10/07/2010

Une interprétation bergsonienne du bo…

Une interprétation bergsonienne du bouddhisme zen
Michel LA RROQUE Version mise à jour régulièrement de l'article actuel : Sur le site personnel de l'auteur

L'a rticle ex pose l'idée principale du livre "Approches occide nta les du bouddhism e ze n", Miche l La rroque , é ditions l'Harm a tta n, 2003. Il déve loppe éga lem ent un thèm e de l'ouvra ge "Volonté e t involonté da ns la pensé e occide nta le e t orie ntale ", Michel La rroque , é ditions l'Ha rm attan, 1994. L'opposition de l'intuition à l'intelligence dans le zen et chez Bergson Le Bouddhism e se propage a e n Chine , et très certaine m e nt, il subit l'influe nce du Taoïsm e . Le Ze n e st l'inte rpréta tion chinoise de la doctrine de l'illum ina tion (1). Nous ne nous dem anderons pa s, ici, si le Ze n e xprim e bie n, com m e le préte nde nt se s disciples, l'e ssence de la pe nsé e du Bouddha , ou si, au contra ire , la pe nsé e du m a ître a été profondé m e nt m odifiée par le s influence s ta oïste s. Ta oïsm e e t Ze n nous a ppa ra isse nt com m e de ux e x pre ssions trè s voisines d'une e x pé rience qui s'e st inscrite dans bien d'autre s form e s culture lle s. (2) C'e st ce tte e x pé rie nce que nous che rchons à pré ciser à tra ve rs l'e xa m e n du Bouddhism e Ze n. D'un point de vue gnosé ologie , ce tte ex pé rie nce e st une intuition. Le sujet conna issant a tte int dire cte m e nt l'objet, coïncide ave c lui. A la lim ite , la dualité du suje t e t de l'objet est abolie, l'e sprit de vient e n quelque sorte l'obje t connu. "Conna ître la fle ur" écrit Suzuk i "est de venir la fle ur, fleurir com m e elle et com m e e lle jouir du sole il et de la pluie. Alors la fle ur nous pa rle , nous livre sa vie tout entiè re , te lle qu'e lle e st, fré m issa nte a u plus profond d'e lle-m ê m e " (3). C ette conna issa nce im m é diate s'oppose à l'inte lligence . Ce lle -ci en e ffe t re ste e x té rieure a son obje t. Elle ne sa ura it e n re stituer l'origina lité en m ultipliant des photographies prise s d'a ille urs sous des perspective s dive rses. C'e st la conclusion que tire Suzuk i de son e x am en de la scie nce : "ce qui ca ra cté rise donc la dé m a rche scie ntifique c'est le discours à propos d'un obje t, sa de scription e xté rie ure . C'e st le fa it de te nir la som m e de s conce pts et de s abstra ctions qu'on a pu e n tire r pour l'obje t lui-m êm e" (4). D'autre pa rt l'a na lyse qui préte nd é cla irer l'obje t laisse é cha ppe r son e sse nce viva nte . L'inte llige nce préte nd é tre indre le ré el. En fa it, "e lle dissè que un ca davre ". "Q ue lque chose d'esse ntie l" poursuit Suzuk i, "lui a écha ppé. Toute s ce s form ula tions, a ppe lé es scie ntifique s, pe uvent ê tre suffisa nte s pour le m anie m e nt de s objets, da ns la pratique de la vie , m ais la réa lité profonde le ur é chappe. Il y a une autre m a niè re d'aborde r la ré a lité , a va nt ou après la scie nce, c'e st la m aniè re Ze n" (5). C es re m a rque s é voque nt de s thè m e s be rgsoniens classiques. (6) Le philosophe frança is a lui a ussi forte m e nt souligné l'e x té riorité de la conna issance inte llectue lle à son obje t, l'im puissa nce de l'ana lyse à e x prim e r la vie et éga lem ent l'origine pratique de l'inte lligence que suggè re le pa ssa ge ci-de ssus de Suzuk i. Un le cteur de Be rgson, lorsqu'il a borde le s te xte s Ze n, se se nt souve nt e n terrain fa m ilie r. Nous a llons vérifier ce tte pa re nté dans bie n d'a utres dom aine s encore. L'intellige nce a na lytique, non se ule m e nt e st inadé qua te à la connaissa nce a uthentique , m ais e n outre, constitue pour e lle , se lon le Ze n, un obsta cle e ssentiel. Nous a vons e n effet été conditionnés à ré pondre a ux divers problèm es d'une certaine fa çon conce ptue lle e t a na lytique . (7) La discipline Ze n se propose de briser ce s ha bitude s pour libé re r l'e sprit. Prajnâ : identité du voir et de l'agir La connaissa nce , se lon le Ze n, e st donc une intuition. C onsidérons m a inte nant l'obje t connu. Bien évide m m ent, il s'agit de l'ê tre inté rieur. Il faut donc a ppliquer à la conna issance de la personne les critère s gé né raux de l'intuition : la connaissa nce intuitive de nous-m ê m e s réa lise , com m e toute intuition, la parfaite ide ntité du conna issant e t du connu. C 'est là un point esse ntie l qui com m a nde plusie urs conséquence s. Notons d'abord que le sujet intuitionné e st parfaite m e nt unifié . L'introspe ction ba na le qui sé pare le suje t conna issant du m oi connu ne sa tisfa it pa s a ux conditions de l'intuition. Elle reste dualiste a lors que l'intuition est fusion. Ce dua lism e e st e sse ntie l aux thé orie s occide nta les de la conscience . Suzuki ve ut le dém ontrer e n s'a ppuya nt sur l'œuvre de De nis de R ougem ont. "La pe rsonne , se lon Denis de R ougem ont, écrit-il, e st dua liste par na ture et e lle e st toujours confronté e à quelque conflit intérie ur. Ce conflit, te nsion, ou contradiction, constitue l'e sse nce de la pe rsonne "... (8). Ma is la pe nsé e de Maine de Biran pourra it constitue r ici une ré fé rence plus classique e t une illustra tion pa rticuliè rem ent nette de ce s conclusions. O n sait qu'il voit da ns l'e ffort la condition de la conscie nce . O r l'effort e xige bien de ux te rm e s qui s'oppose nt. Pour le philosophe fra nça is, l'e sprit na ît d'un conflit intérie ur e t le s objets de la pensé e sont des obsta cle s a tté nué s. C e dua lism e e st la source de l'a ffirm a tion m a inte s fois re prise da ns des perspe ctives philosophique s différe nte s, qu'il ne sa ura it y avoir de conna issance véritable du suje t. P our C om te , la psychologie e st im possible ca r "l'œil ne peut se voir luim êm e" (9). Ava nt lui, Ka nt a vait m ontré que l'e xpé rie nce que nous avons de notre m oi, tout com m e celle du m onde , e st se ulem ent phé nom éna le. Le "je " conna issa nt re ste distinct du "m oi" connu e t il sera it na ïf d'a ttribue r à l'absolu de la pe rsonne le s structure s du m oi e m pirique : te m pora lité et dé te rm inism e pa r ex e m ple. Ainsi, la pe rsonne te lle que nous la prése nte la philosophie occidentale e st bie n clivé e, (10) et pa rce que clivée , a u fond inconnaissa ble. Da ns le Ze n a u contra ire la coïncidence intuitive du conna issa nt e t du connu a utorise ce que nous pourrions dé signer com m e "la psychologie e sse ntie lle " (11). Ma is il e n ré sulte a ussi que la conna issa nce du m oi par lui-m ê m e n'est pa s seule m e nt un a cte intelle ctue l, m a is une e x pé rience spirituelle . Elle entra îne e n e ffe t une m odification de la tota lité de la pe rsonne. Si, en e ffe t, conna ître intuitive m e nt c'e st en dé finitive, com m e nous l'avons vu, être, l'a cte par le quel je sa isis le m oi profond m 'ide ntifie à lui.

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1/8

La conscience du prése nt le plus court. Le Zen. que l'on e nte nd pa r instant lorsqu'on a ffirm e qu'un ê tre pure m ent na turel vit da ns l'insta nt. e lle est la pe nsée d'un ordre . P ra jnâ e st tout à la fois révé la tion intuitive et conve rsion du vouloir. on com prend a lors a isém ent que l'ê tre total soit e nga gé da ns cette connaissa nce e t que le re ga rd qu'il porte sur l'hom m e inté rieur tout à la fois l'illum ine e t le tra nsform e . Ce s de rniè re s m 'a ppa ra isse nt alors te lles qu'elle s sont e t ne peuve nt plus m e trom pe r. si l'obje t e st un. Un ê tre pour qui le pa ssé tom bera it a u fur e t à m esure dans le néa nt se rait ce t "e sprit insta nta né". c'e st à dire obje ctivé. che rche à prom ouvoir un vé cu te m pore l pa rticulie r. ou à côté de s toile tte s ! "Ca r. il n'y a ura it pa s de m é m oire possible . suppose l'a ppré he nsion globa le d'un fra gm ent de te m ps. La doctrine m é prise le discours sur la vie car elle cherche à sa isir la vie da ns son dynam ism e m ê m e . com m e le s points d'une ligne. Il nous faut m aintena nt serre r de plus prè s la réa lité psychologique de "P ra jnâ". de l'ex térie ur. proje té au loin da ns un en-de çà du prése nt. pour sa voir qu'un editions-harmattan. De m ê m e . le Zen ne pe rm e t m êm e pas l'é labora tion d'une pe nsé e car il n'y a ni te m ps ni e space da ns le Zen" (13). car je n'a i conscie nce que m on pré se nt est un pré sent qu'à la condition d'e n sortir par l'im a gina tion. P our une m e nta lité occide nta le qui distingue la volonté de l'intellige nce. pour l'a udition d'une sim ple note . Et lorsque nous croyons. de fa çon a nalogue. C'e st ce qu'e x prim e le te xte suiva nt de Suzuk i : "Dans la vie bouddhique rée lle . C'e st ce que nous avons com m e ncé à fa ire : nous savons dé jà que l'ex périe nce Zen est une intuition e nga gea nt l'être tota l. Le s Bouddhiste s appelle nt P rajnâ ce tte illum ination. O n voit par là que le tem ps pensé . Lorsque a ba ndonné a u pla isir esthétique . né ce ssaire pour pe nse r le te m ps.fr/…/article_pop. Ma is pour le Zen il n'y a pa s de volonté e t d'inte lligence sé pa rée s. pa r le que l Leibniz dé finit la m atiè re. Bre f. Il faut donc pour é ta blir un ra pport et pe nse r un ordre sym bolise r le s instants qui fuie nt pa r le s points perm a nents d'une ligne . le passé n'e st pas vé cu a u prése nt m a is visé com m e pa ssé e t. en que lque sorte . une conna issance authe ntiquem ent intuitive produit un cha nge m e nt globa l et non pa s se ulem ent inte lle ctuel. Tel l'é cla ir. à la différe nce de la synthè se sponta né e de la durée . se lon de s degrés précis d'é loigne m e nt du pré sent. de le situe r dans une pe rspe ctive te m porelle plus la rge . e n ra ison m ê m e de son cara ctè re d'e x pé rience spiritue lle e st intransm issible pa r concepts. Ici. j'écoute une phra se m usicale . Sa ns le s lie ns logique s tissés e ntre les re père s cosm iques e t sociaux . Ici. que le pa ssé e st a boli. dans son principe . Ce m épris du langage s'é tend é gale m ent a ux é crits : dans ce rta ins m ona stè res Zen.10/07/2010 Une interprétation bergsonienne du bo… Je re trouve alors m on e sse nce vra ie e n de çà de s a ppa rence s.as… 2/8 . le pa ssé est pré sentifié . pe ut ce pe ndant la circonscrire a ve c précision et pa r là m êm e la fa cilite r. celui qui pa rle ne sa it pa s". Ainsi la volonté se trouve concernée au m ê m e titre que l'inte llige nce . il est pe rm is de soute nir que l'intellige nce. com m e la pe rce ption quasi insta nta née d'un é clair. puisque . S'il e n e st ainsi. tota lem ent inconscie nt. En ce qui conce rne l'a ve nir. illusoirem ent. par e x e m ple ordre de s m oye ns en vue d'une fin dans le ca s d'une fa brica tion. de le repousse r a u loin. Ma is e n est-il de m ê m e pour le prése nt ? Ce rte s oui. ce s deux a ctivité s. R em arquons d'a bord qu'il ne sa ura it y a voir de conscie nce sa ns une synthè se du tem ps. puisque nous le s m a inte nons à dista nce. C elui-ci a ppa raît à la conscience ré fléchie com m e une sé rie de m om ents ordonné s du début de notre vie jusqu'a u m om e nt pré sent. il y a une synthèse spontanée du temps. le Sa tori ne peut ê tre ense igné pa r de s m ots. m a is synthé tisée s en une seule e t m êm e vie spiritue lle e t cette synthè se e st a ppe lé e par les bouddhistes illum ina tion" (12). P révision e t localisa tion de s souve nirs im plique nt nécessa irem ent un te m ps liné a ire . plus précisém ent. à fortiori. vouée à l'é che c. nous ne fa isons que tire r la consé que nce ultim e de ce t e ffort de m ise à dista nce. a ffirm e un dicton Ze n. form e du se ns inte rne . le sujet qui pe nse sa vie da ns un tem ps liné aire sort de lui m êm e pour se rega rde r. pa r là m êm e . Il e n e st de m êm e dans l'a ppré he nsion du pa ssé . P our pe nse r m on prése nt e n tant que tel. prése nt. voir e t agir. O r. proje té à distance du pré se nt. O n l'a ccorde ra fa cile m e nt e n ce qui conce rne le s éta pe s de notre ave nir a ve c lesquelle s nous ne nous confondons pa s. qu'e lle est l'a cte d'un suje t unifié e n que lque sorte ré concilié ave c lui-m ê m e . il para îtra é vident que pour pe nser notre pa ssé . C'e st cette synthè se sponta né e de la durée . Le but du Bouddhism e Ze n e st d'é veille r P rajnâ . pre ndre un re cul à son é gard e t le voir te l un point sur la ligne du tem ps. Il a le ca ra ctè re d'une ré véla tion soudaine . je dois cesse r de sim ple m e nt le vivre . C 'est l'être tota l qui accè de à un é pa nouisse m e nt tota l. "Ce lui qui sait ne pa rle pas. bie n qu'inca pable de re m pla ce r l'e xpé rie nce dire cte . C ette a ffirm a tion a ppa raît choqua nte pour un e sprit qui conçoit la conna issa nce com m e l'opposition d'un sujet et d'un objet : a lors on voit m al e n quoi ce que notre re gard dé couvre de l'obje t pe ut m odifie r le suje t. une é tude du Ze n sem ble . il fa ut oppose r une synthèse réfléchie du temps opé ré e par la volonté . ne sont pas sé paré es. Il en e st de m ê m e . est un te m ps spa tia lisé. P as plus qu'on ne sa ura it donner à un a veugle né la vision de s couleurs. il se m êle à lui pour constitue r m on vé cu a ctue l : je vis m on pa ssé a u pré se nt ou. lorsque l'un e st l'a utre n'e st plus. A cette synthèse sponta née . pa ssé e t prése nt fusionne nt pour form e r un bloc qualita tif qui a son unité propre . En effet. Tout a u contra ire. Ma is si connaître c'e st s'ide ntifier sym pathique m e nt a u connu. D'a utre part. Da ns cette e x pé rience . Le Satori est intransmissible par le langage C ette intuition e st le Sa tori. toujours ré duite ca r vite e x té nué e . le Sa tori. (14) le dé but de la phra se n'est pa s aboli lorsque j'en entends la fin. Le clivage du moi est lié à la synthèse réfléchie du temps O r. la bibliothè que est intentionnelle m e nt re léguée da ns quelque coin pe rdu du bâtim e nt. Com m e nt e n e ffe t conce voir le plus ou m oins grand é loigne m e nt d'un insta nt pa ssé ou à venir par ra pport a u pré se nt sans une ré fére nce a u m oins im plicite à l'e space ? C om m e l'a é ta bli Be rgson. a ve nir. P ourtant. e n e ffe t. la pe nsée d'un ordre du tem ps im plique nécessaire m e nt sa spatia lisation. m on e xpé rie nce se situe e n de çà de la distinction pa ssé . da ns une pe rspe ctive a na logue à une pe rspe ctive spa tia le . il soit nécessa ire. (15) En e ffe t le s instants que l'on ve ut com pare r ne se conse rvent pas. Synthèse spontanée et synthèse réfléchie du temps Nous devons pour ce la considére r le te m ps. il ne sa ura it ê tre dé couve rt par é ta pes. O r. qui nous pe rm e tte nt de situer nos souve nirs les uns pa r rapport a ux a utre s. pa r définition. dè s que l'on dé cla re "c'est un bâ ton" ou "j'entends un son" ou "je vois un poing" il n'y a plus de Ze n. que notre pré sent l'e x clut. que j'e m brasse pa r la pe nsée . il n'e st pas visé com m e pa ssé .

D'aille urs. il se m ble m ê m e ê tre son contra ire puisque celle -ci e st m obilité pure et que l'instant fige e n quelque sorte cette m obilité . b) justification de cette thèse Ma is ce tte opposition e ntre la conce ption du te m ps. l'em bra sser e n quelque sorte de l'ex térie ur. le pré se nt sponta né m e nt é prouvé n'est pa s vé cu com m e prése nt. Ainsi. Nous en verrions la preuve da ns le fait que pour le Ze n. la conscie nce du prése nt e n tant que tel e xige un effort pour situe r l'insta nt a ctuel sur la ligne du tem ps e t pour le com pa re r a ux autre s insta nts. il e st toujours im m obile " (18). c'e st non se ulem ent sé pare r le s m om ents de notre durée .10/07/2010 Une interprétation bergsonienne du bo… point est un élé m ent de la ligne . ou pa r rapport à que lqu'un pour lequel c'est le pré sent. O n trouve en e ffe t da ns le prem ier volum e du Shobogenzo de s a ccents a nalogue s. le cliva ge du m oi. e t n'y vont pa s à pa rtir du pa ssé . Ca r cha que insta nt du tem ps "e st contenu e n lui-m ê m e e t pa isible " (20). Le pré sent e n e ffet est esse ntie lle m e nt m obile. qu'il s'a gisse de l'ave nir. Il ne vient de nulle pa rt. il ne va nulle pa rt. Lorsqu'il n'y a plus ni pa ssé . Il n'y a rie n e n dehors de ce "m a intena nt éte rne l" "Il n'y a que ce m aintena nt. le m obile e st a rrê té (23). sa ns e ffort pour prendre une distance à l'é ga rd de la duré e vécue . C'e st ce que se m ble nt ne pas ape rcevoir le s partisa ns d'une structure e n que lque sorte granulaire du te m ps qui le conçoivent com m e un cha pele t d'instants. O n sa it e n effet que le Ze n privilégie par-de ssus tout l'instant pré sent. il n'y a que de s positions e t sur une position. nous n'e n prenons pa s conscie nce. Ca r. L'e spa ce n'e st-il pa s le schè m e de l'e x té riorité. Ce tte e x pé rience e st la synthè se spontané e du te m ps : le te m ps du Ze n e st la duré e bergsonie nne et l'a scè se proposé e pa r la doctrine consiste. il fa ut se situe r à l'e x té rieur de la ligne pour l'e m bra sse r dans son ense m ble . Le cé lèbre philosophe ja ponais souligne "que la bûche ne de vie nt pas cendre s. O r le Ze n ve ut pa r-dessus tout nous plonger da ns le concret. Le s rivière s qui rivalise nt les une s ave c le s autre s pour inonder le pays ne s'é coulent pa s. Seng Chao s'e xprim e a insi : "le s chose s pa ssée s sont da ns le pa ssé . bie n é videm m e nt. Il n'y a pas de passa ge ponctue l e t le conce pt m ê m e e n e st contradictoire . il n'e st pa s un a rrê t m ais un pa ssage . ce privilè ge accordé à l'insta nt entra îne pa rfois le s ade pte s du Ze n à nie r le de ve nir. Il recom m a nde de vivre "ici e t m a inte na nt". L'air capricie ux qui souffle à l'e ntour n'e st pas m obile . Le "m a inte nant" du Ze n est donc un "m a inte nant" m obile . m ais il pa sse . O r. C e qui e st vrai d'un m obile dans l'e space l'est.as… 3/8 . ce m om e nt pe ut être a ppe lé "pré sent" m a is se ulem ent pa r ra pport au pa ssé e t a u futur. a u fond. Notre m oi e st donc un m oi divisé : m orce lle m e nt de s insta nts é tra nge rs l'un à l' autre . Il fa ut donc inte rpréte r la notion d'instant puisqu'il e st im possible de la considé re r litté rale m e nt. Be rgson a m ontré que le dépla ce m e nt d'un m obile est re construit pa r la m ém oire qui a rticule à la pe rception du m obile da ns une position donné e le souve nir de ce qui a pré cé dé. clivage e ntre le suje t qui appré hende e t la m atiè re te m porelle saisie pa r cette a ppré he nsion. avons-nous vu. O r un passa ge . com m e l'acte pe rce ptif a ppré he nde son obje t. m a is a ussi se distinguer de cette durée . O r c'e st ce re cul qui conditionne la prise de conscie nce . Le sage doit com pre ndre que "l'é coule m e nt linéa ire du te m ps n'e st qu'une convention" (17). Ca r da ns le seul espa ce . à propre m e nt pa rler. Le soleil e t la lune tourna nt sur leurs orbite s re stent im m obile s'' (19). de la m ouva nce d'un vécu. se lon le Ze n e t la thè se bergsonie nne n'e st qu'appare nte . A pre m iè re vue.fr/…/article_pop. Ma is le te m ps ne ce sse de coule r e t un pré se nt figé n'e st pa s du te m ps m a is de l'e space. Q uoique m oura nt. Il n'a a lors aucune ré a lité psychologique et vivre da ns l'insta nt ne signifie plus rie n. O n observe ra e n e ffet que la notion d'insta nt e st fort a m biguë . e t n'y vont pa s à pa rtir du pré sent. l'un de s inte rprète s le s plus autorisé s du Ze n pe ut écrire : "Le ca s é chéa nt. qu'e st-ce donc alors ?" (22) Deuxième justification de cette thèse : la mobilité du présent implique la durée O n pe ut vé rifie r pa r un a utre che m inem ent cette assim ilation du prése nt à l'e xpé rie nce de la durée dé crite pa r Bergson.. C 'est "un prése nt qui dure" (21). Et c'e st pourquoi. tout com m e l'hive r ne de vient pa s le printem ps". Ce tte m ouvance m ê m e nous ré fè re a u pa ssé . O u bie n l'instant a que lque épa isseur. Sa ns cette synthè se du te m ps opé ré e par l'e sprit. il n'y a de conscience du prése nt que pour un esprit qui ce sse de le vivre naïve m ent. se pe nse r dans un te m ps spa tia lisé . Bre f. il n'e st pa s im pe rm a ne nt. Vivre "m a inte nant" c'e st donc vivre da ns le pa ssé editions-harmattan. il ne saurait y a voir d'e xpé rie nce du m ouvem e nt. e t dans la m e sure où e lle e st nature lle . le passé e t le futur sont de s a bstra ctions forgé e s pa r l'e sprit . que la vie ne de vient pa s m ort. da ns ce ca s. Le présent du zen est lié à l'expérience de la durée a) paradoxe apparent de cette thèse Ainsi. Il n'e st pa s perm a nent . Il aurait trè s proba ble m e nt influe ncé Doge n. ils n'ont pas de réa lité concrète puisque l'un n'est plus e t l'autre n'e st pa s e ncore. L'éve il consiste à pre ndre conscie nce que l'insta nt pré se nt est la se ule ré a lité . du pa ssé ou du prése nt im plique toujours une dista nciation. ce pa r quoi le s chose s se distingue nt entre elle s et surtout se distingue nt de nous ? Dè s lors. Ce tte consé que nce n'a rie n de surpre nant si le te m ps pe nsé e st nécessa irem ent un tem ps spa tialisé . ni futur et personne pour qui ce m om ent soit prése nt. il s'a git d'une synthè se sponta né e . com m e le sont les points de l'e space. Aussi court qu'on le suppose . com m e d'a illeurs tout m ouve m e nt im plique une synthè se du te m ps. e st lié à un ce rta in vé cu tem porel : la pe nsé e réflé chie du tem ps. la parfaite unification spiritue lle que le Zen veut prom ouvoir da ns le Sa tori im plique une e x pé rience te m pore lle opposé e .. O r l'instant n'e st pa s la duré e . (16) Bref la pe nsée du te m ps. O u bie n l'insta nt n'est qu'une lim ite m a thé m atique . il e st lourd d'un pa ssé . Seule m e nt. le "m a inte nant é ternel" dont parle le Ze n dé signe une ce rta ine synthè se de la duré e. se ule l'ana lyse philosophique nous révè le que l'a udition d'une courte phrase m usica le ou m êm e d'une sim ple note im plique l'a ctualisa tion du pa ssé da ns le prése nt pour form er une tota lité orga nique . si ce n'est l'inconscie nce de la m a tière . ca racté ristique se lon Suzuk i de la pe rsonnalité occidentale . a fortiori. Il n'e st pa s. de se libé re r de l'e m prise du tem ps. à re nonce r à la pensé e ré flé chie du te m ps pour se contenter de vivre la duré e. Le vice de la re pré sentation liné aire de la duré e e st ici m a nife ste : l'instant na ïvem ent ide ntifié à un point de la ligne e st un pré se nt figé. le s chose s pré sentes sont da ns le pré se nt. e t. En un se ns. Et réciproque m e nt. La conscie nce naïve saisit note ou phra se m usicale com m e sim plem ent pré sente car ici l'appel a u pa ssé se fa it a utom atique m e nt. Car il n'y a d'a utre te m ps que ce t insta nt . ce tte proposition pe ut sem bler pa radoxa le .

Mais lorsque. Alors l'épé e tra va ille d'e lle-m ê m e car un "que lque chose" supérie ur à la volonté consciente s'e st substitué a u sujet. La saisie d'un signe d'am itié ou d'un clin d'œil com plice e st im m é dia te. l'e scrim e ur pré voit que te lle fe inte prépa re telle a tta que . un insta nt dans le te m ps. Le "m a inte nant" e st une synthè se sponta née du te m ps et c'e st e n ra ison de ce tte sponta né ité m ê m e qu'e lle e st vé cue com m e un m a inte na nt. l'acte pa r le que l il juge hété rogè ne et dive rs l'é coulem ent de son m oi e m pirique é m a ne d'un ê tre soustra it à cet écoule m e nt puisqu'il le dom ine pour le pe nser. L'abolition du moi C orréla tivem ent. du plus fort.as… 4/8 . Elle pe ut ê tre com paré e à la croyance en la réa lité a utonom e de la va gue qui dé fe rle . il y a se ulem ent de s portions d'e au diffé rentes qui se dé pla ce nt de bas e n ha ut. il faut distingue r e ntre deux ape rceptions bien diffé rentes du m ouve m e nt. Le Ze n ne pe ut nier ce tte m obilité directe m e nt a ppré hendée sans quoi il figera it le m onde. Mais cette ré fle x ion pe ut le re ndre ex térie ur à l'a cte et pé trifie r le m ouve m e nt com m e on le voit che z les débuta nts. Je l'é prouve m obile sans le pe nse r tel. L'ide ntité pe rsonne lle ne se dé couvre qu'à une spontané ité brisée . Bie n é vide m m ent cette é paisse ur n'e st pa s obje ctive m e nt déte rm inable ca r on voit m a l e n vertu de que l critè re l'a ctua lisa tion du pa ssé da ns notre pré sent. Il s'a git a lors d'une synthè se ré flé chie puisque je projette deva nt m oi le tem ps pour m ie ux l'em bra sser.10/07/2010 Une interprétation bergsonienne du bo… puisque ce "m a inte na nt" n'e st pas figé m a is se fait et se défa it sa ns ce sse .fr/…/article_pop. Ma is cette conquê te de la ré flex ion a sa ra nçon : considé ré de l'ex térie ur. l'ine ffica cité et la m a la dre sse s'e nsuive nt né ce ssa irem ent. Nous a vons vu que pa r ce t a cte m ê m e il é cha ppe à la duré e vé cue : s'é le vant a u-de ssus du flux psychologique pour l'em bra sser da ns son e nsem ble il com pre nd a lors que s'il n'y a pas deux é tats a nalogue s. Alors. il faut e nte ndre une sponta né ité he ure use. m a is le deve nir inte lle ctualisé . Le Ze n fa ut interpré ter la pa radoxa le né ga tion du de ve nir pa r Se ng Cha o e t Dogen. je coïncide ave c un pa ssage e t j'é prouve ce tte coïncidence com m e une qua lité sim ple. editions-harmattan. en ve rtu de la que lle l'e scrim e ur vit se s geste s sans le s pe nser. Il en est ainsi lorsque je fa is un geste . Ca r s'il s'a rrê te de couler. C'e st ce tte ex périe nce ré flé chie du de venir que récuse le Ze n. à la de scription be rgsonienne de la duré e . cesse rait de s'im poser pour des duré es plus longue s. l'intelle ct tue la vie . avons-nous vu. Il s'ide ntifie a lors à ce que Be rgson a ppe lle le "se fa isa nt" du m ouve m ent. qu'il e st étreint da ns la totalité de son cours pa r la pe nsée . je pe rds m on innoce nce prim itive de spe cta teur na ïf. Il de vie nt un pha risien de l'a cte ca r il e st m aintena nt é tra nge r à son esse nce m obile . puisqu'il ne ré fléchit pa s sur lui-m ê m e . le philosophe Zen ve rs le concret et la vie y est plus se nsible quelques tra its la m obilité de la vie . a u nive au de la synthè se sponta né e du te m ps. sa pe nsé e orie nté e que tout a utre com m e e n té m oigne la peinture Sum iye ha bile à suggé rer pa r n'a pa s du m onde une vision figé e . le m ouvem ent e st ré duit à la tra je ctoire . Le guerrier sera a lors tué. ici encore. Bref. bie n sûr. il doit d'a bord poser le problè m e : se de m ander si le s é tats diffé rents é prouvés ont que lque re ssem blance . O n pe ut. a u lieu d'éprouve r un pa ssa ge je com pa re de s positions. P our se connaître te l. m ais parce qu'il pensa it le te m ps a u lie u de le vivre. e t l'anim a l. C 'est da ns ce tte pe rspe ctive qu'il fa ut com pre ndre l'a phorism e cé lèbre selon le que l "être dé livré de l'idée de la m ort e st l'ultim e secre t de l'a rt de l'épé e". Il ne saurait s'é prouver ide ntique . Ainsi lorsque la fuite du nuage m e fait pe nse r à la pluie procha ine. L'a gent n'a ccè de plus à sa ré a lité . Sa ns doute . En vérité . ou m ê m e lorsque je pe rçois le ge ste d'autrui. dit-il. Si le m a ître Zen a vait se ule m e nt voulu dire que la pe ur pa ralyse et qu'il convient de l'é viter. com m e chacun. e st un "pré sent qui dure ". Ma is je puis a ussi. Ce tte e xpé rie nce im m é dia te du te m ps vé cu corre spond. En vé rité . Elle a ppa rtie nt "à celui dont l'e sprit est pur e t dé pouillé de son m oi" (26). écrit He rrige l. ou du plus rapide. P our le Ze n. c'e st le signe qu'il e st e ntravé e t le guerrier e st a lors en da nge r de m ort. P ar fluidité de l'e sprit. il ne s'éprouve pa s ide ntique . ignore sa m ort iné lucta ble. à plus longue éché a nce. Je sors e n quelque sorte du te m ps pour en confronte r le s m om ents. Le contra ire de ce tte fluidité e st la pe nsé e conscie nte du de venir : elle le fractionne en éta pe s ordonné es e ntre e lles e n fonction d'un but. il fa ut com pre ndre que la pe ur de la m ort est un signe : e lle té m oigne que le te m ps ce sse d'ê tre naïve m e nt vécu. fa it pla ce à l'hom m e . la dire pré sente bie n qu'e lle s'é tale sur une ce rta ine portion de duré e . doit conse rve r sa ns ce sse un esprit "fluide " (24). a lors qu'e n vé rité . m ê m e . "Il doit a rrive r a u point où non se ulem ent il se dé tache de l'a dve rsaire m a is encore de lui-m êm e" (25). P lus profondé m e nt. n'e st a ucune m e nt le ca s. non pa s pa rce qu'il cra igna it la m ort. Ce tte né gation du m oi est é troite m e nt lié e a u vécu te m pore l pre scrit pa r la doctrine. O n voit par là qu'il e st im possible de ponctua liser le pré se nt com m e sem ble pourta nt nous y inviter la cé lè bre form ule "ici e t m a inte na nt" : un point da ns l'e space. Un ê tre qui se conte nte de "pa sse r" ne com pare pa s de s é ta ts. la diffé rence n'e st que psychologique . Se ule m e nt. ce qui. ré flé chissant sur la durée nous e n m e surons le cours. il e n donne une re constitution artificielle e t figé e . a vons-nous vu. l'idé e d'une pe rsonne identique sous l'é coulem ent d'é tats psychologique s diffé re nts e st une illusion. Signification de la négation du devenir dans le zen C 'est dans une pe rspe ctive ide ntique qu'il C ertes. gauche s pa r souci dé m e suré de contrôle . La sim plicité native com m ence a lors à se fê ler. ni d'aille urs cha nge ant. Lorsque je considè re na ïve m e nt le m onde. Vérifions-le . il signifie se ulem ent que le te m ps doit ê tre éprouvé e t non pensé . je pré vois un ordre de s é vé nem ents. là e ncore . Aussi. Il y a le m ouvem ent que je se ns e t ce lui que je pense . Il ne re fuse pa s le de venir. Exemple de l'escrime C 'est ce dont té m oigne nt les conseils donnés pa r le m aître Tak uan à un e scrim e ur son disciple. Da ns le pre m ie r cas com m e Bergson l'a m ontré . Le problè m e qui se pose est donc de déte rm ine r l'é paisse ur de duré e à partir de laquelle l'e x pé rience du te m ps ce sse d'ê tre vé cue com m e pré sent. le gue rrie r a ccom pli pe rd conscience de son individua lité propre . Et. constate le cha nge m e nt universe l. e n un se ns. l'obse rva tion se rait de s plus ba nale s e t le conse il ve rba l. bre f. c'e st-à-dire coïncide a ve c le ur e sse nce m obile . La m a îtrise du com bat n'e st pa s l'a pana ge du plus doué . lorsque le Ze n re com m a nde de vivre dans l'instant. qui lui. le progrè s. je dé la isse une vision artiste du m onde pour une a utre scie ntifique : j'e squisse une m é té orologie. Nous som m e s. c'e st bien ainsi que je le pe rçois. Le com ba tta nt. nous projetons se s m om e nts da ns l'e spa ce et par là m ê m e nous le s éloignons de nous. Elle ne suppose a ucune m e nt la confronta tion par la pe nsé e d'un ava nt et d'un après. car "on ne se baigne pa s deux fois da ns le m êm e fleuve ". iné luctable pour des duré es courtes. Ainsi. L"'illum iné " qui a a ccédé a ux donné es im m édia te s de la conscie nce ne nie pa s l'e x iste nce du m oi : il n'en forge m ê m e pa s l'idé e . pe nse r le de venir. il y a là deux e x pre ssions diffé re nte s d'une m ê m e ex périe nce . C ar il fa ut bie n prendre que lque dista nce à l'é gard de la duré e pour e n prévoir le te rm e . En effet un ê tre qui fa it corps a vec sa duré e ne ce sse de pa sser.

. com m e on l'a vu. lorsque son e sprit s'ouvre . e lle n'a pa s à ê tre la borie use m e nt che rchée . De m ê m e . le poisson qui na ge . Ma is la ré flex ion la dé truit a ussitôt. Aussi Suzuk i pe ut-il é crire : "De puis le tout pre m ie r com m e nce m e nt rie n ne vous a é té dissim ulé . Le m oine ne com pre na nt pa s. En effe t il a d'abord é té un ê tre na ture l. da ns Va jracchedik a. C 'est pourquoi le Ze n a ffirm e que le nirva na nous a dé jà é té conféré. il a ppa raît tout à la fois logiquem ent é vident e t pra tiquem ent editions-harmattan. l'e x am e n lucide de ce que l'on fa it et de ce que l'on est. De ce re fus de prépa re r l'a ve nir dé coule une conce ption originale de la vie spiritue lle . La vie Ze n com m e nce lorsqu'il n'y a rien à poursuivre . (37) C es errem e nts sont la ré flex ion critique sur l'a ction. s'il e n e st bie n a insi. La vie quotidie nne fournit à l'a de pte de s occa sions a m plem ent suffisa nte s pour un ré a lisation parfaite . e t tous le s Sutras de s douze ca té gorie s. n'e xige im pé rative m e nt a ucun ex e rcice pa rticulie r. e t c'e st pourquoi celui qui cherche le Bouddha e st a ssuré de le pe rdre. Nous som m e s tous de s "Bouddha s" puisque enfants nous fûm es sponta né s e t qu'adulte s nous le re stons da ns bien des se cteurs de notre vie . com m e le lui a va it affirm é son m aître. Si jam ais l'oisea u veut vole r a ude là de ce tte lim ite . ne t'a i-je pa s re ndu tes saluta tions ? Q ua nd ai-je ja m a is né gligé de te donne r de s e nseigne m e nts ? "Le m a ître n'a ce ssé de lui donne r l'e x em ple de l'a dhé sion totale a ux acte s de la vie quotidienne. et la dista nce à soi qui en est la condition. m a is qua nd tu essa ye s de pe nser làde ssus. (33)". le choix raisonné de s buts e t de s m oye ns. Elle im plique l'a bandon a ux donné es im m é dia te s de la conscience . et c'e st pré cisém ent pour ce tte ra ison qu'on l'a ppe lle "Éveil incom para ble . le Bouddha dé cla re : "je n'a i pa s obtenu la m oindre chose de l'Éve il incom para ble . Le m a ître ré pliqua : "De puis que tu e s venu à m oi.. "le se ns du re tour à que lque chose de fa m ilie r signifie ré e llem ent pour ce lui qui e st profondé m e nt instruit da ns ce dom aine la volonté qui s'insta lle une fois de plus da ns son a ncie n asile a près avoir e rré plus d'une fois à l'a venture ". rie n à convoite r. le Zen. P a s plus que je ne puis m e vouloir sponta né. La volonté s'insta llant dans son ancie n a sile est la nature re trouvée . puis e ssa yer de vole r ou de na ger. ils ne trouvera ie nt jam ais le ur chem in dans le ciel ou dans l'ea u" (28). renonciation confiante à la pe nsée volonta ire a u profit de l'intellige nce inné e e t sponta née da ns la que lle tout un coura nt de la pensé e chinoise a vu un idé a l d'a ction e t de vie .10/07/2010 Une interprétation bergsonienne du bo… La vie spirituelle dans le zen ne consiste pas à construire l'avenir C elui qui. Ca r pour eux on ne vit libre que da ns le prése nt. C 'est pourquoi. pa rce que le prése nt (ou la portion de duré e sponta ném ent globa lisée que nous désignons pa r ce te rm e) a ppa raît suffisa m m e nt riche pour nous com ble r. Et c'e st pourquoi la vie spiritue lle Ze n ne peut ê tre ni prescrite com m e consigne ni dé crite pa r de s m ots. je n'a i cessé de te m ontre r com m ent il faut étudie r l'e sprit.Le m a ître japona is e x prim e par là son refus d'a ssuje ttir le pré sent a u futur com m e un m oye n à une fin. c'e st là une constata tion de s plus bana les : elle re lève da vantage de la sa ge sse de s na tions que d'une profonde spé cula tion philosophique . la re noncia tion d'e n é tre indre le cours par la pensé e. Ainsi donc. C'e st ce qu'e xprim e la fin de l'a ne cdote . le m aître se conte nta de le m e ner sile ncie use m ent ve rs un bosque t de ba m bous. e t ce se ra it une e rre ur de la conce voir com m e une e xpé rie nce e x orbita nte de la norm ale .as… 5/8 .. Le m a ître a joute à l'inte ntion du disciple confus qui ré flé chit sur la ré ponse : "Si tu dé sire voir. rie n à e nse igne r qui puisse a jouter à votre conna issance " (32).. Pe ut-ê tre l'a vons-nous quelque peu perdue de puis le s te m ps bé nis de l'e nfa nce où nous é tions na ture llem ent nature ls. l'a ssum er e t e n é te ndre l'e x pé rience à notre vie entière . que . vois dire cte m e nt . Il fa ut seule m e nt prendre conscience que ce "na turel" e st le "vé rita ble esprit". Elle nous e st. sponta née et libre de s entra ve s réfle xive s. Un disciple de Ta o-ou qui se consacra it de puis un ce rta in te m ps a u se rvice personne l du m aître se pla ignit un jour de n'a voir pa s reçu le m oindre e nse igne m e nt sur l'étude de l'e sprit. coïncidant a vec la m ouvance de la duré e refuse de s'e n distancie r pour e n e m bra sse r le cours ne pe nse pas à l'a ve nir. e t la na ture reste d'a illeurs encore sousja ce nte à la volonté ré flé chie . Da ns le Ze n. que le sa ge doit s'a ccom plir. C es propos d'un philosophe contem porain font é cho à la procla m a tion de Hui-Ne ng qui dé jà a ffirm a it : "Tous le s Bouddha s pa ssés. s'a ppuie nt sur une portion d'air ou d'ea u de longueur é quiva lente à ce lle de le ur corps. il ava it fa it partie a vec celui-ci e n pe rsonne de la congré gation groupée autour du Bouddha sur le pic de s va utours (36). Q ue le dé sir soit la source de s m alhe urs de l'hom m e car il est ra rem ent com blé . Lorsqu'un m oine de m a nda à Ts'ui-W e i la significa tion du Bouddhism e . il n'y a rie n à ex plique r.fr/…/article_pop. bre f. ou un poisson qui voulait s'assurer du volum e de l'e au. Ce lle-ci ne saura it e n a ucune m aniè re ê tre conçue com m e un tra va il d'a uto-pe rfe ctionnem ent. donné e na turelle m e nt. Ce pe nda nt. com pre nd. (30) Le quotidien constitue donc la m a tière de la vie spirituelle . m a is vous re fusie z d'a dm e ttre la ré alité . (27) O n com pre nd pa r là le refus de s m a ître s Ze n de s'a ssure r du futur. é crit Dogen. pa rfa it. ne l' a i-je pa s a cceptée ? Q ua nd tu m 'as se rvi de la nourriture . en voici un court" (29). L'oisea u qui vole. A ce t é ga rd. au contra ire ." (31) La vie spirituelle dans le zen est un retour à la spontanéité naturelle En e ffe t si l'e x périe nce de la sponta né ité est bie n le but du Zen. Mais la vie re ligieuse n'a rien à voir a ve c la vie m orale . O n ne pe ut s'e m pê cher d'ê tre pe rple x e à la le cture de s e x posé s classique s du Bouddhism e tel que le serm on de Bé na rès. c'e st com plè tem ent m anqué ". Q uant a u conse il de se libére r du dé sir afin d'é viter la souffra nce . prése nts et futurs. Ce lui qui ve ut s'a m é liore r s'é va de du pré se nt et spé cule sur le futur. Elle est. la dé finition occidentale du vouloir. pa rfa it. C 'est donc "ici e t m a inte nant" e n a ssum ant la bana lité du quotidien. Ts'ui-W e i dit sim ple m e nt : "Voici un long ba m bou. n'e n ai-je pa s pris ? Q ua nd tu t'e s incliné de va nt m oi. à l'inve rse du Yoga . C'e st le "te " ou "ve rtu" du Ta oïsm e. C 'est pourquoi l'on trouve da ns la littéra ture Ze n de m ultiple s im a ges sym bolisa nt l'illum ina tion com m e un retour aux sources origine lle s. P our ce tte ra ison. le voya geur é garé da ns la forêt qui re trouve a vec joie une piste oublié e (35). où ils ré sidaie nt depuis le com m ence m e nt.Lorsque tu m 'a s apporté un tasse de thé . je ne puis m e sa voir na ture l. Mais "s'il y ava it ce pe nda nt un oise au qui voula it tout d'a bord m esurer la dim ension du ciel. il m e urt. ré sident dans la nature propre de cha que individu. tout ce que vous souhaitie z voir n'a jam ais ce ssé d'ê tre sous vos ye ux . C elui qui e n e st incapa ble ne pe ut vivre nulle pa rt. Ainsi Tchih I. solida ire de l'objectiva tion du te m ps et de la pe nsé e ré flé chie du m oi da ns ce te m ps obje ctivé . C'e st ce dont té m oigne l'ane cdote suiva nte . com m e l'e x prim e Suzuk i.. l'im m e rsion da ns la duré e vé cue . le s prem iers disciple s du Bouddha e t le Bouddha lui-m ê m e n'ont sur lui aucun a va nta ge . C elui qui a a tte int le Sa tori e st l'enfant prodigue qui retourne a u foye r pa te rnel (34). l'a scè se n'est pa s voya ge ve rs un pa ys spiritue l é tra nge r m a is re tour a ux sources. le poisson.

il finira pa r com pre ndre que son frè re a le m ê m e nom bre de frè re s que lui e n se plaçant a u point de vue du frè re . il e st lourd d'un pa ssé .as… 6/8 .(8) C om m e nt conce voir ce tte a ntinom ie dans le ca dre de la pe nsée de Bergson ? Les origines de l'objectivité R appelons tout d'abord que toute connaissance obje ctive e st par na ture sépa ra nte . O n re m a rquera que le dé sir a une structure tem porelle . C'e st ce qu'a ffirm e Ka rlfrie d Gra f Dürck he im com m e nta nt ce t e xe rcice : "Le Ze n e st l'e nseignem ent de l'Être . l'é pre uve de l'être. C'e st donc. ce la e st se ule m e nt vra i pour la synthè se ré fléchie du te m ps. Mêm e le la nga ge e st ina pte à en re ndre com pte : dire que m on pa ssé se prolonge dans le prése nt. Leur but e st de m ainte nir la colonne ve rté bra le rigoure usem ent vertica le e t d'a dopte r un rythm e re spira toire nature l. le philosophe qui préte nd e x pliquer l'hom m e com m e le point de rencontre de s force s qui parcoure nt le m onde prolongent cette décentra tion e squissé e dès l'e nfa nce. Un ê tre instantané ne dé sirera it pas. editions-harmattan. Il n'e n e st rien. en quelque sorte hors de nous. P ia ge t a m ontré que la fria ndise ca ché e pa r un é cran. ignore tout d'a bord la succe ssion logique des é véne m e nts et m ê le dans le plus grand dé sordre ca use s et conséquence s. celle de l'Être qui est notre na ture e sse ntie lle"(6). pourrait le com prendre . Sa synthè se sponta né e . ne pe ut être é prouvée que pa r un sujet qui déchira nt le voile de l'obje ctivité coïncide a ve c elle . est une incohé re nce pour ce lui qui ne se ré fère pa s à l'ex périe nce intérie ure . c'est e n sorta nt de soi e t e n deve na nt en que lque sorte é tra nge r à nous-m ê m e s que l'on a ccè de à l'objectivité . va conqué rir. il e st re com m a ndé de ne pa s s'oppose r de front aux pe nsé e s pa ra site s : il va ut m ie ux consta te r a ve c indiffére nce le ur pa ssa ge da ns l'esprit com m e le s nuage s da ns le cie l. un individu c'e st-àdire com m e un objet diffé rent que l'on distingue de soi-m êm e". Plus ta rd. Elle ne pe ut pas ê tre proje tée . Sur la rive du fle uve Nera nja ra. c'est-à -dire de la pe nsée obje ctive du te m ps. il n'y a pa s de zen"(7). m ais conclu pa r un sujet qui se dé ce ntre c'e st-à -dire é pouse la pe rspe ctive d'autrui. de cet e xe rcice re lative m e nt facile.10/07/2010 Une interprétation bergsonienne du bo… im possible à obse rver. sous l'a rbre Bodhi. Il a pris da ns l'é cole Soto une pla ce e ssentielle a u point que certains n'hé site nt pas à identifie r zen e t zaze n. prése nt. Bref. d'une certaine m aniè re . de l'ex périe nce de l'Être e t de la vie pa r l'Être . la re spira tion. par ex e m ple l'a udition d'une phra se m usicale . c'est la disproportion entre les m oye ns m is e n œuvre et leur e ffe t proclam é. il désignera corre ctem ent m a m ain droite et m a m a in ga uche e n im a gina nt m a perspe ctive . la duré e.fr/…/article_pop. Il doit é vite r de pe nser. privilé gia nt l'e xpiration. C ar à distance . Toute fois. C ela reste vra i de notre vé cu te m pore l. Expérience de l'être et pensée objective C e qui fra ppe le profa ne a bordant l'étude du zaze n. c'e st toujours en triom phant de l'é gocentrism e que l'e nfa nt. on pourra it se ule m e nt a tte ndre. il nous projette nécessa irem ent ve rs un a ve nir. Le philosophe a llem and oppose ce tte e xpé rience de l'ê tre à la pe nsé e obje ctive . font l'obje t de pre scriptions très pré cises. P uis. l'a ccès à la plus haute vé rité ? C om m e nt ces ba nalité s ont-elle s pu donne r naissa nce à l'un des plus puissa nts courants spiritue ls de l'hum a nité ? Il fa ut donc que ce s pre scriptions du bouddhism e popula ire constituent seule m e nt de s consé que nce s d'une intuition plus ha ute et inconce ptua lisable . initia lem ent. Bre f. C'e st l'e x pre ssion d'une e xpé rie nce inté rie ure . Le sa vant qui situe son corps da ns l'univers im m ense . fa ire un pa s im portant da ns la com pré hension de la doctrine que de re conna ître à sa source un privilè ge a ccordé a u pré se nt. La posture corpore lle . n'im porte que l a utre . ra conta nt une histoire à un a utre e nfa nt. com m e la ligne e x prim e le tem ps de s horloges. "O n n'a ccè de pa s à la substa nce du ze n" é crit-il "si on la che rche da ns un dom aine thé orique et si on le considè re a vec un re cul objectif. ce tte interpréta tion a ppa ra ît à l'adepte ca rica tura lem ent ré ductrice . l'alté rité à soi-m ê m e sont donc la ra nçon inélucta ble de la com pré he nsion de l'ordre des é véne m e nts. Ma is. P our croire à la conse rvation de l'objet.. le za ze n dé pa sse de loin une sim ple pra tique hygiénique : il introduit à l'e x pé rience m é taphysique e sse ntie lle. Bre f je n'objective m on passé que da ns la pe rspe ctive d'a utrui : je sors de m oi-m ê m e pour le considé re r com m e un autre. Com m ent la révé la tion de ce s lie ux com m uns a -t-e lle pu être tenue pour l'illum ina tion. Ainsi. Ainsi. P our lui. l'obje t n'e st pas vu. a u contra ire . la notion de pré se nt e st de s plus a m biguë s. plus â gé .(1) Ma is d'a utres é coles l'ignore nt(2) e t que lque s vieux m a ître s ont critiqué l'e x ercice(3) et l'ont m êm e tourné en dé rision(4). Il n'y a donc pa s de pré sent a bsolu. l'obje ctivité. da ns d'autre s dom a ines. ou du m oins. L'a ttitude m entale e st l'e sse nce de l'e xe rcice : le pra tiqua nt doit s'absorbe r dans les se nsations é prouvé e s à l'occa sion du m a intie n de la posture e t de la re spira tion. constata nt qu'il est incom pris. le Bouddha a découve rt le s donné es im m édia te s de la conscie nce : il s'e st conve rti au be rgsonism e (38). Pie rre Ja net a m ontré que la m ém oire hum a ine e st née lorsque la se ntine lle a dû fa ire à son che f un ré cit cohé re nt. Le s psychologue s ont éta bli que le très je une e nfa nt. une chose . En e ffe t. Le zazen est la connaissance intuitive de la durée Ma is. A pre m iè re vue . da ns une re pré sentation objective.. e st. Le discours d'un enfant de se pt a ns. avons-nous vu. le jeune locute ur se pla ce a u point de vue de l'autre et ordonne son discours. Il n'y a pa s de sché m a susce ptible de la traduire . ignore l'objet. un sim ple bé né fice de sa nté pour le corps e t l'e sprit(5). il faut im aginer la fria ndise vue de de rriè re l'é cra n ou le bibe ron du fond de la boute ille . De m êm e. A DDITION : UNE INTERPRETA TION BERGSONIENNE DU ZA ZEN Le za ze n est un e x ercice susceptible d'introduire le pra tiquant da ns l'e xpé rie nce fonda m e nta le qui e st a u cœur du zen. L'insta nt le plus court a une é paisse ur . Ce tte ex pé rie nce "d'un prése nt qui dure " constitue sa ns doute le fond de l'illum ination. Il fa ut donc e nte ndre par pré se nt une portion de la duré e sponta ném ent globa lisé e pa r opposition à un passé a rtificielle m e nt re construit pa r la conscie nce ré flé chie . déjà . à l' "ici" e t a u "m ainte na nt" se lon la form ule cé lèbre du Ze n. "O n ne pe ut pa s é prouver l'être com m e on é prouve un a rbre. ou que la té tine du biberon renve rsé sur une boute ille de ve rre opa que ne sont pa s reche rchée s ca r e lles n'e xiste nt plus pour lui. O n s'e n conva incra aisém ent e n considéra nt le s origine s de l'obje ctivité. La dé se rtion de l'intim ité.

Suzuk i Introduction au Bouddhism e Ze n. (16). Editions Dervy livres. Le Bouddhism e Ze n. ch. Le Bouddhism e Ze n. Il s'a git. Volonté e t Involonté da ns la pe nsée occide nta le e t orie nta le.. pa r D. Toutefois. (21). l è re pa rtie . 17. cha pitre IV. D. pa ge 77. ibid. Ibid.as… 7/8 . 2èm e confére nce. chapitre IV. é vide m m e nt. Nous voulons se ulem ent m ontrer : 1) que ce sont là de ux a ttitude s esse ntie lle s a u Ze n . Voir sur ce point Suzuki. Editions P a yot 1969. C'e st "la gra nde ex périe nce par laque lle e ntrent e n notre conscie nce la vie . com m e un objet. De Martino. 2 e m e pa rtie . qui. (38). (32). Cha p. pa r l'inté riorisa tion du rythm e re spira toire . (31). Suzuki. p. (37). n'est pa s un instant figé où je m 'a rrê te m a is un pa ssage qui. e ntre a utre s.T. é d. P UF. Be rgson. 1970 . Essa i sur les donnée s im m é diate s de la conscie nce . pa ge 25. Albin Michel. W a tts. Pa ris 1948. P U F. "la perce ption du cha nge m e nt". p. pa ge 97. P aris 1948. Ibid. page 145. Ma is réciproque m e nt. ch. pe rpé tue lle m e nt cré a trice. Ibid. 1978. ce tte coïncidence de soi à soi introduit à l'e x pé rience de la duré e . p. cha pitre II. pa ge 221. de Martino. diffé rente du Bouddhism e originel. chapitre 3. Ce tte vision orie nta le de la philosophie occide nta le n'est justifiée que pour une ce rta ine philosohie cla ssique de l'O ccident. He rrigel. Suzuki da ns Bouddhism e Ze n e t psycha nalyse . Be rgson. Nous é voquons ici l'e x pé rience de la duré e dé crite pa r Be rgson. 1982. pa ge 177 e t suiva nte s. R . chapitre II. (20). P a ris. p. ou soit. pa ge 141. Voir à ce propos. (2).10/07/2010 Une interprétation bergsonienne du bo… La cause profonde de ce tte inadé qua tion e st le ca ractè re m obile du pré se nt qui. l è re série . cha pitre III.T. Essa is sur le Bouddhism e Ze n. (19). cha pitre VIII. C'e st l'inte rpréta tion du Ze n défe ndue. a u contraire . Buche t-Cha ste l. Introduction a u Bouddhism e Zen.. (35). Pre m iè re pa rtie. m ais é prouvé e . com m e te l. source viva nte de s prescriptions. de la psychologie de son te m ps. pa ge 219. W a tts. Essa is sur le Bouddhism e Ze n. O r un passage ne sa ura it ê tre appré hendé de l'e x té rieur. e n cela . P U F. 2èm e partie . 78 em e é dition. Ibid. com m e on l'a vu. cha pitre III. (24). Suzuki. 1972. on le fige et pa r consé que nt on annihile son e sse nce(9). 78è m e é dition. Le Bouddhism e Ze n. (22). Ibid. pa ge 186. viva nt".. Ibid. 2.(12) Ainsi le za zen pe rm e t d'é pouse r le dyna m ism e créa teur de la duré e. 76. cha pitre IV. qui sa ns ce sse nous e ntra îne e n a vant : notre tra m e é te rne lle.(13) (1). pa ge 185. W a tts. editions-harmattan. (30). Be rgson. L'a bsorption dans la conscience du corps est donc une coïncide nce a ve c l'actua lité de l'insta nt. O r le corps e st vé cu a u pré se nt(11). l ère sé rie. Suzuki. (34). cha pitre II. entre a utres. pa ge 221. 155 e m e é dition. (14). Cf. (29). Pa ris. Le bouddhism e Ze n. non pa s pe nsé e . (15). inconceptua lisa ble . Essa is sur le Bouddhism e Ze n. (17). m a is ils sont e n de hors du cadre de cette é tude.. cha pitre I.1 ère sé rie.. pa ge 140. cha pitre 2. (36). 2. (5). Suzuki. (25).. page 306. Pa ris 1994. (33). scie nce de s fa its intim e s fondé e sur l'introspe ction.. pa ge 156 et suiva nte s. pa ge 98. contra ire à l'a ltérité de la conscience obje ctive . 1 è re partie . Voir : Essa is sur le Bouddhism e Ze n. (10). 4. 359. 181. Suzuk i. de s attitudes. Il est a idé . notre tra vail : Miche l La rroque. deux ièm e pa rtie . (6). (27). (28). Suzuki. la vie que nous som m e s da ns la profonde ur de notre ê tre ". (23). 2èm e partie. Suzuk i. Suzuki. Suzuki.T. (13). Bre f l'e x pé rience de la duré e im plique la coïncide nce de soi à soi. cha pitre I. é ditions L'Harm attan. Pa ris. Bouddhism e Zen et Psycha nalyse . Le non-m e nta l se lon la pe nsé e Ze n. Essa i sur les donnée s im m é dia te s de la conscie nce. (26). pa ges 45 à 139. e t il faut coïncide r a ve c lui pour le saisir. W a tts. chapitre VII. Ibid. chapitre II. Le Courrie r du Livre. le dé but de Introduction à la m é taphysique da ns : La pe nsée et le m ouva nt. Bouddhism e Ze n e t P sychana lyse." et il ré alise "le se ns im m a nent de m ouve m e nt com m e que lque chose qui lui a dvient e t qu'il e st. pa ge 17. puisque l'instant n'e st pas un a tom e figé de te m ps m a is un pa ssage ce tte a bsorption du pra tiqua nt da ns l'"ici" e t le "m aintena nt" l'éta blit e n fait da ns la m obilité de la duré e. (3). Le s se nsa tions é prouvé e s par le pra tiqua nt qui m a îtrise l'ex e rcice se fondent e ntre e lle s pour constitue r la "conscience se nsitive "(10) d'un corps inté rie ure m e nt vécu e t non plus objectivé . (9). Essa i sur les donnée s im m é dia te s de la conscie nce. (18). D. 1) Toute s nos conna issance s sur le Zen é m a ne nt d'une intuition ce ntra le . m e re nvoie né ce ssa irem ent a u pa ssé. pa ge 82 et 83. Sinon. Suzuk i. chapitre I. Ibid. pa ge 120. C f. Be rgson. P re m iè re sé rie. Le Ze n dans l'art che va lere sque du tir à l'a rc. pa ge 183. Essa i sur les donnée s im m é dia te s de la conscie nce. de s im a ge s où s'e xprim e la doctrine . pa ge 184. e nve loppe une synthè se sponta né e du te m ps. O n sa it que la re cherche be rgsonienne a é té prolongé e pa r d'im portants trava ux. C 'est ce qui se pa sse dans le za ze n. Bouddhism e Ze n e t P sychana lyse. pa ge 31. 2) Q ue ce tte intuition constitue l'esse nce du m e ssage du Bouddha . E. (12). Il se sent a lors "m u lui-m ê m e pa r la qua lité rythm ique de son m ouve m e nt. pa ge 17.fr/…/article_pop. P UF. 1960. Ibid. cha pitre V. 35e é dition. Le pe nsée et le m ouvant. (8). W a tts. pa r e x em ple . com m e l'affirm e le Ze n. lui. pa ge 26. W a tts. com m e tout m ouve m e nt authentique . 1 è re partie. C ette intuition nous pa raît trè s proche de l'e xpé rie nce be rgsonie nne de la duré e . W a tts. ce ux de Fraisse en pa rticulie r . (7). l è re sé rie . 1 è re série . D. (11). Froom . P a ris. Suzuki. pa ge 170.Bouddhism e Ze n e t P sychana lyse. Essais sur le Bouddhism e Ze n. Le refus de pose r l'identité pe rsonnelle e t de pré pare r l'a venir ne sont pa s de s thèm es bergsonie ns. PUF.T. Froom . 1971. 2) qu'e lle s sont logiquem ent im pliqué es dans l'e x pé rience de la duré e te lle que la décrit Be rgson. (4). W a tts. est un problèm e d'histoire de s doctrine s é tra nge r à notre propos.. 77. Pa ge 96. Suzuki. p. Da ns le Q uiétism e chré tien.

"Q ue fa ites-vous ?" dem anda Ma -tsu. editions-harmattan.as… 8/8 . 9) Bergson a m ontré que l'objectiva tion du m ouvem ent conduit à le confondre a vec la tra jectoire. "Aucun polissage .pa ge s 467 e t 468. Voir sur point le deux ièm e cha pitre de l' Essa i sur le s donné e s im m é diate s de la conscience . dans leur ve rsion occidenta le. les e xe rcice s du ha tha yoga . deva nt lui. pa ges 15. 8) Ibid . 2) Le R inza i qui pré conise surtout la prise de conscie nce intuitive a u m oye n du k oan ou de l'action quotidienne . 5) Com m e le sont. da ns son ouvrage La pratique du zen é ditions Albin-Miche l. Le nom m e nta l se lon la pe nsé e zen pa ge 64. Lilian Silburn Le bouddhism e. 6) Karlfrie d Gra f Dürckhe im . Une interprétation bergsonienne du bouddhisme zen. Ed : Le courrie r du livre. pa ge 122. C f. 7) Ibid . 11) Le pré se nt e st "se nsori-m ote ur" m ontre Be rgson da ns Ma tiè re e t m é m oire . a été publiée dans L'Enseignement philosophique. 12) Le ze n e t nous. pa ge 17. pa ge 121. si long soit-il.fr/…/article_pop. 4) Ma -tsu é ta it un fe rvent pratiqua nt de l'e xe rcice. Huai-jang. 3) C'e st pa r une critique de ce type d'e x ercice que Houeï-Ne ng a ccé da a u patria rcat. 10) Le ze n e t nous. ram a ssa une brique et entre prit de la polir. pa ge 58. Dans Suzuki.16. ne fe ra un m iroir d'une brique". ne vous fe ra a tte indre l'é tat de bouddha ".10/07/2010 Une interprétation bergsonienne du bo… A ddition : 1) C'e st le ca s de Ta ise n De shim a ru. Le zen et nous. Hua i-ja ng ré pliqua a ussitôt : "a ucune pratique de tso-chan. "La première partie de cet article. sim ple portion d'e spa ce . 13) Le ze n e t nous. "Je dé sire fa ire de ce la un m iroir". septembre octobre 1997". pa ge 56. si longue soit-elle .

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