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Adrien de Lamont

Adrien de Lamont nait en l’an de grâce 1541. Élevé par sa nourrice, une jeune mère abandonnée, il est un garçon solitaire, rêveur et étourdi, dont le meilleur ami est un chat nommé Tiego, en référence à son frère aîné Gauthier, une brute épaisse qu’il méprise et ignore dès son plus jeune âge.

Ses principales activités sont ainsi solitaires : il aime se cacher, particulièrement au sein des cabanes qu’il se construit dans les arbres. Son rang lui permet d’avoir son propre précepteur à domicile. Celui-ci, « aimant », l’initie à l’observation des constellations, exercice qu’ils pratiquent à la nuit tombée, dans les hauteurs de Lamont.

Futur gentilhomme, il fréquente dès son plus jeune âge les salles d’armes. Au cours d’un entrainement, il affronte en duel un petit prince de sang qu’il humilie en le faisant tomber dans une flaque de boue. Adrien explose de rire devant l’assistance, ce qui le contraint par la suite à devoir faire des excuses publiques à sa victime. Cet épisode le marque durablement et par esprit de contradiction, il décide, à partir de là, de ne pas manquer une occasion d’exercer son insolence et son sens de l’intimidation.

Malgré tous les enseignements de son précepteur, il est toujours resté étranger à la foi et au catholicisme, et notamment à toutes les prises de position et aux contraintes que cela implique. Et ce n’est pas l’émeute de moines papistes auquel il échappe de peu à l’âge de 14 ans avec sa famille qui le convainc du contraire : les Lamont assimilés à tort à des réformistes évitent le massacre en se réfugiant dans les bois aux alentours du château tandis qu’une partie de l’édifice est vandalisée. Fort heureusement, l’arrivée du vieil aristocrate Hercule de Roubaix, venu prendre en charge Adrien pour en faire un écuyer, fait fuir les émeutiers.

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Vieil ami de son père François, Hercule, qui devient non seulement une nouvelle autorité paternelle mais aussi un véritable ami pour Adrien, forme bien sûr ce dernier aux devoirs et aux tâches d’un écuyer, occasion pour lui de lui transmettre sa passion pour les chevaux et de faire d’Adrien un parfait cavalier. Mais au-delà de ça, rompu à toutes les courtisaneries, Hercule encourage Adrien, par son charisme et son comportement, dans son ambition à devenir une future éminence grise à la Cour. Au quotidien, Hercule lui apprend à faire du langage et du secret des armes aussi utiles qu’une épée et un bouclier … mais aussi à combiner cet art avec des efforts physiques conséquents : Adrien se voit confier la mission de porter un message à l’un des contacts d’Hercule … le contraignant à parcourir à cheval près de 100 lieues aller-retour dans une journée.

Adrien devient ainsi un homme mêlé, apte à devenir un officier et sans obligation de travailler. Sans attache de cœur, il découvre les plaisirs de l’amour avec une fille de joie. Désormais âgé de 20 ans, sa formation d’écuyer étant achevée, Adrien choisit de retourner sur ses terres, et ce d’autant plus que son père vient le mander de revenir au plus vite, sa santé était devenue subitement chancelante. Le père ayant toujours été sans ambiguïté sur la succession, malgré la bêtise avérée de Gauthier, Adrien sait qu’il ne peut rien attendre de la « suite » et n’aspire de toute façon qu’à saisir la moindre opportunité de monter à Paris afin de se rapprocher de la Cour.

Mais ses plans sont quelque peu chamboulés par ce que son père lui apprend sur son lit de mort dans la seule confession qu’il lui aura faite de toute sa vie : après avoir fait le seuil – ô ironie – d’une reconversion de Gauthier, malgré la sollicitation d’un précepteur de l’Université d’Orléans nommé Vincent Polignac, François confie à Adrien la mission de se mettre au service d’un parrain connu mais jamais vu, Étienne de la Cassière, et de lui porter par la même occasion 9 des 10 livres grecs que François a en sa possession, sans qu’Adrien ne sache ni comment, ni pourquoi.

Le défi est de taille : la seule indication précise dont dispose Adrien est que les terres de la Cassière sont à 6 jours de Lamont mais il sait aussi qu’Étienne est un infatigable voyageur et donc qu’il n’a aucune certitude de le croiser, même s’il parvenait à rejoindre son domaine.

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