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~ 36- tel dans les choses particuliéres. Il est vrai de dire que Socrate est un homme, mais il est faux de dire que 1thomme est Socrate, Il doit done y avoir dans Socrate, dans Platon, ete., une reison pour laquelle il est vrai de dire que Socrate est un homme, Pleton est un homme, ete, (b) Il y a ensuite 1'universel are. Ctest l'universel regu de la chose par voie dtabstraction. Et cet universel est postéricur 4 le chose, Ctest le genre d'universel qui carectérise 1'intelligence humaine, laquelle dé~ pend des choses et dont 1a connaissance est postérieure aux cho- ses connues, Pour parvenir A cet universel, notre intelligence doit leisser de cété les inféricurs dont cet universe] peut Stre dit, Bien que homme puisse se dire de tout homme, le con- cept dthonme ne représente distinctement aucun homme, Cela veut dire que pour arriver 4 l'actualité intelligible, en partant des singuliers, notre intelligence doit faire une maniére de compro- mis, laissant de cété ltactualité existentielle et singuliére, premier fondement de l'universel abstrait. (c) Il y a enfin L'universel que S, Thomas dénomme ad rem. Cet universel est antérieur 4 la chose, de la maniére dont ltidée de la maison dans ltintelligence du constructeur est entérieure 4 la maison 4 construire dont cette idée est l'idée, VoilA la maniére dont les formes universelles des choses se trouvent dans 1*intelli- gence angélique, non pas que ces formes produisent les choses, mais elles sont semblables 4 des formes productrices, de la fagon toutefois dont on peut avoir une connaissance spéculative d'une chose ouvrable, ou encore d'une connaissance pratique. Cet universel stappelle aussi universale in repraesentando, tandis que le second se qualifie in praedicando, (In II Sent., d, III, a. 3, a. 2, adil.) 7 Parlant de la plus grande universalité des formes dans les substances supérieures, S, Thomas fait remarquer qutelle ntentraine pas, comme elle le fait pourtant chez nous, d'imper~ fection dans la connaissance, Par la similitude de animal, moyennant laquelle nous ne connaissons une chose que selon son genre, notre connaissance est moins parfaite que celle que nous avons par le similitude homme, par laquelle similitude nous con~ naissons l'espéce, Car, connaftre une chose seulement selon son genre, cfest le connaftre imparfaitement et pour ainsi dire en puissance; par contre, connaftre une chose selon son espéce, sur~ tout selon l'espéce ultime, c'est la connaftre parfaitement et en acte. Or, notre intelligence, parce qu'elle tient 1'infime de~ gré parmi les substances intellectuelles, il lui faut autant de similitudes numériquement articulées qu'elle connatt dtobjets distincts entre eux, Mais la similitude intelligible qui se trouve dans la substance séparée est d'une puissance plus uni- verselle, en sorte qutelle s'étend indivise 4 plusieurs choses simultanément., C'est un peu comme si en connaissant animal, nous connaissions distinctement toutes les espéces animales sans recourir 4 des espéces intelligibles distinctes, Mais 1thomme ne posséde en fait aucun moyen de connaitre qui serait ©. La raison en est que sa connais~ universel in repraesent sance est postérieure aux choses, et que par suite elle est plu- ralisée depuis le principe, par la pluralité des choses sensi- bles dont il faut une pluralité de sensations avant de pouvoir passer A ltactualité intelligible od les choses singuliéres ne sont plus directement pergues, Le connaftre humain décline de ltidentité dés le principe, Et & mesure qutelle stapproche de = 36e L'identité, comme elle le fait dans la connaissance de 1'espéce homme, ou du genre animal, la connaissance de leurs inférieurs est confuse dtautant, (Voir Contra Gentiles II, ec, 98 - 100.) Les rappels que nous venons de faire ne donnent qu'une idée encore vague de la croissante complexité des choses et de la connaissance elle-méme 4 mesure qu'elle s'éloigne de l'un identique qui est Dieu. Gonsidérons maintenant l'ordre des substances séparées sous un autre rapport, qui permettra de mieux voir tant la nature que le connaissance humaine comme la limite inférieure d'une progressive dégradation. v Nous avons signalé que la multitude des substances sé- parées est quasiment incomparable avec celle des choses natu- relles, (Voir Contra G. II, c. 92,) la raison qu'en donne S. Thomas est que dans le création les étres spirituels sont plus multipliables que les étres matériels, Il donne comme exemple les mathématiques, o& l'on peut aisément concevoir un nombre aussi grand que l'on veut, Or les choses mathématiques n'ont qutun étre intelligible. Toutefois, cet étre intelligible ence, Les subs- ntexiste pas en dehors des limites de 1"intel tances séparées, dtautre part, existent en elles-mémes en dehors de l'intelligence. Toutefois, sous le rapport de 1'intelligibi-~ ité, elles sont proportionnellement comparables aux étres ma~ thématiques, Nous n'entendons pas prouver ici la position de S. Thomas, prenons-la simplement comme une supposition. Non seulement les substences séparées sont-elles de soi plus multipliables que les substances naturelles, mais, si nous