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LA PRESSE MONTRÉAL JEUDI 31 DÉCEMBRE 2009

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ACTUALITÉS

Trois corps trouvés sans vie à Gatineau
Les policiers étudient la thèse de l’empoisonnement au monoxyde de carbone
PHILIPPE ORFALI LE DROIT GATINEAU — Trois corps sans

vie ont été découverts hier après-midi dans le secteur Buckingham de la ville de Gatineau. On ignore pou r l’insta nt les causes de ces morts suspectes, mais les policiers étudient la thèse de l’empoisonnement au monoxyde de carbone. L es cor ps i ner tes d’u n homme et d’une femme dans la soixantaine et d’une autre femme dans la quarantaine ont été trouvés vers 13 h 50 dans une résidence unifamiliale du 272, chemin Nixon, dans ce quartier paisible de Gatineau. Selon les premières i n for mations , les cor ps ne por ta ient auc u ne trace de v iolence. I ls ont été tra nspor tés à l’hôpita l de Buckingham, vers 16 h, où la mort a été confirmée. Quatre jours auparavant, une panne d’électricité avait plongé dans le noir la plupa r t des résidences de la rue Nixon pendant plus de 15 heures, a confirmé hier H yd r o - Q u é b e c . L e s t r oi s victimes n’auraient pas été revues depuis. L es autor ité s pol ic ières n’ont pas révélé l’identité des victimes. De nombreux voisins ont toutefois affirmé qu’il s’agissait de Jean-Paul Vallée, de sa femme, Pauline, e t d ’ u n e d e le u r s f i l le s . L e nom de M . Va l lée, u n

Les trois corps ont été trouvés hier après-midi, dans une résidence unifamiliale de Buckingham, un quartier paisible de Gatineau.

PHOTO PATRICK WOODBURY, LE DROIT

sexagénaire à la retraite, figure dans le bottin téléphonique à cette adresse. « Les trois décès sont pour l’instant considérés comme suspects. L’enquête va être longue. Aucune piste n’est écartée », a déclaré en soirée la porte-pa role du Service d e p ol i c e d e l a V i l le d e Gatineau (SP VG), Isabelle Poirier.

L’unité des crimes majeurs du SPVG a été chargée de l’enquête. « Cela ne veut pas dire qu’il y a eu un crime, a précisé l’agente Poirier, mais plutôt qu’il s’agit d’un incident majeur. » Des autopsies seront pratiquées au laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale, à Montréal. « Des examens toxicologiques seront

réalisés, comme c’est la norme dans ces cas-là », a déclaré l’agente Poirier.

Horreur et stupéfaction

L’horreu r se mêla it à la stupéfaction, hier, autour du périmètre de sécurité établi par la police. De nombreux voisins s’expliquaient mal ce qui a pu arriver à ce couple apprécié

du voisinage, qui habitait la rue Nixon depuis une dizaine d’années. « Dès que j’ai vu les voitures de police, j’ai pensé qu’ils étaient décédés pendant la panne, a dit Yvon Demers, qui habite juste en face. C’était un monsieur à la retraite, qui déneigeait son entrée de façon i mpeccable chaque mati n. Mais depuis quatre jours, la neige s’accumulait, et les trois voitures n’avaient pas bougé. Je trouvais ça étrange. » U n aut re voisi n , P ier re St-A mou r, a d it avoi r v u M. Vallée le 24 décembre vers midi. « Je lui ai envoyé la main le 24, puis je ne l’ai pas revu. Le quartier a manqué d’électricité le 26. Le 27 au matin, le courant était revenu, et la lumière dans la maison de Jean-Claude était allumée, comme si elle n’avait pas été éteinte pendant la nuit. » L’une des filles du couple, récem ment divorcée, ava it emménagé avec les Vallée pendant l’été, toujours d’après un voisin. Selon M. St-A mour, la famille compterait aussi d’autres enfants. Janie, une autre voisine, avait croisé M. Vallée pendant les Fêtes. « Il était toujours de bonne humeur. C’était un monsieur très serviable qui déneigeait fréquemment notre entrée. » « Ces gens-là, c’était de l’or en barre. Je ne peux pas vous dire à quel point ça m’attriste », a dit une dame en sortant d’une maison voisine.