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“...rance, nous la. confions a Marie, qui est. t Siege. de: ol.Von. a, accoutumé. dentendre. un "OE qui- éyoque. souvent quelque exclusive de chapellé. doctrinale. Mais il forme des étudiants, disciples. de. saint Thomas -qui, de beaucoup. de. pays; “yiennent entendre ou recoivent chez.eux son-en: ‘seignement. Ceux-ci'A leur. tour: le dispensent: dans les deux Amériques,-en-Europe, en Asie méme. Il n'est done pas déraisonnable de pren- dre consience de la source qui. jaillit en Nouvelle © “France et d’espérer prochain le-jour ott la pensée francaise en sera largement enrichie. Cetfe-espé- eae Un philosophe de Vordre ar Ralph McINERNY "“walph Metnerny est: professeur a 1Université. Notre- Dame: Gindiana, Hiats-Unls a’amérique: du Nord). Le “tele on ale ot (at de ong +> da Sagesse. ia winging ans, Charles De ‘Koninck eect, ail qu'il. wayait qu’un désir,.celui d’étre un disciple fidéle de saint: Thomas-d’Aquin. Toute évaluation de-son ceuyre: doit par conséquent tenir, compte de cette fidélité déclarée &.um mat. tre qui est d'ailleurs celui de tout catholique, s'il roire les insistances réitérées de I'Eglise. pendant, notre intention n’aura pas été de pré- senter une juxtaposition matérielle de textes du - professeur De Koninek:et de saint Thomas, en- ‘core que De Koninck-aime a dire quece qu’on a pu considérer comme ses propos les pliss révoiu- tionnaires ne sont ala lettre que des répétitions de‘saint’ Thomas: Gest un’ objet a la fois. plus simple et plus ambitieux que nous nous sommes proposé, savoir’: de tenter un coup deeil d’en- semble sur'ses écrits, d'un point de vue décisif et critique, et-de formuler ainsi un jugement & earactére philosophique. Car: s'il est. permis: de ~~ fait qu’on connaisse un ordre, mais on I’a bien 2 Sega ei présumer qu'un effet de. cette fidélité a saint. Thomas puisseétre-lacquisition. de: la’ sagesse spéculative: que: prétend: rechercher le “philo- sophe, autre chose est d’en faire la constatation Sous tiv jour philosophique. <* Sapientis’ est ordinare. Il appartient au sage ordonner, dit saint Thomas, parce que la sa- _gesse est la plus haute perfection de la raison, dont c'est le propré de connaitre Vordre. Parce que Vordre comporte principe et principe; rela- tion, seule Vintelligence peut atteindre Pordre sous'la raison méme d’ordre » (Ego Sapientia, “p: 23):.0n n’a pas la sagesse, il s’entend, du seul son exéctition, temoignent tous deux de la lar- geur de vueet de la rare compétence de l’'auteur au départ de sa carriére. Les deux:premiers des points-de vue mentionnés évoquent déja le pro- bléme “qui est peut-étre Je. plus fréquemment associé au nom-de De Koninck sur le continent Nord Américain, 4 savoir la relation entre la phi- losophie:de la nature et les sciences-expérimen- tales. Notre tche initiale sera dexaminer la solution qu’il-y donne ; comme nous verrons, Papport de Charles De Koninck quant & la phi- losophie de lanature touche & un point essentiel a:toute: tentative de justification de la philoso- phie traditionnelle faite aujourd'hui. Le:progrés des sciences positives et de la tech- nique est, inutile d’y insister, un des faits les plus notables'de Ja culture moderne. On le sait, ce progrés'a suivi le rejet et abandon de la science naturelle:antique et médiévale. Parallélement se sont:sticcédés des systémes philosophiques met- “+ tant en. question la notion: traditionnelle de science ct, par: suite, maintes vérités difficile- mént ‘acquises, qui-avaient été rassemblées, aug- tmentées: ct ordonnées' de facon: incomparable par le Docteur Angélique dont l’Eglise a fait son Docteur: Commun, Tout:philosophe, fat-il sen- sible‘ou: non au Magistére, est'en butte dés lors a-une difficulté de premigre grandeur, ne fusse qu’a voir ‘son domaine s’amoindrir inexorable- ment devant le progrés de la science. Ce n’est 1) peut-ttre pas exagéréde dire qu’en. présence de cette défaite dela science d’atitrefois, la’ philo- sophie: semblerait n’avoir plus ‘que: deux ‘res- sources: se constituer pure “« philosophic: des plutt, 4 un degré prééminent, grace A une con- naissance de toutes choses ‘dans: leur relation’ un absolu premier principe. L’ceuvre de Charles De Koninck a des le début révélé un fondamen: tal souci d’ordre, — dordres spécifiques divers; c'est vrai, mais avant tout de cet ordre dont le principe est absolument premier. ~ 2. En 1936, dais son premier ouvrage, Le Cos: ‘mos (qui ne fut pas publié mais simplement dis- tribué, sous forme de fascicules, A ses étudiants), De Koninck aborde.un bon nombre de questions qui-ne cesseront pas de Poceupér dans 1a’ suite.: Le cosmos. (du mot grec kosmos, qui-veut'dire _ «ordre »), cest le monde matériel vu comme une unité ordonnée. Ce cosmos est étudié d'un point de vue scientifique, puis philosophique et: - finalement. théologique ; le plan de l’ouvrage et “sciences », clest-A-dire pure réflexion surlé cours _ bien, prendre retraite dans le mysticisme. Cepen- dant ni l'une ni l'autre de ces issues n'est admise _ par le philosophe disciple de saint Thomas. A Pépoque.ot De Koninck commencait A écrire, on pouvait distinguer deux interprétations tho- mistes de la relation entre la philosophie ét Ta ~ science. L’une; appelée par la suite la position de _ Louvain, prétendait que la philosophie et la mé- _taphysique étaient identiques et que tout accés au domaine de la nature devail étre abandonné au’savant. Quant au philosophe, ce qu'il pouvait avancer concernant la nature n’était que méta- physique et nullement connaissance: de’ la-na: ture.Par contre, Jacques Maritain. soutenait:dé © Soh c6té qu'il existe vraiment une philosophic de la nature distincte aussi bien de la méta- physique que de la science expérimentile ou, Comme il préférait ’appeler, de la science empi: iologique. La philosophie et la science s'intéres- saient de droit 4 la nature, mais chacune de ma- -niére: autonome : elles étaient: en’ réalité’ des sciences de la ‘nature formellement distinétes. Maritain en vint ensuite & Yopinion que la philo- sophie de la nature serre de prés les sciences empiriologiques et doit étre repensée 4: Pocta- sion'de chaque’ progrés significatif ‘efféctué par celles-ci. $i I'étre naturel est ens’ mobile ou ens senisibile, faisait observer Maritain, c’est la phi- losophie de la nature qui porte sur éns et qui est ontologique,: tandis que les. sciences, pour. leur’ “part, se concentrent sur mobile ou sensibile; sur le contingent et le fuyant, sans done jamais par- "que poursuivent les scierices expérimentales, ou = 46 yenir au rang de la science au sens aristotélicien du terme: S Dans Le Cosmos, De Koninck fit comprendre qu’il acceptait 'opinion de Maritain en la ma- tiére. Hy parle d’une distinction trés nette. a éta- blir entre la:science et la philosophie (p. 31) et qualifie cette derniére discipline d’ontologique. Ses articles de 1937 intitulés. Réflexions sur le ., Probléme de l’Indéterminisme rendent laccord explicite. « Les conséquences de la composition » hylémorphique sont ainsi le fondement objectif de Ja ‘distinction entre*les sciences expérimen- ~. tales. et les disciplines. La philosophie de la _. nalure étant scientia certa- per causas, ne peut alteindre qué ce qui est essentiel.4 la nature et nécessaire, tellé la composition hylémorphique ‘deg substances naturelles, la contingence qu’en- traine cette composition, la nécessité de l’évo- lution, la nécessité. de Phumanité comme fin der- nigre de toute cette ascension du monde, etc. Bref, tout ce qu’on peut établir-avec rigueur sur _ ce que M. Maritain appelle des faits philosophi- > ques, Par contre, la science expérimentale, dans la mesure ot.elle nese borne pas a de purs truismes et a des tautologies, dans la mesure ott elle est science explicative, ne peut nous donner des ‘choses qu'une. connaissance probable. » (Re- vue, thomiste, 1937,..p. 406.) Ce n'est pas tant ce -qui est énoncé ici relativement. 4 la. philosophie _ dé la nature et la science expérimentale que la signification. prétée aux: différences .indiquées, / qu'on verra se modifier lorsque De Koniinck sera amené 4 formuler. sa. propre position, Dans_ses premiers écrits, on le voit; De Koninck ne semble