PASSION DE JESUS

Résurrection de Lazare A la fin de cet automne-là, il se rendit à Jérusalem pour un bref séjour. • C'est à ce moment-là qu'eut lieu la résurrection de Lazare, qui représente la clef de voûte de Mon enseignement » (Grand Evangile XI, p. 104). • Cette action causa l'extrême colère du Temple car elle avait eu lieu près de Jérusalem. Lazare était l'un des hommes les plus riches du pays et, après sa mort, le tiers de son immense fortune devait, selon la loi, revenir au Temple car il n'avait pas d'enfant. » Lazare pria Jésus de passer l'hiver chez lui, comme il l'avait déjà fait une fois. Jésus n'accepta cependant pas cette invitation et se décida à se retirer avec ses apôtres (sans Judas) et huit autres disciples, tout à fait à l'écart. Les autres disciples retournèrent chez eux passer l'hiver comme de coutume. Jésus se rendit à Ephraïm qui ne se trouve pas en Samarie, comme le prétendent certains auteurs mais dans les monts Judas, à l'est d'Hebron, près de la Mer Morte. Le texte de l'évangile de Jean 11 : 54 ne permet pas de prétendre que Jésus se rendit dans le nord. Les disciples restèrent tout

l'hiver à Ephraïm, un petit endroit très peu fréquenté en hiver, où ils restaurèrent, avec l'aide des anciens, une forteresse en ruines, pour l'habiter. Ils y demeurèrent trois mois (Grand Evangile XI, p. 146). En quittant Ephraïm, Pierre mit une fois encore Jésus en garde contre le Temple. « Il devinait que les choses s'étaient aggravées au plus haut point et, dès ce moment-là, Pierre cacha sur lui une épée pour offrir sa vie au cas où les gardes viendraient M'arrêter » (Grand Evangile XI, p. 148). « Après le retour d'Ephraïm suivirent des journées significatives où Je dus convaincre Lazare et Mes disciples du but final que J'avais pour l'humanité et Je leur expliquai encore beaucoup de choses qu'il n'est pas encore temps de révéler à l'humanité. Cela viendra plus tard. » « Le soir, nous étions tous assis au Mont des Oliviers, dans la grande salle d'une auberge qui appartenait également à Lazare. La foule défilait pour Me voir et cela était bien car elle devait Me voir » (Grand Evangile XI, p. 154, 155). « Le premier soir, à Mon arrivée chez Lazare, nous nous étions retirés loin de la foule qui n'était pas encore très importante, dans la salle qui nous servait de logement à tous, lorsque Judas Iscariote ouvrit la porte et nous salua tous » (Grand Évangile XI, p. 155).

« Il fit une description haute en couleurs de la solitude qu'il avait ressentie à Jéricho où il s'était arrêté et de la pauvreté, de la souffrance et de l'esclavage du peuple qu'il avait rencontré en chemin. Il termina avec ces mots : O Seigneur, si j'avais seulement le dixième de Ta force, je pourrais alors comme je voudrais mettre fin rapidement à toute violence, libérer et rendre heureux le peuple qui est asservi et appeler au secours Jéhovah pour qu'Il loue le Seigneur et jubile devant Dieu. O Seigneur, combien de temps pourras-Tu encore hésiter et laisser retentir ces supplications sans les exaucer ? » • Un grand silence plein d'attente succéda à ces paroles qui montraient bien à quel point Judas attendait que Je sois le Messie libérateur terrestre. Je lui répliquai : "N'ai-je pas appelé à Moi les pauvres de tous temps ? N'ai-Je pas consolé les affligés, guéri les malades et enrichi les malheureux autant qu'ils le méritaient ? Qui tarde donc ? Ce n'est pas Moi, c'est le monde qui tarde et qui ne veut pas de salut. Le Fils de l'homme atteindra bientôt le faîte de sa puissance, afin que le monde voie qu'Il a atteint ce à quoi tous aspirent et qui leur paraît si désirable. Mais cela arrivera pour le salut de Mon ciel et non pour le salut du monde. Et toi, console-toi avec ce que tu as déjà vu et verras encore bientôt." Judas se tut alors et fut tout heureux dans son cœur car il croyait par ses paroles M'avoir aidé à faire peut-être le pas décisif qui allait Me décider à libérer le peuple du joug

des Romains car il savait que J'en avais la force » (Grand Evangile XI, p. 156.) • Judas imaginait que Je n'étais pas capable de lire ses pensées secrètes. Avec toutes les bonnes dispositions de l'esprit que peut avoir un homme matérialiste, il ne percevait cependant pas très profondément l'essence et l'intelligence de Ma personne et ne voyait en Moi qu'un être doué de facultés exceptionnelles » (Grand Evangile XI, p. 158). • Judas s'en alla vers la foule assemblée devant l'auberge et raconta à tout le monde que J'étais là et que J'irais le lendemain à la ville » (Grand Evangile XI, p. 161). • Mais Je sortis de la maison et Me rendis seul au sommet du Mont des Oliviers d'où l'on jouit d'une vue étendue sur Jérusalem et tous les environs. Ici la Divinité se sépara en Moi du fils de l'homme Jésus et lui dit : "Vois ici devant toi la ville de ta souffrance, qui va commencer dans les jours qui viennent, si tu veux prendre librement sur toi le joug qui servira à sauver l'humanité. Dans ton corps humain, tu es séparé de Moi, tu es un homme comme tous les autres. En sacrifiant ta volonté, tu as laissé croître en toi la volonté du Tout-Puissant. Mais c'est de ta volonté d'homme qu'il dépend maintenant que tu acceptes le dernier acte le plus pénible. C'est pourquoi Je te demande : « Veux-tu, en tant que Mon fils, retourner au Père et donc accomplir tout ce que Je te demande ? Ou veux-tu, en tant que fils des hommes,

appartenir à cette humanité seulement et rester seulement de ce monde ? Tu peux être un conquérant et rester un libérateur du monde ; mais si tu grandis parfaitement en Moi et deviens par-là le souverain de la vie de toute éternité, tu peux aussi devenir un chemin qui mène à Moi et qui conduit au plus profond du cœur de Dieu. Tu peux être un intercesseur des hommes créés par Ma puissance, sortis du cœur du Père où ils doivent retourner, mais tu peux aussi être un intercesseur de l'amour qui commande à la sagesse de changer sa justice en compassion. Ainsi, choisis maintenant ce qui est devant tes yeux et ce qui va arriver à ton corps, si tu veux suivre le chemin à côté de Moi ou le chemin en Moi, car voici venue la dernière décision. » (Grand Evangile XI, p. 166). « Alors parla l'âme de Jésus, le Fils de l'homme : "Père, Ta volonté est toujours la mienne et qu'il advienne seulement ce que Tu veux." Alors la Divinité dit au cœur du Fils de l'homme : "Je te le demanderai encore une fois comme aujourd'hui et il arrivera ce que tu veux, selon la réponse que tu donneras. Mais vois ce que le monde va t'offrir aujourd'hui." » (Grand Evangile XI, p. 167). « Le lendemain matin, tous étaient réveillés avant le lever du soleil. Nous sortîmes immédiatement. J'appelai Mes disciples et les douze apôtres autour de Moi et leur dit : "Mes chers, ce jour sera un jour de cérémonies pour le fils de

l'homme parce que le Père le veut pour l'amour des humains." Les disciples, parmi lesquels se trouvait Judas, Me demandèrent : "Seigneur, que veux-tu dire ? Et comment pouvons-nous nous protéger de l'ennemi ?" Je me tournai alors vers Jérusalem et criai : "Mais toi, fille de Sion, prépare-toi à recevoir ton Roi" » (Grand Evangile XI, p. 167). « Les disciples ne disaient plus rien, s'émerveillaient, chuchotaient entre eux et se demandaient ce que Mon étrange personne avait à dire. Judas, qui avait entendu ces paroles, dit en riant à Jean : "Ami, le Maître sait déjà quel chemin Il va suivre. Il prend les voies de l'oint du Seigneur, qui mènent non en enfer mais à la gloire et à l'honneur de son peuple." Il m'adressa ces mots avec enthousiasme en Me regardant, car Mon puissant appel lui avait paru être la réalisation de tous ses vœux ; il voyait la voie ouverte à tous les honneurs qui devraient aussi lui être rendus, à lui qui avait préparé le chemin du Messie et qui, donc, méritait toute Ma reconnaissance ! » « Pierre regarda avec étonnement Judas qui montrait une si fière assurance. Pourtant, il se tut, émerveillé par le déroulement de cette matinée et, silencieusement, il se mit en route avec les onze » (Grand Evangile XI, p. 168).

« Nous arrivâmes à la moitié du chemin qui séparait Béthanie des portes de Jérusalem. A main gauche devant nous, se trouvait une petite bourgade qui s'appelait Betphage mais qui, aujourd'hui, a complètement disparu. Je demandai que deux de Mes disciples veuillent bien Me rendre un grand service. Tous se proposèrent. Je fis le choix de Jean et Pierre et les priai d'aller à cet endroit qu'ils voyaient devant eux. Là ils trouveraient à la première maison, une ânesse attachée avec son ânon et broutant l'herbe. "Amenez-Moi cet ânon car J'ai besoin de lui. Si l'on vous demande qui vous a envoyé, répondez simplement : c'est le Seigneur et Il en a besoin, et on vous le donnera" » (Grand Evangile XI, p. 169). « Migram, le propriétaire de l'ânon, avait entendu parler de Moi qui l'avais initié à Mon enseignement. Il était Romain, et se disait ouvertement Mon partisan ; il ne se souciait pas des Juifs, n'ayant à faire qu'aux envoyés et aux citoyens de Rome. Lorsque les deux disciples arrivèrent à sa maison, ils trouvèrent les deux bêtes, délièrent la plus jeune. Le propriétaire sortit alors en hâte de sa maison, suivi de tous ceux qui se trouvaient chez lui pour acheter des fruits. Il demanda d'un ton rude comment il leur était venu à l'idée de vouloir emmener cet ânon ? Jean répondit selon Mes paroles et Migram, plein de joie à la nouvelle qu'il pouvait Me rendre un service, s'empressa de détacher aussi la vieille ânesse pour Me l'envoyer avec son ânon. "Mais, dirent les

disciples, le Seigneur n'a besoin que de l'ânon" » (Grand Evangile XI, p. 169-170). • Tandis que nous étions encore occupés à ces préparatifs, une foule de gens empruntait cette route de Jérusalem. Lorsqu'ils nous aperçurent, ils se précipitèrent vers nous et, très rapidement, nous fûmes entourés de centaines de personnes qui voulaient M'acclamer et Me saluer comme le sauveur d'Israël. La plupart d'entre eux étaient des Juifs qui Me connaissaient déjà plus ou moins et m'avaient vu avec Mes disciples exercer Mon ministère de guérison, au cours de Mes voyages. Ces gens Me reconnaissaient comme leur roi, ce qui M'avait obligé à M'enfuir » (Grand Evangile XI, p. 170). • Lorsqu'ils virent Lazare, que tout le monde connaissait et dont le nom était sur toutes les lèvres depuis qu'il était ressuscité, leurs cris de joie ne connurent plus de limite et ils se mirent à M'acclamer en disant : "Hosanna Félicité." Je ne refusai pas ces acclamations et, sans rien dire, Je montai sur l'ânon qui se dirigea vers Jérusalem. La foule augmenta de plus en plus, attirée par le bruit ; elle se mit à brandir des rameaux verts et à en couvrir le sol. Les gens étalèrent aussi leurs vêtements et firent un chemin pour l'ânon, tout cela en signe d'hommage, comme on le faisait pour les anciens rois. Lorsque nous approchâmes du versant du Mont des Oliviers d'où la vue s'étend sur tout Jérusalem,

nous vîmes que des milliers de personnes se tenaient aux portes de la ville et couvraient la vallée du Cédron. » • Lorsque, venant du Mont des Oliviers, nous arrivâmes à la porte principale de Jérusalem, la garde romaine tenta de la fermer, craignant une insurrection. Mais quand les Romains constatèrent que le peuple m'entourait paisiblement, des palmes et des rameaux à la main, ils renoncèrent à toute résistance et regardèrent plutôt avec curiosité ce cortège qui, pour eux, devait sans doute faire partie de la fête. Nous entrâmes ainsi sans entraves dans la ville, nous dirigeant immédiatement vers le Temple. Les pharisiens, les prêtres et les serviteurs du Temple étaient dans la plus vive inquiétude et se demandaient ce qu'il fallait faire. Ils convinrent rapidement qu'il était impossible de barrer les chemins sans provoquer une insurrection contre les autorités du Temple. La foule était dans une euphorie qui ne pouvait pas être étouffée par les armes. Ils ne purent donc faire autrement que de laisser aller les choses et d'attendre le moment propice pour intervenir. Un conseil fut réuni en hâte, où le grand-prêtre Caïphe conseilla d'attendre et de voir où Je voulais en venir. » « Cependant les serviteurs du Temple furent chargés d'aller en hâte informer de Ma présence les vendeurs qui, à nouveau, étaient très nombreux au Temple, afin de leur éviter une scène fâcheuse, semblable à celle que Je leur avais déjà réservée une fois ! Mais la mise en garde était inutile !

Les changeurs et les vendeurs de toutes sortes, attentifs aux rumeurs de la foule qui leur parvenaient de l'extérieur des murailles, se rappelant ce que Je leur avais déjà fait, avaient rapidement plié bagage et pris la fuite en emportant leurs marchandises impures. Cette seconde purification du Temple s'effectua donc sans Mon intervention directe ; elle est à l'origine de la confusion commise par ceux qui croient que la fameuse scène s'est produite ici et non au début de Mon ministère, comme ce fut le cas en fait. Le peuple entra dans le Temple en poussant des cris ; il se précipita tout d'abord à la recherche des prêtres, voulant exiger du grand-prêtre Caïphe de M'oindre avec la sainte huile et de Me proclamer roi pour pouvoir ensuite Me conduire à la citadelle de Sion et M'y rendre hommage ; mais les prêtres étant introuvables, le peuple traversa les cours et pénétra jusque dans le Saint Lieu. » • Les pharisiens et les chefs du Temple avaient jugé avec exactitude l'excitation du peuple. Tandis que celui-ci n'avait pas imaginé qu'il ne parviendrait pas à soumettre les prêtres à sa volonté. Le peuple était maintenant sous l'effet produit par ce lieu vide, d'où tous les prêtres étaient absents. L'excitation générale fit place à un silence solennel, dans l'attente de ce que J'allais faire. J'avais donné l'ordre aux miens de rester à l'écart. J'étais donc seul face à tout le peuple. Je lui parlai à haute voix, disant : "L'heure est venue car le monde doit apprendre où conduisent les voies qu'il a

suivies jusqu'ici et chacun doit décider s'il veut ou non aller au Père ! Vous m'avez mené jusqu'ici dans cette maison où l'esprit visible de Dieu habitait autrefois. Mais il a quitté maintenant ces murs, et ces lieux sont devenus vides. Il s'est choisi maintenant une autre demeure, et chaque être humain peut se construire un temple s'il agit selon Ma parole et selon Mon enseignement, que Je vous ai donné. Que chacun se laisse conduire par l'humilité et suive le droit chemin qui mène à la maison de Dieu, qui est devenue vide, mais qui doit être remplie d'une nouvelle manière par vos actes et par votre amour. Chaque acte d'amour est une prière pour la construction du Temple et ce Temple sera couronné par le signe de la sagesse et de la force, et l'amour seul en sera la pierre de fondation. C'est pour cela que Je suis venu à vous afin que vous appreniez de Moi cet amour que vous négligez, non l'amour de soi que vous avez déjà, mais l'amour du prochain que vous n'avez pas mais qui vous illumine en Dieu et qui, seul, peut vous mener à Dieu. Mais si vous croyez que Je suis et veux être votre Roi, sachez alors que Mon Royaume n'est pas de ce monde mais qu'il réside, dans toute sa gloire, en chaque homme et représente l'héritage que le Père a donné au Fils et, par Lui, à tous les hommes sur la terre et dans tous les cieux. Ne croyez donc pas que je vais M'établir dans le palais de David pour fonder un royaume terrestre. Que celui qui veut Me suivre, Me suive dans ses actes, il sera alors bienheureux..." »

Afin que vous voyiez comment la force du Père peut agir dans l'homme, amenez-Moi les malades qui souffrent dans leur corps et que Je les guérisse. Mes paroles sont la vérité et parce qu'elles sont la vérité, elles sont également la vie et la force de la vie. C'est d'après cela que J'ai agi ici en tant qu'homme et Je suis donc devenu un Maître de la vie. C'est pourquoi Je vous le dis à tous : allez et faites de même mais ne péchez plus, ni dans vos paroles, ni dans vos œuvres. Ne péchez plus, c'est-à-dire ne faites rien qui soit contre l’amour de Dieu et du prochain, vous resterez alors en bonne santé et deviendrez de vrais maîtres de la vie. Levez-vous et mettez-vous en marche ! » • A ces mots, toutes les infirmités des malades disparurent et ceux-ci se levèrent guéris et fortifiés dans leur corps. Mais le peuple qui était là tout autour éclata à nouveau de joie, jubilant et Me louant par-dessus tout. Beaucoup se jetaient à Mes pieds et voulaient saisir Mes mains et Mes vêtements pour les embrasser. Je ne les en empêchai pas et, au contraire, les laissai tous venir à Moi. » • Beaucoup voulurent encore une fois tenter d'obliger les grands-prêtres à réaliser leur intention de Me faire oindre et proclamer Roi. Mais les prêtres s'étaient si bien cachés que ceux qui étaient partis à leur recherche revinrent sans en avoir trouvé aucune trace ! Ils se pressèrent alors autour de Moi et M'environnèrent tumultueusement. Je leur donnai l'ordre de faire silence, disant à tous ceux qui avaient envie

d'un Roi : "Dites-Moi, celui qui devant Dieu est le porteur de Sa puissance, peut-il être mis plus haut sur terre qu'il ne l'est déjà devant Dieu ?" - Maître, répondit, quelque peu frappé, le meneur de la bande, évidemment pas lui, mais ceux qui lui appartiennent désirent un signe extérieur visible de sa force afin que le peuple soit heureux sous sa puissante poigne et ne soit plus opprimé. Et Je dis : « Qu'a donc gagné le peuple lorsque Samuel, sur les instances du peuple, a oint Saül et l'a proclamé Roi ? Certes ni la paix, ni le calme mais le combat et l'inquiétude. Et pourquoi ? Parce que le peuple s'était fatigué du joug facile qu'il avait demandé au Seigneur d'établir sur lui. Depuis vous n'avez pas manqué de rois et, actuellement, Hérode est devenu votre roi. Croyez-vous vraiment qu'un nouveau roi, que vous cherchez en Moi, vous apporterait la paix s'il voulait exercer extérieurement son pouvoir ? Hérode et les Romains chercheraient à le détruire. Il y aurait guerre, désolation et misère si Je devenais votre roi terrestre et cela serait en contradiction avec Mon enseignement où Je vous dis d'aimer votre prochain comme vous-même. C'est pourquoi, avec Moi, renoncez à l'extérieur. Mon Royaume n'est pas de ce monde. Erigez en vous-même le juste

Royaume de Paix, c'est là que Je veux être et rester votre Roi. » « A ces mots, ceux qui jouaient les bouffons en réclamant un roi, se détournèrent déçus et pensèrent que Je n'étais pas le héros que le peuple d'Israël attendait pour son salut extérieur. Ils se mêlèrent à nouveau à la foule et ne cachèrent pas leur déception. Mais il était impossible de retourner le peuple contre Moi car la puissance de Mes actes avait parlé. » « Les Juifs du Temple, les prêtres et les pharisiens avaient maintenant remarqué le grand calme qui régnait sur toute la place. Quelques-uns d'entre eux, déguisés, s'étaient cachés dans le peuple pour espionner. Rapidement ils se joignirent à ces bouffons qui réclamaient un roi et qui, très contrariés, montraient leur mauvaise humeur et cherchaient à monter le peuple contre Moi, afin de provoquer une atmosphère contraire. Mon âme alors ressentit que Mon heure était venue et fut attristée par les souffrances prochaines et par l'inconstance du peuple. C'est pourquoi Je dis à Mes proches qui M'entouraient : "Mon âme est attristée maintenant. Et que dois-Je dire ? Père, aide-Moi en cette heure. Et c'est pourtant à cause de cela que Je suis venu en ce monde. O Père, transfigure Ton Nom!" Alors une voix retentit du Ciel qui, en réalité, résonna dans les cœurs de tous ceux qui pouvaient encore s'éveiller à la vie de l'esprit : "Je l'ai transfiguré et Je vais encore le transfigurer." »

« Entre temps, les prêtres et les chefs du Temple avaient donc appris que le peuple s'était calmé, que J'avais refusé d'exercer un pouvoir officiel et que Je n'avais pas voulu Me faire proclamer Roi. En outre, ils savaient que cela avait provoqué une déception momentanée. Ils cherchèrent à profiter rapidement de cet état d'esprit. Les prêtres et les lévites reçurent l'ordre de préparer en hâte un grand cortège. Les trompettes ouvraient la marche et des hérauts annoncèrent au peuple que le grand-prêtre avait reçu l'ordre de Dieu de faire un grand sacrifice exceptionnel pour les péchés du peuple. Le Seigneur voulait ainsi lui manifester sa grâce et lui pardonner tous les péchés commis depuis une demi-année ! Le cortège se rendit en grande pompe et magnificence jusqu'au maître-autel du Temple où Caïphe, lui-même, fit le sacrifice. De cette manière, le Temple atteignait son but car le peuple était encore très attaché aux anciennes cérémonies. Ce contre-courant exceptionnel exerça ainsi une vive impression sur les esprits et déjà, au milieu du jour, il n'y avait plus trace de l'extraordinaire excitation du peuple causée par Mon entrée. » « Peu de temps après, nous étions tous à la maison de Lazare. Chacun avait suivi le chemin en silence et les yeux soucieux des Miens croisaient souvent Mon regard car il leur semblait clair que J'avais essayé de frapper un grand coup mais, pour eux tous, il était raté ! Où était Ma puissance miraculeuse qui aurait pu si facilement consolider Ma

Mission par un signe extérieur ! Car la guérison des malades était devenue quelque chose de quotidien qui réussissait même à Mes disciples ; cela n'était donc plus quelque chose d'exceptionnel pour le peuple. Quant à cette voix du ciel, elle était pour eux douteuse car elle n'avait pas retenti avec suffisamment de puissance pour pouvoir chasser toute espèce de doute. » « Ces questions préoccupaient les Miens lorsque nous arrivâmes à Béthanie et que Je Me retirai dans une chambre solitaire pour Me fortifier, c'est-à-dire pour rassembler Mon âme et pour l'affermir. Parmi les Miens, Judas était celui qui s'excitait le plus à cause de Mon échec apparent. Il en parlait ouvertement, disant que "Ma bonté et Ma douceur infinie M'empêchaient de montrer Ma puissance au peuple : le Seigneur est, certes, un homme d'une force et d'une sagesse exceptionnelle et je ne doute aucunement qu’il est le Messie tant attendu. Mais cet esprit puissant qui habite en Lui et qui a souvent la force extraordinaire de l'éclair, est contenu dans une enveloppe trop fragile, laquelle montre encore trop de faiblesse au peuple. Ce ne sont pas seulement la douceur et la bonté qui régissent le monde mais aussi le poignet qui sait manier l'épée lorsqu'il est nécessaire d'assurer son succès par le sang. Si le Seigneur était obligé de se préserver, Lui et les Siens, des bourreaux, la force divine qui L'habite se manifesterait tout différemment pour ne pas tomber avec eux et pour accomplir son œuvre." »

• Pierre lui dit : "Judas, n'as-tu pas encore vu combien souvent le Maître et nous-mêmes avons été tourmentés et que sans cette force qui L'habite, nous aurions déjà sombré depuis longtemps. Rappelle-toi comme Il a fait taire la tempête et comme les complots que le Temple tramait contre Lui ont souvent été déjoués." • Judas répondit : "Ce n'est pas une preuve car, chaque fois, les circonstances ont été favorables et nous aurions peut-être pu échapper au danger par notre propre force. Non, je veux dire que si, tout à coup, un danger physique se présentait à lui, que chacun pourrait voir et craindre, le Seigneur n'agirait-Il pas alors avec beaucoup plus de force ? Le peuple ne serait-il pas alors de Son côté d'une toute autre manière, et Se laisserait-Il encore retourner par la niaiserie de la comédie pompeuse du Temple ?" » • Pierre et les autres, en hochant la tête, se demandaient : "Comment cela pourrait-il arriver et qui en déciderait ? Le Seigneur Lui-même saura mieux ce qu'Il a à faire et ce qu'Il fera." Judas se tut et resta tout le jour sombre et renfermé. Tout était calme dans cette maison de Lazare et personne ne Me troublait. Je restai seul dans une petite chambre, dialoguant en Moi avec mon Père. Mais aucun être humain ne peut vraiment comprendre comment cela est possible. »

• Là-dessus, Nicodème, accompagné de trois hauts fonctionnaires de ses parents, vint de nuit me trouver en secret pour M'informer des dangers qui Me menaçaient. Je leur répondis : "Ne vous préoccupez pas de ce qui est arrivé et de qui arrivera encore. Le Père le veut ainsi. Encore un peu et le Fils sera éternellement dans le Père. Mais vous n'avez pas à vous préoccuper de la manière dont cela doit arriver, et cependant cela sera pour votre bien et pour le bien de toute l'humanité." » • Nicodème répondit : "Seigneur, nous ne comprenons pas vraiment Tes paroles mais il nous semble en tous les cas nécessaire que Tu penses à Ta propre sécurité ; c'est pour cela que nous sommes venus ici Te proposer notre aide selon nos forces. Ne serait-il pas préférable que Tu quittes ces lieux et Te caches dans la montagne ? Le fils de mon père, que voici, Te conduirait sûrement car il a de nombreuses relations hors du pays où Tu pourrais vivre un certain temps en parfaite sécurité." » • Jésus répondit : "Ne soyez pas insensés, Je n'ai besoin de l’aide de personne. Voudrais-Je anéantir Mes ennemis que ce ne serait pour Moi qu'une peccadille ! Mais Je ne le veux pas. Car vous aussi, vous devez prendre part au salut et tout le peuple avec vous. Je reste. Soyez certains que personne ne Me saisira avant que Je ne l'aie voulu Moimême." »

• Lorsque le jour vint, Judas chercha à s'approcher de Thomas et à le prendre à l'écart. Ils sortirent, Judas disant à Thomas : "Frère, peux-tu vraiment comprendre la façon d'agir du Seigneur ? Hier nous avons tous deux été témoins de Son triomphe et nous avons vu comme il aurait suffi de peu pour que le peuple, qui Lui est si attaché, Le suive là où Il aurait voulu. Et au lieu de convaincre le monde de Sa mission messianique, Il s'est laissé prendre des mains tous les fruits de Son travail sans entreprendre ce que le peuple attendait de Lui. Il a pourtant en Lui la puissance de commander le Temple et les Romains, pour autant qu'Il veuille bien rassembler en Lui toutes Ses forces ! A quoi Lui sert toute la puissance de Dieu, avec laquelle Il peut commander les tempêtes, les malades et tous les malheurs, s'Il est assez faible en Lui-même pour ne pas utiliser cette force-là où elle est nécessaire!" » « "Mon cœur tressaille de joie dans mon sein lorsque je pense à ce que cela pourrait être, mais comme cela n'est pas ! Et pourquoi n'en est-il pas ainsi ? Parce que Lui, qui est le seul en qui la force de Dieu vit, n'a pas le courage de prendre rapidement une décision pour agir... Moi aussi, je suis persuadé qu'Il est le seul à pouvoir apporter le salut au monde mais je suis également persuadé qu'il faut que quelque chose se passe pour que ce salut se réalise. C'est maintenant ou jamais." »

« Hérode Lui est favorable, les forces romaines sont actuellement moins importantes du fait qu'elles sont utilisées ailleurs. Tout Lui est donc propice pour qu'Il soit l'homme le plus puissant, s'Il le veut bien. Mais comment éveiller en Lui cette volonté ? Tout est là ! Nous avons vu comme Il est hésitant et nous avons entendu ce que veut le Temple. S'Il ne trouve pas en Lui le courage d'entreprendre ce qui est nécessaire, il faudra qu'Il soit forcé de le faire." Thomas, effrayé, demanda : "Forcer ? Qui veut forcer Celui par qui parle le Tout-Puissant ?" » Jésus quitta Lazare et se rendit à Jéricho avec ses disciples, et passa deux jours au bord du Jourdain. « Je consacrai ce temps à expliquer encore aux apôtres leur mission et Mon enseignement. Là-dessus, Judas prit congé de nous et se rendit à Jérusalem. Il apprit rapidement que Ma disparition soudaine avait surpris tout le monde. Il ne restait plus rien de la grande euphorie provoquée par Mon entrée. Le peuple croyait, en général, que J'avais fui devant la puissance du Temple. Celui-ci était surveillé par les gardes du Temple et par les soldats d'Hérode ; en plus, les soldats romains parcouraient la ville journellement pour dissiper tout rassemblement populaire éventuel. Le Temple avait demandé l'appui et le soutien du gouverneur romain Ponce Pilate, en cas d'un soulèvement quelconque, et M'avait dénoncé comme agitateur. »

« Pilate lui-même avait ordonné des recherches qui avaient montré que le peuple n'avait manifesté aucun signe d'hostilité mais, uniquement, un grand enthousiasme pour ce sauveur miraculeux qui n'était, dès lors, plus inconnu de Pilate. Il ne prêtait donc aucune importance particulière à cet événement, tout en donnant cependant l'ordre à ses troupes de parcourir la ville. Le peuple était impressionné par ces mesures et savait par trop que la puissance et la sévérité romaine seraient redoutables s'il faisait le moindre écart. » « Le Temple en avait assez et pensait qu'il était temps de porter un coup définitif. Si seulement ils avaient pu savoir où et comment Me saisir fortuitement. En conseil secret, ils délibérèrent sur les moyens et les chemins à prendre, sans parvenir à un accord. Là-dessus, il leur fut annoncé qu'un homme voulait informer le Haut Conseil du lieu où se tenait le Nazaréen. » « Tout heureux, Caïphe fit venir à lui Judas Ischariote et le mena devant le Haut Conseil. Caïphe lui demanda alors : "Sais-tu où il se trouve ?" Judas répondit : "Non, car je ne peux pas savoir s'il a déjà quitté l'endroit mais je sais que cette année, comme toujours, il voudra manger l'agneau pascal en compagnie de ses partisans et que cela ne peut avoir lieu ailleurs que dans les environs de la ville." Un des pharisiens répondit : "Le mieux serait de le saisir pendant la nuit, d'une part à cause du peuple qui tient à lui et, d'autre part, j'ai toujours entendu dire que la force de ce genre de

magiciens est plus faible la nuit," Caïphe ne voulut pas tenir compte de tout cela car il était certain que le Nazaréen n'avait pas d'autres forces que celles qu'on connaissait aux Esséniens ; cependant, il était aussi d'avis d'arrêter Jésus, de nuit, pour éviter d'être remarqué. » • Il fut convenu avec Judas que celui-ci se trouverait au Temple le soir du jour de l'agneau pascal et retrouverait les archers pour les conduire au lieu où le Nazaréen se trouverait. Judas, qui se réjouissait intérieurement que le Haut Conseil soit tombé dans le piège qu'il croyait avoir tendu, fut plus heureux encore de voir que son plan qui rapportait de l'argent, alors que cela n'avait pas été dans ses intentions. Il exigea les trente sicles d'argent qui lui furent promis s'il venait le soir convenu.» • Judas était certain que Je réussirais sans peine à conquérir tout le peuple en un acte héroïque quelconque. Le peuple avait peut-être bien été surpris mais il ne M'avait pas complètement laissé tomber. Cette idée le réjouissait et l'affermissait dans son intention de Me mettre dans une situation qui M'obligerait à M'opposer à Mes agresseurs, en les détruisant ou en ne leur faisant rien, mais où Je ferais en sorte que chacun reconnaisse clairement que personne sur terre ne peut Me résister. Puis vint le jour de l'agneau pascal. L'évangile de Jean raconté exactement tout ce qui arriva ce soir-là.

Nous reprendrons ici seulement l'enchaînement des événements afin de mieux comprendre comment ils se sont accomplis. « C'était la coutume qu'après le repas, le maître de la maison rompît un morceau de pain en disant un verset de l'écriture à celui qui recevait le morceau. Tandis que Je préparais ces morceaux, Mon âme fut envahie d'une grande tristesse et Je prononçai ces paroles : "L'un d'entre vous Me trahira!" Horrifiés par cette parole qui leur semblait obscure, les disciples M'assaillirent de questions, demandant ce que Je voulais dire et qui Me trahirait ? Je refusai de répondre et Me mis à rompre les morceaux en faisant encore une exhortation à chacun, selon son caractère. Pierre, qui fut un des premiers, était très impressionné par Mes paroles et fit signe à Jean qui était à côté de Moi, disant qu'il aurait bien voulu savoir à qui Je pensais. « Il faut ici expliquer l'expression "couché sur le sein de Jésus" qui souvent à été mal comprise. Il s'agit en effet d'un cas très particulier de l'idiome de cette époque. Nous n'étions pas couchés à table à la façon des Romains, comme on le prétend parfois, car c'était une coutume païenne que les Juifs repoussaient comme ils évitaient tout ce qui pouvait avoir un rapport avec les peuples païens. Nous étions assis. Celui qu'on voulait marquer d'un signe particulier d'amitié était assis à la droite du maître de maison et avait ainsi l'honneur de devoir lui tendre les plats. Le maître de maison

devait donc, pour cela, souvent tourner sa poitrine de son côté. Dans l'usage de la langue de cette époque, ce détail correspondait donc à l'expression qui a été traduite par "couché sur le sein". • Jean Me questionna doucement et à lui, qui était le serviteur en qui J'avais le plus de confiance, Je répondis : "C'est celui auquel Je donnerai ce morceau de pain!" Judas reçut alors ce morceau, avec ces mots : "Ce que tu fais, faisle au plus tôt." » • Les autres disciples, évidemment, ne pouvaient pas comprendre le sens de ces paroles. Mais Judas, qui avait été effrayé par Mes premières paroles concernant la trahison d'un disciple, prit ces derniers mots pour un encouragement à réaliser ses plans, se leva rapidement et sortit triomphalement. Tout l'orgueil du futur triomphateur qu'il escomptait devenir grâce à Moi, ainsi que les plus vifs désirs de gloire et d'honneur, l'envahirent, de sorte que Satan et tous les démons de la vanité s'emparèrent de son âme, embrasée du désir de régner et d'anéantir tous ses adversaires. » « Nous sortîmes et nous nous dirigeâmes vers le Mont des Oliviers, là où se trouve ce jardin qu'on appelle encore aujourd'hui Gethsémané, mais qui est indiqué à un tout autre endroit. Ce jardin faisait partie de cette auberge du Mont des Oliviers qui appartenait à Lazare et qui était un lieu de promenade réputé. Un parc s'étendait au-dessous de

l'auberge et un chemin très agréable conduisait au sommet de la colline d'où l'on jouissait d'une vue agréable. Ce parc était Gethsémané à proprement parler et n'avait que son nom de commun avec ce qu'on montre aujourd'hui à un tout autre endroit, sous prétexte que certains arbres y sont très anciens*. » « Nous nous installâmes en retrait du chemin et J'invitai Pierre, Jacques et Jean à faire quelques pas à l'écart des autres. Ils le firent et Me suivirent. C'est ici que surgit cet instant où tout le poids du prochain malheur du Fils de l'homme s'abattit sur lui et où l'esprit de Dieu se retira complètement pour permettre à l'homme Jésus une décision parfaitement libre. Il ressentit cette heure amère avec épouvante, disant : "Mon âme est accablée de tristesse jusqu'à la mort !" Il dit alors aux trois autres : "Restez ici et veillez avec Moi !" Puis, étant allé un peu à l'écart, Il pria aussi en disant "Mon Père, que cette coupe s'éloigne de moi si cela est possible ; toutefois, non pas comme je veux, mais comme Tu veux." » • Mais, à ces mots, sa propre décision n'était pas encore prise fermement, la divinité n'étant pas encore revenue en lui. Jésus retourna vers les siens et les trouva endormis. » • A nouveau poursuivie par la crainte, Son âme cherchait une communication extérieure auprès des Siens. Il

les trouva encore une fois endormis, si profondément qu'ils ne se réveillèrent pas et, sous l'ivresse du sommeil, remuèrent seulement à Son appel. » • Pour la troisième fois, Il se retira. Maintenant, Jésus, le Fils de l'homme, avait gagné. Revenant vers les Siens, Jésus leur jeta un regard compatissant et appela à haute voix : "Père, Je sais qu'il est possible que cette coupe s'éloigne mais que Ta volonté seule soit faite, Je veux la boire." » « Alors la Divinité revint en lui et le fortifia, le pénétra complètement, disant : "Mon fils, pour la dernière fois, tu avais à te décider. Maintenant le Père et le Fils sont unis en toi et devenus inséparables à jamais. Porte ce qui t'a été donné de porter ! Amen !" » « Je Me relevai encore une fois et retournai à Mes disciples qui dormaient de nouveau, et les réveillai. A ce moment-là, une troupe armée de gardiens du Temple s'approcha avec des torches, menée par Judas qui voulait la conduire à l'auberge où il pensait Me trouver. Les disciples Me demandèrent ce que cela signifiait. Je leur demandai de rester en arrière et M'avançai sur le chemin, vers la troupe. Lorsque Judas Me vit, il vint vers Moi et voulut M'embrasser en signe de connivence avec les archers. Mais Je l'en empêchai, lui disant "Judas, tu trahis donc le Fils de l'homme ? Il serait préférable que tu ne soies jamais né !" Là-dessus,

Je Me tournai vers l'escorte et demandai d'une voix forte : "Qui cherchez-vous ?" Le chef répondit : "Jésus de Nazareth." Là-dessus, Je Me rendis à eux, disant : "Je le suis" et Je fis quelques pas pour M'approcher d'eux. Les archers reculèrent car ils avaient entendu parler de Ma puissance et la craignaient. C'est pourquoi Caïphe n'avait choisi que des archers qui ne Me connaissaient pas encore. Quelques-uns même de ceux qui se trouvaient derrière, tombèrent au sol sous la poussée du recul des premiers. Comme ces hommes armés hésitaient et restaient là, anxieux, une fois encore Je demandai : "Qui cherchez-vous ?" Et à la réponse du chef, Je répétai encore : "Je vous l'ai dit, Je le suis. Si c'est Moi que vous cherchez, laissez ceux-ci s'en aller." Lorsque ces hommes armés virent qu'il ne leur arrivait rien, ils eurent honte de leur première épouvante, se précipitèrent sur Moi et M'entourèrent aussitôt ; le chef, exécutant l'ordre du grandprêtre, ordonna qu'on ne saisisse que Moi. » « Judas restait là, attendant que quelque chose se passe qui put effrayer les archers. Et comme rien ne se passait, il pensa avec d'autant plus d'assurance que Ma force se manifesterait devant le Haut Conseil. » • L'escorte traversa le Cédron et la porte par laquelle J'avais fait Mon entrée. Les gardiens du Temple Me conduisirent tout d'abord chez Hanne qui était le beau-frère du grand-prêtre Caïphe et son représentant. C'est pourquoi on

lui porta tout d'abord la nouvelle qu'on avait réussi à M'arrêter. » • Il n'y a pas lieu de répéter ici tout ce que développe l'Evangile de Saint-Jean car ce présent ouvrage ne doit pas rendre superflu l'évangile de Jean. Il s'agit uniquement de combler certaines bévues dans le déroulement des faits historiques. On peut y lire comment Hanne Me reçut et comment Pierre se comporta. Hanne Me fit lier et M'envoya chez Caïphe. » • Judas, qui constatait bien que tout se déroulait autrement qu'il ne l'avait prévu, vit comment Je fus emmené et suivit, consterné et terrifié par l'échec de son projet. Il voulut même entrer avec Moi chez le grand-prêtre mais l'entrée lui fut refusée. Tout le Haut Conseil était réuni chez Caïphe et attendait Ma comparution avec une impatience où couvait la vengeance. On procéda à l'accusation dans toutes les formes. Des témoins comparurent. J'étais un grand traître. On utilisa Mon entrée et le fait que J'avais osé pénétrer dans le Saint Lieu, en disant que Je prenais un droit sacré que Je ne possédais pas. En outre, il fut prouvé très subtilement que Je voulais soulever le peuple contre l'empereur romain pour Me faire Roi Moi-même. Mais lorsqu'ils cherchèrent des témoins pouvant affirmer par serment que Mes paroles avaient manifesté cette intention, ils n'en trouvèrent aucun. »

« Finalement comparurent des témoins qui prétendirent que J'avais dit : "Détruisez ce Temple et, dans trois jours, Je le rebâtirai." Caïphe dit alors que c'était un blasphème contre le Temple lui-même. Car, pour accomplir cela, il faut la puissance divine que seul possédera l'Oint du Seigneur, qui viendra un jour dans toute sa force. Je dis alors que J'étais le Christ, l'Oint. Caïphe alors Me conjura de dire si, véritablement, J'étais le Christ, le Fils de Dieu ? Je répondis : "Tu le dis ; et, de plus, Je vous le dis, désormais il arrivera que le Fils de l'Homme siégera à la droite de la Puissance de Dieu et viendra, sur les nuées du ciel, au Père qui habite en Lui ! Alors le grand-prêtre déchira ses vêtements en disant : "Il a blasphémé ! Qu'avons nous encore besoin de témoins ? Vous avez entendu vous-même son blasphème!" » • Naturellement ils furent tous du même avis car Caïphe n'avait réuni dans ce conseil que ceux dont il était sûr et qui lui avaient prouvé, lors des dernières séances, qu'ils M'étaient hostiles*. C'étaient ceux qui avaient appris la trahison de Judas et qui, de ce fait, avaient eu l'intention de Me faire arrêter. » • La condamnation à mort fut donc rapidement terminée, et il ne s'agissait plus que d'avoir l'approbation de Ponce Pilate. Au lever du jour, Je fus conduit chez lui et il fut dit au gouverneur la chose suivante : J'étais un rebelle et un blasphémateur et, en tant que tel, méritais la mort. Ponce

Pilate, à qui Mon entrée était connue et qui n'y avait trouvé aucun caractère de rébellion, chercha à me sauver car il étaitenclin, en tant que Romain, à voir en Moi une sorte de demidieu, doué de forces particulières. Il s'entretint avec Moi comme on peut le lire dans l'Evangile de Jean et déclara aux gens du Temple qui attendaient devant le prétoire qu'il ne trouvait aucune faute en Moi. » • Les prêtres et les autorités du Temple avaient réuni tous leurs gens devant le prétoire (25 000 personnes vivaient grâce au Temple) et ne laissaient pénétrer personne du reste du peuple, de sorte qu'il n'y avait à proximité que les fidèles qu'on avait intimidés. Cette clique du Temple cherchait donc de toutes ses forces à réaliser son désir de Me supprimer. Elle M'avait fait conduire à Pilate pour qu'il Me juge. S'il acceptait, ils étaient enfin tranquilles et, s'il refusait, ils le dénonceraient à l'Empereur, ce pour quoi Hérode leur donnerait avec joie un coup de main. » • Pilate n'ignorait pas ce plan mais il ne savait comment réagir, c'est pourquoi il choisit de laisser aller les choses. Alors qu'il s'interrogeait sur ce qu'il devait faire de ce fameux Jésus, ils lui amenèrent le prisonnier, exigeant un jugement immédiat. Pilate savait que l'enjeu était sérieux ; comme s'il était descendu des nuages, il demanda d'une voix de tonnerre : "Qua donc commis cet accusé en qui je ne vois aucune faute ?" Mais le clergé et les gens qu'il avait soudoyés crièrent dix fois plus fort : "C'est un agitateur, un

chef d'insurrection, un blasphémateur qui ne respecte pas le sabbat et qui se fait passer pour le fils du Dieu vivant. Il est passible de mort selon nos lois que Rome respecte, et selon les lois de l'Empereur. C'est pourquoi juge-le et fais-le crucifier, sans quoi tu es l'ennemi de l'Empereur!" » • Cette menace fit tressaillir Pilate qui ne savait réellement que faire ! En hâte, il pensa qu'il n'y avait pas d'autres possibilités, qu'il devait faire bonne figure à mauvais jeu et, qu'au nom du fatum incompréhensible, il fallait accorder à ce clergé, qu'il détestait par-dessus tout, ce qu'il exigeait de lui. » • Pilate était intimidé. Il connaissait le Temple et savait de quoi celui-ci était capable. Il tenta, par tous les moyens, de libérer Jésus mais c'était peine perdue ; enfin, dans la plus extrême indignation, il se lava les mains en disant : "Je veux être innocent du sang de ce juste. Vous avez vos lois, prenez-le et jugez-le." Alors les grands-prêtres crièrent : "Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! Mais nous n'avons pas le droit de souiller nos mains de sang. Aussi donne-nous des soldats romains. Après la libération de Barabas, la foule obstinée réclama la crucifixion de Jésus et ne voulut pas entendre parler d'incarcération ; elle traita même Pilate de lâche. Celui-ci fut alors au comble de l'indignation et dit : "Misérables, prenez votre malfaiteur, qui est plus juste que vous tous. Voici des archers. Retirez-vous et faites-en ce que vous voudrez. De mes propres mains, j'en

donne l'attestation : mon témoignage sur lui et sur vous vous suivra." Ayant dit cela, il se retira et leur remit Jésus que les archers du Temple saisirent et firent crucifier » (Grand Evangile XI, p. 170-228) Théologiens et historiens se demandent depuis longtemps comment, en effet, ce puissant procurateur romain, qui agissait habituellement avec la plus extrême brutalité à l'égard des Juifs, a pu céder à la pression des grands prêtres et condamner Jésus à mort contre sa propre conscience ? Existe-t-il un autre cas semblable dans l'histoire du droit où le juge condamne à une mort atroce un accusé qu'il déclare innocent de sa propre bouche ? Certains ont tenté de résoudre le problème. Ils estiment que les paroles de Pilate ne sont pas exactes et qu'elles ont été ajoutées par la suite. De telles simplifications sont toujours suspectes et n'expliquent pas les causes profondes des faits. D'autres auteurs, comme Rudolf Bultman, pensent que Pilate était extérieur à l'événement et ne pouvait comprendre le caractère proprement apolitique de l'enseignement de Jésus ; c'est pourquoi il aurait condamné Jésus par erreur. Bultman contredit ainsi les propres paroles de Pilate dont la signification est pourtant claire et plausible. Pilate était au courant des prédications de Jésus, dont il connaissait exactement les intentions. Il est hors de question que les Romains n'aient pas surveillé de très

près un homme qui attirait des foules de 20 à 30 000 hommes. Dans l'état explosif où se trouvait la Palestine, les Romains étaient sur leurs gardes car ils n'avaient avec eux sur le territoire que trois cohortes d'infanterie, c'està-dire 2 500 hommes et 500 cavaliers. Lors de l'insurrection de 68, leurs forces armées furent rapidement dépassées par les Juifs insurgés et ce n'est qu'en 69 et 70 que les Romains purent reprendre en main le pays, grâce à l'aide de légions venues d'autres pays. Certains auteurs encore pensent que Jésus fut réellement un chef d'insurrection et qu'il fut jugé simplement à temps. La Nouvelle Révélation jette ici une nouvelle lumière sur les arrière-pensées de Pilate et nous explique ce qui le poussa à commettre un crime contre la justice. Pour le comprendre, jetons un regard sur les événements de Rome à cette époque. Tibère était sur le trône. Son conseiller le plus intime était Séjan, général de la garde prétorienne, l'ennemi juré des Juifs. En l'an 19, il avait chassé tous les Juifs de Rome. L'historien Eusèbe nous apprend qu'il projetait d'exterminer complètement la race juive (« universam gentem judaeorum deperdendam exposcebat »). En l'an 26, Séjan devient l'homme le plus puissant aux côtés de l'empereur. Tibère vieillit, n'éprouve plus de joie à régner et se retire de plus en plus dans son île de

Capri. Mais il n'oublie pas de faire surveiller secrètement Séjan à qui incombe tout le pouvoir. Et l'empereur fait bien car, depuis Lucifer, certaines autorités haut placées n'aiment pas que d'autres autorités plus hautes encore règnent au-dessus d'elles. Cette année-là, Séjan nomme procurateur de Judée, Pilate, qui était chevalier de second rang. Selon les usages de l'époque, Pilate ne pouvait être nommé à une telle fonction. Il l'obtint uniquement grâce aux faveurs de Séjan qui savait le mépris de Pilate pour les Juifs. En l'an 30, Séjan entreprend une action générale contre les Juifs du monde entier. Les gouverneurs et les procurateurs de toutes les provinces reçurent ses ordres, ainsi que Pilate qui n'attendait que son signal pour sévir. Au printemps de l'an 30, Pilate frappe une nouvelle monnaie de provocation avec le lituus, emblème du pouvoir impérial. Cette même année, le grand sanhédrin de Jérusalem perd son droit de condamner à mort. En janvier 31, Séjan reçoit le consulat pour cinq ans avec l'empereur. Pilate fait à nouveau frapper sa monnaie, ce qui provoque un bain de sang parmi les pèlerins de Jérusalem. Sur les instances de Séjan, le procurateur consciencieux reçoit le titre honorifique d'Ami de César, honneur qui lui assure les plus hauts privilèges et une carrière éclatante.

Mais Tibère sait que son collègue veut l'évincer, aussi le devance-t-il. Le 18 octobre, Séjan est arrêté à Rome et exécuté. Ses amis sont dénoncés et tombent les uns après les autres ou se suicident. La chasse aux prétendants commence dans tout l'Empire. Les chefs de toutes les provinces reçoivent l'ordre de cesser immédiatement toute mesure antisémite. Pilate, placé en Judée par les faveurs de Séjan, craint le pire. Une lettre de Hérode Agrippa I à l'Empereur Caligula nous montre que, dès lors, Pilate redoute que les Juifs se plaignent de lui à l'empereur (Philon, Legatio 38/299/305). Par tous les moyens, il tente d'éviter tout ce qui pourrait lui porter préjudice. Le haut clergé juif était conscient de cette situation. La pression exercée par les grands prêtres était une pure tactique. Lorsqu'ils constatèrent que Pilate tardait à se rendre à leur volonté et à leur livrer un innocent, ils utilisèrent leur arme la plus terrible, en criant : « Met Jésus à mort, sans quoi tu es un ennemi de l'empereur. » Pilate avait compris ! Brutal, plein de compromis, chevalier de second rang, peu lui importait la condamnation d'un innocent ! Mais ce crime ne le sauva pas de la chute qu'il craignait tant ! Quelques années plus tard, il ordonna en Samarie une intervention brutale contre des pèlerins désarmés. Dénoncé à l'empereur, celui-ci le destitua et l'exila. Il ne fut pourtant pas envoyé en Gaule comme le

dit la légende, mais dans les environs de Naples, près de Pompéi, où il termina ses jours dans la misère (Grand Evangile XI). La Nouvelle Révélation nous dit qu'il est impossible de comprendre le martyre de Jésus parce que « ce sont des choses qu'aucune âme humaine ne peut comprendre dans son corps. Il s'agit donc ici seulement de donner quelques éclaircissements afin d'avoir une image précise des dernières heures du Fils de l'homme, telles qu'elles sont décrites avec assez d'exactitude dans les Evangiles » (Grand Evangile XI). « Sur Mon passage se trouva Simon de Cyrène, qui avait reçu Mon enseignement. Il remarqua avec effroi Mon état pitoyable et fut ému de compassion. Un homme du Temple l'interpella et lui cria : "Regarde, ton maître est incapable de s'aider lui-même. C'est toute sa fameuse force divine!" Simon, horrifié, répondit en prophétisant "L'heure viendra où vous maudirez ce que vous avez fait mais, moi, je désire pouvoir servir mon maître et l'aider dans sa peine." "Tu n'as qu'à le faire, crièrent plusieurs prêtres furieux, car puisque tu oses condamner les actions du Temple, tu vas faire pénitence. Tu dois porter la croix de ton maître !" » « Lorsque Simon entendit cela, il s'approcha la joie au cœur prit la lourde croix sur ses fortes épaules et Me tendit la main pour m'aider à Me relever. Je pris sa main et

Simon fut si fortifié dans son énergie qu'il lui fut facile de porter la lourde charge... Tous Mes amis les plus proches, qui n'avaient pu pénétrer dans le prétoire, Me suivaient maintenant. Le peuple qui avait été tenu jusque-là à l'écart s'approcha également. Là où le passage s'élargissait près de la porte en une vaste place, ces gens avaient l'air menaçant. Mais les pharisiens s'y attendaient et avaient fait placer une garnison de soldats romains près de la porte afin que l'ordre fût parfaitement respecté. Lorsque tous ceux qui Me voulaient du bien virent que J'étais tout à fait perdu et qu'il était absolument impossible de Me libérer des mains des archers du Temple, il s'éleva une clameur de désolation, au milieu des femmes particulièrement. Je Me tournai vers les plus proches d'entre elles, en disant : "Ne pleurez pas pour Moi mais pour vous et vos enfants car ce qui leur arrivera sera pire que ce que vous voyez M'arriver maintenant. Je vais vers Mon Père mais, eux, ne sauront pas où ils vont!" » « La tradition de l'Eglise raconte ici que la servante Véronique Me tendit un mouchoir pour sécher Ma sueur. Cela est vrai. Elle était au premier rang de ces femmes en lamentations. Mais l'impression de Mon visage dans le tissu est une légende née plus tard. Il n'y a jamais eu non plus de Juif du nom de Ahasver qui M'ait chassé de sa maison. Les légendes sont apparues parmi les fidèles qui cherchèrent à entourer Ma mort de toutes sortes de miracles. Si, réellement, il y avait eu ces tremblements de terre, cet obscurcissement

du soleil, l'apparition des esprits, comme on le raconte, Jérusalem, se sentant obligée de faire pénitence n'aurait pas douté de Ma résurrection et l'aurait acclamée comme un signe de pardon. Mais il n'y avait aucune raison qu'il se passe quoi que ce soit d'aussi extraordinaire pendant ce moment de la mort de Mon corps » (Grand Evangile XI). « On dit que les ténèbres apparurent lorsque Mon corps fut pendu sur la croix. Oui, une grande nuit intérieure pénétra Jérusalem. Non pas une nuit extérieure mais une nuit intérieure que chacun ressentit comme s'il avait perdu quelque chose sans savoir ce que c'était ; même les grandsprêtres, les scribes, les pharisiens et les Juifs du Temple qui avaient exigé Ma mort, n'éprouvaient aucune satisfaction et aucune joie dans leur action. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le Temple ne prit aucune mesure contre Mes disciples et Mes proches, ni contre Nicodème, Joseph d'Arimathée et Lazare, qui Me suivirent jusqu'au pied de la croix où ils assistèrent à Mon agonie. C'est évidemment grâce à Nicodème, membre du Haut Conseil, que les Miens obtinrent l'autorisation de rester sur place, alors que les Romains ne laissaient pénétrer personne. A sa demande, on fit exception pour lui. Mes plus proches disciples, à l'exception de Jean, étaient tous absents, comme Je l'avais souvent prédit. "Le berger était frappé et ses brebis étaient disséminées." Après Mon arrestation, la plupart se réfugièrent chez Lazare. Seul Jean osait se montrer

ouvertement et offrait son soutien et sa consolation à Marie, Ma mère selon la chair. » « Pierre, pris d'un très profond remords depuis sa chute, suivit secrètement Mon passage à travers les rues et les places de Jérusalem, se tenant éloigné parce qu'il éprouvait en son âme le besoin d'être seul et commençait à comprendre enfin les intentions de Mon œuvre. C'est ici que lui servirent tout particulièrement les exercices qu'il avait faits à Ephraïm. Il comprenait l'être et le but de Mon incarnation terrestre et était pénétré par la nécessité de cette incarnation. Sans mot dire, il mettait sa confiance dans Ma résurrection que J'avais annoncée. » • Lorsque Mon âme se sépara du corps, il y eut effectivement un tremblement de terre. Mais cela fut peu remarqué car, de Mon temps, les forces souterraines de la vallée du Jourdain se manifestaient beaucoup plus souvent qu'aujourd'hui et les tremblements de terre n'étaient pas rares. Mais évidemment, les Juifs endurcis ne virent pas que cela avait un lien avec Ma mort. » • Il est également vrai que le rideau du Temple se déchira, en signe extérieur, montrant qu'il n'y avait plus de barrière pour parvenir au cœur central du Très-Haut et que chacun pouvait parvenir au Père pour recevoir la vie éternelle. Mais ce signe, quoique miraculeux, n'attira

l'attention de personne. Les novices suspendirent à nouveau le rideau et l'incident fut clos. » • On dit que le soleil s'assombrit. Comme nous l'avons déjà dit, il y eut une obscurité mais il est connu que dans les pays chauds, les tremblements de terre provoquent un fort obscurcissement de l'atmosphère où le soleil perd son éclat. Ce fut ici le cas. Cette perte d'éclat du soleil avait en plus une autre cause. » • Lorsque le corps fut inanimé et que la vengeance des ennemis se fut refroidie, le peuple se retira car cette sensation intérieure d'horreur causée par cette fameuse obscurité poussait chacun à retrouver chez soi une sécurité. C'était la tombée du jour, le moment où il s'agissait pour les Juifs de préparer le sabbat selon la loi. Mes partisans s'étaient approchés de plus en plus du lieu du supplice, de sorte que le cercle de Mes proches s'était agrandi. Joseph d'Arimathée était allé auparavant demander à Pilate la permission de prendre Mon corps. Cette permission n'était pas toujours accordée mais Pilate la lui accorda volontiers car il voulait ainsi aiguiser la colère des Juifs, comme il 'avait fait avec l'écriteau placé au sommet de la croix, où il était écrit en trois langues que J'étais le Roi des Juifs. » « Mes amis descendirent le corps, le lavèrent, l'oignirent et le portèrent délicatement dans un tombeau appartenant à Joseph d'Arimathée et situé sur un terrain que

celui-ci avait acheté à Nicodème pour y établir sa propre sépulture. Golgotha était, il est vrai, sur un promontoire rocheux, tandis que le lieu du tombeau était situé dans un quartier où beaucoup de Juifs et de Romains s'étaient fait construire de magnifiques villas ou maisons de campagne. Ceci explique la proximité du jardin... Des gardes romains furent placés près du tombeau qu'ils devaient garder pendant cinq jours » (Grand Evangile XI). La résurrection de Jésus « Au matin de Pâques, le troisième jour, la Divinité revint et appela le corps du Fils de l'homme qui, immédiatement, fut dissous et devint le vêtement de l'âme. Les gardes romaines virent cet événement s'accomplir dans une lumière éblouissante remplissant tout le tombeau. Ils furent effrayés et se sauvèrent en courant annoncer que J'étais ressuscité. Les prêtres leur donnèrent beaucoup d'argent pour qu'ils s'enfuient, ce qu'ils firent aussitôt. C'est alors qu'on raconta qu'on avait volé le corps et cette croyance demeure encore aujourd'hui » (Grand Evangile XI). L'Ascension « Les disciples s'en retournèrent à leurs affaires et à leurs maisons. Je leur avais demandé de se retrouver à une certaine date chez l'aubergiste (du Mont des Oliviers), ce qui advint le quarantième jour après Pâques. Tous ceux qui

tenaient à Moi s'y trouvèrent également. J'arrivai au milieu d'eux et les conduisis au sommet du Mont des Oliviers d'où la vue est dégagée. Je fis réunir les apôtres autour de Moi, les autres disciples formant un cercle un peu plus loin. Je les exhortai encore une fois à tenir fermement à Moi et à Mon enseignement. Je donnai à Mes disciples la mission d'aller prêcher Mon Evangile, en Mon Nom, dans le monde entier. Puis Je pris congé d'eux en leur disant qu'ils n'allaient plus Me voir physiquement mais que, dès lors, ils seraient liés spirituellement à Moi. Puis Je les bénis et disparus aussitôt d'au milieu d'eux » (Grand Evangile XI). Pentecôte A diverses reprises, la Nouvelle Révélation nous indique que la descente du Saint-Esprit, décrite par les Evangiles, est en majeure partie « 1’œuvre de la fantaisie des Miens ». Il est ajouté que le témoin oculaire, Jean, n'en savait rien et, pour cette raison, n'a pu en parler (Grand Evangile XI). L'action des disciples « Après la Pentecôte, les disciples restèrent douze ans en Judée où ils fondèrent des communautés. Puis ils allèrent dans divers royaumes connus de la terre. Mais ils travaillaient peu. Leurs communautés s'éloignèrent rapidement si complètement du principe de base de Mon

enseignement que Je fus dans l'obligation de réfuter leurs égarements par le truchement de Jean dans ses Révélations. »

GEJ11 C75 Sur la mort du Seigneur
1. Que se passait-il donc tandis que Mon corps gisait au tombeau, et quelle était la vraie raison, la raison impérieuse de Mon trépas ? Il faut que cela vous soit exposé en peu de mots, mais clairement. Voici donc : 2. On l'a déjà expliqué plusieurs fois. Adam, le premier homme - au sens où son esprit était tout à fait libre -, a été créé et mis sur cette terre afin de constituer une forme à partir de laquelle la matière pourrait retourner à la vie libre de l'esprit. Or, pour que cela arrivât, il fallait avant tout vaincre la matière elle-même : autrement dit, il fallait créer, grâce au libre arbitre, un état qui, d'un côté, permettrait de triompher de toutes les qualités dites inférieures, plaisirs, désirs et penchants terrestres, afin de rendre possible, de l'autre côté, l'ascension librement choisie vers la très pure vie de l'esprit. 3. Comme on l'a suffisamment répété, l'âme humaine est constituée de minuscules ébauches qui, en grandissant et en évoluant vers des états de conscience toujours plus élevés,

ont fini par atteindre, en l'homme lui-même, une forme qui ne peut plus se développer davantage sous son aspect terrestre, mais seulement sous son aspect spirituel. C'est pourquoi deux principes se rencontrent en l'homme : la fin de la vie matérielle dans la conscience extrême de soi, et le début de la vie immortelle de l'âme avant atteint sa plus haute perfection formelle. C'est pourquoi, sur ce fil du rasoir qu'est la vie terrestre, l'homme ne peut certes pas cacher à sa conscience qu'il vit - car il en est lui-même la preuve -, mais en même temps, il peut ne pas pressentir qu'il a atteint le seuil de la vie spirituelle, devenue possible avec l'achèvement de la forme humaine: autrement dit, après avoir traversé un grand nombre de transformations physiques qui avaient pour but de lui donner sa forme définitive, l'âme humaine ne changera plus guère dans son aspect général mais elle commence alors une transformation qui devra la rapprocher toujours plus de l'esprit même de Dieu, et la faire entrer en communion avec Lui. 4. Que celui qui le peut pense ! Qu'arrivera-t-il si ce passage ne se fait pas ? Car la matière et l'esprit sont là dans une opposition extrême : ils peuvent certes s'affiner toujours plus l'un l'autre, mais, en tant que pôles contraires, sans jamais se toucher. Il faut pourtant montrer un chemin, jeter un pont sur lequel l'âme puisse quitter la matière pour aller vers l'esprit - et il faut que ce chemin soit un exemple que chacun puisse suivre. Si l'homme ne trouvait pas ce chemin, c'est-à-dire s'il

ne le suivait pas, il lui deviendrait impossible de quitter la matière pour entrer dans la vie libre de l'esprit. 5. Il faut donc que Dieu Lui-même S'efforce d'attirer à Lui - une fois quelles ont atteint cette frontière à partir de laquelle la voie spirituelle devient possible - les créatures qu'Il a contraintes, par amour et pour leur salut, à suivre la voie de la matière, et qu'Il les guide, un peu comme un père fait avec son enfant. Adam devait édifier ce pont en lui-même, et, en vérité, il avait la tâche facile, car la matière avait alors bien moins d'attraits qu'à présent. Il lui suffisait, pour jeter ce pont et que la vie spirituelle s'éveille en lui et fleurisse, de se vaincre lui-même et d'obéir, car l'obéissance à Dieu est la seule épreuve à laquelle soit soumis un homme par ailleurs sans péché. De la désobéissance s'ensuivent d'elles-mêmes toutes les autres fautes, comme chacun peut aisément l'observer chez les enfants. Avec la chute d'Adam, l'homme a reculé vers la matière, c'est-à-dire vers la polarité où il est possible de s'éloigner de Dieu autant que l'on pouvait s'élever vers Lui, et vers des félicités toujours plus grandes. 6. Et avec cette chute, le péché était venu dans le monde, parce que Dieu ne crée jamais aucune œuvre pour la détruire. Une fois le chemin créé, il faut le suivre, et en quelque sorte tâcher de le corriger, parce que la sagesse divine a considéré et prévu les conséquences d'un échec. Or, lorsqu'il s'agit de créer des être libres et non des machines spirituelles, le seul moyen est que l'être humain évolue de lui-même. Et,

lorsque la race humaine est née sous la forme des peuples, la succession de tous les péchés à venir dans une chute continue était déjà prévue, puisque la source de ces péchés était déjà là dans la désobéissance première. Autrement dit, si Adam n'avait pas désobéi, nul n'aurait pu le faire après lui, parce que le germe aurait été détruit en lui et n'aurait pu se transmettre à sa postérité. Mais Adam a fait fructifier cette graine, et, chez ses descendants, elle est devenue un arbre dont le dur feuillage empêchait la lumière du soleil de parvenir jusqu'à eux. 7. Souvent, des âmes d'une grande force ont cherché à percer cette frondaison pour laisser briller le soleil, et, à mesure qu'elles y parvenaient, l'humanité acquérait peu a peu ses premières religions. Mais ces âmes fortes n'ont jamais réussi à trouver la graine et à briser la couronne de cet arbre immense pour le faire mourir. Et elles ne l'ont pas pu parce qu'elles-mêmes n'étaient pas, dans leur vie terrestre, exemptes de faute. Elles avaient d'abord goûté au monde avant d'éprouver la soif de la vérité et de la connaissance de Dieu, et elles ne commençaient à mieux chercher que lorsque le monde leur paraissait devenu fade. 8. Les vieilles religions de l'Inde sont les plus anciennes qui vous soient connues, parce que l'ancienne religion égyptienne leur est antérieure dans sa vraie doctrine, mais la connaissance s'en est perdue. Les maîtres de toutes ces religions étaient de ces âmes fortes qui, ayant traversé le toit de feuilles, pouvaient montrer le chemin, et ce qu'ils ont écrit

et dit était donc parfois vrai et juste, mais, en leur temps, ils ne pouvaient écrire autrement qu'ils ne l'ont fait, aussi beaucoup de leurs écrits, qui s'expliquaient par l'état de choses de leur époque, sont-ils devenus caducs aujourd'hui. Encore un mot là-dessus : 9. Avant Son incarnation en Jésus, Dieu était impersonnel, et c'est pourquoi nul ne pouvait Le voir*. Il était seulement possible de sentir Sa présence, qui, naturellement, n'était perceptible que comme une lumière, parce que Dieu est Lui-même une pure lumière qui rayonne. Mais, quand la lumière est là, elle est partout - elle inonde tout et vivifie tout. Cependant, l'impersonnalité de Dieu signifie qu'Il n'est pas en un point particulier d'où Sa lumière rayonnerait comme un soleil : c'est plutôt un océan d'une lumière qui n'est concentrée nulle part. Ainsi, ceux qui voulaient s'élever spirituellement vers la divinité ne pouvaient ressentir l'être de Dieu que comme une vie dans la lumière, quelque chose qui planait et reposait dans la lumière, se fondant dans la lumière sans rien
*

Avant Son incarnation en Jésus. Dieu demeurait dans Sa lumière inaccessible et aucun être créé ne pouvait Le contempler. Même les tout premiers des esprits angéliques ne pouvaient voir la divinité que comme un soleil [Die geistige Sonne ''Le Soleil spirituel'', non traduit]. t. 2. 13,7). Mais Dieu en Soi est homme de toute éternité (Grand Evangile de Jean. t. 6. 88,3), qui a créé l'homme à Son image (Moïse I. 1,27 : La Maison de Dieu, t. 2, 139,20 et 138,20 : Erde und Mond [''Terre et Lune'' non traduit]. 54.9 : Grand Evangile de Jean : t. 1, 1,13-16 : t. 2, 144,4 t. 4 88,7 : t. 5, 70,3 : t. 6, 135,1 et 230,6 ; t. 7. 121,3 et 219,11 : t. 8, 24.6 ; t. 9, 58,7)

désirer. Avec la personnification de Dieu dans l'homme Jésus, la perception de la divinité est devenue tout autre pour celui qui l'approchait : c'était tout simplement un homme s'approchant d'un autre - et c'est pourquoi les anciens prophètes disaient vrai ; mais les nouveaux, ceux qui ont vécu après Moi, disent vrai également. 10. Après la chute de Lucifer, quand le monde matériel est apparu, le soleil spirituel a certes été créé comme le siège de la divinité : néanmoins, il ne faut pas concevoir ce soleil spirituel comme une concentration unique. La lumière était partout dans le monde spirituel, et, avant Mon incarnation, ce soleil spirituel était invisible à l'homme de chair tant que son âme n'était pas séparée de son corps. Que ce soleil devînt visible était le couronnement de la foi des êtres spirituels, qui ne pouvaient le voir qu'en devenant de purs esprits : mais avec Moi, il est aussi devenu visible pour l'homme qui croit en Moi, dès lors que l'œil de son esprit s'est ouvert, parce que l'homme Jésus peut à tout moment dévoiler Son royaume tout entier à ceux qui croient en Lui. 11. Encore une question : pourquoi trouve-t-on les mêmes caractéristiques essentielles dans les anciennes religions ? 12. Pour celui qui a compris ces révélations, il serait plutôt étonnant qu'il n'en soit pas ainsi ; car, si ces anciennes religions étaient des précurseurs de la doctrine du Fils de

l'homme et de Dieu. elles devaient nécessairement contenir les caractéristiques essentielles de celle-ci, et non la contredire. Et c'est pour la même raison que la vie des différents maîtres apparus au fil des temps présente des similitudes avec la Mienne. 13. Si nous pouvions connaître l'ancienne religion égyptienne avec toutes ses caractéristiques originelles, qui ne sont parvenues jusqu'à nous que sous une forme altérée par le culte tardif des divinités, on verrait que la religion chrétienne est issue de celle de l'ancienne Égypte - tant elles sont semblables, surtout lorsqu'on connaît la véritable essence, à l'origine, d'Osiris, d'Isis et d'Horus. 14. En quel sens ai-Je réussi, Moi, à briser l'arbre du péché, et non pas seulement à en traverser le feuillage ? 15. Il faut d'abord que chacun comprenne clairement ce que signifie le mot "péché". 16. Beaucoup auront déjà la réponse toute trouvée et diront : le péché est tout ce qui va contre la volonté de Dieu ! Cela est juste, sans doute. Mais qu'est-ce que la volonté de Dieu, et comment l'homme qui ne croit même pas en Dieu, encore moins à Sa volonté, peut-il la reconnaître ? 17. En cela, il faut juger selon la vie des hommes. Nul ne peut pécher contre Dieu s’il ne L'a pas reconnu. De même qu'on ne peut se fâcher contre un aveugle qui, ne

pouvant voir la lumière, prétend qu'elle n'est pas là. Dieu ne peut accabler celui qui, par incompréhension, ne Le reconnaît pas. Mais un aveugle peut fort bien faire du tort à son voisin ou à un autre en s'opposant à lui de quelque manière, car, s'il ne le voit pas, il peut l'entendre, le toucher et percevoir immédiatement ses bienfaits. Il peut donc pécher contre l'amour que lui témoigne cet homme : car, même aveugle, il ne peut méconnaître son existence. 18. Il en va de même de l'aveugle en esprit : même sans connaître Dieu, il peut parfaitement pécher contre le commandement de l'amour du prochain. Or, comme on l'a souvent expliqué, c'est l'amour du prochain qui mène à l'amour de Dieu. 19. Or, l'homme Jésus obéissait en toute chose à ce commandement, cela dès sa jeunesse, et c'est ainsi que l'amour de Dieu a grandi en lui jusqu'à ne faire plus qu'un avec lui. Le péché n’avait aucun pouvoir sur lui, car, en suivant d'abord le chemin visible de l'amour du prochain, manifesté dans ses œuvres extérieures, il s'est efforcé d'atteindre le chemin intérieur et invisible de l'amour de Dieu. 20. Dieu avait donné un commandement à Adam, celui de l'obéissance inconditionnelle. Adam ne l'a pas respecté et a déchu. Pour l'amour de Dieu, l'homme Jésus s'est donné volontairement le commandement de ne rien faire sans la volonté du Père, devenant ainsi un exemple lumineux pour la

postérité. C'est ainsi qu'il a atteint le degré auquel Adam n'avait pu accéder, et qu'il s'est concilié la divinité dont la sainteté avait été lésée par la violation du commandement. 21. La sagesse a donné le commandement : la volonté, la force, exigeait son accomplissement ; l'amour a trouvé le moyen d'accomplir en l'homme Jésus ces conditions, qui étaient nécessaires pour rendre à toutes les créatures la félicité originelle. C'est en cela que consiste la rédemption : que le chemin soit désormais ouvert qui mène directement à Dieu, et que le fils d'homme Jésus ait suivi ce chemin pour devenir Fils de Dieu. La mort de Jésus porte le sceau de l'obéissance inconditionnelle. Elle aurait pu n'être pas nécessaire : mais parce que, dans son libre arbitre illimité, l'humanité l'a exigée sous l'inspiration de Lucifer, Jésus s'est soumis à cette exigence et a accepté la mort de son corps. 22. A tomber sans cesse d'un péché dans un autre, l'âme devient toujours plus dure, état que traduit l'expression "cœur de pierre". Jusqu'où cela peut aller, nul ne peut le prévoir. La matière, les plaisirs extérieurs prennent toujours plus de place, ce qui, naturellement, réduit sans cesse la conscience d'un noyau spirituel de l'être. Ce durcissement conduit finalement à un état bestial qui ne connaît plus que la conservation et la reproduction, sans la liberté intérieure de l'esprit. Pour sortir d'un tel état, il faut une doctrine purement spirituelle menant à une conscience morale de la dignité humaine, et cette doctrine a été donnée sous une forme brève

et aussi claire que possible, ne laissant aucune place à l'erreur. Son observance brise les chaînes de la matière, dénoue les liens du désir de jouissance terrestre, pour amener finalement les désirs et les convoitises matérielles à un état de sensibilité très pure qui est la connaissance du mal, mais sans l'accomplissement du mal, parce que le moi individuel s'efface toujours plus, au lieu de ne cesser de croître (l'égoïsme). Plus il s'amoindrit, plus les liens de la matière se dissolvent (se relâchent), pour finir par n'être plus ressentis comme une entrave. 23. Ainsi, seul Jésus pouvait briser l'arbre du péché, parce qu'il renfermait en lui cet Esprit divin de qui Adam avait déjà reçu le commandement qu'il n’a pas accompli. 24. On demandera sans doute : où est la preuve qu'il en est réellement ainsi, et que les maîtres précédents n'ont pas fait de même ? Car ce qui est dit ici échappe au regard humain, c'est un cheminement intérieur dont nul ne peut parler que Jésus, tandis qu'on déjà vu plusieurs fois se produire l'événement extérieur que constitue la venue d'un maître remarquable, avec ses actes, son enseignement et même sa mort. En quoi Jésus a-t-il véritablement brisé l'arbre du péché là où les autres n'avaient fait qu'en traverser le feuillage ? Les effets sur ce monde n'en sont guère sensibles, puisque le péché est aujourd'hui plus florissant que jamais - et les hommes ne peuvent guère juger que par les signes extérieurs !

25. Oui, il semble bien qu'il en soit ainsi à première vue, et pourtant, si l'on y regarde de plus près, il n'en est pas ainsi ! 26. Tout homme qui suit la voie intérieure s'apercevra bientôt de ce qu'il est réellement. L'apparence extérieure ne signifie rien, elle n'est qu'une enveloppe. Quant à celui qui ne veut pas suivre la voie intérieure, il est aussi impossible de le convaincre, ou même de lui donner une simple idée de ce chemin, que de donner à un aveugle la notion des couleurs. C'est là que se décide le succès. Le chemin est là, suivez-le, et vous jugerez ensuite ! 27. Nul ne peut atteindre le Père sans Moi, et, sans la foi en Jésus, aucun sage n'a encore jamais ressenti l'être toutpuissant de Dieu comme la source originelle de tout amour, capable de se personnifier. Ce n'est qu'en Jésus que l'impersonnel devient personnel, et cette union des deux sous la forme d'un homme fait que la créature peut se rapprocher de son Créateur, la matière se changer en esprit, la suite des péchés issue de la séparation de la matière et de l'esprit revenir en arrière, en franchissant cette barrière qui, sans cela, eût été un point inamovible - et le pont, c'est la vie de Jésus. 28. La question se pose alors : avant la mort du Fils de l'homme, jusqu'où les âmes défuntes pouvaient-elles encore progresser ?

29. Si elles avaient suivi l'enseignement de l'un des nombreux maîtres qui existaient déjà alors, elles pouvaient certes parvenir à la connaissance de soi, et même à une forme de félicité, mais, bien sûr, elles ne pouvaient contempler la divinité personnifiée. 30. Cela est arrivé pour la première fois quand le corps de Jésus était au tombeau. Son corps purement terrestre gisait là, tandis que son âme, avec l'esprit divin qui demeurait en elle, entrait dans l'au-delà et s'y montrait à tous comme celui qui est et qui était. 31. On ne peut faire ici qu'une brève allusion à ce sujet, mais tout ce qui est arrivé sera révélé en détail par la suite. 32. Cette révélation dans le monde des esprits fut le début de l'édification et du peuplement de la Nouvelle Jérusalem, la Cité de Dieu, qui durera éternellement.

GEJ11 C76 Résurrection et Ascension de Jésus

1. Ainsi donc, au troisième jour de la Pâque, Dieu revint appeler le corps du Fils de l'homme, qui fut dissous tout entier pour aller rejoindre l'âme et la revêtir. Cela apparut aux gardes romains comme une brillante lumière qui emplissait le tombeau, et ils en furent si effrayés qu'ils s'en furent en courant porter la nouvelle de Ma résurrection. Quand le tombeau s'était ouvert, la pierre qui le couvrait était tombée à côté, si bien que chacun pouvait à présent en voir l'intérieur. 2. Les soldats coururent chez Pilate, qui s'en étonna fort et fit porter la nouvelle aux membres du Sanhédrin, non sans se réjouir un peu de leur consternation. Quelques-uns partirent donc sans tarder voir le tombeau et le trouvèrent vide. Remplis de crainte, car ils connaissaient la colère du peuple, ils cherchèrent à étouffer l'affaire en donnant de l'argent aux gardes, leur enjoignant de dire que les disciples avaient volé le cadavre pendant qu'ils dormaient. Ils leur garantirent aussi l'impunité devant Pilate, qui, sans cela, aurait dû punir de mort la conduite de soldats qui s'endormaient à leur poste. 3. Mais, quand l'un des grands prêtres vint essayer de négocier avec lui cette impunité, Pilate refusa de l'accorder, disant : « Ou bien les soldats se sont endormis, et, en ce cas, ils sont doublement coupables, d'avoir dormi et de m'avoir menti, ou bien ils n'ont pas dormi, et je ne m'exposerai pas par un mensonge à la colère du ressuscité ! »

4. Comme il n’y avait rien à faire avec Pilate, les prêtres donnèrent beaucoup d'argent aux soldats pour qu'ils s'enfuient vers des contrées lointaines, ce qu'ils firent : c'est ainsi que l'histoire du vol du cadavre se répandit, et cette croyance s'est maintenue jusqu'à nos jours. 5. On sait par les Evangiles qu'après cet événement, Je suis apparu à beaucoup de gens, et cela non seulement sur les lieux qu'on a cités, mais partout ou J'avais enseigné, afin de prouver à Mes adeptes la vérité de l'enseignement que Je leur avais donné. 6. Je ne fus pas seul à Me rendre visible : beaucoup de ceux qui avaient été rappelés avant Moi apparurent à leurs proches dans des songes lucides, tout spécialement le jour de Ma résurrection, afin de leur annoncer la Nouvelle Jérusalem. Par la suite, ces faits ont été rattachés à l'instant de Ma mort, ce qui s'explique par le fait que beaucoup de morts ont ressuscité et sont apparus à leurs proches dans leurs maisons. 7. Les événements importants survenus dès lors jusqu'à Mon ascension au mont des Oliviers seront mentionnés brièvement ici. 8. Ce fut d'abord Marie Madeleine qui Me vit, et cela s'est passé très exactement comme Jean l'a rapporté (Jean 20,1-8).

9. Marie était venue très tôt au tombeau avec six autres femmes - avant même que la nouvelle fût parvenue au Sanhédrin - afin de prier et de verser encore une fois sur Mon corps les huiles parfumées qui devaient le préserver de la décomposition. Or, trouvant le tombeau vide, elles revinrent en hâte avertir Mes disciples. 10. Quand ceux-ci furent un peu remis de leur émotion, ils revinrent tous porter la nouvelle aux autres, qui ne savaient encore rien de ce qui s'était passé. Marie Madeleine seule resta en arrière. 11. On a déjà dit pourquoi Je la repoussai en disant : « Ne Me touche pas ! » - parce que son amour encore impur aurait pu la détruire si elle avait touché Mon être devenu purement spirituel. 12. Jean rapporte encore que Je suis apparu aux disciples tandis qu'ils étaient assemblés derrière des portes closes (Jean 20,19-23). Voici comment cela est arrivé. Quand les Pharisiens eurent répandu partout leurs fausses nouvelles, il y eut une grande agitation dans le peuple de Jérusalem. La plupart ne croyaient pas les gens du Temple car ceux qui prétendaient cela savaient fort bien que c'était une chose inouïe, et qu'on n'avait jamais vu des soldats romains négliger la surveillance d'un lieu qu'on leur avait confié au point que l'on pût y ouvrir un tombeau et le vider ! Toutes sortes de plaisanteries coururent bientôt à propos du profond sommeil

de ces soldats, raillant son invraisemblance et le comparant au sommeil bien plus profond du Temple. Fort courroucés contre les disciples qui avaient mis à mal leurs mensonges en racontant comment les choses s'étaient passées, les prêtres cherchaient à les faire arrêter, afin de les empêcher eux aussi de nuire. 13. Aussi les disciples s'étaient-ils réunis chez l'aubergiste du mont des Oliviers, que nous connaissons bien, afin de décider de ce qu'il fallait faire. 14. Thomas, cependant, n'était pas présent à cette assemblée, parce qu'il se trouvait à Jérusalem pour chercher à savoir où en étaient les choses. 15. Or, au milieu de cette assemblée, à laquelle Lazare assistait également, Je fis Mon entrée et saluai ceux qui étaient là. Revenus de leur première surprise, ils se pressèrent autour de Moi, submergés par la joie. Ce soir-la, Je les instruisis une fois de plus sur le but de Ma mort, ainsi que sur la mission d’enseignement qui était désormais la leur, afin qu'ils n'eussent aucune crainte, car une foi ferme et l'amour de Moi les préserveraient de toutes les persécutions. Ainsi, Mon apparition était la preuve de l'immortalité dans Mon royaume, et ils eurent tous désormais une foi entière et le cœur plein de zèle.

16. Ensuite, Je pris congé, non sans leur avoir conseillé de se réunir à nouveau dans le même lieu au bout de huit jours, et que chacun s'occupe de sa maison. 17. C'est donc huit jours plus tard qu'eut lieu la scène avec Thomas également décrite par Jean (Jean 20,26-29) 18. Dans cette période qui suivit la Pâque. Je suis apparu en personne à tous ceux qui avaient été en relation directe avec Moi, afin de leur donner la preuve de la vérité de Mes paroles et de fortifier leur âme pour qu'ils répandent Ma doctrine. Aucun ne fut exclu. Ceux que Ma mort avait mis en colère contre les Juifs furent apaisés, et ceux dont le courage vacillait furent fortifiés. 19. Mais il est inutile de décrire tous ces cas en détail, parce que chacun peut se représenter lui-même sans peine tout ce qui s'est passé alors. Ces actes notaient que le couronnement de la foi de ceux qui croyaient déjà, et cela n'a rien ajouté à Mon enseignement. 20. Le récit des deux disciples d'Emmaüs, par exemple, donne une image assez fidèle de tous les événements du même genre qui ont eu lieu, et c'est pourquoi il s'est transmis. 21. Quant à la révélation au bord de la mer de Galilée (Jean 21, 1-19), elle avait pour but de remettre Pierre sur le bon chemin et de le fortifier. Car il souffrait terriblement a la

pensée qu'il M'avait renié. C’est pourquoi il fut soumis à une épreuve où il dut mettre en œuvre sa foi. Quand les disciples qui étaient dans la barque Me reconnurent et dirent à Pierre qu'ils M'avaient reconnu, celui-ci se jeta aussitôt à la mer afin d’être plus vite près de Moi. Ainsi, sa foi le lava des impuretés qui subsistaient en lui : car tout homme qui M'a reconnu doit chercher le plus court chemin vers Moi à travers une mer houleuse. 22. Et la question trois fois répétée : « M'aimes-tu ? » répond donc à son triple reniement. 23. Il y a là un grand symbole que peuvent déchiffrer tous ceux qui ont lu cette œuvre avec le cœur et pas seulement avec la raison. Aussi, que chacun s’examine et voie s'il peut déchiffrer ce symbole. 24. Les disciples repartirent ensuite, chacun vers son occupation, afin de s'occuper de leur maison. Je leur avais commandé de se réunir à nouveau chez l'aubergiste un jour donné, ce qu'ils firent. Ce jour était le quarantième après la Pâque, ce qui correspond aux quarante Jours dans le désert dont chacun avait besoin pour se préparer. 25. Alors, tous ceux qui M'étaient proches se réunirent, et Je fus de nouveau au milieu deux et les conduisis au sommet du mont des Oliviers, d'où la vue porte très loin. Là, Je rassemblai les Apôtres autour de Moi. Les autres disciples nous entouraient en un large cercle. Je les exhortai tous, une

fois de plus, à croire fermement en Moi et en Ma doctrine. De plus, Je confiai à Mes disciples la mission d'aller de par le monde et d'y prêcher l'Evangile en Mon nom. Ensuite, Je pris congé d'eux en leur expliquant que désormais, ils ne Me verraient plus corporellement, mais qu'ils resteraient pourtant à tout moment en relation avec Moi par l'esprit. 26. Alors Je les bénis, et aussitôt Je disparus et ne fus plus au milieu d'eux...

GEJ10 C128 De la propagation de la doctrine du Seigneur, et de la bénédiction
1. (Le Seigneur :) « Voici : toi, aubergiste, et vous tous, habitants de ce village, vous êtes désormais pleinement initiés à Ma doctrine, puisque vous sentez clairement en vousmêmes que toutes les lois et tous les prophètes sont contenus dans ce seul commandement : ayant reconnu Dieu, l'homme doit L'aimer par-dessus tout, et son prochain comme lui-même ! Qui fait cela accomplit pleinement la volonté que J'ai de tout temps révélée aux hommes, et c'est par là que Mon esprit

s'éveillera dans son âme et la conduira en toute sagesse, comme vous en ferez bientôt tous l'expérience. 2. Mais il y a encore autre chose : il importe d'instruire dans cette doctrine tous les autres hommes, afin qu'ils puissent penser, vouloir, agir et vivre selon l'esprit qui est en eux ; car un homme qui ne sait rien d'une doctrine ne peut en faire le principe qui règle ses pensées, sa volonté, ses actes et sa vie. 3. Or, ce n'est pas une tâche aisée que de convertir à la très pure doctrine de la vérité des cieux des hommes qui se sont enfoncés dans toutes sortes d'erreurs, encore moins ceux qui savent tirer de ces erreurs un bénéfice terrestre ; car tout homme dispose d'une volonté parfaitement libre et peut donc en tout temps penser, croire, vouloir et faire ce qu'il veut, et il se laissera très difficilement détourner de ses grandes erreurs si, comme Je l'ai dit, elles lui rapportent de gros avantages en ce monde. 4. Songez donc combien d'hommes, sur cette terre, vivent encore dans les plus grandes erreurs et dans les plus profondes ténèbres spirituelles ! Ne serait-il pas fort souhaitable que tous ceux qui sont dans ces vieilles erreurs quasi innombrables connaissent au plus vite la lumière où vous êtes déjà ? 5. Je vois dans vos cœurs que vous chérissez cet espoir ; mais comment faire pour réaliser le vœu que Je viens d'exprimer, et que vous ressentez si vivement ? Faut-il se

mettre en route sans plus tarder pour aller prêcher partout Ma doctrine, apportant ainsi aux hommes Ma lumière céleste ? 6. Ce serait fort bien, Mes chers amis, s'il n'y avait de si gros obstacles à une telle entreprise, surtout en un temps où le pouvoir de l'enfer a établi sa mauvaise influence sur toute la terre ; d'abord, la terre est vaste, et il faudrait déjà près de mille ans à un homme pour parcourir toute l'Asie, l'Europe et seulement une partie de l'Afrique en traversant tous les lieux et les villages où vivent des hommes, et pour leur transmettre Ma doctrine et les gagner à elle. 7. Vous vous dites à présent : "Oui, ce serait certes tout à fait impossible à un homme, quand bien même il n'aurait pas d'autres obstacles à combattre que la dimension de la Terre ; mais, quant à ce seul inconvénient, ce qui est impossible à un homme seul doit être possible à beaucoup ! Qu'on en envoie dans toutes les directions, et il ne faudra pas mille ans pour apporter à tous les hommes la lumière de vie !" 8. Je vous le dis, votre calcul serait fort bon si l'on n'avait à combattre au monde que cet obstacle, qui est en soi tout naturel et n'a rien à voir avec l'enfer. 9. Mais comment affronter les obstacles de l'enfer, comment convertir à la lumière de la vérité éternelle des cieux les prêtres sans nombre qui inspirent à leurs peuples et à leurs rois un respect craintif et jouissent d'un prestige presque supérieur à celui des dieux, eux qui, par leurs faux

enseignements, ont acquis depuis si longtemps des richesses considérables, et par là un immense pouvoir terrestre ? 10. Y parvenir, pour le vrai salut des hommes, par la voie toute naturelle que Je vous ai dite, Je ne le pourrais pas plus que chacun d'entre vous, même avec la meilleure volonté du monde ! 11. Quant à agir par Ma toute-puissance, cela reviendrait pour ainsi dire à détruire tous ces hommes pour en faire des bêtes. Car les bêtes n'ont pas besoin d'instruction pour mener leur vie naturelle jugée, elles n'agissent que selon l'instinct que Ma sagesse et Ma puissance éveillent et préservent en elles selon leur espèce, et c'est pourquoi elles ne sont pas capables par elles-mêmes de perfectionner réellement leur vie ; seuls certains animaux domestiques peuvent être amenés, par l'intelligence et la ferme volonté des hommes, suffisamment au-dessus de leur condition naturelle pour rendre les services grossiers et subalternes que l'on sait. 12. Si Je traitais ainsi tous les hommes qui sont dans ces erreurs innombrables, quelle différence y aurait-il alors entre eux et les bêtes ? 13. Mais, en ce cas, que faire pour annoncer à tous les hommes, et avec les meilleurs effets, cette doctrine que Je vous ai Moi-même apportée des cieux, à vous qui êtes des hommes de bien ?

14. Pour cela, il importe de ne jamais manquer de temps ni de patience, et aussi d'avoir toujours la volonté très ferme de confesser Mon nom devant les hommes, quelle que soit leur croyance, en toute occasion propice, et de leur faire connaître Ma volonté. Car ceux qui ne craignent pas de Me reconnaître devant les hommes afin de les éclairer en vue de leur salut éternel, Je les reconnaîtrais Moi aussi au ciel devant le trône de Mon Père, qui est en Moi le très pur amour éternel. 15. Bien des hommes passent à longueur d'année, dans l'un et l'autre sens, sur ce chemin qui, venant du lointain Orient, mène vers les nombreux pays de l'Occident. Jusqu'ici, ils ne s'arrêtaient que rarement chez vous, si ce n'est pour prendre de l'eau, et poursuivaient leur route vers Aphek ; mais, à présent que, par Ma grâce, votre petit pays va porter bien plus de fruits de toute sorte qu'il ne vous en faut, et que vos troupeaux aussi seront plus nombreux, vous pourrez loger à fort bonne auberge quantité de voyageurs ! Et, lorsque ces voyageurs encore aveugles vous demanderont, à coup sûr, comment ce désert qu'ils connaissaient bien est devenu une contrée si florissante, profitez de cette occasion pour leur montrer la lumière de la vérité des cieux, et prononcez Mon nom devant eux. 16. Si le voyageur reçoit votre lumière et embrasse votre foi, bénissez-le en Mon nom, et il sentira cela en luimême ; de retour dans son pays, il convertira bientôt à sa foi beaucoup de ses amis, de ses connaissances et de ses parents,

et sera ainsi un bon précurseur de ceux que Je leur enverrai, le moment venu, pour annoncer Ma doctrine. 17. Si des gens de Bethsaïde ou d'autres lieux viennent vous demander quand et par quel moyen votre petit pays est devenu si florissant, faites avec eux comme Je vous ai conseillé de faire avec les étrangers ; beaucoup se mettront à croire, et vous les bénirez aussi en Mon nom, et ils percevront cette bénédiction. 18. Pour les bénir, vous devez imposer les mains aux convertis et leur dire avec foi et avec la plus grande confiance en Moi : "Le Seigneur Dieu soit avec vous, Lui qui est venu à nous dans la personne de Jésus, Fils de l'homme, qui témoigne par la puissance de Sa parole et de Sa volonté qu'Il est le Messie promis ; et par Lui, paix sur terre aux hommes de bonne volonté qui croient en Lui et observent Ses commandements ! 19. Dès que vous aurez prononcé ces paroles devant les convertis, ils percevront en eux Ma bénédiction et deviendront assurément pour vous de vrais amis - mais, pour ceux qui ne croiront qu'à moitié, ne faites cela que lorsqu'ils seront devenus à la longue de vrais croyants ; car une demicroyance ne suffit pas pour recevoir Ma bénédiction. 20. Et à présent, parlons encore d'autre chose. »

GEJ11 C54 De la nature sacrée de Dieu
1. Plus que tous les autres, Pierre avait profondément gravé Mes paroles dans son cœur, et, avec la force de volonté singulièrement efficace qui était la sienne, il entreprit sans plus tarder de perfectionner son âme là où elle était encore détaillante. Ainsi, il fit aussitôt retraite afin d'essayer d'ouvrir sa vision spirituelle, et, pendant quelques jours, on ne le vit quasiment plus. 2. Il importe ici de mentionner à nouveau que, si J'avais réuni Mes disciples en ce lieu, c'était afin qu'ils puissent de leur plein gré, sans intervention de Ma personne ni aucune pression extérieure de l'entourage, se livrer sur euxmêmes à une sorte d'examen volontaire, afin d'entrer en pleine possession personnelle des facultés qu'ils avaient déjà acquises, mais pour les avoir seulement reçues de Moi en vue de leur apostolat futur. C'est de ce point de vue qu'il faut considérer tout ce qui arriva à Ephrem.

3. Quand Pierre recommença à se montrer davantage parmi ses frères, dont chacun suivait de son côté son propre chemin de la vie intérieure - raison pour laquelle ils ne remarquèrent pas particulièrement cette retraite, car il était toujours présent aux repas ordinaires, venant et repartant en silence -, il arriva un soir que les disciples restèrent assemblés plus longtemps que d'habitude. L'occasion en fut une question de Jacques, qui demandait comment la sainteté, la nature sacrée de Dieu, pouvait se sentir offensée par les péchés des hommes. Puisque ces péchés eux-mêmes étaient souvent le moyen de la purification, et puisque Dieu avait permis qu'il fût possible de les commettre. Il fallait donc que ce précepte du Temple eût une autre signification spéciale, puisque aussi bien J'avais Moi-même fréquenté beaucoup de pécheurs sans M'être encore jamais senti offensé par les pires d'entre eux. 4. Ils se mirent tous à parler, chacun rappelant telle ou telle de Mes anciennes leçons, car chacun s'était forgé son propre point de vue sur la sainteté de Dieu. Finalement, Jean expliqua en détail ce qu'il fallait réellement entendre par "sainteté" : le grand amour désintéressé de Dieu, qui, certes, pouvait être blessé par la résistance des pécheurs contre Son amour, de même qu'un bon père peut se sentir blessé par le manque de cœur de ses enfants, mais, avant de se courroucer, cherche les moyens les plus doux possibles pour extirper ce manque de cœur, et ne recourt à des moyens sévères et rigoureux que lorsque les moyens plus doux ont échoué, cela

non par colère, mais uniquement par amour et dans un but juste. 5. Les autres disciples se déclarèrent d'accord avec ces paroles, Pierre ajoutant toutefois que la sainteté de Dieu ne désignait pas seulement Son grand amour, mais aussi la grande sagesse avec laquelle Il avait disposé chaque chose dans toute sa perfection et son adéquation. Et le devoir le plus sacré de l'homme était de ne pas déranger cette ordonnance qui renfermait en elle la raison d'être des choses. Or, c'était précisément en cela que les hommes avaient infiniment péché, allant jusqu'à s'opposer à cette ordonnance en cherchant à détruire, pour leur plus grand dommage, l'harmonie des lois naturelles. C'est ainsi qu'était survenu le Déluge, parce que les Hanochites, en faisant exploser les montagnes, avaient déréglé l'ordonnance de ces montagnes qui avaient pour fonction de maintenir en place les réserves d'eau souterraines. Ainsi, aujourd'hui encore, l'homme péchait contre l'ordonnance, et c'est en cela qu'il offensait la sainteté de Dieu, mésusant de son corps pour se livrer à la débauche et à la luxure, qui rendaient son corps incapable d'abriter une âme saine. Or, connaître la règle de vie que devaient suivre les hommes était un pas important vers la régénération, et c'est ainsi qu'il avait reconnu, pendant ces quelques jours, à quel point il était nécessaire de s'absorber en soi-même, parce que seule la quête intérieure permettait de recevoir l'enseignement divin et de connaître la vérité.

6. Les autres demandèrent à Pierre si c'était là ce qu'il avait fait. Il répondit que oui, expliquant qu'il avait passé ces jours à chercher avec beaucoup de zèle, et qu'il était désormais convaincu d'avoir trouvé la voie pour devenir un bon disciple de notre Seigneur et Maître. Cependant, il était aussi convaincu que tous ses frères avaient bien retenu les dernières paroles du Seigneur et aspiraient à atteindre ce but proche : mais il se sentait poussé à leur faire part de ses observations, au cas où l'un ou l'autre en tirerait quelque conclusion personnelle, ou, à l'inverse, pourrait lui apprendre quelque chose qui lui serait utile, à lui. Pierre.

GEJ8 C86 Marc témoigne du Seigneur
1. Mais le Romain Marc s'avança vers eux et leur dit en langue grecque, que les Pharisiens possédaient mieux que la langue romaine : « Ne soyez pas confus, amis, parce que vous venez d'exprimer très franchement devant nous que vous voudriez être débarrassés de notre domination et que vous considéreriez presque sans conditions comme le vrai Messie celui qui ferait à nouveau de vous un grand peuple libre et puissant sur cette terre. Car, voyez-vous, nous sommes accoutumés depuis longtemps à de telles déclarations de votre

part, et elles ne nous inquiètent guère. En cela, nous nous en tenons à notre vieux proverbe : LEO NON CAPIT MUSCAS[Le lion n'attrape pas les mouches], parce que nous nous sentons encore bien assez forts et puissants pour cela. 2. Cependant, vous avez confessé devant le Seigneur que vous voulez désormais croire en Lui et y croirez, même si ce Messie très authentique ne devait rien changer aux conditions de cette terre, non seulement pour les Juifs, mais pour tous les hommes de la terre ; cela était assez bien dit pour que nous vous pardonnions cette autre déclaration moins flatteuse. Mais nous sommes particulièrement étonnés que vous commenciez seulement à comprendre un peu, vous qui êtes si instruits de votre Écriture, ce que nous, Romains, considérons depuis longtemps et avons fort bien reconnu comme une vérité irrévocable. 3. Voyez-vous - ce Jésus dit de Nazareth, mais qui est né à Bethléem, selon votre calendrier en l'an 4151 après Adam, le septième jour du mois de janvier à minuit, est un Juif aussi bien que vous ! 4. Et nous sommes informés depuis longtemps de toutes les merveilles survenues au moment de Sa naissance, et quelquefois par la suite. Nous n'avons jamais manqué de bons informateurs, aussi n'avons-nous jamais été assez insouciants, au contraire de vous, pour perdre tout à fait de vue Sa très mémorable personne : car nous avions de Ses nouvelles par

Cyrénius et Cornélius, et vous concevrez sans peine qu'étant tous des hommes de cinquante à soixante-cinq ans, nous ayons pu être mis au courant de bien des choses. 5. Vous nous traitez d'aveugles, nous, païens, et pourtant, nous pensions depuis bien longtemps en nousmêmes - d'autant que nous avions appris à connaître vos lois et vos prophètes - qu'il devait y avoir derrière ce merveilleux Nazaréen quelque chose de tout à fait extraordinaire, et qu'Il était peut-être même le Messie promis à tous les hommes selon les Prophètes. Et à présent, même si nous gardons encore cela pour nous, nous ne doutons plus du tout qu'il ne soit en toute vérité ce que nous pressentions depuis longtemps. 6. Si nous comprenons, nous, païens aveugles, qu'Il est le grand Messie du monde, et si, encore une fois, bien qu'Il ne soit extérieurement qu'un Juif et donc pas particulièrement bien considéré par nous en tant que tel, nous louons en Lui notre Seigneur et celui de tous les souverains de la terre, qu'est-ce qui vous empêchait de reconnaître sur-le-champ cet insigne compatriote pour Celui qu'Il est sans le moindre doute ?! N'est-ce pas un honneur pour vous aussi que les puissants Romains Le reconnaissent, Lui qui est extérieurement un Juif de naissance, et louent en Lui le Seigneur et le Maître de tous les seigneurs du monde, ce par quoi nous confessons donc ouvertement qu'Il nous a vaincus, nous, Romains, par l'esprit de toute vérité ? Et nous n'avons

pas honte de le confesser, parce que cela ne peut qu'ajouter à notre gloire qu'Il nous ait nous aussi accueillis comme Ses enfants sous Son sceptre paternel tout-puissant ! Mais vous, les Juifs, dans votre grand orgueil et votre aveuglement, vous ne cessez de vous consulter sur la meilleure façon de vous emparer de Lui et même de Le tuer ! Comment peut-on seulement imaginer cela de vous, dites-le-nous ! » 7. A cette apostrophe énergique de Marc, les Pharisiens, encore plus surpris, ne surent que répondre. 8. Mais le Romain insista, les sommant de dire ce qu'ils pouvaient et voulaient : on ne leur en tiendrait pas rigueur, car des hommes libres et honorables pouvaient toujours s'exprimer sans réserve devant Dieu en toute liberté et en tout honneur.

GEJ8 C9 Lazare témoigne du Seigneur
1. Lazare dit : « N'as-tu pas lu dans l' Écriture : Quand le Seigneur viendra sur cette terre en tant que Fils d'homme, le petit nombre des justes verra les anges monter et descendre du ciel pour Le servir ? Que direz-vous donc si je vous affirme que j'ai vu cela, et bien d'autres avec moi, et que ce n'était pas

un songe, encore moins une quelconque illusion, mais une réalité parfaitement tangible ! Et ce jeune homme est justement un ange, et même un archange ! 2. Quant aux sept hommes, l'esprit en eux leur a annoncé, au plus profond de l'Égypte, que la Promesse s'était accomplie chez nous, les Juifs, et c'est pourquoi ils sont partis, guidés par l'esprit, afin de voir de leurs yeux le Seigneur de toute gloire marcher dans la personne d'un homme et enseigner parmi nous, hommes trop aveugles pour reconnaître ce que ces hommes qui vivent si loin de nous voient déjà si clairement. 3. Pour ce qui est la faculté qui m'a permis de savoir ce que vous disiez entre vous, je ne l'avais jamais possédée jusqu'ici, et c'est le Seigneur, cet insigne Galiléen, qui me l'a accordée à cause de ma foi en Lui et de l'amour que j'ai pour Lui et, à cause de Lui, pour mes frères pauvres. 4. Ce que je vous dis là est une vérité sacrée : mais je ne puis vous la prouver, si ce n'est en vous disant une fois pour toutes : voilà ce qu'il en est, et voilà pourquoi je crois que l'insigne Galiléen est en toute vérité le Messie promis, Yahvé Sabaoth. Qui croit en Lui, L'aime par-dessus tout et aime son prochain comme soi-même aura en lui la vie éternelle ! 5. A présent, faites comme vous voudrez, car c'est là une autre parole sacrée du Seigneur : même au diable, il faut

laisser tout son libre arbitre : car sans cela, l'homme ne serait pas homme ni à la mesure de Dieu. Il ne serait qu'un animal à l'âme privée de liberté, donc contraint d'agir selon ce que lui dicterait la toute-puissance divine. 6. Tout ce que vous voyez sur cette terre et au firmament est jugé et soumis à la loi immuable de la nécessité. L'homme doit accepter pour un temps limité cette loi immuable et figée, pour son corps seulement : car seule la toute-puissance divine gouverne le corps humain pour ce qui est de sa forme, de sa croissance et de sa belle organisation, ainsi que pour la durée normale de la vie physique, et c'est d'ailleurs pourquoi Dieu peut guérir instantanément un corps malade par la puissance de Sa volonté. Mais la toutepuissance divine ne doit pas toucher à l'âme libre de l'homme ! C'est pourquoi les règles que Dieu a données aux hommes pour la conduite de leurs âmes n'ont pas été formulées comme une contrainte, mais comme un devoir*. 7. Ainsi donc, nous n'avons pas reçu les lois divines comme une nécessité et pouvons les observer si nous le voulons : de même, à présent, nul n'est forcé de se mettre à croire dans le Seigneur, et le font ceux qui le veulent librement. Mais que l'on songe aux conséquences pour l'âme dans l'au-delà, où elle sera tout aussi libre qu'ici-bas, mais avec cette différence qu'elle devra se créer par elle-même tout ce dont elle aura besoin pour sa subsistance éternelle. Que

deviendra-t-elle alors, si elle n'a pas accumulé ici-bas, selon le conseil de Dieu, les richesses et les matériaux spirituels ? 8. Et, comme Il le fait ici-bas à présent, de par Son ordonnance éternelle, Dieu ne fera jamais peser Sa toutepuissance sur l'âme des hommes, afin de préserver leur libre arbitre. Mais ici-bas, l'homme a cet avantage que la toutepuissance divine met à sa disposition toutes sortes de richesses grâce auxquelles, s'il en fait bon usage selon le conseil de Dieu, il peut gagner d'immenses trésors spirituels pour son âme éternelle. Dans l'au-delà, au contraire, les richesses et les nourritures du monde créé par Dieu disparaissent tout à fait, et chaque âme, à l'image de Dieu, doit tout créer par elle-même, selon sa propre sagesse et sa propre volonté parfaitement libre. Mais quel sera son sort si elle n'a jamais été reliée à la volonté, à la sagesse et à l'amour de Dieu ? 9. Que fera alors une âme aveugle et ignorante, donc sans force et privée de toutes les richesses intérieures de l'esprit ? Si vous songez ne serait-ce qu'un peu, vous comprendrez nécessairement à quel point il serait stupide de refuser d'avoir part à la grâce divine du Seigneur, en un temps où cette occasion merveilleuse nous est offerte comme elle ne le sera peut-être plus jamais à ce degré extraordinaire ! 10. A présent que je vous ai dit tout ce que pouvait dire un ami soucieux de vérité, il ne me reste plus qu'à vous répéter une dernière fois qu'en ce qui me concerne, rien ne vous lie ni

ne vous contraint à quoi que ce soit, car vos âmes sont tout aussi libres que la mienne. » 11. Quand Lazare eut achevé ce discours aux Pharisiens, le second orateur, qui, comme on l'a dit, était un grand érudit, déclara : « Il est plus qu'évident que notre ami Lazare, dont nous savons qu'en tant que particulier, il est pour ainsi dire l'homme le plus riche du pays, ne saurait avoir un intérêt personnel à nous donner ce conseil. Qu'aurait il à faire de notre or et de notre argent, de nos perles et de nos pierres précieuses ? Il en a déjà tant qu'il pourrait s'acheter un royaume ! S'il nous dit que nous devons croire dans le Galiléen, ce n'est donc pas pour nous faire quitter le Temple afin que nous placions à intérêt nos richesses à sa banque de change ; cette pensée doit être d'autant plus éloignée de nous qu'il a définitivement fermé cette banque il y a deux ans ! Lui qui, comme chacun sait, porte sur tout ce qui peut arriver en ce monde un jugement très lucide, il a à coup sûr étudié avec impartialité cette affaire du Galiléen, et son esprit pénétrant en a découvert le fin mot ; aussi ferions-nous sans doute bien mieux de suivre son conseil sans plus hésiter ! 12. Nous n’avons vraiment plus grand-chose à gagner au Temple ! Le bénéfice matériel s'est quasiment réduit à néant, et quant à nos âmes, elles ne font qu'y perdre chaque jour davantage sans jamais rien gagner : nous agirions donc à coup sûr fort sagement en considérant enfin, sur nos vieux jours, ce qui pourrait advenir de nos âmes après notre mort

physique, qui ne saurait plus guère tarder. Si vous faisiez de même, je serais tout prêt à me dégager tout à fait du Temple ! 13. J'y mettrais une seule condition, facile à remplir : je voudrais d'abord m'entretenir une dernière fois avec le jeune homme que notre ami Lazare vient de nous désigner comme un archange. Serait-ce encore possible, ami Lazare ? » 14. Lazare : « Oh, rien de plus facile ! Je n'ai qu'à l'appeler, et il viendra sur-le-champ ! » 15. Le second orateur : « Fais-le donc, ami, je t'en prie, car je brûle du désir de voir cet homme-archange et de lui parler ! »

GEJ3 C194
Opinions des Perses sur le Seigneur 1. Cependant, tandis que Je débattais avec Cyrénius de la générosité et de l'avarice, les Perses discutaient entre eux de ce que Je pouvais être. Certains estimaient que Je devais être un prophète : d'autre Me tenaient pour une sorte de sage connaissant bien toutes les écoles d'Égypte, de Grèce et de Jérusalem : quelques-uns pensaient même que Je pouvais être

un prince romain très au fait de tout ce qui se passait dans le vaste Empire et ainsi d'une grande sagesse politique. Il fallait donc bien se surveiller devant Moi, disaient-ils : sans cela, le fier Romain Cyrénius, gouverneur général de toute l'Asie, ne ferait pas montre avec Moi d'une telle humilité ! Mais l'un des deux délégués dit : « Quoi qu'il puisse être, c'est en tout cas un homme supérieur qui peut nous apprendre des choses, et c'est bien ce dont chacun a le plus grand besoin en ces temps ! » 2. Tous étant finalement d'accord là-dessus, et bien que la nuit commençât déjà à tomber, ils se dirigèrent vers la colline où Je Me trouvais. 3. Au même moment, le vieux Marc vint Me demander ce qu'il fallait faire à propos du repas, parce que les tables avaient été brisées par la grêle et que le sol était encore fort humide. 4. Mais Je lui montrai les Perses et lui dis : « Regarde, c'est un mets particulièrement délicieux qui vient vers Moi : avant même le repas de ce soir, il faut que Mon amour les consume entièrement ! D'ici là, tu trouveras bien le temps de préparer un repas matériel et d'arranger les tables de quelque manière : car seules quelques-unes sont brisées, et elles seront bien réparées à temps. Mais allumez d'abord les lampes, afin que les hommes n'aillent pas dans les ténèbres ! » Là-dessus, Marc s'en retourna joyeusement et fit activer son monde.

5. Cependant, les Perses, parvenus devant Moi, s'inclinèrent derechef jusqu'à terre selon leur coutume. mais ils se redressèrent ensuite au lieu de demeurer face contre terre. 6. L'un des deux précédents délégués prit la parole, disant : « Seigneur et assurément grand ami des hommes de bonne volonté, nous voici ! Tu connais notre situation et le motif qui nous a amenés en ces parages. Mais nous considérons qu'il s'agit là d'une circonstance providentielle venue d'en haut et disons avec Job : "Seigneur, tout T'appartient, le ciel et la terre, l'air et les eaux ! Tu donnes et Tu reprends selon Ton bon plaisir ; Tu peux donner la couronne et le sceptre à un mendiant et courber la tête des rois dans la poussière du néant !" C'est pourquoi nous n'avons point de peine ; car celui qui a constamment à la bouche et au cœur la volonté du Dieu tout-puissant ne s'afflige jamais, à moins qu'il n'ait péché à la face de Dieu. C'est pourquoi aussi nous ne regrettons point notre importante perte ; car si la volonté divine n'était pas intervenue dans cet événement apparemment fâcheux, nous aurions sans doute recouvré notre argent dans son intégralité, comme cela fut le cas toutes les autres années. Mais à l'évidence, c'est la volonté de Dieu qui s'en est ici mêlée, et nous Lui sacrifions volontiers ce peu de chose et ferions même volontiers de plus grands sacrifices si le Tout-Puissant l'exigeait de nous ; car Lui seul est le

Seigneur et nous ne sommes que Ses valets obéissants, ne servant en tout temps que Lui seul. 7. Nous n'aimons et ne craignons que Dieu et n'avons donc nulle crainte des hommes ; et si le Seigneur du ciel et de la terre nous a fait perdre quelque chose aux yeux des hommes. Il a sans doute pour cela une fort bonne raison ! Car l'homme insouciant ne pèche que trop aisément devant Dieu, ce qui est toujours dommageable à son salut : mais alors, le Seigneur intervient avec Sa férule et aide l'homme à revenir sur le droit chemin ! 8. Tu vois par là, cher seigneur et ami, que nous ne sommes pas des hommes oublieux de Dieu, loin de là. Il se peut certes que tu sois un sage païen très au fait des forces de la nature ; mais nous ne connaissons qu'une seule omnipotence, celle qui appartient à Dieu, et nous n'accepterions aucune doctrine qui dise le contraire ! 9. Ainsi, si tu veux nous enseigner quelque vraie sagesse, n'oublie pas que nous sommes adeptes de la religion de Moïse avec une foi inébranlable ! Nous n'acceptons aucune doctrine, quelle que soit sa sagesse réelle ou supposée, à l'encontre de celle-ci ! Car nous aimons mieux être des sots pour les sages du monde que des pécheurs devant Dieu ! » 10. Je dis : « Vous avez bien raison, et c'est là la meilleure voie ! Mais, tant dans Moïse que, surtout, chez les Prophètes, il y a des choses qui vous paraissent peut-être

encore fort obscures. C'est celles-ci que Je voudrais vous expliquer, afin que vous les compreniez vous aussi, pour vous-mêmes et pour vos frères, vos femmes et vos enfants, à quelque moment que ce soit ! 11. Quand Elie se cachait dans une grotte de la montagne, l'Esprit lui fit savoir qu'il devait demeurer dans la grotte jusqu'à ce que Yahvé en personne passât devant elle ! Elie se plaça près de l'entrée et attendit. Alors survint une violente tempête qui passa avec un tel tracas que toute la montagne en trembla. Elie demanda si c'était bien Yahvé qui était passé là. Mais l'Esprit répondit "Yahvé n'était pas dans la tempête !" 12. Elie se remit à attendre, et c'est alors qu'un immense incendie passa devant la grotte ! Il grondait et crépitait si violemment qu'au-dehors. les parois se vitrifièrent sous l'effet de la chaleur. Elie crut que c'était bien Yahvé cette fois. Mais l'Esprit parla encore et dit : "Yahvé n'était pas non plus dans ce feu !" 13. Alors, le grand prophète se dit en lui-même : ''Yahvé dans Son être essentiel d'amour ne Se trouve donc ni dans la tempête, ni dans la toute-puissance du feu. 14. Mais comme il méditait ainsi profondément, un très doux et très léger souffle passa devant sa grotte, et l'Esprit parla encore et dit : "Elie, Yahvé est passé dans ce léger et doux murmure, et c'est là le signe promis que tu peux

désormais aller librement et quitter cette grotte où tu devais te cacher en attendant ta délivrance !" 15. Alors, Elie sortit tout tranquillement de la grotte, et il reprit librement le chemin de sa grande patrie sans courir le moindre danger. (J Rois, 19, 9-15.) 16. Puisque vous avez une foi si ferme dans l'Écriture, expliquez-Moi cette étrange allégorie

GEJ6 C231 Infinité et omniprésence de Dieu en Jésus. L'apparition au baptême du Seigneur
1. (Les disciples :) « Seigneur, une seule question encore, et tout sera à peu près en ordre ! 2. Voici : en plus de toutes Ses autres qualités, Dieu est infini, donc omniprésent. Comment cela T'est-il donc possible, puisque Tu Te trouves en même temps corporellement parmi nous, dans une personne strictement limitée ? » 3. Je dis : « Vous qui êtes Mes premiers disciples, cela témoigne encore une fois de votre manque de mémoire ! Ne vous souvenez-vous pas de M'avoir posé presque la même

question, quand, de Samarie, nous revenions en Galilée ? Et n'ai-Je pas fait avec le soleil un signe qui vous a montré que Je pouvais être présent tout à la fois dans le soleil et sur cette terre ? Et à présent, vous Me demandez presque exactement la même chose ! Je vous l'ai également montré près de Césarée de Philippe, chez l'aubergiste Matthias de Capharnaüm, quand J'ai comblé en un instant l'immense cavité qui s'était effondrée, et à Chotinodora avec le lac idolâtre ? Et vous ne comprenez toujours pas le mystère du royaume de Dieu, et encore moins le mystère de Dieu ?! 4. N'est-ce pas Ma volonté, embrasée par l'amour éternel et illuminée par la flamme de sa lumière, la sagesse de Dieu, qui est précisément ce Saint-Esprit pour vous si incompréhensible, qui, rayonnant sans cesse de Moi, emplit l'infini tout entier ?! Et c'est par ce Moi, par ce "Je Suis" qui est Moi-même, donc par Mon être et Ma présence, que Je suis ainsi présent partout, tout comme Je suis à présent parmi vous sans intermédiaire dans Mon être véritable ! Je vous l'ai déjà montré clairement à plusieurs reprises, à vous, Mes premiers disciples et Mes frères, et pourtant, vous l'avez oublié ; mais peut-être vous en souviendrez-vous cette fois ? 5. Je ne serai pas toujours ainsi parmi vous, avec tout Mon être essentiel ; et pourtant, Je demeurerai avec vous, identique à Moi-même, jusqu'à la fin des temps de

cette terre, du moins avec tous ceux qui suivront fidèlement Ma parole dans leur vie et dans leurs œuvres. 6. Car, lorsque Mon heure sera venue, Je quitterai par la souffrance et les plus grandes humiliations cette humanité qui est encore la Mienne pour retourner à Ma divinité première et remonter vers Mon Dieu, qui est en Moi, et votre Dieu, qui est à présent avec vous et vous enseigne de Sa bouche. » 7. Plusieurs dirent : « Seigneur, nous préférerions que Tu restes ainsi avec nous pour toujours ; car là où Tu es, ô Seigneur, est aussi le plus haut des cieux, et nous n'en avons jamais espéré de meilleur ! » 8. Je dis : « Ce n'est pas votre esprit qui parle ici, mais votre chair, où l'esprit est encore profondément enfoui ! 9. La vie purement spirituelle de l'âme dans Mon royaume vous est encore tout à fait étrangère, et c'est pourquoi, bien sûr, vous préféreriez vivre éternellement icibas ; mais si vous saviez qu'en un instant, dans Mon royaume, vous pourriez connaître plus de félicités, et infiniment plus grandes, qu'en mille ans de vie sur cette terre dans le corps le plus sain, vous ne parleriez pas ainsi. Je vous en ai certes donné quelques avant-goûts, à vous, Mes anciens disciples mais votre mémoire demeure courte, en cela comme en toute

chose. Cependant, Je ne vous donnerai pas de nouvelles preuves , car lorsqu'un jour Mon esprit descendra sur vous, Il vous guidera en toute sagesse ! » 10. Thomas, qui était celui qui croyait le plus difficilement, dit enfin : « Seigneur, pourquoi donc avonsnous vu le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe de feu, et pourquoi avons-nous entendu la voix du Père venant des cieux ouverts ? » 11. Je dis : « Je savais que tu aurais encore une question à Me poser, et, venant de toi, Je ne la prends certes pas mal ; car tu es de ceux qui ne questionnent que fort rarement. 12. Pour vos sens limités, le symbole de la colombe désigne d'une part la grande douceur, d'autre part la grande facilité à voler de Ma volonté, qui est le véritable EspritSaint ; car là où Je veux agir par Ma volonté, Je suis présent et J'agis, si infiniment loin que ce soit. 13. Quant à la voix qui semblait venir du haut des cieux, c'est encore Mon esprit qui faisait cela, et l'amour issu de Moi l'emplissant tout entier, aussi intimement lié à Ma volonté en tout lieu qu'en Moi-même. Si la voix vous semblait venir des cieux, c'était afin de vous montrer et de vous enseigner que tout ce qui est vrai et d'une bonté divine vient avant tout d'en haut, de même que l'homme ne devient

foncièrement bon que lorsque sa raison illuminée par Dieu illumine son cœur et l'élève véritablement. 14. Et c'est seulement quand le cœur est illuminé et enflammé d'un véritable amour que tout devient parfaitement clair et vivant en l'homme. Alors, ton amour aussi se mettra à parler et te dira : "La lumière en moi est mon cher fils qui a toute ma faveur, et vous - c'est-à-dire tous mes souhaits, mes désirs et mes passions - , écoutez-le !" - Qu'en dis-tu, Mon disciple? N'en est-il pas ainsi ? » 15. Le disciple dit : « Oh, comment pourrait-il en être autrement ? Seigneur, en Toi sont l'amour et la sagesse suprêmes ! Tu peux tout nous faire apparaître sous le jour le plus lumineux ! Mais les choses n'iraient-elles pas beaucoup mieux si les autres croyants pouvaient bientôt comprendre cela comme nous à présent ?» 16. Je dis : « Ceux qui, pour le moment, ont besoin de mieux comprendre ce grand mystère de Dieu, Je viens de leur en donner l'explication. Quant aux autres, ils sont encore loin de comprendre lorsqu'on leur parle de choses terrestres et de ce monde ; comment comprendraient-ils ces choses profondément spirituelles ? 17. Il faut une nourriture différente pour les enfants et pour les hommes mûrs. Comment feras-tu comprendre une chose profondément spirituelle à un homme qui ne connaît rien de la terre qui le porte et le nourrit, et encore moins de

tout ce que contient le ciel étoilé ? Mais vous, Je vous ai enseigné tout cela, afin que vous vous fassiez d'abord une idée vivante de la grandeur et de la très sage ordonnance de Dieu, et c'est ainsi que vous avez pu comprendre plus aisément ces choses supérieures et purement spirituelles ; quant aux autres qui sont ici, ils connaissent déjà bien ce monde et ont donc eux aussi de bonnes raisons de comprendre les choses supérieures, bien que ce soit avant tout leur grand amour pour Moi qui les en rend capables. Ainsi, tous ceux qui en étaient capables ont désormais reçu l'explication de ce grand et profond mystère ; tous les autres devront attendre jusqu'au jour où ils pourront la recevoir de Mon esprit. »

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