DISCOURS

SUR LE
DE LA

SECRET

FRANC-MAÇONNERIE
PAR

MGR

AMAND-JOSEPH
K V Ê QUE DE

F A V A

GRENOBLE

LIBRAIRIE H. O U D I N ,
PARIS
5l, Rl'E BONAPARTE, 5l 4,

ÉDITEUR
POITIERS

Rl'E DE L'ÉPERON,

4

1882

Biblio!èque Saint Libère
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DISCOURS SUR LE S E C R E T D E LA FRANC-MAÇONNERIE .

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POITIERS. . — IMPRIMERIE OUDIX .

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chezles divers peuples de la terre. agit ets'aiHrme elle-même. On a pu discuter jusqu'à nos jours sur son origine et la lin qu'elle se propose. puisque cette société se montre à tous les yeux. c'est-à-dire à ceux qui ne sont pas . Elle est dite : Société secrète. mais il n'est pas possible de nier son existence.DISCOURS SUR LE SECRET D E LA FRANC-MAÇONNERIE LA FRANC-MAÇONNERIE L y a de par le monde une société qui s'appelle la Franc-Maçonnerie. dont l'entrée est interdite aux profanes . parle. dans des locaux appelés loges. parce que ses membres se réunissent secrètement.

la Franc-Maçonnerie a beau vouloir dérober à notre connaissance ses assemblées.2 Le Secret francs-maçons. Un homme peut dissimuler ses pensées. sans cependant demeurer ignoré de ses semblables. si la Franc-Maçonnerie est société secrète. ne saurait passer inaperçu : comment donc une association tout entière pourrait-elle échapper aux regards et à la curiosité du monde ? Désireux nous-inêmc de voir clair dans celte . vivre seul et cacher le secret de sa vie intime. si ténébreuses soient-elles. par certains auteurs. a pris soin d'en parler. C'est pourquoi Ton doit s'étonner de voir affirmer. quand cette société a existé. on Ta vue. et ses actes révèlent la lin qu'elle se propose. et l'histoire. ses décisions. vivant parmi ses semblables. s'il vit au milieu d'eux. Leurs resolutions doivent demeurer ignorées du public. Un h o m m e seul. attentive à enregistrer les faits de cette nature. que l'origine de la Franc-Maçonnerie se perd dans la nuit des temps* Evidemment. son action et son but : on sait son existence. Toutefois. elle n'est pas inconnue. les yeux attentifs la suivent dans les voies où elle marche. De même. sous la foi du plus terrible serment et sous les peines les plus graves. suivant la gravité du cas : malheur au franc-maçon oublieux de son devoir! Rien ne saurait le soustraire à la punition de sa faute. comme les fruits font connaître l'arbre. la loi du silence est imposée à chaque membre. même la mort.

De la Franc-Maçonnerie 3 question. se présentèrent à nous les architectes et maçons. et que tous ses membres se dispersèrent aussitôt. On a prétendu que les Templiers avaient donné le jour à la Maçonnerie. au Temple de Salomon. c'est que POrdre des Templiers fut aboli en 1 3 1 2 . après leur supplice ou leur fuite. qui voulait rebâtir le temple de Jérusalem pour donner un démenti à la parole de JésusChrist. nous avons rencontré maintes sociétés de maçons constructeurs. sans que la Franc-Maçonnerie se montre. et plusieurs siècles s'écoulent. E n lisant cette pièce. au second Temple. au . c'étaient encore des ouvriers constructeurs. Plus tard. aux Pyramides. Nous en trouvâmes encore à la solde de Julien l'Apostat. on voit. Le premier document historique qui nous la signale. connus sous le nom de Logeurs du Bon Dieu . L'histoire ne nous montre aucune association formée de leurs débris. et ailleurs. avec dix-neuf signatures à la fin. ce qui n'a pas empêché les historiens de mettre à plusieurs reprises son authenticité en question. annonçant la ruine absolue de cet édifice. nous avons interrogé les siècles passés. sans avoir aucune liaison avec ledit Ordre. est connu sous le titre de : Charte de Cologne^ i535. Il y en avait à la T o u r de Babel. ce qui est certain. dont l'original se trouve dans les archives de la mère-loge d'Amsterdam. Tandis que nous en redescendions Je cours.

cette association date d u xv° siècle. D'après cette C h a r t e . E n o u t r e . n o u s ne d e v i o n s n u l l e m e n t n o u s i n q u i é t e r de r e l i g i o n .m ê m e n o u s p r o u v e q u e l'association d o n t elle parle. car elle dit.4 Le Secret p r e m i e r c o u p d ' œ i l . des hospices p o u r y g u é r i r les p a u vres q u i étaient alors attaqués de l'inflammation d a r t r e u s e dite : Mal de Saint-Antoine ». n'est pas celle d ' a u j o u r d ' h u i . qu'elle est le fait de maçons q u i d o g m a t i s a i e n t et bâtissaient en m ê m e temps. il nous a c e p e n d a n t paru nécessaire et p r u d e n t de ne recevoir jusqu'à présent dans . ni de p a t r i e . d'après ce q u ' i l nous a p a r u . de c o m p a g n o n et de m a î t r e . d a n s u n de ses considérants : « R i e n ne n o u s i n d i q u e q u e notre association ait été c o n n u e avant 1 4 4 0 .M a ç o n n e r i e . parce q u ' à cette é p o q u e on c o m m e n ç a p a r l e s s o i n s et les secours des F F . c'est a l o r s . spécialement à Valcnciennes. en F l a n d r e . d ' a p p r e n t i . ' . t é m o i n le c o n s i d é r a n t s u i v a n t : « Q u o i q u e en acecordant nos bienfaits. qu'elle c o m m e n ç a à p r e n d r e le n o m de confraternité des Francs-Maçons. et u n chef s u p r ê m e à qui tout obéit. puis deux grades supér i e u r s . M a c . après la naissance d u C h r i s t . E n effet. t a n d i s q u e l'autre n'admettait dans son sein q u e des chrétiens p o u r m e m b r e s . ' . avec ses trois grades f o n d a m e n t a u x . de cet o r d r e à bâtir. celle-ci a p o u r caractère spécial la h a i n e contre Jésus-Christ. cette C h a r t e e l l e . dans q u e l q u e s parties du H a i n a u t . sous d'autre d é n o m i n a t i o n q u e celle des F F . D i s o n s q u e cette société a jeté dans le m o n d e européen r i d é e de la F r a n c . \ de J e a n .

nous étudierons Adam Weishaupt. professent la Religion chrétienne ». ou non éclaire. Après avoir exposé ce qui concerne le fondateur de la secte maçonnique ou Socinienne. adressé a nos lecteurs et divisé en deux parties. telle que nous la connaissons. la Charte de Cologne. qui lui a prêté son intelligent et puissant appui dans ce même pays. auteur du rite de Misraïm . consiste dans le projet conçu à Vicence. dit M. E n Allemagne.5 notre ordre que ceux qui. Donc. fondateur de r i l l u m i n i s m e allemand. ses admirateurs et ses esclaves. près Venise. sectaire sans égal et le plus profond de tous les conspirateurs. rédigée pour le besoin de la cause ou d'après la vérité. Dans ce discours. nous prouverons : i° que le secret de la Maçonnerie. et développé ensuite. ne nous montre pas encore la Franc-Maçonnerie. de concert avec les philosophes. fondée par FausteSocin. en Italie. qui l'a accueillie et comme naturalisée en Angleterre. d'Ashmole. nous parlerons de Cromwell. où naquit et mourut le fameux Cagliostro. de détruire le Christianisme et de le remplacer par le Rationalisme. Nous suivrons alors la Maçonnerie en Italie. la question devient plus claire et les documents historiques s'offrent nombreux pour fixer définitivement le berceau de la FrancMaçonnerie à Viccnce. qui l'a rendue si puissante en France. A partir de i 5 4 5 . puis de Voltaire. ou rite . Louis Blanc. qu'elle soit authentique ou non. dans le monde profane.

Si nous pouvions en douter. avec une autorité toujours respectée des catholiques. nous le contemplerons dans la grande Révolution française. exécutent sur la Compagnie de Jésus les cruels décrets des loges maçonniques. abandonné et trahi par les loges. qui triomphera. personnage singulier et bateleur de haute école. partout. Ce triomphe. sous Louis-Philippe. mais malheureusement peu comprise et pas assez obéic. la parole des Pontifes romains. les T a n n u c c i . Nous passerons de là en Espagne. où les d'Aranda. unis à Choiscul. de détruire le Christianisme jusqu'à sa racine. la République de 1848 et l'Empire. nous constaterons que le secret d e l à Maçonnerie consiste dans le projet de ruiner absolument le Règne de Jésus-Christ sur la terre. Pie IX et Léon X I H . en Portugal.6 Le Secret égyptien. sous le nom de . préparée pendant cinquante ans par Voltaire et ses amis. en France. qui fascina l'Europe entière. et. en France. un jour. Après la chute du maçon Napoléon I . Partout nous la retrouverons avec son caractère antichrétien . déesse Raison. les Pombal. nous l'affirmerait. qui s'étaient servi de lui pour avancer plus vite et plus sûrement leur œuvre. CP . qui allumèrent en Europe un incendie dont la flamme se propagea dans le monde entier. chez nous comme à l'étranger. pour mettre à sa place le rationalisme. nous suivrons la Maçonnerie. à N a pies.

De la Franc-Maçonnerie. dît l'Ecriture. improprement appelée : Liberté de conscience . de manière à mettre entre les mains de tous ceux qui savent lire. inspira Socin. et qu'il a été conçu aussitôt après la naissance de Jésus-Christ. Plusieurs fois déjà nous avons parlé de la Franc-Maçonnerie : dans ce petit volume. la première partie de ce petit travail. i° nous montrerons que le projet de détruire le Christianisme n'est pas nouveau. nos espérances et quelques résolutions à prendre. pénétra profondément la société chrétienne aux siècles suivants. Ce travail n'a point été fait en haine des francsmaçonsjfrères égarés que Dieu nous ordonne d'aimer et que nous aimons. une syne 0 0 0 . 3° nous prouverons que le projet de la Maçonnerie est hostile à la liberté religieuse. 7 enfin. en résumé. 6° antifrançais. nous avons voulu résumer la question. fondateur de l'hérésie maçonnique. 7 Telle sera. Après avoir dit rapidement les essais tentés dans ce but. en y ajoutant des aperçus nouveaux. 4 contraire aux bonnes m œ u r s . 2 nous montrerons le sort réservé à cette erreur . antihumanitaire et insensé. doit haïr le mal. Nous ajouterons à cette étude quelques conclusions où nous indiquerons nos craintes. mais par amour de la vérité et aversion de l'erreur : Celui qui aime Dieu. nous parlerons de Vépidémie de paganisme qui s'abattit sur l'Europe au x n siècle. Dans la seconde. 5° antisocial. avec laquelle elle s'est perpétuée jusqu'à nos j o u r s .

Qu'il plaise à Dieu de bénir ces pages rapides et aux lecteurs de les bien accueillir ! . si peu connue. a écrit lui-même l'illustre maçon Ragon.8 Le Secret de la Franc-Maçonnerie thèse doctrinale de la Maçonnerie. même de ses adeptes.

il se retira en F r a n c e : nouvelle p r e u v e q u e c'est à ce t r i b u n a l que l'Italie et l ' E s pagne doivent la t r a n q u i l l i t é dont elles ont joui. t a n d i s que l'état p o l i t i q u e et religieux du reste de l ' E u r o p e était é b r a n l é par les nouvelles sectes. n'étant âgé que de vingt a n s . Fauste Socin. » Q u e renfermaient ces papiers? Feller n o u s le dit à l'article qu'il consacre dans son Dictionnaire historique à Socin Lélie : « Gelui- F . p a r l e s lettres de son oncle. o u . fut gâté de b o n n e h e u r e . Il appartient à la famille des So^ini— Socins — q u i a d o n n e le j o u r aux plus grands hérésiarques de Tltalie. a u t e u r de la secte S o c i n i e n n e . P o u r éviter les poursuites de T l n q u i s i t i o n . il apprit la mort de son oncle et alla recueillir ses papiers à Zurich. fondateur de la Franc-Maçonnerie. en 1 5 3 g . restaurateur de la secte A r i e n n e . AUSTE Socin n a q u i t à Sienne .PREMIÈRE PARTIE LE SECRET DE LA FRANC-MAÇONNERIE CONSISTE A > VOULOIR DÉTRUIRE LE CHRISTIANISME POUR LE REMPLACER PAR LE RATIONALISME. dit Feller. « F a u s t e S o c i n . si Ton veut. « L o r s q u ' i l était a L y o n . ainsi que p l u s i e u r s de ses p a r e n t s . L œ l i u s Socin.

et c'est elle que Von connaît aujourd'hui sous le nom de Francs-Maçons. qui divisaient l'Allemagne en un grand nombre de sectes et de partis. Ochin sesauva avec les autres : la société ainsi dispersée ne devint que plus dangereuse. il concentra ses efforts à renouveler l'Arianisme et à saper la religion par ses fondements. en attaquant la T r i n i t é et l'Incarnation. tombé sous lahache des assassins à Paris. où la destruction du Christianisme fut rés o l u e . en 1 5 4 7 . en parlant d'Oc/n/z.10 Le Secret ci assista à une conférence tenue à Vicence. amena. en formant une société qui. que furent jetés les fondements de la Maçonnerie. on convint des moyens de détruire la religion de Jésus-Christ. ou histoire de la Franc-Maçonnerie. Lorsque la République de Venise. depuis son originejusqu'à nos jours : « Vicence fut le berceau de la Maçonn crie en 1546. (Edition de 1 8 2 1 . fit saisir JulesTrévisan et François de R u g o . qui furent étouffés. L'auteur de cet ouvrage est l'abbé Lefranc. le Voile levé pour les curieux.L y o n ) . etc. s'exprime dans les termes suivants : ce Dans cette assemblée de Vicence. Ce fut dans la société des athées et des déistes. Voici ce qu'il dit dans l'ouvrage précité. à la finduxvm siècle. informée de cette conjuration. qui avait aussi assisté à ladite conférence. le 2 septembre 1 7 9 2 . » Le même auteur. une apostasie presque générale. ce fut dans cetteacadémie 6 . » Voir le Voile levé'. qui s'y étaient assemblés pour conférer ensemble sur les matières de la Religion. par ses succès progressifs.

l'existence du péché originel et la nécessité de la grâce de JésusChrist. l'abbé Léonard se dispersèrent où ils purent . son neveu. Bernardin. Lœlius Socin. il célèbre que Ton regarda les difficultés qui concernaient les mystères de la religion chrétienne comme des points de doctrine qui appartenaient à la philosophie des Grecs et non à la foi. Gentilis. que la Franc-Maçonnerie doit son origine. « Ces décisions ne furent pas plus tôt parvenues à la connaissance de la République de Venise qu'elle en ht poursuivre les auteurs avec la plus grande sévérité. « Lœlius Socin — q u ' o n nous permette de le redire — laissa dans Fauste Socin. « Fauste Socin trouva beaucoup d'opposition . On arrêta Jules Trévisan et François de Rugo. et cette dispersion fut une des causes qui contribuèrent à répandre leur doctrine en différents endroits de l'Europe. Alicas. Darius Socin.à son activité infatigable et à la protection des princes qu'il sut mettre dans son parti. après s'être fait un nom fameux parmi les principaux chefs des hérétiques qui mettaient l'Allemagne en feu . ses premiers établissements et la collection des principes qui sont la base de sa doctrine. Ochin. de celui de l'Incarnation. et c'est a ses talents. qui furent étouffés. avec la réputation d'avoir attaqué le plus fortement la vérité du mystère de la Sainte Trinité.De la Franc-Maçonnerie. François Lenoir.à sa science. Péruta. mourut à Zurich. Lœlius Socin. un défenseur habile de ses opinions. Jacques Ghiari.

Le Secret à vaincre p o u r faire a d o p t e r sa d o c t r i n e p a r m i les sectaires de l'Allemagne . de plus. non s e u l e m e n t il chercha a renverser et à d é t r u i r e . Socin pouvait se glorifier d'en avoir arraché j u s q u ' a u x f o n d e m e n t s . si Calvin en avait renversé les m u r s . O n a m i s p o u r épitaphe s u r son t o m b e a u . a Mais il est certain q u ' a u c u n des sectaires n e conçut u n plan aussi vaste. dans lesquelles chaque parti se disputait la gloire d'avoir fait plus de m a l à l'Eglise. ses ressources. et s u r t o u t le but qu'il manifestait de déclarer la g u e r r e à l'Eglise r o m a i n e et de la d é t r u i r e . si L u t h e r avait détruit le toit de l'Eglise catholique. Ses succès furent si r a p i d e s . d'élever u n nouveau temple . q u i signifient q u e . q u e c e lui q u e forma Socin contre l'Eglise . Socin les surpassa de b e a u c o u p . mais son caractère s o u ple. il e n treprit. désignée sous le n o m d e B a b y l o n e . à L u c l a v i c . sedfundamcnta Socinus. son é l o q u e n c e . q u e . lui attirèrent b e a u c o u p de partisans. q u o i q u e L u t h e r et C a l v i n eussent attaqué l ' E g l i s e r o m a i n e avec la violence la p l u s o u t r é e . car il est à r e m a r q u e r q u e l'Allemagne était r e m p l i e de g r a v u r e s de toutes espèces. ces deux vers : Tota liect Babylon destruxit tecta Luthcrus. aussi impie. d a n s lequel il se proposa de faire entrer tous les . Mur os Calvinus. Les prouesses de ces sectaires contre l'Eglise r o m a i n e étaient représentées d a n s des caricatures aussi indécentes q u e glorieuses ù c h a q u e p a r t i .

afin de retrancher la foi des m y s t è res. des o r n e m e n t s qui servent de parure .de p l a n ches à tracer. il y est m ê m e d i a m é t r a l e m e n t o p p o s é . dans la vérité. en faisant u n tout m o n s t r u e u x de p r i n c i p e s c o n t r a d i c t o i r e s . l'usage des sacrements. i3 sectaires. d ' a p l o m b s . de fonder u n e n o u v e l l e religion. pour fonder u n e n o u v e l l e église à la place de celle Je Jésus-Christ. d ' é q u e r r e s . en r é u n i s s a n t tous les partis. si accablantes p o u r les méchants. car il sacrifia tout à la gloire de réunir toutes les sectes. C e système ne ressemble en rien au plan de la religion cathol i q u e . quil se faisait un point capital de renverser. établie p a r Jésus-Christ . en a d mettant toutes les e r r e u r s . m a i s . « Sous l'idée d ' u n nouveau temple . a d o n n é lieu aux disciples de Socin de s'armer de tabliers. les t e r r e u r s d'une autre vie. C e fut l ' u n i q u e moyen q u e t r o u v a Socin p o u r r é u n i r toutes les sectes qui s'é- .De la Franc-Maconnerie. il faut e n t e n d r e u n n o u v e a u système de religion conçu par Socin . et toutes les parties ne t e n d e n t q u ' à jeter du ridicule sur les dogmes et les vérités professées dans l'Eglise q u i ne s'accordent pas avec l ' o r g u e i l de la raison et de la corr u p t i o n d u c œ u r . « C e grand projet de bâtir u n n o u v e a u temple. plutôt q u e des i n s t r u m e n t s utiles p o u r bâtir. c o m m e s'ils avaient envie d'en faire usage dans la bâtisse d u nouveau temple q u e leur chef avait projeté. de truelles. de m a r teaux. et à l'exécution d u q u e l tous les sectateurs p r o m e t t e n t de s'employer. ce ne sont que des bijoux.

il affecta une estime égale pour toutes les sectes. et de là en Pologne. les déistes. Ce fut dans ce r o y a u m e qu'il trouva les sectes des Trinitaires et des Antitrinitaires. les riches. ils gardent au dehors le plus grand secret sur leurs mystères : semblables à Socin. les p h i l o sophes. en . le temple véritable. capables de soutenir leur société. Le bruit de ses opinions le força de quitter la Suisse en 1 5 7 9 . pour passer en Transylvanie. en un mot. qu'il fallaiten arracher les fondements pour bâtir. il commença par s'insinuer adroitement dans l'esprit de tous ceux qu'il voulait gagner. il prescrivit un silence profond sur son entreprise : comme les francs-maçons le prescrivent dans leurs loges. il ajouta même qu'ils n'avaient pas mis la dernière main à la destruction de Babylonc . de tous les partis et de tous les systèmes. et c'est le secret qu'emploient aujourd'hui les francs-maçons p o u r peupler leurs loges des hommes de toutes les religions. sur ses ruines. d i visées entre elles.i4 Le Secret taient formées dans l'Allemagne. « Sa conduite répondit à ses projets. En chef habile. qui apprit par expérience combien il devait user de ménagements p o u r réussir dans son entreprise. il approuva hautement les entreprises de Luther et de Calvin contre la Cour romaine . « Ils suivent exactement le plan que s'était prescrit Socin de s'associer les savants. les hommes. Afin que son ouvrage avançât sans obstacle. par toutes les ressources qui sont en leur pouvoir .

et qu'ils en eussent les sentiments.De la Franc-Maçonnerie. de Frères-Moraves. des unitaires et des trinitaires. il eut p e r m i s s i o n de prêcher et d'écrire sa d o c t r i n e . et s e rait venu à b o u t de pervertir. il rejetait de la r e l i g i o n tout ce q u i avait l'air de m y s t è r e s . E n effet. t o u s les c a t h o l i q u e s de la P o l o g n e . ' G o m m e les u n i t a i r e s . q u ' i l sut ménager. en peu de t e m p s . devant les p r o fanes. Socin v o u l u t qu'ils se traitassent de frères. les u n s p o u r les autres. afin de ne p a s d i v u l g u e r u n e d o c t r i n e q u i ne peut së perpétuer que sous u n voile mystérieux. i l s se t r a i t e n t t o u j o u r s de frères et o n t . D e là sont venus les n o m s q u e les Sociniens o n t portés successivement de Frères- Unis. selon l u i . et ils font faire serment de ne jamais parler.Emrz e u x . Il se vit maître de tous les établissements q u i appartenaient à ces sectaires. de Frères-polonais. des livres. Jésus-Christ n'était fils de Dieu q u e p a r a d o p t i o n et p a r les prérogatives q u e . de Frey-Maurur. P o u r lier plus étroitement e n s e m b l e ses sectateurs. i5 matière de religion. l'amitié la p l u s d é monstrative. afin de n ' é p r o u v e r a u c u n e contradiction s u r l'explication des symboles r e ligieux dont leurs loges sont p l e i n e s . de FreeMaçons. de Frères de la Congrégation. de ce q u i se passe en loge. il fit des catéchismes. de Freys-Macons . « Socin tira u n g r a n d avantage de la r é u n i o n de toutes les sectes des anabaptistes. si la diète de Varsovie n ' y avait pas m i s obstacle. jamais doctrine ne fut p l u s opposée au dogme c a t h o l i q u e q u e celle de S o c i n . de Free-Murer .

parleur facile. notre pontife. Pour . la doctrine de Socin est renfermée dans deux cent vingt-neuf articles qui ont tous pour objet de renverser la doctrine de Jésus. une règle de foi . dit-il.i6 Dieu lui avait accordées. Socin n'en voulait qu'une seule qui était Dieu. et bien loin d'admettre trois personnes en Dieu. il étudia la jurisprudence et ensuite les sciences à Lyon. le Saint» Esprit n'est pas Dieu . » L'abbé Lefranc a puisé ses renseignements à bonne source. il courut en Pologne pour rassembler les livres du défunt. quoiqu'il ne fût q u ' u n pur homme. d'être notre médiateur.Christ. Selon* Socin et les unitaires. La tradition apostolique n'était point. et y fut accueilli comme un prophète destiné à mettre la dernière main à la doctrine arienne. à ses yeux. si bien instruit de l'histoire de l'Italie. le 5 décembre i53<) : bel écrivain. En un mot. l'existence du péché originel. il naquit à Sienne. la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie. car il est en parfait accord avec l'historien César Cantu. il ne reconnaissait point l'autorité de l'Eglise pour interpréter les Saintes Ecritures. son pays. et si bien renseigné sur la vie de Socin. Ayant appris la mort de son oncle. la nécessité d'une grâce sanctifiante. notre prêtre. distingué dans ses manières. « Neveu et disciple de Lélio. Les Sacrements n'étaient à ses yeux que de pures cérémonies établies pour soutenir la religion du peuple. Il regardait comme des rêveries le mystère de l'Incarnation.

Luther et les autres avaient sécularisé la religion. lui sécularisa Dieu. puis. puisqu'il fallait.le moment. où l'hérésie antitrinitaire avait pris racine. lorsque ses parents furent persécutés. Fauste Socin fut donc un véritable hérésiarque. Luther et Calvin avaient bien mérité. par exemple. Fauste fut alors appelé en Transylvanie et en Pologne. il publia des œuvres anonymes. qui cherchait à l'en dissuader. » « Sa présence. symbole qui différait sur des points essentiels de celui des unitaires polonais. puisque. débarrasser la foi de tout dogme qui surpasse la raison. il dut quitter Baie. il nia tous les dogmes. il transféra sa résidence à Baie. ayant eu une querelle avec François Pucci.. malgré les instances du grand-duc. il n'a respecté aucune limite. mais cependant leurs mérites ne devaient pas satisfaire. mais . et pendant douze ans remplit à la Cour de Florence d'honorables emplois . continue César Cantu.. il retourna dans sa patrie. selon lui. Il se mit à étudier la théologie et la ramena à un sens opposé à celui qu'on lui donnait ordinairement. il conduisit à l'incrédulité. en 1 5 7 8 . un hérésiarque bien caractérisé. et fut le père du . s'il n'osa pas bannir ouvertement le supra-sensible. D'après ces nombreux écrits. jeta un nouvel élément de confusion parmi les nombreuses sectes de ce pays. le traité de Jdsu Servatore . en T 5 J 4 . en proclamant les droits de la raison. en mettant au jour un n o u veau symbole tiré des papiers de son oncle.

mais encore celle de toute a u torité répressive. qui est l'hérésie de notre temps... soit à u n pasteur. Strauss et ses adeptes. Hegel. laquelle est le propre de l'âge m o d e r n e : les blasphèmes arcadiques de Renan et les propos de carrefour de BianchiGiovani et de plusieurs Italiens n'ont pas d'autre origine. soit à un consistoire. H u m e . de la mort. la Réforme n'était parvenue qu'à arracher les âmes au Pape pour les donner soit à un roi. et principalement la peine de mort. Ce sont eux qui ont supprimé d'un seul coup la question suprême. qui en étendirent les conséquences jusqu'à nier le droit pénal. Bayle. que le Socinianisme est fils de la Réforme protestante. Il enseignait même des erreurs sociales : en exagérant la doctrine de la mansuétude évangélique et celle du pardon. Il est donc évident. Spinosa. . Le Socinianisme seul implanta l'autonomie de la raison. en niant le Christ positif et en y substituant u n Christ idéal... l'intelligence du monde mystérieux. Cette doctrine fut soutenue par ses disciples. la clé de voûte de l'histoire. celles de la vie. Lessing. E n fait. pour tout h o m m e qui sait lire. il niait non seulement la légitimité de la guerre. de l'avenir. et Socin le fondateur de la secte maçonnique : Socinianisme et Maçonnerie ne font qu'un. » Ainsi parle César Cantu.iS Le Secret rationalisme. c'estdelui que sortent Descaries. Feuerbash. Baucr. Kant. ne firent qu'ajouter au plan socinien l'élaboration scientifique.

du péché o r i g i n e l . ig « Les s o c i n i e n s . par cela seul q u ' i l s p r e n a i e n t la Sainte E c r i t u r e p o u r u n i q u e règle de foi et p o u r mesure de leurs actions. P o u r les protestants. sans q u e Dieu fasse autre chose q u e de lui révéler sa d o c t r i n e . se p r o c l a m a i e n t les r e s t a u r a t e u r s du christianisme primitif. Dieu seul opère la justification. les sociniens p r o c l a ment q u e la r a i s o n et ses d r o i t s sont au-dessus de tout mystère. il s'élève et se perfectionne de l u i . s u i v a n t c e u x . dit e n c o r e César C a n t u . Les p r o t e s t a n t s . de l ' I n c a r n a t i o n et de la divinité du C h r i s t . et qu'elle est seule compétente p o u r dissiper les nuages épais q u i enveloppent les Saintes E c r i t u r e s . en é l i m i n a n t de la Bible ce qui n'était pas de son g o û t . en qualité de disciples de L u t h e r . le S o c i n i a n i s m e à l'élément h u m a i n . se fiant e n t i è r e m e n t en la grâce.De la Franc-Maçonnerie.c i . les réformés exagérèrent le d o g m e du péché héréditaire. pour les sociniens.m ê m e . « Les protestants (dit Gioberti) ont puisé d a n s les ouvrages des païens les accessoires : . Selon ceux-là. l ' h o m m e seul est agissant. le b a p t ê m e et une sorte d E u c h a ristie : Socin s u p p r i m a tout. conserva les dogmes de la T r i n i t é . les sociniens ne le r e c o n n u r e n t pas. c'est u n h o m m e q u i a été envoyé sur la terre afin de d o n n e r à l ' h u m a n i t é u n e nouvelle doctrine et de leur m o n t r e r en sa p e r s o n n e le m o d è l e à i m i ter. m é p r i s e n t la r a i s o n . le divin S a u v e u r est v e n u s u r la terre afin de n o u s racheter par son sacrifice . Le L u t h é r a n i s m e avait d o n n é la p r é p o n d é r a n c e à l'élément divin. Luther. e t T h o m m e r e s t e u n être e n t i è r e m e n t passif .

ils s u b s t i t u e n t l'idée b o i teuse et n é b u l e u s e de la p h i l o s o p h i e p a ï e n n e . ils obscurcissent l'intelligible à force de l o g i q u e . à l'idée l u m i n e u s e et pleine d ' h a r m o n i e de la chrétienté c a t h o l i q u e . tenir ses assemblées. les s o c i n i e n s en o n t r e n o u v e l é s u b s t a n t i e l l e m e n t les tendances. l'esprit et les d o c t r i n e s . mais jamais au point de d é t r u i r e le C h r i s t i a n i s m e . Ils conservèrent s e u l e m e n t en apparence les vérités s u p r a .20 Le Secret et l'éloquence . » P o u r résumer la q u e s t i o n .r a t i o n n e l l e s de la révélation p o u r établir u n e h a r m o n i e a p p a r e n t e entre l'aristocratie socin i e n n e et la m u l t i t u d e . d i v i n et i m m o r t e l de s i n a ture. disons q u ' a p r è s avoir pu prêcher librement sa doctrine.À u g u s t c . F a u s t e Socin. c'est-àd i r e . et p o u r former u n e doct r i n e cxotériquc à l'usage exclusif d u v u l g a i r e . ils lui enlèvent cette pureté et cette perfection qui s u r a b o n d e n t dans les préceptes évang é l i q u c s . « Cependant Fauste Socin eut à essuyer de sérieuses contradictions à propos de ses doctrines.i n t e l l i g i b l e idéal et révèle. ils r é d u i s e n t la sagesse du C h r i s t aux étroites p r o p o r t i o n s de celle de Socratc et de P l a ton . qui avait accordé la liberté de conscience à tous les e n n e m i s de la P a p a u t é . m u l t i p l i e r ses adeptes. a u t a n t q u ' i l est accordé à l'hérésie de le f a i r e . verser l'erreur dans le sein de la m a l h e u r e u s e P o l o g n e . E n rejetant le s u p r a . put s'applaudir d'avoir réalisé son plan. organiser sa société secrète et s y m b o l i q u e . aidé par S i g i s m o n d . . jusqu'à perdre des âmes et à r u i n e r un ou plusieurs pays.

Les cendres de Socin furent déterrées. il épousa Agnès. qui le traîna dans les rues de la ville. mais divers excès qu'ils commirent contre la religion de l'Etat les lirent enfin chasser en i658. menées sur les frontières de la petite Tartarie. bien loin de m o u r i r ou de s'affaiblir par la mort de son chef. ainsi que par leur savoir. Protégé par quelques grands personnages. 21 dit César Cantu. Ses adversaires excitèrent contre lui le peuple de Varsovie. écrit César Cantu. » « A Sienne. ajoute Feller. pour obtenir dans. dès les temps les plus reculés. Il échappa à grand'peine à ces mauvais traitements. selon la tradition.les diètes de Pologne la liberté de conscience. on y voyait u n grand arbre à l'abri duquel. mais il n'en reste presque aucun. jeune fille de bonne famille.» « La secte socinienne. Il y a peu d'années encore. puis mises dans un canon qui les envoya au pays des infidèles. devint considérable par le grand nombre de personnes de qualité et de savants qui en adoptèrent les principes. par les charges que ses membres avaient remplies. nous avons recherché soigneusement quelques souvenirs d'eux. Les sociniens furent assez puissants. qu'il perdit en I 5 8 J . On dit seulement que la villa de Scopeto appartenait à cette famille.De la Franc-Maçonnerie. aussi fut-il abattu par l'ordre de la pieuse dame à qui il appartenait. » . où la famille des Socins s'était illustrée. les religionnaires tenaient leurs assemblées . où il mourut le 3 mars 1604. et se retira dans un obscur village.

Nous ne voulons ajouter aux témoignages déjà cités que les paroles d'un théologien bien connu : Bergier. . dit l'auteur du Dictionnaire de Théologie. savoir : l'aversion contre le dogme de la divinité de Jésus-Christ. Mais nous avons fait voir ailleurs que le déisme lui-même est un système inconséquent ians lequel un ruisonneur ne peut demeurer ferme . Socin vint à bout de les rapprocher et de les amener à peu près à la même opinion. il devint ainsi le principal chef de ce troupeau qui a retenu son nom. du moins à l'extérieur . les protestants ont mauvaise gnice de ne vouloir point avouer les sociniens pour leurs disciples. Il y trouva les esprits divisés en autant de sectes qu'il y avait de docteurs : toutes ces p r é tendues églises n'étaient réunies qu'en un seul point. neveu et héritier des sentiments de Lélio Socin. que Fauste Socin.22 Le Secret Les historiens sont d'accord sur la vie et la doctrine de Fauste Socin. Il mourut en 1 6 0 4 . de souplesse. de même que les Sociniens ont emprunté leurs principes et la plupart de leurs dogmes. « Ce fut vers Tan i S j y . d'écrits. » Après avoir exposé longuement la doctrine socinienne. arriva en Pologne. par les écrits des déistes modernes^ qu'ils ont pris chez les Sociniens la plus grande partie de leurs objections contre les dogmes que nous soutenons être révélés. Puisque les premiers ne refusent point de reconnaître ceux-ci pour leurs maîtres. A force de disputes. de ménagements. le même auteur ajoute : « Aussi voyonsnous. des protestants.

enfin au p y r r h o n i s m e a b s o l u . les s o c i n i e n s envoyèrent des émissaires prêcher sourd e m e n t l e u r doctrine en A l l e m a g n e . n o n s e u l e m e n t par les a r g u m e n t s q u e les matérialistes ont o p p o sés aux déistes. p u i s q u e nos plus célèbres i n c r é d u l e s . en A n g l e t e r r e . les protestants et les catholiques se r é u n i r e n t p o u r les d é m a s q u e r . Ainsi dispersés. Ils n ' e u r e n t pas b e a u c o u p de succès en A l l e m a g n e . 23 que de conséquence en conséquence il se t r o u v e bientôt entraîné à l'athéisme. ils furent désignés sous différents n o m s . Rien ne p r o u v e m i e u x la liaison des vérités qui c o m p o s e n t la religion chrétienne des catholiques q u e l ' e n c h a î n e m e n t des e r r e u r s dans lesquelles t o m b e n t nécessairement tous ceux q u i s'écartent du p r i n c i p e sur l e q u e l cette religion divine est fondée.De la Franc-Maçonnerie. fonde la Maçonnerie en Angleterre. . » Cromipell (Olivier) . E n H o l lande. en H o l l a n d e . d e r n i e r terme de l ' i n c r é d u lité. adepte de Socin. . ils t r o u v è r e n t des partisans p a r m i les différentes sectes qui partageaient les esprits dans ce r o y a u m e . O n les a n o m m é s partout u n i t a i r e s ou sociniens ^ et ce n o m de sociniens . N o u s en s o m m e s c o n v a i n c u . en sont venus à enseigner h a u t e m e n t le m a t é r i a l i s m e . mais e n c o r e par le fait. après avoir prêché q u e l q u e t e m p s le déisme. dit Bergier. ils se mêlèrent p a r m i les a n a b a p t i s t e s . en A n g l e t e r r e . . au matérialisme. « U n e fois établis en P o l o g n e .

tous ceux. « La Franc-Maçonnerie. ceux qui n'espèrent point une autre vie. soit parce qu'ils désirent qu'il n'y en ait point. tous ceux qui ne reconnaissent point l'autorité de l'Eglise catholique. qui attaquent les mystères de la religion révélée. Ce ne fut que vers le milieu qu'ils y furent soufferts sous le règne de Cromwell. les nouveaux Ariens.continue l'abbé Lefrane. à la Sainte Vierge sa maternité divine. tous ceux qui disputent L\ Jésus-Christ sa divinité. dit-il.24 Le Secret est devenu c o m m u n à tous les sectaires qui nient la divinité de Jésus-Christ. Les L u t h é riens. aflirme que la Maçonnerie agissante passa de Pologne en Angleterre. Après la mort du grand protecteur. » — A n . que les francs-maçons de France prétendent tirer leur o r i g i n e . leur crédit diminua. Il n'y était pas question d'eux au commencement du xvu* siècle. '. et ce ne .Sociniens. L'abbé Lefrane.voilà tons ceux qui ont donné naissance à la Franc-Maçonnerie. ou avec lesquels les Francs-Maçons se sont associés et dont leur ordre est aujourd'hui formé. est la q u i n tessence de toutes les hérésies qui ont divisé l'Allemagne dans le seizième siècle. parce qu'ils s'incorporèrent avec les indépendants qui formaient alors un grand parti. ou qui rejettent les sacrements .soit parce qu'ils se persuadent qu'il ne se mêle pas des choses de ce monde. les Calvinistes. les Zuingliens. déjà cité. qui ne croient pas en Dieu. » « C'est de l'Angleterre. les Anabaptistes.en un mot. c'est donc chez nos voisins qu'il faut examiner les progrès de la Maçonnerie.

ce volume consacre à la doctrine de la Franc-Maçonnerie des pages où le secret de la secte est clairement dévoilé : il consiste à nier la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ. de C l c r m o n t . c'est-àdire de réformer le genre humain.dont cet usurpateur était je fléau. il leur proposa le réta- . qui passèrent dans ce royaume avec le roi Jacques et le prétendant. et ils ne furent connus en France et ne réussirent à s'y faire des prosélytes que par le moyen des Anglais et des Irlandais.comme nous l'avons dit. dit l'auteur de l'ouvrage : Les Francs-Maçons écrasés. n5 fut que vers la fin du même siècle qu'ils parvinrent à former des assemblées à part. parce que son but était de balircn liberté un nouvel édifice. pour donner à ses partisans une idée sensible de son dessein. qu'ils ont eu à leur tête M. pour remplacer ce dogme. abbé de Saint-Germain-des-Prés. donna ù son Ordre le titre d'Ordre des Francs-Maçons. C'est parmi les troupes qu'ils ont été d'abord connus.De la Franc-Maçonnerie. qui se sont rendus redoutables depuis 1 7 6 0 . par la religion naturelle ou le rationalisme. « Cromwcll. d'hommes libres ou de maçons-libres. qui est la base du Christianisme.l'auteur que nous venons de citer. sous le nom de Freys-Maçons. en exterminant es rois et les puissances. Imprimé à Amsterdam en 1 7 4 7 . » L'auteur de l'ouvrage intitulé : Les FrancsMaçons écrases— l'abbé Larudan — est d'accord avec l'abbé Lefrane. Or. et par leur moyen qu'ils ont commencé à se fairedes prosélytes.

C'était le sanctuaire de la religion. il se voiltiré par la main de son Dieu. disent-ils. choisi pour être l'instrument de la clémence divine. mais encore de profiter des moyens qu'il leur fournit p o u r y réussir. dans son premier . vient une armée formidable. sous la cendre la plus paisible. Et. Ce Temple. U n prince idolâtre. » « Le Temple de Salomon avait été bâti par l'ordre que Dieu en signifia à ce prince. qui renverse cet illustre monument. Le peuple qui y rendait ses hommages ù la Divinité est chargé de fers et conduit ù Babylone. le lieu consacré spécialement ù ses augustes cérémonies. et c'est dans ce projet que Ton doit admirer encore davantage la vaste intelligence de cet homme extraordinaire.26 Le Secret blisscmcntdu Temple de Salomon . Enfin. » « Or c'est dans celle allégorie que les francsmaçons trouvent l'exacte ressemblance de leur société. en effet. après plusieurs années de gloire et de magnificence. d'où. c'était pour la splcndeurde ccTcmple quecesage monarqueavait établi tant de ministres chargés du soin de veiller à sa pureté et à son embellissement. permet a ce peuple infortuné non seulement de rétablir le Temple dans sa première splendeur. après la captivité la plus rigoureuse. qui. voulait cacher ce feu redoutable dont je fais apercevoir aujourd'hui les étincelles. quelle idée eut jamais plus de rapporta un projet de cette nature? Et c'est ici principalement que je prie le lecteur d'en examiner attentivement jusqu'aux moindres parties.

qui doivent rendre à l'univers sa première dignité. dans la Maçonnerie universelle. ainsi que nous l'avons exposé plus h a u t . fidèle disciple de Socin. ne sont autre chose que cette loi commune et gravée dans tous les cœurs. de là. Enfin ce peuple choisi et chargé de rétablir ce Temple magnifique. au sortir du néant. répudia la Révélation chrétienne et rejeta le dogme de la divinité de Jésus-Christ. en un mot. L'ouvrage que nous citons : Les Francs-Maçons écrasés. Ces Assyriens. l'esclavage de ses adorateurs. dont la puissance a fait fléchir tant de malheureux qu'ils ont opprimés. les magistrats. est la figure de l'état primitif de l'homme. pour suivre les simples données de la raison. les princes. mais reconnaissons que Cromwell Ta bien développée et imprimée si vivement dans l'esprit de la Maçonnerie anglaise qu'elle a passé sur le continent européen pour se répandre. qui ont introduit la dépendance parmi les hommes. La destruction de ce Temple. . a été imprimé à Amsterdam en 1 7 4 7 . ce sont les rois. Cette religion. D'où il résulte que Cromwell. ce sont les francsmaçons. pour embrasser le rationalisme socinien. qui trouve son principe dans les idées d'équité et de charité auxquelles les hommes sont obligés entre eux. ce sont l'orgueil et l'ambition. ces cérémonies qui s'y exerçaient.De la Franc-Maçonnerie* 27 lustre. » Il est facile au lecteur de voir que l'auteur de ces pages attribue à Cromwell u n e allégorie qui appartient à Fauste Socin. cette armée impitoyable.

est i d e n t i q u e . après u n parallèle exact des c é r é m o n i e s et des usages dont j'ai été t é m o i n dans les différentes loges q u e j'ai fréquentées et où j'ai t o u j o u r s r e n c o n t r é les mêmes h i é r o g l y p h e s à deviner. c o n t i n u e l ' a u t e u r cité. dès m a i n t e n a n t . .28 Le Secret d o n c q u a r a n t e a n s avant q u e A d a m W e i s h a u p t . en 1 7 8 1 . puisée chez F a u s t e Socin.m ê m e l'évidence. à celle de r i l l u m i n i s m e a l l e m a n d .c n u s d e toutes les parties d u m o n d e . fondateur de r i l l u m i n i s m e a l l e m a n d .m ê m e à W i l h c m s b a d . ne f o r m u l â t la d o c t r i n e m a ç o n n i q u e avec la netteté q u i caractérise son esprit. au fond.grâce aux députés qui y étaient . p o u r en faire la juste application ? Q u e l rayon l u m i n e u x est venu percer la sainte h o r r e u r de cette n u i t p r o f o n d e q u i m ' e n voilaitla structure? A cela je r é p o n d s q u e . c o m m e u n e infinité d'autres. d a n s le grand couvent q u i s'y r é u n i t . l o n g t e m p s plongé dans les ténèbres. p o u r m o n t r e r . j'ai erré ainsi qu'eux à ]'aventurc>sans p o u v o i r hasarder l a m o i n dre décision. et de m ' e n m o n t r e r à m o i . « O n me d e m a n d e r a sans doute. C'est p o u r q u o i n o u s c r o y o n s utile et intéressant de citer ici q u e l q u e s pages dudit o u v r a g e . Mais revenus encore à cette Liberté et à cette Egalité. jusqu'à ce qu'enfin mille réflexions sur la m o r a l e q u e l'on me c o m m u n i q u a i t m ' a i e n t dessillé les yeux au point de m'en faire e n t r e v o i r le but. et d'où elle se r é p a n d i t i m m é d i a t e m e n t dans l'univers entier. et c o n s é q u e m m e n t le même sens à pénétrer. adoptée e l l e . c o m m e n t j'ai pu pénétrer le sens de cette allégorie. q u e la d o c t r i n e m a ç o n n i q u e anglaise.

C'est ce Dieu qui. sans le soumettre à d'autre puissance qu'à la sienne. auxquels il ne peut rendre ses hommages sans devenir sacrilège et contrevenir formellement à ses ordres. disent les francsmaçons. et si inséparables de sa nature. dès qu'il en a brûlé quelques grains sur l'autel de ces idoles fragiles et périssables qui ne valent pas qu'on leur sacrifie de si nobles victimes. et sur lequel personne n'avait aucun droit. en a fait l'homme. C'est en vain. et son encens est impur à ses yeux. et par la peinture du malheur des hommes. que de reconnaître dans tout homme quelque chose de plus qu'un égal et dont la condition soit préférable à la nôtre. a semblé demander le tribut de son respect et de sa vénération. poursuivent-ils. T o u s ces avantages. c'est dégrader sa nature.De la Franc-Maqonnerie. et par les moyens qu'ils pro- . et la sublimité du génie dans les autres. C'est lui qui ne lui a donné la terre à habiter qu'à titre d'être indépendant de ses semblables. E n un mot. 29 figurées par le T e m p l e de Salomon. le chef et l'ornement principal. ne lui ont été donnés par le Créateur que comme un bien propre. que la supériorité des talents dans les uns. réunis ailleurs dans un degré plus éminent que chez lui. n'ont rien qui justifie son impiété : le Dieu jaloux qui l'a formé ne veut point de partage. en tirant la nature du néant. ces attributs si essentiels à l'homme. c'est en obscurcir la splendeur. c'est en perdre tout le prix. qu'ils tâchent de rendre plausible. Tel est le raisonnement des francs-maçons.

en un mot. ou l'ambition de ses semblables. a vu s'anéantir ses privilèges. si son abaissement est l'ouvrage de ses mains. qu'il écoute la page suivante. Si quelqu'un en doute.— Si l'homme. s'il se voit aujourd'hui subordonné avec flétrissure et ignominie. quoiqu'elles ne composassent qu'un tout. C'est aux francs-Maçons seuls qu'il est réservé d'accomplir ces miracles. disent-ils. à mesure qu'elles se sont éloignées de leur commune origine. s'il est déchu de cet état glorieux. Voici comment ils exposent la première. et ù l'arborer sur les débris du monstre impitoyable qui a causé sa ruine. extraite du même auteur : « Or celte doctrine une ibis bien digérée.3o Le Secret posent pour y remédier. et ils s'exprimaient comme leurs frères de l'époque actuelle. dont elles n'étaient que les parties. l'ont plongé dans cet abime . propre de sa nature . ou l'oubli de son propre intérêt. qu'il accepte le secours de cette main qui s'offre à les briser et à en charger les tyrans. sont venues à se méconnaître au point de vouloir composer par elles-mêmes ce tout. ravi par les mains de l'orgueil. dit-il. il ne reste plus qu'à 0 . Au contraire.m ê m e . de rassembler en un corps toutes ces familles différentes qui. qu'il ouvre donc les yeux sur les fers où il s'est condamné l u i . c'est donc à lui à en sortir. les maçons d u x v i u siècle pensaient comme ceux d'aujourd'hui. s'il est lui-même l'artisan de son m a l heur. » Evidemment. si l'ambition l'y a précipité. c'est à lui à relever eniin cet étendard d'indépendance et d'égalité.

comme un guide invariable qui doit le c o n d u i r e . et qui a donné lieu sans doute à ces termes mystiques dont se servent les francs-maçons lorsqu'ils disent que leur société est appuyée sur trois colonnes principales. effacer un spectacle injurieux à la Divinité. . mais que pour cette dépendance. et. briser ces idoles qui ont osé lui disputer l'encens. Morale. la Force et la Beauté. qu'il faut opposer la force à la force. que c'est Dieu qui a gravé lui-même cette lumière dans le cœur de l'homme. comme on le voit. que le Maître du m o n d e . comme un oracle sûr qui doit l'inspirer. dissiper Terreur et l'ignorance pour ne suivre que les lumières de la n a t u r e . que la révoltedoit succéder à l'obéissance. digne de ses a u t e u r s .De la Franc-Maçonnerie. Messieurs les conservateurs ? — que le contraire doit se détruire par le contraire . que le culte principal qu'il en exige est une simple reconnaissance de ses bien^ faits. renverser l'empire de la superstition pour élever celui d'une religion véritable .le ressentiment à la faiblesse . indifférent d'ailleurs aux actions de ses créatures. et c'est alors que les francsmaçons font voir clairement que rien n'est difficile à quiconque ose entreprendre : — vous entendez . il faut enfin dissiper le prestige. qui l'y a placée comme une lampe éternelle pour éclairer ses actions. 3i ia mettre à profit. un tendre souvenir de ses dons. accréditée depuis si longtemps par l'aveuglement et le préjugé. libre par la nature. c'est-à-dire sur la Sagesse. rentrer en possession de ses privilèges. n'est jaloux que de leurs hommages.

en r é s u m a n t l'histoire de la M a ç o n n e r i e anglaise. et l'usage de cette violence q u e Ton doit e m p l o y e r . mais les sociniens c o n t i n u è r e n t a i n s i n u e r p a r t o u t leur d o c t r i n e . Ces événements dispersèrent ceux q u i s'étaient g r o u p é s a u t o u r de C r o m w e l l . q u i n'est autre que la M a ç o n n e r i e . di idoles u s u r p a n t les h o n n e u r s d u s au seul D i e u de la n a t u r e . fut e m b a u m é et enterré dans le t o m b e a u des rois. etc. le m é pris jeté à pleines m a i n s s u r la Religion chrétienne et son d i v i n A u t e u r ? Le projet de la M a ç o n nerie anglaise était donc celui de Socin : la des- truction du Christianisme. mais e x h u m é en 1660. au c o m m e n c e m e n t d u règne de C h a r l e s i l . Mortcn i 6 5 8 . avec b e a u c o u p de magnificence . le célèbre a n t i q u a i r e . dans son o u v r a g e i n t i t u l é : Orthodoxie maçonnique. R a g o n . C'est à elle p a r e i l l e m e n t q u e l ' O r d r e doit ces n o m s m a - gnifiques de Temple de la Vérité. d'* Astre radieux. écrit-il. de Monde nouveau. Elie « E n 1 6 4 6 . d'aveuglement. Q u i ne voit dans ces termes de superstition. de VEntrée de la Lumière. Cromwell eutdemagniliquesfunérailles. pages 28 et suivantes. m a ç o n fort instruit et très suivi par la secte. dit Feller. trainé s u r la claie. complète ce q u e n o u s v e n o n s de dire.32 Le Secret q u i ne sont précisément q u e les attributs de cette loi de n a t u r e dont je viens de parler. de préjugés. de Soleil incomparable. » C'est ainsi q u e le fils de Charles I vengeait son père s u r celui e r q u ' o n appelait : le Protecteur de VAngletcrre. p e n d u et enseveli au pied du gibet. <c Son cadavre.

et celui de maître. à Warrington. Ce premier degré ayant reçu l'approbation des initiés. au moyen de traditions orales dont ils se servaient pour leurs aspirants aux sciences occultes. « Cette même année. fondateur du musée d'OxIord. à peu près. que nous le connaissons. Mais la décapitation de Charles I . grand alchimiste. pensèrent que le moment était venu de renoncer aux formules de réception de ces ouvriers. dans laquelle on commençait à agréger ostensiblement des individus étrangers à Part de bâtir.33 Ashmole. s'assemble dans la salle de réunion des Freemasons à Londres. ayant reconnu que le nombre des ouvriers de métier était surpassé par celui des ouvriers de l'intelligence. Ils leur substituèrent. tandis que le dernier augmentait continuellement. un mode écrit d'initiation calquée sur les anciens mystères et sur ceux de l'Egypte et de la G r è c e . et le premier grade initiatique fut écrit tel. se fait admettre avec le colonel Mainjparraing dans la confrérie des ouvriers maçons. en er . parce que le premier allait chaque jour en s'affaiblissant. peu de temps après. formée d'après les idées de la Nouvelle Atlantis de Bacon. une société de RoseCroix. qui ne consistaient qu'en quelques cérémonies à peu près semblables à celles usitées parmi tous les gens de métier. Ashmole et les autres frères de la Rose-Croix. le grade de compagnon fut rédigé en 1 6 4 8 . lesquelles avaient jusque-là servi d'abri aux initiés pour s'adjoindre des adeptes.

dans leur local. où la mort violente de l'innocent J. Ashmole . travaillent dans l'ombre au rétablissement du trône détruit par Cromwell. partisans des Stuarts. un voile biblique. Molay appelle la vengeance. ainsi que l'exigeait le système jésuitique. maîtreirlandais. néanmoins. et dont les initiales des mots sacrés de 01 er . lui font prendre secrètement. Mais les membres non travailleurs. acceptés dans la corporation. des conciliabules où les plans sont concertés en sécurité. maîlre-parfait. élu. et le parti que prit Ashmole en faveur des StuarLs\ apportèrent de grandes modifications à ce troisième et dernier grade devenu biblique.34 Le Secret 1 6 4 9 . incomplet et disparate. modifia donc son grade de maître. tout en lui laissant pour base ce grand hiéroglyphe de la nature symbolisée vers la fin de décembre. surtout en Ecosse. qui partageait le même sentiment politique. Cette même époque vit naître les grades de maître-secret. une tendance politique. sous le nom tVHiram . pour y parvenir et s'y reconnaître. La décapitation de Charles I devait être vengée . ils feront l'ornement de YEcossisme. dont Charles I ' est le héros. plus tard. les chefs (protecteurs) des ouvriers écossais. mais ces grades de coteries politiques n'étaient professés nulle part . ses partisans proposèrent un grade templier. On se sert de l'isolement qui protège les réunions des Freemasons^ pour tenir. qui en faisait un tout uniforme avec les deux premiers degrés. et substitua ù la doctrine égyptienne. » « î f o o .-B.

l'irréflexion ou l'ignorance pouvait seule les en doter. Quant au mot maçonnique. un ouvrage de maçonnerie n'est pas un ouvrage maçonnique. Voilà pourquoi depuis cette époque. « 1 7 1 7 . Ils se trompent. dans l'association à Londres. aux ouvriers constructeurs. les personnes étrangères à Part de bâtir. 35 ces trois degrés 'reproduisaient celles du nom du grand maître des Templiers. depuis que leurs secrets en architecture étaient tombés dans le domaine public. » « 1 7 0 3 . seul complément de la Franc-Maçonnerie. De cette époque seule date FORDRE MAÇONNIQUK: l'association des constructeurs n'était qu'un ou plusieurs corps de métiers et ne fut jamais un ordre. dont l'existence était devenue fort précaire. Les auteurs maçons regardent cette époque comme la fin des temps obscurs de VOrdre maçonnique. c'est sans doute d'après cette réforme que les deux colonnes et les paroles des deux. * > « 1 7 1 4 . car. les initiés ont toujours r e gardé le grade de maître. depuis longtemps. cette époque n'est quelafindesassociations d'ouvriers constructeurs. mêlés. dits acceptés. il n'existe pas encore d'Ordre maçonn i q u e . nous le répétons. ce qualificatif n'a pas été créé pour eux. Décision importante des formations qui admettent ouvertement.De la Franc-Maçonnerie. e r . comme un grade à refaire . Georges I commence sonrègne. premiers grades ont aussi reçu des noms bibliques. vont se trouver plus puissants p o u r opérer publiquement la transformation tant désirée. Les maçons philosophes.

la FUANCMAÇONNKHIK se répand dans les différents Etats de l'Europe . toujours sous l'active et intelligente direction de la GrandeLoge d'Angleterre. ainsi de suite dans les autres Etats de l'Europe et des pays extra-européens. Elle pénètre en Irlande en 1 7 2 9 . elles adoptent les trois rituels rédigés par Ashmole . Etat de Géorgie (^Amérique). » Quelle était donc la doctrine de toutes ces vr . elle a débuté en France. et à Valenciennes. « C'est de ce foyer central et unique que la EKANC-MA(. en 1732 (la loge Y Anglaise). par l'institution. partit dans toutes les directions pour s'établir chez tous les peuples du monde. à Paris. elles secouent le joug d'York et se déclarent indépendantes et gouvernement de la confraternité. la Grande-Loge de I lambourg est instituée le 9 déc e m b r e 1737 .36 Le Secret a Cctlc année. à Bordeaux. possédant l e s registres et anciens titres de la confraternité et opérant sous le chef cFordre d'York. que quatre sociétés. puis à Boston en 1 7 3 3 . « }j25. en 1725 . le i3 octobre.ONNKKIK. c'est-à-dire la rénovation ostensible de la philosophie secrète des mystères anciens. dès 1 7 2 1 . Elle paraît en Allemagne e n 173(">. à Londres. Elles se réunissent en février . la corporation ne comptait plus. la Parfaite-Union. sous le titre de GuANDE LoGi: DE LoNDKES. la même année. le \ janvier 1 7 3 3 . en Hollande en 1730 . dites Loges. une loge s'établit à Savunnah. de la loge Y Amitié et Fraternité à D u n k c r q u e . A compter de cette é p o q u e .

m ê m e . attentifs à affecter u n e apparence d ' h o n n ê t e t é n a t u r e l l e . suivant les lois et les statuts qu'ils se sont faits. E n effet. ce Mais telle est la n a t u r e d u crime q u ' i l se trahit l u i . suivant la variété des langues. le 4 j o u r des calendes de mai. à tenir cachées par un serment inviolable les p r a t i q u e s secrètes de l e u r société. la contagion. et les progrès c h a q u e j o u r plus rapides de certaines sociétés.De la Franc-Maconnerie. ils n ' a u r a i e n t pas cette h a i n e de la l u m i è r e . s'engagent par u n serment r i g o u r e u x prêté s u r la Bible. s'ils ne faisaient p o i n t le mal. et q u ' i l pousse u n cri qui le révèle : c'est ainsi que les sociétés ou conventicules dont nous p a r l o n s ont excité dans les esprits des fidèles des s o u p ç o n s si graves. C l é ment X I I écrivait ù tout l'univers c a t h o l i q u e u n e lettre apostolique où n o u s lisons les passages s u i vants :« N o u s avons a p p r i s par la r u m e u r p u blique elle-même l'extension. assemblées ou conventicules appelés de 0 Liberi muratori ou de Francs-Maçons ou de quel- que a u t r e n o m . Dans ces associations. liés entre eux par u n pacte aussi étroit q u ' i m p é n é t r a b l e .Siège va n o u s le d i r e . E n i / 3 8 . des h o m m e s de toute r e l i gion et de toute secte. 2 . Et la défiance qu'ils i n s p i r e n t a grandi jusque-là que dans t o u s les pays le p o u v o i r séculier a p r u d e m m e n t proscrit et banni ces sociétés c o m m e ennemies de la sécurité des E t a t s . loges ? Le Saint .et sous les peines les p l u s terribles. q u e l'affiliation à ces sociétés est a u p r è s des h o m m e s sages et h o n n ê t e s une m a r q u e de d é p r a v a t i o n et de perversion.

Benoît XIV. Ainsi feront les Pontifes romains ... attise . sous peine de Y excommunication qu'encourent tous les contrevenants à la défense qui vient d'être portée. et par le fait même et sans autre déclaration. et dont nous-mêmes nous souffrons si cruellement à l'heure présente. dans ces dites sociétés de Francs-Maçons.38 Le Secret « C'est pourquoi nous défendons absolument et en vertu de la sainte obéissance. le i 5 des calendes d'avril. dignité et prééminence qu'ils soient.. analysant la Constitution de Clément XII. on lui rendit la . sous quelque prétexte ou sous quelque couleur que ce soir. le feu de la haine contre Christ.. leurs successeurs. condition. grade. Jésus- Dans son Histoi)*e de Voltaire . de quelque état. et au bout de six mois. Paillet de Warcj' a écrit ce qui suit : « Voltaire fut mis à la Bastille. L'Eglise. laïques ou clercs séculiers ou réguliers. Voltaire. rang. parle dans le même sens et renouvelle les mêmes condamnations. eussent évité les maux de tous genres dont ils ont été les victimes. en France. » En 1 7 5 1 . t\ tous et à chacun des lidùlcs de Jésus-Christ. libre-penseur et franc-maçon.. et les divers Etats où la Maçonnerie a pénétré. Plût ix Dieu que le cri d'alarme poussé par le Saint-Siège eut été entendu.. d'avoir l'audace ou la présomption d'entrer.

d'un Chubb. à 3i ans. et qui. Ainsi. mais celle qu'il se proposait. 3g liberté. 27 et 28. Voltaire avait été chassé de chez son père et de chez le procureur. de l'évêque Tailor. d'un Bolingbrocke enfin . châtié plus sérieusement encore par u n ofcier. dans la société d'un Toland. de lord Hébert de Cherbury. n'en demandait pas d'autre. » « Voltaire arrive à Londres. de Snnt^. mis à la Bastille et exilé de France. ses opinions parurent . Lepan. observe M. d'un Tindal. Ce fut là. avait essayé sur la religion les armes les plus affilées du ridicule . Ce n'était certainement pas avoir. qui vendait tour à tour sa plume aux amis et aux ennemis d e l à foi . d'un Antoine Collins. souffleté par u n comédien. dit notre historien. Socinien.que Voltaire acheva dese pénétrer des sentiments les plusirréligieux. ce fut dans la société de tous ces hommes devenus ses oracles. mais Thomas Chubb n'est pas de la religion de JésusChrist . d'un Wolston. peut-on répondre. dont l'impiété fut poursuivie et condamnée même en Angleterre.Il passa en Angleterre. qui disait : Jésus-Christ a été de la religion de Thomas Chubb. de lord Shafsterbury. où il passe les années 1 7 2 6 . malgré ses dignités dans l'Eglise. le Rabelais de l'Angleterre. de grandes dispositions à la philosophie . et dont les dernières paroles en mourant furent : Je vais dormir. renvoyé de la Hollande. avec ordre de sortir de France. le plus terrible des ennemis du christianisme. a u t e u r du Guide des douleurs .De la Franc-Maçonnerie. Dès ce moment.

m a i s . c o n t r e Y Infâme : c'est ainsi qu'il appelait la religion chrétienne et son divin F o n d a t e u r . semblable à u n g é néral en chef. c'est lorsq u ' i l y était engagé par la crainte. s^il existe. Enfin. Les devoirs ? ce sont les chaînes imposées par le d e s p o tisme. est sans rapp o r t avec D i e u . qui se s o u m e t t e n t à ses o r d r e s . elle est la cause de tout. Le baron d ' H o l b a c avait écrit : « U n aveugle fatalisme e n t o u r e des chaînes de la nécessité l ' h o m m e . Dieu l u i . Il les retint quelquefois avec p r u d e n c e . formée par les divers p e r s o n n a g e s ci-dessus n o m m é s . c o m m e la pierre b r u t e . L e b o n h e u r est dans tout ce q u i Halte les sens. La d o u l e u r . il se lie à tous les e n n e m i s de la religion. » T o l a n d était l'àme de la société des Free-Thin- kers ou Libres-Penseurs. en attendant q u ' i l s'affilie à la Maç o n n e r i e de F r a n c e et q u e . il c o m m e n c e c o n t r e le c h r i s t i a n i s m e u n e g u e r r e sans trêve .4o Le Secret fixées. et sa p r o p r e cause. De r e t o u r à P a r i s . p u i s q u e la société est c o r r o m p u e . le plaisir sont les u n i q u e s mobiles de toute la m o r a l e . o u plutôt la n a t u r e est D i e u . il faut se corr o m p r e p o u r t r o u v e r le b o n h e u r . l'espérance o u l'ambition. il lance l ' a r m é e des p h i l o s o p h e s i n c r é d u l e s . M a z u r e . la n a t u r e . » T e l l e s furent les maximes i m m o n d e s auxquelles . L ' h o m m e .m ê m e . Tout sca- ndant it à Vheure de la mort. Les b o u r r e a u x et les gibets sont plus à c r a i n d r e que la conscience et les dieux. Voltaire y fut adm i s avant de r e n t r e r en F r a n c e . c o m m e Ta observé M.

chez d'Alembert.en regardant la compagnie. fléchir que le premier auteur de cette grande Révolution est sans contredit Voltaire ». Voltaire.De la Franc-Maçonnerie 41 s'abandonna Voltaire. les cheveux lui dressèrent sur la tête . « Je suis las d'entendre répéter. il se promit d'écraser Vinfâme et se flatta d'établir une ère nouvelle dans les annales du monde.» U n lieutenant de police dit à Voltaire : « Quoi que vous écriviez. et j'ai envie de leur prouver qu'il n'en faut q u ' u n pour le détruire. il les prenait. il crut que le moment était venu de renverser les autels de l'Europe chrétienne . Dans un souper de ces philosophes. disait Voltaire.dit: t Messieurs. des Tindal et des Bolingbrocke. qu'entendant leurs infâmes propos. des Wolston. que douze hommes ont suffi pour établir le christianisme. « Les progrès de l'impiété causaient à Voltaire une joie qu'il ne pouvait plus contenir. Les observateurs éclairés prouveront à ceux qui savent ré-. . Et d'Alembert avoue. dans une de ses lettres. des Collins. écrit-il. vous ne parviendrez pas à détruire la religion chrétienne. » (Mazure.je crois que le Christsetrouveramalde cette séance ». mais il a fait tout ce que nous voyons. « Après avoir puisé dans les sources obscures que lui offraient les réformateurs du seizième siècle — en particulier Socin — il s'empara des blasphèmes des Toland. en écrivant la vie de Voltaire.) Condorcet. répondit-il. — Oest ce que nous verrons*. a pu dire de lui : « Il n'a point vu tout ce qu'il a fait.

courez tous sus kY infâme. mais comme je ne les ai pas. M. je lève les yeux au ciel et je crie : écrase^ Vinfâme ! » Toutes ses lettres à ses amis intimes finissaient par ces mots : Ecrasons Vinfâme ! Ecrase^ Vinfâme ! « Je finis toutes mes lettres par dire : Ecrase^ F infâme. cl vous m'appellerez hypocrite tant que vous voudrez». je sais bien ce que je ferais. habilement. vous devez faire pénitence toute votre vie de cesdeux lignes. ce que vous dites de B a y l e . je communierai à Pâques. il répond : « Si j'avais cent mille hommes. Voltaire s'était écrié avec transport : « Voilà une tête de l'hydre coupée . comme Gaton disait toujours : « Tel est mon avis. et on les prie d'inspirer pour Y infâme toute l'horreur qu'on lui doit . t Voltaire fit un jour les plus vifs reproches à son ami d'Alembert de ce que celui-ci avait écrit dans l'Encyclopédie. en parlant de Bayle : Heu* veux s^il avait plus respecté la religion et les mœurs J'ai vu avec horreur. Tandis qu'il faisait à la cour de Rome toutes ses protestations de respect p o u r PÉiîlisc. d'Argcntal lui ayant fait des reproches sur le scandale de ses contradictions. et qu'on détruise Carthagc ». Ce qui m'intéresse.. il écrivait à Damilaville : « Oncmbrasse les philosophes.. que ces lignes soient baignées de vos larmes ! » A la suppression de la Société des Jésuites.42 Le Secret pour les conseillers du prétoire de Pilate ». et l'avilissement de l'infâme: Delendaest Carlhago*. lui écrivait Voltaire. Alors le roi venait de réta- . c'est la propagation de la foi et de la vérité.

Q u i saura lire dans l'âme de cet h o m m e . puis t o m b a n t . p o u r l'outrager bientôt encore . et il signa de sa m a i n u n e profession de foi. « Le c u r é de Saint-Sulpice perça j u s q u ' à son lit et lui dit avec d o u c e u r ces propres paroles : ce M o n s i e u r de Voltaire. en effet. c o m m u n i a à Pâques de l'année s u i v a n t e . maître de ceux qui l ' e n t o u r a i e n t . » Les ecclésiast i q u e s sortirent. en déclamant avec v i o lence. M a r m o n t e l . son docteur.De la Franc-Maçonnerie.» Et il se confessa. « Q u a n d ils furent partis (raconte . le l e n d e m a i n il le reçoit en c o m m u n i a n t . tandis qu'il v o m i t le sang à g r a n d s flots et que T r o n c h i n .. la H a r p e . et V o l t a i r e . Il o r d o n n a q u e cette rétractation fût imprimée dans tous les papiers publics. après s'être brisé u n vaisseau dans la p o i t r i n e . il r e c o m m e n ç a la g u e r r e contre Jésus-Christ.. m a i s Voltaire était e n t o u r é de D i d e r o t . dans laquelle il d e m a n d a i t p a r d o n ù D i e u et à l'Eglise de ses offenses. 43 blir sa pension. u n j o u r . puis étendant la main et repoussant le c u r é . Il se relève. etc.v o u s l a divinité de Jésus-Christ »? Le m o u r a n t hésita u n m o m e n t . L'abbé Gaultier et le curé de Saint-Sulpice r e p a r u r e n t ace m o m e n t s u p r ê m e . il répondit : « Monsieur le c u r é . qu'il c o n t i n u a j u s q u ' a u j o u r où il fut frappé à mort par u n e cruelle m a l a d i e . déclare qu'il y a danger p o u r sa v i e : « Vite. r e c o n n a i s s e z . s'écrie-t-il. G r i m m . q u ' o n envoie chercher le prêtre. d o m i n é l u i . Rétabli.m ê m e par une vanité i m m e n s e ? A u j o u r d ' h u i il b l a s p h è m e contre le Christ. laissez-moi m o u r i r en paix. vous êtes au dernier terme de votre vie. de d'Al e m b e r t .

Le docteur Tronchin. Lepan.. R O U S S E AI:. Porcntruj'y 776*2. à ce que Voltaire reçût les visites et les exhortations du curé de Saint-Sulpice et de l'abbé Gaultier. Nous jugeons à propos. de Voltaire. le trouva dans des agitations affreuses. autant qu'ils le purent. en empêchant d'entrer dans sa chambre le curé de Saint-Germain. Ajoutons avec l'auteur de Y Histoire de Voltaire . Diderot et Marmontel. à la mort de d'Alembert. qui a raconte ce fait ù des personnes respectables. « Si je ne m'étais .» — Recueil des particularités curieuses de la vie et de la mort de M. Sans loi.44 l'historien). Voici l'épitaphe de Voltaire par un des siens : P l u s bel esprit que grand génie. Il est mort c o m m e il a v é c u . sans m œ u r s et sans vertu. Couvert de gloire et d'infamie. criant avec fureur : Je suis abandonne de Dieu et deshommes. il n'est pas possible de tenir contre un pareil spectacle. n'a pu s'empêcher de leur dire : « Je voudrais que tous ceux qui ont été séduits par les livres de Voltaire eussent été témoins de sa mort . nous avons cité d'Alembert. J. médecin de Voltaire. qui vint s'y présenter.*. de rappeler que Condorcet joua le même rôle en 1 7 8 3 . M. à l'instar de M. Dans le nombre. « O n a vu que des philosophes s'opposèrent.-J. Tronchin.

ce q u e n o u s a v o n s dit. année de sa m o r t . se m o n t r a religieux à la fin de ses j o u r s . près de P a r i s . de T e r s a c . dans u n cachot où il avait été jeté. // faisait le plongeon. et par eux et leurs écrits. retenu par des plaies aux jambes. Je 3 1 décembre 1 7 9 9 .l a . 2* . effrayés de ces visites.S u l pice . N o u s p o u r r i o n s citer à l'appui de cette thèse mille autre témoignages. aussi multipliés q u e r é p a n d u s à profusion.De la Franc-Maçonnerie. T o u s les détails que n o u s venons de d o n n e r p r o u v e n t m a l h e u r e u s e m e n t . il les termina. à lui seul. à B o u r g . dans u n e retraite modeste qu'il avait achetée au h a m e a u d'Ableville. 45 pas trouve là (a dit Condorcet). jusqu'à l'évidence. les adeptes de la philosophie. l i b r e s . et le projet de détruire le christianisme. il a c o r r o m p u son siècle et le m o n d e . à savoir : q u e le secret de la secte n'est pas autre q u e la h a i n e de J é s u s C h r i s t . curé de S a i n t . mais nous n o u s en a b s t i e n d r o n s . Diderot resta longtemps chez lui. il a fait à son image ceux q u i l'ent o u r a i e n t .R e i n e . r é s u m e la société française depuis 1 7 2 8 jusqu'en 1 7 7 8 . et reçut plusieurs fois M. il s'était e m p o i s o n n é le 28 mars 1 7 9 4 . Voltaire. t r o u v è r e n t m o y e n de les empêcher jusqu'à sa mort. Q u a n t à C o n d o r c e t . p l u s h e u r e u x . auprès de Voltaire. » L'année suivante. arrivée le 2 juillet 1 7 8 4 . M a r m o n t e l .p e n s e u r s et francs-maçons. T e l l e fut la fin des q u a t r e personnages qui ont le p l u s m a r q u é . près de G u i l l o n . dans la m o d e r n e philosophie.

il nous suffira de citer quelques passages des écrits de Wcishaupt lui-même. il les façonna. dans ces premiers grades. dont nous avons parlé déjà ailleurs. nous avons commencé par vous dire que. Il était âgé de trente ans quand mourut Voltaire. que dès les premières invitations que nous vous avons faites pour vous attirer parmi nous. Doué d'un profond génie d'organisation.4 Le Secret Adam Wcishaupt fonde rilluminisme allemand. avec laquelle il s'est identifié pour ne faire qu'un : la haine de Jésus-Christ et le projet de détruire le christianisme. il se servit des matériaux amassés par la secte maçonnique depuis Socin jusqu'à lui . disait-il à ses adeptes. P o u r le prouver. « Souvenez-vous. . nous vous avons parlé de morale et de vertu . A la même é p o q u e . c ' e s t . Le secret de r i l l u m i n i s m e allemand est celui de la Maçonnerie. il n'entrait aucune intention contre la religion . et pour achever d'en faire un être moral complet.à . naquit en Allemagne Adam Wcishaupt. Souvenezvous aussi combien. dans les projets de notre ordre.d i r e le Panthéisme. souvenez-vous que cette assurance vous a été donnée de nouveau quand vous avez été admis aux rangs de nos novices. qu'elle vous a été encore répétée lors de votre entrée à notre Académie mincrvalc. il donna pour âme à ce corps la doctrine de Spinosa .

n o u s les avons fait éclore de vous-mêmes c o m m e vos propres o p i n i o n s . en vous faisant l'éloge de notre religion. par exemple. n o u s savions assez à q u o i n o u s en tenir . si la r e l i g i o n p u r e et simple du Christ était celle q u e professent a u j o u r d ' h u i les différentes sectes. si les religions des peuples remplissaient le but p o u r lequel les h o m m e s les ont adoptées . de la n a t u r e . et de la religion. faire la r e l i g i o n . N o u s avons eu bie. n o u s avons su vous prévenir qu'elle n'était rien m o i n s que ces mystères et ce culte dégénéré entre les m a i n s des prêtres. de la r a i s o n . Q u a n d n o u s vous d e m a n d i o n s . et de la m o r a l e . c o m b i e n . Souvenez-vous avec q u e l art. de VEgalité ^ de la Liberté. 47 mais c o m b i e n les études q u e n o u s vous prescrivions et les leçons q u e n o u s v o u s d o n n i o n s rendaient et la vertu et la morale indépendantes de toute religion. avec quel respect simulé nous v o u s a v o n s parlé du C h r i s t et de son E v a n - gile. celle de la n a t u r e . v o u s avez r é p o n d u à nos q u e s t i o n s bien plus que n o u s aux vôtres. faire celui de notre raison.i des préjugés à v a i n c r e chez v o u s . la morale des Droits de Vhomme. dans vos grades à?Illuminé majeur. de Chevalier écossais et d'Epopte ou prêtre . mais il fallait savoir a quel point n o u s avions réussi à faire g e r m e r en v o u s nos sentiments. de cet E v a n g i l e . avant de vous p e r s u a d e r q u e cette p r é t e n d u e religion d u . Souvenez- vous q u ' e n v o u s i n s i n u a n t toutes les diverses parties de ce système.De la Franc-Maçonnerie. N o u s v o u s avons mis sur la v o i e . c o m m e n t nous avons s u . de la m o r a l e .

la fable des Francs-Maçons longtemps en possession d e l à véritable doctrine. ne sont qu'une pieuse fraude que nous nous réservons de dévoiler dans le grade de Mage ou de Philosophe illuminé.qu'elles sont également toutes fondées sur le mensonge. la chimère et l'imposture : VOILA NOTRE SECRET. que devonsnous penser des autres religions? Apprenez donc qu'elles ont toutes les mêmes fictions pour originc. les éloges qu'il a fallu donnerait Christ et à ses prétendues écoles secrètes. souvenez-vous que la fin légitime les moyens. à l'effet de délibérer sur la doctrine que la Franc-Maçonnerie adopterait pour s'unifier. » Remarquons bien q u ' u n e assemblée. de l'imposture et de la tyrannie. De sorte . aujourd'hui seul héritier de ses mystères. et notre Illuminisme.48 Christ n'était que l'ouvrage des prêtres.ne vous étonnent plus en ce moment. tant admiré. ceux que nous prenons pour délivrer un jour le genre humain de toute religion. Si pour détruire tout christianisme ^ toute religion. que le sage doit prendre pour le bien tous les moyens du méchant pour le mal. à Wilhcmsbad. les promesses même qu'il a fallu vous faire. Ceux dont nous avons usé pour vous délivrer. dans le Hanau. nous avons fait semblant d'avoir seuls la vraie religion. » « Les tours et les détours qu'il a fallu prendre. sous ce rapport. Terreur. S'il en est ainsi de cet Évangile tant proclame. et que ce fut celle de l'Illuminismc allemand qui fut adoptée. ou convent universel. s'est tenue en 1 7 8 1 .

et que cette division nuisait beaucoup à leur action. Wilhemsbadj dans le H a n a u . et arriver plus sûrement et plus vite au but commun : une révolution universelle. . plus d'ensemble dans la marche. étaient divisées comme les sectes protestantes. le Père Deschamps. nous dit que les sociétés maçonniques. la divinité de Jésus-Christ est une chimère pour les francs-maçons. dans ledit convent. revu par M. pour mettre plus d'activité dans les travaux. de toutes les parties de l'Europe. généralement. fut choisi pour le lieu de la réunion. Parlant de ce convent. près de la ville de ce nom. soit par la variété des sectes dont elle se composait. aucune encore n'avait approché de celle de Wrlhemsbad . dans son ouvrage magistral :Les Sociétés secrètes. < On réc solut donc. dit-il. décision suivie et gardée jusqu'à nos jours par les diverses loges maçonniques de l'univers entier. et à deux ou trois lieues de Francfort-sur-leMcin. De toutes les assemblées générales tenues depuis vingt ans par les francs-maçons. d'en venir à une réunion ou convent général de députés de tous les rites maçonniques de l'univers. Claudio Janct. fait loi dans la secte. du fond de l'Amérique et des confins même de l'Asie . E n conséquence. Donc en 1 7 8 1 .De la FranC'Maçonnerie. avant 1 7 8 1 . sous l'inspiration secrète de Wcishaupt et sur la convocation officielle du duc de Brunswick. et le christianisme est un édifice qu'il faut au plus tôt détruire. soit par le nombre des élus. 49 que la de'cision prise en 1 7 8 1 .

réunis dans le même antre. le plus habile de ses adeptes. on ne sait a quel titre. soit en partie. u n e haute prépondérance sur les loges d'Allemagne. l'assemblée de Wilhcmsbad nomme bientôt en effet chef suprême de toute la Maçonnerie. le président du convent des Gaules. Elle était en quelque sorte considérée. « Les loges Martinistes avaient député à Wilhcmsbad. et par Dittfurt. qu'avec leur appui et à leur instigation sans doute. écrit le Père Deschamps. Ils avaient surtout pour émules les députés de r i l l u m i n i s m e français ou Martinisme de Lyon. dit Clavel. et par les ateliers qui admettaient. comme la loge-mère de l'association. c Cependant. soit exclusivement. \ de Villermoz. ayant acquis. même par les différentes fractions de la stricte observance. négociant lyonnais. avec Saint-Martin lui-même. Il venait de tenir lui-même u n e grande assemblée à Lyon sous le nom de Convent des Gaules. » Wcishaupt se fit représenter au convent par Knigge. dit Barruel. et où il avait projeté de choisir pour chef le duc Ferdinand de Brunswick.5o Le Secret étaient accourus les agents et les députés des sociétés secrètes. C'était en quelque sorte tous les éléments du chaos maçonnique. à Lyon. et La Chape de la H e u - . leur loge centrale. F . dite des Chevaliers bienfaisants. le système templier. rilluminisme français ou le Martinisme n'était point resté oisif devant ce travail de r i l l u m i n i s m e bavarois.

et Barruel. et dont celui des Gaules n'avait été que le précurseur. les Chevaliers bienfaisants. en particulier. dit Barruel. ajoute le P. nous en donne les détails.De la Franc-Maçonnerie 5i zicrc. figura dans le titre même de la réforme. « Forts de la protection du vainqueur de Creveld et de Minden. » Si le lecteur se demande comment on a pu connaître tous ces renseignements sur les sociétés secrètes. ajoute Clavel. n'épargnèrent rien. Deschamps. Lecoulteux de Canteleu. Saint-Martin et La Chape de la Heuzière. les députés Martinistes au congrès de Wilhemsbad. sans le grand nombre de députés déjà gagnés par Knigge (avec lequel cependant ils s'entendirent et s'allièrent). dit M. ils furent appuyés. les historiens de cette époque nous fournissent la réponse. et leur victoire eût été infailliblement complète. un événement. y exerça la plus grande part d'influence. » « T o u s ces envahissements de la Maçonnerie par le Martinisme et r i l l u m i n i s m e de W e i s haupt sont également attestés par Barruel. ménagé par la Providence . résumés par le Père Deschamps. et le nom de sa loge-mère. Ferdinand de Brunswick. et eux et leurs agents. dont ce prince était président. dans les termes suivants : c E n Allemagne. avec l'addition: de la cité sainte. qui avait sourdement provoqué ce convent. ses doctrines dominèrent dans les nouveaux rituels. Le Martinisme. pour y t r i o m p h e r . Aussi ses loges adoptèrent sans exception le régime rectifié qui fut substitué à la Maçonnerie de Saint-Martin.

de voyager en Silésie.52 c o m m e un dernier avertissement aux m o n a r c h i e s . n o m m é L a n z c . q u e la cour de Bavière fit i m p r i m e r sous le titre Ecrits ori- ginaux de Vordre et de la secte des illumines.M a ç o n n e r i e p r o p r e m e n t dite. ainsi q u e dans le château de C h a n d c r d o r . d o n t on ne s o u p ç o n n a i t pas même l'existence. dès qu'ils en avaient c o n n u toute l ' h o r r e u r . r é l e c t e u r de Bavière. a Mis s u r la trace. le conseiller a u l i q u e U t s c h n e i d e r et l'académicien G r ù n b e r g e r . U n m i n i s t r e p r o testant. L e i i octobre 1 7 8 6 . i n q u i e t des menées souterraines de ce qu'il croyait la F r a n c . en qualité d ' i l l u m i n é . Les i l l u m i n é s . o r d o n n a la fermeture de toutes les loges. O n t r o u v a s u r lui des i n s t r u c t i o n s par lesquelles il constait q u ' i l était chargé. q u i s'étaient retirés de l'ordre. à L a n d s h u t . Les abbés C o s a n d e y et R e n nes. refusèrent d'y o b t e m p é r e r . O n y découvrit tous les papiers et toutes les archives des conjurés. E n o u t r e . le g o u v e r n e m e n t procéda à u n e e n q u ê t e sévère. firent u n e déposition j u r i d i q u e . Le hasard fit d é c o u v r i r la secte. La jalousie (it éclater u n e r u p t u r e violente entre W c i s h a u p t et Knigge. de visiter les loges et de s'enquérir entre autres de l e u r o p i n i o n s u r la persécution des francs-maçons en Bavière. faillit i n t e r r o m p r e le progrès de la secte. la justice fit u n e visite d o m i c i l i a i r e dans la m a i s o n de Zwach. . appartenant à l'adepte b a r o n de Bassus. fut frappé de la foudre en juillet r 7 8 5 . se croyant déjà assez forts p o u r résister à r e d i t de l'électeur.

le prince de Saxe-Cobourg-Gotha.De la Franc-Maçonnerie. 53 Etrange aveuglement des princes! L'appel de l'électeur de Bavière ne (ut pas entendu. Puisque l'Italie était le berceau de la secte maçonnique . le pasteur Munier. où les semeurs de fausses doctrines étaient . ainsi que nous l'avons montré en parlant de l'Académie de Vicence et. tome II. il était naturel que la société des maçons y eût son centre et reçût d'elle le mouvement. des Socins. il put continuer à diriger l'ordre. » M. Il n'en fut pas ainsi : Socin Lœlius et Fauste. De là. et la Maçonnerie a peuplé de Cobourg les trônes de l'Europe. Léon P a g e s . Voir : Les Sociétés secrètes. » E n note. i 3 . La Franc-Maçonnerie en Italie — Cagliostro/b/zdateur du Rite de Misraïm ou Rite Egyptien. en particulier. lui promit de l'en récompenser. président du consistoire de Genève. qui lui donna une place honorifique et lucrative. car tous les chefs de la secte trouvèrent une protection déclarée dans tout le reste de l'Allemagne. L'interdiction de Tordre des illumines dans l'électorat et dans l'empire d'Autriche fut sans portée. Le roi de Prusse se refusa à toute mesure contre eux. que W c i s haupt. ayant trouvé un asile chez le prince de Cobourg. p. Weishaupt se retira chez vin de ses adeptes. Valmy . furent obligés de quitter leur pays. on lit : « Nous avons entendu dire par M . son neveu. page 1 1 2 .

P a r m i les c i m é l i u m s de la M a ç o n n e r i e se t r o u v e u n e médaille frappée à Florence. année où elles décernèrent u n e médaille a Martin F o l k c s . c o m m e n t cette société ténébreuse pénétra en Italie. dit-il. rendez-vous d ' u n si grand n o m b r e d'étrangers. et les gouv e r n e m e n t s pénétres et armés de ce principe d e m a n d a i e n t a l'Eglise de leur signaler les d o c t r i n e s e r r o n é e s . en l'honn e u r du grand m a î t r e le duc de M i d l e s e x . César C a n t u . ces guerres qui ont ensanglanté l ' E u r o p e . il y avait des loges en 1 7 4 2 . n o m m é par la loge principale d'Angleterre. m i e u x défendues p a r leurs i n s t i t u t i o n s q u c l c s autres n a t i o n s .u n s : « O n ne sait pas d ' u n e m a n i è r e certaine. ces trois pays n'avaient q u ' u n g r a n d maître p r o v i n c i a l . mais elles d e m e u r è r e n t secrètes jusqu'en 1 7 8 9 . en dehors d c T J l a l i e c l de l ' E s p a g n e . E n 173<). ces r é v o l u t i o n s .54 traités c o m m e le sont a u j o u r d ' h u i p a r m i n o u s les fabricants de fausse m o n n a i e . elle fut i n t r o d u i t e en Savoie. dans son ouvrage : LVieresie dans la Révolution — page 45 — nous fournit de précieux renseignements à ce sujet.M a ç o n n e r i e . dont la prédication p o u v a i t diviser les esprits et fomenter ces troubles. en 1 j3 3. E n voici q u e l q u e s . et à juste titre. président de la Société royale de L o n d r e s . O n pensait alors. » Si Ton ignore de quelle manière la M a ç o n n e r i e . dans le P i é m o n t et en Sardaigne . C e p e n d a n t Tltalic ne d e m e u r a pas c o m p l è t e m e n t étrangère à la F r a n c . que T e r r e u r religieuse est plus p e r n i cieuse à une société que le faux a r g e n t . A R o m e .

en qualité de membres de loges étrangères.. tombée en sommeil depuis quelque temps. En 1 7 6 7 . et que les loges ne demeurèrent pas tellement secrètes qu'elles aient pu échapper à la vigilance du Saint-Siège. gémissaient de vivre au milieu des ténèbres. c'est-àdire en i J 3 8 .55 pénétra en Italie. un moribond par scrupule deconscience.. et un adepte. laquelle correspondait avec l'Allemagne. il est facile au lecteur de voir que la secte est d'importation anglaise. qui mourut le 15 juin 1 7 7 1 . dit César Cantu. puisque ClémentXII les condamna par une lettre apostolique datée de la huitième année de son pontificat. en 1 7 5 6 . le 6 novembre 1787^. par cinq Français. révélèrent son existence et firent connaître le grand prieur du royaume. en Italie comme en France. < Naples eut diverses loges. à qui la société avait supprimé les larges subventions qu'elle lui accordait. a La loge des Amis sincères de la Trinité du Mont y fut fondée. un Américain et un Polonais q u i . » « La loge de Rome fut d'abord indépendante. Cette condamnation et les termes qui l'expriment prouvent bien que la Maçonnerie n'avait pas changé de doctrine. sous son grand maître le prince de Clermont. qui toutes se fusiont nèrent. le 24 décembre 1 7 7 2 . en remplacement de la Grande-Loge de France. puis elle se fit conférer une institution régulière par le Grand-Orient de France » — créé luimême. en une loge nationale. le . d'après Ragon.

— C'est sans doute une faute d'impression. à l'époque où C r o m w e i r fonda une chambre de quatre secrétaires et sept assesseurs. on en emporta tout cet attirail mystique et burlesque de crânes. de Naples. et qu'il fallait compter les adeptes par millions. quoique improbable. avec un assesseur par province. puisque Socin est mort en 1 6 0 4 . Celui-ci fut arrêté . un par nation . Les vigilants inquisiteurs d'Etat en furent informés par un rouleau de papiers que Jérôme Julian oublia dans une gondole. exposa la fin et les moyens de l'association. la Maçonnerie remontait à cent soixante-cinq ans en arrière. mais au même instant le feu fut mis à son palais . assura qu'il y avait soixante-quatre mille maçons dans la seule ville de Naplcs. les rétablit . « Q u o i q u ' i l en soit. des négociants s'y alîilièrent. le peuple Tétcignit. Aussitôt la loge près Saint-Simon-le-Grand fut envahie pendant qu'il n'y avait personne.56 Le Secret duc de San Severo. Le duc ne nia rien. des loges furent ouvertes dès l'origine de la secte. mais on en prescrivit la fermet u r e e n 1 7 8 G . — Cependant la chose. » a A Venise. en sorte que Ton put saisir la correspondance. des abbés. de . est possible. et qu'il a pu plaire à quelqu'un de ses adeptes de venir implanter la secte maçonnique à Venise. un certainScssa. chaque nation était subdivisée en cinq provinces. — Le livre p o r t e : 1 6 8 6 . des nobles. » Cantu ajoute: « Suivant une notice publiée alors avec l'i ncertitude don tétaient enveloppées les sociétés secrètes.

De la

Franc-Maçonnerie.

5?

compas, de pentagones, de tambours, de truelles, de tabliers, et Ton brûla le tout en présence du peuple, qui crut à un sabbat. On défendit alors les loges, non seulement ù Venise, mais à Padoue et à Vicence, sans pourtant sévir contre les affiliés, peut-être parce qu'ils étaient trop nombreux et trop puissants ; ils ne tardèrent pas, du reste, à se rallier et à conspirer pour la destruction de la république. » Remarquons, ici, que la Maçonnerie ne s'offre pas seulement avec le caractère de haine directe et personnelle contre Jésus-Christ, mais aussi avec une opposition réelle et un mépris formel de la vérité chrétienne. A l'appui de cette proposition, nous citerons une page très instructive de César Cantu, qui ne laisse pas que d'avoir sa note gaie : < Observons, avant d'aller plus loin, dit-il, c qu'avec la disparition des vraies doctrines, la superstition grandit en Allemagne et en France d'une manière surprenante : c'est que l'aspiration aux réalités idéales est si bien dans la nature de l'homme, que, plutôt que de renoncer à l'espérance, cette divinité suprême, il se jette tête baissée dans les sciences occultes. On vit donc apparaître de nouveaux thaumaturges : on avait tourné en ridicule la métaphysique, on avait coupé les ailes aux aspirations légitimes de l'ame; mais, ne p o u vant se contenter d'une philosophie sans idéal, on ajouta foi aux charlatans, ou bien l'on recourut au merveilleux, pour se soustraire aux sévères

Le Secret
leçons de la vérité. Quelques-uns de ces hiérophantes étaient des mystiques, comme Swedenborg, Lewater, Saint-Martin ; d'autres des révolutionnaires, comme Wcishaupt, Knigge, Bode ; d'autres des charlatans et des fourbes, comme Jean-Georges Schropfer, un garçon d'hôtel qui parvint à fasciner des ministres, des diplomates et des princes, au moyen d'opérations thaumaturgiques, jusqu'au moment où, se voyant reconnu pour u n véritable escamoteur, il se tua. Peu de siècles furent aussi sottement crédules que le dix-huitième: la grande cilé des philosophes fut pleine de démons, de vampires, de sylphes, de convulsionnaircs, de magnétiseurs, de cabalistcs, de rose-croix, d'évocatcurs, de fabricants d'élixirs de longue vie. Le marquis de SaintGermain, que servait une mémoire vaste et tenace, traitait les grands, les savants, la société, avec le plus grand sans-gène, débitait les contes les plus bizarres, se disait le témoin oculaire des événements les plus éloignés ; il avait connu David, avait assisté aux noces de Cana, chassé avec Charlemagne, bu avec Luther, et les Parisiens le croyaient. Il était, à ce que l'on pense, fils du prince Rakasky de Transylvanie : il voyageait également beaucoup en Italie, se donnant successivement pour le marquis de Montfcrrat et le comte de Bellamare à Venise, pour le chevalier Schoning à Pisc, pour le chevalier Wedon à Milan, pour le comte Sollikof à G ê n e s ; il rappelait souvent ses aventures d'Italie et d'Espagne;

De la

Franc-Maçonnerie.

il fut puissamment protégé par le dernier grandduc de Toscane, dont il avait fait un initié. » « Ici se place, écrit le P . Deschamps, de 1780 à 1789, un curieux épisode de l'action des sociétés secrètes : l'intervention du fameux Cagliostro, qui depuis longtemps était un de leurs agents les plus habiles... Nous avons dit que la Maçonnerie comptait, entre autres origines, la Kabale. Les pratiques cabalistiques, jointes aux rêves de l'alchimie, avaient au xvin siècle, en pleine lumière philosophique, autant d'adhérents qu'au xv . L'histoire de la Maçonnerie à cette époque est remplie de récits des réunions de loges de Kabalc. Des supercheries de tout genre s'y mêlaient à des prestiges démoniaques, dont il est impossible de contester la réalité. Ainsi en est-il dans le spiritisme moderne, dont nous avons signalé la liaison avec la Franc-Maconneric (livre i*r, ch. n, § 9). La Maçonnerie cabalistique exerçant une fascination toute particulière sur certains esprits, Cagliostro eut pour mission de la propager. Nous allons raconter cet épisode de l'histoire de la Révolution, en faisant remarquer que la Maçonnerie ne peut pas se dégager de la solidarité de ce personnage, chez qui le charlatan se joignait au possédé, car le Rite de Misraïm ou Egyptien, dont il est fondateur, n'a jamais cessé de faire partie de l'orthodoxie maçonnique. « Né à Palerme en 1 7 4 3 , Balsamo, qui changea plus tard son nom en celui de Cagliostro, après voir parcouru une grande partie de l'Orient, dec c

6o

Le Secret

vint l'agent voyageur du double Illuminisme français etaUemand auquel Pavait initié Saint-Germain, et qu'il rendait plus attrayant encore par l'alchimie, la cabale et les secrets médicinaux, magiques et fantasmagoriques qu'il y mêlait. Il parcourait, présidant en secret ou bien ouvertement les loges, en fondant de nouvelles, l'Allemagne, lTtalic méridionale, l'Espagne, puis l'Angleterre, toujours accompagné de Lorenza, femme remarquable par sa beauté, qu'il avait épousée dans son premier voyage à Rome, et qu'il avait façonnée à tous les genres de séduction. De là il passait à Venise sous le nom de marquis Pclligrini, et traversait de nouveau l'Allemagne pour s'entendre avec les chefs des sociétés secrètes, et retrouver le comte de Saint-Germain dans le Holstein, d'où il partait pour Courlande et Saint-Pétersbourg, avec la riche cargaison qu'il avait amassée. Il quittait bientôt la capitalede laRussie, avccvingtmille roubles de plus, don de l'impératrice Catherine, la correspondante de Diderot, de Voltaire et de d'Alembert, et la grande protectrice des loges maçonniques qu'il avait fondées dans cette ville, ainsi qu'à Mittau, pour les hommes et pour les femmes. C'est alors qu'il parut à Strasbourg précédé d'une réputation extraordinaire, et muni d'un brevet de colonel délivré par le roi de Prusse. Il y fonda de nouvelles loges et y lit de nouveaux prosélytes. De là il se rendit à Lyon, où il fut reçu avec de grands honneurs par la loge de la Stricte obser* vanec ; il y fonda avec un luxe extrême celle de

Mais bientôt c o m p r o m i s d a n s l'affaire du Collier. la Sagesse triomphante. et prédisait la R é v o l u t i o n . et arriva enfin à Paris p o u r la seconde fois. et q u e . E t dire q u e Cagliostro d o m i n a i t l ' E u r o p e ! q u ' i l fondait partout des . il se rendit ù Bordeaux. qui devait 61 devenir la mère de toutes les a u t r e s . sans excepter ses saturnales. mis a la Bastille. où il annonçait l'œuvre et la réalisation des plans des sociétés secrètes. C'est la qu'il rédigea — 1 7 8 7 — cette lettre célèbre a u p e u p l e français. le secret de la M a ç o n n e r i e égyptienne est le même q u e celui de r i l l u m i n i s m e a l l e m a n d et français. c'est-a-dire la négation de la Révélation c h r é t i e n n e et les orgies intellectuelles d u p a g a n i s m e . De L y o n . il n'en sortit q u e p o u r passer de n o u veau en A n g l e t e r r e . q u e celui de la M a ç o n n e r i e anglaise : c'est du socinianisme à haine dose. où il resta onze mois à organiser les loges m a ç o n n i q u e s . il fascina en q u e l q u e sorte p a r s o n é l o quence et ses prestiges les frères ébahis. q u i abolirait les lettres de cachet. Ce f u r a l o r s qu'il fonda u n e m è r e loge d ' a d o p t i o n o u de femmes de la h a u t e M a çonnerie égyptienne.De la Franc-Maçonnerie. ni les mystères de la b o n n e déesse. dans u n e séance solennelle o ù les 7 2 loges de P a r i s avaient envoyé des députés. p u i s dans son logis môme une seconde p o u r ses disciples les plus instruits et les p l u s sûrs . c o n v o q u e r a i t les Etats g é n é r a u x et rétablirait la vraie religion ou le culte de la raison. P h i l i p p e . la destruction de la Bastille et de la monarchie. » O n le voit.É g a l i t é . et l'avènement d ' u n p r i n c e .

dit M. Louis Blanc. On vit afllucr vers lui. et mettaient à lui obéir un empressement plein de ferveur. rappelle naturellement au lecteur la scène de l'Evangile où Satan transporte le Fils de Vliomme sur une haute montagne. On voulait avoir son portrait sur des médaillons. savants . et taillé en marbre.Le Secret loges ! qu'il donnait son nom au Rire de Misraïm ou Rite Egyptien. maître auguste. nobles de race et nobles d'épéc. décrivant la gloire. Mais Cagliostro était doué de puissants moyens de séduction . Louis Blanc. » Ces paroles de M. son buste fut mis dans des palais avec cette inscription : Le divin Cagliostro. maçon du rang le plus élevé. sur des éventails . » « Ceci vaut qu'on le note dans l'histoire des aventures dcVesprit humain. il fut décidé qu'on se servirait de lui. princes . coulé (2ii bronze. Ses disciples ne l'appelaient que père adoré. tels que le duc de Luxembourg et des hommes d'un mérite reconnu. Il put compter au nombre de ses partisans des personnages du plus haut rang. avait t o u jours professé beaucoup de mépris pour les ruses de l'alchimie et les frauduleuses hallucinations de quelques rose-croix. dit encore M. Louis Blanc. tels que le naturaliste Ramond. . mêlés à des gens du peuple et à de simples ouvriers . il se fit autour de Cagliostro un bruit qui ressemblait à de la gloire. encore suivi aujourd'hui par le monde maçonnique ! Quelle paternité ! « Wcishaupt. la puissance et la folle admiration du monde pour Cagliostro.

Par la régénérations m o r a l e . et nous. il p r o c u r a i t aux adeptes u n pentagone. et de lui c o m m u n i q u e r la puissance qu'il avait avant la c h u t e de notre p r e m i e r père. ou feuille vierge. E c o u t o n s l'illustre maçon Clavel nous parler de C a g l i o s t r o . L'esprit de vérité est avec l ' E g l i s e .dit-il.—c'est ainsi q u ' e n loge c s'appelait C a g l i o s t r o . il lui dit : Si. Par la régénération p h y s i q u e . tombant à mes pieds. et qui consiste partic u l i è r e m e n t ù c o m m a n d e r aux purs esprits. Mais le sujet est t r o p instructif p o u r l ' a b a n d o n ner si vite. — Il y a vraiment dans Thistoire de l'esprit h u m a i n des choses qui ne s'expliquent q u e par des puissances mystérieuses. au n o m b r e de sept. Ces explications. Ces esprits. tu ni" adores je te donnerai tous ces empires. l'esprit d ' e r r e u r avec les autres. à l'enseignement infaillible de l ' E g l i s e . ù son t o u r : o Le g r a n d Cophte. — p r o m e t t a i t à ses sectateurs de les c o n d u i r e à la perfection. les spirites les demandent aux tables t o u r n a n t e s . sur laquelle les anges ont gravé l e u r chiffre et l e u r s sceaux. à l'aide de la régénération physique et de la régénération morale.63 puis. a Les h o m m e s et les femmes étaient a d m i s aux . entourent le trône de la D i v i n i t é et sont préposés aux gouvernements des sept planètes. lui m o n t r a n t les divers royaumes d e l à terre. ils devaient t r o u ver la matière p r e m i è r e ou la pierre philosophale et l'acacia qui m a i n t i e n t l ' h o m m e dans la force de la jeunesse et le rend i m m o r t e l . et d o n t l'effet est de r a m e n e r l ' h o m m e à l'état d'innocence.

et quoiqu'il y eût une Maçonnerie distincte pour chaque sexe.oui ou non.64 mystères du rite égyptien . prières. par le F . Pagnerre. il ajoute quelques paroles sacramentelles. « Dans le rituel de la réception aux deux premiers grades. après quoi la colombe ou pupille. les néophytes se prosternaient à chaque pas devant le Vénérable comme pour l'adorer. voit les purs esprits. et leur montrent dans une carafe pleine d'eau et entourée de plusieurs bougies allumées ce qu'ils doivent répondre aux interrogations curieuses qui leur sont faites sur des choses cachées ou fort éloignées. en prolongeant le souffle jusqu'au menton .qui doivent être ici un jeune garçon ou une jeune tille dans un état d'innocence parfaite. des sept esprits. — C'est toujours Clavel qui parle. fumigations. c'est le nom donné à ces médiums. des anges primitifs. » — Histoire pittoresque de la Franc-Maçonnerie et des sociétés secrètes. évocations de Moïse. 3 édition. qui leur d é clarent si les candidats présentés sont. encensements. dignes d'être reçus. César Cantu parle longuement aussi de Cagliostro : « Annoncé par des affiches apocalyptiques et par e . 1844. \ Clavel.cependant les formalités étaient à peu près les mêmes dans les deux rituels. Le Vénérable leur soufHe sur le visage. qui sont censés apparaître et répondre (comme dans le spiritisme) par des médiums. — Ce ne sont ensuite qu'insufflations. exorcismes. pages 175 et s.

écrit-il. de docte et d'influent. se prosternaitdevant les rosecroix .. révèle le génie. chassé enfin de partout. un caractère emporté. aucune politesse dans les manières. où Ton est sûr que toute espèce de nouveauté. mais où l'on admettait les évocations d'esprit de Gossner. orgueilleux. avec . Pendant quelque temps. puis de quitter la Suisse.De la Franc-Maçonnerie. Il connaît presque toutes les langues de l'Europe et de l'Asie . » « Bordes.. il entraîne même dans les choses qu'il connaît le moins ». prit un appartement somptueux. les puissances invisibles de Lewater. dans ses Lettres sur la Suisse. où se donna rendez-vous tout ce qu'il y avait de riche. que Cagliostro avait les yeux de travers. excite momentanément l'enthousiasme. son éloquence étourdit. » Obligé de fuir d'Angleterre. les conjurations de Cazotte. Venise. on ne parla que de lui dans la grande ville. de beau. il arriva à Paris. C'était l'époque où la raison. aucune correction dans son langage. le corps difforme. où l'attirait le désir de revoir sa patrie. en 1789. il se flatta de trouver plus facilement des dupes à Rome. Cagliostro essaya vainement de recommencer son rôle habituel : il fut pris par le Saint-Office. ses yeux de feu lisent au fond des âmes. T u r i n . aucune grâce. 65 les journaux. Sa femme l'entraînait aussi de ce côté. dominateur. dit-il. d'extravagance. révoltée contre D i e u . ne peut se lasser de l'admirer : « Son aspect. où l'on niait les miracles. le regard effaré. dit Cantu. avec une table magnifique. — O n sait pourtant .

Voyant alors qu'il est le fondateur d'un rite encore aujourd'hui suivi dans la société maçonnique. on n'entendit plus parler de lui. on en fasse une des saintes victimes de la tyrannie romaine. d'un jour à l'autre. devait être traité comme nous l'avons fait. Il se montra change et repentant. Les Jacobins le mirent au nombre des martyrs de l'Inquisition. On instruisit son procès. dit Cantu. Il avoua tout. tous ses symboles ettous ses livres. « Enfermé au fort San-Léo. Son manuscrit auquel il avait donné ce titre : La Maçonnerie égyptienne.c'est pourquoi il ne fut pas livre au bras séculier. fut solennellement réprouvé et brûlé publiquement avec les insignesde la secte . espérant s'échapper sous le couvert de sa robe. dit Cagliostro. » Que le lecteur ne s'étonne pas du soin que nous avons pris de lui peindre Cagliostro. c'est-à-dire qu'il évita la mort. avec une mention particulière du Rite Egyptien et des Illuminés (7 avril 1791). Cagliostro ne ht plus de miracles. mais qu'il se souvienne plutôt du rôle important joué par ce personnage étrange. Arrêtons-nous ici pendant quelques instants. Il demanda à se confesser et tenta d'étrangler le capucin qu'on lui avait envoyé. Surveillé de plus près à partir de ce moment. et demandons à quelques écrivains de cette même . il comprendra qu'en vertu de cette paternité. Joseph Balsamo. dans l'histoire de la Maçonnerie. les Francs-Maçons furent de nouveau condamnés. et je m'attends à ce que.66 Le Secret tous ses papiers.

G J'ai eu. J'ai observé les progrès de ces doctrines se mêlant et se liant de plus en plus étroitement aux différents svstemcs de la Maçonnerie. et j'ai remarqué que les personnages qui ont l e p l u s d e p a r t à la Révolution française étaient membres de cette association . qu'elle travaille toujours sourdement. secrétaire de l'Académie d'Edimbourg.De la Franc-Maçonnerie. ourdies dans les assemblées secrètes des illuminés et des francsmaçons. Je me suis convaincu qu'elle existe toujours. J'ai vu cette association répandre ses systèmes avec un zèle si soutenu. enfin j'ai vu se former une association ayant pour but unique de détruire jusque dans leur fondement tous les établissements religieux et de renverser tous les gouvernements existant en Europe. dit-il. qui publia en 1 7 9 7 un livre intitulé : Preuves des conspirations contre toutes les religions et tous les gouvernements de VEurope. les moyens de suivre toutes les tentatives faites pendant cinquante ans. que toutes les apparences e . John Robison. qu'elle est devenue presque irrésistible. 67 époque leur jugement sur les faits et gestes de la Maçonnerie au x v m siècle. que leurs plans ont été conçus d'après ses principes et exécutés avec son assistance. sous le prétexte spécieux d'éclairer le monde avec le flambeau de la philosophie et de dissiper les nuages dont la superstition religieuse et civile se servait pour retenirtout le peuple de l'Europe dans les ténèbres et l'esclavage. Ecoutons d'abord u n franc-maçon anglais.

elle a p u s'arrêter u n m o m e n t . laissaient t o m b e r leurs bras . » — Les Sociétés secrètes. il dit de toute religion.M a ç o n n e r i e . c o m m e autrefois les b o u r r e a u x . Le lecteur t r o u v e r a dans cette citation u n e preuve bien positive de ce q u e n o u s avons avancé. que j'offre au public un extrait des i n f o r m a tions q u e j'ai prises sur cette m a t i è r e . C'est p o u r la d é m a s q u e r . d e p u i s cette époque ? N o n . elle n e s ' e s t p a s c o n v e r t i e .m a ç o n avancé. tome I I . i 3 2 . lassés de frapper les m a r tyrs chrétiens. J o h n R o b i s o n va plus loin . et son règne a é t é l ' é p o q u e du p l u s g r a n d é p a n o u i s s e m e n t delà F r a n c . Est-ce q u e la secte s'est convertie. p . F a t i g u é e de dest r u c t i o n . mais m ê m e q u ' i l y a en A n g l e t e r r e d c s l o g c s q u i depuis 1 7 8 4 c o r r e s p o n d e n t avec la mère-loge. p o u r p r o u - ver que les meneurs étaient des fourbes q u i prê- chaient une morale et u n e d o c t r i n e dont ils c o n naissaient la fausseté et le d a n g e r . m a i s elle garde sa doctrine et ne d é s a r m e jamais. N o u s lisons dans le P . D e s c h a m p s ce qui suit : « N a p o l é o n Bonaparte était en effet f r a n c . de renverser tous les g o u v e r n e m e n t s et de faire du m o n d e entier u n e scène de pillage et de meurtre. et que l e u r v é r i table i n t e n t i o n était d ' a b o l i r toutes les r e l i g i o n s .C h r i s t sur la t e r r e .68 nous p r o u v e n t que non s e u l e m e n t ses émissaires s'efforcent de p r o p a g e r p a r m i n o u s ces d o c t r i n e s a b o m i n a b l e s . O n a vu . à savoir : q u e le secret de la M a ç o n n e r i e consiste dans le projet de d é t r u i r e le r è g n e de J é s u s .

» Il en fut le chef et l'instrument. les savants. l'industrie. à Paris. Elle se laissa faire sujette du despo- .— eurent une grande part à la Révolution française. les maréchaux. les plus hauts fonctionnaires publics. « Le gouvernement impérial. le Grand-Orient avait cesse son activité. 38. le commerce. Napoléon prit la Maçonnerie sous sa protection. 0 . les magistrats. \ .6 9 comment. une foule d'officiers de tous grades. dans les départements. en effet ? Etendre son empire. se servit de son omnipotence.. D . pour dominer la Maçonnerie. Que désirait-elle. Bazot . les loges se rouvrirent de toutes parts. près de douze cents loges existaient dans l'Empire français ..*. à laquelle tant d'institutions. \ .. ces deux grands ennemis de la royauté. Bazot. fraternisait maçonniquement avec les maçons simples citoyens : c'était comme une initiation générale. les artistes. dans ses notabilités. dit également Alexandre Dumas. dans les armées. dans les colonies. dans les pays réunis.. les généraux. dit le secrétaire du G. c'est-à-dire Lilia pedibus destrue : — Foule% aux pieds les lis. »— Tableau historique de la Maçonnerie. Elle ne s'effraya ni ne se révolta. presque toute la France. \ P. tant d'hommes cédèrent si complaisamment. dit le F / . « L'IIiuminisme et la Franc-Maçonnerie. dont la devise était ces trois initiales : L . p. Dès que Napoléon se fut emparé du pouvoir.*. pendant la T e r r e u r . » « Ce fut l'époque la plus brillante de la Maçonnerie.

et on y inséra la promesse de n ' i n t r o d u i r e a u c u n e i n n o v a t i o n . les concessions furent m o i n d r e s . T o u s ensemble q u e v o u laient-ils ? Asservir l'Eglise et la d é t r u i r e . soit au temps des r o y a u m e s d'Italie. dont N a p o l é o n avait fait u n sénateur. lui r é p o n d i t le p r e m i e r consul. 8 3 . la toute-puissance de Napoléon pesa s u r l'Eglise. lui demandait : Est-ce là ce que vous avic% promis ? C a l m e z . dit C a n t u . si ce n'est d'accord avec le S a i n t Siège. Le C o n c o r d a t q u ' o n avait conclu avec la R é p u b l i q u e italienne ne devait pas imposer d'aussi grands sacrifices. » Code des Francs-Maçons. q u e N a p o l é o n avait a r b i t r a i r e ment joints au Concordat. d ' E t r u r i e . » A la m ê m e é p o q u e . C e p e n d a n t on publia aussi en Italie l c s y l r ticles organiques. et q u i le d é n a t u r a i e n t .v o u s . q u i n'avait jamais été abolie dans la p é n i n s u l e . « Q u e l q u e s jours après la signature d u Concordat de 1 8 0 2 . le t r i b u n S a n i l h l u i disait qu'avec le C o n c o r d a t il d o n n a i t d u p o u v o i r en F r a n c e à u n prince étranger : « Pensez-vous. l'impie a u t e u r des Ruines. r é p o n d i t . Le maitre prétendait soumettre ù ses décrets les volontés et les c o n sciences. parce q u ' i l ne s'agissait pas de r é tablir la religion. c o m m e Volncy. soit au t e m p s de la R é p u b l i q u e cisalpine.Le Secret tisme p o u r devenir s o u v e r a i n e . p .i l . q u e p o u r cela je m e sois m i s dans la d é p e n d a n c e du Pape ? » « T a n t q u e la F r a n c e d o m i n a dans la p é n i n sule. de N a p l e s . la religion en F r a n c e a la m o r t d a n s le v e n t r e : v o u s en jugerez dans dix a n s .

dit César Cantu. pour faire droit aux plaintes du Pape. « le moment vint où. Si on feignit de les retirer. il iixa le nombre des séminaristes et entoura d'espions le Vatican et les cardinaux. il réduisit les paroisses . n'oublions pas qu'il était toujours Vinstrument de la secte maçonnique. » Au fond de ces mesures tyranniques. il n'y eut plus de place pour la prudence et la modération. jusqu'au moment où il devient lui-même leur proie. de par la Maçonnerie. E n effet. ressemblent au voyageur qui traverse les forêts de la Russie. il son- . Quand la République italienne fut devenue le royaume d'Italie. 7* en quelque partie. Résolu d'enserrer même les croyances et le culte dans son despotisme administratif.De la Franc-Maconnerie. et plus tard tous les autres . Napoléon supprima plusieurs couvents. ils subsistèrent réellement dans les décrets du vice-président Melzi et du ministre du culte. quelque chose à dévorer. et p o u r garder ses suffrages. On Ta dit avec raison : des gouvernants. Tel fut Napoléon. toutefois. Il ne savait plus s'arrêter sur ce chemin rapide qui paraissait le porter au sommet et qui le conduisait cependant à l'abîme. poursuivi par une troupe de loups. qui caractérisait le conquérant . c'est-à-dire des chaînes imposées à l'Église. Il n'échappe à leur dent meurtrière qu'en leur jetant. il était obligé de lui donner sans cesse des satisfactions qu'elle réclamait. dans ses desseins. et pour lui plaire. dans sa fuite. il faut voir la passion de dominer.

mais moi. Jansscn. dit-on. Napoléon répondit : «. en particulier. » ep . » « A Francfort et dans toute l'Allemagne. menaça le Pontife. Votre Sainteté est souveraine de Rome. et par suite repoussé des autres. A ceux qui lui montraient qu'un Pape sans royaume serait nécessairement asservi à un roi. T o u t e l'Italie (écrivait-il militairement au Pape) sera soumise à ma loi. « L'ordre maçonnique. tant ils avaient conscience du renversement de l'édifice social chrétien qui s'accomplissait par ses armes. Vainement Napoléon traîna Pie VII en prison.. sans toutefois la satis..72 Le Secret geait à s'emparer du reste de l'Etat pontifical.... il espérait réaliser plus facilement son plan d'une République universelle. et la secte insatiable finit par l'abandonner en 1809.. retentissaient jusqu'au fond des loges. dit Eckert—maçon instruit—considérait l'empereur Napoléon I comme un instrument destiné ù renverser toutes les nationalités européennes. publiées au loin. il n'était pas décent que le Pape lut soumis ù l'un d'eux. et même osa. T o u s mes ennemis doivent être les siens. Tant que l'Europe a reconnu plusieurs maîtres. » Ces phrases à effet. raconte un illustre historien.. Elles faisaient prendre patience a la secte.. faire. rien ne sut apaiser la Révolution maçonnique. Mais aujourd'hui qu'elle n'en reconnaît plus d'autre que moi?. après ce gigantesque déblai. le maltraiter. j'en suis l'Empereur. les Juifs l'acclamaient comme le Messie.

à Valladolid et dans d'autres villes. en 1 7 2 7 . celle-ci r e c o n n u t la j u r i diction d e l à G r a n d e .M a ç o n n e r i e en E s p a g n e .De la Franc-Maconnerie. y furent érigées.. ministre de P r u s s e . Sa d i c tature marcha de défaite en défaite jusqu'à File d'Elbe et à S a i n t e . de victoire en victoire. » La M a ç o n n e r i e s'était aussi propagée dans les pays d u midi de l ' E u r o p e p a r les Anglais.. q u i s'établissent en P o r t u g a l . elle secoua le joug et constitua des ateliers tant a Cadix qu'a Barcelone . E n cette année. écrit le P . ajoute i m m é d i a t e m e n t le m ê m e historien. J u s q u ' e n 1 7 7 9 . dès ce m o m e n t c o m m e n ç a à b o u i l l o n n e r l'effervescence p o p u l a i r e . et q u e la Maçonnerie n'avait été p o u r lui q u ' u n i n s t r u m e n t . 73 « Dès q u e les chefs m a ç o n n i q u e s . q u e date l'introduction de la F r a n c . » « Les p r e m i è r e s loges. p a r des délégués des S o 3 . à cette é p o q u e . par le moyen des Tngendbund. « C'est de 1 7 2 6 .L o g e d'Angleterre. u n e autre loge fut formée à Madrid. d é m o n t r e q u e la conversion hostile à N a p o l é o n s'étendait au loin. c o m p r i r e n t q u e le despotisme i m p é rial se concentrait t o u t entier dans u n e a m b i t i o n personnelle et des intérêts de famille. mais.delaquelle elle tenait ses p o u v o i r s . .H é l è n e . » « La c o r r e s p o n d a n c e d u haut maçon Stein. c o m m e elle avait a u trefois marché. des constitutions furent accordées par la GrandeLoge d'Angleterre à u n e loge q u i s'était formée à G i b r a l t a r . en 1 7 2 7 . avec l'appui de la Maçonnerie. oeuvre des s o m m i t é s m a ç o n n i q u e s . dit Clavel. Deschamps.

On doit conclure de tout cela que jusqu'en 1 8 1 8 les francs-maçons n'y existaient point er . Bien plus. ne fut pas moins gardé en Espagne. à partir de 1 7 3 5 . plusieurs ateliers à Lisbonne et dans les provinces. mais. 8. Depuis lors. 11. d'autres pièces intéressantes. y lisons-nous. avec les documents de l'abbé Lefrane. » — Voir les Sociétés secrètes. si Ton en juge par certain exposé que nous trouvons dans l'ouvrage déjà cité par nous : le Voile levé pour les curieux. on ne trouva dans les archives de ce tribunal q u ' u n très petit nombre des procès relatifs à la Maçonnerie. cette secte était presque inconnue parmi nous. Lorsque l'Inquisition fut détruite. observé en Portugal. loin de leur patrie. avaient été initiés aux mystères de la Maçonnerie. les travaux maçonniques ne furent jamais entièrement suspendus dans ce royaume. et encore les documents offraient-ils tant de confusion et des circonstances si vagues et si discordantes. on n'y trouva que trois individus arrêtés comme maçons. qui. vol. que l'Inquisition paraissait n'être point du tout versée dans les causes relatives à la Maçonnerie. pouvait à peine compter jusqu'alors — (les guerres de Napoléon I ) — quelques-uns de ses enfants isolés. sauf les exceptions que nous signalerons ailleurs. Ce silence si profond. « L'Espagne.74 ciéles de Paris. ils y furent constamment entourés du silence le plus profond. lorsque les prisons du Saint-OHicc furent ouvertes dans toute l'Espagne. la Grande-Loge d'Angleterre fonda aussi. lequel renferme. p.

et enfin tous les premiers personnages p a r m i ceux q u i avaient e m brassé la cause de la n o u v e l l e d y n a s t i e . après avoir étouffé l ' o p i n i o n p u b l i q u e et les cris des gens de bien. et réussirent a l'établir à M a d r i d . parmi lesquels les g é n é r a u x L . car. si Ton veut. des conseillers d'Etat. sous la d é n o m i nation de S a i n t e .De la Franc-Maçonnerie. j5 comme Société.B a r b e ou de Sainte-Eulalie. . « Les apôtres. . furent plusieurs militaires au service de N a p o l é o n . soit nécessité de se r é u n i r et de resserrer les nœuds de l'amitié p o u r des h o m m e s q u i avaient suivi le même p a r t i . d a n s le cas contraire. et le second d a n s la province de Soria. D'autres m i l i taires travaillèrent en m ê m e temps. » N o u s ne suivrons pas les diverses phases de la M a ç o n n e r i e en E s p a g n e . et M. on vit a c c o u r i r aux loges les ministres du roi i n t r u s . les premiers p r o pagateurs de cette secte dans la p é n i n s u l e . ils auraient difficilement échappé à la surveillance de l'inquisition.. n o u s d i r o n s seulement. et le G r a n d . ou. q u i ne p o u v a i e n t se p l a i n d r e sans s'exposer a m o n t e r sur l'échafaud. se firent r e m a r quer par leur esprit de prosélytisme. ces sociétés g o u v e r n a i e n t ou p l u t ô t bouleversaient despotique- . ù côté d u t r ô n e éphémère et usurpé de J o s e p h . soit attrait de la nouveauté. avec l'auteur cité p l u s h a u t .. E t . Le p r e m i e r propagea la M a ç o n n e r i e dans l ' A n d a l o u s i e . q u e les sociétés secrètes.O r i e n t s'établit à M a d r i d . « maîtresses de t o u s les m o y e n s de c o m m u n i cation parmi les m a l h e u r e u x E s p a g n o l s . des écrivains p o l i t i q u e s .

sous différentes d é n o m i n a t i o n s . s'étaient i n t r o d u i t e s p a r m i n o u s . p o u r a p p o r t e r u n p r o m p t et efficace r e m è d e à cette plaie morale et politique. A u s s i D o n F e r d i n a n d V I I . et u n des ressorts les plus efficaces employés p o u r favoriserses p r o g r è s . . e t c . et se disputant le sceptre de fer qu'elles a v a i e n t en m a i n . roi de Castille. t r o m p a n t la vigilance du g o u v e r n e m e n t . convaincu q u e . à c h a q u e q u e r e l l e . et acquérant u n degré de m a l i g n i t é i n c o n n u dans les pays d'où elles tiraient l e u r origine primitive. en r e d o u b l a n t de p r é c a u t i o n s p o u r découvrir les susdites associations et l e u r s . des t o r r e n t s de l a r m e s et plongeaient les familles dans la d é s o lation. p a r lequel il ferme les loges (ou torres) et proscrit la secte m a ç o n n i q u e . d e v e n u e leur p a t r i m o i n e . en i n v o q u a n t la liberté. il ne suffisait pas de q u e l q u e s d i s p o s i tions de nos lois destinées à couper le mal. en général. » Q u e l l e était leur d o c t r i n e ? E v i d e m m e n t celle de Socin et de la M a ç o n n e r i e . je jugeai à p r o p o s de dire à m o n C o n s e i l q u ' u n e des principales causes d e l à r é v o l u t i o n e n E s p a g n e et en A m é r i q u e .76 ment la p é n i n s u l e . s'exprime en ces termes : « A ceux d é m o n Conseil. elles faisaient verser au p e u p l e . ont été les sociétés secrètes q u i . et q u ' a u m o i n s il était nécessaire de les c o r r o b o r e r et de les a p p r o p r i e r aux circonstances dans lesquelles n o u s n o u s trouvons. C'est p o u r q u o i . Sachez q u e p a r décret royal du 6 décembre de Tannée d e r n i è r e ( 1 8 2 3 ) . r a p p e l a n t le décret d u 6 décembre 1 8 2 3 .

toutes les congrégations de francs-maçons et d'autres sociétés secrètes. 1 4 est ainsi c o n ç u : « Les archevêques. dans tous mes royaumes et domaines de l'Espagne et des Indes. Je recommande très instamment au Conseil de redoubler de zèle et de vigilance sur les règlements des écoles primaires. je voulus que le Conseil. toute affaire cessante. le i c r août 1824. en leur répétant qu'elles sont proscrites par le SainiSxcgQ comme véhémentement soupçonnées (Thérésie et subversives du trône et de Vautel ». car elle y avait été introduite. i porte : « Sont prohibées de nouveau et d'une manière absolue. 77 sinistres desseins. retenue sans nul doute par la crainte. le ROT. ainsi que nous l'a prouvé . pour les détourner de Vhorrible crime de Franc-Maçonnerie.De la Franc-Maconnerie. visites et instructions pastorales.dans leurs sermons. L'art. Evidemment cet acte royal et sa teneur prouvent que la Maçonnerie savait se cacher en Espagne. s'occupât de celle-ci. feront tout ce que leur dictera leur zèle pour le salut des âmes confiées à leurs soins. Moi. etc. et d'initiation à toute autre société secrète. Art. évêques et autres prélats ecclésiastiques. » L'art. er Donné à Sacedon. en me communiquant ce qu'il jugeait le plus convenable sur la matière. i 5 . quels que soient leur dénomination et leur objet ».

les chandeliers. le protestant Schœll. On employa tous les moyens d'en faire un objet de terreur pour le roi. ) « Depuis 1 7 6 4 . Général des Jésuites. de Calvin. en auberges et en grands chemins. comme on va voir. On assure qu'on mit sous ses yeux une prétendue lettre du Père Ricci. et convertir les croix. de Mahomet. p. etc. raconte l'historien prussien. t. C'est lui qui voulait faire graver sur le frontispice de tous les temples et réunir dans le même ccusson les noms de Luther.lcttrepar laquelle le Général aurait annoncé à son correspondant qu'il avait réussi à rassembler des documents qui prouvaient incontestablement que Charles III était un enfant de l'adultère. écrivait le marquis de l'Angle. 1 2 7 . en ponts. C'est lui qui voulait faire vendre la garde-robe des saints. i . » {Voyage en Espagne. il persécutait cet O r d r e jusqu'en Espagne. que le duc de Choiseul est accusé d'avoir fait fabriquer. Cette . le mobilier des vierges. et.et l'on y réussit enfin par une calomnie atroce. voyageur avancé dans la philosophie maçonnique. de William Pcnn et de Jésus-Christ. elle y avait montre par des actes bien connus sa haine contre Jésus-Christ et son Eglise. le duc de Choiseul avait chassé de France les Jésuites . de plus.7$ Le Secret Clavcl. — « Le comte d'Aranda. est le seul homme peut-être de qui la monarchie espagnole puisse s'enorgueillir a présent: c'est le seul Espagnol denos j o u r s q u c l a postéritépuisse écrire sur ses tablettes. D'ARANDA. les patènes..

contresignés par d'Aranda. signés par Charles I I I . en disant: « qu'il jouait sa tête ». on lisait : Sous peine de mort. 2 7 1 . « T o u t à coup les autorités espagnoles. n. t. L'historien anglican Adam donne la même vers i o n q u e Schœll. dans les deux mondes. p. » [Histoire d'Espagne. et il est plus naturel de croire qu'un parti ennemi. il ajoute que le duc d'Albe fit Paveu. sous peine de mort.sans blesser les convenances. t. dans son Histoire de la Papauté. 7 0 . en général.79 absurde invention fit une telle impression sur le roi qu'il se laissa arracher Tordre d'expulser les Jésuites. mais même de la religion chrétienne. Et qui donc arracha cet ordre a Charles III ? Ce fut d'Aranda. au déclin du jour. vous n'ouvrirez ce paquet que le 2 avril 1767. de saisir immédiatement tous les Jésuites et de les embarquer sur des vaisseaux de guerre. » — Voir les Sociétés secrètes. ainsi Christophe de Murr. ses collègues.et il ajoute : « On peut.suscita cette ruine. qui voyait seul le roi. Ces ordres. au moment de . dans son journal . ) Le Père Deschamps ajoute : « Ainsi parle Léopold Ranke. A la seconde enveloppe. écartant de lui Monino et Campomanès. 4. révoquer en doute les crimes et les mauvaises intentions attribués aux Jésuites. p. non seulement de leur rétablissement comme corps. étaient munis de trois sceaux. » La lettre du roi leur ordonnait. reçoivent des ordres minutés dans le cabinet du roi.

mais encore a u c u n ministre. le jour même où elle devait arriver. T o u s les vaisseaux de transport se trouvèrent prêts dans les différents ports indiqués. ainsi entin l'Anglais Coxe. comme il avait pris celle des Jésuites portugais et français. la foudre éclata en même temps en Espagne. en Asie. en vain prit-il à témoin Dieu et les hommes que le corps. en Amérique et dans toutes les îles de la domination espagnole. dans son Histoire des Français. Le secret de cette expulsion fut si bien gardé que non seulement aucun Jésuite. l'institution . et que. p o u r ne citer que les historiens protestants. l'esprit de la Société de Jésus étaient i n n o c e n t s . utile et sainte dans son objet.So Le Secret m o u r i r . en vain déclara-t-il que les actes du roi contre les Jésuites mettaient évidemment son salut en danger. « D'après les ordres si rigoureux de Charles I I I à tous les gouverneurs de ses vastes royaumes. au jour et a l'heure marqué*. au nord et au midi de l'Afrique. que cette Société était pieuse. » « E n vain Clément X I I I prit-il la défense des Jésuites espagnols. dans ses lois. dans ses m a x i m e s . quand même quelques r e ligieux se seraient rendus coupables. de cette lettre supposée. on ne devait pas les frapper avec tant de sévérité sans les avoir auparavant accusés et convaincus : tout fut inutile. aucun magistrat ne s'en doutait. Leurs ordres étaient uniformes : C o m m a n - . ainsi parleSismondi.dans ton Histoire de VEspagne sous les rois de la maison de B o u r b o n .

De la Franc-Maçonnerie. n'avaient été pour lui q u ' u n moyen. il aimait e n c o r e à e n parler longtemps après. n .» — [Les Sociétés secrètes t. il en voulut aux Jésuites encore plus qu'à l'aristocratie. aux libres-penseurs. — E n Portugal. il livrait de l'autre son pays à l'Angleterre. de Saint-Priest. car. P o u r déchristianiser le Portugal. Carvalho. 71. comme Voltaire. Le panégyriste de P o m b a l . de Diderot et autres philosophes maçons .ditla Bibliographie universelle . et ces griefs. et d'une main plaçant dans les u n i versités des professeurs protestants. s'était fait déjà l'instrument des loges maçonniques pour persécuter aussi les Jésuites. un moyen de plaire aux philosophes maçons qui le nommaient « leur adepte»: un moyen qui allait bien à sa nature. d'en déposer aucun autre part. est obligé de dire lui-même : ce Ennemi du clergé et des moines. disent ses historiens . sous aucun prétexte . 81 dcmcnt suprême de la part du roi d'aller jeter les prisonniers sur les côtes de l'État ecclésiastique. qu'il appelait la vermine la plus dangereuse qui puisse ronger un État.-J. où il avait commencé par être chargé d'affaires et affilié. leur mort ignominieuse. dit P o m bal. sous peine de mort. il faisait traduire et répandre les œuvres de Voltaire. sans se permettre. l'échafaud dressé d'avance dans son esprit contre les hidalgues. Rousseau.. » Un moyen! O u i .de J. il résolut de le protestantiser. Telle fut la marche du comte d ' A r a n d a : il la regardait comme le chef-d'œuvre d'une politique sage et vigoureuse .) POMBAL. il 9 3* . p. M.

v i n g t . sans p r o v i s i o n s . d a n s les cachots du T a g c . o ù ils f u r e n t s a l u é s a v e c a d m i r a t i o n . furent retenus. « P l u s de cent l a n g u i r e n t d i x . plus de deux c e n t s . Les profès furent jetés s u r les terres du P a p e . q u i refusèrent en g r a n d e m a j o r i t é d'apostasier. D e s c h a m p s . sans a u c u n e o m b r e de p r o c é d u r e . esclave de son l i b e r t i n a g e et de son m i n i s t r e . à t o u s les g e n r e s de p r o m e s s e s . E n t a s s é s par c e n t a i n e s dans des n a v i r e s de c o m m e r c e . c r u e l et raffiné dans sa v e n g e a n c e .h u i t ans d a n s ces sépulcres jusqu'à la m o r t du roi. A l l e m a n d s . avec les p r e m i e r s . composé du conseil d'Etat et des h o m m e s les p l u s r e c o m m a n d a b l e s par leur l u m i è r e et leur intégrité. « Ils étaient divisés en trois p a r t s . le d e r n i e r se c o m p o s a des m i s s i o n n a i r e s amenés de la Cafrerie. où ils furent a b o n d a m m e n t s e c o u r u s . d c t o u s l c s l i c u x o i i ils r é p a n daient la civilisation avec la foi c a t h o l i q u e . d u B r é s i l . .82 Le Secret était a v a r e . p o u s s é s p a r les v e n t s . T e l il se m o n t r a à l'égard des J é s u i t e s . d o n t p l u s i e u r s F r a n ç a i s . de m e n a c e s et de v e x a t i o n s p r o p r e s à les a m e n e r au r e n o n c e m e n t de l e u r v o c a t i o n . d u Malabar. en Italie. p o u r a s s o u v i r la rage de P o m b a l . dit le P . L e s novices et scolastiques des p r e m i e r s v œ u x étaient s o u m i s p a r P o m b a l . où q u a t r e . exposés à toutes les i n t e m p é r i e s . d a n s les p o r t s d ' E s p a g n e . Italiens. ils furent jetés successivement. o ù le p a i n et Peau m a n q u a i e n t ù dessein. S e u l e m e n t . U n t r i b u n a l . T r o i s fois ces t r a n s p o r t s se r e n o u v e l è r e n t . et enfin à C i v i t a Vecchia.u n p é r i r e n t de misère et de souffrance.

De la Franc-Maqonnerie.

c

fut charge par le nouveau roi et la nouvelle reine de revoir la sentence du prétendu attentat contre le roi, déclarée injuste et sans fondement, et il fut déclaré à la presque unanimité que les personnes, tant vivantes que mortes, qui furent justiciées, ou exilées, ou emprisonnées en vertu de la sentence, étaient toutes innocentes du crime dont on les avait accusées. Les fatales prisons s'ouvrirent, et Ton vit sortir de dessous terre et reparaître parmi les vivants huit cents personnes crues mortes depuis longtemps ; c'était le reste de neuf mille enlevées à l'Etat par la haine, la férocité ou les soupçons du ministre, sans interrogatoire et sans jugement. Les Jésuites survivants parurent avec les autres, à d e m i - n u s , sans autre vêtement que la paille qui leur servait de lit, le teint livide, le corps enflé, si faibles pour la plupart qu'ils ne pouvaient ni marcher, ni presque se soutenir, plusieurs privés de l'usage de la vue par les ténèbres profondes où ils avaient été plongés, quelques-uns enfin les pieds pourris et rongés par les rats et les insectes. » C a r v a l h o - P o m b a l fut condamné à restituer des sommes immenses extorquées sous divers prétextes, et relégué, par considération de son grand âge et des signatures du feu roi dont il s était fait garantir, à sa terre de Pombal, où, en 1 8 2 9 , les Jésuites, rappelés par don Miguel, rendirent les derniers devoirs à son cadavre, privé jusque-là de sépulture. Sur ces entrefaites arrivèrent des Indes dix-neuf caisses à V adresse du marquis de Pombal,

Le

Secret

pleines d'argenterie et de pierres précieuses enlevées au tombeau de saint François-Xavier , à Goa, où la reine indignée les fit renvoyer surle-champ. Des confiscations, ou plutôt u n pillage de ce genre, avaient eu lieu dans toutes les m a i sons et églises des Jésuites en Portugal et aux colonies. A Porto, un parent du ministre, chargé de la saisie, se distingua par sa barbarie et son impiété. Il laissa trois Pères m o u r i r misérablement, faute de médecins et de remèdes. Ajoutant le sacrilège à l'inhumanité, il fit ouvrir le tabernacle et vider sous ses yeux le saint ciboire dont il s'empara, et qu'il mit dans les balances d'un orfèvre pour le lui faire peser sur l'autel même. « Qui croirait, dit l'oraison funèbre du roi J o seph, prononcée à Lisbonne en 1777, q u ' u n seul h o m m e , en abusant d e l à confiance et de l'autorité du roi, pût, durant l'espace de vingt ans, enchaîner toutes les langues, fermer toutes les bouches, resserrer tous les cœurs, tenir la vérité captive, mener le mensonge en triomphe, effacer tous les traits de la justice, faire respecter l'iniquité et dominer l'opinion publique d'un bout de l'Europe à l ' a u t r e ? » La Maçonnerie seule peut l'expliquer. Il n o u s s o u v i e n t , q u ' o n nous permette ce souvenir,qu'en 1858, passant à Mozambique, nous eûmes Phonncur d'être accueilli par le gouverneur de l'île avec une extrême bienveillance. Il avait, comme palais, la maison et le collège des Pères Jésuites chassés par Pombal, et j'offris le saint

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sacrifice de la messe, plusieurs fois, dans leur chapelle encore pleine de splendeur et de richesse. Il y avait sur File plusieurs autres églises ; mais tout y tombait en ruine, là, comme sur les rives du Zambèse, où la Compagnie de Jésus avait formé de beaux établissements. Pombal, par sa haine, condamna ces belles contrées à demeurer sauvages et barbares. Le travail de civilisation chrétienne, commencé sur cette côte de l'Afrique orientale parles Jésuites et les autres religieux, fut arrêté, comme nous Pavons dit, et c'est à peine s'il est recommencé depuis quelques années, d'une façon sérieuse. Voilà le fait d'un homme, mais cet homme pourrait s'appeler : Légion, car il était Y adepte de la Maçonnerie, l'ennemi acharné de Jésus-Christ, qui seul est la vie et la résurrection des peuples, comme des individus. CHOISEUL. — Après avoir parlé delà haine de la Maçonnerie contre le règne de Jésus-Christ,en Espagne et en Portugal, nous ne saurions garder le silence sur ce qu'elle a fait en France et à Naples contre la Compagnie de Jésus, appelée à juste titre Y Avant-garde de V Eglise catholique. Dans son Tableau de Paris, t. v i , 2 partie, p. 342,etc., de Saint-Victor a écrit cequi suit : « La faveur de Choiseul, déjà grande, s'accrut, à la mort de M de Pompadour, de toute celle qu'elle avait possédée, de manière à ne pas même échapper au soupçon bien ou mal fondé d'avoir contribué à hâter le trépas de cette maîtresse dont le pouvoir était si absolu, et que Louis XV oublia si facilee nie

86 ment. Sans en avoir le titre, il obtint tous les pouvoirs de premier ministre, les h o n n e u r s qu'il voulut, les richesses qu'il lui plut d'accumuler, et n'y devint que plus acharné contre les Jésuites, qu'il avait des motifs particuliers de haïr, motifs que l'on a cru fort différents de ceux qu'il faisait publiquement valoir. « Lié avec les chefs du parti philosophique, dont il était le disciple, poussé par eux et par une perversité égale à la leur, cet h o m m e , devenu le maître de la France, avait conçu le projet insensé — et des lettres de sa main enfont foi — de détruire dans le monde entier l'autorité du Pape et d e l à religion catholique. Or, l'entière destruction d'un ordre religieux si fortement constitué, e t q u i , répandu dans les deux hémisphères, soutenait et propageait de toutes parts la pureté de la foi et la plénitude de cette autorité apostolique, devenait la condition première d'un semblable projet : il s'y porta donc de toute l'activité de son esprit nourri d'intrigues et de fraudes.» Quant aux Parlements, on trouve aussi leur brevet d'affiliation maçonnico-phitosophique dans la correspondance de Voltaire et d'Alembert, dans les pèlerinages à Fcrney des conseillers et maîtres des requêtes, et dans les nombreuses lettres aux principaux membres de ces cours, aurions-nous pu dire, s'il eut été nécessaire d'ajouter quelque chose aux notes premières. « Les plus dangereux ennemis des Jésuites, dit M. de Saint-Victor, ceux qui pouvaient servir le

et forcés d'aller mendier l e u r pain dans u n e terre étrangère. fondations catholiques de leurs collèges ou de l e u r s m a i s o n s faites par eux-mêmes ou l i b r e m e n t p a r des c a t h o l i q u e s . 8y plus efficacement la vengeance de la favorite (au sujet de l ' a b s o l u t i o n q u ' i l s lui avaient refusée si elle ne quittait la cour) étaient d a n s le P a r l e m e n t .De la Franc-Maçonnerie. roi de Naples. et q u e la secte p h i l o s o p h i q u e y avait aussi ses partisans. » Les Jésuites. ù tous les nobles et à la famille royale elle m ê m e . E n A u t r i c h e . copia en tout le ministre d ' A r a n d a .—Tannucci.m ê m e s .S i è g e et de la religion. ainsi que cela s'était fait en P o r t u g a l : ils furent proscrits en masse et i n d i v i d u e l l e m e n t c o m m e J é suites . c o n d a m n é s par les P a r l e m e n t s à une faible majorité. sans être interrogés e u x . c'est la j u r i s p r u d e n c e m a ç o n n i q u e qui s'établit et q u i bientôt s'appliquera en grand à tous les prêtres et a u x biens c a t h o l i q u e s . à l e u r pays. gagnée après de l o n g u e s résistances par son fils Joseph I I . sur l'ordre de C h a r l e s I I I . t. n. q u i venait d'être aussi initié aux loges .) TANNUCCI. sans e n q u ê t e . sans témoins e n t e n d u s . 64. sans défense. q u i l'avait laissé ministre souverain de son fils. furent confisqués. » {Les Sociétés secrètes. Quatre mille religieux qu'il avait plu à ce tyran en simarre de placer entre l e u r conscience et la faim furent arrachés à leur famille. Nous avons vu q u e là était le foyer du jansénisme. furent chassés de leurs collèges. finalement. p. leurs biens. aussi ennemi des J é s u i tes q u e du S a i n t . Marie-Thérèse.

A propos de la Révolution. les instituteurs chrétiens étaient bannis de l'Europe : la philosophie pourrait à son aise donner renseignement qui allait préparer la Révolution. céda elle-même en pleurant. à nos mystères. à la veille de la Révolution française. « Il importe. elle secondait le génie méditatif de l'Allemagne. apprentis. de toute religion. Désormais. mais pratiquant d'ailleurs la bienfaisance et se tenant pour égaux quoique répartis en trois classes. si nous voulons comprendre jusqu'à quel point le ! . de tout rang. engagés sous la foi du serment à garder d'une manière inviolable le secret de leur existence intérieure. écrivait G r i m m à Voltaire. qu'on peut. soumis à des épreuves lugubres. comme sous les autels. et présentait partout l'image d'une société fondée sur des principes contraires à ceux de la société civile. s'occupant de fantastiques cérémonies. la Franc-Maçonnerie se trouvait avoir pris un développement immense. croire sur parole. liés entre eux par des conventions symboliques. Louis Blanc. ici. compagnons et m a î t r e s : c cst en cela que consiste la Franc-Maçonnerie. » Remarquons bien ce que dit M. agitait sourdement la France. d'introduire le lecteur dans la mine que creusaient alors sous les trônes. répandue dans l'Europe entière. une association composée d'hommes de tous pays. Louis Blanc. des révolutionnaires bien autrement p r o fonds et agissants que les Encyclopédistes. Or. dit M. citons encore le témoignage d'un franc-maçon.Le Secret maçonniques.

Que dis-je ! le monde était en puissance de Maçonnerie. les vases sacrés . étaient retournés vers ceux qui les avaient envoyés et leur avaient versé le poison de l'incrédulité religieuse avec une ardeur que les orateurs du couvent avaient surexcitée en eux. C'est bien là ce que prouvent la captivité de Pie VI et de Pie V I I . les couvents changés en casernes. le choc fut terrible. et tous ces députés. Ce n'est pas seulement la France qu'elle agitait. l'Amérique. l'Asie. les pasteurs séparés de leurs troupeaux. Aussi.*9 règne de Jésus-Christ sur la terre était menacé.tous ces pays avaient voulu être représentés à ceconvent sans pareil dans l'histoire de la secte.les églises renversées. les cardinaux dispersés. désormais pénétrés de l'illuminisme de Weishaupt. à rhenre où la Révolution allait éclater. l'Afrique. en 1 7 8 1 . apôtres zélés de la Maçonnerie. les évêques arrachés à leurs sièges. chez les nations catholiques que Ton voulait séparer du Pape et jeter dans le schisme. les congrégations religieuses détruites. à W i l h e m s bad. en Italie. terrible surtout en France. en Espagne. L'Europe et le monde maçonnique étaient donc armés contre le catholicisme.dont la doctrine n'est pas autre que le panthéisme de Spinosa. de toutes les contrées de l'univers : l'Europe. c'est-à-dire l'athéisme. T o u s les délégués des loges étaient venus. en attendant qu'on pût achever de les déchristianiser. les biens de l'Eglise confisqués.quand le signal du combat fut d o n n é . les plus lointains rivages où avaient abordé les navigateurs. mais l'Europe tout entière.

par un maçon illustre dont la voix s'unira a celle de M. il avait le triomphe que Dieu laisse a Terreur.choisies surtout dans le clergé . lassés de carnage. avec son pardon et son a m o u r infini. par hécatombes. encore une fois. Le 10 mars 1848. leur Créateur et leur père. de désordre. en u n mot.90 voles et fondus par le sacrilège avide . par la liberté devenue folle indépendance et changée en furie satanique . Qui donc. où l'on voit se briser tous les liens qui unissent les hommes. la réponse sera faite. ils rappellent parmi eux l'Etre suprême. les cloches changées en monnaie ou en canons. en effet. et surtout le crime qui était la tin qu'elle se proposait . l'honneur des familles. ce coup-ci. de débauche et d'impiété. en attendant que. et. et les hommes s'entr'égorger. et le grand mobile de ses actions : le Christ jeté à bas de ses autels pour y être remplacé par la Raison. les échafaùds dressés de toutes parts.et les victimes par milliers. Ce jourlà. crurent que leur maître triomphait . les disciples de Socin. le suprême Conseil du rit écossais alla féliciter le Gouvernement provisoire. les maçons entendus.a fait la Révolution ? Ce n'est pas nous qui répondrons . et qui consiste en des ruines morales et matérielles amoncelées par l'abus de la liberté h u maine. avec la paix des a m e 3 . et L-imirtine lui répondit : « Je suis convaincu . qui revient a ses prodigues. toutes les horreurs de ce qu'on appelle : la Révolution. spectacle étrange et mystérieux. le bonheur et la prospérité des nations.Louis Blanc : Lamartine.

q u i . p u i s d a n s le demi-jour et cntin en pleine l u m i è r e . j ' e s père. E n effet. et q u e les parla- geux de 1848 deviendraient les communards de favenir. et dont le peuple de Paris vient de d o n n e r au m o n d e la seconde et. s u r t o u t si o n laissait les semeurs. nos Sociniens m o d e r n e s n'ont pas désarmé. les g o u v e r n e m e n t s et la p r o p r i é t é .m ê m e . S'il avait été p h i l o s o p h e . ni prophète : il était poète. Il aurait e n trevu les r é v o l u t i o n s q u i o n t ensanglanté et b r û l é Paris . les sentiments qui o n t fini par faire la s u b l i m e explosion dont n o u s avons été t é m o i n s en 1 7 8 9 . qu'elle a s o u l e v é . il aurait a n n o n c é que la parole est u n e semence q u i produit fatalement des fruits selon s o n espèce. où elle s'est établie avec les armées t r i o m p h a n t e s de N a p o l é o n . ne voulant pas se s o u m e t t r e . c o n t i n u e r l e u r œ u v r e contre la religion. ils r e c o m m e n c è r e n t l e u r guerre a n t i c h r é e r . A p r è s avoir chassé N a p o l é o n I . fut obligé de se d é m e t tre. p a r l e combat contre Dieu et l'autorité. il a u r a i t su q u e les mêmes principes produisent les m ê m e s conséquences.9* que c'est d u fond de v o s loges q u e sont émanés d'abord dans l ' o m b r e . façonnés p a r l e s loges. soit le m o n d e entier. dans le sens vrai du m o t . la dernière r e p r é s e n t a t i o n . soit la France et l ' E u r o p e . Ce regard jeté en avant n o u s montre q u e la Maçonnerie n'est pas restée sous les ruines qu'elle avait faites e l l e . il y a peu de jours. q u ' e l l e n'a rien c o m p r i s en face des m a l h e u r s d o n t elle a couvert. sans m ê m e être prophète.» Lamartine n'était ni p h i l o s o p h e .

sous le nom de: Liberté de conscience. dit le P . Ce fut alors que le comte de Haugwitz. et ils jetèrent tant de discrédit sur la religion. à Naples. enfin elle prépara de nouvelles attaques contre le catholicisme. résumés par Proudhon en ces mots : La propriété c'est le vol . qui est iïlie du libre examen protestant. les souverains.t)2 Le Secret tienne au fond de leurs loges. ministre du roi de . la secte ne craignit pas de déverser à flots les doctrines fausses etdc l'Eclectisme. Puis. CONGRUS DEVKROXE. — a E n 1822. P u i s . s'étaient réunis en congrès dans la ville de Vérone. de voir des h o m m e s dans les églises. Elle s'acharna a propager les divers systèmes. concernant la propriété. On n'a pas assez remarqué la parenté qui existe entre le libéralisme et la Franc-iMaçonnerie. plus faux les uns que les autres. dans le Piémont. les sociétés secrètes venaient de faire explosion en Espagne. par autant de mouvements révolutionnaires . dont on sait la puissance tyrannique. afin de propager dans les esprits le libéralisme maçonnique. vers i83o. qu'il était rare. Ils s'emparèrent. ils agirent sur l'opinion publique. pour garantir et leurs couronnes et la vraie liberté parmi leurs peuples.qui mit en si grand honneur le Mahométisme. et du Panthéisme de Spinosa ou d'Averroès. Maçons et libéraux ne sont tels que pour avoir abandonné le magistère infaillible de PEglisc catholique et avoirpris leur propre raison pour guide. de l'enseignement. Deschamps. comme toujours.

avant de comprendre la situation où je m'étais témérairement engagé. C'est là précisément le danger qui est à redouter pour l'imagination si inflammable de la jeunesse. Ces deux sentiments me poussèrent dans la société des francs-maçons. Leur histoire est tellement liée à celle de ma vie. je voulais pénétrer dans l'essence même des choses . ainsi une curiosité insatiable se développe en raison des nobles efforts que l'on déploie pour pénétrer plus avant dans le sanctuaire de la science. « On sait combien le premier pas qu'on fait dans l'ordre est peu de nature à satisfaire l'esprit. mais l'ombre suit la lumière. « Mes dispositions naturelles et mon éducation avaient excité en moi un tel désir de la science que je ne pouvais me contenter des connaissances ordinaires. fit part à l'auguste assemblée d'un rapport où il disait: « Arrivé à la tin de ma carrière. . qu'il accompagnait. je me trouvais chargé de la direction supérieure des réunions maçonniques d'une partie de la Prusse. $3 Prusse. je crois qu'il est de mon devoir de jeter un coup d'oeil sur les sociétés secrètes dont le poison menace l'humanité aujourd'hui plus que jamais. mais encore j'occupais une place distinguée au chapitre des hauts grades. Avant de pouvoir me connaître moi-même. A peine avais-je atteint ma majorité que déjà non seulement je me trouvais à la tête de la Maçonnerie.De la Franc-Maçonnerie. que je ne puis m'empécher de la publier encore une fois et de vous en donner quelques détails.

je parvins à devenir maître du secret de P u n e t d e l'autre parti. de Brunswick était le chef apparent. trois ou quatre ans avant le convent de Wilhcmsbad et l'envahissement des loges par r i l l u m i n i s m e . La Maçonnerie était alors divisée en deux partis dans ses travaux'secrets. Ce secret me révolta. conquérir les trônes. Le premier plaçait dans ses emblèmes l'explication de la pierre philosophale . « Ce fut en 1 7 7 7 que je me chargeai de la direction d'une partie des loges prussiennes. le siège centrai de ses travaux était à Berlin. mon action s'étendit même sur les frères dispersés dans la Pologne et la Russie. tel était leur but. dans mon ardente curiosité. non seulement les chefs étaient en correspondance assidue et employaient des chiffres particuliers. se servir des rois comme de Y ordre . En lutte ouverte entre eux. je ne pourrais donner moi-jTiême d'explications plausibles de l'insouciance avec laquelle les gouvernements ont pu fermer les yeux sur un tel désordre. le déisme et même Y athéisme étaient:1a religion de ses sectaires . Si je n'en avais pas fait moi-même l'expérience. la vérité est que le secret des deux sectes n'est plus un mystère pour moi. mais encore . les deux partis se donnaient la main pour parvenir à la domination du monde .94 de la Pologne et de la Russie. Il serait superflu de vous indiquer de quelle manière. « Il n'en était pas de même de l'autre parti. dont le prince F . sous la direction du docteur Zinndorf. u n véritable status in statu (Etat dans l'Etat) .

N o u s a c q u î m e s la conviction que t o u - tes les associations maçonniques > depuis la plus modeste j u s q u ' a u x grades les p l u s élevés. A . Exercer u n e influence d o m i n a t r i c e sur les t r ô n e s et les s o u v e r a i n s .. A u lieu de protéger la M a ç o n n e r i e . M o n p r e m i e r soin fut de c o m m u n i q u e r à G u i l l a u m e I I I toutes mes découvertes.. a A l e x a n d r e . » Le congrès de V é r o n e . « De tous les c o n t e m p o r a i n s de cette é p o q u e .. q u e S. et de se servir des p r e m i e r s c o m m e pour c o u v r i r les seconds. le prince G u i l laume partagea avec m o i . manteaux « Cette c o n v i c t i o n . prit des m e s u r e s en c o n s é q u e n c e . etc. éclairé sans doute p a r ce noble aveu de M . REtîRs. « J ' a c q u i s alors la ferme conviction q u e le drame c o m m e n c é en 1 7 8 8 et 1 7 8 9 . d? exécuter les plans les plus criminels. tel était n o t r e b u t . il ne m'en reste q u ' u n s e u l . g5 ils s'envoyaient r é c i p r o q u e m e n t des émissaires. ne peu- vent se p r o p o s e r q u e exploiter les sentiments religieux. s u r t o u t en ce qui regarde la Russie et l ' A u t r i c h e . .De la Franc-Maçonnerie. de H a u g w i t z . . m e fit p r e n d r e la ferme résolution de r e n o n c e r a b s o l u m e n t à la M a ç o n nerie. LA RÉVOLUTION FRANÇAISE. il la p r o s c r i v i t a b s o l u m e n t en . comme en 1807. . mais encore étaient le résultat des associations et des serments. dont les Illu- minés axaient pu surprendra la bonne foi à certains m o m e n t s . .. LE RÉGICIDE AVEC TOUTES SES HOR- non seulement y avaient été résolus alors. é t a i t c o m p l è t e m e n t éclairé sur leurs vraies m e n é e s ..

le général Miehaud. . comme celle de maçons. au lieu d'expulser les Jésuites comme en 1 8 1 6 . formaient.f)b Le Secret 1 8 2 2 . Il fut établi qu'elle avait été préparée de longue main. dès 1 8 1 9 . mais on doit constater qu'immédiatement après sa mort éclata une insurrection contre Nicolas. doit-elle être attribuée aux sociétés secrètes. la Haute-Vente. par une société modelée sur celle des Carbonari et appelée les Esclavoniens-Unis. pour cacher la nature et le but de la société. Sa mort mystérieuse ( 1 8 2 5 } à Taçanro:. en 1 8 2 4 . qui avaient toujours conservé des aflidés parmi son entourage? Il y a là u n mystère qui ne sera peut-être jamais éclairci . il se rapprochait tous les jours du catholicisme. son aide de camp.— Les Carbonari. à ce cri de constitution . tel qu'il existait avant la grande Révolution. qui était alors le mot d'ordre des sociétés secrètes dans tous les pays. son successeur désigné. expressions employées. au Saint-Père pour préparer le retour de la Russie a la grande et véritable unité chrétienne. t. Un écrivain bien informé sur ces événements ailirme que cette société avait eu. comme toutes les sectes particulières. ) Carbonari. Elle se composa d'abord de quelques grands seigneurs corrompus et de Juifs. n. p. et il envoya. sa base d'opération dans les loges maçonniques. en qualité de Charbonniers. 2 4 2 . qui s'étaient dissoutes seulement en apparence. » (Les Sociétés secrètes. dont il vient d'être question. qui n'était autre que la continuation de Tordre maçonnique.

i ° les loges. il d é t r u i sit (?). a écrit : « Les Carbonari t i rent l e u r véritable o r i g i n e d e la F r a n c . dit le P è r e Deschamps. pour a r r i v e r à ceux de c o m p a g n o n s et de maîtres. par u n e première initiation. 2° elles facilitaient les d é m a r c h e s de l e u r s m e m b r e s .M a ç o n n e r i e . d'après la c o n s t i t u t i o n de la Carbonara — Charbonnerie — italienne . en la favorisant. » J e a n W i t t . et devint u n e institution de police q u i ne servit q u ' à s u r p r e n d r e les sentiments des adeptes dont elle se composait. et enfin.97 « A s s u r é m e n t . car. dit le Siècle. laquelle m i t en d a n g e r la R e s t a u r a t i o n et c o n t r i bua dans u n e si large p r o p o r t i o n à la renaissance du parti r é p u b l i c a i n . par la direction donnée au grand troupeau de sots enrégimenté d a n s les loges. A l o r s s'assemblèrent les 3** . elles formaient ce poids irrésistible de Vopinion publique d'où sortaient des élections q u i acculaient la m o n a r c h i e dans u n e charte. E l l e p e r d i t ainsi son indépendance. » « Les loges avaient été. dans u n e impasse à laquelle u n coup d'Etat offrait seul u n e issue. étaient dispensés d u p r e m i e r grade. le berceau et la pépinière de la célèbre société àesCarbonari. p r é p a r a i e n t le p e r s o n n e l où ils se recrutaient : ainsi. q u i est celui d ' a p p r e n t i . Aussitôt q u e N a p o l é o n p a r v i n t au trône. tous les francs-maçons étaient loin d'être des Carbonari. mais ils n ' e n c o n c o u r a i e n t pas moins au m ê m e dessein. les francs-maçons. qui existent dans t o u s les rites . quand ils d e m a n d a i e n t à être initiés. S u é d o i s . u n e association qui avait d u danger p o u r l u i .

11. où elle avait des afîidés très h a u t placés. O n établit en 1 8 0 9 . 1. c'est qu'elle n'a pris personne . p. où.c o u s i n s ) et maçons philadelphcs. la p l u p a r t des m e m b r e s étaient des militaires . disciple de R a g o n . Ce ne fut q u e b e a u c o u p p l u s tard q u ' i l s'établit d a n s le sud de la p é n i n s u l e . » N o t o n s q u e ce J e a n W i t t était i n s p e c t e u r g é n é r a l et m a ç o n élevé de tous les rites. à B e r l i n . ils formèrent (dans le sein de la Maç o n n e r i e ) u n e a u t r e affiliation. D u p i n l'aîné.Le Secret Francs~Maçons qui tenaient e n c o r e p o u r la défunte R e p u b l i q u e . dès 1 8 1 9 . q u i fut en m ê m e t e m p s la p r i n c i p a l e . E l l e p o u s s a i t activement au r e n v e r s e m e n t du roi C h a r l e s X et de la dynastie. on voit par la c o r r e s p o n d a n c e de ses m e m b r e s qu'elle se ramifiait à P a r i s . et q u o i q u e « son p r i n c i p a l objectif-fût la destruction de la puissance spirituelle de V Eglise. il se r é p a n d i t avec r a p i d i t é . deux ans avant l'assassinat du duc de B e r r y . Si la révolution a été si p r o m p t e et si subite. ) Aussi ne faut-il pas s'étonner q u ' u n e fois la r é volution de J u i l l e t faite. u n h a u t maçon de la loge des Trinosophes. 2 4 4 . en Suisse. favorisé par Pex-gouvcrncment ( M u r â t ) .V e n t e était en pleine activité sous la R e s t a u r a t i o n . à V i e n n e . B e s a n ç o n était le q u a r t i e r général de ces m a ç o n s charbonniers (ou b o n s . (Les Sociétés secrètes. Le colonel O u d e t était l e u r chef. à C a p o u e . à L o n d r e s . ait pu dire : « Ne croyez pas que trois jours aïeul tout fait. la première Vendita. ceux-ci p r o p a g è r e n t Tordre d a n s le P i é m o n t et dans les Etats s e p t e n t r i o n a u x de r i t a l i c . La H a u t e .

qui ne se forment que pour détruire la société L . des révolutionnaires aristocrates qui avaient conduit le mouvement de 1 8 1 5 et les insurrections de 1 8 2 1 . et que nous avons pu immédiatement substituer un nouvel ordre de choses complet à celui qui venait d'être détruit ». Mais nous l'avons faite en quelques. jours. une page de l'histoire universelle de l'Eglise catholique. concernant la question des Carbonari. En outre. (Ibid. « Deux courants se dessinèrent bientôt parmi les hommes qui poursuivaient l'asservissement de l'Eglise et voulaient modérer la marche d e < à Revo. écrit l'illustre historien. « Les sociétés secrètes. et aussi avec profit. parce que nous avions une clé à mettre à la voûte. écrit le Père Deschamps.99 au dépourvu.. cette lecture sera comme une confirmation de plusieurs aperçus déjà placés par nous sous les yeux de nos lecteurs.„ l ie lution à leur profit. De l'autre étaient les hommes nouveaux qui. la fixer dans des gouvernements constitutionnels : c'était la politique de la Haute-Vente.. par delà la destruction de 1 Eglise.) « Pendant les dix-huit années où se déroula le gouvernement de Juillet. par l'abbé Rohrbacher. voulaient idéaliser légalité de fait et préparer les voies au socialisme par la République universelle. les sociétés secrètes continuèrent leur oeuvre de destruction de la Papauté et préparèrent ïaRépublique universelle. » Le lecteur lira avec plaisir. si connu et si apprécié.

Il y en a deux principales de nos j o u r s .. Le chef actuel est un carbonaro génois.. La première. laquelle ne devait être qu'une branche de la Jeune Europe. par antipathie contre la société universelle du catholicisme. s'est formée parmi les Italiens sous le prétexte de procurer la liberté de l'Italie. l'avocat Joseph Mazzini. au contraire. réunissent toujours les deux ou trois caractères de Satan : le mensonge. qui lui a donné une nouvelle forme sous le nom de Jeune Italie.ioo Le Secret publique. Vous l'adorez. fait parade d'une certaine religion politique. quant aux principes religieux. Phomicide. « Dieu. en a importé l'esprit en France et dans le reste de l'Europe. les Carbonari. L'humanité est le . dans l'univers qui nous entoure. toutes les fois que vous sentez votre vie et la vie des personnes qui sont autour de vous. dit-il. qui a le même but. La seconde secte. principalement la société universelle. La Jeune Italie diffère du carbonarisme. l'impureté. existe parce que nous existons. ont favorisé un ennemi de la société publique et des trônes. même sans le nommer. qui se trouve affiché dans son ouvrage : Devoirs de Vhomme. L'avocat Mazzini... ou plutôt le matérialisme voltairien. Plusieurs princes. née en Angleterre sous le protestant et régicide Cromwell. Il est dans notre conscience. la secte des francs-maçons et la secte des Carbonariou Charbonniers. Les Carbonari professent l ' i n différence en matière de religion. d'un panthéisme protestant. autrement 1'Eglise catholique. dans la conscience de l'humanité.

Le t r i b u n a l secret s'assemble à Marseille sous la présidence de Mazzini .De la Franc-Maçonnerie. . P l u s tard. Les c o n d a m n é s étant d o m i c i l i é s à R h o d e z . C'est la cent m i l l i è m e répétition de ce p r e m i e r m e n s o n g e du p r e m i e r s o p h i s t e : N o n . l'ancienne idolâtrie des païens. q u i v o u l a i e n t bien c o m battre contre les princes d'Italie. qui confond Dieu avec la créature et la c r é a t u r e avec D i e u . loi verbe vivant de D i e u . au. et les deux autres à mort. ils ne sont q u e l'écho de M a h o m e t et de l'Antéchrist. c o n t r a i r e .. v o u s serez c o m m e des dieux. » Cette hérésie ou i m piété est déjà vieille. . « L o r s q u e Mazzini et ses pareils s u p p r i m e n t la divinité de J é s u s . le panthéisme prussien ou protestant i m p o r t é de nos j o u r s en France par Victor C o u s i n . q u a t r e réfugiés i t a l i e n s .. C o p i e de ce j u g e m e n t fut saisieetexiste. .C h r i s t et qu'ils l'appellent s i m plement u n grand h o m m e . c o n d a m n e deux des q u a t r e aux verges et aux galères. L ' a n n é e 1835 . C'est le panthéisme i d o l â t r i q u e de l ' I n d e . et s'en étaient e x p l i q u é s o u v e r t e m e n t . c'est d a n s le second caractère de Satan d'être h o m i c i d e . n o n . u n é t u d i a n t n o m m é L e s s i n g f u t assassiné à M u n i c h . C'est l'ancien g n o s t i c i s m e . sachant le bien et le m a l . D i e u s'incarne successivement dans l ' h u m a n i t é . n'acceptaient pas la d o c t r i n e s a n g u i n a i r e de la secte M a z z i n i e n n e . la pièce por3* * ¥ . v o u s ne m o u r r e z pas de m o r t en m a n g e a n t du fruit q u e Dieu v o u s a d é f e n d u . u n p h i l o s o p h e . . « E n q u o i Mazzini et les nouveaux sectaires ne s'accordent pas m o i n s avec le faux prophète de la Mecque.

) Disons que l'avocat Mazzini ne se cachait pas pour déclarer que la société par lui instituée avait pour but « la destruction indispen?ablc de tous les gouvernements de la péninsule.102 tait comme chapitre additionnel : Le président de Rhodez fera choix de quatre exécuteurs de la p r é sente sentence. jugé et condamné. porta la peine de son crime. comme le tigre rentre dans sa caverne. qui en demeureront chargés dans le délai de rigueur de vingt jours : celui qui s'y refuserait encourrait la mort ipso facto.4 4 . à mort. Quant à Mazzini. sortait de la Cour d'assises avec sa femme. après une scène de carnage. 4 0 . il se remet froidement à son œuvre de destruction sociale. 2. est attaqué par six de ses compatriotes. rentré en Suisse. afin de former un seul Etat del'Italie ». ajoute l'auteur que nous citons. lorsque lui et sa femme sont poignardés. M. » {Guerre et révolution d'Italie en 1S4S et i$4f). Emiliani . qui lui portent des coups de poignards et se sauvent. M.— Art. tout maladif encore. nous devons réunir tous nos efforts pour constituer une république une et indivisible. par le comte Edouard Lubienski. p. E m i l i a n i . par un nommé Saviali. l'un des condamnés. passant par les rues de Rhodez. » R o h r - . Les assassins sont arrêtés et condamnés par le jury français à c i n q a n s d e réclusion. qui ne fut arrêté qu'avec peine. L'assassin. Quelques jours après. « En raison des maux dérivant du régime absolu et de ceux plus grands encore des monarchies constitutionnelles.

outre qu'il ne suffirait pas d'étouffer le Pape. » Si le pape Grégoire XVI n'a pas été poignardé avec d'autres prêtres. mettez-y le fer et le feu ! Voulez-vous qu'elle t o m b e ? . jusqu'au dernier prêtre. « Je crois.i l ^ crois que notre cause sainte serait tachée par l'assassinat d'un vieillard. dit-il. . lente a délibérer . u n peuple corrompu. On le voit. . nous parle d'un comité formé d'une . incertaine. mais il faut une main de fer. à la discorde. d i t .De la Franc-Maconnerie. Dans son ouvrage : VEglisc romaine en face de la Révolution. io3 bâcher ajoute : « Quelle sera donc la forme de la république mazzinienne » ? Un autre chef socialiste. Si vous désirez qu'une erreur prenne racine parmi les hommes. et. cnervé. ils ont tous au cœur la haine de Jésus-Christ : c'est leur secret à tous. il ne s'agit pas d'une assemblée populaire. ce qui est plus encore. il faudrait assassiner jusqu'au dernier cardinal. avili par Vesclavage. charbonniers ou maçons. le même socialiste ajoute : « La plante funeste née en Judée n'est arrivée à ce haut point de croissance et de vigueur que parce qu'elle fut abreuvée de flots de sang. » Plus loin. Riceiardi. le même Ricciarci nous en donne la raison. à propos de la Haute-Vente. flottante. Crétineau-Joly. faites-en l'objet de vos moqueries ». jusqu'au dernier religieux de tout l'univers catholique. qui seule peut régenter un peuple jusqu'alors accoutumé aux divergences d'opinions. nous l'apprend : « Pour conduire le peuple.

la surdité commande au mutisme. et qui était parvenu à se saisir de la direction générale de la Haute-Vente.'qui était Nubius. O r d i n a i r e ment l'art ne peut ni les guérir. à lui aussi. préside' par u n jeune homme admirablement apte au rôle de conspirateur. Ils savaient depuis longtemps que. mais lorsquePaolo. dit Crétineau-Joly. c'était la corruption. un nom maçonnique. et l'on voit que certains parmi nous s'en souviennent. sans qu'il en pût connaître la source. Cette maladie venue si à propos avait sa raison d'être. Il disait que le meilleur poignard pour frapper l'Eglise catholique au cœur. Dépraver le prêtre. voyait venir des ordres jusqu'à lui. suivant la coutume des illuminés. N u bius fut atteint d'une de ces fièvre lentes qui consument par une prostration graduée. telle était la tactique de N u bius. Les complices de Nubius n'en recherchèrent point la cause.io4 Le Secret quarantaine de membres. « Sur ces entrefaites. la destruction du christianisme. ht part à celui-ci du désir qu'avait Mazzini d'être admis dans ce conseil le président répondit qu'on n'avait pas besoin de Mazzini avec ses poisons et ses poignards. éloigné de Rome. Cependant Mazzini . Il résolut de pénétrer le mystère et finit par découvrir l'existence du comité . en dehors de Mazzini. où était le siège dudit comité. ni les expliquer. dans les sociétés secrètes. Ce jeune h o m m e avait pris. ami de N u b i u s . Son but était. et lui fit envoyer un refus formel. et qu'il vient encore des let- . la femme et Venfant.

sans r o m p r e cependant ostensiblement avec l ' E u r o p e m o n a r c h i q u e . » . il entraîna dans cette c a m p a g n e d i p l o m a t i q u e les ministres francs-maçons conservateurs de l ' A u triche. et p e n d a n t longtemps m i n i s t r e t o u t . les sociétés secrètes n'avaient plus à redouter u n e action i n d é p e n d a n t e .en F r a n c e et s u r t o u t en Angleterre. de la P r u s s e et de la R u s s i e . qui n'avait m é c o n n u la M a ç o n n e r i e active que dans la crainte de voir se t o u r n e r à la fois contre lui les puissances légitimes et les plus avancées des sociétés secrètes e l l e s . A p p u y é . ou plutôt dirigé par l'Angleterre et P a l m e r s t o n . c o m m e au t e m p s de T i b è r e et de Séjan. par sa p r o p r e expérience.m ê m e s .le P a p e Roi était l'objet p r i n c i p a l en butte à la haine des sociétés secrètes. Bien convaincu. 10S très de C a p r é e .m ê m e la direction des loges. Ils osèrent bien tous e n s e m b l e d e m a n d e r des réformes au S o u v e r a i n Pontife. dit le P . « L o u i s . v o u l u t d o n n e r à ces d e r nières q u e l q u e satisfaction. » C'est p o u r quoi le comité t o u t entier d i s p a r u t . — C e n'était pas seulement en Italie q u ' o n t r o u v a i t des c o m p l o t s contre la P a pauté . N u b i u s frappé d ' i m p u i s s a n c e et ses amis de t e r r e u r . chef s u p r ê m e des sociétés secrètes.p u i s s a n t dans son pays.P h i l i p p e . il eut l'air de les p r e n d r e au sérieux devant les c o u r s et les peuples. LOUIS-PHILIPPE. q u e les plaintes mises en avant par le c a r b o n a r i s m e italien p o u r justifier son i n s u r r e c t i o n n'étaient que des prétextes. D e s c h a m p s . et Mazzini put ressaisir l u i .De la Franc-Maqonnerie.

L ' E u r o p e saisit ce m o m e n t p o u r d e m a n d e r au Saint-Siège des réformes d o n t le carb o n a r i s m e a p r o c l a m é l'indispensable nécessité. est d'avis q u e le Pape peut très b i e n . » O n sait q u ' u n e conférence eut lieu et q u ' i l en sortit u n Mémorandum en quatre articles. » Et Rcrnctti r é p o n d i t à l ' a m b a s s a d e u r de L o u i s . vu l ' i m m i n e n c e du p é r i l . source des m a l h e u r s futurs de P i c IX. afin. N o u s braverons certainement la tempête. m a i s q u e . elle a la force de lui offrir le pontificat en p â t u r e . Q u e le roi P h i l i p p e d ' O r l é a n s tienne donc en réserve p o u r l u i .m ê m e la bonaccia qu'il v o u d r a i t n o u s vendre au prix de l ' h o n n e u r : son t r ô n e c r o u l e r a . la b a r q u e de P i e r r e a subi de plus r u d e s épreuves q u e celles-là. m a i s c e l u i . Q u a n d on le présenta à Grégoire X V I . a écrit F a u t e u r de Y Eglise romaine en face de la Révolution. d a n s sa pan i q u e .P h i l i p p e . a O h ! s'écria-t-il. de fermer la bouche aux o r a t e u r s et a u x j o u r n a u x qui stipulent au n o m des sociétés secrètes.jo6 Le Secret « L ' E u r o p e consternée tremble devant la R é v o l u t i o n .m ê m e . q u e la garantie française paraissait très précieuse au Saint-Siège. Elle n'ose ni la combattre ni l'affronter: c'est tout au plus si. La Révolution annonce qu'elle va en finir avec VEglise. se prêter à des concessions inoffensives. p l u t ô t q u e de la d i p l o m a t i e e l l e . n o n . La F r a n c e en propose un s i m u l a c r e .l à . s'il est possible. q u i cherche à m a i n t e n i r à t o u t prix la paix dans la p é n i n s u l e i t a l i e n n e . et cet acte vient des loges m a ç o n n i q u e s d ' E u r o p e . L ' A u t r i c h e . d'abord. il s o u rit.

Nubius avait raison.) Nubius. II. t. mais que ce siège romain. alors qu'il était chef delà Haute-Vente. que la garantie des cours est acquise de droit au Saint-Siège. en apparence si faible. prouvé par sa conduite l'empressement qu'il met à chercher et ù réaliser toutes les améliorations désirables et compatibles avec la sécurité publique. dans cette hypothèse irréalisable. Aussi c'est là u n rêve insensé. celui à qui a été confié le soin de paître le troupeau l'empoisonnerait cruellement. celui à qui il a été dit : « Confirme tes frères dans la foi ». disait : « Si neus pouvions avoir un Pape avec nous. IOJ le Pape croyait impossible de Tacheter par des mesures qui seraient une véritable abdication de rindépendance pontificale. les égarerait lui-même . il en ferait plus avec le petit doigt que nous tous ensemble ». d'ailleurs. pour suivre l'impulsion que la passion antireligieuse leur imprime : il n'en sera . qu'il se réserve sa liberté d'action et son entière indépendance. 268. celui qui est chargé de défendre l'Eglise du Christ deviendrait son plus mortel ennemi . puis aux autres. qu'il a depuis longtemps. car. On rencontre des chefs d'Etat qui poussent l'a* veuglement jusqu'à jeter leur pays dans le schisme et l'hérésie. (Sociétés secrètes. jusqu'à trahir ses intérêts les plus sacrés.De la Franc-Maçonnerie. ne consentira jamais à sanctionner des réformes qui lui seraient dictées impérieusement et à jour fixe . p .

ïo8 Le Secret j a m a i s a i n s i d u Vicaire de J é s u s . O n dressait à R o m e des arcs de t r i o m p h e à chacun de ses pas . on verra les Pontifes r o m a i n s . quelle q u e soit la dignité d o n t ils sont revêtus. le r e s t a u r a t e u r de la liberté et le libérateur des p e u p l e s . o n l'imp r i m a i t . Les c o n s p i r a t e u r s r o m a i n s savent e u x . et faire t r i o m p h e r l ' u n i t é doctrin a l e . on m u l t i p l i a i t son buste et son portrait. s ' i l veut se s o u v e n i r d e l à faiblesse et de l'inconstance c o m m u n e s à tous les h o m m e s . et cependant ils essayèrent d'att i r e r à eux le successeur de G r é g o i r e XVI. » .C h r i s t . on applaudissait avec u n enthousiasme inouï à c h a c u n e de ses p a r o l e s . jamais on n'avait vu de telles d é m o n s t r a t i o n s et des o v a t i o n s aussi universelles. en A l l e m a g n e . on le couvrait de vivat et de fleurs .m ê m e s q u ' i l en est ainsi. « Dès son e x a l t a t i o n . et cette p r e u v e a u r a pour lui u n e force i n v i n c i b l e . C'est là v r a i m e n t le p l u s grand de t o u s les m i r a c l e s q u ' u n esprit élevé p u i s s e désirer p o u r e n c o u r a g e r sa foi. en t o u t t e m p s et en t o u s l i e u x . d i t ' l e P è r e D e s c h a m p s . Q u e Ton i n t e r r o g e les siècles écoulés d e p u i s P i e r r e jusqu'à L é o n X I I I . divinem e n t aidés par l ' E s p r i t de D i e u . m a i n t e n i r l'Eglise d a n s la vérité. on p r o c l a m a i t son libéralisme. en France. m a l g r é tous les obstacles. on Pétalait j u s q u e sur les foulards et les châles. P i e IX fut acclamé d ' u n bout du m o n d e à l'autre. on exaltait ses vertus. A R o m e . en Angleterre et j u s q u e dans les R é p u b l i q u e s de l ' A m é r i q u e . c o m m e le Pape si l o n g t e m p s désiré.

qu'à faire le bien de ses Etats et à ramener par la liberté vraiment chrétienne et les peuples et les rois à la vérité et à la pratique des vertus qui. comme parle l'Apôtre. d'une bonté ineffable. en préparant à la vie éternelle. peuvent seules faire le bonheur ici-bas. donner au peuple le sentiment de sa force et le rendre exi4 . des chants. dans son manifeste aux amis de l'Italie. des rapports n o m breux établis entre les hommes de toute opinion. de la moindre concession pour réunir les masses.De la Franc-Maconnerie. il ne pouvait songer. une fermeté d'dme et de conscience que rien n'était capable de faire dévier de la ligne du devoir connu. et Mazzini. Pie IX joignait à une droiture et à une charité qui ne soupçonne pas le mal. de travail. Des fêtes. 10g « H o m m e de foi. qu'elles avaient une organisation occulte et des chefs reconnus. PontifeRoi. des rassemblements. leur recommandait le contraire. « Profitez. » Le Saint-Père renvoyait le peuple au travail. de vertu et de science. leur disait-il. suffisent pour faire jaillir des idées. Avec d'aussi eminentes qualités. » « Bientôt on s'aperçut que les bandes qui se rassemblaient au Quirinal ne suivaient plus le sentiment de la reconnaissance et du dévouement au Saint-Siège. de prière. d'une candeur et d'une aménité vraiment célestes. ne fût-ce que pour témoigner leur reconnaissance. et qui se peignaient dans tous ses traits. mais qu'elles obéissaient à une i m pulsion secrète. en novembre 1 8 4 6 .

à tant de moyens de nuire. Vénérables Frères. si habiles dans Part de tromper. » Et Pie IX. ébranler la religion catholique et la société civile. de justice et d'honnêteté. et même les détruire de fond en comble. liés entre eux par une société criminelle. tant d'artifices et de coupables m a n œ u vres dont se servent les ennemis de la vérité et de la lumière. que. c'est de le réunir. esclavage. dans ce siècle déplorable. emportés par une aveugle fureur . suiîisentpour cela. Vous le savez. en effet. progrès. pour corrompre les m œ u r s . le dillieile. repoussant les saines doctrines et fermant l'oreille à la voix de la vérité. tyrannie. produisent au grand jour les opinions les plus funestes et lont tous leurs efforts pour les répandre dans le public et les faire triompher. despotisme. droit de Thomme. adressait au monde catholique son encyclique Quipluribusjam. fouler aux pieds tous les droits divins et humains.no Le Secret géant. dans ce même mois de novembre. [pour étouffer dans les esprits tout sentiment de piété. privilèges. Vénérables Frères. « Nous sommes saisi d'horreur et pénétré de la douleur la plus vive. ces implacables ennemis du nom chrétien. égalité. s'il était possible. où il disait: « N u l d'entre vous n'ignore. La difficulté n'est pas de convaincre le peuple . une guerre furieuse et acharnée est faite au catholicisme par des hommes qui. Le jour où il sera réuni sera le jour de l'ère nouvelle. quand nous réfléchissons à tant de monstrueuses erreurs. quelques grands mots : liberté. fraternité.

On sait son exil à Gaëtc.De la Franc-Maçonnerie. U n e Mère auguste. Nous n'avons pas à retracer ici la vie de Pie IX. unissant sa parole et sa douleur à celles du Vicaire de son Fils.. qui ne surent pas même respecter ses cendres et son cer% . au Quirinal.. d'où il avait dû fuir . le saint Pontife résumait la doctrine impie de la secte maçonnique. il versait des larmes : et c'est à peine si le bruit des triomphes et des vivat dont il avait été le héros. » E n quelques mots. on n'ignore pas qu'il fut attaqué et crucifié moralement. durant tout son pontificat. s'éteignait dans les rues de R o m e . ils ne rougissent pas d enseigner publiquement que les augustes mystères de notre religion sont des erreurs et des inventions des hommes . il était saisi d'horreur. et aussi ils ne craignent pas de renier le Christ et Dieu. par les Sociniens modernes. sans connaître les plaintes de la Messagère céleste. Elle disait : / / s blasphèment mon Fils ! Ils l'abandonnent. Nous l'avons dit ailleurs : d'autres larmes avaient précédé les siennes. Ouvrant leur bouche aux blasphèmes. ils ne craignent pas de renier la Christ et Dieu. ni d'impiété. ils le laissent seul sur les autels ! Et Pie IX. lui faisait écho en répétant . son retour à Rome. en sont venus à ce degré inouï d'audace : ouvrant leur bouche aux blasphèmes contre Dieu. une divine Mère avait gémi et pleuré dans nos montagnes des Alpes. qui renie le Christ et Dieu. en même temps. que la doctrine de VEglise catholique est opposée au bien et aux intérêts de la société.

. tant de guerres incendiaires qui mirent l'Europe en feu. tandis qu'au contraire on encourage. et ont essayé. le 25 septembre Î865^ où il d i s a i t : «Vénérables Frères. contenue d'abord dans les ténèbres et l'obscurité. a déplorer tant de mouvements séditieux. ils eussent agi avec moins de mollesse ! Certes. si dangereuse même pour la sûreté des royaumes. .IllÈ cueil. qui. il faut sans nul doute compter celte société perverse d'hommes. en particulier... parmi les nombreuses machinations et les moyens par lesquels les ennemis du nom chrétien ont osé s'attaquer à l'Eglise de Dieu. dans une affaire aussi grave.. Aussi n'avons-nous pas vu sans douleur des sociétés catholiques si bien faites pour exciter la piété et venir en aide aux pauvres. de son a l l o cution prononcée en consistoire secret..» . Plût au ciel que les monarques eussent prêté l'oreille aux paroles de notre prédécesseur ! plût au ciel q u e . quoique en vain. il est vrai. . a tini par se faire jour ensuite. être attaquées et même détruites en certains lieux. vulgairement appelée maçonnique. ni tant de maux amers qui ont affligé et qui affligent encore aujourd'hui l'Église. Il necraignait pas. pour la ruine commune de la religion et de la société h u m a i n e . de l'abattre et de la détruire. Q u ' o n se souvienne. de flétrir leurs maximes et de les condamner. ou tout au moins on tolère la ténébreuse société maçonnique. nous n'aurions jamais eu. . si ennemie de l'Eglise et de Dieu. durant sa vie. ni nos pères non plus..

Vénérables F r è r e s . il n o u s est d'autant m o i n s nécessaire de l e ' d i r e .De la Franc-Maçonnerie. après avoir b l a s p h é m é le Christ et D i e u . dont n o u s avons rappelé l ' E n c y clique datée de 1 7 3 8 . chaque jour. Au milieu des p e u p l e s de l'Italie. que les brèches et les r u i n e s faites aux m œ u r s et à la religion s'étalent sous vos yeux. n o t r e S a i n t . écrivant à ses Vénérables F r è r e s les Archevêques et les E v ê q u e s d ' I t a l i e . entraînés qu'ils sont fatalement. dont les a u t e u r s et les chefs ne cachent ni ne voilent leurs v o l o n t é s . on r e d o u ble d'efforts poureffacer des institutions publiques cette forme. Dans sa dernière E n c y c l i q u e du Ï 5 février 1 8 8 2 . q u i va d'abîme en abîme. Sa Sainteté. toujours si c o n s t a m m e n t fidèles à la foi de leurs pères. J u s q u ' o ù déjà sont allées ses audaces. ces h o m m e s qui en sont venus. avec des accents n o n m o i n s énergiques et une pleine l u m i è r e . renouvelant les instructions et les e x c o m m u n i c a t i o n s prononcées par ses vénérés prédécesseurs. n3 T e l est le langage a p o s t o l i q u e d e Pie IX. cette e m p r e i n t e chrétienne qui a été t o u j o u r s et à bon droit le sceau des gloires de P I - . a pris position depuis l o n g t e m p s en Italie .P è r e L é o n X I I I a signalé au monde.m ê m e . j u s q u ' à Pie IX l u i . la liberté de l'Eglise est de toute part atteinte . après avoir déclaré la guerre à Jésus-Christ. par la marche logique de l'erreur. disait : « U n e secte pernicieuse. à vouloir d é t r u i r e la propriété et la famille. elle s'efforce de dépouiller le peuple des institutions chrétiennes. M a r c h a n t sur les traces de ces courageux P o n tifes. depuis Clément X I I .

d é p o u i l l é du p r i n c i p a l civil. en l'attaquant d a n s son siège m ê m e . de profanes n o u v e a u t é s la souillent. cité la plus auguste des cités c h r é t i e n n e s . déjouera les menées impies des h o m m e s . s'il était possible. le rôle de l'autorité religieuse effacé dans l'éducation de la jeunesse : c l l c e s t s a n s fin et sans m e s u r e . celte année.Le Secret talie. il est p o u r t a n t acquis et d'expérience que leurs complots ne tendent à rien m o i n s qu'à renverser t o u t le corps de l'Eglise avec son chef. Les m a i s o n s religieuses s u p p r i m é e s . E l R o m e . q u i s'y sont d o n n é r e n d e z . L ' E g l i s e . cette g u e r r e p o u r l a q u e l l e l'Eglise g é m î t sous le poids d ' i n e x p r i m a b l e s souffrances. et le Pontife r o m a i n se t r o u v e réduit aux plus i n e x p r i mables angoisses . et. les députés et les chefs de la secte la p l u s acharnée contre le catholicisme. enfin victorieuse. il lui a fallu t o m b e r à la merci d ' u n autre p o u v o i r .» Et tel est. l e s biens de l'Eglise confisqués. est u n e place o u v e r t e à tous les e n nemis de l'Eglise . éteindre la religion. les u n i o n s conjugales formées en d e h o r s des lois et des rits c a t h o l i q u e s .v o u s p o u r u n e solennelle assemblée. cette cruelle et déplorable g u e r r e d é c l a r é e a u Siègeapost o l i q u e . sans a u c u n d o u t e . p o u - . car. cà et là des temples et des écoles y sont consacrés à l'hérésie. Les raisons q u i ont d é t e r m i n é le choix de ce théâtre ne sont p o i n t u n mystère : ils v e u l e n t par cette outrageante provocation assouvir la h a i n e qu'ils n o u r r i s s e n t c o n t r e l'Eglise. et a p p r o c h e r de plus près leurs torches incendiaires d u Pontificat r o m a i n . O n dit m ê m e q u ' e l l e va recevoir.

Gaston. ' . a malheureusement restreint le temps qu'il eût fallu au conférencier pour développerson sujet. et peutêtre devant un auditoire beaucoup plus nombreux. et il a dû en une demi-heure renfermer la matière d'une conférence d'une heure et demie. a fait une très intéressante conférence sur ce sujet : Dieu devant la science. notre F . vons-nous ajouter. ainsi que nous l'avons déjà annonce. Du reste. sous peu de jours. publier un ouvrage intitulé : Dieu. Gaston va. « L'espace nous manque pour entrer dans des détails à ce sujet. du conférencier. « Q u o i q u ' i l e n soit. mais surtout convaincue. dans des conditions meilleures. très chargé. cette fois. le secret de la Maçonnerie. les bravos de l'assistance ont maintes fois soulignéla parole. m e m bre de la loge.De la Franc-Maçonnerie. en décembre 1882 . Le F / . à la fois sérieuse et spirituelle. mais. qu'il a apportées à l'appui de sa thèse. Les personnes qui ne lisent pas le compterrendu des loges maçonniques ignorent ce qui s'y passe et ne voient pas le mal tel qu'il est. « T e n u e du 21 décembre. •. voilà Vennemi ! dans lequel il expose d'une façon très . Qu'elles écoutent donc l'extrait suivant d'une réunion de la Grande-Loge symbolique écossaise qui a eu lieu à Paris. fort heureusement trouvées. « Nous espérons que ce n'est que partie remise. ainsi que les citations. 11 a L'ordre des travaux. Gaston aura l'occasion prochainement de traiter de nouveau cette question. H . et que notre F.

2" année.2 9 5 . Il n'y avait plus qu'à rappeler la déesse Raison pour la placer de nouveau sur les autels de Jésus-Christ . ô Satan. Ecoutez.. voici Satan le grand... Il passe bienfaisant. révolté ! Que montent sacrés vers toi notre encens et nos vœux ! T u as vaincu le Jéhovah des prêtres !. dit le journal auquel nous empruntons ce récit. n° 22. dans leur joie triomphante.. « Notre prochain bulletin contiendra un article bibliographique sur ce livre que nous avons en ce moment sous les yeux. lecteur. \ Dumonchcl. » (Communication du F . janvier 1882. l'hymne qu'ils viennent de chanter. en tremblant. aller plus loin. à T u r i n : « Voici qu'il passe . écoutez. ils se sont souvenus instinctivement de leur père.II6 Le Secret nette les idées qu'il n'a pu qu'effleurer dans cette conférence. voilà l'ennemi! on ne pouvait. e r r e u r ! Ils ont trouvé moyen de dépasser toutes ces impiétés. Salut. en plein théâtre.) Bulletin maçonnique de la Grande-Loge symbolique écossaise. Bergier avait raison : le libre examen du pro- . cette année même. scmble-t-il. et que nous voudrions voir dans toutes les mains. P. ô peuples. de lieu en lieu. salut. sur son char de feu. 10 Après ce cri d'impiété : Dieu. applaudissait l'œuvre infâme de Josué Carducci. et. » Et la foule.

de l'autre. U n instant rentrée dans le silence et. ont vu en C r o m w e l l le père de la Maçonnerie : il n'en fut q u e l'habile et puissant p r o t e c t e u r en Angleterre. en nous a p p u y a n t sur le témoignage d'auteurs sérieux. et malgré les efforts que la secte a faits p o u r d o n n e r à son origine u n e a n t i q u i t é reculée. ]a Maçonnerie t r o u v e dans la p e r s o n n e d ' A s h m o l e . sans r e m o n t e r jusqu'à Socin. obligée de se cacher p a r p r u d e n c e . 4* . Ce dessein a été conçu par F a u s t e Socin : n o u s l'avons p r o u v é h i s t o r i q u e m e n t . et saint P a u l : Deus hujus sœculi. ou bien il le lui ferme. le triomphe du rationalisme. et. l'organisateur secret et le sanguinaire d i s c i p l e .sans d o u t e . S'il le lui ferme. d ' u n e part. le Dieu de ce siècle. et il ne saurait les servir tous deux a la fois. il n o u s semble. le regard de l'histoire a discerné la vérité et pris soin de n o u s l'indiquer. Des historiens graves. par q u i il a été v a i n c u . l'esclave de celui q u e Jésus-Christ a n o m m é : Princeps hujus mundi^le prince de ce m o n d e .De la Franc-Maçonnerie. N o u s p o u v o n s c o n c l u r e . O u bien il o u v r e son c œ u r à son C r é a t e u r . uj tcstantisme devait c o n d u i r e à ces négations et à ces impiétés. Il faut à l ' h o m m e u n maître : Dieu ou Satan. il d e vient l'esclave d u péché.M a ç o n n e r i e est bien celui q u e nous avons i n d i q u é : la destruction du règne de Jésus-Christ. q u e le but de la F r a n c . après la t e r r i ble vengeance exercéesur C r o m w e l l par Charles I I .

unissant son âme de sectaire à celle du panthéiste Spinosa. allumant. Voltaire lui fraie la route en France. avant-garde du catholicisme. il préparc le couronnementdc la Maçonnerie universelle. Mais déjà la secte avait grandi et poussé ses adeptes à l'action. dépravant les cœurs.Le Secret l'illustre antiquaire. De cette action combinée et de tous ces travaux qui se multipliaient chez les diverses nations. et dans ce travail. en Allemagne. la soif des voluptés païennes. auxquels il unit les systèmes des sophistes anglais et français . il en compose un tout. en Portugal. Aidé puissamment parles sophistes. O n avait vu des bras se lever et frapper cruellement la Compagnie de Jésus. surtout dans les rangs de la plus haute société française. aussi bien qu'en France. qu'il nomme Illuminisme. à Naples. en E s pagne. agitant tous les esprits. résume les divers travaux maçonniques antérieurs à lui. il propage de tous côtés Phérésie socinienne et en pénètre tous les esprits de son temps. Adam Weishaupt. u n protecteur qui la recueille et lui prodigue ses soins. de toutes ces folles débauches de Pesprit et des sens devait nécessairement résulter une tempête sociale : ce fut la grande . tournant en dérision ce qu'il y avait de plus sacré. Doué d'un rare génie d'organisation. Bientôt elle est assez forte pour reprendre son élan à travers le monde. sous mille formes différentes.

n o u s l'avons prouvé. d o n t l'univers entier fut ébranlé. . comme celle de son divin F o n d a t e u r . c o m m e u n nouveau C a l v a i r e . Révolution française. Ce j o u r .De la Franc-Maçonnerie. sorti vivant et glorieux d e s a t o m b e . et m ê m e . au m i l i e u des c r i m i n e l s . son E p o u x . et q u e . habile à forger des chaînes à ceux qui ne pliaient pas devant son a m b i t i o n sans bornes et ses boutades . q u o i d o n c ? . on peut le dire.l à .n o u s vu l'Eglise trouver en celui q u i l'avait protégée son p l u s terrible e n n e m i .p o u r l'Eglise c a t h o l i q u e ce qu'avait été pour le Christ. Le C h r i s t l u i . . t r i o m p h a v r a i m e n t . elle s'était reprise à conspirer contre le c h r i s t i a n i s m e . contre l'Eglise r e d e v e n u e l'objet du respect et de l ' a m o u r des peuples. La R é v o l u t i o n de 1 7 9 3 fut son fait. sous le n o m de : Déesse Raison. est u n e souffrance c o n t i n u e .M a ç o n n e r i e d o c t r i n a l e et s a n g u i n a i r e . P i e VI fut pris. o ù il m o u r u t c o m m e son d i v i n Maître. représentée par une c o u r t i s a n e . puissant par les a r m e s .m ê m e fut de nouveau jugé et c o n damné. O n le jeta à bas de ses autels p o u r y mettre à sa place. Mais la vie du catholicisme. la F r a n c . P u i s n o u s avons m o n t r é q u e la secte n'avait pas été d é s a r m é e par les victimes i n n o m b r a b l e s t o m bées sous ises c o u p s . despote par la volonté. reconnaissons-le. athée et saoule de crimes . c o n duit en prison. l'agonie du jardin des Oliviers. fidèle au plan de ses chefs. aussi a v o n s . Elle f u t . le rationalisme de Socin. enchaîné.

C'est q u e la M a ç o n n e r i e avait senti qu'elle avait intérêt à ne v o u l o i r pas renverser les autels. S o n sort ne fut pas a b s o l u m e n t celui des t r a î t r e s : il en fut q u i t t e p o u r un exil lointain à S a i n t e . lassée de son d o m p t e u r . u n crucifix apparaître . des t r a h i s o n s et des défaites. et le p e u p l e lit un t r i o m p h e à cette image sacrée. elle se révolta contre lui et lui prépara. s u r t o u t les jeunes g é n é r a t i o n s . E n effet. N o u s avons vu ensuite la secte se recueillir u n m o m e n t . mère adoptive de la M a ç o n n e r i e . entre les m a i n s d'un jeune h o m m e . sans é p a r g n e r les classes o u v r i è r e s . la r é v o l u t i o n de 1 8 4 8 n ' e u t pas p o u r caractère p r i n c i p a l la h a i n e religieuse q u i avait caractérisé celle de xyq'i. E v i d e m m e n t . sitôt après . N o u s l'avons surp r i s e d e m a n d a n t à l'enseignement de c o r r o m p r e d e n o u v e a u les esprits. O n vit m ê m e .J20 Le Secret d ' h o m m e mal élevé. j u s q u ' a u jour où. Il n'avait pas c o m p r i s non p l u s q u e celui qui sème du vent re- cueille des tempêtes. Il comprit d ' o ù venaient à sa fortune ces mystérieux revers . Tannée 1 8 4 8 vit t o m b e r le roi L o u i s P h i l i p p e et s'écrouler son t r ô n e . r e p r e n d r e bientôt ses t r a m e s contre l ' E glise et toute a u t o r i t é l é g i t i m e .H é l è n e . il se souvint de l'Angleterre. sur les c h a m p s de bataille. a q u i elle résolut de jeter en pâture la propriété. N a p o l é o n d e v i n t p o u r P i e V I I le cruel i n s t r u m e n t de la F r a n c . p e n dant le m o u v e m e n t r é v o l u t i o n n a i r e . afin de préparer une révolution nouvelle. et il alla se confier à elle.M a ç o n n e r i e . porté avec respect au milieu de la f o u l e .

et on la lancera sur l'Europe. onaura unegénérationathée. arriverenfinà la fermeture des égliser. et l'exercice du fusil y a remplacé celui du catéchisme. On fera alors une armée.. Les Italiens disent qu'avec du temps et de la patience on arrive à tout . Elle se réservait pour plus tard cette odieuse besogne. On sera aidé par tous les frères et amis des pays qu'envahira cette armée. par des lois n o u velles contrele clergé !. à laquelle elle se prépare de nos jours. Nous l'avons dit : elle s'est souvenue de Julien l'Apostat et de La Chalotais. qui nous conduira là où veut la secte. chaque année.Elle prépare u n grand mouvement. Il y a bien encore des écoles où l'enfant est instruit des vérités chrétiennes : patience. or nous suivons pour le moment en France la méthode Ricciardi..De la Franc-Maconnerie... mais surtout en étranglant le catholicisme peu à peu. où nous lisons ce qui suit: « Déchristianiser la France par tous les moyens. Nous avons sous les yeux les résolutions prises le 11 juin 1 8 7 9 . Dans huit ans. Les écoles sans Dieu existent. en ôtant la foi des âmes et les crucifix des écoles... grâce à l'instruction laïque sansDieu. à moins que les pères de famille n'ouvrent enfin les yeux et ne s'écrient: c'est asse% ! Que Dieu leur inspire ce noble sentiment ! P o u r les encourager à remplir leur devoir et aussi pour nous acquitter de notre charge pasto- . Elle détruit les temples spirituels d'abord . 121 T 7 9 3 . » Ce plan est bien suivi.

122 Le Secret de la Franc-Maçonnerie. nous allons continuer cette étude. raie. . en disant à nos lecteurs ce que Ton doit penser du projet de la Franc-Maçonnerie : ce sera la seconde partie de ce travail.

DE DETRUIRE LE CHRISTIANISME ET DE LE REMPLACER PAR LE RATIONALISME? L — Le projet de la Maçonnerie n'est pas nouveau. mais comme Hérode dit l'Ascalonite. le premier des trois personnages de ce nom dont saint Matthieu parle en ces termes : « Jésus étant donc né à Bethléem de J u d a . et ils disaient : Où est celui qui est né roi des Juifs? Car nous avons vu son étoile en Orient. A cette nouvelle. et tout Jérusalem avec lui. le roi Hérode se troubla. aux jours du roi Hérode. voilà que des Mages vinrent de TOrient à Jérusalem. Ce projet est littéralement vieux comme H é rode. QUE FAUT-IL PENSER DU PROJET. Bethléem. terre de Juda. . Ceux-ci lui dirent : Dans Bethléem de J u d a . non comme Hérode le tétrarque de Galilée qui se moqua de Jésus.DEUXIÈME PARTIE. tu n'es pas la moindre parmi les villes de Juda. car il est écrit par le prophète : Et toi. FORMÉ PAR LA FRANCMACONNER1E. et nous sommes venus l'adorer. Et il assembla tous les princes des prêtres et les scribes du peuple. leur demandant où devait naître le Christ.

le saint vieillard Siméon le prit entre ses b r a s . O n sait ce que signifiaient ces p a r o l e s . ditesl e . Alors H é r o d c ayant appelé en secret les Mages. aiin que j ' a i l l c a u s s u m o i . le roi a n n o n c é par les prophètes et m o n t r é aux Mages au m o y e n d'un astre n o u v e a u . . et l o r s q u e vous l'aurez t r o u v é .m ê m c l'adorer ». car. et. p o u r la p r e m i è r e fois. et souvent l'on verra la h a i n e contre J é s u s . les envoyant à B e t h l é e m .C h r i s t pousser ses e n n e m i s à r e n o u v e l e r le massacre des i n n o c e n t s .d e s s o u s . le projet de dét r u i r e s u r la terre le règne de J é s u s .m ê m e .m o i . Ce massacre des saints Innocents a révélé au m o n d e . E t . selon le t e m p s dont il s'était e n q u i s des Mages. n o u s avons r a i s o n de dire q u e le dessein formé par la M a ç o n nerie contre notre R o i J é s u s est déjà bien v i e u x .C h r i s t . avec l'esp o i r de l'atteindre l u i . et il envoya t u e r tous les enfants q u i étaient à B e t h l é e m . ainsi q u e d a n s le pays d ' a l e n t o u r . fut porté au temple de J é r u s a l e m . après les j o u r s de la purification. les interrogea avec soin sur le temps où l'étoile leur était a p p a r u e . l o r s q u e H é r o d c vit q u e les Mages s'en étaient allés sans r e v e n i r par J é r u s a l e m . l o r s q u e le divin E n f a n t . il en fut v i o l e m m e n t irrité.124 Le Secret car de toi sortira le Chef qui doit c o n d u i r e mon p e u p l e Israël. car. Il servira de tvpe dans la suite des siècles. D o n c . il dit : Allez et in formez-vous exactement de l'enfant. S i m é o n n'avait pas attendu l'exécution de l ' o r d r e cruel d ' H é r o d c p o u r prédire au m o n d e q u e le C h r i s t devait être en butte à toutes les a t t a q u e s . dep u i s l'âge de deux ans et a u .

Seigneur. l'humanité se plaît. aiméetservi parfois jusqu'à l'héroïsme. car mes yeux ont vu votre salut. que vous avez préparé devant la face de tous les peuples.' dans la jouissance . selon votre p a r o l e . elle répugne à la souffrance. afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient révélées. réglant nos familles. guidant notre existence et l'ordonnant en vue d'un monde meilleur à conquérirpar la vertu.De la Franc-Maçonnerie. surtout. q u e . expier ses fautes et devenirdigne du Père céleste. et en signe auquel il sera contredit : Signum eut contradicetur. Lumière pour l'illumination des Gentils et gloire de votre peuple Israël. par laquelle il règne en nous. puisque le Sauveur est venu pour élever l'humanité de la vie naturelle à la vie surnaturelle. inspirant nos lois sociales. qui n'admet dans l'éternelle patrie. 12S bénissant Dieu. Le Sauveur. aussi . il dit : « C'est maintenant. c'est-à-dire de la vie païenne à la vie chrétienne. dit saint Paul. d'instinct. Or. ses images vivantes. connu. Et le glaive transpercera votre âme. » Le signe auquel on contredira ! Voilà bien le signalement toujours vrai de Jésus-Christ. que les tidèles imitateurs de son Fils. elle se laisse choir au paganisme. » « Et Siméon dit à Marie sa mère : « Voici celui qui est établi pour la ruine et pour la résurrection d'un grand nombre dans I s r a ë l . a divinisé la souffrance et il en a lait une condition nécessaire à l'homme pour se réhabiliter. vous laisserez votre serviteur s'en aller en paix . Il n'en pouvait être autrement.

le jour vint où ils mirent à exécution leur criminelle résolution. ces pharisiens. ils forment le projet de le tuer. que l'orgueil dévorait. irrités de la franchise de sa parole. Vingt fois. ces scribes. C'est ainsi que les Juifs ont mis à mort le Verbe incarné et que ses ennemis l'attaquent sans relâche. . Vain espoir! Le Christ sortit vivant et glorieux du sépulcre. et le Sauveur leur disait : « Pourquoi voulez-vous me tuer. C'est pourquoi elle s'émeut en entendant le Christ lui dire sans cesse p a r l a voix de son Eglise: Sursum corda ! Les coeurs en haut ! L'aspect sévère du Calvaire l'importune. A peine Notre-Scigneur a-t-il commencé sa prédication. et le cri : TOLLK ! TOLLÉ ! répond à l'appel du divin Crucifié. que la guerre contre le Christ est le spectacle que ce monde. Mais J é s u s . idéal parfait de Phumanité régénérée.I2Ô Le Secret naturellement que l'enfant laissé libre va se jouer clans la bouc. passant au milieu d'eux. dit l'Évangile. avec l'espoir que c'en serait fini de lui. ces princes des prêtres. avide de jouir. moi qui vous enseigne la vérité ? » Enfin. pour le jeter en bas. impassible et immortel. l'irrite en troublant ses plaisirs. se saisissent de lui et le conduisent sur le haut du rocher où leur ville est bâtie. Rappelons donc ces attaques et montrons à ceux qui veulent voir la vérité. le long des siècles qui s'écoulent. s'en alla. que les habitants de Nazareth. Son heure n'était pas encore venue. nous offre constamment.

A u lieu de recevoir à genoux. prétendait q u e l ' E s p r i t . a u n i s i è c l e . les faux G n o s t i q u e s se prirent à d o g m a tiser. ces attaques des p r e m i e r s siècles contre J é s u s . v o u l u t décharger sa h a i n e sur la société qu'il avait fondée. c'est-à-dire sur l'Eglise c a t h o lique. La folie de l'orgueil. parurent des h o m m e s qui furent les vrais ancêtres de Socin. le m o n d e . et il leur disait : C o m m e n t p o u r r i e z . au lieu d'écouter h u m b l e m e n t les apôtres et l'Eglise. q u e l ' E s p r i t d i v i n éclairait de sa lumière.De la Franc-Maçonnerie. a b s o l u ment c o m m e font tous nos sociniens m o d e r n e s . Dès le c o m m e n c e m e n t de l'ère chrétienne. cependant.C h r i s t et sa doctrine. L'esprit d'erreur. u n Dieu q u i eût été le fils de leur raison.v o u s vivre s o u s ' u n tel maître et avec de pareilles lois ? Et aussitôt les sophistes se mettaient à son service p o u r inventer des systèmes religieux plus absurdes les u n s q u e lesautres. l'hérésiarque M a n è s . Ils v o u l a i e n t sonder la n a t u r e de Dieu. et d ' a d o rer la doctrine q u e le Verbe i n c a r n é a d a i g n é nous révéler s u r D i e u et les mystères de l'éternelle vérité . Il ameutait c o n t r e la croix tous les partisans d u paganisme. 12 7 Ne p o u v a n t p l u s s'attaquer à l u i . en leur m o n t r a n t les sacrifices i m p o s é s à la n a t u r e par le Dieu des chrétiens. en était v e n u e à ce point q u e M a n è s . en quelque sorte créer u n Dieu à leur façon . Elles furent ardentes.S a i n t s'était i n c a r n é en e . écrasé au Calvaire . relevait la tête. et ils s'égarèrent dans les i n v e n t i o n s insensées de leur o r g u e i l .

et le M a n i c h é i s m e .E s p r i t . et avec lui la . acclamé. Il eut le sort de toutes les a t t a q u e s c o n t r e JésusC h r i s t . multipliait ses victimes. Le x111° siècles'ouvrit. mais la C r o i x d e m e u r a victorieuse. C'est alors q u e nos pères élevèrent ces églises a d m i r a b l e s et ces cathédrales sans pareilles qui c o u v r i r e n t . passait au milieu des foules. De sorte que le c h r i s t i a n i s m e avait émoussé le glaive des persécuteurs et réduit au silence les p h i l o s o p h e s et les h é r é s i a r q u e s . en se r é p a n d a n t de toutes parts. O n sait l'histoire brillante du M a h o m é t i s m e . les e m p e r e u r s r o m a i n s avaientété vaincus : il le fut aussi. a d o r é et servi avec u n a m o u r sans b o r n e s . Celui-ci niait effrontément la divinité de J é s u s . L ' A r i a n i s m e jeta q u e l q u e éclat. d ' o m b r e et de gloire le Dieu de l ' E u c h a r i s t i e .128 Le Secret lui. était aussi a n t i c h r é t i e n n e . à qui cependant il avait consacré sa vie par des serments solennels. parce qu'elle niait les divines p e r s o n n e s du F i l s et du S a i n t . quand p a r u t M a h o m e t .C h r i s t . dit u n illustre orateur. en protégeant les peuples q u i la défendaient e l l e . q u i unissait la puissance des a r m e s a u x attraits d ' u n e religion pétrie d'orgueil et de v o l u p t é . et puis il s'éteignit. dont la grande m a x i m e : « Il iîy a de Dieu que Dieu ».m ê m e . Ce fut alors q u e parut À r i u s . t o u j o u r s attaqué dans son Eglise et ses enfants. où se mêlaient q u e l q u e s vérités e m p r u n t é e s à l'Ancien et au N o u v e a u T e s t a m e n t . Le croissant eut des journées de t r i o m p h e p a s s a g e r . E t le C h r i s t J é s u s .

Cette erreur se formula en plein x n i c siècle. Aussi vit-on commencer à cette époque. Terrassée par l'angélique docteur. grâce toujours à l'attrait des plaisirs sensuels et à la soif de jouissance. sous le nom de Renaissance. dont l'essence n'est autre que la négation de la divinité de Jésus- . au point d'attirer sérieusement l'attention de saint Thomas d'Aquin. le xvin la cacha sous le manteau de ses sophistes. Î2Q vérité catholique versa sur le monde des torrents de lumière. de l'autre. et voici qu'au xix les francs-maçons. qui dévore la pauvre humanité déchue. contre le christianisme. Les xiv% xv et xvi siècles en furent infectés .De la Franc-Maçonnerie. jamais il n'est plus attaqué. Est-ce à dire que Jésus-Christ cessa d'être un signe de contradiction? Loin de là. que quand il est plus adoré. elle se releva cependant et continua sa marche. conscients ou inconscients de leur besogne malsaine. dont l'Arabe Averroès fut l'auteur par son commentaire de la philosophie panthéiste d'Aristote. d'un côté. lexvn°ne réussit pas à s'en préserver. qui la combattit corps à corps dans ses ouvrages immortels. une guerre d'un nouveau genre : ce fut comme une épidémie ou une renaissance de paganisme. cherchent à nous replonger en plein paganisme. c c 0 e Lélius et FausteSocin n'eurent qu'à condenser en système les erreurs païennes de leur temps pour mettre au jour leur hérésie.

la Franc-Maçonnerie. César Cantu. de nos jours. de nous m o n - . est loin de méconnaître les brillantes qualités et le génie de sa nation.iSo Le Secret Christ et le retour au paganisme. le paganisme eut triomphé. le résultat de celte victoire serait identique: ce serait le règne nouveau du paganisme. pour le Socinianisme maçonnique. il y a dans la nature une loi en vertu de laquelle les eaux jaillissantes aspirent à remonter à la hauteur d'où elles descendent. que nous avons cité déjà. on replonge fatalement l'humanité dans l'état où elle se trouvait avant l'ère chrétienne. et Ton dirait volontiers que cette loi existe aussi dans le monde m o r a l . païenne dans ses conséquences et ses résultats. elle est païenne de sa n a t u r e . ne craint pas cependant. O u i . Dans son ouvrage intitulé : Les Hérétiques d'Italie. ù juste titre. arrivait à la fin qu'elle se propose. puisqu'on ôtant Jésus-Christ et sa doctrine du monde moral. c'est-à-dire dans le paganisme. et il le faut pour ne laisser aucune ombre dans l'esprit du lecteur. Or. Si les empereurs romains avaient réussi à exterminer tous les chrétiens. Ces considérations méritent d'être mises en lumière. païenne dans ses aspirations. et qui. par l'adoption du système rationaliste. Cela est évident. avec ses erreurs et ses débauches. et si. en particulier. l'hérésie de Socin est née au sein d'un milieu tout imprégné de paganisme . en tidèle historien. qui poursuit le même but.

l ' h o m m e par le raisonnement en était a r r i v é à se croire l'auteur des vérités q u ' a u p a r a v a n t il recevait c o m m e u n don de la foi. P l a t o n avait dit. c'est l ' a p p r e n t i s sage de la connaissance de D i e u . et. E n passant de la période c r o y a n t e à la p é r i o d e de la c o n t r o v e r s e . et tandis q u e j u s q u ' a l o r s la r e l i gion était restée telle q u e Ta définie G r o t i u s . A r i s - . R a i s o n n e m e n t qui le Ht préférer aux autres p h i l o s o p h e s p a r l e s p r e m i e r s chrétiens. c'est imiter Dieu ». en vérité. avait pris p o u r oracle Aristote. La p h i l o s o p h i e scolastique. en la ramenant en théorie et en p r a t i q u e vers le p a g a nisme. Tunique p r i n c i p e de la justice universelle. « La littérature.De la Franc-Maconnerie* I3I trer les savants italiens d u xvic siècle c o m m e étant les admirateurs passionnés du paganisme. Les sciences. mais qui c o n d u i s i t facilement à l'idéalisme. au r a p p o r t de saint Augustin : « La p h i l o s o p h i e . tout armée de logique. q u i ne bornait pas alors son action à p o l i r la société nouvelle. tandis que Platon ne d o n n a i t q u e ses p r o p r e s dogmes. élevées dans le sanctuaire et disciplinées par les scolastiques c o m m e u n e armée. se propageant parla voie de la presse. u n excellent m a î t r e . m a i n t e nant ce n o t a i t p l u s exclusivement à l'Eglise q u ' o n demandait la m e i l l e u r e m a n i è r e de servir Dieu et le p r o c h a i n . se m e t taient m a i n t e n a n t à disserter. p u i s q u e chez lui on t r o u v a i t aussi la critique des autres systèmes. dit-il. — F a i r e delà p h i losophie. m o r d a i e n t le sein q u i les avait n o u r r i e s . prétendait en modifier les croyances et la conduite. sous la direction du Verbe de Dieu.

en observant le monde à leur mode fantastique. proclame et démontre un Dieu suprême. une loi monde. scolastique. et la critique n'était pas en état de s'apercevoir de l'altération. lui aussi. après avoir reçu la révélation de Mahomet. et celle-ci avec la médecine. avaient fait de Fauteur un théosophe. mais le chrétien. qui attend tout de Dieu. une âme immortelle . en traduisant sur leur traduction. qui lui avaient prêté des sentiments absurdes et des idées pleines de subtilités. même chez eux. de la naquit un amalgame de philosophie arabe. avaient débuté dans les discus-" sions théologiqucs par l'éternelle question du libre arbitre et celle de la prédestination (Kadarites et Giabarites). il y avait des sceptiques. y avaient superposé de nouvelles e r r e u r s . pouvait-il suivre comme un guide sur le maitre qui exagère la puissance de la nature et l'efficacité de la volonté humaine? Le maître qui érige en principe absolu la nature pouvait-il rester l'oracle d'une science toute religieuse ? Ajoutez qu'il arrivait en Europe. » « Les Arabes. avaient confondu l'astronomie avec l'astrologie. chrétienne. traduit et commenté par les musulmans. Les Italiens. tandis que l'idolâtrie professée pour Aristote empêchait de le supposer en faute.l32 tote. d'où ils passèrent à celle des attributs de Dieu. et. en le traduisant. il y avait des incré- . conception bâtarde et stérile. Mais. ces infidèles. une énigme indéchiffrable pour ceux qui voulaient la concilier avec la théologie dogmatique.

la révélation. c'est le monde. i33 dules . soit pour défendre par la dialectique les dogmes attaqués. celle de l'aumône et des invocations pieuses. et admit le principe de Véternité de la matière. et au quatorzième siècle par ^Egidius de Rome. soit pour examiner. et qui fait consister le souverain bien dans les jouissances. La génération (selon ce philosophe) n'est qu'un mouvement. T o u t mouvement suppose u n sujet. système de discussion rationnelle. la Trinité. d'après elle. dans son traité De erroribus phi* losophorum. dont les œuvres ont été publiées dans les premiers temps de l'imprimerie. et le rôle qu'avait joué chez nous la scolastique fut rempli chez eux par le Kalaïn. Ces philosophes ne fontqu'exé: crer cet auteur impie.t>e la Franc-Maçonnerie. iEgidius Colonna de Rome. et plus tard par Gérard de Sienne et Raymond Lulle. ainsi que la théorie de Vunité de Vintelligence. accuse Averroès d'avoir renouvelé . l'efficacité delà prière. la résurrection et l'immortalité. cette possibilité universelle. qui nie la création. la philosophie arabe élargit le cercle des problèmes posés par les péripatéticiens. » « Cette unité des intelligences a été victorieusement réfutée par saint Thomas. les esprits oscillaient entre l'enthousiasme religieux et la libre-pensée . il n'y a qu'une seule âme. c'est la matière première. et Dieu. » « C'est qu'en effet la philosophie d'Averroès s'appuie précisément sur le panthéisme . Ce sujet unique. qui identifie l'ame de Judas avec celle de saint-Pierre. Façonnée à de tels exercices.

234 toutes les erreurs d'Aristote, bien moins excusable que celui-ci, parce qu'il attaque directement notre foi et blâme toutes les religions, tout aussi bien celle des musulmans que celle des chrétiens, parce qu'ils admettent que la création succéda au n é a n t ; il appelle de pures imaginations les opinions des théologiens, et soutient qu'aucune loi n'est vraie, quoiqu'elle puisse être utile. » « C'est précisément un des principaux reproches qu'on adresse à Averroès, que d'avoir mis en parallèle les lois de Moïse, celles du Christ et de Mahomet. Les musulmans en avaient fait le mélange pour soutenir leur religion ; mais Averroès y revint sans cesse par ses allusions dogmatiques aux Très loqucntcs trium legiim, ce qui Ta fait croire l'auteur du livre des Trois imposteurs, devenu une arme dont on se sert pour frapper tous ceux qu'on veut discréditer. » De ces citations , nous pouvons c o n c l u r e , d'abord, qu'Averroès avait ses admirateurs au x i n siècle, puisque saint Thomas et les savants de son époque ont pris soin de le combattre, et ont consacré à réfuter sa doctrine une bonne partie de leurs travaux ; puis, nous devons ajouter que l'Averroïsmc survécut aux coups qu'il avait reçus et aux condamnations qu'il avait subies, témoin rillustrc poète Pétrarque, né en i3o4, disant : « P o u r moi, plus j'entends dénigrer la loi du Christ, plus j'ai me le Christ, et plus je me confirme dans sa doctrine, comme un fils dont la tendresse filiale se serait refroidie, la sent se réchauffer lorsc

De la

Franc-Maconnerie

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qu'il apprend q u ' o n attente à l'honneur de sa mcre », « Ces philosophes avaient coutume,dit-il ailleurs, d'apporter à la réunion quelque problème aristotélique, ou tel autre sur les âmes ; et moi je gardais le silence, ou je me moquais d'eux, ou je me mettais à discourir de tout autre sujet, ou bien je demandais en souriant comment jamais Aristote avait pu savoir des choses dans lesquelles la raison n'a aucun rôle à jouer, etoù l'expérience est impossible. Ils sortaient confondus d'étonnement, 'se dépitaient en silence et me regardaient comme un blasphémateur. » Un des leurs, « de ceux qui pensent qu'on ne fait rien de bon, disait Pétrarque, si Ton ne déverse pas la calomnie sur Jésus-Christ et sa doctrine surhumaine »,alla trouver le poète à Venise, et il le bafouait, parce qu'il avait cité cette parole de saint Paul : J'ai mon Maître, et je sais en qui f ai mis ma foi ; et, ajoutait-il : « garde pour toi ton christianisme, quant à moi, je n'en crois pas un iota ; ton Paul, ton Augustin, et tous ces autres docteurs ont eu du babil, et rien de plus ! De grâce,fais-moi le plaisir de lire Averroès,et tu verras comme il surpasse par son vol tous vos bouffons.» Pétrarque en fut indigné,et, tout pacifique qu'il était de caractère, il prit le philosophe téméraire par son mainteau et le chassa de sa maison. Quatre autres de ces philosophes lui reprochaient de prendre au sérieux le christianisme, et ils concluaient que Pétrarque était un homme de bien, mais un esprit ignorant : « Si ces gens-là,

236

Le Secret

s'écrie le poète, ne craignaient pas plus les châtiments des hommes que ceux de Dieu, ils attaqueraient la Genèse et la doctrine du Christ, en public. Quand la peur ne les retient plus, ils combattent directement la vérité; dans leurs conciliabules, ils se rient du Christ et adorent Aristote sans le comprendre. Dans leurs disputes , ils avouent publiquement qu'ils ne tiennent aucun compte de la foi, ce qui revient à dire qu'ils cherchent la vérité en repoussant la vérité, qu'ils cherchent la lumière en tournant le dos au soleil. Après cela, faut-il s'étonner qu'ils nous traitent d'hommes illettrés,puisqu'ils appellent Jésus un idiot ?n E n lisant Pétrarque aux prises avec les philosophes de son temps, on croirait lire le compterendu des séances maçonniques de notre époque. D'un côté comme de l'autre , Jésus-Christ est outragé. Aussi disons-nous que c'est dans cette fange que la secte socinienne ou maçonnique a pris naissance, pour apparaître bientôt, avec sa haine contre notre divin Sauveur et Maître. Il n'y a donc rien de nouveau dans le système maçonn i q u e : ils pensent et ils parlent comme Averroès, «ce chien, disait encore Pétrarque, cet enragé qui ne cesse d'aboyer contre le Christ et la religion catholique ». « Mais si Aristote conduisait au matérialisme, dit aussi César Cantu, Platon conduisait au mysticisme, et tous deux à l'incrédulité. Gémisthe Plêthon de Constantinople, venu à Florence pour contrecarrer l'union de l'Eglise grecque avec T É -

De la Franc-Maçonnerie.

I3J.

glise latine, y r é p a n d i t les fantaisies du néo-platonisme; il affirmait q u e la religion de Mahomet et celle de J é s u s - C h r i s t périraient bientôt p o u r faire place à u n e a u t r e plus vraie et ayant b e a u c o u p d'analogie avec le p a g a n i s m e . D a n s son abrégé des

Dogmes de Zoroastre

et de Pythagore

, il met

en parallèle la théologie p a ï e n n e avec la théologie chrétienne, etc. » « P l u s n o m b r e u x encore étaient les p h i l o s o phes dont les doctrines oscillaient entre Aristote et P l a t o n , entre le p a g a n i s m e et le christianisme, et en matière de religion,l'éclectisme frise de bien près l'hérésie, q u a n d il n'en est pas u n e . N o u s avons déjà n o m m é vEgidius de R o m e , issu de la très noble famille des C o l o n n a , disciple de saint T h o m a s , G é n é r a l des A u g u s t i n s , 'puis archevêque de Bourges, très érudit dans la science des saintes Ecritures et dans la p h i l o s o p h i e a r i s t o t é l i q u e , s u r n o m m é le Doctor fundatissimus. O r , il déclarait qu'il y a certaines choses q u i sont vraies a u x yeux d u p h i l o s o p h e , et q u i ne le sont pas aux yeux de la foi c a t h o l i q u e : c o m m e si deux vérités contraires p o u v a i e n t subsister à la fois.Cette p r o position fut c o n d a m n é e sous J e a n X X I I , e t l ' a u t e u r se rétracta ; mais cette hérésie devint c o m m u n e au q u i n z i è m e siècle, et o n en v i n t à soutenir de pures e r r e u r s — enseignées dans n o s loges a u j o u r d ' h u i , au xix siècle — telle q u e la mortalité de l ' â m e , l ' u nicité de l'intelligence, l'inspiration i n d i v i d u e l l e , sauf à dire q u e c'étaient des conséquences tirées des prémisses de Platon et d'Aristote, q u i ne prée

pour mettre au jour l'erreur maçonnique qui porte leur nom. et il trouvait en lui l'intuition des mystères les plus profonds. et déclarer le dogme maçonnique de la Liberté de conscience. D'après lui. les Mages. mais en affectant de n'en pas plus tenir compte. il ne le séparait pas de Moïse. il allait jusqu'à faire brûler une lampe devant son image. elles éliminaient la foi et toute force ou secours surnaturel. dont la solution importe à la morale autant qu'au bien-être de la société. pour faire entrerdans le temple de la religion naturelle toutes les sectes imaginables. que si elle n'eût jamais existé. et à les coordonner en système. » « Marsile Ficin rendait à Platon u n véritable culte . etc. pour suivre seulement leurs propres manières de voir dans les problèmes de l'ordre religieux. pour ainsi dire.. Ainsi les deux écoles opposées s'accordaient pour ne point admettre la Révélation. toutes les religions sont bonnes. Trismégiste. non pas en la combattant. » Evidemment.. Nous pourrions nous borner à cet aperçu som- . et Dieu les préfère à Virréligion . mais il y a des prophètes et des poètes dans chaque nation.. et l'on peut ainsi se convaincre de plus en plus que les Sozzini ou Socins n'ont eu qu'à recueillir les erreurs diverses semées autour d'eux. Virgile.r3S Le Secret judiciaient en rien aux dogmes du Christ. Faustc Socin n'aura qu'à se souvenir des idées de Marsile Ficin. tels q u ' O r p h é e . la religion chrétienne est la plus pure .

en vue de prouver toujours que le plan maçonnique contre Jésus-Christ n'est pas nouveau. » « Il y avait certains philosophes qui faisaient brûler un cierge devant l'image de P l a t o n . à l'époque dont nous parlons. si on n'avait pas quelque o p i nion erronée ou hérétique sur les dogmes. On ne passait alors — fin du xv siècle — pour un gentilhomme et un bon courtisan. passa d'Italie en France et chez les autres nations. avec cette paresse voluptueuse que. qui montre déjà jusqu'à quel point le paganisme cherchait à étouffer le christianisme en pleine E u r o p e . en acceptant les dogmes sans examen. où elle mit en h o n n e u r la fable païenne et ses souvenirs. « La philosophie se mettait de plus en plus en lutte avec la foi. Les gens modérés croyaient rendre hommage à la foi en s'abstenant de toute réflexion sur elle. et d'Antoine. provoquée par Averroès. beaucoup de personnes changeaient leur nom de baptême. un esprit fort appelait l'indifférence et la nonchalance qui s'endort le verre en main et éteint les lumières. c .De la Ffanc-Maçonnerie* i3$ maire. sans parler des mœurs et des idées. telle Académie célébrait des fêtes à la mode antique. dans des temps rapprochés du nôtre. en sacrifiant un bouc . Cependant nous croyons utile d'ajouter encore quelque développement à cette considération. comme s'ils eussent rougi de porter celui d'un saint. Ce que nous avons dit suffirait à expliquer comment la folle admiration pour l'antiquité païenne. dit César Cantu. dans les lettres et les arts.

i4o Le Secret Jean. suivant les doctrines platoniciennes. Quand même ce paganisme se serait borné à la littérature. on faisait Aonio. Marc en Cailimaquc. fût-ce même la Bible ou les Pères. » « Paul II s'effraya de ce paganisme et fit faire des procès contre quelques-uns de ses propagateurs. on changeait Victor en Vittorio ou Nicio. et que. Luc. Pierre. puisque Pomponius s'agenouillait chaque jour devant un autel dédié ù Romulus. et par ses lettres. Pierio. puisque ses membres célébraient par des sacrifices païensle jouranniversairedcla fondation de R o m e . Martin en Marzion et ainsi de suite. dit le Platina. Murino en Glaucus. Gianni. il n'est pas d'esprit droit qui ne conçoive le tort notable que faisait à la logique. une doctrine qui entendait que Jésus-Christ et la Rédemption cédassent la place à la volupté païenne et aux plaisanteries contre les vertus domestiques et sociales. Platina écrivait au cardinal Bcssarion. et qu'il ne voulait lire aucun livre d'une date postérieure à la décadence de l'empire. « on peut voir comment l'Académie instituée par ce Pomponius Lretus tendait à transformer le paganisme littéraire en un paganisme religieux. parmi lesquels Pomponius Lortus et Barthélémy Sacchi. dit notre auteur. à la morale et ù l'esthétique. ils élevaient des doutes sur Pâme et sur Dieu. Lucio . » Du fond de sa prison. » « Le retour au paganisme se manifesta non . L'accusation était fondée sur ce motif que ces hommes latinisaient les prénoms.

dans l'épitaphe de la célèbre Isotta. et l o r s qu'elle consentit à d e v e n i r la Mère de D i e u . q u i représentaient la V i e r g e .m ê m e payait u n large tribut à c e t e n g o û m e n t général pour le p a g a n i s m e . les ombres des patriarches tressaillirent d'allégresse. Charles P i n t i . toute rayonnante de p a r u r e s et de b e a u t é . m a i s plus encore dans les beaux-arts et dans la l i t t é r a t u r e . Elle lui e m p r u n t a i t n o n seulement son style. dans lasacristie de Sienne. le Titien fit le portrait de la reine C o r n a r o . i n v o q u e . le docte et saint évêque de Crémone. sans a u c u n v o i l e . déclarait qu'elle était Vhonneur et la gloire des courtisanes. q u i jeûnait souvent en ne se n o u r r i s s a n t que de racines.De la Franc-Maçonnerie. célébrant la naissance du S a u v e u r . J a c o b S a n nazar.le Corrège peignit les Grâces. . de P h é b u s et du Parnasse. mais encore ses citations et ses exemples. » On allait a d m i r e r s u r les autels les portraits de courtisanes c o n n u e s . L'éloquence sacrée e l l e . C'est ainsi q u ' u n a u t e u r dit q u e Fange Gabriel trouva la Vierge Marie lisant les livres sibyllins. La passion p o u r l ' a n t i q u i t é fit croire q u ' o n ne pouvait accomplir la renaissance sans rétablir le culte des idées q u e l ' E v a n g i l e avait dissipées. seulement dans la science. ne parle dans son Art poétique que des Muses. où au type conventionnel avait succédé le raffinement plastique. et sans relever les r u i n e s de la R o m e païenne s u r les édifices de la R o m e . pour p e i n d r e sainte C a t h e r i n e de S i e n n e . c h r é t i e n n e . J é r ô m e Vida.

» « Après cela. une seule conviction. « Ne vous mettez jamais en opposition avec la religion. au même jour. avait amené la corruption des moeurs. depuis qu'elle avait remplacé la foi par le raisonnement. entre J u piter et Jésus-Christ. Toutes ces splendeurs païennes rejetaient dans l'ombre le christianisme. leur faisant excuse de les appeler à célébrer un enfant né dans une crèche. un phénomène étrange et un mythe dans Machiavel. et ces mœurs avaient réagi sur les croyances. on n'avait eu qu'un idiome pour parler t\ Dieu. ni avec les choses qui paraissent dépendre de Dieu. le doute. dit César Cantu... se servait des mêmes paroles pour envoyer à Dieu ses supplications.Le Secret les Muses. et principalement chez Nicolas Machiavel et chez François Guichardin. dit encore notre auteur. jamais la justice d'une cause. on ne saurait plus voir. en s'inoculant dans les âmes. cet homme qui avait pris pour modèle de la civilisation nouvelle la civili- .. parce que cet objet a trop d'empire sur les sots. on voyait la société se décomposer jusque dans ses profondeurs. Ce symptôme se manifeste chez tous les écrivains. Maintenant — aux xv° et xvi* siècles — au lieu de présenter ce beau spectacle. la croyance absolue par les religions composées .» Il ne se prononçait point entre Moïse e t N u m a . l'Europe tout entière. à la même heure. Ce dernier envisage le succès. ses aspirations et ses allégresses. une seule autorité morale. « Pendant quinze siècles.

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sation païenne des Grecs et des R o m a i n s , en mettant sous le boisseau le Christ et l'Evangile. » Ecoutez la suite, chers lecteurs, et cessez à votre tour de vous étonner de voir ce qui se dit, ce qui s'écrit, ce qui se fait, ce qui se prépare de nos jours. Machiavel, aux premières années du xvi siècle, faisait la leçon à ses contemporains, leçon bien sue de nos sociniens modernes. « La nature, écrivait Machiavel, créa les hommes avec la faculté de désirer tout et l'impuissance de tout obtenir, si bien qu'en portant leurs désirs sur les mêmes objets, ils se trouvent condamnés à se détester les uns les autres. P o u r s'arracher à cette guerre de tous contre tous, tout est permis, et on peut violer tous les droits et tous les devoirs. Aussi la société a-t-elle été établie pour comprimer l'anarchie au moyen de la force organisée. » « E n résumé, la doctrine de Machiavel est la doctrine de l'Etat athée, qui ne craint pas d'aller en enfer, et est à lui-même sa fin et sa loi. Il n'y a rien de supérieur aux sens ; l'idée de la justice a pris naissance chez les hommes du jour où ils se sont aperçus que le bien était utile et le mal nuisible ; la nécessité seule les pousse au bien ; le prince doit plutôt se faire craindre que se faire aimer ; le but des gouvernements, c'est leur conservation, et il ne peut être atteint que par la répression, parce que les hommes sont naturellement ingrats, fourbes et querelleurs, si bien qu'il convient de les retenir parla cainte du châtiment... C'est u n malheur qu'à la religion des anciens,
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î44 pleine de fierté, qui avait ses gladiateurs, un culte pour ses héros, une apothéose pour ses conquérants, et qui mêlait la prière au bruit des batailles, le sang aux cérémonies religieuses, ait succédé une autre religion toute d'humilité et d'abjection, négligente de ses propres intérêts. Si Von peut espérer quelque bien pour V humanité> il viendra de la révolution des sphères, laquelle pourra faire renaître quelque culte semblable au culte des anciens. » Si Machiavel revenait sur la terre et qu'il examinât nos lois athées, la manière dont est traitée la religion de Jésus-Christ, la haine du vrai Dieu q u i va grandissant chaque j o u r ; s'il entrait dans les loges maçonniques eh voie d'inventer un culte nouveau fort semblable à celui des païens, il pourrait se féliciter d'avoir été lu, compris, obéi à la lettre ; peut-être même serait-il jaloux, en voyant que sur certains points il a été dépassé, et sur certains autres trop obéi; car c'est Machiavel qui disait : « Dans les exécutions, il n'y a aucun danger, parce que celui qui est mort ne peut plus songer a la vengeance ». Ainsi parlaient nos terroristes ; ainsi agissent a l'égard des faibles ceux qui disent, encore avec Machiavel : « La loi suprême, c'est le salut de l'Etat» ; tandis que JésusChrist a dit : « Cherchez d'abord le règne de Dieu et sa justice ». Pour mettre lin à ces considérations, citons un dernier fait, relaté par les. historiens, et qui m o n tre comment cette renaissance du paganisme faillit

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se réaliser complètement, après la m o r t d e L é o n X , arrivée en 152 r. Une peste violente ayant éclaté tout à coup à Rome, le peuple se laissa emporter à toutes sortes de désordres. Un certain Démétrius de Sparte voulut rcssusciterles cérémonies delà superstition antique. Ayant couronné de Heurs un bœuf, il le conduisit à travers les rues de la ville, puis le mena à l'amphithéâtre, où il le sacrifia. Disons cependantque le peuple, comprenant bientôt qu'il y avait là un culte rendu à Satan, se prit à redouter une recrudescence dans les malheurs publics et voulut qu'on fit de solennelles expiations. « On vit alors une foule d'hommes, de femmes, d'enfants, à moitié nus, aller en procession d'église en église,se flagellant le corps et criant miséricorde. Ils étaient suivis par de longues files de matrones, tenant chacune un cierge à la main, elles aussi dans une attitude de suppliantes et d'affligées ». Les Précurseurs de la Réforme. — Cantu. De l'exposé qui précède, on doit conclure que Socin lui-même n a rien inventé, et que les Sociniens modernes ou francs-maçons propagent des erreurs communes aux Protestants, auxAverroistes, aux Mahométans, aux Ariens, aux Manichéens, aux Gnostiques, aux Juifs déicides, aux Romains, aux Grecs, aux Egyptiens; au paganisme, en général, depuis qu'il y a des païens dans le monde. Bossuet, parlant du paganisme des peuples anciens, disait : « Là, tout était Dieu, excepté
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Le

Secret

Dieu lui-même ». C'est ce que nous reverrions sans tarder, si Jésus-Christ, Lumière du monde moral, disparaissait de notre société moderne, emportant avec lui le Ha m beau de la foi. Il n'en sera pas ainsi, évidemment, puisque l'Eglise doit demeurer jusqu'à la consommation des siècles, et que dans notre chère France, malgré les égarements de beaucoup de ses enfants, les justes sont nombreux encore. Où sont-ils, parmi nous, ceux qui osent blasphémer, en disant que Jésus-Christ n'est pas Dieu? Sur quelles lèvres rencontre-t-on ces paroles impies ? Quelle est la portion de l'humanité qui ne craint pas de les proférer, et, au contraire, quelle est celle qui s'écrie avec saint Pierre parlant à son Maître : « Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant? » Chacun le sait : la dignité de la vie, la noblesse des sentiments, l'amour de la vérité, de la justice, de la pudeur, de la modestie, le dévouement gratuit, les plus délicates cl les plus nobles vertus s'épanouissent et portent leurs fruits à l'ombre de la croix et de l'autel; et si, dans le camp opposé, se rencontrent çà et là des qualités humaines et des caractères élevés, qu'on remonte à leur berceau, on y trouvera souvent une mère chrétienne, et plus tard des maîtres chrétiens, une épouse , parfois une famille chrétienne. Le Christ n'est pas Dieu! Ce blasphème, redit de nos jours par des hommes qui ne savent pas douter, parce qu'ils n'ont jamais étudié ni réiiéchi, nous le retrouvons dans lu bouche des criminels,

l'histoire de leur projet impie. puis il dit à l'assemblée: « Hommes d'Israël. ce projet triompher a-t-il? Nous lisons au cinquième chapitre des Actes des Apôtres que les Juits voulaient mettre à mort Pierre et Jean. cela n'est pas n o u v e a u . dans les écrits de Voltaire. docteur de la loi. dans les discours insidieux de Cromwell. se levant dans leur conseil. en résumé. d'un Mahomet. IL — A Vavenir. conçu par Hérode l'Ascalonite. sur les lèvres de W e i s haupt. qui se signait durant la nuit . parce qu'ils annonçaient au peuple la divinité de Jésus-Christ. qui se confessait. disciples sans doute des pharisiens et des scribes. qui s'unirent à C a ï p h e . honoré de tout le peuple. ordonna qu'on fît sortir les deux apôtres un m o ment. sans avoir pu aboutir jusqu'ici. Non.pour condamner à mort NotreSeigneur Jésus-Christ et l'immoler par la main des bourreaux. esclave de son ambition . d'un Julien l'Apostat. . dans la bouche de Socin.De la Franc-Maçonnerie. chassé de sa patrie. du nom deGamaliel. des assassins de 1793. à Hérode et à Pilate. et telle est. d'un Averroès. en attendant qu'à la fin de sa vie il allât mendier pour bâtir une église catholique. Alors un pharisien. à l'heure de ses égarements. cela compte bientôt dix-neuf cents ans d'âge. Voilà les ancêtres de nos francs-maçons athées. à ses meilleurs moments. des faux Gnostiques.

vous vous trouveriez peut-être combattre contre Dieu même.148 Le Secret prenez bien garde à ce que vous ferez à l'égard de ces hommes. Depuis Gamaliel jusqu'à n o u s . Théodas a paru. et tous ceux qui s'étaient joints à lui ont été dispersés. Il a été tué. s'efforçant de pervertir sa doctrine. qu'ils s'exposent à combattre contre Dieu. pendant trois cents ans. se disant un personnage. il y a longtemps qu'elle aurait disparu. elle se dissipera. Celui-là aussi a péri. les hérétiques sont venus alors. et tous ceux qui croyaient en lui ont été dissipés et réduits à rien. Ainsi. Aussi pouvonsnous dire aux francs-maçons. » Le raisonnement de Gamaliel est celui du bon sens et d'une véritable expérience . si elle venait des hommes. l'œuvre de JésusChrist et de ses apôtres a persévéré. Après lui se leva Judas. Maintenant donc. Ils acquiescèrent à son avis. clic est de Dieu. et il attira le peuple après lui. aux jours du dénombrement. Galiléen. Les empereurs romains se sont essayés. à détruire celte œuvre. non pas comme Gamaliel. on ne saurait y contredire. E n etfel. car. car si cette entreprise ou cette œuvre est des h o m m e s . si. vous ne pourrez la détruire. et . au contraire. et les victimes ont vaincu les bourreaux . et environ quatre cents hommes s'unirent a lui. elle a grandi. avant ces jours-ci. et maintenant elle couvre la terre : elle vient donc de Dieu. mais que sûrement c'est Dieu qu'ils combattent. à moins d'avoir perdu la raison. voici ce que j'ai à vous dire : ne vous mêlez plus de ces hommes et laissez-les.

plus sûrs du triomphe que les révolutionnaires de 1793 ? Quelle force inconnue ont-ils donc? E n eussent-ils u n e . ù Poitiers. plus avisés que Julien l'Apostat. si grande soit-elle. plus puissants que les empereurs r o mains. dans la pensée de ses fondateurs. plus entendus que Luther et Calv i n . et voici qu'après un siècle. plus puissants en philosophie que les Averroistes. il faut recommencer leur labeur impuissant. dans l'espoir de remplacer la croix par le croissant. par hasard. plus habiles que les premiers hérésiarques. au XVIÏI siècle. et cependant ils n'ont pas écrasé ce qu'ils appelaient l'Infâme. Le Christ est toujours victorieux de ses 0 . ils ne vaincront jamais. 14g vaines ont été leurs tentatives. le rationalisme.De la Franc-Maçonnerie. comme doctrine. d'écraser la puissance musulmane. plus terribles que Mahomet. dont Fauste Socin se montra l'enfant terrible. Mahomet apparaît et se jette sur l'Europe chrétienne avec ses hordes terribles de Sarrasins. grâce au système du libre examen) il est fatalement condamné à se confondre avec le rationalisme. que désormais. et voici qu'il n'a plus même un seul dogme. et Charles Martel achève. le Protestantisme. en combattant contre Jésus-Christ. car. Nos maçons de l'heure présente se croiraient-ils. ils combattent contre Dieu : Christus vincit. prendre la place du catholicisme. Ils croyaient lui avoir donné des coups mortels. a eu à son service une phalange de philosophes qui n'ont plus leurs égaux parmi nous. arrive au jour avec Martin Luther pour père. Il devait. O r .

Ces .. Rappelons en quelques mots cette doctrine fondamentale.. Avant de quitter ses apôtres. Vous recevrez sa vertu quand il descendra sur vous. qui est son âme . Ils m'ont haï. comme le serait un corps humain toujours uni à son âme.. n'est pas au-dessus de son maître. depuis bientôt dix-neuf siècles : leur projet échouera. vu la malice humaine. ils vous haïront aussi. Vouloir tuer l'Eglise. et c'est pour cela que le monde recommence sans cesse ses attaques concre l'Eglise catholique.JJ>0 Le Secret grands et de ses petits ennemis. contre le Saint-Esprit. mais malheur à celui par qui vienUe scandale». elle est immortelle.. leur disait-il. l'Esprit de vérité. et comme ce divin Esprit ne quitte pas et ne quittera jamais l'Eglise. qui vous enseignera toute vérité... comme il l'avait été lui-même. 2° Il échouera parce qu'il combat aussi. « Le serviteur. qui est le corps du C h r i s t . c'est prétendre t s e r le Saint-Esprit : c'est un rêve insensé.. dit le Seigneur. Notre-Seigneur leur a prédit qu'eux et leurs successeurs seraient persécutés. Toutefois.. et il vous donnera un autre Paraclet qui demeurera avec vous éternellement. dont le monde n'a pas l'intelligence.. j'ai vaincu le monde. Mais ne craignez rien. Je prierai mon Père. et vous suggérera tout ce que je vous ai dit.. « il est nécessaire qu'il y ait des scandales. » De sorte que l'Eglise porte dans son sein l'Esprit de Dieu. et vous me rendrez témoignage à Jérusalem et jusqu'aux extrémités du monde.

d u r a n t sa vie et à l'heure de sa m o r t s u r t o u t . u n sort semblable au sien. afin que les p e n sées de b e a u c o u p soient révélées ». O r . p o u r c o n t i n u e r sa p r o p r e vie à travers les siècles. si le mal n ' a v a i t p a s s a r a i s o n d'être ? Là est l'explication des hérésies et. p u i s q u ' e l l e va p l u s loin que les a u t r e s . de la M a ç o n n e r i e s o c i n i e n n e . A p e i n e née. son épouse m y s t i q u e . Cette lutte du bien et d u mal a certes sa g r a n d e u r . Jésus-Christ n o u s l'a offert dans toute sa s u b l i m i t é . en p r o v o q u a n t des témoignages de foi chez les croyants. a dit u n sage de l'antiquité.De la Franc-Maçonnerie* I5J scandales mettent à découvert les pensées et les sentiments cachés de. la pire de t o u t e s . Le vieillard S i m é o n p a r l a i t dans le m ê m e sens à la sainte Vierge q u a n d il lui disait : « U n glaive de d o u l e u r percera votre â m e . E n u n m o t . ce n'est pas le toit de l'Eglise catholique qu'elle essaie de r u i n e r . ni ses m u r a i l l e s . Et saint P a u l : « Il faut qu'il y ait des hérésies. en particulier.m ê m e s . c h a c u n . il a fait à l'Eglise. p u i s q u e le plus beau spectacle d'ici-bas est celui d u juste aux prises avec la d o u l e u r . N o t r e devoir à n o u s est de lui résister. Est-ce que Dieu p e r mettrait le mal. Dieu se sert de la malice des méchants p o u r sanctifier les justes et faire resplendir l e u r vertu cachée. C e spectacle. ou des actes d'incrédulité chez les a u t r e s . elle n o u s offre le spectacle de ses . mais ses fond e m e n t s e u x . afin que ceux q u i ont u n e vertu éprouvée soient c o n n u s ».

la France. puis celui des docteurs. juste au moment où Socin allait se lever pour le blasphémer . et saint Dominique par la vraie science écrase FAverroïsmc. comme pour ruiner à jamais l'œuvre chrétienne. le sublime poète. de vivre. par son amour céleste pour Dieu. où se déploie et s'exprime en actes la volonté libre de l'homme. marcheront côte à côte. à la philanthropie maçonnique. les sectateurs de M a h o m e t . ceux-ci maudissant le Christ. Jésuites et francs-maçons. qui se ruaient sur le midi de l'Europe. ses grands et saints missionnaires refoulant la barbarie par la conversion des peuplades du Nord. de travailler . ses fils et ses filles héroïques. le plus grand don que Dieu ait fait à l'humanité. qui ne s'adresse qu'à ses propres membres . comment saint Alphonse de Liguori combat par sa doctrine consolante le rigorisme 0 . ensuite sa tille a î n é e . Au xiri siècle. foudroyant l'hérésie.Le Secret enfants limant avec les empereurs romains et les bourreaux. saint François d'Assise. cette lutte du bien et du mal est un beau spectacle. ses nobles fils. Ignace de Loyola a gravé sur son étendard le Nom Sacré de Jésus. ceux-là tiers de porter son N o m . de souffrir et de m o u r i r pour lui. écrasant. flétrit la fausse pauvreté des Fraticclles. à P o i t i e r s . dit Dante. Il serait intéressant de voir comment l'Eglise oppose la charité de saint Vincent de Paul. désormais. Oui.

Voilà le rôle des sociniens-maçons. mais ils ne savent comment réparer leur faute. et que Terreur n'a jamais sur elle une victoire complète : la vérité demeure y Terreur passe. leur secte dit aux générations qui paraissent : « Si.De la Franc-Maçonnerie. vous me jurez fidélité. 5* . s'ils en conçoivent le désir. Cette lutte. pour ne pas comprendre que la Franc-Maçonnerie. En vérité. Que de malheureux chrétiens ont été chargés de chaînes par la secte socinienne ! que de malheureux catholiques sont devenus ses esclaves! Maintenant ils voient l'imprudence qu'ils ont commise . c'est son souffle qui enfle ses voiles et le pousse à tous les rivages pour y porter les trésors du Ciel. i53 désespérant des jansénistes. toujours alliés à la secie m a ç o n n i q u e . remplit au sein de notre société l'office du tentateur. dix-neuf fois séculaire. tombant à mes pieds. Semblable au tentateur. Non. je vous comblerai et de plaisirs et de richesses et d'honneurs ». comme Hérode et P i l a t e . la vraie liberté des enfants de Dieu. il faudrait être aveuglé par la passion. Les peuples ont besoin de recevoir de lui la vérité et aussi la liberté. quand il s'agit de persécuter Jésus-Christ. la Maçonnerie ne le fera pas sombrer. à laquelle est hostile la doctrine maçonnique. L'Eglise est u n mystérieux navire sur lequel veille l'Esprit de Dieu . montre bien que l'Église est invincible. Je vous protégerai contre vos rivaux et vos ennemis. de nos jours surtout.

qu'on respecte toutes les religions. est Nous savons bien que les francs-maçons parlent beaucoup de liberté religieuse. le mahométisme et toutes les hérésies quelconques. les mahométans. De même. le catholicisme et le protestantisme. et user de bienveillance envers les juifs. il faut le prouver par des actes. les protestants et les francs-maçons . Liberté de conscience : voyons donc si cette enseigne placée à la façade du temple maçonnique est vraie ou menteuse. ni prouver. et le protestai!- . pour être brave. je ne saurais. sans être déraisonnable et impie.J54 Le Secret I I I . le catholicisme qui vénère le magistère infaillible de l'Eglise enseignante. le montre dans sa conduite. celui qui est vraiment l'ami de la liberté. Mais il ne suffit pas. ce n'est pas dire. toutefois. et le christianisme qui l'adore comme Dieu . Je puis être l'ami des hommes qui sont dans l'erreur. ces mots : Liberté de conscience. de parler de courage. en tête. aimer en même temps le judaïsme qui crucifie JésusChrist. mais affirmer plutôt qu'on les méprise toutes. Disons d'abord que placer sur le pied de l'égalité le judaïsme et le christianisme. — Le projet delà Franc-Maconneric ennemi de la liberté religieuse. puisqu'elles s'excluent l'une l'autre. et nous avons sous les yeux divers diplômes d'affiliation aux diverses obédiences de la France maçonnique où on lit.

ainsi q u ' o n a pu le voir plus haut. C'est bien ainsi que les maçons m o d e r n e s l'ent e n d e n t . Il a d m e t dans le t e m p l e qu'il a c o n s t r u i t toutes les doctrines. mais à une condition : c'est qu'elles céderont toutes le pas à la religion n a t u relle. en style m a ç o n n i q u e . C r o m w e l l s'est c o n d u i t de la m ê m e manière . c o m m e u n e injure. ce n'est pas de la tolérance. mais plutôt les m é p r i s e r t o u t e s . mais de l'indifférence à sa plus haute expression. lui d o n t l ' I l l u m i n i s m c a prévalu. il a déclaré dans ses écrits o r i g i n a u x . l'erreur. a u t r e m e n t dit. mais l'explication de son système rationaliste est p l u s nette. en n o u s jetant à la face le n o m de Papistes. qu'elles sont égal e m e n t toutes fondées sur le m e n s o n g e . cette expression : Liberté de conscience ? Ce n'est pas n o u s q u i ferons la réponse à cette question. on s'en s o u v i e n t . c'est c e p e n d a n t ce que Socin a fait. la chimère et l ' i m p o s t u r e : voilà notre secret ». E n ce qui c o n c e r n e W e i s h a u p t .De la Franc-Maçonnerie. que le christianisme et toutes les autres religions « ont les mêmes fictions p o u r origine .m e m e q u i a r é p o n d u . en paroles et en actes. Q u e signifie d o n c . à l'article c o n s a c r é e ce g r a n d c o n s p i r a t e u r . ajoutc-t-il. c'est W c i s h a u p t l u i . E h bien. ce n'est pas respecter ces diverses religions. il les jette pèlemêle toutes e n s e m b l e . rapportés ci-dessus. Voici ce qu'il . i n d i s t i n c t e m e n t . le rationalisme : agir de la sorte. i55 tisme q u i le r é p u d i e avec h o r r e u r . au c o n v e n t u n i v c r s e l d e W i l h e m s b a d . et qu'ils s'en expliquent.

afin d'éclairer les esprits . le grand mot de Liberté . mais le Syllabus demeure. puis on ferme la porte sur elles. on les accueille avec grâce. dit Weishaupt . Ces hommes. de l'imposture et de la tyrannie ». renseignement catholique détruit . Le Saint-Siège condamne doctrinalemcnt l'erreur. mais elle ne laisse aucune liberté à ce qu'elle appelle l'erreur. on les fait entrer. C'est là ce qu'on entend chez ces messieurs par liberté de conscience. On les appelle par mille promesses et en faisant résonner. pour éclairer ceux qui veulent de sa lumière. le dépassent d'une façoncruelle. et les francs-maçons sont libres d'agir comme ils l'entendent. et alors commence le labeur maçonnique. quand on ne peut pas les égorger d'un seul coup. du balcon de la porte. c'est-à-dire au catholicisme. Non seulement elle prétend être la vérité et avoir tous les droits de la vérité. qui consiste à vaincre savamment les préjugés.à l'état de phare. Rien n'est despote et tyrannique. comme la Maçonnerie.i56 Le Secret disait : « Nous avons eu bien des préjuges à vaincre chez vous. elle le charge de chaînes. quelles qu'elles soient. tandis que les processions catholiques sont supprimées. c'est-à-dire que l'on fait mourir à petit feu les croyances religieuses. qui font une guerre à outrance au Syllabus. au point de vue religieux. en attendant qu'elle l'étouffé ou l'égorgé. avant de vous persuader que cette prétendue religion du Christ n'était que l'ouvrage des prêtres. Telle est l'hospitalité offerte dans les loges aux diverses croyances.

. Catholiques... ne le nommez plus. Ils s'éprennent pour la secte maçonnique d'un tel amour. Pourquoi ? Par ce motif que la Maçonnerie française.. au nom de la liberté de la conscience maçonnique. à eux. Le Pater noster lui donne des crispations.. de leur conscience.. il faut qu'il se taise : la conscience maçonnique en est blessée. i5y pièce à pièce. chez eux. parce que la conscience des francs-maçons en serait blessée. La vue du Christ l'importune.. dès lors. taisezvous. et vous aussi. elle entend que tout le monde le soit. à e u x . le catéchisme répudié. enfants. catholiques. Nous. Comprenons donc. Bientôt la soutane du prêtre sera un crime.. donnant une suite officielle au convent de W i l hcmsbad. d'un tel orgueil.De la Franc-Maçonnerie. taisez-vous d o n c . en 1 8 7 7 .. Liberté de conscience. et si Dieu est votre père. pour le moment. le Christ ôté de nos écoles. Elle proscrit l'exercice de tout culte religieux.. cette expression . nos chants sacrés des cris de sédition. elle ne veut pas qu'on fasse acte public d'une religion quelconque. dans Pintérieur de sa classe. a supprimé de ses statuts l'existence de Dieu et de l'immortalité de Pâme. La Franc-Maçonnerie est rationaliste et athée. Il s'agit de leur liberté. et Dieu supprimé. nous n'avons plus aucun droit. que le genre humain disparaît à leurs yeux. .. m u r m u r e tout bas sa prière. si ce n'est celui de recevoir la loi de ces maîtres impitoyables et de nous estimer heureux qu'on nous laisse vivre. Si un enfant catholique. ce que veut dire. par conséquent.

ils sont les citoyens romains — d'autrefois — et nous les barbares. nous sommes sur de ce que nous disons.Le Secret même tout bas : la Maçonnerie le veut ainsi ! De sorte que les francs-maçons forment le peuple choisi. comme saint P a u l disait : Civis romanus sum: Je suis citoyen romain. qui ne le sommes p a s . La liberté à laquelle nous avons droit est celle qu'ils veulent bien nous octroyer. nous sommes des cléricaux^ et on nous l'a dit : le cléricalisme. et nous sommes les profanes : c'est le nom qu'en loge ils nous donnent . N o u s . devons-nous nous estimer. nous lisons leurs ouvrages et leurs bulletins mensuels . de pouvoir vivre. Chez les Manichéens. et nous. Nous suivons depuis longtemps les travaux des loges. si elle n'était pas risible. encore une fois. nous dit saint Augustin. Ces appréciations sont fondées en raison. d'un orgueil sans bornes et d'une insolence qui serait révoltante. le reste formait le vulgaire méprisable. sans que Ton nous inquiète davantage. Ils disent : Je suis franc-maçon. il n'y avait de liberté que pour les Manichéens. Tels sont. Liberté de conscience ! Ces deux mots sont-ils faits l'un pour l'autre? Et les u n i r . Ils constituent la race sainte. les musulmans pour les chiens de chrétiens. n'est-ce pas faire un mariage forcé ? Je voudrais bien entendre un franc-maçon nous expliquer ce que l'on entend . qu'aux Manichéens. nous sommes les Gentils. heureux. voilà Vennemi! Cette épithète vaut les autres. dans leurs pays. ils ne faisaient l'aumône. Cela n'est pas nouveau.

i5g en Maçonnerie par liberté de conscience. et tirons de 'ses paroles les conclusions voulues par notre sujet. accuser. C'est un esprit d'enseignement et de correction donné à l'âme. ou bien qu'on doit l'omettre. ou bien encore.De la Franc-Maçonnerie. A prendre les mots comme ils sonnent. ne pas la faire. « La conscience est dite témoigner. parce qu'elle est bonne ou ordonnée. nous les prierions de vouloir nous renseigner. . Saint Basile n o m m e la conscience « un tribunal basé sur les lumières naturelles ». d'après cette parole de l'Ecclésiaste : « Votre conscience sait que vous avez souvent dit des malédictions contre les autres » . déchirer et reprendre. Or. parce qu'elle est mauvaise. Cette application se fait de trois manières . Ecoutons quelques mots de saint Thomas d'Aquin sur ce chapitre de la conscience. toutes ces choses sont une conséquence de l'application que nous faisons à nos propres actes d'une connaissance ou science de notre esprit. ou doit être faite. lier. stimuler. dont elle est comme la loi intérieure. d'abord quand nous reconnaissons que nous avons fait ou omis quelque chose. Si ces messieurs n'avaient pas fait le serment de se taire. sous les peines les plus graves. et c'est ainsi que la conscience est dite témoigner. la conscience est le jugement pratique de la raison nous disant qu'une chose peut être faite.

i6o Le Secret « E n second H e u . la triple mission de t é m o i g n e r . et. accuse ou déchire. car je suis esclave de la vérité i n c o r r u p t i b l e . je ne saurais l'ignorer. c o m m e une b r a n c h e v i g o u reuse u n m o m e n t c o u r b é e .v o u s que c o m m e juge la conscience soit . dès lors. à ces divers titres.m ê m e : les h o m m e s p e u v e n t i g n o r e r m o n c r i m e . se relèvera bientôt avec u n e force nouvelle et lui dira : J'ai t o u t vu. je dépose et je déposerai toujours contre toi. q u e l qu'il soit.m ê m e à se faire i l l u sion^ sa conscience.m ê m e . » La conscience r e m p l i t d o n c en n o u s . m o i . il se dira à l u i . d é j u g e r et d ' a p p l i q u e r la sanction. qu'il est i n n o c e n t . « Enfin cette application a lieu d ' u n e t r o i s i è m e m a n i è r e . et c'est ainsi q u e la c o n s c i e n c e nous sert de frein ou d ' a i g u i l l o n . l o r s q u ' e l l e sait' parfaitement q u e n o u s en s o m m e s c o u p a b l e s ? Allez d o n c essayer de persuader à u n pécheur. q u a n d nous j u g e o n s suivant notre conscience q u ' u n e chose doit ou ne doit pas être f a i t e . c o m m e t é m o i n . au fond de l'âme. tout r e t e n u . elle agit d'après des principes de vérité et de justice qui sont en elle. que la conscience ne saurait être l i b r e ? E n effet. Q u e cet h o m m e cherche l u i . d ' a p r è s saint T h o m a s d ' A q u i n . c o m m e une p a r c i p a t i o n des p r i n c i p e s qui sont en Dieu l u i . Q u i ne voit. C r o y e z . et c'est ainsi q u e la conscience excuse. est-ce q u e n o t r e conscience peut n o u s dire q u e n o u s n ' a v o n s pas c o m m i s telle ou telle action m a u v a i s e . t o u t entendu. q u a n d nous j u g e o n s q u ' u n e chose faite a été bien ou mal faite.

De la Franc-Maçonnerie. ne pas nous déchirer par le remords. qui pardonne toujours au pécheur contrit et repentant. ni comme juge. quand il sait qu'il fait jour. est défectueuse.quand on peuty recourir. ni comme exécutrice de la sentence . que quand nous aurons expié ce crime. en vertu de cette faculté. . évidemment. ni comme témoin. qu'elle enfonce en nous comme u n glaive. chacun. La conscience n'est donc libre. et qu'elle n'arrachera de notre cœur. cette faute. la conscience ne saurait non plus ne pas nous accuser quand nous avons mal agi. il n'est pas libre de dire qu'il fait nuit. la conscience alors dit nécessairement ce qu'elle voit : la vérité. Si cette locution veut dire : liberté de croyance. car la liberté étant la faculté de choisir entre le bien et le mal . par conséquent cette expression : liberté de conscience. en plein m i d i . dans le tribunal de miséricorde qu'il a établi sur la terre. alors elle est plus intelligible. La conscience n'étant pas autre que la raison jugeant dans un cas particulier et prononçant qu'un acte est bon ou mauvais à ses yeux. « facultas eligendi inter bonum et malum ». Aussi la conscience n'est pas libre de dire qu'elle voit autre chose que ce qu'elle voit. est libre de voir ou de ne pas voir qu'il fait jour ? Il a beau fermer les yeux. S'il le dit. il sait bien qu'il ment à la vérité. en soi. devant Dieu. croit ou ne croit pas à renseignement qu'il reçoit. par le ministère de son Eglise. Est-ce qu'un homme. i6x plus libre ? Non. Enfin.

et chacun peut s'en convaincre aujourd'hui. nous l'avons dit. a Le F . mais uniquement d'appropriation. n° 2 3 . et les Souverains Pontifes n'auraient pas à élever la voix si souvent pour se plaindre de leurs écrits et de leurs actes. F . les maçons ne traiteraient pas les catholiques comme ils le font. Si ce respect' existait. on ne parle ni de religion ni de politique. mes F . « Dans cet ouvrage. ses fondateurs. ' . s'attache à démontrer que les théologiens.*. dit-elle. La Belle.Le Secret Mais encore ici nous pouvons demander où est le respect de la Franc-Maçonnerie p o u r les croyances religieuses d'autrui. quand ce n'est pas de l'ignorance. et aussi par la mauvaise foi. est d'une intolérance inouïe pour toute religion positive. n'ont nullement fait œuvre d'invention. quand ils ont le pouvoir en main . surtout pour le catholicisme. et c'est encore dans le Bulletin de la Grande-Loge symbolique écossaise que nous la prendrons. en empruntant les principaux caractères aux rcli- . \ Ponccrot rend compte en ces termes d'une brochure offerte à la L . \ par le F. en les formulant. Alfred La Belle. prenant tout particulièrement ù partie les dogmes fondamentaux de la religion catholique. \ . — où. Nous nous faisons un devoir d'administrer la preuve de cette affirmation. La secte maçonnique. le F . page 3 3 3 . et intitulée : Les Dogmes. Elle l'attaque dans les loges. Février 1882. — avec une violence inspirée par la haine sectaire.

successeur et représentant du R é d e m p t e u r . . P o n c e r o t toujours qui parle — forment les têtes de chapitre de son v o l u m e . d ' e x t r ê m e . de purgatoire et d'enfer. ' . et au but que p o u r suivaient Moïse et p l u s tard les Pères de l'Eglise pour e x p l i q u e r à leur façon les causes du m a l et de la déchéance o r i g i n e l l e . « De l'idée de la création tirée du néant et de ce p r i n c i p e de la déchéance originelle découlent logiquement tous les autres d o g m e s : d ' i m m a c u l é e conception. . d ' E u c h a r i s t i e . F i l s de D i e u . de b a p t ê m e .De la Franc-Maçonnerie. . d o g mes d o n t l'inanité n'a certes. l'édifice étant c o n s t r u i t de telle sorte q u e . devant être nécessair e m e n t infaillible. de confirmation. cette monstruosité d o n t il fait ressortir la parfaite et i n i q u e absurdité. » - . mes F F . a Je m'abstiens de suivre l'auteur dans la critique détaillée qu'il fait de c h a c u n de ces dogmes qui — c'est le F . P a u t e u r établit q u e la Bible h é b r a ï q u e a b r o d é son r o m a n d'Adam et d ' E v e sur le m v t h e h i n d o u de l'arbre de vie et de science qu'elle n'a fait q u ' a c c o m m o der aux besoins de l ' é p o q u e . i63 gions h i n d o u e s q u i ont précédé Père chrétienne de p l u s i e u r s m i l l i e r s d ' a n n é e s . et finalement l'infaillibilité pontificale. de m a riage. d ' i m m o r t a l i t é et de vie future.o n c t i o n . très solide. d ' o r d r e . le P a p e . etc.. trop solide m a l h e u r e u s e m e n t q u a n d on a d m e t cette d o n n é e de la chute originelle. etc. « C o m m e n ç a n t par le péché originel. pas besoin de v o u s être d é m o n t r é e . il s'écoule et tombe en p o u s s i è r e dès q u e cette clef de voûte est brisée.

elle se prétendit.*. s'établissant ainsi maîtresse absol u e de la société entière. u n e fort nette négation des idées de liberté. étant émanée d u cerveau m ê m e de B r a h m a . u n j o u r . n o u s citons d o n c le reste : « Je vous dirai toutefois q u e l q u e s mots du chapitre de la P r é d e s t i n a t i o n . le g o u v e r n e m e n t s u p r ê m e et la possession de la plus g r a n d e part possible des biens terrestres. par hasard. G Dans l'Inde. « C'était là. « Ce dogme a son origine et son explication d a n s le B r a h m a n i s m e .i64 Le Secret N o u s p o u r r i o n s n o u s arrêter ici . le droit. peutêtre dira-t-il q u e n o u s n'avons pas ose citer ce q u ' i l y a de plus fort dans son article . c o m m e vous le voyez. prédestinée à la supériorité de l'intelligence et seule titrée p o u r créer la loi. mais si. d'égalité et de fraternité. le F . \ P o n c c r o t nous lit. La Belle s'est p a r t i c u l i è r e m e n t étendu. la caste sacerdotale avait besoin de s'attribuer l'autorité. q u i l'utilisèrent autant que leur permettait de le faire le milieu où ils opéraient. « Cette tradition funeste était t r o p b o n n e à exploiter. sur lequel le F. e t d o n t i l a fait ressortir la contradiction flagrante avec les attributs de bonté et de s o u v e r a i n e justice d o n t les croyants se plaisent à parer leur D i e u . et vous la retrouverez . et surtout t r o p fructueuse p o u r ne pas servir de type aux chefs des différentes religions postérieures en contact avec le B r a h m a n i s m e . dont la civilisation relative est fondée sur la division des classes.

que la grâcedivine le permît. le relèvement possible du paria. dirons-nous à notre tour. où l'avaient importée les émigrants hindous. les Grecs et les Latins.*. après Jésus. puis chez les Druides. Ponccrot. les raisonnements du F . La conclusion a dû l'impressionner davantage. plus tard. puisque personne n'y pouvait rien comprendre. à cette condition. mes FF. les francs-maçons : ils laissent à la porte tous les préjugés. vu qu'étant tout-puissant . Ce qu'il y a de plus clair en cela. La Belle. La Belle. ' . unissons-nous au F . la voici : « Pour nous. qui n'entrons dans n o s a t . probablement pour sa satisfaction personnelle . Telle est sa justice.. mis en lumière par le F. connaissant de toute éternité ceux-là qu'il lui convient de damner. il ne peut dépendre que de lui que tous ses enfants soient heureux et jouissent de la béatitude éternelle.*.De la Franc-Maçonnerie. » Tels sont. en Egypte. ' . en disant : Salut et merci à la méthode scientifique. rien n'était dangereux pour l'auditoire. en admettant. ces derniers surtout. \ m a ç . c'est-à-dire toute . i65 en traductions diverses : en Perse. qui en atténuèrent toutefois Phorrible despotisme. Jusque-là. car il est bien entendu que le Dieu de ces gens se réserve de sauver qui il lui plaît. qui expulse de partout le procédé de la foi ». \ — ateliers maçonniques — qu'après avoir laissé toutes ces superstitions à la porte. toutefois. c'est que la liberté de conscience est entendue d'une façon singulière par MM.

de Bonniot. Phistoire ferme obstinément toutes les voies qui pouvaient permettre aux idées de Boudha de pénétrer jusqu'aux lieux où la religion du Christ a pris naissance avec l u i . tout a disparu! Les origines boudhiques du christianisme sont une plaisanterie scientifique. publié dans le The Nine teenth Century—décembre 1 8 8 0 . de Bonniot publie un résumé de ce travail. Ponecrot. . ou bien c'est le Syllabus de Terreur maçonnique. » {Annales de philosophie chrétienne. dans une discussion historique où le P. tout croule dans ce système qui fait du christianisme une sorte de secte boudhique. qui expulse de partout le procédé de la foi. L'expression . comme F.-. et saluent avec enthousiasme la méthode scientifique. \ La Belle. \ La Belle et au F. n'est donc qu'un mot destiné à tromper. Cet écrivain ne devait pas les effrayer. — Juin 1 8 8 1 . Pour ce qui est de Pextrait lui-même et de sa valeur. le P. Poncerot a fait pour le F . nous nous permettrons de dire au F . qu'il leur eût été fort utile de consulter le travail de M. Eh bien.-. puisqu'il est rationaliste. Il ne reste donc plus rien qui permette de tirer le christianisme du Boudhisme. Estîin Carpcntcr. . DE BONNIOT. liberté de conscience.crovancc religieuse. suivant pas à pas le savant précité. Jusqu'à ce pauvre argument fondé sur la ressemblance. Outre que les doctrines sont radicalement opposées dans leurs parties essentielles. lire cette conclusion: « Ainsi. « J . ) .

et nous ne savons celle q u ' e l l e p r a t i q u e . Q u i donc connaissait B o u d h a à J é r u s a l e m ou m ê m e chez les R o m a i n s . La Belle et le F .De la Franc-Maçonnerie. fondateurs de la Maçonnerie. Les uns et les autres oublient q u e J é s u s . et ce q u ' i l faut e n t e n d r e par la m a x i m e m a ç o n n i q u e : Liberté de conscience. t6y Faisons observer q u e la thèse du F. ' . Ce fait.montre de quelle façon sont égarés les esprits par les orateurs des loges. C'est p o u r q u o i n o u s disons et n o u s p r o u v o n s que le F . et cep e n d a n t il y a u n e grande différence entre la fa- . c o m m e n t la liberté religieuse y est peu respectée. considérée c o m m e faculté de choisir entre le bien et le mal. P o n c c r o t font e r r e u r . est confondue par eux avec le droit de choisir entre le bien et le mal . ils étaient a b s o l u m e n t ce q u ' o n appelle des i g n o r a n t s . Liberté de conscience ou autre.puisqu'il ne les a p o i n t apprises? Cependant l ' E v a n g i l e est la parole de Jésus-Christ. cependant la d o c t r i n e q u ' i l s ont a n n o n c é e est a b s o l u m e n t la m ê m e que celle des Pères de l'Eglise et la nôtre.C h r i s t n'a jamais fréquenté les écoles et q u e les Juifs en l'écoutant parler disaient.*. La Belle n'est pas autre que celle des philosophes de l'Académie de Vicence. dont les écrits ont d i s p a r u . qui n'en ont point parlé ? Et les apôtres. La liberté. sur lequel n o u s insistons à dessein. est-ce dans le lac de T i b é r i a d e qu'ils ont péché le B o u d h i s m c ? Q u e l q u e s jours avant de c o m m e n c e r à prêcher. ' . la secte m a ç o n n i q u e n'en c o m p r e n d a u c u n e . pleins d ' a d m i r a t i o n : a C o m m e n t celui-ci sait-il les lettres.

J'ai la faculté de p r e n d r e le bien d ' a u l r u i et de violer son d o m i c i l e . mais il n'en a pas le droit. et a j u s t e titre. qu'ils s'appellent nihilistes. la liberté p o u r eux consiste dans le droit de faire ce qu'ils veulent. Est-ce ainsi que messieurs les maçons l ' e n t e n d e n t ? Leurs actes r é p o n d e n t à cette q u e s t i o n . savent-ils les respecter ? Est-ce que depuis les e m p e r e u r s et les présidents de r é p u b l i q u e que Ton assassine'. ne connaissent q u e l'indépendance. libéraux ou francs-maçons. mais il n'en a pas le droit. jusq u ' a u plus simple religieux q u e Ton chasse de sa d e m e u r e . i l l u m i n é s . U n législateur a la faculté de faire des lois injustes. la licence et la révolte. car il est difficile de parler sans é m o t i o n de la liberté. . Les droits p o l i t i q u e s de c h a c u n . e n c h a i n é e c t foulée aux pieds par des h o m m e s q u i . socialistes.m ê m e cette c o n s i d é r a t i o n . q u a n d on la voit t o u r m e n t é e . dont le respect assure à tous la liberté c o m m u n e . U n père a la faculté de faire élever son enfant en païen. c a r b o n a r i . sous prétexte de l i b e r t é . il n'y a pas une m u l t i t u d e de fonctionnaires et de personnes qui se plaignent. et ils ne peuvent nier que partout où ils sont. d'être blessés dans l'exercice de leurs droits légitimes ? Mieux v a u d r a i t parler m o i n s de liberté et la p r a t i q u e r davantage.i6S Le Secret culte et le droit. impies. mais je n'en ai pas le droit. N o u s laissons au lecteur le soin d'achever l u i . a r r ê t é e .

désor. se laissant emporter au gré de ses désirs matériels. contraire Si la Maçonnerie est ennemie de la vraie liberté. bien plus qu'elles ne l'avaient fait sous le règne du papisme. jadis retenu dans le devoir. q u i . sans pudeur ni frein. ne connaît plus de l o i . et les turpitudes dépassèrent toutes les bornes. « A peine avions-nous commencé à prêcher notre Evangile. et vit comme un cheval débridé. elle n'est guère amie des bonnes mœurs.t)e la Franc-Maçonnerie. plus impie. on vit des schismes et des sectes. et Socin en a arraché les fondements ». On peut lui appliquer les paroles que Luther lui-même disait de la Réforme protestante. et partout la ruine de l'honnêteté. Calvin en a renversé les murs. détestables. Ne l'oublions pas : les disciples de Socin ont gravé sur la tombe de leur maître ceci : a Luther a découvert le toit de l'Eglise catholique . se montrent avides. qu'il y eut dans le pays un bouleversement épouvantable. plus dévergondé . on ne voit partout qu'avarice. 5** . le monde devient plus triste. de la morale et de l'ordre : la licence et tous les vices. Depuis que nous prêchons. dit Luther. i m p u diques. puisque Socin en a été l'enfant terrible. le peuple. — Le projet de la Maçonnerie est aux bonnes mœurs. les démons se déchaînent par légions sur les hommes. i g IV. enfin pires qu'ils n'ont été sous la papauté. depuis le plus grand jusqu'au plus petit. à la pure lumière de l'Evangile.

je n'eusse jamais osé propager une doctrine d'où doivent sortir tant de calamités. c'est la Franc-Maçonnerie qui a appris aux Français à envisager la mort de sang-froid^ à c . par suite de sa doctrine. O u i . de son imprudence et de ses faiblesses coupables. aujourd'hui qu'il est devenu cruel. c'est l'erreur avec ses conséquences immédiates et déplorables. sanguinaire. on ne reprochait à un Français que sa gaîté.. et moins que jamais je me plie a la discipline et aux pratiques de zèle que je devrais observer. faite dans un moment où la vérité parlait à son âme. déjà cité. passions abominables. L'abbé Lefranc. on l'a en horreur. sa frivolité. Autrefois.Le Secret dres honteux.. pour le punir de son orgueil. C'est l'erreur prise sur le fait. toujours prêt à attenter à la vie de ses semblables et à se repaître de l'image de la mort t Le dirai-je. et m'en croira-t-on? C'est la Franc-Maçonnerie. Si Dieu ne m'avait pas caché l'avenir. « L'Europe est étonnée du changement qui s'est opéré dans nos mœurs. sa légèreté. Qui l'a rendu farouche. va nous dire ce que la Maçonnerie a fait de la France . retombant sur la tetc et le cœur du père de la prétendue Réforme. et on le craint comme on ferait d'une bète féroce. est remarquable. je ne crains pas de l'avancer. v. Cette confession de Luther. le Français ù la lin du xvni siècle. barbare. tant de scandales. et ce qu'était. je suis plus négligent que je ne l'ai été sous le papisme. i 1 4 . Moi-même. soupçonneux.» — Edition de Walch.

qu'elle a donné des leçons de meurtre. qui a des correspondances dans toute l'Europe. et à surpasser les peuples sauvages en barbarie et en cruauté. je consens. Elle a encouragé aux forfaits les plus inouïs. Le voici : a Après que mes yeux auront été privés de la lumière par le fer rouge. à manger la chair des morts. elle a su éteindre le sentiment de la religion dans le cœur des Français.De la Franc-Maçonnerie. n o u r r i r un esprit de division dans les familles les plus unies. et elle a réussi à les soustraire à la sévérité des lois. qui paraît faite pour réunir les hérétiques de toutes les sectes. une société ambitieuse guidée par le fanatisme. d'incendie et de cruauté. à boire dans leurs crânes. qui a lié à sa cause une infinité d'individus qui ont juré de marcher à son secours. leur rendre odieux leurs princes. C'est a l'ombre de l'inviolable secret qu'elle fait jurer aux initiés à ses mystères. iji manier le poignard avec intrépidité. leurs pasteurs les plus fidèles. quoi qu'il doive leur en coûter. et qui les voit déjà préparés à s'émouvoir au premier signal? » « Le serment qu'on exige du récipiendaire a quelque chose d'atroce. De quoi n'est pas capable. inspirer l'horreur et le carnage pour faire réussir ses projets insensés. d'assassinat. par l'assurance de l'impunité. en effet. si je révèle jamais le secret qui . quelques excès qu'ils se soient permis. leurs magistrats. par le nombre des bras armés pour la défense de ceux qui suivraient ses maximes. a Sous le prestige de la liberté et de l'égalité.

et q u ' o n ne puisse justement lui i m p u t e r d'après ses p r i n cipes c o n s t i t u t i o n n e l s . que ma m é m o i r e soit en exécration aux enfants de la veuve par toute la terre. .extrêmes dans l e u r s p r i n c i p e s . d o n c celles q u i sont modérées se t r o u v e r o n t à côté de celles qui sont farouches. p. q u e m o n corps d e v i e n n e la proie des v a u t o u r s .Le Secret m ' a u r a été confie. donc les principes des francs-maçons tendent ù former u n corps m o n s t r u e u x . Eckert. n'en serait-ce pas assez p o u r éloigner u n bon catholique de s'y faire r e c e - voir ?» — Le voile levé pour les curieux. » « O n dira peut-être q u e la F r a n c . E l l e veut et prétend admettre dans son sein toutes les sectes .M a ç o n n e r i e ait r e n d u le peuple plus m o r a l . a écrit ce qui suit : « L'histoire doit nier que la F r a n c . elle se trouvera formée de sectes contradictoires. de juifs et de m a h o m é t a n s . et n'y eût-il dans les loges m a ç o n n e s que le mélange de luthériens et de protestants. maçon protestant. de chrétiens et de déistes. capable de tous les excès dans lesquels l'erreur et le fanatisme peuvent faire t o m b e r l ' h o m m e faible et aveuglé par les préjugés et les fausses o p i n i o n s . D o n c . Il est vrai . de son p r o p r e aveu. 4 r. q u i peuvent tous être reçus en loge. Ainsi soit-il.M a ç o n n e r i e n'a pas adopté tous ces excès ? Je r é p o n d s qu'il n'en est a u c u n d o n t elle ne soit capable. q u i p o u r r o n t a p p r o u v e r et enseigner ce q u e d'autres t r o u v e r o n t r é p r é h c n s i b l e et insoutenable . q u i a u r o n t des principes opposés. » Cette veuve est la société socinienne.

et obtenir le bonheur éternel promis au chrétien obéissant à la loi de Dieu. avait pitié du pauvre. il s'efforcera de vaincre ses mauvais penchants et de pratiquer la vertu. et pour lui. le peuple avait moins de connaissance scientifique. il se distinguait par la probité et les bonnes mœurs . époque de son introduction en Allemagne par l'Angleterre. préférant se priver ici-bas du plaisir défendu. » O n ne pouvait pas exprimer la vérité plus exactement.plutôt que de s'exposer à des tourments sans fin. IJ3 ajoute-t-il.De la Franc-Maçonnerie. voulant absolument son bonheur. était loyal. en u n mot. à la récompense du bon et à la punition du méchant . qu'en 1 7 7 0 . Mais s'il ne croit pas à une récompense au delà de la tombe. Et aujourd'hui. il est sans foi à Dieu. ni indiquer d'une façon plus claire la source du mal. il aimait son domicile. il agira dételle manière qu'il puisse éviter le feu éternel réservé aux pécheurs. Aidé de la grâce divine que la prière et la pratique des sacrements lui donnent. il regarde comme lui étant permistout ce qui lui paraît avantageux. à ses saints commandements. tout ce qui excite sa convoitise. il est plein d'un-e outrecuidante présomption. dans ses actes. auquel il croyait et qu'il adorait saintement. il le cherchera en ce monde. L'homme cherche toujours son propre bonheur. il a soif de jouissances interdites . il vivait selon les commandements de Dieu. S'il croit au ciel et à l'enfer. content de ce que la Providence lui avait donné en partage. 5 . en revanche. mais.

ce sera la jouissance à tout prix.1e G r a n d . t a n d i s que l'Angleterre et l ' A m é r i q u e se séparaient de l u i . A cette é p o q u e . dont la sanction est dans l'amende.la'prison ou u n e peine q u e l c o n q u e . c e q u ' E c k c r t dit de l ' A l l e m a g n e . la F r a n c .M a ç o n n e r i e p a r m i n o u s ce q u e L u t h e r disait du règne de sa propre Réforme . ni à ses c o m m a n d e m e n t s . n o u s p o u r r i o n s a p p l i q u e r au regne de la F r a n c . d u m o i n s chez les maçons qui ont adopté p u r e m e n t et simplem e n t r i l l u m i n i s m e de W c i s h a u p t . L o r s donc q u ' i l n'est pas d é fendu p a r l a loi h u m a i n e de faire u n acte. il a effacé ces deux c r o y a n c e s . v o u l a n t conserver dans leurs rites l'existence de Dieu et l ' i m m o r t a l i t é de l'àme. E l l e professe u n e m o r a l e c i v i q u e .pas plus qu'à ses c h â t i m e n t s . dans ses statuts. dit Eckcrt. sans foi. C'est p o u r q u o i . et il n'y a pas de m o r a l e i n d é p e n d a n t e des d o g m e s . E n France* jusqu'en 1877. au m o m e n t de la R é v o l u t i o n dont il devait être v i c t i m e . ni uses récompenses. si cet acte peut être avantageux à son a u t e u r ou exciter sa convoitise. la croyance à l'existence de Dieu et à l ' i m m o r t a l i t é de l ' à m e . sons a u c u n r a p p o r t avec la sanction éternelle.sans lois religieuses.il le fait sans s c r u p u l e et sans r e m o r d s . . p o u r se faire athée.i?4 Le Secret l'objectif de la vie. O r . ce q u e l'abbé Lefrane écrivait sur les m œ u r s de la F r a n c e . car il ne croit ni à D i e u .O r i e n t a v a i t g a r d é . Ce sont d o n c les croyances q u i r è g l e n t la m o r a l e . Votre M a ç o n n e r i e e s t d o n c sans D i e u .M a ç o n n e r i e abolit tous les dogmes . t o u t i m m o r a l qu'il soit. elle va jusqu'à l'athéisme. c o m m e n o u s l'avons dit.

sans q u i l ' h o m m e est i n c a p a ble de faire u n seul acte de vertu s u r n a t u r e l l e . L u t h e r et Calvin n'avaient point poussé j u s q u e là la négation. c'est la c o r r u p t i o n ». l'histoire porte son flambeau dans les loges m a ç o n n i q u e s . n o u s tenons à redire cette vérité. et qu'elle .C h r i s t . Son conseil a été e n t e n d u et suivi p a r m i n o u s . i n s o n d a b l e . Si. Le mal qu'elle a fait. dont n o u s sommes i n o n d é s . c'est parce que Socin a quitté J é s u s . profond c o m m e l'abîme. chef de la H a u t e . a r é p o n d u : « Le meilleur p o i g n a r d p o u r frapper l'Eglise c a t h o l i que au c œ u r . E t cela se c o m p r e n d .De la Franc-Maçonnerie. sous ce r a p p o r t . elle égare l ' h u m a n i t é et la jette en pâture à toutes les débauches de l'esprit et d u c œ u r . C'est donc à la Maçonnerie qu'est d û ce m o u v e m e n t de décadence morale dans les diverses publications de notre époque. de journaux o r d u r i e r s . pour p e i n d r e d ' u n trait n o s images et nos m œ u r s . u n j o u r . La M a ç o n n e r i e est donc c o n t r a i r e a u x b o n n e s m œ u r s . et b e a u c o u p d'autres. i5 7 Qui ne sait le déluge d é l i v r e s m a u v a i s . selon sa nature b o n n e o u m a u v a i s e . est incalculable. de g r a v u r e s obscènes. D e p u i s trois siècles. par ce motif q u e la parole est u n e semence q u i p r o d u i t fatalement des fruits. q u i signifie pmvf/tution. d ' o ù elle passe d a n s les m œ u r s privées et p u b l i q u e s .V e n t e . A q u i faut-il a t t r i b u e r ce h o n t e u x désordre ? N u bius. c'est p a r elle surtout q u e la Réforme a p r o d u i t ses fruits les plus m a u v a i s . p r i n c i p e de toute m o r a l e . à l ' é p o q u e actuelle ? Il a fallu inventer u n m o t d o n t la racine. e x p r i m e bien la chose : la pornographie.

Cromwell est le conspirateur ambitieux. Il a vraiment été hérésiarque. Le lecteur qui nous a suivi. père de la secte. venus de Pologne en Angleterre. se livrant peu à l'étude de la théologie. a pu déjà apprendre à connaître les différents personnages qui ont joué un rôle important dans l'histoire maçonnique. évidemment ne connaissait pas l'œuvre commencée par lui en Angleterre. en parlant de cet homme. — Le projet de la Maçonnerie est anti social. Ils ont vu que Socin. le monde est corrompu. V. corps et âme. Il sera alors évident que les Papes seuls ont vu clair. Elle dira que depuis le m. Cromwell. Bossuet. mais que tous les autres ont été et sont demeurés aveugles. et dont Charles I avait or . passant de la théorie à la pratique. homme de guerre et de diplomatie. ou plutôt antireligieux. n'eût pas empreint la Maçonnerie de ce caractère. rendu païen par l'hérésie socinienne. qui n'est pas autre que la secte maçonnique. ce sera pour elle et pour le monde une effroyable révélation.ilieu du seizième siècle jusqu'à nos jours. L'Eglise nous eût sauvés de ce fléau. s'il n'avait été endoctriné par les sociniens. d'en peser l'influence sur la vie intellectuelle et morale des individus et des nations.Le Secret prenne à tâche d'en scruter les principes et les actes. le maçon de haute école. s'était livré à l'étude de la théologie et qu'il a donné à son œuvre un caractère religieux. tel que Ta peint Bossuet. quand ils condamnaient la Maçonnerie.

Bossuet eût entrevu Louis XVI sur l'échafaud. comme il eut aperçu . et jetant un regard sur les conséquences du socinianisme de Cromwell. également actif et infatigable dans la paix et dans la guerre. qui semblent être nés pour changer le monde. qu'il n'a jamais manqué les occasions qu'elle lui a présentées . Car. à savoir: que le projet de la Franc-Maçonnerie est antisocial : « U n homme s'est rencontré d'une profondeur d'esprit incroyable. Que le sort de tels esprits est hasardeux et qu'il en paraît dans l'histoire à qui leur audace a été funeste! Mais aussi que ne fontils pas quand il plaît à Dieu de s'en servir ! U lut donné à celui-ci de tromper les peuples. d'autant plus qu'il est une preuve à l'appui de ce que nous voulons prouver. Nous ne résistons pas au désir de placer ici. capable de tout entreprendre et de tout cacher. sous les yeux du lecteur. et de prévaloir contre les rois. averti les rois du sort que leur réservait la secte . de nouveau. mais au reste si vigilant et si prêt à tout. hypocrite raffiné autant qu'habile politique. 177 été la victime infortunée. il eût.De la Franc-Maçonnerie. dans l'avenir . sinon il eût élevé la voix. en parlant de lui. enfin un de ces esprits remuants et audacieux. aussi facilement que Ton a pu prédire depuis vingt ans l'assassinat des empereurs et des présidents de républiques opposés à la secte maçonnique. le portrait de Cromwell. qui ne laissait rien à la fortune de ce qu'il pouvait lui ôter par conseil et par prévoyance .

occupés du premier objet qui les avait transportés. dont la vertu était indignée. . combien elle est naturellement indocile et indépendante. combien elle est fatale à la royauté et à toute autorité légitime. aussi bien que le soldat et le capitaine. ni cette l o n gue tranquillité qui a étonné l'univers. en combattant. en mêlant mille personnages divers. vit qu'il avait tellement enchanté le monde. était le charme qui possédait les esprits.Le Secret que dans ce mélange infini de sectes. Au reste. ni ses fameuses victoires. C'était le conseil de Dieu d'instruire les rois à ne point quitter son Eglise.cn dogmatisant. allaient toujours. qu'il lit un corps redoutable de cet assemblage monstrueux. elle suit en aveugle. qu'il était regardé de toute l'armée comme un chef envoyé de Dieu pour la protection de l'indépendance. Je ne vous raconterai pas la suite trop fortunée de ses entreprises. quand ce grand Dieu a choisi quelqu'un pour être l'instrument de ses desseins. sans regarder qu'ils allaient à la servitude . Ceux-ci. Il voulait découvrir par un grand exemple tout ce que peut l'hérésie . pourvu qu'elle en entende seulement le nom. commença à s'apercevoir qu'il pouvait encore les pousser plus loin. il sut si bien les concilier par là. Quand une fois on a trouvé le moyen de prendre la multitude par l'appât de la liberté. en faisant le docteur et le prophète. le plaisir de dogmatiser sans être repris ni contraint par aucune autorité ecclésiastique ni séculière. qui n'avaient plus de règles certaines. et leur subtil conducteur qui.

tout c o u r t . roi de B a b y l o n c . et q u a n d aussi doit se réveillerle m o n d e . Voilà C r o m w e l l . a u t e u r de ce q u e Bossuet a n o m m é p l u s tard le Cromwélisme.i l . m o n serviteur. ou il d o m p t e tout ce q u i est capable de résistance. « E t j ' o r d o n n e . q u i cependant c o n d u i t ceux q u i le suivent à la servitude et p o u r son profit personnel. q u i fait. o u il enchaîne o u il aveugle. le maçon n'agit jamais p o u r Dieu. comme Socin. c o m m e les temps sont m a r q u é s . » Voilà C r o m w e l l . jusqu'aux a n i m a u x » : tant il est vrai q u e tout ploie et q u e tout est souple. q u e tout l u i soit soumis. u Je suis le S e i g n e u r . q u a n d il r e p r o c h a i t à j u r i e u . Voyez. u n des pères de la M a ç o n n e r i e . c o m m e les générations sont comptées. lyg rien n ' e n arrête le c o u r s .De la Franc-Maçonnerie. dit-il par la b o u c h e de J é r é m i c . Mais écoutez la suite de cette prophétie : « J e veux q u e ces peuples lui obéissent et qu'ils obéissent encore à s o n t i l s . des diverses sectes. c h r é t i e n s . p o u r s u i t . q u i prend la m u l t i t u d e par l'appât de la liberté de conscience. q u a n d Dieu c o m m a n d e . car il n'y a q u e deux lins possibles : Dieu et soi. c'est m o i qui ai fait la terre avec les h o m m e s et les a n i m a u x . à cause qu'il Ta n o m m é p o u r exécuter ses décrets. jusqu'à ce q u e le temps des u n s et des a u tres v i e n n e » . de la liberté. et je la mets entre les m a i n s de q u i il me plaît. » Il l'appelle son serviteur q u o i q u e i n h d è l e . ^ministre protestant. D i e u d é t e r m i n e j u s q u ' à q u a n d doit d u r e r l'assoupissement. d'avoir . u n assemblage monstrueux . O r . E t m a i n t e n a n t j'ai v o u l u s o u m e t t r e ces terres à N a b u c h o d o n o s o r .

vient W c i s h a u p t . c o m m e à m e . ni . Il était réservé à A d a m W c i s h a u p t de r é s u m e r tout le passé m a ç o n n i q u e . l ' h o m m e a reçu de la n a t u r e l'égalité e t l a l i b e r t é . Voltaire a b l a s p h é m é . — C o m m e n t ? W c i s h a u p t ne le dit pas. et l'institution des g o u v e r n e ments a détruit. la propriété et les g o u v e r n e m e n t s reposent s u r les lois religieuses et civiles. selon le génie a l l e m a n d .iSo Le Secret p r ê c h é cette d o c t r i n e s a n g u i n a i r e . d ' u n e façon s o u v e r a i n e . il faut d é t r u i r e toute religion. q u i a p r o d u i t l ' h o m m e » . ni association. — Q u o i q u ' i l e n s o i t . L ' i n s t i t u t i o n de la propriété a détruit l'égalité. tout g o u v e r n e m e n t . J e a n J a c q u e s Rousseau a inventé son Contrat social . ainsi q u e n o u s l'avons dit p l u s h a u t . cet i l l u m i n i s m e a l l e m a n d . Apres C r o m w e l l . a u c u n d'eux n'a formé ni corps de d o c t r i n e . la d o c t r i n e de S pin osa. Donc. le P a n t h é i s m e . car les p h i l o s o p h e s français o n t dogmatisé. n'avoir ni Dieu. si fort en h o n n e u r à partir d'Averroës . est antisocial. p u i s de form e r u n e société chargée de propager ce système. baptisé d u n o m rilluminisme. c o m m e o r g a n i s a t e u r de la secte. p o u r rendre à l ' h o m m e sa liberté et son égalité native. la liberté. cela était r é servé à D a r w i n . avec l'hérésie de Socin. de le compléter en lui d o n n a n t . en faisant des riches et des pauvres . ni maître. E h bien. Voici c o m m e n t il se r é s u m e : « Il n'y a pas d'autre Dieu q u e la N a t u r e . à son t o u r . q u i a b sorba la M a ç o n n e r i e p o u r en faire la M a ç o n n e r i e i l l u m i n é e . O r .

ils s'effacent parmi nous. trois péchés originels qu'il faut effacer. ainsi que la propriété: or. la Maçonnerie ne veut plus ni autorité. 181 magistrat. Religion. on attend. aujourd'hui. lui l'auteur divin de la sociéié chrétienne. puisqu'il est le père de la famille humaine et le centre naturel de toute société. elle s'est essavée en j 8 7 Î . Le tour du clergé viendra. Le Christ déjà avait été banni. On ne sait pas pourquoi l'on garde les ministres de Dieu et du Christ. ni dépendance. on sait comment. ce sont. maintenant elle frappe à la porte G . en attendant qu'on abolisse la propriété. et le reste suivra. ni armée.De la Franc-Maçonnerie. avec les partageux. à P a r i s . il est visible que. jusqu'à extinction du christianisme : voilà le projet et l'espoir des maçons. élèves pratiques des P r o u d h o n et autres socialistes. ni clergé. On se demande. propriété. pour ne pas ameuter le peuple. Dieu et Jésus-Christ ayant été supprimés ? Les commandements de Dieu ordonnent de respecter l'autorité légitime. et il le sera de plus en plus des écoles. ni gendarmes. Arrière donc tout cela ! Vive la Commune ! Elle a fait son apparition en 1848. lui qui est par excellence le lien social. aux yeux du vrai maçon. ni aucune autorité. ni propriété. La Religion commence à disparaître dans son personnel con^reçaniste et dans renseignement. gouvernement. ce que peuvent avoir à faire encore parmi nous les commandements de Dieu et de l'Eglise. puisque leurs maîtres ont reçu leur congé. Dieu a été chassé. Evidemment.déjà.

le voici : « T o u t ce q u e n o u s v o u s disions contre lesdespotes. et non pas u n r o y a u m e ou u n e r é p u b l i - . « Si v o u s n o u s d e m a n d e z c o m m e n t les h o m mes v i v r o n t d é s o r m a i s sans lois et sans m a g i s t r a t u r e s . et ils vivaient également partout. Ces gouvernements démocratiques ne sont pas plus dans la nature que les autres gouvernements ». a r m é e . sans autorités c o n s t i t u é e s .m ê m e . tel sera v o t r e sort. P o u r les c o m m u n a r d s . l'Allemagne ou la F r a n c e . la r é p o n s e est aisée. m a g i s t r a t u r e . L e u r patrie était le m o n d e . c o m m e n o u s l'avons r a p p o r t é . elle était également à tous.l82 d u capital et des p a t r o n s : il n'y a q u e les s o u r d s q u i ne L'entendent pas. des villages? Ils étaient égaux et libres. les g e n d a r m e s aussi. les magistrats sont gên a n t s . r é u n i s dans leurs villes. N o u s l e u r r é p o n d r o n s q u e W c i s h a u p t a bien r é s u m é son plan. de ses lois et de sa t y r a n n i e . espère la secte. la terre était à eux . Clergé. on en d é c o u v r e les r a c i n e s . N o s lecteurs n o u s d e m a n d e n t raison de nos p a roles. les tyrans. des m a i s o n s . P a t i e n c e ! A v a n t d'abattre u n a r b r e . et bientôt i'arbre s'incline et t o m b e . q u e l'on coupe u n e à u n e . S o u s la vie patriarcale. et n o n pas l'Angleterre ou l ' E s p a g n e . C'était toute la terre. Laissez là vos villes et vos villages et b r û l e z vos m a i s o n s . et si on veut le développement de ce m ê m e plan par son a u t e u r . n'était q u e p o u r v o u s a m e n e r a ce que n o u s a v o n s à v o u s dire du p e u p l e l u i . les h o m m e s bàtissaient-ils des villes.

tel est le grand secret que nous réservions p o u r ces mystères. — Je le veux. dans ses Mémoires du Jacobinisme. classe des grands mystères : Le mage et l'homme-roi. — Ecrits originaux de Weishaupt.. et vous ne craindrez pas de voir brûler Rome. Egalité. la terre rfest à personne. et vous serez cosmopolites ou citoyens du monde. ce sont des chimères. et c'est au nom de cette égalité. Ce que Jean-Jacques a dit à ses sophistes. Y égalité. les complots qui déjà vous expliquent tant de spoliations révolutionnaires : celle de l'Eglise. mais ce sont les chimères de Weishaupt.. de cette liberté qu'il conspire. Paris.De la Franc-Maçonnerie. » — 9c partie du Gode illuminé. Soyez égaux et libres. Vienne. Fraternité. que vous appelez votre patrie. mis à la porte ou au frontispice de nos édifices publics : Liberté. ces bourgs et ces villages. s'écriait à ce propos : « Il n'est plus temps dédire simplement : ce spnt là des chimères de sophistes. Constantinople. et ces villes quelconques. celle de tous les riches propriétaires. Londres. . il faut dire aujourd'hui : ce sont là les complots qui se trament contre vos propriétés. Barruel. le nouveau Spartacusle dit à ses légions illuminées : Les fruits sont à tous. la liberté. celle de la noblesse. i83 que dans un coin de la terre. — Frère et ami. Sachez apprécier l'égalité. qu'il invite ses conjurés à rendre aux hommes la vie patriarcale ! » Faisons remarquer en passant ce que signifient ces mots. celle de nos marchands. la liberté a disparu . Quand la propriété a commencé.

les commodités de la vie lui m a n q u a i e n t . la d o u l e u r p h y s i q u e était la seule cause de m é c o n t e n t e m e n t qu'il éprouvât. dit W c i s h a u p t . sont les seuls besoins de cette période. est celui de la nature sauvage et grossière. u n e femme. La santé faisait son état o r d i n a i r e . . il n'en était pas p l u s m a l h e u r e u x . i n d é p e n d a n t de Dieu et des h o m m e s ». il n'en sentait pas la p r i v a t i o n . F r a t e r n i t é . ces véritables péchés originels avec toutes . le rep o s . soye\ ches. s'il avait v o u l u suivre la route q u e lui i n d i q u a i t la n a t u r e . q u e devient-elle dans ce système i m m o r a l ? « L e p r e m i e r âge du genre h u m a i n . ne les connaissant pas. Dans ce p r e m i e r état. le penchant aux sensualités. il en aurait joui p o u r t o u j o u r s . H e u r e u x mortels.i84 Liberté veut dire : détruise^ toute autorité Egalité signifie : détruise^ la propriété . le désir des signes représentatifs de tout bien. L a famille est la seule société. et après la fatigue. E t la famille. Il en jouissait dans toute l e u r p l é n i t u d e . en disant : « Il faut q u e l ' h o m m e soit s o u v e r a i n d a n s sa cabane. nomades comme les patriar- P r o u d h o n a r é s u m é t o u t cela et m o n t r é le b u t . la soif. qui n'étaient pas encore asiez éclairés p o u r p e r d r e le repos de l e u r â m e . u n abri contre l'injure des saisons. p o u r sentir ces g r a n d s mobiles de nos misères. la faim. faciles à contenter. cet a m o u r d u p o u v o i r et des distinctions. l ' h o m m e jouissait des deux biens les plus estimables : l'égalité et la liberté. E n cet état.

c'està-dire la violence. disciple de W e i s h a u p t . l'avarice. C'est par ignorance de cette tactique. la maladie et tous les supplices de l'imagination. que le principe reste ! » Depuis quelque temps. en brisant les liens des époux et ceux qui unissent les enfants aux parents. ne vous laissez jamais effrayer. quelque désastreuses qu'elles soient. Weishaupt avait adopté une tactique. ni arrêter par les conséquences. s'écriait en conséquence : « Périsse l'univers. Le divorce commencera à nous y ramener. E n prévision des objections que ces idées absurdes pouvaient soulever. et W e i s h a u p t : « La puissance paternelle cesse avec la faiblesse de l'enfant. le père offenserait ses enfants. l'intempérance. C'est-à-dire. s'il réclamait encore quelque droit sur eux. pressez et insistez sur Yégalité et la liberté. dans l'application de lçur système à l'Eglise catholique. toujours les principes. laquelle peut se résumer ainsi qu'il suit: Plus de martyrs. avec le besoin des enfants ». Il disait à ses frères insinuants ou enroleurs: « Les principes. nos révolutionnaires maçons ont abandonné la méthode française. après cette époque ». Ils ont préféré adopter la marche indiquée plus haut par Ricciardi. disait Jean-Jacques.De la Franc-Maçonnerie i$5 leurs suites. l'envie. que des . L'athée Condorcet. idéal de la famille pour Weishaupt. jamais les conséquences ». » Telle est la famille primitive. « Vautorité du père cesse. plus de sang : des concessions et du ridicule.

d'ailleurs bien intentionnées. par hasard. l'hérésie a toujours été et sera toujours marquée au front du signe de la h a i n e . c'est le Nihilisme . De même que la prétendue Réforme protestante. tandis que la haine est stérile . » Tcrtullien appelait Satan le singe de Dieu : Similis Dei. rien ne l'arrêtera. ainsi la Maçonnerie. Non. n'a jamais su que protester contre les dogmes catholiques. se servir du . qui fut homicide dès le commencement : Hnmicida crat ab initia. Voudrait-il. n'aura d'intelligence que le j o u r o ù tous ses membres réunis s'égorgeront jusqu'au dernier. dit le Nihilisme. Satan. Alors l'être humain. Le dernier mot de la Maçonnerie sociale. n'existerait plus. ne sait que détruire les institutions chrétiennes : ni le protestantisme. en les niant les uns après 'les autres. or. s'imaginent que la secte s'arrêtera dans sa marche contre le Christ et l'Eglise. roi de la création. par ce m o tif que seule la chanté chrétienne est féconde. dit Notre-Scigncur. toujours son cœur en sera rempli. au point de vue social. où elle se jettera avec les peuples assez aveugles pour se ranger sous sa bannière et suivre ses cruelles m a ximes de destruction. c'est-à-dire la destruction dans toute sa plénitude. mère de la secte socinienne.Le Secret personnes. « L'humanité. et Satan pourrait insulter au vrai Dieu . ni la Maçonnerie n'ont rien produit qui ait un avenir quelconque. La destruction ! voilà le mot qui peint bien la Franc-Maçonnerie. si ce n'est le fond de l'abîme où elle court.

découlant et débordant du socinianisme maçonnique.De la Franc-Maçonnerie. La nation française. Ce labeur attristant a déjà été commencé . s'est écrié : « Ah ! si j'avais été là avec mes Francs » ! Aussi la France a été baptisé par le Saint-Siège et nommée : La nation . Nous laissons à d'autres le soin de développer ces considérations. encore. ce qui a fait. des écrivains et des orateurs illustres l'ont dit admirablement. par l'absurde. VI. c'est son attachement à Jésus-Christ et à son Eglise. 187 Nihilisme pour devancer la fin du monde ? Il y aurait à le croire. est anti- Elle est anti française. contre nature.. qu'il n'est pas possible de les décrire sans y consacrer des volumes entiers. entendant le récit des souffrances et de la mort de notre divin Sauveur. les ravages exercés dans les sociétés par la secte maçonnique sont tellement profonds et multipliés. la grandeur et la gloire de la France. — L a Franc-Maçonnerie française. parce qu'elle est antichrétienne et anti catholique. à voir les mille formes et les moyens étranges. dans le passé. espérons qu'il sera continué. per absurditm. immoraux. a été appelée à défendre le Christianisme. Ici. Cette vocation s'est révélée lorsque Clovis. employés par les nihilistes pour détruire l'homme. E n effet. On y verra une preuve de la vérité chrétienne..

serait-il devenu pour notre pays une flétrissure ? La France a noblement servi la cause du Christ et de son Eglise. sans excepter Pic IX et Léon X I I I . amie du Saint-Siège et de son indépendance spirituelle et temporelle. qui a été à ses propres yeux. malgré léserions que l'on a faits pour éteindre en eux la foi et l'amour de la mère-patrie. aimé des Francs. a contribué singulièrement aussi à répandre la vérité catholique dans le monde. Il est impossible de parcourir le monde sans rencontrer des souvenirs glorieux pour la nation très chrétienne et sans se convaincre qu'elle a reçu . nous savions donner Dieu et la vérité aux peuples conquis. et le Christ. par ses missionnaires d'abord. Ce titre. Notre n a t i o n . à travers les siècles.. les Pontifes de Rome. et aux yeux des autres peuples. et ces peuples nous aimaient. par ce motif qu'étant franchement catholiques. et malgré les ombres qui voilent l'histoire de la royauté française. entre autres . De leur côté. Car autrefois nous savions coloniser. Le Canada et l'île Maurice. on a pu graver sur leur bannière ces mots : Le Christ aime les Francs. puis par ses conquêtes. Les noms de nos rois très chrétiens l'attestent. a fait d'eux un grand peuple. sont demeurés français de cœur et catholiques. ont toujours pris plaisir à reconnaître que la France avait bien mérité de l'Eglise par son dévouement à la grande cause chrétienne.i88 Le Secret très chrétienne. plein de gloire et digne d'envie..

à l'avenir ? Evidemment. désormais. nous l'avons encore prouvé. au siècle dernier. Cette mission. elle replaçait Pie IX sur son trône impérissable . elle Ta toujours remplie. Si notre malheureuse patrie venait à s'en charger. enfin en T u n i s i e . ce serait de propager dans le monde l'athéisme et les mœurs païennes. elle ne craignait pas de porter ses armes jusque dans l'extrême Orient pour y protéger ses missionn a i r e s . Eh bien. Faut-il que. elle fait appel au catholicisme pour asseoir son influence. en Orient. en Europe. partant. a détruit la hiérarchie catholique et renversé les autels et les églises du vrai Dieu. comme nous l'avons dit : son but est toujours le même. quand elle a eu des chefs dignes d'elle. Naguère encore. pourquoi la Maçonnerie travaille-t-elle à la déchristianiser? Si la secte maçonnique réalisait ses plans.De la Franc-Maçonnerie. bien vite nous aurions cessé d'être catholiques. C'est pourquoi nous disons que la Franc-Maçonnerie est anti française. bientôt G* . la France répudie ce passé. notre mission. Quelle serait. d'après elle. La Franc-Maçonnerie. elle se fait un honneur d'exercer sur les catholiques son protectorat séculaire . la source de notre grandeur serait tarie. une pareille mission est impie. 18g la noble mission de défendre le Christ. au lieu de s'en glorifier? Si donc elle a le droit d'en être fière. pour y introniser le rationalisme.

a u r a i t vécu. grâce aux instituteurs catholiques q u ' i l r e n c o n t r a i t j u s q u ' à p r é s e n t . D è s l ' à g e de sept a n s . cet enfant était préparé à toutes les carrières. qui est u n a d m i r a b l e r é s u m é de la reli-» g i o n . recevait une é d u c a t i o n qui ne le cédait pas à celle des enfants de la classe riche. La F r a n c . soit l a ï q u e s dévoués. c'est-à-dire p o u r lui m o n t r e r le bien à faire et le mal à éviter. qu'il est utile de r a p p e l e r ici en quelques mots. que les leçons du prêtre c o n t i n u a i e n t jusqu'à l'âge de quatorze et q u i n z e a n s . . l c prêtre l'appelait p o u r l'instruire et le confesser. u n e profonde influence? O n a dit q u ' « à dix ans l ' h o m m e est formé ». il travaillait à se corriger de ses défauts. parce q u ' i l avait été bien élevé. ci afin de mériter le b o n h e u r de faire sa p r e m i è r e c o m m u n i o n . l'enfant du peuple avait reçu le bienfait d ' u n e b o n n e formation. Q u i ne sait c o m b i e n ces q u a t r e ou cinq années employées à cette formation spirituelle avaient. t o m b é e d a n s la b o u e et le sang. Grâce à la r e l i g i o n . P l u s d ' u n e fois.M a ç o n n e r i e est encore antifrançaise parce q u ' e l l e travaille a priver les enfants d u p e u ple de l'éducation c a t h o l i q u e . peu à peu l'enfant se réformait. parvenu à cette époque de son existence. De sorte que. soit congréganistes .igo Le Secret on p o u r r a i t dire q u e la F r a n c e . sur la plupart des jeunes gens et des j e u nes tilles. r e n i a n t du p e u p l e a p p r e n a i t le catéchisme. N o u s disons donc que l'enfant du p e u p l e . n o u s a v o n s offert à nos l e c t e u r s cette considération.

De la Franc-Maçonnerie. dans l'armée de terre et de mer. quelle qu'elle soit. on se convaincra q u e ces p e r s o n n e s sortent en majeure partie des rangs d u p e u p l e . dans les divers e m p l o i s de l'administration civile. et. élevés c o m m e n o u s v e n o n s de le dire. et de là ils se sont élancés dans leur voie. Q u e de célébrités d a n s la science ou d a n s les arts doivent leur position à u n prêtre q u i les a distinguées. si Ton cherche d'où v i e n n e n t u n e foule de p e r s o n n e s . N o u s sommes p e r s u a d é que cette observation frappera tout esprit droit qui v o u d r a l'approfondir. sont donc aptes à suivre leur vocation. p o u r v u q u e l'instruction vienne c o m pléter ce p r e m i e r travail. u n e jeune fille. d u c o m m e r c e .et le sentiment religieux base de t o u t e vraie é d u c a t i o n . q u a n d il existe dans u n e âme. aidées et poussées dans leur c a r r i è r e ! Le séminaire leur a été ouvert. u n j e u n e h o m m e . igx E n effet. u n e source de g r a n d e u r p o u r notre nation. et g é n é r a l e m e n t la j e u n e tille. lui permet de s'élever à t o u t . J u s q u ' i c i les sectaires avaient épargné la femme d a n s leur œ u v r e de destruction. dans cette éducation d o n n é e p a r m i n o u s à l'enfant du peuple surtout par les congrégations religieuses enseignantes. occupant m a i n t e n a n t des positions élevées d a n s le clergé. par ce motif que le s e n t i m e n t religieux. et q u ' o n verra. dans les écoles sans Dieu. de l'industrie. a été d é veloppé chez eux. en F r a n c e . E n F r a n c e . u n e cause certaine de décadence p o u r elle. était é l e - . de toute formation sérieuse. par contre. dans la m a gistrature .

La M a ç o n n e r i e a n t i c h r é t i e n n e et antisociale s'acharne a u j o u r d ' h u i contre la femme française : jeune fille. c'est m o i . au fovcr d o m e s t i q u e . c'est-à-dire p o u r l ' a m o u r de Jésus-Chri st. le lépreux. en disant : « Le p a u v r e . De sorte q u e la mère de fam i l l e . les grands ont appris q u e . Il s'est fait alors dans l ' h u m a n i t é u n c r é v o l u l i o n qui a été toute au profit de ce qui portait au front le cachet de la faiblesse. c'est m o i . sa vraie c o u r o n n e et le plus g r a n d bien de son sexe. les r e l i g i e u s e s . Dès lors. le projet de la Franc-Maçonnerie est antihumanitairc et insensé. N u l ne peut nier q u e N o t r e Scigneur J é s u s . E t ils se dhenipatriotes ! N o n . l'orphelin. Antihumanitaire. V I L — Enfui. e n couragé le m a l h e u r e u x . Il s'est identifié avec r h u m a n i t é souffrante. le p a u v r e et la pauvreté. ajoutons : vraie gloire de la France et son d e r n i e r espoir. A la vue d u Christ lavant les pieds à ses disciples. noble et m é r i t o i r e . tout ce q u e v o u s faites au plus petit des m i e n s . veillaient à i m p r i m e r au c œ u r de la femme le sent i m e n t délicat de la p u d e u r . r e n d u la souffrance s u p portable. d a n s leurs c o u v e n t s . c'est à moi q u e v o u s le faites ». q u i ne sont pas naturellement a i m a b l e s . c'est m o i . c e ne sont q u e des traîtres ù la patrie. ont été a i m é s s u r n a t u r c l l c m c n t . mère et religieuse e n s e i g n a n t e . c'est m o i .Le Secret v é : c h r é t i e n n e m e n t . le p r i s o n n i e r .C h r i s t n'ait relevé le p a u v r e . l'institutrice laïque» dans son école. épouse.

D ' a i l l e u r s . ig3 q u i veut être le p r e m i e r doit se faire le d e r n i e r . et ils se c o n v a i n c r o n t que l ' H o m m e . ils n'ont q u ' à l ' o u v r i r p o u r se convaincre que la doctrine de J é s u s . Q u a n d le voyageur traverse les rues des villes qui ne sont pas encore athées dans leur a d m i n i s t r a t i o n .C h r i s t a été p o u r l'humanité u n e source de b i e n s e n tous genres. C'est là que le m a l h e u r e u x est accueilli. .-sur certaines d e m e u res. il suffit d'avoir des yeux p o u r voir cette vérité. il ne s'agit pas d'appréciations. qu'ils s'adressent à d'autres. les âmes généreuses ont t o u t quitté p o u r se d é v o u e r au soin de leurs frères soutirants et au soulagement de leurs d o u leurs. s'ils le p r é fèrent. les u n s modestes. Le m o n d e est couvert de pareils établissements.D i e u s'est m o n t r é . vrais palais élevés au C h r i s t p a u v r e . il peut lire. ces mots qu'y avaient gravés nos p è r e s : HôtelDieu. parce q u ' i l l'est réellement. dans cette maison q u e Dieu a fondée par la p a role efficace de son F i l s . S'ils ne veulent pas l'histoire de l'Eglise racontée par e l l e . le père de l ' h u m a n i t é souffrante. mais de faits h i s t o r i q u e s .m ê m e . en face du Christ p a u v r e . les riches se sont dépouilles de leur a v a r i c e . à l'aspect de Jésus o u vrier. à ses e n n e m i s . les autres s o m p t u e u x . Ici.De la Franc-Maçonnerie. L'histoire de l'Eglise catholique est là sous les yeux des incrédules c o m m e sous les nôtres . et surtout p o u r les m a l h e u r e u x . en voyant le S a u v e u r attentif à guérir les m a l a d e s . les artisans o n t senti que le travail des m a i n s ne d é s h o n o r e pas .

La Franc-Maçonnerie. et les religieux de leurs propres demeures. sans rien mettre a la place. Des milliers d'ouvrages ont été composés pour raconter ces bienfaits. on remplirait le monde avec les livres qu'il faudrait composer pour raconter tous les bienfaits de Jésus-Christ et de son Église. considérée comme héré- . qu'il appelle divinement ses membres. Insensé. si nous voulions le développer : le lecteur l'achèvera luimême. et dire comment l'Eglise s'est toujours montrée attentive envers ceux qui souffrent . aussi bien que pour les riches. à l'heure de la souffrance . la Franc-Maçonnerie piétine sur l'histoire pour en effacer les souvenirs. oui. asiles des malheureux. Et. Nous serions infini sur ce chapitre . elle essaie de faire la nuit sur le passé catholique. elle se prépare à de nouvelles confiscations et elle y prélude en chassant de nos hôpitaux les filles de la charité. Oui. aussi bien que de la science et de la vertu. par ce motif bien évident qu'il ravit ù l'humanité tous les biens du christianisme. pour nous servir de l'expression de l'Evangile.194 Le Secret dans la personne de ses enfants. le projet de la Franc-Maçonnerie est insensé. à l'heure présente. depuis dix-neuf siècles. souvent heureux des soins de nos religieuses. il en faudrait des milliers encore pour retracer les dévouement de notre époque en faveur de la classe du peuple.

. pour prêter l'oreille à Satan qui leur d i t : DU estis. aussi éloigné que possible du rayonnement de la civilisation chrétienne. qui mettaient sur leurs lèvres ce cri : Mon Dieu ! Cri d'une âme naturellement chrétienne.. dans leur commerce quotidien avec cette société mahométane. non seulement la Révélation chrétienne. que le . c'est de vous aimer les uns les autres. disait Tertullien. N'est-ce pas insensé? S'ils veulent se convaincre de leur folie. avaient cependant conservé quelques lueurs. mais aussi la Révélation primitive. avec Spinosa et les Averroistes. dont elle peut dire : je suis l'enfant terrible et le plus illustre.De la Franc-Maçonnerie. elle détruit radicalement. les francs-maçons n'en veulent plus de ce cri : ils bannissent Dieu de partout. dont les peuples anciens. Ils se convaincront. C'est vous-mêmes qui êtes des dieux. en outre. quoique païens. Là. Mandatum novum do vobis ut diligatis invicem. se présente à nous sous le double aspect de la négation et de la destruction. elle nie l'autorité infaillible de l'Eglise et le dogme fondamental du christianisme : la divinité de JésusChrist.. ayant embrassé le panthéisme. O r . ils apprendront à connaître le malheur d'une nation qui n'a pas entendu cette parole de Jésus-Christ : « Je vous donne un commandement nouveau.. comme nous nous en sommes convaincu à Zanzibar et ailleurs. qui l'ont portée entre leurs bras. Fille du protestantisme. igS sie socinienne. qu'ils aillent donc vivre quelques années chez un peuple mahométan.

car ils seront pillés et volés. s'ils y fondent q u e l q u e établissement. P o u r s'arracher à cette . o ù la femme est r e d e v e n u e . si bien q u ' e n p o r t a n t leurs désirs s u r les m ê m e objets. y est i n c o n n u . ils s e r o n t obligés de confesser que le fondateur du c h r i s t i a n i s m e a relevé l ' h u m a n i t é tout entière. Chez ce p e u p l e . Là se réaliserait la parole de M a c h i a vel. a b s o l u m e n t . Voilà ce qu'est u n e société. Qu'ils aillent. au m o m e n t de recueillir les fruits de leurs t r a v a u x . i n s p i r é par le C h r i s t et par lui s e u l e m e n t . s'il s'en tenait au p a n t h é i s m e . quelle q u ' e l l e soit. ainsi que les vertus délicates qui sont la base de notre civilisation. la c o m p a g n e h o n o r é e de l ' h o m m e et la vraie m è r e de ses enfants. E n voyant la f e m m e . qui a dit : « La nature créa les h o m m e s avec la faculté de désirer tout et l'impuissance de t o u t obtenir. ils se t r o u v e n t c o n d a m n é s à se détester les u n s les autres. q u a n d elle n'a pas le b o n h e u r d'avoir e n t e n d u les apôtres de Jésus-Christ. Il y a u r a i t c e p e n d a n t q u e l q u e chose de pire encore : ce serait u n p e u p l e tout composé de panthéistes. selon la m a x i m e des socialistes. ils s a u r o n t bien vite par leur p r o p r e expérience. grâce à l u i . ou p l u t ô t les femmes parquées dans l e u r sérail. Là.d é v o u e m e n t gratuit.s'ils le préfèrent. en refaisant la famille. il n'y aurait p l u s un seul p r i n c i p e p o u v a n t g r o u p e r et u n i r ses m e m b r e s .m a ç o n s . ou de f r a n c s . chez les p e u p l a des sauvages du c o n t i n e n t africain. q u e la terre est à tout le monde et ses fruits à personne.

et on peut violer tous les droits et tous les devoirs ». Encore une fois. . tout est permis. n'est-ce pas insensé ? Nous laissons au lecteur le soin d'en juger.De la Franc-Maçonnerie. igy guerre de tous contre t o u s . et nous nous hâtons de terminer cette étude par quel­ ques conclusions.

Vous ne réussirez pas dans votre projet d'écraser l'Infâme. mais pour les Eglises particulières qui ne le sont pas. en vue de détruire le christianisme. alors. roi de Prusse. — C'est pourquoi nous craignons. nous serions condamnés à subir la même persécution que nos pères en 1 7 9 3 . . dans cette hypothèse. l'armée. là où elle dominerait. la magistrature. hissés par elle aux premières charges de l'Etat. subiraient ses ordres. nous d i r o n s — nos craintes — nos espérances— nos résolutions.CONCLUSIONS. P o u r conclure. l'industrie. — N o s craintes. ses adeptes. car. de voir la Franc-Maçonnerie arriver à s'emparer du pouvoir gouvernemental. écrivait à Voltaire Frédéric II. dans tous ses principaux détails et ses horreurs sacrilèges. persécution que nous avons décrite plus haut. l'autorité gouvernementale. chez les diverses n a t i o n s . I. E n ce qui concerne la France. le commerce. Une autre crainte. non pour l'Eglise universelle qui est immortelle. tant que vous ne pourrez pas disposer du pouvoir. c'est que la classe appelée dirigeante continue à ne pas voir que la F r a n c Maçonnerie dirige elle-même mille rouages cachés dont la religion.

mais seulement de ses membres. ne s'occupant ni dereligion. parmi ceux-ci j'ai nommé. invitées par les Frères maçons désignés sous le nom de Frères Enroleurs. il est nécessaire de savoir que vraiment elle est hostile au christianisme. les ouvriers. surtout aux jeunes gens. raisonnablement. n'acceptent de s'affilier à la Maçonnerie. Or. nous craignons que les francs-maçons eux-mêmes ne continuent à marcher dans leur voie. en se trompant mutuellement : les riches en se servant des ouvriers. et les ouvriers en se laissant égarer par leurs guides. ainsi que cela s'est fait bien souvent. en général.De la Franc-Maçonnerie. au point de vue philanthropique. Nous en pourrions donner des preuves nombreuses. sans la connaître. que la Maçonnerie est simplement une société inoffensive. Car il y a deux classes chez les francs-maçons : les lettrés et les illettrés . Enfin. souffrent profondément. par tous les moyens dont elle dispose. dans ses divers intérêts. les lettrés. qui sont pour la plupart des pro- . C'est pourquoi il faut prendre des mesures qui fassent éviter ce danger. igg lepays tout entier. sans expérience des hommes ni des choses. Si d o n c il y a lieu d e l à combattre. et qu'en résumé elle veut sa destruction complète. Il est impossible aujourd'hui de d i r e c t de croire. moyens nombreux que Ton connaît et qu'il n'est pas besoin d'énumérer ici. ou du moins de se défendre contre elle. N o u s craignons aussiqu'un certain nombre de personnes. ni de politique.

à l'avenir. Malgré toutes leurs avances et toutes leurs concessions. qui est un père. une loi providentielle qu'on nomme la loi du talion. des ouvriers. le. et l'Eglise catholique. ils parviendront à refouler le flot populaire. sans lesquels le commerce et l'industrie ne peuvent que végéter et périr. ou plutôt sur la C o m m u n e européenne. pour la renverser. contre la propriété et le coffre-fort. Dans ce but. s'ils croient qu'après avoir détruit l'Eglise. Si la F r a n c Maçonnerie va frapper jusqu'au bout du monde . de leur côté. francs-maçons lettrés ou illettrés. et que vous serez traités comme vous aurez traité vous-même Dieu. la magistrature et l'armée. forment un autre courant qui va frapper. avec non moins de violence. qui va battre contre les murs de l'Eglise. ils seront enveloppés et entraînés à l'abîme par le torrent. le lendemain il serait dissipé par les appétits insatiables de chacun. remparts de la propriété. malgré vous. pour les aider dans leur œuvre de destruction religieuse. Les ouvriers. c'est-à-dire la propriété et le capital. forment ce que nous appellerions volontiers un courant. Vainement les socialistes comptent sur la République. De sorte que les riches maçons auront préparé follement leur propre ruine. projet irréalisable. Se réalisât-il. qui est une mère. n'oubliez pas qu'il y a. un j o u r . Qui que vous soyez. en ce monde.: maçons lettrés se servent et comptent se servir encore. Messieurs les lettrés se trompent. et les ouvriers auront tué la poule aux œufs d'or.200 Le Secret priétaires.

E n cela. Vous n'y échapperez pas. sous l'étendard de l'antcchrist. p r o p r e à bouleverser le m o n d e et digne de m a r c h e r . L a p a r o l e des S o u v e r a i n s P o n t i f e s . et qu'ils ctteront la b o n n e p a r o l e p a r t o u t sur leur pas- .n o u s . espér o n s . souvenez-vous-en bien. ils feront acte de chrétiens et de vrais patriotes. ainsi q u e les mères et les t u t e u r s . c'est-à-dire les m a l h e u r s dont la secte est l'auteur. c o m p r e n d r o n t la nécessité de l'instruction chrétienne p o u r élever la j e u n e s s e .De la Franc-Maçonnerie. c o m m e n c e à nous m o n trer q u e les Papes ont t o u j o u r s eu raison en cond a m n a n t et en e x c o m m u n i a n t les francs-maçons. Dieu aussi est puissant. un j o u r . 201 le maçon qui Ta t r a h i e . L'expérience. et n o u s les victimes. et sa justice infinie exige que toute faute. gardiens fidèles de la vérité. N o u s espérons q u e les pères de famille. reçoive son châtiment. sera écoutée à l'avenir. parce que des jeunes gens élevés sans principes religieux. II. au gré de la M a ç o n n e r i e . et autres personnes chargées de g u i d e r les enfants. ne seraient bons qu'à former dans dix ans u n e armée d'athées. — Nos Espérances. si légère soit-elle. et à tout prix exigeront qu'elle leur soit d o n n é e . N o u s espérons q u e tous les h o m m e s sac h a n t m a n i e r la p a r o l e ou la p l u m e se persuader o n t de plus en plus q u e la parole est u n e semence q u i p r o d u i t fatalement selon sa n a t u r e . m i e u x q u e par le passé.

comme Mahom e t . aimeront à devenir apôtres de Jésus-Christ par tous les moyens que la charité leur suggérera. son auteur. au désordre social. surtout depuis la mort de Grégoire XVI. à l'orgueil de la raison. capables de remédier par ellesmêmes. a lâché la bride à la volupté. enfin. pour en renouveler la face. comme tous les pires conspirateurs. intellectuelle et morale. qui réponde aux longues années de souffrance traversées par Pie IX et Léon X I I I . de travaillera s'unifier et d'abuser de la liberté humaine pour combattre l'Eglise catholique. par la foi et Pin* .202 Le Secret sage. en s'inspirant des œuvres de saint T h o m a s d'Aquin. si bien adaptées aux besoins de notre époque. la fortune cl l'activité h u m a i n e . Nous espérons aussi que les personnes zélées.M a çonnerie en étudiant sa doctrine. Fasse le Ciel que les éléments d'unité matérielle. chez les grands et les petits. au manque d'instruction religieuse. et procurer à Jésus-Christ un triomphe. voudra bien aussi permettre une nouvelle effusion de son Esprit sur la terre. — Nous espérons que les âmes droites et les cœurs vaillants se déprendront de la F r a n c . Car alors il leur sera facile de voir que Fauste Socin. Nous espérons. que Dieu écoutera les prières de ses enfants. qui furent ses tils. et si judicieusement recommandées par le Pontife Léon X I I I . par la science. amassés depuis cinquante ans dans le monde. comme L u t h e r . arrivée en 1 8 4 6 . et qu'après avoir permis à la Maçonnerie.

le paganisme sur le christianisme. — Nos Résolutions. toute révélation religieuse. toutes leurs ressources. l'indépendance socinienne sur l'obéissance chrétienne . et que si. tout leur dévouement. I I I . soit envers les francs-maçons. Nous les invitons en outre. 203 crédulité elle-même. au profit du rationalisme et du panthéisme.De la Franc-Maçonnerie. servent bientôt à établir parmi les hommes l'unité de croyance. par JésusChrist Notre-Seigneur. le rationalisme maçonnique sur l'autorité de l ' E g l i s e . — Nous prenons la résolution d'obéir à ce conseil. Nous les prions de croire fermement que la Franc-Maçonnerie veut détruire tout christianisme. soit envers leur doctrine. par cal- . et son Eglise infaillible. puisque l'avenir de l'Eglise de France et de la France elle-même dépend de l'enseignement. Pie IX disait : Ayez un cœur de mère pour les égarés et frappez ferme sur Terreur. afin de voir jusqu'à quel point les maximes païennes y ont prévalu sur les maximes chrétiennes .à tourner de ce côté toute leur attention. les mœurs voluptueuses de Terreur sur la mortification pratiquée et commandée par Jésus-Christ . Nous invitons nos frères à écouter aussi les paroles du saint Pontife. en un mot. Nous leur demandons de réfléchir et de regarder attentivement au dedans d'eux-mêmes et au dehors.

contre une hérésie servie par u n e minorité. répondit l'exilé. Oui. de nos écoles. si elle savait vouloir.C h r i s t . A l o r s ce divin Maitrc daignera se servir encore d e l à F r a n c e p o u r a c c o m p l i r dans le m o n d e ses desseins de m i s é r i c o r d i e u s e charité. Et q u e ne p o u r r a i t la majorité d'un p e u p l e . Notre prince à n o u s chrétiens. ni d'idéal ? M a l h e u r à n o u s si nos églises sont un jour remplacées par les écoles. q u i n'a que des appétits. si on le peut. de nos familles. Sanctitions-nous en n o u s soumettant sans restriction au magistère infaillible de l'Eglise. et pas de c o n v i c tions. rien ne l'arrêtera dans son œ u v r e s a t a n i q u e .i l s faire p o u r vous frayer la r o u t e ? — Qifils se sanctifient. elle démolit l'édifice de la foi pièce par pièce. E n c o n s é q u e n c e .sanctifions-nous en redevenant chrétiens et en cessant d'être païens. de b e a u c o u p d'âmes qui lui a p p a r t i e n n e n t par le baptême. exilé de nos lois. p o u r n o u s g u é r i r du libéralisme ou rationalisme ma- . q u e Ton bâtit p o u r être dignes de devenir les toupies delà science ! O n disait un jour à u n prince exilé : Vos a m i s vous attendent dans la patrie : q u e d o i v e n t .c'est J é s u s . il laut c o m p r e n d r e que les c o n c e s sions doivent être refusées. A ceux q u i l'adorent en disant : Adve- niât regnum tuum ! nous r é p o n d o n s aussi : Sanctifiez-vous.2 04 cul.

20S çonnique qui a tout envahi.en face du Calvaire. et qu'il convertisse nos frères égarés eux-mêmes qui. devenue la nôtre. cette année.De la Franc-Maçonnerie. ù Jérusalem. Hâtons-nous de nous sanctifier pour que le Seigneur mette fin à la persécution religieuse dont nous souffrons.. en haine de Jésus-Christ.. veulent tenir. Que le règne de Jésus-Christ arrive. Tan prochain.sous 'les yeux de sa Mère.où F Agneau divin a été immolé pour notre salut. un congrès maçonnique à Rome. et Dieu nous conservera le don précieux de la foi. en face de son vicaire . plus éclatant que jamais ! . et u n autre.

.

— C'est une Société secrète.M a ç o n nerie. a p o u r but de détruire le C h r i s t i a n i s m e et d e le r e m p l a c e r par le Rationalisme. V i c e n c e .TABLE ANALYSE DU DISCOURS. est son berceau DISCOURS. — Témoignage du maçon Ragon. — Sommaire cette s e c o n d e I" Ce qui concerne : Fauste PARTIE. mais pas — — i i n c o n n u e . EXORDE i Il e x i s t e u n e S o c i é t é a p p e l é e la F r a n c . — Sommaire de cette i r e partie. — E l l e e s t é t r a n g è r e a u x T e m p l i e r s . 9 Cromwell. — E l l e n'est p a s a u s s i a n c i e n n e q u ' o n Ta d i t . Socin . — La première partie prou- vera que le secret de la F r a n c . La Charte DIVISION DU de Cologne de 1535 l'annonce.-.M a ç o n - nerie. en Italie. F. 5 La seconde partie du discours de exposera ce partie. 7 qu'il faut p e n s e r d u p r o j e t d e la F r a n c . 23 Ashmole. . f o n d é e par F a u s t e S o c i n .M a ç o n n e r i e . Pages.

Mazzini Parole et système de Ricciardi. .2o8 Table. . Maçonnerie en Italie. N u b i u s . — T é m o i g n a g e du comte de Haugwitz sur la Franc maçonnerie Carbonari Haute-Vente Une page de Rohrbachcr sur la Maçonnerie. Maçonnerie en Espagne et en Portugal D'Aranda Pombal Choiseul Tannucci Jugement de M . conseillant d'éviter la persécution sanglante. . — E n c y c l i q u e s de Papes Voltaire A d a m W e i sh au pt Convent de W i l h c m s b a d . . — Cagliostro J u g e m e n t de John Robison sur la Maçonnerie. — 90 92 96 98 99 100 io3 104 io5 106 108 n3 u 5 . . Ce qui concerne la Doctrine d e s l o g e s . . . . Louis Blanc sur le rôle des m a ç o n s dans la Révolution française de I7«j3 88 Paroles de Lamartine sur la m ê m e question Congrès de Vérone. chef de la Haute-Vente. . . Le franc-maçon Napoléon I « 37 38 4G 48 53 67 68 73 78 81 85 87 . Louis-Philippe Grégoire XVI Pie IX Léon XIII Grande-Loge s y m b o l i q u e Extrait écossaise. .

. 209 II* P A R T I E . I. Ce qu'il faut entendre par Liberté de conscience. — TYPOGRAPHIE OUDIN.Quel sera le sort de ce projet? III. . — Pétrarque Marsile Ficin Platina Appréciation d e C é s a r Cantu sur ce sujet. — A v e r r o ë s . N o s craintes Nos espérances Nos résolutions 198 201 2o3 POITIERS. Saint T h o m a s .Table. Antifrançais VII. . Il est antisocial VI. Liberté politique IV. au x i n . . Ce projet n'est pas n o u v e a u . . — Diverses attaq u e s jusqu'au x n siècle contre le Christianisme E p i d é m i e de paganisme. Ce projet est contraire aux bonnes moeurs. Q u e faut-il penser du projet formé par la Franc-Maçonnerie de détruire le Christianisme et de le remplacer par le Rationalisme ? . V. Antihumanitaire et insensé CONCLUSIONS. Ce projet est e n n e m i de la liberté religieuse. Machiavel et G u i c h a r d i n e e 123 123 12g 133 i38 140 141 142 147 154 158 1G7 169 176 187 192 II.