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DICTIONNAIRE RAISONNE
DE

L'ARCHITECTURE
FRANÇAISE ou xie AU xvi" si ici E

Droits de traduction el de reproduction réservés.

B - 7347.-

Impr. MOTTEBOZ et MARTINET, 7, rue Saint-Benoit, Paris.

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DICTIONNAIRE RAISONNÉ
DE

L'ARCHITECTURE
FRANÇAISE
DU Xfce AU XVI8 SIÈCLE
PAR

E.

VIOLLET-LE-DUC
ARCHITECTE

TOME

PREMIER

PARIS

LIBRAIRIES-IMPRIMERIES
ANCIENNE MAISON MOREL

RÉUNIES

5, RUE SAINT-BENOIT, 5

nous étions attiré vers ces grandsmonumentsdont les trésors nous paraissaient réservés pour ceux qui voudraientsevouer à leur recherche.Et cependant. et de la Franceparticulièrement. nous n'osions avouer un penchant-qui nous semblait une sorte de dépravation du goût.A peine permettait-onl'étude de quelquesédificesde la renaissance française et italienne.de l'unité.de la sagesse et de la science qui ont présidéà leur exécution. il n'existait pasd'ouvrages qui pussentnousmontrer la voie à suivre. nousfûmes plus vivement frappé encorede l'aspectde nos édificesfrançais. Il noussouvientqu'alors un grandnombrede maîtresen architecture n'admettaientqu'avecdes réservesl'existence de ces monuments qui couvrentle sol de l'Europe.PRÉFACE Lorsquenouscommencions à étudier l'architecturedu moyenâge.par instinct. quant à ceux qui avaient été construits depuis le BasEmpirejusqu'au xvesiècle. de l'harmonie et de la méthode suivies dans leur construction comme dans leur . d'inclination peu avouable. Après un séjour de deux ansen Italie. on n'en parlait guère que pour les citer comme des produits de l'ignorance et de la barbarie. Si nous nous sentionspris d'une sorte d'admiration mystérieuse pour nos églises et nos forteressesfrançaisesdu moyen âge.

danslequel l'élégant écrivain signalait à l'attention du gouvernementdes trésors inconnus. KM 1S. La Commission des monuments historiquesinstituée près le ministèrede l'intérieur commençait cependant à recruterun petit nombred'artistesqu'elle chargeaitd'étudier et d'e réparerquelques-uns de nosplus beaux monuments du moyen âge. bien qu'ils lussent à nos portes. Les premiiTs iravauxdeM. M. de l'Aisne.- II - parure. du Nord. Onne s'en tenait plus à destextesla plupart erronés.sauvaitde la ruine quantité d'édificesque personne alors ne songeaità regarder. d'avoirpu étudierpendant de longues années les édifices qui couvrentnos provinces. M.Marne et du Pas-de-Calais. Déjà cependant desesprits distingués avaient ouvert lavoie. et qui font aujourd'hui la richesseet l'orgueil des villes qui les possèdent. Vitet adressait au ministre de l'intérieur un rapporl sur les monuments desdépartements de l'Oise. éclairés parlestravaux et l'admiration de nosvoisinslesAnglais.uneheureuse révolutiondansles études de l'architecture.il faut le dire à notre honte. Plus tard. de Caumont faisaient ressortirdescaractères bien tranchésentre les différentesépoques de l'architecturefrançaise du Nord.!1. Didron expliquait les poèmessculptéset peintsqui couvrent nos cathédrales. parcourant toutesles anciennes provincesde France. ils revenaient leursportefeuilles remplisd'études faitessans critique et sans ordre.et poursuivait à outrance le vandalismepartout où il voulait tenter quelqueSuvre de destruction. de la . les architectes couraient en Italie. Mériméepoursuivait les recherches si heureusement commencées par M.et semettaient à l'Suvre sansavoirmislespieds dansun monumentde leur pays.on admettaitun classement archéologique basésur l'observationd'îs monuments eux-mêmes. les artistes restaient en arrière. ils songeaient à classer les édifices par styles et parépoques.C'està cette impulsiondonnéedès l'origine avecprudenceque nous devons la conservation des meilleurs exemplesde notre architecture na- tionale.et réunir les éléments de ce livre que . ne commençant à ouvrir les yeuxqu'à Gènes ou à Florence. Vitet. et. M. Mais.

malgré des différencesd'origines bien marquées.car cet esprit. nous .et jusqu'en Italie. c'est l'esprit qui a fait élever ces monuments. la Commission des monumentshistoriques a obtenu des résultatsimmenses.dansle nord de l'Espagne. Et nousne profiterions pasde ce labeur de plusieurssiècles! Nous ne conserverions pas et nous refuserions de reionnaiu'1 ces vieux titres enviésavec raison par toute l'Europe! Nous serionsle> derniers à étudier notre propre langue! Les monumentsde pierre ou de bois périssent. mais ce qui ne peut et ne doit périr. Ce qui constitueles nationalités. ils ont rayonnéen Angleterre.c'est le lien qui unit étroitement lesdifférentes périodes de leur existence. en conservantnos édifices. c'est le nôtre. en Sicile et en Orient.elle a fondédansl'avenir. et dont l'âgemûr a conservé tous les caractères de l'enfance. c'est l'âme du pays.en Allemagne. Au milieu de difficultés sanscesserenaissantes.tout faible que soit cet hommagedans notre bouche. en s'occupant du passé. n'est fondu dans un principe d'unité plus compacteque la France. En effet. suivi une marcherégulière et logique. elle a modifié le cours des études de l'architecture en France . du ix" au xve siècle. Dans l'ouvrage que nous livrons aujourd'hui au public. les arts en France.ce serait folie de vouloir les conserveret de tenter de prolongerleur existence en dépit des conditionsde la matière. rar il n'y a pas d'avenir pour eux ! Les civilisationsqui ont profondémentcreusé leur sillon dans l'histoire sontcelleschez lesquellesles traditions ont été le mieux respectées.- III - nous présentonsaujourd'hui au public.La civilisation romaine estlà pour nousprésenterun exemplebien frappant de ce que nous avançonsici . il n'était donc ni juste ni senséde vouloir mettre à néantune des causes de cette unité : sesarts depuisla décadence romain? jusqu'à la renaissance. aucun pays. avec des ressources minimes.il y aurait de l'ingratitude à ne pas le lui rendre : car. on. il faut plaindrelespeuples qui renient leur passé. et quel peuple eut jamais plus de respectpour son berceauque le peupleromain! Politiquementparlant.

lesmSurs et les idéesau milieu desquelles elles ont pris naissance. niais aussi le côté instructif des arts du xn au xvi siècle. car nous ne saurionsadmettrel'étudedu vêtementindépendamment de l'étude de l'hommequi le porte. à peine a-t-elle entrevu un principe.pour ainsi dire. et arrive prornptement à l'abus sanssedonner le tempsde développer son thème : c'est là le côté faible. c'estune chaînenon interrompuedont tousles anneaux sontrivés à la hâtepar It-slois impérieuses de la logique. analyser leurs mélangeset définir les résultats.ce serait peut-être tenter l'impossible. nous avonsétéfrappé de l'harmonie complète qui existe entre les arts du moyenâge et l'esprit des peuples au milieu desquelsils se sont développés. Il nousa parudifficile derendre compte destransformations successives des arts de l'architecture sans donner en même tempsun aperçude la civilisationdont cettearchitecture estcomme l'enveloppe . il faudrait constaterles influencesdiverses qui ont apporté leurs éléments à des livrés différents dans telle ou telle contrée. Or.suivant un ordrechronologique. elle tend à progresserrapidement. Vouloir écrire une histoire de l'architecturedu moyenâge.elle procède par une suite d'essaissans s'arrêter un instant. trouver le lien de ces influences. tenir compte destraditionslocales. Du jour où la civilisation du moyen âge se sentvivre. nous auronsau moinsouvert une voie nouvelleà parcourir.desgoûtset desmSurs despopulations. car il faudrait embrasser à la fois et faire inarcher parallèlementl'histoire relii:ifuse. qu'elle en déduit les conséquences. des lois imposéespar l'emploi des matériaux. toute sympathie pour telle ou telle forme de l'art mise de côté. et si la tâches'est trouvée au-dessus de nosforces.les principesqui les ont fait admettre. maissurtout et avant tout.- IV - avons essayé non-seulement de donner de nombreux exemples des formes diverses adoptées par l'architecture du moyen âge. politique. des relations commerciales. féodaleet civile de plusieurspeuples.Lesarts comprisdanscettepériodede trois sièclesne peuvent. du génie particulier des hommesqui ont exercé une .defaireconnaître les raisonsd'être de cesformes. être saisissur un point .

lutte et transformation. cette classification.dont la croûteaurait changé de natureaprèschaque grandeconvulsion.la divergencesansinterruption possible. La civilisation antique est simple..à chercherles causes de cestransformations. de transition.On peut écrire une histoire desarts égyptien.n'existe oas plusdansl'histoirede nosarts quedansla géologie.par le fait. Tout autre-est la civilisation chrétienne: elle reçoit et donne.et nous croyonsque le moment . une : elle absorbeau lieu de se répandre. et supposerque la civilisation moderne avait procédécomme notre globe. Y action sur les événements. qu'ellea mis la première de l'ordre danslesétudes. lorsque les étudesarchéologiques sur le moyenâge ne faisaientque poserles premiersjalons. Cen'est pasque nous voulionsici blâmerune méthodequi a rendu d'immens-es services. et qu'elle apermisdedéfricher le terrain. à compter un à un tous les chaînonsde cette longuechaîne si bien rivée.mais non aller à l'encontre.tertiaire. et qui dit progrès.dit labeur. Ce n'est pas d'aujourd'hui que les nationschrétiennes occidentales ont inscrit sur leur drapeaule mot « Progrès». c'estle mouvement.nousle répétons. et de la décadence romaine à la renaissance du xvr siècle il n'y a qu'unesuitede transitions sansarrêts. mais.cette classification est de pure convention. On a pu.soit en hâtant leur marche naturelle. toute satisfaisante qu'elle paraisse.et diviser les arts par périodes. tenterune classification toute de convention.par stylesprimaire. on peut le regretter. Ces deuxcivilisations ontdû nécessairement procéder très-différemment dansl'expressionde leurs arts. et se pénétrer de l'esprit encyclopédique.grec ou romain. mais. mais la vie d'un hommene suffirait pas à décrire les transformationssi rapides desarts du moyenâge.en ce qu'elle a posé des pointssaillants. quoiquecomposée d'éléments si divers. soit en la faisant dévier. parce que cesarts suiventune voie dont la pente égale monteà l'apogéeet descend à la décadence sansdévier. religieux et philosophique du moyen âge. ne pasperdre de vue les recherches incessantes d'une civilisation qui se forme. secondaire.

tout en décrivantles. fonctionset les transformations de ces diversesparties. à les disséquer séparément. Il faut reconnaître que le tempsde la négation aveugle est déjàloin de nous: notresiècle cherche à résumer le passé .ont été cause de la répulsion qu'on éprouvait et qu'on éprouveencorepour une étude dont le but n'apparaît pasclairement. Nous n'ignorons pas que cette complicationdesarts du moyen âge. précisémentà causede la multiplicité des exemple? donnés. nousont déterminé à donnerà cetouvrage la formed'un Dictionnaire.l'absencede toi t ordre.Cette forme.- Il - estvenud'étudier l'art du moyen âge comme onétudie le développementet la vie d'un être animéqui de l'enfance arriveà la vieillesse parunesuite detransformations insensibles.puisqu'elle nousoblige.on découvre bientôt la pente naturelle vers laquelle ellestendent toutes. Ces raisons.il faut savoir d'où l'on vient.en facilitantles recherches au lecteur. Ce sentiment estquelquechose de plus profond qu'uneréactioncontre .devoir être plus favorableaux études. etsans qu'il soitpossible dedire lejour où cesse l'enfance et où commence la vieillesse. il semble reconnaître (eten celanouscroyons qu'il estdans le vrai)quepourse frayerun chemin dansl'avenir.Il est plus court de nier que d'étudier : longtempson n'a vouluvoir danscedéveloppement d'unedesfacultésintellectuelles de notre paysque le chaos.profiter de tout ce que les sièclesprécédents ont laborieusementamassé. de touteraison.desélémentsqui entrent dans la compositionde nos monumentsdu moyenAge. sansrendrele discoursconfus et presqueinintelligible. qu'on prend la peinedesuivre leur cours.et combien ellessont fé- condes.nouspermet de présenter unemasse considérablede renseignements et d'exemples qui n'eussent pu trouverleur placedansune histoire. et ceit " rechercheincessa' t du mieux qui arrive rapidementà l'abus. la diversité de leur origine. pour ainsi dire. notreinsuffisance peut-être. cl cependant. mais rigoureusement déduites. Elle nous a paru. qu'on voit sourdreune à une les sources de l'art de l'architecturedu moyenâge.lorsqu'on pénètre au milieu de ce chaos. ont rebutébien desesprits.mieux faire reconnaîtreles diversesparties compliquées.

enAngleterre. les villes.qui forme en quelquesannéesun inventaire fidèle de tous cesdébris. il est constant. qu'elles appartiennent à la politique. apparaît la photographie. Mais c'est précisément parcequecette tendance estautrechose qu'unemode . les monuments et les textes mis en lumière. voient dessociétés se fonder dansleur sein pour la conservation desmonuments épargnés par les révolutionset la spéculation .avecquel empressement les erreurs sont relevées. auxlettreset auxarts.parmi les hommeschezlesquels l'instinct agit plusquel'éducation : ceux-ci semblent se reconnaître dansles Suvres issuesdu génie national. il n'enreste pas moins au fond de la vie intellectuellede notre époqueune tendance généralr et très-prononcée verslesétudes historiques.11 suffit. Et ce mouvementne suit pas les fluctuations d'une mode. si l'amour du passé aparfois étépoussé jusqu'au fanatisme. le budget de l'État. et les exécutantsne nous ont jamais fait défaut. à la législation. devoir avec quelle avidité le publicenFrance.il faut dire même qu'il est surtout prononcé dans les classes industrielles et ouvrières. ce n'est pasd'en basquenoussontvenues lesdifficultés. c'est un besoin du moment: et si quelques exagérations ont pu effrayer lesesprits sérieux.pours'en convaincre (si cetteobservation avaitbesoinde s'appuyer sur des preuves). il est chaque jour plus marqué. Desages dispositions administrativesréunissentet centralisentles documents éparsde notre histoire. il serépandpeuà peu dansles masses. se jette sur touteslesSuvresqui traitent de l'histoire ou de l'archéologie. Il sembleque lesdécouvertes nouvelles viennenten aideà cemouvement général.- VII - l'esprit destructeurdu siècledernier. ne cessede porter dans sescolonnesdes sommesimportantes pour sauverde la ruine tant d'oeuvres d'art si longtempsmisesen oubli. enItalie.enAllemagne et en Russie. Au momentoù la main des artistesne suffit pasà recueillir les restessi nombreuxet si précieuxde nos édificesanciens.au milieu descrises politiques lesplusgraves. et. aprèsavoir pris naissance au milieu dequelques hommes éclairés. Quandil s'est agi de se servir ou de continuerdesSuvresdes siècles passés. les départements.

une critique impartiale et sévère. dans l'étude etl'emploi des matériauxqui peuvent contribuer à rendre à notre pays un artconforme à songénie. qu'il estimportant d'apporter un choixscrupuleux. il nesaurait donc travailler dans l'isolement.à prendre dansun passé qui nousappartienten propre les élémentsd'un art contemporain. ne peuventêtre que limités. cetteétudeestdirigée avecintelligence et soin. Si aujourd'hui nouscherchons à renouer cesfils brisés.Cen'est pas nousqui faisons dévierlesarts de notreépoque. lepoëme aupoète. étroite. Enétudiant . Si cette étude estincomplète. L'architecte quiprétendrait seul imposer un art à touteuneépoque feraitun acte d'insigne folie.- VIII - ouuneréaction.Cesefforts. elleapportera un élémenfdissolvant de plus. nous ne sommes au contraire que les instruments docilesdes goûts et desidéesde notre temps. il est vrai. si l'enseignement élevél'adoptefranchement et anvte ainsi ses écarts.comme le tableau au peintre. Des convictionsisolées. etqui nous conduiraient à la décadence.si fortes qu'elles soient. c'estnotre époque qui nous entraîne Où?Quile sait! Faut-ilau moinsquenousremplissions denotre mieuxla tâche qui nousest imposée par les tendances du tempsoù nousvivons. réunit sous sa main tant d'efforts qui se sontperdusfauted'un centre.les résultatsne se feront pas attendre: l'art de l'architecture reprendra le rang qui lui convient chez une nation éminemment créatrice. ellesera stérile et feraplusde mal quede bien.carlaviede l'homme n'estpas assez longue pourpermettre à l'architecte d'embrasser un ensemblede travaux à la Ibis intellec- tuels etmatériels. elle augmentera la confusion et l'anarchie danslesquelles 1rsarts sonttombés depuis tantôtcinquante ans. l'architecte n'est etnepeut êtrequ'une partie d'un tout: il commence ce que d'autres achèvent. ou terminece que d'autres ontcommencé.au contraire. et c'est aussi pour cela que nousavonsfoi dans nos étudeset que le découragement ne sauraitnousatteindre. ne peuventfaire une révolution dansles arts. car sonSuvrene lui appartient pasen propre.ce n'est pasau profit des goûts de tel ou tel artiste ou d'une coterie.Si.

des monumentsremarquablessurtout à causedu principe qui les a fait élever.- IX - l'architecture du moyen âge. i. si l'on mettait à sa dispositionles perfectionnements apportésdans l'industrie. maisellen'a heureusement jamaisétéle but de nosrecherches. avec ses formules et les principes auxquels il obéissait de son temps. b . en cherchant à répandre cetteélude. uneaffairede caprice ou demode. qui faitque l'artiste peut opposer la raison aux fantaisies souvent ridiculesdes particuliers ou d'autorités peucompétentes. et qu'il puisseêtre initié à nos idéesmodernes. sans style. Cequi manque à tout cela. Jamais peut-être des ressources plusfécondes n'ontétéoffertes aux architectes : les exécutants sont nombreux. de leur fournir les élémentsd'un art oublié. et pouvantamenerpeu à peu une heureuse révolution dans. non commele résultatauqueldoit tendre notre architecturemoderne. cen'est pasà coupsûr pour obtenir desSuvres sans originalité.Si nousregardonsl'étude de l'architecturedu moyenâgecommeutile.En supposantqu'un architecte de ces époquesrevienne parmi nous.c'estune âme . cestentativesne doiventêtreconsidérées quecommedesessais destines àretrouverles élémentsd'un art perdu.intelligents et habiles'de la main. nousdevons déclarerhautement que notre but n'est pas de faire rétrograder les artistes. parce qu'il fausseraitainsi la premièreloi de son art. c'estce principe vivifiant quirendtoute Suvred'artrespectable.et les appliquent sansraison auxédifices du xixesiècle. qui est de se conformer aux besoins et aux mSurs du moment : d'être rationnel.cetteextravagance a pu nousêtre reprochée. pour qu'ils les reprennent tels quels. pour voir reproduire sans choix. l'art. la conséquence denosprincipes. el comme une forme muette. et qu'il puisseporter des fruits aujourd'hui commeil en a produit pendantles xneet xmesiècles. l'industrie est arrivée à un degré de puissance qui n'avait pasété atteint. il ne bâtirait pasun édificedu tempsde Philippe-Auguste ou de saint Louis. trop disposés à considérerl'art comme unesuperfluité. Ona pu fairedes copies plusoumoins heureuses desédificesantérieursau xvic siècle. maisc'est au contrairepour que ce principe soit connu.

c'est l'architecture.ne pouvaient parler que de ce qui frappait leurs yeux. il faut quesa conviction nepuisse êtremiseendoute: or.Nousne craindrons pas de le dire.arabe. ce qui a le plus retardé les développements de la renaissance de notre architecture nationale. Seslois fon- damentales sont lesmêmes dans touslespays etdans tous lestemps : Japremièreconditiondu goût en architecture. c'estd'êtresoumisà . commele corps est soumis i\ l'intelligence. ou de la renaissance? Quedevientl'artiste au milieu de tout ceci? N'est-cepas le costumier qui nous habille suivant notre-fantaisie. mais la connaissance du pourquoidevaitnécessairement manquerà cesclassifications purementmatérielles. il fautqu'il l'ait conçue avec laconviction intime quecette Suvre estémanée d'unprincipe vrai. ne sauraitêtre incomplète et superficielle.qui lui paraissait un jeu bontout au plus pour amuser quel- quesesprits curieux de vieilleries. maisdans la pratique duquelil fallait bien segarderde s'engager. comment supposer qu'on respectera l'artistequi. et pourque l'artiste soit respecté lui-même. C'est qu'eneffet.le goût.Nousavonsvu surgir ainsi de pâles copiesd'un corps dont l'âme est absente.n'étaient pastoujours architectes praticiens. une maison chinoise.mais qui n'est ii-n par lui-même. n'a et ne peut avoirni préférence. l'initiative? Mais l'étude d'une architecture dont la formeest soumise à un principe.n'est pasautre chose.- X - Pourquel'artiste respecte sonSuvre. lui bâtira.pour ne point rester stérile. Les archéologues.suivant le caprice du moment. souvent.ni ce qui constitue avant huit l'artiste créateur. c'est le zèle mal dirigé.s'il estun art sérieux qui doivetoujours être l'esclave de la raison et du bon sens. la connaissance imparfaite d'un art dans lequel beaucoup nevoientqu'uneformeoriginaleet séduisante sans apprécier le tond. soumis à toutes lespuérilités d'un amateur fantasque. renaissance dont on doit tirer profit pour l'avenir. etle bonsens publics'esttrouvéjustement choqué à la vuede reproductions d'unart dontil ne comprenait pasla raison d'être. en décrivantet classant les formes. ni goût propre.gothique. basésur les règlesdu bon sens.

les tâtonnements. qu'ils ne devraient donc pas être aujourd'hui servilement copiés. ce n'est qu'un langagedont il faut apprendreà seservir pour exprimersapensée.l'harmonie nitrc le vêtementet le corps. aux idées du moment.n'ont l'ait que perpétuer "d'unemanièreplus grossièreencoreles erreurs contre lesquellesils s'étaient élevés. ni mêmele rendre stationnait^. on y trouvera aussil'influence. l'unité . une méthode en rmme tempsq Tune grandelil erté individuelle.sansse rendre compte des motifs qui avaientfait adopter ces formes. et lesartistesqui. On rencontrera souventdanscet ouvrage des exemples qui accusent l'ignorance. Il y a deux choses dont on doit tenir compteavanttout dansl'étude d'un art. et le choix dans l'Suvre créée. étant la soumission constante de la forme aux mSurs. le progrèsincessant.même lorsqu'il ne s'agit que de reproduire ou de réparer les parties détruites ou altérées. l'application de ce principe ne saurait faire rétrograder l'art. le contraire de l'immobilité. mais non pour répéter ce que d'autres ont dit.XI - ceslois. Or. Tous les monuments enfantéspar Jemoyenâgeseraient-ilsirréprochables. qu'on veuille bien le remarquer. du xne au xmesiècle. l'incertitude. aprèsavoir blâmé lesimitations contemporaines de temples romains danslesquelles on ne pouvaitretrouver ni le souffle inspirateur qui lesa fait élever. Et dans les restaurations. les règlesgénérales laissent l'architecte sans ressources devantles exceptionsnombreuses qui se présentent à chaque pas. mais.sesont mis à construiredespastiches des formesromanesou gothiques.les exagérations de certains artistes. c'est la connaissance du principe créateur. si l'on élève un édifice neuf. le principe de l'architecture françaiseau moment "oùelle sedéveloppe avecune grande énergie.s'il n'estpaspénétré de l'espritqui a dirigé les anciens constructeurs.l'abus mêmeparfois d'un principe vrai. appliquer telle ou telle forme. ni despointsderapports "avec nos habitudeset nos besoins.il est d'une très-grandeimportancede serendre compte descausesqui ont fait adopter ou modifier telle ou telle disposition primitive.

l'ont toujoursramenée à son génie propre en la relevant aprèsles plus graveserreurs. à la tin du xviir siècle.sorted'aristocratieétrangère. pour produire. Il estbon. car c'estcelui qui l'a possédée au plus haut degrédepuisla décadence romaine.l'hirrnonie dansl'emploidesformes. absorbait sans fruit lesforces vives du pays. qui ne peut se produire qu'à l'aide d'une grande quantité d'ouvriers de tous états.de le reconnaître.une civilisationne peut prétendre posséder un art que si cetart pénètre partout. en se mettantà la placede toute chose en France.méconnaissantces instincts des masses.et il n'a pas dépendu d'eux quHla barbariene gagnâtsansretour ce qui restait en dehors de leur sphère. ils n'ont plus été compris.l'instinctdespropor- tions. En effet. espagnole. Or. et l'artiste a besoin.son instinct.Le pouvoir féodal n'était certainementpasprotecteur de la liberté matérielle. Depuis 1" règnede Louis XIV surtout. ne présentait plus. ont perdu toute influence.Detout tempsla Francea imposésesarts et sesmodesà une grande partie du conti- nent européen : elle a essayé vainement depuisla renaissance de se faire italienne. L'architecture surtout.plusencore peut-être dans les arts que dans la politique. nouscroyons. comme au palais du souverain. de conserverson indépendance. grecque. En se séparantde la foule. molle. qu'il s'applique à la plushumblemaison de paysan ou à la plusrichecathédrale. les rois. de tousles paysoccidentaux de l'Europe. à ce point de faire regretter les der- nières productions du Bas-Empire. L'infériorité d'exécutiondans les Suvres des deux derniers siècles comparativement aux siècles précédents nousen fournit la preuve.car trop longtempsles artistesont méconnu ce sentimentet n'ont passu en profiter. le goût natif qui résidedanstoutesles classes du pays. pauvre et dépourvuede style.toutes lesqualités qui constituent un art..la Franceestencore celui chezqui cetteheureusefaculté s'estle mieux conservée.en voulant être le prin- cipedetout. les artistesont l'ail ou prétendu faire un corpsisolédansle pays. . allemande.s'il fait sentirsaprésence danslesSuvresles plusvulgaires. qu'une exécution abâtardie.- XII - du style. La royautéde LouisXIV.

qu'en eût-on fait au xne siècle! Mais ces pouvoirs séparés. elle s'appuiesurles textes sacrés. ellecommence gravement. d'un homicide?Quel est le peintre ou le sculpteur du xinesiècle qui ait placé un roi dans desnuées.Quelleque soit saforme. leurs espérances. elle esttoujoursfranche. ne songeaità les diriger.et finit au xvepar la caricature. qui durent vivement séduire des populations avides d'ap- prendre. parmi li-s classes supérieures. elle devientsatiriqueà la fin du XIIIesiècle. necomprenaient pas et ne pouvaient comprendrece que nous appelonsles droitspolitiquesdu peuple: on en a mésusé de notretemps. comme lesévèques et lesabbés.il ne semblepas qu'un seul évèque se soit élevé contre ce mouvementnaturel. Avecquellecomplaisance lesartistes de cesépoques s'étendent dansleursSuvressur le triomphedesfaibles.et personne. cetteprotestation necesse deseproduiredans toutes lesSuvresd'art qui décorent nosédifices du moyenâge . et comment supposer d'ailleurs quedeschefs de l'Église. . d'agir.de liberté intellectuelle.rivaux même souvent. dansles peintures et les vitraux. en serépandanten dehorsdes couvents. c'était laque sanscontrainte ellespouvaient protestersilencieusement contrel'abusde la force. et qu'ils sortirent desmonastères pour serépandre danscentcorporationslaïques. que ces populations allaient imprimer leurs désirs. Les arts appartenaient au peuple. Quandles artsne furent plus exclusivement pratiquéspar le clergé régulier. laissaientà la population intelligente et laborieusesaliberté d'allure. A partir du xnesiècle. eussentarrêté un mouvementqui indiquait mieux que tout autre symptômeque la civilisation pénétraitdansles classes moyenneset inférieures?Mais les arts. libre. entraînaient avec eux des idées d'émancipation. cruemême parfois.- XIII - les seigneurs séculiers. qui avaient si puissamment et avecune si laborieusepersévérance aidé à la civilisation chrétienne.C'était dorénavantsur la pierre et le bois. et d'exprimerleurs goûts et leurs tendances. à les faire dévier de leur voie.de vivre. entouré d'uneauréole.sur la chutedespuissants! Quelest l'artiste du tempsde Louis XIV qui eût oséplacerun roi dansl'enferà côté d'un avare.

et finir par confierl'Suvre à un hommequi n'était pasarcliiii'cle. decorn- . etde tout cequi touche à Fart.Cedéfaut!pou- vons-nous le lui reprocher? Il tientàla nature d'esprit denotre p?. quand on étudie nos grandes cathédrales.hardies. elle les aborde toutes. Si nous la comparons à la civilisation païenne. car les arts sont l'énergique expression des idées d'une époque. et toute la cour donner sona\is.'Et m.voyons-nous pas.et il n'y a pasd'art sansl'indépendance de l'artiste.ys. lorsqu'ilfut question d'achever le Louvre. franchement.pleine d'idéesoriginales. et 'a civilisation moderne est loin d'être simple. l'harmonie de toutesles par- tit'N iif démontrent-elles pasqu'uneseule volonté a présidé à l'érection de cesSuvres d'art? cette volontépeut-elle être autre que celle il»' l'arti:-!'''.n'étant jamais à bout de ressources. et ne sut que faire un dispendieuxplacage. le roi. s'occuper desordres. L'architecture. cette étude oblige à cherchersanscesse.depuisle xue siècle jusqu'à la renaissance. et par conséquent elle développepuissammentl'intelligencede l'artiste. noschâteaux et noshabitations du moyenâge. le surintendant des bâtiments. au milieu dans lequelcetespritsedéveloppait. surle système adopté dans leur décoration ou leur construction? L'unité qui règnedans ces conceptions. V Elle abusemêmetrop souventde cette habitude de surmonter des difficultés parmi lesquelles elle aimeà se mouvoir. L'étude des arts du moyenâge est une mine inépuisable.elle ne va cependant les puiser que dans un principe vrai.dont le moindre défaut est de ne se rattacher en aucune façon au monument et de rendreinutile le quart de sasuperficie?Onjauge une civilisation par sesarts. la parfaite concordance' desdétailsavecl'ensemble. Colbert. à proposdesdiscussions qui eurent lieu sous LouisXIV.et ayant à sespieds lespuissants du siècle? Est-ilpossible d'admettre.tenant la foudre.descorniches. Il dénote leseffortsintellectuels d'où la civilisation moderne est sortie. qu'une autre volonté quecellede l'artisteait influésurla formede leurarchitecture. à sesprogrèset à sesconquêtesdont nousprofitons.- XIV - glorifiécomme un Dieu. tenant l'imagination éveillée. ne se laissepasvaincrepar les difficultés.

et si faibles quesoient lesrésultats denosefforts. . si noussavons en recueilliret choisirlesfruits. cettehabitude de raisonner. d'appliquer à toute chose un principe vrai.ou complaisantejusqu'à la bassesse.Si doncnous recommandons l'élude des arts des sièclespassés avant l'époqueoù ils ont quitté leur voie naturelle.ce n'est pasque nousdésirionsvoir élevercheznousaujourd'hui desmaisons et des palais du xmesiècle.- XV - bien de rouages nouveauxne la trouverons-nouspas surchargée : pourquoi donc vouloir revenir dans les arts à des formes simples quand noire civilisation. nousl'espérons du moins. N'aurions-nousque fait naître le désir cheznos lecteurs d'approfondir un art trop longtempsoublié.en dehorsde son siècle. Le principe qui l'a dirigé est trop étrangerà la civilisation modernepour inspirer et soutenir nos artistes modernes: pourquoi doncne pashabituer nos espritsà cesfertiles labeurs dessièclesd'où nous sommessortis? Nous l'avons vu trop souvent.c'est la souplesse. est si complexe? Tout admirable que soit l'art grec. aurions-nouscontribué seulement à faire aimer et respecter desSuvres qui sont la vivanteexpivvsion de nos progrès pendant plusieurs siècles. dont cesarts ne sontque l'empreinte. ils ferontconnaître.que nous croirions notretâche remplie . cette originalité native et telle indépendance qui tiennentau géniede notre pays.qu'entrel'antiquité et notre siècle il s'est fait un travail immensedont nous pouvons profiter. c'est que nous regardonscette étude comme pouvant rendre aux architectes cettesouplesse. notiv architecturegêneou est gênée. seslacunessont trop nombreuses pour que dans la pratique il puisseêtre appliqué à nos mSurs. ce qui manqin1 surtout aux conceptions modernesen architecture. jusqu'au mépris du bon sens. \IOLLET-LE-DUC. cette aisanced'un arl qui vit dans une sociétéqu'il connaît.

.

Cemembred'architecture joue un rôle essentiel danslesconstructions du moyen âge. (taillmr). suivant le lit inférieur du somi. il affecte en projection horizontale la forme carrée.DICTIONNAIRE RAISONNÉ DE L'ARCHITECTURE FRANÇAISE DU XIe AU XVIe SIÈCLE ABAQUE. Le chapiteau. m. Tablette qui couronne le chapiteau de la colonne. Biseauté généralement dans les chapiteaux de l'époque romane primitive (fig. forme un encorbellement destiné à équilibrer le porte à faux du sommier sur la colonne : le tailloir ajoute donc à la saillie du chapiteau en lui donnant une plus grande résistance. 1 . s. recevant directement les nais- sancesdesarcs. 1).

On rencontre souvent des aba- 5 ques circulaires dans les édifices de la province de Normandie. comme ceux des chapiteaux anglais de la même époque. débordant toujours les feuillages et ornements du chapiteau. lorsque les arcs sont refouillés de moulures accentuées présentanten coupe dessailliescomprises dans des polygones. la Cham- pagne. à Eu. les abaquescirculaires apparaissent vers le milieu du xme siècle. nouvelles formes(fig. dans les cha- A piteaux des meneauxde fenêtres (comme à la sainte Chapelle du Palais. mais alors il n'est plus décoré que par des profils d'une coupe très-mâle (flg. A la cathédrale de Goutances. les profils en sont hauts. Son plan reste carré pendant la première moitié du xme siècle. Au milieu du xme siècle. Alors lesfeuillages deschapiteaux débordent la saillie destailloirs (église de Semur en Auxois et cathédrale de Nevers). à Baveux. il estquelquefois décoré de moulures simpleset d'ornements. 3). les abaques inscrivent ces. la Bourgogne et lesprovinces méridionales(ûg. profondément refouillés. particulièrementpendantle xne siècle.commedans les fenêtresdes .bâti vers 1200. 2). Quelquefois. au Mont-Saint-Michel.f ABAQUE 1 - 2 - raierdel'arc qu'il supporte .dans l'Ile-deFrance.commeà la cathédraled'Amiens. L'exemple que nous donnons ici est tiré du chSur de l'église de Vézelay. a Dol en Bretagne. la Normandie. 4).

ABAT-SONS. CHAPITEAU).ni. les abaques sont. suivant que les chapiteaux sontplacés plusou moinsprèsdu sol. les abaques reprennent del'im- portance au commencement du xvi' siècle(voy. Jusqu'alors lesbaies desclochers étaient petites et étroites. car ces rapports et le caractèrede ces moulures semodifient. Au xv' siècle.et pour renvoyer le son descloches versle sol. Cen'est guèreque pendantle xnr siècle qu'on a commencé à garnir lesbeffroisd'abat-sons. quelquefois mêmb les feuillages qui décorent le chapiteau viennent mordre sur les membres inférieurs de leurs profils. s.que dansles partiesbasses ils sont plus minces et finementmoulurés.le plussouvent. de1230 à 1250. les ornements enveloppent la moulure de l'abaque. pris dans l'assise du chapiteau . les abaquesne font pas partie du chapiteau. m.Depuis le milieu du xine siècle jusqu'à la renaissance. Pendant la période romane et la première moitié du xme siècle.qui se cachesouscetexcèsde végétation. 6). ils remplissentréellement la fonction d'une tablette servant de supportet do point d'appui aux sommiersdes arcs. peusaillants pendant le xiv'siècle sous l'influence del'architecture antique. [ ABAT-SONS ) chapelles latérales de lacathédrale de Paris). maigres. les beffrois restaientexposés à l'air libre. en perdant de leur importance comme moulure. On ne trouve . les abaques sont très-épais. recouvertes de plombou d'ardoises. tance. Pni-. les abaques Vers lafinduxin* siècle lesabaques diminuent peu àpeu d'impor(fig.etdisparaissent presque entièrement pendant lexvc (fig.mais aussiselonla placequ'occupent leschapiteaux. non-seulement suivant les progrès de l'archi- tecturedu moyenâge. ils deviennent bas. largement proMlé-. entre la saillie et le galbe de sesmoulures et la disposition desfeuillages ou ornements. Le rapport entre la hauteur du profil de l'abaque et le chapitr.Dansles partiesélevées desédifices.3sontcirculaires(fig.Au xur siècleprincipalement. 5). tandi.et leurs profils sont plus ou moinscompliqués. C'estle nom qu'on donneaux lamesde bois. 7). les abaques sont plus ou moins épais.. ils sont pris dans une autre assisede pierre . qui sontattachées aux charpentes des beffroispour les garantir dela pluie. est fort important à observer.

On dit : chapelles absidales.[ ABSIDE ] - i - detracesd'abat-sons antérieurs au \\< siècleque dans lesmanuscrits (fig. f. (Voy. soitpar despanscoupés. s.on l'emploieaujourd'huipourdésigner le chevet. c'est-à-direchapelles ceignantl'absideprincipale.V. (quelques-uns disentapside}.) ABAT-VOIX. l'extrémité du chSur. C'est la partiequi terminele chSur d'une église. s. CHAIRE. ABBAYE. f.Ils étaient souvent décorés d'ajours.soit par un hémicycle. l'églisede Dol (Bretagne). et même leschapellescirculaires ou polygonales destranssepts ou du rond-point. BEFFROI . s. ARCHITECTURE MONASTIQUE. -Voy. . ABSIDE. soit par un mur plat.abside carrée:la cathédrale deLaon. oudegaufrures surles plombs.sontterminéespar desabsides l . Bienque le mot abside ne doive rigoureusement s'appliquerqu'à la tribune ou cul-de-four qui clôt la basilique antique. de dents descie (fig.1). m.2) à leur extrémité inférieure.

du centrede la France.de Cham- pagne. tandis qu'en Provence.on voit desbascôtés et deschapelles rayonnantescirconscrirelesabsides de certaines églises de l'Auvergne. des églisesdu Thor (fig. l'influence romaine domine. Les absides deséglisesde Provencesont généralement dépourvuesde bas côtéset dechapellesrayonnantes jusque versle milieu du xmesiècle.ainsi que beaucoupde petites églisesde l'Ile-de-France. de Tournay en Belgique. et plus tard celles des cathédrales de Lyon. et en remontant le Rhône et la Saône. tandis que celles des provinces plus voisines du Nord sont élevées sur un plan circulaire.. Certaines églises ont leurs croisillons terminés par des absides semi-circulaires : telssont lestranssepts descathédrales de Noyon. de Bourgogne. des églises de Saint-Macaire prèj de Bordeaux. 2).5 [ ABSIDE ] carrées.ce modes'étendpendantle xuesiècle . Tellessont les absides des cathédrales d'Avignon.u commencement du xme.l)(Vaucluse). deséglisesde l'Angoumois et de la Saintonge. deBretagne et deNormandie. de Viviers. de Béziers. deChauvigny (Basse). c'est l'influencegréco-byzantine qui se fait sentir jusqu'auxme siècle. Dans le midi de la France la disposition de l'abside de la basilique antique se conserve plus longtemps que dans le nord. d'Autun. du Poitou. 3). toutes églises bâties pendant le xije siècle ou . leurs voûtesencul-de-foursontplusbasses quecelles du transsept. Saint-Martin de Cologne. dèsla fin du xie siècle. de Soissons. Cependant. de Cosne-sur-Loire ~ =^X 3 (fig. Mais il estnécessaire deremarquerque les absidesdes églisesde Provencesont généralement bàlk-s sur un plan polygonal. Dans les provinces du centre.de la cité de Carcassonne.dans le Poitou (fig.

ce ne sont guère que des niches moins élevées que les bas côtés.ôj : ces chapelles sont alors petites. en Normandie. Ici. les absides des églisesne se garnissent guère de chapelles rayonnantes que vers le commencement du xme siècle.[ ABSIDE ] - 6 - jusqu'à Toulouse.0 > xive siècle (fig. et souvent les chSurs sont seulement entourés de bas côtés simples. Dans l'Ile-de- France.Telles sont les absides de Saint-Hilairede Poitiers (fig. espacées. avant l'adjonction des chapelles du Ut 1. sauf quelques exceptions. comme à Saint-Denis. Ce n'est point là cependant une règle générale : l'abside de l'é- glise de Saint-Denis l_ possède des chapelles qui datent du XIIesiècle. il enestdemêmedans le chSur de l'église de Saint-Martin desChamps. de Saint-Sernin de Toulouse. comme dansleséglisesde Mantes et de Poissy.de Saint-Etienne de Nevers. de Notre-Dame du Port à Clermont. 7). comme dans les églises Saint-Rémi de Reims et de Yézelay ffig.à Paris (fig. et cette grande chapelle centrale. i). ou dou- bles. à Char- tres et àBourges(fig.ainsi que cela existait autrefois drale de à la cathéParis. Ceplan présente une particularité : c'est cette travée plus large percée dans l'axe du chSur. constructions élevées pendant le xne siècle ou les premières années . On voit poindre les chapelles absidales dansles grands édifices appartenantau style de l'Ile-de-France. 5). etprennent déjàune grandeimportance . 8).

Les constructions des absides et chapelles absidales qui conser- vent le plan circulaire dans les édifices anté- rieurs au xmesiècle. nous en ont laissé de remar- quables exemples.d'Amiens((ig. qui produit en exécution un grand effet. Les chenets des cathédrales de Reims. C'estpendantle cours du . placée dans l'axe de l'église et dédiée à la siinte Vierge.9) et de Beauvais . et sont en communication entre elles par une sorte de double bas côté étroit. abandonnent ceparti avecla tradition romane. .élevés de 1220 à 1270. commence à_ prendre une importance qui s'accroîtpendant le xive siècle. pour former bientôt unepetite église annexée au chevet de la grande.1 [ ABSIDE ] du xine. on remarque une disposition de chapellesqui sembleappartenir aux églises abbatiales. peu profondes. Ces chapelles sont largement ouvertes sur les bas côtés. 10). comme à Saint-Ouen de Rouen (fig. C'estalorsque la chapelle absidale. comme à la cathédrale de Rouen..xin1' siècle que les chapelles absidales prennent tout leur développement. et plus tard dans presque toutes les églises du xve siècle.

parmi ks plus remarquables. Dansleséglises de 1 II faut dire que l'abside carrée de la cathédrale de Laon a été rebâtie vers la seconde moitié du xme siècle. Ce mode de clore le chevet des églisesest surtout convenablepour des édificesconstruits avecéconomie et sur de petites dimensions. Nous mentionneron églisesà absides jumelles. qui sont terminées pur des absides carrées et un grand fenestrage comme la plupart des églises anglaises. xne siècle.xne siècle (Tarn-et-Garonne). xme siècle.plus facileà combineravec le système des voûtesà nervuresalors adopté. Toutefois nous avons cité ---1053--. près de Bayeux . la cathédrale de Laon ' et l'église de Dol. 11). l'église dcVaren. ainsi que des fouilles récemment faites l'ont démontré. cetteabside étaitcirculaire.Originairement. fin du xive siècle. près de Mantes. de Clamecy. nous un connaissons plusieurs exem- ples.lesquelles ne peuvent s'appareiller convenablement sur un plan circulaire. de Gassicourt. avec liascôtépourtournant le sanctuaire.et avecl'ouverturedes grandesfenêtresà meneaux. 13). les absides carrées ne se rencontrent guère que dans desédificesd'une médiocre importance. En France. . particulièrement citerons dans les le Nord e( la Bourgogne. et l'église du Taur à Toulouse. 12). de Vernouillet (fig. XIIIe siècle.Aussi a-t-il été fréquemment employé dans 11 les villages ou petites bourgades. et.[ ABSIDE] - 8 - pour se renfermerdansle plan polygonal. Nous absides carrées des églises de Montréal (Yonne).fin du xivc siècle (fig. circonscrite parle bas côté. de Tour (fig. xive siècle.

de l'église Saint-Ouen de Rouen. (Voy. par la nature même de la construction.celui où s'exerce le culte. c'est toujours sousl'absidequesetrouventplacées lescryptes . s. de Narbonne.) Parmi les absidesles plus remarquableset lesplus complètes. on a toujoursdû hésiterà modifier des dispositions traditionnelles.. se trouve-t-il élevé de quelques marches au-dessus du sol de la nef et des transsepts. d'Auxerre. de Brou.Les églises de Saint-Denis en France et de Saint- Benoît-sur-Loire présententdesexemples completsdecryptes réservées sous les absides. de Reims.des églisesde Pontigny. . cette partie desmonuments religieux du moyenâge estla plussolide.9[ ACCOLADE ] fondation ancienne. de Séez. de Bourges. rebâtir les absidespour les remettre en harmonie avec les nouvelles dispositions. CRYPTE. et qui setrouve. de l'église du Mont-Saint-Michel en mer. xne et xme siècles. de Saint-Sernin à Toulouse.de Beauvais.de Semur en Auxois. des cathédrales de Limoges. Généralementles absidessont les parties les plus anciennesdes édifices religieux : 1° parce que c'est par cette partie que la construction des églises a étécommencée . et elles ont été motivéespar des accidents particuliers. de Chartres. de l'Abbaye-aux-Dames à Caen. autant par suite de cettedisposition que par tradition. de Brioude. Saint-Eustache de Paris. à peineapparentes(fig. mais elles sont assez rares.on peut citer cellesdes églises d'Ainay à Lyon. 2° parcequ'étantle lieu saint.aux incendies. à leur origine. i) . Ce n'estguèrequevers la fin du xivesiècle que l'on commence à employer ces formes engendrées par des arcs de cercle. 3° parce que. on a dû. xvie siècle. de Vézelay. ou parce que. aprèsque celles-ciétaient élevées. deséglises Saint-Pierre de Caen. et qui semblent uniquement destinées à orner les facesextérieures deslinteaux. tournée versla meilleure exposition. aussile sol desabsides. Lesaccolades sont. ACCOLADE.particulièrement dans l'architecture civile. de Fontgombaud. et construites de manière à relever le pavé des ronds-points de quinze à vingt marches au-dessus du niveau dutranssept. des sanctuairesanciensayant été conservés pendant que l'on reconstruisait lesnefs. dansnotre climat. de Notre-Dame du Port à Clermont. Il est cependant des exceptions à cette règle. xve siècle.cellequi résistele mieux aux poussées desvoûtes.xive siècle.delà cathédralede Toulouse. des cathédrales de Paris. On donne ce nom à certaines courbes qui couronnent les linteaux desporteset fenêtres. f. d'Albi. xie et "XIIe siècles. d'Amiens.

au commencement du xviesiècle. pour permettre aux personnes assisesdans deux -talles voisines de s'accouder sans se gêner réciproquement (fig. sontplusaccentuées (fig. lesarcatures . C'est le nomque l'on donne à la séparationdesstalles.3).2). soit par . 1).seretrouventdanslesplus nie-nusdétails des galeries. décorentlessommets deslucarnesde pierre. Cette courbe se trouve appliquée indifféremment aux linteaux de pierre ou de bois.des balustrades. STALLES).) ACCOUDOIR. CONTRE-COURBE. Les accoudoirs sont souvent supportés. desclochetons. m.f ACCOUDOIII ] 10 -" plustard elles sedégagent. etaccompagnent presque toujourslescouronnements des portes. Lesaccoudoirs des stalles sont toujours élargis à leur extrémité en forme de spatule. dans l'architecture domestique. prennentunegrande importance(fig.(Voy. puis. s. et qui permet aux pri>unnes assises de s'accouder lorsque les miséricordes sont relevées(voy.despinacles.

une statue de la sainte Vierge. dans le musée des monuments français. par parties.xvesiècle. de Simorre.ou par descolonnettes (fig. Souvent aussi on doraitet l'on peignaitla statuaireen albâtre. de la fin du xive siècle. (Voy. STATUAIRE. 2). Cette matière a été fréquemment employée dans le moyenâge. Un voit encore de beaux accoudoirs dans les stalles de la cathédrale de Poi- tiers.xvie siècle.pourfairedesstatues detombeaux et souvent même les bas-reliefs décorant ces tombeaux. de Gassicourt. s. des églises de Saint-Bertrand de Comminges. Au Louvre. en France. de Saint-Géréon de Cologne.xmesiècle.de l'abbaye dela ChaiseDieu. C'estun morceau de fer ou de bronze qui sert à relier "ensemble deux pierres. On désigne aussipar aigui/'e l'extrémitédu poinçond'unecharpente qui percele «comble et se décore d'ornements de plomb. quelquefoisc'est le contraire qui a lieu.de Saulieu.Lesartistes du moyenâgepolissaient toujoursl'albâtre lorsqu'ilsl'employaient pour la statuaire. Les belles sta- tues d'albâtre de cette époque. POINÇON.la tablesur laquellerepose "cette figureétaitincrustée d'ornements demétal.d'Amiens.des têtes. AGRAFE.on rencontre de belles statues d'albâtre provenant de tombeaux. lorsqu'elle est fort ai^ùe. il en est une. d'Auch. enlaissant aux nusla couleurnaturelle.Le musée deToulouse renferme de belles statues d'albâtre arrachées à des tombeaux.qui est un véritable chef-d'Suvre.du milieu du xin" siècle auxvie. d'Anclleau.maisàdesdegrés différents. du xive siècle.qui estd'une grande beauté. dansl'église de Saint-Denis.) ALBATRE. 1).de Saint-Denis en France. XIVe siècle. de Flavigny. s. àms cellesdeséglises deBamberg. plus grandequenature.d'albâtreoriental. ne sont pasrares.des cathédrales d'Albi. dans la cathédrale de Xarbonne. malheureusement cette matière ne résiste pas à l'humidité. vers la fin du xve siècle. Il existe. s. des églisesde Notre-Damede la Roche. (Voy.d'un archevêque de Xarbonne. On donne souvent ce nom à la terminai-nn pyramidale d'un clocher ou d'un clocheton.- Il - [ ALBATRE ] "des animaux. (Voy.provenantdu châteaude Gaillon. probablement decuivre doré. CHAÎNAGE.) . m. d'albâtregris.) AIGUILLE. des ornements découpés se détachant sur du marbre noir (fig. dont on ne trouve que les attaches.des figures. Ainsi. TOMBEAU. FLÈCHE. f. entretoutes. et desretables. de Montréal (Yonne). f.souvent lesnussontlaissés à peu près matset les draperiespolies. L'exemple que nous donnons ici provient des magasinsde Saint-Denis.

Le représentantsuprêmedu pouvoir féodal. on commença à paver les voiespubliques. uneville setrouvait mal alignée. à moins de procéder à l'alignement d'une vieille cité par voie d'incendie.un assezgrand nombre de villes fondéesd'un jet pendant les xn%xmeet xive siècles. Il n'en est rien. on ena conclu.au milieu desruines ou à l'entour de mauvaises cabanes.ou plutôt ne l'était pas du tout. Philippe-Auguste eut. Lf pouvoir féodaln'avaitpasà sadisposition noslois d'expropriation pour caused'utilité publique.la garnir de remparts réguliers. Ce n'était pas par goût qu'ils vivaient au milieu de rues tortueuses et mal nivelées. mais il n'avait pas à contraindre les pouvoirs féodaux ayant leurs juridictions dans la cité.[ ALIGt<EMENT\ - 12 - ALIGNEMENT.un peulégèrement.en France. n'avait aucun moyen de faire élargir et rectifier les rues de sesbonnesvilles. Dece que la plupart desvilles du moyen âgese sont élevéessuccessivement sur des cités romaines ou sur les villages gaulois. en effet. m. l'odorat tellement offensépar la puanteur qui s'exhalait des rues de Paris. mais tenir compte des mSurs et des habitudesde leur temps.ils savaientparfaitement la percer. qu'il résolut de les empierrer pour faciliter l'écoulement deseaux. Il pouvait faire paver des rues et acheter des maisonsqui se trouvaient sur son domaine. De son temps. que chacunpouvait bâtir à sa fantaisieen laissantdevant sa maisonl'espace juste nécessaire à la circulation. comme Néron à Rome. par suite de l'agglomération suc- cessive desmaisons.ce qui n'eût pasété du goût desbourgeois.pas plus qu'aujourd'hui. Nouspourrions citercomme exemples les . le roi. y réserver des places avec portiques.alignéescomme le sont lesvilles de l'Amérique du Nord bâties par les émigrants européens. Il existe. il fallait bien en prendre son parti : car si tout le monde souffraitde l'étroitesse desrueset deleur irrégularité. y élever des fontaines etdes aqueducs. et quand. à se soumettre à un projet d'alignement ou de percement.car lorsqu'ils bâtissaient une ville neuve.à céder un pouce de terrain pour élargir la voie publique ou rectifier un alignement. à démolir sa maison bénévolement.personne n'était disposé. dit-on. avant de les blâmer. s. d'édifices publics. quel'édilitéau moyen âge n'avaitaucune idéede ce que nousappelons aujourd'hui lesalignements desrues d'uneville. Il ne faut donc pas trop taxer nos aïeux d'instincts désordonnés. de leur respectpour ce qui existait.

l'allège est souvent décoréepar desbalustrades aveugles.et surlequel portentlescolonnettes ou meneaux qui divisent la croisée dans les édifices civils(fig. 1). Villeneuve-le-Roi.2). la ville de Sainte-Foy (Gironde) : toutesvillesbâtiespendantle xmesiècle. ALLÈGE.d'armoiries. n'ayantque l'épaisseur du tableau. commeà l'ancienhôtel dela chambre des comptes deParis(fig. la ville de Monpazier en Périgord.k). 3). bâti par LouisXII. "Villeneuve-l'Archevêque en Champagne. la moulure ou lescolonnettes qui servent de pied-droit à la fenêtre etl'encadrent. à la maison de JacquesCSur à Bourges(fig. etl'allège estrenfoncée (fig.1). la ville neuve deCarcassonne.Au xivesiècle. Au xve siècle._ 13 - t ALLÈGE ] villesd'Aigues-Mortes.f. hauteur du plancher. descendent jusqu'au bandeau posé à. lesallèges des croisées sontaunu du parement extérieur du r mur de face. Mur minceservant d'appuiaux fenêtres. s. dont nous donnons le plan (fig.de devises et d'emblèmes.Pendant les xr. de chiffres. indiquant bienainsi qu'elle n'est qu'un remplissagene tenant pasau corpsde la construction. commeon le voit encore dansun grand nombre de maisonsde Rouen. au xvie siècle. xne et xine siècles. et dansquelques maisons .

on voitrepré- sentée. sculptés pendant les xme et xivc siècles.14 d'Orléans. f. et l'allège fait corpsavec lesparements extérieurs . lésâmes sont représentées par des formes humaines.et porte son âme entre sesbras comme on porte un enfant. ayant les bras croisés sur la poitrine ou les mains jointes.[ AMES ] . Danspresquetousles bas-reliefs de la mort de la sainte Vierge. Cetteâme est représentée .parfaitement propres à recevoirde la sculpture. AMES (LES). à la droite du Christ. quelquefois mf-rne le meneau descend jusqu'aubandeau du plancher. iS'otre-Seigneur assiste aux derniers moments de samère. La statuairedu moyen âge personnifie fréquemment les âmes.quelquefois nues.Parmi lesfigures qui décorent lesvoussuresdesportes principales de nos églises. sou- vent drapées. Dansle curieux bas-reliefqui remplit le fond de q *"'** i\ l'arcade du tombeau de Dagobert à Saint-Denis (tombeau élevé parsaint Louis). JUGEMENT DERNIER). dansles bas-reliefslégendaires. lorsque lesallèges sont accusées à l'extérieur. jeunes. lesassises sont continues. l'âme de Dagobert soumiseà diverses épreuvesavantd'être admiseau ciel. les tombeaux. plustard. 1) : ce sont de petites figures nues.elles sontfaites d'un seulmorceau poséen délit.sousla forme d'un personnagenu. ' les vitraux.La construction de cette partie desfenêtressubit diversesmodifications : dansles premierstemps. ayant le front ceint d'une couronne. et les deux partiesde l'allège ne sont que des remplissages. dans le tympan desquelles se trouve placé le jugement dernier. deux dalles posées de champ. s. mi remarque souvent Abraham portant des groupesd'élus dansle pan de son manteau (fig.Dansles bas-reliefs représentantle jugement dernier (voy.

devait inspirer les habiles artistes de cette époque. un pignon. que l'on représente quelquefois sortant de la bouche du mourant. le Christ la remetentre lesbrasde deuxanges qui descendent du ciel. AMORTISSEMENT. une peinture du xiie sièclede la mort dela Vierge : ici l'âmeestfiguréenue. 2). Nous donnons un bas-relief en bois du xin" siècle existant à Strasbourg. s. dansla chapelle du Liget (Indre-et-Loire).15 [ AMORTISSEMENT ] alors sous la figure d'une jeune femme drapéeet couronnée. est toujours figurée nue. h la partie d'architecture qui termine une façade.danscecas. On voit. desportes. il est toujours traité avec amour et exécuté avec soin. et sousla figure humaine. derocailles. Mot qui s'applique au couronnement d'un édifice. deslucarnes. empreint d'une tendresse toute divine. descou- poles. jeune et sans sexe. les mains jointes. la possession desâmes desmorts est souvent disputée entre les anges et les démons. le mot . m. de consoleset de volutes. l'âme. Cecharmant sujet. décorés de vases. ces frontons contournés. Il est particulièrement employé pour dési- gner cesgroupes. une toiture. un contre-fort.si fréquemment employéspendantle xvie siècle dansles partiessupérieures desfaçades desédifices.. Dans la période qui précède la renaissance. Dansles vitraux et les peintures. et dans lequel ce sujet est habilement rendu (fig.

des rinceaux (fig.5). Onaaussi employé.Les têtes des contre-forts de la chapelleabsidalede la Vierge à la cathédraled'Amiens. des croixde Saint-André (fig. remplaçaient alors les chaînages. de même que certains fleurons placésà la pointe despignons. 3). s. xuiesiècle(fig. dans les constructions civiles du xvesiècle. Pièce de fer placée à l'extrémité d'un chaînage pour maintenir l'écartement des murs (voy. 2). les crampons scellés dans les pierres. . CHAÎNAGE). 2).[ ANCRE] - 16 - amortissement est également applicable à certains couronnements ou terminaisons : ainsi on peut considérer l'extrémité sculptéede la couverture en dallage de l'abside de l'église du Thor (Vaucluse) comme un amortissement(fig. quelquefois. Les ancres étaient bienrarement employées dans lesconstructions antérieures auxvesiècle. sont de véritables amortissements. dans quelques maisons duxvesiècle. bâties avec économie. pendant les xme (fig. présentant des croix ancrées (fig. dansdesmaisons particulières. 3). 1).Mais. qui lesrendaient solidaires. 1). Cesancres affectent alors des formesplus ou moinsriches. xive et xve siècles. h}. f.desancres deboisretenues avec desclefs également debois(fig. deslettres (fig. ANCRE. on voit souvent des ancres apparentesplacéesde manière à retenir les parements extérieurs des murs.

vitraux et peintures.les Archanges. le troisième. les légendes où leur place est marquée. il existedansl'églisedeSaint-Chef(Isère)une représentationdela hiérarchie desangesqui datedu.- 17 - [ ANGE 5] et reliant les solivesdesplanchersavec les sablièreshautes et basses des pans de bois de lace. les Principautés. i. s. sures.lesDominations. lesPuissances .pour deplus amplesdétails. ils jouent un grand rôle dans la décoration extérieure et intérieure deséglises. Les représentations d'anges ont été fréquemment employéesdans les édifices du moyen âge.\iic siècle(voy. La cathédrale de Chartresprésenteun bel exemplesculptéde la hiérarchie desangesau portail méridional (xiuesiècle). les Séraphins. soit religieux.Lesangesse divisent en neuf chSurs et en trois ordres : le premier ordre comprend les Trônes. les histoires de la sainte Vierge. soit civils.les Anyes.Comme peinture. m.les Chéi^ubins. les Vertus. ANGES. le deuxième. ~ 3 . Sans parler ici des bas-reliefs. tels que les jugements derniers. La chapelle de Vincennesen offre une autre du xvesiècle.La porte nord de la cathédrale de Bordeaux donne aussiune série d'augescomplète dansses\ous- " "*. la savantedissertation de Didron dansle Manueld'iconographie chrétienne.

lesinstruments dela passionde Xotre-Seigneur.en marire(fig.des anges occupent une place analogue dans l'arcature inférieure . dont les poses sont pleines de vérité et de grâce.on voit une admirablesériede statues d'anges placées dans lesgrands pinacles descontre-forts(fig. La même dispositionse trouve à la nord de la cathédralede Bordeaux (fig. . nu-pieds. JU. A la porte de Paris. A la porte centrale de la cathédrale deParis.du xnesiècle.on voit un ange fort beau. semblent assister à la grande scène du jugement dernier. et forment autour du Christ triomphant comme une dnuble auréole d'esprits célestes. 71). et ces figures. dessus du Jugement dernier. ou les différents ob- jets nécessaires au sacrifice centrale drale de la sainte de la cathéau- messe. 1). comme toute la sculpture de cette admirable porte. et tenantdansleurs mains le soleil ei la lune. Au muséede Toulouse. 3). provenant d'une Annonciation.Cesanges sontreprésentés drapés.I ASGES ] - 18 - p. i). et tiennent des couronnes entre les sujets peints représentant des martyrs (fig. deuxanges de dimensions co- lossales. de verre bleu avec dessins d'or. les ailesouvertes. desanges sont placésà l'inférieur. placés des deux eûtes du Christ triomphant. à Chartres.Cette disposition est unique. ils sont peints et dorés. ont été exécutées avec une perfection inimitable. les deux premières voussures sont occupéespar desangesqui. se détachent sur des fonds incrustés. dans les tympans du triforium (fig. à Amiens vi iv.A la cathédrale de Reims. Il est de grandeur naturellr. A la cathédrale ""!<" Nevers. A la sainte Chapellede Pari?. 5).EMENTDERNIER). 2). sortant à rni-corpsde la gorge ménagéedansla moulure. tien- nent les instruments de la passion. bien que la sériene soit pas complète et qu'on ne trouve ni les séraphins ni les rhrrubins.

7). 6). de la. Le* anges sontsouvent thuriféraires.et sespiedsnus portent sur un dragon dévorantun arbre feuillu. il existe un pilier. sainte Vierge.ces angestiennent une navette. ils sont placésà côté du Christ. ce motif a été fréquemment 7 "employé dans les églises desxiveet xvesiècles. tenant le soleil et la lune (fig. xine siècle. Cetange estnimbé.- 19 - f ANGES ] tient un sceptrede la main gauche. Au-dessusdu Christ triomphant delà porte nord de la cathédrale de Bordeaux. Dans la cathédrale de Strasbourg. dans ce cas.on voyait autrefoisune séried'anges jouant de divers instruments de musique . et même quelquefoisà côté des saints martyrs. Cette représentation symbolique se trouve généralement employéedans les crucifiements(voy.lesmanches desatunique sont ornées de riches broderies. Presquetoujours. Miie siècle (fig. lesdemi-tympans de l'arcature bassesont décorés de statues d'anges à mi-corps. on remarque deux angesen pied. dit « pilier des Anges ».CROIX . . de la main gauche. au sommet duquel sont placéesdes statues d'angessonnant de la trompette. 8). sortantd'une nuéeet encensant lesmartyrspeints dansles quatrefeuilles de cesarcatures (iig. Cesanges sont nimbés. Surlesamortissements qui terminentlespignons ou gables àjour deschapelles du xrvesièclede l'absidede la cathédrale deParis. A la sainte Chapelle. CRUCIFIX).

l'Apocalypse étant considérée commeune prophétie. ANIMAUX. le quatrième à un aigle. d'yeux devant et derrière : le premier animal est semblable à un lion.[ ANIMAUX 1 - 20 - Laplupart desmaîtres autels descathédrales ou principales églises de France étaientencore. Il existait à Chartreset à la sainte Chapelle du Palais. » La flèche centrale de l'église de l'abbaye du Mont-Saint-Michel était couronnée autrefois par une statue colossalede l'archange siiut Michel terrassant le démon.et. xin% xrv* et xve siècles.étaient couronnésde figures d'anges de cuivre ou deplomb. aux quatre anglesdu trône.cependant saintJean. 9). aux angles desclochers. vers le vne siècle.>li> comblesdes absides. desquatreanimaux. par la raaiiiciv dmit leurs ailes étaient disposées. qui sonnaient de la trompette. s.. m. iv et v) voit dans le ciel entr'ouvert le trône de Dieu entouré de vingt-quatre vieillards vêtus de robes blanches. On lit. recouvertesde plomb. Lessommetsdesflèchesde bois. ne pouvaitsonger à cettepersonnification.. l'ange (l'homme ailé) à saint Mathieu.. vu) : « . des devises . Je vis quatre anges qui se te» liaient aux quatre coins de la terre. le troi- sième à un homme. des harpes et desvasesd'or entre leurs mains. une suite d'angestenant des phylactères(fig. avant les incendies des charpentes. Toutefois. entourésde colonnesde cuivre surmontées de statuesd'angeségalement de métal.. Cettevision mystérieuse fut bien des fois reproduite par la sculpture et la peinture pendant les xiie.quatre angestiennent desoutres. Pen- . il y a un siècle. sont quatre animaux ayant chacun six ailes et couvert-. des culs-de-lampe.la personnification desquatreévangélistes : le lion à saint Marc.. le veau à saint Luc.commeà NotreD. la personnification ou le signe desévangélistes. qui se voyait de dix lieues en mer. on voit. on en a fait des supports.. en écrivant sonApocalypse.tenant les instruments de la passion ou desflambeaux (voy.avec descouronnes d'or sur leurs têtes. dès les premiers sièclesdu christianisme. et qui retenaient « les quatre vents du monde.iiur <lcParis. comme à l'église de Saint-Père sousVézelay. on a abusé des repré- sentationsd'anges pendant les xvc et xvie siècles. servaient de girouettes. chap. qui date du commencement du xvie siècle.ALTEL). au-dessus des dossiers desstalles. le second à un veau.A la basede la flèche de pierre de l'église de Semur en Auxois. On leur a fait porter des armoiries.Cependantelle ne le fut qu'avec des modifications importantes. Dans l'intérieur de la clôture du chSur de la cathédrale d'Albi.suivantle texte de l'Apocalypse(chap.Des angessonnant de la trom- pettesontquelquefois posés aux sommets despignons. Saint Jean (Apocalypse.des anges ainsi placés.ces quatre animaux sont devenus. Dans les constructions civiles. l'aigleà saintJean. ou l'extrémité des croups.

entouré des quatre animaux nimbés tenant desphylactères.surles contre-fortsdesfaçades. est eno. entouré desquatre animaux et desvingt-quatre vieillards placésen deux groupes de chaque côté du trône. on retrouve.maisne possédantchacun que deux ailes.desquatre évangélistes. la sculpture. sont sculptés les vingt-quatre vieillards. l). Plus tard. dans le linteau. dans le tympan de la porte centrale. Au portail occidental de l'église de Moissac. on voit aussi le Chrisl ^ntouré desquatre animaux seulement. le texte de saint Jean est assez exactementrendu. aux quatre angles saillantset rentrants des deux ébrasements de la porte. dans les angles laissés par les encadrements qui circonscrivent les rosés. les traces du Christ sur son trône. comme à la tour Saint-Jacquesla Boucherie de Paris (xvr siècle). Ils sont posés comme au portail principal de Notre-Damede Paris. Au portail extérieur de l'église de Vézelav. déjà fort avancéecomme art. au xme siècle. admise par tous. les vingt-quatre vieillards sont disposésdans les voussures de la porte. au-dessousdu Christ. dansles clefs de voûtes.Au portail royal de la cathédrale de Chartres(fig. et mémo dans les chapiteaux des piliers de chSurs.les quatre animaux n'occupent plus "quedes places très-secondaires. le Christ sur un trône. L'ordre observé dans la vision de saint Jean se perd.- 21 - [ ANIMAUX ] dant le xne siècle.sousles apôtres. on voit représenté. .nv toute symbolique . et dépourvusde ces yeux innombrables.sur le tympan de la porte. par exemple. dans les tympansdespignons. On les retrouve aux angles destours. et les quatre animaux ne sont plus là que comme la personnification.

personnification du diable. drapés. La diV. symbole de la vigilance. delà cruauté. Cependant nousciterons un exemple çurieus de statuesclY-vanu.Le lion. ou deuxtètespour un corps. lt). la si- rène . des balustrades. le pélican.capuchonnés. à Vézelay. au xnesiècle.PP. LesBestiairesdes xiie et \ine siècles attribuaient aux animaux réels ou fabuleux des qualités symboliques dontla traditions'estlongtemps conservée dans l'esprit des populations.ilsaccompagnent souvent lesévangélistes. possédant deuxcorps pour unetète.dansles pinacles àjour.qui portent entre leurs brasles animaux -yinholiques.rendus toujoursavec unegrandeénergie. auquel on prêtait des vertus si merveilleuses(voy. grâce aux innombrablessculptureset peintures qui couvrent nos anciens monuments. la chouette. quelquefois moitié hommes. Les balustradesde la cathédralede Reims sont surmontées d'oiseaux bizarres.[ ANIMAUX ] - 2'2 - Avant le xme siècle. tous ces animaux se rencontrent dans les chapiteaux desxu' etxme siècles. en se découpant sur le ciel. l'aspic. à Reims.'-lMe* de la fin du xir siècle.Martin et Cahier). accrochés aux angles des monuments. la guivre. de la force et du courage.rationdesédifices religieuxet civilsprésente unevariétéinfinie d'animaux fantastiques pendant la période du moyen âge.5). desRR. qu'ilssont alors destinés à fairereconnaître. à Rouen.mais- plustard. les Mélanges archéol. le phénix. donnent la vie à ces massesde pierre (fig.3). de la pureté .Dans des édifices- plusanciens. à Auxerre.Auxangles descontre-forts du portail deN< itn-UamedeParis. Cesquatrestatues sont adossées à un pilier du cloître deSaint-Bertrand de Comminges (fig. sur les couronnements des contre-forts.cesontdesfrisesd'animaux qui s'entrelacent. moitiébêtes. Au sommet desdeuxtoursdela façade de la cathédrale de Laon.ce sont despeuplades d'animaux bizarres.. symbolede la charité. dansles frises.on voit aussisculptées d'énormes bêtes.qui. de la . à Notre-Dame de Paris.2). qui garde les baumes précieux et résiste au sommeil. le dragon. les quatre animaux sontordinairement seuls. A Chartres. desanimauxd'unedimension colossale (fig. Les églises du Poitou. dans les monuments de l'Ouestou du Centre. s'entre-dévorent (fig.lessculpteurs du xmesiècle ont placé. à Amiens. les fabliaux venaient encore ajouter leur contingent à cette série de représentations bestiales. deschapiteaux sur lesquels sontfigurésdesêtres étranges. l'antula. le basilic. l'oiseau caladre.

sur quelques chapiteaux et corbeauxde l'église Saint-Sernin de Toulouse.les monuments romans de la Bourgogne 11 desbordsde la Loire. ce lion. 6). ont cependant une physionomieà eux. 11 existe. maiscestypesont un caractèrecommun de puissance sauvage. Au xiv* siècle. sa langue. qui semblent s'accrocher à l'architecture avec une sorte de frénésie. quelque chosede réel qui frappe l'imagination: c'est une histoire naturelle à part. dont tous les individus pourraient être classés par espèces^ Chaque provincepossède ses types particuliers. Les membres de ces créatures bizarres sont toujours bien attachés. on les voit reparaître.- 23 - [ ANIMAUXl Saintonge. Ce tigre. est de bois. qui. ils sont tous empreints d'un sentiment d'observation de la nature très- remarquable.se meut au moyen d'un petit contre- poids.et se bornantpresqueà l'iinitaiiun ue la llore du Nord.7). si l'on veut. sculpté sur un des vantaux de porte de la cathédrale du Puy en Velay (fig. mais. Nous donnons ici un de ces animaux. en devenant plus pauvre. ils sont sculptés de main de maître(fig. leurs contours sont siriiples et rappellent la grâce que l'on ne peut se lasser d'admirer dans les animaux de la race féline.pendantle xvesiècleet au commencement du xvr. qu'on retrouve dans les édifices de la même époque. chez certains reptiles. une certaine quantité de ces singuliers quadrupèdes. il était peint en rouge et en vert.la sculpture. dans les oiseaux de proie. supprime en grande partie les animaux dans l'ornementation sculptée ou peinte . présentent une quantité prodigieuse <l'' cesanimaux. ue la Guyenne. ren'dus avec vérité. suspendue sur un axe. imités alors plus scrupuleusement sur la .plus maigre. tout en sortant de la nature.quandon ouvre lesvantauxde la porte.

des lapins. contournés (fig. f. en revanche.n'ont-elles été rendues en entier.nous mentionnerons cellesdu porchede l'églisede Saiul-Savin en Poitou. s. et ne remplissantqu'un rôle très-secondaire par leur dimension.des limarun*. Nous citerons la rosé occidentale de l'église de Mantes. 8).desjubés. des ivnards. qui datent du commence- ment du xme siècle. des stalles. parfois aussi. des frises. . présente les mêmes sujets. se retrouvent dansdes chapiteaux.pour y substituer sespropres égarements.des chiens. mais. Dansle canon de la messe. deslarves. des rats. -. à Paris. BAGUE. que dans des peintures mu- rales ou des vitraux. Le livre de l'Apocalypsede saint Jean ne se prête guère à la sculpture . La rosé de la sainte Chapelledu Palais. reproduisent avec une énergie remarquable les visions de saint Jean. permettaient aux peintres verriers de développer cet immense sujet. jusqu'au moment où la renaissance vient balayer tous cesjeux d'esprit usés.] - 26 - nature. exagérés dansleurs mouvements : tels sontceux qu'on voyait autrefoissculptés sur les accolades de l'hôtel de la Trémoille. André. par leur dimension et la multiplicité de leurs compartiments. Les représenta7 tioi s des fabliaux deviennent plus fréquentes. rendus avec une exces- sivefinesse. APOCALYPSE.cependant.des ours. Paul. qui donnentquelques-unes desvisionsde l'Apocalypse.Cespeintures datent du commencementdu xne siècle. il ouvre un large champ à la peinture : aussices visions divines. Les artistes abusent de ces détails. La satire remplaceles traditions et les croyances populaires.devenues fort rares aujourd'hui en France. Parmi les peinturesmurales. dessalamandres. dans le moyen âge. en couvrent leurs édificessans motif ni raison. ANNELÉE (COLONNE). desboi- series. m.Voy.deslézards. les douzeapôtressont désignés dans l'ordre suivant: Pierre. exécutée à la fin du xve siècle.Jean. cesprophéties obscures. Jacques. quoique fort peu décentesparfois. s. Les rosésdes grandes églises. et. desanimauxfantastiques. Ce sont des singes. APOTRES. dont les vitraux.

. saint Paul une épée. sont déjà désignéspar les objets qu'ils tiennententre leurs mains.on peut les désigner nominativement. Ce n'est guère qu'à la un du xie siècle ou au i.sinon tous. xiie et xmesiècles.dèsle xme siècle.saint Mathieu un livre ouvert. quelquesapôtres.25 [ APÔTRES ] Thomas. saint Jacques une aumônièregarnie de coquilleset une épée ou un livre.plus tard. dans la statuaire de nos cathédrales. dansl'iconographie chrétienne française du xi* au xviesi<Vlr.Il estdoncfort difficile de désigner les douze apôtrespar leurs noms dansla statuaire des \ie. Cependant.Mathieu. par exemple. saint Barthélémyun coutelas.Ier).Barthélémy.élu apôtreà la place de Judas Iscariote (Actes des apôtres. saint Jean quelquefoisun calice. les apôtres portant lesinstrumentsde leur martyre ou divers attributs qui les font distinguer. quelquefois Jacques le Mineuret Simon cèdent la placeaux deuxévangélistes Luc et Marc . saint André une croix en sautoir. remplace souvent Thaddée . Philippe. chap. cet ordre n'est pas toujoursexactement suivi : Mathias. tel queJude. saint Philippe une croix latine.Simon et Thaddée. Paul ne peuttrouverplaceparmi les douze apôtres qu'enexcluant l'un deceuxchoisis parJésus-Christ luimême. k . saint Thomasune équerre.Jacques. Saint Pierre porte généralement deux clefs. Toutefois.

portail méridional. on les ren- cniitre dans les bas-reliefs et vitraux représentant l'histoire de la sainte Yierge. les notes de Didron. on voit une statue de saint Pierre tenant une seule clef et une croix latine en souvenir de son martyre.. dit que les apôtres. Nmi. chacun d'eux tient à la main une banderole sur laquelle est écrit l'un des articles du Credo.). bien que ce ne soit pas là une règle absolue. les légendes séparées de quelques-uns des apôtres . comme à la cathédrale de Paris. au xme siècle (dans le Nationale divin. composèrentle Credo. que nous donnons en deux parties. Au portail méridional de la cathédrale d'Amiens. avant de se séparer pour aller convertir les nations. C'est surtout pendant les xive et xve sièclesque les apôtres sont représentés avec les attributs qui aident à les faire reconnaître. 1 et 1 bis). à la porte du paradis et près du Christ.ou qui rappellent des traits principaux de leur vie. à la cathédrale d'Amiens.Pierre. est de la dernière moitié du xme siècle. à . du Manueliticonographie Chrétienne. tiennent des livres fermés. Cette légende.tir du xir siècle. Là ils sont représentés dissertant entre eux. comme à la cathédrale de Reims. quelques- uns tiennent deslivres. qui date de cette époque. les m-li iinirnts de leur martyre ou les attributs désignés ci-dessus. 299 et suiv. sculptée avec une iare finesse.citerons le grand tympan de l'église-de Vézelay. le linteau de la porte est rempli parles statuesdemi-nature des douze apôtres. A la cathédrale de Chartres. la plupart des apôtres tiennent des règles. d'autres desrouleaux déployés(fig. A Semur en Auxois. ainsi que celle de saint Pierre.et danslequel on voit saint Pierre deux fois représentétenant deux grandes clefs. A l'intérieur de la clô- ture du chSur de la cathédrale d'Albi (commencement du xvie siècle). Ce ieau bas-relief. les types adoptés pour représenter chacun des .et que chacun d'eux apporta une des douze propositions du symbole (voy. se rei'-ouve fréquemment dans les vitraux de cette époque. Jacques et Judo. les douze apôtre^ ><>nt re- présentés en pierre peinte. o/fîc. les évangélistes.. En France. est représentée la légende de saint Thomas. à la belle porte de gauche de la façade et dans la rue du Cloître. p. portail occidental (xme siècle. Quelquefoisl'aul. bien qu'il se trouve sculpté sur un linteau et divisé seulement par le dais qui couronne la sainte Vierge.ES ] - 26 - commencement du xne que la figure de saint Pierre est représentée tenant les clefs. Les apôtres sont fréquemment supportés par de petites figures représentant les personnages qui les ont persécutés. à Amiens. dans les édifices religieux du xr au xvie siècle. Guillaume Durand.[ Arôrp.). On trouve souvent. dans le tympan de la porte septentrionale (xin° siècle).

saintJean.la facelarge. le corps délicat.lescheveux bouclés.saint Pierre.lorsqu'il est seul. imberbe. jeune. le front bas.les mains Unes et longues. saint Paul.une mèchede cheveux sur le front.est souvent vêtu en pape. la tiare sur la tète et les clefs à la main. etqui portent toutesunedescroixde consécration (fig. Ces figures" sontexécutées en liais. chauve. Parmi lesplus Belles statues d'apôtres. saint Pierre est toujoursreprésenté avecla barbeet les cheveux douze apôtres sontconservés sans tropd'altérations jusqu'au xv siècle.et des chSurs particulièrement.Au xveet surtout au xvie siècle. était fréquent : nous citerons comme un des exemplesles plus remarquablesle chSur de l'ancienne . et couvertesd'ornements peintset dorés imitant derichesétoiles rehaussées pardesbordures '.lesépaules hautes.le crânehaut. Cet*usage deplacer les apôtres contre les piliers deséglises. du plus admirabletravail.la barbe longue et soyeuse. 2). crépus.lestraitsfins. nousne devons pasomettrecellesqui sontadossées aux pilesintérieures de lasainte Chapelle de Paris (xine siècle).- 27 - [ APÔTRES } Ainsi. la physionomiedouce. la taille petite. semées depierreries.

la plupart d'entre eux tiennent deslivres ouverts (fig. en se soumettant toutefois à des règles communes. il se composeinvariablement de la robe longue ou tunique non fendue à manches. m. de chaque côté du Christ triomphant.debois ou demétal. danslesborduresdestombes. L'exemple que nous avons donné plus haut.commeà Amiens. des deux côtés du Christ homme. surlesretables depierre.la tête couverted'un chapeau. puisqu'il n'est que le judicieux emploi de F lamatière mise en Suvre. s. les apôtres sont toujours nu-pieds. et que l'on voit des apôtres couverts parfois de vêtements dont les formes rappellent ceux des docteurs de cette époque.Ce n'est guère qu'à la fin du xve siècleque la tradition du costume se perd.Aussi l'examen de l'appareil conduit souvent à recon- . k}. Quant au costume. de sa contexture. sur les jubés. estpeut-être unique. quatre anges descendent du ciel vers les apôtres et occupent le deuxième linteau. commeà Chartres. de la ceinture.les douze apôtres setrouventrangés dans lesébrasements des portesprincipales.de sa résistance. du commencement du xive siècle. sur lespiliersdescloîtres. A la cathédralede Paris.[ APPAREIL ] - 28 - cathédralede Carcassonne. l'appareil a donc une grande importance dans la construction : c'est lui qui souvent commande la forme qu'on donne à telle ou telle partie de l'architecture.3). comme à Saint-Trophime d'Arles. de ses dimensions et desressourcesdont on dispose. C'estle nom qu'on donne à l'assemblagedes pierres de taille qui sontemployées dansla construction d'un édifice. en gravure.Lesapôtres seplaçaient aussi surlesdevants d'autels. tiré du portail méridional d'Amiens (xin' siècle).L'appareil varie suivant la nature des matériaux. disposés en deux groupes. Dans toutes les sculptures ou peintures du xie au xvie siècle. ils sont au nombre de douze. Au portail royal de Chartres. enlevé sur desnuées. autour des chapiteaux de l'époqjie romane.comme à Vézelay. et du manteau rond. il. avec ou sans agrafes. Plus anrinmement.Cependant chaque mode d'architecture a adopté un appareil qui lui appartient. qui occupe le trumeau du centre. saint Jacques. des rayons partent des mains du Christ. APPAREIL. et se dirigent vers les têtes nimbées desapôtres.et dans lequel on remarque un de ces apôtres.Mmi assis dans le tympan. suivant leur place. quelle que soit d'ailleurs la richesse de leurs costumes. ils ne sont représentéscoiffés que vers la fin du xve siècle. A Vézelay. tous ayant la tête tournée vers Nôtre-Seigneur. le tympan de gauche représentel'Ascension : les apôtres sont assis sur ie linteau inférieur. en raison de sa nature physique. dans les bas-reliefsdesxie et xnesiècles. pendantlesxiv%xveet xviesiècles (fig.

La nature des matériaux influe puissamment sur l'appareil adopté : ainsi dans les contrées où la pierre de taille est résistante. les églises des petites localités. 1). ne présentent que leurs parements de pierre.parce que les linteaux exigent des pierres d'une forte dimension.Lesarcssont employés danslespetitesportées.2). mais on ne disposait alors que de moyensde transport médiocres . tandis que les pieds-droits desfenêtres. où le débilage de la pierre est par conséquent facile. dans les châ- teaux forts. et lourdes par conséquent((ig. les angles. les engins pour monter les matériaux. les routes étaient à peine praticables. Lesmatériaux mis ci Suvre sont courts.dans l'Ouest l'appareil est petit. les contre-forts. sans queues. les assisessont hautes.se débite en grands échantillons. dans le Lyonnais. Cemoded'appareil appartientplus particulièrement au midi de la France. et d'une hauteur donnée par les lits de carrière : mais ces lits ne sont pas toujours observés à la pose. Lestapisseries sont souvent faites de moellon piqué. les . Dans ce cas.. l'appareil est grand. sont de pierre appareillée. comme en Bourgogne. insuffisants.29 [ APPABETL ] naître l'âge d'une construction. Les constructions sont élevées en maté- riaux de petites dimensions. les murs. Jusqu'au xii6 siècle l'appareil conserve les traditions transmisespar les constructeurs du Bas-Empire . parfois les assises sont alternéeshauteset basses. les assises bassespénètrent plus profondément que lesassises hautesdansle blocage. en Champagne. serré. les maisons particulières. les hautes en délit et le» basses surleur lit. et relient ainsi les parements avec le noyau de la maçonnerie. tandis que dans les provinces où les matériaux sont tendres. les contre-forts.faciles à monter. les intérieurs sont remplis ch blocage (fig. commeen Normandie.Cesconstructions mixtes en moellon et pierre de taille se rencontrent fréquemment encore pendant le xiie siècle dans les bâtisses élevées avec économie.

3). mais où les évidements sont soi- gneusement évités(lig. Plus tard. 6). le lit placétoujours au point le plus favorable. Les lits se trouvent placés au point de jonction des moulures de socles avec lesparements droits(fig. 9).elles sont souventforméesd'un noyauélevéparassises. Une des qualités essentielles de l'appareil adopté pendant les xn% xmc et xive siècles. 7). 8). par exemple. dans la première moitié du xmesiècle.[ APPAREIL ] - 30 - tailleurs de pierre. pour éviter des évidements et despertesde pierre: ainsil'astragale. et lescolonnesqui lescantonnentsontisolées et composées d'une ou plusieurs pierres posées en délit (fig. pendant les xie et xne ï-iècles. pour faciliter la pose.c'est d'éviter les évidements.fait partie du chapiteau (fig. 5). 6). Les piles cantonnéesde colonnes sont élevées. sedégageant de leur pénétrationcommune.au lieu detenir à la colonne.commedans l'architecture romaine. les retours d'angles sont toujours appareillés en besace (flg.par assisesdont les joints se croisent. Leslits dessommiers des arcs sont horizontaux jusqu'au point où. La baseconserve tousses membres pris dansla mêmepierre.Le larmierest séparé de la corniche(fig. les déchets de pierre : ainsi. ils se dirigent chacun de son côté. n'hésitent pasà multiplier les joints. et forment alors une suite I 1 j "declavennxextradossés (fig. Dansles contrées où les matériaux de différentes natuies offrent deséchantillons variés comme . Chaque membred'architecture estpris dansune hauteur d'assise.

les assisessont poséessur leurs lits. non-seulementcesappareils compliqués ont été employéspour décorer desparementsunis. présentent -des appareils où les pierres de différentes couleurs forment desdessinspar la façon dont elles sont assemblées. Le principe I^M. apparente. Au -\me siècle. franche. 11). tandis que tout ce qui estremplissage.31 [ APPAREIL ] «ouleur. COKSTKUC). Le corps de la construction est une bâtisse durable. Pendant les . de Saint-Xeclaire. méthodique. 10). meneaux. qui peut être détruit ou remplacé sans nuire à sa solidité (voy. Rien ne démontre mieux ce principe que l'étude de l'appareil d'une . est élevé en matériaux posés en délit. disparaissent pour faire place à un appareil purement rationnel.\ie et xiie siècles on a beaucoup fait usage de ces appareils produits par descombinaisons géométriques. les matériaux n'ont que les dimensionsexigées pour la place qu'ils occupent. on a employé le grès jaune ou le "calcaireblanc.décoration. rosés. sorte d'échafau- dage de pierre indépendant de l'ossature de l'édi- fice. balustrades. de manièreà former des mosaïques sur les parements des constructions : les 9 églises de Notre-Dame du Port à Clermont ^fig. ces recherches. mais aussi dans la construction des arcs.. et la lave grise.«J esttoujours d'une grande simplicité . d'issoire. de la Mayenne et des bords de la Loire. du Puy en Velay. La porte occi- dentale de l'église Saint-Etienne de Nevers nous donne un bel exemple de ces arcs appareillés avec un soin tout particulier (fîg. pure. en Auvergne par exemple. ainsi qu'on peut le voir dansquelquesédifices du Poitou. résultat desbesoins à satisfaireet de la nature des matériaux. galeries. qui sententleur origine orientale. l'exécution.

L'appareil de ces châssis de pierre est disposé de telle façon que chaquefragmentoffre 1-2 une grandesoliditéen évitantles trop grandsdéchets depierre (fig.[ Ai'PAREIL 1 - 52 - decesgrandes rn-csdepierrequi s'ouvrentsous lesvoûtes desnefset des transsepts. Les divers morceaux qui composent ces rosés ou ces meneaux ne se maintiennent entre eux que par les coupes desjoints et par la feuillure dans laquelle ils viennent s'encastrer. Un desgrands principes qui ont dirigé les constructeurs des xiii* et Xivesiècles dansla disposition deleur appareil.afin d'éviterlesépaufrures qui seraient produitespar des coupes maigres. cescrochets intérieurset extérieurs entrelesquels passe le meneau remplissentl'office despattesà scellement de nos châssis de bois. sa liberté de mouve- .Cesrosés.c'aétédelaisser à chaque partie de la constructio" ^a fonction. H). et ces châssisde pierre ne peuvent sortir de leur plan vertical à causede la rainure ménagéeà l'intrados de cesarcs (fig. son élasticité. 13).15). la rainure destinéeà maintenir les meneaux dans un plan vertical est remplacéepar descrochetssaillants ménagés dansquelques-uns desclaveaux del'archivolte(fig. MENEAUX.comme danslesfenêtres desbas côtésde la nef de la cathédrale d'Amiens. 12) . ne sont que de véritableschâssis depierrequel'on peutenleveret remplacercomme on remplaceune croisée de bois. les meneauxcomme !es rosés servent de cintres aux arcs qui les recouvrent ou les entourent.viiv. Quelquefois. ROSES].comme toutes les fenêtresà meneaux. par exemple. sans tenir compte souvent des centres des courbes maîtresses (fig. sanstoucherà la baiedanslaquelle elle est enchâssée. Du reste. Les joints tendent toujours au centre des deux courbes intérieures.

declef: en effet. L'intersection desdeux arcsest toujours diviséepar un joint vertical.qu'une pièce de bois homogèned'une dimension égaleà ce faisceau deplanches. vulgairement désignéssousle nom d'ogives. o . 17).il ne seraitpaslogique i. ils sont composésde plusieurs rangs de claveauxsoigneusement extradossés et d'une dimensionordinaire (deOm. pour ainsi dire.- 3.3- [ APPAREIL ] ment. de même ces rangsdeclaveauxsuperposéset extradossés sontplus résistants.etsurtout conservent mieux leur courbe lorsqu'il se produit des tassements ou des 15 ! 16 mouvements. Lorsque desarcssont destinésà présenterune grande résistanceà la pression. les lits desclaveaux présententdesangles très-peu ouverts avecl'horizon (fig.àproprementparler.60 environ). il n'y a pas. 10). 18). sans liaison entre eux. de sorte que dansles arcs dits enlancette. par suite de leur élasticité et de la multiplicité dessurfaces. Danslesarcs formés de deux portions de cercle. toutes les coupes des claveaux tendent au centre de chacun des deux arcs(fig. De même qu'une réunion de planches de bois cintrées sur leur plat et concentriquesprésenteune plus grande résistanceà la pression. 30 à Om.qu'un seul rang de claveauxdont la flècheserait égaleà celle desrangs de claveauxensemble.Nousdevonsajouter que les coupesdes claveauxdesarcssont toujours normales à la courbe.de s'asseoir sansoccasionner desruptures devousoirs . ce sont autant de cercles concentriques indépendantsles uns des autres.G est ce qui faitqueces arcsoffrent une sigrande résistanceàlapressionetpoussentsi peu.pouvant se mouvoir et glisser mêmeles uns sur les autres(fig. de manière à permettre à la construction de tasser. C'était le moyend'éviter les déchirementsdansces gigantesques monuments.

siècle... ce ne sont que desétais de pierre et non point des arcs composésde claveaux. Il semble qne l'architecte de ce charmant édifice ait cherché. courbes. et l'ogiven'estpasautre chose. par des assises qui font partie de cette construction./il "rE=. commede grandschâssis posés en rainure entrecescontre-forts. quant aux arcs-boutants.L'église Saint-Urbain de Troyes nousdonne un exemple trèsremarquable de l'application de ceprincipedans toutesa rigueurlogi- que.' 1 1 -- jf.3i - deplacer uneclefàl'intersection dedeux arcs quiviennent buterl'un contre l'autre à leur sommet. Les contre-forts sont élevéspar assisesbasses posées sur leurs lits. de distance endistance.les chéneaux sont : ' 19 . La dernière expression du principe quenousavons émisplushautse rencontre dansles édificesdelà fin du xm*. L'appareil des mem- bresde laconstruction qui portent verticalement diffère essentiellement -de l'appareil des constructions qui butent ou qui contribuent à la décoration.disl. dansla disposition del'appareil de ses constructions.Les décorations qui ornentlesfaces de ces contre-forts nesont quedesplacages depierrede champ posée en délitet reliéeau corps dela construction. I des dalles portant surla tête des contre-forts .[ APPAREIL ] .Lesarêtes(arcsogives) desvoûtesdes porches secomposent de longsmorceaux de pierretrès-minces. la pierredetaille. Les murs desbas côtés ne sontque des cloisonspercées de fenêtrescarréesà meneaux.etsoulagées dans leurportée par desliens de pierre formant despignonsà jour.-intesdesformeretsdesvoûtes. La construction de cette église ne se compose réellement que de contre-forts et de voûtes.. et posésbout à bout. autant quefairesepouvait. Les intervalles entre les contre-forts ne sont que des claires-voiesde pierre. à écono- miser. commeseraientdes liensde boissousun poitrail. Et cependant celle .

quesonexcessive légèreté semblait devoirpromptimcnt provoquer(voy. sansaucun ferrementpour les empêcher de glisser.. les portionsd'arcsde cercle sont toujours préférées par les appareilleurs . Dans les édifices civils particulièrement.là où lesgrèsrouges desVosges donnent des matériauxtrès-résistants et tenaces. xiue et xivesiècles. à joints simples ou à crossettes(fig.quelquefois taillésentriangle (fig. elle est utile toujours. c'est qu'ils avaient reconnu K--2 inconvénients decegenre d'appareil.malgré l'abandon et des restaurations inintelligentes.les linteauxsontappareillés en plates-bandes (fig.19)pour mieuxrésisto? àla pression. L'étude de l'appareil desmonuments du moyenâgene sauraitdoncêtretrop recommandée : elleestindispensablelorsqu'on veut les restaurer sans compromettre leur solidité. 22). Mais ce sontlà desexceptions .35 [ APPAREIL ] église porte sescinq centsans. 23).Quandceslinteaux doiventavoir une grandelongueur. on voit encore d'immenses fenêtrescarréesdont les linteaux. commedanslescheminées dont les manteaux ont souvent jn-qu'à li ou 5mètres de portée.Dans la portion du château deCoucyqui datedu xi\e siècle. car jamais cette sciencepratique n'a produit desrésultais plus surprenants avec des moyens plus simples. un grand nombrede platobandes appareillées dansdes édificesdesxii". La manièreingénieuse aveclaquelle l'appareila étéconçuet exécuté apréservé cetédifice dela ruine.CONSTRUCTION). sansque sa construction ait notablement souffert.ou à tenons (lig. \ . de leurs résistances et de leurs qualité. et sont alors d'un seul morceau.en claveaux.20). les linteaux sont hauts. ou soulagésprès de leur portée par desconsolestenant aux pieds- droits (fig. D'ail- 23 leurs il existe du côtedu Rhin. Dans les édifices du xieau xvr siècle. qui n'ont pas moins de k mètresde portée.. Les constructeurs connais\ c. avec une connais-am'" plus parfaite desmatériaux. où les fenêtres et les portes sont presquetoujours carrées. ' et s'ils ne l'employaient que dans des cas M ] . 2l).sont appareillés . \ saient donc alors la plate-bandeappareillée.les linteaux ne sontgénérale-ment employésque pour couvrir de petites ouvertures. exceptionnels etlorsqu'ils nepouvaient faire «1 autrement.

-le fer vient en aide au constructeur pour iccrocher ces décorationsqui ne sauraient tenir sansson secourset par les règles naturelles de la stalique. desmoyens factices pour maintenir ces immenses gablesà jour. on ne ravalait pas les édifices. 2° les coups de bretture. 5° les erreurs de mesures.-J-s^ i ^s^ i lT . 6° les combinaisonset pénétrations de moulures de meneaux. i '' . ' .». Au \ve siècle. C'estalors la décoration qui commande l'appareil. qui diffèrent à chaque pierre. Cependantencore ne voit-on jamais . des pénétrations de moulures. Le désir de produire deseffets extraordinaires. r . i ^. Les preuves de ce l'ait intéressant abondent : 1° les marques de tâcherons qui se rencontrent sur les pierres.comme dans la figure 8.. .f APPAREIL ] - 36 - anciens(fig. il en résulte de fréquents décrochements dans les lits et les joints. 25)..les pierres n'étaient point posées épannelées..:_ " ^--' I . ces porte à faux .i L. l I : " \'»^<^ ' t .=J Depuis l'époque romane jusqu'au xve siècle exclusivement. si la pierre eût été posée épannelée seulement. .. -^- p. d'une sculpture. mais complètement taillées et achevées. la profusion desornements.. pour faire entrer à sa place une pierre taillée sur le chantier. qu'il serait impossible d'achever sur le tas. 7° enfin.le systèmed'appareil se modifie profondément..Aussi jamais un joint ne vient couper gauchement un bas-relief. . < "". souventen dépit deshauteurs de bancs. -^-. 1k. l'emportent sur l'appareil raisonné prenant rour base la nature des matériaux employés. des déchets considérables de pierre. du moment que les portes sont trop grandespour permt'tlre l'emploi d'un seul morceau de pierre. 3° l'impossibilité de refouiller certaines moulures ou sculptures après la pose. . qui ont forcé les poseurs de couper par- fois une portion d'une feuille. . un ornement ou une moulure. ces exemples si fréquents d'édifices non ter- minés. t. mais dans lesquelsles dernièrespierres poséessont entièrement achevéescomme taille ou sculpture. Tout devait donc être prévu par l'appareilleur sur le chantier avant la pose. . par exemple. 4° les tracés des fonds de moulures que l'on retrouve dans lesjoints derrière les ornements(fig. _^=^-i- " "H.. " .

s. comme au château de Gaillon. c'est une annexe à un bâtiment achevé.les meneaux appareilléssuivant la méthode employéepar les constructeurs antérieurs. où l'architecte du châteaud'Ëcouenappareillaitdes colonnesau moyen de deux blocs posésen délit avec un joint vertical dans toute la hauteur.les arcs sont extradossés. que l'on élève par suite d'un nouveau besoin à satisfaire. C'estle nom qu'on donne à certaines constructions de bois qui sont accoléescontre desédificespublics ou bâtiments privés. Au xvesiècle.c'est-à-direen contradiction manifesteaveclesformes adoptées. et dont les combles n'ont qu'un égout. Du xr° siècle à la lin du XIY% quandla décorationdesédificesdonnedesligneshorizontales. L'appentis a toujours un carac- tère provisoire.37 [ APPENTIS ] un ornement coupé par un Ut : les corniches sont prises dansune hauteur d'assise. où l'on prodiguait ces clefs pendantes dans les voûtes d'arête. en finissant. ce fait principal. entre leurs contre-forts. Encore aujourd'hui.la construction estverticale : l'appareil suit naturellement cetteloi.. m.la construction estmontéepar assises horizontales.et cependantla construction esttoujours horizontale. quand elle donne deslignes verticales. APPENTIS.Cesconstructionsparasites deviennent une cause de ruine pourlesmonuments. sontentourés d'appentis élevés contre leurs soubassements. Constatons. bien qu'ils affectent desformes qui seconcilient difficilement avecles qualités ordinaires de la pierre. on trouvait ingénieux de construire des arcs retombant sur un cul-de-lampe suspendu en l'air . les lignes horizontales sontrares.àpeineindiquées. Quelquefoisaussielles ont été élevées pourcouvrirdesescaliers extérieurs : tel estl'appentis construitau . où. un grand nombre de nos édifices publicset particulièrement de noscathédrales. et il est utile de les faire disparaître. On ne peut encore signaler ces énormités si fréquentes un siècle plus tard. accrochées aux charpentes.la décoration est toujours verticale. qui résume toutes les observations de détail contenues dans cet article. ou qu'on laisse construire par tolérance.

l'application de stucstrès-lins et coloréssur la pierre. on remplaça souvent ces enduits assez fragiles par des tables de marbre. aux retables.était presque générale. en Italie et dans tout l'Occident. L'application de matières riches sur la pierre ou le bois fut dès lors réservéeaux autels.le clergé en France n'était pasassez riche pour orner seséglisespar desprocédésdécoratifs aussi dispendieux. etc. et qui sembleappartenir au \° siècle. de fonder de grands établissements agricoles. de policer les populations. aux jubés. si communs en Italie et en Sicile. enfin à toutes les parties des édifices religieux qui. qui se trouve dansla petiteéglisedeGermigny-desPrés. Cesexemplesd'application de mosaïques. de lutter contre l'esprit désordonné de la féodalité. sur les parementsdes voûtes et desmurs. On désignepar ce mot. il se préoccupait surtout. Ainsi on dit l'application d'un enduit peint sur un mur. Cette manière de décorer les intérieurs desédificesétait encore en uscige dans lespremiers sièclesdu moyen âge en Orient. et nous ne connaissons guère qu'un spécimen d'une voûte d'abside décoréede mosaïques. ou pourétablirdesmarchés à couvert autour de certains grands édifices civils. Dans l'antiquité grecque. entre autres l'église de Chalon-sur-Saône. en architecture. et avec raison. sont devenusfort rares en France. ces arcs moulurés. aux "lôtures. dèsl'époque du Bas-Empire.pourprotéger desentrées. Depuisl'époquecarlovingiennejusqu'au xne siècle. Les mosaïques à fond d'or furent même substituées aux peintures.Suger avait fait décorer le jubé de l'église abbatiale de SaintL'rnis par desapplications d'ornements de bronze et de figures d'ivoire. comme plus durableset plus riches. l'application de feuilles de métal sur du bois. aux tombeaux. f.il put songer à employer le superflu de ses revenusà décorer d'une manière somptueuse l'intérieur deséglises. possesseur de biens immenses. qui étaient décoréesde marbres et de mosaïques à l'intérieur.De son côté. dans les temples ou les maisons.permettaientl'emploi de matièresprécieuses. la super- p isition de matières précieuses ou d'un asoecidécoratifsur la pierre. la brique. le pouvoir royal disposaitdéjà de ressources considérables dont il pouvait consacrerune partie à orner sespalais.[ APPLICATION ] . L'immenseétendue que l'on était obligé alors de donner aux églises ne permettait plus de les couvrir à l'intérieur de marbres et de mosaïques .38 xv*sièclecontre l'une desparoisde la grandesalle du chapitre de la cathé- draledeMeaux(fig.prèsde Saint-Benoît-sur-Loire. plus fort. Grégoire de Tours cite quelques églises bâties de son temps.1). le moellon ou le bois. Mais pendant le xne siècle. s.la peinture seule était propre à décorer ces voûtes. ou même de porphyre.cespiles composées de faisceauxde colonnes. devenuplus riche. par leur dimension ou leur destination. que l'on appliquait au moyen d'un ciment très-adhérent sur les parois des murs de brique ou de moellon. d'ailleurs ce mode de décoration ne pouvait s'appliquer à la nouvellearchitecture adoptée. . élevéepar les soins de l'évêque Agricola. APPLICATION. A l'époque romaine.

(DomDoublet. on voyait encore. nous ne voyons plus aujourd'hui que leurs murs dépouillés. quoique les moyens d'exécution ne soient ni dispendieuxni difficiles.Il existeencore à Saint-Denis denombreuxfragment* d'un autel dont le fond était entièrement revêtu de cesverres blancsappli- qués surdespeintures presque aussifinesquecelles qui ornentlesmarges desmanuscrits. des coupsdemarteausontles seules traces indiquant lesrevêtementsde métal qui ornaient les tombes.) Nos monuments du moyen âge ont été complètement dénaturés pendant les derniers siècles. des scellements arrachés.sont également appliquésde verres bleus ou couleur écaille.L'arcature qui forme tout le soubassement intérieur decettechapelle contient dessujetsreprésentantdesmartyrs . Lesmarbresétaient raresdansle nord dela Francependantle moyen âge. on en rencontre d'asseznombreux fragments. I. on peut citer le verre. Ces procédéssi simples ont été en usagependantlesxm". des autels. t. destombeaux. Quelquefoisaussice sontdesverres blancs appliqués sur de délicates peintures. qui ont tousdisparu aujourd'hui. Le badigeon et la poussièreont remplacé les peintures. on lesemployaitalorscommefond desbas-reliefs. les fondsdesanges sculptéset dorésqui tiennent descouronnes ou des encensoirs. il existait encoreen Franceune grande quantité de ces objets (voy.du tempsde dom Doublet.elles sont devenues fort rares. au commencement du xvue siècle. les autels. rendus chatoyantspar la présence de l'argentsous-apposé. la terre cuite vernisséeet lespâtesgaufrées. les clôtures.desretables. Les portes principales de la façade étaient revêtues d'applications de lames de cuivre émaillées et d'orne- mentsde bronzedoré. 1625. On ne peut concevoir une décoration d'un aspectplus riche. rehaussés de feuillages ou de treillis d'or. et semés d'or à leur surface.- 39 - [ APPLICATION ] II est souvent fait mention de tombeaux et d'autels recouverts de lames de cuivre émaillé ou d'argent doré. Cesverres. heureux encore quand nous ne leur reprochons pas cette nudité. desapplications de cuirs couverts d'ornementsdorés et peints. Sur les dossiersdesstallesde cette mêmeéglise de Saint-Denis.étantsurtoutemployées dans lesédifices civilset les maisons particulières : nous citerons cependant comme exemple une maison de . auxquelles ils donnentl'éclat d'unbijou émaillé. Quant aux matières moins précieuseset qui ne pouvaient tenter la cupidité des réformateurs. Parmi les applications le plus fréquemment employéesdepuis le xue siècle jusqu'à la renaissance.qui dataient du xmc siècle. les fonds d'une partie de ces peinturessontremplis deverres bleus appliquéssur desfeuilles d'argent et rehaussés à l'extérieur par desornementstrès-fins dorés. 240 et suiv. et radicalement dévastés en 1793. d'un ton vigoureux. Toutes les parties évidéesde l'arcature.La sainte Chapelle de Paris nousa laisséun exemple complet de ce genred'applications.jouent l'émail. xive etxve siècles. Avant la révolution de 1792.desarcatures. TOMBEAU). Paris.et souvent desverres colorés remplaçaient cette matière.mais plus particulièrement à l'époque de saint Louiv Quant aux applications de terres cuitesvernissées. ils décoraient aussilesintérieurs des palais. p.

A partir du xne siècle. véritables fixés qu'on sertissaitde pâtesornées. xnr et xivc siècles. etc.ae la lin du xve siècle. Ce n'était pas seulementdanslesintérieurs que l'on appliquait ces pâtes.qui prenait toutes les formes desmoulures. Un décorait ainsi lesvêtementsdesstatues.on étendait encore un encollage gaufré par lesprocédésindiqués ci-dessus. et peut faire voir combien ces gaufrures sont délicates. un grandretabledu xin* siècle.les applicationsde pâtes gaufrées setrouvent fréquemment surlesstatues et les partiesdélicates del'architectureintérieure. au moyend'un moulede boisou de fer. dont tous les remplissages de face sont garnisde terrescuitesémaillées de diverses couleurs. dans le bas côté sud du chSur de l'église de West- minster. car il vasans dire quelesgaufrures qu'on obtenaitpar ceprocédé sisimplerecevaient toujoursdela dorureetdela peinture. sur la robe de la Vierge du portail nord de la cathédraledeParis. les fondsde retablesd'autels(voy. on retrouve encore dans les portails des églises des xne et xme siè- cles destracesde cesgaufrures sur les vêtements desstatues. sur cette enveloppe.desclôtures.'au moyen d'une couche de colle de peau ou de fromage. cette gravure est moitié de l'exécution.desborduresde draperies sont ornéesde pâtes. du vélin rendu flexible par un séjour dans l'eau. puis on dorait. . sur le bois. Il existe encore. dansson Essaisurdivers arts(chap.Au xv° siècle. des étoiles à rais ondes. les membres de l'architecture desjubés.présentaient quelquestracesvisiblesde gaufrures non-seulementsur lesvêtements des statues. exécuté par cesprocédés . l)un exemple tiré des applications de pâtes dorées qui couvrent les arcatures du sacraire de la sainte Chapelle . et qu'il a pu être fabriquédansl'Ile-de-France(voy. surlequel. mais même sur les colonnes. STATUAIRE). qui leur donnaient dela consistance et assuraientleur durée. on peignait. Des restaurations faitesà cette époque.A la cathédrale d'Angers.dansla sainte Chapelledu Palais. on posait desverres peints par-dessous. Le moine Théophile. sur les nus des murs : c'étaient de grandes fleurs de lis. des monogrammes du Christ. Pendant les xiie.Ces applications secomposaient d'un enduit dechauxtrès-mince.[ APPLICATION ] - 40 - bois de Beauvais. nous le citons ici parce qu'il paraît appartenir à l'école française decetteépoque.quelquefoisaussi la menuiserie destinée à êtrepeinteet dorée. xvm et xi\).RETABLE.pendant qu'il étaitencore mou.article RETABLE. on appliquait aussi.l'enduit de chaux estremplacépar une résine.xvn.à Londres.on imprimaitdes ornements déliéset peusaillants. décrit les procédés employés au xiie siècle pour appliquer les peaux de vélin et les enduits sur les .qui s'est écaillée et disparaît plus promptement que la chaux.Nous présentonsici (fig.le Dictionnairedu mobilier.

C'estla tablette supérieure de l'allège des fenêtres(voy. dans les édifices élevés du xni* au xvie siècle. m. On désigne aussipar barres d'ajifjitt. Parextension.t fort rares aujourd'hui '. lespièces de boUnu «lefer que l'on scelle dansles jambagesdes fenêtres. s.est toujours disposéde façon à empêcherla pluie qui frappe contre les vitraux de couler le long desparementsintérieurs. ALLÈGE). Lesbarresd'appui ne sontguère enusage avant le xvie siècle.- il - [ APi-n ] panneaux. de manière k figurer des pierres précieuses dans les bordures des vêtements. APPUI. 11n'existe plus. quand même ces fenêtres socJ très-élevées au-dessus du sol. il est vrai que les vitraux du xnesiècle sor. et monach. que nous sachions. par k cuisson. ou si elles existent. Il paraît que du temps du moine Théophile on appliquait. I. sans le secours du plomb. 1843. d'exemples de vitraux fabriqués de cette manière. Paris. 0 . Theophilipresbyt. lorsque cesfenêtressont ouvertes jusqu'au niveau dusoldes planchers. 11estordi1 Vjy. elles ne sontcomposées qued'unesimpletraverse sans ornements. L'appui. des verres colorés sur desvitraux. militaires ou civils. diversarvmartium Schedula.et qui permettentde s'accouderpour regarder à l'extérieur. on donne généralement le nomd'appui àl'assise depierreposée sous la fenêtre dans les édifices religieux.

lesappuisdesfenêtres forment presque toujours un bandeau continu. ou taillée en biseau des deux côtés. 2). 4) (voy. FEXÉTHE). de Saint-Antonin(Tarn- et-Garonne). et notamment cellesde l'église de Semur en Auxois(fig.Danslesédifices de l'époque romane du xie au xne siècle. 3). Dansles églises élevéespendant la première moitié du xmc siècle. dans la hauteur du comble placé derrière le tri fo ri uni sur les bas côtés: tellessont disposéesla plupart des fenêtres hautes des édifices bourguignons bâtis de 1200 à 1250. dont nous donnonsici un dessin. Ces sortes d'appuisont fréquents aussi en Normandie. et la nef de l'églised'Eu nous en donne un bel exemple. Celte disposition. intérieurement pour laisserpénétrer la lumière (fig. lesappuis desfenêtresnesont alors qu'une simple tablette horizontale (fig. des appuis ainsi taillés (fig. 5). descharmantesmaisonsde la ville de .d'un larmier et d'une feuillure intérieure qui arrête les eaux pénétrant à travers les interstices desvitraux et les force de s'épancher en dehors (fig.se trouve particulièrementappliquée aux appuisdes fenêtres deshabitations. contre lesquelsest adossé le comble des bas côtés doublesdu chSur. 1). ces précautionsne sont pasemployées . commedans les bas côtés de la nef de l'église de "Vézelay par exemple.15 d'épaisseur. extérieurement pour faciliter l'écoulement des eaux.qui datent de la fi» du xine siècle. surlesfaçades dela maison romane deSaint-Gilles (fig. qui fait ressortir le soin qu'on apportait alors dansles moindresdétailsde la construction.Cesappuis. les appuis forment souvent comme sous une sorte les meneaux de cloison des mince fenêtres supérieures. On remarque dans la plupart desfenêtres des tours de la cité de Car- cassonne. Dansl'architecture civile desxneet xniesiècles. Quelquefois l'appuiporte un petit caniveau à l'intérieur. ainsiqu'on peut le voir dansun grand nombrede maisons de Cordes.[ APPUI] - Uï - uairement muni à l'i-xti-rieur d'une pentefortementinclinée. n'ont pas plus de Om. avec un ou deux orifices destinés à rejeteren dehors leseauxde pluie ou la buée qui se forme contre les vitres. de la maison desMusiciensà Reims.6).

dansl'architecture civile. Dans les édifices civils et habitations du xvesiècle.ils ne portentplusde larmierset formentune avance horizontale profiléeà ses 7 extrémités. par desbarresd'appuide fer façonné.Lesfenêtresdes maisons de bois qui existentencoredesxveet xvtesiècles sont munies d'appuisqui serelient aux poteauxmontants. au M\* siècle.de manière à offrir un accoudoir plus facile aux personnes qui se mettentà la fenêtre: nous en donnonsici un exempletiré de l'hôteldeville deCompiègne (fig.- 43 - [ APPUI' Cluny.et sontinterrompus parfoissous les trumeaux.Cettedisposition ne seperdque\ ers la fin du xviesiècle. lorsquelesappuisdepierresontremplacés.PliiNtard. 8). 7). et donnentde la forceet dela résistance au pande bois par une suite de petitescroix de Saiut- .lesappuisfont une saillie portant larmier au droit dechaquefenêtre(fig.

) ARBRE. Les arbalétriers forment les deux côtésdu triangle dont l'entrait e^t la base. rue de la Grosse-Horloge (voy.les arbalétrierssont dansle même plan que leschevrons. Dansles demi- fermes à pente simplequi couvrentlesbascôtésdes églises. On donne aussile nom d'appui à la tablette qui couronneles balustrades pleines ou àjour (voy. et à son extrémité supérieure au sommet du poinçon.Dansles charpentesanciennes apparentesou revêtuesà l'intérieur de planches ou bardeaux formant un berceau. ARBRE DE JESSÉ. FLÈCHE).CHARPENTE. Au commencement du XVIe siècle. (Voy. 9). mais. Voy. m. JESSÉ. 3). et en général qui composentles comblesen appentis.xiv%xva et même xvie siècles. Les pansde boisde facedesmaisons du xvr sièclene sont.ce systèmede croix de Saint-André appliqué aux appuis est généralement abandonné.les arbalétriers portent les épaulements qui reçoivent les courbessous lesquelles viennent seclouer lesbardeaux(fig.L'a rbalétrier porte les pannesrecevant les chevrons dansles charpentesantérieureset postérieures à l'époque dite gothique. quedesclaires-voies formées de poteaux dont l'aplombn'estconservé qu'au moyende lacombinaison de la charpentedesappuis. rue Malpalu (fig. l'arbalétrier est la pièce de bois qui formele grandcôtédu triangle rectangle(fig.[ ARBRE ] - k'i - Andréqui maintiennent le dévers. s'assemble à son extrémité inférieure sur l'entrait. Pièce de charpente inclinée qui. s. 2). les appuis ne sont portés au-dessusdes sablière^que par de petits potelets verticaux soment enrichis de sculptures. BALUSTRADE).la plupart du temps. Voici un exemple d'appuis tiré d'une maison bâtiependantle xvesiècleàRouen. dansune ferme.et portent comme eux la latte ou la volige qui reçoit la couverture.xiiie. entre lesquels sont disposés des panneaux plus ou moins ornés : en voici un exemple(fig 10)provenantd'une autre maison de Rouen. ARBALÉTRIER. pendantlesxne. l'arbalétrier est quelquefois roidi par un sous-arbalétrier destiné à l'empêcherde fléchir danssa plus longue portée (fig. 1). MAISONS). Dans les charpentesnon apparentesdes grands combles au-dessusdes voûtes. m. On a souvent donné ce nom au poinçon des flèches de charpente (voy.CHARPENTE. s. .

Ce procédé de construction. 7). demoellon. les arcs surbaissés ouenanse de panier. lorsque lecentreestau-dessous de la naissance (fig. fut développé encore par lesarchitectes du moyenâge.Quant aux arcs surbaissés que l'on trouve souvent dansles voûtes de l'époqueromane. C'estle nom que l'on donneà tout assemblage de pierre. formésde deux portionsde cerclequi secroisentet donnent un angle curviligne plus ou moins aigu au sommet. sauf quelques rares exceptions. lesarcs enogiveou en tiers-point. ou bombés.45 - [ ARC] ARC.ou de brique. adopté p. 4) ououtre-passés. formés parun demi-cercle (fig. suivant queles centres sontplus ou moinséloignés l'un del'autre (fig. s.ils ne sontpresquetoujoursque le résultat d'unedéformationproduite par l'écartement desmurs(fig.Cetarc n'est en réalité que la con- séquence d'un principede construction complètement nouveau (voy. formés parunedemi-ellipse.1).2). 5).Un classe lesarcsemployés àcetteépoque en troisgrandes catégories : lesarcs plein cintre. Jusqu'à la fin du xie siècle._.l'arc plein cintre avecses variétés est seul employé dans les constructions. OGIVE. ayant été construits originairement en plein cintre.n lesRomains. m. d'unecombinaison devoûtes quel'on peut . CONSTRUCTION. conformément à la dénomination admise pen- dantlesxveet xviesiècles) estadoptésuccessivement dansles provinces de France et danstout l'Occident. C'estpendant le xuesiècle que l'arc forméde deux portionsde cercle(et que nous désignerons sousle nom d'arc en tiers-point. 6). dits alorsenfer à cheval (fig.3) Lesarcs plein cintresontquelquefois surhaussés (ù'g. destiné à franchir un espace plus ou moins grand au moyend'unecourbe. le grand diamètre àla base (fig. VOUTE).

très-rarementen fer à cheval. . il est tellement inhérentà la voûte moderne. 9). le Lyonnais.vers la fin du xne siècle.sont plein cintre. l'Anjou.desarcsen ellipse.le Limousin. Les archivoltes.Il y a lesarcltirol/es.de méandres ou d'un simple boudin '.lig. des portes ou des fenêtres. dans la Bour- ^-ne. . pendant la période romane jusqu'au xir siècle.le Languedocet la Provence. rompant tout à coup avec les traditions antiques.[ ARC ] . n'ont trouvé rien demieux qued'y substituer.portails.commeà Saint-Eustache de Paris. 10). on désigne les arcspar desnoms différents. pendant le . des porches. 8) sans moulures. les arcsde décharge. est orné de datons rompus.les formesempruntées à l'antiquité romaine étaientsuccessivement adoptées.danstoutesles autres partiesde l'architecture. Lesarchitectes de la renaissance.le petit diamètreà la base.Ce sont les arcs qui sont bandés sur les piles des nefs ou des cloîtres.-Elles sontgénéralement composées. ARCHIVOLTES S'OUVRANT SUR LES BAS CÔTÉ-. courbed'un effet désagréable. difficile à trace/. vers Jafin du xie siècle. ARCHIVOLTES. sur les pieds-droitsde. le Poitou. plus difficileà appareiller..les arcs fbrmerets.quelquefoisle secondrang de claveaux.les arcs-boutants. quel- quefois sur-haussées. Oulrelesdénominations précédentes qui distinguent lesvariétés d'arcs employésdansla construction desédificesdu moyen âge.la Normandie.et moins résistante que l'arc en tiers-point. qu'onle voit longtempsencorepersister dansh construction de cesvoûtes. alorsquedéjà. et seulement pendant le \me siècle.46 considérer comme une invention moderne. L'arc entiers-point disparait avec les dernières traces de l'art du moyen âge.dansl'Auvergne.Elles adoptentla courbe brisée dite en tiers-point dèsle milieu du xn* siècle. romme dansla nef de l'Abbaye-aux-Dames de Caen (fig.versle milieu du xviesiècle.\iesiècle. suivant leur destination. les arcs-doubleaux. les arcsogives. L'intradosde l'arc qui doit reposersur le cintre de charpente. voulant définitivement exclure cette forme d'arc.versla fin du xvie Mrrlt-.d'un ou deuxrangsde claveaux simples (fig.et qui supportent la charge des murs. dans l'Ilede-France et la Champagne.

est toujours lisse. 11)(nef de l'égliseabbatiale deVézelay). toutefois l'arc intérieur reste encore simple ou seulement refouillé aux arêtes par un boudin inscrit dans l'épannelagecarré du claveau.- kl - [ ARC ] pendant la construction. conserve longtemps et jusque vers le commencement du xiue siècle ses . aux traditions antiques dans la Bourgogne (fig. L'Ile-deFrance est avare d'ornements danssesarchivoltes et prodigue les mou- Jurés (fig. C'estsurtout pendant le MI" siècleque les archivoltes se couvrent d'ornements. Lesrangs de claveaux se multiplient et arrivent jusqu'à trois. ils sont presque toujours empruntés aux formes géométriques dansla Normandie. le Lyonnaiset la Provence.pour ne pas gêner la posesur le cintre de charpente (fig.tandisquele centrede la Francerestefidèleà la tradition. 12) (nef de la cathédrale de Bayeux). Lesornements qui décorent lessecondsarcs varient suivant les provinces.13). dansle Maçonnais.

tous ornementsempruntésà l'antiquité. L'intrados de l'arc intérieur commenceà recevoir desmoulures très-accentuées pendantle xmesiècle.Saint-Père sousVézelay. ik- deux rangs declaveaux. lesrinceaux.[ ARC ] - Ù8 - tiers-point (cathédrale d'Autun) (fig.Mais alors lesornements disparaissent peu àpeudes archivoltes des nefs etsontremplacés pardes moulures plus ou moins compliquées.14). lesdenticules.pointes de diamant.cathédrale deTours (fig. lesdents de scie. parfois aussilesbillettes. etc. 18 et 19). cesmoulures. 17). (fig.Dans ce casle cintre de charpentenécessaire à la posedu rang intérieur desclaveaux doit être double. Nousdonnons ici lestransformations quesubissent les archivoltes desnefs de 1200à 1500: cathédralede Paris.les besants.1220à 12ùO . EnNormandie. lesrosaces.Autreexemplede la même époque (fig. finissent par faireperdre lb 16 a1 ix claveaux des arcs cetaspect rectangulaire dansleur coupe qu'ilsavaient conservé jusqu'alors. 1200 à 1230. onvoitlesbâtons rompus. Saint-Pierre de Chartres. 16). lesoves. celuiintérieur simple.en Provence. 15). cathédrale de Nevers(fig. les.avecarc extérieur saillant sur le nu du parement. en sedéveloppant successivement.1240 à . toutenadoptant l'arcen EnBourgogne et dans teMaçonnais. persister dans lesarchivoltes jusque pendant le xine siècle. 1230à 1250.

23). cathédralesde Narbonne et de Clermont (fig. les coupes des arcs et des courbes sont à peu près identiquesdanstous les monuments élevés à cette époque.xvesiècle . 21).49 [ ARC1 1250. .. 1340. Les profils s'évident de plus en plus à . 7 . i.Vers la fin du xve. 20).22).17 mesure qu'ils se rapprochent du XVesiècle : Saint-Séverin de Paris (fig. jusque \ers la fin du xme siècle dans le centreet le midi de la France (voy. ARCHIVOLTES DE CLOÎTRES.Cathédralede Paris (fig. églisede Saint-Florentin(fig. 1320à 1330. CLOÎTRE).commencement du J 3vie siècle.Elles conservent la forme plein cintre forl lard.

11)1 la période ogivale. Ini'Mjii'ik voulaient résister à une forte pression. non d'augmenter la longueur de la flèche des claveaux de leurs arcs.les portes sont nécessairement cintrées par une succession d'archivoltes superposées. sept et huit arcs concentriques au-dessusdes linteaux desportes de leurs façades. on les voit chargées. elles n'adoptent la forme ogivale que vers le milieu Ju xne siècle. comme les constructeurs du moyen âge avaient pour nuMlindc-. ce sont les ornements géométriques qui dominent (fig.doivent être portés sur des arcs très-solides: or. le Lyonnais et la Bourgogne. en Saintonge. CONSTRrcTios).Ces séries d'archivoltes sont décoréesavec plus ou moins de luxe. 25)(égliseSaint- . xie siècle).[ ARC ] - 50 - ARCHIVOLTES DE PORTAILS. ce sont les moulures fines.En Normandie. Elles se distinguent dans l'Ile-de-France et le centre. près de Caen.les archivoltesdesportai's sant plein cintre.méthodeexcellente d'ailleurs (voy.par une grande sobriété d'ornements. la multiplicité desmoulures et les ornements rares (fig. tandis qu'en Normandie. en Bourgogne. les murs de ces derniers monuments. par suite de leur hauteur et de leur épaisseur. .Dansle Languedoc et la Guyenne. il en résulte qu'ils ont superposé jusqu'à six. pendant le xie siècle.présententquelquefois jusqu'à quatre ou cinq rangs de claveaux. suivant la richesse de* édifices Pendant le xiesiècle. en Poitou. un plus grand nombre encore dans les édificesbâtis pcn(1.Les murs-pignons des façades d'églises étant loujour> d'une forte épaisseur. sauf dans quelques provinces où le plein cintre persiste jusquependantle xmesiècle. mais de multiplier le nombre de cesarcs. de rosaces. Dansla Provence. notammentdansla Provence. les ornementsplats sculptésavecdélicatesse.pendant le xue siècleparticulièrement. d'une profusion incroyable d'entre-lacs. Cesarchivoltes. dans les édificesromans. de figures. 24) (église de Than.

Gironde(flg.églisede Loupiac. portail sud .- 51 - [ ARC] Sernin de Toulouse). 26).

les architectes observent scrupuleusement ce principe. vers la fin du xne siècle et pendant les xnT et xive siècles. la forme première du . Dans le Poitou etlaSaintotige. dans les grands portails descathédrales du Nord. A indique la coupe des claveaux avant la sculpture. les besants. si l'archivolte se compose de moulures avec ou sans ornements. ces figuressontcomprises dans l'épannelagedesvoussoirs: nous en donnons tail sud de la un exemcathédrale ple (fig. 29). Ainsi. quelle que soit la richesse de la déco- ration. ornements ou figures. ou les perlés.[ ARC ] - 52 - del'église du PuyenVelay (fig. Charente(fig. serenfer- ment dans un épannelage rectangulaire. Onvoit. Dansla Bourgogne. 28). par l'examen de ces exemplesappartenant aux xie et xue siècles. sont presquetoujours chargées de figures sculptées chacune dans un claveau. xm" siècle. les moulures.les enchevêtrements destiges de feuilles. De même.27). les personnages symboliques: portail de l'église SaintLazare d'Avallon (Yonne) (fig. les pointes de diamant finement retaillées. que. les dents de scie. les archivoltes. les "" figures bizarres. les rosaces. et les proûls petits séparéspar desnoirs profonds : église de Surgères. 3'') tiré du pord'Amiens.les animaux. Jusqu'au xve siècle.

les archivoltes ne sontque des arcs de déchargequi empêchent le poids desmaçonneries de briser ces linteaux.Lesmouluresqui décorent cesarchivoltes subissent les mêmes transformationsque celles des portails . couronnées par un linteau.Toutes lesportesdes époquesromaneet ogivale étant. 31) : porte latérale de l'église Saint-Nazairede AU xv8siècle cette méthodechange : les archivoltes des portails sont posées avecla moulureou gorgequi doit recevoir lesfigures.fait si bien valoir les lignes des archivoltes et leur laisse unesi grandefermeté. cette unité d'aspect qui. ARCHIVOLTES DES PORTES.saufquelques exceptions qui appartiennent auPoitou et à la Saintonge. 53 - [ ARC ] claveause retrouve (fig.malgréla multiplicité desdétailsdont elles sont chargées. n'ont plus cette uniformité de saillie. xive siècle. .cettegorge porte seulementles dais et supportsdes statuettes.et celles-cisont accrochées après coup au moyen d'un gond scellé dans le fond de la moulure(fig. le plein cintre persistedans les . dans les portails des xrne et xive siècles. sculptées dans l'atelier et adaptéesaprès coup.Carcassonne. dèslors ces statuettes. 32)(portail del'égliseNotre-Dame de Semur).

ARC OGIVE. sont les arcs-doubleaux. le second étant orné d'une moulure ou d'un boudin sur ses arêtes . commedans la crypte de l'église Saint-Eutropede Saintes (fig.qui datentdela premièremoitié du xne siècle. !.sontvoûtées no berceau ogival. la Picardie et la Champagne. les deux murs : AB.<":"> voûtessont construites en berceaujusque vers le commencement du xiie siècle . GH. .afin de désigner par leurs nomsles différentsarcsqui la composent (fig. 36).Elles restent pleins cintres jusque pendant le .NÉTBE). de Beauvais.PORTE). les arcs formerets. les arcs ogives. AC BD. pendant la périodeogivale. CB. CD. ARC-DOUBLEAU. <lan-la Normandie. ou séparedeux voûtes d'arête Nousdonnons ici le plan d'unevoûte d'arête. alorsquela courbe en tiers-point dominepartout sans mélange (voy.ARC FORMERET. SoientEF. etc. de 1200 à 1220 environ (voy.l ARC] - 54 - archivoltes desportes. ARCHIVOLTES DES FENETRES. 35). lesarcs-doubleaux alorssecomposent d'un ou deuxrangs 36 de claveaux le plus souvent sansmouluresni ornements (fig. la Bourgogne. partant d'une pile à l'autre dans les édificesvoûtés. .L'arc-doubleau est l'arc qui. adoptent la courbeen tiers-pointdansl'Ile-de-France versle milieu du xir siècle. deséglises de Beaune et île Saulieu. de Reims.Quelquefois les arcs-doubleaux affectent en coupe la forme d'un demi- cylindre.\ine siècledansles provinces méridionales et du centre . Exemples: cathédralesd'Amiens. forme comme G B D H un nerf saillant sousles berceaux (fig. 33). Elles sont généralement.lesarcs-doubleaux secomposent de deux rangs de claveaux. FE.Lesnefsde la cathédrale d'Autun.immédiatementposées sousle formeretdesvoûteset se confondent môme parfois avec lui. AD. de Troyes. on le voit encore employé jusqueversla fin du xniesièclepourles baies d'une dimension médiocre. 36).

lesvoûtes sonten arête. c'est versla fin du xnesiècleque les arcs-doubleaux commencent à se composer d'un faisceau de tores séparés par desgorges : cathédrale de Paris (fig. formés d'un seul rang de claveaux. Vers le milieu du xmc siècle. 4fl) . églisesde SaintJulien le Pauvre. La nef de l'églisede Vézelay.lesquels ne se composentjamais que d'un seul rang de claveaux. 39). quelquefois chanfreinés seulement sur leurs arêtes(fig. maissans arcsogives (fig. et acquièrent ainsi une beaucoup plus grande résistanceque les arcs ogives. antérieure à cetteépoque. Maiscomme on peut l'observera la cathédrale de Paris.etc.présentedesarcs-doubleauxpleinscintres .- 55 - [ ARC J (fig.. les arcs-doubleaux prennent deux et même quelquefois trois rangs de claveaux. les arcs-doubleauxsont ordinairement simples.Danslesédificescivils du xnesiècle. n'ayant pas beaucoup plus de saillie ou d'épaisseurque lesarcs ogivesaveclesquelsleurs profils les confondent. 38).Saint-Etienne de Caen. 37): cathédrale d'Autun.Lesprofils décès arcs se modifient alors et suivent les changementsobservésplus .de Bayeux.étroits. les arcs-doubleaux sont alors minces.

Nous donnons ci-dessous les coupes des arcs-doubleaux A et des arcs ogives B de la sainte Chapelle du Palais(fig.la salle synodalede Sens.avec de grandesgorges.aussi bien que les archivoltes.VOUTE). Lesarcsformerets sontengagés dauslesparements desmurset sepro- .plus maigres. Il faut remarquer ici que jamaisles arcs ogives. les églises de SaintDenis. les sallesdu Palais. car elle est impérieusement imposée par la nature même de la construction de ces sortes de voûtes(voy. les profils de ces arcs seconserventmême encore pendant le xive siècle. 42). Ces pénétrations sont toujours exécutéesavec une entente parfaite du trait (voy. telsque lescathédrales d'Amiens. les tores avec ou sans arêtes saillantes..PROFIL.[ ARC] - 56 - haut dans les archivoltes des nefs. ils ne font que porter leur retombée comme le feraientdescintresde bois : c'estlà une règledont les constructeurs desédificesromansou gothiquesne se départent pas. les arcs-doubleauxet les arcs ogives se détachent de h voûte (fig. nu ils viennentmourir sur les parementscylindriquesou prismatiques de cespiles.plus recherchés commedétailsdemoulures( voy. Mais. ne se relient avec les moellons desremplissages. au xv' siècle. TRAIT).CONSTRUCTION). ni les formerets. C'estpendant le xve siècleque les arcsdoubleaux et les arcs ogives.plus refouillés. Quel- quefois lesprofilsde cesarcsseprolongentsur lespilesjusqu'auxbases. Ces formesd'arcsserencontrent avecquelques variantes sans importance danstouslesédifices de cetteépoque.Ces sailliesservaientà placer les courbes de boisnécessaires à la posedesrangsde moellonsformantces remplissages (voy. et ceci était motivé par la méthode employéepour con- struire les remplissages des voûtes.de Beauvais.sansarrêts. passant ainsi de la ligne verticaleà la courbe.de Troyes.les arcs-doubleaux. la saillie la plus forte de leur profil dépassela largeur de l'extrados. anguleuses. il). sanstransitions. de Reims.etc. TRAIT). sont aban- donnés pour adopterles formes prismatiques. viennent pénétrer les piles qui les portent en supprimant les chapiteaux.

Cette disposition offre beaucoup d'avantages. Les voûtes des églises de Bourgogne.- 57 - [ ARC ] filunt comme unemoitié d'arcogiveou d'arc-doubleau (fig.elle annule le fâcheux effet des infiltra- tions à travers les chéneaux. Troyes. ce sont des arcs indépendants. 8 . etc. Beauvais. Saint-Ouen de Rouen. portant les voûtes et la charpente des combles. forment arc de déchargeet archivolteà l'extérieur. elle donne toutes i. 45). ttt\) : SaintDenis.sortesde cloisonspercéesde fenêtres et portant l'extrémité des chéneauxau moyen d'un arc de décharge (fig. à partir du xme siècle. Amiens. Les murs alors ne sont plus que des clôtures minces. ils nepré- sententquela saillienécessaire pour recevoir la portée desremplissages des voûtes. présentent une particularité remarquable : leurs formerets sont isolés des murs. au-dessus des meneaux desfenêtres(fig. ils traversent l'épaisseur du mur. elle permet de contre-buter les voûtes par des contre-forts intérieurs qui reportent plus sûrement la poussée sur les arcs-boutants. Souvent. puisque ces chéneaux sont aérés par-dessous. bâties pendant le xme siècle. qui ne peuvent plus alors salpètrer les murs.43).

afin de poser sur un étroit sommier.les arcs ogiveset les arcs formerets viennent se pénétrer à leur naissance. est surhaussée afin de pouvoir pénétrer les voûtes au-dessus de la naissance desarcs ogivesB. La pénétration de ces arcs.on a toujours donné. CONSTRUCTION). On voit. les piliers. XIH"siècle (fig. et nous donnons ici comme preuve la disposition des naissancesdes archivoltes. aussi épaisse que les piles. desarcs-doubleaux et arcs ogives des bas côtés du chSur de la cathédrale de Tours. L'archivolte A. 46).tant pour résisterà la pression desmurs que pour supporter souvent des tours ou flèches centrales. en rendant intelligible pour tous le système de la construction. et reporter ainsi toute la poussée des voûtes sur un point rendu immobile au moyen de la butée de l'arc-boutant. une grande force aux arcs-doubleaux. à Beauvais. CONSTRUCTION.l AKC J - 58 - facilités pour percerles murs de fenêtresaussihauteset aussilarges aue possible. à Coutances . quatreou cinq rangs de claveaux. celles-ci n'ayant plusà se loger sousles formerets (voy. à Bayeux. Deplus. dont les épaisseurset les largeurs sont très-différentes. est très-heureux. ren- dus aussi minces que possible pour ne pas gêner la vue. non-seulement la retombée de ces archivoltes. comme à la cathédrale de Rouen. ont à supporter. dans les voûtes des bas côtés. qui peut tassersansdéchirer ou écraserla structure plus légère de cesvoûtes et arcs ogives(voy. il y a dans cette disposition quelque chose de lo- gique qui rassurel'Sil. Elles sont vaincuesà partir du xme siècleavecune adresseremarquable. mais aussi celle des arcs-dou- bleaux et des arcs ogives. l'aspectde cesvoûtes. VOUTE). A la réunion du transsept avec la nef et le chSur des églises.j^rz épaisses pour porter les murs de la nef. Mais. il y a un autre problème à résoudre : il s'agit là d'avoir des archivoltes . et sesderniers rangs de claveaux reportent le poids des murs sur le sommier de l'arc-doubleau G : ainsi l'arc ogive et la voûte elle-même sont indépendants de la grosse construction. ainsi que l'indique la figure U5. présente donc des difficultés à leur point de départ sur le tailloir du chapiteau.bien visiblementportées par les piles et indépendantes de l'enveloppeextérieurede l'édifice.comme les arcs-doubleaux. Alors les arcs- doubleauxse composent de trois. pendant les époques romane et ogivale.

on voit encore les arcs-doubleaux et les arcs ogivesornés de dents de scie.qu'il les alourdit et fait craindreleur chute. les arcsogives et les formerets ne sont plus ornés que par desmoulures. . soit par suite d'un goût particulier. toutefois cette disposition ne rassure pas l'Sil comme cette succession d'arcs concentriques se débor- dant les uns les autres et reposantsur un seul arc à l'intrados. C'està la fin du xvesiècle et pendant le xvi8 que l'on appliqua de nouveau desornements aux arcs-doubleaux. dans l'Ile-de-France. où la croisée deséglises était toujours couronnée par une tour centrale. restes de l'architecture romane. mais il faut dire qu'en Normandie ces sortes d'ornements. de bâtons rompus (fig. les grands arcs-doubleaux ont deux rangs de claveauxplacéscôte à côte à l'intrados. Pendant le xne siècle.etc. empiètent sur l'architecture ogivale jusque vers le milieu du xme siècle. au lieu d'un seul.qui datent du commencement du xmesiècle. en Bourgogne. la Bourgogne et la Champagne: cela permettait de donner moins de saillie aux quatre piliers et de mieux démasquerleschSurs. etc. sauf quelques très-rares exceptions : ainsidansleschapelles du chSur deSaint-Etienne de Caen. Maisc'est là un abus de l'ornementation que nous ne saurions trop blâmer. les arcs ogives sont décoréspar une dentelure (Qg. En Normandie particulièrement.- 59 - f ARC1 à Eu. 48) : salle capitulaire de l'église de Vézelay. arcs ogiveset formerets . en ce qu'il détruit cette pureté de lignes qui séduit dans les voûtes en arcsd'ogive. A partir du xme sièclejusqu'au xvie.47). de pointes de diamant. lesarcs-doubleaux.porche de l'église de Saint-Denis. mais alors cesornements présentaient de grandessaillies débordant les mou- lures: le chSur de l'église Saint-Pierre de Caenest un desexemples ^'es plus riches de ce genre de décoration appliqué aux arcs des voûtes. Les arcsogives du chSur de l'église de Saint-Germersont couverts de riches ornements. soit à cause de la facilité avec laquelle se taille la pierre de Caen. ainsi qu'on le pratiquait dans l'Ile-de-France.

tout est tâtonnement. et ils contre-butaient les voûtes en berceaude cesnefs hautes.et par conséquent desarchitectes qui élevaient deséglises. de conduites d'eau. Dans le centre de ia France. Mais dans le nord de la France ce systèmene pou- vait prévaloir: de grandscentresde populations exigeaientde vastes . procédés qui ne peuventêtre en usagequ'au milieu d'un peuple chez lequel l'art de la métallurgie estarrivé à un haut degré de perfection. vers le xie siècle. La grandepréoccupation du clergé. Suivantles goûtsde chaqueécole. Jusqu'à leur application dans les églisesgothiques. sur ce systèmede construction.soit par desdemi-berceaux. c'est demander un navire sansquille .On donne ce nom aux arcs extérieurs qui. dans les documents écrits de notre histoire. Jusqu'aux xe et xie siècles il n'est question. la structure des églisesse développedans son véritable sens. c'est pour l'église comme pour le navire une question d'être ou de n'être pas. nous n'entreprendrons pas de \es défendre ou de faire ressortir leurs inconvénients: il n'y a qu'une chose à dire.portés sur des colonnesgrêles.\esiècle.L ARC] - 60 - ARC-BOUTANT. elles se pourrissent assezrapidementquand on n'emploie pasces dispositions modernes de chéneauxde métal. maintenaient îespoussées combinées des grandes et des petites voûtes(voy. les construc- teurs. de voûter les nefs desbasiliques. avaient pris le parti de renoncer à ouvrir des jours au sommet des murs des nefs hautes. Leur naissance repose surles contre-forts. les charpentesne préserventpascomplètement de la neige et du vent . air et lumière. points d'appui minces.était. soit par de petites voûtes d'arête élevées sur les bas côtés. c'est qu'il est l'expressionla plus franche et la plus énergique du mode adopté par les constructeurs du moyen âge..leur sommet arrive au point de la poussée réuniedesarcs-doubleaux et des arcsogives. sontdestinés à contre-buter la poussée desvoûtes enarcsd'ogive. Comme disposition de plan. elle suit hardiment la voie nouvelle. De plus.on a beaucoup blâméou beaucoup loué le système desarcs-boutants. les charpentesbrûlent. etc. Les nefs alors ne pouvaient être éclairéesque par les fenêtresde cesbas côtés presqueaussihautesque les grandes nefs. dans notre climat. épaiset renforcésde contre-forts.Le problèmeque les architectes de l'époqueromane s'étaient donné à résoudre était celui-ci : élever des voûtes sur la basilique antique. la basilique antique satisfaisait complètement au programme de l'église latine : grands espacesvides. et un édifice couvert seulement par une charpente que l'incendie dévore est un édifice perdu de la base au faite.Lesmurs extérieurs. .comme dansla plupart des églisesauvergnates.l'abside seule était voûtée. à notre sens. Demander une église gothique sans arcs-boutants. du moment que les arcs-boutants sont nettement ac- cusésdans les constructions. Mais les murs des basiliques. dès le . ARCHITECTURE RELIGIECSE). Mais la basilique antique était couverte par des charpentes. que d'incendies d'églises qui nécessitent des recon- structionstotales. or.ne pouvaientprésenterune résistance suffi>anteà la poussée des voûtes hautes ou basses. par leur position.

auxnesiècle.car la stabilité de l'édificene consiste plus que dans la résistance despoints d'appui extérieurs sur lesquels lesarcs-boutants prennentnaissance (voy. en construction comme en toute chose. et l'arc-boutant. qui naît à peine au xnesiècle.ménageant depetits jourssous lesformeretsde cesvoûtes. d'essais souvent malheureux. Mais aussi.l'arc-boutant esttrouvé. Il fallut deuxsjècles de tâtonnements. Or.et suppriméesentre les piles.dès que cette nouvelle voie fut ouverte.Et pourduoi un demi-berceaucontinu pour maintenir une voûte d'arête dont les pousséessont reportéessur qespoints espacés au droit de chaque pile? Il y a quelque chose d'illogique dans ce système. soit . et renoncer par conséquentà contre-buter les voûtes hautes par'des demi-berceaux continus élevés surlesbascôtés. onavaitbesoin delumière . ils avaient cherchéà contre-buter leur poussée parun demi-berceau continubandésurle triforium (fig. estcouvert par un comble en appentis. qui dut bientôt frapper desespritsenclins à tout ramener à un principe vrai et pratique. supposons que le demi-berceau Afiguré dans la coupe de la nef de l'Abbaye-aux-Hommes(fig. 69) soit coupépar tranches. il fallaitprendre des joursdirects dans les murs des nefs.de la corruption si promptedu grandprincipede la construction desédificesgothiques.Cesmurs épaisdeviennentalors inutiles . Le triforium n'estplusqu'unegalerie à laquelleon ne donnequ'une importance médiocre. et. et cependantl'art grec. que ces tranches soient conservées seulement au droit des pousséesdes arcs-doubleaux et desarcsogives. pour arriver à la solutionde ce problèmesi simple. c'est-àdire dans les parties où les poussées desgrandes voûtes n'agissent pas. sont lents à trouver.Maisce demiberceaun'arrive pasau point de la poussée de cesvoûteshautes. dont personne n'a jamais contestéla pureté. il permet d'ouvrir danslestravées des jours aussilargeset aussi basque possible. est arrivé à l'abus au xive.tant il e^-t vrai queles procédés les plus naturels. elle fut parcourue avec une rapidité prodigieuse.Dans quelques églises deNormandie.Le bascôté. Quelquesespritsjudicieux veu- lent conclure. que ce principe estvicieux en lui-même.- 6l - [ ARC ]' églises. lespilesdes nefs peuventrester grêles.les constructeurs. cellesentreautresde l'Abbaye-aux-Hommes et del'Abbaye-aux-Dames de Caen.composé d'un rez-de-chaussée.CONTRE-FORT).49). avaient cherché un moyenterme: ils avaientélevé sur despilesfort épaisses les grandes voûtes d'arête des nefshautes.

Cen'est. lorsque l'architecture ogivale. Nous donnons en première ligne. Mais bientôt les constructeurs observèrent que la poussée des voûtes en arcs d'ogive d'une très-grande portée agissait encore au-dessous et au-dessus du point mathématique de cette poussée. que. et parmi les plus anciens. au contraire. laissant un passage entre elle et le mur au-dessusdu triforium. comme nous venons de le dire. qu'à la fin du xiie siècle que l'arc-boutant se montre franchement dans les édificesreligieux du nord de la France.et répartit sa force de résistancesur une ligne verticale assez longue au moyen de ce contre-fort porté sur une colonne extérieure. il vient contre-buter les voûtes au point de leur poussée.Ici l'arc- SI boutant est simple .f ARC 1 - 62 - commeprincipe. se répand dans tout l'Occident. la Champagne et la Bourgogne. mais la pratique fait bientôt reconnaître que cette poussée est diffuse et qu'elle . vers la fin du xnie siècle. Les besoinsauxquels les architectes du moyen âge avaient à satisfaire en élevant leurs églises. soit comme forme. dans l'histoire de la civilisation.l'un des arcs-boutants du chSur de l'i''i:li>e Saint-Rémi de Reims. La théorie peut. déjàdéveloppée dansl'Ile-de-France. les arts qui sont destinés à faire faire un grand pas à l'esprit humain sont précisémentceux qui jettent tout à coup une vive clarté. pour s'éteindre bientôt par l'abus même du principe qui les a amenés promptement à leur plus grand développement (voy. démontrer que la poussée d'une voûte se résout en un seul point . a duré à peine soixante-dix ans. 50). il n'apparait dans le centre et le midi que comme une importation. nous allons voir comment ils ont su développerce système de construction et comment ils en ont abusé. Nouspensons. dont la con- struction remonteà la dernièremoitié du xnesiècle(fig.les amenaient presquemalgré eux à employer l'arc-boutant . et Périclèsn'était pasmort que déjàl'architecture des Athéniensarrivait à son déclin. en effet. ARCHITECTURE).

Par ce moyen. par exemple. on poseraverticalement sur ce mur une couchedebois et deux étaisl'un audessusde l'autre pour arrêter le bouclement. sontcontre-butées par desarcs-boutanls doubles(fig. Aussi versle milieu du xme siècle. qui élevèrent. I\ estnécessaire d'observerque le . le premier arrivant en Gau-dessous de la poussée.les grandesnefsdescathédrales du Nord. véritable couche de pierre. 51). non plus que les arcs ogives. établirent de G en B un contre-fort. les voûtes se trouvaient étrési [tonnées à l'extérieur. si l'on estprudent.dont la construction remonte aux premières annéesdu xme de grandes pierres minces posées en délit. depuis la naissance de ces arcs jusqu'à la moitié environ de la hauteur de la voûte (fig. et deux arcs-boutantsl'un au-dessus de l'autre. si la voûte a une portée de 10 à 15 mètres. dont la fonction se borne à prévenir des dislocations. que Ton poseplu- siècle. ces colon nés isolées sont-elles faites tôt pour roidir une construction 1 faible que pour porter un poids agissantverticalement. et peuvent-ellessecomparer à cespiècesde charpentenomméeschandelles. et le poids de ce contre-fort n'agissantpasverticalement. Unpassage estréservé entrela colonneinférieureet le point d'appuivertical qui reçoit lessommiers desvoûtes. De même qu'en étayant un mur qui boucle.- 133- l ARC] agit par suite du glissementpossibledesclaveaux desarcset de la multiplicité desjoints.au commencementdu xmesiècle. En effet. le point réel de la pousséese trouvant agir sur un contre-fort maintenu dans un 52 plan vertical et roidi par la butée desdeuxarcs-boutants. soit A le point mathématique de la poussée d'une voûte en arc d'ogive . Les voûteshautes du chSur de la cathédralede Boissons. et les arcs-doubleaux ne pouvaient. les constructeurs sont ame- nés peu à peu à réduire le diamètre de la colonne. aussi n'esl-il plus porté que par une colonne isolée. de même les constructeur-. faire le moindre mouvement. le second en B au-dessus de cette poussée. à donner du roide à la construction des piles sansprendre de charge.52)dont les têtes viennent s'appuyer contredes pilesportées pardes colonnes engagées.un seul arc-boutant arrivant en A ne suffira paspour empêcherla voûte d'agir au-dessus et au-dessous dece point. Au-dessous de la naissance de la voûte ce contre- fort CB cessait d'être utile .

qu'il se rompe en B. c'est là encoreune des conséquences de ce principed'élasticité appliquéà cesgrandes bâtisses. et il n'est pas besoin de dire qu'ils ne peuvent conservertoute leur force d'étrésillonne- ment qu'autant qu'ils ne se déforment pas. au contraire. c'est le contre-fort E qui vient à tasser. la pile verticale D venant à tasser. seulement lescolonnes supérieures sontdégagées commelescolonnes inférieures. Lanef dela cathédraled'Amiens. ainsi que l'indique la figure I. il serompraencoresuivantla figureII.présenteune disposition d'arcs-boutants analogueàcelle du chSur dela cathédraledeBoissons .la pureté de sa courbure. En effet (fig.[ ARC] - 64 - dernier claveau de chacun desarcsn'est pasengagédansla pile et reste libre de glisserdansle casoù la voûte ferait un mouvement par suite d'un tassement des points d'appui verticaux. soit ABC un arc-boutant. elles sont plus sveltes. c'est que leur oubli a presquetoujours produit deseffets fâcheux.élevéevers 1230.et le chaperondu secondarc-boutant sert .au moyen de son glissementpossible. On comprenddonc combien il importe que l'arc puisserester libre en A pour conserver. il faudra. si l'arc est engagéau point A. et sanslequelleur stabilitéserait compromise. et la preuve qu'elles n'étaient ras inutiles. La facultéde glissement laisséeaux arcs-boutantsempêche leur déformation. Si. Cesprécautions dans la combinaison de l'appareil desarcs-boutantsn'ont pasété toujours prises.l'arc étant en- gagéen A. 53).

sériede rayons qui les réunissent. qu'enfin c'est là une construction entièrement oblique destinéeà résister à despesanteursagissantobliquement.figure A. lesvoûtesont une épaisseurinusitée (Om. GARGOUILLE).bien assises : aussi. La cathédrale de Chartres nous donne un admirable exempledécès sortesd'arcs-boutants(fig. que tous lesjoints de l'appareilsont normaux aux courbes. s'y logecommedansune rainure. en leur laissant une grande légèreté. .lesétrésillonnent et leur donnent toute la résistanced'un mur plein. ils eurent l'idée de rendre solidaires les deux arcspar une . pour résisterà la poussée decesvoûtesépaisses et qui n'ont pasmoins de 15mètres d'ouverture. d'où elles tombent lancées par des gargouilles (voy.CUÉNEAU. compactes.d'établir desbutéesénergiques.La construction de cet édifice présente danstoutes sesparties une force remarquable. se prêtent peu aux délicatessesde l'architecture gothiquede la première moitié du xmesiècle. Il était nécessaire. Cemoyende résistanceopposéaux poussées des voûtesparlesarcs-boutants doublesnesemblapastoujours assez puissant aux constructeurs du xine siècle .[ ABC] de canal pour conduire les eaux deschéneauxdu grand comble à l'extré- - 65 - mité inférieurede l'arc. on observeraque tout le systèmedes arcs pénètre dans les contre-forts. lourds.ftO environ) : les matériaux employés. rugueux.54)..

par de grandesfenêtresà meneaux. au xive siècle. les erreursqu'ils ont pu commettre démontrent que le systèmen'était pas mauvais. et ti-ut le système de la construction des grandes nefs se réduisit à despiles grêles. ils mirent à jour les galeries au-dessous de ces fenêtres (voy.I. Unefoisle principe de la i-iin-lruction deséglisesgothiquesadmis. même dansles plus grandes églises ogivales. 55). les constructeurs deviennent plus hardis vers le milieu du xme siècle. d'une part. de Séez. alors queles pilessontplus grêles. puisque. pour soutenirsanaissance. du Mans.de l'autre. bâties sous saint Louis. lesvoûtes plus légères. Et il faut dire que s'ils n'ont pas toujours réussi pleinement dansl'exécution. nous donnent une des applications les plus parfaites de ce principe (fig. et plus tard. et maintenues dans un plan vertical par suite de l'équilibre établi entre la poussée des voûtes et la butée des arcs-boutants. à Saint-Ouen de Rouen.malgrédesdéformations effrayantes subies par quelques-uns de cesmonuments. ordinairement fort légères.-ter àla poussée desvoûtes.-i. CON- STRUCTION). on en vint bientôt à rap- pliquer dans >esconséquences les plus rigoureuses. d'Amiens. sont pasmoins restésdebout depuis . ils n'en. et la butée desarcs-boutants. lesconstructeurs réduisirentpeuà peulespileset reportèrent toute la force de résistance à l'extérieur. les arcs-buutants sont doubles.[ AUC - <J5- Cesystème d'étrésilloiinecnent desarcsau moyende rayonsintermédiairesne parait pastoutefoisavoir étéfréquemment adoptépendantle xiue siècle. Ils évidèrent complètement les intervalles entre les piles. Observant avec justesse qu'unevoûtebiencontre-butée n'a besoin. il estvrai qu'il n'y avait pa>lieu d'employer desmoyens aussi puis-an l. A la cathédrale de Reims. Toute la science des constructeurs d'é- glisesconsistaitdoncalors à établir un équilibre parfait entre la poussée desvoûtes. de Beauvais. sur les contre-forts (voy. que nous trouvons adopté au xme siècle dans les chSurs des cathé- drales de Troyes. sous les formerets. mais indépendants l'un de l'autre. La nef et l'Suvre haute du chSur de l'église de SaintDenis. rendues rigides par la charge.('«in ré.que d'un point d'appui vertical minre comparativementau poids à supporter. TRIFORIUM.

au moyen de ressources suffisantes et par des gens habiles. opposer 57 -c à la poussée obliqueune résistance oblique.- 67 - [ARC ] six cents ans. étant tracéssuivantun quart de cercle. grâce à l'élasticité de ce mode de construction.serelevaientau point B lorsquela poussée des voûtes était considérable.on vit qu'on pouvait. le diamètre de cesarcs-boutants. ces déformations ne se rencontrent pas. leur épaisseuret l'épaisseurde la culée ou contre-fort. mais leurs claveaux sont épaisel lourds. ils résistent à l'action de la pousséedesvoûtespar leur poids. venant s'appuyer au droit de cette poussée. 11faut ajouteraussique dansles grandsédifices bâtisavecsoin. comme nous l'avons dit déjà.ils ajoutent sur les piles A une nouvelle charge à celle des voûtes : c'est une pesanteur inerte venant neutraliser une pous- séeoblique. Ainsi les arcs-boutants primitifs sont généralementformés d'un quart de cercle (fig. et si le poids des claveauxdesarcs n'était pas exactement calculé de manière à conserver leur courbure sous l'influence de cette pression. D'ailleurs on avait pu observer que les arcs- boutants. mais même les soulagerd'une partie du poids desvoûtes. Quand on comprit mieux la véritable fonction des arcsboutants. et. 56).Dèslors lesarcs-boutanls furent cintrés sur une portion de cercle dont le centre était placéen . La courbure des arcs-boutants varie suivant la cou. et non-seulement ne pln> chargerles piles A d'un surcroît de poids. l'équilibre des constructions a été maintenu avec une science et une adresse peu communes.rbure des arcs-dou- bleaux.

par une raison d'économie. On voit des arcs-boutantsainsi construits dansl'église Notre-Damede Semur en Auxois (fig. maisvenaient porter une partie du poids de la voûte.[ ARC] - 68 - dedans despilesdesnefs(fig. et d'une courbure peu sensiblepar conséquent. opposant aux poussées une résistanceconsidérable. et déchargeaientd'autant les piles A. très-légèrement cintrées. monument que nous citerons souvent à cause de son exécution mirable entente si belle et de l'adde construc- de son mode tion. et dont la poussée se rapprochait de la verticale par suite de l'ai ml/' des arcs-doubleaux. car ils se seraient certainement déversés en pivotant sur leur sommier D. Cesystème a été ti' il. 58). en même temps qu'ils maintenaient son action latérale. ou faute de place.la construction des immenses arcs-boutants de Notre-Dame .les arcs-boutants devenaient presque des piles incli- nées.on avait le soin de les charger puissammentau-dessus de leur naissance. Si. pouréviterle déversement. si les arcs-doubleaux. près dela culée. 57). Toutefois des arcs-boutants ainsi construits ne pouvaient maintenir que des voûtesd'une faible portée (cellesde NotreDame de Semur n'ont que 8 mètres d'ouverture). et reportant cette poussée presqueverticalement sur les contre-forts.ils remplissaient ainsila fonctiond'un étai. tout en cintrant les arcs-boutants surun arc d'un très-grandrayon. eussent produit des résultantes de pression suivantun angteMiisin de 45 degrés.m.se rapprochant du plein cintre. n'opposaientplus une force passive à une force active.Dansce cas. les culées G ne pouvaient avoir une grande épaisseur.

ne devons pasoublier que le terrain était chose à ménager dans lesvilles du moyen âge.qirlle-. A la cathédrale deBeauvais.détruit une partie de M>H efiet.extérieur*.par exemple. mais dans les chSurs desgrandescathédrales.à cause de la disposition rayonnante de l'abside. comparativement à l'espace CB. dans les cas que nous venonsde signaler. les murs sont réduits à une épaisseurextrêmement faible (fig.. ordinairement. il eût fallu établir desarcs-boutants d'une trop grande portée pour franchir ces espaces. jusqu'à la naissancede la voûte. comme 1 esta 6. refaits au xme siècle(fig. il y aurait certainement rupture au point G. ou dans les nefs desxnr. car c'est sur ce point faible que viendrait . Cesarcs prodigieux. qui n'ont pamoins de 15 mètresde rayon. les arcs-boutants sont à deux volées. de G en B par exemple. Voici donc comment les constructeur^ «lu xme siècle établirent les arcs-boutants du chSur de cette immense! . ou cescontre-forts auraient dû alors prendre un espace étendu en dehors des édifices. Tous les exemples que nous venonsde donner ne reproduisent que desarcs-boutants simples ou doubles d'une seule volée.les arcs-boutants de la cathédrale de Paris. Si l'on élevait un contre-fort plein sur le mur de séparation de A en B. sont un exemple unique.leschapellesprésentent généralement en plan une disposition telle que derrière les piles qui forment la séparationde ce. la longueur AB de séparationdeschapelles est à la hauteur despiles D.sereporter tout le poids de l'arc-boutant. xive et xve siècles. en divisant la poussée. CATHÉDRALE) : c'est là un fait unique.- 69 - [ ARC] de Paris. qui. Si l'on se contentait d'élever un contrefort sur la partie résistante de cette séparation. s'ils eussent été s'appuyersur les contre-forts extérieurs.rh. xive et xvesiècles. Dans les chSurs des grandes églises bâties pendant les xnie. bordées de doubles bas côtés ou de bas côtés et tir chapellescommuniquant entre elles. et permet ainsi de réduire l'épaisseurdescontre-fort. furent élevéspar suite de dispo>ili«m~ tout exceptionnelles(voy. qui franchissentles doubles bas côtés. (jO. et la longueur CB comme 1 est à 9. en tenant compte surtout de la hauteur des naissances des voûtes.c'est-à-dire qu'ils sont séparéspar un point d'appui intermédiaire ou repos. 59). le contre-fort ne serait pas assezépaispour résisterà la poussée desarcsboutants bandésde D en C. Or non.Nousle répétons.

Pour laisser une plus grande résistanceà la culée des oontre-forts A.ils necraignirent pas deposer la pileA enporte àfaux .[ Ane ] - 70 - église (fig.G. 61).

respecteret vanter les grands efforts de l'intelligence humaine. ils bandèrent deux autres petits arcs-boutants dansle prolongement desdeux grands. apparier. C'est le Parthénon de l'architecture française.et si le chSur de la cathédrale de Beauvais a menacé de s'écrouler au \ive siè- cle. l'équilibre de tout le systèmes'est conservé. on évitait ainsi de longs trajets. calculant avec raison que la poussée desdeux arcs-boutaut» supérieurstendait à faire incliner cette pile A.appliquèrent ce système d'arcs-boutants.on eut l'idée de seservir desarcs-boutanLs supérieurscomme d'aqueducspour conduire les eaux deschéneaux des grands comblesà travers les têtes des contre-forts. cet édifice ne saurait être étudié avec trop de soin.et surent ainsi maintenir l'aplomb de la pile intermédiaire A chargéepar le pinacle D. A ce point de vue. Les architectes de la cathédrale de Cologne.il ne faut pas s'en prendre au systèmeadopté. CHÉNEAU). et. Mais on était amené ainsi à éleverla tête desarcs-boutantsupérieurs jusqu'à la corniche des grands combles. 61). Nous citons le chSur de Beauvais parce qu'il est la dernière limite à laquelle la construction desgrandeséglisesdu xme siècle ait pu arriver. mais à certaines imperfections dans l'exécution. Dansla plupart deséglisesbâtiesau commencementdu xni° siècle. Grâceà celte division des forces des poussées et à la stabilité donnéeà la pile A et au contrefort G par ce surcroît de pesanteur obtenu au moyen de l'adjonction despinaclesD et E. l'arc-boutant que nous donnons ici appartient au rond-point. Laissantun vide entre la pile A et le contre-fort G. On reconnut bientôt les inconvénients de cet état de choses. Ils chargèrentcette construction simple de détails infinis qui nuisent à son effet sansaugmenter seschancesde stabilité (voy. dont toutes les parties ont conservé leur aplomb. comme les Grecsde l'antiquité.Cesystème fut adoptédansle chSur de la cathédralede Beauvais (fîg. CATHÉDRALE et CONSTRUCTION). et d'être placé au centre d'une population conservatriceet sachant. au point qu'il a fallu élever de nouvelles piles entre les anciennes dansles travéesparallèles.qui bâtirent le chSur de cette églisepeu aprèscelui de Beauvais.commeà-Beauvais.et n'étaient que rarement dirigées dans des canaux destinésà les rejeter promptement en dehors du périmètre de l'édifice (voy. c'est-à-dire bien au-dessus de la poussée des voûtes. les eaux deschéneaux desgrands combles s'égouttaient par les larmiers descorniches. il ne lui a manquéque d'être achevé. qui est très-savamment combiné. et surtout à l'ébranlement causéà l'édifice par la chute de la flèche centrale élevée imprudemment sur le transsept avant la construction de la nef. D'ailleurs. C'est la théorie du système mise en pratique avec ses conséquences même exagérées. et l'on se débarrassait deseaux de pluie par le plus court chemin. mais en le perfectionnant sousle rapport de l'exécution. et reportait sa charge sur son parement extérieur à l'aplomb de la pile B. ou à conduire le* eaux deschéneauxsur les chaperonsde ces arcs-boutants au moyen de coffres verticaux de pierre qui avaient l'inconvénient de causer des . versle milieu du xme siècle.- 71 - [ ABC ] sur la pile B.

On remplaçadonc.Cetteexpérience profita aux constructeurs desxiv' et xve siècles. pouvait causerdes désordres dansla construction.et au xve siècle on dut bander. Toutefois ce systèmed'aqueducsappartient particulièrement aux églisesde Picardie.agissant à la tète des murs. pour neutraliser l'effet produit par lu poussée clésgrandesvoûtes. en côntre-ba? des arcs primitif. là où ils n'avaient à contre-buter que la poussée d'une seule nervure de la voûte. C'est ainsiquefurent construits lesarcs-boutants du chSur de la cathédrale d'Amiens. mais. dans la partie parallèle du chSur. purentsemaintenirdansle rond-point.les arcs-boutants supérieurs par une constructionà claire-voie.qui combinèrent dèslorles aqueducssurmontant les arcs-boutants. Cette première tentative ne fut pas heureuse.mais d'une façon passive et sanspousser.. l'architectequi réédifia eu Oraiide partie . 62.. Voici comment.. de nouveaux arcs d'un plus grand rayon. là où il fallait résister à la poussée combinéedes arcs-doubleaux et des arcs ogives.véritable aqueducincliné qui étrésillonnait les têtesdesmurs. Les arcs-boutants.de façon à éviter ce relf-cnticn/ dangereux. et on le voit rarement employéavantle xvie siècledanslesmonuments de l'Ile-de-France.La poussée de cesarcs-boutants supérieurs.vers la fin du xmesiècle. de lu Bon ri. au xvesiècle.72 infiltrations au droit desreins desvoûtes. trop chargés par ces aqueducs à jour." i-ne et du Nord-Ouest.[ ARC] . élevés vers 1260 (fig. de Champagne et du Nord. les arcsboutants se soulevèrent.

Ces arcs-boutantssont à doublesvolées. 63). Cet étaiestappareillé comme une plate-bande retournée. comme nous l'avons dit plushaut. Aulieude poser immédiatement lespieds-droits del'aqueduc sur l'extrados del'arc (fig.- 73 - [ ARC ] le chSur de l'église d'Eu sut prévenirle relèvement des arcs-boutants surmontés seulement delàtropfaiblecharge des aqueducsà jour. L'inflexibilitédela première ligne ABétantopposée au relèvement de l'arc.comme danslechSurdela cathédraled'Amiens. parla poussée de la voûte. 10 . le chaperon FGconserve la ligne droite et forme un secondétai de pierre qui maintient encoreles poussées supérieures de la voûte : la figure ECHFGprésentetoute la résistance d'un mur plein sansen avoir la poids. et le même principe est adopté dansla construction de chacune d'elles. que sont posés les pieds-droits de l'. l'arc ECH et sa tangente AB ne forment qu'un corps homogène parfaitement rigide. de façonà opposer une résistance puissante au relèvementde l'arc. rendu inflexible. par suite desforces qui se neutralisent en agissant ensensinverse. c'est sur ce premier étai. D'après cesystème. leur poids i. pouvantdèslorsêtreallégé sans danger. L'emploi de l'arc-boutant dansles grands édificesexige une expérience approfondie de la pousséedesvoûtes.jurD ne sont que desétrésillons qui sont destinésà empêcher toute déformation de l'arc de E en G. les à-j.if[ueduc. produit au point G. pousséequi. il établit d'abord surcetextrados un premierétaidepierre AB.varie suivantla naturedesmatériaux employés.

et pendant le xiv% on voit en effet l'arc-boutant appliqué sans hésitation partout. de Limogeset de Narbonne..Lesarcs-boutants deces trois édifices (leschSursseuls ontétéconstruits àLimoges etàNarbonne) sontcombinés avecun grand art et une connaissance approfondie despoussées desvoûtes.des formules qui pouvaient servir de guide aux constructeurs novicesou n'étant pasdouésd'un génie naturel. commeaux cathédrales de Reims. on s'aperçoit alors que les règles touchant la stabilité des voûtes sont devenues classiques.etc. un peu soumis à dos règles classiques. ou au moins d'une école particulière.il dut y avoir. Lafigure65présente un desarcs-boutants du chSur de dralede Clermont (Puy-de-Dôme). . que les écoles de construc- tion ont admis desformules certaines.commeà Saint-Etienned'Auxerre. ces trois monuments présententune complète analogie. mais les inhabiles (et il s'en trouve dans tous les temps) commirent bien deserreurs jusqu'au moment où l'expérience acquise à la suite de nombreux exemples put permettre d'établir desrègles fixes. ce sont desexceptions. A la fin du xiiLesiècle. 54).[ ARCJ - 7'l - et leur degré derésistance II nefautdonc pas s'étonner sidenombreuses tentativesfaitespar desconstructeurs peu expérimentés ne furent pas toujours couronnées d'un plein succès. ils sontparcelamême intéressants à étudier pour nousaujourd'hui. qui nous font voir jusqu'à quel point ces règles sur la construction des voûtes et des arcs-boutants étaient devenues fixes : ce sont les cathédrales de Clermont-Fcrrand. Cestrois édificessont l'n-uvre d'un seul homme. comme à Beauvais.. comme toutecetteéglise. un peu froids.0à 1260. aussi dans cestrois cathédrales. et bien qu'ils soient élevés tous trois au delà de la Loire. leur stabilité estparfaite . Les constructeurs habiles résolurent promptement le problème par desvoies diverses. avant de trouver ce que l'on cherchait : l'arcboutant réduit à sa véritable fonction. commeà Notre-Dame de Semur.pendantprèsd'un demi-siècle.de Coutances et deBayeux. 64) un des arcs-boutantsdu chSur de la cathé- on lavedeVolvic. tous édifices bâtis de 122. lorsqu'onabandonna partout le système desarcsboutantsprimitifs dont nous avonsdonné destypes(fig. Nous donnonsici (fig. et si quelques génies audacieux sVu écartent. Il existeen France trois grandes églises bâties pendant le xive siècle. lespilessontrestées parfaitement verticales danstoute leur hauteur. comme à la cathé- drale du Mans. construits.et il y eut en effet. Comme plan et comme construction. très-légères d'ailleurscommesystème de bâtisse.les voûtes n'ont pas une lézarde. les arcs-boutants ont conservé toute la pureté primitive de leur courbe. deshésitations. destâtonnements. comme à Saint-Pierre de Chartres. et si quelques édifices périssent par suite du défautde savoirde leursarchitectes. ils ne diffèrent que par leur décoration. 50. 52.comme à Saint-Denis. Lorsque le goût dominant vers le milieu du xm* sièclepoussa les constructeurs à élever deséglises d'uneexcessive légèreté et d'unegrande élévationsousvoûtes. ils appartiennent à l'architecture du Nord.

- 75 - ARC J la cathédrale de ISarbonne. Quant au chSur de lacathédrale . quiest uncalcaire fort résistant. laquelleestconstruiteen pierre de SainteG5 Lucie.

Alors. et le vide entre ces piles et les culéesse trouve au-dessus de la partie mince desmurs de réparationde ceschapelles. mais au contraire despierres posées bout à bout.\ivesiècle. et acquérant ainsi les qualités d'un étai de bois. Les piles intermédiairesde cesarcsboutants reposent sur les pilesde tête des chapelles. au . C'est cedernierparti qui fut franchement admis à la fin du XIIP siècle. soiten les masquant avecune grande adresse. soit en les réduisant à leur plus simple expression. par des tètes de contre-forts qui sont autant de chefs-d'Suvre. sousle point de vue de la science. Ce n'est plu.avait atteint le dernier degré de la perfection : vouloir aller plus loin. composéd'un petit nombre de morceaux de pierre. 66). conservant une certaine élasticité.commeà la cathédrale de Reims.Cesconstructions sont exécutéesavec uni. ils s'évertuaient à lesdissimuler. l'arcliMiiianl.en leur donnant alors la roideur quedoit avoirun étai. soiten leschargeant d'ornements. dans la construction des arcs-boutants de l'égliseSaint-Urbain de Troyes(fig. et l'on reconnaîtra que l'arc-boutant. comme dans tous les exemplesprécédents.Que l'on veuille bienexaminer cette figure. mais les constructeursdu moyenâgen'étaient pas gensà s'arrêter en chemin. commeà Amiens.irréprochable précision. mais par la combinaison de son .. ne montre plus. il est bâti de granit. c'était tomber dans l'abus.[ ARC 1 - 76 - de Limoges. parla chargeque l'arc conserve sa rigidité. Évidemment cesétuisà demeureétaient une accusation portée contre le système général adopté dansla construction de leurs grandes églises.une succession de claveaux peu épais.

Ici la butéen'estpasobtenueau moyende l'arc ABC. il se fût dispenséde placer le lien AB'.particulièrement bien établi pour résisteraux poussées desgrandes voûtes. qui datedu xv" siècle. était arrivé à son développement le plus complet. Si l'architecte qui a tracé cet arc-boutant eût pu faire tailler le triangle DBG dans un seul morceau de pierre. Pour que cette rupture n'ait paseu lieu.- 77 - [ ARC] appareil. si la ligne DE n'eût pas été inclinée suivant le seul angle qui lui convenait. pour oser appareiller un arc-boutant de cette façon. et manquer de sens.il y aurait eu rupture au point B.car si ce systèmede butée eût été placé un peu au-dessus ou au-dessous de la poussée. cl lr pre- mier l'a dépassé en voulant appliquer sesmatériaux à des combinaisons géométriques qui sont eu complet désaccord avec leur nature et leurs qualités. de Reims ou d'Amiens. pour se donner la puérile satisfaction mettre de les souà la solution d'un problème de géométrie. cependant ces derniers ont atteint le but.maispar l'étai de pierre DE. n'est là que pour empêcherl'étai DE de fléchir.un arc-boutantà doublevolée. Cen'est donc pas trop s'avancerque de dire : le systèmede l'arc-boutant. Onvoit dansla partie dela nefdela cathédrale deTroyes. Toutefois. 67}. Il se compose de deux butéesrigides de pierre réuniespar une arcature à jour (fig. L'arc ABC. il faut supposer que la résultante despressions diversesde la voûte agit absolument sur le point D. Maison peut avoir raison suivant lesrègles absoluesde la géométrie. en voulant donnera la pierre le 67 rôle qui appartient au bois. en torturant la forme et l'art en- fin. au xive siècle. Cemême principe est adopté dans de grands édifices. Ce sont là de ces exemples qui sont aussi bons à étudier qu'ils sont mauvais à suivre. il fallait être bien sûr du point de la poussée de la voûte et de la direction de cette poussée. dont la flexibilité est d'ailleurs neutralisée par l'horizontale BG et le cercle F. meilleur mathématicien que ceux qui ont bâti les nefs de Chartre-. . L'homme qui a dirigé les constructions de l'église Saint-Urbain de Troyes était certes beaucoup plus savant.

comme l'arc-boutant simple ou double.ne sont pasparallèles. au moyend'un véritable étrésillon. Cesystème d'arc-boutant. 68). estemployé souvent danslesconstructions civiles pour contre-buter despoussées. Il n'enrésulte pas moins quel'arc-boutant surmonté d'un aqueduc se perfectionne sous le pointdevuedelaparfaite connaissance des poussées pendant lesxi\e et xv«siècles. Cesdeux butéesrigidesAB.afin demieux reporterla pou--:>. Les manteaux desquatrecheminées descuisines ditesde saintLouis. maisse rapprochent en AI'. La butéerigide AB sert d'aqueduc pour les eauxdu comble. L'architecte imagina de rendre fixe ce point A.auPalais de Paris. les voûtes de ces bas côtés atteignent la hauteur sousclef desvoûtes de la nef (fig. La sainte Chapelle bassedu palais secomposed'une nef et dedeux bas côtés étroits. ou plutôt d'étrésillon. cette construction est plus savante que gracieuse. Ce système d'arcs-boutantsà jour. il fallait s'opposer à la poussée des grands arcs-doubleaux et des arcs ogives au point A. en le laissant libre toutefoispar la disposition de l'appareil. et de reporter sa poussée sur les contre-forts extérieurs. Là cet arc-boutant se compose d'une seule pierre évidée venant opposerune résistancefort légère en apparence.xin' siècle).et l'art ici est complètement sacrifiéaux combinaisons géométriques. rigides.demanière à reporter la poussée sur la naissance de cetarc. CD. en établissant un triangle à jour ABC découpé dansun seul morceaudepierre. .1-lisant deB enF surl'arc-boulantuniquede la première volée E.Les pieds-droits de l'arcatureà jour sont perpendiculaires à la direction desdeux butées.{ ARC] - 78 - la butéeinférieureesttangente à l'extrados del'arc. afin de dimi- nuer la portée desvoûtes dont on mais voulait éviter de faire des- cendre les naissances trop bas. et les étrésillonnentainsi beaucoup mieuxques'ils étaient verticaux.CUISINE). fut quelquefois employé avec bien plus de raison lorsqu'il s'agissaitde maintenir une poussée agissantsur un vide étroit. à la pression d'une voûte. comme dans la sainte Chapellebassede Paris (. donnésfigures62 et63.commedanslesarcs-boutants <]«"chSurs de la cathédrale d'Amienset de l'église d'Eu. rumine deux étaisde bois.Par le fait.mais très-rigide en réalité.sontmaintenus par desétrésillons pris également dans un seul morceau de pierredécoupé àjour (voy.

. au-dessous et en sensinverse de la poussée desvoûtes.A la fin du \ve siècle et pendantle xvie. construit . ils leur donnèrent descourbescomposées. lesarchitectesprétendirent si bien améliorer la construction desarcs-boutants. ils tendaientàpousser les pilesendedans.qu'ils oublièrent les D conditions premièresde leur stabilité et de leur résistance. Ils ne tenaient plus compte ainsi de cette con- dition essentielle du glissement destêtesd'arcs. soit par lui-même. on finit par perdre la trace du principe qui l'a développé. lesfaisantportersurlespilesdesnefsen mêmetempsqu'ilsmaintenaient l'écartement des voûtes. Comme il arrive toujours lorsqu'un systèmeadopté est pousséà ses dernières limites. soit par sa combinaison avec une construction rigide servant d'étai.79 f ARC1 Les constructeurs arrivent à calculer exactement le poids qu'il faut donner aux aqueducs à jour pour empêcher le soulèvement de l'arc.Au lieu de les former d'un simple arc de cercle venant franchement contre-buter les poussées. dont nousavons expliqué plushaut l'utilité. Le caniveau qui couronne l'aqueduc devient un étai par la force qu'on lui donne aussibien que par la manière dont il est appareillé. 69) un des arcs-boutantsde la nef de l'église Saint-Wulfrand d'Abbeville. Nousdonnonsici (fig.

et les arcs-boutanls placéssuivantla résultantedes poussées. la poussée desvoûtes qui agit deGen D charge l'arc A verticalement. Ces arcsont produit et subi de gravesdésordres par suite de leur disposition vicieuse.Les arcs rompusaux pointsA ne contre-butent plus lesvoûtes.Donclessommiers placés àla tètedi^ arcs-boutants en B sont contraires au principe même dp l'arc-boutant. Gomme dans toutes les bonnes constructions de cetteépoque. B. augmentent encore les causesd'écartement. pas de murs : des colonnes. juste au point de la poussée.sereportant sur une construction élastique.sont contre-butées par desarcsqui viennentsereposer sur descontre-fortscomplètement indépendants du monument. Il n'entredanstoutecetteconstruction. plusla poussée deA enB estpuissante. et.[ ARC ] - 80 - d'après cedernierprincipe pendantlespremièresannées du xviesiècle. des voûtes. qui poussent et écrasent parle déversement desmurs. des contre-forts isolés. portées sur descolonnes minceset longues. A indique le plan de ce porche. étayantle sommier qui reçoitles arcs-doubleaux.pousse de A en B. l'arc-boutant ne fait que s'appuyer contrela colonne. assez importante cependant. la vue de l'un de ses arcs-boutantsd'angle.chargéspar cesaqueducsqui MIbissent la pression desvoûtes. Les porchesnord et sud de l'église Saint-Urbain de Troycspeuvent donner une idée bien exacte de la fonction que remplissent les arcs70 A _ boutants dans lesédifices dela période ogivale. Les contre-forts extérieurs ont tassé. Cettecharge verticale. poussant dèslors les piliers versl'intérieur à la naissance desvoûtes. . plusla poussée desvoûtes agit enG par le renversement dela ligne DC.les sommiers B ayant empêché le glissement qui auraitpu avoir lieu sans de grandsinconvénients.lorsque desarcs-boutants sont construitsd'aprèsce système. lesaqueducs supé rieurs. Ces porches sontcomme la dissection d'unepetileéglise du xivesiècle. en augmentant la pression despieds-droits del'aqueduc. agissent puissamment surlessommiers B. 70). il s'est déclaré des ruptureset desécrasements aux pointsA desarcs. Or. qu'un volume très-restreint de matériaux posés avecautantd'art qued'économie (fig.Pour nous expliquer en peu de mots. en même temps cesarcs déformés. Des voûtes légères.

malgré son extrêmelégèreté. En général.- 81 - [ ARC ] lesarchivoltes et les arcsogives. Lorsqu'à la fin du xne siècle et au commencementdu xme on adopta le système desarcs-boutan^ pour les grandes voûtes portées surdespiles isolées. On auta pu observer. n'étaientcontre-butées que par descontre-fortspeu saillants. L. Lesvoûtes des transsepts. Cette élégante construction n'a éprouvéni mouvement ni déversement.et de l'autre sur les trois colonnes G. ne peuvent se maintenir sur des points d'appui aussi grêles qu'au moyen de la butée des trois arcs-boutants CF. 11 . EH.se retournant à angle droit.et lescolonneselles-mêmes sont chargéeset roidies par les pyràmidions qui les surmontent. les profils des arcs-boutants sont toujours plus simples que ceux des arcs-doubleaux. E. D. L'espaceMCDEXest seul couvert. et qu'en se laissant entraîner à les tailler sur un profil. Cependantles moulures qui sont profilées à l'intrados des arcs-boutants sont toujours plus simples et conservent une plus grande apparenced3 force que cellesappliquéesaux archivoltes et aux arcs des voûtes.d'après tous lesexemplesque nous avons donnés. quelesarcs-boutantsne commencent à être chanfreinés ou ornés de mou- lures qu'à partir de la deuxième moi- tié du xiue siècle. comment les deux voûtes du porche. on nesongea d'abordqu'à contre-buterles poussées desvoûtes desnefs et deschSurs. il est évident qu'on craignait d'affaiblir les arcs-boutants exposés aux intempériespar desévidements de moulures. PORCHE). on obéissait au désir de ne point faire contraster ces arcs d'une manièredésagréableavecla richesse desarchivoltesdesfenêtreset la profusion de moulures qui couvraient tous les membres de l'architecture dès la fin du xme siècle. reportant les résultantes de leurs poussées sur les trois contre-forts I. et forme comme un grand dais suspendusur de frêles colonnes. Il est aisé de comprendre.composés de deuxou trois i. B. qui reposent d'un côtésur le mur du transsept. On sefiaitsur le peude longueurdescroisillons. Au-dessus desarcs-boutants les contreforts sont rendus plus stablespar despinacles.DG. en examinant le plan A. et quoiqu'elle ait été laisséedans les plus mauvaises conditions depuis longtemps(voy. K.

A la cathédrale 72 i-.1 vent il arrivait aussi que lesarcs-boutants desnefs ou deschSurs.dèsle milieu du xrnesiècle. on établit également. on supposait que les butées descontre-forts des pignonset celles des murs desnefs suffisaient pour maintenir la poussée desarcs-doubleauxentre cesbutées.APC - 82 - travéesde voûtes. et il existe desarcsboutants de D en C comme de A en B. 73). de la cathédrale du Mans. 72). en admettant que ces contre-forts fussent arrivés jusqu'au prolongement de l'arc-doubleau CD. et qui n'étaienten réalitéquedesmurs(fig. de l'église de Saint-Denis.tendaient à faire déversercesmurs.on disposa lescontre-fortsdesanglesformés par lestranssepts. de manière à pouvoirbuter les voûtesdansles deux sensfig. mais très-minces. On ne pouvait songer en effet à bander des arcs-boutants qui eussentpris les contre-forts AE en flanc. ces contre-forts.A la cathédralede Paris. pour prévenir ce déversement. 71]. Cette difficulté non résolue causa quelquefoisla ruine descroisillons peude tempsaprèsleur construction.Aussi. ce qui n'existe pasà la cathédralede Paris. ces masses de constructions élevéespour main- . poussant sur la tranche de contre-forts très-larges.par exemple (fig. vers le milieu du xnr3siècle. deséperonslatéraux A sur les flancs des contreIbrt?. Quand les arcs-boutants sont à double^volées. il a été construit des arcs-boutuiils de A enB pour maintenir la poussée des voûtes de la nef et du chSur. On ne s'arrêta pas là. pré>tntent en plan la forme d'une croix. i>ar exemple. bu1.commeaux chSursde Nuire-Danie de Paris. à la rencontre du transseptet du chii-ur.la première volée est bandéede E en F comme de G en F. et il n'a jamais existé d'arcs-boutants de D en A et de C en A. mais IV'vartement des voûtes des croisillons n'est maintenu que par les deux contre- forts mincesD et C.

Les hommes d'un génie supérieur. et des parties faibles des constructions inférieures. . souvent alorsils se sont trompés. et l'on netrouveque très-rarement desarcsdestinés à diviserles pesanteursdansun mur plein.à fonder ce sy-ieme sur des règlesfixes. au-dessus desvides en général. Dansquelqueséglises. Maisà cetteépoque lesconstructions en blocage n'étaientplusen usage. variété de l'Ane). ils remplacèrent les éperons A de flanc par des arcs bandésd'un contre-fortà l'autre.aprèsavoir résolu le problème de la construction des Mmies sur despiles minceset isolées. qui voulaient que leurs édifices parussentplus légers encore qu'ils ne l'étaient réellement. pour reporter le poids de-. Tous leurs efforts ont tendu à établir l'équilibre entre la pon--ée desvoûteset la résistancedesarcs-boutants. mais sans se rendre compte des cas exceptionnels qu'ils avaient à traiter. ARC DEDÉCHARGE.puisque les condition. AKCIIIYOLTES.d'équilibre se modifient à l'infini en raison de la nature. mais c'en esl unepour l'étudier avecle plus grand soin.au moyen de l'arc-boutant.C'est l'arc qu'on noie. et quelquefois cependant par une faible saillie. au-dessus deslinteaux des portes. ont su vaincre ces difficultés. et notamment dans le chSur de l'église du Mont-Saint-Michel en mer. de la résistance et de la dimension desmatériaux. dans les construction-. Car de ce que l'application d'un systèmeprésentedesdifficultés et une certaine finesse d'observation. Lesarchivoltes des portails et portes sont de véritables arcs de décharge(voy.du xvesiècle. desdifficultés d'exécution qu'il présentait.Cettetradition seconserveencore pendant la période romane. Dansles constructions romaines élevéesen petits matériaux et en blocage. parce qu'il exige une grandesagacitéde la part du constructeur. D'ailleurs. ont été frappe-. destinés à rendre tous les contre-lorl- de- De tout ce qui précède on peut conclure que les architectes du m<i\en âge. commeil arrive toujours. qui ne se distinguent des assises horizontales que par leur appareil.on rencontre souventdes arcs de déchargeen briques et en mo( !- Ions noyés en plein mur. toutefois on ne donne guèrele nom d'arcs de décharge qu'aux arcs dont le parement affleure le nu des murs. du poids.- 83 - [ ARC] tenir les arcs-boutants ne pouvaient satisfaire les constructeur.ce n'est pas une raison pour le condamner. constructionssupérieures sur des points d'appui dont la stabilité est assurée. comme une succession d'élrésillons arcs-boutants solidaires. par l'observation des faits particuliers que par l'application de règles absolues.la cou" structiondevientpresquetoujoursun motif de décoration. afin de reporterles pesanteurs sur despoints des fondationset soubassements établisplus solidement que le restede la bâtisse. est un moyen dont l'emploi doit être proscrit? Nous ne le croyons pas. plutôt par l'instinct que par le calcul. et lorsqu'on . ce qui n'était pas possible. Les constructeurs \ul-aires ont suivi tels ou tels exemplesqu'ils avaient sous les yeux. dansles édificesromans. Est-ceà dire pour cela que l'arc-boutant. sitôt aprèsl'application du principe.

Tels sont les arcs de déchargequi se voient le long du mur desbascôtés de l'égliseSaint-Etiennede Nevers (fin du xiesiècle) (fig. on rencontre desportesdont leslinteauxsont soulagés par desarcsfledécharge venant appuyerleurssommiers suruneportée mena- . dans l'architecture civile des xie et xnesiècles.on cherchait à les accuser. Souvent.ils doivent tendre à faire glisserles maçonneriessur leurs reins. on avait besoin d'arcs de décharge. del'Anjou. reposant sur une colonne (fig.est ainsi porté sur deux arcs de déchargeà l'extérieur. 74). ce surcroît de charge donne aux points d'appui principaux une grande stabilité. et même quelquefoispar un filet orné ou mouluré à l'extrados.de l'Auvergne et de la Saintonge pendant la période romane. sommiers. Le pignon du transseptsud de l'église Notre-Damedu Port.[ ARC ] - 84 - maçonnant.àClermont (Puy-de-Dôme). C'est un système qui permet d'élever des murs minces entre lespilesdestinéesàrecevoir le poids des constructions. puisque leur fonction essentielleestde reporter les charges supérieuressur leurs. Inutile d'ajouter que ces arcsde déchargesont toujours extradossés . soit par une saillie. Ici ces arcs sont surtout destinésà charger les piles des bas côtés qui reçoivent les poussées des voûtes. 75). les murs n'étant pas armés de contre-forts. il présentepar conséquent une économie de maté- riaux : on le voit appliqué dansbeaucoupd'églises du Poitou.

pour reporter la poussée desgrandes voûtes à l'extérieur. de Nevers. si dans le travers des nefs ils établissent des arcs-boutants au-de&susde>bas côtés. entiers-point. trop légères pour porterla charge d'unmur.au-dessus deslinteaux. qu'ils évitent de faire peserles murs des galeriesen porte à faux sur les voûtes de ces bas côtés. Ces arcs sont plein cintre (fig. on voit une clef poséedansl'assisequi les surmonte.simince qu'il soit. GALERIE. Pendantla période ogivale.Ces arcs reportent la charge de ces murs sur les sommiers des arcs-doubleaux des bas côtés (voy. partie du xi" siècle).rarement en tiers-point. et qui forme ainsiuneplate-bande appareillée reportant le poids desmurssurles deuxpieds-droits (fig. et le plus souvent bombés seulementpour prendre moins de hau- teursousles planchers(voy.le .CONSTRUCTION. Haute-' Loire. FENÊTRE). dan. afin de laisserle plus de place possibleà la foule. dans lesgaleries hautes de Notre-Dame de Paris. 79).Un videestlaissé alorsentrel'intradosdela clef ^.- 85 - [ ARC ] gée auxdeuxextrémités deslinteaux(fig. ils cherchent sans cesseà diminuer à rez-de-chaussée les points d'appui. dansle sensde la longueur.pour éviterle fâcheuxeffetde cepoidssur des voûtes. quelquefois aussi.78)(château de Polignac.L . il faut. TRIFORTOM).Des arcs de déchargesont posésau-dessn*desé! mentsintérieurs desporteset desfenêtres dans presque tous les édifices civils du moyen âge.Dès lors.76). i et le linteau pour éviter la charge decette clef en casde mouvement dans lesconstructions.dene pasgêner la vue. On trouve des arcs de décharge triforium des nefs des cathédrales d'Amiens (fig. des arcs de déchargeont été ménagés dans l'épaisseurdesmurs de fond desgaleries au premier étage. de Reims.Ceprincipe les conduit à établir une partie desconstructions supérieures en porte à faux. lesconstructeurs ont à franchir de grands espaces vide.77).

Dans lesédifices 80 de la Bourgogneet d'une partie de la Champagne. 81). à Paris et à Amiens. 80). Au xve siècle. garnit le dessousde l'arc en tiers-point. comme à Notre-Damede Paris.pour reporter le poids des bahuts et des charpentes sur les piles. il est quelquefois posé immédiatement au-dessus trados desarchivoltes.[ ARC] - 86 - Mais.la bascule des corniches de couronde l'ex- nement. Dans ce cas. lesfenêtres supérieures étantposées surla claire-voie intérieuredu triforium. et soulager les meneaux des fenêtres tenant lieu de formerets. ces arcsde décharge neportentquele poids d'un mur mince. à la cathédrale de Troyes (fig.ainsi qu'on peut le remarquer dans l'église de Saint-Père sous Vézelay(fig. . les arcs de décharge ont été fort en usage pour porter des constructions mas- sives. qui. comme à Reims. sousles bufl'rois des clochers. noyé dans l'épaisseur du mur. sonten retraite sur les murs extérieurs du triforium. pour soulager les cintresdesgrandesrosés du poids despignons de face.afin d'éviter même la charge du remplissage. comme à Amiens. lesfenêtres.qui ne s'élève que ju-qu'à l'appui du fenestrage. Il n'est pas besoin de dire que les arcs jouent un grand rôle dansla construction desédificesdu moyen âge : les architectes étaient arrivés. comme à la sainte Chapelle de Paris. à Amiens. que ce mur exté- rieur porte.l'arc de déchargeest d'autant plus nécessaire.comme à la cathédrale de Laon. On rencontre des arcs de dé- chargeàla basedestours centrales deséglisesreposant sur les quatre ares-doubleauxdestranssepts. un peu au-dessus du sol de la galerie. ou bien encore l'arc de décharge n'est qu'un arc bombé. avec le fenestrage.au lieu d'être posées sur l'arcature intérieure. reposant en apparence sur de?constructions à jour. Il en existe aii"i au-dessus desvoûtes.

pour désigner une archivolte ou arc de décharge formant avec les pieds-droits une saillie sur un mur plein. l'archivoltecommeles pieds-droits. VOUTE.- 87 - [ ARCADE ] dèsle xine siècle.il comprendle vide commele plein. 74) sont des arcades aveugles. ni à leurs dimensions. En imitant ou croyant imiter les formes de l'antiquité romaine.Ondit : Lesarcades deceportiques'ouvrent sur unecour. dansleurs constructions massives. les architectes de la renaissance s'écartaient plus du principe de la construction antique que les architectes des xne et xme siècles.toujours extradossésavec soin. (Voy. Plus il estétendu. et lesrelier aux assises horizontales au moyen de joints droits à la queue. L'architecture romaine n'a fait qu'ouvrir la voie dans l'application desarcs à l'art de bâtir. fig. à acquérir une connaissance parfaite de leur force de résistance. La qualité essentiellede l'arc. en les composantde claveaux égaux. et de leurs effets sur les piles et les murs. qu'on voulut les composer de claveauxinégaux comme dimension. c'est l'élasticité. où tout est équilibre. on ne comprit plus la véritable fonction de l'arc.en donnant aux murs de leurs édifices une forte épaisseursuivant la tradi- .et en les formant de rangs de claveaux concentriques. dansleur appareil. de l'Auvergne. CONSTRUCTION. Si. Les constructeurs du moyen âge ont parfaitement suivi ce principe en multipliant les joints dans leurs arcs. inébranlables.on lesdésignesousle nom d'arcatures (voy. de la Saintonge et del'Angoumois. les Romains avaient compris la nécessité de laisser aux arcs une certaine élasticité en les extradossant. plus l'espace qu'il doit franchir estlarge.devait-on ne pasperdre de vue le principe qui doit diriger les architectes dansla construction desarcs. l'architecture du moyen âge l'a parcourue aussiloin qu'il était possiblede le faire.Ondit aussiarcade aveugle. Mot qui désigne l'ensemble d'une ouverture fermée par unearchivolte.toutefois. ARC.) ARCADE. Les arcs de décharge desbascôtésde l'église Saint-Etienne de Nevers (voy. et comme poids par conséquent. lorsqu'ils avaient besoin de leur donner une grande ré>i^tance.ou plutôt ils n'en tenaientnul compte. les appareiller à crossettes. plus il est nécessaire qu'il soit flexible. à plus forte raison dans les bâtisses du moyen âge. Le mot arcade est général. Ce n'est qu'au xvic siècle. quand elles sont d'une petite dimension. que l'arc ne fut plus appliqué en raison de sa véritable fonction. et la façon de leursjoints. ce mot). Les constructeurs de l'époque romane. au point d'abuser même de ce principe à la fin du x\e siècle. Lesarcades aveugles sonttrès-souvent employées danslesédifices romans du Poitou. alors que l'art de bâtir proprement dit soumettait l'emploi des matériaux à des formes qui ne convenaient ni à leurs qualités. f. par un emploi trop absolu peut-être et des raffinements poussésà l'excès. et mouvement par conséquent. Le principe logique qui l'avait fait admettre cessade diriger les constructeurs. Dujour que l'on cessad'extradosserles arcs. ils mettaient un soin particulier dans le choix des matériaux qui devaient les ri imposer. s.

ces détails importants de la décoration des maçonneries.desrapports desvides avecles pleins.desrangées d'arcades aveugles qui n'ont d'autre but que d'orner lesnus desmurs.qui sont plutôt destinées à décorer les parties lissesdesmurs sousles appuis des fenêtresou sous les corniches. 3° arcaturesornements. cherchaient (autant pour économiserles matériaux que pour décorercesmurs massifs et lesrendremoins lourds)à les alléger au moyen d'une suite d'arcades (voy. ne sachanttrop comment décorer lesfaçades des grandeséglises. dans les intérieurs de leurs édifices. une nécessité de la construction. tiennent bien leur place. le sentimentdesproportions. desplacages d'une stérile invention. Nous diviserons les arcatures : 1° en arcatures de rez-de-c/iaussée.ou arcs de décharge. qui leur permettaient cependantde retrouver les épaisseursde murs nécessaires pour maintenir les poussées des berceauxau-dessus de l'extrados de ces arcs. CONSTRUCTION). les architectessuperposèrent desétagesd'arcaturesaveugles de la baseau faite. ne paraissentpas être. Par suite de l'adoption des voûtes en arcs d'ogive dansles édifices. ARCATURE. à pratiquer des arcadesaveugles(arcatures) sous les appuis des fenêtres dèsbas côtés. f. les arcadesaveugles. Toutefois cette tradition subsista.tels que lesarcatures. comme en Angleterre ou en Italie. berceau. .danstoutes les provinces de la France. par exemple. et les intervalles entre ces contre-forts n'étant que des clôtures minces de maçonnerie. sur la façadede la cathédralede Pisé.n'eurent plus de raison d'être. dans certains édifices du Bas-Empire. C'est particulièrement dansles édificesnormands bâtis en Angleterre que cet abus se fait sentir : la façadede l'église de Peterboroughen estun exemple. sorte de filigrane de pierre destiné à couvrir la nudité des murs. 2° arcatures decouronnement. Cemotif de décoration paraît avoir été particulièrement admiset conservé parles architectesdel'époque carlovingienne.Rienn'estplusmonotonequecettesuperposition d'arcatureségalescomme hauteurs et largeurs. il ne fut plus utile d'éleverdesmurs épaiscontinus. et aussi pour résisterà la poussée uniforme desvoûtes en.[ ARCATURE ] - 88 - tion romaine. ARCDE DÉCHARGE). dont on ne comprend ni l'utilité comme systèmede construction. pour ne plus être qu'un placage découpé plus ou moins riche. On rencontre. qu'à répondreà. dansun but purement décoratif. ni l'agrément comme décoration.En France. puis s'aplatissantpeu à peu à la fin du xme siècle et pendantle xive. Mot par lequel on désigneune série d'arcades d'une petite dimension. Dèsle xie siècle. sont contenus dans dejustesbornes. s.Il estbon d'observercependant que l'emploi desarcaturesest plus ou moins bien justifié dans les édifices romans : quelques contrées. perce dans l'architecture du moment qu'elle se dégage delà barbarie. et les architectes de Ja périodeogivale continuèrent. d'abord très-saillantes. tellesque la Normandie par exemple. on se contenta dèslors d'établir descontre-forts saillants au droit des poussées (voy.ont abusédel'arcature danscertains monumentsdu xiesiècle.etil persiste pendant lespériodesromane et ogivale.

elle accompagne et couronne cebanc qui règne tout le longdu bascôté. donne de la solidité ace soubassement en le décorant. les murssont formésdeblocages parementés en petitsmoellons cubiques comme certaines constructions gallo-romaines. leschapelles. lesbascôtés deséglises. la construction desmaçonneries semble justifier l'emploi del'arcature. L'arcature.- 89 - [ ARCATURE ) ARCATURES DEREZ-DE-CHAUSSÉE. la fermeté de ses pieds-droits monolithes. portées par despilastres oudes colonnettes détachés reposant sur un bancou socle de pierre continu. qui estdu xiesiècle. Les grandes salles. 1). 12 .Le plussouventmême. sous lesappuis des fenêtres basses.les arcaturessont supportées par descolonnettes isolées. dans l'architecture française. et formentune sériedepetitesarcades aveugles entre le soletces appuis.à cette époque. sontpresque toujourstapissés dans leurs soubassements par une suited'arcatures peusaillantes.>'ousdonnons comme premier exemple decegenre dedécoration unetravée intérieure desbascôtésde la nef de la cathédrale du Mans(fig.ornées de bases et de chapiteaux sculptés : nous i. Danscet exemple. à l'intérieur. par son appareilplus grand.Cessortesd'arcaturessont générale- mentplacées.

composés d'un seul morceaude pierre poséen délit.qui sert de transition entrele style .conformément à l'usage adopté.reposant toujourssurun banc.A mesureque l'architecturesedébarrasse desformesquelquepeu lourdesde l'époque romane. le chapiteau et lesclaveaux despetits arcssont engagés dansla maçonnerie du mur. les arcs reposent alternativement sur un pilastre rectangulaire et sur une colonnette cylindrique. la base. Cet exempleremonte auxpremièresannéesdu xnesiècle. Dans cesarcatures.[ ARCATURE ] - 90 - choisirons commeexemple l'arcaturedesbascôtésde l'église abbatiale de Souvigny (Allier)(fig. les arcs se décorent de moulures. les colonnettes sont plus sveltes. sont détachés. et les fûts des J colonnettes.2). les arcalures bassesdeviennent plus fines.A Souvigny. on voit encore les 'restes d'une belle arcaturedu xue siècle. Dans le bas côté sud de l'église Sainte-Madeleine de Chàteaudun.

les colonnettes des arcatures plées. et jusque versles premières années ydu xme siècle. Ainsi les chapelles du chSur de l'égliseabbatialede Vézelay sont. curieusement travaillées. et portent. entre les fenêtres de la crypte et celle des bas côtés. OGIVE). . une arcature que nous donnons ici ï (fig.Dansl'étage de la tour Saintde* la cathédrale sont accou- de Rouen. parfois composéesd'une suite de petits arcs plein cintre qui s'entrecroisent.tapissées. et qui forme un riche bandeau entre les contre-forts. les archivoltes sont décorées de dents de scie. 3 bis). Le côté nord du chSur de la cathédralede Canterbury présenteà l'extérieur. Les arcatures numents basses des mode la Normandie sont. souslesappuisdesfenêtres. finement moulurés. vers cette époque. 3) : lestailloirs deschapiteaux en sontvariés. danslequel quelques esprits plus ingénieux qu'éclairés ont voulu voir l'origine de l'ogive (voy. Mais c'est particulièrement en An- gleterre que le style normanda développé ce genre de décoration. Cet exemple date des dernières inférieur Romain années du xir siècle. bien que le plein cintre persiste longtemps dans ces membres accessoires del'architecture. supportant déjà de petits arcs en tiers-point. soit sur un rang de colonnettes.- 91 - [ ARCATL'RE ] romanet le styleogival(fig. soit sur des colonnettes et des cor- beaux alternés.

La petite église de \otre-Dame de Dijon. dont la partie inférieure date de 1220à 1230. 5). ainsi qu'onpeut le voir dansleschapelles du chSur de la cathé- . laisse encore voir dans les soubassements de ses chapellesdu transseplde belles arcatures plein cintre sur deschapiteaux qui n'ont plus rien de l'ornementation romane.[ARCATURE ] - 92 - d'arcatures appartenant parles détails deleurornementation auxirr8 siècle. l'arc trilobé sert de transition : on le voit employé dans le trans- septnord de l'église Saint-Jean de Chàlons-sur-Marne(fig. La courbe en tiers-point ne s'applique aux archivoltes desarcatures que vers 1230. tandis queleursarcssontfranchement pleincintre (tig. EnBourgogne. dans les travées encore existantes des bas côtés de la cathédrale d'Amiens. Plus tard.4). l'arc en tiers-point règne seul (fig. de 1230 à 1210. 6). l'arc plein cintre persiste même dansles arcaturesjusque vers le milieu du \ine Mècle. dont la construction est postérieure au chSur del'église de l'abbaye de Vézelay. même date.

comme dansleschapelles du chSur de la cathédrale d'Amiens(%. puisun peuplustard.par desredents.- 93 [ ARCATL'RE J drale de Troyes. vers12^0. décoréseulement par des moulures largement profilées.d'abord simple. 7)ou .

on conçoit qu'il eût été désagréable de rencontrer sous les verrières desbascôtés. desparties lisses qui eussent élé en désaccord complet avecle système généralde piles et d'à-jour adopté par les architectes. desapplicationsde gaufrures ou de verres colorés et dorés. dansles édifices religieux. par la fermeté . au moment où l'architecture ogivale arrivait à son apogée. toutela construction sebornantà despileset desvidesgarnisde verrières.d'ornements. les arcalun-v dans les édifices bâtis avec luxe. Ces arcatures servaient de transition entre le sol et lesmeneaux desfenêtres. La sainte Chapelle haute du Palaisà Paris nous offre le plus bel exempleque l'on puissedonner d'une série d'arcatures ainsi traitées (fig. tendent à former sousles fenêtresune splendidedécoration.[ ARCATURE ] dansla sainteChapellebasse du Palaisà Paris. s'enrichissent de bas-reliefs.le parti adopté par lesconstructeurs ne laissait voir de murs que sousles appuis des fenêtres des bas côtés . ces murs eux-mêmes reçoivent de la peinture.qu'elles appartiennent à un monument riche ou à uneéglisede petite ville. sontà peu de choseprès semblables. prennent une plus grande importance. d'à-jour.8). Mais vers 1245. les arcatures basses. cependant.Jusqu'alors. Alors. à la hauteurde l'Sil. en laissant toujours voir le nu des murs dans les entre-colonnements. en conservant cependant.

nudité qui contraste avecla richesse si sage de tout l'intérieur de l'édifice.- 95 - [ ARCATUKE ) des profils. on rencontre des tâtonnements. Pour nous.aujourd'hui déposéau Père-Lachaise.quoiquepourvusde ces largesbancsavecmarche en avant. et dont tous les débrisexistaient encore dans les magasins de cet édifice. n'ontjamaiseu.ousontdépouillés.Les bas côtésde la cathédrale de Reims.et qui peut compterparmi . dansle muséedesPetits-Augustins. Lenoir. l'étroitesse des entre-colonnements et les robustes saillies desbancs. aussiest-onchoquéde la nuditédecesmursde pierre sous lesappuisdesfenêtres. 9) l'arcature bassede la nef de l'églisede Saint-Denis.car c'est particulièrement pendant les périodesde transition que les exceptions se multiplient. que c'est avec quelques fragmentsde cette arcature que le tombeau d'Héloïse et d'Abailard.replacéeen partie. de leur arcature . une certaine solidité d'aspect nécessaireà la based'un MHP- nument.en passant. a été composé par M. Nous en donnerons une qui datedespremières années du xmesiècle. Avant d'arriverà l'adoption de la courbeen tiers-point. Nous donnons ici (fig. Il ne faudraitpascroireque les arcatures ont suivi rigoureusement la voie que nousvenons de tracer pour atteindre leur développement. Disons.les parties inférieures de ces deux nefs ayant les plus grands rapports.il n'estpas douteuxqueles bas côtés de la cathédrale de Reims ont dû être ou ont été garnis d'arcatures comme l'étaient autrefois ceux de la nef de l'église abbatiale de Saint-Denis.

les arcatures basses.. voir dans l'ar- voulurent cature d'appui la continuation de la fenêtre.Ils firent passer les meneauxdes fenêtres à traver-J la tabletted'appui. Toutefois les petits pignonsménagésau-dessus des arcs donnent encore à ces soubassements une décoration qui les isole de la fenêtre. Dès lors la fenêtre dernières semblait traces descendre du mur jusqu'au banc inférieur.-^" : " . d'un soubassement. Vers la fin du xine siècle. lesplusoriginales : ellesetrouve dans lesbas côtés del'église deMontier agv^^-L. en ceci comme Ils en tout. comme uneallège decelle-ci. l'arcature basse. comme tous les autres membres de l'ar- chitecture ogivale. Le génie si impérieusement logique qui inspirait les architectes du moyen âgeles amena bientôt. 11).L'A--T. tiré des bas côtés du chSur de la cathédrale de Sées. et le systèmeogival s'établissait dans toute sa rigueur (fig.[ AKCATURE ] - 96 en Der (Haute-Marne) (fig. adopte leurs . s'amaigrissent. 10). Cet exemple. les roman disparaissaientainsi. ense reliant aux meneaux des fenêtres. qui en fait un membre à part ayant son caractère propre. ellesperdent l'aspect d'une construction. et l'arcature vint se confondreaveceux. date des dernières années du xin' siècle. à l'abus. qu'elles avaient conservéjusqu'alors. de l'écomme dans le chSur glise Saint-Nazaire de Carcas- sonne.-jLscharmant édificeremplide singularités architectoniques. tandis que plus tard.. pour se renfermer dans le rôle de placages. au commencement du xive siècle.

Nous nepouvons omettre.ceux-ci étant àplusforte raisonremplacés par desbancsde bois. le mur. dont le parementintérieur est au nu des vitraux.97 [ ARCATURE ] formes. disparaissent également lesbancs de pierre.Avec lesarcatures.Onles voit disparaîtretout à coup versle milieu du rve siècle. faisaient quel'on préférait lespanneaux de boiset dessièges biensecs à ces bancs froids et humides. mêmes allures. répète leurs compartiments (fig. l'habitudeprise par des familles richeset puissantes ou par les confréries defonderdeschapelles spéciales pour assister au service divin. Ce n'est plus en réalité que la partie inférieure de la fenttre qui est bouchée. les arcatures basses conservent les EL. -13 . 12).et celas'expliquepar l'usagealors adoptéde garnir lessoubassements deschapelles de boiseries plus ou moinsriches. Pendant les xive et xve siècles. et ne conserveplus qu'une faible épaisseur qui équivaut à une simple cloison. laissela moitié des meneauxse dégager en bas-relief. et. par le fait. 11était impossible d'aller plus loin.ne variant que dansles détails de l'ornementation suivmt le goût du moment. DesmSurs plusraffinées.. se compose des mêmes membres de moulures. parmilesarcatures de rez-de-chaussée. les I.

ce qui était hors d'usage: il restait donc de A . 14) la coupe d'une voûte en berceau plein cintre ou en cul-de-four.qui date de la mêmeépoque.Cetédifice (voy.GALERIES).ou encul-de-four desabsides.f ARCATURE ] - ^8 - grandes arcatnres desbas côtésde la cathédrale de Poitiers.mde de Poitiers. et qui. .présente desdispositions particulières qui appartiennent au Poitou.Dans quelques églisesromanes. bâti à la lin du xnc siècleet au commencement du xme. au moyen d'unesuite d'arcatures à jour formant desgaleriesbasses sousles corniches (voy. ARCATURES DE CUCRONNEMENT. Cehaut appuiest décoré par une suite de grandesarcaturesplein cintre surmontées d'unecor- niche dontla saillie est soutenue par des corbelets finement sculptés (iig. de plus. et le mur sousles fenêtres.épais et élevé.Des arcatures analogues sevoient dans la nefdel'église Sainteliddeç. Lesvoûtes des bas côtés sont à peu près aussi hautes que celles de la nef. Lesvoûtes en berceau desnefs.13).particulièrement celles élevéessur les bords du Rhin. on avait eu l'idée d'éclairer les charpentes au-dessusdes voûtes en berceau. Soit (fig. forme une galerie servant depassage au niveaude L'appuide cesfenêtres. était d'une grande pesanteur.laissaiententre leurs reins et le niveau de la corniche (con- venablement élevéepour laisserpasserles entraitsdescharpentes audessus de l'extrados) un mur nu qui était d'un aspectdésagréable. les fenêtres ne pouvaient se cintrer au-dessus de la naissance A des voûtes.CATUÉDRALE). à moins d'ad- mettre des pénétrations.

ferméepar une voûteen berceau ogival renforcée d'arcs-doubleaux.Au xne siècle.dans les paities supérieuresdes nefs et despignons destranssepts : en voici un exempletiré du brasde croix norddel'égliseSaint-Éliennede Nevers. Cette arcature (fig. soità formercommeun cheminde rondeallégeant les constructionsinférieures.et particulièrementde la Saintonge. ainsiquedansun grandnombrede petiteséglises du Maçonnais. élevéeau xie sièclesur le plan . SAIXTSÉPDLCaE). elle n'était placée là que pour occuperles yeux. une imitation des galeries ou chemins de rondedes deux portes antiques existant encore dans cette ville (portes de Saint-André et d'Arroux).du Poitou et du Berry.irtie supérieuredes murs de la nefde la cathédrale d'Autun. A l'extérieurdesabsides.- 99 - [ ARCATTRE ] en B. Il faut croireque ce motif fut très-gufilé alors. 15) a cela de particulier qu'elle est.devint un motif de décorationdans quelquesmonuments religieuxde France.car il fut répété à satiété dans la cathédrale d'Autun et dan. destinée alors. Cettedisposition. comme forme. lesarcaturesromanes sont prodiguées dans les édificesreligieux du Languedoc. et comme une tradition des galeries à jour desédifices romansdesbords du Rhin. soit à donner de l'air son- lescombles. On perçace mur en G par une galerieà jour on fermée par un mur mince.xr siècle(voy. niveaude la corniche. la p.qui ne sont que desimitations de cet édifice. Ce système d'arcaturesencadrantdesfenêtres est adoptéen Auvergneà l'extérieur des absides. de la Provence. On voit encore une belle ceinture d'arcatures alternativement aveugles ou percéesde fenêtres à l'extérieur du Iriforium del'égliserondede Neuvy-Saint-Sépulcre (Indre). de la Bourgogne et de la hauteChampagne.les églises de Beaune et de Saulieu.une élévationde mur commandée par la pose de la charpente. bien quepar Ll le fait elle ne soit d'aucune utilité. fut décoréepar une arcalureaveugle extérieurequi remplit cettesurélévation nuedesmaçonneries.inspiréepar un calcul de constructeur.

puisque alors les archivoltes des fenêtres s'élevaient jusque sousles cornichessupérieures. ce sont plutôt des claires- . si ce n'est dansla cathédralede Reims.c'est ce triangle qui vient remplacer l'arc plein cintre danscertainscas. tandis qu'à Notre-Dame du Port elles n'existent qu'à l'intérieur. où l'on voit apparaître comme un dernier reflet de la tradition desarcaturesromanessupérieures. 16). xive et xve siècles.Cettearcatureprésente une disposition qui apparlientaux églises de cetteprovince.si leur dimension extraordinaire n'empêchait de les confondre avec ce membre de l'architecture ogivale.Ici ces arcatures surmontent les corniches et pourraient être considérées comme desbalustrades. aussine les rencontret-on plus dans les monuments des xme.maisà Saint-Etienne de Neversces arcatures décorent l'intérieur et l'extérieur du pignon et du croisillon nord.[ ARCATURE ] - 100 - deséi:liM'~ auvergnates (fig.L'égliseNotre-Dame du l'nrt. nous donne à l'extrémité des bras de croix nord et sud une arcature à peu prèspareille à celle-ci. à Glermont. Il n'est pas besoin de dire que les arcatures hautes des nefs et absidesne pouvaient plus trouver leur place du moment que la voûte en arcs ogives /'lait adoptée.

puisqu'elle ne répond à aucun besoin.Cette décoration. Notre-Damedu Port et d'Issoire à l'extérieur. etc.Les couronnementsdu chSur de cette même cathédraleétaient également terminés par une arcature en partie aveugle. et rapetisse les chapellesà cause de son analogie avec les formes d'une balustrade 17 (fig.CLOCHER). pendant les époques romanes ou de transition. elle masquait un chéneau. où ce mode de tapisser les nus desmurs dansles parties supérieuresdes édifices paraît avoir été particulièrement adopté. Là cette arcature se comprend mieux. 17). d'arcaturesaveugles. des églises Saint-Etienne de Caenà l'intérieur. prend une grande importance par ses dimensions..dont il re>te une grande quantité de fragments reposéset restaurésà la fin du xvc siècle. Les chapellesdu chSur de la cathédralede Reimssont surmontéesde rangéesde colonnesisoléesportant des arcs et un bandeau. Le^ souches des tours centrales des cathédrales de Coutances à l'intérieur.- 101 - [ ARCATVKE ] voiesdont on ne s'explique guère l'utilité.sont souvent décorées à l'intérieur ou à l'extérieur. mais l'arcature à jour de la nef. de Rouen à l'intérieur et à l'extérieur. de la plupart des églisesde la Charente.la Saintongc et l'Angoumois. élevées sur le milieu de la croisée. qui date du milieu du xnie siècle. l'Auvergne. aprèsl'incendie descombles. refaite également au xve siècleen suivant les formes adoptéesà la fin du xme siècle. Les tours centrales des églises. elle a le défaut d'être hors d'échelleaveclesautres parties de l'édifice. surtout dansla Normandie. de Bayeux à l'extérieur. Nous voyonsaussiles arcaturesemployées . sont munies d'arcatures (voy. n'est plus qu'une imitation de ce parti quant à l'apparence extérieure seulement.

leursarcssontcomIH «esdeclaveaux. ARCATURES ORNEMENTS. Nous donnonsici (lïg. La plupart desarcaturesdont nousavonsprécédemmentparlé sont /»/'/<". au-dessus desportails.«. font presquetoujours partie delà construction. On remarquera que les colonnettes accoupléesde cette arcaturesont supportées par desfigures marchantsur deslions : cessortes de caryatidesse rencontrent dans quelques édifices de la Champagne et d'une partie de la Bourgogne. .[ ARCATTRE ] .dit tour dePlomb. ainsique nousl'avonsfait ressortirplus haut.102 - comme décoration danslesétages supérieurs desclochers plantéssur les façades deséglises romanes et ducommencement du xmesiècle. 18) le dessinde l'arcature trilobée supérieure de ce clocher.souslesrosés.et forment. Telles sontles arcaturesplacées au-dessous desstatuesau- . sont entourésd'arcatures aveugles formant galerie à jour seulement dans les milieux du secondétage. et qui sont bien réellement alors une simple décoration .Les troisderniers étages du clochernord dela cathédralede Sens. tandisque lesarcaturesde socles sont la plupart du tempsévidéesdansdes blocsde pierre. comme autant d'arcs de décharge portés sur des colonnes monolithes. -II nous resteà parler desarcaturesqui se rencontrentsi fréquemmentdisposées danslessoubassements desébrasements desportails deséglises.

avecdesarcsentrelacés(fig. 20). cellesdu portail sud de la cathédraled'Amiens. bienqu'unpeupostérieures.- 103 - [ ARCATURE ] jourd'huidétruites desportails dela cathédrale deSées (fig. cellesdu portail nord de la cathédrale deTroyes. qui. qui tapissent les parementsdes soubassements de la porte centralede la cathédrale de Paris. posées de 1220à 1223. présentent unedisposition analogue. 19). et entre lesquellessont représentésles . celles si finement sculptéeset d'un goût si pur. qui datent despremièresannées du xniesiècle.

trai- .1220 environ.toujoursde la cathédrale de Paris.[ ARCATURE J .et entre lesquelles sont gravées en creux des fleurs de lis simulant une tenture.lOi - Verlus et lesVices (fig. celles enfin de la portede la Vierge (fig. celles qui sontdisposées dela même manièreà la porte Sainte-Anne de cette façade. 22).21).

rendues très-résistantes par l'espèce de cloison ornée qui les relie (voy.Les profils s'aplatissent sur les fonds. Quant aux petits bas-reliefs rangés sous les tympans.i main des barbaresa passépar là. la coupe). comme la saillie des bas-reliefs se perd avec le fond à mesure qu'ils se rapprochentdu sol. Les ornements entre les colonnesne sont plus mètre que des gravuresen creux. Chaque compartiment de l'ornementation est sculpté dans une hauteur d'assise. dont nous avonsdonné desexemples. bien que la gravure ne donne qu'une faible idée de cette décoration. Celtedernière arcature peut être donnéecomme un desmodèles les plus completsde ce genrede décoration. portent les arcs pris dans un même morceau de pierre avecleurs tympans et leurs écoincons. La forte saillie de cesfigures s'échappant entre lespetites archivoltes esten rapport avecla grandeur et le haut relief desstatues.Cesbas-reliefspeuvent aller de pair avecce que la sculpture antique a produit de plus beau. On voit peu à peu les ar. La construction de ce soubassement est en harmonie parfaite avec l'ornementation. non point sèchescomme un simple trait. les colonnettes se subdivisent en faisceaux et tiennent aux assisesde la construction . de quadrillés à peine saillants qui produisent un bel eOetet conviennent parfaitementà son soubassement.caturesornemente s'amaigrir vers la fin du xiii' siècle. les vides prennent de l'importance et dévorent les parties moulurées. Quelquefois les vides des fonds. représentéeen . ils rappellent le martyre dessaintsou les personnifient.et qui ont le mérite d'être parfaitementdisposées pour la placequ'elles occupent. mais présentant desparties larges et grasses évidéesen coquille. Nous citerons encore les charmantes arcaturesde la porte de droite de la façade de l'ancienne cathédnle d'Auxerre (fin du xnie siècle).de rosaces.- 105 - [ ARCATL'RE J téesavecun soin et une grandeur de slyle peu ordinaires. sont remplis de semis. Cependantil est quelques-unes de ces arcatures qui conservent encore un certain caractère de fermeté : cellesqui tapissentles ébrasements de deux desportes de la façadede la cathédrale de Bourges rappellent un peu la belle arcature de Notre-Damede Paris que nous venons de donner. mais appauvrie.elles perdent leur caractèreparticulier pour seconfondreavec les arcaturesde soubassement. Les colonnettes jumelles monolithes. On peut voir. Les fonds tiennent à la bâtisse. et la plupart des figures placées dans lesécoincons ont été mutilées. et nousne connaissons rien qui puisselui être comparé. ils ont servi de but aux pierres des enfants pendant fort longtemps. comme dansl'arcature de la porte centrale de l'église de Semur en Auxois. Elle est enrichie de sculptures de la plus grande beauté. Malheureusement l.tandis que toute la sculpture placéesousles arcset dans les entre-colonnements n'estplus qu'une sorte de tapisseriedont le peu de relief ne détruit pasl'unité que doit conserverun soubassement. el dans lesquelleson voit.Les personnages ou animaux ronde bosse qui remplissentles écoincons entre les arcs forment comme dessupports sous les grandesfigures adossées à descolonnes et placées debout surce soubassement.

et les soubassements desportailsne sontplusoccupés quepar cespénétrations debases aussi difficilesà comprendre qu'ellessontd'un aspect monotone (voy. de l'importance des arcatures dans l'architecture du moyen âge. ou leur originalité.cesmots). des religieux. ARCHE (D'ALLIANCE). le marbre ou l'albâtre. Plus tard cesarcatures'deviennentplus riches. elles sont accoladées au xve siècle.décorées de petitspignonsau-dessus desarcs. 23). et forment desniches renfoncées entre descolonnettes imitéesdesordresantiques au xvr (voy. les arcatures sontle plussouvent videset faitesdepierreou de marbreblanc k 25 se détachant sur un fond de marbre noir : telles étaient les arcatures des tombes refaites par le roi saint Louis à Saint-Denis. elles encadrent desstatuettes. l'histoiredeDavidet deBethsabée. Est souventfigurée dans les vitraux qui reproduisent lesscènes de l'Ancien Testament. s. Ces décorations disparaissent au xvesiècle. Devantle trumeaude ia portede gauche dela façade de Notre-Dame de Paris. uu mômeles apôtres. Au commencement du xmesièclecependant.et de figuresdansles entre-colonneiiirnts. sont surmontéesde pignons à jour.TRAIT).est posée une grandestatuede la . On peut juger.[ ARCHE ] - 100 - iiguresrondebosse.généralement lessocles des tombes qui portent les statues couchéesdes morts sont entourés d'arcature* danslesquellessont représentés despleureurs. par cet aperçu fort restreint. et du nombreinfini de leurs variétés. cellesdela porte de droite de la façade de la cathédrale de Sens(xivesiècle). Les petites arcatures jouent un grandrôle dansles tombeaux. TOMBEAU).nous n'avons pu qu'indiquer des types principaux. et dont il reste des fragments (fig.ceux qui marquentpar leur dispositioningénieuse le goût qui a présidéà leur exécution.quelquefoisaussides écus aux armes du mort .les parements d'autel. finement sculptées dans la pierre.lesretables (voy. On lui donnegénéralementla formed'une châsse. f.

dans le tympan on voit deux grands basreliefs représentantla mort de la sainte Vierge et son couronnement. AH. Les sculpteurs ou les peintres du moyen âge ne paraissent pas avoir donné à l'arche d'alliance de l'ancienne loi une forme particulière. ARCHE DE PONT. que celle d'architecte. L'arche d'alliance occupe donc là une place symbolique. L'architecture tenait sa place parmi les arts libéraux (voy. m. Il n'existe aucune donnée certaine sur le personnel desarchitectes avantle xnr siècle.qu'il était d'usagede placeraux côtés des autels. ARCHITECTE. Il ne semble pasque ce titre ait été donné avant le xvie siècle aux artistes chargésde la direction desconstructions de bâtiments.tenant l'enfant Jésus.elle est comme le lien entre l'Ancien et le Nouveau Testament. enrouléautour de l'arbre de science. Souvent les personnages composant la famille de Noé montrent la tête à ces fenêtres. ARCHE DE NOÉ.qui renfermaient dans leur sein. à deux battants (Juelquefoisl'arche d'alliance affecte la forme d'une armoire supportée ou gardée par des lions. les chartes. PONT.car par Suvreon entendait tout ce qui constituait l'immeuble et le meubled'un bâtiment.et la colombe. 1).- 1U7 [ ARCHITECTE ] sainteVierge.jusquevers la fin . et tous les objets précieux ou titre».Est représentéedanslesbasreliefs ou les vitraux sous laforme d'un navire surmonté d'une maison avec loit et fenêtres.depuisles fondations jusqu'auxtapisseries. . l'homme de métier était qualifié de maîtredel'Suvre.Voy.deux anges supportent un dais couronné par l'arche d'alliance ifig. AUTEL. ils se bornaient. désignationbien autrement positive.MOIKE . dans leurs bas-reliefs ou leurs peintures. et lespiedssur le serpentà ttHedefemme. les meubles par exemple.Mais l'artiste. qui contituaient le trésor d'une église (voy.aux menus objets mobiliers. aux flambeaux.. . ARTS LIBÉRAUX) et était personnifiée par un homme ou une femme tenant une équerreou un compas. et où l'on refermait les reliquaires. s'élancedans les airs. d'une table d'autel avec reliquaire.au-dessus de cette statue de la sainte Vierge. replacéedepuis quelques années.Les grands établissements religieux. les prophètes sont assis des deux côtés sur le linteau . s. du reste. délivrée par le patriarche. à figurer les objets qu'ils avaient continuellementsousles yeux.

les plus importantes du nord «t de l'est de la France. 11 n'est pas douteux que ce centre de civilisation. elle sent enfin que pour être forts. des savants. il faut setenir unis. Se vendant àtouslespouvoirs. dans l'Occident. C'estalors que les arts. avec une énergieet une patience incomparables.ignorance grossière. au moment où il semblait que la -uriété allait s'éteindre dansla barbarie. studieux. des évêques. avec des idées d'organisation. des souverains et des papes.il se faisait dansle tiers état une révolution dont lesconséquences eurent une immense portée. La géométrie. car rayez Cluny du xi" siècle.et prend saplace au milieu d'eux. des ambassadeurs. Il n'est pas douteux que Cluny n'ait fourni à l'Europe occidentale des architectes comme elle fournissait desclercs réformateurs.Un grand nombre devilles. de libertés : tout cela estfort grossier.par le pouvoir spirituel d'une part. maisaussilesconstructions miles et peut-être mêmemilitaires. elle se i. ellevient peser sur tous. et du sein de cet ordre religieux. sortaient presque tous les hommes qui allaient. Mais au milieu de ces luttes. une abbayese fondait à Cluny. mettre quelque ordre dansce chaos. la cité apprend à se connaître.'.abus monstrueux. et par les insurrections populairesde l'autre.it donnerdeschartes. savants. mais elle fonde. desprofesseurs pour les écoles. ou lesachetant tour àtour. depuis l'Espagne jusqu'en Pologne. il se jette tantôt dans les bras du clergé pour lutter contre la noblesse. fournissaient très-probablement lesarchitectes qui dirigeaient non-seulement lesconstructions monastiques. trouve plus guère que ténèbres. les sciences et l'industrie cessent d'être exclusivement renfecmés dans .[ AHCUITECTE 1 - 108 - duxii' siècle. Ainsi l'établissement féodal carlovingien était sapéde deux côtés. le dessin.despeintres. à mesurer sesforces. desprivilèges. contribuer à arrêter les progrès de la barbarie. qui jeta un si vif éclat pendantlesxie et \ne 'siècles. il veut se gouverner lui-même. sanstrop savoir ce qu'elle fait ni ce qu'elle veut.la sculptureet la peinture ne pouvaientêtre enseignésque dans les seuls établissements qui conservaient encore un pi'ii decalmeet detranquillité au milieu de cetefJroyable chaosdel'époque rai'lovinidoniio. fonder des établissements sur une grande partie de l'Europe occidentale.tantôt il se ligue avec le suzerain pour écrasersesvassaux. Pendant que saint Hugues et ses successeurs luttaient contre l'esprit de barbarie. des médecins. L'esprit civil apparaît pour la première fois sur la scène. c'était là que devaient nécessairementse réfugiertouteslesintelligences vouées à l'étude dessciences et desarts.fort incertain. pendant plus d'un siècle. seconjuraientet s'établissaienten communes. il commenceà parler de droits.depuis la chute de l'empire.surlesartscomme surles lettres et la politique une immense influence. toutcequ'il y avaitd'hommes lettrés. les énerve. elle n'a pas plutôt détruit qu'elle se pressede fonder. et par- dessus tout maintenaient l'indépendance du pouvoir spirituel avecune persévérancedont l'histoire descivilisations offre peu d'exemples.ellesefaçonne à l'organisation par corporations. et l'on rr.Lesécoles fondées par Charlemagne s'élevaientà l'abri deséglises. n'ait ru . de ces efforts. Vers la fin du xe siècle.

-

109 -

[ ARCHITECTE ]

l'enceinte descloîtres (voy. ARCHITECTURE). La grande conjurationde la cité se subdiviseen conjurationsde citoyens par corps d'état. Chacunede ces corporations obtient, achète des privilèges; elle garde sa ville, est armée; elle a seslois, sajuridiction, sesfinances,sestarifs, sonmode d'en-

seignement parl'apprentissage; sibien qu'auxni" siècle le pouvoir royal
reconnaît l'existencede tous cescorpset leur donne desrèglements.
Une fois sorti des monastères, l'art de l'architecture, comme tous les

autres arts, devient un état. Le maîtrede l'Suvre estlaïque; il appartient à un corps, et il commande à des ouvriers qui font tous partie de corporations; les salairessont réglés, garantis par desjurés; les heures de travail, les rapports des chefs avec les subalternes, sont définis. On fait des devis, on passe des marchés, on imposela responsabilité. Hors du cloître, l'émulation s'ajoute à l'étude, les traditions se transforment et progressent avecune rapidité prodigieuse; l'art devient plus personnel, il sedivise par écoles; l'artiste apparaît enfin au \iue siècle, fait prévaloir son idée, son goût propre. Il ne faut pas croire que le haut clergé fît obstacleà ce mouvement, ce serait mal comprendrel'esprit qui dirigeaitalors le corpsle plus éclairé de la chrétienté. Tout porte ù supposer qu'il l'encouragea,et il est certain qu'il sut en profiter, et qu'il le dirigea dans lesvoiesnouvelles. Nous voyonsdès le commencementdu
XIIIe siècle un évêque d'Amiens, Evrard de Fouillov, charger un archi-

tecte laïque, Robert de Luzarches, de la construction de la grande cathédrale qu'il voulait élever sousl'invocation de Notre-Dame. AprèsRobert de Luzarches,l'Suvre est continuée par Thomas de Cormont et par son fils Regnault, ainsi que le constatel'inscription suivante qui se trouvait incrustée en lettres de cuivre dans le labyrinthe placé au milieu du

pavagede la nef, et enlevé depuis peu sansqu'une voix se soit élevée
contre cet acte sauvage.
MÉMOIRE QUANDL'EL'VRE DE I/EGLE
DE IL CHEENS EST PU COMENCHIE EL MOILON ET FINE ESCRIPT DE LE

MAISON

DE DALCS '.

E.V.L AN.DE. GRACE.MIL.IIC. ET.XJ.FU.LOEUVBE DE.CREEES.

PREMIEREMENT. ESCOMESCHIE. A.DOyr.YEHT.DE.CHESTE.EVESnt EVRART.EVESyl'E. BENIS. -' IE.

ET.ROT.DE.FRAXCE.LOYS

Q.Fl'.FICS.PHELIPPE.LE.SAIGE. CHIL.Q.MAISTRE YEHT.DE.LOECVRE.

1 Maison de Dnlu*;,maison de Daedalus, labyrinthe.

1 C'est uneerreur. Eu1220, Philippe-Auguste régnait encore; mais il "e faut
oublier que cette inscription fut tracée en 1288.

[ ARCHITECTE ]
ET.OE.LIZARCÉIES.SI'RNOMES. UAISTRE.TaOHAS.Fl~.

- ! 10 -

MAISTRE. ROBERT. E=TOIT. NOMES.

APRES.LVY.

DE.CORMÛNT.ET.APRES.SEN.FILZ. MAISTRE.BEGNAULT.QUI.MESTBE. I l-T.A.CHEST.POIM.CHl.CHESTE.LELTRE.

QUE.L'mCABNATION.VALOIT
I1U.C.AMS.MO1WS.XII.EN.FALO1T.

Pierre de Montercau, ou de Montreuil, était chargé parle roi saint Louis île construire, en H'iU, la sainteChapelledu Palaisà Paris, et par les religieux de Saint-Germain des Prés, d'élever la charmante chapelle de la Vierge, qui couvrait une partie de la rue de l'Abbaye actuelle. Pierre de Montereauétait laïque. On prétend que saint Louis l'emmena en Kgypte avec lui, le fait est douteux; et si Pierre de Montereau fit le voyage d'outre-mer, il ne s'inspira guère desédificesarabes qu'il fut à même de visiter, car son architecture ressembleaussi peu aux anciens

monuments qu'il put visiter en Egypteou en Syrie, qu'aux templesde
Pe-lum. Quoi qu'il en soit, la légendeest bonne à noter, en ce qu'elle donne la mesurede l'estime que le roi saint Louis faisait de l'artiste.
Pierre de Montereau fut enterré avec sa femme au milieu du chSur

de cettebelle chapelle de Saint-Germain desPrés qu'il avait élevéeavec
un M>in particulier, et qui passait à juste titre pour un chef-d'Suvre, si

nousjugeons de l'ensemble par les fragments déposésdans les dépendances de l'église de Saint-Denis. Cette tombe n'était qu'une dalle gravée; elle fut brisée et jetée aux gravois lorsque la chapelle qui la
contenait fut démolie.

Libergier construisit à Reims une église, Saint-Nicaise, admirable monument élevé dansl'espacede trente annéespar cet architecte : une belle et fine gravure du \vue siècle nous conserve seule l'aspect de la façadede cette église, la perle de Reims. Elle fut vendue et démolie comme bien national. Toutefois les Rémois, plus scrupuleux que les Parisiens,en détruisant l'Suvre de leur compatriote, transportèrent sa tombe dansla cathédrale de Reims, où chacun peut la voir aujourd'hui : c'est une pierre gravée.Libergier tient à la main gauche une verge graduée, dans sa droite un modèle d'église avec deux flèches, comme Sainl-

Nicaise; h sespieds sont gravésun compas et une équerre ; deux anges disposésdesdeux côtés de sa tête tiennent des encensoirs.L'inscription suivante pourtourne la dalle :
»J«Cl.GIT MAISTRE.I1UES LIRERGIERS.QUI.COMENSA.CESTE . EGLISE.AN.LAN.DE . LINCARNAT10N.
M.CC.ET.XX. IX. LE.MARDI. DE. PAQUES. ET. TRESPASSA. LAN DE. UNCARXATION.M.CC.LXIII. LE.SAMEDI.

APRES.PAQUES.POUR.DEU.PRIEZ.POR.LUI '

1 Voyezla Xoiicede M. Didronsur cetarchitecte et la gravurede sa tombe(Annales
archéologiques, t. I, p. 82 et 117).

111
dons de son Suvre dans le Dictionnaire.

[ ARCHITECTE ]

Libergier porte le costume laïque; nous donnons ce que nous posséJean de Chellesconstruisait, en 1257, sousl'épiscopat de Regnault de Corbeil, les deux pignons du transsept et les premières chapelles du chSur de Notre-Dame de Paris. La grande inscription sculptée en relief sur le soubassement du portail sud, par la place qu'elle occupe et le soin avec lequel on l'a exécutée,fait ressortir l'importance que l'on attachait au choix d'un homme capable, et le souvenir que l'on tenait à conserverde son Suvre. Voici cette inscription ;
AjraO.DOMISI.MCCLVII.MEXSE.FEBRrARIO.IDCS.SECrXDO. HOC.FI'IT.ISCEPTUM.CHRISTI.GEMTRICIS.HOMJRE. KALLESSI.LATHOMO.VIVESTE.JOHAN.NE.MAGISTBO.

En 1277,le célèbre architecte Envin de Steinbachcommençait la construction du portail de la cathédrale de Strasbourg, et au-dessusde la grande porte on lisait encore, il y a deux siècles,cette inscription :
ANNO.DOMINI.MCCLXXVIl.IS. DIE. BEAU. UBBAM.HOC.GLOHlOSUM.OPrs.ISCOBAVIT. MAGJSTER.EBVm-S. DE. STEINBACH.

Endn meurt en 1318, et son fils continue son Suvre jusqu'à la grandeplate-forme destours. Ce respect pour l'Suvre de l'homme habile, intelligent, n'est plus dansnosmSurs, soit ; mais n'en tirons point vanité : il ne noussemble pas quel'oubli et l'ingratitude soient les signesde la civilisation d'un peuple. Cesgrands architectes des xne et xme siècles,nés la plupart dans le domaine royal et plus particulièrement sortis de l'Ile-de-France, ne nous sont pas tous connus. Les noms de ceux qui ont bâti les cathédralesde Chartreset de Reims, de Noyon et de Laon, l'admirable façade
de la cathédrale de Paris, ne nous sont pas conservés, mais les recher-

ches précieuses de quelques archéologuesnous font chaquejour découvrir desrenseignements pleins d'intérêt sur ces artistes, sur leurs études,et leur manière de procéder. Nous possédons un recueil de croquis faits par l'un d'eux, Villard de Honnecourt, avec des observations et annotationssur les monuments de son temps. Villard de Honnecourt, qui dirigea peut-être les constructions du chSur de la cathédrale de Cambrai,démolie aujourd'hui, et qui fut appelé en Hongrie pour entreprendre d'importants travaux, était le contemporain et l'ami de Pierre de Corbie, architecte célèbre du xme siècle, constructeur de plusieurs églises en Picardie, et qui pourrait bien être l'auteur deschapellesabsidalesde la cathédrale de Reims. Cesdeux artistes composèrent ensemble

une églisesur un plan fort original, décrit par VillardJ.
1 M. Lassus, notre regretté confrère et ami, a annoté le manuscrit de Villard de Honnecourt,qui, depuis, a été publié par AI. Darcel.

[ ARCHITECTE ]

- 112 -

C'estprincipalementdans les villes du Nord qui s'érigentm communesau xiie siècleque l'on voit l'architecturese dégager plus rapidement des traditions romanes. Le mouvement intellectuel, dans ce^

nouveaux municipesdu Nord, ne conservaitrien du caractèrearistocratiquede la municipalitéromaine;aussine doit-onpasêtre surprisde la marcheprogressive desarts et de l'industrie,dansun espace de temps
assez court, au milieu de cescités affranchiesavec plus ou moins de succès, H de l'importance que devaient prendre parmi leurs concitoyens le- hommes qui étaient appelé- à diriger d'immensestravaux, soit par le clergé, soit par lesseigneurslaïques,soit par les villes elles-mêmes.
Il est fort difficile de savoir aujourd'hui quelles étaient exactement les

(mictions du maître de l'Suvreauxin*siècle. Était-ilseulement charge
de donner les dessins des bâtiments et de diriger les ouvriers, ou adminis-

trait-il, commede nosjours, l'emploi desfonds?Les documentsque nous p'i-édons et qui peuvent jeter quelques lumières sur ce point, ne sont p;i- antérieur^ au xive siècle,et à cetteépoquel'architecte n'est appeléque
comme un homme de l'art que l'on indemnise de son travail personnel. Celui pour qui on bâtit, achète à l'avance et approvisionne les matériaux nécessaires, embauche des ouvriers, et tout le travail se fait suivant

le mode connu aujourd'hui sous le nom de réyie. L'évaluation des ouvrages,l'administration desfonds, ne paraissentpas concernerl'architecte. Le mode d'adjudication n'apparaît nettement que plus tard, à la lin du xive siècle, maisalors 1architecte perd de son importance : il semble que chaquecorpsd'état traite directement en dehors de sonaction pour l'exécution de chaque nature de travail; et ces adjudications faites au
profit du maître de métier, qui offre le plus fort rabais à l'extinction des feux, sont de véritables forfaits.

Voici un curieux document1qui indique d'une manière précisequelle et,ut la fonction de l'architecte au commencementdu xive siècle.Il s'agit de la construction de la cathédrale de Gérone; mais les usagesde la Catalogne,à cette époque,ne devaient pas différer desnôtres; d'ailleurs il est question d'un architecte français : « Le chapitre de la cathédrale de Géronese décide, en 1312, à rempla-

a cer la vieille église romanepar unenouvelle, plusgrandeet plusdigne.
;i Lestravaux ne commencent pasimmédiatement, et l'on nomme lesad a ministrateurs de l'Suvre (obreros), Raymond de Yiloric et Arnauld de ( Montredon. En 1316,les travaux sonten activité, et l'on voit apparaître,

«en février 1320, surlesregistres capitulaires, un architecte désigné sous
!< k nom de maître Henry de rx'arbonne."Maître Henry meurt, et sa place

«estoccupée parun autrearchitecte soncompatriote, nommé Jacques de »Favariis;celui-cis'engage à venir de Narbonne six foisFan,et le chait pitre lui assure un traitementdedeuxcentcinquante souspartrimestre
1 Extrait du registre intitulé : Curin <kl vicariato de Gerona. Hier noUtlnnim, ub 1320 ad 1322, folio 48.

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[ ARCHITECTE 1

« (la journée d'une femme était alors d'un denier). » Voici donc un conseil d'administration qui, probablement, est chargé de la gestion desfonds; puis un architecte étranger appelé, non pour suivre l'exécution chaque jour et surveiller les ouvriers, mais seulement pour

rédiger les projets, donner les détails, et veiller de loin en loin à ce que l'on s'y conforme : pour son travail d'artiste on lui assure, non des honoraires proportionnels, mais un traitement qui équivaut, par trimestre,à une sommede quinze cents francs de nosjours. Il estprobable qu'alorsle mode d'appointementsfixes était en usagelorsqu'on employait
un architecte. '

A côté de tous nos grands édificesreligieux, il existait toujours une maison dite de l'Suvre, dans laquelle logeaient l'architecte et lesmaîtres ouvriers qui, de père en fils, étaient chargésde la continuation des ouvrages.L'Suvre de Notre-Dame à Strasbourg a conservécette tradition jusqu'à nos jours, et l'on peut voir encore, dans une des sallesde la maîtrise, une partie desdessins sur vélin qui ont servi à l'exécution du portail de la cathédrale, de la tour, de la flèche, du porche nord, de la chaire, du buffet d'orgues, etc. Il est de ces dessinsqui remontent aux
dernières années du xme siècle ; quelques-uns sont des projets qui n'ont

pasété exécutés,tandis que d'autres sont évidemment des détails préparés pour tracer les épures en grand sur l'aire. Parmi ceux-ci on remarqueles plans des différents étagesde la tour et de la flèche superposés. Cesdessinsdatent du xive siècle, et il faut dire qu'ils sont exécutés avec une connaissancedu trait, avec une précision et une entente des projections, qui donnent une haute idée de la sciencede l'archi-

tectequi lesa tracés.(Voy. FLÈCIIE, TRAIT.)
Pendant le xve siècle, la place élevée qu'occupaient les architectes

desxine et xive siècless'abaisse peu à peu ; aussi les constructions perdent-ellesce grand caractèred'unité qu'elles avaient conservé pendant les belles époques. On s'aperçoit que chaque corps de métier travaille de son'côté en dehors d'une direction générale. Ce fait est frappant dans les actes nombreux qui nous restent de la fin du xve siècle : les évoques,les chapitres, les seigneurs, lorsqu'ils veulent faire bâtir, appellent desmaîtres maçons, charpentiers, sculpteurs, tailleurs d'images,serruriers, plombiers, etc., et chacun fait son deviset son marché de soncôté; de l'architecte, il n'en est pasquestion, chaquecorps d'état exécute son propre projet. Aussi les monuments de cette époqueprésentent-ilsdes défauts de proportion, d'harmonie, qui ont avec raison fait repoussercesamasconfus de constructions par les architectes de la renaissance. On comprend parfaitement que des hommes de sens et

d'ordre,commePhilibert Delormepar exemple, qui pratiquait sonart
avecdignité, et ne concevait pasque l'on pût élever même une bicoque sansl'unité de direction, devaient regarder comme barbare la méthode employéeà la fin de la période yothigve, lorsqu'on voulait élever un

édilice.Nous avonsentre les mainsquelquesdevisdressés à la fin du
I. 15

[ AKCH1TECTE

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xv siècle et au commencementdu xvi', où cet esprit d'anarchie se rencontre à chaque ligne. Le chapitre de Reims, après l'incendie qui, sousle régne de LouisXI, détruisit toutes lescharpentes de la cathédrale et une partie desmaçonneries supérieures,veut réparer le désastre ; il fait
comparaître devant lui chaque corps d'état : maçons, charpentiers, plom-

biers, serruriers, et il demande à chacun son avis, il adopte séparément cli.-ujueprojet (voy. DEVIS). Nousvoyonsaujourd'hui les résultats monstrueux de ce désordre. Ces restaurations, mal faites, sans liaison entre elles, hor- de proportion avec les anciennes constructions, ces Suvres séparéesapportées les unes à côté des autres, ont détruit la belle harmonie de cette admirable église, et compromettent sa durée. En efi'et, le char-

pentier, préoccupéde l'idée de faire quelque chef-d'Suvre, sesouciait peu que sacharpente fût d'accord avecla maçonneriesur laquelle il la planlait. Le plombier venait, qui ménageaitl'écoulement deseaux suivantson
projet, -un- -'iiiijmrler si, à la chute du comble, elles trouveraient leurs

pentes naturelles et convenablement ménagéesdans les chéneaux de pierre. Le sculpteur prenait l'habitude de travailler danssonatelier ; puis
il attachait son Suvre à Fédiliee comme un tableau à une muraille, ne comprenant plu- qu'une Suvre d'art, pour être bonne, doit avant tout

être faite pour la placeà laquelle on la destine.Il faut dire a la louangedes architectes de la renaissance, qu'ils surent relever leur professionavilie au xvesièclepar la prépondérancedescorpsde métiers, ils purent rendre à l'intelligence sa véritable place; mais en refoulant le travail manuel au secondrang, ils l'énervèrent. lui enlevèrentsonoriginalité, cette vigueur native qu'il a\ail toujours conservéejusqu'alors dans notre pays. Pendant les XHI' et xiv* siècles,les architectes laïques sont sanscesse appelésau loin pour diriger la construction deséglises,desmonastères, des palais. C'est surtout dans le nord de la France que l'on recrute des artistes pour élever des édificesdans le goût uourvim.Desécoleslaïques
d'architecture devaient alors exister dans l'Ile-de-France, la Normandie,

la Picardie, la Champagne,la Bourgogne,en Flandre et sur les bords du Iihin. Mai- !e- moyensd'enseignementn'étaient probablement que l'apprentissagechez les patrons, ce que nous appelonsaujourd'hui les ateliers. L'impulsion donnéeà la lin du xne siècleet au commencementdu MU" à l'architecture fut l'Suvre de quelque-hommes, car l'architecture, à celte époque,est empreinte d'un caractèreindividuel qui n'exclut pas

l'unité. Peuà peu cetteindividualité s'efface: on voit que des règles, appuyées surdesexemples adoptés commetypes,s'établissent; lescaractères sont définis par provinces; on compose des méthodes; l'art enfin ('.""vient,à proprement parler, classique, et s'avancedans cette voie Iraavec une monotonie de formes, quelque chose de prévu dansles

combinaisons, qui devait nécessairement amener chezun peupledoué
d'une imagination vive, avide de nouveauté, les aberrations et les tours de force du xvesiècle. Quand les arts en sont arrivés à ce point, l'exécution l'emporte sur la conception de l'ensemble, et la main qui façonne

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[ ARCUIi'IICiC ]

finit par étouffer le génie qui conçoit. A la fin du xv* siècle, les architectes, perdus dan» les problèmes de géoiuélni- et lt> subtilités de la construction, entourés d'une armée d'exécutant.-, habiles et faisant partie de corporations puissantes qui, elles au»i, avaient leurs types ci-isacrés, leur méthode et une haute opinion de leur mérite, n'étaient plus de force ù diri-

gernu à résister;ils devaient
succomber.

Nous avons donné quelques

exemples d'inscriptions ostensiblement tracées sur les édi-

fices du Mne siècle et destinées

à perpétuer,non sansun certain sentiment d'orgueil , le

nom des architectes qui les ont élevés.Quelquefois aussi la sculpture est chargée de
représenter le maître de l'Su-

vre. Sur les chapiteaux, dans

quelques coinsdesportails,dansles vitraux,on rencontre l'architecte,le
compas ou l'équerre en main, vêtu toujours du costume laïque, la tête
nue ou coiffée souvent d'une ma-

nière de béguin fort en usage alors parmi les différentscorps d'étatsemployésdans les bâtiments. On voit
sur l'un des tympans des dossiers des

stallesde la cathédrale de Poitiers,
qui datent du xnr siècle, un architecte assis devant une tablette et te-

nant un compas; ce joli bas-relief a été gravé dansles Annalesarchéologiques. L'une des clefs de voûte du

bascôtésudde l'églisedeSemuren
Auxoisreprésente un architecte que nousdonnons ici (fig. 1).
Uriedes miniatures d'un manuscrit

deMathieuParis,marqué NERO. D. i. (biblioth. Cottonienne), xme siècle,
représenteOffa, fils de Warmund, roi

desAnglaisorientaux, faisantbàtirla

célèbre abbaye deSaint-Albanà son
retourde Rome. Offadonne desordres au maître-de l'Suvre, qui tient un grand compasd'appareilleur et une équerre; des ouvriers que le maître montre du doigt sont occupésaux constructions(fig. 2). Cegrand compas

faitsupposer quel'architecte traçait«e^ épures lui-même surl'aire : il nVa

[ ARCHITECTURE ]

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pouvait être autrement, aussibien pour gagner du temps que pour être assuréde l'exactitude du tracé, puisque encore aujourd'hui il est impossible d'élever une construction en style ogival, si l'on ne dessine ses épures soi-même.N'imblions pasque toutes les pierres étaient taillées et ."(chevées sur le chantier avant d'être posées,et qu'il fallait par conséquent apporter la plus grande précision et l'étude la plus complète dans ]u tracé desépures. (Vr.v. APPAREIL, CONSTKUCTION, TRAIT.)
ARCHITECTURE, s. f. Art de bâtir. L'architecture se compose de deux (MriurnU. la théorie et ia pratique. La théorie comprend : l'art propre-

iiii-nt dit. le- règlesinspiréesparle goût, issuesdestraditions, et la science, qui peut sedémontrer par desformules invariables,absolues.La pratique
est l'application de la théorie aux besoins; c'est la pratique qui fait plier

l'art et la scienceà la nature des matériaux, au climat, aux mSurs d'une époque, aux nécessités du moment. En prenant l'architecture à l'origine d'une civilisation qui succèdeà une autre, il faut nécessairement tenir compte destraditions d'une part, et desbesoinsnouveauxde l'autre. Nous diviserons donc cet article en plusieurs parties. La première comprendra une histoire sommaire des origines de l'architecture du moyen âge en Fiance. La seconde traitera desdéveloppements de l'architecture depuis le xiesièclejusqu'au xvi" ; descauses qui ont amenésonprogrèset sadécadence,desdifférents stylespropres à chaqueprovince. La troisièmecomprendral'architecture religieuse;la quatrième,l'architecture monastique;
la cinquième, l'architecture civile; la sixième, l'architecture militaire.

ORIGINES DE L'ARCHITECTURE FRANÇAISE.Lorsque les barbaresfirent
irruption dans les Gaules, le sol était couvert de monuments romains, les

populations indigènesétaient forméesde longue main à la vie romaine; aussifallut-il trois siècles de désastrespour faire oublier les traditions antiques. Au viesiècle,il existait encoreau milieu desvilles gallo-romainesun grand nombre d'édificesépargnéspar la dévastationet l'incendie; ni;ii- lesarts n'avaientplus, quand les barbaress'établirent définitivement sur le sol, un seul représentant;personnene pouvaitdire comment avaient été élevésles monuments romains. Desexemplesétaient encore debout, comme desénigmesà deviner pour ces populations neuves.Tout ce qui tient à la vie journalière, le gouvernement de la cité, la langue, avait encore survécuau désastre ; mais l'art de l'architecture, qui demandede l'étude, du temps,du calme pour seproduire, était nécessairement tombé il,ui> l'oubli. Le peu de fragmentsd'architecture qui nousrestent desvic
et vne siècles ne sont que de pâles reflets de l'art romain, souvent des dé-

bris amonceléstant bien que mal par des ouvriers inhabiles, sachant à peineposerdu moellon et dela brique. Aucun caractèreparticulier ne distingue ces bâtissesfnformes, qui donnent plutôt l'idée delà décadence d'un peuple que de son enfance.En effet, quels élémentsd'art les Francs

avaient-ilspu jeter au milieu de la population gallo-romaine?Nous voyonsalors le clergés'établir dansles basiliques ou les temples restés

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[ ARCHITECTURE ]

debout, les rois habiter les thermes, les ruines des palais ou des vil/i-> romaines. Si lorsque l'ouragan barbare estpassé,lorsque les nouveaux maîtresdu sol commencentà s'établir, on bàtil deséglisesou despalais, on reproduit les types romains, mais en évitant d'attaquer les difficulté* de l'art de bâtir. Pour les églises,la basilique antique sert toujours de modèle; pour les habitations princières, c'est la dlln gallo-romaine que l'on cherche à imiter. Grégoire de Tours décrit, d'une manière assez vagued'ailleurs, quelques-unsde ces édilices religieux ou civils. Il ne faut pascroire cependantque toute idée de luxe fût exclue de l'architecture; au contraire les édifices,le plus souvent bâtis d'une façon
barbare, se couvrent à l'intérieur de peintures, de marbres, de mosaïques.

Cemêmeauteur, Grégoirede Tours, en parlant de l'église de ClermontFerrand,bâtie au vesiècle par saint Numatius. huitième évêquede ce diocèse, fait une peinture pompeusede cet édifice.Voici la traduction de sa description: « II fit (saint Numatius) bâtir l'église qui subsiste encore,et « qui estla plus ancienne de celles qu'on voit dans l'intérieur de la ville. « Elle a cent cinquantepiedsde long, soixantede large, et cinquante pieds
« de haut dans l'intérieur de la nef jusqu'à la charpente; au devant est

« uneabsidede forme ronde, et de chaque côtés'étendentdesailesd'une « élégantestructure. L'édifice entier est disposéen forme de croix; il a (i quarante-deux fenêtres,soixante-dix colonnes,ethuit portes...Lesparois (i de la nef sontornéesde plusieurs espèces de marbresajustésensemble.
" L'édifice entier ayant été achevé dans l'espace de douze ans '... » C'est

là une basilique antique avecses colonneset sesbas côtés (ascellce) ; sa caméra, que nous croyons devoir traduire par charpente, avec d'autant plusde raison,que cette églisefut complètement détruite par lesflammes lorsquePépin enlevala ville de Clermont au duc d'Aquitaine Eudes,à ce '
point qu'il fallut la rebâtir entièrement. Dans d'autres passagesde son

Histoire,GrégoiredeTours parle de certaines habitations princières dont les portiquessont couverts de charpentesornéesde vives peintures.
Les nouveaux maîtres des Gaules s'établirent de préférence au milieu

desterres qu'ils s'étaient partagées;ils trouvaient là une agglomération de colonset d'esclaveshabitués à l'exploitation agricole, une sourcede revenusen nature faciles à percevoir, et qui devaient satisfaireà tous les désirs d'un chef germain. D'ailleurs, les villes avaient encore conservé leur gouvernement municipal, respectéen grande partie par lesbarbares. Ces restesd'une vieille civilisation ne pouvaient que gêner les nouveaux venus, si forts et puissants qu'ils fussent. Des conquérants étrangers n'aiment pasà se trouver en présence d'une population qui, bien que

soumise, leur estsupérieure sousle rapportdesmSurset de la civilisation; c'est au moins une contrainte morale qui embarrassedeshommes

habitués aune vie indépendante et sauvage. Les exercices violents,la
1 Hist. ecclùs. des Francs, par G. F. Grégoire, évoquede Tours, en 10 livre», revue

et collât, surdennuv.mnnuscr., et traduiteparMM..1. Ouadet et Taranne, A Paris,1836, chez J. Renou:ird. TomeI, p. 178 (\oy. Écluiiri'ss.et Observ.}.

[ AUCHITECTTRE ]

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chasse, la guerre; comme délassements, lesorgies,s'accommodent de
la vit- de- champ-.AU--I, sousla premièrerace,les villS sont-elles les résidenc. préférées de-roiset des possesseurs du sol: là vivaient ensemble vainqueuret vaincu^ i",es habitations secomposaient d'unesuitedebâtiment- deviné- à lV.\ploitation, disséminésdansla campagne,et ressemblant assez à n<>< grandsétablissencnts agricoles.Làles rois francstenaient leur cour. -<" li\ raient au plaisir de la chasse et vivaient desproduits du sol réunis dansd'immen-esmagasins.Ouandcesapprovisionnements étaient
r<.u.s,,nimé.-.ils changeaient de résidence. Le bâtiment d'habitation était

décrireavecune certaine élégance, quoique fort simple comme construction el distribution. De vastesportiques, des écuries, des cours spacieuses,

quelques grands espacescouverts où l'on convoquait les synodesdes chèques,où le- rois francs présidaient ces grandesassemblées suivies de cesfe-iin- traditionnels qui dégénéraient en orgies, composaientla résidcncedu chef. « Autour du principal corpsde logis se trouvaient dispo-és » par ordre leslogementsdesofficiersdu palais,soit barbares,soit romains d'origine... D'autres maisonsde moindre apparenceétaient occupées
« par un grand nombre de familles qui exerçaient, hommes et femmes,

" toute- -ortes de métiers, depuis l'orfèvrerie et la fabrique d'armes, u jusqu'à l'état de tisserandet de corroyeur1... » Pendant la périodemérovingienneles villes seulesétaient fortifiées.Les c/'//,/" étaientouvertes, défendues seulementpar despalissades et desfossés. Sou- les rois de la première race, la féodalité n'existe pas encore; les

i,'u,l,^ne -ont quedegrands propriétaires établissurle sol gallo-romain,
soumisà une autorité supérieure, celle du chef franc, mais autorité qui s'affaiblit à mesure que le souvenir de la conquête, de la vie commune

de- camps seperd. Lesnouveaux possesseurs desterres,éloignés lesuns
desantres, séparés par des forêts ou des terres vagues dévastées parles
guerre-, pouvaient s'étendre à leur aise, ne rencontraient pas d'attaques

étrangères à repousser, et n'avaientpas besoinde chercherà empiéter
sur les propriétés de leurs voisins. Toutefois ces hommes habitués à la

vie aventureuse, au pillage,au brigandage le plus effréné, ne pouvaient
devenir tout à coupde tranquilles propriétaires secontentant de leur part de conquête; ils seruaient, autant par désSuvrementque par amour du gain, sur les établissements religieux, sur les villages ouverts, pour peu qu'il s'y trouvât quelque choseà prendre. Aussi voit-on peu à peu les nu mastères, lesagglomérationsgallo-romaines, quitter lesplaines,le cours desfleuves,pour se réfugier sur les points élevéset s'y fortifier. Le plat paysest abandonnéaux coursesdespossesseurs du sol, qui, ne trouvant

plus devanteux quelesfilsoulespetits-fils deleurscompagnons d'armes,
les attaquent et pillent leurs villS. C'est alors qu'elles s'entourent de murailles, de fossésprofonds; mais, mal placéespour se défendre, les
1 Aup. Thierry. Récits des temps mérovingiens, tome I, page 253, édit. Furne
(Paris,

s'était maintenu en bonne ir. en 787. Pour enseigner le dessin à sespeintres.à quel degréd'ignorance profonde les constructeurs étaient tombés dans la capitale de la chrétienté occidentale.11 parvient par la seulepuissance de songénieorganisateurà établir une sorte d'unité administrative. Maispour Charlemagne tout devait partir de Rome par tradition . Charlemagne avait compris que les lois et la force matérielle Mml. il estvraisemblablequ'il manda des professeurs de géométrieà sesalliés de Syrie ou d'Espagne.et leslettres sont un des moyens les plus efficacesà opposer à la barbarie.lesMauresd'Espagne. conservait ses artsetson industrie. et il ne devait paslaissercroire que la lumière pût venir d'ailleurs. par le peu de monumentsde Romequi datent de cetteépoque. maisen s'appropriant les éléments nouveaux qu'il avait été chercheren Orient. il reprendle fil brisé dela civilisation antique et tente de le renouer.si l'on ne commence par les éclairer. Pur cesalliance. commelesArabesdeSyrie. Mais enOccident lesinstrumentslui manquaient. qui lui fit. il M> ménageait les moyens d'aller recueillir lessciences et lesarts là où ils s'étaientdéveloppés. derniers rois mérovingiens étaient hors d'état de réprimer.L'empire d'Orient.et leschefsfrancss'établissent dans des forteresses. les évêques elles établissements religieux luttaient seuls: les uns par leur pulienee.Au milieu de cette effroyable anarchie que !CL. Charleinagne voulait faire une renaissance.- 119 - [ ARCHITECTLHi: ] villte sont bientôt abandonnées aux colons.bientôtfaire dévierles arts du chemin sur lequel il prétendait les replacer. Au vmesièclec'était là qu'il fallait aller demander la pratique des arts. la puissance d'un principe soutenu avecfermeté. rendre des ordonnances toutes romaines. en 801. L'empereur pouvait s'emparer des traditions du gouvernement romain. Les arts modernesallaient profiter de ce suprêmeeffort. il mêlait. Ainsi. leurs exhortations.qui avait eu de fréquent* différends avecles empereursd'Orient. Charlemagnesurgit au milieu de ce chaos. impuissantes à réformer et à organiser despopulations ignorantes ri barbares. D'ailleurs Charlemagne. car nous pouvonsjuger. à la renaissance romaine qu'il voulait faire. composer une administration copiée sur l'administration romaine .telli gênéeavecle calife Haroun. et bien que Charlemagnepassepour avoir ramené de Rome. Dès cetteépoque. desgrammairiens. Il avait compris que les art. les travaux agricoles. par la force deschoses. depuislongtempslesdernières lueursdesarts antiques avaient disparu. desmusiciens et desmathématiciensen France. et en réanimant derriènj leurs murailles les derniers débris de la civilisation romaine. cessiondeslieux sainK Dès 777Charlemagne avait fait un traité d'alliance aveclesgouvernements mauresquesde Saragosseet deHuesca. non en suivant la route tracée par ce Craint unur. étaient fort avancés dans les sciencesmathématiqueset dans la pratique de tous lesarts. les autres par l'étude. deséléments étrangersqui allaient . il était avanttout empereur d'Occident. on ne décrète pasun art.la géométrie . maissi puissantque l'on soit. qui n'avait pas étéentièrementbouleversé par l'invasion depeuplâdes sauvages.

Charlemagne n'avait pu faire pénétrer partout égalementl'enseignementdesarts et des sciences auquelil portaitunesi vivesollicitude.purent lui fournir les modèlesde sesétablissements à la fois religieux et enseignants. Charlemagne avait de fait réuni sursatêtela puissance spirituelleet la puissance temporelle. Cetteidée. c'est qu'il trouvait chez lesMauresune civilisation très-avancée.Quoi qu'il en soit. c'est une erreur profonde.devaient produire un art qui n'était ni l'art romain. il lui fallait nécessairementfaire venir desprofesseurs de Byzance.malgrésonsystème administratiffortement établi. ni l'art d'Orient.desbordsdu Rhin aux Pyrénées. frappéssansrelâche par lui jusqu'à leur complète conversion. nous dirons qu'à partir de ce règne.de Damas. Sansêtre trop absolu.et dans celles où Charlemagne fit de longs séjours. mais qui.l'étoffe estorientale. par la seule puissancede son génie tenace. qu'il allait après quelquessièclesétendre sesrameauxjusque sur les contrées d'où il avait tiré son germe.sentait sonorigine grecque.jusqu'au xnesiècle. du reste. donner à l'archi- tecture. que l'on voit se conserverlongtemps. une unité factice en dépit des différences de nationalités. c'est dansle Languedoc et le long desPyrénées.et cessemences exotiques.120 à sesarchitectes.si la coupeet la forme du vêtement restent romaines. cetfegrandeSuvre dut s'écrouleraprèslui.et jusqu'au xnT siècle.c'est bien plutôt pendant le vme siècle et vers la fin du xie. Pour faire comprendre notre penséepar une image. partant de cesdeux origines. et lessouverains» .jetées enOccident parmidespopulations qui avaient leur géniepropre. nouscroyons donc que le règne de Charlemagne peut être considérécomme l'introduction desarts modernesen France. et des lumières dont il profitait pour parvenir au but principal de son règne : l'instruction. Si les arts et lessciences. Il trouvait enfin en Espagneplus à prendre qu'à donner.[ ARCHITECTURE ] . ces écoles.ii>. ont jeté desélémentsnouveauxdansl'architecture occidentale. deshabitudes d'ordre. par exemple. Gharlemagne dut être frappé desmoyensemployés par les infidèles pour gouverner et policer les populations.ou de Cordoue. desmSurs policées.étrangèresà l'art romain. et s'il ménageait les mahométans plus que les Saxons.De sontemps déjà les disciplesde Mahometavaientétabli desécolescélèbres où touteslessciences connuesalors étaient enseignées. il s'agissaitde sauverla civilisation. En admettant même qu'il ait pu (cequ'il nousestdifficiled'apprécier aujourd'hui. Charlemagneavait des rapports plus directs avec les infidèles qu'avec la cour de Byzance.placées pour la plupart à l'ombre des mosquées. M. C'estplus particulièrement dansles contrées voisines du siègede l'empire.que l'influence orientale se fait sentir : c'est sur les bords du Rhin et du Rhône.et les nestoriens avaient bien pu la transmettre aux Arabes. On a répétéà satiété que les croisades du xne siècle avaient eu une grande influence sur l'architecture occidentale dite gothique. conservés et cultivésen Orient. devaitproduire un nouveautronc tellement vivace.la tradition de certainesformes évidemment importées.lesexemples nous manquant).

où le régime féodal. les arts sont devenusofficiels. des Grecs et desLombardspar l'empereur. qui avaientvu l'Égliseprésrrvér des attaques des Arabes. le génieparticulier à chaquecontréese peint dans les monuments desixe et Xe siècles. et trafiquerdesbiens et dignités ecclésiastiques. au milieu de cettesociété morcelée. l'art de l'architecture sefractionne.non pour le sauve- garder. l'ail convergertoutescesvoiesdifférentes vers un mêmebut où elles devaient serencontrer un jour. Le clergé régulier. moralement parlant. c'est cependantce qu'il faudrait tenter si l'on voulaitexpliquerles progrès de cet art au milieu dessiècles encore i. les besoins despeuples.le clergédevaittenterdeconquérir piedàpiedle pouvoirspirituel. n'avait paspeu contribué au morcellement du pouvoir temporel. il n'en était pasainsi. quitte à réagir violemmentdansleur domaine. modifient leurs procédés en raisondu climat souslequel ils vivent. devaient se diviser du nouveau. Parmi les arts. desrésultatsauxquelsil estamené. renaissante au xni" siècle. Les constructeurs ne vont plus chercher des matériaux précieux au loin. lorsque l'unité gouvernementale. 16 . il estdonc difficile de serendre compte de ladirec'ion qu'il prend. Le cadre étroit dans lequel nous sommesobligé de nous renfermer ne nous permet pas de faire marcher de front l'histoire politique et l'histoire de l'architecture du vin* au xne siècle en France. maispourdétruiretoutelibertédansl'Église. ils travaillent sur leur sol.aprèstant d'efforts partiels.\ne siècles.admettaient celle omnipolencedumonarque germain. Pendantles\T el. n'usent plus des mêmes recettes .si l'on ne connaîtlestendances et le géniedespopulations au milieu desquelles il s'estdéveloppé.121 - [ AnCUITECïTKE j pontifes. cesnationalitésd'originesdifférentes. Un seul lien unit encore tous ces travaux qui s'exécutent isolément : les établissementsreligieux. qui. emploient les matériaux à leur portée. équivalait. l'art de l'architecture est certainement celui qui a le plus d'affinité avec les inslincts. comme la politique dansle sien à certaines époques.Le systèmeféodal réagit sur l'architecture. de mêmeque chaque seigneur s'enferme dans son domaine. réunirait sous sa main tous ces espnls assouplis par une longue pratique et par la difficulté vaincue.Mais au xne siècle. Cinquanteansaprèssa mort. que chaque diocèse s'isole du diocèse voisin. à une liberté voisine de la licence. faute d'unité. la diversilé estencoreplusmarquée. lesprogrès. Les germesde la féodalité qui existaient dans l'esprit desFrancs vinrent encore contribuer à désunir le faisceau si labo- rieusementlié par ce grand prince. l'art de bâtir se modèle sur n-He nouvelle organisation politique. On comprendracombien ceslabeursisolésdevaient fertiliser le sol des arts. réunies par la puissance du génie d'un seul homme. les idées. soumis lui-même à la cour de Rome. Chaque province forme une école.les mSurs. chaque peuplereprendsonallure naturelle . ou lessoumettentà des influences toutes locales. pour conquérir le pouvoir spirituel. et quel immense développement l'architecture allait prendre. que s'arrogeaientalorslessuccesseurs de Charlemagne. Depuis le xvne siècîela personnalité du peuple en France a toujours été absorbée par le gouvernement .Maisl'empereur mort.

seule.Le clergés'était l'ait le dépositairede toutes les connaissances intellectuelleset pratiques.elle ne produit aucune idée féconde.r la pensée auix* siècle.nousdevrons nousborneràindiquer despoints saillants. cetravail estobscur. ce serabientôt parmi ceshommesen dehors du siècleque le siècleviendrachercherseslumières.lent . et examinons un instantcequ'était alorsle sol desGauleset d'une grandepartie de l'Europe occidentale. hardie. puisqu'ellene progresse que par la pratique?Cependant ce travail obscur de cloître allait se produire au jour.Pendantcelong règne. Au milieu de ce désordre. desvillS chaquejour ravagées. soient occupésà rassemblerles élémentsd'une civilisation future. Reportons-nous p. en pleinebarbarie. la renaissance romaine reste stationnaire. sauf quelquesexceptions dont noustiendronscompte. réfléchis. sans commerce. chosesingulière. lescampagnescouvertesde forêts en friche.- DESCAUSES QUIONT AMENÉ SON PROGRÈS ET SADÉCADENCE. habitées par descolonsou desserfs dontla conditionétaitàpeu près la même.-. qui serontcommelesjalons d'une routeà tracer.délicats.l'architecture resteenveloppéedanssonvieuxlinceul antique. C'est dans le sein de cette classe. que le clergé.des éléments de savoir.Partoutla force brutale. Ainsi quenousl'avonsdit.neuve. L'empire morcelé. d'apprendreet de savoir. et. elle estmue par un remarquableesprit de patienceet de charité.Jusqu'auxiesièclecependant. à peinecultivéesdansle voisinagedesvilles. La féodalité naissante. on les voit se traîner péniblement sur la route tracée par Charlemagne. les luttes de chaquejour contre la barbarie absorbenttoute l'attention du pouvoir clérical. c'est à l'abri des murs du cloître que viennent seréfugier les esprits élevés.généraux. déchiré par les successeurs de Charle- magne etlespossesseurs de fiefs. le système politiqueet administratifemprunté par Charlemagne aux traditions romainesavait pu arrêter le désordre sans en détruire les causes. Les arts se ressentent de cet état incertain. Rien n'est constitué. il paraît même épuisé par cette guerre de détail.-DES DIFFÉRENTS STYLES PROPRES A CHAQUE PROVINCE.cessemences avaienteu le tempsde pousserdesracinesassez vivaces pour qu'il ne fût plus possiblede les arracher. -Le xie siècle commence. il sembleque lesétablissements religieux. elle a seulele privilège de s'occuperdeschoses de l'esprit.et aveclui . elle acquiert bientôt par cela même une puissance morale contre laquelle viennent inutilement se briser toutes les forces matérielles et aveugles. la guerre.[ AKGHITECTURE ] - 122 - barbares du moyenâge.imprévoyante. DEVELOPPEMENT DE L'ARCHITECTURE EN FRANCEDUXI* AU XVIe SIÈCLE. Les populations urbainessans industrie. rien n'est défini.sanslien entre elles.sans beaucoup de progrès. une classed'hommes n'est pas tenue de prendre lesarmesou detravailler à la terre. LesinvasionsdesNormands viennent d'ailleursrendreplusmisérable encore la situationdu pays. et.soumises à une organisation municipale décrépite.et comment l'architecture aurait-elle pu se développer au milieu de ces ruines de cbaquejour. Toutefois nous avons vu commentée princejetait. elle estpropriétaire d'une portion notable du sol .mais non organisée .

3. 1851. 3 Bull. 1 vol. possédéspar desabbéslaïque. Au milieu de ce conflit perpétuel.Guillaume. ï. rançonnéspar les seigneursséculiers. Clun. Au commencement du xT siècle. puisque ceux-ci devenaient desvassaux soumis deslors au régime féodal. 4. avait fondé l'abbayede Cluny. étaientla plupart dépeuplés.en perdant ainsi soncaractèrede pouvoir purement spirituel. Benerl. III. Clun. entame la lutte par une réforme dansson propre sein. pillés et brûlés parles Normands. nn>icelé en seigneuriesvassales lesunesdesautresjusqu'à" suzerain. En 909. .. Au xi" Mècle..On voyait dansles monastères. non-seulement les droits féodaux étaient exercés par des seigneurslaïques. mais en réalitc l'application répondait peu au principe. 2 BUil.dmiu attaqué-.présentait l'aspect d'une arène où chacun venait défendre se-. parl'abbé F. évêqueou comte que ce soit. était lui-même dansla plus déplorable situation. duc d'Aquitaine. p. 1. Une bulle de Jean IX 'mars 932)confirme la chartedeGuillaume. Gucherat. Ainsi commence une lutte danslaquelle les deux principes du spirituel et du temporelsetrouvent en présence : il s'agit ou de la liberté ou du vasse- lage del'Église. deschanoineset des religieusesmême. dans ces temps où nul ne semblait avoir la connaissancedu juste et de l'injuste. épuisé ou découragé. Les monastères. 3. 2. p. où les passions les plus brutales étaient les seules lois écoutées. . -Ibid..Cluny au xicsiècle.il faut le reconnaître. les lettres.la vie régulière singulièrement relâchée.et «affranchitle monastère de toute dépendance " de quelque roi. lessciences et les artss'étaient renfermés dansl'enceinte des cloîtres depuis le règne de Charlemagne. des abbéslaïques qui vivaient installéslà avec Imi^ femmeset leurs enfants. C'était une guerre civile permanente. 330. leurs gensd'armes et leurs meutes'.. et des prochesmême de « Guillaume3.. ou en conquérir de nouveaux les armes à la main. qu'on se figure l'état de la population des campagnes ! L'institut monastique. le poilue féodal élait organiséautant qu'il pouvait l'être. et c'est aux saints apôtres Pierre et Paul qu'il donnait tous les biens qui accompagnaient sa fondation2. L'organisation écrite du système féodalétait peut-êtrela seule qui pût convenir dansces temps si voisins encore de la barbarie. t. Lyon. Cependant quelques établissements religieux conservaientencore les traditions de la vie bénédictine. col. Nous l'avons dit plushaut. de révoltes contre les droits du suzerain. le territoire. Ann.au milieu des moines. Paris. mais aussi par des évêques et desabbés. et l'Église.- 12 3 - [ ARCHITECTURE J une nouvelle ère pour les arts comme pour la politique. une partie du haut clergé autorisait l'influence que la féodalité séculièreprétendait exercer sur les élections de ces évêqueset abbés. » II ne faut point juger cette intervention despontifes romains avecnos 1 Mabillon. une suite non interrompue d'oppressions et de vengeances de seigneur à seigneur.1.

Uldaric1 consacre deux chapitres de sesCoutumes à détailler les devoirs des maîtres envers les enfants ou les adultes qui leur étaient con- fiés2.L'opinion. cl ix.saint Hugues. d'où le pouvoir spirituel sort toujours vainqueur. sontles trois grandes figure. c.A Cluny.lib. desÉcrituressaintes ou desPères. par M. de tout savoir.'p. vm. par l'abbé F. Clun. » Cette activité intérieure et 1 Uilalriri Antiq. C.établirl'indépendance spirituelle.cSnob. p. c. * Cluny a" xie siècle. il ne faut donc point s'étonner si. in fine. la philosophie. Anse ''ut . les esprits d'élite. 3 U.archevêque de Canlerbury. III.ilnci A/ttiq. . A l'abbaye du Bec.l. co/mitt. 83.elles voyaientalors un refuge eflicacecontre l'oppressiondanscesmonastères où se concentraient les hommes intelligents. p. « Le plus grand prince n'était pasélevéavec plus de soinsdans le «ipalaisdesrois que ne l'était le plus petit desenfants à Cluny3. Bernardi Cons. de tout progrès. pendant le du xn% il devint le centre de toute inxie siècle et au commencement fluence. et GrégoireVII..lili. Aussi. et ce n'était pas leur moindre soutien : le clergé régulier résumait alorsà lui seul toutes les espérances de la classe inférieure. II. Saint Anselme.'/'in. Pari?. i3.abbé de Cluny.Commeon le peut mure.qui dominentcetteépoque. les populationsn'étaient pasindillerentesàcesgrands débats.Clun.Tout le xiesiècleetla première moitiédu MI' sontremplis parl'histoiredecesluttes. qui. xxvn. Il fautsonger qu'aumilieu decetteanarchie générale. était pour eux. une vie régulière et dévouée.constituer unepuissance morale immense en pleincSur dela barbarie. consuet. Partout il fondait des écolesoù l'on enseignait les lettres. et la houlettedu pasteurne « demeurait pas immobile dans leurs mains. 4 ^. decette oppreeMon emv-néeilr iaforcebrutale. njOH. de Rémusat. l. tenaient en échectous lesgrands du siècle. de ces empiétement det' >us les pouvoirs les unssurles autres. la théologie.. les sciences et les arts. I. 1853. le savoiret les capacités de leurs membres. Cuclieral. les soinsles plus attentifs étaient apportésà l'enseignement. L'abbé Cuchcrat.lasuzeraineté ques'arrogeait lachaire de Saint-Pierredevait opposerune barrièreinvincibleà la forcematérielle. c. pour nous servir d'un mot moderne. et c'estcequi arriva.t ARCIIITECTUrtE ] idées modernes.Lanfranc et saint Anselme étant prieurs ne dédaignent pasd'instruire la jeunesseséculière. >/tOn. » Cescommunautésprenaient dèslors une grande importance vis-à-vis de la population desvilles par leur résistanceau despotismeaveugle de la féodalité et à son esprit de désordre.comme le dit l'un desplus profondset desplus élégantsécrivains île notre temps dans un livre excellent4 : « Les abbés de ces tempe « d'austéritéet dedésordre ressemblaient fort peuà ces oisifsgrassement a reniéedonts'estraillée plus tard notre littérature bourgeoise et sati« rique: leur administration étaitlaborieuse. vu.. par la seule puissance que donne une conviction profonde. de corriger pendant leurs veilleslesmanuscrits fautifsdesauteurspaïens. participaient à toutes les affaires publiques par l'intelligence. et qui établissent d'unemanière inébranlablel'indépendancespirituelle du clergé.

'125 -

[ AHCniTECTCIlE]

extérieure du monastère devait, comme toujours, donner aux arts, H

particulièrement à l'architecture, un grand essor; et c'était dans le sein desabbayes mômesque seformaient lesmaîtresqui allaient, au .\r siècle, leur donner une importance matérielle égaleà leur prépondérancereligieuseet morale dans la chrétienté. Le premier architecte qui jette les
fondements de ce vaste et admirable monastère de Cluny, presque entièrement détruit aujourd'hui, est un cluniste, nommé Gauzon, ci-devant abbé de Baume'. Celui qui achève la grande église est un Flamand reli-

gieux, Hezelon, qui, avant son entrée à Cluny, enseignaità Liège; les rois d'Espagneet d'Angleterre fournirent les fonds nécessaires à l'achèvement de cette grande construction (voy. ARCHITECTURE MONASTIQUE). Non-seulementcesbâtiments grandioses allaient servir de types à tous lesmonastères de la règle de Cluny en Franceet dansune grande partie de l'Europe occidentale; mais les simples paroisses,les constructions rurales,les monuments publics desvilles, prenaient leurs modèlesdans cescentresde richesseet de lumière. Là, en effet, et là seulement,se trouvaient le bien-être, les dispositionsétudiéeset prévoyantes,salubi-es et dignes. En 1009, avant même la construction de l'abbaye de Cluny sousPierre le Vénérable, « Hugues de Farfa avait envoyéun de sesdis« ciples, nommé Jean, observerles lieux et décrire pour l'usage partice culier de son monastèreles us et coutumes de Cluny. Cet ouvrage, dece meure manuscrit dans la bibliothèque vaticano, n° 6808-, contient des « renseignementsque nous ne retrouverions pas ailleurs aujourd'hui.
« Nul doute que ces dimensions que l'on veut transporter à Farfa ne

« soient cellesde Cluny au temps de saint Odilon. Quand nous serions « dans l'erreur à cet égard, toujours est-il certain que ces proportions « ont été fournies et ces plans élaborés à Cluny, dont nous surprenons

«ainsi laglorieuse influence jusqu'au cSurdel'Italie

L'Église devait

uavoirtbQpieds de long,\6Qfenêtres vitrées; deuxtoursàl'entrée,formant « unparois pourleslaïques... ; le dortoir, 160pieds de long,3fidehauteur,
» 92fenêtres vitrées,ayant chacune plus de (3 piedsdehauteuret 2 1/2 delar-

((geur; le réfectoire,90 piedsde longet 23 de hauteur.." l'aumônerie,
« W piedsde longueur; l'atelier desverriers, bijoutierset orfèvres,\15pieds (( delong sur 25 de large3; lesécuries deschevaux du monastère et desetruii« gers,280 piedsde longsur 254 » Maispendant que les ordres religieux, les évêques,qui n'admettaient

paslevasselage de l'Église,et le souverain pontifeà leur tête,soutenaient
avecensembleet persistancela lutte contre les grands pouvoirs féodaux, voulaient établir la prédominance spirituelle, et réformer les abus qui
1 L'abbé Cucherat, p. 104.

2 Ann. B°ne<l.,t. IV, p. 207 et 208. 3 « Intcr praedictascryptas et cellam novitioruin, posita sit alla colla uhi aurificcs,

« inclusores et vitrei magistriopcrentur;quae cella liabeatlongitudinis cxxvpedes, lati« tudinis xxv. »

4 Clunyau si* siècle,par l'abbéCucherat,, p. 100 et 107.

[ ARCHITECTURE }

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t'étaientintroduits dansle clergé,les populationsdesvilles profitaient deslumièreset desidéesd'indépendance moralerépandues autourdes grandsmonastères, éprouvaient le besoin d'une autorité publique et
d'une administration intérieure, à l'imitation de l'autorité unique du

saint-siège et de l'organisation intérieure des couvents;ellesallaient réclamerleur part de garantie contre le pouvoir personnel de la féodalité séculière et du haut clergé.

Ces deux mouvementssont distincts cependant,et s'ils marchent paral-

lèlement, ils sontcomplètement indépendants l'un de l'autre.Lesclercs, qui enseignaient alors en chaire au milieu d'une jeunesse avided'apprendrece que l'on appelait alorsla physiqueet la théologie,étaientles
premiers à qualifier ^exécrablesles tentatives de liberté desvilles. De inrine que les bourgeoisqui réclamaient, et obtenaient au besoin.par la force, de* franchisesdestinéesà protéger la liberté du commerceet île l'industrie, poursuivaientà coupsde pierres les disciplesd'Abailard. Telle est cette époque d'enfantement, de contradictions étranges, où toutes
les classes de la société semblaient concourir par des voies mystérieuses

à l'unité, s'accusantréciproquement d'erreurs, sanss'apercevoirqu'elles
marchaient vers le même but.

Parmi le* abbayesqui avaient été placées sousla dépendance de Cluny, et qui possédaient les mêmes privilèges, était l'abbaye de Yèzelay,Vers 1119,les comle^de Nevers prétendirent avoir desdroits desuzeraineté sur la ville dépendant du monastère. « Ils ne pouvaient voir sansenvie les « grands profits que l'abbé de Vézelaytirait de l'affluence desétrangers, < di- tout rang et de tout état, ainsi que des foires qui se tenaient dans " le bourg, particulièrement à la fête de sainte Marie-Madeleine. Cette
« foire attirait durant plusieurs jours un concours nombreux de mar-

'i chauds,venussoit du royaumede France, soit descommunesdu Midi, « et donnait à un bourg de quelques milliers d'âmes une importance ' pre-que égale à celle des grandes villes du temps. Tout serfsqu'ils icétaient de l'abbaye de Sainte-Marie, les habitant* de Vézelayavaient
<(graduellement acquis la propriété de plusieurs domaines situés dans

« le voisinage; et leur servitude, diminuant par le cours naturel des (i choses,s'était peu à peu réduite au payement destailles et desaides, « et h l'obligation de porter leur pain, leur blé et leur vendange,au four, ii au moulin et au pressoir publics, tenus ou afferméspar l'abbaye.Une H longue querelle, souvent apaisée par l'intervention des papes, mais « toujours renouveléesous différents prétextes, s'éleva ainsi entre les K comtesde Neverset les abbésde Sainte-Marie de Vézelay Le comte u Guillaume, plusieurs fois sommépar l'autorité pontificale de renoncer

« à ses prétentions, les fit valoir avecplusd'acharnement quejamais,et
» léiMiaen mourant à son fils, du même nom que lui, toute son inimitié

« contre l'abbaye '. »Le comte,au retour de la croisade, recommença la
1 Lettres sur l'histoire deFrance, parAug.Thierry.Paris,1842,p. 401et 402.

- 127 [ ARCHITECTURE ] lutte par une alliance avec les habitants , leur promettant de reconnaître la commune, y entrant même, en j niant fidélité aux bourgeois. Leshabitants de Vézelayne sont pasplutôt affranchiset constitué- en tommunt',qu'ils sefortifient. « Ils élevèrentautour de leurs maisons,cha« cun selon sa richesse,desmurailles crénelées,ce qui était la marque « et la garantie de la liberté. L'un des plus considérablesparmi eux, « nommé Simon, jeta les fondementsd'une grossetour carrée1... » Peu
d'années avant ou après cette époque, le Mans, Cambrai. Saint-Quentin,

Laon, Amiens, Beauvais,Soissons, Orléans,Sens,Reims,s'étaient constitués en communes, les unes à main armée et violemment, les autres en

profitant desquerelles survenuesentre les seigneurset évêques,qui, chacun de leur côté, étaient en possessionde droits féodaux sur ces villes. Le

caractère de la population indigène gallo-romaine,longtempscomprimé, surgissaittout à coup; lespopulations ne renversaientpascomme de nos jours, avec ensemble,ce qui gênait leur liberté, mais elles faisaientdes efforts partiels, isolés, manifestant ainsi leur esprit d'indépendanceavec d'autant plus d'énergiequ'elles étaient abandonnées à elles-mêmes. Cette époquede l'affranchissementdescommunes marque une placeimportante dansl'histoire de l'architecture. C'était un coup porté à l'influence féodale séculièreou religieuse(voy.ARCiiiTECTE).De ce momentles grandscentres religieux cessentde posséder exclusivementle domaine desarts. Saint Bernard devait lui-même contribuera hâter l'accomplissementde cette révolution. Abbé de Clairvaux, il avait établi la règle austèrede Cîteaux; plusieurs fois en chaire, et notamment danscette église de Vézelay.qui dépendait de Cluny, il s'était élevéavecla passiond'une conviction anlei 1 1 e contre le luxe que l'on déployait dans les églises,contre ces « figures
bizarres et monstrueuses » qui, à ses yeux, n'avaient rien de chrétien, et

que l'on prodiguait sur les chapiteaux, sur les frises, et jusque dan- le sanctuairedu Seigneur. Les monastères qui s'érigeaient sousson inspiration, empreintsd'une sévérité de style peu commune alors, dépouillés
d'ornements et de bas-reliefs, contrastaient avec l'excessive richesse des

abbayessoumisesà la règle de Cluny. L'influence de ces constructions austèresdesséchait tout ce qui s'élevaitautour d'elles(voy. ARCHITECTURE MONASTIQUE). Cette déviation del'architecture religieuseapporta pendant
le cours du xii° siècle une sorte d'indécision dans l'art, qui ralentit et

comprima l'élan desécoles monastiques. Le génie despopulation- galloromaines était contraire à la réforme que saint Bernard voulait établir,

aussin'en tint-il compte ; et cette réforme, qui arrêta un infant l'essor donné à l'architecture au milieu desgrands établissements religieux, ne fit que lui ouvrir le chemin dansune voie nouvelle,et qui allait appartenir dorénavantaux corporationslaïques.Dèsla fin du xnesiècle,l'architecture
1 Lettres sur rhistoire de France, par Aug. Thierry. Paris, 1842, p. 412. Kctav. Hist. Vezeliac. monast., lib. 111, apud «TAcbery, SpicileyiujH, t. H, p. 533
et 535.

[ ARCHITECTURE j

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128 -

religieuse, monastiqueou civile, appelait à son aide toutes les ressources de la sculpture et de la peinture, et les établissementsfondés par saint Bernard restaient comme destémoins isolés de la protestation d'un seul homme contre les goûtsde la nation. Dansl'organisation descorporations laïquesde métiers, les communes ne faisaientque suivre l'exemple donné par les établissementsreligieux. Le> grandesabbayes,et même les prieurés, avaient depuis le vin" siècle
cl abli autour de leurs cloîtres et dans l'enceinte de leurs domaines des ate-

liers de corroyeurs,de charpentiers,menuisiers,ferronniers, cimenteurs,
d'orfèvres, de sculpteurs, de peintres, de copistes, etc. (voy. ARCHITECTURE

MONASTIQUE). Ces ateliers, quoiqu'ils fussent composésindistinctement
de clercs et de laïques, étaient soumis à une discipline, et le travail était

méthodique : c'était par l'apprentissage que seperpétuait l'enseignement; chaque établissementreligieux représentait ainsi en petit un véritable

État,renfermant danssonseintousses moyens d'existence, ses chefs,ses
propriétaires cultivateurs, son industrie, et ne dépendantpar le fait que de son propre gouvernement,sousla suprématie du souverainpontife. Cet exemple profitait aux communes,qui avaient soif d'ordre et d'indépendanceen même temps. En changeant de centre, les arts et les métiers ne changèrentpasbrusquementde direction : et si desateliersseformaient en dehors de l'enceinte des monastères, ils étaient organisésd'aprèsles mêmes principes; l'esprit séculier seulement y apportait un nouvel élément, très-actif, il est vrai, mais procédant de la même manière, par
l'association et une sorte de solidarité.

Parallèlement au grand mouvement d'affranchissement des villes, une

révolution se préparait au sein de la féodalité séculière.En se précipitant
en Orient à la conquête des lieux saints, elle obéissait à deux sentiments,

le sentimentreligieux d'abord, et le besoinde la nouveauté,de sedérober auxluttes locales incessantes, àlasuzerainetédesseigneurs puissants, peuttire aussià la monotonie d'une vie isolée, difficile, besoigneusemême:
la plupart des possesseurs de fiefs laissaient ainsi derrière eux desnuées de créanciers, engageant leurs biens pour partir en terre sainte, et comptant

sur l'imprévu pour les sortir desdifficultés de toute nature qui s'accumulaient autour d'eux. 11 n'est pas besoin de dire que les rois, le clergé et le peupledesvilles trouvaient, danscesémigrations en masesde la classe noble,desavantages certains: les rois pouvaient ainsi étendre plus facilement leur pouvoir; lesétablissements religieux et lesévêques, débarrassés, temporairement du moins, de voisins turbulents, ou les voyant revenir

dépouillés de tout, augmentaient les biensdel'Église,pouvaient songer
avecplus de sécuritéà les améliorer, à les faire valoir ; le peuple desvilles et desbourgs se faisait octroyer deschartesà prix d'argent, en fournissant aux seigneursles sommesnécessaires à cesexpéditions lointaines, à leur
rachat s'ils étaient prisonniers, ou à leur entretien s'ils revenaient ruinés,

ce qui arrivait fréquemment.Cestransactions,faites de gré ou de force, avaientpour résultat d'affaiblir de jour enjour lesdistinctions de races,de

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129 -

[ ARCHITECTURE ]

vainqueurs et de vaincus, de Francs et de Gallo-Romains.Elles contribuaient à former une nationalité liée par des intérêts communs, par des

engagements pris de part et d'autre. Le pouvoir royal abandonnaitle
rôle de chef d'une caste de conquérants pour devenir royauté natio-

naledestinée à protéger toutes les classes de citoyens sansdistinction de race ou d'état. Il commençait à agir directement sur les populations,

sansintermédiaires, non-seulementdans le domaine royal, mais au
milieu des possessions de ses grands vassaux. « Un seigneur qui oc« troyait ou vendait une charte de commune se faisait prêter serment « de fidélité par les habitants, de son côté, il jurait de maintenir leurs « libertés et franchises; plusieurs gentilshommesse rendaient garantsde « sa foi, s'obligeantà se remettre entre les mains des habitants si leur « seigneurlige violait quelques-unsde leurs droits, et à rester prisonniers (i jusqu'à ce qu'il leur eût fait justice. Le roi intervenait toujours dansces « traités, pour confirmer les chartes et pour les garantir. On ne pouvait
(( faire de commune sans son consentement, et de là toutes les villes de

«commune furent réputéesêtre en la seigneuriedu roi: il les appelait «sesbonnes villes, titre qu'on trouve employé dans les ordonnancesdès
(d'année 1226. Par la suite on voulut que leurs officiers reconnussent « tenir leurs charges du roi, non à droit de suzeraineté et comme

(i seigneur,mais à droit de souverainetéet comme roi '. » Cettemarchen'a pasla régularité d'un systèmesuivi avec persévérance.
Beaucoup de seigneurs voulaient reprendre deforce ces chartes vendues

dansun moment de détresse;maisl'intervention royale penchait du côté descommunes,car cesinstitutions ne pouvaient qu'abaisserla puissance desgrandsvassaux. La lutte entre le clergé et la noblesseséculièresubsistait toujours, et les seigneursséculiers établirent souvent des communes dans la seule vue d'entraver la puissance des évêques. Tous les

pouvoirs del'État, au xuesiècle,tendaientdoncàfaire renaîtrecetteprépondérance nationale du pays, étouffée pendant plusieurs siècles.Avec la conscience de sa force, le tiers état reprenait le sentiment de sa dignité ;
lui seul d'ailleurs renfermait encore dans son sein les traditions et cer-

taines pratiques de l'administration romaine : « des chartes de com« munes des xiie et xme siècles semblent n'être qu'une confirmation de

« privilègessubsistants2.» Quelquesvilles du Midi, sousl'influence d'un régimeféodal moins morcelé et plus libéral par conséquent,telles que Toulouse, Bordeaux,Périgueux, Marseille, avaient conservéà peu près intactesleurs institutions municipales ; les villes riches et populeusesde Flandre,dèsle Xesiècle, étaient la plupart affranchies.L'esprit d'ordre est toujoursla conséquence du travail et de la richesse acquisepar l'indushîe et le commerce. Il estintéressantde voir en face de l'anarchie du système

féodal cesorganisations naissantes descommunes, sortes de petitesrépu1 Histoire des commîmes de France, par le baron G. F. E. Dupin. Paris, 1834.
2 laid. i. 17

f ARC11ITECTUBE ]

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130 -

bliquesqui possèdent leurs rouages administratifs;imparfaits,grossiers d'abord,puisprésentant déjà,pendant le xiue siècle,toutesles garanties
de vérilalile- constitutions. Les arts, comme l'industrie et le commerce, se

développaient rapidement danscescentresde libertérelative;les corporations de métiers réunissaient dans leur sein tous les gens capables, et ce

qui plu- (aid devintun monopole gênant était alorsun foyerdelumières.
L'influence de- établissements monastiquesdansles arts de l'architecture

ne pouvaitêtrecombattueque par des corporations de gensde métiers
qui présentaient toutes les garanties d'ordre et de discipline que l'on
imuvait dans les monastères, avec le mobile puissant de l'émulation, el

l'esprit séculier de plus. Des centrescomme Cluny, lorsqu'ils envoyaient leurs moines nu/i'/i/rui-spour bâtir un prieuré dans un lieu plus ou moins ignéde l'abbaye mère,lesexpédiaientavecdesprogrammesarrêtés,des lerelles admises,desponcifs(qu'on nous passele mot), dont cesarchilectesclercs ne pouvaientet ne devaient s'écarter.L'architecture, soumise ainsi à un régime théocratique, non-seulementn'admettait pasde dispositions nouvelles,mais reproduisait à peu près partout les môme?formes, sans tenter de progresser. Mais quand, à côté de ces écolescléricales,il se lut élevédescorporationslaïques,cesdernières,possédées de l'esprit novateur qui tient à la civilisation moderne, l'emportèrent bientôt, même dans l'esprit du clergé catholique, qui, rendons-lui cette justice, ne repoussa pas alors les progrès, de quelque côté qu'ils lui vinssent, surtout quand ces progrèsne devaient tendre qu'à donner plus de pompe et d'éclat aux cérémoniesdu culte. Toutefois l'influence de l'esprit laïque fut lente à se faire sentir dansles constructions monastiques,et celaseconçoit, tandis qu'elle apparaîtpresque subitementdanslesédificesélevés par lesévoques, tels que les cathédrales,les évèehés, dans les châteaux féodaux et les bâtiments municipaux. A cette époque,le haut clergé était trop éclairé, trop en contact aveclespuissantsdu siècle,pour ne passentir tout le parti que l'on pouvait tirer du génie novateur et hardi qui allait diriger les architectes laïques; il s'en empara avec cette intelligence deschosesdu 1empsqui le caractérisait, et devint son plus puissant promoteur. Au xir siècle,le clergén'avait pasàprendre lesarmesspirituellesseulein 'lit contre l'esprit de désordre desgrands et leurs excès, il se formait à
côté delui un enseignement rival, ayant la prétention d'être aussi orthodoxe

que le sien, mais voulant que la foi s'appuyât sur le rationalisme.Nous avonsdit déjàquelesesprits d'élite réfugiés danscesgrandsétablissements
religieux étudiaient, commentaient et revoyaient avec soin les manuscrits

de- auteurspaïens,desPèresou desphilosopheschrétiens rassemblés dans les bibliothèquesdescouvents; il est difficile de savoirsi leshommes tels que Lanfranc et saint Anselmepouvaient lire lesauteurs grecs,mais il est
certain qu'ils connaissaient les traductions et les commentaires d'Arislote,

attribues à Boëce, et que lesopinions de Platon étaient parvenues jusqu'à eux. Les ouvrages de saint Anselme,en étant toujours empreints de cette pureté cl de cette humilité de cSur qui lui sont naturelles, sentent

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131 -

[ ARCHITECTURE ]

cependant le savant dialecticien et métaphysicien. La dialectique et la logiqueétaient passées d'Orient enOccident; les méthodesphilosophiques "des docteurs de Byzance avaient suivi le grand mouvement intellectuel imprimé par Charlcmagne. Les théologiens occidentaux mettaient en
Suvre, dès le xr siècle, dans leurs écrits ou leurs discussions, toutes les

ressources de la raison et de la logique pour arriver à la démonstrationet à la preuve desvérités mystérieuses de la religion1. Personne n'ignore l'immensepopularité que s'était acquiseAbailard dans l'enseignement pendantle \ii'siècle. Cet esprit élevé et subtil, croyant, mais penchant
vers le rationalisme, façonnait la jeunesse des écoles de Paris à cette

argumentationscolastique,à cette rigueur de raisonnementqui amènent infailliblement lesintelligences qui ne sont paséclairée?d'une foi vive au iloute. Nousretrouvons cet esprit d'examen dans touteslesSuvres d'art ilu moyen âge, et dans l'architecture surtout, qui dépend autant des sciences positivesque de l'inspiration. Saint Bernard sentit le danger : il comprit que cette arme du raisonnement mise entre les mains de la jeunesse,dansdestemps si voisins de la barbarie, devait porter un coup
l'unesteà la foi catholique; aussi n'hésite-t-il pas à comparer Abailard à

Arius,à Pelageet à Xestorius.Abailard, en 1122,sevoyait forcé, au concile -deSoissons, de brûler de sa propre main, sansmême avoir élé entendu, son Introductionà In théologie, dans laquelle il se proposait de défendre !a tnnité et l'unité de Dieu contre les arguments des philosophes,en soumettant le dogmeà toutesles ressources de la dialectique ; et en 1UO,
à la suite des censures du concile de Sens, il dut se retirer à l'abbaye de "Cluny, où les deux dernières années de sa vie furent consacrées à la

pénitence.Cependant,malgré cette condamnation, l'art delà dialectique devintde plus en plus familier aux écrivainsles plus orthodoxes,et de cette écolede théologiensscolastiques sortirent, au xmc siêole,deshommestels
que Roger Bacon, Albert le Grand et saint Thomas d'Aquin. SaintBernard

et Abailard étaient les deux têtes des deux grands principes qui s'étaient trouvésen présence pendant le cours du xnesiècle au sein du clergé.Saint Bernard représentaitla foi pure, le sens droit; il croyait fermement à la théocratie commeau seul moyende sortir de la barbarie,et il commençait, enhommesincère,parintroduire la réforme parmi ceux dont il voulait faire lesmaîtres du monde: l'esprit de saint Paul résidait en lui. Abailard représentaittoutesles ressources dela scolastique,lessubtilités de la logique et i'esprit d'analysepousséaux dernières limites. Cedernier exprimait bien plus,il faut le dire, les tendancesde sonépoqueque saint Bernard ; aussi le haut clergéne cherchapasà briser l'arme dangereuse d'Abailard, maisà s'enservir; il prit les formes du savant docteur en conservantl'orthodoxie

dusaint. Nous insistons surcepoint parce qu'il indiqueclairement, ànotre
1 GrégoireVII, saintFrançoisd'Assiseet saint Thomas d'Aquin, par J. Deléclu/e.

Paris, 1844, t. II, p. 64 à 85. - Ouvrages inédits d'Abailard, parM. Cousin. Introduction, p. CLVet suiv.

[ ARCHITECTURE ]

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132 -

sens, le mouvement qui s'étaitproduit dansl'étudedesartset dessciences et la conduitedu hautclergé en facedecemouvement ; il en compritl'importance, et il le dirigeaaugrandprofit desartsetdela civilisation. Toutce qui surfit àcetle époque eslirrésistible;lescroisa des, la soifdu savoir et lebesoind'ull'ranchissement sontautant de torrents auxquelsil fallait creuser deslits : il semblait que l'Occident, longtemps plongé dans l'engourdissement, se réveillait plein dejeunesseet de santé; il se trouvait tout à coup

rempli d'une forceexpansive etabsorbante à la fois.Jamaisl'envie d'apprendre n'avait produit de telles merveilles. Quand Abailard, condamné par un concile, fugitif, désespérant de la justice humaine, ne trouva plus qu'un coin de terre surlesbordsdel'Ardisson, où il pût enseignerlibrement, sous le consentementde l'évêque de Troyes.sasolitude fut bientôt peuplée de disciples. Laissonsun instant parler M. Guizot. « A peine ses « discipleseurent-ilsapprisle lieu de saretraite, qu'ils accoururent de tous « côtés,et le long de la rivière se bâtirent autour de lui depetites cabanes. c Lu, couchéssur la paille, vivant de pain grossier et d'herbessauvage>.
ornais heureux de retrouver leur maître, avides de l'entendre, ils se

«nourrissaient de sa parole, cultivaient seschampset pourvoyaientà ses «besoins.Des prêtres se mêlaient parmi eux aux laïques; et ceux, dit ciHéloïse, qui vivaient des bénéfices ecclésiastiques, et qui, accoutumés à (i recevoir,nonà faire desoffrandes, avaientdesmains pourprendre,nonpour « donner,reiu:-lù même semontraientprodigues etpresqueimportunsdans les <idons qu'ils apportaient.11 fallut bientôt agrandir l'oratoire, devenutrop <( petit pour le nombrede ceuxqui seréunissaient.Aux cabanes de roseaux « succédèrentdes bâtiments de pierre et de bois, tous construits par le citravail ou aux frais de la colonie philosophique; et Abailard, au milieu (( de cette affectueuse et studieusejeunesse,sansautre soin que celui de (i l'instruire et de lui dispenser le savoiret la doctrine, vit s'éleverl'édilice (( religieux qu'en mémoire desconsolationsqu'il y avait trouvéesdansson (i infortune, il dédiaau Paraclelou consolateur'. » Jamaisla foi, le besoin
de mouvement, le désir de racheter des fautes et des crimes, n'avaient produit un élan comme celui des croisades. Jamais les efforts d'une

nation n'avaientété plus courageuxet plus persistantspour organiserune administration civile, pour constituer une nationalité, pour conquérir ses premières libertés, que ne le fut cette explosion des communes.Le haut clergé condamnait l'enseignementd'Abailard, maissemettait àsonniveau en maintenant l'orthodoxie, provoquait le mouvement des croisades, et en profitait; ne comprenait pas d'abord et anathématisait l'esprit des communes,et cependanttrouvait bientôt au sein de cescorporationsde

bourgeois les artisteshardiset actifs, les artisanshabiles qui devaient élever et décorer ses temples,sesmonastères, seshôpitauxet sespalais. Admirable époque pour lesarts, pleinede sève et dejeunesse !
Abailard et Héloïse,essaihistorique,par M. et MmeGuizot. Nouvelle édition
entièrement refondue. Paris, 1853.

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133 -

[ ARCHITECTURE ]

A la fin du xne siècle, l'architecture, déjà'pratiquée par des artistes laïques,conservequelque chose de sou origine théocratique ; bien qu~
contenue encore dans les traditions romanes, elle prend un caractère de

soudainetéqui fait pressentir ce qu'elle deviendra cinquante ans plus tard ; elle laisseapparaître parfois deshardiesses étranges,destentatives qui bientôt deviendront desrègles.Chaqueprovince élève de vastesédificesqui vont servir de types; au milieu de cestravaux partiels, maisqui se développentrapidement, le domaine royal conservele premier rang. Dansl'histoire des peuples, interviennent toujours les hommes des circonstances.Philippe-Auguste régnait alors; son habileté comme politique, son caractèreprudent et hardi à la fois, élevaient la royauté à un degré de puissanceinconnu depuis Charlemagne. Un des premiers il avait su occupersa noblesse à desentreprisesvraiment nationales; la féodalité perdait sous son règne les derniers vestigesde ses habitudes de
conquérants pour faire partie de la nation. Grand nombre de villes et de

simplesbourgades recevaient deschartes octroyéesde plein gré ; le haut clergé prenait une moins grande part dans les affaires séculières,et se réformait. Le pays se constituait enfin, et la royauté de fait, selon l'expression de M. Guizot, était placée au niveau de la royauté de droit.
L'unité gouvernementale apparaissait, et sous son influence l'architec-

ture se dépouillait de sesvieilles formes, empruntéesde tous côtés,pour
se ranger, elle aussi, sous des lois qui en firent un art national. Philippe-Auguste avait ajouté au domaine royal la Normandie, l'Artois, le Vermandois, le Maine, la Touraine, l'Anjou et le Poitou, c'est-à-dire

les provinces les plus riches de France, et celles qui renfermaient les populations les plus actives et les plus industrieuses.La prépondérance monarchiqueavait absorbé peu à peu dans les provinces, et particulièrement dans l'Ile-de-France, l'influence de la féodalité séculière et des

grands établissementsreligieux. A l'ombre de ce pouvoir naissant, les villes, mieux protégéesdans leurs libertés, avaient organiséleur administration avec plus de sécurité et de force ; quelques-unes même, comme

Paris,n'avaientpaseu besoin, pour développerleur industrie, de s'ériger
en communes, elles vivaient immédiatement sous la protection du pouvoir

royal, et celaleur suffisait.Or, on n'a pastenu assez compte,il me semble, decelte influence du pouvoir monarchique sur les arts en France. 11 sembleque François Ier ait été le premier roi qui ait pesésur lesarts, tandis que dèsla fin du \ne siècle nous voyons l'architecture, et lesarts qui en dépendent,se développeravec une incroyable vigueur dansle domaine royal, et avant tout dansl'Ile-de-France, c'est-à-dire dans la partie de ce domainequi, aprèsle démembrementféodal de la fin du x" >i«'rle,était restée l'apanagedesrois. De Philippe-Auguste à Louis XIV, l'esprit général de la monarchie présenteun caractèrefrappant ; c'est quelque chose

d'impartialet degrand,decontenu et delogiquedans la directiondesaffaires, qui distinguecettemonarchie entretoutesdansl'histoire despeuplesdel'Europeoccidentale. La monarchie française estpeut-être,à par-

[ ARCHITECTURE

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tir du xncsiècle, la seule qui ait étéréellement nationale,qui sesoitidentifléeàl'espritdela population, et c'estcequi a fait saforceetsapuissancecroissantes, malgrésesfautes et ses revers.Dans ses rapports avecla cour
de Rome,avecsesgrandsvassaux,avecla nation elle-même, elle apporte toujours (nous ne parlons, bien entendu, que de l'ensemblede sa conduite) une modération ferme et un esprit éclairé, qui sont le partage des hommes de goût, pour nous servir d'une expressionmoderne. Cetempérament dans la manière de voir les choses et dans la conduite des affaires

se retrouve danslesarts jusqu'à Louis XIV. L'architecture, cette vivante expression de l'esprit d'un peuple, estempreinte dèsla fin du MU' siècle, dansle domaineroyal, de la vraie grandeur qui évite l'exagération ; elle esttoujours contenuemômedanssesécarts,et aux époquesde décadence, dans les limites du goût ; sobre et riche à la fois, claire et logique, elle se plie à toutes les exigences sans jamais abandonnerle style. C'estun art appartenant à desgensinstruits, qui saventne dire et faire que ce qu'il faut pour être compris. N'oublions pasque pendant lesxne et xmesiècles,les écolesde Paris, l'université, étaient fréquentéespar tous les hommesqui, non-seulement en France, mais en Europe, voulaient connaître la vraie science.L'enseignementdesarts devait être au niveau de l'enseignement deslettres, de ce qu'on appelait la physique, c'est-à-direles sciences, et de la théologie. L'Allemagne, l'Italie et la Provence,particulièrement, envoyaient leurs docteurs se perfectionner à Paris. Nousavonsvu que les grands établissements religieux, dèsla fin du xie siècle, envoyaient leurs moinesbâtir desmonastères en Angleterre, en Italie, et jusqu'au fond de l'Allemagne. A la fin du xnesiècle,les corporations laïques du domaine
royal commençaient à prendre la direction des arts sur toutes les provinces de France.

Mais avant d'aller plus loin, examinons rapidement quelsétaient les élément* divers qui avaient, danschaquecontrée, donné à l'architecture
un caractère local. De Marseille à Chàlon. les vallées du Rhône et de la

Saôneavaient conservéun grand nombre d'édificesantiques à peu prèsintacts, et là, plus que partout ailleurs, les traditions romaineslaissèrentdes tracesjusqu'au xnesiècle.Lesédificesdesbords du Rhône rappellent pendant le cours desxie et xnesièclesl'architecture desbas temps: les églises du Thor, de Venasque,de Pernes, le porche de Notre-DamedesDoms a Avignon, ceux de Saint-Trophime d'Arles et de Saint-Gilles,reproduisent dansleurs détails,sinon dansl'ensembledeleurs dispositionsmodifiéesen raison desbesoinsnouveaux,lesfragments romainsqui couvrent encorele sol delà Provence.Toutefois les relations fréquentesdesvilles dulittoraV avec l'Orient apportèrent dans l'ornementation, et aussidans quelques donnéesgénérales, deséléments byzantins. Lesabsidesà panscoupés,lescoupolespolygonalessupportées par une suite d'arcs en encorbellement, lesarcatures platesdécorant lesmurs, les moulures peu saillanteset divisées en membresnombreux, les ornements déliésprésentant souvent des

combinaisons étrangères à la flore, desfeuillages aiguset dentelés, sen-

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135 -

[ ARCHITECTURE ]

taient leur origine orientale. Cetteinfusion étrangèrese perdà mesureque l'on remonte le Rhône, ou du moins elle prend un autre caractère en venantsemêler à l'influence orientale partie desbords du Rhin. Celle-ciest autre, et voici pourquoi. Sur lesbords de la Méditerranée, les populations
avaient des rapports directs et constants avec l'Orient. Au xir" siècle, elles subissaient l'influence desarts orientaux contemporains, et non l'influence

archéologiquedesarts antérieurs, de là cette finesse et cetterechercheque l'on rencontre dans les édifices de Provencequi datent de cette époque\
mais les arts byzantins, qui avaient laissé des traces sur 1rs,Imn!., du [thin,

dataientde l'époque de Charlemagne;depuislors les rapports de ces contréesavec l'Orient avaient cesséd'être directs. Cesdeux architectures, dont

l'une avait puisé autrefois, et dont l'autre puisait encore aux .sources orientales,se rencontrent dansla Haute-Saône,sur le sol bourguignon et dansla Champagne : de là ces mélangesde style issusdel'arcliHeclure romaine du sol, de l'influence orientale sud contemporaine, et de l'influence

orientalerhénane traditionnelle ; de là des monuments tels que leséglises
de Tournus, des abbayes de Vézelay, de Cluny, de Charlieii. Kt cependant

cesmélanges forment un tout harmonieux, car cesédificesétaient exécutés par des hommes nés sur le sol, n'ayant subi que des influences dont ils

neconnaissent pasl'origine, dirigés parfois, commeàCluny, par desétrangers qui nesepréoccupaientpasassez desdétailsde l'exécution pour que k tradition localene conservâtpas une large part dans le mode de bâtir et de décorerles monuments. L'influence orientale ne devait pas pénétrer sur le sol gallo-romain par cesdeux voies seulement.En 934, une v.iMe égliseavaitélé fondéeàPérigueux,reproduisant exactementdanssonplan et sesdispositions un édificebien connu, Saint-MarcdeVenise,commencé peu d'années auparavant.L'église abbatiale de Saint-Front de l'érigueux est une égliseà coupoles sur pendentifs, élevée peut-être sous la direction d'un Françaisqui avait étudié Saint-Marc,ousur lesdessins d'un architecte vénitien, par desouvriers gallo-romains; car si l'architecture du monumentest vénitienne ou quasi orientale, la construction et les détails de l'ornemenlation appartiennentàla décadence romaine et ne rappellent en aucunefaçon lessculpturesou le mode de bâtir appliquésà Saint-Maic de Venise.Cet édifice,malgré sonétrangetéà l'époque où il fut élevéet sa complètedissemblance avec les édifices qui l'avaient précédédanscette partie des Gaules,exerçaune grande influencesur lesconstructionsélevées
pendant les xie et xii" siècles au nord de la Garonne, et fait ressortir l'un-

poriance des écoles monastiquesd'architccture jusqu'àla fin du \u"sieele.
Un de nosarchéologuesIPS plus distingués ' explique cette transfusionde l'architectureorientale aux confins de l'Occident p;u-la présence des coloniesvénitiennesétabliesalorsà Limogeset sur la côteoccidentale.Alors le passage du détroit de Gibraltar présentait les plus grandsrisques, à cause

des nombreux pirates arabes qui tenaient lescôtes d'Espagne et d'Afrique.
1 M. Félix de Verneilh,l'Architecturebyzantine en France.Paris,1852.

[ ARCniTECTCHE ]
et tout le commerce

du Levant

136 avec les côtes du nord de la France et

la Bretagne (l'Anuit-terre) sefaisait par Marseilleeu Narbonne, prenait la voie de terre par Limoges, pour reprendrela merà la Rochelle ou à Nantes. Mai- l'égliseabbatiale deSaint-Front de Périgueuxsedistingue
autant par sonplan, qui n'a pasd'analogue en France, que par sadispo-

Mtion de coupoles à pendentifs (voy. ARCHITECTURE RELIGIEUSE). C'était bien là en df'et une importationétrangère, importationqui s'étendfort
loin de Périgueux; ce qui doit faire supposerque si l'église de Saint-Front exerçaune influence sur l'architecture religieuse de la côte occidentale, cette église ne saurait cependant être considérée comme la mère de toutes les églisesà coupoles bâties en France pendant le xue siècle.Il

Cascog7ie \ Comte de Toulouse

" jfîl

/àut admettreque le commerce de transit da Levant importa dansle centre et l'ouest dela Francedesprincipesd'art étrangers, sur tousles pointsoù il eut une certaineactivité,et où probablement desentrepôts
avaient été établis par l'intelligence commerciale des Vénitiens. Sur ces matières, les documentsécrits contemporainssont tellement insuffisants

ou laconiques, qu'il ne noussemble pasque l'on doivesebaseruniquementsur desrenseignements aussi incomplets, pour établir un système;
mais si nous examinons les faits, et si nous en tirons les inductions les

plusnaturelles,nous arriveronspeut-êtreà éclaircir cette questionsi
intéressantede l'introduction de la coupole à pendentifsdans l'architecture française des Xeet M' siècles.A la fin du xe siècle, la France était

ainsidivisée (fig. 1): nous voyonsdanssapartie moyenneune grande

- 137 [ ARCHITECTURE ] province, l'Aquitaine, Limoges en est le point central; elle estbordée au nord par le domaine royal et l'Anjou, qui suiventà peu près le cours île la
Loire; à l'ouest et au sud-ouest, par l'Océan et le cours de la Garonne;

au sud,par le comté de Toulouse;à l'est, par le Lyonnaiset laBuui u< >-u>'. Or, c'est danscettevasteprovince et seulement danscette province que,

pendant le coursdesXe et .\T siècles, l'architecture française adoptela
coupoleà pendentifs portée sur desarcs-doubleaux. Le recueil manuscrit desAntiquités de Limoges,cité par M. de Verneilh1, place l'arrivée des Vénitiens dans cette ville entre les années988 et 989; en parlant de leur commerce, il contient ce passage : u Lesvieux registresdu paysnousrap«portent que, antiennement, les Vénitiens traffiquans des marchanKdisesd'Orient, ne pouvant passerleurs navireset galleresdescendans de (il'Orient par la mer Méditerranéedansl'Océanpar le destroit de (iibral«tar à cause de quelques rochers fesant empeschement audit dotroit,

«pourquoi vindrent demeurer à Lymoges, auquel lieu establirenl la «BoursedeVenise,faisant apporter lesespicerieset autres marchandises «du Levant, descendre à Aiguës-Mortes,puisde là les faisoient conduire <i à Lymogespar mulets et voitures, p. de là, à la Rochelle,Bretagne,An« gleterre,Escosse et Irlande ; lesquelsVénitiens demeurèrent à Lymoges «longuement et se tenoient près l'abbaye de Sainct-Martin, qu'ils réédif<( fièrent sur les vieilles ruvnes faictespar les Danois(Normands) » Si les Vénitiens n'eussentété s'installer en Aquitaine que pour établir un entrepôt destinéà alimenter le commercede la «Bretagne, de l'Ki"> >-e et de l'Irlande », ils n'auraient paspris Limoges comme lieu d'approvisionnement, maisquelque ville du littoral. Cecomptoir établi à Limoges,au
centre de l'Aquitaine, indique, il nous semble, le besoin manifeste de four-

nir d'épiceries, de richesétoffes,de denrées levantines,toutesles provinces
de France aussi bien que les contrées d'outre-mer. Aune époque où l'art de l'architecture était encore à chercher la route qu'il allait suivre, où l'on

essayait de remplacer, danslesédificesreligieux, les charpentesdestruc.tibles par desvoûtes de pierre (voy. CONSTRUCTION), où les constructeurs ne connaissaient que la voûte en berceau,applicableseulementà de prtil>
monuments, il n'est pas surprenant que de riches commerçants étrangers

nient vanté lesédificesde leur paysnatal, qu'ils aient offert de faire venir desarchitectes,ou d'envoyer des moines architectes d'Aquitaine visiter et étudier les églises de Venise et desbords de l'Adriatique. La coupole
pouvait ainsi s'introduire dans le centre de la France par cent voies diffé-

rentes: chaquearchitecte amenépar les Vénitiens, ou qui allait visiter les églises de l'Adriatique, faisait reproduire du mieux qu'il pmn ut, par desouvriers inhabiles, desconstructionsétrangèreset que l'on regardait commedesSuvres bonnesà imiter. 11 y aurait donc exagération peut-être, nous le pensons,à considérer Saint-Front de Périgueux comme le type, l'église mère de tous les monuments à coupoles de France. Si SaintL'o.rchitecture byzantine enFrance,par M FélixJe Verneilh.
i. 18

l ARCHITECTURE 1

- 138 ~

Front estune copiedu plan et de la dispositiongénérale de Saint-Marc de Venise,ce n'est pa>à dire que cette égliseabbatialesoit la source uniqueà laquelleon ait puisépour faire deséglises à coupoles danstoute l'Aquitaineet le midi de la Francependant le coursdesxie et .\nesiècles. Saint-Fronta pu être l'origine des églises à coupoles sur pendentifs du Pérignrd et de l'Angoumois,maisnous croyonsque les coupoles deséglisesd'Auvergne, cellesdu Lyonnais,cellesde la cathédrale du Puy, par exemple, ont reçu leur influence directe de l'Orient,ou plutôt de
l'Adriatique, par l'intermédiaire du commercevénitien '. ni:ui qu'il en soit, et prenant le fait tel qu'il se produit dansles monuments de l'Aquitaine pendantlesxe,xie et xnesiècles,il a une importance
considérable dans l'histoire de l'architecture française ; ses conséquences

sefont sentir jusque pendantle xme siècledanscette province et au delà (voy. ARCHITECTURE RELIGIEUSE, CONSTRUCTION). LescathédralesdePoitiers, d'Angers, et du Mansmême, conserventdans la manière de construire les voûtes desgrandesnefsune dernière trace de la coupole.
Au nord-ouest de la France, les monuments qui existaient avant l'invasion des Normands ne nous sont pas connus, les incursions de Danois ne laissaient rien debout derrière elles; mais bientôt établis sur le sol, ces

barbaresdeviennentde hardis et actifs constructeurs. Dansl'espaced'un siècleetdemi, ils couvrent le payssurlequel ils ont définitivement pristerre d'édificesreligieux, monastiques ou civils, d'une étendueet d'une richesse peu communesalors. Il est difficile de supposerque les Normandsaient apporté de Norwége des éléments d'art; mais ils étaient possédésd'un esprit persistant,pénétrant; leur force brutale ne manquait pasde grandeur. Conquérants, ils élèvent des châteaux pour assurer leur domination;

ils reconnaissent bientôt la force morale du clergé, et ils le dotent richement. Pressés d'ailleurs d'atteindre le but, lorsqu'ils l'ont entrevu, ils ne
laissent aucune de leurs entreprises inachevée, et en cela ils différaient

complètement despeuplesméridionaux de la Gaule; tenaces,ils étaient les seulspeut-être, parmi les barbaresétablis en France, qui eussent des. idées d'ordre, les seulsqui sussentconserverleurs conquêteset composer

un État. Ils durent trouver les restes desarts carlovingiens sur le territoire où ils s'implantèrent ; ils y mêlèrent leur génie national, positif, grand, quelque peu sauvage,et délié cependant. Cespeuplesayant de fréquentsrapports avecle Maine, l'Anjou, le Poitou et toute la côteoccidentalede la France, le goût byzantin agit aussisur
l'architecture normande. Mais au heu de s'attacher à la construction comme

dansle Périgordou l'Angoumois,il influe sur la décoration. Ne perdons point devueces entrepôts d'objets ou dedenrées du Levantplacés au centre de la France.LesVénitiens n'apportaientpas seulement en France du poivreetde la cannelle, maisaussi desétoffes desoieet d'or chargées de richesornements, de rinceaux,d'animauxbizarres ; étoffes qui sefabri1 Voyezl'article de M. Vitet, insérédausle Journoldes Savants,cahiers de janvier, févrieret tuai 1S53,sur l'Architecturebyzantine en France par M. de Verneilh.

le goût de ces admirables tissus.si la forme desédificesreligieuxestempruntée à l'Orient.en Bourgogne. ces rinceaux habilement agencésque l'on retrouve sur les étoffesdu Levant (voy. parmi tous ceséléments.le domaine royal. la Saintonge et le Poitou. et il forme un art national comme il fonde un gouvernement national. la décoration des monuments des xie et xnesiècles rappellecesriches galons. bien que réduit à un territoire fort exigu. en Champagne.L'art de la statuaire appliqué à l'architecture se développaità la fin duXIe siècle. commenousl'avonsdit déjà.était restépresqueétrangerà cesinfluences. Cesétoffesd'origine orientale. à ses habitudes. commeon lesappelait alors. par exemple.à l'embouchure de la Gironde. Ainsi à Périgueux. pour couvrir les chisscsdessaints. en Sicile et en Espagne. enEgypte. mais dans lecontrées. une unité d'influence 1 La dénomination d'architecture romane est très-vague. ou plutôt il les avait subiestoutesà un faible degré. dansl'Angoumois. pour ainsi dire.commeon estconvenu de l'appeler. du Maine. àConstantinople. A la fin du xiesiècleet au commencement du xn°. le haut clergé particulièrement lesemployait dansles vêtementssacerdotaux. àBagdad.[ ARCHITECTURE ] quaient alors enSyrie. d'un dessins! pur et si gracieux.il se formait des écolesde statuaires. en raison des mêmes causes. tandis que la forme généralede l'architecture conserveles traditions gallo-romaines. l'influence de ces tissus sur l'architecture est peu sen- sible. et en Normandie principalement.En Provence. brillants et harmonieux de couleur.étaient fort en vogueà cetteépoque. mais l'architecture de Normandie. tout le long du Rhôneet de la Saône. Partout où des monuments romains d'une certaine richesse d'ornementation existaient encore dans l'Ouest.et qui originairement étaient fabriquésen Perse. en conservantplus qu'aucune autre contréede la Francela tradition gallo-romaine pure. partout enfin où des monuments romains avaient laisséde riches débris.seplaçaient dansleséglises ou danslespalaisdesriches seigneurs. en. surlescôtesde l'AsieMineure. PEINTURE. que l'on retrouve dans presquetous lestombeaux du xnesiècleou sur les peintures. sousle règne de Philippe-Auguste. et surtout de la Normandie. repousse ce qu'il pouvait y avoir d'excessifdans ces produits étrangers. s'empara de ces dessins et de ce mode de coloration. de l'Anjou. du Poitou. L'architecture de la Saintonge. ceux qui conviennent le mieux à ses goûts.dans le comté de Toulouse. AUTEL). La langue . la décorationreste romaine. SCULPTURE). dansl'antique "Vésorie remplie de débrisromains. tapissarrazinois. pour les rideaux ou les parementsd'autel (voy. sinon fausse. s'exerçaitdonc très-différemment sur les provinces renfermées dans la France de cette époque. L'influencebyzantine.Lespremières croisadeset lesconquêtesdesNormandsen Sicile et en Orient ne firent que répandre davantageen France. Pendantle xii" siècle. il choisit. où lesfragmentsde sculpture romainen'avaient paslaissé de traces.s'étendant.commelaNormandie.du Nord et du Rhin était alors aussi pauvre en statuaire qu'elle était riche en combinaisonsd'ornementsd'origine orientale. II manquait à l'architecture romane1 un centre.le domaine royal.Le-.

d'Amiens. de Noyon. enseignée et pratiquée. quant à la Provence. Cerésultat est apparent dès le commencement du xme siècle. de Soissons. de Cambrai. en deçà et au delà <ide la Loire a. ne pouvant exercer aucune action matérielle sur les formes de l'art.de Laon. former un centre d'art qui allait rayonner de touscôtésen mêmetempsqu'elle exerçait sonaction politique. par la force naturelle des choses. sont commencées sous le règne de Philippe-Auguste. elle l'accom- pagne. et reçoit seulel'influence directe de l'architecture officielle au milieu de contrées qui continuent jusqu'au xve siècle les traditions romainesabâtardies. par les établissements religieux.n'iitiri/i/n'ersousl'architecture inaugurée par lesartisteslaïques.suivantlescapricesou lesgoûtsdesabbés. au domaine royal soussaint Louis. de Lyon. seconservequelque trmps indécise dans les établissements monastiques. de Meaux. Cette architecture en était réduite. dansl'article de M.qui resteapanagede la couronne d'Angleterre jusque sousCharlesV . l'architecture suit pas à pas les progrès du pouvoir royal . elle semble faire partie de ses prérogatives : elle se développe avec énergie là où ce pouvoir est fort.[ AIlCniTECTURE ] - 160 - pour qu'ellepûtdevenirl'art d'unenation. politiquement parlant.La Champagne. Notre-Dame de Paris. elle recule devant sesprogrès. Vitet précité. de Bayeux. si bien liée. de Tours. en venant planter tout à coupet sansaucune transition un monument sorti du domaine royal. dans les provinces où l'action du pouvoir monarchique ne se fait pas encore sentir.". incontesté. elle est mélangéeet ses formes sont incertaines là où ce pouvoir est faible et contesté.pages 30 et 31. ou à resterstationnaire. C'est pendant les dernières années du xir siècle et au commencement du xmeque toutesles grandescathédralesdu domaine royal sont fondées st presque entièrement terminées sur des plans nouveaux.ou à prendre sesélémentsdeprogrès detous côtés.elle était soumise à leursrègles particulières.La Bourgogne et le Bourbonnais suivent la nouvelle direction imprimée à l'architecture. En peut-on dire autant de I architecture que l'on désignesousle nom de romane ? (Voyez. la judicieuse critique sur celte dénomination. Mais quand l'unité <lupouvoir monarchique commençade s'établir. pour être achevées presquetoutes à la fin du xine siècle. Notre-Damede Chartres. l'architecture du domaine royal n'y pénètre '!. de Sées. de Coûtantes. élèvede son côtéles grandescathédralesde Reims. de Chàlons. comme nousl'avonsdit.deTroyes.) ."" a rtait circonscrite sur un sol dont on connaît les limites. jusqu'au moment où une nouvelle conquête de la monarchie dans ces provinces en détruit brusquementles derniersvestiges. cette unité. Bientôt la vicomte de Carcassonne fait partie du domaineroyal. commeon plante un étendard au milieu d'une cité gagnée.qui ne devient française que sousLouis XI. règles qui n'avaientd'autrelien entreellesque l'autorité unique qu'elles reconnaissaient. de Nevers. celle du pape. et bâtissentlescathédralesd'Auxerre.A partir du xme siècle. On voit peu à peu l'architecture romane s'éteindre. de Rouen.lescathédralesde Bourges. dut.d'Arras. secondée par desartistes laïques faisant partie de corporations reconnues. QuantàlaGuienne.

un repentir.tout estordonné. Il ne faut pas croire que de cet affranchissement résulte le désordre ou le caprice.[ ARCniTECTL'RE ] pas. logique.ou par le goût de l'artiste qui l'a élevé. Autour C "~V~\J OOMAOF. c'est qu'il s'affranchit complètement des traditions romaines. par un besoin local.ces mêmesdispositions se retrouvent dans les édifices secondaires. les bourgset lessimplesvillages. leschâteaux. dans les constructions qui s'élèvent rlain lesvilles.au contraire. lesétablissements monastiques sont entraînés bientôt dans le courant creusé par le nouvel art. ou les pauvretésrésultant de cette pénurie. bien qu'elles ne soient pas indiquées par la nécessité. Le monument mèrerenferme-t-il desdispositions particulières commandées quelquefois par une configurationexceptionnelle du sol. ROYAL \ Bretagne ^""^Santés) desmonumentsimportants tels que lescathédrales.ou du moins elle n'y produit que de tristes imitations qui semblant dépaysées au milieu de ces contrées.lesévêchés. . 2) les divisions de la France à la mort de Philippe-Auguste.commedesenfants d'une mêmefamille. ont apporté desmodifications dans le projet type : les imitations vont parfois jusqu'à reproduire cesdéfauts.il s'élèvedesmilliers d'édificesauxquelsles grandeset riches constructions serventde types. Un accident pendant la construction. en 1223. Cequ'il y a de plus frappant dansle nouveausystème d'architecture adoptédèsla fin du xnesiècle. Ce mouvementest suivi partout. ceserreurs. et conserve toujours un caractère qui tient autant à l'Angleterre qu'à la Normandie et au Maine. lespalais. En Bretagne.l'insuffisance desressources. Nous donnonsici (fig. elle ne se développe que tardivement.

mais on trouvera profit à les connaître toutes deux. du climat.Aussi. il nous semble inutile de les comparer.quelque éloigné que fût de la métropole le lieu où les Romains élevaient un cirque. En étudiant cesdeux arts. monter de la brique. il n'était pasbesoind'ouvriers très-expérimentés: quelques hommes spéciauxpour diriger la construction.et desusages locaux. On peut préférer la civilisation romaine à la civilisation née avec la monarchie française. il faut se placerà deux points de vue opposés .Du momentque Rome met le pied quelque part. les dispositions.maiselleplanteses temples. diffèrentabsolument desdispositions. quelques artistes grecspour sculpter les marbres employés.c'estlà saforce. des moyens d'exploitation et de transport établi* >ur une très-vasteéchelle.des basiliquesou despalais. ellebâtit ses immenses édifices publics. des matériauxmême.1 le monument romain est romain partout. elle n'enlèveau peuple conquis ni ses dieux. Yécfielle. Pour élever un de cesgrands édificesalors.Dans l'architecture française qui naît avec le \me siècle. si l'on veutjuger l'un en se Ija-ant Mir les principes qui ont dirigé l'autre. ils sont tous deux la conséquence de deux civilisations partant de principes différents. elle domine seule. Les Romains. la construction. de l'ornementation et de l'échelle suiviesdansl'architecture antique. et bientôtl'importance de ses établissements. mais au milieu de cette puissance inouïe. Lorsqu'elles'empared'un territoire.C'esttoujoursle monument de la ville deRome. Le monument romain est une sorte de moulage sur forme qui exi<ro l'emploi très-rapide d'une masseénorme de matériaux . de la Matique. par conséquent un personnel immense d'ouvriers. lesconséquences s'ensuivent avec une rigueur qui n'admetpaslesexceptions. avaient adopté le mode qui convenait le mieux à cet état social.l'ornementation. Certes il y a là un beau sujet d'études et d'observations. desaqueducs. CV-t ce qui explique les étrangespréventions. jamaisl'Suvre d'un artiste. la statique. absorbent lesderniers vestiges descivilisations sur lesquelles elle projette sa grande ombre./ ARCnrTECTTRE ] - 142 - harmonieux : une foisceprincipeposé. en dépit du sol.elleétablitsonadministration politique. derrière ces hommes intelligents. on les trouvera tous deux absurdes. de la construction.les mêmesprocédés de construction étaient employés. desbras pour casserdescailloux. l'homme .la même forme d'architecture adoptée. on ne peut les mettre à néant ni l'une ni l'autre. des thermes.corroyerdu mortierou pilonnerdu béton. despeintres. qui avaient à leur disposition desarméeshabituéesaux travaux publics. des stucateurspour revêtir cesmasses de maçonnerie d'une riche enveloppe. Lesdéfautsmêmes de cette architecturedériventde son principe impérieusement poursuivi. sonorganisation administrative. en effaçantce qui lui est étranger.et ses arts suivent l'impulsion donnéepar sa politique.Ces deux arts n'ont besoin d'être défendus ni l'un ni l'autre. qui pouvaientjeter une population d'esclaves ou des réquisitions sur un chantier.les erreurs et les i-ontradictions dont fourmillent lescritiques appartenantaux deux camps opposésdesdéfenseurs fies arts antiquecl gothique.et.ni ses coutumes locales.

h celui qui se fonde. car si ellesétablissaient dansleur organisationdesrègles fixes.mais elle n'est pas encore lyrannique. elle leur laisseà chacun une grande liberté dans l'exécution. un nouveau mode de construction ou de décoration n'est pasplutôt essayé.particulièrement dansle domaine royal. Leséglisesromanes. conserve la plus grande liberté dansl'application de cesprincipes. qu'on a peine à en suivre la trace. pour ainsi dire. tout en étant soumise à un mode uniforme. L'architecture ellemême des xir et xme siècles. il y a unité et variétéà la fois. les nombreux exemplesdonnésdans "ce Dictionnaire démontrent ce que nous avançonsici.A la fin du xnesiècle. Avec l'invasion laïquedansle domaine desarts commenceune ère de progrèssi rapides. tous cesprincipes qui devaient assurerle triomphe <les idéesenfantées par le christianisme sont posés (pour ne parler que du sujetqui nousoccupe). ne pouvaient convenir aux nombreuses réunions de fidèles. Les maisons. en se dépouillant alors complètement de la tradition antique. Mais il faut des siècles pourque lesrestes de la civilisationpaïenne disparaissent. à sesdernièreslimites. un monument n'est pasplutôt élevé. l'unité est le grand besoin et la tendance de ct-lte époque. en se fondant sur des principes absolus. Xousn'avons pu envisager qu'une desparties dece grand travail humain du moyenâge. La Grèceelle-même. ce foyer si éclatant desarts et detout ce qui tient au développement de l'esprit humain. Dansl'histoire desarts.elles n'imposaient pas. à la fin du xnesiècle. il se mouvait dans sasphèreen prenant la responsabilitéde son Suvre.comme les Académies modernes. Les arts. deviennent l'expression individuelle de l'artiste qui concourt à l'Suvre générale sansen troubler l'ordonnance. qu'il sert d'échelon. religieux. Lescorporationsdevaient amenerce résultat. quelle que soit la classe à laquelle il appartienne.[ ARCHITECTUBE ] disparaît. D'ailleurs. la Grèces'eleint sousle souffle de Rome.mais le sculpteurpouvait faire de ce chapiteauou de ce morceau de frise son Suvre propre.le principe dela responsabilitépersonnelle apparaît: l'homme compte pour quelque chose dans la société. imposaitleur ordonnance.encombrées par despiliers massifs. des formes immuables.presquetousles monuments romans. L'architecte donnait la hauteur d'un chapiteau. puisque la vie habituelle ne pouvait s'accommoderde demeures . et n'étaient plus en harmonie avec des mSurs et uce civilisation avancées déjà. grossières d'aspect. dans les villes dont la population et la richesse s'accroissaient rapidement. présentaientles mêmesinconvénientsd'une façon plus choquante «ncore. il n'est plus qu'un desrouages infimes de la grande machine politique. civils ou militaires. en rendant à l'homme isolé le sentiment de sa personnalité. maisen y attachant son inspiration particulière. et si elle oblige le sculpteur ou le peintre à se renfermer dans certaines donnéesmonumentales. les châteaux. ne pouvaient plus satisfaire aux besoins nouveaux.Le christianismeseu1pouvait lutter contre le géant. sansespace. il faut distinguer deux éléments: la nécessité «t le goût. d'unefrise. qu'on le pousse. avecune rigueur de logique incroyable.ellesétaienttristes et sombres. étroites.

laissaienttout à fonder. les églises romanesétaient combinées.MILITAIRE. les luttes féodales. Là était la nécessité tir reconstruire tous les édifices d'après un mode en harmonie avec un état social nouveau.maisavanttout il tenait au génie du peuple qui occupaitlesbassins de la Seine. Protégés par le pouvoir royal. raisonneur.ou parloirs.dans lesquelleslespoints d'appui intérieurs devaient prendre le moins de terrain possible. Il fallait élever des palais ou deschàiraux pour un personnelplus nombreux. l'établissement descommunes.il progresse aussirapidement dansle bien que dansle mal.naissait un goût nouveauau milieu de cette population gallo-romaine reprenant sonrang denation.non par desvoies brusques et par la force matérielle. doit être toujours prête à se défendre. les invasions des Normands. Nousavonsessayé d'indiquer les ressources diverses où ce goût avait été cherchersesaspirations. ARCHITECTURE RELIGIEOSE.Il ne faut pasoublier non plus que le sol était couvert de-ruines. novateur. pour être durable. prompt à saisir le côté pratique deschoses. quand il l'a poursuivie dansses . comme construction. car la féodalité suivait partout le mouvement imprimé par la monarchie.[ ARCHITECTURE j dans lesquellesaucun des besoins nouveaux n'était satisfait. que l'histoire de cette époqueexplique suffisamment. Quant à l'architecture militaire. les perfectionnementsapportésdans les moyens d'attaqueexigeaientl'emploide dispositions défensives en rapportavec cesprogrès.plus saineset plus propresà contenir la foule. des chambres pour les corpsd'états.mieux closes. comme on les appelait alors.actif. CIVILE. des bourses. de façonà ne pouvoir durer (voy. douésd'un esprit souple.iinsplus nombreux. A côté de cette impérieuse nécessité. sans s'ar- rêterjamais. dirigés plutôt par le bon sens que par l'imagination. car elles comprenaient parfaitement qu'une conquête. si ce n'est les Athénienspeutêtre. deshôtels de ville. centralisaient chaquejour le pouvoir chez eux. mobile. Aucun peuple. c'est en même temps son défaut et sa qualité : toujours désireux de trouver mieux. et si le roi prenait une plus grande part d'autorité sur sesgrandsvassaux.et. ne fit plus facilement litière des traditions. il s'attache à une idée avec passion.Il fallait enfin à cesvilles affranchiesdes murailles extérieur-".CONSTRUCTION). semblaientdestinéspar la Providenceà briser les dernières entravesde la barbarie dans les Gaules. ceux-ciabsorbaientles petits liefs. dela Loire et de la Somme. à cescorporations naissantes. mais par un travail intellectuel qui fermentait depuis le xie siècle. les éclairer. Dans presque toutes les provincesdu Nord. Il fallait à ces bourgeois nouvellement affranchis. comme le roi le centralisât autour de lui.) 11 fallait éleverdeséglisesplus vastes. Cespeuples. desmaisonsen rapport avec desmSurs plus policéeset des lii'M. les aérer. l'ignorance des constructeurs qui avaient élevé des édificespeu durables.qui ne s'était pas fait sans grands déchirementsni sans excès populaires. les rendre plus faciles d'accès. ils l'entourent d'une auréole qui ne cesse de briller d'un vif éclat jusqu'après l'époque de la renaissance. elless'écroulaientou menaçaientruine partout : force était de les rebâtir. (Yoy. deslieux de réunion.

la mode s'attache aux futilités de la vie comme aux principes sociaux les plus graves. il la dédaignepour en poursuivre une autre avec le même entraînement.si l'on veut expliquer et comprendre le grand mouvement des arts à la fin du xn" siècle.vieilli. VOLTE). ils l'appliquèrent pari. dans laquelle il se trouvait mal à l'aise. tout devait alors contribuer à l'arrêter : les traditions forcément suivies.ils les chargèrentd'un supplément de poidsdont ils firent bientôtun desmotifs lesplus riches de décoration(voy. Réduisant les pointsrésistants de leurs constructionsà despiles.le génie national ne tarda pasà prendre le dessus . pour lesmaintenir. nous ne faisonsque l'indiquer ici. quand il l'a mise à nu par l'analyse.ils remplacèrent l'arc plein cintre par l'arc en tiers-point (voy. puisquenous reviendrons sur chacune desdivisions de l'architecture en analysant les formes que cesdivisions ont adoptées. Pour donner plus d'assiette à ces piles ou contre-forts isolés. Profitant des résultatsassez confus obtenus jusqu'alors. abandonnant la premièrecommeun corps usé.11 n'est pas besoin de dire que ce mouvement fut contenu tant que l'architecture théorique ou pratique resta entre les mains desétablissements religieux . Évidant de plus en plus leurs édifices. commeun cadavredont il no peut plus rien tirer. desrésistances obliques (voy.I - 1Ù5 - [ ARCHITECTURE ] derniers retranchements.dont la poussée continue devait être maintenue par une butée continue. pressé de se dégagerde l'enveloppe romane. n'ayant plus alorsqu'à les maintenir par desarcs-boutants indépendantset reportant toutesles pesanteursen dehors des grands édifices. il retendit jusqu'à la faire éclater : une de ses premières tentatives fut la construction des voûtes. Cecaractèreest resté le nôtre encore aujourd'hui. lesréformestentéeset obtenues au sein du clergé pendant le M" siècleet unepartie du xn*. ils renoncèrent complètementà la voûteen berceau. il fallait. «t reconnaissant à l'arc en tiers-point une grande force de résistanceen mêmetemps qu'une faible action d'écartement.ils s'ingénièrentà faire tomber tout le poids et la pousséede leurs voûtes sur ces piles.elle est ridicule ou terrible. à moins d'être maintenu par desculées énormes. Maisquand l'architecture eut passé desmains desclercs aux mains deslaïques. PINACLE).surtout dansde larges vaisseaux. ARC). CONSTRL'CTIO.conservant seule- ment l'arc plein cintre pour lesfenêtreset lesportéesdepeu de largeur . il posace principe. que les voûtesagissant suivantdespoussées obliques.N. déjàdéveloppé dansle mot AROBOUTANT. On doit tenir compte de ce caractère particulier à une portion de la France. il a de notre temps produit de belles et de misérableschoses.poursuivant son but avec cettelogiquerigoureuse qui faisaità cette époque la basede tout travail intellectuel. Déjà dès le milieu du xue siècle. la rigueur de la vie claustrale. quand elle commenceà germerau milieu despeuplessesvoisins. gracieuseou pleine de grandeur. les constructeurs avaient reconnu que l'arc plein cintre avait une force de poussée trop considérable pour pouvoir être élevé à une grande hauteur sur desmurs minces ou despiles isolées. 19 .c'est enlin ce qu'on appelle la mode depuis bientôt trois cents ans : or.

la philosophie et la législation antiques sont poursuiviesavec . suivant la charge qui doit peser sur elle>. qu'on nepeut concevoir comment l'étude n'en estpasprescrite dansnosécolescomme l'enseignementde notre histoire. Lesmurs. les tendances et la direc- tion. ARC. par suite de l'habitude que nous avonschez nousde vouloir aller chercher notre bien au loin (commesila distancelui donnait plus de prix). non-seulement ne sont point dissimulés. Elle est d'ailleurs si intimement liée à notre histoire.CONSTRUCTION). Dèsle commencement du xmesiècle.( ARCHITECTURE j - 146 - tout.Or. dont toutes les partiesse déduisent les unesdesautresavec unerigueur impérieuse. les moyens d'accèset de circulation aux différents étagesdes bâtiments. mais sont au contraire franchement accusés.Il ne faut pasaller étudier ou juger l'architecture françaisede cetteépoquelà où elle a été importée. Les arcs sont minces ou larges. quYma peineàcomprendrecomment il sefait qu'elle nesoit pasmieux connueet mieux appréciée. à notre caractère national. devenusinutiles. tels que les ferrures. disparaissentcomplètement dans les grands édificeset sont remplacéspar desclaires-voiesdécorées de vitraux colorés.la plomberie. c'est par le changement de méthode que commencent les révolutions dans les scienceset les arts. comme on le /ait si souvent depuis le xvie siècle dans nos édifices. il faut la voir et la juger sur le sol qui l'a vue naître. et contribuent. composésd'un ou de plusieurs rangs de claveaux. l'écoulement des eaux. au milieu des divers éléments matériels ou moraux dont elle s'est nourrie. en raison de leur fonction (voy. cesimitations ne s'attachant qu'aux formes sansdeviner leur raison d'être. même dansl'architecture civile. s'élevant chacune de leur côté jusqu'aux voûtes qu'elles doivent . à la richesse de l'architecture. d'aération.jusqu'aux menus objets. leurschapiteauxprennent une importance proportionnéea cette charge. Toute nécessité est un motif de décoration : les combles. les supports.sôuk-nir. Lespiles destinées à porter plusieurs arcs se divisent en autant de colonnes qu'il y a d'arcs : ces colonnes sont d'un diamètre plus ou moins fort. Si l'on va chercher les imitations decesédificeslaites hors de France. aux conquêtesintellectuelles de notre pays. l'introduction de la lumière du jour. La cunstrudi'in commandela forme. car chaque ornement n'est que la conséquence d'un besoin rempli. Dans un bel édifice du commencement du xnie siècle si splendidequ'on le suppose. les scellements. les sciences. dont elle reproduit les traits principaux. mais n'avaient jamais songéà faire vingt lieues pour aller sérieusementexaminer la structure des cathédrales d'Amiens.l'architecture se développe d'aprèsune méthodecomplètementnouvelle. on n'y trouve qu'étrangeté. en abandonnant l'arc plein cintre. les critiques qui se sont le plus élevés contre l'architecture dite gothiqueavaient presque toujours en vue des édifices tels que les cathédrales de Milan. de Chartresou de Reims. certaines églises de l'Allemagne.les moyens de chauffage. de Florence. par leur ingénieuse combinaison et le goût qui préside toujours à leur exécution. de Sienne. Ceci explique comme quoi. il n'y a pasun ornement à enlever. C'est précisément au moment où les recherches sur les lettres.

les moulures se multiplient dans un grand édifice. mêmeen l'absence de l'homme.lessocles. parceque l'Sil estcontinuellement forcé de comparerles dimensionsde l'ensembleavecle modulehumain. et l'ordre dorique appliqué à ces deux monuments esta peu près identique comme proportion : pour nous faire mieux comprendre. 1rsPèreset 1rs Écritures. Rien dansles ordres antiques. Tout le mondesait queleso/Y/m del'archilectim. que le monument soit grand ou petit.l'échelle humaineestrappelée partout. et quelque vaste et riche qu'il soit. mais ce qui distingue la renaissance du xii" sièclede la renaissance du xvi% c'est que la première se pénétrait de l'esprit antique. Les dialecticiensdu xnesiècle. il est toujours à sa taille.les bancs. grecsou romains.les galeries. L'homme apparaît dans tout : le monument est fait pour lui et par lui. maiselles sont de la même dimension que cellesdu petit .et la forme que l'on donnait alors aux chosesd'art était déduite desbesoins ou desidéesdu moment. les appuis. et cependantil y a pour les monuments une échelleinvariable.Prenonsun exemple bien frappant. Aussi donnezle dessingéométral d'un temple antique en négligeant de coter les dimensions ou de tracer une échelle. pendant ce xue siècle. La dimension de l'homme ne changepas. L'impression contraireestproduitepar lesmonuments antiques : on ne se . impérieuse. tandisque pour l'architecture dite gothiqueil n'en est pasainsi. les balustrades.Ainsi le Parthénon et le temple de Thésée à Athènes sont d'une dimension fort différente. dirons-nous : c'est l'homme. rappellent toujours ^échelletype.- \<\1 - [ ARCHITECTURE } ardeur. les frises.mais ellesconservent le même diamètre. Faut-il conclure de laque les hommesdu xncsièclen'étaient pasconséquents avec eux-mêmes? Tout au contraire. lescolonness'allongent ou seraccourcissent. Aussi les monuments du moyen âge paraissent-ilsplus grands qu'ils ne le sont réellement.1 des Grecs et des Romains pouvaient être considérés comme des unités typiques qu'on employait dans les édificesen augmentant ou diminuant leurs dimensions et conservant leurs proportions. parceque. c'est son vêlement. tandis que la seconde selaissait séduirepar la forme.comme l'eût pu faire Aristote.tous lesdétailsde l'architecture qui entrent dans l'ordonnance desédifices. les bas-reliefs. les mêmes profils de bases.Entrez. dansla cathédralede Reims ou dans une églisede village de la même époque. voyaient les choses et les hommesde leur temps avec les yeux de leur temps.selon que ces édifices étaient plus ou moins grands ^'échelle. 5 ou 10 mètres de hauteur. l'échelle humaine se retrouve partout indépendamment de la dimension des édifices.vous retrouverez les mômes hauteurs.que l'architecture abandonneles derniers restesde la tradition antique pour fonder un art nouveau dont le principeesten opposition manifesteavecle principe desarts de l'antiquité. la dimension de l'homme. fondamental enarchitecture. nous dirons que l'ordre doriquedu Parthénonestl'ordre dorique du temple deThésée vu à travers un verre grossissant. s'il eût vécu au \ne siècle.en étudiant les auteurs [jaïei^. il sera impossible de dire si les colonnesde ce temple ont li. Yechelle. ne rappelle une échelleunique.

Les matériaux sont-ils petits. il commande aux matériaux et aux hommes : c'est le fatuni antique. n'est-il pas un symbole saisissant de l'esprit chrétien ? Placer ainsi l'homme en rapport avecDieu. et le compte.mites ou militaires jusqu'à l'époque de la renaissanceantique. n'est-ce pas là une idée chrétienne. pour une créature faite à l'image du Créateur. d'instinct nu parle raisouuement. Saint-Marc de Venise. comme ù Saint-Pierre de Home ou dans la cathédrale de Chartres. sont-ilsgrands.e proportion desordres.nousne discuterons [tascepoint. reconnaissantla souveraine puissance divine.elle la simplifie. . en la rendantplus déliée.Tout dans . les employer dans chaque localité tels que la nature les fournit. qui estdela plushaute imporlnnce. sont des monumentschrétiens.N'uns ne ilimiis pasque l'art né à la fin du xne siècle sur une portion du NI! de la France est Y art chrétienpar excellence: Saint-Pierre de Home.lesornements. et nonle monumentqui . Mais nous demanderons : sans le christianisme.faciles à travailler.Saint-Paul hors des murs. l'architectureen profite en refouillant sa décoration. laisseà l'homme son libre arbitre.semble grand. nousne faisons queconstater le fait. lesprofils. celle qui frappe le plus les populations ? N'est-cepas l'application rigoureusement suivie de celte méthode dans nos monuments qui inspire toujours ce sentiment indéfinissablede respecten face des grandes églises gothiques?(Jueles architectesdes xneet xine siècles aient fait l'application de ce principe. puisqu'ils sontbâtis par deschrétiens pour l'usage du culir.indépendamment des dimensions. mùue dans les temples les plus vasteset les plus magnifiques par la comparaison continuelle de sa petitesse avec la grandeur du monument religieux. qui. Lechristianismeestsublime dans les catacombes. toujours est-il qu'il présideà toutes les constructions religieuses. dans les déserts.[ ARCU!TECTURE J ivmi comptede leur dimension qu'après avoir fait un raisonnement. que lorsqu'ona placéprèsd'euxun hommecommepoint de comparaison. sont-ilsfins.sont-ilsgrossiers et durs. Samic-Sophie de Constanlinople. tandis que les architectes occidentauxdu moyen âgeétaient soumisà la loi chrétienne.Quecesoitune qualitéou un défaut. Si nous suivonsles conséquences logiques de ce principe issu desidées chrétiennes.la responsabilité deses propres Suvres. Chez ceux-ci l'architecture était un art abstrait. les monuments du nord de la France auraient-ils pu êtreélevés? Évidemment non. les détailssontplus larges. et il commandeplutôt qu'il n'obéit . les membres de l'architecture prennentune médiocre importance(voy.nousvoyonsencoreles formes de l'architecture sesoumettre aux matériaux. l'art grecestun. caril creuse un abîmeentreles méthodes desarts antiques 11 du ninyon àiv. nos églises romanes de l'Auvergne et du Poitou.Cegrandprincipede l'unité (i'i'c/ielle dont nous venons d'entretenir nos lecteurs.CONSTRUCTION) . quelque infime qu'il soit. et encoreest-ce plutôt l'hommequi paraitpetit. Les architectes de l'époque ogivale étaient aussi conséquents dansl'emploi desformesnouvellesquel'étaient lesarchitectes grecs dans l'application de leur système c.

et le regarder commeune créature inférieureaux reptiles.dès son origine. elle commencepar l'imitation descotylédons. C'estlà du reste un desreproches qu'on adressele plus volontiers à cette architecture. Ainsi la forme pyramidale est adoptée comme la plus stable. secompliqueet se développe à mesurequ'il doit contenir un grand nombre d'organesimportants. Il va sans dire que cette méthode synthétique est. comme dansla créationchaque ch'ose a son rôle tracépar la main divine. car il n'acquiert de stabilité que par les lois de l'équilibre.elle ne pouvait manquerde semodifieren même temps que ces idées. ne pouvait s'arrêtera une forme. Toutefois le principe qui dirigeait cette architecture. dans tous les moyensemployés par l'architecture pour résisteraux agentsdestructeurs. Chose merveilleuse! l'imitation desvégétauxsemble elle-mêmesuivre un ordre conformeàcelui dela nature. sesvoussuresdesfleurs et feuilles empruntées aux forêts et aux champs du nord de la France. demêmel'édifice gothique posesespoints d'appui d'aprèslesdonnées lesplus simples. Lesbourgeons sont les premiers phénomènes sensiblesde la végétation. et sont rem- placés. suivie dans la statique. humain porte sur le sol et se meut au moyen de deux points d'appui simples.s'emparede la flore comme moyen de décoration. Mais ne pourrait-on alors reprocher aussià l'homme la perfectionde sonorganisation. non sans quelque apparence de raison. ses corniches.seschapiteaux. la matièreestsoumiseà l'idée. sesgorges. lesexemples sontlà qui parlent d'eux-mêmes. desbourgeons. lesbourgeons donnent naissance à desscionsou jeunes brancheschargées de feuilles ou de fleurs. qui dérive lui-même du christianisme. les plans horizontaux sont exclus comme arrêtant les eaux pluviales.L'édifice goihique ne reste debout qu'à la condition d'être complet. A côté de ces données générales d'ensemble. et plus fragile? Dans l'architecture gothique. si nous examinons les détails. par cela même qu'il était basésur le raisonnement humain.sorte de guidagedont la stabilité n'est maintenue que par la combinaisonet les développementsdes parties supérieures. (voyez les preuves dans le mot FLORE). pour revêtir ses friM^. elle n'est qu'une desconséquences de l'esprit moderne. grêles. parce qu'il estplus sensible que ceux-ci aux agents extérieurs. Eh bien ! lorsque l'architecture française. on ne peut retrancherun de sesorganes souspeinede le voir périr. desscions.De même que lecoip-.à la fin du xiie siècle. occupantle moins d'espace possible. abandonnertous les ornement laissésparles traditions romano-byzantines.- 1Z|9 - [ l'architeclure ogivale prend sa place et conserve sa qualité. nous restons frappésde l'organisation intérieure de ces édifices. à plus forte raison.sans exception. Pendant le règne de Philippe-Auguste on .Et comme*'il semblaitque cet art ne dût pas cesser d'être méthodique jusque danssa parure. par des plans fortement inclinés.pour arriver bientôt à la reproduction des tiges et des feuilles développer-. chaque homme et chaque objet comptent pour ce qu'ils sont. du momentque l'architecture s'était identifiée avecles idéesd'une époque et d'une population. par exemple. nous le voyons.

que le génie provincial perd son originalité pour se fondre dans une seule architecture. forment autant de petites écolesprovinciales qui chaque jour tendent a se rapprocher.ARCHITECTURE RELIGIEUSE. en passanlexclusivemenlentre lesmains descorporationslaïques.vne siècle. MONASTIQUE. encore attachés aux traditions romanes. comme la sainte Chapelle du Palais.mais conservant encore leur physionomie et leur originalité personnelles.comme certainesparties de la calhédralede Paris.alors que lesarchitectes laïquesétaient encore imbus destraditions monastiques. écoledePicardie. Toutefois l'Auvergne {sauf pour la construction de la cathédrale de Clermonl-Ferrand) et la Provencen'adoptèrent jamais l'architecture gothique. qui nous frappent dansles édifices bâtis à la fin du . On bâtissait déjà dansl'Ile-de-France et la Champagne des édifices absolument gothiques. Mais en perdanl deson originalité personnelleou provinciale. Le foyer de l'architecture françaiseestdoncau xniesiècleconcentré dans le domaine royal.écoledu Maine cl de l'Anjou. n'ayantsubi l'influence des monuments du Nord que fort tard et d'une manière incom- plète. l'adoptent résolument : c'est pourquoi on trouve. mais en conservant leur génie propre. écoledeChampagne. CIVILE et MILITAIRE). leur développement suit l'ordre que nous donnons ici. quand l'Anjou et la Normandie.l'architecture n'est plus exécutée avecce soin minutieux danslesdétails. d'autres.avec celle recherchedansle choix desmatériaux. hardis. comme la cathédrale de Reims. les grands établissements publics. danscertains édificesbâtis simultanément à la fin du MI' siècle et pendant les premières annéesdu xm% «les (iill'rn. Ce n'est qu'à la fin du xine siècleque ces distinctions s'effacent complètement.écolede Bourgogne.Si nous mettons de côtéquelques rares édifices. par exemple. nous pourrons . Cesartistes qui marchent dans le même sens. les riches monastères. et ne diffèrent entre elles que par certaines dispositions de détail d'une médiocre importance. les palaissomptueux.'[ ARCHITECTURE ] - 150 - s'aperçoit que l'art de l'architectureprogresse dansla voienouvellesous l'influenced'hommesréunispar une communautéde principes. et celle dernière province (devenuefrançaise seulementà la fin du xve siècle)passa de l'architecture romanedégénérée àl'architecture dela renaissance. c'est là que se bâtissentles immensescathédrales que nous admirons encore aujourd'hui. école de Normandie. Les nus. sedébarrassaient à peinedestraditions romanes.-nres notables dans le systèmede la construction et dans la «lécuralion. pour lesexemples. desessais qui serviront de point de départà desrèglessuivies. lirv 1220ces écoles peuvent être ainsi classées: école de l'Ile-de-France. les chàleaux el les enceinles formidables.plus timides. Cesdivisions ne sont pas tellement tranchées qu'on ne puisse rencontrer des édifices intermédiaires appartenant à la fois à l'une et à l'autre.et n'adoptaient pasle nouveau modede construction et de décoration avec toutessesconséquences rigoureuses(voy. n'appliquent qu'avec réserve la méthode synthétique. qui s'étend successivement sur toute la superficiede la France. ou qui seront abandonnés peu après leur apparition.

c'est une expérience perpétuelle.arrive rapidementà copier exactementlesfeuilles et les fleurs.les blocages faits à la hâte. lorsqu'ils avaient pu amasserles sommessuffisantes. Lesconstructionssont brusquementinterrompues. l'architecte du xnie siècle n'hcsile pasà modifier sesdispositions primitives. à appliquer immédiatement sesnouvelles idées développées sous l'inspiration du principe qui le dirige. La peinture s'avance plus lentementdansla voiede progrèssuiviepar les autres arts.et cesmodifications tiennent toujours à l'application de plus en plus absolue desprincipes sur lesquelsse base l'architecture gothique. appeléeà jouer un grand rôle dans la décoration des édifices.cependant.on sent que l'art se modifieà mesureque la construction s'élève. tous les artisanssont mus par les mêmessentiments.se développentsousla penséedu constructeur qui apprend sonart et le perfectionneà chaque assise.bonsou mauvais. quitte à rompre la symétrie. La statuairesedépouille chaquejour desformes hiératiques desMe et xne siècles pour imiter la nature avec plus de soin. elle est plus attachée aux traditions. les matériaux nécessaires.- 151 - [ ARCHITECTURE ] remarquer quelesmonuments élevés pendant le coursdu xme siècle sont "souventaussinégligésdans leur exécutionquesavamment combinéscomme systèmede construction.elle est . lesjoints sont inégaux. et mieux faire comprendrele geste.sousune direction encore incertaine. qu'ils aient hâte d'acheverleur Suvre. La symétrie.et mûri leurs projets par l'étude. pour ainsi dire. aussi brusquementreprisesavecdeprofondesmodifications danslesprojet primitifs. On ne trouve plus cette sage lenteur des mnitresappartenu!: aux ordres réguliers. et ne cesse de chercher le mieux que lorsque l'Suvre estcomplète ! Cen'est passeulementdans lesdispositions d'ensemble qu'on remarquece progrès rapide. qui ne commençaient un édifice que lor>qu'il> avaient réuni longtempsà l'avance. pour rechercher l'expression.L'ornemaniste. et choisi avec soin. On arrache les pierres desmains des ouvriers avant qu'ils aienteu le tempsde les bien dresser. et à reproduire surla pierrela physionomie et la liberté desvégétaux. qu'ils soient déjà sousl'empire de cette fièvre de rechercheset d'activité qui domine toute la civilisation moderne.quoique rapidement exécutés. Il semble que les architectes laïques ne se préoccupent pas essentiellementdes détails de l'exécution. on néglige lesfondations. sans prendrele tempsde les choisir.ce besoin de l'esprit humain.on estpressé dejouir. de la dernière limite à laquelle puisse atteindre la matière. Aussicombien de monuments de cette époquecommencés avec hésitation. On sent apparaître dans ces bâtisses l'esprit y entreprise : il faut faire beaucoup et promptement avecpeud'argent. et plutôt que de continuer suivant les mêmesdonnéesune Suvre qui lui sembleimparfaite. elle conserveles types conventionnels plus longtempsque sa sSur la sculpture. on élève lesmonuments avec rapiditéen utilisant touslesmatériaux. est-elle même sacrifiée à la recherche incessante du vrai absolu. Môme dansles monuments bâtis rapidement. qui d'abord s'appliqueà donner à sa floreun aspectmonumental et vachercherses modèles danslesgermes desplantes.

sauf les adjonctions postérieures.[ ARCHITECTURE ] - 152 - entraînée par le mouvement général. qui ne leur profite guère. en 1220elle était complètement terminée. Il est dans l'histoire des peuples de ces siècles féconds qui semblent contenir un effort immense de l'intelligence deshommes.s'allieplus franchement à l'architecturepour l'aider dansleseffetsqu'elleveut obtenir (voy. desmonastères. aux surfaces énormes de vitraux. quand on songeà la quantité iiinuinbrable de statues. cela n'est point exact: jamaispeut-être. La nouvelle cathédrale de Parisfut fondée en 1163: en 1196le chSur était achevé.ont été souvent interrompus par des événements politiques ou faute d'argent. Toici donc un immense monument. sont sortis de terre et ont été livrésà leurs garnisons en quelquesannées(voy. les constructions n'ont été élevéesplus rapidement que pendant les xme et xive siècles. avecquelle rapidité elles étaient menéesà fin. Château-Thierry. et les chapellesdu chSur n'étant que desmodifications à l'édifice primitif. les deux pignons de la croisée. pour peu qu'on ait quelque pratique de l'art. dont on disposait alors. deschâteaux d'une architecture assezsimple généralement. artisanset ouvriers.CATHÉDRALE). Pierrefonds. Les grands établissementsmilitaires tels que Coucy. soit de figures.Seulement ces monuments.PEINTURE.si ce n'estde nosjours. et plus tard Vincennes. CHATEAU). De ceque beaucoup de nos grands édificesdu moyenâge ont été commence à la Un du xir siècle. VITRAUX). devaient-ils être élevés dans un espacede temps très-court. qui ne coûterait pasmoins de quatre-vingt-dix millions de notre monnaie. que cesvitraux étaient terminés au fur et à mesure de l'avancement de l'Suvre.CHAPELLE). La sainte Chapellede Paris fut élevéeet complètement achevée en moinsde cinq années(voy. à plus forte raison des monastères.lorsquel'architecturedégénère. les chapelles de la nef. dont il eût pu sepasser(voy.réunis dansun . et terminés pendant les xiv" ou xv% on en conclut qu'on a mis deux ou trois cents ansà les bâtir . et reprennentune certaineindépendance. ARCHITECTURE MILITAIRE. élevé en cinquante ans. et qui devaient satisfaire à des besoins matériels immédiats. pouvaient être construits aussi rapidement. mais lorsque les ressources ne manquaient pas.soit d'ornements.on sera émerveillé de l'activité et du nombre des artistes. Presque toutes nos grandes cathédrales ont été bâties. les constructions sont là qui montrent assez. aux ornements de tout genre qui entraient dans la composition de ces monuments. Si de \asles monuments religieux.dans un nombre d'annéesaussi restreint. de sculptures. ou desseigneurs. deschapitres. entre autres. surtout lorsqu'on sait que toutes ces sculptures.du reste.Les exemplesne nousfont pasfaute pour justifier cetteassertion.les architectes menaient leurs travaux avecune rapidité prodigieuse. Lorsque les dates de fondation et d'achèvement fo'nt défaut. Nousremarquons ici que cesdeuxarts(la sculpture et la peinture) se soumettententièrementà l'architecture lorsque celle-ci arriveà son apogée. Or. bâtis au moyen des ressources particulières des f'\r-i|iies. couverts de riches décorations.

sur lespreuves tiréesdesÉcritures.153 [ ARCHITECTURE ] milieu favorable. cherchent à s'établir sur la raison humaine. Le xme siècle voit naître dans l'ordre intellectuel des hommes tels qu'Albert le Grand. qu'il estimpossible de ne paslesdistinguer. et élevait unchâteau. vers ce point dominant. la plus nombreusede la nation . Non-seulement l'architecture française du xmesiècle adoptedesformesdiverses en raisondesbesoins auxquelselle doit satisfaire. mais encore nous la voyons se plier aux matériaux qu'elle emploie. surl'observation desphénomènesphysiques. suivent dès lors une marche régulière dans un même sens. Nous ne pouvons mieux comparer le développement desarts à cette époquequ'à une cristallisation. le bronze et le plombcouléou repoussé. une maison. travail synthétique dont toutes les parties se réunissent suivant une lui lixe. la théologie. dansce grand siècle.RogerJtacon. La scienceet l'art ne font qu'un dans l'architecture du MU" siècle.dont tous lesefforts tendent à mettre de la méthode dans les connaissancesacquisesde leur temps. la forme n'est que la conséquence(la la loi mathématique. en employantdesformeset des procédés appropriésà chacun de cesédifices. de pierreou de bois qu'elleélève. national. les croyances. Lefer forgé. elle n'était ni théocratique ni féodale. à réunir les débris des scienceset de la philosophie antiques pour les soumettre à l'esprit chrétien. philosophes. C'était un art indépendant. la foi. L'étude et la pratique des arts se coordonnent.pour former un tout homogènedont nulle fraction ne peut être distraite sans détruire l'ensemble. elledonne àchacune deces constructions uneapparence différente. et s'il y avait harmonie entre cesdifférentesbranches de l'art. l'unité dans la production. logique.le i.l'élite desintelligences était orthodoxe. 20 . avecla quantité.. elle prenait sesinspirations dans le seindecette fraction indigène.jcussion. Cette tendance estaussi celle desarts du xni* siècle.Si c'estun édificede brique.Cespériodesde production se sont rencontréespartout à certaines époques.saint Thomasd'Aqum. c'est.et se hasardent avec une hardiesse et une grandeur de vues remarquables dansle champ de la di.cesmots). elles sedéveloppaient cependant dans des conditions tellement différentes. la pénétration singulière de leur esprit.0nne doit point perdre devue que. cellequi convientle mieuxà la naturede la matièredont elle dispose. savants et théologiens.et explique leur parfaite unité. encyclopédistes. Il ne faudrait pas croire cependant que l'architecture religieuse fût la seule. elle était tombéeaux mains des laïques sitôt après les premières tentatives d'émancipation. pour hâter le mouvement intellectuel de leurs contemporains. Albert le Grand et son élève saint Thomas d'Aquin faisaient converger les connaissances étenduesqu'ils avaient pu acquérir.qui sepliait àtous lesbesoins. si elles étaient sorties du même tronc. On ne doit pasoublier que l'architecture françaises'était constituéeau milieu du peupleconquisen facedesesconquérants.harmonieuse. et qu'elle imposât ses formes à l'architecture civile.mais ce qui distingue particulièrement le sièclequi nous occupe. le bois. une cathédrale(voy. loin de là. de môme que dansl'ordre moral.

On s'aperçoit que des règles banales s'établissentet mettent l'art del'architecture à la portéedestalents lesplus vulgaires. commandent desformes propres àchacune deces matières. Tout se prévoit. 11 sembleque le génie desconstructeurs. il séduit leshommesde goût comme les esprits les plus simples.de dimensions différentes.la sculpture se complaît dans l'exécution des infiniment petits. inutilededire combien elle donne de valeur et de charme aux moindres objets. qu'en examinantun moulage ou un dessin. C'est pendant le xive siècle que se développentla connaissance des pousséesdes voûtes. on peut dire.[ ARCHITECTURE ] - 15i - marbre. exagérées. la logique tue la poésie. Les qualités de l'architecture du xin" siècle. lespierresduresou friables.le choix des matériaux plus judicieux. Mais aussil'exécution devient plus égale. Le raisonnement remplace l'imagination. la grande façadelaisseencorevoir quelques restesdestraditions romanes. Le judicieux emploi desmatériaux distinguelesconstructions du xmesiècleentre cellesqui lesont précédées et suivies.La science l'emporte sur l'art et l'absorbe.ce membre d'architecture.par l'apparencede la légèreté et de la finesse. dansson sein. satisfasse son besoinde nouveautéen s'appliquant aux détails.font pénétrer la lumière dans Jesintérieurs par toutesles issues praticables.Lesgrandesdispositions.Onnetrouve plus dèsla lin du xmcsiècle.plus savante. Tous les membres de l'architecture s'amaigrissent. l'art du trait.et le portail sudestd'une architecture qui fait pressentir la décadence (voy. recherchela quintescencede l'art. le principe de sa dissolution. une forme en amène infailliblement une autre. le mode de construction et d'ornementation. ce cachetindividuel qui caractérisechacun desédificestypesdu commencement de ce siècle. et qui favorisela médiocrité aux dépensdu génie.A peiney a-t-il quarante ans entre les constructionsde la façadeoccidentale et du portail méridional de la cathédrale de Paris. devinrent desdéfauts.que lesmoulures sedivisent en unequantitéde membres infinis. et il ne faut rien moins qu'une fausseéducation pour faire perdrele sentiment d'une loi aussinaturelle et aussivraie. etcela d'une façonsi absolue. C'estalorsqu'on voit s'élevercesmonumentsqui. pleine dejeunesseet deforce dans les premièresannéesdu règne de saint Louis. « cet ornement. dela vraiegrandeur.qu'on voit ces flèches découpées s'élancer versle ciel sur despointsd'appui qui ne paraissent paspouvoirlessoutenir. que les pilessecomposent de faisceaux de colonnettes . s'appliquent à telle ou telle matièren. réduisant les pleins à des dimensions aussirestreintes que possible.si Lien caractérisée. commençait à tomber dans l'abus en 1260. tandis qu'elle manque le plussouvent auxartsdesépoques dedécadence . Le sentiment de l'ensemble.cette moulure. Muisil u'e-4pasd'Suvre humaine qui ne contienne en germe.que l'architecture gothique. Cettequalitéessentielle appartientaux arts originauxdesbelles époques. seperd.Et la marche progressiveétait si rapide alors. ARCHITECTURE RELIGIEUSE) . prennent déjà un aspect monotone qui rend l'architecture plus facile à étudier.n'ayant plus rien à trouver.la terrecuite. on veut étonner panla hardiesse.surtout dansl'architecture religieuse.

leur permettent de songeravivre sur leurs domaines non plus en conquérants.appauvrie par les combinai-»!!géométriques de l'architecture.mais leurs droits respectifsmieux réglés. qui ne laisse . La sculptureperd de son importance. et quise pénètrent en reparaissant toujours. en éloignant peu à peu la féodalité de la scène politique.deshospicesdestinésaux habitants du bourg ou village. L'architecture suit l'impulsion donnée pendantlesxine et xi\c siècles. curvilignesconcaves. deséglises. des remparts. Les seigneursféodaux donnent à leurs châteaux un aspect moins sévère. elle devient confuseà force de vouloir être délicate. que la nation.en perdant de vue peu à peu son point dedépart. fatiguentl'Sil.la souveraineté bien établiedu pouvoir royal. sauf Saint-Ouen de Rouen.forcentl'esprità un travail perpétuel. Les villes élèvent des maisons communes. des marchés. d'élever des forteresses destinées à les protéger contre la force ou à garder le produit deleursrapines. viennent se grouper autour du château seigneurial. Les malheurs qui désolèrent la France à la fin du xive -siècleet au commencementdu xve ralentirent singulièrement l'essor donné aux constructions religieusesou civiles. où déjàles habitudes de luxe apparaissent. il ne s'agit plus pour eux seulementde se défendre contre de puissantsvoisins. Mais c'est pendant ce siècle que la vie civile prend un plus grand développement. celles-ci vouslaissent froid devant tant d'efforts. on élève desportiques. elle semble ne plus trouver saplace.que tout membre de l'architecture qui se produit à la base de l'édifice pénètre à travers tous les obstacles. appuyéesur le pouvoir royal.montant verticalement jusqu'au sommet sans interruption. avecarêtessaillantes. préoccupent plus qu'elles necharment.on trouve peu d'églises commencéeset terminées pendant le cours du xive siècle.enrichie. Nos grandes églises étaient presquetoutes achevées à la fin du xme siècle.la bourgeoisie.et à causedu calcul qui présideà toutes les parties del'architecture. en protecteursdesvassaux réunis autourdeleurschàteaux. de grandessalles pour donner desfêtesou réunir un grand concours de monde. on ouvrede largesfenêtres destinées à donner de l'air et de la lumière dans lesappartements. Ces piles.- 155 - [ AncuiTECTrnr: ) aussinombreusesque les moulures desarcs qu'elles doivent porter. desbâtiments pour les étrangers. et. danslesquels on rencontre plus de raisonnement que d'inspiration. Il ne restait plus aux architectes de cette époque qu'à compléternosvastescathédralesou leurs dépendances. on disposeen dehors des enceintes intérieures. la profusion des détails étouffe les dispositions d'ensemble: le raisonnementest poussé si loin dans les combinaisonsde la construction et dansle tracé. bâtit desmaisonsplusvastes. mais en possesseurs de biens qu'il faut gouverner. Malgré l'excessive recherchedes combinaisons. commence à jouer un rôle important. qui affectent desformes prismatiques. quelquefois môme despromenoirs. Dèslors on décorecesdemeuresnaguèresi sombreset si bien closes.cesmoulures. 11 faut dire d'ailleurs que le xmesiècleavait laissépeu de choseà faire au xive en fait d'architecture religieuse. plus commodes.

L'application systématiquedans l'ensemble commedansles détails de la ligne verticale. donnant par leur section desformes prismatiques aiguës. Au xi Ve siècledéjà. ne peuvent plus être solidement maintenuesqu'à l'aide d'artificesd'appareil ou de nombreuxferrements. en suivant encore la méthode appliquée dèsle xme siècle. présentantdes combinaisons decourbes et de contre-courbes qui ne sont passuflisammcnt motivéespar la construction. ne sait où s'arrêter. Au xve siècle. en complet désaccordavecla souplesseexagéréede la sculpture. choque le bon sens. de compartiments découpés. forcéde suivreceslongueslignes verticales. elle aide à comprendre l'adoption de telle ou telle forme : on ne pourrait la déplacer. en diminuant les pleins dans leurs édilices. au lieu de gêner. et que la pierre conservetoujours sonrôle. (Voy. l'ornementation n'est plus qu'un appendicequi peut être supprimé sansnuire à l'ensemble. APPAREIL. les claires-voiesdes baies. En imitant la flore.si bienque l'Sil. les feuillages. mais il faut dire que les compartiments de pierre découpéequi forment comme les clôtures ou les châssis de leurs baiessontcombinés suivantles règlesde la statique. MENEAU.en supprimant les murs et les remplaçant peu à peu par des à-jour. c'est sa parfaite harmonie avec !'"> lignes de l'architecture. avaient bien été obligés de garnir cesvides par des claires-voies de pierre (voy. part les nusdesconstructions. ROSE) . il semblequeles arlislr. cependantles dispositions premières sont conservées. de géométrique. qu'onne comprend plusleurcontexture et leur appareil. cesclaires-voiesdeviennent trop grêleset ne peuvent plus se maintenir qu'à l'aide d'armaturesdefer. qui peut étonner parla difficulté de l'exécution. Au xvesiècle. Non contentsde garnirlesbaies pardes châssis depierretracés sur desépures compliquées.Lesligneshorizontales sont bannies. en dépit de l'horizontalité desconstructions de pierre. . de rigoureux. lesfleurs. ajourées comme de la dentelle. Cette recherchepuérile dans l'imitation exacte desobjets naturels ne peut s'allier avecles formes rigides de l'architecture. qui deviennent une des premières causesde destruction de la pierre.La sculptureprend une plus grande importance. TRAIT.) Les architectes du xme siècle. d'autant moins qu'au xvesiècle.et ne comprend paspourquoi l'édilice ne s'élèvepastoujours pour seperdre dansles nuages. elle tient à la pierre.netiennentplus à la construction. elle exagèrele modelé. elle pousse celte imitation à l'excès.1 pas Lessurfacessont tellement divisées par une quantité innombrable de nerfssaillants.aient pris à tâche de faire croire à dessuperpositions pétrifiées: il en résulte une sorte de fouillis qui peut paraître surprenant.au contraire.cesformesont quelquechosed'aigu.de même que l'on enlèverait une décoration de feuillage appliquée à un monument pour une fête. même lorsque le raisonnementne vient pas vous rendre compte de cet eflet.Cequ'il y a d'admirable dansl'ornementation appliquée à l'architecture du XIIIesiècle. qu'on n'aperçoitplusnulle de place à cette admiration calme quedoitcauser touteSuvred'art. mai* qui distrait et fait perdre de vue l'ensembledesédifices.

maisils n'ont eu recours alorsqu'àdesartistes français. Jusqu'àla renaissance aucunélément n'estvenuen France retarder ou modifier la marche de l'architecture . cesdécorationsde faussesbaiescouvrent lescontre-forts et toutes les parties de l'architecture qui doivent présenter un aspect de résistance. Onne sefait pasfaute enNormandie ou danslesprovinces del'Ouest d'attribuercertains édifices auxAnglais. obtenuespar des moyens factices. plus ces défauts sont apparents dans l'architecture du xvesiècle. petits d'échelle.11 semblait qu'alors lesarchitecteseussent horreur du plein. qui ne sont que des remplissages. L'architecture necesse deresterfrançaise.demanderaitun plein. mais au moins.\[\'eet xvesiècles. à cette époque. et qui amaigrissentles parties desédifices auxquelles on. et ne portant rien.tandis qu'au xvesiècle. mais à partir du . plus les constructeurs s'écartent des principesposés pendantlesxiue et xiv" siècles. cet usagede masquerles nus sousde faux meneauxavait été l'or! goûté. ARCHITECTURE RELIGIEUSE).attache une idée de force. selivrent aux combinaisons extravagantes. Plus on s'éloigne du domaine royal. Nous devons ici faire une remarqued'une importancemajeure. Pendantle xive siècle déjà.froids. ce genre de décoration était appliqué d'une façonjudicieuse (voy.politiquementparlant.Queceux-ci aient fait construire desmonuments. nous vou- lonsbienl'admettre. nesachantoù sereposer. dans des espaces qui parleur position peuvent paraître légers. et donnent à leur architecture des forme* étrangères à la nature des matériaux.\ivesiècle. C'estsur lesmonumentsde cetteépoque qu'on a voulu longtempsjuger l'architecture dite gothique. Tous leurs efforts tendaient à les dissimuler. accrochant. elle s'estnourrie .lesdeuxarts anglais et français ne diffèrentguère quedanslesdétails ou dans certaines dispositions générales desplans. et lefait estfacileàconstater pourqui a vu lesarchitectures desdeux pays: lesdissemblances sont frappantes commeprincipe. sanstenir compte des chefs-d'Suvre du siècle d'Auguste. pendant que souventles murs. et ne pussentse résoudreù laisserparaître leurs points d'appui.les architectes c!u \\* 15? - [ ARCHITECTURE ] les nus des murs de meneaux siècle couvrent aveuglesqui ne sont que des placagessimulant desvideslà où souvent l'Sil. couvertsde détails infinis. entre descontre-fort.nous ne connaissonspas un seul édifice qui rappelle danslescontrées conquises les constructions qu'on élevaitalorsen Angle-terre. auraient pu être mis à jour ou décorés d'atcatures ou de fausses baies.C'està peu près comme si l'on voulait porter un jugement sur l'architecture romaine à Baalbek ou à Pola. quela dominationanglaise ail pu paraître.incrustant une ornementation qui n'est plus à l'échelle des édifices. Pendant le xmesiècle. prodiguant le fer et les scellements.Bien. entre les points d'appui.commedécorationetcomme moyens d'exécution. restent nus.trèsassurée dansle nord et dans l'ouest de la France pendant une partie des . Rienn'estplus choquant que cesmurs lisses. prétendent faire des tours de force de pierre.cesdeux architecturesprennent desvoies différentes qui s'éloignent de plus en plusl'unedel'autre.

tout ce qu'on en pouvait faire.qui ne seborna pasà cette Suvre seule. chaqueperfectionnementnouveauconduisentrapidement à l'apogée. despalais Brunelleschi était un homme de génie.. non pour en connaître seulement les formes extérieures. Quand CharlesVIII revint de ses folles campagnes. Dèsle xiV siècle.lesmonuments n'eussentpu exister que sur les épures ou dans le cerveau des constructeurs. Chaque tentative. poussant Jalogiqueau point la méthode à force de vouloir conséquences. et la matière sedéclarait rebelle. » C'estune chaînenon interrompue d'inductions. il n'était plus possibled'aller au delà : la matière était soumise. du bois. Tous les exemples du Dictionnaire font voir comme on arrive par une pente insensibledu xne siècle au xve fatalement. le raisonnement. la science n'en tenait plus compte. A la fin du xv" siècle. et peut être considérécommele père de l'architecture de la renaissance en Italie . Par le fait. qu'en suivant sa marche naturelle : c'est ainsi que la plupart d'entre nousont été amenésà l'étude desorigines de cet art. s'il sut connaîtreet appliquer lesmodèlesque lui offrait l'antiquité.l'Italie. qui n'avait que subi partiellement les influencesdes arts de l'Orient ou du Nord. l'extrême habileté manuelle desexécutants ne pouvait être matériellement dépassée . dont on ne peut briser un seulanneau. desrichesses antiqueset modernes querenfermaient les- . Et nous dirons qu'il serait peut-êtreplus facile d'étudier l'architecture gothiqueen la prenant à >a décadence. élevaitla grandecoupole de l'église Sainte-Marie des Fleurs. et après mille difficultés suscitées par la routine et l'envie. leséglises du Saint-Esprit. cesmerveilles nouvelles qui couvraient le sol de l'Italie faisaient grand bruit en France. L'Italie.car ils ont tous été rivés en vertu du principe qui avait fermé le premier. Un pasde plus. après avoir étudié les monuments antiques de Rome. mais plus encore pour se pénétrer desprocédésemployéspar lesconstructeurs romains.égalépeut-êtrepar le Bramante.desabbayes. avaientfuit de la pierre. qui se distingue au milieu de tant d'artistes illustres. desconséquences aux principes. c'est en le prenant à son déclin. par un goût pur. il construisit descitadelles. sansqu'il soit possible d'oserdire : « C'estlà qu'il faut s'arrêter.abusantdesprincipes.chaqueeffort. une manière simple et une grande sobriété dans les moyens d'exécution. revenait dans sa patrie au commencement du xv' siècle. ses contemporains. relevait les arts romains. qui conserve tout.aussirapidement à la décadence. Philippe Brunelleschi. il donna cependantà ses Suvres un grand caractèred'originalité rarement dépassé par sessuccesseurs. l'architecture gothiqueavait dit à la fin du xvesièclesondernier mot.il ramena avec lui une cour étonnée des splendeurs d'outre-monts. en remontant successivement deseffetsaux causes. de Saint-Laurent à Florence.[ ARCHITECTURE ] de torturer - 158 la suivre et en tirer toutes les de sonproprefonds. du plomb. du fer. jusqu'à franchir leslimites du bon sens. né en 1377 à Florence. en remontant le courant. qui n'avait jamais franchement abandonné les traditions antiques. car. nous a transmisjusqu'aux moindresdétailsdelà vie dece grand architecte. l'esprit.

fort bien venus à la cour. fontaines de marbre. on la vit bientôt mêler à sesdécorationsdesréminiscences desarts italiens. s'emparade ces nouveaux éléments.un chapiteau. ces ornements cm- . la cour. Aussi cestentativesd'introduction desarts italiens en France à la fin du xve siècle n'eurent-ellesqu'un médiocre résullal. épuisée.possédaienttoutes les brandies desarts et n'étaient pas disposés à se laisserdominer par desétrangers. du jour au lendemain. mettait une arabesque. pleins de leur savoir. maladroits par système. ne pouvant se faire jour dans leur pairie. n'hésitent pasà risquer fortune ailleurs.à bout de moyenspour produire deseffetssurprenants. ne pouvant être initiée à toutes les difttcultés matérielles du métier. les hommesqui avaient pu serésoudreà quitter l'Italie pour suivre CharlesVIH en France n'étaient pas la crème desartistes italiens.ayant une parfaite connaissance dessectionsde plans lespluscompliquées. disons-nous.ils se trouvaient le lendemain. Il estclair que pourtoutepersonne étrangèreà la pratiquedel'architecture. On ne rêva plus dès lors que palais. un mascaronimité sur les imitations de l'antiquité à la place de ses feuillages.Commeil arrive toujoursd'ailleurs.jardins ornés de statues.opposant à la facondeitalienne une sorte d'inertie décourageante.. malgré tout son bon vouloir ou toute sa puissance. ne trouvant que desouvriers qui ne lescomprenaientpasou ne voulaient paslescomprendre. La cour. L'architecture gothique. Attirés par les belle? promesses desgrands. Les artistes (lorentinsou milanaisqu'avait pu amener CharlesVIII aveclui étaient singulièrement dépaysés au milieu de cette France encore toute gothique. charpentiers.159 [ ARCHITECTURE ] villes traversées par ces conquérants d'un jour. leur influence ne pouvaitavoir une action directe sur descorporations degensde métiers babituésà reproduire les formes traditionnelles de leur pays. rompus à toutes les difficultés du tracégéométrique. si étendues alors.maisbien plutôt ces médiocrités qui. rusés.desconstructeursfrançais.en jetant quelques malheureux artistes italiens imbus desnouvellesformesadoptées pur l'Italie (maisprobablement très-pauvrestraceursou appareilleurs) au milieu de cestailleurs de pierre.ne répondant aux ordresque par ce hochement de télé gaulois qui fait présagerdesdifficultéssansnombre là où il aurait fallu trouver un terrain aplani. Maison ne change pas un art. cetterobenouvelle. mais fort mal vus par la classemoyenne. maiselle conservait sa conslrulion.railleurs.La plupart de ces artistes intrus se dégoûtaientbientôt. quand il fallait en venir à l'exécution. indociles. de ses choux et de ses chardons gothiques. portiques et colonnes. devenus puissants.de ses corbeilles. Cescorps de métiers. entraînée par la mode nouvelle.ne pouvait faire que ses protégésétrangers ne fussent bientôt pris pour des ignorants ou desimpertinents. un fleuron. Les arts de l'Italie devinrent la passion du moment.et sejouant chaquejour aveccesdifficultés . n'ayant pas la moindre idée desconnaissances pratiques. ses disposi- tionsd'ensemble et de détail. son procédé de tracé. non plus qu'une langue. en face de gensde métier habiles. L'architecture indigène prenait bien par-ci par-là quelquesbribes à la renaissance italienne.

les évêques étaient possesseursde pouvoirs féodaux plus ou moins étendus. pleine dedédain dela partdes pontifes romains. cependant.de comtesqui ne relevaient que de l'empereur. Lorsqu'en 1517. après avoir défriché les terres incultes. Alors. La portion séculière de cette noblesse souveraine n'ac- quittait qu'avecrépugnanceles subsides dusau saint-siège. les classes lettrées. à leursyeux.Les grandsétablissements religieux. mais quant à la structure.assainiles marais. comme chezlespauvresgens. En Allemagne et en France. Cepauvre moine était Martin Lu- ther. En Germanie. Luther triomphait.elle avait sans cessebesoin d'argent. les Valois. choseétrange.[ ARCniTECTURE ] - 160 - pruntéssemblaient passer.fit publieren Allemagne lesindulgencesqui étaient destinées à remplir le trésorvide de Saint-Pierre. Ce n'est point ainsi que se développaen France le mouvement d'art que l'on appelle la renaissance. qui d'abord ne comprennentpasl'étendue du péril. nous avons vu comme ils naissent en dehors des classes privilégiées en même temps que les premièresinstilulnni> politiques conquisespar les populations urbaines. trouver un puissantappui dans la réformaliiiii. comme toute modenouvelle.deses tendances. trouvaient enfin un reposqu'on allait bientôt leur faire payer cher.pourun art neuf. composéed'érudits.entourée d'une auréole d'artistes. immédiatement la lutte s'engage avecle saint-siège.propagéet conservél'étude des lettres antiques et chrétiennes.demarquis. éblouie par les splendeursnouvelles dont se revêtait l'art italien. revenaient avec ardeur à l'élude des lettres antiques. pour subvenir aux dé- penses prodigieuses de la cour deRome.uneassez vive opposition.ms.qui sesentaitsoutenupar toute la noblesse d'Allemagne.aprèslesguerresd'Italie de CharlesYIII et de Louis XII.les Frères prêcheurs trouvèrent danslesclasses élevées.la sécularisation . la cour de Rome. le pouvoir souverain était divisé entre un grand nombre d'électeurs ecclésiastiques et laïques. de son génieparticulier. non-seulementquant à la composition.Léon X. Provoqué dèsla secondemoitié du xvesiècle par la noblesse et notamment par les ducs d'Ûrlé. établi des usines. obligéeà une représentationqui n'était pasen rapport avecsesrevenus. luttepleinedepassion de la part du moinesaxon. ils sontcomme le refletdesonesprit. aprèsavoir longtempsrendu d'immenses services à la civilisation.tout comme les seigneursséculiers. allaient em- brasserla réformation faite contre le pouvoir pontifical. à la manière d'interpréter les programmes. il allait. à l'instar de l'Italie. La noblessefrançaise. nllcii nu refuge à tous lesmaux physiqueset moraux de l'humanité.attirail [esregardsde l'Europe entière. Ces indulgences payées argentcomptant faisaient sortir du paysdesressources auxquelles lesgrands comme Ir-petits trouvaientchezeux un emploiplusutile. desavants. de ducs. devenant irrésis- tible.lutté contre l'esprit désordonnéde la féodalité séculière. Lesartsqui sedéveloppent à la fin du xne sièclesontsortisdu seinde la nationgallo-romaine. qui.Le fondcependant demeurait. Bientôt l'Allemagne fut en feu. de poètes. C'est alorsqu'unpauvre moine auguslinattaqueles indulgences dansla chaireà Wittemberg.

les Mélanchthoniens.de la paille d'avoine. ils seront cent fois plus méchants '. en fait de sentiment de pitié (lui qui était la cause première de cesdésastres). Voilà comment débute le .jusque dans les oratoires privés.Ne « veulent-ils pas céder. On voit un Munzer. un bat et « le fouet.ou plutôt la destruction desétablissements religieux. les Z\vingliens.et pensait-il pouvoirla diriger dansle sensde sa politique.familière. préoccupé de plus vastes projets.sesprédicationssemées d'injuresramassées dansles tavernes. et ne veulentmême « rien donner )jour l'entretien desécoles ! » Cependant la France. sinon point de pitié : si l'on ne fait siffler l'arque« buse. c'est le sagequi l'a dit. ses doctrinestoutefois. les riches manuscrits couverts de peinture sont brûlés.les Illyriens. la réforme servait-elle une partie de cesprojets. et à laquelle Charles-Quint. Peut-être même.commençait à ressentirle contre-coupde cette révolution qui s'opérait en Allemagne. que déjà aulour de lui ses propres disciples le débordent et divisent la réforme en sectesinnombrables: on voit naître les Bucénens. disait Mélanchthon. sous les coupsde cette noblessequi protégeait la réforme. un de ses disciples.La sécularisationdescouvents eut lieu. le peuplen'était qu'un instrument.\vie siècle en Allemagne. sa parole brutale. « les électeurs gardent tout. qui épuisait tout le vocabulaire desinjures contre la papauté. le bâton et le mousquet. et ne trouver chez Luther. que ces parolescruelles : « A l'âne. car Luther.brise presquesoussesyeux les statueset lesvitraux de l'église de Tous-Ies-Saintsde Wiltemberg. les Anabaptistes. aux paysans. Prions « pour qu'ils obéissent. et lesvasessacrés. Il n'y avait pas trois annéesque Luther avait commencéla guerrecontre le pouvoir de la cour de Rome. ne tarda pasà se mêler de la partie. et l'arrêter à son temps. le marteaude ces nouveaux inconoclastesva frapper les figures des saints jusque dans les maisons. périr avec eux à Frankenbausen. les OEcolampadiens. anabaptiste.les évêques et les moines. en affaiblissantle pouvoir du saint-siège. et la noblesseséculière profitait seule de la réformepar la sécularisation. «Trésors d'églises et de couvents».soulever les paysansde la Souabeet de la Thuringe. » Luther voulait que l'on conservât les images.les Carlstadiens. disciplefidèlede Luther. curé d'Alstsedt. Le peuple. L'Allemagne se couvre de ruines. n'eussent pasagi sur l'esprit des classes éclairées de notre pays . du chardon.enleverles châsses d'or et d'argent. n'opposait qu'une résistanceindécise. Par le fait.- 161 - ( ARCUlTECTUItE ] descouventsétait un appât pour la cupidité de tous cesprinces séculiers qui pouvaient alors mettre la main sur les biens desabbayes. ménageait avecle plus grand soin ces princes. . sous le règne de François Ier. c'est de droit.qui d'un mot eussentpu étouffer saparole.Luther ne pouvait cependantexerceren France la même influence qu'enAllemagne. Carlstadt.condamnées par 1 Lettre de Luther à Rubel. ainsi qu'il arrive lorsque l'équilibre politique est rompu.

n'eussent peut-être pas dépassé lesmursde "WiUemberg. etaprès avoirréfutélesdoctrines deLuther. ne pouvant obtenirdu pape la rupturede son mariage avecCatherine s'empare deleurs revenus etde leurs trésors. Henri VIII. des nobles lettrés. chacun devient docteur. la face cadavéreuse.Lesarts devaient ressentir profondément les effets de cette crise sociale autant quereligieuse. interprète à sa guise les mystères de lareligion' potisme. De pareils exemples étaient d'Aragon. qui avait fait naître nos grands artistes desxue et xmesiècles. Luther.prudente. Voilà les deuxhommes qui allaient modifier profondément unegrande partie del'Europe catholique. roi théologien.le visageempourpré. aux cris de la réforme.les disciples de saintIgnacedeLoyola s'appuientsur le principede l'obéis- sance absolue. discute les Écritures. d'innovation hardie. poussait la noblesse allemande au massacre de milliers de paysans fanatisés par un fou. le moine saxon. natureopiniâtre. desartistes jaloux de la protection donnée aux Italienset qui croyaient avoirtout à gagner en secouant lejoug deHome.sans elle. lorsque parut Calvin. L'imprimerie donne tout à coup une extension immense à des luttes Grâce à cemoyen derépandre les idées nouvelles d'unboutdel'Europe à l'autre parmitoutes lesclasses dela société. Calvin était né en 1509.Il ne nousappartient pasde nousétonnerde ces.il ne reculerajamais.le gesteet la voix terribles. prétendant affranchir les âmesde la domination exercée par Rome. confisque à sonprofit le pouvoir spirituel del'Angleterre.auquel ils livraient les richesses amassées depuisdessiècles par l'Église. et toutce grandmouvement aboutit parfoisà la confusiondu spirituel et du temporel sousun mêmedes- qui.il netomberapaschaque jour dans lesplusétranges contradictions comme son prédécesseur de Wiltemberg. Calvin. et déjà. épouse Anne deBoulen. l'apparence maladive : il ménagera la formedansses discours commedansses écrits. et .[ ARCHITECTURE J - 162 - la Sorbonne.la démarche austère. dénoncera Servet et le fera brûler vif. Ainsi s'éleintau sein même du catholicisme ce germe vivifiantde discussion. il adopte brusquement lesprincipes du réformateur. de controverse. ne sachantcomment maîtriser la tempêtequ'il avait déchaînée contrela société. Calvinpoursuivra. avaient rallié quelques adeptes: on a toujours aimé la nouveauté chez nous. parcequ'il "se seraattaqué à savanité deréformateur. d'examen.La modeétaità la réforme. et qui. Luther. comprend lepremier l'importance politique de la réforme.à Noyon.commençaient par s'appuyersur le bras séculier. nous qui avons vu s'accomplir une révolutionen un jour. les diatribes de Luther contre le papeet lesprinces del'Église avaient séduit des docteurs. avait la parole insolente. lesmonastères.mais marchant pasà pas.entraînements despeuples. en même temps qu'il supprime lesabbayes. Lecatholicisme crut pouvoir soutenir la guerre enopposant à l'esprit d'examenet au libre arbitre une milice réunie sous une disciplinesévère.Commecontre-poidsau principe de la réforme. théologien diplomate. chacun veut former une Église. des écoliers en théologie.

soumettant les ouvriers à l'unité de direction. L'Italie. était un appâtqui ne pouvaitmanquerd'entraîner la féodalité séculièreversla réforme.voyaient bien quellestempêtess'amoncelaient derrière ces discussions de salons. à protéger les idées nouvelles. il faut le dire. l'étude du droit. l'instar de celles de Bologne. ne fût-ce que par la présence en France de ceshommes amenés par Charles VIIl et auxquels on voulaitconfierla directiondestravaux. avait appris à nos artistes. ces sérieuses et graves méditations des docteurs des xn" et xin6 siècles. attiraient l'attention.Romesurtout. Sansserangeravecenthousiasme sousla bannière deLutherou sous celle de Calvin.avait fait sortir la sociétéde la barbarie. encore une fois. fort avancéealors. Nousavonsdit un mot du peu de succèsdestentatives de CharlesYIII pour faire prévaloir en Franceles arts de la renaissance italienne. en France. à Lefebvre d'Élaples. on était. François l" fondait en France des "chairesde droit romain à.et par la volontéde la cour et desgrands . ces luttes contre le pouvoir. donnait asileà Calvin. La duchesse d'Étampes avaità cSur d'amener le roi François à écouter les réformistes.et s'élevaient fort contre la confession. si fort alor«. mais àdesartistes isolés. puis. avaient fait leur temps. avaient composé une messeà sept points. dans sapetitecour deNérac. c'était l'esprit d'examen. On disputait. à desarchitectes. quecesmerveilles tant admirées au delàdesAlpes étaient duesnonpoint àdescorpsde mélrersagissant séparément. comme tou- jours.- 163 - [ ARCHITECTURE J bien faits pour séduire la noblessecatholique : se soustraire aux enva- hissements du pouvoir religieux. la curiosité était excitée. comme «es efforts n'avaient pu entamer l'esprit traditionnel des corporations d'artisans. il dotait un collègetrilingue. La Sorbonnese fâchait. Les anciennesétudes théologiques. Les esprits sains(et ils sont toujours en minorité) s'attristaient.Ons'éprenait exclusivementdeslettres antiques. quelquefois sculpteurs et peintres en même temps. On voit surgir sous le règne de François1erdes hommes. l'agitation était dansla société. le sentiment du droit naturel. venait protester contre l'organisation féodale. à l'imitation desmaîtres italiens. Florence. chaque jour élevait un nouveau prédicateurcherchant à acquérir du renom en énonçantquelque curieuseextravagance. C'était "unmouvement irrésistible comme celui qui. qui tous les deux étaient mal avec la Sorbonne. Les grandesdames se moquaient de la messecatholique.AKCDITECTE) commeà la fin du xvesiècle la puissance de cescorporations avait absorbél'unité de direction. la mode s'en mêlait en France. qui. la société réclamait autre chose.en France.s'emparerdesbiens temporelsecclésiastiques. de la papauté. nousavons vu (voy. on la laissaitdire.disposédans la classeéclairée. au xuesiècle.et commentl'architecte avait peu à peu disparu sous l'influence séparéede "chaque corpsd'état agissant directement. Marguerite de Navarre.dont Érasmeeût étéle directeursi Charles-Quint ne nousl'eût enlevé. c'était la sociétécivile qui se constituait. mais cette fois ce n'était plus la théologie qui allait diriger ce mouvement. Mais.sansen prévoir les conséquences.

ennemie desarts plastiques.(DomFélibien. p. elle ne brise pasles images. ne voyaient pasque le peupleapplaudissait à leur amour pour lesarts qui détruisait leurs nids féodaux. L'étude des lettres et desarts.Histoirede la ville de Paris. Et parmi ces artistes. n'était pas épargnée.. démolissanteux-mêmesleurs forteresses. comme en Allemagne. le protecteur éclairé des artistes.ann. Les seigneurs féodaux. auquel n'avons accoustumé faire résidence. plusinstruitequ'elle ne l'avait jamais été. u fort vagueet <(ruyneux. adoptant les nouveautés prèchées par les réformistes. qui jusqu'alors avaient été exclusive1 Aliénationde l'hostelSaint-Paul. de laquelle relevaient tous les fiefs de France. qui ont appris de l'Italie à relever leur profession. suivait le mouvement imprimé par le roi François Ier. subissant l'empire de \a.de statues de marbre. elle-même. La grosse tour du Louvre. Elle démantelait lesvieux manoirs féodaux pour éleverdes habitations ouvertes.J . déployait un luxe inconnu jusqu'alors dans la construction de ses châteaux et de ses mai- sonsde ville. Pièce* justifie.on la rasait pour commencer les élégantesconstructionsde Pierre Lescot. La royauté donnait l'exemple en détruisant ce vieux Louvre de Philippe-Auguste et de CharlesY.que la royauté les laissait faire.[ ARCHITECTURE ] - IGi - seigneurs. et qu'à un jour donné rois et peuple. parce que « avons en nostre bonne ville plusieurs autres bons logis et places « somptueuses.. où jusqu'alors tout était presque entièrement sacrifié aux dispositions de défense . beaucoup embrassent le parti de la réforme qui met Romeau ban de l'Europe ! qui désigneLéon X. et que ledit hostel nous est et à noslredit domaine de peu « de valeur1.décoréesde portiques.ne brûle paslestableaux et les manuscrits enrichis de peintures: au contraire. viendraient leur arracher les derniersvestiges de leur puissance. viennentà leur tour imposerleurs projetsaux corps d'artisans. profitant de cet entraînement. 574. ne les suivait pas dans leurs idées de réforme religieuse. L'aristocratie.. adonnéeavecpassionà l'étude de l'antiquité. et dansces contréesoù déjà au xne siècleles Albigeois avaient élevé une hérésie enfacedel'Églisecatholique.plaisantes. 1516. de sculptures. tome III. on ne la voit faire desprosélytesau milieu des classesinférieures que dans quelques provinces de l'Ouest. et le roi François accomplissaitainsi au moyen desarts.et les faire exécutersansadmettre leur intervention autrement que comme ouvriers. la grande révolution politique commencéepar Louis XI. lettrée. » L'architecture civile envahissait l'architecture féodale.. prodiguant leurs trésors pour changer leurs châteaux sombreset fermés en maisons de plaisance.qui s'inspirent de son génie et des arts antiques si bien renouvelés par elle. comme l'Antéchrist ! Maisil faut dire qu'en France la réforme ne semontre pasà son début.. presqueexclusivementadoptéepar la classenoble et par la portion la plus élevéedu tiers état.moc/e. François ltr vendait son hôtel Saint-Paul. en entraînant sa noblessedans cette nouvelle voie.

et la réforme diminuait le nombredesfidèles. Thierry. -Recueil desanc. aux besoins du culte. on jetait des ponts sur les rivières. leur influence morale se perdait. XI et XII. on perçait de nouvelles routes.Rome et tout le clergé catholique n'avaient pas. L'espritoriginal. commençait à être étudiéeet pratiquée par quelques grands propriétaires appartenantau tiers état. et la royautéseules'établit puissantesur ces ruines. chez nous. 1853. elle fut débordée par cetteprodigieuseactivité intellectuelle du xvie siècle. Une réforme était devenue nécessaire dans son sein. par les nouvelles tendancespolitiques des populations d'Allemagne et de France.Malgré le désordreadministratif. attirant à lui toutes les sources. par M.qui secroyait définitivement affermie sur sa basedivine. les sciences et les arts prenaient un développement immense : il semblait que la France eût des trésors inconnus qui comblaient toutes les brèches faites à son crédit par des revers cruels et des dilapidations scandaleuses.\vie siècle.et la féodalitéfut à sontour emportée par la tempêtequ'elle avait soulevée contrel'Église. L'agriculture.- 165 - l ABCHlTEtTCKE ] ment cultivés par le clergé et le tiers état. p. lois franc. fécon- dant. Isambert. le commerce. comme toujours.lesquelles suffisaient. de VillcrsCotterets. pénétrait dans la classe aristocratique. la féodalité.dès le commencement du xvie siècle. Lesvilles crevaient leurs vieillesenceintesde tous côtéspour s'étendre.varié dans son cours. par M. Les arts.Des abbayes étaient sécularisées. t. elle allait au concile de Trente tenter d'arrêter les progrèsde la réformation. La France était remplie d'églisesélevéespendant les trois derniers siècles. tantôt resserré. n'avait pasmesuré d'abord toute l'étendue du dangerqui la menaçait. désolèrent la seconde moitié du . . Ce grand mouvement effaçait peuà peu l'éclat jeté par les monastères dansles sièclesprécédents. Louis XIV clôt la renaissance. lesfauteset les malheurs qui signalent le commencementdu xvi" siècle en France. le pays était en voie de prospérité. A. Jusqu'à Louis XIV c'est un Heuverapide. édit. roulant dans un lit tantôt large. et au delà. intéressantà suivre dans ses 1 Essai sur F/tùtoire du tien état. I. furent associésà ces grands mouvements politiques. individuel des peupless'épuisadansces luttes terriblesqui. août 1539. elle devint « l'objet de dispositions législativesdont quelques« unes sont encore en vigueur ' ». l'industrie. el jetait ainsi un nouvel élément de fusion entre les différentes classes du pays. natif. elle fut trahiepar son ancienneennemie. on reconstruisait sur desplans plus vastesles hôtels de ville.leshospices. et beaucoup d'entre elles tombaient en desmains laïques. L'Église. les marchés. L'État établissait une police sur les eaux et forêts. compris toute l'importance des doc- trinesprêchées par lesnovateurs. sur l'exploitation des mines. qui jusqu'alors avait été un desplus puissants moyens d'influenceemployéspar les établissements religieux.. édit. et l'Église l'avait elle-même solennellementreconnu au concile de Latran. Furne.t. 110. mais il était trop tard.

. de refuge. les sociétésqui se constituent ont besoin de se rapprocher d'un pouvoir surhumain pour sanctionner leurs délibérations. Ce sentiment.La tribune de la basiliqueantique n'était pasassez vastepour contenirle clergénombreuxréuni dans les. ARCHITECTURE RELIGIEUSE). aussi les monuments de l'antiquité. ARCHITECTURE RELIGIEUSE. c'est sous son ombre que se tiennent les grandes assembléesreligieusesou civiles : car.sa tribune.son portique antérieur. s'arrêtecourt. Quant à l'architecture militaire. conservant et repoussant tour à tour ses traditions. et les eaux s'échappent de toutes paris en désordrepar cent issues. là où ils étaient encore debout. murs . le peuple reste en dehors de ses. L'architecture civile prend un nouvel essorpendant toute la durée du xvie siècleet produit seule des Suvres vraiment originales (voy. Il est même probable que les dispositionsde l'édifice romain eurent une certaine influence sur les usages adoptéspar les premiers chrétiens.le monument religieux répond au besoin moral le plus puissant. et fatigue le regard parla monotonie de sesaspects. Avecla renaissance s'arrêtent les développements del'architecture religieuse en France. Elle se traîne pendant le xvie siècle indécise.La basilique antique avec ses larges dimensions. qu'on retrouve chez tous les peuples. Sous Louis XIV. ARCHITECTURE CIVILE). Non-seulement au milieu des civilisations naissantes. il n'est pas besoin de dire qu'elle se modifie profondémentau moment où l'artillerie vient changerle système de l'attaque et celui de la défensedes placesfortes. ses titres les plus précieux sont sous la garde de la Divinité. en Italie. se prêtait au culte de la nouvelle loi. églises. L'architecture monastique. Mais dans les limites que nous nous sommestracées. ses ailes ou bas côtés. ni le moyen de les conserver (voy. infécondes.le chSurdevaitempiétersur lesportionsabandonnées au public .| ARCHITECTURE ] . mais qui ne nous transporte nulle part.166 détours. Le temple païen n'est qu'un sanctuaire où ne pénètrent que les ministres du culte et les initiés. C'est dans le temple ou l'église que se conservent les archives de la nation .. aux reflets uniformes. sur le sol desGaules.frappéeau cSur. il fallait éleverdestoursdestinées à recevoirdesclochespour appelerlesfidèles et lesavertir desheures de la prière. dont les dispositions s'éloignaientdéjà de la basiliqueantique. du moment qu'ils purent sortir des catacombes et exercer leur culte osten- siblement. l'architecture religieuse est la première à se développer. dormantes.Aujourd'hui les digues sont rompues.Chez tous les peuples. dans les circonstances graves.se montre très-prononcédansla société chrétienne. une pro- tection contre la violence. mais encore il est un heu d'asile. qui étonne par sa grandeur.Alorson ne secontentaitplusd'un seulautel.ne pouvaient convenir aux chrétiens. n'ayant ni le courage de rompre avecles formes et le systèmede construction des siècles précédfiits. ce fleuve devient un immense lac aux eaux.nousdevons prendre comme point de départ la basilique chrétienne de l'époquecarlovingienne.Où vontelles? Nul ne le sait.

pour faire connaîtrequelle était la dispositiongénéraled'une églisede moyenne grandeurau Xe siècle. les abbayes et les prieurés exerçaient aussides droits sur elles. ARCHITECTURE MONASTIQUE. 1).lespalais desévêques. des portiques. des sacristies.. de petites salles pour i renfermer les trésors. Un grand nombre d'églisesétaient desservies par un clergé régulier dépendant d'abbayes ou de prieurés. SALLE).167 [ ARCUITECTURE ] dansle monument romain.Les églises collégiales. et parfois même les seigneurs laïques construisaient deschapelles. les vasessacrés et les ornements sacer- dolaux. cette enceinte. sallessynodales. les chartes.mais autour d'elle. D'ailleursles collégiales. comme autour du temple païen. (voy. deslogettes pour des pénitents ou ceux qui profitaient du droit d'asile. L'église n'était pasisolée. Nousdonnonsici (fig. SACRISTIE. etc. était percée de portesfortifiées. paroissiales et leschapelles elles-mêmes possédaient dans une proportion plus restreinte tous les services nécessaires à l'exercice du culte.ce qui donna lieu souvent à de vives discussions entre ces seigneurset les prélats.ÉVÊCUÉ. Les cathédrales comprenaient dans leursdépendances lesbâtiments du chapitre. et se rattachant ainsi à l'ensemble de cesgrands établissements. se groupaient des bâtiments destinés à l'habitation des prêtres et des clercs.de vastes cloîtres. des trésors. sans consulterles évêques. des logements pour les desservants. TRÉSOR. le cimetière et desjardins. érigeaient desparoisses en collégiales. fermée la nuit.des bibliothèques.paroisses et chapelles étaientplacéessousla juridiction des évêques. quelquefoismême des écoles. des sacristies.Uneenceinte enveloppait presquetoujours l'église et se?annexes.un plan . CLOÎTRE. de petits cloîtres.

de l'abbé ou du prieur. l'entrée de la confession. les nefs. des autels secondaires. l'évèque Guillaume de Seignelay. mais près du transsept. le bas chSur où se tiennent les clercs. ses deux tours ainsi placées. soit dans l'un des collatéraux H. 1848). sansêtre copié surtel ou tel édificeexistant. la nef au milieu de laquelle est réservéun passagelibre séparant les hommes des femmes. ce qui fut regardé comme un miracle1. 377(Paris. Alors les clochers étaient presque toujours placés.et l'évangile.iu cloître L et aux dépendances. les ambons. Cependantdéjà des efforts avaient été tentés pour établir desvoûtesdans lesautres partiesdes édificesreligieuxoù ce genrede construction ne 1 Mém.possèdent ou possédaient des clochers disposés de cette manière. s'écroulèrent l'un surl'autre sansbriserle jubé. B. rapporte qu'en 1215.Challe et Quantin.de prieurés. p. en M.les transsepts. Perriquet. desdeux côtés.Cluny. on pénètre dans la nef et les bas côtés par trois portes fermées pendant le jour par des voiles. l'exèdre au milieu duquel est placé le siège de l'évèque.étaient couverts par des charpentes.[ ARCHITECTURE ] - 168 - qui. souslequel se tiennent les pénitentsauxquels l'entréedel'égliseesttemporairement interdite.les absides et les étages inférieurs desclochersétaient presquetoujours lesseulesparties voûtées . de la crypte qui renferme le tombeau du saint sur lequel l'église a été élevée. 0. publiéparMM. Didron.F. pai l'abbé Lebeuf. la sacristie.L'abbaye Saint-Germain des Prés avait encore.Auierre. G.lespèlerins qui arrivent avant l'ouverture des portes. les deux clochers romans. A cette époque(nous parlonsdu Xe siècle). . Les religieux se trouvaient ainsi plus à proximité du service des cloches pour les offices de nuit. I. communiquant . un grand nombre de cathédrales.résumel'ensemble de cesdispositions. les extrémités du transsept.D. cTAuxerre et de son ancien diocèse. les bascôtés. civile et ecclés. beaucoup d'autres églisesabbatiales. faisant rebâtir le chSur de la cathédralede Saint-Etienneque nous admironsencore aujourd'hui.E.verre. à la fin du siècle dernier. concernant rhisi. les fonts baptismaux placés soit au centre de la nef. la tribune. Châlons-sur-Marne laissevoir encore les étages inférieurs de sesdeux tours bâties desdeux côtésdu chSur. Dece porche. et plus tard le jubé où l'on vient lire IVpitre. dans son histoire du diocèsed'Au. Quelquefoisdu porche on pénètre dansle cloître par un passage et une porterie K. t. . les stalles des chanoines ou des religieux s'étendent plus ou moins à droite et à gauche. non en avant de l'église. P. qui n'avaient point encore été démolis. qui généralementestcouvert en appentis. ou n'étaient pas obligés de traverser la foule desfidèlespour aller sonner pendant la messe. mais qui étaient sapés à leur base pour permettre l'exécution desnouveaux ouvrages.I est le portique qui précède la nef. A. L'abbé Lebeuf. Vézelay. G. sur les dernières travées des collatéraux. desparoisses même. les marches pour monter au sanctuaire. le narlhex de la basilique primitive. l'autel principal. N.

danslaquelleon voit apparaître la voûte mêlée au systèmeprimitif des couverturesde bois. Nous donnons (fig.- 169 [ ARCHITECTURE ] présentait pas degrandes difficultés. Le sanctuaire G est "voûté en cul-de-four. Ce bas côté B est voûté en ber- ceau quatre autres petits berceaux séparés par des arcs-doubleaux flanquent les deux travées qui remplacent le transsept «n avant de l'abside. Tout le reste de l'édifice est couvert par une charpente apparente et façonnée'. bleaux DD contre-butent et deux arcs-doules bas côtés AA sur lesquelsétaient élevésdeux clochers . reconstruit en grande partie au Mesiècle. 3) fait comprendre cette intéressante construction.2)le plandela petite église de Vignory(Haute-Marne) qui déjàcontientun bascôléavec chapellesabsidalespourtournant le sanctuaire. On remarquera que la nefprésente unsimulacre degalerie quirappelle encore la galerie du pre- mier étage delà basilique romaine. La coupetransversaleque nousdonnonségalementsur la net (fig. 22 . ce n'estplus àVignory qu'une décoration 1Cecurieux édifice. a été I. le pluscomplet quenous connaissions de celledate. un seul subsiste encore.

quoiquepeintes. le?chapelles absidaleset leurs annexes. Cemonument.A)reproduit non-seulementla forme. 1 L'Architecture byzantine enFrance.on élevaitla cathédrale et la grandeéglise abbatiale de Saint-Front[voy. lu-4".dèsla fin du xesiècle. Bientôtcependant on ne secontentaplusde voûterseulement le chSur. à peu dedifférences près.C'était uneimportationétrangèrea tout cequi avait étéélevé à celte époque sur le sol occidental des Gaules depuis l'invasiondesbarbares. Dans l'Ouest.de moellonoude brique: cescharpentes brûlaientou sepourrissaient rapidement. 1852.on voulut remplacer partout les charpentes destructibles par desvoûtes de pierre. BSswilwald.ARCHITECTURE (développement de Y)} sous l'influence del'égliseà coupoles deSaint-Marc deVenise '. elles ne présentaient pascet aspect monumental et durableque lesconstructeurs du moyenâges'efforçaient dedonnerà l'église.Les différentes contrées qui depuisle xin' siècle composent le solde la Francene procédèrent pas de la même manière pour voûter la basilique latine. Paris. F.maisaussiles dimensions de celui de Saint-Marc. . succédait àunebasiliquebâtiesuivantla traditionromaine. Mérimée.inspecteur général des monuments historiques. et restaurédepuis peu avec une grande intelligence par M. 1 vol.mais quelques-unes de sesfermesétaientencore intactes. par M.àPéri- gueux. La partieantérieurede ceplan laisse voir les restes de découvert par M.[ ARCHITECTURE ] - 170 - sans usage et qui paraitêtre uneconcession à la tradition. dont nousdonnons le planet une coupetransversale. La charpente avait été plafonnée dansle derniersiècle. Le plan(fig. deVerneilh.

Lesautresédifices que nousvenons de citer conserventle plan latin avec ou sanstranssept et presquetoujours sans bascôtés. bienqu'alors en Francel'arc en tiers-pointne fût pasadopté. Pendant lesxi'et xn'sièclesonconstruitdansl'Aquitaine une grande quantité d'églises à coupoles: les églises de Souliac. de Salignac. Cetteimportation de la coupole sur pendentifs ne s'applique passeulementà l'église de Saint-Front et à celle de la cité de Périgueux. le vestibule sousJe clocher. Maisl'église de Saint-Front présente seuleun plan copié sur celui de Saint-Marc. de Cahors. et d'un clocher poséà cheval sur les travéesde l'ancienne nef.171 [ ABCaiTECTL'RE J l'anciennebasilique latine modifiésà la fin du xcsiècleparla construction d'une coupole derrière le narthex.CONSTRUCTION. Nous donnons ici le plan de la belle église abbatiale deFontevrault (fig. COUPOLE).desformesogivales. et enfin le corps principal de la construction couvert par cinqcoupoles posées surde larges arcs-doubleaux et surpendentifs(fig. dispo- sées etcontre-butées. Ici les coupoles et lesarcs-doubleaux ne sontpastracés commeà Saint-Marc deVenise.. afin d'obtenir une plus grande résistanceet une pousséemoins puissante (voy.suivant une courbe plein cintre.quidatedu xnesiècle. etqui possède unesériede quatrecoupoles sur pendentifs danssanef.6). du Puyen Velay. L'église de Saint-Front se trouvait alor* posséder un avant-porche(le narthex primitif). un second porche voûté.de Saint-Hilairede Poitiers. ont certainement recherché l'arc brisé. possèdent descoupolesélevéessur penden- tifs.et beaucoup d'autresencore. maispré- sentent desarcsbrisés. avec .de Saint-Émilion. ainsiquecelles dela cathédrale d'Angoulème. de Fdntevrault. 5). fort peufamiliersaveccesystème devoûtes.mais lesconstructeurs de Saint-Front. de Trémolac. d'Angoulème. de Saint-Avit- Senieur.

Desplanches.172 beaucoupd'art. et ses voûtes. la cathédraled'Angers. En Auvergne commecentre. deVerneilh dans 1ouvrage quenousavons cité plushaut.Dans 1 L'étude decescurieux édifices a étépoussée fortloin parM.bâtie au commencement du xmesiècle.eten suivantla Loirejusqu'àNevers.{ ARCDITECTl'RE ] . Gaucherel. 7) une des travéesde la nef de l'église de Fontevrault.mais dans ces édificesles pendentifsdisparaissent. du Poitou et de l'Anjou. CONSTRUCTION.est sans bascôtés. Voici (fig. très-bien exécutées par M.l'influencede la coupole sefait sentir dans les édificesreligieux de l'Aquitaine. Les nefs des cathédrales de Poitiers et du Mans sont encore soumises à cette influencede la coupole.Jusqu'auxiuesiècle. quoiquenervées d'arcsogives. Voû(e). expliquent le textedela manière la plus claire. . nous ne pouvons qu'yrenvoyer noslecteurs. F. un autresystème estadoptédansla construction desédifices religieux. présentent dans leur coupede véritablescoupoles (voy.et la coupole vient semélanger avecla voûteen arcsogives des monuments de l'Ile-de-France et du Nord '.

et le centredu transsept était couvertpar une coupoleà pansaccusés ou arrondis aux angles. contre-butaient la voûtecentrale.dès le xie siècle. suivant le mode romain. et les bas côtés étaient voûtéspar la pénétration de deux demi-cylindres. desdemi-berceaux.v boutants continus..comme desarc. . Des culs-de-four terminaient le sanctuaire commedans la basiliqueantique. La nef centraleétait voûtéeen berceau plein cintre avecou sansarcs-doubleaux. on avait renoncé aux charpentes pour couvrir les nefs.élevés sur les galeries supérieures. les bascôtésde la basilique latine étaient conservés ainsi quela galeriesupérieure.173 [ ARCHITECTURE ] ces contrées.

[ ARCHITECTURE ] - \lk - portéesur destrompes ou desarcsconcentriques. et (fig.. 10) la coupe transversalede la nef de cette église. danslaquelle apparaît la coupole centrale. bâtie pendantla secondemoitié du xie siècle. 9). un peu postérieure. 10 bis)la coupe sur le transsept. Danscesédifices touteslespoussées desvoûtessont parfaitement maintenues . (fig. et qui présente un des types les plus complets des églisesà nefs voûtéesen berceau plein cintre contre-buté par des demi-berceaux bandés sur les galeries des bas côtés. dans la grandeéglisede Saint-Sernin. et nous le voyonsadoptéjusqu'à Toulouse. Toutefois. aussisesont-ils conservés intactsjusqu'ànosjours. Voici le plan de l'églisedu prieuréde Saint-Etienne de Nevers(fig. ou mêmequelquefois de -impies encorbellements soutenuspar des corbeaux. Le plan de l'église Notre-Dame du Port à Clermont-Ferrand(fig.en. 8). Cesystème de constructiondes édificesreligieuxest continué pendantle xne siècle. . égalementcontre-butée par desdemi-berceauxreposant sur deux murs à claire-voie portés sur deux arcs-doubleaux construits dans le prolongement des murs extérieurs.

dans une partie des provinces de l'Ouest et dans quelqueslocalitésdu Midi. L'église abbatiale de .ou triforium.- 175 - [ ARCHITECTURE ] étant inspiréesen partie de la basiliqueromaine.ces églisesne conservaientpasau-dessus de la galerie supérieure.Lesnefs de ceséglisesne sont éclairéesque par les fenêtresdes bas côtés ou par les jours ouverts à la base du triforium. la nécessitéde maintenir la voûte en berceau par une butée continue sous forme de demi-berceau sur les galeries. elles sont obscures et ne pouvaient convenir à descontréesoù le soleil est souvent caché. et de petites voûtes d'arête ou en berceau élevées sur cesbas côtéscontre-butaient le berceaucentral. Dans le Poitou. les fenêtres qui éclairaient les nefs centrales des édifices romains. où le ciel est sombre. on avait adopté au xiesiècle un autre mode de construire les églises et de les voûter : les bascôtés étaient élevésjusqu'à la hauteur de la nef. interdisait aux constructeurs la faculté d'ouvrir desfenêtres prenant des jours directs au-dessousde la voûte centrale.

élevéssuivant le mode de bas côtésavecou sansgaleriescontre- butant la voûte centrale. les voûtes remplacent absolument les char- . ce parti n'a pas d'inconvénients.est construite d'aprèsce système. dansl'obscurité. il ne pouvait non plus convenir aux grandeséglisesdu Nord.[ ARCHITECTUBE ] . et surtout lesvoûtes. lorsqueles nefssont larges. soit du midi de la France. On observera que dans les édifices. dont nous donnons le plan (fig.176 Saint-Savin près de Poitiers. Pour de petites églises étroites.de longuescolonnescylindriques portent des archivoltes sur lesquelles viennent re- poser le berceau plein cintre de la nef et les petites voûtes d'arête des deux bascôtés. 12). Mais ici la galerie supérieurede la basilique latine est supprimée. et la nef n'est éclai- rçe que par les fenêtres ouvertesdans les murs des bas côtés. soit de l'Auvergne. 11). il laisse cependant le milieu du monument.ainsi que l'indique la coupe transversale(fig.

de calciner les nefs. mais on retrouve facilement les traces de ces i. la grande nef restait couverte par une charpente. Ce fait est remarquable. les architectesde ces provinces les supprimaient complètement. qui laissaient circuler l'air sec audessus d'elles et rendaient les réparations faciles. en Champagne. elles laissaient pénétrer les eaux pluviales à l'intérieur par infiltration. La figure 13 fera comprendrece genre de bâtisse.soit avec desvoûtes en berceaux perpendiculairesà la nef. puisquenon-seulement ellesfermentles nefset bascôtés.employèrent ce procédé. Dans les provinces du Nord. en Picardie. Les couvertures posées directement sur la maçonnerie des voûtes causaientdes dégradationsfréquentes dans les climats humides. pour donner un aspect plus digne et plus monumental aux intérieurs. les nefs restaient couvertes seulement par des charpentes.en cas d'incendie. ou même par suite de la porosité desmatériaux employés. on réunit les deux moyens : la voûte. pour empêcherles charpentes. d'ardoisesou "deplomb. Si les constructeurs septentrionaux. Nous verrons tout "àl'heure comment cette nécessitécontribua à leur faire adopter une combinaison de voûtes particulières.dallesou terre cuite.mais encore elles portent la couverture de tuiles ou de dalles de pierre. Reconnaissantles inconvénients des charpentes.c'est-à-direqu'on a construit des voûtes hautes sur les murs des nefs en les contre-butant par des arcs-boutants. lorsqu'on se décide à voûter la basilique latine. "etils protégèrent leurs voûtes par des charpentes qui permettaient de surveiller l'extrados de ces voûtes. Dansla Haute-Marne. sur les bords de la haute Saône. et faisaient ainsi disparaître toutes causesde destruction par le feu. qui existait fort développée dansl'église abbatiale de Saint-Rémi de Reims avant les modifications apportéesdans ce "curieux monument pendant les xne et xine siècles. en Normandie.en Normandie. pour mieux clore l'édifice. on laisse presque toujours subsisterla charpente au-dessusde cesvoûtes. ils durent l'abandonner bientôt. la charpente. lorsqu'ils commencèrentà "voûter leurs églises.Cesberceaux parallèles posantsur des arcs-doubleaux dont les naissances n'étaient pastrès-élevéesau-dessus du solne pouvaientpousser à l'intérieur lespilesdesnefschargées par desmurs élevés. La plupart de ce? édifices ont été modifiés au xmeou au xive siècle.- 177 - [ ARCHITECTURE ] pentes.et desfenêtresprenant desjours directs étaient ouvertes au-dessus des bascôtés. 23 . il devait existerau xiesièclebeaucoup d'églises (-levées suivant ce système. pour recevoir la couverture de tuiles.Déjà dès avaient eu l'idée basiliques latines au moyen d'une suite de berceauxplein cintre posant sur des arcs-doubleaux et perpendiculaires aux murs de la nef. le Xe siècle les architectes Les tentatives pour élever des de voûter les bas côtés des églises voûtéesne se bornaient pasà celles indiquées ci-dessus. en reconnaissant les inconvénientsque nousvenonsde signaler. dansl'Ile-de-France. en Bourgogne. Les restes de la basilique primitive de l'abbaye de Saint-Front de Périgueux conservent une constructionde ce genre. soit avec desvoûtes d'arête sur les bas côtés.

conserve encoresa charpente masquée par un berceaude planchesfait il y a peud'années. A Saint-Rémi de Reimsil existeune galeriesupérieure. la de la fin du xiesiècle. beaucoupd'églisesdelà. qui n'avait dans l'origine que sesbas côtésvoûtés .dansquelques provinces. dontla nef. auMans. aussilarge que le bascôté. les grandeséglises abbatiales de la Trinité et de Saint-Etienne de Caen.Nousavons supposé dansla figure 13 les charpentes des bas côtés enlevées. etc. qui remplacèrent bientôtles charpentes .[ ARCHITECTURE ] - 178 - dispositions primitives. qui date 15 Champagne.afin de laisser voir l'extrados des berceaux de ces collatéraux. dont les nefs devaient êtrecertainement couvertesprimitivementpar descharpentes apparentes.de la mêmeépoque. lesbas côtésseulsétant voûtés.parmi les églisesfrançaises. à profiterdecedernierparti pour contre-buter lesvoûtes.qui était très-probablement voûtéede la même manière. Nous citerons. Quelques édifices religieux bâtisparles Normands en Angleterre ontconservé leurs charpentes surlesgrandes nefs. On ne tardapas. petiteégliseSaint-Jean de Chàlons-sur-Marne. l'église du Pré-Notre-Dame.

véritables arcs-boutantsnoyés sous les combles. elle se trouvait réduite à descours de panneset des chevronsportant également ou de la tuile creuse. ainsi queles murs portepannes et contre-forts B.- 479 - [ ARCniTECTUPE [ desnefs principales. la tuile recouvraitsimplement le berceau ogival G. Quant à la charpente des bas côtés. arcs-doubleauxdes bas côtés portant lesberceaux perpendiculaires à la nef. L'exemple (fig. et de l'abbaye de Fontenay prèsde Montbard. la charpente supérieure setrouvait supprimée. murs qui sontdevéritables contre-forts.ou de grandestuiles platesle plus souvent ver-t- . portant sur des arcs-doubleaux. on voit lesbascôtés voûtés par une suite de berceauxparallèles perpendiculaires à la nef. 14) que nous donnonsici fait comprendre toute l'ossature de cette construction : A. quelquefois même allégés par des arcs et servanten même temps de points d'appui aux pannes des combles inférieurs. de l'ordre de Citeaux. Dansla partie romanede la nef de la cathédrale de Limoges. lestravées décès nefssont larges-la pousséecontinue du grand berceau supérieur se trouve contre-butée- par les sommetsdesberceaux perpendiculairesaux bascôtéset par des murs élevéssur les arcs-doubleauxqui portent cesberceaux. dans les églisesde Châtillon-sur-Seine.Dans ces édifices religieux. allégés par des arcs de décharge.

elles étaient obscuresdansleur partie supérieure. et éclairéeselles-mêmes par desjours directs .aérée. Mais nous l'avons dit. forméepar la pénétration de deux demi-cylindresd'un diamètre égal. deux bas côtés B de 5 à fi mètres de largeur.deux galeriesG permettant de voir le sanctuaire. claire. l'ouest. ou vaisseau principal. et jusqu'en Bourgogne. éclairés par des fenêtres G. ainsi on setrouvait toujours entrecesdeux inconvénients. Cescontréesrenfermaient desvilles importantes et populeuses. desbaiessupérieuresE percéesau-dessus descomblesdes galeries. 15) la coupe d'une basilique construite suivant la tradition romaine. ou d'éclairer les nefs par des fenêtres ouvertes au-dessus des voûtes des bas côtés. si nous subordonnons cette largeur à la dimension ordinaire des bois dont étaient formés les entraits.180 nissées(voy. Mais les grandes nefs de ces églises ne pouvaient être éclairéespar desjours directs. si nous examinons (fig.la Picardie.ou de les voûter et de se priver de jours directs. En effet. Mais ce système ne peut être employé que pour voûter un plan carré.permettant la construction de larges nefs séparées des bas côtés par deux rangéesde colonnes minces. d'un aspect plus monumental. il fallait à ces populations desédifices plus durables. qu'ils sont parvenus jusqu'à nous presque intacts. qui peut avoir de 10 à 12mètres de largeur. dansle midi. du moment qu'on renonçaaux charpentes. dans le plan de la basilique latine.Dans l'Ile-de-France. à peu de frais. et d'ailleurs.[ ARCHITECTURE ] . Touscesmonumentsétaientélevés dansdesconditionsdestabilité telles. aussi fut-il appliqué aux édifices religieux. nous voyons une nef A. ou se rapprochant beaucoup du carré. puis pour éclairer la charpente et le milieu de la nef. les Normandsn'avaient guère laisséd'édifices debout dansles provincesdu nord de la France. le bas côté . lesprocédés pour construire lesédifices religieux prirent une autre direction.et alors de couvrir cesnefs par descharpentesapparentes. à la fin du Xesiècle. Cestypesse perpé- luent pendantles\ieet xnesiècles avecdesdifférences peu sensibles dans le centre de la France. la Champagne. dansune partie de la Bour- gogneet enNormandie. TDTLE). Or. On songeadonc pendant le xie siècleà reconstruire lesédificesreligieux sur des donnéesnouvelles et capables de résister à toutes les causesde ruine. Le systèmede la voûte d'arête romaine. il fallait que les édificesreligieux pussent contenir un grandnombrede fidèles : la basiliqueantique. n'avait jamais été abandonné. au-dessus.Cette construction pouvait être élevée sur un plan vaste. plus recueilli. satisfaisait à ce programme.

dites en arcsde cloître.181 [ ARCHITECTURE 1 seul présenteun plan carré à chaque travée. les bascôtés. l'espacement compris entre chaque pilier étant plus étroit que la largeur du vaisseau principal.B. le demi-cylindre de Gen I viendra pénétrerle demi-cylindre GH au-dessous de sa clef. la nef principale . 16): soituneportion de plan d'une églisedu xie siècle. cesvoûtes. si l'on bande un berceauou demi-cylindre deG en H.A. Exemple (fig.. les surfaces CDEF sont carrées et peuvent être facilement voûtées par deux demi-cylindres d'un diamètre égal. l'espace à voûter setrouve être un parallélogrammeet ne peut être fermé par une voûte d'arête romaine. Le cintragede cessortes de voûtes devait paraître difficile à desconstruc- teursinexpérimentés . mais les surfaces GHIK sont desparallélogrammes. quant à la nef. d'un aspectdésagréable. Les constructeurs septentrionaux du xr sièclen'essayèrent mêmepasdeles employer . de plus.comme on peut s'en convaincre en examinant la figure 18. ils se contentèrent de fermer les bas côtés par desvoûtes d'arête romaines . sont pesantes. surtout si elles sonttrès-larges. ainsi que l'indique la figure 17.

encore debout aujourd'hui. ainsique l'indiquela figure13. dans quelques localités. par des arcsdoubleaux saillants. Il y avait là une amélioration. C'estalorsque lesclunisiensreconstruisaient la plupart de leurs établissements : de 1089à MiO environ. ARCHITECTURE A Vézelay. les déformaient en disloquant ainsi tout l'ensemble de la bâtisse.ou ils eurentl'idée d'élever desberceaux sur les murs des nefs. la nef de l'abbaye de "Vézelay sont élevées. en les renforçant (comme dansla nef de la cathédrale d'Àutun) au droit des piles.19)ne pouvait être durable:lesgrandes voûtes A. on eut l'idée. Nous nous occuperons plus particulièrement de ce dernier monument religieux. de les cintrer suivant une courbe brisée ou en tiers-point. mais ces contre-forts ne pou- vaient maintenir la poussée continue des berceauxque sur certain: pointsisolés.puisils portaientàfauxsur lesreinsdesarcs-doubleaux G. 20).\n° siècle. vers le commencement du . Pour diminuer la puissancede pousséedes berceaux. édifice de saint Hugueset de Pierre le Vénérable (voy. au-dessusdes fenêtres supérieures.Sans .durent s'écrouler peu de temps après leur décintrage.l'architecture religieuseallait faire un grand pas. on plaçait des contre-forts extérieurs en B. et la plupart deséglises bâties suivant ce principe se sont écroulées. mais ce mode n'en était pasmoins vicieux. maintenuspar descontre-forts (fig. tandis qu'une rue et des jardins ont remplacé l'admirable MONASTIQUE).[ ARCHITECTURE ] - 182 - et de continuer à couvrir les grandesnefspar une charpente apparente. un siècleenviron après leur construction. Ce second parti (fig. n'étantpoint contre-butées.quand elles n'ont pasété consolidéespar desarcs-boutants. la grande église de Cluny.

au droit despiles. et n'oublions pasque cette nef était terminée en 1100.également plein cintre.vers 1150. à Beaune. le progrès bien marqué. comme à la cathédrale .à Autun. A Clunycomme à Beaune. car si ces voûtesreportaient leur poussée sur des points isolés. à la fin du xne siècle. ainsi que l'indique la figure 20. déformer les voûtes des bas côtés. desarcs-boutantspour arrêter J'efl'et decettepoussée. L'innovation tentée à Vézelay n'eut pas cependant de bien brillants résultats . CONSTRUCTION. peu de tempsaprès celle de Cluny. elles n'étaient épaulées que par des contre-forts peu saillants. qui donne l'idée du systèmeadopté {fig. puisque la nef de l'église de Cluny était encore voûtée en berceau plein cintre. seulement. il est vrai) sur les grandes nefs. et que par conséquentl'effort était considérable. et que même après la construction de la nef de Vézelay. Elles firent déverserles murs.à Saulieu. 21). il fallut. construire. Voici une vue perspective de l'intérieur de 20 cette nef regardant vers l'entrée.pour faire arriver la pénétration desportions de voûtes cintrées suivant les formeretsplein cintre jusqu'à la clef du grand berceau. on construisait encore des voûtes en berceau (ogival. VOUTE). après que quelques-unes d'elles se furent écrouléeset toutes les autres "aplaties.- 183 - [ ARCHITECTURL ] abandonnerle plein cintre. de la nef. ils eurent recours à des tâtonnements très-curieux à étudier (voy. lesconstructeurs établirent desvoûtes d'arête sur la nef principale aussibien que sur les bascôtés.

.[ ARCHITECTURE ] d'Autun. £azj-xt-"0J' ' pendant lesxmeet xiv' siècles. pourarrêter l'écartement des voûtes. il fallutdemême jeterdes arcs-boutants contre lesmurs des nefs. " f- "/£.

véritable narthex ou antéglise.ARCHITECTURE MONASTIQUE. la nefprincipale nereçoit pas dejoursdirects. Danscette mêmeéglisede Vézelay. Mais celte expérience ne fut point perdue.qui croyaient avoir paré à l'écartement desgrandesvoûtes d'arête..CHAÎNAGE. non-seulement par l'établissement de> contre-forts extérieurs. 24 .présente desvoûtesd'arêteavec et sans arcs ogives. qui remplissaient la fonction d'une corde à la basede l'arc-doubleau. mais bien plus sûrementencorepar la posede tirants de fer qui venaient s'accrocherau-dessusdeschapiteaux. il eût fallu éleverla voûtecentrale jusqu'au point A . CONSTRUCTION.les fersd'une grande longueur devaientêtre fort inégauxet mal forgés. 3 et 4). con- formément à l'usage alorsadopté parla règledeCluny(voy. à cette époque. cassèrent ou brisèrent leurs gonds.Maisici.22). et ce porche. Ces tirants. construites très-habilement. alorsdes fenêtres auraientpu êtrepercées au-dessus du comble du trifoj.on bâtit un porche fermé. TIBANT). car. dans lequel les arcs-dou- bleaux adoptent la courbe en tiers-point. PORCHE. commedans les églises d'Auvergne.185 [ ARCHITECTURE ] II estcertainqueleseffetsqui semanifestèrent dansla nef deVézelay durent surprendre les constructeurs. Pour trouver cesjours. à la naissancedesarcs-doubleaux. et savammentcontre- butées parlesvoûtes d'arêterampantes desgaleries supérieures.à de forts gonds chevilléssur des longrines de boisplaceesen long dansl'épaisseur desmurs(voy. "vers 1130. ainsique l'indique la coupe transversale deceporche (fig. fig.

vers 1220. rendu plus résistantau moyend'une plus forte saillie.Lesgrandesvoûtes de la nefet du porche de Vézelayont de la peine à abandonnerla forme primitive en berceau . fig. il fallait des charpentes. qui sont évidemmentplacéssous les arêtes des voûtesdansl'origine. les sommets des arcs-doubleaux et des formerets attei- gnirent définitivement le même rliveau.par exemple. Or nous voyonsque. ou descharpentes sansentraits. et pour contre-buter la grandevoûte. Une nouvelle difficulté se présentait. Dansle porche de Vézelay. Des voûtes construitesd'aprèsle système adopté dansle porche de Vézelayexigeaient. qui ne sont pas combinéespour avoir besoin de leur secours. on était déjàamenéà donner une grande élévationaux murs desnefs: il était doncimportant de gagnertout ce qu'on pouvait gagnersur la hauteur. évidemment les constructeurs de cette époque. n'osaient encore aborderfranchement le parti de la voûte en arcs d'ogive.pendantla seconde moitié du xn°siècle.doublesou triples.à poser desarcs ogivessaillants. Une suite de petits arcsou un secondtriforium aurait éclairé cescomblesen E. ils ne sont qu'une décoration. qu'il fallait diviser cette poussée au moyen de formerets et devoûtes pénétrant le berceauprincipal.des cathédrales d'Angers et de Poitiers. sont .à moins d'un appareil fort compliqué que desmaçonneriesde petits moellons ne comportaient pas. et n'ajoutent rien à la solidité desvoûtes.adopter ce parti. un arc-boutant G reportant lespoussées sur le contre-fort D. il eût suffi de construire.Maisen renonçanl aux voûtes en berceau dans les provinces du Nord et les remplaçant par desvoûtesd'arête (même lorsqu'ellesétaient combinéescommecelles du porche de l'église de Vézelay. si l'on voulait que les fermes fussent munies d'entraits. Ce dernier pasétait bien facile à franchir. pour les décorer et pour donner un aspect moins froid et moins sec aux constructions. deux voûtes seulementsont munies d'arcs ogives.Cefutaprès bien deshésitations que. au droit de chaquearc-doubleau.CONSTRUCTION. on devait en même temps renoncer aux couvertures poséesà cru sur ces voûtes. de la Champagne.r ARC11ITECTUKE ] - 186 - num dansle mur B. Les plus anciensarcs ogivesne sont que desnervuressaillantes. aussivoyonsnous presque tous les édifices religieux du domaine royal. si les murs goutterots ne s'élevaientque jusqu'au point E.ou une surélévationde cesmurs goutterotsjusqu'au sommet G desgrandes voûtes. on fut alors entraîné à baisserla clef des arcs-doubleauxdesgrandesvoûtes au niveau desclefs desformerets. pour obtenir desjours directs au-dessus du triforium en B.presque coupoles. d'ailleurs ils commençaient à peine.dela Bourgogneet du Bourbonnais.desboudins.c'est-à-dire très-peu élevées). c'est-à-dire jusqu'à la hauteur dela clef desformerets. Lesgrandes es. et les arêtesdesvoûtes ne pouvaient être maintenues sansce secours. destoressimples. versle milieu du xiie siècle. et comme conséquence. 48 à 55). non sans quelquestâtonnements. touten reconnaissant qiie la poussée continue de la voûteen berceaune pouvait convenirà des édificesdont les plans ne donnent que des points d'appui espacés. les naissances de ces arcs-doubleaux durent être placées au-dessous des naissancesde cesformerets(voy.

presquemalgré eux et par la force deschoses. lorsqu'on étudie scrupuleusement les monuments.- 587 - [ ABCniTECTl'BE ] décorées d'arcsogivestrès-minces. au lieu de porter les remplissages. . et reportanttout leur poidssur cescintres. pendant la seconde moitié du xuesiècle. Ceprincipe une fois admis. indépendamment des nécessités de la construction. La figure 19 fait voir comme lesarchitectesqui construisaientdeséglises étaient conduits.Que l'on ait exagéré.cesarchitectessont complètementmaîtresdespoussées desvoûtes. sont portés par eux au moyende queuespénétrant dansles arêtesà peine saillantesde cesvoûtes. Nousne nous étendronspasdavantage sur ce chapitre. Ils donnent aux arcsogivesune épaisseur et une force assez grande non-seulement pourqu'ils puissent se maintenirpar la coupede leurs claveaux. Supposons un instantquenous ayons une église àconstruire d'après lesdonnées admisesàlafin duxiiesiècle(fig. les architectes du Nord s'emparent de ce motif de décoration pour établir tout leur systèmede construction desvoûtes eu arcsd'ogive. on est frappé des effortsque font lesarchitectes pour réduire au contraire.C'estpar l'application savante de ce principe qu'ils arrivent rapidement à reporter tout le poidset la poussée de voûtes énormes sur despilesextrêmement minceset présentanten projection horizontaleune surfacetrès-minime. et qui. 23) : la nefdoit avoir 12mètresd'axeen axedespiles. mais au moment où l'architecture reli- gieuse se développedans le nord de la France.ils lesfont retomber et les dirigentsur lespoints résistants.à la fin du xmesiècleet pendant les xive et x\e siècles. La plupart desauteurs qui ont écrit sur l'architecture reli- gieuse du moyen âge se sont émerveillés de la hauteur prodigieusede cesnefs.Un exposéfort simplefera comprendre cequenous avançons ici. les bascôtés7 mètres. la hauteur des édificesreligieux. sansutilité. développéaux mots CONSTRUCTION et VOUTE. au- tant quepossible. nous voulons bien l'admettre. et ils ont voulu trouver dans cette éléva- tion uneidéesymbolique. la hauteurdesnefs.Mais bientôt. à donner une grandeélévation aux nefs centralescomparativementà leur largeur.maisencore pour pouvoir s'enservir comme de cintres sur lesquelsils viennent bander les triangles de remplissages formant autant depetitesvoûtes indépendantes lesunesdesautres.

Or lesbascôtésayant7 mètresdelargeur. Or. Le vide de la nef entre les piles étant de10m.25.si l'on veut obtenir uneproportion convenable. compris l'épaisseur de la voûte. Ajoutons encore l'épaisseur de la clef de ces fenê- tres Om.50. ennousrestreignantaux hauteurslesplus modérées. 27). il est rare qu'une nef de la fin du xne siècle. c'est au moyen de ces sacrificesque la nef centrale de la cathédralede Paris n'a sous clef qu'un peu moins de trois fois sa largeur (voy. le triforium est bas. pour éviter de donner à la nef principale une trop grande hauteur relativement à sa largeur. puis la hauteur desfenêtressupérieures. Mais.en analysantla coupetransversaledela cathédrale de Paris. Les bascôtés sont écrasés.et pour qu'ils puissentprendredesjours élevés de façon à éclairer ie milieu de la nef. couvrir ce triforium par une charpente.soit d'une proportion aussiélancée. le bahut du combleOm. dans un monument à bas côtéssimpleset sanstriforium voûté. lesfenêtres supérieures primitives extrêmement courtes. n'ont pasplus de 16m.L'ancienne méthode adoptée dans la voûte d'arête romaine. l'entre-deux des piles de la nef serade 5m.on seraforcémententraînéà donner une grande élévation à la nef centrale.60 d'axe en axe despiles. sur desparallélogrammes.qui ne peuvent avoir moinsde deuxfois la largeur de l'entre-deux despiles.avec bascôtés. Aussi.afin de pouvoir les maintenir.40. l'épaisseurdu formeret Om. même en arcs d'ogive. cette configuration res- . si l'on veut encore percer des fenêtres au-dessus de ces combles sous les formerets des grandesvoûtes. Mais s'il s'agit de construire une cathédrale avec doubles bas côtés comme Notre-Dame de Paris. nous l'avons dit déjà. Cettenécessité de ne paséleverles voûtesà de trop grandeshauteurs. ils étaient embarrassés lorsqu'il fallait poser desvoûtes.[ ARCHITECTURE ] - 188 - pour quecesbascôtéssoient d'uneproportion convenable par rapport àleur largeur. nous serons frappés de la proportion courte de chacun des étagesde la construction. l'épaisseur de la voûte Om. et de 30 mètressousclef. ensemble1 mètre.ne pouvait être brusquement mise de côté . donnant en projection horizontale un carré coupé enquatretriangleségauxpar lesdeuxdiagonales.50. si l'on veut élever sur les bas côtés voisins de la nef un triforium voûté. Ajoutonsà cela le filet de cescombles.et l'appui descroisées. ils ne peuventavoir moins de 12 mètres de hauteur jusqu'à la clef desvoûtes. nous arrivons ainsi au faîtage descombles desbas côtésavec une hauteur de 17 mètres.60. à chercheret à trouver un systèmede voûtesdont lesclefs ne dussent pasdépasser le niveau du sommet des fenêtres supérieures. une élévationde 32 mètresjusqu'à la basedu grand comble. contribua plus que toute autre choseà engagerles architectes de la fin du xiie siècle. fig. Il faut couvrir ces bas côtés par un comble de 5 mètres de poinçon.30. elle setrouvera avoir en hauteur trois foissa largeur environ. à causede la maigreur despoints d'appui et du mode de construction des voûtes maintenues seulement par une loi d'équilibre : les nefs les plus larges connues.dansles provincesdu Nord. et nousavons atteint. Caril faut observer que cette largeur desnefscentrales ne pouvait dépasser une certainelimite.ce qui donnera à la fenêtre une hauteur de 11 mètres.

24). les trianglesAGB.Lesarcs-doubleaux AB. quoiquebandés sur unecourbeen tiers-point. BD. et nousvenonsde dire que les constructeurs cherchaient à réduireceshauteurs.demasquer lesfenêtres parla projection desarcsdiagonauxAF. On plaçaitbien sous les points ABEF trois colonnettespour porter lestrois naissances. mais les piles inférieures ABCDEF et les arcs-boutants extérieurs étaient souvent pareils comme force et comme résistance. Ces voûtes. Le troisième.qu'on renonça définitivement à ce système de voûteet qu'on bandalesarcsogives dans chaque travéedesnefs. Par suitede ce . Ce mode de construire les voûtes avaittroisinconvénients. car les points ABEF.ainsi que l'indique la figure 25. que leurslignes de clefsGH fussenttrès-cintrées.C'estalors. maisplus aigu souvent. EF.étaient trop grands : il fallait. Oncontin ua donc detracer lesvoûtes nouvelles en arcsd'ogive sur un plancarré forméd'unecouple de travées (fig.CE. BE. diagonales d'un carré.devaientdoncêtre très-bombées et prendreune grandehauteur. dèslors lespointsI s'élevaient encore deprèsd'un mètreau-dessus de la clefH. EF. les arcsdiagonaux ou arcsogives plein cintre. et une seule sous les points CD. EGF. n'atteignaient pas le niveau de la clef G. n'élevaientleursclefsH qu'à un niveau inférieur à celui de la clef G. et 1rs fenêtres étaient ouvertes sous ces formerets. tandis que les arcs- doubleaux AB. et quels efforts d'intelligence il faut à un praticien pourla supprimeretla remplacerpar uneautre.vers1225. derépartirlespoussées 24 inégalementsur les piles. l'arc CDégalement en tierspoint.DF. commeles arcs-doubleaux. élevaient forcément la clef G a une hauteur égale au rayon GB.car lesarcsogivesAF.- 189 - [ Uit imprimée dansles habitudesdu tracé: car il faut avoir pratiqué l'art de laconstruction poursavoircombien uneliguregéométrique transmise par la tradition a d'empire. Lepremier. pour donner de la soli- ditéauxremplissages. bandés sur une courbe plein cintre. étaienten tiers-point. BE. Lesecond. Lesclefsdes formeretsAC. pour êtresolides.si l'on voulait que le* entraits de charpente pussent passerlibrement au-dessusdesvoûtes.étaient bien plus chargéset poussés au videque les points G et D ne recevant que la retombée d'un seul arc. en outre. recevant la retombéedes arcs-doubleauxet desarcsogives. de forcer d'élever les murs goutte- rotsfort au-dessus desfenêtres.

CDG. l'importance deleurs pinacles .leurespacement. la distribution deseaux pluviales. CD. leur largeuret hauteur. le système de couverture. faite sur IK. Il fut facile alors de maintenir les sommets des formerets et les clefs G. toutprocède dela .tout ea ménageant des jours supérieurs très-grands destinésà éclairer directement le milieu des nefs.démasquées . la force. et lestriangles A BG. le nombre et la courbure desarcs-boutants. leurécoulement. les fenêtresouvertes sousles formerets AB. Lacoupe transversale quenousdonnons ici (fig.La forme et la dimensiondes piles." nouveau mode. l'ouverturedesfenùtres. en tenant compte seulementdesépaisseurs desclefs desformerets et de la voûte. et de ce moment toutes lesconstructions desédifices religieux dérivent de la dispositiondesvoûtes.purentêtre remplis sans qu'onfût obligéde donner beaucoup deflèche auxlignesdesclefs GH. 11avait fallu cinquante années aux architectes de la fin du xnesiècle pour arriver desvoûtesencoreromanes d'Autun et de Vézelay à ce grand résultat. dès les premièresannées du xme siècle. laposition et la saillie des contre-forts. laisse voir comment les constructeurs étaient arrivés. 26).à perdre en hauteur le moinsde placepossible dansla combinaison desvoûtes. H aumême niveau. pluspetits. lesclefsG ne furentélevées qu'àunehauteur égale au rayonAGau-dessus desnaissances desarcs . les piles ABCD furent également poussées etchargées.[ ARCHITECTURE ] - 190 . épaisseursgagnées à l'extérieur par 26 la hauteur desassises decorniche. et parconséquent de poser lescharpentes immédiatement au-dessus desfenêtreshautes.

que si nousvoyonsune églisedu milieu du xmesiècledérasée au niveau desbases. car.et dont il ne reste que le plan. le chSur de Saint-Rémi deReims.191 [ ARCHITECTURE ] combinaison desvoûtes.à l'Abbaye-aux-Hommesde Caen.à Soissons. où le triforium est couvert par un berceau butant qui est plus qu'un quart de cylindre (voy.comme à Saint-Etienne de Nevers.d'admettre un grandconcoursde fidèlesdansl'enceinte des églises. oubien sontsurmontées d'un triforium percé dansl'adossementdu comble et l'éclairant. soit à élever démesurément lesnefscentrales.Nousretrouvonscesdispositions dansquelqueséglises normandes. Cetterègle estsi bienétablie.soit à sacrifier lesjours supérieursou à ne leur donnerqu'unepetite dimension.d'une partie du centre de la France.possèdentune galerie voûtée au-dessusdescollatéraux .par exemple. nouspourrons tracer infailliblement les voûtes. pour peu que leségliseseussentd'importance. comme à Saint-Rémi de Reims. du simpleberceauplein cintre et. dans lesé^li-»1. comme àLaon. en examinant la based'un édifice. etc.la rigueur du système estencoreplus absolue. L'architecte dela cathé- . lescathédrales de Noyon. Ces galeries depremier étage laissent apparaître un mur plein dansla nef.dela coupole. afin d'adosser les combles à penles simplesqui les couvrent.leur direction. les bas côtés étaient surmontés souvent d'un triforium voûté. nous citerons la cathédrale deParis. le croisillonsud de la cathédrale de Soissons.du xe au xn* siècle. soit par un demi-berceau.Aprèscela on se demandecomment deshommes sérieuxont pu repousseret repoussent encore l'étude de l'architecture du moyen âge comme n'étant que le produit du hasard? Il nous faut revenir sur nos pas.<lr l'Auvergne.49). Dansle domaine royal. les jours solennels. soit par des voulez d'arête. de la Bourgogneet de la Champagne.Mai>nousavons fait voir aussicomment cette disposition amenait les architectes.si l'on ne commence par lestracer rigoureusement avantde faireposerlespremières assises de la construction. et lespilesne sont que desfaisceaux verticaux formés detous lesmembresde cesarcs. leur épaisseur.Au xv* siècle. commedansle porchedeVézelay. entreleurs voûtes et l'appui des fenêtressupérieures. ce sontlesarcsdesvoûtesqui descendent eux-mômes jusqu'ausol. à la voûte en arcs d'ogive.non-seulemeftt le nombre desarcsdesvoûtes. Nous avons vu comment.. la superficie descollatéraux se trouvait doublée. soit par desberceauxperpendiculaires à la nef. comme à Notre-Damede Paris. maisencore le nombre de leurs moulureset jusqu'à leurs profils. on pourra tracer. le bas côté était surmonté d'une galerie voûtée en arcs d'ogive : c'était une tribune longitudinale qui permettait. Les voûtes commandent l'ossature du monument aupointqu'il estimpossible del'élever. àla fin du xiic siècle. La plupart desgrandes églises du domaine royalet de la Champagne.de Senliset de Laon.AUC-BOCTAXT. indiquer la direction de tous lesarcs. maintenant que nous avons tracé som- mairement l'histoire dela voûte. àMantes. A la fin du xive siècle. à Noyon. à Notre-Damedu Port de Clermont. bMiespendantle règnede PhilippeAuguste. fig.leséglises deManteset deSaint-Germer. et reconnaîtreleur force. par ce moyen.

pour sontemps.[ ARCHITECTURE ] - 192 entre les draledeParis. avec doubles bas côtés etgalerie supérieure voûtés.commencée en 1163. Il ne donna aux collatéraux qu'une me- .entreprisune grande tâche.avait. celle d'élever une nef de 11 mètres d'ouverture piles. Voicicomment il résolut ce problème (Gg. 27).

couvrit les voûtes dela galerie . mais il i. La claire-voie E permettait ainsi à ces fenêtres d'éclairer le vais- seauprincipal. lesfenêtres du second collatéralpouvaientà peinealors donner du jour dansles deux bascôtésA. était facile àcomprendre (fig. etles fenêtres supérieures nepurent éclairer que les grandes voûtes. A l'extérieur.- 193 - f diocrehauteur. La galerie construite au-dessusdu collatéral B fut couverte par desvoûtes en arcs d'ogive rampantes. B. 28). 25 n'en était pas de même àl'intérieur. Les collatéraux sontnon-seulement bas. l'aspect decettevaste église avait beaucoup d'unité. maisils ont . Des arcs-boutants àdouble volée contrebutaient alors ces grandes voûtes.de grandes et hautes fenêtres dans le mur extérieur de Gen D. CATHÉDRALE). de manière à ouvrit.écrasés.la projectiondela lumière suivantla ligne ponctuée L)F. oùapparaissaient de graves défauts de proportion. DEBRMXE- Un comble assez plat pour nepas obliger detroprelever les appuis des fenêtres hautes. le murGH resta pleinou futpercé derosés (voy.

[ ARCHITECTURE ] l'inconvénient deprésenter des hauteurs d'arcades àpeuprès égales àcelles de la galerie supérieure. non une Suvre complète. . étaitcertainement d'uneplusheureuse pro1"-ilion que les travées parallèlesdu chSur ou de la nef.\ partir de cette ara-r. plus rapprochéesdans les chSurs à cause du rayonnement du plan (voy.Le rond-point de la cathédralede Paris. mais ce n'était encore. tel que Maurice rieSullyl'avait laissé en 1196. une franchise qui se perdent dans les Suvres hautes. maintenus sur les piles inférieures par une loi d'équilibre et non par leur stabilité propre. oupercé derose> donnantsous le comble. trahissant au contraire une certaine timidité. Cespiles. donnaient une proportion moinsécrasée aux arcades desbascôtés et galeries hautes . les constructions se mainte- naient plus facilement. Uneconstruction moinsvaste. maismieux conçue. encore bien et ces dé- Ces difficultés fauts n'apparaissentpas au même degré dans les ronds-points des grands édifices de cette époque: par suite de leur plantation circulaire. mais. nésservaitdeguide.ne semblaient pasnager dans un espace vague. avait. lesfenêtres supérieures elles-mêmes. il fallait employer un mode de construire nouveau.à l'intérieur du moins. la tradition des constructions .i't.'iuHros perdues sous les formerets des grandesvoûtes (fîg. isolés.irIr. CATHÉDRALE).un peu . Jusqu'à la hauteur de la galerie on trome danslesmoyens d'exécution une sûreté. mieux encadrées par suitedu rapprochement des faiïceaux de colonnettesportant les voûtes. roma- C'estqu'en effet.qu'une tentative. 29. étaitassez misérablement terminé ]>..le mur nu surmontant lesarchivoltes de premier étage. jusqu'aux appuis des fenêtres supérieures. réussie. Il semble (et l'on peut encoreserendrecomptede cet effeten examinant la première travée de la nef laisséedans son état primitif) que les constructeurs aient été embarrassés de finir un édiûce commencé sur un planvasteet largement conçu. les voûtes supérieures n'exerçaient pas dans les absides une pousséecomparable à celle des voûtes desnefsagissant sur deux murs parallèles.

dont lechSur a la nef ont été rebâtis et achevés au commen- cement du xiue siècle. en forme d'abside semi- circulaire (voy<z TRANSSEPT). tionest à la fois.E ] plus lard. ou trésor à deux clai.30).Parl'examen du plan on peut reconnaître l'Suvre d'un savant architecte. Comme à Nôtre-Dams .le flanque verssa partie e^t (fig. et de simplescolonnespour porter les retombées despetitesvoûtes du collatéral est d'une proportion bien plus heureuseque le bas côté du chSur de Notre . une sacristie.Dame de Paris. La conslruc- -.595 - [ AucunECTIT.c'est qu'elle estencore bienconservée. ici. nous voulons parler ducroisillon sud dela cathédrale. etla preuve. Ce croisil- lon est par exception.r> voûtés. malgréla terriblecommotion occasionnée parl'explosion d'unepoudrière en 1813. Cebas côté. étécommencéeàSôissons par VévôqueNivelon de Chérisy 117:». comme ceux des cathédrales de Noyon et de Tournai. com- posé de piles résistantes sous les nervures de la grande voûte. légère et parfaitement solide.

Bien mieux. la clef E est plus élevée que la clef C. à Senlis et à Meaux. TRIFOBICM.à causedu rayonnement de l'abside.ard et avec desvoûtessur la nef centrale. les berceaux peuvent être rampants (fig.où lesnefs des églises desbourgs ou villagesconserventdescharpentesapparentes jusque vers1230.sont souvent percéessousles formeretsdes voûtesdesnefs. Dans le chSur de l'églisedeMantes lesarchitectes dela fin du xnesiècle avaient. les fenêtresdela nef sont percéesau-dessus despiles . on rencontre encoredesdispositions telles que celle indiquée dansla figure 33.Lesrosés. car les formerels ABC du côté intérieur a\ant une baseplus courte que lesformerets extérieurs FDE. élevé unegalerie surlecollatéral. Lesexemples que nousavons donnés jusqu'àprésent tendent à démontrer quela préoccupation desconstructeurs àcetteépoque. Cette disposition facilite l'introduction de la lumière à l'intérieur par de grandesrosésouvertes sous les formerets FDE (voy. Dansce cas. 31) une travéeintérieurede ce rond-point. au-dessus du comble desbascôtés. Dans cecas.en même temps qu'elle l'ait pénétrer partoutà l'intérieur la lumière du jour. Voici (fig. qui permettent d'ouvrir desjours larges. Pour économiser sur la hauteur.maisils avaient voûtécette galeriepar une suitede berceaux en tiers-point reposant surdes linteaux et des colonnes portées parlesarcsdoubleaux inférieurs. le mur d'adossement du comblede cettegalerieest décoré par un trifonum. les fenêtres de la nef sont forcément ouvertes au-dessus des archivoltes des collatéraux. comme 1 Xoyon. fig. 32).et cesberceaux sont des portions de cônes. les arcs-doubleauxdesbascôtésvoûtésportent deschéneaux. 3° de ne passelaisserentraîner à leur donner trop de hauteur sousclef.sont d'une heureuse proportionet éclairent largement le vaisseau central. dans le domaine royal. Ceparti fut adopté dansbeaucoup depetiteséglises de Normandie et de Bretagne. 2° de leséclairer largement. les triples fenêtres supérieures remplissent parfaitement lesintervalles entrelespiles.mais. passage étroit pris dans l'épaisseur du mur. lt>r.était : 1° devoûter lesédifices religieux.comme à Saint-Rémi de Reims-k> collatéralestsurmonté d'une galerievoûtée.). L'accomplissementde cestrois conditions commande la struchue despetites églisesaussibien que desgrandes.] - 196 - de Paris. afin .à Soissons.etcesbascôtéssont couverts par une succession decombles à double pente perpendiculaires à la nef et fermés par des pignons accolés. demême qu'àNotre-Dame de Paris. par exemple. dans la Champagne. 11 e-t difficile de trouver une construction moins dispendieuse pour une contrée où la pierre est rare et le bois commun. maisplus . comme dans l'église d'Arcueil. prenant une moins grande hauteurproportionnellement à salargeur.

pourlaisser les pilesportantles voûtes des bas côtés passer derrière le pied-droit qui lessépare. La galerie voûtée de premier étageleur paraissaitévidemment utile ù la stabilité des grands édifices. loindeprétendre donner une grande hauteur auxintérieurs deleursédi- fices.ils n'adoptaient pas . ou bien ces fenêtres setrouventà la rencontre despignons. autant pardes raisons d'économieque de stabilité.- 197 - [ AHCIHTECTL'IlE ] defaire porter les retombées des grandes voûtes surles piles. de réduire ceshauteurs.et ils ne croyaient paspouvoirs'enpasser : c'était pour eux commeun étrésillon- nement qui donnait de la fixitéauxpilesdesnefs. Nous le répétons.ce qui estfort disgra- deux. lesfenêtres éclairantcesbascôtés et percées sous lespignons sontalorsjumelles. étaient au contraire fort préoccupés. elleleuravaitététransmise par tradition. lesarchitectes du commencement du xme siècle. lespignons extérieurs sont à chevalsur les arcs-doubleaux desbascôtéset les chéneaux au milieu desvoûtes. Mais ils n'osaientencore donner auxpiles isolées des nefs uneélévation considérable.

d'éclairerle milieu desnefspar de grandesfenêtres prisesdanslesmursde cescollatéraux. sansgaleriede premierétagesur lesbascôtés. peudetemps après saconstruction. telles que lescathédralesde Chartreset de Soissons. qui continuèrent à étrésillonnerles pilesparallèlement à l'axe de l'église. par exemple. ellepossédait descollatérauxavec galeriedepremierétage voûtée. avecun simulacre de galerie seulement. dansl'épaisseur du mur d'adossement du comble des galeries. cette église. ou plutôt à faire profiter les collatéraux de toute la hauteur de cette galerie. Cependantdéjà desarchitectesplus hardis ou plus sûrsde leurs matériaux avaient.[ ARCHITECTURE ] - 198 - encore franchement le système d'équilibregui devintbientôtle principe de l'architecture gothique.on construisait la nef de la cathédrale de Rouen.on renonçait aux galeriesde premier étage. Ce n'était donc que timidement. dans quelquescontréesdu moins. qu'on s'aventurait à donner une grandehauteur auxbas côtéset à supprimer la galerie voûtée de premier étage. et que ne voulant paséleverdémesurémentlesvoûtesdesnefs.La nef ne fut élevéequ'un peu plus tard. où l'on établissaitbénévolementune disposition semblableà celle qu'un accident avait provoquéeà la cathédralede Meaux. . Cequi est certain. de 1200à 1225. Le chSur de l'église abbatiale d'Eu avait été élevé. et commeà la cathédralede Rouen. ainsi que le transsept et la dernière travée de la nef.bâti de grandes églises.et l'on se contentait du triforium pratiqué dansle mur d'adossement descomblesdesbascôtés.en lui donnant une plus grandeimportance. A Eu.Dans le même temps. avec bas côtéssurmontésd'une galerie voûtée de premier étagedansles dernières annéesdu xnesiècle. comme au croisillon sud de Boissons. aux églisesdéfinitivement gothiques. comme à la cathédralede Laon.élevée à la hâte. môme disposition. en conservant celles de la galerie du premier étage. en renonçant aux voûtesdesbascôtéset élevant ceux-ci jusqu'aux voûtesde la galerie. Dès les premières années du xme siècle la cathédrale de Meaux avait été bâtie. il se déclara desmouvements telsdans ses maçonneries.La cathédrale de Bourges nous donnela curieuse transitiondesgrandes églises à galeries voûtées et à doubles bas côtés. vers 1225.de sorte que le bascôtéfut doubléde hauteur.comme Notre-Damede Paris.c'estqu'au commencement du xiu' siècle on n'admettaitplusles collatérauxbas. et triforium pratiqué.ou sansétrésillonnement simulantces galeries et rendantlespilesdesnefsplussolidaires. à peu près à moitié de leur hauteur. et n'a jamais existé.dèsles premièresannéesdu xmesiècle. Or.c'est-à-direqu'on étré>ill< mnait ti niteslespilesdela nef entre ellesparallèlementà l'axe del'église. qu'on sentaitle besoin de les élever. au moyen d'une suite d'archivoltes simulant une galerie de premier étagequi n'existe pas. qu'il fallut y faire desréparationsimportantes : parmi celles-ci.avait été mal fondée.il faut compter la démolition desvoûtes desbascôtés du chSur. on laissatoutefois subsisterdansles travéesparallèlesdu chSur lesarchivoltes et la claire-voie de la galeriesupprimée. en ne conser- vantplusquele triforium pratiquédansle mur d'adossement descombles latéraux.

du Mans.. et de Béarnais surtout. 34) nousfait voir le premierbascôtéA débarrassé de la ga- .H'!) [ ARCHITECTURE ] tellesque les cathédrales de Reimset d'Amiens. Bourges. La coupetransversale decetteimmense cathédrale que nousdonnonsici (iig.c'est Notre-Damede Paris moins la galerie do premier âfc sélage.

sontau premierétage. il faut le couvrir. comme à Notre-Dame de Paris. F des deux collatéraux. Examinons cette coupe transversale: impossiblede construire un bas côté extérieur plus basque le collatéral G. ces fenêtres supérieures elles-mêmes sont courtes et d'une proportion écrasée. Môme proportion de la nef qu'à la cathédrale de Paris . sous clef.Or ce problème est loin d'être résolu à Bourges. qu'on aperçoit les efforts de^ constructeurs pour restreindre la hauteur des édifices religieux dansles limites les plus strictes. qui.on le lit plus large. elles commandent la hauteur du collatéral intérieur A. ils étaient à peu près sans usagedansles nefs. Le secondbas côté G estseul réduit aux proportions de celui de Paris et s'éclairepar desjours directs D. de les éclairer. bâtidix ansplustard quecelui de Bourges. Si lesdoubles collatérauxétaientutilesdansle voisinage du transsept et du chSur.et des fenêtres éclairantdirectementle chSur sontouvertes audessus du triforium sous lesvoûtes. elles donnent la hauteur desgrandesvoûtes.On y renonça bientôt. la hauteur de ce comble donne l'appui des fenôtres G . avant de chercher une idée symbolique dans la hauteur des nefs gothiques. la nef de Bourges. le chSur avec doublebascôté. Ainsi donc. a environ en hauteur trois fois sa largeur. il faut éclairer la nef. C'esl à Bourges. Dans le chSur deBeauvais. le premier collatéral hors de proportion avecle second.les jours B.bâti pendantla premièremoitié du xmesiècle. Les voûles sont éclairéespar lesfenêtres G pratiquées. peut-être. au-dessus du comble du premier bas côté surmonté de sa galerie. éclairent directement la nef à Bourges. Les piles seulesde la nef sont démesurément longues. les fenêtresB sont largeset basses.plus que partout ailleurs.L'étroitesse des collatéraux doubles ou simplesdes églises de la fin du xne siècle et du commencement du xin" siècle était motivée par la crainte de voir leurs voûtes pousser les piles à l'intérieur (voy. E décorent les murs d'adossement des deux combles F. Deux Iriforiums E. les fenêtressont courtes.ne conservantqu'un bas côté dans les nefs des cathédrales. savoir : d'élever de grands édificesvoûtés d'une suffisantelargeur. il faut aussi poser un comble sur les voûtes de ce collatéral. seulement. à Noire-Dame de Paris. voyons-y d'abord une nécessité contre laquelle les constructeurs se débattent pendant cinquante annéesavant d'arriver à la solution du problème. un triforium est percé dans l'adossementdu comble de cescha- pelles. A la cathédrale duMans. les galeriesdu tnforium écrasées. ne pouvant servir que pour les processions.présente . CONSTRUCTION).Les piless'élèvent isolée» jusqu'auxvoûtes. qui à Parisne peuvent éclairer la nef qu'en passant à travers la claire-voie de la galerie supérieure. et de donner à toutes les parties de l'architecture une proportion heureuse.[ ARCniTECTCRE ] - 200 - lerie qui le surmonte à la cathédrale de Paris. la hauteur du premier comble F est donnée forcément par les pentes convenables pour de la tuile. même disposition pour l'unique bas côté qui donne entrée dansles chapelles. de les rendre stables.

Mais en Champagne. De même que dansles nefs on remplaçait les doubles bas côtésétroits par un seul bas côté très-large.en Normandie.201 [ ARCHITECTURE ] la même coupe que celui de Bourges. Nous avons dit et fait voir par des exemplesque le triforium. les fenêtressupérieuresmoins courtes. dèsles premières annéesdu XHI*siècle. Si dansla NotreDamede Paris de Maurice de Sully. fig. les chevronset le dessous des tuiles de ces couvertures à travers les arcades du triforium : c'est ce qui fut pratiqué dans les cathédralesde Langrès. Mais ici il nous faut encore retourner en arrière.commeau Mansencore. 13 et 19. était percédans les murs d'adossementdes comblesdes bascôtés. commeà Beauvais. le triforium est une claireToiedonnant simplement sousles charpentes desbascôtéset les éclairant (voy. commeà Bourges. à Chàlons. Onsentait le besoin d'agrandir ceschapelles. elles sont espacéeset permettentau collatéral de prendre desjours directs entre elles.mais beaucoupmieux étudiée. sur le domaine royal.et parconséquent de lesélever et de leséclairerlargement.qui obligeaient lesconstructeurs. La vue de ces dessous de charpentessombresn'était pasagréable. elles ne pouvaient être que très-petites et basses (voy.tels que l'église Notre-Damedu Port (fig. Pour éviter cesinconvénients. les rapports deproportionentrelesdeuxbascôtés sontmeilleurs (voy.. 60.et les combles. à Amienssurtout. dont la constructionremonte aux premièresannéesdu xmesiècle.commeà Chartres. Maisau xir siècleon avait adopté un mode de décoration I.siècles. à Chartres.les choses sont ainsidisposées.à Notre-Dame de Reims. le triforium fut fermé du côté descharpentespar un mur mince portant sur desarcs de décharge.ne pouvant êtreparfaitementclos. Du milieu de la nef on pouvait doncapercevoirlesfermes. dans les églisesbâties de 1160 à 1220.dès1220. il a existé deschapelles absidales. il s'ouvre sur des galeries voûtéesdans les édifices du centre dela France.TRIFORIUM). ARCBOUTANT.CATHÉDRALE). le triforium n'existe qu'entre lesarchivoltes du bascôté et l'appui des fenêtreshautes. ceschapelles ne sont encore que desabsidioles propres à contenir seulement l'autel.A Reims. ABSIDE). ce qui est douteux.comme au Mans. ces chapellessont aussi hautesque le bascôté et profitent de tout l'espacecompris entre les contre-forls recevant les arcsboutantssupérieurs. elles empiètent même sur leur épaisseur (voy. A Bourgeset à Chartres. Alors plus de triforium entre l'archivolte d'entrée de ceschapelles et le formeret des voûtes du bas côté..à ne donner aux chapelles rayonnantes qu'une médiocrehauteur. Dansla nef de la cathédraled'Amiens. on renonçait également dans les ronds-points aux deux collatéraux. les chapellesrayonnantes prennent un plusgranddéveloppement : tout le système dela construction est plussavant. fig.et danspresque toutes les églises du Nord. laissaientpénétrer dansl'église l'air et l'humidité. deSens et dansbeaucoupd'églisesdu secondordre. 10). 26 .Aux xi" et xii'. CATHÉDRALE. Maisun parti simpleet largedevaitêtreadoptédans le domaineroyal pour la construction deséglises. et nedevintplusqu'unegalerieétroitepemettantde circuler en dedansde l'église au-dessous desappuis desgrandesfenêtres supérieures.

qui. VITRAUX). Plus le système de l'architecture adoptéeforçait d'agrandir lesbaies. dont les couleurs sont trèsclivisées. ou lesvitraux paraissentdurs.divisant même ces point-. d'appui en faisceaux de colonnettes afin d'éviter les surfaces . Préoccupés autant de l'effet décoratif desintérieurs de leurs édificesreligieux que du systèmede construction qui leur semblait devoir être définitivement adopté.que lesverrières coloréesenrichissent la lumière pâlede notre pays. ne pouvaientlutter avecceshrillantesverrières. fl estquestion de vitraux colorés dansdesédificesreligieux fort anciens. pauvre et poudreuse.simples. PEINTURE. Les peintures murales.criards.Lestentativesfaites depuispeu dansquelques-uns de nos édilico religieux pour allier la peinture murale à sujets avecles vitraux ne font. ne laissant plus entre ces fenêtresque les points d'appui rigoureusementnécessaires pour porter lesvoûtes. et moins il était possiblede songer à peindre sur les parties lissesdesmurs dessujetshistoriques. à supprimer tous les nus desmurs dans les parties hautesde cesédifices. prèsde l'Sil. les architectes du xme siècle setrouvaient peuà peu conduits. desformeraisils avaient fait les archivoltes desfenêtressupérieures et inférieures. nous ne savons commentétaient traitéescesverrières. reconnaissantd'ailleurs que cesvitraux sont cer- tainement la plus splendidedécoration qui puisseconvenirà desintérieurs de monuments élevés dans des climats où le ciel est le plus souvent voilé. ne comportant que des tons francs. Dans ce cas.[ ARCHITECTURE ] - 202 - des édifices religieux qui prenait une importance considérable : nous voulons parler desvitraux colorés. afin de les garnir de vitraux.L'ornementation plate. puisqu'il n'en existepas qui soient antérieures au xnesiècle.maisil estcertain qu'avecle mode décoloration et dedistribution des verrières les plus anciennes que nous connaissions. en même tempsqu'elles présentaientdessujets parfaitement visibles par lestempslesplus sombres. Ne pouvant harmoniser de larges surfacespeintes aveclesvitraux colorés. à notre avis. fort en usage danslessiècles antérieurs.à une époqueoù les fenêtres destinées^leséclairer étaient très-petites. Dans les pignons ils avaient percé desrosésqui remplissaient entièrement l'espacelaissésous les voùles. qu'il écrase ti mie peinture modelée.autreque la peinture d'ornement. font resplendiraux yeux desfidèlesune clarté vivanteen dépit d'un ciel gris et triste.ou la peinture modeléesembleflasque.maisà une grande hauteur l'effet rayonnant de vitraux colorés est tel. surdesnusde murs. ils profitèrent de toutes les occasions qui se présentaient d'ouvrir de nouveauxjours. pour satisfaire aux exigences du nouvel art inauguré par eux.que confirmer notre opinion. les fresques peuventencoresoutenir la coloration translucide desverrières.laissaientpasserla lumière et atteignaient une richesseet une intensité de couleurs qui faisaient pâlir et effaçaient même complètement les fresquespeintes auprès d'elles.plus on lesremplissait de vitraux colorés. et même faire ressortir leur brillante harmonie (voy. il est difficile de faire dela peinture harmonieuseopaque. est la seulequi puisseseplacer à roté des vitraux colorés. et lesformes fortement redessinées par de largestraits noirs. Dansdessoubassements.

Cette transition est bien sensibleà Amiens.20'j [ ARCHITECTURE } plates ils ouvrirent aussilestriforiums et en firent desclaires-voies vitrées.\ 12AO. 35).. La nef de la cathédrale d'Amiens. et l'Suvre haute . possède un triforium avecmur d'adossement plein derrièreles combles desbascôtés (fig. élevée de 1230 .

c'est-à-dire une surface . que lestrianglescomprisentre les archivoltesdesbascôtés.[ AHCHITECÏTRE ] - 20j à claire-voio du chSur. lesfaisceaux despiles.et l'appui du triforium. nous montre un triforium vitrée : de sorte qu'il n'existe plus dans ce chSur ainsi ajouré. bâtie de 1250 à 1265. en fait de murslisses.

Lesparties supérieures du chSur delà cathédrale d'Amiensne marquentpasla première tentatived'un triforium ajouré. les inconvénients de ce systèmeprimitif. lestuiles dérangées par le vent tombaient du comble supérieur sur lescomblesdesbas côtés. et pénétrait à l'intérieur. dénuées de sculpture. LARMIER. chaque fois qu'ils voulaient apporter un perfectionnement dans leur mode d'architecture.la distanceentre lescom- blesA et B étaittelle.Nousdonnon. (flg. avec gargouillessaillantesde pierre. quel'eau. pour une surface de 800 mètres environ de vides ou de piles diviséesen colonnettes. La pluie qui fouette sur le grand comble A (fig. poussée par le vent. de la nef et du chSur de l'église abbatiale de Saint-Denis. de le remplacer par une couverture B à double pente. L'établissement du comble à double pente exigeaitun chéneauen G. dans les climats plu- vieux. 36) une travée perspectivede la nef de l'église abbatiale de SaintDenis. venait frapper les murs. Mais pour vitrer et laisser passerla lumière par la claire-voie pratiquée en A dans l'ancien mur d'adossement du comble du bas côté. Dansles édifices religieux de l'époque romane. et leseaux s'échappèrent le long deslarmiers dont les sailliesétaient très-prononcées (voy.Déjàlesarchitectes du chSur de la cathédrale de Troyes. tels que la Normandie.Ainsi.qui fait comprendrecedernier parti. 37) s'égoutte sur les toitures des bas côtés B. de couverture. Mais lorsqu'on se mit à élever de très-vastes églises. et l'on avait établi des chéneaux à la base des combles des bas côtés seulement en C. C'est ainsi que les écoulementsd'eaux pluviales sont disposés à la cathédrale de Chartres. et causaient des dommages considérablesaux couvertures : de 1200 à 1220 des assises formant chemin de couronnement furentposées à la basedesgrandscombles. CBÉNEAU). ou par une terrasse. bâtis vers 1240. d'écoulement des eaux. et de là tombe à terre. adopté depuislorsdanspresque toutesles grandeséglises du domaine royal. avaient considéré le triforium commeune véritable continuation de la fenêtresupérieure. les vitres des fenêtres largement ouvertes. Bientôt on creusa ces assises de couronne- ment posées à la basedes combles. les eaux descombles s'écoulaientnaturellement par l'égout du toit sans chéneaux pour les recueillir et les conduire à l'extérieur. et ils n'hésitaient jamais à prendre un parti franc. il était nécessaire de supprimer le comble à pente simple. en se laissant entraîner aux conséquencesrigoureuses du principe qu'ils avaient admis.- 205 - [ ARCHITECTURE J de 20 mètres de nus. en chéneaux dirigeant les eaux par . les architectes du xme siècle. étaient amenésà bouleverser leur système de construction. et desécoulements d'eau compliqués. Dès le commencement du xne siècle 37 on avait reconnu déjà.

Dans le domaine royal on remplaçait toutes les anciennes églises romanes par des monuments DEB conçus d'après nouveau. ARC-BÛTTANT). commençant desreconstruc- tionspartielles quele manque deressources lesobligeait delaisser inachevéessouvent. plus il était nécessaire de rendre l'accès facile à toutes hauteurs. ainsi qu'on peut l'observer dans lescathédrales de Narbonne et de Limoges. l'expérience des constructeurs. avaient jetéun si vif éclat. d'opposerun obstacleà la chute des tuiles ou ardoises des combles supérieurs sur les. de richesse et modifiaient ainsi ra- pidement l'architecture religieusependant le xmesiècle. à la base des comblesdes collatéraux en D (fig. soit pour tendre et orner les intérieurs lors des grandessolennités.ce qui permettait d'établir au sommetde l'édifice un circuhtion utile pour surveiller et entretenir les toitures. avaientélevéde vastes églises. à l'extérieur en I.couvertures basses. les verrièreset les maçonneriesà l'extérieur. au-dessus du triforium en E. laissaient seulssubsister lesmonuments qui marquaient l'époque deleursplendeur . montèrentleurs pilespleines. ayant reconnu que ces passagesavaient nui souvent à la stabilité des édifices. entre la pile et la colonnerecevantla tètede l'arc-boutanl.Plus tard lesconstructeurs. en remplaçant autant qu'il était possible lescharpentes par desvoûtes. Ce n'était donc pas sansraisonsqu'on établissaità l'extérieur une circulation assez large dans tout le pourtour desédifices religieux. pendant le xnesiècle. possesseurs alors .[ ARCHITECTURE ] - 206 - desgargouilles saillantes au droit desarcs-boutantsmunis de caniveaux (voy. les paroisses pauvres conservaient parforce leurséglises romanes. 38). élevés. penchantversleur déclindéjà au xmesiècle. Les un mode tout établissements religieux qui. derrière ces piles. mais alors les bas côtés étaient couverts en terrasses dallées (fig.faisantpourtournerles passagesdans le triforium et au-dessus. les prieurés.on ménageait un passage à l'intérieur dansle triforium. 35 et 36).étaient possédés de la . Des besoins nouveaux. Plus les édifices religieux devenaient importants. à la basedes grandscombles en F. soit pour réparer les toitures. à l'intérieur en G. Pour ne pas interrompre la circulation au droit des piles dans les grands édifices religieuxdu xm" siècle. mais tous. riches ou pauvres. derrièrelespiles en H. etqui. puis ceschéneauxfurent bordés de balustrades. des habitudes de luxe. dansle triforium. de biens immenses.

dans touteslesp-ovinccs eu Nord. Toutefois la construction des chapelles de la nef de la cathédrale de Paris devance de beaucoup l'adoption de ce paiii dans les autres églises du domaineroyal. qui date du xue siècle. était dé- pourvue dechapelles même aurond-pointprobablement. ceuxdescathédralesde Laon.n'est pasadoptée danslc> églises de la règlede Citeaux.Lesgrandescathédralesélevéesde 1160à 12&0 n'étaient pourvues de chapellesqu'au chevet.à Cluny même.Tel était alorsle désir de satisfaire aux besoins et aux goûts du moment.on n'admettait plus guère de bas côtés sans chapelles : lesplansdesnefsdescathédrales de Clermont-Ferrand. La cathédrale de Paris. de Sens. ces porches étaient surmontés de deuxtours. Celuxe detoursnepouvait convenir à l'austéritéde la règle de Citeaux : les religieuxde cet ordre n'admettaient quele strict nécessaire. ainsi que nousl'avonsdit plus haut. de Rouen. fermé aussi.- 207 - [ ARCHITECTUKE J fureurde bàlir. etenfin au commencement du xivesiècle on établissait de grandes chapellestout autour du rond-point. de Coulances. ayant une très-grandeimportance. sont modifiéspour en recevoir. dont la partie antérieure date de 1250 environ. et faisaient. Les évèoues étaient h la t(He decemouvement. commeà Vézelay. de Narbonne. deFontenay. on ne les établit que pendant le xive siècle. n'a pasde chapelles. à Amiens. par suite. de Troyes. et un clochercentralcouronnaitla croisée. rebâtir leurs cathédralessur de nouveauxplans que l'on venait modifier et amplifier encore a peine achevées. de Morimond. non plus que les bras de la croisée. à la Charité-sur-Loire. maispeu profond . deLimoges.CATHÉDRALE).etc. n'étaientaccompagnées que de collatéraux doublesou simples. En 1230. Les nefs. et de remplacer lesvieuxédificesromanspar d'élégar. entre autres. quatretours accompagnaient en outre lesdeuxcroisillons du transsept.les nefsne sontprécédée^ qued'un porche bas. A cette époque. et en 1240 déjà on crevait les murs des bascôtés de la nef pour établir deschapelles éclairées par de largesfenêtresà mentaux entre les saillies des contre-forts. de 1300 à 1350.une seuleflèches'élève surle milieu du transsept : ainsi étaientconçues leséglises de Clairvaux. qu'on n'hésitailpasà reprendrede fond en combleun immense édificetout neuf. un seul clochersur le milieu de .pour le mettre en harmonieavecles dernièresdispositionsadoptées. Cette opération était continuée vers 1260sur les côtés parallèles du chSur.la cathédrale de Parisétaitachevée (voy.ont étéconçus uvre deschapelles. celles deBourges et de Chartres n'ont que de petites chapellesabsidales pouvant à peine contenir un autel.tcs constructionsélevéesavec une rapidité prodigieuse. le pignon delàfaçade n'est pas flanqué de tours. lesfenôtressupérieuresde la nef et du chSur élargies et allongéesjus- qu'au-dessus desarchivoltes dela galeriedu premierétage .la nef.Cette disposition.les voûtesdecette galerie modifiées. Lesnefsdeséglises appartenant à la règlede Clunyétaientprécédées d'uneavant-nef ou porchefermé. les deux pignons du transsept étaient entièrement reconstruits avec roséset claires-voies au-dessous. de Pontigny. A Heims.

s'ouvrant directement sur lesparvis.prirent aux grandes églises monastiques une partie de leurs dispositions. dans la collégiale de Beaune. à Sens. en repoussèrent d'autres. resserrés. ne convenaientpasaux cathédrales : on y renonça. Les porches de Cluny et de Citeaux se retrou- vent dansla cathédrale d'Autun.à Amiens. de même à Rouen.autour de sesgrands établissements. de portails évasés. hautes. puissamment empâtées.et quantitéde petiteséglises. possèdent destourscentrales qui font ainsipartie du vaisseau intérieur. cesontplutôtdes clochers terminés pardes flèches debois.à Coulances. de la lumière et de l'espace au centre de l'édifice.La cathédralede Laon possédaitet possède encore en partie deuxtours autrefois couronnéesde flèchessur la façade. versle commencement du xine siècle.quand elles existent.Dans le domaine royal. et ne sontpasseulement desclochers.à la fin du xii. tandisquelestoursdesfaçades normandes sont étroits.cette reine deséglises françaises. ces porches fermés. . comme d'une i Cette disposition primitive àBaveux fut modifiée auiuiesiècle parla construction voûte au centre de la croisée. seulementces porchess'ouvrent sur leurs trois faces. lestourscentrales sontrares.mais ne sevoyantpasà l'intérieur desédifices. ou même. les cathédrales de Coutances. et leursétages décorés de galeries à jour sevoyaient de l'intérieur.avantl'incendie de la fin du xve siècle.quatre tours aux extrémités des bras de croix.Dansl'Ile-de-France. Mais telle élait l'influence des grandes églisesabbatialesdans les provinces.ARCHITECTURE MONASTIQUE). Enrevanche.Chartres présente la mêmedisposition.Ellesdevaient être largement ouvertes à la foule. de Bayeux ». voisine de Cluny.que nous voyons leurs dispositions se perpétuer dans les cathédrales.les collégialesou les simples paroisses élevéesdans leur voisinage. Lescathédrales du domaineroyal. formant comme une immense lanterne donnant de l'air.etc. les cathédralesadoptent lestours des grandeséglisesbénédictines clunisiennes. commeà celle de Chartres(voy. Bourges.La règle deCiteauxa sur lesconstructionsreligieusesune influence plus marquée encore. à Sées. C'est en Norman- die surtoutque les tourscentrales avaientpris une grandeimportance dans leséglises monastiques comme danslescathédrales ou lesparoisses. si bien appropriés aux besoinsdesmonastères. était munie de ses six tours et d'un clocher central terminé par une flèche de bois. maisplutôt des coupoles ou lanternes donnantdela grandeur etdela clarté aucentre del'édifice. de l'abbaye deJumiéges. saufla tour centrale.comme à la cathédrale de Laon. construites avec luxe.les clochers defaçade des églises acuité.'.dans les églisesde Bourgogne et du Maçonnais.siècle. On se contenta de porchestrès-ouverts.comme à.terminés pardesflèches de pierred'uneexcessive >ont larges.et ne forment plus une avant-nef fermée.à Reims. et une tour carrée sur les arcs- doubleaux dela croisée centrale.la cathédrale de Paris. Reims. Les églisesSaint-Etienneet de la Tri- nité de Caen.[ ARCHITECTURE ] - 208 - l'église devaitsuffire aux besoins du monastère (voy.cette CATHÉDRALE). interceptant les issues.

Renouard. pendant les xieet xnesiècles. entre autres.Notre-Dame de Strasbourg possédait ses deux ab- sides comme la plupart des grandes églises rhénanes. qui datent du xie siècle. possèdentdesabsidesà l'occident comme à l'orient. cequin'excluait pas l'abside dusanctuaire. l'autre à l'ouest. nous voyonsencore à la cathédralede Neversune abside et un trarisseptdu côté de l'est..'traceune grande et petite église.) l. on est frappéde l'analogie des constructions du chSur avec celles des cathédrales de Mayence et de Spire. Des escaliers à vis.dit : « Au devantest une abside de formeronde» (inaateabsiriem rntundomfia- bens). Cette dernière cathédrale même se trouve avoir deux transsepts en avant de ses absides. FLÈCHE). II. dont nous trouvons destracesdans l'Histoire de Grégoirede Tours1. le sol de cetteabsideest relevésur une crypte ou confession.Lorsquel'on visitela cathédrale de Strasbourg. ARCHITECTURE MONASTIQUE).209 [ ARCHITECTURE ] dans les églisesde Notre-Damede Paris et de Mantes(voy. d'une grande importance. Ce parti se trouve plus franchement accuséencore dans l'église cathé- draledeMayence. chacune avecdeux absides. A l'est de la France.l'une du côté de l'entrée. l'une à l'est. deséglises avaient étéélevées suivant un modeparticulier commeplan et commesystèmede construction. Comme pour appuyer le texte de cet auteur.L'auteur du plan de l'abbayede Saint-Gall (voy. 180. les cathédralesde Trêves et de Mayence.et il y a lieu de croirequ'au xnesiècle. modifiées aujourd'hui. flanquaient les deux tours du côté de l'ouest. CLOCUER.et estindiqué déjà dansle plan de l'abbaye de Saint-Gall. dans le curieux dessin du IXe siècleparvenujusqu'à nous. sur les bords du Rhin. I. 27 . l'église abbatiale de Laach(xi% xne et xmcsiècles). deTours. Plusieurs de ces monumentsreligieux possédaient deux absidesen regard. Sur le territoire carlovingien par excellence. en parlantde l'églisebâtieà Clermont par saintXumatius. (Grég. t. On peut entendre «une abside ducôte del'entrée ». mais dont la trace est parfaitement visible. CATHÉDRALE. et quatre tours plantées dans les angles rentrants formés par les transseptsaccompagnaient les deux ronds-points. C'était là une disposition fort ancienne. dansl'égliseabbatiale de Laach. 89) le plan 1 Liv. Grégoire de Tours. p. l'autre pour le sanctuaire.édit. Voici(fig. Les cathédrales de Besançon et de Verdun présentaient des dispositions pareilles. 1836. là où l'architecture carlo- vingienne laissaitdesmonuments d'unegrandeimportance.

ils firent l'application de la voûte d'arêteantiqueavec moins d'hésitation que les constructeurs de )'Ile-de-France et de la Cham- pagne. où l'on voit toutes les formes. fait une brusqueinvasion. le transsept de l'ouest. En G. vers le milieu du xiii'siècle. en B et en I.dans les provinces de l'ancienne Austrasie. de la Normandie. la nef. ou n'en peut guère douter. d'une mode irrésistible. lorsqu'il fallait voûter desnefsétablies sur le plan latin. eu H. àMayence.le transsept de l'est. mais comme le résultat d'une influence. la courbeentiers-point ne vient-elle que fort tard. au xiesiècle.et débarrassée de ton teslesadjonctions qui la dénaturent aujourd'hui. complète et arrivée à sondernier degréde perfection. D. cesdispositions ne rappelaientnullement cellesadoptées au xuesiècledansleséglises du domaineroyal.et cela est bien frappant dans la grande salle ronde bâtie au nord de la cathédrale de Trêves. comme un mélangede la basilique latine et du plan de l'église byzantine.à peine si l'on aperçoit une transition.On le voit. Il entrait danscesplans un élément étranger aux traditions latines.et vient poser ses règles sur les bords du Rhin comme dans toutes les provincesde France.[ ARCHITECTURE ] - 210 - de la cathédrale de Verdun telle qu'elle était à la fin du XIIesiècle. le produit d'une influence orientale. et sans chercher dans l'arc eu tiers-point un moyen de diminuer les poussées. par suite destraditions qui leur avaientététransmises. ils se trouvaient dansle même embarrasque tous leurs confrèresde l'Occident.Maissi les architectesde l'Austrasie. par cela même qu'ils n'avaientpascessé de faire des voûtes. E. et non son principe. et que les traditions romaines s'étaient assezbien con- servées en Austrasie.à Mayence et à Strasbourg. est le sanctuaireautrefois fort élevé au-dessus du sol de la nef. commeà Spire. Probablement. destours. qui sont admises. . ils arrivaient à la construire sansavoir passé par la voûteen berceau. Entre les monumentspurement rhénanset les cathédrales de Strasbourget de Colognepar exemple. ou exceptionnellement. En A. avec crypte au-dessous. une C'iupoleà panscoupés portéesur desarcsposés en gousset ou surdeslrompillons. l'abside occi- dentale.du Poitou et del'Aquitaine. et cet élément avait été introduit dansl'Austrasie dèsl'époque de Charlemagne : c'était. commeles architectes bourguignons et des provincesdu Centre. non comme une néces- sité.adaptésà un plan et à desdispositionsde constructions qui appartiennentaux traditions carlovingiennes. D'un autre côté. commeà Spire. F. en G. il y a continuation du mode roman de l'Est jusqu'au moment où l'architecture du domaine royal étudiée.Il existe encoreàVerdun destracesdecettecrypte ou confession sousleschapellesB qui étaientrelevées au niveaudu sanctuaire.Onrencontre bien parfois danslesprovinces austrasiennes l'application du style adopté au commencement du xmesiècle dansle domaine royal.convertie aujourd'hui en vestibule.les profils et l'ornementation de l'architecture française du commenccmontdu xine siècle.de difficultés pour voûterlesabsides et lescoupolesdestranssepts.il existait au centre du transsept de l'est. à Besançonetà Strasbourg. Aussi. un cloître . G. l'entrée ancienne. mais ce ne sont que les formes de cette architecture.n'éprouvaientplus.

C'est dansunepauvre église peu visitée quenous allonssuivrepasà paslestentatives desconstructeurs del'Alsaceet de la Lorraine. Bâtiependant laseconde moitiéduxiesiècle. découvrent lestransformations et lesprogrèsd'un art. sansbascôtéset sanschapellesrayonnantes. quantà l'absidede l'ouest. et engrislesmodifications apportées au planprimitif pendantle xn* siècle. mais pourles nefsavecleurs collatéraux. la Champagneet les Flandres. peu importants d'ailleurs.211 [ ARCHITECTURE ] Examinons donc comment les constructeurs lorrains. . Nousl'avons dit.sur les fondements anciens . Il est intéressantd'étudier certains édifices. Maisla partiela plusintéressante pour nousaujourd'hui. L'abside de l'est fut rebâtie au xiv' siècle.Nous avons indiqué ennoir lesconstructions duxiesiècle. lorsqu'on renonça auxcharpentes apparentes(car danscescontrées. les incendies ruinaient lesédificesreligieux de fond en comble). de l'établissement desvoûtes sur les nefsdesbasiliques latines. cetteéglise présentait probablement alorsla disposition du planrhénanadopté dan» la cathédrale de Verdun. si jamais ellefut élevée. Telleestla calhédralede Saint-Dié.nulle difficulté .comme partout. et dont lescotés parallèles étaientpuissamment épaulés par destours carrées construitessur lespetites chapelles s'ouvrant dansles croisillons du Iranssept. par unefaçade moderne. avaient procédéau xi' siècle. pour lesabsidesdont la partie serai circulaire. un systèmede "V J? "voûtes qui nepoussât paslesmursen dehors. la nef. existeencore : voici (fig. était voûtéeen cul-de-four..maisqui. par lesmodifications qu'ils ontsubies. il fallait appliquer. ou plutôt des provincessituées entre le Rhin.elle a étéremplacée. pour résoudre ce problème tant cherché. 40) le plan decette nef.

ACDBétaient couvertspar un plafond rampant formé simplement de che- 41 vrons.et séparées entre elles par desarcs-doubleaux. les collatéraux ne pouvaient l'être que par une voûte barlongue. dèslors le» . les formeretsCD eussenteu leur clef au niveau de celles desarchivoltes AB.si la nef centrale était voûtéefacilementpar suite de la dispositioncarréedechaquetravéeABBA.iux latéraux bandésde A en Get de B en D.ainsique l'indiquela figurel\l.desfenêtresjumelles éclairaient la nef sousles formerets de cesvoûtes qui étaient contre-butéespar desarcsdoubli-. B. et la difficulté qui avait arrêté les architectes de la Champagnequand ils avaient voulu voûter les nefscentrales. Maisalors.évitée dansce caspour celles-ci.c'est-à-direpar la pénétration de deux demi-cylindres.sereproduisait dansles bascôtés. Les parallélogrammes. supportaient desvoûtes d'arêteconstruites suivantle moda romain.[ ARCHITECTURE ] ~ '2['2 LespilesA.mds demi-cylindres dont le diamètre eût été AB.En admettant même que les obstacles qui empê- chaientdefairedes voûtes d'arêtesurun plan barlongeussent étéfranchis en faisantpénétrerdesdemi-cylindres dont le diamètreeût étéGAdans -i.

62)'. Celtedisposition de voûtesd'arête 1 Cetteconstruction fut encoremodifiéeauxniesiècle par la réfection de nouvelles "voûtes sur la nef contre-butées par des arcs-boutants. ZiOj despilesplusminces E. . renonçantaux plafonds rampants. et formantplafondrampant. mais onretrouve facilement les traces de ces transformationssuccessives.surlesquels ils purentsans difficulté fairedesvoûtes d'arêtecomposées de demi-cylindres égaux sepénétrant.- 213 - \ ARCHITECTCUE ] combles. seraientvenus masquer les fenêtresjumelles percées sousles formerets desgrandes voûtes. et dontlesclefsne s'élevaient pasassez pourempêcher de trouverla hauteurd'uncombledeH en K (fig. avait l'avantagede ne pasperdre la hauteur du comble desbascôtés.voulurent aussivoûter les bascôtés. Ceschar- pentes furentdétruites par un incendie. ils établirent alorsentrelespilesdu xiesiècle(fig. Le système dechevronnage posé simplement deABenCD. et auxn* sièclelesconstructeurs. pourobtenirdesplansEtiDF carrés. par leur inclinaison.

à Constantinople (fig. mais définitivement admise. et dansbeaucoup d'édifices religieux d'Alsace et de Lorraine. non plus commeà Saint-Dié. Telle estl'église deSergius. rentjusqu'au moment oùl'architec turedu domaine royal français fit Avant d'aller plus loin. dansla curieuseéglisede Rosheim. nous de- vons expliquer ce que nous entendons par influence byzantine. mais avectranssept terminé pardeuxabsides : telleestl'église de la Nativité du couvent de Bethléem (fig. architecture byzantine.[ ARCHITECTURE ] - 214 - à plancarrésurles nefset surles bascôtésau moyende la pile intermédiaire posée entreles pilesprincipales. les construcleurs lorrains et alsaciensl'appliquè- [ J £ \.obtenuepar suite d'une modification au plan primitif. se composant d'unecoupole centrale posée surtambour ou surpendentifs. galeries latérales.et narthex du côtéde l'entrée. et ce _j I r problème une fois résolu. II existeen Orient trois planstypes qui ont étéappliqués aux églises.uneou trois absides à l'est. avec quatreouvertures vers lesquatrepoints cardinaux. seretrouveau xn" siècledansles cathédrales de Mayence. Le plus ancien est le plan circulaire. antérieure à la grande .43). dont le Saint-Sépulcre deJérusalem estun desmodèles lesplus connu*. le Rhône et l'Océan. de Spire. comme un procédé pour voûter à la fois les nefs centrales et les collatéraux. pour Jaire comprendre comment cette influence s'exerce sur l'architecture religieuse du territoire compris entre le Rhin.44).Le troisième est le planbyzantin proprement dit. Le second type est un dérivé de la basilique antique. ^V J invasionchezeux.

ou en quart de sphère.une enceinte destinée à conserver. soit une sépulture. Paris. C'esttoujours la coupolecentralesur tambour ou pendentifs.dansla vé- ritableacception du mot.p. ou d'arête. comme l'église de l'Ascension à Jérusalem '. 43).sousle règnedeConstantin.L'église circulaire terminéepar une coupole avec jour central ou fenêtrespercéesà la basede la voûte était plutôt un lieu consacré. épaulée par desvoûteslatérales en berceau. dériventdu mêmeprincipe. à moins que par exception. 1 Voy.- 215 - [ ARCUITECTL'BE ] église de Sainte-Sophie quenous donnons ici (fig.. commedans l'église deBethléem. 249 et suiv.danslesquelson retrouvele plus souvent l'enceinte consacrée. Tellessont.^d~-jy '-»- *"-« l'un destypes(église de Kapnicarea) (fig. Albert Lenoir.la coupolecentrale. . " .1852. avec certaines modifications. soit destraces divines. par M. 46). le parti de la basiliqueromainen'ait été presquecomplètement appliqué (fig.Cesmonuments. i5). Y Architecture monastique. Sans parler des nombreux édifices circulaires qui. bien quo très-différents par leursdimensions et la manière dont ils sontconstruits. eut une influence sur tous les édifices chrétiens élevés enOrient. Cependant cetteforme primitive. Dèslespremiers sièclesdu christianisme. il semblerait que le plan circulaireadopté en Orient eût cependant exercéen Occident une influence notablesur l'architecture religieuse.qu'une église. les petites églises d'Athènes dont nous présentons -».et qui.: commele Saint-Sépulcre.adoptée dèsl'époquedeConstantin. furent élevés à Rome.

1IJ. IV. pour abriter la sépulture de son épouxet de sessuccesseurs. Childebert fit bâtir l'église Saint-Vincent (aujourd'hui SaintGermain l'Auxerrois). on jetait les fondementsd'une église reproduisant les dispositions du Saint-Sépulcrede Jérusalem. Dubreul. Mais si l'on peut considérercesédificescirculaires comme procédantd'une influence orientale. A la mômeépoque.deTournai.ou plutôt de leurs chapelles (car cesmonuments sont tousd'une petite dimension). il existait une chapellequi avait conservéle nom de Saint-Jean le Uond2. au nord de l'église abbatiale de Saint-Denis en France.a fait éleverles églises à transseptsterminés par des absidessemi-circulaires. S. que par les deux absides ouvertesdans les deux pignons de la croisée. on voit encore l'étage inférieur de la rotonde commencée au viie sièclederrière l'abside de l'église.puisquele Saint-SépulcredeJérusalemestun monument de la décadence romaine. Les véritablestypes byzantins.compris la crypte. si nous prenons l'église du monastèrede Bethléemcommele type qui. étaient romains aussi bien que le Saint-Sépulcre. au fond du Languedoc. on construisait la grande égliseabbatiale do Charroux. un monument circulaire avec bas côté à deux étages. SÉPULCRE (Saint-)]. Cette rotonde avait trois étages. l'église de Kieux-Minervois s'élevait sur un plan circulaire précédéd'un petit porche. puisque l'église de la Nativité de Bethléemest une basilique romaine couvertepar une charpenteapparente. du vc au xne siècle on bâtit en Occident un assezgrand nombre d'églisesrondes. puisque l'édifice mèrequi leur servait d'original était en Orient.. par exemple.Mabillon. liv. on ne peut toutefois les regarder comme byzantins. par J. A l'abbaye Saint-Bénigne de Dijon. Benedicli.de l'églisedeSaintMacairesur la Garonne. de Bouryo-jne. A Paris. liv. I. le plan du Saint-Sépulcrede Jérusalem (voy TEMPLE). .deBonn surie Khin. c'est Sainte-Sophiede Constantinople. 3 DonPlancher. au xnesiècle. Gharlemagne avait élevél'églisecirculaire d'Aix-la-Chapelle. 1634. 2 Ibid. dont la nef se terminait par une immense rotonde avecbascôtéstriples [voy. nous voyonsencore en plein x\T siècle Catherine de Médicis faire construire. tellesque les cathédrales de Noyon. p. imitéeau xnesiècledansl'abbaye d'Ottmarsheim.[ ARCHITECTURE ] - 216 - après tout.Au xic siècle.. à Neuvy-Saint-Sépulcre. Paris. élevéesdepuis le règne de 1 Le Théâtredes antiquités de Paris.nous ne pouvonsguère non plus considérercette influencecommeorientale. Annal. SÉPULCRE (Saint-)]. avec galerie de pourtour comme le Saint-Sépulcre3[voy. de Soissons. les commanderies de cet ordre prirent comme type de leurs églises. et ne différant de Saint-Paul hors des murs. A la gauchedu portail de la cathédrale de Paris.près de Châteauroux. De môme. 152. t.Quand l'ordre religieux et militaire du Temple fut institué.commele Saint-Sépulcrede Jérusalem. Au xne siècle. que l'on désignait sous le nom de Saint-Yincent le Rond1. Et comme pour faire ressortirl'importance de certaines traditions. ce sont les petites églisesde Grèceet de Syrie. . Hist.

l'étal relativement civilisé despeuplesarabes.\ieel. à Nevers. d'Allemands. qui entretenaient des rapports directs et constants avec les monastères de l'Occident. couvertures qui n'ont rien d'occidental . par suitede la prépondérance donnée aux arls d'Orient par Charlemagne. et en Provencepar les relations constantes des commerçants desBouches-du-Rhône avec la Grèce. porte carrée. c'estpar une infusion plus ou moins prononcéedue.. Dansl'ancienne égliseSaint-Sauveurde Nevers. dans la partie occidentale de l'Aquitaine surtout.\ucsiècles. à l'introduction d'objets d'art. est d'une certainevaleur. 28 . le commerce. existait un curieux chapiteaudu commencementdu xuesiècle. la beauté et la richessedes produits de leur industrie. par le fait. reposant sur une basebien fragile. Sanscompter les croisades. et qui.de manuscrits orientaux dansles différentes provinces desGaules. comme plan. exécutées pardes architectes locaux.Aux. de Français. absence de contre-forts.Or ces monuments n'ont uneinfluence directebienmarquée quesurlesbordsdu Rhin.Or.qui précipitaient en Orient des milliers de Bretons. et leur oter ce qu'ellespourraient avoir d'hypothétique aux yeux des personnes qui.rien n'y manque : c'estlà un édifice tout autantbyzantinqueSaint-Marc deVenise. àla hauteurdescombles. l'ancienne prépondérancedesarts et des sciences dansl'empire byzantin. sur 1 Ce curieux fragment fut découvert duns les décombres de l'église Saint-Sauveur i. sansliaisonavecelle. au premier abord. clochercylindriqueplantéà côléde la nef.constructionde maçonnerie qui rappelleles appareils ornésdes églises grecques.la vénérationque tous leschrétiens occidentauxportaient aux édifices élevés en terre sainte. ou par desimitationsde seconde main. mais qui. kl .- 217 - f ARCHITECTURE ] Justinien. en archéologie.en grande partie. écroulée en 1839.petitesfenêtres cintrées. pour ce qui toucheparticulièrement à l'architecture religieuse. puis enfin.voici un ouvrier sculpteurqui. qui n'a de byzantin quesescoupolesà pendentifs et son narlhex. ce sont des églises à coupole portée sur quntre pendentifs (voy. de Provençaux.transsept terminé par desabsides semi-circulaires. n'admettent avec raison que desfaits. non surmontée d'unearchivolte.celle des SaintsApôtres'.c'està l'insu desartistes pourainsidire. au xnesiècle. d'Italiens.PENDENTIF). sur lequel était sculptéeune égliseque nousdonnonsici (fig.Coupoleau centre portée sur pendentifsque le sculpteur a eu le soin d'indiquernaïvement par les arcs-doubleaux apparaissant à l'extérieur. Constanlinopleet le littoral de l'Adriatique. d'étoffes.contrairement aux usages adoptésdansnoscontrées. rap- pelle une seuleégliseorientale détruite aujourd'hui. Partout ailleurs si l'influence byzantine sefait sentir. Cetteéglise est complètementorientale. lesrelationsde l'Occident avec l'Orient étaient comparativement beaucoup plus suivies qu'elles ne le sont aujourd'hui. il ne faut pas perdre de vue l'importance desétablissements religieux orientaux. vient particulièrement appuyer ces dernières observations. par l'imitation de Saint-Marc de Venise. Un exemple.si apparents à celle époque dans leséglises françaises.

II. US et suiv. Didron." . Il fut transportédans le muséede la ville. inspecteur généraldesmonuments historiques.ou on lui avait remis. àlaquelle nous nepouvons mieux faire quederenvoyer nos lecteurs. La gravureest accompagnée d'unejudicieuseet savante notice de M. Mérimée. sur nos pressantes sollicitations.[ ARCHITECTURE ] - 218 - un chapiteau. vol.ceci prouvequ'à cetteépoque. il DOUS espérons qu'il s'ytrouveencore. et par nous.figureune église qu'on croirait êtreun petit modèle venu d'Orient.un fac-similéd'une églisebyzantine: dansl'un commedansl'autre cas.Ou bien ce sculpteur avait étéen Grèce ou en Syrie.au milieu de contrées où lesmonuments religieuxconstruitsn'ont presque rien deNevers en 18i3. (Voy. p.pour être reproduit. les Annn/es archéologiques. pnr M.

ils profitèrent de cette réunion de tra- ditionsaccumulées par les ordres monastiques. lesabsides à panscoupés.- 219 - [ ARCHITECfCKE J qui rappellel'architecturebyzantine. ces nouveaux artistes étudièrentet pratiquèrentleur art sansavoir à leur disposition cessources diverses auxquelles desarchitectes appartenant à desordres religieux avaientétépuisés. on retrouve comme un\: réminiscence des imbrications. un art appartenant au géniedes populationsindigènes. c'est la coupole sur pendentifs qui estprise à l'Orient. on savait cependant ce qu'était une église byzantine . tant qu'elle re^l. En Provence.Dansle'domaine royal. une partie du Poitou et de laSaintonge. En Normandie et en Poitou. plus qu'aucune autre partie du territoire occidental. . soit pour décorer ses édifices religieux.p. qui rappellentleséglises grecques d'Asie. qui.Maisdesétablissements tels 1 Voyez. Ja finesse desmoulures. Sur lesbords du Rhin.et des entrelacs si fréquentsdansla sculpturechrétienne de la Syriecentrale. que nous voyon> l'architecture occidentale abandonner It-s traditions gallo-romaines ou byzantines pour se développerdans un sens complètement nouveau. l'ornementationde l'architecturequi ^reflètent les dispositions et l'ornementation byzantines. mais c'est précisémentau moment où les guerres en Orient prennent une grande importance. dut renfermer quelques éléments orientaux. Vitet (cahiers de janvier. C'estun art plus ou moins bien étudié et connu. des combinaisons géométriques. Ils durent prendre l'architecturelà où les monastèresl'avaient amenée.ou le nord de l'Italie. ce sont If- grandesdispositions des plans. lesappareilsfaçonnéset multicolores. Seulement.sur l'architecture byzantine en France. Dansle Périgord.ni commeplan. mais enfaisant de ces amalgames dans lesquelsles élémentsorientaux et occidentauxse trouvaientmélangés à doses diverses. ainsi que nous l'avons dit déjà. cette influence ne se produit pasde la même manièrepartout. 36 et suiv. avait été envahie par les arts byzantins '. c'est la coupole sur trompes formée d'arcs concentriques.l'extrait des articles publiés par M.i mire les mains des clercs. des zigzags. Ons'explique comment l'architecture religieuse. En Auvergne. soit pour disposer. dont chaque contrée se sert suivant les besoinsdu moment. l'Angoumois. les monastères ne pouvaients'élever à un degré d'influence égal à celui de la royauté. par la fréquence desrapportsdesétablissements religieuxde l'Occident avec la terre sainteet tout le Levant. les arts d'Orient n'étaient pasignorés et devaient par conséquentexercer une influence. soit pour construire. ni commedétail d'ornementation. vers le milieu du xii6 siècle. Mais quand les arts de l'architecture furent pratiqués en France par des laïques. L'architecture religieuse se développe danslesprovinces deFranceen raison de l'importance politiquedes évèques ou desétablissements religieux. févrieret mai 1853). Lespremièrescroisadesont une part évidente danscette influence des arts byzantins sur l'Occident.

de leur richesse et de leur foi. cesontau contraireles églisesabbatiales qui dominent les cathédrales. Cettetendancedesévoques à mettre les églises abbatialesau secondrang par un signe matériel. élevait un château supérieur comme force et comme étendueà tous les châteauxqu'il prétendaitfaire releverdu sien.n'eût pu tolérer dansson domaine une sorte à'Étatindépendant. appuyé sur la puissance de sonsuzerain temporel. gênés par l'importance et l'indépendancede puissantesabbayes.comme monuments religieux. Comme seigneursféodaux. et qui. chaqueévêque devaitavoir fort à cSur de montrer son pouvoir spirituel par l'érection d'un édifice qui devenait comme la représentation matérielle de ce pouvoir. acquérirunepuissance très-étendue sousla suzeraineté royale. non-seulementdans les actespolitiques. de même l'évèqued'un diocèsedu domaine royal. si faible de caractèrequ'on le suppose. tandisqu'endehorsdu territoire royal. mais jusque dans la construction des édifices religieux ou militaires.Un sou\tTiiin. et leur aspect majestueux. ils n'avaientni le pouvoir ni surtout la volonté de conserveriesformes de l'architecture consacrée par la tradition.ne lui portait pasombrage. et profitait de sa puissance naissante. luttant souvent eux-mêmes contrele pouvoirimmense desabbés. ayantvi^-a-visde la royauté les caractèresde la vassalité. Tel était ce grand mouvement ver^ l'unité gouvernementale qui se manifestait même au sein de la féodalité cléricale ou séculière. se gouvernantpar sespropres lois.érigeaitunecathédrale plus riche. si bien justifié d'ailleurs par les désordres qui s'étaientintroduits au sein des monastères dèsla fin du XIIe siècle.ils saisirent avec ardeur les moyens que les artistes laïques leur offraient au xne sièclede se soustraire au monopole que les ordres religieux exerçaientsur les arts comme sur tous les produits de l'intelligence. nerelevant quedu saint-siège. lesévoques setrouvaient dansle siècle. par son étendue et sa beauté.de rendrel'unité à l'Église. devait mettre au second rang les églises monastiques répanduessur son diocèse. Alors l'égliseétait la plus saisissante expressiondu géniedes populations. ayant de nombreux vassaux.et explique comment quelques-uns de ces édifices remarquablespar leur étendue. n'ont pasde . étaientdevéritables seigneurs féodaux. pendantle xne siècle. ce besoinà la fois religieux et politique. aux yeux des populations. plus vaste et plus importante que les églises des abbayes qu'il prétendait soumettre à sa juridiction. fit faire à l'épiscopat desefforts inouïs pour arriver à construire rapidement de grandeset magnifiques cathédrales. une importance supérieureà celle deséglisesab- batiales. sont élevés avec négligenceet parcimonie. bien mieux. C'estaussidansle domaine royalque lesgrandes cathédrales s'élèvent en prenant. qui.Aussi voyons-nousdans le domaine royallesévèques. L'épiscopat. autemporel.Si le grand vassaldu roi. seigneur d'une province.[ ARCniTECTURE ] 220 que Cluny étaient en possession auxxi° et xnesièclesd'une puissance bien autrement indépendanteet étendueque celle du roi desFrançais.sur lesquels le roi n'exerçait aucun droit de suzeraineté. nous dirons plus. la richessede leur architecture.

après avoir rempli leur grande mission religieuse.. ont élevé desédifices encore debout. la statuaire.nesontpasplus méritants. Desesprits sages et réfléchis parmi nous cherchent à démontrer ''nous ne savonstrop pourquoi) que notre vénérablearchitecture religieuse na- tionalepèche par plusd'un point. La cathédrale de Reims est admirablement fondée. etc.d'une portée raisonnable. la musique et la poésiedoivent être jugéts d'une manière absolue : l'Suvre est bonneou mauvaise. sespiles. ils voudront bien tenir compte de cesnécessités impérieusesplus fortes que les artistes. par descontre-forts largement empattés. ni une con- du xiu° siècle étaient d'excellents structeurs. ont dû obéir à une donnée politique et religieuse qui ne leur permettait pas le choix des moyens. ne sontguèreen rapportaveccelle apparence de luxe et de grandeur. De cesdeux manièresde raisonnerquelle est la plus juste?. les matériaux employésdans sa construction sont de qualité médiocre. ses voûtes. Et nejetons pasle blâme aux architectesqui. et l'incurie deplusieurs sièclesl'a laissée livrée aux intempéries. et éleverdesédifices proches de leur ruine aujourd'hui. ou présentent desconstructions qui. Les évêques..mais qui n'en ont pasmoinsduré six cents ans. et présente notamment de cesnégligencesincroyables d3 construction qui compromettentla duréed'un certain nombre d'édifices . si les architectes hardis qui. solidement et judicieusement contre-butées par desarcs-boutants bien couverts. donc les architectes du xmc siècle étaient de mauvais constructeurs.tout en voulant éleverun vasteet magnifique monument. les élevant en matériaux insuffisants comme résistance.voyonssi les évêquesqui cachaient leur pauvreté sous une apparencede richesseet de splendeur pour concourir à la grande Suvre de l'unité nationale par l'unité du pouvoir religieux.car le peintre.. par la pauvreté desmatériauxemployés.et cependant on ne découvre dans toute sa construction déformation : donc les architectes ni une lézarde. qui partout ont cédé.. et qui les contraignent bien malgré eux. et cette cathédrale a été la proie d'un incendia terrible..comme les architectesde ces temps. sur tous les points on a cherchél'économie. et n'ont pas développéplus de scienceet d'habileté que ceux abondamment pourvus de tout cequi pouvaitfaciliter leursentreprises..221 I AHCillïtCTURE } fondations. cettecathédralecraque de toutes parts. sa ruine est imminente . sedisloque et se lézarde. La peinture. ne présenteit pasune fissure. ont encore su. insur- montables pournous. ne fondant pas leurs édifices. bien poséset ravalés.n'ont subi aucun mouvement. sanss'arrêter devant des difficultés matérielles.. la cathédrale de Sées est élevée sur de vieilles fondationsimparfaites.avec des ressources insuffisantes.. à ne p'asemployer les moyens indiqués par l'expérience ou la science. Avant de juger sévèrement. remplir le programme imposépar les besoins de leur temps. etc. avec une adresse rare. dans tous les temps. placés dans des conditions défavorables. élevées en grands et beaux matériaux de choix.Lesdiocèsespauvresdevaientéleverd'immenseset magnifiques cathédrales tout comme les diocèses riches. Ou bien. le .

ne pouvaitagir avecensemble. si les cathédrales de Chartres. de matériaux médiocres. les ressources sont modi- ques.exigences. de collégiales. n'importe! il faut satisfaireà ce besoinreligieux dont l'importance c-t supérieure à toute autre considération. Maisau xnesiècle.les unes pauvres.le pays.où la pénurie desressources a produit desédificesd'une grande sobriété d'ornementation. de permettrel'emploi de rnni''iiK'iilation la plus riche et la plus chargéequi ait jamais été appliquée aux édifices..que les architectes du . motifs d'une importance telle que force était de s'y soumettre. composéde provinces. Ce n'était donc ni par ignorance. iMais l'architecture est soumise à descirconstancescomplètement étrangères il l'artisteet plus fortesquelui : or. puisqu'ils ont élevé des édifices irréprochables comme construction.ils n'ont besoinpour exprimerceque leur espritnmrnit qus d'un peu de couleur..cela tient à desexigencesdont nous venons d'indiquer les motifs. décorée de sculptures. et s'il était dansle faux au point de vue de l'art.\me siècleconstruisaient mal. un descaractères frappant*de l'architecturereligieuse inaugurée parlesartistes laïques àla fin du xnesiècle. mais élevonsune église à nulle autre égaledans le diocèse. de Reims ou d'Amiens étaient seules debout aujourd'hui. quand ils construisaientmal. éclatante de verrières. cesconstructeurs seraient donc irréprochables? (Voy. Elle périra promptement. Si à cetteépoque quelques grandes églises affectent une richesseapparente.splendide. ni par négligence.il fallait doncquel'effort de l'épiscopat fût immense pour réunir . n'importe! il faut qu'elle soil élevée.. il était dans le vrai au point de vuede l'unité religieuse.d'un instrument. l'unité politique et administrative fait convergertoutes les ressources du paysversun but. et cependant nous sommes témoins tous les jours de l'insuffisance de cesressources lorsqu'il s'agit de satisfaireà de grands intérêts. Par cela même que beaucoupde cesédifices construits avec parcimonie sont parvenus jusqu'à nous. la cathédrale doit être spacieuse. lesautres adonnées à l'agricultureet ne progressant pas.de paroisses.on leur reproche leur pauvreté. maisoù l'ait du constructeur apparaît d'autant plus que les procédéssont plus simples.d'un morceaudepierreou de marbre.[ ABCHITECTUBE ] - 222 - sculpteur. on accuseleurs constructeurs! mais s'ils étaient tombés. les matériaux plus grossiersou de qualité médiocre. après avoir traversé plus de six siècles. nos successeurs en bâtiront une autre.lesautres riches. «Avant tout. les unespleinesd'activité et de lumières. CATHÉDRALE. suivantles besoinsdu temps.tels que les chemins de fer par exemple.) Dansnotre siècle. le musicienet le poètepeuvents'isoler.qui contrasteavecl'extrême pauvretédesmoyens de construction employés. ou desformes lesplussimples et desprocédés les plus économiques. si elle tombe. CONSTRUCTION. contentons-nousde fondations imparfaites.morcelé par le systèmeféodal. c'estde pouvoirseprêterà toutes If. mais bien parce qu'ils étaient dominéspar un besoin moral n'admettant aucuneobjection. » Voilà comment devait raisonner un évoque à la fin du xne siècle. et la preuve en est danscette quantité innombrable d'églisesdu secondordre.ou d'uneécritoire.

La noblesse séculière. les ressources énormes qui leur permettaientderebâtir leurscathédralessur tous lespointsdu domaineroyal. deBéziers. desmonuments exotiques. aucommencement du xmesiècle. et son influence moraleprédominaiten mêmetemps que l'influence matérielle desédifices qu'il s'était misa construire avectant d'ardeur. et au prix d'énormes sacrifices. supérieure à tout cequ'onavait vu.ce sont à leur tour lescathédralesqui imposentles dispositions deleursplans. paroissiales et monastiques.. C'était enfin le monument par excellence.En dehors du domaineroyal. et cesédifices sontdevéritables exceptions. En effet. Cen'estqu'à l'aide dela prépondérance dupouvoirmonarchique surces provinces. de Clermont-Ferrand. deMende. ne serattachant pasaux constructions indigènes de ces contrées. les églises monastiquesavaient servi de modèles aux églisescollégiales. leur système de construction et de décoration aux églises collégiales. De même qu'au xie siècle le grand développementpris par les établissementsreligieux avait influé sur toutes les constructions religieuses de cetteépoque.maisaussiparce qu'ilsrappellent un effort prodigieux denotrepaysversl'unité nationale. Lespopulationsurbainesvoyaient dansla cathédrale (non sansraisons)un monument national. c'était à la fois un édifice religieux et civil (voy. aidait les évêquesdans les efforts qu'ils faisaient pour soumettrelesabbayes à leur juridiction.Au XIesiècle. La puissance seigneurialedesabbésse trouvait attaquéepar la prédominancede la cathédrale. la cathédrale sedéveloppe plus lentement. de Limoges. de Rodez. leur immense in- fluence morale. à la fin du xncsiècle.dans cestempsd'émancipation politique et intellectuelle. 11 n'était donc pasétonnantque les évêques aient pu réunir tout à coup. commeart. tandis que la cathédrale était le sanctuairede tous. et d'unerichesse. Telles sont les cathédralesde Lyon. de Carcassonne.qui n'avait pasvu sansenvie la richesse croissante des établissements monastiques. Lemididela France avaitétélethéâtre des guerres religieuses pendant . Le but de l'épiscopat setrouvait ainsirempli. CATIIÉDHALE).Cesgrands monuments sont doncpour nous respectables sousle point de vue de l'art. quel'épiscopat élève lesgrands monuments religieux sur les modèles de ceux du Nord. l'entreprise de l'épiscopat était populaire.lesgrandes entreprises desévoques se reflétaientsur les édificesreligieux de )eur> diocèses. et comme l'une desproductions lesplus admirables du génie humain.aux paroisses et même aux cathédrales.ellele cèdelongtemps et jusqu'àla fin du xine siècle auxéglises abbatiales. où se tenaient de grandes assem- blées. Leséglisesabbatialesétaient desédificesparticuliers qui ne satisfaisaientque le sentiment religieux des peuples.au xinesiècle. comme une représentationmatérielle de l'unité du pouvoir vers laquelle tendaient toutesleursespérances.- 223 - [ des ressources qui lui permissentd'ériger en cinquante annéesdes cathédrales sur desplansd'une étendue à laquelleon n'était pas arrivé jusqu'alors. de Bayonne.de même. de Narbonne. sortedeforumsacréqui devenait la garantie deslibertés politiques en même tempsqu'un lieu de prières.

par exception. la grande église de Saint-Sernin de Toulouse. forment comme autant de chapelles entre les contre-forts. son architecture était restée sfalionnaire. d'autres qui ont les rapports les plus directs avec ceux de l'Auvergne : tellessont. sur l'ordre de saint Louis. reproduisent cette disposition de nefs sans collatéraux. la partie ancienne des ca- thédralesd'Auch et de Saint-Papoul. Nous avons vu que la plupart des édificesreligieux du Nord. d'autres enfin qui sont construits dans desdonnéesqui paraissentappartenir au comté de Toulouse : ce sont ceux- là dont nous nous occuperonsparticulièrement. Lescathédralesde Marseilleet deFréjus.Parmi les monumentsreligieux antérieursau xnesiècle. sitôt après les désastres. à causede la rareté desexemples. Dansle comtéde Toulouse. alors que dansle Nord elle faisait de si rapides progrès.et qui étaientconstruitsd'aprèsce système. de l'Auvergne et de la Bourgogne procédaient de la basilique latine.sauf la partie ancienne de la cathédrale de Toulouse. maisdès le xmesiècle. lesdeux églisesélevéespar les habitants. ont encore conservécette donnée. des traces de monuments religieux qui procédaient d'une disposition antique dont la basilique de Constantin à Rome ^^ est le type : c'est une nef couvertepar desvoûtesd'arête contre-butéespar descontre-forts intérieurs réunis par desberceaux plein cintre (fig. et il estdifficile aujourd'hui de savoir.résultatde la lutte deshérésiarquesavec '"?^tholicisme. Dansla ville basse de Carcassonne. et les travées.quelle était la marche suivie par cette architecture.n'existent plus. nous retrouvons.68). Dansune parlie de l'Aquitaine et sur les bords du Rhin. seulementalors la voûteen arcsd'ogive a remplacéla voûted'arête romaine. du Poitou.beaucoupmoins larges que la nef. nous trouvons desplans qui rappellent les dispositionsde ceux du Poitou.[ ARCHITECTURE ] le xue siècleet une partie du xme.les autres édificesantérieurs aux guerresdesAlbigeois. avec contre-forts intérieurs contre-butant la voûte principale . avant le xme siècle. La plupart deséglises avaientétédétruitespendantlesguerres civiles. En Provence et sur le territoire du comté de Toulouse.des églises avaientétéélevées sans collatéraux. qui date du xne siècle. nous voyons reproduire ce mode de bâtir les édifices religieux. monumentspresqueantiques. . par exemple.

de longues fenêtres sontouvertes qui éclairentl'intérieur (ftg. 50). Pendantle xiv'siècle. Riendanscegrand t. fin du xm° siècle(fig.CATHÉDRALE). 51).Lesanctuaire deces églises se compose.jes grandes églises sansbascôtésne sontpascommodes.commeà Carcassonne.et lesvoûtes enarcs d'ogive deschapelles de premierétage.it (Tarn-et-Garonne). disposition estgrandiose : la nef de Sainte-Cécile d'Alby n'a pasmoinsae 17m. atteignirent son niveau. les jours étaient pris dans Jes mursdeclôture deschapelleshautespar de longueset étroitesfenêtres. ou de trois absides. Aulieudetrois absides percées dansle murde Test.afin de renfermer entièrement lescontre-forts dansl'intérieur (fig. la grande cathédraled'Alby fut construite d'après ce système . 49).70 dansSuvre. bandées sur les formerels de la voûtede la nef. seulementon établit deux étagesde chapelles. 29 .Cet»». La plupart de ceséglises étaientprécédées d'un porche surmonté d'un s^ul clocher placédansl'axe del'église. le chSur d'Alby se terminepar septchapelles rayonnantes àdouble étage comme celles dela nef(voy. commedans lesdeux églises de Carcassonne.ou d'une seule abside: telle est l'église de Montpez.une grande et deuxpetites. maisil faut dire que. pour le culte catholique.- 225 - [ ARCHITECTURE ] Tansîe mur de clôturequi fermeet surmonte ceschapelles.

a été couvert de peintures qui datent de la fin du xve siècle et du com- mencement du xv]e. qui forme commeun bas côté autour du sanctuaire. bâtidebriques. leséglises abbatiales de .Celtedécoration produitun grandeffet. au XVIesiècle. un chSur fermé par une éléganteclaire-voie de pierre. on a dû établir. Ce monument. Dépourvu c*3 ses peintures.et dissimule la lourdeur de cesvoûtes. est plutôt une salle qu'une cathédraleappropriée aux besoinsdu culte. qui.La Cathédrale d'Albyproduisit quelques imitations. et assombrissent parconséquent l'intérieur. lescontre-forts renfermés à l'intérieur.dans lequel le sanctuaireest comme un meuble apporté après coup. qui communiquent entre elles par de petites portes. prennent leur naissance à moitié environ de la haï teur totale du dans- ituvre .à Alby. sanstranssept. cesontdestribunesqui ontl'inconvénient dereculerlesjours. Leschapellesdu premier étage. cachent le* fenêtres et font paraîtreles piliersportant lesvoûtes platset maigres. celledu clergé.et ne supporterait pasla comparaison avecnosgrandes cathédrales du Nord. sanscollatéraux.par leurprojection. les chapelles sont petites. n'ont pasd'utilité. à cause de l'extrême largeurde la nef. tristeet lourd.[ ARCHITECTURE ] - 226 - vaisseau n indiquela placedes fidèles. cet intérieurseraitfroid. Cemonument.

Le souvenirdesguerresciviles faisaitdonnera cesédificesreligieux l'aspect de constructionsmilitaires. Aprèsles guerresciviles étaient survenues les guerresavec l'Aragon.il ne pouvaitproduire que de pauvresédifices. détournées souvent.TUllE ] Moissac. ce type ne dé- passa pasle territoire où il s'étaitdéveloppé. de mâchicoulis. avecleurstranssepts. leurs collatéraux. sansbas côté. Lescathédrales d'Alby.n'ouvraient quedesportes latérales. en adoptant l'église à une seule nef.CATHÉDRALE). protégées par desdéfenses (voy. comme typedeses monuments religieux. difficilesd'accès. Le midi de la Franceavait étéépuisépar les guerres religieuses pendantlesxueet xnr siècles. secouronnaient de tours crénelées. de Bézieis. et presque toutes les églisesparoissialesou monastiquesélevées pendant lesxin' et XIVe siècles.étaient défenduescomme de véritablesforteresses. seconstruisaient surdespointsdéjà défendus parla nature.il obéissait à la nécessité .de Narbonoe.entre autres.227 [ ARCniTEf. toutes lesvillesdu Languedoc faisant partiedu domaine royalsous saint . cesconstructionsétant beaucoup moinsdispendieuses que n'estcelle denos 51 églises du Nord. s'entouraient d'enceintes. L'égliseabbatiale de Moissac avait été fortifiée au moment des guerres desAlbigeois. leurs galeriessupérieures. mais s'y perpétua jusqu'à IV'pnque de la renaissance. parconséquent desformes simples..de Saint-Bertrand de Comminges. adoptaient.leurschapelles rayonnantes autour du chSur. et beaucoupd'entre eux étaient réellementfortifiés. leurs arcs-boulantset leursgrandesclaires-voiesà meneauxdécorées de splendidesverrières. neprenaient quedesjours étroits et raresà l'extérieur.

conservait ses vieilleséglises romanes. Au xni* siècle.Philippele Bel et Charles V.leur sculptured'ornement de la grandeur. cetteprovince songeait plutôt à bâtir desbastides.pâles reflets de ceux du Nord. adonnéeau commercesousla dominationanglaise.l'originalité nativede la province. La Guyenne. et naturellement leséglises.facilesà exploiter en grands morceaux. surotut à l'époqueoù l'emploi desmatériaux joue un grand rôle dansla contexlure desédifices religieux.ils sontdespremiers à établir sur les corniches. Lesarchitectes bourguignons n'adoptent que tard les meneauxcompliqués. que dansl'Auxois.éjà.participaient autantde l'architecture militaire quedel'archiieclurereligieuse. . frontières du Rouss'illon et du comté de Fois. populeuse.bâtis de grands matériaux. à. Aussi les édificesbourguignons sont-ils.pour éviter demultiplierlesassises dans lespointsd'appuiprincipaux. les accentuent énergiquement.à l'intérieur.Lesbassinssupérieurs de la Seine.à Reims.étaient continuellement en butteaus incursions de leurspuissants voisins. une physionomie plantureuse qui distingue leur décorationde pierre entre celledosprovinces voisines.elledéveloppait sonarchitecture religieuse sousl'inspiration de celledu domaineroyal. et pouvant sansdanger êtreposés endélit. monotone. Riche d'ailleurs. bien conservés. la largeur de l'ornementation.le Dijonnaiset le Maçonnais seconser- vaient encore lesdispositions simples.Chaque édificeavaitétéutilisédans cesvillespour la défense.dans la secondemoitié du xuie siècle. Cetteprovinceest unedes plus favorisées en matériaux de qualitésexcellentes. de largeschéneaux formant.Quantà la Bourgogne. la fermelé desprofils.Philippele Hardi. les constructeurs de celte province profitent de la facilité qui leur était donnéed'obtenir de grands blocstrès-résistants. en général.à Troyes.Ce n'est qu'au ivc siècle quel'architecture bourguignonne devientsèche. ils donnentà leurs profilsde fortessaillies. qu'à ériger desmonumentsreli- gieux. mais très- fermes cependant. fig. s'attachait aux formesarchiiectoniques de la Champagneet de l'Ile-de-France. A Paris. desplafonds entre les formerelsdesvoûteset les murs(voy. de l'Yonne et de la Saônefournissentabondamment des pierres calcaireset desgrès durs et tendres. Ils necraignent pasd'élever despilesmonolithes.ARC FORMERET. dont la possession étaitcontinuellement contestée pendant lesxm*et x[ve siècles. et d'un appareilsavamment tracé. comme lesplus élevés et lesplusimportants. d'une beautéde grain. maisnebàlissaitque de raresetpauvres édifices religieux.devenaient desforts.l'architectureogivalepenchait déjàvers sadécadence." ARCHIFECTURE J - --» - Louis. les balustrades à jour. /i5). Celteabondance etcesqualitéssupérieures de la pierre influent sur les formes de l'architecture bourguignonne. à la chutedescombles. maisen y mêlant son géniefortement pénétrédestraditions romanes.entrelesroisde France et d'Angleterre. d'une résistanceet d'une durée sanségales. la maigreurqui <. desmaisonset desédificesmunicipaux. Possédantdes calcaires faciles à tailler. et dans lequel les églises clunisiennes et cisterciennes avaientlaissédes traces inaltérables. unie.

elleappartient à la Bourgogne. et une seule chapelle au chevet.- 229 - [ ARCHITECTURE ] Alors les caractères particuliers à chaque province s'effacent il n'y a plus qu'uneseule architecturesur le territoire qui compose la Franced'aujourd'hui. A Autun. Nous avons donné (fig. avecdesvoûtesen arcs JZ d'ogive sur la nef et le transsept. on élevait à Langres la cathédrale qui exiM<encoreaujourd'hui'.lesabsides étaientpresque toujours simples. et dont la nef estvoûtéeen berceau ogival. 53)celui de la cathédrale de Langres. donne la transition entre les chSurs construits suivant la donnée romane et ceux élevés à la fin du xjieet au commencementdu xine siècle. Voici (fig. maiscommestyle d'ar- chitecture.Peuaprès la construction decetédifice. dont le sanctuaire date de 1160 environ.nousne savons sijamaisellefut précédée d'un porche.estfort intéressant à étudier.bas côté pourtournant le chSur. C'estla cathédrale d'Autun. Langres.Le chSur de la cathédrale deLangres. et (fig.cettepremière travée estdoublée d'uneseconde. bâtievers1150. danscettepartie dela France. ou du moins les différences que l'on peut remarquerdans chaque province tiennentplutôt à une imitation grossière ou imparfaite d'une architecture admise qu'à desinfluences ou à destraditions locale-. comme àAulun. carjusqu'alors. sans collatéraux et voûtées en quart desphère. la façade de la cathédrale de Langresayant étérebâtiedansle dernier siècle. 52) le plande la cathédrale d'Autun.20)la coupe transversale dela cathédrale d'Antun. avecsonbascôtépourlournant.le chSur commencer par une travéeen tout semblable à ceîîes delanef. Le porche de la cathédrale d'Aulunestpeu postérieurà la constructiondela nef. . puis 1 La cathédrale de Langres est sur le territoire champenois.Nous voyonsà Langres.

on y voit encore une porteantiquedécorée depilastres cannelés. Ces voûtes sont naïvement tra- cées : car chaquetravéerayonnantedu collatéral formant coin.terminés par des chapiteaux corinthiens. il reste dansla partie circulaire.tandisquesousles formerets de la première travéelesfenêtres pouvaient êtrehautes et percées dansles mursgoutterots.élevéede 1180à 1190. c'est une sériede colonnes posées en hémicycle. sansbas côtés. cettevoûteen cul-de-fourestmaintenuepar desarcs-boutants qui datent de sa construction. les naissances des archivoltes bandéesd'une colonneà l'autre étant au même niveau que les naissances des formerets tracés sur les murs du pourtour. car la premièretravéeest ferméepar une voûteen arcsd'ogive. après la première travée du chSur. Lesarchivoltesde la première travée du chSur donnant la hauteur du triforium percé dansle mur d'adossement du comble. les chapiteaux descolonnes du chSur sont des imitations des chapiteaux romains '. au moinsdanssapartie supérieure. les contre-forts du chSur sontplaqu. fait remarquable. cesontpour ainsi dire deux édificesqui sont accolésl'un à l'autre. les clefs de ces formerets sont plus élevées que les clefs des archivoltes. La partie antérieure dela nef elle-même. et par conséquentles lignes de clefs desvoûtes sont fortement inclinées (voy. et les arcs formerets comme les archivoltesétant des tiers-points. qui restait roman. le modede voûteren arcsd'ogive. portant les voûtes d'arête à nervures du collatéral. entre la base de ce triforium et les archivoltes bandées sur les co- lonnes. Un défautd'harmonie aussi choquantne pouvait manquerde faire faire aux constructeurs de nouveaux effortspour appliqueraux ronds-points. Surunepartie 1 Langros estune ville romaine. à Cluny.à la Charité-sur-Loire. et. flanquée de deux petites absidescomme les églisesdu Rhin. CONSTRUCTION. conformément à la tradition antique. Les grandes voûtes rendentencore cedéfautd'unité plussensible. Le système de la construction ogivalefranchement adopté danstout le reste del'édifice déjàsetrouvait ainsicomplètement étranger au rond-point. commeà tout le reste des édifices. la cathédrale deLangres reste également romane : le triforium s'ouvre dans Jes combles couvrant lesbascôtés. et se relient mal. et lesarcs ogivesdonnant en projection horizontale des lignes droites. fig.à Beaune.[ ARCHITECTURE ] - 230 - vienl l'abside principale simple. laisse voir deschapiteaux à crochets. A la naissance du cul-de-four s'ou- vraient de petites fenêtresplein cintre dont les archivoltes venaientle pénétrer.Comme ornementation. .et le rond-point par un cul-de-four engendrépar le dernier arc-doubleau ogival. il s'ensuit que les rencontresdesdiagonalesou les clefs sont bien plus rapprochées du sanctuaireque du mur extérieur.11 y a doncchangement desystème complet entre lespartiesparallèles du chSur et le rond-point.'s de gros pilastres cannelés. quoiqueles pilesrestentcomposées depilastres cannelés commedansle chSur et le transsept. A Langres. 37). comme à Autun. lespilessontcomposées de pilastres cannelés. un espace plusgrand.

et l'on n'adoptait la voûteen arcsd'ogive el lesarcs-boutants quepar nécessité. la tradition romane se prolongeait donc assez lard dansleséglises épiscopales. et commeun moyennouvellement appliqué pour voûter les édifices sanspousserles murs.- 231 - [ ARCUtTECTCRE j du territoire bourguignon. Ce ne fut que .

Lesvoûtes du chSur de Vézelay avaientété élevées dansl'origine sansarcs-boutants. D'après cette l'imposition.La livre d'argent était divisée en 20 sous. les fenêtres hautes peuvent toutes être de même dimension comme largeur et comme hauteur.Le triforium donnait dansle comble du collatéral. comme à la cathédralede Langres. la seconde projette contre la clef E un arc CEqui vient puissamment conlre-buter la poussée des arcs rayonnants du rond-point. 55) le plan de eesdeux premièrestravées.lorsqu'il y avait déjà trente et quaranteansqu'ellerégnaU dansle domaine royalet la Champagne. l'effort des arcs rayonnants sur le sommet de l'arcdoubleau GE est bien maintenu par la diagonaleCE. La première travée est largement ouverte : c'est une archivolte partant de la grosse pile du transsept. La voûte se compose de deux arcs ogives reposant sur les deux points d'appui principaux AB (lig. Mais la secondetravéese divise en deux au moyen des colonnesjumelles C. et le sou en 12 deniers. un denier. 8.et reposantson sommier de " droite sur une colonne Au-dessus du triforium monolithe. le plan Ju roml-pûinl). 55). à cette époque.de 1198à 1206. on fut obligéd'en construire.] - 23'J - de 1200à 1210 que l'architecture ogivale fut franchement introduite en Bourgogne. . et la travée divisée BCGsert de transition entre les travées rayonnantes 1Get la preChii*tinna.Onremarquerala disposition particulière des piles. et la di\ision destravées. et cetteabbaye appartenait politiquementplutôt au Nivernais qu'à la Bourgogne (voy. . La livre (1 argent représentait donc environ 500 (runes de notre monnaie. 12 livres de pain coûtaient environ. Un despremiers et desplusbeaux exemples de l'architecture ogivalebourguignonne se trouve dansle chSur etle transsept del'abbaye deVézelay. 54)les deux premièrestravéesde ce chSur (coupe longitudinale) et (fig. cette travée se divise en deux au moyen d'une pile intermédiaire portant un arcdoubleau. CechSur dut être bâti par l'abbé Hugues. Voici (fig. fig. rar en celle dernière annéel'abbé Huguesfut déposépour avoir endetté le monastère de 2220livres d'argent'.ABSIDE. La première division est fermée par une voûte en arcs d'ogive. et bientôt ce comble fut remplacé par des demi-voûtesd'arête butant la naissance des grandes voûtes.laquelle est composéed'un faisceaude colonnesengagées. mais il paraîtrait que peu aprèsleur achèvement. et 2220 livres 11 10 000 francs.

moinssoumis aux traditions romanes. l'architecte de Notre-Dame de Paris avait su élever un chSur avec double bas côté.quesaclefsefût élevée àun niveau très-supérieur àla clefde l'archivolte entiers-point LM.Ne voulant pasdonner aux travéesintérieures du rond-point unentre-colonnement Amoindrequeceluides travées parailèlesB(fig. 30 . àcause de la grande charge reportée surcettepile. c'est-à-dire de la ca- peu de temps après la condu chSur thédrale de Langres. Ce dangerde la poussée n'était plus à craindresur la pileB. Leproblème quelesarchitectes delà cathédrale deLangres n'avaient pu lésoudre.- 233 - [ ARCHITECTURE } mière grande travée AB.si cette archivolte n'eûtpasétédivisée. CD étantle rayon du cercle. dans le chSur de l'église abbatiale deVézclay. 56). Quand les chSurs étaient pourtournés de doubles collatéraux.en s'affranchissant destraditions romanes. s'ouvrant davantage encore.qui déjàrésolvaitcesdifficultés. si les points de la circonférence intérieure conser- vaient le môme espacement que ceux des parallèles.La seconde travée rayonnante. si ceux de la circonférence extérieure étaient convenablement dis- tancés. Dès struction 165. comme à Notre-Dame de Paris.cet inconvénient était bien plus sensible encore.savoir : de faire concorder la construction desvoûtesdesronds- points aveccelledestravées parallèles.c'était le rayonnementdestravéesqui espaçait démesurément les points d'appuidela circonférenceextérieure.Carcommentétablir un formeretde F en E? Eût-il étépleincintre. ou quirapprochaittrop cespoints d'appui intérieurs. et par desprocédés qui n'étaientpasentièrementceux qu'employaientles architectes du domaine royal. setrouvaitainsitrès-nettement et très-habilement résolu. trente ou quarante ans plus tard. il s'ensuivait quela première travée rayonnantedonnait un premierespace LMHGdifficile et un second espace HGEF impossible à voûter. Commedisposition de plan. augmentait la difficulté. Le constructeur I. il se présentait tou- jours unedifficultédansla constructiondeschSursdesgrandes églises cathédrales. afind'éviterla poussée qu'exerceraient lespetites archivoltes rayonnantes IG sur l'archivolte plus largeGB.et l'on pouvait sans inconvénientslaisserouverte danstoute sa largeur l'archivolte AB. comme à Bourges.

souscesformeretspouvaient s'ouvrir trois fenêtres égales commehauteuret largeurà cellesdestravées parallèles. S. 26). .une pile intermédiaire également en Q. On arrivait ainsi de l'archivolte de la travée intérieure aux deux arcs-doubleaux du second collatéral et aux trois formeretsdu mur de précinction .et deux piles intermédiaires R. et VOUTE. entrelescolonnes du second bas côté. CONSTRUCTION. Le 57 constructeur ne fut pasarrêté par cette difficulté : il abandonnale système de voûtes en arcs d'ogive croisées. fig. 2. 3 piles dansla première travée. passantainsi sans difficulté du nombre pair au nombre impair. 3 et k pilesdans lesautres. MP. Cettedisposition donnant 2. quant aux triangles de remplissage. il banda d'autres arcs NP.[ AUCniTEOTRE ] éleva doncdespilesintermédiaires 0. P.et sesarcs-doubleauxMGF.sans quel'unitéfût rompue danslapartie rayonnante du chSur. ne pouvant retomber par conséquent que sur despiles correspondantes en nombreégal. qui ne se composaient alors que dediagonales d'un carréou d'un parallélogramme.cinctioh dela premièretravée. k'i. PR PS.ils procédèrentde cette construction des arcs (voy. GR. sur le mur de pré. fig. IS. L'ordonnance extérieure et intérieure de l'édifice se suivait sansin- terruption. sur le mur de précinclion destravées suivantes.rendaitimpossible la <"un-lructionde voûtesen arcsd'ogive. NIK établis.

dans les édifices.Maissi lesvoûtes sonttrès-adroitement combinées dansb second bas-côté. A Chartres (1220). Jamais.ne fut passuivi. qui consistait à donner aux travées des ronds-points une largeurégaleaux travéesparallèlesdesnefs. par leur multiplicité et l'étroitessedesentre-colonnements.et combien l'art de l'architecture s'était développédéjà dans l'Ile-de-France dès la un du xne siècle . de cessoudures plus ou moins adroitement déguisées. combien l'unité d'ordonnance et de style préoccupait les artistes de celte province. le chSur de la cathédralelappelle la belle dispositionde celui de Paris (fig. dénotentl'effort de gens auxquels manque le génie créateur qui conçoit sonSuvre tout d'une pièce. grands ou petits de l'Ile-de-France.qui. le chSur de la cathédrale ( fig. et. les piliers de ce secondcollatéral n'étant pas doublés. dansles autres cathédralesdu domaine royal. malheureusement. dans les monuments religieux. 58)présenteun plan qui ne fait pasgrand honneur à sonarchittvlr : .57). A Bourges(1230). lespilesintérieures ont dû êtrerapprochées.ellesmasquentles bascôtéset les chapelles. on ne rencontre de cesdéfauts d'harmonie. en effet. et l'exécute sans hésitation. commeh Notre-Dame de Paris. Cebeau parti. même desprovinces voisine^.- 235 -" [ ABCHITECTURE ] 11 n'est pas besoin de faire ressortir ce qu'il y avait d'habileté dans ce système.

[ ARCHITECTURE ] - 236 - il y a désaccord entre le rond-point et les partiesparallèlesdu sanctuaire. comme surface enplan.Ces piles plus rapprochées.: lesvoûtes du doublecollatéral rappellent la construction de . Cela était fort bienraisonné d'ailleurs. les piliersintérieursdurond-point prendre. peupostérieur àceluide Chartres.Maisici apparaîtune dispositiondont lesarchitectesdu XIIIe siècle " e >" départent plus à partir de 1220 environ : nous voyons.en effet. présente unebeaucoup plusbelledisposition(fig. et malgré la grandelargeur desentre-colonnementsdu deuxièmebascôté. plusespacées et recevant un arc-doubleau et deuxarcsogives desgrandes voûtes. Le chSur de la cathédrale du Mans.lesvoûtes assez pauvrementcombinées . et ne recevant qu'uneseule nervuredela grandevoûte.unemoins grandeimportance queceuxdestravées parallèles.il a fallu cependantrapprocher lespiles intérieures.n'avaientpasbesoind'êtreaussiépaisses que celles destravées parallèles.59. les espacements descolonnes du secondcollatéral sont lâches.

- 237 - [ ARCHITECTURE ] cellesde Bourges.k» chapelles ne sont qu'en nombrerestreint. etlaissent encore entreellescependant desespaces librespr urouvrirdes fenêtresdestinéesàéclairer le doublebascôté. dont les sanctuaires ne possèdent qu'un seulcollatéral. il est rare de voir les sanctuaires des cathédrales entourés de doubles collatéraux : on se contente d'un bas côté simple. p. cesdeuxcollatéraux sontinégaux enhauteur.estsurmonté d'un triforium et de fenêtreséclairant lepremier bascôté. comme la cathédrale de Rouen. ici les chapelles sont grandes.Dansles églises ogivalesprimitives.ir exemple. plus bas.maisplusadroitement combinées.Comme àBourges. A dater de 1220 à 1230. . Nousvoyons ici desvoûtes 1 Nous donnons le plan de ce chSur avec la chapelle de la Vierge construite au xiv* siècle. sur l'emplacement d'une chapelle Je che\et semblableaux deux autres qui t-'uslentencore. 60'). mais un peu plus grande. profondes.de manièreà permettre entre ellesl'ouverturedejours directsdansle bascôté(fig.et le second.et les chapellesrayonnantesprennent plus d'importance.

à conserver des fenêtresentre ces chapelles.dans leséglises munies debascôté pourtournantle sanctuaire..lesautres. c'était là un moyenmoins simple que celui employéà Notre-Dame de Paris. commetoutes les absides.on renonce.61)le plandu chSur de la cathédrale .pour faire une voûteportant sur cinq pointsd'appui. le grand triangle ABC est divisé par un arc venant se réunira la clef desarcsogives. Versle milieu du xme siècle. 61 PESâflD SC.lemême système de voûte a étéadopté avecplus d'adresse encore(voy. dansle bascôté. mais qui était plus conforme au principe de la voûte gothique. Entreleschapelles.VOCTF). Leschapelles à plan circulaire étaientun restede la tradition romanequi devait disparaître commetout. Dansle collatéraldu chSur dela cathédrale d'Auxerre. Cesrhapelles.238 combinées suivar1 un modepeuusitéà cetteépoque.adoptent définitivement en plan la formepolygonale. Voici (Pig.[ ARCHITECTURE ] . Celles-ci se rapprochent et ne laissent plus entre elles que l'empattement du contre-fort recevantles arcs-boutants. avecchapelles rayonnantes. plussolide et plus facileàconstruire.

au xive siècle. en connaîtrelescauses elles résultats.et. Nef sans chapelles. transsept avec bas côté et chSur avec chapelles rayonnantes. ils ne furent jamais terminés. A partir du xive siècle. Leurssouches ont clé démolies pour faire placeà une (açade dansle stjle du sive siècle. et deux clocherssur la façade(fig. dansles profils des moulures. classés d'aprèsla dimensiondesédifices. Plus tard. 62) -. mais ils présentaient une disposition particulière qui ne manquaitpas de grandeur. Nous renvoyonsdonc nos lecteurs aux différentes parties des édifices religieuxtraitéesdansle Dictionnaire. qui fail voir combien lesdispositions desplans s'étaient simplifiéesà mesureque l'architecture ogivale poursuivait résolument les conséquences de sonprincipe '.sansde notablesdifférences. que la transformation se "* fail sentir. tour sur le transsept. les plans sont.donnaitun large porche. dans l'ornementation. pour ainsi dire. Lesguerres qui bouleversèrent la France pendant les xi Vêtxvesiècles n'auraient pi uspermis d'entreprendre des édifices d'une 1 Le planque nous donnons ici est relui du cliSur île tîeauvais.qui résumait les données les plus sim- 62 plesdel'architecture religieuse.on élevait l'égliseabbatiale de Saint-Ouen. un beau partide plan. en fait d'architecture religieuse. au total. les disposilions et le mode de con- struire adoptésà la fin du xmesiècle: c'est seulement dans les détails. Il est facile de voir. l'architecture desédifices religieux devient à peu près uniforme sur tout le territoire soumis au pouvoir royal . pour apprécierla nature de celte transformation. Le xm'siè- cleavaittant produit.iurations des xiv' et xvic siècles. et par conséquent de diminuer et le nombre et l'épaisseur despointsd'appui (voy. et suivent. en examinant ce plan.et combien ils étaient désireux d'obtenir des espaces larges. jusqu'à quel point les architectesdu xmesièclecherchaient à débarrasser les intérieurs de leurs édifices religieux desobstaclesqui pouvaient gênerla vue.- 239 - [ ARCIIITECTUHE ] de Beauvais (12AO à 1250). 2 Les clochers indiqués sur ce plan avaientété commencés au xvic siècleseulement.CATHÉDRALE'. avant les resl. qu'il laissaitpeuà faireauxsiècles suivants. celle du chevet plus grande. . tel qu'il fut exécuté an xiiic siècle.' .

que sesdispositionsgénérales se conserventjusque pendant le siècle dernier . maisla traditiongothique. monument mal conçu. La renaissance aA'ait effacélesdernièrestraces du vieil art national.Cette fois le mal était sansre- mède. une sobriété de lignes et un instinct des proportions que l'on ne retrouve nulle part ailleurs en Europe à cette époque. sansliaison et sansharmonie .dédaigné. aux débauches de goût les pins monstrueuses. ressaissir sa puissance. subsiste. les plans restent gothiques. C'està la fin du \V" siècle et au commencement du xvie. longtemps encore. les voûtes hautes continuent à être contre-butées par des arcsboulants.ou tombéesde vétusté par suited'un long abandon et de la misère publique.on élevait en France des églisesqui. Beaucoup de grandescathédralessont terminées. le génie qui avaitprésidé à leur construction était éteint.[ ARCHITECTURE ] - 240 - importanceégaleà nosgrandescathédrales.ou de les restaurer et de lesagrandir.abàtardie.ou demodifierlesdispositions primitivesdeséglises des xneet xinc siècles. grossièreet maniérée en même temps. Nous devonscependant rendre cette justice aux artistes du xvnesiècle qu'ils savent conserver dans leurs édifices religieux une certaine grandeur.qu'un nouvel élanest donné à l'architecture reli- gieuse .dansla constructiondesédifices religieux.et si. que l'on connaissait mal. Pendant qu'en Italie les architectes se livraient aux extravagancesles plus étranges.Mais bientôtla réformation vientarrêtercemouvement. lespillages.les dispositions deséglisesfrançaisesdu xirr" siècle furent suivies.détruisentou mutilent de nouveau la plupart desédifices religieux à peine restaurés. plusraresencorependantle sièclesuivant.bien quecorrompue.sontrebâtiesou réparées. Mais cette architecture bâtarde est frappée de stérilité. Telle était la force vitale de l'architecture religieuse née avecla prédominancedu pouvoir royal en France. mal construit. sorte de squelette gothique revêtu de haillons romains coususensemblecomme les piècesd'un habit d'arlequin. un grand nombre de petiteséglises dévastées pendant les guerres.et la guerre. amas confus de débris empruntés de tous côtés.C'estsouscetteinspiration indécisequefutcommencéeet achevéela grande église de Saint-Eustache de Paris.lorsqu'àla fin du xvie sièclele calmeserétablit de nouveau. Cette préférence pour les arts et les artistes étrangers .en admettant qu'elles n'eussent pasététoutesélevées avant cesépoques désastreuses. ou de chercher des combinaisons nouvelles .ou determinerles églises inachevées. au systèmede construction deséglisesogivales. l'exécution devient lourde. relativement. bien qu'alors on se piquât de ne trouver la perfection que dans les monuments de la Home antique ou moderne. les incendies. Lesédifices reli- gieuxcomplètement bâtispendantle xive sièclesontrares. Les architectes semblent bien plus préoccupés de placer les ordres romains dansleurs monuments que de perfectionner le systèmede la construction. sont des chefs-d'Suvre de style. Onvoulaitappliquer les formes de l'architecture romaine antique.Onsecontentaitalors. alors que la France commence è. que l'on méprisai! sanslescomprendre.

si elle ne veut pas effaroucher les arts. qui..desruine-.a Home sous une dirt'dion académique. jetés ainsi en sortant de l'école dans une ville dont il. celte meihnde expérimentalequi distinguaient lesanciensmaîtresdesSuvres. et cultivant quelques coinsde terre pour subvenirà leur nourriture. La protection doit êtrediscrète. DepuisLouisXIV.! . leurs carions pleins de modèles amassés sans ordre et sans critique.Suvres originales. elleétouffa le génie naturel auxvieillespopulations gallo-romaines. perdaient peu à peucettefranchise d'allure.et n'en comprenaitni le sensni l'esprit. en voulant tenir soussamain et soumettre à son umil la tète des arts. -. ni neude cequi pouvait tenterla cupidité desbarbares (lu i. ce.et ne voyait pasqu'elle se plaçait avec sa nobles-eet sesartistesen dehorsdu pays. dan. pour produire de-. adonnés à la vie contemplative.i) - chie.dont le travail et le génien'usaient pas peucontribuéà augmenter sagloireet sapuissance.comme leurs membres. envoyé. lesarchitectes qui paraissaient présenterle plus d'aptitude.architectes revenaient étrangers au milieu des ouvriers qui jadis étaient connue une partied'eux-mêmes.retirés dansdescavernes. La rnmi.avait grandiau milieu decettepopulal i.C'esten Orient où l'on voit d'abord la vie cénobitique se développer et suivre. ne formaient pasencorecesgrandesassociations connues plus tard sousle nom de monastères.nousétait venueavecla renaissance. en Occident.tendaitdorénavant à imposer sesgoûtsà la nation. ou dansdeshuttes séparées. Mais alorscespremiersreligieux. ils se réunissaient seulementdans un oratoire construit en bois <->u enpierresèche. s'établirent dansdeslieux déserts.but constant de la monarchie et despopulations depuisle . La royauté de Louis XIV -'isolait des populations rurales en attirant la noblesse féodale à la cour pour affaiblir une influence contre laquelle se* prédécesseurs avaient eu tant deluttes à soutenir . cette originalité native. la règle écrite parsaint Basile. les solitudes se peuplentdereligieuxréunisparlesrèglesdesaintColombanetdesainl Ferreol.qui.fuyant les excèsetles malheurs auxquelsla société nouvelle était en bu lie. ceshommes n'apportaient dansleurssolitudes ni ml.puisque Bossuetlui-même ne trouvait que desexpressionsdedédainpour notre ancienne architecture religieuse.deschrétiens. \\ d'artistes et d'artisans français. avecla protection accordéeparla cour à tout ce qui venait d'outre-mouls. elle s'isolait également descorporations d'ouvriersdesgrandesvilles.\He siècle.professant la plusgrandepauvreté.ont surtout besoinde liberté. ?. Du jour où la cour prétendit diriger les arts. ARCHITECTURE MONASTIQUE. oubliantsonorigine toutenationale.avaiententendu vanter les innombrables meneille-. Cet oubli d'un passé si plein d'enseignementétait biencomplet alors. dès le ivesiècle.Fuyantle monde. pour prier en commun. elle croyait ainsi atteindre cette unité politique et intellectuelle. du xneauxvicsiècle.Pendant les premiers siècles du christianisme.2'jt [ ARCIlITtCTCKE J et surtoutitaliens.

l'oubli de tout sentiment dedroit. quelque soitsonauteur. nous nous représentonsdifficilement l'effroyable désordrede cestempsqui suivirent la chute de l'empire romain en Occident: partout des ruines. Mabillonpenseque ce dessin est dû à l'abbé Éginhard.lesbâtiments destinés aux approvisionnements.il est d'un grand intérêt.saint Benoîtdonna sa règle. ils fortifient les âmes.les sciences et lesarts . la règle de saint Benoît est peut-êtrele plus grandfait historique du moyenâge.etc.et jusqu'aux limites septentrionalesde l'Europe. la peste.autour desquels lespopulationsdescampagnes viennent se grouper.Aussi voyons-nous. défrichent les forêts.trouvantdans cescentresune protection moraleplus efficace que celle accordéepar desenvahisseurs ruséset cupides. et qui leur ouvrent.des cloîtres pour les novices. les établissements monastiques arrivés déjààun granddéveloppement: non-seulement ils comprennent lesédifices du culte. les loge- ments desreligieux. ne peut laisser de doutessur l'autorité du person- . entraînent avec eux une multitude de travailleurs.à pratiquer les vertus chrétiennes. et devint la seulepratiquéependantplusieurssiècles. pour les étrangers. desdéchirements incessants. au milieu d'une sociétépolicée.et quepossèdent encore les archives de ce monastère supprimé.qui dirigeaitles constructions de la cour sousCharlemagne. leur apprennent à aimer et à. etc.à expier les fautes. massa- crées. protéger lesfaibles. leur donnent l'exemple de l'abnégation.qui accompagne le plan.la famine. mais ils culti- vent et enseignentleslettres. deslocaux séparéspour divers corps d'états. Pour qu'uneinstitution ait cetteforceet cettedurée.[ ARCHITECTURE j - 262 - populationsindigènes. Au viesiècle. desusines. commedernier refuge contre les maux de l'âme et du corps. à respecter leurs semblables. et à travers ce chaosd'une sociétéà l'agonie. desinfirmeriespour les vieillards.exécuté versl'année 820. Le plan de l'ab- baye de Saint-Gall.et considérée seulement au point de vue philosophique. dès le ix" siècle. Nousqui vivons sous desgouvernementsréguliers. d'indépendance.il faut qu'elleréponde à un besoingénéral. dejustice. car il donnele programmed'uneabbaye à cetteépoque. mais aussidesdépendances considérables. Cesonteux qui jettent au milieu des peuples avilis les premiers germes de liberté.à secourirles pauvres. Les moines descendusdu mont Cassin.Ces nouveauxapôtresne songentpasseulementaux besoinsmatériels qui doivent assurer leur existence et celles de leurs nombreux colons.estun projet envoyépar un dessinateur àl'abbéGozberl.dans lesGaules. En cela.qui leur donnent l'exemple de la résistancemorale à la force brutale. des populations entières chassées. comme les flots de l'Océan sur desplages de sable..un asile de prière inviolable et sacré. du mont Cassint-lle se répandit bientôt dans tout l'Occident avecune rapi- ditéprodigieuse. des villes dévastées. desécoles.le triomphe de la force brutale. élèvent desmonastères.et la lettre à l'abbéGozbert. desterresen friches sillonnéesde bandes affamées. des jardins. des inondations de barbares revenant périodiquement dans les Gaules. rétablissent les cours d'eau.en serépandanten Germanie. le mépris de la dignité humaine.

de positioneofficinarumpaucisexemplata « dimi. Nous présentons ici(Hg.. Albert Lenoir. meamque devotioneni utcumque cognoscas. p. p. «qualuae bons voluntati satisfacere mesegnem non inveniriconfido. Ne suspiceris « autemmeliSc idco élaborasse.par M. t.) 2 Voicile passage de cette lettredonné par Mabillon (Ann. ob amoremtui. II. (Voy. libi soli perscrutanda pinxisse amicabilifrateraita'is intuitu «crede. monast. t. et a été récemment publié en fac-similépar M. commebeaucoup d'églises rhénanes(voy. ARCHITECTURE RELI1 Le plan original de l'abbaye de Saint-Gall (en Suisse) est conservédans les archives decemonastère. 571).. Relier.- 2'43i [ ARCIHTECTUBE } nage quil'aécrite '. a . elle est à deux absides opposées. Instructions sur rarch. F.avec unenotice descriptive. dulcissime fîli Guzberte.J2 /""-As/ urr D i" - ^ . quod vos putemus nostrisindigere magisteriis. 571.Vale in Christo semper meraor nostri. quibus sollcrliam exerceastuam. 572) : « Haec tibi. il est reproduità une petiteéchelle par dom Mabillon(Annales Benedidini. L'église occupe une grande placedansce plan. 1)une réduction decedessin % £. Bened. II.sed «potiu?. Amen.

desbains. F. un second chSur i T'icinient. C.lesserviteurs. deslatrines isolées et réunies au dortoir par un passage étroit et coudé. Ouvonainsique.uneofficinepourtorréfier desgraines. réfectoire au centre. di\ ersautels. les deux ambonspour lire l'épître et l'évangile . à l'ouest de ce bâtiment.y. le logement du médecin.des I" -'<Tnents de serfs.soit dans le dortoir. ouvriersfouleurs.avecses coursdisposées commel'impluviumdesRomains et dessallesalentour. M. n. leur cuisineet réfectoire. l'officine pour Jairele pain sacré. bourreliers.despauvres. le dortoir avecchauffoir au-dessous : le tuyau de la cheminéeesti»<»lé . desmagasins degrains.un moulin à braset desmortiers. tourneurs. le jardin potager. e.armuriers. le votibule de*familiers du couvent .-. la place de l'abbéet des dignitaires .le vergeravecl'indication desarbresà fruits et leur nom . //. le réfectoire avec vestiaire au-dessus . o.laconfession sous le sanctuaire .les fontsbaptismaux.un bâtimentréservé aux novices d'un côtéet aux infirmesde l'autre.(. la cuisine avecpassage étroit et coudécommuniquant auréfectoire : ces passagessont évidemment disposés ainsi afin d'empêcher le? odeurs de serépandre. derrièrel'autel dédiéà saint Gall est sonsarcophage . m.j. etc. H. le cloilre .l'autelde sainteMarieet de saint Gall. deschauffoirs. 0. Au midi. E. porchers.fabricants de boucliers.NN. serruriers. l'entrée del'égliseréservée au peuple. h.p. la cuisinede l'abbé. le long dubascôténord sont disposées diverses Balles destinées aux maîtres desécoles. un second exèdre pour les religieux. V./. l'habitation destonneliers.avecune sorte de galerie alentour. orfèvres.avecbibliothèque au-dessus . le logement de l'abbé. un double collatéral pour les fidèles. le fruitier.corroyeurs.et leschambres de sesfamiliers..b. X. montant dans deux salles circulaires où se trouvent placés des autels dé- diésauxarchanges saintsMichelet Gabriel . leslogements despèlerins.intitulée sur ]r plan i moli. V. un cellier. la pharmacie. BD.1evestibuledes liiiic>et desécoliers. la maisondu jardinier . les monastères ne s'occupaient .q. desBallespour lesreligieux.[ ARCHITECTURE "] GiEUsr) : A estle chSuràl'orient. cordier.chauffoiret latrinesisolées. avec chapelle dmililc : chacun de ces bâtiments contient un cloître avec salles alentour./. r. le cellier avec?alle au-dessuspourconserver des provisions de bouche. avec narthex . les familiers. L. R.dèscetteépoque. autour du sanctuaireI. chaque plate-bandeest indiquée avec le nom dc>lé-umes qui doivent y être cultivé». S. leslogements et ateliersdescordonniers. T. G. Z.chambres pour les serviteurs.tto circiun.soit dansle réfectoire. </. les bergers. le logement deshôtesavecécurie. une boulangerieet une cuisinepour les hôtes.0. P. K. une salle pour lesscribesà la gauche duchSur. l'exèdre. la sacristieà la droite du chSur oriental. avec étables.descelliers. les poulaillers et le logement du chef de la basse-cour. desbains. à ceux qui demandent asile. l'école. deuxescaliersà vis. //. deslatrines isolées. des dortoirs. un petit jardin pourcultiver desplantes médicinales. desbâtiments destinésà la fabrication de la cervoise.U. deslatrines isolées communiquent au bâtiment par un passage . deslogementsavecécuries et étables pour lespalefreniers. bouviers. I.

La civilisation moderne. en 1005. par testament.Au . C'étaitCluny.\esiècle. Lorain. ATersla fin de sa vie. ils tenaient la tète de l'enseignement. Maiscomme le duc objectait qu'il n'était guère possiblede s'établir en tel lieu. deux cents cardinaux.Nouscroyonsdevoirtranscrireici le testament. altéraient les caractères de cette institution . l'acte de donationdu duc Guillaume.semblaitexpirante au Xesiècle. abbé de Gignyet de Baume. cette pièceest une Suvre remarquable. d'une noble famille de Séquanie. desarts et des sciences .p. septmille évèques. la règle de SaintBenoit était fort relâchée dèsle Xesiècle. par M. «Ils arrivèrent enfin. les invasions périodique.les établissementsreligieux avaient acquisdesrichesses et une importance considérables . à cause des chasseurs et deschiens qui remplissaient et troublaient les forêts dont le pays était couvert. si désert. de Cluny. . et ne se contentaient pas d'ouvrir un asile aux âmespieuses. seuls. déjà sous Charlemagne. au- tantpar l'élévationet la simplicitédu langage quepar les détailspleins 1 Histoire de Fabbaye. ils présentaient des constitutions régulières.le désordre qui en est la suite. chercher un lieu propiceà la réalisationde son projet. Cluny était un petit village du Maçonnais. la propriété du duc d'Aquitaine. même au sein du clergé régulier .dégoûtéesdu monde. il devait -m gii desrejetonsvivaces. ils savaient s'entourer d'ouvriers. L'institut monastiquene pouvait revivre et reprendre le rôle important qu'il était appeléà jouer pendant les xie et xne sièclesqu'après une réforme. Mais cette influence prodigieuseavait été la cau-e île nombreux abus.[ ARCHITECTURE ] passeulement d'agriculture. et en effet. l'ordre de Saint-Benoît avait élevé quinze mille soixante-dixabbayesdans le monde alors connu. fonder un nom. P. et voulut.des Normands avaientdétruit desmonastères. mais de l'ordre de Saint-Benoit. et préparaient ainsi la renaissance de l'industrie et dearts. dit la chronique.MU monastère. de l'industrie. par la règle de Cîteaux. suivant. Guillaume le Pieux. stableC'étaitde leur sein que sortaient tous les hommes appelés a jouer un rôle en dehorsde la carrière des armes. d'artisans.qui devint. réformépar les abbésde Cluny. 16. donné à l'église vingt-quatre papes. aussibien que le malheur destemps. disperséles moines. dans un lieu écarté de toute société humaine. Il manda Bernon. à peine naissante sous le règne de Charlemagne. quatre cents archevêques.1845.la mi-ère.de l'agriculture.qu'il semblait en quelque sorte l'image de la solitudecéleste. le due Guillaume voulut. car ne savez-vous pasquelprofit meilleurvous demeurera deschiens de chasse ou des prières monastiques? Cetteréponsedécida Guillaume. et l'abbaye fut créée '. Paris. Depuis sa fondation jusqu'au concile de Constance. en compagnie de ce saint personnage. le morcellementféodal achevaitde détruire ce que l'abus de la richesse et du pouvoir. avait entamé. Bernon répon- dit en riant : Chassez leschiens etfaitesvenirdesmoines . » C'était vers909. l'usaged'un grand nombre de seigneurspuissants.

Guillaume. Toutes ces choses (i sont situées dans le comté de Maçon ou aux environs.noines. avecla chapelle qui est défi liée à sainte Marie. à mon heure «dernière. « terres incultes ou cultivées. et la grandemission civilisatricequi leur était confiée. j'ai trouvé bon et même néces«sairede disposerau profil de mon âme de quelques-unes des choses «qui me sont advenuesdansle temps. dit le testateur.que si je ne puis parvenir assezmoi-mêmeà mépriserles choses « ie la terre. de mon père et de ma mère. prince desapôtres. ma sSur. et renfermées <'dansleurs confins. (UiU. 2. qui m'a laissétoutes ces 1 C'est de l'excellent ouvragede M. Ce que moi. pour l'âme encored'Albane. <isansrien excepter de toutes les choses qui dépendentde mon domaine « de Cluny (villa). Carje ne veux pas. pour l'amour de Dieu et de notre sauveurJésus-Christ.mon seigneur. oratoires. les influences auxquelles on voulait les sous- traire.Je ne puis. vignes. P. et je les donne auxdits apôtres. d'abord pour l'amour de Dieu. pesant mûrement. col.que Dieu n'a donné <idesbiens nombreux aux riches que pour qu'ils méritent les récom« penseséternelles.) .contempteurs du monde. cours d'eaux. Guillaume. C'estce que la parole divine donne à entendre et conseille ma«nifestement lorsqu'elle dit : Les richesses de l'hommesont In rédemption «deson âme (Proverbes]. el <ima femme Ingelberge.quand il en est temps « encore. et Ingel«berge. elà saint Pierre. Ctun. droit de passage. moi. c'est-à-direpour le salut de nos âmeset de nos « corps. « Tout le monde peut comprendre.je « lais savoir que. II. auronl recueilli meslibéralités. prés.f ARCHITECTURE ] - 24G - d'intérêt qu'elle renferme et l'esprit qui l'a dictée ' : elle fait comprendre d'ailleurs l'importance morale et matérielle que l'on donnait alors aux établissements religieux. situé sur la rivière de Grône..en faisant un bon usage de leurs possessions lempo« raires. mériter le reproche de n'avoir songéqu'à l'augmentation « de mes richesses terrestres et au soin de mon corps. sans aucune réserve. 3. fermes. et ne m'être ré« serve aucune consolation pour le moment suprême qui doit m'enlever <itouteschoses. « champs. forêts. «je donne et livre aux saintsapôtresPierre et Paul tout ce que je pos< x'-df à Cluny. pourvoir à mon propre salut. esclavesdes deux sexes. lorsque les " . Lorain que nous extrayonscette traduction. l. pour <imoi et pour ma femme. eaux. à tous ceux qui « vivent dans la foi et implorent la miséricorde du Christ. à tous ceux <iqui leur succéderontet qui doivent vivre jusqu'à la fin des siècles. mère de Dieu. ensuite pour « l'amour du roi Eudes. dans celte es« pérance. mieux agir qu'en suivant le pré« cepte du Seigneur : Je me ferai desomisparmi les pauvres. et que je crois justes aux yeux de « Dieu. cependantje recevrai la récompensedesjustes. danscette foi.elle révèle enfin toute une époque. et désirant. C'esl pourquoi. et en prolongeant perpétuellement mes bienfaits dans la réunion de personnes « monastiquesque je nourrirai à mesfrais . à cet égard. ma femme. comte et duc. moulins.

aux étrangers et aux pèlerins. ni au joug d'aucune puissance ler1 « . qui les gouvernerarégulièrement. Habeantque luilionem ipsorum aposlolorumatquc romaimm pontificem » «i defensorem. détenantet gouvernant à perpétuité les choses «données: de telle sorteque cettemaison deviennela \enrrable demeure «de la prière.247 [ ARCHITECTURE ] <ipossessions dans son testament.tant pour moi quepour toutes les per<isonnesque j'ai nommées.... et comme nous sommes « unis à tous les chrétiens par lesliens de la même foi et de la mômechaKrite. après sa mort. suivant le bon plaisir de Dieu et la règle de Saint-Benoît. dansla pléni(ilude de leur cSur. possédant. les merveilles d'un entretien avec le <iciel. Que les moines payent pendant cinq ansà Rome "«la redevance de dix sousd'or pour le luminaire de l'église desApôtres. 1 «. Que dessollicitations et desprières continuelles y soient adres- «sées sans relâcheau Seigneur.. semettant ainsi sousla protection desdilsapôtres. lia ut ncc nostra. n'y «apporteront qu'une volonté juste.soient sous la puissance et domination de l'abbé Bei« non. les moines «réunis à Cluny en congrégation seront pleinement affranchis de notre «puissance et de cellede nosparents.. net que. Enfin.contra religioîam » « dumtaxat elcctioncm impcdiantur. puissecontredire ou empêchercelte «élection religieuse '. ils bâtissent eux-mêmesun monastère «à Cluny. Nous voulons encore que. ou tout autre.. de nos neveux et de tous nosparents des deux sexes. et quelà seréuniront lesmoines vivantselon!arèglede « Saint-Benoit.pour les <(hommes fidèlesqui sont attachésà notre service. en l'honneur des apôtres «Pierrecl Paul. selonsa science « et sa puissance. Mais. tant qu'il vivra. sans «que notre pouvoir. Cluny soit. «II nousa plu d'insérer dansce testamentque. pour l'entretien et «l'intégrité de la religion catholique.. pour les âmesde nos frères et de nos «sSurs. dansnotre temps. aux pauvres.. . dèsce jour.qu'ellesoitpleinesanscesse de vSux fidèleset de supplications pieuses.avec « un vif désir et une ardeur intime. Maisje donnesousla conditionqu'un i< monastère régulierseraconstruit à Cluny. et nous voulons que notre superflu « devienneainsi leur ahondance.. et qu'ony désireet qu'on y recherche à jamais. ouvert chaque «jour. par les Suvres elles intentions de la miséricorde. dansla mesurede leur pouvoir et de leur savoir. sortis pauvres du siècle. présents et futurs. et toutes leschosesci«dessus nommées.Que les moines.et ne seront soumisni aux fais«ceauxde la grandeur royale.et ayant pour «défenseurle pontife de Rome -.et dans <ile tempsde nos successeurs.. « aux nécessiteux. autant que le permettront du « moins l'opportunité du temps et la situation du lieu.Nous ordonnons que notre donation serve <tsurtout à fournir un refuge à eaux qui. que les moines aient le droit et la «faculté d'élire librement pour abbé et pour maître un homme de leur «ordre. que cette donation soit encore faite pour tous les orthodoxes des Ktemps passés. née alicujus potestatis contrachctione..

'imu évidente volonté. ô saints apôtres Pierre et Paul. et par le respect dû aux ti prince. lui ferment à jamais l'entrée du bienheu- «reux paradis. ni le pontife lui-mômede l'Église romaine n'envahisse les [H^sessions des semleurs de Dieu.serviteursde Dieu qui y demeureront et séjourneront i cii-cinbk'. les en« valii--eur-. je l'espère. que j'ai voulu » sinctimiinT par l'amour de Dieu tout-puissant.m comte. ]i". née eujuslibet « subjiciantur iiclem raonachi ibidem congregali. «ni évèque.et sousla menaceredoutable « du jugement dernier. au lieu d'être pour lui. de quelque manière et par « quelque ruse que ce soit. « terrenae potestatis jugo . née nostro. quele grand porte-clefs de toutela monarchie deséglises.Pierre et Paul. que si quelqu'un. de quelque condition ou pouvoir " qu'il soit (ce que préviendront. je prie. de très-pieux intercesseurs. née parentum « nostrorum. qu'il soit avecDathan et Abiron.j'insiste net j'. de ma pleine -ati-' lavtioii et de .\cndeursdece que je vous donne.. Qu'il soit enfln avec tous les autres sacrilègesqui ont " osé -millier le lré-ur de la main de Dieu : et.[ ARCHITECTURE ] » restre '. rien de ce qui leur appartient. les membres tombés en pourriture et rongés par des vers ((innombrables. tente de violer ce testament.à qui que ce soit.apôtres). et je vous conjure.ijoule. en proie à la «double punition d'Héliodore et d'Anliochus. sousles piedsdesquelsla d terre s'est ouverte et que l'enfer aengloutistout vivants.de.en Dieu et toussessaint?. de retrancher de la comde l.apùtie. née fascibus régis magnitudinis. les voleurs.'Par Dieu. et soit enseveli comme dlui dansdessuppliceséternels. mon parent ou étranger. dansle siècle présent. je supplie que ni prince séculier. qu'il soit avec ceux qui ont dit à Dieu : Hetire- <i loi de nous. à la <'démence et à la miséricorde de notre très-pieux Rédempteur. dont l'un s'éehapja «àpeine et demi-mort des coups répétésde la flagellation la plus ter«rible. ci dçinl l'autre expira misérablement. Que si " quelqu'un. et con- <damné par le pouvoir judiciaire à payer cent livres d'or aux moines 1 u Placuit etiam huic testamenloinseri ut ab hac die. «et à lui joint saint Paul. ain~i que de tous leurs domaines destinésà l'aumône. « se montrer impunément aux regardshumains.i -amte Kglise de Dieu et de la vie éternelle. par l'autorité apip-l'ilique que tu as reçue de Dieu. ne diminue. les tourments de la damnation future. en outre. et qu'il subisse. d de. par la loi mondaine. s'il l'eût voulu. et l«i «pontife des pontifes du siègeapostolique. qui a trahi le Seigneur. s'il ne revient pas à ré- (isipiscence. Soyez les tuteurs et les défenseurs <( dç Cliiiiy. Qu'il soit saisi. Qu'il ne puisse. ne donne à « titre de benelice. Qu'il devienne ii le compagnon de Judas. et ne permette d'établir sur eux un chef contre leur volonté ! VApour que eeUeileieii-e lie plus fortement les méchantset lestéméraires. frappé par la main d'en «liant. dans a-nu propre corps..la miséricordede Dieu et le « patronage de. qu'il encoure d'abord la colère de « Dieu tout-pm-anl : que Dieu l'enlève de la terre des vivants etell'aee ii -DU nom du livre de vie . ne vende.

« Point d'abbés particulier. » (Hut. ELque ce testamentsoit revêtu de toute autorité.. append. de discipline. et dans beaucoup d'autres pièces. » Lesimprécations contenues danscet actede donationcontreceuxqui oseront mettrela mainsurlesbiensdesmoinesdeCluny. font voir de quellesprécautions les donateurs croyaientalors devoirentourerleur legs'. qui en de\c' On avait toujours cru devoir employer ces sortesd'imprécations. Bened. aeternus Ilcv « peccata rnea «bsolvat. de statuts.hnyç deSaint-Denis. et éleva des bâtimentsqui devaient contenir la nouvelle congrégation. ut nullus contra deliberatione «meaimpedimentum sanctoDionysio de bacre quae ad meper baslitteras deputaium « estfacere présumât. roi d'Italie. '!" "< Ir vue siècle.. et de«meure à toujours ferme et inviolable dans toutes sesstipulations. 34). de Saint-Allyre de Clermont. Ce fut Odonqui le premier réalisa la penséed'adjoindre à son abbaye. mais desprieurs seulementpour tous cesmonastères . dul'nl.- 249 - [ ARCIHTECÏTHE ] «qu'il aura vouluattaquer. dans ua acte de donation d'une certaine Théodétrudeà l'abbaye de Saint- Denis.si fuerit qui minassuasad hoc apposuerit faciendo.de Bourg-Dieu et de Massay en Berry.suivantla règledeSaint-Benoît.et queson entreprise criminelleneproduise « aucun ett'et. c'était un homme profondémentinstruit. patrice de Rome..et payerà l'église desApôtresla redevance promise!Bernon.. iv.Courtépée). d'Aurillac en Auvergne. « omni nationi hominum tam propinquis quam extraneis. de Roman-Moûtierdans le paysde Vaud . réforma dans celle capitale le monastère de Saint-Paulhors desmurs . en 697 (Annal.et quantumres « ipsa meliorata valucrit. et peccatum quemamittit in filioset in domo «sua crudelissima plagaut leprosepro hujus culpaà Deo percussus. Fait «publiquement clans la ville de Bourges. qui bientôt acquit une influence considérable. qui mérite seul le titre de chef et de créateur de la maison. de Sarlat en Périgord.ou altérerleurs privilèges. et Albéric.. les communautés nouvelles qu'il érigeait et celles dont il parvenait à réformer l'observance. Il lit trois voyages à Rome. il fut choisi commearbitre des différents qui s'étaient élevésentre Hugues. on lit ce passage «. de règlements. i.secondabbé de Cluny. car déjà. Felibien.) Dans une chartede Gammon pourle monastère de Limcux. ut eorumplagain multistimorem concutiat. installa à Cluny douzemoines de sesmonastères.commeon le voit d ailleurs par les Formules de Marculfe.t.duplex. de Sainl-Pierre-le-Vif à Sens. de Tulle en Limousin. Mais c'est siint Odon. et sous l'autorité de l'abbé. - 32 .. dansla charteîle fondation des monastères de Poultiers et de Vézelay.satisfactione fiscoegenti exsolval.pièces justif. et Me inaledictus \\\ mfcrnointeriori et Anaihcma et Marauatlia «percussus cumJudacruciandus descendat. de Saint-Benoitsur-Loire.. Propterea rogo et contester coramDeoet Angelis(jus. ut non Mt qui u inhabité!in domoejus. il soumit égalementà la règle de Cluny les couventsde Saint-Augustin de Pavie. p.art.Pict. Le vieux duc Guillaume ne s'en tint pas là. I... Odon descendaitd'une noble famille franque. de Saint-Julien de Tours. cesmalédictions seprésentent à peu près dansles mêmes termes. l'abbé de Cluny seul les gouvernait : unité de régime. il lit le voyage deRomeafin de faire ratifier sadonation. donnée par Gérard de Roussillon auixesiècle (Hag. C'était une agrégationde monastères autour d'un seul.

les abbayes étaient devenues desforteresses plus remplies d'hommes d'armes que de religieux. si après les réformes de Cluny et de Cîteaux. 2 En893. mais seulement de congrégations. Ebles. Nulle ne se proposait. car Cluny est le véritable berceau de la civilisation moderne. fut tuéen Aquitaine d'un coup de pierre à l'attaquedu château qu'il assiégeait commecapitaine d'une troupede soldats. que la règle de Saint-Benoîtréforméeva prendre un lustre tout nouveau. et notamment par Cîteaux. par M. comme ministres.Cesystème fut bientôtcompris et adoplj par d'autres établissementsmonastiques.agissant comme tels et étant ainsi obligés de s'occuperd'intérêts temporels.Ébroïnet sesreligieuxavaientforméuneassociation avec ceux de Saint-Rémi de Reims. et les moines. Dès avant les grandesassociations clunisienneset cisterciennes.Maisc'est soussaint Odon et saint Maïeul. Paris.irlout la règle de Saint-Benoit demeurait sauve. Pendantles invasionsdesNormandsparticulièrement. P. 30. de iabbnyedeSaint-Denys. les monastèresse promettaient une amitié et une assistancemutuelle tant en sanlé qu'en maladie.un abbé de Saint-Déni?. 1724. ces agrégations ne différaient entre elles que par le centre d'autorité monastique. étaient obligés souvent de changer le froc contre la cote d'armes-. Conservant la règle de Saint-Benoit. P. Par ces associations. et paruneplus ou moins grandeaustérité dansla discipline commune. une autre fin que celle de sescompagnes.par les di- versmoyens imaginés pour maintenirl'esprit bénédictin. Ce n'était point là proprement desdifférencesd'ordres. fondé en 1098.et par là l'unité de l'ordre se maintenait intacte. par D.Bonillard. p.p.auront une influence immensedans l'Europe occidentale. leur habitude du gouvernement de grands domaines et d'un personnelnombreux. abbés de Cluny.[ ABCH1TECTUBE ] - 250 - nait ainsila métropole et la tête. 1 Histoire de l'abbaye de Cluny. mais aussi comme conseillers. (Hist. leur instruction. la discipline s'était perdue au milieu du désordregénéral. car depuis longtemps les abbéset les moinesavaient étrangementfausséla règle de Saint-Benoît. Félibien. Lorain.) 3Hist. on avait senti le besoin de réunir en faisceaucertainesabbayesimportantes. Quelque temps auparavant les moines de Saint-Denis en avaient fait autant. Toutefois. les abbésne se mêlèrent plus dans les querellesarméesdes seigneurs laïques. fournir tous les hommes d'intelligence et d'ordre qui. Vers 8i2. ils ne demeuraientpasmoins seigneursféodaux. pendant près de deux siècles. derabbaye de Saint-Germain des Prés. les abbés eux-mêmes commandaient des troupes laïques. malgré des rivalités qui éclatèrent plus tard '. à vrai dire. . l'abbi'1 de Saint-Germain desPrés. faisaient qu'ils étaient appeléspar les souverains non-seulement pour réformer des monastères. chassés de leurs monastères. )> Cesréformes étaient devenues bien nécessaires. 100. par D. comme ambassadeurs. avec un certain nombre de prières qu'ils s'obligeaient de faire aprèsla mort de chaque religieux desdeux communautés 3.

Benoît VIII. et je la laisse de marbre. Sainl Odilon fut enrelations d'estime ou d'amitié avec les papes SylvestreII. de Classe. de Saint-Jean l'Évangéliste. et s'ils vou- . de Saint-Pierre. de Thiern. pour perpétuer le souvenir de ce fait.nlde mSursque de pays». leur liberté . sainte Adélaïde : il refusa. sousMaïeul. sans y êtreappelés par l'abbé. de Farfa en Italie . il créa et dola en Pologne plusieurs couvents qu'il peupla de religieux de Cluny. ce fut lui qui exécuta la réforme de Saint-Denisen France qu'Hugues Capet avait demandéeà Maïeul. en Auvergne .Sanche. Conrad le Salique. à Pavie. de Saint-Maur les Fossés et de Saint-Germain d'Auxerre. avec l'impératrice sainte Adélaïde. en nombre et en réputation.désigné par Maïeul commesonsuccesseur.la tiare lui fut offerte par son fils Olhon II. Jean XIX et Clément II . La chronique dit que ce fut un ange qui lui apporta le livre de la règle monastique. SaintOdilon. avec les empereurs Othon III. fut confirmé par centsoixantc-dix-sept religieuxde Cluny: il réunit sous la discipline clunisienne les monastères de Saint-Jean d'Angély. Casimir. Ils devaient excommunier tout individu qui troublerait les moines dansleurs possessions. se maria. y exercer leurs fonctions. orné de colonnesde marbre qu'il fit venir par la Durance et le Rhône. l'antique monastèrede Lérins. diacre au monastère de Cluny. En exécution des volontésdu fondateur laïque de l'abbaye. » Mais bientôt l'immense influence que prenait Cluny émut l'épiscopat : l'évoque de Maçon. On prétend que sessujets.qui voyait croître en richesses territoriales. qu'il avait réconcilié avecsa mère. fils de MiceslasII.Guillaume le Grand. Devenul'ami et le confidentd'Olhonle Grand. un grand nombre de monastèresfurent soumis à la règle de Cluny . de Saint-Flour. de Marmoutier. les rois de France HuguesCapetet Robert. de Saint-Marcel lez Chàlons. « J'ai trouvé une abbayede bois. fut. rappelé en Pologne en 10/jl. de Saint-Bénigne de Dijon.Ramiret Gar- cias. roi de Pologne. voulut les faire rentrer sous sa juridiction générale. sur ce que. saint Henri. régna. en Provence. de Saint-Tictor de Genève.- 251 - [ ARCHITECTURE ] Maïeul gouvernal'abbayede Cluny pendantquaranteans.comtede Poitiers. la visiter.jusqu'en 99'i. à Parme.deTalui. ils menacèrent même d'excommunication tout évêquequi serait lente d'entreprendre sur les immunités accordéesà Cluny par le saint-siège. Jean XVIII. symbole de la tonsure monastique. de SaintPierre au ciel d'or. « Lesévoques ne pouvaientpénétrer dans l'abbaye. il fut relevé de sesvSux par le pape. de SaintAmand. prèsde Ravenne . s'engagèrentà couper leurs cheveuxen forme de couronne. Il bâtit à Cluny un cloître magnifique. Henri le Noir. et en mémoire de son ancien état monastique. chassé du trône après la mort desonpère.saint Etiennede Hongrie.du diocèsede Lausanne. Sousson gouvernement. Renoît IX. ceux d'Espagne. « les Romainset lui différaient auta. disait-il. parmi lesplus importants nousciterons ceux de Payerne. les moines de Cluny. les papes avaient successivement accordéaux abbésdesbulles formelles d'exemption . Ce fut lui qui fonda ce que l'on appelala trêvedeDieu et la fètedesmorls. disait-il.

dans ces temps si voisins de la barbarie. l'indépendance spirituelle de l'Église. son indépendance. se demandent si tous ces biens terrestres et intellectuels eussent été alors plus utilement placéspour l'humanité en d'autresmains? Était-ce la féodalitéséculièresans cesse divisée. et l'omnipotence qu'il^ a\ aient su acquérir. Le tempsn'était pasencore \enu où la papauté pouvait soutenir les privilègesqu'elle accordait. dont le pouvoir contesté s'appuyait tantôt sur le bras séculier. en triomphant de Henri IV. leur esprit de propagande. . En 1025. était-ce le peuple. 41 et suiv. réunis sous une rèule.qui se connaissaità peine lui-même.barbare. il était lié d'afi'ertimi intime avecle moine Hildebrand.les coordonner. Queceuxqui reprochentaux bénédictins leurs immensesrichesses. leur prépondérance.ignorante. certes. surent taire prédominer un grandprincipe. » L'abbé fut condamné après une longue résistance et se soumit. Il estle représentant de l'esprit monastiquearrivé à son apogée. sur tous ceux enfin qui vivaient dans la circonscription abbatiale. Hildebrand devint i. de l'ah'oaye(le Cluny.sousOdilon.252 - laient au contraire jeter un interdit sur les prêtres. de prendre en tutelle les grands et les peuples pendant cette minorité des nations.ses lumières.Gaulenus. de civiliser le monde. et qui étaient nécessaire? à la vie physiqueou spirituelledes moines. l>»nr*rj:<:in[>ter de la juridiction ordinaire de leur diocésnin'. confirment ou amplifient les privi- lègesecclésiastiques du monastère. lessimples laïques. qui pouvaientainsi réunir en un faisceautoutes les forces vitales d'un pays. les ordres religieux. les serviteurs.[ ARCHITECTURE J . par son unité. c'était assurer le suprême pouvoir à la chaire de Sainl- Pierre sur les trônes de la chrétienté. était déjà prieur à Cluny .cet interdit était nul de plein droit.guerroyante. Les ordresreligieux au xrsiècle ont acquiscette immenseinfluenceet ce pouvoir ne relevant que d'un chef spirituel.attachéspar desvSux inviolableset sacrés. vouésau célibat. les fournisseurs.Mais GrégoireYII visait plus loin.l'évèquede Maçon. mais cette première lutte avec le pouvoir épiscopal explique la solidarité qui unit Cluny et la cour de Rome quelques années plus tard.rc-oire VIL Tous deux. et l'ordre qui le dirigeait. son métropolitain. fils de Dalmace. les abbéset religieux de Cluny^qui troublaient l'état mis en r Et/lise dèssa naissance. p. commune. A vingt ans.a différentes époques. était-cela royauté. ce qu'il voulait. prenant pour base la charité. Ceschartes abondent dansle cartulaire de l'abbaye. Saint Hugues sut rester l'ami des deux rivaux qui remplirent lexie sièclede leurs lutter. les conserver et les transmettre intactes à la postérité '. dansun siècleoù l'esprit monastiqueseulétait capable.tantôt sur le peupledesvilles. Hugues. Loniin. P. par M. dénonçaà l'archevêque de Lyon. Hugues. plus de quarante papes. succéda à saint Odilon . comte de Seniur en Brionnais. étaient seuls capablesde sauver la civilisation. tantôt sur l'ascen- dant desévèques. parce que grandset peuplescomi Hist.' Non.les faire fructifier. les laboureurs.

pour les plaiesincurablesdu cSur. roi de Castille. au \ie siècle.troi. AlphonseVI.nu quatre fois par an. les forcesmorales finissent toujours par l'emporter *urla force matérielle lorsqu'elle est divisée. de veiller à ce que l'abbaye mère croisseen grandeur et en richesses. Ils n'exigent de^ rnli.desépaules capablesde porter la cotte d'armes. ils lessurchargenl de servicesinnombrables. Aussivoit-on lesgensde la campagneabandonnerle sol et fuir en d'autres lieux. ils ne réclament leursservicesque pour les nécessités de leur existence. dansun tempsoù la première condition de l'existencemondaineétait une tailleélevée. quand ils ont despossessions.. selivraient à leur industrie. de quelle manière les maîtres séculiers traitent leurs serfs et leurs serviteurs.un braspesant. le charge de fonder deux monastèresclunisiens en Es- . dit-il. cultivaient Ifiirs champsavecplus de sécurité que sousles murs de* forte- resses féodales .ù tout riait si bien ordonné. Saint Huguesn'est passeulementoccupéde réformer desmonastères et de les soumettre à la règle de Cluny. Et voilà pourquoi les moines sont propriétaires à aussi bon titre.Ils ne se contentent pas du serviceusuel qui leur est dû . » Tout le monde *ait.lespersonne et les biens.. à l'ombre descouvents. en effet. i-lm-e plu* affreuse! ne vont-ils p"as jusqu'à vendre pour de l'argent leshommesque Dieu a rachetésau prix de sonsang?Lesmoines. il e*l mêlé à tous le* évrnemenh importants de son siècle.pour les grands repentirs. les rois et les princes le prennent pour arbitre de leufs différend*. mais ils revendiquent sansmiséricordeles bienset les peignîmes. Un siècle plu* tard. lesmonastères devaient acquérir plus d'influence et derichesses que leschâteaux . il n'y avait que deux ordresen Europe.'-'53 [ ARCHITECTURE ] prenaient instinctivement la nécessité de cette tutelle sans laquelle tout fût retombé dansle chaos.ns que les choses dueset légitimes. pour les espérances déçues. et toutes lesfois qu'ils le veulent.Ils ne les traitent pas en esclaves. au contraire. après les dérèglementset le pillage.qui nu ilc-sul pour lui la plus vive amitié. s'ils les voient nécessiteux. explique mieux que nou*ne saurionsle faire les causes de la richessede Chmy. outre les cens accoutumés. dansce monde. pour la faiblesse et la pauvreté. Pierre le Vénérable. à meilleur titre même que les laïques. ils ne leur imposent rien d'insupportable. en serviteurs. agissentbien d'autre sorte. où la prière et la charité ne faisaient jamais défaut. pour le travail et la méditation. Par le fait. lieu d'asile pour lesâmesmalades. de chargesinsuppoitables et graves. De là.à ce que sesprivilèges soient maintenus. Saint Hugues. au xiesiècle. qui trouvaientun soulagement à leur---miifrances murales et physiques dans cesgrand* établi-emcnt* »-. ils avaient pour eux l'opinion despeuples qui. ils ne les tourmentent d'aucune exac- tion. comme le feront plus tard l'abbé Suger et saint Bernard lui-même. un commencement d'ordre et de raison. ils les nourrissent de leur propre substance. Mais. » II faut donc voir dans l'immense importance de Clunv. et comme. un mouvement national.. l'ordre militaire et l'ordre religieux. participe à toutes les grandes affaires de son siècle. mais en frères. dansune réponse à saint Bernard.

et le chapitre général. V.l'abbé consultâttoute la communauté. de voir de près l'état des choses.et Saint-Berlin de Lille.de la France. il mettait toujours cette condition.Guillaumele Conquérant sollicitel'abbéde Clunyde venir gouvernerles affairesreligieuses de l'Angleterre.monét. /. de la Pologne. Essai sur l'hist.deSaint-Ettfiut'> Hardiny. Bcner/. comme l'exprimela charte. Il battait monnaie sur le territoire même de Cluny. de la Hongrie. 8 (tiré à 25 exempl..'Saint-Germain d'Auxerre.Leur devoir sera d'y aller assurer l'exécution des mesuresdécrétées dans le chapitre général. L'abbé général était un prince temporel qui. Onrendracompte del'état de chaquecommunauté. 3 Cluny au iie siècle.en verra de tous les points de l'Italie.cinq ansauparavant..).afin. 264. duPortugal. Mabillon. de l'Allemagne. comme les con- cilesfont desintérêtset desbesoins del'Église.desdépendances deCluny: cesontcelles deVézelay. 70 : Ne in vacuuni laborare\ideretur. 23. D'antiquesabbaye? deviennent. parl'abbé Cucherat. les supérieursde cesétablissementsreligieux sont nommés par l'abbé général. Au chapitre général. Saint-Jean d'Angély. -Voy. « sa domination s'étendait sur trois cent quatorze monastères et églises. -Voy. Maillezais. on discutera desintérêts et desbesoinsspirituels du cloître. de l'Angleterre. 1842. saint Huguesne consentaità se chargerdu monastère de Lézatqu'à la conditionquel'électiondel'abbé lui serait abandonnée et à ses successeurs après lui. cetteespèce de liberté religieuseseratransportéeen grand dans l'immensecongrégation de Cluny. pour le spirituel. aussibien que le roi de France dans sa royale cité de Paris -.de l'Aquitaine.[ ARCHITECTURE J - 254 - pagne. par M.Saint-Austremoine de Mauzac..Figeac.«Déjà. 1 Cluny au xie siècle.par l'abbé Cacherai. p.t. et d'y régler toutes chosespour le bien de la paix 3. Saint-Martial de Limoges. Saint-Cy- priende Poitiers. p. « Saint Benoît voulait que. ne dépendait que du saint-siège. Tout en conservantleur titre d'abbé. » Saint Huguesfonde le monastèrede la Charité-sur-Loire : de son temps Cluny était un véritable royaume.il contribueà la construction delà grande église mèrecommencée par Hugues. toutes seront groupéespar provinces mona^tiques.avantde seséparer. . Cettesage précaution.nommera deux visiteurs pour chacunede cesprovinces. p. dansles affairesimportantes.pendant le gouvernement de saint Hugues. p. et ne semelrecuperatuslocus iterum in pejnra " « laberetur. dit Mabillon. de Cluny. à des époquesrapprochéeset périodiques.dene point travailler en vain. » Pour gouverner des établissements répartis sur tout le territoire occi- dentalde l'Europe. Ann. Saint-Pierre de Moissac.accourir à la voix do l'abbé les supérieurset déléguésdesmonastères. desassemblées de chapitresgénéraux sont instituées. deSaint-Gilles. 2 Hist. d'entendre et d'accueillir au besoin les plaintes des faibles.del'Espagne. et dansla crainte que le monastère réformé ne vint bientôt à retomberdans un état pire que le premier '. Anatole Barthélémy. En pareille circon- stance.

fille de Guillaume le Conquérant .sixième préface de ses Actasandorumord. Hermingarde de Boulogne. Clun.aprèsl'émancipation du tiers état. serasuiviepar les rois. Mais une desgrandes gloires des ordres religieux.et jusqu'en Espagne. Adèle de Normandie. mais au développement de l'esprit. M. cette nouvellecommunauté eut bientôt deséglises et desprieurés soussa dépendance.. nos48 et iO. col.. Mathilde. Mathilde de Bergame et Gastonne de Plaisance. vient aussi se retirer au monastèrede Marcigny. 2 Mabillon. plus tard. du sang royal d'Espagne. En Angleterre. V. gloire trop oubliée par des siècles ingrats. Certes. et de graves autorités "onténuméré avec scrupule lesimmenses services rendus àl'agriculturepar les établissements clunisiens et cisterciens. et Ëmeline de Blois.uneexistence intellectuelle.danslequel viennent bientôt seréfugier un grand nombre de damesillustres. fille deMalcolm d'Ecosse. Aremburge de Vergy. La plupart deshommes et des femmes qui s'adonnaientà la vie monastiquen'étaient passortis desclasses inférieures de la société. en Flandre. . devaient-ellesleur bien-être et l'émancipation qui en esl la conséquence. Rien de comparable à ce mouvement qui se manifesteau xie siècle en faveur de la vie religieuse régulière. au contraire. lesterres deviennent fertiles. veuve d'Etienne deBlois. c'a été le défrichement desterres. Bened. non-seulementà la méditation et aux inspirations religieuses. si ce n'estaux établissements religieux de Cluny et deCîleaux*? Denosjours on a rendujustice aux bénédictins. ou desmarais insalubresqu'ils avaientsu fertiliser. dansl'Europe occidentale. la réhabilitation de l'agriculture. C'est qu'en effet là seulement les esprits d'élitepouvaient trouverun asileassuré et tranquille.Cluny donnait l'exemplede l'organisation centrale qui. C'est la tête du pays qui se précipitait avec passion danscette voie. poli tiquement. Partout où Cluny ou Ckeaux fondentune colonie.Véraiseet Frédoline. sa fille. mais à qui les classesinférieures de la société. la sSurdesaintAnselme deCantorbéry. nous le suivons tour à tour sur tous les points de l'Europe où sont établies desfilles de Cluny . de ses hautes régions. l'existencedescouvents n'avait plus le degré d'utilité qu'ils acquirent du xe au xnesiècle. il fait rédiger les coutumes de son monastère par un de ses savants disciples.Marie. mère de saint Hugues. comme la seulequi pût conduire.. Maisnon contentde cettesurveillance exercée par des visiteurs. nommésen chapitre général. des forêts sauvages. S. Hugues veutvoir par lui-même . il fonde à Marcignyun couvent de femmes. Aucune voix ne s'éleva à la fin du siècle dernier pour dire que ces vasteset riches propriétés possédées par les moinesavaient été desdésertsarides. Parmi tant depersonnages. tesmarais pestilentiels 1 Bihl. Bernard ' . qui pût ouvrir un vaste champà l'activité de l'intelligence. sSur decetteprincesse. mais. abandonnéedepuis la conquête des barbares aux mains des colons ou de serfs avilis. t.255 [ ARCHITECTURE ] Ainsi. l'ordre et la paix. danslesnotesd'AndréDuchesnc.

Morimond.Fontenay.destisserands..in'".[ ARCHITECTaiE J - 256 - " se changent en vertesprairies.n'ont pasune autre origine. turf.Noncontente de donnerle remède.I ï it. puis..des orfèvres même qui venaient se grouper autour desmoines. Ce n'est pastout : lesmonastères.desdrapiers. que nousavons déjàeu occasion de citerplu-i. les produits fabriqués de ses troupeaux. il est : unique les établissementsmonastiques formaient un étal relativement bon.en suivait lesprogrès. maispar cela même. les infirmes et les vieillards soignésdansdes maisons hospitalières bien disposées et bien bâties. AH h'. et s'il survenait une année de di-ette.'. dansun tempsoù les routes el aientjR'ii -nie-. -ur un vaste territoire. lesvins précieux proviennent encoreaujourd'hui de*terres dont les moinesont été dépossédés? A peinel'oratoire et les cellules des bénédictins étaient-ils élevésau milieu d'un désert.les forêts sont aménagées.connaissaitle malade. elle était toujours là. -"iivent lesmonastères élevaientdesusinespour l'extraction et le faciilin a'je desmétaux: c'étaientalorsdesforgerons. Le paysan de l'abbaye était atlaehe à la terre. de.deschaudronniers. que des chau- mièresvenaient se grouper alentour . le plan de l'abbaye de Saint-Gall) s'étendait. la plaie de nos villes manufacturières modernes.si la guerre dévastaitlescampagnes.livraient à l'abin"Yeini.xxiv. Charlin i. et le suivait jusqu'au tombeau. Nous empruntons cettetraduction à rouvraitcl. Dire que cet état de choses ne comportait aucun abusserait une exagération. présente. hb.r. mais combien devait être plus efficace et plus magnifique surtout celle qu'on trouvait dansdes maisons comme Cluny.li l'ois. à mesureque l'abbaye ou le pneuie -'enrichissait. La ville renfermait desindustriels instruits par les moines. Cluny. loin de se plaindre de cet état. Qui ne sait que les meilleurs bois. voisin de l'esclavagepolitiquement parlant.Unes cluiuawitsis muitadeni il UJalnc se: truuunt .Ceuxqui ont visité 1Orient savent ci nubiene-t précieuse l'hospitalité donnéepar les couventsà tous venants.C3p. leurs enfants étaient élevésgratuitement à l'abbaye.puisune bourgade. au xie siècle. il en tirait protection et a-i-ianee perpétuelle pour lui et sesenfants. ou remplissait les murs d'une ville.unr M!!.lairvau.. étaient un refuge assurépour le voyageur. commeClairvaux.elle accompagnait -es dnnsde parolesconsolantes. sa famille.Ye/elay. -au- craindre le chômage. les coteaux aridesse couvrent de vignobles. Ce que nous avons vu établi au ixe siècle dans l'enceinte d'une i-il'n (voy. La charité alors ne se couvrait pas de ce manteau froid de nos établissements modernes. pui.il.'M.. etc././. qui jamais ne frappaiten vain à la porte desmoines. elle l'appliquait elle-même. comme le paysan du seigneur séculier. personnifiée par l'Église. le hameau devenait un grosvillage. son état.les vastes greniersde l'abbaye-'ouvraientpour lesouvriers sans pain.uil svlaire.v. A ce qu'on nous permettede citer ici un passage d'L'dalric1 : «Comme L clair. mais au milieu d'une société divisée et de-ordonnée comme était celle du xr siècle. mai. 111. l.Marcigny-les-Nonains. les nun-sonslesplus riches.descorroyeurs.Paray-le-Monial. Pontigny. tanneurs.

du vin.s de Sandie « le Grand. Chaque semaine. avec de l'eau chaude en hiver. deuxallaient «chaquejour au bois. «et leur remettant du pain.l'enseignement de la jeunesse. cet abbé entreprit. et vingt-cinq fois par an. ua la mort de chaque frère. el enfin l'accomplissement de nombreux devoirs religieux de jour et de nuit. grands et petits. le territoire de l'abbaye. pour c pitance. on ne s'étonnerapas de l'importance qu'avait acquisecette maison à la fin du xie siècle. «tels quesaint Odilon. et les rois d'Espagne.qui faisait ladistri«bution aux pauvreset aux hôtes. desfèvesquatrejours la semaine. dune fois la semaine. s'informant des malades. et fait l'aumône à dixseptmille pauvre^. En outre. et à ceux-ci un denier au moment du départ. aux orphelins et aux veu«ves. On lui donnait ensusdela viande « comme aux hôtes.Chaquemonastère dépendant de Cluny imitait rK exempleselon sesmoyens. le roi Ferdinand (iil.» LMalric ajoute plus loin que l'annéeoù il écrivit sescoutumes.auxboiteux et aux aveugles. la gestion spirituelle et temporelle de leurs domaines et des prieurés qui dépen- daientde l'abbayemère.dansla forêt. véritable gouvernement qui devaittout attirer à lui. «ainsilesvoyageurs à piedl'étaientparl'aumônier. l'empereur Henri. on avait distribué deux cent cinqua-. dontil estl'abréviateur (i»-4%-n 126pages). I. et à Noël une paire de souliers. mort le 27 décembre 1065) et son «épouse. Aux grandessolennités. à Pâques.l'activité extérieure desmoinesde Cluny.aux vieillards et à tous les malades qui «se présentaient. I. in-folio. C'était encore le devoir de l'aumônier de parcourir. on distribuait pendanttrente jours saportion «au premierpauvrequi seprésentait. en 1089. 33 . La légende intégralement imprimées dans le Bpicileglum (t. on dislri«huait douze tourtes.A chacunl'aumônier «distribuait une Uvre de pain et une mesuresuffisantede vin.p. En outre.Onlesa réunies à l'Suvre du moine Bernard. C'est alorsaussique la constructionde la grandeégliseestcommencée. Six reli- « gieux étaient employésà ce service: le majordome.on donnait à chacun d'eux v neuf coudées d'étoffe de laine. chaquejour. l'aumônier lavait 1<« pieds à trois pauvres. chacune de trois livres.toutes charitables. auxquelson distribuait en conséquence une livre de pain.et deslégumesles trois autres «jours. Il y «avait tous lesjours dix-huit prébendesou portions destinéesaux pauvres (idu lieu. roi de Caslille et de Léon.). et il leur donnait à «chacun une livre de pain et la pitance. avecleurs ânes.l'église de Cluny ne suffisait plus au nombre des moines. influence morale et riehe^e*. On distribuait desaumônesextraordinaires à certains ujours anniversaireset en mémoire de quelques illustres personnages. leur influencepolitique et religieuse.- 257 - [ ARCUITECTCRE 1 «les hôtesà chevalétaientreçuspar le custode ou gardiendul'Iiùtrlli-rie.ste jambons. Da temps de saint Hugues. lestravauxlittéraires du cloître. les affairesconsidérablesqu'ils avaient à traiter.Chaqueannée. et tout ce qu'on pouvait avoir de «meilleur. de la reconstruire. le portier de l'aumônerie .Si nousajoutons à cesoccupations. la viande remplaçait les fèves. Gil et suh. lesdeuxautres étaient «chargésdu four.

maisl'égliseétait intacte. Voici (Bg.0005 pourmètre. . malheureusement à cetteépoque déjà. les bâtimentsclaustrauxavaientété presque entièrement reconstruits. 2) le plan de l'abbaye telle qu'elle existait encore ' à la fin du siècle der- nier.[ ARCHITECTURE ] - 258 - ditque saint Pierre endonna leplan aumoine Gauzon pendant son sommeil. C'était certainement l'église laplus vaste del'Occident.comme dans la plupartdes grands monastères de bénédictins.Commencée 1 Ceplan est à l'échelle de Om.

près de la porte d'entrée à gauche. le narthex est une véritable église avec ses collatéraux. et prend une grande importance. 11ne semble pasque les églisesclunisiennes aient été précédéesde porchesde celte importance avant le xne siècle.les vingtquatre vieillards de la vision de saint Jean 3. il existait nn porche construit en même temps que la nef à la fin du xic siècle ou au commencementdu xn% mais il était bas et peu profond.le prêtre. fig. » A Cluny même. et devient ainsi une véritable tribune sur laquelle avait été placé un autel au xne siècle. pour les pcni «tents placés devant le portail de l'église '. la prison. A Cluny. dansla niche centrale formant originairement l'une desbaieséclairant le pignon occi dental (voy.) 2 Ibirl.20. dans le vestibule. sesdeux tours. . par ordre de l'évêque.La tour méridionale était le siège de la justice. En avant de l'église. cependant. Cevestibule était-il destiné à contenir la suite desnobles visiteurs qui étaient reçus par les moines.qui existe encore. car elle se développe tout à coup.fort belle porte du xn" siècle à deux arcades.Au-dessus. flanqué de deux tours carrées. ARCHITECTURE RELIGIEUSE. vers le milieu du xn" siècle.» (Loraiu. on voyait encore. A Vézelay. son triforium. comme à Moissac. Le narlhex ne fut achevéqu'en 12. Dans l'ancien pontifical de Chalon-sur-Saône. 22). «jussuepiscopi. puis on trouvait un grand emmarchemenl interrompu par de larges paliers qui descendait à l'entrée du narthex. ou les nombreux pèlerins qui se rendaient à l'abbaye àcertainesépoques de l'année?Était-il un narthexréservé pourles pénitents? Cette dernière hypothèsenous paraîtrait la plus vraisemblable. A Vézelay. bien que les descriptiorïsne relatent quevingt-troisfigures. celle du nord était réservéeà la garde desarchives. Le narthex B de Cluny datait des premières années du xinc siècle . à Vézelay. Il est difficile de savoir exactement à quel usagecette avant-nef était destinée. p. une nécessité absolueavait dû forcer les religieux de la règle de Cluny.célèbrela «messesur un autel très-rapprochédesportes du temple. un texte vient l'appuyer. cinq degrésconduisaientdans une sorte de parvis au milieu duquel s'élevait une croix de pierre. une table de pierre de quatre pieds de long sur deux pieds <-tdemi de large. on li- sait : « Dansquelques églises. le triforium se retourne au-dessus de la porte d'entrée de la nef intérieure. à la Charilô. A était l'entrée du monastère. qui pouvait passerpour un autel du xne siècle -. en R. pSuitentibus antefores ecclcsiSconslitutis. elle ne fut dédiée qu'en 1131.était sculpté de dimension colossale.commeaussi dansle tympan de la porte méri1 « In quibusdamecclesiis sacerdus in aliquo altan foribus pro\imiori celeliral inissam. si voisin de Cluny. Du vestibule on entrait dansla grande églisepar une porte plein cintre dont le linteau représentait probablement. ceux de la Chanté-sur-Loire et de Vézelayont été bâtis au XIIe. d'adopter cette disposition. 3 Apocalypse.avant la révolution. 66. dansle tympan.- 259 - [ ARCHITECTURE ] par la partie du chSur soussaint Hugues.

à laquelleon arrivait par deux escaliers à vis. destinées aux fonctionnaires de la communauté. La nef immense était bordée de doublescollatéraux. derrière les stalle-. Il était orné de peintures qui retraçaient leshi-loires mémorablesde l'Ancien et du NouveauTestament. les stallesdevaient s'étendre depuis l'entrée du transsept oriental jusque vers le tombeau du pape Gélase. et formant un encorbellement de 2m.Du côté du midi était un immense cloître entoure de bâtiments dont on retrouve des traces encore aujourd'hui et en I.à la cathédrale d'Autun. Une chronique de l'abbaye fait remonter au gouvernement de saint Hugues <"la construction d'un immense réfectoire.En D. sous forme de tribune avec son autel encore fii place (voy. Mai. c'est une niche qui surmonte le portail et dans laquelle pouvait être placé un autel. car nousla retrouvonsà Saint-Andochede Saulieu. autour de lui étaient lesquatre évangélistes et quatre angessupportant l'auréole ovoïde dont il était entouré. la rue longeant la clôture de l'abbaye. . comme l'église Saint-Sernin de Toulouse. étaient les deux abbatiales reconstruites rebâtis au commencement en 0 à la fin du xve siècle et au commencement du xvie. l'autel de rétro. près d'Avallon.mort en 1109.ce qui caractérisela grandeéglisedeCluny. à l'entrée comme à la sortie de-religieux . en G. la paroisse . elle mérite d'être mentionnée. S.OO à l'intérieur. Nousavonsvu qu'à l'abbaye de Saint-Gall (fig. P. T. A Yézelay. une grande peinture représentait le jugement dernier1. une boulangerie qui subsiste encore . N. Au-dessusde la porte d'entrée.lors des séjours despapes et des personnages souverains. était égalementdédiéeà saint Michel. et les deux croisillons du premier transsept. Y. le Christassis tenantl'Évangileet bénissant. lesjardins avecde grandsviviers. suit pendant les grandesassemblées. étaient destinésau servicedesquatre chapellesouvertesà l'est. le tombeau de saint Hugues. M. au midi du cloître. Ce réfec- toire.La grande quantité de religieux qui occupaientClunv à la fin du XIesiècleexplique cette disposition du double transsept. peut-être aussi. ///</. Le second transsept devait être réservé au culte. en effet. élevée au-dessusdu sol. le-bâtiments du siècle dernier sur l'emplacement desconstructions primitives. en toutcas. L. en E.uix hôtesnombreux que l'abbaye était souvent obligée de loger. de t'abhnyp deCluny. était pratiquée une chapelle dédiée à saint Michel. 1) une petite chapelle circulaire. et fermaient ainsi les deux croisillons de la première croisée. dans l'épaisseurdu mur séparantle narthex de la nef. K. A l'un des bouts. i> Cet 1 Lurain. était l'autel principal. dansl'église de Montréal. r'e-l ce double Iran-epl dont aucune église en France ne nous donne d'exemple. les portraits des principaux fondateurs et bienfaiteurs de l'abbaye. TRIBIM..contenait sixrangs do labiés.[ ARCHITECTURE ] - 260 - dionalede l'abbayedeMoissac. Il semblerait que celte disposition appartînt aux églises clunisiennes. en F. sanscompter trois autrestablestransversales. elle éluit voûtéeen berceauplein cintre. long de cent piedset large de soixante.

il y a quelque tempsque l'on vo\. était entourée de murs continuant les remparts de la ville du côté nord et possédant sesdéfenses particulières du côtédu midi dans la cité même '. que l'on désignait sous le nom de clocher des lampes. abbaye de Tournus.la ville de Tournus.ci La curieuse faisait. détruit aujourd'huipour donnerpassage au chemin de Inde Bordeaux à Toulouse.sur le rampant d'un coteau s'inclinant vers l'église. pour ainsi dire.0005 pour mètre. dont nous donnonsici le plan(fig. parce qu'il contenait à sa base les cou- ronnes de lumières qui brûlaient perpétuellement au-dessus du grand autel. Ces divisionsétaient fréquentes au moyenâge.et pour reconnaître ce service. Une charte de Charlesle Chauvedésigneainsi Tournus : « Trenorchium castntm. le château. l'église de Cluny possédaittrois clochers posésà cheval sur son premier transsept et un clocher sur le centre de la deuxième croisée.soit parce que successivement des habitations laïques s'étaientagglomérées prèsd'eux. la ville s'engagea dèsluvsà payerdesdîmesau monastère. et l'enceinte sacréede Saint-Valérian.qui estbâtie au midi de l'abbaye. .Tornutiumvilla. et. 3).- 261 - [ ARCUITECTLRE ] usage depeindre la scène du jugementdernier dans lesréfectoires de la règlede Clunyétait fréquent. partie monastère.A Paris. renferme encore une grande quantité de charmantes maisons des xne et xiitc siècles.ui les tracesd'une de cesreprésentations dans le réfectoirede l'abbaye de Moissac. elle fut entourée de murs versla fin du xir sièclepar les abbés. soit parce qu'ils s'étaientétablisproche de citésdéjàexistantes. Il n'est pas douteuxque l'abbayene fût entourée de murs la construction fortifiés des avant de murs la ville. Outre les deux tours du narlhex. et il fallut que la ville s'étenditsingulièrement pour débordercesprés qui seprolon1 Ceplanest a l'échellede Qm. lorsque les monastères étaientvoisinsdes villes. La ville deCIuriy. et cella Sancti Valeriani». du et lorsque celle . ils maintenaienttoujours un côté découvertdonnant sur la campagneet ne se laissaientpasentourer de toutesparts.l'abbayeSaint-Germain desPréspossédait une vasteétenduede terrains situés à l'ouest du monastère.

[ ARCDITECTl'RE ]

-

262 -

geaient jusqu'au delàdela ruedu Bac.L'abbaye de Moissac avait soi»
enceinte fortifiée, séparée de l'enceinte de la ville par une rue commune.

11en était de même à l'abbayeSaint-Rémi de Reims,à celle de Saint-

Denis; lesabbayes de la Trinité,de Saint-Etienne, à Caen (fig.k), se
trouvaientdansunesituationanalogue '. 11arrivait souventaussique
les monastères bàlis à une certaine distance de villes populeusesétaient.

FAUBOURG.

o-

à peuprèsgagnés par lesconstructions particulières; alors,au moment
desguerres, on englobait les enceintesde ces monastères dans les nou-

vellesfortifications desvilles.C'estainsiqu'à Paris,le prieuré de SaintMartin des Champs, les Chartreux,le Temple,les Célestins, l'abbaye
Sainte-Geneviève, Saint-Germaindes Prés, les Blancs-Manteaux,furent

successivement comprisdansl'enceintede la ville, quoiquecesétablissementseussentété originairement élevésextra muros.

Comme propriétaires fonciers,les ordresreligieuxpossédaient tousles 1 Lavue cavalière del'abbaye Saint-Etienne deCaen que nous donnons ici est copiéesur une gravure de la Topographie dela Gaule " NORMANDIE (Mérian, édit. Francfort,
1662). Voyez aussiles Monogr. d'abbayes,biblioth. Sainte-Geneviève.

- 263 [ ARCHITECTURE j droits de seigneursféodaux, et cette situation mêmene contribua paspeu à leur décadence, lorsque le pouvoir royal, d'une part, et les privilégia descommunes,de l'autre, prirent une grande importance; elle les plaçait souvent(et à moins d'exemptions particulières, que le suzerain n'admettait qu'avec peine)dans l'obligation de fournir des hommes d'armes en tempsde guerre,ou detenir garnison.A la fin du xnesiècle,quand la mo-

narchiedevientprépondérante, les grandsétablissements religieuxqui
se sont élevés, humbles d'abord, en face de la féodalité, absorbent le châ-

teau, puis sont absorbés à leur tour dansl'unité monarchique; maisc'est au moment où ils passent de l'état purement monastiqueà l'état de propriétaires féodaux, c'est-à-dire sousles règnes de Philippe-Auguste et de saint Louis, qu'ils s'entourent d'enceintes fortifiées. Toute institution tient toujourspar un point au tempsoù elle fleurit. L'institut monastique, du moment qu'il était possesseur de terres, devenait forcément pouvoir féodal,car on ne comprenait pasalors la propriété sousune autre forme. Lesabbésles plus illustres de Cluny avaient senti combien cette pente était glissante, et pendant les \ie et xne sièclesils avaient, par des réformessuccessives, essayé d'enlever à la propriété monastiquesoncaractère féodal; mais les mSurs étaient plus fortes que lesréformes, et.Cluny, qui, par sa constitution, son importance, le personnel influent qui faisait partie de l'ordre, les bulles des papes, et sesrichesses, paraissaitinvulnérable, devait être attaqué par le seul côté qui donnait au suzerain le

moyende s'immiscerdanssesaffaires; et ce côté attaquable, c'étaient
les droits seigneuriauxdesabbés. Dans les dernières annéesdu xi' siècle, trois religieux de MolesmeN saint Robert, saint Albéric et saint Etienne, après s'être efforcésde réformer leur abbaye,qui était tombéedansle pi us grand relâchement,allèrent à Lyon, en compagnie de quatre autres frères, trouver l'archevêque Hugues,légat du saint-siège, et lui exposèrent qu'ils désiraient fonder un monastèreoù la règle de Saint-Benoit fût suivie avec la plus granderigueur; le légat loua leur zèle, mais les engageaà n'entreprendre cette tâche qu'en compagnied'un plus grand nombre de religieux. En effet, bientôt quatorze frères sejoignirent à eux, et ayant reçu l'avis favorable du légat, ils partirent ensemblede Molesmes et allèrent s'établir dansune
forêt nommée Citeaux, située dans lé diocèse de Chàlon. C'était une de

cessolitudesqui occupaient alors une grande partie du sol desGaules.Le
vicomte de Beaune leur abandonna ce désert. La petite colonie se mit

à l'Suvre et éleva bientôt ce que les annales cisterciennes appellent lv monastère de bois Ce lieu était humide et marécageux; l'oratoire fut bâti en unan.de 1098à 1099: ce n'était qu'une pauvrechapelle. Lesvingt et un religieux n'eurent dansl'origine ni constitution ni règlementsparticuliers, et s'attachèrent littéralement à la règle de Saint-Benoît; ce ne fut qu'un peu plus tard que saint Albéric rédigea desstatuts. « Lesnouveaux solitaires devaient vivre des travaux de leurs mains, dit l'auteur des annales

de l'ordre, sanstoutefois manquer aux devoirsauxquelsils étaient obligés

[ ARCHITECTURE ]

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2tïU -

enqualitédereligieux....SaintPierredeCluny,ajoutecetauteur,faisant
réflexion sur leur vie, la croit non-seulementdiflicile, mais même imp<»aux forces humaines. Comment se peut-il faire,--'écrie-t-il, que des

;uv;iblés de fatigues et de travaux, qui ne se nourrissent que

il'ljri be>t-l de légumes, qui n entretiennentpas les forcesdu corps,et
nirmr peuvent à peine conserver la vie, entreprennent des travaux que les gens<lr la r;impagneles plu? robustestrouveraient très-rudes et très-

dillu-ile-asupporter, et qu'ils souflrent tantôt lesardeurs du soleil,tantôt lespluies, lesneige> et lesglaces de l'hiver?.... Si lesreligieuxrecevaient
des Irères convers', c'était pour n'être pasobligés de sortir de l'enceinte

du monastère, et pourquecesfrères pussent s'employer auxaffairesextérieures. » Saint Robert et sescompagnons,en fondant Citeaux,comprenaient déjà quelle prise donnait aux pouvoirs séculiers la règle de SaintBenoit, entre les mains des riches établissements de Cluny; aussi avec quelle rigueur ces fondateurs repoussent-ilsles donations, qui ne tendaient qu'à lessoulagerd'une partie de leurs rudes labeurs, au détriment dr leur mdc-pendance! ne conservantque le sol ingrat qui pouvait à peine les nourrir, afin de n'être à charge à personne,« car, ajoute l'auteur déjà cité, c'est ce qu'ils craignaient le plus au monde». Cependant Eudes, duc de Bourgogne,éleva un château dansle voisinage,afin de se rapprocher dé cesreligieux qu'il avait aidésde sesdons lors de la construction de leur oratoire ; sonfils Henri voulut bientôt partager leurs travaux, il se (il moine. Mais Cîteauxne prit un grand essorque quand saint Bernard et -escompagnons vinrent s'y renfermer; à partir de ce moment,une nouM-llemilice se présentepour relever celle fournie par Cluny un siècleaup.navant.De la forêt marécageuse où lesvingt et un religieux de Molesmes
mit bâti quelques cabanes de bois, cultivé quelque coin de terre, vont sor-

tir, en moins de vingt-cinq ans,plus de soixantemille moinescisterciens, qui se répandront du Tibre au Volga, du Mançanarezà la Baltique. Ces moines,appelés de touscôtéspar les seigneursféodauxpour défricher des terresabandonnées, pour établir desusines,éleverdestroupeaux, assainir des marais, vont prêter à la papauté le concours le plus puissantpar leur

unii'U.par la parolede leur pluscélèbrechef; à la royautéet au peuple,
par la réhabilitation de l'agriculture ; car au milieu d'eux, sousle même habit, on verra des seigneurs puissants conduire la charrue à côté du
1 Lesfrèresconveis différaient desfrèresprofès,en ce que leurs\Sux étaient simples
el non solennels.C'étaient des serviteursque les cisterciens pouvaients'attacher avec la

permission de l'évèque diocésain. A une époque où lesmonastères étaient pleinsde religieuxde race noble,les frèresconversétaientpris parmi lès laboureurs, les gensde métier? : ils portaientun costume réguliertoutefois et mangeaient à la tablecommune au réfectoire. On comprend que dansdestemps où la conditiondu peuple descampagnes étaitaus^imisérable que possible, les couvents cisterciens ne devaientpas manquer de frèresconvers, qui retrouvaient ainsi, en entrantdansle cloître,la sécurité,unegrande
liberté relative et une existence assurée.

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265 -

l ARCHITECTURE ]

"pauvre colon. Cîteauxenlèverades milliers de bras à la guerre pour remplir seshuit ou dix mille granges'. Sestravaux ne s'arrêteront paslà, son immortel représentant prôchera la secondecroisade, Cîteaux défendra l'Europe contre lesMauresd'Espagne,par la formation des ordres militaires de Galatrava, d'Alcantara, de Montesa. Les templiers demanderont

desrèglementsà saint Bernard. Citeaux,plus encore que Cluny, viendra au secoursdespauvres,non-seulement par des aumônes, mais en employant leurs bras; et sesdonssortis de monastères simples et austères d'aspect,répartis par des moines.selivrant chaque jour aux travaux les plusrudes,paraîtront plus précieux en ce qu'ils ne semblerontpasl'aban-

dondu superflu, maisle partage' du nécessaire. Cen'estpassur leslieux
élevés que se fondent lesmonastères cisterciens,mais dansles vallonsmarécageux, le long descours d'eau : c'est là que la culture pourra fertiliser le sol en convertissantdesmarais improductifs en prairies arroséespar descours d'eau; c'est là que l'on pourra trouver une force motrice pour les usines, moulins, huileries, scieries, forges, etc. Cîteaux, la Ferlé,

ClairvauXjMorimond, Pontigny, Fontenay, l'abbayedu Val, sont bâtis
dansde creux vallons, et encore aujourd'hui, autour de ces établisse-

ments ruinés,on retrouveà chaquepas la trace des immenses travaux
des moines, soit pour retenir les eaux dansdevastesétangs,soit pour les diriger dansdescanaux propresaux irrigations,soit pour les amenerdans desbiefs de moulins. Commeexemple de ce que nous avançonsici, et pour donner une idéede ce qu'était, à la fin du xnesiècle, un monastère cistercien,voici (fig. 5) le plan général de l'abbaye de Clairvaux, fondée par saint Bernard 2. On remarquera tout d'abord que ce plan se divise en deux sectionsdistinctes. La plus importante, celle de l'est, renferme les bâtimentsaffectésaux religieux : en A, sont placés l'église et deux cloîtresdont nous donnonsplus bas le détail; en B, desfours et moulins à grains et à huile; en C, la cellule de saint Bernard, son oratoire et sonjardin religieusement conservés; en E, des piscines alimentées par

l'étang;en F, le logementdeshôtes;en G, la maison abbatiale,voisine
del'entrée et de l'hôtellerie; en H, desécuries; en I,le pressoir et grenier à foin; en Y, des cours d'eau, et en S un oratoire. L'entrée principale

del'abbaye estenD. La sectiondu plan situéeà l'ouest,et séparée de la
premièrepar une muraille, comprend les dépendances et les logements desfrères convers attachésà l'abbaye. T e^t un jardin (promenoir). K, le

parloir; L, deslogementset ateliersd'artisans; M, la boucherie;X, djs
1 Citeaux arrivapromptement au nombre incroyable dedeuxmille maisons monastiques des deuxsexes; chaque maison possédait cinqou six granges. (Histoirede l'abbaye deMorimond, par l'abbé Dubois,2eédit., 1852.-Annales del'ordrede Citeaux: Essai sur f histoirede/'ordre deCîteaux, par D. P. Le Nain,1696.)

2 Nous devons ce plan à l'obligeance de M. Harmand, bibliothécaire dela ville de Troyes, et deM. Millet,architecte de cediocèse, qui a bienvoulunous en fournirun
calque. 1. 34

( ARCHITECTURE ]

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granges et étables; 0, despressoirs publics; P, la porteprincipale;R, les

restesdu vieux monastère;V, une tuilerie; X, son four. Descours d'eau
circulent au milieu de ces divers bâtiments et usines. Une enceinte

267 -

[ ARCHITECTURE )

générale, garnie de quelques toursde guet,enveloppe tout le monastère

ainsi que sesdépsndances;desjardins potagers et desvergerssont situés

à l'extrémitéest, et arrosés par des rigoles.Voici (fig. 6) le plandesbâti-

i ARCHITECTURE ] - 268 nients réservésaux religieux. On remarquera tout d'abord que l'église A est terminée à l'abside par neuf chapelles carrées.Quatre autres cha-

pellesorientée-! Cuivrent surle transsepl;outre les stallesdes religieux
disposées en avant de la croisée, d'autres stalles sont placées immédiatement aprèsht porle d'entrée dansla nef : cesstallesétaient probablement réservées aux frères convers. B est le grand cloître avecson lavabo couvert, grand bassind'une seule pièce muni d'une infinité de petites gargouilles tout alentour (voy. LAVABO). G, la salle capitulaire éclairée sur un petit jardin. D, le parloir des moines l : le silence le plus absolu devant être observéentre le* religieux, un endroit spécialétait réservépour les entretiens nécessaires, afln de ne pasexciter le scandale 'parmi les frères. E, le chaufl'oir 2 : c'était là qu'aprèsle chant des laudes, au lever du soleil, les religieux transis pendant l'office de la nuit allaient se
réchauffer et graisser leurs sandales, avant de se rendre aux travaux du

matin. F, la cuisine, ayant sa petite cour de service, son cours d'eau T, une laverie et un garde-mangerà proximité. G, le réfectoire,placéenface du grand bassindesablutions. H, le cimetière au nord de l'église. I, le petit cloître avec huit cellules réservéesaux copistes,éclairées du côté du nord et s'ouvrant au midi sur l'une desgaleries de ce cloître. K, l'infirmerie et sesdépendances;L, le noviciat; M, l'ancien logis des étrangers; N, l'ancien logis abbatial; 0, le cloître desvieillards infirmes; P, la
salle de l'abbé; Q, la cellule et l'oratoire de saint Bernard; R, des écu-

ries ; S, desgrangeset descelliers; U, une scierie et un moulin à huile,
mus par le cours d'eau T; V, un atelier de corroyeurs; X, la sacristie;

Y, la petite bibliothèque, armariolum, où les frères déposaientleurs livres de lecture; Z, un rez-de-chaussée au-dessus duquel est établi le dortoir, auquel on accède par un escalierdroit pris dans le couloir qui se trouve à côté du parloir D. Au-dessus de ce parloir était disposéela grande
bibliothèque, à laquelle on montait par un escalier donnant dans le croi-

sillon sud de l'église. Cet escalier conduisait égalementau dortoir, afin que les religieux pussentdescendre à matines directement dansl'église. Du porche peu profond de l'église on parvient à la cuisine et à sesdépendances, sans passer dansle cloître, par une ruelle qui longe lesgranges et celliers; cette ruelle est accessible aux chariots par une porte charretière percée à la droite du porche. Ainsi, communications faciles avec le

dehors pour les services,et clôture complète pour les religieux profès, si lion semble. Au sud du petit cloître on voit une grande salle : c'est une école, ou plutôt le lieu de réunion des moinesdestinéaux conférencesen jsage dans l'ordre de Citeaux. Ces conférences étaient de véritablescombatsthéologiques, dansce temps où déjà la scolastiques'était introduite dansl'étude de la théologie; et en effet, dansle plan original, ce lieu ebt désignéainsi : Thesiup. pugnand.aula.
1 Colloquii
2 Calefactorium.

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269 -

[ ARCHITECTURE j

On conçoit que de rudes travaux manuels et de nombreux devoirs religieux ne pouvaientsatisfaireentièrementl'intelligence d'hommesréunis en grand nombre, et parmi lesquelson comptait des personnages distingués,tant par leur rang que par leur éducationlittéraire. Autour du petit cloître venait donc se grouper ce qui était destiné à la pâture intellectuelle du monastère: la bibliothèque, les cellules descopistes,la salle où se discutaient les thèsestbéologiques; et commepour rappeler aux religieux qu'ils ne devaient pass'enorgueillir de leur savoir, de la vivacité de leur intelligence et dessuccès qu'ils pouvaientobtenir parmi leurs frères, l'infirmerie, l'asile des vieillards dont l'esprit aussi bien que le corps étaient affaiblis par l'âge et les travaux, se trouvait là près du centre
intellectuel du couvent. Entre cette salle et le dessous du dortoir, do

latrines sont disposées le long des cours d'eau. A côté de la grande salle K estune petite chapelle, désignée sous le nom de chapelledes comtfde Flandre.

Certes,ce plan est loin de satisfaire aux exigencesacadémiquesauxquelleson croit, de nosjours, devoirsacrifier le bon sens et les programmes les mieux écrits; mais si nous prenons la peine de l'analyser, nous resterons pénétrésde la sagesse de sesdispositions. Lesbesoinsmatériels de la vie, granges,celliers, moulins, cuisines,sont à proximité du cloître, mai* restent cependant en dehors de la clôture, afin que le voisinage de ces services ne puissent distraire les religieux profès. Au sudde l'église est le cloître, entouré de toutes lesdépendances auxquellesle* religieux doivent accéder facilement ; chacune de cesdépendances prend l'espacede terrain qui lui convient. Au delà, un plus petit cloître paraît réservéaux travaux intellectuels. Si nousjetons les yeux sur le plan d'ensemble(fig. 5), nous voyonsles usines,les vastesgranges,les étables,les logementsdesartisan* disposés dans une première enceinte en dehors de la clôture religieuse, sanssymétrie, mais en raison du terrain, des cours d'eau; de l'orientation. Une troisième enceinte à l'est renferme les jardins, viviers, prises
d'eau, etc. Tout rétablissement enfin e*t enclos dan* des murs et des

ruisseauxpouvant mettre l'abbaye à l'abri d'un coup de main. De tousces bâtimentssi bien disposés et qui étaient construits de façon à durer jusqu'à nosjours, il ne resteplus que desfragments. L'abbayede Clairvaux,entièrement reconstruite dans le siècle dernier, ne présente qu'un faible intérêt. Cette abbaye avait la plus grande analogie avec

l'abbaye mère.La plupartde ses dispositions étaientcopiées sur cellesde Citeaux. La constitutiondel'ordre, qui avaitétérédigée définitivement en
1119,dans une assemblée qui prit le nom de premier chapitre général dr Citeaux,par Huguesde Maçon,saint Bernard et dix autres abbés de l'ordre,

et qui estun véritablechef-d'Suvre d'organisation, en s'occupant desbâtiments, dit : « Le monastèresera construit (si faire se peut) de telle façon
qu'il réunisse dans son enceinte toutes leschoses nécessaires; savoir : l'eau,

un moulin, un jardin, desateliers pour divers métiers,afin d'éviter que les

moines n'aillent au dehors.»L'églisedoit être d'unegrande simplicité.

(ARCHITECTURE ]

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« Lessculplureset les peintures en sero:.texclues; lesvilraux uniquement
"decouleur blanche, sans croix ni ornements'. Il ne devra point être élevé de tours de pierre ni de bois pour les cloches,d'une hauteur immodérée,

et par celamêmeen désaccord avecla simplicité de l'ordre.... Tousles monastères deCiteaux serontplacés sous l'invocation dela sainteVierge.... Desgranges ou métairies serontréparties surle sol possédé par l'abbaye;
leur culture confiéeaux frères convers aidés par desvaletsde ferme.... Les animaux domestiquesdevront être propagés,autant qu'ils -nesont

qu'utiles....Les troupeauxde grand et de petit bétail ne s'éloigneront pasà plusd'une journéedesgranges,lesquelles ne seront pas bâtiesà
moins de deux lieuesde Bourgogne l'une de l'autre2. » Nous donnons(fig. 7) le plan cavalier de l'abbaye de Cîleaux, tète de l'ordre; il est facile de voir que les dispositionsde ce plan ont été copiées sur cellesde Clairvaux '. 0 est la première entréeà laquelle on accèdepar une avenued'arbres; une croix signale au voyageur la porte du monastère. Une chapelleD est bâtie à côté de l'entrée. Aussitôt que le frère portier entendait frapper à la porte, il se levait en disant : Deograttas*, rendant ainsi grâcesà Dieu de ce qu'il arrivait un étranger ; en ouvrant,

il neprononçaitquecetteparole: Bénédicité, semettaità genouxdevant
le nouveauvenu, puis allait prévenir l'abbé. Quelque gravesque fussent

sesoccupations, l'abbé venait recevoircelui que le ciel lui envoyait;
aprèss'être prosterné à sespieds, il le conduisait à l'oratoire : cet usage explique la destination de cette petite chapelle située près de la porte. Après une courte prière, l'abbé confiait son hôte au frère hospitalier, chargé de s'informer de ses besoins,de pourvoir à sa nourriture, à celle de sa monture s'il était à cheval.Une écurie F était à cet effet placéeprès ili' la grandeporte intérieure E. Leshôtesmangeaientordinairement avec l'abbé, qui avait pour cela une table séparéede celle des frères. A près les compiles, deux frètes semainiers, désignéschaque dimanche au chapitre pour cet office, venaient laver les pieds du voyageur. De la première entrée on accédaitdans une cour A, autour de laquelle "étaient placées des granges,écuries, étables, etc., puis un grand bàliment G, contenant descelliers et le logement desfrèresconvers,qui ne se trouvaient pas ainsi dans l'enceinte réservéeaux religieux profès. En H, "étaitle logement de l'abbé et des hôtes, égalementau dehors du cloître , en N, l'église, à laquelle les frèresconverset les hôtes accédaientpar une porte particulière en S. B, le grand cloître; K, le réfectoire; I, la cuisine;
1 II existe encore, en effet, dans la grande église abbatiale de Pontigny, desvitraux blancs de l'époque de sa construction, dont les plombs seuls forment dos dessins d'un beau style, et comme le ferait un simple trait sur une surface incolore (\<>y.VITBAIL . - \'n\ez la Xotice sur Cabhaye de Pontigny, par le baron Chaillou des B.irres, 18Û4.

3 Ceplanestextrait de la Topographie de la France(Bibliolh. nation., Estampe-).
Ces bâtimentsfurent complètementaltérésau commencementdu durnier siècle.

4 Jul. Paris,E-pr. primit. deCit., secl. 10et 11 . Del'off. du portier. - Histoirede
de Morimond, par l'abbé,Dubois.

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271 -

[ ARCHITECTURE J

M, lesdortoirset leur escalier L; C, le petit cloître,et P, les cellules des
ZTAiro.

mgj? ££h;r^-~~-^

copistes, comme à Clairvaux, avec la bibliothèque au-dessus ; R,la grande

à proximité delapetite rivière quicoule del'est à l'ouest. uneabside avec chapelles carrées rayonnantes.jusqu'alors inculte et déserte. bâti pendantla seconde moitié du AIIC siècle. lesjardins et cours d'eau destinésà leur arrosage.paraît avoir adoptéla seconde.[ ARCHITECTURE ] - 272 - infirmerie. maiscettedisposition peuts'expliquer par la situation du terrain. conformément auxusages de (liteaux. mais à Cîteaux l'abside était terminée carrément.Uneenceinte enveloppaittous les bâtiments.différait de l'abbaye mère. et en celale chSur de l'églisede Clairvaux.de modeste apparence. Ici le grandcloîtreGestsituéaunordde l'église. élevée au centredu transsept. versla fin du xuesiècle.parce que cette . et les malades. fc !l I lV\\ L'abbayede Pontigny.pour les vieillardsincapables de selivrer aux travauxactifs.Demême qu'à Clairvauxet qu'à Citeaux. Il fallaitqueles services dumonastère fussent.dansle plan de sonéglise.le transseptpossède quatre chapelles carrées.8)le plandecette abbaye. dansune valléedu diocèse d'Auxerre. etl'église :ie pouvaitêtrebâtiesurla rivedroite de cecoursd'eau. un an avant celle deClairvaux. fondée en !îl/i. suffisaitau petit nombrede clocbesnécessaires au monastère. L'église A estprécédée d'un porche bas. Voici(fig.uneseule flèche.On voit qu'ici l'article de la constitu- tiondel'ordreconcernant la disposition des bâtiments étaitscrupuleusementexécuté. Surl'église.s'ouvrant sur le dehors par unesuited'arcades.

proche de la première entrée du monastère. en Pologne et en Angleterre . nelaisse pasd'êtrefort belle. pasde cellulespour les copistes.de Kiers. Fondé en1128 (fig. dans le diocèse deParis. !. H.le cloître.. L. de Sainte-Croix. trente maisonsétaient placées soussa juridiction. en France. K. ne pouvaitêtrebâti qu'au norddela nef D'ailleurs.en Hongrie.disposé perpendiculairementau cloître. Pontigny est un monastère du secondordre. I.M. Lesmoines de Ponligny. il n'eureste plus detraces. toutes fondées de 1119 à 1230. pasd'école. Un grand bassin aux ablutions était placé au milieu du cloître. Le logement del'abbé et deshôtes. entretenaient ZiO arpenls de beaux prés.etc. la cuisineet sesdépendances. enB. avecsa petite cour séparéesur le cours d'eau. de Sau-Sebastiano. et comme à Cîteaux une absidecarrée. des grangesavec les logementsdesfrères conversà proximité.ils possédaient 2895 arpents debois. EnA. - 35 . convertirent bientôt la valléedéserteet marécageuse où ils s'étaient établisen un riche territoire qui estdevenul'une desvallées lesplus fertiles del'Auxois. en effet. Parmi ces maisons nous citeronscellesdeCondom.une tuilerie et denombreuxdomaines1. et l'orientation méri- dionaledu cloître était moins nécessaire. commechacunsait.le climat estbeaucoup moins rude à Ponligny qu'à Clairvaux et Cîleaux. la salledu chapitre. en Italie.273 [ ARCU1TECTCRE ] rive est vaseuse. enG. le chauffoir. De va-lrjardins entouraient cet établissementet s'étendaientà l'est de l'église. deMorimond. Comme Pontigny. en Hongrie. la chapelle de saint Thomas Becket. c'était là un établissement presqueexclusivementagricole : nousn'y trouvonsplus ce petit cloître réservé aux travaux littéraires . la sacristie. étaientàl'ouest. pasde grande bibliothèque.nous nesavons s'ilajamais existé unclocher surletranssept. devant être forcément placé entre l'église et ce cours d'eau. Il neparait pasque l'abbayede Pontigny ait jamais étéentouréede fortes murailles comme sa mère Citeaux. obligéde seréfugieraPontigny. étaitun établissement purement agricole. conformément au plan de Citeaux et contrairement aux usages monastiques adoptés parlesautresrègles. etc. G.. en dehors de la clôture des religieux. deSaint-Léonard. les pressoirs.F. ils avaient planté desvignes à Chablis.commeà Cîteauxet à Clairvaux. est l'église. E. et cependantsa filiation s'étendait en France. et ses sSurs Clairvaux et Morimond.il n'avait pas l'importance desétablissements deClairvaux.à Pontigny.du Pin.trois moulins. deCercamp. Comparativement à Cîteauxet à Clairvaux.quifut. tandis que la rive gauchedonne sur un bon sol : dèslors le cloître. Cette église. de Saint-Martin de Viterbe.à Saint-Bris. le grandréfectoire.de Pontigny. Best l'oratoire primitif qui avait étéconservé. D.ainsiquelesdépendances.deChàlis. le noviciat. l'abbaye des Vaux-de-Cernay. quoique d'une simplicité unpeupuritaine. La cuisineet le chauflbirétaient 1 L'église dePontigny et la grange à l'entrée sontencore conservées. deZam. 9).le réfectoire.mais on trouve dansce plan la simplicité d'ordonnance et la régularité desédifices enfantéspar Citeaux: toujours lesqualre chapellesouvertes à l'estdansle transsept. en Italie.

etc. au- bis dessus. comme à Pon- tigny.L'égliseA estd'uneextrême simplicité 1 Ceplannousa été communiqué par M. un lombier D. Près de l'entrée.accompagné d'uneexcellente noticeà laquellenous renvoyons DOS lecteurs. le dortoir. parloirs.274 -~ à proximité. des latrines.9bm). en E. qui a fait sur cetteabbayeun travailgraphique important. la sacristie. que nous avons à ce plan . il moulin. . Mais voici maintenant classe de Cî- une abbaye de troisième de l'ordre teaux : c'est Fon- tenay. au bout. . existe Le coréuni une grange trèsvaste.[ AHCEITECTL'RE J . prèsde Montbard (fig.Ces planssontaujourd'hui la propriétédu ministèredesBeaux-Arts. se trouve éloigné du cloître dans les vastes dépendances qui entourent l'abbaye '. Hérard. architecte.Le grand bâtiment qui prolonge le transsept contenaitau O rez-de-chaussée la salle du chapitre.

(. Nous avonsvu plus. commedansles simples granges isolées môme. II. Funlenay était surtout un établissement industriel. lescuisines et le chauflbiravecsacheminée . 50. comme un fanaldestinéà guider le pèlerinet à ranimerson courage -. celliers. à la suitele réfectoire. comme Pontigny était un établissement agricole. des étants considérables. dansleséglises de la règlede Giteaux. * Annales cislerc. qui bientôt vinrent augmenter les domaines desreligieux. . dépendance de Clairvaux. retenus par les moines enamontdu couvent à l'est. EnF estlasalle capiluDans l'origine le dortoirétaitplacé. dans les bâtiments desquelles on III rencontre quantité de fragments du xuesiècle. sans chapelles. etc.- 275 - [ ARCHITECTURE } comme construction . le cours d'eauH étantdececôtédel'église.Cesmétairiesconser- vaient leurnomprimitif de villS : c'étaient de grandes fermes occupées pardesfrères convers et des valets.une lampebrûlait toute la nuit dansune petite nichepratiquéeau-dessus ou à côtéde la porte de cesbâtimentsruraux. l'hospitalité était assurée au voyageur attardé: et à cet effet.haut que des métairies étaient établies dans le voisinage des grandes abbayes pour la culture des terres. en D sont les dortoirs : mais ces constructions ont été relevéesau xve siècle. 1 Fontenay appartient aujourd'hui auvdescendants du célèbre MuiitgolGer.La porte esten E. et quatre chapelles carrées s'ouvrent seulement surle transsept. On trouve en amont du monastère des traces considérables de mâchefer. Le longdu ruisseau sontétablis des granges. sonabside estcarrée. scieries.. midi.servent encore aujourd'hui à faire mou- voir de nombreuses usines. avec les étableset écuries. car danscesvillS. Voicidonc(fig. sauvage. afindefaciliterauxmoines l'accès du chSurpourles offices de nuit. ainsi que leporche fermé enavant dela nef. fouleries. p. Cette disposition apparaît toujours. à lasuitedu transsept del'église. Lesautres servicesde cet établisse- ment ont disparu aujourd'hui.10)l'une decesmétairies.Lecloître Cest pla^é au laire.telles que moulins.commeon le voit. sousla direction d'un religieux qui avait le titre de frère hospitalier. le monastèreest devenu une papeterie importante. suivant l'usage. etdel'aspect le pluspittoresque .ce qui donne lieu de supposer que les moines avaient établi des forges autour de la maison religieuse '. Le monastère de Fontenay estsituédans un vallon resserré.

l'une de cesgranges a son entréesur lesdehors. remplissant les fonctions qui. un cloître avecsesdépendances . et qu'elles pussent suffireàl'entretiende treize religieuxau moins. iiO.ils conservaient leur titre de v'ilu ou de simple grange'. Glossaire. et est intitulée villS Outraube. car bien avant K la révolution du dernier siècle. CesvillS n'étaientpastoujoursmuniesde chapelles.Xous donnons (fig. fussentplacées à une certainedistance de l'abbayemèrepour prendre le titre d'abbaye.perdu aumilieudes bois et des prairies. t.Dans frères converset des valets. Il fallait. et leurshabitantsdevaient serendreaux églises desabbayes ou prieurés voisins pour entendre les offices.avec les restesd'un cloître et des dépendances en ruine.11) (eplandecette obé' Annales ciste.Quandles établissements rurauxnepossédaient que desrevenus trop modiques pournourrir treizereligieux. enF . qu'une grange. p. En A estla porte principaledel'enceinte. ils se trouvaient soumisà l'autorité du prieur. . on lesdésignait sous le nom d'obéJienc's2. L'ordre bénédictin de Clunypossédait des établissements secondaires qui avaient des rapports avec lesgranges cisterciennes . étaient confiées aux valets. dont l'une està septnefs.[ ARCHITECTUBE 1 - 276 - elleest jointe au plan decemonastère donné plushaut. sont bâties en G. conformément aux statuts de l'ordre. 2 Du Gange. Cespetits établissements possédaient tout cequi constituele monastère : un oratoire. c'estlà queloge Jefrèrehospitalier. en E sont desétableset écuries. III.ouverte.traversée par un cours d'eauB. Auprès d'Avallon. et t. p. onvoit encore s'élever un charmant oratoire de la fin du xn' siècle. deux grangesimmenses. IV. La plupart de ces domaines ruraux sont devenus depuis longtemps des fermes abandonnéesaux mains laïques.. Une autre uneenceinte particulière D sontdisposés lesbâtiments d'habitation des purte s'ouvre à l'extrémité opposée à la première. dans les grands établi>-ements. entre cette villeet levillage deSavigny. les moines n'é- taientplusastreints àcespénitences corporelles . dans un vallonfertile. 370. cependant nousenavons vu encore un certain nombre dont lesbâtimentssont assez bien conservés.lesbâtiments destinés à l'exploitation.c. qu'une villa. C'était dans les obédiences qu'on reléguait pendant un tempsplus ou moinslonglesmoines qui avaient fait quelque fauteet devaient subir une p'jnitence. et condamnés aux plus durs travaux manuels. puis autour d'une cour voisine.

On entrait dans l'enceinte cloîtrée par une porte K.Saint-Denis. en F. descelliers.Une porte B très-simple. mais fairetout cequ'il faut. jusque danslesbâtiments ruraux les plus restreints. l-2) une élévation prise du côté de l'abside de la chapelle. surlequels'ouvre une jolie salleE danslaquelle. une seconde porte G sert d'entrée aux religieux pour les offices.tels que Gluny.nos hospices. qui donne une idéede cesconstructions. sembleraient.où l'art véritable. En M était la sacristie ayant une issuesur le jardin.Clairvaux. le réfectoire et la cuisine. mais d'un beau caractère. dont la nef estcouvertepar un berceauogival construit en briques de l)m. IS'os collèges. en G. nepasremplir .Jumiéges.Voici (fîg.Unecour H..aprèslaudes. l'art qui sait ne faire que ce qu'il faut.CUeaux. richement dotés.apportaient dans la construction de leurs bâtiments un soin et une recherche extraor- dinaires.toute la construction est d'ailleurs en belles pierresbien appareillées et taillées.ce respect. en X.granges et bâtiments d'exploitation.mais lorsqu'onvoit que ce soin. Vézelay. dirons-nous. s'étendent jusque dansles constructions les plus médiocres. on se sentpris d'admiration pour cette organisation bénédictine qui couvrait le sol de l'Europe occidentaled'établissements à la fois utiles et bien conçus. Le dortoir était au-dessus . nos maisons d'écoles. En D est le cloître. ouverte en I sur la campagne. Un petit ruisseau passait au nord de l'oratoire. Les tracesde cesdernières constructions sont à peine visibles aujourd'hui. dont l'extrême simplicité ne manqueni de grâce ni de style. aux yeuxdecertaines personnes. et une clôture enfermait du côté de l'est le jardin particulier de ce petit monastère. et rappelle les constructions clunisiennes du xne siècle. était destinéeà contenir les étables et chariots né:essaires aux travaux deschamp?. n'était jamaisoublié.nos séminaires. Ons'esthabituédansnotre siècle à considérer l'art commeune superfluitéqueles richesseuls peuvent se permettre. Le frère portier était probablementlogé dansune cellule en L.277 [ ARCniTECTL-RE "\ aiencequi a conservéle nom de prieuré de Saint-Jean lesBons-Hommes.permet aux étrangersou aux colons du voisinage de se rendre aux offices sans entrer dansle cloître.40d'épaisseur. En A estl'oratoire. L'entrée de la salle E estcharmante. pour l'institut monastique. lesreligieux seréunissaientpour recevoir les ordres touchant la distribution du travail du jour. On comprendcomment dévastesétablissements.

endesséchant desmarais. leurs églises. ils faisaient en sorte que leurs écoles.leurs couvents. s'ils n'étaient pas froids et misérables d'aspect. ils habituaient les yeux aux belleset bonnes choses . loin deleur donnerun aspect repoussant ou delessurcharger d'ornements faux. lessculptures et les peinturesdont elle ornait ses portes. sentaient qu'en donnant aux classesignorantes et déshéritées la distractioh desyeux à défaut d'autre. les légendes populaires.sur la noblesse etlessouverains. iens eux-mêmes. il semettait renfermait alors l'éliteintellectuelle del'Occident : mais ens'élevant par endehors deson temps. et qui retraçaient leshistoires sacrées.ses frises.seschapiteaux. la punition desméchants et la récompense des bons. s'il eûttout entier adopté les principes del'abbé deClairvaux.bien appropriéesaux besoins et gracieuses cependant. oubliant larègle «évère deleurordre. etsisa parole émouvante. aussi nécessaire et plus nécessaire peut-être auxpauvres qu'aux riches. et.repoussants.en instruisantla jeunesse. et non pluscommeunenourriture commune. pouvait remplacer ces images matérielles. Aussivoyons-nous quel'influence de cet homme extraordinaire (influencequi peut être difficilement compriseparnolre siècleoù toute individualité s'efface) s'exerce sur lesTands surlesévêques. que les cisterpeintureet la sculpturepour parerleursédifices.dedécorations menteuses. il déchirait les livres dupeuple . fluence.de tout sentiment d'art : la laideur paraît imposéedans nos pro- grammes d'établissements d'éducation oud'utilité publique. maisils connaissaient les hommes.{ ARCHITECTURE ] - 278 - leur but. surleclergé régulierqui sahauteraisonau-dessus des artsplastiques. après lui l'ordre monastique eût perdu undeses plus puissants moyens d'inIl n'en futpas ainsi. leurs constructionsétaient durables. sesmonuments. et quel'enseignement purementmoralnepeut convenirqu à desespritsd'élite. appelaient la Cette constitution siforte des deux plus importantes abbayes del'Oc- . et était entrée danscelte voie hardiment. attiraient certainement plus l'attention du vulgaire que les élo- quentes prédications desaint Bernard. et le\inesiècle commençait àpeine. mais enfertilisant lesol. dénué. et nelaissent qu'unsouvenir froid et triste ! C'està partir du momentoù l'égalité politique est entrée dansles mSurs de la nation qu'on a commencéà considérerl'art comme une chose deluxe. Les bénédictins netraitaient pas lesquestions d'utilitéavec lepédantisme moderne.laissassent des souvenirsd'art qui devaientfructiûer dansl'esprit des populations.enétablissant des usines.étaient un livre ouvert pour la foule.Clunyavaitbien compriscettemission. enappelant les populations des campagnes au travail. Ils enseignaient la patienceet la résignationaux pauvres. en lesproscrivant comme unemonstrueuse et barbareinterprétation destextessacrés. seséglises. lui vivant. Comme sice n'étaitpas un des moyens lespluspuissants decivilisation qued'habituer lesyeux àla vue deschoses convenables et belles ùla fois! comme si l'on gagnait quelque chose àplacer lajeunesse et lesclasses inférieures au milieud'objets qui ne parlent pasauxyeux. il faut se garder du fauxluxe.

et lestendancesgénérales desordres monastiques versle luu "extérieur.et segravedansle souvenir. tendances vainement combattues. D-ueloppement de f). c'estquelquechose de grand. de l'ordre bénédictin. des sculpteurs habiles. et mêmede l'Ilede-France.Lesclunisiens avaientformé une école d'artistes et d'artisans très-avancée dans l'étude de la construction et des combinaisonsarchitectoniques. c'estun ministre. de Rémusat. Deuxécoles célèbres déjàau commencement du xiie siècle étaient établies dans le cloître Notre-Dame et d-. CM M. L'architecture deCluny. Suger.deRémusat (Paris.de l'Alsace. l'homme dela science (voy.pouvait encore être imitée dans descontrées moinv favorisées en matériaux .riche déjàdèsle xiesiècle.un aspect robuste "etnoblequi n'existepasailleurs. après deglorieuses luttes. Cluny et Cîteaux.de la dimension et <lr la force des matériaux tirés du sol. Au xii'siècle. Saint Bernard représente le principereligieuxintervenantdanslesaffaires temporelles. A côté de ces trois hommes apparaît Abailard. fine danssesdétails. mais le style d'architecture adopté par les cisterciensétait tellement inhérentà la nature du calcaire bourguignon. de la Charité-sur-Loire. de l'Aquitaine. Pendantque saint Bernard faisaitdesi puissantsefforts pour arrêter la décadence. Ces raisons purement matérielles.de Dijon. basse et fragile. les gouvernantmême quelquefois.L'écolede statuaire desclunisienspossède unesupériorité incontestablesur les écolescontemporainesdu Poitou et de la Saintonge.abbéde Saint-Denis. « l'idéal du moine ' »..C.il est. SCULPTURE). constitua l'Université de Paris.toutesdeux bourguignonnes. contribuèrent à limiter l'in- fluencearchitectonique de la règle de Citeaux. de vrai. avec celle des provinces de l'Ouest et du Nord.Pierre le Vénérable personnifie la vie religieuse. c'estle religieuxhommed'État. de la Normandie. déjàprévue parlai. pour donner à leurs édifices cette gran- deur et cettesolidité qui ne setrouvent plus dansles provincesoù la pierre estrare. 1853) : voy. un régentde France.destravauximmenses. seréunissant à d'autres élevéesautour de la sienne. avaient su profiter de la beauté.ARCUITECTUKE. l'ordre monastique réunissaitdansson sein tous les pouvoirs. de l'unité d'école à laquelle ils s'étaient formés (voy. donneà toute l'architecture dece'teprovinceun caractère particulier. on demeure convaincu de la puissancede ces artistes. qui frappevivementl'imagination.commele dit fort judicieusementM. d'élevé. Lesgrandesabbayesbourguignonnesétabliesdansdescontréesoù la pierre estabondanteet d'une "excellente qualité. les ehap "-'t"- . de Charlieu.etqui reste imprimédans ses monuments jusque versle milieu du xmesiècle.ns l'abbaye de Saint-Victor. de Souvigny. de la Provence. qu'il ne put sedévelopper ailleurs que danscette province. dont les Suvres sontempreintes d'un styleremarquable. une révolution dans l'enseignement allait enlever aux établissements monastiquesleur prépondéranceintellectuelle.Quandon compare la statuaireet l'ornementation de Vézelay desXIeet xnesiècles. La 1Saint Anselme dtCcmtorb. STATUAIRE. Abailard en fonda une nouvellequi.- 279 - [ ARCHITECTURE ] cident.

Pierrele Vénérable. ces bénéfices leur furent concédéspar la noblesseséculière.C1IITECTTRE ] . cl les anciensappelésà délibérer sur les affaireset les intérêts de la commune.Le maïeur. l'ordre cl le travail sont les premiersenseignements de la liberté : aussi les vassaux des abbés réclamaient-ils bientôt des chartes d'affranchissement. en mainte- nant l'umlé paroissiale. . qui jouissaient ainsi desbénéfices ecclésiastiquesenlevés au pouvoir épiscopal. tel qu'il existaitde leurtemps.enfantèrent l'unité communale : leur» archives noii^ donnent de* exemples d'administrations municipales copiées sur l'administration conventuelle. et l'organisation qu'ils avaient su établir autour de leurs abbayesleur fut fatale. il fallait fonder l'ordre et le travail sur le territoire de l'abbaye. de Ponligny.iiraiix. pour les replacersousla main épisr. seigneurs temporels '. et telqu'ils l'avaient fait.maisqui devaitperdreunegrandepartie de sonimportance du jour où le succès viendrait couronner leurs efforts. de r. 2 Hist. Deschartes d'affranchisseinent furent accordées.non-seulement par desévêques.saint Bernard. un grand nombre de paroisses.Pour prospérer. sxm. Avant le xn* siècle. Ils suivaient en ceci la marche naturelle des choses. à titre de donations. soit en réunissantles biens ecclésias- tiquesenvahis par la féodalitéséculière. la solidaritéentre les habitants d'un nn-memnn. Beaucoup de monastères. ceux Je Reims.appelée à tirer la société de la barbarie.au xne siècle. à leur influence. soit en reconnaissant et défendant l'autorité du saint-siège. le>vieillards du monastèrequi aidaient l'abbé de leurs conseils2. par le modèle d'organisation qu'ils présentaient. Peu à peu. Suger.Des hommes tels que saint Hugues. grâce à l'esprit de suite desordres religieux. l'élection.del'abbaye deilorimond.unsi en possession de la juridiction dont ils avaientété dépouillés.qui était la basede l'autorité dansle monastère. de collégiales. avaientl'esprit trop élevé. Lesétablissements religieux n'avaient paspeu contribué. furent des premiers à provoquer desétablissement de communes autour d'eux. Plus d'une fois les moineseurent lieu de se repentir d'avoir ainsi aidé au développement de l'esprit municipal.l'influenceacquise par lesbénédictins dans les affaires de ce monde s'affaiblissait. Lesmoines deMorimond. d'Amiens et de Laon.pour ne pascomprendre que l'étatmonastique.i-tère. chap. maisaussi par desabbés. Eneffet.par If ur espritd'indépendance vis-à-vis du pouvoir laïque cl diocésain. étail un état transitoire.au développement descommunes. l'éducation sortait de leurs mains. l'abbé Dubois. Lesbourgs et villages qui s'étaient élevésautour de leurs établis1 Entre autres.opale.une sortede missiontemporaire. étaient devenues la proie de seigneurs féodaux.|" AP.à la fin du xii' siècle déjà.280 renommée de ce nouveau centre d'enseignement éclipsa bientôt toutes les écolesdesgrandesabbayes d'Occident. car il faul rendre cettejustice aux ordres religieux. le syndic représentaient l'abbé. et bien- loi lesabbés sedessaisirent de cesfiefsen faveurdesévêques.parM. était également adoptéepar la commune. qui rentrèrent . qu'ils contribuèrent puissamment à rendre l'unité à l'Église.

voyant lesgouvernement-sn-uliers s'organiser. Cette congrégationse chargeait de rétablissement desponts. Horum hospitatariorum Pontificum. travaux hydrauliques. routes. avec raison. les serruriers.mais au contraire ils serapprochèrent des nouveaux centres. Lesévêques reprenaient la puissancediocésaine. » I. Othon.qui avait trouvé un secoms sipuissant dans l'institut monastique pendant lesxr et xnesiècles. n'étaient pms des agglomérationsde pauvrescolons abrutis par la misère. à peine âgé de vingt ans.adhocpotissimum institui.. ut « loquiturchartaann. Benezeto exstruere. les sciences ou lesarts. comme nous avons pu le voir. les fouleurs. 1471. les cordonniers. etc. fils de Léopold. ceux-ci devenaient indépendants. Lesordresreligieux ouvraient ainsi la voie aux corporationslaïquesdu xmesiècle. ne relevant. « 1707. àl'époque de sesluttes avecle pouvoir impérial. Fratres Pontisdictiquodpontes construerent uti faciliuset tutius « fluviostransirepossent viatores. Leurs membresse déplaçaient suivant qu'on les demandait sur divers points du territoire.marquis d'Autriche. les privilèges monastique» étaient souvent combattuspar eux commeuneatteinte à leur juridiction. sortir de leurs mains. seu Factorum Pentium (sicaliquando «vocantur) hahituserat vestisalba cuntsignopontis et crucisdepanno supra pectus. aliaque «necessaria prsstarent. les menuisiers. et aveccette prudence et cette connaissance destempsqui caractérisaient alors sesactes. Distinguant en lui un esprit élevé. FratresPontis?ub finemsecund» « stirpisregum Franc.elle sentaitque le moment était venu de rétablir la hiérarchiecatholique conformément à soninstitution primitive . etc.pontiura exslructor.maître.etprétendaient. il s'était même élevé une sorte de compagniereligieuse. érigés en communes.sesamis. quelquefois mêmeinsolents. les frères corroyeurs. qui avait pris le titre depontifices (constructeurs de ponts) '. et prit l'habit de religieux. chaussées. ex schedis D.être les seuls représentants de l'unité religieuse. Au commencement du xne siècle. et à la tête de ces groupes était un moine directeur qui était chargé de distribuer et de régler le travail. 36 . l'abbé du ' Du Gange. Chaque compnym?avait un contre. s'occupant avec plus de sollicitude de l'éduca- tion desbasses classes que celui de Cluny. les fivivs brasseurs.La papauté. L'ordre de Citeaux particulièrement. Pendantle coursdu xuesiècle. hospitium.Sic A\enionensem pontemprésidenteet architecto « S.se retira à Morimond avecplusieursjeunes seigneurs. les tisserands. Spiritus.les maréchaux. ut fusiusdoceturin ejusdem sanctihistoria Aquisédita anu. avait organisésesfrèrescouver? en groupes: il y avait les frèresmeuniers. n'avait plus lesmêmesmotifs pour accorderune indépendanceabsolueaux grandesabbayes.soit dansles lettres.pro Hospitali PontisS.. les frères boulangers. et lorsqu'ils virent le monopole du progrès. elle aussi. mais vivant dans le monde.281 [ ARCHITECÏTIIE ] sements. Vers 1120. sous l'influence de ce souffle organisateur.ut viatoribus tulelam.que de la cour de Rome. les maçons. Lunce/ot.l'institut bénédictinne s'était pasborné . : « Pontifex. les frèresfruitiers. au développement de l'agriculture. ils ne se livrèrent pasau découragement. in-16. elle appuyait le pouvoir épiscopal. les charpentiers.possédantdesterres a leur tour. Gloss.

se plaçant à la tête de l'organisation sociale. soit par les souverains voulant augmenter leur salutaire influence.moinspréoccupésde grandsintérêts moraux. deprovisions. Du ixe au . C'est aussi à cetteépoque quel'architecture monastique prendun caractère particulier: rien cependant n'est encore définitivement arrêté. siècleet pendantle xmesiècle.le plussouventau sud. Othons'assit bientôtdansla chaire abbatiale de Morimond. Mais c'estversla fin du xn«siècle et au commencement du xm". soit par les seigneurs séculiers au moment des croisades. Cluny avait son programme.Cheauxavait le sien. placésur un descôtésde la nef.[ ARCHITECTURE ] - 282 - monastère l'envoya à Parisaprèssonnoviciat. d'ailleurs.Les ordresreligieuxconservaient donc ainsileur action sur l'enseignement de leur temps. En retour et venantrejoindrele porchede de grains. C'estle premier exemplede religieux profèsquittant le cloître pour puiserau dehors un enseignement qui alors. afin de maintenir l'enseignement de leurs maisonsau niveau desconnaissances du temps. au-dessus lesmagasins . aéré. devenusriches. où seréunirent desreligieuxqui vivaientsuivantla règle.A la fin du xn" . n'ayantpresque toujours qu'un rez-de-chaussée. il fallait une longueexpérience pour reconnaître quellesétaient lesdispositions qui convenaientle mieux.avec quelques-uns de ses compagnons. donneentrée dansla salledu chapitre.peuvent songerà construiredesdemeures commodes. danscelte maison. et fondèrent desécolesà Paris même. sont placés à rez-de-chaussée les celliers.par suite desnombreusesdonations qui leur étaient faites. Maisla lumière commençait à poindrehors du cloître. sortesde succursales qui prirentlesnomsdesmaisons mères.bien disposées. en rapportavecles habitudes séculières de cetemps.estélevé le réfectoire.n'ayantplusàlutter contrela barbariedu siècle.et dans les écolesfondéespar Abailard.et enseignaient la jeunesse arrivantde tousles points de l'Europe pour s'instruire dans ce domaine des sciences. vaste. ne commencèrentà prendre un grand développement qu'à cetteépoque. pour y étudier la théologiescolastique.cesétablissements religieuxne s'en tinrent paslà. élégantes même. quelesétablissements monastiques. par lesmotifsdéduits plus haut.le trésor. Leurs richesses.avaient eu trop à faire pour songer à fonder de vasteset magnifiques monastères.à un degré supérieur.et sonfoyern'était plusà Clunyou à Citeaux. remuait profondément toutes lesintelligences.nommépar acclamation. Le longde la galerie du cloîtreopposée et parallèle àcellequi longe la nef.Les donnéesprincipalessont conservées: le cloître.\iesiècle les ordres religieux.la sacristie. tout celadifféraitpeudela donnée primitiveadoptée déjùdu tempsoùle plan de l'abbayede Saint-Gall fut tracé. et au-dessus le dortoirestbâti dans le prolongement du transsepl.Il éleval'enseignement. bien qu'ils n'en fussentplus le centre. préoccupésde grandesréformes. Lacuisine esttoujoursisolée. dansla capitaledu domaineroyal. depuis lors nombre de religieuxappartenant auxordres deClunyet deCîteaux allèrentchercher la sciencedansle cloître de Notre-Dame. possédant sonoffi- l'église.

entourés de villagesnouvellement fondés et habitéspar despaysans.F. Après avoir satisfait aux besoinsmatériels des populations.planté.du colé després. le grandcloître. le réfectoire. en rétablissant l'agriculture sur le sol occidental de l'Europe. dortoirs au-dessus. c'est l'abbé de Saint-Germain desPrés qui. C. conservantseulement l'église. le réfectoire. bâtie par P. le cloitre. l'aumônerie. le logement de l'abbé.saufle sanctuairede l'église. de Montereau. ils étaient appelés à nourrir les intelligences. celliers. lescuisines. l'église.15 J). mortuaire. ou qui peuvent êtreremplispar deslaïques. et déjà ils avaient été dépassés dans cette voie. portedite Papale. puisenfin les dépendances autour desbâtimentsdu grand cloître. à la suitedu réfectoire. versla fin de ce siècle.les prisons. Mais si pendant le AT siècle l'institut bénédictin s'était porté de préférence vers l'agriculture. G. 13 ') le plan de ce prieuré. les ordres se rapprocher des \illes. fig. et sefond déjà dans l'architecture civile. ils élèventde nouveaux cloîtres. I. du côtéopposé. G. sallecapitulaire et dortoirsau-dessus. 142). L'abbé de Sainte-Geneviève fait également reconstruire son abbaye(voy. l'église: la base de la tour est seuleconservée. séparées par descoursou desjardins. par un labeur incessant.tandisque tout ce qui tient àla vie moraleet à l'autorité religieuse serapproche du chSur de l'église. PierredeMonlereau (voy. Aussi nous voyons. de vasteset beauxbâtiments en rapport aveccesbesoinsnaissants. un peu plus tard.réfectoire . N.dansle voisinage du porche. bâti par le même .A l'est. la bibliothèque. ce lieu consacré.Voici (fig. par sapersévérance.ou le long d'un second cloître. saconstruction datedu IIe siècle.et la nef fut rebâtievers1240. grandes salles.En aile à l'est. sonttoujoursplacésdu côtéde l'ouest. chapelle Notre-Dame. dont la construction remonte à la réforme de ce monastère. s'il avait.l'infirmerie.dont le chSur remonteaux premières années du xnesiècle. et quisemble destinéà l'usage particulierdel'abbéet desreligieux. 3 A. laissant seulementsubsisterla nef de l'église. ils pouvaient dorénavantaffermer leurs terres et se livrer à l'enseignement. un espace libre. K. A Paris. 1 A. B. n'avaientplus les mêmesraisonspour s'adonnerpresqueexclusivementà la culture. C.Pour résumerce programme. F. E. D. chapelle Saint-Michel. au milieu du xn* siècle cette tâche était remplie : les monastères. ou rebâtir leurs monastères devenus insuffisants près des grands centresde population. Puis. La chapelle de la Vierge. 2 A. fertilisé les terres incultes qui lui avaientété données.- 283 - [ AriClIITECfUnE ] ciné. Prèsde l'entréede l'église. D. l'église. cuisine. retiré. Ir-cloitre. I.H. le prieur de Gluny fait rebâtir complètement le couvent de Saint-Martin desChamps. E. le chapitre. G. la porte principalede l'abbaye du côtéde la ville. D.les cellulesdes copistes. commence la construction d'un nouveau monastère qui fut achevé par un architecte laïque. B. petit dortoir. C'estainsi que l'architecture monastique commenceà perdre une partie de soncaractèrepropre. sallecapitulaire. l'hôtelleriepour lesétrangers.fig.E. B. sonentréeet sacour particulières. une fois l'église donnée. jardin.les servicespurement matériels.

jardins. M. celliers et pressoirs.L. dépendances.I. abandonnassentcomplètement les campagnes. L'infirmerie à l'extrémité du bâtiment E. les fossés.au commen- cement du xme siècle. la maison abbatiale. . H. architecte. K.[ ARCHITECTURE ] - 284 - Ce n'estpasà dire cependantque les ordresreligieux.

de participer à la vit nouvelle despeuplesayant soif d'organisationet d'instruction. mais se contentaient de surveiller leurs fermiers. Déjà mêmean commencement du xiie siècle..la sculpturen'c?tplu? exclue descloîtres. L'abbayede Maubuissonétait en même temps un établissementagricole " t une maison d'éducation pour les jeunes filles. qui s'appliquait aux religieuses .comme à l'abbaye du Val. à plu? forte raison les religieusesen usaient-elles UIMM. le rigorisme de saint Bernard le cède au besoin d'art. dont lareconstruction remonte à peu près à la même époque. ils continuaient encore à fonder des monastères ruraux.\mesiècle.cefutelle qui fonda.peut-être ne voyait-elle pas sans inquiétude les nouvelles tendancesde? ordres à se rapprocher des villes.maidansle style de l'architecture .. 16)la sévérité primitive de. les religieux ne cultivaient plus la terre de leurs propres mains.'285 [ ARCHITECTURE ] s'ils sentaient la nécessité de se rapprocher descentres d'activité. enabandonnant ainsi les champsaux influencesféodalesséculière?qu'ils avaientjusqu'alors si énergiquementcombattues. qui alors se faisait sentir jusque dans les construction-le? plu?modestes. en 1236.et il estprobableque la règle. et de gérer leur? biens ruraux.des concessions sontfaitesau goût dominantde l'époque. le travail deschamps semblait dépasserles forces desfemmes.La mère de saint Louis fit de nombreuses donations pour élever de nouveaux établissements dans lescampagnes.On-retrouve encore d. l'abbaye de -Maubuissnn. Il semble- rait même qu'à cette époque la royauté désirât maintenir la prédominance desabbayes dansles campagnes. destinéeaux religieuses de l'ordre de Citeaux. Au .déposition? cisterei "nue?.m> ce plan (fig.

cependant nous voyons. ne fut paslongtempsobservéepar celles-ci.Il est curieux de lire la lettre qu'Héloïse. devenue abbesse du Paraclet.que ce monas- . par les objections conlenues danscettelettre. Si. combiende son temps on s'étaitpeupréoccupé de l'or- ganisation intérieure des couvents de femmes.et l'on peut juger. adresse ace sujet à Abailard. a& xnr siècle.[ ARCHITECTURE ] - 286 -" comme aux religieux. les règlementsmonastiques auxquelsles religieuses étaient assujetties se ressentaientdu relâchement desmSurs à cette époque.en examinant le plan de l'abbaye de Maubuisson.

Il n'y avait pasalors defamille princière qui n'eût desreprésentants dansles différents monastères de l'Occident. un colombier. et le curieux travail graphique decetarchitecte. dansle prolongement du transsept. cespetites républiques religieusesperdirent peu à peu de leur importance. minist. et comme possesseurs territoriaux et féodauxpar conséquent.Saint Bernard s'était élevéavecénergie contre les abusqui déjà de son temps lui semblaientdevoir amener promptement la décadencedes ordres. Le chemin de fer de Poutoise passeaujourd'hui à travers les clés de l'abbaye. la sacristie.ne pouvaient manquer d'introduire au milieu des monastères des habitudesde luxe qui n'étaient guèreen rapport avec les vSux monastiques. desBeauxArts. De vastes jardins et des cours d'eau entouraient ces bâtiments situés dans un charmant vallon. Du jour où le pouvoir royal sefut constitué.tombaient rapidement dansle relâchement. suivant l'usage.Il faut dire que les établissements religieux. N. En A estl'église. Hérardsur cetteabbaye (Paris. en F. H est le logis de l'abbesse. la salle du chapitre. le pensionnat. P. au-dessus le dortoir. mais cesconstructions sont d'une époque plus récente. G.1851).. Q.fluence morale.soit les obstaclesque leur opposaientdesterresincultes. Le nouvel ordre politique qui naissaitavecle xme siècledevait nécessairement modifier profondément l'institut monastique. le parloir et le logement des tourières.l'activité qu'ellesavaientdéployée au dehors pendant les xie et . avec une constance et une rigueur de principes qui eurent un plein succèstant qu'il vécut. et renfermées dans leurs devoirsde religieux. étaient construits des bâtimentsqui contenaient le logement des hôtes. en D.287 [ ARCHITECTURE ] tère ne différait pasde ceux adoptés pour les communautés d'hommes.à partir du xme siècle. M est l'infirmerie.se perdit en querelles intestines. K..\nesièclesne trouvant plus une pâture suffisante. au grand détriment de l'institut tout entier.on trouve dans les abbayes fondées par les personnes royales un logis réservé pour elles. L. . L'institut monastique tenait la tête de la civilisation. etc. déposé auxarchives des monuments histor. les cuisines. 0. ou l'ignorance et l'abrutissementdespopulations rurales. et le tout était ceint de murailles flanquées de tourelles '. et s'étendit jusque dansles camps par l'institution et le développementdes ordres militaires. des écuries. le réfectoire. il avait cherchéà rendreà la règle de Saint-Benoit sa pureté primitive.I. de Taux écuries.leur importancecomme pouvoir religieux. du moment qu'ils cessaient de combattre soit les abusde pouvoir desseigneurs séculiers. enG. Car. Leurs richesses. l'apothicairerie. l'habitation réservéepour le roi saint Louis. lorsqu'il se rendait à Maubuissonavecsa mère. et la plupart desabbés étaientde racenoble. en E. une grange. où laFrance eut un véritable gouvernement. En B. en H était l'abreuvoir. de propriétaire>fonciers. . La noblessefournit tous les jours un contingent moins nom1 Voyeila Noticede M. une porcherie. étables. De son tempsla vie monacaleconquit une immenseii. sorti de Citeaux. les latrines disposées des deux côtésd'un cours d'eau . et. decorps enseignant. en face de la ville de Pontoise. le cloître. des fours et écuries.

C'était un point militaire important à cette époque où la . En 1203. Lesconstructions élevéespar les abbés à celte époque se ressentent de leur état politique. et cessèrent de paraître MITla scènepolitique. mais cellesqui appartenaientà d'autres îgles de l'ordre bénédictin. nous cittrons l'abbaye duMont-Saint-Michel en mer. Jusqu'alors si lescouvents étaient entourés d'enceintes.non loin de Pontorsonet d'Avranches.forteresses.desvallées creuses. versla fin du vin1" siècle. L'intluence de la vie militaire sur la vie religieusese fait sentir dèsle xine siècle dans l'architecture monastique. ne permettaient guère l'application d'un système di. qui n'offrait plus qu'uneexistence intérieureet bornée. L'ordre du Temple seul. considérés par !>" mi commedess-igneurs féodaux.elle laissa bientôtainsilesordres monastiques tomberdans un étatqui ressemblait passablement àceluide richeset paisibles propriétaires réunisen commun sousune discipline qui devenait de moinsenmoinsrigide. ou même des lieux escarpés.érigées dan.put continuerà jouer un rôle dans l'État. ils en prennent lesallures. construites souvent sur des penchantsde i nteaux. cette institution fut anéantie par le pouvoir monarchique. Parmi les abbayesqui présententbien nettement le caractère d'un établissement à la fois religieux el militaire.-nna pouvoir soutenir un siègeen règle. se mettre en dehors de l'organisation politique établie : tant que les pouvoirs séculiers étaient divisés.iquejour par l'Océanaux heures desmarées.\ résister à une attaque à main armée. ou même de véritables.Fondée. si l'on encroitleslégendes. et à prendre une part active aux all'airesextérieures. par si constitution. elle était contraire à l'esprit monastique.ne pouvaient. c'étaient plutôt desclôtures rurales que desmurailles propres . la lutte ne pouvait durer. il dut faire ombrageà la royauté. Les abbayesde l'ordre de Citeaux. devenuevassaledu domaine royal. commençant à dédaigner la vie religieuse. sinon facile de maintenir el même d'accroitre le leur.ellefut à plusieursreprisesdévastée par les guerres et les incendies. quand la situation deslieux le permet. s'entourent de défenses établies de l. elle fui presquetotalement reconstruitepar l'abbéJourdain au moyen de sommes considérables que lui envoyaPhilippe-Auguste. mais quand ces pouvoirs féodaux vinrent se confondre dansla royautébaséesur l'unité nationale. comme tels.i.[ ARCHITECTURE ] - 288 - breux aux couvents.il leur était possible. Les grands établissementsreligieux se résignèrent donc. ou au moins se mettre à l'abri d'un coup de main.et l'on sait comment. elle n'avait pas de but d'ailleurs. les bâtiments nouveaux furent continués par les successeurs de cet abbéjusque vers 1260.'leiïslfqui eût quelque valeur. Le mont Saint-Michel est situé au fond d'une baie sablonneuse couverte i-h. seigneurs féodaux. mais la plupart des monastères que l'on bâtit au \ur siècleperdentleur caractèrepurement agricole pour dru'im desi-il/ir fortifiées. réunissant les restesde la puissance des ordres religieux et la force militaire. et livrée dès le xine siècle exclusivement à la carrière desarmes.qui n'avait fait que tracer la route aux pouvoirs pour arriver à l'unité. au commencement du xiv" siècle.Bientôtles abbés.

il les considère commevassaux. i. Voici le plan général de ce rocher baigné par la mer deux fois par jour.il ne semblepas douter que les religieux ne puissent conserverce posteaussi bien que l'eût pu faire un possesseur séculier. du côté de Pontorson. et en leur donnantdessubsides pour mettre leur propriété en état de défense. à quelques pas de la mer. le rocher s'élèveabrupt.- 289 - [ ARCHITECTURE J monarchie française venaitdes'emparer de la Normandie. 17). Toutefois Philippe-Auguste laisse le mont en la possessiondesabbés. C'est là un fait caractéristiquede l'époque. et dont le sommet est élevé à plus de 70 mètres au-dessusde son niveau (fig. et où ellepouvait craindre chaque jour une descentedesAnglo-Normands. Ou trouve une première porte fortifiée en G. Une étroite plage rocailleuse s'ouvre au sud. 37 .

dédié a -aint Hubert. l'églisequi estéri- <T>^^ fï .au moyend'un treuil. étaient le. EnBestle cloître. formant rez^'cnceintc do la ville fut reconstruite sous Charles VU. AVr~^/" ****^ §ée sur lep°int paces G. voici(fig. . dtenie>et.sous l'église H. maiselle remplaçait desfortifications plus anciennes dont on retrouve de nombreusestraces. L d'eau saumâtre. mais bonne pour les usages ordinaires.une cour où les magasins de l'abbayesont placés en Q. II uu moulinà ventposésur unetour. Y et S ^'iul de-. P.de garde'. baye.en A. et T le cimetière.unoratnire sur un ro- cher isolé. à permettre l'introduction cours du est une de secôté de fontaine la pleine mer. une entrée fortifiée donnant ac- cèsilan. M. I.défendue parunepremière enceinte E.- 290 - avecc»r|i. on arrive bientôt à des emmarchementscnii-nleruliles tournant vers le nord jusqu'à la porte de l'abba\r F. disposés 13 en espaliers du côté sud.jardins de l'abc>l une citerne. et en suivant les remparts qui s'élèvent-ur le rocher vers l'est. et qui était destiné. habitée de temps immémorial par despêcheurs.Si nousfranchissons le seuilde la premièredé- fense de l'abbaye. en cas de siège. 18)le plandes bâtiments qui. Une secondeporte s'ouvre en D et donne entrée dansla petite ville. on faisait monter les provisionsdu monastère. unegrande trémieen maçonnerie et charpente. par laquelle. 0 est la paroisse de la ville. De cette porte on accède aux chemins de ronde par un escalier. un chemin de ronde auquel on accédait par un immense escalier tort roide LK.

qui conduit à une secondeclôture défenduepar deN\ii-i-~-. IV. si qua hnbean « arma. sous le réfectoire.et un escalier à vis. Du côté du midi.« 'Mabillon. nisi earetinereperniiltatmonasterii prier.. de plainpied avec la salle d'entrée. B est la porte. est la salleoù l'on introduisait les pauvresauxquelson distribuait desaumônes. formidable défensecouronnéepar deux tourelles et une salle. entourent le sommet du rocher. Annal. à moins d'une permission expressedu prieur '. avec escalier particulier pour descendredans le chemin de ronde. les bâti- ments gagnent sur le rocher et prennent plus d'importance (fig. qui arcisprorector est. et à une salle de laquelle on ne peut s-'introduire dans le monastère que par des guichets masqués et des escaliers et étroits. t. Le réfectoire est situé en F. ubi ub infrressuris. En A -ont les premières entréesdéfenduespar un chàtelet auquel on monte par un petit escalier droit. 1 « Adhaerethuic portéedomus prima custodiarum. En G est une salle devant servir de réfectoire à la garnison. p. et mâchicoulis. sont placéesles cavesdu logement de l'abbé et deshôtes. 19). Au-dessus de ces soubassements.-.- 291 - [ ARCHITECTURE ] de-chaussée.deponuntur. Souscette porte est pratiqué un escalierroide. en I. tortueux Au-des- sus de cette salle e'stune défense D percée de meurtrières arrivant mes avant et de mâdevait d'en- chicoulis. Chaque déposer ses artrer dans les bâtiments de l'ab- baye. 75. dont le plan est détaillé en G. Eenedict. on ne peut y arriver du dehors que par un loir sombre coudé- fendu par desherses. en L et en K des prisons et défenses.) .

leslogements del'abbéet deshôtes. afin de recueillir les eaux pluviales. sur cespoints. qui se rendent dans deux citernes disposées sous le bras de croix du nord. aussi les a-t-on nommés de tout temps la Merveille -. C'étaitprobablement.I. le dortoir de la garnison. H.la salledite desChevaliers1. E) possède deux vastescheminéeset deslatrines en encorbelle1 Ce nom ne lui fut donnéqu'aprèsl'institution de l'ordre de Saint-Michel. au point B.qui fut rebâti à cetteépoque. 20) dominecet ensemble de bâtiments gigantesques.le dessousde la bibliothèque.n'offrait pas uneassez grande surface . sous LouisXI. L'aire dece cloître estcouverte de plomb. du cùlé nord. construits en granit. Les grands bâtimentsqui donnent sur la pleine mer. G.sontles soubassements del'ancienne nef et du transseptromans.[ ARCHITECTURE J - 292 - On arrive par desdétoursinextricables. au xiue siècle. desescaliers étroitset coudés. Enfin l'église(fig. Cestunevaste cryptereconstruite à la fin du \\e sièclepour supporter le chSur de l'église. F. Au-dessusde la porte en A estune salle de guet.afinde suppléerau rocher qui. peuvent passerpour le plus bel exemple que nous possédions de l'architecturereligieuse et militaire du moyenâge. desplanchers et . 19. La salle des Chevaliers (fig. Le cloître est situé au-dessusde la grande salle desChevaliers E. etqui présentent l'aspectle plusimposant au milieu de cette baie brumeuse. où setrouvaientplacées les cuisines. 2 Le Mont-?aint-Michel estaujourd'hui une maison dedétention. D était le dortoir des moines.E.

>. ' - '' > - -ïn i Tersl510 : nous la supposons rétablie dans la vueque nous donnons ici. etla dernière fois parl'abbé Jean deLamps. Lafoudre détruisit cette flèche peu après saconstruction. Nous donnons (fig. 21)unevueextérieure deces bâtiments prise de la mer.<nait été réédifiée àplusieurs reprises. Rarement les établissements religieux présentaient des défenses aussi formidables . etles maçonneries romane* duvaisseau s frirent beaucoup de cesinistre. unestatue colossale del'archange saintMichel. LechSur est hien conservé. pente delanef de l'église futincendiée. Laflèche quisurmontait la tour centrale de l'église estdétruite depuislongtemps. En1831. ils conservaient presque toujours l'apparence devillScrénelées. M ^aril présente un des exemples lesplus ouvragés del'architecture ogivale « temps. elle . . 22) une vue prise ducôté del'est. ticgramt. etneputêtre enlevée par l'armée anglaise en1422. et(fig. L'abbaye du Mont-Saint-Michel setrouvait dans une situation exceptionnelle : c'était une place militaire qui soutint des sièges. etquoique bât. qui sevoyait de fort loin enpleine mer.- 293 - [ ARCHITECTURE ] ment. défendues des cloisons coupent la belle salle des Chevaliers et des dortoirs. couronnait son sommet.

B.cescouventsne sefortifiaient que successivement et suivant qu'ils s'assimilaient plus ou moins aux seigneuries féodales. A estla porte du monastèredéfenduepar une tour. 1 Cette vue est copiée sur une des gravures du Monaslicon Gal/icum (Monographies d'abbayes. à côté. elle ne pouvait résisterà un siègeen règle.qui conduit dans une ruelle commandée pav l'église G. moitié militaires (fig. Sainte-Geneviève). une première cour qui n'est point défenduepar desmurs crénelés. mais elle était assezbien munie de murailles et de tours pour soutenir l'attaque d'un corpsde partisans. mais seulement entourée de bâtiments formant une clôture et ne prenant leurs jours qu'à l'intérieuf. Voici l'abbaye de Saint-Allyre à Clermont en Auvergne. V lesécuries destinées aux monturesdeshôtes.biblioth. bien munie de créneauxet de mâchicoulis. dépourvue originairement de moyens de défense. B'. dont la vue cavalière donne une idée de ces agglomérations de constructions moitié monastiques. Bâtie dansun vallon. La face orientale. 23) '.D'ailleurs. .[ ARCHITECTURE J par quelques ouvrages demédiocre importance : onretrouvait l'archi- tecture monacale sous cetteenveloppe militaire. une seconde porte crénelée.

E J l'abside de l'église.TLT.- 293 - I AnriIITEi.est.l'autrequi domine la porteS donnant entrée dans .&j§ "" SI5^^~r " ni - 'inMflWPPl l'angle de la ruelle.couronnée par deux tours. l'une qui commande " .-.

derrière l'abside de l'église.I. leur richesse. elles étaient presquetoujours placéesà côté desclochers. les dortoirs.mais la plupart desconstructions indiquéesdansce plan dataient de la seconde moitié du xne siècle. L'enseignement seul leur restait . pour ainsi dire. les abbayes tendaient à se mêler à la vie civile . Sous le clocher E était l'entrée de l'église pour les fidèles. les logementsdeshôtes et de l'abbé. mais ne fut fortifiée que plus tard.C'estainsi que l'institut bénédictin avait initié les populationsà la vie civile .ne leur laissaientguère 1 Rivière Tiretaine. souvent elles détruisaient leurs murailles primitives pour bâtir desmaisons régulières ayant vue et entrée sur le dehors. dansle voisinagedesvilles et dansles campagnes.ce n'était plus que comme fermiers. Elle était autrefois comprise dans l'enceinte de la ville de Clermont.in-12. les monastères voyaient leur importance et leur action extérieure décroître.Ann. 1631. des prisons faisaient partie des bâtiments du monastère.le réfectoire et L la cuisine.0. vers la fin du xiie siècle. Lesabbésétant. Cette abbayeavait été fondéependant le ixc siècle. M. H. Des jardins garnis de treilles étaient placésen P. Une petite rivière K ' protégeait la partie la plus faible des murailles et arrosait un grand verger planté en T. L'abbayede Saint-Allyre avait été rebâtie sous le pontifical de Pascal II.EE' sontdes clocherscrénelés. à mesureque celleci se développaitsousle pouvoir protecteur de la royauté. deplusun mâchicoulis surmonte cetteporte.Onentredans une première cour étroite et fermée. -Antiquités de la France.les pressoirs.rappelaient chaquejour davantage lesconstructionsféodalesdesseigneursséculiers.et lesdépendances séculièresdesmaisonsreligieusesne furent plus que despropriétésrapportant un produit de location. mais leur qualité de propriétaires fonciers. au contraire. souvent même dans leurs étages inférieurs. suivant l'usage. maissi cesartisansdépendaientencoredu monastère.dansl'enceinte des villes.puisdansle cloître G.Une fois danscettevoie. On ne peut douter toutefois que les corporations de métiersn'aient pris naissance au milieu de ces groupesindustriels que les grandesabbayes avaient formésautour d'elles. les constructionsmonastiques. N. des grangeset celliers.[ ARCHITECTURE ] - 296 - lesbâtiments .l'infirmerie. K. justiciers sur leursdomaines. (Mabillon. 11y a lieu de penser même que les défensesne remontaient pas à une époque antérieure au xme siècle.la gestion de biens considérablesqui s'étaient démesurément accumulésdansleurs mains depuis lescroisades.lesmonastères desvilles perdirent bientôt toute action directe sur cestenanciers. par conséquent dans les premières années du xue siècle. au xmesiècle. Bened.) . la bibliothèque. et.Cesmaisonsfurent d'abord occupées par ces artisans que nous avons vus enfermés dans l'enceinte des couvents. ils n'étaient d'ailleurs astreints à aucune règle religieuse. lorsqu'elle fut laisséeen debors des nouvelles fortifications. obtenant l'usufruit de leurs logis au moyen d'une redevance sur les bénéficesqu'ils pouvaient faire dans l'exercice de leur industrie . commeseigneursféodaux. sortesde donjons qui dominent lescourset bâtiments. Si. X.

au maintien de la foi orthodoxe. .l'institution quasi féodale des ordres bénédictins. fut. de morale et de droit. qui semblaient les n>umer toutes. Delécluze. saint François d'Assise. cette extrême sollicitude pour les disciples de saint Dominique. desEnsabatés. Saint Louis avait pris en grande affection les frères prêcheurs et mendiants. saint Louis était certainement disposé à donner aux nouveauxordres une prédominance sur les établissementstrop indépendantsde Cluny et de Citeaux. n'admet pas de prieur. fondateur de l'ordre des Frères prêcheurs. et de raresintelligences surgirent parmi eux. Maissaint François n'était pas mort. desFlagellants. que son ordre s'était déjà singulièrement écarté de cette simplicité et de cette pauvretéprimitives.de manière à pouvoir rivaliser avecles écolesétabliesdans les cloîtres des grandes cathédralessous le patronagedesévêques.En effet. l'institut bénédictin avait terminé sa mission active. Pierre de Vérone. danssa règle. mais au contraire mendier pour lespauvreset pour subvenir à leurs besoins.il prétendait « amener le riche à faire don de ses biens aux pauvres.pour les ermites augustins et lescarmes.voulant revenir à la simplicité des premiersapôtres.lespremiersadonnés à la prédication.était une sorte de réaction contre. pour acquérir le droit de demanderlui-même l'aumône sans rougir. Au commencement du xme siècle donc. à l'étude de ce qu'on appelait alors la philosophie.Commeprince. 1er.p. et dèsle xine siècle. Après avoir défriché le sol de l'Europe. de saint François d'Assise. dans le midi de la France. L'établissement de ces deux ordres. Jean de Vicence.Lesfrèresprêcheursacquirent bientôt une immenseinfluence. 278 et suiv. les Dominicainset les Frères mineurs. les secondsprêchant la renonciation aux biensterrestres.dejustice. et relever ainsi l'état de pauvreté ' ». la pauvretéabsolue.d'ordre. c'est alors qu'apparaît saint Dominique. l'objet de satiresamères. le tempsétait venu pour les ordres religieuxde développer et guiderles intelligences. ne doivent rien posséder. C'estaussiversce temps (1209)que saint François d'Assise institua l'ordre desFrères mineurs. au développement de l'intelligence humaine. tous les frères sont mineurs. decombattre par la paroleet même par le glaive leshérésiesdes'Vaudois. saint Hyacinthe. . les frères mineurs élevèrentdes monastèresqui par leur richessene le cédaient en rien aux abbayes des ordres bénédictins. et il trouvait chezles frères prêcheurs une arme puissante pour vaincre ces hérésies populaires nées au xuesiècle.desPauvresde Lyon.qui jusqu'alors étaient à peine connus.. sur la montagne Sainte-Geneviève. JeanleTeutonique. de son temps même. et saint Thomasd'Aquin. après avoir jeté au milieu despeuplesles premières basesde la viecivile. remplirent l'Europe de leurs prédications et de leurs écrits.par E.297 [ ARCHITECTURE J le loisir de se dévouerà l'enseignement. Hugues de Saint-Cher. 1. etc. non sansde bonnesraisons.et surtout à Paris. et enfin des Albigeois.et répandu lespremières notionsde liberté. - 28 . J.avec 1 SaintFrançois d'Assise et saint Thomas d'Aquin. l.

et connue la nature de leur missiondevait le. mais plusencored'unerévolte contre la puissance qu'avaientacquiseRome elle haut clergé.surtout de la règle de Citeaux. On trouve donc pin.ne trouvaient plus deva-te.dès 1221. qui se trouvait à chevalsur les murailles de Pans.liv. Peut-être cette disposition parut-elle favorable aux prédications.leur permissentd'étendre et de disposerlesconstructionsde leursmonastère. II.Jacobins de Paris (fig. publiéesous la directionde M. il. Ceréfectoire avaitété 1 n-iîti-v </<"< ni-itîquités de Pm-i?. restait libre pour les fidèles. les stalles des religieux étant placées dans l'une des nefs.n-aux fnnn-q^uis qui traversait les mu- railles de la ville élevées sousPhilippe-Auguste. parJ.Mais lesfrère.[ ARCHITECTURE j - 298 - tousles caractères d'un grand mouvement d'émancipation communale contrele pouvoirques'arrogeait le suzerain.terrains qui . (Voyezla Statistiqui dePans. Albert Lenoir.oblige"!* de se rapprocher des grands centresde population.. et par l'Université. eu po--e--ion d'une maison située dans la rue Saint-Jacques. doyen de Saint-Quentin.Le plan de.) . Dubreul. lorsdu percement de la nouvelle rue Souiflot.en face de Saint-Etienne desGrecs'.rarement danlé-couvents des ordres mendiants cette ordonnance traditionnelle qui <"-(-i bien conservéedansles établissements des bénédictins. 2i estfort irrégulier : le réfectoirejoignait le l'<u//. l'autre. qui avaient été mis par maîtreJean.les derniers vestises du couvent des Jacobins.Nousavons \u iletruire. Saint Louis fit bâtir à Paris le couvent de. car.-nnant une donnéeuniforme. qui pou- vaient ainsi plus facilement voir et entendrele prédicateur séantdansune chaire à l'une desextrémités.Jacobins. L'église de ce couvent présentait une disposition inn-itée jusqu'alors : le vaisseause composaitde deux nefs divisées par une rangéede colonnes. parallèle.prêcheursarrivaient tard. p. 378.1631.

ainsi que celle des Jacobinsde Toulouse.après avoir acquisle censet la rente de cettepropriété municipale. troisièmedu nom.Dubveul. à l'extrémité anté- rieurede la nef de gaucheA étaientlesstallesdesreligieux.L'église desJacobins d'Agen. sur le flanc de la nef de droite. L'entrée desfidèlesestau sud. Originairement l'église était complètement dépourvue de chapelles. que nousavons vu démoliril y a peudetemps.bâtievers le milieu du xmc siècle.maisdont les tracessontvisibles.i constructionprimitive. 38Û- .- 299 - [ ARC11ITECTUBE ] bâti. en1256. resserrés le long de cesmurailles de ville..détruite aujourd'hui. élevée dans la seconde moitié du .et qui se trouve indiquée surunvieuxplandéposé au Capitole de Toulouse. L'entrée des fidèles étaitprécédée d'unecour ou narthexouvert: c'étaitparcettecour quel'on pénétraitégalement dansle monastère.p. lesbâtiments du couventfurentreconstruits enpartie. que le roi Charles V leur donna en 1365.Depuis. LesJacobins.on remarque la chaire. 1k bis)le plande cebel établissement. cellesdes nefscomme celles du rond-point ne furent élevées que pendantlesxive et xvesiècles. mais l'égliseA et le réfectoireB dataientde l.L'école de Saint-ThomasD était une jolie sallede la renaissance. est à deux nefs.avaitétécondamné à payer pour avoir fait pendre trois jeunes Flamands qui avaient été pris chassantdans sesforêts '. Nousdonnons ici (fig. Théâtre des antiquités deParu.au moyend'une amende de dix millelivresquele sireEnguerrand de Coucy.\mesiècle. finirent par obtenir 13 Parloir aux bourgeois. en passant par le petit 1J.Surla paroi dela nef dedroite adossée au petit cloître G.

sed et aliquot seculis « antiquiorLodids (ivres Hermites de l'ordre de Sainct-Augustin ont eu dois diverses « maisonsà Paris. sanstours: ainsi étaientdisposées leséglises desgrands augustins à Paris. et s'en « vindrenttenir au lieu où ils sontde présent : que leur cédèrent les frèresde la péni<c tencede Jésus-Christ. EnB estle grandcloître. P. 11.'i julie chapelle peinte de Saint-Antonin.ils vendirentcequ'ils avoient acquisau Chardonnet.Des écuries ont été disposéesdans le cloître et dans l.BrabanliS.. Mari*Viridisvallis.reg. et en françcisSachets. de l'humilité recommandéepar leur fondateur.) 3 «Monaster. S. xiv* et xvesiècles. « SimonMatiphas de Bucy.. où l'esglise Saincl-Nicolas enclose retient ce surnom de Chui-i:l>j. le réfectoire. Baronis Le Roy. dictsen latin Saccarii. qui pour cela «s'appeloit Ctinluirtuiit n carduis. exécutées avec un grand soin et couvertes à l'intérieur de peinturesqui datent desxmeet xivesiècles '.. dans leurs constructionsdu moins.. Théâtre desantiquités de Pans^liv. a été longtempsoccupé par un quartier d'artillerie : l'église a été divisée en étages. laquelfc pour lors hors la Mlle.ex museo Jac. En « l'année128G.Voici(lig. pour le peu « d'aumosnes qu'on leur faisoit : du consentement dudict my et de l'évesque deParis. Leur esgliseesloit la chapelle Saincte-Marie Egyptienne. sanschapelles rayonnantes. Wmdesimensis in silvaZoniae prope Bruxellas situatum.. près la « porte Montmartre.. Cependantles établissementsdes frères augustins conservèrent long- temps leur caractère de simplicitéprimitive.Mais voyaus qu'en tel lieu ils ne pouvoient commodément vivre. l'ordre des Frères ermites de Saint-Augustin n'avait acquisqu'une faible influencejusqu'à l'institution des ordres mendiants. Lesbâtiments indiqués en gris sont du derniersiècle. le roi Philippe le Bel concéda aux augustinsl'usage des murailleset « tournelles de la ville : delfendant à toutes personnes d'y passer.fort mutilé aujourd'hui. Les colonnes et chapiteaux du grand cloître smit de marbre \:ri< des Pj renées.cSnobiuijue celeb. Premièrementils ont demeuré en la rue dicte encore aujourd'hui des HVieujt-Auguslins. et remply de chardons. » (Castdla et prStoria nobil. .ny demeurer sansleur «congé. nuis elles s'altèrent davantage chaque jour.. il en est de fort remarquables et qui ne le cèdent en rien aux peintures italiennes de la même époque.. can.mais alors il prit un grand développement. leurséglises étaientpresque toujours.) De fondation'ancienne '-. et fut spécialeineut protégé par les rois de Francependantlesxine.Toutes ces constructions sont de brique.« Fuit enim S. en F. ÉGLISE.[ ARCHITECTURE ] - 300 - cloître. la sacristie. en E. ClUrELLE.ou composées d'une seulenef.1C96. une petitechapelle dédiée à saint Antonin. et s estendoit depuis ladicte porle jusques en la rue « de Bievre. en D.. congreg. 24ter) le monastère desfrèresaugustinsde Sainte-Marie desVaux-Vertsprés Uruxelles3. CLOÎIUE. . B.vulgoGroenendael.AntverpiS. Augustinus digm'tate mijor beato Francisco.tni-t.) August. RÉFECTOIRE.maissanstranssept. delin. Parmi ces peintures. en G. la sallecapitulaire. » Dubreul. avoit esté rebastie aux despcnset à «la poursuite d'un marchand drapier de Paris Secondement ils ont demeuré auprès «la porte Sainct-Victor. ad viv. (Voy. en un lieu va<rue incuit. ou d'une nef avecdeux bas côtés. qui nous offre un exemple parfaitement complet de ces 1 Ce beaumonastère. ord. Alors les frères prêcheurss'étaient fort éloignés.les beaux meneaux de pierre des fenèties sont détruits depuis quelques années.

* g « B § ! F V ï i I PT^C v < . . A estl'église sans transseptelsans tours. qu'il fut érigéenchapitre en13£»9.- 301 - [ ARCHITECTURE ] établissements de frères mendiants: celui-ci prit ce développement lors- 1 g' s 5 .

le réfectoire. le logisde l'empereur(Charles-Quint). des logements pour leshommes (hôtes). D. communiquant au réfectoire par un petit pont couvert. la porte principale du monastère.l'architecture monastique ne présenteplus decesbellesdispositionsd'ensemblequ'on aime à voir à Cluny.où la vie monastiquefut moralement effacée. Mais ce n'était plus cette large et puissante organisation bénédictine. chêne. Des habitudes de luxe et de mollesse ne pouvaient manquer des'introduire parmi eux.K.la pèche. pour reconnaître cette confusion. les souverainsaimassentà se reposerloin des affaires et de l'étiquette descours : ces congrégationsd'augustins avaient su faire de leurs maisons des résidences délicieuses comme situation. longuegalerie au-dessus du cloître. le cloîtredeslaïques. G. chapelles. etc. le monastère semble se con- fondre peu à peu avec leshabitations séculières. à Citeaux. le grandcloître des religieux. son jardin. du moment qu'il. au milieu des bois. la cuisine. 0. A partir du xnr siècle.et surtout le calme et la liberté des champs.et comme réunion de tout ce qui pouvait contribuera rendre la vie agréable et tranquille.N. dans un vallon pourvu de belles eaux. l'infirmerie . Bientôt chaque moine aura sa cellule. ou les entretiens de gensdocteset distingués. pourlesfemmes. G. et l'on comprend que. desmaisons d'artisans.avaient converti leurs pauvrescabanes de bois et leurs maigreschamps en vastes palais et en jardins magnifiques. de Saint-Julien deTours quenous . sa cour.de bonnesbibliothèques. à Clairvaux. S.H. tels que la chasse. F.E.[ ARCHITECTURE ] - 302 -' conformément aux usages admisdansles couvents augustins. Ce séjour était admirable. qu'ils recevaientdes souverains dans leurs murs. la bibliothèque. dit la légende. desvacherieset greniersà fourrages.M. l'abbé se fait bâtir un logis à part. Peut-êtrel'institution des ordres mendiants contribua-t-elle à prolonger l'existencede la vie religieuse. une résidencesouvent assez éloignée desbâtimentsprincipaux du couvent. L. B. souslequel setrouvèrent réuniessept têtescouronnées.ce défaut d'unité. chaque jour amène une modification à l'ordonnance première: les services se divisent. alléesplantées d'arbres. P. C'estun seigneur dont la vie ne diffère que peu de celle deslaïques. le dortoir deslaïques. il a sonentrée particulière. Il n'en est pas moins évident que la vie'cénobi- tique ou celle despremiers ordress'était singulièrement modifiée depuis le xie siècle. R.Il suffit dejeter les yeuxsur les plansd'abbayes successivement modifiées pendantles xive et xve siècles. les dortoirsdesreligieux. I. dansdesétablissementspareils. desjardins avec un labyrinthe. les tempshéroïquesde saint Hugues et de saint Bernard étaient passés. comme disposition. et pouvaient leur offrir les délassements que les grands affectionnent d'ordinaire. voisin de prairieset de grands vergers. elle en conserva du moins quelque temps l'unité. en Occident.Ces symptômes sontfrappante dans lesabbayes bénédictines de Saint-Ouen deRouen. deFécamp.Ces signesde décadence sont de plusen plus marqués jusqu'àl'époquede la réformation.si elle ne fut pasabolie de fait.

deschambresà provisions. M. X. G. la porte des religieux. avec sa cour.- 303 - [ ABcniTECTl'IiE ] donnons ici (fig. le jardin desreligieux. la boulangerie. et son jardin à l'est. le réfectoire et la cuisine G . E. le logis de l'aumônier et sou jardin . le palaisabbatial. F. 7>. Le dortoir était au-dessusde la grande salle. V. I. qui . L. la procure. il règne une certaine confusiondanslesservicesqui n'existait pas dans les plans du xn° siècle.Onvoit quesi dansceplanles anciennes dispositions traditionnelles sont encore conservées. sesécurieset communs 0. desécuries. Maissi nousexaminonsle plan d'une abbayereconstruite au xive siècle. audessus. la cha- pelledela Sainte-Trinité. deservices. suivant 1ancien usage.Cetteabbaye avait étérebâtieau xm" siècleet successivement modilirr pendantles xiv et xv° siècles. la sacristieprise aux dépensd'une salle qui n'était pas destinéeà cetusage.également destinée aux fidèlesserendantà l'église. H. D. lesprisons. P. descaves. Is". la nef pour le public.25). H. une chambrepour lesvisiteurs (parloir). K. une inlirmerie et sa cuisine G : à côté. son entrée particulière. dans le prolongement du transsept. A estle elurur réservéaux religieux.B estl'entrée du monastère. le cloître. la cellule du portier. S. desmagasins. nousserons encore plus frappésde l'amas de dépendances. T.

Voici(fig. Près des cuisines maiyres.le dortoir desnovices. desappartements pour les étrangers. X. Constance.et y installadesmoinesaugustins.le réfectoire. le grandcloître. depuis.De la cuisinemaigreon communique à une salle isoléedans laquelle est percé un puits avec manège. la chapelle dédiée à saint Dominique . autour. et L une chapelle dédiéeà saint Jean. A l'ouestde l'églisesontdes greniers et la buanderie. la cuisinegrasse està l'extrémitédu dortoir de l'ouest. avecles bâtiments de la gabelle et le logement du médecin.descimetières. le petit cloître.[ ARCH1TECTUBE ] - 30!i - viennent s'agglomérerautourdes bâtiments principaux. à lasuite. 0. .M. autour.G.K. le logement dela prieure . la cuisinemaigre .D. l'église. des ateliers pour desmenuisiers et une cuisine. Philippele Belfit refaireentièrement touslesbâtimentsdu monastèrepour y mettre desreligieusesde l'ordre de Saint-Dominique. F.26) le pland'uneportiondecetteabbaye :H est une entrée fortifiée.à l'angledu cloître. desdortoirs. avait fait construire l'église Notre-Dame k Poissy. l'infirmerie et sa cuisine. femme du roi Robert. A.B. lesappartements des princesses avec dépendances et cuisiaes.G.E.

qui arriva avecsa mèreet sesfrères.Et enfin chacunsait quela grandeéglisede l'abbaye deSaint-Denis fut consacrée à la sépulture desrois deFrancedepuisles commencements de la monarchie.le papeav. Desoncôté. reines ou princesses. dansle réfectoire du couvent de Saint-Just.le seigneur empereurde Constantinople avectoute sacour. des granges.il ouvrit le concile général pendantlequella déposition de l'empereur Frédéric II fut proclamée. par M. le seigneur roi de France avec sa mère. qui prenaientalors le titre de royales. où il résidait. en l'année 12i5. dataitseslettresd'État de l'abbayedu Val. il ne put toutefois refuser l'entrevue que le souverain pontife sollicitait. p. p. et là. dans l'intérieur du monastère. il y demeura en 1301. et t. A. sa sSur et toute leur suite. par l'abbé Lebeuf. Philippe de Valois. à la suite du petit cloître. qui venaient souvent résider à l'abbaye de Poissy. surtout à partir du xuie siècle. viviers. Ier. ck l'abbayedeCluny. p. 39 . en dehorsde toute influence. l'enceinte des abbayesservait ausside lieu de réunion auxsouverainsqui avaientà traiter desaffairesd'une grande importance. venger l'abaissementdu trône pontifical. le trésor desrois de Franceétait déposéau Temple à Paris. Voici commentla chroniquedu monastère de Clunyparle de cette enlrevue2 : « Et il faut savoir que.A la fin du XIIP siècle.l'abbayedesdamesde Maubuisson.it aveclui dix-huit évoques. 216. en 1333. à Poissy. accompngné de trois cents sergentsd'armes et d'unemultitudede chevaliers.- 305 - [ AHCHHECITRE ] à l'est.etc. du dinc. au sud. CharlesV y demeuraégalement en 1369. . le roi Philippe le Bel y prit quelquefoisson logement avant l'abolition de l'ordre. t. de Paru. c'était cette habitude prise par les rois. depuis le 16 janvier jusqu'au 25 février '. Souvent le.Hist.par la haute noblesseséculière.l'évèque d'Ëvreuxavecsamaison. Unedesraisons qui contribuaientle plusàjeter unegrande confusion dans les dispositions desbâtiments des établissements monastiques. le bâtimentdesétrangers. P. i.personnesroyales se faisaiententerrer dans leséglisesmonastiques fondéesou enrichies par elles : la mère de saint Louis. 1 Hist. il choisit la ville de Lyon. puis de beauxjardin-. 332. la reine Blanche. Lorain. d^j faire des séjourssouvent assez longs dansles abbayes.descelliers. Les évoques d'Allemagne et d'Angleterren'y voulurent point paraître. LorsqueInnocent IV fut forcé de quitter Rome et de chercher dans la chrétienté un lieu où il put. nousavonsvu le logis d u roi .toute une portion considérabledesbâtimentsdu monastèreétait réservée aux membresde la famille royale. des dépendances pour les princessesdu sang royal. son frère. et saint Louis même s'abstint. Au xiii' siècle. recurent l'hospitalité le seigneur pape avec ses chapelains et toute sa cour. l'évèquede Senlisavecsamaison. 151 et suiv. Cet usagene fit que prendre plus de consistancependant le xiv" siècle. fut enterrée dans le chSur de l'église de Maubuisson. et l'abbaye de Cluny fut prise pour lieu de rendezvous.Le papeattendit quinzejours le roi de France. V. une sSur du même roi était morte et avait été ensevelie à Cluny.

qu'ils employèrent cette dernière période de leur existence (comme s'ils prévoyaientleur lin prochaine) a réunir une masse énorme de documentsenfouis dansleurs riches bibliothèques. n (Hût. ni d'aucun des lieux réputés conventuels. et à partir de cette époque.gràceàleursefforts persévérants. l'architecture monastique ne diffère pas de l'architecture civile.» InnocentIV séjourna un mois entier à Gluny. attentive et presque jalouse. qui n'a point desupérieur ou d'égalparmi leschrétiens. et combien l'institution monastiquedevait s'altérerau milieu de cesinfluences séculières. dit-il.et beaucoup d'autreschevaliers.frère du roi de France : « 11s'étonnait.et déliéses sujets du serment de fidélité. Au x\T siècle.le fils du roi de Castilleavec tous sesgens. Saint Louis et ses successeursse firent les protecteurs immédiats de Cluny. Pendant le cours du xuie siècle.[ ARCHITECTURE } - 306 - le fils du roi d'Aragon avectoussesgens. ce ne fut qu'une longue agonie. Quandarriva la tempête religieuse du xvi' siècle. A la fin du xvesiècle. jamaisles moinesne sedérangèrent de leur dortoir. En perdant leur indépendance.saufquelques donnéestraditionnelles conservéesdans les couvents. de leur cuisine. par I.Grégoire X ofl'raitla couronneimpériale au comte Robert. ils enlevaientau grand monastèrecette indépendancequi. nousciterons cette paroledu roi saint Louiseu apprenant qu'aprèsavoir excommunié l'empereur Frédéric. et saint Louis quinze jours. a l'enseignement qu'ils avaient répandu dans les classes inférieures.-e téméraire du pape. pendant lesxieet xiic siècles. tout s'était élevé. les ordres mendiants avaienteux-mêmesrempli leur tache : ils ne pouvaient que décliner. qui osait déshériter et précipiter du truneun aussigrandprince. l'art de l'architecture. d'ailleurs. ils furent hors d'état de résilier. était sorti de leurs mainsà la fin du xii6siècle. beaucoup furent sécularisées. malgrécesinnombrables hôtes. clercs et religieux que nouspassons soussilence.de leur cellier.Autour desétablissements religieux tout avait marché.à quel degré de richesse elles étaient arrivées.quelques dispositionsparticulières apportéespar les nouveauxordres prêcheurs. de leur chapitre. Nous ne nous sommesoccupé que des établissements religieux qui 1 Pour donnerune idéedestendances du pou\oir ro\al en France dèsle xinesiècle.la plupart desabbayes étaient tombées en commende.de leur infirmerie.) .quelle était l'étendue incroyable de leurs dépendances. de leur réfectoire.et àformer ces volumineux recueils qui noussont devenus si précieux aujourd'hui. Et cependant. del'audii'. et qui sont comme le testament de cet ordre. (k l'abbayede Chuty. 11 faut rendre cette justice aux bénédictins. et depuis cette époque jusqu'à la révolution du dernier siècle. et celle de Cluny elle-même échut à la maison de Lorraine. mais par cette protection même.avait été d'un si puissantsecours au saint-siège '.orain. enseigné et professé pareux. lesordresreligieux perdirent leuroriginalité comme artistes constructeurs. Cepassage fait bien connaîtrece qu'étaient devenuesles grandesabluyes au xine siècle. avant la réformation.. L'évêque de Langres fut aussi logédansl'enceintedu couvent. de leurs bâtiments.

qui a bien \oulu nous envoyerun calque ue l'original.Ils devaient vivre dans la solitude la plus absolue. n'exercèrent pas une action particulière sur les arts et sur les sciences. nous avons dû passersous silenceun grand nombre d'ordres qui. architecte diocésainde Clermotit (Puy de-Dùme).voir.Parmi ceux-ci il en est un cependantque nous ne saurions omettre : c'est l'ordre des Chartreux. devinrent moins nus. lescloître-. ainsi que le dit Pierre le Vénérable au second livre des Miracles. moins dépouillés. et faisaient horreurà.On peut voir avecquelsointout estprévuet combinédanscette 1 Nousdevonsce plan à l'obligeance de M. Nousdonnons le plan de la chartreuse de Clermont (fig. Cependant.la vie de ses fondateurs. A partir du xve siècleseulement. l'onde. près de Grenoble.\ ce qu'elles étaient un siècle auparavant. qui conservaplus que tout autre la rigidité des premiers temps. avait sa principale maison à la Grande-Chartreuse. comparativement .dans des montagnes. Les chartreuses n'eurent aucune influence sur l'art de l'archi- tecture. on les décora de peintures qui rappelaientlespremierstempsde l'ordre. contenantcent quatre-vingt-neuf monastères. Alors que les clunisiensétaient constitués en gouvernement. qui présentaient un aspectmonumental. les arts pénétrèrent dans cesétablissements. modifiée en 1676.composées primitivement d'un rez-de-chaussée avec un petit enclosde quelquesmètres. Leschartreux devaient garder le silence en tous lieux.qu'elles conservèrentsansmodifications importantes jusque dans les dernierstemps. les églises.l'eau. étaient mêlésà toutes lesaffairesde cette époque.les chartreuses présentaient. parmi lesquels on en comptait quelques-uns de femmes. et étaient établis de préférence dans des déserts.à la fin du xiesiècle. dèsle xin' siècle. Leschartreuxjeûnaient tous les vendredisau pain et à. Cet ordre. se saluant entre eux sansdire un mot. Mallav.- 307 - [ AUCIllTECTCKt : eurent une influence directe sur leur temps. le prieur et le procureur de la maison pouvant seuls sortir de l'enceinte du monastère. des dispositionspresqueconfortables. maissansprendre un caractèreparticulier. chaque religieux était renfermé dans une cellule.saintBruno établissait une règle plus austèreencore que celle de CHeaux: c'était la vie cénobitiquedans toute sa pureté primitive. même en cas de maladie. à laquelle on ajouta un petit jardin vers le milieu du xnesiècle. par saint Bruno. ils s'abstenaientabsolumentde viande.loin deslieux habités.le reste du couvent ne consistaitqu'en cellules. Ces monastèresprirent tous le nom de chartreuses. il était divisé en seizeou dix-sept province-. portaient un vêtement grossier. elle est toujours d'une simplicité qui exclut toute idée d'art. des institutions qui avaient contribué au développement de la civilisation. et c'est à cela qu'ils durent de conserverpresqueintacte la pureté deleur règle. La graude char .L'architecture deschartreux serelent de l'excessive sévérité de la règle . malgré leur importance au point de vue religieux. 27)'. ces couventsrestent isoléspendant le moyen âge. Sauf l'oratoire et les cloîtres.

du côté deBourg-Lastic. .[ ARCHITECTURE ] - 308 - agglomération de cellules. ainsi quedans lesservices généraux. Le planque nous présentons estun projet dereslauralion qui n'a pas étéentièrement exé- < ute . mais il a pournous celavantage de(ouniir un ensemble complet dans lequel les servicessontétudieset disposés avecsoin. En0 est G LlS±^3S^ TJ " 1or nn '-M IHilït l'f-t treuse deClermont estsituée à 50kilomètres decette ville.

Les chartreux ne se réunissaient au réfectoire que certains jours de l'année1.. en N. lachapelle de Pontgibaud . destours de guet. K. un fournil enT. avecjardin particulier. la salle capitulaire. don- nant entréedansles cellulesI. B est le chSur desfrères et A le sanctuaire. et V. VI. avec fontaine. L. D est le grand préau entouré par les galeries du cloître.assezlarge pour permettre Jecharroi du bois nécessaire aux chartreux.]><>uc les grainset le foin. Bencd.- 309 - [ ARCHITECTURE ] la porte du monastère. la cellule du bous-supérieuravec son pelit jar- din fi. on ne communique au grandcloîtrequepar le passage V. formant chacuneun petil logisséparé. le logis du prieur. habituellement ils ne sortaient point de leurs cellules. Z. .en P quelques chambres pour les hôtes. H est une tour servant de colombier. desgran. la prison. la cuisine avec sesdépendances. E. Dela premièrecour. G. Le plan (fig. le réfectoire. p. deschapelles . 28)d'une descellulesindiqueclairementquellesétaientles habitudesclaustrales 1 Mabillon. S. y. des étables avecchambresde bouviers. un frère leur apportait leur maigre pitanceà travers un tour. t. le cimetière.r. en 0.donnant entréedansune cour autour de laquelle sont disposés.a. M. la sacristie . 45. un petit cloître intérieur . Ann. C'estune petite cour relevée. X. réservée au prieur. H.

comprenent les cavessoubz terre pour ung Le second 1 estoitvoulté à la forme d'une ansede panier.Cesdispositionsse retrouvent à peu près-lesmêmesdanstous les couvents4e chartreux répandussur le sol de l'Europe occidentale. Et estoient toutes pareilles en grosseuret K porlraict. L'autre ensuivant Anatole . assigna. Cryere. Un petit escalier construit dansle couloir B donnaitaccèsdans les combles. soit pour la surveillance. I. l'autre après Hesperie. et d'approvisionner le rturtreux de boisou d'autres objets nécessaires déposésen L. avec deslatrines à l'extrémité. parodiantau xviesiècleces grandes fondations du moyen âge.donnépar Rabelais. et. commedans tout cequ'a laissécet inimitable écrivain. E. en telle façon que « à chascun angle estoit bastie une grossetour ronde. une table et une bibliothèque . La rivière de laLoyredecoulloitsus l'aspectde septentrion. le promenoir couvert. tirantvers « l'orient estoit une autre nommée Calaer. H. la dernière. Le bastiment feut en figure exagone. Le dessus couvert d'ar- udoise fine. <(par chascunan. Et de ce leur passa "t belles lettres.avecl'endoussure de plombà figuresdepetitz rnanequins et . et combien on respectait peu ces institutions qui avaient rendu tant de services. F. jusque» à ce que le tout feust parfaict. B.la celluleavec son lit et trois meubles: un banc. à la capacité de « soixantepas en diamètre. soit pour les réparations nécessaire. Nniis ne finirons pascet article sans transcrire le singulier programme de l'abbaye deïhélème. « l'autre aprèsMesembrine.( ARCHITECTURE ] . indemnez.Le toutbasty à six estages.. nommée Artice. Pour la fondation et entretenement '<d'icelle. Gargantuafeist livrer de content vingt '( et septcent mille huyt cent trente et ung moutonsà la grand laine."10deschartreux. amortyz. A e*tla galerie du cloître. G. D. dévoile la tendance desesprits à cette époque. Au « pied d'icelle estoit une des tours assise. en fait d'architecture. l'oratoire. un petit portique qui permetau prieur de voir l'intérieur du jardin.Cette bouffonnerie. donna à perpétuité vingt et troyscent soixanteneuf millecinq « cent quatorze nobles à la ro^e de rente foncière. K. un premiercouloir qui isole le religieuxdu bruit ou du mouvement du cloître.Donc : « Pour le basti'( ment et assortimentde l'abbaye.unepremièresallechauffée . le tour danslequelon dépose la nourriture : ce tour est construit de manière que le religieuxne peut voir cequi sepasse dansla galeriedu rl^itre. le jardin. et dedispositions empruntéesaux châteaux élevéspendantlespremierstempsde la renaissance. « Entre chascunetour estoit espace de trois cent douzepas. « et solvablespar chascun an à la porte de l'abbaye. celui ci se décide à fonder une abbaye d'hommes et de femmes. Après une conversationburlesque entre frère Jeanet Gargantua. sansentrer dansla cellule.sur la « recepte de la Dive. Le resteestoit embranché <de guy de Flandres à forme de culz de lampes.Ce programme rentre d'ailleurs dans notre sujet en ce qu'il présente un singuliermélange detraditionsmonastiques. aufond de laquelle on trouve un côté sérieux. sezecent soixante et neuf mille escuz au soleil et -( aultant à 1' estoille poussiniere. de laquelle on pourra sortir quand bon semblera. et.

«Par icelle viz on entroit de chascun cousté en une grande salle et des « salleses chambres. licornes. bien garniz de lous assortimenset foyzon d'eau «de myve. estoit une viz briséededansicelluy (i mesmecorps. «et iectoyentl'eau par les mammelles.Entrechascunetour.chascuneguarniede arrière-chambre. «jusquesen terre. au «dedansdesquelzestoient belles gualleries longues et amples. Le dedansdu logis sus la dicte bassecourt estoil «susgros pilliers de cassidoineet porphyre. neChantilly. Au mylieu « estoit une merveilleuseviz de laquelle l'entrée estoit par le dehors «du logis en ung arceau large de six toizes. Au-dessus.qui louscondui« soyent en la rivière par dessoubzle logis. de laquelle lesmarchesestoient part de porphyre. Entre chascun repous estoient deux beaulx «arceaulx d'anticque.Devantledict logis desdames. «densde elephans et autres chosesspectables. «comme avons dict du cousté de la rivière.De la tour Artice jusquesà Cryercesloient les belles «grandes librairiesengrec.toutesordonnées eu ordrequin- . part de « pierre numidicque. rhinocéros.l'hippodrome. Au mylieu «d'icelluyle beau labyrinte.avecques lesbainsmiri<c ficquesà triple solier. affinqu'elleseussent «l'esbatement. plein de lous arbresfructiers.chapelle etyssueen unegrandesalle. «Ledict bastiment estoit cent foys plus magnifique que n'est Bonivel.françois.aureilles. « Au mylieu de la bassecourt esloit une fontaine magnificque de bel «alabastre.latin.pinctes en figure diagonaled'or el azur.bouche.Du coustéde la tourCryereestoitle «vergier..le théâtreet natatoires. seloniceulx languaiges. l'espesseur estoit de troys doigtz. « neChambourg. '(disparties par les diverseslaiges. « guarderobbe. estoient les «lices. tuscanethespaignol.caren icelluyestoient neufmille troyscent «trenteet deuxchambres. toutes pinctes des anticques prouesses. àbeaulx arcsd'anlicque. et là finoit en pavillon. yeulx. part de marbre serpentin.la lancesusla cuisse. avec les goutieres qui issoyent hors la «muraille entre les croysées.histoyres et «descriptionsde la terre. Au mylieu esloit une pareille monlée et porte.au-dessus de lout le has«liment. Leshommes «occupoienl le reste. Jouxte lariviereestoit le beau jardin de plaisance. «au mylieududict corpsde logis. et par iceulx «on entroit en ung cabinet faict à clere-voys de largeur de ladicte viz. au dehors. entre les deux premières tours. Entre les deux aullres tours estoientles «jeuxde paulmeet de grosse balle.- 311 - [ ARCHITECTURE } «animaulx bien assortizet dorés. et aultres «ouverturesdu corps. Icelle estoit faicte on telle «symmetrîe et capacité quesix hommes d'armes. «povoyentde front ensemblemonter jusques. Depuis la tour Anatole iusques à Mesembrine estoient belles «grandesgalleries. l'asseitepar nombre de douze «entre chascun repous..Le logis desdames com«prenoitdepuis la lourAiiicejusques à la porte Mesembrine. hippopotames.les Iroys Grâces. aornées «de pinctures.hebrieu. de cornes de cerfz. avecquescornes d'abundance. « et monloit jusques au-dessusde la couverture. ou fînissoyentcn grandz eschenaulx. longuesde vingt et deux «piedz. cabinet.par lesquels esloit repceu la flairlé .

« La vénerie estoit ung peu plus loing...ont (i par nalure ung instinct et aiguillon qui toujours les poulse à faictz «vertueux. Et esloit annuellement fournie par « Candiens.. conversans en compaignieshonnestes. lequel ilz nommoient honneur. «quand par vile subjectionet contrainctesont déprimez et asserviz. laniers..[ ARCHITECTURE ] - 312 - « cunce. pour l'étude desdifférents serviceset bàtimenls qui les compo- saient.DORTOIR. « En chascunearrière-chambre estoit ung mirouer de christallin en«chasséen or fin. PORCHF. csloient tapissezen diverses « sortes.. odetournenl la noble affection par laquelle à vertuz franchement len«doient.de toutessortesd'oyseaulx puragons.. parceque». ARCHITECTURE CIVILE.CLOCHER.gerfaulx. instruits et «poulsezpar nalure à faictz vertueux ».avaient jeté de profondes racines dans les couches inférieures de la société. Lesordres mo- nasiiques. chambreset cabinets. Car nous entre(( prenons tousjours chosesdéfendues. gouvernéepar «asturciers bien expers en l'art. etc. etc. GRANGE. nous occuper seulement des dispositions générales des monastères.fnizonnanten toute saulvagino. ÉGLISE.« genslibères.II n'existeplus aujourd'hui. et estoit de telle grandeur ii qu'il povoit véritablement représenter toute la personne.malgré les criliques trop justifiéesdont ils étaient l'objet depuislongtemps. Tout le pavé estoit couvert de drop « verd. prenoient tout ce que rencontroient. CLOITRE.. selonles saisonsde l'année. Iceulx. SALLE.La fauloonnerie au devant d'icelles. Nous avons dû. que de bien rares débris des édifices civils antérieurs au xme siècle.. CLOTURE. " aigles.sacres.. Tant noblement estoieni apprins qu'il n'estoit entre eux celluy <' ne celle qui ne sceusl lire. TOURELLE.faulcons. jusqu'à . aux mots : ARCHITECTURE RELIGIEUSE. esTipre.autours. partans du chas« teau pour s'esbatrc es champs. CUISINE. Ils le prouvèrent cruellement à la fin du xvie siècle.Au bout estoit le grandparc. TODR.L'escurye « au delà desoffices. parler de cinq à six languaiges.à simple eslaige. REFECTOIRE. et retire de vice. malgréleur inutilité dès le xine siècle.à déposeret enfraindre ce joug de servitude. autour garny de perles. et convoiIons ce que nous est «dénié. PORTE.» Toutes les illusions des premiers moments de la renaissancesont contenuesdans ce peu de mots.. en France.Lesofficeshors la tour Hesperie. esmeril« Ions et aullres. « Entre les tiercestours esloyentles butespour l'arquebuse...que. dans cet article déjà bien long. . chanter. « Toutes les salles. ajoute Rabelais. « bien nayz.et en iceulx composertant en « carme qu'en oraison solue. bien instruictz.l'arc et « l'arbaleste. Les habita- tions des nouveauxdominateurs des Gaulesressemblaient fort. lyrant vers le parc. jouer d'inslrumens har« monieux. il fallait admettreque la société en Occidentn'élait composée quede gensbien nés. Vénitiens et Sarmales. tant bien faiclz et domesticquéz. nous renvoyons nos lecteurs. esparviers. Les liclz estoient de broderie.. » La règle desThélémitesse bornait à celle clause: « Fay ce que vouldras.

décès murs que nousoffrent encore Sens.qu'il fallut sacrifier les plus «beaux édifices. de ces matériaux.simples en épaisseur. Les rois francs bâtissaientdesvillce de maçonnerie grossièreet de bois. L'une des cours était réservéeaux seigneurs. les cirques. les villes et les campagnes. Les vilhe des campagnes. jusqu'à l'époque carlovingienne. . inquiétées.- 313 - ( ARCHITECTURE "] l'époqueféodale. on communiquait aux diversessallespar un portique ouvert.étaient encore utilisés sous les rois de la première race.de l'Orléanais. de la Touraine et de l'Anjou. archit.elle ne possédaitaucun édificepublic important. ressemblaientplutôt à de grandes fermes qu'à des palais. qu'elle survivait aux longsdésastres desVeet vie siècles. du Soissonnais. Lesvilla? secomposaient presque toujoursde deuxvastes coursavecdes bâtiments alentour.Langreset la plupartdesvillesgallo-romaines.quand le danger devint si pressant. ni sur le sol. en était couvert. Abécédaire. et telle était l'influence de l'administration de l'empire romain. c'étaient desagglomérationsdebàlimenls disposéssur desrampantsde coteaux presquetoujours au midi. qui ne faisaient que perpétuer la tradition antique. au nord de la Loire. des établissementsreligieux. elles se trouvent décrites dansle capitulaire de Charlemagne(De villis). dit M. 14 etsuiv.de l'Ilede-France.Danslesvilles du Midi et del'Aquitaine surtout. p. delà Normandie. les théâtres. de le limiter aux points les plus favorablesà la « défense. l'autre aux colonsou esclaves chargésde l'exploitation. pendant la période mérovingienne. comparativement à l'étendue primitive des villes. n'ayantqu'unrez-de-chaussée.les thermes. les «conséquences de cette condensationdes populations urbaines. toutefois : les curies. les nouveauxconquérants même se piquaient de conserver des usages établis par une civilisation avancée. ou du moins il n'en reste de traces ni dans l'histoire. « Quand».puis pillées par les barbares.' » Dans lesgrandescités. de Caumont.quant à la cité.on l'appelait villa rustica.n'offraient plus un seul édifice romain qui pût servir d'abri. les seulsédificesqui. lesformesdela municipalité romaineétaient maintenuesjbeaucoup d'édifices publics restaient debout. de palissadesou de fossés. la distri« bution dut en éprouver des modifications considérables. moins ravagées par le passage desbarbares. su\villS romaines. desédificesromains avaient été conservés. lesévêques. de la Picardie. Kalors il fallut comprimer les maisons entassées dans ers enceintessi «étroites. les jeux du cirque n'avaient pascessé brusquementavecla fin de la domination romaine. au moins dans certaines localités. et entourésd'enceintes. « le Mans. 1 De Caumont. c'était la villa urbnna. «les villes gallo-m«maines. mais. les fondéce ments dt-s murs de défense.Angers. sanssymétrie. aient eu quelque valeur. sanscesse dévastées.Bourges. civile. les salles voû- «tées établies sous le sol et l'addition d'un ou deux étages au-dessus «du rez-de-chaussée durent être.Les résidencesdes grands ne différaient guère. les démolir pour former. deségliseset desmonastères. furent obligéesde res«treindre leur périmètre. Le sol delà Belgique.

En effet. Les monastères seulsconservèrent la tradition romaine. Lesbourgeois affranchis deVézelay construisent desmaisons fortifiées. les vins dans celles du Nord) « avaient mission d'assembler les bourgeois <( au son de la cloche.1e grand conseil desbourgeoiss'assemblaitdansl'église Saint-Symphorien.des halles. Thierry. dans l'antiquité. «et là ils prêtaient.Dansce passage del'ancienne civilisation abâtardieà une civi"< lisation neuveet originale. mais devenu inutile par le changement des « mSurset l'interruptiondessouvenirs. quecemouvement politiqueavait «gagnés. Lorsqueles habitantsde Reims s'érigèrent en commune. établiruneorganisation assez complète. maisne paraissent pas songer à établir dans leur citéla curieromaine.elles necommencèrentà élever desédifices civilsqu'après Après Charlemagne. poursonger à bâtirdes hôtels deville. lettre xiu.à l'origine de cesgrandes luttes. château fort. surleschoses saintes. 1842. et de les conduire en armes sous la bannière de la «nouveaux magistrats» (consuls dans les villes du Midi. de France. Augustin Thierry. seréunissaient dans la grande église ousurla place du marché.c'est l'églisequi sert de lieu de réunion.dansles murs d'Arles. »Ainsi.cd'un théâtre magnifique. lesrestes desvieux monumentsdela splendeur '( romaine servirent quelquefois de matériaux pour la construction des Hmurailles et destours qui devaientgarantir les villes libres contre l'hos« tilité deschâteaux.On peut voir encore. il n'estpas question défondation d'édifices de quelque importance. l'hôteldevilledu moyen âge.«Les habitants des villes. Il s'écoula même unlaps detemps considérable avant que les nouvelles communes aientpu acquérir uneprépondérance assez grande.[ ARCHITECTURE ] . passablement connue aujourd'hui. dans l'histoire de ces communes.de ne point permettre que qui que ce fût fit tort à l'un d'entre « eux ou le traitât désormaisen serf. cestitres nouveaux comprenaient les idéesde devoir. fautedelocauxassez vastes pourmettre 1 Lettres surl'hist. un grand «nombrede pierrescouvertes desculptures provenant de la démolition . par le mot «decitoyen1. Chargés de la tâchepénible d'êtresanscesse à la tète du «peuple dans la luttequ'il entreprenait contre ses anciens seigneurs. le serment desesoutenirlesuns « les autres.314 - La villa. par Ang. et la cloche de la tourde cetteégliseservaitde beffroi communal. ARCHITECTURE : ARCHITECTURE MONASTIQUE). . des bourses ou des marchés. Tous ceux qui s'étaient liés de celte « manièreprenaient dèslors le nomde communiera ou dejurés. vers 1138.l'exemple de cet «usage introduitpar la nécessité. «D'autres villes offraient..mérovingienne estdonc la transition entre la villa romaine et le monastère del'époque carlovingienne(voy.et le premier acte de pouvoir est toujours l'érection des muraillesdestinées à protégerles libertésconquises. grâce auxtravaux deM. et. à la même époque. Ouanlaux villes. jurés ou c'c/te«commune. de fidélité « et de dévouement réciproques. pour «eux.. laféodalité changeabienlôt lavillaseigneuriale en legrand mouvement des communes des xie etxne siècles. exprimés.

315 [ ARCHITECTURE ] « à couvert une assemblée nombreuse. ou du midi de la France.d'Anvers ont eu le bon esprit de préserverde la destruclion cesprécieux restesde leur grandeur pendant les xnr et xve siècles (voy. pendantle xnesiècle. 18i2.Plusieurs de ces édifices existent encoreen Belgique. Sens. de Malines.Cambrai.HÔTEL DEVILLE). ils les dotaient.bourses. Mais les communesde Flandre. de Gand. ils ont tousété détruits pendantles guerres religieusesdu xvrsiècle. Le beffroiétait le signe le plus manifeste de l'établissement de la commune.au commencementdu xine siècle. de Louvain. Lesmoines augustins (hospitaliers) s'étaientparticulièrement attachés au service des maladespauvres.un grand nombre d'hôpitaux furent fondés. Il en est de mômedeshalles.Lesguerres avec l'Orient avaient introduit la lèpre en Occident.Aussi un desmoyensque la puis- v sance ecclésiastique employaitpour gênerl'exercice du droit de com«mune. en France. Soissons. Nous n'en connaissons qu'un seul encore debout dans une des petites villes du comté de Toulouse. dans leur voisinage. d'élever de grands édifices municipaux autres que des murailles de défenseel d>^ beffrois. lettre . abandonnaient despropriétés auxpauvres malades «passans parla ville ».BEFFROI).resserrées entre des murailles d'autant moins étendues que leur construction occasionnait desdépenses considérables.Saint-Antonin.ne permirent pasaux villes telles que Noyon.desmaladreries. de France.le signal qui annonçaitaux bourgeois l'ouverture des assemblées populaires.Desimples particuliers. qu'un très-petit nombre de ces édifices. enrichies de dons.Lesévoqueset les établissementsreligieux furent despremiers à offrir desrefugesassuréset rentes aux maladespauvres.Dubreul. tandis qu'en Belgique les villes de Bruges et d'Ypres. et leur promptedécadencedèsque le pouvoir royal seconstituasur desbases durables. nous ne possédons. Amiens. des léproseries. xn% xine et xive siècles. du Brabant. Beaucoup de monastèreset de châteaux avaient établi. par Au?. « meuzde pitié ». le Mans. Lespestesétaient fréquentesau moyen âge.Laon. . et de sonner lesclochesà une autre heure que « celles des offices1.était de faire défense de se réunir dans les églisespour un «autre motif que la prière.qui conservèrentleurs franchisesjusqu'au xvi* siècle.\x. et bientôt ces maisons. Pendantles xie. qui n'étaient que de petits hôpitaux entretenus par desreligieux.. et surtout pendant les xmc et xive siècles.eurent le loisir de construire de grands édificesmunicipaux dèsla fin du xne siècle. située à quelque»lieues au nord-ouest de Montauban(voy.commedit le P. et encore ne se sont-ils conservésque dans des villes de peu d'importance. HÔTEL DE VILLE j. » Les luttes incessantes des communes du domaine royalavecle pouvoir féodal. Thierry.et dèsle xne siècle un grand nombre de maisonshospitalières des grandes villes étaient desserviespar des religieuses augus- tines. etc. pourvues de 1 Lettres surl'hist. dans des villes non pavées. mais dans le midi de la France. ou les dangers auxquels la cité se trouvait exposée (voy..Reims.

qu'il se trouve « par actesignédesgreffiers dejustice.. Lesquels quelquefois sonten si grandequantité. conformément aux usages chrétiens.. . quand la saisonle requiert. Plus elles font les trois vSux de <(religion.quatre-vingt-dix-huict corpsmorts. autant qu'il se pouvait faire. laquelle en leur professionelles font cisermentde garder.traie« ter et chauffer de charbon. pharmacie . ou qu'il ne leur advienne inconvénient de « nuict. ou quelquefoisun simple porche ou auvent. une officine. « et a estably et confirmé leurs statuts. si cen'est les hérétiques.les juifs et les i Dubreul. qui sont en deux grandessallesbascisesdudit hospital. à l'autre bout. Cesmaisons. en la rivière et par la ville. On lit dans l'ouvrage du P. III. HÔTEL-DIEU). ne servaient pas seulementde refuges aux malades. et vivent comme es autres maisonsréformées. que aucunesdesditesfemmes et filles sont contrainc- « tes coucher entre les deux portes de la maison. annexés à l'établissement. A l'une des extrémitésétait un vestibule. Mais c'esti partir du xne siècle queles hôpitaux sont construitssuivant un programmearrêté. une chapelle. quisesontconservésjusqu'à nosjours. lesdites religieuses sont subjetes et.lesquels elles sont tenues de penser. garnir de linges « et couverturesquinze grands licts.CniTECTURE ] - 316 - privilèges accordés par les évoques. à Paris : « Est à « noter que audit hospital il yaunze religieusesqui vivent et tiennent la « reiglede monsieursainctAugustin.. lesprincesséculiers et les papes.aérées. et les « héberger par trois jours consécutifs. on enterrait les morts autour des églises. et qu'elles sontordi« nairement autour des pauvres.[ Ar. primitivement Sainte-Opportune. Dubreul cepassage touchant l'hôpital Sainte-Catherine. hormis qu'elles (i n'ont cloistre ni closture à causede l'hospitalité. « payent le fossoyeur et les font enterrer au cimetière des Saincts-lnno- « cens. puis les cellulesdesreligieux ou religieuses. et pour se faire. En aile.1» De toute ancienneté. liv. devenaient degrands établissements. « Elles mangent en commun.C'étaientde grandessallesvoûtées.leur réfectoire. souvent diviséespar une ou plusieurs rangéesde colonnes.dans certains cas. et ont lesdites religieuses le soin de les penser. Aucune fois les « licts sont si plains. et font leur profession entre sesmains.mais aussiaux pauvressansasile.tenues (i de recevoir toutes pauvres femmes et filles par chascune nuict. avoirestéportezen ladite mai«sonen moinsdequatorze mois.Antiquitésde la ville de Paris. Lesquelsle plus souvent on apporte tous nuds. où on les enferme de « peur qu'elles ne facent mal. Plus ellessonttenuesde recueillir en ladite maison tous les corps « morts es prisons. et « néanlmoins elles les ensevelissent de linges et suairesà leurs despens. leur cuisine. hautes.. respectés par tous les pouvoirset à traverstoutesles révolutions. lequel (iles visite par lui et sesvicaires. et aussi ceux qui ont esté » tuez par ladite ville. Desjardins étaient.fondé en la grande rue Saint-Denis.et sont subjetesàmonsieur l'évèquedeParis. Souvent un cloître et une églisecomplétaient cet ensemblede bâtiments presque toujours entourésd'une muraille (voy.

ne fust gastéet corrompu. reconnaissant l'insuffisance et le danger de ces encloscompris dansi'enceintedesgrandesvilles. aux constructionsmonastiques. pu>sbientôt.en vertu des lettres patentes du roy « Philippe VI. « En 13A8. où encores ((pour le jour d'huy s'enterrent tous les corps morts de la contagion qui « sortent de l'Hostel-Dieu de Paris '. de Saint-Denisà Amiens. liv. ceshôpitaux et ceschampsde reposentourés de portiques.Lesgrandspersonnages avaientleur sépulture sousle pavé même deséglises ou des cloîtres. Leschevaliersdu Temple. CIMETIÈRE. en affectant desparties de leurs terrains à desfoires ou marchésperpétuels ou temporaires.autour desquellesalors on réservait de vastes espaces libres. III. jusqu'au . à Paris. Tels étaient lescimetièresdesSaints-Innocentsà Paris.- 317 - [ ARCHITECTURE ] excommuniés. moyenne et basse2. qu'il n'était pas possible de conserver un espaceconvenable aux sépultures. formant de vastes cloîtres sous lesquels s'élevè- rent desmonuments destinésà perpétuer le souvenir desnobles ou des personnages importants . à raison de la mortalité ou épidémie qui pour lors «couroit. et n'en étaient pour ainsi dire qu'une bran- che. on établit extra mitros descimelières assez semblablesà ceux qui. Lorsque l'édilité commença de s'établir dans lesgrandesvilles. de peur «que l'air de Paris.). t..Uedt Paru.delà l'établissementde charniers ou cimetières spéciauxproche de quelques églises. et qui y pouvoient encores estre « apportez. « le» portes et entréesestans murées pour l'utilité du peuple. » pour enterrer tous les corps de ceux qui mourroient durant ladite épicidemie: suivant laquelle ordonnance plusieurs corps y furent portez « (j'estimeque ce soit celuy de la Trinité pour lors hors la ville. Ier. ressemblaienten tous points. un des premiers. . del'agrandissement et del'assainissement 1 Dubreul. dans desvilles populeuses.et que par le grandamasdescorps « pour lors enterrez audit cimetière. marchés qui devenaientun produit d'une certaine importance dansle voisinage des grandscentresde population.. bâtirent une boucheriesur leur territoire. que l'on prit pendant les xineetxive siècles desmesures de salubrité et de police urbaine. Et suivantla « volonté du roy. 103. où ils exerçaientjustice haute. etc. le cimetière des Saincls« Innocens fut du tout clos et fermé sans qu'on y entrast aucunement. sontaffectésaux sépultures. environ Garesme. l'on benistun autre cimetière hors les murs de la ville. dit de Valois. Antiquités de lu ville de Pans. se préoccupa sérieusementet avec cet espritdesuitequi le distingue.souvent les églisesse trouvaient tellement entourées d'habitations particulières. p. aujourd'hui. qui. il n'advinst un plus grand inconvénient et péril.) Maiscesmaisonsde refuge. » (Voy. 2 Dom Félibicn. PhilippeAuguste. Hat. lorsquesurvinrent desépidémies.Lesgrandes abbayes avaientdonnélespremiers modèles de cesconstructions . pour lors régnant. Mais. elles étaient entréesplus avant encore dans l'architecture purement civile. de (a v. on entoura les champs desmorts de clôtures avec portiques.\ive siècle.

l"r.Cefut là qu'il fit bastir « leshallespour la commodité desmarchands. Quant auxconstructions civiles. déjàdestinée à l'image du public par le roy LouisVI.. xiv'et xve siècles.tiq. y en eurent aussi.mloiir deshalles. ou de grandes sallesressemblantassez auxgrangesdesmonastères. louèrent aux habitans « des villes de ces provinces-là'2. de Saint Denys et autres villes des « environsde Paris.318 fie la ville de P. (. que nos rois. HALLE).aussibienpour la partiehistoriquequepourla pratique. ainsi que danscelles de Philippe : le roy « en étoit propriétaire. « et le mur qui les environnoit estoit garni de loges'. on y avoit fait desloges. . pendant les xme. pour satisfaire à des besoins nouveaux.mt à l'appenti et à la troisième « halle.iris. Qu. il v avoit deux hallesaux draps. « de Pontoise. D'ailleurs le bois jouait un grand rôle dansces constructions : c'étaient. tellesquelesponts. la halle devint si grande. Soussaint Louis.quin'étaient pasbâties de façon à pouvoir demeurer intactes au milieu des villes. soit desbourgeois.s t.-. c'est-à-dire Petits-Champs. » Successivement ceshalles. des halles splendides... et l'on en « fit tant d'autres. Avec le temps. 2 Sjuv. avec un appenti. Quelque temps après. si bien qu'alors. ou desappentis. p. qui s'embellissaient chaque jour. ceux de Beauvais.et pour quelques-unesde Nor((mandie. sonayeul. appellée Champeaux. leshôtels. nonsnousbornerons ici àquelquesdonnées générales surleshabitationsurbaines. achetade la léproserieétablie hors la ville de Paris un marchéqu'il transféra» dans unegrande place vuideplusà portée du commerce. p.leségouts.. on commença à s'en servir au <" pluriel.jusqu'au xme siècle. 1"'. de la ville de Paris. Il faut dire quel'architectureprivéesuit pasà pas. et aujourd'hui il ne nous reste que des débris de ces édifices publics dans quelques villes du secondou du troisième ordre.de Lagni.On en fit de même pour la plupart « desvilles de Picardie et desPays-Bas. de toutes « vocations.(" AIlCUlTECTUlE ] . de Gonesse. et a>. et à dire les halles.les données monastiques : 1° parceque les établisse1 Doin Félibic-n. et qui sesont conservées jusqu'ànosjours (voy.etc. 204. Hist. « De dire si ces halles aux draps sont les mêmesque fit faire Philippe <" Auguste.les quais. étendues. au lieu de « se servir du mot de halle au singulier. on bâtissait.il. furent modifiées. Hist. dans ces petites républiques manufacturièresdesPays-Bas. afin que la pluie n'interrompist point le <M/urnerct'. 6i8.à Pariscommedanstoutes lesgrandesvilles. Toutefois.avecdesportes qui fermoientla nuit.Le bastiment de Philippe Auguste contenoit deux halles.nousrenvoyons nos lecteursà cesmots. en eurent chacun une à part. et une autre entre deux. Et entre ce mur « de closture et lesmaisonsde marchands il fit faire une espèce de galerie ci niverle en manièred'apentif.. c'est ce que je ne sai pas. de la ville de P//. soit desgrands. à l'exemple de saint Louis. Il pourveutde plus à la Mïrelé de leurs marchandisespar un mur de pierre qu'il fit construire . dans des cités du Nord. que les marchands et les artisans de Paris. et les louoit soixante-quinzelivres aux merciers «et aux corroyeurs.ainsi que nous l'avons dit plus haut.

Le palaisdes rois à Paris. l'originalité. même pendant la période romane. ceprincipe est celui-ci : rendretout besoinet tout moyen de construction apparents. et qu'ils devaient par conséquentapporter. en dépit desmatériaux.qui veulent nevoir quela formeextérieure sanschercher le principe qui a dirigé nos anciensartistes du moyenâge. le palaisséculier se revêtait de hautes murailles fortifiées.il n'y a d'autres règlesque l'observation rigoureused'un principe avecla faculté pour chacun de se mouvoir dansleslimites posées parceprincipe. mêmedans les constructions étrangèresaux couvents. Au con- traire. avecunegranderigidité de principes.les celliers.elles avaient acquis.derègles absolues pour l'applicationde certainesformes. détours.leurs dortoirs pour les familiers. greniers.à cette époque. simples dans les environsdesétablissements cisterciens. Maisil ne faudrait pascroire que cette tendanceait conduit l'architecture civile dansune voie étroite. sa forme. lorsque l'architecture estpratiquée par les laïques. Quant aux maisonsdesriches citoyens. descontre-fortsles accusent à .sontle résultat de l'emploi de ces diversmatériaux. H n'y a pas.à proprement parler. debois ou de pierre. leurs vastes cuisines. Seulement. qu'elle déroute fort lesarchitectes archéologues de notre temps.et prennent uuephysionomiequileur estpropre. Celte liberté esttelle.leurs formules aussibien que les donnéesgénérales de leurs bâtiments. s'attachait même aux construc- tions religieuses. un logis séparépour le seigneur comme pour l'évêque ou l'abbé. son aspect.la liberté. l'hôtellerie pour les étrangers. qu'elle lui ait fait adopter desdonnéessèches et in variables.longues ou trapues.- 319 - [ ARCHITECTURE ] ments religieux étaient à la tête de la civilisation. etc.unecomplèteobservationdesbesoins. les façades présententdes baieslarges ou étroites. Cequilescaractérise.perçait à plus forte raison danslesconstructionsprivées. de la sculpture et de la peinture. une grande importance.à l'extérieur. en la Cité.soit commedécoration. ce qui distingue la méthodedesxii* et xm' sièclesde la nôtre. La méthode raisonnée qui. des habitudes ou des traditions de telle ou telle province. de défense» beaucoupplus importantes et étenduesque cellesdesabbayes.qui remplaçait le réfectoiredesmoineset en tenait lieu. jardins. la chapelle. les habitations particulièressedébarrassentde leurslangesmonastiques.c'est unegrande sobriétéd'ornementationextérieure. cV-t. 2° parce queles moinesseulspratiquaient les arts de l'architecture. A-t-on besoin d'ouvrir de grands jours ou de petites fenêtres. possédaient leur cloître ou leur cour entouréede portiques. Y a-t-il desvoûtesà l'intérieur. l'aversion pour la banalité. qu'ils avaient conservé les traditions antiques en les appropriant aux mSurs nouvelles. et elles suivaient le mouvement imprimé par l'architecture bénédictine . leur grand'salle. soit comme étendue. Maisà la fin du xnesiècle. riches de sculpturesdansles provinces où l'influence clunisienne se faisait sentir. contenait touscesdivers serviceset dépendances dès avant Philippe-Auguste. desponcifs comme ceux qui de nosjours sont appliquésà certainesconstructions d'utilité publique. du climat. Lespalais^ comme les couvents. L'habitationest-elle debrique.Or.

qui n'empiète pas sur l'aire de la cour.descorbeauxde pierre échancrésen crochets sont destinés à les porter. car on n'entre pas à cheval danssa chambre ou son salon. Pour faire une constructiongothique. Tout est prévu : les meneauxportent desrenforts pour recevoir les targettes. Une grande salle est-ellenécessaire.soit de pierre. de grandeslucarnes apparentes. et protègent leur jonction avec la couverture par de larges filets rampants.elles sont basses. spacieuses. cette saillie forme un abri utile. solides. réglant toujours la hauteur de leurs appuis à partir du niveau de cespaliers. les fenêtresqui l'éclairent ressautentcomme les paliers.à nosescaliers qui coupentlesfenêtres par le milieu. Si la maison est munie d'une porte charretière.[ ARCHITECTURE ] _ 320 _ Intérieur. lescontre-fortsdisparaissent et des bandeauxmarquent la place dessolives.-lesouverturessont séparées par destrumeaux. les services. au rez-de-chaussée. il y a loin de là à nosmaisonsde brique qui simulent la pierre.les enchevêtruressont apparentes. Chaqueboutique a sacaveavec escalierparticulier. les volets eux- mêmes. A l'intérieur. moulurées et même sculptées si la construction est faite avec luxe. où la construction la plus pauvre se cache sous une enveloppede luxe. permet de renouvelerl'air ou de se mettre à la fenêtre. percent les toits. à nos tuyaux de cheminée honteux de se laisservoir. à nospans de boisrevêtusde plâtre. ou s'il est compris entre sesmurs. s'ouvrantfacilement. une porte plus petite est ouverte à côté pour le service de nuit et pour les piétons. Des tuyaux de cheminée. Les portes des appartementssont percéeslà où elles ne peuventgênerla circulation et le placement desmeubles. divisés par compartiments. Dansles grandeshabitations. Pour éclairer les combles. Faut-il une cheminée sur un mur de face. les comblessont obtus. sans être gêné par le vent. laissent passer plus ou moins de lumière. où le plâtre estpeint en marbre ou en bois. Faut-il faire un escalier. à nosjours aus^ilargespour les petites piècesquepour les grandes. visibles.les cuisines. soit de bois. sont aigus. Certes. les fenêtressont largeset longues. sont-cedes planchers. etsonarrière-magasin.lestableauxdescroiséesde petitessailliespourintroduireles pivots. il est placé en dehors du bâtiment. à celte perpétuelle dissimulation de ce qui estet doit être dansnos habitations privées. ornés même souvent. et la partie inférieure seule. Si l'on veut placerdesbannes d'étoffedevantlescroisées ou devant les boutiques. et passe à travers tous lesétages jusqu'au faîte. sont éloignés du bâtiment principal.lescombk.sontuyau porté en cncorbellementest franchement accusé à l'extérieur. on l'éclairé par une suite d'arcades ou par une galerie vitrée. mais la partie supérieure est dormante. Si les piècessont hautes.de placerdesme- . les solives desplanchers. il ne s'agit donc pas de jeter sur une façade quelques ornements pillésdansdevieux palais.Se sert-on de tuiles creusespour couvrir.Lesétagessont-ils distribués en petites pièces. ou le bois estpeint en pierre.simplement équarriessi l'habitation estmodeste. de tuiles plaiesoa d'ardoises. un couloir porté en encorbellement le long d'un desmurs de la cour relie au premier étageces servicesavecles appartements des maîtres.

quelquefois posés enencorbellement ou prisaux dépens del'épaisseur des murs. les prisons. les logementsdes serviteurset des hôtes en dehors de l'enceinte du palais. Les bâtimentsd'habitation comprenaient toujours la grand'salle.A proximité. maisil s'agitavanttout d'êtrevrai dansl'emploi desmatériauxcommedansl'applicationdesformesaux besoins. si elles ne sont pas toujours irréprochablessousle rapport du goût.queserendaitla justice. au contraire.les donnéesgénérales despalaiscomme desmaisonsétaient simples. qui n'est là qu'un arc dedécharge. «kl .que setraitaientlesaffaires quiexigeaient un grand concours de monde.puisque les donnéespremièressontdissemblubles. celaest parfaitement justifié parlesformeretsdesvoûtes. au x\ic siècle.c'était là quel'on déposait desarmes. Si l'architectureappliquéeauxédificesreligieux s'éloignede son principe vers le xv" siècle. suivant lesbesoins. avecleur cour et entréeparticulières. maisdansleshabitations dont lesétages sontséparés pardesplanchers horizontaux.. comme accessoires.et finit.Des peintures.ornaient la galerie. sans raison. Autant qu'on peut enjuger par l'examen des constructionsciviles qui nousrestent desxne..C'étaitlà queseréunissaient lesvassaux. puis lescuisines. estavanttout logique. aussi voyons-noustoujours les fenêtres des habi- tationsferméespar deslinteaux ou par des arcsbombésayantpeu de flèche. pourneciter qu'un exemple. une salledesgardes. desmeubles précieux. les écuries. dans les édifices religieux et dans les édificesprivés. et la partie supérieure de la fenêtre comprise entre les courbes est dormante. dans les édifices civils.321 [ AnCUITECTURE ] neauxdans desfenêtres. si elle se charge de détails superflus qui finissent par étouffer les données généraleset très-savamment combinéesde h construction. sont très-remarquables comme dépositions d'ensemble. descabinets.L'habitation princière secomposait de cours entouréesde portiques. dépouilles souvent arrachées à desvoisins moins heureux. et par conséquentelle do't affecter.Ces logisétaientà plusieurs étages.néeà la fin du \nesiècle. unlinteaupeuépais ou une imposteplacée à la naissance de l'ogive. que l'on donnaitdes fêtes ou desbanquets. Leschambresdestinéesà l'habitation privéeétaient groupéesirrégulièrement.\meetxiv"" siècles. des formes très-différentes. Ainsi. la seule qui soit ouvrante. l'emploi de la fenêtreen tiers-pointserait ridicule. commandent la formedela baiedestinée à fairepénétrerla lumièreàl'intérieur. étanteux-mêmes entiers-point. d'un accès facile. permetdeposerdeschâssis carrésdansla partie inférieure.Leslogements des maîtres étaient souvent rattachésà la grand'- sallepar un parloir et unegalerie.desportraits. offices. Siparexception lesfenêtres sontentiers-point. elle suit la marche ascendantede la civilisation.qui. desobjetsconquis. L'architecture ogivale. en satisfaisant aux besoins nouveaux avec une adresse et un bonheur rares. se développe. si lesfenêtres entiers-pointsontemployées dansla constructiondeséglisesou des grandessallesvoûtées.par produire desSuvres qui.des retraits. et la communication entre eux étaitétablie au moyen d'escaliers avis auxquels on n'accédait quepar des i.

les aventuriers. Quanta la maison du petit bourgeois. chezle bourgeois comme chez le noble. rentiers. laqut Ile remplissait tout le premier étage.L'influence de la demeureféodale. recevaient les étrangers.La classe bourgeoise ne se divisait pas. porté sur les abouts deschevrons maintenus par des liens. elle n'avait pas de cour particulière. avec son escalierà vis bâti dans l'angle. Là on trouvaitun gîte au jour. Tous les commis marchands. une buanderie et un fournil. lesjongleurs. et surtout dans les faubourgs.son pignon sur la rue. auxquelles onn'accédait queparl'escalieràvis de la cour.et tousgens qui n'avaient pasd'établissement fixe. présentaienttoujours une apparencefortifiée.Dansle palais. apprenlis et ouvriers. souventen encorbellementsur la cour commune.. Au rez-de-chaussée. enaile. était saillant. en propriétaires. deia forteresse. un appentis au fond pour les provisions de bois. des hôtelleries. desboutiques. la salle. Au deuxième étage. On accédait aux étagessupérieurs par un escalier privé. elle ne comprenait que les négociants et lesgensde métier. desgreniers pour déposerles provisions. et une alléeconduisantà un escalier droit.Ainsi. La cuisine était voisinede cette "-allé. des galetaspour les serviteurs. la salle des gardes.etc. dansla maison. surtout lorsqu'ellesétaient de bois. presque toujours creuséessous le bâtiment des cuisinesen aile. elle ne se composait.qui du reste. Dansles villes. tout le reste du logis était réservéà la famille. lesquelles. à l'extérieur. L'escalier privé descendait dans les caves du maître.car l'escalier droit. ne donnait accès que dansla salle où l'on admettait les étrangers. les écoliers. une porte charretière. danslesvilles méridionales surtout. qui. ouvert sur la rue. commeaujourd'hui. communiquant à la salle. montant de fond. à rez-de chaussée. Dansla cour. Ces dessousde chevrons et les façades elles-mêmes. commerçants.lieu de réunion de h famille pour les repaspour recevoir leshôles .les portiques.surtout à partir du xiv" siècle. recevaient des peintures. les commis ou apprentis.trouvaient attachés à quelque seigneur.la cuisineet ses dépendances. n'étaient pasen communication avecles cavesafférentes à chaqueboutique. et présentait.[ ARCHITECTURE ] - 322 - détours connusdesfamiliers. un puits. 1)geaient chez leurs patrons.se faisait sentir danscesconstructions.étaient accessibles aux invitas. c'était la boutique et la salledu premier étage.C'était de . la vie privée était toujours soigneusement séparée de la vie publique. les chambres à coucher. "véritablesgarnis. que d'une boutique et d'une allée conduisant à l'escalier droit. Il y avait peu de locationsdansle sensacluul du mot Dans les grandesvilles. les étrangers n'y pénétraientque dans descas particuliers. chaquefamille possédaitsa maison. quelquefoisune écurie. mais bien l'égout des toits. SousJescombles. Au premier étage. artistes.la grand'salle.industriels. et logeaient dans leurs demeures féodales. Ces maisonsn'avaient pas leur pignon sur la rue. dormant sur une cour commune et formant bûcher ouvert au rez- de-chaussée. à la semaine ou au mois.surla cour. Tous les hommesvouésà l'état militaire permanent si. La maison du riche bour- geoispossédait une cour et un bâtimentsur la rue.

surla montagneSainte-Geneviève. dans le cloître Notre-Dame. la cour Genlien. elle l'éloit « autrefoisbeaucoupdavantage : d'un côté elle s'élendoitjusqu'aux 1 Tome Ier. « qui n'est point pavé.danslestemps de troubles. dans l'enceintedesquels la jeunesse trouvait. mal famées pour la plupart. la cour delà Jussienne. il devait se trouver une quantitéde gens qui n'étaientni nobles. ni soldats à solde. il s'était formé a Paris une organisation de gueux qui avaient des ramifications dans toutes les grandes \illes du royaume. C'était là que les factions qui se disputaient le pouvoir allaient recruter leursadhérents. SlOel suiv. Les cloîtres des cathédralesavaient précédé cesétablissements. toute chancelante de vieillesseet de pourri« lure. On m'assura que dans ce petit logis et dans les « autreshabitoientplus decinq centsgrosses famillesentassées lesunes «sur les autres. Celte compagnie occupait certains quartiers de la capitale: la cour du roi François. il se faut souvent égarer dans de petites rues vi« laine?. royale ou seigneuriale. en une place d'une grandeur très<tconsidérable. chargésd'une foule de petits enfants légitimes.et derrière leurs murs les professeurscomme les écoliers pouvaient trouver un asile.que beau- coupd'établissements monastiques etdesévêques fondèrent. et ce fut en grande partie pour prévenir les abus et ledébordres qui étaient la conséquence d'un pareil état de choses. J'y ai vu une maison * de boue à demi enterrée. pies du Ponceau. descollèges..- 323 - [ ARCHITECTURE J cesmaisons.L'Université renfermait un grand nombre de ces garnis dèsle xne siècle.ni religieux. la cour Sainte-Catherine.et en un très-grand cul-de-sac puant.vivant quelque part. ni artisans. . dit Sauvai '.en même temps que l'instruction. «Elle consiste. et réduit à la misère un grand nombre de pauvres gens. il faut descendreune assez « longue pente de terre tortue. Quelque grandequesoit à présentceltecour. Après les tristes guerres du nve siècleet du commencementdu xve. pour y entrer. raboteuse. la rue de la Mortellerie. et qui formaient une masse vagabonde. « naturelset dérobés. ni marchands. Pour y venir. quesortaient. qui n'a pasquatre toisesen quarré. sorted'écume qu'aucun pouvoir ne pouvait faire disparaître. et donnaient fort à faire à la police municipale. boueux. ni écoliers. ni laboureurs. partie de la rue Montmartre. Autrefois il confmoil aux dernières extrémités de «Paris.. Maisil est certain que dans les grandesvilles.partie dela rueSaint-Honoré. Abailard loue un logis au chanoine Fulbert. des demeuresconvenables et soumisesà un régime régulier. p. quelquesrues des faubourgs Saint-Germain et Saint-Marceauet la butte Saint-Roch. la cour Brisset. et où logent néanmoins plus « de cinquante ménages.Mais le siège principal de cette gueuserieétait la cour des Miracles. cesflots de genssansaveu qui se répandaient dans les rues. à une époque où les classes de la société étaient tellement distinctes. irrégulier. emplissant même les cités lorsque de longs malheurs publics avaient tari les sources du travail. détournées. inégale.puantes.

obscurs.on porta les fossés et les rempartsde la porteSaint«Denys au lieu où nousles voyons maintenant. et les hommes déclassés. Celte population de vagabondsavait une langue particulière. que. lesguerres dereligioncontribuèrentà perpétuer cettesituation. «et de toutespartselle étoitenvironnée de logisbas.elleétoit bordée de nmaisons qu'on a laissées tomberen ruine. faits de terre et de boue. pour soulager la misèreet recueillir lespauvres. l'organisation desarmées. l'esprit de corporation se faisait jour.) La puissancedescorps de métiers el de marchands. Archisuppôts de l'argot. les droits et privilègesdont ils jouissaient dèsle xnesiècle. pouvaienttrouver placedanslesassociations régulières. pendant le xviesiècle. de gens sans aveu. à deshommes qui avaientpris deshabitudes de pillage.de soldatscongédiés. divisée en Cagoux.(Voy. en 1630.quand la monarchieacquit une puissance inconnue jusqu'alors. qui avait sesofficiers. CORPORATION. Cenefut que pendant le xvir siècle. Coquillarts.étaient soumisesencore aux xvie et xvne siècles à une sorte de gouvernementocculte.armépour ainsidire. offrir des asiles à tant de brasinoccupés. Hubins. avaientdû singulièrement développer cesassociations de vagabonds. Polissons. en lutte permanente avecla société. fondées par les moines.Lesmaisons de refuge.aprèsde longstroubleset des guerresinterminables. dégradésparla misère. Rifodés. . de réaction contre les tendancesféodales.elle couvroitune partiedu monastère des Filles-Dieu.Malingreux etCapons. par les évèques. Piètres. »Ces réunions de filous. où les intérêts de la république étaient discutéset desinstructions donnéesaux diversesprovinces. Il fallut un long tempspour que l'on pût guérir cette plaie socialedu paupérisme organisé. Courteaux de boulanche. seslois. un roi qui prenait le nom de grand Coësre.avant «qu'il passât à l'ordre de Fontevrault. les rois et mêmede simplesparticuliers. pour le bien comme pour le mal. qui ne.mais quoi qu'ils pussentfaire.qui le lendemain desguerreslaissait sur lesroules desmilliers de soldaissanspaye. dans le moyen âge. et tous pleins de mauvais pauvres. sanspairie. lescommissaires députés « à la conduite de cette entreprise résolurent de traverser la cour des '( Miraclesd'unerue qui devoitmonterde la rue Saint-Sauveur à la rue « Xeuve-Sainl-Sauveur.du commerceet delà main-d'Suvre. et cesfripons menacèrentde pis lesentrepreneurs « el les conducteurs de l'ouvrage. car.n'ayant plus ni famille ni foyer. Narquois. de l'autre. il leur fut impos« sible d'en venir à bout: les maçons qui commençoient la rue furent « lultus par les gueux. Sabouleux. Marcandiers.c Quand. Hdifformes.ne pouvaienl.Francmitoux. et dont oua fait desjardins.[ ABCUITECTL'RE ] - 324 - «anciens rempartsappelés aujourd'hui la rue Neuve-Saint-Sauveur.et formait la grande congrégation des Argotiers.par unepoliceunique et desétablissements . Orphelins.obéissaient même à ce grand mouvement des populations vers l'unité.les monopolesqui les rendaient maîlresexclusifsdel'industrie. àpeinesuffisantes dansleslempsordinaires. qui tenait deschapitres réguliers. de (d'autre. Gallois.enfoncés. Ainsi partout.

Mais si le pays gagnait en bien-être et en sécurité à l'établissementde l'unité gouvernementale. le systèmeféodal est essentiellementégoïste: ce qu'il fait. d'éminentsservices.maisonde renfermement despauvres. tandis que le morcellement féodal était singulièrement propre à son développement. Lemorcellement féodal nepouvaitseconderdes mesuresd'utilité gén<> raie . fut bâtie.mais c'étaient desservices isolés. d'endiguementdesrivières. que l'hôpital central desInvalides fut fondé . Xe nous étonnonsdonc point de ne pastrouver. de créer de véritablesétablissements publics. mais pour le pays. l'architecture civile avecla féodalité. c'est une formule . sespréjugés et ses privilèges . exécutésavecensembleet produisantdesrésultatsréellement efficaces.de ponts. séparés.on put éteindre peu à peu cesassociations de la misèreet du vice. Lesétablissement* monastiques eux-mêmes étaientimbus. comme nous l'avons dit. obscurément.Il fallait que l'unité du pouvoir monarchique ne fût plus contestéepour faire passerun canal à traverstrois ou quatre provincesayant chacune sescoutumes.comme leurs prédécesseurs les bénédictins.ne comportait pasdestravaux conçus avecgrandeur. on semblait ne tenir aucun compte de la symétrie. Jusqu'alors.qui n'ajouta rien à l'architecture reli- gieuse et nefit queprécipitersachute. religieuse et monastique s'éteignit avec le xvesiècle. La renaissance.il faut convenir que l'art y perdait. de ces grands monuments d'utilité générale. que la Salpêtrière. à l'exclusion de la généralité. à l'unité du pouvoir monarchique.qui s'élèventà partir du xvn* siècle.dans l'ensemble de leurs bà- . mais. mais en jetant un vif éclat. autant que cela était raisonnable. de l'ordonnance générale des plans. Un art officiel n'est plus un art. L'état du pays.ils avaientperdu de vue le principe de leur institution . Plusieurs causesavaient éloigné les esprits de l'observation des règles que les anciens avaient généralement adoptées.danslesconstructions civiles.disséminées dans lesgrandes villes. Les ordres mendiants s'étaient élevésavec desidées complètement étrangères aux mSursde la féodalité. Il appartenait à la centralisationpolitique. non qu'ils ne rendissent.C'estdanscet esprit que nos grands hôpitaux furent rebâtis pour centraliserune foule de maisonsde refuge. ils tenaient aux habitudes féodales comme propriétaires fonciers. rivaux même.apportadansl'architecturecivile un nouvelélémentassez vivacepour la rajeunir. avant le xvie siècle.et qui font la véritable gloire du sièclede Louis XIV. L'architecture nationale.non plus pour telle ou telle bourgade. il le fa i pourlui et pourlessiens. decet esprit exclusif. pour telle ou telle ville.jusqu'à un certain point.de concourir vers un but commun d'intérêt général. avantcette époque.devenus riches possesseurs de biens-fonds.- 325 - [ ARCHITECTURE ] de secours largement conçus.des dotations.comme l'appelle Sauvai. car. dès la fin du xiue siècle. desnialu- dreries. l'art disparaît avecla responsabilitéde l'artiste. pour organisersur toute la surface du territoire un système de casernement destroupes. d'hôpitaux pour les malades. ils avaient cessé. de défense desports contre lesenvahissements de la mer.

aux distributions intérieures. Del'ensembledesplans cette mode passa dansla disposition des façades. l'architecture civile de la renaissance fran- .paliis et monuments publics élevéssur desterrains tracéspar le hasard.La première était ce typede la villa romaine suivi dans lespremières habitations seigneuriales . La troisième. de profiter desdispositions naturellesdu terrain. loissi ridiculementtyranniques de nosjours. du contenupar le contenant. conserve presque toujourssoncaractère d'habitationou d'établissement public.dansdesenceintes irrégulières . Lesmai- sonsdesbourgeois conservèrent plus longtempsleurs dispositions soumisesauxbesoins. c'est-à-dire de 1500 à 1550.l'architecture civileperditchaque jour de sonoriginalité. on se jeta dans l'excèscontraire. surtout au momentoù ellenaîtet commence à sedévelopper. maissontparfaitementincommodes pour l'habitation journalière.surtout dansdes contrées où les traditions romaines étaient effacées. l'étude de l'antiquité et de sesmonuments fit connaîtreun grandnombrede plansd'édifices romainsoù leslois de la symétrie sont observées.ipier. enserrées entre desmuraillesd'autant plus facilesà défendre qu'elles offraientun moinsgrandpérimètre.dans la décoration.quel qu'il fût.à sacrifier cesbesoinsaux lois quelque peu vaines de lasymétrie. elles aussi. leschâteaux féodaux. ne présentait pasdans sonensemble desdispositions symétriques. comme si la première loi en architecture n'é- tait pas une soumission absolue auxbesoins ! commesielle étaitquelque chose en dehors deces besoins ! comme si lesformespurementconventionnelles qu'elle adopte avaient un sens. ou cequ'on voulut bienappelerseslois. n'en comportaient aucune. par leur nature et la diversité desbesoinsauxquelsils devaient satisfaire.du momentqu'ellesgênent au lieu de protéger ! Cependant l'architecture civile de la renaissance.si franchement accusé pendantla période gothique. Unefoi* clans cette voie. Avec la mobilité qui caractérise l'esprit français.et ce ne fut guère qu'au xvnesiècle qu'elles commencèrent. et l'on voulut mettre de la symétrie même dans les plans d'édifices qui.habitation rurale.l'excessive élroitesse et l'irrégularité des terrains livrés aux habitations particulières dans desvilles populeuses.où les bâtiments semblent placéspêle-mêlesuivant les besoins. C'est ainsi que les lois de la symétrie. L'architecture. au lieu d'êtrel'enveloppe judicieuse des diversservices qui constituent une habitation. SGUS ce double point de vue. L'élémentantique n'apporteguèrequ'une enveloppe décorative ou un besoin depondération dans lesdispositions des plans.imposa ses lois. or la villa antique. au commencementdu XVIesiècle. et il fautdireque. Mais quand.parurent aux yeux de tous des demeuresde barbares. n'avaient jamaisexercé leur influencesur les populations du moyen âge.[ ARCHITECTURE ] - 326 - timents. La secondeétait la nécessité. auxservices divers auxquclv il fallait satisfaire. les maisons. de soumettrela position des bâtiments aux besoins de la défense. Nombre de riches seigneursse firent élever desdemeuresdont les plans symétriquesflattent les yeux sur le p. et il ne fut plus possible de juger dansun édifice. dansdeshabitations fortifiées la plupart du temps.

furent longtempslesseulesdéfenses descités. ou d'après certaines traditions locales que nous. Agde.ils durentconserver leursusages militairesenface du peuple aumilieu duquelils s'établissaient. lorsqu'ilsfaisaient la guerre surdesterritoirescouverts deforêts. MAISON. alliés des Romains. ainsi qu'on peut le voir danslesbas-reliefs de la colonne Trajane(fig. (Voy. maisqu'elles étaient construites fort diversement. desmonastères. -Lorsque. d'une grande partie des Gaules . surent allier avecune adresseremarquable les vieilles et bonnes traditions des siècles antérieurs avec les formes nouvellement admises.construits d'après les traditions romainesdesbas temps. lesCeltes. suivant la nature des lieux. les Jean Bullanl. et leursétablissements militaires devaient ressemblera des camps fortifiés. de fossés et de quelques talus de letre. ils respectèrentdans leurs édificesles besoinsde leur tempset se soumirent aux exigencesdu climat et desmatériaux. agissantd'aprèsdes règles toutes conventionnellesen dehors desmSurs et deshabitudesde la civilisation moderne. Ce ne fut que sous Louis XIV que l'architecture civile cessa de tenir compte de ceslois si naturelleset si vraies. despalaiset desédifices publics. et cela avecun certain succès.et pend'inl ce tempsla plupart desvilles de la Septimaniefurent fortifiéesavecgrand ^oin eleurent à subir dessiègesfréquents. Ie5barbaresfirent irruption danslesGaules.comme laGermanie et laGaule. Béziers. PALAIS. ils avaient conservé leshabitudes germaines. Le boisjoue un grand rôle dansles fortifications despremiers temps du moyen âge. Et si les races germaines qui occupèrent lesGaules laissèrent aux Gallo-Homains le soin d'élever deséglises. si l'on enjuge par lesportions importantes d'enceintesqui entourent encore la cité de Carcassonne. car de cesenceintesil ne nous restequedesdébris. de la Nai bonnaise à la Loire. mettaient lesfemmes. ne pouvons apprécieraujourd'hui. 1).Narbonne. Les Visigoths. sous Yallia. lesPierre Lescaut. les Philibert Delorme. pendant le Vesiècle. etcequ'ilspossédaient de . entourés de palissades. les enfants. LesRomains eux-mêmes. Toulouse demeuraquatre-vingt-neufans la capitaledi.327 f ARCHITECTURE ] çaisese montre bien supérieure à celle adoptée en Italie. cellesqui n'en étaient point pourvuesse hâtèrent d'en élever avecles débris desmonuments civils.S'ils employèrent les ordres antiques et s'ils crurent souvent imiter 1rs arts romains.Toulouse. et il est probablequ'elles n'élaient point soumises à desdispositionsrégulièreset systématiques. furent entourées de remparts formidables. dessoubassements modifiés par desadjonctions successives. successivement forcées et réparées. Ces enceintes. Lesgrands architectesfrançais du xvesiècle. LesYisigoths s'emparèrent. lorsqu'ilsne pouvaient tenir la campagne.. leur domination s'étendit.ce royaume. élevaientsouvent desremparts de bois. des ma- tériaux. quelquesvilles possédaient encoreleurs fortificationsgallo-romaines. Quant aux grands. sortesde logis avancésen dehors descamps. Carcassonne. et se produisit comme un art abstrait.) ARCHITECTURE MILITAIRE. ne faisaient que perpétuer les arts de l'empire. à titre d'auxiliaires de J'empire ou autrement.Dès l'époque de César.

des épées. ils pou- vaientsaper sabase ou y metlre le feu. « de pièces de boisdroites dans touteleurlongueur. VJI. se couvrent de leurs boucliers et forment ce que l'on appelait la tortue: appuyant le sommetde cesbouclierscontre le rempart. lorsque ceux-ci sont bien joint?. ils posentune assise de grosfragmentsde ro- (i chers.. « Ils seservent ». car les pierres qui la composent empêchentles bois de brù« 1er. Lesassiégés jettent despierres. cap.Onvoil ici l'attaquedece fort par les soldats romains. composée de bois et de pierres « formant un parement régulier.Mais cen'étaientlà probablement que desouvrages faitsà la hâte. Sur (i celtepremièreassiette.pouf passersousles bouchers et incendier le foi t. 2). Bell. Dans leurs campsreIran rhéSj 1 Cresar.Lesfantassins. et des soldats romains tenant des tisons enflammés semblent attendrequela tortuesesoit approchée complètement du rempart. » Les Germainsétablissaient aussi desremparts de bois couronnés de parapetsd'osier. et. d'attaque.[ ARCniTECTTRE ] - 328- plus précieux. ils établissent un nouveau « radier de bois disposécomme le premier.Celteconstruc« lion. àl'abrides attaques del'ennemi derrière des fortifications faitesde bois. des pols-à-feu sur la tortue.desroues. pour pouvoirs'approcher du rempart. de façonque les rangsdebois « ne se toucbent point et ne portent que sur les assises de rocbers inter- « posés. 2 Lesboucliers eu forme de portion de cylindre élaieat réservés pource genre . est bonne pour le serviceet la défense o desplaces.àl'abri desprojectiles-. des torches. lesfixent trans(( versalement pardes troncs d'arbres etremplissent deterreles vides. La colonne Antonine. liés entre eux « dans l'épaisseurde la muraille. les «placent à unedistance dedeux pieds Tune del'autre.mu. par la variété de ses matériaux. nous donne un curieux exemple de ces sortes deredoutes decampagne (fig. à Rome. L'ouvrage est ainsi monté à bauteur convenable. lib. ne peuvent être rompus ou désassem« blés que très-difficilement '.de terreet depierre. gall. dit César dansses Commentaires. et les arbres ayantenviron quarante pieds de longs.

élevaient souvent. quel'on élevait pourprotéger leshaltes pendant le cours de A" L kl .te longdesremparts.- 329 - [ AïtcmiECiraE ] les Romains. Cescampsétaient dedeux sortes : il y avaitdescamps d'été.'-. fl v^t-i-^^i^^/rl ^/"^ /afl ' " breuxexemples de ces sortesde constructions (Pig. deséchà- " .soitde toursde guet pour reconnaître lesapprochesdel'ennemi.' ' ' .de distance endistance./-_.castra Sstim. 3). logis purement provisoires. soit à placerdesmachines destinées à lancer desprojectiles." " >/ . outre quelques ouvrages avancés construitsen bois. Lesbas-reliefsde la colonne Trajane présententde nom- W»*^- w ."'< faudages decharpente qui servaient.'<-"""' JÏ '> .

de re- <'vers et presquepar derrière. celle en face s'appelait décumane.Frontim Itbr.parun remp'irt deterregazonnée ou de pierre.xn).1592. les deux latérales étaient désignées ainsi: principalisdextraet principalissinistra.in-12x . Batav. /i). qui étaient défendus par un fossé largeet profond.castra stativa. l'ulilité des tours avait été reconnue afin de permettre de prendre les assiégeants en flanc lorsqu'ils voulaient battre les courtines. donnéedans l'Histoire de l'ar- souvent celle disposilion qu. Les tours étaient munies de machinespropres à lancer des traits ou des pierres. car. Des ouvrages avancés. défendaient ces poites '.ou approcher des machines « contre une muraille de cette construction. et qui ne secomposaient que d'un fossépeu profondet d'un rang de palissades plantées sur une petiteescarpe. L'emploi des lours rondes ou carréesdans les enceintesfixes des Romains était général. ils sont comme enfermésau milieu des « batteries de la place qui les foudroient. » La station militaire de Famars.appelésantemuralia. Si les « ennemis veulent appliquer des échelles. «leurs murailles présentaientdes parties saillantes et rentrantes. avecquatre portes percéesdansle milieu de chacune des faces.La porte principale avait nom pn-tonenne. et dont nous reproduisons ici le plan (fig. en Belgique \FanumMartis].Lugd. Les camps fixes des Romainsétaient généralement quadrangulaires.[ ARCHITECTURE J - 330 - la campagne. Stralagfm. on les voit de front. Stewechii Çonject. le tout était couronné de parapets crénelés ou de pieux reliés entre eux par des longrines ou des liens d'osier. p. par le « moyendestours placéesdans le rempart assez près les unesdes autres. x. Les offi- ciers et soldatslogeaientdans des huiles de lerre. adSextt Jul.'idrangul car. La situation des lieux modifiait \J i. flanqué detours.. de brique ou de bois. comme le dit Végèce. 405.parce qu'elle s'ouvrait en face du p-Stonum. 4 ^r propos des machines de guerre (chap.. cela ne « se peut pasécrire. procastria. puis les camps d'hiver ou fixes. présente uneenceinte dont la disposilion ne se rapporte pasauxplans »Godesc. castra hiberna. comme l'observe judicieusementVilruve à chitecture enBelgique. recouverlesde chaume ou de tuiles. demeure du général en chef. à cause «des béliers qui battraient trop aisément en brèche. « Pour ce qui est des moyens que les assiégés « peuvent employer pour se défendre. » Dès la plus haute antiquité. « les ancienstrouvèrent que l'enceinte «d'une place ne devait point êlre sur une même ligne continue. mais.

p. suivant Guillaume de Puylaurens.. et formant un chemin de ronde légèrement incliné du côlé de la ville pour l'écoulement deseaux. Par le derunier de cesportails. Il se composait « de deux grossestours. III. l'une au « midi. : Qitemadmodum mûris terra jungatur egesta. le milieu est rempli non de terre. .vide de Toulouse.- 331 - f ARCDITECTURE ] ordinaires descampsromains.. 436. p. parA. 203(Bruxelles). il consistait en deux forts parements de maçonnerie séparéspar un intervalle de vingt pieds . Le château Narbonnais de Toulouse. Les tours s'élevaient au-dessusdes courtines. l'autre au septentrion. celle intérieure était peu élevée au-dessus du sol de la place. le tout entouré de grandespierres sansmortier. G. Le sol de la ville est beaucoup plus élevéque celui du dehors et presqueau niveaudeschemins de ronde. Paris. bâties de terre cuite et de cailloux avec «de la chaux. del'archil. I. il y en avait < deuxautres de suite au septentrion et sur la placedu Salin. Le châteauétait élevé «sur la terre de plus de trente brasses. maisde blocagemaçonné à la chaux. t I.1771. on entrait dans la ville.il estvrai quecelte fortification ne saurait être antérieure au m' siècle '.car elles étaient terrassées et remplies de «terre. de manière à faire de 1 Voy Hùt. qui joue un si grand rôledansl'histoire de cette ville depuis la domination des Visigollis jusqu'au xvie siècle paraît avoir été construit d'après ces donnéesantiques. 111. Les courtines. 2 Végèce. cap. le milieu était rempli de terre provenant des fosséset de blocaille bien pilonnées. de manièreà ren " dre l'accès des remparts facile au moyend'emmanchements(fig. puisque Simon de Muntfort « en fit enlever toutes les terres qui s'élevaientjusqu'au comble 3. lib. maiscram«ponnées avecdeslames de fer scellées de plomb. avec assises alternées de brique. 5)2. sont composées dedeux parementsde petit appareil cubique. 1 Annales de ta. » L'enceinte visigolhedelacité de Carcassonne nous a conservédes dispositions analogueset qui rappellent celles décrites par Végèce. On voyait une tour carréeentre cesdeux tours « ou plates-formesde défense. B. lit. était épnisse et percée de créneaux. et leur communication avec celles-ci pouvait être coupée. la paioi exlérieure> s'élevant au-dessus du chee min de ronde. ayant versle midi deux portails de « suite. enBelgique.l. fort épaisses.. dont le terrain a été haussé «de plus de douzepieds. deux voûtes de pierres de taille jusqu'au sommet. Schayes. Quant au mode adopté par les Romains dans la construction de leurs fortifications de villes.

et du coté de la ville elles sont carrées.Nous donnons ici (fig. La figure 6 bis fait " Cesbasesà plans quadrangulairesappartiennentaux défenses antérieures romaines. le rez-de-chaussée de Jatour était en contre-bas du terre-plein de la cité. lorsqu'on enlevait les ponts de bois.332 chaque tour un petit fort indépendant. le plan du premier étageau niveau des chemins de ronde. 6j le plan d'unedecestoursavecles courtines : A est le plan du rez-de-chaussée . à l'extérieur. ces tours sont cylindriques.L AKCHITECTURE ] . Le sol extérieurâtantbeaucoup plusbasqueceluide la ville. afin d'intercepter.leur soucheporte également du côté de la campagnesur une basecubique1. la communication entre la ville ou les chemins de ronde et les étagesdes tours. et l'on y descendait par un emmarchement dedix à quinzemarches. .On voitenCet çnD lesdeuxfosses pratiquées en avantdesportes A de la tour. B. On accédaitdu premier étage à la partie supérieurecréneléede la tour par un escalierde bois intérieur posé le long du mur plat.

les ponts de commu- nicationsontsupposés enlevés. peur de plus amplesdétails. et aussi pour permettrede monterdes pierres et toutes sortesde projectiles au moyen d'une corde et d'une pou- lie1.La figure 6 ter montrecettemême tourdu côtédela campagne.333 [ ARCHITECTURE ] "voir la tour et sesdeux courtines du côtédela ville.(Voyez.. L'étagesupérieur créneléestcouvert par un comble. nous y avons joint une poternedont le seuil estassez élevéau-dessus du sol 1 Cestoursont étédénaturées en partie au commencement du xnesiècleet aprèsla prise de Carcassonne par l'armée de saint Louis. et ouvert du côté de la ville afin de permettre aux défenseurs dela 'tourde voir cequi s'y passe. l'article TOUB/ . On retrouve cependantsur divers points lestraces de ces interruptions entrela courtineet les portesdestours.

lu château lui-même contenait une défense isolée plusforle quetoutesles autres. Conformémentà la tradition d'i camp fixe romain. ' Cette poterne existe encore placée ainsi à côté d'une touretprotégée par sonflanc . de choisir un terrain inclii. suivantl'usage.POTERNE}. le château dominant toutlesystème de défense.ce mot). situéesur le point culminant. souventun pont. Lorsqueles Romainsfondaientune ville. et pour nous faire mieuxcomprendre par une figure. et le refuge dela garnison . chaque porteou poterneétantmunie de ces sortes d'ouvrages.par une palissade ou barrière. ils avaientle soin. défendupar desouvrages avancés. autour. la situation remplissait toutes les condi- tions désirables. et. qui prit le nom de donjon (voy. En B étaitl'escarpement qui rendaitl'accès de la ville difficile sur le point où unearméeennemie devaittenterde l'investir . autant que faire se pouvait. <voy.était entourée de fortes murailles. voici (fig. qui. Lapoterne setrouvedéfendue.é le long d'un fleuveou d'une rivière. A était la ville avecsesmursbordésd'un côté par la rivière. des faubourgs défendus par des tourset courtines ou desimples ouvrages de terre et de boisavecfossés. ou bien il y avait la cité. Souvent les villes du moyenâgeétaientprolégéespar plusieursenceintes. Quandl'inclinaisondu terrain seterminait par un escarpement ilu côté opposéau cours d'eau. 7) le plan cavalierd'une assiettedeville romaine conformeà ces données. l'enceintedesvilles du moyenâgerenfermaitun châteauou au moins un réduit qui commandait les murailles. D.[ ARCHITECTURE ] pourqu'il failleun escalier volant ouuneéchelle poury accéder '. communiquait à la rive opposée.

ainsique l'indique le plan cavalier(fig. Dansle but de reconnaître lesdispositions desassiégeants. la lignedesmurailles étaitpresque toujours infléchie etconcave. assez >astepour couvrir un grand faubourg.en fortifiant solidement lesintervalles qui. bâties desdeuxcôtésdu fleuveen amont.- 335 - f ARCHITECTURE } dansle casoù la ville tombait aux mainsdes ennemis. comme à Rome même.G. de Périgueux. 8)2. bienflanquées detourset protégées pardes fossés larges et profonds.les deuxrives du fleuve. de Cahors.igne.deschaînes ou des pièces de bois attachées bout1 boutpardes anneaux de fer.etc'estlaque lesmurailles étaient hautes.pour peu que la garnison fût brave et nombreuse. pouvait les culbuter dans le fleuve.ou ne furent quedeschâtelets ou desimples barbacanes (voy. aux anglesE. C'estsuivantces données que les villes d'Autun.ces mots}'.de Bordeaux. étaientconstruitesdestours fort élevées. Desestacades et destours en regard. . qui permettaientde découvrirau loin lesrives du fleuveen aval et enamont. A ceteffet. del'autre côtéde l'Arroux.n'était pas très-bonne d'ailleurs. maisde faire passerles murs de défensesur leurs sommets.alorsce pont était défendu par unetête de pont G du côtéopposé à la ville.La positiondesassiégeants. en facede cesdeuxfronts. '"*Voyez le plan dt. d'une tourà l'autre. E.de Poitiers.Lorsqu'unpont réunissait. nepouvaient êtreattaqués sans de grands risques. d'Auxerre.on avaitle soin. Cestêtesdepont prirent plus ou moins d'importance : elles enveloppèrent des faubourgstout entiers./fl/itone sontautrechoseque l'ouvrageavancé de cettetête le ponl. setrouvantdominés des deux côtéspardes fronts. nond'envelopper cesmamelons.Maissi la ville occupait 1 A Autun. la têtede ponts'étendait très-loin dans la camp. Les points les plus faiblesétaientalorsles deuxfrontsG.entreles mamelons.permettaientde barrer le passage et d'intercepterla navigation en tendant. Si.. en face du front desmurailles.dansle voisinage d'un fleuveil setrouvaituneréuniondemame- lons. etc. G.elles deuxfronts G.car une sortie les prenantde flanc.Toutporteà croire que lesrestas de l'édifice connu sous le nom de temple de .Rome.avaient étéfortifiées à l'époque romaine.

afin de ménagerala garnison les moyensde recevoir dessecours du dehors si la ville était prise. Dansles villes antiques. l'enceintevisigothe. le château. on profitait de toutes lessaillies du terrain en suivant sessinuosités. et comme aujourd'hui encore.de façon à laisser entre les premièresbarrières et les murs du châteauun espace libre.nous pourrionsdire ro- maine. sorte de place d'armesqui permettait à un corps de troupesde camperen dehors desenceintes fixeset de soutenirles premières attaques. capitol. maisencore louchaittoujoursà unepartie de l'enceinte. 9. puisque quelques-unes deses tourssontétablies surdessouches romaines. . castellum '. comme dans la plupart de celles élevéespendant le moyenâge. Cesretranchements avancés étaientgénéralement élevés -endemi-cercle. était bâti non-seulementsur le point le plus élevé. Lesentréesdu château étaientprotégées par des ouvragesavancés qui s'étendaientsouventassez loin dansla campagne.[ ARCHITECTURE ] . dont nousdonnonsici (Pig.ainsi qu'onpeutle voirà Langres età Carcassonne. en langue d'oc. afindene pas permettre auxassiégeants des'établir au niveaudu pieddes murs.°>36 - un plateau (etalors ellen'était généralement que d'une médïocre importance). comi Capdhol.

on établit. et cet art n'avait pu se perfectionner ni même se main tenir sous la domination despeupladesbarbaresau niveau où les Romains l'avaient placé. de manièreà obliger l'ennemi qui les voulait forcer de seprésenter de flanc devant les murs de la place. qui estla ligne àe circonrallation. la mécaniquejouait un grand rôle danslessiègesdes places..337 f ARCUITEGTl'RE ] posés de fosséset de palissades . xiv% xve et même xvie siècles. Il était toujours difficile d'ailleurs de tenir des armées irrégulières et mal disciplinées devantuneville qui résistait quelque temps.de nombreux assaillants. l'assaillant étaitpresque certaindevoir ses troupes sedébander pourallerpiller la campagne . 303.Ce fait a quelquefois étérévoqué en doute. dèslors l'attaque l'emporta sur la défense. Maispeu .pour segarder contre les secoursextérieurs. Jîiblioth. L»r-qn'uii voulut investir une place. qui commandaientles remparts des assiégés..Lestours mobile* avaient cet avantage depouvoirêtreplacées en facedespointsfaibles de la défense. porté sur deuxroueset poussé par trois hommesqui se couvrentde leurs larges. Le peu de documentsqui nous restent sur les siègesde cesépoquesaccu- sentunegrandeinexpérience de la part desassaillants. nation. etqui permettaient dejeter surles remparts. du xr siècle. au mcyende ponts volants. Si du ive au Vesiècle le systèmedéfensif de la fortification romaine s'était peu modifié.raanuscr. et par conséquent n'op- posant qu'unelignedesoldats contreunecolonne d'attaque profonde etse précipitant sur les murailles de haut en bas. contredes courtines munies de chemins do ronde peu épais. xir. qui ne peuventlaisser la moindre incertitude sur l'emploi du bélier. pendant lesx%xr.qui est la ligne de contrevallation^'aulre du cûté de la campagne. alorsla défense remportaitsur l'attaqueet l'on ne s'emparait pasd'une ville défenduepar de bonnesmurailles et une garnison fidèle. 9 6/>)représente l'attaquedespalissades ou deslices entourant une fortification de pierre1 : on y dislingue parfaite- mentle bélier. 1 Haimonis Comme/il.l'une du côté de la place. lesportes étaient alors ouverteslatéralement. ainsi que l'antiquité l'avait pratiqué.\ peu les moyensd'attaque se perfectionnèrent ou plutôt furent suivis avecune certaine méthode.On opposaaux tours desremparts attaqués destours mobilesde bois plus élevées. On perfectionna le travail du mineuret touslesenginspropres àbattrelesmurailles.maisnouspossédons lespreuves del'emploi.La première(fig. rlm\ lignesdo remparts de terre ou de bois. lesmoyensd'attaque avaientnécessairement perdu de leurvaleur . . basson en langued'oc). munis de fossés. un quatrième assaillanttient une arbalète.latin. Des machines deguerredesRomainsles armées despremiers siècles du moyenâgeavaientconservé le bélier (mouton en langue d'oil. in Ezecli. pour se prémunir contre les sortiesdesassiégéset leur ôter t mte communicationavec le dehors.de cet engin propre à battre les mu- railles. fonds SaintGermain. Voicilescopies de vignettes tiréesdemanuscrits dela Bibliothèque nationale. et si les siègestraînaient en longueur.

organisé.)Ëzéchiel lient en effet la plaque de fer.(Ézéchiel. dansles Chroniques de Froissart.2 et 3... manuscr. par suite de sonétat permanent de guerre. chap. n° 6. sousFrançois Ier.Biblioth. et vousla mettrez comme un mur de fer entre vouset la ville . duxeauxie siècle. des forts. 111. Nous devonsces deux calquesà l'obligeance de M. une c armée qui l'environne.Enfin. Darcel. anc. A. et des machinesde guerre autour de sesmurs. Depuislors.plus loin le passage danslequel il est questiondecet engin).. tv. Mais après les premières croisades. etplustard encore.. en Italie. et autour de lui sont des béliers.le système féodal. t. nation. Dans lesiége duchâteau de Beaucaire par leshabitantsdecetteville. . fonds latin.. mettait en pratique les nouvellesméthodeset les améliorait sans cesse.. 2 « . l'attaque ne cessapas d'être supérieureà Ja défense. enAngleterre et en Allemagne quelques perfectionnements à l'art dela fortification. A partir de la fin du xu" siècle jusqueversle milieu du xiv%la défense l'emportasur l'attaque. apportèrent en France.et cette situation ne changeaque lorsqu'on fit usagede la poudre à canou dans l'artillerie. SC. » etc. Prenez aussi v une plaque de fer. il ne paraît pas que les villes fussent défendues 1 Bible. Figurez un siège eu forme contre elle... des levées de terre. puis c regardez lii villed'unvisage ferme.. il est question du bélier.les ingénieurs occidentaux.[ ARCHITECTURE ] La seconde (fig. le basson estemployé(voy. Jusqu'au xne siècle. au siège dePavie. 9 ter)représente l'une desvisions d'Ëzéchiell : trois béliers munisderouesentourent le prophète2. vers. qui avaientétéen Orienti la suite desarmées.

exigeaient .ne pouvait avoir sur un point donnéqu'une force égale tout au plusà celle que lui opposaitl'assiégé.là mineou desengins dont la portéeétait courte. En effet.divisaientlesforces desassiégés. plus elle avait de force : car l'assiégeant. ou par escalade. lorsqu'on ne pouvait donner l'assautqu'au moyen de cestours de bois.ou encore par desbrèchesmal faites ou d'un accès difficile. pourdétruirelesouvrages des assiégés.si nombreux qu'il fût.parcequele plus grand front exige uneplusgrandeenveloppe.les enceintes trèsétendues pouvant êtreattaquées brusquement parunenombreuse armée. obligé d'en venir auxmains. plus la garnison était resserréedans un espaceétroit. sur plusieurs points à la fois. lorsqu'onn'employait. aujourd'huiun desprincipesles plusvulgaires dela fortificationconsiste àopposer le plusgrandfront possible à l'ennemi. le bélier.maisalors le sol était déjàcouvertde châteaux. Au contraire. maislorsqu'il fallait battre lesmurailles de près. quela sape. et obligelesassiégeants àexécuter des travauxplusconsidérables et plus longs.- 339 - [ ARCBITECTURE 1 autrement que par desenceintes flanquéesde tours : c'était la méthode romaine. et l'on savait par expérience qu'un châteausedéfendaitmieuxqu'uneville.

l'riix île l'assiégé. l'attaque ne pouvait être que très-rapprocbée. Pour éviter ces désastres.et toujours perpendiculaireau dis- positif défi-nsif. pour garnir suffisamment les remparts.mais bien défendus: on éparpillait ainsi les forces de l'ennemi. desforteresses isolées. et sa position était mauvaise.par l'assiégé et munis en conséquence. les tours mobiles. et chacun sereposant surson .i\ ijir sur lesbras lesgarnisons desforts détachés au moment de donner l'assaut.ût fallu une armée immense pour les garder. renfermant leurs garnisons. les bastilles fixes do bois ri lesenginsétaient à peineachevés. on sefiait auxpalis pour arrêlerun ennemiaudacieux. 11 arrivait souventque les rôles changeaient. véritablesforts dclachés de-iinés à tenir l'assaillant éloigné du corpsde la place.les assiégés sortaientdeleursmuraillessoitpour escarmoucherauxbarrièresetempêcher desétablissements fixes. ou d'une grosseétoffe de laine.attaquait le corps de la place.Toutes lesopérations préliminaires dessiègesétaient longues.et. mais.Si l'assaillant laissait derrière lui les réduits isoléspour venir attaquer les fronts dela place. de projectiles.versla fin du xnesiècle on eutl'idéed'établir. et.repoussés par les sortiesdesgarnisons et forcésde seréfugierdans leur camp. fraîches et bouillies.De tout temps les travaux d'approche des sièges ont été longs et hérissésde difficultés. ils garnissaientleurs machines.avantl'invention desbouches à feu. en le contraignant à entreprendre desattaquessimultanéessur des points choisi. et souventles ouvragesde contrevallation.et que lesassail- lants. creusant un fossé en avant.soit pour détruirelestravauxexécutés parles assaillants. mais alors.pour éviter de faire le siègeen règle de chacun de ces forts.s'il avait une armée nombreuse. la conver- gence desfeux del'assiégeant lui donnela supérioritésur la divergence <)»". en avantdes enceintes continues flanquéesde tours.et à le forcer de donner à seslignesde contrevallation uneétendue telle qu'il e. et repousser des attaques qui ne pouvaient être prévues souventqu'au momentoùellesétaientexécutées. incertaines. de bois et de terre.Quelquefois. établissait deslignes de contrevallation autour des forteresses isolées. commetouteslestroupesirrégulières et peudisciplinées. l'assiégeant. Pourparerauxinconvénients queprésentaient les grands fronts fortifiés.il y avait doncavantage pour l'assiégé à opposerà l'assaillant despoints isolésne secommandant pas les unsles autres.qu'une sortie vigoureusedesassiégés ou une attaque de nuit détruisait le travail de plusieurs mois parle feu et la hache. Lesarmées segardaient mal. leurs tours de bois lixe^ et mobiles de peaux de bSuf et de cheval. afin de les mettre à l'abri desprojectiles incendiaires. se servaient de la terre pour remplir l'intervalle entre les palis. il fallait des approvisionnements considérablesde bois. les assiégés établissaientleurs lignes de contrevallalion au moyen de doubles rangs de fortes palissades de bois espacés de la longueur d'une pique 'trois à quatre mètres). élevait des bastilles de pierre sèche. bienplusqu'aujourd'hui. Avecl'artillerie moderne. devenaientà leur tour assiégés.[ ARCHITECTURE ] - 34!) - une garnisonau moinségaleà l'arméed'investissement. il devait s'attendre à .

commandant tous les ouvrages. et que la sapepouvait difficilement entamer. de les entourer de fossésprofonds. estoit bien aussi grans comme uns grans glaives. et comme refuge en cas de surprise ou de trahison. sortantde la placeau milieu dela nuit. et que. l'enceinte du château contenait toujours un donjon isolé.mm'aus deverjus. coupantles cordesdes tentespour augmenter ledésordre. ceschâteaux sur deslieux élevés. de J siredeJoùivillf. autant que faire sepouvait. àl'arbalestre àtour j (Mém. Il suffisait de renfermer une faible garnison dansdes tours et derrière des murailles hauteset épaisses.desmodifications importantes n'aientétéapportées aux défenses desplaces. d'ailleurs. élevés en si grand nombre par ces nouveauxconquérants. de pierrièresturques. par sa position et l'élévation 1 « TJn soiraviut. pour défier longtemps les efforts d'assaillants. etle nous lancierent quatre foiz. là oùnous guietiens lescbas-chatiaus Je nuit. ceque il n'avoienl encore fait.queil sembloit quece fust la foudre dou ciel Troisfoiznousgettrent le «feu gregois. par M.) . présentaientdesmasses de constructions qui ne craignaient pas l'escalade à cause de leur élévation. publ.queil nous avierent «unengin que l'enappelé pcmère. . On avait toujours le soin. cessurprises se renouvellentà chaqueinstant. C'étaitaussi la nuit souvent qu'on essayait. LesOrientauxpossédaient desprojectilesincendiaires qui causaientun graudeffroiauxarmées occidentales.et ils avaient desmachines puissantes ' qui différaientde cellesdesOccidentaux.au moinspendantlescroisades des xneet xiir siècles. Lamanière doufeugregois estoiflcix. Dansleschroniques desxu%xuieet xivesiècles. seretiraientavantd'avoirtout le campsurlesbras.341 [ AHCUITECTURE ] voisin pourgarderlesouvrages. «que il venoit biendevant aussi gros comme un t.pendant lesquelleson fit tant de sièges mémorables. et les armées ne s'en gardaient pas mieux le lendemain.et pour ceque li Sarrazin ne pooient traireà aus.entouré lui-même souvent d'un fossé et d'une muraille (chemis<').et mistrent le feu " gregoizen la fonde del'engin Nostre esteingnour furent apparcillié pour estaindre «le feu. pourles dous clés des M paveillons que li roys y avoit fait faire.-ully. On ne peut douter que les croisades. leurclieoient toutdroitvers aus.Les châteaux normands. puisqueceux-ciles adoptèrent en conservantIturs noms d'urigine A'engins turcs. de manière à rendre le travail du mineur impossible. de W.mettaient le feu aux machines de guerre. n'aientperfectionné lesmoyens d'attaque. sique li «pylet (dards..sur une assiette de rochers. celisoir. au moyen des machines de jet. et qui pouvait. il traioient toutdroitvers lesnues.par suite. Nat. la fortification est protégéepar sa force passive.ce qui faitsupposerqu'elles n'enconnaissaient pasla composition. . d'incendierles ouvrages de boisdesassiégeants ou des assiégés. Il faisoit tel noise ou « venir. dans le nordouestde la France et en Angleterre.qui ne possédaient que desmoyens d'attaque très-faibles. tombaient à l'improviste au cSur de l'armée.et. d'établir.Jusqu'au xmç siècle.sansrencontrerune sentinelle. parla masse et la situatign de ses constructions. il arrivaitfréquemment qu'unecentaine de gens d'armes. et la queue doufeu «quipartoit de li.1858.

. Simon deMontfort emploie souvent la gâte. Poussez maintenant la gâte et vous prendrez « Toulouse. desingénieurs(fnyegneors) spécialementchargés de la construction desengins destinésà l'attaque ou à la défense. du haut desquelson pouvait mé- priserun assaillantsansmoyensd'attaqueactifs . et lesmunir de nombreusestroupes. « qu'elle brise..«Lecomtede » Montfort commande : .. de feret de peaux. qui non-seulement semble destinée à permettre desaper lepieddes murs àcouvert. il fallut renoncerà la fortification passive et qui ne se il.et donnaient ainsi à un corps d'armée l'entrée d'une ville.Parmi cesengins.. que l'on s'efforçait de faire plushauts queles murailles de l'assiégé..et lorsquele systèmeféodal eut mis entre les mainsde quelquesseigneursunepuissance presqueégale à celledu roi.ou encore d'apporter de la terre et desfascines pour combler les fossés. «entrele mur(delaville)etle château elleavance à petitssauts..'fendaitguère quepar samasse.c'est-àdire construits de manièreà garantir lespionniers el à battre lesmurailles.Mais. les uns étaient défensifset offensifs en même temps.\mesiècle. On voit alors. deschâteaux situés sur des rochers escarpés. ou de saperles toursou courtines au moyen du pic-hoyau.lorsque les portesétaient trop bien arméesdedéfenses pour être forcées. Si vous retour- .après les premièrescroisades. passant sur le corpsdesdéfenseurs des barrières. Vers la tin du xiie siècle et pendantla première moitié du . quel'on approchaitdu pieddesmurs..mais aussi àremplir l'office dubeffroi. et quipermettaient aux assaillants de faireagir le mouton. el exigeant desgarnisons plus nombreuses. on amenant au niveaudesparapets un corpsdetroupes. se perfectionnaient. sortes de galeries deboiscouvertes demairains.multiplier les moyens de nuire à l'assiégeant. Il ne suffisait plus (et le terrible Simon de Monlfort l'avait prouvé) de posséderdesmurailles épaisses. offensifsseulement. trancheet déchire les cuirs et courroies. les moyens d'attaque et de défense. et "étaientsurtout conduits avec plus de méthode.[ ARCniTECTURE ] - 342 - "le ses murs. déjouerses effortspar descombinaisons qu'il nepouvaitprévoir. qui. calsou gales..pour adopter un système defortification donnant à la défenseune activité égale à celle de l'attaque.comme «l'épervier chassant les petits oiseaux.Et (les Français)poussent la gale en criant et sifflant. il fallait défendre ces murailles et cestours.il fallait entreprendre un siège en règle: c'est alorsque l'assiégeantconstruisait des beffroisroulantsdebois(bçffraiz]. dans les armées et dansles places. le bosson (bélierdesanciens).et surtoutsemettre à l'abri dessurprisesou descoups de main : car souvent desplacesbien munies tombaient au pouvoir d'une petite troupe hardie de gensd'armes. établissait deschats.Tout droitvientla pierre que lance «le trébuchet. Dans le poëme de la croisade contre les Albigeois.Lorsquel'escalade(le premier moyen d'at- taquequel'on employaitpresque toujours)ne réussissait pas.comme nous l'avons dil.s'emparaient des portes.permettreàquelqueshommes de tenir enéchec denombreux assaillants.. lesautres. demachineset de projectiles. et ellela frappe d'untel coupà sonplushaut plancher.

Dout pieça mention feismes. Afin deprotéger lestravailleurs qui font unechaussée pourtraverser un brasdu Nil.bien couverts deleursarmures et lesheaumes « lacés. Tant curent dessous et tant cavent.il faut avoir vu. (fonds la Vallière.dame « fausse gâte.auxporles.queVonappelle Chas 1 Hist. Li mineur desousse lancent. Par Dieu. et desamarche parpetits sauts « entrel mur el castel elaTenc desautctz ». Nous signalons à l'attention denoslecteurs la description de la gâte. volent impétueux. Un chat bon et tort appareillent. Qui contre les Flamans contance. et il a mis dedansses « compagnies dechevaliers. par M.et quede ceuxqui la poussent beau« coupsont renversés. parle ainsi deschats: Devant Boves fit l'ost de France. et « ont placé dansles frondesde beauxmorceaux de rochetaillés. maisceuxde la «villesontbienexpérimentés : ils ont tenduet ajustéleursIrébuchets. il a fait (àsagâte)de « bonnesdéfenses munies de ferrures sur la face. Le fort mur à miner commencent.des coups vousla «garantirez. écrite en versprovençaux.tro série. elle continue sespetits passaccadés. l'exactitude des détails donne àcet ouvrage un grandintérêt. Oui fil de la roche meisme.. sur l'hist. publ.à proposdu siège de Boves par Philippe-Auguste. c'est ce que nous verrons tout à « l'heure. Et par toute la ville il s'élèveun cri :Par Dieu'. Et quand la gâte tourne. dit le comte.dela croùade. « Le trébuchet vise.jamais ne prendrez rats '. Pour insistersur cesdétails. Et font le chat si aombrer. que le fer et l'acier. qui peintavec énergie le trajet de ceslourdes charpentes roulantes s'avançont par soubresauts. Li mineur pas ne sommeillent. » Guillaume Guiart. préparesonjet et lui donne un tel coup à la seconde a fois. témoin oculaire dela plupart des faitsqu'il raconte. auxarcs entaillés (dans le bois). et frappent la gale sur le devantelles <iflancs sibien. Et en l'an 1205 : Un chat font sur le pool atraire. contreleshérétiques albigeois. nation.. de docum..343 [ AMCIIITECTURE ] « nezla gâte(disent les barons (au comtedeMontfort). Que riens ne les peut encombrer.inéd. Qu'une grant part du mur dcstravent.. C.et le manuscr. les Hcordes lâchées. -Ce manuscrit est d'un auteur contemporain.Ainsi on pousse la gâtevigoureusement et vite.Coll. » Et plus loin : « Le comtedeMontforta rassemblé ses chevaliers les plus « vaillantspendantle siègeet lesmieux éprouvés . n°91). saintLouis «fist faire deuxbeffrois. aux planchers. les soliveset chevilles sont tranchéset brisés. Fauriel. delaBiblioth. de France. . « queleséclatsvolentdetouscôtés.qui.

conquaisata lapidibus et confracttt « combusserunt totaliter igné grceco » Et je crois que l'étage inférieur de ces tours « (cbateils)estoit à usage de chais et galeries. Pour bander la machine.» D'où vient le mol d'Esckiflaux. onse servait d'untreuil. Perard.ibidem machinasopposueruntquamplures. Études sur kpasséet t'avenir de Fartiflerie. II. Et c'est ainsi que l'on doit entendre ce passage de Froissart: « Le lendemain vindrentdeux maîtres engigneurs au duc de Normandie. I/isam duS mnximte « carrucS tupportabant. lib.qucm machinée jadrS sSpius jactandopeitetrabant. pour garder ceux qui travaillent à la « chaussée : et ces beflrois estoientappelles chatschateils. porlescos des chets(tnb'iquiauj:). estcertainement le plus complet detous ceux quis'occupent del'artillerie ancienne. desfascines et mantelets. ils nepouvaient toutefois que détruire lescréneaux etempêcher l'assiégeant de semaintenirsur les muraillesou démonter leurs machines.» (Voyezle Recueilde Bourgogne. plein derecherches savantes. ils feraient quatre cha/faux(quelques « manuscrits ont chats) que l'on mènerait aus murs du chastelet seraient si hauts « qu'ils surmonteraient les murs. edit. Car il avoit douschastiaus devantles chasel dousmassons « darrieresleschastiaus.) Cet ouvrage. et néanmoins « estoient à usagede chats. » Et parce quecesmachinesn'estoientpas de simpleschats. II.parmi nous.d'après lesexpériences et lescalculs que le colonel Dufour a insères dans . -Dans sesobservations. calabres. et. itnus cuttus ligneus salis debitis « erut confection^.244 c chastiaus.trébu- «engins ausSarrazins. 37.Car ce n'estoit fis « de simplesgaleries. nous représente « ainsi cette espèce de chat : « Aliud eiat hocingenium. Lafronde était lapartie laplus importante dela machine.à causede quoyvles chats de cette sorte o estoient appelleschaschnteh. mangonneaux et pierrières) étaient mus pardes contre-poids. « quSsuper pas&um collocari feceramus eumdern.liquelavoit seize engins tous drois '. parlant de cette « chaussée : « Saraceni autem è contra lotis resiile/ites coiiutibus machinis nostris quas « erexeramus.in quo erat v co/iitruclaquSdameminens turris ditoi-umpropugnaculorum.elles « furent nomméeschuts faux. quibus castclla nostra lignea. c'est-à-dire pour abaisser laverge.pour « signifier un plancherhaut élevé.[ ARCHITECTURE ] . qui a\oient figure de beffrois et de tours. v parce qu'au dessus de ces chats. chats for« tifiés de châteaux. p. et àl'autre une fronde quicontenait leprojectile. A Tune des extrémités de la verge oufixaituncontre-poids. L'auteur qui a décrit le siègequi fut mis devant Zara par les Véni« tiens en l'an 1346.ou encore par destranchées. Luciiim de régna Dnlniat.mais des galeriesqui estoientdéfendues « par des tours et des beffrois. et appuyait ses beffrois etchats pardes batteries demachines de jet.p. ou tours de bois. c'est-à-direcati cas tel/ati. 1668. apudJoan.page69. c'est-à-dire. Saint Louys en l'épistre de sa prise. «11 consistait enune poutre appelée verge ouflèche. par leprince L. 395.pourcouvrirceusquiguieteroient. Hitt. etpossédaient une grande justesse detir2. pierrières. c.-). du Gange.-N. auteur . tournant autour d'un axe horizontal porté surdes montants. du roi saint LDWJS. commeje viens de le remarquer. calabres. Bonaparte. ' Le sire de Joimille. » L'assaillant pardes arbalétriers protégés pardes boulevards oupalis terrassés de claies et de terre. mangonneaux (manyoniauj. Ces divers engins (trébuchets. de M. du Gangeexplique ainsi ce passage : « Le roy saint Louys fit « donc faire deux beffrois.Voici la description quedonne dutrébuchet l'illustre 2 Voy. vi. qui dirent que « s'on leur voulait livrer du boiset ouvriers. t. il y avoit des espèces de châteaux..telles qu'estoient les chats.

et essayée à Vincennes. une bombede Omj22remplie de terre à 145 mètres.el détruisait ses ouvrages. « Madame. Il existe un cu- rieuxrapportdu sénéchal deCarcassonne. I.et des bombes de O"1^?et Om. 38 et suiv. passaient audessous. son humble. salul. d'après les ordres du présidentde la république. avecune première enceinteou lices. adressé à la reine Blanche.p.elle ne se composait guère que de l'enceinte visi- gothe. (Voyez le rapportadressé au ministre de la guerre par le capitaine Favé. arrivaient aux fondations.et la mu- raille tombait. comme cela avait lieu dans certainesmachines de jet enusage dansl'anliquité. » Une machinede ce genre fut exécutéeen grand en 1850.. son intéressant mémoire sur l'artillerie des anciens(Genève.parle prince Louis-Napoléon Bonaparte. la cité de Carcassonnen'était pas munie comme nous la voyonsaujourd'hui "2. 2e série. et quelques ouvrages avancés (barbacanes).345[ AHCUITECTl'RE ] Detout tempsla mine avaitétéen usage pour détruire des pans de murailleset faire brèche. A cette époque. 9). « dévoué et fldèle servileur. et auquel nous empruntons la traduction fidèle que nous donnons ici. sur lesquelsnous aurons à revenir. Guillaume des Ormes. le contre-poids fut porté à 4500 kilogr. puis ils mettaient le feu aux élançons. le projectile. donnépar le sénéchalGuillaume desOrmes.par la grâcede Dieu reine des a Français.autantque le terrainle permettait toutefois. il contre-minait el cherchait à rencontrer la galerie de l'assaillant. les sapaientet les étalonnaient au moyende piècesde bois.sénéchalde Carcassonne..faisaientune tranchée en arrièredu fossé. p.touteschoses égales d'ailleurs. Biblioth. puis commedernière ressource.queVotre Excellenceapprenneparles présentesque la ville * de Carcassonne aélé assiégée par lesoi-disanl vicomteet sescomplices. « le lundi 17 septembre 1240.fig. sur la levée du siège mis devant celle place par Trincavel en 1240'.L'assiégeant.réparée au xnesiècle. t. celte fronde en augmentait tellement la portée. de l'École des chartes. régente de France pendant l'absencede saint Louis. Le bulletin détaillédesopérationsde l'attaqueet de la défense de cette place. rapport publié par M. t.') « Lesexpériences que nous a\onsfaitesen petitnousont donné lesmêmes résultats.32 remplies de terre à 120 mètres. II. ouvrage déjà cité plus haut. est en latin. c'est-à-dire que si la flèche eût été terminée en cuilleron. qu'elle faisait plus que la doubler .) 1 Voy. 1840). et aprèsquelques tâtonnements on lançaun boulet de 2i à la dislance de 175 mètres. voici la traduction : « A excellenteet illustre dame Blanche. Guillaume desOrmes. II. Douët d'Arcq.El aussilôl. poursegarantircontrecetravail souterrain.Cetexteestreproduit dans lesÉtudes sur l'artillerie.qui ne devaitpasavoir unegrandevaleur(voy. hk . La flèche avait 10m. établissaitordinairement sur le revers du fossé de*palissades ou une mu- raille continue.eûtété lancé moinsloin qu'avec la fronde. il le repoussait.Lesmineurs.véritablechemincouvertqui protégeait lesapproches et obligeaitl'assaillantà commencer sontrou démineassez loin desfossés .(Voyez l'article ENGIN.30. 2 Saiut Louiset Philippe le Hardi exécutèrent d'immenses travaux de fortification à Carcassonne. nous qui étions dans la place. l'étouffaitenjetant dans lesgaleries desfascinesenflammées. 363.

du roi probablement. qui lançaitdesprojectiles versledit mangonneau et autour a delui .chaquefois que nous faisionsjouer la pierrière. les bois s'étant brûlés.Onappelait li(es une muraille extérieure ou unepalissade couvert : presque toujours ua fossé peuprofond protégeait leslices. tt nos contra «illum. Aux deuxendroits. fig. 9). descarreaux et despuits qui se trouvaient là.à l'aide desfossés qui setrouvaient «là et en rompantleschemins qui étaiententre eux et nous.et. Géraud ad'Aniort. et nousaussitôt. «ensuiteOlivier de Termes..ils s'enfuyaient et aban« donnaient entièrement leur mangonneau. deboisque l'on établissait endehors desmurailles. « à causedesfossés. situé entre la barbacane du château et 1 A l'ouest (voy. de sorte que.quandils voulaient tirer contrenous. de manièreque nous « gardionsbien la moitié de la barbacane.et là ils firent desfossés et a despalis. « D'unautrecôté.et qu'ils a voyaient mouvoirlaperche de notre pierrière.t lesmurs de la place. ondonna le nom delices auxespaces compris entre lespalissades . Nousaussi. que personne ne pouvaitsortir de la ville. nous contre-minâmes et nous fîmes dans l'intérieur de la « barbacaneun grand et fort mur de pierres sèches. « Ensuite. et «nous.« [Ledit bourg s'étendait depuis labarbacane dela cité jusqu'à l'an-ledeladite place.] «Lemême jour. infra..et beaucoup d'autresde Carcassonne. qui nous « a fait grand bien. ils commencèrent une mine contre la barbacane « de la porte IS'arbonnaise 4. Madame. 9). 3 «Posteà dressarunt mangonellum quemdam aute nostram barbacanam. lorsqu'elles furent plus tardconstruites enmaçonnerie et flanquées de . 9). « très-bonne. et auxenceintes exté- rieures mêmes. GuillaumeFort. statioa dressavimus quamdam petrariam turquesiam valde bonam.les ennemis nous enle« vèreut un moulin.entrele pont et la barbacane du château.ils s'enfero mèrentpour que nousne pussions allerà eux.[ ARCHITECTURE ] - 3i6 - « leuravons enlevé le bourgGraveillant. et quiformait unesortedechemin >Ausud(voy. une portion anté« rieure de la barbacane s'écroula.ils «avaient tant d'arbalétriers.» 4 A l'est (voyfig. de sorte que. qui esten avant de laportede « Toulouse.et alors ils mirent le feu au trou « qu'ils faisaient. ayant entendu leur travail « souterrain. Pierre de «la Toure. etlànousavons eubeaucoup debois decharpente. le jour même..etceuxqui étaient avec euxsecampèrent entrel'angledela «ville et l'eau2. Par extension. « Ils commencèrentà miner contre une autre tourelle des lices 5. nous « contre-minâmes. Ils commencèrent ensuite une mine entre nous et un 1 C'était le moulin l'Aude. et nous parvînmesà nous emparer du trou de mine « qu'ils avaient fait. parce que nous ne pouvions aller à eux. à cause de la multitude de gensqu'ils avaient '. «Ensuiteils dressèrent un mangonneau contre notre barbacane.nousdressâmes aussitôtdansla barbacane unepierrièreturque3. « nous nous retirions de ce lieu. BernardHugon de Serre-Longue. et quelquefois un second fossé se trouvait entre elles etlesmurs.fig. selogèrent « Pierre de Fenouillet et Renauddu Puy.

Le Rvman de Garin : Devant les lices commencent h LuMins. Puis environnent l'est de lices.. Les fosses fere. et au mur querneW .Hist.) La \ille fit mult richement garnir. Marten.. unemine contre la barbacane de «la porte deRodez5.- 347 - [ ARCHITECTURE ] « certain mur. (Voy. Tyr.Episf. Les breteches dont parle le sénéchal Guillaumedes Ormes dansson rapport adressé à la reine Blanche étaient desouvrages provisoires que l'on élevaitderrièreles palispour battre lesassaillants lorsqu'ils avaient pu faire brèche. t.Madame. et nous renversè« renl à peu près une dizaine de brasses de nos créneaux.et nous « contre-minàmes. gallict bretesquet.. » \Vill.fentesétroiteset longuespratiquées dans lesmaçonneries des tours et courtines. V ampliss.jusqu'au « mur deslices. 4 Archères. nous fîmes « un bon et fort palisentreeux et nous. parce qu'ils voulaient tours. mais nous « fîmeslà un bon et fort palisentre euxet nous..et lespertus garder. H. » Etc.versla maison del'évoque*. I. 9). Les bretesches drecier et e. (Du Gange. breteches. « Ils commencèrent aussi. 2 Quelque ouvrageavancéde la fortification des Visigoths probablement. et les murs enforcir.plushaut dansleslices. et ils détruisirent deux créneaux des lices . MEURTRIÈRE. et.ce mot). breteques. G/ow. .BRETÈCHE ) Les breteches étaient souvent entendues comme hourds (voy. pour envoyerdes flèches ou carreauxaux assaillants. 9).ann.apud Marten. : .anvnymi decaptaurhe CP. ou dansleshourdset palissades. « Ils minèrentaussi l'angledela place. (Le Romande Vacces. OQ appelait encore lices les palissadesdoat oa entourait les camps: « Lici<T... castella ligna quibuscastraet oppida muuiebautur.} As breteches montèrent. col. a « Bretachice. Bieu planchiées et quernelés. sousun certain mur sarrasin 2. et au-dessus nous fîmes une bonne bre- « tôche3 (fig. Anecd.. fig. 620 : « Car quant li chrestiensvindrent devantAlixandre.-baudir. 786 : « E\ercitum nostrumgrossis palis circumcinximus it \iciis.Collect. Lesbieteches garnir. Entour ont Wetesches levées. Guiart ms. 10)avecdebonnes archères4: desortequ'aucund'euxn'osa « approcher de nous danscette partie.. (Voy. «à forcede miner. ils vinrent.) . 10} l'action dont parle le sénéchalde Carcassonne. Mais aussitôt « nous fîmes un bon et fort palis.col. gallico uliomate. et faire bones lices entor eux. et ils setinrent en dessous. Là tendentles tentesfaitices.. le baillif les fist herberogier.. (Le Romande Garin. 120â. continuatu.. » (DuGange.Maisaussitôt que nousnousen aperçûmes. t. archiep. castrorum auturbium repagula.Nousavonsexprimé (fig.Gloss:} 1 A l'angle sud-ouest (voy. Guill... fig.) 5 Au nord (voy. Alorsils mirent le feu à leur mine.

AKCllITECTbllE] - 363 - "< arriverà noiremurl} etils se firent. ils « no cessèrent pasde nous livrer des assauts. C1ID n «Sachez aussi.ils élevaient despalissades au-d. mais nous avions tant de '<bonnes arbalètes et de gens animés de bonnevolontéàsedéfendre. «un grand etfortpalis. et tous ensemble assaillirent la barbacaneau1 Cepassage. un dimanche. nous fîmes aussitôt..Madame. .les assiégeants passent ici dessous la premièreenceinte pour minerle remparl intérieur. ainsique tousceuxqui précèdent.lorsque lesassiégés avaient connaissance du travail du mineur. En effet. nous enétartaperçus. une grande voie. plus hautetplus bas. décrivant les minesdesassiégeants.ssus et au-dessous del'issueprésumée de la galerie.afin de prendre les assaillants entre des clôtures qu'ils étaient obligés de forcer pour aller plus avant. nous contre-minâmes aussi. 2 Ainsi. « arbalétriers et autres. que c c'esten livrant leursassauts qu'ils éprouvèrent lesplus grandes pertes.nousleurenlevâmes leurtrou démine2. que depuisle commencement du siège. merveilleusement.ils convoquèrent tous leurs hommes d'armes. «mais. etles ayant rencon« très. « Ensuite. prouvent clairement qu'alors la cité de Carcassonne était munie d'une double enceinte.

qui avaient «bonne ^olontéde se défendre. aucundesnôtres.aucun de nos '<gensnemanquait devivres. Nous empruntons encoreau poëme provençal de la croisade contre les Albigeois un passagequi ne peut laisserde doute à. pendant le siège. «Quant aux autres affaires de la terre. que lesennemis ontbrûlé les châteaux et les lieux « ouverts qu'ils ont rencontrés dans leur fuite. Nousdescendîmes à la barbacaneet leurjetâmes «et lançâmestant de pierres et de carreaux.Madame.Sachez.Madame. ils nous livrè- rent un tics-grand assaut. par sa \JIM- « lance.dès le xne siècle. sachez en « outre. et « ils mirent le feu aux maisons du bourg de Carcassonne.) .Tous ceuxqui étaientaudit siège «l'abandonnèrent furtivement cette mêmenuit. il était certainement employé pour battre le pied des murailles dansles sièges. (Voy. s'il l'eût fallu. 2 En effet. « Maisle dimanche suivant.que cesmal« faiteurs tuèrent. le plan de la cité de Carcassonne ai-rèsle sié^e de 1240.ne fut tué ni « ne reçut de blessure mortelle.fig.cet égard. le lundi 11octobre. qui étaient dansle bourg. vers le . « Fait à Carcassonne. » Quantau bélier desanciens. de sorte que nous «ne savionsrien avant qu'ils arrivassentà nos lices. Raymond de Capendu. mômeceux du bourg. le 13 octobre 1240.votre secours. Ils ont détruit ( entièrement les maisons des frères Mineurs et les maisons d'un monas- « 1èrede la bienheureuseMarie. que le seigneur Pierre de Voisin. venaient à notresecours. votre secours. grâceà Dieu. Gérard d'Ermenville. celle situéedu côtédel'Aude à 1ouest(>oy. *< nous avionsen abondance le blé et la viande pour attendre pendant «longtemps. nous les repoussâmes . situéenhaut de la colline.. vous en «direla vérité quand nous serons en votre présence. nous pourrons.quelque pauvre qu'il lût .ils eurentbruit que vos gens. après la fête de saint Michel. mais il n'a pasconstruit des machinessuffi1 La principale barbacanc. fig. votre connétable de « Carcassonne. ( Quant à nous.etnous.Sachezdonc qu'ils « ont commencé à nous miner fortement en sept endroits. Ils Hcommençaientà miner à partir de leurs maisons. tellement que. Néanmoins le connétable. Nous avons « presquepartout contre-mine et n'avons point épargné la peine. sa valeur et son sang-froid. plusieurs d'entre eux fuient tués et blessés2. Madame.grâce à Dieu. t'est distingué par-dessus les autres. Madame. Madame. Mais ensuite.grâceà Dieu et à nos gens. nous étions bien préparés. le secondjour de leur arrivée. commandantle faubourg en bas de l'escarpement. pour prendre Kles boisdont ils ont fait leur palis. à attendre. trente-trois prêtres et «autres clercs qu'ils trouvèrent en entrant dans le bourg. Madame. 11. «Sachez.- 3Z)9- [ ARCHITECTURE ] «dessous du château1. que nous leur fîmes aban« donner ledit assaut. se sont tiès« bien conduits dans cette affaire. bienplus. Simon de Montfort veut secourir le château de Beaucairequi tient pour lui et qui estassiégépar les habitants. il assiège la ville. à la barbacanc. KMadame.il fallait descendre du château.-plusieursd'entre «euxfurenttuésetblessés. 9.< soir.

que pas un d'eux ne peut demeurerni ne « demeure. delu croisade contrelesAlbigeois. ferré.et au moyenduquella tête du bossonest priseet rea tenue. « qu'ils descendent au bout d'unechaîne le long du mur.de palisPeroilli <Je la vila 1er an tais gens tendulz Quel capdolli el miracle (mirador. et que plusieurs pierres as'en détachent çaet là.. elles assiégés. . qu'ils.. du soufre et de l'étoupe. et d'y mettre le feu. inéd. du feu. que les pou- citrès. la pierre et le plomben sontfracassés.imalos a si enbegulz Cusdeb noi pot remandre ni noi es remazulz E pois ab laspeireirjs sonsaisidefendutz Que Jebrizan e (rencan las barreiras ek fulz. et à la SaintePâques est «dressé le bosson. lesassauts n'ont pasderésultats.[ AltCniTECTURE ] - 350 - santés.mbulz Foc e solpree estopi ins enun drap cozulz E an leus ab caJena per lo mur dessendulz E can lo focssalumpna el solprcses fondulz La sabors e la fl.il est sanscessequestion.. et que la situation deslieux ne permettait pas de percer desgaleries de mines.) . Et plusieurs «desassiégeants sesont logésdans la rocbe. Docum. Ils font un'lacet de cordequi estattachéà une «machinede bois.de France. aigu. «. » Cecurieux passage fait connaître quels étaient les moyens employés alorspour battre de prèsles murailles lorsqu'on voulait faire brèche.sur l'bist. Mais ceuxdela «ville ont élevécontre(lescroisés enfermés dansle château) desengins « dont ils battent de telle sorte le capitole et la tour de guet. lre série. lorsquele « feu a pris et que le soufre se fond. « trancheet brise.de poserdesélançonssousles fondations. « brisent et tranchent les barrièies et les poutres '. jusqu'à ce «queviennel'ingénieurqui a misle bosson en mouvement. cousent.tour du guet)sonaisicombalutz Quelo fust e la peiraet lo plonu nésfundutz E a la sanla Pdsca es lo bossos tendulz Ques be loncse ferralze adreilz e ajutz Tant fer e trenca e briza que lo murs es fonJulz Qiren mantas de maneiras nal* cairos abatulz E cels dmscan o viron no sonpasesperdutz Ans feiron lalz de cordaquesablengenktendulz Ab quelcap del bussofo près e retengulz Don tuit cels de Bilcaire furtment son irasculz Tro que venclenginhaireper que lor fo lendulz E de dins en la roca na inlrat descondulz Quecuiderolmur fendreab los pics estnolutz E cels del ca| dolli preson cant los i an s.. de licesde bois. la flamme et l'odeur les suffoquent « à tel point (lespionniers). les font jouer si bien. Mais ils vont à leurs pierriers. et. quele mur estendommagé. quand ils s'en aperçoivent. droit. vers 4484 et suiv. pour essayer de fendrela « murailleà coupsde pics aiguisés. mêlés dans un drap. qui tant frappe.. danscelle histoire de la croisade conlre les Albigeois.de barrières. lequel est long. ne «sontpasdécouragés. Et ceux du capitolelesayantaperce çus. Quant aux moyensde défense.pendantce tempsles Proven- çaux pressent deplusen plus le château (lecapitole). De cela ceux de Beaucairesont grandementtroublés.

ils brisentlesbarrièreset les portes.» Cependant le comte de Montfort estobligé d'entreprendreun siègeen règle» aprèsde nouvelles attaquesinfructueuses. n'eût mieux aimé la fièvreou une bâti taille rangée.Les chevaliers ont mispiedà terre. «Comment. plein de fureur . En bas. il munit les murs du château et les (ivergersd'arbalètesà rouet1 et de flèchesaiguës. qui. vous ont.10). « II « postesesbataillesdansles jardins.. . Ce sont des cuves ovales munies de manches de bois. Les baquets debois dans lesquels ontransporte Je raisin eutemps devendange se nomment encore aujourd'hui semais. mais plus fréquemment comportes.De leur côté.sont postésles hom« meslesplus vaillants. d'au« très sont restés.et peut-ilvousle dire don Guyvotremaréchal.Le frèredu comte.ils pénètrentdans lesrues. quand arrive Simon. Le châteauNar- bonnais seul estencoreen sonpouvoir. armés de perches « ferréeset de pierres à faire tomber sur l'ennemi. afin qu'aucun assaillantne s'approchedespalis. avec l'enseignedu comte (Raymond). renforcent les barrières. franchi les défenses. répond le comte Guy.contréles chevaliers. il trouve la ville défenduepar desfosséset des ouvragesde bois. se fait-il que vousn'ayez « pasdéjàdétruit la ville et brûléles maisons ?-r-Nousavonsattaquéla «ville. «occupentles terrains d'alentour. de masses. * Semais.Lorsque Simon de Montfort est obligé de revenir assiégerToulouse. C'étaient des bretèches (voy. 3 Corseras. transmis vos rentes et vos <cens. lesbourgeois. avecde grandscris. d'é*pieux. « il n'y a parmi nous personnede si brave. et arborent en divers lieux leurs bancinières aux deux croix rouges. quelsmarcsd'ar(i gent ils nousont envoyésde dessus les toits 1Par la foi que je vous dois. Hotmls. quand ils nous chassèrent (i hors de la ville par le> portes. sous lesquels on Cait passer deuxbâtons en guise de brancards. de bà- « tons ferrés. qui. Partout « à la ronde.tandis queles dames et les femmesdu peupleleur portent « desvases. avec leur légitime seigneur.La ville est bel1 Balesias tomissas (vers 6313et suiv. avec desarcs de différentessortes et desarbalètes de «main.portant des lanceset dartz porcarissals (épieux). coursières. est arrivé le premier avec ses terribles croisés. lesouvriersarmésde masses. « tandis que sur les échafauds2. là nous avonsren- c. de grosses pierresfaciles à saisiret à lancer.dit-il à son frère.et nous nous sommes «trouvés pôle-mêle avec les habitants dans les rues.. pour « défendreleslices. chemins deronde.GuydeMontfort.).deshuées et de iigrands coups mortels. Aux « archèreset aux créneaux (fenesfrals).dans les galeries3. aprèscependantqu'il ena fait raserpresquetousles murs. fig. les hom«mesde la ville. Probablement degrandes arbalètes a rouet. 1 Cadafals. par nous.- 351 - [ ARCHITECTURE ] sades.lesarchersdéfendent les ambons «et les courtines. dehaches tranchantes. mais là ils sont reçus par les habitants et les hommesdu comte de Toulouse et sont forcés de battre en retraite.Decarreaux et desagettes descomportes * sontremplies. lesplus braveset les plus sûrs.à terre. la foule du peuple est armée de haches.

Les habitants desfaubourgs. et permettaient à la gurnisoii du châteaude faire des sorties sansêtre inquiétéepar des assiégeants."S'arbonnais. .SIÈGE. De retour de sa première croisade. ainsique les rampes qui commandaient les bordsdel'Aube et le pont. . saint Louis voulut faire de Car..[ ARCHITECTURE ] « lementfortifiéeà ses portes. .Il éleva l'énormetour appelée la Barbacane. pour mettre tout d'abord la citéà l'abri d'un coupde main.ils nepouvaient servir de rempart contre 1 Bocals. les fossés.Les tours de cette enceinteextérieure. dansToulouse. ne laissentni tours « ni salle. Il établit de bonne? clôtures avec desfossés ras. d'échelleset de lourdes pierres. et leurs rempartsrasés. lesporteset lesboulevards.-mps les Toulousains renforcent leurs défenses. ne voulantplusavoir prèsde la cité dessujetssi peuïidi:le>. devant lequel ils sont dressés.Ce ne sont. Il serre la \ille de plus près.i--nijne une des places les plus fortes de son domaine. desmurs percésd'archèresà plusieurs étages. munis de feu.Dedans et dehors on ne voit «qu'ouvriers qui garnissent la ville. » (Voy. agiles et battants.) Maisle siège traîneenlongueur..ni créneau. il fortifie l'hôpital situé hors des remparts et en l'ail une bastilleavec fossés. et le siègeest levé. furent chassés de leurs maisons brûléespar celui dont ils avaient embrassé la cause.. que charpen«i tiers qui font des trébuchets doubles. Cene fut que septansaprès ce siègequesaint Louis. maint fait d'armes sans résultats pourlesassiégeants. et les chemins de ronde des courtines sont au niveau du sol des lices.Le saint roi commençapar rebâtir l'enceinteextérieure.» Simonde Montfort revient. qui avaient ouvertleursportes à l'arméede Trincavel -.«. sur les instances de l'évéqueRadulphe. dan> le (i château . il s'emparedesdeux tours qui commandentles rives ilr . les ponts. Pendantce t.t aromiê . les escaliers.. qui n'était pusassez forteet qui avaitétéfort endommagée par les troupes de Trincavel.sont ouvertes du côtéd3 lu ville.ni mur entier.les « lices.Lesfaubourgs quientouraient la citédeCarcassonne étaient clos demurs etdepalibsades aumomeat du siège décritparle sénéchal Guillaume desOrmes. Il y a tout lieu de croire que les murailles et tours extérieuresfurent élevées assez rapidementaprèsl'expéditionmanquéede Trincavel. s'approchent « de diverses manières pours'emparer desbarbacanes ". permit pur lettres patentesaux bourgeois exilés de rebâtir une ville de l'autre eulé de l'Aude..bellementaussiet bien rangés les barons « de France. le comtede Montfort ajourne lesopérationsd'attaqueau printemps. Ir ri mitedeMontfortesttué d'uncoupde pierrelancéepar une pierrière h uiilcr par desfemmesprès de Saint-Sernin.. lesmurs. afinderendre leurpossession inutilepourl'assiégeant. Mais après maint assaut.. de sortequ'étant pris. qui. « les brelèches et les hourds doubles (cadafulcsdobliers].pendant quel'on prendrait le tempsde répareret d'agrandir l'enceinteintérieure. Eutrce des lices. eussent-ils étémaîtres de la première enceinte. palissades.ou premièreenceinte. barbacanes.arrive la saisond'hiver.

et le roi 11 de Francey tint son parlement. COURTISE. lors de la guerre avecle roi d'Aragon.) Philippe ie Hardi. tours et portes du côté de l'est1. dont nous avonsparlé plus haut. En A estla grosse barbacane du cùlé de l'Aude.[ ARCHITECTURE ] rassiégérjui.. 11 fit élever les courtines. restait le maître de sejeter sur les assaillant et de les culbuter dansles fossés. 45 .la tour dit. TOCR.) I. (Voy.Carcassonno se trouvaitêtrealorsun pointvoisinde la frontièrefort important. continua ces travaux avecune grande activité jusqu'à sa mort (1285). H) le plande cetteplaceainsimodifiée. avecsesrampesfortifiéesjus' Entreautres. TOUR. PORTE.(Voy.'du Trcsauet la porteNarbonnaise.avançal'enceinte intérieure du côté sud. Nousdonnonsici (fig. étant en force. etfit réparer les murailles et tours de l'enceinte desVisigoths.

et donnantsur leslices.puisil trouvait une défense à l'angledu château. cen'estqu'après avoirtraversé plusieurs portes et suividenouibreux détours.Cefosséetses approchessont commandéspar une forte et haute tourO. qui était munie d'une barbacane etprotégée parunfosséet uneseconde barbacane palissadée seulement. en suivant les lices. en X. masquée par la sailliedu contre-fortd'angle. Ces rampes sontdisposées demanière àêtrecommandées par les défenses extérieures du château . EnD ot une grande poterne protégée par une barbacaneP. crénelédu côtédelà vallée de manièreà dé- fendre tout l'anglerentrantforméparlesrampes duchâteau etlesmursde la ville.que l'assaillantadmettant qu'il sefût emparédelàbarbacane) pouvait arriverà la porteL. il était pris en flanc par les hautes tours desVisigolhs. ce châteauétait défendupar un largefossé X et une barbacanrE. il lui fallait franchir. quelsque fussent les obstacles accumulés aut"iir d'uneentrée. un espace étroit. etlà il lui fallait. véritable donjon isolé. IÏKUalorson conçoitque.pouvant soutenir un siège à lui seul. il fallait doncposer deséchelles pour entrerou sortir. L'artillerie a modifié cette opinion. d'îletour du Tréso. Nous avons tout lieu de croire que cette tour communiquait avec lesmurailles intérieures au moyeu d'un souterrain dans lequel on pénétrait par un puits dans l'étage inférieur de ce donjon. En S. Si l'assiégeant s'emparait despremièresdéfensesdu côté du sud. et s'il voulait. Auxprécautions sansnombreque l'on prenaitalorspour défendre lesportes.ayant derrière lui un e-'. étant comblé aujourd'hui. en changeant lesmoyens d'attaque.estplacée latéralement. réparéespar saint Louis et Philippele Hardi. faire le siège en règledu château. arriver àla porte de l'Aude en C. il estnatureldesupposerquelesassaillants lesconsidéraient toujourscommedespointsfaibles. En B estsituée la porte Narbonnaise. commandépar une énorme tour M. n'a pu être encore reconnu.u. De la grosse barbacaneà la porte de l'Aude en G on montait parun chemin roide. ce qui était difficile. Cétait là un point important. De VenT. toute la première enceintedece côté fût-elle tombéeau pouvoir desassaillants. à l'est.[ ARCHITECTURE ] - 356 - qu'auchâteau F. Leslicessont comprises entre les deux enceintes de la porte Narbonnaise.S'il parvenaità passer entre la porte Narbonnaise et la barbacaneen B. jusqu'à la tour du coin enQ. etmunie debarrièresetde mâchicoulis.l'assiégeant préféraitencoretenterdeles vaincreplutut quede venirselogerau pied d'unetour épaisse pour la saperà main . e>tun large fossé. pour arriver en V dansles lices du nord-est.-arpement qui interdisait l'emploi desengins et leur approche. à chevalsur les deux enceintes. d'autres poternes plu?petitessont réparties le long de l'enceinte et permettent à desrondes de faire le tour deslices. mais qui. dansun espace étroit et complètement battu par destours et murailles fort élevées.du côlé oùl'on pouvait atteindreau basdesmurailles presque de plain-pied. bâtiepar saint Louis.on remarquera quela poternepercée dansla tour D.Du côté dela ville. et mêmede descendre dansla campagne sans ouvrir lesportesprincipales.et le seuilde cette poterne està plus de 2 mètres au-dessus du sol extérieur . il se trouvait arrêté par une tour carréeR. Y.

La barbacane D du chàleaude la cité cai' Le plan que nous donnons ici est à l'échellede 1 centimètrepour 15 mitres.90de largeur. elle permettait de concentrer un corpscon- sidérable detroupesqui pouvaient. Par ces issues.on pouvaitrecevoir desémissaires du dehorssans craindre une trahison.pour pouvoir porter rapidement dessecours sur un poict attaqué. à quelques mètres au-dessus du sol. ou de ren- trer rapidement dansle casoù la première enceinte eût été forcée. Il enestune. la barbacanede Carcassonne est d'un grand intérêt (fig. Dans l'enceinte extérieure. et dont le seuil est placé à 12 mètres au-dessus des solsdes lices.on en découvre une autre percée dans la courtine entre la porte de l'Aude et le château. auxquelles.nous comptons six poternes percéesdans l'enceinte intérieure. pour faire une diversiondans le casoù l'ennemi aurait presséde trop prèsles défenses de cette porte ou la barhacane. . C'estce qui fait que nousvoyons.celle-ci est ouverte au-dessusd'unescarpement de rochers de 7 mètres de hauteur environ. ou jeter dansla campagnedesporteurs de messages ou desespions. et qui devaient permettre à la garnison de serépandre dans les lices sur beaucoup de points à la fois. elle forçait l'assaillant à se tenir loin des remparts du château .maissesrampes sont en grandepartie conservées. . Il cstcertainque l'on attachaituno grandeimportanceaux barbacanes.ouvertedansla grandecourtine de l'évêché.qui n'a que 2 mètres de hauteur sur ()m. xnie et xi\e siècles. ellespermettaient aux assiégésde faire dessorties. on disait qu'elle n'avait qu'une ou deux portes. surtoutlorsqu'ilsdevaient garderunedouble enceinte. il fallait cependant rendre les communications faciles entre ces deux enceintes. pourle servicedesassiégés.par conséquent. quand on voulait donner une haute idée de la force d'une place. assezvaste pour contenir quinze à dix-huit centspiétons. un grand nombre de poternesplus ou moins bien dissimulées. elle pouvait doncservirau besoin à jeter danscesenclosune compagniedesoldatsdéterminés. ou la battre au moyen d'engins très-imparfaits.- 355 - [ ARCHITECTURE ] d'homme. 12). qui est la plus intéressante. culbuter lesassiégeants dans le fleuve.mettre le feu aux engins. Cettedernière poterne.d'un si difficile accès. à un moment donné. Aussipendant les xn*. donne dansl'enclos protégé par la grossebarbacaneet par le mur crénelé qui suivait la rampe de la porte de l'Aude. ouvertedans la courtine de l'enceinte extérieure.On observera que cesdeux poternes. La barbacane de Carcassoniic a été détruite en 1821 pour construire uu moulin. beffroisou chatsdesassiégeants. entreautres.sont placéesdu côté où les fortifications sontinabordablespour l'ennemi à causede l'escarpementqui domine la rivière d'Aude.par une sortievigoureuse. elle met celui-ci en communication avec les bords de l'Aude ' . En cela. Bàlie en basde la côte au sommetde laquelle estconstruit le château. sesfondu- lions seules existent.en parcourant l'enceinte intérieure de Carcassonne. la nuit. sanscompter ceux qui garnissaientle chemin de ronde. en cas de blocuset au moyen d'une échellede cordes. Outre les deux grandesportes publiques de l'Aude et Narbonnaise. surtout dansla partie voisinedu château.on ne pouvait arriver qu'au moyend'échelles.Mais.

il devait longer un parapet percé d'archères.S'il franchissaitcelle premièreporte. en F.Si l'assiégeant parvenait . qui monteparunepenteroideversle château. qui desrampesdonnesur la campagne. se détour- . estenfilé danstoutesa COTE LA VILLE «kg longueur par une tour et deux courtines supérieures. il lui fallait se détourner enE : il était alorsbattu de liane.puisune portebien munie et crénelée.m -niuinet de la première rampe.forcer une barrière. il trouvait un parapet fortifié.Leur chemin estcoupépar desparapets chevauchés. et l'ensemble de l'ouvrage. Ces rampes E sontcrénelées à droiteet àgauche.[ AKC11ITECTURE ] - 35') - cassonnaise masque complètement la porte B.

Maisde ce côté 1'allaquenepouvait être tentée. et était percé de mâchicoulis dans la longueur du passage. de sortequ'en s'emparantde cetétage supérieur.11 ) etl'angledu château.Le premier battait la dernière porte au moyend'une défense de bois. on rencontrait bientôt une portebien munie de mâchicoulis et bâtie parallèlementau couloir GH. Alors il se trouvait devant un ouvrage considérable et bien défendu : c'était un couloir long. et qui d'ailleurs étaient défenduspar de forts vantaux. S'ils franchissaient le couloir à rez-de-chaussée. D'ailleurs. car c'estle point de la cité qui estle mieuxdéfendu par la nature. l'assaillant se présentait du côtéopposé parleslicesdu nord. ils étaient arrêtés parla troisièmeporte H. du côté desrampes. Si. deux mâchicoulis placés l'un au- dessus de l'autre. on était arrêté par unposteT.et escalader des rochers.on n'avait rien fait.ils s'emparaient du deuxièmeétage. Si. iN ne trouvaient plus d'issuesqu'une petite porte donnant dans une seconde salle située le long desmurs du château et ne communiquant à celui-ci que par desdétours qu'il était facile de barricader en un instant. une herseet desvantaux. un pont avecplancher mobile. puis enfin on arrivait à la poterne! du château. au contraire(chose qui n'était guèrepossible). Après cette porte et cesdéfenses. ils étaient pris comme dans un piège. il leur fallait alors attaquer la poterne I du château. En supposant que l'attaque fût pousséedu côté de la porte de l'Aude. il leur était impossible d'aller plus avant. il était arrêtépar une défense V. au moyen d'un passage en bois qui pouvait être détruit en un instant. qu'on setrouvait à 7 mètres en contrebas de la cour intérieur L du château. il fallait d'abord gravir une rampefort roide. Si. surmonté de deux étagessous lesquelsil f'iillait passer. percéedansun mur surmonté par lesmâchicoulis du troisième étage communiquant avecles chemins de rotule supérieurs du château.- 357 - [ ARCHITECTURE ] nerbrusquement et s'emparerd'une deuxièmeporte G. après avoir franchi la porte du rez-dechaussée. élantencore battu de flanc. les assiégeants forçaient la troisième porte. une porte avecouvragede bois et un double mâchicoulis percé dans le plancher d'un étagesupérieur communiquant avecla grand'salle sud du château. Se fût-on emparéde cette porte. par impossible. ils se trouvaient exposésaux projectiles lancés par les mâchicoulis du deuxièmeétage. on poussaitplus loin sur le chemin de ronde lelongdela grande guette carréeS.le secondcommuniquait aux crénelagesdonnant soit à l'extérieur. en attaquant la . Le plancher du premier étage ne communiquait avecles chemins de ronde des lices que par une petite porte. gardée par un systèmede défense formidable: des meurtrières. à laquelle on n'arrivait que par desrampesétroites et en passant à travers plusieurs portes en K. car la petite porte ferméesur eux. c'était une secondeporte étroite et basse percée dans le gros mur de refend Z qu'il fallait forcer.et pour forcerla premièreenceinte entrela tourdu Trésau (fig. malgré tous ces obstaclesaccumulés.Si.et l'extrémité du plancher étant interrompue brusquement en H du côté opposéà l'entrée. Si les assaillantsparvenaient à s'en emparer par escalade.soit au-dessus même de ce passage.

partant de la courtine du château. ou de reconnaître les troupes remontant de la barbacane au château.afin de prendre des dispositions intérieures de défense en cas de surprise. le château pris. Sur le portique N. dans desbâtiments à trois étagesQ.l'assiégeant seprésentait de flancauxdéfenseurs garnissant les hautes murailles et tours de la secondeenceinte. Y. car il n'était guère possibleà un corpsdetroupesde se posterentre cettebarbacaneet l'Aude sansdanger. était une vastesalle d'armes. En S estune haute tour de guet qui domine toute la ville et ses environs. et ce moulin lui-même était fortifié.Ainsi. La grossebarbacanede l'Aude avait deuxétagesde meurtrières et un chemin de rondesupérieur créneléet pouvantêtre muni de hourds '. Uneporte A' bien défendue donnait entréedans cettebarbacane. relevé en mil. et se terminait à sonextrémité par une échauguette qui permettaitde voir cequi sepassait dansla rampe descendantà la barbacane.la ville et sesabords étant au pouvoir de l'ennemi .mais depuis longtempsfermé et comblé en partie. n'ayantaucun moyen de se cou-vrir. s'avanceà angle droit jusque surladescente dela barbacane. le plus grand séparé desconstructionsvoisinesparun isolementet nepouvantcommuniquer avecles autres bâtimentsque par despontsdebois qu'on enlevait facilement. .kdéfense. qui. De Castes portiques N étaient destinésà loger une garnison temporaire en cas de siège. le pont G communiquait à la porte principale 0. percéede meurtrières du côlé du fosséet prenant sesjours dansla cour M. défendantfacilement la barbacane et ses rampes. 1 Hourd. côté sud. la porte 0 et les courtines intermédiaires sont du \ne siècle. dont le lit était alors plus rapprochéde la cité qu'il ne l'est aujourd'hui. how : voyez ce mot pour les détails de la construction de ce génie . cou- Du côté de la ville.Quantà la garnison ordinaire. Cesconstructions furent complétéeset restauréessous saint Louis. Le château pouvait donc tenir longtemps encore. Un plan de la cité de Carcassonne.et le terrain plat et marécageux étant dominé de toutesparts. s'approvisionnaitpar la rivière et empochaitle blocusde côté . elle logeait du côté de l'Aude. ainsi quela tour de guetet les soubassements desbâtimentsdu côté dela barbacane. sa garnison. note danssa légendeun grand souterrain existant sousle boulevard de la barbacane. Les tours X. le château de Carcassonne était égalementdéfendu >ar une grande barbacane Cen avant du fossé. étaitcouronné demâchicoulis transversauxqui commandaientla porte H. P. Peut-être ce souterrain verte entre ce moulin était-il destiné à établir une communication et la forteresse. Le gros mur de refend Z.La barbacaneavait encorecetavantagede mettre le moulin du Roi en communication avec la garnison du château.[ ARCHITECTURE ] - 358 - porteV du nord. RH étaient les donjons. restait maîtresse de l'Aude. les restesde la garnison pouvaient encore se réfugier dans cette énorme tour complètementferméeet tenir quelque temps. elle contenait seulement un escalier de bois.

qui .13 359 - f ARCHITECTCHE ] ^^ET. v Voici (fig.13)un£ vue cavalière de ce château et de sabarbacane. >.£ rs "i ' : ii -.^>-' """ : - - i -.WlH'^t^ S&^~ r. pl| ï'?'-r': l lir .

12). 14)unecourtinecouronnée de créneaux et d'archères.l'assaillant y mettait facilement le feu. avecle plan (fig. on avait le soinde prolégerleur travailen envoyant desvolées de flèches et de carreauxaux parapets lorsque les . on secontentait de lesplacer a-sezhaut pour rendre difficile. lorsqu'on voulait de bonnesdéfenses. et de leurs palissades avancées. mais présentantdes différencesde niveau considérables. puisque par les meurtrières.par desenceintes extérieureset desbarbacanes de maçonnerie. Onavait reconnule dangerdesdéfensesde bois au rasdu sol. Auv le >\sternedecréneauxet d'archèresou meurtrières pratiquésdans le-> parapetsde pierre.il est impossible de voir le pied des fortifications. et du temps de saint Louison remplaçait déjà leslices et barbacanes de bois. de ~. sinon impossible.Ce minimum de hauteur n'est pas le mêmepour les deux enceintesextérieure et intérieure : les courtines de la première défense sont maintenues à 10 mètres environ du fond du fossé ou de la crête de l'esarpementau sol deshourds. et permettantà un grandnombre d'assiégés debattre le pieddesmuraillesou destourspar une grêlede pierreset de projectiles de toute nature. on avait le soin deconserverpartout au-dessusdu sol servantd'assiette au pied desmurs et tours un minimum de hauteur. à moins de sortir la moitié du corps.surabondamment. tandis que les courtines de la seconde enceinte ont.des règles.et les motifs qui les avaient fait adopter (lr~ le xne siècle.bien mu- mesJe défenses. alin de les mettre également à l'abri des escalades sur tout leur développement. COURTINE). Ni MIS avonssupposé les fortifications arméesen guerre. on ne pouvait empêcherdesassaillants nombreux et hardis. si fréquemment employéesdans le siècle précédent. et munies de leurs défenses de bois. malgré l'inclinaisonde leur ligne de plongée. hourds. Il y avait donc alors des données. Il fallait donc établir des galeries saillantes. Mais il est nécessaire. 14 mètres au moins. les remparts se conforment aux mouvements du sol. protégéspar desclrits recouverts de peaux ou de matelas. bretêches. en encorbellement. et les bourds suivent l'inclinaison du chemin de ronde (voy. du sol des lices au sol des hourds. La suite de cel article le prouvera. mais alors il se démasquecomplètement.desformules.Alors comme aujourd'hui (et les fortifications de la cité de Carcassonne nous en donnent un exemple). pour l'architecture militaire comme il en existait pour l'architecture religieuse ou civile. Le terrain servantd'assiette aux deux enceintes n'étant passur un plan horizontal. de bien faire connaître ce que c'étaient que ces hourds. nousle croyons. leur combu>tion par des projectiles incendiaires. et toutes les fois que despionniers étaient atta- chésau piedd'unemuraille.[ ARCHITECTURE| - 360 - viendra compléter la description quenousvenons d'en faire. l'homme placéen A ne peut voir le pionnier B qu'à la condition d'avancer la tète en dehors descréneaux. avant d'aller plus avant. Soit(fig.iperle pied destours ou courtines. on ne pouvaitnonplus viserun objet placéenbas de la muraille.il estfacilede retrouver la position de chaquepartie de la défense. et par les créneaux. Cependanton ne renonçaitpasauxdéfensesdecharpentes.

(\ njez Hounn. d'aprèsles précautions prises pour empêcher la basculedes bois des planchers. mais ils lais1 Le château île la cité de Carcassonne date du commencement du xne siècle. Nonseulement les hourds remplissaient parfaitement cet objet.afindecommander com- plétement le pied desmurs. En tempsde siège. du xiiesiècle1..«ostours et courtines étaient bien munies de hourds. 46 . Imites .dèsle commencement.361- L ARCHITECTURE ] assiégés selaissaient voir. ongarnissaitlesparapeb dehourdsG. qui devaient être très-saillants. au moyen d'un mâchicouliscontinu D.) i.

Avec ce système. pour garnir les hourds de projectiles et forcer les assiégeantsà s'éloigner du pied des fortifications.inh.Unepalissade haute protège l'engin.[ ARCHITECTURE ] - 362 - saient les défenseurs libres dans leurs mouvements. soit par des treuils et des poulies de renvoi B. Nousdonnons ici (fig. 15) le ligure des travaux d'approched'unecourtine flanquée de IOUFS avec fosséplein d'eau. il bat les hourds de la seconde courtine.despalissades et desmanteletsmobiles protègent lestravailleurs. Ces hourds se posaient promptementet facilement (voy. lesassiégés ont monté un trébuchet qui bat le beffroi de> assaillants. garni de peauxfraîches. en C. Surle premier plan estun citât A: il sert à combler le fossé.le rôle del'assiégé està peuprèspassif.Cet engin estmû. les archèrespratiquées dans la construction de pierre restaient démasquées dans leur partie inférieure et permettaient aux archers ou arbalétriers postés en dedans du parapet de lancer des traits sur les assaillants. comblent le fossé. D'ailleurs si ces hûurds étaient garnis. au moyendeleviers. un autre Irébuclii'l masquépar les courtines lance des projectiles contre les engins de. Au delà en- core est une batterie de deux trébuchels qui lancent desbarils pleins de matière» incendiaires contre les hourds des courtines. il avancesur un plancher de madriers au fur et à mesure que lesassaillants. sur une grossetour carréeterminée en plate-forme. HOCRD). un plancher de bois qui s'établit au fur et à mesureque s'avancele chat permet de le faire rouler sanscraindre de le voir s'embourber. On ne doit donc pas s'étonner si dansquelques sièges mémorables.desarbalétrierspostés derrière <!'-'-mantelets roulants. en E.aprèsune défenseprolongée. À côté. est un beffroi mnni de son pont mobile. Tant que les machines de l'armée ennemie ne sont pasarrivées au pieddesmurs. en E. Au delà. en D.la défense était aussiactiveque possible.cll.et s'avance vers le pied dela muraille sur les amas de fascineset de matériaux de toutes sortesque les assaillants jettent sanscessepar son ouverture antérieure. Derrière les murs.à démolir les murs de jardins.a--.<le cettecourtine au moyende projectileslancés par desmachinesde jet. il est mû comme le chat-par des treuils et des poulies de renvoi. Fiasloin. Outre l'auvent qui est placé à la tête du chat. avant defaire avancer le chat contre la courtine pour pouvoir sapersa base. Dans la ville. soit par desrouleaux à l'intérieur. Cetrébuchet est bandé. Lesassaillants.un homme met la fronde avec sapierre en place. visent les assiégésqui se démas- quent. outre le mâchicoulis continu. on les retirait en temps de paix. les assiégés en étaient réduits à découvrir leurs maisons. prir les archères de seshourds. d'envoyer force carreaux et sa- . et le manque de projectiles devait seul laisserquelque répit aux assiégeants.est un grand trébuchet. afin de rendre intelligibles les divers moyensde défense et d'attaque dont nous avons parlé ci-dessus.ont détruit les hourd-.protégéspar des palissades. l'approvisionnement des projectiles et la circulation se faisant en dedansdu parapet. Le chatestgarni depeauxfraîchespour le préserver desmatièresinflammables qui peuventêtre lancées par lesassiégés. il se contente. à enlever les cailloux des rues. de meurtrières.

hardi.[ ARCHITECTURE ] ï i - :1<"M :W SiS "-<"" J_ ^B-^l k^- M gettes. lanuit il "V -cO tenter d'incendier le . S'il est nombreux.

le plancherde madrierslégèrement incliné versla courtine permettraau beffroi des'avancer rapidement par son proprepoids. cote sud. fermées à l'intérieur. elle se renferme dansles tours qui l'interrompent d'espace en espace (fig. au point du jour son fossé seracomblé. indépendant.ne l'nublionspas. avant l'invention desbouches à feu.avecquel soin on s'est mis en gardecontre dessurprises. de sorte qu'en un instant le vantail peut être pousséet barricadé en tirant rapidement la barre de bois (voy. le culbuter. Évidemment un siège.elle résistaitlongtemps.lesétages supérieurs conservaient encore des moyens puissants de défense. On reconnaît. Les escaliers à visquidonnaient accès auxdivers étages des lours étaientfacilement et promptement barricadés. .. Si la garnison forcée ne peut tenter ce coup hardi. le pont mobile du beffroi s'abattra tout à coup.'l - beffroi. Mai>s'il est timide ou démoralisé.. lorsqu'on étudie le systèmedéfensif adopté du xne au xvie siècle. ou parunebrèche.renfermée danslestours. en <orlantpar quelquepolerneéloignéedu point d'iiUaque. épuisaitles forces del'ennemi. Le plan des tours est pris au niveau de la courUDC.en abandonnant la courtine prise. corpsà corps. et l'assaillant doit faire le siège de chacune d'elles. les assaillantsn'auront qu'à le maintenir. BARUE .lui taisaitperdredumonde àchaquealtaque partielle.lespali»-ades et machines. de fours et de caves pour conserverles provisions. par desdétoursimpossiblesà pré- voir.Si la garnisonest lidèle.Maiscettecatastrophe est prévue. 17 J). avant qu'il soit trop nombreux. elle peut se rallier.qui. demanièreà rendre 1 L exemple que nous donnons ici est lire de l'enceinte intérieure de la cité de Carcas- sonne. 16). pour ainsi dire. et. ce sont les tours dites de Daréja et Saint-Laurent. sans que pourcelala garnison serendît. beaucoup sont munies de puits. partie Initie par Philippe le Hardi.n'était sérieux pour l'assiégécomme pour l'assaillant que quand on était venu à se prendre. et renforcéesde barres de bois qui entrent dans l'épaisseur de la muraille. Les portes qui mettent les tours en communication avec les chemins de ronde sont étroites. et une troupe nombreuse de chevaliers et de soldatsd'élite se précipitera sur le chemin de ronde de la courtine (fig. s'il ne peut disposer d'unetroupeaudacieuse et dévouée. car au besoin chaque tour peut faire un petit fort séparé. faire par les deux portes A et B une brusque sortie pendant que l'assaillant cherche à descendre dans la ville. sebattre corps à corps sur des espacesétroits et embarrassés. bien ferrées. 11fallait brisée un grand nombrede portesbien barricadées.sontautantde forts. L'en- nemipouvaitentrerdansla villepar escalade. Sur les débris deshourds mis en pièces parles pierreslancées par les trébuchets. caralors. enfiler le chemin de ronde et le couvrir de projectiles . Prenait-on le rez-de- chaussée d'unetour. Une garnisonaguerrie luttait avecquelque chance de succès jusque danssesdernières défenses. s'emparer du beffroi et l'incendier. Onvoit quetout étaitcalculé pour uneluttepossible piedà pied.I ARCHITECTUHE ] - 36. elle se barricade dans les tours.toutes lesprécautions sont prises pour arrêterl'ennemiet l'embarrasser à chaque paspar desdispositionscompliquées.

Les . vains les effortsdes assaillants pour monter d'un étageà un autre.- 365 - [ ABCniTECTlB£ .

Mais alors nul ne pouvait dire quand et comment une place devait tomb?r au pouvoir de l'assiégeant. Avec une garnison déterminée et bien approvisionnée. que nous sommestrop disposés à taxer d'exagération. Aujourd'hui. quel'assiégeant esttoujourssurde gagner. pendantdesmoisentiers.- 3C6 - bourgeois d'unevilleeussent-ils voulucapituler. en étudiant scrupuleusement É.peut f'-uir beaucoup plus longtemps que celle qui sera défenduepar un homme routinier et qui ne-lrou\era pasdansson intelligence des ressources nouvelles à chaque phase de J'attaque. Aussi n'est-il pas rare de voir une bicoquerésister. et dont le coupd'Sil estprompt.C'estune partie plus ou moins longue à jouer. où les colonnes d'assaut entreront danstel ouvrage.i?absolument vrai cependant.place prise».si nombreux qu'il fût. 11 estcertain que. dit le dicton français '. On annoncera d'avance le moment où la brèche sera praticable. cesressources de détail qui étaient . peut prévoir le jour et l'heure où cette place tombera. ces estacades.que la garnison pouvait segardercontreeux et leur interdirel'accès destourset courtines.que l'on opposait à un assiégé qui avait calculé toutes les chancesde l'attaque. qui prenait souvent l'offensive. une forte de formule.C'est un système dedéfiance adopté enverset contretous. et qui était disposéà ne céderun point que pour se retirer dans un autre plus fort.depuisque la guerrede siège est détenue une science. grâceà l'artillerie. C'est en examinant avec soin. 1 Comme beaucoup d'autres. Devant ces moyensde défensesi bien prévus et combinés.si le matérielne lui fait pas défaut et s'il a un corps d'armée proportionné à la force de la garnison. même aujourd'hui. on se figure sans peine ces travaux énormes des assiégeant*. un général qui investit une place non secourue par une armée de campagne.ce dictonn'estp. jusqu'aux moindres traces des obstaclesdéfensifsde ces époques. boulevardsou bastilles. ces beffrois mobiles. Peut-être. ingénieux. « Place attaquée. que l'on comprend ces récits d'attaques gigantesques. C'estdanstous cesdétails de la défensepied à pied qu'on prend sur le r fait l'art de la fortification du xic au x\te siècle. uneplace défendue par un commandant habile.on pouvait prolonger un siège indéfiniment. et bien des exemples viennent lui donner tort.a-t-on fait trop bon marchéde toutes.

car. on capitule. aguerrie. rien qui soit bon à prendre aujourd'hui. Aussi (car on peut conclure du petit au grand) il ne suffisait pas alors de prendre la capitaled'un pays pour que le pays fût à vous. les grandsvassaux. qui ont eu sur les autresbranchesde l'architecture une si grande influence.- 367 - [ ARCH1TECTUBE ] à une armée nombreuse et aguerrie. renfermés dansleurs châteaux. Ce sont des temps de barbarie. général. les bastions qui n'ont mêmepasvu la fumée descanons. et l'on se défendait enverset contre tous. ditM. tout esten apparenceuniforme . en face des moyens puissantsde l'artillerie. si l'on veut.elle fait connaître desmSurs dans lesquellesl'esprit national ne pourrait que gagner à se retremper. Nousvoyonsau commencementduxnr siècleleshabitants de Toulouse avec quelques seigneurset leurs chevaliers. et du fonder des nationalités fortement constituées. du moins. .ils n'ont vu devant eux pendant des semainesentières que destalus de terre et un peu de fumée. cette audace et cette insolence du faible en face du fort et du puissant. il fallait.maisau suzerainet à sesarmées. s'il n'y a. de l'esprit denotre époque. s'il lui plaisait de défendrepied à pied le postequi lui était confié. Mais il y a quelque cinq cents ans leschosesse passaient bien différemment. il n'en est pas de même dans son esprit et dans son principe. Un corps d'armée prend une ville. Rien n'est plus propre à faire ressortirles différencesprofondesqui séparent lescaractères deshommesde cestemps reculés. dansla formede la fortificationdu moyen âge. Tout. tout tombe le môme jour. faire capituler chaque tour. mais d'une barbarie pleined'énergie et de ressources. pour ainsi dire. était disposé pour que les choses dussent se passer ainsi.« Le caractèrepropre. tout est rendu.les magasins. Bien mieux encoreque les villes.c'est le démembrementdu peuple etdu pouvoir employées encore au xviesiècle. à notre avis (et notre opinion es. On s'ha- bituait à ne compter que sur soi et sur les siens. on a abattu un pan de mur. De là. traiter avecchaquecapitaine. et la ville. L'étude de cesgrands monumentsmilitairesdu moyenâgen'est donc passeulementcurieuse.que d'établir une comparaisonentre une ville ou un château fortifiés au xnieou au xive siècle et une placeforte moderne. qui a permis aux populations françaises et anglo-normandes de se relever après des revers terribles.t partagée par des personnages compétents). souvent. Danscettedernière rien ne frappe la vue. il estdifficile de reconnaître un bastion entre tous. réagiront également sur l'architecture militaire .de la féodalité. Si une garnison était fidèle. dans une ville mal fermée. celte énergie qui a produit de si grandes chosesau milieu du tant d'abus. tenir en échecl'armée du puissantcomte de Montfort et la forcer de lever le siège. croyaient-ils pouvoir résister non-seulementà leurs rivaux. à peine si les assiégeants ont aperçu les défenseurs. cette habitude delà résistanceindividuelle qui faisait le fond du caractèrede la féodalité.II n'estpasdouteux que lesétudes archéologiques. La brècheest praticable. arsenaux. bouleverséun peu de terre. Guizot.

il en devient la citadelle.» Aussile châteauféodalne prend-il sonvéritable caractère défensif que lorsqu'il est isolé.peuplesoccidentaux. Guizot.Quandil tient à la grande \ille. étant postérieureà celle delà ville. cette résidence centrale ne pouvait convenir à un souverain. qui estvenuesegrouperautourdu gouvernement central '.[ AHCUITECTCRE 1 - 36S ' en unemultitude de petitspeuples et de petits souverains. » Le développement du système féodalestdonclimité entre lesxeel XIVe siècles.lihilippe-Auguste.qu'ellel'. au point de vue de l'art de la fortification. il surveillait les deux rives de la Seine en aval de la cité.'evenaitnulle comme défense. lescommunes del'autre. A Paris. les prétentions desrois d'Angleterre.Maislorsquela ville deParis eut pris un assez grand développement sur lesdeux rives. ajoute l'illustre historien.de tout gouvernementcentral. Al'avènement dePhilippede Valois.lre IPÇOIL . Sousquels ennemis a succombéla féodalité?qui l'a combattue en France?Deux forces : la royautéd'unep. En entourant la ville de murailles. s'enlonre de précipices. le Louvre de Philippe-Auguste fut évidemmentconstruit suivant cesdernièresdonnées.irt.les rois habitaient ordinairement le palais sis dansla cité.posaitunecitadellesurle point de la ville où lesattaquesétaient le plus à craindre. preuve certaine que l'époqueféodale s'arrêteà ceslimites.!. voit peu à peu les habitationssegrouper autour de lui. est obligé de subordonnersesdéfenses à <-elle> desenceintesurbaines.. ii-.l'éducation mililaiiv de-. la bourgade. el elle (.de seplacerau point d'oùil peut restermaître du dedanset du dehors.où sonredoutable ri val Richard devait se présenter. parM.par lescommunes s'estforméeune nationgénérale. l'absence de tonte naii >ngénérale. ayantd'abord choisi son assiette.iii. Autre choseestlechàteau. de fossés ou decours d'eau. esl celuiqui. s'étendaientjusqu'aux rampesde Chaillot et jusqu'à Meudon.C'estalorsque la féodalité élèvesesforteresses lesplus impor- tantes.enbâtissantle Louvre..sa citadelle.et ellesseprolongent jusqu'àLouisXI.non plusdevassalà suzerain ou de vassal à vassal.. T. pendantses luttesde seigneur à seigneur. Il ne s'agit plus alors de guerres féodales. et commandaitles maraiselles champsqui. Alors il profite desdispositionsdu terrain avecgrand soin.a du subordonnersonemplacement et sesdispositions à la situation et aux dispositions défensives de la cité. de ce point. et qu'il domine la petite ville. que lorsqu'il est éloigné des grandes villes richeset populeuses.éclatent lesgrandes guerresdesFrançaiscontrelesAnglais.part.degouvernement à gouvernement.mais de guerres nationales. Jusqu'au règnede ce prince.Parla royautés'estfonné en Fianceun gouvernement central. il avail le soin de laisserson nouveauchâteau.il ionen France. mais sur le payset le trônede France. afin de couscrver toute sa liberté de "edaIn . ou le village.Alorscommencentlesguerres fii-aii^ère-. non sur tel ou tel fief. qu'uneautresociété a déjàcommencé.Pour nous faire biencomprendreen peu demots. en dehors de leur enceinte. maisde peuple à peuple.dont la construction.-i. mi peut dire que le véritable château féodal.les guerreschangentdecaractère. « Avec le xive siècle.

par Bonriardot. qui g-ardait le Petit-Pont.Dissei-lfition f/rrt/éoloyiqtte sur les anciennes enceintes rit Paris. de Fer.sur la montagne.18. (Description de Paris. Onvoit dansée plandeParis(fig.) T. formant une citadelle séparer. 1853.en D. l'hôtel de Vauvert. bâti par Jeroi Robert et entouré d'une enceinte '. le Temple.comme nousl'avons dit plus haut. Sainte-Geneviève et le pilais de Clovis.H estle château du Boisentourédejardins. la maladrerie. /|7 .. avec sesmurailles et son donjon. en G. en K. 19). qui défendait l'entréede la cité au nord. surtout du côté de la rive droite (fig.an sud. Plustard. Notre-Dame et 1e\è< lie -. par Nie. qu'outre le Louvre A. En E. maisonce plaisance du roi.369 - [ ARCHITECTURE ] défense. EnL estl'hôtel desducsde Bretagne . la ville s'étendant toujours. en P.". 1724.. en M et N. l'aïu-icn Palais. d'autres établissements fortifiés sont dissé- minésautour de l'enceinte. pendantlaprisondu roi Jean. en C» le palais du roi Robertet le monastère Saint-Martin desChamps entouré d'une enceinte fortifiée . le petit Chùtelet. les halles : en 0. Le 1 En I était la maison de Suint-Lazare.en F. le grandChàtelet.il fallut reculercette enceinte. en B.

et du côté de l'est CharlesY fit bâtir la bastille SaintAntoine S. il n'en estque la citadelle. le châteauesttout et la ville n'en estque l'annexe. etn'a pas le caractère d'un château féodal.20). mais desportes bien défendues.Indépendant de la ville. Nousavons déjà dit que le système de fortifications du moyen âge ne se prétait pasà des défenses étendues. qu'il . muniesde barbacanes. par exempleffig. et d'ailleurs le Temple et le Louvre.setrouvèrentcomprisdans lesnouveaux murs. Aussin'est-il peut-êtrepasenFrancedechâteau qui ait plus complètement le caractère féodal. la défense extérieure.Nous avons vu à Carcassonne(fig.tandisqu'àCoucy. lorsqu'il n'était pasaccompagné décèsforteresses avancées qui divisaientles forces des assiégeants et empêchaient les approches. il perdait sa puissance en occupant un trop grand périmètre. Le palais des Tournelles R renforça encore cette partie de la ville. qui commandaitlesfaubourgset appuyait l'enceinte. purenttenir lieu de forts détachés.[ AHCHITiiCTCRE ] - 370 - Louvre. consen-ant leurs enceintes. formaient avec la Bastille commeautant decitadellesintérieures. llj une ville d'une petite dimension bien défenduepar l'art et la nature du terrain : mais le châteaufait partie de la cité.le Temple.

C'était dans l'espace A qu'étaient disposésles écuries.. car il était impossible d'assurer commeaujourd'hui les résultats d'une. qui ne devaient. Le château étant seulement établi le mur de traverse de la baille accessible de ce côté. Falaise.Orange.se retirer dans l'enceinte du château . il en estcependant séparépar une vastebaille ou placed'nrmesA. Ces cités dans le-quelles les défenses étaient ainsi diviséespassaientavec raison pour être très-fortes. domine des escarpements fort roi- désel est séparéde la place d'armespar un large fosséD. reprenaient la ville et inquiétaient leurs derrières.j"71 [ AKCUITECTUBE ) protège. Dieppe.campagne par la centralisation du pouvoir militaire et par une discipline absolue. devaient renoncer à faire le siège du château. tous trois bâtis sur une colline voisine et étant indépendantsles uns des autres. Si la ville était prise. et flanque complètement la courtine. afin de rendre l'attaque plus difficile.Château-Thierry. ou de recevoir des secours du dehors. Bourbon-l'Archambaull. Le château. trois châteaux dominaient la ville à la fin du xrv* siècle. et. Loches.d'aprèsle droit féoda'. si l'ennemi tenait la ville et n'était pas en nombre suffisant pour garder la cité et bloquer le château. les communs et les logements de la garnison. Danscette dernière cité. aprèss'être emparées des fortificationsurbaines. Chàtillon-sur-Seine. lesarmées étaient composées de vassaux. des poternes percées dans les courtines de la place d'armes permettaient de faire des sorties. Hyères. Montfortl'Amaury. etc. l'architecte a à l'étranglement du plateau.si la féodalité eût été unie. Boussac. Si le paysconquis était diviséen une quantitéde seigneuries qui se défendaient chacunepour leurcompteplutôt encore quepourgarderla foi jurée au suzerain. Certes.laissaient sanspouvoir les entamer des garnisonsqui. le lendemain de leur départ. aucun . Chauvigny en Poitou. Meulan. poursuivant leurs conquêtes. qui se détendcontre la ville. Montargis. Saumur.systèmen'était plus propre à arrêterles progrès d'uneinvasionque ce morcellementde la défense. Beaucoup de villes présentaient desdispositionsdéfensivesanaloguesà celles-ci: Guise. Cette porte E est d'ailleurs munie de bons fossés. la place d'armes et en-x suite le châteauservaientde refuges assurés à la garnison. ne communiquant avec la cité G que par la porte E. sou- vent des armées ennemies. . tant qu'elle n'était pasobligée de . bâti sur le point culminant de la colline. et cela explique même l'incroyable facilité avec laquelle se perdaient alors des conquêtesde province .

sur la bonté de son cheval et de son armure. miles. habiles à tirer de l'arc. du Minist.37. surtout sur les fron- tières des provinces. édit. TOUR) '. qui fut si fatal à la France à l'époque desguerresavec les Anglais. les évèques.La féodalité anglo-normandeformait un faisceauplus uni que la féodalité française. : Philippe III. Sousce rapport. intimement liée au suzerain. la monarchie anglaise avait acquis une grandesupériorité sur la monarchie française.} D'un autre côté. préjudiciables à leur: intérêts et « à ceux de la patrie ». etc. nulle part en Occident on ne rencontre de plus nombreuses. 147. de distanceen distance. Poitiers. de bourgade ou de petite ville qui n'en possédâtau moins un. est incalculable. en effet.2que quarante ou soixantejours de campagne.après lesquelschacun retournait chez soi.de plus complètes et plus belles fortifications féodales. malgré la supériorité incontestable dela gendarmerie féodale de ce pays.esOlim.et dominus Garneriusde Castro-Novo. les villes. et. avait amené l'aristocratie anglaise à introduire dans sesarméesdestroupes de gens de pied pris dans les villes. afin d'amoindrir la puissance presque rivale de ses grauds vassaux. n ([. elle l'avait prouvé en sefaisant octroyer la grande charte.qu'il n'employait en campagne que pour faire nombre. par acte du parlement.étaient plantés sur les cours des rivières. prouunciatum fuit quod dicta bastida (i ibidem fieret et remaneret. qu'en France (voy. lorsque le suzerain ne pouvait prendre des troupes à solde. de lesfamiliariser avec les exercices militaires. Le mêmesentiment de défiance qui faisait que le seigneur féodal français isolait son château de la ville placée sous sa protection. p.Crécy. et dans les marches. Dans les premiers temps de l'organisation féodale. ne lui permettait pasde livrer desarmesaux bourgeois. Cette forme de gouvernement. Il n'était guère de village. par suite de cet accord. et était.\allees servant de passages.[ ARCHITECTURE ] . les seigneurs. et qui fut causedelà perte desarméesfrançaises dansmaintesbataillesrangéespendantles xivc et xve siècles. « Cùm abbas et conventus Dalonensis asso- i nassent dominuui regem ad quemdamlocum qui dicitur Tauriacus.pendantlesxmeet xivc siècles. C'est dans les châteaux féodaux surtout qu'il faut étudier les dispositions militaires . les abbés. il comptait sur ses hommes. autorisait la construction de châteaux forts.CHATEAU. (Les (Jlirn. sans compter les châteauxisolés. malgré la défense des seigneurs féodaux.le roi de France. était essentiellementfavorable au développementde l'architecture militaire. Cet esprit. et méprisait le fantassin. pro quadaiubastida «ibidem construenda. DONJON. 1 Lt uumbre des châteaux qui couvraient le sol de la France. qui étaient déjàdisciplinés.relativement libérale.t. PORTE. avaient dû dans maintes circonstances recourir à l'autorité suzeraine des rcis de France pour interdire la construction de nouveaux châteaux. dans le.) . II.de l'instruct publ. dèsla fin du xine siècle. et vicecomes Turennc '<se opponerent. une puissancede moyens extraordinaires. c'est là qu'elles se développent du xne au xive siècle avecun luxe de précautions. 1279. sur son couragesurtout. le comptant d'ailleurs pour rien au moment de l'actipn. les postes el les tours qui. et dicerunt dictam bastidam absque eorum prejudicio non posse fieri : « Auditis eorum contradicionibus et racionibus. et qui déterminèrent le gainde presquetoutes lesfunestesbatailles du xiv' siècle.

de secours.desétages depuisle sol desfossés ou le niveaude l'eau. et faire tomber de larges pansde murailles en mettant le feu à ces étais.Leschâteaux.de manière à envoyer des carreaux sur tous les points de la circonférence destours. ceux-ci pouvaient poser desélançonssous les fondations. ils en établirent également dans les courtines. et les courtines terrassées. cequi dans les châteaux avait presquetoujourslieu. exigeant pour les bloquer une armée nombreuse. . et ne s'y rattachant quepar desouvrages intermédiaires. vasteset d'une grande importance sousle point de vue militaire . il y avait avantage à dominer l'assaillant. et les machinesde jet ne pouvant élever leurs projectiles qu'à une hauteur assezlimitée. dela sapeou de la mine. on avait reconnu l'inconvénient de ce mode deconstruction. deschâteaux isolés dominantdesvillages. se reliant aux enceintesurbaines. car ils se trouvaient ainsi à l'abri desmachinesde guerre. danscet article important.on profitaitdes escarpements naturels du terrain pour planter les châteaux. Lesuns secomposaient d'unsimple donjonentouréd'uneenceinte et dequelques logements. les diverses dispositionset le classementde ces demeuresféodales. il en étaitde plusieurs sortes. cesétagesfurent percésde meurtrières sechevauchant ainsi quel'indique la figure21. un attirailde siègeconsidérableetuntempsfort long. Nous avonsvu que lestours de l'époqueromane ancienne étaient pleines dansleurs parties inférieures.les constructeurs militaires établirent.etc. surtout lorsqu'elles servaient de mursà deslogisdivisés en étages. Lespionniersarrivaientainsi plus difficilementau pieddesmurs. ou commandant leursdéfenses.maisaussi contrelestraits décochés obliquement ethorizontalement par lesmeurtrières . et livrait tous les soubassements aux mineurs ou pionniers ennemis. ils pouvaientintercepter lescommunications. et déboucherdansl'intérieur de l'enceinte. Pour prévenir ces dangers. Nous donnonsen détail. s'ilsparve1 Nous renvoyons noslecteurs au mot CHATEAU. en se réservant dansla construction inférieure des tours et courtines le moyen de battre l'ennemi extérieur au niveau du plan de l'attaque. ainsi que les moyens particuliers de défense. l'attaque ne se faisant que de très-près. ou l'arase de l'escarpementde rocher. decitadelles aux garnisonsdesvilles. et formaient ainsi desplaces fortes.D'autres comprenaient de vastesespaces enclosde fortes murailles. Autantque faire sepouvait.- 373 - [ ARCHITECTURE ] Nous avons distinguédéjàleschâteaux servant de refuges. ou creuserune galerie de mine sous ces fondations et terrassements. desbourgades et despetitesvillesouvertes. Parmices châteaux. pour les prendre.un ouplusieurs donjons. qui ne donnait à l'assiégéque le sommet de ces tours et courtines pour se défendre. ou plutôt les groupesde châteaux de Locheset de Chauvigny. que nou* avonsdéjà cités. autant que faire se pouvait.car il leur fallait segarantirnon-seulementcontrelesprojectiles jetés dehaut en bas.soit par desconstructions d'une grande élévation. des réduits isolés. Placéssur desroutes. Dès le commencement du xue siècle. dans lestours. soit par les escarpements des rochers.étaientdecenombre'.

A v**=** mr COUPE leurtravail inutile. ETA1?. il avait ainsi rendu letravail despionniers possible. Ainsi. qu'ils ne pussententreprendre .lorsque l'assaillantavau.S EGAO."monté les hourds. avaient puélever unepalissade ou un second murenarrière decetrou. etrendre E5A&-.-.. à moins qu'il.. £. prévenus parlescoups delàsape.ne fussenttrès-nombreuxet hardis.[ ARCHITECTURE ] - 37k - naientà faireun trou aupieddu mur ou dela tour. écrêté les créneaux.ceux-ci. comblé les fossés.au moyendesesengins. ils devaient setrouver enfaced'un corpsd'assiégés qui. "(".ii"!.lorsque avec sescompagnies d'archers ou d'arbalétriers balayantle sommet desremp.

munis de portières de bois roulant sur un axehorizontal et qu'on relevait plus ou moins au moyen d'une crémaillère. afin de défendre les approches à une grandedistance. elles battaient les dehors suivant un angle trop aigu. aussiavaient-elles étéadoptées 22 dèsles premiers siècles du moyen âge. percéd'archèresrapprochées.CRÉNEAU. leur circonférencepeu étendue ne permettait d'ouvrir que deux ou trois meurtrières à chaqueétage.375 [ ARCHITECTURE [ d» largestranchéeset faire tomber un ouvrageentier. surtout quand les murs des tours sontépais. et quand les hourds n'étaient pasmontés. du moment qu'il avaitdé- .tandis que lesmeurtrières destours et courtines dessecondesenceintesétaient percéesde façonà faciliter le tir plongeant. des sagettes ou viretons par ces fentes étroites (voy.50 à l'intérieur. Toutefois cesouvertures. qui n'avaient à l'extérieur que Om. et par conséquent elles battaient faiblement les deux courtines voisines : leur diamètre fut augmenté au xmesiècle. MEURTRIÈRE. permettaient de découvrir facilement les fosséset la campagne en restant à couvert.) Les tours rondes flanquant les courtines résistaient mieux à la sapeet aux coupsdu bélierquelestourscarrées . 22). Là.en décochant des carreaux.10 de largeur environ. elles ne pouvaient contenir qu'un nombre trèsrestreint de défenseurs . L'assaillant eût il pénétré danscessallesen tuant les défenseurs. les tours des lices. lorsqu'elles furent munies^ d'étages jusqu'auniveaudu fossé. Il était plus facile àun assiégeant de battre une tour qu'une courtine(fig. Mais jusqu'à la fin du xue siècle leurdiamètre était petit .le mur du parapet.La véritable défenseétait disposée au sommet des ouvrages. suivant que l'ennemi était plus ou moins éloigné. battait tous les points desdehors. et lm à lm.dont l'angle d'ouverture est généralementde 60°. servaient plutôt à reconnaître les mouvementsdes assiégeants et à donner du jour et de l'air dansles salles destours qu'à la défense . les créneaux. trouvaient derrière le percement un ennemiqui les attendait dans lessallesbasses au niveau du sol. dont l'épaisseurvarie de Om. en tempsde paix.. car unefois logéau pointA.70. Toi'ïv). étaient percéesde meurtrières permettant à l'assiégéun tir rasant. Nousdevonsfaire observerque les défensesextérieures. (Voy.50 à Oni.pour qu'il fût possibledenuire sérieusementauxassaillants. qu'il nepouvaitmonterauxétages supérieurs quepar desescaliers étroits facilement barricadés et munis de portes ou de grilles.

qui setrouvaient ainsi se rapprocher d'une ligne perpendiculaireauxremparts(voy. 1k}.il permettait aux défenseursplacésdansles lourds descourtines.Il fallait comblersolidement lesfossés. il n'était pasdansla ville. sansrisquerdelesvoir brûlerpar les assiégés. et trouvait de nouvellesdifficultésàvaincre.s'être assuré. car une fois le beffroi amené le long desmurailles. à moins. A la fin du xmesiècledéjà. lorsque l'assaillant avait fait untrouenA ou fait tomber la demi-circonférenceextérieure de la tour.lorsque le fossé était sec.d'autresenfin 'et celles-là étaient les plus terribles)au moyendes beffroisroulants.que les assiégés n'eussent élevé promptement un second mur EF.376 li ait ou brûlé les hourds de B en G. danslessiégesbien dirigés.était dansla ville. non-seulement d'augmenter le diamètre destours. 23) . Toutefois. d'autrespar la sape. CebecA avait plusieursavantages : l°il augmentait considérablementla forcede résistance de la maçonnerie dela tour au point où l'on pouvait tenter de la battre avecle mouton ou de la saper. maisil étaitrarequeces défenses provisoires pussent tenirlongtemps. Mais dansles enceintes desvilles toutes lestours étaient ferméesà la gorgeenD. la réussitede l'assaut n'était guère douteuse.on avait senti la nécessité. arrivéau point A après 23 avoir détruit les défenses supérieuresdestours B. de le» découvrir suivant un angle beaucoup . Maispourpouvoiramener. lorsquela naturedu sol ne s'y opposaitpas. l'assiégéne pouvait l'inquiéter. TOUR). l'assaillantfaisait toujours plusieursattaquessimultanées. et de rendre par conséquentla destruction de leurs défenses supérieuresplus longueet plus difficile.ce qui exigeait l'emploi de nom- breuxenginset beaucoup de temps. 3° en éloignant les pionniers. 2" il défendait mieux lescourtines en étendant lesflancsdeshourds BA. pour mieux battre les courtines.-l'assiégeant. C.ARCHlïELTUKE ] .que l'assiégén'avait pasminé le fond dece fossésousle point où la tour était dirigée. et fait son trou ou sa brèche. en D. mais encored'augmenterleurs flancsen lesterminant à l'extérieur par un bec saillant qui leur donnait déjà la forme d'une corne (fig. ce qui arrivait souvent. ce qu'il ne man- quait pasde tenter. cestours de boiscontrele parapet.C'estpourquoi danslessiégesdesplaces on s'atta- quaitdepréférence auxcourtines. les unesau moyende la mine. quoique lesapproches en fussent plus ilii'ficilesquecelles destours(fig. il fallait détruireleshourds et crêtesdescourtines et tours voisines.

dansdes places du second ordre. 1h bis}. de manière à battre obliquement l'entrée et les deux courtines voisines.et parconséquent de leur envoyerdesprojectiles de plus près. On avait doue reconnu dès le sme siècle 9 t y.- 377 - [ ARCHITECTURE ] moinsaiguque lorsqueles toursétaientcirculaires. la formed'ouvrages rectangulairesposésenpointe. on secontentaildetourscarrées peusaillantes pour défendre les courtines. comme à Provins à la porte Saint-Jean. ou aux portesdeVilleneuve-sur-Yonne.. PORTE).leur faiblesseau point de la tangente parallèle aux courtines (voy. ? [5 II l'inconvénient d je tours rondes.la fin du xiuesiècle. L'emploi de cesmoyensparaît avoir été réservé pour les placestrès-fortemei défendues. Maisau château deLoches. les becssont dis- posés ainsique l'indique en planla ligure 2i. 43 . tellesque Carcassonne. Loches. A Carcassonne.":. ainsi qu'on peut le voir encore de nosjours sur J'un i. car parfois.à la porte de Jouy delà même ville (fig.on leur donnait la forme en plan de deux courbes brisées(fig.1k ter].etc.

On les bâtissaitsur une circonférenceplus grande que lesautres. comte de Fois. du Longitedoc. Lu il signa. par des fossés plus larges.Il fallait doncque les toursdu coin. et pour contribuer aux mêmesdépenses. Hist. avec Guillaume Boccauegra.) . on les tenait plus hautes. 1849. un traité par lequel celui-ci s'engageaità consacrer 5000 livres ' urnois (88 500 fr. un quarantièmesur toutes les marchandises qui entreraient à Aiguës-Mortespar terre ou par mer. l'assaillant regardait un angle saillant comme plus facile à attaquerqu'un front flanqué. qui l'avait joint dans cette ville. 26). qui avait été bâtie par saint Louis et qui servait de donjon et de phare) furent élevéspar Philippe le Hardi1.) à la construction des remparts d'Aigues-Mortes. » (Hist. despalissades. et pour chàlii-r en passantla révolte de Roger Bernard. ainsi qu'à ses descendants. et lorsque l'assaillant avait pu seloger en A. d'Aigues-Mortes. de la moitié des droits domaniaux auxquels la ville et le port étaient assujettis.reg. pour aller prendre possession du comté de Toulouse. commeon les appelait généralementalors. fussent très-fortes par ellesmêmes. di Pietro. outre le denier pour livre déjà établi. il était complètement défilé desdéfenses rapprochées. dont les remparts (sauf lu tuiir de Constance A. u titre de fiefs. 25].par F. s'arrêta à Marmande. 30 du trésor des chartes. n° 441. on les armaitdebecssaillants.Lesarmesdejet n'étantpasd'une grande portée jusqu'aumoment del'emploidu canon. Comme encore aujourd'hui. pour les rendre plus authentiques.iis c'estauT anglessaillants desplacesque l'on reconnut surtout la nécessitéde disposer des défenses d'une grande valeur. lesangles saillants ne pouvaient être protégéspar des défenses éloignées.Philippe ordonna qu'on lèverait. Em. quelquefois même des ouvrages avancés. on lesisolaitdescour1 <iPhilippe le Hardi. gêner.moyennant l'abandon que le roi lui faisait.par les grands officiers de la couronne.dès lors ils étaient faibles (lig. «or 2.5 M.Les lettres patentesdonnées à cet effet furent contresignées. parti de Paris au mois de février 1272 à la tête d'une armée nombreuse. on multipliait les obstacles à leur baseà l'extérieur. En même temps. dans le mois de mai.f ARCHITECTURE ] - 378 - des fronts de l'enceinte d'Avignon et d'Aigues-Mortes(fig.

2 Cet angle saillant (fig.. estune desdéfenses du xmesiècledépendant du château de Falaise (voy.qui présente clairement la disposition signalée ici. CHATEAU). Onévitait d'ailleurs autant crue possible ces angles saillants dans les places 1 Le plan que nous tintmnns ici est colni de l'angle ouest de la double enceiatede la cite de Carcassonne.266i's)2. 2C 10 30 40 Su m.iimllîïiiilmii^ «* J^S^S^^^^^=^^^ et parfoisde réunircestours par un second rempartintérieur(fig. bâti par Philippele Hardi. 26 6/s). on avait lesoin de bien munir les deux tours enretour '. .379- [ ARCHITECTURE ] tines voisines.

unefoisla barrièreprise. de bretèches à doubles et triplesétages. (Ducerceau. et pour empêcherl'ennemi de s'établir de plain-pied au niveau de la basedesremparts.de leviers et de contre- poids . lorsqu'ilsexistaient.PORTE).enserelevant. desbarrièrespalissadées ou desbarbacanesdéfendaient lesap- proches. Ces ponts-levis étaient disposés comme ceuxgénéralement employés aujourd'hui. souvent desponts volantsou àbascule.mais dansles enceintes desvilles. les portes étaientmuniesde vantaux bien doublés. de herses.xiu" et xive siècles d'autres genres de fermetures à bascule : on avait le tapecu. du reste. 1 Entrée duchâteau deMoutargis. interceptaient complètementlescommunicationsavecle dehors. Cependant nous devons direquedans beaucoup decas. de commander une route ou une rivière.les ponts-levis furent seulement attachés aux ou- qu'onpeut levoiraufortdeVincennes. le tablier fermait (comme il fermeencoredansnos forteresses) l'entrée du passage. entre autresexcmples(voy. afin de dominerun escarpement. Mais on employait pendant les xne. Les plusexcellens bastimens de France. enbois.qu'onrelevaitencasdesiège. Cene fut guère qu'aucommencement du xiv' siècle 27 que l'on commença d'établir. de mâchicoulis.mêmependant vrages avancés. Puis bientôt. 27). et.onentraitordinairement dans la ville de plain-pied. ainsi les XIVe et xve siècles. c'est qu'ils avaient étéimposés par la configurationdu terrain. ducôté dela routedeParis à Orléans.versle milieu du xrvesiècle.) .ou à des ouvrages avancés demaçonnerie (fig. à l'entréedesponts jetés sur lesfossés devant lesportes. Jusqu'auxive siècle. mais ellesne possédaientpas deponts-levis. c'est-à-dire composés d'untablierdecharpente qui serelevait sur un axe. desponts-levis de boistenantauxbarrières(fig. on appliqua le pont-levis aux portes elles-mêmes.( ARCHITECTURE J - 280 - bienforlifiées.28)'.Dans leschâteaux.au moyen de deux chaînes.

lesportes debarrières.29). qui roulaient sur des axes horizontaux .- 381 28 [ AHCI1ITECTUBE ] spécialementadapté aux poternes. roulant sur un axe placéhori- zontalemenlau sommet du vantail.et qui. retombait sur les talons du sortant (fig.

des meubles. iu-fol. estaient messireJean de Beaumontet niessireJean de la Bo\e. dont ils navroient et mes« h:iigiinient i. En arrière. Des soldatsjettent pardessusles créneauxun banc.roiK.'i.30). La eut un moult grand et dur assaut. Là eut dure escarmouche forte.te de Haynault et sa route. et grand assautet félonneux.. La porte de la barrière estdisposée de cette manière(fig. elle est munie et défenduepar deux tours de bois. pendantlesxneet xiuesiècles. « Sur le pont mesmement.construction de pierre.. .l'une des deuxmoitiésservant de contre-poids à l'autre. C'est le chapitre en de l'eclitimi des Chroniquesde Froissart du Pantln-nnliih-mire. et s'employèrentarbalétriers de dedanset dehorsà traire moult vigou« reusement . « Le coir. qui est une. intitulé : Coiinnfnt k i. car ils perdirent leurs barrières.. Là eut très grand assautet forte escarmouche. où moult avoit d'apperts chevalierset écuyers.te deHnynnult fjrint ri iletniit Aubentonen Terassc. il étaitd'usage de garnir les sommets destours et courtines de hourds de bois. et grand foison de pierres et de cailloux. Nous avons vucomment. despots. on voit la porte de la ville. par lequeltrait il y en eut moult de blessésdesassaillans et des défendans. car ceux qui estoient montés sur la porte jetoient bois et mairein contre val. commencement du xv° siècle.à la porte vers Chitnay. I. ontrouve unevignettequi représente l'attaquedesbarrièresde la ville d'Aubentonpar le comtede Hainant. cher' Manuscr.et convint les :( François retraire dedansla porte.[ AlvCIllïhCTUUE ] - 382 - [josésversla moitiédeleurhauteur(fig. bien que le texte dise que la ville d'Aubenton « n'estoit fermée que de palis ».. dont nous donnons ici uue partie. au moyen'desmachines de jet.Dans le beaumanuscrit desChroniques de Froissart. et les conquirent les n Hainuyerset le pont aussi. s ils n'estoient fort armés » .dela Bibliothèque nationale '. 31).vin«rent jusques aux barrières de l'une des portes.. 8320.. et pots « pleins de chaux. Cettevignette.accompagne le chapitre XLVI dece manuscrit. « Si commença l'assiut grand « et fort durement. Il n'est pas besoinde dire queles assaillants.

C'estainsi qu'à Coucy les hourds des portes de la ville.où tant de villes en Francefurentincendiées et pillées.sansen avoir les inconvénients. commedit Froissart.Ces nouveaux couronnements ne pouvaient être incendiés et résistaient mieux aux projectileslancés par les engins. . pendant les guerres de cette époque. ou si leshourdsn'étaient pas garnisde peaux fraîches.étaient supportés (voy. ceà quoi ils parvenaient facilement.Déjà. des tours et du donjon. on avait cherchéà rendreles hourdsde charpente moins facilesà brûler en les portantsur desconsoles formées d'ea:'jrbellements de pierre. qui présentaient tous lesavantages deshourds.on remplaçapresque partout les hourdsde charpentepar desbretêches continues depierre.- 383 - [ ARCHITECTURE ] chaientà briserceshourdsavecdespierres. vers le milieu du xine siècle.ou à lesincendieravecdes projectiles enflammés. en ce qu'ellesbattaientle pied desmurailles. HOURD).si les muraillesn'étaientpasd'unetrès-grande élévation.ils étaientfixes et ne seposaient passeulement en tempsdeguerrecomme les hourds de bois. Mais encore lesparementset les planchers de ceshourds pouvaient-ils prendre feu. qui datent de cette époque. Au xive siècle. «arses et robées ».

mais on augmen- tait encore souvent la largeur des chemins de ronde. Pour maintenir la bascule descorbeaux. et de 2 mètres de haut. Derrièrele mur G.20 au plus d'axe en axe. Sur l'extrémité de ces corbeaux on élevait un parapet crénelé B de Oni. du côtédu midi. et étaient supportéespar des poteaux G. soit en faisant déborder les hourds à l'intérieur de la ville en E.70 à lm. Les hourds avaient l'avantagede laisser subsister les parapets de pierre et de conserver encore une défense debout derrière eux. pour offrir un large chemin de ronde aux défenseurs. lors- qu'ils étaient brisésou brûlés. soit en ajoutant au chemin de ronde desplanchersde bois F dont les solives entraient dans destrous ménagés de distanceen distancesousla tablette de ce chemin de ronde. et qui était assez haut pour donner à la couverture D l'inclinaisonconvenable. 11)- .33'à Om.[ ARCHITECTURE J - 38i - Mais. 33). nonseulementon ajoutait au chemin de ronde demaçonneriefixeA(fig 32)une ooursièreBpercée demâchicoulis enCet d'archèresenD. les traces en sont parfaitement conservées dela porteNarbonnaise à la tour du coin à l'ouest(voy. et une saillie sur le nu des murs qui permît d'ouvrir des mâchicoulis d'une bonne dimension. Cessupplémentsde défenses étaient ordinairement réservéspour les courtines qui paraissaient faibles1. qui remplaçaient les cheminsEF deshourds 1 A Carcassonue. de pierre.fig.Au moyen des hourdsde bois.Voici comment on procédait pour les courtines que l'on tenait à bien munir (fig.&0. Onobtenait difficilement aveclesbretêches et mâchicoulis de pierre ces grands espaceset ces divisions utiles à la défense. en Conmontait un mur percé de portes et d'ouverturescarrées de distance en distance.on établissait les coursièresdeboisL. On posait des corbeaux les uns sur les autres for- mant encorbellements. il fallut bientôt modifier tout le systèmede la construction des parties supérieuresdes défenses. les remparts de la secondeenceinte étaient munis de cesouvragesde bois en temps de guerre.espacés d'environ Om.

sans gêner les arbalétriers ou archers postés en G(fig.quenousavons I.Pourlestours on fit mieux encore (fig.33).Disposant l'étage des mâchicoulis Gcomme celui des courtines. onsuréleva le mur Gd'unétage Hpercé decréneaux oudemeurtrières. 32). onpouvait encore culbuter l'assaillant qui serait parvenu à selogeren Gsurun espace sans issue.aprèsla destructiondesparapets B. qu'en barrica- dantlesportes K. etquiétaient nécessaires à l'approvisionnement des pa- rapets etàla circulation. Ainsi le chemin G eût-il été pris par escalade. des pierres. madriers et tousautres projectiles. 69 . enlui jetantpar lescréneaux.34). etmême quelque- fois. on ménagea encore un chemin découvert crénelé.- 385 - [ ARCHITECTURE ] debois (fig. Lemanuscritde Froissart. desétages H etI. de la Bibliothèque nationale.à la chutedescombles enI.ou au moyen des beffrois mobiles.

cesdeux défenses furent longtemps appliquées ensemble.35)1.[ ARCHITECTURE ] . mainte- nus pour la défensedescourtines . intitulé : « Commentle roy David d'Escoce « (David Bruce d'Ecosse) vint à tout grand ost devantle neuf chasteausur Thin. donne dans ses vignettes un grandnombredetours disposées de cettemanière(Gg. Beaucoupde ces figuresfont voir que l'on conservait avec les mâchicoulis de pierre des hourds de bois A. et. n .386 déjàcité. en effet.les bretêcbes et bourds de bois étant 1 Vignette accompagnant le chapitre cxxv.

lesportesqui donnaiententréede l'escaliersur lescheminsde ronde. lescorbeaux de pierre qui portaient le faitagede cet appentis. à causedu peu d'espaceréservé entreleurs enceintes. Le château de Pierrefonds. en B. en H.les courtines devenaient murs goutterotsdesbâti- mentsrangésentreles tours le long de cesenceintes. dans les châteaux aveclogis. en G.présente encored'une manièrebien complète ces sortes de défenses supérieures. la tour de l'escalier servant de guette à son sommet.- 387 [ ARCHITECTURE ] beaucoup moins dispendieux à établir que les mâchicoulis de pierre (voy. en K. et en I le dernier crénelagedécouvertà la base du comble .MACHICOULIS).en G. le filet de l'appentis qui recouvrait le chemin de ronde D . Voici(fig. 36)l'état ruinéde l'angleformé par la tour du nord-estet la courtinenord. Mais. bâtipendant lesdernières années du xivesiècle. l'arrachement des parapets de pierre . et en F desouverturespermettantde passerdu dedans de la tour des projectiles aux défenseursdescréneaux. de sorteque le chemin de ronde donnait accès dansdessallesqui remplaçaient l'appentis . en E. On yoit parfaitementen A lesmâchicoulis encore en place . un étage crénelé couvert au-dessus desmâchicoulis.

indiqué dans lafigure 33(voy. CHEMIN DE RONDE).se comprendraainsi facilement la destination de chaquedétail de la construction militaire que nous venonsde décrire. On fCe-Atn.[ ARCHITECTURE ] debois I. CHATEAU. Voici l'état restauré (fig.37)de cettepartiedes défenses dePierrefonds. Mais c'étaient là les dé- .

[ AHCU1ÏECTURE fenses lesplus fortesdestourset desmurailles.et beaucoup leur étaient .

En France. TOUR.présententdes tours carréesd'uue belle dispositiondéfensive .Cependant l'enceinte de Paris. et non des courtines interrompues par des forts pouvant tenir contre un ennemi maître de la place. rebâtie sousCharlesV. paraissent avoir de préférence adopté la forme carrée dans la construction de leurs tours et donjons. Ainsi que la plupart des villes de Provence et des bords du Rhône.tandis que s'il arrivait à la basede la faceextérieure d'une titour carrée en 0.sur un front.Suivant la méthode alors en usage en Provenceet en Italie. saufquelquesexceptions. Contraireiiic-nl aussiaux usages admis dansla fortification française desxmeet xive siècles. 39]. il était complètementmasquépour les défensesrapprochées(fig. par conséquent. Orange était munie de tours carrées construites à la fin du xv* siècle. ainsi que nous l'avons démontré plus haut. les murs d'Avignon sont flanqués de tours qui. comme l'étaient les enceintes extérieures des villes munies de doubles murailles. mais l'enceinte de Paris ne passa jamais pour très-forte. ne présentaient pasune défenseformidable pour l'époque où ils furent élevés. Les tours carrées appartiennent plutôt au midi qu'au nord de la France: les remparts de CaborSjqui datent des xiie. Ces 1 On a TUplus haut que les remparts d'Aigues-Mortessont également. et nous ne devonspasoublier qu'ils furent élevéspar le Génois Boccanegra.sont carrées1.du moment que l'ennemjs'étaitintroduit dans la cité. xmc et xivc siècles.maisqui.jusqu'au momeut de la réunion de ces provinces au domaine rojal. avec chemin de ronde peu large.(Voy. Tels sont les murs d'Avignon. Les Normands et les Poitevins.[ ARCHITECTURE ] - 390 - inférieures comme disposition. Lesmursd'Avignonnesontguère qu'une enceinte flanquée. car. la tour ronde avait été reconnue avec raison comme plus forte que la tour carrée. et en empêchant les défenseurs de se montrer aux créneaux. secomposaient seulementde créneauxet mâchicoulis peu saillants. qui. il pouvait saper en toute sécurité. en détruisant quelques mâchicoulis placés perpendicula^rement au-dessus de lui.sont certeslesplus beauxqu'il y ait sur lesol actuel de la France. les tours carréesdes remparts d'Avignon sont ouvertes du côté de la ville (fig. commeforce. les rempartsdesvilles du comtat Venaissinsontgarnis généralement de (ours carréesqui datent du xive siècle. DONJON. était égalementflanqiirc île tours barlongues. le pionnier attaché à la basede la tour ronde était battu obliquement par les cournés voisines. c'est-à-dire jusqu'au commencementdu xme siècle.) . commeconservation. et ne pouvaient tenir. flanquésde tours carrées. La plupart des anciens châteauxbâtis par les Normands en Angleterre et en Sicile présententdes défenses rectangulaires. 38).

Quant aux mâchicoulis des murs. pouvant.de son étendue. Mais en revanche. à causede son assiette. et le côté du midi de la ville n'est défendu quepar desimples crénelages nondestinés à recevoir deshourdsdebois.qu'ellespouvaientdéfier la sape elles projectiles lancéspar les engins alors en usage. était une redoutable citadelle..et de la hauteur de sestours. le château. résidence des papespendant le xive siècle.Leurhau- teur n'atteintpas le minimumdonné aux bonnes défenses pour les mettre à l'abri des éch^ades'. . soutenir un long siège. elles étaient couronnées de parapetset mâchicoulis de pierre portés sur des corbeaux. ils se composent d'une 1 Escalade au moyen d'échelles. si l'enceinte d'Avignon n'était qu'une défensedu deuxième ou du troisième ordre. Là encore les tours sont carrées. maisd'une épaisseur et d'uneélévation telles.391 f ARCHITECTURE ] murailles ne sont même pas garniesdans toute leur étendue de mâ- chicoulis.

le long du mur. PALAIS). non interrompus par lessolives ou les consoles. en ce qu'ils étaient continus.aucommencementdu xni' siècle.et ils étaient préférablesaux mâchicoulis deshourds de bois ou des parapetsde pierre posantsur descorbeaux. tombant en travers. et repris un . de longuesetlourdespiècesde bois qui.[ ARCHITECTURE ] .MACHICOULIS. L'art de la fortification.392suite d'arcsen tiers-point laissantentre eux et le parementextérieur un espace videpropre àjeterdes pierres outous autres projectiles (fig. brisaient infailliblement les chats et pavois souslesquels se tenaient les pionniers.40) (voy. lit de nouveaux progrès enFrancependant lesguerres de 1330 à . et qu'ils permettaientainsidejeter sur l'assaillant. un grandpas.et qui était restéà peu prèsstationnairependant le cours de cesiècle. qui avait fait. ces sortesde mâchicoulis étaient fort en usageau xive siècle. QuandCharlesV eut ramené l'ordre dansle royaume. Dans les provinces du Midiet del'Ouest.

sout les deux seulesentrées de l'enceinte. et dans ces nouvelles défenses il estfacile de reconnaître une méthode.il n'y avaitpasàprofiterlà decertaines dispoi Nous donnons ici le plan du château de Vincennes. il fit réparer ou reconstruire presquetoutes les défenses desvilles ou châteaux reconquis. 5U . dans les mots CJUIEAU. parce qu'on peut considérer cette forteresseplutôt comme une grande place d'armes.du reste. puisqueencoreaujourd'huielle estconsidérée comme trèsforte ffig. En E. et sa situation stratégique est desmieux entendues.4l)1.une régularité qui indiquent un art avancé et basé sur desrèglesfixes. TOUR. qui étaient 1. une enceinte fortifiée. que comme un châteaudans l'ancienne acceptiondu mot.Bâti enplaine.Le châteaude Vincennesen est un exemple. Nous y revenons.- 393 - [ ARCHITECTURE ] nombre considérablede placesaux Anglais.

maishautes. protège ce donjon. dont la contrescarpe est égalementrevêtueet l'a toujours été. afinde pouvoir défier l'ambition de leursvoisinsou imposerdesconditions à leur suzerain.La France possédaitdestroupesd'élite excellentescomposées d'hommeshabituésauxarmes dèsleur enfance. H et I. qui ne fut termince que sousFrançois Ieret Henri II.et G le trésor. A l'attaque. . disposerparconséquent de troupesd'élite. ni « recorder la vérité. Un très large fossérevêtu. mal armées. se précipitaient sur les réserves et mettaient le désordredansles escadrons de gendarmerie2.brabançons. Toutes les tours sontbarlongues ou carrées. indisciplinées. n'ayant aucunenotion desmanSuvres.ainsiquele donjonet ses défenses. aussison enceinte est-elle parfaitement régulière.qui fut toujours « de-lez le roy deFrance. d'une chemiseB.et de troupesirrégulièresdesbonnesvilles. Ces troupesse débandaientau premier choc. et précède d'un chàtelet.tant y eut povre arroy et ordonKnanceen leursconnus. mais nous n'en connaissons plus ni la place ni la forme.ou les combinaisonssavantesde l'attaque.allemands. il fallait en venir aux mainschaquejour. Israël Sylvestre. D. Vuesdes maisons royaleset vi/les.en exister beaucoupd'autres. il devait.en ceque les seigneurset leurs hommesvivaient continuellement danscesforteresses qui protégaientleur vie et leur avoir. pour s'emparer d'une forteresse alors. son infanterie ne secomposaitque de soudoyer» génois.A la défense. nesongeaient qu'à lesaméliorer et lesrendreplus redoutables chaque jour.épaisses et bien muniesà leur sommet d'échauguettes saillantes flanquant lesquatrefaces et de mâchicoulis . et ce quej'en sais. braves. F est la chapelle. a 212 mètres. sauf la chapelle. ni eut bon loisir « d'a\iser et imaginer toute la besogneainsi qu'elle alla. celles-ci sont ferméeset peuvent se défendre séparément '. qui imaginè« rent bien leur convenant. le donjonestégalement flanquéaux anglesde quatretourelles.Nous n'avonsextrait du plan donné par Israël que les constructions antérieures au xvi* siècle. et elle n'avaitpasd'armées . en A. Les Anglois qui ordonnésétoient en trois batailles.Le châteaude Vincennes fut commencépar Philippe de Valois et achevépar CharlesV.) 1 Le petit côté du parallélogramme de l'enceinte.et que la vigueur et la hardiessefaisaientplus que le nombre desassaillants. tant fut présent à celle journée (de Crécy). Les perfectionnements dans l'art de défendre et d'attaquer les places fortes étaient déjàtrès-développés en France.je l'ai sçu le plus par les Anglois.« 11 n'est nul home. compris la saillie des tours. est le donjon entouré d'un mur d'enceinteparticulier. des logementset écuries. . En K.lesdistances entre les tours sont égales. Le système féodal était essentiellement propreà la défenseet à l'attaque desplaces.plus embarrassantes qu'utiles dans une action. pendant les xivc et ivc siècles. qui en sçut ni put imaginer. en ce que.Le passage défenduespar des ouvragesavancés et deus tours barlongues . et aussipar les gensde messirelean de Haynaut. espécialement dela partie desFrançois.braves jusqu'à la témérité. G. le pont qui donne accèsau donjon. (Voy. et qui séoicut . in-f°.alorsque l'art dela guerrede campagne était restéstationnaire. sont les fossés de l'enceinte.( AHCIUTECTURE ] - 39k - sitionsparticulières du terrain.

quand ils \irent cette « ordonnance. Quand le roi Philippevint jus« ques sur la placeoù les Anglois étoient près de là arrêtés et ordonnés. ils ne purent. et coupèrentles plusieursles cordesde leurs arcset « les aucuns les jetoient jus : si se mirent ainsi au retour. Vous devez savoirque cesseigneurs. et se rangèrent en leurs batailles (divisions). celle « du princetout devant. ni oncquesn'en «firent semblant. ils commencèrentà crier si très-haut que ce fut merveilles. et qu'ils déconfisoient ainsi. Tiercement « encorecrièrent moult haut et moult clair. « d'armes au fond de la bataille. « On se doit bien charger de telle ribaudaille qui faillent au besoin » « Quand les Gennevois furent tous recueillis et mis ensemble. car il les héoit. Secondementencore crièrent eux aussi. et ne se fut adoncnullement refréné ni abstenu d'eux « combattre. qui n'avoient pas appris à trouver tels archers qui sont ceux d'Angle« terre. » (Froissart. quand il vit leur « povrearroy. car ils étoientdurementlaset travaillésd'aller à pied cejour plus « de six lieues. et quelpeude casla noblesse faisaitdecestroupes de bidauds. commanda et dit : « Ortôt. qui faisaient la seconde. setenoient sur aile bien ordonnément.ce samedi à heure devespres. «et lesgi-n-. « Cesparolesvolèrentjusquesau conte d'Alençon. et dirent adonc à leurs « connétablesqu'ils n'étoient mie adonc ordonnés de faire grand exploit de bataille. quand ils sentirent ces sagettesqui leur pcrçoient bras.et dit à sesmareschaux : « Faitespasser nos Gennevois devantet commencer « la bataille. car le roy de France. tous armés.et il les \ist. » Là vissiez gensd'armesen tous «lez entre eux férir et frapper sur eux. le « sang lui mua.Ainsi secommença «la batailleentreBroyéet Crécy en Ponthieu. Bataille de Crécy. si ce n'etoit par force et grand'aide degens. et passèrent avant. par grand mautalent. mais l'un « devant. fait comprendre ce qu'était pendantla premièremoitié du xivesiècleune arméefran- çaise.ducs. et puis allèrent un petit pas « en avant : et les Anglois restoient tous cois. tètes et ban-lèvres « (le visage). et le « firent pour ébahir les Anglois : mais les Anglois se tinrent tous cois. saus nul effroi. « Les Gennevois. « qui oncquesne se relevèrent.environquinzemille qui eussent eu aussicher néant que commencer « adoucla bataille. car ils nous empeschent la voie sansraison. «qui entrèrent et descendirent si ouniement sur ces Gennevois que ce sembloit neige.- 395 - [ ARCHITECTURE ] deFroissartque nousdonnonsen note tout au long. ils se levèrent « moult ordonnément. l'autrederrière. «jus à terre tout bellement. passèrent un pas en avant. et puis firent voler ces sagettes de grand'façon. et les plusieurs trébucher et cheoir parmi eux. aunomde Dieuetdemonseigneur saintDenys. nevinrent miejusques là tous ensemble.) . et tendirent leur? arba« lètres et commencèrent à traire. sans eux mouvoir de leur pas. car ils empalloient et fesoient parmi le corps ou parmi « les membres geno et chevaux qui là chéoient et trébuchoient à grandmeschef.si que quandils Guidèrent « retourner. si besoinétoit. « Entre eux et les François avoit une grand'-haie de gens d'armes. et ne «pouvoient être relevés. qui « rien ue perdoit de leur trait. Et toujours traioient les Anglois en la plus grand'presse.qui en fut durement courroucéet dit.furent tantost déconfits.et ils durent appro« cher leurs ennemis.sans arroyet sans ordonnance. chap.leurs archers misen manière d'uneherse » (formant une ligne dentelée de manière à nepasse gêner lesunslesautres pendant le tir). CCLXMVII. contes. tueztoute cette « ribaudaille. et de leurs arbalètres porter . barons françois. Le conte de Narhantonne et le conte d'Arondel et leur « bataille. montés et parés « moult richement. « rois. et avisés et « pourvus pour conforter le prince. Et cesarchers d'Angleterre. sitôt qu'ilsvirentlesFrançois approcher. qui regardoientle convenantdesGennevois. » Là avoit decesditsGennevoie « arbalétriers.

était à son déclin . situéeau confluent du Lot etde la Garonne. et commande que ces quatre kas fussent faits. . La supériorité de la chevalerie. ils feroient quatre grands kas5forts et hauts sur quatre « grands forts nefs et que on méneroit jusques aux murs du chàtel. sous les ordres du duc de Normandie4.de l'infanterie enfin. Ces transformations dans la composition des armées.Voyez Etudes sur le passéet Favenir de Cartillene. que les fortes et les hautesmurailles de ses châteaux n'étaient pas imprenables pour un ennemi procédant avecméthode. * Fils de Philippede Valois. parquoi ils ouvris» sent plus volontiers et plus appertement. se décide à faire un siège en règle : « Lendemain (de l'attaque infructueuse du pont du château) « vinrent deuxmaîtresengigneursau duc de Normandie et aux seigneurs « de son conseil. exercéeau tir de l'arc2. et dirent que.en quatre fortes nefs. Ier. 3 A Crécy. p. t.le duc de Normandie.le roi Jean. car la féodalité se pliait difficilement aux innovations dans l'art de la guerre.d'arbalétriersgénois. et « seroientsi hautsqu'ils surmonteraientlesmurs du château. L'arméefrançaise. 16 et suiv.[ ARCHITECTURE ] - 396 - de brigands1. la gendarmeriefrançaise ne fit en rase campagneque se précipiter de défaite en défaite. par le prince Napoléon-Louis Bonaparte.A cesparoles « entendit le duc volontiers.composée dela fleur de lachevalerie. ne peutentamerla forteresse.et par l'ascendant de sonmérite commecapitaine. lentement il estvrai'. et que on leur payâtlargement leur journée.et le roi d'Angleterreassiège Calais.met le siège devant la place d'Aiguillon. 6 Conformément auprojet . que Froissartévalueàprès decentmille hommes. La suite de h narration indique que ceskas étaient des beffrois ou chas-chateils.pris à Poitiers. jusqu'alors incontestable. l'organisation et la discipline destroupesanglaises leur donnentune supériorité incontestablesur les troupes françaisesdans l'une comme dans l'autre guerre. l'armée française.disciplinée.Cesquatre kas furent faits à « la devise6et ordonnancedesdeux maîtres. et l'emploi du canon.La guerre de siègependant le règne de Philippe de Valois n'est pasmoins intéressante à étudier que la guerre de campagne. ménageant son mondeet prenantle tempsde faire des travaux d'approche. il fallut qu'une longue et cruelle expérience lui apprit à sesdépensque la bravoure seulene suffisait paspour gagner desbatailles ou prendre desplaces. si on les vouloit croire et livrer bois et ou <ivriers à foison. modifièrent nécessairement l'art de la fortification. parvint à mieux diriger la bravoure de sa chevalerie.aprèsdenombreuxassauts. mais 1 Ainsinommés parce qu'ils portaient unecasaque appelée brigantine.nombreuse. Les Anglais commencèrentà cette époque à mettre en ligne une infanterie nombreuse. se servant déjà d'armes à feu 3. destraits de bravoure inouïs. « quoi qu'ils dussentcoûter. et que on mît en Suvre tousles charpentiers « du pays. ayantdéjà perdu beaucoupde monde. A quelques mois de distance. jusqu'au moment où du Guesclinorganisa des compagniesde fantassinsaguerris et disciplinés.

là il est enfin rejoint par l'arméedu roi de France. et si « froissés. mais les comtes de Chines et de Tancarville allèrent trouver le roi à Paris. édit. «Quand le roi d'Angleterre fut venu premièrementdevantla ville de Ca- «lais. quel tempsni «quelle poiueil y dût mettre ni prendre.et «placeordonnée pour tenir marchéle mercredi et le samedi . » Cen'estpasaveccette téméraireimprévoyanceque procèdele roi d'Angleterre.Et avoit en cetteneuve villec du roi toutes chosesnécessaires appartenantà un ost. et qui chaquesoir viennent camperautour de lui. et charpenter de gros c merrein.ainsi commes'il dût là ii demeurer dix ou douzeans. mais disciplinée.ainçois qu'ils fussent «outre la rivière. il envoie aprèschaqueprise dansses vaisseaux les produits du pillage desvilles.eten fut l'unelfondréaufondde l'eau. de manière à lui ménager une retraite en casd'échec.397 - [ ARCHITECTURE ] «on y mit longuement. etla plusgrande «partiede ceuxqui éloient dedans noyés. et là étoient 1 Engin à contre-poids propreà lancer de grosses pierres. 3 De chaume. Il débarque à laHogue.ilassiégea par grand'« manière et de bonne ordonnancent fit bâtir et ordonner entre la ville et «la rivièreet le pont deNieulayhôtelset maisons. 2 Froissiivt. pour remédier «contrelesquatrekasdessus dits. car telle étoit son intention qu'il ne s'en «partiroit. d'estrain3 et de genêts. et plus encore. tant qu'il l'eût conquise. mais vouloit bien qu'il se tint encore devant « Aiguillon. personnedans soncampn'osait parler de déloger.ainsiquecelui qui moultla desiroitconquérir. et « ils eurent passé la moitié de la rivière. la défait à Crécy. il marchea travers la Normandieenayanttoujours le soin de flanquerle gros de son armée de deux corps de troupes légèrescommandées par descapitaines connaissantle terrain. jusques à tant qu'il les eût contraints et conquis par la « famine. Buchon.Ces quatremartinets jetèrentsi grosses «pierreset si souventsur ces kas.Quand ils furent parfaits. qui grand désiravoientde « leurs corps avancer. Si lesconvint retrairearrière. « et les gensdedansentrés qui à ceux du châtel dévoient combattre.que les gensd'armeset ceux qui les conduisoientne se purent «dedans garantir. et ne remauda point «adonc le duc son fils.et couvrir les dites maisonsqui étoient assiseset ordonnéespar « rues bien et faiticement. « Si lui recordèrent la manière et l'état du sièged'Aiguillon. par hiver ni par été.- . Sa flotte suit les côtesparallèlement à son armée de terre. puisque par assautne les pouvoit avoir.et « rien n'y conquéroit. » Le duc de Normandie avaitjuré de prendre Aiguillon. .et se présentedevant Calais. continue sa course victorieusejusqu'enPicardie. Il arrive aux portes de Paris. Le roi en fut tout émerveillé. ceux du châtel firent descliqiuT « quatre martinets1 qu'ils avoient nouvellement fait faire.dont cefut pitié etdommage : « caril y avoitde bonschevaliers et écuyers.qu'ils furent bientôt débrisés. à la tète d'une armée peu nombreuse. « comment le duc son fils l'avoit fait assaillir par plusieurs assauts. etcoûtagrandsdeniers. chap. pour honneur acrjuerre2.CCLXU. qui battent le paysà droite et à gauche.

mais il ne peut ni voir ni trouver voie comment il puisse <(venir jusqu'à vous. d'Angleterre et aussi de Flandre. si le « roi Philippe deFrancederechefne le venoit combattreet lever le siège. disent les envoyés. boucheries.et de telles chosespar « quoi l'ost desFrançoisne pût ni osâtpar là passer. qui sont « impossibles à passer.Et pointnefaisaitle roi ses o gens assaillirladiteville deCalais. d'archers et d'espringales. d'arbalètres. et de ce sommes-nous chargésde vous dire et requerre2. le roi d'Angleterre fait « traire toutes sesnaves « et sesvaisseaux par deversles dunes. * Le récit de Froissartn'est pasconforme à la lettre du roi : d'après ce chroniqueur. si conqueroient et ramenoient en leur ost gratnd'foisonde « proie. » L'autre était le pont Nieulay.Entre le mont de Sangalteset la mer de l'autre « côté devant Calais.C'est alors que le roi desFrançaiss'avised'envoyerun message au roi d'Angleterre : « Sire.398 « merceries.[ ARCUITECTUHE ] . et l'avoient à leur avis1 durement fortifiée de grands doubles <ifossés.Si épargnoitsesgenset sonartillerie. « Et fit le comte de Derby soncousin aller loger sur ledit pont « de Nieulay.et il <imeltroit du sien.cccrvm. à grand'foison de gens d'armes et d'archers. par mer.pendant lesquels l'armée assié1 Contre leurs attaques. 2 Froissart.» Mais le roi Philippe arrive devantCalaisàla tête d'une belle armée: aussitôt le roi d'Angleterre fait munir les deux seuls passages par lesquels les Français pouvaient l'attaquer. quelque long terme qu'il y dût mettre.si ils ne passoientparmi les marais. et tenoient là endroit le passage des dunespour les Fran«çois. L'un de cespassages était par les dunes le long du rivagede la mer . et bien garnir et fournir de bom« bardes. carbien savait qu'il y perdraitsapeine «et qu'il setravailleraitenvain.et jusques aux portes de Saint-Omeret de «Boulogne.Si verroit « volontiers que vous voulussiez mettre de votre conseil ensemble. » Une lettre du roi d'Angleterre à l'archevêque d'York fait connaître que ce prince acceptaou parut accepterla singulière proposition du roi Philippe3. . mais c'estchoseimpossible.édit. chap. en Therouenois. avoitune haute tour que trente-deux archers anglois « gardoient. mais les maréchaux viennent dire au roi Philippe qu'on ne pouvait passeroutre sanssacrifier une partie de son armée. et « disoit qu'il les affameroit. si en a-t-il grand désir pour désassiéger sa bonne <iville de Calais. et tout ce « leur venoil tous les jours.Si a fait aviser et regarder par sesmaréchaux comment » il pourroit venir jusquesà vous. et en recouvroit-on toutaisément pour son argent.» Les gens de Tournay attaquent la tour et la prennent en perdant beaucoupde monde. Buchon.dontils étoientrafraîchiset ravitaillés. les «gens du roi d'Angleterre couroientmoult souvent surle pays. enla comté « de Chines.hallesdedrapset de pain et detoutes autres né« cessités. « dont ils étoient confortés de vivres et de marchandises. et par l'avis de ceux.le roi de France nous envoie pardevers <ivous et vous signifie qu'il estci venuet arrêté sur le mont Sangattespour <(vous combattre. aviser place là où l'on se pût « combattre. afin que les « Françoisn'y pussent passer. mais qu'aprèsdespourparlers. Avec tout ce.

elle convoquait les seigneurs. abandonnantla causenationale. La royauté.399 [ ARCHITECTURE ] géante ne cessa de sefortifier davantage danssoncamp et de garnir les passages.L'énergie individuelle. formant plutôt un troupeau embarrassant qu'une infanterie solide. commetoute-. Le roi prenait à solde.L'emploi de la poudre à canondanslesarméeset danslessiègesporta un nouveauet terrible coup à la chevalerieféodale.Ils furent battus. de valets. étaient plus prêtsà piller qu'à se battre pour une causequi leur était étrangère.turbulentes.disciplinées et régulièrement payées. la force matérielle. qui n'existait pasencore à leurs yeux par suite du morcellement féodal.s'arle roi Edouard auraitrefusele cartelde Philippe.ayant pris l'habitude desarmes et du péril. la bravoure emportée. Bertrand du Guesclin sert de transition entre les chevaliers des xne et xnie siècleset les capitaineshabiles desxve etxvie siècles. devaient le céder bientôt au calcul. lestroupes mercenaires. se trouvant cent contre un. pour réunir une armée. le roi desFrançais délogeasubitement et licencia sonmonde le 2 août 1347. ces hommes composaient une brillante gendarmeried'élite suivie de bidauds. profilaient du premier échecpour rentrer dans leurs villes.compactes. eussent pu se coaliser contre le réseau féodal et le rompre. Cequi précèdefait voir que déjàl'espritmilitairese modifiaitenOccident.et puissantepar conséquent. contre leur organisation nationale. brûléeset pillées. pour combler cette lacune. el dansla voie nouvelle les Anglo-Normands nous avaient précédés. les troupes fournies par les grandescommunes. Les malheureuses provinces du Nord et de l'Ouest. commecela devait être.Il faut dire1 qu'enFrance. C'estavec cesmauvais éléments que lesrois Philippe de Valois et Jean devaient lutter contre les arméesanglaises et gasconnes déjà organisées. ne pouvait directement appelerles populationssousles armes. qui une fois licenciés.qui se rendaient à l'appel du suzerain avec les hommes qu'ils étaient tenus de fournir.ne devant qu'un servicetemporaire. par de simples fantassins. lorsque cettearmure paraissait invincible. n'aimant guère à s'éloignerdeleurs foyers. furent bientôt réduites au désespoir: deshommes qui avaienttremblé devant une armure de fer. nnedéjà. défiancequi était causeque dans les arméeson préférait dessoudoyersétrangersà desnationaux. voyant la fleur de la noblessefrançaisedétruite par des archersanglais et des coutilliers gallois..des corporations desbonnes villes. . à la prévoyanceet à' l'intelligence d'un capitaine secondépar destroupes habituéesà l'obéisr sance. l'ancienespritchevaleresque desFrançais vient se heurter contre l'esprit positif desAnglais. Nous avons dit un mot des défiances de la féodalité fran- çaiseà l'égard des classes inférieures.de brigands. desarbalétriers génois. brabançons.gênéeparles privilègesde sesvassaux. disantqu'il n'avaitqu'àvenir le trouver dans son camp. l'infériorité à la-guerren'estjamaisde longue durée: une na- tion belliqueuse par instinct estplutôt instruitepar ses revers encore que par ses succès. ravagées par la guerre. A cha- queinstantau xivesiècle. Lespremiers.

pour ses prouesses. et acheta son châtel vingt mille écus. ville ou un bon châtel. malgré 1 Fn isswt. avecces routiers sansfoi ni loi.édit..une bonne.Et depuis. et vinrent à ce fort « chitel. chargésde pillage. lui donne une position supérieure.abandonnéesà elles-mêmes après les défaites.[ ARCHITECTURE ] - 400 - mèrent à leur tour (que leur restait-il d'ailleurs?). Et encore détint ledit brigand ledit châtel et le garnit (i bien.que ils entroient en celle « ville ou en cel chàlel que épié avoient. et demeura en ce bon état « tant qu'il vesqui1. licenciées. ces soldats sans patrie. Si che« vaucha de nuit à tout trente de ses compagnons. et l'échellèrent et gagnèrent.. Buchon. mais braves. après avoir pris seschâteaux et domaines.ip. eut un bri« gand en la Languedoc. de doubles roncins et de gros palefrois. . Pour conquérir une partie desprovincesfrançaises. les paysanseux-mêmes tenaient la campagne et attaquaient leschâteaux. et y conquéroient (i si grand avoirquec'étoit merveille. Et ceux de la ville « cuidoient que ce fussent mille armuresde fer qui vouloient ardoir leur « ville : si s'enfuyoient qui mieux mieux. et prirent le seigneur dedans que « on appelloit le vicomte de Combourne. Et étoit appelle ce brigand.Et étoit toujours monté de bons « coursiers. Le malheur. que du Guesclin va conquérir une à une toutes les placesfortes tombéesentre les mains des Anglais. Cestroupesdesoldats brigands. et eut grand honneur de-lez le « roi. en très-fort paysdurement. Bacon. puis s'en « alloient leur chemin. et s'en alloient « tant de jour et de nuit.telle fois étoit. » Voici le roi de France qui traite avecun soldat de fortune. Ils épioient. et « bien souvent. il va chercher les défenseursdu sol en dehors de la féodalité. ils ne laissèrent dansleurs placesfortes que desgarnisonsisolées. et en guerroya le pays.coffres et écrins. droit sur le point du jour « et boutoient le feu en une maison ou en deux. et ces brigands brisoient mai« sons. parmi deschefssortis du peuple. à dérober et piller villes et châteaux.quelquesarmures de fer soutenuesd'un petit nombre d'archers : les Anglais pensaientque la noblesse féodalefrançaisesansarméene pouvait. Entre lesautres. et aussi bien armé « comme un comte et vêtu très-richement.ch. se ruaient sur les villes et les châteaux : « Et toujours gagnoient povres brigands. C'est avec ces compagnies. dit « Froissart. « et fut huissier d'armes du roi de France. et le tin« rent si longuement. l'attache à sapersonne: le roi fait ici pour la défense du territoire un grand pas.cccxsiv.les Anglais n'avaient eu à lutter que contre la noblesseféodale. une journée ou deux « loin. habitués au métier des armes.et ne trouvant pas de peuplesousles armes.qui en telle manièreavisaet épia le fort châtel « de Combournequi sied en Limosin.avaient aguerri les populations. qu'il se rançonna à tout vingt-quatre mille écus « tous appareillés. et prenoient quant qu'ils trouvoient..et occirent toxite la maisnée <ide léans. et puis s'assembloientvingt ou trente brigands.et mirent le seigneur en prison en sonchâtel même. par voies couvertes. le désespoir.. le roi de « France le voulut avoir de-lez lui. et formèrent les terriblescompagnies desJacques.peu nombreuses.

les faisait appuyer par de nombreux arbalétriers et archers couverts. se battant avecsang-froid et possédantla ténacité. Qui d'assaillir estoicnl tellement eschanfez Qu'il ne doublent la mon la monte de . qui son! WnJez. avecvigueur et promptitude. Au siège de Guingump : Des arbres et de boiz el 'le Vmi«sons ivmez Ont les (icis . Bien pouivéu furent ens ou lamps de devant. (Chronique île Bertrand du Ijnesclin. il savait entraîner ses soldais et prenait presquetoutes les villes et châteaux en brusquantles attaques. obéissant aveuglément à la voix de leur chef. ils se trouvèrent assaillis non plus seulementpar une brillante chevalerie. munis de fascines et d'échelles. qui doit eslre doubtvz. Son prestige 1 Nulle place forte ne résistait il du Guesclin. En . Et li requis!la lour. mois ou plus fn . lieux ou en plus est de merrien rasez.I--. Pour le trait qui venoii. cette abondancede ressources «t ce soin dans les menus détails. Il convient que je soie là dedens oslelez. mais par des troupes intrépides. « ont drécies cunune fien Là veissez monter celle gens Ijacclez El porter sur leur rhief crans liujs. - 51 .[. Lie pain. qui caractérisentles grands capitaines. Et crioit Eschielles tiault : « Guesclin ! or to<l las*!)* montez ! " ' osez. qui tant fait à loer.M i. Li chanlelftiiiji estoit en on donjon moulez. la patience et l'expérience de vieux soldats'. et formant une colonne d'attaque d'hommesdévoués.- £01 - [ ARCHITECTURE ] sa bravoure. et c'était toujours aveccette activité.ll. disciplinéespendant le combat. Orner! Ainçois qu'en ces(« tour vous puissiez ho*teîir. dès la (in du MX"sin-lt-.11.tux ne s'osoienl anionslier. (en3nt. cette promptitude. joué son rôle militaire comme elle avait joué son rôle politique. Bertran en est niez au cllaslclain parler. La féodalité avait.rerupliz les fraua fossez. A la porte est venus Berlian ic Musez. l'our la double des pierre» nui giëtent à lous Jez. Et qui la rende an doc.Il avait compris que les fortificationsde son temps ne pouvaient résister à une attaqueconduite sans hésitations. à quelques annéesd'intervalle. " Et dis)li chastelains : « Koi que doi S. dit-il. je vouslerai aler. ayant foi en son courageet en son étoile. vtrs 3149 el «u'n' DuGuesclin n'employait pas ces toursmobiles. Keiieslres el escus qui esloient nervez.m. Il investit le donjon de Meulan : Li cliaslelains estoil en sa tuur demeurant : Si fort esjoil la tour qui n'aloit riens doublant. de cliar salée el de bon vin friant Pour vivre . sur un point.dez. la sape.il perdait peu de monde en agissantavec vigueur et promptitude. ces moyens lents. Il donnait l'assaut en jetant un grand nombre de soldats braves et bien armés. ce crée/. Cilz qui furent dépens furent cspuantez : Aux crt'n.dispendieux et difficiles d'attaque: il ne se servait guère que desengins offensifs. (jiamle lui aussi la surprise des capitaines anglais quand. qui )i veille livrer. Et tcgai-Au assaillir ces bouijois alosiz. reprendre ses châteaux. i Tout «auvement.XV. il employait la mine. i.

nous vous ferons ceste tour-ci chéir. et Charles YH et Louis XI eurent de véritables armées régulières. Aussi le château passe-t-il brusquement. baux. c'on ne les puit honnir. Que par-desoubzles murs pneent bien avenir. tenant tantôt pour un parti.que l'on conserve desdispositions qui ne se trouvaient nullement à la hauteur des nouveaux moyensd'attaque. je croi. à lors division.ice moiir. pour elle. AJonc ftsi une mine et les mineurs fouir. qu'on emploie longtemps. La féodalité ne pouvait se résoudreà remplacer ses hautes tours par des ouvrages bas et étendus. vers 395C e) suit.Il n'est pasbesoinde démontrertout cequ'il y a d'impérieuxdansl'art de la fortification. Chéi la haute tour ainsi qu'à . El les mineurs pensèrent de la mine fornir. Bertr. afin depouvoirrendrecompte desdi/Férents systèmes de défense qui furent successivement adoptésdu x" au xvie siècle. Mai? assaut ne les fîst de rien nulle esbanir : Bien furent pourvéu pour longuement tenir. CHATEAU. coron. Tant minèrent adonc. fors et ^esans y ont fait eslablir.in du Guesclin lï*t fort U tour assaillir.[ ARCHITECTURE ] . le grand donjon de pierre épais et bien fermé était toujours le signe de la force et de la domination. Si nous noussommesétendu sur cette question. surprenant deschâteaux et desvilles. tantôt pour un autre.Indisciplinée. Et dirent à Uertran : « Quand vous arez Jesir. c'est qu'il nousa paru nécessaire de faire connaître les transformations par lesquelles l'art de la guerre a dû passer.) Il n'en estpas de même pour les villes. la gendarmeriefrançaiseperdait peu à peu de sonascendant.de la fortification du moyen âge à la maison de plaisance. les perdant le lendemain. pendant les guerres des xiv* et xve siècles. au xvie siècle.1.) . (Chronique de Bertrand du Guesclin. elle en était. ici tout doit être sacrifié au besoin de la défense. A fors eschanleillons (élançons) la firent soustenir. Si que cil de la tour ne les porenl vt/ir. . Grans. si con dit la chançon. Par suite de ses désastres. Et les faisciit garder. il me vienl à plaisir. Li mineur ont boulé à force et à bandon Le feu deviens In mine. les pillant et brûlant. Sire. mettant toujours l'intérêt féodal avant l'intérêt national.402 était détruit.Or lost. suivant Vous conviendra. Dessouzle fondement fonl la terre ravir. ce dit Bcrtran. Dont vinrent li mineur sans point île l'alcnlir. ce sachiez sans faillir.et jusqu'à la fin du xvi" siècle. aprendre à haut voler.et cependant telle était la puissance de la tradition féodale. Li bois fu très-bien oint de graisse de bacon Et l'cure qu'il fut ars. C'estsurtout aux fortifications deschâteaux que cette observations'applique. (Voy. Car puis que cil iledens ne veulent obéir. La terre font porter et la mine tenir. II est de raison c'on les f. desformes.à jouer le rôle de partisans.

VI.mschaque paroissedes hommesrobusteset adroits. En 1369. i défaut. hommes et chevaux(car il y avait arbalétriers à cheval et à pied) étaient nourris . 1852. Paris. Michauld de Laval. suit danslessièges2. Vers le milieu de ce siècle. les sire de Cardilbac et de Bieule. par lettres patentes du 22 avril 4448. que cette confrérie serait spécialement chargéede garder la personnedu roi et de la défense de la ville de ParisCharlesVII. parce que ces francs-archersétaient obligés de s'équiper à leurs frais ou. qui appartenaientà la classe bourgeoiseet ne faisaient pas leur métier desarmes.ellesprésentaientdéjàà la lin du \iv'siècle destroupesa^e/ Milides pour qu'on pût leur confier la garde de postes importants1. institua les francs-archers pour servir en tempsde guerre. sous poine d'une amende de « six sols. « les arbalestriers « esliront de trois en trois ans un connestable à la pluralité desvoix. des arbalétriers et deaarquebusiers. Le même roi institue une compagniede vingt arbalétriersà Compiègne. leur connétabletouchait cinq sols aussipar jour : le tout aux frais de la ville.i suite». est organiséeà Paris la corporation des arbalétriers au nombre de deux cents.chinq de fer et chinq de métal» (probablementde fer forgé et de métal fondu). plusdisciplinées.Suivent des articles qui établissent certains privilèges en faveur de la compagnie. « liquel sont tout fait dou commandement doudit « maistre des arbalestriers par nostre main et par nos gens. composée de cent vingt hommes. ne pouvaient quitter leur corporation pour servir dans l'armée ou ailleurs. «Dans l. Pour la formation de ce corps privilégié. Cenouveau moyendedestruction ' C'est surtout pendant le xive siècleque s'organisèrent d'une manière régulière les corporations d'arbalétriers et d'archers dans les villes du Nord.dans ce qui reguarde leurs fonctions.serait établie à Paris. (Recherches histor. soit dansles bataillesrangées. CharlesV institue une connétablieou compagnied'arbalétriersdans la ville de Laon.t. à l'exception u de l':iide «establie pour la rançon du roi Jean ». et il les met sous « sa sauve-garde. reçoivent du maître des arbalétriersde la ville de Cambrai « dis canons. on choisit d.- fj03 - [ ARCniTECTTRE J qu'elle y trouvait son intérêt du moment. sur les corporat. p. semcc. Mais les corporations des bonnesvilles. choisira les « vingt-cinq arbalestriers qui doivent composer la compagnie. En 1339. aux dépensde la paroisse. s'étaientaguerries.Lorsque cesmagistrats menaient les arbalétriers faire un service hors de la banlieue de Paris. la ville de Florence faisait fairedescanons de fer et de métal (BAL de l'École descharte». « avec le conseil des cinq ou six des plus experts au jeu de l'arbaleste. Le roi nomma pour trois ans Michauld de Li^al connétable de cette compagnie. par Victor Fouque.tels que l'exemption de tous impôts et tailles. Par une ordonnance datée du mois d'août 13fi7. que cescent vingt archersseraient choisisparmi les autresarchersqui existaientdéjà. Cesarbalétriers. Les arbalestriers obéiront «au connestable. » . et q. chaquehomme percevaiten outre trois sols par jour.'. dit l'article 1" de cdte ordonnance. » L'article 2 porte : « Le roi relient ces arbalestriers à sa. cents.ui sout eu la garde et eu . qui ne savaientpas se battre à l'époque de la conquête d'Edouard III. deux chevaliers. par une ordonnance datée du 6 novembre 1373. sansl'autorisation du prévôt de Paris et du prévôt desmarchands. des archers.) 2 L'armée anglaiseavait du caiwn à la bataille de Crécy. on avait déjàfait emploi de bouchesà feu. CharlesVI ordonnaqu'une confrérie d'ardiLis. pris parmi les habitants aisés. Par lettres patentesdu 12 juin lill. Dès1326. 50). Le chiffre du contingent était à peu près d'un homme par cinquante feux. plusbraves et mieux armées. Charles V fixe ce nombre à huit.

les Mfrères Bureau. on "<put lui donner une plus grande quantité de mouvement. Godefroy. il y eut avantage à augmenter sa vitesseen diminuant sa masse: « les bombardesdevinrent moins lourdes.la défense des places. Bibl. de nouveau miseen lumière.» (Hist. et ne voulut bailler nulles bombardes de ce coslé. t. offrit plus de résistanceà l'explosion ii de la poudre. mais celle du Bourgeois fut la « première à la muraille^ et puis l'autre arriva.t. d'Artu\ III. V. 1825. 1429 : « Le jeudy. parce que la « pièce. Nous sommes arrivés au mo« la defleose de la ville de Cambray. et non-seulement l'héroïque Jeanne Darc s'occupait elle-même '( de diriger l'artillerie2. louruois. t. 5 Au siège de Caen.. Napoléon Bonaparte. dont le Bourgeois en con- a duisait une.. MDe ce point. 9G. quoique leur effet fût rendu « plus dangereux.j Au siéjie d'Orléans.Ils commencèrentà employer. de peur que les Bretons (i n'assaillissent.a (Original parchemin.Celle saillie fisl grand dommage aux . afin que les François ne les upi'iis>entvcoir ne grever de canonset bombardes. «la guerre de ii l'indépendance contre lesAnglais avait réveillé le génie guerrier de la '( nation. dit l'illustre auteur déjà cité '. \n|. quoique « en petit nombre. il" /' £'<« le des chartes. fol.. et fut minée l. et u alors un projectile du même poids occupant un plus petit volume. et mcssireJacques de Chabannes l'autre. « En telle manière que la ville eut esté prinse d'assault. 28. Hi-tt. les boulets de fer au lieu des boulets de pierre 3. Voyezl'article de M.i muraille en l'endroict. ayant un moindre calibre. 3 Les trébuchets. duc deBretaigne et conaest.Déposition du duc d'Alencon. « au matin.[ ARCHITECTURE ] ' df. pierriers. saillirent les François. « Ceboulet plus dur ne se brisa plus et put pénétrer dansla macon« nerie. faisant pour lors un fossé pour aller à couvert de leur « boulevert de la Croix-Boissée à Saint-Ladre d'Orléans. deu. les assiégeants « établirent devantles grandesforteresses un parc entouré d'un retran« cbementsitué dansune position centrale.. maisdeuxhommeséminentssortis du peuple. 'i Au lieu d'élever des bastilles tout autour de la ville4. par T. de conserverle projectile. Lacabaue. 99.en 1428..de France.mêmevol. parmi tes titres ycr/<V\ <!>" l'inn un. « . p. p.en Ii50 : « Puis aprèson commençadu costé de monseigneurle « connectable à faire des approches couvertes et descouvertes. XXV.si n'eust été le roy. il était aturel.-vaitchanger et changeabientôt toutes les conditions de l'attaque et di. lançaient des boulets de purre. 51.lundi. 4 Voyez le siège d'Orléans. Peu importante encore au commencement du xve siècle. Pour « salpêtre etsuflïe viz et secachetez pour les canonsqui sontà Camhray. VI. .. troisiesme jour de mars. lorsqu'on changeale mode de projection. qui ne le " M>ulut pas. ji. de France.onze livres quatre « soolz lit. apportèrenttous leurs soins à perfectionner les bouches « à feu et à la conduite dessièges. II.) 1 Étudessur lepasséet Pavenirde l'artillerie. hors de la portée du canon. par L.. ils conduisirent un ou deux boyaux de tranchéevers les <(pointes où ils placèrent leurs batteries5.. » (ILid. Nous revenonssur les travaux exécutéspar les Anglais pour battre cl bloquer la ville (voy. (Michelet. SIEOE. « En France ». l'artillerie à feu prend un grand développement vers le milieu de ce siècle. 1022. mangonneauv. contre les Anglois. p..

si l'artillerie.quela Franceestredevable « d'avoir pu secouerle joug étranger de 1628à 1650. Desorteque lesobstacles tombèrentdevant eux. Aux frères Bureau revient l'hon- « neur d'avoirlespremiers fait l'emploile plus judicieux del'artillerie i « feu danslessièges. » « Anglois.) . entre autres une grossenef nommée la nef Henry. « Lesvillesque défendaient les Anglais. tandisqu'en 1650. et le roi.se voit pour la première fois à la tête de forces « qui n'appartiennent qu'à lui.Et y vinrent les « Anglois par mer. « Pt monseigneur de Clermont de l'autre. car il avoit toute la charge.manteaux et tout. qui naguèreempruntait aux «villes leurs canonspour faire les sièges. le roi acquiert une cavalerieet une infanterie indépendantes « de la noblesse.le« muraillesfrappéesnerésistaientplusà leursboulets etvolaientenéclats. furentenlevées en peudesemai« nés.. toute la conquêtede la Normandie. 149. et y furent « rompueset empiréesneuf ou dix bombardesque grandesque petites.. les dissensions des nobles.enlMS. dix moisàs'emparer deCherbourg. « on ne faisoit que mettre le feu dedans..) « « Et fut mis le siègeà Cherbourg. habilement conduite. Car.et faisoientaussi bonne passéecomme si elles «eussentestéen terre ferme. et « Juachim de l'autre costé devant une porte. c'est autant aux progrès de « l'artillerie qu'à l'héroïsme de Jeanne Darc. ne « fût venue donner au pouvoir royal une force nouvelle. Et l'admirai de Coitivi. « Et quand la mer venoil. Ils avaient employé quatre mois àassiégerHarfleur. quedès cequela merestoitretirée. eu « 1M8. » (Hist. et entelle manière habillées. Par la créa« lion des compagniesd'ordonnance et par l'établissementdes francs« archers. Et y fut le siègebien un mois. » (Hist.et qu'ils avaientmis des mois <ientiersù assiéger lors deleur invasion. la crainte que « les grands avaient du peuple.qui obligea » à entreprendre soixante sièges. et le roarsual.possède une artillerie assez u nombreusepour établir desattaques devant plusieurs places à la fois.eussentpeut« être amené la ruine de la France. etc. « Disons-le donc en l'honneur de l'arme. et lui fournir « à la fois le moyen de repousserles ennemis de la France et de détruire « leschâteaux de cesseigneursféodauxqui n'avaient point de patrie. « Puis feit mettre quatre bombardes deversla mer en la grèvequand la mer estoit retirée. CharlesVil. et outre. huit «moisà assiéger Rouen. « L'influence morale exercée par la grosse artillerie est devenuesi it grande. 16H. en y tua Maistre-Jeand'une « coulevrine cinq i deux coups. « Cette période de l'histoire signaleune ère nouvelle. en 1660. et y commença « un peu de mortalité. Orléans. et « estoient toutes chargées.. et y eut monseigneurbien à souffrir. « ce qui excite à juste titre l'admiration de»contemporains. et discours du siège qui fut mis devantla ville d'Orléans. toutes les bombardesestoientcouvertes. d'Arlus III.« curremment -'(0. qui a reconquis son trône avec « desmains plébéiennes.fut accomplie par CharlesVil en un an « et six jours '. Et se logea mon dict seigneur d'un cosfè.1 - [ ARCIITTECTtJRE ] « mentoùles tranchées furent employées comme moyen d'approche conavec les couverts en bois. car neuf d'eut y furent prins prisonniers. p. qu'il suffit de son apparition pour faire rendre les villes. Les Anglais ont « été vaincus par les armes à feu..

les Anglais suivent encore l'ancien systèmedes bastilles de bois et des boulevards. de bombardes et canons.comme les engins à contre-poids. Ci'luy jour (pénultième du mois de février 1329). et connu dès le xne siècle par les Orientaux. qui sont détruites par le feu de l'artillerie française. avait l'inconvénient d'être difficilement transportable. pour tirer contre les « tournelles. maître Jean. attaquésvigoureusement.desbarillets contenant une composition inflamm. perdent successivement leurs bastilles.) . on établit de véritables batte- ries de siège. on ne s'attaque plus alors seulementaux créneaux et aux défenses supérieures des murailles. » tibia. mais on les bat en brèche à la base . et ce ne fut guère que sousCharlesTU et Louis XI que les pièces de siège.. A la fin du xive siècle et au com- mencementdu xve. près du boulevert de la Belle-Croix. » (Alain Chartier..un nombre considérable de projectiles de pierre qui passent par-dessus les murailles et crèvent les toits des maisons.) . estant lors de la garnison d'Orléans. On continua cependant 1 « Durant les Testes et servicede Noël. Pour assiéger la ville. et discours au vray du siège qui fut mis devant lu ville d'Orléans.[ ARCHITECTURE ] - 406 - L'emploi des bouchesà feu dansles sièges dut avoir pour premier i-'Miltat de faire supprimer partout les hourds et bretêchesde bois.ils sont obligésde leverle siègeen abandonnantune partie de leur matériel : car l'artillerie à feu de siège. tira tant terriblement contre elles. mais aussidesprojectiles incendiaires.. « qu'on disoit estre le meilleur maistre qui fust lors d'iceluy métier. ils finissent par être assiégés à leur tour par ceux d'Orléans. qu'elle en abbatit un grand pan de « mur. et bien le montra : « car il avoit une grosse coulcvrioe dont il jettoit souvent. les Anglaisjettent dansla ville.en 1428. Mais du côté des Français on trouve une artillerie dont le tir est de plein fouet et qui causede grandespertes aux assiégeants : un boulet tue le comte de Salisbury qui observait la ville par l'une desfenêtresdes tournelles '.) i Les.. jettèrent d'une partie et d'autre. Orléans. Françoisconclurent ledit chastelde Harecourt d'engin et du premier coup qu'ils «jetèrent percierent tout outre les murs de la basse-courqui est moult belle à l'équi« polent du chastelqui est moult fort.commetous lesenginsemployésjusqu'alors.telle que le feu grégeoisdécrit par Joinville.Y-t un homme sorti du peuple.Au sièged'Orléans. la bombarde de la cité pour « lors assortie à la croche des moulins de la poterne Chesnau. estant dedans ies piliers « du pont. furent montéessur roues. nommé maistre Jean. 1449. f. tellement qu'il en tua et bléca moult « d'Anglois. qui dirige l'artillerie de la ville. aun.ililr et ilétnnunte. page 162. avec leurs bombardes. mais surtout faisoit moult de mal un coucilevrinitT natif de Lorraine. les artilleurs emploient déjà les canonsà lancer des boulets de pierre. très-fort et « horriblement. de plomb ou de fer horizontalement.. et dut contribuera l'établissementde* mâchicoulis et parapetscrénelés de pierre portés sur corbeauxen saillie sur le nu desmurs.» (Hist. Carles premières bouchesà feu paraissent être souvent employées non-seulementpour lancer despierres rondes en bombe. 1611. aussibien que celles de campagne. Lorrain.

. n° 8320. le dessin d'un canon à boites monté sur un affût à cré' Copié sur les vignettes du manuscr.Yoici (fig. sortesde mortiers à lancer des boulets de pierred'un fort diamètre) jusquependantlespremières années du xviesiècle. 1. xve siècle. Les canons(fig. Biblioth.d'employerles bombardes (grosses pièces.Fig. Cescanons étaient fabriqués dans l'origine au moyende bandes de fer forgé réunies comme les douvesd'un tonneau et cerclées par d'autresbandes de fer cylindriques . (. de Froissart.et le calibre G avec son ansepour mesurer la charge de poudre. mais avec boîtess'emmanchant dans la culasseet contenant la charge de poudre avec le boulet '. A côté de ia pièce sont d'autres boîtesde rechange. le tracé d'un double canon. t. nation. ou fondusen fer ou en cuivre. . .îiïpea la cité de fiams.Fig. lorsqu'ils étaientde petit calibre. (Voy.. 43 6/s. 42) la représentation d'un doublecanon de siège garni de sonmanteletde boisdestinéà protéger la pièce et les servants contre les projectiles. 43) se trouvent dans les vignettesintitulées : Comment If rçy d'Angleterre as. ils étaientou forgés.'uniment la ville fie Duras fut assiégée et prinse d'assault par les François. . 43..

On mettait le feu à la poudre renferméedansla boîte au moyen d'une tige de fer rougie dans un fourneau. Au commencement du xvesiècle. une grandesupériorité sur lesarbalétriers.[ ARCHITECTURE ] - /(OS - maillère. L'établissementde cespiècesen batterie. pour éloignerlesdéfenseurs descréneaux. nepouvaient pasêtrechargés assez rapidement pourpouvoir produire deseffetspromptset décisifsdansl'attaque desplaces. Un bon archer pouvait décocherune dizaine de . desarchers en grandnombre et desarbalétriers. il laissait son sacouvert à terre. étaient d'un transport trop u. tandis queceuxdescanons doublessont de métal. difQcile. Chaquearcher (fîg. 64) était muni d'un sacde cuir contenant deux ou trois douzainesde sagettes. Lesboulets de ce dernier canon sont de pierre. desarcherssurtout. il lessentaitainsi. Au moment du combat. qui avaient.Il fallait avoir. il pouvaitlesprendre uneà uneen abaissant la main et neperdantpasle but devue(point important pour un tireur). leur chargement. tout cela était long.lesmoyens accessoires pour mettre le feu. permettant de pointer la pièce. à cause de la rapiditédu tir de l'arc.le fer tournéà sagauche .les canonsde groscalibre employésdansles siègesn'étaient pasen assezgrand nombre. ainsi que nous l'avons vu. sans lesvoir. et gardait sousson pied gauchequelques flèches. surtout lorsqu'il fallait après chaque coup remplacer les boîtes.

45 et 46). Un des arbalétriers (fig. pour banderl'arc.SJ d'adapter le tour ou la moufle(fig. 47)à sonarme aprèschaquecoup. n'envoyaitguèreque deux carreaux(fig. Obligf L. une fois l'arme bandée.mais il perdait de vue les mouvementsde l'ennemi. de chercher son but et de viser l.pendantle mêmeespace de temps. 52 . 45} est pnvaisé. Lorsque l'artillerie à feu fut assez bienmontéeet assez nombreuse pour battreles murailleset faire brèche 1 Ces figures sont tirées du manuscrit de Froissart déjà cité. tandisqu'un arbalétrier. et était obligé.c'est-à-dire qu'il portesur soudosun large pavois attachéà une i. non-seulementil perdait beaucoupde temps.[ ARCH1TECTTRE ] flèches par minute.

il se trouvait ainsi garanti contre k~ inits ennemis. et la ville gagnée. au point de nuire plus aux défenseurs qu'aux assiégeants. voûtées d'une manière assez légère. Sous CharlesVII. Les tourscouvertes de combles.les feux étaient plongeantset ne produisaient pasun grand effet. . Il fallait sans cesseles déplacer pour suivre les mouvements de l'attaque.ne frappaient qu'un point. pour la plupart d'un petit diamètre. qui n'avaientguère que 2 mètres au plus de largeur. qui ne causaient pas un grand dommage aux assaillants. par leurs feux plongeants. en effet. on ouvrit des embrasuresdans les étagesinférieurs destours au niveau de la crête de la contrescarpe des fossés. qu'il fallut le modifier profondément. et leur recul ébranlait souvent les maçonneries. partout où la chose fut praticable. Des pièces de canon étaient amenées à découvert en face de la fortification. ne pouvaient servir à placer du canon. pourpouvoirmonterlespièces et lesmettre en batterie.Sur les courtines. et qui. En enlevant les combles et faisant des plates-formes (cequi fut souventexécutéau milieu du xve siècle). d'envoyer desprojectiles en ricochets. et avant que l'assiégé eût eu le temps de mettre en batterie les quelques bombardeset ribaudequins qui garnissaient les tours.[ ARCHITECTURE ] - MO - àdistance.afin d'obtenir un tir rasant. et de forcer l'assaillant à faire des tranchées profondes pour approcher des places. en se retournant pour bander son arbalète.Mais toutes les tours ne pouvaient courroie. ne pouvaient recevoir du canon . on faisait alors à l'intérieur desremblais de terre jus- qu'auniveau deces chemins. L'étrier de fer adapté à l'extrémité de l'arbalète servait à passer le pied. Sans renoncer dèslors à placer l'artillerie à feu sur les sommets desdéfenses. beaucoup d'attaques de châteaux et de villes avaient été brusquéeset avaient réussi. la brèche était faite.par suite de l'élévationde ces courtines.on parvenait à placter une ou deux piècesau sommet. l'ancien système défensif paruttellement inférieuraux moyens d'attaque. mais. lorsqu'on faisait agir la moufle pour bander l'arc. les chemins de ronde.

qui ne trouvait pasd'issue. à l'enceinte antique. au-dessousdu niveau de la crête desfossés et les enfilant dansleur longueur. La majeurepartiede cesfortification? existe encore.- Ml - [ ARCHITECTURE ] se prêter à la modification demandéepar le servicede l'artillerie de défense. Langresest une ville romaine. 1 Ceplanesttiré de la Topographie de In Gaule. elles avaient un diamètreintérieur qui ne permettait pasde placer une pièce de canon. l'enceinte de Langres fut presque entièrement rebâtie sousLouis XI et François I". quand les piècesavaient tiré deux ou trois coups.1655). Les fortifications de la ville de Langres sont fort intéressantes à étudier au point de vue desmodifications apportées pendantles xveet xviesièclesà la défense des places(fig. /i8) '. de Francfort (Mérian. celles-cine pouvaient être introduites à travers ces détourset escaliersà vis. au commencementdu xvie siècle. On commença donc par modifier la construction des tours: on leur donna moins de hauteur. on lesouvrit du côté de la place. Successivement modifiée. afin de pouvoir y introduire facilement du canon. renonçant à l'ancien systèmede défenseisolée. en les i'aisant saillir à l'extérieur. on les perça d'embrasures latérales. danslaquelle on retrouveune porte assez bien conservée. La partie A de la ville fut ajoutée. on était asphyxiépar la fumée. et plus tard renforcée de défenses établies suivantle système adopté au xvr siècleet au commencement du xvne.édit. puis. et l'on augmenta beaucoup leur diamètre. .

G.STILLE. protégée par des ouvrages de terre de la fin du x\ie siècle. -B Nous donnons ffig. c'estlétageinférieur. La ville de Langresest bâtie sur un plateau qui domine le coursde la Marne et tous les alentours. et se trouver toujours à une même hauteur au-dessus du sol m 30 . du côté D seulementon y accède de plain-pied. les murs sont épais (7 mètres).Lescanons pouvaientêtre facilement introduitspar des emmarchementslarges et assezdoux.f ARCHITECTURE ] .C0175 pourmètre. ressautentpour suivre l'inclinaison du terrain. 2 Cotte tour s'appelle aujourd'hui tourdu Marché. afin de pouvoir résister à l'artillerie desassiégeants.Le planestà l'échellede 0. Dans une autre tour juxtaposée est une rampe en spirale qui permet- tait de faire monter du canon sur la plateforme qui couronnait la grossetour (voy. Cette tour est un véritable bastion pouvant contenir à chaqueétagecinq bouchesà feu. était une seconde porte bien défendue par unegrossetour ronde ou boulevard. " LV extérieur. au point E. La première travée. BA. Nous donnons le seulétage qui soit conservé. à chevalsur la route venantde Dijon. on descend successivement par quatre emmarchements du point C.412 L'emploi de l'artillerie à feu fut cause que l'on bâtit les tours G qui flan- qii"nt les courtines au moyen de deux murs parallèlesterminés par un hémicycle. dont 1 L'ouvrage avancéindiqué sur ce plan a été remplacé par une défense moderne importante. En E.avecdeuxbatteries couvertesétablies dans deux chambresdont les voûtes reposentsur un pilier cylindrique élevé au centre. F. en F. . Aussi de ce côté un ouvrage avancétrès-fort avait-il été failli dès le \\T siècle '. Lfàtiesur une pente rapide. une troisième porte donnant sur la Marne. 49) le plan d'une des tours dont la construction remonte à la lin du xvc siècle ou au commencement du xvi*2. BOULEVARD). LesembrasuresE. donnant dansla ville.

lesvilles et les châteaux ne tiennent pas devant une armée munie d'artillerie. les mâchicoulis employésconcurremment avecles batteries couvertes.étaientfermées à l'intérieur par desportières(voy. malgré l'expérience desinconvénientsattachésà la fortification du moyen âgeen facede l'artillerie à feu. 51)sur la ligneAB du plan). Telle était la force destraditions féodales. xme et xive siècles. c'était encore lu un reste de la tradition du moyen âge.On faisait du mieux qu'on pouvait pour approprier les anciennes fortifications au nouveau mode 1 Nous devonsà M. architecte attaché à la Commissiondes monumentshisloj les dessins de cet ouvrage de défense. Millet. estvoûtée par quatre voûtesreposantsur une colonne.vviesiècle. TOUR).et la coupe transversale (fig. la coupe longitudinaleffig. et jusque pendant le. Mais il estbon de remarquerque le systèmede fortifications si bien établi de 1300à 1400.- 413 - [ AhCHITEf. Cetteincertitude dansla construction desdéfenses pendant lespremierstempsde l'artillerie donne une grandevariété de dispositions. si méthodiquement combiné. estdérangépar l'intervention desbouchesà feu dans les sièges.Ces partiessupérieures ont été modifiéesdepuislongtemps. DeséventsH permettaient à la fumée de s'échapper de l'intérieur de la salle.bien que les mâchicoulis ne fussentplus qu'une défensenulle devantdu canon. EMBRASURE).49). On croyait toujours devoir faire dominer lestours sur les courtines * (voy. Cettetour était couronnéedans l'origine par une plate-forme et un parapet crénelé derrière lequel on pouvaitplacer d'autrespiècesou desarquebusiers.lTHE j les parois sont parallèles.de CharlesVIII à FrançoisIer. .Lesembrasures F.qu'on ne pouvait rompre brusquement avecelles.un arc-doubleau portant sur deuxtêtesdemurssépare la premièretravéede la seconde. qui est voûtéeen cul-de-four (voy.La batterie à barbettedomine la crête du parapet des courtines voisines d'un mètre environ. et l'histoire pendant cette période ne nous présente plus de ces siègesprolongés si fréquentspendant lesxne.et que les tâtonnements commencent à partir de cette dernière époquepour ne cesser qu'au xvne siècle. Deux petits réduits I devaientrenfermerla provision depoudre. et nous ne pouvonslessignaler toutes. 50)sur la ligne CD. Aussi. G (fig. et qu'on les continuait encore. C'estainsi qu'on voit longtempsencore.

et qui fut reconstruite pour contenir desbouchesà feu à rez-de-chaussée ' destinées à battrela rivière.V<. au-dessus. Toi'R.Lesembrasures descanons(fig. 53)sont percées horizontalement.irrées munies d'artillerie.est percé dequatreembrasures destinées à de petitespièces d'artillerie. ils les disposentau rez-dechaussée des tours dans des batteries casematées. C'était là une médiocre défense. A la fin du x\e siècle.une fente horizontale permet de pointer et sert d'évent pour la fumée. soiten détruisant quelques points faibles. soiten laissant parfoislesvieillesmuraillessubsister enarrièrede nouveaux ouvrages. et dont les embrasures n'em- brassaientqu'un angle aigu. 50e151 ).maispercé de trous ronds propres à passerle bout de petites coulevrinesou d'arquebuses à main-. Lerez-de-chaussée decettetour.Il existe encore un grand nombre de tours qui présententcette disposition. Abadie que nousdevons le relevé fort exact île cet owrage de défense. ne pouvaient démonter des batteries de 1 Lescourtines voisines datentdu xmesiècle. les ingénieurs paraissentchercherà couvrir les piècesd'artillerie.percéseulementde meurtrières d'arbalètesou d'arquebuses.réservant les couron- nementsdestours et courtines pour les archers et arbalétriers ou arquebusiers. Un escalierdroit conduit au premier étage. laissantjuste le passage du boulet. comme à Langres. et il était facile à l'ennemi de se placer de manière à se trouver en dehors de la projection du tir. . maisdontle couronnement détruit nepeutservird'exemple. sans compterunemeurtrière placée àl'anglesaillantdu coté opposé àla rivière. et à l'épreuve desprojectilespleins lancésen bombe.[ ARCHITECTURE ] d'attaqueet de défense. 69. .le rivageet l'une des duuxcourtines.C'est à M. et le couronnement est garnide mâchicoulis avecparapet continu sanscréneaux. On reconnut bientôt que cesbatteries couvertes établies dans des espacesétroits. pourlesremplacer pardesgrosses toursrondes nu r. peuétendu(fig. voici . Deux canons (que l'on changeait de place suivant les besoinsde la dé- fense) pouvaient seulement êtrelogés danscettebatteriebasse voûtée par un berceau épaisde pierrede taille. sans parler de celle deLangresque nousavonsdonnée (fig.52).mi' tour carréedépendant de la défense fort ancienne du Puy-SaintFront de Périgueux. MEURTRIÈRE.'\.

541. Lestours paraissaient si bien un moyen de défense indispensable. les barbacanes.on éleva en avant de fausses braies dans lesquelles on pouvait établir desbatteries à tir rasant. furent simplement dérasées au niveau du chemin de ronde. maisbientôt on en fit desouvrages flanqués. La ville d'Orangeavaitété fortifiée .- M5 - [ ARCHITECTURE ] siègeet ne causaient pas un dommagesérioux à l'assiégeant.puis couronnées deparapets avec embrasures pour y placer des batteries àbarbette (fig. qu'on avait donnéesaux palissades. qui remplaçaient les lices dont nous avons parlé dans le cours de cet article. Dansdescaspres- sants.Laissant donc subsisterle vieux systèmedéfensifpour y loger des archers. c'est-à-dire qu'ellessuivirentà peu prèsle contourdesmurs. disposées de manièreà flanquerles courtines. qu'onen élevait encore même après quelesfausses braies. On donnad'abord auxfausses braies lesformes. avaientétéadmises.les anciennes murailleset toursdeslices. On com- mença dèslors à s'affranchirdes règlessi longtempsconservées de la 53 fortification antérieure à l'emploi de l'artillerie à feu. on regardait comme d'unesi grande utilité de commander la campagne.en plan. arbalétriers et arquebusiers.

Au moyen deces modifications. XI. et telle était la configuration de ses déi'enses à celleépoque (fig. lesplaces furent .[ ARCHITECTURE ] - 616 - de nouveau sousLouis.JJ .

53 . à établir desparallèles et devéritables batteries desiège biengabionnées.estoient devantlesdites brayes aul« trèsgrands fossés d'extrêmeprofondeur.^17 [ ARCHITiXTURE ] en étatde résister à l'artillerie.et à une assez grande distanceon pouvait détruire cesouvrages découverts et faire brèche..on commençait. en dehors desportes. <Extr.) ï. L'art dessièges devenaittouslesjours plus méthodique. entre lesquelles et lesditsmurs y avoit certains «fossés assés parfons . 103. t. bastille ou bastide. parle prince Louis-Napoléon Bonaparte. espaisseet renforcée de fortes « braiesses. Quatre portes principales depareille toi te < Nous empruntons cepassage auPrécis historique det'influence de>' armes à feusur l'art dela guerre. offraientune prisefacile au tir de plein fouetdes batteries de siège. p.sublelement composées de pierre et de brique. La descriptif ni de la fortification de is'uys. CCLXÏXIII. Mais cettearme se perfectionnaitrapidement : Louis XI et CharlesVIII possédaientune artillerie formidable.On établit. p. haulte. dela Chronique deMolinet. Pour parer à cet inconvénient. desouvrages deterresoutenus par des pièces debois. on garnit lesdehors desfossés de palissades ouparapets demaçonnerie ou decharpente. lorsque l'attaquedesplaces ne pouvaitêtre brusquée. tournées à deffence par mirableartificepour rep«peller le» assaillans. 42.on faisaitdesapproches régulières. 56). V. chap. lesquelsamplectoient la ville et sesforb JM- «ques auxrivières courantes. de rechef. explique parfaitement la méthode employée pourrésister aux attaques ': « Pareillement estoit Xuyssenotablement tourrée de pierre de grès. Lesmurs.qu'onnommaitencoreboulei-ert.cimes les aulcuns. que Charles le Téméraire assiégeaen l'iT'i. dépassant le niveaudescrêtesdesrevêtements desfossés. A cetteépoque déjà. et.pni>« samment murée de riche fremeté. avec terrassements et premier fosséextérieur : cet ouvrage. toutesde terre. et en auleuns «lieux. despoternes et dessaillants.conserva le nom debraie(fig.et pleins « d'eau à grant largesse. à faire destranchées.qui remplaçaitlesanciennes lices.

on reconnutbientôtqueles revêtements depierre. TOUR). . pourprévenir l'ébranlement des anciennes muraillesetdestours. carchascune d'elles av>it enfrontson bolu«vertà manièrede bastillon. les tours et les courtines des enceintes intérieures commandant la campagneà une grande distancepar leur élévation. Jusqu'alorson s'était occupé. de modifier la forme et la situation des tours et courtines. qu'ils sedétachaientdu massifet le laissaient à nu. pour tenir LJUdes tourset barbacanesdeslice^ de l'ancienne fortification. ARCHITECTURE ] - M8 - « ensemble.» On voit danscette description le bastion se dessinernettement. garni de tout in« strumentdeguerre.et souverainement de traicts à poudreà planté.en les couronnant encore de mâchicoulis. mais depuis le . desouvrages de défense du dehors desportes.de murs de contregarde. les porteset enfilerlesfossés. L'architecture défensive. grant. et forme la partie principale de la fortification moderne. de brique ou de moellon piqué renfermant un massif de blocageirrégulier. exposé aux projectiles. car lespionniers entamaient plusdifficilementun massif deblocage dont la pierrailleet le . mais il fit donner aux iours et courtines. et surtout à la grosse luurou donjon.les poternes. Bientôtcetaccessoire.qui n'avaient généralement qu'uneépaisseur de30à50centimètres. lesconstructions d'appareiln'ayantjamaisl'homogénéité d'un bon blocage bien fait. danslesforteresses que l'on élevaversla fin du xv siècle. les détails de la défense. une telle épaisseur.Lorsque le connétablede Saint-Pol fit reconstruire en 1470 le château de Ham. fort et deffendable. mortier étaient durs et adhérents. comme un accessoire importantdela défense pour fortifier lessaillants. on augmenta l'épaisseurdesmaçonneries de manière à pouvoir résister à l'artillerie de siège.queles nierions1 depierreenlevés parlesboulets sebrisaienten éclats. non-seulement il crut devoir munir cette retraite d'ouvragesavancés. desanciennesbastilles isolées. en raisondesbesoinsnouveaux. et aulcunes poternes et sailliesembellissoient et fortifioient « grantement ladite closture. En conservanttoutefois. facile à déliaisonnerlorsque quelques pierres ont été enlevées. étaientpromptement ébranléspar l'effet desbouletsde fer.qu'une construction appareil'ée.garnitlescourtines par des terrassements deterre intérieurs. que cesconstructionspeuvent encore opposerà l'artillerie moderne une longue résistance(voy.\i° siècle le mode de construction de la fortification n'avait paschangé: c'étaienttoujours deux parements depierre detaille. don! l'utilité estreconnue.véritablemitraille plus meurtrière encore quelesboulets eux-mêmes. l'emporte sur le fond. Contre 11sapeou le mouton ce genrede construction était bon. Les massifs de maçonnerie résistaient mieux aux ébranlements du mouton qu'uneconstructiond'appareil . etremplit parfois les étages inférieurs 1 C'est le uoinqu'on donneaux parties du parapetcoinprùes entre les créneaux ou embrasures.. maislorsqueles bouches à feuremplacèrent tous lesengins et expédientsde destruction employésau moyen âge.

assez peu élevépour être masquédu dehors. pour les laisserentrer à leur ayse. que si l'en« nemy vous venoit assaillir avec l'artillerie. de flanc et même à revers. comme nous le verrons tout à l'heure. on farcit quelquefois lesterrassements intérieurs de longrines debois. 142 2 Uèsla ûa du xvi" siècle. » Cette disposition provisoire de la défensene tarda pas à être érigée en système fixe. si les ancienscrénelagesavaient été remplacéspar des nierions épaiset desembrasuresde maçonnerie.et qu'il fut avéré que desmurs de maçonnerie de 2 à 3 mètresd'épaisseur (qui est l'épaisseur moyennedes courtinesantérieuresà l'emploi régulier des bouches à feu) ne pouvaientrésisterà une batterie envoyantde trois à cinq cents boulets sur une surface de 8 mètres carrés environ2. qui se trouvaient en face d'un nouveau rem part improvisébien muni d'artillerie : c'était un nouveau siègeà recommencer.. ces terrassementsavaient assez de consistance pour ne pass'ébouler lorsque la muraille tombait. desremparts rentrants dansle genre de celui qui est figuré ici (fig.- M9 - [ ARCHITECTURE ] destours. et rendaient la brèche impraticable.. celle-ci devenue praticable. édit Buthon. de me retrancher loing de « la muraille où se feroit la batterie. hallebardes. Mais lorsque la muraille tombait sous les coups de l'arlillerie de siège. Derrière la retirade je déliberay mettre « tous les mousquets de la ville.lorsque l'assiégéétait assuré du point attaqué. comme « ils seraientdedans..épéeset rondelles1. et qu'on les appropriait à la défensecontre l'artillerie.l'artillerie française avait adoptésix calibres de bouches . les colonnesd'attaque se trouvant battues de face. p. chargéesde grosseschaînes « et de gros clous et piècesde fer. ensemble l'arquebuserie. « et faisoisestât tousjours de fermer les deuxbouts. l'assiégeant lançait ses colonnes d'assaut.et pendant que l'assiégeant faisait sesdernièresapprocheset battait en brèche. et l'assaillant ne pouvait songer à brusquer l'assaut. il fait élever derrière les vieilles murailles de la ville. qui serions aux deux bouts. Si les vieilles murailles avaient été simplementremblayéesà l'intérieur de manièreà permettre de placerdu canon au niveaudesparapets. 57). « Or avois-je délibéré. et nous. dit-il. et. faire tirer l'artillerie et l'arquebuserie tout à un « coup. et y mettre à chacun <iquatre ou cinq grosses piècesd'artillerie. Lorsqueles effetsde l'artillerie à feu furent bienconnus. et sur les points où il supposequ'elles seront battues. en abaissant 1 Comment. facilitaient l'accèsde la brècheen formant un talus naturel. lorsque l'on conservaitd'anciennesfortifications. en s'éboulantavecelle. de branchages résineux ou flambéspour les préserver de la pourriture. on creusait un fossé entre cet ouvrage et la brèche. Pour parer acesinconvénients.Lorsque Biaise de Montluc défend Sienne. tandis que les murailles seulesnon terrassées à l'intérieur ne présentaienten tombant que desbrèchesirrégulièreset d'un accès très-difficile. du maréchalde Monttuc. venir courant à eux avec « les picques.on établissaiten arrière du front attaquéun ouvragede bois terrassé. Cet ouvrage rentrant était d'un très-difficile accès.cesamasde terre.car il était flanqué par sa disposition naturelle.

masqués a feu: le canon.par Errardde Bar-le-Duc. et dont le boulet pesait 2 liv. (Li Fortification.et dontle bouletpesait 33 liv.et dont le boulet pesait 16 liv. dont la longueurétaitde onze pieds. déjàon avait pratiqué dans l'épaisseurdesmurs desarcs de décharge.Paris. Dans les constructions antérieures im H /v? " "~~i_imii_- ^ " -<£. la coulevrine.> .420- lecommandement des murs demaçonnerie on employa divers moyens pour leur donner une plus grande résistance. la bâtarde. dont la longueurétaitde dixpieds. pour résisterà la mine. à la sapeet au mouton. dont la longueurétaitde septpieds. et dont le boulet pesait 7 liv. 1/2. 3/4. la moyenne.dont la longueurétait de neuf piedset demi.et dont leboulet pesait 1 li^. dontla longueurétaitde huit pieds deuxpouces. 1620. -1/2 . 1/3 . le fauconneau. ~ m "\:*ï$& à l'artillerie à feu.[ ARCHITECTURE ] . dont la longueurétait decinq piedsquatrepouces. et dontle bouletpesait14 onces. 1/2. le faucon.

ces éperons intérieurs pouvaient encore.on perfectionnace système .[ ARCHITECTURE [ par le parement extérieur. présenter un obstacle difficile à renverser.à moins que lesassiégeants n'eussentprécisémentsapé lespoints d'appui masqués (fig.Au x~vie siècle. 59).pour éviterquele revêtement. reportant le poidsdesmaçonneries sur des pointsisolés. maintenaient lesparapets etempêchaient lesmursde tomber d'une seule pièce. non-seulementon pratiqua desarcs de déchargedansl'épaisseurdescourtines de maçonnerie. enmaintenant lesterres pilonnées entre eux. maison les renforça de contre-forts intérieurs noyés dansles terrassementset butant lesrevêtementsau moyen deberceauxverticaux (fig. en tombant parl'effetdesboulets. Nu ~'~=~^ On eutlesoin denepas lierces contre-forts avec lapartie pleine des muraillesdans touteleur hauteur. Mais ces moyens étaient dispen- .ce qui ne pouvait être dû qu'à l'effet du :-_ " CCT£ DELA VJLLG hasard. qui. n'entraînât lescontre-forts avec eux. 58).

ou en dedans. Les premiersremplaçaient les ancienneslices.. les premiers formant un cbemin couvert ou un revêtement de la muraille. Outre les moyens indiqués ci-dessus. ils étaient plus capablesde recevoir et de garantir des pièces en batterie que les anciens chemins de ronde terrassés. les intervalles remplis comme il . On les construisait de diversesmanières.l'intervalle était rempli rie terre grassebien pilonnée. purgée de cailloux et mélangéede brins de menu bois. puis on élevait un terrasseme/itcomposé de clayonnages et de couchesde terre alternées.aune certaine distance.soit pour mettre les murailles en état de résister au canon.derrière lesquelson plaçait de l'artillerie. et les attaques de places fortes en font souvent mention. Les plus forts étaientétablisau moyend'un revêtement extérieurcomposé de pièces 0'0 de bois verticales reliées par descroix de Saint-André. Derrièrece parement de charpente on enlaçait desfascines de menu bois commeun ouvragede vannerie. 23pour arrêter l'assiégeantlorsque la brèche était praticable.Les remparts amortissaientle boulet et résistaient plus longtemps que les murailles de maçonnerie. 1° pour gêner lesapproches et empêcherde brusquer l'attaque. Ou bien c'étaient des troncs d'arbres couchés horizontalement. soit pour présenter un nouvel obstacleà l'assaillant lorsqu'il étail parvenu à les renverser. ou préserverle mur contre les effets du canon. afin d'empêcher l'ouvragede sedisloquer lorsqueles boulets en brisaient quelquesparties.c'est-à-dire que l'on établissaiten dehors desfossés.car à cette époque encore l'escalade était fréquemment tentée par des troupesassiégeantes.au sommet de la contrescarpe. desremparts de bois et de terre. et les seconds un para- pet. on remjjarait les places. reliés entre eux par des entretoisesentailléesà mi-bois.L ARCHITECTURE ] - 422 - dieux. GO).On abandonnaitdifficilement les commandements élevés. reliés avec des branchesflexibleset desentretoisesappelées clefs. poséeshorizontalement(fig. ils supposaient toujoursd'ailleursdesmuraillesformantun relief assez considérableau-dessusdu niveau de la contrescarpedu fossé.Quelquefois le rempart était formé de deux rangs de forts pieux plantés verticalement.ou même comme garde du mur pour amortir le boulet. et les secondsobligeaient l'assiégeantà faire un nouveau siègelorsque la muraille d'enceinte était renversée.

Sil'assiégé était pris au dépourvu. Ces gros gabions servaient aussi à masquer les pièces en batterie . l'intervalle entre ces gabionsformait embrasure (fig. éclatant au milieu des remparts. Lorsquel'assiégé arrivait au moyen destranchées à établir ses dernières batteries très près de la place.force était de protéger la battu : 1 Voyez Le roi sfige : récit desactions de l'empereur Maximilien/". 61). 63)2. avec lesgravures de Hannsen Burgkraair.sures garnies de portières. . embra- ble.Vienne. desprojectiles chargés d'artifice.Onménageait de distance en. Cesnouveauxobstacles opposésà l'artillerie de siègefirent employer desboulets creux. 62)'. Peu à peu on dut renoncer aux atta- quesbrusquées. et que celle-ci était munie de bons remparts extérieurs et de murailles d'un commandement cohsidérabh1. il se contentait entre d'enlacer eux des arbres garnis d'une partie de leurs branchages .Publ en 1775. ou s'il ne pouvait se procurer de la terre convena- 423 - [ ARCHITECTURE ] vientd'être dit (fig. dont les retours anguleux ou arrondis étaient défilés par des gabions remplis de terre et posés debout. par Marc Treitzsaurwen. lesintervalles étaient bourrésde fascines (fig. distance des. et n'approcher des placesainsi munies qu'à couvert dans des boyaux de tranchée contournés. y causaient un grand désordre. qui.) 2 Ibid.(Lesgravures sur bois de cetouvrage datentdu commencement du xviesiècle.

. i. ainsi que cela se pratique encore de nosjours (fig.[ ARCUITL. .' .i> - >.JTURE ] de brèche contre les feux rasantset plongeants par des épaulementsde terre surmontés de gabionnades ou de palis fortement reliés et double..wv ' m vif.Ces ouvrages nepouvaient s'exécuter quependant la nuit. 64) '. ç*t dechyonnages. 1 \nu-z la noteà lu page précédente.^MT^ LA- - -j 2l fi*.

l'ancienne barbacane en A avait été dérasée et terrasséepour y placer du canon. 662). Dès la fin du x\e siècleon s'était donc préoccupéavant toute chosede munir 1rs portes. lesdétruisaient tousen même temps et mettaient le désordre parmi les défenseurs. en profitant autant que possibledesanciennesdispositionset les améliorant.Le nouvel art de la fortificationétait à peine 1 Porteà Mazelle. Topogr.en renforçant les murailles par des remparts de bois et de terre en dehonsdes fossés. et une fois logé dans ces ouvrages extérieurs. La puissancede l'artillerie à feu avait pour résultat d'étendre peu à peu les fronts. l'ennemi s'y fortifiait. aprèsavoir détruit les merlons desboulevards et démontéles batteries. les défenseursétaient les uns sur les autres. quelquefoiscesboulevardsétaient munis de fausses braiespour placer des arquebusiers: si l'ennemi. enrendantleseffets de l'artillerie à feumoinsterribleset moinsprompts.). Conformémentà la méthodeemployéeprécédemment.cesarquebusiersretardaient l'assaut. qu'une place investievoyant promptement des batteries de brèche se dresser à peu de distancedesremparts. c'était presquetoujours par des ouvragesqui avaient un caractèreprovisoire.i655). C'estalors qu'on éleva en dehors desportes des boulevards pour mettre celles-cià l'abri deseffetsde l'artillerie (fig. et ne pouvaient tout à coup s'habituer à les regardercomme desobstacles à peu prèsnuls.autant par tradition que par un motif d'économie. Les villes tenaient à leurs vieux murs. et celle C reconstruite de façon à battre la première porte. de les porter au dehors.» - !lï5 - [ AIlCllITECTTflE ] Tout en perfectionnant la défense. avait été renforcée de cette manière. les batteries de siège. setrouvait enserrée danssesmurs sanspouvoir tenter des sorties ou communiquer avec les dehors. y dressaitdes batteries et foudroyait les portes. à Metz(Mérian. de flanquer cesportes par desdéfenses propresà recevoirde l'artillerie.65).étroites. On donnait déjà une grande étendue aux ouvragesextérieurs. ne faisaientque retarder les assauts de quelquesjours. on les détruisait facilement. on cherchait toujours à s'appuyer. de la ville de Metz1. Ce fut d'abord sur ces points que l'attention des constructeursde fortifications se fixa. si la nécessité exigeait ju'on les modifiât. pour avoir des placesd'armes en avant desportes. Maiscesdéfenses resserrées.. les vieilles barbacanesde maçonnerie ou de bois (boulevards) n'étaient plus assez spacieuses ni assez bien flanquées pour obliger l'assiégeantà faire de grands travaux d'approche. onreconnutcependant quecesmoyens.de battre un plus grand espacede terrain. 1 PortedeLectoure (ibid. ne suffisaient pas.ou contre le parement extérieur decesmuraillesmêmes. de la Gaule. La porte àMazelIe(fig.les têtesde pont. . la courtine B avait été remparée à l'intérieur.lesassaillantsdirigeaient encore à la (in du xve siècle et au commencement du xvie toutes leurs forces contre les portes. de faire sortir les défenses des anciennesenceintessur lesquelles. dressées devant cesouvrages accumulés sur un point.venait au fossé.On se soumit bientôt à la nécessité d'élargir les défenses.

[ ARCHITECTURE ] .ainsi que celaavait été antérieurement pratiqué pour quelques barbacanes. Cependantces tâtonnements devaient C5 nécessairement conduireà un résultatgénéral. et à l'extérieur de ces fosséson établit des remparts de terre formant un chemin cou- vert./|26 " entrevu.cherchait non point à établirun système général.qu'onétablissait déjàau xvesiècle . C'estainsique peuà peu on commandait lesapproches de l'assiégeant.neuf.de protégerlesvilles par desouvrages assez saillantspour empêcher lesbatteriesde siège de bombarder leshabitationset les magasins de l'assiégé. maisà préserver les vieillesmurailles par desouvrages de campagne plutôt que par un ensemble dedéfenses lixes combinéesavec méthode. par des tâtonnements. et chaqueingénieur. C'était surtoutle longdesrivièresnavigables. desports.On fit bientôt passer les fossés devantet derrièreles boulevards desportes.on sentaitle besoinde fortifier lesdehors.

de Lubeckdans leHolstein.Lechâteau deKingston surHullfutfondé parleroi Edouard 1e' ..Nous donnonsici le plan de la ligne desbastilles de Kingston sur Hull.elles étaient isolées ou reliéesà la terre ferme par desjetées. H. in Englandfrom EdwardI to Richard II. Archit. 1853. etc.66 bis)l. deLiégp.et formaient ainsi 1 Some Account of domest.Les villesde Hull dansle Lincolnshire. . possédaient desbastilles propresà recevoirdu canon. repro- duit par M. J. ('e 6'G \ Basic. Parker. deDouai. H.'«27[ ARCHITECTURE J des bastilles reliéespar desremparts. afin de mettrelesvaisseaux à l'abri desprojecti'es. Quantaux bastilles de Lubeck. OxforJ. Parker(fig. deLiboume. d'Arras. deBordeaux..

Ces dernières bastilles paraissentavoir été construites en charpentes.[ ARCHITECTURE ] . probablementde la fin du IVe siècle. clayonnages et terre.Ù28 - dessaillantstrès-considérables entourésd'eau de toutes parts (fig. 1 D après une gravure du xvie siècle. tirée du cabinet de l'auteur. maisles fortifications qui sont reproduites ici sont certainement d'une date postérieure à cette époque. 66ter) '. M Parker observeavecraison qu'ellesétaient conformesaux défenses extérieuresadoptées en France. La métbodede défendre les portes par des bastionsou boulevardsciruprèsla bataille de Dunbar. .

en 1526. l'avis du capitain