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CHAPITRE x1 Communisme|et pensée moderne — Le communisme est un sapro- Phyte. —Qurest-ce que cela? See auf SOB om tne La facilité ave laquelle des intel acceptent Ia philosophie du matérialis manque pas, A premiare vue tout au mol Vétomement. En effet, le Parti qui s'est eomtineé gardien le cette doctrine les a réduits au role de pure moyens dans 4s construction du nouveau régime; il a vile des hommes gui avaient commis Pimprudence de ‘oire & la valeur des faits bie Pencontre des ‘exigences de la méthode i instauré esprit de parti comme premier Ila méme foreé les it de partager les aspirations du ide précieuse dans la recherche iq a soutenir que le seul prolétariat constituait une de la vérité. Tout en les uti ment avee suspicion fran imi fs de ce parti, Ie complexe ‘ouvriériste’ du P.C. qui ine maladie de jeunesse, la suspicion 1953, p. 31. Voin, du méme autetr, Witness, COMMUNISME EY PENSEE MODERNE 439 et un besoin profond de certitude, Le communisme soffre alors pour combler le vide. «Si vermoulu qu’il soit, il parences de la solidité. I semble donner tions. “Il apporte la certitude, »* ide desprit, les aspirations tuels et des savants d'une part et, d’autre part, it de la philosophic communiste et ses oeuvres. Pour- les partisans, les compagnons de route ou les « sym- 8 roses » ne se rencontrent pas uniquement, parmi ii un sens, n'avaient pas tellement le choix, ayant ime et devant sauvegarder leur gagne-pain d’Occident, e i jargon communiste, la. voici: C'est une foi agressive qui rejette Dieu et demande a "hom- me de rester seul, d'utiliser les ressources de son propre esprit, en particulier le science et la technologie, pour eréer son propre ciel sur la terre, et pour donner un sens & son histoire et.& sa destinée. »? Pour de plus amples dévelop- Pements concernant cette premigre cause, le lecteur se teportera aux textes de Pie XII, de Claude Harmel et Ignace Lepp, reproduits & la fin du chapitre. Une seconde raison du progeés du comm intellectuels et les savants, réside dans la similitude profon- de qui rattache certains aspects de cette doctrine & certains earactéres de la pensée moderne. Ces intellectuels peuvent bien, a Poccasion, protester contre tel geste particulier de Staline ou de Khrouchtchev, signer des pétitions en faveur de tel savant emprisonné, critiquer les critéres fantastiques imposés aux théories scientifiques, comme le firent John Dewey, Julian Huxley, Hermann Muller et autres. Portant sur des questions particulidres ou secondaires, ces opposi- ions ne détruisent pas l'identité substantielle des fagons de penser sur d’auties points. Les tendances et les courants pensée que le communisme conduit leurs conclusions nt partagés inconsciemment par des personnes croient sincérement opposées au com- . En effet, bien qu’ils se défendent vivement de faire de la métaphysique, certains intellectuels et certains savants sont imbus de cette métaphysique & caractére matérialiste dont parle Louis de Broglie dans un texte cité ultérieurement. * des adolescents qui Les problémes x peuvent trouver une soh révolution. Il reste done néces: causes, de recourir A dautres tifs pour expliquer une ation dont Lénine se réjouissait et dont il donnait cette dese1 : nent par tous les pores ittéralement partout, tagion D trouvera toujours wine aulre issue, is inattendue.* 1e profite largement de la perte de la foi d'un enseignement losophiqui existe autant de vérités que de ig nent engendre le scept i qu'une impression de vide, d'incertitude et d’absurd Notons en passant que personne n’échappe & Ja méta- physique. Chacum se fait une opinion sur le probléme des relations de la pensée a Vétre matériel, de lexistence de 1. Ccavor Hamonr, dans le texte reproduit ci-dessous, p. 492. 2 Art cit, p. 31. 3 Ch p. 476. ie infantile du communieme, pp. 06-07. es — bonnes ou. mauvaises — q ordonnent sa vie intellectuelle et a la lumiére desquelles i Jugede tout. D’ailleurs, les marxistes eux-mémes admettent que tout homme aceepte une sigue. Sur ce point, lorsqu’ils Je mot métaphysiguz. Engels écrivait en effet: Les savants ¢1 rant ou en la dans i représente non. un péle-méle plus diverses plupart du temps, hélas, de la Ceux’ qui vitupérent le plus la philosophie wont précisément esclaves des pires restes vulgarisés ‘des ires doctrines philosophiques, Les savants ont beau faire, ils sont dominés par la pl sophie. # Quels sont done ces aspects de la pense moderne qui, coincidant avec la théorie communiste, Iui ouvrent la voie et rendent son acceptation facile? Suivant le dessein de ‘sitions philosophiques élaborées nt, trés souvent, ni des savants, = de toutes les vertus. © COMMUNISME ET PENSEE MODERNE. 441 ai des techniciens, ou encore par des savants et des techni- ciens qui, confinés dans une étroite spécialité, avaient perdu de vue sa relation 4 ensemble du sa 1 LE SCIENTISME Les succés immn ises de la méthode scientifique dans son champ propre ont amené bien des gens a la croire capable de produire des résultats semblables dans tous les domaines, Cotte attitude, désigmée sous le nom de sei Principe, le scientisme ne reconnatt. pas de limites & la possil appl des procédés expé- rimentaux. Il en vient méme a considérer comme futile et dépourvue de sens toute question qui échapperait & cette application. Ila classe parmiles pseudo-problémes. Cette doctrine se caractérise moins par lenthou: les découvertes que par la dévotion aveugle & Pégard de la méthode scientifique elle-méme et par la foi dans sa capacité a résoudre tous Jes problémes. La science et sa méthode , Templaceraient méme la morale et la prudence. La posses. sion du seul esprit scientifique équivaudrait a la possession Précisons un peu cette description générale en suivant de plus prés les de certains auteurs. S'infltrant un peu partout, le scientisme a imprimé sa marque 4 une fale ouvrages. L’apercu donné iei reste trés sommaire. * Za doctrine scientiste a pris corps avee le positiviame f ‘Auguste Comte, Un texte de Littré en résume les princi. pales idées: Vétude des ives qui aujourd'hui embrasse un vaste domaine, erée chez les modernes des habitudes esprit qui deviennent impérieuses et “ne Isissent plus Gaccds & une autre méthode. Pour des esprita ainsi formes tout ce qui ne peut étre démoi fiques est une hypothése hors de portée et qu'il serait de réfuter... Laissant de c6té une enquéte sur les cauecs Rosso, Cent ans de dialopue enire le science ot le fo, $i fo, chrttionna, Pars, Fayard, 1953: Axcnowy Sacred Cow, New-York, Dutton, 1960; Ledeen ouvrage en collaboration, Pars, Plos, 1041,