Palindromes [French]

Résumé : Lauren est jeune, et profite de la vie.

Mais lorsque ses parents décident de déménager à Idalia, ville perdue au fin fond du Colorado, et qu’elle découvre un corps, elle perd sa joie de vivre. Pourquoi est-elle la seule à croire que ce n’est pas un accident ? Pourquoi passe-t-elle pour une folle ? Pourquoi les gens ne la croientelle pas ? Mais elle découvre que ce qui se cache derrière tout ça est pire que ce qu’elle n’avait jamais pu imaginer, et que certaine chose ne devrait jamais voir le jour.

Prologue Cette fille est morte comme elle le méritait. Je n’ai aucun regret. Nous méritons tous cette mort. Rien ne n’empêchera d’accomplir ce qui doit être fait. Depuis un petit moment, je sais distinguer le bien du mal. Et nous sommes tous des êtres vils et cruels, qui se nourrissent du malheur d’autrui. La vie ne nous a pas était donné pour la gâcher en buvant, en s’adonnant au plaisir de la chair, et en s’usant a petit feux avec tout les pêchers existant. Dieu nous a créé à son image, et nous nous détournons du droit chemin. Je lui renvois juste les mauvaises âmes qui ne méritaient pas d’exister. Pourquoi je m’attribue cette tâche ? Tout simplement parce que je suis le seul à réaliser la vrai laideur du monde. En dessous de toutes ces guerres, famines et catastrophes naturelles, quelque chose de bien plus horrible se cache : l’Homme. Ce spécimen créé il y a des millénaires n’est que méchanceté et cruauté. Je me répète sûrement, mais un jour vous comprendrez que j’ai raison, et vous demanderez rédemption auprès du Seigneur. Mais parfois, une seconde chance est impossible. Il faudra donc tous se préparer à mourir, car c’est le seul chemin qui permet d’être pardonné. Je ne me considère en rien comme un héro. Je me considère plutôt comme un homme réaliste, qui n’a pas peur d’affronter la vérité en face, aussi laide soit-elle. Je me considère aussi comme un exemple pour la société. Plus nombreux seront les gens qui me comprendront, plus vite ils seront tous pardonnés. Mais le paradis est strict, et il n’est pas ouvert à tout le monde. J’espère faire passer mon message en tuant ces personnes J’ai raison, et je le sais. Je ne doute pas de moi. Bientôt, les gens m’accueilleront comme un héros, qui leur a ouvert les yeux sur leur comportement. Mais le monde doit être refait, c’est inévitable. Et je sais ce qui m’attend, je le sais très bien. Je sais que les cieux m’attendent avec impatience, et que rien qu’a entendre mon

nom, ils frémissent d’impatience ! J’aurais refait le monde à ma façon, avec mes idéaux. Plus rien n’importera, car plus rien n’existera. La fin est proche, et le nier serait abominable. La folie règne peut-être dans ma tête, mais alors que penser de l’esprit des autres ? Nous sommes manipulés par nos propres consciences, qui nous entraînent dans le trépas. Mais tout va changer, je peux vous l’assurer. Vous vous réveillerez dans un autre monde, meilleur de tous les points de vues. Et moi, je ne serais plus qu’une simple et misérable personne. Je serais Dieu.

1. Le silence. Quelque chose que je n’avais pas eue le loisir d’entendre depuis un bout de temps. Seul le bruit des roues de ma valise résonnait sur le pavé. Rien. Aucun bruit. L’effervescence de la ville allait me manquer, sans aucun doute … Pendant un instant, je sentis un frisson me traverser, un frisson de mélancolie … La maison se dressait devant moi. Plus grande que la précédente, elle ne manquait pas de charme…pour une vieille maison délabrée. La peinture était défraîchie et écaillée. Certains volets avaient perdus des joncs. « C’est Chris qui va être content » pensais-je. Chris était mon père, il était homme à tout faire, et adorait son métier. Il passait la plupart de son temps à réparer des vieilles bicoques et à les remettre a neuf. L’ayant vu à l’œuvre, je ne doutais pas de son efficacité a rendre cette antiquité digne d’un palace … bon quand même pas, mais il faisait vraiment du bon boulot ! Il avait retenue cette frénésie de bricolage le jour où il rencontra ma mère, Kate. Blonde, superficielle, égocentrique, mais vraiment amoureuse de lui. Elle n’était pas tout a fait conquise à l’idée d’être coupée de la surface du monde, de vivre à la campagne dans cette petite ville d’Idalia, en plein Colorado, un trou paumé ou les seuls commerces étaient une épicerie, une boulangerie, un magasin agricole et une boite aux lettres (si on peut appeler ça un commerce). Le Lycée était surtout destiné à faire joli, car il n’y avait qu’une classe à chaque niveau, deux exceptionnellement en Première. Et c’est ici que mon père avait décidé de s’installer, « pour le bien de toute la famille » nous répétait-il avec un air rassurant. Pff, le bien ! On exile une adolescente de 16 ans à la campagne pour son bien ? Je ne protestais pas, ne voulant pas le chagriner. Ma mère avait finalement accepté car son professeur de yoga lui avait expliqué qu’un bon bol d’air pur lui ferait le plus grand bien. Les parents de ma mère avait créés une société d’informatique, avaient remontés la pente et étaient maintenant millionnaires. Quoique maintenant, je pense qu’avec tout ce qu’il avait pus dépensé en bêtises, il ne devait pas leurs rester grand choses ! Je ne pouvais donc pas me plaindre, mais ce déménagement de me disait rien de bon … -« J’espère que tu arriveras a rendre cette ... (moue dédaigneuse) horreur un peu plus présentable. Je ne tiens pas à recevoir dans une

maison ayant l’air d’un château hanté ! Quoique château soit un bien grand mot pour ce taudis ! » Dit-elle en haussant très haut ses sourcils parfaitement épilés. Elle avait beau être ma mère, je ne la supportais pas. Elle était le prototype de la blonde blindé de thune. La femme de 45 ans qui ne voulait pas vieillir. Je la regardais descendre ses bagages du coffre, et je me retenais de lui hurler à la figure. -« Ne t’inquiète pas pour ça trésor ! Quand tes amies viendront, elles seront vertes de jalousie ! » La rassura mon père en la serrant contre lui. « Lauren, vient aider ta mère a porter ses bagages. » Mon père était trop protecteur envers elle. Il l’aimait, et l’amour fait faire parfois des choses bien étranges ! Il me tendit un vanity-case qui faisait le double de la taille de ma valise. J’entrepris de le stabiliser dans mes bras maladroit, et je réussis quand même a le porter jusqu’au perron. Je remis quelques mèches folles derrière mes oreilles et essayai de me refaire un visage dans le reflet de la vitre. Je contemplai mes cheveux ni vraiment blond, ni vraiment brun… Plutôt brun avec des mèches blondes. D’habitude juste ondulés, il me tombait toujours jusqu’au milieu du dos mais ils étaient bouclés maintenant, à cause de la sueur du voyage. Je replaçai les quelques mèches qui étaient (déjà) retombés sur mes yeux. Mes yeux étaient étranges, marron foncé, chocolat sur les bords et marron clair au centre, avec quelques miettes de vert. Ils étaient le mélange des yeux de mes parents. Mon père avait les yeux marron, et j’étais fière d’avoir plus de ressemblance sur ce point là avec lui plutôt qu’avec ma mère. Elle et moi ne nous étions jamais bien entendu. Quand j’étais enfant, nous ne nous voyions presque jamais, elle était toujours aux dîners de galas, aux réunions des associations etc … Tant de petites choses qui ont faites que je ne l’ai jamais aimé. Je refis ma queue de cheval, et attendis que mon père, qui venait d’arriver, ouvre la porte. La porte s’ouvrit sur l’entrée dans un grincement sinistre. L’entrée était directement ouverte sur le salon-salle à manger. Sur ma droite une porte était entrouverte et on ne pouvait distinctement définir la pièce qui se trouvait de l’autre côté, mais je devinais que c’était la cuisine. En face, un escalier qui menait aux deux étages supérieurs. Sur la droite de l’escalier, Une porte qui devait sans doute mener au sous-sol.

J’avançais, entrant dans la maison. Le plancher grinça sous le poids de ma valise. Je regardais en direction de mon père. Ses yeux brillaient d’excitation. -« On va être drôlement bien ici, hein Lauren !? » Je ne me sentis pas le courage de lui dire la vérité, de lui balancer que d’être bien ici était impossible. Il avait l’air tellement heureux … -« Evidemment, papa ! » lui répondis-je en essayant de prendre un ton convainquant. Kate passa devant nous, laissant derrière elle une trainée de parfum. -« Cette maison aurai besoin d’un grand nettoyage ! Chéri, as-tu pensé à prendre une femme de ménage comme je te l’ai demandé ? » « Evidemment, amour ! J’ai pensé a tout pour notre confort et notre bien-être. Je suis sur que vous ne regretterez pas ce déménagement ! » -« Bien sur… Je monte voir notre chambre. » Dit-elle en montant les escalier avec une grâce que, sans mentir, je lui enviais ! -« Papa, je me demandais si, après la fin des travaux, je pourrais inviter des amies de Miami ? Pour les souvenirs, avoir des nouvelles quoi ! Il poussa un grand soupir et me répondit :-« Tu sais, avant de faire ce genre de projet, tu devrais patienter un peu, le temps de t’intégrer au lycée, de te faire des nouveaux amis…et ce sera sûrement eux qui occuperont la chambre d’amis ! » Je m’y étais attendue. Ce type de réponse était tout à fait le genre de Chris. S’adapter. Ici. Ces deux mots résonnaient faux dans ma tête. Il me semblait impossible de s’adapter à Idalia. Il n’y avait même pas une centaine de personne dans ma tranche d’age ! L’arrivée au Lycée promettait d’être dure… Je n’étais pas vraiment timide, mais je détestais être au centre de l’attention. Je montais à l’étage, me tenant bien à a rampe car le bruit que faisait l’escalier n’était pas rassurant. Ce que je découvris me surpris. Le premier étage était plutôt moderne, les murs peint en blanc, ainsi que les plinthes. Mon père m’informa que ma chambre était au dernier étage. Je ne m’attendais à découvrir une chambre digne d’un hôtel cinq étoile, mais au moins le minimum de confort ! Je montais les

marches quatre à quatre et arrivais dans la plus belle chambre que je n’avais jamais vue. Au fond de la pièce, une baie vitrée donnait sur la campagne, et on pouvait apercevoir un bout de la ville. Au centre de la pièce, deux tables de nuit encadraient un énorme lit blanc. Sur la gauche du lit, contre le mur, un ordinateur portable surplombait un charmant bureau de bois peint en blanc. Et sur la droite du lit, je vis deux grandes portes. J’enlevais mes chaussures à la hâte, sentis la douce moquette prune sous mes pieds, et courus ouvrir les portes mystérieuses. A l’intérieur je découvris un immense dressing. Tous mes habits s’y trouvaient déjà, et s’ajoutait a ça une ribambelle de vêtements que je n’avais encore jamais vus ! L’attention me toucha, même si je savais que je ne les mettrais pas tous, n’étant pas une grand fan de la mode. Mais le fait que mon père est pensé à ce genre de détail me fit monter les larmes aux yeux. Je me retins de pleurer et descendit au premier pour remercier mes parents. A l’étage du dessous, j’entrepris de trouver laquelle des trois portes était la bonne, et finis par la trouver grâce au gloussement imbuvable de ma mère. Je toquai avant d’entrer, au cas où je ne serais pas la bienvenue. La voix de mon père me répondit un « entrez » a peine audible, car noyé sous les rires. J’entrai et découvris avec satisfaction que je disposais de la plus grande chambre. Leur chambre était grande aussi, sans aucun doute, mais pas aussi grande que la mienne. -« Alors Lauren, comment trouve tu ta chambre ? » me demanda mon père avec un grand sourire. -« Je venais justement t’en parler. Elle est gé-niale ! Merci merci merci ! Et pour les habits, c’est sympa d’y avoir pensé. T’es super papa ! » -« De rien mon cœur. Allez va te laver et habille toi, on va a la réunion du lycée…N’oublie pas que ta rentrée est demain ! » Je ne risquais pas de l’oublier, ça c’est sur. Arrivés au lycée, nous garâmes la voiture le plus près possible de l’entrée, ma mère ne voulant pas abîmer ses chaussures. L’accueil était banal. Au fond de la pièce, un bureau derrière une vitre, des chaises en

plastiques bleu sur la droite et un panneau d’affichage remplis de prospectus sur la gauche. La femme assise derrière le bureau était une vieille femme, petite, et a l’air plutôt…sévère. Je l’aurais vu dans un champ que j’aurais pensé à une chèvre. Quand nous entrâmes dans la pièce, elle leva sa petite tête et nous regarda avec curiosité. C’est sûr que nous n’étions pas tout à fait le genre de personne qu’on imagine venir vivre dans une petite ville. Elle s’y fera. -« Bonjour madame ! »La salua mon père « Nous cherchons l’endroit où se déroule la réunion de rentrée des Première s’il vous plait » La petite vieille le regarda de derrière ses lunettes. -« Par là. »Dit-elle d’une voix nasillarde en indiquant la porte sui se trouvait à sa gauche. Mon père la remercia d’un signe de tête et se dirigea vers la porte d’un pas confiant contrairement à moi qui était recroquevillé sur moi-même. La pièce était haute de plafond, les quelques rangées de sièges étaient face à une estrade qui était surplombée par un micro. La plupart des élèves étaient déjà arrivés, ce qui fit que touts les regards furent braqués sur nous quand nous entrâmes dans la salle. Je sentis le rouge me monter aux joues. -« Souviens-toi de cette scène dans « Sens mortel ». La salle ressemblait drôlement a celle là ! Imagine ce qui ce passera après » Me dit mon père en rigolant. Chris et moi partagions une passion pour les romans policiers. Il les lisait en premiers, me les conseillaient si ils étaient bon où a l’inverse, les jetaient quand ils étaient mauvais. Nous étions très complice grâce à cette passion commune. Parfois, j’avais l’impression qu’il comparait sa vie à un roman policier ! Chaque fois qu’un endroit ressemblait a un passage de n’importe quel livre qu’il ais lu, il devait me le faire remarquer, par n’importe quels moyens ! Mais cette phrase me rassura. Elle me fit comprendre que je n’étais pas seule. Même ma mère était un réconfort dans des cas comme celui-là. Nous nous installâmes au dernier rang, car les autres étaient remplis. Vu qu’il n’y avait que 4 rangées, ce n’était pas très surprenant… Un homme au crâne dégarni pris place devant le micro et commença à parler. -« Mesdames, Messieurs, bienvenue au Lycée d’Idalia. A partir de demain, vous allez entamés la deuxième partie de votre scolarité au lycée. Ce qui signifie que vous devenez plus responsable, et que vous

mûrissez. Pour ceux qui ne me connaissent pas, je me présente : je suis Mr.Mcgregor, le doyen du lycée. Cette année, les Premières seront divisés en deux classes. La première pour ceux qui ont l’option français, et la deuxième pour le reste. » Je baillais discrètement, ayant déjà subit ce genre de discours des milliers de fois. Comme nous étions dans une petite ville, il ne devait pas y avoir souvent de nouveaux arrivants, et je craignais que le doyen ne me désigne devant tout le monde. Mon pire cauchemar. Qui n’aurait même pas eu loisir d’être dans une grande ville. -« Et donc cette année, nous avons une nouvelle arrivante ! » Bingo. « Levez-vous Mlle.March ! Mlle.March arrive de Miami, je vous demanderez donc a tous de l’accueillir comme il se doit. » Je me levais timidement, fit un signe de main et me rassis d’un geste vif. Je dus devenir rouge comme une écrevisse car mon père me tapota gentiment le dos. « Bien. Mais revenons à nos moutons. Pour les deux classes, les cours commenceront demain à 8h30… » Et ainsi de suite pendant une bonne heure, puis, une femme entre deux âges, les cheveux d’un rouge douteux, et plutôt mal fagotée s’avançât sur l’estrade et pris la place devant le micro. -« Bonjour, je m’appelle Mme. Husson » nous dit-elle avec un fort accent français. « Je serais votre professeur de français, et je vous assure que vous ne manquerez pas de vocabulaire à la fin de cette année ! » Elle ne parlait qu’aux élèves concernés, dont je faisais partie. C’était une longue histoire, le net étant que j’étais obligé de me coltiner une matière que je ne supportais pas. Encore une des nombreuses raisons pour lesquels je ne supportais pas ma mère. Elle continua son discours pendant une quinzaine de minute, puis le doyen prit la parole et nous annonça que la réunion était finie et que nous pouvions partir. -« Sur ce, à demain ! » Dans la voiture, assise à l’arrière, je regardais défilé le paysage de la campagne. On était en septembre, c’était l’époque des moissons. Je regardais les agriculteur s’activés autour de leurs moissonneusebatteuse. Ce paysage était agréable. Peut-être que, finalement, je m’adapterais a cette ville. Peut-être que je m’adapterais à ce Lycée…

Enfin si le proviseur me fiche la paix. Ca pourrait être faisable. J’étais plutôt du genre rustique comme fille alors pourquoi pas ? Et ça ferait plaisir à mon père. Je ferais n’importe quoi pour lui, pour lui prouver à quel point je l’aime. Ces derniers temps, j’avais réfléchie a ce qui me poussais à avoir autant d’affection pour lui. J’en étais venue à la conclusion que c’était parce que je n’avais reçu d’affection que de lui durant mon enfance. Arrivé à la maison, je montais dans ma chambre à toute vitesse et me jetais sur le lit sans retenue. La journée avait été longue, et je me sentais fatiguée. Je réfléchis à la journée du lendemain. Elle risquait d’être rude. Je me voyais déjà au milieu d’inconnus, seule. Je devais m’adapter. Pour lui, pour mon père. Je pris mon Ipod et le mis au volume minimum, pour m’aider à m’endormir. Il n’était que 19h30, je n’avais pas dînée, mais le sommeil me gagna en quelques minutes. La nuit fût agitée. Des images défilèrent dans ma tête, des images étranges, sans aucun sens. Elles défilèrent de plus en plus vite… Puis, plus rien. Je sombrais.

2. Première étape La lumière éblouissante du matin me réveilla. J’ouvris les yeux lentement, et je ne compris pas tout de suite où j’étais. Quelle était cette étrange pièce blanche ? Je me levai et descendit dans le salon. La grande pièce ne m’était pas familière. Les meubles en bois ne me disaient rien… Et puis, la mémoire me revint. J’étais chez moi, désormais. A Idalia. Dans le Colorado. Cette pensée me perturba, et j’eu du mal à ne pas tomber par terre. Je me retins à la rampe de l’escalier, et regardai en direction de la table de la salle à manger, où mon père était installé, un livre dans la main. Un polar, sans aucun doute. La couverture ne m’était pas familière. Encore une nouveauté. -« Bonjour, Lauren ! Alors, bien dormi ? » Me demanda-il quand il me vit. -« Oui, ça peut aller. Qu’est ce que tu lit ? C’est nouveau ? » -« Oui.» Dit-il, tout simplement. J’attendis la suite, qu’il me raconte l’histoire, ou bien me donne son avis, mais rien ne vins. Sur la couverture était écrit « Palin – ». J’acquiesçais lentement, et me dirigeai vers la cuisine. Quand j’ouvris la porte, une délicieuse odeur de gaufre me vint aux narines. Ma mère était assise à la table, le journal a la main. -« Bonjour Lauren. »Me dit-elle simplement « Dépêche toi, tu vas être en retard. Tu prendras la voiture de ton père, les clés sont dans l’entrée. » -« Bien. » Je me servis des gaufres, les engloutis le plus vite possible, puis montai à l’étage pour me préparer. Je pris ma douche en vitesse, enfilai un jean, un t-shirt et un pull et filai. -« Bye papa. A ce soir ! » Je n’étais pas pressée d’aller au lycée, au contraire, mais je ne voulais pas être en présence de ma mère. Je mis les clés sur le contact, et démarra en trombe. Quand je le voulais, je pouvais aller très vite. Et c’est comme ça que j’arrivai à l’école en trois minutes. Les voitures étaient garées sur un parking extérieur. Je me garais aussi loin que possible des autres, et me dirigeai vers l’accueil, pour prendre les papiers d’administration. La petite dame était toujours là, derrière son bureau. Elle me jeta un regard mauvais. Elle me remit les papiers, et je sortis en trombe du

bureau, ne voulant plus affronter cette vieille bique une minute de plus. J’entrai dans le hall principal, et me dirigeai vers ma salle de cour. Dans les couloirs, les gens me dévisageaient. Ca commençait bien… J’entrepris d’étaler mes cheveux sur les bords de mon visage. Au moins, on ne verrait pas mes joues empourprées. J’arrivais devant la porte de la salle. Pendant un instant, j’envisageais de partir en courant. Mais je n’étais pas une mauviette, j’étais courageuse. Je toquai à la porte et entrai. J’avançais vers le bureau, sentant les yeux des élèves braqués dans mon dos. Je murmura un bonjour a peine audible, et fit face à la personne face a moi. C’était une charmant femme blonde avec un sourire rassurant sur les lèvres. -« Bonjour, je suis Mme. Kielce, votre professeur d’anglais et professeur principale. J’espère que tu t’intégreras vite dans cette classe. » Me dit-elle d’une voix douce et fluide. Je lui souris en retour, et elle m’indiqua une place vacante, à coté d’une fille au joli visage, les yeux cachés par une frange, et sa tête surmontée d’une masse de cheveux bruns bouclés. Elle me sourit timidement. On allait sûrement bien s’entendre. Je m’assis à ma place, sortit mon carnet de note commença a gribouiller dessus. -« Salut… » Me dit la fille « Je m’appelle Victoria, et toi ? » J’étais sûr qu’elle me le demandait par politesse, vu qu’hier je m’étais affichée devant tout le monde. -« Moi c’est Lauren. Ravie de te rencontrer ! » Le professeur nous intima de nous taire, ce que nous fîmes sans discuter. Quand la cloche sonna la fin du cour, Victoria me proposa de rester avec moi pour aller au cour suivant. J’acquiesçais avec un grand sourire. Je ne m’en sortais pas si mal ! Déjà quelqu’un me parlait, ça aurait pu être pire… Le cours suivant était français. J’entrai dans la salle, et vis la femme aux cheveux rouge assise derrière le bureau. Mme. Husson si j’avais bonne mémoire. -« Asseyez-vous » nous dit-elle elle en français. Je ne compris pas tout de suite, n’ayant jamais écoutée durant les cours, mais je vis que tout le monde s’asseyait, alors je suivis le mouvement.

Victoria pris place à coté d’une fille, blonde, avec les cheveux mi-long et des yeux bleus magnifiques. Quand le professeur l’interrogea, j’appris qu’elle s’appelait Camille. Je retins quelques prénoms, mais ne les mémorisai pas tous. Je retins surtout le nom d’un garçon, Adrian. Il était vraiment mignon … Mais il n’était pas pour moi. La matinée fût brève, et vint l’heure du déjeuner. Je pris place à la cafétéria avec mes deux nouvelles amies et d’autres filles dont je savais juste qu’une s’appelait Chloé. Elles m’accueillirent toutes gentiment. L’après-midi fut aussi cours que la matinée, et dès que la cloche sonna la fin des cours, je me précipitais dehors. Je ralentis un peu en arrivant sur le parking. Je n’étais pas suicidaire Une bande de fille était appuyé sur ma voiture. J’avançai vers elles, émis un toussotement pour qu’elle me prête leur attention. -« Bonjour. Excusez moi, mais vous êtes appuyées sur ma voiture » leurs dis-je en insistant sur le « ma ». -« Ah oui, c’est toi la nouvelle » me dis une blonde (fausse, sans aucun doute) « Jolie voiture… Venez, les filles. On va lui laisser sa voiture. » Et elles partirent en gloussant. Je ne leurs prêtais pas attention. Des filles comme ça, j’en ai connus des tonnes et en cent fois pire, croyez-moi ! D’un coup, Victoria, Camille, Chloé et les autres surgirent derrière moi. Je sursautais, en retenant de justesse un cri. -« Waouh ! Vous m’avez fait peur ! Qu’est ce qui se passe ? » -« On a vu que tu avais eu a faire avec Jenny. C’est une peste, ne t’en occupe pas, ok ? » Me dit une fille, qui, si je me souviens bien, s’appelait Tijana. Ce n’était pas un prénom commun. Elle m’avait expliqué qu’elle était Yougoslave. Elle avait de longs cheveux noirs, qui lui tombaient dans le bas du dos. Elle était très pale de peau, ce qui était étrange car il faisait plutôt beau temps ici. Tandis que Chloé, une fille qui s’appelait Laura et Camille étaient toutes trois blondes. Mais bon, qu’est ce que ça faisait ? -« Pas de problème, j’ai connu pire. Je me disais qu’on pourrait sortir un de ces soirs… Pourquoi pas ce soir vu qu’on a pas encore de devoirs !? » -« Excellent idée ! » répondit Camille. « Je suis partante les filles, et vous ? »

Elles commencèrent toutes à s’exciter. Une seule question demeurait. -« Euh, les filles…Les filles ! » Elles stoppèrent net leur discussion et me regardèrent avec des yeux curieux. J’avais dû hausser les voix. « Ou est-ce qu’on sort ? Il n’y a rien aux alentours… » -« Et bien, la ville la plus proche avec des choses intéressantes a faire, c'est-à-dire un cinéma et un restaurant, au moins, est Burlington, à environ quarante kilomètre… Tu te sens d’y aller ? » Tiens, tiens, il y avait un cinéma pas très loin (enfin, plus près que ce que je pensais.). Pas si terrible que ça, je dirais. -« Evidemment ! » Comme Jenny l’avait précisé, jolie voiture, avec un super moteur ! C’était une Mercedes Ocean Drive décapotable. J’aimais les voitures. Surtout les rapides. Mais c’était celle de mon père. Je rentrais chez moi, et allais trouver mon père. Il était dans son bureau. Quand j’arrivai, il sursauta. -« Oh mon Dieu, Lauren, ne me fait plus jamais ça ! Qu’est ce qui ce passe ? Tu as l’air tout excitée ? » -« Et bien voila. Des copines m’ont proposées de sortir ce soir, et je me demandais si tu étais d’accord… ? Aller dis oui s’il te plait ! » -« Mais oui, aller vas t’amuser ! Avec quelle voiture ? » -« Et bien j’avais pensé y aller avec la tienne mais si tu ne veux pas …» -« Je voulais te faire la surprise pour ton anniversaire, mais cette voiture, elle est pour toi. Ne me remercie pas, je sais que je suis super ! » Je poussais un cri de joie. Je n’avais jamais eu de voiture et voila que mon père m’offrait la voiture de mes rêves ! Je me jetais à son cou. -« Oh merci ! T’es le meilleur papa du monde ! Je t’adore ! Je serais rentrée pour minuit, promis ! » -« Pas de problème, mais pas plus tard que minuit. » J’allais faire demi-tour quand je me rappelais quelque chose. -« Dit papa, tu devais pas me passer ton livre là, « Palindromes » ? » -« Ah oui, c’est vrai ça… Je ne sais plus où je l’ai mis, mais je te le donne dès que je le trouve. Aller file ! »

A 19 heures, j’étais prête, et je partis chercher les filles. Nous étions cinq, et heureusement que je pouvais accueillir trois personnes à l’arrière. J’allai chercher en première Camille. Elle était prête et m’attendait devant chez elle. Quand tout le monde fût dans la voiture, nous partîmes en direction de Burlington. Le chemin fut plutôt court, car nous chantions des chansons a tue-tête en cœur avec la radio. Les cheveux au vent, je me sentais plus libre. L’air n’était pas saturé, il faisait chaud mais pas trop. C’était parfait. Burlington était une coquette petite ville, avec des fleurs partout. Sur les ronds point, aux balcons, sur les trottoirs. Nous avions prévues d’aller voir un film d’action, mais la séance ne commençait que dans un demi heure, alors nous décidâmes d’aller faire un tour. Nous fîmes le tour du quartier, passant en revu toutes les boutiques d’antiquités (car c’était tout ce qu’il y avait). Nous arrivâmes dix minutes en avance et décidâmes d’attendre dans la salle. Le cinéma était minuscule, et n’avait que deux salles. Quand nous eûmes achetées nos tickets, nous nous rendîmes dans la salle, du pop-corn à la main. Nous nous installâmes au dernier rang, pour être sûres de ne déranger personne. Nous passâmes notre temps à glousser. Je ne compris rien à la majeure partie du film. Les tirades étaient presque toutes noyées sous les rires de Chloé. En même temps, il n’y avait que quatre autres personne dans la salle en dehors de nous cinq. De ce que j’avais compris du film, je n’avais pas aimé. L’intrigue ne tenait pas. Il était dix heures, et nous décidâmes d’aller manger dans un petit restaurant. -« Euh.. » nous dit Laura « Il me fait un peu peur ce resto… on pourrait pas aller autre part ? » -« Mais aller, vient froussarde ! » lui répondit Chloé en gloussant, comme toujours. Cette fille passait son temps à rire. -« Mais oui, viens ! » Renchérit Camille. Laura se découragea, et nous suivit dans le restaurant, qui, je devais l’admettre, n’était pas très rassurant. La porte s’ouvrit avec le bruit d’une petite clochette, et un vieil homme, pas très net à première vu, apparut sur le seuil.

-« Bonjour, mesdemoiselles. » nous dit-il d’un voix tremblante, et elle aussi, pas très net. « C’est pour combien ? » Il nous sourit, et dévoila des dents (enfin ce qu’il en restait) jaunâtres. Je trouvais assez de courage pour lui répondre : -« Pour cinq, s’il vous plait. » Il nous fît signe de le suivre, et nous conduisit à une table au fond de la salle (vide). Il nous donna les menus, et partit. -« Tout d’un coup j’ai plus très faim » nous dit Tijana. « Venez, on s’en va ! Il est pas net ce type ! » -« T’as raison, mais maintenant qu’on est là, on y reste. » lui répondis je. Mais moi aussi, j’avais envie de détaller comme un lapin. Je me ressaisis, ce n’était pas le moment de flancher. Avec tout ce que j’avais lue, je pouvais me défendre. Mon ventre grogna. J’avais faim. Je lorgnai le menu, espérant trouver quelque chose d’appétissant. Je choisis un plat de pâtes à la sauce tomate. Les filles me suivirent. Le vieil homme surgit derrière moi, un calepin à la main. -« Vous avez choisis ? » Je lui dictai notre commande, et il fila vers ce que je pensais être la cuisine. Le silence s’installa entre nous, personne n’ayant rien à dire. Tijana trifouillait son portable, Chloé gloussait en silence, Camille tripotait ses cheveux, Victoria somnolait, Laura regardai le vide et moi, bah je les regardais… Une jeune femme arriva avec nos commandes. Je sentis la pression dans l’air diminuer. La femme était beaucoup plus rassurante que le vieil homme ! Les plats avaient l’air appétissants. Les filles se jetèrent dessus, et je les imitais. Nous eûmes finit en dix minutes. Je commandai l’addition. -« Laissez, je paye. » Dis-je quand je les vis sortir leurs portefeuilles. Après avoir réglés l’addition, nous partîmes rejoindre la voiture. Nous passâmes part derrière le cinéma, et ma journée s’éclaircit d’un coup. Je venais d’apercevoir Adrian. Il était là, sur le trottoir d’en face, et un sourire apparu sur mes lèvres. Pour éviter que mes amies me narguent, je tentais de le ravaler, sans grand succès. Il nous héla : -« Hé les filles ! » nous dit il. Ses potes le suivirent. Un était grand, blond et mince, et deuxième grand, mince aussi, mais ses cheveux étaient noirs comme des ailes de corbeau. Mais leur beauté était mineure par rapport à celle d’Adrian. Il était grand, les traits

délicats, la peau halé, et ses cheveux châtains étaient éclaircis par le soleil. Il portait un bermuda clair qui mettait en valeur des mollets musclés. Il nous sourit, et toutes les filles poussèrent un soupir. Je me retins. Ca ne me correspondait pas. J’avais déjà eu des copains, mais je n’avais pas vraiment aimé. Pour moi, c’est trop de contrainte. En guise de réponse, tout le monde lui sourit. Même moi. Parfois, on ne peut pas lutter contre son destin ! Puis, je regardais ma montre. Onze heures et demie ! Mon père allait me tuer. Nous devions partir de suite. -« Les filles, on doit y aller il est super tard ! » Elles me regardèrent. Je vis qu’elles n’avaient pas envie de partir. Moi non plus qui plus est. Mais j’étais obligée, sinon mon père n’allait plus jamais me faire confiance. Nous fîmes un signe de la main aux garçons, puis nous filâmes vers le parking. Le trajet me parut plus long cette fois, car personne ne parla. J’admirais la campagne dans la nuit, et tout ça me parut très beau. Je n’aurais jamais dû avoir de préjugés. J’aimais cette ville. J’aimais cet environnement. J’aimais l’odeur de la bouse de vache (ce qui, pour être franche, était vrai). J’allais me plaire ici. Sans l’ombre d’un doute. Tout était si paisible, si calme, si silencieux. Tout ce dont j’avais besoin pour m’épanouir. Quand nous arrivâmes, je déposais les filles chacune leur tour devant leurs maisons respectives. Comme à l’allée, je déposais Camille en dernier. Elle habitait en face du Lycée, donc je connaissais le chemin pour rentrer. Quand je me garai devant chez elle, quelque chose dans la cour du lycée attira mon attention. -« Dit, Camille, tu vois pas un truc sur dans la cour, là-bas ? » Elle scruta attentivement les ténèbres. -« Si, je vois un truc blanc… Tu crois que c’est quoi ? » Je réfléchis un bon moment, et déclarai. -« Il n’y a qu’un seul moyen de le savoir… » -« Mais t’es folle ou quoi ? »Me dit-elle en chuchotant « On a pas le droit d’entrer dans l’enceinte du lycée après la fermeture ! » -« Personne ne le saura, t’inquiète pas ! »

Je sortis de la voiture avec l’attention ferme d’aller voir…ce truc. Camille me suivit en boudant. -« Tu sais, si t’as pas envie de venir, rentre chez toi ! » -« Oh mais non, c’est bon je suis pas une mauviette » me dit-elle en avançant la tête haute. Mais je savais qu’elle avait peur, tout comme moi, je dois l’admettre. Dans l’obscurité, nous ne voyions pas où nous mettions les pieds, ce qui nous fit trébucher un bon nombre de fois. Arrivées dans l’enceinte du lycée, je me précipitais vers la chose. Elle se trouvait en bas des escaliers de secours. Je me rapprochai lentement, Camille sur mes talons. -« Tu sais, on devrait peut être faire demi-tour » me dit-elle la voix tremblante. Je ne répondis pas. Nous n’étions plus qu’a quelques mètres. J’avançais lentement. J’entendis un bruit dans les fourrés. Je sursautai, mais ce n’était rien. Je ne pouvais toujours pas distinguer ce que c’était. Puis, je m’approchais, encore plus lentement, et la peur due se dessina sur mon visage quand mes yeux s’habituèrent à l’obscurité. Je poussais un hurlement d’horreur. Là, sur le pavé, gisais un corps inerte couvert de sang. Je ne voyais plus rien. Je ne sentais plus rien, juste mes genoux qui s’effondraient sur le sol. Mes yeux étaient embués de larmes. Je devais me ressaisir. Je devais appeler les urgences. La police. Mes j’en étais incapable. Mon corps ne répondait plus. J’entendis un autre cri. Camille avait du réaliser ce qu’était la chose. Un corps. Ni plus ni moins. Et d’un coup, sans doute un poussée d’adrénaline, je me levais, essuyais mes larmes, saisis mon téléphone et composais le 911. Dix minutes plus tard, la police était la, ainsi que les urgences. Et toute la ville était réveillée. Quoique ça ne doive pas être très dur… Pendant plus d’une heure, Camille et moi fûmes interrogées par des inspecteurs. Apparemment, Iris (c’était son nom) était morte d’une chute dans les escaliers. Commotion cérébrale, os cassés, etc.… Camille rentra chez elle dès la fin de l’entretien, pendant que les policiers appelaient mes parents. Ils arrivèrent peu après, un air inquiet sur leurs visages. Enfin, pour ma mère, si c’est possible avec du botox.

Mon père se précipita sur moi « Lauren ! J’étais tellement inquiet ! Qu’est ce qu’il s’est passé ? On m’a expliqué que tu avais trouvé un cadavre ? Comment tu t’y es prise !? » -« On en parlera, tu veux ? Je suis crevée. » Au moment de partir, je passais à coté du corps, et aperçus sur les vêtements, au niveau des genoux et des coudes, des tâches d’herbes. Etranges. J’avais trouvé le cadavre sur le béton… Ce n’était sûrement rien, mais quelque chose me dit qui y avait quelque chose de louche là-dessous. Je délirais ! Encore mon imagination qui me jouait des tours. J’avais dû lire trop de polars. Mes parents prirent leur voiture, et me laissèrent, seule, avec la mienne. En me conseillant tout fois d’éviter de m’arrêter en chemin. Au cas où. Arrivé à la maison, je montais dans ma chambre. Je jetais mes chaussures négligemment contre le mur. J’enlevais du mieux que je pus mes habits, et me roulais en boule sous ma couette. Je m’endormis peut de temps après. La scène de la découverte du cadavre repassa en boucle dans ma tête toute la nuit. Je criai intérieurement, mais ne me réveillais pas.

3. La semaine suivante fut plutôt éprouvante pour mes nerfs. Une dizaine d’inspecteurs vinrent nous voir, Camille et moi. Je m’efforçais à répondre correctement, mais j’étais encore toute chambouler. J’avais dû fournir d’incroyables efforts pour ne pas fondre en larmes. Le vendredi, j’appris que l’enquête avait été fermée, et qu’ils avaient conclus que c’était un accident, une mauvaise chute dans les escaliers. Mais je savais qu’il y avait plus que ça, j’en étais certaine. Mais je ne pipai mot, car mon entêtement avait l’habitude d’agacer les gens. Plusieurs fois, je failli hurler à la figure des policiers pour leurs dire qu’il y avait quelque chose de louche là-dessous ! Le lundi suivant, les cours reprirent normalement sans êtres dérangés par quoique ce soit. Je filai à la cantine seule, ne voulant pas m’y attarder. Le self ne m’intéressait pas. C’était trop bruyant, l’odeur n’était pas terrible, et on y mangeait mal. Je pris mon déjeuner dans un sac en papier, et rejoignis ma voiture. Je fermais la capote, et m’installais le dos contre la portière. Le silence me fit du bien, il me permettait de réfléchir. Ces derniers temps, je n’avais pas dû être très sympathique. Les filles ne m’adressaient plus la parole, à part Camille, qui elle, était dans le même cas que moi. J’aurais bien mangé avec elle, mais j’avais besoin d’un peu de solitude. Je repensais au lendemain de la découverte du corps, au moment où l’accident avait été annoncé aux autres, à la réaction de mes camarades. Je me souviens que Chloé avait gloussé discrètement, mais sûrement pas à cause de ça. Des filles avaient pleurés, certainement des amies d’Iris. La pauvre fille, la vie n’avait pas été juste avec elle. Mourir dans ces conditions, assassiner… Enfin, hypothétiquement, car je n’avais aucune preuve concrète. Mais j’étais bien décidé à découvrir qui avait fait le coup. J’avais l’habitude de toujours avoir une conclusion pour tout. Ignorer quelque chose, je ne supportais pas. L’herbe sur les vêtements était suspecte, mais la police avait dû en conclure que la victime était tombée, ou quelque chose de ce goût là. Plus je parlais, et plus j’étais convaincue de mes propos. Le terme « victime » semblait approprié désormais.

La sonnerie retentit dans mes oreilles. Je me levai d’un bond, et me cognait la tête contre le rétroviseur. Je frottais ma tête, et sentit une bosse qui se formait déjà. « Toujours aussi adroite »pensais-je. Je me levais et ouvrit la portière d’un geste brusque. « Aïïïe ! » cria quelqu’un de derrière la portière. Je me précipitais pour voir qui avais était victime de ma maladresse passagère. C’est vrai, quoi ! D’habitude, j’étais plutôt habile ! Je ne vis d’abord qu’une chevelure brune. Et deux secondes plus tard, la tête d’Adrian. « Oh mon dieu ! Je suis désolé ! Vraiment, vraiment désolée !! Je t’ai fait vraiment mal ? Est-ce que je t’… » « Sa va, sa va… Il n’y a pas mort d’homme. »Me coupa t-il dans mon élan d’affolement. « C’est toi la nouvelle ? Je t’ais pas déjà vue quelque part ? » Il me reconnaissait ! Oh Dieu, je ne te critiquerais plus jamais. Promis ! « Oui, on s’est vu à Burlington la semaine dernière… Tu sais, le jour de…l’accident. »Dis-je. J’avais beaucoup appuyé sur le mot « accident ». Quelqu’un devrait bien me comprendre non ? « Ah oui ! C’est toi la fille pressée qui est partie en courant. »Me taquina-t-il. « Euh ouais, c’est moi. » Je n’avais pas encore aperçu la fille derrière Adrian, qui me regardait avec des yeux perçant. Cette fille avec sa fausse chevelure blonde ne pouvait être que Jenny. Je remarquai aussi la main qu’elle avait sur la hanche d’Adrian. C’était évident. Toutes ces choses n’avaient pas changées. La fille la plus populaire du lycée (bien que ce lycée soit dans un bled) ne pouvait sortir que avec le garçon le plus sublime. Injustice. Mais bon, je devrais arrêter de me torturer avec ça, de toute façon. Toutes ces cogitations n’avaient durées que quelques secondes. Mes interlocuteurs n’avaient donc pas eu le temps de se rendre compte que j’étais folle. Au moins un point positif… « Bon, et bien je m’en vais en cours. A plus ! »Dis-je ne essayant de na pas paraître triste. « On a cours ensemble. »Me dit-il en me rattrapant par la manche « Je t’accompagne ? »

Je regardais la blonde dans son dos. Je vits qu’elle, elle n’était pas d’accord. Ses yeux étaient encore plus agressifs qu’avant. Je lui souris. « Bien sur ! »Acquiesçais-je. Il embrassa sa copine sur la joue et me suivit vers le bâtiment C. Il entama la conversation : « Alors, Idalia ? Pourquoi avoir choisis de venir vivre à la campagne alors qu’on a Miami dans la poche ? »Me demanda-t-il avec un léger sourire. Je bafouillais : « Euh… C’est mon, euh, père qui a voulu venir vivre à la campagne, pour prendre l’air… Enfin tu vois le topo ! » « Et toi tu n’aime pas ? Enfin, ça à l’air évident, rien qu’au ton de ta voix ! » Il avait un peu penché la tête, ce qui ne le rendait que plus craquant. Je me rendis compte que je le dévorais des eux, et me ressaisit. « Non, c’est pas que je n’aime pas…C’est juste qu’il me faut le temps de m’habituer à cette nouvelle ville, au nouveau lycée. Et puis avec le meurtre de la semaine dernière… » Mon débit de parole avait accéléré, et je ne m’étais pas rendue compte que j’avais dit « meurtre ». Et voila, j’étais dingue. « Qu’est ce que tu as dit ?? Un meurtre ? Mais de quoi tu parles ? » Il avait un tête éberluée, une expression de réelle surprise sur le visage. Je n’étais pas sure de devoir lui dire la vérité. J’étais déjà assez ridicule comme ça. Mais en même temps, je devais bien me confire a quelqu’un, et j’en avais l’occasion, là, tout de suite. Je décidais de dire la vérité. Après tout, qu’est ce que j’y perdais ? « Je… Je ne suis pas sure de ce que j’avance… Mais il me semble que l’accident de la semaine dernière était en fait…un meurtre. Je sais que ça dois te sembler ridicule, et je te comprends très bien, mais quand je suis passée devant le corps, il y avait des traces d’herbes sur les vêtements, et le corps avait été retrouvé sur le pavé. Bon, c’est vrai ces détails sont infimes, mais j’ai une intuition, je sais que je ne suis pas folle, je sais… » Il me plaqua la main sur la bouche, et me regarda avec des yeux empreints d’étonnement. Je me détendis du mieux que je pus, et il enleva sa main. Nous nous regardâmes intensément pendant quelques secondes, et je pus apercevoir une lueur de satisfaction dans ses yeux.

Puis, il brisa le silence. « Je ne pense pas que tu sois folle, loin de là. Tu as ta théorie, et je la respecte. Je pourrais même te croire… »Me dit-il avec un ton qui laissais entendre qu’il était sérieux. « Mais pour l’instant, on va être ne retard, alors dépêche-toi ! » J’étais complètement assommée par ses paroles. Je n’aurais jamais pu penser que quelqu’un puisse me croire. Surtout pas lui en tous cas. Je restais planté devant lui, et il me tira impatiemment vers la salle de cours. Je restais béate toute la journée. Je ne suivais plus les cours, je ne répondais plus aux questions indiscrètes de mes amies. Je n’en revenais toujours pas. Au fond, je n’étais peut-être pas folle, avec mes théories sordides… Je rentrais chez moi dans le même état. Mon père du le remarquer, car, quand je me précipitais vers les escaliers pour jouir de cette journée dans mon royaume, il m’intercepta. « Où vas-tu comme ça jeune fille ? » me demanda-t-il avec des une expressions amusées. « Bah, dans ma chambre. Où est ce que tu veux que j’aille ? » Lui répondis-je, innocente comme un agneau. Il me relâcha le bras et croisa ses bras musclés sur sa poitrine. Il avait toujours l’air aussi amusé. « Tu m’as l’air bien exciter, Lauren… Comment s’est passer ta journée ? Encore des inspecteurs ? » C’est bien ce qu’il me semblait. Il avait remarqué. « Très bien, merci. Non, il n’y a as eu d’inspecteur aujourd’hui. Une fois n’est pas coutume. Bon, tu m’autorises à aller dans ma chambre ? J’ai des devoirs de te rappelle. » Il fronça légèrement les sourcils, et fit un geste de la main, m’informant que notre discussion était terminée. Je fonçai dans ma chambre, me jetais sur le lit, et commençais à m’esclaffer. Sans aucune raison. Ce rire me libera. Je n’avais pas eu l’occasion de rire depuis un bout de temps ! Le soir vint, la nuit tomba, et le temps du premier dîner en famille arriva, lui aussi. Je détestais les dîner en famille. Personne ne parlait, ou bien les conversations étaient sans aucun intérêt. Ma mère sortait

très souvent de table pour téléphoner, mon père lisait ses romans, et je l’imitais. Mais pas ce soir là. Ce soir là, je rêvassais. Je passais en revue touts les évènements de la journée, pour me prouver qu’elle était bien réelle. Je crois bien que ce jour fût le plus beau jour de ma vie. La plupart des gens aurait trouvé cette journée tout a fait banale, mais quelque chose en moi me fit comprendre que tout aller changer à partir de maintenant. C’était un nouveau départ. La nuit se passa sans encombre, et quand je me réveillais au petit matin, un sourire se dessina sur mon visage. On avait beau être en Septembre, le temps était magnifique. Le ciel d’un bleu d’azur s’étendait jusqu'à l’horizon. Je me levais toute guillerette, et descendit prendre mon petit déjeuner. Quand j’arrivais au lycée, j’essayais de me ressaisir. Je ne tenais pas vraiment à montrer mes émotions en public. J’entrais sans bruit dans la salle de cours. Je fus soulagée lorsque je vis que le cours n’avait pas encore commencé. Je m’installais à ma table, et balayais la salle du regard. Aucune de mes amies n’étaient là, donc je me retrouvais seule à rêvasser dans mon coin. Je sortis mon carnet et griffonnais des mots illisibles, même pour moi. « Coucou ma cocotte ! » hurla une voix enthousiaste. Je me retournais, pour voir que ce n’était que Chloé, qui était déjà en train de pouffer. Je sus que son cas était définitivement incurable. « Salut, Chloé. Tu veux bien parler moins fort s’il te plaît ? J’ai un mal de crâne carabiné ! » Lui répondis-je, en toute honnêteté. Je ne me sentais vraiment pas bien. Dès que j’avais remis les pieds dans le lycée, ces pensées pesantes m’avaient envahis. Je revoyais, encore et encore, cette scène de crime. Je cherchais un indice, même le détail le plus insignifiant pour prouver que j’avais raison. Chloé vint s’asseoir à coté de moi, et me donna une bourrade énergique dans le dos. Je retins sa main de justesse quand elle tenta de m’en mettre une deuxième. « Arrête, je t’ai dit ! » Je ne me rendis compte que trop tard que j’avais un peu trop haussé la voix. La totalité de la classe me regardait avec des yeux ébahis. Je rougis, et je sentis les larmes me monté aux yeux. Je me levais d’un geste un peu trop vif, et, en faisant tombé ma chaise au passage, sortis de la salle en courant.

Je me réfugiais sur les marches de l’escalier de secours, et commençait à sangloter en silence. Toutes ces choses dans ma tête me rendaient amer envers les autres. Je devrais laisser tomber, je le savais bien. Mais c’était trop dur. Ma détermination me faisait faire des choses complètement folles, et ce n’est sûrement pas ça qui allait m’aider à m’adapter. Un fois, mon professeur de Sciences m’avait dit « Le plus grande qualité chez un Homme, c’est l’adaptation. Si une personne veut être forte, elle doit savoir s’adapter à n’importe quels milieux. » Il avait raison. Mais moi, je n’en étais pas capable. Ce n’est qu’as ce moment là que je me rendis compte où j’étais assise. Sur les lieux du crime. Je me levais d’un bon, essuyais les larmes qui me bloquaient la vue, et examinais le pavé. Mais pour qui je me prenais ?! Pour Sherlock Holmes ? Qu’est ce que je pensais trouver ici ? Un cheveu ? Un ongle ? Mais un détail attira mon attention. Je me penchais pour l’examiner de plus près. Coincé entre deux dalles, un petit bout de tissus blanc était resté accroché. A force d’avoir lue trop de polar, je me pris pour un inspecteur. Je sortis un mouchoir de ma poche, et saisis le morceau de tissus avec délicatesse. Je réussis à extraire « l’indice » du pavé sans trop l’endommagé. Je l’examinais avec application. C’était de la soie, sans aucun doute. Il brillait à la lumière. En cherchant bien dans ma mémoire, je ne me souvenais pas que la victime portait de la soie. Juste un jean et un t-shirt. Mais alors, ce morceau de tissus ne provenait pas d’elle ! En regardant bien, je distinguais des traces jaunâtres. Je décidais de l’examiner plus tard. Des gens commençaient arrivés, et dedans, je distinguais mes amies. Je courus dans leur direction. « Bonjour. Tu vas bien ? Tu as l’air un peu…bouffie. Tu as les yeux tout rouges ! Tu as pleuré ? Qu’est ce qu’il ce passe ? Tu veux que… » C’était tout Camille. Elle se faisait du souci pour un rien. Je tentais de la rassurer du mieux que je pus. « Non, ne t’inquiète pas ! J’avais juste une poussière dans l’œil. » C’est Tijana qui m’adressa la parole cette fois. « Au fait, pourquoi tu n’es pas en cours ? Tu n’es pas censé avoir français a cette heure-ci ? »

Depuis que j’étais là, les filles m’avaient confirmé que Tijana avait une mémoire d’éléphant. Ce que je pouvais constater désormais. Je suis sûre qu’elle connaissait mon emploi du temps mieux que moi ! « Euh, et bien si. Mais j’ai eu un petit…empêchement. » La sonnerie retentit, me sauvant de leurs questions embarrassantes. Mais à ce moment là, Chloé surgit derrière moi. « Qu’est ce qu’il s’est passé tout a l’heure ? »Me demanda-t-elle. Puis, en voyant les yeux interrogatifs de mes camarades, elle leur expliqua la situation. Pendant qu’elle leur contait ma mésaventure, le morceau de tissus dans ma poche me brûlai. Il n’était pas chaud, au contraire. Mais l’impatience de trouver des preuves prenait le dessus sur ma tolérance. Je ne voulais plus entendre ces filles parler de moi, je voulais partir, découvrir ce mystère qui était en train de régir mon existence. Je n’étais là que depuis une misérable semaine, que les gens me prenaient déjà pour une taré ! Les larmes commençaient a grimper dan mon canal lacrymal, tant ma patience était à bout. Et je craquais. « TAISEZ-VOUS ! » Les larmes jaillirent toutes seules de mes yeux, et je pris mes jambes à mon cou. Je courais, mais dans la mauvaise direction. Je suis arrivé dans un champ, sûrement du blé. Je ne regardais pas où j’aillais, je fonçais tout droit, écartant au passage les tiges qui me bloquais dans mon élan de colère. Je m’arrêtais. J’étais au milieu de nulle part. Il n’y avait aucune vie autour, juste au loin le bourdonnement du village. Je me laissais tomber par terre. Je sentis la terre froide sur ma joue, et j’avais mal. Mal parce que j’étais secouée par des sanglots, et que je n’arrivais pas à reprendre ma respiration. Et j’avais mal aussi parce que ma tête ne marchait plus, tout se bousculait, sans me laisser de répit. Je ne pouvais pas réfléchir, mon corps ne m’obéissait plus, mes sanglots étaient incontrôlables. J’étais vide. Les heures passaient, lentement, très lentement. Je me repérais grâce au soleil. Quand il plongea vers l’ouest, je me suis dit qu’il fallais que je rentre. Je m’étais calmé, mes pleurs avaient cessés, et ma tête se remettait doucement en marche. Je demandais à mon cerveau de faire bouger mon pied. Il bougea. Un bouffée de soulagement m’envahie.

J’étais de nouveau maîtresse de mon corps. Je me levais, et rien ne vacilla. En suivant les traces que j’avais laisser quelques heures auparavant, je trouvais facilement la route. N’ayant pas regarder ou j’allais en venant, je dû demander mon chemin a une femme. Arrivée au parking, je montais dans ma voiture, de peur que d’autres élèves ne me voient. Mais, mon tableau de bord indiquait sept heures du soir. Aucun élève ne devait être là ! Je n’avais pas vu le temps passer, et mon père devait s’inquiéter. Je mis mon levier de vitesse sur la plus rapide, et démarrais en trombe. J’arrivais devant ma maison en un temps record. Mes cheveux étaient en bataille, décoiffés par le vent. J’entrepris de me refaire une tête dans le rétroviseur. J’avais les yeux bouffis, la joue pleine de terre, et du blé dans les cheveux. Quand j’eu finis, je revint a le triste réalité. J’allais devoir affronter mes parents, et je ne savais pas quoi leur sortir comme bobard. Je pris mon courage à deux mains, et j’entrais. Ils m’attendaient, assis tranquillement sur le canapé. Je restais sur le seuil, m’attendant à recevoir un savon, mais rien n’arriva. Je brisais le silence. « Euh… Bonsoir. » « A tient, bonsoir mon cœur. »Me répondit mon père « alors, comment s’est passé ton cour de mathématiques ? » Je le regardais, ébahis. « Ta copine…Chloé, a appeler à la maison pour ne prévenir que tu faisais des cours supplémentaires en maths. Tu es des soucis ? » Mes amies m’avaient défendus ! Elles avaient appelés chez moi pour me soutenir ! Ne voulant pas pleurer encore une fois, je répondis à toute vitesse. « Non, non. Je voulais juste réviser un peu plus le prochain contrôle dans le calme ! Bon, je vais me laver, puis je file me coucher. J’ai mangée un sandwich. Bonne nuit papa. Maman. » Quand je fus enfin propre et en pyjama, j’allumais mon Mac, et me connectais sur la messagerie instantanée. Toutes mes amies étaient connectées. J’ouvris une conversation commune.
Lauren : Je sais pas comment vous remercier les filles. Je mérite pas ça. Je suis désolé de vous avoir agressés. 

Chloé : Aller, va. T’inquiète pas ! On te comprend tu sais. Après un choc aussi grand… Tijana : Mais oui ! Mais évite de recommencer la prochaine fois  Lauren : Merci ! Et Chloé, comment t’as fait gober ça à mon père ? Chloé : Tout est dans la pratique ! Camille : On peut compter sur ta présence demain ? Lauren : Oui, mais éviter d’aborder le sujet, OK ? Bon, je suis éreintée, je vais me coucher. Bonne nuit ! XOXO Laura : Euh… Bonjour, au revoir !

Une fois mon PC éteint, je me roulais en boule sous ma couette. Je m’attendais à une explosion de larmes, pour la troisième fois de la journée, mais rien ne se passa. Alors, comme tout les jours depuis mon arrivée, je m’endormis paisiblement. Mais cette nuit là ne fut pas si paisible. Je fis un cauchemar, un de ceux dont on se rappel toute sa vie. Il faisait noir, et je sentais quelque chose à mes pieds. Un liquide visqueux se répandait autour de mes pieds. Je tentais de fuir, mais mes pieds étaient collés au sol. Une odeur envahit mon nez, et je vomis mes tripes. Cette odeur était celle du sang, l’odeur que j’avais senti ce jour. Et à mes pieds gisait un corps. C’était moi.

4. Je me réveillais en sursaut, saisis pas ce rêve. Il était tellement réel, tellement crédible. Un sursaut de dégoût m’envahit quand je me rappelai que ce corps était le mien. Le mien. Mais la raison me gagna, et je me convainquis que ce n’était qu’un rêve. Mais une petite partie de moi restait méfiante - comme toujours. Une routine s’était formée depuis mon arrivée. Je ne m’en lassait pas, trop occupée à cogitée intérieurement. Je devais être de mauvaise compagnie, car mes amies me laissèrent seule dans mes réflexions. Un simple « Bonjour, au revoir » leur suffisait. J’avais pris l’habitude d’emporter mon déjeuner dans ma voiture, pour être à l’abri des bruits – et la banquette de ma voiture était beaucoup plus confortable que les sièges en plastique du self. J’étais confinée dans l’isolement par ma conscience, et je n’arrivais pas à m’en sortir. Je n’avais pas reparlé à Adrian depuis la semaine précédente, et je commençais sérieusement à me demander si je n’étais pas folle. Il était le seul a qui j’avais fait part de mes théories, et il me rejetai. Je ne devais pas tourner rond … J’étais possédée, par toute ces théories saugrenues qui s’installai dans ma tête, de plus en plus étrange, de plus en plus dérangeante, et, quand j’essayai de m’en débarrasser, elle resurgissait dans mon inconscient pour prendre place dans mes rêves. Tout sens de la réalité me quittait. Je n’avais plus de vie. Mais tout a une fin, et je me réveillai C’est comme ça que, un lundi matin, pendant l’heure du déjeuner, un miracle se produit. Ce fameux matin, je me levais en retard. J’emportais mon repas dans ma voiture, et commençais à siroter mon jus d’orange, quand mon pneu creva. D’un coup, j’entendis un « pfffffff » venant de l’extérieur, et ma voiture stoppa net. Une grande giclée de jus se renversa sur mon siège, ainsi que sur la banquette arrière. Je sortis de ma voiture pour examiner les dégâts. Mon pneu était complètement sorti de la roue, il ne restait qu’un bout de caoutchouc noir a une dizaine de mètre de moi.

Je soupirais, et m’affalais sur le béton dur. J’avais bien une roue de secours, mais je ne savais absolument pas réparer un pneu crevé. Je restais assise par terre pendant un bon bout de temps, sanglotant en silence. Aucune voiture ne s’arrêta, évidemment, car j’étais sur une route déserte, que même mon père n’empruntée pas. Le soleil était à son zénith quand je me décidais enfin à me relever. Je m’étirais longuement, des courbatures s’étant formé dans mon dos et mes jambes. Il faisait drôlement chaud pour un mois de septembre, et le soleil frappait ma peau avec une vivacité perceptible. Après mûres réflexions, je décidais de laisser ma voiture ici, vu que personne ne risquait de me la voler sur ce sentier quasiment abandonner. Avant de partir, je m’informais de l’heure en regardant le tableau de bord. Il était midi moins le quart. Je claquais la porte avec une force dont je ne m’étais même pas crue capable de posséder, et partie en courant vers le Lycée. Je mis moins de dix minutes pour arriver, j’avais donc largement assez de temps pour manger. Sauf que j’avais laissé ma voiture au milieu de la campagne, et que de toute façons, les sièges étaient couverts de jus d’orange. Un dilemme s’imposa a moi. Je n’avais pas manger en public depuis plus d’une semaine, et encore moins adresser la parole à mes anciennes amies. Il m’apparu que je devais donc manger seule. Forcement. Si ce n’était pas le cas, avec qui mangerais-je ? Aucun nom ne me vint à l’esprit, seulement le vide. Plus personne ne faisait partie de ma vie. Je ne pensais pas être de nature si fragile. Devenir une créature vide qui n’avais qu’une chose en tête, juste pour un meurtre, dont je n’étais même pas sur. Je devais me reprendre, faire quelque chose. En entrant dans le self, je redécouvris la civilisation pour la deuxième fois. Les bavardages incessants me lavaient les oreilles. Je n’avais pas entendu autant de bruit depuis ce qui me semblait être un siècle. Je me dirigeais vers les plateaux, puis vers le self. Je ne pris qu’une part de pizza et de l’eau, et allais m’asseoir sur une table éloignée. En cherchant des yeux, je découvris que les filles me regardaient avec tant d’assistance que je dus détourner le regard. Je me concentrais sur ma pizza, et commençait à réfléchir sur je ne sais trop quoi. Quelqu’un émis un toussotement, et, croyant avoir à faire à des fouineurs, je levais la tête avec un air que je voulais agressif.

Je découvris une fille, de taille moyenne, avec des longs cheveux blonds, et à coté d’elle, un adolescent, noir de peau et de petit de taille, ses yeux noirs surplomber de lunettes. Ils eurent tout deux un mouvement de recul en voyant mon expression. A moins que ce ne fut ma tête. La fille s’adressa à moi. « Bonjour … euh, ça te dérangerais qu’on s’asseye avec toi ? » Ils étaient nouveaux au Lycée, sans aucun doute, sinon ils ne m’auraient pas adressés la parole. « Non, asseyez-vous, je vous en prie » Dis-je en enlevant mon sac de la chaise à coté de moi. La fille s’assit à coté de moi, et le garçon en face d’elle. Nous restâmes un moment gênés, le nez dans nos plateaux, puis la fille brisa le silence. « Hum, au fait je m’appelle Emma, et mon frère Guillaume. On… on est nouveau dan ce Lycée. » Je relevais la tête et ne pus m’empêcher de lui sourire. « Moi c’est Lauren. Je suis nouvelle aussi, enfin depuis la rentrée. C’est ton frère ?! » C’est lui qui me répondit. « Oui, c’est vrai c’est bizarre, mais je suis son frère adoptif. En fait, on est tout les deux adoptés. » « Ah… euh, d’accord ! Vous…vous êtes venus ici pourquoi ? » Ils se jetèrent un bref coup d’œil, et Emma me répondit. « En fait, mon…notre père vient de mourir dans un accident, et ma mère a besoin de calme, alors elle a choisit cette ville. Mais on s’y plaît ! » « Tant mieux pour vous.. » Dis-je en ronchonnant. Cette fois, ce fut Guillaume qui m’adressa la parole. « On a entendu des rumeurs, qui circulaient ici. A ce qu’il parait, il y aurait eu un…meurtre. » Je sursautai quand il prononça ce mot. Qui avait bien put lui dire ça ? Le croyait-il ? Je n’avais le choix que entre deux réponses : soit je leur disais la vérité, enfin l’histoire public ; soit je leur disais mon opinion, ma folie et mes théories. Donc, ça se résumait en soit je suis bizarre tout simplement, sois je suis folle. Mais en les regardant bien, j’aperçu une étincelle de réelle curiosité dans leurs yeux. Encore une fois, je me laissais influencer par mon esprit, et la folie prit le dessus. Je leur contais toutes mes théories, mes rêves, et tout le bazar. A la fin de mon récit, je m’attendais à une explosion de rire, mais rien ne se

produit. Alors seulement à ce moment je relevais la tête que j’avais baissé au fur et a mesure du récit, et vis qu’il me regardait avec des yeux empreints de … je ne sais trop quoi. De satisfaction, de confiance, mais pas d’étonnement ni de moqueries. Ce fut moi qui en restais patoise. Personne ne m’avait prêté autant d’attention depuis … euh… longtemps. Je voulais parler, mais aucuns sons ne sortis de ma bouche. Les larmes me montèrent aux yeux, mais je les ravalais avec détermination. Je les dévisageais une dernière fois, mais ils avaient la même expression, mêlée avec de l’inquiétude, sûrement à cause de moi. Je me concentrais pour oublier ce qu’il venait de se passer, et les regardais droit dans le yeux. Guillaume pris la parole en premier. « Waw » « Oui, waw » renchérit Emma. « Qu-qu-quoi ? » demandais-je « C’est juste que…c’est ce que nous avions pensé aussi. Enfin, on avait pas autant réfléchi, mais cette idée s’est imposée a nous aussi. » Me dit-elle en souriant légèrement. « En fait, nous étions en ville le jour de « l’accident », mais nous devions… emménager » ajouta-t-elle a voix basse, comme si c’était une confidence. Je voulus prendre la parole, mais les mots restèrent coincés dans ma gorge. Je n’avais parler a personne depuis tellement longtemps, que s’en été devenu impossible. Mais quand je voyais ces deux paires d’yeux me regarder avec curiosité, la parole me revint. « Je-je-je sais pas quoi dire. Personne ne m’a encore jamais cru, c’est … inattendu ! Alors, vous me croyez vraiment ? De vrai de vrai ? » Je passai vraiment pour une attardée. « Et bien oui ! On est étonné aussi ! Waw ! J’en reviens pas ! T’es inspecteur Gadget ou quoi ? » Et là, quelque chose de magique se produit. Je souris. Ce sourire n’apporta pas que le fait que mes lèvres s’élargissent, ni que je sois heureuse. Je renaissais. C’était une résurrection. Après ce fameux jour, tout redevint comme avant. Enfin presque, car je ne parlais plus aux mêmes personnes, je n’allais plus au mêmes endroits, mais j’avais une vie. Je passais tout mon temps avec Emma et Guillaume, qui m’accordait leurs plus grandes attentions. Ils avaient déjà rencontré mes parents, et moi réciproquement les leurs. J’avais aussi remarqué qu’ils étaient

inséparables, comme si quelque chose de très important les unissaient. Bien que j’eusse mené ma petite enquête, je ne découvris rien de particulier chez eux, ni dans leurs paroles. Je m’amusais particulièrement bien avec Guillaume, qui était sur la même longueur d’ondes que moi, car nous faisions et pensions les choses simultanément. Nous avions tout les trois l’habitude d’aller dans les, ceux qui avaient gâcher une partie de ma vie, enfin, d’après le rapport de police. J’étais au début réticente, quand ils m’ont fait venir pour la première fois depuis longtemps dans ce lieu sinistre, mais ils ont réussis à me persuader que cela raviverait mes souvenirs, me permettant donc d’y voir plus clair. Au bout d’un certains temps après lequel nous ayons commencer à fréquenter cet endroit, et il ne s’était toujours rien passer dans ma tête, je décidai d’aller au cimetière, voir la tombe d’Iris. Seule. Je me persuadais que c’était la meilleure solution, que les autres ne me comprenait guère, vu qu’il n’avait pas vécu ce que moi j’avais vu. Ce fût donc en un après midi de septembre, aux environs de 17h, que je me décidais à y aller. Il faisait froid et sombre, et je faillis me décourager, mais me repris à temps. Le cimetière était en pleine cambrousse, pire que Idalia elle-même (ce qui, pour moi, était inimaginable). Il fallait environ vingt minutes de voiture dans des chemins boueux et sinueux pour arriver au portail délabré (sûrement parce que le gardien était trop vieux pour l’entretenir) du cimetière. Je me demandais comment des parents pouvaient accepter de faire enterrer leur enfant ici, loin de tout, au milieu de… et bien de je-nesais-pas-trop-quoi d’ailleurs. Sûrement une coutume régionale. J’avançais à pas lent, en faisant attention à où je mettais les pieds, certaine qu’il n’y avait pas que de la terre sur le sol. La cabane du gardien était plutôt accueillante, enfin, dans un lieu comme celui-ci. Le toit était en parfait état, contrairement à ce que j’avais pu imaginer, mais je ne pouvais pas dire pareil du gardien. Assit sur un rocking-chair, sous son porche (oui oui, comme dans les films), il me regarda arriver avec une expression étrange sur le visage, comme si il voyait une jeune fille pour la première fois. Ce qui ne devait pas être faux, vu que toutes les personnes qui franchissent ces portes sont tout sauf jeunes.

Après m’avoir reluqué sans vergogne, il ouvrit la bouche pour parler, mais seul un bruit étouffé sorti de sa bouche. Je sursautai. Je fis le premier geste. « Bon-bon-bonjour monsieur. Je cherche le tombe de… » Je sortis le papier sur lequel j’avais noté le nom de la défunte « Iris Kersaint ». Le vieil homme me regarda avec des yeux grand comme des loupes, pris son fusil (ce qui me surprit, il faut dire), et murmura un petit « suivez moi » dans sa barbe. La nuit était tombée, et je me demandais bien pourquoi j’avais été assez stupide pour venir à cette heure-ci de la journée. Bizarrement, il y avait de la brume, ce qui était vraiment étrange pour le mois de septembre, surtout dans le Colorado ! Mais bon, tout était tellement étrange depuis un certains temps, que la question ne se posa même pas. Ce qui m’intrigua, par contre, était le fusil. Les seuls animaux des bois qui entouraient le cimetière était des renards, furet, ce genre de bête, et aucune d’elles ne méritaient d’être matée avec un fusil de chasse. Il faut l’admettre, j’avais peur. Mais peur de je ne sais pas quoi. J’avais l’impression de sentir une présence, autre que celle du vieil homme. ‘Tu te fais encore des idées’ je me dis. Il fallait que je respire calmement, et tout allait passer… « Voilà. » Dit le vieil homme en s’arrêtant brusquement devant une tombe. Je lui souris timidement, et il parti. La tombe était simple, un bout de caillou surmonté d’une croix. Il y avait écrit en gros « IRIS KERSAINT, 1991-2008, NOTRE FILLE BIEN AIMEE ». J’avais beau avoir beaucoup de peine pour ses parents, ils auraient pu être plus originaux… Je m’agenouillai près de la pierre, la tête entre les mains. Je me concentrai, cherchait des indices, un souvenir, mais rien ne vint. Je faisais le vide dans ma tête. Je cherchais le silence. « Bonjour, charmante demoiselle. » Une voix retentit brusquement derrière moi, et je sursautais, proche de la crise cardiaque. Je retins de justesse le cri qui sortait de ma gorge. Je ne pouvais pas voir distinctement la personne qui parlait, la nuit étant (déjà ?) tombée, mais je savais au moins que je n’avais pas à faire au vieil homme. La voix était douce et très attirante. La

silhouette sortis quelque chose de sa poche, et un faisceau de lumière apparu. Je retins de justesse un cri de surprise. L’homme en face de moi était le plus belle chose que je n’avais jamais vue. Il avait des cheveux bruns, ondulés jusqu’aux oreilles, et avait les yeux plus noirs que … noir. Sa peau était pâle et parfaite. Il était habillé en noir, avec un t-shirt qui moulait son torse musclé. Je devais avoir la bouche béante. « Désolé de t’effrayer, petite créature. Je suis Adonis, et je viens te tenir compagnie. » Me dit-il, souriant avec de dents très blanches. Lorsque je ne répondis pas tout de suite, il commença à me dévisager, se posant sûrement des questions sur mes capacités mentales. Je me repris du mieux que je pu. « Je suis euh… Lauren, et euh… merci pour la… compagnie. » Je continuais à le dévisager, car il me rappelai quelqu’un … Soudain, j’eu un mouvement de recul. Je savais à qui il ressemblait. A un vampire. Je sais que ça à l’air ridicule, mais cette peau pâle, ces dents blanches, et cette beauté … inhumaine n’était pas normale. « Qu’est-ce … Qu’est ce que vous me voulez ? » Il me regardait, surpris de mon changement de comportement. Je vis passer différentes émotions dans son regard, mais la dernière fut la pire. Le désir, la faim. J’aurais pu me mettre une pomme dans la bouche et m’allonger sur un plat que je lui aurais fait le même effet. Je ne pouvais plus penser, et ne pouvais plus réagir lorsqu’il s’approcha de moi. J’aurais juré sur ma peau que dans son sourire, il y avait des crocs. Non. Non, c’était impossible. Les vampires n’existaient pas. Le monde ne pouvait pas changer du jour au lendemain. Toute ma façon de voir les choses, toute ma vision de l’humanité, envolé. Je devais me ressaisir, faire quelque chose. Il avançait, les yeux fixés sur moi. Non, sur mon cou. Qu’est ce que j’avais lu sur les vampires ? La lumière du soleil. Les crucifix. L’eau bénite. L’ail. L’argent. Argent ! Oui ! J’avais de l’argent sur moi ! Je défis discrètement ma grosse gourmette de mon poignet, la tenant dans ma main. Je ne pouvais me retenir plus longtemps, et demandais : « Vous … vous êtes un vampire ? »

Quelle question a posé lorsqu’un « vampire » s’approche de vous pour vous dévorer. J’aurais du crier, ou partir en courant comme une perdue, mais la curiosité me dévorait. Il s’arrêta net. Pas si mauvaise la question, finalement. J’allais avoir quelques minutes de vie en plus. Il souris, puis jeta sa tête en arrière et commença à rire. Il avait un très beau rire, très sensuel. Je ne pu m’empêcher de frissonner. Il du le sentir car quand il baissa les yeux, il me regardai avec … de l’envie. « Tu es désirable, tu le sais ? Enfin, pour les personnes ne mon espèce, que tu as si bien définie avec le terme vampire. Tu sens très bon. Je peux entendre le sang qui coule dans tes veines, je peux le sentir. Je te veux. » J’étais confuse, voire gênée. Je ne pensais pas que la « conversation » allait prendre cette tournure. Mais malgré cela, bizarrement, moi aussi je le désirais. Il du sentir mon envie car il s’approcha, lentement, très lentement, jusqu'à ce qu’il ne soit plus qu’a quelques centimètres de mon visage. Je commençais à haleter, sentant son haleine sur ma figure. Il sentait bon. Je ne pu m’en empêcher. Je lâchais la gourmette, et lentement, je levai la main, et caressait son torse. Il était dur et musclé. Il leva la main et commença à caresser mes cheveux. J’aurai du le repousser, cet étranger, cet Adonis, mais il dégageait quelque chose que je ne pouvais pas combattre. C’était un vampire, donc de toute façon je n’aurais pas pu le battre. Lentement, je levais les yeux de son torse, pour regarder dans ses prunelles noires, sans fond. Il me regardait aussi. Nous nous fixâmes ainsi pendant ce qui pourrait être une minute ou une heure, jusqu’à ce que le désir sois insoutenable. Comme si un signal silencieux avait été déclenché, nous nous jetâmes l’un sur l’autre en même temps, et lorsque ses lèvres se posèrent sur les miennes, je gémis. Elles étaient tièdes, voire froides, et douce. J’avais beau avoir embrasser pas mal de garçon, je passais pour une amatrice à coté de lui. Ses lèvres étaient habiles contre les miennes, embrassant tout le contour de mes lèvres, jusqu'à ce que j’ouvre la bouche.

Nos langues s’entremêlèrent directement, et je m’agrippais à lui par les cheveux. Ses mains descendaient le long de mon corps, glissant le long de ma colonne vertébrale, descendant jusqu’à mes hanches, caressant la peau au dessus de mon jean. Lorsque ces doigts froids touchèrent ma peau nue, je frissonnais, mais de plaisir. Jamais je n’avais autant désiré quelqu’un. Je ne pouvais pas m’arrêter. Je ne pouvais pas résister. Je lui appartenais. Lorsqu’il descendit en longeant mes hanches, qu’il me saisit par les cuisses, et qu’il me serra contre lui, le désir ne fit qu’augmenter. Je m’accrochais désormais à son cou, l’embrassant sauvagement. Sa bouche quitta la mienne, descendit le long de mon cou, embrassant chaque parcelle de mon ma peau qu’il pouvait trouvé. A cet instant, je me sentais désirable. Je sentis sa langue qui commençait à lécher mon artère, et il se mit à la sucer. Je serrais de plus en plus fort ses cheveux et son t-shirt, et de la sueur commençai à perler sur mon front, en parti à cause de la chaleur. Il suça, encore et encore et … … il mordit. Je sortis de mon rêve, de mon état de transe, car la morsure était douloureuse. Je tentais de le repousser, en vain. Je tapais dans son dos, tirais ses cheveux, mais rien à faire. « Adonis ! Adonis ! Lâche-moi, tu me fais mal ! » Ma voix était paniquée, on aurait dit que j’avais dix ans. « Lâche-moi !!!!!! » La morsure devenait de plus en plus douloureuse. Je réalisais donc que plus je résistais, plus j’avais mal. Je me demandais si … J’étais très curieuse. Trop curieuse. Je me demandais la sensation que je sentirais si je me laissais faire … Peutêtre aurais-je moins mal ? Peut-être même … cela me ferait du bien ? De toute façon, je ne pouvais pas continuer la torture. Je sentais que bientôt, je n’allais être qu’un corps vidé de son sang. Autant le faire avec plaisir. Je me détendis, et relâchais mon étreinte sur lui, en faisant toute fois attention à ne pas le lâcher. Tout d’abord, je sentis la morsure s’atténuée, jusqu’à ce que je sois presque anesthésiée, mais après, je fus envahie par une sensation de plaisir immense, et mon corps commença à être tordu par des spasmes, puis je commençai à gémir, encore une fois. Sauf que cette fois ci, rien dans ma tête ne me disait de partir. Cet étranger, cet inconnu, cet homme, ce vampire, il était ce que j’avais attendu depuis

toujours. Jamais je n’avais ressentie cette sensation, et jamais plus je ne voulais la quitter. Je n’entendais plus rien. Je ne voyais plus rien. Ce que je vis en dernier fut le sourire victorieux sur le visage magnifique d’Adonis. Il n’avait pas une goutte de sang sur ses lèvres.

5. Lorsque je me réveillais, j’avais la vu trouble, et des bourdonnements dans les oreilles. Une douleur me lacerait le cou dès que je tournai la tête. Lorsque je levais la main pour toucher source de cette peine, une autre main, plus large, m’attrapa le poignet. Je sursautai et essayais de me relever, ce qui ne me fit que plus de mal. Je secouai doucement la tête pour remettre mes idées au clair, et clignai plusieurs fois des yeux pour retrouver la vue. Je ne vis d’abord qu’un tas de cheveux bruns, car la lumière était très faible, et il faisait toujours nuit, mais la personne approcha la lumière, et je ne reconnu pas tout de suite à qui j’avais à faire. « Lauren ? Lauren ? Tu m’entends ? » Dit une voix que je reconnus, elle, tout de suite. C’était celle d’Adrian. Après avoir cligné des yeux encore une bonne dizaine de fois, je vis qu’il était devant moi, et que les cheveux lui appartenaient. Malgré la peine, je tournais doucement ma tête pour voir où nous étions. Toujours au cimetière. J’avais la tête posée sur les genoux d’Adrian (j’aurais réagis autrement en d’autres circonstances), et mes pieds étaient posés sur la tombe de Iris. Tout ça pour respecter les morts. « Lauren ?! » Il poussa un soupir de soulagement, et m’aida à me relever – bien que je n’en aie pas forcement envie. Lorsque je fus assise, ma tête se mit à tournée, et je dus m’accrocher à son épaule pour ne pas m’éclater sur les pierres tombales. Il me rattrapa, et me soutenu. « Oui … » Ma voix était roque et n’était qu’un chuchotement. « J’étais… j’étais… T’étais la, par terre, le cou plein de sang… Enfin… » Il n’arrivait pas à s’exprimer. J’en fus presque émue, me disant qu’il avait été inquiet pour m– Le cou plein de sang ? Et je me souvins. De tout. Je pensais que ce n’était qu’un rêve, mais comment aurais-je sinon pu être allongée dans un cimetière avec le cou plein de sang ? Je levais doucement la main pour toucher mon cou. Il y avait deux trous, et beaucoup de sang. Je sentis un haut-lecœur venir, mais je me retins. C’était impossible. Impossible. Je ne pouvais pas avoir été mordue par un vampire. Adonis. Je me souvenais désormais de sa figure, de ses traits délicats, de son sourire, de son rire, de ses crocs…

Non, non, NON ! Je commençais à pleurer, doucement d’abord, puis les sanglots prirent le dessus, et je me jetais sur Adrian, la tête contre son torse. Tout mon corps était secoué, et j’avais très mal. Je me sentais tellement faible… Quelle quantité de sang m’avait-il pris ? Les minutes passèrent, mais elles auraient très bien pu être des heures. Adrian me caressait doucement les cheveux, murmurant que tout allait bien se passer, et que je n’avais pas à m’inquiéter. Je me relevais doucement, et essuyais la dernière larme qui coulait sur ma joue. Je levais la tête pour le regarder dans les yeux. Ils étaient plein de concerne, de compassion. Il avait l’air tellement … gentil, beau. Je devais sûrement être encore un peu chamboulée, car ce qui arriva après était confus. Après avoir vu toute cette gentillesse dans ses yeux, je ne pu m’empêcher de l’admirer. Il était tellement beau. Quand je regardais de plus près, je voyais que ces yeux avaient eux aussi du vert dans le marron. Il était bronzé, mais pas trop, et il sentait tellement bon. Je m’approchais doucement, et quand je vis qu’il ne reculait pas, je l’embrassai. Oui, je devais définitivement être chamboulée. Une voix dans ma tête me répétait ‘Tu viens de te faire agresser par un vampire, et tout ce que tu as en tête c’est embrasser encore un autre homme ?’. Mais je ne l’écoutais pas, et j’avais bien fait. Lorsque nos lèvres se touchèrent, je sus tout de suite la différence entre lui et Adonis. J’étais attirée par Adrian. Adonis m’attirait à lui. Nous restâmes comme ça pendant une dizaine de seconde, et gentiment, il me repoussa. Il s’éclaircit la gorge, gêné. « Hum. Donc … Qu’est ce qu’il s’est passé ? » Me demanda-t-il. Devais-je lui dire la vérité ? Je ne pouvais pas passer pour plus folle que ce que j’étais, mais j’avais l’impression que … c’était un secret. Je ne savais pas ce qu’Adonis m’avait fait, mais lorsque j’ouvris la bouche pour parler, je la fermais immédiatement, ayant l’impression de faire une grosse bêtise. « Je … je ne sais pas… J’étais venue rendre visite à Iris… et tout d’un coup, un–un truc a surgi et m’a mordu au cou … » Je n’avais jamais bien su mentir, mais je devais avoir l’air tellement secouée qu’il eu l’air de me croire. Je touchais encore une fois mon cou, tâtant les deux trous. Ils étaient déjà en train de se refermer. Je sentais

presque la cicatrisation sous mes doigts. Depuis combien de temps étais-je inconsciente ? « Il est quelle heure ? » Demandais-je à Adrian, qui après un bref coup d’œil à son portable me répondit : « Dix heures moins vingt, pourquoi ? » J’étais restée quatre heures inconsciente. Mes parents allaient me tuer. Je me levais à la hâte, ramassant mon sac au passage, et partis, avant de me retourner, et de sourire timidement à Adrian. « Désolé, je–je dois absolument y aller. Tu viens ? Je peux t’emmener quelque part ? » Je n’avais demander ça que par pure politesse, car je ne voulais pas perdre de temps à le déposer, ne savant même pas où il habitait. Il me sourit en retour. « Non, merci. Je suis venu en voiture et … je dois voir ma mère. » « Elle travaille ici ? » Demandais-je sans réfléchir. « Hum … Non. Elle est morte. » Répondit-il, sans enlever le sourire de ses lèvres. Mais je viens une étincelle de tristesse passer dans ses yeux. Je me sentais cruche. Je me rapprochais de lui. « Je suis désolé, vraiment. Je suis bête… Tu–tu veux que je reste avec toi ? » Je devais réparer ma bêtise, et après tout, dix minutes en plus, il n’y a pas de quoi en faire un drame. « Mais, tu est pressée, tu dois part– » Je le coupais avec mon index sur ses lèvres. « Non, je peux rester encore un peu, t’inquiète.» Dis-je avec un sourire. « Mais … tu es blessée. » Me répondit-il, avec un regard inquiet en direction de me cou. Ah. Oui. J’avais oublié la morsure. Je ne la sentais plus, après tout. Je la touchais de nouveau, mais ne la trouvais pas. Il ne restait que du sang séché. J’avais beau être confuse moi-même, je vis le regard inquiet sur le visage d’Adrian, alors je lui adressais un autre sourire, un peu forcé « Il n’y a plus rien ! Je savais bien que c’était superficiel.

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