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décades, la historia, ma, oponen Costa, inque sean fronteri- lenses trotaron pues fn por razones pol | menudo ilegalmen- d del gobierno cos- la paz en el istmo, gamiento del Premio scar Arias en 1987. tre 600 y 800.000 sta Rica en octubre yales unos 350,000 poblacién total de s segin las cifras de ontexto cuando el 386 Nicaragua sin 2 Rica, Nos parece como los costarri= frente a las conse- yen el pals vecino y tre los dos pases a astaricense y parti- a MITCH, L'OURAGAN LIBERAL JoeL DELHOM* Mitch, le plus destructeur et meurtrer de histoire récente de tAmérique centrale. Un an aprés, nous connaissons avec précision I'ampleur du désastre et pouvons proposer quelques réflexions sur la maniére dont le gou- vvernement envisage la reconstruction du pays. Notre approche s‘appuie sur plu- sieurs documents officiels produits & 'occasion de la réunion du Groupe consul tatif pour la reconstruction et la transformation de |’Amérique centrale (Stockholm, 25-28 mai 1999), & laquelle ont participé les plus hauts responsables de Vétat nicaraguayen et quelques représentants de la société civle. Ces docu- ments, qui ont valeur de programmes d'orientation, engagent le gouverne- ment vis-a-vis de « la communauté intemationale ». Mais sls représentent bien le point de vue national, il ne faut pas négliger qu’ls sont aussi, dans une certaine mesure, prédeterminés de lextérieur. Dune part, ils répondent & une demande des donateurs et Fobtention de nouveaux crédits dépend de leur approbation. D’autre part, ils sont le fruit d'une collaboration avec les experts du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ou de la Commission économique pour FAmérique lati ne et les Caraibes (Cepale), organisations qui ont coordonné les missions déva- luation des dommages et d’étaboration de propositions de reconstruction, Leur diffusion sur Internet? confére & ces documents une autre caractéristique remarquable: ils participent d'une entreprise de communication sur la straté- ‘gie gouvernementale pour les années & venir, en direction de I'étranger, mais, ‘aussi des éltes économiques et culturelles nationales. Ces documents présen- tent donc une fnalité persuasive intrinséque, articulée sur un discours de type technocratique. Aprés en avoir extrat les informations essentielles, nous en soulignerons le caractére fondamentalement idéologique. D: 28 au 31 octobre 1998, le Nicaragua a été balayé par le cyclone * Université de Bretagne Su. JOEL DELHOM UN PAYS DEVASTE En 1997, la sécheresse engendrée par le phénoméne climatique El Nifio avait provoqué les pites incendies de foréts quait connu le Nicaragua et deja mis & mal son économie. l'année suivante, ronie du sort a voulu que ce soient Jes inondations causées par Mitch qui ravagent le pays. C'est 'équivalent d'une année de pluies qui est tombée en dix jours sur la moitié de I'Etat ! Environ 18 % de la population (prés de 872 000 personnes) et 60 % du teritore ont été sinistrés, le Nord-Ouest surtout. Neuf des dix-sept départements du pays ont &é particuliérement touchés : Chinandega et Leén au nord-ouest ; Matagalpa, Jinotega, Esteli, Nueva Segovia et Madriz au nord de la zone centrale; Rivas et Granada au sud-ouest. Le bilan offciel du gouvernement nicaraguayen, arté té au 22 février 1999, fit état de 3 045 morts, 885 disparus et 254 bless. Sur le plan infecticux, on a observé une recrudescence de cas de malaria, de dengue, de choléra, de leptospirose et de méningite. Mais les conséquences profondes sur les personnes et les écosystémes sont impossibles & évaluer. L'érosion par eau a détrut es rares sols aptes a agriculture dans le Nord et les meileus sos voleaniques de ‘Ouest. La sédimentation dans les zones cotires et lacustres a rompu léquilibre écologique, privant la population locale du poisson qu'elle consomme. Enfin, il ne faut pas négliger les phénoménes de pollution par infi- tration dans les nappes phréatiques. Paoroceart n° 8 Pon eon su eo Tauca, ren 1999 (cuci : Aan Mosse, D’aprés le gouvernement (Nicaragua: Huracén Mitch. Dafios, costos, acciones..., 1999), les dommages matériels s‘éleveraient au total a 1,336 mil- liard de dollars%, soit prés du double des recettes annuelles d'exportation et les deuxctiers du produit national brut (PNB). Les dégats les plus importants concement la voirie (B04 millions de dollars ; 60 % du montant total), activité agricole et forestiére (236 millions ; 17,5 9), le logement (144 millions ; 10 %), 66 MITCH, VOURAGAN LIBERAL Véducation (43 millions ; 3 9, les services de santé (35 millions ; 2,5 %), la pro- duction et distribution d’électriité (26 millions ; 2 %). On évalue 8 12,5 mil- lions de dollars la remise en état des infrastructures communales et a prés de 11 millions celle du réseau téléphonique. La distribution d'eau potable, qui sfest effondrée de 60 % sur le plan national pendant une dizaine de jours, nécessite des travaux d’un montant de 9 millions de dollars. Ce sont prés de 41 500 logements qui ont été endommagés, dont 58 % totalement détruits, plus de $00 écoles (6 % du total), une centaine de centres de santé dont un. hopital (12 9% des services sanitaires), 5 centrales électriques et plus de 400 km. de lignes, une trentaine de ponts et 8 000 km de routes et chemins, soit 43 % du réseau (photographie n° 8). Selon les autorités, le Nicaragua aurait fait un bond d’au moins 30 ans en arriére en matiére d’infrastructures (Gobierno de Nicaragua, « Reconstruccién y Transformacién »). ‘Avec des destructions estimées & 550 millions de dollar, le potentiel pro- dductifa 6té sérieusement entamé, surtout dans agriculture, e secteur-cle de économie nicaraguayenne’, quia subi des dommages pour 196,5 millions (moi- tié en équipement et moitié en production), Dans un contexte agricole carac- ‘érisé par une faible productivits, un coat élevé, une détérioration de l'indice de production vivrigre de 1980 8 1996 et un nombre considérable de pay- sans sans terre (World Food Programme, 1997), ce sont les petits producteurs et les cultures viridres qui ont été les plus affectés : les surfaces semées et les volumes de production ont globalement été réduits d’un tiers environ. Mais, pour le harcot, la surface a diminué de moitié et la production de 71 9 et, pour Te mais, la surface a diminué de 43 % et la production de moitié. La valeur ds pertes pour les cultures de consommation intérieure s'éléve & 46,5 mil lions de dollars. a donc fallu recourir massivement a aide internationale’. En ce qui conceme les cultures d’exportation, relativement moins touchées, les pertes en surface n‘ont été que de 9 % globalement. Toutefois, la production de sésame a chuté de 65 % d'arachide de 27 %, de banane de 18 % et de tabac de 10 %. Le café et la cane & sucre ont été atteints de maniére plus marginale (respectivement 1,5 et 5 % de pertes en surface et 6,5 % chacun en volume). AAu total, les dégats sont évalués a 37 millions de dollars pour les cultures exportation. L’élevage a également subi des pertes pour une valeur de 15 mil- lions, dont les deux-tiers en bovins (77 000 tétes). Ces destructions ont eu également des conséquences macro-économiques en termes de croissance, d'inflation, de déficit public, de deficit commercial, etc. Un certain nombre d’objectifs économiques prévus pour l’'an 2 000 ne pourront donc pas étreatteints et la reconstruction exigera un accroissement substantiel des dépenses publiques pour les années & venir, une perspective nor- ‘malement incompatible avec les plans d'austérité budgétaire imposés par le Fonds monétaire international (FMI). Ce cyclone a surtout mis en lumigre la vul nérabilté économique, écologique et sociale du pays, que le gouvernement pré- tend désormais vouloir réduire. En détruisant récoltes et stocks, Mitch n’a fait {qu’aggraver considérablement Iinsécurté alimentaire et la pauvreté rurale qui caractérisaient déja le Nicaragua avant la catastrophe. 67