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Cumont Lux Perpetua

Cumont Lux Perpetua

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en première mise en pages. mais il avait dressé lui-même la liste des abréviations.1670755 ^''^••\ ^^ AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR Cumont s'est éteint près de Bruxelles. l'Introduction et le chapitre premier jusqu'à la page 96. Il n'a connu ni les dernières Noies complémentaires (XIX à XXXV). . 28S3S1 . à l'exception du chapitre VIII et des Notes com-plémentaires .d^ns la nuit du au 20 août 1947. ni la table des matières . à Woluwe-Saint-Pierre. ni l'index. et de Franî! 19 — — Louis Canet. les cinq premiers chapitres . en seconde mise en pages. Il avait revu en placards l'ensemble du livre. En conformité de ses dernières volontés la publication du présent ouvrage a été achevée grâce à l'inlassable dévouement de la Librairie Paul Geuthner et de l'Imprimerie « La Haute -Loire » par les soins de la Marquise de Maillé.

.

: cet éclat que la reine-mère eût délégué. avec la simplicité qu'il aimait. où ilfut l'élève d'Usener. en ce pays. en France. Il y en-seigna jusqu'en 1910. — : — — — . presque Ce serait la voix. Il suffit de dire. se voir décerner un savant la plus haute après celle. Et il connut Erwin Rohde. d'être distingué par le roi Albert et la reine Elizaheth.membre de l'Académie royale. il passa à Paris une partie de l'année scolaire 1891-1892 et se fit inscrire à l'Ecole des Hautes-Etudes. à son empire ) ( heureux d'être à ses traditions. la barbe blonde à peine blanchissante. Il revint enfin à l'Université de Gand où il avait été nommé chargé de cours le 10 janvier 1892. toujours affable. « (1) Il était né à Alost le 3 janvier 1868. de 1878 à 1884. le grand maître de sa Maison. Il fit ses études secondaires à l'athénée libérale ». Ses obsèques furent célébrées à petit bruit. Il fréquenta ensuite les Universités de Bonn. qui est la plus haute récompense que pîiisse. manquer à de hausser que la le ton. confidentielle. Il se démit aussi en 1912 de la charge de conservateur du Musée au Cinquantenaire qu'il occupait depuis 1898.FRANZ CUMONT 1868-I947 grande mémoire de Franz Cumont que d'enfler pour parler de lui. de Berlin et de Vienne. nous dirions « radicale au lycée) de Bruxelles. un peu voilée. d'une famille de grande bourgeoisie de tradition ». comment on l'a vu vivre. accueillant. comme lui-même l'avait voulu Il était belge est — — . et ses études supérieures à l'Université (nous dirions de Gand oiî il obtint en 1887 le doctorat en philosophieCharles Michel y fut son maître lettres. . Belgique . probablement ceux de Wilamowitz. Après des séjours à Athènes (hiver de 1890) et à Rome (1891). où il se retira. à sa dynastie un empire. discret. Et il quitta la Belgique pour aller s'installer à Rome. toujours au travail sans en avoir jamais l'air. les yeux bleus. fier d'avoir reçu le prix Francqui. car la i et très attaché à sa patrie. pour l'y représenter. qui ne lui manqua pas. mais elles eurent pourtant sans vaines pompes. attestant ainsi le souci qu'elle avait de rendre hommage à l'un des plus grands érudits que la Belgique ait donnés au monde. la voix douce. Il suivit aussi les cours de Mommsen.

fut la seule langue liturgique de l'Occi- . dans les répondu nationale « — — ouvrant ainsi une ère nouvelle dans l'histoire de la morale interqu'il ne croyait pas qu'im peuple. Les langues dans l'Europe nouvelle. Elle ne leur a pas imposé une hiérarchie d'innombrables fonctionnaires. à la cuisine et à la table. force » kle Franz Cumont comprenait sacrifier son honneur en s'inclinant devant la cela. Comment la Belgique fut romanisée. aussi Fr. p. note 6. constitution de l'ancienne Europe. Elle gouvernait de haut et de loin. lance policière. en racontant comment la au temps de César. 1919.. Après la conquête de la Gaule. 1904. 1928. dont la monarchie aurait confié l'exécution à ses agents. sa langue (3) et ses croyances chez les peuples soumis à sa domination. . La substance. Pourquoi le latin dent. Belgique. aux fruits et plantes potagères. 11). ou le gouvernement de Saint-Pétersbourg pour russifier la Pologne et la Finlande. « La romanisation n'a donc pas été le résultat d'un programme politique nettement arrêté. p. dont nous citons ici la seconde édition. Livre A gris. 29 août 1914. faire le procès des méthodes de colonisation qui venaient d'éveiller la guerre. pût et méconnaître son devoir (2). l'interventionnisme des bureaux ont été moindres durant les premiers siècles de l'Empire que chez la plupart des nations modernes. « et c'est tout le sens de son intervention. dit-il. nul la conférence qu'il fit. et la tyrannie du pouvoir central. celle qu'on appelait chrétienté. 1928. p. pièce 78. et peut-être le texte même. note 5. Cf.. Légats et procurateurs agirent plutôt par la persuasion que par la contrainte. Meillet. 89 le flamand. avait était belge. 279 ss. . sommé le 2 août de livrer passage aux troupes allemandes. le. Il espérait que les effets n'en étaient point perdus « l'âme d'un peuple et ses facultés natives. au palais Rusticucci ( I ) La Belgique était sous le joug parce que le gouvernement de son roi. 56. et Esquisse d'une histoire de la langue latine. (2) Réponse à la déclaration de guerre du gouvernement austro-hongrois. Bruxelles. (3) — pp. p. était devenue romaine. p. note 1 . Paris. aux instruments aratoires. Cette sage et habile politique hti inspirait après tant de siècles une — — Rome profonde reconnaissance. aux proSur l'ampleur de ce phénomène et son importance dans la duits du midi. force à porter les armes. in-4°. 264. n'a pas introduit par la force ses usages.— A quel point il VIII — ne l'ignorait de ceux qui avaient entendu dernières semaines de l'année IÇ14. dans Mélanges Paul Predericq. quelque faible qu'il fût. Paris. Néanmoins l'action de l'Etat fut très puissante et très efficace grâce à l'adoption de certaines mesures d'ordre général qui furent prises dès l'annexion » (p. mots relatifs à l'architecture. 63. Et comme il n'était ni d'âge ni il voulut au moins. s'en (1) retrouvent dans un discours prononcé à l'Institut le 25 octobre 1915 au nom de l'Académie des Inscriptions. 40. sur la marque laissée par le latin sur Sur la diffusion de la langue latine. De cette conférence et d'une autre qui l'avait précédée en 1913 à la Société royale d'Archéologie de Bruxelles est sorti le volume. infligé une administration tracassière et ime étroite surveil. aux animaux domestiques. Elle n'a pas été réalisée par les moyens que l'Allemagne employait pour germaniser l'Alsace et le duché de Posen. le despotisme de l'Etat. Bruxelles. la fécondité pour toujours : l'Institut historique belge de Rome. Cumont. 123 pp.

connu des lois policées. Bruxelles. I rapprocher de ce que dit Kipling dans Puck. expression de la reconnaissance des popula- pour la sécurité que leur assuraient les empereurs. : A « Si frap- mais vouées à une tâche commune. et p. IX — inépuisable de son sol. ce n'était pas V Allemagne : c'était la France. celle de scruter le passé de cette Rome où tous reconnaissent une mère spirituelle >. 1910. la puissance tenace de ses traditions survivent à tous Les semences fécondes que Rome avait jetées sur une terre presque vierge n'y devaient pas périr quand elle l'abandonna. 1911. Elles y germèrent obscurément pour produire quelques siècles plus tard des fleurs immortelles » {jp. mission des volontés et cette conciliation des coeurs que n'aurait obtenues aucun asservissement » (2). où il était traité de pair à compagnon par les plus illustres maîtres. p. pour les transformer. 104). Paris. Fragment d'une « colonne au géant » trouvé à Pirton dans Annales de la Société d'Archéologie de (1) grès Bruxelles. acquis des mœurs plus participé à une haute culture littéraire et artistique. et qu'ils aient multiplié les preuves de leur dévouement envers eux. nous ne pouvons qu'être pés de la floraison d'Ecoles appartenant à des nations à d'autres égards si disparates.— les désastres matériels. 7nère du monde occidental (3).. obtenu une justice plus sûre. sans qu aucune comparaison fût seule- ment esquissée. grâce à tant de bienfaits reçus. En même temps elles avaient tions plus parfaites. XXIe session. Ma's avant même cette cruelle expérience. une avait pourtant aimée de l'amour même qu'il nourrissait à science. et encore. dont il avait fréquenté les Universités.. Un centurion de la trentième. 1909 . EUe avait mis fin à leurs luttes intestines et aux ravages des hordes germaniques. Aucune violence ne les avait contraints d'abandonner leurs coutumes. Rome avait compté uniquement. envers les souverains qui incarnaient pour elles l'idée de patrie. . et presque autant que la France. sur le rayonnement de sa civilisation la conscience de sa supériorité lui permettait un tel et le consentement des peuples lui accorda cette conquête morale. 150. dans Compte-rendu du Conde la Fédération archéologique et historique de Belgique. C'est à Rome qu'il Fragments de « colonnes au géant » découverts en Belgique. infra. nos ancêtres se soient attachés à l'Empire et aux princes. est une manifestation éclatante de leur esprit de loyalisme et de leurs sentiments de dévotion.). loç). lutin de la colline. (3) Cf. XXIX.. Message à VAcademia Belgica de Rome (mai 1947) nous jetons les regards autour de nous dans cette vallée Giulia. « la barbarie germanique vaincue par l'empereur » (. le premier des biens. |. Et c'est pourquoi il se plaisait à voir dans le groupe qui couronne les « colonnes au géant » ( i ) un monstre écrasé par un héros romain. (2) t. p. Sur la Grande Muraille. s'il avait après la Belgique une autre patrie. Elles étaient devenues les cellules vivantes d'un grand organisme qui se renouvelait par des échanges perpétuels. Allemagne l'égard de qu'il la une sanglante leçon pour V Allemagne et ses séides. Rome. XXIV. Il n'est pas surprenant que. Liège. « Le nombre de ces monuments votifs. 1933. cette souorgueil. Rome leur avait donné la paix. et — — : ! : j : Cet éloge de l'ancienne Rome était. 180. leurs croyances ou leurs langues.

—X— en içi2. écrites . Oxford (1906). d'où. de toute obligation. 196). criptions dont il était. Ils pouvaient n'être aussi que des voyages d'information Tripoli d'Afrique. d'où les Etudes Syriennes (1917). en collaboration avec son ami Rostovtzeff. entre l'Institut historique belge. en 1907. Il et attachait du prix aux premières impressions. depuis ZÇ13. se libre de tout enseignement. (2) Voyage d'exploration dans le Pont et la petite Arménie. origine de l'ouvrage Fouilles de Doura Europos^ 2 vol. trouva en situation de s'adonner à ses travaux de prédilection. un prince de la Science. ni Rome voyages l'avaient conduit dans Orient (2). Etats-Unis (1911-1912). il et. de riches bibliothèques et les séances de V Académie des Ins- canme Pourtant. et une dernière en 1934 d'où. New. après avoir résigné toutes ses charges.br es lit les plus assidus.York et Londres (1912) Etats-Unis (1922). aux Etats-Unis. un membre d'honneur. in-é". : . Paris 1926. il se voile quand il est surexposé . autrefois Juste Lipse. d'où Astrology and Religion among the Greeks and Romans. qu'il couvait de sa sollicitude. A vrai dire. du 4 avril au 21 juin 1900. si grande que fût la gloire de Duchesne. de l'Académie royale de Belgique. Déjà les à Alfred Loisy et celles qu'il avait reçues de lui ont été déposées au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale. : encore n'était-ce point assez suffire ni la Belgique. Il est à souhaiter que ce cas ne demeure pas isolé. : — . Ses presque toute l'Europe. Cumont est considérable et mérite d'être conservée. il n'y était point captif. une étude intitulée The Mithraeum (celui de Doura-Europos) dans Excavations at Dura-Europos. transféré son "doviicile. plus il était attaché à ses trois patries. où elles seront accessibles au public à partir du 1" janvier 1961. de la classe des Lettres etc. en était en relations amicales avec tout le monde savant (3). « c'est lorsque plaque photographique tout ce qui l'entoure est encore neuf que le voyageur est sensible à tout. L'esprit. tomes II et III. 1939. Il y fit une nouvelle visite en 1928. De ce voyage sortirent les Studia Pontica. s'il . le plus qualifié "Alors. de l'instruction "publique en Belgique. 8 juin 192S.XXVII-208 pp. i ne pouvaient à l'enclore ( ) . (£e-9 grandes Universités américaines àzxis Rev. 1912. et que les idées éclosent ». comme des guides en matière d'archéologie et de science de l'antiquité. Voyage dans la Syrie du nord. Les Religions orientales dans le -paganisme romain Upsal (1911). Bruxelles 1906 et 1910. de toute contrainte. qui deviendra Lux perpétua.es fouilles de Tripolitaine dans Bull. et de devenir. plus il était citoyen du ni la France. Report of seventh and (1) Il aimait les voyages. . eighth Seasons. disait-il. Ces voyages eurent souvent pour objet des séries de conférences Paris (1905) çt p. en mai 192S (Z. Yale University Press. et l'Ecole française de Rome qui le considérait à la fois comme avait. avec son frère Eugène. future Academia Belgica. pp. est comme une : — : . d'où en 1923 Afterlife in Roman Pagain-12 nism. Il passait chaque année plusieurs mois à Paris où l'attiraient à la fois de chères amitiés. (3) lettres La correspondance de qu'il avait Fr. 285-300). plus il se sentait. au Pont-Euxin. en tant qu'associé étranger. avait fixé son domicile à Rome. Missions archéologiques à Salihîyeh en octobre-novembre 1922 et 1923. l'un des mem. au printemps de 1907.

Xov Citoyen du des lettres • la après Péguy.aîv£i Ttacra yy] Tocipoç" xai [rrj oO crT. (1) Le Flambeau. l'expérience religieuse enseigne comment les convictions intimes. àXXà Tjxal iv V] ty] Ttpoo-rixouCT-o ccypaçoç H-'^"^[^'^ '^'^p èxàuiq. à Bruxelles ( i ) . c'est que nous sentons la valeur « Il y en a .o-^iu^ otxEicf. redire Chrétienté expression de ce qui. mais grâce aux liens d'amitié qui se nouent spontanément entre ceux qui. De cela il s'est expliqué très clairement dans son discours inaugural (i6 septembre IQ35) au VI^ Congrès international de l'histoire des religions. et aspira enfin à devenir universelle. participent à la même les culture. les le grand œuvre du progrès . efforts. que compétitions les idéologies politiques économiques et sociales travaillent à refouler et à détruire. . trouvent dans notre for intérieur un asile inviolable. l'on plus naturellement la sentence fameuse énoncée oraison funèbre pour les morts de la guerre du èuiçavôiv èittYpaipiQ. où il a été lu.-/]Àa)v ^^. mais les sentiments des individus. passé. seule créatrice de sociétés nouvelles physique un remède immédiat au dérèglement dont nous souffrons. septembre 1935. « En ces temps où s'exaspèrent tous les nationalismes. tend à se constituer en société des esprits. non par une organisation extérieure. devint celle de cités et de nations. l'évolution religieuse nous montre comment la communauté des croyances. qui s'érigent en panégyristes de la violence et vantent les bienfaits de ils cherchent dans la contrainte l'action brutale. que sa mémoire demeure. c'est que nous croyons tous à cette universalité du royaume de l'esprit. animés d'un même désintéressement . pp. administrative et policière. 293-294.a). entendez l'on : membre de la République : autrefois. Mais quelles créations furent plus puissantes et plus durables que celles de ces forces spirituelles qui ont métamorphosé des peuples et renversé des empires. Car ^'^7 repose au cimetière selon sa volonté.— monde. àvSpcuv y^p cry]p. Si la science des religions a réussi aujourd'hui même à grouper ici une réunion harmonieuse de représentants de tant de nations. et leurs communs intérêts. poursuivies dans leurs manifestations extérieures. comme l'effort invisible du vent fait ployer et déracine les forêts ? Aux Etats totalitaires qui prétendent soumettre à leur domination non seulement les actes. de l'humanité. et collaborent librement à édifier par leurs libres initiatives spirituel . après avoir été celles de tribus et de clans. c'\est partout où il a 'd\Ixellec. entre son père et sa mère. et peut. en dehors et au-dessus des Etats. où son souvenir est conservé^ n'en subsistât-il aucune trace matérielle. qui serait nécessairement vaine parce qu'elle ne pourrait que chercher à brider.. réprim. TV]? toO epyou £vStaiTai. — — monde avons-nous on disait dit. YVa)[jiV)Ç fJt. Et maintenant XI — ne voit personne à qui s'applique par Thucydide dans son Péloponnèse èv ':?] : qu'il n'est plus. créant entre des populations lointaines et hétérogènes des liens plus puissants que ceux du voisinage ou du sang.er et contraindre la souveraine liberté de l'esprit.ai.

Mais est-ce. se crût Telle était la pensée profonde qui guidait sa vie scientifique. Oxford. bien à la seule Grèce qu'il songeait en écrivant en relief cette prééminence intellectuelle qui (le. Athènes. qui nous offre le premier exemple d'un impérialisme démocratique. il était souvent. mais à maintenir et fortifier la rectitude de notre jugement sur le passé de l'humanité et sa mission future ». 30c) : «Ha su mettre grandeur de ce peuple privilégié. presque toujours bien informJ. il était gentilhomme. Il traitait le moindre étu- diant d'égal à égal. voyait chaque jour dans les milieux les plus divers. Autant que savant. grâce à ses bons offices. il dit en confidence à l'un de ses amis : « C'est fait. Personne ne fut jamais moins dogmatique. Non qu'il une mission ni qu'il prît des airs de prophète. qui n'est point destinée à satisfaire une curiosité oiseuse. interpréter les signes : en içiS. sans dissimuler ces défauts moraux qui amenèrent sa décadence : son incapacité à maintenir la stabilité de l'Etat. Avaiton. C'est pour aller au front ». aider à comprendre le présent et à préparer l'avenir. Que ce fût à Paris ou â Rome. sans jamais le prendre sur le ton doctoral ni se jucher sur le le on trépied. Et il pensait par surcroît aussi. sans que ces deux qualités se nuisissent jamais l'une à l'autre. mieux que les spéculations idéologiques a priori. son impuissance à créer une forme de gouvernemejtt qui pût concilier l'individualisme incoercible de la race avec la discipline civique. Il loue ce mérite chez son ami Rostovtzeff. avant que — — que la considération de l'histoire peut. à solliciter un peu les faits qui flattaient son optimisme. en cette seule matière. Une nou- . Compte-rendu dans le Journal des Savants. il vous en laissait (1) Deux volumes. fait quelque menue découverte. Le roi vient de se Qu'en savez-vous ? comm-ander une pelisse. s'il n'avait eu tendance. Et lorsqu'il rendait service. et subordonner les égoïs?nes particuliers à l'intérêt général. préoccupé qu'il de l'avenir de no7nbre élevé de la civilisation qu'il sentait branler sur sa base. Ils partent. moins entaché de pédanterie. il semblait être l'obligé.— éminente d'une histoire XII — si féconde en enseignements. On pourrait dire : toujours. s'est montrée inapte à le faire prévaloir » ? fit la A tout travailleur il était accueillant et serviable. toujours prêt à converser. p. Grâce au ses relations en tous pays. La était politique internationale lui inspirait un intérêt passionné. « velle histoire du monde antique » août-octobre 1928. moins engoncé dans sa science. A history of the ancient world (i). 1926-1927. Il savait en bon critique. trois semaines au moins l'Italie se décidât à entrer en guerre.

encore était libre moins ses directives. Le souci de la perfection dont ils se targuent n'est souvent que le voile d'une pusillanimité qui appréhende les bévues dont souffrirait une répu- tation mal assise ». et ils finissent quelquefois par disparaître sans les avoir communiqués à personne. tes à l'écart les unes des autres. et il n'avait souci que de la faire progresser ( I ) Mais il ne cherchait jamais à imposer ni ses idées. Il ne se laissait point entraîner par amour-propre à se dérober. la tâche de ratisser son jardin. au printemps de iç^J. p. qui résulte le plus souvent de la rencontre. p. Ubi : : — : plura nitent. Plus habile en cela que de plus dogmatiques. Il laissait aux critiques.. dans la faible mesure de leurs forces. à la rendre moins désastreuse ». de s'en servir ou de le Il portait son témoignage. de plusieurs disciplines qui s'étaient exercées jusque-là ?nots. par crainte de devant une publication qui courait le risque d'être imparfaite. des. il savait. se contentent de la Archeologia 1940-1941. ni ses métho. Certains érudits gardent par devers eux durant des années les Inédits sur lesquels ils croient avoir un droit de propriété. ils cherchaient. Fouilles de Doura-Euro« Ceux-là seuls qui se renferment dans une étroite spécialité peuvent se flatter de pos. Si certaines pages de ce livre leur semblent défectueuses. non ego paucis offendar maculis. dans la mesure de leurs août 1941). VII la connaître parfaitement. parfois fortuite. que la vraie science est invention perpétuelle. la vie intellectuelle de s'éteindre. Ace. il ne semblait pas s'en aper- cevoir et n'en tenait point rigueur. p. la préface de ses Etudes syriennes. où avait eu la le mettre en valeur. il ne reste rien à chercher que dans le cadre qu'ils ont tracé. préface (l'^r « sans doute les érudits ont-ils le devoir d'empêcher. et quêprogrès s'en font par la découverte. ». et l'interlocuteur rejeter. Il vaut mieux s'y exposer que de ressembler au dragon de la fable dans l'antre où il garde jalousement un trésor stérile.— le XIÎI — mérite et s'ingéniait à co77i7ne il incorrection. X monde. Commémoration du Père Scheil dans Rendiconti délia Pont. Commettait-on à son égard une de faire une communication sur un chantier de /ouilles complaisance de vous conduire. non sans quelque dédain. 7 savants ces primeurs plutôt que de consacrer ses soins à effacer les taches de son œuvre. qui considèrent qu'après qu'ils ont trouvé. Un (1) « jour. Et encore. L'essentiel est de mettre à la disposition commune des travailleurs les matériaux qu'ils feront entrer dans leurs constructions futures ». Symbolisme funéraire des Rotnains. devait être à la disposition de tous. di « D'autres. en tant qu'elle était sienne.. non pas en mais pour de bon. à propos mois de mai 1917 d' Alfred Foucher et de Paul Dès le il écrivait dans car dans la grande crise qui ébranle le leur infirmité retenaient loin des batailles. p. I moyens. p. comme si redoutant l'atteinte profonde que le sacrifice des jeunes générations devait porter au savoir humain /peut-être songe-t-il ici à la perte immense que causa la 7nort de Robert GauthiotJ. comme d'autres s'efforcent de ranimer l'activité éco: nomique l'erreur. partout des hommes d'étude que leur âge ou semblent avoir éprouvé le souci de ne pas laisser : interrompre la continuité de la production scientifique. je suis résigné à subir leurs critiques. rom. I du tirage à part joie intérieure « Il préférait offrir aux que leur cause chaque jour la poursuite de la vérité » . . C'est par cette voie libérale que s'exerçait son influence. La science.

Car quelle que fût sa gloire. Symbolisme. Cela. s'agissant du fond de lui-même et de la place monde. pour vaste que fût son information. un esprit de synthèse qui. fondant sur eux des hypothèses auxquelles il renonçait de bonne grâce si la suite de l'enquête ne les confirmait pas (2). de s'être conformé à la scolasfait dieux. Et il s'il se tut. Il : « En le appliquant. p. devant la révélation inattendue de son propre personftage. il s'appaà lui-même dans un jour nouveau auquel il n'avait pas songé. sans théories préconçues ni imaginations témoignage des Anciens eux-mêmes. et si libéral son esprit. 1944. « Les p. préface (juillet 1906) de la premiète éd. dans l'ordre humain. 1929) jugements préconçus sont toujours l'obstacle le plus sérieux qui s'oppose à une connaissance exacte du passé » . ce que luia dit de Joseph Bidez. dans l'ordre mathématique.— Pelliot. encore n'est-il pas certain qu'il ait toujours été apprécié à sa juste valeur. qu'il aurait tenue en ce pensait que. La science et l'hypothèse d'Henri Poincaré. — — tique d'une école. de la méthode à laquelle se référait.. de prétendre tout faire entrer dans la dogmatique d'une école. Puis son visage se détendit.. Et tout se passa comme raissait si. 9 du tirage à part : « Il joignait à l'érudition la plus consciencieuse. enchaînant et combinant On même ingénieusement les faits particuliers. une mçthode qui se fonde sur ne saurait le mieux dépeindre qu'en lui empruntant. XIV — de son oeuvre l'air surpris quelqu'un lui dit comment il se représentait l'ensemble et la place qu'elle tiendrait et dans l'histoire des religions. st il voulait très délibérément n'être qu'un simple savant. (3) arbitraires. Il en eut dem-eura d'abord interloqîié. en dégageait les conclusions générales et les directions maî- . qui passait au crible tous les matériaux qu'elle utilisait et en vérifiait le poids et la génuinité. (1) înjra. Il s'efforçait toujours de remonter aux sources. Mais il ne dit ni oui ni non. Et il se gardait coinme du feu de se laisser inféoder à aucun clan. Au point que. pour le lui appliquer. comme en signe d!acquiescement. : (2) Religions orientales dans le paganisme romain. ». Or il était. c'était affaire à l'avenir. ce n'était pas à lui qu'il appartenait d'en juger. dans l'Antiquité classique. et il prit l'air modeste et recueilli d'une chatte à qui l'on fait compliment de sa nichée. cette discipline il fut obstinément fidèle. aurait-il dit lui-même après Homère (i)^ était sur les genoux des comme Ce qu'il en adviendrait. mais qu'il était plutôt aviené à modifier et à nuancer : parfait exemple. A suspect d'être faussé par un préjugé d'école (3).. XIII. XXVI. bref de travailler moisis pour la vérité que pour l'intérêt d'une école. IX de la quatrième (Paris. t. Il lui manquait aux yeux de certains mais c'est justement-là ce qui son mérite d' appartenir à une école. et il était docile aux faits tels que les présentent les documents. il n'invoque jamais les auteurs dont. p. p. quand même ce sont des érudits considérables le témoignage lui paraît .

Cf. 289. d'abord dans le monde juif (2). pp. Die Propheten (1914) et Gesch. définitive en 165-164). qui le gardait contre les hypothèses aventureuses et les généralisations hâtives. Restent à trouver des oreilles qui denieurent ouvertes à ces sortes de » ait réalisé son ambition. la partie araméenne de Dan. en défendant un humanisme élargi contre ceux qui prêchent l'abandon d'une tradition qu'ils jugent périmée. Dans un monde envahi par le mercantilisme et l'esprit il se plaisait à faire valoir la noblesse de la recherche désintéressée du vrai. à Hénoch. au martyre d'Isaïe. rédaction de P (= Code sacerdotal). Son détachement de tout intérêt personnel le rendait libéral de son savoir. de la cour divine récits relatifs au premier homme. En approfondissant' notre connaissance de l'hellénisme. (2) A partir du milieu du vi^ s. propos. Plorentini . On veut espérer que l'œuvre ne demeurera pas' inachevée. Ses recherches sur Mithra eurent vite fait de lui tracer sa direction et d'orienter sa course vers ce qui aura sans doute été dans l'histoire des religions une découverte capitale : la civilisation chaldéo-mazdéenne des Maguséens ou Mages occidentaux. le rendait sévère pour tous les chartresses. A latanismes. d'Israël^. II. 268. à les l'eschatologie et à la résurrection. Rel. Religion (1922) dans Loisy. (3) Pythagore et le Pythagorisme : infra. der israelit. pp. puis dans le monde hellénique (3) et parmi les peuples la probité scrupuleuse de la science répondait la rectitude de son caractère et la droiture de sa conduite. où se révèle pourtant deci delà quelque précieuse de relique. p. (réd. note 2. sachant qu'il n'épargnerait aucune peine pour éclairer celui qui recourait à lui. Hôlscher. Il a aussi. d'/s. de Job . I. Et de cet indigeste fatras. Voir aussi Mages hellén. Ce même amour passionné de la vérité. syncrétisme iranosémitique qui devait faire sentir à plusieurs reprises son action. même quand il traitait de l'Egypte. 140-55 . la mort de Boudreaux. après (1) Catalogus codictim astrologorum graecorum. 267. 145 et 410 . pp. et il se montrait si serviable qu'on hésitait à faire appel à son obligeance. Mais c'est moins de l'Egypte qu'il était préoccupé. Il condamnait sans rémission les auteurs de systèmes fantaisistes appuyés par des suggestions hasardeuses. par ex. dont VIII ^^ première partie des Parisini (i). Bidez avait conscience de défendre un des biens les plus précieux de notre patrimoine intellectuel et moral ». à Ahikar. 40. Tobie. achevé la publication du tome VIII ^. il avait tiré en IQ37 la maiière d'un livre charmant sur la fin l'Egypte ancienne : L'Egypte des Astrologues. 1929. la description du paradis terrestre.. — . Car il n'est pas exclu que la « technique qui est de tuer l'humanisme afin de régner en maîtresse dans un monde objectivé. du milieu du me s. Judith. Venetiani 5 IV. Si au point de vue matériel a été appauvrie et amoindrie par une guerre dévastatrice. und jûd. VIII \ Bruxelles. Sym- de lucre l'Europe : — . alors que sa douceur et sa modestie naturelles lui inspiraient en général une bienveillance qui s'enveloppait des formes d'une courtoisie d'im autre âge. 41 ss. à la chute des anges. 1 . elle garde une richesse c'est sa vieille spirituelle qui lui confère toujours une supériorité culture. suite des Parisini. V \ Romani. Mages hellén. que des rapports entre le monde gréco-romain et les civilisations du proche et du moyen Orient. Gn.— il XV — Il dirigeait la publication du avait Itd-mêftie établi le tome catalogue des manuscrits astrologiques. des cinq Megilloth . source de notre civilisation occidentale. Italici .. Esther. Relèveraient de l'influence chaldéo-iranienne ce qui a trait à Satan. 33 . I. Enfin il a collaboré de près aux tomes I.

^ tures manichéennes [le.i. exprime d'une manière frappante la. Kôchly dahs M. Relig. qu'il a lui-même relevé dans son étude sur la Fin du monde selon les Mages occidentaux (4) MiOpY]ç. Alfred Foucher découvrait la civilisation gréco-^ bouddhique thiot. Un. d'Hist.— XVl — du prôûkë OHmt{i) . il lui ouvtit pourtant la 'voie . raud. 312 . 1946. : infra^ p. Relig. Cumont dit des Mages hellénisés : « *. 'j^TtdXXwv. or. le bouddhisme excepté. le chaldéen et l'iranien. 63. Cartulaire de N. (2) Mystères . -propos des Ecri" n. Mages Ael" de Mithra^ (1913) . 3] Pr. p. CCXXII. (3) Sur les origines t p. 1905-1923» fait On a utilisé pour ce qui suit. * p. tirage Paris. J. l'ipuç. à côté des antiques ttaditions du zoroastrisme. >. / el Kpovoç. / 'HéXio. '— Platon 276. or. èv 'EXXâoi AsXipoi.M. I. or> *. p. et l'énofme influence qu'elle devait exercer dans le monde européen. 12 ss. Ëôs. des croyances indigènes qui remontaient en partie jusqu'aux anciens Chaldéens » j et aussi sur la source maguséenne du Mithraïsme. 36. Tout V oeuvre de Cùm^nt aura consisté peu dire --^ à comprendre èi à décrire le développement de cette triple combi-^ nais on. 4).. ^-^ Sur la relation des Pauliciens et des Cathares à infra. Et déjà sur Mâni et les mystères de Mithra (Recherches sur le manichéisme^ I. BaêoXwvoç (6) Rajpprôcher ce qu'à propos de Bidex. p. d'après le à part. p. 'Affati$aiOùJV àvl nEptfiûi (5) Mithra. : bolisme. des Inser. dont l'action ne s'est exercée qi^e tardivement sur le taanichéisme de la Chine et du Turkestan (Mûlleir. 21. L'art grêco-bàttddhiquë (8) j du Gmdhara. *œé6o)v bine le vieux mazdéisme iranien d'abord avec l'astrùlogié babylonienne. pp. eî 25 . 51. corrigé par -ce qui est dit iafra. Paris. efts Sàpaitti. enfin dans l'Europe médiévale par les PauUcienS et lés Cûthares. Un Phaéton assyrien en Perso. t. p» 138 Symbolisme. n. où les trai)au(& sir après ceux de de Paul PelUot. Bruchstûcke aus Turfan. 11 du tirage à part. plus tard avec lès spéculations dés théologienè helléniques ».S p' 136. les Mages perses établis en Babylônie avaient admis. janvier-juin 1931. note 6. des Rel. p. n. pp. Sylvain Lévi et Robert GauAurel Stein et de von Le Coq. — de la miniature persane dans Revue Archéol. p. I. de la pensée de Mâni Recherches sur le Manichéisme. Ic. XIX. l'Asie centrale et le très voisin monde chinois. ces Maguséens d'Asie Mineure et de Mésopotamie dont le synCfètisme cûtft» AtyuTrtioç àvé^sTiOç Zeiiç. ^formule pibç (fUi dans sa cûnôisiùH. 418.. (7) Alfiréd Pouchet. 4] p.^ 1913. 1907. aussi Mâni et les Prouille.. l'exposé par Pelliot lui- . (4) Rev. XIV..M. p. C'était le temps où M. qu'offrait la légende --^ mais ce n'est 1> pas (6). cf. p. Tûui ùelâ tient dans ëe mot de Nûnnos. le grec. de origines Mâni. dit-il. (1) Relig. 247> éd. dans le monde fûmain (2) oà. eïtE (jÙ Mi'ÔpT). lointains héritiers dé Mâni (3). (5) Nonnos de Panopolis.. reconnaissaient et défi- nissaient le système dès relations entré l'Iran. Rapport sur une mission à Rome dans C. (7). tout ^n eomrêcarfunt Vàvènement du ckfhiiàHiime.^sUpra^ p. D. 138 . 72) : ^ Comme ceux-ci. 377. Bidez. de celui que Cumont commençait de montrer qui s'était phénomène produit aux Confins de là PèfSe et de la Mésùpotamie le parallélisme est tel qu'il y a lieu d'y insister (8). I (1908). de l'Acad. combinaison : des trois mithriàque éléments. qui renvoie à Jean Gui^ Cf. et en outre Nonnos 40. fasc. A XXI. R. p. I. 399 TtoXutivufJLOi. 374j note 5. Dionysiacà.

A l'Iran ils peu de son protocole et de sa mythologie . 1924. par là enfin que s'introduisit jusqu'en Annam une religion du « Vénérable de la Lumière » que proscrit le code annamite sous des sanctions que devraient lui appliquer prirent quelque . se répandent vers la Chine. nien. Mais les relations sont antérieures à l'établissement des Turcs dans le Turkestan. 311 ss. sa leçon d'ouverture et 1912. s'en est expliqué à plusieurs reprises. W. — 7nais elle n'existe plus (2) — les tribunaux français du lieu.. assez s'hellénisèrent. C'est un phénomène du même ordre qui se produisit à la frontière commune du sémitisme babylonien et de l'aryanisme iranien. cf. Elles sont l'œuvre d'une population plus ancienne^ Im Sogdiens ferum. 135 à 152 . notamment. ils s'iranisèrent. MûUer par Sylvain Lévi et Antoine Meillet. demeure isolée. 2. vers le début de notre ère. — analogues dans «ne formule d'abjuration imposée aux manichéens. enfin et surtout ils s' hindouisèrent..— XYII — le route commerciale gui unit l'Asie mineure à l'extrême Orient passe par Turkestan chinois. Paris. dans même dans Litt. Franz Cumont. et enfin Içs premiers musulmans qui importèrent leur religion en Asie centrale et en Chine. De langue iranienne étaient aussi les Mazdéens. 10 août 1912. datée de 781). A.. par là que les Mongols lamaîstes reçurent pour Brah?na et Indra les deux noms qu'ils leur donnent encore aujourd'hui d'Azrua ( Zervan) et d'Ormuzd . religion bouddhique et art bouddhique hellénisé. Graecia capta Ceux-ci finirent par créer une civilisation nouvelle {p. rel. » Ces échanges se faisaient grâce à une langue de culture qui était généralement ( i ) iranienne. MeiÙet et M. soit iranien oriental ( = langue II de Leumann) C'est par là que les caractéristiques d'Ahoura Mazda et de son Paradis se transmirent à Amitâbha. n'est ni iranien. Les langues du monde. avec toute la clarté souhaitable. d'Hist. à l'Inde le bouddhisme. au Collège de France. pp. le 4 décembre 1911 {Rev. Meillet. Cohen. Les nouvelles langues indo-européennes trouvées en Asie centrale. pp. à la Grèce ses formules artistiques . 'd'ascendant pour iraniser leurs vainqueurs. = si elle existait encore. XXIV. ni indien : c'est ime langue indo-européenne qui pour le moment. K. 3 du tirage à part. pour une part au moins. et A. 1913. soit sogdien. f) : «Ils et Bactriens qui. (2) Survivances — . comme rarmé" Cf. pp. empruntant la grande voie commerciale du Turkestan.. (1) « généralement ». les chrétiens nestoriens qui ont laissé des souvenirs en Chine (stèle de Si-ngan-fou.. conservèrent subjugués plus tard par les nomades Ta Yue-tche. Une formule grecque de renonciation au judaïsme (Bormannheft der Wiener Studien. et les Manichéens. dieu bouddhique de la Lumière infinie . cela va sans dire. qui a été étudié après F. les juifs dont les descendants demeurent encore à K'ai-fong-fou du Honan. ainsi que. parce qu'il y a une exception : Le tokharien (= langue I de Leumann). dans Revue du Mois. Peu à peu. 97-119). sur le tokharien iB. Journal Asiat. p.

9. gui est à peu près tout ce que le monde gréco-romain a connu du Moyen Orient. Mystères de Mithra^. Le propre de cette caste sacerdotale. c'était d'être « sage ». I. d'ass. transcription de syr. dans sa rigueur originelle. magusayê s. shah A. p. t.v. Leur situation à l'égard de l'orthodoxie zoroastrienne est tout à fait comparable à celle des Juifs établis en Egypte (cf. de lire les textes avestiques. pourraient s'expliquer. t. note S tort. ou le.M. [supra. quand même ressemblances de leur magie avec celle de l'Inde antique. I. celle des Maguséens (i). comme selon l'orthodoxie mazdéenne. XVI. que poussant à l'extrême le système du qerê-ketib. avant l'intervention de Zoroastre. ou Mages occidentaux. 129. n. et c'est « Les Mages que les Grecs ont le mieux connus n'étaient pas des zoroastriens orthodoxes. constituaient le culte traditionnel d' Ahriman et de sa séquelle. 12 (3) Et ainsi . et selon toute probabilité. là on en réalité l'on prononce le mot iranien corres- de la (4) C'est pondant (Cf. et ils restèrent ainsi plus fidèles que leurs congénères de la Perse aux vieilles croyances naturistes des tribus iraniennes (3). dire que leur langue était exclusivement sémitique. tandis qu'il arrive en pehlvi. JVlxyot. ils n'auraient eu aucunes relations directes certaines nouvelle orthodoxie judaïque et de l'unicité du Temple. pp. ils n'en adoptèrent que partiellement les doctrines. Cf. par exemple malkâ (roi). li (à moi) là oiî l'on prononce man .la préface : XVIIÎ — aux Mages hellénisés 'des liens se sont noués dès une époque ancienne entre ces deux civilisations. Boisacq. sur (1) Cf. pp. Ces relations se sont constituées avant la réforme zoroastrienne en un temps où il n'était pas encore interdit de rendre un culte à Ahriman et à ses dévas : pourquoi Ahoura Mazda n'est pas pour les Maguséens l'Etre suprême. Les Judêo-Araméens d'Eléphantine. Paris 1937) à l'égard avec l'Inde. s. orientales. et qui s'y maintinrent jusqu'à l'époque chrétienne (2). . établis au milieu de populations allogènes. 8]). furent par là même plus exposés à subir des influences étrangères. en sorte qu'on ne lui manque pas.TQ..M. etc.M. Bruxelles. (2) Sur cette diaspora mazdéenne. pers. on écrive un mot sémitique. échappèrent dans une large mesure à son action. M.. = v. v. ils devinrent incapables. « De plus ces Maguséens. 4e éd. Meillet. 133 ss. : . Gesenius. depuis la Mésopotamie jusqu'à la mer Egée. p. majj^û. en s'adonnant mix pratiques magiques qui. Non seulement elle possédait la science des choses divines . 9 ss. 1913. Leur éloignement de la pure théologie zoroastrienne fut favorisé par le fait qu'ayant adopté une langue sémitique. intermédiaire entre les deux premières. Ceux avec qui ils ont eu les relations les plus directes et les plus constantes sont ces Maguséens. min (de) là où l'on prononce «». et Religions M. M. a.. l'araméen.. : magus. Albert Vincent. langue proprement iranienne. ne put jamais être que la loi d'une élite peu nombreuse. d'où en est sortie une troisième. mais elle raisonnait aussi sur l'origine et les lois de l'Univers. ils ne possédèrent aucun livre sacré écrit en zend ou en pehlvi (4). p. qu'on peut-être à rapproché cf. séparés des contrées où triompha la réforme de Zoroastre qui. Mt^omcc/ao^. Ces émigrés. la qualité dont elle se targuait avant tout.et se flattait de pouvoir seule se faire exaucer des dieux. prêtres des colonies mazdéennes qui s'établirent dès l'âge des Achéménides à l'ouest de l'Iran. 16 ss.

que des affinités profondes rapprochaient des religions de l'Orient. comme Ahoura Mazda. se distinguaient. nous trouvons des doctrines d'une extrême souplesse et se prêtant à tous les syncrétismes. 343 ss. partagés en plusieurs écoles. Mages vieilli 344). Manichéisme sont probablement ce qui de tout l'œuvre de Cumont la découverte qui a été faite vers 1933 en Haute Egypte près d'Assiout. des Rel. ils apprirent en particulier l'astronomie et ils adoptèrent sa sœur bâtarde l'astrologie.déisme de l'époque séleucide ou parthe et celui du clergé sassanide Au il y a toute la distance qui sépare le judaïsme alexandrin de celui du Z^almud. Le même auteur rapproche (p. Aucune autorité théologique ne pouvait imposer aux Mages occidentaux un conformisme que leur dispersion même devait exclure. après Alexandre. il est vainqueur de la nuit et de la mort ^ juge suprême et dieu de la justice : c'est un trait qui se retrouvera chez Mithra. un dieu de lumière. parfois aussi dans une nef (comme en Egypte) . roue flamboyante transporte. que des influences réciproques temps be^coup plus anciens. A.— les XIX — d'une dogmatique rigide et d'une morale de stricte observance. propre des recherches de Cumont. 1908. pp. 1926. selon Sti-abon (16. p. C'est avec ce fil conqu'il faut aborder. et si leur rituel. par Grûnwedel et Von le Coq. I.y mars-juin 1933). le Livre des Hymnes. leur curiosité toujours en éveil s'intéressa aux idées des philosophes. Lorsqu'après les conces prêtres entrèrent en contact avec les Chaldéens de la Mésoquêtes de Cyrus (2) d'un clergé qui était alors le plus instruit potamie. p. scrupuleusement observé. d'Hist. a été primitivement. avant d'être un dieu solaire. Dhorme. leurs théories ne devaient pas s accorder mieux entre elles que celles des Chaldéens qui. lui aussi. enfin un recueil d'homélies des premiers disciples. Dans ce grand centre scientifique qu'était alors Babylone. ils subirent fatalement l'ascendant du monde ancien. quand l'hellénisme s'implanta en Asie.191 2 (4). La Religion indo-européenne dans Linguistique historique et Linguistique générale. et par Pelliot au Turkestan chinois sont pour la plupart postérieurs au villes. XXII note]. 62 Shamash voyage le long du Zodiaque avec un cheval pour monture. injra. des mémoires sur la vie des premières communautés. i) par une grande diversité d'opinions » (3). Les Recherches sur le plus vite. Puis. aura La raison en est dans ont subi l'influence du bouddhisme. partie bibliothèque . A propos des Ecritures manichéennes \lc. Le dieu babylonien Nergal. VI le ss. 61) « Ahoura Mazda. et ils subirent en particulier l'influence du stoïcisme. et les Recherches sur le Manichéisme. Les Religions de Babylonie et d'Assyrie. avant d'être le dieu des morts. un des berceaux du manichéisme. la nouvelle collection est très voisine des origines contient les KscpàXaia et les Epitres. 63 64. Tel est le résultat ducteur des relations aient déjà existé. 40-41). a peut-être d'abord été la sainteté du contrat (Cf. lequel. un dieu solaire (cf. I. pp. un commentaire de l'Évangile vivant. E. (3) (4) p. miinie d'ailes et parfois d'une queue d'oiseau . Meillet. lieu proptiétés de la nature et la constitution de l'homme (i). et qu'il avait pressentie. (2) Mais il est possible que se soient déjà exercées en des = : à quatre rais. p. Paris 1945. Les Mj'^stères de Mithra. hellén. p. p. Ces documents capitaux se trouvent en partie çn Angleterre dans \^ collection Chestçr en à la de Berlin. Alors en effet que les écrits trouvés par sir Aurel Stein. dans le disque ailé (1) Cf. Les et : elle Beatty. un récit du martyre de Mâni. : il il donne est enfin la vie et fait revivre les morts. le dieu des Achéménides » qui « se » de l'accadien Shamash Soleil. paraît avoir eu une grande fixité. après les Monuments des Mystères de Mithra. I. d'une prodigieuse collection de documents sur lesquels il a été le premier à attirer l'attention du public savant en France {Rev. infra. « Entre ce ma5.

devient une science conjecturale dont les conclusions n'atteignent que le degré de vraisemblance que peut leur prêter l'ingéniosité et l'éloquence de leurs auteurs. 3] c'est l'étroite interdépendance qui unit la civilisation de l'Europe achevé de mettre en lumière à celle de l'Asie. que la Cité antique de Fustel Les Religions orientales dans le Paganisme romain (i) j et surtout -deux volumes moins accessibles au grand public. I.. d'Anatolie. le régime national-socialiste n'a pas favorisé l'étude du précieux trésor entré en 1933 à la Bibliothèque de Berlin. et l'archéologie. qui devait être mis sous la même reliure.— un lime célèbre 'de XX — aussi important. un ouvrage nouveau. en même temps que des idées religieuses du proche Orient. der Sammlung Chester Beatty. Hdschr. Le temps est passé où l'on pouvait parler d'un « miracle grec » et croire que la culture hellénique était une sorte d'expérience de laboratoire en vase clos. C'est alors qu'il entreprit de refondre et de développer /'Afterlife autrefois : premiers fragments des homélies de la collection Chester Beatty ont été publiés en 1934 à Stuttgart. in-4o. qui étaient des hellénistes ou (4) Message [supra. Faletsky. Bidez devait montrer plus tard dans Eôs. si elle est privée du secours de la philologie. Paris. son côté Franz Cumont continuait de déceler les traces de leur influence le dans monde gréco-romain ( 2) . ont contribué à la formation d'une civilisation dont la complexité ne diminua pas la grandeur ». n. janvier-avril 1935. La profonde connaissance qu'il avait à la fois des textes anciens et des monuments archéologiques. « Mais il est une vérité que les recherches récentes ont (2) Message [supra. 3] des latinistes \il veut ainsi faire entendre que ce n'étaient pas des théoriciens a priori"] m'ont enseigné que si l'on ne recourt constamment aux sources. « Mes maîtres d'autrefois. des Schmidt. Manichâische Homilien dans Man. qui en 194. parut D'où un ouvrage considérable par sa masse et la qualité de son contenu. 49 pp. p. par H. On reconnaît de plus en plus que des influences venues de Syrie. Fr. (3) Complété par la Stèle du danseur d'Antihes et son décor végétal. Les KstpdtXaia ont été éditées par M.5. on risque infailliblement de s'égarer . le conduisit à chercher la signification des bas-reliefs dont sont ornés les sarcophages antiques et les stèles funéraires. De Ç^^ <^6s Maguséens avaient laissé leur marque dans l'œuvre de Platon. mais capitaux. d'inscriptions et d'autres monuments archéologiques (4). Les Mages hellénisés (1938). de Perse. (1) Recueil de conférences faites en 1905 au Collège de France et en 1906 à Oxford. où il n'est pas une interprétation qu'il propose de quelque scène que ce soit. sans Houle. à proprement parler. Cumont a rendu compte de cette édition. p. 1942 qu'il considérait comme un appendice au précédent. IX. On pourrait citer des exemples récents de telles interpréta: : : I 1 1 : tions arbitraires ». Man. fruit d'une étroite collaboration avec son ami losefh Bidez. IX. . J. La quatrième édition (1924) contient un nombre considérable de notes complémentaires et de dissertations qui en font. qui ne se fodde sur les témoignages convergents de textes littéraires. ouvrage posthume publié en Coulanges — — 194.2 sous le titre Etudes sur le symbolisme funéraire des Romains (3). Hdschr. n. Mais rel. de Babylonie et même de l'Inde lointaine. Homélies manichéennes^ dans Revue d'Hist.

il en changea le titre et voulut à toute force. De aeternitate mundi. n'est cependant pas tienne. dans Rev. lentement acquis par Yahweh au cours de sa longue histoire. mais plus haut que le judaîs7ne de l'époque chrétienne. S'il spirituellement des Sémites ». l'esprit du dans sa dépendance. d'Hist.— un " — publiée €iux JE!fats-Ums.. il en connaissait surtout les livres pas beaucoup pratiqué la Bible de l'influence alexandrine^ not<amment la Sagesse de Jésus ben Sira. et la Sagesse de S^lomon. qui n'cxwU guèrç été cannm &n Europe. de . aux évangiles izpoçryphes et TExode. de PhiloL. Qui plus est. En même temps qu'il remaniait l'ouvrage. où pourtant il aurait retrouvé fiombre des coutumes antiques qui font Il n'avait : U perpétua. Vidée en remonte au plus ancien rn^zdéisme. des Rel. sous des modalités si différentes qu'elles sont pratiquement (1) ennemies. janvier 1919. mars-juin 1933. marqués que nous appelons rEcclésiastique. p. — du Temps qui. ni à l'islam. La bibliothèque d'un manichéen découverte en Egypte dans Rev. ni au christianisme. a été conservé par le Dieu des chrétiens et par le Dieu de l'Islam. mais aussi à la Genèse. Cf. et lui est pas égal en toutes choses. Mais il le connaissait fort bien.nt ( i ) qui établit entre elles. nonobstant leurs divergences et leurs oppositions^ une indestruc: tible solidarité. 189 (3) et (2) Philon d'Alexandrie. et qu'il ait dorme dans sa jeunesse une édition du De aeterpitate mundi (2). en sorte que l'Islam peut être présenté comme étant à la fois une hérésie juive et une hérésie chrétence mal. que la méditation dtc Qoran ne lui était pas coutumière (4). convient cependant de le laisser à part. (4) Si grande était pourtant son information qu'il en soupçonnait les origines.sdraa. dis-je. par exemple Un mythe pythagoricien . aux théories valentiniennes peut-être même à l'évangile de Luc. encore qu'il ait beaucoup étudié les origines du plotinisme. Berlin. chez Posidonitts Philon. Son attention ne s'était guère attachée auparavant ni a^U judaïsme. L'intérêt qu'il prenait à ce qu'on pouvait lui dire du ses attaches aux traditions avestiques. l'appeler Lux perpétua à l'introït de la messe de Requiem qui les tient d'un apocryphe juif empruntés christianisé. coéternel à Ahoura Massda. Et tout donne à penser qu'il s'était volontairement abstenu d'étudier prouvait assez ces trois religions qui. 'deux mots malgré les objections qui lui étaient faites. encore moins le Zohar. cet intérêt. à et aux Psaumes. du fait de la double coexis: A d'Ahriman. au IV^ Livre d'E. n'en font pourtant qu'une par leur fond le plus intime. r^ d'où le mot célèbre « Nous sommes -^ on serait tenté de joindre le mazdéisme. 1891. -~ ne possède pas ce caractère d'absolue souveraineté qui. ne paraît pas qu'il <iit lu le Talmud. xxix-76 pp. l'objet ^de Lux Qoran. le Quatrième livre d'Esdras . Cf. s'il ne illimité. Zervan Akarana. il cite peu Philon ^d'Alexandrie (3). c'est qu'Ahoura Mazda. Et il entendait par cette brève formule indiquer qu'une part revendait aux vieux cultes de l'Orient dans la constitution du christianisme. les trois religions du Dieu viva.

rasoul . p. sans jamais repreridre par lui-même l'exaécrire men d'mi problème sur lequel il reste sans doute autant à dire que sur celui de saint Augustin. et que. L'examen des inscriptions. alors qu'au contraire il consi- [11] : quand quelles — (= Messie ou Christ) comme un être surnaturel. XXXV. aussi Myst. é^^^^ avec ce que Cumont dit de Bardesane et des manichéens dans A profos des Ecritures manichéennes. mais dont il reconnaît Elle est à la fois analogue et inverse. 81 [1]. il ne parlait jamais. on n'avait encore vu qu'un côté des choses. 3. vol. porteur d'un message clair. La position de celui-ci à l'égard du christianisme la valeur relative. devait-il dans son message à /'Academia Belgica de Rome {mai IÇ47). 1932. V amenèrent à penser que le christianisme ne devait pas être détaché de son contexte qu'il y avait un point de contact entre la tradition irano-chaldaïque des Maguséens et le christianisme naissant.— le christianisme. Il dut cependant dans ses dernières années reconnaître que le phé?iomène chrétien ne pouvait être isolé du milieu où il s'était produit. 188. 1920. n'est-elle pas analogue à celle qu'il prétend dépasser. p. dérait l'Oint Jésus — (1) Infra. sans signes ni miracles.. que Mâni avait prise quatre siècles avant l'hégire î ». des monuments figurés. 6 du tirage à part. et comment le réformateur religieux de la Babylonie a préparé la fondation de l'Islam. » (3) . (3) C'est ce taspe. fouilles ces documents auront été dépouillés. simple créature. allant jusqu'à rappeler sa condamnation par les autorités ecclésiastiques (i). Comparer aussi Qor. (2) L'adoration des mages et l'arc triomphal de Rome dans Memorie délia pontificia AccademiA romana di Archeologia. qui est de quelque façon figuré par l'adoration des Mages « L'épisode des Mages dans le premier évangile (2). de Mithra^. des Rel. les de Doura-Europos qu'il eut à deux reprises à diriger pendant plusieurs semaines.. Mâni se croyait le Paraclet. p. série III. Rev. n. — note 4. bref un Esprit créé de Dieu et envoyé parmi les hommes. et dont il fit un monumental compte-rendu. Mahomet ne prétend être rien de plus qu'un simple homme. d'Uist. 3. p. lorsqu'on avait étudié les religions orientales dans le paganisme romain. 327. mais née d'une vierge fécondée par le souffle divin Djibreïl. pp. 453. XXII — De la valeur intrinsèque de «la religion gui est nôtrey>. Il en paraissait à la fois détaché et soucieux de respecter l'établissement extérieur et les positions officielles. « nous verrons plus clairement aussi de croyances antérieures s'est inspiré Mahomet.-HysN. des textes littéraires. a manifestement pour objet de montrer le clergé de la plus puissante et de la plus sage des religions de l'Orient s' inclinant devant l'Enfant qui doit fonder celle de l'avenir. Cf. 205. infra. un héraut. thème qui se retrouvera dans l'exploitation chrétienne de l'Apocalypse du ps. C'est ainsi qu'il a toujours parlé d'Origène avec quelque animadversion. C .

Trismêgiste. disait-il au printemps de IQ4. D'autre part on ne pouvait que constater l'échec final du néose couvrir. Dès lors les âmes inquiètes. même quand elles offrent une ressemblance apparente avec celles des théologies antérieures. «. C'est du moins ce que donna à penser le portrait qu'il faisait de lui dès 1908 {Recherches sur le manichéisme. il y échappait par on ne sait quoi qui ne permettait de le confondre ni avec les cultes des mystères païens ni avec les spécu- avait conclu. Franz Cumont pense encore qu'il s'agit là d'une « régression » qui aboutit à « une exaltation. sans regret. quand il en vient à Plotin. par le vide qu'il produit.7. auquel on ne saurait comparer Proclus. cher{p. . sans le vouloir. son activité ne p. p. A. ou pour mieux dire et. un prodigieux génie dont la marque ne s'effacera pas. XXVIII et XXIX. Quand l'inspiration qu'il croit divine jaillit en lui des profondeurs du subconscient. Festugière. 360. : : (1) Injrà. qui sont en quête d'une certitude. pp.. : . 135.. 52). i36) chent à l'obtenir non par une application patiente de l'esprit critique. fait. un richissement au génie de Plotin très grand homme. un homme de grande culture et un l'humanité ne lui savant collectionneur d'idées. lui. 384 et (2) Injra. il — — (3) de la piété » qu'il déplore. comme pour une perversion emprunte l'expression à A. La Révélation d'Hertnès p. C. sans i De l'avènement de celle-ci Cumont ( ) car il n'était pas enclin à la métaapprofondir qu'il est des périodes où l'excès de rationalisme dessèche la pensée. La réflexion ne le guida pas seule dans la recherche de la vérité. semble au contraire avoir cru qu'elle devait quelque chose à Mâni. il constate. il laisse libre cours à son imagination créatrice. . Festugière Mais un peu plus tard. 5. mais par : •une inspiration surnaturelle ou une communication divine ». sion qui se précipite à mesure que s'accentue la décadence de l'Empire. (3) N. semble-t-il. Au moment où il rédige ce passage. I. physique exténue la science et. et cette stase est le prélude d'une régres- de la philosophie néoplatonicienne — y insister ni — . Le scepticisme céda devant la mystique » Il avait été émerveillé ^de tout ce que l'âme humaine devait d'en« C'était. Dès lors les figures qu'il remodèle de sa main puissante et qu'il anime de sa vie intérieure. le christianisme n'y pas entièrement réductible. qui est. I. appel au le progrès scienti« Depuis le premier siècle avant notre ère ( 2) mysticisme fique s'arrête dans le monde ancien. qui n'est pas sans analogie avec ce qu'il dira de Plotin en 1947 fut évidemment pas celle d'un philosophe éclectique rassemblant laborieusement et agençant froidement les éléments d'une synthèse doctrinale. mais non pas un inventeur doit rien » (4).. J. J. que la raison cesse d'être « comme pour Aristote le seul guide dans' les recherches » et que désormais la conviction s'appuie « aussi sur une expérience intime de l'âme.— Mais était il xxin — reprises dans — que tout en ayant subi l'influence de son perpétua lations lui apparut aussi — et cela est marqué à plusieurs Lux milieu.. sont pénétrées d'un autre esprit et obéissent à (4) Il : vuie autre volonté ».

legçs.— . fragmenta varia.. 154). à laquelle il ne pouvait se rendre. et en les retournant contre ses adversaires. Sur la tombe de Pr. how inconsistent and self contradîctory his own feelings seem. le point où commence sa courbe. chez les Barbares. (4) C'est là dans sa position un point important : sa réaction est. Cumont avait publié. Cumont. mais aussi grâce aux apports du milieu où il s'était développé « Plotin. sans en parler à aucun de ses amis (5). dit-il à ce propos (3) premier défenseur d'un spiritualisme intégral. eji s' emparant des armes préparées contre le christianisme. amoureusement rédigé pour l'inauguration. le tournant. ... : (1) F. (2) Infra. rapprocher de Newman. or triumphant criticism. 19. when put into words. : A . avaient réussi à se substituer à eux. les cercles néoplatoniciens Cnmont à penser qu'à des questions posées depuis des millénaires s'il y avait une réponse. très vive contre le système d'Epicure. BideZj JuUani Imperatoris Epistulae. 140-141). how he subjects himself in conséquence to misunderstanding. (3) Iiifra. p. et rien n'échappe plus à l'observation historique que ces convictions intimes que parfois on dérobe même à ses proches » (Réflexion de 1910 relevée par W. les Pères de l'Eglise. or ridicule. dans Alumni. Paris. Cette double constatation semble avoir incliné Franz réfutateur pénétrant du matérialisme (4) exerça sur l'élaboration de la théologie chrétienne une influence décisive qui devait se prolonger pendant des siècles. les solutions que donnait la nouvelle aux problêmes qui tourmentaient les adeptes des mystères et religion 'dans ^'or/tou[X£VYi. du courant de la pensée chrétienne.. en y comprenant les apports étrangers où elle s'était reconnue. Il paraît alors s'être rapproché. « Il est. scabreux de vouloir fixer en peu de mots l'infinie variété des dispositions indi(5) viduelles. or any deep or refined feeling. how impracticable it is ta convey to another any complicated. C'est ce qui apparaît dans le message qu'il avait soigneusement. XXIV — platonisme nonobstant les efforts de l'empereur Julien. de la bibliothèque qu'il venait d'offrir à /'Academia Belgica de Rome l'\auteur fautif et . un des puissants métaphysiciens dont l'œuvre marque un tournant dans la direction suivie par la pensée humaine » Et voilà. quelque sympathie que lui inspirât l'homme. Lameere. la réponse était en effet donnée par le christianisme tel qu'il s'était constitué sous l'impulsion de Jésus. modeste directeur d'études qui écrivait un grec ne se relisait pas. qui n'était point une âme basse ( i ) et c'était un fait que les auteurs chrétiens. et à faire accepter et au delà. 382. Parochîal sermons. 4. Aussi tous ceux qui ont été attirés par l'étude des Ennéades ontAls reconnu dans de ces notes de cours. p. en collaboration avec poematia. (2). J. 346. XVII (1947-1948). on le verra plus loin (pp. p. 1922. pour lui aussi. t. 291 Hoiv difficult it is ta define things.

mais une construction animée il souffre en moi. acte de foi. rien de ce qui doit être ne périra. 28 janvier 1906. une Puis(3) Ibid. exclusivement les communautés humaines ». rendant compte dans \& Journal des Savants. tance (2) Il se peut qu'il y ait ici réminiscence d'une page poignante de Loisy. ils ont conçu le développement de l'humanité comme soumis à la fatalité d'un déterminisme matérialiste. rien disparaîtra. dans lequel rien de ce qui fut n'a cessé d'être. un Esprit au-dessus de tous les esprits. Paris. et ce n'est pas un mur de pierre. qui s'affirme en se donnant ». septembre 1935) : « La science des religions.. t. lettre XIX. de Rostovstzeff. Il s'agit de savoir si les affaires du monde sont conduites par des forces aveugles. je crois que c'est lui. p. or acte d'amour. dans l'ordre éternel des mondes . : : : sance au-dessus de toutes les puissances. Peut-être Fr. dans la réponse que je me fais. renonçant à ce bien-être que recherche le commun des mortels. p. et méprisée des savants officiels qui n'y voyaient que spéculations sans méthode et sans consis». qui me parle ou qui parle en moi. probablement en mars. Cumont était-il déjà sur le chemin de réflexions de ce genre lorsque. je suis il est d'une certaine manière tout en moi comme une pierre de ce mur. de lui l'on peut dire tout le manifeste et rien ne l'absorbe. p. p. échappent par là même. nous ressemgrand mystère d'amour. si insensible en apparence. j'aurai la paix en lui ». il est par là même fondé en Dieu. de l'amour qui se donne. par ce que les Anciens nommaient le Fatum. Mais la véritable question dépasse la portée des études que l'historien consacre aux phénomènes de la société humaine. nulle activité vivante ne sera le définir perdue « en qui trouve sa justification le sacrifice de soi qui est requis des hommes.. le contentement suprême. A history of the ancient world. août-octobre 1928. d'un air réfléchi et grave. ou si elles sont dirigées par une Providence qui les mène vers un but qu'elle s'est assicar si une volonté divine préside à cette évolution (3). et peut-être ailleurs encore. il est essentiellement un acte d'amour dans un acte de foi . ». XXV — l'histoire des religions « était regardée imaginée pour combattre l'Eglise (i). eux et leurs sectateurs. On le blas- que que phème inconsciemment lorsqu'on ose ble » . (4) Quelque temps auparavant. p. dit-on. aux lois économiques qui régiraient. Car après tout. 334. : . 2S0 et : « de ce qui est ne « quelque chose qui. note 1 jeu des forces économiques . en plus grand. 227 la Providence conçue comme antérieure et extérieure au monde. p.— Le temps n'est pas éloigné. écrivait-il. susqui devait devenir un géant. tenu : . 242 . enfant encore débile. 1937. était alors en Belgique. aussi Mémoires. qui est le principe et la source de toute vie dans l'ordre sensible et dans l'ordre invisible. dans l'obscure et solide intuition du mystère éternel. Mais quelle dénégation leur opposent ces mouvements religieux suscités par des âmes intenses qu'illumine une flamme intérieure et qui. il écrivait. c'est-à-dire un Etre au-dessus de tous les êtres. de la vie. on verra nécesgné (2) sairement dans l'invasion en Occident des cultes orientaux une transition qui devait finalement assurer l'expansion de la foi nouvelle dans une large portion de l'humanité » (4O. dans le discours inaugural du Vie Congrès international de l'Histoire des Religions à Bruxelles (Le Flambeau. 468) : « Je suis comme vous devant ce grand mur éternel. il doit être vivant comme moi. II. mais uniquement de l'éternelle et mystérieuse action de Dieu dans l'univers vivant ». Quelques lettres. il est la vérité. p. 1908. 342: dont nous parlons est avant tout. « Dieu existe. Je l'interroge et. 47 (cf. il avait. Le sacrifice touchant le déclin du cluions monde antique « il est remarquable qu'un historien aussi attentif aux conet dans le diséconomiques attribue cette décadence surtout à des raisons morales » cours inaugural de 1935 cité « Certains ont voulu réduire l'histoire au supra. caelestis urbs Jérusalem je suis tout en lui . à la fois pecte aux croyants qui la soupçonnaient d'être un cheval de Troie inventé pour détruire leur foi. morale et transcendante. Et dans La Crise morale du temps « Du reste il ne s'agit plus maintenant de présent et l'éducation humaine. où avec méfiance comme une machine de guerre : (1) Cf.

Oswv èv — je pourrai jamais me remettre ou ne resterai pas un infirme. XX. etc. R. Rapport sur une mission à Rome dans C. à quatre-vingts ans. profondément remaniée. p. correcteurs. à un ami qui était venu le visiter pendant : sans doute en préparait-il l'expression pour le Message qu'il méditait.. Il songeait à tout cela. 447-479. dans Lux perpétua. 514. (2) La Théologie solaire du paganisme romain dans Mém. intensité presque surnaturelle que. l'unique préoccupation de ses dernières semaines. incertain pourtant de l'avenir : « Je ne sais si. des Inscr. de près ou de loin. (1) Cf. et qui lui a fait tourmenter sans merci. (3) //. à propos du vieil empereur Marc Aurèle. Car s'il ne pensait alors qu'à Lux perpétua. pp. des dieux. La mort ne lui a pas laissé le répit qu'il implorait. XII prêtres le triomphe de l'Eglise. ils ont fortifié dans paration du milieu moral en faisant de la purification intérieure l'objet l'homme le sentiment de sa dignité éminente principal de l'existence terrestre. où il aurait utilisé les résultats des dernières fouilles notamment celles de Rome et d'Ostie (i). — cette confidence est du 7 mai. 17. il avait. p. pouvaient l'aider à procurer l'édition de sa dernière œuvre. l'esprit aussi vif que jamais. Et plus précisément. Dans les premiers jours d'août il consentit enfin à se laisser transporter en Belgique pour y prendre du repos et refaire ses forces. ils ont affiné et exalté la vie psychique. et celui-ci a marqué l'achèveasiatiques prépara ainsi. mêmes sa convalescence — : ment de l'œuvre dont ils ont été les ouvriers inconscients ». directement ou indirectement. Son heure était venue.— C'est XXVI — qu'il dans ces sentiments qu'il acheva cette Lux perpétua voulait à tout prix qui parût avant sa. et préparer un recueil d'articles. de l'Acad. youvacri xecTat. toujours allant. auparavant. qui aurait compris entre autres La fin du monde selon les Mages occidentaux. à peu près dans les mêmes termes. imprimeur.1 . analogue aux Etudes syriennes. Les Anges du paganisme. mort. Homère (3). malgré eux. qui a été la seule passion des derniers m^is de sa vie. 386-420. il avait encore d'autres projets en tête. l'heure dont. comme disait Voluntas tua ». assurer la publication d'un essai sur le culte du Trône vide dont la rédaction remontait à IQ4. décrit les affres {p. des Inscr. . 118-iiç) : « Le prince vieillissant était les propos. et lui ont donné une : . mais ceci repose sur les les chrétiens ajoutent genoux : fiât Et de fait il ne lui était plus temps de faire des projets. Déjà « La prédication des dans la préface de juillet 1906 [^supra. présentés par divers savants à l'Acad. tous ceux qui. XII. note 1]. et une nouvelle version. éditeur. de la Théologie solaire (2). sur la pré« En affirmant l'essence divine de l'homme. 1909. le monde antique n'avait pas connue ». Il voulait donner une quatrième édition de ses Mystères de Mithra. 1946. toujours alerte. pp.

« comme si l'olive mûre en tombant bénissait la terre qui l'a portée Au déclin de ses jours et rendait grâces à l'arbre qui l'a produite » ( i ) . nous paraît dépendre toute la conception de la vie humaine 1 » Le problème. et s'entretenir dans un monde lumineux avec les sages d'autrefois. qu'à un être aussi infime.h-t\ (1) Marc Aurèle.L cp'jtravct oévSptu. xaî . se posait : « multiplication d'animalcules infinitésimaux. ouvrage de pure érudition. ni même par admettre.(âptv e'. encore que Cumont n'en dérober donc pour lui. hommes . Mais sa morale purement terrestre ne lui représente jamais la nécessité d'une rétribution posthume. la prolifération d'une poussière vivante. D'où vient que les successeurs de Zenon aient été aussi hésitants sur un point dont. . comme le serait sa disparition. nonobstant toutes ces circonstances nouvelles. comme Platon ou comme Sénèque. dans l'évolution totale du cosmos » . après seize siècles de christianisme en Gaule. dont le cours est réglé par la Raison divine. se préoccuperont-ils du grand mystère de l'au-delà ». £Ô(j>r)[Jtoû(Ta xtqv Message scientifiques est un subter- fuge que les ont imaginé pour assurer à leur action une continuité que ne permet pas d'atteindre pour l'individu la loi inéluctable qui limite étroitement sa vie. et son apparition sur notre planète un incident futile.-^^)i. à faire accepter le trépas sans révolte et sans faiblesse. . encore : EutTrcEv.. 8) qu'aujourd'hui « pour nous notre terre n'est plus dans l'immensité qu'un grain de sable emporté dans un tourbillon » . •^z. Pensées. Et il ne pensait pas qu'on pût s'y Sans doute tant qu'il y aura des hommes. av s! ÈÀata Tcé-sipo. Il invoque si souvent les raisons qui doivent nous empêcher d'en éprouver quelque effroi. que la vie ne se soit manifestée nulle part sous une forme plus parfaite et plus durable. l'espoir qu'il puisse retrouver dans l'au-delà ceux qui ont vécu pieusement. ....Suïa t. note-t-il. nous est imposée par la ndture. En nous y conformant nous atteindrons le terme de nos jours favorablement disposés. éphémère ». il n'en pensait pas moins que. tb. que par là même il trahit l'appréhension secrète que l'approche de sa fin inspire à son âme sensible : cette nécessité. que « le pullulement de notre espèce est la parlât jamais.. 48. sans une étrange présomption. et il serait impie de ne pas s'y soumettre docilement. 4. il a beau ajouter : « Et le don sublime de l'intelligence un privilège unique. Et il a beau se dire {p. ainsi commence l'introduction à IvUx perpétua. in fine : « car la fondation d'instituts (2) Cf. . 4 evEYXOùffav. dans des conditions moins instables que celles où notre organisme lutte pour une existence éphémère » (2) nous ne pouvons plus croire sans déraison que n'ait été départi.— xxvii — obsédé par la pensée de la mort. de récompenses et de le vieillard multiplie ainsi les considérations propres châtiments d' outre-tombe Il n'exprime nulle part.

quelle que soit la constitution que la science prête au cosmos. il va sans dire. i) : « Peut-être aussi en aucun temps ne s'est imposée davantage. suivant la tradition créée en Gaule par seize siècles de christianisme (2) fiât Voluntas tua (3). Cela aussi. seul point fixe entouré par les cercles mouvants des deux. « Der227 vermine de la : ne pouvons directement percevoir. (p. mais ce qui dit moi et se donne à soi-même un nom qui ne- Les Jtouvelles nité à s'applique ni dans le passé. même aux tudes innombrables. . ni dans le présent. l'espérance ou la foi que ces mâUtiforce morale et de passion généreuse. (2) Supra. nous a laissés en présence d'un mystère que ne soupçonnaient point les mystères vieux. l'étemel âmes et ^ païens » ( i ) . . et le progrès de la science. que l'esprit qui les poussait au sacrifice d'eux-mêmes ne s'est pas dissipé avec les cellules incroyants.. comme aurait dit Nicolas Berdiaëff. « Lorsque la terre cessa d'être le centre de l'univers. autant et plus que l'éventuel rétablissement de s\a santé. Telle est la question qui demeurait posée devant Franz Cumont. itiais qui est le principe vivant. p. irrequietum est cor nostrum. Loisy. perspectives de la science n'ont donc rien changé pour l'homme. l'homme objectivé. continuerait toujours ^assiéger nos inquiètes. était sur les genoux des dieux. pleines de entrées dans l'éternité. Et maintenant il allait enfin connaître cette Volonté devant laquelle il venait : de s'incliner. rière cette immensité et cette éternité de l'univers visible. il reste. (1) C£. La crise morale du temps -présent et l'Education humaine. à dire. que l'ardeur qui les animait ne s'est point éteinte avec la chaleur de leurs membres. la place de notre espèce {p. qui sonA de leur corps ». en discréditant la solution erronée que nous avait léguée l'antiquité. mais le sujet. j'entends. il y a ce que nous. dans l'immensité insondable. 12) . rien ne peut changer. XXVII. ni dans l'éteraucun autre. p. p. n'ont point péri tout entières. et dans le cosmos. non pas l'espèce humaine objet d'observation. et de cela aussi sans doute il en était venu. que nous pressentons seulement. (3) Supra. Pour celui-là rien n'est changé. parmi une infinité 'd^autres l'idée naïve que les anciens avaient conçue du voyage des âmes dam un monde étroitement borné devint inacceptable. Il y a. quoi qu'on puisse dire. ni dans l'avenir.. mais la personne. terre. pour devenir une pauvre planète tournant autour d'un axe qui lui-même se meut. le mystère ».— le XXVIII — problème continuait. XXVJ. la vérité intime et profonde de tout.

ne dit rien davantage. sinon — par leurs définitions abstraites. (2) Il aimait le jardin fleuri de cette demeure. Silverio. paîri daeza.p. . sans se rappeler trépas Comment songer à lui aussitôt le Requiem de Fauré? Mais encore qu'en sait-on ? Païen — Œuvre et chrétien Peut-être. où s'étant expliqué sur les influences qui ont contribué à former le corps du christianisme. Mais pour énergique et son corps exténué se . Jean de la Croix. bon chrétien. s'éteint une lampe à l'instant oîi le jour va poindre. après avoir. païenne. IV . de mourir et d'être transporté dans le jardin ». le Paradis ? {supra. 43. éd. C'est ainsi qu'il révint au giron maternel. Il atten- dait beaucoup de son. pp. Obras. XXVII. a-t-on dit. fohne VÏIl. C'est du moins ce qui paraît ressortir de ce Message de mai îç^y à l'Académie belge de Rome. devenue chrétienne répandit en Europe là religion qui est nôtre ». à ses dernières années. elle n'était plus la maîtresse refusait à servir. ne sont plus des mots qui. sait . Car dans la réalité il apparaît aujourd'hui. Alors se fermèrent pour toujours ces yeux bleus au clair regard que nous avions tant aimés. 324. t. Et peu de jours après. transmis au monde Il latin la civilisation hellénique. p. sémble^t-il. il en vient à parler de « cette Ville Eternelle qui. lion comme autrefois l'enfant prodigue avec larmes et sanglots. l'air vivifiant de la forêt de Soignes. païenne. à plusieurs reprises durant ses derniers jours. Ainsi mourut Franz Cumont. se confiant ainsi. s'affrontent aussi résolument qu'autrefois. et dans ses dernières heures « presque dans la même phrase. à son paisible dans la douce atmosphère de la Villa des Fleurs (2). infra.si dans la confusion de ses ultimes pensées. son ami Mgr Vaês tant lui donner V extrême-onction. comme s'il n'avait pas eu de conscience de l'avoir jamais délaissé.— // partie le iî'ïmitatioji HtÙL — 4 août pour Wolu-we Sûint^-Piôrret emportant dans sa valise Jésus-Ghi'ist. Et ce fut moins « comme si l'olive mûre rendait grâces à l'arbre qui l'a produite » que comme que fût âme douce. Ttiais de l'air le plus paisible dû monde. ce n'était pas précisément la mort qui évoquait en lui l'idée du jardin prorais. 302). il demanda qu'à sa dernière heure. sans se plus tourmenter de terreurs ni s'embarrasser de scrupules. il Qui parlait. désormais. sinon. d'une part et Cumont l'avait entrevu — que — les religions païennes ont connu les aspirations auxquelles devait répon- (1) S. à cette Volonté qu'il sentait bonne : qu'il était Aquella eterna fonte esta ascondida Que bietx se yo do tiene su manida Aunque es de noche (i) Il n'avait pourtant : pas encore perdu tout espoir de rétablissement.

d'autre part que le christianisme à toutes les époques. inscrit cette grave et tendre dédicace : cri « AMICAE SAPIENTISSIMAE TEMPORVM INIQVORVM SOLATIVM QVAESIVIT Les mystérieuses portes de l'au-delà^ au sortir des ombres troubles de ce monde et des temps iniques où il a vécu. XX. devant de cruelles négations. arraché du milieu de la foule au père douloureux de l'enfant lunatique : /e crois. devant lui se sont ouvertes. et XXIV. au second Kyrie . si désespéré soit-il. p. pensons-nous. à la première reprise du Pie Jesu. à l'heure où. Dîie exattdi . XIV : que nous nous posons en adversaires de la tradition. si respectueusement sceptique. les croyances semblent vaciller et tendre. quels qu'aient été sentiments de Fauré. En sorte que. l'on ne peut pas renoncer. Puisse. et n'ont jamais fini. les — un cri (3) si péjiétré de l'attente. dans le balancement de sa mélodie laticinante. de l'impossibilité de prier naît la prière . son Requiem est. et ainsi. au seuil du Symbolisme funéraire des Romains. « Maisj même lors(2) Cf. Seigneur : subviens à mon défaut de foi 1 » (4). par trois fois. où. Eestugière qui a été pour Fr. Cumont disciple de prédilection. trouver ce qui fut l'objet de ses dernières recherches dans l'ordre historique. renaissent de leurs cendres. comme l'aboutissement d'une longue évolution des croyances ». Luce perpétua sempiternam Requiem.— dre la religion chrétienne. s'il est vrai que rien n'évoque davantage le vieilles — se dissiper co77ime songes. ou plutôt du regret de n'oser plus 'attendre quelque chose que n'avait pas rêvé le paganism)e et à quoi l'on ne veut pas. nous ne pouvons rompre avec le passé un mesure qu'on étudiera de qui nous a formés. comme un jet de flamme. en outre les travaux d'A. son âme douce et généreuse. plus près l'histoire religieuse de l'Empire. QVAE MECVM HIS STVDIIS Le temps de Afterlife. l'angoisse. dans la préface de juillet 1906 \supra. à il se rattache en fin de compte aux plus jeunes ferveurs des premières origines. note 1]. aujourd'hui surtout. supra. l'introït. l'ordre spirituel. (3) A A (4) Me. a plus ou moins subi V influence du milieu ambiant (2). XXX — et qu'elles en ont parfois pressenti la réponse (i) . in (1) Cf. pas même . leur carrière. et aussi de ses dernières préoccupations dans l'épreuve est passé pour lui. . le désespoir y espère . et par conséquent des religions païennes qui. J. comme le phénix. 92*. p. Franz Cumont avait en IQ42. le triomphe de l'Eglise apparaîtra davantage. que. ni nous dégager du présent dont nous vivons. fait éclater aujourd'hui. p.

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.

même aux incroyants. manifestent leur présence par les bienfaits qu'ils répandent i. que l'esprit qui les poussait au sacrifice de leur corps. . ne s'est imposée davantage. qui tremde leurs proches elle est restée la pensée constante de ceux que poursuit le regret d'un être aimé. Plut.INTRODUCTION y aura des hommes et que la médecine ne pourra leur renouvellement d'une vigueur juvénile. plus nombreux encore. Pericl. la d'eux-mêmes ne s'est pas dissipé avec les cellules Les anciens ont déjà connu ces sentiments et donné à cette même conviction forme que leur suggérait leur religion. dans l'antiquité. elle hantait l'esprit de ceux. Peut-être aussi. de l'immortalité. et. qui les soni" animait ne entrées dans l'éternité. Mais jamais peut-être l'idée de la mort ne fut aussi présente à l'humanité que durant les années que nous avons vécues. en aucun temps. tant qu'il assurer le fut la compagne quotidienne de millions de combattants engagés dans une lutte meurtrière. les idées I. ceux qui avaient péri en défendant que l'on conçut. se préoccuperont-ils perpétuel du grand mystère de l'au-delà. 9. Périclès dans son éloge funèbre des guerriers tombés au siège de Samos. Elle Sans doute. n'ont point péri tout entières. à mesure qu'on leur cité. que l'ardeur qui s'est point éteinte avec la chaleur de leurs membres. sont souvent à la fois éloignées et très proches des nôtres.. Ainsi. pleines de force morale et de passion généreuse blaient pour la vie . Elles deviennent de plus en plus semblables aux conceptions qui nous sont familières.. la foi des Hellènes a souvent adoré comme des héros. Aussi bien. affirmait que ceux^qui meurent pour leur patrie deviennent immortels comme les dieux. comme eux invisibles. VIII. l'espérance ou la foi que ces multitudes innombrables.

: également autorisées par une tradition respectable. passer au moins la majorité des esprits de la foi à l'incrédulité. mais surtout il est scabreux de vouloir définir en peu de mots l'infinie variété des dispositions individuelles et rien n'est plus soustrait à l'observation historique que ces convictions intimes que parfois on dérobe même à ses proches. l'on n'attendra pas de moi que je le précise. Aux temps où reprend son empire. en contours. Puis. au crépuscule du paganisme. cultivé? d'abord dans suprême d'une longue évolution religieuse. cette âme périssait au moment du décès. nécessairement approxigrands cette vaste matifs. Je pourrai seulement indiquer ici les grands courants spirituels qui successivement ont introduit à Rome des idées nouvelles sur l'au-delà et esquisser l'évolution qu'ont subi âmep. capable d'intéresser seulement les érudits et àans rapport aucun avec nos préoccupations actuelles. Il est toujours imprudent.2 LUX PERPETUA le cours du temps et celles qui étaient généralement admises à la fin sont analogues aux doctrines eschatologiques qui devaient être acceptées durant tout le moyen âge. Tel fut l'aboutissement lectuelle qui fit. Le nombre d'entre eux qui. J'ose donc me flatter de n'avoir pas choisi un sujet qui soit très loin de descend du paganisme. Nous pourrons du moins distinguer les phases principales d'une évolution intelles doctrines sur le sort et le séjour des le monde romain. De les quelques chapitres. des esprits rationalistes ou sceptiques résistent foi. Combien chacune de ces doctrines comptait-elle de partisans aux diverses périodes. L'antiquité ne nous a pas laissé de statistiques cultuelles. celui des sceptiques inclinant à admettre que. un dogme n'exclut pas nécessairement un dogme opposé l'autre persistent parfois dans le même individu comme des possibilités diverses. esquisser que : matière. restaient fermement convaincus d'une survie consciente de l'âme. que l'on peut suivre pendant les . L'on apportera donc à mes affirmations trop absolues les réserves qu'elles comportent. nous. Les épitaphes conservées nous fournissent à à la contagion de la cet égard des indications trop clairsemées et trop discordantes. était aussi restreint que le devint. de hasarder des généralisations morales elles se trouvent toujours fausses par quelque endroit. en entretenant mes lecteurs des croyances sur la vie future au temps des Romains. Il est particulièrement difficile de constater jusqu'à quel point les idées adoptées par les cercles intellectuels réussirent à pénéti-er les masses profondes du peuple. au temps de Cicéron. et plus tard de l'incroyance à une foi nouvelle. Aux époques de scepticisme des âmes pieuses s'attardent aux vieilles croyances et une foule la religion traditionaliste reste fidèle à ses dévotions ancestrales. je ne pourrai. dans le l'un et paganisme. j'en ai conscience.

§s. Notre pas- comme une préparation à une immortalité bienheureuse. à obtenir le souverain bien sur cette terre. jamais de 2. mais après la mort. mais le dépositaire sacré d'un principe indestructible de vie supérieure et cette valeur spirituelle conférera à la personne humaine. qu'en la réglant par la vue de ce point. une dignité éminente. Mais l'homme sur aurait gouverné l'ensemble du cosmos et devait le diriger à ils n'ont eu aucune notion. De divin. comme une épreuve souffrance infinies. Les Grecs ont agité la ont question de savoir si ce monde était éternel ou non^ et certains cru sa vie formée de longues. : 1. 125. de tout temps. Mais les spéculations des anciens sur le sort des âmes étaient étroitement unies à une conception déterminée du monde. l'on tentait d'établir un parallèle entre le temps présent et l'antiquité. III. pour qu'elle puisse réaliser ses fins. 194 (t. ont imaginé un enchaînement perpétuel des causes qui. Prisées. de « grandes années » se reproIls duisant à l'infini. comme l'ancienne philosophie grecque. a dit Pascal. . pour assurer la prospérité de la famille. si Toutes nos actions et nos pensées. On agira moins en vue de réalités tangibles. périodes. 2. L'individu ne sera plus désormais un instrument mis au service de la communauté. de l'ancienneté la terre .INTRODUCTION 3 quatre ou cinq siècles qui s'étendent depuis la fin de la République jusqu'au déclin de l'Empire. qui doit être notre dernier objet » i.. mais plutôt pour atteindre des espérances idéales dans un sage ici-bas sera conçu- monde surnaturel. « transitoire. Brunschvigg). l'on s'apercevrait bientôt qu'il se posait autrefois dans de tout autres conditions que de nos jours. 103. p. Définition de l'slfjiapjAévT) Cicéron. Toutefois. Il. même dans la condition la plus humble. si étudiant le problème capital de l'immortalité individuelle. de l'Etat. même approximative. C'est à peine s'ils accordaient quelques millénaires d'existence à notre espèce et les temps 1. qui doit avoir pour résultat mie félicité ou une La table des valeurs éthiques en fut bouleversée. Nous ne faisons pas allusion à ces théories sur la constitution de la matière qui font voir sous un aspect nouveau l'union de l'esprit et du corps. qu'il est impossible de faire xme démarche avec sens et jugement. doivent prendre des routes différentes selon qu'il y a des biens éternels à espérer ou non. leur imagination n'a jamais songé à des millions d'années écoulées depuis l'apparition de la vie sur notre planète. La morale ne cherchera plus. que nous ne partageons plus. Et ce fut là un changement capital qui transforma toute la conception antique des obligations sociales et du but de notre existence. de la cité.

Le système du monde. définissant la condition posthume de l'âme.oô /. car leur eschatologie celle-ci et en a épousé les contours. aucune. Sent. . Il est composé de quatre éléments. est tombé vers son centre et s'y est aggloméré en une sphère compacte. I t. Die meteorologischen 'Cheorien des Griechischen Alter(1913) et II (1914). Après la mort. regardé celle-ci comme purement elle est un souffle diaphane analogue au vent. d. f. Plotin. Klass. 2. on ne peut dire d'elle. n'a apporté dans ses croyances traditionnelles une perturbation plus profonde. et sans doute eût-elle provoqué. Voyons donc comment est constitué cet univers^.''na:-fo~i Cf. y Porphyre. une ombre impalspirituelle : pable mais visible aux yeux ou un mélange d'air et de feu.4 étaient LUX PERPETUA pour eux tout proches où les dieux se mêlaient encore à la société des mortels. Alterium. 1905. Leipzig. Gilbert.%: %'j. ni même la philosophie des anciens avant Plotin. pas de la gravitation universelle. Cf. P. les conception de la structure de l'univers. Si l'idée que se firent les anciens de notre condition humaine s'est trouvée faussée par l'insuffisance de cette évaluation chronologique. 9. comme de l'âme universelle. ont détruit les illusions que les « terriens » se faisaient de la grandeur de leur destinée.niciens. . s'est répandue sur sa surface. Histoire des théories cosmologiques. L'eau 1. Même les Plato. enseignent qu'elle revêt une forme. elle dans une région déterminée de l'univers. 1907. en vertu de sa densité même.OàSatj. à l'aurdre des temps découvertes de Copernic et de Galilée en transformant notre ont élargi l'horizon intellectuel de l'humanité. ad intell. 3. III. Elle ne reste donc pas un pur esprit qui échappe à la limitation de l'espace . Duhem. 31 •. conçues en' Ni la religion. a détruit les postulats sur lesquels reposaient toutes les localisations jusque là pour l'existence d'outre-tombe. Ce moment marque la rupture définitive avec un passé plus que millénaire et l'interversion de la relation du soleil et de la terre. elle l'a été plus encore s'est modelée sur modernes. dès qu'elle descend des hauteurs célestes pour pénétrer dans notre venir et croient qu'elle s'entoure d'enveloppes éthérées ou aériennes avant de s'enfermer dans un corps.. Or. Elle voyage dans le monde monde. sensible et en habite successivement les diverses parties. VIII). qu'elle n'est nulle part et est partout i. une grande crise morale. la terre. qui y reste se transporte suspendue en équilibre sans se mouvoir. n'ont. dès le XVF siècle. qui proclament immatérielle cette essence. Die Schrift von der Welt {Neue Jahrb. — — tums. dont le plus lourd. De toutes les conquêtes scientifiques qui même la théorie par la limitation exigiie de leur cosmologie. si l'on en avait aperçu aussitôt toutes les conséquences. Capelle..

couche mobile. le continent habité par l'homme. a une tendance naturelle à s'élever. réglant les révolutions des cieux. Scip. ch. puis celle du soleil. il se purifie à mesure qu'en ses hauteurs il y échappe davantage . d'un cristal transparent. : Summus et continens ceteros ipse dcu? arcçns ». le moteur qui donnait le branle à tous les rouages de la mécanique céleste et elle méritait d'être adorée comme il le dieu suprême^ : cette sphère marquait la limite du monde. au changement et à là mort.. Les deux autres éléments. infra. qui en formait le milieu. Au-dessus de la lune. Cf. la brillante étoile du matin et du soir. creusée d'une cavité immense où les dieux infernaux régnaient sur le peuple des ombres. qui n'est soumis ni au devenir ni à la corruption. c'est-à-dire au milieu des sept cercles superposés. quand la lumière des astres ne l'éclairé pas. Celui-ci prenait ainsi place au quatrième rang. la nature. ni. et son feu subtil. ^. . La terre. il est sombre. supposaient cet empyrée peuplé de puissances transcendantes et purement intelligibles. qui ceinCicéron. sujet à la naissance. qu'épaisissent les brouillards humides et où s'amassent les nuées. fidèles à Platon. Au-delà le vide. il dirigeait la : commandait à toute course compliquée des « astres errants » et. était pour certains penseurs. La sphère de la lune est la limite entre le moïide des dieux et de l'éternité. où il confine à l'éther.INTRODUCTION 5 a donné naissance aux rivières. d'abord celles de qui imprimaient aux planètes leurs mouvements sinueux Mercure et de Vénus. et il s'étend jusqu'à la zone de la lune. s'étageaient six autres sphères. ardent et léger. était. Au-delà de l'Océan. l'éther ou le Mais n'y avait plus rien pour les physiciens que les théologiens plaçaient dans cet Olympe astrono- mique séjour des Immortels. selon des mythes fort anciens. qui se déversent dans les mers ou dans l'Océan. Au-dessus de ce « cœur du monde » se mou- vaient Mars. ou bien. Somn. brille dans l'éclat des astres. d'où selon une opinion fort accréditée. ont pris place au-dessus des premiers. Ce quatrième élément. qui L'air enveloppe le globe terrestre d'une par les vents : occupe la partie supérieure du cosmos. Troublé au voisinage de la terre par les exhalaisons des eaux. continuellement agitée par sa nature. Ou bien ce principe liquide s'élève en vapeurs dans la zone inférieure de l'atmosphère. et notre monde terrestre. 4 « I. Jupiter et Saturne. lequel entoure cette île qu'est Voikoumenè. moins pesants. la sphère des étoiles fixes. Enfin embrassant les sept autres dans son orbe immense. C'est dans cet univers ainsi constitué que vont se répartir les demeures des âmes ayant quitté leur enveloppe chamelle.

I. la mort. croyait-on. et les sphères célestes. sans se Cf. les Grecs crurent toujours. Festugière. m. l'air qui entoure la terre. 2. Ou bien. mais ont créé un monde à la mesure de l'homme. D'autre part. . est conçu comme un vase clos. on le voit. purifiée de tout alliage. Ils n'ont pas plus connu l'infiniment grand que les infiniments petits. 1946. et. transformées en démons bienfaisants ou nuisibles. dont elle était issue. . plus bas. Les thèmes du Songe de Scipion (dans Eranos. la raison de l'homme. Ainsi. L'astronomie moderne a fait rentrer la terre dans l'économie générale du cosmos et l'a regardée comme une cellule de ce grand corps. On plaçait parfois l'Hadès. acquéraient successivement leurs qualités et leurs passions eri traversant les sphères étagées des planètes. Cf. Les plus vertueuses s'élevaient jusqu'à la lune. infra ch. domaine de dans l'hémis- phère austral. soumise aux mêmes lois que la multitude infinie de ses pareilles dans un Tout ramené de la dualité à l'unité. p. « feu intelligent ». 3. où s'emboitent celles des sept planètes. dans leur ascension suprême où. ch. iv. à sept reprises. sous les zones de l'air et des vapeurs en perpétuel mouvement. était rempli d'âmes désincarnées. le firmament trèsi rapproché de nous. selon certains théologiens. elles devaient jouir d'une félicité sans fin en compagnie des dieux "^ Tout ceci. et inversement s'en dépouillaient. les îles turait Fortunées accueillaient. le grand Tout. Cf. Le contraste. 11 3. champ-clos où luttent les éléments.é LUX PERPETUA Voîkoumenè. les héros bienheureux. les âmes descendant ici-bas pour s'emprisonner dans la chair. Suivant une autre doctrine. Cléomède. 1. divisait la création en deux parties. qui se meuvent régulièrement autour de lui dans l'éther lumineux. entre le monde sublunaire. régies par des principes opposés. qu'habitent la société des vivants et les âmes innombrables des générations passées. essences sublimes. XLIV). si on le compare à celui qu'observent nos lunettes Bien que depuis Posidonius la géantes. retournait au soleil. 372 ss. aux confins de la demeure des dieux. infra. L'univers antique. selon la nature propre à chacune de celles-ci. dont la paroi extérieure est la sphère des étoiles fixes. le globe terrestre immobile est le point stable autour duquel tourne toute la machine céleste. notre terre comparée à l'ensemble du monde soit un lieu la petitesse de commun de philosophie 3. paraît minuscule. fortement marqué par la physique des anciens. est étroitement lié vers le ciel au système cosmique enseigné par les astronomes de l'antiquité. alors inaccessible i. de fait.

Ce n'est pas de la crainte ou de l'oppression que le spectacle du cosmos provoquait chez les Grecs et leurs disciples romains mais de l'admiration. Vhe mystericus universe. .INTRODUCTION 7 douter que la réalité des choses est. Celles-ci n'éveillaient pas chez eux la pensée troublante d'une étendue prolongée à perte de vue au-delà des plus lointaines nébuleuses que nos instruments puissent atteindre. pouvait les parcourir sans effort en un instant d'une extrémité à l'autre. Grousset. Le télescope n'avait pas encore peuplé des gouffres que l'œil croyait désertiques d'un fourmillement de mondes succédant aux mondes. Sir James Jeans. Pensées. p. dont Herschel. p. commença de sonder profondeurs 1. S'ils ont un instant eu l'intuition du système solaire. ni même entrevue les mys- du ciel stellaire. III. Le millier d'étoiles du catalogue d'Hipparque ne devint jamais pour eux des milliards et ils ne calculaient pas grâce tères les au spectroscope leur position en myriades d'années-lumière . II. 127. ils n'ont pas pénétré. En plongeant leurs regards dans l'espace sans bornes. les anciens n'étaient pas saisis du vertige des abîmes. p. de nos ambitions. cri d'angoisse dont la résonnance n'a cessé de se prolonger indéfiniment ^ . l'indifférence oti même l'hostilité apparentes de la nature à l'égard de nos sentiments. Brunschvigg). 1930. R. trompés par leur magnitude apparente. 2. que leur mesure dépasse la portée de notre imagination et que les chiffres même qui l'expriment ne représentent plus rien de concevable à notre esprit. I>al sistema solare alV universo sidérale Cf. dJoublement incommensurable. Lombardo). au XYIIP siècle. L'énormité des constellations n'était pas suivant leur estimation aussi écrasante et leurs que selon notre science distances leur suggérait moins qu'à nous l'idée d'un éloignement tel. 20 ss. par son immensité comme par son exiguïté. la durée prodigieuse des phénomènes cosmiques.Récemment encore Jeans s'est ému de l'impression « terrifiante » que nous font tout d'abord éprouver l'immensité de l'univers et ses solitudes glacées. ils Le n'avaient aucune idée de leur grandeur ni de leur ciel pour leur astronomie. 206 (t. 1930. Bilan de l'histoire (1946). (Rendic. et l'agilité de a raison. Ist. comme V oikoum^enè pour leur géographie. luminosité véritables. méditant sur la disproportion de l'homme avec la nature incommensurable et muette « Le silence étemel de ces espaces infinis m'effraie ». Ils ne se sont jamais écriés comme Pascal. comme ils disaient. étaient des termes dont l'ampleur restait infiniment au-dessous de la réalité. 3. ni écrasés par le sentiment de leur petitesse. 302 ss. par rapport à lui. Ils ne : 1. Cf. Blanchi. de notre idéal de perfection avec ses valeurs spirituelles*.

le pullulement de notre espèce est la multiplication d'animalcules infinitésimaux.8 LUX PERPETUA de célébrer magnificence de la nature. E. la mort venue. les lois infaillibles qui constant des saisons. col. Capelle. s. 130 s. V. mais 2. prodigue de ses gouvernent le cours des astres et le retour cet ordre. Jâger. Ainsi. 1973. Mais aussi musicale les Cette harmonie n'était pas seulement suivant eux^ mécanique. que de ce concert enivrant les instruments qui les rappelaient ici-bas. Pour nous. ^11. Aristoteles. n'est qu'une prélibation des joies qui. in. La rotation des sphères produisait des accords si suaves. son orgueil lui ait parfois persuadé qu'il était le seul être intelligent de l'univers et que. Cicér.. pour prouver l'existence d'un la se lassaient pas richesses. De Divin. lorsqu'elle ira vivre au mi!lieu des constellations et prenant part à leurs évolutions harmonieuses. Arnim. cf. p. il se proclamé fièrement athée (àOsoç). éveillaient dans l'âme la nostalgie et suscitaient en elle des transports qui relevaient vers cieux. 68. 3. la prolifération soit 1. : 3^. leur observateur fervent pensait se transporter au milieu du chœur sacré des étoiles et participer à leur existence éternelle. 3. il pouvait se croire le centre d'un C'était lui monde créé à son intention et subordonné à ses fins *. 138. . 24. ils ils le s'émerveillaient surtout de la splendeur des cieux illuminés pour une fête éternelle et de l'harmonie inaltérable de leurs révolutions. Créateur comme 1. que croissaient les plantes. notre terre n'est plus dans l'immensité qu'un grain de sable emporté dans un tourbillon. VII. cit. tout semblait exister pour le service et pour la délectation de l'homme en cette vie. qui permettait au calcul d'en prédire les mouvements coordonnés durant les siècles futurs. seront réservées à la raison affranchie des liens de la matière. en comprendra les causes divines et sera en même temps ravie par le concert sublime produit par leurs mouvements perpétuels.. comme cette beauté. Saisi d'une extase mystique. Telle était la béatitude qu'une religion astrale réservait à ses élus. étaient déjà invoqués furent souvent depuis.95 . pocentrique Diogène Laërce. 2. pour lui que tournaient les cieux et que le soleil échauffait et illuminait l'atmosphère. — Polémique v. Cf. R. pour sa récompense après sa mort. que naissaient les animaux. qu'accompagnait un désir intense de s'élancer vers ces dieux lumineux. infra. ch. 1923. Mais cette double exaltation. détrônant les Olympiens. et par eux. of. passagère ici-bas. « de Carnéade contre la téléologie anthroKarneades ». De même la contemplation des astres étincelants provoquait une émotion profonde. Roi de cette terre. Il n'est pas surprenant qu'égaré par l'enivrement d'une telle puissance.. et que pour la nature multipliait ses dons. p.

Leurs vertus éminentes égalaient les héros aux Immortels et. Et nous ne pouvons plus croire sans déraison que le don sublime de l'intelligence n'ait été départi par un privilège unique qu'à un être aussi infime. La brièveté de sa vie infligeait un démenti brutal à ses prétentions démesurées. « Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre que vous n'en rêvez dans dit Hamlet à Horatio et la vérité de cette parole est à mesure que la recherche scientifique pénétrait plus avant apparue davantage dans l'étude de la nature. Les connaissances restreintes des anciens leur per- votre philosophie ». La loi inexorable.une nuit Ou le genre humain possédait-il dès moyens de se soustraire 1. I. L'anthropomorphisme rendait l'homme tout proche des éternelle dieux. limité par des orbes animés de mouvements circuoù tous les phénomènes sublunaires étaient dûs au mélanges des quatre éléments et commandés par les principes du chaud et du froid. . Dans ce monde sphérique. sem- Quand » qu'une importance plus grande était attribuée à son s'éteignait sa brève lumière lui fallait-il dormir. .:. que celles où notre organisme lutte pour une existence éphémère. mettaient encore de se figurer que leur philosophie savait tout l'essentiel de ce qui se passait au ciel et sur la terre. du sec et de laires. ils participaient désormais. la raison l'humide. ni même admettre sans une étrange présomption que la vie ne se soit manifestée nulle part sous une forme plus parfaite et plus durable dans des conditions moins instables.INTRODUCTION 9 d'une poussière vivante et son apparition sur notre planète un incident futile. Jamais ne s'est crue aussi proche d'avoir deviné tous les secrets de la nature et atteint la compréhension de l'essence même des choses dans ce vaste domaine dont l'homme était à la fois l'observateur et l'usufruitier. Catulle. les Grecs avaient cru que des êtres exceptionnels échappaient à la règle commune. Ils se flattaient de comprendra le système du monde et d'avoir découvert les rouages de la mécanique céleste. dans l'évolution totale du cosmos. Cf. attribuait Toutefois cette créature privilégiée à qui l'anthropocentrisme de l'antiquité une dignité si éminente dans l'univers. qui limitait étroitement le blait d'autant plus cruelle activité. transportés parmi les Olympiens ou au milieu des astres divins. était soumise après un court passage sur la terre à la nécessité inéluctable de la mort. 5. « ? nombre de ses jours et la durée de sa pensée. . à la nécessité qui pesait sur lui ? De tout temps. rien ne paraissait plus enveloppé d'un mystère impénétrable. de leur éternité. coinme le serait sa disparition.

conduisirent les anciens à ' modifier sans cesse leur doctrine de l'immortalité pour essayer de l'adapter à la science. paraissait bien pâle à côté de la félicité radieuse dont ses adversaires faisaient luire l'espérance. ombres insaisissables 1. L'iépicurisme. pour lequel le genre humain était une création aveugle du tourbillon des atomes. Toutes les raisons qui. Bergson. et à remplacer par des formel nouvelles de survie celles qui semblaient inacceptables et désuètes. toujours illusoire.it incompréhensible pour chacun sa propre : existence . en représentant la mort comme la fin de nos misères. Cf. 2. Cependant les réflexions qui s'opposent à une telle solution du problème de notre destinée. Mais un fond d'idées tradi: une rétribution posthume dans Enfers un jugement concédait aux justes les joies très matérielles des Champs-Elysées. Au moment lui. C'est elle. Cf. ii. . le bonheur purement négatif qu'il promettait. de leur époque. ch. Cet Hadès était encombré de légendes si absurdes. à travers les siècles. 62 s.lo LUX PERPETUA La foule vulgaire n'était point aussi favorisée. qu'elles étaient une victime désignée pour la critique philosophique. à la négation tionnelles maintenait pour elle la croyance à les radicale d'Épicure. ii. « du décès l'âme. En outre. 3. hommes d'épouvantails se dissolvait ^. La conviction s'impose que le phénomène inexplicable de la conscience dépasse les limitations de notre existence terrestre '\ et le sentiment exige qu'une justice posthume répare les iniquités de notre monde. Cf. répandit à Rome le scepticisme et fit même nier toute survie était aboli individuelle. plus que tout autre. ont alimenté la foi en une existence d'outre-tombe. infra. qui depuis l'époque de Cicéron. infra. renda. p. nous le verrons ^. ont déjà préoccupé les esprits dans l'antiquité l'instinct primordial de la conservation veut prolonger notre vie au-delà du terme fixé par la nature et c'est mutiler l'homme que de prétendre l'anéantir en lui K L'amour que nous portons à des êtres chéris se résigne difficilement à une séparation définitive. ch. qui se flattait d'avoir délivré 'les dont la terreur empoisonnait leurs jours. L'énergie spirituelle. Fantômes exténués végétant dans la nuit du tombeau. selon comme un brouillard ou une fumée » et tout sentiment Cette doctrine conquit beaucoup d'esprits dans les cercles instruits et pénétra même avec la force des idées simples et absolues dans les couches profondes de la population. et punissait les coupables des supplices du Tartare. il n'apaisait pas l'inquiétude qu'éveillait la persuation d'être livré à une fatalité sans intelligence et sans pitié. fin. Celle-ci aboutit.

qui ne connaît point d'orthodoxie théologique. plus rien ne se conserve avec plus de persistance à travers les générations que les usages funéraires. p. En accomplissant scrupuleusement les cérémonies ataviques auxquelles ont droit les trépassés. C'est xm ensemble smgulièrement complexe de croyances et l'évolution d'un concept. 2. même quand des conceptions plus avancées se sont fait jour. toutes ces conceptions. Elles peuvent coexister longtemps comme des possibilités entre lesquelles l'intelli- Mais dans le gence a le choix. L'expression de doctrines hétérogènes. une nouvelle croyance n'élimine pas nécessairement une croyance antérieure. âmes plongées dans l'abîme invisible. Comparables à ces organes atrophiés qui subsistent dans les corps évolués sans y remplir aucune fonction. on redoute la vengeance des défunts si en posthume négligeant ces rites. étrangement accolées. d'où elles sont descendues. essences rationnelles cavernes profondes de la terre. . infra. Nulle foi ne fut mouvante que celle qui s'attachait à la vie d'outre-tombe et qu'aucunq expérience ne pouvait contrôler comme la croyance aux théophanies ou aux' prophéties. on leur a infligé des souffrances dans leur existence ^. souffles ignés entraînés par les vents à démons lunaires nourris des vapeurs s'élevant d'ici-bas. se rencontre parfois dans xme même épitaphe. 1. Cette indécision ne troublait point des esprits qui n'étaient pas assujettis à la rigueur dogmatique d'un credo imposé i. seule une interprétation symbolique peut en atténuer la contradiction. i. ch. marquent l'effort incessant des penretournant travers le ciel étoile vers seurs pour mettre la vie future d'accord avec la psychologie et la cosmologie qu'ils professaient. p. D'autre part. 19 ss. au soleil qui les a créées. paganisme. l'histoire de l'idée d'immortalité chez les Romains est moins celle de que celle d'apports successifs qui se sont déposés sur un fonds primitif. infra. Ainsi.INTRODUCTION descendues dans les ii ténébreux de l'hémisphère travers l'atmosphère. qui partent de la foi naïve d'une époque archaïque pour aboutir aux plus hautes spéculations religieuses. comme les sédiments qui forment les stratifications géologiques d'un terrain. on espère obtenir pour ses proches un sort meilleur dans xm autre monde. ch. Cf. Ainsi se perpétue une série d'antiques notions dont le culte assure la conservation. Cf. Rien n'est plus tenace que les idées relatives au culte des morts. ou remontant à l'Empyrée. La continuité en est assurée à la fois par l'amour et par la crainte. les gestes traditionnels se réduisent à n'être plus que survivances dont la valeur première s'est perdue. 14. où. i.

qui lui-même se meut dans l'immensité insondable parmi une infinité d'autres. Lorsque la terre cessa d'être le centre de l'univers. dont alimenté à la fois la théologie et la superstition. . priva de son point d'appui une eschatologie qtii en dépendait indissolublement. l'idée naïve que les anciens avaient conçue du voyage des âmes dans un monde étroitement borné devint inacceptable et le progrès de la science en discréditant la solution erronée que nous avait léguée l'antiquité. seul point fixe entouré par les cercles mouvants des cieux. pour devenir une pauvre planète tournant autour d'un astre.12 LUX PERPETUA de spéculations d'époques diverses que elles ont l'antiquité a léguées au Moyen-Age. jusqu'au moment où l'écroulement du système géocentrique. nous a laissé en présence d'un mystère que ne soupçonnaient point les mystères païens. en bouleversant toutes les idées sur l'or- donnance du cosmos.

3.CHAPITRE PREMIER LES VIEILLES CROYANCES (1) I. et qu'on condans la mortj pontifical et les tinue à pratiquer sans plus en comprendre la signification primitive. ont été cripar Otto. .. s. cf. . parfois : avec succès. I. 1. des usages qui dérivent de conceptions archaïques de la vie d'outre-tombe. X^nsc. 12. . — La vie dans la tombe. Tusculanea ^ la question de l'immortalité de l'âme. p. Rel. L'érudition moderne I. R. imposés par la loi religieuse ou par la tradition. s'est attachée. Cic. Ahnencult (1943). Jacobsen. dans les coutumes du deuil.E. Psyché. Niisson. XIV. Cette observation est d'un esprit très regardée judicieux. invoque tout d'abord en sa faveur le fait qu'on y a cru de toute antiquité. Mânes (1924) . i6os. dont la violation était comme un crime inexpiable. les prescriptions du vieux droit cérémonies célébrées sur les sépultures. Chez tous les peuples il subsiste dans les rites funèbres.. «Manen». Si les premiers Romains n'avaient pas été convaincus que l'homme au sortir de cette vie n'était pas anéanti et que tout sentiment n'était pas éteint Cicéron abordant dans ses on ne s'expliquerait point. 1051-1060 Bôhmer. à les élucider en s'aidant des tiquées t. 27. Manen (igz-].). dit-il. Nature et survivance de l'âme Les idées exposées par Rohde. Gr. v.

des sédiments successifs et des alluvions récentes. puisque. Le métissage de la population. lentement. que le raisonnement excluait unes au profit des autres. nous n'avons à considérer que les croyances encore vivantes à cette époque. Dans les religions antiques rien ne se détruit brusquement et les transformations ne sont jamais révolutionnaires. La foi du passé n'est pas entièrement abolie. qui résulta de naïves. et c'est peu à peu. devançant leur temps. se présente comme un amalgame singulier où des idées remontant à l'époque préhistorique. L'ethnographie a démontré que chez de nombreux peuples a régné et règne parfois encore la croyance que les morts continuent la coexistence à vivre dans sur les le conceptions tombeau. Le peu que les fouilles archéologiques nous ont appris religieuses des tribus diverses qui peuplaient l'Italie. Des opinions contradictoires pouvaient coexister longtemps sans qu'on fût choqué de leur désaccord. Ainsi. Considérons d'abord la plus ancienne de ces diverses manières de se figurer la survie dans l'au-delà. la foi en la vie future qui avait cours à Rome. Les doctrines du paganisme sont. . par suite. aux conceptions philosophiques d'une civilisation raffinée se mêlaient dees souvenirs de la sauvagerie primitive. assises premières. se mêlent à des théories scientifiques importées tardivement en Italie. des retardataires s'attachaient obstinément à des croyances discrédités et rejetées par tous les esprits éclairés. Une fausse interprétation donnée par un philosophe peut avoir pour nous plus de valeur historique que l'explication véritable d'une institution dont le sens s'était perdu. Aucune théologie ne formulait alors credo d'une orthodoxie canonique. Mais même parmi les idées qui n'étaient point oblitérées ou discréditées. y fit vivre côte à côté des hommes de races diverses et d'un niveau de culture très différent . voulant surtout exposer ici les idées d'immortalité sous l'Empire romain. sur les . Un synchronisme apparent dissimule de croyances d'âges très éloignés dans le temps. non sans qu'il en subsistât dans les esprits et dans mœurs des survivances tenaces. Nous n'entrerons pas dans la voie de ces recherches. on distingue des conceptions d'âge très différent. quand se le forment de nouvelles façons de croire. l'émigration et de l'esclavage dans un empire unifié et pacifié. formées de stratifications superposées lorsqu'on les creuse. comme le sol de notre planète. Si des novateurs. on y découvre. hors de laquelle tout était erreur.14 LUX PERPETUA pratiques 4es peuples sauvages et du folklore européen. s'affranchissaient des préjugés généralement reçus et sanctionnés par une les les longue tradition.

C.Fr. infra. en y joignant quelque nourriture. (= Note Complémentaire) I. les de ses vêtements. early Etruscans. 2 vol. dont elle prend le parfois plus ou moins l'aspect. où. 1938. p. 1912 . Celui qui était plein de vigueur. voulait. Heurgon. (dans 'Che classical quarterly. 2. si nous en concluons que pour la plupart des inhumants de la péninsule. puisse êtjre brusquement privé de toutes ses facultés. ne peuvent se persuader que cet être qui se mouvait. 1924Grenier. Heidelberg. Cf. La substitution de la crémation à l'enterrement ne changea rien aux convictions des peuplades qui adoptèrent cet montre qu'elles ont partagé ce sentiment dès l'âge toutes les variations locales et raciales. 1924. L'idée la plus et Messerschmidt.CHAPITRE I. devait. Les primitifs. des mets et des boissons. On y dépose le cadavre couvert? on place à côté de lui les armes. Italische Gràberkunde. cadavre sur tenant les La preuve en est que les incinérants déposent le bûcher habillé comme pendant la vie terrestre. Cette force devait se conserver pendant une durée indéterminée ou que le cadavre même même ancienne et la plus grossière est n'était pas dépourvu d'une sensiblité obscure. bien que ses membres raidis fussent réduits à l'immobilité. J. paré de ses bijoux ustensiles dont il avait coutume de se servir. i. garder quelque chose de la force qui avait été sienne. Elle est placée pareillement dans le tombeau qui la reçoit avec des armes.. Nous ne forcerons pas le sens des faits observés. des objets de toilette. Villanovians inà. les défunts habitaient une maison souterraine. Ainsi tout ce que l'archéologie nous apprend corrobore la conclusion qu'aussi haut que nous puissions remonter. Cafoue -préromaine. que l'urne concendres est traitée exactement comme l'était le corps. j von Duhn 1939 -^- . déconcertés par la mort. R. — LES VIEILLES CROYANCES IS de la pierre i. on a constaté . Fréquemment l'urne cinéraire elle-même reproduit plus ou moins exactement l'apparence de la hutte où s'abritaient les vivants '. 394 ss. D'ordinaire sa tombe est construite avec soin. ils res^ talent fidèles à leurs anciennes habitudes. Rose. Bologne villanovienne et étrusque. Oxford. sentait. d'où il est permis de tirer quelques conclusions générales. autre rite des funérailles. N. comme eux-mêmes. menant une vie analogue à celle des survivants. les tribus italiques ont accepté cette foi en une survie dans la sépulture que partagea une large portion de l'humanité à un stade reculé de son évolution. pp. Les égards témoignés au mort qu'on inhume prouvent à l'évidence qu'on ne croyait pas que toute sensibilité fût éteinte en lui. Mac Iver. Ancient italian beliefs concerning the soûl. 129-135) . Malgré dans les usages funéraires une certaine uniformité. des outils. qu'il ne infinie.. 1942. Paris.

. 8igo. Sans doute : ce appartenait-il au formulaire des prières que l'on prononçait sur la tombe et son emploi rituel en a-t-il assuré la persistance. continuait à rester attachée à son corps et ne pouvait subsister sans lui. 1.i6 LUX PERPETUA pouvait plus manifester . Lucrèce. même lorsqu'on eut cessé vœu d'admettre la sensibilité posthume qu'elle impliquait. de geler couché sur la dalle glacée du tombeau ou d'être écrasé sous le poids de la terre entassée. la momie. Cependant jusque sous l'Empire il s'est trouvé des philosophes stoïciens pour soutenir que l'âme ne durait ^ et lorsque dans les qu'aussi longtemps que se conservait le corps on souhaitait que la terre pesât lourdement sur la dépouille d'un imprécations ennemi c'est évidemment avec l'idée que celle-ci était exposée à en souffrir 3. continue le : poète.supprime tout sentiment. on se le figurait plongé dans une torpeur semblable à celle du sommeil. fut communément usitée de préférence à l'inhumation pendant les deux le sol et qu'il III. Lucrèce i. Dessau. 2. si usité qu'on le rappelle dans les épitaphes par de simples initiales S(it) t{ibt) t{erra) l{evis) . En. Ovide. « Que la terre te soit légère ». Pourquoi. : terram gravem impre- . se manifeste chez beaucoup de peuples qui pratiquent l'inhumation. L'énergie vitale qui l'avait animé. III. Lorsque se généralisa la coutume de l'incinération. Mais l'expérience prouvait que le cadavre se décomposait promptement dans n'en subsistait que des ossements décharnés. De testim. tout en affirmant que la mort . 3. gardent ime inquiétude secrète des souffrances que leur dépouille sera sujette à endurer et s'apitoient sur leur propre sort à l'idée qu'elle pourrait être dévorée par les vers ou par les cair« Ils ne peuvent se séparer d'elle. serait-il plus douloureux d'être la proie des fauves. et elle s'exprime à Rome dans ce souhait. qui. « Ut sentieati maledicis. Cf. Mais même de nos et l'on pourrait jours encore en découvrir quelques traces. il croit devoir combattre cette illusion invincible des hommes.. constate cette ténacité des vieux préjugés qu'Épicure se flattait d'avoir détruits . 156. ils ne se distingent pas de ce nassiers corps étendu qu'ils se figurent être encore eux-mêmes. dans un passage curieux. Cf. qui. 870 ss. 68. Servius. que d'être rôti par la flamme du bûcher. Tertull. Met.. 4 caris ». animae. XV. cette idée instinctive a survécu vaguement. pratiquée en Italie depuis l'époque préhistorique. » Mais précisément cette appréhension que la terre puisse oppresser lourdement ceux qui y sont ensevelis. Cette croyance a été si( puissante en Egypte qu'elle a inspiré toute une partie du rituel funéraire et pro- voqué des soins infinis pour assurer la préservation de en Occident.

XXXVIII.. mais elles restèrent toujours une des raisons que l'on invo5. 53 XV. C'était ce même principe qui abandonnait provisoirement les personnes à qui un évanouissement ou une léthargie faisait perdre connaissance. ch. H. lui souhaite « que ^ ses Mânes ne puissent se fixer près de ses cendres » Et à Liternum en Campanie. non seulement dans la tombe. — LES VIEILLES CROYANCES ï? les yeux premiers siècles de l'Empire \ la destruction du corps s'opéra sous assistants. remplis d'une force mystérieuse. Il se détachait de cette personne matérielle des éléments subtils. -infra. l'ombre. cf. 234 i. X. populaire gardait la conviction qu'on pouvait emprisonner une âme. Properce. 5. N. IV. l'antique croyance qu'on y enfermait. les vre. infra. cf. exagéré. 4. Taylor a Cf.. III. 4.. I. VirgUe. p. qui subsistaient quand l'organisme humain était tombé en poudre ou réduit en cendres. Quint. n. l'âme. Muzzioli. C. Pline.. s'oppose celle que le cadavre inanimé 1. on montrait la grotte où il — — . étaient devenus quelque chose de différent de cet être d'os et de chair qu'on avait connu. A l'idée que le corps ou même les ossements calcinés sont associés en quelque mesure à la survie de l'âme. ^j. 1939. 7. fait et sans doute a-t-il de ces visions oniriques la source de la croyance a l'immortalité. . En. qu'on gardait au revoyait en rêve mêmes des moins présents dans la mémoire. st. 22. il n'était point certain qu'elle pût se dégager immédiatement de sa gangue le feu du bûcher la libérait mais elle continuait à habiter le corporelle sépulcre dans lequel reposaient les ossements desséchés ou calcinés du morti. reposait croyait-on. et la littérature même atteste la persistance de cette opinion vulgaire. Si cette car essence légère n'avait pas quitté le mourant au moment où il expirait. Declam. Comme les écrivains persistent ainsi à parler d'ensevelir dans le sépulcre épitaphes. 42. les Mânes de celui qu'on y dépose et leur langage exprime encore. cf. Cf. . et OttOj Manen. 44. qua en sa faveur. Studi e materiali di délie relig. où s'était fait inhumer Scipion l'Africain. si profondément enracinée qu'elle survivait à côté de formes moins matérielles de la foi en l'immortalité. On en arriva ainsi à penser que ces trépassés qu'on ^ et qu'on croyait parfois sentir près de soi. 3. p. 3 . On 2. N. 68. Tite-Live.. . p. mais dans une urne cinéraire ne peut s'attendre à trouver une cohérence logique dans des sentiments instinctifs. comme il disait. « un serpent gardait ses Mânes » *. avec le cadaet où. laisser même ses os à son ingrate patrie. Properce. ne voulant pas. presqu'à leur insu. Encore au v^ siècle de notre ère la superstition. quelque chose de vivant". I. L'idée qu'elle était liée en quelque manière à ceux-ci était ancrée dans les esprits. maudissant une femme. .CHAPITRE I. XVI.

Cette nécessité d'une désinfection pour se prémunir contre les suiteS) d'une contagion contractée auprès de la dépouille de ce qui avait été un être humain. comme avant leur Il d'une décès. ces esprits des morts étaient impalpables. d'une fluidité presque immatérielle. complexes et multiples ^ Mais certainement cet esprit désincarné. 785 ss. — I. gardait. t. p. 323 Van Gennep. était si profondément ressentie. Simulacres de ceux qui n'étaient plus. v. s'associe celle que le défunt conserve tous les besoins et tous les sentiments qu'il éprou- vait auparavant. pp. reproduisant les traits et la stature du défunt. A et cette idée primitive de la persistance latente de la vie dans le corps rigide glacé ou de son transfert à im être vaporeux semblable au corps.) pp. p. on cru naturellement que son contact ou même sa présence souillaient ceux qui l'appro- chaient. près du cette conception est né le culte funéraire qui se célèbre cadavre et sur le tombeau. de sentir. puisqu'ils se montraient aux survivants tels qu'ils avaient été. 18 ss. car leurs conceptions furent. p. 776. Par suite. dès l'origine. Gr. de parler. . quelles que fussent ses qualités. mais qui cependant existaienit encore. .. Après les funérailles. 3. 193. 7. Enc. n. s. Cf. 4. Cf. a mis ces faits en lumière. 2. Nilsson. 656. Rohde. ime âme-image. Psyché (tr. en a conclu déjà que les Aryens 1. suivant eux. 22. p. ne faudrait pas tenter de définir avec trop de rigueur les caractères âme dont la nature restait vague et flottante pour ceux-là même qui en admettaient l'existence. qu'elle n'a pas cessé à travers les siècles d'inspirer en France nombre de pratiques du folklore". l'apparence de l'être vivant comme le montraient les apparitions qui surgissaient dans les rêves et les visions qu'évoquait la mémoire et auxquelles l'homme encore inculte prêtait une réalité objective.i8 LUX PERPETUA est impur. fr. langes qui. Fustel de Cbu. Rel.. le premier. C'était un èidôlon. il devient la proie d'une corruption fétide qui bientôt le défigure et en fait un objet d'horreur. v. Hastings. ss. religion ». s. mais ils conservaient la faculté de se mouvoir. 50 ss. Schrader-Nehring. L'étude comparative des pratiques usitées et ensuite sur la sépulture De au moment des funérailles chez les différents peuples indo-européens a prouvé à l'évidence que les rites funéraires qui leur sont communs remontent à l'époque reculée où ils étaient encore réunis' Ils se rattachent à ce culte des ancêtres qui leur appartient à tous et est intimement lié a la religion familiale et à la division de la société en gentes. « Ary an. i8i. des ablutions étaient imposées pour effacer cette pollution 1. « Ahnencultus ». Dès que la vie l'a abandonné. 178 ss. infra. .

p. si on les offense ou les néglige*. vii (morts prématuréesj. Paris. on s*ils ont succombé à soupçonne qu'ils ont été victimes de quelque maléfice^ une longue maladie. qu'ils s'ingénient. Les manifestations de la piété envers les disparus procède de la crainte plutôt que de l'espoir. Frazer. Zlhe fear of the àead. Dans de nombreuses contrées des deux iiémisphères on a constaté cette attitude des sauvages envers les trépassés. La crainte des morts. IL 3. Cf. provoquée par des sortilèges. p. Si le cours de leur existence terrestre a été subitement interrompu. . ^^933 (trad. 4. 3 vol.. Sacrifice. 1906 . 63 5. cette puissance mystérieuse qui les fait agir. Loisy. 1924. sont semblables à celles usitées primitivement en Grèce et à Rome~. La crainte des morts a été l'inspiratrice fécondei : . à tenir éloignés deux-mêmes et à bannir de leur demeure. . La comparaison des rites funéraires accomplis ainsi par l'humanité presque entière en éclaire la signification elle montre qu'ils s'inspirent presque partout des mêmes sentiments. C. Paris. par tous les artifices en leur pouvoir. et réclamant des mortels une nourriture et des breuvages d'entre ces peuples. car les défunts &ont enclins au ressentiment et prompts à la vengeance. l'on se fit de la condition des défunts une idée semblable et l'on peut. Jobbé-Duval. autant que d'une affection. On redoute toujours le ressentiment ou la malveillance de ceux qui ont été arrachés à leur foyer et à leurs habitudes ils les survivants qui voient encore la lumière et jouissent des envient. sistance de coutumes mortuaires qui. 78. : : . les cérémonies célébrées en l'honneur des morts offrent aussi dans leur ensemble une similitude remarquable avec celles dont les Hellènes et les Italiques avaient conservé la tradition '\ parce qu'à un certain stade de civilisation. On appréhende cette force inconnue qui est en eux.Cf. biens dont ils sont privés. c'est par suite d'une invasion d'esprits malfaisants. précautions prises pour déjouer la malignité astucieuse d'esprits irritables ou pour apaiser leur ressentiment et se concilier leur bienveillance secourable. de rites infiniment variés. La croyance à la vie future dans l'antiquité israélite. en particulier chez les Sémites. Même en dehors des populations de race aryenne. Paris. surtout s'ils ont péri avant l'âge. d'une aversion. La cité antique. En. 1934-1937). ch. Les morts malfaisants. Voir N. infra. i6z s. — LES VIEILLES CROYANCES 19 croyaient à la survivance vague et indécise de l'être humain^ invisible mais non Chez immatériel. 1. des textes du XVF siècle prouvent encore la percertains ' . française « Maues placari saçrificiis ne noceant ». croit-on. Servius. A. 2.CHAPITRE I. jusque dans leurs détails. Fustel de Coulange. Lods. dans ce sens limité. parler de l'universalité d'un même culte des morts. III.

regardée comme un devoir envers les disparus. LXIII. G. aà Hebraeos hom. II.. fr. 668 s. 2. R. : — 106) 7. Geburt. Stuttgard. R. 525). bule de Charondas dans Stobée. G. Politique -pythagoricienne. souvent des pleureuses à gages {praeficae) étaient invitées à y participer. 181. p. les Slaves. Julien. 20. 5.. C. 1915. comme chez les primitifs : s'arrachaient les cheveux. ni la domination de l'Islam ne purent détruire une couutme millénaire. des Haterii avec les praeficae nach.). XXIV. 4. Lucien. tr. ReiRushford. Sarc. p. Cramer. Cf. Odes. le importance l'on persistait à y attacher. v. 517. 6. infra — En Corse N. cf. 149. En Grèce s. Italiana. Van Gennep. p. 346 ss. tome 219. 679 ss. Akad. 1938 Die 'Cotenklage bei den Kopten (Sitxungsb. .. B. quoique leur sens primitif fût probableoublié''. In epist. 136 (p. 1. Avec leur sens de la mesure les Grecs s'attachèrent à les femmes dans l'expression de la douleur s. Les lamentations de la famille réunie autour du cadavre étendu sur sa couche se retrouvent chez une quantité de peuples aryens et non aryens i. J. puis des manifestations prolongées d'affliction prouveront d'abord à celui qui s'en est allé qu'il est vraiment regretté et qu'on ne se réjouit pas d'être débarrassé de lui.) . comme l'emploi de « vocératrices » professionnelles. 22 . IL — EnciclofDans : les .941 (comparaison avec les autres peuples). LXII. Les lamentamême caractère de sauvagerie ef donnaient lieu aux mêmes transports. Chez les anciens les plus civilisés les chants funèbres étaient encore accompagnés fréquemment de cruelles mutilations. 199.LXI. Cf. Psyché. 2) 1. Aujourd'hui encore en Corse et dans bien d'autres régions de l'Europe et de l'Asie. Delatte. elles continuèrent à être pratiquées jusque sous l'Empire* et les sculptures des sarcophages montrent quelle modérer tions l'excès de la violence des Romains avaient. lorsqu'une vie s'est ment éteinte.. II. In epist. 182 s. 1922.. Cf. 9). IV (P. à l'origine. se frappaient la poitrine et la tête 2. M. R. Die rituelle Votenklage der Griechen. Boyancé.. in loh. 178 s. ad Corinthios homil. Rohde.. Jean Chrysost. se sont maintenus dans plusieurs provinces françaises jusqu'au XIX^^ siècle'. : Schmidt.20 LUX PERPETUA Dips explosions bruyantes de douleur. Cicéron. XII (P. G.. 197.. R. p. « Vocero » (XI. Epist. XLVI. on entend retentir dans la maison endeuillée la lugubre mélopée de la complainte funèbre^. 4 (P. 149 j — .. 59 . Eugen Reiner. LIX. 42 s. 19. p. Ernst Samter.. Horace. Lattimore. Relgw. A. 45 (Florence). Homil. Cf. A. Ni le triomphe du christianisme*'. De leg. p. 240 (Cluny).. s'égratignaient les joues. Atténuées. De luctu. 294 ss. — Chez p. 1926. IV.. et pour les rendre plus impressionnantes. 1944. III. Préam3. V. S. Wien. II. Les cantilènes attristées et les hurlements aigus des parents et amis. 8. Hochzeit und Zlod p. Liège. 703.

Servius. 114. Dottin. [su-pra. 57 ss. cf. Jacobsen. p. veillée mortuaire se trouve partout en France . 2}. p. mais dont on conle sol maintenue ailleurs. Firmic. Pour que le défunt pût être accueilli dans le sein de la Terre mère. Dieterich. il s'est conservé jusqu'à nos jours*. t. — LES VIEILLES CROYANCES 21 On décès. Sfeisung der Zlolen [infra. v. 7.. i].. yan Gennep. 96 . 26 p. 415 ss. 29. 20. Sans doute était-il d'usage de faire garder le cadavre pour que rien de fâcheux ne lui arrivât depuis le décès jusqu'aux obsèques \ mais on ne trouve rien de semblable à la coutume de se réunir dans la chambre mortuaire et d'y passer la nuit à boire jusqu'à l'ivresse et à se divertir bruyamment pour réjouir le défunt. l'espoir d'obtenir leur protection ont eu une part dans la naissance et dans le maintien de ces pratiques. 249 coutume s'est conservée en Grèce. Cramer. 108. « Ut extremum spiritum redderent terrae ». le désir de les empêcher de souffrir.. 395 — — : : Mntter Erde. Le souci de ne point attirer sur soi le ressentiment du défunt veut qu'on lui assure une existence C'est •-j supportable dans la nouvelle habitation devenue sienne. Les Irlandais l'ont même transporté aux Etats-Unis où ils continuent à célébrer leur Iris wake alcoolique. c.> En. n. de Properce. Samter. De même. cf. p. Sartori. en Bretagne. cf. VIII. et. sollicitude pour des êtres aimés. preuve en trépassés indistinctement. XII. 107 s. n. 4. III. Ainsi seulement. — La ss. i<)yj. B.CHAPITRE I. nous le disions. La — . c. peut dire que primitivement le culte funéraire commençait. . En Allemagne. il pouvait être admis immédiatement dans le séjour souservait le souvenir et qui s'était moribond sur terrain des trépassés^'. Festschrift O. 25 . 20.. Acad. et la est qu'elles étaient les eût chéris ou détestés pays musulmans. n. il devait mourir en contact direct avec elle. voulait qu'on déposât le devant la porte de la maison. p. dès avant le Une antique coutume. qu'on les esprits. 1903. Schmidt. 1922. [p. mais celles-ci furent inspirées surtout. /. p. p. 284. Mathes. 1. 8]. Cf. Romains après le départ de la maison mortuaire que se déroulent chez les les cérémonies successives du culte funéraire. ss. 5 Grimm. III. 81 ss. Hirschfeld. t. C£. les La par la peur que causaient tous les mêmes pour . Wôrterhuch d. En. Mat. Le Braz. Revue des et. Cependant cet usage existait chez les Celtes de la Gaule comme chez les Germains d'outre-Rhin''. 4. 405 . 2. p. on n'a pu relever à Rome que de faibles traces de la veillée des morts. s.3. 229. p. deutschen Aherglaubens. 9.A. car sinon il viendrait molester sa famille et punir ceux qui l'ont privé de ce qui lui était dû. islamiques. *. I. Thomas. 3. 703 ss. IV. p. . 5e série. tombée en désuétude à Rome. p. En Egypte Galal. Perse : Henri Massé. « Leicbenwache ». l. Bull. n. Deutsche Mythol. La légende de lç( mort che% Içs Bretons^ 2^ éd. p. p. Paul Belgique. p.

qui se croyaient souillés par la rencontre d'un cadavre. 6. 75 ss. 3. En. . Virgile. Ac. . cit. 8. tous les peuples de l'antiquité ont partagé la croyance que les de ceux qui n'ont pas été ensevelis selon les rites souffrent dans l'autre privation de sépulture est un crime inexpiable commis envers ses parents. 1939. i. fin .. Les pontifes. André Parrot. 7 : Ombre enfermée dans le tombeau par une incan- 2. 150 ss. 6. 280 (I. La qu'invoquent les magiciens comme des démons Les esprits des naufragés qui périssent en mer vaguent à la surface des flots ^. 5. ne pouvaient cependant. XIX. z^ partie. 1875. 276. et la croyance vulgaire veut qu'ils deviennent des mouettes voletant çà et là*. convenable les disparus était ainsi considérée comme une comme pour les survivants. VII. Pal. L'abandon suprême était le pire des châtiments que dans les imprécations on souhaitait à ses ennemis**. Sénèque. qui se venge sur les survivants des maux esprits vie. IV^ 620.. Weicher. Servius. 5 Pa-pyr. XVI. Mém. Dolger. Helv. 176. Malédictions et violation des tombes. p. C'était source de tourments infinis pour un devoir pieux que de jeter le plus pressé quelques mottes sur un cadavre abandonné et la charité commandait au passant de s'arrêter devant les restes d'un inconnu pour déposer sur lui une poignée de glèbe*. Anthol. VI. XXVIII. É-pode. 7. p. 4 ss. Leblant. mag. 179Pseudo-Quintilien. V. était de lui assurer des funérailles religieuses. pp. 190. Sans doute les formules liturgiques qu'on prononçait avaient.elles le pouvoir de fixer l'ombre dans le tombeau '.. Si le mort n'y a pas été déposé suivant les formes prescrites par la tradition.. X. le laisser non inhumé''... 1902. Car de l'accomplissement exact des cérémonies consacrées dépend le repos dans l'au-delà. ce qui exclut toute possibilité de funérailles décentes *. Der Seelenvogel. On redoute surtout d'être dévoré par les poissons. Déclam. Depuis les temps les plus reculés. quand un de ses membres avait passé de vie à trépas. i . A. Ensevelir les morts est resté dans l'Église une œuvre de miséricorde. Cf. V. etc.. s'ils trouvaient un corps gisant sur le . Cons. Il provoquait chez les croyants une auxiété comparable à celle que leur cause aujourd'hui le refus des derniers 1. fantôme inquiet et inquiétant. Preisendanz) . son âme est condamnée à rôder sans trêve sur la terre. tation magique. 23 n. une malédiction qui menace tous les hommes. Tat. Chr. Ij 1929. Quititilien. p. Achill. En. Inscr. larve maudite et pernicieuse. Déclam. p.22 LUX PERPETUA Le premier devoir de la famille.. 4. une peine redoutable infligée par le droit pénal. L'absence d'un enterrement que ceux-ci lui ont infligés et redoutables^.. Jobbé-Duval. Horace. of. Cf.. Edm.sol.

43. v. puis les Épicuriens et les Stoïciens s'attachèrent à en démontrer l'absurdité. 2. fictives en i (tr.. prouve combien étaient tenaces les préjugés qu'ils prétendaient déraciner. afin qu'il vînt habiter la demeure qu'on lui avait préparée^. quand on le pouvait. le vieux droit pontifical imagina un autre subterfuge pour que les anciens rites pussent être on coupait un doigt au cadavre porté au bûcher et l'on jetait troiis accomplis fois une poignée de terre sur cet os resectum'^. . 5). Il est indifférent à un sage qu'une dépouille insensible et inerte soit brûlée ou inhumée. lïl. Psyche. Jiep.' Ces antiques croyances. I. vii.. 819. ramenait-on. ou un marin en mer. 2 .J. Aussi. 870 avec la note de Heinïse — (p. fr. 92. Sénèque.. Saglio-Pottier.ïK. — Funérailles 218. Philon. Remed. De losepho. Sénèque.p.. le corps dans son pays natal. Lorsque la crémation se généralisa à Rome. Epist. puisque ses Mânes ne pouvaient ainsi recevoir les offrandes de ses proches. Infra.CHAPITRE sacrements. s. 3. assurer à jamais enseveli : : . Lucrèce. 14. 66 Cohn). III. Vusc. Mais la fréquence même avec laquelle ces lieux communs étaient répétés dans les écoles. 1936. mais encore dans les classes les plus éclairées. cf. I. dans sa patrie 2. qui le menaçait d'une mort sans sépulture « Qu'importe que je pourrisse sur la terre ou au-dessous ? » ^. 3 . Dial. non seulement dans la foule crédule.p. «Funus».34s. 2. 4. Cic. lorsque quelque accident ^faisait périr à l'étranger un voyageur. fortuit. Rohde. dévorée par les vers ou par les corbeaux. serait-il une infortune ? Il n'y. On en trouve des preuves dans le souci extrême que prennent ceux qui le peuvent de se faire construire un tombeau et d'y. Lieu commun de la philosophie. 169). peine presque aussi terrible.. — LES VIEILLES CROYANCES 23 La loi dans les cités grecques comme à Rome privait souvent de sépulture les suicidés et les suppliciés dans l'espoir que l'appréhension d'un( sort misérable dans l'au-delà pourrait détourner les désespérés et les criminels Parfois elle défendait seulement que le coupable fût de leur funeste dessein * . Pourquoi périr au loin. 102. p. Cf. : Bretagne Van Gen- 6. N. fortuit. 5. infra. source de tant d'angoisses et de superstitions. Les appréhensions irraisonnées qu'inspirait la privation de sépulture subsistèrent jusque sous l'Empire. furent vivement combattues par les philosophes. Ils aimaient à citer la réponse de Théodore l'Athée à Lysimaque. 3. 179. III.. un soldat. C.11. ch. a de patrie que pour les vivants la terre entière est la demeure des morts ^. cf. Remed. 1.11. Les Cyniques d'abord. —Sénèque. Si c'était impossible on lui élevait au moins un cénotaphe et l'on appelait à haute voix trois fois le mort par son nom. I. 5 (IV.

Les Juifs euxmêmes acceptèrent une croyance semblable et pensèrent que celui qui ne reposait pas en paix dans le tombeau n'avait pas de part à la résurrection de la chair. Inscr. p. ex. stipule que si le maître d'un esclave décédé refuse mécham- ment de c'est livrer son corps. qui n'ont pas obtenu les honneurs funèbres est un des sentiments les plus généralement partagés et les plus durablement conservés par les populations païennes. transformé en un C'est là d'obsè- vampire tout le Le tombeau est la et maison du mort. p. .. Modem Das p. 5. p. 3845 n. le collège célébrera un funus imaginarium à-dire que la cérémonie se passera en présence d'une figure représentant le défunt et portant xm masque à sa ressemblance. p. p. 3863. 21 12 Dessau. III B.es de Diane et d'Antinoiis à Lanuvium 2. dans la menace de peines judiciaires et de châtiments divins que formulent les épitaphes contre les sacrilèges qui violeraient le sépulcre'. 5415 1. XXVIII. (Mém.24 LUX PERPETUA par une fondation. 314 ss. Cette assimilation remonte en Italie. XIV. \_su-pra. Edmond Leblant. XXXV.. . "Wiesner. 106. Diehl. Les terreurs d'autrefois continuent même à et ils hanter les Grecs d'aujourd'hui ques religieuses. Princeton exped. Les chrétiens héritèrent de cette conviction et crurent en grand nombre que si le corps n'avait pas été inhumé ou si ses ossements avaient été dispersés par une main impie. Les martyrs chrétiens et les supplices destructeurs des corps 3. s'en promettait une poupée qui figurait de nuisibles. Lawson. furent longaussi infructueux qu'avait été la réaction philosophique à dissiper une temps épouvante instinctive des foules.). Les nécropoles préDessau. 22. s.. cf... 75-95) . bien au-delà de la fondation de Rome. nous l'avons vu (p. 1938. «Ad Sanctos ». a. Cabrol-Leclerq. p. Le règlement des cultor. Acad. 4. Prentice. il ne se relèverait pas au jour suprême ^ Les destin La crainte d'un funeste résen/é à ceux efforts des docteurs de l'Eglise pour extirper cette superstition. sanguinaire *. Cf. cit. = = Greek inscr. v. greek folklore. Relgw. monde antique 2. 2. CIL. 2]. la célébration des cérémonies funéraires. V. qu'à défaut la terre. 7212. Parrot. 479. dans la constitution d'une foule de collèges populaires dont le principal objet était d'assurer à leurs membres des obsèques honorables. o-p. altgriechische Votenhaus {A. CIL. une idée commune à à travers la sculpture funéraire on peut suivre la transmission d'Orient en Occident. 403. 2 (iSy^). 15). On attendait de cet enter: rement « imaginaire » des effets aussi salutaires que l'envoûteur opérant sur sa victime. 8178 ss. de la tradition artistique qui veut que la sépulture reproduise l'habitation ". le mort revient errer sur restent persuadé. Cf.

la chambre de la défunte. devant elle reproduction de sa villa. Le mobilier ornant Sarcophage de Simpelveld. La morte étendue sur sa couche.Sarcophage de Simpelveld. .

3863. 2.. la célébration des cérémonies funéraires. [swpra.es de Diane et d'Antinoiis à Lanuvium -. 54x5 == Diehl. (Mém. dans la constitution d'une foule de collèges populaires dont le principal objet était d'assurer à leurs membres des obsèques honorables. Wiesner. Cf. Acad. p. 1938. 314 ss. p. p. 2]. Les chrétiens héritèrent de cette conviction et crurent en grand nombre que si le corps n'avait pas été inhumé ou si ses ossements avaient été dispersés par une main impie. p. Les nécropoles pré- Dessau. le collège célébrera un funus imagiimrhifn cérémonie se passera en présence d'une figure représentant le portant un masque à sa ressemblance.). Relgw. Inscr. Dus altgriechische Votenhaus {A. 3845 n. Edmond Leblant. bien au-delà de la fondation de Rome. Le règlement des c7i. 7212. Les martyrs chrétiens et les supplices destructeurs des corps 3. qu'à défaut d'obsèques religieuses. Lawson.. cf.dire livrer la que défunt et rement « imaginaire » des effets aussi salutaires que l'envoûteur opérant sur une poupée qui figurait sa victime. Cf. p. n. «Ad Sanctos ». CIL.24 LUX PERPETUA par une fondation. 4. p. Modem greek folklore. transformé en un vampire sanguinaire *v c'est son corps. furent longtemps aussi infructueux qu'avait été la réaction philosophique à dissiper une épouvante instinctive des foules. monde l'avons vu (p. XXVIII. Parrot. XXXV. 15). nous sépulture reproduise l'habitation '. 5 Greek inscr. Princeton exped. 75-95) Cabrol-Leclerq. 1. 8178 ss. o-p. p. s.. 22. stipule que si le maître d'un esclave décédé refuse mécham- ment de à. 479. Prenticc. C'est là une idée commune à tout le antique et à travers la sculpture funéraire on peut suivre la transmission d'Orient en Occident. Les terreurs d'autrefois continuent même à hanter les Grecs d'aujourd'hui et ils restent persuadé. 5 III B. ex. le mort revient errer sur la terre. Les Juifs euxmêmes acceptèrent une croyance semblable et pensèrent que celui qui ne reposait pas en paix dans le tombeau n'avait pas de part à la résurrection de la chair.. 2 (1875). XIV. s'en promettait de nuisibles.ltor. 106. 403. CIL. La crainte d'un destin funeste réservé à ceux qui n'ont pas obtenu les honneurs funèbres est un des sentiments les plus généralement partagés et les plus durablement conservés par les populations païennes. . 21 12 == Dessau. v. V. de la tradition artistique qui veut que la Cette assimilation remonte en Italie. il ne se relèverait pas au jour suprême '\ Les efforts des docteurs de l'Eglise pour extirper cette superstition. . On attendait de cet enter: Le tombeau est la maison du mort. cit. clans la menace de peines judiciaires et de châtiments divins que formulent les épitaphes contre les sacrilèges qui violeraient le sépulcre '. 2.

Le mobilier ornant Sarcophage de SiiMpelvei-d. la chambre de la défunte. devant elle reproduction de sa villa. . Lu morte étendue sur sa couche.Sarcophage de Simpelveld.

.

Grenier. se voit en une table et sur un dressoir de la villa où cette matrone avait vécu. Von Duhn. p. XXXIV.. terre. . Suppl. 15.. 165 ss. Anzeiger. n° 7795.341. apparaît fréquemment clans les inscriptions funéraires.te "^ emprunté aux Égyptiens 1. p.-R. rappelons-le. Metropol. . P-27 ss. 55-75. Inscr. 247 ss. le mobilier de sa chambre avec sa vaisselle rangée sur réduction l'aspect extérieur simulacres. C. Parrot. n. du mort. Ces . comme maison Le nom de et « à plusieurs autres. 3. p. (Public. Comme ces sculptures. 79 ss. É. p.CIL. 1008 — — = . sculpté des stèles funéraires en forme de maison et y ont déposé les cendres cinéraires imitant les types divers des cabanes alors la péninsule 1. i]. Ac. 59. p... Bspérandieu. 8. [supra. 1933. montre combien cette croyance naïve d'une antiquité immémoriale restait encore vivace à l'époque des Antonins ^ Les faces intérieures d'un sarcophage sont décorées de bas-reliefs représentant la défunte étendue sur une couche et. et J. ont. qui était censé s'établir à 2. orient. Dessau. 37)> Linckelheld. p.I. cf. XI (Supplément). Les Celtes. C.A.. Les stèles funéraires en forme de maison Paris. à côté d'elle. 1939. étaient mis cachés sous un lourd couvercle et profondément enfouis sous la au service personnel de l'ombre qui habitait l'obscurité de cette cuve de pierre. ss. 193 1. Holwerda. revivifia des éternelle » domtis aeterna^ ^ aux Sémites. 319 2.CHAPITRE historiques I. en face. passeront ensemble la durée du temps Un autre invoque comme motif de consolation cette co-habitation future de la famille. 193 1. A. les épitaphes romaines ne laissent aucun doute sur la persistance de la conviction que le mort réside dans le sépulcre. I. au moins depuis le IV^ siècle avant notre ère. p. 213 ss. XLVIII. — LES VIEILLES CROYANCES 25 du premier âge du fer. p. 4. o-p. où s'abritaient les tribus qui stucs qui. Bull. . Gisela Ricnter. Univ. et passim. 5. La pro- pagation des cultes orientaux. 1927. et tous les visiteurs de l'antique Caeré auront gardé le souvenir de cette « Tombe des les » où sur les parois sont représentés en relief les ustensiles domestiques dans la réalité. 164-167 Lattimore. p. Relig. Muséum. de son ancien domicile Une jamais dans cet étroit espace. image réduite curieuse découverte faite récemment à Sim-' pelveld dans le Limbourg hollandais. Strasbourg. 06. où se retrouvera l'intimité d'une mère avec ses deux toi. 351 s.. Un texte de l'époque républicaine précise même que c'est « la maison éternelle où les défimts ». étaient accrochés au mur des habitations. 1938. cit. à cet égard croyances archaïques.. — cit. en Gaule et hors de la Gaule. Oudheedkundige Mededeelingen du musée de Leyde. D'autre part. XII. op.. ont fourni une quantité d'urnes hypogées grandioses des peuplaient Étrusques sont souvent disposés selon le plan de leurs demeures.

Car. que l'âme traverse sans il reste à jamais pour se rendre dans une autre région du monde sa résidence. 76. su-pra. Acad. XXXI. {ardmaîn sepulcro condimus) en lui offrant un sacrifice et en l'appelant à haute voix^. XIII. c£. VI. p. celui qui n'a point de tombeau devient un esprit vagabond. G. lorsqu'on bâtit au défunt un beau monument. 82. 303 B) proteste contre pp. un riche de s'être fait construire un tombeau fastueux dans la pensée qu'il y vivra éternellement. 393) oppose à cet égard les chrétiens aux païens. I. 9 (P. p. p. dit une inscription.. 361 ss. 1555. Pétrone. E. La conviction que l'esprit des trépassés continuait à résider dans le tombeau table toutes les explique seule le souci que l'on avait de lui assurer dans ce séjour inconforcommodités possibles. 67 . Inscr. Il ne faut pas seulement assurer au défunt un toit. P. En. G. 2. i.. C. — : .. Lommatsch). Jean Chrys. 23. Cf. la vaisselle de terre ou de bronze qui ornait sa table. dit le les Trimalcion dans ne point donner temps. 2177. 3. cf. ^54) reproche à 5. 529-788. P.L. Si c'est un guerrier. {Homilia de Coemeterîo. car il a les mêmes besoins et les mêmes goûts dans la terre qu'auparavant sur la terre. C.. il est heureux de pouvoir y offrir l'hospitalité au passant et il l'invite à s'y arrêter *. 3. E. « Il est contraire au bon sens. n. 1006 XL VIII. s'y fixer . un gueux sans abri. un cénotaphe et y ensevelir son âme filles*. une femme.. 74... l'habitude d'enterrer les cadavres avec des vêtements de prix. roman de Pétrone^. on lui donnera les armes qu'il portait. un artisan. mais pourvoir à son entretien. Ibid. 4.. (Suppl. p. dont on n'a point les restes. « Ceci. III. XLIX.C. = Raoul-Rochette. 13696 . d'orner les maisons des vivants et dei mêmes soins à celle que nous devons habiter plus long- » Parfois on se représente l'ombre logée dans une chambre à coucher où elle dort un sommeil sans fin mais ce n'est point là l'idée primitive ni dominante en Occident^. 15). les outils "qu'il maniait.inPsalm. Homil in divites. est notre demeure certaine. XXXVI. qu'on a pour elle et pointilleuse dans l'exigence de ce qui lui est dû. Virg. Mém.26 LUX PERPETUA Le sépulcre n'est donc pas un lieu de passage. On se la figure généralement attentive aux égards . L'âge historique ne renonce ni aux croyances ni aux rites de la préhistoire (p. Symbol. les bijoux dont il se parait. E. CIL. 7. Au contraire. 1838. celle que nous devrons habiter » '\ Dans l'Enéide on voit les Troyens élever à Polydore. 715 Saint Augustin {Enarr. On mettra donc auprès de lui les vêtements dont il se cou»vrait. 83. 6. Objets déposés dans les tombes Saint Basile.. les lampes qui l'éclairaient'. II .

6.. 3. devait survivre à la destruction et au morcellement de l'empire. de Tours. LES VIEILLES CROYANCES 27 fards nécessaires à sa toilette. 1 5 ). XVII.L. p. Ans. /. De fait. Des ombres pouvaient se satisfaire de pareils simulacres et ces fictions décevantes n'enlevaient pas leur foi aux auteurs de ces fraudes pieuses ^. p. une coutume funéraire. De gloria conf. V. jours du paganisme. Leurs illusions résistèrent même. infra. 1941. infra. Hérodote. elle resta en vigueur jusqu'aux derniers. 2. car souvent on livrait avec eux leur garde-robe ou leurs ustensiles à la flamme du bûcher. 1. Lucien. 688 ss. Cependant. su-pra. cf. il fit brûler avec elle tous les vêtements qu'elle se plaisait à porter mais il avait oublié une de ses pantoufles et la morte apparut pour la lui réclamer. 4 Grég. et sous le climat de l'Egypte. L'on pourrait multiplier les preuves le foi nouvelle. c. chérissait si tendrement sa femme que. L'antique croyance que les Mânes élisaient domicile dans le tombeau. 1941. Rochette. III .rom. 7.A. tm enfant. quand il la perdit. Àccad. . IV. n.. ss. 18 . on enfermait parfois dans la tombe au lieu des objets réels des imitations impropres à tout usage pratique. 5. 236SS. Lucien.arch. Dessau. auquel devait une sorte de supercherie inspirée par un souci d'économie qui ne paraissait pas sacrilège. — ' . 5. Phîlo-pseudès. cf. XI. J. Fuhrmann.CHAPITRE le miroir. p. momie. 92. ritions . raconte Lucien*. 26. infra. c'est des tombeaux que proqui viennent la majeure partie des objets d'ameublement et d'usage domestique que peigne et les les poupées qui l'amusaient conservent nos musées. 4. à la substitution de l'incinération à l'inhumation et le fait qu'il ne restait du défunt que des ossements calcinés n'abolit pas la croyance qu'il continuerait à se servir de ce qui l'entourait précédemment sur la terre. 50 Sur de telles appa- Digeste.eiger. par des temps. . cf. 8379. dont même . qui était devenu le livre ont pu parfois nous de chevet de la nuit Ainei. le I. De luctu. dans la persuasion qu'ils les retrouveraient ainsi dans l'au-delà ^ Un mari. 27 . . Saint Augustin. nous l'avons vu (p. dont l'origine se perd dans survivre. deux tombes laissées à l'abandon passaient pour avoir été celles de vierges consacrées à Dieu. 529 . 14. livrer intact la ils quelque précieux volume. les hochets On n'oubliera pas d'y joindre les amulettes ou ont le pouvoir d'écarter les maléfices. : cf. ' vieux droit pontifical leur reconnaissait la propriété^. Cf. ss. de la persistance tenace d'im sentiment instinctif que ne fit pas disparaître une ^ Grégoire de Tours raconte que près de cette ville. Les tombeaux ne nous ont gardé qu'une faible partie de ce qu'on offrait à ceux qui quittaient ce monde.

28 LUX PERPETUA Les mortes apparurent à un paysan du voisinage et lui exposèrent qu'inhumées dans cet édicule délabré. . elles ne pouvaient souffrir plus longtemps l'incommodité qu'en l'absence du toit leur causaient les pluies.

Eitrem. p. cf. .. C'est pourquoi. ceux-ci languiraient sans comme un homme ils longue à jeun.. Lucien. 1909. sav. 105 et nos Relig. XXXIX. 1903. dont la bouche leurs lèvres aux Mânes des aliments énergie la frais. Die S-peisung der Xloten (Jahresb. 6. Mém. 24. tr. 588. Inscr. 107.). XIII. CIG 6695 : Toùç àyu^Joh^ xc' OavôvTaî EÔepyEXEÎv ôsT. Sul besogna ai dissetarsi attriOpferritus. il faut encore par des sacrifices périodiques fournir taries. car comme le corps humain. I2. III Kaibel. i sumant » . buito ai morti (Archivio per l'antropologia. Avant tout. 12. p.. IV. La foule resta toujours persuadée que les offrandes brûlées sur l'autel ou les libations versées sur la fosse étaient consommées par celui à qui on les destinait". . Belluci. « Defunctis patentant. La mentalité primitive a cru les morts soumis à toutes les nécessités de l'être Dans l'étroit logis qu'ils habitent ils continuent à réclamer les. et surtout ils ont soif. Ce n'est donc point assez de placer une seule fois dans la tombe des boissons et des mets. 1694 Sartori. III. 1^13 ss. 187 . Z^hymélé. 14 Pal. Ceux dont toutes les humeurs sont s'est desséchée. 200. à mouraient une seconde fois et définitivement d'inanition.CHAPITRE I. Privés de nourriture. 1023. le simulacre qui le remplace a besoin de nourriture pour subsister ^ Sa vie débile et précaire ne se prolonge que si elle est constamment sustentée. Dortmund).fr. Rohde. Tertull. p. p. n. 157 ss. Atithol. et resteraient presque sans connaissance . des Veda. — LES VIEILLES CROYANCES 29 II. 2. p. infra. Les morts ont faim. p. traversant la plaque perforée. — Les offrandes funéraires. était conduit par un tube jusqu'au squelette couché dans la fosse ou jusqu'à l'urne contenant les 1. Acad. vivant.. : . notamment les trouvailles de Martres-de-Veyre au musée de Clermont (Audol5 lent. lorsqu'ils l'ont mérité ^. 275 ss. 646. quos escam desiderare prae3. Cf. Lucrèce. orient. Persistance en Perse Cf. la chair des victimes était entièrement consumée par le feu. dont on a fréquemment retrouvé les restes à côté du squelette *. Credenze. p. carnis. sont torturés par le t^esoin de rafraîchir parcheminées^. cf. XI. cf. on doit offrir aux défunts des aliments 2.). IG. I. 2 .. Relig. Gymnas. Epigr. soins leur accordait dans la demeure spacieuse dont ils étaient les maîtres en qu'on ce monde et un devoir impérieux commande de les satisfaire. — : . sans que rien en fût réservé aux assistants. Souvent on trouve la dalle tumulaire creusée d'une cavité dont le fond est percé de trous : le liquide qu'on y versait. étrangers. 8 . 916 5 Properce. dans ce genre de sacrifice. berg. 1939. Holocaustes offerts aux morts : Fernand Robert. Pascal. : = 4.. 5. 2. De luctu. p. XIV. Dans L'Inde OldenMassé. De resurr. p.

dit-il. persistance ossements d'un homme te prient de ne point souiller le monument qui les : couvre mais si tu es bienveillant. u. notre Catal. XXI). R. 19.38 p. d'Athènes. Symbol. De luctu.. des amis*. lui assurer une monture ou celui de son chien un compagnon fidèle dans une existence d'outre-tombe. I. 1932. Fr. E Cak:a. César. En. Kaibel. I j Schmidt. chez beaucoup de peuples. 314. 405.. 4. III. 16. Necrofoli del Porto di Roma. Epigr. V. 54. verse le vin dans la coupe.. 10. . Mais c'est surtout du sang chaud des victimes que '*. fr. p. 3. qu'elle a perdues" et des croyances semblables peuvent avoir persisté jusqu'à les l'époque romaine. Nous aurons l'occasion de reparler de cette coutume sauvage. 2. le sang du meurtrier comme regorgement de son cheval devait 1. 68. sen. soc. : . p. p. Die Menscheno-pfer hei Gr. des serviteurs. p. tu feras la les pas » '. 3). : 5. IV. V. p.Rel. 8156 . CV. 67. C. Gies- 8. Lucien. dans son épitaphe. 59. : XV. La coutume d'offrir de l'eau au mort est très répandue 199. Cf. Oeconomus. 1942) p.. 4]. de l'eau fraîche pour étancher leur soif inextinguible et les libations d'eau furent. 141 ss. De . De luctu. qui prolongeait celle de notre terre ". Westrup. archéol. .30 LUX PERPETUA ^ . Dussaud. 14 Chez les Mongols ces immolations collectives furent encore pratiquées aux funérailles de Gengis-Khan. A.^ 1926. ch. Dyggve. cit. et parfois sont restées un acte essentiel du rituel funéraire '. : : 6 und Rômern (Rel. Sartori [op. 282 s. bois et donne m'en » ^ Les morts réclament d'abord. P. -profusionis rece-ptaculis (Bibl. cf. dit une inscription romaine. cf. 439 . .H. sculftures Cinquantenaire^.. igi2. p. 35. X. Parfois elles étaient destinées à conserver à celui qui s'en était allé dans l'autre monde.. p.. V. Déjà. p. Eitrem. vn. en 1227. 5 Gaule en Grèce à Rome Schwenn. Relgw. n° 152. 225 s.. Psyché.. promouillant ma cendre de vin. 1940. chez les Thraoes Ibid. Pausan. Âgyptische Sfrache. ossements calcinés . Ou encore. XXIV. 29. 69-75. Brinkmann. infra. n. 7. CV. III. 838 Rohde. âmes sont avides pour revigorer leur faiblesse l'origine ces sacrifices funéraires étaient souvent des sacrifices humains et ces immolations barbares se rattachent aux croyances les plus primitives A de notre race . Servius.. Collections of the Ny-Carlsberg Glyptothek. . 646 Dessau. p. 4. dans l'ancienne Egypte on trouve exprimée l'idée que la momie desséchée et racornie est revivifiée lorsqu'on lui restitue par cette offrande liquide les humeurs vitales . VI. tr. E. Mais combien d'autres textes montrent des anciennes idées « Passant. testé contre cette pratique « de la boue et mort je ne boirai : On comprend En qu'un incrédule ait. \su-pra. si un homme a péri de mort violente. : . disions-nous. E. 8204. Dessau. Ainsi cliez les Scythes en Hérodote. = . f. 19. 19 Lucien. L c. une épouse.71 . Schwenn. Zeitschr. pp. n.]. igai. 1915.

Loisy. 1877. 7. « Death . 166 ss. 5. Meuli. la force de la personne réside dans ses cheveux. Dion Cassius. Gr.etp'jj-Evai SooTpû/ooç Cf. M. 1934. i. I.' la sépulture'. der Griechen (Diss. on chercha à les remplacer par des rites moins barbares. Sommer. s'il toute chargée d'énergie vitale. p.Mûller-Deecke. Sacrifice. 1912.'t)v àTcoy. p. perpétuait une vieille tradition religieuse. — LES VIEILLES CROYANCES 31 ou à son défaut d'autres ennemis devra apaiser l'ombre d'une victime qui L'idée originelle de la vendetta n'avait pas entièrement réclame vengeance à l'époque historique. 205. Héroïdes. Mais l'on a proposé d'autres interprétations de avait versé pour cette coutume de déposer des mèches de cheveux sur le cadavre ou sur le tombeau'' et son existence même est douteuse à Rome^. 344 ss. Selon Denys d'Halie. la durée de ce je ne sais quoi indéfinissable qui végétait dans ce sombre réduit.'jj. [p. 161 . 30. après la prise de Pérouse. Dos Haar ss. . ia^ in Religion und Aberglaube Eitrem. une atténuation du sacrifice de la personne entière. . s. qui est une pratique observée chez des peuples très divers. les femmes déposent sur couche mortuaire TtXo/. Ces idées purent con- une coutume atroce. XI. P.. Selon une croyance très répandue. Philopoemen ayant été mis à mort par les disparu 1^. Nilsson. Messéniens. Munster).cit. tr. Schwenn. Mais primitivement le sacride captifs avait essentiellement pour but. 118.. p. . Lorsque Octave. De Clementia. I. les Achéens firent à ce héros national de splendides funérailles et lapidèrent sur la tombe des prisonniers ennemis 2. //. fr. Die Etrusker. A. 15 . Certains érudits ont pensé que l'offrande mortuaire de la chevelure. Pfeiffer.. p. d'assurer. 3.Ovide. 223 . S. . tribuer à maintenir en vigueur fice d'esclaves ou Lorsque les mœurs s'adoucirent et que le sentiment général réprouva ces homicides perpétrés au nom de la religion. Abh. ce carnage collectif inspiré par la haine politique. pour mieux dire. jour anniversaire de son assassinat 3. dont l'histoire de Samson et Dalila fournit l'illustration la plus connue.. 4. comme lui son sang. p. Ovide. 39 aux funérailles de Virginie. était un substitut ou. Héroïdes.. II. 16.CHAPITRE I. 2. XXIII. c. 7]. Hastings. — Cf. 11 . 64 . v.acrer trois cents notables sur l'autel de César aux Ides de Mars. Suétone. Philo-poem. XLVIII. l.. ». Octave. Offerritus. p. 84 ss. comme plus tard celui des animaux. 0?. 12. 214 et p. et celui qui consacrait au défunt cette partie de lui-même. Les Étrusques pratiquaient en Italie l'immolation de victimes humaines sur Mais la cruauté de cette tuerie affreuse la fit remplacer par des Rohde. cf125 ss.. en versant le sang -sur la tombe. 1. et aurait pu invoquer pour sa justification un exemple homérique^. fit mass. Plut. p. Sénèque. p. 21. p. 23 (funérailles de Patrocle). 43 i 6. pensait ainsi le ranimer. 10. Psyché. n. X. Relig.12 ss..

. Leur exemple fut suivi et ces combats funèbres prirent bientôt une ampleur fastueuse mais l'on n'exigea plus que ce fût une lutte à mort. fut : regardé chez tous les la vie^ la vapeur. p. en Syrie. Mais on ne regardait pas comme indispensable que le sang offert fût humain et à l'époque historique les sacrifices d'animaux au pelage noir s'étaient presque partout substitués aux homicides rituels ^ Ils durèrent jusqu'à la fin le du paganisme et même ils lui survécurent. Ils furent pour la première fois célébrés modestement en 264. était l'âme qui s'échappait du corps avec corps restait-il inconscient et inerte. III. = : . En.. 352 . . où seuls les vaincus périssaient par la volonté du destin V Ces luttes de gladiateurs faisaient partie des cérémonies par lesquelles on les derniers devoirs à la dépouille d'un personnage illustre. ip. .285. Lucrèce. M. 675 V. 221. V. 300 s. III. 1918. à immoler sur les tombeaux des taureaux et des moutons et en Arménie. où ses neveux mirent aux prises trois paires de champions ^. aux funérailles de Junius Brutus. cf.-R. Pour le même motif. p. 2. 96. En. p. Servius. Eitrem. Le sang. Offrande du CIL.. Recueil d'arch. évêques. En. C. 1395 Virgile. Leichens-piel und Votenkult (Rom. sang 7. 416 ss. Clermont-Ganneau. 157 ss. Acad. 52 Dessau. Servius.' zo. p. IV. Opferritus. III. en signe de deuil.. 68 . 78. Rome emprunta à l'Étrurie ces jeux inhumains. on n'avait Malten. 'Chymélé. X. 1420 et holocauste Ferxiand Robert. V. 339' 1.). or. Varron chez Pour Rome. tant Aussi ce quait. Inscr. cf. 454 s. d'une blessure mortelle. 5. p. qu'elle devait au cours des siècles faire adopter dans presque tout le monde ancien et qui y multiplièrent la construction de vastes amphithéâtres pour des spectacles offerts à des foules innombrables. 67. 1939. 6. III. En. p. les chrétiens s'obstinaient. II. qui s'élevait du peuples de l'antiquité comme le liquide tiède et vermeil coulant lui. 3.. 519. Encore au VIP siècle de notre ère. 79 . malgré les objurgations des. et en la répandant sur le tertre ou d'un parent ou d'un ami. supra. où ces coutumes furent! frais était nécessaire ' sanctionnées par le clergé national. de se lacérer que cette liqueur psychique lui manla pierre. VI.. les fidèles restèrent persuadés que les trépassés souffraient dans l'autre vie. en siège de effet. XI. cf. les femmes avaient coutume. L'antique croyance aux défunts se conserva en certains pays avec sang que une ténacité persistante. Servius. qui recouvrait la dépouille jusqu'au sang le visage''.32 LUX PERPETUA combats singuliers. 4. tant on avait conscience rendait qu'en abreuver l'ombre était le but essentiel de ces duels institués en faveur des défunts. 1924.. si aux jours fixés par la tradition. on communiquait à celui-ci une vitalité accrue *. il suffisait que le blessé humectât la terre de son sang.

1256. à apaiser l'animosité amère des esprits 1. Sacrifice. 439. 1910. 838. 45).. infra. Que le vin ait souvent tenu lieu du liquide qui coule dans nos veines. Le' miel a des propriétés antiseptiques. I. ' En Mingrélie : Chardin.) . on en pourrait citer mainte preuve.i6is. Usener. nectar et l'ambroisie. comme des Romains. 720. Rituale Armenorum. E. Bacchus. ce qui suggéra. V. 2. K. Les autres libations qui sont traditionnelles dans le rituel funéraire des. l'idée qu'il prolongeait l'existence des ombres qui l'absorbaient^. la nourriture des dieux . Il pouvait vivifier de même les Mânes à qui on Le versait. par suite on le donnera à ceux qui ont obtenu la renaissance à une vie éternelle. R. Cf..CHAPITRE I. Karl Wys.. u. p.. Voyage en Perse (Amsterdam. les morts s'en rassasient. L'islam n'a pas extirpé vieux rites païens. le lait mélange de et de miel. dont la chair est distribuée aux assistants 2. 4. IV. V. 54 p. v (Mystères). — : 500. 5. 413 ss. V. et ils préparent sur place la victime. ils deviendront pareils aux immortels. u. La mystique dionysiaque est sans doute intervenue ici pour magnifier la valeur religieuse attribuée à l'usage liturgique du qui donne l'ivresse divine et dans grâce à lui. Les anciens se sont pareillement attachés à expliquer : le est. 1914.p. 12 s. (ipium u. Conybeare. Il est la liqueur merveilleuse les mystères assure l'immortalité à ceux qui. p. C'est en vertu de la même Grecs : la association d'idées que Servius interprète les fleurs pourprées qu'Énée jette sur tombe de son père Anchise. comme étant un succédané du sang. Mais le melikraton. 67 ss. Vigne plantée sur la tombe : Kaibel. Efigr.. et les Bédouins continuent à égorger des brebis sur la sépulture à peine fermée. Tarnov. il assure la conservation des corps que l'on en enduit. 3. R. et si selon les Grecs. afin que le 4éfunt en reçoive la chaude aspersion. Giessen. (Relig. etc. de lait. dit-on. Die sakrale Bedeutung des Weines (Relig. p. de miel et d'huile. ss. Honig (dans Kleine Schriften. choix des autres libations a-t-on fait observer. 224 s. Giessen. Die Milch im Kultus der Gr. 3 De . 1893. p. Kircher. comme étant « une imitation du sang où est le siège de l'âme » (p. — LES VIEILLES CROYANCES 33 ces pas fait couler pour eux une effusion tonique'. IX). 88 s. significatione. 171 1). mais son usage funéraire peut s'expliquer par sa propre vertu. Les libations de vin sont souvent mentionnées dans les inscriptions C. Loisy. 1905. On a expliqué l'emploi du vin. Milch u. Berlin. sont possédés par fniit de la vigne ^. rouge comme lui^.. melUsque apud veteres XV)...i72. ch. comme le d'autre part le lait est la nourriture des nouveaux-nés . V. Ou encore la suavité du miel le rendait propre à adoucir l'âpre rigueur des dieux infernaux. doivent produire un effet semblable ce sont celles de vin.

avec le sel comme condiment'^. multipliait souffrir du manque On de subsistance. I . p. tions fussent épanchés jusqu'à lui on avait coutume de déposer sur la tombe des aliments solides œufs. Nicéphore Grégoras. 59. 6. 319. du lait et du miel. p. Cf. p. pain. Mais la variété même des interprétations proposées prouve que le sens originel de coutumes d'une antiquité immémoriale ne paraissait plus assuré à l'époque historique. . tr. creusaient une fosse et y versaient du sang. 32). CXLIX. Culto privato di Roma. 204.375. ss. 193 Pseudolus. fut de sustenter les trépassés à l'aide des mêmes mets que consommait la famille^ et d'infuser une vigueur nouvelle aux ombres fatiguées. pour évoquer les fantômes. De Marchi. Opferrîtus. p. 30). " : précautions pour s'assurer que le mort n'aurait pas à Il ne suffisait pas que les liquides des liba. Cf.. Ce but apparaît clairement dans l'emploi que fait de ces mêmes offrandes la magie. p. c'est qu'ils étaient les aliments habituels des vivants. de lait miellé ou d'huile. 2 12. Eitrem. comme les libations d'eau (p. lentilles. 617. du miel dans le culte funéraire remonte à l'époque reculée où ils étaient une nourriture essentielle de populations encore rustiques. IV. Opferritus. Leur usage est antérieur aux explications mythologiques et aux spéculations mystiques. infra. Ces liqueurs agissaient sur les esprits comme un excitant. . n. Crassus. devait procurer l'immortalité^.34 LUX PERPETUA des morts ^ L'olivier. était en Grèce un arbre funéraire la persistance de son feuillage était regardée comme un symbole de la survie de l'âme c'est pourquoi son fruit onctueux . Les mendiants affamés ne les respectaient pas toujours et venaient y dérober de quoi remplir leur estomac famélique' Comme les sacrifices d'animaux et l'effusion du sang en faveur des morts (p. Les nécromants. du vin. 4. assoupies dans la tombe. I (1896). L'intention première de ces libations. G. qui les faisait sortir de leur torpeur. de l'huile. qui souvent a conservé des notions abolies ou remplacées dans la religion. 11. notre Stèle d' Amibes. 2. 193 Marquardtj Le culte. Plaute. Meuli. En réalité l'emploi du lait. Cf. Ijp. Plutarque. Eitrem. Si on les a offerts aux morts. . 4. 36 . farine. 103 s.. qui ont été imaginées par une étiologie érudite. n. . 3. cf.fr. qui ne fut jamais entièrement oubliée. les oblations d'aliments sur la sépulture appartiennent aux plus anciennes traditions 1. p. 7. fèves. et le sorcier en pro' fitait pour les interroger les '. 5. . Catulle. comme plusieurs autres plantes toujours verdoyantes. P.

pp.. s. Psyché.. en ne leur accordant pas tout ce qui leur revenait. n. Zeîtschr..Oôv~£. pour les Juifs. tome à Antioche P- de saint Jean Chrysoshomil. . p. 18. 34. p. Encore au temps -rcolXol a-rcô x^cptov èiTav£). plus tard au retour de la famille dans la tants les maison mortuaire*. v. comme hôte. Sôderblom. réunis par Sartori. : — (Scythes). 771 s. «f [sw^ra. s. et par la crainte. et l'on pensait même y recevait. Eccli. : Van 236. 153 op. jusque dans le détail. ses parents. s. fr. 68 Lindsay) . Dans le folklore français Gennep. p. En Grèce: A. Relgw. 154 ss./èii. Kirchengesch. en dépit de la transformation profonde des conceptions eschato logiques.p. v. P" ^3°' § 5 5 Hastings. 23. Aussi se gardait-on de prononcer Schrader-Nering. p. XXXVII. IV. v. Mazdéisme. « Ahnencultus ». 5as. Schmidt. « Death ».CHAPITRE religieuses I. n. . X:obie. « Ahnencultus ». I. est celle des repas funéraires. p. elles ont été et sont encore pratiquées les par une large portion de l'humanité. §14. A. 4P5 154 (Grecs). [su-pra. 2]. Un premier repas. 106. Cf. ces usages millénaires testèrent en vigueur. 156 (Étrusques)..77ss. f. 238. 1^90. — Cf. s. p. cf. Rohde. p. 15 s. Gjerstad. on n'eût à redouter son courroux et sa vengeance. cit. La croyance. n. p. tr. etc. Bestatungsbraûche ». maintenus à la fois par l'appréhension pieuse de causer quelque peine à ses proches. Nombreux exemples — — : :. i]. i927. y. 6 : LVn. 161 (Arabes). 486 s.XXV. i. presque universelle. du mort plus forte que tout raisonnement logique. p. n. . Sacrifice. 57 LX. Hastings. Ces banquets familiaux célébrés en faveur du mort remontent à l'ancienne religion aryenne. Schrader-Nehring.. v. Lawson. des pratiqués qui offrent une ressemblance surprenante. p.^ 1928. tr. Bien plus. En Perse N.. 430. 190.. Varron chez Nonius Marcellus. I. G. 181. en Mingrélie Chardin. Loisy.. p. fr. il avait lieu primitivement autour de la tombe même. On constate leur existence dans l'Inde et en Perse comme chez les peuples européens^. que si l'on privait l'esprit de ce qui lui était dû. 426).. ag. 18 a. le silicernium desRomains. 157 (Romains). Ainsi nous pouvons retrouver dans certaines coutumes qui se sont perpétuées' au moyen-âge et même jusqu'à nos jours. Rohde. que le besoin de boire et de manger ayant suggéré des procédés défunts éprouvent nécessairement analogues pour le satisfaire.. après une ablution avait purifié les assisde la souillure contractée auprès du cadavre '\ Le défunt à qui l'on rendait qu'il derniers devoirs était censé prendre part à ce banquet.. 244. avec celles qui étaient suivies au temps du paganisme ^ L'institution où s'est affirmée avec la plus grande ténacité la persistance des anciermes idées sur la vie d'outre-tombe. réunissait les parents immédiatement après les funérailles . iloiaoï^no (In Matth. — LEO VIEILLES CROYANCES J5 de notre race '.^ XXX. 6 j cf. 33. op. le Tcsptoetirvov des Grecs. et s. 1940. 533 ss. 160 (Israélites). . p. XXVI. 48 (I. En Herzégovine Dyggve. § 10. « Food for the dead ». p. p. p. « 3.

v. même s'il ne le méritait pas. 5.et l'on y faisait son éloge. 25 a. 191. Aristote. C. Suppl. 23. VII. Mais les cérémonies funèbres n'étaient pas ainsi terminées. igz7.. Marquardt.. 4. p. i Lorsque des idées moins matérielles Malten. . v. § 10 . « Ker » j cf. Massé. Cf. 26. séparés^. Meuli. p. = . IV. . Hastings. Les « physiciens » nous ont transmis de cet usage une explication encore toute matérialiste ®. t. § 13 . le fait que le décès ne se produit pas d'fun seul coup pour l'orga- nisme entier. 6. 69. Les anciens ont entrevu. offrandes de mets et de boissons. ma note C. 1943) p. ce que la physiologie moderne a confirmé. 808 ss.3é LUX PERPETUA aucune expression malsonnante. pensait-on. offert après l'enterrement dans la maison mortuaire. dont il aurait pu s'offenser. yS'^i A. le neuvième le corps entier se décomposait. s. IV. Relgw. 33. Gandillac.. n. mais la répétition du repas des funérailles à des intervalles déterminés remonte à l'époque où les peuples européens ne vivaient pas encore et '^ . 278 s. Des banquets réunissaient de nouveau la famille autour de la sépulture à certains jours déterminés à Rome la cerne nonemdialis mettait fin au grand deuil en Grèce on festoyait les troisième. Acad. 160 ss. des 1. p. II. p. R. 197 s. Rohde.-R. L'énergie vitale qui animait celui-ci. I. fr. 201. p. septième et quarantième jours. il fallait porter secours au défunt par ' . Ou bien. Inscr. 107 . Schrader-Nehring. L'influence de la le troisième jour le visage devenait lune amenait cette putréfaction progressive méconnaissable.. 242 . C. de plus en plus à mesure qu'il était infecté par la corruption. « Aryan reliChardin. pour être plus certains de ne pas l'irriter par xme parole de mauvais augure. — : — m. n. et infra. p. Un autre tabou archaïque défendait de ramasser les morceaux qui tombaient à terre de la table. p. I. 7.-R. 1918. X. .. cf. p. Culto frivato ai Roma antica. i]. E. Diogène Laërce. 118 et injra. 2. N. s. s. sauf le cœur qui : Aux dates critiques marquées par certains ne périssait que le quarantième chiffres considérés comme sacrés. 33. Usage conservé dans la Perse musulmane p. 378 j De Marchi. . : : . VIII) 3. 34 p. s. 1. N. p. cit. v. s'en détachait. [su-prdi gion ». Offerritus. 180 Rose Athénée. p.. Inscr. D'autres dates avaient prévalu ailleurs. p. 1. éd. ces reliefs du festin appartenant aux esprits des morts \ L'usage d'un repas abondant. maître Eckhart. « Ahnencultus ». Prîvatleben 2. p. 427 e Eitrem.. Schrader-Nehring. des convives craintifs mangeaient en silence -. XXIV. De mortuis nil nisi bonum '. Acaà. C. p. op. p. LyduSj De mens. était si général qu'il a traversé les siècles en bien des pays s'est maintenu jusqu'à nos jours. Cf. 199. p. II. dans la Grèce moderne Schmidt. 231. Dans le folklore français Van Gennep. p. v. 1896. « Ahnencultus ».

126.. 290. 8366. V. Dans les monuments considé/. Cf. fr. p. p. ex. 142. erre sur la terre * . c. Venez ici sains et amis tous ensemble pour un festin joyeux » ^. Dessau. qui les avait fait renaître à une vie glorieuse ^. 193. 8370. 7906 . n. date de leur supplice. 3. [p. 1896. et c'est pourquoi les chrétiens fêtèrent les martyrs à la Ces mêmes ^. 207 . Il Culto frivato di Roma antica. et qu'alors commençait son voyage périlleux trois jours près vers le lieu où elle devait se rendre. CIL. tr. CIL. 1. 43.CHAPITRE se I. 4489 Dessau. A. p. . que vous vous restauriez : ses parents et saufs. mieux conservé dans l'esprit du peuple que dans celui des On croit encore communément en Grèce que l'âme qui s'est séparée du la pendant trois ou même quarante jours et revient visiter maison familiale. mes compagnons. XI. le souvenir de la raison primitive qui avait intro- duit cet usage. = = = I. Sanctus. XIV. 4. 3323 Dessau. etc. dans laquelle on lui prépare du pain et de l'eau et l'on allume une lampe pour qu'elle puisse la retrouver et venir s'y rassasier et s'y corps. 7- 8 CIL. S 6. 8370 CIL. Milan. comme ceux des violettes de fleurs tions ou des rosalies. arrive souvent. p. Cf. testaments. en un latin incorrect aux confrères du collège dont il faisait partie. -. à Préneste. 29. qui considérables à assurer la perpétuité des banmontrent la valeur qu'y attachaient leui^s auteurs. — LES VIEILLES CROYANCES 37 on continua cependant à croire que l'âme séjournait du cadavre. ici sans vous échauffer la bile^' ». : Rohde. s'est clercs. cit. désaltérer la Partout les repas autour de la tombe se renouvelaient aux anniversaires de ^ naissance du défunt .p. — En Grèce 2]. 1927. Bruxelles. VI. 32. les théologiens et sanctionnée Mais comme il invoquèrent pour la justifier des textes bibliques. pp. p. II. 8139. infra. repas se répétaient encore à d'autres jours fixes de l'année. 8090. Un Africain fixé à Rome exhorte de même « Que les dieux vous soient propices. De Marchi. V. ^ Les donations ou Pour prendre un exemple. Sartori. Schmîdt. op. s'adresse l« Je vous demande à vous tous. et des pérégrinations qui se prolonPendant toute cette durée il était nécesgeaient jusqu'au quarantième jour. commémoration des morts jusqu'au quarantième jour fut adoptée par l'Église. Aurelius Vitalis ayant construit un tombeau de famille avec une chambre et une terrasse au-dessus du sépulcre. 26^54 Dessau. où l'on avait coutume d'orner par la sépulture ou encore à ceux qui avaient été prescrits les auteurs de fonda- pour l'entretien d'un culte funéraire consacrent des quets auprès sommes souvent la de tombe ^. saire de lui venir en aide. 43. Cf. CIL. Delehaye. 2. Lorsque la coutume fermement établie d'une triple firent accepter. 69..

1934. 1940. Poulsen. il s'en trouve un qui restait vide. 47. . où les hommes. Cf. « Sedilia circumitum refecerunt ». . 133. Lindsay) : « Locus ubi 1397epulae in funere oomburuntur » . < — .. ses amis. 57. puis autour du lit de parade où l'on avait exposé son corps raidi. Les philosophes croient devoir protester contre ces illusions. râbles on voit souvent {tricliniuni) » une le salle à mangier « testament du caveau soit meublé et reçoive un lit avec des couvertures et des coussins en vue des jours où l'on s'y rassemblera pour les com* mémorations Dans les mausolées. L'on était persuadé que le mort prenait plaisir à une telle société. s. sur ce qui suit Theodor 4. Ces princes s'en aperçoivent-ils et peuvent-ils s'en réjouir ? Mais alors. 2. Saglio-Pottier. 1928.place auprès de ses proches. Dessau. p. ses parents. v. 56. Dessau. bres. ces meubles ont pu nous être conservés et. VIII. C. v. qui le distrayait dans la triste monotonie et le pénible isolement de sa nouvelle habitation. p. Réfléchissant à la vanité de ces soins posthumes. 7869 Klauser. 1927 5. 'Ches.. p. l. Marc-Aurèle note dans ses Pensées Les affranchis de Vérus et ceux d'Hadrien siègent à côté de leurs tombeaux. dans d'autres tombeaux c'étaient des sièges qui étaient réservés aux convives en souvenir des temps anciens. p. Cf. s. 83385 cf. v. Lorsqu'ils étaient de pierre et non de bois. Vit. celui où le défunt était censé prendre. 37. 8379. « Futius ». ses sénateurs restaient longuement assis dans l'hypogée où il était enseveli. L. 354 s^ Cf. Inscr. 198. ces serviteurs eux-mêmes étant voués à la vieillesse et à la mort. E. v. 13 . Comme ils lui avaient tenu compagnie durant sa vie terrestre. La participation directe de l'esprit du mort aux réunions qui avaient lieu iautour de sa sépulture est le fait essentiel qui nous fait comprendre le caractère • : ! 1. que deviendront leuis maîtres privés de leur compagnie ? Puanteur que tout cela et putréfaction *. p. Das Heroon von Calydon. Ces sièges servaient aussi aux visiteurs qui venaient retrouver celui qui s'en était allé. Meuli. Ac. p. Philostrate. 1239. 7947. Marc Aurèle. s. p.. « Culina » (p. — « Héros ». Dessau. à côté de ceux qui étaient occupés par les commensaux. col. les fouilles ont fait découvrir des lits tricliet même une {cuUnà) En Gaule Lingon commande que . . s. 1288. R. Paulus-Festus. mangeaient assis et non couchés*. A-polL. Copenhague. « Sepulcrum ».. 8235. Cabsa.38 LUX PERPETUA aménagée à côté de cuisine la sépiulture ^. 1144 : s. 3. Dyggve. Rhomaios. comme les femmes. Cf. Necrofoli del — Porto di Roma.-R. IV. Die Cathedra im Votencult der heidnîschen und christlichen Antike^ Munster. le naires disposés autour de la table où venaient festoyer les parents de quelque ^ mort héroïsé Avec cette immutabilité qui caractérise souvent les usages funè.

tel. Klauser. et dont ^ la statue ou l'image ornait fréquemment la salle du festin Rien n'est plus éloigné de nos idées modernes sur la sainteté des cimetières et le recueillement exigé par le deuil. l'idée vulgaire qu'on se faisait de l'effet de ces ban« Je me grise d'auquets.. of. CIL. 136. 11. aux dates fixées par ses dernières volontés. De luctu. Ancoratiis. 909. Les convives couronnés de fleurs.. Lucien. 8. 5. 8154 cf. E. 6. en Grèce. Lucien nous raconte avoir vu en Egypte de ces banquets où la momie desséchée était Ainsi survivaient dans ce conviée à se restaurer à la table de ses proches ' . p. lève-toi. comme le pérideïpnon des Grecs. p. 11.. Hercher). : : . aï. 106. comme chez les Étrusques. t. 3. Tel fut. Index. . IV. Pétrone. 5102 Dessau.CHAPITRE ties I. commensaux avaient coutume d'apet au lyè siècle saint Êpiphane sait parmi eux le défunt par son nom « Un encore que les païens interpellaient l'esprit du disparu par la formule bois. toà-^z xat ttce xal = = . Epiphan. 788 4. oints d'essences parfumées* y buvaient à la ronde {circumpotatio) et ne tardaient pas à s'abandonner à une bruyante ivresse. 'Avadta : ô Setva. c. et réjouis-toi » ^ Une épitaphe de Narbonne exprime. 4 (p. XII. p. que ces beuveries et ces ripailles dont le culte des trépassés était l'occasion. L'on croyait que les défunts venaient s'y attabler avec lesi convives et jouissaient avec eux de l'abondance des mets et des v^ns. des cas. beaucoup. . afin que fût assuré au mort le secours d'une nourriture perpétuelle. I. avaient lieu dans le local appartenant à l'association. Holl) Formtiles analogues à l'époque chrétienne E'jœaivQrjTt C. I. . Mais l'on continua à supposer réelle la présence de celui dont on honorait l'esprit. 5 (I. des scènes de festin. cf. : Artémidore. — LES VIEILLES CROYANCES 39 repas funèbres. mange. dans la maison mortuaire.. 140. 65. sous une forme plaisante. Ne croyons pas que ce soit là des excès tardifs dûs au relâchement des moeurs romaines. les peler ".Dessau. n. Pétrone. Parmi les banquets que les confréries célébraient en l'honneur de quelque fondateur décédé. dès l'origine. car une ombre de mangeur pouvait se contenter d'apparences de mets. pays sous les Antonins les antiques croyances qui. était si profonde qu'elle En bien persista même lorsque ceux-ci se détachèrent de la sépulture. 21. où le mort recevait sa part de toutes les rasades tant plus avidemment dans ce monument que je suis obligé de dormir et de demeurer ici » *La conviction que le mort venait prendre sa part des victuailles consommées et du vin absorbé dans les repas funèbres. 26. Onirocr. Jusqu'à l'époque romaine. l. 8374 8375 1. ils furent transférés. longtemps auparavant y avait fait représenter sur les parois des hypogées.

VI. Cf. 2]. celui du repas des funérailles i. [supra.. atteste avec quelle fidélité scrupuleuse étaient encore observés. XXXII. Rohde. — Sartori. en et ces chères 1. L. se consolant ainsi de la tristesse de son sort. Aug.. I. 29. De morib. et pour ainsi dire à chaque heure. un breuvage d'immortalité. 2 .. cit. Cabrol-Leclercq. 22 {P. 4. p. 540. « Tu appelles. De testim. Z). ne profitaient pas seulement aux morts mais aussi aux vivants par l'effet d'une confusion entre elles et les orgies bachiques. Lucien. s. j^ ÇP. Saint Augustin^. l'autorité ecclésiastique toléra un usage général. en bien des pays. $. v. se faisant — — une religion de leur voracité ébriétés et de leur ivrognerie ». 7. Il condamne « ces intempérantes dans les cimetières. Cabrol-Leclercq. tr. 819 ss. s. 779 2. p. Tertullien. par lesquelles une foule jouisseuse et ignorante croit honorer les martyrs et consoler les morts » ^ Les évêques italiens n'interdirent pas avec moins de rigueur ces débauches sur des tombeaux '. I. nous le verrons dans la suite. Aug. car les esprits des morts étaient puissants et vindicatifs. of. des familles ou des collèges se réunissaient dans leur tombeau commun pour y fêter quelque anniversaire en y consommant le repas funèbre. fr.40 le caractère LUX PERPETUA des banquets mortuaires et tel est resté. Les populations restaient fortement attachées à des pratiques dont l'omission leur eût paru non seulement impie.. Nulle cérémonie de la religion païenne n'était aussi universellement célébrée que celle du culte des trépassés dans les régions les plus diverses de l'empire. E-p. « boivent avec grand excès au-dessus des morts ce sont ses propres termes et qui servent des repas 1^ des cadavres et s'ensevelissent eux-mêmes avec ces corps ensevelis. 11 s. ss. Aussi n'est -il pas surprenant que ces usages aient persisté à l'époque chrétienne malgré les efforts du clergé pour les combattre*. anintae. Civ.. fr. Chaque jour.. 19 ss. 92). p. 34. Van Gennep. Et vraiment. les morts sans soucis {securos). 19 « Agapes ». é. Mais en Orient. dit encore Tertullien^. 1342). et se contenta de prohiber l'abus du vin. Z. Cf. à la façon des païens. cf. eccles. pour les participants. où le vin était. cf. 3. p. p. lorsque tu te rends au tombeau avec des vivres et des friandises pour t'y faire en réalité des offrandes à toi-même et que tu en reviens gris ». 6ii Rose. les rites consacrés par une tradition millénaire 3. . morigène ses ouailles qui. cath. Augustin. qu'elle ne pouvait déraciner. L'on se figurait que le défunt participait à cette liesse et à cette ébriété.. ç. p. . Sous les Antonins l'opuscule de Lucien sur le deuil. . mais 'dangereuse.. ces frairies.. l. p. XXIII. n.. Aristote. 4. De luctu. Psyché. jusque dans leurs détails.

80 ss. où l'esprit conservateur s'affirme avec tant de force. La grande évolution religieuse qui assura en Occident la diffusion des mystères orientaux. 2.. III. croyait-on toujours. VI. au lieu où reposait le corps qu'elle avait quitté et pour quelque raison secrète se réjouissait des hon- . p. cit. VIII. op. p. p. A-post. « C. 29. « ces rites sont ce qu'il y a de plus vieux dans la race indo-européenne et ce qu'il y a eu de plus persistant » *. Dôlger.. 292 Novelle de Valentinien. . Religiv. 172. Fustel de Coulangesi Cité ant. . et n" 23 (éd. — — 4. d'esclaves et d'affranchis originaires du Levant vivaient en Italie et dans les provinces latines. 3. l'a des Perses et des Hindous vivaient déjà noté Fustel de Coulanges. Italiotes. Il et Murko. 2]. Anth. de soldats. C. 1. p. 42 . Constit. 12^ éd.. et leur exemple trouva de nombreux imitateurs dans la population métissée des villes et des latifundia. — LES VIEILLES CROYANCES 41 recommandant une modération dont on avait souvent lieu de déplorer l'absence Elle exigea de plus qu'une partie du festin fût distribuée aux pauvres. » En Grèce : Gjerstad.CHAPITRE I. Ils continuèrent naturellement à suivre pour les funérailles et les honneurs rendus aux défiants les coutumes de leur} patrie. de 447 ap. remontent au temps où Celtes et les lointains ancêtres des Grecs et des des des Slaves. a survécu jusqu'à nos jours la coutume non seulement de déposer de la nourriture sur les tombes. XXVI. Pal. 154 ss. Mommsen-Meyer) nescio qua sorte rationis occultae : sepulcri honore laetantur. mais encore d'y festoyer avec l'idée que de quelque façon mystérieuse les morts participent à ces repas et y prennent plaisir». 18 s. cf. notamment en Grèce. Ainsi dans un grand nombre de pays chrétiens. * * * sur les Libations nutritives et sacrifices sanglants. VIII. mets déposés et repas célébrés tombes. Dos Grab aïs "Cisch. N. s. Mais ce ne sont pas les seuls dont nous constaencore tions l'existence en commun. (1888). Comme dans la Rome des Césars. 1936. — Cf. p. 1928. Lawson. Une foule de marchands. Amant animae sedem corponim rellctorutn J. 17. A. XXV. {supra. 63 ss. ne pouvai^ rester sans influence sur les manifestations de la piété envers les trépassés. p. Gregor. toutes les pratiques du culte des morts que nous avons signa- lées jusqu'ici.. . La foi en une immortalité spirituelle se conciliait tant bien que mal avec le culte sépulcral. Chez les Slaves. C. Ibid. 535. 167. neurs rendus à la sépulture et '. p. Au ciel l'âme restait attachée. Sartori. 1927.. n. Schmidt.. Aussi voit -on apparaître en Europe.. p. 170. même dans ce culte des morts. 166. A.

Pendant morte saison.. 4. d'aromates. Stèle d'Antîbes. ibid. dont la verdure persistante sem- branchages semblables à la jonchée où être le présage ou la garantie d'une survie après le décès. Sommeil des morts. pensaient-ils. Dans leur dernière demeure les défunts reposaient sur des ' . 3. L'usage de déposer des plantes vivaces dans les tombeaux se maintint à Rome et en Gaule. Laborde. où elles étaient des ce sont en particulier les offrandes usages pratiqués depuis de longs siècles : de fleurs. t. s. Symbol. Les m-onuments de la France. p. « une couche de branches de laurier et les ossements d'une femme. 1942. et ce type La même association sculptural fut vulgarisé en Occident sous l'Empire d'idées établie entre le sommeil et la mort fit adopter l'antique coutume d'inhumer le corps sans cercueil. Seurin Bordeaux. cf. tandis qu'après le trépas elle propagea la doctrine orientale de la résurrection. elle enseigna que le juste dormait en paix dans sa « maison éternelle » en attendant la grande revivif ication . l'avait quitté passagèrement. une puissance mystérieuse les rendait invulnérables à la morsure du gel et sous leur écorce glacée conservait dans leur cœur une chaleur vivifiante . ss. étendu sur un lit de feuillage ^ Une telle pratique nous reporte à l'époque reculée où l'homme n'avait pas d'autre couche que cette aii^y-ç.. 24 . 360-367. mais sont empruntées à l'Asie et à l'Egypte. 2. Lorsque le corps était plongé dans l'in- sensibilité du sommeil. des pendant essences comme l'olivier. de cierges allumés. elle parut apporter la promesse d'une pérennité semblable pour la dépouille refroidie de l'homme. le laurier. qui conservent à perpétuité blait la : 1.. 10 ss. ils s'étaient assoupis pour se délasser leur vie. Les Grecs ont fait d'Hypnos et Thanatos deux frères jumeaux. souvent associés dans la littérature et dans l'art i. rapporte à qu'en 1812 on trouva. même après la disparition du * et jusqu'au XIIP siècle les interprètes de la liturgie chrétienne paganisme le vieux rite funéraire comme l'avaient fait les anciens si l'on met expliquent dans le sarcophage ces tiges de laurier ou de lierre. 388 Sur ce qui suit. Symbol. » [Note communiqué par la M'^e de Maillé]. Cf. dans une vieille tombe chrétienne du cloître de St. 2.42 LUX PERPETUA maintes formes de la dévotion qui n'appartiennent pas à l'héritage d'aïeux autochtones. L'Orient imagina d'exprimer l'idée du sommeil de la mort en représentant le « gisant » couché sur le couvercle du sarcophage. pp. le lierre. p. p. devait s'en séparer définitivement.. On choisissait de préférence. puis encore une couche de branches de laurier et les ossements d'un homme et enfin du laurier dans le fond de la tombe. pour cette litière végétale. cf. Il. son âme. p. Quand se de l'humanité. dont nous allons tâcher de préciser l'emploi et la signification.

17. Ces vieilles croyances expliquent que les survivants aient pensé faire une œuvre agréable aux Mânes de leurs proches en entourant le lieu où ceux-ci reposaient. ils vivent quant à l'ârae i. d'un jardin. qui commandaient aux dieux et aux morts. E-pist. 1943. suit résume les faits exposés dans un mémoire communiqué le 15 déc. agrémentés de plantations. 2. Seules les incantations des magiciens. puisque. CCII. Cette coutume paraît avoir été étrangère à la plus ancienne religion romaine. On donnait. C. • s'épanouissaient des fleurs parfumées et mûrissaient des fruits savoureux. le poids de la terre et les emprisonner dans l'espace resserré du sépulcre". car celui-ci n'est pas un reclus cloîtré dans une étroite cellule 2. P. cf. X.A. p. On a montré que les jardins qui depuis la fin de la République. Inscr. 5. dans lequel verdure de leur feuillage. X2heod. L'on prendra soin aussi d'embellir de plantations des mêmes végétaux funéraires les abords de la « maison éternelle » qu'habite l'esprit du mort. cf. C'était surtout aux alentours des tombeaux que la crédulité populaire voyait apparaître les revenants dans la pénombre de la nuit. Ainsi un jardin entourait le p. p. Julien. Surtout il en fut ainsi de ceux qui environnaient les sépulcres et où l'on aimait à faire éclore une profusion de fleurs*^. Stèle d'Antibes. Declam.4963. Grimai.tpta) et cette appellation indique suffisamment leur origine hellénique. I. înfra^ IV. car les prescriptions du vieux droit pontifical l'excluaient.. mais il pouvait circuler auprès de son logis obscur. Elles défendaient de remuer la terre ou d'arracher le gazon sur l'humble tertre consacré aux Mânes en bordure du champ familial*. 4. 179. 1944 à l'Académie des Inscriptions et qui n'a pas encore pu être publié . œl. 86 ss. . 5. aux enclos funéraires. 48 ss. étaient une combinaison du jardin de plaisance et du jardin de rapport. . commencent à former autour de Rome une ceinture verdoyante. rafraîchi par l'ombre épaisse d'arbres touffus. R. Boyancé. Cf. qui devait être appelé à xme si haute Rational de Jean Beleth.. Sans doute était-il ramené vers sa demeure souterraine par la nécessité de se nourrir et de prendre du repos .CHAPITRE la I.E. Quintilien. V. — LES VIEILLES CROYANCES 43 c'est pour suggérer que ceux qui y sont ensevelis meurent quant au corps. lointains prédécesseurs des parcs romains. 17^6 7 = Cod. 1944. Les « paradis » perses.^ IX. dans P. se sont développés à l'imitation de ceux de l'Orient s. Paris.. 25 ss. pouvaient appesantir sur ces derniers. cf.... fanum élevé par Cicéron à sa fille TuUia . cf. Il en fut de même sur une moindre échelle des « cépotaphes ». R. 164 . Les jardins romains . XLVI. s'ils ne périront pas. sous l'Empire. Ac. L. le nom de cépotaphes (x'/jTCOTC/. auxquels on trouve parfois appliqué ce même nom de « paradis ». Ce qui 1944. 6.

cette couche odorante était une imitation. Avant souvent dan?. on en tressait des couronnes ou des guirlandes qu'on déposait sur le sarcophage ou qu'on fixait sur la stèle portant l'épitaphe *. mais au lieu de la simplicité d'une civilisation encore rustique. } Lattimore. l'esprit des anciens. dont la piété des survivants l'es trépassés assurait l'entretien. pareillement il fallait. Mais l'on pensait aussi pouvoir ainsi ranimer le mort et lui rendre une vitalité qui l'avait abandonné. 65 ss. Le produit de l'enclos funéraire. 128 ss. . Au le d'en préciser souci scrupuleux que prennent les vivants d'en fixer l'étendue. Mais les cépotaphes avaient aussi un but utilitaire et ces fondations combinaient avec un souci religieux un intérêt pratique. p.44 LUX PERPETUA fortune. Mais des idées adventices approfondirent la signification qu'on attachait à ces plantations. tout émaillé et parfumé de fleurs. Eitrem. De même que la close. séjournait avec satisfaction dans un lieu charmant. on peut mesurer l'in- de la conviction que leur ombre prendrait l'origine. et saient tout. sans doute la croyance commune était-elle plaisir à s'y délasser. croyait-on. Ces soins accordés au disparu lui faisaient plaisir. joncher ne se contentait pas d'en fraîchement coupées la pierre tumulaire. aux dates consacrées. assurait le maintien indéfini du culte qu'on y célébrait. simplement que la mort. Comme la jonchée de branchages. Deux conceptions inconciliables se confondaient envers et ils purent se figurer que les ombres jouisdans leurs « paradis » champêtres des mêmes délices qui récréaient les Élus dans les Champs Elysées. le vin et surtout les fleurs que réclamaient en abondance certaines cérémonies. qui se perpétua longtemps. d'en assurer la pérennité. et il en était reconnaissant à ceux qui ne l'oubliaient pas. il fournissait les fruits. Le jardin funéraire fut disposé avant tout pour récréer les ombres reléguées dans la lugubre solitude de la tombe et mêler quelque agrément à leur morne tensité survie. Les jardins dédiés aux dieux Mânes plus tard aux âmes héroïsées devinrent la figure terrestre du séjour des bienheureux dans l'Hadès. dans la maison étemelle. Mais il arriva aussi qu'on étendît le corps inhumé sur un lit de fleurs. p. tombe l'oblation des aliments devait être renouvelée à perpétuité sur de fleurs On parsemer la sépulture. voulait que le mort reposât sur une litière de plantes vivaces. elle reproduisait la somptuosité d'une culture raffinée. de celle qui était en usage dans la demeure des vivants. décor. I. A de quelque façon imprécise. 0-pferritus. Nous venons de voir qu'un vieil usage.

Servius. Sulpice Sévère. le. VI. enguirlandé de cette fleur purpurine. accordée sous l'Empire au commun des mortels avec une libéralité étrangement accrue. un pin représentant le dieu mort. La doctrine de certains mystères . selon la légende phrygienne. contrepartie de celui des violettes. même immor- Les rites mortuaires ont survécu souvent aux raisons qui les avaient fait naître. ces rosalies appartenaient au culte indigène de Dioen Orient on les avait rattachées à celui d'Adonis. Dépouillés de leur caractère païen les rites charmants que consacrait une tradition atavique. dont la sagesse des écrivains ecclésiastiques avec quelque dédain la futilité. 10234 Dessau. En Thrace et en Macédoine. En.. Cathem. Ambroise. 3. 18 (P. 642) . s'attachaient espérances.. des roses.. célébrant cette fête fleurie. vint préciser cette antique croyance. L. Dial. 5 (P. continuèrent à être pratiqués à l'époque chrétienne. ou comme un réconfort propre à adoucir le ^ort caractère de l'obscurité du tombeau. — LES VIEILLES CROYANCES. à n'être plus qu'une marque de piété ou de respect envers celui dont on voulait honorer la mémoire. le jet des fleurs étant misérable d'une ombre végétant dans l'hommage que souvent une manifestation profane de sympathie ou d'allégresse. L. elles devaient revigorer l'ombre anémiée.. i6g . croyaient assurer à leurs proches la talité qu'avaient obtenue les divinités qu'ils servaient. = : . 1. . III. où il apparaît tardivement. ubi est sedes animae ». XVI. aâ Pammachîum. Saint Jérôme. les mêmes Au dies rosae. XX. et les mystes en nysos . 56 (P.. Il se réduisit même. « Ad sanguinis imitationem. et le 22 mars. née du sang d'Attis. L'usage de couvrir les tombeaux de roses a probablement été emprunté par l'Italie. 2. en lui opposant la vraie spiritualité chré^ La foule continua donc à répandre sur' les tombes des défunts qui lui tienne avaient été chers. p. X. L. elle tenait lieu et les tiépassés qui en étaient ainsi comme asperges devaient participer à la résurrection d'Attis. était porté au ' on avait coutume d'aller le dies violae temple du Palatin. 45 On semait de préférence sur la tombe des fleurs rouges. en choisissant de préférence C'était tolérait . LXVI. Ce même jour — — du sang divin jeter cette offrande printanière sur les sépultures . Efist.. offertes. XXII. Il prit le la religion prescrivait envers les divinités. à l'équinoxe du printemps. Lorsque se vulgarisa dans le paganisme la croyance à l'apothéose. 1376). La violette était. aux pays helléniques. 222) Prudence. don des guirlandes et des couronnes ne fut plus regardé comme un secours destiné à prolonger l'existence précaire. des violettes et des lis. 7213.. De obitu Valent. 79 CIL. V. dont on couronnait les statues et les autels. nousi apprend Servius i. Cons.CHAPITRE I. p. une coutume populaire. « à l'imitation du sang où est le siège de l'âme » Comme lui.

8. 2. on reproduisit pour ce principe hellénisant un genre ' d'offrande déjà habituel pour les rois de Juda un millier d'années auparavant. — — . dont les anciens Perses avaient donné les premiers l'exemple. . II. 19. Plut. Ant. mais qui était devenu commun à tout le monde romain. j V. Emploi de l'encens. Stace. 186. Eitrem. L'une et l'autre furent empruntées par les Romains à parfumés comme elles ' . p. elle demeura persuadée qu'un être aimé obtenait par ces soins quelque réconfort. 210 133 s. 38. Si une orthodoxie rigoureuse le niait. honosque et ad defunctos pertinere coepit. 18. ia8 ss.. 53. p. .5 II 199 . 82 ss. § roi Asa. II.46 LUX PERPETUA et des fleurs pourprées. 156 ss. dans le cortège pompeux qui conduisit Hérode à sa dernière interdirent dans leur édit la vente des unguenta exotica ce plaisir olfactif triompha de la sévérité des gardiens '.. La profusion ne fut guère moindre aux funérailles de Sylla qu'à celles d'Hérode^ et elle fut avec les notes de Vollmer j Lattimore. cf. . lud.. Chroniques. cf. XIII. En particulier l'encens était employé. 34.» 1. 7. 944-904) . XIII. 3 etiam honestissima vitae bona admissa est . en 190. Silves. Ce geni'e de volupté fut admis « parmi les biens de la ce sont les paroles de Pline * vie les plus appréciés et les plus distingués et l'on commença à honorer ainsi les morts ». VII. l'Orient hellénique. XXI.j : 5. 8.. C'est seulement au temps des successeurs d'Alexandre que se répandit en Italie l'usage immodéré des parfums. elle admettait au moins que les vivants pussent ainsi chercher quelque allégement à leur chagrin. 2. Pline. Lorsque. 14 (inhximation du Chron. XVI. Les grains d'encens qu'on réservait aux divinités étaient peu de chose à côté des monceaux d'essences dépensées en pure perte à l'occasion des obsèques sur toute l'étendue de l'empire". 3. « Postea voluptas eius a nostris quoque inter lautissima atque 4. cf. cinq cents esclaves porteurs d'aromates accompagnèrent le corps étendu sur la couche mortuaire. Ibid. Josèphe. aussi bien dans le culte funéraire que dans celui des temples " Bientôt les familles opulentes rivalisèrent de munificence dans la recherche des produits les plus rares de pays lointains pour des funérailles fastueuses. 198-205. 3. i. Jérémie.. 24. i. Sylla. Pline. 6. Après la défaite d'Antiochus de Syrie. H. XVII. i. L'oblation funéraire de fleurs était souvent conjuguée avec celle d'aromates. l'engoûment pour cette mode coûteuse devint tel que les censeurs Mais la passion pour de la morale. 3. XIII. Offerritus.. XII. comme en Orient. mais pour celle-ci Pline nous fournit des précisions qui manquent pour celle-là^. N. I. demeure. Pline.

Fastes. l'usage des essences aromatiques eut-il pour but de rendre moins écœurante la fétidité du cadavre ou d'en empêcher la décompo- ou bien. la lumière des lampes et des cierges (p. Ou bien encore on brûlait l'encens ou le nard à la flamme de la lampe allumée sur la sépulture". XI. VIII. 15 (Sévère). des jouissances les plus appréciées des vivants. : : : Même idée en Perse Darmesteter. 3. II. qu'ils avaient aimé crut aussi que les fumigations d'encens et d'autres aromates. Apulée. Servius. 59. 5. III. — LES VIEILLES CROYANCES. p. 97. VI. On répandait les parfums sur le cadavre. En. Ovide. 83. 138 (Vendidad. 646. 2. 9. 6. Hérodien. i. 2. 54. VlII. 156 ss. Stèle d'Antibes. Z^ristes. de comune senteur pénétrante la puanteur des chairs rôtissant sur le bûcher Mais cette protection contre des odeurs nauséabondes ne peut expliquer tous les rites où interviennent les parfums.. » CIL. Voyage en Moscovie. lorsqu'on pratiqua la crémation. 379. La tombe scellée. 69 . à l'origine. III. 562 . hostiles et protégeaient l'esprit du mort Enfin quand la divinité des Mânes eut. p. Fastes. était une 1. . 561 . comme démons et renouveler pour eux un plaisir raffiné. 201 ss. p. II. D'autre pari la fumée des aromates. XI. 7^. 10248 Cf. Quand l'emploi de ces parfums devint une sition par l'embaumement . 35 Stace. et les archéologues. ceux-ci voulurent la faire partager aux défunts sur la terre. Olearius. « Encens ». s. 80). par la vulgarisation de l'apothéose. Cabrol. 3. .. on continuait à y répandre ^ ou la statue les huiles de senteur. 54.. 9052 (Auzia) « Lucerna lucens ponatur incenso imposito. comme l'éclat des lumières. en même temps qu'on consacrait à son effigie fleurs et courronnes. 32 . XII. Pline.CHAPITRE dépassée par le lit I. 45). 6. MarX. ''\ Sans doute. VI. note que les Russes parfument le corps de myrrhe et d'encens avant de l'inhumer. été égalée à celle des Olympiens. « Statuam terg[eat et unguat]. 11. on les déposait à côté du corps dans la fosse enfermés ou le sarcophage. 216. 47 Néron à celles de Poppée^. Silves. Ovide. v. 4. Poppée : tial. Martial. » CIL. les parfums brûlant dans les cassolettes ou sur les autels devinrent. z . III. i . "^ battre par . De magia. . III. 18. Kaibel. Stace. E-pig. ont ainsi recueilli une quantité prodigieuse de flacons ou d'ampoules ayant contenu des baumes odorants. de l'exposition ^ ou sur le bûcher on les mêlait aux ossements sur dans l'urne cinéraire^. Eitrem. Zend-Avesta. p. des manières de même que la consécration des fleurs (p. à s'en servir pour oindre la stèle sépulcrale du défunt à défaut de ses membres réduits en poudre ". Zheb. 46) mettaient en fuite des On contre leurs attaques''. Offerritus. n. en fouillant les nécropoles et les hypogées. une de manifester sa piété envers les trépassés comme envers les dieux. 1727. p. VI. I.

4. 142. m. p. Eitrem. 41-47). Voir Digeste.p. où présence tout n'était qu'apparence et illusion. pas nécessaire que ces lampes fussent allumées . on la rallumait à certains jours déterminés. 1928. p. La con- ception primitive toute matérielle. Cf. que l'on rendait aux personnages honorés par des cortèges. né à la vie éternelle''. R. « Lychnapsia » Ôtto. de même. Opferritus. c. Opferritus. p. Cabrol. 293. il suffisait. Aupaij/ta. Seyrig. 1. VII. 1915. . 10. dans leur obscure demeure. qui n'avaient plus de l'homme que la forme. qui sont la procession triomphale de l'Élu. Bien des siècles avant la fondation de Rome. 93 Salem.. Rusch. « Encens ». 243. Aux esprits des morts. sufra. elles avaient été développées par la religion égyptienne. Nous avons traité ce sujet dans un artide Pétrone. de même que les offrandes d'aliments et de fleurs doivent être renouvelées périodiquement à Fextérieur de la tombe qui s'est refermée sur les restes du défunt (p. 332 . cf. des lampes. pp. s. sur Les lampes et cierges allumés sur les tombeaux. habitant la nuit de la tombe. R. d'un semblant de luminaire"*. Ce sont lampÈs. On l'entretenir aimait à faire briller perpétuellement cette flamme. 150-164. p. Il paraît probable que les mystères alexandrins répandirent Cabrol. 566 ss. on y placera une lampe ou des cierges^.48 LUX PERPETUA forme d'hommage purement profane. Priester tif^"Vempel im hell. . XL. et l'encens fut ainsi admis dans les funérailles chrétiennes. XIII. que les fouilleurs ont retrouvées en quantité innombrable dans les nécropoles de toutes les régions du monde ancien". rien n'était plus indispensable que la lumière. « Cierges ». 4. . I.. J. Relig. Eitrem. 1937. 276. « Lamp'es ». V. p. 165. Inscr. mais de pseudoà des fan tomes. 142 s. RHRel. 1838. 5. 2. • 3. Mémoires Acad. des idées mystiques et symboliques furent attachées à cet acte religieux. . ss. p. Raoul Rochette. pp. . igo8. V. Pour la leur fournir on avait coutume de placer à côté d'eux.. v. n.. s. 44). 3. JHS. resta celle qu'on continuait ainsi à fournir au mort la clarté dont il avait besoin et cette idée naïve a persisté jusque dans le folklore moderne'. « Candélabres ». ou si l'on ne pouvait constamment. Rochette. 44 2. dépourvues de tout orifice pour y introduire l'huile. On y trouvera la série des inscriptions qui mentionnent cette pratique. XXVII. qui a paru dans les Mélanges offerts au cardinal Mercati (t. où !'« allumage des lampes » à la tombée de la nuit fut toujours un acte essentiel du culte des morts comme du culte des dieux*. p. 6. 563-571 . Suppl. Aeg. p. n. Comme d'autres objets du mobilier funéIl n'était suffisait raire ces petits vaisseaux d'argile sont parfois inutilisables. 153 ss. v. XCIII..E. Mais. dès une époque reculée. 27.. z^ série.. leur seule à dissiper les ténèbres dans ce séjour des ombres. Rushford. Toutefois.. l. S.. vv. orient. p. . cf. pour y voir clair. p.

11° 17) .. Dans la célébration des mystères. « Illumination » Cf. 2. rîtus p. XV. f. 14 . 4. 1915. On trouve en Egypte. p. Principe de vie. Elle devient dans les spéculations des exégètes la sagesse a gardé en français une double acception. Samfundet Upsala. Rushford. 69-75. Blackman. elle tire les êtres animés de l'engourdissement du sommeil . le même souci apotropaïque pourraient suffire à expliquer la présence d'un luminaire autour du tombeau. et la même intention prophylactique. Diimichen. Toute cette symbolique qui. de porteurs de torches. igi2. l. à Rome. sans doute est-ce aussi à l'Orient que le funéraire latin a emprunté les interprétations qui donnaient à cet usage une signification plus haute. L. *«!: (Skrifter human. la succédant à l'obscurité. Eitrem. Sfrache. S. que paralyse la torpeur d'une existence amoindrie. p. XX. C. Cf. XXI. Zeitschr. Aegypt. est l'acte suprême qui précède.. des démons malfaisants hantent la surface de monde la nuit ténébreuse y étend ses voiles. lorsqu'on expose le cadavre dans la maison. Suivant la croyance vulgaire. C'est peut-être lumière même aussi afin d'obtenir une protection contre des puissances hostiles que le convoi funèbre est accompagné. et Dûmichen. ibid. Pour motif. son retour ramène à l'aube l'activité sur la terre. p. a donné une signifi-cation eschatologique à la flamme entretenue sur la sépulture. durant des siècles. elle aussi. affirmée dès le Moyen Empire. Ibid.CHAPITRE I. elle réveillera de même les morts. Déjà les vieux textes égyptiens affirment explicitement que la flamme qu'on fait brûler pour le défunt. ]. . c. — LES VIEILLES CROYANCES 49 dans le monde romain ce rite qui n'y apparaît dans les inscriptions qu'à une date relativement tardive et sporadiquement . . explique l'importance attachée à ces veilleuses tremblotantes qui procure le salut. la lumière rend l'homme impérissable et le divinise. R. 3.. Erman. autre symbolisme. Opfer5 1. N. et ils sont mis en fuite par rayons du jour naissant^'. V. 11 ss. même le jour. pour l'initié. les esprits maléfiques et protège contre leurs entrela conviction. assure la survivance de son esprit et lui confère *. matérielle et spirituelle.. que prises. La lumière de l'aurore ne chasse pas seulement les esprits des ténèbres . 149 ss. on allumera des torches ou des cierges auprès de la couche où il repose-*. Mais un. les quand cette le est une protection contre les ennemis qui menacent le mort ^'. la terre. infra. fut un thème à variations infinies. Ce mysticisme fut indéfiniment développé par les du paganisme^. Cf. 164 ss. De là est née la ^croyance qu'une lumière premiers artificielle écarte. Gillis Wetter. la lumière qu'on une immortalité divine théologiens introduit. plus subtil. révélation parfaite. p. 155.

1928.. « parce qu'il ne faut pas troubler le repos des âmes saintes » tant les docteurs lumière *'. éd. s. interdit d'allumer des cierges le jour dans les cimetières. 45 {Rerum natur. ii. et en particulier la vie dans la tombe. de que cette flamme pouvait interrompre le sommeil des trépassés. fumigations sont des formes d'hommage rendu aux trépassés qui datent matin*.que la jonchée de fleurs purpurines devait. lorsqu'il leur naissait un enfant. p. LXI.50 LUX PERPETUA dont on entretenait la lueur à proximité des morts. Mirabilia. XCVII.. p. on y fera brûler une lampe ou un cierge s. Z^hes. cf. Mais l'effet de la lumière qu'on entretient près de lui. car lorsqu'agit la magie sympathique. VI. Apollonius. « Cierges ». s. 10248 == Dessau. CIL. et empêche celle-ci de s'éteindre. v. et l'on saisit ainsi le motif qui a fait associer les deux cérémonies de la lycknapsia » et de !'« anthoboUa ». 3. E. prescrivent qu'à la fête des roses. 1615. p. t. XII. convaincus que le bébé obtiendrait ainsi l'Église eux-mêmes restaient persuadés une longue vie 2. 8366. allumaient une série de lampes. 193 1. BCH. RHRel. T)2>) . col. 58 ss. col. 15. Une curieuse notice d'un paradoxographe grec rapporte que les fleuristes 'avaient l'habitude de faire brûler la nuit une lampe à côté de leurs violettes « ou de leurs couronnes. scriptores. Des chrétiens d'Antioche. et choisissaient jK)ur le nouveau-né celui du lumignon qui s'éteignait le dernier. l. en même temps qu'on sèmera celles-ci sur la sépulture. Paul Collart.. Cabrol. fleurs. 54). Les inscriptions nous apprennent que les lampes sépulcrales servaient souvent à brûler de l'encens ou d'autres aromates^ et les émanations de substances odorantes se mariaient avec le parfum des roses et des violettes. Plusieurs inscriptions de Macédoine. Lumières. C. 1. comme la libation de sang. 5. I ad Cor. Keller. 1508 . 30099 = I. L. p. Nous avons vu (p.. l. p. . canon 34 j cf. ei^ imposant à chacune un nom. au temps de saint Jean Chrysostome. Il serait aisé de multiplier les citations montrant que la croyance populaire conserva jusqu'à l'époque chrétienne l'idée de cette relation établie entre la et la vie. est identique. « Cereus ». ranimer le mort. 7 (P. 105). Mansi. CIL. VI. pensant leur conserver ainsi leur fraîcheur jusqu'au A l'origine de cette pratique superstitieuse on trouve toujours la même idée que la lumière entretient la vie. Seyrig. LV. qu'il s'agisse d'une âme désincarnée ou d'une plante coupée. vers l'an 300. V. II. Un canon du concile d'Elvire. Le sens mystique attaché à l'illumination de la tombe permet de comprendre certains rites qui l'accompagnent. 275 ^ 4.. de petites causes peuvent produire de surprenants effets. Jean Chrysost.. 862. 2. homil. qui dormaient dans leur dernière demeure en attendant la résurrection finale. In efîst.

cereis et profusionibus » chaque cf. p. s. Pour l'orthodoxie chrétienne. /. ~ LES VIEILLES CROYANCES S i en Italie d'une époque où. i6i s. Bmgham.. ces cérémonies ont été liées aux croyances les plus primitives en la survivance de l'être humaini là où étaient enfermés ses ossements ou ses cendres. 3. Tibor Nagy Archaeoîogiai Ertesito. Church. E. s. 1878. I. Mais avant d'être conçues comme des actes liturgiques. 52). 1836 j 3 ss. p. 5 (P. v. les convois funèbres continuaient accompagnés de torches ou de cierges. s. II. 3^ série. Mais elles furent acceptées ou tolérées dès que. où revivaient les âmes en plein jour. ad Hebraeos. furent-elles condamnées par les autorités ecclésiastiques comme entachées de paganisme*. t. tel l'usage cierges. elles cessèrent de paraître dangereuses pour la foi. {Bonnet Jahrb. 174]. « Cierges ». brûler des essences aromatiques dans les temples. Cabrol. Jean Chfysostome. Cf. la lumière étemelle. Uae que ce dieu inscription de Salsovia (Mésie) consacrée au Soleil veut. sur l'ordre de Licisoit adoré à anniversaire « ture. 1614. col. R. G. qui supposaient le cadavre doué encore d'une vie latente. Cf. Homil IP in Epist. îùizs. ZtiH (identité de la lumière et de la 4. l'idolâtrie vaincue. « Candélabres ». exprimant la vénération pour un défunt déifié. « Chandelier ». . que l'âme a abandonnée. de les allumer périodi-i quemenc sur la sépulture ^. v. or. 117.. On vit se des maintenir ainsi les coutumes consacrées par la tradition de placer des lampes. ... Londres. et ils sont communs au culte des morts et au culte des dieux i. Illuminer à l'aide de lampes ou de ou des couronnes. V. Sur le rapprochement *iiS vie) . [n. susceptible d'être constamment ranimée. il reste seulement dans la fosse du cimetière une dépouille inerte et insensible. antiq.. c. of the christ. Rushford. II. 1908. = 'H s. Cabrol. flambeaux ou des cierges autour du lit mortuaire ou du catafalque. pour marquer que le jour du trépas était celui d'une naissance être glorieuse et les obsèques purent ainsi être rapprochées des cortèges des triom- phateurs \ Mais en dépit de ces interprétations pieuses d'exégètes autorisés. LXIIIjp. 233 s. Origines ecclesiasticae. de les déposer dans les tombes au moment de l'inhumation. Aussi toutes ces manifestations de la piété envers les défunts. expliquait-on. les vieillesi croyances qui avaient de tout temps fait déposer des lampes dans les tombes. . l'apothéose dans la pensée des survivants.Toutefois les théologiens donnèrent de ces antiques coutumes une interprétation plus conforme à la religion nouvelle et la lampe funéraire devint le symbole bienheureuses^. p. Pareillement jà de si. et s. égalait à la divinité l'homme vertueux ou éminent. v. . offrir des guirlandes étaient des rites très usités des luminaires. S. c'était.CHAPITRE I. en signe d'allégresse. a. « Luoerna ». 1587. 43).S. v. p.

963 V. p. fr. « Ut nomen eius aeterna lectione celebraretur hoc monumentum 3. Lattimore. il entendait qu'on lui accordât les jouissances matérielles. car tant que son nom vit dans la mémoire des hommes. n. Psyché. 1198 Stace. . p. Les foules ne renoncèrent jamais à l'idée que. Il s'afflige de la dou^ leur de ses proches et les engage à la modérer 2. p. CIL.-C]. dormait dans sa dernière demeure et se promenait autour d'elle. L'adoption d'une religion nouvelle ne rompit pas la solidarité qui liait les générations et n'abolit pas la foi archaïque qu'elles avaient héritée de leurs aïeux. : Voten1. dont la privation l'aurait fait souffrir . vivait un être mystérieux qui. buvait. dans la tombe. il savait apprécier toutes les près de lui. Ainsi. J. Car si le mort se trouve soumis à toutes les nécessités humaines. Gardant une sorte d'existence corporelle. 59 [100 ap. bien des rites de ce culte primitif des morts. 6. en Orient. 'Il n'a point cessé d'être sociable et recherche la compagnie de ses anciennes connaissances. s'il ressent vivement les injures. qui répondaient à des sentiments instinctifs plus puissants que toutes les objections de la raison ou de l'orthodoxie. les objets qui lui étaient familiers commodités qu'on lui accordait. Il éprouve de la bienveillance ou de l'hostilité. ni les doctrines des théologiens ne purent faire renoncer les esprits simples à des croyances ancestrales et à l'Islam. c. [p. 361). 25128 vocare [ad super]os iterum vivam fce sospite semper. il voulait qu'on l'éclairât dans l'obscurité de son logis. E. et se venge de ceux qui le négligent. tous les soins que l'on prenait pour rendre plus confortable sa maison éternelle. Cf. 242 ss. se perpétuèrent à travers toute l'antiquité et même survécurent en Europe au triomphe du Christianisme. II. qui remonte à la préhistoire. C. et se plaisait à retrouver. 50. à celui de Ni les enseignements des philosophes. . 1223 iiistituit»j CIL. Sartori. tr. dont la présence le distrait et le console. 66. Cf. 546 s-i . 3]. Jacobsen. il appartient encore au monde supérieur et n'a pas péri pour lui tout entier *.. il favorise ceux qui ne l'oublient pasi. 71. Elles devaient s'y transmettre à travers les siècles jusqu'aux temps modernes''. p. Paul Collart. même si une logique rigoureuse pouvait juger leur co existence inconciliable. Il lui plaît d'être appelé par son nom. des usages séculaires. V. 118 Lattimore. il est animé aussi de sentiments humains. 2. /. VI. 170 ss. E. de la reconnaissance ou de la rancune et. Feuer und Licht in Gebraûchen {Zeîtschr. continuait à a^ir comme il le faisait sur la terre. p. p. : = = Brehlich. Rohde. de quelque façon incompréhensible. Il mangeait. aiy ss. i.52 LUX PERPETUA ne purent être éliminées de la mentalité populaire. il réclamait une nourriture et des boissons qui pussent apaiser sa faim et sa soif. Silves. Cf. 7956 * Sique voles] semper dulci me voce C. XVII. I. et les conceptions naïves qui l'avaient inspiré. fur Volkskunde.

on l'a souvent remarqué. herba [. 3. Lollius » ^. 1886 (Kustendil) utd^o'jfftv àir' ia-zoï. tous ceux qui vont et viennent de la cité ou vers la cité » ". 326. Nos morts reposent dans des cimetières écartés et paisibles. = : . afin que les passants lui disent Innombrables sont les inscriptions où le mort prend la parole et s'adresse à ceux qui s'arrêteront devant son monument * il console ceux qui continuent à l'aimer. au défunt. la connexion* pas rompue entre lui et son entourage . p. Ils voulaient. mes amis. Les disparus ne cessaient point de se mêler à la vie de leur famille^ ils restaient en communication avec leurs parents et amis. Domaszewki. Friedlânder. : — : Portez- ou encore « Salut Fabianus — Que dieux vdus accordent leurs bienfaits. Mitt. 4. Strasbourg. et vous. qui se réunissaient périodiquement autour d'eux. 8139. 8129 ss. nâvxai. ne pouvant consacrer tout leur temps du moins de le mettre en rapport avec beaucoup de monde. s'efforçaient comme l'ont expliqué les philosophes. vivez de nombreuses années 1. 1098 «Viridi requiesce. X. Souvent il engage avec eux un dialogue il non point. Sittengesch III. Lollius « Bonjour. avait pas de solution de continuité entre l'heure qui précédait et celle qui suivait son décès. ou bien il fait part à ses successeurs de la sagesse que son expérience de la vie lui a acquise. que les dieux vous soient propices. 2.. XI.CHAPITRE Le défunt I. dit une épitaphe. Quo praetereuntes admoneant et se fuisse et iUos mortales ». cf. aorj/ Is'jffaw ?] elffopôw Cf. que les idées antiques différaient le plus des nôtres.. 385.-R. p. vous qui me couronnez ou me jetez des fleurs. p. lit-on ailleurs. p. voyageurs. ans Oesterreich. 5357 CE. — . €sse : . p.Dessau. 123 ss.. Inscr. Lattimore. Dessau.. 6746. fe'cot epig. 947. à côté de cette route. Unteritalische Grabdenkmàler. C'est à n'était cet égard. « Je vois et je regarde. là où se pressait la foule affairée et où résonnait le bruit des chars sur un dallage sonore. « jOn a placé. Les Romains plaçaient les leurs le long des grands routes à la sortie des villes. r^Bï Tcpo. 6. 230. où aucun vacarme ne doit troubler le recueillement de visiteurs affligés.. 8130. i<)i8. CIL. viator. cf. cf. mais au contraire faire oublier le leur à ceux qui n'étaient plus. en les mettant au bord des chemins les plus fréquentés. Arch. allez et revenez sains et saufs . » *''. remercie ceux qui s'occupent encore de lui et leur exprime ses souhaits de bonheur. 1967 . rappeler ainsi aux mortels la de leur destin i. il n'y. — LES VIEILLES CROYANCES 53 n'était point retranché de la société des vivants. C. et l'Index. Acad. neu fuge si tecum: coeperit umbra loqui ». à vous qui vous arrêtez près de Fabianus. fragilité : : répond à leur salut et à leurs vœux vous bien dans le monde supérieur ^ les : « » Que la terre te soit légère. Sur les vivants conversant avec les morts. 1902. et ceux-ci. 5. Ibid. Pagenstecher.

les réponses obtenues varieraient sans doute à l'infini. sensibilité. la dépouille qui est l'objet de sa sollicitude de quelque façon mystérieuse. toutes ces pratiques d'autrefois sont restées en vigueur en bien des pays. qui l'avait engendré. que l'on reproduit aux funérailles ou dans les cimetières. On fête le défunt à l'anniversaire de sa mort. Offrandes d'aliments et de boissons sur la dalle périmées itumulaire. fêtes générales où l'on accueille les âmes des trépassés. Mais le commun des hommes ne peut se défendre de l'idée ingénue que sous la pierre gazonné. qu'un moyen de manifester pieusement par des signes extérieurs leurs sentiments intimes et de marquer la durée de leurs regrets et de leurs souvenirs.54 LUX PERPETUA Mais si les modernes n'établissent plus comme les anciens la liaison perma- nente de rapports répétés entre les habitants des nécropoles et ceux de la cité. pour eux. à l'orner de couronnes et à allumer des lampes ou des cierges en l'honneur de celui dont les restes achèvent de se dissoudre dans le caveau funèbre. sans le savoir. Si l'on interrogeait les foules qui viennent fleurir la tombe du soldat inconnu ou y ranimer 'le la flamme. ne sont plus. la dépouille qui gît dans le tombeau livrée à la pourriture. scellée ou le tertre y. banquet le jour des funérailles. si. mais la force de la tradition . Les gestes consacrés. les maintient. sans s'en douter. et qui font revivre ainsi. comme de son vivant on le faisait à celui de sa naissance. Les soins rendus à la sépul- ture n'ont pas cessé de lui être accordés. pour les esprits éclairés. Les sentiments complexes que chacun éprouve en accomplissant ces actes rituels se diversifient suivant la mentalité des croyants ou des sceptiques. bien des usages qui s'inspirent des convictions n'ont pas été abolis. et le folklore abonde en survivances du vieux culte des morts. repas périodiques des parents sur la ne garde aucune sépulture. où il restait en communion cons- tante avec ceux qui venaient le réconforter dans sa morne demeure. Les raisons qui ont établi ces coutumes ont disparu. culte antique des héros. le vulgaire demeure fidèle à cette religion des morts qui de toutes fut la plus primitive et la plus universelle. où le mort n'aban- donnait pas cette terre. reste sensible . même par des incrédules on continue à cultiver des plantes autour de la pierre mortuaire. Ces pratiques ont perdu pour eux la signification concrète et la portée réelle du temps lointain où l'on croyait généralement qu'un être animé des mêmes sentiments que nous et soumis aux mêmes besoins séjournait là où étaient déposés ses ossements ou ses cendres. Sur les foules traditionnalistes les conceptions qui régnaient aux âges les plus reculés de l'humanité n'ont pas perdu leur empire et.

si inconciliables que fussent en réalité ces deux croyances. . p. 5. et celle d'un empire souterrain soumis à des dieux chthoniens. 5. 1188. p. 64. sa porte est celle de l'Hadès lui-même ou de la route qui y conduit^.. Mânes. 16. 433 ss. 588. antre immense peuplé de la foule des générations qui ont quitté le monde supérieur. Rohde. — LES VIEILLES CROYANCES 55 III. Lucien. 36.. En s'accomplissait il répondait à une foi vain voudrait-on préciser par quelle voie si profondément ancrée dans l'âme populaire qu'on l'acceptait sans essayer de le justifier. de qui dépendait la fertilité des campagnes et qui commandait aussi au peuple des Mânes **. 9 et 19. . luctu. par un prodige inexpliqué. la tombe est l'antichambre de leur habitation permanente. C'était en réalité celle accomodement. letier. p. 563.. — Les Enfers souterrains. Plésent. 62. cf. « Totenreiche ». 2. v. Ovide.CHAPITRE I. fr. GalMême contaminaJacobsen. 1. Chez beaucoup de peuples l'idée de la persistance de la vie humaine dans le tombeau s'est élargie en celle d'une existence commune des trépassés dans le sein de la terre. 6. 56 . Rohde. n. constamment le culte funéraire. — 3. réconforter les ombres au-delà Jusqu'à la fin de l'antiquité. ss. pp. Symbol. . 562. 168 Schrader-Nehring. les notions d'une survie des défunts dans le sépulcre et dans les Enfers 2. Cicéron. qui tentait de concilier deux traditions ancestrales : un du tombeau. . I. tr. IV. demeure éternelle du mort. fr. Les libations et autres offrandes versées ou déposées sur la pierre du Styx^ il tumulaire vont. Properce. IV. on crut à ce miracle. I. Met. t^usc. p. C. 3 . et souvent l'on trouve ainsi associées et confondues. Parrot. La coutume de l'inhumation avait fait supposer que les esprits des morts vivaient quelque part sous le sol sans qu'on eii précisât le lieu^'. soupiraux de cette cave obscure. § 4. Culex. p.. La prison obscure où ceux-ci étaient enfermés communiquait aussi avec le inonde des vivants par des orifices naturels. L'ombre ne reste pas confinée dans l'étroite demeure où repose le corps elle : descend dans une vaste caverne s'étendant à l'intérieur de notre globe. E. . 4. même dans les épitaphes et chez les écrivains latins. La sépujture n'est plus désormais qu'un lieu de passage. s. 481 et 511. 244 tion en Babylonie. que renouvelait . De tr. 3 . 168 s. p. par lequel les âmes s'acheminent vers leur résidence définitive ^ .

« Divination ».. R. v.) mise en relation avec les Enfers . par où Énée descendit vers le Styx. Virgile et les origines d'Ostie. inconsolables d'être privées de la clarté des vapeurs meurtrières. 205 ss. elles mènent une existence anémiée dans le morne désœuvrement d'une torpeur à demi consciente. où des ombres inactives et débilitées perdent jusqu'à la connaissance de leur dégradation dans l'engourdissement de toutes ténébreuse réclusion leurs facultés s. On retrouve la même croyance en par exemple dans la région volcanique de Naples. ool. v. 24. d'une tristesse infinie. Oraculum ». appartenaient à l'empire des morts. elles ont cru que des lieux où parfois la vie était menacée par la vallée et que les essaims y pouvaient remonter vers la lumière. au cœur de l'Apennin. selon la Nekyia de l'Odyssée. C'est pareillement celle d'une Chez les l'humanité trépassée. 339 s. d'Albunea (non sur la route deTibur. p. s. Les Grecs donnaient à ces issues du domaine de Pluton. E. s. dont elles viennent avidemment s'abreuver. au lac Averne. 2. dont Charon gardait l'accès. cf.. Elles ne se raniment. p. du Shéôl n'est pas plus consolante. n. que si le sang des victimes. R. 179. E. antiquaires de France. mais 3. 216 . 1941. 4. selon les plus anciennes croyances. leur rend une vitalité momentanée^. p. v. les noms de Ploutôneia ou Charôneia "-. Ganchinietg.). « « Charôneia ». p.-R. les ont attribués aux divinités chthoniennes . végète misérablement. « Katabasis ». ^w 5. Des populations primitives. 2378 ss. Homère ne cesse de plaindre le sort de ces âmes dolentes. 434 ss. p. Carcopino. vivotant dans la pénombre. à Cumes où l'on consultait un oracle. 1940. Cf. IV. Cf. frappées par certains phénomènes merveilleux de la nature. supra. de l'Ampsanctus. près desquelles souvent on croyait pouvoir évoquer les ombres pour en obtenir des réponses*. C'étaient généralement des lieux oi\ jaillissaient des eaux chaudes venues des profondeurs. s. La croyance à la vie future dans l'antiquité Israélite. Voyages Même conception chez les pays des morts {C. Simulacres étiolés. 309. d'esprits infernaux du jour et d'avoir quitté la société des humains. Source sxilfureuse près de Lavinium. sans communication avec les vivants. des grottes d'où s'échappaient entrées des exhalaisons méphitiques. p. Lods. et Sémites la conception que se sont faite les Babyloniens de l'Aralou les Hébreux. Bull. 34. les cratères qui vomissaient le feu des volcans.. Acad. où 1. Phéniciens ViroUeaud. 1919. p. — : . où les malades pratiquaient l'incubation près d'une source sulfureuse^. et clans Italie. La condition de ceux-ci dans le lugubre séjour où ils sont confinés est. infra. Saglio-Pottier.. Inscr.5^ LUX PERPETUA de l'Hadès.

21. Les vieux Romains étaient un peuple d'imagination courte. p. à l'antique religion aryenne. et leur mythologie est toujours restée rudimentaire.CHAPITRE I. Tandis que le culte du double. ils formaient une foule anonyme. ainsi qu'au cadavre. nous l'avons vu (p. 35). un roi qui laissait une grande indépendance à ses sujets. s. peu enclin aux rêveries poétiques. ». . Orcus. Cette ombre devait aller rejoindre ses pareilles qui s'étaient enfoncées dans le ténébreux séjour où régnaient les dieux d'un empire chtho- nien. E. R. par les fables pittoresques des Grecs. à peine individualisée. bien que son origine puisse remonter déjà à la préhistoire^. « Orcus ». Telle fut aussi la croyance primitive de Rome. I. Il en a été ainsi de celle des dieux du ciel et de la terre. Si une forte tradition avait enseigné des doctrines précises sur la survie des âmes dans l'Orcus. 37 . Longtemps on s'y représenta comme semblable aux grottes obscures qui se creusaient dans les mon- une vaste caverne hérissée de rochers et plongée dans d'épaisses ténèLes Mânes qui y étaient relégués n'eurent d'abord qu'une vie grégaire esprits dépourvus d'initiative personnelle et que le langage ne nommait qu'au pluriel. et plus encore de celle du royaume souterrain. une figura sans caractère tranché ni aucun relief. que le langage confond avec sa personne ^. autant qu'elle l'a été. appartient déjà. 48. l'idée que les divers peuples indo-européens se sont faite des Enfers diffère considérablement et témoigne d'un développement particulier à chacun d'eux. Vusc. Cicéron. . nautonier du Styx. dont le temple vient d'être retrouvé sur le Capi- 1. gardant dans le tombeau une vie indécise. Veiovis. était lui-même un souverain beaucoup moins agissant que le Hadès des Grecs. Nous ne possédons de lui aucune représentation plastique et on ne lui rendit jamais aucun culte. s. 2. elle n'aurait pu être supplantée. 16. 3. 39. L'idée que des juges infernaux décidaient du sort de l'âme selon ses mérites. v. n'ayant guère plus de consistance que les fantômes fugaces qui voltigeaient autour des bres 1. « Aryan Religion. aussi étrangère à l'ancienne religion romaine que celle de Charon. Schrader dans Hastings. l'ombre ne pouvant rester attachée. r. tombeaux. dont il interdisait à certaines ombres le passage. On a conjoncture que la substitution de l'incinération à l'inhumation avait contribué à répandre cette conception nouvelle de la vie d'outre-tombe. — LES VIEILLES CROYANCES 57 rOrcus tagnes. Plus effacés encore sont les traits d'une du vieille deité italique. à la poignée de cendres qu'on enfermait dans une urne chétive. le maître était monde souterrain.

Car la vie d'outre-tombe reproduisait celle de cette terre (p. comme la lumière. Héliod. gica com. 8 . Ce poutôle. // tempio di Veiove (Bull. paganisme romancier Héliodore partage encore la même croyance'.. cf. C. 3. archeolo- . ils participent au même culte funéraire . les esprits refusent avec une fidélité remarquable. aux « dieux parents » qu'on s'adresse pour qu'ils consentent à recevoir parmi eux l'âme de celui qui descend dans l'Orcus. 2. l'étranger qui ne l'a point pratiqué ne peut se mêler à eux dans la tombe*. Des âmes sont là qui m'écartent. 12. 00mm. n. ihU. et dont certaines conceptions se sont conservées à Rome les rites. Si un corps n'a pas été inhumé ou incinéré selon de recevoir le défunt. IV. N. LXX). //. C. 46. sans doute parce que celui lures et qui n'a pas lobtenu des funérailles religieuses n'est point purifié de ses souilque son contact serait dangereux. 71 ss. XXIII. 194a. 4. N. et que celui qui n'avait pas été enseveli dans le sépulcre de ses pères n'était pas admis dans leur société aux Enfers. A. dit Veidôlon afin que je passe les portes de l'Hadès. * . ombres des défunts. antithèse mais on ne voit pas qu'on lui attribuât un C'était aux dieux Mânes euxpouvoir bien défini sur le sort des trépassés mêmes et spécialement aux parents du mort qu'était reconnu le droit d'accueillir ou de repousser celui-ci. c'est vieux droit gentilice était encore en pleine vigueur.. V. qui lui montraient le chemin de sa pompeusement par dernière demeure. » Et à la fin du « de Patrocle à Achille. voir leur appartenait depuis l'époque lointaine où les Indo-Européens n'étaient point séparés.-M. Aulu-Gelle. L'exclusion qu'ils peuvent prononcer nous fait remonter jusqu'aux temps lointains où. L'on s'explique que dans ce milieu social soit née la croyance que le nouveau mort devait aussi être accueilli par ses ancêtres défunts dans l'autre monde. c'étaient les Mânes de la famille qui se chargeaient de conduire leur parent jusqu'au séjour souterrain qu'il devait de même dans le cortège funèbre il était précédé habiter à jamais avec eux les images de ses aïeux. N. C.. Bien plus. m'éloignent. Aux origines de la littérature grecque ^ cette exclusion est déjà prononcée dans l'Iliade « Ensevelis-moi au plus : vite ». 53. lorsqu'il se présentait à la porte des Enfers. Les membres de la gens ou du yÉvoç ont un tombeau commim.58 LUX PERPETUA On l'opposait à Jupiter du dieu bienfaisant de le dieu maléfique des ombres. (trad. Sous l'Empire le thème de la réception des trépassés par : 1. Mazon) . Elles m'interdisent de franchir le fleuve et de les rejoindre. cf. 68). cf. cf. Sur ce qui suit. le le A Rome. et il se rattache à ce culte des ancêtres qui a été commun à tous les peuples aryens. Colini. IV. p.

Elle ne disparaissait pas à son décès. Aspetti. 1572 CIL. 1034. Autres textes analogues Brehlich. Efruskische Disciplin. qui devait servir à établir la communication entre les Enfers et le monde d'en haut. monde terrestre et d'abréger leurs Ces antiques conceptions de la puissance des esprits des morts et de jours leurs relations avec les vivants eurent beau être obscurcies et même éliminées par de nouvelles croyances eschatologiques. = . . élargi et vulgarisé par la rhétorique. à montrer des personnages illustres accueillant le mort qu'ils voulaient Mais ses origines. L'idée que les ombres habitent une demeure commune. grâce au secours femme par le qu'accordaient à son ombre les « dieux parents ». elles devaient se propager à travers les siècles dans la foi populaire et l'écho affaibli en est perceptible jusqu'à la fin du monde antique. nous ramènent jusqu'à l'antique religion aryenne. 763 3. IX. p. 18 ss. Gôteborg. 1224 C. 175 C. on le voit. = ss. Suivant une tradition que les Romains empruntèrent vraisemblablement aux Étrusques^. lorsqu'on fondait une ville nouvelle. Ces Mânes propices seront des divinités tutélaires qui favoriseront leurs descendants en cette vie et les préserveront des maux qui les menacent dans protection accordée par la gens à chacun de ses membres était une que si l'un d'eux périssait victime d'un homicide. se termine vœu ainsi te Je souhaite que les Mânes des tiens te concèdent le repos et Mais à ces mêmes Mânes on attribuait le pouvoir d'approtègent » : « ' . VI. C. devint un des motifs habituels introduits dans la composition des « épicèdes » ou « consolations » et il fut amplement développé par l'imagination des poètes. 1909. 19874 E. ihid. La si stricte. E. 8393 CIL.CHAPITRE les I. 25. L'individu obtel'autre. Lucrèce. . peler à eux ceux qui devaient quitter ce ^. VI. Cf. Les colons y jetaient les prémices de fruits ainsi que d'autres offrandes et aussi une motte de terre de leur ancienne patrie ils établissaient ainsi le contact rompu avec les Mânes de leurs aïeux. VI. Selon toute probabilité cette fosse était : 2. mais se prolongeait au-delà de sa vie terrestre. = : — . nait ainsi du groupe social auquel il appartenait une sauvegarde que ne lui assuraient pas encore les lois pénales de la cité. — LES VIEILLES CROYANCES 5? dieux Mânes dans l'Elysée. qui se plurent louer. L'éloge funèbre d'une noble qui avait sauvé son mari proscrit à la fin de la République.. p. Dessau. cf. 1. 6986 CIL. cachée dans les entrailles du sol. III. la venobligation detta contre le meurtrier devenait un devoir pour ses proches. existait dès les origines de la cité c'est ce que montre unJ : rite de naïveté grossière qui avait gardé une forme archaïque. Thulin.^ Index. E. on creusait au centre une fosse.

Religions exp. Que ce peuple se soit beaucoup préoccupé du sort réservé aux morts dans l'au-delà. Si l'on s'en tenait au témoignage des monuments. L'éclectisme figurés d'un peuple resté énigmatique nous la preuve sensible. cit. 428 ss. Thulin. p. célébré en Étrurie avec une pompe comparable à celle de l'Egypte. v. l'on procédait à cette cérémonie l'Orcus était alors ouvert et les morts avaient le libre accès de l'atmosphère aussi étaient-ce là des jours funestes {religiosi) où toutes les affaires étaient . 3. p. comme la calotte du ciel de là le nom de mundus qui lui était donné i. 57 ss. A la clef de voûte de ce caveau inférieur était posée. 302 . ZJopogr. croit-on. 1912. 2. suspendues. 1. et le culte funéraire. Basanoff. « Inferi ». p.. Ils ont décoré de luxueux caveaux funéraires de tout ce qui pouvait servir à la commodité ou à la distracpassait tion des été déposés. 1914. dès que les corps y avaient Mais ils ont cru aussi à des Enfers souterrains peuplés de démons Dîct. L'influence de ceux-ci sur les institutions politiques et religieuses de la cité latine. . AJA. Quoi il qu'il en soit de l'origine du mundus. leur est certain que la reconnue par les Romains eux-mêmes. Controverses sur le Mundus et sa situation à Rome Platner-Ashby.. R. Roma Antica.25 . V. considéré le tombeau comme la demeure du mort. le l'orifice de 5 octobre et le 8 novembre. les faces d'une foule de sarcophages et d'urnes cinéraires. III. Il centra monumentale. : : col. dont malheureusement aucun fragment ne nous est parvenu. ombres qui devaient les habiter à jamais. : . Prétendu Lugli. 1942. . le 24 août. II. Trois fois par an. Dieux des Mundus du Palatin romains. première transformation qui modifia à Rome les antiques croyances héritées de lointains ancêtres fut celle des Étrusques. on constaterait d'abord que les Étrusques ont. que de l'existence d'une littérature sacrée traitant des Enfers. qu'on pouvait soulever pour livrer passage aux esprits. Latte. cela ressort aussi bien des peintures et des sculptures qui décorent les parois d'imposants hypogées. of the Roman feo-ple. le lapis manalis. Fowler. est détails serait souvent vouloir expliquer accueillant. 4 s. p. S. 391 . 1542. p. une pierre.. dont les obscurum -per obscurius. s.éo LUX PERPETUA formée d'un puits vertical aboutissant à un caveau cintré. 1946. J. s. a été imité par eux dans mainte cérémonie rituelle. Mais chercher à préciser cette action dans ses voisine. qui est un sujet de controverses. of. R. a aussi introduit des éléments étrangers dans ses apportent conceptions religieuses et en complique singulièrement l'étude. E. ainsi que les Romains. Fowler. Le mystérieux Tagès monuments pour avoir composé des libri Acheruntici ^.

propagés par p.-C. près de Bolsène". Die antiken Malerei. Ducati Rendiconti Accad. F. GaUi. Enfer étrusXXIV. les décrets du Destin s'accomplissaient inéluctablement. Van Essen. — 3. furent introduits de la Campanie à Rome (o2>. Charun. p.. Supra. en invoquant les représentations de pierres gravées. Hexirgon. les Étrusques en Campanie.. et Storia delV arte Etntsca^ Index. XXIV. t. p. Les combats de gladiateurs furent chez les Étrusques des jeux funèbres. montre . elles les âmes humaines pouvaienr être divinisées et acquérir l'immortalité devenaient ces dii animales. de l'autre le sacrifice 1. Gemmen. grâce à l'immolation de certaines victimes à des dieux déterminés. p. Heurgon. on pouvait cependant retarder l'échéance fatale de dix ans pour les individus.CHAPITRE I. nous révèle que si. 19 17. suivant eux. sous l'Empire. probablement répandues dans l'Italie centrale par le fameux oracle nécromantique de Cumes * en Campanie^ Furtwângler semble avoir démontré. III. cf. 1942. Un des plus signi- ficatifs est le et beau sarcophage découvert à Torre-San-Severo. Ed. où le sang des combattants revivifiait les âmes des morts. Capoue -préromaine. lent L'influence grecque et sa combinaison avec les traditions nationales se révèen Étrurie daris une foule de monuments funéraires. Did orphie influence on Etruscam 'Cornbpaintings exist ? 1927. 515 ss. . C. ces combats de gladiateurs. p. D'autre part le peu que nous savons du contenu des « Livres sur l'Achéron ». 2. 428 ss. d'une descente passagère dans l'Hadès et d'une réunion finale de l'âme avec les dieux célestes avaient été accueillies en Étrurie. dont Cornélius Labéon continuait encore. où les Mânes des défunts étaient menacés par des démons affreux et protégés par des génies bienfaisants. Bruxelles. cf. 32.5 s. dérivé du nom de l'Achéron. — 1915. « Demoni » que en Campanie. Opinion opposée soutenue par C. cf^. qui paraît dater du lli^ siècle av. Les deux longs côtés sont occupés : d'une part l'immolation des par des représentations qui se correspondent prisonniers troyens par Achille sur la tombe de Patrocle. 203. 5. — LES VIEILLES CROYANCES éi monstrueux dont le réalisme de leur art s'est plu à accuser l'aspect horrible et qui devaient dans l'autre monde châtier impitoyablement les réprouvés i. que le prétendu Tagès y exposait certaines croyances helléniques. pp. 4. p. Ces doctrines grecques s'y étaient étrangement amalgamées avec les croyances à un monde souterrain. Suivant M.). 30. de trente ans pour les Etats. avant de devenir à Rome un spectacle cruel de l'amphithéâtre'^. de Ruyt. v. «. 430SS. Furtwangler. J. 1934 . Monumenti anticM. II. Le titre même de libri Acheruntici. Weege Etruskische 1921. Lincei. J. que dès le V^ siècle les doctrines pythagoriciennes de la métempsycose. Supra. Ces livres enseignaient aussi comment. 254 ss . à s'occuper longuement.

3. 126 ss. Cette puissante cité paraît avoir. 1939.. avec une indication curieuse des Champs Elysées. Cf. Gr. Ces images. 147-232 . d'où sont venus à proximité de l'Averne. p. Les archéologues ont constaté l'exis- — — tence de rapports étroits entre la mythologie infernale de l'art étrusque et celle de la Grande Grèce. du me siècle. vraisemblablement sous l'influence du prise . lorsque nous parlons d'une pénétration de doctrines étrusques dans l'eschatologie des Romains. 1920. tels que Pluton et Perséphone. Cet exemple on pourrait en citer Circé. ch. archeol. 1925. peut-être une allusion à la métempsycose. p. et l'évocation des ombres des morts par Tirésias. pythagorisme. 2. Rel.. féminine de l'autre. WuiUeumier. Ces doctrines pénétrèrent à Rome dès une époque reculée. 1924. C'est en effet de l'Italie méridionale qu'elle a dû recevoir les mythes qui transformèrent sa foi en la survie dans les Inferi. XIV. Culti e mitî délia I. dès le milieu 1. Symbol. II. pp. dernière fille de Priam. 218 ss. Storia délia Magna Grecia.62 LUX PERPETUA de Polyxène. Magna p. Dissert. Ainsi. rom. 56). bien d^autres montre combien les légendes helléniques s'étaient étroitement mêlée? à la démonologie étrusque dans une religion syncrétique. 29. Cf. . . n. pourrait-il déjà s'agir en réalité de croyances helléniques reçues par cette voie indirecte. 539 ss. Grecîa. Nilsson. i. figure^ ailées portant des serpents. où l'on plaçait une entrée des Enfers (p. Florence. masculine d'une part. Ciaceri. Gianelli. 4. probablement par l'intermédiaire de Cumes. II. sur la sépulture d'Achille. Les petits côtés sont décorés de deux scènes tirées de l'Odyssée le mythe de : changeant en animaux les compagnons d'Ulysse. p. Accad. les doctrines relatives à la destinée de l'âme dans les demeures profondes où elle devait descendre. D'autre part la grande métropole de Tarente était devenue le siège principal de l'école pythagoricienne et les découvertes par les fouilleurs de nombreuses images de divinités dionysiaques et infernales ont prouvé la place importante que le culte funéraire y tenait dans les préoccules livres sibyllins et qui était située pations religieuses*. p. sont placées entre deux démons étrusques. sér. 677 ss.. qui a été aussi l'inspiratrice majeure des conceptions que Rome se fit du monde souterrain. 776 ss. les représentations de l'Hadès sur les la présence fréquente d'images grandes amphores apuliennes du ive-iiie siècle des dieux chthoniens. v. sur les terres cuites archaïtout indique l'importance qu'avait ques de Locres et d'autres cités helléniques dans la religion de la Grande Grèce. — Pi- !• . Albizsiati.. X^arente. t. La découverte dans ce pays des tablettes ou lamelles dites « orphiques » qui devaient servir de guide au mort dans son itinéraire posthume '. empruntées à l'épopée grecque. injra.

. la topographie de l'empire de Pluton était déjà dessinée dans ses grandes lignes et la croyance à une rétribution posthume. La croyance primitive. début. I. pp. 11. et lorsqu'elle eut été conen 209. — Nilsson. — LES VIEILLES CROYANCES 63 par Rome certaines de ses dévotions. i). Polybe. j Plante. Nous avons sur ce point une indication très précise de Polybe* qui attribue à une sage politique l'invention des supplices « tragiques » dont Rome menaçait après leur mort les méchants pour les détourner de commettre leurs méfaits. qui s'était imposée aux Hellènes \ avait définitivement triomphé. 2. 4. La raison en est que ces peines infligées aux impies dans l'au-delà firent partie du credo enseigné surtout par des sectes mystiques. 425 ss. VI. fr. 3. s. 348 8. ss. et déjà Plante peut faire dire à un de ses personnages qu'il a vu beaucoup de peintures représentant les peines de l'Achéron^. Peu à peu s'était formée en Grèce une conception de l'Hadès qui devait devenir traditionnelle.. 56. *. Gr.. 651 ss. A cette introduction directe et massive d'éléments étrangers dans une ville qui déjà devenait cosmopolite. 998 (V. ^. les écrivains latins : reproduisent avec complaisance et même amplifient l'original qui leur sert de modèle de . 249 s. j 767 ss. infra. ce sont là des questions auxquelles il est difficile de répondre avec précision. Néanmoins on peut aper- Comment naux. et dont les caractères essentiels étaient fixés au moment où les Latins l'adoptèrent.CHAPITRE fait accueillir I. l'afflux de prisonniers tarentins dut introduire dans la popuquise lation mêlée du Latium une foule d'esclaves qui y propagèrent la foi en l'Hadès hellénique.. lorsqu'il est question des Enfers. pp. 44 . ch.. Carptiv. s'est développée chez les Grecs la croyance à des tourments inferde quels éléments populaires ou littéraires elle s'est formée. commune à beaucoup de 1. qui les opposaient à la félicité réservée aux initiés. pp. . cevoir la genèse et léguèrent à tout le marquer l'évolution générale des idées que les Hellènes monde romain *. se joint l'action plus subtile des imitations littéraires et l'on a le théâtre s'inspirait des tragédies de Sophocle et d'Euripide. 168 ss. 4. quelles vicissitudes elle a subies. tr. Rohde. tr. remarqué que. . Lorsque la mythologie infernale de la Grèce se répandit ainsi dans le centre l'Italie. 254.. Rohde. Rel. fr. cf.

p. 1914.. Trois fois par an. p. que de l'existence d'une littérature sacrée traitant des Enfers. R.. dès que les corps y avaient été déposés. cit. les faces d'une foule de sarcophages passait pour avoir et d'urnes cinéraires. 1912.. le lapis manalis. A la clef de voûte de ce caveau inférieur était posée. qui est un sujet de controverses. s. 2. ainsi que les Romains. of the Roman -peo-ple. a aussi introduit des éléments étrangers dans ses conceptions religieuses et en complique singulièrement l'étude. Mais ils ont cru aussi à des Enfers souterrains peuplés de démons Controverses sur le Mundus et sa situation à Rome Platner-Ashby. III. Fowler. : col. s. Il centra monumentale. tme pierre. est reconnue par les Romains eux-mêmes. v. Fowler. cela ressort aussi bien des peintures et des sculptures qui décorent les parois d'imposants hypogées. : . célébré pompe comparable à celle de l'Egypte. Latte. le 24 août. V. p. Religious exp. . comme la calotte du ciel de là le nom de miindus qui lui était donné i. et le culte funéraire. 57 ss. Basanoff. on constaterait d'abord que les Étrusques ont. l'on procédait à cette cérémonie rOrcus était alors ouvert et les morts avaient le libre accès de l'atmosphère aussi étaient-ce là des jours funestes {religiosi) où toutes les affaires étaient . S. Le mystérieux Tagès des libri Acheruntici ^. 1542. qu'on pouvait soulever pour livrer passage aux esprits. Roma Antica. Thulin. en Étrurie avec une obscurum per obscurius. Dieux des romains. II. Quoi il qu'il en soit de l'origine du mundus. L'influence de ceux-ci sur les institutions politiques et religieuses de la cité latine. 302 . o-p. R. 428 ss. considéré le tombeau comme la demeure du mort. 391 . Si l'on s'en tenait au témoignage des monuments. croit-on. J. p. Vopogr. L'éclectisme figurés d'un peuple resté énigmatique nous apportent la preuve sensible. Prétendu Mundus du Palatin LugU. 1946. 3. 4 s. . Mais chercher à préciser cette action dans ses détails serait souvent vouloir expliquer accueillant. première transformation qui modifia à Rome les antiques croyances héritées de lointains ancêtres fut celle des Étrusques. AJA.6o LUX PERPETUA formée d'un puits vertical aboutissant à un caveau cintré. dont malheureusement aucun composé fragment ne nous est parvenu. suspendues. E. p. « Inferi »3 1. Ils ont décoré de luxueux caveaux funéraires de tout ce qui pouvait servir à la commodité ou à la distraction des ombres qui devaient les habiter à jamais. : Dict. Que ce peuple les dont monuments se soit beaucoup préoccupé du sort réservé aux morts dans l'au-delà. le l'orifice de 5 octobre et le 8 novembre. 1942. 25 . leur est certain que la voisine. a été imité par eux dans mainte cérémonie rituelle.

p. protégés par L'influence grecque et sa combinaison avec les traditions nationales se révè- lent en Étrurie ficatifs est le et dans une foule de monuments funéraires. 1942. Opinion opposée soutenue par C.^ Bruxelles. les décrets du Destin s'accomplissaient inéluctablement. «if. 19 17. où le sang des combattants revivifiait les âmes des morts. 192 1. t. ces combats de gladiateurs. Les combats de gladiateurs furent chez les Étrusques des jeux funèbres.p. — 1915. Van Essen. 515 ss. D'autre part le peu que nous savons du contenu des « Livres sur l'Achéron ». 430SS. probablement répandues dans l'Italie centrale par le fameux oracle nécromantique de Cumes * en Campanie^. on pouvait cependant retarder l'échéance fatale de dix ans pour les individus. Ces doctrines grecques s'y étaient étrangement amalgamées avec les croyances à sentations un monde souterrain. Did orphie influence on Etruscam Vornbpaintings exist î 1927. J. Suivant M. Supra. Un des plus signibeau sarcophage découvert à TorrerSan-Severo.-C. de Ruyt. XXIV. Heurgon. 30. 203. p. Enfer étrusXXIV. Galli. montre . où affreux et les Mânes des défunts étaient menacés par des démons des génies bienfaisants. Furtwângler. et Storia deW arte Etmsca. propagés par 2. dérivé du nom de l'Achéron. Les deux longs côtés sont occupés : d'une part l'immolation des par des représentations qui se correspondent prisonniers troyens par Achille sur la tombe de Patrocle.CHAPITRE I. Index. F. qui paraît dater du me siècle av. 3. 32. cf. Ca-poue -préromaine. II. v. III. avant de devenir à Rome un spectacle cruel de l'amphithéâtre*. pp. que dès le V^ siècle les doctrines pythagoriciennes de la métempsycose. Die antîken Gemmen. 428 ss. suivant eux. Charun. Heurgon. de l'autre le sacrifice 1.. cf. en invoquant les repré- de pierres gravées. elles les âmes humaines pouvaient être divinisées et acquérir l'immortalité devenaient ces dit animales. 254 ss . d'une descente passagère dans l'Hadès et d'une réunion finale de l'âme avec les dieux célestes avaient été accueillies en Étrurie. Ed. 5 s. 5. p. sous l'Empire. près de Bolsène". que le prétendu Tagès y exposait certaines croyances helléniques.). Monumenti antîchî. — LES VIEILLES CROYANCES éi monstrueux dont le réalisme de leur art s'est plu à accuser l'aspect horrible et qui devaient dans l'autre monde châtier impitoyablement les réprouvés i. 4. 1934 . p. Lincei. de trente ans pour les Etats. les Étrusques en Campanie. J. p. à s'occuper longuement. Furtwângler semble avoir démontré. — Supra. . grâce à l'immolation de certaines victimes à des dieux déterminés. Weege Etruskische Malerei. «. nous révèle que si. Le titre même de libri Acheruniici. « Demoni » que en Campanie. C. furent introduits de la Campanie à Rome (o^. Ces livres enseignaient aussi comment. dont Cornélius Labéon continuait encore. Ducati Rendiconti Accad.

Cet exemple on pourrait en citer bien d^autres montre combien les légendes helléniques s'étaient étroitement mêlée. 126 ss. masculine d'une part. a. avec une indication curieuse des Champs Elysées. Ainsi. v. Les petits côtés sont décorés de deux scènes tirées de l'Odyssée le mythe de en animaux les compagnons d'Ulysse. p.62 LUX PERPETUA de Polyxène. XIV. ai8 ss. Albizzati. rom. Accad. Les archéologues ont constaté l'existence de rapports étroits entre la mythologie infernale de l'art étrusque et celle de la Grande Grèce. I. 1939. 677 ss. !• . p. féminine de l'autre. p. les représentations de l'Hadès sur . sur les terres cuites archaïques de Locres et d'autres cités helléniques . — Pl. Cf. pp. Cette puissante cité paraît avoir.. 3. Dissert. i. C'est en effet de l'Italie méridionale qu'elle a dû recevoir les mythes qui transformèrent sa foi en la survie dans les Inferi.. Ces images. vraisemblablement sous l'influence du pythagorisme. où l'on plaçait une entrée des Enfers (p. Cf. les la présence fréquente d'images grandes amphores apuliennes du ive-iiie siècle des dieux chthoniens. j Storia délia Magna Grecia. Ciaceri. tout indique l'importance qu'avait prise dans la religion de la Grande Grèce. 776 ss. Ces doctrines pénétrèrent à Rome dès une époque reculée. t. lorsque nous parlons d'une pénétration de doctrines étrusques dans l'eschatologie des Romains. qui a été aussi l'inspiratrice majeure des conceptions que : — — Rome se fit du monde souterrain. Culti e miti délia Magna Grecia. Zarente. 1925. figure^ ailées portant des serpents. les doctrines relatives à la destinée de l'âme dans les demeures profondes où elle devait descendre. sur la sépulture d'Achille. pourrait-il déjà s'agir en réalité de croyances helléniques reçues par cette voie indirecte. n. sont placées entre deux démons étrusques. changeant à la métempsycose. Florence. d'où sont venus à proximité de l'Averne. D'autre part la grande métropole de Tarente était devenue le siège principal de l'école pythagoricienne et les découvertes par les fouilleurs de nombreuses images de divinités dionysiaques et infernales les livres sibyllins et qui était située ont prouvé la place importante que le culte fiméraire y tenait dans les préoccupations religieuses*. 147-233 j Gr.' à la démonologie étrusque dans une religion syncrétique. II. tels que Pluton et Perséphone. dernière fille de Priam. La découverte dans ce pays des tablettes ou lamelles dites « orphiques » qui devaient servir de guide au mort dans son itinéraire posthume '. Gianelli. p. archeoL. I. 56). peut-être une allusion Circé. 4. Il. 1920. dès le milieu du iii^ siècle. Nilsson. injra. p. sér. 1924. Rel.. 539 ss. ch. Wuilleumier. et l'évocation des ombres des morts par Tirésias. 29. Symbol. probablement par l'intermédiaire de Cumes. empruntées à l'épopée grecque.

44 . cf. l'afflux de prisonniers tarentins dut introduire dans la popuquise lation mêlée du Latium une foule d'esclaves qui y propagèrent la foi en l'Hadès hellénique. 56. tr. et déjà Plante peut faire dire à un de ses personnages qu'il a vu beaucoup de peintures représentant les peines de l'Achéron^. 4. pp. Plante. 'M Comment naux. Rel. . I. VI.. populaires ou elle s'est il formée. commune à beaucoup de 1. 248 8. ce sont là des questions auxquelles est difficile de répondre avec précision. Lorsque la mythologie infernale de la Grèce se répandit ainsi dans le centre l'Italie. 254. Polybe. 11. i). qui s'était dans ses imposée aux Hellènes triomphé. A cette introduction directe et massive d'éléments étrangers dans une tions littéraires et l'on ville qui déjà devenait cosmopolite. les Latins l'adoptèrent.CHAPITRE fait accueillir I. . et lorsqu'elle eut été conen 209... Caftiv. La croyance primitive. 767 ss. début. . . ss. 4. s. La raison en est que ces peines infligées aux impies dans l'au-delà firent partie du credo enseigné surtout par des sectes mystiques. 425 : ss. 998 (V. la topographie de l'empire de Pluton était déjà dessinée grandes lignes et la croyance à une rétribution posthume. — Nilsson. fr. infra. et dont les caractères essentiels étaient fixés au moment où. ch. Nous avons sur ce point une indication très précise de Polybe* qui attribue à tme sage politique l'invention des supplices « tragiques » dont Rome menaçait après leur mort les méchants \ avait définitivement pour les détourner de commettre leurs méfaits. qui les opposaient à la félicité réservée aux initiés. pp. s'est développée chez les Grecs la croyance à des tourments inferlittéraires de quels éléments. 3. pp. lorsqu'il est question des Enfers. . ss. tr. 168 ss. . les écrivains latins reproduisent avec complaisance et même amplifient l'original qui leur sert de modèle de . Peu à peu s'était formée en Grèce une conception de l'Hadès qui devait devenir traditionnelle. Néanmoins on peut apercevoir la genèse et léguèrent à tout le marquer l'évolution générale des idées que les Hellènes monde romain ^.... a remarqué que.. Rohde. — LES VIEILLES CROYANCES 63 par Rome certaines de ses dévotions. quelles vicissitudes elle a subies. 651 Rohde. 249 s. se joint l'action plus subtile des imita: le théâtre s'inspirait des tragédies de Sophocle et d'Euripide. 2. Gr. fr.

de serpents et de bêtes féroces. Gren. X. Furtwângler. épouvantement des explorateurs téméraires qui s'aventuraient dans un monde interdit aux vivants ^ Polygnote avait prêté une forme sensible à des appréhensions instinctives de la conscience populaire en figurant dans la Lesché de Delphes Enrynomos... Des variations infinies gique et furent exécutées autour d'un thème traditionnel. de ces mythologiques. d'autres dédaignées ou rejetées par elle. comme les hauteurs du ciel. 288 ss. 3. ont évoqué dans la pensée des foules l'image d'un Hadès plein d'horreur. qui engloutissent tout ce qui périt. 7. car elle concorde exactement avec un morceau d'un vase à figures noires 2. II. laisse entrevoir des Enfers bien difféde ceux qu'a illustrés la poésie lumineuse des Hellènes. et une minime partie en est parvenue jusqu'à nous. C. Ils accueillaient aussi dans les esprits des morts qu'on inhumait. comme les autres fables leurs demeures cachées et croyance primitive ' . La répulsion qu'inspire la mort hideuse et la corruption du cadavre. Cette rudimentaire qu'on se faisait du royaume souterrain fut enrichie et. 1905. Certaines « Catabases » ou « Descentes dans l'Hadès » furent adoptées et déve- loppées par la littérature. 191 s. p. 477. l'effroi que font éprouver ces abîmes ténébreux. 2. La description que fait Lucien de Charon et de sa barque reproduit des types fixés au Vie siècle avant notre ère. Les descriptions des poètes ont pu broder des arabesques autour de motifs stéréotypés toute une floraison mytholo: théologique peupla de figures de plus en plus nombreuses le royaume fantastique qui occupait la grande caverne de la terre. durent être imaginées d'abord par la foi populaire.. précisée par des récits qui prétendirent le décrire Ces merveilleuses excursions dans les profondeurs de la terre. VI. . In Plat. Remp. C'était de ces dieux chthoniens que dépendaient la croissance de la végétation et la réussite de la récolte. Aristoph. Ils l'ont peuplé de monstres affreux. le démon qui mange la chair des défunts et ne leur laisse que les os. A. 143. dont toutefois même les détails furent conservés parfois avec une surprenante fidélité. IV. Pausanias.. Il était d'une couleur bleu-noir.64 LUX PERPETUA peuples agricoles. il montrait dans un rictus sa mâchoire menaçante*. 4. Cette conception elle s'est perpétuée cruelle des Enfers ne devait jamais s'effacer entièrement comme un courant souterrain dans le folklore de la Grèce. Voir N. Relgw. 183. voulait que le sein de la terre. p. et assis sur une peau de vautour. celle des mouches de la putréfaction. Proclus. 1. et devait s'affirmer Le peu que nous en connaissons nous rents .. fussent le séjour des dieux. 28. 3oKroll.

Cerbère. Le mythe d'Er dans la République de révélation supposée de certaines doctrines eschatologiques. 2434 ss. ou enfin. vu dans l'Hadès. p. en. par de ce qu'ils ont '". 425. s'ouvrait pour laisser entrer les ombres. sans jamais.. 18 s. Ganschinietz. rendre comme dans la Nékyia de l'Odyssée pour interroger les morts. telles Les raisons péripéties Eurydice la et Alceste. Rel. Cf. Platon lation. s. v.CHAPITRE de nouveau à la fin les I. R. Catabase orphique 112 s. Lorsqu'ils revenaient à la vie. Tandis qu'ils gisaient inconscients. 5. 5 . appartient déjà en Grèce à la vieille poésie épique. leur âme avait quitté leur corps et s'en était allée au séjour des trépassés. nocher impitoyable. infra. p. I. . 364 ss.. . 260 ss. E. éclater leur bravoure. ramener personne. de souverains habitant un vaste palais souterrain s. Gott und Hôlle. 6 ss. dérivés du Styx. cf. ils deviennent les garants comme celles de l'orphisme Un autre type de « Catabase » ne met plus en scène des héros de la Fable. 2. I. Une simple barque servait au passage de la foule des âmes. Charon. Éds. 39g s. p. Sa porte. p.Bidez. p*a33 s. mais se refermait sur eux à' Homère savait déjà que le royaume de l'Hadès était arrosé par quatre : fleuves le Pyriphlégéton et le Cocyte. plus conforme à l'idéal d'une époque féodale. 3. A toutes les époques on peut en relever traces dans les « les plus diverses furent invoquées pour servir de prétexte aux de ces romans d'aventures au pays des ombres.. «Hôlle». Handwôrterbuch des deutschen Aberglaubens. gardée par un chien monstrueux.. v. Aenus Buch. continue à être cultivé ^ à travers toute l'antiquité et s'est poursuivi au moyen âge par des visions de l'Enfer ou du Purgatoire*. est l'exemple le plus célèbre d'une telle résurrection suivie d'une révéAinsi s'est développé un genre littéraire qui remonte à l'ancien Orient. s. v. et leurs cours séparait le sombre Erèbe du monde des vivants. 1. les transportait sur l'autre rive. G. 448. ch. s'y jetaient dans l'Achéron. : . Ettig. 43 ss. Mages hellén.. 4. Un vieux batelier hirsute. jamais. mais desi hommei dont une léthargie a fait supposer la mort. Norden. Kroll. pour leur substituer celle. ou bien y être poussés par le désir de ramener à la lumière une personne chérie. col. — LES VIEILLES CROYANCES 65 du paganisme. Des héros peuvent s'y. Ou encore ils doivent y accomplir un exploit qui fera comme celui d'Hercule domptant Cerbère'. Introd. Catabases ». 141 s.. p. p. L'épopée a refoulé à l'arrière-plan la croyance primitive à des divinités qui cumulaient la protection des campagnes et la garde des trépassés. Niisson. « Katabasis ». Gr. VI. ils pouvaient conserver le souvenir de ce qu'ils avaient vu et le raconter.

les exemples effrayants du sort que le courroux divin réserve à tous ceux qui l'ont provoqué. ni punition. vinrent s'ajouter dans la suite d'autres damnés qu'un crime inexpiable vouait à des peines perpétuelles Ixion tournant attaché sur une roue. Homère ne nomme qu'une seule espèce de criminels que les Érinnyes torturent dans les Enfers ce sont : I. Il se forma peu à peu un groupe traditionnel de personnages légendaires dont le crime et la punition devinrent dans la poésie et dans l'art. les Danaïdes portant de l'eau dans un vase troué. les thèmes obligés de toute description ou représentation du Tartare. cette triade homérique de pénitents spécialement châtiés par la divinité. à qui les dieux font expier une injure personnelle. injra. eux et leur descendance. sous un arbre dont les fruits échappent à sa main quand elle veut les saisir . ainsi que le faisait l'auteur de la comme des scélérats exceptionnels. Tantale et Sisyphe. pour avoir commis de semblables forfaits. pâles fantômes anémiés. Une vie crépusculaire et appauvrie est leur commune condition. . Sisyphe roule sans trêve vers le sommet d'une colline un rocher qui. jusqu'à la fin de l'antiquité. Les premiers auteurs de cette métamorphose des idées eschatologiques.66 LUX PERPETUA Aucune distinction n'est faite parmi les défunts d'après leur mérite ou leur démérite. seront punis d'une manière analogue. Mais ces réprouvés ne sont plus conçus. Ils ne reçoivent dans l'Érèbe ni récompense. Nékyia. Seuls. trois grands coupables se détachent de la foule grise des ombres Titye. dans la Nékyia de l'Odyssée. mais qu'ils subissaient dans l'Hadès la peine des fautes qu'ils n'avaient pas expiées sur la terre. Ils sont devenus les prototypes des hommes qui. et ceux-ci s'en sont vengés sur eux en leur infligeant des supplices éter: Le corps gigantesque de Titye est rongé incessamment par des vautours Tantale est plongé dans un étang dont l'eau fuit ses lèvres avides. Tous trois ont commis de graves attentats contre les dieux. Afin qu'ils puissent souffrir atrocement ils ont conservé dans l'Hadès une vitalité qui manque au commun des morts. Thésée et : A Pirithous enchaînés. qui transformèrent toute la conception que la Grèce se faisait originairement de la vie future. Cf. v. nels. . ch. Oknos tressant un licou dont son âne ronge aussitôt l'autre extrémité. Leur prédication' enseigna que les pécheurs n'étaient pas seulement punis par les divinités en ce monde. chaque fois. et ainsi de suite. furent les Orphiques ^. dévale jusqu'au bas de la pente. grosse de conséquences.

clamaient leurs fautes aux passants.. ch. les apocalypses de l'époque romaine *i. Pour appliquer à chacun ce traitement approprié à la nature de ses fautes. 523 cf . infra. que devaient décrire. Rohdej infra. fr. p. Ils accordaient aux ombres pieuses les joies qu'elles avaient méritées. Dès lors s'imposa peu à cents et les peu la nécessité d'imaginer un tribunal de l'Hadès qui distinguerait les innocoupables et déciderait du sort de chacun. s'ils le violaient. livrés eux-mêmes. 3- Cf. jouissaient dans l'au-delà d'une vie bienheureuse en prenant part à un festin perpétuel. v. Gorgias. 614 . avant de revenir sur la terre par une nouvelle incarnation. cette fonction délicate fut confiée à Minos. plongés dans un bourbier obscur. Parmi les livres attribués tiç à Orphée. ss. Seules les âmes perverses et incorri- I' Cf. p. circulait ime les autres oeuvres « Descente dans l'Hadès » 'AiSou) qui. Gorgias. Nekyia. en détail pour chaque espèce de crime. Si les impies pouvaient s'amender. v. 3. Il montra les profanes. selon leur pureté ou leur impureté. 523 Cf. Rohde. 64). assis en haillons dans la boue du chemin. ils ne devaient faire dans les Enfers qu'un séjour temporaire. soit qu'on se les représentât comme ces pénitents qui. devait insister sur les tortures atroces auxquelles les réprouvés étaient soumis. Refubl. à la vindicte céleste une place à part parmi les suppliciés du Tartare. Nilsson. tr. Si l'esprit grec. 164. A-pol.. ch. Gr. on trouve cependant dès l'époque de sa plus haute culture les premières allusions à ces supplices (p. la conduite passée des défunts devait être soumise à l'examen de juges incorruptibles". 41 A .. p.. épris de beauté et observateur de la mesure. ss. après quelque hésitation. — LES VIEILLES CROYANCES 67 1. Mais ici encore le motif en est qu'ils avaient provoqué directedieux par la formule d'exécration qui terminait leur serment et s'étaient c'est pourquoi ces. 255 . Rel. p. s'est en général détourné de ces sombres horreurs. 5- Platon. I. 4. parjures gardèrent toujours parjures les ment : L'orphisme au contraire opposa. le sort qui devait échoir à tous les défunts dans le royaume infernal. Éaque et Rhadamanthe. 2545 Dieterich. I. Platon. soit que cette fange dût rappeler la pollution morale de ceux qui n'avaient pas participé aux purifications 2. P- 775- . fr. (xaTaSaaiç comme de ce genre de littérature raffinés 3. . Au contraire ceux qui avaient effacé leurs péchés.CHAPITRE les I. qu'exigeait une morale devenue plus exigeante. et. II fallait le composer de héros d'une intégrité reconnue. 63=tr. tous ceux qui n'avaient pas été lavés de leurs souillures par les rites cathartiques de la secte.

des fards et des parfums qui la mettront à même de faire sa toilette une enfant aura à sa portée la poupée qu'elle habillait. dans des prés fleuris. sans cesse.68 LUX PERPETUA ' gibles étaient enfermées à jamais dans la prison obscure. un artisan des outils de son métier. Nous avons rappelé (p. I. damnés à temps ou à perpétuité marquée dans l'Énéïde. celui celui des méchants. comparaissaient devant eux. enlevés Les Champsde l'Océan lointain. 8379 (II. Désormais deux séjours il Cette distinction entre les deux classes de criminels. 5708 Dessau. corps et âme. p. 23 = ss. qui devaient assurer au défunt une existence conforme à celle qu'il avait vécue en ce monde. ils obtenaient la récompense de leurs vertus. Elysées qui. Symbol. 405. du miroir. ses chevaux et ses armes. XII. la coutume n'avait pas disparu d'enterrer avec lui son char. 2. les conse transmit jusqu'à Virgile qui l'a nettement le y eut dans grand hypogée où s'enfonçaient tous des bons et les morts. ne s'est jamais entièrement effacée. et infra. auxquels aucune faute ne reste celée. et que le noble y gardait un rang supérieur à celui de ses serviteurs. La comme le . et où des héros privilégiés. furent transportés dans l'empire de Pluton. étaient situés dans des îles aux confins de la terre. 1. Cf. afin qu'on pût y recevoir les Élus. Tout ce qu'on enfouissait ainsi était censé l'accompagner dans cet antre spacieux du sous-sol où il devait descendre *. Même la croyance atavique que prolongement les inégalités de la société humaine s'y perpétuaient. Des juges infaillibles. Le chemin de droite menait les justes aux Champs Elysées où. 30) parmi les offrandes aux morts les antiques sacrifices d'animaux et même d'êtres humains. distincts.. ch. poursuivaient une vie bienheureuse qu'aucun décès n'avait interrompue. De même se perpétuait à l'époque historique la coutume de déposer dans la tombe toute la variété des choses dont celui qui s'en était allé aimait à se servir. Si c'était un puissant seigneur. partageaient en deux groupes la multitude des ombres qui. où elles devenaient les compagnes des grands criminels que la mythologie reléguait définitivement dans le Tartare. CIL. enveloppés d'une douce lumière. les jouets eschatologie évoluée. suivant Homère.). une femme de la quenouille et du fuseau qui lui permettront de filer et de tisser. . Un chasseur sera muni de ses épieux et de son filet ^. et une conception des âges les plus reculés survivait ainsi dans cette vie dans l'au-delà n'avait pas cessé d'être conçue de celle de notre terre. vu. Les plaisirs réservés aux bienheureux étaient ceux qu'ils avaient goûtés sur la terre.

. 5. ajoute le poète. Fuhrmann. pense-t-on. 2. : 7- Platon. IV. L'idée prévalait absolument le carac- s'inspirant de Pindare ou peut-être de la vieille littérature religieuse des Grecs^.. 613 ss. Virgile. Ce qu'on mettait à la disposition du mort .. qu'ils ont imposé l'anthropomorphisme non seulement à leurs dieux. Nogara. Basil. Virgile. le goût qu'eurent les vivants pour les armes et les chevaux les suit lorsqu'ils ont été ensevelis dans la terre ^ Les stucs de la basilique souterraine découverte près et : Porta Maggiore.. 236. VI. 25 s.CHAPITRE I.. III. qui propose de ces scènes une autre interprétation. C. 520 ss. t. p. Ovide. cf. nous présente encore les bienheureux s'adonnant aux luttes de la palestre. Met. Ovide s'accorde ici avec Virgile qui de la : ombres exsangues une partie se réunit au Forum. 26). 3. p. à Ronie. doit rester à sa discrétion dans sa demeure infernale. Les Hellènes attribuaient à l'homme une dignité si éminente dans l'univers. XVIII. Symbol. les habitudes qui le distinguaient avant sa mort. lorsqu'on se le représentait survivant dans le sans sépulcre (p. 4. XXXI. tère. une autre que parmi dans la demeure du tyran des Enfers ^. figurent de même des luttes gymniques. 313 ss. — LES VIEILLES CROYANCES 69 qui l'ont amusée \ Tout cela leur servira. Ce n'est point là une fantaisie de l'imagination du poète. Silves. arch. J. cf. et le reste exerce divers métiers à l'imitation de son ancienne vie. 620. 371 c . I. E. p. . 443 ss. 6. Anzeiger. Monumenti antichi. Carcopino. rom. Une épitaphe en mauvais latin d'un esclave syrien nous assure qu'il se réjouii de s'acquitter encore de son service dans le lieu retiré où s'élève le| palais delà divinité infernale ^ Surtout ceux qui se sont adonnés aux études iront retrouver les sages d'autrefois et se plairont à renouveler en leur société de doctes entretiens '. 1186 « In secessum numinis tandem ministerio infernae domus officiosus laetatur suo ». V... A-pol. aux courses de chars car. En. 1926. mais aux esprits désincarnés et se sont longtemps représenté les occupations de ceux-ci dans le royaume de Pluton comme une reproduction sait les 1. p. à propos des sarcophages Ibid. Bendinelli. et l'on songe malgré soi à la patodie de Scarron nous montrant l'ombre d'un carrosse reculait frotté pas que dans les Champs Elysées chacun devait garder l'apparence. Axiochos. dans l'au-delà. Rendiconti accad. . planches 17-18. Pythag.. aux danses aux chants des chœurs. par l'ombre d'une brosse. chypriotes. p. Staoe. 1941. Perrot et Chipiez. A. il doivent se livrer dans l'autre vie *. vers 653 . 3. Cf. 1941. Il est doute difficile de se figurer comment les simulacres d'objets inanimés pouvaient aller rejoindre ceux des humains dans les profondeurs de l'Hadès. Mais la mentalité vulgaire ne devant de telles impossibilités. et note de Norden au vers 637 ss. 119.. 41 a .

37. qui éprouvent toutes les joies des humains dans les champs lumineux et embaumés de l'Elysée. On se les figure tantôt blêmes. 5. 2. Le royaume souterrain.. I. jusqu'où la société humaine ne parvenait point. Cette conception grecque des Enfers que la littérature et l'art devaient populariser dans tout l'ancien monde et reproduire encore. animés d'une vie affaiblie. Il a ses lois qui s'appliquent sans rémission à celui qui a violé celles de sa patrie. . sur notre pauvre terre.70 LUX PERPETUA celles de de la société humaine. n'est que le rêve d'esprits moi'aux. Roscher. 1552 A . L'idéal de ceux-ci. son tribunal composé de juges intègres et perspicaces.torpides.. Mais la foi ne s'embarrasse pas de tels prodiges. 3 ss. C. 38 : « Tacitis Acherontos in umbris 4. Cf. Cf. devait être réalisé dans celle des ombres. col. dont elles ont emprunté le nom. Dans son ensemble. ils sont les « silencieux » s. ses bourreaux chargés de l'exéhantent les revenants. c'est celle d'un État qu'on se figure à l'imitation des cités ou nations des vivants ^ mais où règne une justice rigoureuse qui. Forcellini. s. et à la considérer en gros. Une pareille peinture de la société des morts était celle d'une foule restée singulièrement vivante. v. E. 1. Ainsi une très vieille conception de la con- dition des trépassés survécut longtemps en dépit de la transformation générale qu'avaient subie les idées sur l'au-delà. 239 s. Cicéron. comme lès ténèbres de la nuit que comme l'ombre humaine. « Inferi ». cf. telles qu'on les a vues pour la dernière fois^ comme l'obscurité de l'Orcus.. soit des êtres moroses et . formes vides dépourvues de corps. Z^usc. cf. 245- . tels que se les représentait la vieille religion. s. 3. soit au contraire des bienheureux pleins d'allégresse. Ovide. nous est restée familière. Mais lorsque ces sent parler 2 simulacres apparaissent dans les rêves. IV. De même au moral ils peuvent être. v. Culex. même quand on eut cessé d'y croire. Plésent. Lexik. absurde de croire que des esprits qui n'ont ni gosier ni poumons puisleur voix s'est tue. Il est . Métam. est administré par de puissants souverains. pouvaient faire preuve d'une pareille vigueur. p. . dont un fleuve sans ponts protège la frontière. ils s'adressent à leurs proches et leur font des révélations *. On se demande comment des êtres qu'on croyait composés d'une substance impalpable. d'une pâleur cadavérique. « Silentes » ». ss. Nulle part l'incohérence des croyances admises simultanément ne se révèle plus criante que dans les qualités que l'on prête à ces créatures imaginaires i. 435 Lucien. Pluton et Proserpine. De liictu. parfois même tantôt noires vêtues d'un linceul blanc. 16. Lex. IV. infra.

. ch. De même les peines sont souvent conçues à l'imitation de celles auxquelles étaient condamnés les criminels dans la cité^. p. p. Callimaque.CHAPITRE I. groupées par tribus et par phratries. 1. uns sont condamnés pour un certain temps et les autres ces malfaiteurs aux bons citoyens. Il a voulu par Aristophane.. 10. p. col. Ganschinietz. opposent dans de délicieux jardins. cf. IV).Lucien. III. [supra. inscrits dans le code pénal. s'est complu à dépeindre en deux tableaux opposés le séjour deé bienheureux et la géhenne des réprouvés. et qui s'appliquent '''. 206. 13 (p. Mais son dessein n'a point été seulement de raconter pour la délectation du lecteur un fantastique voyage au pays des morts. jamais. depuis l'époque la plus reculée. 2417 ss. comme on l'était à Athènes ^ dont les tous * * Ainsi la poésie grecque. — : . cution des sentences. 14]. Presque tous les traits de ses descriptions sont en effet empruntés à l'ancien fonds hellénique. Ihid. 870 e . Zoz5. Gott und Hôlle. Philo-pseudès. les avant Virgile et il est significatif. 2. Bréh. La métempsycose et la loi du talion Platon. que nous sachions. 381 ss. 40. de tous les plaisirs qui font la joie des humains. — LES VIEILLES CROYANCES 71 de hautes murailles. les furies et plus tard les et sa prison. traité Chez ^. Descriptions des Enfers dans la littérature latine. les times innocentes à des coupables à morts y subissent eux-mêmes le traitement qu'ils ont fait subir à des vicCes supplices. j Jos. Lucien se figure les ombres festoyant avec leurs parents et amis dans le Champ d'asphodèles. 904 e . 65. les coupables sont" les Érinnyes les frappent de leurs liés de chaînes qu'ils ne peuvent briser fouets. Nékia. Plotin. que l'auteur de l'Enéide ait ainsi suivi les Grecs dans précédemment une épopée destinée à glorifier les traditions nationales. Efigr. 4. 24 . qui est le Tartare entouré par démons vengeurs {infr. 2. p. comme ils sont flagellés sur l'ordre des magistrats. personne ne l'avait pour la pauvreté de ce qu'on racontait de l'Orcus. Ce motif littéraire a même pu être dégradé jusqu'à la parodie Romains. Même la vieille loi du talion s'applique encore dans l'autre monde et . 3.). Tels des prisonniers. Dieterich. 202 ss. c. Ailleurs on reconnaît l'imitation des tourments infligés aux inculpés qu'on soumettait à la torture. l. qui jouissent. et l'art souverain d'un grand poète a seul pu prêter un attrait nouveau aux vieilles figures de la Fable. Dans la description fantaisiste qu'il en donne. KroU.

. IV. vi. 3. V. 343 injra. retrouvent les jouissances de leur vie passée. p. I. Ph. et le modèle créé par un génie dont tous reconnaissaient la primauté fut imité dans les descriptions que ses succestentèrent seurs du royaume des ombres. VIII. a. 231 ss. D'après la première est reproduit le décor de l'Hadès grec avec ses acteurs et figurants habituels le Styx et : son dur nautonier. prison dans laquelle sont châtiés les grands coupables des anciennes légendes. Servius.. affranchis de tout souci.72 Lux PERPETUA y introduire un enseignement et y glisser les doctrines de la vie future qu'avait jadis formulées le pythagorisme et qui jouissaient de la faveur des Romains. ^ Quoique celui-ci ait imaginé une topographie toute personnelle de l''empire des rajeunir par quelque invention morts 1. l'origine céleste du principe Léthéi. selon laquelle les âmes se réincarnent après avoir bu les eaux leur enlève la mémoire de leur vie passée *. Culex \ cf. cette descente du Telle quelle. Stace. Eranos. a enseigné à spirituel qui tm poète éclairé. Cf. VI. inain. Maubert. « Lethe » . v. R.. Plésent. ss. p. p. romaine. dans la Thêbaîde de Stace^ et surtout dans les Puniques de Silius Italiens. même quand ils s'efforcèrent de de leur cru un sujet riebattu. R. La philosophie. dans la conception comme dans l'expression. 5. i ss. . la purification par les éléments et la métempsycose. 283 ss. Nilsson. Flaccus. 20 ss. Mais ils eurent aussi une influence littéraire prolongée.hébdide IV. le tribunal où Minos rend ses sentences. Boissier. il se montre à l'ordinaire. prooem. Nordcn. 1943. l'une mythologique. infra. qui nous anime. les deux routes qui mènent l'une à gauche vers le Tartare. ch. — Cf. Kroll. 4. . Le souvenir de la poésie virgilienne a inspiré la plaisante parodie qui raconte comment fut reçue aux Enfers l'ombre d'un moucheron tué par mégarde"*. 263 ss. l'autre philosophique. et aucun ne fut dans l'antiquité plus abonl- damment commentée D'admirables les notions vers répandirent largement dans le public de l'eschatologie qu'enseignaient alors les écoles. Son épopée livresque combine. 504 ss. l'autre à droite vers les Champs Elysées où les élus. p. . En. Rel. non sans qu'il y subsiste des incohérences et même une contradiction fondamentale i. 1928. Cerbère aboyant de sa triple gueule. LIV. deux sources.. s. et bien que manifestement Virgile n'y ait pas mis la dernière d'Énée aux Enfers a été un des épisodes les plus goûtés d'un poème populaire entre tous. . o-p. i ss. I. . cit. dans son sixième livre. II''. ou pour mieux dire la théologie. XLI. On en reconnaît l'empreinte à l'époque des Flaviens dans les Argommiiques de Valerius Flaccus. Valer. E.

Odes. Ils ne pouvaient parler longue tradition avait de sa fin prochaine.au pays des ombres. 5 et N. IV. au séjour maudit. 202 ss. ont trouvé dans le recours aux imaginations qu'avait suscitées ce monde merveilleux un moyen d'introduire dans un sujet austère une note pittoresque. Ac. 18. 259 Pp. p. sées à T'occasion grinations . v. 70 Tibulle. pp. 19 ss. G. Mais ses « épicèdes » ou consolations compod'un décès ^. auxquelles ils font de si nomqu'ils breux emprunts. Ils mentionnent les Furies vengeressies. 2]. 313 ss. 3. Lattimore. c'est encore à l'Enéide qu'il plonger ^ empruntera les éléments et même les termes de sa description du Tartare Le caractère même de la poésie élégiaque excluait de longs récits de pérédocile imitateur de Virgile ^ . . Mais ces allusions ne sont guère que des formules toutes /. III. aosept. de Sisyphe et conventions qu''ils du genre cultivaient. s'est étendue jusqu'aux auteurs d'épitaphes métriques '. 52 ss. 6. ils se plaignent de la cruauté de Pluton qui ravit les mortels à la fleur de l'âge. 3. I. .R. . Horace. Brehlich. p. IV. leurs auteurs.CHAPITRE le I. III. Même un épicurien comme Horace ne s'est pas fait faute de cette glisser l'idée Leur foi en dans sec Odes des allusions aux figures et légendes de l'Hadès ^^ tant de la mort éveillait naturellement dans l'esprit des poètes latins celle des créations mythiques de leurs prédécesseurs helléniques. comme Properce *. où se retrouvent et lutinent les amants. 11. qui. 4. si Claudien veut dans l'abîme ténébreux son ennemi Rufin. . 423-525. ou des Parques qui tranchent le fil de leurs jours. rappellent d'Ixion. Pourtant ce souci de lettré peut plet. cf. GaUetier. Titye et les Danaïdes®. 663 ss. II. du Styx et de l'Achéron. où celle de Virgile. .fcr. Cf. Ils parlent des Champs Elysées et du Tartare. IL . L'influence des poètes épiques. /«. Ixion. Maubert. sufra. Asfetti. c. III. /«/ra. p. Picard. \su-pra. faites du 1. ss. C. parfumés de roses. 57-80. In Ruf. II„ 14. 87 ss. C.. gardé par Cerbère. ss. élégiaques ou lyriques. avec l'inévitable série littéraires de l'au-delà sans user des motifs qu'une consacrés. pire d'Euripide. Si Tibulle malade a le des suppliciés. 5. s.. 14 ss. Properce. — LES VIEILLES CROYANCES 73 Au crépuscule de l'antiquité. les supplices de Tantale. obéissant aux dans leurs compositions une mythologie à laquelle ils ne croyaient plus. 1946. suit une autre tradition — 52 que Sénèque dans V Hercule Furieux. aussitôt pressentiment "ses vers opposent les Champs-Elysées. Cf. Claudien. Stèle d'Albano. il s'ins- 4. n. 23 ss. pi.. 7. 2. 72. s'allier chez les imitateurs des Alexandrins à un scepticisme com- mythologie infernale n'Iétait pas plus sérieuse que celle accordaient aux aventures des Olympiens. éveillant nécessairement l'idée d'une descente de l'âme dans le royaume souterrain. 7..

sinon parfois l'idée morale très générale qu'ils sont le séjour heureux des âmes qui l'ont mérité par leur piété ^«. qui se comptent par dizaines de milliers. encore plusieurs des figures dont l'Hadès n'ont-elles été admises sur ces monuments qu'à cause du sens symbo- l'exception qui confirme la règle l'imagination des Grecs avait peuplé . En dépit de leur foi ne renonçaient pas à un artifice de rhétorique. 31a 53 ss. est si restreint que . Lattimore. E. Cette défroque littéraire dont se revêtaient les épigones est une part de l'héritage d'un formulaire de convention. pour citer cet exemple. si usés à force d'avoir servi que leur empreinte première s'était effacée. C. Cette persissincère. P. et ils s'en appropriaient la parure érudite. Des âmes pieuses se sont conformées sans scrupule à cette tradi- tion scolaire. 3. le de ceux qui reproduisent des scènes des Enfers. dans la vingtaine d'inscriptions latines qui mentionnent les Champs Elysées. Cf. si rigoureusement imposée par l'exemple des grands poètes. la Renaissance et l'époque du classicisme en user et en abuser encore. L'examen de motifs si nombre ces morceaux de sculpture forment vraiment et la sculpture funéraire fortifie ces conclusions. . ex. 1186. Parmi les variés qui décorent les sarcophages ou les stèles sépulcrales. on ne trouve exprimée aucune croyance eschatologique. et l'habitude d'y recourir était si fermement établie. des rimailleurs tardifs dissimulaient leur pauvreté. les oripeaux sous lesquels. Presque absentes à l'époque républicaine. que nous voyons aux siècles chrétiens les lieux épigrammes composées pour des trépassés continuer à répéter les mêmes communs. ils dupe. nous le voyons ici. 2. Galletier. 1. La tance de l'ancienne phraséologie. regardée comme poétique. LUX PERPETUA Les fables grecques étaient. p. ss. c'est qu'elles sont totalement absentes des la plus frappante La preuve épitaphes latines rédigées en prose. Et de fait. dont personne n'était poésie chrétienne devait y avoir recours jusqu'au moyen-âge^. trahissent la médiocre culture^... indique suffisamment qu'elle ne répondait à aucune conviction religieuse. devenues fami- à des gens dont les incorrections de langage et de prosodie lières. suppl. que les fables infernales ne sont dans la poésie funéraire que des ornements de style. ces mentions des Enfers et de leurs habitants obligés vont se multipliant avec une fréquence croissante jusqu'au temps des Flaviens.74 style versifié. p. Ces demi-lettrés avaient la tête farcie des mor- même ceaux récités à l'école. et n'ont pas répugné à utiliser ces clichés païens.

Les papyrus magiques d'Egypte font souvent appel aux divinités de l'Hadès. Nous verrons dans un autre chapitre 2 comment les négations des Épicuriens et les les affirmations des Stoïciens éclectiques conjuguèrent leurs efforts pour ruiner croyances du passé et comment cette critique rationaliste réussit à ^Driver ces vieilles chimères de tout crédit dans les milieux éclairés et dans un public plus large. plus. Paris.. '. cf. Lexik.. c'est en composant des satires où il imite le rire sarcastique de Ménippe le succès obtenu par ce persiflage suffirait à prouver que toute signification sérieuse. et ceux qui croyaient à l'efficacité de ces formules. 543. etc. — LES VIEILLES CROYANCES 75 Danaïdes comme celles d'Ixion. étaient convaincus de l'existence d'un abîme obscur « oti séjournent les démons des hommes qui auparavant ont vu la lumière » ^. i ! I i i" î i ! "i •^' ^ 8198 chthonioi Theoi Rohde. p. de Tantale. 330). p. et le pareilles facéties devaient être aussi incrédules que le sont les spectateurs S'il est vrai de l'Orphée aux Enfers d'Offenbach. et si l'on considère l'ensemble du monde romain et toutes les classes de la société. 508 . De nombreuses inscriptions funéraires appellent sur le violateur de la tombe le courroux des dieux souterrains. sur lesquels régnaient des dieux chthoniens. 11. . 1965 et pàp. 40a Cf. v. et les opposent aux dieux supérieurs 3. Dessau.. ch. Si Lucien dans ses peintures de l'Hadès reproduit un décor devenu conventionnel. La eschatologie qui ne faisait plus descendre les ombres dans le sein de la terrei. . De même n. ss. tr. Symbol. De même. IV de Preisendanz. Les lecteurs de Cynique. 28 Cf. (Add. aux mythes de l'Hadès hellénique. 1479. de Sisyphe ou des des thèmes mythologiques qui sont entrés dans le réperplupart toire des praticiens romains étaient interprétés comme des allégories d'une y attachait. ^ : I " ' ' ' ' ' ' " 1 " 2. V. ss. . qui n'étaient plus que des poncifs. kata- 3 IGR. ss. pp. 3. 33g. Cette antique conception ne fut jamais abolie. Pap. Jos. 476 ss. ne fut jamais rejetée par la mentalité populaire. en grec . que l'on ne croyait dès qu'on se targuait de quelque culture. 445 KroU. s. Quand les pourrait alléguer On 1. 8202. qui prétendait l'être. 4. des preuves multiples attestant que cette croyance remontant à la préhistoire. universelle. Roscher. tout sentiment profond avaient cessé d'être attachés à des fables surannées. Toutefois il faut ici établir une distinction. protecteurs du repos des morts.CHAPITRE lique qu'on I. s. IV. fr. 8177 . il s'en faut qu'eût disparu la foi primitive en un séjour souterrain des morts. infra. . on se convaincra que la majorité des hommes y restait attachée.

ni. et une pareille représentation n'est pas isolée ^ Une allait curieuse épitaphe de Phrygie^ nous révèle comment. Le roman d'Héliodore un prêtre d'Émèse en Syrie nous montre l'héroïne invoquant « les démons qui. S. XVII. ysHéliodore. mais qu'elle est montée au ciel 2. p. Calder. 187.R.7é LUX PERPETUA nécromants évoquent les revenants. lorsqu'on connut à Rome le décès de Tibère. Rê-p. Lorsque l'ombre d'un défunt apparaît en songe. 5. i et 2. 47. I .S. 132. nous voyons se maintenir dans ces milieux des croyances remontant aux âges les Voîkûuménè. 9. Reinach. jusqu'au plus lointains. 3. — stat. au triompher l'Église. — — surveillent et punissent les hommes injustes »^ afin qu'ils l'accueillent avec bienveillance*. . ibid. Buckler. qui est surtout verbal.. p. Cox. Wilpert. sur la terre et sous la terre. R. VIII. Selon le récit de Suétone. IV. 6. . p. infra. Cf. il est souvent spécifié qu'ils les font remonter des gouffres sombres de la terre i. Les esclaves orientaux apportaient de leur pays les mêmes convictions. et dans le mélange des races que produisit l'unifciation de elles peuvent se propager des confins barbares de l'Empire cœur du monde subsister latin. les paysans d'Anatolie continuaient à moment où se figurer 1. Dans la catacombe des fidèles de Sabazius. le peuple pria la Terre Mère et les dieux Mânes de ne donner à ce mort détesté d'autre séjour que celui des impies s. restait vague- conception d'un enfer soumis à des dieux chthoniens pouvait chez ceux qui n'admettaient pas la mythologie hellédans la ville de Rome la plèbe. 29. 12. sans croire précisément aux ment persuadée que les âmes descendaient du tombeau dans des demeures invisibles. Future délie Catac. elle console parfois ses proches en leur donnant l'assurance qu'elle n'est pas plongée dans les ténèbres du Tartare. Sur l'étendue immense de l'Empire romain populations avait été la foi héréditaire de bien des à peine effleurée par la religion ou là philosophie grecques. Symbol. pi. Suétone. n. Sous une teinture superficielle d'un hellénisme. 1927. 4. J.^ Il. R. 97 s. Même supplices d'Ixion sur sa roue ou de Sisyphe roulant son rocher. X!. Cf. -peintures.ib. à Rome^ ce n'est pas devant des juges infernaux mais en présence de Dispater et d'Aeracura que la défunte Vibia est introduite.. La en vieille Italie nique.. 2. où elles obtenaient des récompenses et recevaient des châtiments. Cf.

— LES VIEILLES CROYANCES 77 de tous et de Pluton ». Cf. Un courant souterrain de croyances ancestrales. peuplé de monstres d'animaux hostiles (p. Add. ceux-ci ne ils ne suivent pas le cours des jouissent plus de la douce lumière du soleil étoiles et ne voient plus au ciel la luieur de la lune. soustraites à l'action de la littérature poétique. 237^3 «* le Psautier de Londres (Brit. Vat. exprimant de la sorte les idées les plus simples et lies plus anciennes do son milieu. 142^. d'un Hadès obscur. dans ses mythes 1. ni entraînées par les courants supérieurs. 109. Elles purent être écartées pendant des siècles. Mus.. et elles réapparaissent parfois avec une force nouvelle au mais non éliminées crépuscule du paganisme. 2.CHAPITRE « la I. Ci. relie la civilisation primitive au folklore moderne. f°= 9 et 11^. infra. . 19352). Voir par exemple blioth. ch. les représentations de l'Hadès dans le Psautier Barberini (Bigrec 372). Nous le verrons. infra. demeure commune de tous les trépassés. ch.. La conception les plus lointains. une nuit ténébreuse. viii. 3. 64). Mais une foule ignorante et crédule ne fut pas seule à conserver longtemps la foi atavique en un royaume souterrain des ombres. qui ne sont ni échauffées. Ainsi parle l'auteur de l'épitaphe. qui menacent celui qui y pénètre^ effrayants n'a jamais disparu de la mentalité vulgaire 1. v. . 48. f°= 16^. lequel se complaît à recevoir les âmes Empêchés à jamais de remonter sur la terre. 3. l'eschatologie des mystères lui resta longtemps fidèle et ne lui substitua que tardivement la doctrine de l'immortalité céleste ^ et les derniers Néoplatoniciens eux-mêmes ne purent écarter absolument une antique croyance que le Maître infaillible avait illustrée remontant aux âges et . Les convictions des masses sont comme les eaux profondes des mers. mais sont plongés dans maison de la Mort les défunts.

Gr. mais qui constamment faisaient sentir aux survivants leur présence. p. 5. adoptant cette croyance l'atmosphère. celle de l'âme aérienne i. 113 ss. . 119 ss. Diogène Laërce. que le latin fiumen rend imparfaitement. 104 Symbol. Les faits qui semblent déroger à l'ordre normal des choses. cf. Rel. 30. Symbol. Dei. Lactance. Lattimore. — Fantômes et nécromants. Andres. 1. De . « Daimon » . Divin. perpétua à la coutume de donner à un parent moribond le baiser suprême. . répandue chez les peuples de l'Orient comme de l'Occident. sont les manifestations occasionnelles de cette puissance universelle. Les Pythagoriciens. I. Cf. destiné à recueillir sur ses lèvres son dernier souffle et à faire ainsi passer en soi l'âme Rome de l'agonisant 2. 64 . R.. 205 ss. Sat[ji. . Westrup. et sa cessation est le premier signe qui révèle l'instant du trépas. D'innombrables générations déftmtes remplissaient les espaces sublunaires de leur multitude. Nilsson. ainsi de démons est Originairement la aériens. qui y entrait et en sortait par la bouche au moment du décès. . Cet que la terre et les eaux. Cicéron. elle flottait dans entraînée par les vents. enseignèrent que l'air est plein d'âmes 3. Si elle n'était pas ainsi captée au passage. p. Cette foule. d'âmes désincarnées était venue grossir les rangs d'une armée air. 31. cf.. du folklore avec beaucoup d'autres.. Mais le o-pif. s. III.. 30. s. I. dans la société de ses pareilles.78 LUX PERPETUA IV. n.. du mort habitait le tombeau près de ses ossements conservait les besoins des hommes. créatures diaphanes comme lui.a)V force impersonnelle à laquelle l'homme attribue tous les phénomènes exceptionnels qui frappent son esprit let que son expérience ordinaire ne suffit pas à expliquer^. que l'œil ne pouvait apercevoir. p. n. 268 ss. 39 • < . 4. sans ces^e accrue. La respiration est le premier. p. 2. le grec. 17 (II. nourrissait une foule d'êtres animés. acte qui indique la vie du nouveau-né. I. 48 . p.) p. Symbol. Suppl. s'oppose la croyance A que l'esprit ou de ses cendres et dès l'origine une autre conception. v. p. d'une vie semblable à celle de notre monde. Cette conviction. et prooem. VIII. E. ^^ Brandt). On en conclut à la naissance naturellement que le principe animateur du corps était un souffle. 86. avec lesquels elles s'étaient bientôt confondues^. 32. 7 . 3. à la doctrine qui y voulait que l'ombre descendît dans le sein de la terre pour y vivre.

V. Phédon. 5. On culier retrouve des croyances semblables chez tous les peuples aryens. et même parmi ceux d'autres races. qui lui est adjoint dès la naissance. s. et les esprits des trépassés ne tardèrent pas à être confondus. L. chargés chacun d'une Le démon primitif unique s'est individualisé et spé- âme après sa mort^ . p. 107 D. De nos jours encore. 1^0. qui lui inspirent des actes louables ou répréhensibles ^. Ph. dans le même milieu.E. ou inversement une puissance pernicieuse qui le domine. iSgy. le possède et altère sa santé ou trouble sa raison ^. Car si certains démons veillaient comme 1. 71 ss. ils avaient au point de vue moral une attitude semblable à l'égard de l'homme. qui accomplissaient souvent d'humbles besognes. on pensera même qu'à chaque individu est assigné un double démon.. De antiquo daemonismo (Rel. l'un bon. pourvu d'une personnalité propre. l'atmosphère. 2. ils évoluaient.. 1909. en une série mondé d'une infinité de génies.) . p. selon les idées populaires des anciens. V. l'autre mauvais. le démon est à l'origine une énergie interne qui lui permet d'accomplir des actions d'éclat. V. Les bons et les mauvais esprits dans les croyances populaires (R. 318 ss. Arabes du pays de Moab. Suppl. avec une égale agilité. p. conformément à son principe. Platon. 3. p.. p. Jaussen. p. 1910. Les démons. Tamborino. Formés tous deux d'une essence si ténue qu'elle échappait à la vue. . Pareillement dans l'homme.CHAPITRE I. 1941. jugées indignes des dieux supérieurs. u. R. p. n'a pas tardé à attribuer chacune de ces actions spéciales à un être distinct. Ch. Copenhague. les Sémites. VII. sér. 195 s. dont il pouvait se concilier la faveur et devait redouter l'inimitié. 4. créés tels. I. 1935. 1903.H. Michel. et il a peuplé ainsi le fonction cialisé de démons subalternes. Boyancé. « Daimonismos ». en partichez les Hindous et les Persans^. Ainsi. qui interviennent qu'autour dans les moindres incidents de sa vie quotidienne et dont il faut. désarmer la malignité 5. de l'Islam. — LES VIEILLES CROYANCES 13 polythéisme. La démonologie iranienne. 189 ss. Encycl. veille sur elle pendant sa vie et accompagne son particulière. 100 ss. 1077. qui étaient de race divine. par des offrandes. . l'homme vivait constamment entouré de légions d'esprits se mouvant autour de lui. Hpidentums^. Wellhausen. nouv. Regardés les uns et les autres comme tantôt bienveillants et propices. s. v. Pfister. démons subtils ou âmes aériennes. le Bédouin du désert se figure de lui fourmille et rôde un peuple de djinns. « Djmn ». tantôt hostiles et néfastes. Mais il sera aussi plus tard un esprit distinct de sa personne.). Reste arab. Les deux démons -personnels (R. de servir avec lucidité le bien. Giessen.R. VII). Christensen.

. 32 . Ils démons. . [supra. qui leur étaient propres. 129. 226 ss. eut été transporté au-delà du monde sensible. Cette assimilation devait avoir sur le développement des doctrines eschato- logiques une influence profonde par suite de l'importance grandissante que les philosophes donnèrent à la démonologie. aucune communication directe ne parut plus possible entre elle et l'homme ou la nature. p. 298. à ceux-ci les injonctions' et les révélations du ciel. Valette. Si les trois autres éléments air. Akad. Andres. p.. pp. dut lui accorder était si . Ainsi naquit la croyance que les. des sources. 15. cependant leur domaine préféré hôtes des arbres. les autres. 1. 4]. L'apologie d'Apulée. 2. « La Divinité ne se mêle pas à l'homme et cependant les « le lien qui unit le Tout à lui-même » . note 3]. Xenokrates. conçue comme transcendante. n. génies répandue. 4. Delatte. 23 . 227 . a hasardé. haleines des mortels. Platon. 3. VIII. Philodemos {Abh. Vie de Pythagore. •produisaient des êtres animés. avaient abandonné la terre. Les terre. p. étaient les obscurs. qui a exprimé à leur sujet des opinions singulièrement démons flottantes. qui sont nombreux et de toute espèce. Cf. cit. leur existence ici bas révolue. qui volaient dans la zone sublunaire entre les cieux et la devinrent les intermédiaires qui faisaient communiquer le divin et le mortel. n. 232. R. Ceux-ci eurent désormais une double origine les uns n'avaient jamais été ' : soumis à la condition humaine. 78. c. 1916). Lorsque le siège d'une Divinité. pendant la veille et pendant le sommeil » Ce rôle des démons systématisé dans l'Académie. 115. 7833.8o sur les LUX PERPETUA champs et les bois. zoza-zo^a. Apulée. Berlin. — De deo p. eii/ particulier par Xénocrate *. Platon. z. Banquet. des antres était l'air. n. rend possible aux et les entretiens avec les hommes. Diogène Laërce. p. Socratis. un des trois la race des le dieux commerce . Paul Valette. Bruxelles. Paris. théologiens ne purent en faire abstraction aussi incapable de l'éliminer que la foi en l'existence des dieux. 151. 1908. âmes sorties de leurs corps.. /. p. devenaient des démons^. p. La croyance aux démons ou. Symbol. une définition de leur développement de la philosophie. Vil. of. Cf. Symbol. ne pouvait en être privé '. . 121. cf. 1922. à plus forte raison cet principe de vie. [infra. activité qui devait agir indéfiniment sur le postérieure comme sur celui de la religion dans un mythe du Banquet. ^ : comme démons y sont présentés sont chargés de transmettre aux dieux les prières et les offrandes des humains. A. Heinze. une place dans ses systèmes. 1892. Diels. devint pour les Platoniciens im élément indispensable de toute leur construction cosmologique et théologique. si fortement ancrée dans la conscience populaire que les et la spéculation philosophique. p.

supra. alourdies par un commerce prolongé avec leur corps. l'opinion commune voulait qu'il ne s'en écartât guère.CHAPITRE I. des . La croyance populaire est le substratum sur lequel reposent toutes les qualités attribuées à ces médiateurs par l'enseignement de on trouve. çant sur les croyances des foules incultes. chair. et elle parvint à harmoniser de plus criantes dissonances. 3. L'on admit de tout temps que l'âme n'était pas rigoureusement confinée dans le tombeau. qui se rattache directement au polydémonisme primitif. 11. Ainsi elle pouvait en sortir pour jouir de l'agrément d'un de la survie jardin entourant le monument sépulcral^. 19. 2. Cf. 1. In X^imaeum. p. Diehl). en de toute attache avec la qui. il venait tourmenter ceux qui l'avaient offensé ou négligé ^ Toutefois. Les philosophes la reprirent et la concilièrent avec une doctrine plus évoluée. II. Mais la mentalité primitive ou vulgaire ne s'embarrassait guère de telles contradictions. L'idée de la persistance d'âmes aériennes était radicalement différente celle de dans l'obscurité de la tombe ou dans le royaume souterrain de Pluton. mêlés aux spécuemprunts à une superstition parfois grossière*. précisément parce que la tombe est le lieu où l'esprit du mort doit se loger et se nourrir. en lièrement modifiée et élargie commençant. Ainsi Proclus. l'amour de cette dépouille qu'elles avaient quittée. si le défunt ne recevait pas dans sa maison éternelle le culte auquel il avait droit. si on ne lui versait pas des libations pour lei sustenter et le revigorer. Mais surtout. même après la mort. Jusque chez les derniers Néoplatoniciens lations les plus quintessenciées. nous allons constamment trouver la réflexion philosophique s'exerl'école. supra. enseignant que seules les âmes qui s'étaient libérées . . p. D (II. gardaient quelque chose de matériel et de visible. La manière dont on conçut dès lors la nature et les fonctions des esprits des morts en fut singuet si nous avons cru devoir esquisser ici. si l'on violait sa dernière demeure. p. 43. pouvaient s'élever vers le ciel les autres. On conçoit combien les vieilles notions romaines des Mânes ou des GénieS(. — LES VIEILLES CROYANCES 8i degrés dans la hiérarchie des êtres. furent transformées lorsqu'elles se combinèrent avec la démonologie savante des Grecs. c'est qu'à propos des revenants. et en quelque sorte un des trois étages dont se compose l'univers. l'évolution de ces doctrines helléniques. conservaient. comme celle de ces petits dieux familiers qui présidaient dans leur ancienne religion à toutes les opérations agricoles. 14a Cf. C'étaient ces fantômes que l'on pouvait apercevoir rôdant au.

. servait. 13. Sat.UX PERPETUA *. 64 . 95 cf. trahit une époque où la religion ne se distinguait guère de la magie. Cette fête annuelle et commune des trépassés continuait à être célébrée avec des rites analogues à Athènes. 88 B). 134. 13 . ch. 26 . le troisième jour des Antesthéries. étaient regardés comme les soupiraux des Enfers. p. 2. Salluste le phil. le pater familins. Grégoire de Nysse. VIÏ.tique religion aryenne.. les pieds nus. hôtes importuns la qui avaient envahi son foyer. C. De anima (P. Puis. sans se retourner. Lactanoe. De Abstin.. Sci-p. 46 . qui s'est maintenue chez les Slaves. chez les Perses. et le des fosses artificielles permettaient de se mettre en rapport avec les Mânes. sans qu'on précisât le chemin qu'elles suivaient. et la même croyance existait en Italie. l'époque romaine Origène.ch. de failles d'où jaillissaient des sources chaudes ou sulfureuses. I. 59). était que ces esprits légers arrivaient à travers les airs portés par les Vents. Ayant ainsi apaisé les âmes exigeantes des anciens maîtres de la demeure familiale. Somn. vii. s'il n'avait pas obtenu la sépulture rituelle ^ Pareillement. Le mundus. 3.. II. il les chassait à grand bruit en frappant un « Marùes exite paterni ».. Cf. Bien par lesquels il communiquait avec d'antres où plus. III.. voisinage de la tombe. Porphyre. morts retournaient en foule dans leurs anciennes demeures appartient à l'an. 1. nous l'avons vu. Inst. 81 b-d. Varron dans Macrobe. celui-ci avait cependant. qui était creusé dans chaque ville latine à sa fondation. Mais laconception primitive. de porte de communication entre le monde supérieur inférieur'. nous l'avons dit monde (p. G. se levait et parcourait maison en silence..82 J. écartant de lui les esprits par un geste. XLVI. L'on constate qu'elle y avait été adaptée à la doctrine d'un Hadès ou d'un Orcus situés dans le sous-sol et que les âmes étaient censées remonter) de ces profondeurs. V. Aen. : — A (p. il jetait derrière lui des fèves noires' pour rassasier les Lémures. où les ossements reposaient ou bien près du cadavre. 56). si c'est un lieu commun d'affirmer que l'Hadès est un séjour d'où nul ne revient. Tout dans les rites des Lemuria indique une origine archaïque. des orifices helléniques nombre le monde supérieur (p. Il. 16. La croyance qu'au moins une fois l'an les esprits des. 12.S 156 Koetschau) . 4. IÇ» Ammien Marc. Macrobe. Servius. sur les Lemuria. . Apol. à minuit. et même en Gaule dans le folklore celtique. Pour recevoir l'essaim de ces visiteurs nocturnes. et à Rome' dans les nuits des 3. et elle a persisté jusqu'à l'époque historique chez la plupart des peuples indo-européens. bassin de bronze et en répétant neuf fois l'ordre : Platon. Contra Celsum. infra.. I. obscène des doigts. A'. 11 et 13 mai aux Lemuria^. Apulée. Dans les pays se dégageaient des vapeurs méphitiques. Phédon. 18 . XIX.

mais sur les siens et même sur sa patrie . 46. Celui qui omet de s'en acquitter attire le malheur. puis expulsés. et il n'est aucune obligation dont la violation ait des conséquences plus funestes. fr. tr.. Fastes. p. 178. On le réserva en particulier aux ombres errantes et malfaisantes des enfants morts en bas-âge et dejs victimes d'une mort violente. A-poL. Tertull. ancienne où la vie était simple'. où les membres des familles se réunissaient autour des ancêtres. — LES VIEILLES CROYANCES 83 esprits. vm. transparaît encore à l'époque où d'autres croyances s'étaient impoaussi longtemps que le défunt n'est pas inhumé. infra. .. Rien ne montre mieux que cette légende comment les esprits des morts se transformaient en fantômes errants. spectrie. — Rohde. IV. Cf. non seulement sur le déftmt. car l'âme privée des honneurs funèbres vague à la surface de la terre. qui paraît s'être appliqué d'abord aux Mânes en général. outré de l'abandon où on l'a laissé. le nom de Lémures. Du 13 au 21 février se célébrait. c'est un vagabond... si on ne leur accordait pas ce qui leur était dû. nous l'avons vu. infra. tombeaux pour y rendre un culte à leursi Ceux-ci se contentaient de modestes offrandes. Ces prodiges terrifiants cessèrent dès qu'on eut rendu les honneurs voulus aux habitants des tombeaux. cf. et les spectres nocturnes. 23. Ovide. la population . ch. on entendit dans la nuit silencieuse retentir les plaintes des aïeux négligés. 533 ss. dont le sort est comparable à celui de l'exilé privé de foyer : î. appellent à leur aide pour des œuvres scélérates ^ L'idée primitive. redoutable..CHAPITRE Ces I. On conservait le souveniî: d'une année de guerre où ces cérémonies avaient été omises. et nocifs. II. une autre fête également d'une antiquité immémoriale. tourne sa colère contre ceux qui l'ont négligé et la cité à laquelle pendant sa vie humaine elle il est devenu un esprit malin que les magiciens dans leurs conappartenait jurations. qui. p. et ime foule de spectres monstrueux remplirent de leurs gémissements les rues de Rome et les cam- Une épidémie décima pagnes. qui étant souvent conçus comme maléfiques. 6ia. au temps où l'on croyait seulement que le mort vivait dans' : sa sées tombe. prit de bonne heure une acception péjorative et devint synonyme de Larva. il est sans demeure . Le premier des devoirs envers ses proches est de leuir assurer des funérailles religieuses (p. les Parentalia. étaient donc des revenants hantaient les airs dans l'obscurité de la nuit. 22). avec le commentaire de Frazer. celles d'une époque. mais ils ne souffraient pas qu'on les leur refusât. d'abord accueillis.

: 3. P. Même histoire Lucien. Mais quand prédomina la doctrine de la descente des âmes dans les Enfers. gard-ent un. ' 2. Selon Virgile. attachement pour lui. à défaut de funérailles. on s'en souviendra. les enfants qui ont péri en bas âge et lés victimes d'une mort violente.^ VI. 39 als Quelle fût die Zauberei (Diss. . sont ainsi condamnés interdite . supra. 371 ss. p. continue à y habiter et à s'y promener dans l'obscurité. Ep. vu. où ils auraient pu trouver la quiétude. 325. à la fois pitoyable et redoutable. s. 27 .. Virgile. eux aussi deviennent des fantômes malé- voles et sont invoqués par les sorciers. 30 Antike Gespentergeschichten {Pestschrift Univ. associe aux misérables qui n'ont pas été inhumés. cf. Ils pâtissent dans l'audelà d'une exclusion analogue. jusqu'à ce que leurs ossements reposent dans un tombeau ou. à vaguer dans le 2. monde des vivants . ou encore s'y a inspiré lamente longuement.aussi. La doctrine qu'a suivie Virgile dans le classement des ombres rencontrées' par Énée. Norden. 10. p. si elle n'avait été tranchée avant l'heure. sutes. Tubingen. Lukia^ . et in^ra. Empêchées de trouver un asile durable dans les Enfers. ombres privées de sépulture ne peuvent traverser le Styx Charon les et elles sont condamnées à voltiger sur la rive du fleuve repousse sans pitié glauque. 1940). Breslau). p. Vil. Eux. . où aurait été enfoui le cadavre d'une victime d'im meurtre. il se plongea dans l'étude. Infra. vii. pendant cent années. elles séjournent à l'endroit où est restée leur dépouille 3. Cf. le revenant cesse de venir troubler les vivants. Pline le Jeun'e raconte en toute confiance l'histoire du philosophe Athénodore*. 4. intix)d. ch. Ils ne seront pas admis dans les Enfers jusqu'à ce que soit révolu le cycle d'années qu'aurait dû normalement atteindre leur vie. Nous y reviendrons à propos des morts prématurées Les âmes qui ont ainsi été brutalement arrachées à leur corps. L'entrée du royaume infernal. Phîlopseudès. Ètt. ch. 5 Cf. aux cheveux hirsecouant les chaînes qui lui liaient les mains et lui entravaient les pieds> : X. qui se rendit à Athènes dans ime maison ainsi visitée" par un spectre et s'y installa pour y passer la nuit avec sa lampe et ses tablettes. la malédiction qui pesait sur les insepulti prit un nouvel aspect. p. ao. les . 191 1. 82. I. Le fantôme apparut un vieillard à longue barbe. WendlanO) Herzig. Lorsque le squelette est découvert et que les Mânes ont été apaisés... Pline. Son spectre. leur est ils aspirent en vain à y pénétrer. Sans peur. Cette conviction quantité d'histoires de maisons hantées.84 et LUX PERPETUA de refuge. c'est-à-dire pendant la durée maximum de l'existence humaine i. n.

qu'elle-même fût consumée par un incendie. La Most^llaria de Plante qui. 2. on trouva un squelette enchaîné. vit apparaître des fantômes et l'on y entendit des gémissements. efist. en dehors de la foule ignorante. pas possible de déterminer jusqu'à quel point persistait la foi l'ingérence constante des morts dans les affaires des vivants. L'ori- n'est gine de cette croyance. Plutarque^ narre. ajoute le philosophe. qui se retrouve chez tous les non-civilisés. 8.CHAPITRE I. VII. Mânes de Virginie. transporté Il raconte qu'après en secret dans un jardin. On colportait encore à l'époque chrétienne des contes qui inspiraient d'aussi vaines terreurs. et il est certain que les populations du monde méditerranéen ne s'en étaient point affranchies. Il est bien certain. Caligula. sur les 209. 3. j>. La vie de saint Germain d'Auxerre contient le récit d'un prodige tout pareil Suétone à celui que rapporte Pline i. 58. III. où il disparut. que les gardiens du jardin furent inquiétés par des ombres jusqu'au moment où ces restes furent par les sœurs de l'empereur. 1. se perd dans la nuit de la préhistoire. — LBS VIEILLES CROYANCES 85 Athénodore continua imperturbablement son travail. On recueillit les ossements et on les ensevelit selon les rites. à la suite d'un comique grec a exploité ce sujet au théâtre. En y creusant la terre. jusqu'à ce succombé. On pourrait multiplier les preuves de la crédulité avec laquelle étaient acclieillies ces histoires de lieux hantés par les âmes en peine des « biothanates » *. 4. prouve que les spectateurs romains. Porphyrion. La maison dès lors ne revit plus ce visiteur hallucinant.SS.. Mais jusqu'à ce jour. le cadavre.. Mai's que pensaient des apparitions de fantômes. 11. AA. mais les partager manqué son effet. l'assassinat de Caligula. M. note l'historien. an. Le spectre lui fit signe de le suivre et le conduisit dans la cour. Horace. Tite-Live.. 59. qu'à Chéronée un certain Damon ayant été tué dans l'étuve d'un bain. les voisins pensent voir des apparitions et entendre des voix troublantes. en sorte qu'on en mura la porte. ne devaient sinon la pièce eût pas se moquer de telles superstitions. y fut hâtivement inhumé. Suétone. II. sans paraître en douter. pendant longtemps l'on y. les esprits éclairés ? Il 2. Plutarque. . Dans la maison où celui-ci aucune nuit ne se passa sans quelque cause d'effroi. La large créance dont jouissaient ces contes fantastiques explique qu'on n'ait cessé de les répéter durant tout le moyen-âge et que de exhumés et ensevelis avait : nos jours encore Il en ils n'aient pas perdu tout crédit. Cimon. n'est pas moins crédule que l'épistolier^. I.

Cf. descendre sur la terre pour venir au secours de ceux qui les invoquaient^. Cf. 220 Koetschau). E. 124 ss. par Hobein (p. IX. 4. l'immense majorité. attestaient. aux hommes par des « épiphanies » *. a des antécédents fort anciens. Maxime de Tyr. elle considère avec une vue plus per- 1.on. 50 ss. vénération. p. 3. Rohde. la faveur d'entrer en communication avec eux. constater leur présence immédiate. Erg. 6d avec les passages parallèles cités 6. mais à l'état de veille. Maxime de Tyr. Hésiode avait déjà satioii s'élargit et démons enseigné que la race de l'âge d'or s'était transformée après son trépas en bienveillants. pouvaient ainsi se montrer propices aux survivants. Hésiode. 28 et 40. comme les. faut ici faire Ceux qui admettaient l'existence des. La révélation d'Hermès 1901. 2. devenaient des demi-dieux ou des démons^. Une pareille assistance fut aussi la doctrine enseignée généralement par les Platoniciens. Esculape. ils se présentaient à leurs adorateurs. 550 . fr. que se vulgarisa la doctrine que les esprits des morts. avaient été déifiés selon la mythologie par une apothéose et ils pouvaient. 81. Cratyle. préposés à la garde des hommes ^. Leurs fidèles pouvaient les apercevoir. Dans les temples où s'exerçait la « nécyomancie ». tr. IX. Hector ou Protésilas. s. Peregrinus. Pfister. cf. Contra Celsum. non seulement dans des songes.86 LUX PERPETUA une première distinction. Lorsque notre âme s'est dépouillée de son corps. p. infra. 398 a. XXV. L'idée que les défunts. et ils faisaient pareillement à ceux qui les servaient dévotement. même d'un rang médiocre. 7 . Festugière. . les Dioscures. 7. p. ont toujours cru qu'ils se manifestaient dieux. 5.. III. Elle est par exemple exprimée avec une clarté parfaite par Maxime de Tyr '. mais élevés à une condition supérieure. ss. élevés à la dignité de héros. Platon. v. Lticien. c'est-à-dire certains morts ayant vécu sur la terre. 24 (p. Olympiens. Monuments Plot. Origène. que ceux-ci fussent endormis ou éveillés Le nombre de telles apparitions se multiplia à mesure que la notion de l'héroiïavait réservé 'i. Hercule. la réalité de La même . R I. Vrismégiste.. D'innombrables témoignages depuis l'époque homérique jusqu'à et c'était de telles apparitions. continuaient à réapparaître sous l'empire romain géants lumineux armés de pied en cape. Même les guerriers homériques. possibilité était généralement admise pour les héros. pensait.. IV. Car ces demi-dieux étaient tout proches des dieux on les associait dans une la fin l'antiquité. 105). à qui seuls la vieille poésie épique : une vie divine. . « Epiphanie » 1944. tels Achille. . des héros d'autrefois venaient guérir les malades commune qui y pratiquaient l'incubation ^. Suppl.

ss. I. il résolut de se rendre en Egypte pour y obtenir d'un prêtre qu'il évoquât un mort des Enfers. elle se failli. de venger ceux qui subissent l'injusCette intervention favorable des tice et de punir ceux qui la commettent. 16 ss. 15 (Bréhier. ch.. Le prêtre égyptien demande ou avec un dieu. Pythagoriciens et Platoniciens pouvaient ainsi connégateurs fondre les Épicuriens et opposer une preuve décisive à leur scepticisme 1. Ils étaient d'autant plus disposés à admettre un argument péremptoire à opposer aux de l'immortalité. Cf. Lorsqu'elles sont sorties de leurs corps. P- Pseudo-Clément. veut s'entretenir avec l'âme d'un mort fr. Consol. 44 Rose = Xénophon. à 3- CCAG. qu'elles leur fournissaient : I.. 11. 139 Cf. IV. 'tote. Une telle. 188). VIII. beaucoup d'âmes ne cessent point de faire du bien aux hommes soit en leur rendant des oracles ou en leur prêtant autrement assistance. mais par une vision indubitable de ses propres yeux. VIII. Cyrop. Fr.. XIX. Plotin. Cf. -. prenant en pitié les âmes d'ici-bas. le culte rendu aux trépassés. Boll. 7. p. 257 : Thessalos 4. injra. p. . s'il 3. 5 cf. qui mêle à leur société pour redresser celles qui ont commandé par Dien de fréquenter notre monde. esprits des morts dans les moindres affaires de l'humanité était implicitement admise par tous ceux qui leur rendaient un culte pour l'obtenir. à toutes métiers. afin d'atteindre une certitude. Eudème. par une exception unique dans les Ennéades *. et. leurs de venir en aide aux bons. Le début des Recûgmtiones^ narre comment Clément de Rome fut dès sa jjcunesse obsédé par le désir anxieux de savoir si l'âme était ou non immortelle. Zeitschr.CHAPITRE çante le spectacle Il leur est I. 3. Neuiesf. Wiss. N'ayant entendu dans les écoles des philosophes que de vaines disputes sur cette question toujours controversée. celui-ci le détourna de recourir à une magie illicite et impie ^ Malgré son éloignement de toute pratique religieuse et son dédain des cérémonies cultuelles. . Plotin. 1916... leurs pensées. p. conviction explique que ses défenseurs aient aussi facilement ajouté foi aux « épiphanies » de ces protecteurs. non en écoutant des discours peut-être fallacieux. — LES VIEILLES CROYANCES 87 sont ses congénères. 4. Cependant ayant fait part de ce dessein à un philosophe de ses amis. Une épitaphe de Rome se termine par les mots leur réalité. de s'associer de notre terre les espèces d'hommes et à tous leurs sorts. vj. Apoll. Il n'est pas étonnant qu'on surprenne l'écho de cet argument des théologiens dans « Toi l'épigraphie funéraire. et elles montr trent ainsi par leur survie que les auitres âmes aussi ne périssent point. pour ceux qui demandent une preuve sensible. invoque comme motif de croire à l'immortalité. Aris- Plutarque. Recogn. Vin._ 136. 7.

« Larves ». n. Xénoph. 4. menace le calomniateur de la vindicte « Puisse l'intermédiaire entre le monde supérieur d'Hermès psychopompe : infernal te faire toujours rencontrer les figures des morts . 5. Oxyrr. Dion Cass. 7 . dont les épiphanies sont comparables à lis qui et tu celles des dieux. A-poL. 3. col. revenues sur la terre. les cette vie la raison âmes des trépassés avaient à lutter contre eux et ils troublaient en ou altéraient la santé des possédés dont ils s'étaient emparési. il réels les plus effarants prodiges®. p. 4. 15.. Sittengeschichte. Héliodore. p. comme les disciples de Pythagore et de Platon. 8201 a. Lucien. comme les autres. 2. n'importe où. papîri. de Larves. Que les romanciers aient accordé à cette fantasmagorie une se fait l'avocat place dans leurs fictions. invoque-nous en faisant un vœu comprendras » ^ Mais à ces ombres compatissantes. Une Parmi plèbe inculte n'était pas seule à appréhender la malignité des revenants. a cru aux fantômes dangereux dont on distinguait parfois dans les ténèbres les formes indécises. = — p. superstitions vulgaires et s'attachaient à les Le platonicien Apulée 3. Ij 32. ou.es. pourrait n'être qu'un moyen de leur donner l'attrait d'un merveilleux purement imaginaire ^ Mais de graves historiens ne se sont pas fait faute de rapporter L'existence des fantômes comme était. Apulée. 18 . i . LXXIX. du spiritisme le plus Pythagoricien Arignotos qui invraisemblable *. Le peuple romain. les philosophes ceux qui. Cf. toutes les apparitions des nuits. repoussée nécessairement par l'instant les. V. Cf. E. LI. 64. de Lémures. 878. 27365 Dessau. De deo Socr. XI. R. d'ombres.HV^i 321 . Ephes. cf. I.88 LUX PERPETUA ceci et doutes qu'il y ait des Mân. CIL. et plus p. 92. cf. . Niisson. Rel.. s'opposaient les spectres dont l'imagination craintive d'une foule crédule redoutait l'hostilité. est vrai. « Larvae ». dont le paysan du Latium croyait entendre gémir la nuit dans les forêts la voix troublante. tous les épouvantails des tombeaux. faisaient du mal aux morts comme aux vivants . Ces esprits souffrants et errants de ceux qui s'en étaient allés. 29. acceptaient sans sourciller justifier. 169. accusé de s'être servi d'un squelette pour pratiquer des opérations magiques. 5 .. 4.. qu'il mette sous tes yeux tout ce qui existe. supra. apercevoir aux carrefours les simulacres d'une maigreur cadavérique ^. toutes les terreurs des et le monde bûchers. Philopseudès. pour qui l'âme se décomposait dès du décès. Pausanias. 3686. » c'est le Dans le Philopseudès de Lucien. VI. 76. s. de Mânes. les donnaient dans leur système une large place à l'intervention des démons aériens. Friedlânder-Wissowa. Épicuriens 1. 17. Lattimore. V. Gr.

. Epist. 55. ces inventions rien n'est réel'. 24. Pline. 4. infra. 208. Horace. « qu'^aucuïi homme raisonnable n'a jamais rencontré de démon ou de revenant. sans oser trancher la question. qui excluaient ces êtres malfaisants d'am monde ordonné par la bonté de la Providence. car la suite prouve que l'épistolier est convaincu de la réalité de ce dont il affecte de douter. mais que des enfants. Mais Plutarque allègue que des témoins respectables. Epist. C'est en eux-mêmes qu'ils portent le démon pernicieux de la superstition ». 2. i. — Cf. En outre cette erreur avait pour adversaires -certains Stoïciens 3. non celles des gens qui s'en sont allés à l'heure voulue par leur. Plu^ qu'il existe des fantômes. 3. s'il ne faut pas admettre. Episf. ou apparence que de notre crainte »*.. niaient toute survie personnelle*. 5. m. 7. Pline le Jeune écrit à Sura. Entre les négateurs et les défenseurs des croyances populaires souvent les meilleurs esprits hésitaient et n'osaient se prononcer. comme Pline l'Ancien. Lucien. a. et Lucien lui-même. parmi les hommes et se^ montrent à qui elles Un autre prétend que seules les âmes de ceux qui ont péri par violence reviennent errier sur la terre. que les démons méchants et jaloux troublent les hommes de bien pour les empêcher de conserver une vertu parfaite. — LES VIEILLES CROYANCES 89 généralement par tous ceux qui. 29 40. Pline. ayant une forme si leur inanité et leur vanité ne reçoivent ime rapporte l'opinion de ceux qui prétendaient détruire ces abe. Les Lémures nocturnes paraissaient au scepticisme d'Horace. dit-il. 27. Philopseudès. VII.rrations. 188. II. ch. ch. Et l'historien se demande. l'opinion des anciens. comme Dion et Brutus.. N. Cf. vu. sur Sénèque. 6. H. . aussi risibles que les sortilèges des sorcières?'. personnage consulaire : « Je voudrais savoir si tu crois propre et quelque puissance. cf. des femmelettes ou tarque néfastes. înfra. Cf. « Ils affirment ». îbid. destin. VII. Cependant un troisième soutient que de toutes' veulent. ch. qui assureârait à ces sages infaillibles après la mort un sort meilleur que le leur. 18. 11... attestent avoir été prévenus par un spectre de leur fin prochaine.CHAPITRE I.. Plut. Sénèque. est d'avis qu'un robuste 1. Dion. înfra. . Mais ce n'est guère qu'une formule de déférence pour le jugement de son correspondant. Lucien® met en scène une réunion de philosophes de diverses écoles qui disputent sur l'existence des démons effet les et des fantômes : le âmes des morts circulent Pythagoricien en est convaincu et assure qu'en. 2. des déments ont seulement été les jouets d'apparences monstrueuses et illusoires. 2.

6.. Eenner. R. IV. sont d'ordinaire invisibles. étant des démons. et si l'on passe en revue. 2. R. L'on rique. 5 . p. Paus. Piioperce. On les supposait en particulier capables de prédire l'avenir ". parfois légèrement défiguré par les flammes du bûchera Le peuple se figurait aussi que les spectres. comme qui les entoure i. Une vieille croyance. 39 « Oneiros ». 78 . 115. Mages hellénisés. V. 7 ss. E. Mais leur substance peut s'épaissir assez pour qu'ils acquièrent une apparence sensible. s. E. 5. Porphyre.. « Nekydaimon ». Cf. acquérait une faculté qui devait s'accroître encore lors- Cf. infra. p. ch. II. p. 3. supra. ni. . cf. tel qu'il avait été à la fleur de l'âge. 277. pouvaient. ou du moins au moment de sa mort. Declam. 2260 s. ool. supra. V. II. X. les âmes désincarnées furent conçues comme possédant une intelligence supérieure à celle de l'homme. . col.90 LUX PERPETUA est bon sens le meilleur vaines inventions. Cf. Symbol. changer d'aspect à leur gré et emprunter la semblance de monstres terrifiants*. sufra. 7. VI. 4. 6. 1.. se soustrayant à la matière. Mages hellên. ISeidôlon pouvait se montrer clairement avec l'apparence de l'être vivant 2. ^ p. * * * Les l'air esprits des morts. Mais l'imagination des foules ne se contentait pas de fantômes aussi fugaces. Leurs figures prodigieuses étaient propres alors à frapper les hommes d'épouvante ^« Assimilés aux démons. Symbol. cf. Preisendanz.. comme nous l'avons fait sommairement. 10. Leurs formes vaporeuses glissent silencieusement sous les pâles rayons de la lune ou dans « l'tobscure clarté qui tombe des étoiles ». 278. Mais Lucien est remède contre le trouble que causent de vides un sceptique qui se gausse de toutes et les croyances traditionnelles. dont les facultés étaient obscurcies par son accointance avec le corps. 71s. note 4. II. vii. nous l'avons dit. De Abstin. i . s. l'ensemble des témoignages antiques. au moment où celle-ci cessait de la retenir. n.^ p. 3 . 81. qui remonte à l'âge homévoulait que les mourants eussent la prévision des événements futurs. Quintilien. expliquait que leur âme. Cf. on constate combien fut durable l'attachement des classes instruites aux superstitions héritées d'un lointain passé et quelle répugnance elles éprouvaient à faire table rase d'une tradition consacrée par la succession des siècles. entrevus dans la pénombre. 453. n. comme eux. p. 40 ss.

Les en songe ne sont pas. Cyrop. ou bien comme des stratagèmes ou déguisements plus ou moins efficaces nalystes modernes. Posidonius dans Cicér. Les visions qui défilent devant l'imagination de chacun pendant le sommeil ont pour lui la même réalité que ce qu'il voit de ses yeux après son réveil. Xénoph.CHAPITRE qu'elle I. des fictions des mirages cérébraux produits par une surexcitation des nerfs ou une digestion laborieuse. est cient.. d'en pénétrer le mystère \ Une similitude remarquable rapproche les concep- morales. qui à travers les âges s'est efforcé.. qui paraissent avoir été communes à tout le genre humain à un stade reculé de son évolution. 63 . la Pour les anciens. ai j Plotin. La mentalitë en dor- primitive n'établit pas de distinction essentielle entre ce qui est perçu mant ou en veillant. C'est du dehors que lui viennent ces impressions qui l'affectent parfois profondément.. — LES VIEILLES CROYANCES 91 serait entièrement affranchie de sa sujétion à des organes charnels ^ Cette conviction transforma ainsi les esprits des trépassés en agents actifs de la divination.. dont la fantasmagorie incohérente et semble toujours préoccupé l'esprit de l'homme. De divin.. 365 et infra. Eenner. 447 ss. 1. Cf. s. soit qu'ils fissent connaître leurs présages ou oracles dans des ou pendant la veille.. Symbol. Le phénomène troublant du soustraite aux lois physiques songes rêve. On les conçoit encore moins. . L'âme du dormeur peut rester simple spectatrice. sans y réuspir pleinement. les êtres et les objets qui s'offrent à vue du dormeur ne sont pas une création interne de sa personne psychique.. R. à la façon des psychavisions perçues illusoires. sans qu'il puisse réagir pour les écarter. Enfin le rêve peut contenir un ordre que donne un esprit. ^^' 3j 2. 27 (p. Ces idées. Une merveilleuse la rend aussi capable de faire des excursions rapides dans des régions lointaines et de s'y entretenir avec ses pareilles. ool. a qui persistèrent jusqu'à la fin de l'antiquité de celles dont les ethnographes ont constaté l'existence chez les peuples les plus arriérés. « Oneiros ». comme dont use ce même subconscient pour apaiser les stimulations qui pourraient troubler notre repos. qui s'imposent abolie. suivant la croyance générale.). 96 Br. et qu'on est tenu d'exécuter si l'on ne veut courir de graves danger. 7. Cf. 30. et les visiteurï qui agilité formes mouvantes des vivants ou des morts qui lui apparaissent sont alors des viennent la trouver pendant son repos et converser avec elle. E. des images imprimées ou refoulées dans le subconsà nous quand la domination de la raison logique. La vie onirique a tions pour ceux-ci la même valeur que leur vie consciente et logique. v. VIII. s'affirment encore à l'époque romaine. I. p.

Certains philosophes opérait eurent beau dénier toute valeur religieuse aux manifestations oniriques et chercher à ces futiles illusions des causes psychologiques ou médicales^. Bouché-Leclercq. qui s'attachait à découvrir le sens de l'infinie variété de rêves.. s. ool. Actes de Paul et 'Chécla. Cf. p.. 'E5 Preisendanz. prétendument allégoriques."^SS' Lipsius). xo (P. s. Saintyves. qui apparaissait pour communiquer au croyant des révélations ou injonctions ou prescrire des cures aux malades. Hymne. ex visu. Cf. zjy s. I.). Kenner. offrent le type le plus achevé de symbolisme alambiqué et la subtile exégèse nous semblent d'une puérilité extravagante.S. et en interpréter éventuellement la signification comme celle d'un oracle obscur. 8 ss. /.92 LUX PERPETUA Parfois c'était tm dieu ou un héros. 600) . « Oneiropompein » . R. v. ce peut être l'esprit d'un mort parlant et agissant s'il était encore de ce monde. Innombrables sont les dédicaces que le fidèle consacre somnio mofdtus. . Paris. Cf. Cette croyance était si fortement établie. p. Les Oneirocritiques d'Artémidore de DaldiSj qui souvent ces traités dont le écrivait sous les Antonins. Ainsi était née dans l'anciepne Babylonie et en Egypte. s. donné par ces puis- sances célestes qui commandent à leurs fidèles comme les monarques à leurs sujtîts 1.ol'z ovap. Prudence. puis avait été développée par les Grecs l'oniromancie. Sur rov£îpojtpÎTr)ç cf. Mais même des visions en apparence indifférentes.. p. 1930. 1873. 2105 /. XL. comme I. 6. 2151. 5. de la divination. VI. 2071- 2073. ool. Egypte des astrol. Mais. A. Hisf. 1. Hermès.. la foule resta toujours convaincue que souvent elles étaient dues à une intervention des puissances célestes. Nock. Kenner. 28-29 0-i P. pensait-on. et il fallait alors distinguer si elles étaient véridiques ou trompeuses. p. que les consultants venaient soumettre à la sagacité des devins 3. 127 ss. col.H. pouvaient être envoyées par la divinité 2. R. 3. y. Inscriptions de Dêlos. 1925. èTtreaY'ric (J. 312 4. qui s'offre à la vue d'à dormeur. au lieu d'une divinité. S. si largeles chrétiens même l'acceptèrent en quelque mesure. 25 ss. Elles témoignent de la foi scrupuleuse des dévots qui ont cru devoir obtempérer à un ordre venu d'en haut. j Festugière. p. lui 2. Hopfner. . Un interprète sacerdotal des songes officiellement dans les temples gréco-égyptiens*. L. v. Augustin.) E. En marge 'de la Légende dorée. que répudié ^ Aujourd'hui encore les « Clefs des songes » des disciples lointains d'Artémidore trouvent des acheteurs qui consentent à se laisser abuser par elles. « Traumdeutung » (XII. E. c. 455 ss. 450. p. ss. . et l'oniromancie est le seul mode païen de divination que l'Église n'ait pas ment répandue. . 95 ss. c. 2234 ss. XLV.. De cura -pro mortuis.

II (stèle d'Albano). elle pouvait parcourir l'espace avec une rapidité merveilleuse et se transporter en un instant aux extrémités del"univers.CHAPITRE I. 5i=Kaibel. comme aussi (knzo^uyj. E. 84]. 18817 1947. pour nous exprimer latin.. I. ni éteinte avec ses cendres. Dei. d'infinies varia- Les vivants peuvent ne point rester plongés dans la torpeur et réduits à l'immobilité. 363 et 509 . VI. selon une épitaphe latine 2. 320. En. 1109 = 2. op. 28 ss. avait été héroisé dans tions un céleste séjour. Mages hellé723 ss. II. 5. XVIII. ni enserrée dans » Le défunt. croyait-on. n. . Cf.S. Si le dormeur perdait la notion du lieu où il gisait inerte. 2.. VI. s'échappant par la bouche. « mais qu'une partie de son être n'est ni brûlée par les flammes du bûcher. Elle devenait ainsi capable de pénétrer dans le monde des esprits et de converser avec les défunts. et ses lèvres purpurines proféraient des sons. abandonnait passagèrement le corps. 21521. ses épaules apparaissaient auréolées. Wendland. 3. . 33 ss. Comme dans l'évanouissement et la catalepsie *. p. Virgile.C. les urnes cinéraires ou les sépulcres ainsi tenir compagnie à des parents ou des amis dont l'esprit est obsédé revient par le regret de celui qu'ils ont perdu. ^ X. p. pouvait s'élancer dans l'air ambiant. vi. CIL. Quiatilien. car il n'était pas descendu dans les sombres profondeurs du Tartare.. 325 . c'était que l'âme. 9 CIG. le souffle vital qui animait l'homme. Rompant avec ses attaches matérielles. Prudence. pour attendre l'arrivée du visiteur nocturne qui reviendra les consoler. Lattimore.. La poésie funéraire a exécuté sur ce thème traditionnel*. dépassait sa taille d'autrefois .. Mages hellén. ss. Déclam. 35ii=Kaibel. — LES VIEILLES CROYANCES 93 comme un rhéteur l'homme ne périt pas tout entier.a. cit. cf Rohde. p. : descendre de l'éther sa stature le jeune homme avait gardé son vrai teint et sa voix. p. ont raconté les merveilles avaient vues ou entendues dans les Enfers ou dans le Ciel^ Comme ces 1. Cf. Augustin. surtout si son décès est récent. — i . j BuckLer. I. [supra. VI. 18 s. 3. C. 372.. ch. recouvrant la conscience. Ep. i>. * . 36 ss. p. afin de leur apporter un réconfort une mère qui pleure un fils emporté à la fleur de l'âge dans leur affliction voit..J. Credenze.) dans l'extase. Hymne. 585. Epigr. Jamblique. de même dans le sommeil. mais. pi. Y. » Il venait prier sa mère de sécher ses pleurs. « une forme rayonnant d'une lumière sidérale apportant ainsi une preuve sensible que. III. 18 s. ses yeux ardents brillaient. Pascal. 18. Civ. Symbol. cessant d'être passive et purement réceptrice. XVII.. et qui. 4. tr. CIL. et infra.R. emporté vers les astres.. mais . — nisés. p. De myst. La littérature antique connaît maint récit de gens que l'on a cruç privés qu'ils de vie. fr. .

Cf. elle à elle chaque nuit. s. Uï. Car l'incubation n'était pas seulement pratiquée dans les sanctuaires de divinités ou de héros. Pyth. ool. cf. p. v. permet à l'âme. divination. supra. Preisendani:. provisoirement sortie de son enveloppe de glaise. l. SIII3. Une mère a perdu son fils . Les Pythagoriciens. « Oneiros ». v. 7. 454. Symbol. s. 123 . Ceux que le dormeur a vu venir à lui. ou est allé retrouver au loin. « Nelcydaimon ». I. disposés à rendre service aux survivants. il s''entretient avec elle jusqu'à l'aurore. lui révélera son destin ? : une apparition nocturne. 139. — . Valère Maxime. Des esprits secourables manifestent surtout leur puissance curative aux malades qui viennent leur demander la guérison en se livrant au sommeil dans les temples. Hist. se sont spécialement préoccupés de cette communication avec les morts qui s'établissait songes ^ n'est dans les Ainsi la vision ou l'audition d'un être qui a quitté la société des hommes pas imaginaire. et dont il garde à son réveil le souvenir. Bouché-Leclercq. 364 . Car souvent ces morts sont conçus comme bienveillants et compatissants. R. 148 . craint quelque maléfice et s'adresse à un magicien.94 LUX PERPETUA états physiques exceptionnels. L'imagination d'un homme exposé à un grave danger est-elle effrayée par l'éventualité menaçante de sa fin prochaine hantise.. -p. ool. 2257. qui souvent ont admis des croyances vulgaires et cherché à les justifier. 93). frère de la mort. et échangeant avec elle des baisers. E. d'entrer en relation avec ceux qui s'en sont dépouillés pour toujours... vivent réellement et peuvent révéler à leur interlocuteur son destin. 30. E. s. Kenner. le sommeil. « Philon Alex. mais aussi dans ^ les lieux où les morts rendaient des oracles (vexuo[xavT£Îa) ainsi une mère de Cependant ces morts apparaissent plus fréquemment comme annonciateurs d'événements lugubres ou pour se plaindre de mauvais traitements. lui exprimer leurs désirs ou lui apporter un réconfort. div. V. ». Leisegang. Mais le mari apprenant les l'étreignani: visites nocturnes du fantôme. Cic. Preisendajiz. 2. privant suprême qu'elle éprouvait et infligeant en quelque sorte au défunt un nouveau trépas. 35R. qui par ses incantations enferme cette la joie âme errante dans la tombe. .c. De Jamblique. provoquée par cette Caius Gracchus fut averti de l'imminence de mort tragique par l'ombre de son frère Tibérius. 318 ss. qui lui apprit dans son sommeil qu'il ne pourrait éviter le sort funeste auquel lui-même avait sucsa 1. Cf. col. v. R. E. cf... D'autres pourraient s'y ajouter pour montrer la diffusion de cette croyance* si répandue qu'elle a fourni a un rhéteur un thème le voit revenir fictif de déclamation. Une épitaphe romaine vient de nous en fournir un exemple (p.. 1.

col. voyant le danger. et. V. 6. 35 « Neglecti mittunt mala somnia Mânes ». Néron. paraissait si naturel. Celui-ci lui apparaît la nuit suivante et lui reproche son ingratitude. s'est assoupi et il est menacé d'être mordu par un serpent. — LES yiEILLES CROYANCES les 95 aombé'. fr. Pltitarque. E-pode. tr. 458. 4. Le motif de l'assassin poursuivi par le sépulture. II. . fit évoquer à Héraclée par r « oracle des morts » cette âme exaspérée.. 2246 Cf. Culex. 34. et elle se rapproche alors des cas nombreux recueillis par les métapsychistes modernes. Preisendanz. Un pâtre. qui lui prédit la fin de ses maux s'il rentrait à Sparte. cherchant à l'apaiser. Horace. i . a. accablé par la chaleur du jour. 7. vit ses nuits hantées par l'ombre de la jeune fille.. 5- Cimon.11. ayant tué par erreur dans l'obscurité Cléonice dont il voulait faire sa maîtresse./. lui enfonce son aiguillon dans la paupière. 6. p. Tandis qu'ils repod'eux entendit d'abord son compagnon appeler au secours l'hôte : projetait de l'assassiuier. Mais le pire pourvoyeur de cau- chemars terrifiants est le remords qui torture l'auteur d'un meurtre et fait surgir devant ses yieux dans ses songes sa victime courroucée. il subit pour ce double motif un sort lamentable dans l'au-delà.CHAPITRE I. Un moucheron. l'avait-on privé des offrandes rituelles qui lui étaient dues aux jours consacrés ? l'appréhension que le spectre irrité ne vînt tirer vengeance d'une négligence impie le faisait surgir dans les rêves du coupable^.^ d'une télépathie révélant la perte d'une personne aimée et les ® circonstances de son décès survienu au loin.. Cicéron rapporte que deux amis se saient. divin. Kenner. [p. 57. Suétone. Le. I. Cf. Plésent. 217. Rohde. Cic. 6. Là se réalisa cette prophétie ambigiie. 3. qui à Bysance. Puis il réapparut pour prier son compagnon de venger I. 91 ss. 92. Mort par violence et privé de jours. 6. qu'il bientôt tragiquement". La vision onirique peut aussi s'appliquer à un assassinat perpétré sur autrui. Avaiit-on omis de rendre à un défunt honneurs funèbres. Les récits de ce genre abondent ^ Un exemple fameux était celui du régent Spartiate Pausanias. TibuUe. col. c. Valère Maxime. — . Le dormeur éveillé en sursaut écrase d'un geste machinal l'insecte qui est son sauveur. De 27. Les reproches lancinants de sa mauvaise conscience l'incitent à chercher les moyens de fléchir son persécuteur. l'un rendant à Mégare logèrent ensemble dans une auberge. car il y périt fantôme de celui dont il a abrégé les a suggéré une fantaisie poétique à l'auteur du Culex virgilien. 2]. I. Il faut que le berger élève dans un parterre de fleurs un cénotaphe expiatoire pour que les Mânes du moucheron trouvent le repos ^. . n.

la veille. qui troublent l'existence et égarent l'esprit des hommes. et qui revient s'unir à celui qui l'a aimée. Pfister. Démaineté vint s'asseoir de lui et. 4. . Ainsi la « Fiancée de Corinthe » qu'une ballade de Goethe a immortalisée. [supra. III. sont de même nature que ceux qui se présentenit à eux dans le sommeil et on leur attribue les mêmes offices. p. V.. Eukratès ayant perdu sa femme bien-aimée. 4]. 84. Ils peuvent pareillement rendre de précieux services. A ce moment un chien maltais aboya sous le lit et l'apparition s'évanouit. alors qu'étendu sur sa couche. après l'avoir tué. Phîlopseudès. 2. il avait omis de brûler une de ses sandales dorées. 1. transmise par Lucien. n. p. livra aux flammes avec elle toute sa garde-robe et avant tout un vêtement qu'elle se le Cependant. Mirab. supra. V. comme les images fuyantes du rêve. « Epiphanie ». Les anciens pensaient que cet état intermédiaire favorisait l'aptitude à recevoir des messages divins*. Les spectres qui viennent surprendre les vivants au milieu de leurs occupations. sont ordinairement pernicieux *. 30 . Suppl. 27. De myst. IV. sept jours plus tard. peut-être l'homme ne rêve-t-il pas lorsqu'il est plongé dans une torpeur profonde et certainement les songes les plus clairs . Toutefois. révéler une chose cachée. ces spectres. 34 s. elle se plaignit de auprès ce que. tandis qu'il l'embrassait en sanglotant. E. ' consoler ceux qui les pleurent. seulement les traits matériels ressemble étrangement à la Démaineté de Lucien . et les Une frontière indécise sépare le sommeil de images d'un songeur peuvent se prolonger par les hallucinations d'un visionnaire.. p. Phlégon. car l'aubergiste. où en effet il fut découvert. Cf. II. Lucien. Jamblique. prédire l'avenir. en pleine conscience. la lecture du Phêdon. cf. cf. cit. i . Marines. surviennent le matin et se prolongent pendant la somnolence qui précède le réveil. Démaineté. qui en font un revenant. Mais la sandale fut en effet trouvée sous le coffre et livrée aux flammes pour que la jeune femme ne restât pas à demi il plaisait à porter. op. Procli.96 sa LUX PERPETUA mort. Il est difficile de décider à quel genre d'illusion appartient prodige que rapporte la gracieuse et pathétique histoire d'Eukratès. croyant lui avoir tout donné. 2 . Proclus. Republ. sont plus nettement accusés. Si l'on en croit les psychologues. ii6. Wendland.. R. avait caché son corps sous du fumier dan:î une charrette. 3. col. Kroll . 88. a8i. cherchait un réconfort dans chaussée *. C'est ainsi qu'une magie perverse a pu agir par l'intermédiaire des s. substitut parfait de la personne décédée. p. oubliée sous un coffne.

p. 5g.Fahss. 7 . i. telle que nous dépeint l'auteur de cet culte des morts plus que de la magie. kydaimon ». Les âmes remontent en foule des enfers à l'appel d'Ulysse.. de même qu'ils enrôleurs assistants (îtàpeSpoi). avides Cette du breuvage qui la leur rendra une vigueur épisode de momentanée. comme elle. L'oniromancie est une forme de divination apparentée de près à la nécromancie en la survie *. I. Rome (pp. ibid. Hermès. et le vieil aèdC. enfin il immole une brebis et un agneau noirs et fait couler vent le dans le trou le sang des victimes en invoquant Hadès et Perséphone. « NeOdyssée. VIII. Rist. pour interroger terre par delà l'Océan. 23 ss. De la pointe de son s'inspirer jusque sous glaive de de bronze il creuse une fosse carrée et offre autour d'elle aux défunts une triple libation de lait miellé. de la divination. à comparaître devant eux et à leur répondre. au besoin par menace. v. Symbolae Osloenses. p. De foetarum romanomm XI. 82-83). : I- j Saglio-Pottier. Divination ». « Nekromantie ». s. s.. et elles ne sont point capables de lui révéler l'avenir. non à la menace. Alors du fond de l'Érèbe s'empressent vers héros les âmes étiolées. 308 b . comme elles le faisaient dans les fêtes annuelles des morts à Athènes et à. — LES VIEILLES CROYANCES 97 à lui obéir. cf. V. E. puis il la saupoudre d'une blanche farine . il ne leur impose pas. ss. l'ombre de Tirésias. les thaumaturges prétendaient obliger les dieux. v. dont les littérateurs l'Empire romain*. s. 375 et passimi'. Ulysse.. VI. Offenbarungszauber. s'est rendu aux confins de la souviendra. soit en se servant d'eux pour envoyer esprits qu'elle contraignait des songes. u. X. j 4. 330 s. p. 3). soit en faisant apparaître des fantômes devant les consultants hallucinés.CHAPITRE I. 5ss. Preisendanz. § 328résumé R. V. 3- Sur la nécromancie Hopfner. Le héros recourt à la prière.. là où s'ouvre l'accès de l'Hadès. de vin et d'eau . sa volonté. il attire les ombres anémiées par des offrandes alléchantes. qui doidonner congé à leurs morts. ch. doctrina magica (Rel. BoTiché-Leclercq. s'inspire a reproduit sans doute le rituel usité dans les cultes chthoniens de cette* du époque reculée. Il. 148-163. cérémonie. est étroitement conditionnée par les croyances des âmes. laient à leur service des démons qui devenaient ils se targuaient d'évoquer les ombres des défunts par des invopareillement la De même que cations impératives et des rites irrésistibles. 515 ss. on s'en. malgré elles. 1928. v. l'Odyssée. p. Cette nécromancie remonte La Nékyia d'Homère en avait ne cessèrent pas aux origines lointaines de fourni un exemple célèbre ^ la religion antique*. 1903. Festugière. Eitrem. p. II. qui. cf. p. JDïrf. « 2. I.

Car la consultation des esprits était étrangère à la divination anciennement pratiquée à Rome. 909 B. En général toutes les pratiques magiques sont . Le frêle et pâle essaim des Mânes ne possédait pas. *. s.. La sérénité et l'humanité du génie hellénique le détournèrent longtemps d'une sombre et cruelle divination. 1941. une force et ime intelligence supérieures à celles des le droit pontifical. qui condamne cette superstition comme une impiété « bestiale » i.con- hommes. fragm. Cicéron. Cf. celle du corps"^ vivant . Garoopino. ne tint jamais. Osloenses. E. qui se montra accueil- lante aux croyances populaires et qui. au temps de Cicéron. Rel. 933 A. et si quelqu'un niait avoir jamais aperçu un démon. Gr. «Nigidius Figulus». 20 6. Ils admettaient que les eïdôla des morts apparaissaient sous ime forme semblable à. n'était pas ces esprits. 20i.98 LUX PERPETUA Cette nécromancie indigène continua à être pratiquée dans la Grèce historique. Nilsson. II. Arist. Eitrem.^ pythag. VI.. et ils ne tardaient pas à châtier le sacrilège. Rose. 193. n° 7). Ce sont probablement les Pythagoriciens de l'entourage de Nigidius Figulus qui. 20 s*' 7. on constatera que l'évocation des esprits dans la religion hellénique. fut induite pour ce double motif à pratiquer tous les genres d'opérations magiques ®. Artémidore. XXI. qu'une place assez effacée ^ Ce mais les dieux qu'on interrogeait dans les principaux temples pour apprendre les secrets de l'avenir. 204 s. comme le prouvent les allusions des écrivains et surtout la réprobation Des de Platon. subit l'attrait des doctrines orientales. Hercher) . R. Berlin. Toutefois la nécromancie paraît avoir été acceptée par les PythagoricienSj qui étaient des spirites croyant trouver dans l'évocation des ombres une preuve péremptoire de leur foi en l'immortalité et de leur démonologie *. 69 (p. ch. Symbol. In Vatin. II. Lois. i6i. infra.. su-pra. « oracles des morts » des insti(vexuof^-avxeta) firent toujours partie tutions qu'avait suscitées la mantique^. Wellmann. témoigna quiétude. était une impiété. p. p. Basil. D'autre part Platon. 1928. dans sa protection rigoureuse des d'un respect scrupuleux du repos des morts. ces visionnaires s'étonnaient d'une telle infirmité La secte. 5. Cf. 4. introduisirent la nécromancie dans leurs cénacles occultes à la grande indignation des vieux Romains '. 158. Troubler leur tombeaux. a. en les appelant devant soi. Die Physica des Bolos und der Magier Anaxîlaos (Abhandl. 15a ss. avant qu'on s'avisât de faire d'eux des démons grecs. 3. p. III.. de bonne heure. p. = . 14. I. 51.. col. v. Cf. Kroll. De deo Socratis. Cependant si l'on considère l'ensemble des témoignages qui ont été recueillis. Akad. Apulée.

Eschyle.. La justice répressive punissait les auteurs de maléfices {maie f ici). Mais les Mages d'Asie Mineure.. II. (=tr. que fr. Plutarque. lui procura un colloque terrifiant avec l'ombre de Samuel^. Mais l'évocation des morts est un procédé divinatoire et magique commun à tout le paganisme sémitique et on le trouve en usage en Babylonie comme en Palestine. Hopfner. se répandit largement en Occident qu'avec les religions où cette aberration spirituelle avait été de tous une maladie endémique. Parmi Tes diverses espèces de procédés magiques.).. la . De Iside. Mages hellén. 1. XXyiII. «86. I ^^h ss. OsloetiVI. évoquée par des libations. Deî. 45 ss. et la nécromancie*. 14 (= Mages hellén. i. 7-25. 356 s. 45 . c5ol.. p. « Evocation des morts ». il a imaginé de fairs surgir de la tombe royale l'ombre de Darius. — LES VIEILLES CROYANCES 99 de la religion officielle. l'hydromancie. p. Il.. cf. 71 ss. C. 57 . Cf. Hine. pour détourner les maux dont les menaçait l'Esprit malin ^ et ils développèrent la théorie et la pratique de Part suspect qui leur doit son nomi de magie. p. pythonisse d'Endor. Néron. s. Vhe necromancy in Aeschylos {Symbol. A Rome. 3. Sans doute Eschyle le savait-il déjà et s'est-il souvenu de la puis. qui faisait aperâans un vase rempli d'eau des images des démons. 204). Augustin.. Dès la période répuaux sorciers les peines qui frappaient les empoisonneurs {venefici) et. Vil. « Nekromantie ». Le pur mazdéisme de Zoroastre interdit rigoureusetoute accointance ment la sorcellerie qui fait appel aux dévas. L'exemple le plus fameux d'une telle pratique.. en Egypte comme dans l'Iran'. s. Le mage Ostanès était le plus célèbre des docteurs es sciences occultes qui eussent traité de ce sujet. . 4- Don. V. est la consultation par Saiil de la La nécromancie ne superstitions de l'Orient. E. 1928. il en est deux dont les anciens attribuent la diffusion cevoir aux Perses . JV. les Mages de ' la suite Momm&en. p. 76a j Tertullien. sur les instances du roi. p. De anima. v. XI. observateurs peu fidèles de l'orthodoxie zoroastrienne. parce que son dualisme réprouve avec les puissances des ténèbres. lorsque. p. jusqu'à la fin de l'Empire. StraXVI. l'exercice de la magie resta non seulement passible des derniers supplices'. 35. II. a. cf.CHAPITRE damnées par I. Sam. qui. 56. mais le simple fait de posséder des livres la stricte moralité blicaine. et des conjurations appropriées^. I Strafrecht. 63g s. fr. temps indéfinimeni commenté par les exégètes.). p. 2. offraient à Ahrimau des sacrifices nocturnes où ils mêlaient au suc de l'amome le sang d'un loup. 60 3 II. XXX. p.) j La magie comme motif littéraire (Ibid. H. 39.sance dont se targuait le clergé iranien. R. 610 ss. Eitrem. Dict. p. de la Bible. Perses. dans les Perses. aaz8 j Vigoureux. 1941. la législation étendit de et l'art illicite.

p. fr. pouvait aussi prétendire obtenir d'eux des services et en faire les exécuteurs de sa volonté. CCAG. VIII. Il. la vanité de ces prétendus entretiens av-ec les défunts*. B. cf. p. Le médecin Thessalos. 5 Lucain. la liturgie effrayante des. 67.. B loC). puissances du mal. p. Rel. 34} 113. Hermès. assure Pline. 146 ss. Mais ceci est proprement une œuvre sata'magie devient une religion à rebours. des épiphanies de dieux ou de revenants. se rendit à Thèbes et s'adressa à un prêtre. Pline. 40. Recogn. p. II. De même. § 366 . c. i. car ils fuyaient les — — lumières du jour. L'Egypte pouvait citer des nécromants comme Nectabis ou Nectanébo dont ne le cédait guère à celle du Mage Ostanès. fr. XXX. et R. et p. 451 j cf. . qui lui demanda s'il désirait s'entretenir avec l'âme d'un mort ou avec une divinité^. 30. 5 5 112. On les invoquait à voix basse dans l'obscurité de la nuit qui favorisait leurs entreprises. Rivîsta di filologia. p. 29. Ps. . Plus les offrandes qui leur sont faites seront cruelles. la réputation pour dissiper l'anxiété que lui causaient ses doutes sur l'immor-' de l'âme. 1. i. II. Celui qui se flattait d'écarter ces êtres pervers par des sacrifices apotropaïques.n. Offenbanmgszauber. les ténèbres inférieures étant la demeure des méchants dévas et des âmes des réprouvés. Lucien.. 175 s. LXXI. 6 Mages hellén. l. 159. reconnut. qui par des incantations et des rites secrets ouvrent les portes de l'Hadès et y font descendre sûrement et remonter en sens inverse tous ceux qu'ils veulent » '. 5. Car elle se rattache au culte d'Ahriman. La réputation de Zoroastre comme nécromant devait se transmettre jusqu'au moyen-âge*. 104. p. et on la voit associée à la Perse comme la patrie de cette science suspecte &. Son clergé avait la réputation de pouvoir provoquer. 4. 1933. 2. la leur efficacité *. Clément. N. 7. selon les Recognitiones. à la recherche du vrai bonheur. plus elles plairont à la malignité des démons. 23 (fr. 56 s. 6. voulant consulter Asklépios. 6 . 136. Hopfner. p. VI. Le mazdéisme a sans doute contribué à faire de la nécromancie qui aurait pu n'être qu'un spiritisme bénin une monstrueuse abomination. 3. 3. Menî-p-pus sive de Necyomantia. col. I.. Suivant Lucien. I. Ménippe. et plus on sera convaincv^ de nique . 3. à volonté. 229. = . orient.loo LUX PERPETUA de Tiridate avaient initié à leurs mystères. 17.. résolut de se rendre à B&bylone pour y consulter un des « Mages disciples de Zoroastre. De nombreux papyrus magiques saint Clément. cf. O. KroU} Festugière.S-. Vettius Valens. songeait à se rendre en Egypte et à prier quelque prêtre d'user en sa faveur de son pouvoir de nécromant '. 247. talité E. Mages hellén..

adresse à voix et par cette mise en scène spectaculaire . troupe exsangue et gémissante qui glaçait d'effroi celui qui la rencontrait la nuit sur son chemin. est vêtu d'une tunique de lin. au lever de l'astre nocturne. notons-le. VI. Le corps se lève sur son augmente lit . 14. agitée d'une fureur divine. la couronne de laurier et de fenouil et la jette dans le trou . basse une incantation au Soleil levant il La victime confesse alors avoir succombé aux artifices criminels de sa nouvelle épouse. asperge le foyer de son sang avec un rameau de laurier. Comme elle proteste de son innocence. Mais Zatchlas le menace des pires tortures s'il ne répond pas. montrent quel crédit la crédulité d'xm peuple superstitieux accordait à une forme délictueuse de la magie. p. et a la tête entièrement rasée.CHAPITRE I. elle creuse une fosse. — LES VIEILLES CROYANCES loi découverts dans la vallée du Nil. qui lui a fait vider une coupe empoisonnée. Enfin. 3. était plus occulte ' . une autre sur la poitrine. à l'aide de cratères d'argile. dans une scène d'évoca- Une femme est accusée d'avoir introduite dans ses MétaMorphoses^ son mari. 2. Un combat a été livré à Memphis. afin qu'un séducteur pût prendre sa place dans le lit encore tiède. les Èthiopigues d'Héliodore^ qui. chaussé de sandales de fibre de palmier. 29. C'est en Egypte que se place la scène de nécromancie décrite dans un autre roman. Le . « prophète de premier ordre ». comme il sied à im prêtre d'Isis. Mêt. L'opérateur. d'autant plus recherchée qu'elle L'on y voit aussi quelle terreur inspirait la vue des spectres. Il n'est donc pas surprenant qu'Apulée ait fait intervenir l'égyptien Zatchlas. elle ignore le sort de l'autre et vienfc interroger le mort. une prière en langue barbare. Apulée. tanée à des yeux fermés pour l'éternité. elle adresse à la lune. Elle modèle ensuite une poupée de pâte. appartenait à une famille sacerdotale d'Émèse en Syrie..troisième jour après la pleine lune. des libations de miel. et même les écrits astrologiques originaires de ce pays. une vieille femme a eu un de ses fils tué. avec des mouvements désordonnés. se penchant vers le cadavre elle lui murmure une incanta- 1. . de lait et de vin. le jeune homme se plaint d'avoir été arraché au Styx et supplie qu'on le laisse en repos. Héliodore. on fait appel à empoisonné la science du prophète pour ranimer le cadavre et rendre une lumière momention . Il place une herbe sur la bouche du mort. et se tailladant les bras. chez les assistants l'attente du miracle. fait flamber un feu de chaque côt'é et verse. 119 ss. puis brandissant un glaive. et se tournant vers l'Orient. Egypte des astr.i II.

97. mais ne répiond que par un signe de tête à la question de sa mère et retombe. 325. Ces épisodes macabres nous apprennent du moins quelle idée les littérateurs se faisaient de ces opérations magi:ques. 200 4. il avait voulu marquer son horreur de monstruosités sinistres. 730 ss. Met. Valérius Flaccus dans ses Argonautiques^. REA. Bourgery. op. Ovide. force son fils par des conjurations plus puissantes à se relever et à parler. [p. à utiliser un sujet . n. cit. ss. Lucain 3. I. Stace. Horace. Cédant au sortilège. C'est surtout chez les poètes latins du premier siècle de l'Empire que l'on peut suivre la transmission. cit.j E-p. L'évocation des morts était. 106. odieuses aux morts et redoutables pour ceux-là mêmes qui les pratiquaient. et Sénèque dans sa tragédie à'CEdipe'^. . XIIÏ. Siitengeschichte. III 10. Silius Italiens dans ses Piinico. s.. cf. et peut-être Lucain a-t-il eu lui-même un penchant pour un art vers lequel étaient attirés beaucoup de ses contemporains. . les élégiaques y recourent.. I. l'enfant se dresse. 530 ss. littéraire du thème de la nécromancie. D'une voix caverneuse. 1028. TibuUe. 2. Ces deux exemples suffiront à donner une idée des scènes de nécromancie introduites dans leurs récits par les romanciers. à peine intelligible. devenue un motif tra4itionnel de l'épopée. [supra. Silius Ital. Cf. Sénèque. 299 ss. p. I. de Fahz. 590 Valérius Flaccus. et les successeurs lointains des aèdes continuent à le traiter dans la Rome des Césars. et non des moindres.^ IV.qui éveillait chez leurs lecteurs une curiosité mêlée d'effroi.. V. 4]. Fahz. 10 ss. qui s'adonna à la divination des Mages jusqu'au jour où il en reconnut l'inanité*. Lucain l'introduit dans sa Pharsale. Ovide lui fait une place dans ses Métamorphoses. 42 ss.. Mais d'autres poètes. Alors la vieille sorcière proférant des menaces. 47 ss. VI. o-p.102 tion 1 LUX PERPETUA daii!î l'oreille. . malgré son scepticisme. 2. grâce à la Nékyia homérique. Phars. I. Mais rien n'est moins certain. Commentaire et la magie. i. 97. . VII. De toutes ces scènes de nécromancie. Sat. Il est difficile de déterminer l'enfant révèle ! jusqu'à quel point les rites qu'ils décrivent ont été empruntés par eux à la réalité ou inventés par leur imagination.y VI. IV.. elle périra bientôt elle-même de la' mort violente qui est le sort réservé à tous les magiciens. p. n. Properce. p. 429 ss. Stace dans sa Tkébaïde. Horace. Oedi-pe. la plus circonstanciée est celle de Lucain s.. 4]. . Vhéb. et que ce morceau visait en réalité Néron. Lucain. Friedlânder-Wissowa. On a supposé que par la multiplication de détails révoltants. 393 ss. ne l'a pas dédaigné .' à sa mère qu'elle ne reverra pas son fils disparu et qu'à cause de l'impiété de ses pratiques sacrilèges. 8. et même des philosophes pytha- 1. se sont ingéniés depuis le siècle d'Auguste.

du magicien. L'on vit les empereurs euxcomme Caracalla. R. Tant qu'on admit la possibilité de contraindre les esprits des morts à seconder les desseins. ne pouvaient la pratiquer que furtivement à la faveur de la nuit. ballotés entre l'espérance et la crainte. 305011 ». dont on attendait des réponses plus clai. i]. séduisaient les esprits enclins à subir l'attrait du merveilleux. on espérait assouvir sa vengeance sur un ennemi détesté. la nécromancie fut indestructible. même inavouables. Le déchiffrement des papyrus magiques a fourni une foule de notions précises sur les pratiques des nécromants et permis de confronter avec les usages leur imagination n'attendît d'un pareil secours qu'ail : pour I. inspirer une ardente passion à celui qui devenus des les repoussait. de ces procédés secrets d'une thaumaturgie que condamnait 2. « Nekydaim s. /. Les cérémonies à celle nocturnes qui provoquaient l''apparition des fantômes. D'kutres. %• 3- Hopfner. 67. Il est indubitable qu'il connaissait les pratiques des magiciens. torturés par un amour malheureux. soit pour avoir étudié leurs livres.. livrer aux pires supplices le persécuteur dont on avait à souffrir. fin. La crainte du châtiment suprême ne suffisait en détourner ceux qui avaient confiance en son efficacité. \su-pra. Preisendanz. elle était pour la foule un art mystérieux entouré du prestige qu'fc»n prêtait alors aux révélations mêmes pas à user. Offenbarungszauber. et il n'est aucun effet prodigieux que on voit invoquer un spectre rende l'opérateur invisible comme lui s. poussés oracles saient. menacés des peines les plus graves. pengrâce à rintervention des esprits. Comme ses adeptes. E. — LES VIEILLES CROYANCES loj et stoïciens. et fournit même une sorte de systématisation et de synthèse de leurs il nous préceptes disparates. c. Poursuivre avec une rigueur répétition implacable le recours à cette magie criminelle était admettre implicitement la réalité de son pouvoir. p.CHAPITRE goriciens I. souvent ambigus. 99.res et plus directes que celles des pour n'être pas entendue. étaient obsédés du désir anxieux de par pénétrer les secrets de l^avenir. l'aiguillon de l'ambition.. . à coopérer avec lui à des oeuvres néfastes. Mommsen. IL. démons maléfiques. v. s. 244. Mais surtout en invoquant certains morts. Elle faisait appel à trop de passions humaines leur législation Ceux qui. soit pour les avoir consultés. ou. n.. Rien ne nous révèle mieux la puissance attribuée à la nécromancie que la des lois sévères qui Tinterdisaient*. 188. ésotériques et aux sciences occultes. condamner au trépas le rival dont on voulait se défaire. recouraient à ces colloques avec les trépassés.

C'est en agissant près de celui-ci qu'on fera apparaître l'ombre dont il est la demeure. 166 Norviti. I. on pouvaif la rappeler plus aisément que si elle était déjà descendue au fond des Enfers. op. 5. infra.. Maternus. Lticain. Son âme ne s'était pas encore fort éloignée. 8. z. 3.. Horace. la possession d'un morceau du cadavre. p. Cf. sont offertes les libations qui en feront sortir le spectre du roi (p. Met. s. II. 4. nous le verrons. — Ammien Marc.ytxi^ÈX Olympiodôre. là trou. Plus féconde encore en conséquences fatales est la longue survivance de l'antique conviction que l'âme reste attachée par des liens mystérieux au corps qu'elle a quitté ^ car cette connexion supposée a inspiré tous les rites de magie sympathique qui requièrent. XIX. VI. X (De sepulcro iacantato). . .y I. Apulée. Fahz.. C'est sur le tombeau de Darius que. 8. et y versaient dans un les sépultures. p. Il suffira d'invoquer deux exemples pour montrer la persistance de cette idée à travers les siècles. 10 (p. Le magicien. ^\iya. Mais dans la pensée des nécromants elles s'étaient mer. cit. Mathes. 7-8. Elle explique aussi qu'on pensait pouvoir ranimer plus facilement la dépouille inerte d'un homme récemment décédé et obtenir de lui des réponses plus intelligibles*. « dont l'affreux murmure et les paroles impérieuses torturent les dieux supérieurs et les Mânes ». suffisamment complète. ont le pouvoir de faire sortir l'ombre du tombeau ou de l'y enferles accablant ainsi sous le poids de la terre et les tenant comme enchaînés dans leur étroite prison*-. La croyance à la survie dans la tombe et celle de la descente dans les Enfers étaient différentes par leur origine et éloignées par leur caractère. suivant Eschyle. 13 . Cependant déjà à l'époque homérique on invoquait les ombres vivant dans l'Hadès. In Phaed. a. I. ch. nous permet de distinguer divers stades dans le développement d'une superstition. QuintiUen. 6zi cf. Firmic. 99) et Horace assure que les sorcières venaient encore la nuit aux « attirer Esquilles.. le parmi sang d'une agnelle noire pour Mânes qui doivent leur donner une réponse » 1. qui remonte aux âges les plus reculés. ï2» Cf. y. 157. et elle s'y prêtait avec moins de peine. ch.104 réels les fictions plus LUX PERPETUA ou moins imaginaires des romanciers et des poètes. Notre information. 29. Suidas. 28. creusé les où se trouvait le cimetière des pauvres. az. Sat. Declam. VU. . II. KroU) . La nécromancie n'a jamais éliminé la vieille croyance que le mort habite le tombeau. et les formules des magiciens révèlent clairement que telle était la puissance qu'ils s'attribuaient à toutes les époques*.

45. VII. Hist. cf. elles avaient acquis par là même une intelligence supérieure à celle de l'homme. Si l'on désirait avoir im entretien avec Homère. Pluton et Proserpine. — LES VIEILLES CROYANCES 105 confondues et on les voit exprimées simultanément 1. et la faculté de prévoir l'avenir 2.. 2263. Magic. nous l'avons dit. I. c. 3. souvent presque imperceptibles à la vue. 13. Preisendanz. 16. Papyrus Magic. Tibulle. c. 930 s. divination. Hécate. 16 .CHAPITRE I. enveloppées d'une ombre obscure . Ils apparaissaient dans les évocations comme des formes indécises et douteuses. Cicéron. Ces esprits étaient invisibles comme les vents qui les portaient 3. IV. cf. Il est vrai que la voix aiguë de ces frêles créatures ressemblait parfois à un sifflement à peine sensible \ à moins qu'un ventriloque. oupfÇovTe.. beaucoup d'entre ces nékydmmones exclus des Enfers par l'effet d'une privation de sépulture ou d'une mort violente ou prématurée. Hopfner. ment à la surface de la terre. p. 2. Mais. 2730. Les auteurs de la fin du paganisme se sont beaucoup préoccupés de cette armée de génies aériens. R. 2218. invoqués par des conjurations irrésistibles. ne se substituât au fantôme. I. 2. Pap. supra. Xjusc. Lactance. /. devaient leur concéder ce congé temporaire. ils manifestaient leur présence par leurs réponses aux questions du consultant. Ovide.. col." sans qu'on s'expliquât comment des êtres dépourvus de langue. Ou bien un enfant encore 1. 11 ss.. daimon ». auxquels les esprits des trépassés fournissaient un contingent de recrues constamment renouvelé. ce que la mentalité vulgaire ne pouvait concevoir. 8. 5. ool. étaient condamnés à errer misérable. I. doué d'un organe plus robuste. mais non purement spirituels. p. les thaumaturges se faisaient forts de vous le procurer. Inst. . nécromancie avait surtout recours à cette foule d'âmes aériennes qui parcouraient l'atmosphère avec une agilité extrême et pouvaient répondre aussitôt à l'appel de l'évocateur. R. Prcisendanz. s. E. £. Assimilées aux démons. I. afin d'utiliser leur puissance contre des ennemis.. « Neky- . 37. Le nécromant cherchait à soumettre à sa volonté ces âmes malheureuses et par suite malfaisantes. v. 87 . Cette prescience leur permettait de communiquer aux Mais la consultants des prophéties véridiques. 6. de gorge et de poumons pouvaient être doués d'une voix*. Tivèç :?)pûnov àtYpia 78 ss. abusant de la crédulité de ses dupes**.. IV. Amours. Les dieux infernaux. 4. le tombeau étant conçu comm^î le lieu de passage des ombres remontant du monde inférieur vers la lumière. àvéjjiwv eî'SwXov ïyio^mq. a. Orphée ou Cécrops. 1443 s. VIII. Maxime de Tyr. p. /.. BoTiché-Leckrcq.

III. cit. qui parlait par sa bouche i. p.. Mais à l'époque romaine les magiciens préparent souvent une cuisine beaucoup plus recherchée en se servant d'ingrédients plus trois rares. Césars. ^ . Ceux-ci pensaient se rendre maîtres de l'une en agissant sur l'autre la vieille idée. d'en lire les descriptions poétiques composées sous les. des pierres. Ils épuisent les ressources règnes de la nature. les nécromants utilisent des animaux. 3.. pour obtenir cette servitude.. les tabellae. le contraindre à subir un interrogatoire est chose relativement aisée lorsqu'on peut se saisir du cadavre au moment où il vient de perdre la vie*. on y fait couler le sang de victimes noires. Si l'on glisse dans sépultures des tablettes de plomb couvertes d'exécrations. Die Apologie des Apuleius und die Zauberei. pour l'étude des procédés employés pour l'évocation des morts. Mais l'attachement supposé que l'âme garde pour le corps dont elle est séparée. 1908. Comme les autres sorciers. s'évales vierge. o-p. IV). qui remonte jusqu'à l'époque qui nous anime survit dans la tombe. qui vouaient les vivants aux puissances infernales. 1904. reste lai conviction maîtresse qui commande la plupart des actes accomplis par ces thaumaturges. des plantes. Ranimer le mort et s'en faire un auxiliaire. note 4. Justin. i8 Hopfncr. Cf. Lucain. qui sont unis aux dieux et aux démons par des des affinités mystérieuses. Audollent. V. 234 ss. . § 8a6 .io6 LUX PERPETUA que magiciens ont souvent employé comme médium. pour contraindre à leur obéir ceux qui se montrent rétifs ou réticents. 104. ï. supra. defixionum retrouvées en grand nombre dans les nécropoles'. inspire les pratiques de cette magie sépulcrale. n. Friedlânder. 2. Abt. S'il fallait se contenter. c'est pour assurer au conjurateur l'intervention de celui qui y est enseveli. p. envahi par reuses et nouissaient aux premières lueurs de l'aurore. 670. reliés par des sympathies et antipathies secrètes aux esprits des morts. u V. L'incantation y reste accompagnée des simples offrandes empruntées au culte des morts on verse toujours dans une fosse des libations de lait et de miel : de vin et d'eau. Mais à son 1. était censé l'esprit du mort. 2]. Des croyances orientales ont transformé la vieille idée romaine de la d\ew)tio. 4. Sittengesch. VI. « tout ce que la nature a produit dans un sinistre enfantement » *. 5. I. p. Defixionum tabellae. on pourrait croire à la perpétuité des rites indiqués dans la Nêkyia homérique. Ils combinent. (Rel. 325. Les apparitions vapofugitives que les yeux croyaient distinguer dans les ténèbres. AfoL. 97. [p. cf. près : où l'on se figurait que l'esprit du cadavre dont il a été l'hôte les temporaire.

les sorciers n'hésitaient pas. 6 17 > Eusèbe. une dent pourront décomposée être employés avec succès *. . ou même maléfices la perte Mais si de se le de celui qu'ils voulaient s'asservir Ton ne dispose pas de quelque reste humain. 15 (pp. eccl. op. Offenbarungszauber. Ces assassinats de nécromants sont attestés par un enseml?le de témoignages convaincants. 567. — LES VIEILLES CROYANCES 107 on cherchera à en obtenir quelque partie que la corruption n'ait pas un crâne. 179 . avec le commentaire de Fahz. 14. ont été en contact avec lui. et il n'y a pas de doute qu'ils aient été perpétrés dans l'ombre jusqu'à la fin de l'antiquité et même au-delà. 533 s. On mettait à mort quelque à causer par leurs après son décès*.. cf. sépultures.. un ongle.. Marquardt. 583) . la corde d'un pendu. Priedlânder. « Nekydaimon ». -. 4. est née de ces pratiques sanglantes de la magie noire. 70 j Ammien. Hopfncr. 558 ss. : d'un pouvoir mystérieux. un os. III. p. I. XXVIII. Hopfner. Lucain. comme enfant afin à des 1. XXIX. p. Lucain. Lucain. L'on allait jusqu'à arracher un fœtus au ventre de sa mère pour opérer à l'aide de cet embryon répugnant®. 42 s. 2. -. cit. disait-on. XLVEII. à violer les à dérober ou mutiler les cadavres. 6. § 635 .. En. En agissant sur les qui lui appartenait objets qui. 165. Pour obtenir ces précieuses dépouilles douées : . Fahz. [p. VI. § 647. n. .. ou même sa sueur. au moment suprême. In Vatin. VI. ou les plantes qui y ont poussé s'il a été brûlé. La croyance aux meurtres rituels qui dans] certains pays sont encore attribués aux Juifs. I.. le moyen suprême procurer est de recourir à un meurtre.. Preisendanz. la terre de sa tombe. op. 106. i]. des cheveux. G. VII. col. surtout ce au moment où il a rendu l'âme. un linge imbibé du sang d'un gladiateur tombé dans l'arène*. Pietschmann). Pline. § 645 ss. Hist. son urine. VIII. .. R.. Staatsverwaltung. 113. les Celle-ci augmentera s'il s'agit d'un homme qui a péri de mort violente clous d'un crucifié. 2 {P. Cicéron. 529.CHAPITRE défaut. 5. s. 2. 2254 ss. cit. p. Abt. 3. ses excréments. In Lazarum. p. on se flattait d'assujettir l'esprit du mort à sa volonté et de s'en faire un auxiliaire. op. Alexandre de Tralles. 324 . p. Hopfner. II. ses entrailles palpitantes œuvres inavouables ^. % . p. 565. I. Fahz. v. Si l'on est dépourvu de ces restes ou sécrétions corporelles. Si le corps a été inhumé. III 2. I. 107 Jean Chrysost. de faire servir son sang encore chaud. On gardera précieusement dans le même but quelques gouttes de sang du moribond. cit. 43. les cendres ou le bois du bûcher auront une force opérante. 5 Servius. . E. Parfois même des hommes faits étaient immolés par les magiciens. on mettra en œuvre tout ce qui a été la propriété (oùaîa) du défunt.. VI.

2. ne réussit pas à extirper une foi populaire qui remontait aux origines même de la leliparticipait à la fois La nécromancie des gion. la vie d'un esclave n'avait pas plus de valeur que celle d'une tête de bétail. altéré en « nigromancia à toute l'œuvre diabolique de la magie noire *. Mages hellén. Ses rites à la fois puérils et cruels conti- nuèrent à être pratiqués dans les ténèbres. n. {supra. 17 . mais aussi la plus efficace même les évocations inoffensives du spiritisme. 170. toutes deux réprouvées par les chrétiens qui avaient ainsi une double raison de la rejeter. orientaîis. /. éà. Tatien. 5]. Kugetter (Patrol. conjuguée avec celle de l'Etat. et à Antioche saint Jean Chrysostome s'élève contre la femme même superstition ^ de la divination et de la magie. les vengeurs du magicien qui les enrôlait à son service 2. 57). 3.io8 LUX PERPETUA au temps où. . Jean Chr. et l'héritage d'un passé barljare se transmit à travers toute la civilisation grecque et romaine et l'es siècles obscurs du moyen-âge jusqu'à l'aube des la temps modernes.. p. ont succédé aujourd'hui ti toujours considérée des diverses formes comme plus redoutable. Vie de Sévère d' Antioche. Cl. A cette sans'appliqua glante superstition. 4. 179. avaient succombé à la fin la plus misérable. et son nom. et la croyance en son pouvoir fallacieux s'avéra indéracinable en dépit lois pénales et des anathèmes. Ehicange. s. inspiratrice de crimes sadiques. des étudiants en droit de l'Ecole de Beyrouth voulurent une nuit égorger dans le cirque un esclave. II. afin que son maître obtînt la faveur d'une qui lui résistait. 1. à ce que rapporte Zacharie le Scholastique'. qui précisément était un crut devoir combattre le préjugé qui prétendait faire de ceux qui Syrien. p. La nécromancie resta de la sorcellerie. Encore vers la fin du ye siècle.^ II. v. p. L'apologiste Tatien. Zacharie. cf. Mais la puissance de l'Eglise. c.

. mesure que les A idées helléniques se propagèrent plus largement. il gagna de proche en proche I.CHAPITRE II LA CRITIQUE PHILOSOPHIQUE I. que les stratagèmes d'ime politique prudente. : D'où l'on voit que les esprits éclairés. Polybc. d'Aristote et des Stoïciens. s6j 8. un excellent moyen de le maintenir dans le devoir par la crainte des Enfers. les loue d'avoir inculqué au peuple des pratiques superstitieuses et des fictions tragiques c'était. Nous allons essayer d'exposer maintenant comment ces losophique. comme ses amis les Scipions. ne devaient y voir. selon lui. des partisans de plus en plus nombreux. pensait-il. si l'historien trouvait bon que la foule crût à ces chimères. Dans notre premier chapitre nous avons rappelé quelles étaient les anciennes croyances sur la persistance de la vie dans la tombe. la descente des ombres aux Enfers et l'évocation des morts. — Variations de l'Académie. Mais le scepticisme d'un cercle restreint d'aristocrates ne pouvait y rester longtemps confiné. vieilles idées furent attaquées et discréditées par la critique phi- Polybei. appréciant la religion des Romains. VI.

comme nous l'indiquerons ailleurs (p. On conçoit qu'une école qui recevait de tels maîtres son inspiration devait s'abstenir de toute affirmation sur la destinée de l'âme dans un autre monde.. Mais il n'abandonna pas la position prise par son prédécesseur au contraire sa dialectique subtile multiplia contre les Stoïciens les arguments en faveur du scepticisme.no La philosophie grecque LUX PERPETUA s'était de bonne heure attaquée aux idées tradiDémocrite *. comme toute les autres. Carnéade (214-129) pour échapper à l'objection qu'une pareille négation de toute certitude de la connaissance ne permettait de prendre aucune décision et rendait impossible la vie pratique. « Arkesilaos ». E. passent leur temps dans le trouble et la tionnelles sur la vie future. v. prétendit rester fidèle à l'esprit de Socrate et de Platon en formulant le principe d'un scepticisme absolu*. que l'on peut pareillement défendre ou réfuter. Carnéade Diels.. d'autant plus que Platon l'avait surtout imaginée dans des mythes qui ne prétendaient répondre exactement à aucune réalité et ne s'ac- cordaient guère entre eux. du moins des raisons suffisantes de l'admettre à ceux qui désiraient en être convaincus. . a. R. . v. se posant en adversaire du dogmatisme stoïcien. ne tarda guère à ébranler cette conviction religieuse. «Karneades». Au ïv^ siècle. 148). sa polémique contre le Portique lui fit prendre sur certains points essentiels une position très nette. se rappellera qu'envoyé conune ambassadeur à Rome. R. Entre les thèses opposées. compléta la doctrine de la Nouvelle Académie par la théorie du probabilisme. avait parlé Déjà de ceux qui « ignorant la dissolution de notre nature mortelle. Vorsokr. mais ayant conscience de la perversité de leur vie. fr. aussi bien que toute possibilité de prédire l'avenir par la divination. E. Au me siècle Arcésilas. Voir Arnim. fut conquis par la doctrine pythagoricienne de l'immortalité céleste. la seule attitude raisonnable de l'esprit est l'abstention. 297. Avant de se Caton d'Utique relisait quelques pages du Phédon. sinon une démonstration rigoureuse de la survie de l'âme. crainte et se forgent des fables mensongères sur le temps qui suivra leur fin ». Mais par un singulier revirement. la conduite du monde par une Providence bienfaisante. ^ (II. et offrit. l'école fondée par le grand idéaliste qu'invoquèrent à travers les âges tous ceux qui crurent à une persistance purement spirituelle de l'âme. précurseur d'Epicure. Voir Arnim. p. On I. Il niait l'existence des dieux. 3. Platon. s. il est vrai. Cependant donner la mort. « scolarque » de l'Académie. s. qui fournissait un motif suffisant de faire un choix'. en 156. 121).

dangereuse pour l'Etat. Un singulier naufrage littéraire : les épaves de l'Aristote perdu. VAristotele -perâuto e la fortnazione di Epictero. pouvait être capable d'une persistance au-delà de la mort mais à cette pure intelligence. avec une égale ingéniosité. Or pour la question qui nous occupe. = . Belgique. et il la crut aussi incapable de survivre de la hache. W. Bigiione. — LA CRITIQUE PHILOSOPHIOIffi 1 1 1 une impression considérable en soutenant successivement. fr. Au contraire le système lui fit adopta à la fin de sa vie la considérer l'âme émotive et nutritive comme forme du corps matériel. La tendance à laquelle avait cédé la Nouvelle Académie était celle de toute l'époque alexandrine. Des œuvres qu'il avait destinées à la publicité. de leur immortalité. dépourvue de toute à celui-ci la vue. mais qu'ayant affirmé que la justice est une pure convention. mythiques Les premiers auteurs responsables de cette évolution de la pensée grecque furent naliste tendait surtout les Péripatéticiens. si le fer Seule la raison humaine. demeurèrent inédites jusqu'au moment où le dictateur Sylla s'en empara et les transporta à Rome. le pour et le contre de diverses propositions. J. et qu'étant (aÛToxtVYjT'oç) qu'il comme elle participait eux principe de son propre mouvement. Bidez. J. bienheureux » pussent être heureux. E. qui existe de toute éternité et entre dans l'homme à la naissance. A propos d'un fragment retrouvé de l'Aristote perdu (Bull. Cet âge ratio- à exclure de son champ visuel l'ensemble des conceptions ou métaphysiques sur le sort de l'âme après cette vie terrestre. 1. l'Aristote de la première période. p. Jâger. il admettait que l'âme est de la même essence divine que les dieux sidéraux. toute capacité d'agir. quel fut le singulier destin des écrits d'Aristote ^. Bruxelles. jeune encore. Cf. 510 s. que 2. restées long- temps cachées dans im souterrain. Florence. agô ss. p. si l'œil est détruit. celle où il fréquentait l'Académie et conversait. Arlstoteles. de tr.CHAPITRE produisit II. 2. Celles que nousii sait On lisons Stagiritc fit aujourd'hui sont des sommaires concis et abstraits des leçons que le au Lycée d'Athènes au crépuscule de sa vie et qui. 1936 . a vol. cela était nié décidément. Bidez. avec Platon vieillissant. le tranchant ou n'existe plus : sensibilité et et même de que les « il ne restait guère de personnalité. Rohde (Il 3.. igaj . Berlin. il ne nous reste que des citations fragmentaires. 194a. Toutefois il suffit de lire les œuvres de Cicéron pour constater l'influence durable exercée par sa dialectique puissamment destructrice. XXVIII). i'943. Encore fidèle à la pensée platonicienne. Acad.). il se vit expulsé par le vSénat pour avoir répandu une doctrine subversive. n'avait pas encore adopté le point de vue qu'il défendit plus tard. les seules qui fussent connues jusqu'à l'époque de Cicéron. l'esprit pensant.

plus empirique et plus que Platon. sur profonde qu'ait été l'action directe et indirecte que le péripatétisme les idées reçues en. en même temps que de multiples boule- versements politiques rendaient incertain le sort de chacun. au milieu de si brusques péripéties. et plus tard. l'élève de Théophraste. Ces écoles étaient le stoïcisme et l'épicurisme. p. Alexandre d'Aphrodisias. ^ Mais exerça future. i. Les principes qui jusque là avaient guidé les hommes étaient ébranlés. périssait avec si supérieure et inférieure. Le rationalisme péripatéticien répugnait à s'occuper d'une existence de l'âme qui ne pouvait être ni conçue ni définie par la raison.^ III. D'autres écoles avaient alors une influence beaucoup plus étendue. Dans ce grand bouleversement du monde hellénique qui suivit la mort d'Alexandre.faisant pratiquement abstraction de la vie cette philosophie.M2 LUX PERPETUA du Lycée. Gr. que tous les hommes. . selon lui. 798. avait besoin du corps pour lui. il fut le promoteur de la grande investigation scientifique que Théophraste et autres devaient poursuivre. I. comme Aristoxène. époque de désarroi des esprits. à l'époque des Sévères. s'accordèrent à nier toute immortalité. ne se sentait plus maître de son avenir. Dans ces luttes sans pitié qui opposaient entre eux les royaumes des diadoques. tout parut chanceler à la fois. Dicéarque. La conviction se répandit et se fortifia que le monde soumis à la domination aveugle et impitoyable d'une déesse capricieuse. où les progrès de la science et une philosophie rationaliste détruisaient les croyances ancestrales. n'était pas celle qui les esprits. vers la fin de la République. Métarph. SvSpwitoi tou EÎSévai épÉYovxai «pûcei. où la vieille morale civique de la cité faisait place au cosmopolitisme. à l'insolence d'un triomphe fastueux succédaient soudain l'humilation et le dénûment de la défaite . l'Aristote réaliste pendant laquelle la pensée grecque se détourne des conjectures ou théories sur notre destinée d'outre-tombe. entreprit de démontrer période que l'âme tout agir et entière. ?hil. I. et que telle était la véritable pensée du Maître. et les croyances eschatologiques la subirent d'une manière beaucoup dominait plus profonde. et personne. I : IlâvtEi. Straton de Lampsaque. détourna la philosophie des spéculations sur les choses célestes ou les idées supra-sensibles pour l'orienter vers l'étude des faits réels et concrets. Des disciples immédiats d'Aristote. aspirent à connaître en vertu de leur nature mêmei. 2 Zeller. ni liberté même assuré de sa était ou de sa vie. observables dans là nature ou la société. le grand commentateur des œuvres du stagirite. Passionné pour la vérité. Ainsi commence avec lui une longue Fait d'une portée plus vaste.

innover ei à faire sentir son pouvoir sur les nations et la société. i^^^ fH-ie : Barth. p. . Roman ^.. la maîtrise de soi et la de sa pensée. i Montesquieu. Epicure. Polybe.j 4. 6. Stoïciens et Sceptiques (trad. impassible. 4. III. 5^ éd. v. dans l'introduction à son grand ouvrage. 3. Epist. Paris. . Festugière. 12. qui enseignait l'affranchissement de toutes les contingences extérieures et rendait la quiétude de l'âme indépendante des vicissitudes du sort 3. 216. I. Lexik. Cf.. 1. Stoïcisme. remarque que si la Fortune s'est toujours plu à. 1941. Zeller. I . XXIV. les plaisirs des sens. Die Stoa. Baudelot). I . Les biens de la terre. 1946. on s'en souviendra. au moins de dominer la fortune^. ordonné par cette raison suprême. L' «autarcie » morale qu'il conquiert lui donne la liberté parfaite de l'esprit avec la sérénité de l'âme et suffit à lui assurer sur la terre un bonheur divin. l'homme est un microcosme qui reproduit dans sa personne la constitution de l'univers. 4. sap. et il assigne comme but à l'histoire d'enseigner aux hommes à sup- porter virilement les revers qui les éprouvent. Il suffit au sage de garder. « Tyche ». par Goe8 deckineyer. cf. l'affection même pour ses proches sont pour elle choses indifférentes. la succession des conquêtes romaines . ait incliné à « mettre la destruction de la secte de Zenon au nombre deb malheurs du genre humain » '\ Pour les Stoïciens ^. Edw. S- Polybe. dont aucune disgrâce. 68.. premier principe. Même l'étroite limitation dé son existence n'entame pas la plénitude de sa félicité et il attend avec équanimité l'échéance fatale de la mort. . Gr. détermine nécessairement le cours des événements et gouverne irrésistiblement l'existence du lucidité priver. 1324 2. l. La rude . p. Sénèque. Rohde. 1927. sinon de diriger son destin.CHAPllTRE II. Esprit des Lois. aucune tyrannie ne peuvent le discipline de l'école a pour effet d'élever l'homme si haut qu'elle le met au-dessus de toute atteinte et lui permet. col. . 4. 13 19 s. — LA CRIÏIOÛB PHILOSOPHIOÙB ïi3 qui se jouait de la prévoyance humaine. la santé du corps. cf. : s. qui provoque la succession des phénomènes de la nature. . On comprend que dans la confusion de cette période troublée les esprits aient pu être conquis par la philosophie altière de Zenon. 10. p. 4. Griech. x ss. « Ut supra fortunam emineat » . en se souvenant des catastrophes du passée. On conçoit que Montesquieu. de son temps. et la vénération pour Tyché grandit à mesure que déclinait la piété envers les Olympiens^. séduit par une telle élévation. De const. jamais elle n'a rien produit d'aussi grandiose que. Roscher. Bevan. La masse entière de celui-ci est conçue par eux comme animée par un Feu divin. Un enchaînement ininterrompu de causes. I. 120. Phîl. n.

I. 171 ». A la fin de chaque période cosmique la conflagration universelle. fin. 4. Chrysippe. que tous ses docteurs fussent d'accord pour l'accorder. les astres reprenant un cours identique. celle des sages participait seules à cette immortalité restreinte*. Elle est définie comme un souffle chaud. pour se désintégrer de nouveau après cet embrasement général. tou QeoO. Epict. Débiles. Marc. 1910. ainsi notre âme occupe le corps entier où elle se loge. suivant la forte expression d'Epictète. II. dans le même Corps formé des mêmes éléments. si elles s'étaient laissé vaincre dans la lutte de cette vie. 518 ss. des astres. le Feu de l'intelligence. a. De même notre organisme vit^ se meut et pense. Comme ce principe s'étend jusqu'aux extrémités de l'univers. p. Stoic. Pour la conquérir il fallait qu'elles eussent trempé leurs forces en résistant aux passions. : . grâce à une particule détachée de ce principe igné qui pénètre toutes choses.a Sénèque. sans qu'elle puisse pour autant se souvenir de sa vie antérieure. Le panthéisme du Portique conçoit Dieu comme matériel il en est de même de la raison qui nous régit. 14. p. Cf. Cette vie cosmique est conçue comme formée d'une série infinie de cycles exactement semblables périodiquement les quatre éléments sont résorbés dans le plus pur d'entre eux. ex. Vecpyrosis. les fera rentrer dans ce foyer divin dont elles sont toutes issues 2. une même existence. Arttim. On a été frappé depuis longtemps par les variations de l'Ecole sur un point qui nous paraît d'une importance capitale. douée des mêmes qualités. semblable à la partie la plus pure de cet air qui par la respiration entretient la vie. 8. Fragm. I. Mais : . . Mais si. nOp voepov.114 LUX PERPETUA grand Tout. ï>iss. le cycle nouveau qui recommencera doit reproduire exactement celui qui l'a précédé. issu de celui des religions de l'Orient. un jour une « palingénésie » donnera à la même âme. elles succombaient aussi il s'en faut I. reliant ses diverses parties. Ce principe vital maintient et conserve comme l'âme du l'individu^ monde. EmUe Bréhier. 3. Telle est la limite maximum de l'immortalité que peut concéder le panthéisme matérialiste du Portique. pour Chrysippe au contraire. l'empêche de se dissocier. 11 'A7c6(Jitao[i. Consol. et congénère de l'éther ardent qui nourrit l'éclat. est « un fragment détaché de Dieu » *. 6 . laquelle. Si Cléanthe admit en effet que toutes les âmes subsistaient ainsi des milliers d'années après leur bref passage sur la terre jusqu'à Vecpyrosis finale^. Toutefois cette action n'est de part et d'autre que temporaire les âmes ne peuvent échapper au sort fatal qui s'impose à l'ensemble dont elles ne sont qu'une parcelle infime.

tirer presque de l'éternité générale des peines et des récompenses enseignée par d'autres penseurs. înfra. I.CHAPITRE n. Sarth.. génuine des successeurs de Chrysippe. Mais Posidonius et ses émules sont dans le stoïcisme des hétérodoxes.65SS. 922 (= Cf. . StuttI. Nouis aurons à reparler^ de ce syncrétisme qui depuis Posidonius jusqu'à Sénèque devait remettre en honneur dans l'Ecole la foi en ime vie future. p. A ces négateurs de toute survie de l'âme s'opposa le stoïcisme éclectique qui triompha dans le monde romain au premier siècle avant notre ère. Il une conscience individuelle est nia absolument toute survivance personnelle Cette attitude fut dans la suite celle de beaucoup de stoïciens romains. On pouvait. I. les il est vrai. p. gart. Panétius. Benz. Nous ne voyons pas clairement jusqu'à quel point ils s'accordaient à admettre que l'âme. l'un des hommes qui contribua le plus à gagner les Romains aux idées du Portique. III. 157 4- Bonhôffef.) terre. 1890.. parmi ceux qui représentèrent le plus purement la tradition de l'école. ch. p. 3. Mais les Stoïciens n'étaient pas unanimes à les accepter. cédant à l'incrédulité des Grecs de son époque. Stobée. cit. 2. et combina avec le matérialisme professé par le Portique la doctrine de l'immortalité céleste enseignée par le pythagorisme. [p. p. 12 s. qui s'écartait de la tra- que transitoire. l'ami des Scipions.. 384. 1. 'ète und die Stoa. 26 s. affirme sans ambages que l'âme périt immédiatement avec le corps ^. Cornutus.. et opposer la quiétude et la splendeur d'une autre existence aux tribulations et à la médiocrité de notre condition humaine. . Ed. 1943). 1894. . fût servât la mêmes conséquences morales d'une immortalité conditionnelle et réduite et les mêmes incitations au bien que douée de sentiment. 193 ss. Wachsrmith). L'on vit en effet dès la fin du premier siècle un redressement de cette déviation passagère. 31. dont nous avons conservé un petit écrit. 113. . s'écarta ici de ses maîtres et. — LA CRITIQUE PHILOSOPHIQUE 115 dans l'au-delà. Cmsc. * et il est significatif n'y ait été s'opérer dition que leur action. Das 'Codes-problem in der stoïschen Philos. ni surtout qu'elle con- se rattachant à celle qu'elle possédait sur certain qu'une tendance nettement négative se manifesta à Rome parmi les sectateurs de Zenon. E-pictet of. ss. 79 192g. 6]. privée des organes corporels. Cicéron. Elles obtenaient tout au plus un court délai de survie et la brièveté ou la suppression de cette autre existence était le châtiment de leur faiblesse. P. j Ethik des Efîktet. Le maître du poète Perse. n. pour puissante qu'elle se soit montrée. 5 Introduction de Souilhé à son édition d'Épic- (Paris.

105 ss. cf. et savoir modération des mets qui lui sont présentés*. le sort nous a confié.. Symbol. 38 IV.. Criton. qui cesse d'effrayer les enfants. p. cf. la. 7.. 5. 23 III. nous devons à un le quitter que remplir quel dès que la pièce est jouée 5. autant que T'admiration pour la force d'âme. et se délivrer d'une crainte. de lâcheté. Diatr. p.. Barth. } 7. 30. Diatr. 5. . laquelle il prend part . II. 21 II. esclave affranchi qui enseigna à Rome sous Domitien et mourut en exil sous Hadrien (env. 378. . fortement affirmé de lui avoir permis d'y assister rendait superflue et même contradictoire toute hypothèse d'*un par Epictète. dès que le signal lui ' • la terre qu'assurèrent aux leçons d'un humble peuple. le spectacle du monde apparaît à sa raison souveraine comme une merveilleuse féerie à se sert avec abandonner cette grande en sera donné. p.. Diatr. mais il est toujours prêt à panégyrie. III. 46 c.. Au décès les quatre éléments dont celui-ci est composé. Phédon. en remerciant la Providence Cet optimisme intégral. IV. Il mal faut s'exercei à se représenter constamment sa fin prochaine pour dissiper les images dont la superstition entoure le trépas. S'il renonce à la recherche de biens trompeurs. 77 e 26. . 2. 15 s. 3. i. mais cet accident futile fait partie de l'ordre divin du monde et ne doit pas être regardé comme un qu'il faudrait redouter ''. . 30 .. et aucun représentant de celle-ci ne nia avec plus de décision que lui la survie personnelle de l'homme. p. 207. i. comparable au calme d'une mer tranquille*'. qui est la principale source d'avilissement. Dîatr. La y. IV.lié LUX PERPETUA En effet Epictète. et celui-ci réserve une jouissance divine au sage qui qu'il soit. Seul cet affranchissement nous donnera la pleine liberté spirituelle et nous assurera une félicité sereine.. 14.. . de bassesse en face de la tyrannie^. . pour servir à engendrer de nouveaux êtres. dès qu'on le retourne^. I. 18. 6. Cet épouvantail des ignorants est comme un masque tragique. 15 ss. Ench. Ench. se dissocient et sont absorbés par ceux dont est formé le cosmos. cf. 17. Toute conscience disparaît avec la mort. leur langage pittoresque et familier. à la poursuite de vaines illusions. leur dialectique ingénieuse et prenante. I. Plat. ro . Dîati:. le renoncement Le succès auprès des grands de homme du 1. 15 . marque dans tout son système un retour aux conceptions de l'ancienne Ecole. 4. 60-140).. II. Nous sommes conviés sur cette terre somptueux festin. état meilleur obtenu dans une autre' existence. vie terrestre suffit à l'accomplissement de notre mission le rôle.

si au contraire l'esprit qui il peut ou s''éteindre ou se transporter ailleurs. Rohde. p. Moralistes sous l'Empire romain. On peut toute sensibilité disparaîtra de l'âme privée de son corps ou bien supposer que que. et ce Stoïcien était un empereur Les Entretiens . cit. perdront dans la Raison universelle Mais tout ceci a été la que spéculation théorique. elle acquerra une autre sensibilité 2. . p. Bonhôffer. 3. [p. p. tr. survivraient. comment toute éternité pourrait contenir leur multitude sans comme cesse accrue. : Marc Aurèle. d'atomes. ceux-ci se disperseront après le décès .CHAPITRE II. VII. Et la nous anime est un.. fr. . I.. 59 ss. en toute sincérité. 6]. seront bientôt changés en feu et 8. d'occuper leur place. 171 ss. . réflexion le du philosophe les s'exerçant sur ces hypothèses. Ainsi. après avoir persisté quelque temps. 58. 32 . VIII.il. . VII. on constatera que la docp. donnèrent à ces conclusions négatives un retentissement que devait prolonger le soin que prit Arrien de nous conserver les Entretiens et le Mantcel de son maître vénéré. 115. Comme la terre.. est composée bilités. 4]. et que sa pensée hésite entre différentes possiSi T'âme. 209 ss. Martha. 1907. op. Bpictet [supra. 8^ éd. Si l'on se demande quellçi conviction intime de l'empereoir philosophe. formant un être différent. p. Barth. même dans la supposition d'une survie. 50 . celle-ci est étroitement limitée : les se souffles aériens que le n'est moribond expire. 21. Ses Pensées sont d'un prix inestimable pour qui veut saisir l'état d'âme d'un des derniers adeptes de cette puissante philosophie. non pour le public mais pour lui-même. parce qu'elle les a décomposés pour faire place à d'autres cadavres. qui successivement quitteront la terre. Il faut donc croire que les âmes qui émigrent dans l'air. répond-t-. Il semble tout d'abord que sur l'article de l'immortalité les idées de MarcAurèle ne soient pas arrêtées. où sont ensevelis les corps de tant de générations passées. — LA CRITIQUE PHILOSOPHIQUE 117 rigoureux de cet ascète païen. comme le Veulent les Épicuriens. IV. n'en a pas été remplie. cf. d'Épictète sont d'un directeur de conscience qui veut une doctrine. écrit-il. n. dans cas où âmes. 533. Pensées. d'un prédicateur qui s'efforce d'imposer sa dure piorale inculquer et comme tels ils sont suspects de quelque exagération ou parti pris. n. Pensées. Mais nous avons d'autre part la confession d'un Stoïcien qui écrivait. conçues par lui l'air qui les recevrait de matérielles. il se demandera. au moment où elle va cesser de régner sur les esprits 1. se transforment et que s'enflammant elles sont recueillies par le Feu cosmique pour permettre à d'autres âmes. a. 113.

et le nombre des années que dure un spectacle toujours pareil importe peu. la dissolution du composé humain en ses quatre éléments. ainsi faut-il accueillir l'heure où ta petite âme se dégagera de soii fourreau » '. XII. qui n''existent qu'un instant ^ soit que tout doive. 3. 5 cf. 49. 7 X. il faut se remémorer toujours la brièveté et la fragilité des choses humaines condamnées à ' promptement disparaître à jamais. 48. soit que celui-ci. IV. « De même qu'aujourd'hui tu attends le moment où le foetus qu'elle porte sortira du ventre de ta femme. Cf. 5. infra. dont s'éteignent égaux des dieUx. un jour. Pensées. En nous y conformant. 5. IV. N. dont le cours est réglé par la Raison divine. 32. obtenue par une série indéfinie de métamorphoses . et il serait impie de ne pas s'y soumettre docilement. Pensées. II. IV. Pensées. L'individu est une formation éphémère. 7. i8 et passim. Pensées. par un perpétuel renouvellement puisse atteindre une durée étemelle. 4. que par là même il trahit l'appréhension secrète que l'approche de sa fin cette nécessité. XII. qui bientôt s'évanouira dans le néant pour ne jamais plus reparaître dans la série infinie du temps*. IX. pour eux aussi il n'est d'autre durée qu'une persistance inconsciente dans le sein du grand Tout ". être détruit dans une conflagration générale de l'univers. Il invoque si souvent les raisons qui doivent nous empêcher d'en éprouver quelque effroi. 3. en tombant il fait les comme les autres mortels : bénissait la terre qui l'a portée et rendait grâces à l'arbre qui l'a produite » '. Ils . comme l'artiste qui modèle la cire. 5 . Le prince vieillissant était obsédé par la pensée de la mort. soient assurés d'une survivance. à former perpétuellement des êtres divers. VIII. nous atteindrons le terme de nos jours favorablement disposés « comme si l'olive mûre. X. 4. Le terme de notre brève existence est un indident infinitésimal dans le déroulement des phénomènes de l'univers. Pensées. 2. qui sont aussi ceux du monde \ La nature emploie la matière cosmique. 8. A contre-cœur le penseur croit devoir nier même que ces héros. 1. 6. 13. Tout ce qui se produit se répète et se ressemble . C. . VI. Pensées. le seul qui nous appartienne et que nous puissions perdre.n8 trine vers laquelle il LUX PERPETUA incline est celle de l'ancien stdïcisme . puisque le moment présent. 3 VII. 32. note-t-il. 23. Pensées. V. 14 j VII. nous révèle à la fois le passé et l'avenir ^ D'ailleurs l'expérience de la vie doit nous engager à abanPensées. 4. nous est imposée par inspire à son âme sensible la nature. 31 . .

Peut-être Marc Aurèle a-t-ll été conduit à nier avec plus de rigueur toute immortalité par son opposition aux chrétiens. à la mort. etc. son gré'. Le vrai stoïcisme place en ce monde idéal. dans les Pensées mêmes. sa-pientis. après seize siècles de christianisme en Gaule.. D'où vient que les successeurs de Zenon. qu'il a persécutés. 2. et elle a été fortement affirmée par les Cyniques. Mais l'orgueil stoïcien est allé dans cette voie plus loin qu'aucune autre philosophie grecque. un dieu sur la terre. 5. il condamne l'obstination. le repos définitif où sont abolis les impressions des sens. comme 'celui de son maître Épictète. IX. lui donne l'indépendance et la félicité. pour leur sagesse terrestre. aient été aussi hésitants sur un point dont. mais la conquête de la veirtu parfaite. à l'immortalité près. p. non point nuisible. LUI. Mais pour le PortijQt^e surtout. . car non seulamcnt il affirme que le sage. est. 11. Au déclin de ses jours. Pensées. 28. a. dont nous venons de rappeler les variations. VIII. Pensées. et le sort de l'âme après la mort n'est. et dont. cf. Pensées. 3. L'homme peut parvenir par lui-même à une béala réalisation la de son titude être heureux. 3. De const. Celle-ci. Il n'exprime nulle part. comme Platon ou comme Sénèque. La Sainteté. à faire accepter le trépas sans révolte et san^i Mais sa morale purement terrestre ne lui représente jamais la nécessité d'Une rétribution posthume. 3. et le ciel ne peut lui réserver davantage *. pour lui. qu'une question accessoire. 2). nous paraît dépendre toute la conception de la vie humaine ? Sans doute les penseurs de la Grèce classique n'ont-ils jamais suborelle reste toujours pour eux l'objet donné cette vie à une autre existence essentiel de leurs préoccupations. . 4. nous préparation l'avons dit. VI. mais il va jusqu'à soutenir qu'il lui est à certains égards supérieur {Efist. : les lité théories eschatologiques n'avaient qu'une valeur secondaire et leur variabin'atteignait pas l'essentiel du système. cf XCII. trop théâtrale à faiblesse. 1942. est semblable à Dieu (Sénèque. est complète qui ne dépend pas des limites assignées à sa durée. de récompenses et de châtiments d'outre-tombe. le vieillard multiplie ainsi les considérations propres . Son horizon.CHAPITRE II. Paris. en affranchissant des passions celui qui l'a atteinte. l'espoir qu'il puisse retrouver dans l'au-delà ceux qui ont vécu pieusement et s'entretenir dans un monde lumineux avec les sages d'autrefois. mais profitable *. les divagations de la pensée. Festugière. 1. le service de la chair. les impulsions de l'instinct. Le sage. L'idée d'xm sage supérieur à rhumanité est commtxtie à toutes les écoles. Le but de notre passage ici-bas n'est pas. est limité à cette vie. où la vertu/ trouve en elle-même sa raison d'être. XI. 68. — LA CRITIQUE PHILOSOPHIQUE 119 ' donner sans regret la société décevante et corrompue de nos semblables Bien plus.

Petit. que certains héros ont été transcar le corps formé de terre ne peut s'élever dans âme. Pline. privé de boisson et de nourriture. LXXIII. VI. Cic. s'il comment ? Et pour Tantale. est perpétuellement rongé par deux s'il est sans âme.) p. Même prétention dans l'hermétisme. 27. trad. supposer. cf. IV.. qui est des quatre éléments le plut lourd. se précipite au centre du monde et s'y agglomère en sphère. la de l'éther.. Fondées sur la les propriétés des quatre éléments. Il. Cf. commortel. 30 . VI. Sextus Empiricus* nous a conservé un extrait curieux de la polémique de Posidonius contre les fables du vautours. car suivant la cosmologie du Portique. 138-139.. selon Homère. 3. cf. ch. Gandillac. portés au l'éther.. IV. elles sont incompatibles avec traditionnelle . Ainsi toutes les notions vulgaires sur les Enfers paraissaient anti-scientifiques. comment peut-il souffrir ment. En. pp. celle-ci étant le siège des sensations. 12-14). souffles ardents formés d'air et de feu. celui-ci se reconstitue. . p. ont une comme — tendance naturelle à s'élever et ne peuvent se porter vers le bas pour s'enfoncer dans les entrailles du sol^. ne périt-il pas faute d'aliments ? et s'il est immortel. s'il est impossible de lei — ciel corps et voulait la mythologie. sur celle-ci s'étalent les eaux. 24 (Ij 125 et note 87 Nock-Festugiène) . infra. 69 . Elle est plutôt une conséquence qu'on tirait de théories physiques ou psychologiques. 40 . 3. 127 2. Symbol. immense. Poimandrès. 1. elles flottent dans la partie inférieure de l'atmosphère^. 1. Titye. 124. et encore chez maître Eckhart. peut-il être torturé ? car un être immortel serait par sa nature même est soustrait à la souffrance. trad. Servius. 60. Scxlus Emp. 158 . dont la densité est moindre et qui rendent humide une portion de l'air qui les entoure . la terre. X. Même s'i elles sont alourdies par leur contact avec la matière. 17. elles s'opposent absolument à la foi du problème de l'immoren l'existence d'un Hadès souterrain. capable de recevoir dans un hypogée foulei Innombrable des morts ^ En outre. pp. . Sextus Emp. 4. enfin au-dessus de l'air s'incurve le cercle brûlant solide et pleine. H. N. .120 LUX PERPETUA : Aussi pour ces philosophes la réponse à la question Qu'advient-il de nous après la mort ? ne dépend pas autant que pour les modernes de préoccupations éthiques. infra. 248-258 . cf.. VI. inversement les âmes. Il s'ensuit que la terre doit former une masse! non un globe creux. ch. et elles étaient condamnées même par les stoïciens éclectiques qui avaient adopté la doctrine pythagoricienne d'une immortalité prolongée à jamais. lorsqu'après croyance chaque destruction de l'univers. Mais Tartare. 63. Or si ces théories admettent des solutions diverses talité. Vuse.

Et cette pensée. et que sa dépouille gît comme une pierre enfouie dans le « j'étais auparavant composé de terre. d'eau et de sol. n. [sufra. c'était en les vidant de leur substance. comme leur cosmologie. Si l'on parle des fleuves infernaux. subsistent dans l'atmosphère un temps plus ou moins long. 2. ni amitié. Epict. p. point de Cocyte autre passage et de Pyriphlégéton. 3.CHAPITRE II. 4. point d'Achéron. p. Mais quoi D'où mon corps est venu. Mais ce système d'exégèse symbolique résultat il : étant les éléments. 1882. Mitt. 30 (Tomi). . III. lorsqu'elles quittent le corps. mais qu'après un certain délai elles se dissolvent dans l'air et le feu cosmique. le transfert de l'âme dans un nouveau milieu c'est pour ainsi qu'Épictète. 5 et 6. €pig. se dans les épitaphes. Diatr. risées comme le nihilisme épicurien.6. qui recueille le nôtre. ils usent des termes en leur prêtant un sens allégorique la descente dans l'Hadès n'est eux que le décès. 5- Bonhôffer. p. aus Oesterr. III. Tout. 1. là il est retourné lorsqu'il s'est dissous*. 65.. Cependant certains d'entre eux la mentionnent. Arch.. » Parfois on insiste davantage sur l'idée et ici mais tout ! que ce souffle cosmique. n. Efict. 3... et montre comment : les idées stoïciennes s'étaient manifeste fréquemment vulga- et répandues dans les masses Ainsi sur une pierre tombale de Mésie. ces dieux et ces démons eux-mêmes n'étant d'ailleurs pour le philosophe que des personnifications des forces de la nature ^. cf. le défunt ajoute : souffle aérien rendu au ayant j'ai péri je repose (uveO{xa). Symbol. La véritable doctrine stoïcienne est donc que les âmes. 11. mais conformément à leur habitude. après avoir constaté mélancoliquement que chez les morts il n'y. l'esprit : . p. déclare nettement dans un « Il n'y a point d'Hadès. 4]. 15. VI. la chair et les un détom* au même traditions dont os du cadavre.. obligeait tous les Stoïciens sans exception à rejeter la mythologie infernale. a ni amour. mais tout est plein de dieux et de démons » ^. comme le font aussi. et les transporter dans les aboutissait il abolissait en qu'une négation directe ne sauvegardait que l'apparence.. et s'il en prolongeait l'existence verbale. 18 .. — LA CRITIQUE PHILOSOPHIQUE 121 Ainsi leur psychologie. qui emploie cette expression'. Diatr.4: KâGoSo. Epictète. on religieux : : : pourra les interpréter zones supérieures par réalité les comme du monde *. est la divinité qui remplit et « l'esprit sacré que tu portais s'est échappé de ton corps gouverne l'univers ce corps reste ici semblable à la terre . C'est le sort de chacun. dans les éléments dont ils sont formés. 26. 125. 115. l'esprit suit le ciel qui tourne.

Inscr. 32 Kroll . 4 Epict. Rem. Rhein. comme la matière puisable cieux. les humeurs de nos organes. / seive est Terra dea. mortua non sum. p. v. dans le le même ensemble^ se perdre dans le même Lorsqu'il atteint terme fatal^ l'homme s'évanouit dans la puissance loi unique est qui astres fatigués quand forme et régit l'univers^ comme s'y éteindront les leurs millénaires seront révolus. à Cologne. 83 . i.. I. Diatr. « Tam subito debitum naturae cum redderet » VIII. de même que le seront un jour la terre et les s'abîmer Tout doit oubli. commun. L„ s. 8168 ego sum. détachée du Tout. tous deux sont absorbés par Dieu. et « Mors hominum natura. Rohde. z. p. souvent répété. moi aussi je suis déesse. et sum cinis is cinis terra'st. l. 330. : : : . 1353 (cf.. instat 5. l'esprit n'est autre que Dieu^. Sous mille formes philosophique épitaphes ressassent le précepte que. Lattimore. 170 ss. la révolte contre l'ordre irrésistible impie. 1892. même idée^ : « Les cendres ont mon corps. et ne suis pas morte . C'est une dette que nous acquittons : envers elle en rendant à chacun des éléments ce qui lui est dû^ Ces vers expriment. fort. bitum ». ne pouvant nous opposer au sort omnipotent. Psyché. il nous faut supporter ce maître.. p. n. CIL. 33? 4. p. mori ». non poena est. 5). 183 . selon les arrêts irrévocables littérature et les de la Raison divine. 6384 (Salone) « Mortua heic C. La grande vertu qu'enseigne le stoïcisme est Ja souDestin qui conduit le monde. « Corpus habent cineres. sont recueillis dans le réservoir inéa produits. C. Mus. du Pont. veut que la vie soit un prêt que noua recevons de la nature et que nous lui restituons au décès * par là même qu'elle nous a fait naître elle nous condamne au trépas^. La résistance à cette suprême des choses est mission au la vaine et douloureuse.122 LUX PERPETUA toutes choses. i.. . 1567 contigit nasci. Rapprochements avec Sénèque Hosius. 40. cf. 8371. la même grande pensée la mort est la disparition dans le sein de la nature divine. 106. » Vettius Valens. l'air sacré romain Terre : « Me est une » Très caractéristique est cette inscription d'un tombeau voici morte et je suis cendre . p. sans larmes et sans récriminations.. l'acceptation joyeuse de l'iné- luctable. En latin. ni. II*. 463. » CIL. Ailleurs on la lit ment cette brève formule qui résume a enlevé mon âme. 586. p. Cui E. 154). 16410 t^hes. Dessau. . fr. p. XIII. si la ^ » Un lieu déesse. ai s. E. 974) 3. Ce n'est pas la con: servation d'une personnalité éphémère qu'il nous faut espérer. notre âme doit y rentrer comme notre corps . «De. sous des formes diverses. cette cendre esjt terre . p. ego sum dea. Le sage qui détruit en lui le désir de toutes les contingences jouit d'un calme divin^ même sur cette CIL. Sénèque.. Brehlich. .._C. II. Le souffle de feu de notre intelligence. animam sacer abstùlit aer. 143 (p. 6 Epitaphes grecques citées. et les quj. 394 (= tr. XLVII. Énergie fugace. parfois rigoureux. E. = : : .

aboutir en Grèce chez certains de ses tenants à une négation du fondement cette même de conservés Il est remarquable que dans les écrits qui nous en sont jamais question de l'immortalité de l'âme. col. 6485 . "EXttk. de Babylonie et transplantée en Egypte. 28 ss. Anthol. : . E. une consolation ou une compensation dans l'au-delà. Roscher. Kroll. infra. L'origine stoïcienne (et non épicurienne) est prouvée par l'épitaphe de Sénèque (Riese.. et que dans les mystères elle toute immortalité. début. p.. 49. qui se laissent séduire et affliger par des illusions. Suivant cette pseudo-science. Ainsi toutes les forces de la nature et l'énergie l'intelligence agissaient suivant une nécessité inflexible. I. E. 2.. L'astrologie scientifique des subsiste des traces ait Grecs limite son horizon à cette vie. C.. v. Bouché-Leclercq. Un distique souvent reproduit sur les tombeaux en grec et en latin exprime cette pensée « Je me suis sauvé. il ne s'agit pljus que des funérailles ou de la gloire posthume ^ On n'y voit jamais qu'on promette au malheureux la religion. /{. p.En Cf. Lexikon. 38 s. nil mihi 1. spes et fortuna vakte /. IX.. Pal. 123 au milieu des tribulations mais ceux que poussent et que tiraillent les de la vie. « Evasi. E. qui avait grandi dans les temples de l'Orient. C. II. 434 CIL. Dès lors le culte devenait sans objet et la prière sans effet. 1899.. = = = = : p.Symbol.. 1498 CIL. grec. p. Cf. Espérance et Fortune. 3. ch. « Fortuna spondet multa multis. originaire Le déterminisme des révolutions des corps célestes ^. 202 ss. 667) et surtout par Vettius Valens. les phénomènes physiques. lat. parle de ce qui vient après la mort. ludificate alios » . Lorsqu'on y. 409 vobiscum. loio praestat nemini». répandit depuis le li^ siècle avant notre ère dans le monde gréco-romain sa conception mécanique et fataliste do l'univers. 172. IX. adieu plus rien entre vous et moi. Cf. jouez-vous des autres » 1. 134. 47. . 20. C. accable de traverses et d'infirmités. dépendaient absolument stoïcien est en liaison étroite avec celui qui. Lattimore. C.. 2455. 26 ss. V.CHAPITRE terre. : de l'astrologie. Astrologie grecque. 5. ch. 156. effugi. 11743 CIL. 219. De fait l'on vit même de divination sidérale. Egypte des astral. Anthol.. comme le caractère et les actes des hommes. s. il ne soit que l'adversité infligée par les étoiles hostiles. XI. Cf. infra. vicissitudes obtiendront la rémission du trouble qui les agite lorsqu'ils atteindront le havre tranquille de la mort. bien que dans son vocabulaire de la croyance à l'Hadès*. échappé. 185 56 CIL. elle se inspire certaines théories eschato logiques ^. — LA CRITIQUE PHILOSOPHIQUE . VII. VI.. et. E.. En faisant ainsi abstraction de conforme à la tendance qui dominait dans le Por- tique au moment où elle se répandit. p.

59p.. le corps fût décomposé *. Epicurea. p. 3» éd. 1887. 121. 113-172. puisque rien n'égale la vivacité de l'âme. Fnedlânder. 3665 Cf. . n. elle granmais elle souffrait aussi en . p. elles y sont parl'autre venues par des voies différentes. Faible tant que celui-ci était frêle. Martha. Gr. Elle naissait avec le corps au moment de lui dissait et se fortifiait avec lui la procréation.124 LUX PERPETUA II. Dès qu'elle n'était plus retenue et maintenue dans son enveloppe corporelle. 3e éd. (1886). C. La morale d'Epicure. E. la de l'âme et la peur de la mort. Épicure fui conduit à nier toute survivance par les principes mêmes de l'atomisme qu'il emprunta à Démocrite^. l'autre grand système qui partagea sa domination sur l'esprit des Romains. Zeller. battu par les vents. supra... 1946.. p. cf. Sur la physiologie d'Épicure. fr. nature 3. . Puis lui. i . temps que même de toutes les maladies et ressentait tous ses maux. elle se dissociait la liaison transitoire des atomes qui l'avaient produite était à jamais abolie. Epicure. L'âme. Guyau. elle ne constituait pas une entité indivisible elle était un assemblage d'atomes. p. tr. i. formés d'air et de feu. se dissolvait disait Épicure. Cicérone e l'epicureismo dans Ephemeris Daco-Romana. 420 ss. C. n'était point une. 103 ss. p. pour lui. Sitteng. les deux écoles aboutissent à peu près à et la même vertu. comme un brouillard ou une fumée. 4. nécessairement périr lorsqu'il mourait. sées.. elle vieillissait et dépérissait elle devait comme aussi et puisqu'elle arrivait simultanément à la décrépitude. III. — La négation d'Épicure. Constantin Vicol. C'était là d'ailleurs une conception. pp. Le poème de Lucrèce. x ss. si ancienne 1. et le principe de l'intelligence et de la volonté. Si le stoïcisme au cours de son histoire s'est montré hésitant et souvent réticent devant le mystère de la mort. négation. Festugière. en tirent des conséquences morales oppola l'une exaltant l'action conforme à recommandant la quiétude d'une retraite cachée^. l'épicurisme.. . Phil. Symbol. Le que souffle vital que le dans moribond expirait. 1945. 215 ss. étaient d'une subtilité et d'une mobilité : extrêmes. fut l'adversaire passionné de la foi en l'immortalité comme des autres croyances religieuses ^ Mais si . . p. 534 ss. Celle-ci. était à la fois l'énergie vitale qui entretient notre organispae. Cf. avant même l'air. p. 2. répandue dans tout le corps. IJseaer. iio j Rohde. IV s. Ces atomes. p. Cf.

Nous sommes donc voués à l'anéantissement mais ce n'est point là un sort à redouter. cit. en ses principes élémentaires. Ces simulacres (siocoXa) ne sont pour Épicure que des émanations de particules d'une ténuité extrême que leur forme les corps émettent constamment. cf. Sur les eïdôla. 34 ss. à la nature dont l'âme était composée sont indestructibles. . I25 et l'idée que la vioqu'Homère avait déjà usé d'une comparaison semblable lence du vent peut agir sur les âmes désincarnées comme une force destructrice. Le temps où nous n'existons plus n'est pas plus pénible pour nous que celui où nous n'étions pas encore^. supra. Lucrèce. assurer notre tranquillité intérieure en nous délivrant de la crainte des tourments éternels*. iio 2. I. ou des êtres aimés nous visiter dans nos rêves. 37 ss. Usener. 60 . 77 D. 830 ss. Lucrèce dans son II le Livre. . 70 A . agissent sur nos et apparence sens et éveillent en nous l'image d'un être évanoui'. était déjà familière aux enfants d'Athènes du temps de Platon'. comme la couleur et le parfum. //. p. 4. 8. op. dont les philosophes du XVlIie siècle se plaisaient à célébrer les mérites.. III. De même que Platon avait conclu d'une préexistence supposée de l'âme à sa persistance après le décès. et qui conservent quelcjues temps ces particules. 5- 6. aussitôt après la mort. i]. [p. Martha. Symbol. loo. Platon. peut-être semblables aux précédents .CHAPITRE II. suivant lui. 73. Homère. mais aucune conscience de leur liaison ne réunira l'ancien homme au nouveau. ou liv. n'est pas de doctrine du maître sur laquelle ses disciples insistent avec de complaisance ils le louent d'avoir affranchi l'homme des terreurs de l'au-delà. et cette conviction que nous périssons tout entiers pouvait seule.. loa ss. 30. 61 . n. Phédon. 3. Epicurea. La mort qui passe pour le plus horrible des maux. 124. ils le remercient de leur avoir appris à ne pas redouter le trépas sa philosophie leur apparaît comme la libératrice des âmes^. Toutefois les atomes . 1. 71. ils permettront de domier naissance à de nouveaux êtres. III. Impérissables. . Épicure tirait de notre ignorance d'une vie antérieure une conclusion opposée . peuvent-ils venir nous effrayer durant les veilles. ch. W. puisque la destruction de notre organisme abolit en lui toute sensibilité*. IV. Lucrèce. Usener. avec les oommeintaires. prétend avec une sorte d'exaltation bannir des cœurs « cette Il plus . 80 E 5 84 B. si celui-ci voit le jour. Lucrèce. avec les notes de Heinze et d'Ernout-Robin.. — LA CRITIQUE PHILOSOPHIQUE . n'en est point un en réalité. 8 ss. Mais si comment des fantômes l'âme se résout ainsi. Fragm. '. XI.. cf. p. simulacra.

366. 52. . que Lucrèce avait prêchée avec l'enthousiasme d'un néophyte conquis à ha vraie foi. lorsqu'il : 1 se représente sa tranquillité future d'après celle qui précéda sa naissance ». eut à Rome un vaste retentissement 2. aux ombres dans les enfers ? Cette crédulité complaisante nous fait perdre le plus grand bien de notre nature. p. il a certainement rendu un service éminent en délivrant les esprits des terreurs chimériques de la mythologie du Tartare. ni souci s. quelle naissance. 945. œuvre de jeunesse. 5. Quelques réserves qu'on puisse exprimer sur l'ensemble des conceptions d'Êpicure. parmi lesquels Cassius. si le sentiment reste aux âmes dans le ciel.. termine par une apostrophe véhémente Où les créatures troufolie est la vôtre de renouveler la vie dans la mort veront-elles jamais le repos. foi du plus pur épicurisme. humanam 2. VII. 37a ss. dans un passage célèbre. dissipe les maux des hommes et qu'au delà il n'y a plus ni Joie. » Zeller. « Et metus ille foras praeceps Acheruntis agendus / funditus qui vitam turbat ab imo. Sénèque fait déclamer par le chœur des Troyennes une longue profession de 1. Catîl. l'affirmation que la mort.. pour qui peut-il l'être d'avoir vécu ? Combien plus aisée et plus certaine est la croyance que chacun peut tirer de sa propre expérience. 3. s^.126 ^UX PERPETUA de l'Achéron qui trouble jusqu'au fond la vie crainte humaine ^ »... la mort. Friedlânder. N. 38 ss. Lucrèce. Cette doctrine. III. Index. H. et redouble les douleurs de la dernière heure par l'appréhension de ce qui suivra. l'ataraxie parfaite. Dans une de ses tragédies. 51. Si vraiment il est doux d© vivre. 13. et il trouve un calme bienheureux. IV ^ Epicuriens à Rome : p. après avoir déclaré catégoriquement que l'âme et le corps n'ont pas plus de sensations après le décès qu'avant le jour de leur « Malheureux. Cf. répand sur toutes choses un voile lugubre et ne laisse aucune jouissance mélange. les nombreuses épitaphes Perpûtuad Securitati 4. comme de l'illusion que le corps continuait à être sujet aux besoins et à la souffrance sans dans la nuit du tombeau. 382 . iço. ss. 20 Dessau. c. Pline. Salluste n'hésite pas à mettre dans la bouche de César lui-même. Les hommes de science surtout sont portés vers ces théories : Pline l'Ancien. Sénèque. Nombreux étaient dans l'entourage de Cicéron ses adeptes. le Le sage royaume voit se dissiper toutes les fictions cruelles dont la Fable a peuplé des épouvantements. repos des tourments. /. . Vroad. lorsqu'il s'est débarrassé de cette appréhension de la mort qui hante le vulgaire. Sittengeschichte. parlant en plein Sénat. p. le meurtrier de César. Sali.

CHAPITRE Au li<= II. 2. que s'il y avait une cavité infernale. 25. 83. 27. a connu le beau avec le vrai. 4. H.. .. Il. Plutarque. II.. 1105. 3. 149 ss. Qu'il y ait des Mânes. pour redouter Cerbère et les Larves qui apparaissent sous la forme de squelettes 5. p. Juvénal. Pline l'Ancien'' présente cet argument paradoxal. Sénèque. les enfants même ne le croient pas. ai. et que tant de milliers de morts puissent passer l'onde noire dans une seule barque. 4. ch. Ibid. Julien l'Apostat croit encore devoir interdire aux prêtres païens la lecture mais. Pascal. Lorsque le mysticisme et la théologie triomphèrent dans le monde romain. aurait percé sesi et même le dévot Plutarque *. I^. vîvi sec. Pausanias. Alex. Cic. un passeur armé d'une perche. Cicéron proclame qu'aucune vieille folle ne croit plus aux demeures profondes de l'Orcus et aux lugubres régions peuplées de morts livides. l'épicurisme cessa d'exister.. Cf. Cf. 82. un royaume souterrain.. 48 . i. Mon -posse suav. des grenouilles dans le gouffre du Styx. seul. 24. Efist. i6o s. Partout les croyants le regardaient comme un affreux blasphémateur. I. 23. 141. Les textes abondent. presque avec les expressions de Lucrèce. proclame. 5- Lucien. le caractère vraiment sacré et divin de celui qui. Personne n'est assez puéril. 5. II. Le faux prophète Alexandre d'Abonotichos recommandait à tous ceux qui voulaient obtenir des grâces divines de lapider « les athées. 10 . — LA CRITIQUE PHILOSOPHIQUE 137 les mystères et les superà exalter davantage Êpicure. Mais l'Ecole avant de s'éteindre avait durant plusieurs centaines d'années conquis une multitude d'adhérents. 8. poussa les incrédules disciples dont il est devenu le libérateur 1. 38 . cf. lorsqu'il vient à parler des punitions parois réservées par la mythologie aux méchants. III. qui prouvent combien elle avait réussi à discréditer les fables. . N. en sorte que la plupart font aujourd'hui défauC '. ajoute-t-il. Lucien. supra. 44 et 47. 2. 6. p. 18 . § 158. Il avait disparu au milieu du IV^ siècle. cf. Ep. Epie. Julien. déjà un bienfait des d'Êpicure et de Pyrrhon le sceptique dieux a détruit leurs écrits. les épicuriens et les chrétiens » et il les excluait de ses mystères *. 16. p. I. Bidez-Cumont). cf. dit Juvénal^. 6. 1. ne voit en elles que des contes de . deor. répète Sénèque. 47. 63.sur les Enfers imaginées par les poètes * et qui avaient longtemps obsédé l'imagination populaire. Pline. cf. Nat. et l'a transmis aux stitions siècle l'envahissemeiit du monde romain par de l'Orient. Cf. 1 7. le zèle des mineurSj qui ont creusé de profondes galeries dans la terre.. Cw5c. 61 . Il ordonna par un oracle de brûler les livres de celui qu'il appelait « l'aveugle vieillard ». 89 (p..

Friedlânder. E. 79' 90- 76 ss.C. III. .. Des gladiateurs aux misérables qui devaient dans l'arène faire adoptent aussi cette sentence . Il est caractéristique qu^en certains pas- sages Cicéron et Sénèque raillent les Épicuriens de s'attaquer encore à des chimères qui ne sont plus acceptées par personne et de répéter toujours la même chanson contre des superstitions que chacun trouve ridicules ' .. p. je ne suis pas. était un partisan convaincu de la doctrine d'Épicure . dit-il. 5. Cicéron. L'homme rentre dans le néant dont il est sorti ^. 18. nommé Diogène. ou toutes choses périssent avec la vie. bons à effrayer les enfants. La plus remarquable est un long Mais l'étendue de l'on texte qui s'étendait sur la paroi d'un portique dans la petite ville d'Oenoanda. fui. Galletier.. sentant approcher sa fin. car l'épicurisme ne trouva pas seulement des partisans il se répandit dans les couches les plus convaincus dans les cercles cultivés basses de la population. je fus.. m'importe ». XXXII.4'2i) 3. Inscr. p. il voulut en graver sur le marbre un exposé pour l'édification présente et future de ses concitoyens et des étrangers. comme en témoignent éloquemment les épitaphes où s'exprime l'incrédulité à la vie future \ Certains se contentent d'une courte profession de foi « Nous sommes mortels. 4. p. » « Je n'étais pas. en Lycie. Musée belge. qui paraît avoir vécu sous les Antonins. 191 CIL. p.F. » Ce sont des idées que nous trouvons partout reproduites sous des formes variées. Rhein. non euro. Sitteng. il a. 1907. 32 sens de — Louis cette formule.. ii . rien ne nous touche plus. 24. et deviennent vaines » ^ Une maxime « Non est si souvent répétée qu'elle s'écrit parfois par de simples sigles non sum. .N. 2i6ss. Robert.ip.. Il ne manque pas d'y montrer son mépris de la mort dont. Teubner. 1897. Sénèque. Vusc. H. cf. 5 et Stèle d'Antibes. Cf. qui n'avaient guère de motifs d'être attachés à la vie. collection Frôhner. I. 856 = . p. 801 ss. fragm. XI.. : et inania fiunt. 5.. 1928. l'action exercée par Êpicure apparaît surtout si consulte les inscriptions funéraires*. « Omnia cum vita pcreunt cf.i28 LUX PERiPEltTA nourrices.. E. 84 ss. appris à se moquer. Usener. cf. Quand la connexion de notre organisme est déliée. Sur les variations du s. William.XLVn. » Dessau. Efist. Diogenis Oenoand.. XVI. p. 420 C. On a remarqué que cette formule épigraphique était gravée surtout sur des tombes d'esclaves. . <: : : 1. ss. 6.cf. Un bon bourgeois. Mus. peu fui.. Lattimore. « Je ne me laisse pas effrayer par les Titye et les Tantale que certains représentent dans l'Hadès je ne suis pas saisi d'horreur en songeant à la putréfaction de mon corps. C. 2.. 209 ss. nous ne sommes pas immortels ». 13 ss. Cousin. 8132 p. éd. B.

153). m nihil a nihilo quam citoVI. Mortales respice. Parfois ces défunts adoptent un ton plaisant qui peut paraître macabre. tu feras de la boue. ^. lector. 339. ni d'Éaque comme portier.. — LA CRITIQUE PHILOSOPHIQUE 129 preuve d'indifférence devant la mort. C. dis. La vie est une courte veille entre l'inconscience de deux sommeils cendre. ni de nocher Charon. Si ce n'est qu'une pierre. Anthol.toi que je suis redevenu tel ainsi. n'ai plus le souci de mourir soudain de faim. Tel un affranchi qui. 26003 » . 135). que ce soit à moi vivant. Lucien.. De luctu. nous retournons vite du néant au néant*. Cf. 1247 = CIL. je serai bientôt mais toi. N'offre pas à ma stèle. 7193. Cf. Berhlich. jovial jusque dans la tombe. sert plus de gage â mon loyer. des parfums et des couronnes la dépense est vaine. de sons. En abreuvant ma mort ne boira pas. n° 143 (p. repose doucement ici. 3.bas puisque le terme fatal prive à jamais de profiter de notre pasde ces plaisirs. recidimus As-petti. = : P- 595.. qui sont du Pont. mortels. c£. lit-on ensuite. Kaibel. VI. et le : infinis. payant » ^. je suis exempt d'accès de je : goutte. Ibid. (p. n'est « Ma bouche ne profère plus . Telle l'épitaphe d'un comédien en tournée. éprouvent le besoin de développer leurs négations^.. le bruit à la nature. Ainsi sur une tombe romaine on lit nous fûmes.C. ma persormene ^•. a. marquait presque Parfois la même pensée s'exprime d'une façon moins brutale et touchante. nous devenons des os et de la cendre et rien de plus. Gr. 1495 / CIL. Recueil inscr. Efigr. Cf. qui. . combien. 17. après avoir débité bien des tirades et pâti sur bien des chemins. exprime la conviction que la vie est un emprunt comme m'en l'est un rôle de théâtre. VÎI.E. E. Moi aussi. Vois. n° iio. « Il n'y a point de barque de l'Hadès. vante les agréments de sa nouvelle condition « Ce qui reste de l'homme.. on enseignait que celle-ci * l'abolition du sentiment et le terme de la douleur . lecteur. 646. mes os. N'allume pas de feu : : Tout cela tu as quelque chose à donner. et je jouis gratis d'une hospitalité éternelle » Souvent un épicurisme plus grossier recommande sage ici. ma dette que poussière Certains incrédules. ni de chien Cerbère. plus bavards. . Cette dernière pensée est fréquemment Ntous ne sommes rien. répandant la terre sur mes restes. « Nil sumus et fuimus.CHAPITRE II. et exprimée. Nous tous que la mort a fait descendre dans la terre. que j'étais quand je n'étais pas ». je des applaudissements n'arriv-e plus à moi suis allé. I.

tandis que des inscriptions incitent à se hâter. 187 == Dessau. 1500. IX. p. et un vétéran de l'armée fait graver sur sa tombe un « Tant que je vécus. 243( CIL. Paul dans la première aux Corinthiens buvons.. je bus volontiers conseil tiré de son expérience buvez. Vil. lève la patte et le groin vers cette friandise pour en prendre sa part. 977... L'épigraphie gréco-latine s'en est souvent inspirée'.. les bains. et où s'exprimait la maxime « ce que j'ai bu et n'emporteras rien d'autre avec toi » . venus oorrumpunt 1. Le trésor de Boscoreale {Monum. 4.130 le souverrain bien ici » LUX PERPETUA « Es. 1940. 15. . I ss. p.. Oii se souviendra de la maxime « Mangeons et S. car tu Sardanapale 3. C.. Gr. miscete Lyaeum / et potate procul redimiti temPierre) pera flore / et venereos coitus ne denegate puellis /cetera post obitum terra consumit 5. Une pierre tombale erotique (A. Épicure y figure allongeant la un gâteau posé sur une table. C. la vie et l'amour^ » ..vina. » L'exhortation à jouir d'une existence que la mort doit bientôt interrompre est un thème traditionnel qui s'est prêté à de nombreuses variations dans la poésie antique et moderne. CIL. bibi libenter bibite vos qui vivitis. Lebas Waddington. 2114 : « Quod comedi et ebiti. sans empoisonner l'heure réjouir. letier.2S6.Citiesaindbisho-prîcs. Un distique plusieurs fois reproduit dit « Les bains. » 8.. Budé. placé entre ses jambes. > Héron de ViUefosse. 80-82. Cor. 112. Brehlich. vous qui vivez*'. Les gobelets d'argent trouvés à Boscoreale. Cf. nous montrent des philosophes et dies poètes au milieu de sque^ lettes. /sed Balnea.n°2'i2. Dôlger. moneo. E. Anthol. I = 1499 : : : : = — : . tantum meum est ». nostra. nous mourrons » ^. 421 ss. II. le vdn et l'amour consument nos corps. VI. vina. p. Ra.p. Piot. GalLouis Robert. lude. de se pirées par la : : : : : du lendemain. 8157 C. Au-dessus on lit Tb leXoç v^Sovy) « La fin suprême est le plaisir ». Cf. Il n'est pas rare de trouver des variantes ins: : est un que combat car demain fameuse épitaphe qui se serait vue sur le prétendu tombeau de « Fais bonne chère.Y. 325 avec la note de l'éd. amuse-toi et viens conseil plusieurs fois répété i. 4137. 1899.. . voilà tout ce qui est à moi » *. 32. bois. » Cf. venus. « Mange. et ignis. V. tandis qu'un petit cochon. R. durant la vie. et qui sont entrés au Louvre *. E. p. 50 s.ïï. IXBYS. X.. C. 245 = 6.. E. c£. « Dum vixi. Noter C. 50. mais ils font la vie.856 CIL. Cf. E. IX.. 1943. bibe. vent ». près de Pompei. Anthol. p. V). Ph.msa. car nu] n'est certain main vers : corpora vitam faciunt balnea. E. Horace en recommandant de vivre au jour le jour. XVII. 17985 a (trouvée sous la basilique de Saint« Amici qui legitis. C. p. 3. 2. Paris. En grec En latin Brehlich.). 182. £. Aspetti. C'est en cette formule que se résiimait la sagesse de l'épicurisme vulgaire. 7. C. ou bien mangé.

fable.. înfra. De virtus voluptatum ministra est. et les premiers conventicules pythagoriciens. a gagné le monde latin. . pourrait. serait nécessairement trompeuse. I. Martha. dont Rome est alors l'imitatrice. Callimaque. i : « Apud Epicureos paret. comme les jouissances équivoques de certains cultes restèrent pour des populations encore proches du naturisme. V °- ^^x Anthpl. i6. se représente plai- samment vulgaire comme un avait gros pourceau du troupeau d'Épicure^. — ? — Pur mensonge. Un épicucurisme dégénéré. et qui flétrissait ceux qui se^ jetaient dans les jouissances et se hâtaient de faire bonne chère. concevaient de la félicité présente et future^. 3.. Epist.CHAPITRE qui II. qui se commence avec Aristote et s'étend sur toute l'époque hellénistique. seule et même nuit éternelle. 151). Voilà mon dire véridique ». Le scepticisme ou l'indifférence des Alexandrins. Les mystères orientaux commençaient à enseigner une règle à Rome leurs doctrines nous le verrons (p. n. — LA CRITIQUE PHILOSOPHIQUE 13Ï passe par les espérances ou les craintes de l'avenir. il nous faut dormir une — : .^ IV. On connaît temps qu'un poète l'épigramine railleuse de Callimaque qui fut un érudit en même « Charidas. La période rationaliste et scientifique de la pensée absolue grecque. VII. [p. à côté de ces témoignages d'une incrédulité parfois ostentatoire.. C'est ainsi que le les préceptes de celui qui en réalité prêchait la modération et le renoncement pour parvenir au vrai bonheur. Toute généralisation en une matière qui comporte tant de nuances.on. dès la fin de la République. ch. illis deservit. interprété songeant aux privations dont ils souffriraient dans l'au-delà 2. la forme toute matérielle qu'elles grossières. érigeant en vertus la gourmandise et la volupté'. » Cf. notre brève lumière une fois éteinte. (Mystères). 4. 2. plus amer mais nous. le » Si l'on feuillette recueil des épigrammes funéraires de l'Anthologie I- Horace. V. prolonge jusqu'au siècle d'Auguste. cit. put devenir en de vie pour ceux que la bassesse de |eur âme yi prédisposait. Remonte-t-on de là Et Pluton ? Une Alors nous sommes perdus. Mais l'on peut affirmer qu'à cette époque. i]. op. cum semel occidit brcvis /. Sénèque.4 : = / (Nobis. benef. y recrutaient des adhérents. trouver certains indices d'un renouvellemenl de la foi. » . 2. Sans doute. 13 « Soles occiderc et redire possunt Catulle. Catulle ^ dira avec un accent « Le soleil peut se coucher et réapparaître. de salut. 524. la croyance en la v-ie future était réduite à un minimum. — — — : . nox est perpétua una dormienda. Epigr. que sont les choses d'en bas ? Obscuriti^ ''j profonde. Cf. 14a. p. luis 45 124.

nous l'avons dit. à se plaindre longue épitaphe d'un mercenaire décédé à Gaza se termine simplement par un rappel trivial du chemin de l'Hadès commun à tous^. ni niée on n'en dit rien. L'idée d'une survivance consciente après la mort n'était plus généralement regardée comme assurée . destin inexorable imposé aux mortels.'entre elles qui font allusion aux récompenses ou aux joies d'outre-tombe. expriment à l'espérance d'une vie meilleure. la Cretois rances plus consolantes '^ Au siècle d'Auguste le scepticisme n'avait pas gagné seulement les cercles des littérateurs et des philosophes dans une large portion de la population la croyance religieuse à une rétribution dans T'au-delà . était ébranlée comme toutes les autres. on sera frappé de la proportion minime d. Il n'en est pour ainsi dire jamais question à l'époque hellénistique. comme d'ailleurs les auteurs contem: 1. 17 ss. à exhaler les regrets que cause sa perte.. Kultur der ciceronischen Zeit. ceux qui n'allaient pas jusqu'à une négation brutale même gardaient une prudente réserve. VIII. 'A'îSew 2. Sur l'immense majorité des tombeaux. La plupart dte ces morceaux se bornent à vanter les mérites inoubliables diu défunt. qui remplissent les gros volumes du Corpus. Les vieux mythes sur la descente des ombres vers les Champs-Elysées ou le Tartaré. ne trouvaient plus aucun crédit. pour la période impériale. Si l'on parcourt les vingt à trente mille inscriptions funéraires de la ville de Rome. Certains esprits spéculatifs qui cherchaient à les conserver. il est le gouffre sombre qui engloutit les générations humaines et d'où nul ne remonte à la lumière. Ou bien les rédacteurs de ces textes mortuaires. : "IxEO TTjV xocvYiv à-rpaTcôv cit. Cf. et c'est tardivement qu'on voit se multiplier peu à peu celles qui expriment des espéciter Pour de la cruauté du un exemple épigraphique. Nous disposons. Les épitaphes latines versifiées. 269 Galletier. en dehors de la formule banale dis Manibus. On reçoit une impression toute contraire celle qu'on éprouve en visitant nos cimetières ou en lisant les recueils de vieilles inscriptions chrétiennes. des petites gens. la survivance de l'âme n'est ni affirmée. si l'on y consulte celles de l'Italie et des provinces de l'Occident. oj». qui s''inspirent de celles des Alexandrins.132 LUX PERPETUA grecque.G. d'une documentation abondante pour nous éclairer sur la foi des humbles. en partagent d'abord le triste pessimisme. on sera frappé du petit nombre d'épitaphes qui. S. p. KroU. si dépourvue de signification que des chrétiens mêmes ne se font pas scrupule de s'en servir.E. W... . et<. n''y parvenaient qu'en les dénaturant par des allégories audacieus'es. Lorsque par exception cet Hadès est mieux défini. II.

p. Dieterich. Nekyia. l'historien exprime l'assurance qu'Agricola une autre récompense de ses mérites tout ce que ses contemporains : aimé et admiré dans son caractère le fera vivre dans la mémoire des lommes durant l'éternité des âges. p. cf. 24 .. p. 326 ss. comme /une espérance religieuse. 41c. reprenant une alterdéjà présentée par le Platon de V Apologie'^. C'est beaucoup d'entre eux le point essentiel. dit Cicéron''. . la conclusion élevée qui termine l'éloge d'Agricola est un asile pour les mânes des hommes vertueux. mais qu'elle se prolonge autant que durera la suite des générations futures. S'il y. mais non comme im de il article de foi. 254. I]} p. [supra. ^- omnia extin- . 180. Pro Rabirio. où 'on se débattait lorsqu'on. est redoutable pour ceux dont la vie éteint tout entière. donnait aux yeux des anciens une valeur plus grande à l'immortalité terrestre *. On voit ici comment la perplexité. La vie future était généralement regardée comme une hypothèse métaphysique consolante. De senect. II. XXIII. il est certain. Parad. 133 tisent Si les de phrases circonspectes. grandes de cette âmes ne s'éteignent pas avec repose en paix ». sitions a une récompense sous la dubitatives sont extrêmement fréquentes^. 1339. Symbol. Cf. etc... 3Sénèque. 59 § 9 j p. 320. III. et souvent reproduite après lui. p. songeait à la survivance psychique. non pour ceux dont le renom est impénssable. p. Lattimore. 2. Efist.. Dans le Pro Archia où il célèbre les )our s'' • B.. — LA CRITIQUE PHILOSOPHIQUE les hésitations S'il subsiste terre.. Ne pas tomber dans Tabîme de l'oubli paraît une récompense suffisante des lauts faits les plus glorieux. 1147. de leur senti- un ment après le trépas. « La mort. Stoic. répètent que la mort est une fin ou un Truors aut finis aut transitus^ L'bn ne choisit pas entre les deux La même native passage termes du : . Platon. 119. p.Marc-Aurèle. Lattimore. o-p. Cf. 5 Martha. voilà le désir profond qui stimule la vertu' et incite à l'effort*. A-poL. avant que ses idées eussent évolué. si les le corps. 3. : On « se souviendra dit Tacite. 29 .56 § 8 . 65. ^Cic. comme une simple possibilité entrevue par certains penseurs. esprit. Mais à côtfé recevra ont hypothèse qu"il hasarde.. dilemme. 4- "^•C. non iis quor^im laus emori non potest. 1190.. qui trahissent Mânes éprouvent encore quelque chose. 40 c.. parce que. III. 82. Ces propo- indécision se trahit chez les écrivains qui. Sitteng. p. » Cf. seul.. etc. X. mais on laisse la question ouverte.CHAPITRE porains. 18 : « Mors est terribilis iis quorum cum vita bUntur. II. 124. cit. Si. 136. Priedlânder. » Que la commémoration de nos mérites ne cesse point quand sera achevé le court délai de notre passage ici-bas. 242 ss.

la terre elle rapetissa par comparaison l'importance qu'on pouvait attribuer à 1. « On ne s'avoue pas toujours le désir vague de faire parler de soi. même posthume. 217. Brunschvicg. fr. et montrent ainsi le prix qu'ils attachent à ce dont ils prêchent le mépris. Cicéron*. 26.. qui n'en était point exempt. 150 gloire d'avoir bien écrit. et nous en avons hérité. dirigeait leurs action? 2. Elle se rattache dans l'antiquité à cette vieille croyance d'uttie communion de sentiments et d'un échange de services entre le mort et ses descendants. notre cœur. Pline. ne périssait pas tout entier tant que son souvenir que subsistait dans le cœur de ceux qui l'avaient chéri et dans l'esprit de ceux : qui apprenaient à louer ses bienfaits . "Cusc. quand on sera plus. bien quje l'idée qu'elle représente n'ait plus pour la plupart de nous qu'une valeur très relative. les offrandes furent faites dans une autre intention celui qui s'en était allé. cf. Laert. devait se renouveler périodiquement après sa mort. citée p^f Bellessort. à la Mémoire éternelle. I. Banquet. le souci de continuer à occuper de soi ses semblables après soti décès. 134 bienfaits LUX PERPETUA que produit l'amour de la gloire. 1925. N. p. Êpicure lui-même disposa dans son testament que le jour de sa naissance serait commémoré chaque mois . lorsque leurs successeurs se réuni- raient pour festoyer en mémoire de lui 3. ont soin de placer leur nom en tête de leurs livres. 5 . la préoccupation d'être jugé favorablement par l'opinion publique. 34. » M'«e du Chatelet. et Platon. F^^' fragm. et ne s'étaient fait connaître que d'im cercle restreint. Même ceux qui n'avaient joué qu'un rôle modeste dans le monde. et ses disciples célébraient encore cette fête mensuelle sous l'Empire. Diog. » . « Ceux qui écrivent contre (la gloire) veulent avoir w "^ 2. 16 = tugière. 31 ss. 3. La joie qui régnait dans les banquets de ces disciples. Mais à mesure que la science amplifia les dimensions reconnues au cosmos. 15. 127. E-pîcure. Plus encore qu'aujourd'hui l'espérance d'une notoriété durable. cherchaient à rendre leur souvenir inoubliable en se construisant le long des grandes routes de solides tombeaux» dont l'inscription perpétuierait leur nom. Essai sur Voltaire. Les épitaphes commencent souvent' par la formule « Memoriae aeternae ». H. qui dominait leur pensée. mais il est toujours au fond die. remarque finement que même les philosophes qui prétendent en démontrer la vanité. X. 208 c-e. Pensées. était pour beaucoup de gens une hantise secrète ou! avouée. . Usener . II.. Vro Archîa. Cf. XXXV. qui célèbrent le culte funéraire.. cf. il ressuscitait pour ainsi dire dans l'image que se faisaient de lui les descendants des amis qui l'avaient connu et des admirateurs qu'il avait conquis. Pascal. p. Lorsqu'on cessa de croire fermement que le défunt pût sentir et on aima à penser agir. qui étaient tous des amis.

et contre l'immortalité I. — LA CRITIQUE PHILOSOPHîOUE 13S dans l'ensemble de l'iuiivers. p. si vide sens. Somn. 33 . Marrou. * elles étaient égalées auxquels . Reco. A cette immortalité si restreinte. 1938. de la Grèce hellénistique. motif intellectuel. fui . à un. même la faire éclater la vérité. ils dans espaces infinis des cieux. Cf. . 368 ss. Depuis le i^r siècle avant notre ère progrès scientifique s'arrête dans le monde ancien. Piit. . Mais le facteur décisif qui produisit cet abaissement des études. 255.. le déclin du rationalisme ^. et les philosophes en tirèrent argument pour avilir la valeur qu'on pouvait attacher à une survivance dans la mémoire des hommes de les sur notre globe minuscule. ii5-i7 et Ps. Vanité de la gloire humaine dans l'imniiensité de l'espace et du temps : Cïc. On a voulu y voir une conséquence de la nature même de l'esprit romain. et Rev. Boyahcé. p. Saint Augustin et la fin de la cul- ture 4. Symbol. et cette stase est le prélude d'une régression qui se précipite à mesure que s'accentue la décadence de l'Empire. p. 44. VIII. 3. Sittengesch. avait adoptée et imposée au monde une recherche de la connaissance indépendante de 'toute théologie et pour: suivie le par un amour désintéressé du vrai. . 102 . 3. p. 2. p. passé Pourquoi la société païenne. Marc-Aurèle.. l'abandon de cette attitude mentale que la Grèce ancienne.. III. opposèrent celle des âmes qui. 1943.. Pour antique. Efist.certainement cette l'e culture oratoire qu'à l'imitation genre d'instruction que recevait la jeunesse. a-t-elle en l'immortalité personnelle. Hermès I. avant tout. cf. Et. Rome fit prédominer dans l'éducation depuis l'époque de Cicéron jusqu'à celle de saint 3 Augustin et à laquelle furent subordonnées toutes les autres disciplines. p. 19. grecques. Une grande évolution morale comme ce renouveau du spiritualisme a toujours des causes multiples dont souvent on a peine à démêler la complexité. Declam. 6 . se mouvant participaient à la vie divine des astres. elle se contentait enseignée dans les écoles se souciait peu de de son apparence la vraisemblance. : Quintilien. Mais le phéno- du scepticisme à la foi mène historique qui nous occupe a été dû. i. sur le songe de Se. j'entend ses classes cultivées. et. -Clément. la rhétorique : Or 1. essentiellement pratique et peu enclin à des spéculations dont n'apparaissait pas l'utilité immédiate. i ss. 1936.. Nous sommes ramenés par ce à notre esprit lorsque nous biais à la qtiestion essentielle qui s'impose étudions l'évolution des idées religieuses sous: l'Empire.. 147 ss. . Priedlànder. X. . Festugière. IV. * Elle apprenait à soutenir avec un égal talent des thèses opposées et plus philosophie. 260 ..CHAPITRE II. si promptement abolie. — Scip. 113. créatrice de la science profane. n. Sénèque.

« Rhetorik». si la sonorité de la parole tient lieu de réflexion. qui prétendent assurer le bonheur éternel de leurs initiés par la participation à des cérémonies secrètes. et qui n'étaient choisis Les disciples des rhéteurs ne se croyaient pas obligés d'approfondir les connaissances transmises par les générations passées. p. A l'ère des découvertes succède ainsi celle de la vulgarisation. qui sont en quête d'une certitude. Dès lors les âmes inquiètes. VII. qui faussaient l'esprit en y oblitérant le sens qu'en raison de la difficulté de les traiter 1. s. Suppl. Après les sommes exposant l'ensemble des faits admis par les diverses branches d'une science qui ne se renouvelle plus. 112 ss. 2. 3.. La décadence de la recherche scientifique a pour corollaire une exaltation ou. de faire un tri entre les théories vraies ou fausses des érudits d'autrefois. I. . siège de la culture primitive. si entre des thèses contradictoires le jugement ne choisit pas.. E. pltis celui qui la défendait pouvait faire montre de sa virtuosité 2. ch. aux œuvres originales se substituent les compilations. infra. Hermès. De là une prédilection pour des sujets absurdes. viennent les manuels puis les résumés de manuels. Ils se contentaient d'acquérir une teinture et superficielle des disciplines qui pouvaient servir à l'art oratoire leur permettraient de prononcer devant des juges un plaidoyer émouvant. la connaissance de dogmes irréfragables et une règle inébranlable de vie morale. ou de débiter un discours d'apparat applaudi par un auditoire mondain de dilettantes. 53 . non par une application patiente d'e l'esprit critique. R. on demandera aux théologiens de ces pays reculés. Festugière. Et comme l'opinion se répand de plus en plus que les sages de l'Egypte ou de la Perse. et leur jirédication tend à rendre indubitable pour leurs adeptes la croyance . v. du réel. Marrou. reçu du ciel une révélation qu'ils ont transmise aux Hellènes ^. p. Or tous les mystères orientaux qui se répandirent dans le monde latin sont des religions de salut.i3é LUX PERPETUA une proposition était paradoxale. Mais si l'éducation. « une perversion de la piété » 2. à propos de Numénius. 5. à l'immortalité. cette abdication de l'entendement a pour conséquence inévitable un scepticisme qui se défie de tous les systèmes. favorise l'éloquence aux dépens de l'érudition. p. pour mieux dire. Cf. Cf. VIII. 1. mais par une inspiration surnaturelle ou une communication divine. de la Chaldée ou de l'Inde ont. à l'aube de la civilisation. sacrifiant le fond à la forme. chercheront à l'obtenir. Krojl. et regarde comme inconcluantes les controverses des sectes rivales.

devient sance est la nature ne livrait plus ses secrets. p. Un appauvrissement progressif et une insécurité générale découra- geaient tout esprit d'entreprise. si souvent répétée alors. humaines propagande des clergés du Levant opère plus de conversions. qui est un phénomène intelconcomitantes et aboutissent au même résultat. — LA CRITIQUE PHILOSOPHIQUE 137 grandit.. p. CIII. qui livra l'empire publics et privés*'. de mêmes causes. Religions orient. I. La fin du Monde selon . La tyrannie d'une rées. les 00 Mages occidentaux (R. de ruines iniques. Dans la lourde atmosphère d'une époque d'oppression et d'impuissance les âmes accablées aspiraient avec lution et causes une ferveur indicible à s'échapper vers les espaces radieux daient du ciel et demanles aux cultes exotiques la garantie d'une félicité posthume. qu'on chercha un réconfort dans l'attente d'une existence meilleure. . Les sciences immobilisées ne découvraient plus de vérités inconnues. La foi en une survivance se fait plus profonde à mesure que la vie présente Cette aspiration à la béatitude d'une vie affranchie des misères et la un fardeau plus pénible à supporter. p. s.. lorsqu'après le siècle des Antonins la détresse de l'Empire va s'aggravant. 56. ss. Si l'on se demande pourquoi stoïcisme ni l'épicurisme^ après une période de faveur. faudra invoquer d'autres raisons. Relig. orient. a. h. . et l'évolution lectuel. qu'une amère nécessité contraint l'esprit de l'homme à venir s'enfermer dans la matière.CHAPITRE II.. qui ont agi souvent sur foules incultes. et ont été abandonnés pour le néoil platonisme. L'idée se répandait que l'humanité était atteinte d'une irrémédiable dégénérescence. et que la mort est un affranchissement qui le délivre de sa prison charnelle. Pendant à l'anarchie et à la dévastation. que la société s'acheminait vers sa disso- que la fin du monde était proche". bien qu'elles soient n'ont pas été produites par les ni le les la philosophie. rel. bureaucratie inquisitive et corrompue étouffait toute velléité de progrès politique. Il faut se rappeler toutes ces de découragement et d'anxiété pour comprendre l'emprise de cette vieille idée. s'impose davantage dans la proportion où s'accroissent les malheurs la grande -crise du III^ siècle. n. la terre restait inexplorée et le passé impé- nétrable. L''idée pessimiste que la naisun châtiment et que la véritable existence ri'est point celle de cette terre. il y eut tant de souffrances imméritées. n'ont pu satisfaire esprits sur le point ç(ui nous occupe. de crimes impunis. 220. Mais la propagation des religions orientales. 193 1. où toutes les injustices de ce monde seraient répaAucun espoir terrestre n'illiiminait alors la vie. 39 Cf.

n. Non fosse suav. dont les convictions se forment par des arguments rationnels. 1104 s. p. aucune solution arrêtée et n'avait par suite aucune prise sur des âmes avides d'ime ferme assurance. L'âme. 127. 2. Pour Épicure l'univers s'est constitué par des tourbillons d'atomes. II.. Il n'apportait sur cette question. "Cusc. Profession de foi du vicaire savoyard (début) choses qu'il nous importe de connaître est un état trop violent pour l'esprit humain. Il n'y résiste pas longtemps. Cf. XVI. comme Lucien de Samosate. nous l'avons «Le doute sur les 1.. à l'époque hellénistique. dont l'ironie bafoue toutes les croyances religieuses . pensons-nous. qui préoccupait de plus en plus les hommes. La suspension du jugement entre le mystère de la naissance et le mystère de la mort est une attitude d'intellectuels. et qui peuvent même se complaire à s'endormir sur elle ne sera jamais celle du commun des mortels le mol oreiller du doute dont les passions et les désirs. Son opposition irréductible à toute idée d'immortalité a été combattue avec force et lucidité par les écoles rivales. Rousseau. mais l'école n'a plUs de maîtres marquants et deux siècles plus tard elle s'est éteinte^. Plutarque utilise dans un de ses traités les principaux arguments de cette polémique*. vivi sec. i. : 39-40. p. qui était le trait le plus saillant de tout son système. Cicêron. 60. 26. . 4. affirmer que si cette secte fut abandonnée. et il aime mieux se tromper que ne rien croire.138 LUX PERPETUA hésitant et variable était le sentiment Nous avons vu combien sur la possibilité du Portique de l'immortalité consciente. Après avoir. 3. » Cf. Plut. l'épicurisme vit sous les empereurs le nombre de ses adhérents diminuer progressivement. et dont on ne s'empare que par des affirmations tranchantes constamment répétées*. 85 . 4 j et Cléomède. su-pra. XXIII. De motu cire. celui qui était le plus attaqué. En réalité la lutte est trouvée circonscrite entre la négation si' des Épicuriens et l'affirmation des Pythagoriciens et des Platoniciens. § 87.. plus que des raisonnements. à qui Posidonius reprochait di'avoir été « plus aveugle qu'une taupe » ^. celui qui le caractérisait aux yeux de la foule. celle des Académiciens et celle des Stoïciens. déterminent les : idées. il se décide malgré lui de manière ou d'autre.. la cause en fut surtout dans sa négation de la vie future. Mais l'on peut. Sans doute sous les Antonins on compte encore de nombreux sceptiques. E-p. p. 1. remporté des succès éclatants et conquis une multitude d'adhérents. qui se sont agglomérés en vertu de lois purement mécaniques. De senect. Cf. C'est le point où il était le plus vulnérable. Nous n'avons pas à considérer ici les causes générales de son déclin n\ la part qu'eut à son discrédit la faiblesse de la physique du philosophe athénien. Symbol.

a. et la foi en cette justice compensatrice au IP siècle imposée aux philosophes comme aux adeptes des mystères '. et il ne peut plus aucune souffrance. lui inspire le désir de se survivre. = tr. 1104 c. Plut. L'e?sence même de notre personnalité la voue à chercher sa persistance au delà des limites de notre court passage sur cette terre. : Il ne peut se résoudre à disparaître tout entier. les sages d'espérer une récompense de leur vertu et ne seront plus incités au bien. c. « il nous a quittés ». surpasse en douceur crainte puérile (du Tartare). Mais. inné dans l'être humain.. non une destruction ». «. détruits et réduits au néant. II 2. L'espoir de l'éternité. La polémique des adversaires d'Êpicure que si.dissout Toute len durer sensibilité toute la nature. de tous les amours le plus ancien et la — je cite Plutarque — le désir le plus vif. opposent les adversaires. Ce raisonnement est l'objection habituelle opposée au matérialisme par les moralistes qui admettent la nécessité s'était d'une rétribution posthume. -r- LA CRITIQUE PHILOSOPHIQUE 4 139 comme se . plutôt que d'être privée total. préfèrent-ils qu'ils existent quelque part et subsistent en souffrant des peines. Même lorsque la raison croit devoir admettre. 368 s. fr. même ^ de toute existence. l. L'on voit indiquée dans ces lignes une des raisons majeures qui firent obstacle au triomphe de l'épicurisme un instinct profond. la rupture définitive entre ceux qui demeurent et ceux qui les s'est ont quittés.CHAPITRE vu. leur femme. l'insensibilité de la mort nous fait échapper à toute souf- I. aussi attachée à montrer selon lui. Le sentiment intime se révolte aussi contre la douleur d'une séparation sans retour d'avec ceux qui nous sont chers. et tout ce qui implique un changement de son âme. souhaiter même. Ils se plaisent à entendre et à dire des défimts des expressions comme « il s'en est allé ». infra. leurs amis. de les voir supprimés. Cf. si tout se termine avec cette vie terrestre. V. de ces atomes dont la combinaison au moment du décès pour ne jamais se renouveler. Cf. plutôt que. Mais plus caractéristique est le sentiment attribué par cette critique anti: épicurienne à la foule vulgaire celle-ci redoute à tel point l'anéantisse- ment dans souffrir la privation de tout sentiment qu'elle préférerait les Enfers les supplices inventés par la Fable. d'être. ch. est formée. l'anéantissement. Rohde. p. la perte irrémédiable de toutes les affections. Aussi ceux qui perdent leurs enfants. Psyché. p. le subconscient proteste contre cette conviction. les méchants cesseront de craindre un châtiment dans l'au-delà et ne seront plus détournés du mal. transitoire II.. de notre être est abolie à jamais. . 564 ss.

ni à imaginaires. II. les Platoniciens et les Stoïciens pouvaient opposer la félicité inex- A primable qui attend les âmes des sages et des justes. produisent et détrui. ni pourquoi il mourra. et a provoqué sa défaite. L'individu n'est-il qu'un assemblage d'atomes. sent le monde et l'humanité.. bientôt fauchées. p. à cette « anesthésie » qui ne laisse place à aucune espérance. soit au moins jusqu'à la dissolution générale de l'univers. Pour l'épicudivin risme au contraire. 28 gig.. /. tout est le résultat de forces aveugles agissant au hasard ^ des tourbillons d'atomes qu'aucune intelligence ne dirige. Cf. Un épicurien médiocre. X. Plut. L'ombre épaisse de la nuit s'appro- Cf. même s'il croit que son âme se décomposera en ses éléments lui survivra guère. sans qu'il sache ni pourquoi il est né. peut se soumettre sans révolte intérieure à cette nécessité imposée à l'humanité. 1941. 82. et l'individu ne doit pas se plaindre de ses maux particuliers qui se produisent dans l'intérêt du Tout. et ce lumineux séjour oh chacun pourra vivre dans la société de ses proches. Platon. Bréhier. 903 b-d où la mention de la métempsycose trahit une influence pythagoricienne. Sénèque. aucune joie. 39 . affranchi de toute attache charnelle. cf. Lois. J. où son esprit contemplera les vérités qu'il n'apercevait icibas qu'à travers un brouillard 2. 1107 b. Plut. entre deux éternités d'inconscience. Cf. Tout esprit réfléchi devait trouver affreuse cette condition de l'homme livré à l'action d'une fatalité obscure. . ce bienfait est purement négatif. c. à la volonté d'une Providence qui a réglé l'enchaînement des phénomènes en vue du bien suprême. ni pour quelle raison il est astreint fortuit au labeur et exposé à la douleur. lueur bientôt éteinte. se succéderont on ne sait pourquoi jusqu'à la destruction de la terre* ? Nous touchons ici à la raison profonde qui a fait l'infériorité de l'épicurisme dans sa lutte contre ses opposants. . 1. La brièveté de la vie consciente. Epist. 4. 65. Festugière. Le et ne Stoïcien.140 LUX PERPETUA cette simple exemption de maux france. IX. 14 . décourageait toute activité intellectuelle. vivant au jour le jour^ pouvait se résigner à ce déterminisme sans finalité. 124. c.. qui lui prête une conscience fugitive bientôt abolie. A. 16 . parce qu'elle est pour lui conforme à l'ordre du cosmos. 2. l. condamné à une existence éphémère dans un univers livré au chaos. Paris. XII. Plotin. où des générations. De telles promesses étaient certainement plus propres à séduire les hommes que la perspective d'une dissolution destructrice de tout sentiment. IX. L'enfant d'Agrigente. soit pour l'éternité. 3. Marc Aurèle insiste sur cette opposition..

de tout bien ». I.. E. Plut. éviter comme les la participation tous l'amour du savoir. et le seul souci qui s'impose est la recherche du plaisir individuelj. 1107&. p. 409. 1910. Sur « le plaisir du ventre source it. s'efface dans l'épicurisme. qui s'associent en lui à l'exercice de ils se sentent des créatures Si l'épicurisme eût régné sur le monde. = Ibid.. La valeur de l'effort désintéressé. p. . n'en pouvant tirer de fruit. et la haute spiritualité d'un Plotin y eût été inconcevable. De même c'est le mutiler que de négliger ses aspirations mystiques. c.CHAPITRE II. son triomphe eût marqué une régression de l'évolution morale de la société romaine. E-picure. /. ils le dédaignent le négligent. fr. elle apparut sans remède contre une telle et ne résista pas à qu'animait une foi ardente. Tombés dans le découragement et le mépris d'eux-mêmes. 5g ss. Ell«^ fut éliminée par des adversaires- qui se sentaient en possession d'une certitude qu'aucune dialectique ne pouvait ébranler et dont la prédication faisait retentir dans l'âme des échos que même l'enthousiasme d'un Lucrèce n'avait jamais éveillés. ils ne font aucun cas de la vertu et de l'action tant esprits spéculatifs « Tenant leur état présent — — . qui ne sont nées pour rien de considérable ». — LA CRITIQUE PHILOSOPHIQUE 141 chant inexorablement détournait de toute application soutenue. Il faut ennuis qui pourraient troubler la bienheureuse ataraxie. . Athénée. dans la vie pratique toute noble ambition. : et quand pouvait des désastres effroyables s'abattirent sur l'empire et multiplièrent les douleurs et les angoisses de chacun. dont les jouissances matérielles forment une part essentielle 2. Mais de tels sentiments existent dans l'être humain. je cite encore Plutarque^ pour minuscule ou ils plutôt pour un rien. caché. 1098^. XV. Joyau. Eficurea. pp. l'épreusvte. 12. Usener. 1087 &. L'altruisme pouvant aller jusqu'au sacrifice de soi-même en est exclu par une éthique utilitaire. Z. qui en tarit les sources. 3. 547 400 et 406. fleurir que dans l'atmosphère sereine de la pax romana. et c'esc le rabaisser que de prétendre les supprimer.. détresse. Ses adversaires reprochent avec raison à cet hédonisme indolent d'avoir détruit dans les la pratique des arts. cf.. p. éphémères et chancelantes. De fait nous voyons Épicure déconseiller nettement à ses disciples l'étude des sciences et vivre aux affaires publiques ^. Paris. Il n'est pas surprenant que la molle insouciance de cette philosophie du plaisir ait succombé elle ne la raison. c£. qui ne développe aucune qualité virile. et du dévouement total que le stoïcisme mettait en relief par la divinisation des héros. comparé à l'ensemble des temps.

elle a substitué l'espoir d'une éternité radieuse dans néen sur A que les Bienheureux doivent vivre dans la société des astres divins auxquels ils sont égalés. soit • . la foi en l'immortalité. sous une forme nouSi la critique philosophique. la persistance d'une vie indécise et précaire dans l'obscurité du tombeau. soit qu'ils s'élèvent au delà des sphères étoilées jusqu'en présence d'un Dieu purement intelligible dans la lumière supra-mondaine de l'empyrée. tant que la splendeur des cieux. — Les origines orientales et les Pythagoriciens. velle. avait discrédité les croyances des Grecs et des Romains relatives à la vie d'outre-tombe. vieilles il comme nous l'avons montré. à la prolongation. et qui devait transformer toutes les idées du monde méditerrala destinée des morts et s'imposer aux esprits pendant de longs siècles. appartenait à une autre philosophie de faire revivre. ici Nous essayerons de déterminer les origines et tenterons d'esquisser le développement d'une doctrine que nous voyons s'affirmer en Grèce à partir du ye siècle. des jouissances ou des peines de l'existence humaine.CHAPITRE m L'IMMORTALITÉ CÉLESTE I. Cette conception de l'immortalité qui était étroitement liée à la cosmologie des anciens parut inébranlable. dans un royaume souterrain.

Néanmoins son action s'est étonnamment prolongée. Cf. A rechercher la première origine de cette doctrine. wiais nés tous l'idée des trois cieux superposés ne fut éliminée que tardivement littérature religieuse. 2. p. .. Halle). IV. d'où les impies sont précipitées dans les contraire les justes montent d'abord jusqu'à la région puis. et c'est le dualisme zoroastrien qui a donné une précision rigoureuse à la conception d'une béatitude céleste opposée à la damnation infernale. judaïsme alexandrin. orbe animarum sedibus (Diss. p.CHAPITRE le III. à la infinie abîmes ténébreux. des étoiles. il nous faudrait remonter jusqu'aux croyances primitives sur les esprits des morts qui vont habiter transporter dans Mais. n. Après trois jours elle s'élève à travers l'atmosphère redoutable pont Cînvât. sur le 3- Bousset. . Orient. VI). exprime des convictions analogues. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE I45 construit par leurs astronomes ne se fut pas effondré. infra. (Institut d'archéol. VI. Louis Rougier. la foi commune d'une large portion de l'humanité. A. il ignore les planètes. selon leur degré de pureté. enseignée à la fin de l'Empire romain des mystères orientaux et par les Néoplatoniciens. Le Caire. stellis. ou du moins nous Crète minoënne^'. CapeUe. L'origine cienne en l'immortalité céleste des âmes '9332. ch. et l'on peut dire qu'elle a conservé jusqu'à nos deux en Mésopotamie. . ce n'est point de ces ItEgypte pharaonique pays que sont venues lés croyances qui se propagèrent en Europe. sous des formes diverses. t. nettement formulées à la fois dans l'Inde védique la lune ou dev^iennent des et la étoiles^. Symbol.^ 1901. astronomique de la croyance -pythagori. s'élèvent jusqu'à la zone de la celle du soleil. Comme les Upanishads de l'Inde. On nous excusera si. : il repose sur des connaissances certainement très ancien rudimentaires. et les plus saintes parviennent enfin au Garôtman. Nous les retrouvons au contraire. dans la Perse avestique. il situe les astronomiques deux astres majeurs au-dessus des étoiles . Religiv. recherchant la genèàe et le mode de transmission d'une doctrine si considérable. 1917 cf. de la jours I.^ p. 229 ss. nous devons entrer dans certains détails qui système du monde Admise par le pourront paraître arides. De hma. en Europe et en Asie. Au corps dont s'empare le démon de la corruption s'oppose et l'âme itequ'iau qui l'a quitté. Au lune ou lumière où siège Ahoura-Mazda s. lacteo ^ynibol. 179. qu'on n'avait pas encore appris à distinguer des fixes. Non seulement l'eschatologie du manichéisme et du man- Ce système est déisme.. sarcophage d'Haghia Triada. 177 ss. elle fut adoptée par les par grandes religions qui succédèrent au paganisme et devint.

1922. n. Ainsi étaient formulées deux théories qui. Paul. p. C. solaire. Rougier. Au lieu des trois cieux des indo-iraniens. 90 b 2. orient. : . Le principe qui entretient la chaleur Vénus. ont servi de justification à l'immortalité astrale. p. Des colonies de Mages. nous le verrons.. etc. babylonien. .. i. 4 ss. Alexandre Polyhistor chez Diogène Laërce. Soleil. n.) et peut-être n'y ont-ils été introduits qu'à l'époque hellénistique. cf Rel. Delatte.) ((Tuyyévî'. De migr. Leur religion. i Stemplinger. qui était alors le centre d'études le plus actif du monde. R. 2. c'est-à-dire au clergé *•. Vi^ de Pythagore. Ces prêtres-astronomes ne confondaient plus les planètes avec les autres étoiles . VIII. slvai icpôi. 35 cf. Ordonnance Se où Stqj/tff(II. LXXVI.. dont l'activité scientifique se prolongea jusqu'à l'époque hellénistique. et l'eschatologie qui s'en inspire ont tardifs à Babylone (Zimmern. p. Il Cor. I. Philon. Ces Mages émigrés avaient subi fortement l'ascendant de Babylone. Mars. p.a 4. 14). cit. puisque grâce à saint Paul. et Rougier.144 LUX PERPETUA une existence au moins verbale. 191 9. 216. car elle est impliquée par les relations que l'astrologie établit entre les divinités sidérales et l'esprit qui nous anime. op.. 27. p. 208 . p. n. cit. 471 [25] ss. S. Abrah.e leurs orbites . infra. Jupiter. Lune ". p. nous parlons encore d'être transporté au troisième ciel Dès l'époque des Achéménides le mazdéisme fut propagé en Mésopotamie et en Asie Mineure. Oeoùç ffuyYsvEiav xaxà tô ^txijziM avSpojirov ÔEpjxoO cf. W. chaldéenne : "Chéol. Munich. 36 ss.. 185 ss. comme on les appelait d'un nom sémitique. de Maguséens (Mayouaaioi) avaient allumé leurs pyrées jusqu'en Lydie. . 5. p. 288. 1922. 178 De somniis. Cf. Nous sommes dans . 1. infra. qui fut toujours qualifiée de « chaldéenne ». 41. 31. probablement à ces mêmes « Chaldéens » que remonte aussi l'idée première d'une parenté (ffuyyévcta) entre l'âme et les astres *. p. C'est et la vie dans notre organisme doit être igné. 126. 54 (III. cf. ils avaient imaginé cette ordonnance des sept sphères planétaires. p. 12. 72. 76 ss. et par conséquent de même nature que les feux du ciel^. p. 1945.G. ou. 2 . Mages helL. et surtout Festugière. cf. 185. pp. Saturne. [j. Le mysticisme été ZDMG. 159. apparaît comme un mélange du naturisme primitif des tribus iraniennes et d'une astrolâtrie savante empruntée aux «Chaldéens» ^.. ss. aux confins du monde hellénique. Cette doctrine est née d'un fait d'expérience très simple. à leur éloignement de plus en plus grand de la terre. 303. oj». qui s'écartait à bien des égards du pur zoroastrisme. p. à propos des Pythagoriciens Kat àvSpw-jtoK.E.éva)v) . infra. ils avaient observé leur marche sinueuse et la durée croissante de leurs révolutions et ils en avaient conclu à l'amplitude progressive d. p. qui invoque le "Cimée. 3. Mercure.. Sympathieglaube im Altertum und Neuzeit. — Cf. Sur la doctrine de la sympathie.

XV. mais elle a conservé un souvenir infidèle d'une grande vérité. n. 4. Bidez. Cf. sur un point de détail. en étaient le corollaire. déens et les et premiers affirmé que l'âme humaine est immortelle en ont convaincu les Hellènes et en particulier Platon '. assertion certainement mensongère. Mages hell. 1942. R. 32. p. en relation avec ces « dieux visibles » Pausanias prétend savoir que les Chalferveur religieuse. . dans l'esprit d'un clergé d'astronomes. Dans cet Orient. . — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE l'Asie antérieure sous les Séleucides. grande ignorance de ce que furent les spéculations théologiques de que l'on ne peut préciser davantage. i8. N.. de l'immortalité céleste. p. 25. înfra. 33. qui se présente comme ime comde l'eschatologie mazdéenne avec la théologie astrale des « ChalLa transmission des résultats scientifiques auxquels une patiente observation 'de du ciel avait conduit ces Chaldéens. IV. Les révélations sur la vie future ont toujours été attribuées par les Grecs à des Mages . . et c'est des Maguséens qu'elle a : reçu cette doctrine déens ». 12. 160. 5. Eôs. C. comme le Gobryès de l'Axiochos 2. 1. 193. I. 4. Inscr.CHAPITRE une si III. ch. . et le Mithrobarzanès de Lucien. comment l'interdiction de sacrifier et de consommer le coq blanc. pp. iio. 9-20 p. adversaire des démons malfaisants. mais où entre l'ancien s'est concrétisé le souvenir des rapports qui ont existé pythagorisme et les Mages d'Asie Mineure *. qui s'étaient établis à proximité des cités grecques d'Ionie. l'Er de Platon en est un. Acad. Il est naturel que le culte des astres s'y soit développé et gloire qu'on y ait mis la destinée de l'homme. où les nuits limpides font étinceler la voûte constellée d'un incomparable éclat. avec les raisons invoquées pour justifier cette prohibition. 3. s'est conjuguée avec celle croyances religieuses qui. Nécyomancie. cf. Une tradition antérieure à Aristoxène de Tarente. 38. Nous avons montré récemment. 284 ss. IV. «Sous cette forme Mages ont telle les absolue.. pp. cf. Il est certain que les Pythagoriciens sont entrés de bonne heure en contact avec ces « Maguséens ». le disciple d'Aristote. une affirmation est sans doute inexacte. C. ^sa splendeur éveille naturellement un sentiment de Selon la parole du Psalmiste* « les cieux y racontent la de Dieu ». infra. sur la terre comme après la mort. avait été empruntée à ces mazdééns d'Anatolie' par la secte italique^.. voulait que Pythagore lui-même eût été à Babylone se mettre à l'école de Zoroastre.Sur « le pythagorisme primitif et ses relations avec l'Orient ». Celle-ci subit à bien d'autres égards l'as- cendant de ces maîtres orientaux mathématiques binaison lui sont ses premières notions d'astronomie et de venues de Babylone &. Psaume Pausan.

Gr. 82 Diels. y remonte après la mort. Kaibel. Cette théorie reprenait. Pyth. 3.. auteur d'un dithyrambe commençant par les mots « Etoile du matin ». Fragm. Ainsi ces îles où sont trans- portés les héros.I4é LUX PERPETUA Les Grecs ont toujours cru que des héros privilégiés pouvaient être enlevés par les dieux. Sur une infinité de stèles funéraires. : 108 ss. La lune était pour eux la « terre éthérée » ou « terre olympi- avaient été que » (p. cf.. VI. poète ami de Sophocle. suivant leur système habituel d'allégorisme. 464. = 5 Tt èortv a^ . trouvée au Céramique. car Euripide les a connus ^. descendue du ciel à la ' . o-p. XVIII. Aristophane. p. la terre leurs idée que l'homme est un composé de deux éléments qui. dans la PaiX: représentée en 421.. en corps. Psyché. cf. 1899. Cette idée apparaît pour la première fois à Athènes dans l'épitaphe. qui avait écrit en prose une oeuvre de philosophie pythagoricienne et qui venait de trépasser Trygée étant monté au ciel sur un scarabée. des guerriers tués devant Potidée. Diels. et héros 175) jusqu'où s'élevaient. Symbol. 827 ss. ueIt^vti. [laxâpœv v?iaoi . assure que « quand quelqu'un meurt. 945 AtSrip jj-èv 4''^X^'^ ÛTCESé^aTO. foet. dit l'inscription. 245. se décès.(Gcôv. p. dans les deux astres majeurs. notamment en Afrique et en Gaule. A côté de ces témoignages exactement datés. 5. au moment du 'Origine. baignés par les flots lumineux de l'éther. est figuré le symbole du croissant. échapMais cette croyance diffère radipant ainsi au destin imposé aux humains calement de cette anthropologie selon laquelle chaque individu est composé d'un corps périssable et d'une essence immortelle qui. il s'en trouve un qui dit : : îles des Bienheureux et ? Le soleil et la situait lune^ ». Porsokr. retournent l'un à la terre et l'autre au ciel. cf. ch.. p. Vif. pour aller vivre avec eux dans l'Olympe. 56 . . corps et âme. 173). înfra. : atop-ara 8e . fr. Rougier. VI. Une indication déjà plus précise nous est fournie par Aristophane. en quittant ce bas monde. 4. minor). Porsokr. Paix. » *. i. 2. 25 (I^. Jambhque. I. les âmes des des sages. fr. mais qui certainement sont anciens. 1. 183. naissance. 285). les préceptes « Que sont les transmis oralement dans l'Ecole. TiXtoç. la vieille croyance populaire que la lune est le séjour des morts. suivant leur retrouive dans des vers faussement attribués à Épicharme. a reçu leurs âmes. p. « 432 La même : L'éther.. qu'Homère dans l'Océan lointain aux confins de transférées par ces philosophes. Cf. cit. il devient un astre dans les airs » et qu'Ion. G. tr. nous pouvons invoquer celui des Pythagoriciens eux-mêmes. la terre.. emblème de résurrection (p. en la faisant entrer dans un système philosophique. I. I^. le dramaturge de Syracuse. Rohde. s'est lui-même mué en cette étoile*. à propos du polygraphe Ion de Chios. (éd. Parmi les vieux akousmata. p.

disciples' le caractère de ces divinités psychiques auxquelles les Perses rendaient uni culte sous le nom de Fravashis. Mais si l'on cherchait quelles similitudes les rapprochent. XXXIX. les philosophes grecs l'ont empruntée à ces Mages. il est impospour étayer sible d'y voir l'origine même du dogme de l'immortalité céleste.CHAPITRE m. puisque ce dogme préexistait à eux dans le mazdéisme le plus ancien comme eux un dans les Upanishads. pour cénsidérer ce que nous apprennent ces témoignages. dans Revue hist. Cf. Si d'autre part. dont. relig. des s. elle vit d'abord dans cette constance et cette régularité une preuve de la divinité des corps célestes. v. cit. » et Fravashi . Les Fravashis. y compris les planètes improprement appelées errantes sont animés d'un mouvement circulaire constamment régulier. Moulton. dans Hastings. et. Encycl. dans le Yasht qui leur est consacré. que lui Nous ne pouvons tenter de déterminer ici l'étendue des emprunts faits au mazdéisme par l'eschatologie et la démonologie pythagoriciennes. voulu la justifier par des raisonnements théoriques. sous le triple aspect stellaire. mais aussi luni-solaire. sub- mérite cette 2- i-_Rougier a eu tort. comme c'est souvent le cas. celle-ci a. Si l'on dégage. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE I47 Arrêtons-nous ici un instant. 317-418. les astres. s. dont les Pythagoriciens auraient été non seulement les propagateurs. nous le savons.à la conclusion « que ». « Ancéstor worshî-p » (Iranian). Les anciens Pythagoriciens admettent une immortalité non seulement stellaire. mais il a eu le de mettre en lumière les doctrines pythagoriciennes dont il tire abusivement conclusion.Iraniens. Ainsi. tous . Comme cipe de mouvement. immortelle. ce qui pourrait à la rigueur être emprunté à l'opinion vulgaire qu'à tant chaque âme appartient une étoile.). selon nous. à l'étudier de près. C'est là une preuve très forte que. son astronomie étant arrivée . PP. « v. nous retrouvons précisément celle que nous avons signalée en Orient chez les Indo. parmi de formes que peut prendre l'idée d'une survivance de la personne humaine. lunaire et solaire avaient reconnu l'Inde et l'Iran. comme nous le disions. de soutenir cette thèse {of. Une fois cette idée de la destinée d'outre-tombe admis© dans l'Ecole pythagoricienne. l'âme aussi se meut perpétuellement et est prinelle doit être de même nature que les astres et comme abstraite tel raisonnement a pu être imaginé par xme pensée une croyance religieuse adoptée par l'Ecole. Nathan Sôderblom.229-260. ^ehtnann. mais les auteurs*.. comme l'a fait jadis Soderblom'\ les éléments primitifs qui y. on trouverait de curieuses ressemblances entre la conception les que se faisaient de la nature et du sort de l'âme du sage de Crotione et celle que révèle. ihid. 1899. ils ont connu les doctrines.

Vorsokr. Celles qui donnent la vie aux animaux ne diffèrent pas de celle de l'homme.. et appendice I. XXVIII. Ode. p. Il faudrait une analyse plus poussée pour déterminer si ces analogies doivent s'expliquer par la communauté d'une . dont le domaine propre est l'espace intermédiaire entre le ciel et la terre. 614 c . XXIII. et il lui accorda discussions et surtout dans les mythes de ses diaAinsi le mythe d'Er dans la République est une . 2. Platon. la doctrine profita aussi des enseignements de de la science orientale^. Acad. Platon fut conquis par même. fr. Lois. p. 5. 1. Enfin une connexion étroite est établie entre les Fravashis et les étoiles. les traits communs appartenaient déjà à la des idées qui étaient spécifiquement mazdéennes ont pu inspirer certaines doctrines des philosophes italiques. nous aurions à parler ici de son adoption par le puissant idéaliste qui. dont Eudoxe qui s'était instruit suivant une tradition qui paraît véridique. Elles préexistent à la naissance de l'être humain et. Bidez. Aristote. Eôs. 12. Xlimée go c. 2og. Elles s'unissent non seulement à l'homme. Peut-être d'une préexistence les une largî place dans logues les plus récents.. p. au cours de son voyage en Sicile. 88. lui. <)bbd. 43 ss. Diels. p. 24 I ss. Siir un fragment de l'Aristote -perdu dans Bull. . page où apparaît clairement l'intervention de conceptions chaldéo-iraniennes L'harmonie et la constance des mouvements des corps célestes prouvent du qu'ils sont doués d'intelligence et ont une nature divine.. mais aux animaux. p. l'a imposée à la foi des générations postérieures. un « Chaldéen » authentique vint-il prendre part aux discussions de l'Académie^. d. Belgique. . Eôs. De amie. et survivance célestes de l'âme. 1942. Ibid. L'influence pythagoricienne se manifeste avec une évidence indiscutable dans le passage de la Re-publ. cf. Si nous nous proposions d'étudier le développement de l'immortalité céleste indo-européenne et si ou si dans le monde grec. Mages hellénisés. le philosophe chacun se plaisait à louer la sagesse ^ l'astronome et Il homme d'Etat pythagoricien. Horace. X. 35^ 3! Bidez.U8 sistent encore LUX PERPETUA malgré la transformation que leur a fait subir la théologie mazon verra que ces Fravashis sont conçues comme des déités aériennes déenne. cf. Bidez. L'âme descendue ciel est formée du même feu qui resplendit dans l'éther et brille dans les Cic. eut des entretiens à Tarente avec Archytas. Pour les Pythagoriciens aussi l'âme vit au ciel avant qu'elle vienne s'incarner dans un corps après la mort elle devient un de ces démons dont la multitude peuple les airs. 3. après s'être associées à elles lui survivent. origine vieille religion aryenne. ss. 4. 200 Rose . et d'autre part elles sont des parcelles de ce feu de l'éther qui brille aussi dans les astres.. Platon. plus que tout autre penseur.

Nous avons rappelé précédemment (p. p. II. ss. la connaissance qu'elle procure de leur nature et de leurs révolutions. Isidore Quaestiones Pythagoreae. certain''. se firent les défenseurs. bien au delà de la fin de l'antiquité. Aristote dans ses œuvres de jeunesse'..Rathmann. aboutit au doute méthodique^ et aucune doctrine ne lui parut plus hypothétique que celle qui prétendait éclaircir le mystère de l'au-delà. vîvi sec. Bolos. suav. Cf.. p. 1933. Orfhicae. Non p. Après l'avoir prêchée dans l'Egypte ptolémaïque. qu'ils vénéraient comme le Sage par excellence. développées par ses successeurs immédiats. 152 ss. ch. Berlin. La légende de Pythagore. fait participer l'hçmme ici-bas à la félicité et cette « Bienheureux. p. "• Wellmann. . 1. le pythagorisme adopta alors bien des idées étrangères à l'enseignement du vieux maître de Samos. sorte de franc-maçonnerie dont l'action à l'époque hellénistique se laisse difficilement mesurer ou circonscrire. Toutes ces pensées mystiques de Platon. p. Boyancé. n. Elle est pour lui une anticipation de la béatitude que l'âme obtiendra lorsque délivrée des liens de la chair. Bidez. dans une société devenue sceptique. pp. : Mages : hell. iio) qu'à l'époque alexandrine l'Académie. sufra. dont déjà au temps d' Aristote on savait peu de chose de L'école n'avait pas eu. La contemplation de leur beauté. ^^vy. -passe . III. une théologie nettement i..CHAPITRE astres. 163. 7. le siècle l'école scientifique de l'ancien pythagorisme secte s'y perpétua obscurément dans des conventicules mystérieux. Demokritos und Anaxilaos (Abhandl. Plut. înfra. ce semble. non sans quelque apparence de raison. infidèle aux doctrines de son fondateur..). 2. Cf. Paris. p. 5 c. 1892. 4 ss. m. 81 ss. Elle reprit une puissance Lorsqu'après IV^ en Italie. 14 ss.. Xéno^ et exercer leur action crate". Héraclide Pontique^. Mais notre propos n'est point d'étudier ici l'histoire : de l'immortalité astrale il est de la suivre pendant la période dans l'ancienne philosophie grecque romaine. jusque-là. devaient se transmettre d'âge en âge des sur les siècles postérieurs. 52 Heinze. Rich. Ce furent eux qui. elle s'élèvera au sommet des cieux. la nouvelle à tous les Alexandrie^ous les Ptolémées®. le disciple du Maître. Eôs. iio. 1928. Xenokrates. les propagateurs et les rénovateurs de la croyance à l'immortalité céleste. L'héritage de Platon fut recueilli par les Néopythagoriciens. 28 ss. Dans cette métropole où se mêlaient courants de l'Europe et de l'Asie. Efic. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE 149 parenté » lui permet d'entrer en communication avec eux. Crantor*. Ak. 3- Héraclide Xénocrate Crantor. 43- cf. 2. déclina ils devaient l'enseigner aux Romains. devenu une figure légendaire. . Halle. 1927. qui firent de lui.

p. 1942. p. Ce vaste éclectisme ouvert à toutes les nouveautés scientifiques ne provoqua pas une rupture avec le passé. In somn. XCVII. laquelle s'était transmise à Pythagore. non en adversaire ou en réformateur. 3. Univ. 1. Gr. 2.. 62. Pythagore. Le « divin » Homère devint ainsi un maître de piété et de sagesse. toutes les légendes : Fable aussi bien que la magie et la divination on rapportait à des puissances inférieures ce qui paraissait incompatible avec une conception plus haute de la divinité. Les théologiens réussirent à concilier avec elles les traditions poétiques. fac. Zeller. 11. : éd. Macriobe. En bref. SymboL. mais elle subit aussi l'action plus lointaine des religions. en particulier de ces doctrines « chaldéennes » que les Grecs avaient appris à mieux connaître après les conquêtes d'Alexandre. même les plus scabreuses et les plus absurdes. affirma-t-on. Diotogène et Sthe^ndas (Bibl. « Littérature formée de pastiches et ai Cf. de Babylone et de l'Egypte. La puissante construction du panthéisme stoïcien formulée ne fut pas sans exercer son ascendant sur les théories de la secte. Proclus. nous n'avons sur le développement que prit le pythagorisme dans l'Egypte des Ptolémées que des indications éparses et souvent suspectes. Les traités de la Royauté d'Ecphante. Le pythagorisrae put amsi se poser. p. par une fraude pieuse. i . 13' 1613. et la mythologie un recueil de récits édifiants. Rarement la littérature apocryphe vit s'épanouir une floraison aussi luxuriante que dans ces milieux d'illuminés s. Scip. philos. Liège. presque toute la littérature philosophique de cette époque a3^ant péri et les fragments qui nous sont parvenus d'oeuvres pythagoriciennes n'étant souvent que des pastiches pseudépigraphes difficilement datables. 3 ss. mais en interprète de la religion ancestrale. Les philosophes prétendaient rester fidèles à la pensée des sages qui. I. 2. avait eu pour disciple. aux origines de la civilisation. puis à Platon. à mettre leurs propres écrits sous leurs noms vénérés. . 282). faux » Louis Delatte. Néanmoins on peut affirmer 1. par un système plus ingénieux que raisonnable d'allégories morales 2.150 LUX PERPETUA . 115. qu'ils n'hésitèrent point. avaient reçu une révélation divine. Celle-ci avait été dès l'origine en contact avec les mystères orphiques et avec ceux de Dionysos et elle le resta. III. La démonologie permettait de de la justifier toutes les pratiques du culte. et logiquement construite et les points de contact qu'offraient ses doctrines avec les croyances de l'Orient favorisa un vaste syncrétisme. Platon. Cf. qui fut vénéré presque à l'égal du sage de Crotone^. p. Philos.- In Platonis theologiam. Ils se sentaient si certains de reproduire l'enseignement des Maîtres dont la parole faisait loi.

^rch. igoo. L'orgueil des vainqueurs de la Grèce pouvait avec quelque complaisance la Pythagore passait pour avoir conseillé le roi Numa. fyth. enseignèrent non sans éclat cette philosophie tempérée de stoïcisme. la doctrine de l'immortalité à Rome. théologien. Nock. Bas. W. dès le temps de l'ancienne République. buse. thau- I- Cf. puisqu'elle influença. elle chercha selon sa coutume à se rattacher ^ national de vieilles traditions locales. tous deux végétariens.^ p. 4: . dans les classes dirigeantes de Rome d'une considération exceptionnelle*. au témoignage de Cicéron. était il épris de toutes les sciences occultes : était aussi astrologue. Toutefois le premier adepte qui fit revivre' un conventicule pythagoricien fut. mena en Italie une existence obscure et pour ainsi dire souterraine. magicien. p. et elle le put sans trop de difficulté. cette secte. Nigidius figulus. i. naturaliste. : grammairien. La rude discipline de la vieille morale romaine pouvait être séduite par l'ascétisme et la frugalité de la secte. Nigidius (XVII. le père et le fils. ciemne s'y développa parallèlement. IV. . 5. son ami. Ennius avait exprimé sa doctrine dans ses législateur religieux poèmes.. 182 ss.. interprète des songes 161 ss. le considérer italique. p. 200-211) . pp. que le secret dont elle s'entourait suffisait à rendre suspecte au Sénat. Purtwângler. ce magistrat romain . v. le réformateur à demi mythique de Crotone jouissait. Cicéron. de la cité. mais elle ne s'éteignit pas et continua à faire une propagande dont peut relever de multiples indices *. Lorsqu'elle s'introduisit à Rojne. et Cicéron était persuadé que beaucoup d'institutions romaines avaient été calquées sur celles des Pythagoriciens *. 193 1 une reconstitution fantastique d'un prétendu système de Nigidius. Carcxjpino. on. le comme sénateur Nigidius Figulus. un stoïcisme devenu éclectique. que cette secte occulte exerça une action considérable. au point de lui imposer sa conception de la vie future. et. détournée d'une Stoa réformée.].. Louis Legrand. Paris. Realenc. Die antiken Gemmen. De fait. Pythagorisme à l'époque romaine ig^6. infra. 3- 2 ss. par la voie devait conquérir. P. gardien de la morale. KroU. A. des adhérents illustres \ la prédication pythagoriy. III. On sait qu'à l'époque de César les deux Sextius. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE 151 comme nous Si. Après la prise de Tarente et la soumission de la Grande Grèce. curieux représentant de cette -religiosité scientifique ' qui caractérise le py thagorisme Singulièrement érudit. -philosophe néopythagoricien et orphique. 257 ss. 152 ss. s.CHAPITRE III. le verrons. à l'occasion. 2. et cette action directe allait les multiplier conversions.

7. . XV. Diogène ! i'' .. 60 5. . Cf. = Castor (à la suite de l'Hé- Rohde. Cf. ss. Il est significatif que. Met. où l'on n'attendait végétarisme guère pareille digression. Ovide. Apollonius de Tyane remplit l'Orient de sa prédication et de ses prodiges . 32. 270 rodote de Didot). Id'init'iés.. n. A. Tout ceci concourt à nous montrer quelle séduction puissante exerça la secte rénovée. ces réunions secrètes aussi la suspicion des autorités.. comme Ovide. p. si peut-être ils n'appartenaient pas à ce cénacle de convertis 2. (p. parent et ami de César. p. un long discours de Pythagore prêchant le et la transmigration*.. gna pas ces ténébreux thèosophes qui se réunissaient dans l'ombre de cryptes souterraines. E. . p. pythagorisme continuait à trouver des adeptes dans l'Empire et il Rome. s. Diogenes » . iv. p. v. 2.IS2 Il LUX PERPETUA ' maturge.Cicéron. . Quaest nat. jeté en prison par ce despote souple Mais rentrait bientôt à 2. su-pra. iv. supra. ch. ch. Sénèque. pour se livrer à des pratiques réprouvées. qu'on soupçonnait de s'adonner à la nécromancie i. . Der griech.. 282 cf. ss. 107. fragm.. Cependant n'éparmanquaient pas. Un peu plus tard. qui avait fissuré la grandeur de la cité. Plut. i. 24-25 cf. In Vatinium 34. Rom. Qtiaest. Roman 2. I. Sous Domitien. 6. « Ant. 190. ^A l'époque d'Auguste. le spirite Appius Claudius Pulcher. Sym- bol. commettre les ennemis ne lui La malignité publique même comme excitèrent des meurtres abominables^. ne se borna pas à la théorie. Vatinius. p. 6. Symbol. p. 98. On leur reprochait de négliger le culte national. vers le même temps. avec le schol. dès qu'elle se fut implantée à Rome... crime puni par les lois. crut pouvoir introduire dans ses Méiapiorphoses. n. 202). R. l'historien Castor de Rhodes 3 et l'on vit se prétendit interpréter les usages romains par cette philosophie les récits établissant une connexion entre l'Etat romain et les anciens multiplier réformateurs de la Grande Grèce. 3. VII. 190. cf. Leurs adeptes furent poursuivis : se livrant à la magie. mais réunit autour de lui un groupe dont on -ne sait s'ils subissaient davantage l'attrait d'une morale ésotérique ou de pratiques secrètes. I. 266 D. 76. 4. se réclamaient certainement tous deux du pythagorisme. Danger plus grave. le romancier Antonius s'inspirait de la croyance pythagoricienne à l'immortalité lunaire dans sa description de la survie des âmes ®. 2. p. La petite église pythaelle goricienne semble n'avoir pu se maintenir longtemps dans la capitale était morte à l'époque de Sénèque '. Bob. un poète mondain.

Rev.CHAPITRE III. Festugière.. XV. le Ce serait en effet une erreur de considérer pythagorisme comme une pure philosophie. où le pseudo-prophète de Lucien. V. nous espérons avoir pu le démontrer. De fait le pythagorisme avait exercé une action puissante. Sur la gnose. 1918. E.Fowler Religions expérience. R. 10 5 « Druidae ». 6. où les hommes enchaînés ne voient. et quand ses conventicules furent dissous. un ordre religieux et non une aca- démie des sciences ^': Une découverte récente faite à Rome * nous a appris qu'ils se réunissaient dans des basiliques souterraines construites à l'imitation de la caverne de Platon'. VIII.. elle se fondit aisément dans l'école qui se donnait comme sa continuatrice. 6 . 6. peut-être cette philosophie avait-elle. Alexandre d'Abonotichos. 5. la pierre tombale Héliodore d'Émèse. Symbol. v. ch. — . pendant des siècles. 1733 . H. XV. Pyth. 514. 3. p. 1.. mais aussi sur les cultes orientaux répandus sous l'Empire. Val. L. Rel. p. p. cf.. pour le choix de ses sujets et pour la manière de les traiter. Rép. à qui tous les philosophes étaient suspects. infra. p. . II. p.Platon... il jouit au contraire d'une faveur singulière auprès de ses successeurs. igi2. 1937. cf. LXXXVI. 476 ss. éd. VI. selon le granid <Je Cf. Badé. Cf. dès une date ancienne. archéol. 344. p. p. l'originalité de cette fut . 380. VIII. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE 153 çonneux. 28.. p. Bas. . cf. La preuve la plus éclatante de sa diffusion nous est fournie. par la sculpture funéraire qui. infra. ch. L'on a pu relever des traces indubitables de la propagation du pythagorisme en Asie Mineure. Max. Philadelphie citée infra. ch. 8 . tels que le furent l'épicurisme ou le stoïcisme. se conformait à ses doctrines dans les oracles qu'il rendait \ En Occident. 202-210 j Symbol. 213. VII. s. tradition littéraire de lai secte se maintint jusqu'au llie siècle où elle absorbée par le née platonisme Numénius servit pour ainsi dire de transition de l'une à l'autre A une époque de syncrétisme. . Diodore.. 206 ss. Il avait donné le premier type de ces mystères savants où la connaissance ou « gnose » était à la fois la condition et le but de la sanctification*. G. La philosophie résidait moins dans sa doctrine que dans ses observances . Ammien. p. R. s'est inspirée de ces allégories par lesquelles les Pythagoriciens donnaient aux vieilles légendes de la mythologie une signification conforme à leur éthique et ' à leur eschatologie. 236. non seulement sur les théories de Posidonius et de Plotin. 2. R. p.^ p. cf. 4. et Hermès 72rism. Carcopino. 52 ss. 15 ss. 9. 7. V. I. col.. Ses sectateurs formaient une église plutôt qu'une école. pénétré en Gaule et été connue des Druides 2. Sur Numénius. E. p. 33.

t végétarien. d'Hiéroclès {Fragm.154 LUX PERPETUA ' ' idéaliste. avait précédé la construction. XI. en commande- précis. 40 ss. Cette morale austère et circonstanciée devait assurer le bonheur et la La sagesse ici-bas. De senect. 460) . F. pratique d'un ascétisme rigoureux. . Toujours la génération est eux comme une déchéance et un péril. Le croyant s'astreignait à un régime puremen. Enfermée dans le corps regardée par comme dans un tombeau. Des rites secrets. l'âme court le risque de s'y corrompre et même d'y périr. le p. soleil levant^. gr. Presque toute sa décoration est empruntée à la mythologie grecque ou aux cérémonies des on. divine qui y d'être réside. ce que dit Cicéron. 27. Ils interprétaient du passé ments au par des allégories psychologiques ou eschatologiques les légendes et surtout les poèmes homériques. Le souci constant du sage sera d'empêcher son âme avec la chair. . qui caractérise éminemment l'éthique des Pythagoriciens. le salut dans l'au-delà. Philos. à des prières répétées. : Marc Aurèle. chaque soir. des purifications variées y étaient pratiqués y chantai': des hymnes accompagnés d'une musique sacrée. si l'on avait péché triple par action ou par omission 2. Un pessimisme foncier regarde donc la vie ici -bas comme une épreuve et un châtiment .' Ils imposaient. procéder à" un examer: de conscience et à un acte de contrition. de stricte observance. placée au fond de l'abside. une règle l'existence quotidienne. XI. les docteurs communiquaient aux fidèles un enseignement ésotérique. Examen de conscience comm. est une conséquence logique de leur système doctrinal. polluée par le contact Il s'abstiendra d'autres mets qui pourraient la corrompre une série de viande et de tabous la protégera 1. Jamblique. Un sacrifice de fondation. les fautes commises dans des existences antérieures amènent des renaissances de plus en plus un dualisme radical oppose le corps à l'essence basses dans l'échelle des êtres .. Ils sont tous d'accord pour affirmer que le principe qui anime notre organisme à Dieu et par suite immortel. Sacrifice au Soleil : cf. celui d'un cliien et d'un porcelet. qui embrassait tous les actes de A l'aurore il fallait. révélés autrefois par Pythagore et les autres théologiens. 2. Vers dorés. et d'une chaire . après avoir offert un sacrifice fixer l'emploi de la journée. à de multiples abstinences. 24.. Notre labeur terrestre est une lutte incessante contre les tribulations est apparenté infligées par la matière perpétuellement agitée. avec . Ils leur faisaient connaître ces symboles où sous une forme énigmatique étaient suggérées les vérités de la foi et les préceptes de conduite. Pyth.. mystères.. que les ombres des réalités supérieures. à de longues méditations. 38 I.

L'exercice d'une vertu sans défaillance. qui auraient pu s'opposer à la périlleuse traversée de l'âme ballottée sur les flots tumultueux de la mer aérienne dans son ascension vers le ciel. 187. qui met la raison en communication avec les puissances d'en. Sur ces rites funéraires. supra. 68 . 4. p. 113 ss. comme du folklore. comme on le faisait sur le rivage avant de lever l'ancre. IV. 297. des tabous donnait une interprétation morale. s 'identifiant avec eux. la pratique d'une piété scrupuleuse lui conserveroAt ses qualités originelles. Cf. L'on. La médi- une prière muette. Sur la métempsycose regardée comme un châtiment. Cf. Inscr.(aç). Deslustrations rituelles lui rendront sa pureté (àyveîa) sans cesse menacée'. infra. infra. de ce mysticisme éthéré. VI. prenait soin au moment du décès de consulter les auspices en silence ([j:£T'eiJ9r. I. C. . Symbol. Vers dorés. p. 1943.. ch. Purifications S> 3 2. ch.CHAPITRE m. R. . Vita A-p. transférée dans la lune pour être rendue acceptable à des esprits instruits^. ffTipâ(.. 33 . 184. sur les étoiles. VIII. cf.^ri. 197. D'autre part cette eschato: ses tenants logie subit l'influence des théories. L'antiterre (àvTij(_ôa)v ).(j.c. Sur la ch. pp. Il fallait se garder d'attirer par quelque parole imprudente les démons hostiles. la foi en de rites archaïques pour assurer le salut se maintenait dans l'école. dont chacune est en relation avec une âme individuelle. Pyth. Jamblique. C. Si l'antique division des cieux en trois étages superposés : Diog. infra. couvert d'un linceul blanc. Laërce. Le corps. 3. 5. élément absurde de la cosmographie imaginée par la vieille école. d'autres vieux préjugés survivaient encore et étaient expliqués doctement. Acad. qui avait été en Grèce et ailleurs la couche primitive des vivants et des morts.. La musique qui s'élève vers des objets divins. préparera son ascension vers le ciel. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE i55 contre toute contagion. 42 sur les vents. Le pythagorisme. cf. haut. cf. . elle monte dans ses transports jusqu'au séjour des dieux et. devait être étendu sur une jonchée de feuillage ( Q%\. V. avait de tout temps accueilli des croyances vulgaires. des superstitions puériles. scientifiques alors admises cherchèrent à la mettre d'accord avec les progrès de l'astronomie. Saisie d'amour pour les beautés éternelles. p. ch. ). p. dont laires il le prouvent les akousmata. V. Philostrate. p. 235. et N. VI.. Ainsi. Il fallait qu'ils fussent pratiqués aux funérailles pour que le défunt jouît d'une félicité posthume''. 99. cf. fut plus 1. elle se tation est rend digne d'une immortalité bienheureuse tivement au cycle des réinvcarnations ^ l'efficacité ' qui lui permet d'échapper défini- Mais à côté de ces hautes spéculations. des idées popu- même sur les rapports de la lune avec les esprits des morts. X.

où le stoïcisme et le pythagorisme furent appelés à se compléter l'un l'autre pour la création d'une eschatologie scientifique. Toutes ces diverses traditions et innovations eurent pour effet de produire une grande variété de croyances et de spéculations.iSé LUX PERPETUA (p. elle fut cependant reléguée dans l'ombre par celle des sept sphères planétaires. . 184) ne disparut jamais entièrement. contenues dans une huitième. La confusion s'accrut encore lorsqu'une philosophie devenue éclectique élabora des systèmes mixtes.

Muller 1. 90) over Natuur en Cultur en Posidonius. qui n'a pas pour source Posidonius. Cicéron. qu'il paraît avoir tenue en médiocre J. XI. Amsterdam. 4. Cf. que des œuvres de Posidonius ^ La pauvreté des épaves qui subsistent de multiples ouvrages contraste avec l'autorité singulière dont jouit leur auteur auprès de ses contemporains et des générations suivantes. 1942. 238 ss. il quitta de bonne heure sa le d'un savoir encyclopédique. cf. X^races de Posidonius dans le premier livre des Vusculanes (^Antiquité classique. entretint : avec lui lectuelle une correspondance aussi suivie. 20. p. Blanfcert. 1932. 1941. naturaliste. le stoïcien Panétius. De sa vie peu de chose est connu. aucune perte de peut-être n'est plus regrettable. — : Bp-> 90. Poseidonios. Heft. ouvrit dans la libre cité de Rhodes. 18. estime. p. Paris. Die Eschatologie des Poseidonius {Verôjfentlichungen des Forschungsinstitut f. Le la disparition presque discrédit qui s'attacha au stoïcisme à la fin totale des écrits composés illustres l'antiquité a provoqué par les Maîtres les plus du Portique.iou l'xtjxrjvoi Empiricus. 1 13-135 .CHAPITRE III. -. . qui le visita à son retour de Syrie. p. . Cette curiosité universelle qui devait faire de lui un érudit C. pp. avant patrie.. Sur dans Sextus T. et sur le mythe du De facie. au poiiVt celle ses de vue de l'histoire religieuse. p. 1927 Kosmos und Sympathie. 1892. Mais dans ce grand naufrage littéraire.. Posidonius dut cette souveraineté intelil bien à la merveilleuse variété des connaissances dont philosophe.>. p. vers l'an 135 même. Van den Bruwaene. ^^ ss. Schubert. le poussa à entreprendre de longs voyages. il conduisirent en Espagne jusqu'au rivage de l'Atlantique. fr. Stoics Karl Reinhardt. Sén. ibid. Parmi les auteurs qui ont soumis les théories de Reinhardt à une criLeipxigj 1927. 308-376 P. S. 2. tique incisive nous citerons Jones. XXVII. cf. historien.. Lorsqu'il mourut à 84 ans. n. après avoir rempli de son activité toute la première moitié du ler siècle. 1921 j 86 ss. le prestige dont il jouissait. Die Philosophie der Mittleren Stoa.. 4). 190. trad. Bevan. Hortensius. Seneca (epist. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE i57 II. Symbol. était immense Pompée. aussi M. fit preuve comme astronome. p. — De Posidonius a Sénèque. et suivit comme jeune étudiant à Athènes les leçons d'un vieux maître. qui son retour. and Sce-ptics. « Omnium maximum Stoïcorum » . 1926. qui le célèbre comme le plus grand de tous les stoïciens*. une école où il compta parmi ses élèves A Cicéron. Né à Apamée sur l'Oronte. Baudelot. qu'à l'éclat de A.). Il. .. Schmekel. Religionsgesch. vergleich. 196 ss. parmi les Romains comme chez les Grecs. Classical Philology.

nous sommes dans l'impossibilité. chez lesquels nous en pouvons mieux saisir les variations. Mais les œuvres de ce polygraphe étant perdues.158 LUX PERPETUA et coloré'. Si nous apercevons ainsi les causes générales de la vaste résonance. 9. divination et magie. ch. . D'autre paît ses origines syriennes inclinaient Posidonius a se rapprocher des idées religieuses de l'Orient qui. D'un esprit plus érudit que critique. y trouvaient leur place et leur justification par la doctrine de la sympathie universelle. avec l'astrologie. la pensée de Posidonius a évolué. 2. avait apporté aux Hellènes une conception nouvelle de l'homme et des dieux. comme avant lui celle de Platon. démonologie. p. III. il s'en faut que nous puissions reconstruire avec sûreté l'édifice de sa doctrine. jDar suite de cette habitude qu'avaient les anciens d'indiquer rarement leurs sources. Il fit concourir toutes les connaissances humaines à la constitution d'un vaste système dont le couronnement était l'adoration enthousiaste du Dieu qui pénètre l'organisme du Grand Tout. 1. mais il fut dans le Portique le représentant il son style abondant. infra. Les contradictions des historiens qui s'y sont essayés suffiraient à nous ensei- gner la prudence. qui soit comparable à celui des grands chefs d'école. imagé plus éminent de ce syncrétisme qui régnait à son époque par lassitude des discussions stériles entre les sectes opposées. comme après lui celle de Porphyre 2. Nous ne pouvons pas davantage déterminer la part personnelle de Posidonius dans la fusion qui s'accomplit entre le matérialisme stoïcien et la croyance . Or certainement. Il prêta l'appui de son autorité et de son éloquence à cet éclectisme dont Panétius lui avait donné le l'exemple. 147. en écartant comme étrangers les textes qui à une concordance générale mêlaient quelques divergences mais procéder ainsi. 365. c'est admettre implicitement le postulat que le système du philosophe d'Apamée fut immuable. de suivre les méandres de sa réflexion et d'en fixer le point de départ et le point d'arrivée. Strabon. A côté de la logique. les érudits ont combiné les passages qui semblaient le mieux s'harmoniseï-. de la physique et de la morale^ toutes les superstitions populaires ou sacerdotales. qui tempérait la sèche rigueur de l'ancien stoïcisme et lui assura une liberté féconde en y mêlant des éléments platoniciens et aristotéliciens. p. VIII. n'a point construit un système métaphysique original. Cf. faute de documents de première main. au cours d'une longue carrière. du profond retentissement qu'eut l'enseignement de ce Syrien naturalisé Rhodien. Obligés de se servir de fragments épars et d'extraits souvent anonymes. 2.

Tout le problème des rapports religieux entre le Levant. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE i59 Nous ignorons trop profondément quelles furent à convictions de la plupart des représentants du moyen-stoïcisme. 585 ancient history. « On ne louera jamais assez Hipparque ». tels Athénodore de Tarse. note Cf. ut ' Cambridge quo nemo nostras : lïiagis adprobaverit cognationem (^ff'jyyévsiav) . 641 ss.. comme une filiation verbale de philosophe à philosophe. p. se répandit dans le monde hellénistique avec l'astrologie. 279 [26]. Manilius. caeloque veniret quod vocat in caelum sacra ad comcf. et être tentés d'accorder leurs spéculations avec la théologie Plusieurs d'entre eux eurent des Romains pour disciples .. ont dû astrale des Sémites. 56. qui convertit Caton d'Utique à sa morale. et il est depuis cette époque enseigné par tous les adeptes de cette divination savante. 115 ^isi qui pars ipse deorum est..^ p. 279 [26] ss. Cependant. mous l'avons vu (p. mieux que personne.. astral. appendice. i. 26. et trouver ne fait lui-même partie des dieux ? » On pourrait multiplier les citaanalogues d'astrologues postérieurs ^. cet et III. Myst. au milieu de ces incertitudes. Rome. N. . « pour avoir établi. XI. égard 1er. Gr. astral. H. p. « Quis caelum possit nisi caeli munere nosse. III. su-pra. Relig. II. Antipater de Tyr. Cf. orient.CHAPITRE en une immortalité céleste. une envolée lyrique de Manilius débute par ce vers que Goethe. la parenté des astres avec l'homme. en éplucheur de textes. 289. répétait pour exprimer l'admiration qu'il éprou- Dieu tions Qui peut connaître le ciel sinon par une faveur du ciel. rerum». 1. Le principe que le semblable connaît « s'il -. 4. ni sanctos animis oculos natura dedisset cognatamque sibi mentem vertisset ad ipsam. nés en Orient. 95 Hipparchus nunquam satis laudatus. Dès le IF siècle il trouva un défenseur convaincu dans le grand astronome dont les théories scientifiques furent directement influencées par l'érudition chaldéenne. II. qui. dans l'univers. Pline. Le. 2... dit Pline l'Ancien^. et reperire deum. Déjà « les Chaildéens ». Philos. contribuèrent à la diffusion de ces idées nouvelles dans le monde latin ' . allume la scintillation des étoiles divines^. or. n. ont probablement imaginé la chaleur qui entretient la vie dans notre organisme. « 3. p.. et montré que nos âmes sont une parcelle du feu céleste ». cum homine siderum animasque paitem esse caeli Relig. court un fil conducteur. C'est singulièrement restreindre la question à résoudre que de la traiter. Stoïciens orientaux et Romains : cf. est de même nature que que celle qui.. 144. spécialement des nombreux propagateurs de cette doctrine composite. Cf. Certainement le dogme que nos âmes sont congénères des astres. qui fut le maître d'Octave. : mercia 5. p. et Mystic. p. ayant fait en 1784 par un temps A "* ^ radieux l'ascension vait : du Broken.et le Couchant y est impliqué. Zeller. 144).

.£T£topoXoyin-f) ff-roij^etuxîi. infra. Pour c'est l'astrologie..ota Empiricus. p. 88. exigeait que la nature pas de celle de la divinité . car sinon. 417. 5 idemque philosophus ». cf. Celui qui s'adonne avec ferveur à l'étude des constellations ne reçoit pas seulement d'elles une sèche instruction 2. 34. Symrp. Sur ce qui suit. Cf. « l'émotion cosmique » que fait naître la Or l'érudition Il de Posidonius s'était consacrée spécialement à l'étude des : avait écrit sur ce sujet* un ouvrage qui comprenait au moins « grand astrologue trois livres. échappant aux limitations des faibles organes des sens. VII. ch. le aux feux célestes. Reinhardt. p. humaine ne différât pu avoir la notion de celle-ci i. Fataliuw siderum assertor » . twv ôii. La définition que donne de lui saint Augustin et aussi philosophe » ^j caractérise bien l'importance qu'avait pour lui la disci- corps célestes. Astral. 135). pline chaldéenne. p. sur la sphère de Posidonius de « Magnus astrologus 5. à propos « Posidonius multum la géniture des jumeaux . cLeor. Alors. III. Mystic. Civ. Yvon.. nsp: |/. Aug. V. 30. astral. Dei. avec les notes d'A. V-.. Sextus Tà'6jji. cf. la raison apercevra directement toute la splendeur de l'univers et obtiendra l'intelligence complète de ses mystères. § 138. 3. Il amour divin la transporte jusqu'aux voûtes éternelles^ où elle se mêle au chœur sacré des étoiles et suit leurs évolutions ryjthmiques... Kosmos u.léo LUX PERPETUA de l'intelligence seul le semblable. 2. II. 93 Posidonius. Cf. 1. qu'il prétendit justifier : comme toute la mantique en général. cette extase ceitte mystique future 3. p. lien intime qui l'unit ces dieux visibles.. De fato. 5. VII. L'âme ne trouve pas seulement dans ce ravissement une jouissance infinie le ciel lui accorde la révélation de sa nature et lui apprend les lois qui dirigent .o(wv eTvai -iioooxivA. 545. Cf. § 152. Nat. L'homme ne peut se rassasier du spectacle que lui offrent les astres resplendissants et leurs mouvements elle n'aurait harmonieux..sTEwp(i)v (Diog. De plus une [i. Math. Mais lorsque s'affirma la croyance en une immortalité céleste. Cette forme de l'eschatologie est la projection dans une éternité lumineuse des croyances dont la source première avait été vue du ciel étoile. le transport passager concédé à l'homme ici-bas devint une anticipation de la béatitude que l'âme devait ressentir après la mort. née dans des temples qui étaient aussi des observatoires. : : : — Bouché-Leclercq. enivre l'homme dès la qui fait abstraction de la vie terrestre d'une « ivresse abstème vie » : récompense immédiate d'une dévotion savante. 2 astrologiae deditus. gr. 178 ss. VII. un sent avec émotion en s'abandonnant à cette contemplation. Ibii-i Cic. . Sa raison entre en communion avec ses révolutions. C. i. Laërce. 305. 4. p. Cicéron.

. au sommet du monde. Marc. cosmos {riyzixoviy.. on admettra nécessairement qu'il contribua une large mesure à faire accepter dans la société romaine des doctrines qui. Songe. n. Sfoïc.feu.CHAPITRE Il n'est III. divinisés. 3 Sénèque.. L'évolution intelleictuelle qui se laisse observer chez son élève Cicéron est celle que devaient accomplir bien des esprits dans son entourage mais l'écrivain latin est le seul dont les sentiments intimes nous soient révélés par des écrits qui nous permettent de suivre les fluctuations de sa pensée inconstante. Symbol. mais non en dehors de ils lui. jusque là. La question du culte à rendre aux Mânes avait été réglée une foiS' dans .. invisibles comme elle. 138-139 Fragm. 123. » Cf. qui reliques omnes complectitur. Cicéron ait été agnostique. (Globus) unus caelestis est extimtis. 80 ss. II. Consol. ou plutôt il adoptait à l'égard de la vie future l'attitude reçue dans le monde où il vivait le problème de l'origine de l'âm^e et de sa destinée y était regardé non seulement comme insoluble. Boyancé. Si l'on se souvient de la considération sans égale dont jouit à la fin de la République le maître rhodien. Stace. Polyb. « Fruitur nunc libero et 3 aperto caelo .. se réunissent les esprits bienheureux. Là aussi. Cic. Il fit couler dans le lit aride d'un stoïcisme devenu scolastiquo im large courant d'idées dérivées à la fois du pythagorisme platonicien de son époque et des vieilles religions astrales de l'Orient. p. qui peuplent l'atmosphère. Mais il resta foncièrement pas douteux — — en se refusant à admettre la spiritualité de l'âme et la transcendance L'âme. formée selon lui d'un mélange d'air et de . 525).. V. sum'ïius ipse deus arcens et oontinens ceteros. 1. qui embrasse toutes les autres et détermine leurs révolutions *. Laërce. l'homme qui devait mettre son activité au service de l'Etat. qui détournaient dangereusement les esprits des i. indigne de préoccuper sérieusement. n'y avaient obtenu qu'une faible audience. 3. p.6v) est la sphère des étoiles fixes. : . 19 ss. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE i6i bien qu'on en ait douté que Posidonius adopta cette forme de mysticisme qui longtemps avant lui faisait partie intégrante de rlastroiogie. : pour toutes fies par l'ancien droit pontifical' Le vieil esprit romain se méfiait spéculations sur l'au-delà. mais comme oiseux. On ne peut douter que. Somn. Dieu est immanent à l'univers . omniaque rerum naturae bona summa cum voluptate perspicit ». et. Cf. Silves. Diog. 4 : « . VII. XVIII ss. 144 Arnim j cf. avec la note de VoUmer (p. se mêle aussitôt après le décès aux esprits. Consol. le siège de la raison directrice du stoïcien de Dieu. De cette cime élevée prennent plaisir à observer les événements de notre terre lointaine ils peuvent veiller sur elle et nous protéger'. Son esprit se complaisait au scepticisme de la Nouvelle Académie. = ^«p. p. 2. durant la plus grande partie de sa vie. IX.

Si l'imitateur latin du philosophe grec où les transporte. Cicéron avait été mis en contact A avec ce courant d'idées mystiques. grands politiques. 2. 3). a montré qu'il était une mosaïque de lieux communs. son émule romain acheva le sien par ce morceau troublant qu'est le « Songe de Scipion ». 349 s. n. fr. p. Gelehrter Gesellschaft. expérience of the Roman people. qui serait Posidonius. Toutefois par l'étude des écrits de son maître Posidonius. comme lui. VIII. TJeber Ciceros Somnium Scipionis {Schriften der Kônigsb. 1929. une de ses dernières œuvres. Lehrs.i62 LUX PERPETUA réalités présentes. et niée absolument par P. Friedlânder. Cette opinion a été combattue par Reinhardt [supra. Songe de Scipion a été considéré comme tel. p. Cf. Songe. La pensée de Cicéron n'abandonna jamais entièrement cet'.). après avoir renoncé à la vie politique.. qui commençait à se répandre en Occident. C. p. adepte fervent du py thagorisme ^. XLIV. supra. p. Po-pulàre Aufsàtze aus dem Altertum. une desle célèbre cription du sort réservé aux âmes d'élite dans l'au delà et cette description par un témoin de ce qui se passe dans ce monde mystérieux. Religions 3.. et aussi par ses relations avec le sénateur Nigidius Figulus. 11 a voulu pareillement donner comme conclusion à une œuvre consacrée à la constitution de l'Etat idéal. I. Le seul trait propre Cicéron est l'exaltation des vertus patriotiques. p.te attitude intellectuelle. V. i] et par Harder. mais invoquer imiquement le vieux concept grec. — 3. Cicérone et l'epicureismo dans Ephemeris daco-romana. le 4. . p.. et est présentée exigences de la justice sont satisfaites par la récompense ou la punition posthumes du mérite et du démérite. X. qui lui fait attribuer l'immortalité aux Cf. 151. 370 s. dans le cosmos le théâtre de l'action mise en scène. Boyancé. Jusque dans la conclusion du traité Sur la nature dies "dieux. Comme celui-ci avait introduit à la fin de son ouvrage ces idées mythe d'Er. où le destructeur de Carthage reçoit les révélations du vainqueur de Zama*. on le voit faire abstraction de toute rétribution dans un autre monde. p. 157. 1946. 1875. p. reçoit une récompense céleste. Rohde. 127 ss. celui que les fautes des parents sont punies sur leurs enfants*. et récemment encore Van den Bruwaene {A. et surtout celui qui a servi sa patrie. . i . Halle.382SS. En 54. Au temps où l'on cherchait un peu partout des emprunts faits à Posidonius.) a voulu démontrer qu'entre Cicéron et Platon il fallait admettre l'intervention d'un intermédiaire stoïcien. Les thèmes du Songe de Scipion {Erdle nos. né de l'idée d'une responsabilité collective de la famille. Psyché. inspirée par l'œuvre homonyme de Platon. 1 i .. j Vicol... n. j Fowler. 221 ss. 1929. p. 1945. il composa la République. il tr. religieuses s'imposèrent davantage à sa réflexion^. 565.. Festugière. n. par iine analyse sagace des thèmes développés dans Songe. De part et d'autre est formulée une doctrine de l'immortalité où l'homme de bien. mesure qu'il avançait en âge et que la vie lui apportait des désillusions. 5ïif^e«gescÂ.. 450. P. III. 310 s. 2.

En outre. non sous la forme d'un récit fait par visionnaire sans personnalité. il 16? cependant modifié librement son modèle. exempte de toute matière. Par un souci a dra- matisé son exposé en le présentant. comme l'est Er le Pamj»hylien. : expier des crimes antérieurs "\ Troublé pai le problème angoissant de notre destinée.. s'en Il recommande. Il a emprunté aussi à quelque stoïcisme éclectique l'opposition qu'il établit entre la vanité représentant de l'immortalité terrestre qu'obtient la gloire conquise sur notre globe minus- du nuscule^ et l'immensité de l'univers. sufra. Nous saisissons ses sentiments intimes dans les lettres qu'il adressa alors à Atticus de la solitude d'Astura. frag. c'est une Celle-ci n'est encore présentée ici que comme un simple rêve vision dont rien ne garantit la réalité. L'a-pothéose de Z\ullia (R. A. XLVI. 18) nomines ». cf. « Scelerum luendorum causa nasci 3. Inst. tout en comime d'Une faiblesse déraisonnable.ue cette apothéose et la construction d'un hérôon ont été suggérées à Cicéron par la lecture de la Consolation de Cranter. mais Sur la vanité de l'immortalité terrestre. au bord des marais Pontins. où les grands du spectacle merveilleux des sphères mouvantes observé hommes et de la divinisés jouissent terre lointaine ciel des étoiles fixes. E. Consol. Luimême épanche son chagrin en écrivant une Consolatio dont les fragments conservés nous le montrent étrangement dominé par les doctrines pythagoriciennes l'âme. par consésa vie ici-bas est une peine qui lui est infligée elle naît pour quent éternelle que cet être chéri vit toujjours parmi les dieux. pense q. : . 1. 179 ss. II. est céleste et divine. 1944. ch. Cicéron est frappé d'un deuil cruel par la perte de sa fille imique Tullia sa douleur lui persuade du l'audition : . non un tombeau. excusant . d'élever à cette jeune ffemme. mais dans un un dialogue entre deux hommes d'Etat des plus illustres de la République romaine. III. p. a — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE littéraire. l'esprit sensible de Cicéron se tourne. 133 ss. on peut croire que c'est à lui qu'il doit le coloris mystique de cette eschatologie astrale. mais une chapelle {faniim). 8 (= Lactance. s'il a adopté le cadre général du mythe platonicien. 2.). S'il paraît exclu que Cicéron ait suivi dans l'élaboration du Songe une œuvre déterminée de Posidonius.. Cicéron en a transformé le contenu en y introduisant les doctrines de la science hellénistique dans sa description des sphères célestes. qui consacre sonj apothéose*. non point vers les vieilles croyances. Mais en 45. Pierre Boyancé. : .CHAPITRE m. pp. alors discréditées. C'est de cette contemplation enivrante et de de l'harmonie cosmique que se griseront éternellement les âmes bienheureuses.

avoir résumé d'après les philosophes grecs les preuves traditionnelles de l'immortalité. après. et nous pouvons rassembler. qui l'inclinait vers l'eschatologie pythagoricienne. T]« Quod si in hoc erro. dtim vivo. libenter 2. Mais il ajoute : « Si en croyant immortelles les âmes humaines. tromper Un espoir douteux auquel il se refuse à renoncer. nec mihi hune errorem. ont fait pour nous de cette croyance en l'immortalité céleste introduite dans l'école de Zenon par Posidonius et et le plus éloquent et le plus explicite Nous apercevons. : Le précepteur de Néron n'a « O praeclarum diem. p. qui se sent proche de la mort. qui reste pour lui me trompe du stoïcisme. j'ai plaisir à me je e' ne veux pas me laisser arracher cette erreur qui fait ma joie^ ». et comment il cherchait dans les doctrines lumineuses d'une survivance remplie de félicité une consolation aux maux privés et publics dont il se sentait accablé. Cette déviation même de la Consolation de Sénèque le prédicateur ses émules. cumque ex hac turba et ooUuvione discedam ». extorqueri volo » . Posidonius. qui comptait des tenants même au Sénat. Cf. le vieillard. I> : . se fit accepter par ses tenants à Rome pendant plus d'un siècle. 10 ss. rédigés dans cette même période de sa vie.. La plupart des passages de Sénèque relatifs à cette eschatologie ont déjà été réunis par Badstûbner. XXIII. Zlusc. et reconnaître mieux que nulle part ailleurs les éléments dont cette eschatologie est formée ^ cette tendance mystique Comme . l'aboutissement ultime de à laquelle avait cédé le Portique. 16. 39. crtensius et les Tusculanes. Beitràge zur Erklàrung der philosophischen Schriften Senecas.. 115). cf. exprime par la bouche de son héros une aspiration ardente à voir luire le jour qui l'introduira dans' une assemblée divine et lui fera quitter la tourbe fangeuse d'ici-bas*. celle mystérieux. cum in illud divinum animorum oonci1 Cato. UH nous montrent l'empire que le néo-stoïcisme de son maître rhodien et le néo^ pythagorisme. 85 erro. 84 lium ooetumque profisciscar. 24. A la fin du De senectute. . 190X. I. grâce à l'écrivain latin. et l'expression la plus complète qui nous soit parvenue de cette philosophie composite se trouve dans les dialogues et les lettres de Sénèque. 11. exerçaient alors sur son esprit désabusé et attristé. Sénèque était éclectique. La perte presque totale des ouvrages publiés par les écrivains de l'époque alexandrin e. XXI.ié4 LUX PERPETUA vers cette religion nouvelle qui apportait de l'Orient une philosophie mystique. qui atiimos immortales esse credam. . telle est donc la dernière conclusion de Cicéron sur la question d'un l'au-delà.3. écrits au moment même où la secte était près de s'en détourner (p. Hambourg. de VHortensius de Cicéron. XXIII. dispersés dans ses œuvres.

comme un beau rêve*. Il serait aisé de noter le flottement de sa pensée ondoyante dans ses épîtres. 9. 17 ss. « Epicurei ». ^ Epist. Approbation des sages Epist. 4 77. l'esprit humain devait se contenter du vraisemblable. 1. p. Martha. . par le consenet sa : . 117. VII. 4. : . Epist. ad Polybium. Cicéron. 19. 45. puisque selon lui. 153108. ou Ailleurs. Les moralistes sous l'Empire romain. comme celle de l'existence des dieux. S'il repoussait. Ou bien il la mort est une fin ou un passage". ^t^^ 188. Cf. 108. Pline. . 63. début. 2.. Die Stoa^^ 1940. et 9. s. il n'hésite pas à invoquer l'argument épicurien que nous retombons après cette vie dans l'insensibilité qui précéda notre naissance. la séduction de ces perspectives radieuses que Pythagore et Platon avaient ouvertes sur la destinée future de l'âme. 11.. N. ad. La largeur de son esprit conciliant l'inclinait aussi à céder à. — . p... Il a concédé au scepticisme de l'Académie que. Phîlosophîa Stoicorum. au point de pratiquer son végétarisme*. cette doctrine se recommandait suffisamment à ses yeux.. Dans sa première jeunesse. III. l'index de l'édîtion Haase. 102. 3. 6 102. II L'alternative est développée surtout dans Consolatio. . Cf. comme tous les Stoïciens. 10. il ne s'est pas fait faute de citer . de louer Épicure ^. dans poursuite de la vérité absolue.. p. et il n'a jamais prétendu présenter un système logiquement cohérent. Juste Lipse. 8^ éd. note 8. De même la Consolatio ad Marciam. il n'a pas cru qu'elle fût strictement démontrable mais. Cf. 25. v. : malum 164. Consolatip. 2. 63. Cf. 76. 5. 2-378.CHAPITRE jamais été III. 16 . 5 6. Mais Juste Lipse a déjà relevé les variations de Sénèque sur l'article de l'immortalité ^. malgré l'argumentation épicurienne du § 19. 16 j 102. Il prétend à l'égard des sages qu'il admire^ l'indépendance de son jugement * garder S'il condamne l'hédonisme des Épicuriens. Cf. l'intelligence humaine en ce bas monde n'atteint que la vraisemblance ^. 54. supra p. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE 165 le sectateur rigoureux d'aucun système dogmatique. « Epicurus ». 5. tement universel des peuples ^ et par l'approbation des sages éminents qui l'avaient enseignée'". Ep. H. Barth-Goedeckemeyer. 2. .Consentement universel Epist.. Episf.. Marciam. Barth-Goedeckemeyer. infra. 154. qui va jusqu'à affirmer que «Mors nec bonum nec omnia in nihil redigit ». les fables g du ss. De fait. il s'était épris passionnément de l'ascétisme de Sotion. Pour combattre la crainte du trépas. Epist. reprend l'alternative célèbre de Platon il présentera la survie de l'âme comme une simple hypothèse''. ce moraliste du grand monde ne s'est beaucoup soucié d'être toujours conséquent avec lui-même. Pas plus sur ce point que sur les autres. écrites sous l'impression du moment. à défaut de la connaissance du vrai. 4. 17.

II. Cf. c. de l'immortalité céleste. II. ad Marciam. 5. VI. 7 . VI. Il faut n'avoir avec lui que les rapports ciel^. E-pist. c.. Elle est descendue par suite de son origine même. p. I.. II. : ^7^ Sénèque combat la doctrine singulière de certains était écrasé sous un poids énorme. 6. 5 ss. 92. issue de la sphère céleste.. ch. n.i66 LUX PERPETUA et jugeait ' ' '' [ Tartare ment Il s'attachait au dogme. 165 ss. ad Helviam. 6.. .. 22. comme pour tous les Stoïciens. 4 I. mais formée d'un feu d'une subtilité extrême ^. i. « Animus corpus est».. se soustraire autant dominer le non se laisser asservir par pouvoir de détruire le feu subtil qui et que possible à son contact malsain. De 78. vita beata. Marc. Dial. 2 . Cf. . fragile enveloppe. p. 58. 7 .. 9. introduit dans oiseux qu'on s'attardât encore à les combattre'. sa subtilité même lui permet de s'échapper. 19. — Epist. . une conviction. l'âme était aussi réduite que en pièces. 106. et c'est pourquoi il éprouve pour lui de l'inclination et de l'attachement '\ Ce corps a le pouvoir d'agir.) a retrouvé une trace de la même aberration « Obtritum cadaver animam stoïcienne dans Stace. 30 . à y remonter''. à tous les accidents'". non seulement sur l'état physique. 24. De brevit. 4. ^j. XI. 57. 41. elle est unie. un homme 50. car bien que le corps n'ait pas le pénètre. 10. 885 propriis non red5. IV. Juste Lipse {l. Epist. 8. ^ elle est pour lui une foi. 12. 7. 21.. Zihébaïde. 13. . n. Epist. 15.. supra. Pour notre philosophe. et du elle aspire. Epist. Comme la bien montré Barth. car une identité de nature. aux divinités qui agissent dans le par cosmos*. Epist.. Notre organisme. Consol. 120. il l'oppresse et le contrarie. l'exposé de Barth. Consol ad Helv. cit. le lui'*. 364. De ira. ^ : didit astris ». 33. son sentile Portique. j . op. 8.. Stoïciens. vitae. Fables du Tartare : cf. mais sur l'activité intellectuelle de l'homme ". est pour l'âme une cause de soucis et de troubles incessants. 8 si . 165 ss. i. 5 Consol. exposée à toutes les infirmités. n? 7 79j 12 7. Epist. Il le possède en vertu même de sa condition humaine. 6. qui est la conclusion naturelle de toute sa psychologie^. ad. g . et particulièrement aux astres. a. Consol. qui est étrangère à l'ancien stoïcisme. 3. est une substance matérielle *. 14. 120. Epist. Symbol. 4. Marciam. Mais cet esprit divin est joint à un corps sujet à la mort 9. Consol. E-pîst. 24.. p. Cependant Sénèque établit entre cette gangue de glaise et l'âme. indispensables *^. ne pouvant sortir du corps. souvent l'impose en certains passages avec force professée. 19. 14. L'âme pour lui. 3. 23 . l. une opposition radicale. 92.

IV. Quaest. et lorsqu'il la quitte il rétourne vivre ^ . 20. C'est sa parenté originelle avec les dieux. i. ad Marciam. 25. 26 Consol ad Helvîam. 27. 2. Consol. i . 264 .. I. 271. Symbol. 120. de la neige. nat. ad Marciam. I. Symbol. 12. Corpus domicilium obnoxium ». 102. anîmae. Cf. est réconfortée par la condes êtres célestes. Cons.ans cet espace plein d'effroi.. p. g. p. n. 25. « : 3. où le tonnerre et la foudre. 2.rifiée de ses souillures par : les éléments entre le ciel et la terre. . E-pist. Cons. nat. 70.. c'est la communauté d'une même qui inspirent à l'esprit humain le désir de s'occuper des choses 1. p. Consol. 7> 8. 65. infra. ad Polyb. p. de la grêle provoquent comme un tumulte incessant '". s'oppose à la doctrine épicurienne sur le plaisir du ventre. Il est un poids) celle-ci se sent accablée par sa qu'une peine pour l'âme et demeurerait sa captive. 5. 2. Dans tous développements souvent répétés. Mais la plupart des hommes parmi les astres dans la société de ses égaujc il faut que leur âme séjourne ne s'élèvent point à une telle perfection quelque temps dans la zone voisine de notre globe pour y effacer les tares contractées dans cette vie mortelle" . 141. 13 Efist. 14. supra. Consol. elle s'élance vers les hauteurs célestes et . ad Helv. 92. n. il où qii'une ainsi enveloppe dont se dépouille comme il est passagèrement hébergé*.. Z'i. 6. 16 16. i Ef.CHAPITRE et il III. Sénèque parle comme les Pythagoriciens les Platoniciens. Prolog.. et de rompre ces et toute cohabitation avec un « ventre dégoûtant et fétide » ®. 3. 128 ss. 2 . n. Le sage est un dieu sur la terre '•. . ad. Cf.. de sortir par la mort. . Cf. 126 ss. 2 . Aussi le sage a-t-il hâte de briser définitivement templation les liens qui l'enchaînent^. Marciam. Bpist. et sa rhétorique elle-même renchérit sur eux. en. où elle retrouve les bienheureux dU| passé*' peut s'entretenir avec le cénacle sacré des grands hommes essence. s. ^ * elle se Cette évasion lui rend la liberté cupations terrestres vers le ciel en même temps : . Cons. Symbolisme. . ch. elle est pu. Mystic. 24. 14. XI. Cf.. les précipitations des nuages. XI. ad Helvîam. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE 167 l'empêche d'atteindre le btit auquel la nature le destine. d. Prol. 65. p. 4.. 25. Cons. 9- 10. p. 2 . le souffle des vents. Efist. Allégée du poids esprits de ses fauites.. . si la philosophie ne la ramenait des préocpression. de quitter soustrait ainsi ce corps qui n'est pour lui qu'un logis malsain. 102. 5. 274... ad Marc. 21 : — Cf. Cf. d'un vêtement''. Quaest. P- Consol. 208 i. d'une geôle étroite. De tranquill. 20. 65. . II. « Corpus animi est velamentum ». astral. à la prison où elle est retenue. ad Marc. 16.

9. Prol. leu. qui a dû en trouver l'indication dans ses sources. fr. . 6 (Cf. L'idée est platonicienne. Quaest Nat. cf. les joies que 1. Consol. dont le la. note i. 155 ss. 20. Consol. Cf. A. La contemplation des astres. et Sénèque. p. 1942. qui en est une particule détachée. .. . Cet esprit^ même temps qu'elles lui donnent la faculté même en cette vie. des Places.. 8. 27-28 Quaest nat.^ Sur la cognatio de l'homme et de Dieu.... Consol. Prol. IV. p.. cit. 3 7. 9. 90 bd.. 7-12. cf. 160). 123. pénétrera les secrets les plus intimes de la au milieu desquels elle vivra. IV. 79.. produit de plus grand et de plus splendide que le firmament. celle parallélisme parfait entre l'activité intellectuelle du sage ^ des bienheureux dans les sphères étoilées . Cons. et cette application ^ car la nature n'a rien . 9. ad Pol. jouissant du spectacle merveilleux que chœur des étoiles ^. 4 admiratorque mundi » Epist. Consol. comme. le et temps 2. Consol. 93. dont l'âme. 4 .. elle comprendra pleinement les causes de célestes'^. Epist. supra. E-pist. % : . Helviam. lorsqu'il est étroitement de lié les comprendre i. 17 5 . poids pèse sur lui. X Consol. . 1. Consol.. 23 cf... Sa pensée s'attache à l'étude des forces divines disséminées dans. ujie jouissance II toujours renouvelée. ad Marciam. . ad Marc. De Beneficîis. qu'aux hauteurs elle et vil et lui procure à la fois les plaisirs sublime ^ Avant même qu'elle soit délivrée peut. cf. 50 Mûller. 102. Ed. 9. ad Helviam. Helviam. 7 2. 23. est beaucoup moins accusée chez Sénèque que chez d'autres auteurs (ci.. 8. a la faculté de parcourir rapidement tout l'univers et série des siècles passés et futurs. du lui vaudront haut de son observatoire.i68 LUX PERPETUA en célestes. 12.r course ininterrompue et nature. 97. 9 II. p. Epinomis. : . 25. . n'y fait allusion qu'en passant et à mots couverts. Même idée dans les "Cimée. 5. 3. Il est l'objet le plus digne de solliciter les recherches de la raison. tois. 17. VIII. IV. .. XI. 102. Quaest N. 17. qui ravit l'es6. 2 Epist. pp. 20. De Provid. 22 3 Cf. au corps. Myst.. est la contemplatrice et l'admiratrice^. 25 Quaest nat. 896 c et 992 b. 3 5 cf. z Efist. Cf. la vue de la terre qu'elle a quittée^. n. 56. 20. 2 L'idée d'une extase. 3. Un tel mysticisme répugnait à l'esprit romain. Symbol. Idées de Posidonius De Benef. ad Eelvîam. I... Hortensius. « Animus oontemplator 4. op. Manilius. Epist. g^. Prol. II. Cicéron. astral. VIII. Il détourne celle-ci de tout ce qui est médiocre les plus purs et l'élévation la plus de sa prison charnelle. 268. 9. dans le ravissement de l'extase. 4.. Epist. Ujn y a ainsi et ici-bas. Barth. C. 8 . . . ad Helviam. ad Helviam. 115). p. 6 prit et le transporte au milieu des constellations. Il se montre égal à l'infini de l'espace du. s'élever jus- de lui se servir offre le Mais lorsque le trépas l'aura libérée de la nécessité de ses organes corporels. 5. ad Polyb. : Ad Ad 108. monde pour et surtout lui à l'observation intarissable du ciel eit est une source de délectation des astres.

6. que la mort nous délivre de tous les maux. qui commence au moment du décès s. au trouble et à la confusion de notre existen^ce agitée le repos dont nous jouirons dans la sérénité de la lumière supérieure. 9. 26. est conforme aux lois divines de la nature. Il répétera avec les Épicuriens.mort. 176 ss. I. 3. 34. y compris l'appréhension même de cette. ad Polyb. ad Marc. I . lumière céleste. p. Cons. au moins jusqu'au jour lointain de la conflagration universelle 2. 9. Sur ces exhortations à mépriser la mort. 7. Sénèqùe a donné le meilleur exemple par sa propre fin. quand. 6. . que les carnassiers le dévorent. 8-13. inhérente à la condition humaine. Consol. 26. ad Polyb.. 28. Cons. Symhol. 12 . 102. 16) qu'il impoite peu que le feu détruise le corps. reprend la pensée de Lucrèce (Cf. 165. 92. nous atteindrons le havre tranquille des cieux^. op. cf. que la terre le recouvre. 92. ad Marciam. et il est dérail<a redouter comme le fait le vulgaire. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE 169 procure aux esprits studieux la recherche de la vérité sont une anticipation de la félicité que l'âme. Quaest nat. Consol. 22 ss. la splendeur éclatante des sphères éthérées. ainsi notre 1.. 31 . Epist. que l'on retombe après le décès dans l'inconscience qui a précédé sonnable de. 6 . 2. une préparation à une autre vie plus longue et plus heureuse. IX. I. Ainsi notre vie humaine est un simple prélude. 5. Cf. ch. nous l'avons vu-''. 4. 5 . le : Mais ce il n'est plus seulement la rési- ime grande espérance. à la brièveté enfin de notre passage en ce bas monde la pérennité de notr3 béatitude dans un monde meilleur'. 102.. 24.bas. Episf.. éprouvera dans une autre vie^. avec les Stoïciens que cette nécessité. 15 . sur ce repos dans la 8- Epist.. Consol. Il reproduira inlassablement tous les arguments propres à faire accepter. 6-7. Ainsi la mort n'est pas pour nous un châtiment. naissance. sans rébellion.. n. .CHAPITRE III.. cf. 79. après avoir été ballottés par les orages de la vie. cit. supra. p.. Quaest Nat. 6-7. Sénèque ne se contente de reprendre pêle-mêle les considérations traditionnelles chez les philopas sophes pour combattre cette crainte. 8 Epist. 7.. supra. La première est comparable à la gestation de même que l'enfant vient au monde du foetus dans le sein de sa mère fait luire : dans la douleur et se dépouille des membranes qui l'enveloppent. p.. ad Marciam. dégagée de tout contact avec le corps. 374 ss. 125. où toutes les ténèbres seront dissipées ^. épicurien. [supra. p. I. i]. 120. Consol. dont Argument p. Prol. gnation que prêche philosophe Il oppose à la bassesse et à l'étroîtesse de notre demeure présente l'élévation et l'immensité de son séjour céleste^. ad Polyb. .. Barth. la la soumission à un sort inéluctable. Prol. à l'obscurité qui offusque notre vue ici.

Cf. incisive et pressante. à laquelle Sénèque fait direc^tkivT\ 9avàTou 3. Ainsi la prédication de Sénèque en arrive à répandre des idées toutes proches des croyances chrétiennes. « Dies iste quem tanquam extremum reformidas aeterni na- talis est ». 365. Symbol. Mais il ne fait ici qu. 2. et il apparaîtrait que ce direc- Cf. comme et et secrètement Paul. existence terrestre mûrit une seconde parturition. pénible qui nous débarrassera des téguments corporels où nous sommes enserrés '. Efist.170 LUX PERPETUA comme la précédente. « Le jour crucial que nous redoutons comme le dernier est celui de notre naissance pour l'éternité » ^. Sans doute si les œuvres des prédécesseurs grecs du moraliste romain développées déjà les mêmes teur de conscience n'a fait que les transposer en latin et les vulgariser en leur prêtant l'attrait de son éloquence pittoresque. conquis à la admis saint l'authenticité de qu'on l'ait regardé malgré son suicide prétendue correspondance échangée entre lui L'on comprend la foi nouvelle — — Sa propagande morale. C'est la tement allusion dans la Consolatio ad Marciam. p. à u. io2j 28-29 : 2.ser même parfois d'utn langage qui pourrait être celui d"un apologiste. 23. C. de Platon. 81 A. pour se préparer à celle-ci et se rendre digne de l'obtenir en épurant sa pensée par cette concentration de l'esprit su. Phédon. en être effet. 1. VI.e suivre Platon^.r un tel ceux d'un chrétien. .. n'avaient pas péri. y trouverions-nous idées que chez lui. N. objet.. recommande des C'est ainsi exercices spirituels qu'il exhorte qui pourraient à la méditation de la mort.

n. qui verse apparaître les . ch. que les étoiles qui s'allumaient au.. s. 211. p. dès les temps les plus anciens. 60. Des croyances répandues chez beaucoup de peuples par le monde mettent la survie de l'âme en relation avec les astres. 1915 . qu'une « nouvelle lune » naissait chaque mois . Goindel dans Roscher. réapparaissaient pour recouvrer bientôt leur splendeur. Il était la puissance qui présidait à la vie d'outre-tombe.. . Longtemps on se figura naïvement qu'un nouveau soleil était créé chaque matin 2 ou du moins chaque hiver. 6. l'évocatrice des revenants et la reine des Enfers.'Z-zoiy(zia. pour terminer ce chapitre. 1917. Symbol. p. Mais lorsqu'on se rendit compte que les mêmes luminaires célestes. infra. 1065 ss. 195. p. stellis. C'était encore l'opinion des Épicuriens. II. P. renaître à une vie nouvelle 3. 1. qui devait. Chez les Grecs. CapeUe. Mais il s'en f au^t que nous puissions en suivre le développement à travers la littérature religieuse et philosophique et indiquer la part qui revient dans ses transformations à chacun de ses adhérents. les voies par lesquelles la foi en l'immortalité astrale dans le monde antique et rappelé quels furent les principaux propagea défenseurs de cette croyance. 3. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE 171 III. Diverses tribus sauvages associent eux. v. Le disque dans les ténèbres nocturnes sa lueur indécise. lacteo orbe animarum sedibus (Diss. dans la mesure où nous les connaissons. 2. Nous devons nous contenter d'exposer brièvement ici. cf. ainsi les astres et spécialement la lune à la résurrection des morts. n. et des traces de cette idée primitive notre langage ont survécu dans les religions de l'antiquité et jusque dans moderne. p. Nous avons marqué que prit successivement cette grande doctrine çschatologique. Pfeiffer. — Formes de l'immortalité céleste 1. leurs vicissitudes furent mises comme en rapport avec la destinée de l'homme. « Sternbilder ». i . Halle). Symbol. Studien zum antihen Sternglauben. après avoir amorti leurs feux et perdu leur éclat.CHAPITRE III. p. 218. quelles furent les diverses formes se . Hécate est à la fois la déesse lunaire. faisait fantômes qui hantaient les songes et les veilles. De luna. IV. crépuscule étaient les mêmes qui s'étaient éteintes à l'aurore. En Orient des idées astrologiques se mêlaient à cette mythologie on enseigna que les rayons froids et humides de l'astre des nuits corrompaient la chair des morts et en détachaient ainsi blafard.

si elle était dans une position favorable. C. Mani «né sous une étoile brillante dans la race des maîtres » Scheftelowitz. Entstehung der Mani-Religîon. Elle s'allume à s'il sa naissance. 4. 8. Cf. Elle est éclatante. La chute d'une étoile filante indique donc un décès. s'il est de condition modeste. 453) . interroge autres personnes furent sauvés dans l'arche et n'y avait l'évêque. Giessen. Nous la trouvons dans l'Inde comme dans le manichéisme. i Euseb. I. et huit : « Il encore combattue au V^ siècle. quand Noé et sept » ? Les formules des épitaphes langue indiquent combien était triviale la croyance que chacun naissait. AstnosiÂs en latin est l'équivalent de notre « malchanceux » ^ Cette doctrine d'une astrologie rudimentaire fut incorporée dans le système de la généthlialogie savante. Cette idée vulgaire était courante dans l'antiquité. of. ss. pars. N.. Bouche-Leclercq. 1926. 6 p. Gedâchnisstage tind ihre Beziehung zum J enseitsglauben der Antike. Astrol. G.... sous une bonne ou mauvaise. p.lait l'opinion populaire. H. a un sort brillant . n. assurait au nouveau-né richesse. 2. et à sa mort elle tombe. et elle est Eusèbe d'Alexandrie^ et d'Eve. Cf. p. cit. o-p. cit. 1928.. ch. étoile. Altchristl.. cf. puissance et gloire Une autre croyance largement admise à travers le monde était celle que ^ En Orient. 196 ss. l. elle conserva une les esprits des morts allaient habiter la lune forme grossière. inscr.. 15. et qui a survécu dans le folklore . C. Pline. p. s. qui remonte certainement à un paganisme très primitif. mais qui admit dans ses spéculations souvent extravagantes beaucoup d'anciennes traditions.. R. p. . De Astronomia. Xlhes. p. 2. sufra. . p. 1. que chaque homme a son étoile au ciel^. G. V. 5 (P. 1918. né en Mésopotamie au lil^ siècle. II. LXXXVI. elle enseignait aussi.172 LUX PERPETUA l'âme. Tous ceux qui abandonnent cette . i C. Capelle. i. Alex. Pline l'a rapporte en lui déniant toute vérité *.Tïpol àa'T£peç). grecque. : 3. 28. Z. Aux jours critiques où ils exerçaient une influence plus active sur cette dissociation. Bien que celle-ci attribuât aux planètes et l'usage la même de aux signes du zodiaque une influence prédominante. i. comme le vou. comme nous le disons encore. 7. 28. A. V. pâle. acad. par donc que deux étoiles au temps d'Adam après le déluge. les Syriens offraient des sacrifices sur les tombeaux et la triple commémoration des trépassés dans * l'Eglise byzantine a pour origine première ces offrandes des cultes sidéraux C'était aussi une opinion très répandue. p. 386. Freistedt.. Capelle. qui abandonnait progressivement le cadavre. 19 ss. que chacune des étoiles les plus brillantes (Àa[j. européen. 278 ss.

II. 3.. C'est là que l'astre affaibli recouvrait ses forces pendant la nuit. et peut-être aussi celles du pytha: gorisme. Persistance de cette vieille idée. durant pendant le croissant. On sait quelle fut la puissance de cette foi dans l'ancienne Egypte lés âmes montaient dans la barque de Râ et. 4. Cf. se chargeait d'âmes qu'elle transbordait chaqu. n. Mais ce n'est pas seulement chez les peuples seul. S. Development of religion in ancient Egyft. I. mazdéisme : Symbol. disait encore que la barque de la lune.rse et descendissent avec lui des confins occidentaux de gnassent la terre dans le monde souterrain '. soit associé au disque solaire et : sémitiques que nous trouvons sur les tombeaux le croissant. 2. Symbol. ni d'origine germanique. Ou bien. . pendant le décours. et.... Yasht VII. soit il est d'une fréquence particulière en pays accompagné d'autres figures et l'on a démontré que cet emblème de la lunule n'y est ni d'impoarceltique. c'est là aussi que les défunts devaient être revivifiés. rme croyance fort ancienne voulait que les morts l'accompadans sa cou. lui. '' : à. usant d. p. le disque de la lune se gonfle d'âmes.e mois su. infra. tation romaine. V or bis alms\ on les hommes poursuivaient une existence que la mort n'interrompait point. cf. mais appartient au vieux fonds de la religion indigène. Lucain. 213 . — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE . Shamash. loo ss. en. qui vogue dans le ciel. 209 ss. p.CHAPITRE m. 173 l'haleine de ces morts l'enfle Upanishad. Zend-Avesta. 292.^s. terre. 4. Mani ' . Il est possible que les Druides aient placé dans la lune l'autie monde. créateurs de la triade Sîn. Ishtar. 456 ss. il les transvase dans dit 'un la le soleil..^ime image bien antérieure à . Transformation morale de cette croyance dans le Darmesteter. soit à la planète Vénus ^ ces symboles astraux sont identiques à ceux dont se servaient déjà les Babyloniens. après avoir parcouru avec lui le cercle Pour le soleil. p. s'enfonçaient avec lui dans la région inférieure par une fente de la 1. conçues comme lumineuses. VI. mais l'examen des monuments montre qu'aux traditions autochtones se sont probablement mêlées en Gaule les doctrines orientales des mystères de la Grande Mère. Symbol. p. 178 ss. p.r le vaisseau plus grand du soleil La connexion qu'on les établissait entre la lune et l'idée d'immortalité dans religions syro -puniques se manifeste en Afrique par l'abondance extraordinaire des monuments funéraires qui portent le symbole du croissant. p. soit isolé. qu'il puise sur la terre. 408. De même selon les Manichéens. t. vont dans la lune première moitié du mois.u ciel.Breasted. attestée à propos de Constance Chlore.

.. Boyancé. la traversée est La première étape que l'âme doit franchir pour s'élever de l'atmosphère. p. cf. v. L'antique conception que l'air est l'élément o-p. 2. et une survivance verbale de cette vieille idée s'est conservée dans le nom même de Voie lactée. Enfin beaucoup de peuples ont cru que les âmes. o-p. Pfeiffer. Nous avons vu précédemment souvent conçue l'air vers les cieux (p. R. se distingue nettement des idées vul: ce fut une doctrine gaires que nous venons de passer rapidement en revue savante qui était liée à une cosmologie et à une astronomie relativement • avancées. solaire et stellaire. s. raXâ^wî 3. E. Nous allons tâcher de définir les divers aspects sous lesquels elle se présenta. * * la L'immortalité astrale. . 19 ss. mais nous n'en avons aucune preuve. infra. qui est par excellence le séjour des trépassés^. Songe. dont nous avons suivi la propagation de la Perse et de Babylonie jusqu'aux Pythagoriciens. j Capelle. p. 113. p. Leur foule serrée se presse surtout dans la longue traînée lumineuse de la Voie lactée. C'est l'origine première du rôle de psychopompe que nous verrons attribué au dieu solaire. 113 ss. Pfeiffer. cit. ch. peuvent aussi avoir eu cours dans le folklore des anciens Grecs.. Sur cette route des âmes cf. of. ils n'ont pas ou n'ont guère cru primitivement que les âmes montaient vers le ciel étoile. p... 280. 1. ec qui se modifia à mesure que progressait la science. qui. Capelle.174 terre LUX PERPETUA ou par delà l'Océan. VI. p. après s'être envolées à travers les airs. Une autre croyance reconnaissait dans l'anneau blanchâtre de cette nébuleuse.. De même que les Hellènes n'ont accordé aux astres qu'une place restreinte et secondaire dans leur religion anthropomorphique. Cette doctrine est même absoliunent étrangère aux premiers penseurs ioniens '. p. flotte ambiant. 37 ss. 133 ss. est 78) que l'âme dans comme im souffle. circulaient ensuite dans les cieux sous la forme d'étoiles brillantes'. Certaines de ces opinions très diverses sur le sort des âmes après la mort. mêlé aux vents. en parlant successivement de l'immortalité lunaire. qui traverse la voûte céleste. Gundel. exhalé par le moribond. la grand'route que suivaient les défunts pour monter au sommet du monde. La multitude des astres qui scintillent au firmament est celle des morts innombrables qui ont quitté la terre. cit. qu'oii trouve répandues parmi mainte population non civilisée. cit.

12. nous l'avons vu (p. 2. pp. ch. opinion que Fontenelle défen1686. 188 j su-pra. d'autres. : = . IV. La lune en particulier devenait tifiques. In aur. entourées d'air. Cf. ne sera plus pour elles qu'un séjour transitoire. Ces astres étaient pour eux des îles mourépondait vantes baignées dans un fluide lumineux. le cycle un remontent vers les sphères supérieures. car pour les défenseurs de l'immortalité céleste. 22. Symbol. n. 146) « le soleil et la lune » ^. p. I. les âmes allaient se fixer dans la lune. l'avait fait déjà le mazdéisme que peuvent favoriser ou contrarier l'ascension des esprits des morts et. Cf. en les corps. 300. p.e lorsque fut des morts prit une force nouvelle et une signification admise la doctrine de l!immortalité astrale . 18. dait encore en la « terre éthérée ». dont les unes descendent ici-bas. 5Diels. Cf. VI. Cf. p.. 226 ss.swv. 6. et c'était là que se trouvaient de ETvai uâvra tôv àspa i|/u)(^â)v è[ji. comme les Vents. A. De genio Jamblique. car l'atmosphère. 129. infra. Symbol. Plut. 208. 590 c . Ou encore ils admettaient qu'un dieu psychopompe conduisait ces âmes vers leur demeure céleste et les protégeait contre les attaques des démons qui tentaient de s'opposer à leur vol'. Les Pythagoriciens admirent qu'après avoir été purifiées dans les airs. carmen. fin. Cf.. qui agitèrent toutes les hypothèses scienaériens : : admettaient la pluralité des mondes. J^.-j:). remplie du trouble des éléments. p. p. saisies du désir de « Pour s'incarner dans de leurs épreuves terrestres révolu. Cf. 358. A la question « Que sont les îles des Bienheureux ? » la doctrine orthodoxe de la secte. Les astres étaient d'autres terres. un lieu de passage jusqu'à l'astre le plus proche de notre globe. les Pythagoriciens l'espace compris entre la terre et la lune est rempli d'âmes » \ Il est constamment parcouru par le va et vient d'une foule d'entre elles.CHAPITRE où se meuvent les esprits III. Vorsokr. Hiéroclès. — — secouant dans leurs tourbillons. 146. 4. Vie Diogène Laërce. et oii les éîd'ôla restent exposés à de cruels tourments. Delatte. infra. XVIII . 3. Nious aurons à reparler de ces idées mythologiques à propos des peines des Enfers *. P. 3. que les âmes devront nécessairement franchir pour atteindre les sphères célestes. qui s'étend à proximité de notre terre. qui roulaient dans l'éther infini. ch. non sans ingéniosité. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE 17 5 plus profond. 1922. 184. 2 Socratîs. que leur révolution rapide faisait bruire autour d'elles. p. 117. les châtier et les alléger du poids de leurs fautes 2'. Ces penseurs. Ces philosophes enseignaient. p. conçus comme des divinités... ces inferi sont la zone inférieure du monde. 32 Pythagore. la « terre olympique >> s. p. 167.. VIII. la lune.

p. 122. selon Homère. leur légèreté et les une place dans leur système. les héros se reposaient à jamais. délestées du poids de leurs ventilées. — brûlées. des formes. Symbol. la plus -parfaite matérielles et de forme sphérique elles sont nourries. l'eau et le feu forment des zones concentriques. toujours en mouvement autour de les la terre pesante et stable. 3. vers les feux subtils du ciel ^. régnait sur heureuses. Ihîd. s'élèvent en vertu de même : à travers notre atmosphère épaissie par les brouillards nuages. p. p. où étaient admis les Elus. n. et infra. En traversant ces éléments et nous aurons à revenir sur ce puraérien®. 190. dans l'éther qui environne la lune.. 4. 208. A était tous égards l'astre nocturne. IV. gatoire elles y trouvent. 182. plus vigoureuses que la flore d'ici-bas. 185. 132 ss. et elles y demeurent en équilibre. 315. Les auteurs d'apocalypses pythagovallées lunaires d'animaux fantas- Pans son une outrance comique Histoire Véritable. A côté des Néopythagoriciens. 400. supérieur à notre globe terrestre "*. les et en particulier et ils Posidonius. ch. 7. Cf. supra. Lorsqu'elles atteignent la région supérieure de l'atmosphère. convient à la divinité^ comme — — 1.. pp. selon eux. Ihià. n. Ettig. nourris des vapeurs de l'atmosphère.176 les LUX PERPETUA Champs Elysées. Lucien a parodié ces folles imaginations avec et une obscénité bouffonne*. les Stoïciens éclectiques. les prairies de l'Hadès. 5.. Cf..elle pas alternativement au-dessus et au-dessous de la terre ?. 114). un gaz léger et chaud. assimilée à Artémis. i2Z. II. plus robustes que ceux de notre faune. n'étaient point. p. Suivant les âmes. Acher. p. y firent croître ydes plantes étranges. comme cette déesse infernale. ne se transportait.. qui autour d'elle battaient en tout sens les champs de l'espace^. 184 s. avec ce royaume des ombres Platon*. dans les îles Fortunées. Dans ce séjour sélénien. doctrines physiques du Portique. p. destiné à recevoir les âmes les plus hautes. 3. lavées. Les séléniens. ainsi purifiées et semblable à leur propre substance.. nous l'avons vu (p. Leur ascension ne se fait point sans obstacle l'air.. et Pythagore lui-même s'y réjouissait au milieu des Orphée et sages.. Les planètes étaient les chiens de cette chasseresse toujours en course. souffles ignés. Perséphone. firent à l'eschatologie lunaire entreprirenr de la justifier par eux. ainsi que les astres. 120 et p. . 2. soumis aux besoins humains. souillures âmes sont superposés. La lune. Symbol. p. 6. Symbol. ch. Conçues car la sphère. comme. Cf. 4. riciennes peuplèrent les montagnes et les tiques.

89. est réservée comme lui'. 5 Ocellus Lucanus. qui ne sont soumis ni au devenir ni corruption^ et notre monde sublunaire composé de quatre éléments où tout naît. sur la A une demeure sublime. / quodque patet lunaeque meatus. Y^vÉereiuç. Symbol. terras inter .. p. 192 Lucain. insistant plurent à faire saillir le contraste entre la splendeur et et I. soute- lune naient » *. qui cesse d'être l'habitat des héros. tout proche cependant des astres ». selon cette théorie. Cette zone. dit-il.oçà0ava(Tt'ai. cours « là où l'air de la lune. 3. l'une active. dans la cf. promu au rang de demi-dieu. / semidei Mânes habitant. Immisch. Aristote avait déjà fortement marqué la distinction cieux à la entre les deux moitiés de l'univers. \Veinslx>ck. Fragm. se figure ceui-ci banquetant. tout à la fin du paganisme. ligne de démarcation entre la vie bienheureuse et cette mort qu'est en réalité notre existence ici-bas. partie inférieure les héros p. p. 2 « 'Iar9p. au début de sa satire des comme il convient. . Dans un système religieux de zones cosmiques. les que remplit un éther inaltérable. Les Champs Elysées ne se trouvent pas. cf. qui se réunissent au sommet du ciel qu'ils dînassent dans l'air supérieur. Pline. ^gatharchidea. IX. ss. op. évoluant autour de l'astre des nuits.xa'. Paneg. forment un chœur animé. exactement sous la corps dont ils étaient revêtus et aussi la révolution de Césars. {supra. se transforme sur cette opposition. n. : à un niveau inférieur « Il parut bon. Rougier. 143. 307 G. II. eit. R. . dans la partie supérieure. La révolution de la lune qu'ils accompagnent. 817. : 2. l'autre passive. « Qua niger astriferis oonectitur axibus aer.. i]. S. . St.. mais dans le fluide ardent et pur qui environne celle-ci et où ne pénètrent que des âmes pures ces âmes d'élite. 4. se meurt. C'est ici obscur qui s'étend de la terre jusqu'au que Lucain fait ici vivre les « Mânes de Pompée^. les demi-adieux {hemithei). Julien. p. la légèreté du cet astre les y. XXXVI. 104 ss. qui paraît avoir pénétré chez les Etrusques. Symbol. 34. Ci. aussi que siège. 1946. 73 . Arnim. est la frontière entre le monde des dieux et celui des la hommes. Ces globes innombrables par d'un feu doué d'intelligence. « l'isthme entre l'immortalité et la génération » s. Stoic. y^. J. le père de Trajan^ . 194s. au festin des dieux. et sinon dans les astres. qu'ont divinisées leurs vertus. 2 « Si non sidéra. Césars. vient toucher les cercles étoiles ». proximam tamen sideribus obtines sedem». — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE i77 les exhalaisons qui montent du sol et des eaux. quos ignea virtus / innocuos vita patientes aetheris imi / fecit et aeternos animam collegit in orbes ». Néopythagoriciens et Néostoïciens.CHAPITRE III. p. lune elle-même. les soutient eu vertu de la force centrifuge. la plus basse des sept sphères planétaires. 5 ss. où l'éther serein confine à notre atmosphère embrumée. entre la lune et la terre habitent. l'fempereur Julien.

soit associé à divers symboles vieilles et. fut cette alliance qui leur donna la force de s'imposer aux esprits cultivés. 2. nous le rappelions plus haut (p. Le croissant. qu'il est difficile de définir exactement. Par leur accord avec la science du temps elles satisfaisaient en même temps la raison et la foi. la séjour des dieux et dans l'Tiabitat des humains où pénètrent les âmes descendant ici-bas dès qu'elles ont franchi le cercle de la lune. images des planètes^. XX. la guerre. soit isolément. Pour ne citer qu'un exemple particulièrement révélateur. p. comme toute cette eschatologie Ce reposait en réalité sur une cosmographie erronée. plus clairement que les emblèmes astraux. p. C. — — d'un frère comme la philosophie et la physont intervenues pour transformer la vieille croyance à l'ascension des sique âmes vers la lune. . en Afrique comme chez les Celtes. '3. Ce motif fait évidemment allusion à la croyance que la lune est le séjour des âmes innocentes. La première de ces doctrines nous paraît la plus raisonnable. 240. Vil. L'action de théories qui prétendaient expliquer le celle de cette enfant inconnue ^ Dans ce qui précède nous avons constaté comment système du monde est plus sensible encore dans les autres doctrines de l'im- mortalité astrale. la sérénité et le trouble. Symbol. VII sur les ôéwpot et N.. Ces théologiens astronomes tirèrent de leur constatatipn un système où il y chaldéens ». parce qu'elle se fonde sur le rôle primordial du soleil dans notre monde planétaire. Toutefois certaines œuvres de la sculpture y révèlent. p. un bas-relief romain du Musée de Copenhague nous montre les bustes accolés el d'une sœur. dépouillant la lune de la prééminence qu'ils lui attribuaient à l'origine. 173). Cf. 241 et pi. 2. Cet emblème n'est figuré sur les épitaphes de Rome et de l'Italie que très exceptionnellement '. 252.. quelle était dans les classes aisées croyances celles qui pouvaient s'offrir de tels marbres la diffusion de la croyance à l'iimmortalitô lunaire. ch. reconnurent l'importance sans égale de l'astre du jour dans le cosmos.178 LUX PERPETUA la le paix et. Seulement. infra. et elle s'écroula avec celle-ci. la constance et mutabilité. Sa source lointaine doit être cherchée en Orient « elle naquit après que les prêtres . il exprime discrètement de indigènes. et l'effigie de la fillette est posée sur un large croissant et entourée de sept étoiles.lié à celui d'une conception fausse de l'univers. son sort se trouva . apparaît souvent sur les monuments funéraires de l'époque romaine. 1. la vérité et l'erreur. Symbol. la félicité et la misère qui régnent dans les ténèbres.

goriciens. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE 179 comme une anticipation de la gravitation universelle. 13 Sur l'idée que le soleil : : . 2. 'Ckéol. Songe. 1. C. malgré la dénégation. 458. p. 19. Placé au centre du il grand organisme cosmique. 7- Mélanges Bidez. les astres étant regardés comme les auteurs de tous les phénomènes physiques et moraux de cette terre. Si VEpzcharme d'Ennius reproduit les idées du poète sicilien. 61 ss. Il se répandit dans le monde et au l^r siècle avant notre ère. les autres corps célestes. 144.. Boyancé. furent parmi les premiers à la fois Certainement il fut connu de Posidonius.. a rendu plausible. 5. Antio217. IX. 4 : et lïiundi «st 1932. 80 ss. ma 449 ss. sol. XXVII. p. sol. V. II. N. ainsi qu'un roi entouré de ses gardes. sol. De l. temperatio » p... p. et certains indices montrent que les Pythaau irà l'adopter 1. 78-85 ss. Vitruve. infra. Pour p.. le Cf. 5. Ce qui suit résume "Chéol. 12 . C. et sans doute les écrits de celui-ci contribuèrent-ils à lui assurer une large diffusion 2. lat. celui qui règle le jeu compliqué de leurs révolutions sera l'arbitre des destins. 59 ss. comme le coryphée dirige les rythmiques du chœur*. certains Pythagoriciens l'avaient admis. pp. II. isque totus mentis : le animum ac planius mentem Vhéol. cf. de Hûltsch (cf. « Mens mundi Cic. : 4. -. : cnus. 1919.. Nous du monde. 4. Classical . [CapStaxou -rcav-di.. plus anciennement. Songe. C. p. Pline.CHAPITRE a III. les astrologues. i. et l'on se plaît ». R. solaire. 471) que l'ordre « chaldéen » eds planètes fût adopté déjà par Archiinède. 455. 5 . c'est-à-dire au milieu de la série « chaldéenne » des planètes ^. Le soleil. 461. p. Les Pythagoriciens reconnurent en lui l'Apollon Musagète. 155. le maître de toute la nature. 3. à le la il désigner comme « le cœur du Tout" l'animera jusqu'à ses extrémités. G. VIL Cf. Jones. p. 12. Philology. Somn. T2Jyéol. . celui qui conduit les Muses réparties dans les neuf cercles du monde et dont les accords produisent l'harmonie des sphères ^ Or. "Chéol. p. p. par un double effet de son énergie. est de sole sumptus ignis. Mais cet univers le soleil le si bien ordonné ne peut être conduit par une force aveugle donc une lumière intelligente («pco^ vospov) et les théologiens définiront comme la raison directrice du monde \ Par suite il deviendra : sera Boyancé. 59 charmus de mente humana dixit « Istic.. 3. solaire. et il ajoute foi à l'assertion de Théon que. au quatrième rang. 1 13-125 . le soleil est la source du Nous Varron. supra. où son rayonnement distribue chaleur. Théon Smyrn. 6. A. XLIII. Ph. V. n. et qui devait séduire par sa grandeur et par sa logique. et évolutions provoque leurs mouvements combinés. « Totius Pline. III. R. p. Scif. fort adonnés à l'astrologie. .. celui-ci « Epipensait que. attire et repousse alternativement. soleil régit le cœur de l'homme Porphyre.

soL. aussi le soleil. avec la théologie « chaldéenne » et se propagèrent par l'intermédiaire des religions orientales. le soleil l'attire. 4. corps se développent sous l'influence de la lune. tandis que les Auteur de la génération. Ainsi. qui provoque l'alternance de leur course étemelle. la croyance que le Soleil est le dieu des morts. fondée sur les découvertes de l'as2'. a.- invisible qui anime La gogue qui retire l'esprit de la matière qui le souille i. elle ramène aussi à lui l'essence le corps. gouverne l'éd. il préside à la naissance des âmes. L'astre resplendissant fait constamment descendre de son disque incandescent des étincelles dans les êtres qu'il doue ainsi d'intelligence. . retourne au foyer divin dont elle est issue.l8o le créateur LUX PERPETUA de la raison particulière qui commande au microcosme humain. Il exerce ici-bas une attraction à la fois physique raison de l'homme remonte vers son principe originel et psychique. démiurge universel. comme les astres s'éloignent et se rapprochent tour à tour du foyer rayonnant. pour l'imposer. VI. sous l'Empire. pp. Les rayons du dieu sont les véhicules des âmes dans leur ascension vers les régions supérieures. le soleil produit la raison. par une suite d'émissions et d'absorptions.on à concilier cette immortalité héliaque ? avec la doctrine qui faisait de la lune la demeure des morts I. maître de toute la nature. quand la mort a dissocié les éléments qui forment le composé humain. Cf. Rappelons- X!. De même que son ardente chaleur fait monter de et la terre les et les nuées. Le principe vital qui nourrit et fait croître notre enveloppe matérielle est lunaire. n. ses effluves ignés dans les êtres qu'il appelle à la vie. créateur et sauveur de l'homme de monuments figurés prouvent combien fut puissante. II. 229 ss. infra^ ch. Nock-Festugière. 3. p. Un cycle perpétuel de migrations fait ainsi circuler les âmes entre le ciel et la terre. réussissait. que l'âme s'est libérée de la gangue terreuse oii elle était enfermée. 464. p. il projette. et après le trépas il les attirera de nouveau vers lui pour les recueillir dans son sein. plus puissant des astres pour parvenir à la félicité éternelle ^ dira-t-on.. de même qu'il écarte et ramène à lui les planètes. De vieilles traditions mythologiques se combinèrent. ait imposé au paganisme romain le culte du « Soleil invincible ».). Nous aurons l'occasion de reparler du secours que l'on foule Une de témoignages littéraires et attendait du Comment. semeur infatigable. cœur et esprit du grand cette Tout. de nouveau à vapeurs lui. 284 et 301. On comprend que théologie cohérente et grandiose. le mionde (ci- Pour Hermès Trism.héol. Inversement. Il est Vana. tronomie antique à son apogée.

s'absorber dans le soleil. Elle met en œuvre d'autre part la vieille croyance que. De mensib. ce qui fournit la preuve allait Cette doctrine. La démonohgie de Plutarque. à la formation et à la décomposition des corps. 167 Wûnsch). divinités qui assistent ceux qui vont mourir que l'on regardait qu'elles comme le siège ciel... infra. infra. p. de ces corps vaporeux. avaient réussi à constituer un calendrier luni-solaire .. souvent commenté. ch. Les théologiens admirent donc que les âmes qui descendaient sur la terre se revêtaient.. 177 ss. 225 et supra. numina qui dicunt aliquid morituro prodesse. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE i8i nous que suivant les religions et le mandéisme. 1942. d'un 1. Guy Soury. IV. que l'astre nocturne préside à la vie physique. ' . qui est développée avec Ainsi un fragment de couvercle conservé au Vatican représente. p. semble-t-il. » 31. 245 et pi. 4. 3. le front surmonté d'un croissant. IV. facie in orbe lunae. 90. lorsque les âmes quittent la terre. qui garde l'apparence de la personne dont il s'est détaché 2. de ces traditions sacrées Leur théologie savante imagina une interprétation ou justification théoriques. I. p. VIII. assis sur son trône*. 941 ss. Sur la (Joctrine de JambUque. pour faire d'eux le double séjour des défunts héroïsés (p. amène au soleil radié. et selon le manichéisme âmes passent de quelque façon par les deux grands Souvenons-nous aussi que déjà le vieil akousma pythago- associait le soleil et la lune. Les Grecs. devenue ainsi une pure raison. cf. ch. comme sur la terre ses rayons humides provoquaient la corruption du cadavre. à la suite des Orientaux. VIII.Symbol. 196 ss. VIII. dans la sphère de la lune et dans l'atmosphère. qui place l'Hadès entre soleil et la lune (Lydus. de Plutarque^. une âme ailée sarcophage que Séléné. et- i. 146).. . Un beau cippe romain du Musée du Louvre nous montre le buste qu'elle a dû être assez largement adoptée. 10 Diogène Laërce. 364. VIII. XXII bis. du principe vital {^^yi^. p. L'âme. : 2. A. source de toute intelligence. Cf. ils construisirent aussi une eschatologie ot\ intervenaient les deux astres majeurs. elles sont encore entourées d'un fluide subtil Veidôlon. ricien de l'Inde et de la Perse. Delatte. p. lors- remontaient vers le la fonction de la lune était de dissoudre et de recueillir ces enveloppes légères. le créateur de la raison. p. De -. je ûes traces de l'eschatologie luni-solaire se t]y)uvent aussi dans les mystères de Mithra «t dans les Oracles Chalddiques \ cf. Cette doctrine se fonde d'une part sur le dogme astrologique exposé plus haut. les luminaires célestes. p. Vie de Pytbagore. Commodjen. Symbol. 148.CHAPITRE III. Cf. qiii selon leurs prêtres sont les * . mais que le soleil est l'auteur de la vie intellectuelle. p.Inversement. a trouvé une curieuse expression figurée dans certains monuments funéraires. un grand luxe de détails pittoresques dans un mythe. « Sacerdotes.

n. On trouve une trace de cette double conception dans l'école stoïcienne raison directrice d'autres dans la pour certains de ses maîtres. XIII. ' . supra. XXI. 45 Vollmer. 1. 280 Relig. assure que cet orbe d'une blancheur resplendissante est la demeure de ceux qui pendant leur vie ont cultivé la justice et la piété'. De même les poètes. . Pfeiffer. Lucain. 97 ss. p. Xlrierer Zeit6. 6 ss.. 117. et înjra. Cicéron. 86 (Néoclaudiopolis) HXuciotç R. p. cf. III. Comm. dans le Songe de Scipion. la son siège dans le soleil. Symbol. p. s. après avoir mené dans la lime une existence d'une. 115 ss. dont la chevelure est ceinte de la couronne héliaque. XXXIII. 1909. A. 226. IV. p. 28 schrift. ir. adoptée par l'art funéraire. qui trône au sommet du monde. p. Inscriptions du Pont. op. L'artiste a manifestement voulu exprimer ainsi l'idée que. p. VIII..ovr/<. 161. Elle put se faire accepter par les théologiens et les philosophes. supra. Macrobe. 7. terre oly^m'AcjxpàffW pique.. qui recueille les cation est achevée et leur destin révolu ' ... p. Cf. ch. 6. Se. 8. I. . aux sept rayons. et Herzog. injra. Sur la lune. Orient. Cf. Ph. Cf. Somn. C'était d'ailleurs une exprimée fort anciennement chez les jusqu'au opinion le Grecs. car elle est seule nommée dans l'épitaphe morte sous les traits d'une femme. 'Chéb. à propos de Parménide. . Cf. était élevée vers l'astre. : . 27 ss. Diogène Laërce. pour (yiy£[j. âmes quand leur purifi- L'immortalité solaire ou luni-solaire est une doctrine savante. 31 5. cf. 4. et jusqu'à la fin de l'antiquité certains théologiens transportèrent les Champs Élysées dans la zone des constellations et en particulier dans la Voie Lactée 6. I. Cicéron.. cit. cf. enfant puis la — — transitoire. Stace. I. Mais elle ne réussit jamais à éliminer ou à offusquer la vieille croyance populaire que les âmes des morts habitent au milieu des constellations. Phars. Delatte. l'enfant prématurément enlevée. Scip. Cf. p. Etudes syr. Lucain s'adressant sphère : du monde a à Néron et Stace à Domitien. cf. 301.6v} des fixes".i82 LUX PERPETUA même décédée à dix ans avec un croissant sur le sommet de la tête. 175.. fruit de théories scientifiques.. Les Néopythagoriciens admettaient que les âmes peuvent s'élever jusqu'au Très-Haut ("T'>|/caToç) *. oùpavî'oi?. Silves.. avec la note de 3. 243 et pi. ss. qui firent de l'astre-roi le cœur et le maître de l'univers. p. i. . que l'Olympe n'est autre que cercle extérieur qui enveloppe l'univers". VI. c'est-à-dire Dieu suprême. Vie de Pythagore.. 1938. être enseignée par les mystères orientaux. p. 2. se demandent avec hésitation si ces empereurs monteront sur le char flamboyant de Phébus ou s'ils prendront le sceptre de Jupiter dans le ciel suprême 3. . note.

causa la mort d'Antinous. Aug.. n. s. Dion Cass. Danc une inscription d'Amorgos'. et ses successeurs. Hadr. Cic. IX. Si une forme fréquente d'immortalité était. car je suis maintenant un astre divin qui se deuil : I. brillants Le « catastérisme » donna une conclusion morale à de vieilles légendes mythologiques. l'âge de vingt ans. admise par de très anciens Pythagoriciens. 14. Hercule. _ Pour . v.. 6= I. Cf. p. infra. .. Ed. Le ciel presque entier. 1153. Hadrien. VIII.. N. p. Mais comme en Grèce finit par être décernée par la simple volonté des familles en aux parents dont elles pleuraient la perte.. Kaibel. se d'apparaître.CHAPITRE La le III.. 88 Servius.. un jeune homme. humano génère oompletum est ? » G. ch. ij22. Nous avons des livres entiers qui nous comment ceux-ci à la fin de leur carrière furent transformés en en récompense de leurs exploits. 3. Cf. s. II. où elle la sent s'embraser et la voit s'échappant de son sein pour voler par delà la lune et devenir un astre chevelu *. . II. Symbol. VIL . n. Ph. 93 Suétone. que une étoile. 47 et En. 28 « Totum prope caelum nonne : 7- Haussoullier.. In Ruf. . Epgr. hommes éminents du présent le ne paraissait-il pas téméraire d'assidestin qu'aux héros du passé. enlevé par les Moires à « Ne pleure pas. 843-851 p.. de même le catastérisme se vulgarisa au point d'être accordé à des défunts d'im très modeste mérite. 978. XV. dans l'affliction que lui . « Kometen ». — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE . Metam. "Cusc. 3 Pline. 22. Ovide. E. Claudien. l'assimilation à une divinité ^. observe à ce propos Cicéron. Aussi gner au>. v. p. Selon la mythologie c'était là racontent astres bienheureux réservé aux héros.. les âmes qui quittent le corps deviennent sphéChrysippe cf. . exploits d'être ainsi métamorphosés. index. igog. LXIX. Hist. "pi.. croyait-on. 6. s'adresse ainsi à sa mère à quoi bon ? Vénère-moi plutôt. 177. C'était en particulier un même sort digne des princes qui avaient mérité l'apothéose. XII.. 7. 4. Manilius. 12. A la mort de Jules César appanit une comète que l'on crut être l'âme du dictateur reçue parmi les et Ovide n'hésite pas à nous montrer Vénus descendant invisible Immortels^ dans le Sénat. R.. 4) 2. wques parce que cest la plus parfaite des formes {Symbol. personne ne trouvait choquante la supposition que des esprits supérieurs accrussent le nombre des « dieux visibles »i". arrachant cette âme du corps inanimé et l'emportant au ciel.. I. 11. 25. « Héroïsation ». s'est recruté dans le genre humain^. 183 vieille l'âme devenait sort idée populaire. 385 cf. XXXIII. supra. 123. ne fut jamais éliminée. l'héroïsatioii laissa de même persuader qu'un astre venait qui était l'âme déifiée de son favori^. ciel : 45 H. 1. : «Auctior adiecto fulgebat sidère mundus ». Auguste régnant est déjà un astre qui illumine la terre avant de briller dans le cf. Gundel. Caes. Cf. Castor Persée et Andromède et bien d'autres avaient mérité par leurs et Pollux.

84. : ài\iXSoi ffujjLTTsptTroXouffa xal ffuvT£TaY[i. De même une stèle de marbre trouvée à Albano en nous montre tm bébé de deux ans emporté vers le ciel. ils tentèrent de les concilier toutes deux avec l'immortalité stellaire. C. Georg. HaussoTollier.. où il siégera. planche II. une morte dit qu'elle habite les Champs Élysées. Philon. eT<. IV. Les inscriptions funéraires qui s'expriment avec cette précision sont excep- Nombreux au contraire sont les textes épigraphiques et littéraires affirment que l'âme du défunt est montée vers les astres pour y vivre avec qui les Immortels. milieu des astérismes qu'Hermès a conduit dans l'Olympe._p. e'-jJ-'- Cf.. 384 fr. heureuses Dans une curieuse épitaphe récemment découverte à 2. 187. 34 ss. Virgile. |. Vénus séjour des âmes biencf. cf. 10 Diog. Galieti. les théologiens voulurent mettre de l'ordre dans cette eschatologie astrale. Rohde. de très bonne heure. 70 ss. LVII. p. Ac.\. p. Cf. n. p. Cf. . Le verset où saint Paul révèle aux Corinthiens qu'il et de la précision les doctrines 1.. 248. 9 = : : m. infra] : -^ç orTpaTÎv). p. R. \ i . et admise notamment dans le mazdéisme et le manichéisme.îv/) axpaxi^ Geûv 2. 20 sept. 308 . 1946. tionnelles. Symbol. Inscr. A'poL. Et à Milet^ un enfant de huit montre . Laërce.... 312 ss. Sitteti-' == tr. n. Comparer les vers attribués à Platon (Apulée. On dira qu'elle s'est envolée vers le vaste ciel ou vers l'Olympe 3. Par la faveur des dieux il protège les jeunes garçons ses compagnons de jeux dans les rudes palestres. les textes recueillis par Friedlânder. Lattimore. 8. ans. très haut au- dessus de nous. Cependant. Psyché. . mais le lieu où se réunissent ainsi les Bienheureux restera vague . VI. cisera pas dans laquelle des sphères supérieures ou des constellations ils seront On savait que leur demeure se trouvait quelque part. p. Noiis avons noté au début de ce chapitre que c'était une idée très répandue en Orient. G. 226 / sideris in numerum et alto succedere caelo ». . « Nec morti esse locum sed viva volare 3. contemple l'éther et brille au « se levant chaque soir près de la Corne de la Chèvre ».i84 LUX PERPETUA ati crépuscule »... 11^. Rôm.. 8|. Ibid. on ne préaccueillis. mais elle -place ceux-ci au-dessus du Soleil et des étoiles. qu'elle est au sommet du monde et suit les évolutions des armées célestes*. p. Picard. mais en laissant indécise la position qu'elle y occupe. p. i. Mitteil. P.ÉvT(. mais à lui sacrifier 1. p. infra. ! . gesch. avec l'étoile du matin et du soir et il exhorte son père à ne plus verser de larmes.évot<./ vôv ôe ôavwv 'XàfX'Ttîtî "EffTCepoi. Mactar en Tunisie. Comme ils avaient combiné de l'immortalité lunaire et solaire. 650 [cf. mais on ne se hasardait pas à fixer leur séjour exact. î»/r<î. 579. ex. ch. Maxime de Tyr XVI (X). ev cpôt[. que l'âme monte vers la lumière éternelle par trois degrés. Kaibel. Ssoïç xat ôswv Tratu! cîUYyiYvoji. 23) 'AcrxTip irpiv jxev eXa^iTîç èvl Çwolffiv 'Ewo. que l'éther l'a reçue.. 1943. III. 1935 dit l'épitaphe. bràp axpav tou oùpavou 4. p.. Cf. .

181). et ne distinguait de c. Icaroménî'p'pe. M. puisqu'elle confondait les cinq planètes mineures avec les étoiles fixes. 14. 3. limite de l'univers. V. enfin le contact avec un corps charnel devient une cause d'ignorance des vérités divines et la source d'un aveuglement insensé.. Le dogme eschatologique qui prédomina à la fin du paga- nisme s'accordait avec cette théorie généralement admise par l'astronomie de cette époque. Proclus. IV. celle des fixes. ce voyage burlesque par parcourt dessus les nuages est une parodie de celui que certaiins croyants faisaient et s'élevant ensuite Les Néoplatoniciens adoptèrent parfois la même divicombinèrent avec des idées psychologiques qui sont un développement de celles que nous avons rappelées à propos de l'immortalité solaire (p. p. Depuis longtemps s'était imposé non seulement aux hommes de science.. In Remp. p. distance que en une bonne journée un aigle au vol rapide. ad qui cite 4. M.. Charleà. Cf. perd successivement ces penchants et ces facultés. 13.. 309 ss. p..CHAPITRE III. 144. et sufra. qu'enveloppait une huitième. puis la raison s'ajoute à corps accomplir aux âmes sion 2. Lucien.) . I. In (p. 3 . ensuite la rudimentaire.. : 2. notamment t^imaeum. Porphyre. 71. of the Secrets of Enoch. qui combinèrent les croyances mazdéennes avec l'astrolâtrie chaldéenne (p. 234 ss. et M. ch. Sent. nous montre son héros franchissant trois mille stades de la terre à la lune. Lorsque l'âme descend sur la terre. Lorsque Lucien. m Book intell. Cf. où il fait une première halte. Mages hellén. raOpov. p. m/r«. 144). 5. xxxi. ternaire et la un tégument lunaire rend sujette aux passions. VIII. . 1896. 260 . p. ch. de là parcourant cinq cents parasanges jusqu'au soleil du soleil jusqu'au ciel.. lorsqu'après la mort elle regagne son lieu d'origine K La doctrine de la triple ascension des âmes reposait sur une astronomie l'imagination. indique combien cette conception surannée était restée vivante. et au lie le Pythagoricien 1. 17 (Kroll) . 234. -rpîtou oùpavoQ Sur les trois deux. Himmelsreise der Seele [A. 25 Diehl) citant les Orac. avec les notes de Mommert.elles-ci que les deux grands luminaires du jour et de la nuit (p. p. 292 (p. i2ly 2 'ApurayâvTa eux. Chalddica. fr. Bousset. 11). et les sept cieux qui leur succèdent. 47. Cette doctrine était sans doute déjà celle des Mages d'Asie Mineure. 1901. L'âme délivrée de cette gangue matérielle. citadelle de Zeus. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE 185 a été ravi jusqu'au troisième cieli. les mystères de Mithra la A firent pénétrer dans la religion de l'Occident s. elle reçoit d'abord un éthéré d'une pureté presque immatérielle. Religw. partir du i" siècle de notre ère. au début de son Icaroménippe. p. XI. I. II Cor. infra. le npô. cf. p. 230. 152. lorsqu'un corps solaire l'enveloppe. mais aux auteurs d'apocalyses * le système qui partageait les cieux en sept sphères planétaires. 143).

92 Koetschau). 69 4. 10 » Cf. l'argent avec la Lune. Sci-p. ) . 205..Rel. 193 1. 9. I. Cf. 28. 302. I. chacune des planètes étant mise. Poïmandrès. en passant à travers les sphères des planètes et ainsi. non plus immaner^t. à Mercure sa cupidité avide. .. cf..i].. p. Cf. et Relig. infra. p. 1945. R.. A. par l'astrologie en rapport avec un de ces métaux. Elle abandonne à la lune son énergie vitale et nourricière. p. qui appartient au soleil.H. ch. d'une béatitude sans fin. 282.46ss. à Vénus ses penchants amoureux. cf. Schmekel. n. au Soleil ses capacités intellectuelles. 8. p. Notre âme descend du haut du ciel vers ce monde sublunaire. n. Plotin. . C. elle se dépouille. Elle est nue. 15 (p. or. Suivant Timée de Locres les âmes (^uj^a() seraient empruntées aux planètes. of. 42g ss. p. Somn. 1942. Dans les mystères de Mithra une échelle composée de sept portes formées de métaux différents et surmontées d'une huitième servait de symbole à ce passage des âmes à travers les sphères jusqu'à celle des fixes. et le voû<. VIII. mais transcendant. Orient. Comm. ClII. comme de vêtements ^. 282. 25 I. dépourvue de toute affection des sens. n. sol... tandis que le syncrétisme hermétique l'accueillait dans son pot pourri d'idées disparates 2. à Mars son ardeur combative. en traversant les zones étagées des cieux. VI. Mais opposés au panthéisme qui. : : ram « Hae autem animae in ultimam sphaeï.. Sur l'ascension à travers (t. Après la mort elle remonte vers sa patrie céleste par le même chemin.p. Philoso-phie der Mittleren Stoa. 25. l'or avec le Soleil. recipi creduntur. quae à-nrXavYJç vocatur. 11. le plomb avec Saturne et ainsi de suite 4. I. 103 Bréhier). Sur 5 l'échelle. 15 et p. les sectateurs de Platon transportaient Dieu hors des limites du monde et en faisaient un Être. Déjà les Pythagoriciens avaient été divisés sur ce point. n. Inscr. à l'essence du même. 344. avant sa naissance ici-bas. infra.i8é LUX PERPETUA • Numénius l'introduisit dans la littérature philosophique i. cf. distinct de toute matière^. Dans un mithréum d'Ostie une mosaïque figure ces sept portes. R. [p. Contra Celsum. qui se meuvent dans la région du divers. é. fixes. dans l'éternelle lumière où vivent les dieux sidéraux. c'est-à-dire aux Z. Bousset. 4153. Alors. XII. essence sublime. n. p. p. 91. notes 62 ss. cf. 6-7 (p. Cf. les sphères planétaires jusqu'à l'ogcloade. quand elle atteint le huitième ciel pour y jouir. elle acquiert les dispositions et les qualités propres à chacun de ces astres. Macrobe. des passions et des facultés qu'elle avait acquises en s'abaissant vers la terre. ch. 21 [467]. 22 (p. 206 et 215. Relig. Cette conception prédomina de plus I. Origène. 65 NockFestugière). p. VI. celle du milieu. cit. étant plus grande que les autres. 160 ss. "Chéol. plaçait le foyer principal de son énergie dans les sphères célestes et en particulier dans la plus élevée*. à Jupiter ses aspirations ambitieuses. 185. Cf. p. Ac. à Saturne sa paresse nonchalante. identifiant la divinité avec l'univers.

L'Orange. XXXVIII). que nous trouvons développée en particulier dans le livre d'Hénoch^. x-r)v ay.. Elle appartint aussi au christianisme presque dès son origine. n. Apulée. xliii . Porphyre. et les gnostiques lui firent une large place dans leurs spéculations Origène. s'élèvent dans la zone de l'air et elles comprennent alors le caractère des êtres qui peuplent cet élément. p. 3. père et architecte de la création ».evûv Cf. p- Doctrine des sept cieux dans le judaïsme et le christianisme XXX ss. p. p. n. s'élève itpôi. les âmes.. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE 187 en plus dans la théologie païenne à mesure que le stoïcisme perdit de son influence au profit du néoplatonisme. 6 et infra.wv âi]. [p. cf. Hermès Trism. op. p. i]. Bidez (infra. 363 hautes Et. cit. siégeait. Origène (Bibl.Selon Eusèbe. éc. croyait-on. p. 5. Cf.. Sermo. De ofif. l'empereur a été représenté siégeant uirlp oùpav'. \_su-pra. à un étage inférieur des zones successives formées par l'atmosphère. .. C.. s'arrêtent perfection y parviennent. La religion le nomme tantôt le Très Haut ("Til^icrToç). 3. A. par les cercles planétaires et le ciel des étoiles fixes. infrUy ch.^ I) évolué avec le choeur des astres. qui sont des dieux visibles*. cit. accolant les épithètes de Sum^mus Exsiifer(intissimus^. fait des concessions aux théories astronomiques des « Chaldéens » et il leur avait emprunté l'idée de sept cieux superposés. p.!8a)v Èv a'Ospdp ôtaTpipfi Stavaitaudjj. 185. IV. éd. Plotin. de Paye.Twv [Cf. (PL. Vit. suivant leur degré de pureté. Déjà le judaïsme avait. § 71 le voOç après avoir . et elles parviennent aux Sur l'Empyrée. 1923-1928). p. 2. 228. VIII . Mais un emprunt direct aux philosophes grecs. De regr. 1942. où elles s'instruisent des réalités de notre terre. De dogm. Origène. n. 368). Denis. IX.. o-p. 23. cit. op. 2. Philon. tantôt en latin Jupiter. igo6.pav àiî^tSa tûv vor. b 7. n. Plat. Charles. ch. p. 258. ch. domaine des démons. 323 ss. N. 1132. Const. 4.CHAPITRE III. CCXL 6. Mais si elles se sont dégagées de toute pesanteur matérielle. qu'il localise dans un endroit écarté. . prêta qui l'adopta par de sa grande éiaidition aux doctrines du paganisme à peine modi- ^ Selon lui. l'autorité fiées ^. Eitremiana). 185. Bousset. dans la lumière infinie de l'Empyrée^ qui s'étend au-delà des sphères étoilées*. Domus Aurea (dans Serta 81. mais en lui C'est ce Père céleste mais seules celles qui ont atteint la Les autres. III. Nock1. elles traversent rapidement l'atmosphère. YIII. IX. 4. Religiv. Augustin. 4] et veut voir le Grand Roi. n : Pestugière. que les âmes d'élite aspirent à retrouver Ce fut la dernière conception du paganisme. animae. 184.. 383. p. 4]. Cf. 69. et elle devait s'imposer à l'esprit humain durant de longs siècles ^. cf. : Charles. Ce Dieu « ultramondain et incorporel. Cf. . après avoir séjourné dans le Paradis. V. p. II. 38.

2. elles seront admises à contempler face à face les essences rationnelles et verront les choses invisibles. où les âmes trouvent le repos dans la lumière éternelle et obtiennent la contemplation de Dieu. La conception d'une lumière infinie. 5 (PG. Bien qu'Origène ait été l'Église. fournit un témoi- gnage éclatant de la force de la tradition que l'antiquité légua au moyen âge. et elles saisissent la nature des astres et les causes de leurs mouvements . 1. Basile.£pxoff|i. si elles montaient vers le ciel. située au-delà des orbes du monde. jouissant condamné par infiniment de leur perfection. Hexaem. p. où elles trouvaient la béatitude parfaite. Il fallut pour la détruire que Copernic et Galilée eussent ruiné le système de Ptolémée et que l'astronomie stellaire eût ouvert à l'imagination les espaces infinis d'un univers sans limites.i88 LUX PERPETUA « demeures des cieux ». traversaient les sphères planétaires pour parvenir à cette lumière supra-mondaine^.. Symbol. II. 385 ss. elle devait naturellement admettre que les âmes.(t)> ^wtt. Le Paradis de Dante avec ses chœurs d'anges et ses classes de bienheureux répartis entre Les cercles successifs des cieux. commune aux philosophes et aux docteurs de Du moment que la science chrétienne adoptait la conception antique l'Église de l'univers telle que l'avait formulée Ptolémée. l'antiquité. XXIX. était à la fin de ' . . enfin lorsqu'elles auront fait de tels progrès qu'elles seront devenues de pures intelligences. qui sont les sphères étoilées. ses idées ne devaient point être abolies. 41) : 'Ev tû 67i..

CHAPITRE IV TRANSFORMATIONS DES ENFERS I. et recevaient de ces « Chaldéens » les premières notions d'une astronomie scientifique. en même temps qu'ils s'initiaient aux conclusions qu'une étude persévérante du ciel avait permis au clergé de Babylone de formuler.ixot. Elle choquait les opinions généralement reçues. elle rompait avec des convictions ancestrales et elle était en contradiction notamment avec la Nekyia de l'Odyssée. Cette doctrine était . Sans doute ne fut-elle pas admise sans résistance. peutêtre verrions-nous que cette eschatologie savante fit d'abord partie de l'enseignement ésotérique réservé aux sages de l'école. Si nous étions mieux informés de la vie intérieure de la secte. aux [xa6"r]fji-ai. de l'immortalité corollaire. provoqua cette innovation radicale n'est parvenu jusqu'à nous. évocation . une révolution dans toutes les traditions religieuses relatives au sort des âmes. avaient accueilli aussi la qui pour les prêtres orientaux en était le en contraste flagrant avec les anciennes croyances son adoption helléniques sur la descente des ombres dans un Hadès souterrain par les philosophes de la Grande Grèce impliquait un bouleversement des idées Courantes. -— Où PLACER L'HADÈS ? Nous avons indiqué précédemment comment les Pythagoriciens. mais aucun écho des discussions que doctrine céleste.

Pline la formule Homère 3. Comm. Aristarque. 5. C'étaient ces simulacres. E. Cf. qui est précises". 169. VIII.ï).. II. Ph. mais des « simulacres d'une étrange pâleur » séjoiu-nenlninosâmes. Ph. Servius. Rohde. 6) tourne en ridicule. qui nous apparaissaient 'dans nos rêves ei nous parlaient pendant le sommeil. : 9.c. 1920. VI. Pascal. i].. puisque le vieux poète latin y exprimait sa foi en la métempsycose.. Après la une particule de l'éther. 602 4. p. [n. 654. 12 . alors que les Pythagoriciens regardaient Maître inspiré. cf. sed quaedam simulacra modis pallentia miris ». 4. 2. et l'érudition des scoliastes nous sur cette doctrine philosophique des indications mon 1. Odyss. Pseudo-Probus. £i. p. et de ne pas refuser toute dogme traditionnel de la survie dans riiadès. 50. ch. cf. Mais Ennius dans ses : clairement fournit ' . Pascal. 8. Aussi n'cst-il pas surprenant qu'ils aient. en créance au lemp. XI. fr. » 7 Pline. Rohde. 625 ss. IV. p. 81. Virg.> qu'ils en introduisaient de nouvelles. et Psyché 1\ p. 334. « Quo neque permaneant animae neque corpora nostra. . Psyché. Schol. 2... Sur cette interpolation. Odyssée. 255 s.u)(_r]. n. 237 ss.190 LUX PERPETUA l'Erèbc le des morts de Homère comme pai* Ulysse. 347» à propos de Plotin. qui a condamné ces vers. Plotin. fr. 16 . cherché des acconimodemouts qui leur permissent de maintenir les anciennes croyances.^ l. I. selon leur coutume. avec la note du sooliaste de Vérone (Thtlo et Hagen. trad.. umbram quae ad inferos. Lucrèce. 601 ss. Aen. I. p. mort. 432) quae in caelum abit. p. formes légères sortant du sein de la terre. t.. 55 § 90. . où n.. R. le corps est détruit dans la terre. p. mais son ombre (siocoXov) habite les Enfers et est évoqviée par Ulysse. révélateur de toute sagesse (p. R. VII. 60 On introduisit ainsi dans le texte homérique une contradiction que Lucien (Dial. où il festoie avec Zeus. I.'ScoXov). I. Plotin s'en est encore souvenu ^ . XI. et ce passage est manifestement d'inspiration pythagoricienne. III.. C. note qu'ils établissent dans l'homme une distinction en trois éléments. tr. Mus.a/>|. p. Y. animam p. 535. En. BucoL. p.Creiewze. Une interpolation glissée rejeter dans le texte de cet épisode de l'Odyssée nous révèle comment ils ont procédé 2. 6. H. = : 1339. Cf. I. 122 s. On peut suivre jusqu'à la fin de ^ la tradition l'antiquité chez les écrivains et dans les inscriptions funéraires de la même division tripartite Virgile paraît y faire allusion*^. l'âme et l'ombre (aco[jt. môme Son apothéose a transporté Héraklès au ciel. Ij P- 170- . 1895. 3. 238 et infra.e ni nos corps. 97). N. pp.qui est étrangère à ^^ Annales parlait de même de l'Achéron. l'âme. le corps. Nekyia {Rhein. qu'on ne pouvait sans renier toute la Nekyia homérique^. XLIV. == Kleine Schriften.. cf. corpus qu(od traditur) sepulturae. « In tria hominem dividit.

c'est-à-dire au Levant. en a maintenu la tradition. L'astrologie. est étroitement liée au système du monde qui se représente le ciel des étoiles comme une sphère solide.. la plus proche des croyances antérieures.égyptienne. N.^ p. i. » « » problème eschatologique reçut solutions les plus diverses. . l'autre au Couchant. Parmi les doctrines qui furent alors suggérées pour répondre à la fois aux exigences de la raison et de la morale. immobile au centre du cosmos. il le Tartare n'existait pas plus que les Champs ni la religion ne voulaient abandonner l'idée fallut chercher et ce un autre Lieu où les coupables de leurs fautes. polypsychie » seulement le principe céleste. C. dans quelques-unes de ses doctrines capitales jusqu'à l'époque byzantine.Cf. étrangère à la Grèce ancienne. mais que devenaient celles des Elysées ? d'une rétribution posthume. Le point le plus bas de l'hémisphère inférieur. entourant la terre pareillement sphérique. 36 ss. On ne se trompera pas en rattachant la diffusion de cette doctrine vasion partir de l'astrologie chaldéo. est celle qui situe les Enfers. leur échappait. dans le monde hellénique à l'inqui se propagea victorieusement à du lie siècle av.CHAPITRE remonte au « IV. l'un supra-terrestre appartient à la vie. non dans les cavités de la terre. subiraient le châtiment les Où se rendaient. — TRANSFORMATIONS DES ENFERS les 191 ciel . faisaient communiquer le monde des vivants avec celui des défunts. J. ' mais l'ombre ou simulacre descend dans Enfers.elles si Comme ni la philosophie. l'autre infra-terrestre à la mort. . qui donnait à l'homme la raison. Cette conception. l'une à l'horoscope. C. Il se heurtait aux objections qu'on avait opposées à la mythologie infernale (p. et qui en est pour ainsi dire un élargissement. Toutefois le subterfuge à l'aide duquel les Pythagoriciens tentèrent de sauver la vieille croyance hellénique au royaume de Pluton. XIIL Cf. 120) et il paraissait exclu que Veldôlon pût s'enfoncer dans le sein de la terre au lieu de flotter dans les airs. ne réussit à convaincre qu'un petit nombre d'esprits. Deux portes. Les âmes des hommes de bien montaient au pécheurs ? ciel . La ligne de l'horizon partage le ciel en deux hémisphères . en effet. trop étroites pour contenir la multitude infinie des morts. nous l'avons montré ailleurs^. Cette permettait de conserver la foi en l'existence de ceux-ci . mais dans l'hémisphère inférieur de l'univers. Symbol. que résument les pages qui suivent. Vkypogeion 2.

IV.. ainsi A Jupiter céleste répond le Pluton inférieur. ils assignèrent de chaque couple l'une à l'hémisphère supérieur. Ce sont encore mêmes celui de la mort. à Junon. l'autre à l'hémisphère Fig. Pythag. dans sa rotation quotidienne passe alternativement du domaine de la vie à de la terre .30. symbole des hémisphères. Proserpine. p. 527. Vorsokr.31' ' hémisphères. représentaient les moitiés du ciel qui. 'Cheb. et cette interprétation Lactantius Placidus. dont on donna les noms à des astérismes de la « Sphère barbare » Il semble que certains Pythagoriciens se soient constitués les défenseurs de . avec l'Océan et la Terre. 6.192 LUX PERPETUA ou culmination inférieure des astrologues. — Dioscure. 285 a 10 j Diels. les Pythagoriciens qui firent des Dioscures les symboles des hémisphères. Sur la distinction pythagoricienne des deux cf. . ' et de suite . devint la partie du ciel où l'on transporta le Styx. 2. l'Achéron et la barque de Charon. au-dessus et au-dessous I. Aristote. inférieur. cette doctrine et l'aient propagée. I. qui selon la mythologie vivaient tour à tour chacun de deux jours l'un. De caelo B. Partageant les divinités par couples. Castor et PoUux.

— TRANSFORMATIONS DES ENFERS 193' deux héros jumeaux les a fait reproduire avec cette signification cosmique un grand. p. Georg. cf. occupe. SymboLj p. 1)1. brûlées constamment par les torches des Peines. Un dialogues.. léchées par les bêtes sauvages. Cette conception de l'Hadès mythologique jouit d'un certain succès. p. 242 ss. l'autre aux dieux infernaux. même à l'époque impériale. les méchants sont conduits par les Érinnyes vers l'Erèbe et le Chaos à travers le Tartare. mais qui est en réalité une œuvre syncrétique du l^r siècle avant notre ère. Selon leur coutume ces philosophes cherchèrent dans la vieille poésie épique des textes sacrés j'allais dire scripturaires qu'ils pussent invoquer à l'appui de leurs spéculations. 3. 74 ss. Symbol. Symbol. 371 . Symbol. La terre^ immobile. De gen.. Homère et Hésiode 2. dans l'abîme glacial qui en occupe le tréfonds. Cf. Cf. Homère. Des traces de l'idée que le Tartare se trouve dans l'espace diamétralement opposé au sonunet du ciel peuvent être relevées. se consument dans des châtiments étemels ». i3 . faussement attribués à Platon. p. 590 F. le centre de l'imivers. 45. "Chéog. Hésiode. concevaient le Tartare comme un gouffre ténébreux^. Plut. nombre de sarcophages (Fig. C'est « que les âmes des réprouvéls là. terrestre. sont décrites les délices. z.. jusque chez Virgile* et dans un mythe de Plutarque ". VAxiochos^. dont ». ss. le « Aux Champs-Elysées... Sôcratis. prétend nous des une révélation du mage Gobryès sur le séjour des morts. — — aussi éloigné l'est du disque celui-ci. Telles étaient les dimensions restreintes que l'on attribuait alors à l'univers. et de même une enclume d'airain tomberait de la terre durant neuf jours neuf nuits avant d'atteindre le dixième jour le Tartare ».. lieu des -impies souvenant des vers d'Homère qui situent les Champs-Elysées par delà l'Océan I. Cf. p.CHAPITRE des sur IV. p. 54. regardés comme les maîtres infaillibles de toute science. 13 ss. « le ciel de Une enclume contenant l'Hadès dans son épaisseur. que sont châtiés et les impies. VIII. et du ciel sphérique se mouvant autoui d'elle un des hémisphères appartient aux dieux célestes. Virgile. 47 ss. C'est. que d'airain. D'autres écrivains se l'astronomie. dans le creux le plus profond du monde. est opposé Par un évident souvenir d'Hésiode. IL. dit la Théogonie.. exposées à tous les outrages. La description que l'auteur fait de ces Enfers prétend adapter les traditions mythiques des Grecs aux enseignements de apporter pour lui. yzo Axîochos. tomberait du ciel durant neuf jours et neuf nuits avant d'atteindre le dixième jour la terre. pour ces vieux poètes. 45.

2. 59 . Symbol. VI. dans misphère austral \ Mais si l'on considère l'ensemble des témoignages assez pauvres que l'on peut recueillir.. E. Cette : théorie. de Dante — — faits. Ces théojamais été qu'un essai d'adaptation des vieilles traditions hellésur l'Hadès. p. soumise aux mêmes conditions physiques que celle de l'hémisphère boréal et qui. furent mis en déroute par des les astronomes *. Symbol. 57 ss. Boniface. si l'on inférieure du. s. et elle ne parvint jamais à se faire accepter du grand public. 53. en 748. Une tradition constante depuis adversaires plus redoutables Mais les : 1. devait être habitée par des êtres semblables aux hommes. v. Rêp. ralement admise jusqu'à l'époque de Cicéron. ils auraient pu maintenir victorieusement contre eux leurs positions. Lettre à i. on s'apercevra que ces doctrines n'obtinrent jamais une diffusion comparable à d'autres croyances que nous examinerons dans la suite. 3. Car tout d'abord. et la doctrine des Antipodes finit par être abandonnée à l'époque chrétienne et même formellement condamnée comme hérétique par le pape Zacharie*. Cic. voulaient aux extrémités de que les Enfers fussent situés au revers du l'hé- monde habité par les hommes sur la face inférieure de notre globe. « Antichtho- nes ». Cf. ss.. mêmes de la cosmographie obligèrent comme incompatible avec la science. par les esprits cultivés ^ mais elle était invérifiable. 4. n'avaient eu pour adversaires que les partisans des Antil'hémisphère podes. 6. comme le fait encore le Purgatoire le séjour défenseurs d'un Hadès antarctique.194 LUX PERPETUA la Terre. globe terrestre. « Antipodes ». fut géné.. p. Mais telle les à rejeter une accommodation. p.. à un système niques ries n'avaient scientifique du monde. Il fallut les découvertes de Magellan et de ses émules pour qu'on se rendît à l'évidence des Si les mythologues qui avaient voulu des morts ou de certains morts dans les eaux de placer austral. R. puisqu 'aucun marin grec ou romain n'avait pénétré dans cette portion de la terre. par suite. discréditées par les attaques des incrédules. = Songe de Se. Le bon sens vulgaire s'insurgeait contre l'idée paradoxale d'hommes marchant la tête en bas. Symbol. assignait comme domaine aux morts la moitié progrès on se heurtait aux objections des géographes qui les Antipodes ^ Ces géographes étaient arrivés y logeaient des êtres vivants à la conclusion que dans l'hémisphère austral devait exister une zone tempérée.. 20 S. qui fait honneur à la perspicacité des' savants alexandrins.

. . l'idée d'un Hadès obscur situé dans V hypogeion devint insoutenable. Georg. Synt. 3. 3. ou notre crépuscule est l'aurore de cette moitié du monde. Ptolémée. imaginée pour mettre d'accord la vieille mythologie grecque avec les notions enseignées par l'astronomie. s'obscurcissent jour. îiocte tenebrae . II. 193).. Pour ne pas abandonner cette foi. les apologistes chrétiens s'emparèrent 1. certains esprits obstinés soutinrent que les physiciens se trompaient et que le soleil allumait ses feux chaque matin pour les éteindre chaque soir. Virg. par les faisant des esprits instruits pouvaient ou bien dans l'hémisphère inférieur L'opinion aventureuse qu'avait soutenue Êpicure fut réfutée victorieusement hommes de science. . La révolution nocturne du soleil n'était qu'une théorie que ne corroborait. Ainsi. I./ Usener. plongé dans une obscurité sinistre et glaciale (p. qui s'aggloméraient la s'enflammaient à l'aube pour disperser à fin du jour. était devenue insoutenable par suite des progrès de l'astronomie elle-même. et inversement.. à des moments variables sous l'hypothèse que les astres s'enflamment les divers climats *. La tradition ancienne reçut un appui inespéré conformément aux principes de sa physique. aut redit a nobis aurora diemqLue reducit. puisque personne n'avait encore pu suivre de ses regards la course de l'astre du jour dans un ciel ignoré. É11. 23g et 244.. d'Épicure^ soleil était se qui. : Probus. à des heures différentes. i. I. inférieur le domaine de la mort le croyaient enténébré par une nuit ininter- homérique voulait que rompue.delà de l'Océan lointain il s'abaissait sùus l'horizon. comme et étant le comble du chaque ridicule. même : hésiter..CHAPITRE l'âge IV.. XV. aucune preuve expérimentale. suivant les lieux. Mais lorsque l'astronomie enseigna que le luminaire radieux dont nous suivons la route de l'Orient à l'Occident. I. Cléomède. Georg. et qu'il faudrait dès lors supposer une multitude d'embrasements et d'extinctions successives ^ Ptolémée repousse dédaigneusement. pour parler plus exacsans soleil {àvqkioi) Les premiers théologiens qui firent de l'hémisphère tement. = I. 584 247 « Aut intempesta silet nox/ semper et obtenta densentur 247 ss. accomplissait dans le ciel ime révolution complète autour de la terre. lorsqu'au. I. Servius. 243. et pour la combattre. — TRANSFORMATIONS DES ENFERS 19 S le Tartare fût ténébreux. 2. Epicurea. et Virgile* n'ose prendre position règne le silence d'une nuit perpétuelle. 4. Georg. ou. Dès lors la doctrine d'un Hadès situé dans l'hémisphère inférieur.. Les astronomes en démontrèrent l'absurdité en observer que le soleil se lève et se couche. fr. admit que le et formé d'atomes. 346. dont il éclairait et échauffait successivement toutes les parties. » Cf. Servius. Georg.

. Moore. i Wundt. et elle est le développement d'idées familières posés des cieux. 1892. XXII). VI. Frazer. Antike Seelenwanderung-VorstelStettner. Mais alors il fallait que le séjour dans ce monde inférieur d'Inferi^ fût conçu comme un châtiment. Press) 1914 Hopf. Berlin. Le globe terrestre n'étaii-il pas suspendu au-dessous des cercles super- comme im terme approprié. sés semblables à nous-mêmes. Schmekel.. 63. 4. le nom ? De nos jours encore l'esprit des sauvages ne distingue comme la classification de notre science. Metempsychosis (Harvard Univ. et les souffrances que faisait endurer à celle-ci sa réincarnation purent être substituées aux peines de l'Hadès souterrain'. qui se propagea en Grèce dès l'époque archaïque. En. les Enfers ne pouvaient se trouver au-dessc-us. ServiuSj 3. Leipzig 1934) » (Tûbinger Beitrâge. F. 285 ss. « Transmigration the corn. de 1. v. Ph-.196 LUX PERPETUA Il des armes que la science hellénique avait fourbies.qu'une ' croyance vague. pas. p. sur ce qui suit Lucrèce et le symbolisme -pythagoricien des p. On s'abstient d'abattre ou de déraciner certaines espèce.). qu'on peut suivre jusqu'à l'époque byzantine. Symbol. D'où provenait la théorie de la transmigration*. 1934 Hastings. 43g. . et l'on fut amené à les reporter sur la terre même où nous vivons. III. d'en consommer la chair ou les fruits. s. Votemism and exogamy. ce sont là des questions encore mal élucidées. anti-scientifique. à l'existence d'un Tartare situé dans les ténèbres au lieu le plus profond du monde*. Enfers (R. 2. Ce fut la doctrine de la métempsycose qui permit de regarder comme une expiation la descente de l'âme ici-bas. p. Mittlere Stoa. Cf. • * Ainsi^ pas plus qu'à l'intérieur de la terre. 229 ss. IV. . 433 ss. quels en furent les auteurs et les premiers défenseurs. cf. 45 ss. populaire. les trois règnes de la nature. VI. XLIVj . Les non-civilisés attribuent souvent aux bêtes une intelligence humaine ou même divine. Spirits of IQ20. cf. Sur la métempsycose. EncycL. 587. que les pécheurs fussent punis en étant soumis à la conditioD humaine. une même énergie anime tous les êtres qui nous environnent et qui sont suppoà la mentalité primitive. Vôlkerpsychologie. Ses antécédents remontent jusqu'aux brumes de la préhistoire. Cf. et ne pouvait-on lui appliquer. 5.. Die Seelenwanderung bei Griechen und Rômern btngen (Diss. 127 . G. II. p.. n'en subsista. . Aussi trouve-t-on répandue dans les deux hémisphères la croyance que les esprits des morts peuvent s'incarner dans les animaux et même se loger dans les plantes*.

[p. 77 ss.-.CHAPITRE crainte IV. Les anciens admettaient qu'elle était d'importation Hérodote ' voulait que la doctrine de la réincarnation dans des étrangère xi'animaux terrestres. celle du samsâm. c'est qu'elle a transformé une illusion naïve.. 2. 1. est inconnue à Homère et n'apparaît dans la religion grecque qu'à l'aube des temps historiques. C.. Wiedeman. 1890. êgyft. parvint ainsi jusqu'aux Orphiques et telle postérieure^. Das Frûhlingsfest der Insel Malta. l. s. 3 4 ss. . Hérodote. II. Dieterich. p. longIl est difficile de croire qu'une temps avant la naissance du bouddhisme. — TRANSFORMATIONS DES ENFERS 197 do nuire à un chef ou bien à un parent qui sont allés y habiter. Mais ce qui fait la grandeur de cette théorie qui devait séduire une multitude d'adeptes au cours des siècles et à travers le monde. pp. 1902. si les tout le genre humain. ool. S.. Leipzig. R. 123^ cf. cheminant à travers l'empire perse. Toutefois à cette opinion s'oppose Hellènes ont toujours pensé que les âmes humaines pouvaient dans un serpent. p. de mythol. un oiseau. 457 ss. 1916. : succession régulière de transmigrations*. G. liée au dogme d'une rétribution posthume. jusque dans certains détails. INekyia. VIII. 431 s. Herodots zwei*es Buch. XIV. avec fondamentale de la pensée religieuse de l'Inde. 4]. Eitrem. v. Certains érudits ont supposé qu'en Grèce la théorie de la transmigration * et avait systématisé d'antiques croyances. . Et. p. E. LXXXV. cit. Cette conception animiste de la nature. sans portée morale. go Hopf. ». n. en une doctrine de rétribution et de libération. 'Chéofhr. commune à une foule de peuplades diverses. « Tierdàmonen 987 ss. 3. D'autre part la métempsycose hellé- nique offre une. une conception ressemblance frappante. c. qui y avait été formulée dès l'époque des anciens Upanishads. analogie résulte simplement d'une parenté primitive sans communication L'opinion la plus vraisemblable paraît être que cette croyance. peut atteindre la félicité suprême avant de s'être purifiée par de longues épreuves et délivrée peu à peu des passions charnelles à travers un cycle de ^ renaissances . 892. 196. 4. maritimes ou aériens fût venue d'Egypte. Revenir sur la terre s'enfermer dans un corps qui la souille et la Celle-ci ne fait souffrir. Plinders Pétrie dans Hastings. . avait eu un développement autochtone communes à presque le fait que. devient un châtiment infligé à l'âme pécheresse. Enée de Gaza. 889. Voire une abeille la vraie métempsycose. est une forme rudimentaire de la métempsycose. p. N. Q-p. p. P. mais il corps ne paraît pas qu'elle ait existé anciennement dans ce pays sous la forme d'une aller se loger ou un papillon*.Cf. Wûnsch. un cheval. Maspero.

. Nilsson. j . p. p. 272.5 (p.\ discuter ici ce problème épineux de la genèse la métempsycose. op.I9S LUX PERPETUA aux Pythagoriciens'. les Druides y croyaient et si les Étrusques l'avaient aussi adoptée". V. = tr. Par. E. II. 1914. 225 Pa-p. Dottin dans Hastings Enc. Plotin. M. l. p. Cf.M. cit. avant et après Platon. Elle n'était pas seulement une théorie que discutaient les penseurs. 6 (p. [Libri Acheruntici] Furtwângler. Acad. I» Jos. Mais il est certain qu'en Orient la transmigration fut acceptée par nombre de sectes gnostiques et par les Manichéens.. n. Au contraire la conception également ancienne qu'une amère et cruelle nécessité contraint les ° âmes à s'incarner prend un relief nouveau par suite de la diffusion du fatalisme astrologique. Lois. 121 ss. Se. = . 4 4. p. XVIII. v.M. Comm. 9. Ces vieilles . la suite d'un crime commis par les Titans. Platon. supra.. 14. p.. . Aussi bien nous n'avons pas . «Transmigration». : : . Kroll. VI... . /. 222. La descente de l'âme du ciel sur la terre est une déchéance le corps est un tombeau où elle est ensevelie. 69. ni h en suivre le développement dans la philosophie hellénique. et que doivent expier leurs descendants. II) Porphyre. Rohde. En.. cette idée est sinon tout à fait oubliée. 61]. VIII. 18. Druides Thulin. « Orphische Dichtung ». R. v. R. mais aussi im article de foi religieuse. s. 1. Rel. A l'époque qui nous occupe elle était devenue de depuis longtemps un thème rebattu. du moins reléguée dans l'ombre*. Ij Métempsycose admise d'abord par les Orphiques Ziegler. 4. L'alternance de leur descente et de leur montée est conçue comme régie par une loi inflexible analogue à celle des progrès et rétrogradadoctrines jusqu'à pythagoriciennes fin (p. Hertnes 'Crismegîstos. auteurs de notre race. 309. 654 ss. Virgile. 605. 1378 ss. 359 ss. [sufra.) I^î 8. in Somn. c. le Il n'est pas impossible cependant que. Laërce. III. : . p. Autres textes 3. comme l'eschatologie hindoue ait été accueillie par une clergé égyptien dès le Vl^ siècle avant notre ère. 904 C5 Diog. Nous pouvons laisser indécise la question de savoir si. 33 Br. Kroll. Cf. 147) la de l'antiquité \ Mais p. p. p. Griech. un sujet de controverses dans les écoles. Plotini. une geôle où elle est captive. fr. 5 cf. Psyché. Inscr. et elle devait s'y transmettre jusqu'à nos jours chez les Alaouites et les D^-uzes du Liban. 272 ss. l'Egypte ayant servi d'intermédiaire entre l'Inde et la Grèce. et que le rensei- ensuite l'astrologie partie du gnement fourni par Père de l'histoire puisse être au moins en partie exact. ne cessent d'être reprises et répétées l'idée orphique que cette déchéance est le châtiment d'un péché originel. 216 Etrusques Macrobe. comme l'affirment les anciens. et Pythagore était généralement reconnu comme le Maître qui l'avait révélée aux Grecs. magie. 1930. 734 C. s. 1532. chez les Yézidis de Mésopotamie.. 102 Jos. c. p. I. babylonienne.

— = XVII). Il désigne une suite de transmigrations séparées par des intervalles. pour d'homme ou d'animal. Usener"). Bedeutiing von "Cit. 17 [463] ss. III. Rohdie. à cette alternance de la vie et de la mort. En.yytvt'jia. En. Cf. sed animalia quoque per vices ire et animos : per 2. 5 (Neutest. Républ. 374. 123 ss.£Vo-ti)p. IX. elle ne reprend pas immédiatement un corps. Vhéol. Dieterich. . p. op. Platon. . Kroll. — TRANSFORMATIONS DES ENFERS 199 des planètes'. Rohde.CHAPITRE tion IV. 68. Abhandl. . — . . Nous l'avons vu précédemment (p. 108. fr. Sotion dans Sénèque. pour y jouir éternellement d'une félicité divine. ». 1937. fr. Alors seulement elle remontera vers la lumière céleste dont elle était primitivement . puisque l'âme ne quitte pas la terre. Chalcidius. Jos. où elle remonte à la lumière être réintroduite Son âme y demeure jusqu'au moment dans un nouveau corps — — descendue. p. enferme l'esprit dans la matière et replonge périodiquement l'âme dans la glaise qui la contamine'-. 136. 114). 748 . 290. 462 ans. leur nombre est de mille* et elle mène ainsi une existence double. tr. Bern. p. p. II. 249. Lucani. 615 '^elon les Commenta cf. 4. cit. Elle n'échappera à cette suite de stations dans le monde supérieur et de relégations dans les Enfers. pour trsduire exactement le mot grec. Religions gesch. 364 ss. Servius. Dans la première espèce de métempsycose. Si au contraire durant ses pérégrinations sur la terre l'homme s'adonne aux plaisir des sens. « Nec solaire. son âme s'attache à son corps. J- 3 J^' j Dey. 3. 143 s. Munster. que lorsqu'elle aura été lavée de toutes ses souillures. Le cycle de la génération (xux/loç yevéoreojç). est à : la fois châtié et purifié dans le Tartare. p. dont ses passages sur la terre n'occupent qu'une faible portion. Cf. tr. ig tantum caelestia per certos circuitus verti. Nekyia.. Certains anciens distinguaient la doctrine de la réincarnation ou. étemel comme les révolutions des astres. Elle reste désincarnée durant une longue période d'années pour Virgile comme pour Platon. 272. de la « réincorporation » et celle de la renaissance ou palingénésie [nyjki. Le processus est discontinu. Selon cette seconde théorie au contraire. 67). d'une série de cycles cosmiques où se reproduisent exactement les mêmes phénomènes (p. a Virgile.]' (a£T.. i (p..àTa)a-tç) Ce dernier mot n'est pas pris ici au sens stoïcien de retour éternel des choses.. 3- orbem agi Cf. le criminel. mais y accomplit sans trêve sa marche ininterrompue à travers le monde vivant. Phèdre. il n'y a point à proprement parler de renaissance. naXiYY£V£<îîa. Cependant pour les Orphiques et l'ancien pythagorisme la croyance à la métempsycose n'excluait pas la foi en la descente des ombres dans l'Hadès''' suivant eux elle s'y associait. Epist.. plongé dans une mare de boue ou soumis à d'autres supplices. Elle ne peut d'abord se séparer 1.

.. Un « On est buste de Platon. XIV. p. G. n.îvqi. 6. 3. anim. et des peines de cette vie. 3. Akîa kXop.. dans Stobée. 22^ T^orregr. Mamert. II. 1. maintenus par respect pour la tradition. Lois. /«5cr. était en réalité super- Les secondes suffisaient à sauvegarder les droits de la morale et les règles de la justice. CI. Virgile. p. 4. Macrobe. P. Plotin. pp. 445. n. La corruption qui le gangrène lui interdira d'aspirer à une vie céleste et lui fera préférer une renaissance terrestre. 364. Acad. 747. En. C-R. IV. et elles rendaient superflus les premiers. Mais la combinaison des supplices du Tartare. Scip. Porphyre. I. Elle désire rentrer dans cette chair qui a été pour elle l'instrument de la volupté . 4.. 1930. 100. malheur 2.200 LUX PERPETUA du cadavre et erre plaintive autour de lui. Ed. I. 13. 149. Somti. Réf. Cf. est. Philolaûs. 2. Symbol. quand les temps sont accomplis. caractère produit des effets funestes non seulement dans mais dans plusieurs autres à travers les siècles. 21. 617 C. 1196. regrettant les jouissances qu'elle a perdues. Déjà Empédocle.. VIII. qui fera son.. Toute tendance vicieuse contractée pendant leur éjpais l'attire vers cet objet où elle doit s'enfermer. trouvé à Tibur. fr. 3 so^r. 5. 265.'.. Une fascination semblable à de ses : La perversion du cette vie existence corporelle a pour elles des conséquences redoutables par leur durée. \Janankè n'est plus ici cosmique. qui exilait l'âme de sa patrie céleste pour la plonger' dans un monde sordide et douloureux. L'homme détermine par ses dispositions acquises son propre avenir dans une suite de générations.. cf. 11 (p. p. Dieu en est innocent » 3. 352ô 6E0Î o. ch. 25. De Styge.elle saisie d'un amour irrésistible pour ce corps un charme magique vœux. Cf. mais psychique. n. qui fait passer les âmes coupables dans des formes d'hommes.va!-io. Aussi. 2 .. 4 . n. un destin que l'âme s'est à elle-même créé. 5 . X. 40. 3. De = 904. C'est à ces doctrines que fait allusion Virgile lorsque dans l'Enéide il nous montre les ombres rassemblées dans un lieu écarté des Champs-Elysées et nous révèle qu'un millénaire étant révolu.. devenues pour elle une seconde nature i. fr. La fatalité qui la pousse à s'incarner et à souffrir est regardée ici moins comme une loi inéluctable de l'univers que comme une nécessité interne. VI. responsable Ainsi les maux que subissent les âmes ne sont pas imputables au créateur mais à leur propre malice. d'animaux fétatoire. porte cette sentence du Maître de son choix. un appelle vers le fleuve Léthé en grande troupe. Bidez) . afin qu'elles l'oubli du passé et « recommencent à vouloir entrer dans des corps dieu les y boivent »'^. I. elle recherche cette demeure qui lui permettra de retrouver ses habitudes sensuelles. g. Platon. et f»/y«.

. où un Dieu transcendant. Wachsra. 2. mais non de caractère. 189a. 49. fr. %%. ss. De anima. XV. 48 (p. même des Pythagoriciens rejetèrent les fables qui avaient cours au sujet du Tartare. matière à poésie. Le nombre des âmes qui peuplent ainsi la terre est. 4.. 18 .. R. déterminé dès l'origine ^ lelles changent de résidence. Sali. 3 . î^ît. Virg. et ce qu'on appelle mort n'est qu'tine migration. Diels. et se saisit à sa guise d'organes divers des bêtes il passe dans des corps humains. Doxogr.. En. 1. selon certains théoriciens. On la reconnaît dans ce développement. Idée analogue Polybe. 19. Tout change.ètam. rien ne périt. n. ehes. VI.la nature la vie est éveillée par un même principe divin qui passe d'être en être en animant leurs formes diverses*. celui-ci rassure les esprits hante la terreur de l'au-delà. Philos. où Ovide semble avoir mis en vers prose de Varron. . Tertullien. der \Mittleren Stoa. cf. et jamais il ne se perd ».. npôç Târ. De même. sufra. 127). dans Stobée I. De anima. Tertull. Efist. et toujours abandonnant leur siège antérieur.or{phoses craintifs l'effroi d'Ovide prêtent à Pythagore ^. et périls Les âmes sont exemptes de la mort. 409. et la station sur la terre paraît avoir déjà été pour lui le vér'itable enfer 1. 580 . Tim. Au premier siècle avant notre ère. que les âmes aspirent à retrouver. le souffle vital circule.). p. l'influence du panthéisme stoïcien. du nôtre dans ceux des bêtes. 19. 416.. philos. p. d'un monde . qui insiste sur l'identité des âmes particulières avec l'âme universelle dont elles sont des parcelles.. sur ces vers obscurs. 17. 1221. il va et vient deci delà. Sextus Emp. p. 3. en particul'ier celle des Épicuriens et des Stoïciens. que consterne que d'être glacé par la mort. Quand la critique philosophique.CHAPITRE IV. dans le discours que les — — M. c. — TRANSFORMATIONS DES ENFERS 201 ou de planteSj ne mentionne pas les tourments et les terreurs de l'Hadès. 108 . 153 ss. v. elles vivent dans de nouvelles demeures. Schmekel. log. tr.. «Timaios». nous voyons le Pseudo-Timée de salutaires il est vrai Locres déclarer que ces récits sont des fictions inventées par Homère pour détourner du mal ceux que la vérité n'aurait pas suffi à maintenir dans la bonne voie 2. « G genre humain.. Sotion dans Sén. Pythag. s. tout au moins dans les fragments conservés de ses poèmes. Cf. 104 A. p. E. . 30 . Met. 5. eut rendu inacceptable pour tout esprit cultivé la foi en l'Hadès mythologique (p.. Hermès Trism. 571. Rohde. Porphyre. 434 ss. comme d'un Hadès obscur où elles doivent être reléguées*. IX. siège .. 721. 6. cf. Cf... Ovide. Locr. p. pourquoi redoutez-vous le Styx ? pourquoi fictif ? des ténèbres infernales et des noms vides de sens. col. Dans toute. Dans cette forme de la métempsycose il est fait abstraction d'un empyrée.

. I. Epist. XV. 2. Vin. parmi les reptiles des dragons. C'est à cette doctrine « Cette doctrine eschatologique pouvait sembler difficilement conciliable avec celle d'une rémunération éthique. et le sage doit pratiquer le végécongénères. LXXXV. IV. . Ce voyage sans trêve leur fait parcourir toutes les espèces du monde animal. Enée de C'est le genre de métempsycose qu'Hérodote. 7 . une chaîne ininterrompue unit l'existence de toutes les espèces. infra.. . p. 297. N. (Prog. attribue aux Egyptiens. Rép. Pseudomantis. 6 Hermès Trism. dans la nature. 108 Ovide. i. cf. Platon. Pour mettre d'accord espoir la croyance à la rétribution future avec celle du cercle inéluctable des migrations. Met. 197. que sa stupidité avait prédestiné à cette métamorphose^. cf. 1888. de se nourrir de nos de dévorer nos « semblables » *. V. p. Si. 620 d . Wachsm. 12 j Théodoret. tirant les conséquences logiques des prémisses admises et justifiant théoriquement une croyance qui remontait aux origines (p. cf. Haeres. Timée de Locres 17. 104. dans Stob. Cf. 889 ss. cette nécessité semble en contrad'une récompense posthume. p. TertulL. semblables à elles-mêmes.202 LUX PERPETUA en quantité égale. Pyth. 19 ss. 49.. tarisme. 48 (p. des reptiles pour et restent toujours elles sorties il est impie.) Ailien.. H. Hermès Trismégiste meilleurs des hommes deviendront parmi les oiseaux des aigles. 354. C'est pourquoi que songeait Sénèque lorsqu'il nommait Apocolokyntosis. Pline. Diogène Laërce. supra. fr. Sénèque. p. 5.. l'apothéose de l'empereur Claude.. 465. 40. 127 Diels = . .. V. G. si une fatalité inexorable veut que la vie se êtres inférieurs. des poissons. 4 3. 15). Birt. p. De Senecae Apocolok. des quadrupèdes. parmi lès quadrupèdes des lions. anim. De anima. Nat. XII. 108. 416. on établit tme échelle de valeur morale parmi les animaux eux-mêmes propage de l'homme aux diction avec tout . Mais certains. le charmaient encore par la douceur de leur miel ou la suavité : dauphms ^ On de leur chant. cf. Empédocle. VHI. 174 ss. H. Hermès Trism. les justes dans prétend même savoir que les enseignait aussi que les philosophes éminents se transforrt\aient ceux qui avaient nourri le genre humain de en abeilles ou en rossignols leurs discours. Vlll. — . 123.30. Gaza. . Cf. transformation en citrouille ». Elles passeront successivement dans des oiseaux. ch. 1. affirmaient que la vie du règne végétal elle-même dérivait du même principe que celle du règne animal et que la transmigration s'étendait jusqu'aux plantes ^ revenir ensuite à l'homme'. P. Plotin. 4. 33 . p. Lucien.. les les hommes injustes s'incorporaient dans les espèces espèces paisibles^'. 196). A peine sontd'un corps qu'elles pénétrent dans un autre. Marbourg). dans Stobée (I.. Jamblique. parmi les poissons dep sauvages. 3 Wachsm. 398.

Ambroise. mais sage Ulysse. le magique des plaisirs. 12. 10 (PL. IV.. La transmigration de bête à bête. v. Ré-p. les quadrupèdes par leur 2. Gr. 126 Porphyre dans Stobée. cf. 29 (PG.) . 1220. i. XIV. 584 a). suivant eux. 5 Pseudo-Plut.). 3. avait parlé au figuré et que les « ânes ».. Circé est le cercle des réinpoètes*. 20 .. 49. Ode. 60 (p. c. Hermès Trism. II. « Timaios ». . les peureux et les paresseux des poissons. fythag. 7].. Vita Homeri. 49 (p. Un et esprit raisonnable de raison. In Rufi- num.. c'est-à-dire à la raison Le passage dans le corps d'animaux cesse ainsi d'être une loi imposée au genre humain pour devenir une punition infligée' seulement aux vicieux.. 445. Certains penseurs rejetèrent même absolument cette forme de la métempsycose. et 768. s. 11 Bidez = Aug. Toutes les du système et exemptèrent-ils les nobles esprits d'une dégraâmes ne furent plus condamnées à se loger dans des corps d'animaux. et le côté merveilleux de ces métamorphoses zoologiques était propre à séduire l'imagination des De leur côté les théologiens interprétaient ingénieusement et laborieusement le récit homérique de Circé changeant les compagnons d'Ulysse en bêtes comme une allégorie de la métempsycose. I. Tertull. — TRANSFORMATIONS DES ENFERS 203 sort même de ces privilégiés pouvait ne pas sembler fort enviable selon remarque des adversaires de la métempsycose 1. 482 ss. Timée Locr. grâce à Hermès. pp. Civ. Tels les débauchés. . Wachsm. De natur. Delatte. c. 713.. 42). qui devenaient dans une autre existence des pourceaux. Enée de Gaza. Phédon. Ovide. les personnes légères et frivoles des oiseaux ^. 206 ss. E. X.. p. I. demeurer dans un être privé se faisait donc exclusivement d'homme à homme l'opinion défendue notamment par Porphyre et pour écarter les textes de Platon contraires à leur doctrine. 8ie avec la note de Robin (p. p. R. ibid. Claudien. les « loups ». Trouver pour chacun des personnages illustres du passé l'animal qui convenait le mieux à son caractère était un jeu d'esprit divertissant. II. et De regressu anim. Ce fut qui. 1915. Ed. 6. Philos. /. carnations que subissent ceux qui vident la coupe à laquelle échappe qui le guide''. Porphyre. pp. II. III. fr.. TibuUe. 5 i [III. mais seulement celles que la bassesse de leurs penchants avait assimilées à la bi*ute.Yllî. Elles étaient attirées par l'espèce dont l'instinct était le plus conforme à leurs inclinations et â leur genre de vie 2. 417 Wachsm. Platon.ch. Ed. 358 et 376. hom. . Cf.. Zeller. XL. col.CHAPITRE Le la IV. 11 Boissonade Jamblique Némésius. Aussi les moralistes firent-ils fléchir la rigueui. p^ 128.. De hono mortis. dation bestiale.. et infra. 33 . 30. Cf. Deî. Jamblique soutinrent qu'il « lions » désignaient des gens qui ressemblaient à ces ignorance ou leur férocité^1. Cf. l. 620 a . — : . De anima. dans Stobée. Etudes sur la littér. 361). 4. ne pouvait. V>héo-phraste.

67. cf. pp. 10 . XLIV. 7 s. Fable. Mais selon leur coutume les Pythagoriciens ne rejetèrent pas comme erronées les traditions anciennes que leur ils les empêchaient d'admettre au sens littéral *• interprétèrent allégoriquement Les Enfers sont. Pascal. sont la conséquence impénétrable d'une vie antérieure.. 14. Macrobe. I. 160. 439. s'élèvent il tares morales dont est affligé lui dès sa venue le passé de fautes commises par dans ou s'abaissent suivant leur mérite ou leur démérite. 01 et . II. sur ce qui suit. Quaesf.. Somn. la tristesse et la haine. Les châtiments sont nos pour Hermès Trism-. 40. myst. 134. 203. cf. Sans quitter cette terre. L'Hadès est ce bas monde où nous expions les péchés d'une incarnation précédente dont nous avons perdu aurons pendant notre brève station sur la toute sensation. et la naissance même d'enfants infirmes ou vicieux peut être invoquée comme un argument décisif en faveur de cette préexistence coupable*. 198 . 295. Cicéron. IV. qui brûlent les criminels de leurs torches et les flagellent de leurs fouets. et nous. Paradoxa. 3. De 2. 234. le souvenir.204 LUX PERPETUA ce qu'elle pouvait offrir de choquant ou une conception de l'humanité et du métempsycose de. nous le disions. le Cocyte et le Styx sont la colère.ïlon. Scip. Ph. 18.. sommes en réalité des morts enfermés dans le tombeau du corps. note 37 Nock-Festugière. Servius. VI. 4. IV. deviennent les vices qui les raison ou leur moralité les : torturent*. De legibus. 229-240. restait s'imposer aux esprits réfléchis par sa grandeur. in vices personnifiés. douze en nombre 212. qu'elles représentent trois péchés capitaux : Sallust. qui croyons vivre. 205. 24.... 10. p. les ati monde. pp. on spécifie 19 même Jambl.. Lfes défauts physiques. toute volition que nous terre. 1920. Les Furies. Dans la suite des qui pouvait flux de vie circula générations une ascension progressive ou une régression ignomineuse ennoblit ou avilit l'homme selon la conduite qu'il a tenue. . Vh. Genesim.infernatux de la. Cf. notre terre parce qu'elle est le plus bas des cercles cosmiques (p. Un même à travers la variété des êtres animés qui peuplent l'univers. car elles influeront sur la condition morale et physique du genre humain jusque dans un lointain avenir. et toute pensée. Êw. p. 12. Dépouillée la même de monde ridicule. 1. . Pro Roscio Amerino. Le Léthé est l'oubli qui empêche l'homme de se souvenir de sa vie antérieure '. Les quatre fleuves . 196). les âmes passant immédiatement d'un corps dans un autre. le remords. 4. sont grosses de conséquences indéfinies. philos. I. R. FAchéron. Pour les tenants d'un tel système les mythes infernaux imaginés par les poètes devaient paraître inacceptables. le Pyriphlégéton.

Tantale. 109 ss. pp. /. pp. R... . 4. 6. lié à une roue. désignent les âmes insatiables de jouissance. Ph. Carcopino Basil. Éficure. /. 603 280 ss. Juvênal. Lucrèce a pu ainsi introduire dans son poème une digression qui concilie avec les principes de l'épicurisme l'antique mythologie atomes. p.Lucrèce.. . 1003 ss. R. Même les vieux dictons de l'école furent détournés de leur sens pour devenir des allusions à la métem- psycose s. Cf. 191 ss. 978 ss. qui s'épuise en vains efforts pour ^ atteindre la cime des honneurs • Titye dont les vautours dévorent sans trêve les le foie. /. Un de leur incrédulité ^ Il ne pouvait être question pour eux de réincarl'âme était détruite au moment du décès par la dispersion des puisque La transmigration qui. Pythag. 1014 ss.CHAPITRE IV. Excursus. Festugière. Cf. et cesse renouvelés. pour les Pythagoriciens. L'ingéniosité des Pythagoriciens se plaisait ainsi à varier l'interprétation moralisante de la mythologie infernale. est l'homme qui vit dans la crainte perpétuelle des malheurs dont le menace l'aveugle destin. Rohde. Cf. Ph. 1. c. et seule subsista la l'affirmation que les supplices du Tartare. fr. d'être .. 30. — TRANSFORMATIONS DES ENFERS ' . Sisyphe poussant jusqu'au sommet d'une colline un bloc de pierre qui roule chaque fois au bas de la pente. Cf. est l'ambitieux. Ph.R.. n. 205 la colère. 232. 233. pareil symbolisme aboutissait en réalité à détruire les croyances qu'il prétendait conserver. XXII. qui remplissent éternellement un vase dont l'eau fuit à mesure qu'elle y est versée. . Macrobe. et les Épicuriens s'en emparèrent pour le mettre au service nation. L'adoption de ce symbolisme par les négateurs de l'immortalité était peu c. c. avait été la raison de tout cet allégorisme. est le pécheur rongé par des remords sans ou l'amoureux que déchire l'angoisse de la jalousie. Psyché. Les Danaïdes. désignaient les tourments que les passions infligent aux humains en cette vie. Lucrèce III. p. III. 131 ss. tr. Symbol. le malchanceux continuellement éprouvé par les vicisside la fortune. p. qu'épouvante un rocher suspendu au-dessus de sa tête. 2.. qui peinent en vain pour satisfaire leurs désirs toujours inastudes souvis*. Ltacrèce. /. fut passée sous silence. c. . partie négative de la doctrine dénués de toute réalité. •Ixion. . 3. p. l'avarice et la llixure Ou encore elles sont les reproches qui bourle ' rèlent la conscience du méchant et qui poursuivent . S. 3. même qui toujours se reconstitue. III. de l'Hadès. Oîi interprétera de mythes des grands coupables suppliciés dans le Tartare.

Symbol. p. de la foule romaine répugna toriours à croire que l'intelligence humaine pût êtie transférée dans des brutes obtuses et immondes. Les polémistes se gaussent de ceux qui s'imaginent que l'âme raisonnable se cache dans les les inscr. soutenir que les vdces portent en eux-mêmes leur propre peine et qu'une vie de plaisirs devient cruelle pour celui qui s'y livre. 1. regardée à la comme une peine et une pollution Son séjour ici-bas soumettait néceset sairement l'âme à la souffrance foncier s'opposaient non seulement à l'avilissement. continuait d'être partagé par l'opinion commune. et que dans l'immense production de la sculpture funéraire on voit représentées très rarement des scènes du Tartare".. VI. ce châtiment pouV(ait sembler assez doux à la bassesse d'esprits médiocres. CIL. mais l'optimisme de la plus puissante des sectes philosophiques. : = . Si la seule punition de la scélératesse était la renaissance dans un corps où l'âme s'abandonnait aux pa. De fait. Mais si la croyance à la transmigration avait été largement répandue. invoquées ont un sens doutjeux Kaibel. 30. E.. cf. La rétribution future attendue justice divine put paraître mal garantie par l'hypothèse d'un Enfer purele propre à de la ment terrestre. pour laquelle la vie était un l'humanité sont infinies. 33. était un paradoxe que l'expérience quotidienne suffisait à réfuter. fr. Toutes . L'on est frappé de ce fait que dans les milliers d'inscriptions fiméraires. il n'en est aucune qui fasse clairement allusion à la métempsycose i.. Epitaphe de Panticapée Symbol. de même qu'elles se taisent sur les peines que l'ombre peut subir dans les Enfers. 4 . 1 16). le stoïcisme. Pourtant à ce pessimisme la recherche épicurienne du plaisir. p. On pourrait supposer qu'elle n'y est pas mentionnée parce que la réincarnation étant conçue comme un châtiment.ssions.. qui avait été aussi celui de la Grèce ancienne (p.2o6 LUX PERPETUA recommander aux yeux des croyants. 1550. 304 . notje . 2. L'hypothèse d'un Hadès terrestre ne fut jamais accueillie par la majorité des esprits. Epigr. Rohde. 580. n. que les événements de ce monde et le destin de dirigés par une Providence d'une sagesse et d'une bonté optimisme. grecques ou latines. les épitaphes évitent d'en parler. Cet don précieux qu'on craignait de perdre la et dont les épitaphes ne cessent de L'on peut croire aussi que le bon sens terre-à-terre déplorer privation. p. qui enseignait que la vie est un bienfait reçu des dieux. une fêté à laquelle nous sommes tous conviés . C. tr. 13528. En réalité la métemfois psycose impliquait une conception péjorative de la vie terrestre. l'épigraphie funéraire nous apprendrait au moins que le défunt s'est soustrait à la nécessité d'une renaissance pour gagner le ciel.

. Graec. Denis. 13 ss. mais trouve au contraire l'accomplissement suprême de sa destinée. d'Origène. p. 8. Jûd Volkes im Zeitalter ]. : 4. 4. Cf. Cf. La -philos. avait cette résurrection des morts donné de qui en fait la supprimait^'. PG. et l'on conçoit qu'il de la métempsycose en l'adaptant à son système « « « I. 6. Koetschau). Mais la métempsycose des poètes ne fut jamais dans le monde romain. s. Origène. p. de Faye. Gesch. cathol. De anima (PG-. p. iio B). l'Eglise* la Etrangère au judaïsme orthodoxe *. Elle est redevenue au Xixe siècle une doctrine cardinale des théosophes. . c ss. III. puis. De princip. qui se sont inspirés à la fois du samsara hindou et des Néoplatoniciens. Origène.. p. sufra. LXXXIII. une interprétation philosophique ait pu rénover la doctrine de l'apocatastase ou réintégration finale'. « Métempsycose ». C. ne subit pas tme : épreuve transitoire et n'est pas placée dans un état misérable. z. XLVI. 102. Cf. 5. La doctrine de la trans- migration faisait violence à la fois aux convictions de la majorité des penseurs et aux sentiments instinctifs de la multitude. Ces spéculations audacieuses ne purent survivre à la condamnation de l'origénisme. commue dans l'Inde. Tout porte à croire qu'elle fut aux premiers siècles de l'Empire la doctrine de cercles restreints d'initiés et d'une petite minorité de philosophes. Mais un mouvement inverse les fera plus tard remonter successivement par les mêmes degrés jusqu'à leur séjour céleste. Suivant cette conception les âmes légères.. s'alourdissant encore et privées de la raison. perdant même leur sensibilité. XL VI. I. p. il est vrai.. participer de la vie des plantes. Dict. enfin. en se réunissant au corps. II. ss. descendre dans des animaux. 391. de théol. suivant lequel l'âme. E. 309 ss. v. de Nysse. aff. 1884. p. Denis. qui accompagnaient les révolutions des cieux..CHAPITRE IV.. Grég. 25 Origène. et la transmigration fut rayée du credo. de l'Europe chrétienne. Admise par les Cabba3. la foi vivante qui dominait les pensées et dirigeait les actions d'une large portion de la société. — TRANSFORMATIONS DES ENFERS 207 cavernes avec les serpents. s. m . p. ont pu pencher vers le mal et être précipitées dans un corps" humain. Son côté pittoresque put plaire à " et prêter à des développements littéraires. 203. p. « Transmigratioa » (Jewish). ss. 435. elle fut dès l'origine combattue par elle était en contradiction avec le dogme de la résurrection de chair. ou se nourrie de chair crue comme porte des fardeaux comme les bêtes de somme les carnassiers*. Théodoret. curae (PG. De anima. 190 Réfutation de Grégoire de Nysse. v. n. 4 (p. Schurer listes Hastings Enc. 1106 C).

3. p. on lui donne à bon droit le nom d'Infen'^. p. Si. un élément ténébreux. I. ch. Dei. 128 ss. Parfois la désignation est réservée à la partie la plus basse de l'air épais et humide qui enveloppe notre globe et que hantent de préférence les démons malfaisants ^. .. Ce pouvoir attribué aux Vents sm* le sort des âmes les a fait souvent représenter sur les stèles funéraires soufflant vers l'image du mort dont ils doivent faciliter l'ascension®.. 3. I. Somn. Cf. 2. lorsqu'il n'est pas éclairé. Syinbol. Symbol. où s'exerce surtout la malfaisance des puissances : 1. et si on l'appelle Hadès ("AtSyjçj. p. Porphyre. les tempêtes la roulaient et la secouaient et en arrachaient ainsi violemment les souillures qui s'étaient Les Vents. place les Enfers dans les airs. elle eût été délestée dans cet enfer atmosphérique. exempte de fautes.. fig. 171. et infra. Cf. L'atmosphère est en effet l'espace redoutable que doivent traverser les esprits des morts avant d'atteindre les sphères étoilées. Macrobe. Prudence. 5. Cathem. 59 « Inter lunam terrasque locum mortîs et infe- ss. en rapport avec la doctrine de l'immortalité céleste que nous avons exposée précédemment. Symbol. avait gardé sa pureté native.. Cf. XIV. p.2o8 LUX PERPETUA Une croyance beaucoup plus répandue. Dans bas-fonds de l'atmosphère errait plaintive. c'est parce qu'il est (âsiSïjç) l'atmosphère. elle incrustées en elle. Si l'âme s'était épaissie par son contact avec le corps. si elle se trouvait alourdie par les appétits matériels dont elle n'avait pu durant la vie se libérer. ii. 4. surprise des supplices qu'elle endurait *.. 297. p. de douces brises la soulevaient et. Car si elle était tachée et salie. p. les ouragans la saisissaient dans leurs trombes. Symbol. 60 . purifiée. 6. la portaient jusqu'aux astres^. 6 rorum vocari ». Scip. p. voisine de ce bas les Enfers ne sont pas seulement cette zone^ monde. par sa nature propre. p. et supra. l'échauffant de leur haleine. Si l'on parle de l'obscurité des Enfers. divinités tantôt vengeresses et tantôt bienfaisavaient lui faire expier rudement ses crimes. Cic. au contraire l'élever vers les hauteurs de l'éther. où ils trou-J veront le repos. 124. c'est que cet air est... jusqu'à ce que. X. 210. VI. Aug. 49. 153 ss. Symbol. 117 2. elle fautes. . Comme cet espace sublunaire est inférieur aux cieux que l'on se figure superposés au-dessus de lui. son poids même ces l'obligeait à séjourner de la terre. 124 ss.. Ibid. 129. . 42 Gornutus. cf. p. j cf. s^. 25 ss. I. mais ils pouvaient au santes. à « invisible » 3. Eclog. Vusc. Civ. p... dans Stobée. voisin du fardeau de ses qui la recevaient d'abord. Selon une croyance très répandue.

VI. à d'autres en. Dans le rituel.. ils pussent éviter les épreuves semblables Hans Une autre vie (Fig. Gor2. . des zones concenen mouvement autour de la terre pesante et stable. aussi Sénèque. Sans doute de vieilles idées orien. 18. 3 . cf. a . qui est le plus proche de nous. En.). — TRANSFORMATIONS DES ENFERS 209 Ils s'étendent. C'est à un triple châtiment par l'air. Parmi les âmes « Igs unes s'envolent légères suspendues aux vents. surtout dans ceux de Bacchusi. Juvénal. toujours après s'être frayé un passage à travers l'air épais. 111. Philon.or. pp. alixs sub gurgite vasto / infectum eluitur scelus. p. i. Virg. Die vier Elemente in der Mysterîenweihe (dans Symbolae Osloenses IV). le.i.tales sur l'océan céleste et le fleuve de feu furent-elles formulées avec une rigueur nouvelle par les: philosophes qui exposèrent la doctrine de la purification par les éléments'. Ibid. Cf. 741 j cf. 10. 201 ss.. où commence épreuves encore.. I. XX..485. afin que. p. L'air. où les mystes étaient soumis à des fumigations par la torche et le soufre. 3. En. "Cusc. l'eau et le feu. En. . Dès sur tout l'espace compris entre séjour lumineux et paisible des dieux lors l'âme sera soumise. 5Servius.. ce qu'après Cicéron. 133. la lune. pensae ad ventes. à des ablutions. : Aliae panduntur inanes / susCicéron. la et IV. De spec. gias. Georg. Consol. 735 . qu'elle est donc soumise. terre et des Elus. 740 ss. VI. legibus. p. 42 Virg.. 26. Cohn-Wendl. ad Helv. p. n. 275. I.. 134SS.ij^. 130 ss. VI.seigne-t-on aussi. Rel. L'âme triques. purifiés par le feu. et qui y laissaient des cicatrices profondes ^. laquelle est humide et embrumée à cause des exhalaisons de la terre.. 10^ (V. Symbol. enracinées dans les âmes conçUtCs comme l'eau et le matérielles. suivant les cosmographes. cette cathartique était rappelée aux bacchants par l'emploi du van mystique (ATxvov). feu forment. Elle a pénétré dans les mystères*. Le stoïcisme voyait dans les tares qu'il fallait effacer. p. par l'eau et par l'air. 3)^.. traveree nécessairement cette partie du ciel où les nuages se rassemblent et d'oii tombent les pluiesi. puis à une ventilation.CHAPITRE hostiles. Servius. aut exuritur igni » . 2. Le van agité par le mois- pailles sonneur nettoie le blé en le dépouillant de la baie qui l'enveloppe et des qu'emportent Ips souffles de l'air .. Virgile a ^exprimé dans des vers souvent commentés 2. Ces cicatrices de l'âme déjà dans Platon. 43-59. et elle pénètre ensuite dans la région ignée qui s'étend au-dessus. Symbol. avant d'être purifiée. 1926. 4. 243. 524 d. pour d'autres le péché qui les infecte est lavé dans un gouffre immense ou brûlé par le ficu ». Cette doctrine du passage au travers des éléments n'a pas été seulement celle de théologiens spéculatifs. de même les vents enlevaient les 1.. I. des sortes d'excroissances. Eitrem..

Fig. Lions \¥=^ = feu. . Tritons = eau . 2. Stèle de Walbersdofi Passage au travers des éléments. — Vents .

66 Thomas). 167 Wûnsch) j et Pseudo-Apulée. et les Byzantins n'en avaient pas perdu le souvenir. Ailleurs par l'Etre suprême du haut du ciel dans l'abîme et livrées coupables rejetées aux tempêtes et aux tourbillons de l'air.. 149 (p. D'autre part elle s'est conservée dans les apocryphes chrétiens. n. TRANSFORMATIONS DES ENFERS 211 De son côté Hermès Trismégiste enseignait avoir enfreint les règles de la piété. p. — Purification bachique par On les éléments Cette doctrine et du passage à travers les éléments obtint jouit d'une faveur durable. 1. p. Symbol. . âmes âmes il nous montre ces appelaient le Tartare et le Pyriphlégéton. . 130 ss. 25 (III. Clément Alex. Celui-ci n'a même pas fication entièrement disparu de nos jours l'abbé Terrasson ayant introduit la puripar les éléments dans im roman qui connut im certain succès au : XViiie siècle. EcL -pro-phet. que les poètes adhérant aux âmesi.CHAPITRE souillures les IV. 135. 165 . IV. 1 .. i. étaient livrées aux démons et.. Georg. Ascle-pîus 28 (p. 3. 137 et pp. . I. une large diffusion en peut relever les traces dans les mystères d'Isis et les papyrus magiques d'Egypte. dans les livres gnostiques et le manichéisme. elle a passé dans le livret dje la Flûte enchantée de Mozart Les souffrances que le trouble des éléments faisaient subir aux âmes dans leur traversée de l'atmosphère n'étaient pas le seul danger qu'elles eussent à . . 2. Servius. Symbol. 143 Stâhlin) . 136.es dans les zones de la grêle et du feu. de l'eau et du feu en discorde * . après que leurs corps. De mens. ^ Cf. Symbol. .. Fig. p... 3. qu'emportées dans les airs elles étaient lapidées et brûlé. se séparaient de qui. p. cf. Lydus.

Proclus. Cf. VI. Inscr. 47 .. 8 ss. . de récits poétiques des Grecs. I. ne peut aujourd'hui être saisie nulle part mieux que dans le Vie livre de l'Enéide. suivant l'opinion la plus accréditée. p. 139 Lods. n. Sym3. 148 (p. soit que celles-ci fussent brûlées par les feux du ^ par les eaux de la lune ou bien qu'elles dussent passer à travers les cercles planétaires. Symbol. p. Macrobe. DieU.. et elles sont restées sans influence étendue sur les croyances eschatologiques. 117 . peut-être des imaginations personnelles de quelque théologien païen. sans souci de précision. Lucani. où tourbillonnent l'air.. chez Lydus. CommenU Bern. 140.. Aux changements et à l'inconstance du monde de la génération s'oppose le calme et la régularité des sphères supérieures que parcourent les dieux lumineux. 15. Cf. 2. p. Cf. IV. les croyances ancestrales par une théologie qui transférait l'Hadès quelque part entre la terre et la lune. p. Lactant. supra. les âmes en les gouffres la peine trouveront la tranquillité*. ch. 48. II. si elles n'étaient secourues par la protection de dieux psychoy redouter. su-pra. l'âme ne connaît pas de repos. Symbol. 146 . . Somn. VI. (Comment Arist. 5. Au risque de sembler se contredire.. 94. Acad. entre lesquels on répartissait les quatre éléments^.. C'est là qu'enfini. dans cette menacent des esprits hostiles. 448. p. m. R. Certaines théories aberrantes i^e faisaient commencer le séjour des justes qu'au-dessus de la sphère des étoiles fixes. 167. 2. de ces idées d'autrefois. p. ce Purgatoire aérien était peuplé de démons qui les châtiaient. 4. 71.. sont soumiis à un rythme harmonieux. mais ce sont là des variations secondairest. 860. p.la descente d'Enée aux Enfers. I. infra. Placidius. la géogramais il n'admet plus la vérité littérale . C. p... 25. XIV). Cf. les vapeurs et le feu. ch. Zbéb. 1940. Jamblique. bol. 3oo. Cf. 11 reste fidèle en apparence à la tra- La transformation opérée dans dition mythologique et littérairei. Scip. il phie immuable du royaume des ombres garde le décor conventionnel. Mais à la sphère de la lune commence la région de l'univers où les mouvements des astres déterminés par des lois éternelles.. En racontant. ou pour mieux dire laissant.21 a LUX PERPETUA Comme nous le verrons. p. et étendaient jusque là les épreuves purificatrices soleil et lavées des âmes. In Meteor. Virgile s'est inspiré d'antiques « Catabases »^. Il sait quelle signification figurée les philosophes attribuent aux vieilles fables de l'Hadès^. retardaient leur ascension et pouvaient les précipiter dasns les abîmes. * pompes Dans zone où . s'exprimer en 1. p.. Wûnsch) . Philopon. I. . In Vim. De mensib.

avaient déjà d]ans leurs vers voulu indiquer. croyait-on. 719 ss. « Je ne m'enfoncerai pas tristement vers pas l'ombre à qui l'on fait passer les flots les ondes duTartare. p.. \ Cependant parfois cette mythologie infernale est curieusement développée. 1926 (N. 4. p. S. — la TRANSFORMATIONS DES ENFERS 215 il rappelle cette eschatologie savante.. N'avons-nous pas vu se perpétuer jusqu'à nos jours dans l'ancienne Gaule la coutume de placer dans la bouche ou la main du mort la pièce de monnaie qui servait à payer à Charon le passage du Styx^f? les recueils d'épitaphes métriques. chez Virgile. ces vérités philosophiques sous le voile de l'allégorie. en changeant il est Les inscriptions!. cf. coup plus élevée comme les écrivains.. des vrai de caractère. I G. 1924. la purification. Elle est d'une conviction ou du moins d'une espérance. su-pra.. XII. 382. transmigration des âmes. nous avons déjà noté ce point. E. et celle-ci devait finir par s'imposer de nouveau. Cf. i . Van Geimep.7i- ' 1 13. 93. n.. on verra qu'elles congrand nombre à parler des Champs-Elysées et du Tartare^ et de tous ces figurants du drame des Enfers que la poésie grecque avait popularisés mais toute cette phraséologie de la langue versifiée. supra. 1109. et non une fanl'expression taisie brillante exécutée sur un vieux thème poétique^. à la fin du paganisme. n'est pas autre chose que réminiscences littéraires ou métaphores Si l'on parcourt tinuent en . p. Mais elle ne réussit pas à éliminer complètement l'idée d'un enfer souterrain. C. Symbol. sérieusement compromise. sur le « sou du mort 7 » ss. et je ne repousserai I- Cf. et une épitaphe de la voie La- .. Ainsi la longue inscription d'un tombeau romain * nous montre un jeune homme descendant de l'éther pour annoncer à ses proches qu'il est devenu un héros céleste et ne s'est point rendu dans le royaume de traditionnelles Huton. prouvent que la croyance au séjour âmes dans l'atmosphère s'était largement répandue. p. Athenaeum. une portée beauque ne l'aurait eue un simple exercice littéraire. 103. La descente aux Enfers prend donc. puisque les anciens poètes. p.CHAPITRE vers IV.. 5.. l'ascension. foi qui a longtemps dominé les esprits ne disparaît qu'avec peine et derrière elle des traces persistantes dans les sentiments et dans les Une laisse usages. n° 62. cf. je ne serai de l'Achéron. I. à propos de ce aurait pu être seulement le récit d'un voyage mferveilleux au pays des qui morts. Dicane. L'unité de la conception et de la composition pouvait ne point paraître harmonieux une pensée ondoyant©. IV).

. Sisyphe. que leur signification première en était devenue indistincte. extrêmement rares. . où la . p. 45. I. Celle-ci n'hésita pas à employer ces clichés païens. Les monuments funéraires reproduisent aussi. s. Mais ces images traditionnelles étaient répétées sans que l'on crût à leur réalité^ et elles la temps modernes. 1915. Cerbère comme gardien de l'Hadès^ Oknos et son âne.. p. indigène. 76. continuait. ne subirai pas me verra pas errant dans un ténébreux séjour. le Soleil. 29 ss. même pour la ville de Rome. L'on peut en fournir la preuve. Helbig. nous avons Si nous n'avions que la poésie et l'art sépulcral pour attester la persistance des croyances du passé. la Lune et les dieux manquent pas souterrains qui nous reçoivent » . ce serait un témoignage très sujet à caution. Ixion. on ne pas de et Charon au front menaçant. 3. où une plèbe métissée croyances de l'Orient religion ^ vit se mêler à l'ancienne foi italique toutes les atavique à plus forte raison dans les pays du Levant. je ne redouterai pas la sentence du vieux Minosi. Charon dans sa barque. La et le xviie siècle devaient encore en user et en abuser dans les sculpture funéraire continuait à répéter souvent les thèmes Les sarcophages nous montrent parfois le défunt conduit par Hermès psychopompe en présence de Pluton et de Proserpine. ni retenu sur la rive de l'onde fatale ».214 LUX PERPETUA ma rame la barque noirâtre. mais celui qui l'a rédigée croyait-il^ plus que les poètes contemporains. xa':a5(^G6vioi Geoi est peuvent n'être point Symbol. les supplices typiques des grands criminels Tantale. à l'antique conception des Inferi. avec cette ténacité qui la caractérise. Cf. Lex. si frustes à force Renaissance d'avoir servi. Wien. p. De même traditionnels. ne attestent la persistance de l'antique les témoignages qui d'un royaume obscur des dieux chthoniens^. et la mention de ces fréquente^. n° 1207. Fûhrer^. 42. Cf.. supra. à la réalité des êtres dont /il peuplait l'Hadès ? Il pare son discours d'une défroque littéraire dont devait hériter plus tard la poésie chrétienne. XXIII. Ainsi une épitaphe conception d'Elaiousa en Cilicie adjure « le dieu céleste. p. 74. n'avaient plus que la valeur de symboles. 2. p. v. Inst. . à être celle de la population. Beibl.. supra. Cf. Roscher. ch. Cf. hist. et surtout celui des Danaïdes^. Jahresh. 4. La croyance se maintient que les ombres I. Mais d'autres indices plus probants nous donnent l'assurance que la foi populaire demeurait attachée. A considérer l'ensemble des représentations funéraires'^ elles sont d'ailleurs déjà insisté sur cette carence -. Cette épitaphe date du siècle d'Auguste.

le dieu lunaire d'Anatolie.. il régnait au ciel faut en effet et sur le monde inférieur. Cette croyance à l'existence des Inferi. E-pic. ajoute que par crainte de pareilles peines on a recours à des incantations et Il à des initiations*^ cultes et ten'ir qompte ici de l'influence conservatrice de certains de certains mystères. p. 5. 181. Hadès y apparaît 'dans l'île de Chypre comme le roi « de toutes les Erinnyes » ou des « démons silencieux » ^. conservateurs d'un du passé. Les on voue un ennemi au malheur. était adoré comme céleste et souterrain Oùpàvioç et KaTaji^ôcvioç. 2.^ 27. C. 22i. tout en assurant que peu de gens redoutent encore Cerbère. . 8184. ch. vivi sec. qui furent en général ne répudièrent que tardivement la vieille conception royaume souterrain des morts. supra. p. Dittenberger 3. Dans plusieurs de ses dialogues Platon parlait avec tant de précision du transfert profondes d'autres des âmes dans les entrailles tardifs éprouvait de la terre. et Dessau. p. p. 6. p. 1904. condamnées à errer misérablement 1. AudoUent. nec inferi recipiant » III. Nous montrerons plus loin (p. Symbol. Non fosse suav. . font souvent par lesquelles iriention du royaume infernal ou des divinités qui y régnent. XXIV. où la critique rationaliste avait pénétré beaucoup plus avant dans le peuple. 8190 : « Nec superis comprobetur. que le nécromant fait remonter à la surface par ses incantations '. A. le sort des Danaïdes et autres épouvantails de l'Hadès. p. 1241. devait recevoir une force nouvelle de la renaissance du platonisme. dev^iennent des démions. Les fresques des sectateurs de Sabazius près du cimetière de Prétextât nous montrent la défunte V'ibia enlevée par Plu ton et descendant {discensio) dans la demeure profonde où elle est admise au festin des âmes pieuses ^. et y. Cf. cf. 236) comment les mystères. Religws. qui se maintenait dans les couches du peuple. Plutarque. fig. 461 ss. Cf. I. ch. Pareillement dans les papyrus magiques d'Egypte l'idée est souvent exprimée que les défunts s'enfoncent dans des gouffres ténébreux. V. iv. injra. Mèn le Grand. N. Plutarque. que même la subtilité de ses interprètes quelque peine à donner au texte une autre portée. Cf. bien que battue en brèche et çn partie supplantée par doctrines. ~ TRANSFORMATIONS DES ENFERS 215 (admises dans les Enfers. 257. Index. 7. bien que 1. qui considérait comme inspirés les écrits du divin Maître. 1105. 3. Defixionutn tabellae. 97. En Grèce miême. et se voir tablettes d'exécration.CHAPITRE IV. 4. p. -. et les Asiates qui émigrèrent à Rome ne cessèrent évidemment pas de croire qu'il était le maître de l'empire des ombres^. 178.

.omme de vaines imaginations ou des merveilles fabuleuses. que les derniers p. Symbol-. I. ni uniquement par leur fidélité aux doctrines de Platon. 15 Kroll 5 cf. 113. 1. et il est rempli de tout le désordre de la ra'atière. 354. Mais de même que les âmes qui vont au ciel sont réparties en des séjours divers et variés pour s'y reposer. 20 r. 1-2 avec les notes de Mommert. n. à propos de Porphyre j cf. 13 Kroll. Précisant ailleurs sa Les divers lieux de l'Hadès et les tribunaux et Platon nous ont enseigné l'existenc. avaient soutenu que l'âme. In V. gardée par les démons qui y assurent la justice. 121. ad intellig. sa densité devenait telle elle s'imprégnait qu'elle pouvait être entraînée dans les abîmes ténébreux de la terre*. II. . Proclus. 3. Si elle en est digne. înfra. Plat. d'autres punisseurs. qu'en par la seule logique de leur système. ch. 131.e. Sentent. Là se trouve. si au contraire elle a m'érité des peines. si elle s'enveloppait d'une gangue matérielle. p. les uns vengeurs. la prison des âmes coupables. Les commentateurs s'attachèrent trine ciens. le plus éloigné de celui des dieux. et si pendant son passage dans la glaise du corps elle s'était chargée d'une boue purement physique. Ce n'est point réalité ils altèrent. VIII.. En exposant les spéculations des Néoplatoniciens nous aurons l'occasion de reparler de leur interprétation de l'Hadès mythologique*.. Dans ce séjour. 24 Diehl. Porph. Cf. 23-122. qui se prétend le fidèle truchemient de Platon.2ié LUX PERPETUA donc à défendre ses adversaires.imaeum. In Remf. ne doivent point être regardés c. VIII. 126.^ XXIX. Ce sont eux qu'on appelle « fleuves » ou « épurants ». Là aussi des classes diverses de démions exercent leur empire. enfouies sous la terre ». certains l'aient tenté. ch.20-132. étant un « souffle ardent ». de même il faut croire que pour celles qui ont encore besoin d'un châtiment. s!ouvrent des lieux souterrains où s'infiltrent en quantité les effluves des élémlents supra-terrestres. Cf. Pour Proclus. les rayons du soleil ne pénètrent pas. il s'exprima ainsi : « souterrains et les fleuves dont Homère antiques croyances des Hellènes. . II. injra. la docStoï- du sage infaillible en réfutant les objections de Les nous l'avons vu. 10 ss. ch. 2. avait une tendance naturelle à s'élever dans les airs et ne pouvait s'enfoncer dans le sol. et ainsi s'alourdissait . d'autres purificateurs ou enfin justiciers. Ibid. 368. l'âme après la mort est jugée quelque part entre le ciel et notre globe. p. I. Ces citations suffiront à montrer comment les ultimes soutiens du paganisme revinrent aux pensée'. Mais Porphyre objecta qu'en s'abaissant à travers l'atmosphère de son humidité. elle sera reléguée sous la terre) '^. p. elle jouira dans les sphères célestes d'ime vie bienheureuse. 4. p. p. 2.

à plusieurs sectes gnostiques' et plus tard au manichéisme et la démonologie des philosophes eux-mêmes à son action. 142. et le domaine ténébreux de l'Esprit mauvais et de ses démons maléfiques. 134-172. un système où l'influence de la théologie perse est sensible*. L'opposition entre les obsqures retraites des Mânes et les demeures éclatantes de l'Olympe est ancienne. ils se plaisent aux I. 178 s. A. Relig... II. devaient être précipités dans sombres abîmes où régnait Ahriman. p. L'empyrée.. auteurs A y provoquer les pestes. iaudessous des étoiles fixes et des planètes « dieux visibles ». les famines. Le platonicien Celse croyait aux peines éternelles de l'Enfer. Religiv. C. une influence religieuse. orient. Bousset. parfois à leur insu. et elle s'est naturellement accusée à mesure qu'on crut davantage. vivent d'innombrables démons. immuable. ils échappent aux perceptions de nos sens. n.CHAPITRE IV. où trônaient les dieux. fut le mazdéisme perse. les séismes. Origène. XXIII. puis que tous les esprits vertueux s'élevaient vers les espaces éthérés. d'abord que les héros. Principe incorporel. rusés. 280. l'homme. p. Ils subissent. f. Ils allument dans le cœur de l'homme les passions néfastes et les désirs coupables et pro- voquent les guerres et les séditions. I. z. Au contraire les mécréants qui les Mal sur la terre. mais il invoque pour appuyer cet article de foi l'autorité de « mystagogues et de théologiens » 1. Au-dessous du Dieu suprême. transmettant au ciel les conseils. la sérénité à la nature. les tempêtes. 53 5 Mages hellén. — TRANSFORMATIONS DES ENFERS 217 ont été conduits à admettre ce que leurs prédécesseurs rejephilosophes grecs taient. où siège l'Etre suprême avec. ils multiplient leurs embûches et fondent soudain sur le monde pour pernicieux. Les uns sont des esprits bienfaisants qui donnent la fécondité aux animaux et aux plantes. hommages et les prières. VIII. 48 Cf. apparaître et disparaître. 1915.. les Ils servent d'intermédiaires entre. les divinités célestes. les divinités et leurs adorateurs. devait être le séjour des fidèles qui les avaient pieusement servis. Cels. et ( du ciel les ) Au contraire.. Mais la religion qui formula avec un enchaînement rigoureux la doctrine d'une antithèse absolue entre le royaume lumi- neux. 275 ss. p. d'après « certains Plan'échappa pas toniciens ». Habiles à tromper. les anti-dieux àvTÎÔeot présages . resplendissant de clarté. Le dualisme iranien imposa cette conception à une partie du judaïsme alexandrin. les autres. l'industrie et la culture à avaient contribué à répandre le .et sont des êtres de tous les maux qui nous affligent. N''étant pas entourés d'un corps solide. ss. mais peuvent la fois violents et prendre des formes variables. Porphyre nous a conservé.j . indivisible.

et que les âmes des défunts deviennent semblables à l'une ou à l'autre de ces deux phalanges antithétiques de déités et de démons lorsqu'elles sont vertueuses et pures. et tâchant de détourner vers eux-mêmes la vénération que l'homme doit aux dieux. il plaça l'une dans clarté et.2i8 LUX PERPETUA " ' mensonges et aux impostures . Les mystères de Mithra. elles montent vers l'éther lumineux où résident les puissances divines. dans l'atmosphère et les sphères étoilées. où commande le prince des Ténèbres. Il les sépara radicalement scindant en deux moitiés le séjour des âmes défuntes. Après quelque hésita. la dans l'obscurité du sous-sol. comme anciens Grecs. et elles subissent et les : infligent la souffrance comme les dévas pervers. qui habitent les sombres demeures de l'Esprit malin. Ce fut à ce compromis que s''arrêta le paganisme au terme de son évolution. qui furent par excellence une religion de soldats. elles descendent dans les profondeurs du sol.tion. Le dualisme oriental lui imposa sa formule définitive. et viennent se repaître des sacrifices sanglants que magiciens leur offrent à eux tous. Si au contraire elles sont vicieuses et souillées. et elle devait devenir pour de longs siècles la foi commune de toute la chrétienté. nous. que les ombres de tous les morts dussent descendre du il ne tombeau dans d'immenses cavernes creusées dans le sein de la terre fit plus de l'Elysée et du Tartare deux domaines contigus du royaume de Pluton. cette conception fut généralement acceptée par les docteurs de l'Eglise. Il ne les transporta pas non plus. ont dû surtout acclimater dans le paganisme la doctrine zoroastrienne que les dieux ou génies bienfaisants et les esprits malins sont comme deux armées luttant constamment entre elles sous la direction de chefs opposés. c'est-à-dire à Ahriman. et surtout à la puissance qui les commande. comme l'avaient voulu la plupart des théologiens du début de notre ère. tous deux côte à côte au-dessus de les . Il n ''admit plus. ils favorisent la fantasmagorie et les mystifications des sorciers. ciel. du l'autre .

fut modifiée par l'eschatologie mazdéenne. 70)." le droit qui régissait les Enfers devait pareillement réserver à chaque sorte de faute un châtiment approprié. les supplices imaginés pour les pécheurs ressemblaient dans une lairge mesure à ceux que le droit pénal appliquait aux délinquants. qui devait transformer toute l'eschatologie des les le dualisme mazdéen agit sur la aux Enfers ténébreux et. se représentant l'Hadès comme une reproduction de la cité dans l'autre monde. qui fit sentir son ascendant dans le monde hellénistique et dajns l'empire romain. jusqu'aux Pauliciens et au Cathares du Moyen. De même que les Grecs. nous l'avons vu (p. incorruptible et infaillible. Les vieilles croyances grecques. jamais formulé article par article un code pénal applicable au royaume Pluton. Pour prendre tm exemple typique. en tirant de ce principe toutes les conséquences morales qu'il impliquait. croyance Mais en dehors de cette influence théologique sur certaines doctrines fondamentales du paganisme. Au cours de notre exposé nous avons vu comment âges Pythagoriciens avaient emprunté aux Mages du Levant la doctrine de l'immortalité céleste des Elus. des recherches plus détaillées auraient pu montrer combien largement l'Iran agit sur toutes les croyances relatives à Satan et à ses suppôts. nous voudrions indiquer ici comment une antique conception hellénique. de Une telle classification aurait impliqué utie multiplication de . en la modifiant. Cette déduction logique conduisit à un développement indéfini des pénalités d'outre-tombe. des tribunaux terrestres. En subordonnant toute sa théologie à l'idée maîtresse d'un dualisme nettement formulé.CHAPITRE IV. contribua à la faire revivre. Sans doute personne.Age. par l'intermédiaire du manichéisme. la religion de Zoroastre construisit un système qui à travers les ne devait cesser de s'imposer à l'esprit des hommes et dont l'action se prolongea. La justice infernale était comme une cour d'appel. en Grèce. et comment les doctrines de la Perse alimentèrent la foi populaire et les superstitions vulgaires. celle des tourments infligés aux damnés. Nous venons de constater comment moralistes et criminalistes les détaillaient et classaient les infractions aux lois divines et humaines. n'a théologiens s'attachèrent à énumérer les catégories de coupables emprisonnés dans le Tartare. — TRANSFORMATIONS DES ENFERS 219 IL — Les supplices de l'iEnfer. Mais la législation criminelle prévoyant pour chaque espèce de délit une peine déterminée.

qui a toujours affectionné les histoires d'ogres et de croquemitaines et aussi et qui savait qu'entre le ciel et la terre. sauf pour les grands pénitents mythologiques. 525 a. X.. 5. Il est caractéristique que même Virgile. 289. parlant des esprits supers- 1. v. évitant ainsi d'introduire dans son tableau des atrocités qui répugnaient à son sens esthétique.. 260. mentalité hellénique. « Katabasis ». 372 a. 1016. un autres vivait dans l'imagination populaire. 523 a. 212). dans les profondeurs de notre globe. 6145623. Cf. La littérature a évité de s'étendre sur ce sujet repoussant.. comme le veut HamleL. infra. Platon. Cf. le démon Eurynomos que Polygnote^ avait peint à Delphes de couleur bleu-noire celle des mouches de la putréfaction — — rongeant la chair des morts et ne leur laissant que les os. 273. 245. p. Plutarque. La fantaisie légère des anciens Grecs ne s'est pas appesantie lourdement sur l'horreur des malédicla et leur génie lumineux ne s'est point complu à en décrire sombre cruauté i. Grenouilles. De su-perst. 143 ss. ne fait allusion que par prétérition aux formes infiniment gination (p. mais. Le peu que nous apprennent les écrivains suffit ainsi à nous prouver que ces visions hallucinantes n'étaient pas étrangères au paganisme gréco-latin.220 LUX PERPETUA » tortures épouvantables qui offensaient à lai fois l'amour du beau et le sens de la mesure qui caractérisent la. Aristophane. que leur esprit juridique aurait pu conduire à une systématisation des tortures de l'Orcus. fr. note aux vers 562-^6^ Lucrèce. 4. Plutarque*'. est certainement une création de la croyance vulgaire. Cf. et Aristophane 2 ou Platon ^ n'y font allusion qu'en passant. R. E. . où péchés et peines étaient comme enregistrés sur deux colonnes parallèles*. diverses de supplices qu'ils ont à subir. Norden. . Dans la Grèce ancienne. 165 F. 50 ss. furent préservés de cette aberration par la sobriété de leur ima- tions éternelles. Gorgias. quoique interprète d'une tradition hellénique (p. Les Romains. Cf.^ VI. Celui-ci s'est souvent représenté le monde souterrain sous un aspect très différent de celui que la tradition littéraire a consacré. — — — III. plus délicat que celui de Dante. énumère une série de forfaits qui ont conduit leurs auteurs dans le Tartare. Cf. En. Pausanias. Ré-publ. p. X. 28 ss... il y avait une foule de choses qu'ignorait la philosophie. 57). col. 2. Axioçhos. Virgile. côté de l'Hadès A créé par les fables des poètes et les mythes des philosophes. 007SS. p. Rohde. 3. 3. 6. tr. Mais il ressort suffisamment de sa composition même qu'il avait sous les yeux des modèles anciens. s. 6x6 a.

. Celse aux chrétiens d'épouvanter les simples par des tableaux terrifiants reprochait de l'autre monde. infra. 48 Gruppe-Pfister.. 72). Mystères [infra. qui prétendaient révéler à leurs élite. IV. « Orphisme ».CHAPITRE titieux. fidèle interprète d'une tradition ^ delà les vieux poètes. 575 avec les notes de ss. les querelleurs haineux se dévorant l'uti l'autre entrelacés comme les vipères. p. i]. Silius Ital. en plaçant à l'entrée du monde souterrain comme à la porte du Tartare. Norden. les avares insatiables plongés tour à tour dans des lacs d'or brûlant. son modèle (p. 4. ss. obligés de retourner du dedans au dehors l'intérieur de leur âme « en se tortillant comme des scolopendres de mer accrochées à l'hameçon ». 396 ss. I . 609 ss.. adeptes les mystères de l'au-delà et insistaient fortement sur l'opposition d'une purifiée par les initiations et une vie austère. 567 b. — TRANSFORMATIONS DES ENFERS 221 à donr le sommeil même est troublé par des cauchemars. est le. vina. qui s'adressait aux masses superstitieuses et qui a disparu presque tout entière. v. . 47. de plomb cipline religieuses le I. p. 870 ss. Origène. De sera nuin. XIII. 835 ss. Un mythe que Plutarque a introduit dans son livre sur la vengeance tardive des dieux ^. En. qui ont caché leur scélératesse sous les apparences de la vertu. « Unterwelt ». et d'autre part une tourbe scélérate adonnée à tous les vices". Cf. 284-289. IV. 65) ou d'apocalypses imaginèrent les tortures les plus effroyables pour épouvanter les âmes craintives et les pousser à chercher dans une cathartique et une dis- moyen d'échapper à la menace qui pesait sur elles. s. dans Roscher. en marge dès œuvres littéraires que lisaient les esprits cultivés. 245. accentue dans sa description des Enfers la cruauté des supplices*. 235.. p. 195 n. par Mais la peinture d'un séjour des damnés où des pécheurs de tout genre . remonte au plus ancien folklore qui. Virg. pour en assurer la garde. une autre littérature. pp. avec des spectres à faire frissonner. compare ceux-ci une vision du lieu des impies. Loisy.. 54 s. des monstres. n. Silius Italicus. ou plutôt l'ombre de monstres. Mais ses productions étaient abondantes.j 2. comme on le faisait dans les mystères de Bacchus^ Il s'est constitué ainsi.. V. .yw. g. 77. . Dieterich. Celsum. A'ey^. j. et lorsque s'ouvre la période romaine. nous voyons qu'elles ont agi même sur les compositions des poètes et des philosophes. Plut. des Peines qui flagellent. et Virgile. 3. Les auteurs de « Catabases » (p. des apparitions monstrueuses. Cf. nous montre les hypocrites. C'était ainsi que la dévotion d'une foule anxieuse se figurait l'Hadès. ch. Punica.. VI. p. étaient surtout l'œuvre soumis à des expiations en rapport avec leurs forfaits paraît avoir été de oonventicules ésotériques. qui n'imite pas la réserve délicate de Virgile.. p. Sous les Fiaviens. C.

60. Ital. infra. l'Artâ-Virâf-Namak *. cf R . cet ouvrage est. II. C'est là que les créations féroces de la théologie infernale ont d'abord pris une ampleur et une netteté longtemps incoiînue en Europe. Cataplus . On est tenté de retrouver aussi dans le catalogue des fautes et de leur punition cet esprit classificateur des Babyloniens qui apparaît dans la rédaction du code d'Hammourabi comme dans les recueils de prodiges et de présages. 2.. 381. I. p. 276. mort.. Il n'est pas douteux qu'à l'époque hellénistique le fonds sous-jacent de la Grèce ancienne s'est accru d'un apport de l'Orient. Trad. 3. Les ^ et illustré Egyptiens ont longuement décrit dans leur « Livre des Morts » d'une imagerie fantastique les épreuves posthumes de ceux qui ont méprisé les préceptes d'Osiris. Néron. cf. Mages . 1887 . Les pires tourments sont réservés aux menteurs et aux historiens qui ont altéré la vérité. hellén.. 4. Si le naufrage de la littérature sacrée du paganisme gréco- I Cf. Cf. 28. p. i €t Lucien. Le syncrétisme de la période alexandrine est un fleuve sans rives où divers affluents ont mêlé leurs eaux. C'est probablement d'Asie Mineure que les Étrusques apportèrent en Italie la croyance à un Orcus peuplé de démons hideux. aux « Iles des ' . Paris. mais les antécédents remontent certainement dans l'Iran à une époque fort ancienne". Barthélémy.motif de son châtiment. enfin. p. heureusement pour lui. col. Rédigé en pehlvi. le roi de Chypre. 5. Cf.222 LUX PERPETUA glacé et d'âpre fer. p. Vera hist.. Dial. coupable d'un inceste. : Platon. v. Phédon 114 a j Sil. de sang et de feu. que n'égale celle d'aucune des œuvres conservées en grec. Un livre mazdéen. 30 ss. impies » *. 230. sur le sort des parricides Ettig Acheruntica. dont le sol est hérissé de couteaux et d'aiguillons et où coulent des fleuves de fange. On se demandera à qui les auteurs d'apocalypses ont emprunté les fictions effroyables de ces cauchemars de bourreaux. se fait raconter par ses guides la» vie de chacun des suppliciés et le . Ainsi Cinyras.. l. dans son voyage. est enveloppé d'une fumée aveuglante et suspendu par les parties honteuses. 835 30. supra. Lucien se proclame exempt. E. d'une outrance comique. comme Ctésias et Hérodote. à la vérité. d'une précision de casuiste. 6. crime dont. nous offre un dénombrement méthodique des pécheurs et de leurs supplices. s. qui rappelle celui des diables du Moyen-Age*. d'époque tardive . ss. « Katabasis ». le corps percé de clous rougis au feu Lucien lui-même. XIII. 33 ss. où Charon et les Érinnyes prennent un aspect farouche. tyran matricide..

Apoc. Dict. Livre des secrets d'Hénoch (Lods. 10 (p. les écrits d'Ephrem le Syrien donnent des indications sur les croyances de son milieu . IH. Certains apocryphes chrétiens forment le prolongement de cette littérature de visionnaires. longtemps admis comme authentique. Dans ce milieu oriental. les riches restés sans pitié pour le pauvre se roulent vêtus de haillons sur des cailloux aigus et brûlants.CHAPITRE IV. 128. Il n'est pas surprenant que cette œuvre des supplices : . comme en Occident. Livre d'Hénoch. 1889. supplée en quelque mesure à ce manque d'informations directes. «Apocalyptique». qui s'y oppose à celle du ciel. 4. Uni. p. Nekyia^y 1913. qui s'est développée depuis le IP siècle avant notre ère^. "Cexte u. L'œuvre où apparaît d'abord une description impressionnante de l'autre monde est le fragment de l'apocalypse de Pierre*. s. /. . Malines. 153) . à la description de monstres anima2 et chacune des peines corporelles' lesques. p. D'autres tortures paraissent être de simples jeux d'une fantaisie macabre les adultères sont pendus par les pieds. Ce morceau énumère unte longue série de criminels qui. 445). Ephrem Syri Hymni et précises Sertnones. IX. 449). surtout la version slave. a. subissent le châtiment que leur a mérité le caractère de leurs fautes. Lamy. était le premier ouvrage chrétien où les pénalités de l'au-delà fussent formulées avec une telle abondance et une telle précision. R. p. Ac. 13 Bonwetsch) . Harnack. nous a rendu un parchemin d'Egypte. 1. infligées à ceux-ci y est déjà mise en relation avec une faute déterminée 3. Revue bénédictine. la tête plongée dans \m bourbier brûlant les meurtriers sont jetés dans un cachot rempli de serpents. et attribué au Prince des Apôtres. est un musée des horreurs. p. ^26-354. éd. Dieterich. pp. propos des diverses peines de 1 Enfer. cf. 2. de la Bible > Sw^^l. v. Inscr. l'énumération des châtiments étemels s'associe. c. i ss. l'apocalyptique juive. il ne nous est parvenu aucune peinture aussi effrayante des atrocités du Tartare. ni de mesurer la proportion des ingrédients qui sont entrés dans sa composition. 137. torturant férocement les damnés. 3. 1940. punis par des anges vêtus de noir. de So-phonie {Ibid. A p. 190S. Les blasphémateurs sont pendus par la langue. avec sa traduction latine (DeBrùyne. où l'influence du mazdéisme est évidente (Lods. Elle est peut-être antérieure au que IF siècle de notre ère et la vision de l'Enfer. 1 (1926). et ainsi de suite. où s'est introduite et fixée la notion de l'Enfer au sens moderne du mot. — TRANSFORMATIONS DES ENFERS 223 romain ne nous permet pas d'y suivre pas à pas la transmission de cette fantasmagorie horrifique. p. avec les passages parallèles cités 1. Dans la littérature païenne elle-même. 169). Cet apocryphe. tandis que les ombres de leurs victimes les contemplenti . p... les faux témoins ont du feu plein la bouche. C.. t. Cf.

v. Axîochos. et susciter entre théologiens des controverses infinies. en s'émparant d'un thème repoussant pour en faire -un chef-d'œuvre immortel. Mais parmi toutes les formes de supplices imaginées pour les réprouvés. p.224 saisissante ait été suivie LUX PERPETUA de beaucoup d'autres. R. 77 ss. où s'est exercée la fantaisie individuelle. Cambridge. C'est un fleuve trouble qui charrie beaucoup de fange. A-poc. « Phlegethon » . s. de visites au Purgatoire. a relégué dans l'ombre tous ses prédécesseurs et décousérie Une longue ragé après lui les imitateurs. le genre dont l'Orient et Rome lui avaient légué la. crypha anecdota. celle-ci devait prédominer sur toutes les autres. Au ive siècle l'apocalypse de Paul renchérit sur l'horreur des tortures énumérées dans celle de Pierre 1. Mais toutes ces œuvres. Les auteurs de diableries dans l'antiquité ont dû se délecter à l'in- dont elles sont tributaires vention de supplices inouïs. Nous voyons naître ainsi dans l'antiquité une doctrine eschatologique dont l'action devait se prolonger à travers les siècles. 4. de descentes aux Enfers. directement ou indirectement. imaginées sur le même modèle. E. Une lignée de visionnaires cultiva au tradition^. tr. 190.. Eschine.. p. 3. 54. et des découvertes récentes ont permis de de mieux suivre son développement. fleuve igné. Ganschinietz. p. . s. se sont multipliées en. et c'est celle où l'influence mazdéenne se laisse le plus clairement. VI. et le Pyriphlégéton. E. Rohde. Les Érinnyes infligeaient aux impies. Vergil Buch.Age. Apoc. reconnaître. Apocryphae. Eitrem. à la punition des pécheurs dans l'Hadès. R. : ». a. 57 James. 1893. 29 . Le pouvoir cathartique du feu dans le culte lui fit assigner la même valeur préciser son origine et I. Il fut de bonne heure regardé comme purifiant certains pécheurs de leurs souillureg. Psyché. Norden. fr. i866. et sans doute était-il naturel qu'un traitement infligé aux criminels par les juges terrestres le fût aussi dans l'autre monde. Une autre conception devait l'emporter. d'ascensions au ciel relie l'apocalyptique romaine à la Divine Comédie. de cruelles brûlures à l'aide de leurs torches ardentes 3. Emimérées sis de Paul dans Tischendorf.. Le génie de Dante. Moyen. dehors de l'orthodoxie. finir par s'imposer à la conscience universelle. p. dans les Enfers. selon la mythologie des Grecs. v. In 'Cimarch. ApoI.. appartenait depuis l'Odyssée au décor traditionnel du royaume souterrain*. 372 a. Le feu a toujours servi. comme plus tard certains hagiographes ont pris plaisir à décrire et le peintre de St-Etienne-le-Rond à représenter les souffrances invraisemblables infligées aux martyrs. « Kataba.

adoptèrent certaines idées de la philosophie grecque. devait être douée d'intelligence. et elle fut assimilée à ce feu raisorînable 1. la conflagration de la terre fut rapprochée de Vecpyrosis stoïcienne. selon la doctrine mazbons qu'elle épargnait d'avec les méchantsi qu'elle torturait. il le conoù bouillonnaient pour le supplice des damnés bitume que vomisisaient lesvolcans^. enseigne qu'à la fin du monde les métaux contenus dans le siein de la terre entreront en fusion et se répandront à sa Svurf ace. Lorsqu'àprès les conquêtes d'Alexandre ces colonies iraniennes. Nekyia. La fin du monde selon les Mages (R. 14 Diels. Platon. et Mages hellén. cf.138» n. I j Heraclite. p. c£. à propos du Pyriphlégéton.' 39 ss. Tous les hommes devront traverser ce fleuve en ignition-. Feu central 4. p. Phédon.CHAPITRE dans l'au-delà 1.tence d'une masse incandescente qu'il inflige est purement punitive. Les physiciens admettaient l'exis. Une doctrine qui appartient au plus ancien zoroastrisme et resta toujours dans la religion perse xm élément essentiel de l'eschatologie*. loa. Dieterich. 2. 3. et il fera sentir aux seuls impies sa morsure brûlante. Les Pythagoriciens adoptèrent cette supposition et comme çurent la le Tartare était situé dans vaste brasier comme un poix et le qui exerça sur l'évolution des croyances une action décisive. et paraît pas occupant le centre du globe terrestre et produisant les éruptions volcaniques et les sources thermales 2. • Une croyance aussi ancienne et aussi essentielle du mazdéisme ne pouvait manquer d'être partagée par les Mages ou « Maguséens » répanfdus en Asie Mineure et en Syrie. les par suite La rivière ardente distinguant. p. mais l'intervention d'une religion étrangère. swpra. il A sous cet aspect. déenne. °^-y Platon. dont un large syncrétisme caractérise la théologie. fr. SymP. puisque ceux qu'il fait souffrir restent à jamais coupables. Ce n''est pourtant pas la physique purifiant de leurs pollutions ceux qui s'y plongent. 197 ss. 158 ss. p. Une théorie scientifique peut y avoir contribué. 114A . Rel. i. p. Cf. Cf. Le Culex. Tandis que dans les Gâthâ avestiques cette épreuve doit servir à distinguer les bienheureux des damnés. et préparant la rénovation de la terre*. — TRANSFORMATIONS DES ENFERS est aussi 225 Mais ce feu infernal conçu comme l'instrument d'un châtiment éternel pour des criminels incurables. 20g. plus tard ce déluge de feu est c.) Cf. n.. 113 B. La torture l'époque ancienne il n'apn'a pas alors sur les autres genres de peines la prédominance qu'il obtin't plus tard. H. CIII. et il ne peut alors avoir une fonction lustrale.i 193 1. : — i5 . Phédon. IV. I. mais il restera inoffensif pour les justes « aussi doux que c'était du lait chaud ». p.oriçu comme si le tréfonds du monde souterrain. Plésent.

133. Forschungen in Kommagene (Istambuler Forschungen X). p. p. de l'Hadès. XIX.323. Ce dogme capital de l'eschatologie iranienn'e. 45. l'Épicurien Philodème de Gadara. I (Abhandi. 41.. chez un écrivain contemporain du roi Antiochus. peuvent espérer une félicité bienheureuse leurs yeux verront de près la grande demeure ^ céleste de Zeus-Ormuzd.. paraît être celui qui assure aux visiteurs un gîte et la nourriture . n. 5. Cf. 108 (cf Lods. pour le passage que nous sons. I. pour la première fois. Flammes dans VApoc. éd. L'apocalypse apocryphe d'Hénoch et est acceptée par d'Elie le l'apocalypse en font mention^ en des termes qui ont H. 15 ss. le philosophe précise qu'ils s'attendent à être conduits dans l'Hadès roi un du article de foi à l'époque hellénistique. col.226 LXJX PERPETUA (uOp voepov) qui pour l'école de Zenon était l'énergie divine vivifiant et gouvernant toute la nature'. Dans la Antiochus de (69-34 avant . Hermès Trism. cf. traduiBerlin. . Le. 1943.. C). Le. d'Hénoch. ne devait pas tarder à conquérir de nombreuses adhésions. Inscr. en faveur duquel la prédication d'un clergé influent s'accordait avec l'enseignement d'une puissante secte philosophique. .. Cf. marque fortement l'opposition entre les pécheurs condamnés à un cruel supplice et les justes qui recevront la récompense de leur piété.. Des témoignages concordant nous fournissent la preuve qu'il "était devenu en Syrie grande inscription votive Commagène J. Ph. Rel. cessé. Diels.. p. Nock-Festugière. 1915.. 172.222y^Mer de feu dans VApoc. Parlant de la crainte de la mort.p.EfAtco iirupi (pXeyéaÔo)). 2. p. Louis Robert. d'être ambigus. Ceux dont la raison est restée pure. Akad. Vers la même époque.etc. mais le "prêtre ou « stéganome » impie qui a souillé la terre de Dieu doit « être brûlé par un feu hostile » (âoT. p. pour y être brûlés par le feu *. Le . un passage important récemment restitué ^. L'expression employée nous révèle comment le dogme mazdéen avait été rattaché à la mythologie grecque par une assimilation du fleuve igné de l'Avesta au Pyriphlégéton. qui fait frissonner les hommes s'ils redoutent d'être condamnés par les dieux à des tortures éternelles. 64. LIX. cTsyavùixo. L c. Dôrnes-Naumann. et cet écrivain est un Syrien. . 80. 2].443)" .. de Syrie. Mouterde. n° i. 4. et qui ont marché dans les voies divines. d'Elie. Jalabert et 1939' P. dont la religion était un mazdéisme hellénisé. lsupra.. R. VII). On trouve pour la première fois dans la littérature grecque une mention explicite du feu infernal. cf. . R. Philodem ûber die Gôtter. . p. Berlin. à l'exclusion d'autres châtiments. 1. la doctrine du feu infernal judaïsme.

211. Cataphis^ 28 . Des paroles formelles des Évangiles et de l'Apocalypse imposèrent. 22. 227 Norvin)j Salluste philos. s. — TRANSFORMATIONS DES ENFERS 227 les assurent le Oracles Sibyllins'^. 46. 252 . vind. la A l'époque romaine. v. vîndicta. 411. Il. De sera num. 870 ?• 201. dès tantôt l'origine. à l'Eglise le dogme du feu éternel et de la géhenne où seront jetés Orac. . s'il faut en croire Lucien. b. 270. cf. que tous les hommes. II. mention des criminels qui expient leurs forfaits plongés dans le Pyriphlégéton ou un étang de feu est. XIII. l'idée du feu vengeur est fréquemment associée dans le paganisme à celle du séjour des mécljants. Nekyici. mais n'éclairait pas". Symbol. n. mori. p. 2. 5 Dieterich.. dans le paganisme. II.. XLVII. 7' XCI. 27. après la résurrection. Lorsque les philosophes eurent transporté dans l'atmosphère le lieu de la purgation des âmes.^ p. « Feu de l'Enfer ». Dès lors. . évidente l'origine mazdéenne de tout ce morceau 2. de la Bible. puanteur des chairs qui rôtissaient. Relig. du soufre et de la poix qui brûlaient est même utilisée. 3. Un large fleuve igné bouillonnait agité d'une houle comme la mer 3. 4Plut.Cf. Vigouroux. n. Sibyll. cf. 196 5. Mais comme dans le paganisme les jamais entièrement. et su-pra. 3. le fleuve de feu que celles-ci devaient traverser fut transféré dans la zone ignée où s'allu- maient les astres*. p. Dict. devront passer à travers « fleuve brûlant et la flamme inextinguible » qui assureront le salut des mais causeront à jamais la perte des impies. Dial. Zeitalter. 30. fantastique dans l'île des Bienheureux et dans celle des le conduisit successivement En se dirigeant vers la seconde. il vit de loin la lueur d'un incendie réprouvés. p. et bientôt il sentit l'odeur de l'asphalte. Silius Ital. De sera niim. des Judentiims im Neutest. 19 avec la note de 1. Plutarque. 7 (p.. comme une I du voyage et la dans l'île. 30 . '^ock. VIII. Vera hist. CfSymbol. tantôt de la chaleur ^ On concilia aussi la notion indestructible de l'obscurité de l'Hadès avec la conception d'un brasier souterrain en imaginant que le feu de la damnation brûlait. Cf. .Lucien. 29. p. s'associa pâtir l'idée traditionnelle que croyances périmées ne disparaissent le Tartare était un lieu glacial à celle du feu de l'Enfer.CHAPITRE et IV.. chez les écrivains grecs et latins. 567 c. 4. De telles précisions rendent justes. 130. 835 . • . Bousset. dans l'histoire de circumnavigation qui. qui expriment la croyance des Juifs alexandrins. 285 .. p. OlymPiod In Gorgiam. 567. un motif habituel des descriptions de l'Enfer*. Elle croyance communément reçue.. et l'on enseigna que les âmes avaient à du froid.

Banquet. p. 20 p. et Dict. Cf. 107 d. Plutarque. 64. 40 s. L'esprit grec était ainsi préparé à accepter l'idée de démons vengeurg opérant dans les Enfers. c. 51. 88 . Guy Soury. même chez certains écrivains ecclésiastiques. Cf. l. Instit. ii'3i p. Lehrs. Dieterich. avec des détails qui sont manifestement empruntés à l'eschatologie mazdéenne^ La même influence iranienne est manifeste dans la diffusion de la à des démono chargés d'exécuter les sentences prononcées contre coupables : croyance les âmes chez les Grecs. p. p. XIX. CIII. de l'étang de feu et de soufre préparé pour le diable et ses anges ^. 21. . pp. H. s. Cf. H.ivo. 1892 . Afocal. Rel. tel Lactance. Heinze. XXI. Cf. Mages hellén. Nekyîa. I94^i| p. p. 277. 8. 88). Tischendorf 4. à ces esprits pour appliquer les peines méritées par l'impiété ou l'injustice des hommes ^ La conviction qu'un démon jaloux a ravi un mort enlevé prématurément apparaît souvent dans les épitaphes^. 43-47. Déjà Xénocrate. XVI. l'idée d'un « fleuve de feu ».. : 40 ss. R. «Feu».j Symbol. 6- Platon. de Paul. . La démonologie hellénique fut rapprochée de la théologie mazdéenne. 307. III. théol. de la Bible.. p. F — . 131. Vil. 3. les « interprètes » à qui sont confiés les ^ Mais ils sont aussi les psychopompes chargés messages entre le ciel et la terre de conduire l'âme de chacun dans l'Hadès^. Xenokrates. Pofulàre Aufsàtze. 7. 10. cathoL. Rel. et les théologiens de toutes les époques ont consacré à ces versets des commentaires infinis.. A-poc. ce sont les Érinnyes qui brûlent ceux-ci de leurs torches. disciple de Platon. o-p. Phédon. rom. et surtout dans les oeuvres apocryphes se retrouve encore à l'époque chrétienne. R. admet l'existence de démons mauvais'. 5. Lactance. Vigoureux. Marc. Sittengesch. 373 ss. t. ou les flagellent de leur fouet '\ Platon ne connaît pas de démons créatures aériennes. 59 s. Certains philosophes pensaient que « les Mages disciples de Zoroastre » étaient les auteurs de toute 1. 8. Math. 9 5 cf. ch. 1875. cit. 314. 24. XVIII. Friedlânder. 62. IX.M Influence mazdéenne: R. Quaest. Cf. comme l'étaient aussi certaines âmes désincarnées (p. Platon. p. Luc.228 LUX PERPETUA les pécheurs. 2. et Chrysippe pensait que les dieux recouraient . 20 ss. cf... p. Dîct. peut-être déjà par Xénocrate et au plus tard à l'époque hellénistique.. cf.. c. iw^^ . VII. p. Démonologie de Plutarque. v.. Soury. XX. Aai[j. IV| 2196... 202 d-303 a.wv tpGovEpôî ou pcécx.. 3 1931. 56 ss. . ces génies sont pour lui les intermédiaires bénépervers : voles entre les dieux et les hommes. qui formeraient toute une bibliothèque '^ Mais. p. 9. l.

orient. 85 Origène.CHAPITRE la IV. p. à l'antithèse. et malfaisants ne sont autres que les dévas soumis Ahriman. 10.. afo-phtegm. 21. étranger à la religion comme à la philosophie helléniques. 35. 8. 235. n.. monde 1. Hopfner. 3. Leur malignité les prédestinait à devenir des tortionnaires.. Cf. 96 Cf. p. supra. 9- 13. E. Timée de 13 j III. p. i p. 61 ss. 209. Ces génies étaient coniparables aux émisGrand Roi et qu'on appelait ses yeux et ses oreilles*.. Ils favorisaient les justes et châtiaient en faisant souffrir leurs corps. 565 a 5 Reg. 3. (p- Aaîixoveç 6^5(^60^101 : 230. ^^^ Aman. 5. 214 ss. n. Contra Mlian. 257. vind. Der 'Al-q^r^ç Àôyoc. G. pp. 280. . p. 16. ils atteignaient les âmes logées les impies dans cette enveloppe. presque égal en pouvoir à Ahoura Mazda. 60.. p. Il est le chef des (àvTÎGsoç). Offen- Olympiod. Plut. D. Soury. of.. p. Mages p. niensia. II. p. 45 ss.. Die Zeusrede des Ailios Arts cf. II.. p. : '> — . Soury. Cf. 58 Ibid. p. Porph. p. Celui-ci.. Cf. 200. Peterson. p. De sera num. 10. dont il forme peut être défini comme un dieu. 4. C. VIII. II. Contra Celsum. pouvoirs pour gouverner la terre''. 17. I. 7. Nous distinguons les grandes lignes nons même certains détails caractéristiques. Philon. 35. p. p. 16-25. p. 37-43. cit. op. 35 e. . infra. lisme Les premiers sont identifiés avec les yazatas. — TRANSFORMATIONS DES ENFERS 229 ^ doctrine qui enseignait l'existence de démons entre les dieux et les hommes .. n. teides. W. la terre et hordes d'esprits pervers et trompeurs qui répandent une infinité de maux sur *. ^^. surtout chez Plutarque^ des données éparses dans sur quelles affinités s'est fondé et chez Porphyre s.). 14 (p. 173 e . n.. Beitrâge XIII). 28). 1935. ce du système et en appre- démons bienfaisants et les démons pernicieux sont opposés par un duafondamental. et Baden. cit. Norvln). 577 . les oeuvres des écrivains grecs. Les sombres sacrifices nocturnes qu'on leur offre doivent les apaiser dans l'Hadès deviennent les victimes le détourner les effets de leur hostilité ^ Mais les âmes coupables précipitées de ces démons implacables qui habitent souterrain'". col. Grégoire Naz. ch. De abstin. Démons et satrapes 5Relig. hellén. Ibid. 20.. 3. I. In Phaed. comme chez les Perses l'on arrachait et l'on fouettait ou ses .. p. 1. 173. 193 1. VIII. ou pour mieux dire un anti-dieu mais il est appelé plus proprement démon''. Delatte. C. 370. ils ressemblaient aux satrapes à qui le monarque déléguait les vêtements Les et la tiare démons malveillants des grands à qui une punition devait être infligée". 6 Plut. De audiendis 2. . Der Monotheismus als -politisches Problem. I. 189. B. 59. de sa volonté. permettent d'apercevoir syncrétisme. des Kelsos (Tubing. l'exorcisme.. 415 a.. déités subordonnées à AhouraLes Mazda saires et exécutrices envoyés par le pour mieux dire. 140 (III. De Somn. Mages hellén. Anecdota AtheLocres. De defectu orac. — .... Cf. poetis. I. p.. p. II. p.

Vint le moment où. Mais lorsque le soleil dardait ses premiers rayons. Prudence formule encore cette foi superstitieuse en des termes que n'aurait pas désavoués un sectateur de Zoroastre. lettre de Per- — — : ceval de Balainvilliers. Ac. qui se hâtaient de regagner leur demeure profonde bien plus. fantômes.. (àyye^oi) des cultes perso-syriens. des cultes sémitiques. La conception que se faisaient d'eux les Grecs avant Alexandre fut modifiée à l'époque hellénistique. 233. I. Après la chute du paganisme. p. et il purifiait la création de leur présence immonde. 235. 5. Gray. dans Hastings. Hermès Trism. s.. Cf. n^- . ch. et Shakespeare. Ces croyances. dans Quicherat.ov£(.230 LUX PERPETUA très particulière des mazdéens qui s'est répandue en Europe certain qu'a fait l'Occident à leur démonologie i. Encycl. il mettait en fuite les esprits maléfiques. « Cock ».que quand la nuit étendait ses voiles sur la terre. p. Brécf. hier) p. Elle était encore bien vivante vers l'an mille. 8. 97]. 24. p. que chassait sa seule présence. cf. IV. Cf. et la lumière de Taube mettait un terme aux terreurs nocturnes des hommes. p. lorsqu'on se servit de leur nom pour traduire les termes de mal'akh. T'oiseau à la voix sonore ne fut plus regardé seiulement comme T'annonciateur de la déroute éperdue des dévas son cocorico éclatant frappait de terreur les suppôts d'Ahriman. et de yazata du . qui se réfugiaient dans leurs repaires ténébreux. t. 223. C. n. supra. Elles se répandirent plus tard dans l'empire romain. Le coq des mazdéens et les Pythagoriciens. su-pra. Le chant du coq. barungszauber [cf. par une extension de son pouvoir. cf. Proclus. page 34. et l'on peut juger de leur popu1': oiseau animal larité sacré. Inscr. 684 ss. 288 ss. Chant des coqs à la naissance de Jeanne d'Arc 2. ^j-.). XXIj Aa!|j. v. éd. (C R. par leur longue persistance. xl[iwpot. n. etopêchera qu'elle s'éteigne jamais dans la mémoire des hommes cultivés.. p. 5 (p. 225. 1942. celle-ci était envahie par des hordes de dévas sortis des abîmes infernaux. Nock-Festugière. Aux démons on substitua ou associa souvent les messagers ou anges. héraut de l'aurorfe. Plotin. N. 1. à l'époque où écrivait le canoniste Burchard de Worms. adoptées par les Pythagoriciens. qui l'a rappelée poétiquement dans la première scène d'Hamlet.. V. 5. XV. p. d'Arc. 223. p. Elle s'est conservée aussi dans les traditions populaires et se retrouve aujourd'hui eïncore dans le folklore de bien des pays ^. il était l'adversaire victorieux de tous les : . § 825 . annonçait aux hommes la fin de la malfaisance des puissances nocives. se propagèrent parmi les Grecs lorsqu'ils acclimatèrent chez eux persique (opviç Trepcrixàç} que le mazdéisme regardait comme un protecteur des fidèles contre les entreprises des démons. 21 juin 1429. Procès de ]. p. Les Perses Une croyance lest un emprunt s'imaginaient .

les anges peuvent être bons ou mauvais*. L'influence juive sur le développement de l'angélologie a souvent été mise en lumière ^. 6. Sur — .. Kroll . Cf.. p. 89. 2 Cf. col. histor. Sous l'influence des Oracles Chaldaîques (p. LUI. cité infra. : Wendl. que Andres. cf. aériens ou chthoniens. Chaldaicis. E. Jamblique. TertulL. Nekyia. qui avaient quelque relation avec l'Hadès'. 3 . furent même. s. n. s. cathol. De Orac. igo% c. II. de Philon d'Alex. VIII. 1907. 2. P- De somniis. Hénoch. 91.) . p. : R. 53. 374. pp. Meillet.. n. ils furent chargés d'infliger aux damnés les peines que ou Hécate. 347-348. 2..CHAPITRE IV. à. Mâyot XaTpEuo'jffiv ÔLy-filoK. 408. pp. Barnab. Cf. I. 5. Bréhier. 70 4. p. la fin de l'antiquité. démons^. . Conçus comme pernicieux ainsi que les dévas du dualisme iranien. Anges et archanges dans la théologie d'Ostanès Mages hellén. p. 255. Civ. occupant une place inférieure à celle de? archanges et supérieure à celle des. 9. 16 (p. 361) ces anges. l.. 19 5 Jos. P. De myst. cf. înst. Idées-philos. Philon. cf. IX. 223]. Epist. 5col. ai8. chez les Juifs. I. VI. Déjà dans la Grèce ancienne ce qualificatif s'appliquait de préférence à des dieux. 25. 43. Dibelius. devinrent naturellement les suppôts ceux-ci devaient subir ^. 4. pp. 23. R. comme Hermès Lorsque la notion de d'Ahriman ou. col. 195. E. Simil. ch. II. 6. Même assimilation dans l'hermétisme Asclepius. 60. Strom.ïï. Rel. In Rempubl. 283. p. Anges du judaïsme équivalents aux démons grecs : Philon.2. : : 3. Preisendans:. 161-182. de Pierre [cf.. 21. Lactance. 7. . H. 41 : spectac. Suppl. . p. Dei.Apocal.6 (II. p. Die Geisterwelt 1023. Proclus. (ï«ge et diable.. c. s. 21.otrw). i8 de théol. suit Asclefius. p. « Ostanès ». Elle est cependant indupar des témoignages explicites^. 45). Cf. . Clément Alex. 1894. 7. Pasquali).. fr.. 8. I.77. 4 ci-après.i^. « Angélologie ». VII. 60 ss. 1926. De gigant. v. ils l'Enfer s'orientalisa. 6. 160 (p. 3. aùxoù . AiaSôXtp ^%\ xotc àYyÉXot.j 8. supra. Lehren des H. Dieterich. Dans l'hermétisme . Proclus. 21. Hermas. KrolL. Cf. III. Andres. introduits dans la philosophie platonicienne^ ils y interviennent comme im élément de ses spéculations théologiques. Divin. . de Satan ^.126 ss... Anges du paganisme « Aiigelos ». 107. cf.Cf. p. . XX. Thomas) .. Math. p. Aug.. et le caractère de ces deux classes de créatures plus puissantes que l'homme était en effet semblable ^ Comme les démons.. De Gigant'. 140 (III. 235) . ss. III. 44. mais on a moins bien reconnu la part qu'eut la religion des bitable et attestée formation de ce syncrétisme 1.. 187 ss. 372. In Cratyl. xat 48 (p. Linguist. 3 .. AndreSj 37 (p. Ûe XXV. /.. création complexe du syncrétisme oriental. R. im Glauben des Paulus.. Les désignations d' « anges » et de « démons » furent longtemps regardées Mages dans la comme synonymes. 10 ss. 1618. — TRANSFORMATIONS DES ENFERS 231 mazdéisme. Stàhlin) Sa!(j... 1. Dicf. V. v. KroU. 'Crismeg.

sufra. . avait produit dans la conception générale de l'Hadès grec une transformation plus profonde en répandant la doctrine que le monde souterrain est la prison des âmes perverses soumises à l'Esprit du mal. cf. Cf.. Nous ne pouvons poursuivre les méandres par lesquels ce nouveau courant d'idées a pénétré dans la théologie populaire des peuples divers. 39 j. fait prédominer partout la peine du feu et) d'autre part favorisé la croyance à des démons punisseurs. iiog . comme dans le mazdéisme des Maguséens. est accusé brièvement dans d'autres inscriptions^. Dans les tragédies de Sénèque et dans la Thébaïde de Stace le souverain de l'Hadès est un maître sauvage et impitoyable qui fait sentir son tion nouvelle entre tinction .. « Je ne pénétrerai pas tristement. cité. 87 ss. 3. p. I. etc. AnthoL.. car la sainte Vénus voulut que je ne connusse pas le séjour des ombres silencieuses et me porta dans les temples brillants du ciel » Le même contraste. I. ss.. hostile à Jupiter tr^ansforme ils deviennent l'im à l'autre. Seul le judaïsme permet de suivre dans une certaine mesure les phases de cette évolution. 21521 4. décédé en l'an 19 à Antioche* le dis. ainsi celle que composa Lollius Bassus « C'est moi Hadès qui pour Germanicus. On retrouve souvent dans les inscriptions funéraires l'expression de cette opposil'instant Dès que le séjour les où l'on situa désormais les deux parties du monde. II. devenu un lieu oommim. Cf. jusqu'aux ondes du Tartare. Mages 2. 1. l'Achéron ne peut recevoir de barque assez grande pour lui ».avaient combiné avec des doctrines chaldéennes i. 146. 12. Pluton ne devait plus régner que sur les âmes à qui leur vertu n'avait pas valu un sort bienheureux. E. AnthoL. p. Champs-Elysées 2. VII. 1924. 69 . ch. CIL. VI. hellén.. Germanicus appartient aux astres il n'est pas mien.. LVIII. Sous l'influence du dualisme perse. le caractère des dieux chthoniens se Pluton est conçu comme un être maléfique. iîom. 5. parmi les châtiments infligés aux damnés. des frères ennemis s. Mais nous apercevons clairement l'aboutissement de ce mouvememt d'idées.. auxquelles répond ime disparmi les défunts. 70 241. Mï«. VU» 6. . : : : . Mais le dualisme iranien. 1943. p. p.232 LUX PERPETUA voir Nous venons de comment l'influence du mazdéisme avait. p. 297. p. une géhenne où elles souffrent sous la domination d'un tyran féroce et de sa séquelle. Mages hellén. 35 ss. dit une épitaphe métrique de Rome 3. des Elus fut transporté au Ciel parmi les astres. Galieti. que les « Maguséens » . VI. mon ombre ne sera pas transportée sur les flots de l'Achéron. C.

Oedipus. puissance des Ténèbres. Hercule est le héros privilégié à qui fut réservé surtout une intervention décisive pour le salut des âmes*. p. dont les la transmission se âges depuis l'ancien Orient jusqu'au moyen. thème de la xaxâSaffiç et les Mages. 606 (cf. 158 ss. fr. tr. et dont Minos cherche à modérer la cruauté*. Cf. i . 429) . l'histoire d'Héraklès qui. Echappant au Trépas. VIII. infra. Sans doute le succès d'une telle conception a-t-il pu être favorisé par l'enseignement des mystères oh par son salut assurait celui de un dieu. Kroll. 451). Cf. Mais l'origine de cette doctrine 1. Mais lisons les tragédies de Sénèque lorsqu'apparaît le héros. ss. une défaite infligée aux puissances hostiles du monde souterrain. {infra.CHAPITRE IV. p. Kroll.. 364 ch. Kroll. qui empêche notre race d© participer à la durée sans fin des dieux bienfaisants. . fur. après avoir péri. 4. Jos. 1932. p. La large diffusion de telles est ^ croyances nous est révélée par la sculpture fxméraire. 610 3. La loi fatale imposée aux hommes cesse de régir leur destî(n. 112 pp. p. sur l'ordre d'Eurysthée ramène Cerbère de l'Hadès. Warburg... 3]. Mages Rohde. Sénèque. séjour de la vie.. . Il bris© la domination de la Mort adverse. ss. 457 . Gott und Hôlle. Herc. sauveur du genre humain. p. 491 Symbol. o-p. et la même immortalité est assurée à tous ceux qui imiteront sa vaillance. Kroll. 399 Cf. Mais le peuple des esprits infernaux lui-même est présenté comme foncièrement mauvais. Chez les Grecs. les ombres des Enfers et les dieux qui le gouvernent sont frappés d'épouvante sa victoire : . de Thanatos personnifié qui commande avec Hadès aux On laisse saisit cette trépassés dans les ténèbres inférieures 2. II. n.^ I. p. Symbol. 5. le Der Mythos vom Descensus Kampfe (Stud. n'est qu'une aventure qui termine la série des douze travaux que lui prête la mythologie. 2. Cf. Jos. — TRANSFORMATIONS DES ENFERS 233 courroux à toutes les ombres. . ils monteront au ciel. p. début (cf. p. Bibl. dont les tableaux et les symboles évoquent souvent l'idée consolante du triomphe promis sur la Mort. revenait à la vie et ses fidèles^. Z:héb. p.. transformation des idées eschatologiques dans les variations des « Descentes » de dieux ou de héros aux Enfers. Kroll. 479 ss. 479. 250. Sa vertu confère l'apothéose au vainqueur de l'Hadès. Sur ss.âge chrétien ^ La tradition littéraire ne nous offre probablement qu'un reflet affaibli de récits populaires sur ces explorations merveilleuses du pays des suivre à travers ombres. Les Enfers sont devenus diaboliques. note Staoe. 237. La foule misérable qui y végète est soumise à la tyrannie de la Mort. cf. cit.. Leipzig.. V. XX) hell.

Hymne : . Pâques au mirando : 2.. Obscurcie dans l'eschatologie de la Grèce antique. et lorsque les écrivains chrétiens voulurent dépeindre la Descente du Christ aux Enfers. et l'émotion que faisaient éprouver aux ' âmes pieuses les péripéties du combat triomphal livré par le Libérateur aux puissances infernales. IX. prêté une signification plus profonde qui l"a fait accepter du judaïsme i. Prudence. 63 ss. l'idée d'une défaite de la Mort hideuse a été développée dans la littérature de l'Empire. 4 ss. 70 ss. ils en empruntèrent le coloris violent à leurs prédécesseurs païens. helL. première moitié du xi^ s. Elle devient un drame grandiose qui s'associe à la perturbation de tout l'univers produite pai' la mort du Sauveur. dans la séquence de rit romain. assura la transmission jusqu'aux mystères foules 1. la mort à Ahriman ». du moyen-âge d'un thème scénique éminemment propre à impressionner l'imagination des 2. vie appartient à Ormuzd. . auxquels le dualisme mazdéen a. loz : « La p. Cf. II.234 LUX PERPETUA nous fait remonter jusqu'aux mythes de l'ancienne Babylone. plus tard. Mages KroU. I. Mors et vita duello / conflixere / dux vitae mortuiis régnât vivus/. p. Cf.

d'abord une croyance d'astronomes. Platoniciens s'en firent successivement les défenseurs. doctrine de l'immortalité céleste. Les anciens cultes officiels des cités helléniques Ils ou romaines voulaient avant tout conserver la prospérité de l'Etat. On se demandera quelle fut son action sur la religion positive. Elle fut formulée et répandue en Grèce et en Italie surtout par des philosophes Pythagoriciens.CHAPITRE V LES MYSTERES (1) Les cultes grecs. Elle appartint d'abord à une théologie de savants.ent. avaient la prétention d'assurer le salut de leurs dans une autre vie. 143). par la participation à des céré- . nous l'avons vu précédemment (p. Stoïciens. et si celle-ci réagit sur elle. La question se pose en particulier pour La fut : les initiés Mystères qui. Au contraire les Mystères promettaient. ne se préoccupaient guère de la perfection spirituelle des individus et de leur avenir étemel. précisém.

ou par la sou-^ mission à certains préceptes de conduite. une grande liberté doctrinale. les moyens par lesquels ils espèrent y atteindre offrent de nombreuses ressemblances. Symbolisme. gorie- ou orientaux. Au respect du rite s'allia toujours dans le paganisme. l'ordinand doit s'engager par des serments. d'assurer à leurs adeptes la sainteté en cette vie et la félicité dans l'autre. était ici garantie par une tradition séculaire et par les manifestations quotidiennes des dieux qu'on adorait. Ainsi l'évolution des croyances eschato logiques imposa au clergé même de modifier ses révélations. ou certains mys- tiques à atteindre par une communication directe avec le ciel. Elle était d'autant moins dan- gereuse que la signification profonde qu'on prétendait attribuer aux traditions sacrées n'était dévoilée qu'à une élite d' « époptes » '. 2. Ces « sages » ne partageaient pas la foi naïve du vulgaire admis aux grades inférieurs. Au lieu des opinions contradictoires et toujours discutables des philosophes sur la destinée dans l'au-delà. Si la liturgie.» et malgré la diversité de leur origine. ou par la connaissance de vérités ésotériques. 7. p. Avant tout. s'ils semblaient se faire les prédicateurs obstinés de vieilleries périmées.236 LUX PERPETUA monies occultes. Sur l'allégorie. i8. ss. était d'ordinaire transmise qui en était avec une fidélité scrupuleuse. l'interprétation fournie varia considérablement dans le cours du temps. dues souvent à ce que les plus Qu'ils soient grecs même but : récents se sont organisés d'après le modèle d^s plus anciens. L'^allépermettait par des explications ingénieuses de concilier des fables amorales ou des pratiques grossières avec la plus haute spiritualité et d'accorder avec des mythes inintelligibles les conquêtes de la science la plus avancée. que les penseurs cherchaient à découvrir par le raisonnement. 16 . Cette vérité. Mythes et rites remontaient à une époque reculée il est naturel qu'ils aient continué à transmettre leurs vieilles croyances. I. dans les diverses sectes. cf. Leur antiquité même devait rendre l'action des mystères conservatrice du du moins ils le prétendaietiit passé. Cf. Sat. Macrobe.. les mystères prétendent tous atteindre le obtenir pour l'initié une vie bienheureuse dans un autre monde . les cultes secrets apportaient une certitude fondée sur une révélation divine et confirmée par la foi des générations innombrables qui s'y étaient attachées. qui ne connaissait point d'orthodoxie théologique. dont la violation serait pour lui 1. Mais d'autre part la considération qu'accor- — — : daient à ces cultes les esprits éclairés ne pouvait se maintenir si leur enseignement paraissait suranné.

revîew. après des épreuves terrestres. permettant à l'étranger de se faire reconnaître On montrait aussi au myste certains objets sacrés. 18. Cette légende ne sera plus. Dans plusieurs mystères païens. 3. Ce n'est pas. — LES MYSTÈRES 237 redoutablCj à garder secrètes toutes les révélations qui lui seront faites ^. XXVI. 1933. est mort. a obtenu xme vie immortelle . XXVIII). mais aussi servir de ses coreligionnaires^. V. 39 ss. und Chr.Boyancé.. qui raconte la légende de la divinité adorée par la communauté. Mélanges Ernout. Bidez. A -pro-pos d'un fragment d' Aristote (Bull. à leur intelligence que ce spectacle fait appel. son affiliation à la secte*. ss > ^^. 201 ss. Plusieurs de ces mythes racontent comment le et les fables des poètes. : qui attestaient./6évxa zoplco. le cas échéant. Firm. p. De magia. 177-178 Z-^va. mais une impression (Tcaôsïv)^. Il se légende même soit de notoriété publique. 1940. devait être celée aux profanes. Belgiqiae. le rapport symbolique établi entre cette allégorie et la vie future des fidèles.^oÀa). l'ensemble des adeptes du culte assistait . a souffert. theol. 4. Harvard ss. vv. un récit n'ayant qu'une valeur mythomise en relation directe avec la destinée de l'initié. La vie ou passion du dieu était reproduite par un drame liturgique (xà oocoaeva). I. f. cette représen([xaGETv) répétée à des intervalles réguliers dans des fêtes solennelles. et les mystes s'associaient à ses tribulations pathétiques. tout ce qu'il verra et entendra dans les cérémonies auxquelles il sera admis à participer. 667 « Arkandisziplin ». les symboles (au fjt. Ant. auxquels on attachait une signification occulte... reî. De err. mais à leur^émotivité. tov Ttâôsi |JLâ6o(. qui se trouve dans 1.CHAPITRE V. logique : elle sera peut que la en est fournie. Cf. Il recevra alors communication du « discours sacré »(î£pbç Xôyoç).eva) qui assuraient l'efficacité sacramentelle de la cérémonie.. son propre sort doit garantir le salut des dévots qui se sont unis à lui par lien un la mystique et qui. i. comme lui. Acad. Ils n'y reçoivent théose . 151 ss. à l'obtention du degré supérieur d'initiation était liée l'admission à un banquet.. p. pratique essentielle. à sa fin traà son triomphe. — : . dont la vue. Realenc. pas une instruction A accomplir d'autres actes rituels ou subir certaines épreuves pour atteindre les grades successifs de l'initiation. 2. s. formules qui pouvaient de mots de passe. Apulée. Esch. puis ressuscité. Agam.. renaîtront après leur trépas. Il avait à prononcer des paroles (xà 'kzyoïJ. qui montrait comment le dieu. chacun d'eux en particulier devait tation sacrée. et qui étaient le dévot pouvait emporter dans sa demeure ceremployés dans les initiations tains de ces « symboles ». l'5(^£iv. était parvenu à l'apogique. prof.. mais l'interprétation qui comme dieu est né. 1942. Mat. p. comme l'a déjà noté Aristote. reste toujours ésotérique.

la déesse de la Terre Nombreux furent les temples de la Grèce et plusieurs d'entre '^. mais souvent il est regardé comme un membre de la famille dès qu'il a mangé et bu avec elle. p. après leur mort. Syria. mais leur béaconception naïve . mais du moins aux origines elle offre un caractère commun. où des mystères furent institués eux remontent à une antiquité très reculée Mystères de Zeus en Crète dans l'antre de l'Ida. qu'ils obtenaient vivants pendant des heures trop brèves devait. col. Dessau. abstraction faite de certaines variations particulières. Ces jouissances purenient matérielles sont celles de simulacres de l'homme. Il est désormais le commensal des autres mystes et aussi du dieu présent à leur foi dans leurs assemblées. Cette allégresse. Nous avons vu (p. Telle est dans ses grandes lignes. 219. 43 1. orient. qui les avait transportés lorsqu'ils participaient aux céré- monies troublantes des cultes secrets. Les joies qu'obtiennent comme récompense les Elus sont une répétition indéfinie des divertissements auxquels ils se plaisaient pendant la vie humaine. 1272. 1260 j Kern. L'origine de ce remonte à une antiquité immémoriale. celui qui a pris part au repas de la communauté y devient un frère parmi les frères. p. celles qu'ils avaient éprouvées dans ce ravissement passager. mais surtout mystères de Déméter célébrés dans maint sanctuaire. 52 . non celles qu'auraient pu rechercher des âmes spirituelles dont les perceptions ne dépendraient pas d'organes corporels. 68) que le genre d'existence des ombres dans l'Hadès était primitivement conçu comme un prolongement de celui que chacun avait aimé avant sa mort. 256. 3. Le sort imaginé pour les initiés aux Mystères reste conforme à cette ils n'échappaient pas à la règle commune. De même dans les associations cultuelles.. 294. 1263 ss. 1941. XXII. l'économie générale de toutes les religions païennes de salut. . c. col. Relig. R. Dans les sociétés primitives l'étranger est l'ennemi. parfois extatique. . titude reproduisait à jamais les émotions les plus profondes qui les eussent enchantés pendant leur vie passée. Leur eschatologie a pu se diversifier d'après la théologie des clergés qui l'ont enseignée. . c. E. n. n. I. qui continuent à être affectés festin sacré par les sensations d'êtres de chair et d'os.238 les LUX PERPETUA bacchanales helléniques comme dans les cultes orientaux '. 1259 /.. p. mystères d'Hécate à Êgine". Kern. Nous allons voir l'application que reçut ce principe dans les diverses religions grecques ou orientales. leur être accordée à perpétuité par la reproduction des spectacles ou des actes liturgiques qui l'avaient jadis éveillée dans leur âme. /.

Rel. La plupart de ces cultes ésotériques n'ont qu'une importance locale. 619 où l'on trouvera (p. LIV. et la Grèce entière s'associa à leur célébration. II. 1944. — Cf. fr. \ . H. et spécialement pour la question qui nous occupe ici. V. i). L'initiation préalable et le symbole éleusinie7i. XII. E.. t. Kern.. 70-76.. v. pp. 572.. Les Cabires de l'île solitaire de Samothrace. i390 Dittenberger. Paul Foucart. s. C. 38 (t. 50-74 Nilsson. Die Eleusin. 1930. n. subirent l'impression ineffaçable de leurs cérémonies et y trouvèrent un réconfort moral. beaucoup de nobles esprits. accueilli des constamment mise en relation avec dévots venus ces de lointains pays. I. De fut alors tous les cultes secrets de l'Hellade. H. C'est seulement à Eleusis que se laissent entrevoir certaines clartés ^. ma ss. R. 4. « Kabeiros ». E. acquirent sou? les Diadoques. 475-480 (sur l'époque romaine) Roussel. 8. moins encore sur leur valeur spirituelle. 620. cf. p. pp. Syll. IG. p. B. Glaube der Hellenen. R. 736. Nous avons peu d'indications sur leurs cérémonies rituelles.CHAPITRE ayant été le que cachait V. « Mysteriea ». une bibliogr. = . cit. ces fêtes participèrent plus tard de la primauté intellectuelle et politique d'Athènes. romains ments d'un haut intérêt. Les Césars Parmi 1. 3. mentionnent de nombreux noms Quelques-uns de ces mystères helléniques nous ont livré des docu- ELEUSIS. CXXVII. — LES MYSTÈRES 239 les morts.) et s.. devenus les protecteurs des navigateurs. 1398 s. nous soit aussi bien celle des Êleusinies. s. dont les flottes sillonnaient la Mer Egée. Romains. ^usson. II.. ool. Leur prestige incomparable se maintint même sous la domination de Rome. Rel. X. nous sommes dans une ignorance presque absolue des promesses d'immortalité qu'ils pouvaient offrir aux époptes. 229-247. XVI. comme Cicéron. v. E. v. tr.. ' . ce sont les seuls dont les le renom non seulement panhellénique mais universel. où les listes conservées jusqu'au me siècle. XLII). « Mysterien » (t. Plusieurs empereiu:s vinrent à Eleusis se faire initier^. Les mystères d'Eleusis inowitz.) . I. 1944. 475 . jusqu'à la fin du paganisme. ne perdirent pas entièrement à l'époque impériale. Psyché. ?• Kern. note. dieux énigmatiques de la mer. plus complète. s'étendant sur la longue durée d'un millénaire. ÏP. et le secret angoissant souterrain inclinant les esprits à chercher ime révélaroyaume tion pour l'éclaircir. 1275 ss.. Nées de l'humble culte agraire rendu à connue que Déméter et Koré par deux familles sacerdotales d'un canton de l'Attique. Kulte der Demen (Ei-anos. — Parmi les mystères antiques. IG. of.Wilamowitz. pp. ool. mais quelques-uns ont. un prestige qu'ils d'initiés. .. il n'en est point dont l'histoire. WilaRohde. Griech. telle la fameuse inscription d'Andanie en Messénie ^ Mais nous savons très peu de chose de leur contenu religieux . 1254 ss.

306 sur les SiaioôavaToi.. genre humain. L'assurance d'une immortalité bienheureuse. Elle a pu être fortifiée par l'émotion religieuse éprouvée par lui. Cf. VII. et la religion d'Eleusis a pu paraître indifférente au mérite ou au démérite de ceux qu'elle accueillait. aient pénétré à l'intérieur des hauts murs du sanctuaire et aient même été admis dans l'enceinte réservée du télestérion pour assister au drame ésotérique qui y était représenté. rendaient ainsi hommage élevé l'Attique à une vie plus civilisée. « et l'histoire entrevoit à peine par quels arti- fices liturgiques était fortifiée leur foi en les un bonheur futur que dispensaient deux déesses ». sans doute parce qu'une souillure aussi grave paraissait indélébile ou que la présence même de ces criminels eût attiré dans U temple celle des esprits vengeurs du meurtre*. Cf. lui conciliait la faveur des divinités qui devaient le recevoir dans le royaume des ombres. Précisément pour ce motif que les ablutions rituelles et autres lustrations délivraient de toute pollution celui qui s'y soumettait. 2. (àyaÔ-r] Cicéron' qui est traditionnelle chez les écrivains grecs. en faisant du myste un être « pur et saint » (xaOapoç. aucun pécheur n'était exclu de cette rédemption. 36. IX. infra. cité ibid. aux origines. Cicéron. la défense d'en rien révéler fut rigoureusement observée prétendaient assurer la félicité du à la déesse qui. n'avait rien produit de meilleur pour l'existence humaine que ces mystères qui donnaient une raison de vivre dans la joie et de mourir avec un « bon espoir ».. II. qui faisait passer le spectateur de l'inquiétude à la confiance. par la vue d'un drame sacré reproduisant le mythe de Déméter. 14. 4. des ténèbres à la lumière. bien qu'tme multitude de mystes par eux durant de longs siècles. Cette cathartique était l'acte essentiel qui. pp.240 qui. était le bénéfice essentiel que par l'on en attendait. 3. infra. leur ignorance du grec les rendant incapables de prononcer 1. Cette conviction ne résultait pas d'un enseignement dog- au èXtcîç) rituel même matique qui aurait éclairé l'ordinand sur la destinée de l'âme après le décès. De legib. de l'effroi à ^allégresse^ Mais la condition indispensable pour être sauvé était d'avoir été soumis à une purification sacramentelle. parmi tous ses mérites. La seule exception était l'exclusion des assassins. N. obtenue la participation aux cérémonies occultes. avait Mais. LUX PERPETUA comme l'indiquent leurs monnaies. ss. L'interdiction s'étendait aussi aux barbares. ôcrtoç). Plutarque. et cette expression pensait qu'Athènes. . paraît empruntée d'Eleusis ". ch. d'une sagesse théologique dont on lui aurait révélé les arcanes. C.

A de l'âme n'était pas enseignée. " L'hiérophante n'instruisait pas les mystes d'une doctrine eschatologique élail ne leur détaillait pas les châtiments réservés aux borée par des théologiens . dans l'autre monde. couronnés de et myrte. Celse dans Origène. 146 Bopêopov Ttolùv xai axwo àeîvwv . et le spectacle dont se repaissait la piété des assistants était la préfiguration des jeux enivrants dans jubilation l'ombre poursuivait dans l'Hadès le genre les Champs-Elysées une perpétuelle. Axiochos. à la lueur ^ des torches. p. et 237. et l'on ne voit pas que la conduite du néophyte en ce monde sur A soa sort dans l'autre. c'est l'idée que les bienheureux reproduisaient éternellement aussi dans les Enfers. Cels.j Grenouilles. devaient. l. leur être réservés à jamais. l'exigence d'une pureté à la fois rituelle et à Eleusis. 613 . cette . l'origine aucune condition de moralité n'était ait influé requise. 4. 449 ss. sans jamais y prédominer. fr. 5. — LES MYSTÈRES être . dès une époque ancienne. comme l'a justement noté Rohde^.Aristoph. s'était vulgarisée en Grèce. p. les initiés les. Rohde. VIH. . 65. Hérodote. La qui leur vaudraient vieille idée que de vie que l'homme avait pratiqué I. 242. prés fleuris d'un jardin lumineux où. les cérémonies de la nuit sacrée Ainsi ce saint émoi.. et les Romains le furent aussi. admis dans chantaient châtiment probablement emprunté aux Orphiques .. le clergé restait conforme à celle qui. il ne leur communiquait pas une révélation semblable à certaines apocalypses ou « Descentes dans l'Hadès ».. la survivance consciente impies et les joies .ement éleusinien. p. 3. Plut. La foule profane et scélérate était plongée « dans un bourbier et une fange intarissable étaient » *.CHAPITRE correctement les V. 2: De 16 . mais présupposée et la conception de la vie future que se faisait. au moins primitivement. "^«ima.. dansaient être au son des flûtes les chœurs des ombres propr.c. qui aurait pu les guider dans leurs pérégrinations posthumes. 59.Ainsi bution future proportionnée à la moralité de l'initié était absente de la piété.fr. 725. 241 formules sacrées. C'est tardivement que s'est introduite dans la religion éleusinienne. Plutardue. Mais tout Hellène pouvait admis 1. tr. Mais ce qui paraît jouissance spirituelle. et qui se représentait la vie d'outre-tombe comme Une prolongation. 371 D. qui attendaient les initiés dans les Enfers . sans doute à la condition d'en- tendre la langue du culte. cette élévation de l'âme que la participation au drame nocturne célébré dans le temple procurait aux mystes.^ HI. 4. S' Aristoph. cf. de celle de cette terre avec ses joies ou ses peines. pieuses. c. C. VI. Eleusis. /. même l'esclave. toute idée d'une rétrispirituelle'''.

pp.. p. Aucime dogmatique rigide ne s'opposait philosophique interprétât librement les traditions sacrées. 413 ss. I. p. quand se modifièrent les croyances sur la vie future. 885. les croyances à la survie dans l'Hadès primitivement admises. * conduite. 1883. 478 ss. l'adhésion tacite aux idées tion nouvelle . 6. l. Après son initiation Marc Aurèle ne cessa pas de croire que l'âme était absorbée à la mort dans les éléments de l'univers ^.872. — = 3. cit. 547. III. Sur les Iles Bienheureuses. le Pieux et Commode. Sans doute les rites d'Eleusis. 9 ss. Syll. 3. (= Dittenberger. l. et pour Épictète. 1885. c. mais un biesn '... Les fouilles d'Eleusis nous ont rendu l'épitaphe métrique d'une hiérophantide qui avait « couronné des mystes » à ce que la spéculation illustres. 250 ss.. Symbol.^. Anthol. Interprétation stoïcienne. 138 b. p. ch.-C. avec les Pythago- le soleil et la lune baignant dans l'éther (p. III. 4. deor. tant l'on est maintenant persuadé de là béatitude ineffable accordée aux initiés dans l'autre monde. . Syll. Cf.. II 2. La mort de cette prêtresse a été plus douce que le sommeil sans réveil de Cléobis et de Biton*. Cf. Cicéron. Il ne paraît pas douteux que de bomie heure la foi en l'immortalité céleste transforma. Sitzb..869. qui niait absolument toute survie personnelle (p. 150. dans leur économie. 116). de toute affirmation théologique qui aurait formulé une doctrine précise sur les Enfers. IG..c. car le mystère que révèlent les dieux est que le trépas doit être pour les mortels. et l'on garda jusqu'à la fin du paganisme le souci de les reproduire « selon les anciens usages » hérités des ancêtres*. se transmirent-ils fidèlement de génération en génération. Chacun des philosophes le comprenait selon son système^. II. 2. dans leur ensemble. Antonin l'a . àpiaiol.2^2 LUX PERPETUA 68). 5. le décret 5. suppl. non un mal. p. reçues chez les contemporains. vers les îles des BienSans doute interprétait-on ces îles homériques. 'E(j>ï)[i. Mais le « bon espoir »• qu'ils faisaient luire changea de sens avec les convic- comme tions intimes des participants. Wilamowitz. 146). J. de 220 ap. 115 b).. ci. Comme récompense de sa piété. Nat. 70 (= Cougny. p.. désormais exempte de souffrance. Wilamowitz. les Éleusinies p. : supra.^Dittenberger.873). Ak. v. s'était transformée en l'attente d'une répétition indéfinie plus élevées auxquelles le croyant pût atteindre.= Cougny. Déméter heureux riciens. 1078 Dittenberger. l. dans l'esprit même du clergé. l'élégie sur la mort de Philiskos. 1912. 117-118. Syll. Cf. op. cf. devaient faciliter leur évolution. Pal. des joies les Les mystères d'Eleusis n'avaient donc pas apporté aux Hellènes une concepdu sombre royaume où régnaient Pluton et Proserpine mais l'absence même. sur la terre (p. 3.

13. Paris. .e. 15. col. 4. privilège d'antiques familles sacerdotales. mais une heureuse ascension vers les astres et la région supra-mondaine des essences intelligibles*.. Mais le télestérion d'Eleusis ne possédait pas de succursales^ . Sa célébrité sans égale put engager les fondateurs de nouveaux mystères à s'inspirer de ses rites *. Gand. de tout le genre humain. I. . ss. et telle était leur pour l'éducation et le redressement de la Selon les disciples de Plotin. Les dévots.CHAPITRE V. s. elle apparaîtra très restreinte. 476. V. Ces mystères. III.. 3. Epict. sofh.Kern. R. E. Eunape. p. . bâtissaient leurs temples ou ouvraient leurs chapelles dans toutes les provinces de l'empire. ne pouvaient faire concurrence à des religions dont les sectateurs. non un séjour délicieux dans l'Hadès souterrain. il l'a suivie . Suétone. IX. 4. il ne fut transplanté ni à AlexandriCj ni à Pergame. Le clergé d'Eleusis n'a donc point guidé les esprits dans les voies nouvelles il n'en a point dirigé l'évolution. 37. Le culte secret des deux déesses. pour obtenir l'initiation. que se fraya l'eschatologie l'action qu'à cet égard il a pu exercer dans l'empire et si l'on considère romain.. a. 22. restés exclusivement helléniques. 29 fereur Julien. Salluste phil.. resta toujours attaché à la glèbe de l'Attique et inséparable de la religion officielle de l'Etat athénien. 5. N. 7- Didot 5 cf. 1913. ^ LES MYSTÈRES . . v. Claude. XXV. animés d'un ardent esprit de prosélytism. les cérémonies saintes garantissaient aux mystes. « Mysterien ». C. et dont les communautés essaimaient et proliféraient de l'Orient à l'Occident et aspiraient à la conversion avaient été établies par les anciens seule utilité ' . Orphisme.Cf. 1930. 40 ss. 1250. bien que Claude y ait songé '^. Bidez. 475. P- Julien. Bidez. 173 a-h cf. pp. Lorsque Maxime pressait Julien l'Apostat de se faire instruire par l'hiérophante ^ il savait certainement que les vues de ce prélat n'étaient pas opposées à celles des théurges platoniciens. Pausanias^ parlant de la raison secrète qui veut que 1 on I. et l'étendue de sa renommée favorisa ainsi son action indirecte. et il ne put pas davantage être transféré à Rome. devaient se rendre en pèlerinage à Athènes. et même les Césars n'en furent pas dispensés. Vie de Porphyre. 6. 243 vie présente. p.. La vie de l'em- Pausanias. 4. — 21.

248. 1940. I (1940). pour les châtier. L'orphisme. ou lu appelés orphiques. Kern. nous n'avons conservé que des citations fragmentaires. Un même réduits à utiliser des sources aussi troubles et aussi intermittentes. X. Festugière. les érudits aient différé d'avis sur presque toutes les questions qui se posent à propos de l'orphisme. Cependant certains points essentiels sont assez fermement établis. 345. et l'on peut se faire au moins une idée générale de ce que fut la religion cathartique ^ et mystique des conventicules orphiques . contours plus fermes que celle qu'enseignait ou que présupposait la tradition liturgique d'Eleusis. Keydell et R. et surtout des plus anciens. 1922. p. 3. Il a élaboré une théologie cohérente où la nature et 1^ destinée de l'âme sont déduites de prémisses mythologiques. : commença Cette littérature orphique était vaste d'être mise en circulation dès le VF siècle avant notre ère. 643-662 . Le sujet de ces ^ de la cosmogonie et de la théologie jusqu'aux sciences occultes livres sacrés sans doute.. a une doctrine aux. parfois défigurées par une interprétation tendancieuse. s. des sentiments éveillés par le spectacle de cérémonies ime éthique formulée dans des elle liturgiques. Orphiconim fragmenta. 2. sait ce que je veux dire » Le Périégète marque ainsi nettement la différence essentielle qui sépare les mystères athéniens de la secte orphique i. De leurs cendres a été formé l'homme. Cf. O. avec bibliographie.. p.244 s'abstienne de fèves. I. R. Hermès. Pans. qui unit ainsi en lui un élément pervers provenant des Titans et im principe divin reçu de Dionysos 1. Le nom célèbre du musicien et poète thrace sen'it. De la plupart de ces ouvrages. que Zeus. Cf. reprise cx>mplétée jusqu'en 1938 par Ziegler. religion de salut fondée sur des livres. s. mais dont le texte n'avait aucune fixité canonique garantie pai une autorité ecclésiastique. . Il n'est pas surprenant que écrits s'étend . Ont Nilsson. infra. 345 ss. v. p. N. de l'autre une doctrine est révélée. E. « Orphische Dichtung ». a frappés de sa foudre. Rel. Ziegler. C. 1042.. Le salut selon paru depuis Littérature orphique rOrphisme (dans Mémorial Lagrange). et qui paraissent avoir été soumis à des remaniements continuels. tôt sententiae. livres. v. et : — : . et se prolongea jusqu'à l'époque romaine. 40 ss. Quoi capita. « Orpheus ». D'une part des idées sont suggérées. à recommander des compositions de date souvent incertaine et de valeur très inégale. Dionysos enfant a été dépecé et dévoré par les Titans. col. Griech. comme ceux d'Hermès Trismégiste ou de Zoroastre. E. ajoute les écrits LUX PERPETUA : « quiconque a vu les initiations d'Eleusis. . drapeau couvrait une marchandise très diverse. Boulanger. p.

Alors que les révélations d'Eleusis n'insistent pas sur les tourments des réprouvés. 4 et 5). l'âme est enfermée promettait à ses mystes le bonheur en ce allégresse. Cf. aïo). Plotin. Rel..). 6 (p. p. fr.. elle sera ou châtiée ou récompensée. 406) . p. Allusion déjà chez Asius {Poet. 653. I. des insensés qui s'abandonnent insatiables à des passions toujours inassouvies. VII. suivant Platon. 365 a. cf. cf. 335 a. pour remplir un tonneau percé ou pour porter de l'eau dans xm image. relle est en réalité une mort. 701 b-c . L'on a dit de' 1. l'eau du bain purificateur'. 6. — qui LES MYSTÈRES 245 ont absorbé. 69 c (cf. I. qui cette souillure monde comme dans l'autre. 102. 363 d. Lois.. L'idée d'une rétribution future en vertu d'un jugement posthume. De esu camium. 400 c (= Kern. Phédon. 16. 996 c (= Kern. en réalité peut-être punition de ceux qui. 363 e. p. Réf. 7. Gr. l'orphisme s'est plu à décrire les « maux infinis réservés aux damnés ». suivant ses fautes ou ses mérites.E. LIV. Plongés dans un bourbier. R. fr. Les coupables sont condamnés à de longues souffrances. Philolaos. Il doit se laver de héréditaire pour que son âme. v. 14. la mort le commencement de Après le décès. Cratyle. 4. En punition d'un crime ancestral dont elle continue à porter la tare. p. Kern. 6. se verront infliger un supplice approprié à leur pollution morale*. Platon. : 5. II. Platon. Ainsi une conception foncièrement pessimiste de notre vie présente un contraste très net avec l'optimisme d'Eleusis. s. Epst. ou bien ils s'épuiseront en ils vains efforts crible''. Gorgias. dès son origine. cf. p. Platon. apporter constamment. éveille par suite entaché. Son passage sur cette terre est à la fois pour lui une peine et une épreuve. puisse un jour retounier vivre auprès d'eux. lyr. fr. p.. en lui des instincts brutaux lui inflige ici-bas une série ininterrompue de maux*. dans un corps (g&iicx. III. Index.Nilsson.. Symbol. l'orphisme opposa l'amer sentiment d'une déchéance. Diels . souvent mentionné plus tard . 1941. . ne s'étant pas soumis aux ablutions cathartiques. 7.. Plutarque. I. . Bdpêopoç Platon. 3. dans l'Hadès. 2. Boyancé. fr. et notre vie corpola vie véritable". comme des pourceaux aiment à se vautrer dans la fange ^. gr. mais en vain. 493 b Rép. Le genre humain « est d'une contamination et titanique ». p. G. A cette dont un peuple amoureux de la vie se plaisait à jouir sous un ciel lumineux.CHAPITRE qu'ils V. cette âme descendra dans l'Hadès où.) comme dans un tombeau (ayjp-a). 160 ss. Platon. 8) . égalée aux dieux. est ici nettement affirmée '. dont chaque individu doit par ses efforts persévérants chercher à se relever. \ t. Br. doivent.

». 2. Orphique serait la quatrième églogue de Virgile. et de même nelle. E. [sufïdi p. étapes sur la voie de la délivrance. Lois. 81 divin. elle échappera au cycle fatal des générations ?i . soit qu'elle se dégrade davantage en se logeant dans des animaux immondes. . înfra. La descente dans l'Hadès se place dans l'intervalle entre deux vies terrestres. Réf. 5. Méautis. VI. elle aura évité toute association et commerce avec le dureront pas à jamais. d \ cf.. a. 76. Cimonis et LuculU. si elle s'est purifiée en se soumettant aux lustrations qu'enseigne une cathartique minucette littérature hallucinante qui. De ces doctrines de l'orphisme grec que subsistait. . Sur la métempsycose. d'Olympiodore). cf. comme si. Platon. l. Mélanges Glotz. Lorsque dans les demeures successives que cette transmigration lui impose. pour s'élever au séjour des dieux®. : temps en festins où des convives. pourrait nous conduire. p. 197 ss. 782 c) . corps et aura réussi à répudier tout attachement pour son ^enveloppe charet à s'attacher au divin. p. premier à créer l'Enfer^!. durant sa vie. Platon. IV. 21Q ss. n. Boulanger. col. « Mysterien su-pra. car l'âme doit se réincarner pour poursuivre sa destinée. Sur le retour au Gr. ch. Ménon. p. si elle s'est imposé le rigoureux ascétisme qu'exige une vie sainte^. i]. 244. 70 c (avec le 00mm. v.dit Platon lion sans ironie. Il est au moins à l'origine de imaginant pour chaque espèce de faute une torture raffinée. R. 651 ss. II. elle obtiendra les plaisirs que les dieux accordent aux justes elle aura accès * « aux prairies sacrées et aux bosquets de Perséphone » et y passera tout son tieuse. N.. Mais les châtiments du Tartare. 1932^ t. 4. Nilssoflj p. Kern. p. en passant par les mythes de Plutarque et de l'Apocalypse de Pierre. 579 ss. été le LUX PERPETUA . 1287. su-pra. ch. 3. XI. p. Compar. Rel. couronnés de fleurs. 521 .. Plut. sauf pour le des crimes irrémissibles. C. 363 I. i. l'art et la littérature de cette période. 6. s'abandonnent à la joie d'une ébriété perpétuelle. l'âme s'est efforcée de résister aux instincts bestiaux que lui inspirent son union avec le corps et son origine titanique. ef. orphiques les Cf. jusqu'à la Divine Comédie de Dante l Si. soit qu'elle passe dans des êtres de plus en plus parfaits. IV. ne bonheur accordé dans les ChampsElysées ne sera que temporaire. Lois IX.t-il à l'époque romaine Certains érudits ont singulièrement exagéré l'action qu'elles auraient exercée sur la religion. 1. c. ss. orphique l'Apocalypse de Pierre. 870 d.s.246 lui qu'il avait. p. Sur la « vie orphique » (Platon. LameUe de Thurium. Cf. la plus belle récompense de la vertu était une ivresse étemelle^..

religieuse. que l'on admet généralement avoir appartenu à une association religieuse d'Asie Mais ils fournissent la preuve la plus décisive de la disparition Mineure du véritable orphisme.. s. avec les purifications qu'elles comportaient. Est-ce à dire que l'orphisme avait entièrement disparu et que le vieux dans la Grèce archaïque. orphiques les stucs de la basilique souterraine de la Porta Maggiore. v. presque prédominante. et ils obtinrent un regain de faveur et jouirent d'une considération accrue. on les remania pour les mieux accorder avec l'esprit du jour . l'attitude de leur rédacteur est conforme à la réserve généralement observée par le Por' . se sont transmises à travers les siècles. « Orphische Dichtung ». Nous possédons. : mortalité levain qui. des faussaires en composèrent d'apocryphes jusqu'à la 1. comme le rituel d'Eleusis de mystagogue à mystagogue l'a été par les Eumolpides. 1941. Guil. 2. ni les inscriptions si nombreuses ne mentionnent ou s'étant isolés pour pratiquer jamais le nom de dévots s'étant réunis un culte ou une vie orphiques. On ne peut alléguer la moindre preuve qu'il ait il subsisté eu Italie à la fin de la République ou sous l'Empire une communauté orphique avec ses dogmes et ses cérémonies propres. 13 ss. On lut avec une ferveur nouvelle les poèmes attribués au chantre légendaire de la Thrace . car tout d'abord la doctrine orphique s'appuyait sur des écrits dont une tradition littéraire avait assuré la conservation . 44*. . avait produit une si active fermentation fût alors privé de toute vertu ? Nullement. et les souhaits exprimés se rapportent presque toujours à la prospérité et à la moralité de cette existence terrestre^. une influence stoïcienne très sensible. datant du lie qu me siècle de notre ère. tique (p. aucune trace. lorsque se répandit la conviction que les sages d'un lointain passé avaient été les interprètes d'ime révélation divine à l'aurore de l'humanité (p. — » LES MYSTÈRES 247 de la « Villa des Mystères à Pompéi.CHAPITRE peintures V. fruit du syncrétisme de leur âge. R. Du pessimisme orphique et de sa dépréciation de la vie humaine. Notamment pour la question qui nous intéresse ici. Berlin. Or-pheî hymni (édition critique). Le courant ascétique et cathartique qui émut et troubla si profondément la religion grecque au vi^ siècle avant notre ère. il est vrai. p. Quandt. Car on a relevé dans ces poésies composites. s'est-il propagé depuis ce passé lointain jusqu'à l'époque des Césars ? Si l'on entend par là que les théologies orphiques. 136). faut le nier absolument. 1328. Ziegler. col. E. c'est à peine si subsiste quelque allusion fugitive à l'im123) de l'âme. Ni la littérature si abondante de cette période. un recueil — — d'hymnes dits orphiques.

21. Déjà occultes. I. en Italie doctrinales et : leurs préceptes pratiques ils offraient de nombreuses affinités croyance à châtiments dans l'Hadès et retour de l'âme au ciel. p. les Néoplatoniciens vers. et Epigène lui assignait pour auteur le Pythagoricien Kerkops*. I. Lamelle d'or du ii^ siècle à Rome.. I. 4 Ziegler. 499.^ 2. XI. S'il faut en croire Epigène. de très bonne heure.. mais par la religion.. être transmises jusqu'à l'époque impériale^. et il impossible de discerner ce qui appartient en propre à chacun. Ihiâ. XI. Ainsi l'iécole du sage de Crotone s'était assimilé bon nombre d'idées orphiques et les avaient converties en sa propre substance. C. Que la secte ascétique ait cx)I. En outre. 1412. qui passait pour être de ce citharède mythique. Cf. Dieis-Kranz. 222. i. Certaines d'entre elles purent donc être remises en valeur quand le néopythagorisme reprit de la force et. non seulement par la philosophie. Alex. 1400 ss. 1922. p. c. 5 Kern. N. 131. Varron cite un livre intitulé Lyra. N.. source de Clément d'Alexandrie et de Suidas. Souvent ce qui est attribué à l'un s'applique aussi à l'autre. et lui enseigner les mots " de passe capables de lui concilier les puissances du monde souterrain^. sans qu'on puisse toujours déterminer sûrement à qui revient la priorité. 3. abstinence de toute nourriture carnée. qu'ils détournaient de leur sens pour es sciences Orphée devint ainsi un docteur auteur d'un lapidaire et d'un fatras astrologique. . Dans leurs conceptions avaient uni. de pureté et vie ascétique. fragm. p. On les a mises en relation avec cette « Descente dans l'Hadès » _où Orphée racontait ce qu'il avait vu lorsqu'il s'y était aventuré à la recherche d'Eurydice. B. L'instrument heptacorde y était mis en relation avec l'ascension de l'âme à leurs propres spéculations. 4. par son intermédiaire. p. travers les sept sphères planétaires^. n. Une longue persistance a pu être assurée à des doctrines orphiques. Kern. /. été intime. 18. C. Epigène chez Clém. plusieurs écrits orphiques seraient l'œuvre de vieux est Pythagoriciens. infra.. 17 ss. Vorsokr^. 5. guides qui devaient empêcher le mort de s'égarer dans le royaume des ombres. = . Orfhic. tant \t^xi interpénétration a. Symbol. add.. Cf. 32. L'hésitation est permise notamment pour ces lamelles d'or trouvées dans les tombeaux de Grèce et de Crète. d'étroites relations l'orphisme la et l'ancien pythagorisme. Strom. à la p. souci métempsycose.248 fin LUX PERPETUA du paganisme ^ accommoder à et même citèrent et les commentèrent ces vieux après la chute des idoles. Mais l'origine même de ce poème est incertaine. fr. sont communs à tous deux.

au Chronos soustrait à la vieillesse (àyrjpaoç) des rhapsodies et de la théogonie attribuée à Hellanikos*. Cf. relevés dans Plutarque par Méautis {Mélanges. prétendait reconnaître dans le panthéon entier des divinités Cependant peut-être les Mages d'Asie Mineure. ont-ils déjà rapproché les antiques zervaniste. — LES MYSTÈRES 249 ou n'ait pas pratiqué dès l'origine en Grèce un culte secret réservé aux seuls initiés. s. Mélanges Ec. Glotz. 79) lui sont 1. qui voyait dans son démembrement par les Titans l'acte primordial dont on tirait toute l'anthropogonie et la cathartique. apparus. dont était issu du Bien du Mal. 4. Rel. Celui-ci était depuis l'époque archaïque le dieu principal de la secte. et Ziegler. comun. 2. E. solaires. 1349' 52 ss. la religion dionysiaque partageait avec les Patriarca. et Orphée est souvent donné comme le fondateur des mystères bachiques 3. v. Ziegler. récemment découverte à Rome. ad uxorem. principe de vie. 3 ss. Dans leurs initiations l'œuf cosmique des orphiques. Mithra et l'orphisme. 6n. de Rome. Les spéculations des clergés orientaux sont une mer sans rivages. R. 3.. Les Orphiques sont parfois appelés bacchants. BmW. — parvenus par l'intermédiaire des mystères de Bacchus. E. que nous savons avoir subi après les conquêtes d'Alexandre nisme. ool. l'esprit une influence profonde de l'hellépoèmes orphiques de leur système et assimilé leur premier Principe. CIX. 10 ss. Sans doute la quadruple combinaison Zeus-Hélios-Mithra-Phanès qu'atteste l'inscription romaine n'est-elle pas antérieure à la syncrasie radicale mique.CHAPITRE V. p. ool. avait fait briller la lumière dans le monde. le et celui Temps infini. pp. nous a révélé que les fidèles raison La de Mithra avaient identifié leur dieu perse avec le Phanès orphique de cette assimilation est sans doute que l'un et l'autre. « Orpheus ». « Mysterieti ». c.. 1932. ont pu servir de propagateurs à des croyances ou des avaient dès leur origine adoptés. arch. Un bas -relief qui représente dans le cercle du zodiaque ce Phanès mithriaque sortant de l'œuf cos- nous montre qu'un syncrétisme intemcomposition de cette figure divine des éléments hétérogènes. 95 ss. Les termes orphiques. p. H. . Au rites qu'ils point de vue de l'eschatologie. sous l'Empire. p. 1264 ss. il est certain qu'elle a influé sur la théologie de certains mystères. 63-72 . pérant avait combiné dan's la qui. s. 1352. 1932. dont la diffusion fut immense. ool. Boyaiicé. Une dédicace. LX. v. d'où jaillissent des flammes. lorsqu'ils étaient .de symbole *. 1935. continuait à servir. p. R. 1934. .. Beaucoup plus anciens et plus intimes furent les rapports établis entre l'orphisme et les mystères de Dionysos. II. 1289.. /. R. clairement désignés Consol. De la sorte ceux-ci.j Kern. LI. fr. .

/. igzz. N. plusieurs écrits orphiques seraient l'œuvre de vieux est Pythagoriciens. 1400 ss. c. 17 Cf. C. Kern.. n. qui passait pour être de ce citharède mythique. été intime. auteur d'un lapidaire et d'un fatras astrologique. L'hésitation est permise notamment pour ces lamelles d'or trouvées dans les tombeaux de Grèce et de Crète. fragm. Kern. Ihid. et et même citèrent les commentèrent ces vieux après la chute des idoles. planétaires^. Que la secte ascétique ait col. d'étroites relations l'orphisme l'ancien pythagorisme. ss. les Néoplatoniciens vers. vu lorsqu'il s'y Descente dans l'Hadès » joù Orphée était aventuré à la recherche d'Eury- Mais l'origine le pour auteur assimilé de ce poème est incertaine. et les avaient converties en sa propre Certaines d'entre elles purent donc être remises en valeur quand le néopythagorisme reprit de la force et. B. et il impossible de discerner ce qui appartient en propre à chacun. S'il faut en croire Epigène. mais par la religion. et lui enseigner les mots de passe capables de les lui concilier les « puissances du monde souterrain'. abstinence de toute nourriture carnée. 18. 21. 131. Strom. source de Clément d'Alexandrie et de Suidas. guides qui devaient empêcher le mort de s'égarer dans le royaume des ombres. 4. Déjà Varronciteun livre intitulé Lyra. par son intermédiaire. Souvent ce qui est attribué à l'un s'applique aussi à l'autre. 222. non seulement par la philosophie. 5 5.. Orphée devint ainsi un docteur occultes. 32 j Diels-Kranz. Orphie. à la p. p. et Epigène lui assignait Pythagoricien Kerkops*.. XL I. en Italie conceptions doctrinales et : leurs préceptes pratiques ils offraient de nombreuses affinités la métempsycose.^ p. N. Forsokr^. C. XI. On a mises en relation avec cette racontait ce qu'il avait dice. fr. Symbol. Dans leurs avaient uni. 1. 1412. sans qu'on puisse toujours déterminer sûrement à qui revient la priorité. Ainsi l'école du sage de Crotone s'était même substance. p. . bon nombre d'idées orphiques Une longue persistance a pu être assurée à des doctrines orphiques. Alex. sont communs à tous deux. Lamelle d'or du ii^ siècle à Rome.248 fin LUX PERPETUA du paganisme^. Cf. infra..^ a. i. 3. Epigène chez Clém. 4 Ziegler. accommoder à L'instrument heptacorde y était mis en relation avec l'ascension de l'âme à travers les sept sphères En outre. au souci de pureté et vie ascétique. et de très bonne heure. 499. add. qu'ils détournaient de leur sens pour es sciences leurs propres spéculations. I. = . tant leuij interpénétration a. être transmises jusqu'à l'époque impériale^. châtiments dans l'Hadès et retour de l'âme croyance à ciel. p.

au Chrpnos soustrait à la vieillesse l'orphisme et les mystères de Dionysos. 3 ss. fr. CIX. la religion dionysiaque partageait avec les 1. — 6n. 1349. relevés dans Plutarque p. 1935. 79) lui sont parvenus par l'intermédiaire des mystères de Bacchus. Les spéculations des clergés orientaux sont une mer sans rivages. solaires. 1932. ool. s. l'eschatologie. clairement désignés Consol. et l'orfhisme. 95 ss. Les termes orphiques. 3. le et celui les une influence profonde de l'helléantiques poèmes orphiques de leur système Temps infini. ss. v. dont la diffusion fut immense. v. E. de Rome. Celui-ci était depuis l'époque archaïque le dieu principal de la secte. prétendait reconnaître dans le panthéon entier des divinités Cependant peut-être les Mages d'Asie Mineure. d'où jaillissent des flammes. De la sorte ceux-ci. comun. lorsqu'ils étaient apparus. . 63-72 . ad uxorem. p. Au rites qu'ils point de vue de Bull. p. 1289. R.. La de Mithra avaient identifié leur dieu perse avec le Phanès orphique de cette assimilation est sans doute que l'un et l'autre. — LES MYSTÈRES 249 initiés. qui voyait dans son démembrement par les Titans l'acte primordial dont on tirait toute l'anthropogonie et la cathartique. que nous savons ont-ils et avoir subi après les conquêtes d'Alexandre nisme.. s. Cf. 1934. et Orphée est souvent donné comme le fondateur des mystères bachiques 3. dont était issu (àyYjpaoç) des rhapsodies et de la théogonie attribuée à Hellanikos*. H. Les Orphiques sont parfois appelés bacchants. sous l'Empire. Sans doute la quadruple combinaison Zeus-Hélios-Mithra-Phanès qu'atteste l'inscription romaine n'est-elle pas antérieure à la syncrasie radicale qui. p. Glotz. Un bas-relief qui repréraison du zodiaque ce Phanès mithriaque sortant de l'œuf cosmique. 52 ss. c. principe de vie. LI. 'Patriarca. Dans leurs initiations l'oeuf cosmique des orphiques. pp. ool. col. Mélanges Ec. avait fait briller la lumière dans le monde.CHAPITRE V. ou n'ait pas pratiqué dès l'origine en Grèce un culte secret réservé aux seuls il est certain qu'elle a influé sur la théologie de certains mystères. Une dédicace. II. et Ziegler.^ 1932. récemment découverte à Rome. ont pu servir de propagateurs à des croyances ou des avaient dès leur origine adoptés. Beaucoup plus anciens et plus intimes furent lés rapports établis entre du Bien du Mal. l'esprit déjà rapproché assimilé leur premier Principe. 10 Ziegler. nous a révélé que les fidèles . R. par Méautis {Mélanges. Boyancé. Rel. « Orpheus ». continuait à servir. 2. l. nous montre qu'un syncrétisme intempérant avait combiné dans la composition de cette figure divine des éléments sente dans le cercle hétérogènes. LX. Kern. Mithra . R. 1352.. arch. zervaniste. 4. E.de symbole*. « Mysterien ».. 1264 ss.

Ant. sous des formes successives. . phagi in Baltimore. 146. 1928. Dans l'exaltation de leurs orgies nocturnes. 5 ss. cf. XIII). Stèle = 5 . cf.. Ce dieu barbare fut longtemps adoré avec une frénésie sauvage. canthares d'où naissent la vigne et le lierre.250 LUX PERPETUA : elle l'a répandue Orphiques la croyance au festin étemel réservé aux initiés dans tout le monde gréco-romain et. consacrés à ce dieu de la végétation * . Relig. compte parmi dans Psyché (II les pages *. 290. pp. 1314.. 1928.. selon la légende. Festugière.. p. "Wilamowitz. II. 2. et par suite nulle n'a exercé une action plus étendue sur la croyance à l'immortalité. une dévotion emportée. Inscription de Torrenova . Wila303 ss. 153 ss. 192 ss. XXXVII. Dionysos parcourut le monde en triomphateur. et même au-delà. Aucun des mystères de l'antiquité n'a été plus largement répandu à l'époque romaine. p. 1929. Les sculptures des sarcophages et des stèles sépulfcrales^. 195 ss. 89 ss. col. v. Lehman-Hartleben et Olsen. L'analyse que fr. Griech. 223. VIIIj p. — de Dionysos originaire de Thrace et de Phrygie s'était répandu en Grèce aux viii^" et vil^ siècles. Mystères. XLVII. étaient saisies d'une « folie sacrée » . filologia class.. R. Studi ital. 280 ss. 15 ss. nulle ne fut plus populaire. opère d'arte. et il avait introduit chez un peuple épris. 371 ss. de mesure et de raison. que ceux de Bacchus.. Nilsson. p. pp. mowitz. * * * Bacchus*. I. Am. 237. Scavi. les Ménades. p. M. La bibliographie jusqu'à l'année 1935 est donnée par Kern. p. n. : Le Sur les (rûp-êoAa cf. Glaube der Hellenen. 3. Carcopino. E. d'ordre. 4. orient.. « Mysterien ».. 4. qui s'y propagea. swpra. les peintures des caveaux funéraires^ reproduisent en quantité innombrable des scènes empruntées à la légende ou au culte de Bacchus. de l'enthousiasme dionysiaque. Scène d'initiation sur un sarc. p. pp. Dionysiac sarcod'archeol. : — Bull. 1942 Calza. J. même dans sa religion. les plus for- tes de ce livre remarquable. Rohde a faite tr. d'Antibes. A. qui traite en détail de la période ancienne Loisy. Rel. Revue biblique. délirante. d'abord parmi les femmes. A. avec la violence d'une épidémie. De même que.. Platon. 1933. 532-568. Pour l'époque romaine.). 265 a. Cf. ainsi ses thiases conquirent des adeptes dans toutes les régions de l'Empire. après des " courses furibondes et des danses échevelées. 1935. Parmi les religions païennes de salut. 1942 cf. les ébats des Satyres et des Ménades qui forment son et des emblèmes dionysiaques tels que masques de théâtre ou cortège. p. jusqu'à la fin du paganisme. 1943. p. 1941. XLIV. J. Ajouter.. pp.. extatique. Phèdre. 305 . s. 213. 215-261 . Cf. Not.' elle l'a fait vivre. comme nous allons le voir.culte 1. . France. Am. Peintures de l'Isola^ sacra . . Cagiano di Azevedo {Istituto M. de la villa Médicis.

ses compagnons. Gr. Rel. 4. 19 . n'avaient même à l'époque de la plus haute civilisation hellénique et *. à l'origine. 30992 cf. VI.. et il appartenait par là aux dieux de la végétation. placé avec d'autres symboles dans le van mystique. le sont démesurément. Dict. R. p. /. p. XXXII. l. 543.\_su-pra. et par suite les acteurs comiques furent. XXXII. qui doit renaître de la mort*. rement leur caractère brutal phallophories » et autres exhibitions provoAinsi les bacchanales ne perdirent jamais entiè- et impudique. Arnobe. n. . Si Bacchus lui-même n'est pas ithyphallique. v. Peut-être interprétait-on de même les rites d'initiation où il était mis on le en contact avec le essentiel myste. Relig. /. J. J. : . col. Am. Mais trouve en outre placé sur les tombeaux. Nilsson. Haussoullier. 256 ss. . cf.. Am.CHAPITRE et V. Satyres et. 3 et pi. n.. non les supprimer. X. Gr. forme animale de Dionysos. les pouvoirs publics s'efforcèrent de leur enlever ce qu'elles pouvaient avoir de cho1. banquets rituels en ripailles de cannibales. p. s. c.. pourvus de ce membre postiche. dont les mystes dépeçaient dévoraient les chairs pantelantes ^ comme autrefois les Titans avaient mis en pièces Zagreus enfant et consommé ses membres. soit que. Kern. « Priapus ». ^^j ss. Saglio-Pottier. L'organe de la fécondation animale était censé favoriser aussi la fertilité des champs. A. 60. p. Les sacrifices humains. ego siim mortis et vitai locus » CIL. 1919.. Aux phallus funéraires a succédé Priape. 250. Nilsson. dressé et de dimensions énormes. il resta toujours un élément essentiel des cérémonies sacrées. p-. 1305. auquel « il aurait assuré l'immortalité ^ de la liturgie dionysiaque. il fût promené dans des processions accompagnées de chansons grivoises. héritage d'un passé inculte. plus tard. 3.. 252 . 646. le phallus n'en fut jamais éliminé Elément on : put réduire l'importance des cantes. Ailleurs dans leurs « omophagies » pour c'était et Ou un taureau. soit que. p. i]. il fût découvert au cours de l'initiation. c. Cependant lorsqu'elles furent introduites dans les cités grecques. D'autre part le culte du phallus fut étroitement associé à celui de Dionysos^. 1. s'identifier ainsi avec leur dieu. pensant vertus divines de la bête bien elles se revêtaient de la dépouille fraîche de leur victime immolée. qui transformaient les peut-être pas disparu partout. quand.. 2. n. 26 . p. . Silènes. s'assimiler ainsi dont elles mangeaient crus les les morceaux sanglants. cf. 252. -• LES MYSTÈRES 251 déchiraient des chevreaux ou des faons. 145. A. c. et cet emblème de la génération y apparaît comme tm symbole de la vie nouvelle. elles furent adoptées par les rois d'Egypte et de Pergame. E. qui est un phallus anthropomorphisé « Custos sepulchri pêne destricto deus. 307. orient. 5. 2. pp.

n. p. publia initiaient un édit enjoignant à tous ceux qui dans le pays aux mystères de Bacchus de se présenter à Alexandrie devant un : fonctionnaire royal ^ ils lui feront connaître par qui le culte leur a été transmis depuis la troisième génération. et des observances aberrantes s'y maintinrent ou y naquirent. p. 12. gr. Tov|Kfëpr?0 î de reposer sinon à qui fut fait bacchant Fig. et la fureur des anciennes orgies s'y maintenait parfois dans des rites grossiers. A. qui marquait l'appartenance à la grande confrérie dionysiaque. orient. orient. prouve ne s'astreignirent pas au conformisme des mystères orientaux .. ni leur doctrine. de la titulature mentionnée daris les inscriptions. Ils comme le la diversité Ceux-ci n'ont nulle part reproduit un type uniforme. c. 196. p. Ptolémée IV Philopator. et 305. mais le décret lui-même fournit la preuve de la variété des pratiques et des écrits Où Oéfjiiç Èv• To09a ai l XEiffô [xè(= el [iT]) TÔv ^e- « A nul n'est^permis ici. »... 38. Manifestement Philopator voulait soumettre au contrôle de l'Etat une religion qu'il avait officiellement reconnue . 299 c Am. 1. Plut. tr. n.252 LUX PERPETUA quant et de répréhensible. 26 .. a6o. p. Dans bien des cités des conventicules fondés par des particuliers subsistèrent à côté du culte de l'Etat . ni leur organisation n'eurent jamais la même homogénéité. Rel. Rohde. /. Rel. cf. — Cimetière de Bacchants. comme l'Asie Mineure et l'Afrique. J. Elles furent peu à peu hellénisées et humanisées. Protégés par le secret dont ils s'entouraient. XXV. tatoué lui-même de la feuille de lierre. admis dans les thiases. N. en les soumettant à une stricte surveillance. et il lui remettront sous pli scellé la teneur de leur tradition sacrée. . p. délirants et même homicides. fr. C. 2.. 300 . ils pouvaient échapper à toute réglementation policière. 6.. Quaest. Dans les pays où l'extatisme était endémique. infra. 2. j — Cf. 198.

XLII. X. 5. les libations capiteuses qui faisaient perdre la raison. 17. 197. ibid. Kern. 3. Au point de vue juridique. 214. s. XVII. Varente. cf... 25. Controverses sur le S. en 192. p. or... Après cette répression impitoyable le silence règne sur la présence de thiases en Italie pendant un siècle et demi. que devait interdire rigoureusement le sénatusBacchanales. n. même si le meurtre de Dionysos enfant déchiré par les Titans n'y était pas reproduit par l'immolation de victimes humaines \ Sur l'ordre du Sénat les sociétés bachiques furent dissoutes et leui's adeptes traqués dans toute la Grande Grèce comme à Rome.. C. ! ... 276. Augustin. j'ai Platon fait dire à un Lacédémonien vu toute la ville s'enivrer à l'occasion des Dionysies. où. E. — cf. c. 8. sont probablement des captifs. Wuilleumier. des Bacchanales. 14 ss. p. 637 b. Krause. 369 ss. Relig.. au point de vue religieux. . c. 1313.. 1932. n. p. infra. 6). 1. 198 s. p. Cf.. villa dei Misteri. p. 2. On peut se figurer quels débordements provoquait se passe chez nous Or ce le carnaval bachique dans une ville opulente adonnée aux plaisirs. » proche parent de Dioavec le lahvé Sabaoth des Juifs. Mais la surveillance des autorités ne se relâcha pas. ^ « A Tarente chez nos colons. 1939. 4. par le préteur en même temps que les astrologues « chaldéens » En 139 des — sectateurs de « Jupiter Sabazius — qui ideritifiaient leur dieu . n. 305. N. 512. R. Frânkel'. col. 193 1..Platon. p.. Lois. p. le dévergondage favorisé par un culte phallique dans des réunions nocturnes de mystes des deux' sexes. phrygien ^ furent expulsés. or. orient. R. La 1304 Maiuri. C. . contesté par T. XI. J. col. 496 ss. fig. à la folie des bacchanales publique Il est certain que les thiases furent introduits en Italie dès l'époque de la ancienne colonisation grecque".Relig. 1940. l. R.. 1936. cf. initiés étaient : qui consulte des y introduisirent ces mystères. . E. or. « Mysterien Strabon. Relig. mais rien de pareil ne ». p. 79. ramenés à Rome après la prise de Tarente^. or. — LES MYSTÈRES 253 magistrats des cités eux-mêmes participaient. l. p. ».. Les beuveries bruyantes et violentes de banquets. p. 1933. 194I) P- LXXI. 197. Rel. A. Relig. : Béquignon. c.CHAPITRE les V. 4. A. 476 8. p. Epist. devaient faire condamner par la stricte et froide moralité romaine ces conventicules occultes. 306. Am. 184. nysos. A. Une inscriptibn de Cumes nous montre plus ' . 60 ss.. Lucien /. 165 ss. De saltat. ss. Cf. Kern. Hermès. Keil.. Relig. p. LXVIII. LXVII. Ibid.. sous les Césars. Cf.. 234. or. 12. 6. ss. . Méautis. admis ^ et d'autres indices nous montrent que le dieu seuls du vin était aussi dans la Grande Grèce le dieu des morts*. p. v. 7. qu'au début les du V^ siècle ils avaient leurs cimetières particuliers (fig.

l'exaltation dans les fêtes une puissance surhumaine. Cette se figuraient devient semblable à son dieu. de hauts fonctionnaires originaires d'Asie Mineure purent instaurer dans la capitale un thiase nombreux. V.^. La surexcitation pathologique produite par des danses giratoires et des courses épuisantes. 250. qui y resta pratiqué. c'est-à-dire et y réintroduisit le culte bachique que celui-ci. Rohde. la seule fin qu'on se proposât*. Cf. p. nous a appris comment. aP 1109. l. telles qu'on les célébrait Rome aimait à nisé comme ceux de leur patrie "^ Le culte romain de comme le successeur de ceux dont les excès avaient les été bannis l'Empire apparaît ainsi ou tempérés dans Etats bien ordonnés des Ptolémées et des Attalides. Sans doute César. i. voulut-il y transférer des bacchanales assagies à Alexandrie. Festugière. faisait remonter son origine à un acte du dictateur. comme des tribus sauvages.. pour donner satisfaction à des tendances mystiques qui commençaient à s'affirmer dans la population mêlée de l'Urbs. 534^5 cf. n. 250. p. sous les Antonins. 5]. Une brève le « transporta qu'il ' premier à Rome » les cérémonies de Liber pater'. lorsqu'elles étaient faisaient couler des rui'sseaux de miel et de lait^. sacra Liberi patris Rotnant /.. l'enthousiasme âme 1. Cf. . Syll. . n. 708 ss. s'affranchit de toutes les limitations de sa condition normale. et elle semblait lui communiquer nales. 5. Platon. p.. alors la ville modèle dont D'autre part la grande dédicace de Torrenova s'inspirer. Eurip. [p. De même à Athènes. supra. Ed. est proprement la « sortie » de l'âme qui.254 LUX PERPETUA indication d'un scoliaste nous apprend que César ! . 3. c. orgaet policées. Servius. provoquait des hallucinations où les mystes commander à toute la nature. 250. 29 : « Caesarem constat primum transtulisse » 2. Isupra. p. 4. . sous les Antonins. c. ou pour niieux dire ce dieu la possède (xaTÉyei) et il s'identifie avec elle. n. la seule jouissance qu'on y recherchât. Dittenberger. les règlements des lobacches témoignent du souci de maintenir la décence. Aux origines lointaines des baccha- morbide qu'elles provoquaient était probablement. quittant passagèrement sa demeure corporelle.. par une tension nerveuse de l'être entier poussée jusqu'au paroxysme. La participation aux orgies. Les bacchantes. Ion.j]. L'extase (^exaTacrtç) possédées. Bacch. Cette folie collective secouait le joug qui pesait sur la conscience de l'homme raisonnable. 196 ss. d'éviter toute altercation dans des réunions où l'ébriété pouvait favoriser le désordre ^ Cette transformation progressive de la religion dionysiaque affecta profondément sa conception de l'immortalité.

Mythes et cultes du Rangée. p. 285. Symbol. C. 1233 P- 96 a. Tous les trans- ports religieux qui pouvaient ravir les âme d'espérances. V. la « Ranimé. pour qu'il s'évade de ses préoccupations ordinaires. 372... dans troupe des Satyres. Pour élever l'homme au-dessus de sa médiocrité quotidienne. CIL. les initiés profondes dans une autre Parfois on se représentait célébrant encore dans les Champs- orgies tumultueuses des thiases. purifiait les âmes. De même que Dionysos avait eu sa passion. ss. [V]. 418. croyait-on. Cf. Quand les bacchanales furent devenues. afin que derrière les torches tu entraînes le . Il en résulta une prépondérance marquée donnée à cette forme de jouissance dans la conception de la vie future. accompagnés d'une musique qui. Les convives. . : 1910. XXV. puisant largement dans le cratère la liqueur que selon la légende la présence de leur dieu avait suffi à faire jaillir. m. — — . IV Symbol. Cortège semblable des mystes de Cybèle Properce.CHAPITRE qu'elles produisent. Les sarcophages représentent fréquemment les ébats des bienheureux avinés bondissant au son des cymbales et à la lueur dés torches dans le paradis dionysiaque ^. où l'ébranlement de l'organisme surexcité le faisait communier avec toutes les forces animales et végétales de la nature. où t'accueillent. et la possession divine devient unique- ment celle que produit l'ivresse des repas sacré. Perdrizet. le mouvement rythmique des danses et le son des flûtes et transportés par Elysées les et les cérémonies des bacchanales des cymbales. N. Mais dans le culte romain de Bacchus. cf. parfois égayés par des danses et cortège en fête. 60. infra. tu vis parmi les prés fleuris. et après avoir péri était ressuscité. Ainsi devait grandir nécessairement l'idée qu'il partageait la vie impérissable de la divinité à laquelle il s'était égalé. — LES MYSTÈRES 255 ont pour effet de faire du myste un bakkhos. en laquelle son âme était absorbée. pp. une fête de citadins. étaient bientôt échauffés par les vapeurs du vin et s'abandonnaient à une joyeuse ébriété. Cette ivresse qui délivrait I. Plus de courses folles à travers la nuit. 344. joies aussi mystes en ce monde nourrissaient leur leur faisaient attendre le renouvellement indéfini de vie. . sans que cependant et l'idée primitive ait disparu. 686 = C. » dit un père s'adressant à son fils dans une épitaphe de Macédoine*. il ne reste que le vin. les mystes de Bacchus marqués du sceau sacré et les Naïades porteuses de corbeilles. £. 7. le ménadisme n'y survécut guère que dans la persistance ses d'une musique bruyante et de danses rituelles. 339. l'acte essentiel était la participation à des repas rituels. dans les villes grecques ou romaines. de même serviteurs devaient après leur trépas renaître pour l'éternité.

2. Symbol. p. Mais certainement aucun culte n'a autant contribué que celui de Bacchus à la diffusion de la croyance eschatologique dérivée de ce vieil usage. 5. tm festin étemel.. 246. dieu thraco-phrygien proche parent de Dionysos.. où les rites phalliques restaient essentiels. 5. n. 246. 203 .. d'autres écarts d'un dévergondage religieux. et il est difficile de savoir s'ils 'ont transmis cette conception aux mystères de Dionysos ou s'ils l'ont reçue . p. C'est lui surtout qui a inspiré la composition et' provoqué la multiplication infinie de ces bas-reliefs funéraires représentant le mort héroïsé et banquetant qui ont été reproduits sur toute l'étendue de l'empire Les Orphiques la tombe sous romain*. avant de devenir celui de l'introduction d'un profane dans une famille religieuse'. 102. cf.2jé LUX PERPETUA i l'esprit était regardée. p. 237 ss. 6. Les peintures fameuses. comme une possession divine. qui décorent un caveau. VIII. 4. Cf. p. Symbol. n. sufra. 419 et swpra. 372. Relig. supra. 228. or. 3. su-pra. bol. Relig. si même il ne faut pas l'identifier avec lui. La participation à un repas a été un mode d'admission de l'étranger dans le clan. 60 . Cf.. favorisait. p. avec les excès de la boisson. Les jouissances matérielles attendues par les dévots pouvaient prendre dans leur esprit une ^ forme grossière et même équivoque lorsqu'ils étaient des hommes grossiers et sensuels. les initiés. n. devaient prendre part à. nous le disions.. de la réception de l'hôte dans la tribu. Pythagoriciens Orphiques. 253. 3. Sym- . Les plaisirs de la table promis aux bienheureux n'étaient pas d'une qualité très relevée. Nous en trouvons la preuve dans un hypogée voisin de la Catacombe de Prétextât. Symbol. 62 .. des soucis et donnait l'illusion d'une vie plus heureuse et plus intense. Ses origines se perdent dans la nuit de la préhistoire. p. et Platon en parlait déjà avec quelque dédain^. Cf. où un vin inépuisable leur verserait l'oubli de toutes les peines et les mettrait continuellement dans cet état d'euphorie dont ils avaient eu un avant-goût sur la terre*. 37a. et qui servait à la sépulture des fidèles deSabazius". nous I. Mollement étendus dans des prés parfumés de senteurs exquises et éclairés d'une pure lumière. p. Le culte du dieu de l'ivresse. p. p. pp. 38 .d'eux. 418. or. couronnés de fleurs. et les Pythagoriciens avaient aussi imaginé la félicité d'outreforme d'un banquet perpétuel". — : Diogène Laërce. . Elle était unie anticipation de la béatitude d'outre-tombe qu'assurait aux mystes l'admission à ces banquets liturgiques. p. Cf.

Cf. sentatipns lobscènes sur les I> sarcophages : Carmina Salmas. 2. p. 87. i ss. dévotions aux divinités agraires de la fécondité. et l'on voit s'exprimer crûment dans certaines épitaphes le souhait d'obtenir encore dans l'autre vie les plaisirs amoureux que l'on s'est accordés sans vergogne et sans retenue sur la terre ^. orient. Parfois des époux donnent à ce même désir l'apparence de la légitimité en formulant le vœu de se retrouver dans leur lit conjugale vieilles Priape 1. hoc tecum C. Cf. Une pierre tonibale erotique de Rome (A. 305. [b]ibe. p.. Mais leur piété s'accommoda. 133. Son « bon ange » y introduit son ombre voilée dans le jardin de délices où sept « prêtres pieux » sont attablés. n. comme l'était en Mysie. E.. d'où Sabazius est originaire. P- 174 8S. 3. i . iocum alumnis suis dédit » Cum . n. the Ny-Carlsberg Glyptothek. 1940. — Introduction. 25.. III. « Manduca.. qui basia. les 7. Symbol. C.. n... 1908. Fig. Reprélat. Friedlânder. Les inscriptions de cet hypogée recommandent de manger. Front the collections of. voluptatem. Cf. et les divertissements qu'elles préconisent ont une saveur erotique très accusée ^ Parmi les populations barbares de l'Anatolie. «7 . 317. 84. p. de boire et de se donner du bon temps tant que l'on vit .. 319 (Riese. 3 . 263). cf. CIL. Fris Johansen. Reclus. vives Rel. p. 198 et 306. n. III. p. La survie des ombres.CHAPITRE V. avaient gardé un naturalisme btutal. Sittengesch. de Vibia au banquet des bienheureux. 142 = benefac. IX. lude et veni ad me.it d'une morale complaisante. VI. 5 . Paris. Anthol. 7).). 1942. feres. — LES MYSTÈRES 257 montrent la défunte Vibia emportée par Pluton et conduite dans le monde souterrain (fig.

Sans doute les Pythagoriciens furent-ils les premiers à opérer ce transfert.. Une allégresse perpétuelle y réjouissait des convives immortels dans la douce splendeur du jardin des béatitudes^. breuvage d'immortalité.. avaient par une apothéose obtenu d'être admis à la table des Olympiens et de s'y désaltérer avec eux de nectar. a. et se figurer le festin céleste dans la quiétude constante de la lumière éternelle. parle des âmes immortelles qui gravissent la pente ardue du firmament pour devenir. 7. moins pour les dévots éclairés. ^. Symbol.jo2 et note 4.. devint ainsi le prix accordé à la vertu de toutes les âmes pieuses. p. figuré à la partie inférieure de la pierre tombale. qui avait été longtemps le privilège exceptionnel de quelques héros. Le mythe du Phèdre assura la persistance de la notion du festin céleste chez les derniers Néoplatoniciens. Plotin. arrivé au sommet de la rude montée. 35. lorsque la philosophie. 378. 432 ss. Schrôder. ils enseignaient que celui qui a suivi la route escarpée de la vertu. Une quantité de stèles fiméraires. .258 LUX PERPETUA Les croyances traditionnelles de la religion dionysiaque furent purifiées. n. VI. tations pouvaient être acceptées d'autant plus aisément par la religion dionysiaque que selon la mythologie certains mortels. 4 \ cf. 37 j. Le christianisme devait hériter de la conception païenne ainsi épurée. une interprétation spirituelle et l'expliquaient comme le ravissement de la raison pénétrée par l'intelligence divine*. I.^ p. Infra. Bonner Jahrbûcher. Usant d'une allégorie. Mais ceux-ci donnaient nécessairement de l'ivresse des âmes qui y étaient conviées. p. . fit prévaloir la doctrine de l'immortalité astrale. Cf.. pp. ss. CVni. A leur exemple Platon. Cf. qui fut souvent l'éducatrice des mystères. au sommet de la voûte céleste. Symbol. qui opposent au labeur terrestre du défunt. Le symposion de l'Hadès fut transporté au ciel. De telles interprétout au . mettent ainsi en relation les mérites acquis l'homme de bien avec la jouissance paisible qui en sera la rétribution^'. Mais dans les mystères tout initié parfait devenait un bakkhos et par suite devait partager le sort de son dieu. le repas que s'est qui en orne la partie supérieure. 421 ss. 247 a. 47 4. parmi lesquels Bacchus.. L'admission au banquet olympique. Platon» 3. p. pouvait se délasser de ses peines et obtenir le salaire de son labeur Il prenait part dans la clarté sereine de l'éther au festin dès bienheureux. Phèdre. Symbol. 1902. les commensaux des dieux. dans un mythe du Phèdre 2.

Inscr. Acad. vint s'ajouter celle des religions orientales. 1945. les soldats orientaux. Un peu plus tard arrivèrent les dieux sémitiques l'Atargâtis. Depuis Caligula. Vers la fin de la deuxième guerre punique.. Malgré l'opposition persistante du Sénat et les persécutions violentes qu'ils Dès et ' règne de Tibère. les Baals de Damas et de Dolichè en Commagène. mais favorisé par les Césars.-R. l'Adonis ou Tammouz phénicien. le culte égyptien. les mystères d'Isis et dé Sérapis. qui prouve combien la dévotion égyptisante s'était répandue dans la plèbe romaine 2. : cf. — LES MYSTÈRES .CHAPITRE V. L'Asie Mineure. d'autres déités encore furent transportées en Occident par les marchands. à Mais le clergé exotique et équivoque qui le desservait fut soumis une étroite surveillance. la première. non seulement toléré. Récemment encore on a exploré sur la pente de l'Aventin des salles oii se réunissait un collège modeste. ils ne cessèreiit de conquérir de nouV<eaux dans la péninsule et dans les provinces. La subirent jusqu'au fidèles : 1- 2- Diffusion des mystères orientaux Cf. s'introduisirent dans la capitale. lui fit accueillir ses dieux. 396. 359 IL — Les cultes orientaux V Aux mystères depuis longtemps célébrés dans niséeSj et les cités helléniques ou hellé- dont l'influence s'étendit sous l'Empiré aUx pays latins. Dès lors la pierre noire. . le Dusarès arabe. les esclaves. déploya à Rome dans des temples magnifiques la pompe émouvante de sa liturgie. et il compta une foule de dévots dans le monde grec et latin. C. Cybèle et soft pârèdre Attis furent officiellement adoptés par le peuple romain. ou « déesse Syrienne » d'Hiérapolis. i8 as. fut adorée dans un temple qu'on lui construisit sur le Palatin. successivement propagées en Occident et qui devaient profondément transformer le paganisme romain. Relig. C'est seulement sous le règne de Claude que les . le Bel et le Malachbèî palmyriens. fêtes de la Magn-a Mater acquirent une soleimité impressionnante monies barbares prirent alors une signification spirituelle qui leur valeur» et des céré- fit désormais le temps de Sylla. symbole de la déesse de Pessinonte. p. composé de petites gens.. en 205. (yrienhi p. le Jupiter ou Hadad d'Héliopolis. venus d'Alexandrie déjà répandus dans le midi de l'Italie.

avait conçu de la divinité une idée beaucoup plus élevée et plus scientifique que celle de l'ancien anthropomorphisme. Magna mater Servius. enseignant aux soldats une morale impérative et virile. i. Georg. mais certains faits essentiels peuvent être reconnus avec certitude. 2. . il serait impossible. la plupart avaient pris la forme de mystères. sur les idées eschatologiques. Cf. tradition veut que l'Eumolpide Timothée soit intervenu à l'époque lors de la fondation du culte de Sérapis. supra. plus important pour le sujet qui nous occupe. La théologie qu'ils enseignaient. II. philoPoint par des cérémonies occultes. dieux avaient été assimilés aux général sophie le grec leurs doctrines trahissent Olympiens. été plus Tous ces cultes barbares. C. Enfin la hellénisé que professaient les de Mithra firent connaître en Europe le mazdéisme Mages établis en Asie Mineure. graecam. Même dans le culte romanisé de la. la légende de Grande Mère. et qu'il ait écrit sur la Une double de Ptolémée. c'est-à-dire qu'ils prétendaient assurer le salut de leurs fidèles révéler^. 394 « Hynuii Libero apud Graecos graeca. linguam requirunt ». n. de le définir pour chacune . e. liée à l'astrologie. avec les pauvres documents dont nous disposons. Voir N. avaient *. apud Latinos latina voce dicuntur. Introduits dans romaine par les prisonniers ramenés du Levant par Pompée. i. leur langue liturgique une influence sensible de en hellénique. arrivèrent à Rome. de cette foule disparate de hétérogènes qui apportèrent en Europe des croyances originaires de toutes les régions du Levant. fruit du dualisme iranien. et Quelle sectes fut. où cette religion perse parut un moment balancer la victoire du christianisme. cryptes souterraines où les mystes prenaient part à des repas sacrés.. 237. à Ostie en Italie un nombre impressionnant de spelaea. l'action. et elle s'était propagée à la périphérie de l'Empire sur toutes les frontières. et ils atteignirent l'apogée de leur puissance à l'époque des Sévères. probablement comme : interprète des promesses : 1. ils plèbe les mystères virent grandir leur puissance jusqu'au IIF siècle. Hynmi vero Matris deum ubique propriam. Une première observation s'impose. Elle comptait à Rome. XII. Leurs était la. lorsqu'ils ou moins profondément hellénisés. que l'initié s'engageait sous serment à ne pas Le prestige sans égal dont jouissaient les mystères d'Eleusis rend probable qu'ils aient été imités dans l'organisation de ces nouvelles dévotions. et ce fut surtout à cet égard qu'ils furent les prédicateurs d'une vérité nouvelle.26o LUX PERPETUA ! propagande de divers clergés s'intensifia à partir du premier siècle. ^ . en particulier du stoïcisme ou du pythagorisme. p.

Nulle part cette croyance d'une antiquité immémoriale ne se manifeste plus clairement que dans les grandes fêtes annuelles du culte. 241).. Relig. était la liqueur dont on faisait des libations aux morts pour leur rendre la vitalité (p. dans le monde cosmopolite issu des conquêtes d'Alexandre les mystères voulurent Les fonctions religieuses. p. 32). des cérémonies en partie secrètes. à l'origine agraires et saisormiers. p. en 417 ap. le pin passait pour receler une chaleur interne. orient. Des rites. qu'on identifiait avec Attis. De 53 et 225 -prof. . et supra. 13 ss. et aux manifestations de désespoir succédait une longue et bruyante jubilation. était porté jusqu'au temple du Palatin dendrophores ». Il devint ainsi un emblème d'immortalité^.Cf. 1. 375). orient.. couronné de violettes et enveloppé de bandelettes cadavre c'était le cortège de funérailles du dieu mort. se passait en lamentations funèbres autour de l'arbre défunt.. parenté spirituelle créée par une initiation remplaçât le lien du sang. 243 ss.et le 24 {Sanguis) le sang des assistants. selon le calendrier romain. et p.. 46. orient.. 45 sur le »2es violae. qui se flagellaient ou se mutilaient. phrygien^. Stèle d' Amibes. 90 ss. dans la nuit du 24 au 25. qui le soustrayait à la caducité et lui permettait de rester verdoyant pendant la Le rituel est orientaux morte saison. z^z. 2. ont pareillement inspiré la par les « de laine comme un : grande fête d'Isis. Arbor intrat. qui étaient auparavant particulières un peuple ou réservées à une caste. 3. souvent plus conservateur que la mythologie. le pin. le prêtre annonçait la résurrection d' Attis*. p. 4. Cette fête était encore célébrée le 3 vembre au temps de Rutilius Namatianus. — LES MYSTÈRES 261 d'immortalité qu'on voulait y reconnaître \ De même que dans la Grèce ancienne les Éleusinies étaient accessibles à tous les Hellènes (p. p. rel.. Rel. et celui des cultes a gardé certaines formes qui doivent remonter à l'époque lointain)e où une religion animique se figurait les arbres de la forêt doués d'une vie divine comme les plantes des champs cultivés. n... De même que les autres essence à feuillage persistant. Rel.CHAPITRE V. quelles que fussent leur race et leur origine être universels. ss. qui unissait jadis les membres d'un clergé héréditaire ou les fidèles d'une même la nation. jour lugubre. err. 4- Hrm. du 26 octobre au 3 novembre^. à . Cf.-C. Le 22 mars. Le 23. 5. J. après l'équinoxe. orient. qui durait. Elles se rattache directement à. p. Mat. no- . Relig. 3. (I. p. Enfin. purent désormais être remplies par tous mais il fallut que les hommes.

i<)P> Glotz. : Rel. 12 ss. des maisons lai d'Adonis mort. dieu agraire. 23. 104 James Loeb.262 LUX PERPETUA célébrées en Egypte dès une époque reculée!. 316 ss. G. . R. ss.. 275 ss. p. 136 ss. de la laitue. . Cf.. Christ. et de graines dont la gertémoigne encore du caractère agraire de la fête égyptienne^.. égyptiens. p. puis était revenu 'à la vie. Mystères égyptiens. /• 2. Relig. et l'on disposait près de lui de menus jardins. lorsqu'elle avait coutume de placer sur la terrasse. et ses fidèles pleuraient son trépas avec son amante Salambô l'avait retrouvé. un du blé le et ses fêtes. lund . dit un texte funéraire. orient. n. Syrîa. étendu sur sa couche. de Vawx. orient. Moret. phéniciens.. 2? éd. levaient et verdissaient rapidement sous l'action de la chaleur estivale. R. infra. « Auferstehung ». 11927. p. et Wolters. p. la fertilité de l'année qui s'ouvrait*. 31 4. et le corps. 324 1935. et Mélanges Capart. 3« éd. p. XII. du fenouil. le sort du dieu et ressuscité était le prototype et le garant de celui de l'initié. était reconstitué et ranimé. marquée par lever de qui se plaçaient au début de l'année sothiaque Sirius et fixée au 19 juillet du calendrier julien-. 244. ss. lui anéanti » *•. Rel. VIII. 1933. Ant. E. v. s. . Cette assimilation est déjà établie dans l'ancienne entre Osiris et le défunt Dans mort Egypte inhumé selon aussi vivra . 1920. p. . p. f. p. H. La ha^te antiquité des croyance Jardins d'Adonis phéniciennes à la ttiort et à la résurrection d'Adonis. statuette ^ tous ces mystères phrygiens. p.. Isis. 252. 1929. 1927. c'est-à-dire une mination devait favoriser image formée d'humus celle des champs.. Die goldene Aehren dans pestschr. lorsque pendant la veillée où l'on pleurait Attis — i. CIV. On et participaient à l'exaltation de la déesse. partait en quête des membres dispersés d'Osiris mis en pièces par Typhon. Cf. L'Adonis ou « esprit Tammouz » phénicien était aussi un dieu de la végétation. largement arrosées. 168 ss. I.. les rites. C. Loisy. Sur le triduum des Adonies dont les conclusions sont contestées par le P. Mélanges Glotz. XXIII. R^vue biblique. cf. : p. N. Ces plantes. a été démontrée par les tablettes 5 . lui non plus ne sera pas ou De même. de l'orge. RealUyi. Mystères. 46 ss. Religion der Aegypter. des pots remplis de terreau où l'on semait du froment.. Adonis aussi avait péri tragiquement. de Ras-Shamra. . XLII. p. 1934 cf. Erman. p. XVI. 389 ss. Les fidèles s'associaient par leurs plaintes désolées aux angoisses de la déesse et par une explosion de joie à son allégresse finale. les divers morceaux retrouvés. La vieille coutume de modeler un Osiris végétant. aussi vrai qu'Osiris n'est pas anéanti. et 3. 3 ss. accablée de douleur.. croyait-on. et ce rite de magie sympathique favorisait. Dussaud. indiquent encore clairement sa signification. « Aussi vrai qu'Osiris vit. n.

. 4. 18 . p. avoir associé au sort de leur dieu leur propre destin. . M. Nekyia. I. S. rel. A. $^. Dieterich. Mat. XXXIV ss. 15. Elle produisait le blé et le raisin. cf.. de l'âme est chez eux un héritage de la vieille religion de la Mais comment chacun de ces cultes concevait-il la vie future à l'époque romaine ? Quelle interprétation secrète donnait-il de la légende de son dieu.. fr. 5. prof. Primitivement. après s'être flétrie. Dietrich. . V. 1912. le dieu est sauvé murmurait lentement pour vous aussi des peines viendra le salut » \ Ainsi. p. et cru qu'après avoir péri ils renaîtraient à une vie nouvelle. fréquemment ils portent l'image de la déesse ou celle du lion. commémoraient la mort et la résurrection d'Attis. Paris. p. avec l'immortalité. l'idée qu'ils se faisaient de cette vie d'outre-tombe semble s'être profondément transformée au cours des siècles. L'on croyait. et participaient ainsi à sa divinité". — LES MYSTÈRES 363 étendu sur sa couche funèbre. Rapports du Symbol. 1884. son substitut. 425 ss. il n'est pas aisé de le découvrir et de retracer l'évolution de ces croyances mortalité nature. dès une haute antiquité. . 24. On aime à donner au tombeau l'aspect d'une porte. si lès fidèles paraissent.. 26 ss. 3. la liturgie même des mystères orientaux le prouve. une lumière était introduite.CHAPITRE V. 30 ss. 6. p. Aucun des cultes orientaux transportés en Occident n'a évolué davantage. V. J. que ceux-ci s'absorbaient dans le sein de la Grande Mère qui leur avait donné naissance. en Anatolie. et l'épitaphe une dédicace 3. Culte de Cybèle. p. et le assurait le salut préparée par le repas sacré. le prêtre Adonis « Ayez confiance. Si les grandes fêtes de la religion phrygienne. Cf. De err. Firmicus Maternus. Le tombeau phrygien est souvent un sanctuaire. p. Cf. L'assimilation à la Terre. su-pra. 1. Jacxjbsen.Ramsay. les reçoit morts*.. vers l'équinoxe. Graillot. 1905. zz. qui s'accomplissait complètement après la mort. H. Cybèle est la divinité des morts parce que Terre. eschatologiques. Mânes. A. parce qu'aucun n'était à l'origine plus foncièrement barbare. Leipzig. la) dans son sein*. 21. acte essentiel de l'initiation. 207. Cybèle de ses serviteurs.. emblème de la végétation qui. 58. Firm. Mutfer Erde. l'idée de l'im: — . rel. 175 ss. renaît au printemps. pp. celle du monde souterrain où descendent les qu'elle personnifie. 216. célébrées au mois de Mars. i. ce semble. p. le pain le vin qui sustentent les hommes. 2. De err. M. La nourriture prise dans le tambourin et breuvage bu dans la cymbale® accomplissent cette union mystique avec la était itôvoç cf.

. Mart. CE. dit une prière à la Terre'.. J. « Tu nous donnes. Arnobe. . et il était inévitable que les croyances plus avancées des conquérants perses vinssent modifier celles des cultes autochtones. au milieu des astres que montent les âmes la pieuses". 88 s. 21. 90 s.. 513.. et le monde souterrain n'est plus que le séjour des réprouvés*. cf. 26. 3. Ainsi tout dieux. I. IV. Aucun ne s'est fait construire des tombeaux aussi grandioses. 25 (p. 1282). 242 (PG. 136 Ludwich). CIII. sur les Dumopireti. 192 j Julien. 132 s. 5 ss.. Hymne au soleil. des Mages émigrés de ^ . I. 229. n. p. supra. V. Precatio terme dans Riese. lat. enseignèrent désormais lumineux. transforma Grande Mère. avaient le clergé iranien allumé leurs pyrées à côté des temples phrygiens et lydiens voisina pendant des siècles avec celui des dieux indigènes. ce que tu accordes retombe en toi On Mère des dont la piété surpasse celle de toutes les divinités. p. 4. 6eoî . Rel. A.. De cette vaste production littéraire du temps des Pharaons. toi. Cf. Deubner. Damascius dans Photius. Or.. : -. ch.. 6. » Il n'est pas douteux qu'en Asie Mineure la majorité de la population resta toujours' fidèle à la vieille croyance que les ombres des morts descendaient dans le sein de la Terre divinisée ^« Mais dès l'époque des Achéménides. Or. cod. p. ainsi que le voulait l'héliolatrie de l'époque romaine. Cf. I.264 LUX PERPETUA déesse qui s'achèvera et deviendra parfaite après le trépas. e^ quand notre âme se retirera. 66 .. II. p. 214. l'Iran. 7. V. 11 securus morte quiesco ». les aliments de la vie avec une constance infaillible. Nombreuses épitaphes mentionnant les Kara/^Gjvioi Hypogée des Sabaziastes. 4. p. Mages hellén. dans l'éther si fortement constituée du mazdéisme. Proclus. et la littérature funéraire est ici d'une richesse qui n'a d'égale en aucim autre pays. Aucun peuple n'a été plus préoccupé que les Égyptiens par le souci d'assurer le bonheur de sa vie future. ni plus somptueusement décorés . 1929. Anthol. orient.. V.. supra.. 9 . p. nous nous réfugierons en t'appelle à juste titre toi. Cap. XIV.. L'évolution s'acheva à la fin 'du paganisme par la transformation d'Attis en une grande divinité solaire' que l'on conçut comme le créateur et le sauveur des âmes. L'eschatologie celle des mystères de ceuxrci. nulle part la relides précautions plus minutieuses pour assurer la survivance des morts. Symbol. 257. p. quelle portion n'était pas périmée sous les Césars ? Quels textes relatifs aux funérailles ou gion n'a pris et la félicité I. « Sacra cymbala concrepui. notes 63. C'est au ciel. Julien. l. L'on a pu relever plusieurs indices de ce syn- crétisme*. Macrobe Sat. fin. 5. a. 42 168 c .

Cependant. 6. Plut. 106.. je me suis approché jusqu'en face des dieux des Enfers et des dieux supérieurs et je les ai adorés de près. puis je suis revenu porté à travers tous les éléments. XI. p. n. veut que Ptolémée Soter ait consulté un Eumolpide d'Eleusis. Voici que je t'ai rapporté ce qu'après l'avoir entendu il te faut pourtant ignorer. .. Mais pour où se révèle la ferveur ardente des proséreligion égyptienne. cf.. ciel après s'être purifié en à travers les éléments ^ Il serait vain de rechercher par quelles. Passage à travers les éléments. Apul. lytes de la dans l'initiation 3. 1939. 23. 28 cf. Le myste descend dans l'Hadès pour remonter au passant 1. 21 « Ad . le héros des Métamorphoses d'Apulée. or. et 2. au moment de fonder celui de Sérapis^. et s'il est certain que ie myste en attendait son on peut hésiter sur la forme d'immortalité qu'il espérait obtenir. Das Isisbuch des A-puleius. la solennité des cérémonies publiques. N. or.. Met. 3. en écrivant quelques lignes qui ont été indéfiniment commentées*. instar voluntariae mortis et precariae salutis ». 23a. su-pra. Le nouvel initié y indique en termes sibyllins ce qui s'est passé pour lui dans le télestérion « J'ai atteint la frontière de la mort et franchi le seuil de Proserpine. 236). il reste muet sur ce qui se disait ou suggestives que soient ces pages. vie future (p. salut. à l'époque romaine était profondément hellénisé nous l'avons dit (p. . p. n> Be Iside. Isis fut ainsi longtemps regardée comme la dispen- satrice des biens de cette terre plutôt que comme la garante d'une béatitude d'outre-tombe quent de D'autre part à laquelle se la piété nous possédons sur les mystères isiaques tm témoignage élode leurs adeptes. cf. Apulée.I CHAPITRE V. 4. C. 5- Cf.. Car s'il décrit la pompe des processions. Cf. Relîg. — LES MYSTÈRES 265 avaient été traduits en grec et étaient employés en Europe dans la liturgie des mystères d'Isis ? Il est impossible de le préciser. le romancier africain éveille notre curiosité plus qu''il ne la satisfait.. XII. 245. 209. Rel. 2. 4. L'on doit toujours se souvenir que le culte ne prit la forme de mystères qu'à l'époque ptolémaïque qui témoigne d'un grand scepticisme à l'égard de la au culte des défunts . Nous pouvons seulement affirmer que le culte des dieux alexandrins pratiqué et une tradition digne de foi. Ajouter Willy Wittman. C'est le récit coloré de la triple initiation soumet Lucius. p. Au milieu de la nuit j'ai vu se faisait : rayonnant d'une blanche lumière. XI. Sur les multiples commentaires de ce texte énigmatique. » le soleil Ainsi l'initiation offre le simulacre d'une mort suivie d'un retour à la vie ^ . Timothée. Met. 260). Apulée a soulevé un coin du voile d'Isis.

G. La vue de lai . 89. Vie de Porphyre. 1921. 5.. inexprimable volupté n'est point il Mais de simulacres dans Vadyton. 89. compatemple se trouve en préle sence de la divinité elle-même . il retrouvera la reine des Enfers transporte accomplie dans son les royaume souterrain. aperçu le soleil resplendissant. VIII.].. les images des dieux étaient offertes à l'adoration muette des dévots". dès l'aube. C. Bidez. Z. le néophyte est devenu lui-même un dieu solaire. « Inexplicabili voluptate divini simulacri perfruebar ».Apulée. fin . au point de vue de l'eschatologie. 24 cf. Poimandrès. . i. XXV). VIII. Cf. n. Asclef. v. Vue de Dieu divinise . Apulée. : cf. Cf. Car cette vue déifie celui à qui elle est accordée*'. XI. ^ p. L'Egypte les Dans la divinité était venue les habiter . 252.. pp. ait obtenu la vision de ces pérégrinations à travers le monde entier. et l'animait d'une vie mystérieuse. 25 ss. sont les derniers. où l'on faisait succéder aux ténèbres tme vive lumière. p. s. elle s'était incorporée le fidèle « dans leur matière » *.'divinité est le bénéfice essentiel obtenu dans l'initiation. Une extase le quand cette vision béatifique lui est accordée^. Lucius s'est cru en présence des dieux des Enfers et de ceux du ciel il les a adorés face à face. Ps. IJ suffit que le néophyte. p. XI. C'est la notion d"(opucnç [L. — : ch. XI. Da4. VIII. 'Hpaia-xo. et la béatitude I. Hermès Trism. L'adoration qu'il a pu rendre aux dieux pendant *. Dès qu'elles avaient été consacrées selon les rites ^.C. et c'est pourquoi. Apulée. Apulée. brèves heures de l'initiation se prolongera alors à jamais d'une nuit se transformera en un perpétuel ravissement.aéé LUX PERPETUA incantations. IV. p. Rel. Car ces statues n'étaient pas de^ froides effigies de pierre ou de métal. Les mots essentiels. . Le culte égyptien et Plotîn (Monuments Piot. 78 ss.. les statues qu'il a aperçues dans deviennent alors pour lui un spectacle de second ordre. 149 et 155. p. Mei. opérations ou apparitions ce voyage était suggéré dans le cérémonial secret des mystères. 3. 24 mascius dans Suidas. orient. 150 . 6. p. 4. A. temples. pp. 37 (p. : est le pays d'oii la dévotion contemplative a pénétré en Europe. et qUi s'absorbait dans leur con- templation fervente se sentait pénétré d'une cette jouissance que donne la vue rable à celle que le myste ressent lorsque. disposé par un long jeûne à toutes les illusions des sens. C. 242. supra. 77 Thomas) . après avoir dans la liturgie nocturne. Cf. 347 et 357. dont au sortir du sanctuaire il revêt la « robe olympique » et porte les insignes pour se présenter à l'admiration de l'assemblée des fidèles. Met. Et lorsque sera la durée de sa vie terrestre. et infrà. 6.

elles s'éprendront passionnément de sa beauté ineffable inconnue des hommes. vêtu de lin. ApuL. p. Perdri^et. et A Le vague de l'esprit égyptien s'accommodait sans peine de telles divergences. n. 245. insatiables de sa vue. et suivant l'opinion commune c'est dans le monde souDe terrain qu'elle continue à être adorée par ceux qui l'ont bien servie même les prêtres enseignent qu''Osiris ou Sérapis règne sur les morts et n'est autre que l'Hadès des Grecs.^ p. le dieu lui-même deviendra leur guide et leur roi. s. une interprétation platonicienne s'opposait à cette tradition sacerdotale. Cf. des rameaux de lierre et des symboles secrets. étroitement attachées à lui. XI. 25 . et des traditions opposées y ont subsisté concurremment. XI. 'AiSr)? supra.CHAPITRE Parmi V.. 27. 3. sans qu'on se mît en peine de les harmoniser. Paris. Hérodote. 208. 1921. L'admission 109. X2erres cuites de la collection Bouquet. Met. l?e%. II. a. Cf. 81 ss. Lucius voit alors en songe un membre du clergé. Mais lorsque ces -âmes désincarnées se transporteront dans l'Invisible*'. p. 42 dille. Apulée. 11. or. magiques. 25. leurs rites diffèrent grandement®. tant qu'elles sont enfermées dans les corps. I. Papyr. 23. . Le lierre et le thyrse caractérisent Dionysos. Mais un passage de Plutarque^ nous révèle comment ses multiples fonctions. et. La théologie égyptienne ne s'est jamais souciée d'établir un accord cohérent entre les notions qu'elle avait admises. 21 cf. Selon le récit d'Apulée. J. côté de cette forme mystique d'une immortalité contemplative où des croyances égyptiennes se combinent avec des idées platoniciennes. et l'intelligence philosophique même ne l'aperçoit que comme dans un rêve indistinct. Tô àeiSéï. De l. Le principe de contradiction n'existe pas pour elle. à qui qu'il doit l'être aussi • Osiris ou Sérapis sont constamment assimilés ^ a . du néophyte I. -. X. son héros déjà initié à Isis. Hérodote et la religion . Isis est ' .. I. apprend à Rome à Osiris. car si les cultes des deux divinités sont associés au point de n'en former qu'un. V. XI. Ses fidèles restent persuadés qu'il habite les entrailles de la terre ^. Diodore. 4893 . — LES MYSTÈRES 267 conçue à l'époque romaine comme la reine des Enfers. 62 . 402 Preisendanz. Les âmes. 78. Ceci est vrai en particulier de l'eschatologie. qui l'invite à préparer un abondant festin religieux. XIV.. Iside. Plut. G. 6. CIG. 4. En réalité le dieu siège très loin de la terre et n'est souillé par aucun contact avec ce qui est sujet à la corruption et à la mort. 383 j cf. portant un thyrse. 1910. une autre doctrine était conjointement admise. p. Sourde l'Egypte. = c. 6 Plut. Paris. p. 1366. n'ont point de commerce avec lui..

XLV (= VIII). Beaucoup de bas-reliefs du banquet funéraire » nous montrent le mort héroïsé. Evidemment. 313 s. Roussel. liîç Oedi. Petrarca. p. orient. IV. Nous savons que ces banquets étaient essentielle du culte des dieux alexandrins ^ Sérapis en était à la fois l'invité et l'amphitryon. celle que le mort dans ses pérégrinations posthumes devait étancher sa soif à une source limpide. Julien. 420. Acad.. Vrismégiste.) *.. . p. 75 112 Is..268 se fera LUX PERPETUA comme dans lui où le vin une partie le culte bachique par la participation à tm repas sacré. Lévy. 4. 1. p. Inscr. LXI. sera largement versé. 92 et 244. comme dans la religion des bacchanales. 5 . JNeu^ Urkunden %ur Sarapisreligion. le rafraîchissement {refrigerium) que le dieu accorde à ceux qui l'ont fidèlement servi se transformera en un festin céleste auquel participeront les Relig. 24 s. L'indication d'Apulée nous permet de mieux la fois les représentations que nous offrent les monuments et formules que reproduisent les épitaphes. Canet.gravé le souhait : « qu'Osiris te donne c'est l'eau fraîche » * A l'origine. 1919.oxpàTwp àvetuTiTOf. p. I. Celui-ci devint urf grand dieu cosmique. p.. I. et 235. 7. dans le sein de ^. Erich Peter- . 1 6. 360. . p. coiffé du boisseau de Sérapis avec lequel il s'est identifié \ Ainsi la forme de la félicité d'outre-tombe conçue par les sectateurs du dieu du vin comme une perpétuelle beuverie dans les Champs Elysées.. Ailius Aristide. Symbol. p. comunale. orient. orient. 22 . Weinreich. 5. 27 (p. Etç Zejî SàpaTci. 5.-R. Diodore. R. p. identifié la les éternellement avec les bienheureux Mais même à la fois avec Zeus et avec le Soleil. maître du monde. Sur les tombes des fidèles des dieux alexandrins on trouve souvent. cf. p. Journal Asiatique. -. m. Or. n. 43 . ce devait se reproduire dans l'autre monde et se transformer en une banquet frairie éternelle.. XXIX. . la terre que le juste devait se réjouir transformation que dans les autres mystères s'opéra dans les croyances des fidèles de Sérapis. sous l'influence de l'héliolâtrie. 136 a. CXXI. 234. n. Le grand ordonnateur des festins sacrés devait y traiter qu'il rémiissait comprendre à les « perpétuellement ses sectateurs. 246. avait été adoptée par l'eschatologie de la religion égyptienne. 1933. Elle s'y était combinée avec ime vieille croyance de la vallée du Nil. son. Par suite. 3. 92. E. C. parce qu'il règle révolutions du ciel (p. le rhyton à la main. 237 ss. 179) ^ où il fait monter ses serviteurs''. "HXioî xoff[j. Relig. p.. 300 ss. 1919» p. cf. G. 219. Bull. le « symposiarque » des fidèles (cruaTcoc-tâpyrjc.. n. notes 1927. p. Or.. Relig. Festugière. Keil). 211. 1926. . 2. n. p. 300.

parfois à logique prêchent pas une philosophie.) commu(iepoç aux mystes des dieux alexandrins. n. i ss. pp.CHAPITRE âmes pieuses. cf. G. E. a. Toutefois. Festiigièrej 4. Mages hellén. Munster. Joseph Kroll. I. 152 5- 6 H. p. si l'on considérait ces écrits hermétiques d'un point de vue uniquement philosophique. par les débris de la littérature hermétique. Die Lehren des Hermès Xlrismegistos. ss. . Mais ces œuvres abstruses' s'imposenc à notre attention par la ferveur religieuse qui les anime. Maître de A défaut d'un livre contenant le toute sagesse. avait été appelée à nourrir le vieux mysticisme du clergé indigène. Le dualisme platonicien s'y combine malaisément avec le panthéisme stoïcien et avec la religiosité du néopythagorisme. Si elles prétendent inculquer une gnose. R. et qui aspire à le rejoindre. Relîg. Des contradictions choquantes pour notre mentalité y peuvent être peu de lignes d'intervalle. Festugière. . Symbol. transcription de la parole vivante. une philosophie mal digérée. LV. n. qui s'étend à toute la littérature occulte.. R. c'est que connaître Dieu est le moyen de s'unir à lui s. IX.269 par désigner la béatitude et le réconfort spirituels qui sont réservés aux Élus \ « discours sacré » Xoyo. 4. L'âme humaine ou du moins la raison est une parcelle détachée du Nous divin. 315. E. et surtout Festugière. Elles ne relevées. p. orient. Elles adoptent la forme de leçons orales. mais une théologie . Un éclectisme confus et superficiel y amalgame sans critique des doctrines hétérogènes. leur but. 8 .. On y voit à quel point la philosophie. ^... p. Elles ne font pas partie d'une religion secrète où les actes liturgiques auraient une importante préponjdérante. s. mais d'un enseignement doctrinal où le livre. g/[ . 15. cf. 316. 3. est le duits mode de transmission de la vérité. Sur cet ésotérisme.. on ne pourrait leur accorder qu'une valeur très médiocre. essentiel est d'assurer le salut par la science. 1942. nous pouvons nous faire quelque idée niqué des spéculations auxquelles se livraient les prêtres égyptiens hellénisés. Kroll. 428). C'est le défaut de clarté et de habituel de l'esprit égyptien (p. Hermès. 387. des Astrol. P- op. et il finira V. passait pour être l'auteur ^. Ces œuvres n'appartiennent pas à une secte pratiquant un culte. 1944. 1. 1894 V. X. Elles sont les prode mystères littéraires. telles que les philosophes en faisaient dans leurs écoles ". yy Poimandrès. 82 ss... p. imposant à ses adeptes des initiations sacramentelles \ mais elles prétendent enseigner une doctrine ésotérique révélée confidentiellement par un maître à quelques disciples qu'il en a jugés dignes *. Eg. — LES MYSTÈRES . » .. « Hermès Trism. cit. ss. celle dont Hermès-Thoth. I.

Cufsetjî Pairvi. les parfaits les religieux {religiosi). les religions de la Syrie et de la Perse exercèrent une influence profonde et durable sur les doctrines eschatologiques de l'Occident. ou secoués sans trêve par les tourbillons des éléments *. essences ignées. le mazdéisme. 1926. passons enfin aux peuples sémitiques et iraniens. Telles Elles démons. New. les même plus crûment. et ils s'affranchissent en même temps de échapper l'esclavage où le Destin. 146). protégées par les dieux. Paris. Indo-Iranian séries. non sans sur des points capitaux. la chute des impies dans les ténèbres souterraines où résident Ahriman et ses dévas. Le mazdéisme iranien a accordé dans sa théologie une valeur essentielle à la vie future ^. peuvent seuls (TiiXtioi) à cette restriction spirituelle. Dans la grande coopération de tout le monde ancien à la transformation du paganisme. Les impies y sont livrés à la vindicte des esprits vengeurs. du monde par un feu qui épargnera les bons et châtiera les méchants. 1901 . attaquées par les démons à travers l'atmosphère. Après leur mort ces âmes pieuses retourneront à la source céleste dont elles sont issues. Elle annonce pour la la fin des temps la résurrection des morts. de leurs passions. p. se réposer dans la clarté de l'éther (p. Seuls. les Élus qui l'ont mérité par leur piété. ils iront.270 LUX PERPETUA Mais elle est enfermée dans" un corps qui la corrompt et la souille. Cf. parviennent aux sphères étoilées et. ch. le jugement dernier. se dépouillant. De l'Egypte. 209. dessinés à gros traits. maintient le reste des hommss. l'alliance d'une philosophie triviale avec une théologie traditionnelle n'apparaît sont. Il décrit le voyage des âmes. Nulle part dans la littérature ancienne variations. qui s'inspire du dualisme fondamental du système zoroastrien. anatoliques ou égyptiens.York. comme de vêtements. supra. plus encore que les mystères grecs. et la faiblesse de nos organes limite notre perception de la divinité. s'élèveront victorieusement à travers les airs peuplés de uns bienveillants. La vie future selon . les thèmes que développe l'hermétisme. IV. Sôderblom. l'ascension des justes de ciel en ciel jusqu'à l'éternelle lumière de l'empyrée où siège Ahoura-Mazda. Mais le mazdéisme s'est introduit en Occident sous une forme très éloignée du pur zorôastrisme. Les purs. XI). 2. qui forment une élite restreinte. Un large syncrétisme en avait fait une religion destruction 1. Il a formulé sur le sort des âmes après la mort une doctrine cohérente et détaillée. déterminé par les astres. les autres hostiles. (Ck>lumbia University. "Che zoroastrian doctrine of a future life from deafh to the individual judgment.

Z. dans la ville de Rome et à Ostie. Acaâ. 3. et leur doctrine se combina avec la philosophie hellénique. 132 ss. — LES MYSTÈRES 271 étrangemenl mêlée. p. Mages hell. Mages hell. ce fut l'hellénisme de conquérants plus civilisés qui s'imposa à leur réflexion et provoqua leur imitation..-R. 416 ss.CHAPITRE V. Relig. y transportèrent cette rhéologie chaldéo-iranienne. Or une religion largement adoptée par l'armée n'a pu l'être sans la tolérance. de vieux mythes orphiques purent s'amalgamer aux traditions des Mages 249). Le seul fait que celui-ci devint par excellence une religion militaire. ils subirent fatalement l'ascendant d'im « Chaldéens » corps sacerdotal qui se targuait d'être le plus savant du monde ancien. 9a ss. Inscr. surtout avec le panthéisme stoïcien ^. Les colonies de Mages.. or. 32 ss. Le dieu sauveur y était Mithra. l'araméen..) 1945. p. Leur religion prit la forme des mystères helléniques. yazata mazdéen. aussi distante de l'orthodoxie exclusive du clergé sassanide que le judaïsme alexandrin le fut de celui du Talmud '. I. successeurs d'Alexandre. et ils étaient. placés sous le patronage des planètes ^. C.. et les prêtres perses adoptèrent cette astrolatrie et cette astrologie qui paraissaient alors la forme la plus rationnelle » de la religion. p. assimilé au Soleil. . soustraits à l'action Mages authentiques de l'Iran. Le grec fut adopté comme langxie sacrée par ces mystères au lieu de l'araméen. la part que prit Rome à la constitution définitive du mithraïsme n'en fut pas moins considérable. mais avec une hiérarchie de sept directe de leurs congénères. i ss. Babylone était alors le foyer de culture scientifique le plus brillant de l'empire ides Achéménides. Pour être moins apparente que celle de l'hellénisme. pp. Mais les découvertes de spelaea du dieu perse se sont multipliées aussi au cœur de l'empire. mais aussi la (p. D'autre part les fouilles entreprises en Europe et en Asie ont montré que ce culte pratiqué par les soldats était partout en Orient et en Occident semblable à lui-même. Ils avaient pour langue liturgique un dialecte sémitique.y I. Qui plus est. Lorsque les conquêtes de Cyrus mirent les Mages en contact avec les de la Mésopotamie. les Sous les grades superposés. ou « Maguséens qui essaimèrent à travers l'Asie Mineure jusqu'aux rivages de la Mer Egée. par cette ignorance même plus encore que par leur éloignement. nous révèle à la fois une des raisons de sa puissance et un des traits distinctifs de son caractère. I. dont les temples se retrouvent sur toutes les frontières. Sans doute ne lisaient-ils pas les écrits avestiques.

impériale. n. régulateur intelligent des phénomènes cosmiques. Une échelle symbolique formée de sept portes superposées surmontées d'une huitième y représentait l'ascension de l'âme à travers les sphères planétaires jusqu'au ciel des fixes. Ici aussi le culte perse se combine avec la pratique de l'astrologie. J. roi . l'hellénisme a identifié les dieux avestiques avec les Olympiens. des serviteurs (ùuiqpe'vOuvteç) le pain et le vin dont l'absorption devait leur conférer la force et la sagesse en cette vie.. 25 avril 1947. La religion pratiquée dans ce petit 1. 2. 238 II5 . Inscr. IV.. forme romaine du mazdéisme i. qui remontait vers son auteur après s'être libérée de son corps \ Un syncrétisme religieux analogue caractérise la religion composite de la telle qu'elle se révèle dans les inscriptions et les sculptures du Antiochus (69. pp. comme du syncrétique zoroastrisme orthodoxe de l'Iran . Inscr. qui descendait à la fois de Darius et des Séleucides *. pp. la doctrine mazdéenne de l'immortalité est hautement affirmée l'âme qui abandonne le corps. ch. i ss.. 233. qui élimina d'im culte foncièrement barbare tout ce qui pouvait sembler immoral ou subversif. M. Cf. et dans l'autre une immortalité glorieuse ^. 226. . 419 et. 320 ss. p. 1946. Mais les théologiens enseignaient aussi que le soleil. sufra. M. 187 ss. M. 4. 184 I. M. mais la conception qu'on s'en faisait avait été modifiée par l'astrolâtrie babylonienne. c'est à Rome : imposer un tel que la liturgie le doctrine de la secte exotique ont reçu leur aspect définitif la mithraïsme. dont le contrôle a seul pu lui conformisme. Fait essentiel. et la On est est ainsi amené à le croire. si elle est aimée des dieux. 180. A. 89.. cf. sur ce po'mt C.-C).-R.£Téj(^ov'i:eç) recevaient : en un mot. 3. et pareillement la langue grecque s'est substituée aux idiomes indigènes.272 surveillance LUX PERPETUA du pouvoir central. Si les prêtres doivent continuer à porter les vêtements sacerdotaux des Perses. s'élève « vers les trônes célestes Commagène. Acad. R. M. XXV. Cf. III. de Syrie. ibid. p. p. p. ch. Bàris. Cette immortalité céleste est un dogme cardinal du mithraïsme répandu en Occident. S'il jouit de la faveur il dut en revanche être soumis à ime censure. Il est impossible de reconnaître aujourd'hui quels changements furent opérés dans les mystères persiques devenus romains nous sommes trop mal informés de leur rituel et de leur doctrine. I. Jalabert et Mouterde. Nous savons seulement que l'acte essentiel de la liturgie était un repas sacré où les participants ( p. .. M. 34 av. 1945. était aussi le créateur de la . à propos du bas relief de ss. raison humaine. : de Zeus-Oromasdès » (Ahoura-Mazda). p..

terre. Lciden. Cette immortalité astrale. qui ne s'inquiétait guère de spéculations religieuses ^ Nous connaissons l'existence de mystèresi syriens*. 1943. 1. 63. C. or. XII.. 259. Le triomphe de ce système amena une transformation absolue de l'eschatologie On ne crut plus que les morts descendaient dans le sein de la. H. peuplées de races congés'étendaient de part et d'autre d'une frontière que n'avait pas marquée nères. A. Toutefois il est certain que les rapports et la littérature religieux restèrent « ininterrompus entre la Babylonie et la S^ie. Même pour Hiérapolis l'opuscule très superficiel de Lucien nous rapporte seulement ce que pouvait observer ou apprendre un touriste curieux et sceptique.CHAPITRE V. terminé la rédaction d'une thèse consacrée à ce culte avant tout mditaire. 18 . Goossens. n. sous diverses formes. dès l'époque alexandrine. 1945. et elles continuèrent toujours à se sentir unies malgré leur séparation moitiés du au Soleil la prééminence sur tous suprême de la théologie païenne. Relig. Kan. Hiérapolis de Syrie. jusqu'aux Nous sommes très mal informés des doctrines théologiques admises en Syrie dans ces grands sanctuaires où un clergé instruit méditait et dissertait sur la nature des puissances divines et la signification de pratiques. du mazdéisme conquérants perses. mais nous ignorons presque entièrement quelle sagesse supérieure on prétendait y communiquer aux initiés. R. le principe pour y mener une morne et pâle existence igné qui nous anime remontait au ciel pour y vivre au milieu des étoilesj divines. Cf. G. Mais la civi- de l'empire séleucide nous sont si mal connues que nous distinguons avec peine les courants spirituels qui. 147). Louvain. — LES MYSTÈRES 273 royaume devait plus tard être répandue par les fidèles de Jupiter Dolichénus confins occidentaux de l'Empire/. lisation subit ides successivement l'influence de l'astrolâtrie babylonienne. Mais âmes pieuses échappent à l'oppression d'une a. 1943 j c£. les « Oracles chaldaïques » (Aoyia j^aXSaixà). p. héritées de lointains aïeux 2. nous l'avons vu (p. planétaire.. parfois impudiques et cruelles. Merlat 174. s'y rencontrèrent et s'y confondirent. p. 106 ss. est pour toujours nécessité les peut être luni-solaire. 3. l'idée elle règne que déterminée par les révolutions du ciel. comme celui de l'Asie Mineure. participent à l'éternité des dieux sidéraux auxquels elles sont égalées. les L'astrolâtrie chaldéenne donnait autres dieux et elle aboutit à ce panthéisme solaire qui fut l'effort : . 2. M. 4. peut êtr« conçue politique. Les deux croissant fertile » qui borde le désert. N. Le paganisme sémitique. Relig. Jiip-piter Dolichénus. Un recueil de vers. la nature. stellaire. et du polythéisme hellénique. A. p.. orient.

Cf. on sera frappé de sa similitude avec les doctrines enseignées déjà dans la Grèce ancienne par le Ce n'est point là une rencontre fortuite. nous l'avons montré précédemment (p. réagirent à leur tour sur les mystères orientaux quand ceux-ci se répandirent dans le monde gréco-romain. en descendent à la naissance et y remontent après la mort. I. avec le secours du soleil. empruntée par les disciples de Pythagore à ces « Maguséens » d'Anatolie qui furent les propagateurs d'un mazdéisme chaldaïsé. sont parentes du feu céleste. c'est-à-dire que les croyances indigènes y ont été relevées en les assaisoinnant d'une forte proportion d'ingrédients philosophiques. justifièrent et développèrent cette doctrine orientale. 361. montre comment échapper à la nécessité de la métempsycose pour retourner. ' . ch. et que la prédication religieuse fut appuyée par une discipline philosophique. lorsqu'ils reçurent d'eux' l'astrologie. devinrent la Bible des derniers théurges platoniciens et de leur culte secret'. Elle apprend à se libérer par la théurgie de la tyrannie du Fatum. p. sur ces Oracles. Les philosophes grecs selon leur coutume précisèrent. et Si l'on considère dans son ensemble ce dogme de l'immortalité astrale tel qu'il fut propagé par les cultes iraniens et sémitiques. Prétendue révélation probablement com- posée au ne siècle de notre ère par Julien le Théurge. au déclin du paganisme. nous aurons à en reparler à leur propos. Cette double propagande explique comment. Mais le fait essentiel des écoles et celui des temples furent ici concordants et que l'enseignement de réactions dont concomitants. VIII.274 LUX PERPETUA ' l'Orient ce que le Pàmèaiidrès hermétique est pour l'Egypte. apparente au gnosticisme. injra. mais que Ils la fantasmagorie des esprits qu'elle imagine. ces oracles furent le livre sacré d'une secte que son adoration du Feu rapproche des Mages perses. la croyance à l'immortalité céleste s'imposa irrésistiblement à la société romaine. Il se produisit ainsi ime tifique des « » Chaldéens ils Mais série d'actions et est le détail nous échappe. vers un Dieu transcendant. Ils nous révèlent les mêmes préoccupations qui caractérisent l'hermétisme et elles y sont satisfaites d'une manière analogue. . Ils subirent une seconde fois l'ascendant de la religion scien- à l'époqUe hellénistique. fut selon toute probabilité. Une philosophie syncrétique y est utilisée pour enseigner à l'homme comment il peut purifier son âme de la pollution qu'elle contracte en s'unissant à un corps. L'idée que les âmes pythagorisme. 144).

même au . hérités des temps nébuleux de civilisations encore dans l'enfance. devaient se maintenir à travers toute l'antiguité et se transmettre "loyen-âge chrétien. de symboles. Nous avons déjà eu L'occasion de le noter. dans le paganisme les doctrines prêchées par les théologiens ou enseignées par les philosophes n'éliminèrent pas les antiques croyances qui les avaient précédées. L'eschatologie jamais atteint ni même recherché aucune cohérence. dont certaines peuvent ne plus obtenir l'adhésion des esprits éclairés. desl philosophes.CHAPITRE VI SURVIVANCES MYTHOLOGIQUES Le voyage vers l'au-delà. mais s'imposent encore à la superstition vulgaire. usages. de croyances hétérogènes et inconciliables paraîtra surtout considère les diverses façons d'imaginer le voyage des En dépit des théories rationalistes des opinions qui noWs reportent à l'aube de l'humanité. On constate ainsi une concomitance ou plutôt une superposition d'idées d'âges très différents. et les opinions archaïques d'une mentalité primitive survécurent souvent aux systèmes qui prétendaient les remplacer. qui est le des anciens n'a restée réceptacle des chimères désavouées par une religion évoluée. et elle est un amalgame Cette coexistence frappante si l'on ombres vers le séjour qui leur était assigné. d'articles de foi contradictoires. des d'espérances.

185). Les rayons du soleil. 179).. 148) comment les penseurs avaient mis l'ascension de l'esprit des morts en relation avec la constitution physique de l'univers. John P. Washington. Die "Cobibliographie dans Hastings. p. Ainsi les Indiens Mojave de Californie croient que les trépassés doivent trouver leur chemin à travers un labyrinthe compliqué à la recherche de giboyeux terrains de chasse. 99: . cf. Harrington. vers l'astre qui était « la raison du monde » (p. On sait quelles prescriptions minutieuses contient en Egypte le Lim\e des Morts.276 LUX PERPETUA les Parlant de l'immortalité céleste et de la translation de l'Hadès dans airs. Livre des Morts Sethe. naquit aussi l'idée d'un périlleux voyage que le défunt devait accomplir pour gagner cette demeure lointaine 1. parfois indéfiniment reproduits" par le pinceau et le ciseau jusqu''à la fin de la civilisation païenne. p.B. d'un eldôlon vaporeux. p.. Elles continuaient à alimenter la dévotion des foules. 2.). 1928. bandelette avec formules pour trouver le chemin du ciel Journal asiatique. étaient doués d'un pouvoir alternatif de répulsion et d'attraction. et à fournir à l'art. La croyance à une longue route que doivent parcourir les défunts est commune à beaucoup de peuples non-civilisés. Ces textes écrits à l'intérieur des cercueils ou plus tard 1. s'élevait en vertu de sa légèreté à travers l'air dense &t humide qui avoisine notre terre. Ces théories établissaient une connexion entre la destinée future de l'homme et l'ordre général de la nature . Dieterich. Survivance en Abyssinie. et qui projetait à la naissance les âmes vers la terre et les ramenait. après la mort. tandis que les méchants errent péniblement et interminablement. 1943. p.A. 1931. Mais à côté de ces imaginations hardies d'esprits spéculatifs. pour permettre à ceux-ci de se rendre en toute sûreté aux Champs d'Aalou^. Enc. et encrassée par sa sensualité. l'eschatologie s'insérait dans une cosmologie savante. selon une autre doctrine. enseignaient-ils. nous avons montré (p. 181 ss. VIII. privée de la clarté d'en haut dans les Enfers brumeux de l'atmosphère inférieur (p. : . elle Si par fange de passions sordides. souffle igné. Cf. Ou bien. On la trouve dans le Nouveau comme dans l'Ancien Monde. Dès que s''af f irma la foi en un séjour souterrain où se rassemblaient les ombres détachées du cadavre et séparées du tombeau. 96 tenliteratur der Aegypter {S. an bureau d'ethnologie). à inspirer des rites funéraires. elle se traînait dans cet air épais et lourd. qui faisait mouvoir les planètes. des motifs traditionnels. 520 ss. qui embrassaient à la fois dans une vaste synthèse le sort des défunts et toute l'économie du cosmos. que seules les âmes des justes peuvent atteindre. de très anciennes idées d"une mythologie naïve n'avaient pas cessé était appesantie la d'avoir cours. l'âme. en peine de figurer le voyage posthum-. pourvu qu'elle ne fût pas alourdie par son contact avec le corps. Mithrasliturgie^. Z^he mystic maze of the Mojave Indians (Publ.

Les vers traduits sont ceux de la tablette de Petilia (Harrison-Murray. . Prolegomena. Garde-toi bien d'approcher de cette source-là. I. Les lamelles d'or orphico-pythagoriciennes découvertes dans les tombeaux du Midi de ont et qui datent du iv^ ou iiie siècle avant notre ère. Mais tu en trouveras ime autre et devant elle sont près du lac de Mémoire. p. et à côté d'elle se dresse un blanc cyprès. donnez-moi l'eau fraîche qui coule du lac de Mémoire ». à cheval ou en voiture. 3. deux gardiens. cf. 9. Et eux-mêmes te donneront à boire de la source divine et désormais tu : Ces instructions qui accompagnaient le il les portait attachées au. ss. 038 . Vite.. 17 (113. 248. z. p. . Je suis altéré de soif et je me meurs. XIV. — — » Les Étrusques avaient aussi des libri Acheruntici. 601 ss. De Ruyt. les urnes cinéraires sa étrusques nous montrent fréquemment ce voyage vers l'Hadès ^. et lui assurer toutes les jouissances que l'Égyptien pouvait attendre d'une vie indéfiniment un rouleau de papyrus qui y Ils prolongée. l/orsokr. régneias au milieu des autres héros. ^ : la demeure de Pluton une source. et l'on a des raisons de croire que l'enseignement Ils faisaient connaître notamment par quels en dieux n''était des Pythagoriciens pas resté étranger à leur composition. . qui étaient attribués au sage mythique Tagès et qui traitaient de la destinée des morts. 48-73 144-153 198 . . 1903. cou comme un phylactère devaient T'empêcher de s'égarer sur la route des Champs Élysées. Libri Acheruntici cf. 17^). former ces morts trahit rites on pouvait transLeur titre même ô*Acheruntici. et 61.. des livres sur l'Achéron*. n. supra. 66. Selon condition sociale^ le défunt se transporte à pied. et lui permettre d'accomplir exactement tous les actes nécessaires à son salut. Diels. ch. que représentent les vignettes de l'Illustration.CHAPITRE sur VI. nous conservé des vers d"un guide des défunts dans l'au-delà. Il n'est guère douteux qu'ils s'occupaient du chemin que devaient parcourir les Mânes pour parvenir aux demeures infernales. pp. étaient censés être lus par le devaient le garantir contre les danig'ers de la route hantée par* des bêtes féroces. mais ma race est céleste et vous-mêmes le savez. I. C'était une sorte de liturgie d'outre-tombe. {di animahs). V. une influence grecque. su-pra. IG. p. qui devait assurer au myste une immortalité glorieuse dans le royaume de Perséphone.Cf. en. Les stèles^ les vases. pareillement « Tu trouveras à gauche de Citons le plus caractéristique de ces morceaux l'Italie. Cambridge. pp. II. Sur ces lamelles. d'où s'échappe une eau fraîche Dis leur « Je suis le Fils de la Terre et du Ciel étoile. ~ SURVIVANCES MYTHOLOGIQUES 277 défunt. 60. membre de la secte dans sa tombe. était: déposé.

Nub. le bourreau qui assomme les morts d"un coup de maillet^ ou escorté de démons hideux*. Quîntilien. Aristoph. p. couverte d'une bâche ou abritée un char de combat. p. Justin Mar. cf. . Comment se représentait-on cette route ? La manière de se la figurer se rattache à tout un ensemble de doctrines bien antérieures aux Romains. Bien connue est l'application que. etc. Des vers souvent de la vieille poésie d'Hésiode* parlent déjà des deux routes de la vie. Brinkmann. et l'autre. Maxime de Tyr. XX. qui m'ènent à la vraie félicité.. Cette même opposition. 361 . fit le sophiste Prodicos de cette ancienne comparaison dans le mythe fameux d'Hercule au carrefour \ l'une cherche à l'attirer Deux femmes s'y présentent au héros adolescent cités : sur le chemin des plaisirs décevants. 287 les Enfers. escarpée de de droite et malaisée. Sur les démons qui accompagnent 578. cf. mort. dont l'une brève et plane. 529). cf. 3» Schol. index. Ducati. celle de la vertu. voire un quadrige où prennent place des héros jugés dignes de T'apothéose *. 290. l'autre réussit à l'engager sur celui des labeurs austères. dès qu'on atteint la cime..Cf. 232 : ss. 3. Muséum. est celle du vice. II. Chemin des morts dans Hésiode.. 4. Cf. ch.. A-pol. Xénophon. infra. Lîncei. 2. Storia delV arte Etrusca. Osservazionî sulla demonologia etrusca {Rendiconti Ace. 1. II. soit rien n'indiquerait qu'il s'agit d'ime migration vers la ténébreuse des ombres. Rheinisches tyr. disent ces moralistes. 5. p. Ainsi l'idée que les morts ont à cheminer longuement dans les profondeurs de la terre avant d'atteindre le but mystérieux de leurs pérégrinations.. cité ne précisait le sens de la scène figurée. Cicéron. Dans la plupart de ces représentations sous un parasol. 422 ss. le p.. 1915. 618-625 ^* Symbol. igiijLXVI. si le voyageur n'était guidé par Charon. et D. supra. p. La haste figure la voie commune à tous les hommes avant qu'à seize ans ils aient atteint l'âge de la raison et et la responsabilité. 6 . . était admise depuis une époque très reculée en Italie comme en Grèce*. i. lieu commun qui se transmet à travers toute la littérature gréco-latine^ inspira aux Pythagoriciens le symbolisme de la lettre Yj formée d'Une haste verticale que surmontent deux branches divergentes *. Ils ont ensuite à choisir entre la branche celle de gauche. Char de bronze de Monteleone. Mémor. 6. O. est d'abord un sentier abrupt et raboteuXj mais devient commode. De Offic. prêts à le torturer^ ou si la présence d'une Furie. II.278 et celle-ci LUX PERPETUA peut être. Symbolisme pythagoricien del'Y. Diss. I. 32 . i()VJi 2. soit une modeste carriole. I. ss. 21 p. funéraires. 68. La première. IX. p. armée de sa torche vengeresse.

bas. cf. mais celle-ci est la Débauche ('Aa-œTEÎa). — SURVIVANCES MYTHOLOGIQUES ï79 impose d'abord de dures fatigues (tuovoi)^ majs quand ceux qui la gravissent au sommet. I. 28) . ch. 192. cf. 85 et II. mais à la partie supérieure il était. S. p. p. juste châtiment de sa mollesse. p. 21. où roule le malheureux qui l'a suivie. Ce symbolisme de la fut populaire dans l'antiquité comme au moyen-âge i. Gorgias. C'est un bas-relief^ datant du premier siècle de notre ère et découvert à Philadelphie en Lydie. Jslekyia. Ces ombres suivent d'abord une voie commune. III. Dieterich. Pascal. et sufra. 34. Nous l'avons mentionné plus haut. précipité dans un gouffre. ch. et une preuve curieuse de sa diffusion est venue récemment s'ajouter aux textes qui le à un lettre Y mentionnent. la tête en. mais elle conduit à d'âpres rochers et aboutit au précipice. p. L'autre branche parviennent contraire est égale et douce. p. ^^^ fig. et c'est ainsi que se le figure encore Virgile dans lei sixième livre de l'Énérde ^.CHAPITRE VI. De bonn'e heure Ict symbolisme de l'Y fut appliqué par les ^pythagoriciens au destin des trépassés et ils transportèrent dans l'Hadès les routes qui représentaient le cours d'une vie morale ou immorale.. Au carrefour des Enfers (TpioSoç)^ siègent les juges 1. I.? Remp. In Phaed. XLin. celui-ci est étendu sur une couche. ch. au-dessus d'elle. 1910. p. ils obtiennent un repos bien mérité. : .Platon.. ime sépulture. A droite. Sur cette division des Enfers. p. 191 ss. où ils n'ont point opté pour la vertu ou pour le vice^. comme sur la terre les enfants en . 4. on aperçoit à la partie inférieure une autre femme avec un adolescent. paraît caresser une compagne. qui est désignée comme étant la Vertu ('ApeTY)). VII. et dans ce premier séjour sont rassemblées celles dont le sort n'a pas encore été fixé. l. Norvin. on voit à la partie inférieure un enfant sous la garde d'une femme. von Premerstein {Ersle) Reîse in Lydien (dans Denkschr. pi. 153. 68. 3. Keil et A. 321.. un personnage voluptueusement étendu sur un lit. p. Olympiod. p. ^132 ss. Cf. LUI. c. 2. Proclus. Du côté gauche. Ces scènes naïves décoraient^ nous le disions.. Kroli . 524 a. que nous avons déjà eu l'occasion de * décrire Rappelons qu'il ornait la tombe d'un Pythagoricien et était divisé compartiments par des moulures. Des récits de Descentes aux Enfers décrivaient d'une manière analogue le voyage des ombres. et Symbol. reproduit par Brinkmann. ne sont point séparés durant l'âge incertain. infra. Akad.. Wien. qui ont précisément la forme de l'Y. 3. 115. .. au-dessus. I. Publié par J. /. comme le il a sont les convives des « banquets funéraires » obtenu la récompense éternelle de ses peines. n. un laboureur conduisant sa charrue personnifie le travail ardu et persévérant de l'homme vertueux plut haut encore.

passage des Tnsculfines. La Voie lactée*. . Consolatio. Re-publ. 72. Mages hell.. . primitivement regardée comme la chaussée pavée d'étoiles par laquelle les dieux montaient au palais de Zeus. Voie lactée. Ch. p. fr. 13 13 a 24). swpra. 1.. fig.. ils chassent sur le chemin de gauche les mécha. Lactanoe. p. VI.. tionnel La conception originelle fut nécessairement modifiée lorsque le but assigné au voyage des âmes pieuses ne fut plus localisé dans les Enfers. p. III. mais auprès des dieux chemin des pécheurs peut. 1940..28o LUX PERPETUA des âmes. ch. III.. séjour des morts ombres. Cic. 59 et 1945. 133 ss. cf. E. n. or. Mais pour celles qui au contraire ont conservé leur innocence et leur pureté. devint le chemin qui conduisait les héros défunts de le terre au zénith. I. c£. ramener vers la terre par de longs détours les âmes impures qui accomplissent le cycle de leurs pérégrinations et doivent se réincarner dans de nouveaux corps. 427. 28. mais dans les ciéux. 444. et le dans les entrailles de la\ terre. 80. 6 Phédon. et Platon. p. 68. Picard.nts qui doivent être plongés dans le Tartare. Boyancé. est instructif « Il y a deux transformation subie par les anciennes croyances pour routes^ dit Cicéron. 614 c . Psyché. car celles qui sont co'ntaminées par les vices des hommes et se sont abandonnées aux la : Un passions suivent un chemin détourné qui les exclut de l'assemblée des dieux. 85. qui dans un corps humain oïit imité la vie divine^ s-'^ouvre un accès aisé auprès de ceux-ci^ afin qu'elles retournent là d'où elles sont parties » On prétendit même fixer avec précision l'itinéraire que les esprits des et '*. 540 ss. A. = Deux ou trois routes des . R. AristxDte. Ils envoient à droite celles qui par leurs miérites se sont rendues dignes de pénétrer dans les Champs Elysées. Plat. raXa^!aç (t. I. ci4. Dès lors on ne prit plus au sens littéral les récits des anciens. Le terme auquel aboutit la voie des bienheureux n'est plus situé désormais célestes. En. Platon a exécuté des variations sur ce thème qu'il leur «I gauche emprunte 1. = : supra. Gundel. tr. 2. fr. et ce sont eux encore qui ont transmis à Virgile ce motif tradi2. R. Songe.droite » est synonyme de bon et » de mauvais. Rohde. mais on leur donna une portée allégorique^ qui permît de les accorder avec les nouvelles croyances. 3 .. Héraclide Pon tique paraît avoir le premier 195 (p. 563 ss. s. cf. 6 . Virg. morts devaient suivre pour gagner la cime du monde.. deux courses des âmes qui sortent des corps. v. car dans l'un et l'autre monde^ pour les Pythagoriciens «. . p. 19. après une période d'expiation. 81 ss. VII. p. 154 Symbol. II. fr.. Sur Virgile. 3. p. p. 301. p. n. qui s'inspire du Phfdon. 220 XVI. avec les notes de Norden. XXIII. Relig. Inst. 'Cusc. 30. p... cf.). 174 p.

. Festugière. 9. 424. Symbol.). Journal of Philology. 2. Paulin de Noie croit encore qu'Élie sur son char et mythographes pensèrent pour atteindre le Paradis "\ D'autres dont les méandres représentaient les sphères célestes^ faisait communiquer notre bas mande avec Fempyrée ^ Sénèque parodie ces étranges imaginations dans sa satire sur l'apothéose de Claude. Constit. Favonius Eulogius. p. i.. V. — SURVIVANCES MYTHOLOGIQUES 281 soutenu que les âmes parvenaient par cette route à la haute demeure des bienheureux ^.'2Z. Plut. 6... Nombreux textes chrétiens avec leur filiation C. n. 66ss. R. VI. enlevé vivant. celle de la mort ou des ténèbres. Paulin de Noie. 5. Eôs. 11. ont utilisé cette piste le que Styx. selon les Étrusques on pouvait effectuer la longue course vers l'Hadès souterrain à pifed. Apost.CHAPITRE' VI. n. 37 Norden. Cf. ss. 3. Quand la croyance à xip voyage aux Enfers souterrains se fut le ciel. p. 591 a-c . à cheval ou en voiture. à quel moyen eurent-ils recours ? Nous l'avons vu (p. et il assure que les empereurs se rendent chez les dieux en suivant Hénoch. Lactance. 9 Noter Sap. . VII. Taylor. Holder. Symbol.. La voie du bien devient pour eux celle de la vie ou de la lumière. C. Ils la reçurent du judaïsme hellénisé ". 1893. Pour l'ascensiion vers 1. Prudence.. 8. Sirach (= Eccli. I. 1944. 4. sur l'autre régnent les démons de Satan '. 5. 2. 7' Cf. He deo Socr.. la route du mal. XXI.. 2. 14.^ 59. XL VI. p. Bidez. Les auteurs postérieurs usent souvent de ces métaphores introduites dans le langage de l'Eglise ^ Lactance en rapproche avec raisom l'Y pythagoricien^ qui est à 1 rorigine de. A. 81. Sénèque. avec les notes de Funck . vj. l'image des deux chemins dpposés du bien et du mal devait se transmettre aux écrivaiins ecclésiastiques. tout le symbolisme sub^^équent **. 1932. 3. qui lui-même l'avait empruntée aux moralistes païens. Idéal religieux des Grecs. la Voie Appienne *. 243 ss. Cf. Epit. Courcelles. p. la DMachè des Apôtres et VÊpître de Barnabe. 424. p. -.. E. A-pocol. E. p. Cathem. 21. A l'une sont préposés des anges resplendissants de Dieu. p. et il en accrédita si bien l'opinion qu'elle se maintint jusqu'à l'époque chrétienne. Elle apparaît dans les plus anciennes œuvrps de la littérature chrétienne. X. 277). p. 54 ss. 1434 .. 4 . go . aihsi trans- formée en l'idée d'une traversée vers comment s'expliqua-t-on que les morts eussent le pouvoir de gagner la zone supérieure du monde ? Pour s'y transférer ou y être transportés. Après avoir été populaire dans la société antique ^. p. . Inst.

Gn. qui empêchait la foule des âmes de l'approcher. XLV. 1925. H.ps croyaient le firmament si proche deis montagnes de notre monde. De somniis. 3.282 les espaces .. où elle voit un la frontière ®. supra. T. 3. LUX PERPETUA les célestes^ on admit mêmes modes de locomotion. II. chacun de ces métaux étant mis en rapport avec un des astres errants &. Philon d'Alexandrie et après lui Origène interprètent de même l'échelle que Jacob aperçut en songe. comme étant l'atmosphère à travers laquelle montent et le rêve biblique du patriarche et descendent les âmes libérées de leurs corps assura une longue persistance à la fonction eschatologique prêtée à un modeste appareil domestique. M. p. 156 ss. que des cimes terrestres il était possible d'y monter à l'aide d'une échelle. 4. aussi bien en Chine qu'en Europe 2. la première vision de la prisonnière fut celle d'une longue échelle atteignant le ciel. p. était l'emblème de sept l'ascension de l'âme à travers les sphères des planètes jusqu'à celle des étoiles fixes. 22 Origène.. . Les anciens Êgyptïe. p. Le baptême par le jeu. relégué les étoiles à une distance incommensurable dans l'espace. p. p. S. XLV. pp. 1917. . M. p. R. le mandéisme : Symbol... CIII. à l'époque romaine. 223 bis. Religion in ancient Egypte. surmontée d'un huitième degré. Polyaen. p. 1940. Elle était garnie de glaives tranchants et gardée par un dragon. 1939. I. 22. fit attacher l'une à l'autre de grandes échelles de bois pour aller se plaindre à Héra du désordre de ses sujets 3... cf. M. 103 . I. 12. une échelle formée de métaux différents. Dans les mystères de Mithra.. La sainte y monte et se trouve au sommet dans le jardin immense du paradis. 1932.. Philon.. fig. 52 ss. 94. Wuilleumier. 492. Quoique l'astronomie eût. Echelle I. VII. cf. M. mon. Upsaï. Cf. R. 28. Contra Celsum. H. I. n. n. a.. Bien des gens continuaient à placer dans les tombeaux de petites échelles de bronze. 544. p. 52 ss. 108. qui rappeiEchelle. — laient encore la foi naïve d'un âge d'ignorance. R. M. Les textes des pyramides montrent les dieux aidant le roi défunt à gravir les derniers échelons^ lorsqu'il tentait l'escalade de leur demeure sublime ^ Des idées pareilles se retrouvent ailleurs. dans 6. Nock. . A. 5 et "Carente. raconte un historien. 41 ss. en y ajoutant Cincore la navigation et Taviati'bn. 31 ss. 112 ss. V. Breasted. et surtout Erdsman. 118 ss. M. p. 5. Un prêtre-roi d'une peuplade Thrace. l'échelle survivait comme amulette ou comme symbole.. 272 . D'après ce document insigne que sont les Actes de sainte Perpétue. Ce moyen d'atteindre les espaces supérieurs a été mis à la disposition du mort dans maint tombeau de du Rhin*. 21. pi. Rel. 11912. loa .. VI. A. 1931.

— SURVIVANCES MYTHOLOGIQUES 283 chenu trayant ses brebis pour des milliers d'Élus vêtus de blanc'. p. dès l'antiquité cet emblème de salvation fut adopté comme phylactère par la magie. des sandales ®. et Felic. . Religion. XIX. 1928. C'est pourquoi de petites nacelles ou même parfois de vrais vaisseaux ont été déposés dans les sépultures ou consacrés dans les temples de la vieille terre des Pharaons'.. : 6. p. p. v. 1914. En Babylonie. t>. Erman. 17 4. « Echelle du ciel ». Il n'est pas surprenant qu'en Egypte où la plupart des transports se faisaient par la voie fluviale. I. par lesquels le chrétien peut parvenir au séjour des Élus. Monumenti antichi dei Lin' 1906. « Ships » Insein der Seligen {A. 1920.. p. 1946. New. de même que les divinités traversaient les espaces célestes montées sur un navire. La croyance que les trépassés voguent à travers la mer vers une Barque. Cf. qui vivait au VP siècle. 184 ss. XXV).Hastings Enc. 208 ss. Les défunts parvenaient à la demeure des dieux dans la harque de Râ. . on leur donne une barque. s'inspirant du songe de Jacob. pour aider les morts à accomplir leur longue course vers l'Occident. Syria. p. s. XVIII. Charles Morey. un vêtement. terre reculée où ils vivront désormais.. s. Disques de Tarentc et de Brindisi. le mauvais œil. I. iio. Cf. 797. 3. . p. Thureau-Dangin. Aegypt. 93 ss. Echelle à l'époque chrétienne. 7cet. et les riianuscrits illustrés de cet écrit un ange ascétique nous montrent les moines grimpant à l'échelle mystique tenant la couronne de gloire accueille ceux qui parviennent au sommet. 35 ss. des boissons. tandis que d'autres. a. sont précipités dans la gueule ouverte d'un dragon.York. est commune à beaucoup de peuples dans les cinq parties du monde s. East-christian faintings in the Freer collection. 1908. p. qui représente l'Enfer '.CHAPITRE pasteur VI. Fernand Benoît a rassemblé une abondante documentation sur les barques représentées sur les monuments funéraires dans les Mémoires de l'Institut d'histoire provençale. * et aujourd'hui encore une petite échelle qui le conserva à travers les siècles se vend à Naplès comme amulette contre la jettatura. arrachés à mi-hauteur par des démons ailés. Capelle. La -passio Perfet. Paris. 130 Paribeni. ss. on se soit imaginé que même le dernier voyage s'effectuait en bateau. et l'art byzantin représenta cette échelle allégorique avec un curieux réalisme ^. pp. vertus à pratiquer. Le moine Jean Climaque. 1896. I. Perdrizet. p. des mets. où le soleil se couche. il traite des trente échelons.. Pio Franchi. supra. 59-75. p. XXI. 24 ss. D'autre part. Vaisseau sur un sarcophage de Sidon Contenau.. La Vierge de miséricorde. Le symbolisme du moyen âge continua à regarder l'échelle comme une garantie du salut qui conduira les justes au ciel. vices à fuir. 1921. 282. Cabrol. note 4. p. Revue d'assyriol. Elysium und 5. v. M. Cette antique doctrine : — • cf. afin de pénétrer avec lui dans les régions infernales. Van Gennep. doit son nom à im ouvrage où. Relgw. 245 ss.

Macchioro. 5. 69 [61] ss. 113 d. 35. 5. des canots que les fouilleurs y ont découverts en maint pays du bassin de la Méditerranée et notamment en Italie ^. /. p. . Cf. p. ou passer simplement l'étang de l'Achéron. p. Symbol. la conception des îles des Bienheureux aux confins de la terre. p. Paribeni et von Dului. Symbol. A. nous montre un sacrificateur offrant l'esquif à l'aide duquel s'opère le passage vers la terre marine des héros ^ Née ou développée en Crète sous l'influence de l'Egypte. Elle situées par delà l'Océan. p. t. 146. of. p. p. c'était toujours une * barque qui les transportait. 544 ss... c. introduite dans l'Odyssée. 302 ss. Ce mode de locomotion posthume. 'Cexte mani- Griech. c. Les Celtes. n. II. Sintflutsagen. n. En Grèce. Cf. est antérieure à la colonisation des Hellènes. Rel. 1909. . Cf. 6. cf.. Bruao Leer. Des barquettes sont toujours enfermées dans les tombeaux ou représentées par la l'on voit des Erôs. p. Paribeni. Votenschiffe in a-pulischen Grâhern (Symbolae in honorem J. 191 1. 2 et supra. 173 chéen retrouvé en Chine. peint pour un mort divinisé par une apothéose. Mais la traversée que les âmes doivent accomplir dans la barque du salut est désormais celle de l'atmosphère. 1903. et le célèbre sarcophage d'Haghia Triada. p. Phédon. a. cit. III. Pagenstecher. TZhe minoan-mycenian religion. Usener.. LXII. p. mais en Orient elle se conserva dans le manichéisme. Hubert.. Cf. où étaient transportés des mortels favorisés des dieux pour mener une existence exempte de soucis et de labeurs. p. 1. cette idée ne devait plus être effacée du credo de la religion hellénique que les morts dussent naviguer vers les îles Fortunées. se chargeait d'âmes lumineuses qu'elle transbordait ensuite sur le grand navire du soleil'. . 2 et swpra. La lune était pour lui un bateau qui. Nilsson. 49. de l'imagination des croyants lorsque le séjour des Élus fut ciel et que les Pythagoriciens voulurent reconnaître dans le soleil et la lune les îles des Bienheureux baignées par les flots de l'éther ". dans la sépulture. p. Chez les Celtes.. cf. Usener. Paris. Pelliot tt Chavannes. 178. Philologus.. 1899. Macchiono. figuration connue de l'âme héroïsée sculpture funéraire conduisant des nacelles '. Platon. p. 218. 183. 7. appartient à l'époque minoënne^. n. 4. note 195. 126. /. De Petra). ch. tous les mois. Grâce à ces croyances la coutume se vulgarisa : chez divers peuples de placer près du corps. Nilssotij 3. 567 . les cieux qu'elles atteindront le port où elles trouveront un mouillage tran- I. p. Naples. H.. 1912. adoptée par les Grecs. 179. p. pas. XII. 298. p. et c'est dans . 62 ss.a84 LUX PERPETUA eschatologique ne paraît pas avoir passé dans les mystères d'Isis en Occident. Relgw. 214 ss. admis depuis ne disparut transféré au les âges les plus reculés.

rispî cpuY-îj. Consol. 6. p.•Dv^1:pîm5S^pfA T/'SVlt ABORtAWîELICi lV\Sfel'5P£ RAW5'VnA/^FVNCTA-£5T RAWS-yiJA/î • ET- . 25..O'f-LîO' MOCEKTS . .LEG-X-GEM" C0NVC1"E-FJL»0-1'1ENT\S5J M>S STERBMEVI Fig. p. 2.. — Barque portant une morte bienheureuse (Itala felix). 1.^ pp. est qu'il use de représentations empruntées à la réalité exprimer des idées allégoriques '^. 6. ex. 1. Trism. 348 ss. qui représente le port de Trajan avec son télèbre phare.CHAPITRE quille '. col. ad Polyb. VI. Symbol. p.. qui. Hermès . 169. VII. idée abondent . supra... OCE KT SS-Q'V-/^N\/'l"Mï N5W/J bS-XCVi-ÛIlKE FA/D'P/PV\^ocomA- VOTGtNITOR'VlTA • ?RlVAVl:ftV^^•• M-AKr-î3ASltDE5'FRVM. 6. après avoir été ballotées sur les flots de Symbol. |^j3 '^" x/ll•ov€•cM. paraît devoir s'appliquer à la navigation des âmes. 20 . 460. 169 auquel est empruntée notre fig. C'est ainsi qu'un sarcophage d'Ostie Une /\VG VS r AN lAE'CA SSI AE • IXRCI AE G ONI VGI -INCOr^/lRABl Ll-avifv f • D *^ V/X/7' AA/WOS-XXX^'W-n/VSx'l-DÇS. — SURVIVANCES MYTHOLOGIQUES 28 s à leur esprit pour des particularités de l'art funéraire des Romains conforme concret. VII. . Cf.vST/NIO-PbèT. Les textes qui expriment cette cf. . Cf. le papyrus de Favorin. i Sénèque.

p. qui favorisent leur périlleuse entreprise. p. XIII. Xlhe shif of the soûl (dans les Proceedings of the amer. p. Cf. souvent un L'art funéraire des Étrusques. 306 refuse 4.. enflent autour d'elles leurs draperies comme des voiles gonflées par la brise *. Rel. tandis que les Vents. und V). [p. 214. 5 s. 1931. Picard. « Dauphin » . On peut chercher une expression abrégée du même symbolisme dans les si souvent reproduites sur les monuments funéraires. 547. Des croyances qui remontent à l'âge préhistorique dans le et se sont perpétuées jusque folklore de mainte population moderne. Dict. 1942. 284. p. Ch. Mythol. à propos du aussi Nock. Cf. p... CIII.. Comme le voulait Usener. cit. Pour fin Dante le Purgatoire est encore une haute montagne qui forme ime île dans l'Océan austral. Cabrol. p. p. 3. n. 138 ss. p. 1944. 4]. . p. soc.. V. 277). 166. ils peuvent être devenus les emblèmes d'une navigation propice vers le pays des morts '. 230 . Inscrift. de borace. 1941. Picard. VIII. i. i6g. Deuxième mémoire Acad.. — monde ®. B. 17 ss. . i ss. A. Cétacés bienfaisants qui avaient sauvé Arion. F. Cette barque qui se transmet ainsi dans l'eschatologie païenne jusqu'à la de l'Empire. 1939 {Die Meerwesen) d'admettre cette interprétation symbolique des Néréides pour en revenir à l'id-ée d'un motif purement décoratif (p.. 217. p. 1912. 31 ss. t. Berlin. 1946. même si ces sauveurs aquatiques n'ont pas transporté sur leur dos les défunts dans l'autre Cheval. of. p. LXXXV. Reliquiencult {Rel. Am. 218 ss. fîg. Die antiken Sarko-phagreliefs. 203. Alexandrie. Raoul Rochette. . pp. 1938. H. Symbol. mais ils ont préféré un autre symbolisme ^ Ils ont figuré des Néréides voguant sur la croupe d'hippocampes ou d'autres monstres marins.. XLVI. p. 107. Cf. 1212 . mais cf. parviennent jusqu'au havre céleste et le délassement *. ss. R. Piper. mais ses arguments ne m'ont pas convaincu. Dict. figure cavalier d'outre-tombe sur la route conduisant aux Enfers. et où les âmes sont transportées par un ange dans tme barque. p. Kunst. . v. 167 ss. établissent une relation mys- 1. Bull. J. Guido Calza. 2. ]. J. Am. — poète Philiscos. Pfister. « Lampes ». der christl. p.. s. Rumpf. A. Am. -phîloso-phical Society. t.). I. nous l'avons vu (p.. V. La necrofoU del Porto. arch. 6. A. Campbell Bomier. 84-91.a86 LUX PERPETUA où elles trouveront la quiétude l'atmosphère. Wilamowitz S. Sur les Iles des bienheureux. XLVIII. Les sculpteurs des sarcophages ont fréquemment représenté la traversée vers les îles Fortunées. Taras et d'autres héros mythologiques et qu'on voyait s'ébattre joyeusement sur une mer paisible les jours images de dauphins. Cabrol. p. continua durant l'époque chrétienne d'être le symbole d'une heureuse navigation vers le rivage lumineux d'un Paradis lointain ^. A.. cf. Ch. 269..

. . l'on a du cheval '. fr. 23 . 170 cf. Cataplus. 3. XXXIII. qui devaient faciliter • aux cavaliers leur pénible voyage au pays d'où nul ne revient '. suîla _ . Efist.. 2. 4. 12 ss. des chevaux de terre cuite. dote. 515 s. Malten. 5Rohde. l. dans et sous l'Empire' Artémidore enseigne encore que les pays qu'ils conquirent si un malade aperçoit l'animal en songe. Même coutume chez les Scythes. 439 ss. les Das Pferd im Votenglauben (J. /. brûler des plaisir On chevaux et des chiens avec leur maître.. N. Dans une tombe de Pergame. XXL VIII. L. 179-255) . Geburt. I. 1915. v. à côté de chaussures.. I.Jaoobsthal. ch. 222 ss. n. 1913. Symbol. Schrader-Nehring. C. p. I. encore dans un oracle d'Apollonius chez Philostrate. 1899. ce semble. L'orateur Régulus. E. p. Scythians and Greeks. domestiqué par eux. De luctu. Lucien. Osserv.. ses toutous afin de • distraire cette encore l'enfant dans les Enfers *. A. Galletier. XXIX. pp. p.405. Lucien atteste la fréquence de pratique et en connaît encore la signification originelle''. cf. infra. n. p. afin que celui-ci prenne à retrouver dans une autre vie ces fidèles compagnons de ses courses*. IV. que la mort même ne doit pas séparer de celui qui l'a possédée. IV... 165 ss.206. Elles appartenaient probablement aux Aryens lorsqu'ils introduisirent le cheval.et la . II. J. Leur destination est analogue à celle des nacelles mortuaires mises au jour ailleurs.. A. se souviendra du sacrifice de ces animaux aux funérailles de Patrocle ^. p. C. 6 Pline. peut avant tout lui rendre le service de le transporter jusqu'au monde qui. C. 246 ss. . pp. s. 56. p. En destinées à servir Grèce. .. 14 . 8. Wolters. 218 [Lethen incolis) . 688 . tr. L'origine de cette association doit. v. Attis. 9.. N. Osiris.. Mitt. p. aa8. HéroXXIII. .. 11. Ducati. 30. p. « Bestatungs Beigaben » cf. 222. 5. Malten. cf. 1.. Comparaison du mort avec un cheval rapide. était égorgé sur son tombeau. 31. il succombera 3. . L'usage a persisté jusqu'à nos jours de faire suivre le cercueil d'un chef d'armée par son cheval originairement. Frazer. 2. 1914. 4397P- c. inférieur. raconte Pline. p. Adonis. Ces croyances archaïques eurent une persistance si durable qu'elles n'avaient pas disparu sous les Césars. demonologia etrusca {Rendic. cf. Athen. Artémidore. c. aux piétons. 71 ss. I. être cherchée dans la coutume d'enterrer ou de tique entre le cheval. 21 . s. fit immoler près du bûcher de son jeune fils ses poneys. Minns.CHAPITRE VI. on a retrouvé dans les sépultures. Hochzeit und 'Cod. Lincei). i j Samter. XIV. 330 ss. même pris soin de 'déposer les éperons à côté si Mais comment continuer à ajouter foi à une chevauchée posthume. 1908. « Venatio ». PP. 87 ss. P- nS ss. I. cf. 5 Maltea. ses oiseaux. p.. Ac. 435 . Cette monture. V. Symbol. — SURVIVANCES MYTHOLOGIQUES 287 Mort ou les morts *. supra. A. Saglio-Pottier.

-R. p. Cf. A. 1899. nous lui conservons ce nom. syr. 1909. Camées de la Bibl. III. Acad. qui. Il en est déjà ainsi sur l'hydrie d'Alexandrie. pourvu de larges vêtu du ailes. 1910. fig. Aeliana. emblèmes bien connus des deux hémisphères célestes *. expL. pi. p. J. n. avec cheval ailé = Cohen. A maison impériale. p. nos Et. sur la panse d'une hydrie cinéraire l'époque romaine. 193. sans doute celle de Faustine l Sur xm bas-relief découvert à Cortospitum en Angleterre. même sans cavalier^ d'immortalité. cf. XXI. C'est pourquoi ce comme un symbole rappelant l'ascension vers les cieux '. Inscr. un médaillon de stuc décore de même le centre de la voûte . 39^^ n° 1185. 2 Montfaucon. 52. 6. 2 . I. : . pp. à la place la plus appropriée aux images symboliques. 4. Beil. 6. égalés aux dieux et qui ont mérité de gagner le ciel. Infra. Germanicus ou Marcellus. tandis qu'à gauche pahudamentum et à droite se tiennent les Dioscures. supra. le même destrier. C. Archaeol. H. A Rome. soulevait jusqu'à la hauteur des voûtes étoilées les mortels privilégiés qui avaient obtenu d'y résider à jamais. Cf. est monté par un personnage probablement un empereur et la tête ceinte d'une couronne radiée. mais la place de Pégase y est prise par un autre 'Pégase et l'apothéose dans Bull. Y.XXVIII. VI. p. 1897.. Il n'est donc pas douteux que Pégase fût regardé comme le psychopompe agile. archéol. Rel. 7.. 203 7. enlevé par un cheval ailé ^. XXV... n. Babelon. 41. pi. Furtwângler. 2015a. Alexandrie. Et. 108. dans un vol audacieux. p.. 5. un Pégase funéraire. Sarc : Notizie Scavi. 2. Le grand camée de Paris. Symbol. 122. nous montre un prince de la rophon — apparaît. Michaelis. 112. dit de l'apothéose d'Auguste. XX. Nat. Une représentation semblable se voit sur une monnaie qui commémore la divinisation d'une princesse. 94 ss. p. pi. p. 1924. p. I. p.. bien ce monstre n'ait probablement rien de commun avec la légende de Belléque — d'Alexandrie \ prenant son essor. Rapprocher la légende musulmane de l'asss.. ch. Haverfield. P^. Bartoli (éd. le même Pégase continue à emporter les trépassés. 60. cension de Mahomet emporté par Borak Blochet. 7. Dès le me siècle avant notre ère. 92. 1945. 1886. R. il s'élever dans les airs ? Pour que l'équitation puisse conduire au faut que le coursier soit pourvu de robustes ailes. p. N. un Pégase occupe un médaillon dessiné au sommer de la voûte. syr. C. 3. de 1706). — . soc. La mythologie consacrait Pégase au soleil et c'était vers cet astre qu'il ramenait les âmes auxquelles celui-ci avait donné la vie et qu'il rappelait à lui ^ — — Pégase sauveur a été représenté seul. p. 97.. XL. Ântike Gemmen. dans l'hypogée des Nasoni^.288 LUX PERPETUA âmes doivent ciel. a. 394. Ant. 180. 24 CIL. p. Dans une des tombes de la voie Latine.

95. n° 42. Grenier. — SURVIVANCES MYTHOLOGIQUES 289 ^ un griffon porte sur sa croupe robuste une figure voilée. 3... on avait coutume. VI. au dieu solaire'. 94. . dans cette composition. XIX. 43-44 5 cf. . Et. Lincei. lorsque mourut Cimon fils de Miltiade. 86 . Das Herdon von Giôlbaschi. cf. p. Les Gaulois. 656 nitentes / pascere equos eadem sequitur tellure repostos ». voilée Symbol. devaient conduire . 1860. syr. n. ne pouvaient déchoir en faisant ce long trajet en un plus modeste appareil. antichi Ace. trois fois vainqueur aux jeux olympiques avec le même quadrige. « Quae gratia currum / armorumque fuit vivis. Et. p. . et le célèbre sarcophage d'Haghia Triada figure l'apothéose d'un héros emporté sur un char traîné par deux griffons ailés. et il a pu être substitué à Pégase parce qu'il appartenait. Comme on enterrait ou incinérait avec un puissant seigneur son cheval de chasse ou de bataille. Ce monstre. VI. on enterra ses quatre juments en face de son tombeau au bord d'une route d'Athènes. 3 . note le poète.. syr. 322. Istit. quae cura Virg. car. fort anciennement.Hérodote.31. ss.. 42. d'inhumer à côté de lui son char de guerre ou d'apparat. : i | «9 . syr. 4. Benndorf. pi. comme lui. 103. Petersen. nos Et. Vienne. De Ruyt. 102 p. qui représente l'ombre du défunt *. 1899.. un symbole de l'âme*. 2. La croyance primitive était pareillement que ce char pouvait être utilisé par son possesseur dans tme autre vie et elle s'est transmise — jusqu'à Virgile avec une curieuse fidélité \ Enée voit paître dans les ChampsElysées les attelages dételés de chars fantômes. 7.. 84. 1945. 19.CHAPITRE animai fabuleux : VI. était devenu l'animal sacré d'Apollon. A. qui est sûrement. le rouler défunt jusqu'au royaume de Pluton\ De nobles personnages habitués à carrosse. 1903. Mais ce n'est peut-être là qu'une interprétation tardive. Ombre Ann. 59 j cf. p. Monum. n. p. Cet usage remonte à la préhistoire et il était déjà pratiqué notamment par les Celtes de l'époque de la Tène^. p... p. En. de longs vêtements. : Altmann. l. ainsi que le cheval. Si au temps de Pisistrate. les héros continuent à s'adonner dans le sein de la terre au plaisir captivant qu'ils ont goûté de leur vivant. Paribeni. p. c. fig. à celle de la chevauchée. 5. tandis que vole au-dessus de ce bige un oiseau. VII. enveloppée d'origine orientale. 8. P- 225 a. 6.. Monutn. 348 ss. Cf. L'idée d'un trajet accompli dans un véhicule a évolué parallèlement Chur. L'interprétation des représentations sépidcrales qui y voit un I. p. p. car une relation était établie dès l'époque minoënne eiitre le griffon et la mort. ce fut manifestement pour lui permettre de satisfaire encore dans ^ l'autre monde sa passion sportive Mais tout d'abord ce même char.

De même. 'Afotheosis. . 129 ss. comme lorsqu'on y dépose une petite barque on entend lui procurer une traversée rapide. lorsqu'on place dans les tombes près du cadavre des réductions de chars en terre cuite. 5. p.. les a pensé.. CVIII. Cf. p. Et. A. 7. 5. p. Peut-être l'expédition triomphale de Dionysos dans l'Inde. 6. De 2. qui reproduisent le vieux motif étrusque. non sans raison.. exécuté pour quelque seigneur étrusque par un artiste ionien ou un indigène ayant été à l'école des Grecs 1. p. 1939. fréquents dans la haute Italie. p. col. A. Jahresb. des idées mystiques encore mal élucidées. 69 . 68 [60]. les griffons d'Haghia Triada l'étaient pareillement'. XXVI (stèle de Mesembria). Cf. « Dionysos ». V. 92. Ruyt. note 336. 1930. 67 [59]. Furtwângler. Oesterr.. De même à Chypre Perrot-Chipier. où le véhicule qui transporte le mort est accompagné de démons infernaux*. ].. Il en est de même au vi^ siècle de l'attelage figuré sur le beau char de bronze de Monteleone en Ombrie. 347 ss. p. Macchioro. non seulement chez l'intention Thraces des Balkans et les Illyriens de Pannonie. II. p. c. 314 ss. p. 289. 1902. accomplissaient On sera frappé de ce fait que les chevaux attelés à ces véhicules funéraires. c. pi. : : cf. i. Schrôder. mort. 410 ss. 231. i945> XLIX. ^Toutefois aux antiques croyances qui s'attachaient à un rite ancestral s'étaient mêlées. supra. . syr. C. syr. : 246 b. Les cippes romains. p. et il d'outre-tombe dont le voyage que les mystes. 620. 3.p. R. 402 ss. Malten. Strong.. vainqueurs de la vers le séjour des Bienheureux. 102. . j . 3. Kleine Schriften. Tombe de Kazanlik en Thrace avec représentation d'un quadrige Am. Or M. XXX ss. c'est certainement dans de faciliter ainsi au défunt ses courses posthumes '. Alfôldi a reconnu que ces chars funéraires étaient décorés d'une profusion d'emblèmes dionysiaques. le « char ailé » de Zeus dans le mythe du Phèdre. tome III. 4. Macchioro. où il avait conquis un pays merveilleux". est certaine pour les monuments Étrusques.290 LUX PERPETUA voyage vers l'Hadès. /. Bonner Jahrbûcher. p. n'ont point d'autre signification*. 331 Macchioro. s. n. Déjà à l'époque minoënne. p. n. Alfôldi. que ces symboles faisaient allusion aux joies les mystères bachiques donnaient l'espoir aux initiés *j Il est difficile de préciser le motif de la connexion établie entre les bacchanales et le bige ou le quadrige qu'on enterrait. fig. L'exploration archéologique des tumulus a prouvé que l'inhumation de chars a continué d'être pratiquée jusqu'à l'époque impériale. *. Dans les Balkans Kazarov. Et. n. VIII. E. mais parmi les populations indigènes de Germanie et de Belgique. La même particularité se retrouve sur les stèles funéraires étrus/. n. 1039. p. a-t-elle été mise en relation avec sont souvent ailés®. 8. en certaines régions..

3. 5. p. comme ait de leur course terre. ainsi repro. p. L'idée que l'aurige divin conduit un attelage à travers les champs du ciel existait depuis une époque très reculée en Babylonie et en . Symbol. VI. motif souvent reproduit pour indiquer que le char occupants par-dessus l'océan loin de notre terre 9. 9- p. Ausonia. XVI. 1927. cf. Renâic. Lincei. Quagliati. 174 et pi. 191 1. n. 22. 691. 292. Greniei-. Ducati. 4]. 429. et aussi sur \me ume cinéraire de Volterra où. Cf. fig. Ducati. 523 ss. spécialement sur les pierres tombales de Felsina'. et infra. indique à l'aurige la direction à suivre''... p.. op.. 1912. 150. Ducati. 1. 125. cf. n.y I. 4 . quadrige d'Hélios. — Phosphoros 87. encore sur les plaques en terre cuite de Locres dans la Elle se reproduit duits à travers les 6. infra. et il se peut que parfois on leur il symbolisant la rapidité donné ce sens terre à l'artiste Mais dès l'époque préhellénique est probable que a voulu exprimer ainsi l'idée d'une apothéose qui devait élever jusqu'au séjour des dieux célestes un mort divinisé \ L'intention de figurer le transfert du défunt au ciel apparaît clairement sur ime stèle de Felsina où Phosphores. /. siècles par l'art funéraire. Cf. 206. fig. motif paraissent inspiré par la. 136 ss. p. III. fig.. 1915.p. 288). of. devant le char de l'apothéose. Pl7- A c. Symbol. [p. De Ruyt. . 278 ss. L'on a expliqué les ailes dont sont munis ces animaux mythiques.CHAPITRE ques. R. A. XX). 4. fig. qui figurer l'enlèvement d'une femme par un démon de l'Hadès^. 1-8. 33. p. fig. Lînceî.. p. p. M. 1909. Le -piètre funerarîe felsinee (Monum antichi. p. 338. p. . 27. cette inter- un monstre marin prétation resta nécessairement seule admise le comme un cheval solaire (p. représentation fréquente du rapt de Proserpine par Pluton c'est ainsi que dans la Catacombe de Sabazius à Rome se voit une simple mortelle ravie par le dieu chthonien'. p. . Syrie. 296. 2. 148. pp. cit. A dif. M. Paribeni. n. Accaâ. sous les pieds des chevaux lancés au galop. fig. et de même que Pégase fut regardé char des morts fut identifié avec le . Storia del arte ReinacH. syr. p. Symbol. 412 . . 152 ss. Cf. R. De Ruyt. est couché porte ses ^. 8. l'étoile qui précède le lever du soleil. 230 s. p. M. Enfin l'attelage ailé réapparaît encore sur le plus ancien monument romain de l'apothéose d'un divus^. 6. 102. note i . 518 ss. p. Bologne villanovienne et étrusque. p. 177 ss. II. aussi bien qu'en Perse et en Grèce et elle est sans doute le développe- 147 et pi. p. n. cf. i. Et. — SURVIVANCES MYTHOLOGIQUES 391 Grande Grèce. 54. p. 289. De Ruyt.. 70. 154. XV. Haghia Triada. Malten. etrusca. Lorsqu'une immortalité céleste devint le sort de tous les justes. 75. . cit. .

97. Un panég^'^riste de Constantin assure que. faisant place au souverain sur son quadrige. inspirées à des poètes de cour par une adulation servile. 5. vers les sphères célestes. IV. Klio. Cf. Komemann.. Stace. fr. il l'accordait aussi à ses fidèles ^ Les empereurs surtout devaient devenir après leur mort les compagnons Soleil invincible. p. comme ils avaient été ses protégés durant leur vie. Yl (Maxim. i6q Bâhrens). cf. 96. é. le Soleil. . 11 Reg. sa mission terrestre accomplie.. « Je viens ». 45 Symbol. secoué dans les tourbillons de l'orage. p. VII. syr. p. Hist. Paneg. De même la légende sacrée de Mithra racontait que ce dieu. "Chéb. infra. prophète Elie dans un tourbillon. resta un article de foi jusqu'à la fin du paganisme. Eunape. 1. par-dessus l'océan avait conquis pour lui-même. dit le dieu en propres termes « de m'élever avec Trajan sur un char attelé de chevaux blancs et j'arrive vers toi pour t'annoncer qu'un nouveau prince. . II. syr. 14 (p. Julien se regardait en effet comme le fils spirituel du Soleil qu'il . Et ce ne sont pas là des flatteries emphatiques. ch.. 1. 8. obtenue par l'entremise du Soleil. 7. p. n. VILI. avait partagé la course nocturne de l'astre du jour pour remonter avec lui de l'Orient au zénith ". et 278 . 3. 4. et un oracle rendu à Julien l'Apostat lui prédisait qu'après avoir vaincu les Perses il serait conduit vers l'Olympe sur un char flamboyant. 23. 25). et le sort triomphal qu'il allié. Cf. 103. s'est soumis toutes choses grâce à sa vertu et à la Fortune de son divin père » ^ Cette déification. 26 (F. Et. son père Constance. syr. IV. espérait aller rejoindre*. p. nous montre la foi en cette forme du d'apothéose répandue jusqu'aux extrémités de l'Empire.29 i LUX PERPETUA ment de cette croyance très répandue chez les peuples primitifs que le disque radieux qui se meut chaque jour de l'Orient à l'Occident. Éi. . avait été emporté par son .. Const. p.. G. pour atteindre le palais de son père dans la lumière éthérée '. Hadrien. I. qui mourut à York aux confins occidentaux du monde.. Lucain et Stace prédisent ce destin glorieux à Néron et Domitien*'. et être conduits par lui vers les voûtes éternelles.). Phébus lui-même annonce au peuple la mort de Trajan et l'avènement de son successeur. sont très probablement ceux de Shamash. Un papyrus. 27 ss. le dieii solaire babylonien *. i avec la note de VoUmer. est une roue courant sur le firmament Les chevaux de feu et le char de feu qui enlevèrent le ' . p. 2. 98. trouvé dans la Haute-Egypte. Silves. H. 3. Et.. Lucain. 380. Cf..

CHAPITRE

VI.

SURVIVANCES MYTHOLOGIQUES

293

vitalité

des écrivains s'ajoute celui des monuments pour montrer la qu'avaient conservée les vieilles idées mythologiques dont s'inspirait le culte orientalisant des empereurs. Sans doute les théologiens n'y voyaient-ils que des symboles ; et ils expliquaient avec les Néoplatoniciens le véhicule

Au témoignage

(oyyjuLa)

qui faisait remonter les âmes au Soleil,

comme une

attraction exercée

rayons de l'astre générateur et sauveur ou comme une enveloppe par astrale et aérienne que l'âme avait revêtue en s'abaissant vers la terre*. Mais la crédulité des foules restait fidèle à une conception beaucoup plus
les

que l'art n'a pas cessé de rendre sensible aux yeux, La plus ancienne représentation plastique de l'apothéose à Rome, nous montre déjà Jules César debout sur un char qu'enlèvent quatre chevaux ailés ^, et les monmatérielle, celle

de consécration, frappées pour commémorer l'ascension des divi vers figurent fréquemment au sommet du bûcher qui a consumé la dépouille mortelle du souverain, un quadrige où celui-ci prend place pour
naies

l'Olympe,
être

porté vers le ciel'. Etre entraîné vers les dieux sidéraux sur l'attelage rapide du Soleil ne resta pas le privilège des Césars. On voit le quadrige figuré sur les tombes de

modestes personnages*. On lit même ces mots révélateurs sur un autel Rome Sol me rapuii^. Il était possible de gagner les astres avec une célérité encore Oiseau. accrue en recourant à l'aviation. Chez tous les peuples du bassin oriental de la Méditerranée était anciennement répandue l'idée que l'essence ou l'être qui animait l'homme s'échappait du cadavre sous la forme d'un oiseau^ surtout d'un oiseau de proie, car les âmes pour ne pas périr devaient se nourrir
très

funéraire de

:

ces esprits
fiante''.

de sang, principe de vie". Les Harpyes et les Sirènes ont été primitivement des morts devenus des vampires avides de sucer la .liqueur vivi-

multitude
vestiges

Les vas'cs et les stèles funéraires de la Grèce nous offrent une de représentations de l'âme-oiseau, et à l'époque romaine des de cette antique conception subsistaient encore. En Syrie on voit
€t infra, ch. VIII, p. 355.

1.

ÏÏt.

2.
3.

Cf.

syr., p. 105, n. I Et. syr., p. 99.

;

Ibid.

Esperandieu, II, n. 1510 ; Altmann, n. 76 ; cf. 208. 5- CIL, VI, 29954, cf. supra, ch. III, p. 180. 6Weicker, Der Seelenvogel in der alten Lîteratur und Et. syr., p. 56 ss. Roscher, Lexik,, s. v. « Seirenen »
4.
;

Kunst,

Leipzig,
striges,

igo2
cf.

;

cf.

7.
ters,

Symbol., pp. 109, 327. Sur les volaticae muUeres qui sont des Akad. Munich, 1928, Abhandl. i, p. 14.

Wol-

294

LUX PERPETUA

fréquemment un aigle prendre sur les tombeaux la place qu'occupe ailleurs le portrait du défimt c'est sous cette forme que celui-ci a quitté notre bas-monde. La magie ramasse souvent les idées que l'évolution des croyances
*

;

a laissé tomber,

et les sorciers prétendaient, s'il

faut en croire Arnobe, pouvoir

munir

d'ailes leurs dupes, lorsqu'elles se libéreraient de leurs corps, afin de leur permettre de voler vers les cieux". Lorsque les écrivains nous disent ainsi

que l'âme pure « s'envole » vers les astres, cette expression si souvent répétée à la suite de Platon ^ n'est pas une simple métaphore, ^mais plutôt une façon de parler traditionnelle, prise d'abord au sens matériel et que le
donnant une signification figurée. Une épigramme composée pour le tombeau de Platon lui-même, est bien « Aigle, pourquoi es- tu perché sur cette tombe, ou duquel des caractéristique dieux, dis-moi, regardes-tu de loin la demeure étoilée ? Je suis», répond l'oiseau, « l'image de l'âme de Platon qui s'est envolée vers l'Olympe. La terre attique possède son corps, né de la terre » *. Lucien, dans son Icaroméftippe a raillé les prétentions des philosophes en montrant Ménippe s'attachant des ailes aux épaules pour prendre son vol vers les astres et pénétrer ainsi les secrets du monde ^. Le mythe de Dédale s'échappant du labyrinthe de Crète par la voie des airs a été interprété même par des chrétiens comme une image de l'âme gagnant les hauteurs du ciel ^. L'idée primitive de l'âme-oiseau se transforma en celle de l'âme portée par
langage avait conservée en
tardive
:

lui

un

oiseau. C'est en Syrie, semble-t-il, que s'opéra ce changement. Une croyance répandue à l'époque romaine voulait que l'âme fût enlevée par un aigle, qui était dans ce pays le volatile du Soleil, celui-ci étant conçu comme un
très

disque ailé volant à travers les espaces célestes. Le roi des oiseaux était le serviteur ou plutôt l'incarnation de l'astre-roi, et c'est vers lui qu'il transportait
sa charge psychique.

couronne^ emblème de

C'est pourquoi un aigle prenant son essor et tenant la la victoire obtenue sur la mort, est un motif ordinaire
et

de décoration sépulcrale à Hiérapolis
1.

dans toute la Syrie du Nord

'
.

Le

« Cum primum soluti membrortim abieritis e nodis, alas vobis adArnobe, II, 3^1 futuras putatis, quibus ad caelum pergere atque ad sidéra volare possitîs » ; cf. II, 62. b ; cf. Symbol., p. 109, n. 3 ; p. iio, n. i ; Horace, Odes, 3. Platon, Phèdre, 146 III, 2, 23 {fugiente -penna) ; Kaibel, Efigr. 312, 3. 4. Diogène Laërce, III, 44 ; Anthol. Pal., VII, 62. 5. Lucien, Icarom., 2-3. 6. Courcelle, R.E.A., 1944, XL VI, p. 66 ss. 7. Et. syr., pp. 40 ss., 58 ss. ; Mouterde et Poidebard, Le limes de Chalets, 1945' p. 213 et pi. CXVII.
2.
:
i

Et. syr., p. 45 ss.

,

CHAPITRE

VI.

SURVIVANCES MYTHOLOGIQUES
dans ses
serres,

295

jugés dignes de monter vers le ciel. Ce n'est pas emprunté à la nature ; nul oiseau de proie^ dans aucun pays type du monde, n'a jamais soutenu ainsi im fardeau. Un motif aussi étrange s'inspire

vigoureux rapace lenlevait, non mais sur son dos les mortels

comme

il

fait

Ganymède,

manifestement d'une légende de la Fable^ peut-être du mythe babylonien d'Elanai, L'ancien Testament nous fournit la preuve que le motif de l'aigle
transportant

une charge sur
^.

Un

récit qui

le dos d'abord dans apparaît
Il

était
le

courant dans les pays sémitiques 2. Pseudo-Callisthène, a utilisé ce vieux

thème oriental

voulut entrer au séjour des Bienheureux,

raconte qu'Alexandre^ arrivé aux extrémités de la terre, Dans cette région vivaient de grands

Fig. 7.

Apothéose d'Homère entre

l'Iliade et l'Odyssée.

oiseaux blancs très

familiers.

Des soldats s'amusèrent à se
s'envolèrent
aussitôt

hisser
les

sur leur

échine

et

ces

bêtes

merveilleuses

en

Alexandre en captura deux, leur imposa un joug auquel il de cuir où il s'installa, puis il tendit au bout d'une longue lance un foie

emportant. suspendit un sac

de cheval comme appât aux rapaces qui, pour le dévorer, prirent leur essor et élevèrent le conquérant jusqu'au ciel ; après quoi ils le ramenèrent sur la terre. C'est là un conté oriental qui, au cours d'une longue vie, assuma des formes
variables et dont les héros sont des personnages divers. Les oiseaux blancs

y

deviennent parfois des griffons ou des aigles. C'est encore un aigle qui apparaît portant Homère assis sur son dos dans une
1.

Et. syr., p.

82.

2.
3.

Exode,

ig,

4; Deut.,

32, 11. Cf. Éi. syr., p.

84.

Gabriel Millet, Syria, 1923, IV, p. 88-133.

'

296

LUX PERPETUA
du poète
de
(fig. 7) qui décore une pièce d'orfèvrerie Le même type fut la toreutique alexandrine figurer celle des empereurs sur les baspour
'

représentation de l'apothéose

d'Herculanum dans
ensuite

le style

.

largement reproduit reliefs, pierres gravées ou médailles de consécration^. L'aigle, oiseau du dieu solaire^ porte à son maître, les princes qui ont été les protégés et les représentants du Sol invicius sur la terre. Le cérémonial des funérailles impériales à Rome,
traditionnel, montre combien était restée vivace cette croyance d'origine asiatique. On lâchait toujours du sommet du bûcher, où le cadavre devait être incinéré^ un aigle, qu'on supposait devoir emporter

réglées par

un protocole

l'âme du souverain vers les espaces éthérés L'aigle n'exerça pas en faveur des princes seuls la fonction qui lui était dévolue. Le mode singulier d'aviation que les artistes n'hésitèrent pas à
.

'

imposer aux Césars, fut étendu par eux au commun des mortels. Ainsi sur une stèle funéraire provenant de Rome'*^ on voit un jeune homme drapé dans sa toge, dangereusement campé sur le dos d'un aigle lancé en plein vol. droite un enfant ailé tenant une torche semble lui montre la- route c'est

A

:

Phosphoros^
sera rendu

l'étoile

forme devant

le

du matin, que la sculpture a souvent quadrige du Soleil''. A terre, un autel
le

représenté sous cette
rappelle le culte cjui près de sa tête, une

à l'adolescent héroïsé et dans

fronton^

couronne symbolise la victoire qu'il a remportée sur le trépas. La fantaisie des artistes a même pu combiner l'enlèvement du défunt par un oiseau avec le transport dans un char. Les charmantes fresques du tombeau d'Octavia Paulina, sur la Voie Triomphale, figurent cette fillette conduite dans les Champs Élysées par Érôs sur un bige attelé de deux colombes s.

Nous
la

coexistence

l'avons fait observer plusieurs fois, la mentalité des anciens admettait de traditions contradictoires sur la vie d'outre-tombe, et la

juxtaposition de croyances opposées ne la choquait ni dans la poésie ni dans l'art funéraire. Les représentations du voyage dans le ciel nous en offrent maint exemple. Les défunts pouvaient être conduits dans un char

ou portés par un cheval ou par un aigle, et l'on voit combinés ou rappelés simultanément deux de ces modes d'ascension. Sur un diptyque consulaire
1.

Et.

I

syr., p.

2. Ibid.^ p. 3.

Comme

78. 75. l'affirme Hérodien, IV, 2, 11
.

;

cf.

Dion Cassius, LVI, 42
:

;

LXXIV,
39..

5

;

Et.

syr., p. 72, n. 3.
4.

Bas-Relief

du Musée National de Copenhague
:

,

^

Et.

syr., p.

87, fig.

5. Cf. 6.

supra, p. 291, note 7.

Tombeau d Octavia Paulina

Symbol. ^ p. 345,

fig.

76.

Stèle d'albano Laziale. Le mort emporté sur un cheval, dont un aigle tient

la

rêne dans son bec.

296

LUX PERPETUA
du poète
de
(fig. 7) qui décore une pièce d'orfèvrerie Le même type fut la toreutique alexandrine pour figurer celle des empereurs sur les bas'

représentation de l'apothéose

d'Herculanum dans
ensuite largement

le style

.

reproduit reliefs, pierres gravées ou médailles de consécration". L'aigle, oiseau du dieu solaire, porte à son maître, les princes qui ont été les protégés et les représentants du Sol invictus sur la terre. Le cérémonial des funérailles impériales à Rome,
réglées par

un protocole

traditionnel,

montre combien

était restée vivace cette

croyance d'origine asiatique. On lâchait toujours du sommet du bûcher, où le cadavre devait être incinéré, un aigle, qu'on supposait devoir emporter ^ l'âme du souverain vers les espaces éthérés
.

L'aiglo n'exerça pas en faveur des princes seuls la fonction qui lui était dévolue. Le mode singulier d'aviation que les artistes n'hésitèrent pas à
sur

imposer aux Césars, fut étendu par eux au commun des mortels. Ainsi une stèle funéraire provenant de Rome'*, on voit un jeune homme drapé dans sa toge, dangereusement campé sur le dos d'un aigle lancé en plein vol. A droite un enfant ailé tenant une torche semble lui montre la-^ route c'est Phosphoros, l'étoile du matin, que la sculpture a souvent représenté sous cette forme devant le quadrige du Soleil". A terre, un autel rappelle le culte (jui sera rendu à l'adolescent héroïsé et dans le fronton, près de sa tête, une
:

couronne symbolise la victoire qu'il a remportée sur le trépas. La fantaisie des artistes a même pu combiner l'enlèvement du défunt par un oiseau avec le transport dans un char. Les charmantes fresques du tombeau d'Octavia
Paulina,

Voie Triomphale, figurent cette fillette conduite dans Champs Élysées par Érôs sur un bige attelé de deux colombes s.
sur
la

les

Nous
la

coexistence

l'avons fait observer plusieurs fois, la mentalité des anciens admettait de traditions contradictoires sur la vie d'outre-tombe, et la

juxtaposition de croyances opposées ne la choquait ni dans la poésie ni dans l'art funéraire. Les représentations du voyage dans le ciel nous en offrent maint exemple. Les défunts pouvaient être conduits dans xm char

ou portés par im cheval ou par un aigle, et l'on voit combinés ou rappelés simultanément deux de ces modes d'ascension. Sur un diptyque consulaire
1.

Et.

syr., p.

2. Ibid., p. 3.

Comme

78. 75. l'affirme Hérodien, IV, 2, 11

;

cf.

Dion Cassius, LVI, 42
:

;

LXXIV,
39.

5

5

1^t.

syr., p. 72, n. 3.
4.
5.

Bas-Relief

du Musée National de Copenhague
d'Octavia Paulina
:

Éf.

syr., p.

87, fig.

Cf. supra, p. 291, note 7.

6

Tombeau

Symbol., p. 345,

fig.

76.

Stèle d'albano Laziale.
Le mort emporté sur un cheval, dont un
aigle tient la rêne

dans son bec.

CHAPITRE

VT.

SURVIVANCES MYTHOLOGIQUES

297

du British Muséum, du sommet du bûcher qui a incinéré son corps un empereur s'élève dans un quadrige, et deux aigles gigantesques, qui prennent
leur essor, le

guident vers le séjour des dieux 1. sarcophage de la villa Doria-Pamphili représente l'apothéose d'un ado2 il est lescent emporté au-dessus de la Terre étendue^ monté sur un char

Un

:

Hermès psychopompe mais ce jeune homme, aurige d'outre-tombe, en même temps sur un aigle éployé prenant son vol^ qui l'aide à s'appuie monter dans les airs 3. Plus étrange est le sujet figuré sur une stèle trouvée récemment à Albano près de Rome*. Elle porte l'épitaphe d'un enfant de
que conduit
;

de

deux ans qui, ravi par l'aigle de Zeus, dit l'épitaphe, siégera comme parèdre l'étoile du matin et du soir ; et le bas-relief qui accompagne l'inscription
nous montre ce mort héroïsé le front surmonté d'un astre à sept rayons^ chevauchant un coursier lancé au galop, tandis qu'un aigle a saisi dans son bec

crochu la corde tressée d'un licol et dirige l'ascension de cette monture d'une ombre.
British Muséum n'associe pas seulement le char à l'aigle de à sa partie supérieure, l'empereur divinisé est soulevé sur les l'apothéose bras de deux génies des Vents et porté vers les dieux, qui à côté du zodiaque se préparent à l'accueillir. Cette forme de l'ascension est étroitement liée à l'idée du vol des âmes ailées qui fendent les airs. La force des vents pouvait

L'ivoire

du

,:

être

conçue

recommander aux yeux des philosophes stoïciens mais elle reposait sur un fond mythologique que réussissait mal à dissimuler une interprétation rationnelle. Les Vents étaient pour un polythéisme naturiste des divinités bienveillantes ou hostiles^ qui favorisaient ou contrariaient la montée des esprits des morts. Leur souffle bénin et propice pouvait élever doucement ceux-ci vers leur séjour céleste. Mais les ouragans pouvaient aussi
physique, et
telle se
;

comme comme

l'intervention,

dans l'eschatologie, d'im facteur purement

les saisir
et

dans leurs tourbillons,
les

les cyclones les entraîner

dans leurs trombes

qui s'étaient attachées à eux et les alourdissaient. Nous avons déjà signalé cette double fonction des Vents à propos de la localisation des Enfers entre la terre et la lune^.
souillures

en airacher violemment

1.

Et. syr., p.

2. 3.

4.

ICI ; Symbol., p. 176 et pi. XIV. Symbol., p. 336 et pi. XXXVII ; Syria, 1929, X, p. 235, pi. XLIII. Sur cette combinaison, cf. Deubner, Rom. Mîtteil., 1912, XVII, p. 10. A. Galieti, Rom. Mitt., 1943, LVIII, p. 70 ss. et pi. III ; cf. supra, ch.

jKeîl, Oesterr. Jahresb.,
5.

XXXV,
208
;

Cf.

supra, ch. IV, p.

1943; Année é-pigra-phique, 1945, Symbol., pp. 105, n, 3 ; 117 ;

XXIV,
149.

III, p. 184; p. 174, n. 119.

298

LUX PERPETUA

Echelle, navire, cheval, char, oiseau, et même vents, tous ces moyens supposés d'atteindre le ciel, répondent aux conceptions naïves d'une époque très reculée. Ils partent de la supposition qu'un poids doit être soulevé ils impliquent à peine une séparation du corps et de l'âme et ont été imaginés
;

à une période primitive où les philosophes n'avaient pas encore fait prévaloir une distinction tranchée entre les différentes parties de l'être humain. Ces procédés divers pour s'élever vers la voûte étoilée nous reportent à un niveau religieux extrêmement bas, et les théologiens éclairés ne les acceptaient plus mais ces survivances de très anciennes conceptions que comme des symboles
;

continuaient à être

reçues et comprises littéralement par la simplicité des esprits vulgaires. L'antique croyance que les héros pouvaient être transportés, tels qu'ils avaient vécu, soit dans les Iles des Bienheureux, soit dans l'Olympe ^

ne disparut jamais de la foi populaire, bien que la philosophie s'élevât contre elle et affirmât que rien de ce qui est formé de la terre ne pouvait être admis dans la zone éthérée * et que seul, Veidôlon, s'il était resté pur et léger, pouvait s'y élever. Une épitaphe insiste sur cette idée que, le corps étant consumé, l'âme restée vivante est divinisée \ Toutefois l'apothéose des empereurs, de même que celle des monarques hellénistiques*, implique que, comrne les dieux, dont c'est, suivant Platon, le caractère propre^', ils continuent à vivre corps et âmes réunis. D'autres hommes privilégiés, immortalisés par une déification
semblable, passaient pour avoir continué dans un séjour divin, sans interruption, ni désincarnation, l'existence qu'ils avaient commencée ici-bas, tels Antinous ou Apollonius de Tyane*. Ces enlèvements exceptionnels furent toujours des
miracles acceptés par la crédulité des masses incultes. Cependant cette ascension prodigieuse était seulement

l'apanage glorieux

de quelques héros

la foule des esprits qui quittaient leur corps terrestre, la route qui conduisait au ciel était semée d'obstacles. De vieilles

insignes.

Pour

superstitions helléniques se mêlaient aux chimères de résidus mythologiques, et la dernière étape

de l'Orient pour l'encombrer du voyage des âmes n'était
être

pas la moins dangereuse. Selon l'opinion commune

l'air

était

peuplé de démons qui pouvaient

supra, ch. III, p. 146. Plutarque, V., Romulus, 28 ; cf. supra, p. 120. « Corpore CE. 975 3. CIL, VI, 30157 oonsumpto, viva anima, deus 4. Wilcken, 5. A. J5., 1938, p. 318 ; et Symbol., p. 67, n. 2. 5. Platon, Phèdre, 246 c.
1.

Cf.

2.

=

:

sum

».

6.

Immortalité psycho-corporelle

:

cf.

Rohde, Psyché,

II, p.

376 ss. =tr.

fr., p.

568

ss.

CHAPITRE

VI.

SURVIVANCES MYTHOLOGIQUES

299

bienfaisants ou maléfiques. Nous avons déjà signalé en parlant des supplices infernaux l'influence exercée sur cette croyance par le mazdéisme 1. Le dua-

lisme iranien accentua l'opposition entre ces géinies propices ou hostiles aux esprits des morts *. Une partie de cette seconde classe était formée des âmes

coupables,
terre.

que leurs fautes condamnaient à errer près de la surface de la Jalouses et cruelles, elles prenaient plaisir à infliger des tortures à leurs congénères, quand celles-ci, par leur impiété, s'étaient exposées sans défense à la malignité de ces tortionnaires. Mais des puissances secourables protégeaient
contre leurs assauts. Celles-ci favorisaient leur ascension, que leurs adversaires s'efforçaient d'empêcher ou de retarder 3. Ainsi l'atmosphère devint le siège d'une lutte incessante entre les démons du bien et du mal, bataille dont
les justes

de celui qu'ils se disputaient. Le combat des dévas et des de l'âme exhalée par le mourant, est un des traits yazatas pour de l'eschatologie mazdéenne et il devait devenir un thème caractéristiques habituel des descriptions païennes ou chrétiennes du voyage posthume à
l'enjeu était le salut

la possession

travers l'atmosphère

*.

Suivant une opinion largement accréditée, les épreuves de cette âme cessaient lorsqu'elle parvenait à la sphère de la lune, frontière entre le monde du
devenir,

soumis à la mutabilité

et

à la corruption,
astres

et la

les

mouvements harmonieux des

divins

sont

régis

région de l'univers par des lois

éternelles.

devait

C'est là, qu'après des tribulations sans nombre, l'âme en peine trouver à jamais le repos s. Mais les périls auxquels cette âme éta'it exposée pouvaient ne point disparaître, lorsqu'après avoir franchi la zone dan-

gereuse de l'air, elle atteignait la lune. Ceux qui croyaient que les esprits des défunts remontaient vers l'empyrée en traversant les sphères planétaires, se
représentaient celles-ci avec un commandant
1.

percées chacune d'une porte que gardait un poste comme on disait souvent aussi, un douanier (àp)(^ojv)®, ou,

comme

; infra, ch. VIII, p. 370. hellén., I, p. 178 a, II, p. 275 ss. 3. Tatien, 16, Mages hell., Il, p. 295, n. i ; Porphyre, De regressu animae, fr. 2, Bideiz ; C.-R. Acad. Inscr., 1944, p. 113, p. 117 ss. ; Nock, Harvard theological review, 1941, XXXIV, p. 102 ss. 4. Cf. p. ex. Historia losephi Ugnarîi dans Tischendorf, Evang. a-pocrypha, 1876,

Cf.

sufra, ch. IV, p. 219

2.

Mages

p.

« Michael praebeat itineris mei socium, tisque dum ad te perduxerit... Ne 127 autem permittas ut daemones aspectu formidabiles accédant ad me in via qua iturus sum donec ad te féliciter perveniam. Neque sinas ut ostiarii animam meam ingressu
:

paradisi prohibeant.
5.

6.

Symbol,, pp. 501 et 504. Symbol., p. 138, p. 194, cf. supra, p. 177. Anz, Znr Frage nach dem Ursprung des Gnostizismus

j

Bousset,

Hauptprobleme

261. p. p.. 25). R. 233. 10. ». n. Olympiodore. Norvin). 178 ss. et D. R. et d'exclure les indésirables . p. d.. i et add. présentait. Andres. Phédon.. Le papyrus de Paris. ch. « Angelos ».. col. afin qu'il ne s'égarât pas sur cette voie souterraine coupée de bifurcations et de carrefours. Dieterich. H. Le même mot (v^yeuLcôv) est appliqué plus tard au psychopompe. des sceaux (appayiSeç) ou des onctions '. p. 50 . Surpra. ''Ap)(wv . 190. giôse Signierung in der Antike. der Gnosis. Mithrasliturgie. Hiéroclès dans Photius. Dans un mythe du Phédon*. 13 . V.. Orient. I. III) V. p. C. offre mithriaque titieuse ^. « Gnosis ».E. Platon avait déjà parlé du démon personnel de chacun des trépassés qui. 1935). mapca. /. 294. Ils enseignaient des prières ou des . Suppl. (p. p. 264. C. 502. v. 1. 1933. 20 ss. p. incantations qui rendaient propices les puissances malveillantes coups de celles-ci ils immunisaient les fidèles par des tatouages contre les (aTtyp-aTa). 28 ss. Cf. 6. Relig. iio. Diss.300 LUX PERPETUA Celui-ci était chargé de visiter le bagage moral de celui qui se (Te^côvYjç}. Platon. p. 237 . Ils se targuaient même de pouvoir transporter leurs clients au ciel durant leur vie terrestre*. II. p. 21 ss. Bihl.. Cf. Ange: Démons psychopompes I m. de l'eau et du feu. 15 . 8 — — 7. dans cette région du monde que hantaient les diables toujours aux aguets. 192. était chargé de lui servir de « conducteur » dans l'Hadès. Les deux démons -personnels (R. Symbol. c. s. p. 466 b. 144. Les mystères prétendaient fournir à leurs initiés des mots de passe qui fléchissaient ces gardiens incorruptibles ^. XXV. 8 Les anges du paganisme (R. pt' (p. Demosth. pour donner le siteur on usait parfois d'un subterfuge en imposant au change à cet inquimort un faux nom*. Lilliebjorn. qui mène les âmes vers le ciel. Relig. Les instructions qu'on donnait auparavant au mort pour lui faciliter la descente dans les Enfers (p. 1915. In Phaed. Les prétentions des magiciens rivalisaient à cet égard avec celles des prêtres orientaux. 62. 248). su-pra.. 107. Boyancé. 2. (p. 68. s. 1907. qu'il soit un démon''. 215. 5. Rel. . Arnobe. encomium. Ueber reliN. p. après l'avoir accompagné pendant sa vie. Dieterich. 4. orient. 88. 1510. n. servent maintenant à lui rendre aisée l'ascension vers les sphères sidérales. Upsal. Preisendaniz).. et les la sphères mouvantes des cieux. p. 178 ss. § 6. Lucien. Phil. faussement dénommé « Liturgie l'exemple le plus caractéristique de cette littérature supers- Toutefois le bienfait suprême qu'on espérait de la religion au moment de mort était qu'elle fournît à l'âme un guide pour la sauvegarder dans le voyage accidenté à travers les tourbillons de l'air.) . p. Cf. un ange^ ou un ss. j Pap. 3. E. 6.

2. Monuments Piot. M. 288) qu'Hélios emportait les Élus sur son quadrige rapide vers les hauteurs célestes. ciens. conducteur de quitter ce monde avec l'espoir d'un sort (viyejxwv 6c6ç} qui lui permettra meilleur 8 et nous avons vu (p. aux confins supérieurs du monde ou au-delà de ses limites. p. p. M. ayant obtenu un dieu pour guide ». Mercurius nuntius dans la cataoombe desSaba: -. Anges psychopompes et Vents Pisciculi {Festschrift Dôlger). V. Dussaud. J'appartiens à celle-ci. p. p.^ -p. Hermès conduit le char de l'apothéose. Point. v. — SURVIVANCES MYTHOLOGIQUES 301 Son intervention est signalée non seulement par les philosophes platonimais aussi dans les inscriptions funéraires. p. Ph. 72 .. XXVII. 64.. p. 4. : gogues 1.-p. Pli. 924). Ammien Marc. c 5 cf. il cumulait cette fonction avec celle de protecteur des justes dans leur trajet aérien^ dont il assurait la sécurité '\ Une épitaphe du premier siècle de notre « Hermès aux pieds ailés. t'a conduit vers l'Olympe et t'a fait briller parmi les étoiles » *. Anges chrétiens psycha. p. XXX. Mithra. IV. XXIII. p. ch. 336 hell. et Antiquités N. 87. . r. C. p. 145.CHAPITRE dieu^. -côv "ïij'taTov Diog. n. 12 . Seyrig. Pétrone. 180. « Anges ». 264. 3. Cabrol. cf. 300. Munich. 31. telle la curieuse épitaphe 2 « Parmi les morts il y a deux sociétés métrique d'un marin mort à Marseille l'une se meut sur la terre et l'autre se mêle dans l'éther aux chœurs des étoiles. Symbol. VI. cf. I. 29. C. ch. XIV. 70 ss. Césars. I. Hermès. III. 2no.^ p. XXXIV. Julien. 650. et les philosophes pouvaient justifier par une interprétation psychologique la mission du dieu de la raison auprès des morts ^. Arrivées au terme de leurs pérégrinations et de leurs épreuves les âmes pieuses viendront.. Artemidore. orient. orient. 61. 1939. car si celui-ci était toujours l'introducteur des nouveaux venus dans le royaume des ombres. s.. Haussoulier. 102 ss. p. 257.. dieu psychopompe en Syrie 1929.200iti. 8. 5. p. M. 210 . 232 . 5. Rel. m. Laërce. Syriennes. n. te prenant par la ère s'adresse ainsi au défunt : : : main. Julien.. III. p.. 1909. su-pra. IG. Cf. Cf. Harvard theological review. isiates. Musée Beyrouth. Mages . 1946. n. 285. n. Toutefois c'est à Hélios que le rôle d' « anagogue » est le plus souvent dévolu à la fin du paganisme sous l'influence combinée d'un mazdéisme chaldaïsant" et de la théologie solaire^.Hermès Trism. p. Helio-politanus {Bull. Epgr. 4. zz-j. 2462 Kaibel. cf sw^ra. 90. Hermès conduit les âmes el. 16. 8. p. N. n. IX. 51 p. sitpra. le inzJictus — A la fin des Césars l'empereur Julien se dit convaincu qu'il s'est Sol rendu propice — que sera le &s &o«Ms' dans la cataoombe des Sabaziates. supra. 5. Ce dieu psychopompe qui escorte les morts conserve souvent le nom d'Hermès. Or. su-pra. 297.. Nock. R. p. ss. XII. n.8. 2. VIII.. Ce messager n'a jamais été dépouillé de la charge qui lui appartenait tradition- nellement.. : D : — 6. 7. 116. XVI. 1941. iîe/.

telle une ébriété sans fin. Supra. que le paradis des hoûris ne saurait rassasier le cœur des élus (L. ubi flat aura salubris et ad campos ubi scatent aromata. V. Supra. Pour l'Islam. « Invitât te docch. ch. comme ce chapitre achèvera. maria et flumina dulce nectar fluunt par A comparer avec S. mais le fait caractéristique dans le paganisme romain est que certains mystères persistaient à faire espérer à leurs initiés les plaisirs les plus grossiers. dont leur raison pénétrera alors tous les mystères*. Mais si l'on se demande quelles idées avaient cours sur le séjour qu'habitaient ces âmes bienheureuses et sur la félicité qui leur était réservée. Andrae. Qor. Ceux-ci peuvent enseigner que les sages éprouveront dans l'autre vie une joie indicible au spectacle de notre monde et des cieux étoiles. Massignon. 5610-3". 266. pour ces théologiens^ la béatitude céleste ou supra-céleste consistera à s'absorber dans la contemplation éternelle de l'Être suprême^. p. Sans doute les masses vulgaires ont-elles eu. p. 87.302 LUX PERPETUA rejoindre les héros et retrouver les dieux. une religion très différente de celle que se forment les intelligences élevées. Mahomet. cuius arbores et montes. p. Contra Faustum. p. I. V. Ou bien. Supra. dont il faut rapp. Tant il est vrai. Cf. 37 39-« 55^«-'?8 . de le montrer. omnia saecula ». 252). i6o. dans T. 257 et note 2. p. nous l'espérons. 6 4. ch. cf. Augustin. . trina daemoniorum ad fictas domos angelorum. que dans l'eschatologie païenne des idées contradictoires appartenant à des âges différents et à dés stades successifs de la mentalité religieuse ont toujours vécu côte à côte parmi les croyants jusqu'à souvent cohabiter dans le cerveau d'un même individu^ 1. : — — . III. on s'apercevra que de vieilles traditions mythologiques continuaient jusqu'au bout à coexister avec les doctrines des philosophes. 3. ou un érotisme sempiternel 3. 43 ss. XV. à toutes les époques. Supra. et ils continueront à attendre de l'existence d'outre-tombe des jouissances beaucoup plus matérielles. 2. ch. et que le séjour céleste où doivent se réunir les élus ne cessa pas d'être dépeint comme un jardin ombreux et fleuri et rappela toujours la pairi daeza des anciens Perses. 76 "-23. Ephrem Syrien. Essai sur les Origines du Lexique technique de la Mystique musulmane. Mais jamais les esprits simples ne se convertiront à un credo aussi abstrait. à qui ce lieu de récréation a dû son nom de « Paradis » *. procher Bistâmî.

_ fait l'objet rieure 2. orient. ch. religion astrale se répandit dans le monde gréco-romain. . û. p. sans les notes. 14a. certa Le contenu de ce chapitre a omnia lege s. — • Doctrines astrologiques et opérations magiques. Relig. 3' en 1943. su^ra. elle y. introduisit A et celle-ci enseigna que tous les de l'existence inflexible humaine étaient soumis à phénomènes de la nature et les événements une fatalité inéluctable comme la loi qui régit les révolutions des sphères étoilées. et la majeure partie en a été imprimée. Cf. Maniliùs. Paris. III. IV.CHAPITRE VII L'ASTROLOGIE ET LES MORTS PRÉMATURÉES* I. statit Fata regunt orbem. la diffusion des cultes orientaux fut liée celle de l'astrologie. 14 .. dans cations de cette Ecole (Section des lettres. 1945. p. avec elle un principe qui logiquement aurait dû la détruire et abolir la crpyance en une immortalité céleste accordée comme récompense à la vertu 2. Lorsque la. d'une conférence à l'Eoole Normale supéles Publi- I. Cf. 165. tome II). 58.

V. Relig. N. p. 5. telle que l'ont formulée les Grecs. n. 60 quippe addictus mathematicae plenusque persuasionis cuncta fato agi ».. Mais. ch. Manéthon. si un Destin inexorable règle avec une rigueur mathématique le sort qui nous est échu. Elle élimine systématiquement toute indication sur le sort que les influences astrales réservent aux défunts dans l'au-delà. 196 ss. Suivant eux les cérépour parler comme Sénèque. les Oracles chaldaïqîies. s'ils sont des héros ou des criminels nés. il n'y a plus ni mérite. et quantum Provid. Quaest nat. infra. Bouché-Leclercq. p. 35 « Expiationes et procurationes nihil aliud esse quamaegrae mentis solatia. Cf. 28 ss. L'abbé Drioton. Astrol. ni vice les récompenses et les châtiments ne se justifient ni en cette vie ni en l'autre. ni vertu. VIII. or-. or. ex. p. Cf. Cf. I. cit.. Ci. 361. ni démérite. 286.. p. nec uUa oommoventur preoe » « Circa deos ac religiones neglegentior.. Suétone. p. 1. XXII. 1988. Egypte astr. de toute pratique religieuse. le déterminisme détruit la responsabilité c'est le reproche constamment adressé à l'astrologie par ses adversaires '\ Si le caractère et les actions des individus dépendent fata- lement de la position des étoiles. Sén. . 67 . à la vie terrestre*... Cf. phique le cours de la vie de chacun et l'instant de sa mort'. dès la naissance. z. la morale présupposant : le libre arbitre. prima hora disposuit .. « les consolations d'esprits C'est ail prix d'un illogisme flagrant que la souple dialectique des Grecs s'efforça parfois de concilier l'antinomie d'une fatalité déclarée omnipotente et de la foi en un secours obtenu des étoiles divines par la piété envers elles'^. cf. 4. 593 ss. C. 18. un malheur menaçant. 2. p. et infra. p. faire abstraction de la destinée d'outre-tombe et limiter ses prédictions . Relig. 205 ss. monies sacrées maladifs » ''. 620 ss. conféra son autorité philosoau dogme d'une nécessité irrésistible déterminant. 6. le culte devient inefficace et déraisonnable. A. grâce à eux. Sur cette .. et la doctrine d'une rétribution posthume est dépourvue de fondement. notes 65-66 . aucune prière ne peut modifier ses arrêts. 3. of. Bouché-Leclercq. sur ce qui suit l'Egypte astr.. n. or. et que la religion même prétendit soustraire les âmes d'élite à la domination de la Nécessité*. 205. en adoptant l'apotélesmatique. En outre. p... et les supplications adressées aux dieux étant impuissantes à obtenir d'eux quelque faveur ou à détourner. 308. : — polémique. p. 11 se trouva en effet des adeptes éminents de l'astrologie qui proclamèrent cette conviction et Le s'abstinrent étaient. 7 cuique temporis res». p. R. n.. Fata inrevocabiliter ius suum peragunt. Relig. p. Sénèque. 272» note que déjà les présages égyptiens ne font aucune place à la destinée des morts. Aussi voyons-nous l'astrologie scientifique. gr. p.304 LUX PERPETUA stoïcisme. 290. Les théoriciens « Fata nos ducunt. 2. De : tât. II. Tibère.

. Egypte asfr.'ii^. CHAPITRE VIL — L'ASTROLOGIE ET LES MORTS PRÉMATURÉES 305 formulé ses préceptes. Pal. C'était de leur vivant que ceux qui contemplaient avec une ferveur intense le ciel étoile. 577 . lui fait rencontrer d'abord en deçà du Styx la foule suppliante des morts à qui Charon refuse le passage ^ Ce sont <:eux qui n'ont pas été à voltiger sur les ils sont condamnés à errer pendant cent ans et bords du fleuve infernal. qui n'a pas été transmise dans les traités des doctes généthlialogues. et je me rassasie. stpuv jcat ecpa[i. et il pouvait se combiner une philosophie qui limitait toute certitude à la vie présente. ch.epoc. IX.. supra. 2.ajfcai à|j. * * * Virgile. n. qôjcst' s7ch|/kÛ(o yoiir^^ TTOffi'v.. où s'est produit le décès. elles sont indépendantes de leur innocence ou '' Cette de leur culpabilité et sont la conséquence du moment malédiction s'attache aux morts prématurées. Si telle a été l'attitude de l'astrologie érudite à l'égard de la vie future. Ptolémée a iraduit conviction en des vers expressifs^ : cette /e ne viîs.vt ÔEOTpecpéoç VT. de divine ambroisie. Festoyant avec Zeus. avec Le mysticisme astral se suffisait à lui-même. Mes pas quittent la terre. je le sais.6po(îtTji. 'é).. zo6. pouvaient être transportés. p. 313 ss.. III.ixa<. Des souffrances n'y sont pas infligées aux ombres des trépassés comme un châtiment de leurs fautes . décrivant dans le sixième livre de l'Enéide la descente de son héros aux Enfers. au milieu des divinités sidérales qui leur révélaient le leur natuie et la cause de leurs mouvements harmonieux ^. cf. ii[/. àXXà itap' aixtj) ' •rttp. on s'en souviendra. Cf. La croyance que certains rites doivent être accomplis sur la tombe pour que le défunt puisse être reçu dans inhumés . Anthol. 4. Mdis lorsque mon qu'un seul jour et je meurs esprit des astres suit les chœurs.cpt8pô(JiQU<. . p. 3- Sn. Les espérances dont les vieilles religions avaient bercé riiumanité étaient fallacieuses. partageaient le scepticisme scientiste des clercs qui ont de l'âge hellénistique.. cependant en une doctrine aberrante. 1. aÀÀ oxav aa-cpwv lyyEiui xatà voOv Zr.. Oto oTt ovïjxo. 160. dans ravissement de T'extase. s'est maintenue la croyance à des peines posthumes.

soit ceux qui l'ont été par une vengeance d'autrui . et enfin il parcourt les bois du Léthé. I. ch. ii ss. de leur propre main. supra. 180 . ont haï la lumière et. Cf. L'on a accordé une mention spéciale aux amants à cause de la fréquence des drames provoqués par leur passion. d'après les personnages mêmes dont le poète rappelle les malheurs (v. de leur mère et plongea dans l'amertume des funérailles 426 ss.. 435). Entrant enfin dans le Tartare. au seuil de leur arracha du (v. . Énée trouve les âmes des enfants morts en bas âge. p. I. le héros voit les supplices des grands coupables condamnés à des peines perpétuelles puis il passe dans les Champs Élysées où les Bienheureux jouissent d'une béatitude éternelle. Puis.qui ont péri d'une mort violente. et il les exclut ensemble de l'Hadès. A proximité de celles-ci.3o6 le séjotir LUX PERPETUA des ombres. Énée rencontre successivement quatre groupes d'ombres . 2. çu^os dulcis vitae exsortes et ab ubere raptos abstulit atra dies et funere nmrsit acerbe'^. 479). brève existence. les amoureux qu'un cruel souci a conduits à leur perte. 440476). Notons immédiatement que les quatre classes de Virgile se réduisent presque à trois. soit ceux qui se sont tués de leur propre main. Dans sou recensement du peuple des ombres. aussi bien que les insepulti précédemment nommés par lui. furent privés de la douceur de vivre et qu'un jour funeste seir. t. Mages hellén. : ' . les « biothanates » j^tatoôàvaTot des Grecs d'abord les condamnés à mort sur une fausse accusation (v. le poète latin associe donc aux enfants enlevés avant d'être sevrés quatre espèces de défunts qui ont péri tragiquement. et l'exclusion prononcée contre les insepulti n'offre donc rien d'insolite i. 22. puis les suicidés. 430). ec il entend l'immense vagissement de ceux qui. Infantumque animae fientes. et si Virgile 1. est générale dans l'antiquité. qui. vagitus et ingens. qu'habitent les âmes qui seront appelées à une nouvelle naissance en vertu de la métempsycose.) : C<anUimo méditae voces. car les victimes de l'amour sont. mais avant d'entrer dans l'Hadès. Cf. sans être criminels. sm l'autre rive de l'Achéron. les « ahores » àcopoi ou àipocot des Grecs. in limine primo. c'est-à-dire qu'ils rentrent en partie dans la catégorie des suicidés. mis fin à leurs jours (v. Norden. enfin les guerriers qui sont tombés dans les combats (v. p. p.

car beaucoup d'autres espèces de morts violentes. les uns et demeurent exclus des Enfers les autres sont obligés d'errer sur la terre jusqu'à ce que se soit écoulé le source qu'a utilisée a Virgile. supra. . 13). Son énumération n'est d'ailleurs pas exhaustive. p. victimes d'une mort prématurée. > . De la description poétique de Tertullien' passage L'apologiste latin ne pousse pas plus loin son dénombrement. on peut le croire. de Posidonius source théologique. II. 242. . IV. qu'il a tant bien que mal combiné avec la tradition mythologique s. . D. 386 Norden s'est 4 . si un accident fatal n'en avait interrompu le cours. Il a cédé ici aux idées exagérées de son temps sur le rôle de Posidonius (cf. Aen. — L'ASTROLOGIE ET LES MORTS PRÉMATURÉES 307 c'est. et ils ont observé. Olympiodore. I- TertuU. cite pareillement. Servius confirme la précieuse indication du polé' miste africain et attribue cette doctrine aux Physici Les érudits ont relevé encore de? analogies entre la classification de Virgile et la nomenclature des . Mages helL. VI. puis mentionne les suppliciés. Norden a conclu de ces recherches que Virgile a adopté dans sa descente aux Enfers un système « théologique » pré-existant. 157). p. certainement fourvoyé en cherchant dans lellepî (jLavci/.. cette pjj. 5 ss.CHAPITRE a. Pouvons-nous retrouver l'inventeur et les élaborateurs ou du moins les propagateurs de ce système ?: diverses espèces dans l'au-delà Beaucoup de peuples ont cru que les enfants morts en bas âge avaient une condition différente de celle des adultes.6' (p. . 45- Lucien. ^ de mort que donnent Lucien dans son Cataplus et Olympiodore dans ses notes sur le Phédon^. 545. pour avoir l'ocdasion de aux Enfers d'Énée et de Didon. 6. qui. décrire la rencontre tidieuse. 287 (Ostanès. ss.ot). i3- De anima. mais éclectique. 56. de Virgile on a depuis longtemps rapproché un combattant les erreurs païennes. après avoir parlé des insepulti. les inmaturi (acopotl et innupti (àya[j. VII. S5. Servins. Cataplus. Norvin). ont été passées sous silence afin d'éviter une monotonie fas- accueilli ce classement. fr. mais ses indications partielles suffisent à montrer que ses données remontent à la même ce que le poète la raison pour laquelle ces uhori et hiothanati omis de nous dire. la première des quatre subdivisions de Virgile. In Phaed. Cf..ïii. — Seulement il nous apprend — : nombre des années qu'aurait dû atteindre leur vie..

3. pensons-nous. et des Son auteur n'a aucun soupçon d'une domine son classement est que le Fatum. Relig. dans l'au-delà.. Les mathematici multiplièrent les observations et les procédés pour arriver à fixer l'instant fatal que présageait la géniture. Sénèque. 218 ss. Astrol. p. 8 .. p. Van GemieP) Pour les Juifs. L'idée moment de la mort est fixé par le déterminisme rigoureux excluait chez lui l'idée d'une responsabilité morale. « Le calcul de la durée de la vie avec l'indication du genre de mort préfixé par les astres est le grand œuvre de l'astrologie. 2. gr. l'opération jugée la plus difficile par ses adeptes. — : . p. 1940. n. L'inclusion de dans sa liste naissance. King. J. 332).îo8 LUX PERPETUA les comme trait caractéristique posée de la Romains. 16 . i). la plus dangereuse et condamnable. et c'est cette idée qu'il importe d'éclaircir. 404. De plus. Ad. 271 ss. V. n. moment du décès d'après la position des astres au moment de la leurs actes. Un qui hommes faits. mais ont au contraire héroïsé et vénéré ceux qui défendaient leur cité les armes à la main. n'ont pas rédxiit à une condition misérable. p. 7 (sufra. Rites de -passage. Infant hurial (Classical Review. des rites particuliers pour leur inhumation.. p. 436 . encore dépourvus d'intelligence.'. On ne se trompera pas.-R. IV. l'admission d'un mérite ou d'un démérite dont dépendrait le sort des âmes. responsables de guerriers morts en combattant nous fournit un indice que cette doctrine n'a pas été imaginée en Grèce. 83 ss. Bouché-Leclercq. De prov. XVII). car cette pseudo -science a toujours prétendu pouvoir prédire h^. par ses ennemis » ^. Ac. son esprit systématique lui a fait soumettre au même traitement des enfants. mais le de la croyance qui nous occupe est une prolongation supvie terrestre jusqu'à un terme déterminé pour ceux qui en ont été privés prématurément. p. p.. on sera frappé du fait qu'elle ne tient nul compte de la culpabilité ou de l'innocence des morts qu'elle condamne à de longues rétribution souffrances. 1903. or. Les docteurs de la divination sidérale s'en sont beaucoup préoccupés et ils ont écrit de longs cha- 1. qui gouverne la vie de chacun. Nascentes morimur. Manilius. Si l'on considère l'ensemble de cette théorie. nous le verrons (p. Lods. cf. 1943. 304.. 286. 1909. A. car les Grecs. cf. en mettant la diffusion de cette doctrine eschatologique en rapport avec la propagation dans le monde hellénique de l'astrologie orientale . C. Inscr. finis que ab origine pendet^.

. Héphaistion. s. — L'ASTROLOGIE ET LES MORTS PRÉMATURÉES 309 La fin naturelle peut être hâtée par (Tcepl y povwv ^w^ç)*d'un astre meurtrier (àvatp£TYiç). Çontenau. p. 33. voquent Les traités d'astrologie consacrent ainsi des prédictions aux enfants morts en : (àypovot) assurer une postérité un intérêt toujours brûlant au sort des « ahores » ^ Parfois les planètes maléfiques n'accordent au nouveau-né qu'une brève existence bientôt tranchée ou bien enlèvent des adolescents avant qu'un mariage ait pu leur bas âge en plaisent même temps qu'à toutes les espèces de « biothanates à détailler la variété. 9. 1921.Cf. Z^éirab. infantile en Egypte : cf.. de l'autre les écrits des astrologues grecs. 36 III. T.. ou encore elles prodes accidents qui brusquement mettent fin à une carrière inachevée. Rose) Màyov Ttvà ÈX9ôvxa èv. provoquent de brusques décès. 145 ss. ex. 32. Les mots mêmes de biueothanati ». p. p. . qui dit de Socrate (fr. 2. Suptaç eiç 'AO/|Vai. G. en grec [3tato0àvaTot ou [3toQàvaTot. sont ou par contraction biothanati. cf. Berlin. si l'on examine d'une part les textes cunéiformes. » 4.. « Biaeothanatus ». soit environ 12 ^9403 P.od und Leben nach den Porstellungen der Babylonier. cf. La médecine en XVIII. Revue assyriol. Hombert-Préaux. auxquels fait allusion Virgile. v. cimetière de l'Isola sacra. Enorme mortalité 1.269. 4. 11. dont ils se dont se sert Tertullien. Mais cf. Z. Héliogabale. etc. xata-^vCivai plaiov è'aEaOai ttiv teXeutyiv aùxiL. 11. 139 ss. ^93^5 Ij p.. Babylonie. . des victimes de l'amour est due à l'intervention de ''^ Vénus dans une conjonction maléfique.. 1945.Cf. c'est-à-dire de Saturne' ou de l'intervention Mars. Erich Ebeling.CHAPITRE pitres VII. 11 . Le substantif composé paraît avoir été encore inusité au temps d'Aris: tote. parmi ces accidents. 83 j Thureau-Dangin. Sur les 200 inscriptions du morts en bas âge. des termes techniques. 1938.hes. Z!. Chronique ^'Egypte. Liddell-Scottj s. 8 ss. Mat. l. p. Firm. Cabsa La Necropoli del Porto di Roma. PiatoÔâvaxo!. « Praedictum Lampride. . qui. Ptolémée. Paris. II. environ 25 mentionnent des pour cent . Et l'énorme proportion de La mortalité infantile dans le monde romain don: nait les àya^o-oi ou innupti de Tertullien . avant qu'une révolution du soleil soit sur ce sujet accomplie ce sont les aTpoç)ot ou non nutriti. IX. appartenant d''abord en propre au langage des astrologues et qui ont été introduits par eux dans l'usage grec et latine La présence. . « biothanatus ». dans certaines conditions. Vettius Valens. Parfois ils ravissent les bébés à la mamelle. : -. comme celle des victimes de la guerre à l'influence de Mars dans un lieu défavorable On trouvera une double confirmation de l'origine orientale que nous assignons à ces idées superstitieuses. 2 eidem erat a sacerdotibus Syris biothanatum se futurum. piato6avaxETv. Les Babyloniens nous ont laissé un grand nombre de conjurations des esprits des morts où sont énumérées les diverses espèces de spectres qui apparaissent aux vivants ^ On y distingue . 5. III. III. P- 131 ss. v. 3. 187.Cf.

Xlétrah. biothanati. 27140 Decepit utrosque maxima mendacis f = ama matici ». aÙT6j(£ipa. la voyaient écourtée par quelque malheur fortuit. au lieu de jouir de la longue existence qu'on leur avait fait espérer. CIL.3Ï0 LUX PERPETUA les : d'abord ceux qui surtout hantent leur ancienne dans la terre. et leurs proches leur offrent des sacrireposent fices funèbres en invoquant leur secours. ils n'ont pas été enterrés. 1163 2. D'autre part. qu'ils aient succombé à la faim ou à le feu. On trouve mentionnés aussi les hommes et les femmes morts vierges à l'âge nubile. le bled ou au fond de l'eau. 12 (p. f] ^x^-^iv/m'^ (povéai. 18 ss. on comprendra comment elles ont pu naître dans l'esprit de ceux qui pratiquaient cette mantique savante. 202. les suicidés et les victimes des femmes 'c Si l'on reconnaît dans l'astrologie la source d'aussi étranges aberrations. toujours s'occupe d'eux et ne leur rend un culte revenants de la famille — demeure ils : qui s'introduisent dans le corps du patient et sont les auteurs de toutes les maladies. et personne ne ce sont des âmes errantes. VI.. Cette multiplicité d' « ahores » ou de « biothanates » rappelle absolument celle que les Grecs ont été amenés à citer d'après les influences combinées des étoiles. Ces esprits ressemblent comme des frères aux àTa(pot ou insepulti des Grecs et des Romains. dont souvent on ignore le nom . La mortalité infantile emportait fréquemment un nouveau-né qui s'était vu promettre une longue existence. gisent dans. Boll-Boer) : ^ ôiro itoXEjjtfwv (Tça^o(j:. et les doctes généthlialogues assuraient pouvoir en supputer le total. des parents stigmatisent dans son épitaphe « l'astrologue menteur dont le grand renom les a abusés tous deux » *.ot ou innupti. connus ou inconnus. A ceux-ci s'opposent les spectres d'étrangers.. on sera frappé de leur ressemblance avec les vers de Virgile. noyés ou soient morts par les armes dans un massacre sanglant. si on lit les textes rédigés sous l'Empire par les maîtres de la divination astrale. E. espèces de brûlés. Le nombre des années de chacun est déterminé par son horoscope.évoo. 1. 8ià yjvatxac. Mais à côté d'eux sont énUmérées diverses nocives. qu'ils aient péri par l'eau ou par la soif. Il est tel passage de la Tétrabible de Ptolémée où l'on trouve associés trois des quatre classes de biothanati que nous avons rencontrées dans l'Enéide " : les guerriers. Mais souvent l'expérience ne confirmait pas leurs pronostics. . « : matheG. Mais les démentis que la réalité infligeait aux prédictions des observateurs du f. les àYafji.^ IV.. g. Ptolémée. Ayant perdu un enfant de quatre ans à qui une brillante carrière avait été prédite. Èa'jTWV y'vojjlîvo'ji. D'autres clients des pseudo-prophètes. ou aient été condaninés pour quelque offense envers une divinité ou un roi.

iaa8 3. même quand elle semblait Des théoriciens s'efforcèrent de rétablir l'ordre inflexible de la inopérante. II. « Après avoir parcouru les mers et traversé de vastes déserts. . Il.. p. les astrologues se persuadèrent que la de la Fatalité s'exerçait. E. Parmi let successeurs immédiats de Bérose. voulue par le de son séjour ici bas. dont dépendent tous les événements de notre terre. « Vett.. 150.. n. p. par un effet du hasard. VIII. lui moyens d'atteindre l'immortalité 3. fut. 150. Alors seulement. cf. Le refuge où Critodème a trouvé un abri contre les orages de ce l'inventeur inonde. p. Val. C. il était terre. — L'ASTROLOGIE ET LES MORTS PRÉMATURÉES 311 n "ébranlaient pas plus leur confiance dans la valeur de leur discipline des diagnostics trompeurs ne détruisaient la foi des médecins en l'efficacité que de leur art.). * Nous croyons pouvoir nommer l'auteur qui. imposant au lecteur par des serments redoutables divers le silence sur son contenu. p. jusqu'à ce que fût accomplie la durée. G. rente et de l'infaillibilité puissance irrésistible : succombait avant que fût atteinte la somme des jours que lui avaient concédée les étoiles. s. par des actions individuelles et déréglées. sinon de cette doctrine. Critodème s'était plu à exposer des révélations obscures en tm style sibyllin et son ouvrage devait être indiquait 1. Boll. KroU cf. p. conservé 2. admis dans le séjour paisible des ombres heureuses. p. je fus jugé digne par les dieux d'bbtenir un havre sans danger et un mouillage très sûr ». selon toute apparence. R.CHAPITRE ciel VII. Cf. Critodème fut un des premiers auteurs qui révélèrent aux Grecs les arcanes de l'astrologie babylonieniae ^. 16 . ne quittait pas en réalité la société humaine.. qui s'abandonnait à des spéculations mystiques et qui. i. L'infraction aux lois de l'univers n'était qu'appacelui qui. j C. On lisait de lui un livre intitulé « Vision » dont le début nous a été ("Opaaic. XI. A. le cycle de sa vie étant révolu. du moins son plus ancien propagateur dans le monde hellénique. 257. V. Kritodemos . ». 2. Son œuvre n'était pas un traité didactique formulant sèchement les théorèmes de la divination sidérale des Chaldéens. 3. 20. est la foi en la puissance des astres divinisés. Mages hell. Ibid. t. qui paraissait ainsi troublé par des accidents fortuits. 329. ou par un acte de malveillance. 315. mais un écrit diffus. nature. Convaincus à la fois de l'irrévocabilité des arrêts du destin de leurs méthodes. Il continuait à hanter la Fat'um.

lieu 5. Plante savait déjà qu'Orcus ne recevait pas sur les bords rément de la vie ^. 8 ss. 145. 199. Ré-p. op. L. Critodème parlait déjà des" âmes attendant. . 15. 67 Platon. 5. Studi ital. Banti. Plaute.. selon lui. Faut-il supposer que dans ce livre ésotérique. dans des sortes de limbes à la porte de l'Hadès le moment d'y entrer. = : . p. 2. p. C.. bi$ c j cf. 4. cf. A. p. Mostellarîa. n. III. provisoirement exclues du royaume de Pluton. 348. VIII. dans le mythe d'Er. 234.^ 3. c'estpartiellement transmise. s'était particulièrement attaché au calcul des années de la vie il avait aussi disserté longuement sur les lieux climatériques ^. A. vita careo cf. Héphaistion. Nous en ® trouvons la preuve chez Platon qui. 64.. 4. II. p. 10 C. longtemps avant Virgile. telle qu'il l'avait reçue des Grecs ? Les documents dont nous disposons ne nous permettent pas d'élucider ce point. 1930. à quelque « Descente aux Enfers » de Tépoque hellénistique ? Ou enfin est-ce le poète lui-même qui a adapté la doctrine astrologique formulée en Orient à la topographie mythologique du monde souterrain. G. pour être répétées. Mages hellén. VIII. qui seule nous a vieil auteur.312 LUX PERPETUA recueil d'oracles mêlés à un une abstruse mathématique. de l'Achéron ceux qui avaient été privés prématu- La théorie propagée par Critodème mettait en œuvre et systématisait des croyances bien antérieures à lui. 15 ss. 24 ss. se retrouvent invoqués dans les textes babyloniens comme des revenants qui survivent après le trépas *. comme c'est le cas pour beaucoup de postulats astrologiques. les été des astrologues postérieurs le prouvent. G. travers toute l'antiquité on trouve établie une opposition entre la mort A 1. Or l'on constate que certains gei^res de biotkanati. relatives au sort des enfants décédés en naissant ou après une brève existence. p. C. le cours normal de leur vie parcouru ? Ou bien Virgile a-t-il emprunté cette localisation des ombres.. à demi religieux. 200) sur Saturne dans le VIII" d'Ebeling. à-dire les il qui selon Critodème doivent leur sort à l'influence des astres. ture 6.. S. 31 ss. . I. ' Ce citations . cit. où il expose des idées empruntées à l'Orient. à demi astronomique.. mais on notera qu'à Rome. Ibid. 185. fait ime allusion rapide à des croyances trop futiles. Vett. N. Val. 499 Nam me Acheruntem recipere Orcus noluit quia praemass.. gui sont de la mythologie formulée en axiomes. C. p. 2. moments critiques qui mettaient l'existence en péril. Rapprocher (p. p. 143. di filologia classîca. D'autre part ^ avait consacré des chapitres aux enfants décédés en bas-âge et enfin aux victimes de morts violentes.

lirTaiiT^vcov. Schulze. par le jeu compliqué des étoiles. 5-ai. Ces et de la grossesse. R. Selon cette philosophie une même harmonie adapta préside à tous les phénomènes physiques. De même que. et la mort accidentelle. 685-703. p. S. A tout La celui qui individu. p. 1948 . 2. ressemble à un est soumise à des lois numériques*. . pp. et les Le pythagorisme. pour s'exprimer comme les mythographes. mais.oTpay). pour parler comme les physiciens. 1. A. imême chez ses adhérents. L'Opuscule de Pediasimos Dsp'. par les décisions sans appel des Parques. Mais les théoriciens eurent beau affirmer que cette fatalité ne souffrait pas d'exceptions et s'imposait inexorablement. que la longueur de la vie accordée par le Fatum raccourcie par l'interposition arbitraire d'une volonté humaine troublant l'ordre du cosmos. Der "Cod des Kambyses. 3. Plutarque. B. meurt selon son destin prolonge : (jtaTa p. 52. cf. malgré déterminisme absolu qu'impliquait ses postulats. Tertull. est assignée une certaine durée de vie celle-ci jusqu'au terme qui lui a été fixé. . La nature. p. « avant leur destin » (upb subit l'ascendant de l'astrologie. 6 . nous dirions à son jour {sua die). soumise à des lois rigoureuses ou. E. De anima. B. mais non S huit car telle était la doctrine de la secte et elle s'est perpétuée dans le folklore jusqu'à nos jours. 69. 1912. dès sa naissance. L'astrologie prétendait calculer exactement le nombre des le années qu'un thème de géniture promettait au nouveau-né. si l'on en croit les astrologues. l'iiommc du peuple continua de prier les dieux dans détourner les maux dont il se voyait menacé. 4. — artiste qui parfois brise l'instrument dont il tend trop les cordes et parfois. II. Ph. 114 D.CHAPITRE naturelle VII. disait-on. ad Apoll. provoquée par quelque intervention première. 693 ss. Consol. C.. ex.. elle ne réussit pas à éliminer. par la somme obtenue. Sénèque. Suppl. que l'enfant naissait viable à sept ou neuf mois. est celle qui perturbatrice est promise à chacun par sa nature. s'empara de ces idées à ses spéculations. La gestation devenait ainsi une mélodie dont l'avortement était une fausse note. de sa mort {sua morte) de sa belle mort 2. ou.. Epist. la foi naïve de la foule ne partageait pas ce sentiment. comme la musique. en de la logique. 1923. 25. Cf. l'idée que certaines personnes mouraient « avant leur heure {ante horarn) ou leur jour « {ante diem). Cf. pareillement dépit fût les il temples de consentit... Schuke. tout en iadmettant avec et les Stoïciens qu'une nécessité inéluctable gouvernait le les astrologues — monde.. — L'ASTROLOGIE ET LES MORTS PRÉMATURÉES 315 ou fatale 1. p. et cette harmonie. qui lois s'appliquaient donc à la durée une arithmétique compliquée était mise en œuvre pour prouver..

696 ss. Macirabe. 22. 366. 47. et N. i . dit « Son esprit fut arraché par la violence « de ce forfait les plutôt que rendu à la nature » qui le lui avait prêté . Somn.) par Porphyre. — : — Mânes je choisirai dieux célestes seront les vengeurs ». mais sa « C'est un rapport fixe et déterminé de nombres. Justin. Or. Plus pittoresque est une épitaphe gauloise d'un jeune « Les choses humaines sont comme les citrons qui dix-neuf ans : tombent quand ils sont mûrs. mais lorsqu'elle en est chassée brutalement et que le lien qui les joignait est brisé par la force. ch. 13. est fréquemment marquée. démons bienfaisants. cf. CIL. l'âme se détache sans effort du corps où son office ne peut plus s"exercer. La distinction entre une fin naturelle où s'accomplit sans résistance et sans peine notre destinée. non seulement dans la littérature^. Cic. se dissout d'être animé. 13. 4. sur cette harmonie. E. victime supposée d'un sortilège. 902. IG. Epgr. Cf. I. Parmi beaucoup d''autres encore une inscription métrique de Capri dont la prière trahit la crainte qu'éprouve une jeune morte de ne pouvoir pénétrer dans le séjour des et les ^ : Bienheureux « Vous qui habitez la contrée du Styx. 19 .314 LUX PERPETUA les ne tendant pas assez. 133. Z^usc. l'énergie cachée qui maintenait cette et c'est ce que nous appelons destin et temps fatal de la vie » — . p. Asclefius. ou non mûrs sont cueillis » ^. ce corps continue sophe i. Nous en avons dit assez pour définir exactement ce que daient par tin les anciens. et. Kaibel.. Hermès Trism. : Or ces lois harmoniques réglaient nécessairement non seulement la formation de l'homme. Comm. p. § 139 . H. XII. Ps.. te )> — 1. etc. malheureuse qui n'ai point été emportée par un arrêt des Moires. 40. mais dans les inscriptions funéraires 2. 1944. 624 5. mais dès qu'il fait défaut. De somniis. p. Ainsi l'épitaphe d'une jeune femme de vingt-huit ans. Wuilleumier. 52. Autres textes cités par Schuke. ne peut les faire résonner. R. Ces idées avaient pénétré profondément dans la conscience populaire. qui union.. 9. 2. 533 . C. Cf. 8. I. quand le terme voulu par la nature est atteint. 9 (p. VIII. . C. 10. Rel. II. dans Stobée IV. infra. enteti- décès prématuré. tant qu'il subsiste. mais par une mort violente et soudaine par suite d'un homme de courroux injuste » ^. I. accueillez-moi aussi dans THadès. XVIII. Aulu-Gelle. Br. 1604. XIV. 3. I. et celle que provoque brusquement une intervention étrangère. H. probablement d'après un commentaire de Plotin. dit un philodissolution unit les âmes aux corps. = /. elle en est troublée et subit un mal qui la corrompt. c.. 27. Scif. 4.. Philon.

Israélite. of. v. analogue à l'offrande des prémices des fruits et des troupeaux pour protéger la récolte ou le bétail. . la source lointaine de cet ensemble de superstitions macabres doit être cherchée en Orient.. et Loisy. sans y parvenir. les voix plaintives d'une multitude d'enfants qui. ces êtres inoffensifs furent tenus pour Hopfner. mentionnent entière s. De genio Socratis. qui s'est surtout occupé de cette question. est d'avis que « ces âmes qui n'ont pas goûté l'es joies de la vie. Lex. v. Hastings. De anima. Sacrifice. et qui s'efforcent. qui sont mortes sans connaître l'amour ni laisser de postérité.. cf. cit. p. Origines cananéennes du sacri112. 5- Roscher. 22. fait surprenant. Tertull. Si. Plut. mais elle n'est pas suffisante. ». où se lamentent les réprouvés.CHAPITRE VII. .. Des inscriptions récemment découvertes en sacrifice nocturne d'un agneau offert « âme pour âme.. comme nous l'avons indiqué en commençant. et il perçoit.. Loisy... 1943. 1501 . de fondation. ravis par la mort au seuil de la vie. de '. Exode. 590 f Symbol. 1921. Sacrifice. p. Hier a-po- . p. 4. Elles sont remplies d'envie et et. ont péri. p. Hugues Vincent. — L'ASTROLOGIE ET LES MORTS PRÉMATURÉES 315 Reprenons le texte de Virgile. p. § 334 ss. 5«c. 3. qui exhalent leur douleur à la porte des Enfers par de longs gémissements. gagner et pitoyable le sort Ainsi le poète et le philosophe s'accordent à représenter comme des enfants décédés en bas âge et bannis du séjour des Élus. 348 ss. les d'aiiimosité envers les vivants haïssant. Cette explication contient sans doute une part de vérité.22i9. à peine nés. on songera surtout à ces atroces immolations d'enfants qui furent si longtemps pratiquées dans le paganisme sémitique : sacrifice des premiers nés qui.. tous deux leur font proférer une plainte sempiternelle. . s. a. Cf. v. comme dans l'Enéide. à' açths l'exploration récente. sacrifice d'un la fils ou d'une le fille pour détourner des maux menaçant ses parents ou communauté Afrique. De même. ^y..s. « Kronos ss. 56. tence où elles n'ont pu réaliser leur destinée. Il noiis montre la foule des enfants. 233SS. gardent le désir passionné de l'exismalfaisants. cx>l. 591 c Hopfner. résumé par l'auteur. s'efforcent de leur nuire » '^... E. 13. s. suivant un mythe que Plutarque a introun voyageur dans l'au-delà duit dans son traité sur le démon de Socrate plonge ses regards au fond d'un gouffre ténébreux. Canaan. 163 Loisy. R. vie pour vie » et cette formule se retrouvant dans des cf. « . 1907 I. 369. sang pour sang. où un nouveau-né la était enterré sous le seuil construction pour assurer sa solidité et surtout la ou aux angles de * sécurité de ses habitants . devait pareillement garantir l'existence de la famille ^ sacrifice . fice lis de Syrie. p. 232 ss. Goossens.' «Firstborn». Offenbarungszauber. motif pour lequel. XIII. ^p. Dussaud. On a cherché le le ciel. Necromantie ».

leur bébé. celle de l'exposition qui. le menaçait d'exiger que fût préservé de la cité. II. dont les rites nocturnes forment l'effrayante liturgie des puissances infernales et nous y reviendrons dans un instant (p. ont dû souvent être obsédés par le souvenir de la fin affreuse qu'ils lui avaient imposée. ils se perpétuèrent — — notamment par dévoré par les les astrologues que l'enfant jeté à la voirie était souvent Les parents qui... H. p. Mél. de la tribu ou de cette tendre victime et qu'on lui abandonnait. satisfait il renonçât à celles qu'il reste de la famille. cents ainsi Mais comment n'eût-on pas craint les condamnés injustement à périr ? représailles posthumes de ces innoCes chétives créatures. Egypte astrol. Carœpino. devaient être révoltées du traitement atroce qu'elles avaient subi et. une autre pratique dut perpétuer la crainte que provoquaient les ombres nocives des « ahores ». Critodème. LVIII. . 187. auquel on immolait primid'un animal. A. p. G. dans la plupart des cas. qui est souvent le refuge des pratiques abandonnées dans les temples ou même une religion à rebours. R. avide de vies tivement un rejeton humain.. 31 j cf. n. p.. R. n. 352. chercher à nuire aux auteurs ou complices de ce crime abominable. Sous l'Empire romain. outrées de colère. 2. 1. 320) Timmolation d'enfants continua à être accomplie dans l'ombre par les nécromants qui voulaient exposer un ennemi à la malignité des démons. sous Tibère. devenait un infanticide cruel. plus tard de sang. 1937. 1932. la loi rituels d'enfants. 59a . Elles faisaient partie désormais de l'armée des esprits maléfiques. doit avoir appartenu rituel commun de dans sémitiques ^ Une victime propitiatoire est livrée le petit les ténèbres plusieurs peuples de la nuit au cruel dieu des morts. 88 ss. quand des agneaux eurent été substitués aux nouveaux-nés dans les sacrifices sémitiques. G. Ceux-là mêmes dont le séjour sur la terre se prolongeait davantage. afin que. 2. qui n'étaient apparues qu'un instant sur la terre pour être aussitôt privées de la lumière du jour. . avaient ainsi abandonné misère.3 lé LUX PERPETUA au et textes syriaques. fr. C. Ec. i . CIV. de Rome. romaine prohiba dans le culte les meurtres dans la magie. Mages hell. faisaient redouter les maux qu'ils pou- p. 2. mais qui ne parvenaient pas à l'âge mûr. Gey. 342. Nous savons Lorsque. 64. VIII. isoumises au maître du monde souterrain auquel on les avait livrées. p. pour échapper au déshonneur. p. et le remords a naturellement provoqué la terreur d'un châtiment de la part de leur victime. poussés par la chiens errants (xuvoÇpcoToç) les mères qui.

1923. selon sa cout-ume. V. P. vol. Mais comme dans leur courroux ils confondent souvent les innocents et les coupables. 1933. Les mêmes conceptions provoquant on peut faire des rapprochements curieux entre les tr. qui tous éveillent Teff roi. privés de la lumière avant leur maturité. 'Dans l'île de et comme eux^ Lesbos.CHAPITRE valent causer. H fr. 65-80). Crainte des morts. un maléfice ou quelque machination impie d'avoir causé leur perte. dieux et le Soleil justicier. 611. constate que parmi les esprits des morts. qu'une jeune eussent succombé prématurément pour qu'on soupçonnât le poison. qui voit tout ». fil. ils faisaient partie de la suite d'Hécate. devient un fantôme qui tue les fille devenaient semblables aux démons subtils enfants et cause les décès précoces. t. monde entier les croyances qui s'attachent à ces ils biothanati^. . Frazer. et il importe de multiplier contre eux les précautions. Frazer. étudiant à travers le l'on se figure l'action malfaisante de ces derniers. tendues vers le ciel par les un geste de prière : Ces « « mains Supines » spécialement supplient aucun crime ne reste caché. a accumulé une foule de témoignages qui prouvent l'existence de telles croyances chez les peuples des deux hémisphères et il a montré qu'on le découvrir. 385 ss. à qui Voyons donc comment Frazer. p. VII.t. Rohde. ils étaient soumis au pouvoir des magiciens 1. et l'on s'explique dès lors que ces « ahoies » soient souvent associés aux « biothanates » et '-que leurs destinées soient pareilles. G. pontif romana archeologia. p. 2. série Rendiconti de la même académie. Additions S. soit qu'ils aient été tués . — L'ASTROLOGIE ET LES MORTS PRÉMATURÉES 317 Les Grecs croyaient que ces esprits et brutalement désincarnés pernicieux dont l'air était rempli. ils poursuivent le meurtrier. 1927. appendice. et Syria.. sole vindîce dei delitti : . Gello. sont jugés particulièrement redoutables. IV.. recourait aux opérations ou cérémonies les plus étranges et les plus compliquées pour se protéger contre la fureur de ces terribles démons en les dépistant des réactions semblables. Cf. . ils deviennent dangereux pour toute la communauté. E. m. 82 ss. vierge enlevée avant l'âge. p.. p. déesse des enchantements.69 ss. Ainsi ceux qui meurent à la fleur de l'âge sont fréquemment regardés comme les victifnes d'un attentat. de puniri l'assassin inconnu qui a fait périr un innocent 2. on leur a causé s'ils un mal dont ils cherchent à tirer vengeance . Il suffisait qu'un adolescen. 3. En les privant de la vie. XIV. Comme eux. Nous avons conservé une quantité de sépultures de ces morts. sur lesquelles ont été sculptées deux mains dressées la paume en avant. I. 803. 1. 123 j VI. ou en se prémunissant contre leurs coups. (Memorie Accad. à la guerre ou qu'ils aient sucpeuvent combé à un assassinat.

18. p. 75 ss. sont elles-mêmes portées à la violence et à l'injustice pour tirer vengeance de l'offense qu'elles ont subie. remontaient à ime origine lointaine et appartenaient à la mentalité la plus primitive. Revue études latines. s'irrite de son décès contre l'auteur de ce crime. dont encore à l'époque romaine les philosophes se sont faits les interprètes. celui-ci s'introduira dans votre corps et l'accablera de maladies. Les Grecs ont déjà partagé la conviction que la victime d'un meurtre. 865 d. Nous nous bornerons à citer un témoignage. 'Pra. Ainsi de frappantes similitudes entre les croyances de régions fort éloignées de la terre montrent que celles qui continuaient à avoir cours à l'époque historique chez peuples les plus civilisés. Les âmes. ils y habitent comme dans l'Enéide un Par ses rites magiques l'homicide espère non seulement séjour particulier rendre inoffensif l'esprit de sa victime. 191 5. Cyrop. « vieux parmi les anciens ». doivent garantir contre l'animosité du spectre errant. 312. Une croyance. fr. 107 ss. VIII. probablement orphique.. Rempli d'effroi et d'épouvante à cause de cette violence qu'il a subie. IX. s'efforçait de nuire à son meurtrier . p. Boyancé. De anima. C'est pourquoi celui-ci doit absolument éviter les lieux où il court le risque de rencontrer le spectre courroucé... \supra. Si on se les figure dans la demeure des morts. qu'une fin cruelle et prématurée a arrachées à leur corps par la violence et l'injustice. certains non-civilisés sont persuadés que royaume des morts par violence ne peuvent être admis dans le mais continuent à rôder sur la terre à la recherche des esprits. quas 4.. les vagabond. 92. « Bas potisslmum animas ad vim et iniuriam facere. tr. Comme l'indiquent les rapports des ethnographes. XIII. et. 7. Cf. ou bien il troublera votre intelligence et causera la démence. Platon. xoy.Banti. troublé.. et même il réussira à provoquer votre mort. il trouble de tout son pouvoir l'homicide ». p. cit. 217. cf.ip. « Celui qui a été mis violemment à mort. mais l'obliger à être son serviteur dans l'autre monde. il s'en effraie. Tertull. p. Rohde.3i8 LUX PERPETUA imaginations de certains sauvages et les doctrines des théologiens du paganisme. ^y per vim et iniuriam saevus et immaturus finis extorsit ». p. Rohde en a multiples 2. voulait que ces âmes demeurassent près . Lois. n. 2. dit Tertullien*. et voyant son meurtrier fréquenter le séjour auquel lui-même était accoutumé. : .. Frazer. Si l'on néglige d'accomplir exactement les actes qui les — — * . 3.du cadavre ou autour devenu?- un esprit réuni des preuves 1.zer. op. 5]. particulièrement caractéristique. Xénoph. ennemis qui les ont abattus dans la fleur de leur jeunesse. de Platon \ Il invoque l'autorité d'un mythe.

4. j'aurai expiré ». 34. 2. « Nocturnas Lémures umbras Porphyrien. fait appel m^ 1. Lémures umbras terribiles biothanatorum ». transformées. du vos visages de mes ongles crochus. une série de conjurations. fut rerai et souvent troublé par l'apparition du spectre de sa mère et tenta de calmer son ressentiment par un sacrifice et une évocation qu'il fit faire par des magiciens ^. 22 et 84. Suétone. cf. Néron. '. Ainsi. je vous enlèverai le sommeil par cette épouvante ». 2. comme le peuvent les dieux Mânes.. comme celles des défunts laissés sans sépulture en démons voletant dans les airs. obsédé par ses remords. supra. Suétone rapporte la maison où Caligula avait été assassiné. Horace. Hor. Après l'assassinat d'Agrippine. Cf. pp. morts avant le jour normal. p. que leurs Mânes fussent apaisées par le châtiment des assassins *. 5. Pascal. 309). « je hanterai vos nuits comme une furie. Suét. 8. 15. 156 ss. l'enfant immolé par les sorcières.. que nous trouvons rapprochées par Virgile et par TertuUien remonte. « Dès que condamné par vous à périr. XIV. De même que les insepulti n'obtenaient pas le sur il leurs repos dans la tombe avant que les rites funèbres eussent été accomplis restes pareillement pour que les biothanati trouvassent le repos. de son propre aveu. je déchisépulcre. à l'ancienne Babylone où les unes et les autres étaient mises simultanément au service des sorciers. 11 . 58. pesant sur vos cœurs angoissés. 209 vagantes homiîium ante diem mortuorum et ideo metuendas. Tite Livcj III. devenues démoniaques.. de là la croyance que celle-ci^ poursuivait celui qui lui avait ravi la vie*. injra. Un scoliaste définit les Lémures nocturnes : « les ombres errantes des hommes 6. Cf. I. Suétone. . C'est en Orient qu'on continue fallait à les trouver le plus fréquemment unies . Efodes.. C. fut hantée toutes les gravement que nuits d'apparitions terribles. : Cf. datant du siècle de notre ère. jusqu'au moment où elle fut détruite par un * Le meurtrier. Tacite. p. réapparaître sortie menaçante l'ombre de sa victime . voyait dans ses cauchemars incendie . II. Scol. 6. pour prendre cet exemple. Calig. misérables et vagabondes près de la terre ou à la surface des flots. Cf. Néron. Aug. V. nous l'avons vu (p. découvertes dans l'île de Chypre. 10. et par suite redoutables nées » Elles étaient condam- à flotter çà et là. Ann..^ 59.. dit chez Horace*. 7. — L'ASTROLOGIE ET LES MORTS PRÉMATURÉES 319 du tombeau ou près du lieu où l'attentat avait été perpétré'.dans les textes magiques jusqu'à l'époque romaine.CHAPITRE VU. Cette assimilation des deujf: catégories d'âmes en peine. 3. 92. 320.

Les papyrus magiques. 288. 184 . où persiste la tradition d'antiques croyances. pour nombreux qu'ils soient.320 LUX PERPETUA péri par violence ou avant l'âge. Tertull. Les nécromants s'attribuaient la puissance de faire surgir des Enfers les fantômes de tous les défunts. pensaient se rendre maîtres de l'âme en agissant sur le corps. à ceux qui ont ou qui sont privés de sépulture'. Par des cérémonies occultes.. à la fois aux esprits des morts jetés dans la fosse commune. à satisfaire la haine qu'on nourrissait contre un ennemi. 2. Horace. II. Nous avons parlé de ces évocations à propos des nécromants (p. pour se les procurer. Nous apprenons notamment par Tertullien * qu'Ostanès le Mage perse. décrivent ou mentionnent ces assassinats des nécromants et il n'est taisent pas douteux qu'ils aient été parfois perpétrés. 17 . inspire les pratiques de cette magie noire. 26. 21. 31 . mais ils évoquaient de préférence les ombres de ceux qui avaient succombé à ime mort violente ou prématurée. . voire en hâtant sa fin. ne forment qu'une partie secondaire de la littérature consacrée autrefois à ces pratiques néfastes. et ils rappelé comment ceux-ci s'efforçaient d'obtenir quelque portion du cadavre. à défaut de restes corporels. qui avait été son hôte temporaire. et comment ils n'hésitaient pas. 24. Nectabis l'Egyptien et d'autres théoriciens illustres des sciences occultes s'étaient occupés longuement des évocations des « ahores » et des « biothanates ». $^ . ou. ou même à mettre à mort des enfants pour faire servir leur sang et leurs entrailles à des pratiques scélérates. si l'on voulait se défaire de lui. les philosophes. I. De anima. tabellae. d'autres auteurs encore. 28. De Virgile nous sommes descendus dans les bas-fonds les plus sombres de la superstition orientale. à violer les tombeaux. moraux. Nous allons remonter vers la lumière en prenant pour guides 1. Cicéron.. bien que les papyrus magiques prudemment ces crimes que punissait la sévérité des lois répressives. quelque objet ayant appartenu au défunt. p. Defix. p. 22. Audollent. Pétrone. L'idée primitive que celui-ci reste lié de quelque façon à l'esprit désincarné. Mages hell. etc. en l'accablant de maux physiques ou de ces opérations néfastes que les ombres des morts ou violemment de l'existence étaient particulièrement aptes. 107). 30 . le détail tôt L'on voit par privés trop par leur nature malveillante et leur caractère vindicatif.

que leur âge même préservait de tout péché 1. Quis rer. 2- Schol. VI. Servius. 4- Sénèque. Les innocents à de raison.. ci. D'autres penseurs fixaient à sept ans la durée de l'état incertain où cette âme était semblable à la cire molle dans laquelle aucun caractère ne reste gravé ^. Le sentiment et la protestaient à la fois contre cette sorte de damnation qui vouait des un fils chéri à leur de longues tortures.) . p. si cette carrière était devait l'achever sur la terre sans trouver Mais elle était des si philosophes. être Pythagoriciens reculaient jusqu'à seize ans. et. . . lui comme inique qu'elle devait nécessairement soulever les objections la réprobation des adversaires du paganisme. 56 . Cons. Perse. (I) p. elle prêtait son secours aux devins et aux nécromants.Philon. « s'envoler plus est facilement vers La route du ciel.CHAPITRE VII. infiniment plus facile aux âmes qui quittent de bonne heure le commerce I. Quand un accident ou une maladie ravissait amour. VI. 21 . II. capable de choisir entre la vertu et le vice. TertuU. ces esprits que n'appesantissait pas leur pollution devaient les astres. Aen. pouvait rendu responsable de ses fautes^. Cohn-Wendl. l'âme en peine de repos. 278. De anima. s'imposa à beaucoup d'esprits. Ter- tullien malfaiteurs enfants raison reproche avec raison de confondre dans une même infortune les que la justice avait condamnés au dernier supplice et les « ahores ». 67. écrit Sénèque*. ses parents pouvaient-ils se résoud're à croire qu'il subirait un châtiment immérité ? Des doctrines plus humaines s'opposaient à ces superstitions cruelles. 136 3.. devenue un esprit malfaisant. hères. 100. III. — La réaction morale. — L'ASTROLOGIE ET LES MORTS PRÉMATURÉES 321 II. 294 (III. Jusqu'alors l'âme restait nue. div. 53 i. ch. exempte du mal qu'elle devait plus tard revêtir^ des mérites ou démérites qui devaient s'attacher à elle. selon les du bien et vues des moralistes. l'âge où l'homme. Cette conviction. Leg alleg. 23. Mais précisément pour ce motif. p. c'est-à-dire jusqu'à la puberté. qu'appuyaient l'astrologie et la magie orientales. 29). le destin fixait la carrière que chacun avait à par- Nous avony essayé : courir prématurément interrompue. ad Marciam. supra. c^. jusqu'ici de montrer comment un ensemble logique de au désolantes avait été poussé jusqu'à ses dernières conséquences croyances moment de la naissance. 5.

: su-pra. Souvent la réaction contre les croyances désavouées aboutissait à une pure négation. Ibid. » De même Plutarque^ déve- loppe l'idée que et plus Il l'esprit qui s'est rapidement débarrassé du corps et des affec- tions terrestres que celui-ci inspire. IV. difficile de savoir jusqu'à quel point les espérances conçues par des philosophes. 3. 428 5. TertuU. Mânes » . p. Cf. XI. 1233. au moins à Eleusis.. 6ii E. R.G. « Si sapiunt aliquid post funera 244. car la doctrine astrologique et magique avait fait naître dans bien des esprits une appréhension irraisonnée des maux qui attendaient les . 46.. 398.. étaient partagées par la conscience du plus grand l'éthique nombre. On voit en effet des bambins des deux sexes admis dès l'âge le plus tendre parmi I. se contentent d'impubères ou d'adultes. elles sont alourdies de moins de fange.. ii. De anima. s'élèvera sans peine à est un état plus parfait heureux d'ans un monde me^illeur. se rattache primitivement au culte familial ou gentilice. C. E. elles remontent d'un vol plus léger vers leur première patrie et se dégagent plus aisément de tout ce qui les souille et les altère. cf. « ahores » et de ceux qu'il fallait attendre d'eux... où il ne voit plus briller les astres ^ Une épitaphe souhaite que les os d'un fils reposent doucement dans le tombeau^ « si ses Mânes éprouvent encore quelque sensation » *. immaturas a. .. S. Ceux qui pensaient que d'affirmer que l'enfant qu'ils pleurent s'est enfoncé dans la nuit éternelle et qu'il n'en reste que cendre et poussière 2.E.322 LUX PERPETUA des humains. 55 Plut. C. et ce péché héréditaire devait être effacé par des purifications '\ Mais la religion offrait un remède aux maux qu'elle-même avait créés. p. Mais l'amour maternel ne pouvait se satisfaire de cette assurance négative ou se résigner à un doute angoissant . Les croyances empruntées à l'Orient étaient venues raviver les craintes que tm crime ancestral — l'orphisme avait anciennement répandues en Grèce le meurtre de Zagreus par les Titans rendait coupable^ dès sa naissance. p.. ! i S. qu'il s'agît le trépas abolissait tout sentiment. E. CIL. Symbol. 1147.. E. 395. cf. Ailleurs on se figure qu'un garçonnet de douze ans est descendu dans l'obscurité de l'Hadès. Galletier. ad uxorem. C. 56 fin « Animas et innuptas et pro conditione aetatis puras et innocuas . 12325 cf. La coutume d'initier les enfants aux mystères qui. Cf. 397 ss. 49 . 428 . devint un moyen d'écarter la menace qui pesait sur eux et d'assurer leur félicité dans une autre vie. XVII.. Consol. p. 6435. 4. Libérées avant de s'être mêlées de trop de matière et imprégnées de trop d'éléments terrestres. i5' C. 1927. p. E. — : toute l'humanité. I. J.

5. Symbol. Symbolisme. 255 Symbol. . rappelant ainsi qu'elle s'est élevée vers la lune. — — les vie ». CIG. par ses compagnons dans ce thiase élyséen. 316.. 2Symbol. im groupe souvent reproduit nous montre. sed caeli ad Iximina pergis . n. « Puer parvus vitae e limine raptus / non taC. p.CIL.. 569 3. les -- L'ASTROLOGIE ET LES MORTS PRÉMATURÉES 323 adeptes des cultes secrets^ qu'ils soient grecs. . Efigr. 282 ss. 8567 î^en ad C. mais résidant parmi les astres par la par volonté des immortels. cf. VI.. accordée à sept ans. 1535 . n. Le sort des uns n'est ni pire ni meilleur que i. On des joies que ces mystères promettaient à ceux dont se les représente dès lors jouissant dans l'au-delà ils assuraient le salut. 153 gny. VT. mais vers la lumière céleste. 321) CouKaibel. p... su-pra. pi. 3.j 611. et 1061 12087 oondita sideribus ». Ainsi. Les enfants qui ont pris part aux cérémonies de Bacchus vivent doués d'une jeunesse éternelle dans les prés fleuris des Champs-Elysées.. Anthol. Sur les sarcophages de ces enfants. 242 et pL : — = = : = = : . le jeune myste que la liqueur capiteuse fait tituber. E. L'influence des cultes astraux des parents ciel s 'ajoutant à celle de la philosophie persuada à enclins à le croire que ces créatures innocentes montaient vers le ^ étoile. l'âge de la raison (su-pra. Immortalité lunisolaire d'une enfant de dix ans Ibid.CHAPITRE VU. comme ceux d'Isis. Chose curieuse. celui des autres. 284 ss.^ p. XX. Cf. VIII. 6206. E. 282.Symbol. Un bas-relief romain du Musée de Copenhague figure le buste d'une petite fille posé dans un grand la qu'entourent sept étoiles. p. CIL. cf. pour prendre cet exemple. de la Caelestis africaine ^ Peut-être même des oblats étaient-ils consacrés à la divinité aussitôt ou orientaux^ après leur naissance. : P- 243 5- ss. 4. 282. Ainsi s'appliquent aux ahores » les diverses formes de la vie future que les mystères avaient imaginées pour les adultes. de Cybèle. une épigramme de Thasos parle qui fut probablement de Déméter et Koré Moires inexorables.. 10764 « An superas convisit luminis auras. croissant au milieu velles et des Naïades. E. II. affirme contrairement au poète qu'un bébé « emporté au seuil de d'une vierge enlevée anthophore. de Mithra. Mânes. et ils participent à de nouqui renouvellent la divine ébriété des bacchanales terrestres^. ne s'est point dirigé vers les lyiânes. innocua aeternis C. comme celui de Bacchus.. une épitaphe d'Afrique qui reprend l'expression même de Virgile^..Initiation des Elle paraît avoir été souvent enfants. du cortège des Satyres orgies au centre soutenu « de la composition. XXI. suppl. p. séjour des Élus *. p. elle a pris place dans le séjour sacré des Bienheureux. On pourrait allonger la liste de semblables inscriptions. p.

sur une autre face du tombeau. CIL. qui date peut-être die l'époque hellénistique. Symbol. XIV. ch. Les inscriptions et les sculptures funéraires ne laissent subsister à cet égard aucun doute i.. 264 ss. Symbol. depuis Platon. 2. . VI. n. p. et loue l'intelligence de cette elle porte à son sommet Sa tombe a été retrouvée à Rome éployé de l'apothéose 3.. 334 ss. qui reproduisent la brève carrière d'un enfant jusqu'à sa mort prématurée. p. noUs font voir une prairie constellée de roses que cueillent à l'envi garçonnets et fillettes. au groupe de la leçon donnée par un magister répond. 285 ss. l'inspiration des poètes et plus tard l'exaltation intellectuelle du savant. ch. Une série de sarcophages. 15. p. Suivant cette doctrine l'âme n'a plus besoin.. Sur l'aigle. Cf. E-p. découvert sur la Voie Triomphale. 428. 16 Romans. cherchait un réconfort dans la pensée que les études où il s'était distingué lui assuraient un sort favorable dans l'au-delà.écoliers aient été jugés dignes d'être héroïsés pour leur modeste savoir d'élèves appliqués. cf. et il rendait un culte à son image ^. La Sagesse de Salomon. Pline. 296. p. va vivre avec les dieux et obtient la révélation intégrale de toute vérité. la représentation de cet adolescent transporté dans le séjour des Bienheureux et prenant part aux ébats des Êros ailés qui figurent les âmes héroïsés. La douleur des parents qui avaient suivi avec admiration l'éveil d'une intelligence précoce chez un fils trop tôt enlevé à leur adoration. p. Rome and the 3. p. V. de subir une initiation életisinienne ou dionysiaque. pour atteindre l'immortalité. Ailleurs. dorme 4. . dont la pensée se détache des soucis matériels pour cultiver la science et qui laisse la seule raison gouverner sa vie. à l'autre extrémité de la cuve.. Symbol. Si un père était accablé de douleur par la perte d'un fils. Un char attelé de colombes a enlevé la petite morte vers ces Champs-Elysées transférés au ciel'^ Cf. nous le montrent d'une part instruit par son pédagogue et. Le sage. supra.324 LUX PERPETUA Du délire des bacchants la philosophie rapproche. p. p. : l'aigle rent le tombeau d'une enfant de six ans. il cherchait une consolation dans la pensée que ce mort était déifié. déjà cette origine aux apothéoses précoces. supra. p. 296. cf. 1. Les charmantes fresques qui déco- écolière studieuse. Mais il est surprenant que même des . 189. Une lettre de condoléances de Pline le Jeune à son ami Fundanus fait l'éloge d'une fille de celui-ci emportée dans sa treizième année. devenu après sa mort ime pure intelligence. VI. 16331. reproduction par Shov^rerman. Cf. . élevé au rang de héros ou emporté vers le ciel sur le char de l'apothéose^. 294. 5. i. 345. VI.

mais pour les emporter dans leurs retraites oii ils jouissaient avec elles d'une vie immortelle^. Suivant le folklore celtique la fleur que pour les vieillards . 421.Théocrite. v. p. 23. . La Fable racontait que le bel Hylas avait été ainsi ravi à Cius. « Hylas ».TtTot. 571. Nuu/ftilr. p. 4. p. Introd. qui s'éprennent de la beauté des jeunes gens et les enlèvent pour les associer à leur vie. Sarkophagrel.. = — . 140 ss. II.. E-udem. v. I.. 298. En Gaule. 48 ss. III. 72. hommes les Mais surtout elles funéraire s'est plu à figurer ce mythe. était le image. . Sébillot. non pour leur nuire. Robert. Espérandieu. Folklore de France. i. p. v. p. Epigr. en particulier sur les tombeaux d'enfants ^ L'adolescent dont l'amour des Nymphes avait fait un bienheureux^ prototype du destin réservé aux défunts dont la sépulture portait son Sans doute à l'origine était-ce au fond des bois. Kaibel. ûie armenische Volksglaube. près des sources limpides que les Nymphes entraînaient ceux dont ^ elles faisaient les compagnons ou les compagnes de leurs ébats divins . 21. 3.. — L'ASTROLOGIE ET LES MORTS PRÉMATURÉES * 325 * * pourrait multiplier les exemples de ces apothéoses précoces. pp. XXII. 7. 2/^. Abeghian. p.e. Rohde. no 139 Reinach. R. pp. 163 ss. 108.. col. pi. lorsqu'on périt à la a été aimé par une fée 2. Pfister. De Callimaque. 344. comment les préjugés ont pu se combiner pour les « ahores » avec la doctrine de l'impopulaires On chez des peuples divers veut que des eaux soient peuplées de génies fémiprofondeur nins. Suppl. Roscher. 2. 2706. VII. Plut.!. qu'on attribuaient aux Nymphes rustiques des pouvoirs étranges que le paysan grec d'aujourd'hui reconnaît encore aux Na