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p Bernasconi Engagement

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Patrick Bernasconi

,
partageons l’esprit d’entreprise
MEDEF 2013

Mon engagement pour le MEDEF
www.patrick-bernasconi.fr

Patrick Bernasconi, partageons l’esprit d’entreprise
MEDEF 2013

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Mon parcours
Né en 1955 dans la Manche, j’ai grandi au milieu des engins de chantier de l’entreprise « Bernasconi » qu’avait bâtie mon père, et que j’ai rejointe quelques années après ma formation à l’Ecole Spéciale des Travaux Publics. Je suis arrivé en 1985, à un moment où l’entreprise, auparavant portée par le boom de la construction dans les années 1970, allait mal. J’ai dû engager un plan de restructuration drastique. De cette période, j’ai tiré des leçons essentielles : la nécessité d’agir vite et fort face aux difficultés, et l’importance du dialogue pour faire comprendre et accepter les changements. A la même époque, j’ai commencé à gravir une à une les marches de l’engagement dans les organisations patronales : d’abord dans la Manche, puis au syndicat Canalisateurs de France, et enfin à la Fédération Nationale des Travaux Publics. Je suis devenu président de la FNTP en 2005 et j’ai été réélu en 2008 puis (pour un troisième et dernier mandat) en 2011. Ma première ambition a été de faire de la FNTP la « maison des entrepreneurs », au service de la profession, notamment en faisant du siège un lieu de débat et de rencontres. J’ai imposé la transparence des comptes et une politique d’économies qui m’a permis d’accroître de 30% les moyens remis à la disposition des fédérations régionales, les FRTP. Et j’ai conduit, en 2010, des « Etats généraux des travaux publics », avec un véritable tour de France des territoires pour écouter les attentes et les propositions de l’ensemble des entrepreneurs du secteur. Parallèlement, j’ai conduit un ensemble d’actions portant notamment sur le renforcement des relations entre les grands groupes et les PME, l’innovation et la recherche, la formation et l’accès aux métiers des travaux publics. En 2005, le taux de remplissage des écoles de travaux publics était de 50% ; aujourd’hui, il n’y a pas assez de places pour répondre à la demande et nous avons significativement amélioré la capacité de nos PME à trouver les salariés compétents et engagés dont elles ont besoin. Nous nous étions donné 5 ans pour doubler le nombre d’apprentis, objectif atteint en 3 ans. Comme président de la FNTP je suis également devenu membre du conseil exécutif du MEDEF en 2005, quelques mois avant Laurence Parisot dont j’ai soutenu la candidature à la présidence. Au MEDEF, j’ai occupé plusieurs fonctions dont celle de négociateur sur les principales questions soumises au dialogue social ces dernières années. En 2008 j’ai négocié l’accord sur la représentativité des organisations syndicales.

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En 2008 puis en 2011, j’ai négocié les accords sur l’assurance chômage. Je me suis battu pour obtenir des baisses de charges sur les entreprises, qui ont d’ailleurs été acceptées mais qui restent subordonnées à un redressement des comptes et donc à une amélioration de la conjoncture. Enfin, au début de cette année, j’ai conclu l’accord sur la compétitivité des entreprises et la sécurisation de l’emploi qui me paraît ouvrir la seule voie possible si nous voulons permettre à nos entreprises d’affronter la crise et de créer de l’emploi : plus de souplesse pour les entrepreneurs – en termes de mobilité des salariés, d’ajustement des salaires et du temps de travail en cas de variations de la conjoncture – et en contrepartie plus de garanties pour les salariés – en matière de formation et de protection sociale. Aujourd’hui je me présente à vous tel que je suis : d’abord un entrepreneur, toujours à la tête de ma PME familiale ; et aussi un responsable patronal avec une double expérience, celle de la conduite d’une grande fédération, et celle de la défense des intérêts des entreprises autour de la table des négociations. En présidant le MEDEF, si demain vous me faites confiance, je poursuivrai l’engagement d’une vie au service de l’esprit d’entreprise.

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Mes 10 propositions pour le MEDEF
1
Engager la réduction des dépenses publiques afin de conclure un pacte de compétitivité et de stabilité fiscale : diminution des charges sociales pour atteindre le niveau de l’Allemagne d’ici 5 ans, stabilité de tous les autres dispositifs.

2

Maîtriser les dépenses d’assurance chômage, en particulier grâce au rétablissement de la dégressivité des allocations, pour réduire le déficit (et les cotisations, une fois que les comptes seront rétablis) et afin de donner la priorité aux dépenses actives de formation et d’accompagnement des demandeurs d’emploi.

3

Définir une véritable stratégie de filières nationales, dans lesquelles la place des PME, en particulier sous-traitantes de grands groupes, doit être reconnue et renforcée.

4

Négocier l’emploi et l’organisation du travail entreprise par entreprise, au plus près du terrain, pour tenir compte de ses besoins spécifiques et de ceux de son secteur d’activité, avec un cadre national plus souple.

5

Garantir le respect des accords en les transposant sous le contrôle d’un comité de suivi des signataires, et par la reconnaissance de la place du dialogue social dans la constitution.

6

S’engager à ce que toutes les entreprises puissent trouver systématiquement et rapidement les personnels dont elles ont besoin pour assurer leur croissance. L’apprentissage doit être le levier prioritaire de cette reconquête. Une forte hausse du nombre d’apprentis est nécessaire. Pour cela, les partenaires sociaux devront, comme en Allemagne, reprendre la main sur les diplômes et les filières de formation en redirigeant vers l’alternance des moyens aujourd’hui figés dans des filières sans débouchés.

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7

Engager un partenariat avec l’Education Nationale afin que chaque classe de troisième, et aussi chaque enseignant, puisse avoir un échange avec un entrepreneur, soit à l’école, soit lors d’une visite d’entreprise. Au-delà de la découverte des métiers, cet échange permettra d’aborder le rôle des entreprises dans la société et les valeurs de l’entrepreneuriat.

8

Prévoir pour le président du MEDEF un mandat de 4 ans, renouvelable une fois.

9

Lancer des Assises du MEDEF pour réfléchir avec vous à l’évolution de son positionnement et de son fonctionnement.

10

Proposer à la CGPME et l’UPA un échange d’administrateurs : chaque organisation désignera un administrateur avec voix consultative dans le conseil exécutif de l’autre. Proposer une réunion régulière des organisations patronales (MEDEF, CGPME, UPA, FNSEA et UNAPL ainsi que AFEP, CJD, Croissance Plus…).

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Mon projet

La première mission du MEDEF doit être de défendre les intérêts économiques des entreprises

Je lutterai avec fermeté contre le niveau trop élevé des charges et contre l’instabilité fiscale
Les atouts de la France dans la compétition mondiale sont incontestables : des entreprises à la pointe de l’innovation dans de nombreux domaines, une démographie très supérieure à celle de la plupart de nos voisins, des salariés qualifiés et productifs, des infrastructures de qualité. Mais nos entreprises sont confrontées aujourd’hui à des difficultés importantes  : une crise très dure, bien sûr, mais aussi des handicaps propres à la France. Le récent rapport de l’OCDE sur notre pays a ainsi rappelé quelques données qui devraient interpeller les responsables politiques de tous bords : la France est le 2e pays de l’OCDE en termes de niveau des dépenses publiques (et le 1er pour les dépenses sociales). Elle est le pays où les cotisations sur le travail sont les plus élevées et celui où le salaire minimum est le plus haut (par rapport au niveau moyen des salaires). Enfin, elle est le dernier de tous les pays de l’OCDE pour la profitabilité des entreprises ! Le diagnostic est sans appel : celui d’un Etat hypertrophié dont les impôts et les charges étouffent les entreprises. Il n’est pas acceptable, alors que les entreprises se rénovent sans cesse et s’imposent des efforts très importants au nom de la compétitivité, que l’Etat diffère toute réforme en profondeur. Le MEDEF doit plaider sans relâche pour l’équité et le partage des efforts entre salariés du public et du privé, et pour la réduction des dépenses publiques, indispensable pour permettre à la fois le retour à l’équilibre budgétaire et la réduction des impôts et des charges. C’est d’ailleurs un enjeu international : la France doit défendre un projet d’harmonisation fiscale et sociale dans le cadre de la construction européenne, en se donnant le moyen de se rapprocher des pays les mieux placés afin de résorber son écart de compétitivité. Le niveau des cotisations sociales, en particulier, est trop lourd pour nos entreprises et les pénalise gravement dans une compétition mondiale de plus en plus dure (ainsi, pour des niveaux de salaires moyens, l’écart de cotisations atteint 13 points entre la France et l’Allemagne).

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Le résultat est connu de tous et a été rappelé en particulier dans le rapport Gallois, commandé par le Gouvernement. La part de l’industrie dans la valeur ajoutée est passée en 10 ans de 18% à 12% (contre 26% en Allemagne). Notre solde extérieur, excédentaire en 2002, est aujourd’hui déficitaire de 70 milliards d’euros. Surtout, les marges des entreprises françaises ont baissé de 30% à 21%, un niveau historiquement bas, qui enferme les entreprises dans un cercle vicieux : la baisse des marges empêche l’investissement (quand ce n’est pas la survie des entreprises elle-même qui est menacée) et rend d’autant plus difficile toute tentative de redressement par l’innovation, la montée en gamme et la différenciation. Le Gouvernement doit donc comprendre que la baisse des charges est le préalable à toute politique industrielle et même à toute politique économique. La création du Crédit d’impôt pour la compétitivité́ et l’emploi (CICE) est un pas très important dans ce sens. Malheureusement, dès le premier budget du nouveau gouvernement, d’autres initiatives sont venues au contraire alourdir les impôts sur les entreprises. Surtout, nous avons assisté au grand retour de l’instabilité fiscale, cette manie française de faire bouger en permanence les dispositifs, enlevant aux entreprises toute visibilité et toute capacité d’anticipation. Les décisions prises dans la précipitation, puis plus ou moins corrigées, sur les plus-values de cessions et la taxation des hauts revenus en sont une triste illustration. Le MEDEF doit porter une véritable réflexion d’ensemble sur les dépenses publiques, assise sur des comparaisons internationales. Nous devons en particulier nous engager sur la nécessaire réduction des dépenses sociales, pour lesquelles les partenaires sociaux ont un rôle particulier : assurance chômage bien sûr, mais aussi retraite (l’augmentation de la durée de cotisation est inéluctable), famille, santé. Le MEDEF doit participer activement à la redéfinition de notre modèle social car nous n’avons plus les moyens de financer, à crédit, l’Etat Providence le plus généreux au monde. Aujourd’hui les petits ajustements de court terme ne suffisent plus : il faut une réforme de l’état profonde pour pouvoir diminuer effectivement les charges et produire un choc de compétitivité.

Proposition 

Engager la réduction des dépenses publiques afin de conclure un pacte de compétitivité et de stabilité fiscale  : diminution des charges sociales pour atteindre le niveau de l’Allemagne d’ici 5 ans, stabilité de tous les autres dispositifs.

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L’allègement du poids de l’administration est également indispensable
Le poids de règlementation qui pèse sur nos entreprises représente une charge aussi lourde que celle des impôts. Le code du travail, avec ses plus de 3000 pages, est impossible à assimiler pour nos PME. Au moment où les moyens budgétaires à consacrer à la baisse des charges sont nécessairement limités, il est plus urgent que jamais d’engager un grand travail de simplification pour réduire «  l’impôt papier  » qui pèse sur les entreprises. Dans l’accord sur la sécurisation de l’emploi, l’allègement des procédures a été une de nos priorités. Nous avons ainsi introduit des délais fixes pour les procédures de restructuration. Nous avons aussi imposé le principe d’un réexamen de l’ensemble des obligations formelles, afin que le fond prime sur la forme. Il faut aujourd’hui aller beaucoup plus loin dans la simplification du droit, dans l’assouplissement des obligations des entreprises, en particulier pour aller vers la résolution des conflits par la négociation plutôt que l’intervention de la justice, si l’on veut favoriser l’embauche et donc l’emploi.

Je souhaite que l’appareil de formation soit plus en phase avec les besoins de l’économie
Chacun connaît les défauts du système français de formation initiale et continue : orienté vers les besoins des meilleurs élèves (puis des salariés les plus qualifiés), il laisse sur le côté de la route 20% d’une classe d’âge, sans formation qualifiante. Résultat : le taux de chômage des 20-24 ans n’est jamais passé en-dessous de 16% en 30 ans. C’est l’échec d’une approche basée sur la prééminence des études générales. Il faut professionnaliser la formation, pour répondre aux besoins de recrutement des entreprises et pour améliorer l’insertion professionnelle de tous nos jeunes. Il est en effet stupéfiant de constater les difficultés de recrutement de certains secteurs et le nombre d’offres d’emploi non pourvues (plusieurs centaines de milliers par an) dans un contexte de chômage de masse. Je suis persuadé que l’apprentissage et la formation en alternance représentent les voies les plus prometteuses, qui doivent être développées et aussi valorisées. Mais je refuse l’idée qu’il faudrait pour cela en passer par des quotas ou des amendes sur les entreprises. Je crois au contraire à la capacité de mobilisation des entreprises, à l’exemple de ce que nous avons réalisé à la FNTP où nous avons doublé le nombre d’apprentis en 3 ans. Pour réussir, il faut identifier tous les freins au développement de l’apprentissage, en lien avec les entrepreneurs. L’Etat doit quant à lui accepter de laisser une marge d’autonomie aux partenaires sociaux, et aussi d’y consacrer davantage de moyens. De ce point de vue, la décision de recruter 60.000 enseignants dans l’Education nationale, et parallèlement de réduire les crédits de la formation professionnelle, est un contresens historique !
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Proposition  S’engager à ce que toutes les entreprises puissent trouver systématiquement et rapidement les personnels dont elles ont besoin pour assurer leur croissance. L’apprentissage doit être le levier prioritaire de cette reconquête. Une forte hausse du nombre d’apprentis est nécessaire. Pour cela, les partenaires sociaux devront, comme en Allemagne, reprendre la main sur les diplômes et les filières de formation en redirigeant vers l’alternance des moyens aujourd’hui figés dans des filières sans débouchés.

Je donnerai la priorité au renforcement de nos PME
La France se caractérise par des grands groupes puissants – ce qui est une chance pour notre pays et pour l’ensemble du tissu économique – mais aussi par une faiblesse des entreprises de taille moyenne, notamment à l’export. L’Allemagne réussit beaucoup mieux que nous à organiser de véritables chaînes de valeur où des entreprises de différentes tailles travaillent en coopération étroite dans certains secteurs industriels. Je veillerai aux intérêts des PME dans les mesures prises par l’Etat, notamment en vue de la création de filières nationales, notamment à l’export, dans les grands secteurs industriels. Je serai également attentif aux décisions qui les concernent en matière d’aides aux entreprises, de pôles de compétitivité et de transmission d’entreprise. Je m’engagerai pour le respect d’un code de bonne conduite entre grandes entreprises et sous-traitants. En termes de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, et à l’instar de l’Allemagne, les entreprises leader doivent s’engager à associer leurs sous-traitants de premier rang dans une démarche gagnant-gagnant : échanger les informations, permettre aux sous-traitants de gagner en valeur ajoutée, accompagner les restructurations le cas échéant.

Proposition Définir une véritable stratégie de filières nationales, dans lesquelles la place des PME, en particulier sous-traitantes de grands groupes, doit être reconnue et renforcée.

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Je suis pour plus de dialogue social, en priorité dans les entreprises, et moins de lois

Il faut un nouveau partage entre la loi et les accords, pour que certains sujets comme le temps de travail et les salaires relèvent des entreprises et non de l’Etat
Un pays moderne est un pays où les sujets qui touchent à la vie de l’entreprise sont réglés dans l’entreprise, par le dialogue social – et non par une profusion de lois et de règlements comme c’est l’habitude en France. Si je crois profondément au dialogue social, je suis aussi conscient du risque qui consisterait à faire tout remonter au dialogue interprofessionnel. Celui-ci ne doit fixer qu’un cadre général, pour renvoyer un maximum de sujets à la négociation dans les entreprises. Je considère d’ailleurs qu’il faut développer le recours aux accords majoritaires dans l’entreprise, pour déroger aux accords de niveaux supérieurs (interprofessionnel ou de branche). Les 35 heures ont été une catastrophe pour la compétitivité de notre économie. Elles ont pénalisé les entreprises directement, en réduisant la productivité, mais aussi indirectement, car elles subissent les impôts provoqués par les coûts induits par les 35 heures dans les administrations, les hôpitaux… Il faut en sortir par la souplesse et par la négociation ce qui suppose de rendre aux entreprises la capacité à négocier librement sur le temps de travail, et plus généralement sur l’ensemble des questions touchant l’emploi et l’organisation du travail.

Proposition Négocier l’emploi et l’organisation du travail entreprise par entreprise, au plus près du terrain pour tenir compte de ses besoins spécifiques et de ceux de son secteur d’activité, avec un cadre national plus souple.

Je considère aussi que les salaires, en particulier, sont par nature un sujet de dialogue social. En France les négociations salariales sont en grande partie conditionnées par le SMIC, lui-même imposé par l’Etat en fonction de considérations parfois économiques, parfois idéologiques… Ce n’est ni moderne ni efficace et on pourrait tout à fait imaginer que le salaire minimum national fasse l’objet d’une négociation annuelle, l’Etat n’interviendrait pour le fixer qu’en cas d’échec de la négociation. Enfin je suis profondément choqué de la proposition « d’amnistie sociale » qui organise l’impunité de ceux qui ont choisi la violence plutôt que la discussion. Les conflits sociaux doivent se trancher par le dialogue social, pas dans la rue.
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Il faut que le respect des accords soit garanti
A chaque accord important, et c’est à nouveau le cas aujourd’hui de l’accord sur la sécurisation de l’emploi que j’ai négocié, on voit ressurgir l’ambiguïté permanente des responsables politiques par rapport au dialogue social : tout le monde y est favorable en principe, mais la tentation de revenir sur ce qui a été conclu est parfois, pour le gouvernement ou le législateur, irrésistible… Il est inadmissible que l’équilibre des accords soit ainsi remis en cause. Je demanderai à ce qu’un comité de suivi des signataires soit instauré pour chaque accord important et j’exigerai que, lors du processus législatif, des amendements éventuels soient d’abord soumis pour validation au comité des signataires. Le comité aura également la responsabilité de suivre dans la durée les conséquences de l’accord. Pour aller encore plus loin, il faut rappeler que François Hollande lui-même a proposé la constitutionnalisation du dialogue social. Je suis favorable à cette solution, à condition qu’elle aille plus loin qu’une simple reconnaissance du rôle des partenaires sociaux, en garantissant le respect des accords.

Proposition  Garantir le respect des accords en les transposant sous le contrôle d’un comité de suivi des signataires, et par la reconnaissance de la place du dialogue social dans la constitution.

Nous devons être ambitieux dans les champs qui nous sont confiés, notamment l’assurance chômage
S’agissant de champs qui relèvent déjà de notre compétence, comme l’indemnisation de l’assurance chômage ou les retraites complémentaires, nous avons la responsabilité de mériter cette responsabilité en montrant que nous gérons différemment de l’Etat : avec plus de responsabilité et plus d’ambition. Comme négociateur de l’assurance chômage, j’ai imposé un changement radical en sortant des seuils arbitraires et incompréhensibles qui caractérisaient les différentes filières d’indemnisation, et en imposant une règle simple liant la durée d’indemnisation à la durée travaillée. Il faut aujourd’hui aller plus loin pour remettre en cause certains tabous comme la dégressivité afin de consacrer nos moyens au retour à l’emploi, plutôt qu’à l’indemnisation passive.

Proposition Maîtriser les dépenses d’assurance chômage, en particulier grâce au rétablissement de la dégressivité des allocations, pour réduire le déficit (et les cotisations, une fois que les comptes seront rétablis) et afin de donner la priorité aux dépenses actives de formation et d’accompagnement des demandeurs d’emploi.
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Je veux un MEDEF qui porte les valeurs entrepreneuriales : la prise de risque, le mérite, le droit à l’échec, l’effort, la récompense

Une société qui réussit est une société qui fait confiance à ses entrepreneurs et qui reconnaît les valeurs entrepreneuriales
Le MEDEF doit respecter une stricte neutralité politique. Il n’a pas à prendre position entre les partis. Mais il a ses valeurs à défendre, qui sont celles de l’entrepreneuriat. Dans un pays marqué par la culture de l’Etat tout-puissant, il faut inlassablement répéter que ce sont les entreprises seules qui créent des richesses, que c’est de l’allègement des contraintes et la libération de la volonté d’entreprendre que viendra la croissance.

Ce discours est traditionnellement difficile à porter face à une opinion publique globalement hostile à l’économie de marché, la liberté d’entreprise, la mondialisation… Pourtant, nous sommes sans doute aujourd’hui à un point de bascule et les sondages montrent que les Français sont découragés par les lourdeurs de l’Etat et prêts à faire à nouveau confiance à leurs entreprises. Je compte saisir cette opportunité en mettant en avant un MEDEF qui représente le monde de l’entreprise dans toute sa diversité : grands groupes mais aussi petites entreprises (comme la mienne), variété des secteurs économiques. En tant que représentant de la construction, un secteur un peu à part, j’espère pouvoir réconcilier l’industrie et les services ! L’opposition traditionnelle entre ces deux secteurs est absurde et dépassée. J’insisterai enfin sur ma conception du dialogue social, qui est à la fois compréhensive et exigeante : un véritable dialogue, cela ne consiste pas à faire des concessions pour obtenir la paix sociale, mais à être transparent sur la situation de l’entreprise – y compris ses difficultés – afin que les efforts soient partagés, et les réussites aussi. L’image des entrepreneurs n’est pas celle que nous souhaitons, elle ne reflète pas leur rôle dans la société, leur contribution à sa vitalité et à sa richesse. A nous de faire partager aux Français ce qu’est l’esprit d’entreprise. Pour cela, nous devons faire évoluer notre discours, et afficher un MEDEF moderne et exemplaire. Nous devons retrouver la fierté d’être entrepreneur : entreprendre c’est s’engager, prendre des risques, et finalement servir la France et les Français.

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Un véritable changement de mentalité ne peut passer que par l’école
C’est dès l’école – l’enseignement de l’économie par exemple, et aussi dans le cadre de l’orientation – que se joue le rapport à l’entreprise. C’est pourquoi je pense que c’est la responsabilité, et aussi l’intérêt des entrepreneurs de consacrer un peu de temps à faire découvrir à nos jeunes la spécificité de l’entrepreneuriat : la création d’entreprise, la prise de risque, la contrainte de la concurrence, l’exigence de la compétitivité. Pour cela, le contact personnel avec l’entrepreneur est essentiel.

Proposition  Engager un partenariat avec l’Education Nationale afin que chaque classe de troisième, et aussi chaque enseignant, puisse avoir un échange avec un entrepreneur, soit à l’école, soit lors d’une visite d’entreprise. Au-delà de la découverte des métiers, cet échange permettra d’aborder le rôle des entreprises dans la société et les valeurs de l’entrepreneuriat.

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Je veux un MEDEF ouvert, transparent, exemplaire, au service des entrepreneurs

Il faut sortir par le haut du débat sur les statuts, à travers plus de démocratie interne
La question des statuts nous a beaucoup occupés dans cette campagne… Je crois profondément, je l’ai dit, que le renouvellement, la respiration, et donc la limitation des mandats sont une nécessité vitale pour un mouvement comme le nôtre. Pour autant, je retiens la critique selon laquelle un mandat de 5 ans suivi d’un éventuel second mandat de 3 ans crée une singularité et de fait une inégalité entre des candidats qui, lors du renouvellement, se présentent soit pour 5 ans, soit pour 3 ans. Je propose donc de passer à deux mandats de 4 ans. Cette durée me paraît un bon compromis : suffisamment longue pour permettre de mener à bien des projets, assez courte pour assurer le renouvellement indispensable. Je m’appliquerai cette réforme à moi-même, dès mon élection, et je raccourcirai donc d’un an ce mandat.

Proposition  Prévoir pour le président du MEDEF un mandat de 4 ans, renouvelable une fois.

Je veux aller à la rencontre des entrepreneurs pour un grand débat sur la place des entreprises dans la société et le rôle du MEDEF
Nos statuts prévoient la possibilité de tenir des Assises nationales. Je les engagerai, en m’appuyant sur mon expérience des états généraux des travaux publics. J’organiserai un tour de France avec des rencontres et des débats dans les territoires, pour définir avec vous la réponse à trois questions :

• Quelles positions de fond le MEDEF doit-il défendre dans la durée, pour quelle vision
de l’économie et de la société à moyen terme ?

• Comment moderniser l’image de l’entreprise et remettre l’entreprise au cœur de la
société ?

• Comment faire évoluer le fonctionnement de notre mouvement pour le rendre plus
démocratique et plus respectueux de ses composantes – fédérations et MEDEF territoriaux ?

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Proposition  Lancer des Assises du MEDEF pour réfléchir avec vous à l’évolution de son positionnement et de son fonctionnement.

Comme président du MEDEF, je serai le garant de l’unité patronale
Le MEDEF est l’organisation centrale du monde patronale, mais elle n’est pas dans une situation de monopole et elle n’a pas vocation à l’être. Mon rôle sera de m’assurer de la qualité de nos relations avec nos partenaires et de la cohérence du message que nous porterons.

Proposition Proposer à la CGPME et l’UPA un échange d’administrateurs  : chaque organisation désignera un administrateur avec voix consultative dans le conseil exécutif de l’autre. Proposer une réunion régulière des organisations patronales (MEDEF, CGPME, UPA, FNSEA et UNAPL ainsi que AFEP, CJD, Croissance Plus…).

Le MEDEF doit être allégé et resserré autour d’une direction collégiale
Comme président de la FNTP, j’ai compris très vite que ce qui compte dans une fédération professionnelle c’est moins la figure du président que le rôle joué au quotidien et à tous les niveaux par les milliers d’entrepreneurs qui ont accepté des mandats afin de s’engager pour leur profession et plus largement pour l’entrepreneuriat. Je veux une direction collégiale dans laquelle les entrepreneurs ont toujours la première place, notamment à travers les présidents de commissions qui doivent recevoir des mandats clairs. Je souhaite également une rationalisation de l’organisation du patronat en branches, en donnant la priorité à la notion de métiers. L’administration du MEDEF doit être réformée : une hiérarchie allégée et une équipe regroupée au service des missions essentielles (à l’instar de la plupart des entreprises), davantage de professionnalisation notamment en matière économique, juridique, fiscale, pour que le MEDEF soit en mesure d’être l’interlocuteur privilégié du gouvernement sur tous les textes concernés (rôle que d’autres organisations lui ravissent parfois) et de porter des propositions de rupture. Je veux mettre dans tous les domaines l’administration du MEDEF au service et à l’écoute des territoires et des entreprises, et pour cela transformer nos installations pour en faire de véritables lieux d’accueil, comme je l’ai fait à la FNTP où le siège est devenu un point de rencontre pour l’ensemble de la profession.
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