PASSION DE JESUS

Résurrection de Lazare A la fin de cet automne-là, il se rendit à Jérusalem pour un bref séjour. • C'est à ce moment-là qu'eut lieu la résurrection de Lazare, qui représente la clef de voûte de Mon enseignement » (Grand Evangile XI, p. 104). • Cette action causa l'extrême colère du Temple car elle avait eu lieu près de Jérusalem. Lazare était l'un des hommes les plus riches du pays et, après sa mort, le tiers de son immense fortune devait, selon la loi, revenir au Temple car il n'avait pas d'enfant. » Lazare pria Jésus de passer l'hiver chez lui, comme il l'avait déjà fait une fois. Jésus n'accepta cependant pas cette invitation et se décida à se retirer avec ses apôtres (sans Judas) et huit autres disciples, tout à fait à l'écart. Les autres disciples retournèrent chez eux passer l'hiver comme de coutume. Jésus se rendit à Ephraïm qui ne se trouve pas en Samarie, comme le prétendent certains auteurs mais dans les monts Judas, à l'est d'Hebron, près de la Mer Morte. Le texte de l'évangile de Jean 11 : 54 ne permet pas de prétendre que Jésus se rendit dans le nord. Les disciples restèrent tout

l'hiver à Ephraïm, un petit endroit très peu fréquenté en hiver, où ils restaurèrent, avec l'aide des anciens, une forteresse en ruines, pour l'habiter. Ils y demeurèrent trois mois (Grand Evangile XI, p. 146). En quittant Ephraïm, Pierre mit une fois encore Jésus en garde contre le Temple. « Il devinait que les choses s'étaient aggravées au plus haut point et, dès ce moment-là, Pierre cacha sur lui une épée pour offrir sa vie au cas où les gardes viendraient M'arrêter » (Grand Evangile XI, p. 148). « Après le retour d'Ephraïm suivirent des journées significatives où Je dus convaincre Lazare et Mes disciples du but final que J'avais pour l'humanité et Je leur expliquai encore beaucoup de choses qu'il n'est pas encore temps de révéler à l'humanité. Cela viendra plus tard. » « Le soir, nous étions tous assis au Mont des Oliviers, dans la grande salle d'une auberge qui appartenait également à Lazare. La foule défilait pour Me voir et cela était bien car elle devait Me voir » (Grand Evangile XI, p. 154, 155). « Le premier soir, à Mon arrivée chez Lazare, nous nous étions retirés loin de la foule qui n'était pas encore très importante, dans la salle qui nous servait de logement à tous, lorsque Judas Iscariote ouvrit la porte et nous salua tous » (Grand Évangile XI, p. 155).

« Il fit une description haute en couleurs de la solitude qu'il avait ressentie à Jéricho où il s'était arrêté et de la pauvreté, de la souffrance et de l'esclavage du peuple qu'il avait rencontré en chemin. Il termina avec ces mots : O Seigneur, si j'avais seulement le dixième de Ta force, je pourrais alors comme je voudrais mettre fin rapidement à toute violence, libérer et rendre heureux le peuple qui est asservi et appeler au secours Jéhovah pour qu'Il loue le Seigneur et jubile devant Dieu. O Seigneur, combien de temps pourras-Tu encore hésiter et laisser retentir ces supplications sans les exaucer ? » • Un grand silence plein d'attente succéda à ces paroles qui montraient bien à quel point Judas attendait que Je sois le Messie libérateur terrestre. Je lui répliquai : "N'ai-je pas appelé à Moi les pauvres de tous temps ? N'ai-Je pas consolé les affligés, guéri les malades et enrichi les malheureux autant qu'ils le méritaient ? Qui tarde donc ? Ce n'est pas Moi, c'est le monde qui tarde et qui ne veut pas de salut. Le Fils de l'homme atteindra bientôt le faîte de sa puissance, afin que le monde voie qu'Il a atteint ce à quoi tous aspirent et qui leur paraît si désirable. Mais cela arrivera pour le salut de Mon ciel et non pour le salut du monde. Et toi, console-toi avec ce que tu as déjà vu et verras encore bientôt." Judas se tut alors et fut tout heureux dans son cœur car il croyait par ses paroles M'avoir aidé à faire peut-être le pas décisif qui allait Me décider à libérer le peuple du joug

des Romains car il savait que J'en avais la force » (Grand Evangile XI, p. 156.) • Judas imaginait que Je n'étais pas capable de lire ses pensées secrètes. Avec toutes les bonnes dispositions de l'esprit que peut avoir un homme matérialiste, il ne percevait cependant pas très profondément l'essence et l'intelligence de Ma personne et ne voyait en Moi qu'un être doué de facultés exceptionnelles » (Grand Evangile XI, p. 158). • Judas s'en alla vers la foule assemblée devant l'auberge et raconta à tout le monde que J'étais là et que J'irais le lendemain à la ville » (Grand Evangile XI, p. 161). • Mais Je sortis de la maison et Me rendis seul au sommet du Mont des Oliviers d'où l'on jouit d'une vue étendue sur Jérusalem et tous les environs. Ici la Divinité se sépara en Moi du fils de l'homme Jésus et lui dit : "Vois ici devant toi la ville de ta souffrance, qui va commencer dans les jours qui viennent, si tu veux prendre librement sur toi le joug qui servira à sauver l'humanité. Dans ton corps humain, tu es séparé de Moi, tu es un homme comme tous les autres. En sacrifiant ta volonté, tu as laissé croître en toi la volonté du Tout-Puissant. Mais c'est de ta volonté d'homme qu'il dépend maintenant que tu acceptes le dernier acte le plus pénible. C'est pourquoi Je te demande : « Veux-tu, en tant que Mon fils, retourner au Père et donc accomplir tout ce que Je te demande ? Ou veux-tu, en tant que fils des hommes,

appartenir à cette humanité seulement et rester seulement de ce monde ? Tu peux être un conquérant et rester un libérateur du monde ; mais si tu grandis parfaitement en Moi et deviens par-là le souverain de la vie de toute éternité, tu peux aussi devenir un chemin qui mène à Moi et qui conduit au plus profond du cœur de Dieu. Tu peux être un intercesseur des hommes créés par Ma puissance, sortis du cœur du Père où ils doivent retourner, mais tu peux aussi être un intercesseur de l'amour qui commande à la sagesse de changer sa justice en compassion. Ainsi, choisis maintenant ce qui est devant tes yeux et ce qui va arriver à ton corps, si tu veux suivre le chemin à côté de Moi ou le chemin en Moi, car voici venue la dernière décision. » (Grand Evangile XI, p. 166). « Alors parla l'âme de Jésus, le Fils de l'homme : "Père, Ta volonté est toujours la mienne et qu'il advienne seulement ce que Tu veux." Alors la Divinité dit au cœur du Fils de l'homme : "Je te le demanderai encore une fois comme aujourd'hui et il arrivera ce que tu veux, selon la réponse que tu donneras. Mais vois ce que le monde va t'offrir aujourd'hui." » (Grand Evangile XI, p. 167). « Le lendemain matin, tous étaient réveillés avant le lever du soleil. Nous sortîmes immédiatement. J'appelai Mes disciples et les douze apôtres autour de Moi et leur dit : "Mes chers, ce jour sera un jour de cérémonies pour le fils de

l'homme parce que le Père le veut pour l'amour des humains." Les disciples, parmi lesquels se trouvait Judas, Me demandèrent : "Seigneur, que veux-tu dire ? Et comment pouvons-nous nous protéger de l'ennemi ?" Je me tournai alors vers Jérusalem et criai : "Mais toi, fille de Sion, prépare-toi à recevoir ton Roi" » (Grand Evangile XI, p. 167). « Les disciples ne disaient plus rien, s'émerveillaient, chuchotaient entre eux et se demandaient ce que Mon étrange personne avait à dire. Judas, qui avait entendu ces paroles, dit en riant à Jean : "Ami, le Maître sait déjà quel chemin Il va suivre. Il prend les voies de l'oint du Seigneur, qui mènent non en enfer mais à la gloire et à l'honneur de son peuple." Il m'adressa ces mots avec enthousiasme en Me regardant, car Mon puissant appel lui avait paru être la réalisation de tous ses vœux ; il voyait la voie ouverte à tous les honneurs qui devraient aussi lui être rendus, à lui qui avait préparé le chemin du Messie et qui, donc, méritait toute Ma reconnaissance ! » « Pierre regarda avec étonnement Judas qui montrait une si fière assurance. Pourtant, il se tut, émerveillé par le déroulement de cette matinée et, silencieusement, il se mit en route avec les onze » (Grand Evangile XI, p. 168).

« Nous arrivâmes à la moitié du chemin qui séparait Béthanie des portes de Jérusalem. A main gauche devant nous, se trouvait une petite bourgade qui s'appelait Betphage mais qui, aujourd'hui, a complètement disparu. Je demandai que deux de Mes disciples veuillent bien Me rendre un grand service. Tous se proposèrent. Je fis le choix de Jean et Pierre et les priai d'aller à cet endroit qu'ils voyaient devant eux. Là ils trouveraient à la première maison, une ânesse attachée avec son ânon et broutant l'herbe. "Amenez-Moi cet ânon car J'ai besoin de lui. Si l'on vous demande qui vous a envoyé, répondez simplement : c'est le Seigneur et Il en a besoin, et on vous le donnera" » (Grand Evangile XI, p. 169). « Migram, le propriétaire de l'ânon, avait entendu parler de Moi qui l'avais initié à Mon enseignement. Il était Romain, et se disait ouvertement Mon partisan ; il ne se souciait pas des Juifs, n'ayant à faire qu'aux envoyés et aux citoyens de Rome. Lorsque les deux disciples arrivèrent à sa maison, ils trouvèrent les deux bêtes, délièrent la plus jeune. Le propriétaire sortit alors en hâte de sa maison, suivi de tous ceux qui se trouvaient chez lui pour acheter des fruits. Il demanda d'un ton rude comment il leur était venu à l'idée de vouloir emmener cet ânon ? Jean répondit selon Mes paroles et Migram, plein de joie à la nouvelle qu'il pouvait Me rendre un service, s'empressa de détacher aussi la vieille ânesse pour Me l'envoyer avec son ânon. "Mais, dirent les

disciples, le Seigneur n'a besoin que de l'ânon" » (Grand Evangile XI, p. 169-170). • Tandis que nous étions encore occupés à ces préparatifs, une foule de gens empruntait cette route de Jérusalem. Lorsqu'ils nous aperçurent, ils se précipitèrent vers nous et, très rapidement, nous fûmes entourés de centaines de personnes qui voulaient M'acclamer et Me saluer comme le sauveur d'Israël. La plupart d'entre eux étaient des Juifs qui Me connaissaient déjà plus ou moins et m'avaient vu avec Mes disciples exercer Mon ministère de guérison, au cours de Mes voyages. Ces gens Me reconnaissaient comme leur roi, ce qui M'avait obligé à M'enfuir » (Grand Evangile XI, p. 170). • Lorsqu'ils virent Lazare, que tout le monde connaissait et dont le nom était sur toutes les lèvres depuis qu'il était ressuscité, leurs cris de joie ne connurent plus de limite et ils se mirent à M'acclamer en disant : "Hosanna Félicité." Je ne refusai pas ces acclamations et, sans rien dire, Je montai sur l'ânon qui se dirigea vers Jérusalem. La foule augmenta de plus en plus, attirée par le bruit ; elle se mit à brandir des rameaux verts et à en couvrir le sol. Les gens étalèrent aussi leurs vêtements et firent un chemin pour l'ânon, tout cela en signe d'hommage, comme on le faisait pour les anciens rois. Lorsque nous approchâmes du versant du Mont des Oliviers d'où la vue s'étend sur tout Jérusalem,

nous vîmes que des milliers de personnes se tenaient aux portes de la ville et couvraient la vallée du Cédron. » • Lorsque, venant du Mont des Oliviers, nous arrivâmes à la porte principale de Jérusalem, la garde romaine tenta de la fermer, craignant une insurrection. Mais quand les Romains constatèrent que le peuple m'entourait paisiblement, des palmes et des rameaux à la main, ils renoncèrent à toute résistance et regardèrent plutôt avec curiosité ce cortège qui, pour eux, devait sans doute faire partie de la fête. Nous entrâmes ainsi sans entraves dans la ville, nous dirigeant immédiatement vers le Temple. Les pharisiens, les prêtres et les serviteurs du Temple étaient dans la plus vive inquiétude et se demandaient ce qu'il fallait faire. Ils convinrent rapidement qu'il était impossible de barrer les chemins sans provoquer une insurrection contre les autorités du Temple. La foule était dans une euphorie qui ne pouvait pas être étouffée par les armes. Ils ne purent donc faire autrement que de laisser aller les choses et d'attendre le moment propice pour intervenir. Un conseil fut réuni en hâte, où le grand-prêtre Caïphe conseilla d'attendre et de voir où Je voulais en venir. » « Cependant les serviteurs du Temple furent chargés d'aller en hâte informer de Ma présence les vendeurs qui, à nouveau, étaient très nombreux au Temple, afin de leur éviter une scène fâcheuse, semblable à celle que Je leur avais déjà réservée une fois ! Mais la mise en garde était inutile !

Les changeurs et les vendeurs de toutes sortes, attentifs aux rumeurs de la foule qui leur parvenaient de l'extérieur des murailles, se rappelant ce que Je leur avais déjà fait, avaient rapidement plié bagage et pris la fuite en emportant leurs marchandises impures. Cette seconde purification du Temple s'effectua donc sans Mon intervention directe ; elle est à l'origine de la confusion commise par ceux qui croient que la fameuse scène s'est produite ici et non au début de Mon ministère, comme ce fut le cas en fait. Le peuple entra dans le Temple en poussant des cris ; il se précipita tout d'abord à la recherche des prêtres, voulant exiger du grand-prêtre Caïphe de M'oindre avec la sainte huile et de Me proclamer roi pour pouvoir ensuite Me conduire à la citadelle de Sion et M'y rendre hommage ; mais les prêtres étant introuvables, le peuple traversa les cours et pénétra jusque dans le Saint Lieu. » • Les pharisiens et les chefs du Temple avaient jugé avec exactitude l'excitation du peuple. Tandis que celui-ci n'avait pas imaginé qu'il ne parviendrait pas à soumettre les prêtres à sa volonté. Le peuple était maintenant sous l'effet produit par ce lieu vide, d'où tous les prêtres étaient absents. L'excitation générale fit place à un silence solennel, dans l'attente de ce que J'allais faire. J'avais donné l'ordre aux miens de rester à l'écart. J'étais donc seul face à tout le peuple. Je lui parlai à haute voix, disant : "L'heure est venue car le monde doit apprendre où conduisent les voies qu'il a

suivies jusqu'ici et chacun doit décider s'il veut ou non aller au Père ! Vous m'avez mené jusqu'ici dans cette maison où l'esprit visible de Dieu habitait autrefois. Mais il a quitté maintenant ces murs, et ces lieux sont devenus vides. Il s'est choisi maintenant une autre demeure, et chaque être humain peut se construire un temple s'il agit selon Ma parole et selon Mon enseignement, que Je vous ai donné. Que chacun se laisse conduire par l'humilité et suive le droit chemin qui mène à la maison de Dieu, qui est devenue vide, mais qui doit être remplie d'une nouvelle manière par vos actes et par votre amour. Chaque acte d'amour est une prière pour la construction du Temple et ce Temple sera couronné par le signe de la sagesse et de la force, et l'amour seul en sera la pierre de fondation. C'est pour cela que Je suis venu à vous afin que vous appreniez de Moi cet amour que vous négligez, non l'amour de soi que vous avez déjà, mais l'amour du prochain que vous n'avez pas mais qui vous illumine en Dieu et qui, seul, peut vous mener à Dieu. Mais si vous croyez que Je suis et veux être votre Roi, sachez alors que Mon Royaume n'est pas de ce monde mais qu'il réside, dans toute sa gloire, en chaque homme et représente l'héritage que le Père a donné au Fils et, par Lui, à tous les hommes sur la terre et dans tous les cieux. Ne croyez donc pas que je vais M'établir dans le palais de David pour fonder un royaume terrestre. Que celui qui veut Me suivre, Me suive dans ses actes, il sera alors bienheureux..." »

Afin que vous voyiez comment la force du Père peut agir dans l'homme, amenez-Moi les malades qui souffrent dans leur corps et que Je les guérisse. Mes paroles sont la vérité et parce qu'elles sont la vérité, elles sont également la vie et la force de la vie. C'est d'après cela que J'ai agi ici en tant qu'homme et Je suis donc devenu un Maître de la vie. C'est pourquoi Je vous le dis à tous : allez et faites de même mais ne péchez plus, ni dans vos paroles, ni dans vos œuvres. Ne péchez plus, c'est-à-dire ne faites rien qui soit contre l’amour de Dieu et du prochain, vous resterez alors en bonne santé et deviendrez de vrais maîtres de la vie. Levez-vous et mettez-vous en marche ! » • A ces mots, toutes les infirmités des malades disparurent et ceux-ci se levèrent guéris et fortifiés dans leur corps. Mais le peuple qui était là tout autour éclata à nouveau de joie, jubilant et Me louant par-dessus tout. Beaucoup se jetaient à Mes pieds et voulaient saisir Mes mains et Mes vêtements pour les embrasser. Je ne les en empêchai pas et, au contraire, les laissai tous venir à Moi. » • Beaucoup voulurent encore une fois tenter d'obliger les grands-prêtres à réaliser leur intention de Me faire oindre et proclamer Roi. Mais les prêtres s'étaient si bien cachés que ceux qui étaient partis à leur recherche revinrent sans en avoir trouvé aucune trace ! Ils se pressèrent alors autour de Moi et M'environnèrent tumultueusement. Je leur donnai l'ordre de faire silence, disant à tous ceux qui avaient envie

d'un Roi : "Dites-Moi, celui qui devant Dieu est le porteur de Sa puissance, peut-il être mis plus haut sur terre qu'il ne l'est déjà devant Dieu ?" - Maître, répondit, quelque peu frappé, le meneur de la bande, évidemment pas lui, mais ceux qui lui appartiennent désirent un signe extérieur visible de sa force afin que le peuple soit heureux sous sa puissante poigne et ne soit plus opprimé. Et Je dis : « Qu'a donc gagné le peuple lorsque Samuel, sur les instances du peuple, a oint Saül et l'a proclamé Roi ? Certes ni la paix, ni le calme mais le combat et l'inquiétude. Et pourquoi ? Parce que le peuple s'était fatigué du joug facile qu'il avait demandé au Seigneur d'établir sur lui. Depuis vous n'avez pas manqué de rois et, actuellement, Hérode est devenu votre roi. Croyez-vous vraiment qu'un nouveau roi, que vous cherchez en Moi, vous apporterait la paix s'il voulait exercer extérieurement son pouvoir ? Hérode et les Romains chercheraient à le détruire. Il y aurait guerre, désolation et misère si Je devenais votre roi terrestre et cela serait en contradiction avec Mon enseignement où Je vous dis d'aimer votre prochain comme vous-même. C'est pourquoi, avec Moi, renoncez à l'extérieur. Mon Royaume n'est pas de ce monde. Erigez en vous-même le juste

Royaume de Paix, c'est là que Je veux être et rester votre Roi. » « A ces mots, ceux qui jouaient les bouffons en réclamant un roi, se détournèrent déçus et pensèrent que Je n'étais pas le héros que le peuple d'Israël attendait pour son salut extérieur. Ils se mêlèrent à nouveau à la foule et ne cachèrent pas leur déception. Mais il était impossible de retourner le peuple contre Moi car la puissance de Mes actes avait parlé. » « Les Juifs du Temple, les prêtres et les pharisiens avaient maintenant remarqué le grand calme qui régnait sur toute la place. Quelques-uns d'entre eux, déguisés, s'étaient cachés dans le peuple pour espionner. Rapidement ils se joignirent à ces bouffons qui réclamaient un roi et qui, très contrariés, montraient leur mauvaise humeur et cherchaient à monter le peuple contre Moi, afin de provoquer une atmosphère contraire. Mon âme alors ressentit que Mon heure était venue et fut attristée par les souffrances prochaines et par l'inconstance du peuple. C'est pourquoi Je dis à Mes proches qui M'entouraient : "Mon âme est attristée maintenant. Et que dois-Je dire ? Père, aide-Moi en cette heure. Et c'est pourtant à cause de cela que Je suis venu en ce monde. O Père, transfigure Ton Nom!" Alors une voix retentit du Ciel qui, en réalité, résonna dans les cœurs de tous ceux qui pouvaient encore s'éveiller à la vie de l'esprit : "Je l'ai transfiguré et Je vais encore le transfigurer." »

« Entre temps, les prêtres et les chefs du Temple avaient donc appris que le peuple s'était calmé, que J'avais refusé d'exercer un pouvoir officiel et que Je n'avais pas voulu Me faire proclamer Roi. En outre, ils savaient que cela avait provoqué une déception momentanée. Ils cherchèrent à profiter rapidement de cet état d'esprit. Les prêtres et les lévites reçurent l'ordre de préparer en hâte un grand cortège. Les trompettes ouvraient la marche et des hérauts annoncèrent au peuple que le grand-prêtre avait reçu l'ordre de Dieu de faire un grand sacrifice exceptionnel pour les péchés du peuple. Le Seigneur voulait ainsi lui manifester sa grâce et lui pardonner tous les péchés commis depuis une demi-année ! Le cortège se rendit en grande pompe et magnificence jusqu'au maître-autel du Temple où Caïphe, lui-même, fit le sacrifice. De cette manière, le Temple atteignait son but car le peuple était encore très attaché aux anciennes cérémonies. Ce contre-courant exceptionnel exerça ainsi une vive impression sur les esprits et déjà, au milieu du jour, il n'y avait plus trace de l'extraordinaire excitation du peuple causée par Mon entrée. » « Peu de temps après, nous étions tous à la maison de Lazare. Chacun avait suivi le chemin en silence et les yeux soucieux des Miens croisaient souvent Mon regard car il leur semblait clair que J'avais essayé de frapper un grand coup mais, pour eux tous, il était raté ! Où était Ma puissance miraculeuse qui aurait pu si facilement consolider Ma

Mission par un signe extérieur ! Car la guérison des malades était devenue quelque chose de quotidien qui réussissait même à Mes disciples ; cela n'était donc plus quelque chose d'exceptionnel pour le peuple. Quant à cette voix du ciel, elle était pour eux douteuse car elle n'avait pas retenti avec suffisamment de puissance pour pouvoir chasser toute espèce de doute. » « Ces questions préoccupaient les Miens lorsque nous arrivâmes à Béthanie et que Je Me retirai dans une chambre solitaire pour Me fortifier, c'est-à-dire pour rassembler Mon âme et pour l'affermir. Parmi les Miens, Judas était celui qui s'excitait le plus à cause de Mon échec apparent. Il en parlait ouvertement, disant que "Ma bonté et Ma douceur infinie M'empêchaient de montrer Ma puissance au peuple : le Seigneur est, certes, un homme d'une force et d'une sagesse exceptionnelle et je ne doute aucunement qu’il est le Messie tant attendu. Mais cet esprit puissant qui habite en Lui et qui a souvent la force extraordinaire de l'éclair, est contenu dans une enveloppe trop fragile, laquelle montre encore trop de faiblesse au peuple. Ce ne sont pas seulement la douceur et la bonté qui régissent le monde mais aussi le poignet qui sait manier l'épée lorsqu'il est nécessaire d'assurer son succès par le sang. Si le Seigneur était obligé de se préserver, Lui et les Siens, des bourreaux, la force divine qui L'habite se manifesterait tout différemment pour ne pas tomber avec eux et pour accomplir son œuvre." »

• Pierre lui dit : "Judas, n'as-tu pas encore vu combien souvent le Maître et nous-mêmes avons été tourmentés et que sans cette force qui L'habite, nous aurions déjà sombré depuis longtemps. Rappelle-toi comme Il a fait taire la tempête et comme les complots que le Temple tramait contre Lui ont souvent été déjoués." • Judas répondit : "Ce n'est pas une preuve car, chaque fois, les circonstances ont été favorables et nous aurions peut-être pu échapper au danger par notre propre force. Non, je veux dire que si, tout à coup, un danger physique se présentait à lui, que chacun pourrait voir et craindre, le Seigneur n'agirait-Il pas alors avec beaucoup plus de force ? Le peuple ne serait-il pas alors de Son côté d'une toute autre manière, et Se laisserait-Il encore retourner par la niaiserie de la comédie pompeuse du Temple ?" » • Pierre et les autres, en hochant la tête, se demandaient : "Comment cela pourrait-il arriver et qui en déciderait ? Le Seigneur Lui-même saura mieux ce qu'Il a à faire et ce qu'Il fera." Judas se tut et resta tout le jour sombre et renfermé. Tout était calme dans cette maison de Lazare et personne ne Me troublait. Je restai seul dans une petite chambre, dialoguant en Moi avec mon Père. Mais aucun être humain ne peut vraiment comprendre comment cela est possible. »

• Là-dessus, Nicodème, accompagné de trois hauts fonctionnaires de ses parents, vint de nuit me trouver en secret pour M'informer des dangers qui Me menaçaient. Je leur répondis : "Ne vous préoccupez pas de ce qui est arrivé et de qui arrivera encore. Le Père le veut ainsi. Encore un peu et le Fils sera éternellement dans le Père. Mais vous n'avez pas à vous préoccuper de la manière dont cela doit arriver, et cependant cela sera pour votre bien et pour le bien de toute l'humanité." » • Nicodème répondit : "Seigneur, nous ne comprenons pas vraiment Tes paroles mais il nous semble en tous les cas nécessaire que Tu penses à Ta propre sécurité ; c'est pour cela que nous sommes venus ici Te proposer notre aide selon nos forces. Ne serait-il pas préférable que Tu quittes ces lieux et Te caches dans la montagne ? Le fils de mon père, que voici, Te conduirait sûrement car il a de nombreuses relations hors du pays où Tu pourrais vivre un certain temps en parfaite sécurité." » • Jésus répondit : "Ne soyez pas insensés, Je n'ai besoin de l’aide de personne. Voudrais-Je anéantir Mes ennemis que ce ne serait pour Moi qu'une peccadille ! Mais Je ne le veux pas. Car vous aussi, vous devez prendre part au salut et tout le peuple avec vous. Je reste. Soyez certains que personne ne Me saisira avant que Je ne l'aie voulu Moimême." »

• Lorsque le jour vint, Judas chercha à s'approcher de Thomas et à le prendre à l'écart. Ils sortirent, Judas disant à Thomas : "Frère, peux-tu vraiment comprendre la façon d'agir du Seigneur ? Hier nous avons tous deux été témoins de Son triomphe et nous avons vu comme il aurait suffi de peu pour que le peuple, qui Lui est si attaché, Le suive là où Il aurait voulu. Et au lieu de convaincre le monde de Sa mission messianique, Il s'est laissé prendre des mains tous les fruits de Son travail sans entreprendre ce que le peuple attendait de Lui. Il a pourtant en Lui la puissance de commander le Temple et les Romains, pour autant qu'Il veuille bien rassembler en Lui toutes Ses forces ! A quoi Lui sert toute la puissance de Dieu, avec laquelle Il peut commander les tempêtes, les malades et tous les malheurs, s'Il est assez faible en Lui-même pour ne pas utiliser cette force-là où elle est nécessaire!" » « "Mon cœur tressaille de joie dans mon sein lorsque je pense à ce que cela pourrait être, mais comme cela n'est pas ! Et pourquoi n'en est-il pas ainsi ? Parce que Lui, qui est le seul en qui la force de Dieu vit, n'a pas le courage de prendre rapidement une décision pour agir... Moi aussi, je suis persuadé qu'Il est le seul à pouvoir apporter le salut au monde mais je suis également persuadé qu'il faut que quelque chose se passe pour que ce salut se réalise. C'est maintenant ou jamais." »

« Hérode Lui est favorable, les forces romaines sont actuellement moins importantes du fait qu'elles sont utilisées ailleurs. Tout Lui est donc propice pour qu'Il soit l'homme le plus puissant, s'Il le veut bien. Mais comment éveiller en Lui cette volonté ? Tout est là ! Nous avons vu comme Il est hésitant et nous avons entendu ce que veut le Temple. S'Il ne trouve pas en Lui le courage d'entreprendre ce qui est nécessaire, il faudra qu'Il soit forcé de le faire." Thomas, effrayé, demanda : "Forcer ? Qui veut forcer Celui par qui parle le Tout-Puissant ?" » Jésus quitta Lazare et se rendit à Jéricho avec ses disciples, et passa deux jours au bord du Jourdain. « Je consacrai ce temps à expliquer encore aux apôtres leur mission et Mon enseignement. Là-dessus, Judas prit congé de nous et se rendit à Jérusalem. Il apprit rapidement que Ma disparition soudaine avait surpris tout le monde. Il ne restait plus rien de la grande euphorie provoquée par Mon entrée. Le peuple croyait, en général, que J'avais fui devant la puissance du Temple. Celui-ci était surveillé par les gardes du Temple et par les soldats d'Hérode ; en plus, les soldats romains parcouraient la ville journellement pour dissiper tout rassemblement populaire éventuel. Le Temple avait demandé l'appui et le soutien du gouverneur romain Ponce Pilate, en cas d'un soulèvement quelconque, et M'avait dénoncé comme agitateur. »

« Pilate lui-même avait ordonné des recherches qui avaient montré que le peuple n'avait manifesté aucun signe d'hostilité mais, uniquement, un grand enthousiasme pour ce sauveur miraculeux qui n'était, dès lors, plus inconnu de Pilate. Il ne prêtait donc aucune importance particulière à cet événement, tout en donnant cependant l'ordre à ses troupes de parcourir la ville. Le peuple était impressionné par ces mesures et savait par trop que la puissance et la sévérité romaine seraient redoutables s'il faisait le moindre écart. » « Le Temple en avait assez et pensait qu'il était temps de porter un coup définitif. Si seulement ils avaient pu savoir où et comment Me saisir fortuitement. En conseil secret, ils délibérèrent sur les moyens et les chemins à prendre, sans parvenir à un accord. Là-dessus, il leur fut annoncé qu'un homme voulait informer le Haut Conseil du lieu où se tenait le Nazaréen. » « Tout heureux, Caïphe fit venir à lui Judas Ischariote et le mena devant le Haut Conseil. Caïphe lui demanda alors : "Sais-tu où il se trouve ?" Judas répondit : "Non, car je ne peux pas savoir s'il a déjà quitté l'endroit mais je sais que cette année, comme toujours, il voudra manger l'agneau pascal en compagnie de ses partisans et que cela ne peut avoir lieu ailleurs que dans les environs de la ville." Un des pharisiens répondit : "Le mieux serait de le saisir pendant la nuit, d'une part à cause du peuple qui tient à lui et, d'autre part, j'ai toujours entendu dire que la force de ce genre de

magiciens est plus faible la nuit," Caïphe ne voulut pas tenir compte de tout cela car il était certain que le Nazaréen n'avait pas d'autres forces que celles qu'on connaissait aux Esséniens ; cependant, il était aussi d'avis d'arrêter Jésus, de nuit, pour éviter d'être remarqué. » • Il fut convenu avec Judas que celui-ci se trouverait au Temple le soir du jour de l'agneau pascal et retrouverait les archers pour les conduire au lieu où le Nazaréen se trouverait. Judas, qui se réjouissait intérieurement que le Haut Conseil soit tombé dans le piège qu'il croyait avoir tendu, fut plus heureux encore de voir que son plan qui rapportait de l'argent, alors que cela n'avait pas été dans ses intentions. Il exigea les trente sicles d'argent qui lui furent promis s'il venait le soir convenu.» • Judas était certain que Je réussirais sans peine à conquérir tout le peuple en un acte héroïque quelconque. Le peuple avait peut-être bien été surpris mais il ne M'avait pas complètement laissé tomber. Cette idée le réjouissait et l'affermissait dans son intention de Me mettre dans une situation qui M'obligerait à M'opposer à Mes agresseurs, en les détruisant ou en ne leur faisant rien, mais où Je ferais en sorte que chacun reconnaisse clairement que personne sur terre ne peut Me résister. Puis vint le jour de l'agneau pascal. L'évangile de Jean raconté exactement tout ce qui arriva ce soir-là.

Nous reprendrons ici seulement l'enchaînement des événements afin de mieux comprendre comment ils se sont accomplis. « C'était la coutume qu'après le repas, le maître de la maison rompît un morceau de pain en disant un verset de l'écriture à celui qui recevait le morceau. Tandis que Je préparais ces morceaux, Mon âme fut envahie d'une grande tristesse et Je prononçai ces paroles : "L'un d'entre vous Me trahira!" Horrifiés par cette parole qui leur semblait obscure, les disciples M'assaillirent de questions, demandant ce que Je voulais dire et qui Me trahirait ? Je refusai de répondre et Me mis à rompre les morceaux en faisant encore une exhortation à chacun, selon son caractère. Pierre, qui fut un des premiers, était très impressionné par Mes paroles et fit signe à Jean qui était à côté de Moi, disant qu'il aurait bien voulu savoir à qui Je pensais. « Il faut ici expliquer l'expression "couché sur le sein de Jésus" qui souvent à été mal comprise. Il s'agit en effet d'un cas très particulier de l'idiome de cette époque. Nous n'étions pas couchés à table à la façon des Romains, comme on le prétend parfois, car c'était une coutume païenne que les Juifs repoussaient comme ils évitaient tout ce qui pouvait avoir un rapport avec les peuples païens. Nous étions assis. Celui qu'on voulait marquer d'un signe particulier d'amitié était assis à la droite du maître de maison et avait ainsi l'honneur de devoir lui tendre les plats. Le maître de maison

devait donc, pour cela, souvent tourner sa poitrine de son côté. Dans l'usage de la langue de cette époque, ce détail correspondait donc à l'expression qui a été traduite par "couché sur le sein". • Jean Me questionna doucement et à lui, qui était le serviteur en qui J'avais le plus de confiance, Je répondis : "C'est celui auquel Je donnerai ce morceau de pain!" Judas reçut alors ce morceau, avec ces mots : "Ce que tu fais, faisle au plus tôt." » • Les autres disciples, évidemment, ne pouvaient pas comprendre le sens de ces paroles. Mais Judas, qui avait été effrayé par Mes premières paroles concernant la trahison d'un disciple, prit ces derniers mots pour un encouragement à réaliser ses plans, se leva rapidement et sortit triomphalement. Tout l'orgueil du futur triomphateur qu'il escomptait devenir grâce à Moi, ainsi que les plus vifs désirs de gloire et d'honneur, l'envahirent, de sorte que Satan et tous les démons de la vanité s'emparèrent de son âme, embrasée du désir de régner et d'anéantir tous ses adversaires. » « Nous sortîmes et nous nous dirigeâmes vers le Mont des Oliviers, là où se trouve ce jardin qu'on appelle encore aujourd'hui Gethsémané, mais qui est indiqué à un tout autre endroit. Ce jardin faisait partie de cette auberge du Mont des Oliviers qui appartenait à Lazare et qui était un lieu de promenade réputé. Un parc s'étendait au-dessous de

l'auberge et un chemin très agréable conduisait au sommet de la colline d'où l'on jouissait d'une vue agréable. Ce parc était Gethsémané à proprement parler et n'avait que son nom de commun avec ce qu'on montre aujourd'hui à un tout autre endroit, sous prétexte que certains arbres y sont très anciens*. » « Nous nous installâmes en retrait du chemin et J'invitai Pierre, Jacques et Jean à faire quelques pas à l'écart des autres. Ils le firent et Me suivirent. C'est ici que surgit cet instant où tout le poids du prochain malheur du Fils de l'homme s'abattit sur lui et où l'esprit de Dieu se retira complètement pour permettre à l'homme Jésus une décision parfaitement libre. Il ressentit cette heure amère avec épouvante, disant : "Mon âme est accablée de tristesse jusqu'à la mort !" Il dit alors aux trois autres : "Restez ici et veillez avec Moi !" Puis, étant allé un peu à l'écart, Il pria aussi en disant "Mon Père, que cette coupe s'éloigne de moi si cela est possible ; toutefois, non pas comme je veux, mais comme Tu veux." » • Mais, à ces mots, sa propre décision n'était pas encore prise fermement, la divinité n'étant pas encore revenue en lui. Jésus retourna vers les siens et les trouva endormis. » • A nouveau poursuivie par la crainte, Son âme cherchait une communication extérieure auprès des Siens. Il

les trouva encore une fois endormis, si profondément qu'ils ne se réveillèrent pas et, sous l'ivresse du sommeil, remuèrent seulement à Son appel. » • Pour la troisième fois, Il se retira. Maintenant, Jésus, le Fils de l'homme, avait gagné. Revenant vers les Siens, Jésus leur jeta un regard compatissant et appela à haute voix : "Père, Je sais qu'il est possible que cette coupe s'éloigne mais que Ta volonté seule soit faite, Je veux la boire." » « Alors la Divinité revint en lui et le fortifia, le pénétra complètement, disant : "Mon fils, pour la dernière fois, tu avais à te décider. Maintenant le Père et le Fils sont unis en toi et devenus inséparables à jamais. Porte ce qui t'a été donné de porter ! Amen !" » « Je Me relevai encore une fois et retournai à Mes disciples qui dormaient de nouveau, et les réveillai. A ce moment-là, une troupe armée de gardiens du Temple s'approcha avec des torches, menée par Judas qui voulait la conduire à l'auberge où il pensait Me trouver. Les disciples Me demandèrent ce que cela signifiait. Je leur demandai de rester en arrière et M'avançai sur le chemin, vers la troupe. Lorsque Judas Me vit, il vint vers Moi et voulut M'embrasser en signe de connivence avec les archers. Mais Je l'en empêchai, lui disant "Judas, tu trahis donc le Fils de l'homme ? Il serait préférable que tu ne soies jamais né !" Là-dessus,

Je Me tournai vers l'escorte et demandai d'une voix forte : "Qui cherchez-vous ?" Le chef répondit : "Jésus de Nazareth." Là-dessus, Je Me rendis à eux, disant : "Je le suis" et Je fis quelques pas pour M'approcher d'eux. Les archers reculèrent car ils avaient entendu parler de Ma puissance et la craignaient. C'est pourquoi Caïphe n'avait choisi que des archers qui ne Me connaissaient pas encore. Quelques-uns même de ceux qui se trouvaient derrière, tombèrent au sol sous la poussée du recul des premiers. Comme ces hommes armés hésitaient et restaient là, anxieux, une fois encore Je demandai : "Qui cherchez-vous ?" Et à la réponse du chef, Je répétai encore : "Je vous l'ai dit, Je le suis. Si c'est Moi que vous cherchez, laissez ceux-ci s'en aller." Lorsque ces hommes armés virent qu'il ne leur arrivait rien, ils eurent honte de leur première épouvante, se précipitèrent sur Moi et M'entourèrent aussitôt ; le chef, exécutant l'ordre du grandprêtre, ordonna qu'on ne saisisse que Moi. » « Judas restait là, attendant que quelque chose se passe qui put effrayer les archers. Et comme rien ne se passait, il pensa avec d'autant plus d'assurance que Ma force se manifesterait devant le Haut Conseil. » • L'escorte traversa le Cédron et la porte par laquelle J'avais fait Mon entrée. Les gardiens du Temple Me conduisirent tout d'abord chez Hanne qui était le beau-frère du grand-prêtre Caïphe et son représentant. C'est pourquoi on

lui porta tout d'abord la nouvelle qu'on avait réussi à M'arrêter. » • Il n'y a pas lieu de répéter ici tout ce que développe l'Evangile de Saint-Jean car ce présent ouvrage ne doit pas rendre superflu l'évangile de Jean. Il s'agit uniquement de combler certaines bévues dans le déroulement des faits historiques. On peut y lire comment Hanne Me reçut et comment Pierre se comporta. Hanne Me fit lier et M'envoya chez Caïphe. » • Judas, qui constatait bien que tout se déroulait autrement qu'il ne l'avait prévu, vit comment Je fus emmené et suivit, consterné et terrifié par l'échec de son projet. Il voulut même entrer avec Moi chez le grand-prêtre mais l'entrée lui fut refusée. Tout le Haut Conseil était réuni chez Caïphe et attendait Ma comparution avec une impatience où couvait la vengeance. On procéda à l'accusation dans toutes les formes. Des témoins comparurent. J'étais un grand traître. On utilisa Mon entrée et le fait que J'avais osé pénétrer dans le Saint Lieu, en disant que Je prenais un droit sacré que Je ne possédais pas. En outre, il fut prouvé très subtilement que Je voulais soulever le peuple contre l'empereur romain pour Me faire Roi Moi-même. Mais lorsqu'ils cherchèrent des témoins pouvant affirmer par serment que Mes paroles avaient manifesté cette intention, ils n'en trouvèrent aucun. »

« Finalement comparurent des témoins qui prétendirent que J'avais dit : "Détruisez ce Temple et, dans trois jours, Je le rebâtirai." Caïphe dit alors que c'était un blasphème contre le Temple lui-même. Car, pour accomplir cela, il faut la puissance divine que seul possédera l'Oint du Seigneur, qui viendra un jour dans toute sa force. Je dis alors que J'étais le Christ, l'Oint. Caïphe alors Me conjura de dire si, véritablement, J'étais le Christ, le Fils de Dieu ? Je répondis : "Tu le dis ; et, de plus, Je vous le dis, désormais il arrivera que le Fils de l'Homme siégera à la droite de la Puissance de Dieu et viendra, sur les nuées du ciel, au Père qui habite en Lui ! Alors le grand-prêtre déchira ses vêtements en disant : "Il a blasphémé ! Qu'avons nous encore besoin de témoins ? Vous avez entendu vous-même son blasphème!" » • Naturellement ils furent tous du même avis car Caïphe n'avait réuni dans ce conseil que ceux dont il était sûr et qui lui avaient prouvé, lors des dernières séances, qu'ils M'étaient hostiles*. C'étaient ceux qui avaient appris la trahison de Judas et qui, de ce fait, avaient eu l'intention de Me faire arrêter. » • La condamnation à mort fut donc rapidement terminée, et il ne s'agissait plus que d'avoir l'approbation de Ponce Pilate. Au lever du jour, Je fus conduit chez lui et il fut dit au gouverneur la chose suivante : J'étais un rebelle et un blasphémateur et, en tant que tel, méritais la mort. Ponce

Pilate, à qui Mon entrée était connue et qui n'y avait trouvé aucun caractère de rébellion, chercha à me sauver car il étaitenclin, en tant que Romain, à voir en Moi une sorte de demidieu, doué de forces particulières. Il s'entretint avec Moi comme on peut le lire dans l'Evangile de Jean et déclara aux gens du Temple qui attendaient devant le prétoire qu'il ne trouvait aucune faute en Moi. » • Les prêtres et les autorités du Temple avaient réuni tous leurs gens devant le prétoire (25 000 personnes vivaient grâce au Temple) et ne laissaient pénétrer personne du reste du peuple, de sorte qu'il n'y avait à proximité que les fidèles qu'on avait intimidés. Cette clique du Temple cherchait donc de toutes ses forces à réaliser son désir de Me supprimer. Elle M'avait fait conduire à Pilate pour qu'il Me juge. S'il acceptait, ils étaient enfin tranquilles et, s'il refusait, ils le dénonceraient à l'Empereur, ce pour quoi Hérode leur donnerait avec joie un coup de main. » • Pilate n'ignorait pas ce plan mais il ne savait comment réagir, c'est pourquoi il choisit de laisser aller les choses. Alors qu'il s'interrogeait sur ce qu'il devait faire de ce fameux Jésus, ils lui amenèrent le prisonnier, exigeant un jugement immédiat. Pilate savait que l'enjeu était sérieux ; comme s'il était descendu des nuages, il demanda d'une voix de tonnerre : "Qua donc commis cet accusé en qui je ne vois aucune faute ?" Mais le clergé et les gens qu'il avait soudoyés crièrent dix fois plus fort : "C'est un agitateur, un

chef d'insurrection, un blasphémateur qui ne respecte pas le sabbat et qui se fait passer pour le fils du Dieu vivant. Il est passible de mort selon nos lois que Rome respecte, et selon les lois de l'Empereur. C'est pourquoi juge-le et fais-le crucifier, sans quoi tu es l'ennemi de l'Empereur!" » • Cette menace fit tressaillir Pilate qui ne savait réellement que faire ! En hâte, il pensa qu'il n'y avait pas d'autres possibilités, qu'il devait faire bonne figure à mauvais jeu et, qu'au nom du fatum incompréhensible, il fallait accorder à ce clergé, qu'il détestait par-dessus tout, ce qu'il exigeait de lui. » • Pilate était intimidé. Il connaissait le Temple et savait de quoi celui-ci était capable. Il tenta, par tous les moyens, de libérer Jésus mais c'était peine perdue ; enfin, dans la plus extrême indignation, il se lava les mains en disant : "Je veux être innocent du sang de ce juste. Vous avez vos lois, prenez-le et jugez-le." Alors les grands-prêtres crièrent : "Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! Mais nous n'avons pas le droit de souiller nos mains de sang. Aussi donne-nous des soldats romains. Après la libération de Barabas, la foule obstinée réclama la crucifixion de Jésus et ne voulut pas entendre parler d'incarcération ; elle traita même Pilate de lâche. Celui-ci fut alors au comble de l'indignation et dit : "Misérables, prenez votre malfaiteur, qui est plus juste que vous tous. Voici des archers. Retirez-vous et faites-en ce que vous voudrez. De mes propres mains, j'en

donne l'attestation : mon témoignage sur lui et sur vous vous suivra." Ayant dit cela, il se retira et leur remit Jésus que les archers du Temple saisirent et firent crucifier » (Grand Evangile XI, p. 170-228) Théologiens et historiens se demandent depuis longtemps comment, en effet, ce puissant procurateur romain, qui agissait habituellement avec la plus extrême brutalité à l'égard des Juifs, a pu céder à la pression des grands prêtres et condamner Jésus à mort contre sa propre conscience ? Existe-t-il un autre cas semblable dans l'histoire du droit où le juge condamne à une mort atroce un accusé qu'il déclare innocent de sa propre bouche ? Certains ont tenté de résoudre le problème. Ils estiment que les paroles de Pilate ne sont pas exactes et qu'elles ont été ajoutées par la suite. De telles simplifications sont toujours suspectes et n'expliquent pas les causes profondes des faits. D'autres auteurs, comme Rudolf Bultman, pensent que Pilate était extérieur à l'événement et ne pouvait comprendre le caractère proprement apolitique de l'enseignement de Jésus ; c'est pourquoi il aurait condamné Jésus par erreur. Bultman contredit ainsi les propres paroles de Pilate dont la signification est pourtant claire et plausible. Pilate était au courant des prédications de Jésus, dont il connaissait exactement les intentions. Il est hors de question que les Romains n'aient pas surveillé de très

près un homme qui attirait des foules de 20 à 30 000 hommes. Dans l'état explosif où se trouvait la Palestine, les Romains étaient sur leurs gardes car ils n'avaient avec eux sur le territoire que trois cohortes d'infanterie, c'està-dire 2 500 hommes et 500 cavaliers. Lors de l'insurrection de 68, leurs forces armées furent rapidement dépassées par les Juifs insurgés et ce n'est qu'en 69 et 70 que les Romains purent reprendre en main le pays, grâce à l'aide de légions venues d'autres pays. Certains auteurs encore pensent que Jésus fut réellement un chef d'insurrection et qu'il fut jugé simplement à temps. La Nouvelle Révélation jette ici une nouvelle lumière sur les arrière-pensées de Pilate et nous explique ce qui le poussa à commettre un crime contre la justice. Pour le comprendre, jetons un regard sur les événements de Rome à cette époque. Tibère était sur le trône. Son conseiller le plus intime était Séjan, général de la garde prétorienne, l'ennemi juré des Juifs. En l'an 19, il avait chassé tous les Juifs de Rome. L'historien Eusèbe nous apprend qu'il projetait d'exterminer complètement la race juive (« universam gentem judaeorum deperdendam exposcebat »). En l'an 26, Séjan devient l'homme le plus puissant aux côtés de l'empereur. Tibère vieillit, n'éprouve plus de joie à régner et se retire de plus en plus dans son île de

Capri. Mais il n'oublie pas de faire surveiller secrètement Séjan à qui incombe tout le pouvoir. Et l'empereur fait bien car, depuis Lucifer, certaines autorités haut placées n'aiment pas que d'autres autorités plus hautes encore règnent au-dessus d'elles. Cette année-là, Séjan nomme procurateur de Judée, Pilate, qui était chevalier de second rang. Selon les usages de l'époque, Pilate ne pouvait être nommé à une telle fonction. Il l'obtint uniquement grâce aux faveurs de Séjan qui savait le mépris de Pilate pour les Juifs. En l'an 30, Séjan entreprend une action générale contre les Juifs du monde entier. Les gouverneurs et les procurateurs de toutes les provinces reçurent ses ordres, ainsi que Pilate qui n'attendait que son signal pour sévir. Au printemps de l'an 30, Pilate frappe une nouvelle monnaie de provocation avec le lituus, emblème du pouvoir impérial. Cette même année, le grand sanhédrin de Jérusalem perd son droit de condamner à mort. En janvier 31, Séjan reçoit le consulat pour cinq ans avec l'empereur. Pilate fait à nouveau frapper sa monnaie, ce qui provoque un bain de sang parmi les pèlerins de Jérusalem. Sur les instances de Séjan, le procurateur consciencieux reçoit le titre honorifique d'Ami de César, honneur qui lui assure les plus hauts privilèges et une carrière éclatante.

Mais Tibère sait que son collègue veut l'évincer, aussi le devance-t-il. Le 18 octobre, Séjan est arrêté à Rome et exécuté. Ses amis sont dénoncés et tombent les uns après les autres ou se suicident. La chasse aux prétendants commence dans tout l'Empire. Les chefs de toutes les provinces reçoivent l'ordre de cesser immédiatement toute mesure antisémite. Pilate, placé en Judée par les faveurs de Séjan, craint le pire. Une lettre de Hérode Agrippa I à l'Empereur Caligula nous montre que, dès lors, Pilate redoute que les Juifs se plaignent de lui à l'empereur (Philon, Legatio 38/299/305). Par tous les moyens, il tente d'éviter tout ce qui pourrait lui porter préjudice. Le haut clergé juif était conscient de cette situation. La pression exercée par les grands prêtres était une pure tactique. Lorsqu'ils constatèrent que Pilate tardait à se rendre à leur volonté et à leur livrer un innocent, ils utilisèrent leur arme la plus terrible, en criant : « Met Jésus à mort, sans quoi tu es un ennemi de l'empereur. » Pilate avait compris ! Brutal, plein de compromis, chevalier de second rang, peu lui importait la condamnation d'un innocent ! Mais ce crime ne le sauva pas de la chute qu'il craignait tant ! Quelques années plus tard, il ordonna en Samarie une intervention brutale contre des pèlerins désarmés. Dénoncé à l'empereur, celui-ci le destitua et l'exila. Il ne fut pourtant pas envoyé en Gaule comme le

dit la légende, mais dans les environs de Naples, près de Pompéi, où il termina ses jours dans la misère (Grand Evangile XI). La Nouvelle Révélation nous dit qu'il est impossible de comprendre le martyre de Jésus parce que « ce sont des choses qu'aucune âme humaine ne peut comprendre dans son corps. Il s'agit donc ici seulement de donner quelques éclaircissements afin d'avoir une image précise des dernières heures du Fils de l'homme, telles qu'elles sont décrites avec assez d'exactitude dans les Evangiles » (Grand Evangile XI). « Sur Mon passage se trouva Simon de Cyrène, qui avait reçu Mon enseignement. Il remarqua avec effroi Mon état pitoyable et fut ému de compassion. Un homme du Temple l'interpella et lui cria : "Regarde, ton maître est incapable de s'aider lui-même. C'est toute sa fameuse force divine!" Simon, horrifié, répondit en prophétisant "L'heure viendra où vous maudirez ce que vous avez fait mais, moi, je désire pouvoir servir mon maître et l'aider dans sa peine." "Tu n'as qu'à le faire, crièrent plusieurs prêtres furieux, car puisque tu oses condamner les actions du Temple, tu vas faire pénitence. Tu dois porter la croix de ton maître !" » « Lorsque Simon entendit cela, il s'approcha la joie au cœur prit la lourde croix sur ses fortes épaules et Me tendit la main pour m'aider à Me relever. Je pris sa main et

Simon fut si fortifié dans son énergie qu'il lui fut facile de porter la lourde charge... Tous Mes amis les plus proches, qui n'avaient pu pénétrer dans le prétoire, Me suivaient maintenant. Le peuple qui avait été tenu jusque-là à l'écart s'approcha également. Là où le passage s'élargissait près de la porte en une vaste place, ces gens avaient l'air menaçant. Mais les pharisiens s'y attendaient et avaient fait placer une garnison de soldats romains près de la porte afin que l'ordre fût parfaitement respecté. Lorsque tous ceux qui Me voulaient du bien virent que J'étais tout à fait perdu et qu'il était absolument impossible de Me libérer des mains des archers du Temple, il s'éleva une clameur de désolation, au milieu des femmes particulièrement. Je Me tournai vers les plus proches d'entre elles, en disant : "Ne pleurez pas pour Moi mais pour vous et vos enfants car ce qui leur arrivera sera pire que ce que vous voyez M'arriver maintenant. Je vais vers Mon Père mais, eux, ne sauront pas où ils vont!" » « La tradition de l'Eglise raconte ici que la servante Véronique Me tendit un mouchoir pour sécher Ma sueur. Cela est vrai. Elle était au premier rang de ces femmes en lamentations. Mais l'impression de Mon visage dans le tissu est une légende née plus tard. Il n'y a jamais eu non plus de Juif du nom de Ahasver qui M'ait chassé de sa maison. Les légendes sont apparues parmi les fidèles qui cherchèrent à entourer Ma mort de toutes sortes de miracles. Si, réellement, il y avait eu ces tremblements de terre, cet obscurcissement

du soleil, l'apparition des esprits, comme on le raconte, Jérusalem, se sentant obligée de faire pénitence n'aurait pas douté de Ma résurrection et l'aurait acclamée comme un signe de pardon. Mais il n'y avait aucune raison qu'il se passe quoi que ce soit d'aussi extraordinaire pendant ce moment de la mort de Mon corps » (Grand Evangile XI). « On dit que les ténèbres apparurent lorsque Mon corps fut pendu sur la croix. Oui, une grande nuit intérieure pénétra Jérusalem. Non pas une nuit extérieure mais une nuit intérieure que chacun ressentit comme s'il avait perdu quelque chose sans savoir ce que c'était ; même les grandsprêtres, les scribes, les pharisiens et les Juifs du Temple qui avaient exigé Ma mort, n'éprouvaient aucune satisfaction et aucune joie dans leur action. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le Temple ne prit aucune mesure contre Mes disciples et Mes proches, ni contre Nicodème, Joseph d'Arimathée et Lazare, qui Me suivirent jusqu'au pied de la croix où ils assistèrent à Mon agonie. C'est évidemment grâce à Nicodème, membre du Haut Conseil, que les Miens obtinrent l'autorisation de rester sur place, alors que les Romains ne laissaient pénétrer personne. A sa demande, on fit exception pour lui. Mes plus proches disciples, à l'exception de Jean, étaient tous absents, comme Je l'avais souvent prédit. "Le berger était frappé et ses brebis étaient disséminées." Après Mon arrestation, la plupart se réfugièrent chez Lazare. Seul Jean osait se montrer

ouvertement et offrait son soutien et sa consolation à Marie, Ma mère selon la chair. » « Pierre, pris d'un très profond remords depuis sa chute, suivit secrètement Mon passage à travers les rues et les places de Jérusalem, se tenant éloigné parce qu'il éprouvait en son âme le besoin d'être seul et commençait à comprendre enfin les intentions de Mon œuvre. C'est ici que lui servirent tout particulièrement les exercices qu'il avait faits à Ephraïm. Il comprenait l'être et le but de Mon incarnation terrestre et était pénétré par la nécessité de cette incarnation. Sans mot dire, il mettait sa confiance dans Ma résurrection que J'avais annoncée. » • Lorsque Mon âme se sépara du corps, il y eut effectivement un tremblement de terre. Mais cela fut peu remarqué car, de Mon temps, les forces souterraines de la vallée du Jourdain se manifestaient beaucoup plus souvent qu'aujourd'hui et les tremblements de terre n'étaient pas rares. Mais évidemment, les Juifs endurcis ne virent pas que cela avait un lien avec Ma mort. » • Il est également vrai que le rideau du Temple se déchira, en signe extérieur, montrant qu'il n'y avait plus de barrière pour parvenir au cœur central du Très-Haut et que chacun pouvait parvenir au Père pour recevoir la vie éternelle. Mais ce signe, quoique miraculeux, n'attira

l'attention de personne. Les novices suspendirent à nouveau le rideau et l'incident fut clos. » • On dit que le soleil s'assombrit. Comme nous l'avons déjà dit, il y eut une obscurité mais il est connu que dans les pays chauds, les tremblements de terre provoquent un fort obscurcissement de l'atmosphère où le soleil perd son éclat. Ce fut ici le cas. Cette perte d'éclat du soleil avait en plus une autre cause. » • Lorsque le corps fut inanimé et que la vengeance des ennemis se fut refroidie, le peuple se retira car cette sensation intérieure d'horreur causée par cette fameuse obscurité poussait chacun à retrouver chez soi une sécurité. C'était la tombée du jour, le moment où il s'agissait pour les Juifs de préparer le sabbat selon la loi. Mes partisans s'étaient approchés de plus en plus du lieu du supplice, de sorte que le cercle de Mes proches s'était agrandi. Joseph d'Arimathée était allé auparavant demander à Pilate la permission de prendre Mon corps. Cette permission n'était pas toujours accordée mais Pilate la lui accorda volontiers car il voulait ainsi aiguiser la colère des Juifs, comme il 'avait fait avec l'écriteau placé au sommet de la croix, où il était écrit en trois langues que J'étais le Roi des Juifs. » « Mes amis descendirent le corps, le lavèrent, l'oignirent et le portèrent délicatement dans un tombeau appartenant à Joseph d'Arimathée et situé sur un terrain que

celui-ci avait acheté à Nicodème pour y établir sa propre sépulture. Golgotha était, il est vrai, sur un promontoire rocheux, tandis que le lieu du tombeau était situé dans un quartier où beaucoup de Juifs et de Romains s'étaient fait construire de magnifiques villas ou maisons de campagne. Ceci explique la proximité du jardin... Des gardes romains furent placés près du tombeau qu'ils devaient garder pendant cinq jours » (Grand Evangile XI). La résurrection de Jésus « Au matin de Pâques, le troisième jour, la Divinité revint et appela le corps du Fils de l'homme qui, immédiatement, fut dissous et devint le vêtement de l'âme. Les gardes romaines virent cet événement s'accomplir dans une lumière éblouissante remplissant tout le tombeau. Ils furent effrayés et se sauvèrent en courant annoncer que J'étais ressuscité. Les prêtres leur donnèrent beaucoup d'argent pour qu'ils s'enfuient, ce qu'ils firent aussitôt. C'est alors qu'on raconta qu'on avait volé le corps et cette croyance demeure encore aujourd'hui » (Grand Evangile XI). L'Ascension « Les disciples s'en retournèrent à leurs affaires et à leurs maisons. Je leur avais demandé de se retrouver à une certaine date chez l'aubergiste (du Mont des Oliviers), ce qui advint le quarantième jour après Pâques. Tous ceux qui

tenaient à Moi s'y trouvèrent également. J'arrivai au milieu d'eux et les conduisis au sommet du Mont des Oliviers d'où la vue est dégagée. Je fis réunir les apôtres autour de Moi, les autres disciples formant un cercle un peu plus loin. Je les exhortai encore une fois à tenir fermement à Moi et à Mon enseignement. Je donnai à Mes disciples la mission d'aller prêcher Mon Evangile, en Mon Nom, dans le monde entier. Puis Je pris congé d'eux en leur disant qu'ils n'allaient plus Me voir physiquement mais que, dès lors, ils seraient liés spirituellement à Moi. Puis Je les bénis et disparus aussitôt d'au milieu d'eux » (Grand Evangile XI). Pentecôte A diverses reprises, la Nouvelle Révélation nous indique que la descente du Saint-Esprit, décrite par les Evangiles, est en majeure partie « 1’œuvre de la fantaisie des Miens ». Il est ajouté que le témoin oculaire, Jean, n'en savait rien et, pour cette raison, n'a pu en parler (Grand Evangile XI). L'action des disciples « Après la Pentecôte, les disciples restèrent douze ans en Judée où ils fondèrent des communautés. Puis ils allèrent dans divers royaumes connus de la terre. Mais ils travaillaient peu. Leurs communautés s'éloignèrent rapidement si complètement du principe de base de Mon

enseignement que Je fus dans l'obligation de réfuter leurs égarements par le truchement de Jean dans ses Révélations. »