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Il s’agit ici d’analyser un des aspects des conflits armés, la stratégie militaire.

En effet une stratégie qui vient du grec Stratos & Ageïn qui veut dire « pousser en avant l’armée », est la planification, en amont du conflit, d’opération militaire en vue d’atteindre des objectifs clairement définis. De nombreuses définitions existent mais ce terme reste en constante mutation : selon des théoriciens de relations internationales tels que Clausewitz, Liddle Hart, Raymond Aron c’est l’art d'employer les forces militaires pour atteindre les résultats fixés par la politique ; d’après d’important autorités militaire tels que Foch et Beaufre il s’agit de l’art de la dialectique des volontés employant la force pour résoudre leur conflit. Dans le dictionnaire Larousse la stratégie est définie comme l’art de coordonner l'action de forces militaires, politiques, économiques et morales impliquées dans la conduite de la guerre ou la préparation de la défense d'une nation ou d'une coalition. Dans ce cadre il important de distinguer la stratégie militaire à la tactique militaire. Contrairement à la tactique dont l'enjeu est local et limité dans le temps et dont le but est de gagner une bataille, la stratégie a un objectif global et à plus long terme, dont le but est de gagner la guerre. En fait, on distingue quatre niveaux dans cet art : le niveau stratégique global, ou plus couramment aujourd'hui politico-militaire, au plus haut niveau de l'État, dans un dialogue itératif entre responsables politiques, diplomatiques et militaires ; le niveau opérationnel, entre le haut-commandement militaire ; le niveau opératif avec le commandant d'un théâtre d'opération ; et enfin le niveau tactique, avec le commandant d'unité engagé dans une action particulière. En prenant pour étude cas la guerre opérée en Irak par les Etats-Unis à partir de 2003, nous allons tenter de comprendre comment se forme une stratégie militaire. Le 20 mars 2003 avec l’ opération « Iraqi Freedom » par la coalition menée par les États-Unis contre le parti Baas de Saddam Hussein. Bien que le président George W. Bush a officiellement déclaré son achèvement le 1er mai 2003, le conflit perdure en Irak. Nous allons ainsi pouvoir comprendre comment se forme une stratégie militaire ainsi que les changements de stratégie opérée au cours de la guerre en Irak. Notre exposé va tenter de répondre à la problématique suivante : quel est le poids de l’institution militaire dans l’élaboration de la stratégie militaire américaine en Irak ? En d’autres termes, quelle place occupe cette institution dans le processus décisionnel ? Cette problématique nécessite de mettre en évidence les approches scientifiques pour rendre compte du rôle de l’institution militaire dans l’élaboration de stratégies mais également celles pour expliquer les orientations, tendances ou encore culture stratégiques des armées américaines. Nous verrons dans une rapide première partie les différentes approches possibles pour expliquer une stratégies militaire, puis dans une seconde partie nous poserons les bases du cas irakien et tenterons de mettre en évidence le poids de l’institutions militaire dans l’élaboration de la stratégies en Irak ; enfin dans une dernière partie nous mettrons en évidence la culture stratégique de l’armée américaine en mettant en évidence les variables explicatives grâce à la combinaison de deux approches, celles constructiviste et bureaucratique.

le héros modèle.les variables explicatives des tendances de l'institution militaire A. 2. qui est créateur de valeurs nouvelles. à l’image des soldats de la résistance. article téléchargeable en avril 2008 sur le site www. La stratégie n’existe pas en soi mais toujours en rapport à des finalités et des objectifs à concrétiser. On a pu ainsi distinguer quatre types de héros : le héros fondateur. Dictionnaire historique de la langue française.hoover. Le Robert. Paris. par le souvenir de ses actions d’éclat. sept. elle représente un art du "comment faire" variable selon les cultures. qui a une fonction généalogique et permet de souder les différents membres d’une famille ou d’un groupe . mais plutôt élaborer d’après des logiques propres à l’institution militaire. de donner l’exemple de la perfection dans le métier des armes et a donc une fonction pédagogique . 1 2 Alain REY. p. Policy Review. qui permet. t. Le héros guerrier est certainement bien aussi ancien que la guerre elle même.III. c’est-à-dire un chef militaire de la guerre de Troie comme Ulysse ou Agamemnon 1. qui ouvre la voie à l’acceptation de la mort et a donc une fonction mystique . fin du conflit/retour indéterminé B. 1711 Tony CORN. 1) ethos du héros L’armée américaine est peu favorable aux opération de maintien de paix et cela se vérifie en dehors de l’exemple de l’Irak. cette nouvelle tendance étant désignée sous le vocable de storytelling2.l' armée américaine : une institution fermée. le héros sacrificiel.variables explicatives : combinaison des approches bureaucratique et constructivistes Il s’agit ici d’éclairer le rôle des acteurs militaires dans l’élaboratioin de la stratégie américaine. Nous allons voir que la stratégie militaire mis en place en Irak n’est pas issus de la seule logique de la rationalité pure tenant compte du contexte international. L’étymologie du mot héros nous apprend d’ailleurs que ce terme est un emprunt du grec « hérôs ». en ce sens. 2000. 2006. Les experts militaires du département d’État américain considèrent que la manière de raconter la guerre et la fabrication d’icônes médiatiques font partie intégrante de la stratégie. le héros transgressif. caractérisée par un référentiel héroïque et une aversion au mission de maintien de la paix Pierre Hassner et Thomas Lindemann s’accordent tous deux quant aux caractéristiques de l’institution militaire américaine. 1) les spécificités militaires La culture stratégique est la mise en évidence des facteurs culturels qui influencent les choix stratégiques des décideurs. « Clausewitz in Wonderland ». .org. 2) rapport aux civils rapport difficile 3) pour une guerre courte et victorieuse Contre des missions interventionniste caractérisées par l’emploi de moyens militaires limités ayant pour des objetifs à long termes .

Méfiance donc quant aux opération de longue durée : favorise les mission courte où victoire rapide. Les pays en faillite Les pays en faillite sont caractérisés par l’incapacité de l’état.valorisation des missions combatives Esprit combattant Institutionalisation des ses traits culturels via formation et discours. après avoir définitivement abandonné l’isolationnisme et la doctrine Monroe. En 2003 seulement 1% des soldats américains participent au opérations de mintien de la paix. Il s’agit de s’impliquer directement dans les affaires intérieures d’autres pays afin d’en faire des alliés sûrs et de les intégrer dans un système impérial d’alliance mondiale. 2. Ainsi le strétagie militaire en Irak est le fruit d’un compromis entre les interets corporatifs de diffèrentes secteurs dont celui de l’institution militaire.cultre de l’offensive En Irak les responsables américains ont rechercher à éviter l’enlissement dans le conflit et par conséquant de perdre le soutien de l’opinion publique. à exercer son pouvoir sur les territoires et les populations qu’il est sensé contrôler. de toute représentation d’autorité contractuelle. Les militaires pensent en effet que plus la guerre est peu couteuse en viue humaine plus ils ont le soutien des civiles. l’approche bureaucratique considère que les acteurs sont motivés et font des choit stratégiques en fonction des intrerts et des perceptions de l’organisation dont il font parti. Pour les officiers concernés. Référentiel de repli se caractèrise églamement par une conception exclusivement du métier des armes d’où une version au conflit où utilisation modéré des armes.2) identité organisationnelle Comme nous l’avons vu. la guerre du vietnam à été perdu à l’interieur du pays en raison du comportement des décideurs politiques. et de manière plus générale. La stratégie de Nation building –construction nationale– est une terminologie formulée par les stratégistes américains suite à l’engagement des Etats-Unis dans les affaires du monde.3 Professionnalisme radical de l’armée américaine : se caractèrise par une référentiel de repli depuis Vietnam fondé sur une forte méfiance envers environnement civil ( société et pouvoir politique). . Ethos de l’armée qui cultive l’image du « héros combattant » avec aversion aux opérations de maintien de la paix et de « nation-building ».

Panama. le service de la santé. linguistique ou tout autre. dont l’autorité peut ne pas être contestée mais l’appareil d’Etat a été capturé par un groupe particulier incapable de rassembler autour de lui les compétences nécessaires à l’administration du pays et surtout de coordonner les différentes forces politiques du pays 5. on peut classer ces pays en cinq groupes principaux : 1. les pays anémiques ont un état qui souffre d’une contestation intérieure forte et qui se trouve incapable de répondre aux exigences posées par certaines forces politiques du pays 4. les pays capturés jouissent d’un état fort. Avec Gross. qui peuvent avoir une origine ethnique. le système bancaire. la police. Toutefois. Cambodge. Les Etats-Unis et la question du nation building Il est évident que les Etats-Unis considère le nation-building comme une technique efficace pour préserver leurs intérêts économiques et politiques dans les pays considérés. Somalie. Bosnie. le service d’enseignement. le nation building « consiste à créer puis à renforcer les institutions sensibles d’un pays tel les forces armées. qui produit des études stratégiques sur commande de l’armée de l’air américaine (US Air Force). les pays anarchiques: démunis de toute forme de gouvernement central et souvent victimes de la vendetta intestine 2. culturelle. Japon. . Nicaraguay. Une fois la stabilité revenue. Vietnam. Allemagne. Le nation building comporte deux étapes dont la première consiste à mettre en place les infrastructures de première nécessité et le tissu économique élémentaire du pays. l’institution judiciaire. Haiti. les pays avortés sont des pays qui ont connu l’impuissance et l’inanité avant même l’émergence d’un état L’institut Rand. la seconde étape consiste à créer les institutions politiques et les unités économiques autonomes permettant à la volonté populaire de s’exercer efficacement sur l’administration du pays et de contribuer à la croissance économique du pays. République Dominicaine. il ne s’agit pas selon lui de mobiliser ensemble tous les domaines culturel. la banque centrale. définit ainsi l’itinéraire progressif vers l’état en faillite : légitimité étatique contestée – efficacité diminuée des gouvernements pour appliquer les politiques étatiques – émergence d’attachements extra étatiques – mise en place de politiques violentes – affaiblissement de la pénétration des politiques étatiques dans le tissu social – état en faillite.Cette incapacité naît des divisions internes. les pays mirage bénéficient en apparence d’un état central mais en réalité son autorité ne couvre pas l’ensemble du territoire 3. social et historique d’une nation. … ». Le « nation-building » Selon Francis Fukoyama. On compte parmi les pays ayant dû faire face à ce phénomène : Cuba. Grenade.

.La Fondation Carnegie dénombre au moins deux cents interventions américaines dans un territoire étranger. dont la société opposera une résistance accrue à un processus qu’elle considère avec hostilité. le degré de sérieux du pays agressé dans le développement économique Les pays possédant une culture nationale appuyée et un niveau de développement ayant permis de réduire les inégalités économiques entre les franges de la population s’intègrent plus facilement dans le processus de nation-building. Ce ratio s’élevait à 1/10 contre 1/500 dans le cas de l’Afghanistan. Selon Fukoyama. dont seize rentre dans la définition du nation-building. Mais il reste que le nation-building est autre chose que la formation d’un police et de forces de sécurité. la convergence des intérêts géopolitiques du pays agresseur avec le pays agressé 3. Trois facteurs concourrent au succès de l’opération : 1. Il faut également prendre en compte le ratio soldats d’occupation / population occupée. seul le processus d’intégration politique et la mise en place d’un régime politique accepté permettra de coordonner les efforts des différents organes de l’Etat et de faire cesser les querelles intestines. contrairement aux pays sousdéveloppés. les particularités intérieures du pays 2. parmi lesquelles quatorze étaient des interventions unilatérales sans l’assentiment des Nations Unies.