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RNDH2008

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Rapport Natonal sur le Développement Humain a São Tomé e Príncipe 2008 2

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Equipe de Préparaton du Rapport Natonal sur le
Développement Humain à São Tomé e Príncipe 2008
Supervision du Représentant Résident du PNUD à STP:
Gana Fofang
Et sous la directon technique de l’assistant du Représentant Résident pour le
Programme:
António Viegas
Consultants Internatonaux:
José Maria Caller Celestno – Coordinateur de recherche, élaboraton de
l’introducton et des conclusions
Dade Said – Elaboraton du “Profl de Développement Humain et Pauvreté à STP
et les Objectfs du Millénaire” ”
Gisa Weszkalnys – “Etudes de cas: analyses de projets et entreprises agricoles”
et “Les aspiratons des jeunes”
Consultants Natonaux:
Carlos Neves - “Nature versus Culture: Les ressources naturelles décident-elles
de l’avenir de STP ou est-ce que ce sont les Santoméens qui font ce choix?”
Filipe Bandeira Bomfm - “Réussite et échec de l’exploitaton des ressources
naturelles”
Leonel D’Alva – “Aspiratons des Santoméens et évoluton du pays”
Traducton du portugais au français:
Kristane Etchalus
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Preface
Nous avons la satsfacton de présenter le troisième Rapport de Développement
Humain de STP, centré cete fois sur l’une des problématques les plus saillantes,
non seulement pour le développement de ce pays, mais aussi pour l’humanité
dans son ensemble. Nous nous référons à l’exploitaton des ressources naturelles
et plus spécialement de la terre.
La préoccupaton santoméenne pour la durabilité de cete actvité économique
coïncide avec l’atenton universelle au futur de la Terre en rapport avec le
changement climatque, thème qui a fait l’objet des profondes analyses du
Rapport Mondial de Développement Humain 2008. Il en est ainsi car il est de plus
en plus évident que l’exploitaton abusive et erronée des ressources afecte de
façon signifcatve certains phénomènes naturels aboutssant à des conséquences
néfastes pour la planète.
Par son insularité, STP est encore plus dépendant de tous ces changements que
d’autres pays. Bien que soit très limitée sa capacité à éviter les efets du monde
développé et d’autres pays en développement à poids spécifque majeur au
niveau mondial, il peut apporter sa pette, mais non moins importante, pierre
pour contribuer à améliorer l’environnement dans le territoire où il campe. Et on
doit prendre en compte que les formes d’approche de l’exploitaton des ressources
ont des répercussions au-delà de l’environnement. Elle afecte l’artculaton des
espaces ruraux et urbains, les mouvements migratoires entre ces deux habitats,
le niveau économique des populatons impliquées, la prestaton des services
publics, les modes d’organisaton sociale, les possibilités d’épanouissement
personnel des hommes et des femmes
Ce rapport tente de présenter toutes ces problématques et aussi leurs complexes
interactons. C’est une vision partculière et générale, depuis la problématque
de base d’un paysan jusqu’à l’aménagement du territoire du pays, avec ses
questons législatves, économiques et culturelles. On a donc tenté de doter
la problématque de la profondeur historique nécessaire pour que le peuple
santoméen puisse envisager l’avenir, non pas à partr des défs sautant aux yeux,
mais plutôt à partr de la conscience de son origine.
Toutes ces recherches permetent en outre d’actualiser, une fois encore, l’état
du Développement Humain à STP. Cela implique une révision détaillée de
l’éducaton et de la santé, de la situaton économique –partculièrement de la
croissance et de sa distributon au sein de toute la populaton- de la qualité de
vie dans les maisons, des niveaux d’inégalité entre les hommes et les femmes,
entre la campagne et la ville. Et même s’il reste encore beaucoup de chemin
à parcourir, on doit souligner que des eforts notables ont été réalisés dans la
bonne directon.
Malgré la conjoncture économique internatonale défavorable, STP avance
raisonnablement bien vers les Objectfs de Développement du Millénaire. Le taux
de progrès actuel dans la plupart des indicateurs est supérieur au taux de progrès
requis pour ateindre le but, si les tendances courantes prévalent jusqu’en 2015.
Ce qui se détache, en éducaton, est l’égalité de genre (pratquement ateinte
dans l’enseignement primaire), le taux d’alphabétsaton dans la tranche d’âge
de 15 à 24 ans et la scolarisaton dans l’enseignement primaire (le taux brut de
scolarité conjointe est passé, au cours de la période 2001 - 2007, de 57,7% à
88,2%). Quant aux indicateurs de santé et assainissement de base, il faut souligner
la diminuton de la prévalence de poids bas parmi les enfants de moins de 5 ans,
les taux moindres de mortalité infantle et de mortalité maternelle, ainsi que la
baisse dans l’incidence des taux de mortalité associée à la malaria. A augmenté,
avec sa logique répercussion sur la santé, la populaton ayant un accès durable à
une source d’eau améliorée.
Mais il reste encore un important déf à relever pour ateindre les objectfs
suivants: l’incidence de la pauvreté (encore grave, même si pendant la période
2001-2007 l’économie a cru, en termes accumulés, de 50%, équivalent à une
croissance annuelle de 7%), la proporton de sièges occupés par les femmes
au parlement natonal, et la proporton de populaton ayant un accès durale à
l’assainissement amélioré.
Outre les eforts pour réussir à ateindre les Objectfs du Millénaire, il faut aborder
d’urgence certaines autres limitatons importantes.
Sur le plan politque, la grande instabilité des Gouvernements, problème reconnu
par les acteurs impliqués eux-mêmes, mais sans envisager de prendre les mesures
conduisant à sa résoluton.
Quant à l’économie, elle contnue à être trop fragile, avec très peu de valeur
ajoutée et une dépendance chronique envers l’aide internatonale ; l’infaton est
très élevée et la populaton soufre tous les jours de ses conséquences.
Du point de vue social, on n’avance pas sufsamment dans l’égalité entre les
hommes et les femmes. Les choix de vie de ces dernières sont beaucoup plus
restreints et cela est aggravé par le fait qu’elles doivent, en plus, assumer les
charges familiales, très souvent sans l’aide des hommes.
Enfn, plane un déf qui afecte tout ce qui est exposé ci-dessus: la qualité de
l’éducaton est très défciente. Les efets multplicateurs d’une bonne éducaton
favoriseraient le développement durable dont STP a besoin.
Espérons que tous ces problèmes soient discutés et abordés de façon péremptoire
et qu’une efcace exploitaton des ressources naturelles, surtout de la terre,
contribue à améliorer le Développement Humain de tous les Santoméens et
garantsse la durabilité pour que les génératons à venir en proftent à leur tour.
Le Programme des Natons Unies pour le Développement contnuera à collaborer
à cet efort de tous pour ateindre ces objectfs le plus tôt possible.
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Abréviatons
AuAÞÞA AcLlon pour le ueveloppemenL de l'Agro Llevage eL la ÞroLecLlon de l'LnvlronnemenL
ALCl Agence Lspagnole de CooperaLlon lnLernaLlonale
Alu Agence lrançalse de ueveloppemenL
AMl AsslsLance Medlcale lnLernaLlonale
8Au 8anque Afrlcalne de ueveloppemenL
CA1AÞ CenLre de ÞerfecLlonnemenL 1echnlque en Agro Llevage
CLCA8-S1Þ CooperaLlve d'LxporLaLlon de Cacao 8lologlque
CLnlCÞA CenLre de lormaLlon Þrofesslonnelle Agralre
CLÞl8A-8lC-S1Þ CooperaLlve d'LxporLaLlon de Þolvre eL vanllle 8lologlque
ClA1 CenLre de 8echerche Agrlcole eL 1echnologlque
CÞAu8Þ LeLLre ÞollLlque Agrlcole eL ueveloppemenL 8ural eL Þôche
CÞl - Afrlca Þrogramme de Comparalson lnLernaLlonale - Afrlque
CCCÞl8A CooperaLlve de ÞroducLeurs de Þolvre eL vanllle
ub ldem
uP ueveloppemenL Pumaln
uM ueclaraLlon du Mlllenalre
LCCCL81 LnLreprlse Þrlvee de CerLlflcaLlon de ÞrodulLs 8lologlques
LCClAC ldem
LÞlnlC Þrogramme d'lnformaLlon Lpldemlologlque
Ln8Þ SLraLegle naLlonale de 8educLlon de la ÞauvreLe
lAC londs de l'AgrlculLure eL de l'AllmenLaLlon
lLnAÞA lederaLlon naLlonale des ÞeLlLs AgrlculLeurs
llC londs des lnfrasLrucLures eL ConsLrucLlons (lle au ÞAÞAlÞA)
lluA londs lnLernaLlonal de ueveloppemenL de l'AgrlculLure
lMl londs MoneLalre lnLernaLlonal
C1Z CooperaLlon Allemande
C8l CablneL de 8eforme lonclere
C8uS1Þ CouvernemenL de la 8epubllque uemocraLlque de São 1ome e Þrlnclpe
Plv vlrus d'lmmuno -ueflclence Pumalne
luC lndlce de ueveloppemenL Pumaln A[usLe au Cenre
luP lndlce de ueveloppemenL Pumaln
llAuAÞ lnsLlLuL de llnancemenL de l'AgrlculLure eL du ueveloppemenL Agro Llevage
lÞAu lnsLlLuL ÞorLugals pour le ueveloppemenL
lnL lnsLlLuL naLlonal de SLaLlsLlque
lÞC lndlce des Þrlx au ConsommaLeur
lÞP-1 lndlce de ÞauvreLe Pumalne
lSÞS1Þ lnsLlLuL Superleur ÞolyLechnlque de Sao 1ome e Þrlnclpe
luCAl lnsLlLuL unlverslLalre de CompLablllLe, AdmlnlsLraLlon eL lnformaLlque
kACkA LnLreprlse prlvee françalse, acheLeuse de cacao blologlque
MA8n MlnlsLere de l'AgrlculLure eL des 8essources naLurelles
MÞC Mesure de ÞarLlclpaLlon A[usLee au Cenre
nu non dlsponlble
nL1ÞS LLude naLlonale de ÞerspecLlve a Long 1erme
CuM Cb[ecLlfs de ueveloppemenL du Mlllenalre
Cnu CrganlsaLlon des naLlons unles
ÞAMLA Þrogramme d'Appul aux Moyennes enLreprlses Agrlcoles
ÞAÞ Þrogramme d'AcLlons ÞrlorlLalres
ÞAÞAlÞA Þrogramme d'Appul ÞarLlclpaLlf de l'AgrlculLure lamlllale eL de la Þôche ArLlsanale
Þl8 ÞrodulL lnLerne 8ruL
ÞnAÞAl Þrogramme naLlonal d'Appul a l'AgrlculLure lamlllale
ÞÞAÞÞ Þro[eL de ÞrlvaLlsaLlon de l'AgrlculLure eL de la ÞeLlLe ÞroprleLe
ÞnLÞ Þrogramme naLlonal de LuLLe conLre le Þaludlsme
Þnuu Þrogramme des naLlons unles pour le ueveloppemenL
ÞÞC ÞarlLe de Þouvolr d'AchaL
Cul88 CuesLlonnalre unlfle des lndlcaLeurs de 8ase du 8len LLre
8uP 8apporL de ueveloppemenL Pumaln
8uS1Þ 8epubllque uemocraLlque de São 1ome eL Þrlnclpe
!"#$% !&''()*%+(,-.&/%-0%#120/(''030,*%$43&.,%
!"5$% !060,7030,*%"1,1)&/%-0%/&%5('4/&*.(,%0*%-0%/8$&9.*&*%
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kapport Nanona| sur |e Dóve|oppement numa|n a São 1omó e Þr|nc|pe 2008 13
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Antécédents : sélecton du thème
et objectfs
La sélecton du thème à traiter et
l’établissement des objectfs de ce
Rapport de Développement Humain,
se sont alignés sur trois grands intérêts
intmement liés à STP: la problématque
de la terre, le respect pour
l’environnement et les opportunités de
développement des Santoméens.
Le premier intérêt est la préoccupaton
manifestée par les Santoméens
sur la problématque de la terre,
considératon qui s’élargit sur les
versants économiques, sociaux et
environnementaux ainsi que sur
leurs relatons avec l’administraton
publique.
La terre, principal système de référence
économique et social de STP tout au
long de son histoire, se consttue encore
une fois dans l’espace symbolique
privilégié pour réféchir de façon
critque sur l’évoluton d’une société qui
ne semble pas en mesure de joindre les
eforts pour concrétser la route qu’elle
désire suivre. La classe politque en
partculier semble incapable d’ateindre
les objectfs qu’elle a elle-même fxés à
plusieurs reprises par rapport à cete
terre si fertle.
Il semble pertnent de souligner le
fait que les Santoméens aient choisi
un thème de rapport qui désigne
une problématque au lieu d’une
catégorie beaucoup plus optmiste
comme il est d’usage dans les ttres de
Rapports de Développement Humain :
«  Mondialisaton  à  face  humaine  », 
«  Développement  Humain  pour 
éradiquer  la  pauvreté  »,  «  Combatre 
les changements climatques : solidarité 
humaine dans un monde divisé », « La 
coopératon  internatonale  dans  un 
carrefour  :  aide,  commerce  et  sécurité 
dans un monde inégal »,  « Croissance 
économique  et  développement 
humain »…
Mais la décision est plus que justfée
si nous considérons l’histoire ancienne
et récente de cete populaton par
rapport à la terre. S’il est vrai qu’elle
a fourni depuis le XIX s. les principales
ressources économiques de l’île, il
ne faut pas oublier que jamais ici
l’agriculture ne fut considérée comme
un travail prestgieux et que, pendant
longtemps, elle a été associée à
l’esclavage. Et même pour ceux qui
furent afranchis très tôt, ceux qu’on
appelle « les Forros », la percepton
négatve de la culture de la terre est
demeurée vivace jusqu’à aujourd’hui
dans leur imaginaire collectf.
La terre a été l’objet prioritaire de
l’atenton depuis l’Indépendance, la
posséder est certes un symbole clef
(autrefois ses principaux propriétaires
résidaient hors du pays), mais en outre
son exploitaton a déterminé le niveau
de vie de nombreux Santoméens.
C’est ainsi que les natonalisatons
prétendaient augmenter et diversifer
la producton en apportant assurance
alimentaire et produits pour
l’exportaton.
Toutefois, elle n’ateignit pas ses
objectfs et la réforme agraire mise en
marche dans la décennie 90 chercha à
redistribuer les terres et à trouver leur
viabilité économique.
Impossible de suspendre la
problématque. La distributon des
terres ne semble pas avoir résolu le
problème de la rentabilité mais en
outre elle a laissé sur le carreau, entre
autres efets, une masse de personnes
sans capacité fnancière, technologique
et de geston, qui n’ont pas utlisé
convenablement les terres reçues de
l’Etat en plus d’un nombre croissant de
populaton rurale émigrée à la ville.
Cete situaton de basse productvité
et l’abandon de l’actvité agricole en
résultant coïncide avec une conjoncture
internatonale où les prix des denrées
alimentaires sont parts en fèche et ne
laissent pas penser à un abaissement
au cours des années à venir. STP est
un pays où les ressources naturelles
permetent d’obtenir tous les produits
nécessaires pour que soit garante
la sécurité alimentaire de toute sa
populaton et que même l’exportaton
soit possible, pourtant le pays se
trouve dans une situaton si défcitaire
que, si la tendance n’est pas modifée,
elle devient inquiétante, étant donné
les optons limitées, à court terme, du
développement économique d’autres
secteurs. En fait, dans le dernier
Rapport sur les Objectfs du Millénaire
pour le Développement (OMD) (2007),
il est considéré improbable « de réduire 
de  moité  le  nombre  de  personnes  qui 
vivent avec la faim pour 2015 ».
Ce qui retent puissamment l’atenton
c’est que les représentants politques
économiques et sociaux, de même
que la coopératon internatonale,
sont parfaitement conscients de
l’importance fondamentale de la terre
et des autres ressources naturelles
de STP pour la sécurité alimentaire,
l’emploi, la croissance économique et
la conservaton de l’environnement
naturel.
Des eforts notoires ont été consents
pour faire un diagnostc détaillé de la
situaton des ressources naturelles,
leur commercialisaton, les ressources
fnancières pour le développement
du secteur, les infrastructures rurales,
les insttutons nécessaires pour
le développement rural, les axes
stratégiques et même un programme
détaillé pour augmenter et diversifer
la producton et les exportatons
agricoles.
Tout cela a été couché noir sur blanc
dans la “Letre de Politque Agricole et
Développement Rural » (CPADR), qui
a même été actualisée en 2007, avec
toujours un grand intérêt de la part de
tous ceux qui y sont impliqués. Vingt
et un documents d’un travail ardu,
résultat d’une recherche remarquable,
sont le résultat palpable de tout le
processus.
On espère que, au moins, puisse
prospérer ce qui a été retenu dans
les conclusions et recommandatons
du séminaire natonal de validaton
du projet de Letre actualisée qui
déterminait ce que suit :
“ Les organes de souveraineté natonale, 
notamment  le  Gouvernement  et 
l’Assemblée natonale, devront adopter 
la  LPADR  comme  un  instrument  de 
travail  à  metre  en  œuvre  par  le 
Gouvernement.” 
Cependant, de sérieux doutes planent
sur la mise en œuvre de propositons
si bien fondées techniquement et on
peut se demander si STP disposera
enfn d’un plan d’acton spécifque et
vraisemblable qui aille au-delà des
diférents individuels.
Il est évident que l’écart entre les
diagnostcs sur la terre et le manque
d’une politque claire et consensuelle
sur ce thème occupe une positon
centrale dans la réfexion des
Santoméens et donc de notre rapport.
S’il est vrai que la problématque de
la terre fut la propositon initale, elle
a aussi été élargie aux deux thèmes
d’intérêt suivants :
Un, la quête de plus en plus pressante
de la part de nombreux acteurs sociaux
et politciens internatonaux vers un
traitement énergique du respect de
l’environnement naturel ainsi que le
CHAPITRE 1
Introducton: La problématque de la
terre et les ressources naturelles
kapport Nanona| sur |e Dóve|oppement numa|n a São 1omó e Þr|nc|pe 2008 14
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souci de changement climatque, car
leurs efets sur la planète peuvent être
très graves, mais en partculier dans
les pays moins développés. Dans cete
perspectve, la problématque de la
terre doit être abordée dans la cadre
de la concepton et de l’utlisaton des
ressources naturelles et les impacts
possibles de la prospecton du pétrole
doivent être pris en considératon.
Et deux, les principes et objectfs
des Natons Unies en général et du
PNUD en partculier considèrent que
tout développement doit contribuer
à l’augmentaton des capacités et
opportunités des personnes, en
gardant toujours à l’esprit le devenir
des génératons futures.
Pour arriver à bénéfcier de ces
opportunités, il faut avoir, outre les
ressources fnancières nécessaires, un
bon niveau d’éducaton, qui permete
de développer le potentel intellectuel
et professionnel ; une espérance de
vie raisonnable, c’est-à-dire une vie
avec sécurité et santé ; et certaines
conditons de partcipaton à la vie
politque et sociale qui permetent
à tous, hommes et femmes, d’être
les acteurs de leur propre devenir
individuel et collectf, avec l’appui de
leurs insttutons.
Les thèmes d’intérêt mentonnés
permetront certainement d’apprécier
que ce RDH sera à même de susciter un
débat en profondeur, non seulement
sur ce qui est arrivé à la terre à STP,
mais aussi sur ce que cela signife et
quelles conséquences cela entraîne
pour les Santoméens en termes de
développement humain (dans leur
éducaton, santé, travail, égalité, etc.),
et sur la concepton que les pouvoirs
de fait, qu’ils soient politques, sociaux
ou économiques, ont des ressources
naturelles.
Exprimé succinctement, l’objectf
central du Rapport de Développement
Humain 2007-8 à STP est d’analyser
les signifcatons et usages qu’ont
les ressources naturelles pour les
Santoméens, en partculier la terre, et
leur impact sur leur développement
humain et durable.
Les objectfs spécifques consistent à
répondre aux questons suivantes à
susciter un débat public autour d’elles:
1. Les Santoméens savent-ils ce qu’ils
veulent faire de la terre ? Quelles
visions ont les principaux acteurs
politques, économiques et sociaux sur
l’utlisaton de la terre et des autres
ressources naturelles de STP ? Les
jeunes, avenir du pays, coïncident-ils
avec ces visions ?

2. STP a-t-il une politque de
développement rural ? Partage-
t-on une vision stratégique sur le
développement rural refété dans
l’aménagement du territoire et dans
les politques sur la terre ? Quel
est le rôle des intellectuels dans ces
débats stratégiques ? Existe-t-il une
correspondance entre ce qu’on pense
de la terre et des autres ressources –tel
qu’observé dans la Letre Agricole- et ce
qui se fait dans la pratque, aussi bien
à partr des administratons publiques
que du secteur privé ? Si tel n’est pas
le cas, pourquoi ?

3. Le modèle actuel d’utlisaton de
la terre est-il-durable ? Comment
la privatsaton des roças a-t-elle
afecté l’environnement naturel et
les populatons rurales ? La réforme
agraire a-t-elle contribué à améliorer le
développement humain dans les zones
concernées ?

4. Pourquoi à S. Tomé les entreprises
et projets en rapport avec l’exploitaton
des ressources naturelles sont-elles
ou ne sont-elles pas couronnées de
succès ? Quels sont les facteurs les plus
signifcatfs ? Quel rôle l’Etat a-t-il joué
dans les entreprises rurales ?
5. Quels sont les modèles ou les
alternatves d’utlisaton de la terre
et des autres ressources naturelles
qui peuvent avoir un impact majeur
sur le développement humain ?
Concrètement, quelles conséquences
prévoit-on pour le DH de l’arrivée des
recetes du pétrole ?
6. Comment le développement humain
a-t-il évolué ces dernières années ? STP
s’approche-t-il des OMD ? Quel est le
profl de la pauvreté du pays ? Comment
l’exploitaton des ressources naturelles
peut-elle afecter le développement
humain ?
Para atngir os objectvos mencionados
começou-se as pesquisas partndo das
seguintes hipóteses:
Pour ateindre les objectfs mentonnés
les recherches ont démarré sur les
hypothèses suivantes:
Les Santoméens doivent résoudre la
contradicton entre, d’une part, utliser
la terre comme référent symbolique
et économique essentel et, d’autre
part, renier la vocaton d’agriculteurs.
En efet, si la terre est bien citée de
façon répétée comme la ressource
principale de STP qui doit être exploitée
sérieusement et qu’elle apparaît aussi
dans les rhétoriques sur la singularité et
l’identté santoméenne (voir l’antérieur
RDH de STP, 2000-2002), on ne trouve
pas de correspondance à ce discours
dans ce que la populaton veut faire de
sa vie.
Pour saisir ce problème dans toute sa
profondeur, une révision des aspiratons
des Santoméens a été réalisée, ciblant
le lieu que la terre y occupe. En plus
de ce qui a été déjà explicité dans les
documents les plus signifcatfs, comme
le NLTPS, de nouvelles enquêtes ont été
menées avec des interviews aux leaders
politques, sociaux et économiques
ainsi qu’un travail de terrain avec des
personnes anonymes sans positon
publique notoire.
Une seconde hypothèse importante
est que le pays semble répondre à des
propositons ponctuelles de projets
de coopératon internatonale, ou
aux initatves individuelles de court
terme, plutôt qu’à une vision de base
stratégique de ce que le pays veut être.
Le résultat est une utlisaton de la terre
et des autres ressources sans ordre ni
artculaton correcte. Il est important
que la légitme et urgente lute contre
la pauvreté ne soit pas un obstacle
pour penser au développement de
façon globale et stratégique.
En ce sens, on ne doit pas confondre
une possible embellie de certains
indicateurs de développement humain
ou une évoluton correcte dans la
directon des objectfs du millénaire
avec une stratégie consistante, viable et
durable. Par exemple, le changement
positf des indicateurs de santé est
évident et c’est une parte clé de l’IDH et
de plusieurs indicateurs des ODM, mais
on sait bien que la réducton drastque
de la malaria peut se renverser une fois
de plus, dès que l’actuel projet de lute
contre cete maladie sera fnalisé. Les
changements de fond sont le résultat
de stratégies durables et non pas de
projets ponctuels.
Une troisième hypothèse, peut-
être discutable pour les intellectuels
santoméens, est que certains codes
culturels actuellement en vigueur dans
le pays, ainsi que la fragilité de son
économie, ne semblent pas faciliter
l’existence à STP d’une masse critque
sufsante pour apporter une vision
stratégique de l’avenir du pays, qui
outrepasse les problèmes et intérêts
immédiats et soit capable d’impulser
sa mise en œuvre.
Il est vrai, et on pourra l’apprécier une
fois encore dans ce rapport, qu’on a
déjà beaucoup débatu sur le futur
de STP lors de rencontres successives,
avec des documents très détaillés. On
ne pourra pas dire que le pays n’ait
pas été analysé du point de vue de ses
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ressources et potentalités, comme déjà
souligné dans cete introducton. Mais
il n’en va pas de même pour s’interroger
sur comment enfouir certains codes
culturels contemporains, en partculier,
le sens du « prochain » immédiat, le
manque d’engagement réel sur les
accords passés ou par rapport aux
principes défendus, et la difculté à
séparer les intérêts personnels des
intérêts collectfs.
La précarité économique ne contribue
pas à la réfexion sur les conséquences
de ces modèles culturels, mais il
est probable qu’ils aient à voir avec
cete absence de consensus dans la
concepton et la réalisaton d’une
vision stratégique. De ce point de
vue, l’instabilité politque, qui produit
tant de déséquilibre dans le pays et
que beaucoup d’analystes et gens
du peuple rendent responsable de la
pauvreté des Santoméens, est liée à la
culture. On peut dire qu’elle reproduit
métaphoriquement les protocoles
qui marquent contnuellement les
relatons sociales et économiques se
déroulant à STP. Plus simplement dit, le
commun des politciens agit selon des
codes culturels santoméens qui, dans
d’autres contextes d’actons, peuvent
être acceptables, mais qui ne peuvent
pas l’être si ce qu’on veut est réaliser
une vision stratégique de l’avenir du
pays.
Cete situaton de carence stratégique
ne permet pas aux citoyens d’observer
le pays en tant que projet d’avenir viable
et donc les optons sont strictement
limitées. La preuve la plus fagrante en
est que peu de gens désirent rester à
STP.
C’est ainsi qu’une grande parte de la
jeunesse ne tent pas les alternatves
d’utlisaton de la terre pour atractves
et elle ne trouve pas non plus en ville
des optons stables ou raisonnables
de travail. Les élites cherchent pour
leurs descendants des voies d’avenir à
l’extérieur de STP, en commençant par
la formaton académique et sachant
que la plupart ne reviendront pas à la
fn de leurs études.
Par conséquent, il est difcile de
trouver une issue à cete situaton de
fragilité et de contradictons sans une
vision stratégique qui:
1) Incorpore la terre comme
ressource essentelle pour le
développement soutenu ;
2) Accorde à la terre le prestge
social, en abandonnant la distncton
symbolique entre « les fls de la terre »
et les autres Santoméens ;
3) Donne la primauté, avec les
ressources humaines et fnancières
subséquentes, à tout ce qui implique
l’exploitaton soutenue et rentable
de la terre et des autres ressources
naturelles ;
4) Reconsidère certaines
caractéristques de la culture actuelle,
en modifant les modèles nocifs
pour la mise en œuvre stratégique.
Il est urgent de valoriser le sens de
l’engagement et du bien commun ;
5) Trouve la traducton en
décisions recueillant un large
consensus politque et social, incluant
des plans concrets inamovibles par
des changements politques de court
terme. Sans doute, faudrait-il créer
des organes de contrôle et suivi des
décisions adoptées pour que tout
cela ne fnisse pas « dans un troir,
condamné à l’oubli ».
Le présent rapport est divisé en
cinq chapitres qui peuvent être lus
de façon autonome, quoique soit
recommandée la lecture du chapitre
III avant d’aborder le chapitre IV, vu
que le troisième chapitre traite des
antécédents historiques du problème
traité dans le quatrième.
Le premier chapitre correspond à cete
introducton ci. Les raisons du choix de
la thématque de ce rapport y sont très
brièvement exposées. En réalité, le
processus de décision a été complexe,
puisqu’on a essayé que ce soient les
Santoméens les responsables de la
sélecton du thème. La première parte
du processus a été prise en charge
par un expert natonal, le Dr Carlos
Neves, qui explique comment elle s’est
déroulée :
«  (...)  la  méthodologie  de  travail  que 
j’ai  adoptée  a  consisté  à  prendre  en 
considératon  les  rapports  antérieurs, 
et  surtout,  à  ausculter  un  certain 
nombre  de  personnalités  natonales 
qui  se  soucient  de  développement  de 
STP et réféchissent habituellement sur 
ces questons. 
Du  résultat  des  rencontres  que  j’ai 
eues  avec  ces  personnalités,  est  sort
un  ensemble  de  préoccupatons  plus 
frappantes  qui  ont  pu  être  regroupées 
en quatre thèmes, à savoir :
1)  La  consolidaton  de  l’Etat  de 
droit  démocratque  dans  son  versant 
du  fonctonnement  insttutonnel,  en 
partculier en ce qui concerne le système 
judiciaire  et  l’administraton  publique 
en rapport avec la problématque de la 
corrupton  à diférents niveaux ;
2)  La  problématque  de  la  terre 
issue de la distributon des terres, dans 
ses  versants  économique,  social  et 
environnemental,  leur  impact  dans  la 
vie  des  populatons  et  la  perspectve 
future ;
3)  La  santé  et  les  impacts  de  la 
politque  des  Soins  Primaires  de  Santé 
qui  est  en  cours  de  réalisaton  depuis 
1979 ;
4)  L’état  actuel  du  système 
d’éducaton  à  ses  diférents  niveaux  et 
leurs goulots d’étranglement.
Au  cours  de  la  présentaton  des  pistes 
de  réfexion  faite  au  PNUD,  on  a 
pensé  qu’il  était  opportun  de  ne  pas 
retenir  les  thèmes  relatfs  à  la  santé 
et  à  l’éducaton  –malgré  leur  grande 
importance  et  actualité-  déjà  ciblés 
par  d’autres  études.    C’est  ainsi  que 
fut  décidé  de  focaliser  le  débat  avec 
la  société  civile,  invitée  à  une  réunion 
de  réfexion  au  PNUD,  sur  les  deux 
premiers thèmes.
Au  cours  de  cete  réunion  avec  la 
société civile, qui a eu lieu au PNUD le 
7 du mois courant et qui a compté avec 
une  partcipaton  actve  des  présents, 
les  thèmes  relatfs  à  la  consolidaton 
de  l’Etat  de  droit  démocratque  ainsi 
que  de  la  problématque  de  la  terre 
furent considérés comme d’importance 
majeure dans les analyses des questons 
de  développement  du  pays,  et  il  a  été 
suggéré  d’essayer  de  faire  une  refonte 
des deux thèmes.
Mais  cependant,  l’évoluton  de  la 
discussion  a  permis  de  révéler  que  le 
traitement  de  la  queston  de  la  terre, 
dans  sa  relaton  avec  le  monde  rural, 
la  distributon  démographique  et  ses 
rapports avec l’administraton locale et 
l’aménagement du territoire, de même 
que  l’analyse  des  efets  économiques, 
sociaux  et  environnementaux  du 
processus  de  distributon  de  terres 
avaient  un  caractère  d’urgence  et 
d’actualité.  C’est  ainsi  que  se  ft  la 
sélecton    pour  le  prochain  rapport  et 
on  a  laissé  pour  une  autre  occasion  le 
thème sur la consolidaton de l’Etat de 
droit démocratque.
Des décisions postérieures prises au
sein du PNUD confrmèrent le choix
du thème sélectonné et il fut décidé
d’insister sur la terre, sans oublier
les autres ressources naturelles du
pays et en soulignant la relaton entre
l’exploitaton des ressources et le
développement humain durable.
Le choix du thème du Rapport de
Développement Humain 2008 a
donc été le résultat d’un processus
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partcipatf, complètement conscient
que la terre est une préoccupaton
essentelle pour le peuple et pour les
autorités santoméennes.
Outre l’explicaton de la sélecton de
ce thème, dans l’introducton sont
exposés les objectfs spécifques de ce
rapport et les hypothèses principales.
Sont également antcipées 5
recommandatons considérées comme
fondamentales pour afronter avec
succès la problématque de l’exploitaton
durable de la terre, en partant toujours
d’une indispensable vision stratégique.
Dans les chapitres correspondants,
on pourra trouver beaucoup d’autres
propositons, résultat des recherches
réalisées. Mieux vaut que le lecteur se
plonge dans les analyses exposées et
découvre si leurs conclusions trées par
les consultants sont aussi solides que
nous le pensons.
Enfn, il y est fait un résumé de chacun
des chapitres soulignant certains
aspects intéressants.
Le chapitre deux, écrit par le Dr Said
Dade,
  “explore  en  profondeur  l’état  de 
développement  humain  à  STP,  en 
essayant  de  répondre  aux  questons 
suivantes  :  Que  révèlent  les  tendances 
de  l’Indice  de  Développement  Humain 
et  ses  composantes  après  le  Rapport 
Natonal  de  98-2000  ?    Où  en  sont  le 
développement  humain  et  la  pauvreté 
dans  le  contexte  des  Objectfs  du 
Millénium (ODM) ?  STP va-t-il ateindre 
les buts fxés dans les ODM ?
Le chapitre commence par la descripton 
des  conditons  économiques  qui  ont 
prévalu  au  long  de  la  période  2000-
2007.  Suit  une  évaluaton  du  profl 
du  développement  humain  depuis  la 
première  éditon  du  Rapport  Natonal 
de  98-2000,  en  partculier  autour  de 
ses  composantes  éducaton,  santé  et 
revenu.    Cete  évaluaton  considère 
non seulement les termes de l’évoluton 
de  cet  indicateur  dans  la  période  en 
queston, mais aussi la positon de STP 
dans le contexte mondial.  La quatrième 
parte  déploie  l’analyse  antérieure  et 
ajuste  la  réalisaton  moyenne  sur  les 
dimensions  de  l’IDH,  en  foncton  des 
disparités  dans  les  réalisatons  des 
femmes  et  des  hommes.    Le  profl  de 
pauvreté est débatu dans la cinquième 
parte  en  insistant  sur  la  pauvreté 
dans  la  perspectve  de  privaton  des 
nécessités  de  base  essentelles.    La 
sixième  parte  élargit  maintenant  le 
débat  dans  le  contexte  des  ODM  en 
vue d’évaluer les progrès réalisés dans 
ce sens.  Enfn, la septème et dernière 
parte tre les conclusions du chapitre »
Il a été décidé de placer l’état du
développement humain avant les
analyses relatves à la terre et aux autres
ressources naturelles pour la raison
déjà évoquée de la priorité concédée
par le PNUD aux personnes. Toutes
les avancées économiques, sociales
et politques revêtent un intérêt
partculier lorsqu’elles se traduisent
en variatons spécifques dans la vie
de chaque personne. Voilà pourquoi
il est nécessaire de se concentrer sur
l’évoluton des indicateurs d’impact
majeur. Par conséquent, outre les
indicateurs traditonnels des rapports,
ceux qui ont été sélectonnés pour
les ODM ont aussi été analysés. On
espère ainsi rendre plus visible le
chemin réalisé et l’orientaton prise
pour ateindre ce but en 2015.
Il se peut que les conclusions des
analyses du Dr. Said permetent un
optmisme raisonnable si on prend
en considératon les amélioratons de
divers indicateurs fondamentaux pour
le développement humain, quand on
sait qu’elles ont eu lieu, d’une part, dans
un contexte internatonal présentant
des difcultés notoires et, d’autre part,
malgré une considérable instabilité
politque au sein du pays.
Certes, et nous ne voudrions pas
négliger de l’expliciter, il est probable
que les indicateurs économiques
sélectonnés pour l’IDH ne refètent
pas comme il faudrait le très grave
problème de l’infaton. La populaton
moyenne santoméenne, et que dire
des plus pauvres, soufre au quotdien
des conséquences des hausses
vertgineuses des prix.
Nous savons aussi que l’indice ne prend
pas en compte la qualité de l’éducaton,
queston qui doit être abordée par les
responsables politques et sociaux de
toute urgence, car si le niveau contnue
à baisser, il deviendra très difcile pour
les Santoméens d’arriver au stade de
développement personnel et collectf
souhaité. D’autre part, il ne semble pas
que le fait de contnuer à envoyer les
étudiants à l’étranger soit une soluton
durable, lorsque STP ne reçoit pas,
comme pays, des bénéfces palpables
de cela, en efet nombre d’entre eux
contnuent à vivre là-bas et d’autres
qui retournent au pays ne trouvent pas
de conditons adéquates pour exercer
la carrière pour laquelle ils ont été
formés.
Quant à la santé, en tenant compte
des indicateurs exposés, nous avons
des raisons de n’être que modérément
optmistes : même en comptant avec
un contrôle de l’HIV, la campagne
contre la malaria devra être poursuivie
avec des comportements préventfs
des habitants et les investssements
publics dans la santé devront s’ajuster
aux possibilités du pays.
Les problèmes d’inégalité de genre
sont abordés dans les détails et ils
consttuent un grand déf pour avancer
dans le développement humain.
Le chapitre trois a été atribué au
Dr. Neves auquel a été confée la tâche
de montrer une vision diachronique des
usages de la terre et autres ressources
naturelles tout au long de l’histoire du
pays.
On a pensé qu’il était nécessaire de
faire voir aux Santoméens le lien étroit
de l’évoluton du pays avec la terre et
les ataches de la populaton avec son
milieu naturel. Ce chapitre pourra
aussi permetre d’apprécier comment
les ressources furent exploitées et avec
quels avantages ou inconvénients, au
cours du temps. Il n’est pas possible que
le peuple santoméen renie son histoire,
même si elle a été extrêmement dure
pendant plusieurs siècles d’esclavage,
d’autant plus que des leçons très utles
peuvent être trées de ce passé.
Outre cete digression, trois problèmes
d’importance notable pour STP ont été
abordés :
En premier lieu, la réfexion sur
l’infuence externe dans l’orientaton
économique du pays et les fragilités
issues de la dépendance d’une
monoculture. Traiter cete queston est
une gageure, en efet l’indépendance
est encore récente, l’ancienne
métropole est le principal responsable
de cete économie extrêmement
dépendante depuis des siècles et
c’est actuellement un des principaux
donateurs du pays. En réalité, il n’est
absolument pas commode de se metre
à penser au pays en marge de tous ceux
qui fnancent une parte très élevée de
son budget natonal.
Mais le pays appartent au peuple
santoméen et c’est à lui que revient le
soin de décider du cap qu’il veut prendre
et tenir. S’il est vrai qu’il a maintenant
un degré de dépendance incontestable,
il doit tout de même penser à l’avenir
et essayer de ne pas devenir une réalité
sans commune mesure avec l’image
souhaitée. On ne peut pas ignorer les
légitmes aspiratons des Santoméens.
Nous reviendrons là-dessus un peu
plus loin.
En second lieu, il est débatu dans
ce chapitre des atentes, risques et
opportunités générées par le pétrole,
sachant qu’il peut être une ressource
naturelle de valeur extraordinaire,
mais aussi la cause d’injustces
majeures. Il faut penser à la situaton
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d’autres pays qui ont des réserves de
pétrole abondantes et aux optons
qui se présentent. Certains exemples
sont trop proches de STP pour pouvoir
être ignorés. Mais il est surtout
fondamental que le pétrole ne soit
pas le prétexte pour abandonner le
développement soutenu des autres
ressources naturelles.
En troisième lieu, il est proposé
une réfexion sur les vieilles thèses
de déterminisme géographique. Il
semble opportun que les Santoméens
connaissent d’autres réalités et
possibilités ouvertes par des pays
dépourvus de ressources naturelles
importantes. Presque toujours, de
sages décisions de la populaton et de
leurs représentants politques sont plus
défnitves que les ressources données
par la nature. Le peuple santoméen
peut et doit décider quel pays il veut
avoir.
Le chapitre quatre, réalisé par le Dr
Filipe Bonfm et la Dr. Weszkalnys
1

met la réalité contemporaine sous
l’éclairage de l’analyse de l’exploitaton
des ressources naturelles.
Après avoir défni les objectfs
spécifques, les hypothèses et la
méthodologie adoptée, il a été procédé
à une brève descripton du pays, en
prêtant une atenton partculière aux
ressources naturelles existantes et à la
producton agricole et de l’élevage.
La seconde parte de ce chapitre
est centrée sur le processus de
privatsaton des plantatons et son
impact sur le développement humain.
Les secteurs considérés stratégiques
pour le développement rural sont
étudiés en détails ainsi que l’infuence
de la réforme agraire sur eux. Les efets
spécifques sur les petts agriculteurs et
les entreprises moyennes sont évalués
par le biais de deux études de terrain
où sont recueillies les perceptons des
personnes impliquées et quantfées les
avancées et reculs éprouvés pendant
ces années.
Trois entreprises agricoles, 10
communautés rurales et 102 chefs de
familles, petts agriculteurs bénéfciaires
du processus de distributon de terre,
ont fait l’objet du travail de terrain.
Des mesures insttutonnelles
spécifques sont suggérées pour
favoriser le développement rural. Le
consultant Bomfm en parle en ses
termes :
«  Les  résultats  ont  notamment  pointé, 
comme  efets  négatfs  du  processus 
de  distributon  de  terres,  l’exode  rural, 
l’abatage des arbres avec implicatons 
environnementales,  la  rentabilité 
négatve  des  moyennes  et  pettes 
exploitatons,  à  cause,  surtout,  de  la 
diminuton de la producton de cacao.
L’impact  positf  se  réfère  à 
l’augmentaton globale de la producton 
de  cultures  alimentaires,  banane 
(11%), taro (27%), entre 1993 et 2003, 
bovins  (7%)  de  1996  à  2006.      Mais 
nous sommes encore loin de  résultats 
permetant l’amélioraton de la qualité 
de vie des producteurs, notamment en 
ce qui concerne l’éducaton, la santé et 
les  autres  indicateurs  de  rapports  de 
développement  humain  (2002-2006) 
que cete étude a essayé d’approfondir, 
même s’ils sont relatvement meilleurs 
que  ceux  de  l’Afrique  subsaharienne. 
L’étude  suggère  certaines  mesures 
insttutonnelles comme le renforcement 
de  la  capacité,  de  la  formaton  et  du 
crédit,  pour  lever  les  entraves  de  la 
réforme  agraire  et  du  développement 
rural. »
Dans la troisième parte de ce chapitre,
sont analysées, en partant de trois
études de cas, la réussite ou l’échec
de projets et entreprises rurales.
Cete étude se focalise beaucoup
plus que la précédente, par des
entretens en profondeur, sur les
visions des personnes impliquées dans
la problématque de la terre à partr
de leur expérience professionnelles et
vitale. Dans cete approche, de simples
paysans ont partcipé au même ttre
que des chefs d’entreprises agricoles,
auxquels s’ajoutent, lorsqu’il s’agit de
projets, les responsables et techniciens
de la coopératon internatonale.
L’intérêt partculier de ces recherches
est qu’elles essaient d’établir le rôle de
l’Etat dans les projets et, surtout, de
déterminer si sa partcipaton semble
faciliter la réussite économique et
l’amélioraton des conditons de vie de
leurs partcipants. Les résultats dans
les cas sélectonnés d’interventon de
l’Etat sont mis en contraste avec les
conditons des paysans qui travaillent
pour une entreprise privée, bien que
cete dernière ait été sélectonnée
pour être un des cas les plus prospères
du pays. Il est important que les
Santoméens soient pleinement
conscients des possibilités réelles
de réussir dans l’exploitaton de leur
terre, avec les ressources que le
peuple santoméen a là-même, sous
la main. En efet, il se peut que le fait
d’être au courant d’une réussite puisse
contribuer au prestge dont l’actvité
agraire a tellement besoin, réussite
dans tous les sens, économique, mais
aussi en développement personnel
au travers de la formaton, de la
promoton, du travail en équipe, de
la conscience d’être parte d’un projet
commun, etc.
Les études de cas sont : i) le  «  Projet 
Intégral de Producton, Industrialisaton 
et  Commercialisaton  du  Poivre 
et  de  la  Vanille  », impulsé par la
Coopératon Espagnole et le Ministère
de l’Agriculture, Développement Rural
et Pêche », ii) le « Programme d’Appui 
Partcipatf  de  l’Agriculture  Familiale 
et  de  la  Pêche  Artsanale  (PAPAFPA)  » 
qui est un programme de l’Etat de STP
mené conjointement avec le Fonds
Internatonal de Développement de
l’Agriculture (FIDA) et iii) l’ « Entreprise 
Claudio Corallo » qui est complètement
privée et produit du café, du caco et du
chocolat, tous les trois de qualité haut
de gamme.
Une quatrième parte est consacrée
à l’analyse de comment la fragilité de
l’Etat afecte l’environnement naturel
et l’exploitaton durable des ressources
naturelles. STP est un pays qui est en
train de développer une législaton très
avancée en matère d’environnement
et on trouve un vif intérêt chez les
dirigeants de diférentes sensibilités
politques pour ce sujet. Cependant, il
semble qu’existent de préoccupantes
limitatons pour metre en œuvre les
politques souhaitées. En cete année
de Rapport Mondial de Développement
Humain consacré au changement
climatque, il convient de se pencher
sérieusement sur ce qui est en train de
se faire à STP.
Pour terminer ce chapitre, il a été
décidé d’y inclure quelques notes
sur le document, certainement le
plus travaillé sur la politque de
développement rural, que nous
avons déjà évoqué au début de cete
introducton : «  La  letre  de  Politque 
Agricole  et  Développement  Rural  et 
Pêche : l’Instrument de Planifcaton et 
Geston du Développement Agricole et 
Rural ».
Le cinquième et dernier chapitre,
dirigé par le Dr. Leonel d’Alva, avec la
partcipaton de la Dr. Weszkalnys
2
,
est consacré à réviser et analyser
en profondeur les convergences et
divergences entre les aspiratons des
Santoméens et l’évoluton réelle du
pays.
Ce cas des aspiratons peut être
considéré comme une bonne
métaphore de certains des problèmes
soulignés dans cete introducton sur
les codes ou protocoles culturels et le
développement de STP.
L’Etude Natonale de Perspectve à
Long Terme (NLTPS) est le résultat de
gros eforts réalisés par la coopératon
1 Dra. Weszkalnys est responsable pour la troisième parte de ce chapitre (les études de cas) et Lic. Bonfm pour le reste.
2 La Dr. Weszkalnys est responsable de l’étude des aspiratons menée avec les jeunes santoméens “moyens”
kapport Nanona| sur |e Dóve|oppement numa|n a São 1omó e Þr|nc|pe 2008 22
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internatonale et des leaders
politques, sociaux et économiques.
De nombreuses réunions ont tenté
de clarifer ce que les Santoméens
veulent pour le pays et ont ensuite été
élaborés des documents très détaillés
sur les objectfs souhaitables qui
couvrent tous les domaines possibles.
La partcipaton d’éminents leaders
politques des divers parts représentés
au Parlement pourrait ainsi doter le
pays d’une stratégie prometeuse pour
convertr le pays en ce que l’ensemble
des Santoméens désirent, en théorie,
être.
Cependant, les documents semblent
avoir disparu dès que le projet se
clôture et ses principaux artsans ne
trouvent plus d’intérêt à recourir à
cete orientaton pourtant formulée
avec une bonne dose de dévouement
3
.
Les engagements et volontés recueillis
dans les documents se sont évanouis
et chacun semble penser à nouveau
d’avantage à lui-même qu’à l’avenir du
pays.
Mais il semble évident qu’on ne peut
pas bien appréhender ce que les
Santoméens veulent pour l’avenir de
la terre à STP sans être au courant
de ce qu’on désire pour le pays en
général. Il ne serait pas cohérent que
certaines aspiratons et d’autres fussent
contradictoires.
En outre, il a été considéré comme très
pertnent de savoir dans quelle mesure
se sont modifées les aspiratons au
cours du temps écoulé depuis leur
formulaton ainsi que d’avoir les opinions
des jeunes « moyens » d’aujourd’hui
sur les aspiratons en queston. Et nous
pouvons alors trouver deux scénarios
réellement problématques : celui où
existe une grande distance entre les
ambitons des représentants politques
et sociaux et celles des jeunes ou bien
celui où il n’y a pas de relaton entre
les aspiratons des Santoméens et
l’évoluton du pays. Dans les deux cas,
il serait extraordinairement difcile
de réunir la grande majorité des
Santoméens sur un projet d’avenir
commun. Or, face à de graves divisions
internes, la faisabilité du changement
de situaton de stabilité politque et
sociale qui permete d’accomplir les
objectfs à moyen et long terme est
très faible.
En foncton de l’importance concédée
aux jeunes dans l’avenir de STP
–l’exploitaton de la terre ne pourra pas
avoir lieu si les jeunes d’aujourd’hui
n’en veulent pas et s’ils contnuent à
alimenter l’exode rural- deux études
ont été réalisées avec eux : la première
avec un pett nombre de personnalités
jeunes et la seconde avec des jeunes
qui n’occupent pas de positon de
notoriété.
Le Rapport est complété, en plus
d’une bibliographie, par des tableaux
et notes techniques, et par des annexes
qui peuvent s’avérer très intéressantes
pour avoir une vision plus générale et
personnelle de l’étude réalisée. On
pourra ainsi consulter des modèles
d’enquêtes et quelques entretens en
profondeur.
Enfn, nous souhaitons que le présent
rapport soit lu avec intérêt par les
Santoméens, que son contenu soit
discuté et que l’exploitaton durable de
la terre occupe la place qu’elle mérite,
et qu’elle ofre de bonnes opportunités
d’avenir pour les jeunes.
3 On peut observer des similitudes avec ce qui est arrivé avec d’autres documents importants, comme la Letre de Politque Agricole qui devrait se voir traduite
en politque de développement rural si on considère les eforts énormes invests dans son élaboraton.
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1. Introducton
L’objectf de tout l’efort déployé dans
le passé pour défnir le paradigme de
développement désirable consistait
à garantr que l’être humain puisse
jouir d’une qualité de vie acceptable.
Diférents concepts et indicateurs furent
proposés dans le but de déterminer
quels sont les ingrédients principaux
de ce qui consttue une qualité de
vie acceptable pour les peuples de
quelque société qui soit. Initalement,
le paradigme de développement était
perçu essentellement comme un
processus d’augmentaton de la richesse
matérielle d’une société, comme base à
partr de laquelle ateindre des niveaux
plus élevés de bien-être. Mais, bien
que la croissance économique ait un
potentel d’épanouissement du talent
à concevoir des actons publiques
propres à faciliter le développement
humain, elle n’est qu’un moyen pour
améliorer la vie des personnes et pas
une fn en soi.
Des évidences empiriques ont démontré
qu’il existe plusieurs pays qui ont réussi
à augmenter leurs richesses sans que
pour autant leurs habitants cessent
d’être privés des services de base tels
que l’instructon, la santé, l’eau potable
ou autres. Il a ainsi été démontré que
les augmentatons de richesse ne
produisent pas automatquement des
amélioratons au niveau des conditons
de vie de la populaton et que, par
conséquent, le développement doit
être perçu comme un processus non
seulement d’augmentaton de la rente,
mais aussi comme la satsfacton des
nécessités de base, dont le but est
l’épanouissement des capacités et
optons des personnes et de la société
dans son ensemble, car ce sont bien
les nécessités de base qui permetent
des amélioratons dans le bien être
social.
Dans la conceptualisaton actuelle du
développement humain, les notons
de développement et croissance
économique convergent pour placer
l’homme dans l’épicentre de tous les
eforts de développement. Cela parce
que les personnes sont l’objectf fnal
du développement. Les principes de
base du concept de développement
humain sont ceux qui envisagent le
développement comme un processus
pour élargir l’éventail de choix des
personnes, lesquels choix peuvent être
infnis et fuctuants tout au long de la
vie (UNDP 1995 :11). Par essence, le
fondement pour élargir les choix des
personnes se trouve, selon Amartya
Sen (1989) « … dans les capacités
humaines, c’est-à-dire, la série de
choses que les gens sont capables de
faire ou d’être » opératonnalisées dans
les diverses dimensions humaines,
surtout celles qui apparaissent comme
immédiatement indispensables pour
l’existence de l’individu : l’angoisse
d’avoir une vie longue et en bonne
santé, avoir un standard de vie correct,
avoir accès au savoir et aux ressources
nécessaires pour un standard de vie
décent. Chacune de ces dimensions
humaines est représentée par une
variable spécifque : longévité mesurée
par l’espérance de vie à la naissance,
niveau d’instructon (mesuré par le taux
d’alphabétsaton des adultes et par le
taux de scolarité conjoint du niveau
CHAPITRE 2
Profl de Développement Humain,
Pauvreté de São Tomé e Principe et
Objectfs du Millénaire
primaire, secondaire et supérieur) et
revenu réel per capita mesuré en termes
de parité de pouvoir d’achat (PPA).
Sur la base de ces variables un indice
composite a été formulé, connu sous
le nom de Indice de Développement
Humain (IDH) ; il peut être utlisé dans
chaque pays pour suivre la réalisaton
du niveau de développement humain
dans le temps et il permet également
de placer chaque pays du monde dans
une perspectve globale, en identfant
ceux qui sont les plus avancés et ceux
qui se trouvent en arrière en matère
de développement humain
4
.
Plus tard, l’IDH vint à être complété par
d’autres indices composites: l’indice de
développement humain ajusté au genre
(IDG) et la mesure de partcipaton
ajustée au genre (MPG), introduits
en 1995 pour prendre en compte
les inégalités dans la réalisaton des
capacités de base entre les hommes et
les femmes (IDG) et l’inégalité dans les
opportunités entre hommes et femmes
dans les domaines économiques
et politques (MPG) ; puis l’indice
depauvreté humaine (IPH) introduit
en 1997 pour mesurer les privatons
relatves aux trois dimensions de la
vie humaine considérées essentelles
dans le IDH, à savoir la longévité, la
connaissance et le standard de vie.
Ce chapitre ci explore en profondeur
l’état du développement humain à STP
en cherchant à répondre aux questons
suivantes: Que révèlent les tendances
d’IDH et leurs composantes depuis le
Rapport Natonal 98-2000 ? Qu’en est-
il du développement humain et de la
pauvreté dans le contexte des objectfs
du millénaire (OMD) ? STP ateindra-t-
il les objectfs fxés dans les OMD ?
Le chapitre commence par une
descripton des conditons économiques
dominantes à STP tout au long de la
période 2000- 2007. Suit une évaluaton
du profl de développement humain
depuis la première éditon du Rapport
Natonal de 98-2000, en partculier
autour de ses composantes instructon,
santé et revenu. L’évaluaton est faite
non seulement en termes d’évoluton
au cours de cete période, mais aussi en
foncton de la positon de STP dans le
contexte mondial. La quatrième parte
étend l’analyse antérieure et ajuste la
réalisaton moyenne des dimensions
de IDH aux disparités dans la réalisaton
des hommes et des femmes. Le
profl de la pauvreté est discuté dans
la cinquième parte en insistant sur
la pauvreté dans la perspectve de
privaton des nécessités de base
essentelles. La sixième parte élargit la
discussion antérieure au contexte des
Objectfs du Millénaire (OMD) dans la
perspectve d’évaluaton des progrès
réalisés en directon des buts. Enfn
la septème et dernière parte tre les
conclusions du chapitre.
2. Performance
Economique de STP
STP est un pays agricole qui a hérité
de la période coloniale une économie
basée sur la culture du cacao. En 2001,
elle représentait 30% de l’ensemble
de la producton agricole et 86% des
exportatons. L’informaton disponible
sur l’évoluton des agrégats macro-
économiques laisse penser à une
possible réducton de la pauvreté qui
était estmée à 53,8% en 2001. Des
estmatons des CN de l’Insttut Natonal
de la Statstque de STP indiquent que,
au cours de la période 2001-2007,
l’économie a connu une croissance de
50% en termes accumulés, l’équivalent
d’une croissance annuelle moyenne de
7%. Son PIB estmé en termes réels à
UD$ 220 millions en 2005, soit à peu
près 0.01% de tout le PIB de la région,
en fait l’une des économies les plus
pettes de toute l’Afrique. Cependant
son PIB per capita est de US$ 769
dans la même période, équivalent en
termes réels à 1460 ($PPA
5
), ce qui la
4 Dans les Rapports Mondiaux de Développement Humain, chaque pays du monde est classé dans un des trois groupes: (i) développement humain bas (IDH
entre 0 et 0.500), (ii) développement humain moyen (IDH entre 0.500 et 0.799) et (iii) développement humain élevé ( IDH égal ou supérieur à 0.800).
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met au 22
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rang des pays africains
qui ont partcipé au programme de
comparaison internatonal (PCI-Africa)
cete année là, pour une moyenne
africaine estmée à 2223.0 ($PPA)
S’il est vrai que le comportement
économique a été en général robuste,
il a été encore plus vigoureux dans le
secteur tertaire, lancé par les services
de santé, logement et restauraton
ainsi que les services de transports
et communicatons qui ont eu une
croissance en termes accumulés de
91.7%, 88.3% et 61.1% respectvement,
de 2001 à 2007. Quant au secteur
secondaire qui représente 20% du
PIB, sa contributon à la croissance n’a
pas dépassé les 42% en cinq ans, tel
qu’illustré par le Graphique 1.
Une autre donnée intéressante à noter
est le poids du secteur tertaire dans
l’économie. Selon les estmatons des
comptes natonaux de l’Insttut Natonal
des Statstques, la partcipaton de ce
secteur dans le PIB a évolué depuis
54% en 2001 jusqu’à plus de 60% en
2007, induit par l’augmentaton du
commerce et des services de transport,
surtout dans le secteur informel.
On l’a vu, l’agriculture contribue à
environ 90% des exportatons et
elle occupe 20% de la populaton
économiquement actve. (selon QUIBB
2005). Elle joue donc un rôle important
dans l’économie du pays Cependant,
entre 2001 et 2007, non seulement
c’est le secteur qui a connu le moins
de croissance (moins de 2% par an),
mais encore sa partcipaton au PIB va
en diminuant fortement (Graphique 2),
passant de 13.5% du PIB en 2001 à 8% en
2007. La vulnérabilité et l’irrégularité
de la croissance de l’économie de
STP en général, et de l’agriculture en
partculier, est due fondamentalement
à une forte dépendance d’un nombre
réduit de produits primaires, à la
faible productvité du secteur, à la
fragilité face à des facteurs exogènes
tels que la précipitaton, la fuctuaton
des prix sur le marché internatonal
du principal produit d’exportaton
qu’est le cacao. Par conséquent,
des réformes économiques sont
nécessaires dans ce secteur, moteur de
la producton natonale, ainsi que dans
la diversifcaton des autres secteurs
de l’économie. Les gains pourraient se
faire sentr non seulement en termes
de croissance économique, mais
aussi en termes de créaton d’emploi,
et par conséquent de réducton de la
pauvreté.
Il est également prudent de diversifer
l’économie pour diminuer le risque
inhérent à la dépendance à quelques
rares produits primaires qui, par
nature, sont facilement vulnérables
aux chocs externes qui échappent
au contrôle des autorités natonales
lorsqu’ils se produisent. Une raison
importante pour la diversifcaton de
la producton et de l’exportaton est de
réduire la dépendance économique du
pays exposée à la volatlité émanant
des fuctuatons des prix et de la
producton. En efet, les niveaux de
producton du produit dominant, le
cacao, ont contnuellement baissé,
passant de près de 18.000 tonnes
en 1985 à 1.900 tonnes en 2006, soit
5 Parité de pouvoir d’achat est un taux de change ajusté pour reféter les niveaux des prix internatonaux, ce qui permet que la comparaison entre les pays ne
rende compte que des diférences de volume des biens et services et soit dénuée des distorsions de prix et de taux de changes
une réducton de près de 90% en 20
ans, malgré l’efort fnancier de près
de 50 millions de dollars consent
par l’Etat entre 1987 et 2001 pour la
réhabilitaton du parc de cacao et de
café (STP 2008:8). En 2007, bien que la
valeur des exportatons ait monté, en
termes nominaux, de 10,7%, poussée
par l’augmentaton des exportatons
de cacao résultant de l’augmentaton
du prix de ce produit sur le marché
internatonal, cete augmentaton n’a
pas été sufsante pour compenser
l’augmentaton des importatons
(dominées par les produits alimentaires
et le combustble) qui, dans la même
période, ont cru de 21.8%, ce qui
est venu aggraver la situaton, déjà
défcitaire du compte courant.
Par ailleurs, il faut noter une
certaine divergence entre le tableau
apparemment “favorable” résultant
d’une croissance économique moyenne
de près de 7% par an et le coût de la vie
pour les populatons mesuré avec des
niveaux d’infaton moyenne estmée à
près de 21.5% par an (27.6% en 2007) ;
cela n’a pas été traduit dans les données
globales. En efet, dans un pays où
les biens alimentaires représentent
67.5% du panier de l’indice des prix
au consommateur (IPC), et où près de
80% de la consommaton des biens
alimentaires dépend des importatons,
y compris tous les produits pétroliers,
il faut s’atendre à ce que la hausse
des prix de ces produits sur le marché
internatonal ait des retombées
négatves sur la coût de la vie des
Santoméens.
En outre, bien que les perspectves
d’extracton de pétrole pourraient
donner un nouveau soufe, si les
goulots d’étranglement structurels ne
sont pas réduits, le pays contnuera à
produire au-dessous de ses potentels
sur le moyen et long terme, avec le
danger de voir les conquêtes sociales se
renverser, entraînant une dégradaton
du développement humain du pays.
L’un de ces goulots d’étranglement
identfés dans le Programme d’Actons
Prioritaires (PAP) contenu dans la
Stratégie Natonale de Réducton de
la Pauvreté (SNRP/ENRP) se réfère
aux infrastructures économiques
et sociales. Il est évident que, plus
précaires sont les infrastructures
économiques, plus élevés sont les coûts
opératonnels. La base industrielle est
faible, elle ne génère que 7% du PIB et
ne fournit que 6.5% de l’emploi. La crise
de l’énergie fait apparaître la nécessité
d’infrastructures additonnelles pour
couvrir la demande en énergie. Les
coûts élevés de l’énergie réduisent
la productvité du secteur industriel
réduisant ainsi sa liquidité. Le principe
de base veut que la croissance
économique durable de n’import
quel pays, et donc la prospérité de
ses citoyens, devrait être dans le fond
déterminée par la valeur ajoutée
des secteurs les plus productfs,
comme l’industrie et l’agriculture.
Malheureusement, ce sont les secteurs
qui ont le moins progressé au cours de
ces dernières années à STP.
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3. Que révèle l’Indice de
Développement Humain
de STP?
L’IDH mesure la réalisaton moyenne
d’un pays dans ses capacités humaines
de base. Il indique si les gens ont une
vie longue et en bonne santé, s’ils sont
instruits et jouissent d’un standard de vie
décent. Cete mesure de la réalisaton
moyenne de développement humain,
l’IDH, est exprimée avec une valeur
entre 0 et 1, chifre du maximum de
réalisaton de développement humain.
La méthodologie du calcul de l’IDH est
illustrée en Note Technique 1, annexée
à ce chapitre.
Le tableau 1 présente une évoluton
de l’IDH pour la période 2001-2007.
Le manque de données consistantes
a contraint à limiter les calculs à ces
années là. Cependant, cela ne retre
rien à la valeur de cet indicateur
comme instrument en contnuelle
transformaton, et qui peut être
utlisé pour révéler les progrès et
lacunes dans les stratégies politques
de développement de STP. D’ailleurs,
comme mentonné dans PNUD
(1999iv), le développement humain
est un processus lent et son indice de
développement – de par sa compositon
- est peu enclin à de grandes oscillatons
annuelles.
Les résultats du tableau ci-dessus
concordent avec ceux produits et
publiés dans le Rapport Mondial de
Développement Humain (RMDH) où
le PNUD (2007-2008) classe STP, dans
une perspectve mondiale, dans le
groupe des pays à IDH moyen (0.654)
6
,
le plaçant en 123
ème
positon dans une
liste de 177 pays, au-dessus de pays
tels que l’Uganda (154
ème
), le Kenya
(148
ème
) le Cameroun (144
ème
) et le
Maroc (126
ème
) entre autres, et restant
en arrière de pays tels que la Tunisie
(91
ème
), Cap Vert (102
ème
), l’Egypte
(112
ème
), l’Afrique du Sud (112
ème
)
entre autres, comme illustré dans le
graphique 3.
On pourra mieux comprendre
l’évoluton du développement humain
en analysant de près la situaton et
le comportement des diférentes
dimensions que renferme l’IDH.
(Graphique 4). Au-delà de la valeur
individuelle, les résultats traduisent
un impact des politques sociales dont
le refet est visible dans les indicateurs
qui leur sont associés –longévité
mesurée par l’espérance de vie et
accès à la connaissance mesuré par
le taux d’alphabétsaton et celui de
scolarisaton conjointe – bien que
ces variables soient peu propices à
de grandes oscillatons annuelles. En
efet, l’espérance de vie est passée
de 63,9 ans en 2001 à 66,4 en 2007,
l’équivalent d’une variaton accumulée
de 4,1% qui suggère une progressive,
quoique lente, augmentaton de la
longévité des Santoméens durant cete
période.
L’indice d’instructon a évolué de 15,4%
dans la même période, induit par le taux
brut de scolarité conjointe du primaire,
secondaire et supérieur qui est passé
de 57,7% en 2001/2002 à 88,2% en
2006/2007. Le taux d’analphabétsme
a aussi subi une légère réducton de
2,4% en 6 ans, en passant de 17% en
2001 à environ 15% en 2007.
En considérant maintenant les
composantes de l’IDH
7
dans une
perspectve globale, STP se trouve en
meilleure positon dans presque toutes
ces composantes. Par exemple, STP
dépasse le Botswana et l’Inde, pays
dont le PIB per capita moyen est en
$PPA respectvement 5 fois et 3 fois
supérieur à celui de STP, alors que leur
IDH est pour le Botswana égal à celui
de STP et inférieur de 0,035 pour l’Inde
(Graphique 5). Ceci renforce une fois
encore les arguments selon lesquels
les augmentatons de richesses ne
produisent pas automatquement
des amélioratons dans les conditons
de vie de la populaton et donc
le développement devrait être
considéré comme un processus
non pas d’augmentaton de revenu
seulement, mais aussi de satsfacton
des nécessités de base, dont le but
est l’épanouissement des capacités et
choix des personnes et de la société
dans son ensemble, nécessités de base
qui permetent des amélioratons dans
le bien-être social.
Bien que les résultats révèlent une
tendance positve de l’IDH qui a évolué
de près de 14% en 5 ans, ces chifres
ne traduisent pas un progrès réel
notable pour ce qui est de la réducton
des carences en développement
humain. L’estmaton de ces carences
en développement humain se fait de
la manière suivante : dans un pays, on
observe la distance entre la valeur de
7 Pris du RMDH 2007/2008
Graphique 3: Devéloppement Humain de STP dans une perspetve global,
2005
6 Les diférences entre les estmatons du PNUD et celles présentées dans ce chapitre ne doivent pas être perçues comme méthodologiques, mais plutôt comme
dérivant des sources utlisées. Pour plus de détails sur les diférences, voir PNUD (2003 :190)
Tableau 1: Indice de Développement humain de STP, 2001à 2007
Sources: INE, RSTP. * Valeurs estmées sur la base de la tendance
!"#$%&'(&)*+ ,--.+ ++,--/+ ++,--0+ ++,--12+
!344556+!5+7865+ ! ! ! ! ! ! !!
"#$%&'()*!+*!,-*!.!/'!('-##'()*!!0'((%*#1! 23445! ! 2647! ! 2842! ! 2246!
9':;!+<'/$='>%?-#'?-@(!+*#!'+:/?*#!0A1! 534B! ! 5345! ! 5646! ! 584B!
9':;!C&:?!+*!D)@/'&-?%!E@(F@-(?*!0A1! 8747! ! 7G4H! ! 5247! ! 554I!
JKC!L%*/!!"#$%&!'(&!0MJJE1! BB5343! ! BI3G43! ! B6274H! ! B8B84I!
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l’IDH au cours d’une période donnée par
rapport à la valeur maximum possible
fxée à 1, c’est la distance que le pays
doit parcourir pour réduire ces carences
(PNUD, 1999 :11). Le graphique 6
montre que la réducton des carences
par rapport à la valeur maximum
d’IDH entre 2001 et 2007 fut de 0,07
à peine, valeur apparemment dérisoire
en termes relatfs. Mais, comme déjà
souligné, le développement humain est
un processus lent et l’IDH lui-même est
peu propice –de par sa compositon- à
de grandes oscillatons annuelles.
4. Profl d’inégalité entre
hommes et femmes
dans la réalisaton
des moyennes des
dimensions du
développement
humain
En évaluant seulement la
réalisaton moyenne dans
les trois dimensions de
base du développement
humain, l’IDH cache
les diférences dans le
développement entre
hommes et femmes.
Pour révéler ces
diférences, l’IDG, Indice
de Développement
Humain Ajusté au Genre, introduit en
1995, étudie l’IDH dans l’inégalité de
réalisaton entre hommes et femmes.
L’IDG est lui aussi une mesure
composée qui chifre la réalisaton
moyenne dans les trois dimensions et
les variables captées dans l’indice de
développement humain -une vie longue
et en bonne santé, la connaissance et
un niveau de vie décent- en les ajustant
de façon à reféter les inégalités
entre hommes et femmes. Comme
pour l’IDH, la performance de l’IDG
s’exprime par une valeur entre 0 et 1,
inversement proportonnelle au degré
d’inégalité : plus grande est l’inégalité
de genre dans le développement
humain du pays, moindre est l’IDG
comparatvement à l’IDH. C’est ainsi
qu’un IDG égal à l’unité refète une
réalisaton maximum dans les capacités
de base, avec une parfaite égalité
entre hommes et femmes, sachant
cependant qu’aucun pays n’a encore
ateint cete valeur. Par contre, une
valeur de l’IDG proche de 0 refète un
plus grand fossé entre les réalisatons
de développement des femmes et des
hommes. La méthodologie de calcul
de l’IDG est illustrée dans la Note
Technique II annexée à ce chapitre.
Les résultats montrent bien que la
réalisaton maximum dans les capacités
de base avec une parfaite égalité entre
hommes et femmes consttue encore
un grand déf, d’autant plus qu’il y a des
signes évidents d’approfondissement
du fossé entre IDH et IDG, tel qu’évident
dans le graphique 8 ci-joint. L’inégalité
se fait sentr d’avantage dans le domaine
de l’accès à des services de base tels
que l’instructon. Près de 71% des
chefs de famille sans instructon sont
des femmes contre 28,8% d’hommes.
La perspectve d’éliminaton de
la disparité de genre pour 2015,
dans le contexte des objectfs de
développement du millénaire, est déjà
ateinte pour l’enseignement primaire
du premier cycle, elle est possible pour
l’enseignement primaire du deuxième
cycle, elle est risquée pour le niveau
secondaire et quasiment impossible
pour l’enseignement supérieur et il
resterait encore à faciliter la conquête
du pouvoir aux femmes. Toutefois,
tel que mentonné dans STP (2008), la
signature de la Déclaraton de Beijing
et la ratfcaton de la Conventon pour
l’Eliminaton de Toutes les Formes
de Discriminaton contre la Femme
(CEDAW) par laquelle le pays s’engage
à concéder la priorité absolue à
l’accès des flletes et des femmes à
l’instructon, à l’amélioraton de la
qualité de la formaton qui leur est
imparte et à l’éliminaton de tous les
obstacles à leur partcipaton actve
dans le développement, consttuent
des avancées dans cete directon.
Tableau 2 – Indice de Développement humain ajusté au Genre, 2001-2007
Graphique 7: Ecart entre l’IDH et l’IDG, 2001-2007
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5. Profl de
Développement Humain
et Pauvreté à São Tomé
La pauvreté est un phénomène
universel, avec des dimensions
diférentes dans chaque pays ou région,
et avec des interprétatons diverses de
la part de celui qui tente de l’analyser.
Pour ce faire, les concepts varient entre
les aspects économiques, sociologiques
ou même les perceptons individuelles
sur ce que c’est qu’être pauvre et
quand une personne est réellement
pauvre. Parmi ces approches variées
sur la pauvreté, on retent celle qui
défnit la pauvreté comme un manque
de revenus en espèces ou en nature,
nécessaire pour satsfaire un ensemble
de nécessités alimentaires de base
ou nécessités caloriques minimums
(Chiconela, 2004). Cete approche
est utlitariste dans la mesure où elle
se base sur un niveau de satsfacton
en biens matériels, et elle présuppose
un calcul du seuil de pauvreté basé
sur la mesure de la valeur totale de la
consommaton de biens alimentaires
et non alimentaires selon les standards
de vie des sociétés.
La pauvreté peut aussi être mesurée
comme “une négaton des opportunités
et des nécessités de choix considérées
essentelles au développement
humain, et conditonnant ainsi la
pauvreté humaine » (selon PNUD,
1997: 15). Cete approche met
l’accent sur les privatons relatves
aux trois dimensions essentelles de la
vie humaine considérées dans l’IDH,
à savoir longévité, connaissance et
standard de vie.
La première privaton concerne la
survie, ou vulnérabilité à la mort à un
âge relatvement prématuré, mesurée
par la probabilité à la naissance de ne
pas vivre plus de 40 ans. La seconde
privaton concerne la connaissance,
exclusion du monde de la lecture et
des communicatons, mesurée par le
taux d’analphabétsme des adultes.
La troisième et dernière privaton
concerne le standard de vie adéquat,
manque d’accès à l’approvisionnement
économique global, mesuré par la
moyenne non pondérée de trois
indicateurs : le pourcentage de
populaton sans accès durable à une
source d’eau améliorée, le pourcentage
de populaton sans accès aux services
de santé et le pourcentage d’enfants
avec un poids défcient pour leur âge.
Dans le contexte de la stratégie pour
la réducton de la pauvreté introduite
par la BM et le FMI qui exigent que les
pays en développement établissent
des stratégies claires pour investr les
économies résultant de l’allégement
de la dete dans des stratégies de
réducton de la pauvreté, STP a adopté
en 2002 la Stratégie Natonale de
Réducton de la Pauvreté (SNRP). Le
document identfe les lignes d’actons
prioritaires à diférents niveaux en vue
de la réducton de moité avant 2010 de
la pauvreté absolue qui touche 53.8%
de la populaton en 2001 (37,8% de la
populaton vivant au-delà du seuil de
la pauvreté et 15,1% dans la pauvreté
extrême), et de la réduire à moins de
1/3 pour 2015 (RSTP, 2005)
Dans cete perspectve, le profl de
pauvreté qui permet de caractériser
la nature des pauvres dans le pays,
leur distributon géographique et les
diférents groupes socio-économiques,
date de 2001, elle consttue la seule
source ofcielle d’informaton et
analyse sur la pauvreté à STP. Selon des
estmatons de cete période, bien que
la pauvreté soit à STP un phénomène
qui afecte la majorité de la populaton
(54%), c’est dans les zones rurales où
vit près de 46% de la populaton que la
pauvreté est partculièrement élevée,
considérée autant dans sa facete de
consommaton que dans la perspectve
de pauvreté humaine. Dans sa facete
consommaton, l’étude de 2001 révélait
que près de 65% de la populaton rurale
vivait au-dessous du seuil de pauvreté
et 22% dans la pauvreté extrême.
L’incidence de la pauvreté est plus
forte sur les familles dirigées par des
femmes, le pourcentage ateint alors
55,7%, contre 53% dans les familles
dirigées par des hommes.
Quoique avec moins d’ampleur dans
l’étude et l’analyse, des études plus
récentes menées par l’Insttut Natonal
des Statstques entre Novembre
et Décembre 2005, qui avait utlisé
pour ce faire le Questonnaire Unifé
des Indicateurs de Base du Bien-être
(QUIBB-2005), ont permis d’extraire
des informatons pour chifrer des
indicateurs importants dans l’évaluaton
des Objectfs du Millénaire (OMD). Le
QUIBB 2005 a également fourni une
informaton importante sur le profl
de la pauvreté dans le contexte de la
Stratégie Natonale de Réducton de la
Pauvreté (SNRP) du pays.
La caractérisaton du profl de la
pauvreté étudiée selon les résultats
du QUIBB 2005 (Tableau 3) permet de
trer les conclusions suivantes:
L’accès aux services de base reste encore
limité mais en outre il est diférencié
entre les familles urbaines et rurales
(Graphique 9). Les indicateurs de
l’enseignement primaire révèlent que
83,8% de l’ensemble de la populaton
en âge scolaire ont accès à l’éducaton,
mais ce sont 93% de familles urbaines
et 73,4% de familles rurales. Ce n’est
pas tout, le scénario de l’enseignement
secondaire est encore plus désolant :
50% des familles rurales avec des
jeunes en âge de fréquenter ce niveau
d’enseignement n’y ont pas accès, pour
une moyenne natonale d’environ 70%.
Ces résultats conditonnent les niveaux
de satsfacton qui varient en foncton
des distances que la populaton doit
parcourir pour arriver à l’école la plus
proche de son domicile, également
dans les régions à l’intérieur du pays .
Dans le monde rural par exemple, 24%
de la populaton met de 15 à 29 minutes
en moyenne pour arriver à l’école
primaire la plus proche de son domicile.
Graphique 8: Accès et satsfacton dês services de base par Aires de résidence, 2005
kapport Nanona| sur |e Dóve|oppement numa|n a São 1omó e Þr|nc|pe 2008 34
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Dans le monde urbain, le pourcentage
de populaton qui parcourt la même
distance pour arriver à une école varie
de 22.9% (Agua Grande) à 19.2% (Autre
centre urbain). La situaton est plus
grave dans l’enseignement du lycée
où 30% de la populaton rurale met
en moyenne 60 minutes ou plus pour
arriver au lycée le plus proche. En zone
urbaine, la proporton de populaton
qui tarde 60 minutes et plus varie de
13,2% (Agua Grande) et 32% (Autre
centre urbain).
Mais ce qui est encore plus préoccupant
est l’efcience interne du système
défnie comme la capacité à conduire
les élèves qui entrent en début de
cycle à son terme en un minimum
d’années (RSTP, 2008 :19). On estme
que 1 élève sur 4 de la 1
ère
à la 4
ème

classe échoue. Cete proporton va en
augmentant progressivement à partr
de la 4
ème
classe et ateint les 60% en
9
ème
classe, ce qui signife que, à peu
près, deux élèves sur trois échouent à
ce niveau d’études. Cete situaton se
traduit par un faible degré d’efcacité
dans l’usage des ressources publiques
dans le système, estmé à 37,1% en
2005/2006.
Quant aux services de santé, les
résultats du QUIBB-05 révèlent que
près du ¼ de la populaton ne peut pas
en profter, la zone rurale étant la plus
touchée par cete privaton, puisque
presque 40% de la populaton de cete
aire de résidence est afectée.
Les résultats du QUIBB-2005 révèlent
également que 48,6% de la populaton
santoméenne est consttuée d’individus
de moins de 15 ans et de plus de 65 ans,
ce qui traduit une grande dépendance
vis à vis de la famille.    On estme
que près de 90% de la populaton
dépendent de ceux qui travaillent en
2005. L’analphabétsme est encore un
cauchemar pour une grande couche
de populaton rurale où près de 20%
de la populaton adulte de plus de 15
ans ne sait ni lire ni écrire, les femmes
étant bien plus représentées (19%)
que les hommes (6%). Bien que ces
pourcentages illustrent pourtant les
eforts déployés dernièrement pour
éradiquer l’analphabétsme à STP, il est
important qu’une plus grande atenton
soit portée sur la scolarisaton des
femmes. Les gains pourraient se faire
sentr non seulement dans le domaine
des optons de vie pour les femmes,
mais aussi dans l’augmentaton du
revenu familial, la réducton des taux
de fécondité et des taux de mortalité
infantle et maternelle.
Les femmes sont également
discriminées sur le marché de l’emploi.
Selon l’INE (2006), 23,5% des femmes
en âge de travailler sont au chômage
contre 11% d’hommes. On estme que
pour 100 femmes employées, il y a 184
hommes, donc un rapport de presque
une femme sur 2 hommes. L’accès à
l’eau potable est encore refusé pour la
majeure parte de la populaton, avec
de grandes disparités entre les milieux
rural et urbain. Selon STP (2008 :41), le
taux d’accès à l’eau potable en milieu
rural ou semi-urbain est passé de 6,4%
en 2001 à 12,6% en 2006, alors qu’en
milieu urbain, cete couverture est
passée de 29% en 2001 à 57% en 2006,
ce qui signife qu’une grande parte de
la populaton utlise encore de l’eau
non potable et est ainsi plus exposée à
des maladies comme le choléra.
Indice de Pauvreté Humaine   
L’Indice de Pauvreté Humaine (IPH-1),
introduit en 1997, consttue une
manière alternatve de mesurer la
pauvreté dans la perspectve de la
privaton humaine. Bien que cete
approche incorpore d’une certaine
manière l’aspect de la pauvreté lié à la
consommaton et au revenu, elle va au-
delà et considère la pauvreté dans un
sens plus large, de même que le concept
de développement humain incorpore
des dimensions de la pauvreté que les
mesures d’incidence de consommaton
et revenu ne captent pas. L’IPH-1 est
ainsi une mesure multdimensionnelle
de la pauvreté qui envisage d’abord
le développement humain dans une
perspectve de privaton des nécessités
de base essentels à la vie des
personnes et sert ensuite pour évaluer
comment sont distribués les bénéfces
du développement humain –mesurés
par la réalisaton moyenne représentée
par l’IDH-. En termes méthodologiques,
l’IPH-1 suit scrupuleusement la
méthodologie du PNUD (voir Note
Technique III), ce qui permet de placer
STP dans une perspectve mondiale.
Bien que les résultats ne soient pas
directement comparables à ceux
fournis par une approche du bien-être
économique, ils alimentent l’espérance
de la victoire dans la bataille contre la
pauvreté, surtout si l’économie obéit
à l’élan de la perspectve d’extracton
de pétrole et que la redistributon
des richesses en découlant favorise
les pauvres. On estme en efet que
près de 14,4% de la populaton de
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Tableau 3- Indicateurs de Base du Bien-être – STP, 2005
Source: INE – Questonnaire des Indicateurs de Base du bien-être (QUIBB-2005), São Tomé e Príncipe
Rapport Natonal sur le Développement Humain a São Tomé e Príncipe 2008 36
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STP est encore privée des besoins les
plus élémentaires et de la possibilité
des choix nécessaires pour que tous
ces gens puissent jouir d’une vie
longue et en bonne santé, acquérir
les connaissances et avoir accès aux
ressources nécessaires pour ateindre
un standard de vie décente. Cete
valeur représente un gain de près de 9
points pour cent par rapport à l’année
2001, lorsque le IPH-1 était estmé
à 23%, soit une réducton moyenne
annuelle de 1,7%.
Méthodologiquement, ces résultats
concordent avec ceux publiés dans le
RMDH par le PNUD (2007/2008), lequel
classe STP dans le groupe des pays à
IPH-1 moyen (39
ème
), à côté du Maroc
(38ème), de l’Afrique du Sud (55ème),
de l’Egypte (48ème), donc au-dessus
de pays dont l’économie est plus forte.
La comparaison avec l’IDH montre que
STP est mieux placé dans l’IPH, ce qui
signife que le développement humain
de STP est mieux distribué, que c’est un
développement pro-pauvre.
Si on compare l’IPH de 2001 avec le
profl de pauvreté estmé à la même
date (Graphique 10), on remarque que
la pauvreté humaine est relatvement
moindre. Quoiqu’il soit nécessaire
d’approfondir la signifcaton de cete
diférence, on peut supposer que
l’incidence de la pauvreté abordée
selon le bien-être économique est plus
forte, ce qui renforce les arguments
selon lesquels les augmentatons
de la richesse ne produisent pas
automatquement d’amélioratons
dans les nécessités de base considérées
essentelles pour un standard de vie
digne.
6. Développement
Humain et ODM:
STP ateindra-t-il les
objectfs?
Au début des années 90, diverses
conférences mondiales de l’ONU
tracèrent les objectfs et buts
mondiaux de développements. En
septembre 2000, 147 chefs d’Etat et de
Gouvernements des 191 Etats-Membres
adoptèrent la Déclaraton du Millénaire
qui souligne leur « responsabilité
collectve pour soutenir les principes
de dignité humaine, équité et égalité au
niveau mondial » (PNUD, 2002). Parmi
les divers objectfs contenus dans la
déclaraton, certains sont spécifques
et sont regroupés, consolidés et
quantfés, dans un unique document
sous la désignaton d’Objectfs de
Développement du Millénaire (ODM),
ce sont :
Réduire de moité la pauvreté 1.
extrême et la faim
Garantr l’instructon primaire 2.
universelle
Eliminer les disparités de genre 3.
Réduire la mortalité infantle 4.
Améliorer la santé maternelle 5.
Combate le VIH/Sida, la malaria 6.
et d’autres maladies
Assurer la durabilité 7.
environnementale
Développer un partenariat 8.
mondial pour le
développement
Pour chacun de ces objectfs des buts
chifrés furent défnis et les indicateurs
appropriés sélectonnés en sorte que
les progrès puissent être suivis jusqu’en
2015. Il est de la responsabilité
des Gouvernements de procéder
régulièrement au suivi des progrès
réalisés. La queston posée maintenant
est : Quelles sont les perspectves
de STP d’ateindre ces buts en 2015
(2005 pour l’égalité de genre dans
l’instructon) ?
Selon le Rapport Mondial du
Développement Humain (PNUD,
2004), le progrès vers chaque objectf
est évalué en comparant le progrès
annuel actuel, en supposant que les
tendances courantes se maintendront
jusqu’en 2015, avec le progrès annuel
nécessaire pour ateindre le but, en
admetant l’hypothèse de progrès
linéaire. La méthodologie de calcul du
progrès actuel et du progrès annuel
nécessaire pour ateindre les buts est
illustrée dans la Note Technique IV
annexée au présent chapitre.
Le Tableau 5 représente les progrès
les plus saillants en directon de la
réalisaton des OMD ; ces objectfs sont
classifés, en partant des informatons
disponibles, en trois catégories : (i)
Ateint –dans le cas où le pays a ateint
l’objectf, (ii) En cours – si le taux de
croissance de l’indicateur est égal
ou supérieur au taux de croissance
nécessaire pour ateindre le but,
(iii) Lent ou réversible – si le taux de
croissance de l’indicateur est inférieur
au taux de croissance nécessaire pour
ateindre le but en 2015.
Les résultats montrent les progrès
réalisés jusqu’à maintenant et les
perspectves d’ateindre les buts fxés
dans le cadre du tableau internatonal
du développement et de la stratégie
natonale de réducton de la pauvreté
à STP. Deux déductons peuvent être
trées de ce tableau. La première est
positve et indique que STP est en
train de faire des progrès notables
vers les buts visés. Le taux de progrès
actuel est, dans la majeure parte
des indicateurs, supérieur au taux de
progrès requis pour ateindre le but, en
supposant que les tendances courantes
se maintendront jusqu’en 2015. On
relève : (i) l’égalité de genre dans
l’instructon (pratquement ateinte
dans l’enseignement primaire), (ii) la
prévalence de poids trop bas chez les
Tableau 4: Indice de Pauvretá Humaine de STP, 2001et 2005
Source: INE: RNDH_STP2002; RGPH-2001 e QUIBB-2005
ÞrlvaLlon de condlLlons de vle
correcLes
ÞopulaLlon
sans acces a
Þerlode
1

lndlce de
ÞauvreLe
Pumalne
ÞrlvaLlon de
survle:
ÞourcenLage
de personnes
qul ne
depasseronL
pas les 40 ans
ÞrlvaLlon de
connalssances:
personnes
adulLes
analphabeLes
(°)
Compose de
prlvaLlon
d'un
sLandard de
vle correcL
(°)
Água
poLável °
LnfanLs de molns
de 3 ans a polds
deflclenL,
moderemenL s °
lÞP-1 Þ1 Þ2 Þ3 Þ3.1 Þ3.3
1 2 3 4 3 6 8

2001 23.1 10.00 30.0 20.6 26.1 13.1
2003 14.4 13.10 13.6 12.2 11.3 13.0

Graphique 9: Comparaison entre la Pauvreté
monétaire e non monétaire, 2001
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enfants de moins de 5 ans, (iii) le taux
de mortalité infantle, (iv) le taux de
mortalité des enfants de moins de 5 ans,
(v) le taux de mortalité maternelle, (vi)
la populaton avec accès durable à une
source d’eau traitée, (vii) l’incidence des
taux de mortalité associés à la malaria,
(viii) le taux liquide de scolarisaton
dans l’enseignement primaire, et
(ix)le taux d’alphabétsaton dans la
tranche d’âge 15-24 ans, avec des
efets potentellement multplicateurs
puisque les résultats en instructon
peuvent renforcer la possibilité
d’accélérer le progrès vers d’autres
objectfs.
Si nous considérons que le paludisme
fut, dans un passé récent, l’une des
principales causes de mortalité chez
les enfants de moins de 5 ans, la
perspectve d’éradicaton totale de
cete maladie a consttué une des
grandes conquêtes des Santoméens et
elle représente les eforts qui ont été et
qui sont encore déployés dans la lute
contre cete maladie dans le contexte
du Programme Natonal de Lute contre
le Paludisme. En efet, la mortalité
par paludisme des femmes enceintes,
en milieu hospitalier, a accusé une
réducton de près de 79% en 2 ans à
peine, passant de 70 cas en 2005 à 15
en 2006. Durant la même période, la
mortalité des moins de 5 ans a accusé
une réducton de près de 68%. Divers
facteurs ont concouru à ce succès :
l’adopton de mesures intégrées
dans la lute contre le paludisme,
le renforcement de la capacité
insttutonnelle du PNLP, surtout en
ce qui concerne le développement
des ressources humaines et le
renforcement de la capacité à la
surveillance épidémiologique,
supervision et évaluaton, ainsi que le
rôle des partenaires, aussi bien dans
la formulaton du PNLP que dans les
plans d’acton successifs et leur mise
en œuvre. Garantr ces conquêtes
consttue encore maintenant le grand
déf pour tous les Santoméens.
La seconde implicaton s’observe
du côté négatf; ateindre certains
objectfs en 2015 sera un énorme déf
pour la société santoméenne dans les
domaines suivants : (i) incidence de la
pauvreté, (ii) proporton de sièges du
parlement natonal occupés par des
femmes et (iii) proporton de populaton
avec accès durable à l’eau et au réseau
d’assainissement amélioré.
Il faut retenir que, même si le fait
d’ateindre l’égalité de genre, en
partculier dans le domaine de
l’autonomisaton de la femme,
conditonne la réussite ou non de
l’objectf, au cours des 15 dernières
années, la partcipaton des femmes
députés est allée en diminuant et
la prédominance masculine est très
forte dans l’exécutf (voir graphique
11) malgré tous les eforts législatfs
pour corriger cela. On peut relever
la créaton de l’Insttut Natonal pour
l’Egalité et l’Equité entre les Genres,
l’approbaton de la Stratégie Natonale
pour l’Egalité et l’Equité entre les
Genres, de même que la ratfcaton
de la Conventon pour l’Eliminaton de
toutes les formes de Discriminaton
contre la Femme (CEDAWE), par
laquelle le Gouvernement s’engage à
accorder la priorité absolue à l’accès
des flles et des femmes à l’instructon,
l’amélioraton de la qualité de la
formaton qui leur est dispensée et
l’éliminaton de tous les obstacles
Graphique 10: Partcipaton de la Femme au
Pouvoir Législatf et Exécutf, 2006
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à leur partcipaton actve dans le
développement de STP (2008).
Mais plus inquiétante encore est
l’augmentaton de la séroprévalence
des femmes enceintes qui est passée de
0,1% en 2001 à 1,5% en 2005, soit 1,4
point de plus, mais aussi multpliée par
15 en 5 ans. Bien que la classifcaton
du PNUD prévoie un progrès modéré
(2003 :349), ce multplicateur est très
inquiétant puisqu’il montre que, au
lieu d’être contenue ou renversée,
la tendance de l’épidémie est à
l’expansion à un rythme accéléré. A
moins que des eforts et des ressources
exceptonnelles soient invests dans
les méthodes de préventon pour
contenir les taux de prévalence de
VIH/Sida chez les femmes, le pays ne
pourra pas ateindre l’objectf fxé dans
les OMD. La connaissance du mode
de transmission du VIH/Sida et des
stratégies de préventon consttue une
conditon décisive de la réducton du
taux d’infecton de cete pandémie. En
revanche, les gains pourraient se faire
sentr, non seulement en termes de
réducton des coûts sociaux –réducton
du nombre d’orphelins et personnes
vulnérables, coûts économiques
défalqués des faibles ressources des
familles pour venir en aide à leurs
malades-, mais aussi en investssement
de ces ressources vers l’instructon et
d’autres services de base.
Non moins importante que
l’augmentaton de la séroprévalence est
l’objectf 7 des OMD, assurer la durabilité
environnementale, opératonnalisée
par trois indicateurs essentels et
indissolubles qui consttuent à la fois
la cause et l’efet d’une geston durable
des ressources naturelles, à savoir,
l’eau, l’assainissement et l’hygiène.
Bien que la perspectve de réduire
de moité pour 2015 la proporton de
populaton sans accès durable à une
fontaine d’eau potable soit fondée pour
le milieu urbain qui est passé de 29%
en 2001 à 57,2% en 2006, le risque est
réel de ne pas y arriver dans le milieu
rural et de ne pas pouvoir doter tous
les Santoméens d’un accès durable
à un assainissement amélioré, ce qui
peut metre en cause tous les gains
dans les ODM restants. Le rapport
entre environnement et autres OMD
(Caisse 1) se trouve mieux systématsé
dans le PNUD (2003 :125).
Caixa 1 !"#$%&'(!#)*+#!,-./#)*#!#!012!
34 5++%6/7%+!%!8(.+#9%!%.:($;*%!#!%!<(-#!
A subslsLôncla e a segurança allmenLar das pessoas pobres
dependem mulLas vezes de bens e servlços assenLes no uso
dos ecosslsLemas. As pessoas que são pobres Lendem a Ler
dlrelLos e capacldades lnseguros no usufruLo dos recursos
amblenLals e acesso lnadequado aos mercados, aos cenLros
de Lomada de declsão e a lnformação amblenLal.
=4 ,$7%)&%+!(!#):/)(!8+/->+/(!;)/?#+:%$!
C Lempo gasLo a recolher água e lenha reduz o Lempo
dlsponlvel para a escola sobreLudo para as mulheres e
raparlgas que são sobrecarregadas com a recolha de água e
de combusLlvel,
!" #$%&%'($) *) +,-*./*/() /() ,01($%) () /*$) 2%/($) 34)
&-.5($(4)
Como consequôncla do exposLo em (2), o Lempo e as
oporLunldades de educação, alfabeLlzação e acLlvldades
geradoras de rendlmenLos flca reduzldo,
@4 "#6;9/+!%!-(+*%$/6%6#!6#!7+/%)&%:!
As doenças dlarrelcas llgadas a água su[a e o saneamenLo
lnadequado, e as lnfecções resplraLórlas relaclonadas com a
polulção, esLão enLre as prlnclpals causas de morLe de
crlanças com menos de clnco anos,
A4 2#$B(+%+!%!:%C6#!-%*#+)%!
lnalar ar poluldo em reclnLos fechados e LransporLar
pesadas cargas de água e lenha pre[udlca a saude das
mulheres e pode Lorná-las menos apLas a procrlar, com
malores rlscos de compllcações duranLe a gravldez,
D4 E(-.%*#+!(!FGHIJG1,K!%!2%$>+/%!#!(;*+%:!6(#)&%:!
ALe 20° do fardo de doenças dos palses em vlas de
desenvolvlmenLo pode ser aLrlbuldo a facLores de rlsco
amblenLals (como no caso da malárla e das lnfecções
paraslLárlas). Medldas prevenLlvas para reduzlr esses rlscos
são Lão lmporLanLes como o LraLamenLo,
L4 M+(-(?#+! ;-%! 8%+7#+/%! -;)6/%$! 8%+%! (!
6#:#)?($?/-#)*(!
MulLos problemas amblenLals mundlals (Lals como,
mudança cllmáLlca, perda de dlversldade de especles,
esgoLamenLo das pescas mundlals) só podem ser resolvldos
aLraves de parcerlas enLre palses rlcos e pobres.

Ateindre l’objectf de garantr la
durabilité de l’environnement est
donc une conditon sine qua non
pour réussir les autres OMD et pour
un développement humain durable.
D’ailleurs comme disait l’ancienne
Première Ministre de Norvège, Gro
Harlen Bruntland dans WCED (1987), on
peut défnir le développement humain
comme étant « le développement
qui comble les besoins du présent
sans comprometre l’apttude des
génératons futures à combler leurs
propres besoins »
8
.
Dans la poursuite de cet objectf,
aussi bien que dans le contexte de la
SNRP, un cadre légal adéquat a été
mis en place pour cete matère (Loi
de base de l’environnement, Loi de
conservaton de la faune, la fore et
les espaces protégés, loi sur la forêt,
entre autres dispositfs légaux), le pays
a également ratfé quelques unes des
conventons internatonales (comme la
Conventon sur la Diversité Biologique,
sur les Changements Climatques, sur
le combat vers la diversifcaton) et il
a adhéré à quelques Conventons sur
l’environnement, mais tous ses eforts
ne se sont pas encore faits sentr, à cause
du manque de mécanismes efcaces
de concertaton et coordinaton entre
les divers acteurs.
7. Conclusions
Dans ce chapitre nous avons analysé
le profl de développement humain
et de la pauvreté à STP au cours de la
période 2001-2007, en nous référant
aux indicateurs suivants : indice
de développement humain (IDH),
incidence de la pauvreté mesurée
dans la perspectve monétaire autant
que dans la perspectve de privaton
des dimensions de base, ainsi que
le développement humain dans le
contexte des objectfs du millénaire.
Voici les conclusions que nous avons
trées de cete analyse:
Bien que le développement •
humain de STP soit en train
d’évoluer lentement, il n’a
pas pour le moins régressé,
malgré le cadre économique
apparemment « défavorable »,
ce qui traduit des avancées dans
la bonne directon. Plutôt que
des valeurs individuelles, les
résultats traduisent l’impact de
politques sociales dont le refet
est visible dans des indicateurs
associés, ce qui fait que le
niveau de développement
humain de STP se situe dans
le groupe de pays qualifé
de pays à développement
humain moyen, au-dessus de
pays à grande économie, ce
qui confrme les arguments
selon lesquels les croissances
dans la richesse ne produisent
pas automatquement
des amélioratons dans
les conditons de vie de la
populaton.
Ces résultats montrent que •
la réalisaton maximale dans
les capacités de base avec
une parfaite égalité entre
les hommes et les femmes
consttue encore un grand
déf, dans la mesure où on
perçoit des signes évidents
d’agrandissement du fossé dans
la réalisaton entre les hommes
et les femmes. L’inégalité se fait
sentr surtout dans l’instructon
et, même si la perspectve
d’éliminer la disparité de genre
pour 2015 dans le contexte des
OMD soit déjà ateinte pour
l’enseignement primaire du
premier cycle, elle consttue
encore un déf pour la société
santoméenne pour le niveau
secondaire et supérieur du
cursus scolaire et surtout dans
la faculté de conquête du
pouvoir de la part des femmes.
8 htp://en.wikipedia.org/wiki/Our_common_Future
Rapport Natonal sur le Développement Humain a São Tomé e Príncipe 2008 42
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Du point de vue de la pauvreté •
mesurée dans une perspectve
de privaton des nécessités
de base, les avancées sont
évidentes, mais restent encore
de grandes disparités dans
l’accès aux services de base
entre les familles urbaines
et rurales et aussi entre les
hommes et les femmes, ce
qui hypothèque le degré de
satsfacton. Ce constat suscite
un grand déf pour les politques
publiques de développement
humain à STP, surtout en ce qui
concerne l’accès à l’instructon,
car ce service de base est
très important en tant que
catalyseur de progrès et de
bien-être de la société.
Dans le chapitre où IDH et •
IPH sont comparés, il ressort
que STP est mieux placé au
niveau mondial avec l’IPH que
avec l’IDH, ce qui signife que
le développement humain à
STP est mieux distribué, que le
développement humain est pro
pauvres.
Dans l’évaluaton du progrès •
de développement humain
au regard des objectfs du
millénaire, il a été noté dans
ce chapitre que STP est en
train de réaliser des progrès
remarquables vers les buts.
Dans l’hypothèse de progrès
linéaire suivant les tendances
actuelles, dix des 14 indicateurs
évalués dans ce chapitre
présentent des taux de progrès
annuel supérieurs aux taux de
progrès annuel requis pour
ateindre les buts en 2015. Mais
il reste de grands défs à relever
dans le combat contre le VIH/
Sida, dans l’égalité de genre,
surtout en termes de faculté à
conquérir le pouvoir de la part
de la femme. L’évidence de
l’expansion de l’épidémie de
VIH/Sida dans le pays à rythme
accéléré saute aux yeux, mais
elle est compensable si des
eforts et ressources étaient
invests dans la préventon, de
façon à contenir les taux de
prévalence du VIH/Sida chez les
femmes.
Un autre grand déf sera •
d’ateindre l’objectf de garantr
la durabilité de l’environnement,
surtout à cause de sa relaton
avec les autres OMD et pour
un développement humain
durable.
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Rapport Natonal sur le Développement Humain a São Tomé e Príncipe 2008 44
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1. L’usage de la terre et
des autres ressources
naturelles à São Tomé e
Principe
1.1 Les premiers siècles
de la colonisaton:
l’exploitaton de la terre et
des hommes.
L’île de S. Tomé fut cédée en 1845 à un
gentlhomme de la Maison Royale du
Portugal, João de Paiva, avec la charge
de la peupler et de la développer
par l’exploitaton de la terre. Celui-
ci échoua dans ses tentatves et l’île
fut à nouveau concédée, en 1493,
à un autre gentlhomme, Alvaro de
Caminha qui, lui, démarre vraiment le
processus de colonisaton de l’île de
São Tomé. Ce processus exigeait de
mener à bien le défrichage des forêts
et l’introducton d’une culture riche,
qui ait des marchés pour l’absorber.
A l’époque, cete culture est la canne
à sucre. La producton sucrière fut
ainsi le principal mobile du processus
d’occupaton et exploitaton de l’île de
S. Tomé, aux tout débuts du XVI s., de
même que le cacao serait le facteur
provoquant les grandes altératons
qui auront lieu à partr de la seconde
moité du XIX s.
Au début de la colonisaton de S. Tomé,
avec Alvaro de Caminha, arrivèrent
quelques agents de la couronne, ainsi
que des commerçants, des bannis et
les documents mentonnent près de
2000 enfants juifs arrachés de force à
leurs parents par les rois catholiques
d’Espagne pour qu’ils soient évangélisés
selon les rites catholiques. Cependant,
cete populaton déplacée d’Europe
pour coloniser l’île n’était qu’une
parte de la soluton du problème. S.
Tomé manquait d’une énorme force
de travail qui pouvait seulement
provenir des zones les plus proches du
contnent africain. C’est ainsi que des
permis et letres royales furent passés,
permetant aux colons de négocier des
esclaves sur la côte voisine et de peupler
ainsi les îles. Dans le but de garantr
le développement du processus de
colonisaton, immédiatement, furent
implantées deux formes d’exploitaton
économique :
1) Un type d’économie à grand revenu,
reposant sur le trafc d’esclaves et,
surtout, sur la producton de sucre. Dès
le début, le trafc se faisait entre le Congo
et S. Jorge de Mina , à travers S. Tomé
e Principe et, postérieurement, avec
le contnent américain. La plantaton
de canne commence sans doute à être
mise en place dès les dernières années
du XV s., et on en faisait du sucre ainsi
que de la mélasse ;
2) Pour ateindre le niveau visé
d’autosufsance alimentaire de
la populaton on s’orienta vers
l’introducton et l’utlisaton de
nombreuses plantes alimentaires.
Parmi celles qui avaient une signifcaton
commerciale dans l’approvisionnement
des navires et l’alimentaton de la
populaton, on comptait : la canne
CHAPITRE 3
Nature versus Culture: Les ressources
naturelles décident-elles l’avenir
de STP ou est-ce que ce sont les
Santoméens qui font ce choix?
saccharine, le riz, le maïs, l’igname, la
banane, les fruits des palmiers et les
agrumes ; le riz est exporté à raison
de deux bateaux par an en moyenne,
soit à partr de Principe, soit à partr
de S. Tomé, l’huile était utlisée dans
l’alimentaton des esclaves et vendue
aux bateaux négriers. On en faisait
du savon qui était ensuite exporté
en grandes quanttés pour la Côte de
Mina et pour le Brésil. Le coton, dont
la producton ateignait, à S. Tomé, près
de 1000 quintaux en 1607, est signalé
dès la fn du XVI s. comme produit
d’exportaton. Il était utlisé dans la
flature et on en faisait des artcles
d’usage domestque.
Le produit le plus important fut,
sans nul doute, la canne saccharine.
Introduite, probablement, avec les
premiers habitants, dès la fn du XV s.,
les préparatfs pour la constructon des
premières unités de transformaton
démarrent aussitôt. Car, l’existence
d’usines en fonctonnement est signalée
à partr de 1517, et déjà en 1522 on en
compte six, qui, cete année là, auront
produit 5.852 arrobes
9
. L’île de S.
Tomé devint au cours du XVI s. un des
plus grands producteurs mondiaux de
sucre et à la moité du XVI s., l’existence
d’environ 360 moulins à sucre mus par
l’eau est signalée, avec une producton
d’environ 450.000 arrobes. Il faut
noter que cete énorme producton
de sucre fut rendue possible grâce à
plusieurs milliers d’esclaves qui furent
introduits au long des années en vagues
successives, pour substtuer ceux qui
mourraient ou étaient exportés vers
d’autres parages, étant donné que S.
Tomé s’était aussi transformé en un
des plus gros entrepôts d’esclaves pour
le Nouveau Contnent.
1.2 L’agriculture de
subsistance et le trafc
d’esclaves au XVIIIs.
L’importance de la producton sucrière
diminuant considérablement au cours
du XVII s., l’économie des îles de S. Tomé
e Principe se basera, pendant le siècle
suivant, essentellement sur le trafc
d’esclaves. En réalité, ce trafc fut le
support principal de l’économie de STP,
et toutes les structures de la société
en dépendaient. C’était le commerce
d’esclaves qui propulsait la pette
agriculture en fournissant les denrées
alimentaires des bateaux de trafc, elle
qui permetait le troc avec des produits
en provenance d’Europe, Afrique et
Amérique, elle qui fournissait des
dividendes économiques et fnanciers
aux habitants et à l’administraton
royale.
Sans esclave, il n’y aurait pas eu de
producton de diverses denrées agricoles
qui garantssaient la subsistance de STP
et dont les excédents donnaient lieu à
la commercialisaton avec les nombreux
navires qui cabotaient dans les parages.
Sans esclave, le troc avec des produits
d’autres contnents qui permetaient aux
habitants d’obtenir des marchandises
essentelles n’aurait pas été possible.
Sans esclave, l’administraton royale
n’aurait pas touché les droits et
dixièmes nécessaires au mainten des
insttutons de la colonie.
Dépendant donc directement du trafc,
l’agriculture ne se développe qu’au
niveau des besoins de ce commerce.
L’industrie ne se justfait pas, soit en
raison de l’exigüité du marché interne,
soit en raison du genre de besoins
des partenaires commerciaux de STP,
avec cependant deux exceptons peu
signifcatves: la producton d’eau de
vie de canne et la fabrique de savon
d’huile de palme. Malgré l’inactvité
de la plupart des moulins à sucre
d’antan, pendant les années 30 du
XVIII s., quelques uns étaient encore
en marche. Leur dispariton croissante
tout au long du XVIII s. va cependant
donner lieu à une utlisaton résiduelle
pour la fabrique d’eau de vie destnée
au commerce local et à l’exportaton
vers la côte africaine et plus du tout
9 Mesure espagnole de poids valant ordinairement 12,780 kg
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pour la producton de sucre.
Malgré ses potentels naturels, STP
ne connaîtra pas de développement
agricole notable au cours du XVIII s.
Le principal support de l’économie
contnuait d’être le trafc d’esclaves,
tandis que l’agriculture jouait un rôle
simplement subsidiaire, quoiqu’on
doive admetre, d’un point de vue
non strictement mercantle, que l’efet
de l’agriculture dans la subsistance
alimentaire de la populaton ait été
notable. Tous les produits de base de
l’alimentaton, de la populaton libre
autant que des esclaves, dérivaient de
l’agriculture. D’autre part, l’excédent
de producton, très abondant, vu les
capacités de consommaton locale, était
commercialisé. Les navires portugais
qui débarquaient les esclaves dans les
ports de STP et y restaient plusieurs
jours pour accomplir les formalités
douanières et se réapprovisionner,
aussi bien que les navires étrangers,
étaient à la recherche de produits frais
et des bonnes eaux de ces îles.
Bien que ces conditons furent réunies,
au cours du XVIII s., l’agriculture entra
en décadence, pour le moins en ce
qui concerne les produits les plus
recherchés de l’époque, encore les
épices et déjà pour lors, le café. Tout
indique que cela puisse s’expliquer par
deux ordres de raison. De nature interne
les unes, découlant de la mentalité de
certains de ses habitants, forros
10
aussi
bien qu’afranchis postérieurement,
auxquels, en leur qualité d’ofciers, il
semblait de mauvais goût de cultver
la terre ou même d’assister à ce travail.
En réalité, l’état de désorganisaton
insttutonnelle et administratve de
la colonie était tel que la vente au
rabais de charges publiques devenait
normale. En outre, le vice du commerce
et de la contrebande avec les étrangers
et les trafquants du Brésil qui s’était
répandu entre temps au sein de la
populaton, menait, à la fn du siècle,
de nombreux planteurs à préférer le
commerce à l’agriculture et c’est ainsi
qu’ils perdirent leurs esclaves au terme
de trocs désavantageux.
Prenant en considératon les possibilités
de développement agricole de STP,
la couronne portugaise tente, avec
plus d’insistance à partr de 1770, de
stmuler la producton. Elle promet de
réactver le commerce avec l’Europe
et charge le capitaine en chef, Vicente
Gomes Pereira, de dresser un inventaire
détaillé des productons agricoles. La
même année, elle envoie plusieurs
bannis de diverses professions et
recommande au Gouverneur que des
terres leur soient distribuées pour les
cultver. A cete occasion, commence
également à surgir l’intérêt scientfque
pour les productons de STP qui trouve
dans le Père Cipriano Lobato Mendes,
habitant de S. Tomé, un authentque
enthousiaste. En réponse à une de ses
letres, le botaniste Domingos Vandelli
disait que rien de mauvais saurait lui
arriver et qu’il devait se consacrer
à mener ses utles expériences et
découvertes efectuées dans le
domaine des teintures et autres
produits naturels. Et il lui demandait de
lui envoyer des échantllons de sables,
pierres, minerais, sels, gommes, résines,
baumes ainsi que des plantes vivaces,
semences de toutes les espèces, fruits,
papillons et autres insectes, serpents,
coquillages, etc. pour qu’il puisse les
étudier.
Ce ne fut pas sans oppositon que
certaines mesures furent prises au
bénéfce de l’agriculture extensive.
L’introducton du café rencontra
des opposants qualifés, tels que le
gouverneur João Rozendo Tavares
Leote en personne qui, à la fn du XVIII
s., prétendait que la rentabilité du café
n’apparaissait qu’à très long terme.
Malgré tout cela, la couronne insistait
pour recommander la promoton
de l’agriculture, et spécialement
des cultures comme la cannelle,
l’indigoter, le café, le coton, le poivre
et le riz de façon à pouvoir rétablir un
lucratf commerce d’exportaton pour
le royaume.
Parmi les productons agricoles de STP
au XVIII s., il faut distnguer les cultures
vivrières destnées à la subsistance de
la populaton et à l’approvisionnement
des navires négriers, des cultures de
rente progressivement introduites.
La producton alimentaire reposait
essentellement sur la farine de manioc,
la banane, l’igname, le riz, le maïs, le
haricot, les courges, les citriques et les
huiles de palme et de coco. Il semble
que la farine de manioc ait été une
denrée amplement utlisée au cours des
premiers siècles de colonisaton, si bien
que les îles devinrent un fournisseur
important de la Côte de Mina et
parfois de l’Angola. Selon les écrits de
l’observateur Lucas Pereira de Araujo
e Azevedo, pendant les premières
décennies du XVIII s., on produisait
tellement de manioc qu’une grande
parte se perdait. Elle était consommée
sèche, comme en Amérique, ou cuite
sous forme de « canudo ou felipote ».
Aux ¾ du siècle, on produisait encore 6
à 7000 boisseaux de farine de manioc.
A propos de la banane, Lucas de
Azevedo dit encore que “ la banane,
une fois plantée, donne une telle
quantté et des régimes tellement
volumineux qu’il est pénible pour deux
nègres d’en transporter un seul, et il y
en a même qui nécessitent 4 nègres,
chacun de ces régimes ayant souvent
mille bananes, mais le plus ordinaire
est qu’ils en aient 600 ou plus ». Il est
évident que c’est une exagératon de
voyageur qui se laissa enthousiasmer
par la grande producton de bananes.
Avec la farine de manioc, l’huile de
palme et le haricot, c’était le principal
aliment des esclaves qui la mangeaient
bouillie ou grillée.
On ne connait pas avec précision
la quantté de riz produite au XVIII
s., mais on admet qu’elle avait
considérablement chuté par rapport aux
époques antérieures. Les références
à des époques pas si éloignées que
ça laisse supposer que la producton
était élevée et la qualité assez bonne.
A partr d’un boisseau semé, on en
récoltait, selon Lucas de Azevedo, deux
cents ou plus. En 1736, lorsque Gaspar
Pinheiro de Camara visita S. Tomé,
il était sûr et certain qu’on pouvait
facilement réunir la cargaison de riz
sufsante pour charger six navires de
deux cents tonnes chacun, avec une
qualité supérieure à celle du Brésil.
L’igname, qui devait être cultvé,
contrairement à la banane qui se
multplie spontanément, manifestant
ainsi une grande résistance au
temps, était une denrée de grande
consommaton locale et très recherchée
par les navires négriers. A u x
alentours de 1770, on comptait 30.000
ignames, chifre plus faible que les
années antérieures. Quant au haricot,
on pouvait en trouver abondamment
et de trois variétés diférentes, les plus
consommées étaient le « raigado » et
le « mulatnho » et la troisième variété,
le « sésé », cultvée uniquement à
S. Tomé, était plus sujete à certains
féaux et se conservait difcilement.
Au total, la producton des deux îles
pouvait ateindre 3.000 boisseaux par
an. Le maïs plus acheté par les navires
étrangers que par les portugais, était
moulu et consommé sous forme de
farine en bouillies. Sa producton
annuelle ateignait 100.000 épis.
Un autre produit agricole d’énorme
importance était l’huile de palme.
Extraite de la palmeraie, elle était
utlisée pour l’éclairage, la fabricaton
de savon et l’alimentaton. Sa
producton fut toujours élevée et
ses excédents exportés. C’était une
denrée indispensable dans le régime
alimentaire de toute la populaton,
ainsi que des équipages et des esclaves
des navires qui faisaient escale à STP.
La culture de beaucoup d’autres plantes
vivrières est citée dans les textes de
10 Populaton d’origine esclave afranchie par des “carta de forreria” délivrées par la couronne portugaise au cours des XVI et XVII s., en reconnaissance de faits
d’armes aux côtés des Portugais.
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l’époque. Parmi elles, le citron galicien
utlisé pour la producton de jus que
les étrangers exportaient vers l’Europe
en barils, le citron français, l’ananas, le
fruit du jacquier, la papaye, la ïambe,
le safou, les limes, melons, pastèques,
l’anone, les oranges, la grenade, la
pitangue, la pêche, le cajou, le fruit
du tamaris, le coing et l’arak ; parmi
les fruits sauvages, le matapacio, la
cola, le mandobis, l’ izaquente, la
goyave ; pour ce qui est des denrées
hortcoles, on cultvait, entre autres,
les laitues, cressons, chicorées, brèdes,
courges, concombres, aubergines,
tomates, menthe, persil, coriandre,
thym ; pour ce qui est des pigments
et teintures, on signale le brésillet, le
brésil, l’arbre à vernis, l’arbre rouge, la
racine des millehomme, le buga-bugo
avec lesquels on faisait des teintures
noire, le ago, guigo et herbe d’indigo
pour les teintures bleues et l’écorce
d’arbre à cola pour les écarlates. Les
bois d’œuvre et la fore médicinale ne
manquaient pas non plus.
Les cultures de rente, certaines
introduites au XVI s. et d’autres plus
tard, étaient le coton, le gingembre,
le poivre, la cannelle et le café. Au
premier quart du XVIII s., le coton était
encore abondant à S. Tomé, et à partr
de cete fbre on fabriquait des linges
de qualité diverses, avec lesquels
on confectonnait ensuite des sous-
vêtements, des draps, des servietes,
des voiles pour les embarcatons et
le reste était mis sur le marché. Bien
que sa producton ait diminué, il était
encore cultvé à la fn du XVIII s. et
on retrouve la trace d’expéditons en
1771 pour Lisbonne. Sur instructon
expresse de la couronne, il fut procédé
à la replantaton de coton dans de
nombreuses entreprises agricoles de
ST et de Principe.
Le poivre se multpliait spontanément
dans les forêts de l’intérieur de S. Tomé
où les habitants craignaient de pénétrer
à cause des serpents venimeux; le
gingembre s’étendait aussi sur le sol en
grande quantté. La culture qui semble
avoir mérité la majeure atenton de
la part de la couronne et des autorités
locales fut, sans aucun doute, la
cannelle, bien qu’on n’ait aucune
référence sur son exportaton durant
ce XVIII s. Apparemment introduite
aux tout débuts de ce siècle, tout porte
à croire que cete première tentatve ne
fut pas couronnée de succès et en 1758
le gouverneur Luis Henriques de Mota
e Mello donne des instructons pour
que les habitants plantent à nouveau
des arbres à cannelle, ce qui fut réitéré
par Vicente Gomes Ferreira en 1770.
Ce dernier réussit son propos et les
habitants accomplirent les orientatons
au point que les plantatons dépassaient
les 13.500 arbres quelques années
plus tard. Peut-être par manque de
navigaton avec l’Europe ou à cause des
bas prix fxés alors par le Gouverneur
pour l’achat de cannelle, il semble
que fnalement son exportaton ne se
soit pas réalisée. C’est ainsi que les
plantatons furent abandonnées au XIX
s., toutefois Joao Batsta e Silva déploya
de grands eforts pour enseigner aux
habitants les techniques de plantaton
et le traitement de la cannelle.
Un fait de grande importance à
mentonner est que au cours des
trois premiers siècles de colonisaton,
s’était consttuée une populaton noire
d’hommes libres, originaire des esclaves
qui furent libérés en vertu de chartes
d’afranchissement concédées à partr
de 1515. Cete populaton noire et
métsse qui avait accédé à des charges
importantes de l’administraton et du
pouvoir ecclésiastque, comblant le vide
laissé par les blancs qui ne trouvaient
plus dans l’exploitaton agricole de
raison sufsante pour contnuer à
résider dans les îles, était devenue
trafquante d’esclaves négociés sur
la côte africaine grâce au tabac de
contrebande provenant de Baia et,
détail important, également détentrice
de propriétés agricoles répartes en
dizaines de « roças » et « rocinhas »
11

(plantatons et pettes plantatons).
Sur l’île de Principe, il y avait, à la fn du
XVIII s., 234 grandes ou pettes roças et
301 à Principe. Pour un total référencié
de 535 roças, 411 propriétaires sont
recensés. Vu la superfcie réduite
occupée par ces deux îles, on constate
que la terre était très divisée et qu’il
n’existait pas de système d’exploitaton
extensive. La populaton des zones
rurales se concentrait dans les villages,
sièges des paroisses et roças les
plus importantes. L’organisaton des
roças, qui a survécu pour l’essentel
jusqu’à nos jours, était la même qu’au
Brésil. Les populatons rurales, pour le
moins à Principe, étaient consttuées
par les familles des planteurs privés
auxquelles s’ajoutaient des noirs des
deux sexes, ces établissements vivant
autour d’une large place appelée la
« terrasse de la roça ». L’ensemble de
cete place et des cases des esclaves
s’appelait « senzala », elle était dirigée
par un contremaître, nègre captf choisi
parmi les autres appartenant au même
maître, auquel d’amples pouvoirs
étaient conférés, selon la volonté du
maître, unique loi de la roça.
1.3 Changements opérés
au s. XIX
Au cours des premières décennies
du XIX s., S. Tomé et Principe
demeuraient encore écartées des
circuits commerciaux de niveau
internatonal, sauf en ce qui concernait
la contrebande d’esclaves encore
pratquée. Et pendant ce temps, deux
produits agricoles d’énorme importance
commençaient à conquérir leur espace
sur les marchés mondiaux : il s’agissait
du café et du cacao qui étaient en train
de transformer ce siècle en une époque
marquante de l’histoire des îles, durant
laquelle deux véritables révolutons
allaient se produire:
Révoluton agraire: a) Succédant à
une période de relatf abandon
de l’exploitaton agricole au
cours de laquelle l’économie
reposait surtout sur le trafc
d’esclaves, on assiste à un essai
de mise à proft des cultures
d’exportaton comme la cannelle
(depuis le XVIII s.), le quinquina,
la cola, le café et le cacao, avec
des marchés extérieurs assurés.
L’exploitaton du café et du
cacao, denrées qui recueillaient
le plus de succès, conduisit à
une profonde altératon de la
structure foncière, autant en ce
qui concerne les limites des roças
existant jusqu’alors que en ce
qui concerne leurs propriétaires.
La tentatve d’obtenton de
profts plus importants mena
les propriétaires agricoles à
procéder à des déforestatons
successives pour agrandir leurs
surfaces de culture ainsi que
celles de leurs propriétés. Si au
début du XIX s., on signale à S.
Tomé l’existence de 102 roças
importantes et 199 rocinhas,
on constate qu’en 1919 ces
grandes et pettes roças se
convertssent en 108 roças
importantes et qu’une douzaine
d’entre elles occupent un grand
pourcentage des terrains
agricoles utlisables.
Ces roças et rocinhas, surtout celles
de grande dimension, furent la cause
et la scène des mouvements de fonds
qui allaient provoquer de profondes
altératons dans la structure foncière à
partr du moment où elles assimilèrent
aisément les deux principales cultures
de rente de l’époque, le café et le
cacao. Le café fut introduit dans les
îles, selon toute vraisemblance, à la
fn du XVIII s. (aux alentours de 1787)
et il existe un récit du capitaine en
chef João Batsta e Silva à ce sujet.
Quant au cacao, on a longtemps admis
qu’il avait été introduit en 1822 dans
11 Carlos Agostnho das Neves, S. Tomé e Príncipe na 2ª metade do séc. XVIII, Insttuto Além-Mar, FCSH, UNL, Lisboa, 1989
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l’île de Principe, suivant en cela les
écrits de José Joaquim Lopes de Lima
(1844-1862) repris par de nombreux
auteurs d’ouvrages sur l’histoire de S.
Tomé e Principe, mais il semble qu’il
ait été introduit avant cete date,
probablement par le capitaine en chef
João Batsta e Silva en personne qui
vint à être Gouverneur des îles entre
1799 et 1802.
Pendant la transiton vers le XIX s,
époque où la mise à proft des deux
grandes cultures mentonnées,
le café et le cacao, était encore
balbutante, l’agriculture n’était que
peu développée. Le support de
l’économie des îles demeurait le trafc
d’esclaves, l’agriculture jouant un rôle
purement subsidiaire. Nous ne savons
pas bien quelle était la connaissance
technique utlisée dans l’agriculture,
mais il est logique de penser qu’elle
n’était pas approfondie. Le rendement
agricole dépendait plutôt des capacités
productves du sol et du nombreux
personnel d’esclaves que d’autre
chose.
On peut afrmer sans hésitaton que,
au début du XIX s. les zones agricoles
utlisées étaient très réduites. Il est
probable qu’à S. Tomé cete aire ne soit
pas allée au-delà du quadrant nord-
est et qu’à Principe elle se soit limitée
à quelques régions litorales, quoique
dans des proportons supérieures qu’à
S. Tomé. La propriété de la terre était
assez réparte, car comme nous disions
ci-dessus, il y avait de nombreuses
roças et rocinhas autant à S. Tomé qu’à
Principe, résultat de la décadence de la
producton sucrière survenant à partr
de la fn du XVII s., de l’abandon de l’île
de la part de la populaton blanche suivi
de l’occupaton de la terre par les méts
et les noirs. Suite à quoi, la grande
demande de café et plus tard de cacao
sur les marchés internatonaux et leur
cotaton élevée, surtout à partr de la
seconde moité du XIX s., poussa les
agriculteurs à s’accrocher à la terre et
à chercher à agrandir leurs propriétés
par tous les moyens possibles,
comme dit Francisco Terreiro : « Les
nouveaux propriétaires, européens
en majorité, commencent par acheter
d’importantes parcelles de terrain, que
les gens du pays vendaient, au début,
à prix raisonnable et sans difculté.
Quand, alors, ces derniers essayaient
de résister à la tentaton de la vente
et se transformaient eux-mêmes
en producteurs de produits riches,
commence la lute. Dans le silence de
la nuit, les limites et les bornes sont
bougées ; on atre les propriétaires
à des fêtes sous le prétexte de « faire
bombance » et pendant ce temps des
hommes de main déplacent les fragiles
cases de bois. D’autres recourent à la
violence ; ils réunissent des hommes
armés et disent simplement : « je
vais me déplacer à tant de kilomètres
à l’est de tel point ». Et c’est ainsi
que se déstructure l’ancien régime
de propriété et que se consttuent
les grandes plantatons qui rendent
rentables les cultures de café et cacao.
Révoluton sociale. b) Elle découle
du processus de recolonisaton
et modernisaton de STP pendant
le XIX s., avec l’exploitaton de
quelques cultures de rente (le
café et le cacao) provoquant
des altératons dans la structure
foncière, avec le transfert des
roças de certains propriétaires à
d’autres entraînant l’altératon
des structures sociales. En
outre, dès la fn du XVIII s., l’idée
de l’aboliton de l’esclavage et
du trafc d’esclaves s’imposait
peu à peu, à un moment où on
procédait à de grands travaux
pour défricher de nouvelles
terres et à un agrandissement
constant des aires de culture
de café puis ensuite de cacao,
ce qui requérait une grande
quantté de main d’œuvre. La
situaton devenait de plus en
plus délicate.
Déjà le traité de 1842 passé entre le
Portugal et l’Angleterre sur l’aboliton
du trafc d’esclaves qui permetait
que les navires anglais contrôlent les
navires portugais pour vérifer s’ils
transportaient des esclaves avait été
un coup dur pour l’embauche de main
d’œuvre pour STP. Francisco Mantero
écrivit à ce propos que « les travailleurs 
ruraux  conduits  spontanément  ou 
forcés  à  l’introducton  dans  les  îles 
selon  les  us  et  coutumes  de  l’époque 
et  les  lois  qui  les  régulaient,  entraient 
encore  en  contngents  importants, 
quoique  insufsants  pour  les  travaux 
de  l’agriculture  ;  mais  désormais 
sous  prétexte  de  la  transgression  du 
traité,  les  hostlités  des  Anglais  contre 
l’embauche    de  travailleurs  et  leur 
transport  à  destnaton  des  propriétés 
des  îles,  furent  tels  que  les  obstacles 
levés  contre  l’immigraton  étaient 
insurmontables, causant des préjudices 
de  toutes  sortes  aux  colonisateurs  et 
alors l’agriculture, que les propriétaires 
voyaient  comme  source  de  prospérité 
prometeuse,  statonnait,  si  elle  ne 
reculait  pas,  par  manque  de  bras  et 
des  ressources  indispensables  à  la 
producton des terres ».
En 1888, le roi Pedro V décréta que
tous les esclaves deviendraient libres
20 ans plus tard. Cependant, la fn de
l’esclavage à STP aura lieu formellement
en 1875, au temps du gouverneur
Gregorio José Ribeiro.
Cela mena à l’abandon des plantatons
de la part d’innombrables esclaves qui
allèrent se concentrer dans la ville de
S. Tomé, exigeant l’aboliton totale et
immédiate de l’ancien régime. Une
crise grave s’installa, avec la perte de
producton et la ruine de beaucoup
d’agriculteurs et c’est alors que fut
décrété le régime du travail par
contrat qui serait sous la supervision
du Curateur Général des Serviteurs et
Colons. La nécessité croissante de main
d’œuvre pour suppléer aux besoins des
plantatons de café et surtout de cacao
à partr du 3
ème
quart du XIX poussa au
recrutement de travailleurs dans divers
parages du contnent africain, comme
les Krumans de l’ancien Dahomey, de
Ibo et de Ajuda. Mais l’Angola sera
le grand fournisseur des premiers
serviteurs.
Désormais, la queston de la main
d’œuvre serait le tendon d’Achille des
plantatons de cacao et de café.
Francisco Mantero qui fait apparaitre
deux subdivisions dans l’histoire
de l’agriculture moderne à STP – la
première étape va de 1855 à 1875 et la
seconde de 1876 à la première décade
du XX s.- signale avec véhémence la
queston cruciale de la main d’œuvre
pour le développement de l’agriculture
à STP et des tentatves de recrutement
de travailleurs dans les régions de la
Côte du Kru (Liberia), ainsi que les
pressions des Anglais qui accusaient
les autorités portugaises de maintenir
le trafc d’esclaves. Afn de réguler et
accompagner la situaton des travailleurs
sous contrats, les autorités coloniales
créèrent en 1762 la « Curadoria Geral
dos Serviçais e Colonos » (« Curatelle
Générale des Serviteurs et Colons »),
dont le responsable est décrit dans le
Règlement des Serviteurs des provinces
de l’Afrique Portugaise de 1878 comme
le « protecteur inné des travailleurs
sous contrat et colons qui seraient
recrutés ».
Toutefois, malgré toutes ces
vicissitudes, dans les dernières
décennies du XIX s., la culture du cacao
gagne de l’importance sur celle du café.
Selon Tenreiro, à propos «du  succès 
de  cete  culture,  si,  d’un  côté  il  résulta 
de  l’initatve  d’hommes  de  la  trempe 
du  Baron  de  Agua  Izé,  il  est  encadré, 
d’autre  part,  parfaitement  dans  une 
conjoncture  économique  mondiale  qui 
commençait  à  donner  la  préférence  à 
ce produit riche et nutritf.  Ce furent les 
marchés,  européens  principalement, 
qui  assurèrent  la  prospérité  de  l’île, 
malgré  les  perturbatons  qu’une 
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révoluton  agraire  concomitante 
amènerait  dans  l’île  ». Pour ce
géographe «  en  prenant  comme  point 
de  départ  l’année  1898  (lorsque  la 
producton  des  îles  portugaises  prend 
un  sens  sur  les  marchés  mondiaux), 
on  observe  qu’alors  la  province  était 
non  seulement  le  premier  producteur 
de  cacao  en  Afrique  mais  qu’encore 
11,5%  de  la  producton  mondiale  lui 
revenaient  ». A l’époque, la Côte
d’Or ne produisait pas plus de 188 T,
soit 0,2% de la producton totale. La
positon d’excepton occupée par les
îles allaient se maintenir pendant près
de 20 ans, en 1908, S. Tomé produisait
14,8% du cacao mondial, alors que
la Côte d’Or remontait à 6,3% de la
producton mondiale, mais ce dernier
pays dépasse bientôt STP avec 24,6%
et la situaton se dégrade peu à peu: en
1928, STP est à la 3
ème
place avec 2,9%,
en 1938, à la 4
ème
avec 1,8% et en 1948 à
la 5
ème
, avec 1,2%. Les premiers étaient
la Côte d’Or, le Nigéria, le Cameroun,
la Côte d’Ivoire et Fernando Po qui
commençait alors à s’imposer comme
producteur de cacao. Pour ce chercheur,
la crise de la producton de cacao qui
démarra avec les premières décennies
du XX s. était due à plusieurs facteurs,
dont les conséquences sociales de la
révoluton agraire du siècle antérieur
et la difcile transiton du régime de
travail esclave pour le travail servile.
D’autre part, la recherche de gros
bénéfces amena quelques planteurs
à négliger l’adopton des meilleures
techniques agricoles et même d’une
technologie stricte. Cete « anarchie
culturelle, contredite seulement dans
certaines entreprises depuis toujours
dirigées par des techniciens éclairés »
mena dans beaucoup de zones à
l’appauvrissement des sols, ce qui, allié
au vieillissement des plantatons se
traduisait par un rendement faible. A
cela se joint la grande crise économique
mondiale qui va en s’accentuant à partr
des années vingt, la difcile situaton
du recrutement de main d’œuvre sous
le régime de contrat avec l’obligaton
de rapatriement et les pressions
internatonales sur la véritable nature
du « régime servile à STP », tout cela
donc convergeant sur la ruine de
plusieurs roças.
C’est à ce moment-là que, une fois
les roças et rocinhas restructurées et
leurs propriétaires recomposés, se
consttuent les grandes et prospères
roças que nous avons connues au XX
s. Certaines intégrèrent d’importantes
sociétés, c’est la cas de la Société
Agricole Valle Flor, de la Compagnie
Agricole d’Outre-Mer, de la Société
Agricole Terras de Monte Café, de la
Compagnie Agricole de l’Île de Principe,
de la Compagnie Agricole Porto Real et
Bela Vista, de la Compagnie Agricole
de Neves et Colonia Açoriana Lda, de
la Société Agricole des Roças Plateau
et Milagrosa, de la Société Agricole
Ribeira Funda, de la Compagnie Roça
Vista Alegre, de la Compagnie Roça
Porto Alegre, entre autres. C’est à
cete époque de relance économique,
que la Banque Natonale d’Outre Mer,
déjà établie à ST, se met à jouer un
rôle de première importance dans la
concession de crédits et prêts à long
terme. Commence alors la publicaton
du Bulletn Ofciel de la Province de
STP, qui publie non seulement les
décrets ofciels, mais contribue aussi à
la divulgaton des systèmes et pratques
agricoles relatfs aux nouvelles cultures
et, à partr de 1858, est promue la
liaison entre les îles et la métropole par
l’établissement de lignes régulières de
bateaux qui garantssent l’écoulement
des produits agricoles.
Les grandes sociétés agricoles, munies
de capitaux, se lancent pendant le XIX
s. dans l’extension de leurs surfaces de
café et cacao et, malgré les difcultés
de recrutement de main d ‘œuvre, dues
au pressions internatonales contre
le trafc d’esclaves, elles réussissent à
gagner une bonne positon pendant
les trois premiers quarts de siècle.
Avec l’agrandissement des surfaces
de culture du cacao, justfé par son
meilleur rendement par hectare, cete
culture gagne progressivement un
ascendant sur le café à partr des deux
dernières décennies du XIX s., moment
où se clôture le cycle productf du
café pour cause du vieillissement des
plantes, et le cacao surmonte le café.
Le cacao vient alors à occuper les plus
vastes zones d’exploitaton agricole,
avec un fort rendement entre 1890 et
1920, moment où commence la crise
de producton, résultant elle aussi
du vieillissement des plantes et des
difcultés de recrutement de main
d’œuvre.
A part ces deux produits principaux,
les agriculteurs de S. Tomé ne
manquent pas d’expérimenter d’autres
cultures d’exportaton, cherchant
des succédanées au café et au cacao,
notamment le chanvre, le tabac (le
Baron de Agua Izé monta une fabrique
de cigares), le quinoa, la vanille, les
plantes produisant du caoutchouc,
le thé, le riz, le poivre, quoique avec
des résultats qui ne risquaient pas de
détrôner le cacao. Malheureusement,
cete culture s’étant étendue sur des
aires dont les sols n’étaient pas les plus
indiqués pour elle, on assista à une
chute de la productvité, ce qui ft dire à
l’agronome F. Carvalho : « En comparant 
les  productons  de  la  province  avec 
celles  d’autres  régions  du  Globe,  on 
démontre  la  similitude  des  graphiques 
de  l’évoluton  des  productons  dans 
plusieurs  pays  cacaoculteurs.    Cela 
permet  de  trer  la  conclusion  que  les 
déclins  des  productons  –grandes 
crises-  ont  pour  origine,  plutôt  que 
des  raisons  d’ordre  économique,  des 
lois  biologiques,  et  seulement  en  se 
fondant  sur  une  parfaite  connaissance 
de ces lois il sera possible de trouver les 
solutons aux problèmes de l’économie 
agricole ».  Les roças qui surent prendre
en compte ce phénomène naturel
de la rentabilité des plantatons en
foncton de la potentalité des sols et
qui diversifèrent leurs productons
réussirent à assurer l’exportaton : de
542 T en 1907 de noix de coco à 2.772T
en 1926, ainsi que 350 T d’huile de
palme la même année.
Pendant ce temps là, le peu de terres
n’appartenant pas aux grandes roças,
encore entre les mains des Forros, se
maintenaient avec des cultures de
subsistance, comme les bananeraies,
les palmeraies et arbres fruiters, une
infme parte d’entre elles cultvant le
cacao ou le café. Cela était dû, non pas
à l’exigüité des terrains ou au manque
de capitaux de leurs propriétaires,
mais plutôt à un désintérêt, par ailleurs
justfé, pour le travail agricole, ce qui ft
écrire à F. Tenreiro que « le Forro, une 
fois  afranchi,  alimenta  le  sentment 
de  dégoût  pour  quelque  travail  que 
ce  soit  dans  la  roça.    Sentment  en 
quelque  sorte  compréhensible,  qui 
valut  à  toute  la  populaton    de  l’île  la 
renommée  de  «  revêche  au  travail  », 
de gens qui préfèrent végéter à l’ombre 
d’un  bananier…    Peu  ou  même  rien 
n’est fait de concret dans le sens de la 
récupératon  pour  les  roças  de  gens 
de  S.  Tomé,  ce  qui  exigerait,  il  est 
vrai,  un  travail  psychologique  intense, 
accompagné  d’une  révoluton  dans 
l’organisaton de la roça, d’augmentaton 
de  salaires  qui  puissent  leur    ofrir  des 
conditons décentes et compensatoires. 
Seulement si on avait veillé à dispenser 
un  enseignement  local  orienté  vers  la 
connaissance  des  travaux  agricoles, 
avec des mesures destnées à aider et à 
stmuler le développement des gens du 
pays  qui  possèdent  encore  de  pettes 
roças de cacao, si on avait adopté une 
politque  contractuelle  et  un  régime 
de  travail  améliorés,  on  aurait  pu 
éviter  le  divorce  qui  s’est  creusé  entre 
les  habitants  des  roças  et  les  gens  du 
pays ».
Le manque de ratonalité dans
l’utlisaton des sols par une occupaton
conforme à leurs potentalités, la crise
permanente dans le recrutement de
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main d’œuvre sous contrat, les maladies
qui afectèrent les plantatons, comme
le « rubrocinto », et la forte concurrence
d’autres pays producteurs au niveau
mondial, provoquèrent une chute de la
producton de cacao à STP, à partr de
la fn des années 20 du siècle passé et
elle a contnué jusqu’à l’indépendance
des îles, survenue en 1975, avec une
producton moyenne annuelle autour
des 10.000 T de cacao et environ 200
T de café.
1.4 L’indépendance et
les transformatons de la
structure agraire
Lors de l’accession du pays à
l’indépendance, celui-ci reposait sur
une structure économique reposant
exclusivement sur l’exportaton du
cacao, du café et de quelques autres
produits agricoles sans grande
signifcaton. Les producteurs se
limitaient à quelques propriétaires,
résidant à l’extérieur du pays, qui
détenaient près de 86% des terres
agricoles (76.214 hectares)
12
. Infuencé
par les courants idéologiques des
mouvements de libératon natonale
de l’époque, le Gouvernement de
STP décida, le 30 septembre 1975, de
natonaliser toutes les grandes roças
du pays.
L’objectf de natonalisaton était de
transférer la propriété de la terre à l’Etat,
augmenter la producton agricole non
seulement par le biais de l’augmentaton
de la productvité, mais aussi par la
diversifcaton des cultures en visant
l’assurance d’une base alimentaire
pour la populaton et la croissance
du volume des exportatons. Mais la
promoton de tels objectfs impliquait
d’assurer une administraton et une
geston ratonnelle et compétente
des nouvelles entreprises agricoles
étatques, situaton incompatble avec
la carence en cadres expérimentés. On
observe, à partr de moment là, une
chute permanente de la producton qui
tombe jusqu’à 3.000 tonnes de cacao,
en 1991, époque où démarre une
réforme agraire, avec de profondes
altératons dans la structure foncière et
des efets sociaux et environnementaux
importants. La faible rentabilité des
entreprises agricoles résultait du
manque de soins aux plantatons, de la
maigre productvité de la main d’œuvre,
d’une totale incapacité de geston,
le tout conjugué à des soubresauts
permanents de nature politque qui
afectaient la gouvernance de STP, et
la metait sur un chemin imparable
vers la faillite des roças et de l’Etat lui-
même.
Cete situaton force STP à signer un
Programme d’Ajustement Structurel
(PAS) en 1987 avec la Banque Mondiale
et l’accompagnement du FMI qui ciblait
la réalisaton d’une réforme agraire,
laquelle démarre avec la distributon
de quelques terres de l’Etat à des
privés qui se consttuent en entreprises
moyennes, en ce qu’alors il fut
convenu d’appeler une « politque de
partcipaton citoyenne ». L’agriculture
représentait alors 23% du PIB, elle
garantssait 2/3 des emplois et plus de
95% des exportatons.
Pour résumer, disons que l’évoluton
vers les natonalisatons s’est faite
à partr d’un cadre économique
reposant sur l’agriculture, surtout sur
la producton de cacao associé à un
peu de café, avec une administraton
expérimentée et dure dans ses
relatons avec les travailleurs, avec
une main d’œuvre sous contrat, sous
un régime de travail servile, dans un
contexte de situaton coloniale, ce qui
entraîna des efets désastreux du point
de vue économique, surtout lorsque
commença la réforme agraire avec les
privatsatons.
1.5 Autres ressources
naturelles
Nous pouvons citer comme autres
ressources naturelles du Pays l’eau, les
forêts, la mer et le présumé pétrole.
Situées en pleine zone équatoriale,
entre les parallèles 1°45’Nord et 0°25’
Sud et les méridiens 6°26’ Est et 7°30
Ouest, les îles de S. Tomé e Principe
sont exposées à une forte infuence
du front inter tropical et du courant
chaud du Golfe, se caractérisant par
l’existence de deux saisons, celle
des pluies et la saison sèche ou
« gravana » , nuancées par plusieurs
microclimats en foncton des reliefs.
D’origine volcanique, son relief est très
accidenté, les points culminants sont
le Pic de S. Tomé avec 2004 mètres et
le Pico de Principe avec 948 mètres.
Il pleut abondamment presque toute
l’année, l’humidité est donc très élevée
et l’amplitude thermique annuelle très
faible. La température moyenne au
niveau de la mer approche les 26°C et
la précipitaton varie de 849mm dans
le quadrant NE de S. Tomé à plus de
5000mm dans le SE et dans les zones
d’alttude. Ces conditons de climat,
de relief et les bons sols d’origine
volcanique ont permis l’existence d’une
végétaton exubérante avec des zones
de forêt équatoriale.
L’eau
La pluviosité élevée a permis
l’existence de beaucoup de feuves
au débit appréciable, ainsi que de
nombreuses rivières et ruisseaux et
de nombreuses sources d’eau potable.
Il s’agit d’un potentel hydrique de
grande importance, dans un contexte
mondial d’insufsance d’eau dans
beaucoup de régions du Globe. Le
réseau hydrographique de STP possède
un caractère radial, partant du centre
et vers la ligne de la côte. Il est formé
par plus de 50 cours d’eau de longueur
variant entre 5 et 27 kms. Ils ne sont
pas uniformément distribués dans
la géographie du pays, 60% d’entre
eux se trouvant dans le Sud Est de S.
Tomé. Selon une étude efectuée par
le Département d’Afrique Occidentale
de la Banque Mondiale, les ressources
moyennes annuelles d’eau peuvent
être estmées à près de 2.000 millions
de mètres cubes pour S. Tomé et 180
millions pour Principe, tandis que la
demande d’eau au niveau natonal est
d’à peine 7 millions de mètres cubes
par an.
L’existence de beaucoup d’eau et de
bonne qualité a assuré la survie des
populatons, non seulement par son
utlisaton directe, mais aussi à des
fns agricoles et dans la producton
de quelque énergie électrique. Au
cours de l’histoire de STP, leurs
bonnes eaux ont servi pendant des
siècles à l’approvisionnement des
navires négriers qui y faisaient escale
obligatoirement, avant de metre
le cap sur le contnent américain.
Leurs feuves furent également
utlisés dans l’industrie sucrière,
mouvant des centaines de moulins,
et dans l’irrigaton des champs. Dans
des époques plus proches, l’eau a
contnué à être mise à proft dans la
consommaton des populatons ainsi
que dans l’irrigaton des plantatons de
cacao et café. On peut observer dans
toutes les anciennes roças coloniales,
l’existence de centaines et centaines
de canaux d’irrigaton qui serpentaient
les plantatons de cacao, en suivant les
courbes de niveau, sujets à netoyage
permanent, illustrant la mise à
proft ratonnelle d’une ressource
indispensable à la survie humaine et
au développement des plantes.
Son usage ne se limita pas, pour autant,
à la consommaton, à l’irrigaton et au
commerce, puisque elle servit aussi
de source d’énergie. En efet, dans
certaines roças de l’époque coloniale,
furent installés aux tout débuts du
siècle passé, de petts barrages pour
la producton d’énergie électrique. On
12 Gérard Seibert, “La Banque Mondiale à STP: Problème de politque agraire 1985-1997” “A peine 33822 ha de ces terres, sois 51,7%, étaient cultvées.
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peut citer les cas de Rio de Ouro, Diogo
Vaz, Bela Vista et Bonbaim. Quelques uns
de ces mini barrages hydroélectriques
sont encore en fonctonnement. L’Etat
ft aussi construire deux barrages pour
la producton d’énergie électrique
à Guegue et dans le Contador et la
possibilité d’en construire d’autres
dans les feuves Io Grande et Abade est
à l’étude.
Actuellement, l’eau n’a pas été dument
mise à proft. Pour ce qui est de son
utlisaton dans l’agriculture, il n’y a
pas de système de rétenton et de
distributon, idem pour la producton
d’énergie électrique. Mais pire que cela
est la polluton par l’usage incorrect de
pestcides et autres produits nocifs pour
l’environnement. On peut afrmer
qu’il existe une grande disponibilité
en eau mais que sa qualité n’est pas
la meilleure pour la consommaton
humaine, à cause de la dégradaton des
conditons de l’assainissement de base,
ce qui exige la constructon de statons
de traitement sur tous les réseaux de
fourniture d’eau pour les populatons.
Les forêts
Avec une importante biodiversité et
une fore abondante, l’inventaire des
aires forestères révèle que STP
possède encore une aire étendue de
forêts primaires et secondaires en
maturité. Ces forêts représentent
presque 60% de l’aire terrestre du pays
et, aussi bien à S. Tomé qu’à Principe,
elles occupent surtout les zones
de climat super humide, avec une
pluviosité élevée et où les accidents
de terrain et la qualité des sols n’a pas
permis l’agrandissement des plantatons
de café et cacao. Elle est composée
d’arbres séculaires, de grande portée.
Vu l’extension réduite des îles, ces
forêts ne devraient pas être exploitées
pour l’extracton des bois mais plutôt
pour assurer l’équilibre biologique et la
stabilisaton du système climatque.
Malheureusement, l’incurie des
hommes a poussé, au cours de ces
dernières années, à une ataque de
la part des foresters sur les zones
limitrophes des forêts, les célèbres
taillis et, dernièrement dans des zones
de forêt primaire, les “obos”, une
forte dévastaton met en danger une
ressource vitale pour le pays. Les petts
agriculteurs aussi tendent à envahir
des zones de forêts secondaires pour
le développement de l’hortculture et
l’extracton de bois pour la constructon
ou comme combustble, avec un grand
impact négatf dans l’écosystème.
La mer
Malgré la pette dimension de son
territoire qui tourne autour de 1001
km2, STP possède une vaste Zone
Economique Exclusive (200 milles
au delà de la ligne côtère, sauf dans
les zones frontères avec les pays
voisins) et une mer territoriale qui
s’étend sur 12 milles maritmes. Une
parte importante des ressources
économiques, fnancières, énergétques
et alimentaires, dont la majeure parte
est renouvelable, provient de l’aire
côtère et maritme.
Selon des études menées par l’Insttut
de Recherche pour le Développement
dont le siège est en France, la totalité
de la biomasse dans le fond marin
autour des îles de STP est calculée à
12.000 T, tandis que la capture annuelle
est de 50%, ce qui devrait permetre
l’entreten de l’équilibre des stocks.
Cependant, la geston des pêches
au long des côtes a été défciente et
est à l’origine de la dégradaton des
ressources près du litoral, ce qui oblige
les pêcheurs artsanaux à s’aventurer
dans des zones de plus en plus éloignées
pour prendre du poisson, avec des
retombées économiques contribuant à
leur paupérisaton.
Le pétrole
Son existence avec valeur commerciale
n’a pas encore été confrmée par les
perforatons, mais tout indique que le
pétrole pourra devenir une ressource
importante, selon les indicateurs
de projectons efectuées par des
organismes importants comme la
Banque Mondiale et le FMI. La
connaissance de son existence à STP,
sur terre, remonte aux premières
années du XX s. Pourtant, la possibilité
d’exploitaton de cete ressource n’a
commencé à prendre forme qu’après
la signature, en 1997, d’un accord
avec une pette entreprise nord
américaine, l’ERHC. En retour de droits
de partcipaton dans l’exploitaton
de quelques blocs à trouver
éventuellement, elle s’engageait
à concéder à l’Etat santoméen la
quantté de 5 millions de dollars et à
chercher des opérateurs potentels
intéressés par la réalisaton d’études
de prospecton. Cet accord fut la cible
d’immense contestaton de la part de
larges couches de la populaton et sa
rupture fut même évoquée devant la
Chambre de Commerce de Paris. Ce
contrat fnit par être renégocié par le
Président Fradique de Menezes, en
2003, sans qu’on réussisse pour autant
à réduire signifcatvement les droits
léonins acquis par ERHC, devenus
entretemps majoritairement propriété
d’actonnaires nigérians.
Les possibilités d’existence de blocs
de pétrole dans les eaux défnis
comme Zone Economique Exclusive
santoméenne ont mené son puissant
voisin nigérian à altérer ses frontères
maritmes et à forcer STP à signer
un Traité qui régule l’exploitaton
conjointe des ressources existant dans
la dénommée Zone d’Exploitaton
Conjointe. Une Autorité Conjointe
fut ainsi consttuée, qui procède à la
geston des ressources existantes dans
la zone en queston, tant que ne sont
pas établies des frontères maritmes
entre les deux pays. Ce processus
relatf à la délimitaton des frontères
maritmes a conduit également à des
négociatons avec la Guinée Equatoriale
et le Gabon, ses plus proches voisins.
Il faut noter que cete année 2008, le
Président Obiang de Guinée Equatoriale
a annoncé publiquement l’existence
d’un bloc de pétrole partagé entre les
eaux des deux Etats, dont les procédés
d’exploitaton devront être défnis
brièvement par les deux pays.
Au cours de la brève histoire du pétrole
à STP, dont le processus a été mêlé à une
constante polémique, issue d’erreurs
de négociaton, et à des accusatons de
corrupton, on a about à la défniton,
après les études sismiques, de plusieurs
blocs dans la Zone d’Exploitaton
Conjointe et 4 blocs ont été adjugés
lors de la première enchère réalisée en
2003 à des entreprises importantes,
telles que Chevron-Texaco et Exxon
Mobil, la seconde enchère ayant fait
l’objet d’une polémique enragée. Le
résultat des expectatves créées autour
de potentalités en hydrocarbures
existant dans la ZEE de STP a été que les
autorités santoméennes, contraintes
par l’opinion publique natonale et
internatonale, ont fni par approuver
une Loi-cadre de Geston des Recetes
Pétrolières, dans laquelle sont défnis
les mécanismes d’utlisaton des
ressources obtenues du pétrole et du
gaz naturel, les organismes de geston
ainsi que leur mode de contrôle ont
aussi été établis, dans le but d’assurer
la transparence de tout le processus.
2. La dépendance du
secteur primaire et
l’infuence externe dans
l’orientaton économique
du pays.
2.1 Epoque Coloniale
Le présent trouve toujours, à de très
rares exceptons près, son explicaton
dans le passé et STP n’échappa pas à
la règle. En efet, ce fut une colonie
portugaise pendant 5 siècles ; la société
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qui se forma ainsi, son économie, sa
culture, ses croyances, ses traditons,
son idiosyncrasie, bref, toute son
histoire ne peut être comprise que
dans ce contexte. Dans le point 1
de ce texte, nous notons que, vite
après la découverte des îles, celles-ci
durent être peuplées par des peuples
de diférentes origines et cultures,
transportés par vagues successives
au long des siècles. C’est cela qui
détermina la matrice culturelle du
Santoméen, avec ses caractéristques
propres qui le diférencient des autres
peuples. La contradicton suivante
doit être mise en exergue : ce peuple
est simultanément dépendant de la
terre pour sa subsistance et ignorant
des techniques agricoles pouvant
permetre une producton à meilleur
rendement. Cete situaton peut
trouver son explicaton dans le fait que
tout au long des siècles, les « Forros »
ou « fls de la terre » ont travaillé la
terre, en tant qu’esclaves ou « sous
contrat » pour leur grande majorité,
et non pas comme hommes libres
travaillant à leur compte.
L’histoire économique des îles nous ofre
deux cycles économiques importants,
reposant sur la producton agricole, soit
de canne à sucre, soit de cacao et café.,
déterminés par le marché internatonal
et, surtout, le rôle qui lui fut réservé
par la puissance colonisatrice, dans le
cadre plus vaste de son inserton dans
l’économie de l’empire portugais. Au
cours de plusieurs siècles, Le Portugal
posséda des colonies en Orient, en
Afrique et sur le Contnent Américain,
atribuant à chacune un rôle déterminé.
Ainsi, en Orient, où sa présence était
plus problématque, il avait plutôt
des entrepôts commerciaux pour les
marchandises avec lesquelles il faisait
des transactons. En Amérique, plus
concrètement au Brésil, il installa une
colonie d’occupaton exploitant, surtout,
l’or et les diamants et il créa d’énormes
latfundia où il produisait beaucoup de
sucre et d’autres denrées. En Afrique, à
l’excepton des archipels de Cap Vert et
de STP, occupés efectvement, il resta
durant des siècles surtout dans les
régions du litoral et monta des postes
d’acquisiton de main d’œuvre esclave
destnée aux colonies où il développait
l’agriculture et l’exploitaton minière : ce
fut le rôle de l’Angola, du Mozambique
et de la Guinée jusqu’à l’époque de
l’occupaton efectve.
L’orientaton économique de STP
fut ainsi, depuis les prémices de son
occupaton, défnie plutôt par les
nécessités de la puissance colonisatrice
que par ce qui pouvait réellement être
produit sur place. D’abord, il produisit
de la canne à sucre et arriva à devenir un
des plus gros producteurs mondiaux de
sucre au XVI s., avant de céder la place
au Brésil à la fn de ce siècle et au cours
du siècle suivant, pays qui ofrait de
meilleures conditons de producton et
avec une meilleure rentabilité. Ensuite,
il se maintnt, presque exclusivement,
comme entrepôt d’esclaves pendant
les XVII et XVIII s., dégageant des
droits importants payés à la couronne
portugaise. Enfn, quand le marché
internatonal permit que le café et
le cacao deviennent des produits
recherchés et riches, les îles de STP se
spécialisèrent dans leur producton, en
recevant de la main d’œuvre d’autres
colonies portugaises, l’Angola, le
Mozambique et Cap Vert.
Cete structure économique, reposant
pendant des siècles sur le commerce
des esclaves et l’exploitaton de la terre,
dans un versant de monocultures, avec
peu d’exceptons pour les cultures de
subsistance, structure imposée par les
intérêts de la puissance colonisatrice,
plaça l’économie des îles de STP dans
un cadre d’extrême dépendance,
non seulement du secteur primaire,
mais aussi de la producton presque
exclusive d’un ou deux produits. A
aucun moment de son histoire, on
n’a pensé à la mise à proft d’autres
ressources, et encore moins à éduquer
ses populatons pour afronter les défs
qui surgiraient lors de son inserton
dans l’économie mondiale.
2.2 Pays indépendant
Hériter donc d’une structure
économique reposant sur le secteur
primaire et vivant exclusivement de
l’exportaton du cacao, un peu de café
et noix de coco, produits par plus ou
moins 15 roças, avec des relatons
commerciales quasi exclusives avec
l’ancienne puissance coloniale, le
nouvel Etat indépendant soufrait
dès le départ d’une dépendance
structurelle d’avec le secteur agricole et
son principal partenaire économique.
Pour aggraver cete situaton, il avait
un fort taux d’analphabétsme, il ne
possédait pas de cadres spécialisés
dans quelque domaine que ce soit, il ne
disposait pas de bonnes infrastructures
portuaires, n’avait pas d’établissement
d’enseignement supérieur, avait un
fort taux de morbidité provoquée par
des maladies endémiques comme
le paludisme, bref, un pays avec
toutes les caractéristques d’un pays
sous-développé réunissant toutes
les conditons pour contnuer dans
la dépendance d’avec le secteur
primaire et de l’infuence externe
dans l’orientaton de sa politque
économique.
Sans grandes ressources, avec
des infrastructures réduites, sans
industries, avec plus de la moité
de sa populaton vivant au-dessous
du seuil de la pauvreté, dont 15%
en situaton de pauvreté extrême,
la survie à STP a dépendu surtout de
l’aide internatonale. Cete situaton
empire du fait de ne pas avoir un
secteur privé natonal détenteur de
ressources économiques et fnancières,
comme résultat de l’héritage
colonial. Cela transforme l’Etat en
grand moteur de l’économie, par le
biais d’investssements publics qu’il
réalise en mobilisant des ressources
internatonales sous forme de donatons
ou de crédits concessionnels. Le rôle
de l’Etat est également crucial pour la
canalisaton de fnancements pour les
secteurs de l’éducaton, de la santé et
des infrastructures rurales dans la ligne
de mire de la réducton de la pauvreté
et de la croissance économique. Cete
situaton fait qu’une caractéristque
fondamentale du Programme d’
Investssement Public (PIP) soit sa
forte dépendance par rapport à l’Aide
Publique au Développement (APD)
et, par conséquent, des priorités des
donateurs et des créditeurs du pays.
En réalité, le fnancement du PIP est
garant à plus de 85% par les donateurs
et les prêteurs. D’autre part, depuis
2001, moment où le pays ateint le
Point de Décision dans le cadre de
l’Initatve HIPC, les fonds résultant
de l’allègement de la dete fnancière
fnancent le PIP pour près de 12% et
d’autres actvités du Gouvernement
dans le cadre de la politque natonale
de réducton de la pauvreté, situaton
qui a augmenté à partr de 2007 comme
point de conclusion de l’Initatve en
queston.
En prenant en compte tous les facteurs
cités, la plupart ayant à voir avec la
faible capacité à défnir des politques
économiques cohérentes, l’inexistence
de propres ressources fnancières, des
ressources humaines faibles, l’instabilité
politque permanente fruit d’un
système politco-consttutonnel que
les forces politques n’ont pas encore
totalement assimilé, on comprendra
que le pays soit fortement infuencé
par les optons et priorités de ses
partenaires internatonaux transmises
par leurs consultants en recherche de
solutons pour élaborer des projets,
et surtout par les conditonnalités et
procédés de déblocage des fonds.
Dans un diagnostc efectué par le
Gouvernement santoméen sur la
faible capacité d’absorpton de l’aide
externe, la conclusion fut que « les
partenaires de STP ont tendance à
kapport Nanona| sur |e Dóve|oppement numa|n a São 1omó e Þr|nc|pe 2008 60
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fnancer des projets et programmes
identfés par eux-mêmes en foncton
de leurs priorités au lieu de donner
un appui direct au budget de l’Etat
et à la balance des paiements ».
Cete situaton, qui n’est pas une
caractéristque exclusive de STP, mena
l’OCDE à faire une réfexion critque sur
l’aide internatonale et en 2003, elle
adopta la Déclaraton de Rome sur cet
objet, aboutssant sur l’harmonisaton
des aides et l’alignement sur des
procédures et mécanismes natonaux
de programmaton, exécuton, suivi et
évaluaton des interventons.
A ce propos, l’exemple le plus signifcatf
de l’infuence de l’aide externe dans la
défniton de la politque économique
de STP est donné par les orientatons qui
furent données par la Banque Mondiale
en 1987, quand il fut convenu d’un
Programme d’Ajustement Structurel
(PAS) et que démarra un projet de
réhabilitaton du cacao à grande
échelle et à court terme (1984), avec
l’introducton d’une geston expatriée
dans cinq entreprises agricoles. Le
résultat de cete expérience fut
désastreux pur le pays, malgré un
investssement d’environ US$ 40
millions en crédits internatonaux pour
la réhabilitaton des plantatons de
cacao des cinq entreprises sous geston
étrangère, ce qui augmenta la dete
externe, tandis que les compagnies
engagées gagnèrent, sans aucun
risque, le paiement des services de
geston. En 1996, les investssements
dans l’agriculture fnancés par les
crédits externes représentaient 20% de
la dete externe qui était de US$ 250
millions environ. L’échec des contrats
de geston mena la Banque Mondiale
à conseiller à STP de substtuer les
contrats de geston par des contrats de
locaton à long terme, ce qui s’efectua
avec les entreprises Bela Vista et Uba
Budo, en 1994, et qui obligeait les
sociétés étrangères à fnancer leurs
investssements avec des fonds propres,
à entretenir la valeur des plantatons
et à payer une locaton annuelle en
foncton de la producton.
3. Les expectatves,
risques et chances
engendrés par le pétrole.
Le monde contemporain consomme
et a besoin de plus en plus de grandes
ressources énergétques qui sont,
actuellement, fournies majoritairement
par les hydrocarbures. De là l’agitaton
et l’efervescence provoquée par
l’annonce d’une éventuelle existence
de pétrole ou gaz naturel n’importe
où dans le monde, et pas seulement
sur les lieux présumés de gisement
mais aussi au niveau des marchés
internatonaux. Dans les régions
concernées, cete agitaton vient du
mirage de la possibilité d’obtenton
de ressources fnancières abondantes
en un court laps de temps, aptes à
provoques de grandes altératons dans
l’économie natonale, surtout dans les
pays au potentel économique réduit.
STP ne consttuera pas une excepton
et, à partr de 1997, date de la signature
du contrat avec ERHC, la société
santoméenne s’est laissée gagner par
un nouvel espoir de connaître des jours
meilleurs et a commencé à idéaliser un
avenir plus prospère, pour les uns, et
moins pauvre pour les autres, grâce
à une éventuelle entrée de recetes
du pétrole. Au niveau des élites, la
classe moyenne natonale, mieux
informée des opportunités ofertes par
l’existence du pétrole, se mit à réféchir
sur la meilleure façon de s’organiser
pour trer un meilleur part des
hydrocarbures. Aussitôt se consttua
une société par actons appelée
« Hidrocarbonetos S.A. » qui commença
par partciper au capital social de
ENCO, SARL (Entreprise Natonale de
Combustbles et Huiles). D’autre part,
plusieurs cadres natonaux songèrent à
des spécialisatons dans le domaine du
pétrole et le pays chercha à obtenir des
appuis de ses partenaires bilatéraux
et des organisatons internatonales
comme la Banque Mondiale et le
PNUD pour se préparer à « l’ère du
pétrole », par le biais de séminaires de
formaton et d’informaton et par des
modifcatons dans son cadre législatf.
En ce qui concerne les couches
défavorisées de la populaton, des
atentes importantes germèrent aussi
en leur sein, escomptant que le pays
pourrait distribuer directement à tous
la rente obtenue avec le pétrole, ce
qui ferait qu’il ne serait plus nécessaire
de se donner à d’autres actvités
productrices. Ce faisant, le processus
de recherches d’une éventuelle
exploitaton du pétrole n’a pas été aussi
rapide que prévu, ce qui a engendré
une certaine frustraton dans le sein de
la populaton et le retour d’une vision
plus réaliste.
Considérant les risques d’une
mauvaise utlisaton des ressources qui
pourraient être obtenues à partr de
l’exploitaton du pétrole, en prenant en
compte ce qui s’est passé dans d’autres
régions pas très éloignées, la classe
dirigeante, infuencée par la pression
de la société civile qui commence à
s’organiser, s’est préoccupée, peut-
être pas sufsamment, à créer des
mécanismes qui permetent d’assurer
une geston ratonnelle, équilibrée
et transparente des revenus du
pétroles et la Loi Cadre des Recetes
Pétrolifères a été approuvée (2004). Le
perfectonnement et la modernisaton
de l’administraton publique a aussi été
entrepris.
Ces mesures consttuent une tentatve
de réponse aux préoccupatons
d’une grande parte de la populaton
santoméenne qui prévoit, comme risque
inhérent à l’exploitaton du pétrole,
un gaspillage des revenus à venir, le
détournement d’une grande parte
des recetes par une demi-douzaine
de dirigeants politques. Quand on
ausculte les Santoméens, de tous les
échelons sociaux, leur large majorité
croit en l’existence du pétrole, même si
des doutes subsistent sur son potentel
et sa qualité commerciale, mais ils sont
unanimes pour évoquer le phénomène
de la corrupton comme très probable,
vu ce qui se passe aujourd’hui dans la
geston de la chose publique et dans
l’enrichissement sans cause à laquelle
assiste notre société, de la part de
quelques personnages liés au pouvoir
politque et à l’administraton.
Mais la crainte des Santoméens, qui
accompagne leur espoir d’existence
du pétrole, s’étend au phénomène de
l’immigraton, qui va en augmentant,
sans que les pouvoirs publics
n’adoptent de mesures réglementaires,
étant donné que cete immigraton à
des efets néfastes par la concurrence
qu’elle provoque dans les rares
opportunités de commerce qui
surgissent ça et là, et qu’elle est en
grande parte clandestne à l’origine et
se transforme rapidement en légalisée
grâce à des actes de corrupton au
niveau de l’administraton. Cete
immigraton a apporté avec elle la
montée de la criminalité, avec de
nouveaux contours, elle est aujourd’hui
plus violente et rafnée et elle s’est
étendue à des domaines comme le
trafc de drogues.
La peur d’un élargissement du fossé
entre les riches et les pauvres, comme
résultat d’une mauvaise distributon
des revenus du pétrole persiste dans
l’esprit des Santoméens qui metent
toujours en doute la bonne foi de
leurs dirigeants politques et appellent
au perfectonnement des systèmes
de combat à la corrupton. Cete
crainte des Santoméens est fortement
alimentée par l’observaton qu’ils font
de ce qui se passe dans la majorité
des pays producteurs de pétrole, en
partculier en Afrique subsaharienne,
où un nombre réduit de familles
détent des fortunes colossales et
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une large majorité de la populaton
vit dans la mendicité. Certains
manifestent aussi leur inquiétude
pour le risque d’abandon du secteur
agricole et des possibilités d’accidents
environnementaux qui metraient
en cause l’équilibre écologique de
l’archipel, en détruisant son potentel
touristque et en réduisant sa qualité
de vie.
Si l’expectatve de l’existence du pétrole
à STP a d’abord créé dans l’esprit des
Santoméens un sentment d’euphorie
excessive, il semble aujourd’hui qu’ils
ont commencé à comprendre que le
processus pétrolifère ne se développe
pas avec la rapidité qu’ils supposaient
initalement, et que donc il devient
nécessaire de trouver d’autres
alternatves économiques, notamment
par le biais d’une exploitaton plus
ratonnelle des autres ressources,
comme la terre. Mais parler de
possibilité d’existence de pétrole à STP
n’a pas manqué d’apporter certaines
opportunités pour quelques cadres
santoméens travaillant dans l’Autorité
Conjointe et dans l’Agence Natonale
du Pétrole, ainsi que pour ceux qui
sont proches du secteur bancaire et
des assurances, lequel est en train de
connaître une augmentaton notable
d’installaton de nouvelles banques.
4. Les limites des thèses
de déterminisme
géographique et le poids
de la politque et de la
culture dans l’orientaton
économique.
L’histoire économique de STP,
découpée en diverses étapes au cours
des 5 siècles passés, n’a pu commencer
à être orientée par ses propres
habitants qu’au cours de ces trente
dernières années. Divers facteurs
ont déterminé ces diférentes étapes
et optons économiques, le premier
chronologiquement et le plus important
qualitatvement étant consttué par les
priorités de la puissance colonisatrice
à qui il incombait de décider des
solutons à appliquer dans chacun des
territoires qui consttuaient son empire.
C’est ainsi que pour STP, il fut décidé
que, vu sa localisaton géographique
à proximité de la côte africaine et ses
potentalités agricoles, son économie
se baserait d’abord sur la producton
sucrière et plus tard sur les cultures
de café et cacao, en parallèle avec un
rôle de base logistque de fourniture
de main d’œuvre esclave pour le
contnent américain. Ces optons
résultèrent de la déterminaton de
la puissance colonisatrice qui mit à
proft la localisaton géographique des
îles en les intégrant dans le contexte
de l’exploitaton économique des
colonies qui composaient l’empire
colonial portugais. Donc, même si on
ne peut pas afrmer que la géographie
soit un facteur déterminant dans le
choix des optons économiques des
pays, elle peut, toutefois, être un
facteur conditonnant et facilitateur de
certaines optons.
En tant que pays indépendant, les
optons économiques de STP ont été
très limitées à cause d’une série de
facteurs dont nous ne citerons que: le
poids du passé dont l’héritage est une
extrême dépendance en matère de
mise à proft des ressources naturelles
(monoculture de cacao) ainsi que les
habitudes culturelles allant dans le sens
d’une incapacité à metre à proft les
ressources naturelles. Le passé colonial
de STP a engendré un pays dépendant
de presque tout ce dont il a besoin :
biens d’équipement, moyens fnanciers
et ressources humaines qui entraînent
une faible capacité productve et une
balance de paiements très défcitaire,
tandis que l’aide internatonale assure la
survie. Avec des infrastructures sociales
et économiques infmes –telles que
centre d’enseignement de formaton
professionnelles, hôpitaux et même
pettes industries- un réseau router
réduit et sans ressources humaines
qualifées, la soluton d’orientaton
économique de STP n’a pas été chose
facile pour les décideurs politques.
Par ailleurs, les habitudes de la
populaton en matère de mise à proft
des ressources naturelles existantes,
notamment la terre et la mer, n’ont pas
non plus facilité aux autorités du Pays la
défniton d’une politque économique
cohérente et efcace, dans la mesure
où cete populaton fut forgée de telle
sorte qu’elle soit mise en marge de la
réalité productve.
Dans un tel cadre, la nature du
régime démocratque en vigueur
ne semple pas tout à fait comprise
car la noton de liberté, interprétée
dans son sens absolu, et le système
politco-insttutonnel, reposant sur
la répartton et l’interdépendance
des pouvoirs, n’ont pas facilité la
percepton des agents politques ; le
pays s’adonne à de nombreux débats
politques, stériles dans la plupart
des cas, pour la bonne raison qu’on
n’a pas pris en compte la nécessité
impérieuse d’adopton d’une politque
économique cohérente, consensuelle
et efcace. Celle-ci devrait considérer
les potentalités réelles de STP,
aussi bien en matère de ressources
naturelles, humaines et leur localisaton
géographique sur la bissectrice du Golfe
de Guinée, à une distance rapprochée
de voisins producteurs de pétrole.
S’il est vrai que le débat politque est
l’essence de la démocrate, il n’en reste
pas moins vrai qu’il est nécessaire qu’il
ne soit pas stérile et inconséquent avec
la situaton de pauvreté existante et
qu’il doit permetre d’infuencer les
pratques culturelles dans le sens de
la promoton du développement. Les
Santoméens n’ont pas encore réussi
à réduire le poids la confrontaton
entre les parts politques au proft de
solutons pour les grandes questons
économiques, en se penchant sur les
aspects techniques dans un milieu
mondialisé et hautement compéttf,
ils ne sont pas non plus arrivés à
modifer substantellement leurs
pratques culturelles pour chercher une
meilleure productvité et de l’efcacité
dans la mise à proft des ressources
existantes. Ajoutez à tout cela, le
poids de l’infuence externe dans les
recherches de solutons économiques,
souvent mal conçues et pas ajustées à
la réalité santoméenne.
Aujourd’hui le jour, tandis que les
nouvelles technologies d’informaton
mondialisent complètement les
relatons économiques entre les Etats,
la localisaton géographique des pays
ne représente pas grand chose dans
les solutons économiques. Beaucoup
plus que la géographie, c’est l’éducaton
des populatons, dans tous ses aspects,
qui est la base du développement et de
l’efcacité des optons économiques, en
quelque domaine que ce soit. Si donc
les décideurs politques prétendent
améliorer les conditons de vie de leur
populaton, il ne leur reste plus qu’à
faire de gros investssements dans
l’éducaton, afn que cete populaton
soit en mesure de trer le meilleur
proft des ressources disponibles pour
être compéttfs dans ce monde sans
frontère.
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1. Introducton
La terre est un des principaux facteurs
de producton agricole et d’élevage
de bétail. Utlisée et gérée de façon
ratonnelle, elle est en mesure de
garantr la durabilité des systèmes
productfs agraires. Elle engendre
un revenu et garantt la sécurité
alimentaire et nutritonnelle ainsi
que la qualité de vie des populatons,
surtout les plus vulnérables sur le plan
économique.
Pour cete raison, beaucoup de pays
ont fait une réforme agraire et STP
n’est pas une excepton.
Certains auteurs défnissent la réforme
agraire comme un ensemble de moyens
pour atribuer de la terre à ceux qui
n’en ont pas, d’autres la considèrent
comme un programme conçu
globalement pour la transformaton de
l’économie agraire. La réforme agraire
est un élément essentel pour parvenir
efectvement au développement rural
dans les pays moins avancés (PMA).
STP a déjà efectué plusieurs réformes
agraires sur lesquelles nous aurons
l’occasion de nous pencher au long de
ce travail.
Par exemple, de 1993 à 2005, dans
le cadre du projet de privatsaton de
l’agriculture et du développement de
la pette propriété (PPAP), 28.367,48
Ha furent distribués, en majorité à des
petts agriculteurs, anciens travailleurs
agricoles salariés. Mais quel a
été l’impact socio-économique et
environnemental de cete distributon
pour ces petts agriculteurs ou d’autres
bénéfciaires et pour le pays lui-
même ?
L’un des objectfs de la réforme agraire
était de garantr l’augmentaton de
la producton, alors que les études
de Fernandes et al. (2007), Bonfm
(2006) avancent que la mise en œuvre
du PPAP à la base de cete réforme
peut avoir contribué à l’augmentaton
de producton de certaines cultures
alimentaires comme la banane, le taro,
les porcins (459 T. en 2001, contre 10
T. en 1993). Les problèmes auxquels
s’afronte actuellement la Réforme
Agraire à STP sont multples, et nous
ne relèverons que les principaux, à
savoir les cadastres, les problèmes
législatfs, l’accès aux moyens et aux
facteurs de producton et enfn le
crédit. Contraintes que l’étude essaiera
d’approfondir en détail plus avant.
Cependant, aborder des problèmes
en rapport avec la terre (voir
méthodologie) et le développement
humain durable est très complexe
et exige une profonde connaissance
multdisciplinaire, notamment dans
les domaines de l’histoire sociale, de la
politque insttutonnelle, de l’économie
et de l’environnement.
L’objectf de cete consultaton de
recherche consttue à efectuer cete
approche de façon conceptualisée
et artculée, à STP. Les problèmes
de la terre et du développement
humain durable à STP sont nombreux
comme en réfèrent d’autres études,
dont la Letre de Politque Agricole
et de Développement Rural et Pêche
(LPADRP) (2007).
La présente étude est opportune et
pertnente, vu que, selon de récentes
informatons de la Banque Mondiale,
les prix des aliments ont augmenté
de 83% au cours des 3 dernières
années. Des spécialistes en sécurité
CHAPITRE 4
Succès et échec de l’exploitaton des
ressources naturelles
alimentaire et nutritonnelle suggèrent
que pour que l’Afrique puisse sortr
victorieuse de la crise alimentaire elle
devra faire une « révoluton verte ».
Une telle révoluton devra se placer
dans l’optque de l’augmentaton de
la disponibilité de l’existant, en sorte
de permetre l’augmentaton du
rendement à l’hectare des cultures
et simultanément l’augmentaton de
l’ofre en aliments.
Objectfs spécifques
Faire une étude sur la -
privatsaton des roças et le
Développement Humain,
incluant les efets économiques
et sociaux de la distributon des
terres
Analyser des entreprises en -
rapport avec l’exploitaton
des ressources naturelles et
formuler des hypothèses qui
facilitent la compréhension de
leur succès ou échec.
Analyser comment la fragilité de -
l’Etat afecte l’environnement
naturel et l’exploitaton durable
des ressources.
Hypothèses d’étude
La privatsaton de l’agriculture et -
des pettes propriétés par l’Etat
a été une politque inappropriée
et elle n’apporte pas de
bénéfces socioéconomiques
pour les agriculteurs ciblés,
elle ne contribue pas non
plus à augmenter la richesse
natonale
S’il n’y a pas un investssement -
adéquat dans le système
productf, la formaton,
l’informaton et l’assistance
technique aux agriculteurs
ciblés, il n’y aura pas
d’augmentaton de la producton
et d’amélioraton de la qualité
de leur vie et, par la suite, la
pression sur les ressources
forestères ira en augmentant.
L’instabilité politque -
insttutonnelle, le manque de
renforcement de la capacité
insttutonnelle actuellement
en exercice pourront consttuer
un grand écueil pour permetre
de trouver une soluton aux
problèmes fonciers auxquels
le pays est confronté, ils
augmenteront l’exode rural et la
diminuton de l’ofre d’aliments
produits localement ainsi que
la producton de cacao.
Méthodologie
Nous décrivons ci-dessous avec
quelques détails l’approche
méthodologique qui a orienté cete
recherche. Deux méthodes ont été
adoptées pour collecter l’informaton:
Collecte de données primaires a)
En vue d’ateindre le premier objectf et
tester la première hypothèse d’étude,
une enquête transversale a été réalisée
en juillet 2008, portant sur 102 paysans
pratquant l’agriculture familiale.
L’enquête s’est adressée aux chefs de
famille ou d’exploitaton, distribués
sur 10 communautés, notamment
Vanguarda, Colónia, Porto Alegre, S.
Januário, Plancas et Milagrosa, entre
autres. Ces communautés sont situées
dans les Zones Centre, Sud et Nord du
pays. Ces agriculteurs de la zone-cible
de l’étude ont été sélectonnés par le
biais d’un échantllon aléatoire
Tableau 6: Selecton probabiliste de l’échantllon

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,"##-.)-(/0'
!"#$%&' +&' 12&30'
+&' 3)#4**&' 5)%'
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simple, à partr d’une liste fournie par
le Cabinet de la Réforme Agraire (CRA).
Le tableau 1 présente la sélecton de
ces échantllons qui est tombée sur 10
communautés, où furent consultés 7 à
13 chefs de famille par communauté.
Les thèmes du questonnaire
soulevaient principalement la queston
des efets économiques, sociaux et
environnementaux liés au processus
de distributon de terre.
Pour ateindre l’objectf 2 et tester les
hypothèses formulées, voir tableau 2,
à partr d’une liste provenant du CRA
et d’échanges avec le Directeur de
ce Cabinet ainsi que le Président de
l’équipe technique d’évaluaton de la
terre, 3 moyennes entreprises (de plus
de 10 Ha) ont été sélectonnées. Elles
avaient été touchées par le processus
de distributon qui s’est déroulé
spécialement au cours des 10 à 15
dernières années. Les données ont été
recueillies par le biais d’une fche où les
thèmes/questons abordées traitent
tous du processus de distributon de
terre et son impact social, économique
et environnemental (succés et échecs),
aspects qui couvrent la dimension du
concept de développement humain.
Vu la pette taille de l’échantllon, il a
été sélectonné de façon aléatoire et
probabiliste. Le critère de la sélecton
est intentonnel et il se fonde sur
l’accessibilité de l’entreprise (sa
localisaton), la capacité de geston
et d’engagement dans l’exploitaton,
l’investssement (en capital et
fonctonnement), la possibilité de
metre à la dispositon des enquêteurs
une comptabilité organisée.
Collecte des données a)
secondaires
Plusieurs réunions ont eu lieu à ce
sujet avec les insttutons spécialisées.
Plusieurs documents ont été consultés,
les plus importants étant les Rapports
de Développement Humain (2002-
2006), la Letre de Politque Agricole,
Développement Rural et Pêche (2007),
la Stratégie Natonale de Réducton de
la Pauvreté (2002).
La collecte de ces informatons
secondaires nous a aidés à défnir
les objectfs et poser les hypothèses
ainsi qu’à entrer dans le vif du sujet
des objectfs/tâches de l’étude
en traversant les limitatons de la
collecte d’informaton primaire, telles
qu’identfées ci-dessous:
Les limitatons dans les entreprises
moyennes se sont situées dans
la résistance de certains de leurs
propriétaires pour metre à dispositon
des données fables et valides pour
la réalisaton de l’étude. Plusieurs
déplacements ont été nécessaires pour
arriver à les rencontrer.
Malgré l’insistance pour obtenir ces
données, tous les propriétaires n’ont
pas donné de réponse complète aux
questons posées, d’autres n’ont
même pas répondu à la queston sur
la producton annuelle, les engrais…,
ce qui peut indiquer ou prouver qu’ils
n’ont pas un compte d’actvité à jour
et que, dans de nombreux cas, cete
comptabilité n’existe pas.
Avec les petts agriculteurs aussi, on
est tombé sur certaines résistances à
fournir les informatons
Développement de l’étude
Dans cete parte, nous ferons une
présentaton du pays et des potentalités
de ses ressources naturelles, des
contraintes liées à leur mise à proft,
notamment la terre et la réforme
agraire et le développement soutenu,
les implicatons sur plusieurs indicateurs
de développement humain et leur
évoluton, les ODM (progrès ou reculs).
L’étude de cas sur la privatsaton au
niveau des petts agriculteurs et de trois
entreprises, les résultats, la discussion
(échecs ou réussite) fera l’objet d’une
étude qualitatve complémentaire.
2. Présentaton du pays
On ne peut pas aborder la problématque
de la terre et du développement
durable à STP sans prendre compte
préalablement de ses caractéristques
géographiques, physiques, politques
et socioéconomiques. Les voici donc
brièvement décrites
2.1 Situaton géographique
et climat
Les îles de São Tomé (829 km2) e de
Principe (142 km2), plus cinq îlots
(Rolas, Cabras, Caroço, Bom-bom et
Boné de Joke) composent le territoire
de la République Démocratque de S.
Tomé e Principe.
Située dans le Golfe de Guinée, entre
les méridiens 6°20 et 6°44 de longitude
et les parallèles de 0°5 et 0°24 et 40’’
de lattude N, l’île est distante de 360
km de la côte Ouest du contnent
africain, et elle fait parte d’une ligne
volcanique qui s’étend de l’île d’Ano
Bom aux Monts du Cameroun.
2.2 Populaton
Selon les données du recensement
de la populaton et de l’habitaton
(2002), le pays comptait alors 137.500
habitants. Les projectons actuelles
de l’INE donnent 150.000 habitants.
Le taux de croissance démographique
selon les données de plusieurs rapports
de développement humain ne dépasse
pas 2,5% et tend à baisser depuis
maintenant jusqu’en 2015.
2.3 Sol, climat et
hydrographie
D’origine volcanique, les sols sont
fondamentalement de type argileux,
riches en matère organique, considérés
de bonne qualité pour l’agriculture
et la forêt, grâce à leur profondeur,
drainage, propriétés chimiques,
matère organique, PH et taux d’azote
(Carvalho et sacadura, 1962, cité par
Bonfm, 2002).
Le relief des deux îles principales est
accentué et elles ont une couverture
végétale dense, ainsi qu’une
pluviosité élevée, ce qui explique leur
hydrographie. La plupart des feuves
prennent naissance dans les cuvetes
des montagnes, principalement là où
la pluviométrie dépasse 1500 mm. Le
climat est défni comme équatorial
océanique ou tropical humide, bien
que l’existence de certains facteurs
climatques fait qu’il y a plusieurs zones
microclimatques. Les deux saisons de
l’année ne sont pas bien défnies. Ce
climat rend le pays potentellement apte
au développement de l’agriculture, de
l’élevage de bétail et de l’écotourisme.
2.4 La terre et les ressources
naturelles potentelles
On ne peut pas aborder la queston de
la terre et du développement durable
sans prendre en compte les politques
agraires, notamment les réformes
insttutonnelles qui ont été menées
par le CRDST pendant les dernières
décennies au niveau de la distributon,
l’usage et le droit de la terre. L’approche
« type » nous permetra d’analyser les
implicatons que ces réformes ont eu
sur le développement humain pour
notre pays, dans toute sa dimension
conceptuelle, thème que nous
Tableau 7: Sélecton de l’échantllon de moyennes entreprises
!"#$%&'()*'+)% ,#)*$-*'($.%/'$0% 1$+)2*$% 34()56$%7$%-*"70+)'"#% 8"69*$%7$%)*2:2';;$0*(%
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analyserons au cours de ce travail.
Est également indispensable la
connaissance sur les ressources
naturelles potentelles ofertes par
la terre arable, son exploitaton
économique ou sa valorisaton pour
engendre du revenu ainsi qu’une
meilleure qualité de vie de ceux qui
l’utlisent. C’est dans ce contexte que
sont présentés et décrits quelques
indicateurs d’agro-élevage et
foresters, provenant des insttutons
spécialisées.
2.4.1 Réforme agraire et
développement rural
La réforme agraire a été mise en place
en 1993. Selon la LPADRP (2006), ses
principaux objectfs sont :
Augmenter et diversifer la producton
agricole, par le biais de la privatsaton
des plantatons d’Etat et de la
promoton du développement de la
pette propriété, augmenter l’efcience
de la producton, alléger la pauvreté
rurale, diversifer la croissance et la
durabilité de l’agriculture et protéger
l’environnement. Parmi les diverses
composantes de la réforme agraire,
on retent : l’appui à la distributon
de la terre, l’assistance technique
pour distribuer et louer (sur la base
de l’usufruit) environ 20.000 Ha de
plantatons de l’Etat à de nouveaux petts
et moyens propriétaires, l’assistance
fnancière aux travailleurs du secteur
public qui abandonnent leur emploi
fxe pour aller s’établir sur des terrains
atribués, comme pett propriétaire
privé, la réforme opératonnelle de la
geston du secteur du cacao, l’assistance
technique et fnancière aux opératons
d’une société de geston de noyaux et
de commercialisaton, l’administraton
et les services d’appui au secteur
équipement social et environnement, la
planifcaton agricole, l’administraton
du secteur, les services d’extension,
la formaton agricole, la planifcaton
et la mise en œuvre de l’utlisaton
du sol, les services cadastraux et
l’accompagnement de l’impact social
du projet, etc.
a) Quantté de terre distribuée
La RDSTP a conçu et formulé un
programme de distributon de terres
appelé PPAPP qui commença en 1993.
Le tableau 1 en annexe montre le
résumé général de cete distributon ;
en tout 28.367,48 Ha de terre furent
distribués.
b) Distributon de la terre selon
le type d’exploitaton
Le tableau suivant montre la
distributon des surfaces selon le
type d’exploitaton ; 69,7% furent
distribuées aux petts agriculteurs et
0,2% aux moyennes entreprises.
c) Constructon du système agraire
Les schémas 1 et 2 illustrent le modèle
conceptuel de système agraire en
RDSTP, utlisé dans le cadre du projet
de privatsaton agricole et de pette
propriété. Il s’agit d’un modèle
pyramidal. Ce modèle, selon les
spécialistes natonaux, n’a pas suscité
de fortes réactons adverses, au cours
de sa matérialisaton, il a même
consttué un point de consensus
natonal, résultat de la pression
sociale contre la poursuite des grandes
entreprises agricoles.
La base de la pyramide montre
clairement qu’elle est beaucoup plus
large au niveau de l’exploitaton de
type familial ou pette entreprise,
au détriment des autres types
d’exploitaton mentonnés dans le
schéma. Le schéma 2 en annexe montre
la dispariton des grandes entreprises
et l’appariton d’un système pyramidal
dominé par les moyennes et pettes
entreprises familiales.
On estme que, comme modèle, il n’a
pas fonctonné convenablement, il n’a
pas eu et il ne pourra pas avoir d’impact
positf dans le développement humain,
ceci en raison de contraintes diverses
auxquelles il a été confronté pendant
sa mise en œuvre et qui ont entravé sa
consolidaton, notamment :
pas de conclusion de la distributon des
terres initée par le PPADPP par manque
de données statstques détaillées de la
distributon des terres ;
absence d’inscripton au cadastre et de
registres de terres distribuées ;
absence d’autorités dans les entreprises
(renforcement du pouvoir local) ;
défciences dans la législaton foncière
à cause de l’absence de structures
opératonnelles associées (cadastres,
organisatons locales, etc.) ;
ttularisatons insufsantes de la
distributon des terres dans la modalité
de concession temporaire qui mène à
un manque de garantes et à de faibles
investssements dans les terres,
cadre législatf insufsant (l’atributon
aux petts agriculteurs des logements
qu’ils occupent de façon précaire n’est
pas prévue, ce qui les force à vivre dans
des conditons précaires et insalubres ;
manque de moyens de communicaton
à longue distance pour les travaux de
délimitaton, une grande parte des
terres distribuées aux travailleurs
agricoles sont des friches ou sont
difciles à metre en valeur à cause
de leurs fortes pentes ou difcultés
d’accès,
geston défciente des moyennes
entreprises, exode rural) et
absence d’organisatons qui regroupent
les agriculteurs pour la réalisaton
d’actvités communautaires, geston
Source: UGP/PPADPP (2000)
Tableau 8: Distributon selon le type d’exploitaton
Source: Modifé de CRF cité par Fernandes et al (2007)
1C1AL DLS SUkIACLS DIS1kI8ULLS ----------------------------- 28367,48
!"#$%&'()*()+(,-,)./$-'#0,(#$)10#2)2#$%&'()*()345(66()(6,$(1$-2()&,,$-7#8(9)))
1C1AL DLS SUkIACLS DL MC¥LNNL LN1kLÞkISL------------------ S86,30
)!"#$%&'()*()345(66()(6,$(1$-2()&,,$-7#8()(,)*()345(66()(6,$(1$-2()$('46%-$38(9)
Þourcentage de terres attr|buóes à |a moyenne entrepr|se ----- 0,2¼
Þourcentage de terres attr|buóes à |a pet|te agr|cu|ture --------- 69,7¼
Autres c|toyens 30.1
1C1AL DLS CCMMUNAU1LS DIS1kI8ULLS ---------------------- 1S0
1ota| de Moyennes entrepr|ses attr|buóes -------------------- 220

Figure 1 - Constructon du système agraire en trois types d’exploitaton
Grandes Entreprises Agricoles
Moyennes Entreprises
Pette Entreprise
Familiale
Figure 2 - Constructon du système agraire en 2 types d’exploitaton
Moyennes Entreprises
Pette Entreprise
Familiale
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des terres dans le cadre du PPADPP
(LPADRP, 2007).
Il ne faut pas oublier que l’exode rural
est pratqué en majeure parte par les
jeunes, ce qui compromet l’avenir de
la terre. Ils se sont déplacés vers des
milieux urbains, notamment la capitale,
São Tomé, ou bien ils ont émigré vers
d’autres pays, à la recherche d’emplois
et d’opportunités pour faire du négoce
et améliorer leurs revenus et leur
qualité de vie. En transférant leur
terre, dans la plupart des cas, ou en
vendant les arbres de leur lot. Ceci,
à cause des grands espoirs que le
processus de distributon avait réveillé
en eux et qui sont devenus frustrants
quand le « droit et l’usage de la terre »,
ainsi que les possibilités de crédit
pour investr dans l’exploitaton ont
échoué. De même, l’avenir du genre et
de la femme en partculier pourra être
compromis à cause de l’inégalité qui
prévaut dans le travail et du taux élevé
d’analphabétsme.
Mais tout de même, l’impact sur la
sécurité alimentaire pourra être positf
(voir disponibilité de la producton
locale) et le nombre de personnes
sous alimentées et dénutries pourrait
avoir diminué, dans la mesure où les
trois dimensions/composantes de la
sécurité alimentaire et nutritonnelle
sont garantes pour la populaton la
plus vulnérable, notamment l’accès
physique et économique traduits en
distributon, utlisaton et stabilité des
aliments.
A mon avis, le modèle pyramidal
d’exploitaton devrait être reformulé,
en laissant revenir les jeunes qui
possèdent encore des parcelles et
en promotonnant les moyens
entrepreneurs qui possèdent un capital
d’investssement pour pratquer un
système de primes salariales, en
encourageant le binôme logement
et santé décents , le loisir et la
formaton en développement sur l’
exploitaton, voire le tourisme rural.
Une autre alternatve suggérée
par certains auteurs politques
est la créaton de coopératves
dynamiques et solidaires en termes de
fonctonnement, capables de capter
et mobiliser les ressources fnancières
et autres moyens pour optmiser leur
tâche.
La reformulaton d’un modèle dont
la mise en œuvre pourra avoir des
implicatons positves en DH et ODL
est encore dépourvue des nécessaires
études en profondeur sur le système
agraire, peut-être les expériences
d’autres pays insulaires pourraient-
elles servir d’inspiraton.
Législaton foncière et Droit à la b)
Terre
En 1991, l’Etat santoméen a promulgué,
à travers l’Assemblée natonale, la Loi
n° 3/91 qui établit le cadre juridico
consttutonnel régulateur de la
propriété foncière. Suivi de plusieurs
décrets, comme le Décret-Loi n° 51/91
qui défnit les règles d’utlisaton et fxe
les principes généraux et critères de
distributon des terres qui intègrent le
domaine privé de l’Etat et destnées à
des fns agricoles, et, pour donner plus
de durabilité au processus législatf
foncier natonal furent promulgués trois
décrets (Décrets 8/92,30/92,21/94) et
l’ordonnance n° 8/92.
Il y a actuellement une équipe
technique chargée d’évaluer le
processus de distributon des terres
qui a commencé ses travaux en 2006.
Les problèmes de manque de moyens
pour les inspectons a contribué aux
retards des travaux.
D’autre part, la FAO a fnancé un projet
de réforme agraire qui comprend la
révision de la législaton, y compris
la réglementaton de certains de
ces aspects. Interpelé à ce sujet, le
Coordinateur du projet a confrmé
que la révision de la législaton est
efectvement en cours et qu’elle pourra
prévoir, outre le ttre provisoire,
un ttre défnitf et de vente dépendant
de la capacité d’investssement
des propriétaires et du modèle
d’exploitaton qu’ils prétendent mener.
Demeure la nécessité de faire des
règlements sur plusieurs aspects que
la législaton actuelle ofre pour rendre
son applicaton plus efcace.
2.4.2 Producton agricole
Le tableau n°9 présente la producton
végétale pendant la période 1993-
2003, disons qu’il illustre en grande
mesure la période de distributon
des terres et les principales plantes
alimentaires et industrielles qui ont
été cultvées ou qui existent. Nous
observons que la producton de taro a
augmenté de 23% contre 11% pour la
banane et 0,25% pour le fruit à pain.
De 1995 à 2003, la producton de cacao
s’est maintenue telle quelle (elle a
augmenté d’à peine 0,36%). Cependant
la croissance de la producton de cacao
gomme dans la Région Autonome de
Principe entre 1994 et 2003 est assez
prometeuse, puisqu’elle est de 38%.
2.4.3 Producton en élevage
Le PIB de l’élevage a représenté 5,3%
du PIB total du pays, il est tombé à
3,5% en 1998 pour remonter à 4,2% en
2000 (LPADRP,2006)
Le tableau n°6 présente la producton
d’élevage en 1993-2004. Observons
qu’il y a eu une croissance de la
producton de viande de porc de l’ordre
de 388% contre 0,2% pour la viande de
poule locale, qui sont manifestement
les deux principales espèces élevées
par les bénéfciaires du programme de
distributon de terres, spécialement les
petts agriculteurs.
Selon une étude réalisée par Bonfm
(2008) dans le cadre du projet d’appui
au développement de l’élevage, fnancé
par le CRDSTP/BAD, actuellement en
cours, pour analyser la producton
de l’élevage (1997-2006), le taux de
croissance moyenne des efectfs
bovins élevés dans les moyennes
entreprises a été de 21% et celui
de la producton de 7,3%. Pour les
poules locales, élevées surtout par
les petts agriculteurs bénéfciaires
du programme de distributon,
l’augmentaton des efectfs a été de
6% et celle de la producton de 7,3%,
ceci grâce aux appuis du projet cité,
notamment la stratégie de vaccinaton
et déparasitage qui ont été exécutées
pendant la première phase du projet
(1998-2003). En revanche, les canards,
les dindes et les lapins ont eu une
croissance négatve.
Tableau 9: Producton agricole (1993-2006 en tonnes)
Source: INS/ DPE (2004) cité par la LPADRP(2006).
Tableau 10: Producton d’élevage (1993-2003 et tonnes de viande)
Source: INS(1997), Directon de l’élevage (1993)
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2.4.4 Ressources forestères
et producton de bois
Le tableau suivant présente le nombre
et le volume en mètres cubes d’arbres
abatus entre 1996 et 2004. Le taux de
croissance du nombre d’arbres abatus
est notoire entre 1996 et 2003, environ
18%. Ce qui donne raison aux personnes
interviewées qui parlent des efets
négatfs de la distributon des terres,
notamment en ce qui concerne les
coupes d’arbres qui peuvent provoquer
un impact négatf sur l’environnement.
D’où la nécessité pour le processus de
distributon des terres d’être l’objet
d’un accompagnement insttutonnel
fréquent et efcace, notamment avec
contrôle par des gardes foresters,
assistance technique adéquate aux
exploitatons sylvo-pastorales, visant
à réserver des ressources naturelles, à
les gérer et les utliser ratonnellement
pour la sauvegarde des intérêts
socioéconomiques et autres des
génératons à venir (développement
durable).
2.4.5 Autres ressources du
pays et répercussion sur le
développement rural
Outre l’agriculture, la pêche, le tourisme,
le CRDSTP prétend faire la prospecton,
producton et exportaton de pétrole,
ce qui pourra ouvrir une fenêtre
d’opportunités pour la croissance
économique et le développement social
et économique durable du pays ainsi
que l’amélioraton de la qualité de vie de
son peuple. Dans ce contexte, des pas
importants ont été réalisés par le pays.
En octobre 2003, fut organisée dans le
pays la première enchère des blocs de
la zone d’exploitaton conjointe avec le
Nigéria. On ne connaît pas encore avec
précision le potentel en hydrocarbures
existants et leur viabilité commerciale,
mais certaines sources parlent de mille
barils par jour.
Il est prévu qu’un minimum de 7% de ces
recetes sera afecté au développement
de la région de Principe et un minimum
de 10% aux municipalités, surtout dans
les zones rurales. Dans beaucoup
de ces zones rurales, se trouvent des
bénéfciaires cibles de la réforme
agraire qui se plaignent que l’une des
principales restrictons au succès de
la réforme agraire est le manque de
fnancement.
Il faudra faire une prospecton et
ensuite une exploitaton durable de ces
ressources pétrolières, en évitant les
impacts négatfs pour l’environnement
et l’augmentaton de la pauvreté par le
« syndrome hollandais ». Mais pour
le Gouvernement actuel, l’exploitaton
du pétrole est une queston de moyen
et long terme, la priorité des priorités
étant le développement agricole.
Paradoxalement, la récente réunion de
l’Autorité Conjointe Nigéria/STP signale
la nécessité d’exercer des pressions
sur les entreprises qui ont des droits
sur l’exploitaton pour que l’année
prochaine, elles fassent d’avantage de
forages.
Concrètement, on prévoit que le DH
pourra s’améliorer avec l’arrivée des
recetes du pétrole. Mais cela sera
seulement possible si le Gouvernement
utlise une parte de ces recetes pour
fnancer le système de producton
agricole, d’élevage et forester,
l’éducaton et la santé. D’ailleurs une
parte de cete ressource va maintenant
être utlisée pour les bourses des
étudiants en enseignement supérieur
et professionnel, ce qui pourra
améliorer le taux d’enseignement
primaire combiné avec l’enseignement
professionnel et supérieur de l’IDH..
3. Privatsaton des
roças et Développement
Humain
Dans cete parte du rapport, sont
exposés les résultats obtenus à partr
de l’enquête réalisée auprès des
bénéfciaires de la distributon des
terres, selon la méthodologie mise au
point à cet efet. Les résultats sont
commentés et discutés en foncton
d’autres travaux déjà efectués,
directement ou indirectement liés au
thème de départ, « la privatsaton des
roças et le DH ».
La réalisaton d’une telle étude
implique en premier lieu de faire une
approche théorique sur les principaux
secteurs stratégiques transversaux de
développement rural. On trouvera ci-
dessous le traitement de cete approche
multdisciplinaire placé dans l’optque
de l’artculaton de la terre et de son
usage avec la santé, l’éducaton et le
développement durable, en partculier
l’environnement.
3.1 Principaux secteurs
stratégiques transversaux
de développement rural
La santé et l’éducaton, en tant
que dimensions principales du
développement humain, sont
évidemment des composantes sociales
essentelles pour la garante du
développement rural et de la réforme
agraire visant « les systèmes productfs »
en partculier. C’est dans ce contexte
qu’il faut analyser si réellement
des changements signifcatfs sont
survenus dans le pays, au niveau de
ces secteurs qui contribuent aussi à
la réducton de la pauvreté, laquelle
afecte, nous le répétons, près de
54% de la populaton. La garante de
durabilité environnementale est une
autre composante essentelle des
systèmes productfs que nous allons
analyser en suivant.
3.1.1 Santé publique
Aspects globaux a)
En termes globaux, on peut dire
qu’existent des progrès dans le domaine
de la santé à STP, surtout si on fait la
comparaison avec des pays d’Afrique
subsaharienne à bas revenus. Ici
l’espérance de vie est supérieure à 60
ans, alors qu’elle arrive à peine à 50 ans
dans l’Afrique subsaharienne. Les taux
de vaccinaton contre la tuberculose
et la rougeole ont augmenté de plus
de 80% depuis 2002, traduisant des
progrès en soins primaires et se
refétant en taux de mortalité infantle
bien inférieur à ce qu’ils sont en Afrique
subsaharienne.
Actuellement, selon les données de la
Directon des Soins de Santé, le taux de
prévalence de l’HIV/Sida est de 1,5%.
300 cas de personnes séropositves
ont été notfés. Le nombre de cas de
paludisme qui était de 31.614 en 2000
(RDH, 2002) a diminué notablement au
cours de ces dernières années puisqu’il
n’y en avait plus que 3000 dans tout
le pays en 2007, soit une prévalence
inférieure à 5%. Ce succès est à atribuer
à la mise en œuvre d’une stratégie de
pulvérisaton dans les maisons de tout
le pays, à l’usage de moustquaires
Tableau 11:Nombre et volume (mètres cube) dês arbres abatus 1996-2004
Source: Directon de la Forêt, 2004
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kapport Nanona| sur |e Dóve|oppement numa|n a São 1omó e Þr|nc|pe 2008 74
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imprégnés, etc. Le taux de mortalité
infantle par cete maladie s’est réduit
signifcatvement.
Signifcaton et conséquences b)
de la distributon de terres
pour la santé publique
Une des dimensions du concept de
développement humain est d’avoir une
vie longue et en bonne santé.
Or, de nombreux Santoméens, surtout
les groupes les plus vulnérables
(enfants, personnes du 3ème âge,
femmes enceinte) et les gens qui vivent
dans les communautés rurales les plus
reculées, bénéfciaires d’autre part du
processus de distributon des terres, n’a
pas encore connu cet enviable statut
de longue vie et en bonne santé.
Par ailleurs, pour que le citoyen
santoméen puisse partciper
actvement à la vie politque, sociale,
économique et culturelle de son
pays, soit individuellement, soit
collectvement, et au développement
rural en partculier, il lui faut avoir une
bonne santé physique et mentale.
Quoiqu’il en soit, dans les communautés
cibles de la distributon de terres,
l’accès aux services de santé publique,
assainissement de base et eau potable
en partculier –considérés comme
stratégiques et prioritaires dans tous
les programmes de santé des successifs
Gouvernements, ainsi qu’objectfs de
développement du millénaire – n’ont
pas accompagné simultanément, de
façon accélérée, intégrée, harmonieuse
et globale, la mise en œuvre d’un
programme de distributon de terres
appropriée et de privatsaton de
l’agriculture et des pettes propriétés.
Les eforts du Gouvernement et de
ses partenaires de développement
dans le domaine de la santé, PNUD,
UNICRF, OMS, Coopératon Portugaise
(IPAD a élargi cete année son champ
de couverture à Caué et la Région
de Principe) et la Chine Taiwan, ont
contribué à résoudre les problèmes des
services de base de la santé au niveau
natonal (Ex: Programme, contrôle et
éradicaton du paludisme et autres).
Les bénéfciaires du processus de
distributon des terres n’ont pas été
écartés des services oferts, notamment
dans les soins préventfs ou de santé
primaire.
Mais malgré cela, les défs posés dans
ce domaine sont immenses: il faudra
augmenter le nombre de médecins qui,
selon les rapports, n’est que de 47 ou
48 pour 100.000 habitants, augmenter
le nombre d’accouchements assistés
par des techniciens de santé (qui
tourne autour de 76%), améliorer le
stade nutritonnel (15% des enfants
ont un poids défcient, 26% ont une
taille inférieure à la taille normale de
leur âge, selon les chifres recueillis
pour 1995-2000 dans les rapports
spécialisés).
Selon la LPADRP (2007), la majorité
des communautés rurales (80%) n’ont
pas d’écoulement des eaux usées dans
leur logement, ou bien ceux-ci ne
sont pas en état de fonctonnement.
L’accumulaton des ordures à l’air
libre consttue une autre énigme… La
plupart des installatons sanitaires sont
collectves et elles ne fonctonnent
pas, soit par manque d’eau, soit pour
vétusté ou encore pour mauvaise
utlisaton collectve.
69% de la populaton rurale fait ses
besoins à l’air libre et seulement 16,1%
de la populaton globale du pays a une
salle de bain avec installaton d’eau
canalisée et adducton d’eau, 20,3%
va chercher son eau dans les rivières
ou étangs, 47,3% dans les fontaines
publiques et seulement 1,4% à des
points d’eau individuels (Recensement
de la populaton et de l’habitaton,
2001).
La populaton contnue à parcourir de
longues distances jusqu’à un centre
de santé, défcient, insufsant quant à
l’ofre de services spécialisés, surtout
en ce qui concerne la protecton
materno-infantle et chirurgicale,
avec un approvisionnement défcient
en médicaments dans les postes
communautaires et un nombre de
postes insufsant (CPADRP, 2007).
3.1.2 Educaton, remise à
niveau et exploitaton des
ressources
Aspects globaux c)
Les principes et objectfs des Natons
Unies en général, et du PNUD en
partculier, considèrent que le
développement, quel qu’il soit, doit
contribuer à augmenter les capacités
et choix possibles des gens, en pensant
toujours aux génératons futures.
Pour y arriver, outre les ressources
fnancières sufsantes, il faut une
bonne éducaton qui permete de
développer le potentel intellectuel et
professionnel.
Les indicateurs sont au-dessus de la
moyenne d’Afrique subsaharienne.
Le taux d’alphabétsaton des
personnes de 15 ans ou plus est assez
encourageant dans la perspectve du
renforcement des capacités des cadres
et leur partcipaton actve dans le
développement humain, économique
et rural en partculier.
Malgré tout, les écueils sont immenses
selon la LPADRP (2007) qui se réfère
aux infrastructures scolaires dégradées,
insufsantes et surpeuplées, à l’abandon
scolaire précoce, surtout chez les flles,
à l’indice élevé d’analphabétsme,
surtout chez les femmes.
Ces contraintes afectent
extraordinairement la politque
d’éducaton versus les possibilités
de développement des ressources
naturelles du pays, raison pour
laquelle, elles devront disparaître
pour que les conséquences de la
distributon des terres sur l’éducaton
dans les communautés rurales ne soit
pas encore plus néfastes, entraînant le
taux d’analphabétsme rural, l’inégalité
de genre, la pauvreté et les difcultés
d’assimilaton et expérimentaton des
paquets technologiques.
Formaton spécifque exigée d)
par rapport à l’usage et la
possession de la terre
Nous ne disposons pas des informatons
fables et viables sur la formaton
spécifque qui a été oferte aux
élèves pour travailler plus tard dans
l’administraton et l’exploitaton de la
terre. Tout de même, nous savons que
des dizaines de fls d’agriculteurs ont
reçu une formaton au CATAP au cours
de ces dernières années, qu’ils ont reçu
de la terre et qu’au cours des années
90, cete insttuton a également formé
des dizaines de jeunes cadres qui
bénéfcièrent d’atributon de parcelle
de terre à Mesquita (0,5 à 2Ha).
Actuellement, plusieurs étudiants sont
au Portugal pour faire une formaton
professionnelle dans le domaine de
l’agriculture. La tentatve d’organiser
une formaton supérieure en sciences
agraires à l’IUCAI et à l’Université
des Luisiades a échoué par manque
d’inscripton d’étudiants. A la dernière
rentrée scolaire, l’IUSPT a ouvert une
licence en agronomie.
Dans le cadre du projet STP-TCP/
INT/FAO/3103, l’étude élaborée
par Fernandes et al. (2007) sur la
formulaton d’un programme sur la
capacité régionale, la réforme agraire
et la geston des terres ainsi que les
aspects juridiques suggère, entre
autres, les formatons suivantes et
thèmes spécifques, notamment :
Défniton et méthodologie -
d’approche et politques
de développement rural,
durable et intégré à STP.
Usage et mise en valeur -
de la terre pour les
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cultures alimentaires et
industrielles ;
Usage et mise en valeur de -
la terre pour la producton
animale (pâturages,
fourrages, ratons
alimentaires) ;
Usage et mise en valeur de -
la terre pour la protecton
des écosystèmes foresters
et de l’environnement ;
Usage de la terre et système -
d’irrigaton ou obtenton
d’eau pour les cultures et
les labours ;
Accès de la femme à la -
terre et problématque de
développement et bien-
être de genre ;
Pouvoir local et -
administraton de la terre
et du patrimoine des ex
entreprises agricoles et
d’élevage étatques.
La formaton de courte durée est
adressée à des moyens entrepreneurs,
petts agriculteurs des communautés ou
zones rurales du pays et comprend une
campagne d’alphabétsaton soutenue,
ainsi qu’à des cadres techniques de
niveaux moyens et supérieurs avec une
formaton avancée.
A notre avis, il pourrait être important
d’inclure quelques thèmes dans les
programmes des écoles primaires
et secondaires pour enseigner aux
élèves la mise en valeur des systèmes
productfs agricoles, de l’usage et de la
possession de la terre en partculier.
Il nous semble qu’avec cete mise à
niveau, on pourra trer de meilleurs
rendements des ressources naturelles
de STP, cependant il faudra veiller à
ce que, en outre, d’autres mises à
niveau aient lieu sur la technologie de
producton (travaux sur la terre pour les
cultures, maniement zootechnique),
la commercialisaton, geston,
transformaton et conservaton des
produits, vulgarisaton ou extension
rurale.
3.1.3 L’environnement naturel
et le développement durable
La réforme agraire en RDSTP vise aussi
la diversifcaton de la croissance et la
durabilité de l’agriculture en protégeant
l’environnement. Avant d’aborder ce
thème en détail, nous allons présenter
le panorama général de la situaton
environnementale en RDSTP.
Selon Bonfm (2006), la SNRP souligne
l’importance de l’impact global de
l’environnement sur le développement
de l’archipel, notamment:
L’espace terrestre et la zone -
maritme sont réduits et dans
chacune de ces zones existent des
êtres vivants et des formatons
inertes dont le pays a besoin
pour satsfaire les plus diverses
nécessités: commercialisaton,
alimentaton, constructon de
logement, médicaments, etc.
La sylviculture et la forêt, les -
pêches, le tourisme, le sol de la
zone côtère, la pêche et l’eau
consttuent les secteurs les plus
sensibles aux changements
climatques
Des spécialistes en environnement
notent que les pettes îles africaines
sont « partculièrement plus
vulnérables aux changements
climatques », rendant nécessaire
de riposter par la mitgaton et
l’adaptaton à ce changement de
façon appropriée. Ces changements
évoquent l’érosion côtère, le
changement dans les courbes de
pluviométrie, les sècheresses graves,
et une montée des phénomènes
climatques extrêmes comme les
ouragans, les raz de marée et les
cyclones.
A ttre d’exemple le tableau 12 illustre
les valeurs des diférentes sensibilités
climatques dans trois scénarios à
l’horizon temporel 1990-2100, en se
basant sur l’analyse du comportement
de la température (T, en °C.) et des
précipitatons (P, en mm) au cours des
périodes de référence 1951-1970 plus
humide et 1961-1990 plus sec à STP.
Ces données indiquent une sensibilité
élevée, vu les diférences entre la
référence humide et les scénarios
pessimistes. Une faible sensibilité
en se référant à la période humide,
ce qui correspondrait aux variatons
respectves de SBT= +1,32°C. et SBP=
356,6mm. Le scénario optmiste révèle
que STP n’est pas à l’abri d’éventuelles
perturbatons climatques. Toutefois,
l’évoluton signifcatve de la
température et la diminuton simultanée
des précipitatons perceptbles dans le
scénario actuel 1961-1990 confrme
la thèse d’un changement climatque
profond, prévu par les modèles globaux
(MARN, 2002).
Le tableau 13 illustre quelques
indicateurs qui assurent la durabilité
environnementale selon le Rapport
de Développement Humain PNUD
(2002-2006). On y observe que STP
a émis en 1999 0,6 tonnes métriques
de dioxyde de carbone per capita,
contre 0,4 en 1980. Indicateurs qui se
situent évidemment bien au dessous
des niveaux préoccupants des pays à
revenu haut (12,4) et qui sont proches
des pays à revenu bas (0,5) ; le chifre
de l’Afrique subsaharienne est 1 pour
1980 et 0,8 pour 2000.
En ce qui concerne la ratfcaton des
traités sur l’environnement, évoqués
par les rapports de DH, notamment
le protocole de Carthagène sur la
biosécurité, le Protocole de Kyoto et la
Conventon cadre sur les changements
climatques, ils n’ont pas encore
été ratfés. La conventon Cadre
sur le Changement Climatque et la
Conventon sur la Diversité biologique
ont déjà été ratfés par le CRDSTP, ce qui
démontre qu’il y a une volonté politque
insttutonnelle pour la protecton de
l’environnement et la conservaton
de la diversité biologique. Pour les
responsables de ces insttutons, le hic
de la queston est le manque de moyens
ou mécanismes adaptés à la mise en
œuvre des objectfs stratégiques défnis
ou signifés dans ces conventons.
3.2 L’impact de la
privatsaton des roças chez
les petts agriculteurs
Pour évaluer les efets
socioéconomiques, une enquête
socioéconomique communautaire
a été menée à bien, 102 petts
agriculteurs ayant été consultés (voir
méthodologie). On se rappellera que la
plupart des roças furent distribuées aux
petts agriculteurs et que c’est au niveau
de leur exploitaton que surgissent les
problèmes agronomiques, d’élevage
et socioéconomiques les plus saillants.
Nous présentons ci-dessous quelques
uns des indicateurs les plus éloquents
de l’enquête en queston. Pour mieux
approfondir les diverses questons
et réponses de cete enquête, on se
rapportera à l’annexe de ce travail et à
la base de données élaborée à cet efet
en Excel.
Tableau 12: Modifcaton des paramètres et sensibilités climatques
Source: MARN (2004) . Sh- sensibilité haute ; Sb- sensibilité basse
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Tableau 13: Indicateurs qui assurent la durabilité environnementale
Source : Rapport de Développement Humain (2002-2006)
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3.2.1 Efets sociaux de
la distributon selon les
personnes interrogées
L’un des principaux efets sociaux de
la distributon se rapporte à la santé,
on trouvera ci-dessous les réponses
afrmatves aux questons posées
relatves à ce domaine.
Santé publique et logement a)
Le processus n’a pas facilité un meilleur
service de santé si on considère que
c’est l’eau et sa qualité qui consttuent
un des facteurs essentels pour garantr
ou sauvegarder la santé publique. Nous
observons que seulement 61% des
chefs de famille interrogés afrment
qu’ils ont accès à l’eau canalisée et
à la fontaine publique contre 14%
qui consomment encore l’eau de
la rivière, en courant d’énormes
risques de contracter des maladies
d’origine hydrique (choléra et fèvre
typhoïde…).
La situaton par rapport à l’eau s’aggrave
avec les mauvaises conditons de
logement et de bien-être, seulement
8% et 37% des chefs de famille vivent
dans un logement bien conservé ou
moyen respectvement, alors que
seulement 5% a de l’électricité.
Ces données ne sont pas sufsantes
pour en conclure que c’est un
indicateur d’IDH qui se soit amélioré
dans les communautés ciblées par
l’étude. Vu les réponses des personnes
interrogées, il se peut même qu’il ne
se soit pas amélioré du tout, bien
qu’en termes globaux, souvent répétés
au long de cete étude, les efets des
services de l’Etat et des partenaires du
développement à STP aient amélioré
ce taux, notamment par le combat
contre le paludisme qui était une des
principales causes de la mortalité
infantle dans le pays.
Educaton selon les personnes b)
interrogées
En ce qui concerne l’éducaton, les
indicateurs sont proches des valeurs
globales du pays, 71% des chefs de
famille sont alphabétsés contre 26%
d’analphabètes, chifres supérieurs à
la moyenne d’Afrique subsaharienne.
Ces indicateurs révèlent que, avec
la mise en œuvre d’un programme
d’alphabétsaton adéquat, STP pourra
ateindre les objectfs du millénium.
En ce qui concerne le taux de scolarité
primaire qui est un indicateur pertnent
de DH, nous n’avons pas réussi à
déterminer si l’assistance aux cours
s’est améliorée. Il ne nous a pas été
possible d’afner cet indicateur, on
aurait dû pouvoir passer plus de temps
pour cete recherche quanttatve et
qualitatve.
Exode rural selon les personnes c)
interrogées
Pour 47% des personnes interrogées,
l’exode rural contnue à prévaloir, c’est-
à-dire que les gens ne restent pas sur
les terres distribuées, ils émigrent vers
la capitale du pays.
3.2.2 Efets économiques
Origine des revenus propres des
chefs d’exploitaton
En termes génériques, il ne semble pas
que le revenu des petts agriculteurs
se soit amélioré avec la distributon,
si on prend en compte les données
de l’enquête reprises dans le tableau.
Ces données indiquent que chaque
agriculteur interrogé obtent une
moyenne de 7.630.000 dobras par an,
soit 526 USD/an, valeur qui est loin
d’être sufsante pour résoudre les
problèmes économiques et sociaux
d’une famille qui compte, en moyenne,
5,32 enfants par chef de famille.
Le tableau 19 ci-dessous et celui
en annexe présentent les cultures
industrielles et animales pratquées qui
sont à l’origine des revenus ci-dessus.
En cultures industrielles, le cacao
est cultvé ou exploité par 79% des
personnes interrogées contre 12% qui
cultvent le coco et pratquent l’élevage
familial.
Tableau 16: Alphabétsaton
Tableau 17: Départ des personnes de la campagne (exode rural)
Tableau 18: Revenu de producton agricole et d’élevage par an et par
personne interrogée
Tableau 19: Principales sources de revenu agricole
Tableau 14: Accès à l’eau
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Tableau 15: Etat du logement
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Augmentaton de la producton
Malgré tout, pour 77% des personnes
interrogées, il y a eu une hausse
de la producton et cela rejoint le
principal efet économique positf de la
distributon ainsi que ses objectfs déjà
mentonnés.
Les causes du rendement bas
ou du manque de réussite ou
de l’échec résident, selon les
personnes interrogées, dans les
nombreux problèmes auxquelles
leurs exploitatons sont confrontées,
notamment : le crédit pour 16%, la
législaton pour 66%, la taille de la
terre cultvée pour 55%, l’absence de
marché de vente pour 41%, le manque
de matériaux pour 73%, la qualité
de la terre pour 57%, le manque
d’assistance technique pour 73%. Ces
données pourront être consultées et
interprétées plus en détail dans les
tableaux en annexe. Ces données
sont proches des résultats des travaux
de Rodrigues (1995), Fernandes et al
(2007) et des éléments de diagnostc
de la LPADRP (2007).
Cependant, voir tableau 16, 92% des
personnes interrogées ne veulent
pas que l’Etat leur reprenne leurs
terres. 47% d’entre elles se sentent
patrons, bien que la privatsaton
n’ait pas contribué à créer de grandes
opportunités d’emploi (seuls 14%
répondent afrmatvement). Pour plus
de 70%, la privatsaton ne fut pas juste
et équitable envers eux. La formaton
ne va pas au-delà des 40% des réponses
afrmatves, mais presque tous
considèrent que l’assistance technique
est un facteur primordial pour
l’amélioraton des systèmes productfs
et de leur qualité de vie.
3.3 L’impact de la
privatisation sur les
moyennes entreprises
La fche élaborée pour la collecte
d’informaton primaire sur les trois
types d’exploitatons moyennes, objets
de la distributon, fournit les résultats
suivants :
Le tableau 23 montre que les trois
entreprises consultées pour cete
enquête considèrent qu’elles ont
enregistré des efets économiques
et sociaux dans le processus de
privatsaton et distributon de terres
en partculier.
Le tableau 24 illustre les types d’efets
sociaux et économiques enregistrés,
notamment les réussites issues de la
distributon.
Les données indiquent que des
amélioratons ont été obtenues dans
l’assistance à la santé, par exemple en B.
Cependant, elles ne permetent pas de
savoir si cete amélioraton est issue de
l’interventon de l’Etat ou si elle résulte
de l’initatve ou de l’investssement
propre de l’entrepreneur, car cete
entreprise B est situé relatvement
près de Trindade où la populaton a
accès au poste de santé de Trindade,
en partculier du Projet Santé pour
Tous fnancé par l’IPAD. En éducaton,
les enfants des travailleurs ont accès
à l’école primaire et secondaire de
Trindade, mais cet aspect n’a pas
été mentonné par l’entrepreneur
interrogé.
L’entreprise A mentonne que la
situaton sociale de ses travailleurs
s’est améliorée, bien que aux frais du
gestonnaire de l’entreprise, mais il ne
précise pas comment et combien il a
dépensé, soit en espèces monétaires,
soit en nature (transports…). La tentatve
de collecter plus de données pour
mieux comprendre a été infructueuse.
L’entrepreneur n’a pas abordé la
contributon du poste d’Angolares
(tenu par l’ONG AMI du Portugal) et
l’appui qui est ofert actuellement à la
populaton de Caue par le Projet Santé
pour Tous. En éducaton, les enfants
des travailleurs ont accès à l’école
primaire et secondaire d’Angolares.
Pour l’entreprise C, le nombre de
travailleurs a diminué et par conséquent
les problèmes sociaux, par exemple la
réparaton d’infrastructures vieillies.
Evidemment, une telle réducton aura
pu aténuer un des problèmes sociaux
les plus cruciaux, à savoir le logement,
achoppement pour la plupart des
travailleurs des moyennes entreprises.
Cependant l’entrepreneur gestonnaire
ne précise pas comment l’entreprise
a pu contribuer à l’amélioraton des
logements actuels des travailleurs, au
transport des malades à Neves pour
assistance, à l’assainissement du milieu,
à l’amélioraton de l’éducaton primaire
et secondaire (déplacement des enfants
des travailleurs pour l’école secondaire
de Neves), à l’alphabétsaton des
travailleurs, à la santé, nutriton et
autres indicateurs/dimensions du DH.
En ce qui concerne les efets
économiques, les réussites reviennent
à la capacité de captaton et de
mobilisaton de ressources car
Tableau 20: Augmentaton de la producton (impact)

!"#$%&'' ()"*+,' -'
!"#$$ %%$ %&$
'()$ *&$ *&$
$$ +,*$ +,,$
Tableau 21: Je voudrais que l’Etat reprenne la roça
!"#$%$&'()'(**(& +,-.'(& /&
!"#$ %$ %$
&'($ )*$ )+$
,-(.$/01'(.2$ 3$ 3$
4'5-6$ 7+*$ 7++$

Tableau 22: Efets négatfs de la distributon
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D/$#;' 61AE

Tableau 23 - Efets économiques et sociaux pour l’entreprise
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'"" #$%"

Tableau 24 - Efets économiques et sociaux de réussite
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geranL
ll a Lravallle avec des fonds engranges
SanLy Comme les Lravallleurs demeurenL dans
la roça, lls sonL asslsLes dans le domalne
de la sanLe eL de l'asslsLance a
l'accouchemenL
ll a une lnfrasLrucLure pour le sechage du
cacao, ll acheLe eL exporLe le cacao de
quallLe, ll dlverslfle les culLures, ce qul alde.
SCuLAÞ Le nombre de Lravallleurs a dlmlnue eL
par consequenL les problemes soclaux.
Lxemple : reparaLlon d'lnfrasLrucLures
vlelllles.

Au debuL, les gens LravalllalenL eL ll y euL
une augmenLaLlon de la producLlon. nous
acheLons plus de cacao.


Rapport Natonal sur le Développement Humain a São Tomé e Príncipe 2008 82
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l’entreprise A a travaillé avec des
fonds engrangés par la Coopératon
Internatonale. Bien qu’il nous ait
fourni les données de producton,
l’entrepreneur interrogé n’a pas voulu
nous révéler en détail quels sont les
réels efets économiques de réussite
de son exploitaton .
La diversifcaton des cultures,
l’implantaton et le fonctonnement
d’un séchoir pour le cacao et son
exportaton peuvent engendrer des
bénéfcies et de la valeur ajoutée
pour l’exploitaton comme nous révèle
l’entreprise B ; son succès pourrait bien
se situer à ce niveau. Mais pourtant,
et paradoxalement, l’entrepreneur
interrogé ne nous a pas fourni les
données de producton du cacao, la
principale culture économique, qui,
bien que vague abstracton, aurait pu
nous aider à en savoir plus sur les réels
efets économiques de l’entreprise.
On sait qu’au début les gens travaillaient
et qu’il y eut une hausse de producton,
et encore, que l’entrepreneur considère
qu’il est arrivé à acheter plus de cacao
et ces arguments indiquent que nous
sommes en face d’une entreprise qui
produit du cacao et en achète, en plus,
pour l’exporter. Quoi qu’il en soit,
l’entrepreneur ne nous a pas expliqué
pourquoi les gens travaillaient au
début et maintenant non : le manque
de motvaton salariale et notamment
les bas salaires seraient-ils à l’origine
de cela ? L’absence d’appui du PAM
après la distributon et peut-être que
les travailleurs ne veulent plus être
salariés, préfèrent-ils recevoir un lot de
terre ?
Il ne nous a pas expliqué pourquoi il
a cherché et réussi à acheter plus de
cacao : serait-ce le fruit d’un accord
qu’il aurait passé avec les petts
agriculteurs producteurs de cacao, ou
d’autres moyens, pour acheter du cacao
produit par ceux-ci ? Quoiqu’il en
soit, cete stratégie pourra démontrer
que le système à deux variables du
modèle pyramidal (moyenne et pette
agriculture) pourrait fonctonner
et améliorer la producton et la
commercialisaton, si s’établissent une
bonne synergie et un dynamisme qui
apporteront des résultats prometeurs
pour les deux modèles ou systèmes
productfs.
Quant aux efets sociaux déplorables
illustrés dans le tableau suivant, le
vol a été, de fait, un de ces grands
efets sociaux. Par sa dimension et sa
fréquence nous le tenons pour une des
principales entraves du fonctonnement
des systèmes productfs agricoles et
d’élevage de STP ; et à ce ttre, il réclame
vraiment une interventon appropriée
des autorités pour son combat. Dans
son étude longitudinale sur les systèmes
d’élevage et la planifcaton des
programmes sanitaires, Bonfm (2002)
est arrivé à la conclusion suivante :
environ 30% des porcs adultes castrés,
originaires en majorité des moyennes
entreprises, étaient volés.
Quant aux autres entreprises, bien
qu’elles aient peut-être enregistré
des vols, elles ne les ont pas évoqués.
Elles considèrent, encore qu’elles ne
nous aient pas présenté un argument
convainquant, qu’il n’y a pas eu
d’échec dans le domaine social (santé,
éducaton, nutriton, espérance de vie
et autres indicateurs sociaux du DH
se sont améliorés dans l’entreprise,
prétendent-elles). Bien que nous
n’ayons pas approfondi la queston, par
manque de temps et de disponibilité
fnancière, il ne semble pas que les
entreprises objet de cete étude aient
enregistré de grands progrès durant la
réforme agraire.
En ce qui concerne les efets
économiques regretables, selon les
personnes interrogées, les entreprises
B et C n’ont pas été rentables, et,
non moins important, on assiste à
l’abandon de terres. Ceci concorde
avec le travail de Neto (2006) qui, au
terme d’une étude longitudinale de
6 mois sur l’exercice économique de
l’entreprise Bela Vista, trouva que le
résultat liquide de l’entreprise était
négatf pour les années 2004 et 2005
(- 11.175,11 et – 2.221,78 millions
de dobras respectvement). Santos
(2002) fait référence à l’abandon de
terres, afrmant que 12% des surfaces
des moyennes entreprises avaient été
abandonnées par leurs propriétaires.
Selon Santos (2002), la comptabilité
des entreprises agricoles n’est pas
organisée, ou, dans de nombreux
cas, n’existe pas, tel qu’observé dans
l’entreprise C qui ne nous a même pas
présenté la valeur de la producton
de cacao, raison pour laquelle nous
n’avons pas calculé la marge brute des
exploitatons en queston, à l’horizon
temporel de la réforme agraire et de la
distributon de la terre en partculier.
Mais quelles ont été les causes de
l’échec des entreprises, soit en termes
économiques, soit en termes sociaux?
Les données fournies par les entreprises
étudiées et notre connaissance sur le
terrain conjuguées au fonctonnement
des insttutons suggèrent que les
causes de l’échec sont les suivantes :
Manque d’appuis fnanciers -
sufsants pour supporter
les charges d’investssement
et de fonctonnement de
l’entreprise ;
Absence ou insufsance -
de formaton, recherche et
développement agricole ;
Geston défciente des -
ressources naturelles et
économiques de l’exploitaton ;
Absence de main d’œuvre -
et autres facteurs essentels
au fonctonnement du
système productf (engrais,
technologie…)
Toutes causes qui au long du processus
sont allées en se transformant en
étranglement ou restrictons très
difciles à remédier.
Les tableaux suivants présentent des
issues face à ces empêchements et
le tableau en annexe présente ce
que devrait être le rôle de l’Etat pour
combatre les efets négatfs de la
distributon, efets suggérés par les
entreprises dans une tentatve de
résoudre les problèmes.
La collaboraton de l’Etat avec
l’entreprise pour le combat contre le
vol. Cete stratégie se révèle comme
extrêmement importante à partr du
moment où on obtent la partcipaton
actve de l’entrepreneur et de la
populaton. L’entrepreneur a expliqué
les mécanismes mis en marche pour
combatre le vol, il suggère de remetre
en place l’autorité de l’Etat dans les
entreprises. En efet, efectuer la
justce des mains de la populaton ou
de l’entreprise agricole, comme cela
s’est fait en quelques endroits, n’est pas
la conduite à suivre. Il est préférable
que les services des tribunaux et de la
police fonctonnent avec efcacience
pour garantr la sécurité et la
protecton des propriétés –cultures,
animaux, logements et autres avoirs
des agriculteurs.
Accès, diversifcaton et amélioraton
du crédit, avec accompagnement
Tableau 25 - Efets économiques et sociaux regretables
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kapport Nanona| sur |e Dóve|oppement numa|n a São 1omó e Þr|nc|pe 2008 84
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technique approprié, vulgarisaton,
amélioraton des infrastructures
comme le logement, l’électricité et
l’eau potable, toujours investr mais
avec accompagnement technique, ces
hypothèses de sorte de crise vont en
fait dans le sens des stratégies fxées
par la LPADRP (2007) pour résoudre
les problèmes que le processus de
distributon de terres rencontre
actuellement.
Pour la LPADPR (2007), il faut consolider
la Réforme Agraire en créant une ligne
de crédit spéciale pour l’amélioraton
des infrastructures du programme de
réforme agraire, jusqu’en 2010.
La queston de l’accompagnement
technique et vulgarisaton est de fait
indispensable pour la consolidaton
de la Réforme Agraire, mais un tel
accompagnement technique ne pourra
se faire convenablement que lorsque
seront garants, non seulement les
moyens fnanciers pour assurer les
déplacements des techniciens, mais
aussi leur propre remise à niveau dans
le processus de Réforme Agraire et
développement rural, en partculier
dans le volet du suivi des amélioratons
ou primes. La vulgarisaton devrait
être lancée seulement lorsqu’elle
est soutenue par la recherche et
le développement ou l’acton. En
atendant, les fragilités trouvées dans
ce domaine sont immenses et la CIAT
n’a pas réussi à exercer cete charge qui
lui était atribuée.
En somme, il faut motver les
entrepreneurs des moyennes
entreprises pour que soit relancée la
producton en ce moment où la sécurité
alimentaire est la priorité du programme
de Gouvernement déjà approuvée.
Mais, vu le manque de rentabilité de
ces entreprises et les causes de cete
situaton, il ne faut pas s’atendre à
des amélioratons de la qualité de
vie et notamment des indicateurs
de développement humain de ses
partcipants, travailleurs en partculier,
dans les exploitatons étudiées ici. S’il
y avait quelque amélioraton dans le
domaine social, nous le répétons, elle
serait la conséquence des efets globaux
de la mise en œuvre des programmes
d’éducaton, santé, environnement du
gouvernement et de ses partenaires
de développement déjà cités dans ce
travail.
Certes, l’approche des problèmes
liés à la terre (voir méthodologie), au
développement durable et humain
est très complexe et elle exige de
profondes connaissances à caractère
multdisciplinaire, notamment historico
social, politque insttutonnelle,
économique et environnemental.
L’objectf de cete consultaton de
recherche était d’efectuer cete
approche, de façon contextualisée
et artculée, à S. Tomé e Principe.
Les problèmes de la terre et du
développement durable et humain à
STP sont nombreux comme l’avancent
les études de la Letre de Politque
Agricole et Développement Rural et
Pêche (LPADRP) (2007).
La présente étude est opportune
et pertnente puisque selon des
informatons récentes de la Banque
Mondiale, les prix des aliments ont
enchéri de 83% ces trois dernières
années. Des spécialistes en sécurité
alimentaire et nutritonnelle suggèrent
que l’Afrique fasse une « révoluton
verte » pour réussir à sortr de la crise
alimentaire. Une telle révoluton
devra être faite dans l’optque de
l’augmentaton de la disponibilité de
producton locale et natonale des
aliments, en trant proft et metant
correctement en valeur la terre arable
existante puis en faisant le nécessaire
pour augmenter les rendements des
cultures et augmenter simultanément
l’ofre alimentaire.
4. Etudes de cas:
analyses de projets et
d’entreprises agricoles
4.1 Introducton
Cete étude a été menée avec
l’intenton d’analyser des projets et
entreprises agricoles à STP, illustratfs
de l’ensemble des projets en rapport
avec l’exploitaton de la terre. L’analyse
essaie de conduire vers la formulaton
d’hypothèses qui permetent de
comprendre la réussite ou l’échec
de ces projets et entreprises, et de
contribuer ainsi à la percepton des
conséquences de la distributon des
terres à STP depuis les années 90.
Les principales questons de l’analyse
sont : Comment sont les projets et
entreprises qui réussissent ? Comment
sont ceux qui n’ont pas de réussite ?
Et pourquoi ? Ce qui est recherché en
partculier est de cerner le rôle de l’Etat
dans ces projets et chercher à savoir
si sa partcipaton facilite le succès
économique et améliore les conditons
de vie de ses partcipants.
Pour analyser si un projet consttue un
succès ou un échec, il faut commencer
par élucider ce que les notons de
“échec” ou de “réussite” impliquent
(Ferguson 1990). Dans les présentes
études, pour faciliter la comparaison,
on considère comme une réussite
un projet qui ateint certains aspects
centraux en termes de Développement
Humain (DH), comprenant des revenus
plus élevés, l’égalité entre les genres,
la créaton d’optons de vie pour les
bénéfciaires. L’analyse prend aussi
en considératon les objectfs des
projets ainsi que les perceptons des
bénéfciaires, sachant toutefois que
tous ces aspects ne coïncident pas
forcément.
Cete analyse a été réalisée par le biais
de trois études de cas sur des projets
et entreprises à STP. La méthodologie
qualitatve adoptée s’est basée sur des
entrevues semi-structurées, visites
sur le terrain des agriculteurs et des
entreprises, ainsi qu’accompagnement
des techniciens des projets lors de leurs
visites de terrain. Les entrevues furent
organisées autour de quelques thèmes
centraux. Mais toutes incluaient aussi
des questons plus ouvertes pour
arriver à une meilleure compréhension
des spécifcités des projets individuels.
Le traitement et la divulgaton des
données personnelles obtenues au long
des entrevues, enregistrées ou non,
obéit à des critères de confdentalité,
ce qui a impliqué l’atributon de
noms fctfs à chacune des personnes
consultées.
4.2 Etude de Cas 1: Projet
Intégré de Producton,
Industrialisaton et
Commercialisaton de Poivre
et Vanille
Cete étude de cas repose sur des
entrevues avec deux directeurs, deux
techniciens et avec huit bénéfciaires
Tableau 26 - Hypothèses de sortes des difcultés selon les entrepreneurs
!"#$%&$'(%() *+&,"(%()-.&'"',"()
!" #$%%&'$(&)*$+"&,-."%/0)&)"1$2("%-".$3'&)".$+)(-"%-",$%"-)"%-",&+4&%*53-"
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du projet (moyennes entreprises et
petts agriculteurs) Certaines de ces
personnes sont maintenant intégrées
dans le programme PAPAFPA étudié
plus bas. On se réfèrera également au
rapport fnal du projet.
13
Le développement du Projet
Le projet de la Coopératon Espagnole
a démarré en 1997. Il relève
principalement d’un don de l’Etat
espagnol à travers l’Agence Espagnole
de Coopératon Internatonale (AECI)
pour le bénéfce du Ministère de
l’Agriculture, Développement Rural et
Pêche de la République Démocratque
de STP
14
. Il a été géré en grande parte
par l’entreprise espagnole INCATEMA
Consultng
15
. Le déroulement du projet
était prévu en deux phases : la première
phase entre 1997 et 2000 et la seconde
d’Août 2000 à Décembre 2004. La
première phase a commencé avec un
groupe de 16 entreprises moyennes et
la seconde a vu une expansion du projet
en termes de nombre de bénéfciaires
et de superfcie cultvée.
Le projet eut un antécédent, un projet
de l’Etat santoméen inité aux débuts
des années 90, après l’ « ouverture »
(la transformaton du pays en une
démocrate plurielle), accompagnant
la liquidaton des grandes entreprises
agricoles et la distributon des terres.
Une parte des bénéfciaires de ce
projet inital a contnué à partciper au
projet de la Coopératon Espagnole.
En consonance avec la Stratégie
Natonale de Réducton de la Pauvreté
à STP, l’objectf central du projet de
Coopératon Espagnole était l’appui
pour développer des cultures agricoles
alternatves. La culture du poivre
et de la vanille utlisent toutes deux
assez de main d’œuvre et sont censés
réaliser un revenu élevé sur un espace
relatvement limité. Le poivre existait
déjà à STP, mais il était cultvé, dans la
majorité des cas, pour la consommaton
familiale
16
. La vanille fut introduite plus
tard dans le projet de la Coopératon ;
l’expérience d’un entrepreneur français
qui cultvait déjà 8ha de vanille à STP fut
utlisée en parte à cet efet. Le projet
de la Coopératon Espagnole avait
comme objectf la producton pour
l’exportaton des produits. La première
phase du projet commença avec un
groupe cible de moyens entrepreneurs,
postérieurement il s’ouvrit pour inclure
aussi des petts agriculteurs.
Plus précisément, le projet avait les
objectfs suivants:
Le développement de la culture du
poivre et de la vanille, industrialisés à
STP (labour des champs, installaton
d’équipement pour la transformaton
de poivre et de vanille, etc.) ;
La fourniture de matériel végétal et
d’outls ;
La fourniture et l’installaton d’un
système d’irrigaton des champs ;
La fourniture des intrants ;
La créaton de pépinières pour la
multplicaton des plants de poivre et
vanille ;
L’assistance technique aux agriculteurs,
accompagnant le processus de labour du
terrain, de la plantaton des pépinières
et de la producton, transformaton et
commercialisaton des produits ;
La mise à niveau et formaton des
agriculteurs dans les techniques de
culture et cueillete du poivre et de la
vanille ;
La créaton d’une coopératve agricole
(Coopératve des Producteurs de Poivre
et Vanille, COPIBA) qui servirait à la
commercialisaton des produits dans
une perspectve auto-permanente ;
La consttuton d’une société mixte
pour la commercialisaton du poivre au
niveau internatonal.
Le projet eut des efets positfs comme
l’introducton de personnes, qui jusque
là ne faisaient pas de poivre ou de
14 La valeur totale du projet a été d’environ 4 millions d’euros
15 INCATEMA Consultng a été la seconde entreprise espagnole chargée de la geston du projet. Initalement, le projet était réalisé à travers une autre
entreprise espagnole, la FEBESA.
16 Antérieurement, il y eut un projet de poivre et vanille à STP appelé projet trilatéral (fnancé par les EEUU, géré par le Portugal et STP de 1989 à 1993-4 et
conduit par CENFOPA)
vanille, dans des cultures agricoles
alternatves. Egalement, par le biais des
formatons techniques, la connaissance
de ceux qui avaient déjà travaillé sur le
poivre s’amplifa.
Les bénéfciaires du projet – réunissant
des petts agriculteurs, propriétaires
de moyennes entreprises et leurs
ouvriers – eurent l’occasion d’assister à
des cours de formaton dans la culture
du poivre et de la vanille qui furent
réalisés par le projet (six cours sur la
culture, le coopératvisme ainsi que
des cours en informatque, entreten
du matériel et une formaton à Madrid
pour le directeur local du projet en
juin 2004). Cet accompagnement
technique est resté dans la mémoire
de certains agriculteurs comme un
appui extrêmement important, non
seulement au niveau technique, mais
aussi en termes de collégialité. Le
pett agriculteur Angelo dit : « Laura (la
directrice technique de la Coopératon
Espagnole) est devenue une grande
amie, comme de la famille ». Ils
contnuent encore à échanger des
informatons et des connaissances dans
les conversatons et visites. Comme
signalé plus bas, cet accompagnement
technique – outre l’appui matériel- est
considéré comme un des avantages
majeurs du projet. Non seulement
parce que les techniciens ont accès à
des informatons auxquels les petts
agriculteurs auraient difcilement accès,
mais aussi parce qu’ils représentent
un type d’autorité amicale qui aide à
mener son travail individuel.
Le projet visait plus concrètement les
résultats suivants:
Au total, il a bénéfcié à 26 moyennes
entreprises agricoles et 68 petts
agriculteurs (52 à S. Tomé et 16 à
Principe) et il a couvert une surface
totale de 60Ha (soit un agrandissement
de la surface de culture de 40Ha) ;
Une coopératve, la COPIBA, se créa
en Avril 2003. Elle était gérée par
la directon du projet qui facilitait et
donnait l’appui logistque ;
Le projet a fourni les tuteurs de poivre et
de vanille, ainsi que des tuteurs vivants
(guegue et quime pour le poivre, pied
de pois chiche pour la vanille) ;
Pendant toute la durée du projet, des
intrants furent acquis et distribués
(8 conteneurs de matériels divers,
tuyaux, motopompes, ustensiles
pour les travaux agricoles, produits
phytosanitaires et fertlisants, véhicules,
etc.). Les matériaux nécessaires au
travail quotdien disponibles sur le
marché furent acquis localement,
comme les botes ou les matériaux
nécessaires pour la constructon de
citernes.
Pour l’industrialisaton, un complexe
industriel fut construit et aménagé
à Poto, où se trouvait le champ
expérimental avec une pette plantaton
de poivre et une autre de vanille,
trois séchoirs solaires et un bâtment
industriel servant aussi de siège de la
coopératve, avec salle de réunions,
bureau, magasins, salle de séchage du
poivre, toiletes et vestaires.
A la fn du projet, le 17 décembre
2004, fut consttuée la Société
Mixte INCOOPIBA pour permetre
la commercialisaton sur le marché
internatonal. Mais pour autant, le
projet n’était pas encore arrivé à une
producton signifcatve et la producton
existante ne fut commercialisée que
sur le marché local
17
.
Le rapport fnal délivré par INCATEMA
Consultng constate que le projet
ateste un succès, en termes d’objectfs
de départ. Mais l’image donnée au
cours des entrevues faites pour la
présente étude de cas est diférente. Le
projet reste dans les mémoires comme
une faille très distante des résultats
prévus, en partculier sur la producton
et la commercialisaton de poivre par
l’intermédiaire de la coopératve. Dans
cete étude, nous nous référons en
17 333kg de poivre noir et 500 kg de poivre blanc furent vendus. Du poivre blanc conditonné en poches de 100 gr fut vendu à l’AECI.
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partculier à la parte de la producton
de poivre dans l’île de S. Tomé.
Critques
Selon les entrevues avec les directeurs
et techniciens du projet ainsi que les
bénéfciaires, se profle un ensemble
complexe de facteurs qui peuvent être
considérés comme responsables de
son échec. Il est important de noter
que l’importance donnée aux diférents
facteurs varie considérablement selon
les personnes consultées.
Alors que les techniciens présentent le
projet comme un succès jusqu’à la fn
et situent la cause de son avortement
chez les membres de la coopératve,
les agriculteurs qui ont contnué la
producton de poivre, indépendamment
d’un quelconque projet, dénoncent le
manque de fnancement pour l’entreten
des infrastructures et pour les intrants.
Toutefois, quelques propriétaires
de moyennes entreprises qui, pour
diverses raisons, ont complètement
abandonné la producton de poivre,
voient le projet comme un échec
énorme et presque comme une injure
personnelle.
L’enchevêtrement de facteurs et
processus qui, chacun de son côté et
en interacton, ont causé l’échec du
projet comprend:
Un apparent manque d’expérience en
la matère de la part de la première
entreprise espagnole qui géra le
projet,
La manifestaton d’une virose dans les
plantatons de poivre, surtout sur les
terrains situés dans la zone centrale de
l’île,
La fermeture intempestve et abrupte
du projet avant que la producton
devienne signifcatve,
Un manque de capacités de la
coopératve et une divergence entre
les intérêts de ses membres,
Le manque d’initatves locales (que ce
soit des agriculteurs ou du Ministère
de l’Agriculture) pour utliser le
patrimoine du projet ou pour assurer
le fnancement contnu par le biais de
la Coopératon Espagnole.
Le manque d’expérience technique
La réclamaton dénonce que le projet
fut mal conçu en termes des étapes
prévues, des formes d’appui donné aux
agriculteurs et des résultats atendus.
Certaines personnes consultées
constatent que l’entreprise chargée de
la geston du projet par la Coopératon
Espagnole
18
n’avait pas l’expérience
requise. Il semble que le projet démarra
sans une étude préalable sur les
analyses de terres et les techniques les
plus adéquates. Selon les personnes
consultées, des erreurs techniques aux
conséquences graves furent commises,
raison pour laquelle, une série de
moyens exploitants se retra du projet,
dès la première phase
19
.
En partculier, le travail de la première
compagnie chargée du projet, la
Febesa, est qualifé d’échec complet.
Il est dit qu’elle ne réussit même pas
à installer 5 Ha de poivre. La Febesa
identfa le projet à STP pour introduire
son propre système d’irrigaton.
18 Une accusaton spéculatve circule prétendant que les fnanciers étaient d’avantage intéressés par l’aide à l’Espagne qu’à S. Tomé. Il a été dit qu’une grande
parte des fonds de l’Espagne ne furent pas appliqués directement au projet, mais retournèrent en Espagne à travers les sociétés et les matériaux importés.
Beaucoup d’argent fut dépensé pour
un système d’irrigaton qui s’avéra, en
parte au moins, inadéquat et qui, de
plus, n’était pas nécessaire dans un
pays où il pleut abondamment. Des
tuyaux préalablement perforés furent
importés, mais la distance entre les
trous ne correspondait pas à la distance
habituelle des plantes à STP. Les tuyaux
devaient être enfouis dans le sol et ils
étaient facilement percés quand on
désherbait le terrain à lamachete. Le
système était trop avancé, en termes
d’utlisaton quotdienne, par rapport
à l’expérience des agriculteurs. Enfn
ce système ne convint à aucune des
parcelles.
Une autre faiblesse fut que dans les
pépinières on planta trois variétés
diférentes de façon indiscriminée, sans
avoir étudié auparavant quelle variété
convenait le mieux aux sols spécifques.
En outre, des équipements et méthodes
inadéquates pour la préparaton des
champs furent utlisés.
Un des interviewés se souvient qu’au
début des tuteurs en fer furent utlisés,
qui ne faisaient pas l’ombre nécessaire
pour que les plants poussent. Ils furent
substtués par des tuteurs vivants, mais
plutôt pour économiser de l’argent
que pour d’autres considératons
techniques. Les tuteurs vivants, quant
à eux, faisaient de l’ombre, mais ils
consttuaient aussi une concurrence
pour les jeunes plantes de poivrier.
Toutes ces erreurs donnèrent
l’impression de choix superfciels de
la part des fnanciers et un manque de
soin et d’atenton aux détails de la part
des responsables.
Apparemment, des problèmes sont
aussi survenus entre la Febesa et le
Gouvernement sur des questons
d’irrégularité de geston du projet,
en parte à cause du manque d’une
présence constante de l’entreprise à
STP. Deux ans plus tard, la Coopératon
Espagnole ouvrit un nouveau concours
et choisit l’INCATEMA Consultng
qui avait plus d’expérience dans la
geston de ce type de projet. Une
représentante technique s’installa à
STP et ils essayèrent d’éliminer les
problèmes techniques qui avaient été
commis dans la phase antérieure.
La manifestaton de la virose
Un des problèmes plus graves qui surgit
dans ce projet, qui ne fut ni antcipé ni
complètement résolu, a été une virose
qui a singulièrement retardé la culture
du poivre. Elle afecta partculièrement
les champs de la zone centrale de l’île
de S. Tomé. Tandis que la majorité
des agriculteurs arriva à combatre la
maladie, certains perdirent toute leur
plantaton. Un des petts agriculteurs
consultés, qui avaient déjà planté
des poivriers avant le projet et qui
contnue à en produire encore, juge
qu’il manqua l’expérience et aussi la
volonté des moyens entrepreneurs
de faire le nécessaire pour sauver
leurs plantatons. Il cite les mesures
pour combatre cete maladie,
comme l’isolaton des plants, un soin
extrêmement atentf et le brûlage des
plantes infectées. On peut supposer
que les moyens agriculteurs, qui ne sont
pas sur le terrain et dépendent d’une
main d’œuvre salariée, n’avaient pas
le même contrôle sur la propagaton
du virus que les petts agriculteurs
qui passent leurs journées sur leurs
parcelles.
Quoiqu’il en soit, le virus ne fut pas
éliminé sur le moment et il réussit
à afecter de grandes partes de
la plantaton. On constate qu’il
arriva avec les plantes importées de
Guinée Equatoriale qui ne furent pas
correctement contrôlées. Il y avait déjà
du poivre autrefois à STP, mais jamais
aucun virus de cete espèce n’était
apparu dans le pays. On peut présumer
qu’un laboratoire associé au projet
aurait pu aider à éviter ce problème.
C’est ainsi que le moyen entrepreneur
Armindo, -qui renonça complètement
à la culture du poivrier parce que toute
A côté Je l´eottée Je lo moyeooe eotteptlse Je M. Moooel, oo peot volt oo qtooJ cbomp oò se
Jtesseot eocote les toteots Jo polvte pol o´o jomols poossé. les ttovollleots tespoosobles ptéteoJeot
po´oo lobooto lo tette ovec Je lootJes mocbloes pol Jéttolslteot le sol. lls Jlseot poe le sol Jevlot Jot
comme Jo clmeot. íosolte, les ploots otttopèteot lo vltose poe -même ovec beoocoop Je ttovoll- lls
oe téosslteot pos ò combottte. AojootJ´bol, poelpoes oooées plos totJ, oo s´est mls ò plootet Jo mots
Joos ce cbomp et ll Joooe ooe boooe ptoJoctloo. lls cootlooeot oossl ò coltlvet le polvte pol exlstolt
Jéjò Joos lo toço Jepols les temps Je lo coloole et poot mettte eo coltote Je oooveoox cbomps optès
lo ptlvotlsotloo Jes oooées 90. ío plos Je leots coooolssooces empltlpoes, les tespoosobles oppllpoeot
moloteooot les coooolssooces ocpolses oo coots Jes fotmotloos Je lo coopétotloo espoqoole et
J´oottes lostltotloos. lls cooslJèteot poe celo o été oo oppol tecbolpoe et motétlel otlle, oo Jes
béoéflces Jo ptojet pol Jemeote.

19 On a pu noter que les entreprises et leurs terrains étaient mal choisis. Par exemple, l’accès au terrain était très difcile et le terrain n’était pas adéquat pour
la culture de poivre.
Rapport Natonal sur le Développement Humain a São Tomé e Príncipe 2008 90
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Rapport Natonal sur le Développement Humain a São Tomé e Príncipe 2008 91
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sa plantaton fut détruite par le virus-
se souvient :
«  Ma parcelle était considérée comme 
la meilleure de tout le projet.  Quand les 
Ministres venaient voir (le projet), c’était 
toujours  la  mienne  qui  était  montrée 
comme un exemple de comment il fallait 
que ce soit…    Puis ces gens arrivèrent 
d’Espagne,  ils  dépensèrent  beaucoup 
d’argent pour les voyages, mais jamais 
ils  n’ont  invest  un  sou  pour  construire 
un laboratoire. »
Armindo pense que c’est à cause d’une
faute technique que les plantes se sont
infectées. Son grand investssement –il
dit avoir acheté 5000 plants et autant
ou plus de tuteurs, qu’il a rémunéré la
main d’œuvre correspondante- s’est
avéré perdu. Parce qu’on ignorait tout
de la virose et sa fréquence élevée
dans la zone centrale du pays. Dans les
entrevues il a regreté l’absence d’un
laboratoire à STP qui aurait pu détecter
le virus. Pourtant des études furent
menées dans une université d’Espagne
ainsi qu’en Angleterre et il n’y eut pas
de résultats concluants. Outre qu’il
a consttué un danger direct pour les
plants, ce virus a aussi entraîné un
grand retard dans tout le processus de
développement des diférentes étapes
–directement pour les agriculteurs
afectés et indirectement pour les
autres-. Enfn, il contribua à la chute du
projet.
La clôture intempestve
Les agriculteurs et moyens
entrepreneurs se sont sents
abandonnés prématurément. Le retard
causé par le virus s’est traduit par le
fait que lorsque le projet se terminait,
beaucoup se trouvaient encore dans la
phase initale de producton de poivre.
Vu que les petts agriculteurs –qui
en général eurent plus de réussite-
entrèrent plus tardivement dans le
projet, ils ne bénéfcièrent que de peu
de temps et reçurent moins d’appui
matériel que les moyens entrepreneurs
de la première phase du projet.
Au moment de sa clôture, le projet
n’avait pas encore ateint son point
d’autonomie (auto-durabilité).
A la clôture, l’accompagnement
technique fut rigoureusement réduit
et l’appui matériel s’arrêta. Les
agriculteurs n’avaient pas (et ils n’ont
toujours pas) le pouvoir fnancier
nécessaire pour acheter des intrants,
produits phytosanitaires et engrais,
très coûteuxs à ST. Ils manquent
aussi d’argent pour l’entreten des
infrastructures installées par le projet
ainsi que du système d’irrigaton.
En outre, il manquait des fonds pour
l’opératonnalisaton de la coopératve.
On peut noter qu’il n’y a pas eu d’efort
du Gouvernement pour contnuer
le projet ou, au moins, pour assurer
l’entreten du système d’arrosage qu’il
laissa, l’utlisaton des équipements,
la fourniture d’intrants à un prix
subventonné, etc. En parallèle, les
entrepreneurs qui frent des grands
investssements et les perdirent avec
la virose ne reçurent aucun appui pour
réhabiliter leurs plantatons.
La lute d’intérêts
Les bénéfciaires de la première
phase du projet, tous propriétaires
de moyennes entreprises, furent
sélectonnés par le Gouvernement
santoméen et, en général, c’était
des gens dont la principale source
de revenu n’était pas l’agriculture
20
.
C’est la raison pour laquelle, dans la
seconde phase, il fut décidé d’inclure
aussi des petts agriculteurs et d’aider
à la diversifcaton de leur producton.
Mais ces petts agriculteurs ne reçurent
pas les mêmes intrants et matériaux
que les entrepreneurs, en parte parce
que leurs parcelles étant plus pettes,
qu’ils n’avaient pas besoin de système
d’irrigaton, etc. Cela fut, semble-t-
il, la raison pour laquelle ils eurent
l’impression d’un traitement inégal
envers les partcipants.
Selon la perspectve des petts
agriculteurs, cet appui était considéré
comme un mauvais investssement. Les
résultats des petts agriculteurs arrivés
plus tard dans le projet furent bien
meilleurs que ceux des entrepreneurs
moyens. Il se pourrait que cela soit
lié au fait que les connaissances des
petts agriculteurs soient meilleures
et qu’ils passent plus de temps. On
pense que la faille du projet, ainsi
que le problème de virose, découle
du manque d’expérience des moyens
entrepreneurs.
“Monsieur Manuel avait un bon champ, 
mais en ce moment il n’y a pas de poivre 
du  tout.  Vous  savez  l’argent  que  la 
Coopératon Espagnole a dépensé dans 
un  seul  champ  !  400  millions  de  Db, 
sans  doute.    Alors  qu’  avec  2  millions 
de Db qu’ils ont dépensé (avec un pett 
agriculteur)  ici,  vous  pouvez  venir  et 
voir le poivre… »
En outre, on constata que les Santoméens
ne sont absolument pas prêts à former
des collectfs sans accompagnement
externe. D’une part, il semble qu’il y
avait des divergences entre les intérêts
des membres au sommet. Le fait
que les moyens entrepreneurs soient
commerçants et politciens alimente
le sentment de division dans la
coopératve. Cela signife qu’il y a un
manque d’expérience et de volonté de
travailler ensemble entre Santoméens.
Selon les personnes consultées, le
collectf formé par le projet de la
Coopératon Espagnole, la COOPIBA,
ne s’est jamais mis au travail. Un pett
agriculteur dit :
“Laura  et  le  professeur  d’université 
d’Espagne  formèrent  la  coopératve. 
On a eu des statuts et tout.  On pensait 
que ça allait démarrer.  On a payé notre 
cotsaton.  Mais la coopératve n’a pas 
démarré.
Un technicien explique: «  On  a  tout 
fait,  tout,  tout,  mais  ça  n’a  jamais 
fonctonné  à  cause  des  intérêts  de 
certains membres.»
En outre, existe l’idée d’une diférence
considérable entre les petts agriculteurs
et les moyens entrepreneurs. Cela
était plus palpable dans les entrevues
avec les petts agriculteurs qu’avec
les moyens entrepreneurs. Tandis
que les petts agriculteurs sont liés
directement à la terre, souvent, les
moyens entrepreneurs ne travaillent
pas au champ, ils emploient d’autres
personnes pour faire ces travaux.
Certains des petts agriculteurs
consultés ont ressent que le projet fut
créé, tout d’abord, pour les moyens
entrepreneurs. Quand sont entrés les
petts agriculteurs, il n’existait pas de
mécanisme pour combler cete lacune
entre des membres tellement diférents.
Ils ont parlé d’un apparent mépris des
moyens entrepreneurs envers les petts
agriculteurs, clairement exprimé dans
certains commentaires préjudiciables.
Un des petts agriculteurs souligne :
« Ils savent très bien qu’on en sait plus 
!"#$"%&%#'()&*+,%"+)#-.(",/#'#0'#$')*",,"#1"#2#3'#4#5,+6,+7#&,#".#'#$)&0#$/00"00&/.#".#899:;##!4#&,#'#1+#*'*'/7#1+#*'<=#'&.0&#
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20 ls n’avaient pas non plus d’expérience ou de capacités pour cultver des terrains de plusieurs Ha, comme le demandait le projet.
kapport Nanona| sur |e Dóve|oppement numa|n a São 1omó e Þr|nc|pe 2008 92
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Rapport Natonal sur le Développement Humain a São Tomé e Príncipe 2008 93
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qu’eux ».
Le patrimoine du projet
Après la clôture du projet, il n’y eut aucune
initatve locale (ni des agriculteurs,
ni du Ministère de l’Agriculture)
pour trer proft du patrimoine du
projet. On notera que le patrimoine
du projet, en termes de formaton et
connaissances, fut facilement dilapidé.
Déjà pendant l’existence du projet,
était apparu le problème du départ
des travailleurs formés par ce projet.
Mais les connaissances accumulées
peuvent disparaitre s’il n’existe pas une
transmission soutenue. Par exemple,
l’un des moyens entrepreneurs qui
produit encore du poivre a expliqué
que son travailleur le plus expérimenté
est décédé récemment. C’était ce
travailleur qui avait partcipé aux
formatons du projet. C’est ainsi que
les connaissances gagnées pendant
le projet disparaissent dès qu’on
ne s’eforce pas de garantr leur
transmission. Ce phénomène a à
voir, en parte, avec les diférences
entre moyens entrepreneurs et petts
agriculteurs signalées ci-dessus. Tandis
que les petts agriculteurs réussissent
à appliquer aussitôt leurs nouvelles
connaissances directement sur leurs
plantatons, les moyens entrepreneurs
restent, eux, dépendants des
travailleurs qui changent souvent
d’emploi et emportent ce qu’ils ont
appris avec eux.
L’assistance technique disparut presque
complètement. Les techniciens
natonaux du projet contnuent leur
travail au sein de la Directon de
l’Agriculture, mais le ministère ne leur
fournit ni fnancement ni combustble
pour contnuer leurs visites sur le
terrain. Leur grande connaissance en la
matère reste donc mal utlisée. Ils ne
furent pas non plus inclus, par exemple,
dans le projet PNAPAF-PAPAFPA.
L’intenton d’utliser au moins les
infrastructures fournies par le projet
de la Coopératon Espagnole vient
de surgir dans le PAPAFPA, mais ces
négociatons n’en sont qu’à leurs
prémices. Ces infrastructures sont
encore visibles au siège du projet à Potó
où se trouvaient le champ expérimental
et le bâtment industriel, et où se
trouve aussi le Centre de Recherche
(CIAT) du Ministère de l’Agriculture.
A la fn du projet, tout le patrimoine
fut donné au Ministère, y compris 5
véhicules et le complexe industriel.
Malheureusement, la producton
totale de la coopératve ne justfa
jamais d’utliser ces équipements.
Certaines personnes consultées se
plaignent de cete situaton et du
désintérêt apparent du Ministère.
L’utlisaton de ces équipements est
souhaitable, étant donné que tant
qu’ils sont arrêtés, ils consttuent un
exemple supplémentaire et fagrant de
mauvaise geston et de détournement
des moyens d’un projet.
Conclusions
Le résultat du projet de la Coopératon
Espagnole est ambigu. Ca a été un
succès si on considère qu’il a ateint
son objectf d’appuyer la diversifcaton
de l’agriculture à STP. Mais il eut aussi
des ratés conséquents : la sélecton
initale des bénéfciaires, les problèmes
techniques en rapport avec, par
exemple, le système d’irrigaton mis
en œuvre, puis la virose, le manque
d’appui pour donner suite au projet
d’une façon durable.
A la fn du projet, en 2004, il n’y avait
aucune prorogaton de fnancement
prévue par le Royaume d’Espagne.
Le changement de Gouvernement
espagnol mena à une révision de la
politque de développement de ce pays
ci. Il n’y eut pas de suite à la Commission
Mixte entre les Etats espagnol et
santoméen qui aurait pu garantr la
contnuaton du projet. Entre 2004 et
2008, il n’y avait aucun représentant
de l’Espagne à STP. Simultanément,
l’Etat santoméen ne créa aucune
structure pour assumer la directon
du projet, ou, au moins, pour aider les
actvités de la coopératve. Tous ces
facteurs ont signifé qu’au moment le
plus critque du projet –le début de la
commercialisaton- il ne se passa rien
qui puisse assurer le fonctonnement
indépendant de la COOPIBA. Les
meilleurs résultats qui apparurent avec
l’inclusion des petts agriculteurs ne
furent pas mis à proft.
Ainsi donc, l’impact sur le DH paraît
faible. Il est vrai que le projet de la
Coopératon Espagnole prit tout son
sens en introduisant le poivre (ainsi que
la vanille) comme produit alternatf à
STP. Il contribua à la diversifcaton de la
producton qui créée un revenu plus sûr
pour les agriculteurs. Des formatons
furent données qui familiarisaient un
grand nombre d’agriculteurs et de leurs
employés avec de nouvelles techniques
de culture, commercialisaton et
geston. De cete façon, la possibilité
de travail sur sa propriété privée ou
uoos ses 2 no Je 5. Amoto, le petlt oqtlcolteot Aotoolo (6J) o oo cbomp Je 1,5no Je polvte et 0,5no
oò ll y o Jo clttoo, Jo cofé, Jes polmlets, mooqolets et J´oottes plootes Je Jlvetslflcotloo Je lo
ptoJoctloo. ll o oossl looé 18bo ootte pott, oò ll o Jo cocoo. ll expllpoe poe le polvte oe se jostlfle pos
sot oo tettolo looé poot lo boooe tolsoo po´ll Joooe beoocoop Je ttovoll, poot commeocet, et
po´eosolte, ll totJe looqtemps ò ptoJolte. ll oe soobolte pos poe J´oottes béoéflcleot Je soo ttovoll. ll
Jlt poe le tésoltot le plos lmpottoot Jo ptojet Je lo coopétotloo íspoqoole est, ò ses yeox, « le Jlplôme
po´oo peot exblbet ». le Jlplôme sett. c´est lo pteove Je so coooolssooce Joos le Jomoloe Jo polvte
et Je lo voollle, coooolssooce po´ll ovolt Jéjò empltlpoemeot, mols po´ll o opptofooJle qtôce oox coots
Joooés pot lo coopétotloo. les oottes béoéflces foteot les fettlllsoots qtotolts, l´oppol tecbolpoe et le
coosell pol est toojoots oécessolte, même poot ooe petsoooe comme M. Aotoolo pol étolt ptofesseot
Je bloloqle, eovltoooemeotollste et oqtlcolteot expétlmeoté. ll peose po´ll o ooe coooolssooce Jes
plootes poe Je oombteox pottlclpoots oo ptojet o´ovoleot pos. ll soollqoe .
´ Mol je sols ttès beoteox, lcl Joos le cbomp ovec mes ploototloos. Ie leot potle et elles me potleot.
c´est vtol poe les plootes potleot, mols ll foot cooooitte leot looqoe. OoooJ elles oot besolo Je
poelpoe cbose, elles le Jlseot. »
M. Aotoolo vo Joos soo cbomp Jeox oo ttols fols pot joot, toos les joots. ll est bobltoé oox ttovoox Jes
cbomps « Jepols qomlo ». ll o toojoots olJé so mète Joos so « qlebo » (potoqet locollsé sot Jes
tettolos pobllcs). A lo flo Je so fotmotloo eo Aoqolo, Joos les oooées 70, ll est teveoo ò 5. 1omé potce
po´ll voololt êtte otlle oo Jéveloppemeot Jo poys técemmeot loJépeoJoot. ll ttovolllo comme
tespoosoble Joos plosleots eotteptlses oqtlcoles jospo´oox oooées 90 oò ll ptlt possessloo Je so tette.
ll ovolt Jéjò eo Jes expétleoces ovec le polvte et oossl lo voollle poe so fomllle plootolt Joos lo
« qlebo » poot so ptopte coosommotloo. 5o femme ttovollle ò lo molsoo Joos lo ttoosfotmotloo Jo
polvte et Je lo voollle. 5es eofoots oot été fotmés eo Aoqolo, lottoqol et 51l. c´est ooe fomllle oole.
OoooJ c´est posslble, lls l´olJeot oo cbomp, mols ò l´oveolt, lls Jevtoot cbolslt leot ptopte emplol. Ao
besolo, M. Aotoolo lovlte Jes qeos -pol oot Jéjò veoJo leots ptoptes lots- ò ttovolllet sot soo tettolo
ooe flo Je semoloe oo ootte. ll pole oo sololte et offte les tepos. ll lovlte toojoots Jes qeos J´oottes
zooes, potce po´lovltet Jes qeos Je lò-même folt cootlt le tlspoe po´lls tevleooeot eosolte poot volet.
M. Aotoolo veoJ le polvte et oossl lo voollle Joos Jes petlts socs eo plostlpoe. ue temps eo temps,
l´Aqeoce Mlsttol voyoqes omèoe Jes tootlstes poot vlsltet soo cbomp, poot cooooitte lo ptoJoctloo Jo
polvte et Je lo voollle et poot ocbetet poelpoes socs poot leots fomllles eo íotope. M. Aotoolo folt celo
poot qoqoet poelpoes soos pot lo veote et poot se folte Jes omls.
M. Aotoolo commeoço totJ Joos le ptojet Je coopétotloo íspoqoole. ll oote le qtooJ Jésépolllbte eo
ce pol est Je l´oppol teço Jo ptojet eotte les moyeos eottepteoeots et les petlts oqtlcolteots. lo
coopétotlve pol se fotmo fot oo écbec. ll Jlt .
« Avoot lo flo Jo ptojet, oo essoyo Je fotmet ooe coopétotlve. pol ootolt po qotJet les bleos Jo ptojet.
Mols Joos ce poys, ce o´est pos lo peloe. elle est motte. lo coopétotlve o même oo oom sot le poplet
mols elle o´o jomols fooctloooé. Noos oottes, 5ootoméeos, ooos o´ovoos pos l´esptlt coopétotlvlste.
ío íotope, oo potle beoocoop Je coopétotlves, lcl ooos sommes loJlvlJoollstes. »
ll solt poe Je oombteox béoéflcloltes o´oot eo oocoo soccès ovec le polvte. lls se Jécootoqèteot et
obooJoooèteot le cbomp. ll peose . « Mols mol, comme c´est moo polo pootlJleo, j´ol cootlooé jospo´ò
ptéseot... Ie o´ol plos le cbolx, je o´ol pos J´ootte posslblllté.´

kapport Nanona| sur |e Dóve|oppement numa|n a São 1omó e Þr|nc|pe 2008 94
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Rapport Natonal sur le Développement Humain a São Tomé e Príncipe 2008 95
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sur des terrains appartenant à d’autres
s’amplifa. Mais, à part cela, il n’y avait
aucun programme social ou genre
d’appui qui puisse aider à développer
des volets comme l’instructon des
agriculteurs ou l’égalité entre les
genres.
Le revenu de certains agriculteurs
augmenta temporairement, mais dans
le long terme, seuls les agriculteurs qui
sont passés au programme PAPAFPA
ont connu un succès durable, et alors
avec la producton biologique. D’autres
contnuent à produire du poivre et de
la vanille, mais indépendamment de
quelque projet ou coopératve que ce
soit. Ils produisent du poivre et de la
vanille comme de nombreux autres
produits de la terre (cacao, fruiters,
etc.) et vendent leur producton sur le
marché local.
Très peu de moyens agriculteurs
consultés pour cete étude contnuent
à produire du poivre, et certains,
comme déjà mentonné, ne veulent
pas qu’on leur rappelle ce produit
21
. Un
des nombreux problèmes qui se posent
est la grande main d’oeuvre nécessaire. 
Sur  son  terrain, a expliqué le moyen
entrepreneur Hector, l’herbe pousse de 
10  cm  par  jour  pendant  l’époque  des 
pluies!  Le travail pour garder le terrain 
propre n’arrête jamais.
Un autre problème est le prix des produits
phytosanitaires et des matériaux
nécessaires à la producton. On peut
observer que la commercialisaton est
inefcace (même si les producteurs
ne considèrent pas cela comme un
grand obstacle) et se fait de façon
individualisée. Certains agriculteurs
préfèrent ce type de commercialisaton
parce qu’il entretent un fux de revenu
plus ou moins constant. Il semble
que le projet n’ait laissé aucun esprit
de coopératvisme ou de liens de
collaboraton durable entre les gens
(ni dans la producton, ni dans la
commercialisaton).
En 2007-2008, la Coopératon
Espagnole se mit à élaborer son
nouveau plan stratégique pour STP.
Dans ce contexte, la propositon
pour la suite du projet déposée à
la Coopératon par le Ministère fut
considérée comme dépassée, elle avait
été rédigée par la directrice du projet
lors de sa fermeture. La Coopératon
propose de fnancer un projet de
poivre et vanille qui donnerait une
assistance technique aux bénéfciaires
antérieurs, en partculier aux moyens
entrepreneurs qui ne reçurent encore
aucun appui
22
. Par la suite, une réunion
fut organisée avec le Ministère de
l’Agriculture ainsi que quelques
partcipants du projet poivre vanille de
la Coopératon. Mais seuls quelques
rares partcipants apparurent et la
réponse fut déconcertante. Personne
ne présenta une propositon originale
pour contnuer un projet de poivre et
vanille. En absence de propositon
convaincante, le secteur de l’agriculture
fut écarté du plan stratégique de la
Coopératon Espagnole.
4.3 Etude de Cas II:
Programme d’Appui
Partcipatf de l’Agriculture
Familiale et de la Pêche
Artsanale (PAPAFPA)
Le Déroulement du Programme
Le Programme d’Appui Partcipatf de
l’Agriculture Familiale et de la Pêche
Artsanale (PAPAFPA) est un programme
de l’Etat de STP (au travers du Ministère
de l’Agriculture) conjointement
avec le Fonds Internatonal de
Développement de l’Agriculture (FIDA).
Il est apparu en 1999 avec une phase
de conceptualisaton puis une phase
de pré-évaluaton se déroula entre
2000 et 2001. Fut alors approuvé un
programme d’une durée de 12 ans
et un budget de 12 millions d’euros
21 Selon les techniciens du projet, moins de la moité des moyens entrepreneurs contnue dans la producton de poivre.
22 L’appui spécifque pour les moyens entrepreneurs est assez limité. ANNEXE 1
environ, répart en quatre cycles de 3
ans, commençant le 25 février 2003.
Le PAPAFPA prend la suite du PNAPAF
(Programme Natonal d’Appui à
l’Agriculture Familiale) qui fut installé en
1996 avec un fnancement du FIDA et de
l’Agence Française de Développement
(AFD), après la distributon des terres
et pour la vulgarisaton de l’agriculture.
Le travail du PNAPAF englobait le
cacao, le café, la palmeraie, les arbres
fruiters, les arbres d’ombre, l’ananas,
etc. En 2001, il commença à s’occuper
de cacao biologique, poivre et vanille.
Le programme se termina en 2002.
Aussitôt après, le PAPAFPA sélectonna
comme point de concentraton dans
l’agriculture, les cultures de cacao,
poivre et vanille, mais avec une
producton biologique.
La philosophie du programme actuel
est liée à la politque natonale de lute
contre la pauvreté et elle a comme
objectf le développement des petts
agriculteurs, mais aussi celui des
pêcheurs et des palaiês (les revendeuses
de poisson). Le programme donne
aussi un appui pour la producton et
la commercialisaton de ses produits.
L’opérateur du programme est l’ONG
Acton pour le Développement
Agro/Elevage et la Protecton de
l’Environnement (ADAPPA)
23
Le PAPAFPA a deux volets: d’une part,
celui qui traite la producton et la
commercialisaton agricole, la pêche
et le programme d’alphabétsaton, et
d’autre part le Fonds des Infrastructures
et des Constructons (FIC). Il a aussi
deux flières : le projet de coopératve
d’exportaton de cacao biologique
(CECA B-STP) et le projet de coopératve
d’exportaton du poivre et de la vanille
biologiques (CEPIBA-BIO-STP). La
flière de cacao biologique apparut
d’abord, en 2001. La flière de poivre et
vanille biologique démarra en 2003-4.
La préparaton pour la producton
de poivre et vanille biologiques ne
commença qu’en 2005-6. La cible
principale du PAPAFPA correspond à
la politque de lute contre la pauvreté
à STP. Le programme a les objectfs
suivants
24
:
Appuyer la structuraton -
du monde rural au travers
d’associatons rurales de base
et de professionnels et ainsi
renforcer les collectvités
locales;
Créer des services dans les -
domaines social, technique,
économique et fnancier aptes
à répondre aux exigences de la
populaton,
Renforcer la capacité à -
conquérir de nouveaux marchés
et à développer de nouveaux
produits.
Ceci va au-delà d’un simple appui
économique. L’alphabétsaton des
petts agriculteurs et des pêcheurs
par le biais de l’ONG Zatona Adil
est considérée comme importante
pour ateindre l’objectf. Elle assure
l’organisaton en associatons, la
capacité des agriculteurs à gérer
leurs afaires et le développement
soutenable. Un autre objectf, explique
le directeur de la flière de poivre et
vanille, est de faire que les agriculteurs
se considèrent riches : ils ont une bonne
terre, un bon climat, de l’eau. Tout cela
permet de produire de la richesse. Le
déf pour les techniciens est de les
aider à savoir comment. Une difculté
est que les agriculteurs comptent
souvent sur l’appui de l’Etat pour faire
des choses qu’ils sont capables de faire
eux-mêmes (construire une maison,
améliorer les routes, etc.).
Le PAPAFPA fonctonne grâce aux équipes
suivantes : en plus des Directeurs, la
flière de « cacao bio » a trois techniciens
à S. Tomé et un à Principe, plus un
responsable technique. La flière de
poivre et vanille qui est moins avancée
a cinq techniciens à S. Tomé et un à
Principe, et un responsable technique
23 L’ADAPPA avait déjà collaboré avec la Coopératon Espagnole dans l’appui de la producton de poivre conventonnel au niveau de l’échange d’expériences. L’ADAPPA a également des programmes de reboisement, arbres fruiters, une
équipe de cacao, etc. pour diversifer l’agriculture à STP. Tous les techniciens qui travaillent au PAPAFPA sont aussi membres de l’ADAPPA. Ceci est sans doute un avantage et signife que les techniciens sont de bonne qualité et qu’ils
souhaitent travailler dans ce domaine.
24 République Démocratque de São Tome et Príncipe. Programme d’Appui Partcipatf à l’Agriculture Familiale et à la Pêche Artsanale. Rapport d’Evaluaton du Premier Cycle et Formulaton du Deuxième Cycle.” Document du Fonds
Internatonal de Développement Agricole. Octobre 2005.
Rapport Natonal sur le Développement Humain a São Tomé e Príncipe 2008 96
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aussi. Cete étude de cas comprend
des entretens avec le Directeur
Général du PAPAFPA et les Directeurs
techniques des flières de poivre et
vanille et de cacao respectvement. Il
faut y ajouter des visites sur le terrain,
en accompagnant les techniciens du
PAPAFPA et indépendamment (trois
visites à la communauté de Rio Lima,
comme exemple d’une associaton
de producton de poivre, et quatre
visites aux communautés Filipina
et Maria Luisa, comme exemples
d’associatons de producton de cacao
et enfn une visite à Monte Forte,
siège de la principale coopératve de
cacao biologique). Au cours de ces
visites, eurent lieu des entretens semi-
structurés et des conversatons avec
les petts agriculteurs qui bénéfcient
du PAPAFPA.
Dans l’analyse de ce programme, il
convient de prendre en compte le fait
que le projet n’est pas fni.
Le PAPAFPA se trouve plus au moins au
milieu de son parcours. Comme il y a
des communautés et bénéfciaires qui
sont entrés plus tard dans le projet, les
personnes consultées se trouvent dans
des phases diférentes de producton.
Lorsque la queston fut posée aux
bénéfciaires de leur sentment sur
l’avenir, après la fn du projet, il leur
fut difcile de prédire. Mais nous
essaierons d’identfer quelques
facteurs qui indiquent la possibilité
d’une réussite contnue.
Cacao biologique
Origine 
L’objectf du PNAPF était l’encadrement
des gens qui avaient reçu des parcelles,
y compris la vulgarisaton des
connaissances et la formaton de ces
personnes. La motvaton était grande
dans les premières années, se souvient
l’actuel Directeur du PAPAFPA, mais la
chute du prix du cacao en 1998 entraîna
l’abandon des terres et amplifa l’exode
rural. Le problème résidait dans le fait
que, alors que les grandes entreprises
avaient toutes les infrastructures, les
petts agriculteurs ne transformaient
pas leur produit et vendait le cacao
gomme ; ils dépendaient complètement
des acheteurs.
La coopératve se forma par le biais
d’un ensemble d’intérêts communs
au FIDA –pour établir un projet d’aide
aux petts agriculteurs de STP- et à un
entrepreneur français qui avait une
certaine expérience dans la producton
de cacao biologique dans diverses
partes du monde. Le PDG de l’entreprise
KAOKA, André Deberdt,, ft alors une
visite à STP puis une étude de faisabilité
de cacao biologique. Les personnes
consultées qui le connaissent parlent
de lui avec beaucoup d’admiraton,
pour ses connaissances en la matère
et sa volonté d’installer un bon projet à
STP. Ce fut un avantage incomparable,
souligne le Directeur du PAPAFPA, qui
le rencontra et apprécia qu’il eut fait
une analyse en tant que spécialiste et
qu’il devint aussi acheteur. Le Dr du
programme commente :
« Le travail  dura plusieurs années et fut 
difcile. Les gens étaient sceptques… et 
nombreux étaient ceux qui ne croyaient 
pas  qu’une  équipe  d’agriculteurs  allait 
être  capable  de  gérer  la  producton 
d’un cacao de bonne qualité. »
Le projet eut deux phases. La première
entre 2000 et 2003-4. C’était une phase
de producton de cacao conventonnel,
durant laquelle on prépara la terre et on
créa toutes les structures nécessaires
pour la producton de cacao biologique.
Il y avait des obstacles que l’équipe du
projet a dû ataquer. Au début, tous les
travaux à mener pour la préparaton
du sol apportèrent un supplément de
travail non rémunéré aux agriculteurs.
Pour être reconnu comme cacao
biologique sur le marché mondial, le
cacao doit correspondre à des règles
internatonales conçues et contrôlées
par des organisatons certfées.
Les petts agriculteurs revendiquaient
à corps et à cri pour le travail
supplémentaire qu’ils faisaient
alors qu’ils recevaient le même prix
qu’avant pour leur cacao. Il fallait un
processus de sensibilisaton intensif.
Des réunions furent conduites avec les
agriculteurs, mensuellement ou tous
les quinze jours, où des exemples de la
haute rentabilité du cacao biologique
leur étaient présentés. On dut créer
la convicton que le cacao biologique
était la soluton des problèmes des
agriculteurs. On arriva même, au
début du programme, à atribuer une
prime de qualité au-dessus du prix du
moment pour stmuler la producton.
Pendant tout ce temps, ADAPA
dispensait aussi des formatons pour
les agriculteurs, par exemple, sur
les questons de combat des féaux
et maladies, de comptabilité, de
geston (toujours 6 à 7 personnes par
communauté). En outre, des échanges
furent organisés pour communiquer
les expériences et les connaissances
entre communautés. Une autre
étape importante fut la légalisaton
de l’associaton. Des infrastructures
indispensables pour la transformaton
du cacao furent construites (magasins
de stockage, séchoirs solaires, caisses
de fermentaton, balances, etc.)
La phase pilote comprenait 12
communautés. En 2004, on passa
à la 2
ème
phase. 11 communautés
contnuèrent. On abandonna l’idée
que l’entreprise Diogo Vaz –l’unique
moyenne entreprise incluse dans
le programme- puisse fonctonner
comme intermédiaire entre les
diverses communautés et l’acheteur.
L’entreprise Diogo Vaz dut sortr du
programme parce que sa producton ne
respectait pas tous les critères de cacao
biologique concertés avec ECOCERT et
stpulés dans le contrat avec KAOKA.
KAOKA arrive à payer presque le double
du prix du cacao conventonnel parce
que ses produits correspondent aux
principes biologiques ainsi que «  fair 
trade ».
La coopératve pour l’exportaton et la
producton de cacao biologique fut mise
en place et enfn, la phase d’exportaton
commença le 30 mars 2005, le premier
avril 2005 débuta le travail de fracture
des premières cabosses vendues.
L’organisaton
Au moment de cete étude, la
coopératve fédère 32 associatons,
23 à S. Tomé et 9 à Principe. A S.
Tomé, une communauté forme une
associaton, mais à Principe, où les
communautés sont plus pettes, dans
une associaton, il y a plus qu’une
communauté. La majeure difculté de
Principe est le problème du transport
jusqu’à S. Tomé pour l’exportaton. Le
nombre des bénéfciaires est d’environ
1.180 agriculteurs et la surface cultvée
est de 2.800Ha.
Selon les techniciens et Directeur
du programme, la formaton des
associatons et de la coopératve a
exigé beaucoup de travail, à cause de
l’ “esprit individualiste” caractéristque
des Santoméens. Il a fallu mobiliser
les gens et créer des relatons de
confance entre eux, non seulement
par rapport au programme et à ses
bénéfciaires, mais aussi par rapport à
l’organisaton coopératviste où tous les
éléments doivent travailler ensemble
et avoir confance en la geston qui ne
trompe aucun de ses membres. Le
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25 NDLT : potée traditonnelle á base de haricots, maïs et viande de porc salée
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travail dans les grandes entreprises
avait donné l’habitude d’efectuer des
tâches individuelles. Personne n’avait
d’expérience, ni dans le travail à son
propre compte, ni dans le travail de
façon collectve. Il est raconté dans les
entrevues avec les partcipants que,
avec beaucoup de patence –réunions,
visites, formaton pratque et de
geston- ils arrivèrent à créer, pett à
pett, une coopératve bien organisée.
Le Dir.du programme déclare :  «  La 
philosophie  (est)  que  si  la  producton 
n’est  pas  bonne,  elle  n’est  bonne  pour 
personne »
Toutes les associatons ont une
équipe de geston, le président et le
régisseur de ces équipes font parte de
l’Assemblée Générale de la Coopératve.
On assure ainsi la représentaton
de toutes les communautés et leur
partcipaton dans toutes les décisions
importantes. Il existe en outre un
Bureau Exécutf, une Assemblée
Permanente, un Conseil de Contrôle
et une Directon Opératonnelle (les
membres sont employés par la CECAB-
STP) et une Equipe Socio-Technique.
Apparemment cet organigramme fut
décidé par l’ADAPPA et KAOKA dès le
début du projet.
Les personnes consultées soulignent
qu’il est important que les représentants
des associatons donnent le bon exemple
en ce qui est du travail qu’ils fournissent,
qu’ils amènent correctement les
informatons aux autres membres
sur les cours des prix, les actvités et
les décisions. Les visites mutuelles
sur le terrain des autres producteurs,
avec échange d’expériences et de
connaissances, sont considérées très
importantes. Les erreurs –de chacun
et des autres- aident à améliorer les
pratques. Tous les partcipants, ainsi
que les techniciens du PAPAFPA, ont
un rôle très important dans la vigilance
et l’incitaton à contrôler, par exemple
au moment de la récolte, que tout le
monde ramasse et livre le produit à
temps. Sans quoi, apparaît la méfance,
entre les membres, les uns avec les
autres, et avec le projet.
La coopératve réussit aussi à appuyer
ses membres dans certains domaines
sociaux. Elle peut, par exemple, acheter
et distribuer des médicaments pour les
travailleurs, fournir des cercueils pour
les enterrements. Elle ne partcipe
pas aux coûts scolaires mais elle
organisera certaines formatons pour
combatre l’analphabétsme parmi les
agriculteurs.
Financement et revenu:
Le revenu des membres des associatons
est variable, mais la majorité a un revenu
plus élevé qu’avant. Le prix du cacao
est de Db 32.500/kg. Les producteurs
touchent une parte de cet argent en
livrant le cacao gomme (Db 5.000/Kg)
et le reste quand le cacao sec est livré
à la coopératve, avec une ristourne
de Db 2.500/Kg
26
. L’acheteur, quant à
lui, garantt US$ 300 la Tonne, plus US$
150 pour le fonds des dépenses, US$
125 pour donaton exceptonnelle et
US$120 pour le fonds social –en plus du
prix actuel- pour garder une certaine
stabilité du revenu de la coopératve.
Situaton et problèmes actuels: 
Un des problèmes actuels réside dans
la très basse producton. Au début du
projet en 2001-2, la producton de cacao
arrivait à 500T. Maintenant, en raison
des nouvelles pratques correspondant
à la producton biologique, elle avoisine
300 T. Les Directeurs et techniciens
du PAPAFPA ont identfé les facteurs
suivants comme responsables de cete
baisse :
Une basse productvité en 1.
rapport avec la qualité du
travail (un ters des agriculteurs
ne sont pas professionnels et
les travailleurs qu’ils ont ne
se sentent pas motvés par
l’idée de travailler mieux). Une
classifcaton des agriculteurs a
26 Db 500 pour l’entreten des infrastructures, Db 1000 pour les dépenses de geston et Db 1000 pour le fonds de réserve.
été établie en 3 catégories, A, B
et C correspondant aux niveaux
de producton des individus
Une faible densité de plants 2.
L’âge des cacaoyers 3.
Aténuer ces problèmes présuppose,
en parte, une replantaton constante
des cacaoyers ; le PAPAFPA a des plans
pour mener cete multplicaton. Le
programme s’oriente aussi sur la
mobilisaton de travailleurs au niveau
natonal pour apporter une assistance.
On pense que cela devrait faire parte
de la politque du Gouvernement en
rapport avec le développement de
l’agriculture. L’objectf est de faire
passer les gens de la catégorie B en A
et ceux de C en B.
L’intenton maintenant n’est pas
íxemple. commooooté llllploe
´íspetooço´ est le oom Je l´ossoclotloo Jes ptoJocteots Je cocoo bloloqlpoe Je l´oocleooe toço
llllploo. íspétooce potce po´lls ctoleot poe leot vle vo s´oméllotet et poe le cocoo bloloqlpoe seto lo
clef Je voote Je cette oméllototloo. l´ossoclotloo íspetooço o 2J membtes. Avoot, ll y ovolt 47 petlts
oqtlcolteots ò llllploo mols boo oombte J´eotte eox oot teooocé. lls oot veoJo leots tettes ò Jes ptlx
beoocoop ttop bos ò Jes qeos Je l´extétleot Je lo commooooté. lls teçoteot Joos les ub 15 mlllloos, ò
peloe, poot oo tettolo pol setolt veoJo plos totJ pot le oooveoo ptoptlétolte poot ub 80 mlllloos. les
qeos oe coooolssoleot pos lo voleot Je leot tettolo ol même lo ootote Je l´otqeot. uo membte Jo
qtoope Je qestloo Je l´ossoclotloo expllpoe . « les qeos J´lcl oe sovoleot pos ce poe teptéseote oo
mlllloos Je Jobtos ! lls oe sovoleot pos ò pool cottespooJolt toot J´otqeot et lls peosoleot poe c´étolt
beoocoop. Moloteooot, eo voyoot leots volslos pol béoéflcleot Jo cocoo, lls se tepeoteot Je lo veote,
mols l´otqeot est flol et leots flls oot folm oo lls cbopotJeot les ftolts Joos les tettolos Jes oottes. »
Mols le ptoblème mojeot est poe lo veote Jes tettolos loJlvlJoels pettotbe l´ossoclotloo vo poe les
ocbeteots coosttolseot sooveot Jes molsoos et fetmeot l´occès oox tettes coltlvées et, ce pol est
lmpottoot, oox fossés (J´lttlqotloo).
lo commooooté Je llllploe o vo posset ooe sétle Je ptojets et elle étolt toojoots cooslJétée comme
ooe commooooté exemplolte. 5ltôt optès lo Jlsttlbotloo Jes tettes, le lNAlAl est ottlvé, pol est
eosolte Jeveoo le lAlAllA. celo o ossoté ooe cettoloe cootloolté Joos le Jéveloppemeot Je lo
ptoJoctloo oqtlcole lcl. uoe coopétotlve Je ptoJoctloo Je cocoo se coostltoo ovec le lNAlAl, elle
ovolt oo moqoslo pol est moloteooot fetmé , et Jes molsoos eo ooto-coosttoctloo oot été foltes. le
lAlAllA o omeoé beoocoop Je ttovoll, ll y o beoocoop Je tèqles ò solvte, beoocoop Je tecbolpoes
ooovelles ò oppllpoet. Mols oossl oo sécbolt o été coosttolt, oo petlt bôtlmeot . oo côté sett Je boteoo
poot le qtoope Je qestloo et l´ootte Je solle Je fetmeototloo.
lls olmeot leot llbetté eo ce pol est Je JéclJet llbtemeot poooJ et combleo Je temps lls veoleot
ttovolllet. 1oos les oqtlcolteots ttovollloleot Joos l´eotteptlse 5ooto MotqotlJo et lls se soovleooeot
bleo Jes tôcbes pol leot étoleot lmpottles. c´est seolemeot poooJ lls oot teço leots potcelles et po´lls
oot commeocé ò ttovolllet ò leot compte po´lls oot ptls coooolssooce Je lo vétltoble voleot Je leot
ttovoll. Moloteooot, toos les petlts oqtlcolteots oe ttovollleot pos sot leot tettolo. cettolos, comme
Motlo pol o 70 et poelpoes oooées, poleot Jes solotlés. Mols même comme ço, Motlo ottlve oox
teoJemeots les plos boots. 5eolemeot clop petsoooes oot oo ttovoll solotlé. le teste ttovollle soo
tettolo, seol oo ovec Jes membtes Je so fomllle, et lls se Jlsttlboeot le ttovoll comme ço se folsolt Jéjò
Joos les qtooJes eotteptlses.
cotlo folt pottle Jo qtoope Je qestloo Je l´ossoclotloo íspetooço. ílle est oée Joos cette toço oò so
mète ttovolllolt et oò soo pète étolt téqlsseot, peoJoot oo cettolo temps. cotlo o ptls oo tettolo et elle
o toojoots ttovolllé lò. ílle ttovollle oossl Joos lo potcelle Je so mète pol o plos Je polmlets et pol
ptoJolt ooe boooe bolle Je polme ò lo molsoo. uoe Je ses fllles est étoJloote et elle o ooe bootse poot
ses étoJes oo Motoc. les ttols oottes eofoots vlveot ò lo molsoo et voot ò l´école. cotlo veot po´eox
oossl fosseot Jes étoJes. 8eoocoop Je poteots oot lcl ces ospltotloos poot leots eofoots, étoJlet et
ttoovet oo boo emplol. l´otqeot Jo cocoo bloloqlpoe olJe. l´ossoclotloo folt Jes écooomles - l´eotlté
et cbocoo Je ses membtes- et elle offte oossl oox oottes membtes Je lo commooooté Je qétet et
qotJet leots écooomles Joos le coffte Je l´ossoclotloo, s´lls le Jéslteot. Avec l´otqeot mls Je côté pot
l´ossoclotloo, lls veoleot flooocet ooe ctècbe poot poe les eofoots Jes oqtlcolteots soleot eo sécotlté
peoJoot poe les poteots soot sot oox cbomps. lls veoleot oossl toovtlt le moqoslo pol exlstolt peoJoot
le ptojet lNAlAl. lmpottootes oossl les tootes pol Joooeot occès ò lo toço et pol soot Joos oo plètte
étot. le fossé J´lttlqotloo oossl o besolo J´êtte omélloté.

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d’étendre le projet mais de le consolider
en augmentant la producton et en
maintenant les communautés bien
organisées. Le but est une producton
27 Mais il y avait des précédents comme le projet de piment et vanille du PNAPAF et, indépendamment, le projet dela Coopératon Espagnole.
28 On voudrait en fnir avec ce problème et transférer les matériaux de l’UNOPS au FIDA.
de 500 T de cacao, mais en ce moment,
elle n’arrive même pas à 250T. Et
pour cete année, l’estmaton est de
70% du but. Plus de sensibilisaton et
d’encouragement au travail doivent
aider à augmenter la producton
souhaitée.
Poivre et Vanille Biologiques
Le projet de poivre et vanille biologique
(CEPIBA-bio-STP) a commencé avec
l’appariton du PAPAFPA en 2003-4
27
,
avec la sensibilisaton des gens, et
en 2005-6 avec la remise de produits
chimiques et la mise en œuvre de
règles pour une producton biologique.
L’objectf de cete flière du PAPAFPA est
la promoton de la culture du poivre et de
la vanille biologique, sa transformaton
et son exportaton. Le projet est
présent dans 29 communautés (19
à S. Tomé et 10 à Principe) et couvre
une surface de 57Ha (38 de poivre et
19 de vanille). Le programme apporte
ainsi une assistance à 402 petts
agriculteurs. L’objectf de trouver un
marché pour ces produits spécialisés
est, fnalement, la contributon à la
lute contre la pauvreté.
La philosophie de cete flière du
PAPAFPA, comme de la flière du
cacao, est qu’un pays aussi pett que
STP ne peut pas facilement entrer en
compétton avec de plus grands pays
sur le marché mondial. Pour cela, il est
conseillé de parier sur une producton
de produits de grande qualité, et la
qualité la plus valorisée dans le monde
en ce moment est la qualité biologique.
Le changement vers la producton
biologique apparait comme moins
difcile parce qu’on utlise moins de
produits chimiques que pour le cacao
et parce que la culture du poivre est,
à S. Tomé, une culture plus jeune que
celle du cacao.
Au commencement du projet, les
agriculteurs furent organisés en
pettes associatons qui, plus tard,
se joindraient pour consttuer une
coopératve de commercialisaton du
poivre et de la vanille. La structure de
la coopératve suit le modèle CECAB qui
fonctonne bien. On accepte encore
de nouveaux membres, mais il faut
demander un minimum de 100 plantes.
Les avantages de la partcipaton sont
évidents : PAPAFPA vend les plants
à un prix hautement subventonné :
l’agriculteur paie 5% et le PAPAFPA
95%. En outre, le projet fournit des
infrastructures comme les séchoirs,
les magasins et certains produits de
traitement des plantes. Une formaton
est donnée aux partcipants dans le
domaine de la geston, conduite de
culture du poivre et de la vanille, etc.
Le projet bénéfcie en parte des projets
de poivre qui existaient auparavant
(par exemple, celui du PNAPAF et de la
Coopératon Espagnole) et on apprend
des erreurs des autres. Il a aussi
absorbé certains petts agriculteurs qui
avaient partcipé à la COOPIBA. Il y a
eu quelques problèmes pour obtenir
les matériels adéquats et de bonne
qualité, ce qui a amené des retards
dans la fourniture des matériels
pour les petts agriculteurs
28
; Il y a
actuellement des problèmes, dans
certaines communautés avec une
maladie (champignon) de la vanille,
mais on pense qu’il sera possible de la
combatre.
On voudrait fournir à toutes les
communautés un séchoir à poivre.
Mais pour le moment la producton ne
justfe cela que dans trois communautés
qui avaient commencé plus tôt (rio
Lima, vila Fernanda et Conde). Ces
séchoirs furent installés en avril 2008,
avec la fourniture des matériaux par
le PAPAFPA ; les communautés ont
apporté leur contributon, dans un
premier temps, en fournissant l’espace
et la main d’œuvre. Le PAPAFPA donne
un appui aux autres associatons pour
amener leur poivre à ces trois séchoirs.
Le but est aussi de créer un siège central
pour le CEPIBA, probablement dans la
íxemple. commooooté Je klo llmo
uo metcteJl J´ooôt 2008, ò 9 beotes Jo motlo Joos lo commooooté Je tlo llmo. Ooelpoes membtes Je
l´ossoclotloo polvte et voollle soot téools Joos l´espoce commooootolte. lls otteoJeot lo tecbolcleooe
Jo lAlAllA. ío ottlvoot, celle-cl est sotptlse Je volt sl peo Je qeos. Notmolemeot, poooJ ll y o ooe
téooloo lcl, petsoooe o´est obseot. ílle peose poe peot-êtte lo bolsse Jo ptlx Jo polvte o Jémotlvé les
oqtlcolteots. ílle expllpoe oox membtes ptéseots poe le ptlx o´est pos flxé pot le lAlAllA mols sot le
motcbé mooJlol, et poe c´est poot ço po´ll o´y o pos J´lofloeoce posslble. ílle potle oossl Je lo toptote
lotetmltteote Je Jlsttlbotloo Je motétlel jospo´eo mol, ce pol o folt plooet le Joote cbez cettolos
élémeots Je l´ossoclotloo. ceox pol soot veoos ò lo téooloo se plolqoeot oossl Jo moopoe Je socs
plostlpoe. lls Jlseot po´lls compteot sot l´oppol Jo lAlAllA poot les footolt vo poe les oqtlcolteots
soot bleo eoqoqés. lls soot qooflés Je boooe volooté et coovolocos poe le polvte bloloqlpoe est ooe
boooe cbose. 1oot le mooJe solt poe le cocoo oe peot plos folte sotvlvte ooe fomllle. ío tevoocbe, oo
ptoJolt ò fott teveoo comme le polvte omèoe ooo seolemeot plos J´otqeot, mols c´est eocote oo
ttovoll molos extéoooot.
ce pol est Jlscoté oojootJ´bol, J´ooe pott, est lo fotmotloo eo tecbolpoe Je plpoetoqe pol ooto lleo
Joos poloze joots. Oo vo expllpoet commeot se folt le plpoetoqe. lo tecbolcleooe soollqoe poe ceox
pol oe le fetoot pos o´ootoot pos Je plpoet et poe toos Jolveot commeocet et tetmloet le ttovoll ò peo
ptès eo même temps. « neoteosemeot, Joos cette commooooté, les qeos soot Jyoomlpoes », Jlt-elle.
uoos lo commooooté Je klo llmo, ll y o toojoots eo Je lo coltote Je polvte, Jepols l´épopoe coloolole.
Avec l´ottlvée Jo lAlAllA, le tésoltot Je lo ptoJoctloo o ooqmeoté. Aottefols, c´étolt J´ovootoqe
l´offolte Jes moyeos oqtlcolteots, moloteooot le polvte o été lottoJolt ooptès Jes petlts oqtlcolteots.
ílle expllpoe oossl po´ooe petsoooe vo veolt poot coofltmet poe cette commooooté peot cootlooet ò
folte Jo polvte bloloqlpoe. ílle vo cettlflet poe le ptoJolt Je klo llmo cottespooJ oox tepols Je
l´otqoolsotloo éttooqète pol Jéllvte le cettlflcot. ílle tépète eocote lo llste Jes cboses pol oe Jolveot
pos se ttoovet Joos l´olte Jo polvte -plles, plostlpoes, bootellles - et poe celo Jolt êtte solt eotetté solt
btôlé. AtlloJo et Mme ílso oot folt oo boo ttovoll eo clôtotoot leots potcelles et les oottes Jevtoleot
solvte leot exemple. ílle tocoote le cos J´oo oqtlcolteot J´ooe ootte ossoclotloo pol o´ovolt pos folt
toot celo et pol o été toyé Je lo llste Jes ptoJocteots Je polvte bloloqlpoe. « Ie sols votte omle, Jlt lo
tecbolcleooe, mols je oe vols tleo cocbet eo éctlvoot le toppott ! »
le polvte est ò klo llmo ooe coltote oocleooe. le ptemlet cbomp Je polvte fot plooté eo 1967 Joos
l´eotteptlse pol, eo 1975, Jevlot ooe pottle Je l´eotteptlse 5ooto MotqotlJo. ll yo toojoots eo Jo polvte
et Je oombteoses petsoooes pol foot pottle Je l´ossoclotloo Jo lAlAllA ttovollloleot Jéjò Joos cette
eotteptlse. Mols lo fotmotloo po´elles oot teçoe pot lo solte leot o été ptofltoble. lls oot cootlooé leots
ploototloos J´obotJ ovec le lNAlAl oò se fotmo lo coopétotlve Jes letlts Aqtlcolteots Je klo llmo
(cOlAkll) et, Je foçoo plos clblée, ovec lo coopétotloo íspoqoole. Molbeoteosemeot le ptojet Je lo cí
o eo lò ooe vle cootte, Je 200J ò 2004. le ptojet Je lo cí lolsse le sooveolt J´ooe ttès boooe cbose, pol
o Joooé ooe fotmotloo complète Joos le Jomoloe Jo polvte et Je lo voollle. Mols le coott tetme est oo
ptoblème. Ioste 8 petsoooes -sot les 22 pol ovoleot solvl lo fotmotloo- soot ottlvées ò plootet Jo
polvtlet. cepeoJoot le sovolt est testé et lls cootlooeot sot le polvte, ovec l´oppol Jo lAlAllA jospo´ò
moloteooot. uooc l´ossoclotloo Jo polvte et voollle bloloqlpoe o 40 membtes, Joot JJ Je lo
commooooté même Je klo llmo, olots po´ll y eot seolemeot 29 pteoeots Je tette eo 1996. ll est Jlt
po´lcl petsoooe oe vo veoJte soo tettolo poot lo boooe tolsoo po´ll o´y o oocoo ocbeteot. le ptlx setolt
ttop élevé. les oqtlcolteots oot beoocoop lovestl lcl et lls coooolsseot le béoéflce poe lo tette Joooe. A
51l, petsoooe oe veot ocbetet oo tettolo cbet. « I´ol eo oo ocbeteot pol ptéteoJolt poe
(l´lovestlssemeot) o´étolt tleo, tocoote oo membte Je l´ossoclotloo. Ie lol ol tépooJo . voos Jites ço,
mols poot mol, c´est beoocoop ! »
lo cíll8A est eocote oo peo folble. cepeoJoot, les membtes Je klo llmo coooolsseot bleo l´exemple
Je lo coopétotlve Je ´cocoo blo´ pol o téossl ò Joooet plos J´oppol ò ses membtes et ooe voltote. llos
lmpottoot, oote lo tecbolcleooe est poe « les qeos coooolsseot moloteooot lo soveot Jo polvte ». uo
Jes membtes Jo qtoope Je qestloo potle Jo boobeot poe lol Joooe so ploototloo Je polvte. ll ptlt le
tettolo eo 2001 et commeoço ò plootet Jo polvte. ll est ottlvé ò folte so molsoo et so fomllle o le petlt
Jéjeooet, le tepos Jo mlJl et le Jioet ossotés. 5oo têve est J´ovolt ooe voltote. Avec le ptojet, J´oottes
cboses ottlvetoot. ll Jlt po´ll o JemooJé Je l´eoo et l´eoo est ottlvée -potce po´ll o´y ovolt pos J´eoo
potoble Joos lo commooooté ovoot. ít ovec l´eoo potoble, oo qoqoe oossl lo sooté. cblko, ooe petlte
oqtlcolttlce, expllpoe po´elle o vo ce poe ses volslos ottlvoleot ò folte. c´est olosl plos foclle Je
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communauté de Rio Lima parce qu’elle
ofre un espace sufsant et qu’elle a
la plus forte producton. Toutes les
associatons n’ont pas encore reçu le
certfcat de producton biologique
délivré par ECOCERT. L’objectf est
de 5 Ha de producton dans chaque
communauté, mais la moyenne n’est
encore que de 1,5Ha. Le but dans
l’avenir est d’ateindre une superfcie
totale des champs de poivre de 100 Ha.
En 2008, il est prévu que commence
l’exportaton par l’intermédiaire d’un
acheteur en France
29
Conclusions
Les personnes consultées des deux
coopératves, CECAB-STP et CEPIBA-BIO-
STP ont semblé convaincues que leurs
vies sont en train de s’améliorer sous
plusieurs aspects grâce aux nouvelles
productons et aux coopératves du
PAPAFPA. Interrogés sur les efets
du projet de cacao biologique,
les producteurs ont répondu en
mentonnant les maisons un peu plus
confortables qu’ils ont construites,
les générateurs qu’ils ont acheté pour
avoir l’électricité, les téléviseurs, acquis
avec l’argent du cacao, grâce auxquelles
ils sont informés, il trouvent des
divertssements et du plaisir et enfn
les motos qu’ils sont arrivés à acquérir.
Le changement vers le mieux dans la
vie des bénéfciaires du PAPAFPA est
visible et il témoigne de revenus plus
élevés.
Ce changement refète également une
amélioraton partelle dans le DH. On a
l’impression que dans les communautés
qui bénéfcient du programme un
nombre élevé d’enfants fréquente
l’école et a accès aux matériels
scolaires. Il semble que les femmes
aient un rôle fort dans les associatons
grâce à leur représentaton forte parmi
les petts agriculteurs. Le programme
d’alphabétsaton doit aider à créer
une certaine égalité entre les genres.
Par exemple, dans la communauté de
Filipina, les femmes sont prédominantes
dans le groupe de geston aussi. Dans
le même temps, on est inquiet du
fait que les jeunes flles renoncent
souvent à terminer la scolarité, pour
avoir des enfants relatvement tôt sans
réunir les conditons nécessaires pour
être souten de famille. Le PAPAFPA
contribue également à diminuer l’exode
rural. A Monte Fuerte et Maria Luisa,
certains jeunes sont retournés pour
travailler sur les terres de leurs parents.
A Rio Lima, des adultes se sont remis à
travailler dans leurs parcelles
30
.
Certains facteurs fonctonnant en
interacton avec d’autres expliquent le
relatf succés du PAPAFPA
31
:
La liaison entre les divers volets -
du programme pratquée
de telle sorte qu’ils doivent
se renforcer mutuellement.
Ceci respecte le fait que la
distributon des terres doit
toujours être accompagnée
d’un ensemble d’actvités
d’appui, pas seulement
techniques mais aussi en
termes de DH. Par exemple, le
programme d’alphabétsaton
contribue à augmenter l’impact
des actvités productrices
de revenu, par le biais d’une
meilleure compréhension des
matères écrites dispensées
dans les formatons.
La commercialisaton -
relatvement sûre. Le succès
du programme vient du fait
que non seulement il introduit
un nouveau produit qui arrive à
être mieux coté sur le marché
mondial mais aussi qu’il y a
eu (au moins dans le cas du
caco biologique), un acheteur
dès le début. Dans le cas du
cacao biologique, l’entreprise
acheteuse s’occupe de tout,
producton, transformaton et
commercialisaton du produit
à l’extérieur. Bien que la
dépendance d’avec un acheteur
individuel puisse consttuer un
risque en termes de prix pour le
produit, il apparaît que, dans la
phase initale pour le moins, un
partenariat fort de type public-
privé soit un avantage.
La durée du projet. Le PAPAFPA -
présente l’avantage de sa durée
plus longue que la majorité
des autres projets. En 12
ans, il doit être possible de
mener à bien une phase pilote,
d’établir la producton et la
commercialisaton et recevoir
en plus de nouveaux membres
dans les associatons ainsi que
de préparer les membres pour
une geston autonome.
Equipe forte. Les équipes -
techniques ont une profonde
expérience que les techniciens
ont acquise par le biais de
plusieurs formatons et de la
pratque. Tous connaissent
bien la théorie et la technique
de l’agriculture, mais ils sont
aussi formés, par exemple, en
associatvisme, vulgarisaton,
animaton rurale, dynamique
de groupe, etc.
Histoire agricole de la -
communauté. On note qu’une
producton donnée a plus
rapidement de la réussite dans
une communauté agricole où
cete spécifcité fut introduite
avant le début du projet
(exemple, le poivre à rio Lima).
Le succès actuel doit donc être
atribué non seulement à la
réalisaton de ce seul projet
mais aussi à l’accumulaton
des expériences au long des
années.
Vu que le projet est pour le moment
un succès, il est difcile de prévoir
des failles potentelles dans le
fonctonnement autonome des
coopératves après la clôture du projet.
Comme la fn du PAPAFPA est prévue
pour 2012 seulement, il n’y a pas
encore de stratégie prévue pour son
transfert aux mains de l’Etat santoméen
et aussi des petts agriculteurs. L’idée
est que les coopératves et les ONGs
locales (ADAPPA, etc.) vont poursuivre
leur travail sans appui technique ou
fnancement externe.
4.4 Etude de cas III: entreprise
Claudio Corallo
Deux entrevues furent conduites avec
l’entrepreneur Claudio Corallo lui
même, plus une visite sur le terrain
à Principe avec une entrevue avec le
responsable sur place et deux visites
dans la plantaton de l’île de ST avec
des entrevues avec les responsables et
les travailleurs.
L’entreprise et sa philosophie

L’entreprise de Claudio Corallo est
l’unique entreprise privée qui non
seulement produit du cacao et du café
de qualité, mais qui en plus transforme,
surtout le cacao, en chocolat pour
l’exportaton. C’est un exemple d’une
entreprise basée sur l’exploitaton de la
terre qui a un succès considérable.
En arrivant à STP dans les années 70,
l’entrepreneur et agronome italien
Claudio Corallo, avait déjà à son actf des
décennies d’expérience de producton
de café et de cacao en Afrique Centrale
(Congo-Zaïre) et en Amérique du
Sud. Il reçut une concession pour une
plantaton et les édifces de la roça de
Terreiro Velho dans l’île de Principe
en 1997, qui étaient abandonnés, et
il commença aussitôt à y réactver la
producton de cacao et de café. Il se
mit ensuite à travailler dans l’ancienne
roça Nova Moca de l’île de S. Tomé.
La philosophie de l’entreprise tourne
autour d’un chocolat de haute
qualité et un travail focalisé sur ce
29 Une tonne de poivre blanc et deux tonnes de poivre noir. Le prix sera de Euros 3,5 le Kg de poivre noir et Euros 4,5 le Kg de poivre blanc. Ce prix est plus bas que celui sur lequel on comptait parce que le poivre ne correspond pas encore à la qualité (et à la quantté)
escomptée par l’acheteur.
30 On peut noter que la problématque de l’exode rural ne peut pas s’exprimer aisément en termes de nombre de personnes qui ne vivent pas dans le milieur rural. Par exemple, l’amélioraton des moyens de transport entre la ville et l’ancienne roça permet que des gens
vivent en ville tout en s’occupant de leurs parcelles ou en employant d’autres personnes pour faire ce travail. Plusieurs familles ont plus d’une maison et elles partagent leurs temps entre elles et leurs employés. Deux des communautés étudiées n’ont pas connu ce fort
exode rural ou plutôt l’exode entre dans la normalité. Les enquêtes faites par le PNAPAF et le PAPAFPA démontrent qu’en même temps que le nombre de personnes vivant dans les communautés rurales a augmenté de 2002 à 2004, le nombre de celles qui consacrent 100%
de leur temps au travail au champ a diminué (Master et Uaiene, 2005)
31 Cete analyse s’est concentrée sur les fliaires de cacao biologique et poivre. Dans la flière de pêche artsanale, il existe aussi des problèmes liés au prix élevé de l’énergie qui augmente les coûts pour la réfrigératon et le transport des produits.
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but. L’entreprise s’occupe de tout le
processus, depuis la producton jusqu’à
la commercialisaton des produits
fnis. Le chocolat est distribué par un
distributeur spécialisé de l’étranger et
il exporte dans plusieurs pays d’Europe
et aux Etats-Unis. Le café et le chocolat
qui sont produits sont considérés des
meilleurs du monde. Les employés
ressentent une grande satsfacton
de savoir que grâce à leur travail ils
contribuent à la promoton d’une
bonne image de leur pays à l’extérieur.
Ils disent que :  «  nous  avons  reçu  une 
letre  du  Président  de  l’Assemblée  qui 
nous félicite sur notre travail ».
A Principe, le travail se concentre sur
le cacao et à ST l’entreprise produit
du café. La transformaton du cacao
en produits fnis de chocolat se fait
aussi à ST. L’entreprise emploie 29
personnes à Terrero Velho et 80 à Nova
Moca. A Terreiro Velho, la plupart des
travailleurs vivent dans « des maisons
partculières » en dehors du terrain
de l’entreprise et les autres vivent
dans une ancienne « maison-wagons»
(coron) à côté de l’entreprise.
Corallo produit du cacao sur son terrain
mais il en achète aussi à des petts
agriculteurs. Son arrivée à Principe
dans les années 90 fut la bienvenue.
Après l’ouverture politque, il y eut une
époque où il n’y avait aucun acheteur
à Principe. L’installaton de l’entreprise
Corallo permit de sortr de cete
situaton sans issue pour la populaton.
Il y a maintenant un autre acheteur
privé et la CECAB-STP qui achète aussi
du cacao biologique. Leur avantage
est qu’ils ont des tracteurs qui vont
chercher le cacao sur les parcelles des
agriculteurs. Mais on évoque l’amité
qui fait que les gens contnuent à vendre
à Corallo. Par ailleurs, Corallo a par lui-
même une producton sufsante.
Parmi les 80 travailleurs de Nova
Moca, 44 travaillent au champ et 36
sont des femmes qui travaillent au
décortquage. La moité à peu près
sont des travailleurs fxes qui travaillent
tous les jours de l’année et cotsent à la
Sécurité Sociale
32
. L’autre moité est
consttuée de travailleurs éventuels qui
sont appelés selon les besoins. L’horaire
est de 6 heures par jour, de 6H à midi,
six jours par semaine. Quand il reçut le
terrain de Nova Moca, M. Corallo reçut
aussi les habitants qui appartenaient à
l’ancienne roça. Le Gouvernement ft
un simple transfert de ces personnes.
Mais pour ateindre les résultats visés,
il devait licencier certains individus
parce qu’il jugeait qu’ils n’avaient pas
la discipline sufsante. Il alla chercher
d’autres travailleurs qui habitaient près,
mais pas dans l’espace appartenant à la
roça. Certains ex-travailleurs se mirent
à travailler dans d’autres entreprises
(comme Monte Café par exemple), ou
bien ils se consacrèrent à leurs parcelles,
ou encore ils choisirent un travail à
leurs propres comptes. Les travailleurs
disent qu’ils veulent contnuer à
travailler dans l’entreprise, qu’ils sont
tous satsfaits de leur travail. Pour
garantr une qualité du travail encore
meilleure, M. Corallo a mis en place
il y a près de deux ans un système de
paiement de prime –en plus du salaire-
aux travailleurs qui le méritent
33
. C’est
un encouragement additonnel pour
ceux qui accomplissent bien leurs
tâches.
Un facteur important dans la réussite
de l’entreprise Corallo est le travail
de Claudio Corallo lui même et de
ses enfants. Ils travaillent tous les
jours, du pett matn au soir pour que
l’entreprise fonctonne à la perfecton.
M. Corallo mentonne le sacrifce que
cela suppose pour lui et ses enfants
–même s’ils n’ont pas encore fni le
lycée- car ils aident leurs pères comme
de véritables associés.
Cete entreprise n’est pas le premier
projet de Claudio Corallo. Il a une vaste
expérience de développeur d’entreprise
agricole dans des conditons difciles.
Cela l’a, sans aucun doute, aidé à
32 Ces gens se considèrent encore, en parte, comme “employés de l’Etat”, à cause de l’impôt qu’ils paient.
33 La majorité des travailleurs reçoit mensuellement cete prime de Db 250.000 au moins.
créer son entreprise à STP. En outre,
il a travaillé dans des programmes
de développement rural et il a une
formaton en agronomie. Cela lui
donne une connaissance théorique
et pratque, « vaste » (sic). On note
une volonté énorme et une vision
nécessaire pour soutenir l’entreprise.
C’est là la garante de la haute qualité
de l’entreprise et de ses produits qu’il
cherche à ateindre.
Ca fait 7 ans que Helder (30) travaille
dans l’entreprise de Claudio Corallo
et il dit  «  tout  savoir    sur  le  cacao  et 
le café ». Il sait tout du processus de
producton et de transformaton du
cacao depuis le travail en brousse, le
départ, le séchage et la mise en sac. Il
sait comment le cacao est envoyé de
Principe à ST où d’autres travailleurs
font la sélecton des cacaos de
diférentes qualités et le décortquage.
Il sait qu’ensuite on l’envoie « en bas »,
en ville, où la transformaton contnue
jusqu’à devenir du chocolat. Il en sait
encore plus sur le café. Helder a du
goût pour son travail, qui s’explique
par l’attude du patron : «  Claudio 
a  toujours  le  désir  de  montrer  » dit-
il «  il  a  cete  mentalité  pour  que  nous 
sachions  le  travail  que  nous  faisons, 
que  nous  devons  nous  appliquer 
beaucoup  ». Il a déjà travaillé dans
l’agriculture auparavant, mais parmi
tous les travaux qu’il a faits, celui –ci
est spécial. Il pense que c’est une autre
forme de travail qui exige beaucoup de
spécialité. Il a un professionnalisme
qui ne se retrouve pas dans d’autres
endroits où on fait du cacao et du
café. Là-bas, on applique la théorie,
mais dans la pratque les choses sont
diférentes. Helder a laissé l’école en
7
ème
classe. Il veut bien contnuer, mais
il n’a pas de temps libre… il a d’autres
soucis. Le coût de la vie augmente
tous les jours mais pas le salaire. Il a
son pett champ de près de 500 m2
où il fait du haricot, de la carote, du
chou vert et blanc, entre autres ; Dans
son champ, il a un revenu qui arrive à
2 millions de dobras par mois. Il est
en train de construire une maison. Il
veut contnuer ses études et avoir un
bon emploi, investr dans une afaire et
créer des emplois pour les autres
La connaissance et la formaton
En parlant avec les travailleurs de
l’entreprise, on sent qu’ils ont une
certaine ferté salutaire car leur
travail est diférent de celui des autres
entreprises où sont produits du café
et du cacao à STP. Ils parlent de leurs
profondes connaissances et de leur
discipline de travail. Ils savent bien
expliquer les diférents types de café
et la manière de planter et de récolter,
les diférentes catégories de cacao
et la manière de les décortquer et
la producton de chocolat. Ils disent
qu’avec M. Corallo un travailleur doit
être atentf dans sa collecte de fruits
mûrs ou pas mûrs ainsi que dans tout
le processus de travail. Autrefois, on
ramassait tout le café ensemble, mûr
ou non. Il n’y avait personne pour
expliquer le processus et c’est ainsi
que les travailleurs n’avaient aucune
connaissance à part celle des tâches
qu’ils devaient accomplir.
La formaton compréhensive des
travailleurs est importante pour
Claudio Corallo. Il prétend que celui
qui n’investt pas dans la formaton de
ses travailleurs n’ateindra jamais les
résultats escomptés. Partculièrement
au début, il était toujours dans le
champ et il expliquait tout ce qu’ils
doivent savoir. Et encore maintenant,
il y a un accompagnement permanent
du travail. Cela signife qu’il va
constamment dans les terres pour voir
comment se déroulent les travaux et,
si nécessaire, renforcer la formaton
qui a été donnée auparavant. Les
travailleurs ont donc la pratque et
le savoir et ils arrivent à faire tous les
travaux seuls. La difculté initale ne
résidait pas seulement dans le fait que
les travailleurs avaient peu de formaton
et de connaissances, mais que souvent
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ils avaient une formaton que M.
Corallo juge mauvaise. Il souligne
que «  la  formaton  n’est  pas  quelque 
chose  qu’on  fait  plus  ou  moins  ». Ce
qu’il faut n’est ni une connaissance
pratque, ni une connaissance
théorique, « mais  une  connaissance 
vaste ». Cela signife que la formaton
qui doit être faite doit transmetre ce
qui est nécessaire pour comprendre les
processus dans lesquels les travailleurs
sont impliqués. Par exemple, s’il faut
construire un nouveau séchoir dans
l’entreprise, Corallo prétend tout
expliquer – jusqu’à la physique de cete
structure- de façon claire. D’autre
part, il a choisi des personnes qui
démontrent une apttude plus grande
que les autres. Ce sont aujourd’hui
les responsables de Terreiro Velho et
de Nova Moca. D’autres travaillent
avec lui en ville. Ils doivent avoir une
sensibilité exceptonnelle, ce que, avec
son expérience, Corallo n’a pas de mal
à identfer. Cependant, les personnes
qui deviennent responsables doivent
aussi avoir été désignées comme tel,
au moins implicitement, par leurs
collègues.
On notera, une fois encore, le rôle clef
joué par l’entrepreneur Corallo comme
leader qui permet ce processus. C’est un
perfectonniste qui se dévoile tel dans
tout ce qu’il fait, et ce perfectonnisme
sert d’exemple pour tous ses travailleurs.
Cela est important. Il existe d’une part
des règles pour assurer la qualité du
produit que tous les travailleurs ainsi
que les petts agriculteurs qui vendent
leur cacao à Corallo doivent respecter.
D’autre part, lui-même travaille
actvement dans la parte agricole de
l’entreprise même s’il doit souvent
rester en ville pour gérer les partes
administratves et commerciales de
son entreprise (commercialisaton du
cacao, visites touristques, etc.)
L’emploi sûr et les revenus
additonnels
Les travailleurs considèrent les
conditons de travail bien meilleures
et le salaire plus élevé que du temps
des entreprises étatques. Pourtant,
ils disent que le salaire n’est jamais
satsfaisant. Manquent les services et les
provisions que les grandes entreprises
fournissaient, de l’alimentaton aux
vêtements. Maintenant le salaire doit
couvrir toutes les dépenses. Considérant
l’infaton qui caractérise l’économie
du pays, cela n’est pas tâche facile.
Raison pour laquelle les travailleurs de
l’entreprise Corallo, ainsi que ceux de
beaucoup de moyennes entreprises à
STP, doivent trouver un supplément au
salaire familial par d’autres revenus.
A Principe, les travailleurs (comme
beaucoup d’autres petts agriculteurs
de la région) ont souvent leurs parcelles
où ils produisent du cacao. Ils vendent
à Claudio Corallo qui paie Db 8000 le
kg. Ils reçoivent ainsi, en plus de leur
salaire, qui varie selon l’expérience et
le type de travail qu’ils font, un revenu
extra.
A Sao Tomé, certains travailleurs ont
des champs où ils font du maraîchage
35
.
Dans leurs champs, ils produisent
des oignons, des carotes, du chou et
plus encore, pour leur consommaton
personnelle et pour la vente au marché
de la ville. Ils se font ainsi peut-être 3
ou 4 millions quand la récole est bonne,
mais ce revenu varie avec la saison, le
climat et le marché interne. Donc, le
salaire qu’ils reçoivent de l’entreprise
a de l’importance comme une source
d’argent qu’ils considèrent plus stable
et sûre tous les mois.
Les défs pour le futur
L’entrepreneur Corallo a réussi avec un
investssement de près de 2 millions
d’euros (beaucoup plus bas que le
fnancement de nombreux projets
agricoles) à développer une structure
d’entreprise qui, non seulement donne
du travail à un nombre considérable
d’ouvriers et assure l’exploitaton de la
terre, mais qui, encore, commercialise
un des rares produits –si ce n’est
l’unique- vraiment santoméen : le
chocolat. Outre l’exploitaton de la
terre par la producton de cacao et
de café, l’entreprise prétend établir à
Nova Moca un volet touristque (avec
une cafeteria, une boutque, etc.), une
boulangerie et certaines productons
qui pourraient intéresser les jeunes.
On a aussi parlé d’une école qui
pourrait servir, surtout, aux enfants
des travailleurs de l’entreprise.
Mais en atendant, le développement
de ces projets est freiné par un confit
avec des habitants de Nova Moca. Ce
confit a à voir, en partculier, avec la
queston de qui a le droit de vivre dans
l’espace concédé à l’entreprise Claudio
Corallo
36
.
Ce n’est pas la seule entreprise qui
s’afronte à ce type de problème lié
à l’histoire complexe de STP, comme
pays d’agriculture basé sur le principe
des grandes plantatons. Par exemple,
il a été décidé, dans l’entreprise Flora
Speciosa, de renvoyer les habitants
de l’entreprise et de chercher des
travailleurs qui, en général, vivent
près de là, mais dans leurs maisons
individuelles. Dans la mesure où les
travailleurs ont le droit de prendre
les fruits des arbres de l’entreprise
pour leur repas, l’obligaton du patron
se limite au paiement du salaire
mensuel ou bimensuel. Appliquer
ce type d’organisaton n’est pas une
tâche facile
37
. Dans la structure socio-
culturelle des ex travailleurs des
entreprises coloniales et étatques de
STP, les anciennes roças ne consttuaient
pas seulement des espaces de travail,
mais elles avaient aussi une signifcaton
comme zones, villages et lieux où les
personnes naissaient et auxquelles
elles contnuaient d’appartenir, qu’elles
y travaillent ou non. Il est inévitable
que cete signifcaton s’entrechoque
avec la privatsaton de partes du sol
santoméen.
On pense qu’il faut, d’un côté,
que l’Etat santoméen garantsse,
applique et protège les règlements
36 L’analyse de cete queston est profondément compliquée et liée au règlement légal de la distributon des terres, des relatons entre les ex travailleurs des entreprises d’Etat et des droits et obligatons des nouveaux patrons.
37 Cela peut être comparé avec certaines moyennes entreprises qui ont encore certains travailleurs vivant dans les anciennes maisons des travailleurs
34 Pourtant, Corillo n’a pas donné à ses travailleurs une parte de ses terres comme le font certaines entreprises.
Aoqelo est oée ò 5. Nlcoloo et, optès l´loJépeoJooce, elle s´est mlse ò ttovolllet Joos lo toço. ílle o ooe
molsoo Je ttols plèces ò Novo Moco, oò elle vlt ovec ses bolt eofoots et ses petlts eofoots. ílle
ttovollle Jepols looqtemps Joos l´eotteptlse, Jepols poe clooJlo est ottlvé. ílle Jlt poe le ttovoll est
oojootJ´bol plos oqtéoble, plos lotétessoot et molos Jot. ll o´y o pos ooo plos ces cbôtlmeots Jes
oocleos temps Joot elle se soovleot. ueox Je ses fllles ttovollleot Joos l´eotteptlsee, J´oottes flls
ttovollleot oox cbomps et J´oottes foot Jes étoJes
J4
. 5oo motl ttovollle eo extto, Je temps eo temps.
Même comme ço, leots teveoos oe soot pos sofflsoots poot eovoyet les eofoots oo lycée. uoos le petlt
cbomp po´lls oot téossl ò obteolt, lls foot Jo cboo, Jo toto et J´oottes ptoJolts poot veoJte. ílle-
même o´o pos Je temps poot ttovolllet oo cbomp. ílle peose poe c´est lmpottoot poot elle Je
cootlooet ò ttovolllet Joos l´eotteptlse potce poe le cbomp oe Joooe pos toojoots, et moloteooot toot
est cbet.
1eteso (17) est ttovollleose éveotoelle Joos l´eotteptlse Je clooJlo cotollo. 5oo pète oossl ttovollle
Joos cette eotteptlse. ílle o flol so 8
ème
closse et ço folt plos J´oo oo po´elle ttovollle lò. ílle ttovollle
poooJ ll y o Jo ttovoll, s´ll o´y eo o pos, elle oe ttovollle pos. ílle o´o pos ò pottoqet soo sololte ovec
polcoopoe. ílle qotJe toot poot s´ocbetet Jes vêtemeots, Jes cboossotes et J´oottes cboses Joot elle
o besolo. « ce poe je vols, je l´ocbète » Jlt-elle. ílle o´épotqoe pos et o´o pos Je qtooJ ploo poot
l´oveolt, mols elle o l´espolt Je cootlooet Joos l´eotteptlse potce po´elle olme bleo ce ttovoll. ílle oe
peose pos po´ll y olt oo ttovoll éqol ootte pott.
AJelloo o toojoots véco lcl, J´obotJ ovec oo ootte pottoo, et optès l´loJépeoJooce ò l´eotteptlse
Moote cofé. ll o eosolte commeocé ò ttovolllet ovec clooJlo. ll se soovleot po´ovoot le sololte étolt
peo Je cbose, mols ll y ottlvolt potce poe les cboses étoleot mellleot motcbé. Oo Jlsttlboolt oossl Jes
cbemlsettes et oottes vêtemeots toos les slx mols, Je lo ooottltote étolt Joooée toos les joots et ll y
ovolt Je lo vlooJe Jeox fols pot semoloe, oo Jo polssoo solé. ll y ovolt oo moqoslo oò les qeos
tecevoleot mols lls oe poyoleot tleo. AojootJ´bol, c´est Jlfféteot. le coôt Je lo vle o beoocoop
ooqmeoté oo coots Jes oos. AJelloo o 66 oos, mols ll olme ttovolllet eocote. ll Jécottlpoee et folt Jes
ttovoox semblobles et olosl ll qoqoe bleo plos poe les ub 200.000 po´ll tecevtolt ovec lo tettolte
étotlpoe.

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qui accompagnent les concessions de
terre aux entrepreneurs privés et leurs
droits. De l’autre, on devrait penser à
redessiner le règlement pour arriver
à une forme légale qui, à l’avenir,
réponde le mieux possible à ces défs
historiques et socio-culturels. A Nova
Moca, on ressent une instabilité qui
est préjudiciable. Non seulement elle
coupe l’espérance de développement
des travailleurs, mais encore elle scie
à la base la perspectve d’amélioraton
de la situaton.
Conclusions
En conclusion, il apparaît que les
facteurs suivants aient mené au succès
de cete entreprise, partculièrement
en termes de DH :
L’expérience créatve -
et la persévérance de
l’entrepreneur ;
L’assurance d’un salaire -
mensuel conjointement à la
compensaton basée sur le
mérite ;
La formaton compréhensive, -
intensive et constante des
travailleurs ;
La mise en oeuvre d’une -
discipline de travail à tous les
niveaux ;
La structure intégrée de -
l’entreprise (producton,
t r a n s f o r m a t i o n ,
commercialisaton)
Si elle réussit à résoudre les problèmes
actuels avec les habitants de Nova
Moca, l’entreprise de Claudio
Corallo peut facilement se présenter
comme référence pour montrer aux
Santoméens qu’il est possible de réussir
en exploitant de la terre.
Il est vrai que les travailleurs de cete
entreprise afrontent des problèmes qui
sont semblables à ceux de la plupart des
Santoméens, problèmes liés à l’infaton
et aux prix des denrées alimentaires qui
sont de plus en plus chères. On notera
que les moyennes entreprises de STP
arrivent rarement à payer des salaires
beaucoup plus élevés que le salaire
minimum. Souvent, les travailleurs
agricoles doivent se débrouiller avec
un salaire extrêmement bas et trouver
d’autres sources de revenu. Presque
tous les travailleurs consultés dans
cete entreprise et dans d’autres
moyennes entreprises santoméennes
ont souligné la signifcaton des champs
individuels. Par conséquent, bien que
certains hommes jeunes réussissent
à combiner un travail salarié avec un
travail dans leurs champs, la plupart
des personnes doivent dépendre de
leurs familles –et pas seulement-
pour leur survie. En revanche, on en
conclut que le salaire du travailleur
ou de la travailleuse, ainsi que les
éventuels bénéfces accompagnant le
travail dans une moyenne entreprise,
donne une sécurité à beaucoup plus
de personnes.
Dans l’avenir, pour garantr le succès de
l’entreprise Claudio Corallo
38
, comme
celui des autres entreprises agricoles,
dans le marché mondial, l’énergie et
les moyens de communicaton sont
des facteurs-clefs. Une entreprise
pourrait mieux fonctonner si on en
fnissait avec les problèmes d’énergie
et si le système de communicaton
s’améliorait (téléphone, Internet, etc.).
Cela concerne les infrastructures aussi
bien que la fourniture sûre d’électricité,
la constructon et l’entreten de
routes, mais aussi le trafc aérien et
l’installaton de l’ADSL. Un autre facteur
indispensable, indiqué ci-dessus, est
la règlementaton légale qui défnit
clairement la relaton des entreprises,
de l’Etat et des travailleurs, plus
généralement des Santoméens avec la
terre et ses produits, avec des droits et
devoirs mutuels et réciproques.
Hypothèses
Quelles leçons peut-on trer des analyses
réalisées? Un projet, un programme et
une entreprise privée ont été passés au
crible. Tous les trois sont centrés sur
l’exploitaton de la terre mais elles ont
une organisaton diférente, que ce soit
en termes de geston et fnancement
ou en termes de leurs objectfs.
Une telle comparaison qualitatve
a ses avantages et ses limites. Les
enttés comparées se trouvent dans
diférentes phases de leur évoluton.
On a dû choisir certains critères de DH
pour faciliter la comparaison. Le fait
que les entrevues menées quelques
années après la fn d’un projet donnent
des réponses très diférentes de celles
des gens qui jouissent encore de tous
les bénéfces d’un projet a été pris en
compte. Il faut aussi atrer l’atenton
sur le fait que certaines personnes
consultées ont partcipé à plusieurs
projets au cours de leur vie. On a vu
par exemple que certains producteurs
de poivre avaient bénéfcié du
programme PNAPAF, puis du projet
de la Coopératon Espagnole et ont
maintenant commencé à travailler
avec le PAPAFPA. Il se peut que leur
présence contnue dans des projets
soit un signe de l’échec des précédents.
Mais chaque projet consttue aussi une
opportunité qu’on ne laisse pas passer.
Considérons le cas suivant :
Une vie « projetée »? 
M. Diogo de Santo Amaro commence
l’entrevue en disant: « Je  suis  sûr  et 
certain  que  la  vie  du  paysan  est  la 
meilleure  du  monde. L’agriculture, 
explique-t-il  est  le  travail  le  plus 
important  qui  puisse  se  faire  pour 
assurer  l’alimentaton  des  autres.    Ni 
un  ingénieur,  ni  un  médecin,  ni  un 
professeur  ne  réussissent  à  travailler 
s’ils ont faim ». M. Diogo a 65 ans et il
a fréquenté l’école jusqu’en 4
ème
classe.
Dans sa vie, il a exercé les méters de
charpenter, savonnier et machiniste.
Mais en 1990 il s’est inscrit avec des
collègues pour recevoir de la terre
et ils ont obtenu de l’Etat un ttre de
possession. M. Diogo a partcipé a
toute une chaine de projets agricoles.
Il se souvient qu’aussitôt après
l’ouverture, en prenant le terrain, il
commença une formaton à Mesquita
avec un Français. Là, il fut enseigné
aux nouveaux agriculteurs à faire du
maraîchage. Plus tard, à travers le
Programme d’Appui aux Moyennes
Entreprises Agricoles (PAMEA), il reçut
une formaton en geston d’entreprise
et en techniques agricoles à STP et à
Cap Vert et il développa sa plantaton
d’arbres fruiters. Il entra dans le
projet de Coopératon Espagnole qui
fournissait un appui pour développer
le poivre et la vanille. Maintenant, il
est directeur de l’associaton de petts
agriculteurs de cete zone qui voudrait
partciper au PAPAFPA. Il pense que
tous ces projets ont laissé pas mal
de connaissance et un appui concret
–en termes de plantes et matériels
divers- pour qu’il puisse développer
sa plantaton de diverses cultures
agricoles. Il a donc une bananeraie
et des caféiers, il a du fruit à pain,
du manioc et du taro, des tomates,
haricots vers, oignons, carotes et
melons ; il a des vergers, du maïs et de
la canne à sucre. Il cultve un peu de
tout, sauf du cacao. «    En  ce  moment-
ci,  le  cacao  est  difcile,  explique-t-il. 
Il  doit  avoir  un  système  d’irrigaton,  il 
faut des tuyaux, des fossés et des pistes 
et  sans  assistance  pour  installer  tout 
ça, le cacao n’a pas de valeur.  Mais si 
quelqu’un veut bien lui laisser une zone 
cacaoyère  et  un  appui  adéquat,  il  s’y 
metrait »
Pour l’aider dans son travail, il a ses fls
et il recrute quelques employés extras.
Un fls plus âgé avait lui aussi partcipé
à la formaton donnée par le PAMEA
et il a maintenant ses propres champs.
Les autres de 15, 9 et 8 ans vont
l’aider dans les travaux des champs
trois après midi par semaine et les
samedi et dimanche. Ils aiment bien
l’ambiance. Ils ont de la canne à sucre,
des mangues et du fruit du jaquier dit
M. Diogo. Il pense que c’est important
38 Une des difcultés que l’entreprise afronte a à voir avec l’établissement d’un marché des produits “biologiques” au niveau mondial, de plus en plus contrôlé et fermé. On constate le rôle des organisatons internatonales responsables de
l’applicaton de la certfcaton des produits (avec souvent un coût pour le producteur) et des grandes entreprises multnatonales qui commencent à dominer dans ce marché.
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de les habituer au travail.
Aujourd’hui, M. Diogo pense juste à
maintenir les plantatons en l’état et le
revenu qu’il a pour assurer sa vie et celle
des enfants, parce que “ce que Dieu me 
donne,  moi  je  le  soigne”. Il a eu une
moto-camionnete à trois roues, mais
il a dû la vendre parce qu’il ne peut pas
l’utliser sur les pistes qu’il a. Il espère
en trouver une autre meilleure. Il sait
qu’il doit faire des épargnes, ou, encore
mieux, faire un crédit pour petts
agriculteurs. Sauf que ça n’existe pas
à STP. Il dit que tous les agriculteurs
se plaignent parce qu’encore aucune
banque ne leur donne. Il a aussi des
plans pour ses fls. Il est en train de
construire une maison neuve et devant,
il veut installer une annexe, du genre
magasin, pour sa flle qui a maintenant
14 ans et apprend la couture. Avec une
machine, ce serait un premier pas pour
lui créer des conditons de lancement
dans la vie. Les autres, peut-être iront-
ils faire des études à l’extérieur, et lui il
va essayer de les aider.
Quand on lui a demandé s’il voulait
recevoir plus de formaton, il s’est mis à
rire: “J’ai maintenant un certain âge et 
je n’ai pas besoin de plus de formaton”.
Il raconte comment les Français ont
introduit le maraichage à STP. Autrefois,
tout était importé d’Angola et Lisboa,
mais grâce à cela, les Santoméens se
sont mis à être capables de s’alimenter
par eux-mêmes. Lui, il est devenu
capable de produire pour vendre.
Certains manguiers plantés avec l’appui
du PAMEA –PAMEA apporta les fruiters
à un prix très modique- ne commencent
à donner que maintenant et ils vont
donner longtemps. En outre, le PAMEA
enseigna aux agriculteurs à faire leur
geston, ce que M. Diogo estme très
important. On doit savoir combien on
dépense pour savoir si on a un gain.
Il enregistre lui-même tous les jours
les entrées, sortes et vente, quand il
achète des engrais, il inscrit combien
il en répand sur les terrains. De cete
façon, il sait exactement ce que devient
l’argent qu’il investt. La Coopératon
Espagnole a amené le poivre. Comme
beaucoup d’autres, il atrapa la virose,
mais il sut la combatre. Il a encore du
poivre d’alors et il se met maintenant
à le transformer en biologique. Dans
l’avenir, le PAPAFPA va construire un
séchoir ici. Et comme ça, les choses
vont de l’avant.
Ce bref raccourci d’une “vie projetée”
–vie caractérisée en parte au travers
des projets auxquels a partcipé
M. Diogo- démontre une certaine
créatvité. M. Diogo est arrivé à saisir
les opportunités qui se sont présentées,
déjà avant de prendre possession de
son terrain dans les diverses professions
qu’il avait apprises et ensuite dans les
projets qui permirent la diversifcaton
de sa plantaton. On voit ici le grand
avantage de l’analyse qualitatve. Elle
rend possible l’observaton du lieu
qu’occupe un projet dans l’histoire de
la vie individuelle d’un bénéfciaire.
Une des critques majeures existant à
STP dans le cadre du développement
rural renvoie à la véritable nature du
« projet ». On voit un projet comme
une actvité (fnancement, assistance
technique, etc.) prenant place pendant
une période assez limitée. Mais même
comme ça, il est possible de commencer
à se demander ce qu’est l’impact
partculier et ce qu’est l’impact à long
terme. En même temps, il est possible
d’examiner un projet par rapport à
d’autres projets et actvités.
Il semble qu’un premier facteur menant
à l’échec d’un projet est la préparaton
insufsante avant de commencer: il
faut étudier les conditons réelles,
naturelles, techniques et aussi sociales
et culturelles. Cela doit se faire au
niveau du pays ainsi qu’au niveau
individuel des bénéfciaires, et on peut
se demander : serait-il possible de
créer des « vies projetées ou vies dans
des projets » conçus à ce propos, bien
que les agriculteurs gardent la liberté
de choisir leur propre chemin ?
Deuxièmement, tous les donateurs ont
leurs stratégies et agendas spécifques
qui n’incluent pas forcément des
objectfs en termes de DH. Tandis
que les donateurs et insttutons
internatonales devraient accorder
plus d’atenton à relier leurs projets
et programmes avec ceux des autres,
l’Etat santoméen, quant à lui, a aussi le
rôle de stpuler ce type de relaton.
Un troisième facteur, apparu netement
ci-dessus, est qu’on ne fait aucun
efort pour transférer le patrimoine
(physique, technique, social). Souvent
il n’existe aucune stratégie pour, quand
un projet s’éteint, relier ce qui a été
installé aux insttutons de l’Etat d’une
façon efectve et durable. Ou bien
cete stratégie est la dernière étape du
projet qui se déroule quand il est en
train de fnir. Pourtant, il est nécessaire
de planifer l’ « après » du projet de
façon concrète et cela doit consttuer
une parte de sa concepton dès le
début. Quand un projet fait son « fade
out », il revient à l’Etat de procéder au
« fade in ».
Autrement dit, ce qui souvent
contribue à l’échec d’un projet ne se
trouve pas dans le projet, mais au-
delà de ses limites, dans ce qui se fait
avant et après. On peut noter que
certains des problèmes qui surgissent
ou qui mènent à l’échec du projet ont
essentellement à voir avec la situaton
du pays. La dissoluton des grandes
entreprises d’Etat et la distributon des
terres à STP a mené à un manque en
termes d’administraton et organisaton
socio-économique. Ceci afecte toutes
les infrastructures, routes, écoles,
postes de santé et aussi criminalité
(le vol principalement) qui a à voir en
grande parte avec la pauvreté élevée
dans les anciennes roças et les zones
rurales. Un projet ou une entreprise
moyenne n’arrive pas à fournir ces
infrastructures, ni un revenu ou un
salaire sufsant pour permetre aux
gens de les construire. C’est ainsi
qu’en termes de DH, n’importe
quel projet n’ateindra jamais qu’un
succès partel. Par conséquent, les
échecs s’expliquent au travers de ce
manque de conditons (qui, peut-être,
ne sont pas sufsamment prises en
considératon dans la concepton du
projet lui-même). A ce qu’il semble,
un des problèmes majeurs auxquels
on s’afronte est la distributon des
terres ainsi que la dissoluton des
communautés et des formes de vie
sur lesquelles s’appuyaient les gens,
naguère. Par exemple, au lieu de
réhabiliter les anciennes « sanzalas »
(maisons communes des travailleurs,
en corons), ce sont les maisons
individuelles qui ont été promues bien
qu’il soit plus difcile maintenant de
fournir l’énergie et l’assainissement
adéquats.
D’autre part, on assiste à une certaine
absence de l’Etat dans la coordinaton
des projets qui pourraient assurer
sa contnuaton. On note aussi que
les relatons de propriété demeurent
souvent dans l’incerttude. Cela
débouche sur une instabilité qui
peut afecter le fonctonnement des
projets et entreprises. Par exemple,
la vente de terrains au milieu de
plantatons de cacao qui appartennent
à une coopératve peut déboucher sur
l’interrupton du système d’irrigaton et,
par conséquent, metre la producton
en danger. Ou bien, comme on l’a vu
dans l’entreprise de Claudio Corallo,
la concession du terrain peut soulever
des questons très controversées par
rapport aux maisons et personnes
qui se trouvent là. Cela inclut aussi
la revalidaton du rôle des moyens
entrepreneurs dans le processus
de développement rural. Ils ont un
potentel pour fonctonner comme
des multplicateurs du développement
et assurer au moins une parte du
revenu de leurs travailleurs mais
ils afrontent des situatons assez
délicates. Manquent le capital et
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les connaissances dans la pratque
de l’agriculture et de la geston. Un
technicien du Ministère commentait :
«  Ces  personnes  n’ont  souvent  pas  la 
formaton agricole, mais dans le monde 
actuel ce qui est important c’est d’être 
un bon gestonnaire ».
Donc, il est suggéré à l’Etat de
développer une politque de la terre
et de la propriété très claire. Cete
politque doit cibler, non seulement
la privatsaton de la terre (comme un
espace neutre), mais aussi sa meilleure
utlisaton possible. La propriété est la
relaton entre les personnes en rapport
avec la terre
39
. Cete terre n’est pas
seulement un espace géographique
et physique mais aussi historique et
social, un espace en mutaton avec
les pratques et actvités des gens qui
l’habitent et l’utlisent.
Malgré tout cela, il est possible de
citer quelques facteurs qui mènent à la
réussite:
Préhension globale: un projet -
ne doit pas être seulement une
interventon ponctuelle, mais il
doit couvrir tous les diférents
aspects de la producton
à la transformaton et la
commercialisaton du produit,
de façon à assurer le plus de
revenus possible.
Multplicité: il est reconnu -
que pour produire un DH,
un projet doit inclure des
programmes non techniques
–tels qu’alphabétsaton,
cours de geston
d’entreprise, sensibilisaton
environnementale, etc.- qui ont
un impact indirect et mutuel.
Inventon : au niveau de la -
concepton du projet et de
l’organisaton du travail et
du personnel un projet doit
innover pour réussir.
Leadership et créatvité : on -
a vu dans les cas exposés ci-
dessus qu’il ne suft pas d’avoir
ce qu’on désigne trivialement
comme « amour de la terre »,
mais qu’il faut aussi une
déterminaton ou capacité à
conduire, en plus des petts
agriculteurs ou des personnes
qui dirigent un projet. Ceci
comprend, entre autres, la
capacité d’enthousiasmer et
de communiquer, la volonté
de travailler, un certain
perfectonnisme et la créatvité
nécessaire pour apporter
une réponse aux conditons
difciles.
Gouvernance et méthode : qu’il -
s’agisse d’un projet ou d’une
entreprise, ils ont également
besoin de règlements et de
pratques de travail convenus
entre tous les partcipants
qui garantssent que le travail
sera fait le mieux possible,
en respectant les objectfs
spécifques. Ceci implique
aussi que doivent exister des
mécanismes pour pénaliser et,
si nécessaire, exclure ceux qui
n’agissent pas en conformité
avec les principes de base
Flexibilité : un projet doit -
pouvoir répondre à des défs
non prévus, et, si nécessaire,
altérer la structure, les délais,
etc. Ceci signife qu’on doit
repenser ce qui pourrait être
projeté au-delà du temps du
projet.
Encouragements : L’existence -
d’incitaions fnancières et non
fnancières avec un objectf
clairement prévu peut aider
au succès d’un projet ou d’une
entreprise. Il semble que, dans
un projet, cet encouragement
puisse être indirect, par le
biais d’une aide matérielle,
mais jamais direct, à travers
un salaire. Dans le cas d’une
entreprise, un encouragement
pourra être une prime pour
un travail très bien fait ou
une augmentaton de salaire
annuelle.
Geston du patrimoine : -
L’utlisaton du patrimoine du
projet devrait être garante,
en termes d’infrastructures
fournies autant qu’en
connaissances transférées. La
transmission des connaissances
en rapport avec les techniques
de l’agriculture doit être traitée
avec plus de soin, pour garantr
la divulgaton au-delà du projet
et jusqu’aux génératons à
venir.
La présence de l’Etat : dans les -
entrevues, il ressort qu’il est
souhaité que l’Etat ait un rôle
de gardien, gestonnaire et
planifcateur du développement
rural. Pourtant, on observe que
l’engagement de l’Etat, à ce
moment-là, peut avoir des failles
liées à l’instabilité politque,
le manque de compétence de
certains cadres, l’absence de
planifcaton du développement
rural et l’incapacité à profter
des résultats des projets et
entreprises existantes.
5. Analyse des effets
de la fragilité de l’Etat
sur l’environnement et
l’exploitation durable des
ressources naturelles.
Par défniton, le développement
durable satsfait les nécessités du
présent sans comprometre la capacité
des génératons à venir à satsfaire
leurs propres nécessités.
Manifestement, le modèle actuel
d’utlisaton de la terre n’est pas
durable car il n’arrive pas à satsfaire
intégralement les nécessités pressantes
des bénéfciaires de terres et celles des
génératons futures. Les restrictons
qui conditonnent le développement
de la sylviculture et de la forêt de
façon ratonnelle ou adéquate sont
multples, comme en réfèrent divers
travaux (ENRP, 2002 ; CPADRP, 2007).
Parmi les nombreuses restrictons,
nous relevons notamment « l’abatage 
d’arbres sans replantaton qui entraîne 
la dégradaton des forêts qui sont déjà 
fortement dégradées ».
Pour les Natons Unies, la réforme
agraire est un programme intégré
de développement et elle met en
évidence certaines entraves dans
la structure agraire, le programme
implique des changements dans la
possession de la terre ainsi que dans
l’amélioraton des appuis des services
et insttutons agricoles (Poostchi,
1986). En fait, ces contraintes existent
à STP et le programme implique des
changements dans la possession et
l’usage de la terre ainsi que des appuis
de services. A notre avis, STP a une
politque claire sur l’environnement.
Outre les conventons qui ont été
ratfées, le pays a un Plan natonal de
l’Environnement, une législaton des
forêts approuvée, ce qui démontre
l’existence d’une volonté politque
pour entrainer la mise en œuvre des
stratégies environnementales et de
l’exploitaton durable des ressources
naturelles, également existantes.
Rappelons que dans ce plan il ressort
en termes de diagnostc de la situaton
environnementale que : «  le  risque 
majeur de dégradaton de la biodiversité 
dans  les  diférents  districts  découle 
des efets de la distributon des terres. 
L’utlisaton  irratonnelle  des  forêts 
secondaires  et  les  modifcatons  dans 
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les  habitats  des  diférentes  espèces 
endémiques  natonales  met  en  péril 
leur propre survie » .
Cete utlisaton irratonnelle des forêts
démontre les fragilités de l’Etat dans la
mise en œuvre de cete politque et qu’il
a peu de possibilités et de moyens pour
même metre en œuvre la législaton
environnementale et les conventons
internatonales qu’il a ratfées.
Les facteurs qui empêchent la mise
en œuvre de cete politque et de
la législaton environnementale en
partculier sont multples, comme
résumés ci-dessous à notre avis et à
celui des diférents auteurs consultés :
Restricton fnancière de la -
Directon de la Forêt et de
la Directon Générale de
l’Environnement et des autres
secteurs concernés pour faire
face aux énormes dépenses que
le contrôle des aires de forêts
exige pour leur préservaton ;
Absence d’accès à des crédits -
avec taux d’intérêts bonifés,
ou subventons à la producton
pour les moyennes et surtout
les pettes entreprises agricoles,
que tous les agriculteurs
considèrent comme un facteur
très important et décisif
(Rodrigues, 1995)
Manque d’éducaton -
environnementale durable
(communautés, propriétaires de
tronçonneuses et entrepreneurs
en bois de constructon et pour
l’énergie traditonnelle)
La loi sur les forêts approuvée -
en 1998 n’a toujours pas été
promulguée (CADRP, 2007)
Fragilité des organisatons et -
associatons de producteurs,
ne fonctonnant pas
convenablement pour être
considérés comme des
interlocuteurs ou partenaires
valides et dynamiques pour
appuyer le Gouvernement en la
matère ;
Manque d’autorité de l’Etat dans -
les entreprises et communautés
(CPADRAP, 2007), étant donné
que le pouvoir des municipalités
et l’administraton de l’Etat sont
très loin des communautés
rurales ;
Manque d’une collaboraton -
plus étroite entre les
diférentes insttutons de l’Etat
directement et indirectement
liées à cete problématque.
Pour contribuer au renversement de ces
facteurs interdisant le développement
soutenable, les mesures suivantes ou
actons stratégiques devraient être
prises.
Afectaton de ressources o
fnancières sufsantes qui
permetraient de créer les bases
insttutonnelles et techniques
pour une geston globale et
efcace des forêts ;
Atributon de crédit à intérêts o
bonifés et chercher à garantr
un taux de couverture et de
remboursement ;
Promouvoir l’enrôlement des o
communautés et de leurs
associatons en contribuant
à leur renforcement dans le
domaine socio-économique et
environnemental ;
Satsfaire les besoins en bois au o
niveau natonal ;
Ratonnaliser l’industrie du o
sciage (CPADPR, 2007) ;
Promulgaton de la loi sur les o
forêts ;
Bonne coordinaton entre les o
divers secteurs ;
Educaton environnementale, o
besoin de vulgarisaton pour la
geston et le maniement durable
des ressources naturelles ;
Replacer l’autorité de l’Etat au o
niveau communautaire.
6. La Lettre de
Politique Agricole de
Développement Rural
et Pêche (CPADRP):
un instrument de
planifcation et gestion
du développement
agricole et rural
La RDSTP a actuellement une politque
de développement rural, qui a été
conçue dans la CPADRP, entre 1997
et 2000 avec l’appui de la GTZ et de
l’AFD et actualisée en 2007 par la
FAO et le GRDSTP, avec une ample
partcipaton du secteur public et
privé, des ONGs et des organismes
internatonaux. Les objectfs de cete
letre ont été de diagnostquer les
opportunités et les contraintes du
développement durable du secteur
de l’agriculture et du développement
rural et des pêches et d’indiquer
des recommandatons politques,
stratégiques, programmatques
avec sous programmes et projets
promoteurs de développement à court
et moyen terme, concordant avec les
Objectfs du Millénaire.
Entre autres objectfs, ce travail a
approfondi la préparaton d’une
analyse sur les principaux sous-secteurs
et questons transversales clefs pour
le développement durable du milieu
rural et la créaton d’un Fonds Agricole.
Fonds qui, pour des raisons que nous
n’avons pas réussi à élucider, n’est
toujours pas opératonnel.
Grâce à l’élaboraton de cete letre,
nous avons pu prendre connaissance
des vues que les principaux acteurs
politques, économiques et sociaux
ont de l’utlisaton de la terre et
des ressources naturelles ; ils les
considèrent prioritaires. Tous en
général, vont dans le sens de faire une
utlisaton ratonnelle de l’usage et de la
possession de la terre, de ses ressources,
surtout dans le cas du nouveau
Gouvernement qui, répétons-le, met
à nouveau l’agriculture sur la table,
logiquement parce que la conjoncture
internatonale l’exige (hausse des prix
des aliments et du pétrole) et hausse
du prix du cacao, de la vanille et du
poivre au niveau internatonal. A
ttre d’exemple, le Gouvernement a
subventonné quelques producteurs
de cacao en leur fournissant des
produits phytosanitaires, dans le cadre
de la campagne de promoton de la
producton de cacao, la principale
culture d’exportaton dont la producton
ne dépasse pas les 3000 Tonnes, soit
US$ 5 millions en 2007.
Le programme de privatsaton des terres
doit faire en sorte que les entreprises,
pettes et moyennes, deviennent plus
rentables et que s’améliore la qualité
de vie des producteurs ainsi que
l’économie du pays. Ces vues vont aussi
dans le sens de régler convenablement
les problèmes de la jeunesse et ceux de
genre, notamment dans la lute contre
l’exode rural, l’emploi et la formaton. Il
semble que se soit formé un consensus
sur ce sujet entre tous les responsables
politques, ce qui suppose que les
diférences idéologiques existant en
la matère pourront être dépassées
malgré peut-être quelques divergences
dans les modus operandi, notamment
sur l’espace et la région d’interventon
et l’organisaton du système productf.
A ttre d’exemple, certains auteurs
politques privilégient le développement
rural dans le district de Caué, où l’indice
de pauvreté est le plus élevé et la
qualité de vie de la populaton la pire,
en faisant apparaître la nécessité de
créer un pôle de développement rural
local, tandis que d’autres suggèrent
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l’organisaton d’un système productf
en créant des coopératves pilote.
Pour ensuite, recueillir de bonnes
expériences en termes de génératon
de revenus, amélioratons de la qualité
de vie et essayer ensuite d’élargir tout
cela à l’ensemble du pays. Bref, ces
visions et initatves semblent être
aussi encourageantes que possible,
mais elles n’ont pas encore été mises
en œuvre. L’essai de réalisaton
d’une coopératve de producton à
Porto Alegre a permis d’augmenter
la producton de maïs et de coco tant
que l’Etat fnançait son exploitaton
(salaires des travailleurs, moyens et
facteurs de producton). Sitôt que cet
appui s’est tari, la producton a diminué
et l’organisaton est devenue fragile et
quasi inopérante.
Quoi qu’il en soit, on ne peut pas
penser au développement des
cultures sans un aménagement du
territoire basique. Il est impossible de
promouvoir cete politque et l’intérêt
général sur un système agraire sans
mener cet aménagement à son terme.
Outre la CPADPR, il existe une letre
de potentalité agricole et un Plan
Directeur de l’Elevage qui peuvent
servir de références pour l’actualisaton
de cet aménagement en foncton de la
vocaton des sols, du climat, des aspects
agronomiques et socio-économiques,
écologiques et culturels des districts
ou région.
Une autre queston est que les
débats stratégiques publics sur la
problématque de la terre par les
intellectuels ont été quasiment nuls
et il ne semble pas qu’il y ait, en fait,
correspondance entre ce qui se pense
sur la terre et les autres ressources
et ce qui se fait pratquement dans
les administratons publiques ou le
secteur privé. Pour le moment, il n’y
a pas de moyens fnanciers et services
administratfs central ou local efcaces
et même dans les universités (ISPSTP,
UL et IUCAI) et le Centre de Recherches
(CIAT) qui pourraient consttuer une
masse critque pour apporter leur
contributon en appuyant la distributon,
la possession et l’utlisaton de la terre
de façon durable et innovatrice, rien
n’est réalisé.
7. Conclusions
Cete recherche a été réalisée au travers
d’un processus de recueil d’informatons
primaire et secondaire. Le recueil
d’informaton primaire a concerné
trois entreprises et 10 communautés
rurales, 102 chefs de familles, petts
agriculteurs bénéfciaires du processus
de distributon de terre.
Bien que les informatons dont nous
disposons ne soient pas sufsantes
pour afrmer catégoriquement que le
processus de distributon de terres ait
été un échec, les opinions des petts
agriculteurs principalement révèlent
que la privatsaton de l’agriculture
et des pettes propriétés par l’Etat
ne fut pas une politque appropriée,
qu’elle n’apporte pas de bénéfces
socioéconomiques pour les agriculteurs
cible et qu’elle n’a pas sufsamment
contribué à augmenter la richesse
natonale et à améliorer la qualité
de vie des agriculteurs en queston.
Mais, paradoxalement, une parte
non moins importante de ce groupe
cible de la distributon ne veulent pas
que l’Etat reprenne les terres qui leur
appartennent et ils se considèrent
réalisés en tant que « patrons », ils
exigent des amélioratons dans la
législaton, le crédit, pour garantr la
pérennité de leurs systèmes productfs
et annuler les principaux écueils dont
la réforme agraire se pare.
Pour le cacao qui est la principale
culture que la plupart des agriculteurs
pratque et possède, le rendement est
bas; chaque famille consultée obtent
un rendement qui ne dépasse pas les
Db 8 millions annuels. Paradoxalement,
la plupart des agriculteurs considèrent
qu’il y a eu une croissance de la
producton, voilà le succès économique
de la privatsaton.
L’analyse des données de producton
réelle montre une montée des cultures
alimentaires durant le processus de
distributon, notamment : la banane,
le taro, le fruit à pain, l’élevage, poules
locales, bovins dans les moyennes
entreprises et une régression des
cultures industrielles comme le cacao,
le café, la copra, l’huile de palme, les
canards, les caprins, etc.
Pourtant le résultat de la producton est
encore loin de résoudre les problèmes
de sécurité alimentaire des populatons,
prenant compte des difcultés
inhérentes à l’accès économique et
distributon, ce qui pourrait contribuer
à inverser quelques indicateurs de
DH qui pourront avoir connu certaine
dégradaton avec le processus de
distributon –nous pensons à la santé,
l’éducaton, la nutriton- bien qu’en
termes génériques la situaton du
pays soit meilleure que celle de la
moyenne africaine dans de nombreux
indicateurs (espérance de vie, taux
de scolarisaton, mortalité infantle,
nutriton), indicateurs qui placent le
pays dans le groupe des pays à DH
moyen. En atendant, une réforme
agraire adéquate et convenablement
encadrée dans le processus de
développement rural pourra contribuer
à la montée de positons du pays en
DH, et elle pourrait avoir l’ambiton de
situer le pays près de ceux qui ont un
DH élevé comme les îles Seychelles.
L’accès à la santé contnue à être
besogneux pour les communautés
rurales les plus reculées : manque de
médecins, de postes communautaires,
de médicaments, d’assainissement
du milieu et de logements décents. Il
faut cependant saluer la réducton du
taux de mortalité et du nombre de
cas de paludisme, ce qui pourra avoir
des implicatons dans la réducton
du taux de mortalité infantle et par
conséquent améliorer l’espérance de
vie à la naissance.
Bien que le taux d’alphabétsaton
soit d’une certaine façon élevé si on
le compare à l’Afrique subsaharienne,
il devient impérieux d’augmenter le
taux de scolarité et de garantr plus
d’assistance des élèves aux cours, de
construire des écoles et d’alphabétser
les femmes adultes, qui représentent
le taux d’analphabétsme le plus haut.
Nous concluons en insistant sur le
fait que s’il n’y a pas d’investssement
adéquat dans le système productf,
pour assurer la formaton et
l’assistance technique aux agriculteurs
cible de la privatsaton, il n’y aura
pas d’augmentaton de la producton
et d’amélioraton de la qualité de vie
des agriculteurs en queston et il y
aura une plus forte pression sur les
ressources forestères, afn d’obtenir
des ressources pour fnancer les
exploitatons ou pour améliorer le bien-
être, en termes d’autres besoins.
Pour la plupart des personnes
consultées, moyens entrepreneurs ou
petts agriculteurs, leur exploitaton
n’est pas rentable. Ils sont unanimes
à réclamer du crédit, tandis que la
formaton et le renforcement des
capacités ne sont pas considérés
prioritaire, voire l’assistance technique
et l’accompagnement des exploitants,
pourtant, sans formaton, recherche
et développement, il ne pourra pas y
avoir d’augmentaton de la producton
et de la productvité des exploitatons.
Ce que nous suggérons dans cete
étude est le renforcement de la
capacité des professionnels, surtout
les jeunes, pour éviter l’exode rural
qui est un des efets négatfs que cete
étude pointe. On devra garantr l’accès
des jeunes à l’emploi, notamment dans
la producton et les négoces agro-
alimentaires. Le retour au monde
rural éviterait la pression sur les
rares ressources naturelles des zones
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urbaines du pays.
Bien que la quantté d’émission de gaz
à efet de serre, comme le dioxyde de
carbone ne soit pas aussi élevée que
dans les pays développés, la valeur
trouvée et son évoluton de décennie
en décennie est préoccupante
parce que STP est, en tant que pays
insulaire, plus vulnérable en termes
environnementaux, parce qu’il est aux
premières loges pour pâtr de l’efet de
réchaufement global de la terre.
Pour ce qui est de l’environnement,
les fragilités insttutonnelles que cete
étude a identfées sont multples,
notamment, il devient difcile
d’empêcher l’abatage des arbres dans
les parcelles, c’est un efet négatf
de la distributon que les personnes
consultées et diverses études ont
pointé, mais qui doit être résolu à court
ou moyen terme avec des mesures
d’éducaton environnementale
et législatve concomitantes et le
renforcement de la capacité en moyens
techniques et fnanciers des directons
techniques ayant ces atributons.
A propos des trois entreprises qui
furent privatsées dans le PPAPP et que
nous avons consultées, bien que les
informatons recueillies soient maigres,
parce que les personnes ont été très
avares en mots, leur exploitaton
en profondeur et les données des
diférents documents consultés
pour confronter nos résultats, nous
permetent de formuler les hypothèses
alternatves suivantes qui permetent
de comprendre l’échec ou la réussite
des entreprises dans le cadre de la
réforme agraire.
Les résultats liquides -
économiques de l’exploitaton
des moyennes entreprises
ont été négatfs, à cause de,
non seulement les difcultés
inhérentes au manque
d’investssement de capital
mais aussi le manque de
formaton et/ou mise à niveau
dans le domaine de la geston
d’entreprise.
Les résultats liquides -
économiques de l’exploitaton
des moyennes entreprises
sont négatfs et ne permetent
pas d’améliorer les indicateurs
de DH des travailleurs parce
qu’il n’existe sans doute pas
la volonté et le dynamisme de
l’entrepreneur pour collaborer
à la résoluton des problèmes
sociaux auxquels sont
confrontés les travailleurs et
leurs familles.
L’abandon de la terre et l’exode -
rural, surtout des jeunes
travailleurs dans les deux
systèmes de producton, sont
dus au fait que l’entrepreneur
autant que les jeunes ne trouvent
pas les bonnes alternatves
socioéconomiques dans le
processus de privatsaton,
c’est-à-dire pour améliorer leur
bien-être de façon durable.
Se sentr patron de l’exploitaton -
est très motvant, le retour au
passé est exclu, mais même
comme cela, l’Etat devra
reprendre la terre abandonnée
par ceux qui ont fait très
peu pour elle, et il devra la
redistribuer à ceux qui pourront
la rentabiliser, ratonnellement.
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1. Introducton
Onze ans après l’identfcaton des
aspiratons des Santoméens, efectuée
au cours de l’élaboraton de l’Etude
Natonale de Perspectve à Long Terme
(NLTPS), voici que maintenant une
recherche a été menée à la demande
du PNUD pour essayer d’analyser les
convergences et divergences entre :
Les aspiratons des Santoméens 1)
selon le NLTPS et le pays qui est
en train de se construire dans la
réalité ;
Le pays que les jeunes 2)
désireraient et leurs aspiratons,
comparés aux réalités
appréhendées au premier
point.
Pour efectuer la recherche en queston,
plus de 50 personnalités ont été
interviewées, leurs noms et fonctons
sont dans l’annexe à ce document.
Parmi les interviewés, se trouvent 6
jeunes, responsables d’associatons
juvéniles, d’âge compris entre 15 et 25
ans.
Parallèlement, une série de documents
a été analysée, dont: Les aspiratons
Santoméennes (Septembre 1997);
Etude Natonale de Perspectve à
Long Terme-Réfexion Stratégique STP
2025; Forum Natonal 2004, Stratégie
Natonale de Réducton de la Pauvreté
de 2003 et son actualisaton en 2004 ;
Programme d’Actons Prioritaires
pour la Période 2006-2008 ; Les Deux
Rapports des Objectfs du Millénaire
des années 2004 et 2008 ; Les Rapports
de Mise en Œuvre de la Stratégie
Natonale de Réducton de la Pauvreté
de 2006 et 2007.
On a considéré que ces documents
étaient les plus pertnents pour savoir
si, après la validaton des documents
du NLTPS en 1998, les aspiratons
santoméennes identfées en 1997 sont
oui ou non réalisées.
Il nous semble nécessaire de présenter
ici, succinctement, les principales
conditons que le NLTPS préconisait pour
réaliser les aspiratons santoméennes.
Pour mener à bien l’élaboraton du
document Réfexion Stratégique –São
Tomé Príncipe 2025, on a cru bon
de répartr la société santoméenne
en 3 sous-systèmes comprenant les
domaines suivants :
Politque insttutonnelle a)
Economique, environnemental b)
et d’infrastructures
Social c)
Dans la troisième étape de la
Réfexion Stratégique 2025, en se
basant sur les incerttudes-clefs dont
la plus structurante est la bonne
gouvernance, furent présentées les
évolutons possibles du pays pour les
25 prochaines années, au travers des
trois scénarios suivants :
Oasis Equatorial ou Tlabá Só a)
cá da Té (le travail est la base)
où est considérée la probabilité
que le pays disposera de
ressources importantes issues
de l’exploitaton du pétrole
et d’une bonne organisaton,
apte à garantr la valorisaton
du facteur travail. Ce scénario
représente l’image la plus
positve qui puisse être de STP,
à l’horizon 2025. Ces trois axes
reposent sur 2 hypothèses
positves et une négatve :
CHAPITRE 5
Les aspiratons des Santoméens et
l’évoluton du pays
Stabilité politque et o
bonne gouvernance :
favorable
Evoluton des prix o
à l’exportaton :
défavorable
Aide externe : o
favorable
Ging’ubuê b) , scénario au ttre
métaphorique qui signife, en
langue natonale, que pour
avoir de la réussite dans la vie,
au niveau individuel aussi bien
que de toute la société, il ne
faut pas se laisser abatre par
les difcultés d’ordre divers qui
surgissent au long des parcours
sinueux du développement. Les
trois axes de ce scénario sont:
Bonne stabilité o
politque et bonne
gouvernance
Evoluton de l’aide o
externe défavorable
Prix des produits o
d ’ e x p o r t a t i o n
défavorable
Ce scénario représente l’image dans
laquelle, malgré l’évoluton défavorable
de l’aide externe et des produits
d’exportaton, le peuple de STP pourra,
à force de travail, habileté, adresse,
pragmatsme, organisaton et en étant
organisé dans un cadre de bonne
gouvernance, metre en œuvre une
judicieuse et avantageuse coopératon,
que ce soit dans le domaine de l’Etat
ou dans celui des entreprises privées
externes, dotées de technologie,
savoir-faire et capital, pour produire
une richesse signifcatve, susceptble
de lui procurer des moyens pour
édifer, progressivement, une société
politquement stable et organisée.
Le troisième scénario fut a)
inttulé Cad’homé/ Vija Ubuê,
expressions proverbiales pour
signifer une crise économique
avancée. Ce scénario révèle
une situaton critque où la
populaton afronte d’énormes
difcultés pour subsister,
caractérisée par un état
dégradé des relatons sociales,
notamment par le laissez faire
et par l’anarchie, la corrupton,
le désordre, la criminalité et
autres atrocités de genre. La
loi du plus fort prévaut et se
traduit dans l’esprit du « sauve
qui peut ». Les trois axes de ce
scénario sont :
Stabilité et o
gouvernance :
Mauvaises
Evoluton de o
l’aide externe :
défavorable
Prix des produits o
d’exportaton :
défavorable
Au cours de la quatrième étape,
furent présentées les stratégies
identfées pour ateindre l’avenir que
les Santoméens désirent, sur la base
des aspiratons recueillies au cours
de la première étape. Furent alors
examinées les questons relatves à
l’ateinte des objectfs natonaux de
développement à long terme. C’est-
à-dire que, en partant des problèmes
et des aspiratons du peuple de STP,
avec le relevé de ses spécifcités et les
scénarios possibles élaborés au cours
de la troisième étape, les aspiratons
furent transformées en vision du
peuple de STP pour 2025. Ensuite,
six questons stratégiques prioritaires
furent identfées sous forme de
priorités pour le développement
natonal, où étaient identfés : les
objectfs, les acteurs, les facteurs de
réussite et les résultats escomptés,
tel que fgurant dans le tableau en
annexe.
Les questons stratégiques prioritaires
étaient :
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Comment garantr la a)
Stabilité Politque, la Bonne
Gouvernance, la Consolidaton
de l’Etat de Droit?
Comment promouvoir le b)
Secteur Privé et mobiliser des
ressources pour la garante
d’une Croissance Economique
Soutenue?
Comment garantr une c)
éducaton de qualité et une
santé décent ; promoton
des autres aires à dimension
sociale du développement pour
l’élévaton du niveau et de la
qualité de vie des Santoméens
Comment construire et garantr d)
les infrastructures nécessaires
au développement durable et
soutenu ?
Comment garantr e)
la préservaton de
l’environnement pour le
développement durable et
soutenu ?
Comment inverser la tendance f)
dégradante des valeurs éthiques,
sociétales et renforcer l’identté
culturelle et natonale ?
Mais cependant il faut souligner que
le NLTPS demeura incomplet pour la
bonne raison que la cinquième étape
ne se réalisa pas ; elle consistait à
élaborer un plan qui tenne compte
d’un environnement incertain et
complexe.
Tandis que l’exercice NLTPS était
terminé en 1998, le gouvernement de
STP de l’époque dans l’impossibilité
de réaliser la 5
ème
phase pour des
raisons budgétaires et de manque
de cadres disponibles, commanda
en 2002 l’élaboraton de la Stratégie
Natonale de Réducton de la Pauvreté
(SNRP/ENRP) en guise de substtuton.
La SNRP prit en compte les études
du NLTPS ainsi que les programmes
des Gouvernements successifs et le
Programme d’Actons Prioritaires (PAP)
pour les années 2006-2008.
Dans le présent rapport, sera présentée,
à partr des interviews réalisées et
des documents relatfs à la mise en
œuvre de la SNRP ainsi que le PAP, la
situaton relatve à la réalisaton, oui
ou non, des aspiratons santoméennes
dans les domaines suivants :
politque insttutonnelle ; économie,
infrastructure et environnement ;
société.
2. La réalisaton limitée
des aspiratons des
Santoméens
En annexe sont présentées les 16
aspiratons qui sont ressortes de
l’enquête NLTPS au niveau natonal;
elles sont distribuées selon les
domaines: politque/insttutonnel ;
économique, environnemental et
infrastructures ; social.
Le premier tableau est inttulé
réalisaton ou non des aspiratons dans
les domaines en queston, durant les
périodes indiquées, selon le modèle
suivant:
Dans ce tableau ont été présentées,
d’une part, sur deux colonnes, avec
leurs lignes respectves et la prévision
de la réalisaton des aspiratons se
référant aux périodes 2001-2010 et
2010-2015 et, d’autre part, sur deux
autres colonnes, la réalisaton ou non
des aspiratons des Santoméens sur
la base des documents existants et
des résultats des interviews qui furent
réalisées conformément à la liste en
annexe.
Les prévisions relatves aux périodes
2001-2010 et 2010-2015 ont été
élaborées sur la base du scénario
optmiste du NLTPS, “l’Oasis
Equatoriale”. La colonne des réalisatons
ou non des aspiratons depuis 2001
jusqu’à 2008 a été construite sur la
base des documents existants et des
positons moyennes recueillies dans les
interviews réalisées. Cete méthode
a été suivie pour les trois domaines :
Politque Insttutonnelle ; Economique,
Environnemental et Infrastructures ;
Société.
L’autre modèle du tableau a été
construit sur la base de questons dont
on a cherché à obtenir les réponses
auprès des personnes consultées sur
la convergence ou non des aspiratons
santoméennes avec ce qui est en train
d’être réalisé. Ces questons fgurent
dans les quatre colonnes suivantes du
tableau en queston :
Les 4 colonnes de ce tableau ont été
remplies sur la base des positons
moyennes des personnes consultées.
Pour mener à bien l’analyse de ce
que pensent les Santoméens sur la
réalisaton des aspiratons en queston,
ont été consultés: dans un premier
temps, 46 personnalités de plus de
25 ans et 6 personnalités de 15 à 25
ans et, dans un second temps centré
exclusivement sur les jeunes, 27 jeunes
sans responsabilité importante, tel
qu’exposé ci-dessous.
2.1 Les aspiratons des
jeunes
Deux études ont été réalisées pour
mieux connaître les aspiratons des
jeunes, étant entendu que ce sont eux
qui seront les principaux intéressés à
l’avenir.
Dans la première étude, une
méthodologie qualitatve a été
choisie, basée sur des interviews
en profondeur, interviews semi
structurées et conversatons avec des
jeunes Santoméens dans l’ensemble
du pays, organisées autour de certains
thèmes centraux pour ce rapport, dont
surtout, en savoir plus sur le rôle de la
terre et de l’agriculture dans leur futur.
La seconde étude n’est qu’une
pette parte d’une étude complète
sur les aspiratons des Santoméens
(complétée par le 2.2. les aspiratons
des Santoméens) qui a suivi la même
méthodologie qu’avec les adultes
pour pouvoir comparer les résultats
recherchés avec les mêmes procédés.
Les jeunes consultés dans ces enquêtes
sont des dirigeants, responsables
d’organisatons non gouvernementales,
dans la plupart des cas, dans les
domaines de politque insttutonnelle,
économie, environnement et
infrastructures, social.
Tableau 27: Réalisaton ou non des aspiratons
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Tableau 28: Convergence ou non des aspiratons santoméennes avec ce qui est en cours de réalisaton
?-a-L-ll convergence?
Þourquol pensez-vous
qu'exlsLe la
convergence avec ce
qul esL en cours de
reallsaLlon ?
?-a-L-ll dlvergence?
Þourquol pensez-vous
qu'exlsLe la dlvergence
avec ce qul esL en
cours de reallsaLlon ?
uocumenLs des
lnLervenLlons apres la
valldaLlon des
asplraLlons
sanLomeennes

Mesures qul peuvenL
ôLre prlses dans le
sens de la reallsaLlon
des asplraLlons clLees.


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Le contraste entre les deux études
des jeunes peut sans doute permetre
de réféchir sur la diversité interne et
les possibles diférences signifcatves
entre certains leaders et le gros de la
populaton jeune.
Les aspiratons des jeunes
quelconques
-Méthodologie
Comme mentonné succinctement,
une méthodologie qualitatve a été
utlisée pour réaliser cete étude, basée
sur des interviews en profondeur,
des interviews semi-structurées et
des conversatons avec des jeunes
Santoméens. Les interviews ont été
organisées autour de quelques thèmes
centraux, à savoir le rôle de l’agriculture
et de la terre. Cependant, toutes sont
partes de questons plus ouvertes
servant à placer les réponses centrales
dans le contexte des idées qu’ont les
jeunes sur l’avenir du pays en général.
Pour assurer le meilleur résultat,
les interviews ont pris des formes
diférentes : certaines avec juste une
personne, la plupart avec deux jeunes
ensembles, ainsi que deux interviews de
groupe. Le traitement et la divulgaton
des données personnelles obtenues
au cours des interviews enregistrées
ou non enregistrées obéissent à des
critères de confdentalité, ce qui
implique l’atributon de noms fctfs
à chacune des personnes consultées.
Le groupe de ces personnes comprend
15 jeunes gens et jeunes flles âgés
de 16 à 27 ans, et domiciliés dans
diférents districts, spécifquement
Agua Grande, Lobata, Lembá et Caué.
12 autres jeunes ont fait parte des
interviews de groupe. On a fait en
sorte que les individus interrogés
forment un échantllon varié des jeunes
Santoméens. Même si elle fait ressortr
l’existence de diférences importantes,
par exemple entre les jeunes de la ville
de S. Tomé et ceux des zones rurales,
cete étude ne permet pas de faire une
analyse défnitve de ces diférences.
La présentaton des données se base
exclusivement sur les méthodes
d’analyse qualitatve. L’intenton
de l’enquête est de donner une
ébauche des dimensions des récits
des jeunes qui ne sont pas facilement
quantfables. Elle présente une
synthèse des voix des jeunes qui montre
certaines contradictons apparentes
en juxtaposant le texte principal et les
textes insérés.
- Résultats
 “ L’avenir est loin”   
  “Vous  voulez  parler    de 
développement?  »    a demandé Jorge
au début de notre conversaton
Joao a 24 ans, il est marié et a un
enfant. Il a été formé en hôtellerie et
il travaille dans cete branche, mais le
salaire est trop juste pour nourrir sa
famille. Pour Jorge, le développement
c’est le futur et « le futur est loin ». Il
ne voit rien qui démontre que le pays
est en train de s’améliorer, et pour
cela il lui semble qu’il manque de
futur. Dans l’imaginaton des jeunes,
il existe une divergence considérable
entre un futur inhérent à l’état actuel
du pays et un avenir possible, encore
plus distant, qui signife changement et
progrès, c’est-à-dire simplement, dans
leur langue «  développement  ». Les
interviews avec les jeunes Santoméens
consttuent une tentatve de profler ce
dernier futur désiré en une forme plus
concrète.
Souvent les jeunes se metent à parler
du futur en faisant leur “évaluaton” de
l’état présent du pays. Les problèmes
les plus graves qu’ils voient sont,
entre autres, l’instabilité politque, la
corrupton et le comportement des
« dirigeants », l’abus de démocrate
(par exemple par le biais du « bain ») et
l’absence de pouvoir du peuple. Tout
cela implique une image idéale d’un
Etat fort et juste, de fonctonnaires
capables et de citoyens émancipés. En
outre, ils identfent d’autres problèmes
socio-économiques comme le manque
d’emploi, le nombre élevé de jeunes
qui sont chômeurs (en partculier
les garçons) et qui ressentent de la
«  frustraton  », et l’abus de boissons
alcooliques souvent interprété comme
un efet de la pauvreté.
Alors, les interviews avec les jeunes
ont représenté une occasion de,
non seulement, répéter ce discours
dominant, mais aussi de les faire
penser à comment ça pourrait être.
Y-a-t-il chez les jeunes Santoméens des
idées plus concrètes –plus concrètes
qu’un «  changement  de  mentalité  »-
pour faire quelque chose qui fasse
arriver le futur désiré ? Ci-dessous,
vont être traités plusieurs aspects de
ce futur STP que les jeunes imaginent
et qui se base sur les ressources du
pays, surtout les hommes, la terre et
ses produits. Les jeunes donnent aussi
de l’importance à l’investssement
natonal et internatonal, l’éducaton, la
santé, la culture, les divertssements et
ce qu’on peut appeler la capacité de se
relier ou la « connectvité » du pays. Ce
futur pays est imaginé comme un pays
indépendant et souverain mais avec
des partenaires forts et avec une place
reconnue dans l’économie régionale.
Ce sera un pays plus décentralisé, avec
une bureaucrate informatsée qui
facilite l’échange d’informatons et des
routes qui relient les diférentes villes et
zones. C’est un pays où tous apportent
leurs contributons, soit par le biais de
leur travail, soit par des projets sociaux
qui viennent en aide aux personnes
âgées et aux enfants. En même temps,
cete image du futur pays est pleine de
contradictons et paradoxes.
Des personnes qui ont voyagé   

Une des priorités dans l’avenir de
STP pour João (24) est de donner
aux jeunes des occasions de sortr du
pays. Il connaît bien les difcultés à
obtenir un visa pour le Portugal et le
manque de bourses pour étudiants. Il
pense qu’il doit y avoir d’avantage de
partenariats et d’accords entre STP et
d’autres pays qui pourraient permetre
aux jeunes de s’en aller.
João n’est pas le seul à penser ainsi.
L’une des aspiratons les plus fortes
des jeunes Santoméens est de devenir
« quelqu’un qui a voyagé ». C’est
quelqu’un qui est resté là-bas, à
l’extérieur, soit pour un court voyage,
soit pour quelques années. Le voyage,
l’ «  aventure  » ou la formaton à
l’extérieur peut être une forme d’auto-
développement personnel. Une
personne qui a voyagé connaît d’autres
réalités, il se peut qu’elle sache parler
des langues étrangères, ou bien elle
travaillait à l’étranger et gagnait un peu
d’argent qui pouvait aider sa famille à
STP.
Le désir de sortr du pays n’est pas qu’un
désir de fuite. Il est vrai que beaucoup
de jeunes ne sont pas revenus et que
les occasions à l’étranger, en termes
de travail et salaire, sont considérées
bien meilleures. Mais ils voient aussi
la sorte comme une façon d’appuyer
le pays. Ils savent que la croissance de
Cap Vert est un exemple important et
qu’elle s’est faite grâce à ses citoyens
qui se trouvent là-bas, à l’étranger. Ils
croient que les revenus envoyés par les
émigrants pourraient aussi consttuer
une force de développement à STP.
Quand on parle de partr, on parle aussi
de contnuer à être lié à la patrie, par le
biais d’appui monétaire ou de la maison
familiale. On dit que les personnes qui
sont là-bas ont construit leurs maisons
à STP et sont revenues fréquemment
pour rester dans le réseau social des
parents et amis et qu’elles ont ainsi
créé de l’emploi et encore plus de
revenu domestque.
Dans cete perspectve, un avenir où
une grande parte des citoyens les plus
jeunes et instruits ne restent pas au
pays (il faut noter qu’ainsi ils ne sont pas
concernés par la politque quotdienne
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qui est considérée comme un obstacle
au développement) apparait comme
un avenir viable, en associaton avec le
tourisme, comme Cap Vert, et d’autres
investssements.
Un pays où il y a des opportunités   

Nelito (22) et Edgar (22) sont des
copains de Guadalupe. Quand on lui
demande quel type de pays il voudrait
pour ses enfants, Nelito répond : « Moi 
je veux que mon fls trouve un pays où 
l’opportunité soit la même pour tous » 
et Edgar contnue  :  «  Moi,  je  veux  un 
pays  qui  résout…    les  problèmes  que 
nous avons.  Un pays capable… »
Des personnes formées et informées   
Les jeunes Santoméens imaginent
un futur pays qui réussit à assurer un
niveau de base d’enseignement pour
tous, un taux d’analphabétsme plus
bas, et une formaton pour tous ceux
qui le désirent dans la discipline ou la
profession souhaitée.
Choix     
“  Nous,  nous  avons  un  concept  selon 
lequel  il  faut  étudier  pour  gagner  son 
pain demain” dit Nelito.  Il a terminé la
11
ème
classe en 2007. Il constate :
« mais je n’ai pas encore réussi à avoir 
une bourse.  J’ai eu l’occasion d’étudier 
à l’ISP (Insttut Supérieur Polytechnique) 
mais…  je  n’ai  pas  envie  d’étudier  dans 
une école comme l’ISP.  C’est pour cela 
que  je  n’ai  pas  encore  commencé  ma 
licence. »
Le problème est que pour aller à
Lusiada ou IUCAU (Insttut Universitaire
de Comptabilité, Administraton et
Informatque), il faut des moyens
explique Nelito. Puis il ajoute : « En
plus, ils n’ont pas la formaton qui me
plairait… »
On pense que les gens formés et
capables consttueront le potentel le
plus important du pays. Dans l’avenir,
avoir fait au moins la 11
ème
classe et avoir
une formaton quelconque sera encore
plus important pour trouver de l’emploi.
Les jeunes atribuent au gouvernement
la tâche de construire dans tous les
districts des écoles supplémentaires, y
compris un ou deux lycées. Les écoles
auront de meilleures conditons, en
partculier des bibliothèques et des
ordinateurs, des classes avec moins
d’élèves et des professeurs motvés et
mieux payés. Les professeurs auront la
capacité et le temps pour s’occuper des
problèmes de leurs élèves et donner
des explicatons, individuellement à
chaque élève, directement. Dans les
cantnes scolaires, on prépare des
repas élaborés à partr des produits
plantés par les étudiants dans le jardin
de l’école. Comme cela, les élèves
acquerront aussi des connaissances
pratques, ils n’auront pas faim et
réussiront à mieux étudier.
En outre, dans le pays d’avenir, les
professeurs recevront une meilleure
formaton, plus spécialisée dans les
disciplines qu’ils enseigneront. Des
compéttons entre les élèves, entre les
classes et les écoles –dans diférentes
disciplines comme le sport et la
danse- créeront de la concurrence et
encourageront un esprit studieux et
compéttf. Le Gouvernement donnera
des matériaux scolaires aux élèves et
de l’appui aux parents qui n’arrivent
pas à payer les documents requis (carte
d’identté, etc.). Le transport scolaire
sera ample. Il y aura d’avantage
de bourses pour les étudiants et le
système de distributon des bourses,
disent les jeunes, doit être plus juste,
sans préconçus, basé sur le mérite et
égal pour les élèves de la ville et ceux
des districts défavorisés.
Atelier de connaissance     
Edgar (22) est un jeune de Lobata. Il
espère qu’un modèle de formaton
dans l’avenir va être appelé « atelier de 
connaissance ». Il a déjà fait ce genre
d’expérience. En plus de ses études au
lycée qu’il considère très importantes,
Edgar est actf en politque, il fait des
petts négoces et il est également
arrivé à décrocher, avec un ami, un
lopin de terre où il plante des légumes.
Il devait laisser cela à cause des études
mais il essaie de grouper le travail
pendant les jours fériés. Avant de
commencer, Edgar n’avait aucune idée
de l’hortculture, mais il a tout appris
par « les ateliers de connaissance ». Il
a trouvé quelques personnes dans sa
zone qui avaient déjà travaillé la terre
et il leur a demandé de partager leurs
connaissances. Les ateliers, explique
Edgar, prenaient la forme de réunions
ou repas où Edgar échangeait ses
connaissances en politque contre des
connaissances de la terre transmises
par les autres.
Dans l’avenir, le pays ofre aussi
un enseignement supérieur plus
sophistqué, par exemple, dans une
université publique. Les insttutons
existantes, comme l’ISP, seront équipées
de moyens d’étude et recherche,
ordinateurs et autres technologies
qui aident l’enseignement, et avec
des professeurs bien formés. On
suggère aussi la possibilité d’inviter des
professeurs étrangers au lieu d’envoyer
tant d’étudiants à l’extérieur.
Ce faisant, les Santoméens donneront
de la valeur aux insttutons « qui sont à 
nous » et à leurs diplômés. En outre, il
y aura d’autres formes d’enseignement
adaptées à des professions diverses, par
exemple, des écoles de terrain où sont
enseignées des professions comme
menuiserie, maraichage, agriculture ou
producton de pain. Elles donneront
des connaissances plus pratques et
directes aux élèves. L’enseignement
sera souple et polyvalent et les élèves
arriveront ainsi à s’appliquer dans
diverse branches et dans un contexte
de marché du travail trop fuctuant.
On a suggéré l’installaton de centres
d’étude et recherche non seulement
dans la ville de S. Tomé mais aussi dans
les villes des districts. Ces centres
indépendants auront leurs pettes
bibliothèques pour consulter des
livres, rapports et revues informatves,
ainsi que des ordinateurs avec accès
à internet, idéalement gratuits. Peut-
être, l’installaton de cybercafés dans
les districts pourrait-elle déjà ofrir
une occasion aux gens d’avoir plus
d’informatons, d’accumuler des
connaissances, de rester en contact
avec leurs amis et parents qui sont à
l’étranger ou d’établir un contact avec
une ONG étrangère susceptble d’aider
un projet par là. Avoir accès à des moyens
de communicaton comme internet est
considéré comme crucial pour former
les gens avec des connaissances de leur
propre pays mais aussi d’autres pays et
de leur développement. Une personne
informée est aussi un citoyen qui ne
pourra pas être si facilement trompée
par ses gouvernants, associés ou
patrons et qui prendra plus facilement
conscience du changement nécessaire
pour STP.
Cete connectvité servira aussi à voir
la place de STP par rapport à un monde
que les jeunes croient de plus en plus
« globalisé ». Il devient ainsi important
de considérer le lien avec l’extérieur
en même temps que la signifcaton
donnée à la culture et à la conscience
d’ «  être  Santoméen  ». Développer
cete conscience est estmé être une
tâche clef. Certains jeunes suggèrent,
par exemple, d’enseigner les langues
locales, comme le créole forro, dans les
écoles pour prévenir leur dispariton
et pour générer une conscience
culturelle parmi les Santoméens.
Les jeunes d’Angolares constatent la
mauvaise réputaton de leur langue
et la nécessité de transmission des
informatons en dialecte, par exemple
par la radio, pour que les gens puissent
comprendre. Ils reconnaissent que les
langues locales ont été des moyens
que les gens du pays utlisaient pour
narguer les colons et comme des
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véhicules d’amité et union. Dans
l’imaginaire des jeunes, l’utlisaton des
divers dialectes à l’avenir, dans la vie
courante ainsi que dans les insttutons
publiques, permetra aux personnes
de partciper à la société et de se sentr
parte prenante. De même, ils espèrent
qu’en acceptant ces langues comme
langues natonales, les gouvernants
du pays accorderont plus d’atenton
aux problèmes des personnes moins
instruites.
En outre, le futur pays aura une
populaton consciente de son origine
historique complexe et de sa place
dans l’histoire universelle. Comme
pour la langue, les jeunes veulent
avoir un enseignement profond en
histoire santoméenne et des racines
de leur culture dans d’autres pays
africains. Cete connaissance, associée
à la connaissance des langues et de
la culture deviendra une force de
développement. On considère possible
et nécessaire que cela résulte d’une
forte valorisaton «  des  choses  qui 
sont  à  nous  », y compris les biens de
la terre, les costumes, la musique et la
litérature et les produits santoméens.
Une liaison entre l’importance de la
culture et du sentment natonal d’un
côté et une croissance économique de
l’autre est netement perçue. Et non
seulement parce que la promoton
de la culture –les danses, musiques
et histoire de STP- consttuent aussi
une atracton touristque avec valeur
commerciale. La culture est perçue
comme une force qui peut apporter
l’union des Santoméens et les faire
luter pour le développement.
Etre le fls d’un dirigeant     
Il s’appelle Edmilson (19), il est en
11ème classe au lycée et il vit chez ses
parents dans une zone du centre de
S. Tomé. Edmilson n’est pas content
de son pays et il ne croit pas que les
dirigeants consentent de faire un efort
pour l’améliorer. Edmilson n’arrive
pas à entrevoir un rôle propre au
développement de STP et il n’a non
plus aucune aspiraton pour conduire
son pays vers le mieux. Il a cependant
une idée sur ce que pourrait être une
vie idéale :  «  plutôt  que  dirigeant,  il 
vaut mieux être fls de dirigeant ! » 
Emploi, salaire et investssement.
Dans l’avenir, le pays aura beaucoup
d’emploi. L’actuel manque d’emploi est
identfé comme un des problèmes les
plus graves, mais il n’existe pas parmi
les jeunes une idée très élaborée du
type d’emploi que le pays nécessite.
La créaton d’emploi dans l’avenir est
considérée comme une tâche incombant
partculièrement au Gouvernement,
soit directement (sous forme
d’entreprises d’Etat), soit par le biais
d’une politque qui soit plus favorable
aux investssements étrangers. On
entrevoit un rôle important pour les
entrepreneurs santoméens mais en
relevant la nécessité de distnguer
entre les intérêts privés et publics.
Le Gouvernement doit se débrouiller à
créer de l’emploi, spécialement pour les
personnes qui ont reçu une instructon
à l’étranger et qui retourneront au pays,
comme les étudiants actuellement
au Brésil et à Cuba. Il y aura aussi de
l’emploi pour les personnes formées
à STP, partculièrement celles qui ont
une instructon plus limitée. Les usines
de produits pour la consommaton
interne ou l’exportaton (bière, savon,
huile, vêtements) seront conservées
ainsi que les entreprises étrangères
qui vont importer et exporter des
produits divers. Certains jeunes rêvent
à des usines de voitures et motos qui
pourraient s’installer à STP.
La  pâtsserie de Caué.
Etre patronne d’une pâtsserie avec des
fliales dans tous les districts et le siège
à São João d’Angolares est un des rêves
de Celma (21). Elle a fni le lycée il y a
un an et a étudié à Lusiada pendant un
an mais elle n’a pas obtenu de bourse.
Elle atend maintenant une bourse
pour n’importe quoi (un autre de ses
rêves est d’étudier la médecine) et elle
travaille dans une insttuton publique.
Avec l’idée de la pâtsserie, elle prétend
donner un exemple décisif.
Dans son futur STP, les entrepreneurs
santoméens vont investr non seulement
en ville mais ils se souviendront de
leurs origines et vont investr dans les
districts défavorisés, comme Caué,
avant tout.
Des projets impressionnants comme le
port en eaux profondes et l’industrie
pétrolifère sont considérés importants
pour créer un emploi étendu. A l’avenir,
les grands projets (spécialement
le port, l’aéroport et le pétrole) et
des nouvelles usines et entreprises
–ainsi que les entreprises agricoles
mentonnées plus loin- absorberont
une grande parte de la main d’œuvre
existant dans les villes, les « roças
40
» et
les zones rurales. L’emploi va aider à
créer une vie « avec des moyens » pour
les Santoméens. Cependant, assurer
cela implique aussi un salaire minimum
plus élevé, « qui ne se dépense pas en 
un  seul  jour  ». On pense que 2 à 5
millions de dobras seraient sufsants
pour qu’une famille arrive à survivre.
Peut-être des salaires mieux ajustés
et la sécurité de l’emploi feront-ils
céder l’idée -souvent entendue et
que les jeunes considèrent comme
un préconçu- que «  les  Santoméens 
sont paresseux » qu’ « ils n’aiment pas 
travailler ».
L’existence d’un port et d’un aéroport
est considérée décisive dans le
développement du pays. Ceci parce
que pour se consttuer comme une
force économique sur le marché
régional, STP doit être prêt à recevoir
des bateaux et des avions plus grands.
L’aéroport donnera aussi une image
du pays à ses visiteurs, c’est une des
raisons pour laquelle il doit ofrir
des conditons convenables. Salles
spacieuses, toiletes, un tapis roulant
plus grand, des machines pour contrôler
les bagages, etc. vont renforcer la
sécurité.
Encore plus important pour développer
l’économie du pays est d’atrer
l’investssement et de diminuer les prix
des produits importés. La constructon
des projets donnera lieu à un partenariat
avec des investsseurs internatonaux
et créera un emploi considérable pour
les gens du pays.
Pour atrer un investssement durable
dans le pays, les jeunes suggèrent un
système de taxes plus basses.
En outre, les produits essentels
importés –riz, haricot, vêtements,
etc.- supporteront des taxes voisines
de zéro, tandis que pour les boissons
alcooliques et les cigaretes elles seront
plus chères. Les taxes d’exportaton
seront, en revanche, plus élevées. La
croissance de l’investssement étranger
sera aussi une tâche incombant au
Gouvernement qui va concevoir
des politques atractves pour les
investsseurs. L’argent pour créer
l’emploi et les fondatons pour l’emploi
(surtout l’énergie) peut aussi venir des
partenaires et « pays amis ». Certains
jeunes suggèrent aussi que STP fasse
un choix plus judicieux des projets qui
se réalisent dans le pays, mais pour
d’autres, n’importe quel investssement
est un bon investssement.
Un pays propre et salubre.
Presque tous les jeunes imaginent qu’à
l’avenir le pays sera aussi propre et
salubre que dans les publicités de TVS.
Les campagnes de sensibilisaton pour
promouvoir l’importance de la propreté
et de l’hygiène contnueront, à la fois
auprès du public et personnellement.
Et ainsi les gens ne jeteront plus leurs
ordures n’importe où dans les places
et les rues. Il y aura aussi un recyclage
des matériaux comme le verre et les
bouteilles de plastque.
Ils imaginent l’ordre public avec peu de
40 NDT: Roça = plantaton, comprenant des bâtments d’exploitaton, des demeures pour le propriétaire et quelques cadres, des logements sommaires de type coron pour les ouvriers, les « sanzalas », et les champs de culture pouvant
s’étendre sur plusieurs centaines d’hectares. C’était aussi du temps de la colonie des unités administratves fonctonnant comme des villages autonomes sous l’autorité du propriétaire. Nous gardons le terme « roça » plutôt que de le traduire
par plantaton qui n’évoque pas l’aspect communautaire du village que consttue, encore maintenant, la roça.
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vendeurs ambulants et une circulaton
mieux organisée. Le patrimoine de la
ville est protégé. Ils imaginent aussi
des édifces neufs, des routes bien
faites, des trotoirs lisses, des petts
jardins publics et des jardins d’enfants.
Finies les zones comme Riboque
où les «  maisons  n’ont  absolument 
aucune  conditon  », on construira des
immeubles avec assainissement et
des loyers raisonnables de façon à
ce que n’importe qui puisse louer.
Ceux qui contribueront à ateindre ce
stade de villes et bourgades seront les
municipalités ainsi que les gens eux-
mêmes, soit par le biais de petts projets
fnancés par les communautés et les
entreprises privées, soit par le biais
d’actvités bénévoles des citoyens.
Un autre domaine sur lequel on
s’appesantra à l’avenir est celui de la
santé. Dans les districts, on pourra
trouver plus de postes de santé, des
centres de maternité et aussi quelques
hôpitaux publics avec les instruments
et les machines nécessaires, des
médecins bien formés et plusieurs
spécialistes qui prêteront la même
atenton aux patents du secteur
public que ceux des cliniques privées.
N’importe qui pourra ainsi compter
sur un traitement aussi bon que les
autres et ce ne sera pas nécessaire de
se déplacer au Portugal. STP aura au
moins un centre de formaton pour les
infrmiers et les salaires des médecins
seront sufsamment élevés pour que
ceux qui sont à l’extérieur reviennent.
La présence des médecins locaux
inspirera d’avantage confance chez les
gens qui viennent en consultaton.
Mais ce sont les choses de base qui
sont considérées comme prioritaires, y
compris l’énergie et l’eau. Dans le futur
STP, tout le monde pourra avoir accès
à l’eau potable qui assure une base de
vie salubre. Le STP d’avenir aura de
l’électricité durable, sans coupures et
à un prix convenable. Peut-être pas
immédiatement 24 heures sur 24, sept
jours par semaine et partout, mais
l’objectf sera celui-là. L’électricité de
STP sera propre. Des barrages seront
construits qui produiront de l’énergie
hydro-électrique et il y aura aussi des
panneaux solaires pour profter du
soleil, et pas seulement pour protéger
l’environnement, mais aussi pour que
le pays devienne invulnérable par
rapport au prix fuctuant du pétrole.
Avec cete énergie –nécessaire pour
étudier, pour que les ordinateurs des
fonctonnaires publics marchent, pour
que les usines produisent et pour que
le port en eaux profondes fonctonne-
« le pays va avancer ».
Ressources naturelles et tourisme   

Même s’ils croient que le pétrole va
amener de l’emploi, les jeunes ne le
considèrent pas comme une ressource
naturelle déterminante dans l’avenir
du pays. L’idée que le pétrole apporte
le «  salut  » a disparu de chez les
jeunes. En revanche, la noton que
le pétrole consttue une malédicton
est relatvement acceptée. Ils voient
le pétrole comme quelque chose qui
pourrait entraîner plus de corrupton
et de confits sociaux, comme dans des
pays voisins de la région. Au minimum,
le pétrole rendrait les gens amorphes et
le développement s’arrêterait. Certains
jeunes préfèreraient que le pays n’ait
pas de pétrole ; certains soulignent que
même en ayant du pétrole, STP ne doit
pas oublier de développer ses autres
ressources naturelles. D’autres pensent
que c’est un « atout » avec lequel STP
peut renforcer son développement,
lequel, en atendant, doit se baser sur
des ressources plus durables comme
l’agriculture, la pêche et le tourisme.
Des choses concrètes.    
“  J’ai  vu  un  truc  au  télé  journal  qui... 
l’Etat dit que nous allons faire un port en 
eaux profondes à São Tomé.” dit Maria
(26) qui vit en ville avec son fls de cinq
ans et travaille dans un restaurant tout
en contnuant l’école pour avoir la 9
ème
.
Elle croit ferme que le projet de port
en eaux profondes défnit, plus que
n’importe quoi, l’avenir du pays :
«  Selon  ce  que  j’ai  entendu,  c’est  un 
chanter  qui  va  beaucoup  améliorer 
notre  pays…  et  nous  allons  aussi 
démarrer  l’aéroport,  notre  aéroport 
sera  mieux.    Avec  ça,  moi  je  vois  que 
l’Etat fait un pas en avant… on a aussi 
parlé  du  pétrole,  mais  ce  n’est  rien  de 
très concret… »
Toutefois, en concluant l’interview,
elle constate : « On dit que si le pétrole 
arrive, le pays va s’améliorer et j’espère 
qu’il  en  sera  ainsi  » -Et qu’est ce qui
passera s’il n’y a pas de pétrole ? –« S’il 
n’y  a  pas  de  pétrole,  le  pays  stagnera. 
On  peut  changer  50  fois  de  président, 
le pays ne va jamais s’améliorer »
L’autre opton à saisir à l’avenir pour
profter des ressources naturelles est
le tourisme.
On parle de la beauté des îles, des
paysages merveilleux, des belles plages
et d’autres atractons naturelles qui
ont de la valeur touristque. Il y aura
une diversité des formes de tourisme :
quelques grands hôtels comme celui
de Pestana en plus, mais aussi des
formes de tourisme rural et d’éco-
tourisme. Ces dernières fourniront un
revenu plus directement aux gens du
pays. Les touristes pourront habiter
chez l’habitant, manger des repas
typiques et connaître les coutumes, les
traditons et la langue. L’éco-tourisme
va aider à protéger l’environnement,
unique en son genre, de STP.
Mais il est important que les bénéfces
du tourisme de masse arrivent aussi au
peuple. Par exemple, en employant
aussi des Santoméens dans la geston
des hôtels et que les salaires de tous les
employés –au netoyage, à la cuisine
et au jardin- soient convenables.
Au lieu d’avoir leurs autobus, les
touristes devraient louer des voitures
aux sociétés santoméennes. Il serait
préférable qu’ils mangent dans les
restaurants et les petts bars de la ville
plutôt que dans leur hôtel. Il est aussi
important que le développement du
tourisme ne débouche pas sur une
discriminaton des gens du pays et sur
des restrictons au niveau de leur accès
à la mer.
Les choses de la terre et de la mer.   

La pêche et, en partculier, l’agriculture
sont considérées comme “base de
la vie” des Santoméens. A l’avenir,
cete base doit être mieux rentabilisée.
Un espoir est que STP ait sa propre
fote de bateaux. Cela permetrait
d’exploiter la mer et créerait un revenu
plus important pour le pays. Au lieu des
canoës ou barques (et aussi pour en
fnir avec l’abatage d’arbres) il faudrait
introduire des bateaux et des façons de
pêcher diférentes et plus durables.
La vente de poissons sur le marché
intérieur sera bien organisée grâce au
« dock » (marché de poisson centralisé
en cours d’installaton). A l’avenir, les
pêcheurs acquièrent leurs moyens de
travail et ils achètent bateaux et flets,
avec l’appui de l’Etat ou par des crédits.
Ils recevront une formaton dans la
branche de la pêche de base et de la
pêche plus industrialisée. La formaton
comprend depuis l’utlisaton des
bateaux jusqu’aux mathématques et
la geston.
En outre, il y aura de l’exportaton
vers d’autres pays de la région et les
bénéfces reviendront directement
à l’Etat santoméen. On produit du
poisson sous des formes transformées
(fumé, salé, en boîte, etc.), autant pour
le marché interne qu’externe.
Parier sur les choses de la terre
“Nous devons lancer un pari sur la valeur 
des  choses  que  nous  avons  ici  même, 
sur notre sol.  A S. Tomé, beaucoup de 
choses ont de la valeur… Nous-mêmes 
ressentons  de  la  paresse  pour  faire 
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quelque  chose  pour  développer.    Par 
exemple, le gingembre se vent très cher 
au Portugal.   Je le sais parce que mon 
beau-frère  en  emporte  pour  le  vendre 
là-bas. » (Edgar (22)
Toutes les personnes consultées
savaient, de même, présenter des
listes extensives des produits agricoles
que STP produit et doit produire à
l’avenir: tarot, banane, manioc, fruit à
pain, couscous de maïs, jaquier, ananas
et autres fruits et légumes verts. Ils
identfent aussi certains produits
qui peuvent être cultvés, en premier
lieu pour le marché internatonal, en
partculier, le cacao, le café, le sucre,
la vanille, le poivre, le gingembre,
des feuilles pour infusions et autres
produits de valeur correspondant
à une demande. Pour assurer leur
producton, les jeunes suggèrent, d’un
côté, la réhabilitaton des entreprises
agricoles et de l’autre un appui pour
les agriculteurs. On développe aussi
l’élevage.
A l’avenir, le Gouvernement donnera
des moyens de travail aux petts
agriculteurs, ou, comme alternatve
préférentelle, des crédits qui
permetront aux petts agriculteurs
de s’acheter des équipements, des
engrais et autres produits chimiques
pour traiter les sols et les plantes, des
moyens de transport pour acheminer
les biens sur la ville et des mesures
diverses qui faciliteront à la fois la
producton et la vente.
La coopératve agricole est
recommandée comme forme
d’organiser les agriculteurs, la
producton et la commercialisaton. Un
des problèmes graves est, à l’évidence,
le manque de mentalité à travailler
ensemble. Donc, dans les futures
coopératves, il faudra s’assurer que les
personnes contnuent à travailler «  à 
leur propre compte ».
Certaines roças seront réhabilités
comme entreprises d’Etat, en
conservant les installatons et
infrastructures existantes et en créant
une producton de cacao et café comme
celle qu’on peut voir dans les photos et
flms historiques.
Les jeunes pensent qu’il y a dans les
roças sufsamment de main d’œuvre
pour l’agriculture et le maraîchage,
en supposant que les salaires seront
élevés et les conditons de travail
améliorées. On en fnira ainsi avec
l’exode rural. Le travail des champs
sera suivi par des techniciens agricoles,
par des techniciens environnementaux
(pour examiner l’impact de l’agriculture
sur l’environnement) et, dans le cas
des personnes qui ont reçu des crédits,
par des inspecteurs des banques et de
l’Etat.
Des gardiens –soit militaires soit
membres de la communauté- vont
en fnir avec le vol qui s’avère être la
menace la plus lourde. En outre, la
formaton des gens est nécessaire :
formaton en rapport avec le traitement
et le soin aux plantes, aux sols, aux
machines, à la geston de l’entreprise,
à la promoton des produits, etc.
Ce ne sera pas une agriculture qui
grandira avec une haute technologie
mais avec une connaissance plus vaste
qui débouchera sur une producton
élevée.
La transformaton des produits de
la terre va permetre de fortfer
l’économie du pays et d’améliorer
l’alimentaton des Santoméens. S’il est
vrai que chaque époque a ses fruits et
ses légumes, une grande parte de la
récole s’abîme et les fruits pourrissent
après être tombés. A l’avenir, on prend
tout et on le transforme dans l’une des
nombreuses unités de transformaton
des choses de la terre qui seront
construites. On produit également
de la farine de manioc et de fruit à
pain. Tous les produits sont destnés
non seulement à la consommaton
interne, mais aussi au marché régional.
La producton de vin de palme et son
embouteillage sera bien organisée et
industrialisée, ainsi que celle d’huile de
palme, de savon et de chocolat.
Evaluaton des risques     
Wilson (21) et Edmilson (19) vivent en
ville. Wilson a fni le lycée cete année
et il est en train d’atendre une bourse.
Edmilson va fnir l’année prochaine. Il
veut aussi décrocher une bourse pour
aller faire ses études à l’extérieur.
Après avoir fni ses études, il voudrait
rester là-bas quelques années encore
et revenir ensuite à STP. Edmilson
explique :
«    Dans  l’esprit  des  Santoméens,  c’est 
comme  ça  :  faire  des  études,  partr, 
émigrer… ou bien émigrer sans avoir fait 
d’études,  travailler  pendant  quelques 
années,  envoyer  l’argent  à  São  Tomé, 
construire  une  maison,  construire  une 
famille  et  l’argent  que  j’ai  c’est  pour 
bien manger, bien boire… et puis mourir 
C’est tout .»
Wilson ne croit pas que l’argent qu’il
pourrait gagner là-bas, à l’extérieur,
sera sufsant pour toujours.
Au besoin, il va importer et vendre
quelques petts trucs, ou peut-être
construire un centre commercial,
genre shopping centre. Il pense que
c’est possible de construire des usines
à STP et que quelqu’un puisse installer
une fabrique de chocolat. Mais ce ne
sera pas lui. Il pense que le risque en
construisant un shopping centre avec
quelques associés sera bien moindre
qu’en construisant une usine de
chocolat. Pour produire du chocolat,
il faut acheter un terrain, trouver de la
main d’œuvre spécialisée, se procurer
un véhicule et travailler beaucoup…
«  Dans  l’imaginaton  c’est  possible, 
concède  son  ami  Wilson  (21),  mais 
dans la logique… ? »
Mais entretemps, il y a d’autres
problèmes par rapport à la terre.
On constate que beaucoup de terre
est abandonnée et que le terrain de
STP est en train de disparaître Le
terrain disparaît parce qu’il se vend et
puis il reste à l’abandon. Il disparaît
aussi pour raison d’urbanisaton
désorganisée et forte demande de
terrain pour la constructon de maisons
dans la périphérie des villes et bourgs.
On se plaint que le terrain est de plus
en plus occupé par des projets qui
ne permetent pas l’exploitaton des
produits de la terre. Une quatrième
raison de la « dispariton » de la terre
est l’abatage des arbres. En d’autres
mots, terrain qui ne produit rien n’a pas
de valeur, comme s’il n’existait plus.
A l’avenir, STP exige une politque de la
terre diférente pour utliser mieux le
terrain et son exploitaton.
L’urbanisaton deviendra organisée et
équilibrée. Si une personne réclame un
terrain pour y construire une maison,
un autre terrain devra être atribué à
l’agriculture en compensaton. Les
arbres coupés seront substtués par
des arbres plantés. Bien que les projets
touristques soient les bienvenus à STP,
il ne sera pas possible d’interdire l’accès
aux gens du pays, surtout les plages.
Plus important, à l’avenir, les gens
s’occupent de leurs terres et plantes,
eux-mêmes ou avec des ouvriers, des
produits qui assurent la base de la vie
des Santoméens.
Terrain abandonné.
“Ma  grand-mère,  son  père  avait 
de  grandes  roças  et  des  terrains… 
maintenant elle est vielle… Nous avons 
beaucoup de terrain à Madredeus et... 
à  Chagra”  dit Maria (26).Elle explique
que si personne ne construit un mur de
clôture ou une maison, un jour l’Etat va
reprendre le terrain. Aucun membre
de sa famille ne l’utlise. Le terrain est
à l’abandon et des gens volent ce qu’il
y a dessus. « Il reste là… Ni ma mère,
ni ma tante, ni mon oncle, personne
ne s’en soucie ». Ca aiderait que, de
temps en temps, quelqu’un e aille y
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cueillir des bananes ou des fruits, mais
la grand-mère n’en donne pas l’ordre.
Maria constate aussi que la famille vit
en ville depuis longtemps :
«  Nous  ne  sommes  pas  adaptés  au 
style de vie dans la roça.  Acheter (des 
aliments) en ville est plus facile, il n’y a 
pas besoin de payer pour le transport. 
Même  si  la  roça  a  une  maison  où  on 
peut  vivre,  on  préfère  vivre  en  ville, 
dans  une  maison  louée,  pour  ne  pas 
dépenser d’argent… »
Conclusions
Pour les jeunes santoméens, les
dimensions les plus importantes
de l’avenir de STP sont : la créaton
d’emploi et l’augmentaton des salaires ;
l’encouragement de l’investssement
natonal et internatonal ; des projets-
clefs qui puissent devenir des moteurs
de développement économique ; la
diversifcaton et l’industrialisaton
des biens santoméens ; l’amélioraton
du système éducatf ; la durabilité de
l’électricité et l’accès à l’eau potable ;
la promoton des langues et de la
culture santoméenne ; la créaton d’un
système médical compréhensif ; et
l’assainissement public.
Deux dimensions supplémentaires
apparaissent comme extrêmement
signifcatves par rapport à ce travail.
Ce sont la meilleure exploitaton des
ressources naturelles et la connectvité
du pays et de ses citoyens.
Tout d’abord, l’exploitaton de la mer,
du pétrole et, partculièrement, de
la terre est mentonnée comme la
base du développement du pays.
Paradoxalement, très peu de jeunes
consultées considèrent un travail lié à
la terre comme une opton personnelle
–ni même à un poste de geston, ni
comme entrepreneur-.
Ensuite, la noton qui est souvent
utlisée dans les descriptons de l’actuel
STP est que le pays est immobile et
fermé. Créer un mouvement, soit en
termes d’informatons qui passent à
l’intérieur du pays lui-même ou entre
STP et d’autres pays, soit en termes « de
personnes qui ont voyagé », pourrait
devenir un précieux instrument pour
rendre plus proche l’avenir souhaité
par les jeunes santoméens. Faire
bouger et ouvrir le pays peut être une
clef pour que les gens, partculièrement
les Santoméens plus capables et
bien informés, restent au pays ou y
reviennent.
Une jeunesse mal informée?     
Après avoir parlé pendant une heure et
avec beaucoup d’éloquence du présent
et du futur de STP, Celina (18), élève à
l’IDF (Insttut diocésain de Formaton
João Paulo II) conclut :
« Moi non plus, je n’en sais pas long sur 
les  problèmes  qu’il  y  a  dans  le  pays… 
Je  crois  qu’il  y  en  a  qui  en  savent  plus 
que  moi  sur  ce  sujet,  qui  perçoivent 
réellement  ce  dont  le  pays  a  besoin… 
Je  pense  que  nous  avons  une  jeunesse 
mal informée. »
Il faut prendre compte du fait que la
descripton ci-dessus de l’avenir de
STP est une fcton. Non seulement
parce qu’elle est montée à partr de
l’imaginaire des jeunes santoméens,
mais encore parce qu’elle résulte d’une
enquête. L’enquête n’est pas juste
une collecte d’idées que les jeunes
avaient déjà. Les interviews devraient
plutôt être considérées comme des
instruments qui aident à produire ces
imaginatons. On l’a vu, faire artculer
leurs objectfs pour le pays n’est pas
une tâche simple, surtout, ils l’ont
expliqué pour cause d’absence de
rêves. Camila (21) a expliqué : « On
sait d’avance qu’un rêve que nous
préparons n’arrive jamais, alors mieux
vaut ne rien préparer ». Ils pensent
aussi qu’ils n’ont pas un rôle clef dans
la concepton et la concrétsaton du
futur.
En réalité, pour beaucoup de jeunes,
le pays pourrait rester tel qu’il est à
conditon que leur propre vie change
pour le mieux. Cependant, à en juger
de leurs commentaires, les jeunes
ont aimé « cet exercice » consistant à
penser sur l’avenir d’une manière plus
systématque. Bien que cela consttue
un déf, les interviews montrent qu’il est
possible d’encourager les jeunes à créer
leurs propres atentes (revendicatons,
expectatves) qui pourraient être
utlisées dans la formulaton d’objectfs
appartenant au pays du futur.
Aspiratons de quelques jeunes
dirigeants
Dans les interviews aux jeunes dirigeants
de l’étude complète mentonnée,
ceux-ci ont démontré qu’en quelque
sorte ils n’avaient pas grand intérêt
pour les questons soulevées dans les
questonnaires relatfs aux aspiratons
des Santoméens. En résumé, leurs
opinions sur la réalisaton des
aspiratons santoméennes sont les
suivantes :
Dans le domaine politco- -
insttutonnel
Ils pensent que l’Etat de Droit n’est pas
consolidé et qu’il n’y a pas de stabilité
politque. Selon les uns et les autres,
il semble qu’une espèce d’égoïsme
empêche les hommes politques de
trouver un consensus allant dans le
sens de la résoluton des problèmes du
pays. L’un des jeunes consultés dit :
 “Il n’y a pas de stabilité.  On a sans arrêt 
des  changements  de  Gouvernement, 
ce  qui  porte  préjudice  aux  jeunes.    Il 
nous  plairait  de  partciper  aux  choses 
politques  et  de  faire  entendre  nos 
revendicatons  mais  la  voix  des  jeunes 
n’est pas écoutée »
En général, ils comprennent que s’il
y avait de la part des responsables
l’intenton d’agir dans le sens de la mise
en œuvre des aspiratons constantes
du document qui leur a été présenté, le
pays serait mieux et ils pourraient ainsi
bénéfcier de la situaton.
Ils considèrent que leurs principales
aspiratons concernent la formaton
pour arriver à sortr de la vie difcile
dans laquelle ils se trouvent. Le
manque d’opportunités les préoccupe,
opportunités pour trouver un emploi
et une formaton qui leur garantsse
un avenir meilleur que celui de leurs
ancêtres.
Ils reconnaissent les difcultés
auxquelles les Gouvernements
s’afrontent pour trouver la soluton des
problèmes de STP, mais ils regretent
que les Gouvernements successifs ne
soient pas en mesure d’assurer une
bonne geston, ainsi que l’indiférence
avec laquelle ils envisagent les
problèmes des jeunes.
Bien que les Municipalités jouissent
d’autonomie, tout est concentré dans
la capitale. Il y a un contrôle inadéquat
et insufsant de l’utlisaton des choses
publiques, puisque même le Tribunal
des Comptes ne fonctonne pas comme
il le devrait; il n’y a pas de contnuité de
gouvernance parce que chacun cherche
à se distnguer; il n’y a, à aucun niveau,
de réel combat contre la corrupton,
et ce qu’on peut voir majoritairement
est une utlisaton indue des biens
publics. Pour pouvoir combatre ces
féaux, le Tribunal des Comptes et le
Ministère Public devraient mieux jouer
leurs rôles. Ils pensent qu’il devrait
y avoir une meilleure distributon
des ressources du pays dans tous les
districts pour briser la centralisaton
des services de l’Etat dans la capitale.
Il n’y a pas d’échange d’informatons
pour la difusion des connaissances
juridiques de base sur les droits et
devoirs des citoyens.
Dans le domaine -
économique, infrastructure et
environnement
Ces jeunes pensent que les
infrastructures économiques sont
défcientes, et que pour cete raison
des investssements sont nécessaires
pour améliorer et préserver l’existant.
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Il n’y a pas d’utlisaton efcace des
ressources externes, et leur usage n’est
pas bon, d’où la nécessité d’identfer
ces ressources et d’organiser leur
utlisaton ratonnellement.
Il n’y a pas un environnement favorable
au développement durable, ni même
un marché. Un des jeunes consultés
dit : « Moi je ne sais pas comment est-
ce qu’on peut gouverner s’il n’y a pas
un plan à suivre avec un calendrier
pour chaque chose à faire. »
Il n’y a pas une économie compéttve
et prospère, car la stabilisaton
macroéconomique n’a pas été ateinte.
Pour cela il est nécessaire de donner
suite aux projets existants pour la
stabilisaton en queston.
Le secteur privé devrait mieux partciper
au processus de développement, d’où
la nécessité de lancer des incitatons
vers les entrepreneurs privés pour
qu’ils soient capables de donner une
nouvelle dimension à leurs actvités,
qu’ils investssent et partcipent à
la valorisaton des potentalités de
l’agriculture et de l’élevage.
Quant au pari sur l’exploitaton du
pétrole, il n’est pas évident que quelque
chose ait été fait en la matère.
Sur l’adopton d’une politque de
tourisme sur la base du développement
durable, il existe des divergences
dans les aspiratons santoméennes à
propos de ce qui a été fait, parce que
STP a des potentels qui ne sont pas
mis à proft. Il est donc nécessaire
de faire des investssements dans les
infrastructures et que soient produites
des lois qui régulent le tourisme.
En ce qui concerne la constructon
de barrages hydroélectriques pour
la fourniture régulière d’électricité à
la populaton, le pays a des projets,
mais rien de concret n’a été fait.
L’adéquaton des réseaux électriques,
d’eau potable, communicaton routère
et assainissement à la satsfacton
des besoins de la populaton et des
impératfs du développement n’existe
pas, car tout le monde n’a pas accès à
l’eau potable ou à la route carrossable.
Les travaux sur les routes sont de très
mauvaise qualité et ne peuvent pas
durer plus que quelques années.
Dans le domaine social -

Ils pensent que le bas salaire qui afecte
les jeunes dans leur quotdien, ainsi
que le manque d’opportunités pour
améliorer leur niveau de vie sont très
inquiétants.
Un des jeunes consultés dit : «  Moi  je 
bricole, mais le salaire n’est pas décent. 
Les  conditons  de  vie  sont  de  plus  en 
plus  mauvaises.    Il  y  a  des  familles 
avec beaucoup de membres qui vivent 
vraiment mal »
Selon eux, les conditons créées par
l’Etat pour le sport sont très insufsantes
et inégales si on compare les localités
où habitent certains d’entre eux avec
la capitale. Ils désignent le fait que le
football soit la modalité qui retenne
le plus d’atenton au détriment
d’autres modalités qui pourraient être
pratquées avec beaucoup de bénéfces
pour le pays. Malheureusement,
ils sont dans l’impossibilité de les
pratquer par manque d’installatons
sportves et aussi à cause de l’absence
notoire de moyens.
En matère de formaton, ils aimeraient
décrocher une formaton à l’extérieur
et ils notent donc la problématque des
bourses d’études, mais ils argumentent
que la formaton professionnelle doit
être étendue dans tous les districts du
pays.
Dans leur réfexion sur la société,
ils relèvent quelques situatons qui
ne sont pas bonnes: les gens ne
sont pas informés clairement et ils
ne partcipent pas actvement; la
justce ne fonctonne pas de la même
manière pour tout le monde; les
coûts de la vie sont élevés, il y a peu
d’opportunités d’emploi et de salaires
acceptables. Il faut donc que soient
prises des mesures de stabilisaton
macroéconomique, d’investssements
pour la valorisaton des ressources du
pays et l’augmentaton de la producton
et de la productvité.
Quant au secteur privé, il existe, certes,
mais il ne génère pas d’emploi de
qualité, ni de richesse. Il devient donc
nécessaire de créer des incitatons et
que soit fxé un salaire minimum.
Bref, ils pensent que les aspiratons
des Santoméens, à tous les niveaux,
ne sont pas réalisées et ils aimeraient
qu’elles le fussent.
2.2 Les aspiratons des
adultes
Aspiratons dans le domaine -
politco-insttutonnel
“Un Etat de Droit Démocratque
consolidé et la stabilité politque”
La plupart des personnes consultées
de ce groupe pensent que la société
santoméenne chemine vers l’Etat de
droit démocratque, mais qu’elle est
encore loin de réunir les conditons
nécessaires en ce qui concerne la
mentalité et la formaton. A leur
avis, les électons pour les organes de
souveraineté comme la Présidence de
la République et l’Assemblée Natonale
se déroulent selon la régularité
consttutonnelle et avec une certaine
transparence, toutefois, elles censurent
le fait que les parts recourent à des
artfces fnancier et matériel pour
mobiliser leurs électeurs et les amener
à voter pour eux, phénomène appelé
« bain ».
Les critères démocratques sont
respectés en ce qui concerne le concept
de liberté individuelle, d’informaton et
de presse et il n’y a pas de prisonnier
politque. Des programmes orientés
vers la bonne gouvernance politque,
locale, économique, judicaire et pour
la promoton de la société civile ont
été élaborés, mais leur applicaton
efectve demeure ne décolle pas. L’un
des interviewés de ce groupe afrme :
«  Dans  une  certaine  mesure  nous 
sommes  en  train  d’approfondir  l’Etat 
de  Droit,  car  beaucoup  de  choses  ont 
changé depuis 1975 jusqu’à aujourd’hui, 
mais,  ajoute-t-il,  nous  n’avons  pas 
trouvé  de  solutons  politques  pour 
le  pays.    Il  y  a  un  défcit  d’autorité  de 
l’Etat  pour  résoudre  les  problèmes.    Il 
y a une incapacité de la société civile à 
exiger  de  l’Etat    l’accomplissement  de 
ses devoirs ».
Quant à la stabilité politque, il n’y a
pas de convergence avec l’aspiraton
santoméenne en la matère, car
il y a eu de nombreuses crises
gouvernementales qui ont conduit
à des changements fréquents du
gouvernement. Depuis l’instauraton du
système démocratque pluraliste, aucun
Gouvernement Consttutonnel, dont
la durée prévue est de 4 ans, n’a réussi
à achever son mandat. Depuis 2002
à aujourd’hui, la durée moyenne des
Gouvernements invests est d’environ
un an, ce qui est très préjudiciable pour
l’accomplissement des programmes et
projets préconisés pour une législature.
Ils pensent que cete situaton entraîne
des conséquences néfastes dans
tous les domaines, d’autant plus que
l’administraton publique est toujours
une organisaton faible. Même les lois
qui existent ne sont pas respectées,
fréquemment. Pour renverser cete
situaton, les personnes consultées
préconisent de prendre les mesures
suivantes: créer un profl de dirigeants,
donner l’autonomie aux tribunaux et
exiger de cet organe l’applicaton des
lois; améliorer le climat de dialogue
entre les divers acteurs politques,
donner une formaton politque.
“ Etablissement d’un climat d’approche,
compréhension, dialogue, tolérance,
paix et tranquillité qui permete
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de trouver des consensus entre les
personnes et les forces politques
autour des grands problèmes
natonaux”
Cela n’est pas en train de se réaliser
tel que souhaité, et une des personnes
consultées afrme:
“la    cohésion  entre  les  responsables 
du  pouvoir  n’existe  pas.    La  cohésion 
est  nécessaire  pour  ateindre  les 
objectfs.    Presque  tout  le  monde  dit 
la  même  chose,  mais  pourquoi  aucun 
Gouvernement  n’arrive-t-il  pas  à 
perdurer ? »
Certains atribuent cete situaton à
une forme d’égoïsme des dirigeants
politques et ils préconisent comme
moyens d’y remédier la nécessité
d’amener les classes politques à se
persuader que les normes et mesures
à adopter légalement doivent être
appliquées sans prendre en compte les
intérêts personnels.
“Société civile éclairée, organisée,
partcipatve et dynamique”
Ceci ne se réalise qu’avec beaucoup de
défciences car la société civile est très
conditonnée par le fonctonnement
des organes de l’Etat, et, pour sa survie,
la dépendance de l’Etat est très grande.
Les personnes consultées préconisent
comme mesures que le développement
du secteur privé soit aidé et que soient
organisés d’avantage de programmes
de formaton et informaton.
“Renforcement insttutonnel des
organes de souveraineté”
Cela n’est exécuté qu’en parte.
On assiste à une embellie dans
l’organisaton de l’Assemblée Natonale.
Il y a des lois, codes, et autres décrets
qui ont été approuvés allant dans le
sens du renforcement insttutonnel,
mais l’applicaton est défciente.
L’aspiraton relatve à la bonne conduite
des dirigeants n’est pas appliquée. Il
devient donc nécessaire d’adopter un
code de conduite pour les dirigeants et
fonctonnaires publics.
“Ratonalisaton de l’appareil d’Etat à
tous les niveaux”
Elle n’est pas réalisée: trop de
fonctonnaires, organisaton défciente
des services, faibles productvité et
efcacité. Les mesures préconisées pour
la réforme des insttutons publiques
doivent être appliquées et on doit
procéder régulièrement à l’évaluaton
du travail des fonctonnaires.
“Révision de la loi de division
administratve”
Elle a été révisée en parte, mais elle
n’est pas encore appliquée et il n’y a
pas eu de transfert efectf des pouvoirs
et des moyens aux municipalités. Les
mesures préconisées sont : adopton
par les organes du pouvoir local des
moyens pour motver et permetre un
transfert de capacités visant un meilleur
aménagement des espaces physiques
et de populatons, géographiques et
économiques.
“Bonne gouvernance”
Vu l’exercice des actvités du
Gouvernement et des autres
administratons publiques, il ne
correspond pas aux critères de
bonne gouvernance. Il n’y a pas
de plans sectoriels et globaux
évalués périodiquement, il n’y a
pas d’évaluaton du travail et autres
obligatons de bonne gouvernance. Les
mesures proposées consistent alors à
recommander au Gouvernement de
faire le suivi de la reprise de l’Etat,
d’élaborer les indicateurs de bonne
gouvernance et d’exiger que soient
respectés les normes et les principes
de bonne gouvernance.
Aspiraton dans le domaine -
économique, environnemental
et des infrastructures
“Utlisaton efcace des ressources
internes”
Il est unanimement reconnu que
cete aspiraton n’est pas réalisée. En
efet, les ressources internes comme
les terres agricoles, les ressources
halieutques, de l’élevage, touristques
et géographiques du territoire de STP
ne sont pas bien mises à proft. Ainsi, il
est recommandé d’élaborer un Plan de
Développement Economique et Social
en plus de la SNRP et du PAP,
“Créaton d’un environnement
favorable au développement durable”
Il ressort des opinions des personnes
consultées qu’il n’y a pas convergence
entre cete aspiraton du NLTPS et ce qui
est réalisé. En efet, bien qu’il y ait eu
une croissance du PIB de près de 6% ces
trois dernières années, le cadre politco-
insttutonnel et la macroéconomie
sont défavorables. L’infaton va en
croissant, elle est arrivée en 2007 à
27,6%. Le poids des importatons
est très élevé par rapport à la maigre
valeur des exportatons et l’économie
est de plus en plus dépendante de
l’aide externe, dans une conjoncture
où les prix des combustbles et ceux
des produits alimentaires ont des
efets négatfs pour l’existence de
cet environnement favorable au
développement durable. Les mesures
mentonnées sont : applicaton de
fait des actons de la SNRP et du PAP,
consensus entre les forces politques
pour l’adopton de mesures, meilleure
organisaton et introducton de la
geston par objectfs.
“Créaton de conditons pour le
développement des zones rurales
et l’existence d’un secteur privé
dynamique et générateur de richesse
et d’emploi. Mise en valeur du
potentel agricole et d’élevage. ».
L’opinion des personnes consultées
est que ces aspiratons ne sont pas
ateintes.
Le démantèlement des anciennes
propriétés agricoles a eu comme
dénouement leur division en pettes
parcelles d’un hectare et demi
environ et leur cession à des petts
propriétaires, dont une grande parte
était auparavant des travailleurs
salariés. Les propriétaires en queston,
dépourvus des moyens nécessaires
pour metre la terre en valeur se sont
afrontés à divers problèmes : manque
d’infrastructure dans le milieu rural,
de canalisaton d’eau pour l’irrigaton,
baisse des prix de commercialisaton
de leurs produits, mentalité de salariés
plutôt que de paysans. Nombre d’entre
eux se sont alors limités à abatre les
arbres pour leur commercialisaton. Ils
ont ensuite cédé les terres de l’Etat à
d’autres privés et eux-mêmes se sont
déplacés vers la capitale à la recherche
d’un autre mode de vie. On assiste ainsi
à un phénomène d’exode rural, où les
villes commencent à être surpeuplées
alors que les terres agricoles qui n’ont
plus de bras pour être mises en valeur
retournent à l’état de brousse.
Il n’y a pas non plus de convergence
entre ces aspiratons identfées en
1997 avec ce qui est réalisé, en ce
qui concerne la mise en valeur des
potentalités d’agro-élevage. En
efet, le niveau de producton, pour la
consommaton interne aussi bien que
pour l’exportaton, n’a pas augmenté
autant que la populaton, bien que
l’Etat ait mis les terres à la dispositon
des petts agriculteurs. Les raisons sont
multples, mais il faut relever :
La dimension du lot cédé o
n’est pas sufsante pour une
producton correspondant à la
satsfacton des besoins d’une
famille
Il n’y a pas eu de la part de o
l’Etat un appui aux agriculteurs
pour leur donner une formaton
convenable et une informaton
ainsi que les moyens matériels
et fnanciers pour cultver
convenablement la terre
La formaton sociale du peuple o
de STP n’a pas engendré
de véritables paysans qui
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considèrent que la possession
de la terre sera leur principale
ressource de subsistance. Face
à cela, diverses mesures furent
suggérées, dont :
Débat sur la -
problématque de
l’agriculture et sur la
queston des terres de
l’Etat distribuées aux
privés ;
Créaton de plus -
d’écoles agricoles à tous
les niveaux essayant de
couvrir tous les districts
ainsi que la Région
Autonome de Principe
Créaton de centres -
de recherches et de
vulgarisaton des
connaissances agricoles,
des plantes, semences,
fertlisants, insectcides,
ainsi que pour le conseil
aux agriculteurs sur
plusieurs volets ;
Politques d’atracton -
des investssements
internes et externes
correspondant à la
situaton dominante ;
Développement de -
l’écotourisme rural
Les personnes consultées considèrent
que les terres agricoles sont des
facteurs de producton très utles
pour le développement de STP et
elles pensent donc que des mesures
adéquates doivent être prises pour
leur mise en valeur. Il faut :
Appliquer le programme des 3)
actons prioritaires et la SNRP ;
faire un recensement agricole
pour connaître l’actuel cadastre
des terres.
Préparer un plan 4)
d’aménagement du milieu rural
avec des aides et incitatons
Essayer d’améliorer les 5)
conditons du travail agricole
et d’utliser les techniques
de conduites de cultures de
façon à assurer la meilleure
producton et productvité
possible qui permetra de
fournir en concurrence et
compéttvité les produits
agricoles aux marchés internes,
régional et internatonal. Sans
exclure les autres mesures
de développement des zones
rurales.
Le secteur privé, natonal et étranger,
doit être motvé pour acquérir les
terres qui ne sont pas cultvées et les
metre en valeur.
Il est également nécessaire de prendre
acton en vue de donner au pays d’un
environnement favorable aux afaires,
en le dotant d’infrastructures telles
que :
Système d’adducton d’eau pour -
la consommaton domestque
et pour l’irrigaton ;
Constructon de barrages hydro- -
électriques ;
Système de crédit et de -
fnancement opératonnel ;
Encouragement aux -
investssements externes qui
amènent un secteur privé
dynamique et générateur de
richesses ;
Aménagement et -
développement des zones
rurales ;
Elargissement du marché -
interne et ouverture pour
l’exportaton, sur le marché
régional et internatonal, en
ouvrant progressivement le
pays à la concurrence de biens
et de services agricoles ;
Etablissement de politques -
de développement du milieu
rural, associées à l’expansion
du tourisme, de la pêche et
de l’industrie, préparer le pays
pour l’entrée dans l’OMC ;
Applicaton des -
recommandatons de la letre
de Politque Agricole et de
Développement Rural. Une des
personnes consultées afrme :
«    il  faudrait  s’emparer  des 
éléments  qui  se  trouvent  dans 
le  NLTPS  pour  en  faire  un  plan 
de  développement de STP »
“Stabilisaton macroéconomique”
Cete aspiraton n’a pas pu être satsfaite
vu que le pays a peu de capacités de
producton et d’exportaton et que ses
besoins en consommaton dépassent
ses capacités de producton. Le
pays est confronté à une situaton
de déséquilibre entre l’ofre et la
demande, dans une économie ouverte,
sujete aux infuences des efets de
l’infaton importée, comme par la
valorisaton constante de la monnaie
natonale, la dobra, par rapport à l’euro
et au dollar, la montée vertgineuse des
prix des dérivés du pétrole et celui des
aliments.
Un interviewé afrme : «  Nous  avons 
fait  un  pas  avec  le  pardon  de  la  dete 
et  il  nous  semble  qu’on  est  ainsi  sur  le 
bon  chemin  »  et un autre ajoute  :  «  il 
faut  des  plans  d’actons,  des  choses 
programmées, et sur cete base, établir 
des  évaluatons  et  chercher  à  savoir 
pourquoi  telle  chose  est  accomplie  ou 
non »
L’aspiraton dans le domaine -
social
“Amélioraton et élévaton des
conditons économiques et sociales”
Il ressort de l’opinion des personnes
consultées que, bien que certains
indicateurs sociaux, comme le taux
de prévalence du paludisme ou les
indicateurs de santé et éducaton,
soient en train de s’améliorer, on doive
cependant prendre en compte la qualité
de certains services, comme l’éducaton
et la santé, où il reste beaucoup à faire.
Il n’y a donc pas encore de satsfacton
des aspiratons des Santoméens, en
ce qui concerne l’amélioraton et
l’élévaton des conditons de vie.
On suggère des mesures à prendre,
telles que : améliorer la producton et
la productvité de façon à pratquer de
meilleurs salaires, faciliter l’accès aux
crédits, l’aménagement du milieu rural,
l’assainissement de base, la maîtrise de
l’approvisionnement en eau.
“Educaton et santé pour tous”
Il ressort des déclaratons des personnes
consultées que ces aspiratons sont
sur le chemin de leur réalisaton, en
termes quanttatfs, mais que la qualité
de la prestaton des services de santé
et d’éducaton laisse encore beaucoup
à désirer. On doit donc parier sur la
poursuite de l’organisaton de ces
secteurs et les doter progressivement
en cadres techniques, équipements et
formaton.
“ Logement décent, accès à l’eau
potable et accès à l’emploi et à la
formaton professionnelle”
Selon les personnes consultées, les
aspiratons relatves au logement
correct ne sont pas réalisées. Les
données statstques montrent aussi
que la plupart des Santoméens n’ont
pas un logement décent. On propose
la créaton de lignes de crédit pour le
logement. La réhabilitaton des usines
de briques permetrait de réduire les
coûts du ciment pour la constructon
de logement.
Quant à l’accès à l’eau potable, des
eforts ont été réalisés pour améliorer
cet indicateur, mais on estme que
seulement 36% des foyers ont accès
à l’eau potable du réseau. Selon les
informatons disponibles ce chifre n’a
pas augmenté ces dernières années.
Cependant, une des personnes
kapport Nanona| sur |e Dóve|oppement numa|n a São 1omó e Þr|nc|pe 2008 142
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consultées afrme :
« tout ne va pas si mal.  Des routes ont 
été  réparées  dans  des  zones  rurales 
pour  les  désenclaver.    Il  y  a  quelques 
projets  orientés  sur  les  communautés 
pour  le  projet  de  santé  pour  tous,  eau 
potable ».   
“Revalorisaton de l’identté
natonale”
On peut déduire des déclaratons
des personnes consultées que la
revalorisaton de l’identté natonale
ne correspond pas aux aspiratons
identfées en 1997.
Au contraire, on peut observer
un renversement des valeurs qui
ne correspond pas à l’ancienne
identté des Santoméens. On assiste
à une prédominance de l’argent
sur les principes et les valeurs et à
un individualisme galopant. Il est
suggéré que soit introduite dans le
cursus scolaire l’éducaton aux valeurs
et que soient revues les grilles des
programmes de Télévision et de Radio.
Un des interviewés déclare :
«  Nous devons avoir la naton comme 
référence  et  prendre  ainsi  en  compte 
la  nécessité  de  préservaton  de  notre 
langue  natonale,  de  la  musique,  du 
folklore et des autres valeurs culturelles 
comme d’un maillon entre la génératon 
actuelle et la suivante ».
3. Les défs pour ateindre
les aspiratons
3.1 La Stratégie Natonale
de Réducton de la Pauvreté
et le Programme d’Actons
Prioritaires 2006-2008
Les autorités santoméennes de
l’époque se trouvant confrontées à des
difcultés fnancières pour réaliser la
5ème phase du NLTPS se retournèrent
sur la SNRP, en guise d’applicaton
substtutve.
Ce document élaboré au cours de
l’année 2002, tout au long d’un
processus partcipatf intense et
très productf a concerné diverses
structures de l’Etat, du secteur privé et
de la société civile. Il fut approuvé par
décret gouvernemental et promulgué
par le Président de la République
comme document « d’accomplissement
obligatoire pour toutes les insttutons
et les enttés concernées par les
actons de lute pour la réducton de la
pauvreté ». Actualisé en 2004, la SNRP
identfe les lignes d’actons prioritaires,
dont la mis en œuvre pourra, selon
les projectons, réduire dès 2010 le
niveau de pauvreté à la moité du
niveau d’alors et, d’autre part, apporter
postérieurement des réponses aux
problèmes identfés dans le cadre du
NLTPS, basés sur les présupposés qui
seront matérialisés autour des cinq
axes stratégiques suivants :
Réforme des insttutons f)
publiques, renforcement
des capacités et promoton
d’une politque de bonne
gouvernance ;
Croissance accélérée et g)
redistributve ;
Créaton d’opportunités h)
d’augmentaton et
diversifcaton des revenus ;
Développement des ressources i)
humaines et accès aux services
sociaux de base ;
Mécanisme de suivi, évaluaton j)
et actualisaton de la stratégie.
Dans ce document, il a été procédé à
l’analyse de la situaton de pauvreté
à STP, dans ses aspects monétaires,
des conditons de vie de la pauvreté
politque et sociale en vue de l’adopton
d’une stratégie adaptée à la réducton
de la pauvreté.
Prenant en compte les principaux
déterminants de la pauvreté et
s’appuyant sur un scénario optmiste
inspiré du NLTPS, la SNRP vise : la
promoton du développement dans
les domaines politco-insttutonnel,
économique et des infrastructures
et enfn social. Le résultat devrait
être une réducton signifcatve de la
pauvreté dans un espace temporel
s’étendant jusqu’à 2015, grâce à une
bonne utlisaton des potentalités
humaines, des ressources matérielles
et naturelles du pays, ainsi qu’à la
coopératon bilatérale et multlatérale.
Quant aux objectfs globaux, la SNRP
devra, par la mise en œuvre des actons
inscrites dans chacun de ses axes,
donner lieu à l’accomplissement des
objectfs globaux suivants, à moyen et
long termes:
Réduire de moité le pourcentage d)
de populaton santoméenne
(53,8%) vivant en situaton de
pauvreté pour 2010 et d’au
moins 1/3 pour 2015 ;
Arriver pour 2015 à ce que e)
toute la populaton ait accès
aux services sociaux de base et
promouvoir l’amélioraton de
sa qualité de vie ;
Réduire considérablement les f)
diférences sociales et de genre
entre les districts et entre ces
derniers et la Région Autonome
de Principe.
D’autre part, les actons inscrites dans ces
axes stratégiques prennent en compte
la nécessité d’ateindre les buts prévus
dans le cadre de l’accomplissement des
Objectfs du Millenium, dans la mesure
où le Gouvernement s’est engagé dans
ce processus.
La stratégie à long terme s’étendant
jusqu’en 2015 sera mise en œuvre
progressivement par le biais des
Programmes d’Actons Prioritaires
-dont le premier correspond à la
période 2006-2008- qui contnueront
jusqu’en 2015.
Selon le Document de “Partenariat pour
une bonne Gouvernance et Réducton
de la Pauvreté” présenté à la Table Ronde
de Décembre 2005 aux partenaires de
développement de STP, le PAP prétend
“ (donner) une vision d’artculaton des 
ressources  du  pétrole  à  l’avenir  pour 
réduire  la  pauvreté  dans  un  contexte 
d’encouragement à l’initatve privée.  Il 
conçoit  un  cadre  insttutonnel  propice 
à l’investssement natonal et étranger 
qui  est  essentel  pour  accélérer  la 
croissance,  tandis  que  les  ressources 
provenant du pétrole et de l’allègement 
de la dete pourront être utlisées pour 
fnancer  des  investssements  dans  les 
infrastructures de base et dans la mise 
en valeur des ressources humaines qui, 
de  façon  générale,  ne  mobilisent  pas 
l’intérêt du secteur privé ».
3.2 Défs dans le domaine
politco-insttutonnel et PAP
La gouvernance politque et
administratve est encore très défciente.
L’instabilité politque est grande
puisque, depuis janvier 1991, date du
premier Gouvernement de démocrate
pluraliste et multpartdaire jusqu’à la
fn du premier semestre 2008, il y a eu
13 Gouvernements consttutonnels,
c’est-à-dire que leur temps moyen de
durée est inférieur à un an et demie.
Cete situaton est préjudiciable au
fonctonnement du système politco
insttutonnel puisque la Consttuton
Politque du pays prévoit un mandat
de 4 ans pour chaque législature et
qu’aucun Gouvernement n’a réussi
à durer le temps d’une législature.
Cete situaton a des implicatons
négatves dans le fonctonnement de
l’Administraton Publique en réduisant
son efcience et sa capacité à remplir
les plans d’actons prévus. Elle mène
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aussi les investsseurs potentels et
les partenaires de coopératon à
hésiter à établir des partenariats de
coopératon et d’investssements avec
des Gouvernements en constante
mutaton et, par conséquent, peu
au fait des problèmes du pays et des
diverses alternatves pour afronter les
défs qui s’imposent.
Pour améliorer le fonctonnement de
ce domaine politco-insttutonnel,
il a été préconisé, en conformité
avec l’axe 1 du PAP, de renforcer
les insttutons publiques ainsi que
les capacités et la promoton d’une
politque de bonne gouvernance. Cet
axe stratégique stpule que le pays doit
se doter de bonne gouvernance dans
les dimensions suivantes : politque
et administratve, locale et régionale,
économique et fnancière, judiciaire.
Gouvernance Politque

Cete parte du programme, où
s’établissent les normes pour la
réforme des insttutons publiques
et le renforcement des capacités
des insttutons et des personnes
concernées dans le processus de
développement, vise, entre autres
objectfs, à la créaton de conditons
pour la consolidaton de l’Etat de Droit,
en renforçant pour cela la capacité de
geston du pays, dans le domaine de
la législaton, du contrôle et du débat
public.
La responsabilité d’exécuter, organiser
et suivre la réalisaton des actons
ou mesures suivantes –comprenant
les mesures de vérifcaton en
découlant- incombe au Ministère de
l’Administraton Publique, Réforme de
l’Etat et de l’Administraton du Territoire,
en représentaton du Gouvernement :
Créaton d’un cadre o
insttutonnel pour la mise en
œuvre de la réforme de l’Etat.
A cet efet ont été réalisées :
Elaboraton d’une nouvelle k)
étude de la foncton publique :
Commencée en 2006, elle a été
conclue et soumise au Conseil
de Ministres le 31/12/2007.
On en atend une contributon
considérable pour augmenter
l’assiduité et la productvité.
Mais les mesures d’exécuton
n’ont pas encore été prises.
Révision du statut de la foncton l)
publique: Commencé en 2005, le
projet a été élaboré et présenté
à l’Assemblée Natonale pour
approbaton.
Créaton de mécanismes pour o
la mise en œuvre de la stratégie
globale de réforme de l’Etat et
du pouvoir régional et local.
Gouvernance de pouvoir local et
régional
Créaton d’un cadre insttutonnel
central d’appui technique aux
organes de pouvoir régional
et local. A cet efet, ont été
prévues les actvités suivantes
(avec le point de la situaton
actuelle) :
Créaton d’un cabinet conseil -
et d’appui aux municipalités :
l’exécuton de cete actvité
incombe à la directon du
territoire et son objectf principal
est d’appuyer l’identfcaton et
la mise en œuvre de projets à
développer dans ce local. Un
technicien a été nommé et une
voiture pour ses déplacements
mise à sa dispositon. Un
architecte a été engagé pour
les travaux.
Réalisaton d’un colloque sur le -
développement dans la région
sud/Caué : Vu que ce district
est le plus pauvre du pays, le
Gouvernement a choisi d’y
réaliser la commémoraton de
l’indépendance le 12 juillet 2007.
La cérémonie commémoratve
de l’indépendance a été
précédée d’un colloque sur
le développement de la
région sud/Caué, au cours
duquel quelques mesures de
développement de ce district
ont été présentées.
Renforcement des capacités -
techniques locales.
Gouvernance Judiciaire
Conscient des difcultés des citoyens
d’accéder à la justce, l’objectf central
défni par le Gouvernement est de
contnuer la politque de modernisaton
de la justce dans le but de la rendre,
d’une part, plus accessible aux citoyens
et , d’autre part, plus conforme aux
besoins des entreprises.
En efet, beaucoup de problèmes
dont la soluton est de la compétence
du régime juridique dans certaines
matères (voies légales du procès
en droit civil, par exemple) ne sont
autres que des séquelles du passé,
refétant la lenteur et les retards de
la justce. Ainsi toutes les mesures
susceptbles d’accélérer, agiliser et
fexibiliser les procédures consttuent
une contributon inestmable, non
seulement pour le fonctonnement et
l’efcacité du système, mais aussi pour
la modernisaton de l’économie et sur
le plan plus profond de la légitmaton
de la justce.
Dans cete sphère, voici les actvités
programmées pour 2007 :
Actualisaton de la législaton -
obsolète ;
Réhabilitaton de l’édifce des -
Tribunaux ;
Elaboraton et mise en œuvre -
d’un programme de formaton
des magistrats et auxiliaires de
justce ;
Acquisiton de moyens de -
fonctonnement (équipements
informatques, véhicules, etc.)
Informatsaton des services de -
l’Etat Civil et du Notariat
Elaboraton d’une étude sur -
la viabilité des tribunaux
spécialisés
Etablissement de mécanismes -
extrajudiciaires d’arbitrage et
résoluton de confits
Créaton de facilité d’accès à la -
justce pour les pauvres
Voici ce qui a été réalisé pour la période
analysée :
Actualisaton de la législaton
obsolète :
l’Assemblée Natonale a -
approuvé un ensemble de
textes de lois qui sont en
atente de promulgaton par le
Président de la République, tels
que : Statuts des Magistrats
Judiciaires et du Ministère
Public, Loi Base du Système
Judiciaire, Loi du Secrétariat
du Tribunal Consttutonnel,
Loi des Dépens du Tribunal
Consttutonnel
Les textes juridiques suivants ont -
été revus :Code Pénal/Code de
Procédure Pénal ; Loi Organique
de la Police d’Investgaton
Criminelle ; Statuts des
Magistrats Judiciaires, Statuts
des Magistrats du Ministère
Public, Loi Organique du Tribunal
Consttutonnel, Loi Organique
des Services des Prisons, Loi du
Blanchiment d’argent, Loi Contre
la Criminalité Economique et
Financière, Régime Juridique
des Etrangers, Révision de la
Législaton Commerciale.
Elaboraton et mise en œuvre
d’un programme de formaton des
magistrats et auxiliaires de justce ;
Pour suppléer à ses besoins, le Tribunal
a lancé en mars 2007 un concours pour
l’acquisiton d’équipements destnés
aux magistrats et fonctonnaires
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judiciaires, mais les Finances n’ont pas
dégagé de fonds pour cela jusqu’en fn
2007. Le même sort a été réservé
au processus d’informatsaton des
archives des tribunaux qui n’a pas été
efectf par manque de fonds.
3.3 Les défs dans le
domaine économique,
des infrastructures et
de l’environnement. Le
Programme d’Appui
Partcipatf à l’Agriculture
Familiale et à la Pêche
Artsanale (PAPAFPA).
Estmant que la lute contre la pauvreté
est la conditon nécessaire pour la
croissance durable et soutenue,
le Gouvernement a estmé que la
meilleure façon de transférer le
bénéfce de la croissance à la populaton
la plus vulnérable serait non seulement
d’assurer une bonne croissance du PIB,
mais plutôt la créaton d’opportunités
de revenus, c’est à dire d’emploi et auto-
emploi et non pas jouer sur des facteurs
délicats à suivre, susceptbles de créer
une mauvaise redistributon du revenu,
tels que l’infaton et les déséquilibres
internes et externes. C’est ainsi que
durant l’exercice 2007 furent mis en
œuvre un certain nombre de projets,
parmi lesquels nous relevons :
Dans le domaine des infrastructures
Un grand marché a été construit -
et mis en place dans le quarter
Coco-coco, avec 411 postes de
vente permetant de meilleures
conditons de vente et donc
des opportunités de revenus
plus larges pour les petts
commerçants ;
L’accès à l’informaton par la TV -
et la radio pour la zone sud qui
a créé des conditons pour que
les bénéfciaires ne se sentent
plus exclus ;
L’acquisiton de transports -
publics et la réhabilitaton
des infrastructures routères,
deux projets complémentaires
convergeant vers l’embellie du
déplacement des personnes,
biens et services du pays ;
La réhabilitaton et l’équipement -
des infrastructures d’Emolve
(fabrique d’huile de palme)
qui devrait contribuer à la
dynamisaton de la producton
d’huile de palme ainsi qu’à
la créaton d’opportunités de
revenus pour la populaton
placée en tête de la pauvreté du
pays, ainsi que la possibilité de
réduire la dépendance en huile
et de favoriser l’exportaton ;
Réhabilitaton des trotoirs de -
toute la capitale qui a eu une
durée d’exécuton pendant
toute l’année 2007. Ce projet
est très important pour la
requalifcaton de la ville, la
dynamisaton de l’économie et
l’opportunité d’emplois pour de
nombreuses familles.
Il faut metre en relief les -
programmes et actvités
réalisées en relaton avec la
producton agricole :
Le projet de réhabilitaton du -
système d’irrigaton, élément
d’amélioraton de la producton
et de la productvité
Projet de réhabilitaton des -
logements des anciennes
roças et de leurs « sanzalas »
41

qui pourrait aussi avoir un
impact pour la promoton du
tourisme rural et la créaton
d’infrastructure d’appui à la
producton ;
Finalisaton du projet de -
canalisaton d’Agua Moreira
qui permetra l’accès à un bien
aussi précieux que l’eau pour
les populatons bénéfciaires et
à la réducton des causes des
maladies d’origine hydrique.
Outre la constructon des routes
natonales et de multples pistes
rurales pour afronter la situaton
dégradante dans le domaine de
l’agricultuire, le Gouvernement a
conçu un « Programme d’Appui
Partcipatf à l’Agriculture Familiale
et à la Pêche Artsanale (PAPAFPA) »
grâce à un fnancement du FIDA et de
la Caisse Française de Développement.
Ce projet a pour but d’appuyer les
petts agriculteurs et pêcheurs pour
contribuer à l’amélioraton de leurs
revenus.
Par son composant appui aux actvités
économiques et innovaton, il a mené
les actvités suivantes:
Assistance à la flière cacao o
biologique : en 2007, 33
communautés ont été
assistées, 23 à S. Tomé avec 947
agriculteurs et 10 dans la région
autonome de Principe avec 217
agriculteurs, leur producton a
été de 216 Tonnes.
Appui à la flière poivre/ o
vanille : ont été assistées 31
communautés, 21 à S. Tomé et
10 à Principe pour un total de
566 agriculteurs, dont 444 à S.
Tomé et 122 à Principe.
Sur fonds HIPC, ont été fnancés o
des petts projets destnés
aux agriculteurs : le projet de
culture de banane plantain a
intéressé 24 communautés
agricoles ; le projet d’inspecton
autour duquel s’est créée
une équipe de travail pour
contrôler le travail des pettes
et moyennes entreprises
qui ont été distribuées dans
le cadre de la privatsaton ;
l’appui à la Fédératon
Natonale des Agriculteurs et
Pêcheurs (FENAP/STP) pour la
producton et la distributon
du bulletn d’informaton
‘Tluqui Sun Dêçu », l’appui au
Centre de Perfectonnement
d’Agro-Elevage (CATAP)
pour la formaton des petts
agriculteurs bénéfciaires de
pettes parcelles.
Dans ce même secteur agricole, l’Insttut
Portugais d’Appui au Développement a
fnancé le « Projet de Développement
de la Pêche Artsanale et Hortculture »
pour une valeur de 165 mille euros.
115 familles de Principe en ont été
bénéfciaires, 5 vendeuses de poissons
et 30 pêcheurs d’une part et 35
hortculteurs d’autre part.
Dans le secteur de la Pêche, la Directon
de la Pêche a réalisé une enquête sur
la pêche artsanale qui a about sur la
connaissance de la situaton des canoës
à ST et à Principe.
Vu les difcultés des pêcheurs, o
essentellement liées à la montée
des prix des combustbles sur
Tableau 29: Bénéfciaires de la réalisaton du programme PAPAFPA en 2007
!"#$%$#&'( )&*+$'*#$,-(.//0( )&*+$'*#$,-((((.//1( )&*+$'*#$,-((((.//2( .//133.//2(
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41 NDT : logements des ouvriers des « roças »
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le marché internatonal, la
Directon des Pêches a procédé
à la distributon de 5 canoës
de type « Caravelas » pour
autant de pêcheurs de la zone
Sud de ST. Ces embarcatons
de technologie moderne leur
permetent d’arriver plus
vite et avec plus de sécurité à
des distances éloignées et ils
pourront ainsi augmenter leurs
rendements et leurs revenus.
La Directon des Pêches a o
construit une maison sociale
à Praia Malanza, à l’extrême
Sud de ST dans le but d’ofrit
aux pêcheurs et vendeuses de
poissons de troisième âge un
foyer d’accueil confortable. Ces
travaux dont le budget a été
de 18.000 US dollars abritent 6
familles âgées qui n’avaient pas
de logement.
Avec l’appui d’un don de o
la République de Lybie, le
Gouvernement a appuyé
l’acquisiton de 100 moteurs
hors bord qui ont été distribués
à des pêcheurs de toutes les
communautés, 79 à ST et 21 à
Principe, l’objectf de l’opératon
étant d’augmenter la capture
de poisson pour achalander
le marché local ainsi que pour
améliorer le niveau de revenu
des groupes les plus pauvres.
La FAO a partcipé o
fnancièrement à la réalisaton
d’un projet de transformaton
et commercialisaton du
poisson pour une valeur de
5.460.0000,00 qui a concerné 6
familles sous conditon qu’elles
assurent le remboursement.
Toujours dans le secteur de o
la pêche artsanale, l’ONG
MARAPA a bénéfcié de l’appui
fnancier du PAPAFPA et d’autres
insttutons internatonales
pour des interventons dans
les volets transformaton
et commercialisaton du
poisson ainsi que protecton
et conservaton de
l’environnement.
3.4 Les défs dans le
domaine social. Le Projet
d’Appui au Développement
des Ressources Humaines
(PADRHU)
En outre, d’autres projets peuvent
aussi contribuer à la réalisaton des
aspiratons santoméennes et à la
réducton de la pauvreté. On relèvera
les suivants :
Développement des ressources -
humaines (PADRHU) qui a
bénéfcié d’un fnancement de
4,74 millions d’unités de compte
(UC), dont 73,8% proviennent
d’un fnancement FAD, soit 10,5
millions de subventon FAD et
les 15,6 restants consttuent la
contreparte natonale ;
Projet d’appui aux -
communautés de base en
matère de gouvernance locale
et réducton de la pauvreté
avec fnancement du PNUD qui
a comme objectf dans sa 1
ère

phase de renforcer la capacité
des ONGs et en partculier de la
Fédératon des ONGs ainsi que
d’appuyer les communautés de
base pour qu’elles assument
elles-mêmes leur processus de
développement, en tant que
collectfs de personnes qui ont
des intérêts communs.
Quant au PADRHU, son objectf général
est la réducton de la pauvreté grâce
à une amélioraton signifcatve des
ressources humaines et des possibilités
d’emploi et de revenus. Ses objectfs
spécifques sont :
Augmenter la capacité et la -
productvité des structures
responsables de la concepton et
de l’exécuton des programmes
de ressources humaines ;
Renforcer et diversifer les -
opportunités de formaton et
d’inserton professionnelle des
jeunes et des travailleurs ;
Renforcer les connaissances -
et le savoir-faire des femmes
pauvres –chefs de famille- dans
les régions les plus défavorisées
du pays.
Avec donc l’intenton d’améliorer
la contributon du Fonds Natonal
à la formaton et à l’emploi dans la
poursuite de ses objectfs, il a été
procédé à l’élaboraton d’un manuel de
procédures pour le réguler. Le manuel
a été validé au cours d’un séminaire de
deux jours, dans la première quinzaine
de septembre 2007 et il a aussitôt été
remis au Gouvernement pour validaton
politque et adopton ofcielle.
Il était prévu de relancer l’Observatoire
du Travail et de l’Emploi et à cet efet
deux techniciens devaient être formés
pour ensuite préparer un document
d’orientaton pour l’élargissement du
Centre de l’Emploi Professionnel (CEP).
Mais vu que l’un des deux techniciens
s’est absenté du pays, cete actvité qui
aurait dû se réaliser en juin 2007 n’a
pas été efectuée.
Pour ce qui est du renforcement des
capacités visant à la promoton des
femmes et une meilleure coordinaton
des programmes d’alphabétsaton,
des contacts ont été pris qui ne se
sont pas avérés positfs. Le CEP a donc
opté pour incorporer cete consultance
dans le paquet de liste d’acquisiton de
services qui sera lancé simultanément
par concours restreint internatonal
pour le recrutement d’assistance
technique.
Pour ce qui touche l’informaton et
la sensibilisaton, le Gouvernement
et les autorités locales ont concédé
les espaces physiques nécessaires
pour la mise en œuvre des radios
communautaires à Lemba (Santa
Catalina), à Lobata, des diligences sont
en cours.
La liste des équipements pour les trois
radios communautaires a été dressée
et fxée et un dossier a été monté pour
leur acquisiton. La CEP l’a remise à la
Banque Africaine de Développement
pour efets de non objecton.
Quant à la formaton et l’inserton
professionnelle, une des actvités
préconisées à été l’augmentaton des
capacités et la diversifcaton de la
formaton initale. Dans ce cadre, la
CEP a recruté un consultant individuel
et, selon les règles de procédure de
la BAD, les ébauches architecturales
suivantes ont été réalisées :
Centre Polytechnique -
(constructon ou
agrandissement)
Centre artsanal (constructon) -
Radios communautaires -
(réhabilitaton ou adaptaton)
Centres de formaton intégrée -
(réhabilitaton)
La Communicaton sociale -

La communicaton sociale joue un rôle
très important non seulement en tant
que pilier de l’Etat Démocratque, mais
aussi dans la réducton de la pauvreté
au travers de sa mission d’informer,
divertr, sensibiliser et mobiliser les
populatons pour le développement
de la société, ou bien de transmetre le
contrôle des actons qui sont réalisées
par les diférents organes et insttutons
pour la consécuton de l’objectf
commun qui est le développement
socioéconomique et culturel du pays.
Dans cete perspectve, deux actons
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importantes ont été programmées puis
exécutées :
Réactvaton du Conseil o
Supérieur de la Presse pour
améliorer les conditons
d’exercice des fonctons de
la haute autorité pour la
communicaton sociale et
la promoton de la liberté
de presse, du pluralisme et
de l’indépendance dans ce
secteur ;
Renforcement des organes de o
communicaton sociale, visant
à les doter de structures et des
moyens matériels et humains
nécessaires pour exercer leurs
tâches quotdiennes, malgré
les carences auxquels ils
s’afrontent.
4. Conclusion
Dans ce chapitre, ont été présentées les
aspiratons santoméennes manifestées
au cours de l’exercice du NLTPS, ainsi
que les scénarios et les stratégies
identfés pour pouvoir mieux connaître
les évolutons possibles de la situaton
puis ajuster ces stratégies aux nouvelles
réalités, de sorte que les aspiratons en
queston soient réalisées.
Dans cete recherche sur
l’accomplissement ou non des
aspiraton santoméennes, il ressort
clairement de la plupart des personnes
consultées et des documents existants
que ces aspiratons ne sont pas, de
façon générale, en train de se réaliser
au cours des périodes considérées.
Les causes principales présentées sont
l’instabilité politque et les changements
successifs de Gouvernement en
résultant, ainsi qu’un fonctonnement
défcient de l’Administraton Publique
santoméenne. Les insttutons
publiques sont surdimensionnées, elles
pratquent des salaires manifestement
incompatbles avec le coût de la vie, dans
un pays confronté à la problématque
du bas niveau de la producton et de
la productvité. Les Gouvernements
ont les mains liées pour faire face à ce
problème énorme.
Les positons des jeunes sont que le
pays n’est pas gouverné de façon à
ce que leurs aspiratons puissent être
satsfaites.
Cependant, avec l’appui d’organisatons
internatonales, notamment le PNUD,
la Banque Mondiale, le FMI, la FAO
et d’autres partenaires bilatéraux et
multlatéraux, il y a en porte feuilles
de nombreux programmes, projets,
grands travaux comme le port en
eaux profondes, l’agrandissement
de l’aéroport, la zone franche,
l’exploitaton du pétrole, qui visent à
assurer au pays plus de ressource, la
croissance économique, le combat
contre la pauvreté, l’amélioraton de la
gouvernance administratve, politque,
économique, fnancière, judiciaire et
la poursuite du cheminement dans
le sillon de la réalisaton des objectfs
du Millénaire, de la promoton de la
société civile et de la communicaton
sociale.
Au travers des opinions des
personnes consultées et de l’analyse
de l’accomplissement des plans
d’actons de la SNRP et du PAP 2006-
2008, il ressort que, dans la pratque,
les actons du Gouvernement
contnuent à être de court terme et
chargées d’immédiatsme, ce qui ne
permetra pas de donner des réponses
aux ambiteuses aspiratons des
Santoméens. Leur réalisaton suppose
l’organisaton, le respect pour les lois et
les normes, la planifcaton sectorielle
et globale par objectfs pour avancer
progressivement dans la réalisaton
des aspiratons santoméennes à court,
moyen et long termes.
Cela présuppose que, sur la base du
document “Réfexion Stratégique
2025”, on puisse avancer dans le
sens de doter le pays d’un Plan de
Développement Economique et
Social, à court, moyen et long terme,
intégrant la SNRP de 2ème génératon
et les Objectfs de Développement du
Millénaire, comme l’ont fait le Cap Vert
et le Mozambique.
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Le présent rapport a permis de réféchir
de façon systématque et profonde sur
l’un des problèmes les plus sensibles
pour le peuple santoméen: la terre
vue dans ses versants économique,
environnemental et socioculturel. Il
est impossible d’appréhender l’histoire
de STP en faisant abstracton du rôle
central joué par la terre, pour au moins
trois raisons :
Parce que le secteur agricole •
a été la base de son économie
pendant des siècles et, durant
plusieurs époques, de façon
quasi exclusive. La dépendance
à la terre a marqué l’évoluton
de STP.
Parce que l’exploitaton •
ratonnelle et efciente de
la terre est une conditon
nécessaire pour la durabilité
environnementale dans son
ensemble.
Parce que la roça n’est •
pas seulement une unité
économique, mais un espace
où s’est déroulé le quotdien
de la plupart de ses habitants
tout au long du temps. La roça
a été une entté socioculturelle
par excellence et la terre
est devenue une référence
symbolique par le biais de
laquelle les Santoméens se
défnissent et élaborent leur
singularité et diversité interne,
tel que révélé par la distncton
entre les « fls de la terre »
et « les autres » -esclaves,
serviteurs, domestques, etc.- .
Ces trois raisons de départ, énumérées
ici de façon succincte, devraient
permetre de dévoiler l’importance de
la terre pour le peuple santoméen. Or,
dans un contexte de crise économique
internatonale grave, avec des produits
alimentaires à des prix de plus en
plus élevés et sans secteurs industriel
et de services développés, le destn
de la terre devient un problème à
résoudre d’urgence ; on ne peut plus
commetre d’erreurs si on considère
les conséquences qu’elles pourraient
avoir pour le développement humain.
Forts de ces réfexions, on peut
maintenant aborder la queston de
base, la première qui s’est posée
en commençant ce rapport: les
Santoméens savent-ils ce qu’ils veulent
faire de leur terre?
Les recherches réalisées permetent
d’apprécier une apparente contradicton
entre les discours dominants et les
faits. On peut afrmer que presque
toutes les personnes consultées
concèdent une importance notoire à
l’exploitaton durable des ressources
naturelles, mais cete façon de voir
ne correspond ni à des politques
concrètes de développement rural
ni à une quelconque implicaton
personnelle dans cete exploitaton.
En d’autres termes, le Santoméen dit
vouloir un développement centré sur
la terre, mais que ce soit d’autres qui
le fassent. Un des symptômes les plus
évidents de cete posture est que ceux
qui parlent de ce développement ne
font rien pour que leurs propres enfants
se forment et travaillent dans cete
exploitaton de la terre. Toute société
désire les actvités économiques et
professionnelles les plus prestgieuses,
celles qui par conséquent devraient
être souhaitables pour ses propres
descendants. Or, les travaux agricoles
n’occupent pas une place préférentelle
CHAPITRE 6
Principales Conclusions Du Rapport De
Développement Humain 2008
dans cete liste.
Pourquoi cete pauvre percepton
sociale de l’actvité agricole ? Le passé
est bien illustratf à cet efet. S’il est
vrai que l’histoire de STP a été liée de
façon catégorique à l’exploitaton de la
terre, il n’en est pas moins évident que,
pendant longtemps, cete exploitaton
n’a pas été associée au bien-être de
ses habitants. Mais plutôt le contraire.
Les Santoméens savent mieux que
quiconque que le monde des roças a
été extrêmement dur, en plus d’être
le résultat d’une impositon brutale.
Les Santoméens privilégiés qui ont
réussi, en ces temps là, à se libérer des
obligatons envers la terre, n’ont aucune
nostalgie qui leur fasse regreter ce
monde, et les populatons arrivées
à STP pour contnuer à travailler la
terre n’ont pas, non plus, bénéfcié de
conditons telles qu’elles désirent les
bontés de cete vie rurale. Outre les
pénuries des roças, tous ces gens ont
soufert de l’image dévaluée de leur
travail.
Cete évidence saute aux yeux de
l’analyste qui se penche sur ce que
font les adultes. Pour les jeunes, c’est
encore plus clair. La terre n’est pas un
milieu atractf pour y faire leur vie.
Leurs rêves sont ailleurs : en ville ou
à l’étranger. Il n’est pas raisonnable
de s’imaginer qu’ils vont se sentr
fascinés par une vie que leurs familles
n’apprécient pas réellement. La
réussite ne se situe pas pour eux dans
la suite de l’exploitaton de la terre.
En outre, les conditons matérielles
d’aujourd’hui contnuent à être très
précaires, comme il ressort du profl de
la pauvreté, et les jeunes savent qu’il
existe d’autres mondes possibles, avec
de meilleures qualités de vie.
Comment aller au-delà de cete
contradicton entre les discours à
propos de l’importance de la terre et
ce qui se fait réellement ? Comment
inverser les désirs d’abandon de la
terre pour émigrer à la ville ou dans un
pays étranger ?
Comme déjà annoncé en introducton,
il faut doter la terre de prestge social,
pour que le Santoméen moyen donne
de la valeur à ce style de vie et à sa
contributon au bien-être de l’ensemble
de la populaton. On doit beaucoup
diminuer le poids symbolique de ne
pas être « fls de la terre ». Or, il est
extraordinairement difcile de changer
un concept aussi fort de signifcaton et
de créer du prestge si une amélioraton
radicale des conditons de vie dans les
zones rurales ne survient pas. Ceci
suppose d’aborder le problème du
développement.
Malgré les problèmes mentonnés,
fait-on le possible pour déployer une
politque cohérente de développement
rural en impliquant les principaux
acteurs sociaux et en motvant les
jeunes ?
Une revue détaillée des enquêtes
réalisées jusqu’ici confrme que
l’intérêt théorique pour l’exploitaton
de la terre et des autres ressources
naturelles a bien été présent au cours
des dernières années. Mais on ne peut
pas ignorer ce qui a déjà été dit sur le
hiatus entre le discours et la réalité.
La possibilité n’est pas en train d’être
traduite en politques concrètes et on
n’envisage pas non plus la nécessaire
implicaton de l’entreprise privée dans
cet éventuel développement. Une
grosse parte des engagements actuels
placés sous l’égide de la coopératon
internatonale, laquelle considère
toujours le secteur primaire comme
indispensable pour STP, ne sont pas mis
en œuvre par la suite et on n’aperçoit
pas une masse critque sufsante pour
exiger que les accords passés soient
respectés. Le plus visible de cete
incohérence du monde rural entre les
ressources investes, les engagements
pris et leur non exécuton est peut-
être ce qui se passe avec la Letre de
Politque Agricole. On atend encore ce
plan de mise en œuvre correspondant à
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des conclusions stratégiques, ateintes,
en théorie, par consensus.
On se trouve donc dans une conjoncture
difcile à résoudre, puisque le prestge
dépend pour une bonne parte de
l’amélioraton de la qualité de vie et que
ce changement ne peut être notable et
durable sans l’exécuton d’une politque
stratégique de développement rural
qui, hors des discours, n’arrive pas à être
mise en place. C’est à ce point critque
qu’une impulsion est nécessaire pour
changer la situaton : donner vie aux
recommandatons et engagements
de la Letre de Politque Agricole,
avec un plan spécifque, programmé
et supervisé efcacement par les
insttutons et personnes impliquées,
et la coopératon internatonale.
Accompagner le processus avec la
partcipaton visible des principaux
dirigeants de plus grande envergure
symbolique, de façon à ce que
l’ensemble de la populaton perçoive
que le style de vie dans le monde rural
et agricole est digne des personnalités
les plus remarquables.
Pour être en mesure d’ofrir cete
nouvelle vision des choses, des
expériences qui se sont déroulées à
STP peuvent être utlisées, comme
l’entreprise de M. Claudio Corallo -
analysée dans ce rapport – et apprendre
ainsi à partr de l’évoluton de projets
autres qui, même sans politque
stratégique de développement rural,
ont trouvé la capacité de réussir dans
l’exploitaton des ressources naturelles.
Constater cete réalité devrait, au
minimum, stmuler tous ceux qui sont
intéressés par l’avenir de la terre et,
peut-être aussi, préfgurer ce qu’il
serait possible de faire avec la mise en
œuvre d’une politque adéquate.
Mais quels sont les facteurs les plus
signifcatfs identfés dans la réussite
d’entreprises et projets ruraux et dans
leur durabilité ?
De façon très succincte et en
considérant principalement les travaux
réalisés pour ce rapport :
Préhension globale : il o
semble qu’à STP, les projets
qui ne se limitent pas à une
interventon ponctuelle
arrivent plus aisément à
la réussite, c’est-à-dire
ceux qui peuvent couvrir
tout le cycle du produit, y
compris sa transformaton
et commercialisaton.
Avec cete interventon,
on obtent un meilleur
revenu ;
Mult-volets : il est reconnu o
que pour générer plus de
développement humain
un projet doit inclure
des programmes non
techniques - tels que
l’alphabétsaton, les cours
de geston d’entreprise,
la sensibilisaton
e n v i r o n n e me n t a l e ,
etc. – qui ont un impact
multplicateur ;
Leadership et créatvité : o
leadership qui inclut,
entre autres la capacité
à enthousiasmer et à
communiquer, la volonté
de travailler, un certain
perfectonnisme et la
créatvité pour trouver des
ripostes face aux conditons
difciles ;
Gouvernance et méthodes : o
que ce soit un projet ou
une entreprise, il faut des
règlements et pratques
de travail qui recueillent
l’accord de tous les
partcipants et qui assurent
que le travail est fait le
mieux possible en respect
des objectfs spécifques ;
Présence de l’Etat : dans les o
interviews, on réclame un
Etat avec un rôle de gardien,
gestonnaire et planifcateur
du développement rural.
Et quels sont les facteurs les plus
signifcatfs identfés dans l’échec de
ces entreprises et projets ruraux ?
Les enquêtes réalisées indiquent
surtout les facteurs qui dépassent le
cadre d’un projet concret :
Manque d’infrastructures et o
services adéquats, comprenant
les voies de communicaton
minimum pour faciliter les
mouvements des personnes et
des marchandises ;
Limitaton de l’assistance o
technique et des crédits. La
majorité des paysans ne dispose
pas du capital nécessaire pour
acquérir la technologie exigée
pour ateindre une haute
productvité ;
Carence en formaton adéquate, o
surtout pour la geston durable
des ressources disponibles ;
Dissoluton des communautés o
et formes de vie sociale qui
donnèrent autrefois un appui
aux gens, sans être remplacées
par de nouvelles formes
d’organisaton sociale adaptées
aux réalités économiques et
politques actuelles ;
Lié au point antérieur, il semble o
qu’un facteur qui conduit
à l’échec d’un projet est la
préparaton insufsante avant
de commencer le projet, quand
ne sont pas analysées les réalités
sociales et culturelles, en plus
des contngences naturelles et
techniques ;
Pour ce qui est de la coopératon o
internatonale, il faut souligner
que tous les donateurs n’incluent
pas des objectfs en termes
de développement humain
et qu’ils n’essaient pas de lier
leurs projets et programmes à
ceux des autres. Il est évident
que l’Etat santoméen devrait
être en mesure d’établir
l’artculaton des projets et
avoir des exigences en termes
de développement humain.
Un facteur qui afecte la o
durabilité est la réalisaton
incorrecte de l’efort nécessaire
pour transférer le patrimoine
(physique, technique et social)
des projets qui ont été menés.
Fréquemment, il n’y a aucune
stratégie pour conclure le
projet. Il semble nécessaire
de planifer concrètement
« l’après » du projet.
D’autres facteurs importants o
sont l’instabilité politque
et le manque, déjà cité, de
planifcaton du développement
rural.
A la diférence de ce qui se passe
avec la politque de développement
rural, STP a bel et bien une politque
claire sur l’environnement. Outre les
conventons qu’il a ratfées, le pays a
un Plan Natonal de l’Environnement et
une législaton des forêts approuvée.
Cependant, l’utlisaton irratonnelle des
forêts démontre les fragilités de l’Etat
dans la mise en œuvre de cete politque
et le peu de possibilités et moyens
dont il dispose pour faire respecter la
législaton environnementale et les
conventons internatonales ratfées.
Selon les enquêtes réalisées, la Letre de
Politque Agricole et les divers auteurs
consultés, les échecs qui rendent
difcile la mise en œuvre de cete
politque en général, et de la législaton
environnementale en partculier, sont :
Restricton fnancière de o
la Directon de la Forêt et
de la Directon Générale
de l’Environnement et
d’autres facteurs pour faire
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face aux grosses dépenses
que l’inspecton des aires
forestères requiert pour leur
préservaton ;
Manque d’accès au crédit avec o
des taux d’intérêt bonifés
ou à des subventons à la
producton pour les moyens
et principalement les petts
agriculteurs ;
Manque d’éducaton o
environnementale durable ;
Non promulgaton de la loi sur o
la forêt promulguée en 1998 ;
Fragilité des organisatons et o
associatons de producteurs ;
Manque de l’autorité de o
l’Etat dans les entreprises et
communautés, étant entendu
que le pouvoir municipal et
l’administraton de l’Etat se
trouvent très éloignés des
communautés rurales ;
Manque de collaboraton plus o
étroite entre les diférentes
insttutons d’Etat directement
ou indirectement liées à cete
problématque.
Pour contribuer au o
développement durable, il
conviendrait de prendre des
mesures qui débordent ces
facteurs contraires :
Afectaton de ressources o
fnancières sufsantes qui
permetent de créer les bases
insttutonnelles et techniques
pour une geston globale et
efcace des forêts ;
Atributon de crédits à intérêts o
bonifés et essai de garantr
un taux de couverture et de
remboursement
Promoton ou enrôlement des o
communautés rurales et de leurs
associatons et contributon
à leur renforcement dans le
domaine socio-économique et
environnemental ;
Satsfacton des besoins en o
bois au niveau natonal et
ratonalisaton de l’industrie de
sciage ;
Promulgaton de la loi de la o
forêt ;
Bonne coordinaton entre les o
diférents secteurs ;
Educaton environnementale, o
nécessité de vulgarisaton à
la geston et au maniement
durable des ressources
naturelles ;
Resttuton de l’autorité de l’Etat o
au niveau communautaire.
Par conséquent, et pour répondre à
la queston formulée au début des
enquêtes, le modèle actuel n’est pas
durable, mais il pourrait le devenir si
l’accomplissement de la législaton
environnementale et des conventons
internatonales ratfées était mis en
œuvre.
Il ne semble pas, toujours selon
les études réalisées ici, que les
Santoméens aient déposé de grandes
espérances dans les autres alternatves
d’utlisaton de la terre. Une fois passé
le sentment d’euphorie initale, le
pétrole est considéré comme une
possibilité, sans pour autant se placer
comme substtut de l’exploitaton de la
terre. En outre, les Santoméens sont
unanimes à parler du phénomène
de la corrupton comme de quelque
chose qui arrivera très probablement,
en tenant compte de ce qui se passe
aujourd’hui dans la geston de la chose
publique. La crainte de l’élargissement
du fossé entre les riches et les pauvres,
résultat d’une mauvaise distributon
des revenus du pétrole, persiste dans
l’esprit des Santoméens.
Quant à la préoccupaton principale sur
l’évoluton du développement humain
au cours des dernières années (2001-
2007), l’avancée vers les objectfs du
Millénaire et le profl de pauvreté du
pays, les conclusions recueillies et
systématsées par le Dr Said sont :
S’il est vrai que le o
développement humain de
STP est en train d’évoluer
lentement, pour le moins il n’a
pas régressé, malgré le cadre
économique apparemment
« défavorable », ce qui traduit
des avancées dans la bonne
directon. STP a des niveaux
de développement humain
qui le placent dans le groupe
des pays à développement
humain moyen, bien au-dessus
de certains pays à grandes
économies.
Les résultats révèlent que o
l’égalité entre hommes et
femmes consttue encore un
grand déf. L’inégalité se fait
sentr surtout dans l’éducaton
et, malgré le fait que la
perspectve d’éliminaton de
la disparité de genre pour
2015 dans le contexte des
objectfs de développement
du millénium soit ateinte pour
l’enseignement primaire du
premier cycle, y arriver au niveau
du secondaire et du supérieur
consttue encore un déf pour
la société santoméenne ; il en
va de même pour la conquête
du pouvoir par la femme.
Du point de vue de la pauvreté o
mesurée dans la perspectve
de la privaton des besoins
de base, on peut signaler des
avancées, mais persistent
encore de grandes disparités
dans l’accès aux services de
base entre les familles urbaines
et rurales ainsi qu’entre les
hommes et les femmes, toute
chose qui conditonne le degré
de satsfacton.
Si on compare l’IDH et l’IPH, o
le chapitre montre que STP
est mieux placé au niveau
mondial dans l’IPH que dans
l‘IDH, ce qui signife que le
développement humain à STP
est mieux distribué, c’est-à-dire
que le développement humain
est « pro-pauvres ».
Dans l’évaluaton du progrès de o
développement humain dans
le contexte des objectfs du
millénaire, le chapitre a montré
que STP et en train de faire des
progrès notoires en directon
des buts. En acceptant
l’hypothèse de progrès linéaire
avec la courbe des tendances
actuelles, 10 des 14 indicateurs
évalués dans ce chapitre
présentent des taux actuels de
progrès annuel supérieurs aux
taux de progrès annuel requis
pour ateindre les buts en
2015. Malgré tout, demeurent
de gros défs à relever dans le
combat contre le VIH/Sida et
l’égalité de genre.
Un autre grand déf est o
d’ateindre l’objectf de garantr
la durabilité de l’environnement,
surtout à cause de sa relaton
avec d’autres ODM et pour
un développement humain
durable.
Dans quelle mesure l’évoluton de STP
correspond-elle aux aspiratons que les
Santoméens ont pour le pays ? Quelles
sont les causes pour les principaux
dirigeants ?
Selon les travaux menés pour ce
rapport, il ressort des témoignages de
la majorité des personnes consultées
et des documents existants que les
aspiratons ne sont pas, d’une manière
générale, en train de se réaliser
durant les périodes considérées. Les
causes principales en sont l’instabilité
politque -avec, comme résultat,
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des changements successifs du
Gouvernement – et un fonctonnement
défcient de l’administraton publique
santoméenne. Les insttutons
publiques sont surdimensionnées, elles
pratquent des salaires manifestement
incompatbles avec le coût de la vie, dans
un pays confronté à la problématque
de la producton et de la productvité
très basses. Les Gouvernements se
retrouvent pieds et poings liés pour
faire face à ce problème énorme.
Les jeunes pensent également que le
pays n’est pas gouverné de telle sorte
que leurs aspiratons puissent être
satsfaites.
On conclut, en s’appuyant sur les
opinions des personnes consultées
et l’analyse de l’exécuton des plans
d’acton de la SNRP et du PAP 2006-
08 que, dans la pratque, les actons
du Gouvernement contnuent à
être de court terme et chargées
d’« immédiatsme », ce qui ne pourra
pas permetre de fournir des réponses
satsfaisantes aux ambiteuses
aspiratons des Santoméens. Leur
réalisaton requiert l’organisaton, le
respect pour les lois et les normes, la
planifcaton sectorielle et globale ainsi
que par objectfs. C’est ainsi qu’on
pourra cheminer progressivement
vers la réalisaton des aspiratons
santoméennes, de court, moyen et
long termes.
Tout cela présuppose que, sur la base
du document « Réfexion Stratégique
2025 », on s’engage sur la voie d’un
Plan de Développement Economique
et Social, à court, moyen et long terme,
qui intègre la SNRP de 2
ème
génératon
et les OMD, tel que l’ont fait Cabo Verde
et le Mozambique.
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Rapport Natonal sur le Développement Humain a São Tomé e Príncipe 2008 207
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