Et quel est leur mode d'existence. Mais "ta colére". mille concerts. elle a une pleine existence individuelle. Il faut bien qu'il y ait un objet éternel "colére". une colére sont parfaitement individués. Oubien je dis: ha c'est un violon! Et puis il y a des objets éternels scientifiques: atomes.c'est une préhension de la petite phrase. et généralement c'est même pour ça qu'on ne les reconnait pas. Tous les concerts où j'ai entendu cette petite phrase. il y a de rares textes de Whitehead allant dans ce sens. Vous voyez l'objet éternel c'est le même qui fait ingression dans une pluralité d'occasions actuelles. c'est un veston. mais aux objets éternels qui font ingressions dans l'événement. Le feeling conceptuel. c'est un objet éternel. Pour le mari d'une femme trés colérique. Tout comme il ya la grande pyramide-événement. il y a des feelings conceptuels négatifs. Il y a des gens on voit tout de suite quand ils vont se mettre en colére. N'empêche que. Est-ce que pour les feelings ce n'est pas la même chose? Définir les objets éternels. non plus sensibles ou sensitifs. C'est trés important tout ça. est-ce qu'il y en a? Il faudait rêver là-dessus. et ce sera toujours cet objet éternel qui fera ingression à tel moment. Whitehead? il dit: ce sont des déterminabilités ou des potentialités. C'est le temps de se tirer. du type de ceux que je viens d'exprimer: comment peut-on massacrer une telle oeuvre? Il peut arriver qu'on se dise. Comment est-ce qu'il définit les objets éternels. les objets éternels avec leurs ingressions. pourquoi? Ou bien est-ce qu'il ne faut pas? Tu fais ta colére. Je suppose qu'un objet éternel a sa frange de variations. Qu'est-ce que c'est un fantome? Combien de petites phrases se balladent dans le monde. Autre cas: les objets éternels perceptifs. l'autre est ingression. ou vla qu'il va faire sa colére. Comme Whitehead est avant tout physicien- 135 . il y a la grande pyramide-objet éternel. Et vous pouvez imaginer mille et mille et mille évenements "concert". et non pas la colére en général. Est-ce que c'en est un? Si elle fait ingression dans une pluralité d'événements. ça? Comme si la colére était individuable. Il y a de grands colériques dont on ne saura jamais à quel point ils sont colériques parcequ'ils ont un style de colére qui précisement n'a pas l'espéce de tempo. ça ne suffit pas. Donc il y aurait des feelings d'objets éternels. comment est-ce qu'non plus à d'autres préhensions. mais il est complétement individualisé. l'une est concrescence. dans des événements divers: imaginez une femme trés colérique. il l'a raté! Ne vous étonnez pas. Les feelings aussi ne garantissent pas leur identité. Sinon c'est une pure potentialité. qui n'ont pas été actualisé et ne le seront peut-être jamais. il y a des cas plus compliqués.Quand il dit: holala elle va faire sa colére! C'est certain que la colére de cette femme. le salaud. c'est un veston a la couleur bleu de Prusse. c'est bien elle! Ou bien je dis: ho. dès lors .. mais que Charlus a entendu des miliers de fois portée par d'autres ondes sonores.

Un electron ce n'est pas une forme de recognition. c'est à dire effectuée et audible. elle est préhension d'un objet éternel. il appréhende déjà à travers toute une armature technique. Elle est captée par Mahler. ça peut être d'abord non sonore. La base c'est une petite ritournelle. Du coup les choses sont dédoublées chez lui. parceque lui c'est vraiment un capteur de ritournelles. Qu'est ce que c'est que le noyau. Dans un tel processus d'ingression. elle peut être cosmique. Je dirais: les objets éternels il y en a trois sortes. Lorsque je dis: le son a une hauteur. mais que moi je n'ai pas. Une petite ritournelle. ce n'est pas la même chose que quand c'est vous ou moi. je les définirais comme ceci.c'est le stade 1. ils condensent. ils contractent des singularités. à coté de Bartok. par nécessité l'actualisation n'est pas un processus homogéne. Elle n'est pas humaine.c'est l'âge ça. dans sa tête. ça peut être une petite ritournelle là-bas. c'est trés curieux: chaque fois que je veux un nom preopre précis. Déjà ces préhension sont différentes. Gilles: ta remarque est complétement juste. C'est des extensités.mathématicien. un timbre. Déjà rien que sa préhension de l'objet éternel. dans une galaxie lointaine. J'y tiens. Un air populaire. Mahler. et le musicien la saisit comme une ritournelle sonore.sans parler de son génie propre. tout commence par là. Parceque . Voilà. deuxiémement l'écriture de la partition de la musique. et de l'autre coté son effectuation. On me dira où elle est la petite ritournelle? Elle peut etre dans l'air. Je dirais: vous savez. c'est à dire l'oeuvre écrite mais non jouée.Les objets définissables ou démontrables: c'est tout ce qui entre dans des rapports tout-partie. Les chants de la Terre. parceque ça m'intéresse.Une chose qui s'actualise s'actualise à des niveaux successifs. mais là je m'avance pour mon compte. Gilles(en se gondolant): ouais ouaisouaisouais! Question(suite): si on prend le cas du costume vert. avant même que la piéce n'existe? C'est quoi? Ce qu'il y a.troisiéme sorte d'objets éternels: les singularités. une intensité. c'est tout à fait autre chose. des objets éternels.en tous cas que certains d'entre vous ont. enfin du vert de ce costume.. elle soit captée. Vous voyez que les individus qui sont des composés trés spéciaux de singularités n'entrent pas pour moi dans les objets éternels. Puis il y a l'electron-objet éternel. mais ce ne sont pas des individus. à la maniére de Leibniz. Deuxiéme sorte d'objets éternels: les réquisits ou limites et rapports entre limites. ce sont trois objets éternels. Pour mon compte. c'est évident que dans le petit air hongrois. la préhension de Bartok est différente. premiére sorte d'objets éternels: les définisables ou démontrables. particule portée par une onde. ça c'est l'electron-occasion actuelle.. il faut parler de plusieurs niveaux. et troisiémement l'oeuvre jouée par l'orchestre. donc une multiplicitéde domaines. Dans le cas de l'ecriture d'une piéce musicale il s'avér qu'on a d'une part. Leibniz nous donnerait tout ce qu'on veut. La sensation que c'est trois domaines. dans une ingression. Question(rp): une question précise qui rentre dans le cadre de ce qui développe. quand c'est Mahler qui préhente la petite ritournelle.vous voyez la préhension elle n'est plus préhension de préhension. on a d'un coté la potentialité. Si on dit une potentialité s'actualise. il s'en va. vous voyez deux enfants qui marchent d'une certaine façon: ils n'ont pas besoin de chanter pour que ce soit une petite ritournelle. c'est à dire que les objets éternels font ingression dans les individus. il ne s'en tient pas là. à la base de tout dans la musique il y a la ritournelle.et j'aimerais bien savoir comment tu le place. On prend l'exemple d'une piéce musicale: ça commence par quoi. mais une petite ritournelle. l'oeuvre musicale pênsée par le compositeur. 136 . Encore une fois il y a l'electron. Par exemple un mouvement. Tout ce qui rentre dans les intensités. Vous avez l'objet éternel qui fait ingression dans l'événement et l'évenement avec ses comoposantes. En revanche les objets éternels sont parfaitement singuliers. Etenfin. pour parler comme lui. Je n'ai plus de mémoire. Les individus sont porteurs. c'est donc ça. et pafois pour circuiter tel niveau. Supposons que cette petite ritournelle. La préhension d'un objet éternel. c'est terrible. mais enfin ce n'est pas le seul. au café Hongrois du coin.

ça signifie des moyens d'assigner ce qui est substance. Deleuze Leibniz 12/05/87 Alors on travaille. Et puis quand on lit on sent la nécéssité. Mais si vous me dites: mais d'où elle vient? Je ne vous le dirais pas. deuxiéme difficulté. il n'y a aucune raison de demander: d'où vient la petite ritournelle. 137 . mais des notions nouvelles pour nous. Mais les monades c'est quoi? Ce sont des âmes ou esprits. Et on est rété longtemps sur l'idée du point de vue de la monade. Mais c'est que aussi. de la petite ritournelle qui se ballade dans l'air. mais pas là. On peut dire qu'on a raison pour chacun de nous. Il faut que vous les ayez présentes à l'esprit en même temps qu'on va avancer un petit peu. toutes sortes de difficultés nous viennent. Personne n'a envie de demander ça! Il y a des philosophie où il y a des raisons de demander ça. intervient constament un appel au corps. elle est préhension de l'objet éternel. et même s'insérent les uns dans les autres. Pourquoi? parceque le corps. Au point où nous en sommes la bizarrerie leibnizienne va redoubler.Voilà. déjà.et sans doute avoir un corps ça veut dire autre chose que avoir un point de vue. et de trés grands collentateurs. Un coup de baton c'est aussi une petite ritournelle. c'est la petite ritournelle. Je dis: il faut se débrouiller parceque ce n'est pas du tout un domaine vide de commentaires. c'est un premier niveau d'actualisation.et là je dis: il faut se débrouiller. A ce moment là on répond par des injures. et qu'une monade était inséparable d'un point de vue. celui qu vous permettra de vous y reconnaitre. ça c'est l'aspect occasion actuelle. Or c'est surprenant pour nous. si vous essayé de définir son xxxxx. et ces critéres ce serait: le critére logique. et le critére psychologique. Et enfin tous ces critéres vont mettre en jeu. Si bien que là encore on sera emmenés à prendre des risques pour arriver à dire: c'est peut-être ça. mais de l'objet éternel. si vous voyez un commentateur intéressant ne lui donnez pas forcément raison. D'où ça vient. Critéres de la substance. le criétere physique ou physicaliste. avoir un corps? Nous avons montré que les monades avaient un point de vue. non seulement des notions qu'on pourrait appeler corporelles. on n'a pas encore du tout éprouvé le besoin d'en parler. Comme on dit il y a des choses qu'on ne peut pas dire. ce ne sont pas des choses indifférentes l'une à l'autre. Tout va bien? Nous sommes dans le thème où on pourrait distinguer comme quatre grands critéres de la substance chez Leibniz. Mais ce qu'on ne voit pas du tout en quoi consiste. que on ne pourra peut-être même pas saisir ce que veulent dire les commentateurs si on essaie pas de reprendre à son compte. mais peut-être que c'est plus particuliérement vrai pour Leibniz. mais ne me donnez pas forcément raison. préhension non pas de la préhension. même si les deux choses sont liées. Et peut-être que nous senton qu'avoir un corps et avoir un point de vue. les monades contenant les événements à tire de prédicats. Vous vous rappelez? On a éprouvé le besoin de parlez des événements et des monades. pourquoi les âmes auraient-elles des corps? On a même pas du tout abordé ça. un coup de baton.avoir un corps? Et qu'est-ce que ça veut dire. c'est ça. Ces difficultés ce n'est pas seulement que ces critéres souvent se renvoient les uns aux autres. Or je dis que là. préhension. Donc on aura répondu comme il fallait. c'est celle-là qui sera la bonne. de débrouiller tellement les notions peuvent paraitre bizarres. mais il y a beaucoup de choses qu'on peut dire. Et si vous avez une autre idée pour vous y reconnaitre. Et d'autre part. mais ce que je vous proposerais moi si vous voyez tout à fait autre chose. L'obejet éternel. il y a beaucoup de commentateurs de Leibniz. le critére épistémologique. ça oui. c'est vrai de tous les philosophes. à chaque fois c'est fourchu: ma préhension de la petite ritournelle renvoit à d'autres préhensions. Vous voyez.

Mais la définition : unité d'un mouvement qui est nécéssairement extérieur à la monade puisqu'il concerne un corps. ne nous fait pas de difficulté. d'autres choses qu'il appelera les substances composées. Je vous disais: jamais Leibniz ne définira la substance par la simplicité. et je fus rejeté en pleine mer". D'où il vient ce corps et ce mobile? Alors je dis juste: retenons la définition: unité active du changement intérieur. J'ai l'impression que le "avoir un corps" et l'exigence d'avoir un corps .Je vous disais. Il empoira bien l'expression "substance simple". D'où la définition: unité active d'un changement. alors que jusqu'à maintenant on a parlé que des âmes ou esprits nommés monades? Une âme ou un esprit traversent des changements. ne considérez pas des abstractions. à cet égard: l'âme du chien tire de son propre fond la douleur qu'il éprouve lorsque son corps (encore son corps qu'on nous flanque là) reçoit un coup de baton. c'est à dire la spontanéité du prédicat. On sent déjà que ces deux définitions ne sont pas au même car. Et je vous disais à premiére vue. Qu'est-ce que vient faire là ce corps. donc que si on arrive à comprendre ce que c'est que le mouvement. ou c'est l'unité active d'un changement. mais il dira: il y a des substances simples et il y a des substances composées. Mais il ne définit jamais la substance par la simplicité. c'était sa propriété de sortir à l'instant"b" de l'instant "a". et la spontanéité du changement. mais c'est que l'âme du chien tire de son fond une douleur qui intégre mille petites perceptions intérieures à 138 . l'unité c'est l'unité intérieure d'un mouvement. relativement clair. A ce moment là il dira non pas: la substance c'est la simplicité. Quoi de plus beau? C'est l'énoncé même de la démarche philosophique: on se croit arrivé et puis nous revlà relancés en pleine mer. opére précisement ce "etre lancé en pleine mer". Expression que vous trouvez constament. C'est la spontanéité. c'est ce qui se passe dans la monade. oui. Lque'unité active du changement signifie une double spontanéité: Et la spontanéité de la substance qui change. Esprit et pensée. c'est. nous fait difficulté. mais on lui a dit adieu d'une telle maniére que il nous relançait dans le problème du corps. la nécéssité pour l'instant "a" d'être gros de l'instant "b". mais tardivement. parcequ'on en était pas là encore. C'est ça que je voudrais introduire: ce nouveau probléme du corps. on a vue en quoi consistait la spontanéité du prédicat. Qu'est-ce que ça peut être? Tout ce qu'on peut dire c'est que le changement qualitatif. Er dès lors s'était développée l'opposition entre Leibniz et Descartes. le critére logique de la substance: celui-là on le connait. ell. on s'apercevra que il à pour raison le changement qualitatif intérieur à la monade. Et on a vu en effet qu'entre simplicité et unité il y avait une différence fondamentale. Et je vous rappelle la polémique avec Bayle qui nous a paru trés importante. et ça revient à dire que la substance est définie par un attribut essentiel dont elle n'est distincte que par une distinction de raison: corps et étendue. ce n'est pas du tout que l'âme du chien tire de son fond une douleur qui viendrait brusquement. intérieur à la monade. Et si le changement intérieur c'est le prédicat de la monade. Il faut dire qu'il y a à la fois spontanéité. unité intérieure d'un mouvement qu'est ce que ça veut dire. sous quelle forme? Vous voyez bien: la monade tire tout de son propre fond par une spontanéité. ça? Mouvement? Mouvement ça implique un mobile. Aujourd'hui plus que jamais vous m'interrompez si il y a quelquechose d'obscur. et on lui a dit adieu un peu la derniére fois. mais il faudra bien la retrouver cette difficulté. à quel point il faut être sensible à la tonalité des concepts. Parceque l'unité c'était l'unité active d'un quelque chose qui se meut ou change. En revanche il définit toute substance par l'unité. Je vous disais chez Descartes c'est relativement simple: le critére logique de la substance c'est la simplicité. là c'est un trés bon cas de notion.je résume-il me semble. Le mobile c'est un corps. Elle tire tout de son propre fond par spontanéité. Une des plus belles phrases de Leibniz c'est: "je me croyais arrivé au port. et il n'emploiera cette expression que quand il s'agira de distinguer les substances simples ou monades. Or ce qu'on a vu la derniére fois pour le critére logique de la substance. Et la réponse trés belle de Leibniz etait: mais attention. est plus profond que le mouvement . enfin. La derniére fois on l'a caché. unité active d'un changement intérieur à la monade.

vous l'avez reconnu. mais avant on nous parlait guére du fond de l'âme. à savoir les prédicats sont dans le sujet.. on pourra reconstruire avec des modèles artificiels tout ce qu'on veut de l'animal. Et je vous disais. et qu auraient pu rester non intégrées. et vous essayez d'imaginer un peu ce que c'est que la vie de ces bêtes la.elle ne reçoit pas l'impression de douleur comme venant brusquement sans que rien ne la prépare. l'inquiétude du vautour. que ce soit celle d'un homme ou celle d'un animal. à la lettre. Il y a une voix spéciale de la chasse et des chasseurs. mais vous voyez cette espéce de changement dans la monade. les bêtes sont aux aguets. Ils ont entendu des coups de fusil. ou.qui définissait son inquiétude. et c'est ça qu'il répond à Bayle: quand je dis que l'âme produit spontanément sa propre douleur.l'ame. par opposition au couple classique de Descartes: forme-essentialité. on fera manger un robot etc. pour ceux qui connaissent un peu Descartes. Ca veut dire quoi . vous vous rappelez. on a généralement confondu la prédication. à avoir dit: évidemment les bêtes ont une âme! Pourquoi il dit ça contre Descartes? Ce n'est pas qu'on puisse pas considérer les bêtes comme des machines. se fait sur ce fond. l'impression de douleur vient intégrer tout d'un coup mille petites perceptions qui étaient là. Voyez comment un animal se repose. que je crois vraiment que Leibniz est l'inventeur de la psychologie animale. c'est des modèles de construction. Leibniz est le premier grand philosophe-je crois. être une bête? ça veut dire que. quoi que vous fassiez. je vous disais: mais faites attention. Tandisque c'est dans le statut de l'âme: "elle tire tout de son propre fond". ou le monde est dans la monade. On peut toujours.à lancer ce thème du fond de l'âme. en pesant bien mes mots. mais la paix de l'animal est intégration d'une inquiétude perpétuelle: qui va venir me voler mon morceau de je ne sais pas quoi? Voyez l'inquiétude de la hyéne. il y a la célébre théorie des animaux machines. imaginez que vous soyez une bête. à ce moment là. Quand vous vous promenez à la campagne il faut faire le jeu suivant. chaque monade exprime le monde. bien plus ils ont entendu l'appel des chasseurs:"Hé Toto t'en as vu un?". c'est ça qui donne à Leibniz tellement raison. c'est ça la monade. A quel point cela donne raison à Leibniz. si vous préférez. Chez Leibniz. Ce premier critére c'est l'inhérence. Chaque monade exprime l'ensemble du monde. dans la 139 . je veux simplement dire-dit-il.On pourra aussi lui donner des signes d'inquiétude. mais aussi bien à la ville. et l'attribution. le lapin aurait fini de manger sa carotte. vraiment. Mais il ne leur arrive pas un coup de fusil. Leibniz c'est le premier à avoir vu ça. c'est l'inclusion. Donc je vous disais: le couple maniériste c'est: fond-spontanéité. oui. non seulement. il ne leur arrive pas un coup de fusil comme ça. ce que Leibniz nous propose c'est l'idée que. être aux aguets de ce qui peut survenir. La psychologie animale commence à partir du moment où.. Ou bien quand on en parlait c'était comme une image. on a tellement trainé dessus. c'est juste le contraire puisque le jugement d'attribution c'est le rapport attribut-substance. à savoir que. mais où vous avez définit la situation de cette âme comme étant la situation de l'être aux aguets. Nous avons une confirmation ultime. c'est plus commode qu'à la ville: vous vous mettez dans une prairie et vous vous dites assez fort: je suis un lapin(ou autre chose si vous n'aimez pas les lapins). Mais qu'est-ce qu'il manquera à la machine? Ce qui manquera c'est l'inquiétude bestiales. à savoir: la petite perception confuse que la chasse a commencé. tout ça. Vous pouvez jouer à ça à la campagne. mais elle vient tout d'un coup. c'est à dire: plaisir. Et je dis là. Je dirais: c'est ce que Leibniz dans les Nouveaux essais sur l'entendement humain appelle l'inquiétude. vous croyez à l'âme des bêtes. comme intégrer mille petites sollicitations de l'ambiance. L'inhérence. La douleur du coup de fusil. la perpétuelle inquiétude: quel animal a mangé en paix? Il peut avoir une paix. Dès lors il y a moyen de donner au concept de maniérisme une certaine consistance en philosophie. Mais alors continuons un peu. Par là les romantiques peut-etre se rappelerons de Leibniz. à ce moment là c'est que d'une certaine maniére la bête est autre chose qu'un robot. ils ont vu les gens traverser à leur maniére.

Les perceptions. de la monade? Un percipit qu'est-ce que ça veut dire? Ca veut dire un étre perçu. C'est ça le critére logique de la substance qui. Et texte. ou d'un prédicat à l'autreil y a changement. Et le corps. donc pourquoi est-ce que Dieu aurait fait des corps ce qui est trés fatiguant alors qu'il pouvait ne faire que des esprits. nous dira Leibniz. il n'y aurait pas de coup de baton. Tout nous y pousse puisque. On ne peut pas nous dire que la substance reçoit: elle ne reçoit rien. On aurait cru plus facile de dire que les perceptions c'était ce que la substance recevait? Vous voyez qu'on ne peut pas le dire à moins de ne rien comprendre. donc il n'y a aucun besoin qu'en plus il y ait un baton réel. telle .. qu'est-ce qui serait changé? . C'est ce qu'on appelerait un systéme idéaliste. Il y auarit une perception de baton. je définis la substance par l'inclusion: c'est ce qui inclut l'ensemble des prédicats comme événements. il y a des douleurs.telle et telle monades. Dès lors le monde c'est uniquement le "être perçu" de la monade. C'est ce qu'on appelle de tout temps de l'idéalisme. il éprouverait toutes les petites inquiétudes dont on a parlé. il faut revenir là. du nombre=x des monades qu'il inclut. En revanche les petites perceptions qui ont précédé les coups de baton sont grosses de la douleur qu'il va éprouvé. pour mieux vous convaincre: et pourquoi que tout ne s'arreterait-il pas là. Le monde c'est ce que perçoit la monade. Etre c'est être perçu. Leibniz est le dernier philosophe qui puisse dire que la substance reçoive des perceptions.e la substance) vient de la liaison des perceptions selon lesquelles celles qui suivent dérivent de celles qui précédent". c'est à dire pourquoi est ce que toute chose ne serait pas un percipit de la substance. pourquoi ne pas dire: il n'y a pas de choses ni de corps. c'est ce qui perçu par la monade.. c'est ou bien être une monade. Percipere c'est percevoir. Ses prédicats sont des changements. Donc elle est source active de changement. entre autres. plutot que le plaisir que le chien avait à manger n'était pas gros de la douleur qu'il allait éprouver quand il reçoit le coup de baton. on a vu selon quelles lois celles qui suivent dérivent de celles qui précédent: il faut que celles qui précédent soient grosses de celles sui suivent. c'est à dire que c'est ce qui est dans la monade. Il faut s'en tenir là. il n'existe pas hors de tellle. même à ce niveau. La monade exprime l'univers et l'inclut.. Leibniz: "L'action propre à l'âme est la perception . Il n'y a pas de coups de baton. Dés lors. Le changement s'opposant dans le maniérisme a l'attribut fixe et solide de la substance..mesure où l'attribut détermine l'essence de la substance. et l'unité de ce qui perçoit(i. et puis la douleur intégrerait ces petites inquiétudes. il est événement. ce serait une région de ce qui est perçu par la monade. des âmes? rien n'aurait changé: le chien éprouverait un plaisir. La c'est au contraire une source vive de changement. il n'y aurait pas de corps du chien. alors je la pose d'abord comme en latin. Elle a tout en elle-même.changement de bande. Voilàa la question que je pose. Dieu peut tout.. Donc je suppose que tout ça c'est clair. vous vous rappelez : le monde n'existe pas hors des monades qui l'expriment ou l'incluent. Tout ça se passe dans l'âme. C'est ce que Bayle dit trés bien à Leibniz: mais de quoi vous avez besoin de faire intervenir un coup de baton? Il n'y aurait pas de baton. Donc. Mis j'en profite pour pousser un peu. Le prédicat n'est pas attribut. chez Leibniz. s'oppose au critére classique de la substance tel que vous le trouvez chez descartes: substance-attribut essentiel. oubien être perçu par une monade. et le baton n'existerait pas 140 . Et je pourrais dire: "être". percipit c'est être perçu. Il y a la monade et ses perceptions. Je le précise parceque ça nous importera plus tard. elle est unité active. par ma monade. dans la mesure où la substance tire les prédicats et la succession des prédicats de son propre fond.. ou l'ensemble des prédicats comme changement. On a vu que la douleur du chien n'était pas.. L'inhérence c'est absolument différent: c'est l'inclusion du prédicat dans la substance. sont les actions de la substance. mon corps. chaque monade inclut l'univers. Vous vous rappelez notre schéma: le monde est peut-être l'horizon virtuel de toutes les monades. il y a des perceptions. elle est unité active de changement. Dès lors il n'y a pas de choses.

La premiére réaction de Leibniz. Mais ce qui va étre notre affaire c'est que les premiers livres de Berkley tournent autours de 1714. je trouve ça trés important parceque d'abord ça fait un lien avec Becket. que nous exprimons 141 . Il se vit comme faisant une philosophie pour irlandais. si vous préférez en impressions sensibles. mais il aurait pu le dire. Remarquez que jamais Berkeley n'aurait dit ça. son être perçu. serait percipit. On a les notes de lecture de Leibniz sur Berkley qui à ce moment là est un trés jeune philosophe. mais Berkley il passe son temps à dire: vous autres irlandais. si c'est vrai qu'il pouvait le dire. Vous comprenez. et pour avoir fondé un nouveau type d'idéalisme d'apres lequel il n'y avait que des âmes ou esprit. Qu'est-ce que c'est que la table? C'est son percipit. ou dit Leibniz d'une maniére plus générale. Les monades rendent compte de la totalité. ce n'est pas sérieux. ayant gardé une trés grande curiosité d'esprit les lit. pourquoi est-ce qu'il ne se réveille pas berkeleyen? C'est à dire. d'une maniére plus intéressante. Nous exprimons le monde entier à l'infini. il dit "esse est percipit". Mais justement il ne le dit pas et il ne le dira pas. Il n'y a pas d'autres choses que les impressions sensibles. c'est à dire être perçu. Je fais du Berkley facile mais il est célébre pour avoir lancé la formule "esse est percipit". Et au debut de sa philosophie. leibniz ne se réveille pas-malgrés son vieil âge. Et puis. il faut que tout ça soit trés ordonné pour que vous vous y reconnaissiez tellement tout ça c'est trés compliqué. Je croyais arriver au port. Je termine: on est relancé en pleine mer. bon. Il n'y a que des âmes et des esprits. à l'usage des irlandais. elles rendent compte de tout ce que vous voulez. Ma premiére question c'est: pourquoi est-ce qu'il ne le dira pas alors que le premier critére de la substance lui permettait de le dire? Voilà en quoi je termine donc l'analyse du premier critére de la substance. chacun de nous l'exprime.peu importe ce n'est pas notre affaire. Mais vous vous rappelez: chacun de nous a une petite région privilégiée. Alors ça ça m'intéresse beaucoup parceque ça poserait le rapport des philosophe et de la philosophie avec les nationalités. jamais.Il suffit de dire: il n'y a que des monades. Ce qui est trés intéressant c'est la réaction à sa lecture. il veut dire:: il y a un truc dans ce que je dis que seul un irlandais peut comprendre. Là je voudrais que vous vous rappeliez certaines choses: chaque monade. lecture trés rapide je crois.en dehors de la perception de baton. et que ça il aurait pu le dire. Il y aurait une perception de nourriture et la perception de nourriture n'existerait pas en dehors de la perception de nourriture. être. Qu'est-ce que c'est? C'est la part du monde que nous exprimons clairement. elle n'est pas bonne. son quartier. Et pourtant jamais Leibniz n'a pensé à dire ça. etc. Ou. Il ne dit pas ça par malice. esse est percipit. ou dit Leibniz d'une maniére beaucoup plus mystérieuse: distinctement. la double transformation des choses en idées et des idées en choses. C'est ce qu'il présente d'une autre maniére comme une double transformation. vous ou moi. il dit: c'est un irlandais extravagant! Il est vraiment extravagant. si bien que les corps et les choses sont des simples percipits. et le monde n'existe pas hors de nous tous qui l'exprimons. ou leurs perceptions. "Esse" serait pour un corps ou un objet. du moins dans ses premieres oeuvres. Je ne dis pas qu'il l'a dit. il marque que ça lui convient tout à fait. Alors ça pose un problème: il pouvait le dire. C'est Berkley. nous exprimons le monde entier. En plus c'est quelqu'un d'autre qui l' a dit.. ce que Leibniz appelle son département. ce jeune homme il dit des choses pour se rendre intéressant.. disant il n'y a que des monades et leurs perceptions. et vous devez pressentir pourquoi jamais Berkley n'aurait dit ça. sa zone. on a des notes.et des impressions sensibles en choses. Peux importe ce que berkley veut dire. qui connait admirablement Berkley. dans ses notes. esse. ça va se révéler trés compliqué. Pourquoi est-ce que à l'issue de ce premier critére. la petite merveille que Berkley a fait au cinéma est mise sous le signe "esse est percepit" c'est la réponse de Becket à Berkley. il présente lui-même son entre prise en disant: il n'y a que les irlandais-c'est un irlandais Berkley. et que Leibniz. ça se complique.

Voilà que la monade a un corps. Alors je tire quelque chose de clair. alors qu'on va l'employer. pourquoi est-ce qu'il n'a pas commencé à le dire? Pourquoi il le dit dans les Lettres à Arnauld. Voilà qu'un chose si obscure est en même temps. ou l'ensemble des prédicats clairs qui définissent mon département. Il serait bien facile et bien exacte. Je ne peux pas dire que j'exprime clairement les mouvements de mon sang. Tirer quelque chose de clair d'un fond obscure 142 . tout ce qu'elle exprime. Ce que j'exprime clairement c'est. Tant pis on sera rejetés en pleine mer.. je ne l'exprime pas clairement du tout. tout ça c'est ce qui a rapport à son corps. vous avez votre petite zone. Là le vocabulaire est trés intéressant à étudier: particuliérement. Sentez qu'il va falloir un drôle de statut du corps. être dans un jardin. c'est lorsque j'intégre des petites perceptions. il doit bien être en rapport avec les petites perceptions. Ce que j'exprime clairement. le milieu dans lequel vous évoluez: ça c'est la portion claire de ce que vous exprimez. Par exemple la monade César: elle exprime clairement toutes sortes de choses. et bien plus si il y a quelque chose qui m'est obscure c'est mon corps. c'est celle qui touche à mon corps. Ce qui ne veut pas dire que ce que vous exprimez clairement ce soit des phénoménes de votre corps. et d'autre part dans le monde qu'il choisit il exprime clairement et distinctement la totalité infinie de ce monde. Car ça me parait incontestable que ce que j'exprime clairement c'est ce qui a rapport à mon corps. Qu'est-ce que j'exprime clairement dans le monde? Peut-être est-ce que vous vous souvenez. Si Dieu est une monade c'est que. surement. Mais ce qui arrive dans mon corps. C'est là qu'on va commencer à nager. dans ses rapports avec Leibniz. c'est votre limitation. C'est ça qui est tellement ruineux: croire que le jugement d'inclusison chez Leibniz est un jugement d'attribution. C'est pour ça que ce n'est pas un attribut. Mais un prédicat c'est toujours un rapport. mon quartier. le prédicat est d'autant moins un attribut que en fait c'est toujours un événement ou un rapport. Or les petites perceptions. ce qui est contenu dans la substance. Dieu a tous les départements à la fois. Le prédicat clair inclus dans la monade. dans le monde. puisque on ne comprend absolument plus rien à ce qu'est un prédicat pour Leibniz. la zone que j'exprime clairement. Essayons de traduire. autant vous n'exprimez clairement qu'une portion limitée. c'est le fait qu'elle n'exprime clairement qu'une toute petite portion du monde. il dit: "ce que la monade exprime clairement c'est ce qui a rapport à son corps". notre quartier. C'est que ça se complique. la finitude d'une monade. C'est ça que je suis voué à exprimer particuliérement. Donc ce qui définit la limitation d'une monade comme vous et moi. si vous préférez. On a l'impressison que ce n'était pas compliqué à dire. qui lui est toujours une qualité. Et vous ne trouverez rien dans vos expressions claires qui n'ait rapport à votre corps. Surtout qu'on a un embryon de réponse. Ce avec quoi est en rapport ce que je perçois clairement. Et autant vous exprimez l'infinité du monde. c'est que le fait d'avoir un corps. on l'a vu quand on a analysé Whitehead. Un événement c'est un rapport particuliérement complexe. avoir une femme née de sa côte. d'une part lui il exprime tous les mondes. de dire: bien oui.particuliérement. Mais justement.. ma zone. Nous retrouvons l'idée de rapport. le clair. c'est l'ensemble des événements qui passent par mon corps. une fois dit qu'un prédicat c'est un rapport et ça ne peut être qu'un rapport. en même temps qu'elle devrait tout nous simplifier. même incompossibles entre eux.distinctement. et sur le moment je vous disais: bien oui. d'une monade finie. Qu'est-ce que j'exprime clairement? Il y a une formule qui résume tout. clairement. de tout ce fond obscure. Cette portion limite c'est votre finitude. pourquoi est-ce qu'il ne l'a pas dit. ce qui a rapport à mon corps. mon corps lui-même.. ou. elles sont obscures et confuses. tout ce qu'elle exprime particuliérement: être le premier homme. Même la monade Adam. Pourquoi c'est votre limitation? Parceque c'est ça qui vous distingue de Dieu. mais regardez bien.. elle va tout nous compliquer. tout ce qu'elle exprime à trait à son corps. une petite partie du monde. c'est à dire une portion finie: notre département. j'ai insisté beaucoup là-dessus: le prédicat chez Leibniz. par exemple ladate où vous vivez.

avoir une femme née de sa cote. il n'y a pas de clarté qui ne se tire d'un fond obscure. Voilà ma question: est-ce que je peux dire. j'exprime particuliérement ou clairement une région du monde parceque j'ai un corps et parceque c'est cette région là qui concerne mon corps ou qui est en rapport avec mon corps. c'est le contraire. chaque monade est construite autours d'un certain nombre de singularités prolongeables dans d'autres singularités. 143 . c'est le contraire. Celles d'Adam c'est: être un premier homme. moi esprit. On disait: c'est une conception baroque de la lumiére. on les retrouvera un jour.c'est une trés drôle d'opération. être dans un jardin. alors que j'exprime le monde tout entier. et au voisinage des autres singularités. La question ce n'est pas si j'ai un corps de tout temps.non merde. donc il l'a dit.. Mais ils n'en existent pas moins. En d'autres termes ce que je dois faire c'est une génése du corps. C'est la seule chose que je puisse dire. par opposition à une conception classique. ce que j'exprime clairement c'est ce qui a rapport à mon corps. mais obscurément? Pourquoi est-ce que j'exprime clairement une petite région? On a vu qu'on ne pouvait pas répondre: "parceque j'ai un corps". on ne serait pas en train de parler de Leibniz.. Réponse radicale: non impossible! Pourquoi impossible? Parceque Leibniz ne serait pas Leibniz.L'âme de chacun est un condensé d'un ensemble de singularités limité. Est-ce que c'est parceque j'ai un corps que j'exprime clairement une partie du monde qui a rapport à ce corps. il me semble. suggérée d'une maniére aussi forte que si il l'avait dit. impossibles. C'est proprement leibnizien: le clair c'est ce qui se tire d'un fond obscure. Il faut dire: j'ai un corps parceque mon âme exprime clairement une petite région du monde. vous vous rappelez peut-être: avant de naître j'avais un corps. la réponse! On a vu que chaque monade était construite au voisinage d'un petit nombre de singularités. jusqu'au voisinage d'autres singularités. Invoquer le corps ça va nous soulever toutes sortes de problèmes. pour une raison trés simple: c'est que mon corps se déduit de la région claire que j'exprime. J'exprime le monde parceque les singularités principales. Genése du corps.j'ai un corps. oui ou non. aprés ma mort j'ai un corps. j'ai un corps de tous temps. Tout ça est trés cohérent. D'où nécéssité de le question: pourquoi t'exprimes une petite région claire puisque ce n'est pas parceque tu as un corps. mais chacun de nous est construit autoursd'un petit nombre de singularités. est-ce que je peux dire. c'est parc. se prolongent dans toutes les directions vers les autres. cherchez les autres. la question c'est: quoi dérive de quoi? Et l'ordre m'est fixe. Et on vu que le chemin est même l'inverse. Mais chaque monade est construite autours d'un certain nombre de singularités principales. Que j'ai un département c'est à dire que mon âme exprime clairement une petite région du monde. les autres réponses sont. Et puis c'est forcé... Cette genése du corps m'interdit de commencer par lui. Je n'aurais jamais dû dire ça. Chez Descartes ça n'arrive jamais. Bien plus. mais qui me parait suggérée par les textes. mais ce que je veux dire c'est: voyez dans quel ordre on peut l'invoquer. Pourquoi est-ce qu'il exprime le monde illimité? parceque ces singularités se prolongent jusqu'au voisinage de toutes les autres singularités.enfin vous avez compris! On l'a vue.. Si bien que je pourrais dire à ce moment là: oui. elle est plus intelligente. mais je préfére beaucoup la seconde proposition à la premiére. moi monade. Ce qu'il faut dire c'est quoi? Bien je n'ai pas le choix.. c'est la raison suffisante d'avoir un corps.. On pourra me dire: j'ai un corps de tout temps? Oui. autours desquelles je suis constitué. C'est au contraire parceque j'exprime clairement une petite région que.dès lors. C'est parceque chacun de nous est construit autours d'un petit nombre de singularités-là je m'avance un peu: la réponse n'est jamais donnée telle quel par Leibniz. Mais je suis construit autours d'un petit nombre de singularités privilégiées. On serait en train de parler d'une philosophie qui nous aurait depuis longtemps expliqué ce que c'etait qu'un corps. mais il l'a dit dans des textes qui ne nous sont pas parvenus.. Pourquoi est-ce que j'exprime une petite région claire. Quand même il n'est pas loin.. en serait en train de parler d'autre chose.

parcequ'on les a fait intervenir.Vous voyez la genése: premiére proposition: bien entendu chaque monade exprime le monde entier. on ne sait pas encore à quel moment. 144 . c'est ça la raison pour laquelle j'exprime une portion déterminée du monde. Les requisits ne sont pas des parties constituantes. Et les choses. parcequ'elle a un département privilégié dans son expression totale. tout ça. c'est parceque sinon Dieu serait trompeur. on les a rencontré comme ça. c'est à dire pensées comme réelement distinctes.Mais on ne sait pas ce que c'est. On vient juste de voir que en vertu du premier critére. Donc premirée proposition: je suis construit au voisinage d'un certain nombre de singularités. la monade comme esprit d'un être raisonable devait avoir un corps. qu'il s'agissait toujours de penser dans la distinction réelle-. celle qui unit ces singularités constituantes du monde que Dieu a choisi. la substance étant toujours prise comme monade présentée comme sprit d'un être raisonable.. vous sentez qu'ils doivent faire partie( et votre question est trés juste) de la genése. Pour le moment. question: inaudible Gilles: on est partisde la monade. ou mon département. Les bêtes et les phénomenes du type: la lumiére. qu'est-ce que c'est être un individu? C'est concentrer: concentration. Deuxiéme raison: dès lors. Deuxiéme critére. ce sont des conditions auxquelles la chose doit obéir pour être ce qu'elle est.vous vous rappelez-la distinction réelle: que deux choses soient conçues sans que l'une soit pensée en faisant intervenir des éléments de l'autre. c'est parceque j'ai insisté sur la logique de Leibniz qui consiste à réclamer une définition en fonction des réquisits de la chose. Si ce qui est séparé et séparable pour Descartes. à quel moment? On ne sait pas. Donc il nous mentirait. encore une fois.. C'est vous ou moi. Les bêtes nous les avons rencontrées.changement de bande. Pourquoi je l'appelle critére epistémologique? On l'a vu. l'une peut être pensée sans l'autre. Deuxiéme critére de la substance. et pourtant avoir les mêmes requisits. sur ce point aussi. et pourtant elles ne sont pas séparables. Descartes pourrait ajouter: qui est séparable et séparé. l'exemple tant aimé de Leibniz pour vous plaire: l'arc-en-ciel. Elles sont réelement distinctes. je n'en exprime pas moins le monde entier parceque.. Et la grande idée de Leibniz c'est que rien n'est séparable dans le monde. critére épistémologique. mot que Leibniz emploie: concentration d'un ensemble limité de singularités. Leibniz répond une deuxiéme fois: non! Il dit: ce que Descartes n'a pas vu c'est que deux choses peuvent être réelement distinctes. c'est à dire avoir les mêmes conditions constituantes. Or on a vu que.. et bien que deux choses pensées comme réelement distinctes étaient séparables. deux choses réelement distinctes. Il faut distinguer les conditions constitutives de la chose des parties constituantes. On ne sait pas ce que c'est. Exemple : les monades. c'est un esprit qui exprime le monde entier sous les espéces de la raison. Mais ça c'est autre schose. si bien que je pourrais dire: ma région privilégiée c'est ce qui a rapport à mon corps. Et pourquoi elle doit avoir un corps? Elle doit avoir un corps parcequ'elle exprime un département privilégié. pour nous. de la portion du monde délimitée par mes singularités constituantes. Or deux choses qui ont les memes requisits peuvent être réelement distinctes. Ils doivent survenir à un moment. Et qu'est-ce que c'est les réquisits de la chose? C'est déjà quelque chose de trés nouveau: ce sont les conditions constitutives de la chose. mais chaque individuel. l'arcen-ciel. ou d'un ensemble déterminé de singularités. Troisiéme proposition: j'ai un corps parce que j'exprime une région privilégiée. la monade. on a vu que c'était la même chose. .. c'est à dire pensées comme réelement distinctes. mais je fais mon quartier. Pour Descartes. ces singularités sont prolongeables jusqu'au voisinage de toutes les autres singularités. Il nous ferait penser les choses comme séparables et il ne les séparerait pas. Leibniz s'accrochait avec Descartes: puisque le second critére de la substance chez Descartes c'était.

Donc il ya puissance active parceque l'acte ne s'exerce pas sur 145 . C'est le plus difficile de ce que j'ai à vous dire aujourd'hui. quand il parle du "possest" . qu'est-ce qu'on va dire? On l'a vu la derniére fois. C'est tout un ensemble de requisits de la substance. elle est en elle-même puissance d'agir: ça va être. Pourquoi? Parcequ'elle ne fait pas passer à l'acte une puissance ou une matiére. c'est là qu'il fait sa grande réactivation d'Aristote pour se moquer de Descartes. c'est à dire ce qu'on a appelé pour le moment: monade. elle passe à l'acte. en vertu du principe d'inhérence. Le possest. l'entélechie c'est cette unité active. d'où la substance est unité du changement. Pour ceux qui savent du latin. Il n'y a plus un acte qui actualise une puissance. encore une fois vous trouvez constament ce terme: puissance primitive active. On peut l'extraire du premier critére. on l'a vu. s'esprime en termes généraux. les parties composantes) d'une matiére. Dés lors la forme est l'acte qui fait passer la puissance à l'acte. il y a une puissance qui passe à l'acten.Elles ne sont pas sérparables pour cela. n'a d'actions qu'internes. Spontanéité de la puissance active. mais ce n'est pas une forme qui agit sur une matiére. et "est". elles expriment un seul et même monde. d'une forme et de l'ensemble de la matiére et de la forme. pourquoi? En vertu du principe d'inclusion. elles sont réelement distinctes puisque les points de vue sont réelement distinctes. Chez Leibniz. du point de vue d'une logique des requisits. forme substantielle. Pour qu'il y ait substance il faut d'abord qu'il y ait unité active. ça n'empêche pas elles ne sont pas séparables . elle passe à l'acte. donc on va assez doucement. est. Il ajoutait: la matiére est puissance de recevoir les contraires. la puissance en acte. la forme substantielle. Descartes croyait en avoir fini avec Aristote et avec les abstractions aristotéliciennes qui consistaient à nous dire: la substance est composée(vous voyez c'était assez loin de Leibniz. Quels requisits? Le monde commun qu'elles expriment : chacun de son point de vue exprime un seul et même monde. c'était proche de Leibniz. toutes les singularités d'un même monde. unité active ou spontanéité. voilà comment Leibniz va reprendre le problème et il va le présenter omme celui des réquisits de la substance. Elle est active et toutes ses actions sont inetrenes. D'où la conditions sous laqulle vous prensez le trio matiére-forme-composé des deux. par définition. D'où l'expression splendide de Nicolas de Cluses. C'est la spontanéité. Vous voyez déjà que puissance ne s'oppose plus à acte. bien plus elles sont inséparables. On l'appelera puissance active primitive. Pourquoi? Parcequ'elles ont les mêmes requisits. Et voilà ce que dans son projet. Si rien ne l'empêche . Ce qu'on appelera forme substantielle ou acte parfait c'est à dire Entéléchie(c'est un terme aristotélicien que je n'ai pas le temps de définir sinon on s'y perdrait dans tout ça). ça veut dire exactement: la puissance qui n'est pas puissance d'Etre. la puissance qui est acte. à savoir: la puissance est elle-même puissance d'agir. mais la puissance qui Est. Et il faut bien que ce requisit singulier. l'un de ces contraires est: possession de la forme. qui est à la fois garder des acquis du cartésianisme pour les retourner contre Descartes et réactiver Aristote. Vous pouvez la monade César sans rien penser de la monade Alexandre. philosophe de la renaissance auquel Leibniz doit beaucoup. pouvoir. Trés souvent Leibniz nous dira que la monade. est la forme qui actualise la puissance. la forme substantielle achevée ou l'entéléchie parfaite. Si rien ne l'empêche. Pour qu'il y ait substance. L'acte parfait ou entélechie. Puissance active primitive. possest c'est un mot composé de "posse". c'est à dire. il faut de toutes maniéres qu'il y ait unité. si rien ne l'empêche. et la matiére sans la forme c'est la privation. c'était lié au premier critére.dont toutes les actions sont internes. et ça Leibniz l'emprunte à la renaissance c'est à dire aux aristotéliciens qui ont singuliérement changés le rapport puissance-acte. mais la puissance passe à l'acte et elle n'a besoin de rien d'autre qu'elle même pour passer à l'acte. puisque l'unité elle pouvait être aussi bien unité d'un mouvement que unité d'un changement intérieur à la monade. Vous voyez que ce n'est pas une forme. c'est la distinction c'est l'opposition possession-privation. c'est ça le changement. c'est une forme-dira Leibniz. C'est poiur ça qu'elle est dite : puissance.elles ont les mêmes requisits.

. deuxiéme requisit: il est vrai que notre différence avec Dieu. dans l'étendue. en toute rigueur j'invoque les lettres au père Des Bosses. Il appelle masse. en latin "moles". et il précise: masse sans forme. Leibniz pense que l'étendue est incapable de rendre compte elle-même de l'inertie et de la résistance. C'est là qu'il y a une exigence d'étendue. comme substance spirituelle. c'est une série infinie dont les parties s'organisent selon les rapports de toutparties. ce que Leibniz appelle: l'espace. C'est tout le temps merveilleux. Mais en tous cas. Leibniz nous dit: la limitation c'est une exigence. La marque de la limitation dans la monade c'est précisemnt que nous n'ayons qu'un seul département. quelquechose dont on a pas du tout parlé. il le dira. ce sont des lettres de la fin de sa vie. Vous vous rappelez que chaque monade a un point de vue. Notre seule privation c'est que nous soyons limités. Je dirais: la forme substantielle s'est identifiée chez Leibniz à la substance comme sujet. à savoir(on ne peut que parler latin sinon on va tout embrouiller) en latin: le spatium. elle exerce simultanément des actions infinies car. La monade est limitée. ou l'exigence d'étendue et de résistance. Sous entendu de résistance au mouvement. Seulement voilà. La limitation. En d'autres termes c'est un requisit à l'état pur.ensuite viennent des considérations sur le corps. on a vu que che Leibniz. Il appelera masse. mais la puissance est en acte puisque toutes ses actions sont intérieures. En fait cette masse sans forme. mais comme signale un commentateur. nous n'avons qu'une région d'expression claire trés partielle. qui entre dans une série convergente. a deux requisits: la forme substancielle ou entélechie ou puissance active primitive. Vous l'avez vous: qu'est-ce que c'est que les actions internes de la monade: ce sont ses perceptions. comme je l'ai déjà dit. déjà. parceque nous sommes limités.vous voyez pourquoi c'est sans forme? Ce n'est même pas de l'étendue. l'étendue n'intervient surement pas là. Au profit de quoi? De la limitation. Pour des raisons que nous verrons peut-être plus tard. Nous sommes limités parceque nous sommes des créatures: les monades sont limitées. La limitation c'est une exigence d'étendue et de résistance. Nous nous le savons que ce n'est pas la même chose. il y avait un renoncement à l'opposition privation-possession. Mais c'est pas parceque on est limité que on a pas des actions même infinies. ou exigence d'étendue et de résistance. Si vous voulez en tirer plus vous n'avez pas le droit.. Leibniz lui donnera le nom de puissance primitive. Le point de vue permet de définir. tandisque la résistance ou l'antitypie c'est la limite vers laquelle tend quelque chose.une matiére extérieure. vous vous trompez. vous pouvez toujours analyser cette exigence. Autre lettre: "Je réponds que même lorsqu'elle est empéchée(la substance). ou c'est l'exigence d'étendue et d'antitypie. ce n'est même pas de la résistance. C'est le deuxiéme requisit. Bon. Le premier requisit c'est: puissance primitive active. l'antitypie c'est la résistance ou l'inertie. à mona vis. Seulement voilà le problème: comment il définit la limitation? C'est trés important là. de même qu'il y avait un remaniement absolu des rapports puissance-acte. Je dis trés vite: ce n'est pas rien cette histoire. et qui ne tend vers aucune limite. Le 146 . ou de résistance au changement. aucun empêchement ne supprime complétement l'action". je vous le rappelle trés briévement: l'étendue c'est une série. pour le moment c'est bloqué.. La limitation c'est exigence de quoi? C'est l'exigence d'étendue et d'antitypie. pour que vous sentiez un peu la cohérence profonde. c'est une exigence. et la limitation.-c'est à dire lorsque sa force active. donc on peut considérer qu'ellles expriment l'état final de sa pensée: il ne cesse de nous dire: la limitation est exigence. Si vous dites: c'est là qu'intervient l'étendue. sa puissance active est empêchée-. égalemnt primitive. le latin a deux mots pour dire "masse". c'est à dire à la puissance active dont toutes les passions sont internes. Les perceptions sont les actions de la monade. c'est autre chose. on nepeut pas en dire plus. Mais peu importe. Et on l'a vu. passive. On dira: la monade comme substance. là aussi et ça s'explique tout seul. La limitation n'empêche pas l'action. c'est à dire à la monade. c'est que nous sommes limités. parceque toujours du point de vue de la genése dans lequel on est.

ce qui définit la substance c'est les deux requisits. finalement qu'est. Voilà. Tout commence par l'ombre. Remarquez que ma situation n'est pas brillante! L'ombre des autres monades sur la mienne. elle est l'ombre que toutes les autres monades portent sur chacune. A savoir: nous avons une exigence. c'est la diffusion des places. on patauge. que. c'est ce que Leibniz appelle: matiére premiere ou nue. mais dans la genése on en est même pas à l'exigence d'un corps. ça n'implique aucune étendue physique ni même géométrique. maintenant que tout danger est conjuré puisque je sais que "simple" ne définit pas la substance.. je repéte la question: qu'est-ce que c'est ma limitation? Je répéte la question pour donner à chaque fois une autre réponse.. Les monades simples sont xxxxx distinctes les unes des autres. c'est cela-méfiez-vous des textes-. le fait qu'il y ait une infinité de monades. mais l'exigence de quelque chose que je puisse nommer étendue et résistance. la masse au sens de moles. par lamême elle constitue le fond obscure de chaque monade. ma limitation c'est le fait que je n'exprime clairement qu'une toute petite portion d'univers. cette exigence d'étendue. Mais la réponse ultime c'est: parece qu'il y a d'autres monades.fin de la bande. Bien. Il me faut un corps. elle ne l'est pas encore.. Matiére premiére ou matiére nue. c'est l'ordre des points de vue coexistants. vous comprenez? Je dirais donc: l'exigence d'étendue et d'antitypie elle est si peu étendue et antitypie. Notez que c'est formidable: donner un peu d'ombres aux autres. je dirais: la puissance primitive active et la puissance primitive passive sont les deux requisits de la substance dite monade.je dis des bêtises. le plus difficile. Les monades simples sont toutes séparables les unes des autres. Vous voyez que on n'en sort pas. avec mes deux premiers requisits. ou "moles".. C'est votre ombre qui fait mon fond obscure.spatium n'a strictement aucune réalité physique et ne concerne pas les corps. j'ai oublié l'essentiel: la puissance passive primitive ou limitation. Pourqoi je ne peux exprimer clairement qu'une petite portion? On l'a vu. En tous cas elle ne comporte encore rien d'étendu . Le spatium est un ordre logique. les places étant des points de vue. Qu'est-ce qui nous reste. Et elles ne sont pas séparables elles-mêmes. il me faut toute cette ombre sur moi. Je dirais presque: ma limitation c'est l'ombre des autres monades sur la mienne. je ne peux pas vous la montrer. une éxigence d'antitypie. qui xxxxx etendue et inertie. Il me faut tout ça. Si vous me dites: montrez là moi. les monades puisque chacune emporte l'ombre de toutes les autres.. ce n'est pas bon. ou si vous préférez c'est l'ordre des places coexistantes.. Ma limitation c'est le fond obscure de mon âme.Le spatium c'est l'ordre des points de vue coexistants. masse qui ne comporte encore ni étendue ni inertie. Qu'est-ce que le fond obscur de mon âme? Je peux recommencer: c'est le fait que je ne peux exprimer clairement qu'une petite portion. elle est pure 147 . comment l'exigence va-t-elle se réaliser? Comment les requisits vont-ils être remplis? J'ajoute. A la limite je peux dire quoi? La limitation. C'est une conséquence du spatium. non. Et je ne peux analyser que cette exigence. et que le reste git dans mon fond obscur. Et je dirais.. Qu'est-ce que c'est que l'exigence d'étendue et de résistance. Et qu'est-ce que c'est ce fond obscure de votre ombre sur moi? La seule chose que vous me donniez. est-ce que ce ne serait pas une maniére de rejoindre quelquechose. c'est absolument nécéssaire. en toute rigueur. quoi de plus beau? Il me faut ce fond obscure. C'est une exigence d'étendue. Il n'est toujours pas question d'étendue. c'est une exigence. mais elles ont les mêmes requisits et ces requisits sont eux-mêmes inséparables. En d'autres termes qu'est-ce qui fait le fond obscure de mon âme? L'ombre que jettent sur moi les autres monades.ce que c'est? La limitation de chaque monade c'est le fait qu'il y ait plusieurs monades. Substance que je peux appeler : substance simple. Je peux ajouter: la limitation n'est pas séparable de la puissance active. On barbotte dans ce fond obscure.

premiere partie. Thodicée. Elle est exigence d'étendue.. qui nous sera trés important... et qu'il nous montre comment l'étendue et l'antitypie vient réaliser l'exigence d'étendue? Ce serait nul. La seule réponse c'est. Il n'y a de créature que limitée.. C'est le corps. il faut continuer. C'est lorsque nous avons un corps. on a pas le choix: seul le corps peut remplir l'exigence.normalement vous devez m'attendre au tournant. sinon on est perdus! Là encore on a pas le choix parceque Leibniz. il la sécréte? Peut-être que le corps sécréte l'étendue? Et il sécréte l'antitypie? Peut-être qu'il fait tout ça! ça devient possible à dire. La limitation étant condition de toute créature.si on veut la comparer aux autres ce serait un tout autre sujet. mais lorsqu'on en sera à la physique. Gilles: c'est absolument juste." Je me permets de développer maintenant ce texte. et cela vient d'une opération plus profonde( ce n'est pas simplement une platitude théologique). la limitation de cette réalité. Troisiéme point. comme Nietzsche. Cette maniére originale.il a eu un petit accident qui l'a fait s'arréter. vous le trouvez chez Descartes.Oui.. au dix-deptiéme siécle. Mis alors le corps. alors Spinoza en a une autre. Ce serait le pire verbalisme. ça serait qu'il nous réponde: c'est l'étendue et l'antitypie. et je pourrais le placer là en réponse à votre question. il faut que je vous explique quelquechose qui concerne 148 . C'est général. sinon il faut arréter. ou plutot attendre Leibniz au tournant. ce n'est pas de l'étendue? c'en est pas? Ou alors il la fabrique. seul le corps peut réaliser l'exigence. Ce qui est une thèse extrêmement originale. paragraphe 3O(j'aimerais bien que certains d'entre vous le lisent pour la prochaine fois): " La matiére est portée originairement à la tardivité ou à la privation de la vitesse. la limitation est la source du mal. ça ce n'est pas leibnizien. nous l'avons vu. toujours dans ce second critére: comment l'exigence va-t-elle être réalisée? Sentez tout de suite que ça va être compliqué à montrer: la seule chose qui puisse réaliser l'exigence d'etendue et d'antitypie. dans la philosophie c'est l'idée que le mal a pour source unique la limitation. On est bloqué. Aussi vous sentez ce que sera la réponse: il faut se laisser guider par les nécéssités. Mais là il faut distinguer ce qui est leibnizien et ce qui est général. il s'est arrété.limitation.c'est leur anti-aristotélisme-. ce serait bien: si Leibniz avait arrété il faudrait arréter là. c'est leur conception d'aprés laquelle. qui est nécéssairement positive. Descartes en a une autre. C'est un premier point. ça c'es propre à Leibniz. qui a occuppé tout le 17° siécle: la tentative de réduire la privation à une simple limitation. on dirait: il n'a pas pu aller plus loin. la puissance positive. Deuxiéme point qui te donne raison. propre à Leibniz: Leibniz a une maniére originale de concevoir le rapport propre entre la limitation et la positivité.. ce qu'on retrouve un petit peu partout. et en tant que nous avons un corps que la limitation conçue comme exigence d'étendue et d'antitypie est réalisée. ce ne serait pas de la philosophie. Leibniz prend un exemple physique alors qu'il s'agit du problème de la métaphysique et de la limitation métaphysique des créatures. Je ne peux pas fonder une exigence d'étendue et puis répondre que c'est l'etendue qui réalise l'exigence d'étendue.. chez Spinoza. il faut continuer! Nous attendons notre réponse. la réalité positive et la limitation. Sinon. il a été englouti par la haute mer. chacun dans l'originalité de sa philosophie a une certaine maniére de concevoir le rapport entre la réalité. il n'a pas le chois: il ne peut y avoir qu'une réponse. mais n'est pas responsable du Mal. alors je me tiens à ça: l'originalité de Leibniz me parait être celle-ci: c'est que la limitationest par lui conçue comme puissance primitive passive. il n'y a pas de privations il n'y a que des limitations. parcequ'il est trés beau. Question: sur le probléme du mal chez leibniz. c'est à dire exigence d'etendue et de résistance. Dieu est responsable du Bien. Malebranche en a une autre. c'est général. ce qui appartient à Leibniz et ce qu'on retrouve un petit peu partout. Texte de La Théodicée. je nes ais pas si c'est possible à montrer. Ce nes erait pas possible. Il dit: pour que vous compreniez le problème de la limitation métaphysique des créatures.. nous on a la tâche pénible: il faut continue.. Inaudible. La maniére originale deLeibniz.

moins sa réceptivité sera en peu de temps.la matiére est portée à la tardivité ou à la privation de la vitesse. dit Leibniz? Non ce n'est pas par pesanteur! puisqu'ils descendent au lieu de monter. mais non pas de son retardement(là il y a une belle distinction des deux réquisits). c'est la puissance passive limitative. ou que tout autre moyen semblable ne les aide pas". ou si vous préférez ils reçoivent du mouvement d'une certaine vitesse.. De même Dieu(vous mettez Dieu à la place du courant)est la cause de la perfection dans la nature et dans les actions de la créature". et elle la reçoit du courant.. elle est portée à la tardivité ou à la privation de la vitesse "Car ce serait agir". Est ce que c'était par pesanteur. "De même Dieu est la cause de la perfection dans la Nature et dans les actions de la créature. Oui. Ecoutez bien ce beau texte: " le courant est la cause du mouvement du bateau.. ça vous aidera.mais pour modérer par sa réceptivité(quel beau texte pour ceux qui tiennent à trouver des prémives de Kant chez Leibniz) l'effet de l'impression (l'impression. Alors pourquoi est-ce que les uns vont plus lentement? Parceque plus il a de matiére. Quand je dis que Kant n'est pas loin: la matiére premiere.". mais ce qui est cause des défauts qu'il y a dans l'action" i. moins sa réceptivité de la quantité de mouvement imprimée par le courant.diminuer pas soi-même quand elle a déjà reçu cette vitesse car ce serait agir." quand elle a déjà reçu cette vitesse. Les uns vont plus lentement. Mouvements du bateau = puissance primitive active de la monade. C'est à dire ils reçoivent de la vitesse. avec rames... donc ". tout ça. ils n'ont pas la même masse. la puissance passive primitive. Il nous dit: la matiére retarde. Donc ils suiventle courant.la physique.. c'est à dire du plus ou moins rapide. Ils n'ont pas la même matiére premiére. les uns vont plus lentement que les autres. Là ensuite ça devient lumineux... plus sa réceptivité prendra du temps. ils sont plus ou moins chargés.e que telle monade soit bonne et telle autre mauvaise. c'est vraiment le mouvement communiqué. non pas pour la diminuer par soi-même" là vous pouvez inventer la suite: non pas pour la diminuer par soimême. c'est à dire qui sont moins spongieux et qui sont plus chargés de matiére qui leur est propre. les pluschargés vont plus lentement que les autres. La puissance primitive active c'est la forme de spontanéité. c'est la forme de réceptivité.puisque les bateaux descendent au lieu de monter. "Mais la limitation de la réceptivité de la créature est la cause des défauts qu'il y a dans son action". les autres de pierres. le mouvement commluniqué par le courant: c'est le courant qui fait imprerssion) quand elle le doit recevoir". Les uns étant chargés de bois.. les autres moins..quand elle a déjà reçu cette vitesse. mais c'est la même cause qui augmente aussi la pesanteur dans les corps qui ont plus de densité(il ne faut surtout pas faire intervenir la pesanteur seule). Cela étant. Pourquoi? Est-ce qu'ils vont plus lentenement parceque plus pesants? Non! Encore une fois ils descendent le courant et la pesanteur ne jouerait que si ils remontaient le courant. l'équivalent de aller vite ou de aller 149 . il arrivera que les bateaux les plus chargés iront plus lentement que les autres pourvu qu'on suppose que le vent. c'est la pure puissance passive..et les uns plus. Vous avez reconnu. Il a dissocié au niveau physique: le courant comme cause du mouvement et la réceptivité comme cause de la variation du mouvement. C'est donc(voilà le premier texte essentiel) que la matiére est portée originairement à la tardivité ou à la privation de vitesse.. Premiére possibilité: estceque c'est la pesanteur qui explique que les bateaux aillent plus ou moins vite? Réponse: "ce n'est pas proprement la pesanteur qui est la cause de ce retardement(du fait que certains bateaux aillent plus lentement). En d'autres termes qu'est-ce que c'est la matiére? La matiére c'est exactement la réceptivité.. J'essaie de résumer: les bateaux diversement chargés reçoivent le mouvement du même courant supposé égal pour tous. Ce serait la pesanteur qui interviendrait si il s'agissait de monter. non pas pour la diminuer pas soi-même car ce serait.. que la rame. vous voyez: tous les bateaux reçoivent leur vitesse du courant. Et voilà ce qu'il dit: "posons que le courant d'une même riviére emporte avec soi plusieurs bateaux qui ne différent entre eux que par la charge. Plus sa réceptivité sera lente. Dieu en est cause de ça.

même encore une fois si il explique que c'est qu'un modéle explicatif. j'ai besoin d'un corps.fin de la bande. On a même l'impression qu'il ne bouge plus. peut-être? Mais est-ce que c'est vrai des animaux même s'ils ont une âme. comme il dit dans une formule si belle que je ne retrouve pas. Et le damné. Et elle est variée. ou du moins vous sentez: on se trouve devant des problèmes qui sont de véritables abymes. tout est ombre. ce qui a rapport à leurs corps. mais de la force active. alors il serait à la lettre gateux. sa "moles".. qu'est-ce qui peut. La tardivité ou la limitation de sa récéptivité est infinie. Je dois avoir un corps puisque la petite région c'est: ce qui concernera mon corps. Le damné c'est quoi? Est-ce que les bêtes aussi ont une zone claire.. Vous voyez une receptivité limitée c'est ma zone de clarté. et j'allais dire: il n'y a pas d'âme qui n'ait sa zone de clarté. C'est presque le point où il en veut le plus à Descartes. la limitation. au niveau de l'âme. vous vous rappelez ce qui se passe. A la lettre.. quand il voudrait il cesserait d'être damné. Qu'est-ce que c'est qu'un damné? C'est celui dont l'ombre a envahi toute l'âme. Vous voyez on retombe pleinement sur ce problème de la limitation métaphysique. Quand un chien reçoit un coup de baton. il dit: Descartes.. Il ne voit pas qu'il y a un fond de l'âme. elle renvoit à l'action. quelqu'un qui vous raconte les animaux-machines. forcément. donnez moi un corps. vraiment soupire: Dieu. je te hais! Heureusement qu'il a ça. tout comme chacun a sa réceptivité suivant sa masse. Peut-être. elle est variée. la matiére premiére. donc il n'abandonnera pas.. Mais le damné il a tellement obscurcit son âme que la seule petite lumiére qui brille encore c'est: Dieu. que cette puissance passive primitive. et on a vu que pour Leibniz c'est évident qu'ils ont une âme. vraiment non. Il pourrait l'agrandir. Je dis bien au futur.. qu'est ce que c'est que la réceptivité? C'est la quantité d'ombre dans son âme. parceque aprés il ne comprend plus rien à ce qui se passe chez les hommes. il est responsable uniquement non pas de la force passive limitative. ou limitation. 150 . Elles ont un corps et elles expriment clairement ce qui passe par leur corps. On a plus ou moins d'ombre. parceque je parle toujours d'ames raionnables pour le moment. On rattraperais en plein le problème des damnés. Maintenant on a un début de réponse. . ce n'est pas Dieu qui en est cause. pour reprendre l'exemple de Leibniz.. il a une zone d'expression claire qui à rapport avec son corps.. Et notre réponse maintenant. une fois que je l'aurais. était exigence d'étendue et de résistance. Comme dit leibniz: il n'y a pas de damné qui ne se damne à chaque instant. c'est à dire en tant qu'elle est cernée par toute l'ombre. fait que je dois avoir un corps. De toutes maniéres en tant qu'âme j'ai une réceptivité limitée. A mon avis on peut déjà répondre Oui. Cette question est excellente parcequ'elle me permet de préciser les choses. Il y a des âmes qui ont une réceptivité extraordinairement limitée. On demandait: pourquoi les corps existent? On demandait pourquoi est-ce que le fait d'exprimer clairement une petite région. Avoir un corps.lentement. Il n'a que ça pour vivre et pour survivre. Mais il survivra à l'éternité des temps parceque il a cetrte petite lumiére. et en quoi Dieu n'est pas responsable de la limitation métaphysique.? Là-dessus on passe à un autre truc: qu'est ce qui peut satisfaire ou remplir cette exigence? Le corps et seulement le corps. il exprime clairement. c'est une petite lumiére Dieu je te hais! Si il n'avait pas cette petite lumiére là. c'était ça notre problème. chacun a sa masse. c'est que la monade avait une puissance passive primitive. A ce niveau la monade soupire. C'est donc celui. c'est la limitation de la réceptivité de la créature. c'est quelqu'un de pas sérieux. C'est peutêtre pas du tout du même type que chez nous. Je dirais plus tot: c'est toute l'ombre qui cerne ma zone de clarté parceque ma zone de clarté. Voilà tout ce que je voulais dire sur ce premier aspect. Le damné ce n'est pas une histoire du passé: il suffirait qu'il abandonne le: Dieu je te hais! Mais c'est ce à quoi il tient le plus au monde. mais elles ont forcément une zone claire..Il ne peut plus bouger. on a pas la même. Chacun la sienne.

. Donc retenez que c'est en vertu de la science actuelle. Dans ce premier cas le temps n'a pas à intervenir. Il n'y a pas physiquement de considération du temps. Gilles: Leibniz distingue deux cas pour ses lois du mouvement. Deux lieues en deux heures c'est le double de une lieue en une heure. Une lieue en une heure c'est le double de une lieue en deux heures. Leibniz le répéte souvent. c'est que Descartes a cru possible de mesurer la force par la qu quantité de mouvement. ça c'es le cas du travail ou de la force qui se consume dans son effet. Là-dessus il faut distinguer deux cas. De toutes maniéres son problème est celui-ci: comment définir la force ou puissance. Un corps qui effectue deux lieues parcourt un espace qui est le double . Là inutile de dire déjà que le cas est tout à fait différent puisqu'il faut introduire le temps. et non pas mv comme le croyait Descartes. comme on dit. la force se consume dans son effet dans l'instant. Le cas du travail c'est le cas d'une force qui se consume dans son effet. bien que la hauteur soit quadruple. mais l'action motrice. Parceque.. un mouvement ascentionnel. en vertu d'une vitesse acquise. Tout est différent. un mouvement vertical. il y a un petit dessein-..interruption. c'est à dire d'un mouvement supposé uniforme d'un corps roulant en vertu d'une vitesse acquise. Exemple: tu hisses un corps à une hauteur quelconque. et deuxiéme cas. En effet. tu arrives à la formule leibnizienne: mv2. Ca c'est le premier cas.Soit. Alors l'exemple qu'il donne c'est: un coros qui oarcourt deux lieues en deux heures.. Et l'idée de Leibniz c'est que c'est physiquement faux. Dans le premier cas deux lieuesen deux heures c'est le double de deux lieues en une heure. En quoi c'est directement lié à l'idée de substance? Voyez dés lors que contrairement 151 . On dit parfois qu'il substitue la force à la quantité de mouvement. Le vrai problème physique que pose Leibniz ce n'est pas du tout que Descartes a ignoré la force. Dans quel sens. C'est peut-être moi qui me suis mal exprimé puisque le corps est supposé etre un corps roulant en vertu d'une vitesse acquise.. parceque Descartes a cru et a confondu la force et la quantité de mouvement. Il me faut la même force pour élever dasn les deux cas. c'est la formule de Descartes qui vaut. Deuxiéme cas. Qu'est-ce qu'il en tire? Il en tire la conclusion triomphante contre Descartes que la force et la quantité de mouvements ne peuvent pas se confondre.. si vous voulez. par hypothése sans résistance. Puis je souléve un corps B de quatre livres à 1 métre. Mais il ne peut déjà pas comprendre le mouvement uniforme.et là il faut vérifier dans le Discours de Métaphysique. Le premier cas c'est ce qu'on a appelé depuis le cas du travail. Il s'agit d'un mouvement uniforme d'un corps roulant. C'est trés bien parceque ça me fait avancer pour les critéres physiques de la substance. c'est à dire par m. Comment définir la force ou puissance? Il dit: Descartes a défini la force ou puissance par la quantité de mouvement. Il n'y a pas de considération du temps. le cas du mouvement horizontal. L'exemple donné par Leibniz c'est: deux lieux en deux heures. au premier moment de la vitesse. il ne s'agit plus du tout d'une force qui se consume dans un travail. il faut introduire le temps? C'est ce qu'on appelera non plus le travail. Le cas du travail qui est. en effet. mv. et en effet si tu cherches ce qui se conserve dans les deux cas. action motrice. C'est trés lié finalement à sa conception de la substance. comme il dit. la chute dans le premier cas a une vitesse double de celle qu'elle a dans le second cas. c'est en vertu de la science moderne qu'il a besoin de réactiver quelque chose d'Aristote. et non pas mv. la force se consume. Mais. la formule de la force c'est mv2T. Voilà l'argument de Leibniz: premier cas: je souléve un corps A de une livre à quatre métres. Deuxiéme cas. Dans le deuxiéme cas. Dans le premier cas. mais suivant le fameux théoréme de Galilée. nécéssité d'introduire le temps.. la formule de la force c'est mv2. donc tu fournis un travail. Premier cas. Mais ce n'est pas vrai.. Longue discussion autours des bateaux dans le courant. Un corps mobile. dans l'instant. si bien que Descartes n'a pu comprendre que le moment commençant. puis tu laches tout. Et ça va être quoi? a va être considérer les deux cas que Descartes n'a pas su distinguer.

un opuscule de la fin de Leibniz: le mécanisme prétend tout expliquer par le mouvement. Voilà où nous en sommes.à Descartes l'étendue elle-même ne peut pas être substance. c’est-à-dire je vais. Cette force mv2 . la limitation de la réceptivité suivant le loi de l'action motrice. et dont l'étendue elle-même ne peut pas rendre compte est une force active. Ce sera son objection perpetuelle contre Descartes et contre l'idée d'une substance étendue. ça peut marcher. selon Leibniz. Pourquoi? parceque un carré est toujours positif. Leibniz dira trés bien: il faut que quelque chose qui soit comme une forme aristotélicienne. mais en même temps c'était indispensable. Si je dis mv. C'est essentiel: il y voit une espéce d'acord prodigieux. je peux traiter l'étendue comme une substance. mais vous allez voir sous quelle forme. Donc je vais cesser assez vite les cours. et puis je vais faire encore deux cours . Je sens que le moment est venu. comme une espéce de preuve de plus de l'existence de Dieu. et c'est en ce sens qu'il pourra dire que les corps physiques symbolisent avec les monades ou substances métaphysiques. C'est elle qui engendre le mouvement dans l'étendue. puisque: de même que la substance spirituelle nous présentait: force active primitive. Donc je vais arrêter assez vite. mais c’est une activité tellement spéciale. mais je vais finir quand même ce que je voulais. Je vais vous expliquer ce que je voudrais qu’on fasse aujourd’hui. de la réceptivité du corps aux mouvements qu'il reçoit. aujourd’hui. C'est essentiel ça pour Leibniz. Je vais cesser c’est parfait. Et cette force mv2 il va l'appeler: force dérivative. c’est très curieux. S'il en est bien ainsi. à savoir la force qui se conserve dans le monde physique soit mv2. mais il est absolument incapable de rendre compte du mouvement lui-même. Deleuze 19/05/87 Leibniz (3/4 du cours) Tout le monde entend bien ? Voilà. je n’y arrive plus : c’est très spécial. c'est "avoir un corps". Mais on retombe sur la question: qu'est-ce que c'est "avoir un corps"? Ce serait le troisiéme requisit de la substance. je vous dis très vite que ma santé est assez moyenne et il faut que je prenne du repos. puisque v2 par nature est toujours positif. les corps vont nous présenter: force dérivative active et force passive de limitation définie par la délimitation de la réceptivité du corps. La force dérivative sera la force active qui engendre le mouvement et à laquelle répond une force passive. c’est-à-dire : l’harmonie et la comparaison de l’harmonie musicale à l’époque de Leibniz. force passive primitive ou limitation. pas du tout. DAns les deux cas c'est la force. et je voudrais que vous me pardonniez d’avoir à vous parler pratique. et le mot réaliser m'importe beaucoup. Doù la grande formule de Leibniz que vous trouverez dans De la Nature en elle-même. J'ai presque fait les critéres physiques de la substance. Mv2. c'est à dire qui soit une force active. Ce n’est pas que ce soit l’activité la plus divine du monde. la monade a un corps. de résistance: nous sentons que la seule chose qui puisse réaliser cette exigence. et Leibniz y attache beaucoup d'importance. distincte de la quantité de mouvement. Par nature elle est toujours positive. je voudrais d’abord vous parler pratique. et dans le texte du Discours de métaphysique. les deux 152 . Il y a un moment où on sent très bien quand le moment est venu. Bon ça m'a mis du désordre. et. faire des cours. Descartes. est incapable de rendre compte de la genése du mouvement dans l'étendue. il faut que quelquechose s'ajoute à la substance. Là où j'en suis c'est exactement ceci: la monade a et comporte une exigence d'étendue et d'antitypie. et de ce que Leibniz appelle l’harmonie. Et on dira: le travail c'est la force active dans l'instant et l'action motrice c'est la force active dans l'unité de temps. avec les substances spirituelles. La force passive dérivative c'est la lmitation de la réceptivité. deux cours sur ce à quoi je tenais.

perçoit confusément le coup de bâton qui se prépare. comme corps. dans ses “ objections à Leibniz ”. Je voudrais que vous fassiez un effort de plus parce que on sent bien que ça ne va pas. tellement à la fois complexe. vous vous rappelez. etc. à savoir : il y a des perceptions.semaines prochaines ce sera sur l’harmonie : j’aurais besoin du concours de deux auditeurs. Je résume sous la forme. Bayle dit en gros. à ce qu’il y ait des corps. alors je pourrais dire à la rigueur : je me perçois me promenant. non ! Si vous suivez ma difficulté c’est Non. on n’en sait rien du tout. Qu’est-ce qui nous fait dire : il y a un corps ? ça me gêne ces exemples. ne passe pas du bâton au coup de bâton. et que le bâton. Mais quand Leibniz répond à Bayle : mais oui ce serait possible. et à mon avis la monade du chien pourrait tres bien enchaîner perception de bâton et perception de coup. Du point de vue de notre travail en commun. le coup de bâton qu’il reçoit quand il mange. remarquez que ce n’est déjà pas facile : qu’est ce que peut bien vouloir dire un prédicat comme : “ je me promène ”. elle est âme ou esprit). S ‘il n’y avait pas de corps. mais elle peut passer de la perception du bâton à la perception du coup de bâton. à la limite.perception du coup de bâton. Mais comme dit Bayle : rien ne force. C’est bien ce que nous dira Berkeley. Aujourd’hui je voudrais que ce soit une séance très douce parce qu’il me semble que c’est un domaine. Bien. la monade. ça n’empêcherait pas la monade chien d’avoir une perception du bâton. Dans ses “ objections à Leibniz ”. Les perceptions sont des données. il dit exactement : vous vous rappelez l’histoire du chien. mais uniquement pour voir les étudiants soit de premier cycle. en effet. mais il n’y aurait pas de corps. Dieu l’aurait ainsi constitué. Ce qui est dans la monade. Il me semble que. je peux le dire mais c’est très bizarre : s’il n’y avait pas de corps. Ce qui est dans la monade ça devra être la promenade. on l’a vu sous cette forme : elle est pur esprit. Et il dit : mais la monade du chien perçoit donc. il y aurait des perceptions.et puis. ce serait possible qu’il n’y ait pas de bâton et qu’il n’y ait pas de corps distincts. vous savez. s’il n’y avait pas de corps. oui. Pourquoi on n’en sait rien du tout ? On ne sait pas s’ il n’y a pas lieu d’être Berkleyen. s’abat sur le corps du chien . de ceci : je lance des points assez séparés : on était parti de ceci que la substance individuelle. et d’avoir une perception du coup sous forme 153 . Je viendrais encore en juin. même pas en gros. mais est-ce qu’il y aurait des perceptions de la promenade? ça paraît bizarre. Mais j’ai besoin d’autres personnes aussi. inhérentes à la monade. qu’est-ce que ça veut dire pour pour Leibniz. la monade serait pleine de perceptions. soit de deuxième cycle. qu’est ce que ça veut dire ? On dira : c’est que d’autre part il y a déjà des corps. je vous le dirais. nous avons vu que la substance individuelle avait deux réquisits : elle était unité active spontanément productrice de ses propres prédicats. mystérieux. saisit la douleur pendant que le coup de bâton se prépare dans la matière. qui ont besoin de me voir et que d’habitude je n’ai jamais le temps de voir. ce qui est dans la monade c’est le percipit. il y a des perceptions dans la monade. à la limite. On était parti. elle passe d’une perception à une autre. ça d’accord. ce serait assez bizarre que les perceptions soient des perceptions de pseudo-corps. qui est pur esprit (vous vous rappelez. alors que le sujet c’est la monade comme pure âme ? Elle se promène l’âme. ici. l’essentiel de ce que j’avais envie de dire sur Leibniz. Je prends un texte de Bayle. et intérieures à la monade. je ne sais pas. En gros – je précipite un peu la fin des cours mais ce n’est pas très grave parcequ’on a fait à peu pres ce que je souhaitais. c’est la perception de la promenade. C’est vrai que d’un point de vue logique absolu je peux dire : la monade du chien passe de la perception du bâton. compétents en musique. que : avoir un corps ? Qu’est ce que c’est que ça : avoir un corps ? Pour moi. vous considérez qu’il n’y a plus que deux cours. les questions abondent beaucoup plus que. dans la pensée de Leibniz. puisqu’elle est purement spirituelle. dans la lecture que je fais de Leibniz à cet égard. mais ce serait des perceptions d’une autre nature que des perceptions de coups de bâton fantomatiques. soit de thèses. comme on voyait la dernière fois. et si je n’y arrive pas. Je pense. tellement en avance sur son temps.

lui . C’est une phrase de Braudel. Peut-être que les événements. les préhensions. est ce qu’il est en vadrouille ? Il n’est pas nécessairement la substance.de douleur. c’est un événement. que c’est une bifurcation. Tout à fait à la fin il dit : l’événement c’est une espèce d’explosion de poussières. d’où la nécessité d’un corps. d’accord. c’est ça aussi. les préhensions de préhensions etc… Si on se mettait à Braudel. Et sûrement. lui Braudel présentait les événements. l’événement. puisque l’événement nous apparaît comme une espèce d’explosion qui nous surprend. Mais. Quelqu’un qui semblait esqualité pour en parler c’était Ferdinand Braudel. pourquoi est-ce qu’il faut qu’il y ait des corps? Je me dis quelque chose : peut-être est-ce que l’exigence d’avoir un corps appartient le plus fondamentalement du monde à l’événement. S’il y a le feu c’est un événement. les événements ce ne sont pas des essences éternelles. mais je ne suis pas sure que ça implique la discontinuité de l’événement que tu dis. On dirait presque que l’événement a une double exigence. Il ne faut pas prendre un historien nous parlant de l’événement dans l’histoire puisque nous on s’occupe aussi bien de l’événement partout. Pourquoi est-ce qu’il faut qu’il y ait des corps ? Avoir un corps ! Au point ou on en est. et après tout retombe dans la nuit et dans l’obscurité. Je n’éprouve pas le besoin de revenir à Whitehead parce qu’ on l’a fait. Le passage de la Nature. mais peut-être est ce que les événements nous guettent et nous attendent ? Intervention : une toute petite remarque au niveau de l’événement. comme on dit aujourd’hui. je pense qu’on aurait d’autres valeurs de l’événement. mais c’est une manière de parler tout ça. on sait qu’un événement risque bien de se précéder et de se suivre lui-même. Mais enfin on pourra en parler. quelqu’un allume une cigarette c’est un événement. mais sur l’événement chez Whitehead. dans un lieu. mais après c’est de nouveau l’obscurité. en y voyant comme un double secret de la philosophie de Leibniz et de la philosophie de Whitehead. de discontinu.il savait de quoi il parlait. mais dix minutes passées dans cette pièce c’est un événement. comme un feu d’artifice. tout comme il survient lui-même. La vie de la pyramide pendant deux minutes. Gilles : Je voudrais dire. on a bien défini monade. c’est pour ça que je disais : ne jugez pas tout trop vite. d’une continuité ou d’une discontinuité. et que ce soit un conseil vraiment : ne mélangez pas. une espèce de nuit. Toi tu nous dis : il y a Braudel qui dit ceci. un événement ce n’est pas quelqu’un qui se fait écraser. et après on en tire ce qu’on en tire. nous sommes restés plusieurs semaines sur l’événement non pas chez Braudel. en effet. Donc le problème du continu et du discontinu. mais il y a des événements qui sont du tout courants. et si vous m’accordez qu’on a passé un long temps de cette année à s’interroger sur : qu’est-ce qu’un événement. sur l’événement dans une espèce de tension de tous les instants. et que c’était quelque chose. -et il avait. Pendant ce temps-là. A mon avis elles auraient des points de rencontre tres importants(passons). c’est la nuit. ce que dit Braudel est beau. en tant qu’il se précède et se suit. vous vous rappelez. c’est…Leibniz : la perception du bâton précède le coup. il n’est pas toujours branché. je dirais : oui il n’y a pas d’événement qui ne s’adresse à l’esprit. depuis les séries convergentes qui impliquaient. toute l’épaisseur d’explication et de définition que Whitehead nous proposait de l’événement. C’est un événement. Braudel. Mais nous. Je veux dire par là que si l’événement est forcément capital. mais la perception du bâton. l’événement ici. que tout événement est bifurquant. Pourquoi ? D’abord parce que tout événement se précède. et Whitehead nous disait : faites attention. qui explosait et qui retournait dans une obscurité. l’homme méchant qui s’approchait 154 . avec beaucoup d’estime. On se dit : oui. même s’il ne se passe absolument rien. qu’est-ce que fait le corps ? Est ce qu’il est en vacance. il y a le problème du continu et du discontinu qui se présente. c’est un événement. comme il dit. Dans quelle mesure est-ce que ça colle avec Braudel ? Moi j’ai le sentiment que l’événement est double.

ne peut nous retirer de l’idée que ce n’est pas encore suffisant. il emploiera virtuel dans d’autres cas. ça ne veut pas dire être grave.vous vous rappelez. renvoie à des substances individuelles qui l’expriment . toutes les idées vraies . On l’a vu ça. Un des plus grands moralistes de l’événement c’est le poête Jo Bousquet. d’élégie. Il faut à chaque fois que je retire.n’existe pas hors des monades qui l’expriment. Vous sentez bien qu’il y a une certaine manière de vivre l’événement en étant digne de ce qui nous arrive en bien ou en mal. parce que je crois qu’il n’y a pas d’autre morale que celle de la nature des gens par rapport à ce qu’il leur arrive. A partir de là son problème c’était. il faut qu’il se réalise dans un corps. et qu’on puisse compter “ je me promène ” parmi les prédicats de la monade. Je dis juste . Je dirais à la rigueur : d’accord. Premier sens : chaque monade. il lui manquera quelque chose toujours si aussi il ne se réalise pas dans les corps. C’est : comment supportes-tu ce qui t’arrive. on est arrivé à l’idée d’une sorte de tension : à la fois toutes les monades sont pour le monde. tout ce qu’il a essayé de dire et d’expliquer. Qu’est-ce qu’il implique ce rapport ? Quand on a essayé de le définir. C’est le rapport virtuel-actuel . c’est même ceux-là qu’on appelle des prophètes : le prophète dans son gémissement fondamental. Vous me direz : ce qui leur arrive…j’en dis trop déjà en disant que les gémissants ne sont pas dignes de ce qui leur arrive. ce monde qui n’existe que dans les monades qui l’expriment est en lui-même “ virtuel ”. j’étais fait pour l’incarner. élégie ça veut dire la plainte…il y en a qui se plaignent avec une telle noblesse. car il y a des gémissants qui ont du génie. 155 . il nous dira par exemple que toutes les idées innées. la plainte de Job est digne de l’événement. Bon. au moins. et le bien qu’il leur arrive. je ne peux pas avancer dans une phrase sans devoir la retirer : il y a des gémissants qui sont dignes de ce qui arrive. mais il y a des gens qui font notre souffrance. Elle exprime la totalité du monde. Et Leibniz emploie extrêmement souvent les termes virtuel. Je dis juste : tout événement s’adresse à l’âme et à l’esprit. il faut qu’il se marque dans une matière. mais le monde est dans chaque monade. mais à mon avis toujours en rapport avec l’actuel. mais vous corrigez de vous-même. pourquoi ? Parce que. Le monde c’est la série infinie des états d’événements. c’était déjà un événement. et pour désigner le rapport d’un type d’événement avec l’âme. c’est pour ça que c’est une morale tres concrète. être digne de l’événement. Je dirais que ça c’est l’aspect par lequel tout événement s’adresse a mon âme. et que si profond que soit l’événement. tout événement se suit lui-même. ou au moins chaque substance individuelle est dite “ actuelle ”. pensez à Job. comme virtualité.Ca va avancer à ça. en quelque sens que ce soit. il y a des événements qui s’adressent tout particulièrement à l’âme. Or rien. je peux dire : l‘événement. donc je ne peux même pas dire. rien. LA morale c’est jamais : qu’est-ce qu’il faut faire. je comprends qu’on puisse nous dire que se promener est un événement de l’esprit. Il faut qu’il s’inscrive dans une chair. Je voudrais presque que ce soit comme ça tout le temps. et qu’il faut qu’il aille jusque-là. que ce soit en bien ou en mal. Vous sentez bien qu’il y a des gens qui sont indignes de l’événement aussi bien en bonheur que en malheur. sont des idées virtuelles. mais ce monde. actuel . Il y en a qui portent le gémissement à un tel niveau de poésie.derrière le chien. actuel. sûrement pas. qu’elles sont virtuelles. Qu’est-ce qui rend les gémissant tellement durs à fréquenter ? Ils ne sont pas dignes de ce qu’il leur arrive. et le mal qu’il leur arrive. ce n’est pas ça. Si j’essaie de faire de la terminologie. ils médiocrisent tout. En d’autres termes. Tout événement se précède. Être digne d’un événement si petit qu’il soit. ça nous donnait une sorte de tension. On a vu qu’il l’employait dans de sens assez différents. Je comprends un peu mieux. c’est d’une certaine manière : cet événement. Ce qui m’intéresse c’est une morale de l’événement. et entre autre. en quelque sorte. d’une certaine manière. Le virtuel et l’actuel. Bousquet avait eu une blessure affreuse qui l’avait rendu paralysé. dans la mesure où il s’exprime dans l’âme. je dirais : ça m’explique au moins un couple de mots que Leibniz emploie constamment : virtuel. D’une certaine manière on pourrait dire : tout événement m’attend! Et c’est déjà ça.

Sentez que. Il y a une différence fondamentale. dans la matière vivante. et l’étage du dessus renvoie aux plis dans l’âme. exactement comme il y a un actualisant xxxxx. finalement. ou quel est le réalisant ? Je cite : “ Les monades influent sur ce réalisant mais lui ne changera rien à leurs lois ”. il fait des plis dans l’âme. il me semble. Je crois que la raison la plus profonde est précisément contenue dans l’événement. quelque chose qui réalise les phénomènes. il faut qu’il se réalise dans le corps vécu. donc avec une tres grande fréquence. ce n’est évidemment pas la matière. c’est possible-réel. peu importe qui est ce réalisant. c’est à dire : tout ce qui est. Je dirais : là ce n’est plus exactement virtuel-actuel. que l’événement ne peut pas s’inscrire dans l’âme. virtuel-actuel. à un point de départ. Il resterait un pur possible s’il ne passait pas dans un corps. ou qui réalise l’événement dans le corps. Autre texte : ”Je vois mal comment on pourrait expliquer la chose à partir des monades et des phénomènes. mais il faut qu’il se réalise dans une matière. mais aussi il doit s’inscrire dans un corps vécu. Pourquoi je dis ça ? Mais parce que chez Leibniz les deux couples fonctionnent : possible-réel. Il resterait un pur virtuel s’il ne s’actualisait pas. Quand je disais : vous voyez. au participe “ realisans ”. ça me paraît une idée très profonde dans une philosophie de l’événement comme celle de Leibniz. Il ne faut pas seulement. et en ce sens. il faudra un réalisant qui réalise l’événement dans la matière. il n’arrive pas seulement que l’événement s’actualise dans la monade. Et un des deux étages renvoie aux replis de la matière. Et quand l’événement s’inscrit dans votre corps vécu.Cette fois-ci ce serait autre chose ? Si je cherchais un couple. il faut ajouter quelque chose qui les réalise. La raison leibnizienne c’est l’événement. et il faut qu’il y ait deux étages. il faut que l’événement non seulement s’actualise dans une âme. il fait des replis dans la matière. Dans les lettres au président des Bosses. Bien plus la matière. Si bien que je reviens comme quelqu’un me l’avait demandé la dernière fois. ce n’est pas le corps. a un rapport étroit non pas avec le corps en général. le baroque. on le verra. Quand l‘événement s’actualise dans la monade. ce qui importe c’est qu’il ne se confond pas avec les monades. ça ne devrait pas être si difficile de le définir. Les lettres sont écrites en latin. il faut ajouter quelque chose qui les réalise ”. Qu’est-ce qui m’intéresse ? Comprenez ! Qu’est-ce qui est réel ? Ce qui est réel ce n’est pas la matière. C’est l’événement qui implique ces deux étages. Il y a des plis dans l’âme tout comme il y a des replis de la matière. Qu’est-ce qui se passe ? Je voudrais que vous sentiez… On avance un peu dans la raison : pourquoi est -ce que la monade a tellement besoin d’un corps ? Pourquoi est-ce que Leibniz n’est pas Berkleyen ? Pourquoi est-ce qu’on ne peut pas se contenter du fameux : Esse es percepi. on tient une raison. sinon ce serait elle qui serait réalisante. Et je disais : le baroque c’est la maison à deux étages. tout comme il y a un actualisant. L’événement resterait éternellement un pur possible s’il ne se réalisait pas dans le corps. Or c’est beaucoup de danger. C’est possibleréel. tout du moins au niveau de Leibniz. mais avec le corps vivant. apparaît le terme “ realisere ”. il faut qu’il y ait un réalisant. s’il ne s’exprimait pas dans une âme. oui. L’actualisant c’est la monade elle-même. et il demande : qu’est-ce qui est capable de réaliser les phénomènes. ou. apparaît toute une série d’expressions très curieuse. avec le vivant. Le réalisant. Apparaît a peu prêt toutes les trois pages. sans en même temps réclamer un corps dans lequel il se trace. dans un corps. et un point c’est tout. c’est ce qui seront réalisés par le réalisant. le corps. Il doit s’actualiser dans la monade. sera perçu par la monade. C’est sans doute une espèce d’étrange circuit d’un étage à l’autre qui va constituer le monde baroque. et ça. maintenant. et ça engage toute sa morale. mais il faut le vivre : c’est votre âme qui se plisse. 156 . on tient une raison leibnizienne concernant ces deux étages. ce n’est pas le corps non plus. parce que beaucoup de commentateurs ne font pas de différence entre ces deux axes. apparaît tout à fait à la fin de la vie de Leibniz.

Et voilà que je tombe sur un texte auquel je ne pensais plus. Je pensais a tout ça, et puis je me dis que ça me rappelle quelque chose. On procède beaucoup comme ça. Comme si j’avais déjà lu ça. Je me suis rappelé un livre très curieux de Husserl. Et ce livre de Husserl s’appelle “ Meditations cartésiennes ”. C’est un livre qui a eu comme point de départ la venue de Husserl en France , avant la guerre, et il a fait un certain nombre de conférences en allemand, mais en France, qui ont été traduites sous le titre Meditations cartésiennes. Le titre faisait hommage à la France. Tres bizarrement Husserl invoque au début Descartes , mais plus ça avance et plus il invoque non pas Leibniz, mais les monades. C’est un terme si bizarre sous la plume de Husserl, qu’on se dit : mais qu’est-ce qui se passe. C’est surtout dans la cinquième Méditation, dans la dernière donc. Je vous raconte ça tres in exactement, allez voir vousmême, le texte pour une fois n’est pas très difficile. Pour une fois c’est du Husserl pas trop difficile. Husserl nous dit : appelons monade( sans même se référer à Leibniz) l’ego, mettons “ le moi ”, avec ses appartenances. La notion d’appartenance, on voit ce qu’il veut dire. Par exemple : “ je perçois la table ”, c’est une appartenance de l’ego. ça va. J’ai l’habitude de percevoir la table c’est une appartenance de l’ego. On voit ce qu’il veut dire. C’est intéressant, je parle pour ceux qui connaissent un minimum, mais la plupart d’entre vous connaissent un minimum de phénoménologie, les intentionnalités, les consciences de quelque chose sont des appartenances de l’ego. Et, dans un texte très curieux, Husserl va tellement loin qu’il dit : ce sont des transcendances immanentes. Les intentionnalités sont des transcendances, transcendances de la conscience vers la choses, mais ce sont des transcendances immanentes puisque ces intentionnalités sont immanentes à la monade. La monade c’est l’ego saisit avec toutes ses appartenances. Or toutes les intentionnalités sont des appartenances. Vous voyez ! Et voilà qu’il pose une étrange question, Husserl, il dit : comment va-t-on passer de la transcendance immanente à la transcendance objective ? C’est-à-dire : est-ce qu’il y a moyen, pour la monade, en quelque sorte, de sortir d’elle-même. Vous vous rappelez le sort de la monade ? On est en plein de quelque chose de tellement important pour Leibniz : sans porte ni fenêtre. Il n’est pas question qu’elle sorte d’elle-même. A première vue pas question. Comment sortirait-on se soi-même si on a ni porte ni fenêtre. Et voilà que Husserl raconte une histoire, et dit : c’est curieux parce que, l’ego dans ses appartenance, c’est -à-dire la monade, saisit parmi ses appartenances une appartenance très particulière. C’est quelque chose qu’elle identifie comme l’autre. C’est-à-dire qu’elle l’identifie comme un corps vécu, le corps vécu de l’autre. ça c’est une intentionnalité tres curieuse, c(est une intentionnalité spéciale, pourquoi ? Parce que c’est une intentionnalité vide. Les intentionnalités vides j’en ai beaucoup : par exemple je regarde ce truc-là, cet appareil, mais j’ai une intentionnalité vide, c’est la face que je ne vois pas. Seulement c’est une intentionnalité vide, mais il suffit que je fasse l’effort, si ça m’intéresse, elle se remplira. Donc ça va. Tandis que, dans mes appartenances, je rencontre un de vous, c’est une intentionnalité vide…..fin de la bande….C’est comme si tout son monde s’écoulait, s’écoulait dans le sens de l’autre. Il n’est plus le centre de son monde. Qu’est-ce qui m’intéresse làdedans ? Dans les deux cas, le corps vivant est vraiment comme l’espèce de ligne qui fait passer d’un domaine à l’autre. Est-ce qu’on pourrait dire que le père de tout ça c’est Leibniz ? Hélas Non ! Mais je ne suis pas sure que ce ne soit pas lui qui ait raison. Pour que vous ayez tous les éléments du problème en main, ce que je crois c’est que, en revanche, Leibniz nous dirait tres bien quelque chose du type : oui, dans les appartenances de la monade il y a quand même quelque chose qui est curieux, c’est que jamais, jamais on ne pourrait sortir. Là il me faudrait les textes, il faudrait tres longtemps ; c’est juste une indication que je donne : je crois qu’on trouverait des textes n’allant pas jusqu’à dire, je ne lui fais pas dire, mais tournant autours de l’idée suivante : il n’y aurait que les monades s’il n’y avait pas des animaux, s’il n’y avait pas

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des vivants. C’est le vitalisme qui le sort du spiritualisme. Je rejoins la question de Richard, c’est pour ça que je vous disais que, à mon avis, c’est l’inventeur de la psychologie animale : il a besoin des animaux. Et ça souvent il le dit explicitement. Il dit explicitement : ceux qui croient qu’il n’y a que les monades et que ce qui est inhérent aux monades, et ce qui est inclus dans les monades, ne peuvent croire que à des âmes humaines. C’est finalement les bêtes qui d’une certaine manière vont nous forcer à convenir qu’il y a des corps. Lui il ne dirait pas, comme Husserl, que c’est l’existence d’autrui. Pour une simple raison, c’est, on le verra, c’est que dans les monades fermées, il n’y a pas de rencontre avec autrui. Il faut l’expliquer la rencontre avec autrui. Déjà elle ne peut se faire, que, en dehors des monades. Il ne peut pas se le donner. D’ailleurs je ne suis même pas sur que, dans les Meditations Cartésiennes, Husserl puisse se donner, il ne dit pas la rencontre avec autrui, mais la rencontre avec le corps vécu d’autrui. Il me semble que ça excède le pouvoir des perceptions contenues dans les monades. Il ne peut pas se le donner, ou du moins il faudrait une genèse. Voyez le texte, il est très beau. Comme il parle d’une genèse, il dit bien : il s’agit de faire une genèse dans cette cinquième méditation. Je crois qu’il n’a pas encore assez donné pour faire une genèse du corps vécu. Voyez pourquoi je traîne là-dessus. Je voudrais vous faire sentir quelque chose, c’est que toute morale de l’événement a ces deux coordonnées : soit digne de ce qui t’arrive, d’une part, et d’autre part : sache l’inscrire dans ta chair. Il faut parfois que tout agisse. Qu’est-ce que c’est que les civilisations ? Chaque civilisation nous propose des manières d’inscrire dans la chaire, chaque civilisation nous propose des manières d’être digne ou pas. C’est tres compliqué. Prenez un cas qui me fascine : le bouffon. Le bouffon c’est un personnage fondamental. On a fait beaucoup d’études sur le bouffon. Tres intéressant, le bouffon. A première vue, prenez le bouffon russe, ou bien le bouffon anglais. Vous pouvez Aller de Shaekspeare à Dostoievski, et j’en oublie, le bouffon a première vue c’est celui qui, lorsqu’il lui arrive quelque chose, il en est indigne, il fait exprès d’en être indigne, et il évite de l’inscrire dans sa chaire, il fuit de tous les côtés. Et puis, d’une manière plus complexe, on apprend toujours que c’était le bouffon qui était le seul à inscrire dans sa chaire et à être digne de ce qui arrivait. Il y a toutes sortes d’histoires là. On ferait une ligne qui commencerait par être droite, horizontale. Et puis on la ferait bifurquer en deux, comme une petite branche. On mettrait “ événement ” sur la ligne droite. Sur la bifurcation d’en haut on mettrait “ virtuel ”. c’est clair ? Sur la bifurcation du bas, qu’est-ce qu’on mettrait ? On mettrait “ possible ”, et puis là on mettrait une grosse boule avec écrit : “ actuel ”, ce serait la monade. La monade incluse le monde virtuel, elle l’actualise, elle est actuelle. De l’autre côté donc, on mettrait “ possible”, et on ne mettrait pas une boulle, on va voir ce qu’il faudrait mettre…on mettrait des trucs, et cette fois ce serait : “ réel ”. Il y a une erreur qu’il ne faudrait pas faire : ça aurait l’air de dire que c’est la matière qui est réelle. Non ce n’est pas la matière qui est réelle, mais la matière acquière la réalité qu’elle peut, ou qui lui correspond , lorsque un réalisant, dont nous savons d’avance qu’il concerne le corps vécu, incarne dans la matière ; la matière prend de la réalité quand elle incarne l’événement. Je ne peux pas le dire mieux. J’ai le sentiment que chez Leibniz c’est pour ça qu’il y a deux étages, les deux étages c’est le circuit de l’événement, et pourtant vous sentez d’avance qu’il n’y aura jamais le moindre rapport direct entre l’âme et le corps. Les deux étages resteront toujours séparés. Simplement je dis : le réalisant ce sera peut-être ce qui fait passer de l’un à l’autre, ce qui fait passer de l’un à l’autre l’aspect de l’événement. Le réalisant, encore une fois, c’est une notion qui n’apparaît que tout à fait à la fin de Leibniz, dans ses dernières années. Avant il se contente d’invoquer une correspondance entre les deux étages, l’étage du dessus et l’étage du dessous. Tout à fait à la fin il arrive à quelque chose de plus profond : il ne suffit pas que l’événement

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s’actualise dans les monades, il faut qu’il se réalise dans le corps. Ça n’y est pas encore dans sa philosophie précédente, il y a correspondance entre les deux, et ce qui réalise dans le corps c’est un réalisant qui va expliquer le rapport de la monade et du corps vécu. Si bien que a la fin, tout à fait, de Leibniz, nous aurions trois aspects : L’âme et les plis dans l’âme. Les plis dans l’âme ce sont les événements qui s’expriment dans l’âme. L’âme et les plis dans l’âme. La matière et les replis de la matière. Ce dans quoi l’événement se réalise. Et entre les deux, assurant la réalisation, le realisans qui ne peut plus être ni monade, ni corps vécu, mais qui ne peut être qu’une chose : ce qui rapporte le corps vécu à la monade. Ce sera le rapport des plis dans l’âme aux replis de la matière, et cela répondra au nom latin : Le vinculum substantialae. Le Vinculum, qu’est ce que c’est ? C’est la chaîne, c’est le nœud, c’est la chaÎne. Qu’est-ce que c’est que cette chaÎne? Est-ce qu’il fallait une chaîne pour que les deux sortes de plis se correspondent ? Pourquoi cette chaîne au dernier moment ? est-ce que c’est elle qui va décider des textures de la matière , mais aussi des qualités de l’âme. on va être lancé dans toute une philosophie qui va nous confirmer que, non seulement il y a avait des plis dans l’âme, des replis de la matière, mais il faut faire intervenir un vinculum qui, si c’était possible, coudrait les uns aux autres. Il ne coud pas les uns aux autres, en fait, mais il coud singulièrement un corps vécu, un corps vivant, qui est le corps de la monade. C’est tout ça qu’il faut voir d’un peu plus pres. Ce n’est pas pour que vous le compreniez, parce que si je m’étais adressé à votre compréhension je crois que ce serait très obscur, c’est pour que vous sentiez quelque chose. Je crois que là Leibniz nous fait sentir quelque chose et qu’il fallait bien que j’essaie aussi de vous faire sentir : c’est une conception de l’événement . Un événement qu’est-ce que vous voulez que ce soit sinon quelque chose qui nous fait nous tenir droit, ou bien qui nous fait nous coucher. Quelque chose qui fait appel à une dignité, et qui n’a rien à voir avec “ soyons digne à cause des autres, quelqu’un nous regarde ”. Et aussi quelque chose qui fait une plaie, mais j’ai tort de dire une plaie, c’est même grotesque, ou qui gratte. Il y des chatouillements d’événements, c’est peut-être les meilleurs. Il y a tout ça : que ça concerne ton corps sous cette forme-là ! Ou que ça concerne ton âme sous cette forme-là ! Et c’est très difficile : tout à toujours son contresens abominable, ça peut être une phrase odieuse. C’est que justement c’est sur le mot “ digne ” qu’il faudrait s’entendre. Je suppose que quelqu’un vient de faire une perte importante, non pas une perte d’argent, mais une perte humaine très importante, vous lui tapez dans le dos et vous lui dites : “ sois digne de l’événement ”.Il n’a plus qu’à me flanquer une gifle j’espère. Qu’est-ce que c’est que cette dignité ? Je ne peux pas en dire plus, c’est à de vous, si vous posez le problème comme ça : il faut bien se gratter le corps. Se gratter, ça veut dire quoi : il faut être un pouilleux de l’événement. Se gratter, comment ? Il y a aussi des manières immondes de se gratter : “ Moi, le plus malheureux. Et tous les matins je m’offre mon grattage, moi le plus malheureux !”. En effet se gratter c’est tout à fait autre chose, je ne suis pas le plus malheureux. Mais il n’y a pas de recette. Pas de réactions ? Vous sentez où je veux en venir ! Avoir un corps vécu, avoir un corps vivant. Bon. Etre une monade, avoir un corps vivant : voilà que être une monade n’est plus que la moitié de nousmêmes : il faut bien que nous ayons un corps vivant ! Comtesse : je me souviens d’un texte de Leibniz où il parlait de ce que tu avançais, le vinculum. Il prend l’exemple de l’audition, à partir d’une source sonore, de l’audition d’un écho. Gilles : c’est très curieux parce que, à mon avis il y a deux textes. Le vinculum c’est très tardif

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c’était quatre note. c’est -à-dire de la paroi. Qu’est-ce que c’est. C’est tres embêtant si on emploie ça n’importe comment. La couture du corps vivant ce sera un écho. il y a un texte extraordinaire où il imagine les conditions d’un orchestre dont les différentes parties ne se verraient pas et où. c’est une unité de couture. Et vous voyez pourquoi il a besoin de ça : qu’est-ce qui fait l’unité du corps vécu. des notes ce sont des perceptions. elles sont une par une. Chez Leibniz. Le miracle de l’écho c’est.chez Leibniz. une paroi. Mettons quatre notes . on le trouve. pas tous. Pour que l’étage dans dessous existant ait un rapport quelconque avec l’étage du dessus. qu’est-ce que c’est que cette paroi ? On verra. C’est : ces deux aspects de l’événement. un nœud entre les deux. Quand du virtuel s’actualise c’est toujours dans une âme. mais ça fait rien-. Husserl se réclame explicitement. Husserl et même Sartre. nous dira Leibniz. Il n’y a pas de monade des monades. Seulement quel est le miracle dans un écho ? Comme l’a dit Comtesse. Vous me direz d’où ça vient cette paroi. il y a dans les lettres à Arnaud. Assimilez les à des monades. dans la correspondance à DesBrosse quand il dit que le vinculum est un écho. Là où ta mémoire est parfaitement fidèle. découle une unité. c’est d’introduire une unité seconde. il suppose les sources sonores. de faire l’unité avec cette espèce de groupement de problèmes : Leibniz. 160 . mais quand du possible se réalise c’est toujours dans du monde de la matière. Il y aurait des épreuves pratiques : leçon de chose. ça va ? Il faut un genèse. interrogation écrite : Est-ce qu’il y a du virtuel réel ? Deuxième question : est-ce qu’il y a de l’actuel possible ? C’est très fâcheux. ce serait un peu arbitraire s’il n’y avait pas cette évocation explicite dans la cinquième Méditation. réel. et il emploie déjà le mot “ écho ”. c’est comme si on confondait les deux étages. Du possible se réalise. Mais beaucoup plus avant. et à ma connaissance. Qu’est-ce qui peut faire l’unité du corps vivant ? Les monades c’est des esprits. et tu as très bien retenu. Ce à quoi je tiens finalement. Enfin. Le corps vécu. un écho ? Ce qui est épatant dans un écho. il n’emploie pas le mot de vinculum. il n’y aurait pas de corps vécu ni vivant. d’une multiplicité des monades. Mais cette unité secondez va être essentielle puisque c’est comme ça qu’il va expliquer le Vinculum. par exemple. c’est qu’il est second. Il faut bien qu’il y ait quelque chose d’équivalent à la paroi pour que d’une pluralité. sinon. c’est très fidèle à Leibniz ce que tu dis. du corps vivant ? Là du coup. ça c’est un point. du corps. virtuel actuel. quand du possible se réalise. mais plus vite qu’on ira . il suppose. possible. cette espèce de couture du corps vivant. mieux que ce sera. elles n’avaient pas d’unité. L’intervention de Comtesse est d’autant mieux que ça permet . une unité seconde : l’unité du corps vécu ce sera celle du vinculum. il me force à aller plus vite. à ceux qui veulent. c’est des textes d’une tres très grande difficulté.évidemment vous trouverez toujours des exemples qui ne vont pas dans ce sens. regardez le contexte chez Leibniz . Vous me direz : elle pouvait avoir des unités si c’était quatre notes extraites de telle musique.quel dommage qu’on ne termine pas làdessus-je ne tenais pas à autre chose. C’est une unité seconde. je ne suis même pas sur qu’il existe ailleurs que dans la correspondance avec DesBrosse. vous avez vos deux lignes. et c’est ça qui va être constitutif de corps vécu. Maintenant on tient bien les deux étages et on dirait qu’il faut un lien. Elles sont quatre. c’est Bellaval qui a su les commenter de telle manière que nous n’éprouvions aucune difficulté. elles sont sans porte ni fenêtre. Il y aura beaucoup de réponses. C’est évident ce que tu dis : suppose (je simplifie énormément) quatre sources sonores. Regardez si vous lisez des commentateurs de Leibniz. Quel est l’effet de la paroi ? Il va constituer l’unité par écho des quatre sources . ils emploient ça n’importe comment. vous pouvez les assimiler à des monades. puisqu’il ne le connaît pas. il n’y aurait pas d’unité . un vinculum pour que quoi ? A votre choix ! Pour que l’étage dans dessous existe.

il n’y a pas de notion plus difficile.ce n’est pas pour attaquer la notion de “ structure ”. on ne peut pas faire quoique ce soit quand on est sur de soi : je n’étais pas sur que ça marcherait jusqu’au bout. on verra bien ou ça nous mène. mais je me dis : structure. C’est effarant. très bon pour le moment. parce que des plis. replis renvoyant les uns aux autres. Et là-dessus. Plis des rochers. Dubuffet qui a reconnu sa dette à l’égard de Fautrier à propos de structures. les plis dans l’âme. qu’est-ce qu’on a fait ? C’est cette histoire des plis dans l’âme. Encore une fois. fermée sur elle-même etc… Ne pourrait renvoyer à rien d’autre. Et puis il y a les replis de la matière. Il emploie le mot “ textura ”. Il y a ces textures de la matière. c’est que les plis aillent à l’infini. il y a ce Vinculum substantialae qui surgit là. et d’une Esthétique de la matière. Ce n’est pas par hasard qu’ils ne sont pas étrangers complètement les uns aux autres. c’est la tunique du christ où les plis sont tellement travaillés. Une Esthétique des textures. Il faudrait voir si. on va faire comme si on tenait une définition. mais un des matériaux qui est le moins étudié et peut-être le plus important. Je parle pour vous. Le plissement de rocher ! Et il y ajoute un traitement des nuages qui est un véritable pli. à la fin de sa vie. ça vient de ce que l’événement est inclus dans la monade. et Paul Klee. car. parce qu’il faudra bien s’occuper un jour des textures de la matière. Finalement qu’est-ce qui rapporte les plis de l’âme aux replis de la matière et les replis de la matiére aux plis de l’âme. Mais si on se donnait un peu une récréation pour aller vers d’autres notions qui. s’ il arrive à certains d’entre vous : voyez la richesse du matériau aussi. et il y a dans tout le tableau une circulation des trois sortes de plis qui se renvoient à l’infini. C’est une étude de plis fantastique. on en a longtemps parlé. le rocher est en peinture ce qui se pli autant que l’étoffe. elles sont restées… “ texture ” est une notion extrêmement difficile à analyser. qui normalement devraient faire partie d’une Physique que de la matière. tellement d’idées. chez les grands peintres baroques. Ce n’est pas seulement effarant par la beauté. Fautrier. soyez compétitif. tout comme il traitait les rochers sous une certaine forme. on en a toujours fait. Les grands peintres de textures ce n’est pas n’importe qui. Du coup je me demande si j’arrêterais aussi vite que je pensais…peu importe qui va conférer à la matière des textures. Tres bien. ce n’est pas que ce soit trop mal. à propos des textures. sans quoi le corps inorganique ne serait pas un corps réel.Au début de l’année je vous disais : le baroque. serait purement un corps imaginaire. C’est effarant. Il a fait sept ou huit Christ au Jardin des oliviers.. Maintenant qu’on touche au bout. et puis on verra bien. Et puis. la couture passant par le corps vivant. Leibniz. Et entre les deux. 161 . Il y a volontairement une manière de traiter les nuages. je dirais qu’à votre âge. En même temps ça m’embête parce qu’on avait parier que tout ça tiendrait sans couture. ce qui est bien sinon rien ne vaut. à mon avis. Repos. ça fait un certain nombre d’années. Voilà qu’il a peut-être eu besoin d’une couture. Et on trouverait que c’est des espèces de baroques modernes. il n’y a que des plis. Je vois trois grands peintres modernes des textures. vraiment. Il devait avoir tellement. et dans quoi. ou dans vos projets de travail. il n’y a que ça ! Les plis sont distribués sur trois registres : plis du tissu. Il y en a un qui est à Londres et qui est tellement bizarre. plissement de nuages. et ce n’est pas au sens où tout tissu fait des plis ! Si vous voyez une reproduction de ce tableau. qu’est-ce que c’est que cette beauté du Greco ? Biensur tous les tableaux n’ont pas cette formule là. c’est la peinture. la monade. allez voir. Et je vous disais que le baroque ce n’est pas faire des plis. c’est tellement plus beau . qu’est-ce qu’il y a ? Il y a cette couture. si peu de temps avant sa mort. et je le cite car c’est l’épreuve de notre hypothèse : tout y est plis. il y a du “ matériau industriel ”. je tombe il y a quelque jours sur des catalogues du Greco : c’est effarant. il y a déjà ce qu’on peut reconnaître comme des textures radicales. je vous dirais : bien oui.

Surtout ne l’inversez pas. c’est pas mon affaire-. Quand on dit. qui n’ont pas de région particulière. une fois dit que j’exprime le monde entier. Vous-vous rappelez de cette genèse qui consiste. le sang du Christ deviennent le pain et le vin. mais je l’exprime obscurément et confusément. Par exemple un papillon ne renvoie pas à une monade comme vous ou moi. c’est que la monade se suffit pleine et entière sans porte ni fenêtre. C’est la première proposition. Il y a une grande hiérarchie des monades. cela veut dire que dans le domaine des corps. En effet ça ne peut pas être autrement. et qui a du servir à certains catholiques parce que le père Desbosse à l’air content. Il y a toute une hiérarchie des monades. la monade contient tout. attention : elle a une petite région privilégiée qu’elle exprime particulièrement ou clairement. donc j’exprime une région privilégiée ! La seule chose qui soit sure c’est que la région privilégiée. quelque chose se rapporte à telle monade. il faudrait faire des études très précises. Leibniz personnellement est protestant et ne croit pas en la transsubstantiation. la monade c’est César. Donc j’ai un corps. Seulement. à ma connaissance il n’a aucune position spéciale. Ceci dit. Elle exprime l’univers entier.Question : sur le Christ. que la monade a un corps. Il n’y a aucune incarnation de la monade. Il ne faut surtout pas dire. de dire : j’ai un corps. On l’a vu. mais si j’étais vous je dirais des choses comme ceci. il ne faut surtout pas identifier monade et événement. pour aller plus vite. mais ça pas d’importance parce que ce n’était pas dans ton esprit. Deuxième proposition : donc j’ai un corps. C’est ça qu’il faut comprendre. Surtout distinction monade –événement. à partir de la monade. je réponds très vite parce que plus la question est “ fondamentale ” plus faut répondre vite. il suggère que certaines monades restent dans la nuit complètement. L’événement. bien qu’on soit tenté constamment de l’inverser. mais il consent à donner une aide au père Desbosse qui se fait beaucoup de soucis à cet égard. A mon avis : les animaux ont une monade qui exprime une petite région claire. Sentez déjà tout ce qu’on aura pas le temps de faire. Ce serait plus commode.(Rires). moi je suis incarné ? Est ce que ça réalise. Il posait un problème tres particulier au niveau de la transsubstantiation. mais c’était dans ta formulation. il est incarné comme toutes les monades sont incarnées. l’événement c’est franchir le Rubicon. Sentez qu’il y a toutes sortes de monades chez Leibniz. expriment une petite région claire. pendant un certain temps. passage du corps du Christ au corps peint. Est-ce que le Christ pose des problèmes particuliers ? Oui ! Mais bizarrement pas au niveau de l’incarnation. et il lui dit -et c’est un moment assez gai dans la correspondance avec le père Desbosse. Par exemple une 162 . Il faudrait se demander : est-ce qu’il y a des monades qui n’expriment rien clairement. pour une raison simple. sauf qu’il est sûrement l’archétype ou le modèle de l’incarnation. Est-ce que le Christ est une monade qui dit : je suis incarné.si j’étais vous-moi je n’ai pas ce problème. Il y en a d’autres qui. comme cela. Suivant les occasions. Deuxième point : jamais la monade n’est incarnée. mon petit département que j’exprime clairement. l’incarnation d’une monade ? Est ce que le christianisme ou le Christ lui-même serait un événement spécifique ? Gilles : C’est pas grave. or la transsubstantiation n’est pas l’incarnation. peut-être. Leibniz varie suivant les occasions. Tu vois ? Il pose donc un problème particulier au sens de passage d’un corps à un autre. c’est la trans-incarnation où le corps. elle exprime le monde entier. c’est même la monade de l’incarnation. il y a des statuts de monades très différents. c’est ce qui se passe et qui arrive. d’une certaine manière. Repartons de notre genèse. et il donne de la transsubstantiation un interprétation des plus étranges qui doit faire la joie de tous. la monade c’est ce qui contient ce qui se passe et qui arrive . chez Leibniz. forcément. Là les textes sont tres difficiles. En tout cas quant au Christ et à l’incarnation. donc si le Christ est incarné.

mais on perçoit le tout. il cherchait à établir un rapport entre l’accroissement de l’excitation et le surgissement de la sensation. ou bien ça nous rappelle quelque chose sur la psychophysique. Je cite la page 215 dans les morceaux choisis de madame Prenant : ”J’avais dis que l’âme exprimant naturellement tout l’univers en certain sens. C’est toujours une chose fâcheuse. vous n’entendez pas même le bruit d’une vague lointaine. qui au moment du baccalauréat nous a été très pénible. un post-romantique. je dirais que c’est une espèce de fou grandiose. Alors c’est assez curieux qu’il ait crée cette discipline.vache exprime clairement son pré. puisse être dit en même temps la condition sous laquelle se rapporte. je dois dire que les réponses de Leibniz sont étonnantes. et deuxièmement : la monade. Pourquoi ? Parce que ce qui est premier c’est la monade sans porte ni fenêtre. Un psychologue. D. On les appelle. Et il a comme propriété géniale d’être leibnizien. il s’appelait Fechner. x. ce n’est pas dur à comprendre. c’est un très grand romantique allemand. Leibniz semble nous dire qu’il n’y a que les âmes raisonnables qui ont une zone d’expression claire. c’est ça le sens des organes. je ne peux pas dire premièrement : j’exprime clairement ce qui passe par mon corps. tout ce que vous voulez. comme on nous le fait croire dans la psychophysique. On n’a pas le temps. Mais vous voyez. ceci : il y a des petites perceptions inconscientes. tout à fait à sa base. Je voudrais juste vous les donner pour que vous réfléchissiez. tout ce que j’exprime clairement. ça c’est un des points fondamentaux de la psychophysique. Si vous regardez les textes. et d’une certaine manière il faut bien que ça passe par mon corps. Les exemples qu’il donne volontiers. ce n’est pas un compliment. mais vous entendez le brouhaha. dans les lettres à Arnauld notamment. la petite portion que j’exprime clairement. Bien plus. Seulement du fait qu’elle exprime son pré. Première réponse : qu’est-ce qui explique que le corps. l’univers entier. et puis petit à petit la vague plus proche. Et puis vous pouvez les soumettre à des additions et à des soustractions 163 . où passe tout ce qui se rapporte à moi. y. Essayez de comprendre si peu que ce soit. c’est : vous n’entendez pas le bruit des gouttes d’eau si elle est assez loin. et avec ces petites perceptions inconscientes nous faisons une perception consciente. jusqu’à ce que ça devienne une perception consciente : le bruit de la mer. Pourquoi est-ce qu ‘elle a une région d’expression claire ? Parce qu’elle a un certain nombre de singularités autours desquelles elle est constituée. elle exprime de proche en proche le monde autours. Votre zone d’expression claire c’est ce qui concerne votre corps. et selon le rapport que les autres corps ont au sien. On a envie de dire que c’est très simple : on ne perçoit pas les parties. loin d’être un savant positif. J’essaie de vous la raconter parce que…Vous trouverez dans Leibniz toutes sortes de textes disant. que je ne saisis que si confusément. car Fechner est un philosophe du XIXe° siècle qui est génial. à moi. sur ces deux problèmes. Et on a envie de les interpréter dans le sens partie-tout. Donc même les animaux. Vous avez deux quantités x et y ce sont des variables. Et sur ces deux points. Mais dans d’autres textes. Ou bien il dit : vous n’entendez pas ce que disent chaque personne dans une foule. et si on la transporte dans un autre pré. Il y a beaucoup de textes de Leibniz dans ce sens. mais les textes sont multiples. en gros. mais peu importe. j’ai l’impression qu’on va s’apercevoir de quelque chose de beaucoup plus curieux. Vous pouvez les soumettre à des augmentations et à des diminutions quelconques.c’est ça qui définit ma région claire : tout ce qui affecte mon corps . par exemple : D. C’est en conséquence. parce que le bachot est toujours une chose fâcheuse. Même une vache a une zone d’expression claire. Bien plus. je dis…Fin de la première partie… Deuxième partie : …Qu’est-ce qui me permet d’affirmer le corps comme objet de la perception. elle change d’expression claire. du calcul infinitésimal à sa base.

" Peut-être vous rappelez-vous: ce fut nos premiers mots cette année. Peu importe. le pathos arrive. et c’est très simple. c’est ce concept devenu fondamental pour la philosophie. si vous m’entendez. 25/05/1987 Donc. Donc. Cette philosophie des deux étages. c’est le style de Leibniz. Donc je viendrais pour ça. Comme je vous l’ai dit la dernière fois. écoutez moi bien. Ensuite notre travail de cette année est fini. ou que vous-mêmes la corrigiez. LEIBNIZ. vous musiciens. puisque c’était notre point de départ. Il faudrait arriver à ces deux étages: est-ce qu’ils ont une loi commune. à ce qui doit emporter la balance: ou bien la mesure et le mouvement qui constituent la physique. je coupe. ce qu’il faut bien peser avant que de décider sur ce qui doit emporter la balance.DELEUZE. Mon téléphone est dans l’annuaire. ça ne les intéresse pas. la musique connaît une mutation très 164 . aujourd’hui et la semaine prochaine. Les autres mardi je viendrais uniquement pour régler les cas de premier cycle. est dans l’harmonie et les inflexions. le pathos. Et ce sur quoi nous voulions finir depuis le début. "Celle du pathétique." Rameau nous dit: réfléchissez bien. en gros – mais on aura vu entre-temps que ce n’est pas celui des âmes et celui des corps. et notamment sur le rôle qu’a le vivant ou l’organique. on sait nous déjà que. mais que c’est une raison du mouvement qu’il appellera la force. les travaux que certains d’entre vous doivent me remettre. C’est pour ça que je dis "rêveries" parce que chaque fois que je dis une phrase il faudra la corriger. Et que ce par-delà le mouvement qu’est-ce que c’est? C’est l’altération. qu’a t-il à voir avec ce qui. on rêve. "L’expression du physique… celle du pathétique. L’expression de pathétique. au contraire…" – est-ce qu’avec Leibniz le pathétique arrive? Là. Voilà. J’ai reçu un papier où certains d’entre vous ont besoin d’un certificat. ce n’est pas le mouvement qui compte. Je continue: "L’expression du physique est dans la mesure et le mouvement. à peu près à la même époque. Reste aujourd’hui et la prochaine fois. la physique musicale. Pourquoi? Parce qu'il nous dira que par delà le mouvement il y a quelque chose d’autre. au contraire. je me dis que ça renvoie peut-être à la musique qui précède. harmonie des corps entre eux. Une visite des deux étages. au contraire est dans l’harmonie et les inflexions. chez Leibniz. Les autres. la variation. ou bien le pathétique qui réside dans l’harmonie et les inflexions. L’expression du physique est dans la mesure et le mouvement. et ensuite je ne peux pas – pour mille raisons – continuer. et ensuite. s’était développé [en] un travail qui aurait du durer deux ans. J’avais envie de vous proposer une série de parcours concernant les deux étages. par associations d’idées. Hé oui. harmonie des âmes avec les corps. troisième cycle. Si bien que ce que je fais maintenant. en n’abusant pas du téléphone. à peu près à la même époque. Et ça devrait nous amener aux rapports respectifs des deux étages: celui des âmes et celui des corps. quand il s’est agit de définir la philosophie de Leibniz – dire: partons des inflexions. Donc je ferais des réunions. L’âme et le corps. c’est beaucoup plus ce qui aurait été la matière pour une autre année. ou si vous préférez un ensemble de rêveries: j’aimerais beaucoup que vous interveniez s’il y a un point de rêverie sur cette organisation de la philosophie de Leibniz." Si je lis le plus bêtement. Si on consent à l’idée que. nous avons deux séances dont je vous demande pardon de vous les présenter si rapides. deuxième cycle. Harmonie des âmes entre elles. C’est un peu comme si ce cours sur Leibniz. en avançant un petit peu et surtout en reculant. où je lis: "l’expression du physique est dans la mesure et le mouvement. C’est pas ma faute. quels sont leurs rapports? Et ce rapport nous le pressentons déjà: c’est ce que Leibniz appellera celui de l’harmonie. se passe en musique? On me donne là par exemple un petit livre de Rameau. Si par hasard je ne pouvais pas venir vous aurez la gentillesse de me téléphoner.

Et on a vu comment avançait. ou que la ligne à événements. On va de l’inflexion à l’enveloppement. les deux étages baroques. Pourquoi estce que c’est ça qui est fondamental? Je ne recommence pas. il va de soi que tout événement concerne les corps. ça répond à l’objection que je me faisais: comment vous dire… Je vais vous parler de l’esprit. mais je dis juste: cet aspect-là. lorsque Leibniz présente ce qu’il nous donne comme ses concepts fondamentaux – l’harmonie préétablie. Et le monde. ça fait référence à un texte célèbre de Platon. c’est une succession infinie d’inflexions ou d’événements qui seront nommés: états du monde. donc l’aspect par lequel l’événement concerne les corps. Pourquoi est-ce que Socrate est assis dans sa prison en attendant la mort? Et Platon demande: est-ce qu’il a des genoux qui peuvent plier? D’accord il a des genoux qui peuvent plier. ça veut dire: ce qui compte. Vous vous rappelez. car il y a un autre aspect de l’événement. est-ce qu’on ne peut pas penser aussi que. c’est quoi? C’est un ensemble. L’inflexion c’est la figure abstraite de l’événement: l’événement. Ça n’empêche pas que ce n’est pas parce qu’il a des genoux qui peuvent plier qu’il est assis dans sa prison. vous vous rappelez. Il est entendu qu’on ne peut pas dire tout à la fois. Leibniz. et invoquer des événements et des inflexions. Socrate est assis dans sa prison. Alors essayons de répartir ces étages. on ne s’en occupe pas pour le moment. mais il n’est pas seulement dans les corps. On s’était dit: c’est ça. ça veut dire quoi? Concrètement. Elle exprime le monde en quel sens? Les événements sont ses prédicats. c’est l’inflexion. C’est que déjà tout est mêlé. et par là de ne pas avoir compris la nature du mouvement – estce qu’on ne peut pas se dire: oui. il faudra dire qu’une monade est une condensation de singularités. c’est le cas concret de l’inflexion. et les causes finales. on s’était dit ceci: ce qui est fondamental. Si bien que. et il le dira avec plus de force – . on le laisse de côté pour le moment. ou que. c’est une ligne à inflexions. si vous voulez. et je ne veux rien dire d’autre. c’est l’événement. Bien ça éclaire un tout petit peu. et que en même temps il reproche à Descartes et aux cartésiens d’en être resté au mouvement. Mettons représentation abstraite d’une ligne qui présente des singularités intrinsèques: c’est une ligne à inflexions. Si vous me dites: mais ce n’est pas une dualité? Non ce n’est pas une dualité. qui concernera fondamentalement Bach. et qu’il oppose l’harmonie préétablie à Descartes et aux cartésiens. Il est assis dans sa prison parce qu'il trouve que c’est bien. peut être: c’est comme une curieuse manière de définir et de commencer à présenter un étage dont vous vous attendez déjà – en vertu de tout notre passé – à ce que ce soit l’étage des âmes. on tient quelque chose. et je ne pourrais sans doute pas citer un seul événement qui ne concerne les corps. qui concernera déjà Monteverdi. Des singularités intrinsèques.importante. la ligne baroque. je suppose que vous l’avez un peu présent. A quoi vous me direz. Il trouve que c’est bien de ne pas chercher à s’évader. mais dira aussi Leibniz. C’est une ligne qui n’est pas une ligne droite. Socrate est assis dans sa prison parce qu'il trouve ça bien: cause finale. On l’avait vu chez Paul Klee. et puis commencer par un événement comme être assis dans sa prison. s’il est vrai que toute inflexion est une singularité. Je ne reviens pas là-dessus. une monade exprime le monde. l’un est strictement dans l’autre – mais de quelle manière? Quelle relation il y aura entre les deux aspects: l’événement est bien dans les corps. Il attend sa condamnation. mais qui présente des singularités. Concrètement. L’événement. est enveloppée dans une unité spirituelle qui s’appellera monade. On peut s’étonner que la confrontation n’est pas été faite encore entre Leibniz et la musique. cette histoire. Et on a vu à quel point il pouvait être ruineux pour une compréhension de la philosophie de Leibniz de penser 165 . dans cette découverte de l’esprit. Qu’est-ce que ça veut dire? Comprenez: tout acte doit être rapporté à deux choses à la fois – les causes efficientes dira déjà Platon. Ou si vous préférez. C’est que la ligne à inflexions. est une singularité intrinsèque. Je vais dire une chose très simple: tout événement est événement de l’esprit. et presque l’unité du monde. Vous voyez.

très bien. les monades auraient été autres puisqu’elles auraient exprimé un autre monde. par exemple. Et immédiatement le problème rebondissait: pourquoi pas une seule monade? Pourquoi tant de monades? Pourquoi il y a t-il une infinité de monades qui expriment le même monde? La réponse que Leibniz nous donnait. il allait se réduire à rien. Ce qu’il y a. un monde commun. chaque monade. on ne peut même pas dire – Leibniz dit dans un texte –. elles n’ont ni porte ni fenêtre. ce qu’il dit si bien: chacun a son département. Et il faut dire à la fois que les monades sont pour ce monde qu’elles expriment – si le monde avait été autre. Faisons encore un pas de plus dans l’examen de cet étage – vous voyez nous sommes dans un étage très curieux. pourquoi Spinoza a t-il tort. Elles sont entièrement fermées sur soi. on ne comprend rien à ce que veut dire Leibniz. c’est qu’il y a bien une raison individuelle. c’est comme si c’était une visite d’un appartement sur ces deux étages.Est-ce que c’est du fait que toutes les monades ont un contact les unes avec les autres qu’on peut déduire que le monde n’existe pas? GillesDeleuze: non. elles sont closes. c’est "César franchit le Rubicon". au niveau de l’esprit. c’est l’âme qui est sombre. mais au moins on a fini ce point qui était notre point de départ. qui me permet de dire à la fois que chaque substance individuelle. Surtout vous m’arrêtez. Chacun de nous n’exprime clairement qu’une petite portion du monde. ça c’est un premier stade qui me permet de dire à la fois. ça aurait été un autre monde. Il aurait choisi un autre monde. selon Leibniz? La réponse de Leibniz. on ne peut pas dire qu’elles sont lointaines ou distantes. il faut dire que chaque monade a une infinité de plis. c’est des notions qui nous font visiter cet étage des âmes. Il aurait pu faire passer d’autres monades à l’existence. A quel point. mais à ce moment là. Nous n’exprimons pas la même région du monde. Comprenez pourquoi j’insiste tellement là-dessus: si on a pas ça. 166 . il y a bien un principe d’individuation des monades. Et si on a rapproché si fort Leibniz et Whitehead. chez l’homme de progrès. alors que les prédicats étaient des événements comme exprimés par des propositions. c’est pour cette raison – ce sont des philosophies de l’événement où finalement tout est événement. c’est l’âme qui est obscure. moi. Car ce serait contradictoire. et comme le monde n’existe pas hors des monades qui l’expriment. si on ne comprend pas ça très vivement. indépendamment du corps – c’est ça qui m’importe chez Leibniz. et par là même tout est prédicat de sujets. c’est sa petite portion privilégiée qu’elle exprime particulièrement.que les prédicats étaient des attributs. c’est pourquoi est-ce que il n’y a pas un seul monde. mais elles n’expriment clairement qu’une petite portion du monde. si vous vous rappelez. je ne reviens pas là-dessus. Donc. Donc il faut dire à la fois que les monades sont pour le monde qu’elles expriment. Si bien que qu’est-ce que le monde? C’est l’exprimé commun de toutes les monades que Dieu a fait passer à l’existence. c’est que l’obscurité ne vient pas du corps. à presque rien. Question: une petite chose qui me trouble. c’est que les monades. et on a vu cette notion bizarre de choix du monde chez Leibniz. à quel point il pouvait être réduit ou étendu.Encore une fois. Elle n’a qu’une petite région de clarté. département dont on a vu. des attributs de jugement. d’unités individuelles qui expriment le monde. Le type de la proposition chez Leibniz ce n’est pas "le ciel est bleu". Tout ça. à savoir qu’elles expriment toutes le même monde à l’infini. s’étendre. Sa petite portion de clarté. Si je disais: les monades n’ont strictement rien à voir les unes avec les autres parce qu'elles sont en contact. Et apparaissait ce thème de la pliure. si bien que dès le début. le monde est plié dans chaque monade. Elle exprime particulièrement une notion privilégiée: vous. et au contraire. déjà. ça n’irait pas parce que ce contact formerait un quelque chose de commun. c’est que le monde est exprimé par chaque monade. oui. chaque âme ou esprit – prenons les comme identiques – exprime la totalité du monde. Alors si vous me dites: ça sert à quoi? On fait de la gestion. un seul Dieu. quelqu’un qui vivait il y a mille ans. cet étage des âmes. chez le damné. mais que ce monde n’existe pas hors des monades qui l’expriment.

mais il faut que je dise aussi: les monades n’existent que pour le monde qu’elles expriment. Il choisit un de ces mondes. telle autre monade. Si l’expression c’est un rapport entre un exprimant et un exprimé. puisque les substances individuelles. tome 7 des Œuvres philosophiques. parce que d’une certaine manière – on le verra la prochaine fois – c’est avec le baroque que la musique se réclame d’une valeur expressive. nous conviendrait peut-être pour la musique. [il y a] énormément de textes de Leibniz sur l’harmonie. Sinon. celui qui a le plus de quantité de réalité. Pourquoi? Parce que. où Leibniz analyse le rapport d’expression. on serait dans la situation [????]. On a vu cette longue analyse. Pour Leibniz. je ne pense pas qu’il soit traduit. comme on aura pas le temps. il aurait pu en créer un autre. J’insiste là-dessus parce que si on ne comprenait pas à ce niveau. vous comprenez. c’est un rapport qui concerne l’expression. S’il crée un monde commun dans lequel il y aurait des individus. c’est l’essentiel. 167 . on voit déjà que l’harmonie. Il faut à tout prix maintenir les deux aspects. Il n’a pas crée telle monade. ou si vous préférez tout ce qui donne lieu à une inflexion est plié dans la monade. Bien sur le monde n’existe pas hors des monades. etc. on ne comprendrait rien au reste. ni en termes de philosophie. donc il n’y a pas de monde qui ne soit plié dans cette espèce d’enveloppe: la monade. Peut-être un peu ce que Rameau appelait "le pathétique". mais on verra. compossibles les uns avec les autres. Je dis: l’harmonie. mais les autres mondes qu’il aurait pu créer… Il a la conception d’une infinité de mondes possibles. celui qui a le plus de réalité. c’est que: tout prédicat est dans le sujet. Donc je peux dire: le monde n’existe que dans les monades qui l’exprime. des sujets. l’exprimant est dans une correspondance réglée avec son exprimé. C’est un rapport d’expression. à moins que je ne définisse ce rapport. Leibniz revient tout le temps à ceci (exemple typique): Dieu n’a pas crée Adam pêcheur. C’est Quid sit idea. d’autre part. Et je crois que si on réunit tous les textes. Je pense à un texte célèbre de Proust où comment un monde peut être plié dans un personnage. Quand il fait passer ce monde à l’existence. et en même temps. On cherche ce qu’il y a de commun. D’une part l’exprimé n’existe pas hors de son exprimant. c’est-à-dire le plus parfait. si vous comprenez bien que l’événement est toujours une inflexion. C’est bizarre de dire que les monades sont pour le monde qu’elles expriment mais ce monde n’existe pas en dehors de ces monades. l’harmonie. Quelle joie… Je n’aurais jamais cru arriver à quelque chose de si clair et abstrait à la fois. parce qu’à ce moment là elles n’exprimeraient pas le même monde. et que ça ne convient à rien d’autre: deux choses sont en harmonie quand elles sont dans cette situation. faisons une hypothèse. Pourquoi? Parce que. il a crée le monde où Adam a pêché. Aucun sens. et là je ne parle pas en termes de musique. en quoi consiste ce rapport? Je propose comme hypothèse: il est double. vous ou moi. et bien l’inflexion n’est plus que enveloppée dans… je ne recommence pas. Il a crée un monde. dans une personne.. GillesDeleuze: c’est ça. il ne pourrait plus rien faire. c’est fichu. le monde est perpétuellement plié dans des unités individuelles. l’introduction du baroque. elle nous servira pour la prochaine fois. c’est la réalité même qui n’a aucune existence hors des substances individuelles qui l’exprime. c’est l’expression comme rapport. C’est le cas. comme il dit. qui ne sont pas. Je renvois à un texte qui est en latin. il le fait passer dans et en créant l’infinité des monades qui expriment ce monde. quand il emploie le mot harmonie.Question: mais vous avez parlé une fois des rapports. telle autre monade. La valeur expressive de la musique. Je pense à tout à fait autre chose. Je devance presque quelque chose: qu’est-ce que c’est que la notion de l’harmonie? Leibniz. Je crois que c’est ça. je dis: à l’occasion de cette question. Tiens ça. La question est très bonne parce que si vous lâchez un des deux aspects. L’harmonie. Comment est-ce qu’il existerait? Il n’existe pas hors des monades pour une raison très simple. c’est un rapport d’expression – mais qu’est-ce qu’un rapport d’expression? J’appelle rapport d’expression un rapport entre un terme dit "exprimant" et un terme dit "exprimé". ça c’est déjà. ce que c’est une idée. Mais ce monde n’a aucune existence en lui-même indépendamment des substances individuelles. comme il dit.

Il y a une torsion hors de moi. c’est-à-dire chacune a sa zone privilégiée.Je crois que ce texte. il a sa petite portion d’expression claire. Il n’existe pas. Il faut les deux à la fois: ce que j’exprime n’existe pas hors de moi. Toute créature est finie. Quelles différences entre les monades? Elles l’exprimeront tout entier d’un point de vue – là ça se complique –. mais je crois que ce texte favorise cette conclusion que j’en tire. Je dis: les monades. Mais notre finitude. c’est Dieu. Ce que j’exprime n’existe pas hors de moi. il n’est actuel que dans les monades dont chacune l’exprime tout entier. Qu’est-ce que c’est en mathématique? – alors là. Différemment. Question: inaudible. Question: D’où vient cette limite? GillesDeleuze: nous sommes finis. GillesDeleuze: impossible. par exemple l’énergie potentielle. La théorie du point de vue. ça veut dire que nous n’exprimons qu’un seul monde parmi tous les mondes compossibles. C’est pour ça que je vous disais: il y a une torsion entre l’exprimé et l’exprimant. C’est curieux parce que je m’attendais à ce qu’il n’y ait pas de difficulté et on est toujours surpris. Je dis à la fois: le monde que Dieu a choisi n’existe pas hors des monades qui l’expriment. à travers Dieu le monde est quand même infini (GillesDeleuze: ouais. on a vu en quoi elle consistait. GillesDeleuze: évidement… Je fais mon petit dessin. Lui il exprime adéquatement et distinctement. Je le fais en pointillé parce que comme monde il n’a d’existence que virtuelle. ça va tellement de soi que le monde n’existe pas en dehors des monades puisque si on demande: qu’est-ce que l’existence du monde? Il dit: c’est les monades. il y a une irréductibilité absolue des monades les unes par rapport aux autres. C’est la conséquence de quoi? C’est la conséquence de notre finitude. GillesDeleuze: pourquoi? Il faut trouver un autre mot. il n’y a pas deux monades qui expriment le monde de la même façon – on l’a vu. je ne veux pas dire que ce soit dedans. mais l’infinité des autres univers. Matière première voulant dire: puissance de finitude. on l’a vu. Question (d’Isabelle Stengers?) : en physico-mathématiques. Question: si toutes les monades sont finies. d’une part. et que nous n’exprimons clairement qu’une petite région de ce monde. en fait l’ancêtre de la théorie des champs 168 . S’il n’y a pas les deux caractères. j’ose tout… –. c’est une très bizarre relation. non seulement l’univers qu’il a choisi. si on ne pourrait pas dire en mathématique que une fonction est fondamentalement expressive. c’est-à-dire du fait que nous n’avons pas seulement une force expressive. j’avais proposé un autre mot: le monde n’existe pas hors des monades – il faut dire qu’il insiste. mais ce n’est pas loin de ce qu’on appelle une fonction! Et je ne sais pas si en mathématique si on ne pourrait pas dire – je sais qui pourrait nous le dire. cette relation entre un exprimé et un exprimant. d’après son propre point de vue… je sens que tu n’es pas leibnizienne…. non pas pour moi. Vous voyez pourquoi? C’est parce que ce qu’il ne veut pas c’est l’idée de un seul monde. c’est que les physiqcien-mathématiciens ont construit des fonctions globales. Pour moi. pour Leibniz. Question: mais Dieu est plus que la totalité des monades. ça laisse quand même supposer qu'il y a un monde qui existe en dehors des monades. le champ. mais chaque monade a un rapport réglé avec le monde. tout à fait à propos d’autre chose. si une fonction n’est pas un rapport entre deux termes tels que l’un n’existe pas indépendamment de l’autre et l’autre n’existe pas indépendamment d’une correspondance réglée avec l’un. Si bien qu’on peut dire: le monde n’existe que dans les monades. mais que nous ayons – on l’a vu une fois précédente – une matière première. moi je n’existe que dans une correspondance réglée avec ce que j’exprime. mais ça m’ennuie de l’ennuyer –. et en même temps. Il y a longtemps. le problème s’est posé à la fin du XVIIIe siècle. C’est que chacun d’entre nous a son département. Mais il ne devient actuel. puisqu’il y a une infinité de monades). il y a un seul être qui n'a pas cette limite. c’est l’existence du monde. c’est la théorie du point de vue.

je vous le rappelle. c’est quoi? C’est: "j’ai un corps"! Il faut que j’ajoute.aujourd’hui. que je n’ai qu’un petit bout d’expression claire. bien entendu ce n’est pas lui qui résout les problèmes de la science actuelle. c’est la petite région claire que chacun de nous exprime. Et nous qui sommes leibniziens. ou un esprit? A l’étage où on est on ne peut rencontrer que 169 . problème…. Et on l’a vu notamment la dernière fois grâce à l’analyse de la perception. Or le point de départ de tout arrachement de la vérité. les choses perceptibles vers des [????] et séries infinies qui allaient plus loin jusqu’à l’idée de Dieu. nous avons une part obscure. c’est là-dessus que j’insiste: le corps. ça? Ce n’est rien [d’]autre qu’une autre manière de dire qu’il y a plusieurs monades. nous avons une part noire. il n’y a que ça. c’est toujours la théorie des points remarquables. mais ça ne veut pas dire le mal. de séries convergentes vers des réquisits qui dépassaient les choses. c’est quoi. nous pouvons dire. au niveau de la théorie de la matière. il y a déjà une grande variété: c’est que toutes les monades ne se valent pas. c’est la pluralité des monades qui fait que seul Dieu n’est pas à l’ombre. Qu’est-ce que ce serait ces monades? En d’autres termes: est-ce que toute monade est une âme raisonnable. Mais nous. on accédera à d’autres vérités dont on avait fait l’analyse. Ça veut dire que toute vérité doit être arrachée à ce sombre. En d’autres termes: que je ne n’exprime pas la totalité du monde clairement. que je ne suis pas seul au monde. mais est-ce qu’il n’y en a pas qui elles se contenteraient d’une zone de perception remarquable ou remarquée et n’atteindrait pas aux vérités divines. force primitive passive nommée matière première et qui ne fait qu’un avec sa finitude. compte tenu des problèmes énormes qui s’y posent: problème de la liberté. Le rapport de symétrie a été posé par l’électromagnétique (GillesDeleuze: ouais. les expressions de monde. mais les âmes et les esprits raisonnables ont en effet leur manière d’accéder à la vérité. ouais…). et c’était des analyses de séries. au fond. Et à partir de la constitution de la perception remarquable. les mondes incompossibles. On arrête cet étage là et on demande tout de suite: qu’est-ce qui se passe? Dans le premier appartement. Ce sera la possibilité du mal. nous avons une part sombre qui est le fond de notre âme. la liberté. dans le premier étage. que des dérivées locales du champ intégral. enfin tout ce qu’on a dit. Il n’y a que ça. c’est la part des autres. Continuons. et au départ ont été construit à partir de forces qui elles ont des définitions purement locales. on a vu que ces perceptions consistaient à tirer du sombre une clarté où des petites perceptions non remarquées – comme il dit. c’est la part des autres. nous ne l’avons pas encore fait intervenir. Mais quand on part de la définition du potentiel (juste après Lagrange). Les perceptions intérieures de la monade. Et on a vu comment dans chaque monade se faisait cette constitution d’une perception remarquable. puisque les monades en exprimant le monde perçoivent les événements. On a tout fait. ou que le champ intégral était construit par intégration à partir des forces locales. Non seulement on a vu que les monades avaient des zones d’expression claire plus ou moins grande. la force n’apparaît plus que comme une fonction qui est une dérivée locale d’une fonction qui représente l’intégrale du système au même moment. mais que lui il résoudrait le problème que tu dis au niveau de l’autre étage. Je ne reviens pas là-dessus mais tout ça agrandit de plus en plus l’appartement. Il fait trop chaud… L’ombre. Cette pièce des âmes. Et. et pendant tout un temps il y avait une symétrie parfaite entre l’idée que les forces n’étaient. C’est toujours la théorie des points singuliers. Ce que nous avons fait intervenir c’est la matière première – c’est-àdire toute substance individuelle ou monade comporte une force primitive active et une force primitive passive. et tout d’un coup ce qui va définir l’autre étage. à partir de là. Elle est énorme puisqu’elle contient déjà le monde entier. Le sombre en moi. une perception remarquable. les âmes ou les esprits. Chacun de nous a son département. on l’a vu. Le champ a pris son autonomie… pas réconcilié la relativité d’Einstein qui est sur le champ gravitationnel et l’électromagnétisme… GillesDeleuze: d’accord. ce qu’on va voir si on continue cette visite. Et ça ne veut pas dire le Mal. n’atteindraient pas aux séries infinies.

et c’est là que joue le couple leibnizien virtuel-actuel. Ce n’est pas le même étage. Il y a déjà un espace et un temps à l’étage supérieur. c’est comme une espèce d’escalier – c’est quoi? C’est l’annonce: j’ai un corps. réduite. Je réponds du mieux que je peux à votre question: cet espace et ce temps n’a encore rien à voir avec l’étendue et avec la durée. Donc je dis: allez. Ça c’est déjà compris complètement. Or qu’est-ce que l’événement réclame en plus? C’est très beau! Il me semble que c’est très beau: Socrate s’assied sans sa prison parce qu'il trouve que c’est bien. ou de moments dans le temps. Et qu’est-ce que c’est l’événement comme détermination spirituelle? C’est l’événement ou l’inflexion en tant qu’elle s’actualise dans un sujet individuel. Question: est-ce que l’événement réalisé est le déploiement du temps? Où est le temps? GillesDeleuze: l’événement réalisé n’est pas le déploiement du temps. c’est exactement mon département. En effet ce que j’exprime. Si vous préférez: la monade est l’existence actuelle du monde. Encore faut-il aussi qu’il ait des genoux qui plient. votre question est très juste car le temps et l’espace. je ne vois rien de plus beau pour vous dire une chose si simple: il faut aussi que l’événement s’inscrive dans les corps. et ça va être ça l’étage dans dessous. Le temps et l’espace suivront tout cet ensemble. et dès lors concerner le rapport d’autres corps avec le mien. par exemple. Vous vous rappelez: le monde est une virtualité. Il n’est infini que par conséquence. il ne peut se réaliser que dans une interaction de corps sur le mien. Et finalement peut-être que tout sera entre les deux car ce qu’on a vu comme appartenant au premier étage. ce que ma monade exprime clairement. Question: il serait infiniment virtuel? 170 . Donc le temps comme ordre des successions possibles. Le corps. c’est-à-dire de la puissance passive ou. Que j’ai un corps cela découle de ma finitude. pourquoi? Première raison: parce que je ne peux exprimer qu’une portion claire. votre esprit en tant qu’esprit ou bien coexiste ou bien ne coexiste pas avec celui. En d’autres termes. il n’y aurait pas un temps et un espace vides qui serait remplis par l’action de Dieu. si bien que dire qu’elles pourraient [????] d’espace. L’annonce que j’ai un corps! Comprenez en quoi ça ouvre… ça va ouvrir quoi? Qu’est-ce qui l’exige que j’ai un corps? C’est l’événement. Mais alors il faut rajouter d’autres choses. et le monde n’existe actuellement que dans les monades. on saute à l’autre étage. c’est cela qui sera dit concerner mon corps. seulement ce temps sera uniquement l’ordre des possibles coexistents. sinon il est pure virtualité. Vous n’êtes pas de la même époque. Il faut aussi que l’événement s’inscrive dans les corps. de César. sans changer ellesmêmes. ça n’aurait aucun sens. il faudra le mettre entre les deux. en d’autres termes l’événement n’est pas seulement une virtualité qui vous attend et qui vous guette et qui s’actualise dans votre âme. c’est parce que j’ai une portion d’expression réduite que dès lors j’ai un corps. Et rappelez vous ce qu’on disait très fort – ne faites surtout pas le changement qui rendrait Leibniz incompréhensible: ce n’est pas parce que j’ai un corps que j’ai une portion d’expression réduite. et l’espace comme ordre des coexistences possible appartient au premier étage. L’événement ne se contente pas du premier étage. Le monde est une virtualité qui s’actualise dans chaque monade qui l’exprime. du fait que je n’ai une zone d’expression en clair très très restreinte. Donc si on tente un schéma. Ce qui nous fait sauter. justement parce que je ne peux exprimer qu’une petite portion. L’événement est une possibilité qui se réalise dans vos corps. Dieu n’a pas de corps. Ce que j’appelle l’espace et le temps. En d’autres termes un événement ne peut pas se réaliser dans un corps qui serait le mien. on en a pas parlé du tout. Quel rapport y aurait-il avec un temps infini? Ce n’est pas un temps infini puisqu’il est second par rapport à ce qui le remplit. c’est quoi? C’est l’événement comme détermination spirituelle. d’endroits dans l’espace.des âmes raisonnables ou des esprits. c’est l’ordre des coexistences et des successions entre monades. "J’ai un corps". Par exemple: votre monade. Il faut que j’ai un corps et je n’aurais pas de corps s’il n’y avait d’autres corps interagissant sur le mien. si vous préférez.

Elles sont à 171 . Il y a une loi qui est l’interaction des corps les uns sur les autres. que toute partie comporte encore une infinité de parties actuelles. une autre loi qui est: les monades dont chacune exprime l’univers entier. Il est virtuel si vous l’identifiez au temps du monde. Vous voyez: chacun de nous a un corps. Je dirais: ce que j’exprime clairement dans le monde. précisément sont données actuellement. c’est-à-dire qui ne sont pas de la nature du nombre. Là. mais plus particulièrement chez Leibniz et chez Spinoza –. et qui ne communiquent pas les unes avec les autres. Il faut l’imaginer. Avec les atomes il y a toujours. et inclus la totalité du monde. ce n’est plus ça du tout. en d’autres termes. ça renvoie au contraire à quelque chose qui concerne déjà les corps. On ne peut pas arriver à une dernière partie. C’est ce qu’on appelle l’infini actuel. mais c’est inimaginable. et que l’on voyait qu’entre le corps liquide et mon corps se constituait à la limite une sorte de rapport différentiel dy/dx. Il n’emploie à cet étage là que les termes de spatium. ou une logique de l’espace. et c’est par ce processus de l’affection. chaque monade exprime la totalité du monde. ça nous suffirait presque. les deux étages sont subordonnés à deux modes de construction complètement différents. Comment rendre compte d’une telle différence entre les deux étages. Enfin voilà. si loin que ce soit. Au niveau des corps où vous êtes. des monades qui sont actuelles. Les corps sont extérieurs les uns aux autres et interagissent les uns sur les autres. Sans porte ni fenêtre. Quand vous voyez le mot extensio ou extensum. au contraire. quand j’ai essayé d’analyser l’exemple de la goutte d’eau et de la vague. Il est actuel si vous le prenez comme l’ordre de succession des monades. temps. à l’autre étage se constituait dans la monade une perception distinguée: j’entendais le bruit de l’eau. Vous voyez déjà qu’il y a correspondance entre les deux étages. Autant demander: de quoi est fait mon corps? Si on a demandé ça. ça s’oppose à deux choses. c’est au contraire une infinité de parties actuelles tel qu’il n’y a pas de dernière partie. il y a toujours une dernière partie irréductible. ce n’est pas du divisible à l’infini puisque l’infinité de parties actuelles telle qu’aucune partie ne peut être dite la plus petite. Faites un effort: de quoi est fait mon corps? De quoi est fait tout corps? C’est pas facile à comprendre chez Leibniz. ça ne renvoie jamais à ça. C’est ce que ces auteurs expliqueront en disant: ce sont des multiplicités indénombrables. Suivez moi. car c’est proprement inimaginable. et pour moi ça me parait un des plus grands mystères de toutes les philosophies du XVIIe siècle. parce que vous sentez qu’au premier étage il y a une logique du temps défini comme l’ordre des successions par exemple.GillesDeleuze: non. On l’a vu la dernière fois. Tout corps est constitué par une infinité de parties actuelles infiniment petites. chez Leibniz et Spinoza un corps est fait d’une infinité de parties actuelles infiniment petites. Le problème compliqué ce sera mathématiquement. Chacune exprime le monde pour son compte. Enfin. les plus audacieuses de Leibniz. Je dirais qu’un corps est fait – chez tous d’ailleurs. ce sont les corps qui affectent directement le mien. Ça s’oppose d’une part aux atomes. ce sera une des théories mathématiques. et tempus. Et d’autre part. C’est mathématisable. je crois. et ne dépendent pas du processus de division que vous faites subir à l’ensemble. c’est tout ce que je peux dire rapidement. oui et non. espace. Le premier étage a pour mode de construction un monde virtuel qui n’existe actuellement que dans chaque monade. et Leibniz tiendra beaucoup à la distinction des mots. existent actuellement. Il y a déjà un problème: vous avez deux systèmes. mais chacun d’eux a sa loi – ils n’obéissent pas à la même loi. il y a une interaction des corps. de quoi est fait un corps. Tandis que là. de l’interaction des corps. Par exemple Monadologie. Ça va nous faire difficulté. c’est-à-dire qu’elles n’interagissent pas. sont telles que le monde est intérieur à chacune et qu’elles sont sans porte ni fenêtre. Alors le problème ce sera les rapports entre le spatium et l’extensio. chacun de nous a un corps et en même temps il a un corps sur lequel d’autres corps interagissent. Les monades. c’est ça qui est bien. c’est par ce processus que quelque chose dans cet étage là va répondre aux perceptions intérieures des monades.

Il est infini par soi. Tout corps est de ce type. c’est la distinction des ordres d’infini. fini et infini. 172 . actuellement. parce que j’étais fini. dès lors. attendez vous a ce que je dise: il faut corriger. c’est l’exigence d’avoir un corps. je comporte une infinité de parties infiniment petites. mais il comporte. pourquoi? Non plutôt. ça ne suffit pas. mais on s’en tient à ceux-là parce que c’est les trois grands. ou que même le calcul des séries infinies. Mais elles sont simplement infinies par leur cause. Donc. j’ai un corps. c’est réglé. donc nous avons un corps. Les monades sont infinies par leur cause. on en parle plus. supposez des collections de parties infinies. une portion de matière. une infinité de parties actuelles. si j’ose dire. est à proprement parlé indénombrable. Donc c’est du fini puisqu’il est pris dans des limites. avoir un corps. C’est fini. Or si Dieu est infini et s’il est le premier infini. Là. La question ce n’est pas de savoir si l’âme est finie et pas le corps. C’est le troisième infini. son compte est réglé. et qui pourtant sont actuellement données. L’infini par sa cause. A savoir: un infini qui est pris dans des limites. GillesDeleuze: absolument. Mais il y a immédiatement un deuxième infini qui est l’infini par sa cause. quand nous arrivons aux corps et aux ensembles de parties actuellement infinies à l’infini. donc nous ne pouvons exprimer qu’une partie finie. l’infini comme être personnel. Mais tout ce qui est fini est infini par un certain aspect. il est infini puisqu’il comporte une infinité de parties actuelles. elles auront une infinité de prédicats. c’est les créatures. et qui quelle que soit l’étroitesse des limites considérées. Elle revient dans toute notre histoire: nous sommes finis. Alors je dis: c’est ça. Et leur formule c’est que.. Ouf. il y en a d’autres encore. A peine je dis ça. elles ne sont pas infinies parce que ce sont des créatures. Elles sont infinies.proprement parler innumérables. et cet infini par sa cause à pour formule. il est infini. Donc au premier étage les monades sont finies et elles sont infinies. infiniment petites. sauf Dieu. il me semble que le secret de la pensée du XVIIe siècle. Ça veut dire quoi? Vous vous rappelez. sans que vous puissiez arriver à la dernière. alors bon: la voilà satisfaite. Est-ce qu’il y en a d’autres? Hélas. Encore une fois pas chez tous. on l’avait vu. de la finitude. 1/infini. La matière seconde ce sera la forme sous laquelle la matière effectue l’exigence de la matière première. je n’avais qu’un petit département clair. infini/1. c’est-à-dire l’infini comme individualité. C’est pour ça aussi qu’il va y avoir une conception particulière du mouvement qui va dépendre de la force. Dieu lui. Mais pourquoi je n’avais qu’un petit département clair? Parce que j’étais une créature. pourquoi? Simplement parce que Dieu les crée de telle manière qu’elles expriment la totalité d’un monde infini. d’abord. En d’autres termes parce que j’avais une matière première et la matière première ce n’est pas avoir un corps. Question: est-ce que c’est parce qu'elles sont actuelles qu’on évite le paradoxe de Zenon. c’est parce qu'il est dit: infini par soi. ce que je dis ne vaut que pour Leibniz et pour Spinoza. il ne faudra pas que vous vous étonniez qu’il les appelle matière seconde. ajoutons: pourquoi j’avais un corps? J’avais un corps parce que je n’avais qu’un département. et des infinis. non moins que l’autre. elles sont créées par Dieu. alors que Dieu par sa cause aurait pour formule. L’exigence d’avoir un corps. Mais c’est un aspect de la matière seconde. C’est pour cela que Leibniz parlera… Ces ensembles infinis de petites parties actuellement infinies. mais il me parait évident qu’il n’y a aucune contradiction et que ça veut dire que même le calcul infinitésimal ne rend pas compte de cet infini actuel. n’est qu’une fiction mathématique. ce qui n’empêche pas que vous pouvez dire qu’un corps est le double d’un autre. etc. c’est le troisième sens de l’infini. Est-ce qu’une telle conception… Leibniz l’affirmera dix fois en disant: il n’y a d’infini que actuel – très souvent on objecte d’autres textes de Leibniz où Leibniz dit que le calcul infinitésimal. je veux dire. elles sont finies. contrairement à ce qui se passe dans une divisibilité à l’infini. Question: donc l’âme est finie mais pas le corps? GillesDeleuze: non. Quand je dis. Un corps peut très bien être le double d’un autre. LA question est que tout est à la fois.

Vous voyez déjà où ça nous entraîne si je voulais gagner du temps – plus question de gagner du temps! Si je voulais gagner du temps. C’est que cet ensemble infini de matière infiniment petite comporte en même temps une infinité de petites âmes. mais en quoi ça me concerne tout ça? Aussi la matière seconde a deux aspects. Simplement il va y avoir inséparabilité de la matière seconde et des petites âmes. c’est un des plus grand organicisme qu’on ait fait en philosophie. Monade dominante. Les deux sont réellement distincts? Oui. Comme si on remontait au premier étage. les animaux n’ont pas d’âme raisonnable. Il a fallu que Dieu nous appelle. si je vais très vite. Comme Whitehead aimait appeler sa philosophie organiciste. on s’y perd. Alors quoi! Ou on en est? On ne sait même plus où on en est? Si! Formule lumineuse. ils n’arrivent pas aux séries infinies.Il y a une immanence absolue de la monade à la matière première. mais quoi les petites âmes? J’hésite entre deux choses: si je vais très lentement. est une monade dominante. c’est-à-dire: déplie nos propres parties pour que nous exprimions le monde. Bien. et en tant que telle vous avez un corps. Heureusement. et en tant que vous êtes une monade dominante vous avez un corps. il a bien fallu attendre qu’on naisse dans l’ordre du temps. Mais ils ont quand même une petite portion claire et ils font non pas des raisonnements. mais ils enregistrent des consécutions. Mais pourtant il est cartésien. La matière seconde doit comporter… j’en sais plus rien moi… Si! Un ensemble infini de petites parties actuellement infinies. la lumière arrive: il suffira de dire que vous. déplis. On l’avait vu au tout début: c’est épatant. ce serait idiot. c’est-à-dire des monades dominées…. mais inséparables d’une infinité de monades dominées qui sont. "Je meurs!" Vous vous rappelez ce qui se passe quand je meurs. Moi. Votre corps. ils n’arrivent pas aux vérités nécessaires. chacun de vous. Vous avez un corps avec un cerveau. elles. Mais avant on existait. mon âme raisonnable. mais elle demeure. non. toute matière est matière. on s’y perd encore plus. c’est une raison de plus pour les comparer. seulement. avec un cerveau – il n’y a pas d’âme sans cerveau. Mon corps est constitué d’une infinité de petites âmes animant une infinité de parties organiques infiniment petites – la machine qui va jusqu’à l’infini. mais ça ne les empêche pas d’être inséparables. Les petites âmes. Vous vous rappelez cette idée très bizarre (Gilles Deleuze éclate de rire) qu’il avait que les âmes appelées à devenir raisonnables ne l’étaient pas dès le début du monde – en effet. et nous n’avions donné qu’un aspect de la matière seconde. Dites… ça se complique! Mais ça devrait se dénouer alors. quelle est la situation des animaux? Les animaux. On l’avait vu parce que ça faisait notre joie cette bonne nouvelle. non pas raisonnables mais animales ou sensitives. il y a distinction réelle entre l’âme et le corps. on a beau dire. etc. et [la] votre aussi. ça veut dire: vous êtes une âme raisonnable. ils ne font pas de mathématiques. vous voyez bien le problème que nous avons dans les pieds maintenant? Qu’est-ce que mon corps? En quoi c’est mon corps? Il faut bien que quelque chose en fasse mon corps. C’est les fameux plis. dans leurs monades. comme il dit. mais on existait comme quoi? Comme 173 . le statut du vivant. quand je meurs! Notre âme raisonnable est réduite à une âme sensitive ou animale. Et elle sera redéplié lorsque Dieu l’appellera au jugement dernier. D’où cet extraordinaire vitalisme qui peut dire en même temps: il n’y a pas de matière vivante. J’ai un ensemble infini de parties matérielles infiniment petites. mais elles ne m’appartiennent que sous l’hypothèse d’une infinité de petites âmes. si c’était tout? Ça va pas marcher si facile! A mon avis. Ouais! Mais vous vous rappelez. ça me parait un des coups les plus étonnants de Leibniz: la distinction réelle n’implique pas la séparabilité. ça va aller vite. d’où l’étonnante théorie du vivant. C’est ça. au premier étage. dans l’ordre des successions. qu’on ait l’impression de se perdre tous. il est fait de quoi? D’une infinité de petites parties actuellement infinies. replis. Elle demeure. c’est tout. c’est compliqué parce que. ils ne connaissent pas Dieu. et on a vu que la psychologie de l’animal était pour Leibniz quelque chose de fondamental.

Leibniz. d’une part par Bellaval dans son Introduction à la pensée de Leibniz. Notre corps. et voilà ce que vous faites: toutes les parties de cet organisme et toutes les âmes de cet organisme ne s’en vont pas en même temps. dans certaines âmes sensitives. un acte. Enfin. etc. Question: sur les infinités de morts partielles. ça se comprend. un lien. J’arrête là-dessus. Pourquoi? En vertu de la loi du premier étage. si vous rappelez: l’interaction universelle des corps. ça n'empêche pas que par rapport au moment précédent. à quel moment toutes les parties se sont renouvelées. c’est-à-dire de formes substantielles. ou plutôt des parties innombrables. à l’époque. Vous avez des millions et des millions d’âmes. Il dit: c’est comme le vaisseau de Thésée. elles ne cessent pas d’aller et venir. Je pars du moment a. Ce qui veut dire une chose très simple: vous avez une âme de votre cœur. et d’autre part par une philosophe qui s’appelle Christine Frémont qui a publié les Lettre à Des Bosse. un certain nombre de parties. vous avez une âme de tout ça. mettons que la région a’ ait subsisté et que la région a’’ ait disparu. GillesDeleuze: complètement. ce qui va définir un corps comme mien. vous avez votre âme à vous. Alors vous avez un premier temps. Elle est toujours à cheval avec une part qui reste et une part qui s’en va. Et si j’essaie de résumer je retombe sur quelque chose qu’on avait commencé à dire la dernière fois. le vaisseau de Thèse que les grecs réparaient toujours. la distance de temps. Il a trouvé une métaphore plus belle que le fleuve d’Héraclite pour dire que tout change. Oui. c’est mon corps et ça ne cesse pas de s’en aller? Et Leibniz a finalement beaucoup de peine. monade dominante. et de proche en proche… Et vous vous demandez. celles-là durent. et les organes. C’est donc une période. c’est un vinculum qui réunit les monades dominées. Quand nous mourrons. soient demeurées. une fois dit que ça ne se fait jamais d’un coup. ce que Leibniz appellera le vinculum. ce vinculum. il n’y a jamais de moment où tout se renouvelle. c’est-à-dire dépendant directement de la substance. il ne cesse pas de changer de parties. c’est une couture. et non seulement il ne cesse pas de changer d’organes. Toujours un trou. On pourra appeler: période d’un organisme. les textes sont là très très difficiles. C’est pas difficile. vous prenez votre organisme au moment petit a. Mais alors comment conjuguer à la fois. bien plus. Ça veut bien dire que dans tout corps les atomes ne cessent pas de changer. calculer une mort partielle chez Leibniz. (fin de la bande) … ce qu’il appelle le plus souvent les formes substantielles. puisque les formes substantielles ou les petites âmes sont strictement inséparables des organes. pardonnez-moi l’expression. Il m’appartient à moi. au moment b je peux dire. Je vois votre œil éteint et abattu…. comme l’âme d’un ver. vous avez une âme. mais elles ne cessent pas de changer en même temps que les parties de votre organisme – ça n’arrête pas de changer. Ce vinculum est ditsubstantiel. en quoi il n’y a pas de mort totale? Vous prenez un organisme. vingt molécules sont parties. La loi du premier étage. bien qu’ils aient été très bien interprétés. et en même temps. Toutes les formes substantielles. au moment c. vous avez une âme de votre bras. 174 . Il dit: c’est comme si Dieu avait scellé. Votre période elle ne coïncide jamais avec une disparition ou une naissance totale. Une espèce de couture ou un nœud. Comment est-ce qu’il le concevait.une âme animale sensitive. au moment b. Ce qui correspond à ma monade dominante. dix molécules sont parties. ça c’est le Leibniz qui nous touche le plus. Simplement. c’est dans les Lettres à Des Bosse. mais par là même il ne cesse pas de changer de petites âmes. avec ses nouvelles fournitures et ses nouveaux départs. mais vous avez une âme de votre cœur. acte qu’elles allaient accéder à la raison. par rapport au moment a ou vous étiez parti. Inaudible. avec ses fuites et ses arrivées. que ça ne se fait jamais d’un coup et que. Mais des dix nouvelles qui étaient arrivées. qu’est-ce qui nous distinguait d’un vers? On ne pouvait pas le savoir. je dis n’importe quoi. il faut maintenir les deux choses suivantes: ce qui va définir un corps. Mais à ce moment-là. nous redevenons une âme sensitive faisant partie de la matière seconde. Il n’y a plus qu’un petit effort à faire…. la différence de temps pour renouveler complètement les parties et âmes de l’organisme.

Mais ça n’empêche pas que le texte est vraiment très difficile. comme le vaisseau de Thèsée. Est-ce qu’elle perd son vinculum? Si elle perd son vinculum. C’est limpide. Là je m’appuie fort sur un texte [des Lettres à] Des Bosse: le vinculum est fixé a la monade dominante. il y a ce texte si étrange: avant que nous ne soyons appelés à devenir raisonnables. de sous monades ou formes substantielles. en fonction de laquelle elles n’expriment qu’une portion finie du monde. Elles m’appartiennent en tant qu’elles y entre. appartient à ma monade pour autant qu’elle entre sous le vinculum. ceci est mon sang. inflexions. tous les organes et les monades dominées qui composent mon organisme. C’est l’actualité du monde. je crois. tout est perdu: comment est-ce qu’on reconnaîtra le corps qui lui appartient? Vous vous rendez compte. et. Dernier point: vous comprenez… qu’est ce que vous devriez comprendre. On a fait ce qu’on pouvait. Mon âme est redevenue animale. la chaîne substantielle qui m’appartient ou qui me caractérise. et comme il le dit dans la correspondance avec Des Bosse. il ne veut pas – il a déjà fait une si belle théorie de la damnation. Oh. c’est-à-dire les parties organiques et les monades dominées ne cessent d’aller et de venir. ou bien plus elles ne prennent pas de vinculum du tout. c’est là qu’il y a un problème. on me dirait: essayez de faire un classement des grandes catégories dont vous venez de parlez. Il me semble que le vinculum m’appartient à moi comme monade dominante. le problème. Elles n’expriment clairement qu’une portion finie du monde." C’est un exemple où les monades. c’est terrible (rires de Gilles Deleuze). l’ensemble actuellement infini de parties infiniment petites non dénombrables. à la mort. oui notre programme du début de l’année il est quand même un peu fait. Quatrièmement: si je n’exprime qu’une portion finie du monde. c’est très bien tout ça. ou leur matière première. et c’est le mystère de la transsubstantiation: "ceci est mon corps. à mon avis. D’autre part les mêmes. J’essaie de faire un classement. sinon il ne peut pas reconnaître les siens. et puis les monades du pain et du vin qui entrent dans un très étrange rapport. ne dépendent pas du vinculum. suivant qu’elles changent de vinculum. elle exprime une exigence: exigence d’avoir un corps. Là-dessus. mais elle contient l’appel scellé. il y a cette chose bizarre: l’appel scellé. il est matière seconde et reste inséparable d’une infinité de monades dérivées. c’est-à-dire qui arrivent et qui s’en vont. Essayons de voir – c’est très difficile tout ça. nous perdons notre âme raisonnable qui redevient une âme sensitive. Heureusement. elles passent sous une autre monade. Elle les déplie 175 . La matière seconde m’appartient. la chaîne. singularités intrinsèques. A moins qu’il ne faille faire intervenir un mystère. et qui vont et qui viennent. A ce titre. c’est la seule manière pour que Dieu reconnaisse les siens. alors elle perd son vinculum. les monades dominées c’est les monades du corps et du sang du Christ. Cinquièmement: le corps est la troisième forme d’infini. Sixièmement: deux aspects. Deuxièmement: monades. qui sont des âmes dominées par rapport à mon âme dominante. forces primitives actives qui expriment le monde ou plient les événements. il ne faut pas tout lui demander – il n’a pas voulu régler l’un avec l’autre le problème de la mort et le problème de l’organisme. les monades dominées – car ce n’est pas la monade du Christ. Voilà c’était la première proposition baroque: les plis dans l’âme. ou se libèrent de tout vinculum. à savoir: l’âme est plein de plis qu’elle déplie partiellement. mais elles sortent et elles prennent un autre vinculum. ce qui revient à dire: si j’ai une matière première. Quand nous mourrons. Septièmement: de toute manière on s’y retrouvera car. Et c’est ça qui va emmener l’interaction universelle des corps. Je dirais: Premièrement: événements. Troisièmement: les monades ont non seulement une force active primitive. lorsque nous cessons d’être raisonnables. Peu importe. j’ai un corps. mais une force passive primitive – c’est leur finitude. et une fois mort.

Chaque monade n’a que des actions internes. qui sont celles du monde physique. il n’y a que des multiplicités. les infinités de petites parties actuelles. sa conception de l’harmonie. par rapport à ses prédicats. mais ce monde n’existe que dans les monades. un infini qui est celui du corps en mouvement. va se développer une physique des extrema. et c’est par là qu’il est profondément moderne. Bon. il y a quelque chose qui manque chez Bergson et qui est chez Leibniz. et en effet dans certaines conditions. Ce qui intéresse Bergson. mais qu’il y a une harmonie. Ça nous fait comprendre le problème de la différence entre les multiplicités qualitatives et quantitatives. On dira qu’entre les monades. enfin [à] l’étendue. Encore 176 . il y a toute cette histoire de vitalisme qui nous fait passer perpétuellement d’un étage à l’autre. ce serait la lumière qui est un indénombrable? GillesDeleuze: ouais. on verrait que dans la physique de Leibniz. et font circuler des infinités de parties actuelles et des infinités de monades dominées inséparables des parties actuelles. Je dirais pour Leibniz. des extrema. tu as des rapports multiples-multiples. Alors si j’essaies les trois plus simples. Est-ce qu’il s’intéresse au problème de l’un et du multiple? Oui. Elles sont fermées. Je préfère la manière dont tu finis à la manière dont tu commençais. etc. libèrent. Bien plus. pour éviter les confusions. c’est déjà pas des multiples. Ça. il n’y a pas d’un et de multiple.partiellement. les points singuliers (il aurait fallu pouvoir aborder la physique) deviennent des minima et des maxima. Il n’y a plus d’un et de multiple. c’est un point. et l’autre ligne infinie. En revanche tu as chez Leibniz une tentative et une exploration des types de multiplicités dans tous les sens qui ne correspond pas du tout à la situation bergsonienne. chez Leibniz. en gros: Bergson arrive à un moment crucial dans la théorie des multiplicités et va tenter un coup pour la faire sortir du stade des mathématiques. c’est la suppression du problème de l’un et du multiple. il n’y a aucune action directe. parce que tu es sensible autant que moi au danger de faire des rapprochements. Deuxième proposition: la matière est pleine de replis et c’est l’autre étage. elles sont sans porte ni fenêtre. on peut dire ceci. Je prends un exemple: ce qui me tient à cœur c’est d’arriver [à] l’espace. qui est un problème fondamental. Alors c’est merveilleux parce que tu nous donnes notre fin: considérez ce que Leibniz appelle l’harmonie? Qu’est-ce qu’il appelle l’harmonie? Ce qu’il appelle l’harmonie. encore une fois. c’est un point particulier: le rapport entre les multiplicités discrètes et les multiplicités continues. puisque. elles n’ont pas de communication. si on avait eu le temps. Il continuera à penser – c’est un homme du XVIIe siècle –. Il y a deux auteurs qui simultanément font cette tentative pour faire sortir la multiplicité du simple stade de la théorie des mathématique pour l’introduire en philosophie: c’est Husserl et Bergson. simplement elles expriment le même monde. Qu’est-ce qu’il y a entre les deux? Il y a toute cette histoire d’organisme. A l’égard du problème des multiplicités. et quelque chose qui manque chez Leibniz et qui est chez Bergson – c’est pour ça que la philosophie est si belle. En haut. il n’y en a que deux: il n’[y] a [que] la multiplicité des monades et la multiplicité des corps. Qu’est-ce qu’on peut en conclure? Question: ça me fait penser à Bergson. des minima et des maxima. On pourrait dire que la multiplicité qualitative est au croisement entre deux lignes infinies. les trois infinis. quelque chose qui donne lieu. En bas. est au croisement de deux infinis. on l’a vu par les opérations de recherche de la vérité. il continue à penser en terme d’un et de multiple. il y avait les singularités. mais les rapports multiples-multiples sont fondamentalement étalonnés sur des rapports multiples-parties. la question de l’un et du multiple ne se pose plus en philosophie etc. La matière est pleine de replis qui abritent. dans les événements. Est-ce qu’on pourrait dire qu’un espace qualifié. Ce qui manque chez Leibniz. c’est deux choses: toutes les monades expriment le même monde. sous l’ordre simplement de quelque chose de purement qualitatif. elles n’ont pas d’action l’une sur l’autre. chaque monade agit sur elle-même. aucune monade n’agit sur une autre.

et distinguant ainsi le miracle et la loi. ça se connecte. je vais vite. il n’y a pas harmonie préétablie. Dieu opère par volonté générale. Qu’est-ce que c’est mon corps. il faut que les monades soient en harmonies les unes avec les autres. et un point c’est tout. et la généralité renvoyant aux volontés générales de Dieu. et elle s’est constituée dans les systèmes les plus théologiques du monde. c’est comme un mirage. ça me fait penser à la visite du Louvre au pas de course dans Godard. ça sera exactement ça. Or voilà l’objection de Leibniz. Si un monde est supposé exister entre nous tous et qu’on soient en harmonie. ou bien alors il faudrait que le monde commun existe réellement. et l’objection de Leibniz elle me parait splendide. ça. ce sera toute la théorie de Malebranche nommée occasionalisme. tout ce que vous voulez. Je dis: il y a quand même quelque chose de curieux dans notre réflexion. bien que aucune ne communique avec d’autres. la Nature est régie par des lois. Vous comprenez ça. c’est l’harmonie des âmes et des corps en tant que quoi? Non seulement ce serait une insuffisance en tant que non seulement elles obéissent à des lois différentes. Or ce n’est pas vrai. dès lors pour que ce soit le même monde. C’est eux qui élèvent un concept de lois défini essentiellement par la généralité et. Mais ce n’est pas ça. Il faut qu’il y ait connexion entre ce qui se termine dans une monade et ce qui commence dans une autre. S’il y a un trou. principalement par la généralité. Dieu opère par lois générales. La notion de loi s’est constituée au XVIIe siècle. Car ceux qui ont découvert et ont constitué les premiers un véritable concept de lois. bien qu’elles ne communiquent pas les unes avec les autres. C’est comme si Dieu avait réglé des pendules les unes sur les autres. Je ne sais pas que vous dire pour que ce soit concret: je m’en vais.fallait il qu’elles expriment le même monde. c’est la métaphysique – il voulait dire autre chose. c’est-à-dire à Malebranche et à d’autres cartésiens. et qu’entre les deux forces d’expression. c’est essentiel. Donc il y a harmonie préétablie des monades entre elles. la critique qu’il fait à certains disciples de Descartes. c’est ce qu’il dit avec la grande métaphore de la pendule: comme si Dieu avait réglé les pendules les unes sur les autres – comprenez le contresens abominable ça serait de croire que ça veut dire: tout le monde est à la même heure. On fait vite. une fois dit que ce monde n’existe pas hors d’elles. L’harmonie. ça veut dire. Car. c’est des choses qu’il ne faut pas croire. Toutes. dernier effort… dernier effort… c’est du Leibniz au pas de course. Comme il dit: c’est une preuve de l’existence de Dieu. vous restez. au contraire que quand moi je suis à une heure cinq. il y en a un qui est à une heure dix. Dernier effort. c’est les cartésiens. Il n’y aurait pas harmonie si elles exprimaient un monde qui existait hors d’elles. Comte pris à la lettre. c’est la métaphysique et la science arrive avec l’idée de loi. ce serait exclu que vous exprimiez le même monde. mais ça fait rien. Mais s’il est vrai que le monde. du coup. Mais alors. parce que c’est une grande discussion entre les deux. S’il y avait pas de Dieu. avant tout en tant qu’elles ont des captures différentes. entre Malebranche et Leibniz. C’est ça l’harmonie préétablie des substances entre elles ou des monades. elles déroulent le même monde. et s’il n’y a rien dans ce trou d’univers. Chez Auguste Comte. et c’est un des points les plus fondamentaux de Leibniz. Or la connexion n’est pas directe puisque les monades n’agissent pas les unes sur les autres. c’est que souvent on nous dit que la philosophie s’est occupée de causes et que la science a imposé la seule idée qui était vraiment scientifique et qui était celle de lois. Il dit: d’accord. sinon l’ombre que vous me faites? L’harmonie préétablie. le monde ça n’est rien d’autre que l’harmonie préétablie des monades entre elles. c’est catastrophique: il ne faut pas dire la cause. Pourquoi? Parce que Dieu seul étant cause. Dernier effort et on y est. vite vite. il n’y a aucun problème – ce que je vois de face tu le vois de dos. à une 177 . il y a quelque chose qui va pas bien quand il dit que la cause. Je ne veux pas dire qu’il ait raison. Peu importe. Le monde n’existe pas hors des monades. c’est uniquement la virtualité qui ne prend d’actualité que dans chaque monade qu’il exprime. Le miracle renvoyant aux volontés particulières de Dieu.

et que Leibniz va reconstituer comme nouvelle physique – ce n’est pas du tout un "retour à Aristote" – mais qui est comme une reprise d’Aristote sous de nouvelles données. c’est que dans tous les sens de l’harmonie tel qu’on vient de le voir. Il y a toute une série de cours des transformations d’états. comme il dit. c’est ce qu’il appellera forces dérivatives. encore faut-il qu’il ait une Nature intérieure qui rend cette observation possible et nécessaire. Il ne suffit pas que les corps soient régis par un régime de l’interaction. 178 . une chose que Malebranche ou Descartes ne connaissaient pas. l’harmonie des âmes entre elles. d’accord. dit-il. Et Malebranche est bien embêté puisque c’était la force au sens de force motrice. ça va être d’une part l’harmonie des monades entre elles. dès lors. il faudra aussi une intériorité dynamique. Mais Leibniz arrive et dit: mais en vertu de la science moderne – c’est tout le thème de Leibniz – il leur dit finalement. L’harmonie préétablie. pour nous faire comprendre ça. Moi. que je vous redis: ne croyez pas que la Nature ait perdu toute intériorité. Donc la prochaine fois. Pourquoi ces 100 degrés? Pourquoi est-ce que ce que vous appelez "occasion" rend précisément possible cette transformation? Vous me direz pourquoi. avait besoin d’un concept d’harmonie. qui sont les forces primitives. Je vous remercie et à la semaine prochaine. d’autre part l’harmonie des âmes avec les corps. je ne tiens pas tellement à vous ressortir Aristote. Donc il pouvait concevoir une conception du corps en fonction de l’extériorité. l’harmonie va se présentée sous ce double aspect: Premièrement l’exprimé n’existe pas hors de l’exprimant. mais la science y a renoncé depuis très longtemps. action motrice. et tout cela vous entraîne vers une physique qualitative qui était présente chez Aristote. si vous ne trouvez pas dans la nature intérieure de l’eau. (fin de la bande) Leibniz a su nous montrer qu’il y avait une intériorité dans le corps. et la question: est-ce que ce concept d’harmonie doit quelque chose. et vous verrez que ça convient pour chaque stade. vous n’aurez rien dit. Pour qu’un corps observe une loi. Deuxièmement: l’exprimant n’existe que sous une correspondance réglée avec l’exprimé. Travail. c’est ça que je voudrais qu’on fasse. vous vous serez contenté d’un discours extrinsèque. à la musique? N’oubliez pas ce thème de l’harmonie. c’est-à-dire en quoi les corps eux-mêmes comportent une intériorité qui les mette en harmonie avec l’intériorité des âmes. A ce moment là commence une espèce de musique baroque qui accompagne la philosophie baroque. ce que je propose.condition: c’est que les corps. une force des corps qui soit dans un rapport harmonique avec les âmes comme forces primitives. que Descartes avait complètement dépassé. ou les âmes…. mais c’est au nom de la science moderne. c’était la force. Qu’est-ce que ça veut dire? L’eau boue à 100 degrés. et que l’intériorité dans le corps. par distinction avec les forces des âmes. ou travail. Pas du tout. ce point précis de l’harmonie: comment précisément Leibniz. je ne tiens pas à vous reflanquer dans les pattes à Aristote alors que vous croyez en avoir fini avec Aristote. dans tous les sens chez Leibniz. les forces des corps en rapport harmonique et qui pourtant sont des forces de corps. ça doit vous guider.

Le retour narcissique que j’ai saisi de ta part n’était que celui de n’importe quel mec. On ressemble. Une place publique. Toi aussi.La peur de m’ennuyer hante ma vie. tu es sous la mainmise de la même peur et tu cherches ce retour narcissique. Tu veux être la femme. 179 . Dans un milieu familier ou même familial j’attends toujours un retour narcissique de mon entourage qui parfois m’enlève cette peur. C’est là la différence entre toi et moi. et tu la trouves dans mon regard. Car je n’ai trouvé dans ton regard qu’une présence masculine ou qu’un protecteur. Tu as une place intime chez moi.