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THE LIBRARY OF THE UNIVERSITY OF CALIFORNIA LOS ANGELES

EX LIBRIS

GUSTAV GLUCK

J

BIOGRAPHIES

D'ARTISTES ANVERSOIS
PAR

Th.

van

LERIUS, avocat
GÉNARD.

PUBLIÉES PAR P.

p.

KOCKX,

Boekhandehuir der Maatschappij

Onde Koorntnarkl, 2S,

1880.

Digitized by the Internet Archive
in

2009

with funding from

University of

Ottawa

http://www.archive.org/details/biographiesdarti01leri

Art Library

n
PRÉFACE,

ans un travail spécial (i), nous
'la

avons retracé

belle

carrière

de

notre

savant

ami feu
Lerius,
et

M.

l'avocat

Théodore-François-Xavier van
le
3
i

archéologue distingué, né à Anvers

mars 181 9

mort dans

cette ville le 21 avril 1880.

M.

l'avocat

van Lerius

s'est

fait

un beau nom par
con-

ses recherches historiques et surtout par celles qui

cernent l'histoire de l'école
été à

artistique d'Anvers.
la

Ayant

même

de constater combien
avait

mémoire de nos
allégations
et

grands peintres
d'auteurs tels que

souffert

des

fausses
(2),

Campo Weyerman
imposé
la

Houbraken

cent autres,

il

s'était

tâche grandiose et natio-

nale de refaire leur biographie.

A

cet effet

il

avait

formé

une collection immense de renseignements puisés aux
van den advocaat
secretaris

(i) Levensschets

Theodoor van
commissie.

Lerius, vooriitter
te

der provinciale commissie van Graf- en Gedenkschriften

^ntwerpen,
18S0,

door P.

Génard,

der\elfde

%Antwerpen,

75

blz. in-80.
(2_)

Voyez

entre autres p. 261

du présent ouvrage.

877677


meilleures sources,
et, les

VI


il

preuves en main,

voulait

rendre justice à nos maîtres célèbres.

On
ornent

connaît ses biographies publiées depuis trente ans
et surtout les belles notices

dans une foule de revues
le

qui

Catalogue du musée d'Anvers.
voulait plus
:

M.
de

VAN Lerius

il

nourrissait

l'espoir

faire

un ouvrage complet sur
en

les

artistes anversois.

Voici ce qu'il écrivit

1869 à notre ami commun,
:

M. Adolphe
«

SiRET, directeur du Journal des Beaux-Arts
disait-il,
h.

Nous

espérons, »

propos d'une notice
parler plus

sur

un tableau de Craesbeeck (i),«
de cette œuvre
suite

amplement

ailleurs

d'art, car ces

quelques pages ont

été écrites par

d'une

circonstance particulière et

pour prouver au public que nous ne sommes pas resté
oisif

depuis

la

publication du SuppUiiient au Catalogue du

musée d'iAnvcrs,

en

1863.

Nous

avons, au contraire,

réuni, depuis cette époque, plusieurs
d'actes de baptêmes, de

volumes

d'extraits

mariages et d'enterrements de
graveurs et statuaires, outre

nos anciens

artistes peintres,

un nombre considérable de documents authentiques qui
se rapportent

à

ces maîtres vénérés.

Nous nous propola

sons d'utiliser une partie de ces découvertes, lors de
révision

du Catalogue du musée d'^Anvers. Après que nous
les

aurons complété
l'objet

autres,

nous comptons en

faire

d'une

pubhcation spéciale qui

comprendra un

grand nombre

d'artistes fort bien représentés partout ail-

(i) Jourual des Beaux-Arts 1869, p. 51.

VII

leurs

que dans leur

ville natale,

ou dans
vu
le

celle

de leur

rési-

dence préférée,

lorsqu'ils avaient

jour

en

d'autres

lieux que dans l'ancienne capitale du Saint

Empire Romain.

Nous aimerions

bien faire entrer l'école d'Anvers en son

entier dans notre plan,

mais

le

nombre de maîtres

dis-

tingués dans tous les genres qu'elle a produits est telle-

ment considérable, que nous nous rendrions coupable
d'imprudence à nos yeux,
si

nous voulions

les

com-

prendre tous dans nos recherches. Nous courrions grand
risque de ne jamais pouvoir mettre en oeuvre les matériaux considérables

que nous

avons déjà réunis.

Rien

n'empêchera
et rédigées

d'ailleurs, lorsque ces pièces seront classées

en forme de biographies, d'aborder de nou-

velles séries. »

Le temps

a

manqué

à

M. van Lerius pour
est

terminer

son entreprise; ce qui en reste
faire l'objet

cependant assez pour

d'une publication importante.
et

Nous avons demandé
M""^ van

gracieusement

obtenu

de

Lerius-Moons

l'autorisation de publier l'œuvre

posthume de son mari. Qu'elle
sion de

veuille agréer l'expres-

notre

gratitude,

pour l'occasion qu'elle nous a

fournie de rendre un

nouvel

hommage

à la

mémoire

d'un

homme
éditant

qui fut notre ami et notre collègue pendant

une période de plus de trente ans.

En

ce

travail,

nous

exprimons nos

remer-

cîments à nos amis

MM. Max
et Jos.

Rooses, conservateur du

musée Plantin-Moretus,
archives

Meulemans,

attaché aux

d'Anvers,

du bienveillant concours qu'ils ont

VIII

bien voulu nous prêter dans

la

correction des épreuves.
statuts

Un mot
Société

encore

:

conformément aux
anversois,

de

la

des

bibliophiles

l'ouvrage

de

M. van
;

Lerius a été reproduit avec
la Société,

la plus

rigoureuse fidélité

tout en

laissant

aux auteurs l'entière
d'avis
qu'il
la

res-

ponsabilité de leurs opinions, est

faut per-

mettre à celles-ci de
liberté.

se

produire

avec

plus

grande

P.

Génard.

Henri
(en flamand

ABBÉ

Hendrik ABBÉ).
.

(1639-17

.)

p^jcs auteurs qui
L'*l

se

sont

occupés

jusqu'ici

de

K^ IH^ Henri ^M^^^ détails

Abbé, ne nous ont guère transmis de
relativement à cet artiste. J.-R. Fuessli,
aient parlé, se borne à dire qu'il

un des premiers qui en

gravait sur cuivre à Anvers, vers 1670, et

que Christ
lettres

a

publié sa signature. Elle

se

compose des

H. A.
que

réunies et fut reproduite en 18 16, par Michel Bryan.

Nous nous sommes
possible,

efforcé de
la

combler, autant

les lacunes de
le

biographie de ce maître et

nous livrons au public

résultat de
fut

nos investigations.
dans
l'église

Le
on

9 décembre 1634,

célébré

de

S' Jacques, à

Anvers,

le

mariage de Claude, ou,

comme

disait alors,
le

Claude Abbé, avec ÉHsabeth van Noorde,
écrit

dont

nom

est

fautivement van Horne. L'acte,

qui en fut dressé, constate que les époux étaient étrangers à
la
la ville, le

mari y

est qualifié

de Dolais (Dolaniis),

femme de

Louvaniste. Le sacrement leur fut conféré
tous
les

avec dispense de

bans et en \ertu d'une

com-

mission spéciale du vicaire-général de l'évêché vacant,
le

célèbre Aubert

le

Mire [Aubertus Mineus). Le motif
le registre

de l'octroi de ces faveurs, nous est révélé par
des baptêmes
8 décembre

de

S'

Jacques, qui
la

nous apprend que
veille

le

1634, c'est-à-dire

même

de

leur
I


mariage, Claude Abbé
tenir
et

2


Noorde
Il

Elisabeth van

firent

sur

les

fonts

leur

enfant

François.
fils

eut pour

parrain Ignace van Caukercken,

du relieur Lambert
qui
fut
la

van Caukercken

et

de

Gasparine Verreycken,
de en
qui
1

reçu en qualité de relieur et
gilde
était

fils

de maître, dans

de

S'

Luc

à Anvers,

648-1 649.
se
fit

La marraine

Gertrude van Noorde,

représenter par

Elisabeth Cuypers.

Le second
Noorde
fut

fils

de

Claude Abbé
la

et

d'Elisabeth van

baptisé dans
Il

cathédrale, quartier sud, le

27 mai 1636.

reçut

le

nom

de Joseph

et

épousa en
Il

ou vers 1656, Anne-Marie van Geelbergen.
neuf enfants de 1657 à 1674, mais

en eut

comme

nous n'avons
l'art,

pas découvert qu'ils intéressent l'histoire de
les

nous

passons sous silence.

Les deux derniers rejetons

du
la

mariage de Claude

Abbé reçurent
notre artiste,

le le

baptême dans
28 février

même
il

église. Henri,

1639;

eut

pour parrain

Henri van Leemput, pour marraine Catherine Coenraerts,
personnes qui nous sont entièrement inconnues. Marie,
la

sœur de Henri,
Claude Abbé
se

le
fit

i" août 1643.
recevoir en
1

644-1 645, dans

la

gilde de S' Luc, en qualité
{baiidelaer)
;

de marchand d'objets d'art
la

le

compte de

corporation lui donne par

erreur

le

nom

de Claude Labe (Glauden Lahe). Le paie-

ment de
de

sa dette mortuaire est renseigné dans le

compte

la gilde
;

du

18

septembre 1652 au

17

septembre

1653

^^

est

décédé par conséquent à cette époque.
fils,

Henri, son

fut reçu le 16

novembre 1659 membre
les

de

la

sodalité des céHbataires, érigée chez

jésuites

d'Anvers.

La première

trace

que nous rencontrions

du labeur

3


du
portrait

artistique de celui-ci est le dessin

du peintre

Pierre van Bredael, qui fut gravé sur cuivre par Conrard

Lauwers (i) pour

le

Gnldcn cabinet de Corneille de Bie.

On

sait

que

cet

ouvrage parut à Anvers, en 1662. Cette
Siret l'a fait

effigie,

comme M. Adolphe
est

observer avec

raison,

exécutée dans

le

grand

style

d'Antoine van

Dyck. Nous ajouterons
et

qu'elle le fut sans doute en 1661

que

c'était

un

brillant

début pour un

jeune
fois

homme
gravée

de vingt-deux ans. Elle a été une deuxième
sur cuivre par Conrard

Le
et
les

nom

de

Waumans, petit in-folio. Henri Abbé est inconnu dans le
la

Liggere

comptes de

gilde

de

S'

Luc, à Anvers. Cet
le

artiste a-t-il cultivé la peinture, cité

comme

suppose l'auteur
faite

en

dernier lieu

?

Une découverte
à

par notre

ami M. Alexandre Pinchart, chef de section aux archives
générales
faire

du

royaume de Belgique,

Bruxelles, doit

résoudre affirmativement cette question. Le registre

des inscriptions des artistes bruxellois mentionne effec-

tivement au

13
il

juillet

1676,
le

l'admission

du peintre
si

Abbé, dont

ne donne pas
fait

prénom.

Mais

l'on

rapproche de ce

la

publication de la traduction des

Métamorphoses d'Ovide, par Pierre

Du

Ryer, qui eut lieu
qui parut avec
il

dans
des

la

même

ville,

l'année suivante et

gravures

auxquelles

Abbé

avait
lui

travaillé,

nous

paraît indubitable

que

c'est

bien

que

le

registre a

voulu désigner.

(i)

Conrard
fut

et

mérite, doyen de la gilde de S'

non Conrad Lauwers, fils de Nicolas, graveur de Luc en 163 5-1636, et de Marie Verd'Anvers, quartier sud,
le

meulen,
d'Anvers,

baptisé dans la cathédrale
:

20 juin 1652. Voyez
dans
320.
la

P. Génard,
d'histoire

Les grandes familles artistiques
et

Revue

d'archéologie,

Bruxelles 1859,

tome

I,

p.

Le prénom

est erronénient écrit

Conrad,

4


que

Mais ce qui

fait

disparaître tous les doutes, c'est

M.
du

Pinchart a trouvé dans des pièces de procédure du

conseil de Brabant, qui reposent aux archives générales

royaume de

Belgique;,

à

Bruxelles,

qu'en

1671,

Henri Abbé, peintre
fit
S'""

et architecte (schilder ende architeci),
les

un modèle pour

chandeliers que le chapitre de
les

Gudule voulait placer sous

statues des apôtres.

Ces documents nous font connaître une nouvelle qualité
d'Abbé,
çait
celle d'architecte et
art

nous apprennent

qu'il exer-

son

dans

la capitale

des Pays-Bas catholiques,

avant de s'y être

fait

recevoir franc-maître.

Du

reste, ses

tableaux sont tellement rares qu'un de nos peintres, qui
fliit

depuis plus de quarante ans

le

commerce d'œuvres
n'en a jamais ren-

d'art,

nous

a

donné
Il

l'assurance qu'il

contré

un

seul.
si

est impossible,

dans cet état de choses,
le

d'affirmer

Abbé

a peint

plutôt

portrait

que tout

autre genre.
Il

est

assez singulier que notre

artiste

ayant publié
le

des gravures à Anvers, en 1670, ainsi

que
le

rapporte

Kramm,
ignorons

son
le

nom

ne figure pas dans

Liggcre.

Nous

motif de cette omission. Toutefois pour

qu'on ne nous soupçonne pas d'oubli, nous dirons que
notre
celle
fait

registre

d'inscriptions

mentionne en
(yerlichter')

1

673-1 674
il

d'un

Henri,
le

miniaturiste

dont

ne

pas connaître

nom
de

patronymique. L'artiste qu'elle
franc-maître, tandis que
le
il

concerne

est qualifié

Henri
pas

Abbé
qu'il

était fils

de maître, mais

Liggere

n'étant

toujours un modèle d'exactitude,
s'agisse

n'est pas impossible

de

lui

dans

ce

passage.

M.

le

docteur

Jules

Meyer nous

a

signalé dans

une note

qu'il

nous a

communiquée,
artiste et datés

l'existence

de

dessins

attribués à notre

de 1677.

Nous n'avons rencontré
mariage, ni
décès
d'enfants
est

à

Anvers aucune trace
dont
la

de

de Henri Abbé

date

de

nous

inconnue. Le maître vivait
le

peut-être

encore en 1702, année dans
à

courant de laquelle parut

Amsterdam, chez P.
la

et J. Blaeu,

une nouvelle édition
de
Pierre

de

traduction

des Métamorphoses d'Ovide
artiste et
le

Du

Ryer, ornée de gravures de notre

de Pierre-

Paul Bouche.

(Communication de M.
est

docteur Jules
à Bruxelles.

Meyer.) Henri Abbé
Depuis

mort probablement

la

rédaction de cette biographie, nous avons
la

pris connaissance de

traduction

française
'

des

Méta-

morphoses d'Ovide,

mentionnée ci-dessus. Les planches

d'Henri Abbé, qu'elle renferme, sont fort inférieures à

son portrait de Pierre van Bredael.
cite

M.

le

docteur Meyer
(I,

dans

V Allgemeines

Kiinstler-Lexicon

12)

les
:

estampes suivantes gravées d'après
Ulysse tuant
les

les dessins

d'Abbé

amants de Pénélope, par Frédéric Bouttats

(le vieux), et

une femme qu'on

délivre de

ses

liens,

par

le même. Deux monogrammes

différents de notre

maître sont

reproduits aux pages 11 et 12 du
cité.

tome

I

de

l'ouvrage

Sources Registres des paroisses d'Anvers. Théod. Van Lerius Les Liggeren et antres
:


:

Ph. Rombouts

et

:

archives historiques de

la gtlde anveîsoise de Saint
II.

Luc, sous

la devise

Wt

ionsten versaenit,
u\icchyiy.iyi..

— J.-R. Fuessli — C. Kramm. —

:

Allgemeines Kûnstler Lexicon, lunch.
Biographie nationale de Belgique,
1,

etc.

Gautier

ABTS

(en flamand
?

Wauter ABTS.)

(1582

— 1642-1643.)
ont

uelques

auteurs
est

supposé que

Valère
ville

ou
peu

[Gautier Abts

né à Lierre, petite

^éloignée d'Anvers.

Les leçons que cet
le

artiste

donna

à

Adrien de Bie, qui avait vu

jour dans cette
fliit

partie de la

Campine, ont probablement
soit,

naître cette

opinion. Qiioiqu'il en
recueilli des

et

encore que nous ayons

preuves de l'existence à Lierre d'une famille

Abts, à

la fin

du

XVL

siècle,

nous n'en

croyons pas

moins que
cette

le

peintre dont nous

nous occupons dans
à Anvers.

biographie est venu

au

monde

Voici

nos preuves à défont d'un acte de baptême, que nous
n'avons pu découvrir
existait
et

qui trancherait

la

question.
S'

Il

dans l'ancienne capitale du marquisat du

Em-

pire
a

romain, où,
et

comme nous

le

verrons, notre coloriste

commencé
anciens

achevé ses études artistiques, une fomille

Abts, dont nous avons trouvé dès 1567, des traces dans
les

registres
la

de

nos
5

paroisses.

Ainsi

nous

avons découvert à
là,

date du

décembre de
qui

cette annéeS*

l'acte

du baptême conféré dans l'égHse de
fille

André,

à

Jeanne,
le

de

Pierre

Abts,

fit

présenter à S'

Georges,

4 décembre 1569, son enfant Barbe. Une autre collation du premier des sacrements, qui eut lieu
dans cette église,
le

12 août de cette

même

année 1569,

nous

a

foii

connaître qu'à cette époque déjà existait à
VaJcre

Anvers, un

ou Gautier Ahts. C'est

lui,

en

effet,

qui fut parrain
fille

ce jour-là de

Susanne van Veltbraken,
bâtiments, qui avait été

de

Corneille,

peintre

en

reçu, en 15 59-1560, dans la gilde de S'

Luc comme

fils

de maître.

Nous croyons que

cela suffit à la

démonstra-

tion de notre thèse.

En quelle année notre artiste est-il né ? Nous croyons qu'il est venu au monde en ou
1582,
et

vers

probablement dans
relevé

la

paroisse de S^ Georges,

où nous avons
que,
les

quatre

baptêmes de

la

famille

Abts, depuis 1569 jusqu'en 1586, tandis qu'à cette épola

cathédrale en avait reçu

un

seul et

que toutes

autres paroisses de la ville n'en mentionnent aucun.
S'

Les registres de baptême de
à

Georges des années 1579
de l'hôtel de
ville.

1582 font défaut à
sait

la
3

collection
avril

On

qu'à partir du

de cette dernière année

jusqu'après la reddition d'Anvers à Alexandre Farnèse,

duc de Parme, en

ij'85,
les

les

actes

de mariage et de

baptême de toutes

paroisses ont été transcrits uni-

quement
fants

dans

les

livres

de

la

cathédrale.

Nos

re-

cherches nous ont appris, en outre, que plusieurs enont
été

baptisés à cette époque, dans la maison

paternelle, et

que

la

mention de ce

fait

n'a eu lieu plus

tard

qu''exceptionnellement dans les registres

de leurs

églises respectives.

Ce qui nous
est

fiiit

croire

que Valère ou Gautier Abts
de son inscription

né en ou vers 1582,

c'est la date

en qualité d'élève du peintre Guillaume de Vos, inscription

que

le

Ligo^cre

mentionne

en

1593-1594et

Abts
c'était

aurait

eu onze à douze ans

à cette époque,

généralement vers cet âge que nos anciens

artistes

com-

mençaient leur apprentissage. Disons
son maître Guillaume de Vos
de Vos,
tous
le

ici

en passant que
de Pierre
le

était

petit-fils

vieux,

et et

fils

de Pierre de Vos,

jeune,
le

deux peintres,
peintre

neveux de Martin de Vos,
c'est

vieux,

célèbre

;

ce

qui

résulte d'un acte

reçu par les échevins d'Anvers,

le 5

août 1606. Antoine
le portrait

van Dyck a exécuté à l'eau-forte

de Guil-

laume de Vos,
Abts

et sa

planche

fi.it

achevée par Scetsélon

(Schelte) de Bolswert.
fiât

reçu

firanc-maître
jusqu'ici

en
les

1604-1605.

Aucun
les-

auteur n'a
quelles
il

mentionné

branches dans

s'exerça.

Nous sommes heureux de pouvoir
à

combler
nous a
peintre

cette lacune, grâce

une communication que
Pierre- Antoine Verfinde,

faite,

dans

le

temps,
de

M.

et

restaurateur

tableaux. C'est

de

lui

que

nous savons que Valère ou Gautier Abts exécutait avec
talent des conversations et des paysages.

Cet

artiste

épousa dans

l'église

de

S'

Georges,

le

10 décembre 1605, Cornéfie de Mellelo, en présence de

Jean de Mellelo
nepote sacerdotè).

et

d'un prêtre, neveu de celui-ci (cuni
l'acte

Dans

qui en

fi.it

dressé, le

prénom

d'Abts est écrit Valerius. Les

registres de nos paroisses
issus

mentionnent

quatre

enfimts

de

son mariage

:

1° Jean-Baptiste,
le

tenu sur

les fonts

de

l'église S' et

Jacques,

28 juin 1608, par Jean de Mellelo
le

Antoinette de
la

Mellelo. L'acte qualifie

père de signor et

mère de

mademoiselle (juffrou)
le

;

2° Marie, baptisée à S' Georges,

21

juillet

16 10; parrain

Jérôme Garibaldo, marraine
épousé,

Susanne Groenrys. Ce
ladite église le 3
fut père

Garibaldo avait

dans

janvier 1609, Françoise de Mellelo et

du bon peintre Marc-Antoine Garibaldo, d'après une découverte de notre ami, M. P. Génard, archiviste


de
la

9


aux Groenrys,
le

ville

d'Anvers. Qiiant

nom
fois

de

cette

famille d'artistes

se rencontre plusieurs

dans

les registres d'inscriptions

de

la

Gilde de

S*
la

Luc.

3"
le

Une seconde
février

Marie, baptisée dans
;

même

église

I"

1620

parrain

Lancelot Boot;
la

marraine

Antoinette de Mellelo.

Nous ignorons
la

cause de cette

lacune de dix ans, entre
troisième enfant d'Abts.
4° Françoise,

naissance du deuxième et du

baptisée

dans

la

cathédrale

(quartier

sud), le 12 février 1624. Cette enfant eut pour parrain
le

célèbre

peintre

Guillaume de Vos,

le

maître de son

père, et pour marraine Françoise de Mellelo, dont nous

avons

parlé

ci-dessus.

L'acte

nous apprend qu'Abts
la

demeurait,

à

cette

époque, dans

rue du Jardin des

arbalétriers (Schuttershofstraei), à l'enseigne de S*
Il

Oumtin.

s'agit ici sans

doute de

la

maison qui

avait appartenu

autrefois à notre vieux

Quentin Massys.

Les archives de
la

la

corporation de S' Luc mentionnent
à
l'atelier

réception de huit élèves

de Gautier Abts.

Ce sont:

Mathias ou Matthieu Machielsen, inscrit en
l'année
;

1604-1605,

même

de

la

promotion de Gautier
;

à la franc-maîtrise
3° Frédéric

Léonard Coymans, en 1606- 1607
le

van Gelder ou van den Gelder,

2

août

16 17,

admis

comme

franc-maître en 1620;

4° Michel

Giskeir, en 16 17-16

18;

cet apprenti n'était pas

en

état

de payer

les

deux

florins 16 sous

de son droit d'inscription,
la gilde
;

Abts se porta sa caution envers
Fourre,
6° Gilles

Alexandre

en

1622-1623,

franc-maître

en
;

1631-1632;
7° Philippe

van Haelbeeck,

en

1628- 1629

Garibaldo en

1629-1630; 8° Corneille Bocx, en 1634-

1635.

Comme

on

le voit

quelques-uns de ses élèves ne sont

10


l'art.

pas mentionnés

comme

franc-maîtres et ceux qui reçu-

rent ce titre sont restés inconnus dans l'histoire de
Est-ce à tort; est-ce avec raison
?

Question insoluble

et

qui

le

devient

de

plus

en plus, aujourd'hui que des
disparaître

spéculateurs
toutes
les

en

tableaux font

de
qu'ils

ceux-ci

signatures d'artistes

inconnus

y ren-

contrent.

Outre ces apprentis, Abts en eut un qui devint célèbre
à

bon

droit. C'est

inscrite

sur la

Adrien de Bie, né non en 1594, date gravure de son portrait, exécutée par
le

Luc Vorsterman,
un an plus
registres
tôt.

jeune,

d'après Pierre Meert, mais

de
fils

S'

Nous avons découvert en effet, dans les Gommaire, à Lierre, qu'Adrien de Bie,
le

qui était
baptisé

de Jean et de Marguerite Ceulemans, a été
3

dans cette église

octobre 1593, et nous

pouvons donner l'assurance qu'aucun autre enfant de
ces

nom

et

prénom

n'y a été tenu l'année suivante.
écrit,

H. de Pooter qui a
Corneille

dans

le

Guhien cabinet de

de Bie, l'éloge du père de cet auteur, nous
à la

apprend
fut
le

page 232 de cet ouvrage, que Gautier Abts
et

premier maître d'Adrien
partit,

à la

page 230, que
il

celui-ci

à l'âge

de 18 ans, pour Paris, où

alla

demeurer

et

continuer ses

études auprès de Rodolphe

Schoof, peintre
l'âge de

de

Louis XIIL C'est généralement à

dix à douze ans,

comme nous

l'avons dit, que

nos anciens maîtres commençaient l'apprentissage
leur art.

de

Nous pouvons conclure de
et

cette observation,

que de Bie se sera présenté
entre

à l'atelier de Gautier

Abts

1603-1605

puisqu'il

avait atteint l'âge de 18

ans, à l'époque de son départ pour Paris, nous croyons,

ce

nous semble avec fondement,
1.
Il

qu'il

quitta son pre-

mier maître en 161

est

assez singulier que ni le


Liggcrc,
ni
les

II


de
Bie,
S'

comptes de

la gilde

Luc ne menélève.

tionnent

l'inscription

d'Adrien de

comme

Ce

n'est pas

du

reste la seule
les archives

omission que nous ayons
de
la

rencontrée

dans
les

célèbre corporation,

même

dans

années

qui

nous sont parvenues sans

lacunes.

Gautier Abts décéda entre

le

i8 septembre 1642 et

le

18 septembre
le

1643;

c'est à cette

époque, en
le

effet,

que

compte de

la gilde S'

Luc mentionne

paiement de

sa dette mortuaire.

Sources
villes.

:

Registres

de baptêmes
et

et

de mariages des anciennes
l'état
:

paroisses

d'Anvers

de Lierre,
et

conservés à

civil

de ces
et

— Ph.
Wt

Rombouts

Théodore Van Lerius
tomes
I

Les Llggeren

autres archives historiques de la gilde anversoise de 5* Luc sous la devise
:

ionsten versaemt,
cabinet

et

IL

Cornelis de Bie

:

Het guhlen

van de

edelc vrij schilder-const.

mmmmfir\?

Alexandre
(en

ADRIAENSSEN
ADRIAENSSEN)

flamand Alexander

(1587-1661).

^ans

la

seconde

moitié du

xvi'' siècle

vivait à

Anvers, un m ^0 nommé Emmanuel

excellent

compositeur de musique,
titre

Adriaenssen. Le
qu'il
était

d'une

de

ses

œuvres nous apprend

en cette
et

ville,

dans laquelle furent publiés en 1584, en 1592
les

en

1600,

recueils

de pièces

qu'il

avait

arrangées

pour

le luth,

dont

il

jouait avec la plus grande habileté.

Feu

F,-J.

Fétis,

directeur
,

du conservatoire royal de
consacré

musique de Bruxelles
artiste,

a

une notice à
sa

cet

dans

la

deuxième édition de

Biographie uni-

verselle des musiciens et bibliographie générale de la

musique,

ainsi

que dans
les

la

Biographie

nationale.

Nous
et

lui

avons

emprunté

renseignements qui précèdent

que nous
la
;

aurions bien désiré compléter par l'indication de
exacte de
les
la

date

naissance

d'Emmanuel Adriaenssen
faites

mais

recherches

que nous avons

à cet égard sont

restées sans résultat.

Notre musicien contracta mariage^ à une époque qui
nous
est

inconnue,

et

d'après le
fille

rit

des réformés, avec

Sibylle Crele

ou CreUn,

de Paul et d'Hélène Sch3'feh,

de Nuremberg,

veuve de Michel Ysebout. La leçon


Crele a
été

I

lue par

M.

le chevalier

Léon de Burbure,
lui a

dans un contrat reçu par
appris la filiation de la

les

échevins d'Anvers, qui

femme d'Emmanuel
tard,

Adriaenssen,
l'église

Son

acte de

mariage passé plus

en face de

catholique, et que nous avons

découvert,
le

comme

tous

ceux que nous analysons dans
phie, porte Crehn, sans la
testation.

cours de cette biogra-

moindre possibihté de conavec
les

Ce document combiné
qui
la

baptêmes
les

catholiques

suivirent

,

constate
qu'ils

que

époux

s'étaient unis à

la

protestante et
Ils

se convertirent

à

leur ancienne religion.
l'église

firent

présenter aux fonts

de

S' Jacques,

à Anvers, le

17

janvier 1587,

Alexandre Adriaenssen, leur premier-né. Cet enfimt, qui
devait devenir
capitaine

un peintre

célèbie,
(sic
;

eut

pour parrains
?)

le

Properce Bacotsy

Baccocchi

de Bo-

logne, et Jean-Baptiste Lockny, également Bolonais, et

pour marraines, Marie Steelant
de baptême

et

Claire Gabri. L'acte

donne au père

la

qualification

de signor,

qui n'était pas prodiguée à cette époque.

Un
fut
Il

second enfant naquit à
les fonts

Emmanuel Adriaenssen
le

et

tenu sur
fut

de ladite église

21

avril

1588.

y

nommé

François et présenté par François Bal-

bani, descendant d'une famille itafienne, et par Catherine

Verhoeven. Son
sacrements à
S*^

frère

Emmanuel
le

reçut

le

premier des
l'acte

Georges,

28 août 1589;
ne

de
et
le

baptême indique deux parrains, Jean van der Linden
Gérard van Hildernissen, mais
il

fait

pas connaître

nom
Le

de
i^''

la

marraine.

septembre de cette
et Sibylle

même

année

1589,

Em-

manuel Adriaenssen
pour y recevoir

Crele ou Grelin se présen-

tèrent dans leur ancienne église paroissiale de S' Jacques,
la

bénédiction nuptiale de

la

main d'un


que
dont
la le

14

prêtre catholique. L'acte qui en fut dressé nous apprend

cérémonie eut pour témoins Monsieur Conrard,

nom patronymique
Il

n'est

pas

indiqué, et Matles

thieu Goris.
à
cette

nous

dit,

en outre, que
S'

époux

étaient,
qu'ils

époque, paroissiens de

Jacques,

et

furent réconciliés avec l'église catholique.

Leur

fille

Hélène
et

fut baptisée à S* Jacques, le

23 sepet

tembre 1591,
le

eut

pour parrains Gabriel de Hase

signor Jacques de Regibus, dont le

nom

véritable se

cache probablement sous cette appellation latine, et pour

marraine Pauline Engels. Hélène Adriaenssen décéda
21
janvier

le

1600
le

et

fut

enterrée
la

dans

l'église

elle

avait reçu

sacrement de

rés^énération.

Ses

deux

plus jeunes frères, Vincent et Nicolas,

y furent égale-

ment
Le

présentés,

le

premier,
et

par Mathias

Jansen
le

le 14 mars 1595, Adriennc Tulyncx (Tolincq?).

second,

6

juin

1598,
?)

par

le

signor

Nicolas

Deodoricus (Diercxsens

et

Ursule
était,

Tibanti.
à
cette

On

voit

qu'Emmanuel Adriaenssen,
capitaine de
tions
la

qui

époque,

garde bourgeoise, avait de bonnes relafamilles
avait

avec

les

italiennes

établies

à

Anvers.

M.

Fétis

nous

appris déjà qu'il

dédia son Pratiim

musiciim à Balthasar de Robiano, bourgeois et marchand

d'Anvers, issu d'une

llimillc

ultramontaine.
détails,

Nous avons

cru

ne pas devoir négliger ces

quoiqu'ils ne concernent qu'indirectement l'artiste dont

dont nous allons nous occuper de plus près, parce

qu'ils

font connaître sa fomille, qui était des plus honorables.

Cela

résulte

suffisamment

des

noms

des

répondants

insérés aux actes de baptême, et des quahfications dont
ces

documents font précéder

leurs

noms,

et

que nous

avons généralement omises.

Un

autre motif encore nous


en
effet,

15


Nous n'ignorons
pas,

a porté à les livrer à l'impression.

qu'à notre
les

époque, on recueille avidement,
lettres et

pour

les publier,

autres écrits

d'hommes

célèbres.

Mais nous savons aussi que ces documents,
de leurs auteurs,
flimi-

lorsqu'ils se rapportent à la vie privée

sont souvent obscurs pour ceux qui
liarisés

ne sont pas

avec

l'entourage

de

ceux-ci.

Malheur

alors

à

l'éditeur, lorsqu'il
la

ajoute des notes
il

au texte qu'il

a

eu

chance de découvrir, car
plus
singuliers;

s'expose aux

mécomptes

les

nous en avons vu

des exemples

récents et bien instructifs.

Nous retournons

à

l'artiste

qui

fait l'objet

de cette

biographie. Alexandre Adriaenssen fut inscrit, en 15971598, dans le Liggcre de la gilde de S' Luc, à Anvers,

comme
le

élève

du peintre Artus ou Arnould van Laeck
était

;

nouvel apprenti
Il

âgé,

à cette époque, de dix à

onze ans.

fut
le

reçu

franc-maître en

i6io-i6ri;

le

document
à la
la

cité

qualifie, à cette

occasion, de peintre

détrempe

(ivaterscbildei-),

tandis

que

le

compte de
deux

corporation lui donne
autre
addition.
se

sa

dénomination de peintre,
singularité

sans

Cette

dans

les

documents

remarque également
la

lors de

l'admission

de Jacques Jordaens à
ni l'un ni l'autre

franc-maîtrise.
artistes
la

Elle

n'empêcha
la

de ces
qu'à

de manier

peinture

à l'huile, aussi
la

bien
Il

détrempe, avec l'habileté
probable

plus étonnante.
ait

n'est

pas

qu'Alexandre

Adriaensen
d' Artus

passé treize à quatorze ans dans l'atelier
;

van Laeck
études

il

est

permis
il

de supposer qu'une
entrepris
le

fois

ses

terminées,

aura

quelque
maître a
l'in-

voyage. Mais ce qui est certain, c'est que
subi,

comme

la

généralité de

ses

contemporains,

fluence de cet incomparable génie qui avait

nom

Pierre-

i6

Paul Rubcns. Ses œuvres
la plus incontestable.

le

démontrent de

la

manière

Notre

artiste
Il

ne tarda pas à s'engager dans épousa dans
la

les liens

du mariage.

cathédrale,

le

20

février

161 1, du consentement des vicaires généraux de l'évèché vacant, et moyennant la dispense de deux bans, Marie
Zeeldrayers.

Les époux eurent
le

pour

témoins

Adrien
et

Mertens, probablement

peintre

de ce

nom,

Jean

van Hove. Nous ne croyons pas nous

tromper,

en

affirmant que Marie Zeeldrayers n'était autre que l'enfant
baptisée
le

dans

la

cathédrale,
fille

le

i

décembre

15 91, sous
et

nom

de Madeleine,

d'Abraham Zeeldrayers
le

d'Anne van der Manen, dont
pas
été indiqué
lettres

nom
il

patronymique n'a
se trouve écrit

dans
le

l'acte

:

mais

en

toutes
S'

dans

registre

des mariages de l'église

Georges, au 2
Marie.

juillet

1577, date de l'union des pa-

rents de

On

sait,

en

efiet,

que

le

nom

complet

de

la

grande pécheresse convertie est Marie-Madeleine. eu

Marie Zeeldrayers avait
Cordier
et

pour

répondants

Martin

Barbe Byns. Elle accoucha, en 161 5, de son
fut tenu, le
i

premier enfant, qui

février, sur les fonts
le

baptismaux de

S'

Jacques, par Adrien Mertens,
artiste,

témoin

du mariage de notre
Alexandre

et

par Elisabeth Tielens.

Cette marraine lui imposa son prénom.

Adriaenssen
il

continuait
baptiser dans
fils

d'habiter
l'église

la

paroisse de S' Jacques;

fit

de ce

nom,

le

22

février

16 17, son

Pierre, qui eut pour

parrain le célèbre peintre de batailles, Pierre Snayers, et

pour marraine Catherine Zeeldrayers. Les autres enfants y reçurent également
le
le

premier des sacrements

:

Claire,

15 février

1619; parrain. Biaise van Overschie, mar-

raine, Claire Smidtz.

Ce

Biaise van Overschie ne

forma


see,

17


tableaux, qui
fut reçu
le

probablement qu'une personne avec Biaise van Overamateur
et

marchand de
S'

franc-maître

de

Luc en

1

622-1 623.

Emmanuel,
Isabella

18

novembre

1620; parrain,
la

Vincent
signora

Adriaenssen,
Brant,
le
i

frère d'Alexandre, marraine,

première femme de Pierre-Paul Rubens. Jacques,

janvier 1623; parrain, Jacques van Sevenhoven, brodeur,

franc-maître de S' Luc, en 1609-16 10, marraine, Catherine Dekens.

L'acte
le

constate que les

parents du petit

Jacques habitaient

Wappcr, dans

le

voisinage duquel

demeurait alors

le

chef de l'école flamande.

Le sixième
et

et

dernier enfant d'Alexandre Adriaenssen
le

de Marie Zeeldrayers reçut tenu
sur
les

nom

de Catherine et
par Adrien
la

fut

fonts,

le

18

mars 1625,

Diericx et Catherine Dekens, qui rendit pour
fois ce service à la famille de la petite
fille.

seconde

Alexandre Adriaenssen ouvrit en 1632-163 3 son
lier

ate-

à

un

élève

nommé

Philippe Milcx. C'est
les

le

seul

apprenti de notre peintre que mentionnent

archives

de

la

gilde de S' Luc, qui sont

muettes sur l'admission
se
fit

à la franchise de Milcx.

Son maître

recevoir, la
la

même

année

,

dans

la

chambre de rhétorique de
il

Giroflée {Violierè) dont

se retira dès

163 3-1634.

Notre

artiste

ne

s'occupait

pas
il

seulement
joignait

de

la

peinture des

objets

inanimés;
qui
résulte

y

celle

des
qu'il

armoiries. C'est
délivra le

ce

d'une

attestation

20 juin 1656,
et

à

la

requête de Martin Biel,

gentilhomme

capitaine

réformé

au

service

du

roi

d'Espagne. Alexandre Adriaenssen prend dans cet
qui fut reçu par
la
le

acte,

notaire Antoine de Costere, à Anvers,
et

qualité

d'artiste-peintre
ciide

de
Il

peintre

d'armoiries
le

(conslschilder

wapcnschildcr).

y déclare sous
2


peint,

i8


officier public,

serment prêté en mains de cet
en
1650,
à
la

qu'il

a

demande de
les

feu

Othon
qui

Biel,

chevalier de VHabito de Christo, conseiller et maître des

requêtes au conseil de Brabant,

armoiries

sont

longuement
grande

décrites dans l'acte et
les

qui étaient celles de

ce magistrat. Adriaenssen
feuille
il

avait

exécutées sur une
et lorsqu'il
la revit,

de parchemin blanc,
lut l'octroi
1,

en 1656,
le

y

de ces armes, délivré à Madrid,

7 août 165

par le roi d'Espagne Philippe IV.
fliit

Adriaenssen

s'était
la

déjà, à

une époque antérieure,
C'est

un

nom

dans

peinture des armoiries.
le

ce
le

que
21

prouve l'ordre donné par

magistrat

d'Anvers,
et

mars
la

1635, à
des
3 5

Jacques Breugel, trésorier

receveur de
la

caisse

consommations,
florins

de payer

au maître
la

somme
phe.

de

pour

le

renouvellement de
les arcs

pein-

ture des

armes du pays qui ornaient
érigés
infant
à

de trioml'entrée

Ces arcs étaient

l'occasion

de

triomphale du cardinal
ville (i).

Ferdinand,

dans

notre

Notre maître signa cet acte qui

fut rédigé

en flamand,
qu'il

Ahxsander Adrieansen, fournissant
s'entendait

ainsi

la

preuve

mieux

à la peinture
était
lié

qu'à l'orthographe (2).

Antoine

van

Dyck
Il

d'amitié

avec

Alexandre

Adriaenssen.
reproduisit
le

peignit le portrait de notre artiste, que

burin du graveur anversois Antoine van

der Does, élève d'un des deux Jean-Baptiste Collaert.
figure
la

La

du maître, qui

est

tournée en pleine lumière vers
est
fort

droite

du spectateur,

belle,

pensive

et

em-

(i) P. Gi-NARD. Anhverpsch Archicvenhlad. VII, 14. (2) Minutes
ville

du notaire Antoine de Costere, aux archives de

la

d'Anvers, année 1656, p. 41 verso.


preinte

19


Elle
est

d'une
et

certaine

mélancolie.
et

ornée

de

moustaches

d'une impériale,

au-dessous des cheveux

légèrement bouclés d'Adriaenssen, on distingue son oreille
droite

savamment

dessinée.

Il

est

vêtu d'un justaucorps

noir, sur lequel est rabattu son col blanc, et drapé dans

un manteau également
droite,

noir,

d'où se détache sa main

exécutée
effigie

comme
fait
:

le savait

van Dyck. La gravure

de

cette

le

plus

grand honneur à van der
florvin,

Does. L'inscription
et

Alexander Adriaenssen,

avîvm
les

piscivm pictor excellens

Antvcrphe, nous apprend
Il

genres dans

lesquels se distingua l'artiste.

convient

toutefois d'ajouter aux fleurs,

aux oiseaux

et

aux poiset
les

sons, qui
les objets

y sont énumérés,

les fruits
tels
le

de nos jardins

inanimés en général,

que

les

vases,

verres à vin, etc. Mais, quoique

maître peignît

tous

ces sujets avec une merveilleuse entente

du clair-obscur,

une grande légèreté
et
fin,

et

transparence, et d'un ton argentin
la

c'est surtout

dans

représentation des poissons

qu'il
et

remporta

ses plus

beaux succès.

Un

dessin spirituel
reste,

correct

ne contribue pas médiocrement, du

à

relever l'éclat de son coloris. Aussi ne faut-il pas s'étonner

que Rubens possédât deux de
sentant

ses

tableaux, l'un repréfruits.

des

oiseaux, l'autre,

un panier de

Avant de passer
notre artiste,
il

à l'analyse

de quelques œuvres de

nous

reste à dire, d'après
portraitiste François

M. Kramm,
peignit
le

que notre excellent
l'effigie

Denys

d'Adriaenssen, qui fut encore reproduite par

burin d'Antoine van der Does.
Il

y

a

peu d'années,
production

le

musée d'Anvers ne possédait
remarquable
fut

aucune
l'objet

de l'homme

qui

fait

de cette biographie. Cette lacune
la

heureusement

comblée, en 1867, par

société Artihiis Patrice, érigée


trois

20

ans auparavant dans l'intention principale d'y faire

représenter
l'Escaut,

ceux des maîtres de l'école des bords de
les

dont

oeuvres

y

font

défout.
et

Le

tableau

d'Adriaenssen

a

pour sujet des poissons

des oiseaux

morts, gardés par un chat qui redoute une alerte. Voici
la

composition de cette oeuvre d'art

:

sur une table sont
huîtres,

étalés

un

églefin,

un brochet, une carpe, des
la

des crevrettes, des écrevisses de

Meuse, des

ablettes et
le

un hareng
tes,

saur.

Un

chat brun s'est constitué

gardien

de ces mets succulents. Les griffes appuyées sur les abletil

paraît se douter d'une surprise et attend, les oreilles
et

tendues

d'un

œil inquiet

et

courroucé, une visite

importune. Derrière cet animal est posé un grand bassin

surmonté d'un tamis de cuivre, dans lequel
hareng, et qui repose sur une écumoire.
tichauts
se

se trouve

un

Un

plant d'ar-

dessine de ce côté sur

le

fond du tableau.

Près du bassin, une corbeille à jour remplie de doucette,
sur laquelle
se

détachent deux oignonettes. Plus

loin,

un

petit panier plein d'oiseaux morts,

parmi lesquels on
mâle,
etc.

distingue une

bécasse,

un

pinson

Fond

brun.

Ce

tableau bien

composé

est

remarquable par sa belle

entente du clair-obscur, sa transparence et son ton argentin.

Les

fruits

et

les

égale

perfection,

mais

animaux y sont exécutés avec une la palme revient toujours aux

poissons.

En

offrant ce chef-d'œuvre à la ville d'Anvers,
la

pour en enrichir son musée,
eu
le

société Artibus Patrice a
les

bonheur de réunir en un seul cadre tous

genres

dans lesquels Adriaenssen s'est distingué.
L'auteur de cette biographie possède aussi un tableau
et

une étude de ce maître. Le premier représente des
inanimés. Sur un tapis bleu est posé un plateau

objets


d'argent,
l'un
est

21

dans lequel sont étalés deux artichauts, dont

découpé

:

un couteau au manche richement
cruche de grès

orné, qui a servi à cette opération, est placé sur ce plateau.

On

remarque plus loin une

belle

avec son couvercle d'étain, un verre délicatement ouvragé
et

rempli aux trois quarts de vin rouge, un second verre

vide est posé à côté du premier,
ciselé et

un vase d'argent finement
également

dont

le

pied est orné de deux figurines. Près
ciselé,

de

là,

un

rafraîchissoir de cuivre jaune,

et reposant sur des pattes
et

de lion, rempli en partie d'eau,

dans lequel plonge un plant d'artichauts.

Au

pied

de ce vase, un petit pain blanc. Fond noir. Ce tableau
très transparent et

finement peint, est signé ainsi sur

la

table

:

Alex. Adriansenf. 1647.
et

Notre étude représente une grive
attachés chacun par une patte à
chets.

un martin-pêcheur,
est

une ancre à quatre croconcentrée sur

Fond brun nuancé;
Le maître

la

lumière

la grive.

a été satisfait

de cette œuvre exécutée
l'a

sur papier,

actuellement marouflé, puisqu'il
fecil .

signée

:

Alex. Adrieanssen

Et

il

y

avait de quoi.

Ces

signatures

de

l'artiste

prouvent
il

que,

comme
du
reste,

plusieurs autres de ses contemporains,

n'était pas très

sûr de l'orthographe exacte de son
n'a jamais été
écrit

nom,

qui,

avec Vs

final,

que quelques auteurs
de

y ajoutent.
Jacques

van

der

Sanden,

secrétaire

l'ancienne
détails
la

académie royale d'Anvers, n'a guère connu de
relatifs à

notre artiste.

Il

a

soupçonné toutefois que

date

arbitraire

de naissance, 1625, indiquée par Jeanêtre

Baptiste

Descamps, devait
Il

avancée de quelques
peintre,

années.

cite,

du

reste,

un tableau de notre

représentant

du

gibier mort,

des bouteilles, des verres


et

22


:

d'autres objets

inanimes, signé

Alex.

Adriaensscn

164'], sans en indiquer le propriétaire.

Corneille de Bie

mentionnant Adriaenssen, dans son
les
a

GuJâcn

cabinet,

parmi

artistes

qui vivaient
existait

de son
encore
l'artiste

temps, van der Sanden en

conclu qu'il

en 1662, date de l'approbation de l'œuvre de
lierrois.

Nous

verrons plus loin que l'un et l'autre auteur

se sont trompés.

Le musée de
maître,

Berlin possède trois tableaux de notre
la

dont un daté de 1647;
a quatre.
fut

collection royale de

Madrid en

Alexandre Adriaenssen, qui
plus féconds, décéda
le

un de nos
de

artistes les

30 octobre 1661, dans
dans
l'église

sa soixanteS'

quinzième année.

Il

fut enterré

Jacques,

à Anvers, sous la pierre sépulcrale de son aïeule maternelle

Hélène

Schyfeli,

qui

recouvrait

déjà

sa

sœur

Hélène.

L'inscription

de cette pierre,

ornée

autrefois
:

d'armoiries, actuellement usées, est ainsi conçue

D. O. M.

Hier leet begraven de eerbare JovFFR. Helena Schyfeli van

norenbvrch sterft den i3 meert a.° i595 Helena Adriaensen dochter van Emanuel Adriaensen sterft den
21 Ianwari A.° 1600 ENDE den EERSAMEN AlEXANDER Adriaensen sone van Emanuel Adriaensen sterft den

30 october a.° 1661 BiDT VOOR de SIELEN (i)
(i)

Traduction

:

A

Dieu

très

bon, très grand.

Ici est

enterrée l'ho-


vie

23


contenté
s'exerçait.

Corneille de Bie, qui n'a su aucune particularité de la

d'Adriaenssen,

s'est

sagement
il

de

faire

connaître les genres dans lesquels

Arnould
et

Houbraken ne

fait

pas

même
dit

mention de

l'artiste,

Campo We3-erman ne
qu'il affectionnait.
était

que quelques mots des

sujets
qu'il

Descamps supposa arbitrairement
il

né en 1625, mais

avoua ne

connaître ni le lieu,
d'histoire et

ni l'année de sa mort.

Feu notre professeur
,

ami,

Félix

Bogaerts

trouva l'année
livre,

1685,
celle

indiquée

dans nous

ne savons quel
Il

comme
tome
I

du décès

d'Adriaenssen.

réimprima

cette fausse date, qui fut re-

produite. Après

la

publication du

de son Esquisse

d'une histoire des arts en

Belgique,

depuis

1640 jusqu'à

1840, que lui-même condamnerait aujourd'hui au pilon,

nous avons vu l'unique Alexandre Adriaenssen devenir
une double personne, qu'on
C'est

nomme
celle

le la

vieux

et le jeune.

à ce dernier qu'on applique
et

date de naissance

supposée par Descamps,
Bogaerts.

de décès republié par

Le vieux a

été

donné

comme
au

élève à Artus
siècle
et

van Laeck; on nous

dit qu'il

vivait

xvii'^

que

ses productions ont

poussé au noir.

Cette critique

ne saurait s'appliquer aux tableaux de

notre maître, qui étant peints avec une extrême transparence,

peuvent bien avoir subi

l'effet

des

crasses

du
de

temps,

mais ne sauraient avoir noirci, n'ayant pas été
sur

exécutés

des toiles,

panneaux,

etc.,

chargés

mauvaises préparations.

norable Demoiselle Hélène Schyfeli,

de Nuremberg, morte
fille

le

13

mars de
décédée

l'an 1595.
le

Hélène Adriaensen,
de
l'an

d'Emmanuel Adriaensen,
l'honorable Alexandre

21
fils

janvier

1600.
le

Et

Adriaensen

d'Emmanuel, mort

30 octobre de l'an

1661.

Priez pour leurs âmes.


Nous croyons
précède,
inutile

24


après
ce

de démontrer,
Adriaenssen,
fils

qui

qu'Alexandre

de

Jacques,

baptisé dans l'église de S' Jacques, à Anvers, le 17

mars

1576,
l'artiste

n'a de

commun que

ses

nom

et

prénom avec

célèbre à qui est consacrée cette biographie.

Sources

:

F.-J.Fétis, ouvrages cités ci-dessus, au

mot Adriaensen.
autres
:

Registres des paroisses d'Anvers, conservés à l'état-civil de cette
ville.

— Ph. — —

Rombouts

et

Théod. van Lerius Les Li^gerenet
:

archives historiques de la gilde anversoise de Saint Luc, sous la devise

Wt
et

ionsten versaemt,

tome

I,

pp. 399, 460 et 471.
5'^

tome
de

II,

pp. 41

44.

Inscriptions funéraires et momimentalcs
églises de S^

la

province

d'Anvers,
p.

Jacques,
:

de

Walhurge

et

de 5' Georges,

160.

C.

Kramm

Aanhangsel,

etc.

^^r^'^r^ir^tr^'^'^'^'^'^'^'^'^'^*^'^*^

Théodore
(en flamand

AENVANCK
AENVANCK)

Theodoor

(1633-1...?).

^'^^^oici un

peintre inconnu à tous les rédacteurs de
et

Hi^/^

dictionnaires

de vies d'artistes,

et qui

n'en

«^S^^^ mérite
de
lui

pas moins d'occuper une
xvii^ siècle.

bonne place

parmi nos maîtres du

Avant de nous occuper

spécialement, nous allons faire connaître sa famille.

François Aenvanck et
parfois

Anne Brouwers,

qui

est aussi

nommée

de Brouwer, se marièrent à Anvers,
Ils

dans

la

cathédrale (quartier nord) le 23 mars 1625.

eurent pour témoins Théodore Aenvanck (i) et Henri

Brouwers ou de Brouwer, sans doute
union donna
le

leurs pères.

Leur

jour aux six enfants suivants, qui furent

tous tenus sur les fonts baptismaux du

même

quartier de

Notre-Dame

:

Marguerite,

le

15

décembre 1625, par

Théodore Aenvanck et Marguerite Brouwers; 2°Rebecque, le 30 mars 1628, par Henri Brouwers, le vieux, et
Rebecque
Essincx
;

Jacques,

le

9
;

juin

1630,

par

Jacques Brouwers

et Elisabeth

de Graci
et

4° Susanne, le

24

février 1632, par

Marcel Librechts

Susanne Cools;

(i) Le texte dit que nous traduisons
:

Dieric,
ici

mot

qui signifie parfois Thierry

;

mais

par Théodore, après avoir comparé entre eu:^

tous les actes qui concernent la famille Aenvanck.


5° notre

26


6° Marie, le 3 août 1636,

Théodore,
et

le

30 novembre 1633, par Théodore
;

Aenvanck
par

Marie Peeters
et

Guillaume Plesant
le

Marguerite van

Eyck.

Elle

épousa
sud),

8 octobre 1667, dans

la cathédrale (quartier

Godefroid Jouret. Ce mariage eut pour témoins
frère

Théodore Aenvanck,
Barbe. Le
parrain

de

la fiancée, et

Nicolas a

la

nom de

ce dernier et celui de Marcel Librechts,

de Susanne Aenvanck,

qui

appartenaient tous
ville,

deux à des llunllles considérées de notre
croire

nous font

que

les

Aenvanck

jouissaient de l'estime publique (i).
fut inscrit

Théodore, notre

artiste,

comme
;

apprenti
il

peintre, dans la gilde de S* Luc, en 1647- 1648
alors

avait

de

14

à

15
le

ans.

Malheureusement

le

peintre

Matthieu

Musson,

vieux doyen, à cette
le

époque, a

négligé de nous apprendre

nom

de son maître. Nous
fut

croyons toutefois probable qui celui-ci ne
le

autre que

célèbre Jean de

Heem. Aenvanck ne

fut

admis à

la

franchise
avait

de

la

corporation qu'en

1669-1670,
fait

lorsqu'il

atteint

l'âge

de 36 à 37 ans. Cela
fiiit

supposer,

à

bon

droit,

qu'il avait

entretemps un voyage, afin
art (2).
le

de se perfectionner dans son

Théodore Aenvanck épousa

15

mars 1671, dans

la

cathédrale (quartier nord), Marie Michielsens, en

pré-

sence de Jean Biesmans et de Nicolas Michielsens. Les

(i)

Ce Marcel

Librechts

fut

successivement

aumônier (1654),
d'Anvers.
Il

receveur

(1661-1662) et trésorier (1663-1666)
le

avait
Il

épousé Marie de Schott, qui mourut
suivit

30 septembre 1662.

la
et

dans

la

tombe,

le

22 mai

1689.

Inscriptions funéraires

monumentales de

la province d' Anvers,
et

Anvers, église cathédrale, p. 261.

(2) Les Lig^eren

autres archives historiques de la gilde de S^ Luc,

transcrits et annotés par
t.

Ph. Rombouts

et

Th. van Lerius,

avocat^

II,

pp. 189, 190, 394, 398.


tuturs avaient obtenu
la

27


deux bans
et

dispense de

du

temps
Ils

clos.

eurent

trois

enfimts

:

les

deux premiers
le

furent

tenus sur les fonts baptismaux dans

même

quartier de
le

Notre-Dame,

le

dernier,

à S'

André.

Théodore,

23 avril 1672, par Pierre van der Ast, négociant (i), et

Marguerite Aenvanck, tante de l'enfant

;

Abraham,
qui

le

20

avril

1674, par
la

Abraham de

Setter,

reçut en

1687- 1688,
fils

franc-maîtrise de S' Luc, en qualité
et
;

de
et

de maître

de marchand d'œuvres d'art (2),
3° Madeleine,
le
3

Anne de Pooter
sens.

mars 1676, par

Pierre Auwelier, artiste-peintre (3), et Madeleine Michiel-

Nous ignorons
les

la

date du décès de

Théodore Aenvanck ;
la recette

comptes de

S*

Luc ne mentionnent pas

de

sa dette mortuaire.

C'est

un tableau peint sur

toile

et

appartenant à

M.
de

van

Cutsem-Molyn,

vice-président

du

Tribunal
le

première instance d'Anvers, qui nous a révélé
de notre maître. En voici
table couverte d'un tapis
la description.

talent

Au

milieu d'une
est

de couleur verdcâtre foncée,

posé un plat d'argent chargé de quatre abricots,
trois

dont

picotés

;

près de

là,

d'autres abricots,
raisins blancs.

des prunes
droite,

bleues et

une grappe de
autre

A

un

melon entamé, un

melon

et

des

prunes rouges,
et

dont une attachée à une branche, un citron découpé

(i)

Il

décéda

le 2

novembre 1676

et fut

inhumé dans

la

cathédrale.

Inscriptions citées, ibid., p. 308.

(2)

Lig-g-er en cités, t. II,

pp. 521, 529.

(3) Apprenti peintre en

1658-1659, chez Josse Danieel, franc-

maître en
Liggeren,
t.

1669- 1670, la
II,

même

année que

Théodore Aenvanck.

pp. 295, 297, 394, 398.


une huître ouverte. Plus

2b


une corbeille renfermant

loin,

des abricots, des pêches, des raisins rouges et blancs. Les

pêches se détachent sur une draperie bleue foncée.

On

distingue au-dessus de ces fruits, des feuilles de

vigne, de lierre et de prunier, à ces dernières adhèrent

quelques prunes. Des papillons sont posés sur

les

branches;

un d'eux

voltige entre celles-ci.

Ce

tableau de chevalet qui se distingue par sa trans-

parence, est peint sur un de ces fonds noirâtres qu'affectionnaient nos anciens peintres de fleurs et de fruits, pour
faire

mieux

ressortir

leurs

compositions.

C'est

une

production de talent dans laquelle on remarque surtout
la

facture

des

raisins

blancs,

du

melon

entamé,

de

l'huître et des feuilles,

parmi lesquelles en excellent une

de vigne

et

une de

lierre.

Cette belle

peinture
parfois
la

est

signée

:

Theodoor

Aenvanck

1653.

On

a lu

1658, mais nous croyons, après
est

vérification,

que

première date
!

exacte.

L'artiste

avait
Il

20 ans, à cette époque
est

heureux que cette

toile n'ait pas passé d'art,

par les
car
ces

mains de certains marchands d'objets
fripons en auraient indubitablement
ture,
fait

enlever la signa-

pour

la

vendre

comme

l'œuvre de Jean de Heem.
à

La description des tableaux du prince Liechtenstein,
production

Vienne, signale en ces termes laconiques, une seconde
de notre
maître
:

«

Différentes

sortes

de

raisins, avec des huîtres à côté. Peint sur toile,

haut 14

pouces, sur 10 de largeur (i)

».

(i) Description des tableaux et des pièces de sculpture, que renferme la
galerie de

de

Liechtenstein,

Son Altesse François-Joseph, chef et prince régnant de la maison etc., etc. Vienne, 1780, p. 41, n" 98. L'auteur
ce livret a lu Aenvanick au lieu d'Aenvanck.

anonyme de


Théodore Aenvanck
jour, était

29


resté

étant

inconnu jusqu'à ce
et

un des

artistes

que M. Philippe Rombouts

nous aurions dû éliminer des Liggeren, d'après
qui nous
travaillons

le conseil

en a été donné publiquement (i). Plus nous

aux biographies des peintres, plus nous sentons

l'imprudence impardonnable que nous aurions commise,

en suivant de semblables errements.

Nous ne doutons
peinture

pas

qu' Aenvanck

ait

pratiqué
s'il

la

des fleurs

;

mais nous ignorons

a cultivé

encore d'autres genres. (2)

(i) Préface des Liggeren,

t.

I,

p.

11.

(2) Cette notice est datée

du

13

décembre 1872.

^5^^5^€3^ €5^€'3^ ^f^'^ï^^^

Henri-Joseph

ANl'ONISSEN

(en flamand Henricus-Josephus

ANTONISSEN)

(1737-1794.)

jclchior

Antonisscn,

né à Anvres,

en 1697

et

P Marguerite-Thérèse Moerenhoiit, qui
ivers
la

vit le jour,

même

époque à Hemixem,
furent
tête
les

village

des

environs

de

cette

ville,

parents

de

l'artiste
Ils

dont

le

nom

se trouve en

de cette biographie.
d'Anvers,

s'étaient

mariés

dans

la

cathédrale

quartier

sud,

le 13

février 1730. C'étaient des boutiquiers aisés,

dont naquirent sept enfants,
dans
le

qui

furent

tous

baptisés

même
de

quartier de l'église-mère de notre ville.

1° Corneille, le

16 janvier 1732; 2° Marie-CornéHe,
ladite
;

le

15

octobre

année

;

Jean-Baptiste,

le

7 novembre 1733

4° Pierre-Joseph, le 29 janvier 1735.

Celui-ci entra dans l'ordre de S' Dominique, fut revêtu

du

titre

de docteur en théologie
et

et

remplit les fonctions
la confrérie

de prieur de son couvent
S* Rosaire.

de préfet de

du
le

C'était

un prédicateur de mérite,
et

comme
le

prouvent ses sermons
primés,
et

ses méditations,

souvent réim-

que

distinguent,
«

d'après
style
»

feu

M.

baron

Jules de Saint Génois,
assez pur et

un

généralement élevé,
.

exempt de gallicismes

Il

décéda

le

i

mars

1808

;

5"

Henri-Joseph, peintre-graveur,

le 9 juin

1737;

parrain, Henri

Huysmans, marraine, Madeleine Kockaert;


31


1740; 7° Melchior,
le

Marie-Thérèse,

le

30

avril

17 juin 1742.

Henri-Joseph Antonissen fut reçu, en 17.52-1753, dans
l'atelier

du peintre Balthazar Beschey,
de
9
la gilde

le

vieux

;

il

en

sortit franc-maître
et tut

de

S'

Luc, en 1755-175 6,

proclamé,
d'après le
le

le

mars 1758, premier du cours de
à

dessin

modèle vivant, ouvert

l'académie

d'Anvers,

10 octobre 1757, et qui avait été fréquenté

par cinquante et un concurrents.

La chambre de rhétorique
unie à
la

le

Rameau d'Olivier (OlijftaJc),
repris,

gilde de

S'

Luc, ayant

en 1761, ses
les

exercices dramatiques, Antonissen
rôles dans plusieurs comédies.

y remplit
la

premiers

Un
tableau

des

débuts

du maître dans
à

peinture

fut

un
des

d'autel,

destiné

une

église

de

l'ordre

Dominicains,
Pierre-Joseph

qu'il
était

exécuta

du temps

que son

frère

lecteur en

philosophie au

couvent

d'Anvers. L'artiste ne tarda pas à s'apercevoir que son
talent

ne l'appelait

pas

à

représenter

les

figures

de

grandeur naturelle, mais trouvait un aliment plus convenable dans
il

la

reproduction des paysages. C'est pourquoi
et se et

se rendit

aux champs
la

mit à dessiner
les

les

beaux
de
sa

sites

qu'arrose

Meuse,

parties

boisées

patrie. Ses
lui

premiers essais dans ce genre ayant
des connaisseurs,
il

attiré,

sur

l'attention

fut appelé

en 1762de

1763,
S'

à remplir les fonctions de

doyen de

la gilde

Luc. Antonissen fut attaché en 1765 à l'académie de
natale en qualité de sous-directeur et consentit
rôle,

sa ville
à

y donner à tour de

avec quatre autres anciens
les

premiers, les leçons de dessin, d'après

modèles de
Il

plâtre, leçons interrompues depuis trente ans environ.

voulut bien, l'année suivante, reprendre ce cours gratuit,


dans lequel
lauréats.
L'artiste avait
il

32


fois,

était

secondé cette

par

six

anciens

épousé entretemps,
quartier nord,

le

4 novembre 1765,
dispense
fille

dans

la

cathédrale,

avec

d'un

ban, Catherine-Joséphine Raeydemaeckers,

de Gasà

pard-Joseph
S'

et
le

de

Jeanne-Marie

Quinar,

baptisée

Jacques,
la

27 juin 1735. Elle avait par conséquent

dépassé

trentaine,

quoique

l'acte

de mariage

la

dit

âgée de vingt-huit ans,

comme

son conjoint. La

femme
l'église

d'Antonissen

était

veuve de Pierre-Barthélémi van Alten,

décédé d'après

son inscription sépulcrale, dans
à

des Dominicains,

Anvers,
le

le

7

juillet

de

la

même

année 1765. Elle donna

jour à huit enfants dont les
la

deux premiers furent baptisés dans
nord,
et les
le

cathédrale, quartier

autres à S^ Jacques

:

Jeanne-Catherine-

Joséphine,
le

6 août

1766;

2° André-Engelbert-Xavier,

29

août 1767;
le

nous en reparlerons; 3° Catherine-

Jeanne-Marie,
le

15

décembre 1768; 4° Marie-Thérèse,

14 janvier 1770; 5° Jacques-Jean, le 8 février

1772;

6° Françoise-Jacqueline, le

14 mars 1773

;

7° Isabellele

Joséphine,
13
juillet

le

25

avril

1774;

Thérèse-Jeanne,

1776.
fit

Antonissen se

recevoir dans la sodalité des mariés,
;

dirigée par les jésuites d'Anvers

il

fut

nommé
et

consulteur

de cette congrégation,
fut

le

28 mai 1767,

son mandat

renouvelé

le

12 mai de l'année suivante.

Ce maître
quable
;

peignit le paysage

avec
il

un

talent

remar-

il

rétoff"a

de

bétail,

dont

avait

appris à bien

saisir les allures et à

rendre

la structure et la

robe.

Nous

pouvons signaler

comme un exemple

de son application

à cet égard, une étude de notre collection, qui représente

une

tête

de mouton reproduite dans sept poses différentes.


bien dans
qu'il
la

33


la figure

avec beaucoup d'originalité. Le maître réussissait moins
représentation de

humaine, à moins

ne

la peignit

dans de très minimes proportions.

Ses tableaux représentent des chasses, des

pêches

et

d'autres occupations champêtres, parfois aussi des scènes

de
soit

l'histoire

sacrée et profane, qu'il
soit

lisait

assidûment,

en flamand,

en français, car

il

avait appris cette

langue, chose assez rare à cette époque.

A
orne

en juger par une aquarelle, peinte en 1767
le

et

qui

livre

à

dessins (Printboek) de

la

confrérie

de

l'administration
Berecbting,

des

malades,

dite

:

Viertiendaeosche-

à

S'
la

Jacques,

Antonissen n'avait guère

de

vocation pour

représentation des sujets sacrés.
fait

Celui

qui nous occupe, nous
S' Pierre
les

voir

le

Sauveur qui remet à

clefs

du royaume des cieux, en présence
groupe

des autres apôtres. Quoique quelques-unes des figurines
qui composent ce
serait injuste

laissent

beaucoup à

désirer,

il

de dénier toute espèce de mérite à celles

qui les entourent, mais de l'ensemble résulte la conviction que
l'auteur n'était guère appelé à reproduire les
l'histoire sainte.

événements de

Par contre,

le ciel et

un

paysage rocailleux, qui ornent cette aquarelle, sont peints
avec talent et donnent une idée avantageuse du maître.

Antoine Varendonck, cinquante-unième abbé de
Michel, à Anvers, décédé
le

S'

8 décembre 1771, fut un

des protecteurs de notre artiste.
faisait

A

l'époque où ce prélat

disposer en meilleur ordre le magnifique cabinet
il

de tableaux de son abbaye,
sans

s'enquit d' Antonissen,
s'il

non
un

un

certain air de méfiance,

oserait entreprendre

l'exécution d'un paysage qui servirait de pendant à

chef-d'œuvre

de

Jacques Xavery. Le maître

répondit

respectueusement par l'affirmative et son tableau ayant
3


été

34


de celui de Xavery
et

achevé,

fut

placé

à

côté

surpassa tellement l'attente qu'on en avait conçue, que

Varendonck
la

lui

paya un prix

plus

considérable

que

somme
En

promise, lors de leur première entrevue.

ce temps-là les belles tentures de cuirs dorés étant

passées

de mode, plusieurs amateurs

les

remplacèrent

par des séries de tableaux, qu'ils commandèrent à nos
artistes et qui

prenant naissance à quelques pieds de terre,
près

couvraient les murs de leurs appartements jusque

des voûtes.

Surchargé de

travail,

Antonissen refusa en

1769 de

peindre dans un de ces salons, des paysages qu'AndréCorneille

Lens

aurait

étoffés

de figures.

Il

consentit
sujets

néanmoins à orner de vues champêtres, animées de
de sa composition, une grande chambre de
rebâtie depuis, de
la

maison,

M.

Pierre-M.-J. de Bruyn, aumônier,

à Anvers.

Tandis que
recherchées,
qui
il
il

les

œuvres du maître

étaient fortement

admit dans son

atelier plusieurs élèves à

donnait à préparer les fonds de ses tableaux et qu'il
d'après ses esquisses. C'est à cette
ses

faisait aussi travailler

époque qu'ayant résolu d'embellir
à

œuvres de

bétail

cornes,

il

alla,

pendant
Il

l'été,

étudier d'après nature,

dans

les prairies.

avait

achevé quelques tableaux dans

ce genre, en 1772, lorsqu'il reçut la visite d'un seigneur
français, qui lui

donna un bon prix d'une
à

toile représen-

tant trois

bêtes

cornes et deux figurines humaines.

L'auteur expédia cette peinture en France, après en avoir
fait tirer

une copie par Balthazar-Paul Ommeganck, son

meilleur élève.

Antonissen fut
la gilde

nommé

pour

la

seconde

fois

doyen de

de

S^

Luc en 1772-1773. L'impératrice Marie-


corporation, en dispensant

35


cette
dite
la

Thérèse ayant, par son règlement du 20 mars de
dernière année, détruit l'antique organisation de
les

artistes

d'en faire partie,

notre

maître se
fît

considérant

comme

déchargé de

ses

fonctions, à
l'effet

présenter requête au magistrat d'Anvers,

de pouvoir rendre compte de son administration.
fut accueinie,'et sa gestion, qui clôturait
le

Cette

demande

par un boni, approuvée

4

juin

de

la

même
jeté,
Il

année.

Nous
retirer

regrettons que l'artiste ait mis tant de hâte à se

d'un corps

si

illustre

et qui avait

pendant
se peut,

trois siècles, tant d'éclat sur sa ville natale.

du

reste,

que

la

multitude de ses occupations ne fut pas

étrangère à cette détermination.

Quoi
amateurs
d'Etat

qu'il

en

soit, la

peinture

que

le

maître avait

envoyée en France, ayant été vue à Paris par plusieurs
et,

entre

autres, par

M. Boullogne,
œuvre
le

conseiller

du

roi

Louis

XV,

cette

d'art conquit leurs

suffrages.

M. Boullogne en conçut même

désir de
et
lui
fit

posséder quelques productions

d'Antonissen

commander deux tableaux de chevalet, par l'entremise de M. Jean-Augustin van der Cruyce, qui fut plus tard
second bourgmestre (bùinen-burgcmeester) d'Anvers. Cette

demande ayant
la

été

satisfaite,

Antonissen fut honoré de

lettre

suivante,

dont

la

copie nous a été conservée
le secrétaire

par Jacques van der Sanden,

de l'ancienne

académie d'Anvers

:

«

A

Paris, ce 8 juin 1773.

»

Vos
le

tableaux. Monsieur, ont été vus avec plaisir.

Je suis

chargé de vous en demander quatre, dont deux
père de M"" de Boullogne, qui a épousé cette
;

pour

année à Bruxelles M"^ Walkiers

et

deux pour

Madame

»

-

36

van

GeofFrin, l'amie de tous nos artistes français. M''

der Cruyce a dû vous prévenir à ce sujet. J'ai désiré
aussy, que
si

votre tems vous permettoit de

me

faire

deux tableaux d'après nature de quelques paysages de
Flandre auprès de votre
plaisir. J'en ai
s'il

ville^

cela

me

ferait très

grand

encore un autre à vous demander. J'ignore
dessins originaux de l'école des
les

y

a beaucoup de

Pays-Bas du dernier siècle dans
teurs. Si

cabinets des

ama-

vous pouviés à quelques ventes ou autrement
soit paysage,

m'en procurer successivement une douzaine,
soit

marine ou autres,

je

vous serois sensiblement obligé.

J'espère vous procurer d'autres occasions de faire connaître vos talents,
il

me

reste à

vous remercier de vous renouveler

les
les

avoir employés pour

moy. ...

et à

assurances de tous les sentiments distingués avec lesquels
je

suis.

Monsieur, votre très-humble

et

très-obéissant

serviteur,

BOULLOGNE.
L'artiste

reçut vers cette époque la visite du comte

de Neny, chef et président du conseil privé, qui admira

chez

lui

deux tableaux d'environ cinquante pouces de
qu'il venait

hauteur sur à peu près quarante de largeur,

de terminer pour
d'Anvers.
Il

M. François-Emmanuel van
du

Ertborn,

les

avait exécutés sur

coutil préparé à

cet effet, au lieu de toile, qu'il considérait solide
aussi
et

comme moins

plus

sujette

à se fendre. Antonissen en vint

à

ne plus peindre sur bois, parce que de son
les

temps,

panneaux

se tordaient parfois

ou que leurs

jointures

se

décollaient.

Ces réflexions du maître ne
les

prouvent pas en faveur des fabricants chez lesquels

peintres de la fin du dix-huitième siècle étaient obligés


de se fournir des objets
cice de leur art.

37

les plus indispensables à l'exer-

L'archiduc
rendu, en

Maximilien- Joseph
les

d'Autriche,

s'étant

1774, dans

Pays-Bas méridionaux, arriva
Il

en
le

juillet

dans

la ville

d'Anvers.

honora de sa
de S' Luc

visite
et

27 de ce mois,

les salons

de

la gilde

de

l'académie dans lesquels avaient été exposés des œuvres

de Martin-Joseph-Jean Geeraerts,
bas-rehefs,

le

célèbre peintre de
le

de Balthazar Beschey,

vieux, d'André-

Corneille Lens, et de Henri de Cort. Antonissen

y

a\ ait

envoyé quelques paysages, étoffés de bétail et de figurines, qui lui valurent des félicitations,

dont une annonce

d'acquisition eût doublé le prix.

Le maître exécuta en 1779, un
tient

tableau

qui

appar-

actuellement à
fils

M.

Pierre-Corneille
peintre

Ommeganck
Il

d'Anvers,

du

célèbre

Balthazar-Paul.

représente un paysage, à l'avant plan duquel se trouvent
trois

moutons^ un bouc

et

un bœuf.
à

On

remarque non

loin de là
assise,

un

homme
le

en conversation avec une femme
sein

qui

donne

son enfant.

Derrière ce

groupe, un monticule sur lequel est bâtie une maisonnette, et, au fond de ce côté
et

un homme vu à mi-corps

en train de gravir cette éminence.

A

la

gauche du

tableau,

une

rivière

dans laquelle se mirent une maison

et des arbres; dans le lointain, également à gauche,

un

champ légèrement boisé. Cette œuvre d'art est exécutée d'une façon
parente, le ciel en est
et
le

très-trans-

paysage en

est

peint avec beaucoup de légèreté très-méritant. Les moutons et le
artistique,

bouc ne manquent pas de valeur
inférieurs à ceux que produisit

mais sont
pro-

Ommeganck. Les
peu à

portions du

bœuf

laissent

quelque

désirer.

Le

groupe
des figurines
la

38

est
;

humaines
assise

inférieur aux ani-

maux, surtout

femme
le

par

contre, le

petit

homme
levé.
dite

qui gravit

monticule

est

très-prestement enlettres et daté

Le tableau

est signé

en toutes

de

la

année 1779. Nous souhaitons au Musée d'Anvers,
ne peut montrer aucune œuvre du maître, d'en

qui

posséder quelque Jour une de ce mérite.

Nous avons
Il

déjà
la

fait la

remarque que

la

représentation

de l'homme est

partie faible

du

talent d'Antonissen.

y

a

cependant

des exceptions à cet égard, témoin,
qui

entre autres, une étude d'après nature
tient et qui représente
tête coiffée

nous apparla le

un jeune campagnard debout, un bâton. Ce dessin

laissa

d'un chapeau, chaussé de guêtres et dont
est

bras droit repose sur

adroite-

ment exécuté.
Antonissen
visita Paris,
les
il

de ses œuvres

;

il

en orna aussi
qu'il visita

cabinets des amateurs d'Amsterdam,
et

souvent

de diverses

villes

de Hollande

et

d'autres pays. Elles représentaient des rochers, des chutes

d'eau,

des
et

bois et

des

vallons,
sites

pris

aux bords de

la

Meuse

dans d'autres
a

de sa patrie.
d'après

Le maître

peint
Il

quelquefois

nature

des

fleurs et des fruits.
forte,

a gravé aussi avec talent à

l'eau-

entre autres, en

1767, d'après Albert Cuyp,

un

troupeau de bœufs, paissant au bord d'une rivière, sur
laquelle

voguent plusieurs embarcations.
l'eau-forte,
la

Il

exécuta éga-

lement à

même

année, un

paysage avec

figures, de sa composition.

Cette

œuvre

d'art est signée
i.

de son

monogramme,

datée et numérotée

Antonissen se plaignit un jour à Jacques van der Sanden,
le secrétaire

de l'ancienne Académie, que, dans sa
avait

jeunesse,

on ne

lui

pas implanté suffisamment les

principes de son art.
Il

39


faisait-il

ne

suffit pas,
:

observer,
;

que

les

maîtres vous disent
qu'il

ôtez ceci, ajoutez cela

ce

sont les élérnents
élèves, et
il

s'agit

de bien inculquer

aux

se félicitait

à

cette

occasion des améliora-

tions qui avaient été introduites à cet égard

dans

l'en-

seignement de l'Académie d'Anvers.

Que

de peintres pourraient s'appliquer aujourd'hui

ces réflexions d'Antonissen, et refaire,

comme
courage
le

lui,
!

leur
est

éducation artistique,
vrai qu'actuellement

s'ils

en avaient

le

Il

nous voyons manier

pinceau par
!

des gens qui n'ont jamais appris à bien dessiner
L'artiste

décéda peu de temps après

la

conversation
sujet

que nous venons de rapporter.
attaques de goutte,
vailler
il

Quoique

à des
tra-

n'en continuait pas moins à
et

activement et à mener une vie gaie
le

sobre,

lorsqu'une courte maladie l'enleva

heures du matin.

Il

fut enterré le
l'église

4 avril 1794 à onze dimanche suivant, 6

du

même
femme,

mois,

dans

des Dominicains.

Son
de

inscription sépulcrale
sa

y

avait été préparée avec celle

sur la dalle de la famille du premier mari de
faisait

celle-ci.
le

Catherine-Joséphine Raeydemaeckers, qui
soieries, survécut à
filles et

commerce des
Celui-ci,

son mari,

ainsi

que

quelques-unes de ses
Xavier.

son

fils

André-Engelbertà
l'art

après s'être adonné

paternel,

avait fini par exercer le
futaines.

négoce

et l'état

de fabricant de

Antonissen eut plusieurs élèves, parmi lesquels nous

avons déjà

nommé
artiste

le

célèbre

Balthazar-Paul

Omme-

ganck, qu'il reçut en 1767-1768. Simon-Alexandre-Clé-

ment Denis,

assez médiocre,

et

Jacques-Andréatelier,

Joseph Trachez, fréquentèrent également son
avait été ouvert,

qui

en 175 9-1 760, à Jean-Baptiste Ceurvorst,


comme

40


et

en 1767-1768, à Henri Blomaerts,
Ignace-Joseph van den Berghe
;

en 1772-1773, à
fit

ce dernier se

connaître

graveur. Antonissen forma aussi deux peintres-

amateurs, dont Tun
vers, a possédé
été

M.

Jean-Baptiste van Lancker d'Ana

un superbe cabinet de tableaux qui
en 1835.
Il

dispersé aux enchères publiques,

ren-

fermait huit peintures de son ancien maître, dont deux
étaient

des

copies,
était

d'après

Jean Wynants.
par

M. van
de
ses

Lancker y

aussi

représenté

douze

oeuvres, qui n'étaient pas sans mérite et parmi lesquelles
se trouvaient quatre reproductions de compositions exé-

cutées par des maîtres hollandais. L'autre amateur à qui

nous avons
famille de

fait allusion,

était

un membre de

la

noble

Man, également né

à Anvers et qui, quoique

sourd-muet de naissance, passe pour avoir peint avec
talent des paysages et

des vues de

villes.

Nous avons remarqué récemment que des
écrivaient le

auteurs
:

nom

de notre artiste de

la

façon suivante

Anthonissen. C'est une erreur, toutes

les signatures
/;.

que

nous avons relevées portant Antonissen sans

Parmi
la

les

sources auxquelles nous avons puisé pour

rédaction de cette biographie, nous devons indiquer,
lieu, le

en premier
le

manuscrit de Jacques van der Sanden,

secrétaire de l'ancienne
îvonsttooneel

académie d'Anvers,

intitulé

:

Oud
les

Antonissen

les

van Antwerpen. Nous y avons trouvé sur renseignements les plus précieux. Nous
travail
;

avons fondus dans notre
suivant l'avis de
allait

mais lorsque l'aude

teur,

quelques enthousiastes
l'artiste

son
avec

temps,

jusqu'à mettre
et

en

parallèle
lui

Paul Potter

Jean van

der Heyden, nous

avons
se

abandonné ces exagérations, dont Antonissen pouvait

.


passer, à

41


qu'il

moins qu'on ne prétende
soit

n'y

a

que

la

première place qui
Sources
Sanden
schrift

honorable (i).

:

Registres des Paroisses d'Anvers.

— Archives de — Idem.
;

la gilde

de S* Luc.
:

— Registres

de

la

sodalité des mariés

Jac.

van der
Gedenk-

Otid honsttooneel van Atiiwerpen, msc.
het

op de reys en

Maximiliaenus-Josephns ,
het Groot-Meesterschap

van :y»c Koninklyke Hoogheyd Aertshertog van Oostenryk, coadjuteur van
onthael
het teiitonihs

van

Orden.

etc., etc., etc.,

68-y^,

opuscule imprimé en 1774, à la suite de ses Bloyende konsten etc. Inscriptions fanerai res et monumentales de la province d'Anvers,

Anvers,
vocibus
:

église de 5'

Paul, pp. 82 et 134.

Biographie nationale,

Anthonissen, Henri-Joseph et Pierre.
:

J.

B. van der

Straelen

Jaerhock der vermaerde en kunstryke gilde van Sint Lucas,
.

hinnen de stad Antwerpen.
eni-

mitsgaders van de Koninklyke Académie Antwerpen. i8s5, PP- 203,233, 234,268, 278, 286.— Ibidem
.

nota

I.

(i) Cette notice est datée

du

5

octobre 1869.

^^^^^^^^^^^^^^^^^Hi^^

Jean
(en flamand

BLANCKAERT Hans ou jan BLANCKAERT)
(1590-16.
. .

?).

n

a

vu de tout temps des

artistes

médiocres

produire

des élèves qui les surpassèrent infinia-t-il été ainsi

ment. En

du maître de Balthasar Bon Samaritain 9
allié

van Cortbemde, dont
tableau
Faut-il

le

musée d'Anvers possède un
le

remarquable, représentant

supposer d'ailleurs qu'un peintre

à des fa-

milles, dont les chefs se sont acquis

un renom durable

dans

l'histoire

de

l'art

flamand, n'était lui-même qu'une

personnalité insignifiante.
entretenir
ici le

Le

peintre de qui nous voulons

lecteur, est

Jean Blanckaert. Nous avons
dans
les catalogues des

recherché en vain son

nom

mu-

sées et des anciennes ventes de tableaux. Mais qui sait
si

quelque jour une œuvre remarquable signée de sa
et

main
saluer

mise au grand jour, ne nous permettra pas de
lui

en

un bon maître tombé, comme
?

d'autres,

dans un oubli immérité

Quoi

qu'il

en

soit, voici le résultat

des recherches que
le

nous avons

faites

relativement à celui qui enseigna

manîment du pinceau à Balthasar van Cortbemde, Le père de Jean Blanckaert s'appelait Jean comme
lui
:

il

épousa, dans

la

cathédrale, le 15 octobre

1589,
illus-

Marguerite de Roore. Le

nom

de cette famille fut


tré

43


la salle

plus tard par Jacques-Ignace de Roore, l'auteur des

superbes plafonds qui décorent

du conseil com-

munal d'Anvers.
Jean Blanckaert fut
parents
:

le

premier ne du mariage de ses
les

il

fut

tenu sur

fonds de
et

la cathédrale,

le

5

août 1590, par Michel de Roore
L'acte de baptême nous
fait

GuiUelmine de Smit.

connaître que l'enfant avait

•vu

le jour à

Gand.
et

Les Liggeren sont muets relativement à son maître
à la date de son entrée en apprentissage.

Nous y

lisons

par contre qu'il y fut inscrit

comme
à

franc-maître peintre,

en 1608- 1609 (i).
19 ans.

Il

avait,

cette

époque, de 18 à

Jean Blanckaert épousa, dans
le
Ils

l'église

de

S'^

Walburge,

24 novembre 16 14, Catherine

Christoffels

ou Maryn.
nous

eurent pour témoins Corneille Mosselmans et Gérard
stérile
:

de Roore. Leur mariage paraît avoir été

n'avons, en tout cas, découvert aucun enfant qui en fût
issu.

Blanckaert et sa

femme

firent, le 17 janvier
le

16 15,

un
à

testament réciproque, par devant
telbeck, le jeune. Après les

notaire Henri van

Can-

recommendations ordinaires

DieUj à
d'entre

la S'^

Vierge

et à tous les Saints, le
5

prémourant

eux y lègue

sous à

la

fabrique de l'évêché, à

Notre-Dame.
au cas où
obligation

Ils s'instituent

l'un l'autre héritier universel,

ils

viendraient à décéder sans enfants, avec

de remettre aux proches parents du premier

défunt

la

somme

de 50 florins, pour tous droits succes-

(i) Les Llc;gerenel autres archives historiques de
Saint Luc, transcrits et annotés par Pu.

la gilde anversoise de

Rombouts

et

Théod. Van

Lerius, avocat,

I,

447.


sifs.

44


mort de

S'il

existait

un ou

plusieurs enfants, à la

l'un

des

époux, l'institution universelle n'en devait pas

moins

être

maintenue, mais alors,
et d'élever

le

survivant
le

était

chargé d'entretenir

convenablement

ou

les

descendants encore en vie, jusqu'à ce que ceux-ci fussent

en

état

de pourvoir à leur subsistance. Dès que ces enfants

auraient

embrassé un

état

ou

atteint

l'âge

de

25

ans,

l'époux encore en vie était
tous, 150 florins,

tenu de leur payer entre eux

pour leurs droits héréditaires, paternels

ou maternels. Cette
au-delà de
la part

somme,

jointe à leurs frais

d'aHmen-

tation, représentait, d'après la déclaration des testateurs,

légitime des enfants dans la succession
lors

du prémourant. Si un de ceux-ci,

de

la dissolution

du mariage, venait à décéder, sans avoir embrassé quelque
état

ou avoir

atteint l'âge de 25 ans, celui des testateurs
il

encore en vie serait son héritier. Seulement

était tenu^

dans ce cas,

de remettre aux proches parents de cet
à partager entre eux tous. Enfin le

enfant 50 florins,
survivant

des époux était

nommé

tuteur

testamentaire

des enfants, avec droit de s'en adjoindre un ou plusieurs
autres (i).

Le 6
était

juillet

1623, Jean Blanckaert et sa femme, qui
ajoutèrent

malade, à cette époque,
testament.
le

un

codicille

à

leur

Nous hsons dans
notaire,

cet acte,

qui fut
à

reçu par
sa

même

que Catherine Maryn légua

mère Jeanne van den Broeck, du consentement
de
lavander
à

et à
et

l'intervention

de son mari, toutes ses hardes de toile

de laine, à l'exception de son jupon
linge

ou

ouvré de Flandres,

qu'elle

laissait

Dymphne
le jeune,

(i) Protocoles

du notaire Henri van Cantelbeck,

aux

archives de la ville d'Anvers.


Adolffs,

45


à
(vlieger),

jeune

fille

demeurant dans son voisinage,
oie.

l'enseigne de la Grande
et

Son meilleur manteau

toutes ses manchettes étaient exceptés aussi de cette
et

disposition

devaient rester
avait
la

la

propriété de son mari.
à sa

Catherine

Maryn

prêté

mère 200

florins

:

elle les lui légua,

outre
la

moitié de ses épargnes, {spaer-

pot), qui

montaient à

somme
ou
les

de 136

florins.

Après

le

décès
à

de Jean Blanckaert, Jeanne van den Broeck, ou,
défaut, l'enfant

son

enfants

de Jean Maryn,

frère de la codicillatrice, devaient toucher

une semblable
fût

somme

de

200

florins,

sans

que

l'artiste

tenu à
fut

quelque caution de ce chef. L'église de
instituée légataire d'une

S*^

Walburge

somme

de 12 florins, de

même
la

que
•ville

les

aumôniers, en faveur des pauvres honteux de

d'Anvers. Après avoir disposé de 50 florins, pour

l'exonération de messes
codicillatrice
fit

pour
de

le

repos de son âme,

la

élection
elle

sépulture

en

l'église

des
les

Augustins. Enfin,

et

son mari réduisirent à 12

50

florins

que

le

survivant d'entre eux devait remettre

aux proches parents du prémourant. Cet acte
fut

passé dans la maison des codiclllateurs,

située près de l'église S'^

Walburge, en présence d'Adrien

Eynhoudts, tonnelier, père du célèbre graveur Rombaut
Eynhoudts,
et

de Michel Heyns, également tonnelier,

et

tous deux voisins des codicilateurs (i).

Catherine
tion de
la gilde

Maryn décéda peu de temps
addition à son testament.

après la passa-

cette

Le compte de

de S' Luc, de septembre 1622 à septembre 1623,
eff"et, le

mentionne en

payement de

sa dette mortuaire (2).

(i) Protocoles

mentionnés
I,

ci-dessus.

(2) Liggeren cités,

589.

-46 Elle
est
le

morte par conséquent dans

le

temps compris

entre

6 juillet et le i8 septembre 1623.

Jean Blanckaert avait reçu auparavant son premier
élève,
fort,

que

le

compte de
son

S'

Luc

nomme

Jean van Cam-

mais qui s'appelait plus probablement van Cantfort.
lui ouvrit
1

Le maître
Il

atelier

au mois d'août 1617 (i).

y

reçut, en

626-1 627, Balthasar van Cortbemde,
et

qui

devint

un peintre distingué
dans
la

qui fut admis, en

1631-1632,
qualité de

gilde

anversoise

de

S'

Luc, en

fils

de maître (2).
1

Blanckaert reçut encore un apprenti, en
il

626-1 627

:

se

nommait Jean van Eyck
s'était

et fut inscrit

comme

franc-

maître, en 1632-1633 (3).

Notre peintre
Catherine Maryn
le 6 juillet

hâté entretemps de convoler en

secondes noces. Nous avons vu que sa première
était

femme

décédée en 1623,
Il

et,

au plus tôt
cathédrale,

de cette année-là.

épousa dans
suivant,
et

la

quartier sud, le 25

novembre
de Portis
fille

Anne

Jacops, en

présence

d'Antoine

de Gérard de Roore.
Jacops_,

La jeune épouse
qui remplit, en
la
1

était

du peintre Roland
les

626-1 627,

fonctions de
(4), et de

doyen de
Martin
de

gilde

anversoise

de

S'
le

Luc
jour

Susanne de

Vos.

Celle-ci
le

devait

au

célèbre
le
la

Vos,

vieux, et à sa

femme Jeanne
les fonts

Boucq. Anne
cathédrale^ le

Jacops avait été tenue sur

de

14 novembre 1603, par son aïeul maternel et Anne de Vos, sœur de sa mère. Elle venait d'entrer par conséquent
dans
sa

vingt-quatrième année.

Un

seul enfant fut le

(i) Liggeren cités, (2) Ibidem, (3) Op.
cit.

I,

S3i22, 30,

I,

634,

II,

,1, 635, II, 36, 43.
I,

(4) Liggeren cités,

633.


fruit

47


21 mars 1625, à
le

de ce mariage

:

il

fut présenté le

l'église S'^

Walburge,

et

y reçut au baptême

prénom

d'Anne, ayant pour parrain son aïeul maternel Roland
Jacobs, et pour marraine, Marguerite de Roore. L'acte

donne à son père
Marie Blanckaert
lui

la qualification

de signor.

Une

pièce

authentique du 20 juin 1638
:

nomme

la petite fille

Anne-

l'addition de cette

seconde

patronne

Anne Jacops ne vécut guère longtemps en mariage avec Jean Blanckaert. Le compte de la gilde de S' Luc du 17 septembre 1626 à
vient

de sa confirmation.

septembre 1627 mentionne, en
dette mortuaire (i).
était

eff"et,

le

paiement de sa
l'avons vu,

Son

père,

comme nous

doyen de

la

corporation à cette époque.

L'acte

du 20 juin
fait

1638, dont nous avons parlé

ci-

dessus, et qui

partie des

minutes du notaire Henri

van Cantelbeck,
ckaert avait été

le

jeune, nous apprend que Jean Blan-

nommé

par

sa

femme Anne
leur
fille

Jacops,

tuteur en chef testamentaire
et

de

Anne-Marie
avait été

que Jean de Roore, facteur des voituriers,

choisi par lui

comme

son co-tuteur. L'un

et l'autre

don-

nèrent procuration à Barbe Jacobs,
l'enfant,
ditaire

tante maternelle de

au sujet du remboursement d'une rente héréet

de 50 florins

de ses arrérages, remboursable

au denier seize et hypothéquée sur des immeubles situés

dans

la

rue Neuve, à Bruxelles (2).
:

Jean Blanckaert ne tarda pas à se remarier

il

épousa,

en

effet,

dans

la

cathédrale, quartier sud, le 17 octobre

1627,

Anne de Wael.

Cette nouvelle union ne déplut
celui-ci

pas, sans doute, à

Roland Jacops, puisque

con-

(1) Ibiil,

I.

639.

(2) Protocoles cités.

-48 sentit à

en être témoin

:

la

nouvelle épouse fut assistée

de son père Jean de Wael, peintre de renom, dont

Antoine van Dyck a exécuté
était issue

le

portrait.

Anne de Wael
Gertrude
de
la

du mariage

qu'il avait contracté avec
les fonts

de Jode,
le

et avait été

tenue sur

cathédrale,

7 juillet 1599, par Servais Elle était entrée, par conséquent, dans sa 29^ année.
et

Wouters

Barbe de Jode.

Anne de Wael donna
furent tous baptisés dans

à
la

son mari

six enfants,

qui
:

cathédrale,

quartier

sud

Catherine,

le

Wael,

aïeul de la
sa

7 septembre 1628; parrain, Jean de marraine, Catherine de Wael, petite
,

sœur de

mère.
le

Susanne,

20

février

1630;

parrain,

Georges
qui
avait
les

Vercampt,
épousé
recherches

marraine,

Susanne Keurlinckx,

Luc de Wael, marchand de pots, d'après
de

M. Alphonse
de
le

Goovaerts.

L'acte

nous

apprend que
cette
était

les parents

la petite fille
:

habitaient, à

époque,

rempart du Lombard

leur

demeure y

encore établie en 1635.
le

3° Marie,

15

novembre 1632;

parrain, Guillaume
Elle devint
la

de

Decker, marraine,

Anne de
Il

Scede.

femme du
peintre

célèbre peintre Pierre Boel.
5

4° Jean, le

août 1635.

^^^ ^^^^^

P^'^'

Luc de Wael,
Corneille,

distingué

au

nom

de

son

frère

également peintre de réputation,

et par

Barbe Jacops,

sœur de

la

seconde épouse de Jean Blanckaert.
le

Gertrude,

14

avril

1638;

parrain,

Jean

de

Roore, facteur des voituriers, marraine. Barbe de Wael,
tante de l'enfant. Gertrude Blanckaert épousa, à S^
le

André,

II août 1663, Barthélemi van der Linden, en présence
le

de Barthélemi van der Linden,

vieux, et du célèbre

peintre Pierre Boel, beau-frère de la mariée.

49


Luc

6° Jean-Luc, le 19 août 1640; parrain, le signor

Lancelots, marraine, Marie de Molepas.

Les

Liggereii

mentionnent un quatrième
:

et

dernier
qui

élève de Jean Blanckaert

c'est

Jean de Houwer,

entra dans son atelier en 1632-1633 (i).

Le maître
d'un acte
Anvers, par

vivait

encore en 1643

:

c'est ce qui résulte

du 24 décembre de
le

cette année-là, reçu,

à

notaire Jacques le Rousseau.

Ce document

nous apprend que Blanckaert
de
la

avait été institué héritier

moitié des biens d'Elisabeth de Roore, veuve de
et

Georges Verherbruggen

qu'il

en avait acquis l'autre

moitié de Catherine de Roore, veuve de Ludolphe van

Hatten ou plutôt van Hattum (2). L'artiste céda, en sa
qualité

de

propriétaire,

diverses

créances

au

notaire

Antoine de Costere,
de Roore

qui avait travaillé

pour

Elisabeth

et ses héritiers (3). et

Les dates des décès de Jean Blanckaert
sième femme nous sont inconnues (4).

de sa troi-

Archives de la Sources Registres des paroisses d'Anvers. Ph. Rombouts et Théod. vax Lerius. Les Liggercn, etc.
:

ville

(i) Op.

cit.,

T.

II,

p. 41.

(2) D'après les inscriptions funéraires de l'abbaye de S' Michel, à

Anvers, Ludolphe van Hattum serait décédé
sa

le

9 décembre
.

1646, et

y a là évidemment une erreur de copie, puisque cette dernière est mentionnée déjà comme veuve, dans l'acte authentique du 24 décembre 1643, que
le
1 1

femme Catherine de Roore,

février

1 5 5 3

Il

nous avons analysé ci-dessus. Peut-être Ludolphe van Hattum est-il Inscriplions citées, p. 121. mort en 1636. (3) Minutes dudit notaire aux archives communales d'Anvers.

(4) Cette notice est datée

du

15

décembre 1874.

*'^''*^""^**^'*^"''^**»'î^*'^"^^

***^

"^ -^ "^

"^^

'V^

"^

**^

*^

Antoine
(en flamand

BLANCKAERT

Antoon BLANCKAERT)
(1621-1... ?)

fi^^^^OLir ne rien omettre, nous dirons

ici

quelques
Celui-ci

Il

WM mots
Il

du peintre Antoine
fils

Blanckaert.

^aJk^:^ était
Stesmans.

d'Arnould

et

de Marie

Gelsmans ou

naquit à Anvers et y fut tenu sur les fonts
l'église

baptismaux de
par
Corneille

S' et

Georges,
Béatrix

le

11

janvier

1621,
il

Schut

Arnaut.

Comme

existait,

à cette époque, plusieurs Corneille Schut,

en

notre

ville,

nous ne pouvons dire

s'il

s'agit ici

du célèbre

peintre de ce
(Quoiqu'il
n'est

nom.
en
soit,

Antoine Blanckaert, dont
reçu
1

le la

maître
gilde
le

pas

indiqué,

fut

franc-maître

de
Il

anversoise de S' Luc, en
19
juin

647-1 648 (i).
S'

épousa,

1649, dans

l'église

Georges, Béatrix Heyen.

Ce mariage eut pour témoins Arnould Blanckaert, père
de l'époux, et Michel Janssens.
Il

en

naquit

une

fille,

Anne-Marie, baptisée dans
le

la

cathédrale, quartier sud,
aïeul de

6 août

1650; parrain, Arnould Blanckaert,

l'enfant, marraine,

Anne Schryvers.

Voilà tout ce que nos recherches nous ont appris rela-

tivement à Antoine Blanckaert (2).
Sources Registres des paroisses d'Anvers. Théod. van Lerius, Les Liggereii, etc.
:

Ph. Rombouts

et

(i) Ligoeren cités, II, 185, 192.
(2) Cette notice est datée

du

13

décembre 1874.

(en

BOECKHORST flamand Jan BOECKHORST)
Jean
(1605-1668).

e

peintre

distingué
à

fut

appelé
taille

Jean

le

long,
Il

^^^ (Jauge Jaiî),

cause de sa

élancée.

a eu

soin de nous apprendre dans un testament, daté

du 10 septembre 1639, qu'il naquit en 1605, à Munster, en Westphalie, et que son père Henri Boeckhorst était
décédé à l'époque de
la

passation

de

l'acte

(i).

Le

nom
M.

de sa

mère

n'est pas

mentionné dans ce document.

J.

C. van Put,

bourgmestre d'Anvers, a bien voulu
à

demander pour nous,
taires

Munster, en 1869,
et

les

baptis-

de

l'artiste et
il

de ses frères

sœurs.

Malheureule registre

sement
de

lui

fut

répondu de
1605
n'y

cette ville,
existait

que

baptêmes
il

de
est

dans aucune des
de
les
la

paroisses, et

permis de conclure
cité,

lettre

du

premier bourgmestre de cette

que

années con-

temporaines y font également défont. Corneille de Bie
qui
a

ajouté,

bien à tort, un van au

nom du

peintre,

l'écrit

Bockhorst, tandis que celui-ci orthographie invari-

ablement Boeckhorst, dans deux documents authentiques

que nous avons sous

les

yeux.
les

L'auteur cité nous apprend que
étaient

parents de

l'artiste

des

gens aisés (eerlych aide

treffelycke oiiâers),

ce

(i) L'acte qualifie l'artisted'honorablejeaa Boeckhorst, célibataire,

âgé de trente-quatre ans, peintre. Son rédacteur avait commencé à
écrire trente-trois,

mais

il

reprit

le

mot

et

mit trente-quatre, ce qui

rapporte à 1605

la

naissance de notre maître.

que
Il

52

le

second de nos actes paraît assez bien confirmer.

ajoute que Jacques Jordaens lui apprit à peindre (i).

S'il

en

était
:

ainsi

,

ce

serait

le

cas

de

s'écrier

avec

Boileau

Le

vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable.

En ment
celle

effet,

la

manière de Boeckhorst ne rappelle nulleelle tient

celle

de Jordaens, mais

étonnamment de un des

d'Antoine van Dyck. Aussi sommes-nous persuadé
fut

que Boeckhorst
plus
S'
brillants.

un de

ses élèves et certes
la

Les Liggeren de
rien,

gilde anversoise de

Luc n'en disent

mais

nous

ferons

observer

qu'aucun des disciples du grand maître n'y figure
tel
;

comme

mais seulement, lorsqu'ils sont admis à

la

franc-maî-

trise.

Nous saurons

bien quelque jour

la

cause de ce
l'obtint

privilège, qui échut aussi à

Rubens. Jordaens ne

jamais
et

:

aussi ses élèves sont-ils inscrits en cette qualité,

parmi eux ne figure pas Jean Boeckhorst.
Corneille

de Bie a su très peu de particularités conartiste,

cernant notre

qui fut reçu franc-maître peintre,

dans
Il

la

gilde

anversoise de S' Luc, en 163 3- 1634 (2).
le

exécuta, avec

plus grand succès, des tableaux d'his-

toire sacrée et profane,

de mythologie, des allégories,

et
le

même

des

représentations d'animaux et excella dans

portrait (3).

Lorsque
sion

la ville

d'Anvers

fut ornée,

en 1635, à l'occa-

de l'entrée du cardinal infant Ferdinand, avec une

(i) Guldeii cabinet, 254.
(2) Phil.
et

Rombouts

et

Théod. van Lerius,

avocat. Les

Liggemi
II,

autres archives historiques de la gilde anversoise de S.iint Luc, T.

pp. 48 et 56.
(5)

De

Bie, îoco

cit.

magnificence qui n'a
fut appelé à travailler
l'arc

53


Boeckhorst
Il

jamais été surpassée,

aux décorations.

fut

employé à
et

de triomphe érigé près de

l'église S'

Jacques

y

collabora avec Jean Borckgrave, peintre de mérite, devenu

actuellement inconnu (i).
leur rémunération, la

Ils

touchèrent ensemble, pour

somme

de 470 florins (2).

Parmi
fois

les édifices

que

la ville

d'Anvers montrait autrefierté,

aux étrangers avec une légitime
de
S' S'

se trouvait la

chapelle
lières

Joseph de

l'église des

chanoinesses réguet,

de

Augustin, dites Falcons,

par corruption.

Façons (3). Elle avait été fondée, en 1636, par Louis de Roomer, fils de Louis, veuf, à cette époque, de Cathetherine Haecx,
à
l'âge
fille

de David, décédée
Il

le

i

février 1633,
les

de

39

ans.

y
et

fit

transporter

dépouilles
fit

mortelles de sa

femme

co-fondatrice, et s'y

en-

terrer auprès d'elle, après sa mort, arrivée le

28 décembre

1649, lorsqu'il avait atteint sa 59^ année.
Cette chapelle presque entièrement revêtue de marbre
fut consacrée le 19

mars 1637,

fête

de S* Joseph,

et fort

fréquentée par notre population, qui y éprouva plus d'une
fois le

Deux

pouvoir du père nourricier de notre Sauveur (4). poètes célèbres de la compagnie de Jésus, les

(i) Apprenti en 1609-1610, franc-maître en 1626-1627, décédé en

septembre 1648
(2) P.

:

Liggeren cités,

Géxard.

T. I, pp. 455, 637 et 455, note i. Antxoerpsch Archievenhlaâ, T. VII, pp. 50 et 51.
titre

(3)

De

Falco de Lampage. Leur couvent fut érigé sur un fonds qui

lui avait

appartenu. Le

de ce monastère

était le suivant
:

:

Kloosler

van Mariendad, in Faîckenborch, c'est-à-dire

val de Marie, à Faîckenborch.

— Inscriptions funéraires

Couvent du

et

monumentales

de la province d'Anvers, T. IV, pp. 305 et 307.

(4) P.
p, 362.
édit.

Daniel Papebrochius,
J.

S. J. Annales Antvcrpienses, T. IV,
et

G. DiERCxsENS, Antverpia Christo nascens

crescens,

1773, T. VII, p. 236.


Pères

54


et

Guillaume

Becanus (van der Beke)

Jacques

Wallius (van de Walle) composèrent, à cette occasion,
de remarquables pièces de vers
latins (i)

Au-dessus de l'entrée de

la

chapelle se trouvait dans
S'

une niche

la statue d'albâtre

de

Joseph tenant l'enfant

Jésus. L'intérieur était orné de deux autres statues repré-

sentant S* Louis, roi, et
teur et de sa

S" Catherine, patrons du fondaen marbre.

femme

:

elles étaient sculptées

On

y remarquait
des

aussi trois excellentes
la
Sainte.

compositions de
FaïuiUc,
en

Gérard Zegers, représentant
ration

l'ado-

bergers,

et

5"'

Joseph,

averti,

songe,

par

l'ange, de fnir en Egypte, et ce qui

nous intéresse surtout

en ce moment, pas moins de 26 tableaux de toute grandeur,
peints par

notre

Jean

Boeckhorst.

Une de

ces

peintures placée à gauche de l'entrée de la chapelle avait

pour
la

sujet la Faite à

en Egypte

:

la

S**^

Vierge y donnait
S'

main

rEnf;mt Jésus, à côté de qui marchait
les

Joseph.

Des anges
sauvage, où

précédaient en répandant des fleurs. Le

paysage, peint

par Jean

Wildens, représentait un
et

site

s'élevait
toile

un rocher

où croissaient quelle
:

ques sapins. La
5*^

d'en face rappelait
en

Repos de la

Faniille,

dans sa faite
et

Egypte
fruits

des anges
ofîi'aient

y
à

cueillaient

des fleurs

des
et

qu'ils

l'Enfant Jésus et à sa
leurs pas.

Mère
la

semaient des fleurs sur
était

Le

lieu

de

scène

un paysage peint
f-iit

également par Jean Wildens. Descamps
ces peintures.

l'éloge

de

(i^

Papebrochius,
libri sex.

îoco. cit.

Sidronii Hosschii e Societate Jesu

Elegiarum

lia et Elegia;.

Item Guilielmi Becani ex eâdeni Societate IdylParisiis, sumptibus fratrum Barbou. M.D.CC.XXIII,

p.

261, Jacobi Wallii e Societate Jesu
II,

Poematum

libri

novcm.

Même

édition, T.

pp.

174-181.

Les autres tableaux

de

notre

maître

représentaient

divers saints et des sujets tirés de l'ancien Testament. Les

premiers étaient au nombre de seize, douze en buste,

et

quatre en tête seulement. Les bustes rendaient les saints
suivants
:

Augustin; 2° Grégoire-le-Grand ; 3° Mariecelle-ci
et

Madeleine

de Pazzi;

donnée par Gaspard de
bienfaiteur

Roomer,

frère

du fondateur

insigne

des

Falcons, et 4° Anne, cadeau de Jacqueline

de Roomer,

chanoinesse

régulière

de

ce

couvent

(i);

l'Ange

gardien, dû à la libéralité de Marie de

Roomer, également
S*^

chanoinesse régulière

de ce couvent (2); 6°
se

Cécile.

En
don

face

de

ceux-ci
:

trouvaient les saints que nous

allons

énumérer
de

7°Ambroise;
de
et

Jérôme; 9° Christine,
(3)
;

Christine

Roomer

10°

Bernard,

chanoine régulier

archidiacre,

présent
11°

d'Anne
Barbe,

de
et

Roomer,

religieuse de ce couvent (4);

12° Marie l'Égyptienne.

Au-dessous du buste de
tête de S* Pierre; au-dessous

S'

Augustin

était

peinte la

de celui de

S'

Grégoire-le-

Grand,

celle

de
S' S'

S'

Etienne. Vis-à-vis de celles-ci, au bas
le

du buste de du buste de
Les

Ambroise,
Jérôme,

chef de

S'

Paul ; au-dessous

la tête

de S' Laurent.

petits tableaux

dont

les sujets étaient

empruntés
et

à

l'ancien

Testament, étaient au nombre de 8
:

repréde

sentaient

1° 5'

Joscpl)

averti,

en songe, par l'ange,

fuir en Egypte, épisode retracé par Gérard Zegers, dans
la

même

chapelle;

le

patriarche Joseph,

debout près

(i) Elle décéda le 18 juillet 1652.

(2)

Morte

le

23 septembre 1635, par conséquent avant l'érection

de

la chapelle.

(3) Elle passa de vie à trépas, le 29 janvier 1653. (4) Décédée le 10 octobre 1669.

de
son

56

E:^écbias
cl

pérc

Jacob
:

;

k
;

roi

le

prophète

haïe en prières
nant
idoles.
fils

au fond,

Vange

:

du
roi

Seigneur
Josias

extermiles

l'armée des

assyriens

le

brisant

En
roi

face des premiers
;

T)avid embrassant son

KÂbsalon
le

6° la reine de Saba, en présence de
les

Salomon

;

,Asa détruisant
les

idoles ;

8''

le

roi

Josaphat
de

envoyant

prêtres

et

les

lévites

dans

les

villes

Juda

pour instruire son peuple dans la

loi

du Seigneur (i).
petits

Descamps
dit

a fait

l'éloge de
et

ces

tableaux, qu'il
l'art

composés, peints
chapelle,

touchés avec tout
est
Il

possible.

Cette

ajoute-il,

certainement un
a tout

cabinet

précieux de peinture (2).

y
en

lieu
les

de croire que

Jean Boeckhorst

exécuta,

1636,
Elles
le
II,

œuvres

d'art

dont nous venons de parler.
ville

avaient orné notre

fut

pendant 147 ans, lorsque supprimé par l'édit de Joseph

couvent des Falcons

du 17 mars 1783

(3).

Ce monarque,
tifs lui

qui voulait donner des

leçons de piété à

l'église catholique, avait

jugé que les ordres contempla-

étaient inutiles et trouvé
Il

bon de

les

anéantir dans

ses États.

confisqua leurs biens, au profit de sa Caisse
et,

de Religion,

en prince dégagé de préjugés, sans tenir
et

compte des volontés sacrées de Louis de Roomer
sa

de

femme,

il

fit

vendre à l'encan
laquelle
les
le

les

tableaux qui or-

naient la chapelle, dans

fondateurs avaient

élu leur sépulture. C'est ainsi

que

malheureux souve-

(i) Ltscriptions fuitcraircs

et luoiiiiiiientates

de la province- d'Anvers,

T. IV, pp. 326, 331, 338, 341
(2)

et 345.

Voyage

pittoresque de
p. 202.

la

Flandre

et

du

Drahant.

Paris,

M

D.CC.LXIX,
("3)

F. -H.

Mertens, dans
p.

les

Inscriptions funéraires et monuinen-

idlcs citées,

T. IV,

cxviij.


rnin

57
la


révolution dont
la

préparait

les

voies à

maison

d'Autriche devait tant souffrir.

Les 26 compositions de Jean Boeckhorst

firent partie
re-

«d'une collection de tableaux provenant des maisons
ligieuses supprimées aux
(se
fit)

Pays-Bas dont
ci-devant

la

vente se fera
Claires (i) à

au couvent des

Riches

Bruxelles, en argent de change. » Elle devait

commencer,

d'après

le

catalogue,
et
Je

le

12

septembre 1785.

La Fuite

en Egypte

Repos de

la 5'^

Famille en Egypte, par
furent

notre

maître

et

Jean Wildens,
florins à

réunis et adju-

gés moyennant 225

un

certain de

Loose (2).

Les

12 tableaux représentant des bustes de Saints furent par
3

acquis

le
i

peintre

André-Bernard de Quertenmont,
Les 4 têtes de Saints, par un

au prix de

florins (3).

certain Gireau, de Bruxelles, à 9 florins 10 sous (4).
fin les

En-

8 tableaux dont les sujets étaient tirés

de

l'Ecri-

ture Sainte, par le chanoine le Couvreur, de la Cathédrale

d'Ypres,

à

25

florins

(5).

Les

26 peintures
totale de

avaient
florins

produit par conséquent une
et

somme

290

10 sous de change.

Ainsi

la révolution,

personnifiée

par un empereur d'Allemagne, nous dépouillait du précieux cabinet de peinture dont de

Roomer

avait orné la

Ci)

Les ci-devant Riches Claires devaient
II

être

suivies bientôt des

ci-devant rois. Joscpla

était

l'éclaireur

de

la révolution Irançaise

dans ses États.
(2) N"^
(3)

2037

et

2036 du catalogue.

(4)
(s)

N° 2033. N" 2035. No 2034. Tous
biens volés
:

les

tableaux de cette collection étaient évidem-

ment des
été

nous ignorons dans quelle intention ils ont acquis, mais comme nous voyons figurer parmi les acheteurs un

certain

nombre

d'ecclésiastiques et plusieurs personnes d'une

répu-

tation intègre, cela

donne matière

à réflexion.

- 58chapelle de S' Joseph, aux Falcons (i), et mettant d'un

coup en vente

l'élite

de

7060 œuvres

d'art volées

aux

monastères supprimés,
de ses rapines.

elle dépréciait

elle-même

le fruit

Retournons
10

à

Jean Boeckhorst.

Le testament

cité

du

septembre

1639

nous apprend que
en
était

l'artiste

avait

voyagé en
1637.
vu,
Il

Italie,

et qu'il

revenu à Anvers, en

se trouvait en notre ville,

comme nous

l'avons

en

1635

et

fort

probablement l'année

suivante.

Boeckhorst
de l'âge et
juger,

était entré, était

par conséquent, dans la maturité
bien
la

fort

en

état

de comparer

et
le

de
sé-

lorsqu'il visita
si fatal

péninsule italienne, dont

jour fut

à tant d'autres artistes.

Le

même document

nous apprend que notre

peintre

se repentant de n'avoir pas

vu Rome, se proposait de se
Italie et

rendre une seconde fois en

de ne pas manquer,

cette fois, de visiter la capitale de la chrétienté.

D'après

ce qu'il

avait

écrit

à sa mère,

il

comptait se mettre en

route

le

lundi 19 septembre 1639.
avait
fliit

En homme prévoyant, Boeckhorst
tament, avant de quitter Anvers.
Il

son

tes-

fut

rédigé,
et

comme
par
le

nous l'avons

dit, le

10 septembre

1639,

reçu

notaire Barthélemi van den Berghe, le vieux. Cette pièce

commence
(i)

par

les

recommandations ordinaires

à la misé-

Une vue de

cette

chapelle très bien gravée à l'eau-forte par
:

Jacques Neeffs, orne l'opuscule intitulé

De

glorieuse gedachtenisse

van

den H. Joseph.... met den u'onderetimirahûeusen bystandt den welcken hy
hethoont
in syne

CapeUe

tôt

Oiise Lieve Vrouive Dael, ge-naemt

Façons

hinnen Anlwerpen.

Byeciivergadcrt ende

beschreven door

N.

O.,...

y trouve en outre, une gravure de mérite, exécutée par Gérard Mens, d'après Philippe Fruydcrs, et représentant S' Joseph porté au ciel par

Antwerpen, 1662.

On

un groupe de

trois

anges

et

cou-

ronné par l'Enfant

Jésus.

ricorde de Dieu et aux prières de
et

la la

très

sainte

Vierge

Mère de Dieu Marie

et

de toute

cour céleste. L'ar-

tiste

déclare ensuite vouloir être enterré en terre bénite,
fait

mais ne

pas élection de sépulture.

Il

institue

comme
immo-

héritiers de ses
biliers, ses

biens patrimoniaux mobiliers et

quatre plus jeunes frères, Jean (Hans), Guilet

laume, Roger
de donner à
rixdale
et

Herman,

et

sa

sœur

Claire, à charge
et

chacun de ses autres frères
florin d'or.
Il

sœurs une
si

un

devait être entendu que

quelqu'un des plus jeunes frères
venait
à

ou Claire Boeckhorst ou à entrer en

embrasser
il

l'état

ecclésiastique

religion,

serait exclu des

biens patrimoniaux du testa-

teur et devrait aussi
florin d'or.

se contenter

d'une rixdale et d'un
et à

Sa part accroîtrait à ceux de ses frères
le

sa

sœur

qui seraient restés dans

monde.

Il

résulte de

cette partie

du testament, que

la famille

des parents du

maître

était

nombreuse

et

que plusieurs de leurs enfants

s'étaient

f:iits

ecclésiastiques
se

ou

religieux.

Le document
meurant
héritiers
1ers (i).

termine par un legs en faveur de
fille

Clémence (Mensia) Montoy, jeune
à

célibataire, de-

Anvers,

à

laquelle

Boeckhorst charge

ses

patrimoniaux de payer cent cinquante rixda-

L'artiste

fit

le

31 octobre 1654

un second testament,
Le maî-

qui fut reçu par le notaire Jean-Baptiste Colyns.
tre

y dispose d'abord des biens patrimoniaux et autres qui lui appartenaient en Westphalie et dans le pays de
Clèves.
Il

les

lègue

à

ses frères et

sœurs (2) qui sont
le

(i)

Protocoles du notaire Barthélemi van den Berghe,

vieux, aux

archives de la ville d'Anvers, registre de 1639, P- cccxcj. (2) Sic. Le testateur entend parler ici sans doute de
Claire.

sa

sœur


restés

6o


représentation, à
le

dans

le

monde
le

ou,

par

leurs

enfants
cas,

ou

petits-enfants

qui se trouvent dans

même

voulant que
et

partage se
têtes.
Il

fasse à portions égales,

par souches,

non par

exclue de sa succession

tous ceux qui, avant sa mort ou avant la pleine exécution

de son testament, viendraient à embrasser quelque
ecclésiastique

état

que ce

fût.

L'exécuteur de cette partie de ses dispositions de dernière

volonté

devait

être

le

plus âgé de ses frères qui
et

seraient restés dans le

monde,

qui jouirait du chef de

cette administration, d'une portion double.

Boeckhorst possédait
rapportaient à son

à

Munster des meubles qui

se

art, tels

que tableaux, gravures, desle

sins, Hvres, etc., ce qui

prouve que
Il

peintre résidait
objets

parfois dans cette ville.

ordonna que tous ces

seraient transportés à

Anvers

au plus offrant, en

même

et qu'ils y seraient vendus temps que ses tableaux et

œuvres

d'art qu'il posséderait

dans cette dernière

ville,

et sa garde-robe.
Il

ordonna que

les

deniers qui proviendraient de cette
qu'il délaisserait
et

vente, l'argent

comptant

celui

qui

rentrerait, par suite

de remboursements d'obligations ou
placés
le

de rentes,
thèques.
Il

seraient

à

Anvers sur bonnes hypoet

voulut que

revenu de ces sommes

de ces

obligations et rentes

serait
et

touché par
Pétronille

les

sœurs Clé-

mence (Mensia), Marie

Montoia ou Mon-

toy, leur vie durant et tant qu'une d'elle existerait.

supposons que ces personnes prenaient soin
de
l'artiste.

Nous du ménage

Après leur mort,

la

pleine propriété de ces biens re-

viendrait aux frères et
leurs

sœurs laïques du testateur

et à

représentants.

Entretemps l'administration de ces

6i

revenus

était confiée,
la

en tant que de besoin, à Clémence
les

Montoy, après
vantes

mort de laquelle
s'accorder
à

deux sœurs survi-

pourraient

cet égard

comme
à

elles

l'entendraient.

Boeckhorst

légua,

en
et

toute

propriété,
;

Clémence

Montoy
nille.

ses

meubles

son linge
ses

à son défaut, cette
et

disposition devait profiter à

sœurs Marie

Pétro-

L'artiste

nomma

exécuteur testamentaire des disposi-

tions qu'il avait

prises,

quant à ses œuvres
ses

d'art, à

son

argent comptant et
Leerse, marchand
tion.
Il

à

rentes,

le

signor Sébastien

à

Anvers, avec
héritiers de

pouvoir de substitului

ordonna
sans

à ses
la

obéir ou à son
Il

remplaçant,

moindre contradiction.

légua à

son exécuteur, en récompense de ses peines, un portrait

de

femme

(ecii

vrouwmt rouie) d'Antoine van Dyck,

qu'il

avait

marqué de son cachet comme devant

servir à cette

disposition (i).

Que

Boeckhorst, voulant retenir ses biens dans sa

fit-

mille, ait

exclu de sa succession ses frères et sœurs qui
le

avaient embrassé l'état religieux, on
qu'il
ait

comprend. Mais

étendu cette exclusion à ceux de ses frères qui,

restés dans le

monde, auraient reçu

la prêtrise, cela

ne

se conçoit guère, à moins qu'il n'ait craint qu'après leur

mort, une partie de leurs biens
et
ci.

passerait à leurs frères

sœurs

religieux, et,

par suite, aux couvents de ceuxla

Connaissant,
il

du

reste,

position

de

fortune

des

siens,

a

pu juger que

ses frères ecclésiastiques

pou-

(i) Protocolles

du notaire Jean-Baptiste
p.

Colyns,

aux archives

communales d'Anvers, année 1654,

372.


valent vivre

62


état,

honorablement, selon leur

sans

avoir

besoin de sa succession.

Quoi
qu'il
))

qu'il

en

soit,

les

testaments du maître prouvent
était
«

clairement

comment Descamps
que
Boeckhorst

mal informé,

lors-

écrivait

pendant toute sa vie
celui d'abbé (2) ».

n'avait porté d'autre habit

que

Le

6 août

1659

était

décédée Marie Snyders, maîtresse
et

de l'infirmerie du Béguinage d'Anvers,

sœur de Frandu graveur
enterrée dans
fut

çois Snyders, le célèbre peintre d'animaux, et

de mérite Michel Snyders
l'église

(3).

Elle

fut

du Béguinage,

et et

son souvenir y

perpétué

par

une inscription

un triptyque de notre maître,
la Résurrection,

placés au
sujet
sion,

chœur. Ce triptyque représente
L'ordonnance

central, Vuiwioiiciaîiou, volet de droite, et

Y^sccntableaux

volet

de
la

gauche.

de

ces

est

conçue de

manière suivante.
la

Au
le

milieu du prin-

cipal, le

Sauveur tenant

croix et

drapeau du triom-

phe, s'élance de son tombeau, dont

la

pierre est retournée.

A

gauche,

trois

gardes

saisis

d'épouvante,

dont

un

s'enfuit.

Un

chien accourt près de ce groupe.
soldat.

A

droite,

un quatrième

A
de

l'Annonciation, l'ange Gabriel, portant une branche
est agenouillé

lis,

devant

la

Sainte Vierge, qui se tient
fait

également à genoux sur un prie-Dieu. Marie
dre cette réponse au messager divin
»
:

enten-

«

Voici

la

servante du

Seigneur, qu'il

me

soit fait selon votre parole. »

Dans

le

(2) La vie des peintres flamands, M.D.CC.L.IV, T. II, p. 172.
(3) Elle avait été

atteniands et

Imllandois.

Paris,

tenue sur

les fonts

baptismaux de

la cathédrale le

16 mars ij88, par Léonard Goossens et Marie van der Vorst. Marie

Snyders

était fille

de Jean

et

de Marie Ghysbrechts

(et

non Plaetscn)

qui s'étaient mariés à St« Walburge, le 8 janvier 1576.

ciel, le S'

63

mère du Verbe incarné.
on ne
ciel.

Esprit

plane sur

la

Au
que

volet de gauche, le Sauveur, dont

voit plus

les

jambes

et

la

tunique,

monte au

Plus bas

sont représentés les deux anges, l'un et l'autre assis sur

un nuage.

Ils

adressent aux apôtres dont
:

les

3'eux sont

dirigés en haut, ces paroles
»
» »

«

Hommes
ciel ?

de Galilée, pourJésus qui vient

quoi restez-vous regarder

le

Ce

d'être enlevé d'au milieu de vous,

pour y monter, en
avez vu
aller. »

reviendra un jour

comme
l'éclat

vous

l'y la la

Ces tableaux
position et

se distinguent par
et

beauté de

la

coma

du dessin,

vigueur du

coloris.

Ce sont de

véritables chefs-d'œuvre,

que Descamps

jugés, avec raison, être dignes d'Antoine van

Dyck

(r).

L'inscription suivante se

lisait

autrefois au-dessous de

ce tryptique

:

Sépulture van Jffrou Maria Snyders
IN

HAREN TYDE MeESTERESSE VAN DE IXFIRMEREY

OUT SYXDE 71 lAREN
STERF DEX 6 AUGUSTUS ANNO 1659.

BiDT VOOR DE SIELEN (2).

La plaque de
disparu, lors

bois qui
la

contenait

ce

souvenir pieux a
la fin

de

tourmente révolutionnaire de

du

siècle dernier, qui visita,

pour

la

dévaster, l'église du

(i)

Op.

cit.,

T.

II, p.

173.

(2)

Sépulture de mademoiselle Marie Snyders, de son vivant Maîl'infirmerie. Elle

tresse de

mourut âgée de
dans
la

71 ans, le 6 août 1659.

Priez pour l'âme.

Marie Snyders
à la précédente.

fut enterrée

grande nef de

l'église

du Bé-

guinage. L'inscription de sa pierre sépulcrale est à peu près semblable

Inscriptions funéraires et mouiitnentales de

h

pro-

vince d'Anvers, T.

V, pp. 426

et

459.

-64Béguinage.
blie.
Il

serait à désirer

que

l'inscription

fut

réta-

Vers 1660, François Hillewerve, chanoine du chapitre de
la
le

cathédrale d'Anvers, avait acheté de Pierre Meulewels,
jeune,

un Sauveur

et les dou:^e apôtres,

vendus
procès

comme
s'était

des originaux

d'Antoine van Dyck.

Un

élevé à cet égard, et le témoignage de Jean Boeckhorst

y fut invoqué. L'artiste déclara, le 23 novembre 1660, que les tableaux en question n'étaient pas des originaux
d'Antoine van Dyck, mais bien des copies retouchées par
le

maître, qui

avait

appliqué beaucoup de retouches à
et très

quelques-unes de ces peintures

peu
le

à d'autres(i).
et se

Boeckhorst habitait, à cette époque,
dit

Hopland,

âgé de 50 ans, tandis qu'il

en avait réellement 55.
était

La réputation de notre maître
et

grande. Ainsi avant
l'excellent

après

la

conclusion
le

du marché,
fils

peintre

Jean Brueghel,
lours,

jeune,

de Jean Brueghel, de VeHillewerve

conseilla-t-il

au

chanoine

de

faire

retoucher par Boeckhorst ou Théodore van Tulden, un
des plus brillants élèves de Rubens, trois de ses tableaux
qui étaient inférieurs aux autres (2).

La

dette mortuaire de Jean Boeckhorst figure
le

comme
sui-

payée dans

compte de
au
18

la gilde

de

S'

Luc, du 18 sep-

tembre

1667

du

même

mois de l'année
de

vante (3).

D'après une

découverte

feu notre aïeul

(i)

Boeckhorst n'admettait donc

comme
non

originaux que les tableaux
copies exécutées par ses

entièrement peints par un maître

et

les

élèves et auxquelles l'artiste avait porté la dernière main.

(2) L. Galesloot.

Un

procès pour une vente de tableaux attribués

à Antoine van Dyck, Annales de l'Académie d'archéologie de Belgique, 2e série, T. IV, pp. 581 et 600.
(3)

Liggeren

cités,

T.

II,

p.

581.

par alliance,

65

l'artiste

M.

Jean-Baptiste van der Straelen,

décéda
époque,

le le

21

avril

1668,
Il

et

habitait

encore,

à

cette

Hopland.

fut

inhumé dans
les

l'église S'

Jacques.

Cette découverte est d'autant plus importante que l'année

1668 présente une lacune dans

registres

d'enterre-

ments de
ville

cette paroisse qui

sont

conservés à l'hôtel de

d'Anvers.

Boeckhorst mourut célibataire.

La révolution
tableaux

française

nous

fit

perdre plusieurs beaux
ornaient
l'église

de notre

maître.
et

Deux

des
en

Carmes déchaussés
Egypte, dans
peint par Pierre

représentaient,

l'un, la Fuite

un paysage que Descamps indique comme
de Witte,
le

jeune.

Le second

avait

pour

sujet

une ^Apparition du prophète Elie à

S^" Thérèse.

Un

portrait

du cardinal

infant

Ferdinand,

conservée

à

l'hôtel

de

ville,

disparut également à cette époque.
la

Malgré ces pertes regrettables,
sède encore, outre
le

ville

d'Anvers

pos-

triptyque de l'église du Béguinage,

un

certain

nombre de compositions de Jean Boeckhorst.
elles

Quatre d'entre
après
l'église

sont exposées publiquement. L'une,
l'autel

avoir

décoré

de

la

Sainte

Croix

dans

aujourd'hui

démoUe

des Bogards, orne

actuellereli-

ment
gieux

celle

de

S'

Augustin, ancienne propriété des
établis

ermites

sous

l'invocation
d'art
a

de

l'illustre

évêque d'Hippone.
S^^

Cette

œuvre

pour

sujet

Hélène tenant la vraie croix.
la

A

l'avant-plan, la
et

sainte

debout,

couronne en

tête,

richement parée

revêtue

du manteau impérial,
elle

tient l'instrument

de notre salut;

contemple

le

ciel,

dans lequel apparaissent

deux

anges.
tée,

Dans

la partie

inférieure

du

tableau est
S'-"

représenCroix.
5

en petites figures,

V Invention de la

La


composition, l'expression,

66


le

le

dessin et

colons de cette

peinture sont de toute beauté.

Le second tableau enlevé Le
Coiironneinent ch
la
5"-'

autrefois à l'abbaye
le

de

S'

Bernard sur l'Escaut, orne actuellement
Vierge

musée d'Anvers.
est

y

figuré de la

manière suivante.

Au

centre, la S"" Vierge est agenouil-

lée sur le croissant de la lune.
assis, le

A

gauche. Dieu

le

Père

sceptre à la main, considère Marie.
tient

A

droite, le
et,

Sauveur debout
le bras

d'une main

la

couronne,
laquelle
le ciel

dans

gauche,

sa

croix, autour

de

voltigent

deux anges.
deux

Le

S^ Esprit

plane

dans
la

entre

les

personnes

divines.

Près

de

S"^
et,

Vierge
plus
bas,

sont

représentées
esprit céleste

quelques

têtes d'anges,

un

de grandeur naturelle

et

dix autres, sous

la figure d'enfants ailés.

Quelques-uns de ceux-ci tiennent
:

les

emblèmes suivants de Marie
Dieu

le

miroir de justice,
lis

la

rose mystique, l'étoile du matin, le
L'artiste a figuré
le

entre

les épines.

Père moins vieux que d'habi-

tude, et le

caractère divin de
la S""

Dieu

le Fils n'est

guère

prononcé. Par contre,

Vierge

est

admirable d'ex-

pression et de pose, et les anges de toute beauté rappellent

ceux d'Antoine van Dyck. Aussi

le

célèbre peintre

Guillaume-Jacques Herrejms,
d'Anvers,
tableau.
11

directeur

de

l'académie

faisait-il

avec raison le plus grand cas de ce
et

est

de dimensions considérables

mesure

3

mètres 84 centimètres en hauteur sur 2 mètres 29 centimètres en largeur.

Un

autre Couronnement de

la

S^^ Vierge,

peint dans

de médiocres proportions, orne

le local

qui sert de dépôt
refuge, au

de chaises à

la

chapelle de

Notre-Dame du
un nuage.

marché aux
Marie y

Souliers.

est agenouillée sur

A

côté

d'elle

est représenté

67

Il

Dieu
le

le

Père, en habits pontificaux, tenant

de

la

gauche

globe terrestre.

tend de
la tète
lui

la droite

une

couronne de laurier au-dessus de
Sauveur
;

de
à

la
la

Mère du
déposer
supé-

Jésus debout s'apprête avec

sur son front.
rieure

Le

S' Esprit

planant dans

la partie

du

tableau, associe toute la Sainte Trinité à l'honpetits
:

neur rendu à Marie. Trois ravissants
la

anges ornent
d'autres

partie

inférieure

de

la

composition

sont

représentés en divers endroits.

Les mains des figures de cette remarquable peinture
sont très-bien peintes.
Il

est à regretter qu'elle se

trouve

dans un état délabré

et

dépourvue de cadre.

Un

tableau de Jean Boeckhorst représentant la Sainte

Trinité

orne

l'autel

de

la

chapelle

de

la

maison des
le

orphelins (Kucchtjcshuis).
sur des nuages,
abaisse

A

gauche, Dieu

Père

assis

d'un geste de

commandement
le

son sceptre vers

la terre,

dont on aperçoit

globe, et
le

semble prononcer ces paroles, à l'adresse de Dieu
Fils
»
:

«

Asseyez-vous à

ma

droite, jusqu'à ce

que

j'aie ré-

duit vos

ennemis à vous

servir de marche-pied. » Jésus

revêtu en partie d'une draperie rouge, et tenant la croix

dans

le bras

gauche, est
S'

assis à

la

droite

de

la

divine

Majesté.

Le

Esprit
Fils.

apparaît au milieu d'une gloire,

entre le Père et le

Trois anges des plus gracieux
ils

portent

le

nuage sur lequel

sont

assis.
la

Le

ciel sert

de fond à ce tableau, dont
le

couleur est

vigoureuse, et qui se distingue par
sion et du dessin.

mérite de l'expres-

La Fondation du chanoine Chrétien Terninck (Terninckschc
schoûl)

ne possède pas moins de

quatre

tableaux

originaux de Jean Boeckhorst et une copie de Rubens, de
sa

main ;

trois

de ces compositions représentent

les vertus


théologales.

68
la


tête
est

La Foi,

dont

entourée d'une

auréole, est vêtue de blanc.

Sa main droite repose sur
est plantée
le

un
sur

livre
le

:

sa

main gauche

tient la croix qui

globe terrestre, autour duquel s'enlace

serpent

dont
la

la

gueule

est retournée.

Une colonne

représentant

Force orne cette peinture magistrale qui se détache

sur

un

ciel bleu,

L'Espérance vêtue de vert, est assise sur un fragment
de navire,
l'attitude
les

regards au ciel et les mains

jointes,

dans

d'une suppliante. Près du navire se trouve une
est

ancre.

Le fond de ce tableau
couverts de

un

ciel

bleu aux nuages

ensoleillés,

brume. La Charité vêtue d'une
et bleuâtre,

robe de

couleur rouge

qui

se détache sur

un habillement de dessous
muraille, sur

blanc,

est

assise

devant une

un

socle.

Sa main droite repose sur son

genou,
elle.

la

gauche touche un enfant qui se dirige vers
gauche se trouve un second enfant qui lève
ciel et se dirige

A

sa

les

mains au

vers elle, portant

un cœur

enflammé.

Un

troisième enfant qui regarde malicieuses'appuie

ment
Ces

le

spectateur,

du bras

droit sur le socle.

trois tableaux sont des

chefs-d'œuvre.
mérite pas moins cette

Une quatrième composition ne
qualification. Elle a

pour

sujet

la Reine de

Saha dans

le

palais

de

Saloinon.

Cette

souveraine

est

représentée

comme
et

une Mauresque, vêtue d'un habit de satin blanc

chaussée de souliers de

même

couleur,

liés

avec des
le

nœuds

rouges. Elle se dirige avec empressement vers

trône de Salomon.
teint n'a rien

Deux

belles

jeunes femmes, dont le
la

de noir, relèvent

queue de

sa robe.

On

remarque

à côté d'elles,
la

un Maure

habillé tenant

un per-

roquet sur

main

droite, et de la gauche,

un parasol

qu'il élève au-dessus

des deux suivantes. Devant lui se

trouve une jeune
plat

69

de
vert et

femme

vêtue

qui tient

un

couvert de fleurs.

A

gauche,

un

serviteur, le dos

et les bras nus, se

penche vers un beau vase d'argent.

Près de

sont figurées trois personnes de la suite, dont
la tête.

on n'aperçoit guère que

A

droite

Salomon debout

sur son trône, couronné et couvert d'habillements magnifiques, s'incline vers la reine;

un page

relève son
à
les
la

man-

teau.

Deux
est

lions sculptés ornent le

trône,

gauche

duquel

rangée

la

garde du roi

et

dont

degrés sont

couverts de précieux tapis qui se terminent à l'entrée du
palais.

A

l'avant-plan de droite se tient
étalés

un

lévrier.
là.

Deux
:

plats et
ciel et

un vase d'or sont
quelques

près de

Fond

le

colonnes

auxquelles
le

est attachée

une

draperie rouge qui

domine

trône.

La copie peinte par Jean Boeckhorst, d'après PierrePaul Rubens, a pour sujet
Je

Jugement dans

de

Salonwii.
attitude

Le
de
la

monarque

assis

sur

son trône,
à

une

commandement, ordonne
jambe l'enfant vivant, de
le

un

soldat qui tient
parts.

par

couper en deux

La

véritable

mère

se

récrie, tandis

que

la fiiusse pré-

tend recevoir sa moitié. L'enfont mort gît à l'avant-plan.

Quelques courtisans
vieille

se tiennent

à côté
la

du trône. Une

femme

est figurée

près de

mère supposée. La

scène se passe dans un bâtiment orné de colonnes.
Cette copie est excellemment exécutée.

Nous nous bornons
du maître que possède
ornent
des
églises

à

cette

description des tableaux

la ville

d'Anvers. Plusieurs autres
galeries
ainsi

de

Flandre, les
à

du Belvé-

dère (i) et de Lichtenstein

Vienne,

que

celle

de Sleissheim.
(i)

Le Catalogue de M. Albert

Krafft (édition de 1853), appelle le
(p.

maître

Rémi Langjan

et le fait

mourir en 1670^

66, n" 10).


comme nous

70


revue
l'allégorie.

Les compositions que nous avons passées en
appartiennent à l'histoire sacrée et à
horst,

Boeckl'histoire

l'avons

dit,

peignit aussi

profane, le portrait, et
ajouter la mythologie.

même

les

animaux. Nous pouvons

Diego Duarte d'Anvers possédait
1682,
l'effigie

à

Amsterdam, en
:

d'une

femme
main.

tenant un miroir

elle était

peinte par Pierre-Paul Rubens, mais notre artiste en avait

exécuté

le

corps et

la

Il

en avait

fait

de

même

à

un

portrait

du bourgmestre Nicolas Rockox, également
par Rubens et qui appartenait au

commencé

même

pro-

priétaire. Celui-ci possédait l'épisode de Clélie à

cheval,

entièrement peint par Jean van Boeckhorst et qui avait
coûté 300 florins (r).

Nous voyons mentionnés,
logues

entre autres,
Sept
Péchés
le

dans

les cata-

de Gérard Hoet,

les

capitaux,
13

qui

furent vendus

80

florins, à

Amsterdam,

mai 17 16,
21

chez Jean van Benningen.

Une

Vanité,

accompagnée de
la

cinq génies nus, adjugée à 20 florins, à
juillet

Haye,

le

1734, lors de

la

vente de

la collection
et

de Conrad
satyre
:

baron Droste.

Une Vénus

endormie

un

ce

tableau fut acquis
le

moyennant 100

florins, à

Amsterdam,

31 octobre 1739 (2).

Une

toile représentant trois petits

chevaux peints par
le

notre maître fut vendue 10 florins, à Anvers,

19 août

1749, à

van Haelen (3). Les catalogues pubhés par Pierre Terwesten signalent,
la

mortuaire

d' Anne-Thérèse

(i)
te

Frederik Muller. Cataîogus der schilclerijen van Diego Duarte, Amsterdam in 1682, met de prijieii van aanhoop en taxatie. Onde
Op.
Op.
cit.,

Tijd, iSyo, nos 55^ 56, 118.
(2)
(3)

T. T.

I,

p. p.

cit.,

II,

202, no 48; p. 423, no 7; p. 611, no 47. 259, no 53.


entre autres,

71


le

un

portrait
florins

de femme, exécuté par Boeck-

horst et vendu 22

de change,

19

septembre

1746, à

la

mortuaire de Gérard Vervoort, à Bruxelles.

Un
de

autre portrait, sans désignation de sexe, rapporta 21

florins 6 sous argent courant

de Flandre, à

la

mortuaire

M. Gaspard d'Heyne,

seigneur

de Leeuwerghem,

Elene, etc.^ dont les

tableaux furent vendus à

Gand,

le

26 octobre 1761 (i).

couleur de Boeckhorst, figurant
Elle

Le peintre Pierre Snyers possédait une esquisse en un paon et une biche.
forma
le

numéro 180 du catalogue de
22 août

ses

tableaux,
et

qui furent vendus à Anvers, le
suivants.

1752

jours

D'après Jacques van der Sanden, secrétaire de l'ancienne académie d'Anvers, Boeckhorst aurait exécuté des
patrons de tapisserie,

pour un membre de

la fimiille

de

Wael, de notre
Sources
de
S'

ville (2).

:

Registres des paroisses d'Anvers.

Archives de

la gilde

Luc.

Note de M.

Jacques van der Sanden.

— Archives

J.-B.

van der Straelen.
de
la ville

Notes de

d'Anvers.

(i)
(2)

Op.

cit.,

T.

III, p.

46, no 56 et p. 244, n" 94.
juillet

Cette notice est datée du 22

1875.

QUIRIN BOEL, LE VIEUX
(en flamand Corijn ou Quirijn

BOEL, de oude)

(1589-1633) (i).

^orsque

le

célèbre

Alexandre Farnèse, duc de

Parme, eut

entrepris, au

mois de

juillet

1584,

les

.premiers travaux du

siège d'Anvers,

plusieurs

habitants de cette ville s'empressèrent de la quitter et de

chercher un refuge ailleurs.

C'est

ce qui résulte d'une
juillet

ordonnance du magistrat, en date du 17
année-là.

de cette

Une proclamation du 29 décembre
parmi
les

suivant

mentionne

personnes qui

avaient

pris ce parti, Qiiirin

Boel, que la Providence destinait à être la souche d'une
famille d'artistes célèbres.

Après

avoir été

rappelé

en

vain dans nos murs, à

deux reprises
il

différentes sous la
était

menace de
à la date

pénalités très-sévères,

encore absent
troisième

du 28 janvier

1585, époque d'une

(i) Voici le

sommaire de nos notices sur
vieux, (1589-1633). jeune, (1620-166.?).

la famille d'artistes 'Boel,

Qidrin

'Boel, le

Ouirin Boel,

le

— Jean (1592-1640). — — Pierre Boel, (1622-1674). —

Boel

:

Jean-lSaptiste 'Boel, (i6^o}-i6S8-i68<)). —'Balthasar-Lnc Boel, (165 1-

1702-1703).

Nous

rectifions,

dans ces biographies, plusieurs erreurs graves que
le

nous avons commises, dans
de 1857,
'-'^

Catalogue du musée d'envers, édition

"-^'^iis

le

Supplème)il à cet ouvrage, publié en 1863.


proclamation
vers
(i).
la
Il

73


cette ville, qui

ne retourna probablement à Aneut
lieu

qu'après

reddition de
suivant.

au mois

d'août

C'est
,

vers

ce temps-là qu'il
très

épousa

Marie

Pelgrom

issue

d'une

honorable

famille anversoise. Elle lui

donna

six enfants, qui furent
:

tous baptisés dans notre cathédrale

Catherine,

le

i8 janvier 1587
figure,

;

elle

eut

pour par^^

rain

Henri Pelgrom, qui

en 1577, ^^^

tableau

du corps distingué des aumôniers de notre
pour marraine, Marguerite Petitpas.
2° Q.uirin,
kaert,
le

ville (2),

17

avril

marraine,
la

Catherine

1589 ; parrain, Jean SpeecPelgrom. Il pratiqua avec

succès

gravure au burin.

Quoique son père

portât le

même
le

prénom, nous avons appelé notre
le

artiste

Quirin

Boel, le vieux, pour
jeune, qui fut

distinguer de son neveu Quirin,
et à l'eau-forte

un graveur au burin
30

de

beaucoup de mérite.
3° Henri, le
juillet

1590, tenu par François PelD'après

grom

et

Catherine Segers.

un

acte reçu

le

3

novembre 1623, par les échevins d'Anvers Alexandre van der Goes et Henri de Clerck, il se trouvait, en
1622, à Coïmbre, en Portugal,
lors
et

son père

était

décédé,

de

la

passation des lettres scabinales (3).

4° Jean, le 5 juillet 1592; parrain Jacques Vervloet,

(i) P. GÈr<iARD. Aulwerpsch ArchievenbJad,T.'.lV,^p. 158, 202-204. (2) Dry-honderd-vyftig jaerig jubilé der heriigte instelUnge van den
dienst der agtbaereHeeren ^elmoessenieyen der slad ^nliverpen, gevierd

den vyfden van Winter-niaend mdcccviii,

bl.

58.

Henri Pelgrom mourut
des Récollets.

le

19 août 1587 et fut enterré dans réglise

Inscriptions funéraires et monumentales de la province

d'iAnvers. ^Anvers, T. VI, p. 197.
(3) Protocoles scabinaux d'Anvers, sub

Kimpe, 1623,

p.

315.


grom.
Il

74

marraine Claire Pelgrom, représentée par Christine Pelfut

un graveur de mérite.
décembre 1594, le 12 décembre 1596. Nous croyons

5° Basilie, le 6
et 6°

Adrienne,

inutile

d'indiquer leurs répondants de baptême, parmi

lesquels

on compte deux Pelgrom.
les

Nous connaissons maintenant
et les

parents, les
le

frères
Il

sœurs du graveur Quirin Boel,

vieux.

se

fiança, le

27 décembre 16 16, avec Elisabeth de Cuyper,
le

qu'il épousa,

15

janvier suivant, dans l'église de S^^

Walburge, à Anvers, en présence de Quirin Boel, son
père,
et
la

de Jean

de Cuyper. L'artiste habitait à cette

époque
Il

paroisse de

Notre-Dame.

eut d'Elisabeth de
la
;

Cuyper quatre

enfants, qui furent

tous baptisés dans
le

cathédrale, quartier nord. 1° Marie,
parrain, Jean de Cuyper, marraine,

10 octobre 1617

Marie Pelgrom, femme ou veuve de Quirin Boel, aïeule
de l'enfant; 2° Elisabeth,
le

7

novembre

1619. Elle
et

fit

profession au Béguinage d'Anvers, en 1637,
le

mourut
et

13

novembre 1670
le

(i). 3° Jean, le 16
15

mai 1622,

4° cru
ces

un second Jean,
inutile

novembre

1623.

Nous avons

d'indiquer les
;

parrains et les marraines de

enfants
et

ils

appartiennent en majorité aux familles

Pelgrom
de
ni

de Cuyper.
le

Quirin Boel,
la gilde

vieux, n'est inscrit dans les
ni

registres

de

S*

Luc d'Anvers,
a

en qualité d'apprenti,
la suite

en

celle

de franc-maître. Michel Bryan qui, à

de Huber

et

Rost(2),

changé à
et

tort le

prénom de notre
province d'^Anvcrs.

(i) Inscriptions funéraires
t^'invcrs,

moninncntales de

la

T. V, pp. 441 61486. (2) M. Huber et C.-C.-H. Rost. Manuel (Je l'art, Zurich, 1801, T. V, p. 244.

des curieux et des amateurs


graveur,

75


le

comme nous
les

le

verrons à l'instant,

croyait,

comme

auteurs cités, élève des Sadeler, opinion qui

a été depuis généralement admise^ sans

examen.
et

M. Jean-Théodore-Joseph
graveur, à Anvers, excellent

Linnig,

artiste-peintre

connaisseur d'estampes, a
celles

comparé avec nous
d'Adrien CoUaert,

les
et

œuvres de notre Boel avec

de cette comparaison est née pour

nous deux
Quirin.

la certitude

que

celui-ci fut le maître

de notre

Bryan
Rost,
le

a

donné à notre Boel,
Corneille,

et

d'après

Huber

et

prénom de
le

parce

qu'une
:

planche
Cornélius

représentant
Boel fecit.

Jugement dernier, serait signée
si

Nous ignorons
Mais
si

l'auteur anglais a
est

vu l'œuvre

dont

il

parle.

son assertion

fondée, nous

n'hésitons pas à dire qu'elle est

le résultat

d'une erreur

commise par le graveur des lettres de l'estampe en question.

En

eifet,

toutes les autres productions de notre maître

sont invariablement marquées C. Boel.
cette lettre est la
çais

Nous savons que
(en français
ait

première du prénom Corijn, (en franbien que
le

duirin,)

aussi

de

Cornelis,

Corneille). Mais de Bie,

plus

ancien

auteur qui
le

parlé, à notre connaissance,

de notre Boel,

désigne

comme Q.
prénom
l'endroit
VcXnius,,

Boel, à la

page 42 de son Gulden cabinet van
.

de edel vry schilderconst

Or, ce

O
a

est bien
il

l'initiale

du

Quiriju, qui répond à Corijn, et
cité,

s'agit bien, à

de

l'artiste

qui

gravé

d'après

Otho

et qui est celui

dont nous nous occupons (i).

(i)
ters

MiCHAEL Bryan. <A
il

blo^rapbical
I,

and

crilical dictionary

of pain-

and engravers. London, 1816, T.

p. 142.

à notre Boel,

n'a fait guère que copier

Dans l'article consacré Huber et Rost.
la

(i) Elle figure dans l'ouvrage cité,

immédiatement avant

pre-

mière planche.

Nous

ajouterons

que nous avons recherché

dans

les

anciens registres des baptêmes et
roisses d'Anvers, tous
les

des mariages des pa-

Boel qui s'y trouvent

men-

tionnés, et

que nous n'y avons pas découvert un seul

Corneille, dans tout le cours du

XVP

siècle. Il est certain

néanmoins
Boel,
et

qu'il a existé,

à cette époque, un Corneille

que

celui-ci

a

eu

môme
Amorvm

des

relations

avec

Otho
à

Vasnius.

En

effet, les

cmblemata, pubUés

Anvers, en 1608, par ce maître, renferment une pièce
lui

de vers flamands, qui

est adressée

et

qui porte

la

signature Corndis Boel (i). Elle est

imprimée immédialatines

tement après
offertes,

la

série

des

poésies
à

qui

furent

à

cette

occasion,

Otho Va^nius, par Hugo
et Phil.

Grotius, Daniel Heinsius,
nius,

Max. Vrientius

Rubele

ou Rubens,

le frère

du grand Pierre-Paul. Sauf

dernier, tous ces auteurs étaient étrangers à notre ville.

En

était-il

de

même

de ce Corneille Boel

?

C'est ce que

n'ont pu nous apprendre nos recherches.
Qiioi qu'il en
Boel.
Il

soit,

nous retournons à
la carrière artistique

notre Qiùrin
par

débuta dans

un coup
effet,
il

de maître. Otho Vœnius
gravure

lui

avait

confié, en

la

des emblèmes que, dans sa jeunesse,

avait

composés sur l'amour
en 1608, sous
le titre

(i). Cet ouvrage parut à Anvers,
:

Aiiwrvm

emhlcinata, figvris
.

amis

incisa stvdio Othonis

AntVanI Batavo-Lvgdvnensis Pnntaut apvd Hiôronymvm vcrpice, venalia apvd Avctorcin du savant Laurent L'approbation M.DC.IIX. Vcrdvsseu.
.


la

Beyerlinck, licencié en théologie, chanoine de

cathé-

(i) Cette dernière particularité résulte

de

la

dédicace de Vasnius à

Guillaume de Bavière ou van Beycren (Bavarus) seigneur de Holinchoven, chevalier. Elle
ficrure

en tête des tAiiiorvin onhlcuiaUi.


drale

77


livres,

d'Anvers

et

censeur

des

est

datée

du

3

des calendes de décembre 1607, date qui correspond au

29 novembre.
vre qui ornent
125,
regni

Il

le

y est fait mention des planches sur cuivolume. Celles-ci sont au nombre de
gravure intitulée
tvi,
:

y compris
est

la

Trob qvanta poîentia
Cupido

Venvs aJina

qui se

trouve en foce du petit
:

poème flamand

et français, intitulé et
le

tôt

de leugbt,

Cupidon à la hunesse. Huber
des œuvres de Q.uirin Boel, sont pas dénuées de mérite.
assez
la

Rost, parlant, en général,
vieux, disent qu'elles ne

Nous
la

préférons à cet éloge

maigre, l'appréciation de Bryan. Cet auteur loue

transparence et l'élégance de
reconnaît

manière du maître

et

lui

un mérite considérable. En
celle

effet, les es-

tampes des
yeux,
et

Aiiiorviii einhJeuiata,

que nous avons sous

les

dont

de

la

page

i

est signée C.Boelfecit {i),
et

sont pleines de vie et de

mouvement,
Et

exécutées d'une

pointe

légère

et

spirituelle.

nous n'avons pas de

moindres éloges
l'artiste qu'il

à

donner aux autres productions de
permis d'examiner.
ans, à
avait

nous

a été

Quirin Boel avait
fut

19
il

l'époque où
18

son

début

mis au jour;
les

en
la

seulement,

lorsqu'il

grava

planches,

plupart

de

forme ovale,

des

,Amorvin emblemata,
de
cet

ainsi
fut

que

le

prouve l'approbation

ouvrage.

Il

donc

un

artiste

précoce,

(i)

Feu M. P. Visschcrs, curé de

St

André, à Anvers,
des
détails

dit

qu'elle

est signée Corneille 'Boel, et

ajoute en note

relatifs à la

prétendue réception de celui-ci en qualité d'apprenti et de francmaître de la gilde anversoise de S* Luc. Mais ces assertions insérées à la page 33 de son ouvrage intitulé lets over Jacoh Jonghelitick....
:

Octavio van Veen.... en de gebroeders Collyns
schers, priester,

de

'Mole, door

T.

V/s-

sont entièrement erronées.

phénomène
Huber
La
et

78

est

assez peu rare dans notre ancienne école (i).

L'ouvrage dont nous venons de parler

appelé

par

Rost, les Fables d'Oito Venins, et serait écrit,
vers
latins,

d'après ces auteurs, en
vérité
est

anglais

et

italiens.

qu'il

est

rédigé tantôt en vers tantôt en
le

prose latins, et que les autres poésies
et

sont en flamand

en français.

Feu M. Visschers
van Veen,
frère

a écrit (2)

que notre Boel

et

Gisbert

d'Otho Va^nius, ont enrichi de

103

gravures à l'eau-forte, une édition des emblèmes d'Horace, qui aurait paru à Anvers^ chez

Jérôme Verdussen.
qui
porte
le titre

Nous avons sous
suivant
incisis,
:

les

yeux ce

livre

Q. Horati Flacci einhhmata. Imaginibiis, in as

nolisq. illiistrata, studio OtJjonis

VanI

'Baiavo

Lug-

dunensis.

— Aniverpia,
ccre &;

ex officina

Hieronyini

Verdussen,
le

^uctoris

cura.

M.DC.VIL

Quirin Boel,
à

vieux,

qui n'a jamais, que nous
resta, aussi bien

sachions, gravé

l'eau-forte,

que Gisbert van Veen,

étranger à cet

ouvrage, dont

il

parut une deuxième édition à

Anvers,

en 16 12, chez Philippe Lisaert (3). Les planches nonsignées sont l'œuvre du célèbre Corneille Galle, le
vieux.
Elles
le

sont,

du

reste,

au

nombre de 103, non
d'Horace, qui orne
maître.
le

compris
titre et

portrait en médaillon
le

qui fut gravé par

même

(i) Les Aiiiorvin ciiiblcDiata

furent imprimés

en un volume in-40
la gilde

oblong,

cliez

Henri Swingen, franc-maître de

de S^ Luc, à
:

Anvers, eni587-i588.— PH.
Les Lîggercn
et aiilres

Rombouts

et

Th. Van Lerius, avocat

archives historiques de la gilde aiiversoise de 5' Luc,

T.

I,

p. 320.
cit.,

(2) Op.

p. 36.

(3) Elle fut

imprimée par David Mertcns, franc-maître de notre
I,

gilde de S' Luc, en 1608-1609. Liggeren cités, T.

p.

447.


M. Visschers
et à
ils

79


à l'eau-forte,

attribue encore à Quirin Boel, le vieux,

Gisbert van Veen, les planches
enrichi

dont

auraient
:

un autre ouvrage d'Otho Va^nius,
thcologicce et physicce de priniariis Fidei

intitulé

Condnsmics

capilibiis, clique iiipriiuis de

Tradestinatione. L'auteur

cite

ce volume, d'après Foppens, qui mentionne simplement
qu'il fut publié à

Leiden, à l'insu de Va^nius. Foppens
quelle

n'indique pas, du reste, en
indiscrétion
serait orné.
et
Il

année eut

lieu cette
le livre

ne

dit

mot

des

gravures dont

est plus

que probable que M.
(i).

Visschers

a

commis

ici

une nouvelle erreur

En 1610
quin,
le titre,

parut à Anvers une Vie de S^ Thomas d'Aet

composée par Otho Vœnius
une
suite

comprenant, outre
titre

de trente planches. Ce
la

gravé par

Corneille Galle, le vieux^ représente

Contemplation,

l'Oraison, l'Etude et deux anges tenant^ d'une main,

une

couronne,

et

de
:

l'autre,

un cartouche contenant

l'inscrip-

tion suivante
ingénia
et

Vita T).

Tboiiue ,Jlqviua!is Otboiiis
:

VanI

manu

delineata. et plus bas

Antverpice sumptiin-4° renferme
le

hus Othonis Vccnl.
treize planches

M.DC.X. Ce volume
S^ Tljoiuas d'Aquiii, (n°

dues au burin de duirin Boel,
i

vieux.

Le portrait du

de

la suite) ;

Un
et

anachorète prédisant a la mère
sera

du

saint quelle mettra

au monde un enfant mâle, qui
mille

l'illustration de

sa fa-

portera l'habit de 5' TDominique, (n° 2 de la suite).

L'auteur de cette

notice

possède deux exemplaires
et,

ori-

ginaux de cette gravure
le

en outre, une copie, portant

I

et

signée Thomas de Leu excudit.

Cette reproduction, quoique très inférieure à l'œuvre

(i) Op.

cit., p.

36.

F. Foppens, Tiihtiotheca "Bctgica, p. 936.

— Sodé
QLlirin

Boel,

le

vieux,
;

n'est

pas

cependant
de Leu qui

sans
l'im-

mérite. J'en ignore l'auteur

Thomas

prima,

était

un graveur,

établi

en France, mais né dans
Jal, (i) contraire-

nos provinces,

comme

le

prouve M. A.

ment aux
)° Le
tation

assertions

d'autres auteurs, qui le font venir

au jour à Paris.
petit

Thomas d'Aqiiin
écrite

s'ejforçant de retenir la salufeuille

angélique

sur

une

de papier^ que sa

nourrice veut lui enlever (n°

4 de

la suite).

4° 5' Thomas,
est,

déjà revêtu, de

l'habit de

S^

Dominique,
pour
faire

sur sa demande, envoyé à

%pme, par
mère,

ses supérieurs,
le

échapper

aux

poursuites
le

de

sa

qui voudrait

rentrer dans

monde

et le

recherche en vain à

Naples avec

sa famille (n° 6 de la suite).

6"'

Thomas

fait prisonnier

par

ses frères,

à

l'instigation

de leur mère (n° 7 de la suite).

G° Le saint conduit dans
famille, après avoir résisté

un château appartenant à sa
instances de sa mère, triomphe

aux

de

celles

de

ses

sœurs, dont

l'ahié'i

annonce l'intention d'entrer

dans un nwnastère (n° 8 de

la suite).

7" Les frères de 5' Thomas, irrités
leur sœur,

de
et

cette

résolution de

maltraitent

le

bienheureux

lacèrent ses habits

religieux (n° 9 de la suite).

8° Le

saint enfermé

par

ses frères

dans

la

tour

du châ-

teau de Rocca Sicca (n° 10 de la suite).
<)°

Le saint

tenté

par une

courtisane,

excitée

par

ses

(i) 'Dictionnaire critique
p.

de hioqrapJ}ie

et

d'histoire,

Paris,

Thomas de Leu, ou mieux de Leeu est probablement originaire d'Anvers; en effet, Thomas de Leeu fut inscrit en 15741575, dans nos Liggereii, comme élève du graveur Jean Ditmaer.
785.
Il

1867,

travaillait déjà

en 1579,

J'i^près

M.

Jal. Liggcreii dïés,

T.l,

p. 257.

.

frères,

8i


malheureuse de

s'arme d'un

tison ardent et chasse la

sa chanére (pP ir

de

la suite).

10°

Deux
5"'

anges

revêtant

S'

Thomas

de

la

ceinture de

chasteté (11°

12 de

la suite).

11°

Thomas

quittant

%pcca

Sicca,

dans un panier,
(n°
13 de la

que

ses

sœurs font

descendre

d'une fenêtre

suite)

12° Le saint

et

S' T^onaventure chassés

ignominieusement
qui
(\\°

des écoles de Taris,

à

l'occasion

des

démêlés

divisaient

les docteurs séculiers et réguliers

de

V université

16 de

la

suite).

13° 5' Thomas élevé de
fix,
écrit

terre,

en prières devant
:

le

cruci-

entend ces paroles de la part
de moi,
le

du Sauveur

«

Fous

avez^ bien

Thomas;

quelle récompense demande:(_-vous ? »

A

quoi
(11°

saint répond: «
la suite).

Nulle autre que vous, Seigneur

»

fr)

17 de

Dans

cette série

de

treize

planches très-lumineusele

ment

exécutées,
d'art les

Qinrin Boel^

vieux, a rendu avec

beaucoup

superbes dessins d'Otho Va;nius_, qui
des
atti-

se distinguent par la beauté des expressions et

tudes, ainsi que par le grand goût des draperies.

Notre

graveur avait atteint l'âge de 21 ans, lors de leur publication.

D'après Huber

et

Rost

et

Bryan,

Quirin
1.
Il

Boel,

le

vieux, se trouvait en Angleterre, en

161

y exécuta
:

une

belle planche,

grand

in-folio, qu'il

signa

C.

T^oel

(i) Les autres gravures de ce
neille Galle, le vieux,

recueil ont

été exécutées
et

par

Cor-

Egbcrt van Pauderen

Guillaume Swancn.

burg. Celles de ce dernier artiste sont les moins remarquables.

Notons

ici

qu'Egbcrt van Panderen fut reçu franc-maître de

la

gildc anversoise de S'

Luc en

i6o6-i6o-j. Liggercn cités, T.

I,

p.

434.


}ecit

82


un frontispice orné
la

in

RichmonI
d'autres

1611.

C'est

de

figures et

décorations, pour

bible

anglaise

publiée à cette époque-là par ordre du roi de la Grande-

Bretagne.

Le burin de notre graveur
quelques personnages anglais,

a reproduit
tels

les

traits

de

qu'Anne de Dane-

mark, femme de Jacques
Galles, Elisabeth,
fille

I,

Henri-Frédéric, prince de
et

du

roi

femme de
le

Frédéric,

vicomte de Simmerin. Qiiirin Boel,
aussi,

vieux, a exécuté

d'après

Otho

Vc-enius,
et

les

portraits

de l'évêque

d'Anvers Jean

Miroius

du célèbre Juste Lipse (i).
cette

Nous avons vu un exemplaire de
Le savant
tuyaux.
est représenté à

dernière effigie.

mi-corps

et tête

nue. Sa belle

figure barbue
Il

se

détache heureusement sur sa fraise à

est

drapé dans une toge garnie de fourrure.
:

Cette excellente planche porte les inscriptions suivantes
Jvstvs

Lipsivs
â

natvs est

Iscano in

mvnicipio.

IIL

milhari

Bruxellà,

CO.DXLVIL
ille

XVIII

kal.

Nov.

Obijt Lovanij CID.IOCVI. x kal. Aprilis.

Magnus

in cxiguâ sic Lipsius
;

tabcUâ

Pingitur

ingeniuni scripta laborque docent.

De

probitas candorquc viri virtusq. relinquunt

Ambiguum, an

fuerit doctior,
!

an melior,

O

te felicem tali

certamine
:

pugnant
prior
illa

Doctrina integritas

num

vel lia^c ?

Juste pari voto dirimit sententia litem

Haec prodest

alijs,

profuit

illa tibi

(2).
J.

BOCHIUS.

Pinxit et incidi curavit
Ch. le Blanc. Manuel

Otho Va^nius.

— C.
T.

Boel.

(i)
et

de l'amateur d'estampes,

I,

pp. 402

403.
(2) L'auteur de cette ingénieuse pièce de vers est Jean Bochius

ou

Boghe,

secrétaire de la ville d'Anvers.

Quirin
Vienius

83

d'après

Bod,

le

vieux,

grava aussi,

Otho
la

et à sa

demande,

le portrait à

mi-corps de Pierre
est

Damant, évêque de Gand. Le
tête découverte,
assis

prélat

représenté
et

dans

un

fauteuil,

revêtu
C'est
ces

du

rochet

et

du camail, insignes de
vie et de vérité.

sa dignité.

une
à
:

œuvre pleine de

On

y

lit

mots

droite de l'évêque dans la partie supérieure de la planche

Petrvs Damaxtivs
Epvs Gandexsis
1608.
L'élégante
pièce

de vers qui

secrétaire de la ville de
se
lit

suit et qui est due au Gand, Max. \Tientius (de Vrient)
:

au-dessous de
Qualis ab

l'effigie

illustri

lux pura adamante refulgct
vitrei

;

Et tremulam
Talis

prouocat amnis aquani
décor aureus
orls,

;

honos
Lenis

frontis, talis

et

augustâ

cum

grauitate lepor,

Indolis ingenijque tui tria

Petre Damanti

Sidéra, Apellœâ splendida ab arte nitent. Tantuni lingua deest, quam si quoque Vœnius addat,

Dukius humana

spirct in aure nihil.

Plus bas
Pinxit et
incid.

:

incid. curauit

— Max.
et J.
la

Otho Vxnius.
le

G.

Boel,

Vrientius.

Cette planche est restée inconnue à

Blanc.

Bryan
l'œuvre

Immcrzeel junior mentionnent

comme

plus considérable de notre Boel, une suite de

huit planches^

non compris
et
le

le titre,

qui représentent les

gestes de l'empereur Charles-Quint et les batailles livrées

entre ce

monarque
ont

roi

de France François

L Ces

estampes

été exécutées d'après

Antoine Tempesta,

et l'auteur hollandais

84

Charles
le

cité

nous apprend que Guillaume

de Gheyn,

le

jeune, en a gravé une partie.

Blanc faisant l'énumération de celles qui ont notre Boel

pour auteur, n'en signale que

trois (i).
et

Nous croyons que
connu
7tatis,

si

Bryan

Immerzeel avaient

les

Amorvm

einhkmata

et la Vita

D. Thonhe Aqviils

dont nous

avons parlé ci-dessus,

se seraient

gardés de l'exagération que nous venons de signaler.

Le Blanc mentionne des productions de notre Boel,
exécutées d'après Corneille Ketel, Pierre Isacx et Pierre

Feddes,

de

Harhngen. D'après

lui,

l'œuvre

de notre
:

graveur se composerait de 27
il

pièces seulement
qu'il

mais

ne compte que pour une, ce
à

appelle les Fables

d'Otto Vccnius, pubhées

Anvers, en

1608. Or, nous
les

avons vu que ces Fahlss ne sont autres que
ciiibJcmata, et

Amorvm

que ceux-ci comprennent 125 estampes.

Ajoutons-en par conséquent 124 à l'œuvre de notre Boel,
et

concluons que

celle-ci

se

compose certainement de
de l'évêque
de

152 pièces, y compris
Pierre

le portrait

Gand
Il

Damant, que l'auteur français n'a pas connu.
reste

nous

peu de choses à
le

dire,

pour terminer

cette

biographie, Quirin Boel,

vieux, faisait partie en 16 19,

du vieux serment de
pelaer,
c'est-à-dire,

l'arbalète,

en quahté de vry

luc-

comme

dispensé de certains offices

pubHcs. D'après une patente en date du 18 octobre 1759,
délivrée à

Charles-Emmanucl-Joseph
l'arc,

délia Faille, par le

jeune serment de
les

document que nous avons sous
les offices

yeux, cette dispense comprenait

de mar-

guillier, quartenier,
la

décanat des métiers, comparution à

joyeuse entrée des souverains, marches, fourrages et

(i) Op.

cit.,

T.

I,

p.

402.

autres services urbains.

Quoique

cet acte soit daté

du

XVnP
Boel

siècle et

émane d'une
il

autre gildc que celle dont

faisait partie,

est

probable que les exemptions en
et étaient les

question subsistaient déjà en 1619,

mêmes

pour tous

les

serments.
le

Qinrin Boel,

vieux,

figure encore au

nombre des
en 1621 (i).
17 septembre

membres de Il mourut à
cette

la vieille arbalète,

en 1620

et

Bruxelles, antérieurement au

1633. C'est ce qui résulte d'une attestation délivrée à
date,

devant

le

magistrat d'Anvers, à

la

requête

d'Elisabeth de Cuyper, veuve de l'artiste, par le graveur

Jean Boel, son
soieries.

frère,

et Gaspard Smits,

marchand de

Les comparants déclarent, dans ce document,
était

que Quirin

décédé depuis peu de temps (onlancx)

à Bruxelles, qu'il était né bourgeois d'Anvers et qu'ils
n'avaient jamais su ou appris qu'il eût renoncé à cette
qualité, etc. (2).

Le maître

est

décédé par conséquent dans
fit

sa

45''

année. Sa veuve se

inscrire le 17 février

1634
de

comme
bour-

foraine {buitenpoorteressé), dans les registres

la

geoisie de notre ville (3).

Ci) Registres

de

la

garde bourgeoise [borgerlycke wachtc), aux ar-

chives de la ville d'Anvers.
(2) Protocoles

scabinaux, 1633, vol.
cet

II,

fol.

334.

Nous devons

la

communication de
viste

acteàM.

F.-Jos.

van den Branden, sous-archi-

de

la ville

d'Anvers.

(3^ Cette notice est datée

du 2 juin 1874.

Jean
(en

BOEL
BOEL)

flamand Jax

(1592-1640).

\(^i^^ean Boel,

fils

de Quirin
et

et

de Marie Pelfrrom,
baptisé dans l'église
ainsi
frère,
fait
la

[^naquit
Eavons

a

Anvers
le
5

y

fut

1^ cathédrale,
dit

juillet

1592,

que nous
le

dans

la

biographie de son

graveur

Qiiirin Boel, le vieux.

Nous y avons
sa réception

connaître son

parrain et sa marraine. Les Liggercn de

gilde anversoise

de

S'

Luc n'indiquent pas
ils

en qualité d'élève,

mais

nous apprennent
en
qui

qu'il fut inscrit

comme

franc-

maître graveur,

i6io-i6ir, sous
pourrait

le

décanat

de

Théodore
son
art

Galle,

bien
plus

lui

avoir enseigné

(i).

Nous verrons
la

loin

que Jean Boel
et

exerça aussi
gravures.
Il

profession de

marchand de tableaux

épousa,
sud,

le

10 mars 16 19, dans
der Straten.

la

cathédrale, quarfut célébré

tier

Anne van
Rombouts

Ce mariage

(i) Ph.
et

et

Théod. Van Lerius,

avocat. Les Li^gcren
I,

autres archives historiques de la gilde anversoise de S^ Luc, T.
et

pp.

460

472.

de tous
Jean,
et
les bans,

87

et

du consentement du doyen du chapitre
en

avec dispense

présence de Quirin Boel, père de

de François
les

van der Willigen. Neuf enfants,

tous tenus sur

fonts de la cathédrale, quartier sud,

en furent

les fruits.

Quirin,

le

25
et

janvier 1620, par

Quirin Boel,
Straten,

aïeul

de

l'enfant,

Elisabeth

van der
fils

Nous consacrerons une

notice spéciale à ce
la

de Jean Boel, qui se distingua dans
le

gravure. 2° Anne,

26 février 1621; parrain, Pierre Luis, marraine, Lule

crèce van der Straten. 3° Pierre,

22 octobre

1622;

parrain, Quirin Boel, son oncle, très
raine, Catherine de Heuvel, dont
la

bon graveur, marfamille était alhée

aux Pelgrom,
s'acquit

et

par conséquent aux Boel. Notre Pierre

un

nom

considérable

dans

la

peinture

et

la

gravure à l'eau-forte. Nous donnerons plus

loin sa biole

graphie. 3° Jean, le 11 janvier 1624; parrain,

célèbre

graveur Théodore Galle,

marraine,

Basilie

Pelgrom,
figure

épouse en secondes noces de Juste

Canis, qui

en 1613, sur
avons
la

le

tableau des aumôniers d'Anvers.
ce Jean Boel
ainsi
et

Nous
sœur

preuve authentique que
19

décéda

antérieurement au

mars

1640,

que

sa

Anne, dont nous avons
Anne, qui va
parrain,
suivre.

parlé

déjà
le

une deuxième

Anne,

7 décembre 1624;

Vincent van der

Straten,

marraine,

Esther
le

Pelgrom, femme de Pierre de Heuvel.
13

6° Michel,
,

mars

1626

;

parrain,

Martin Daelmans

mari

de

Susanne Pelgrom, marraine, Christine tKint. 7° Hélène,
le

18 février 1627;

parrain,

Christophe Gaillet, maret

raine

Hélène Pelgrom. Michel
le

Hélène Boel moururent
14 mars 1628;
taille-

avant

10 mars

1640.

8° Claire, le

parrain, Jean Galle,

bon graveur, imprimeur en

douce

et

marchand d'estampes, marraine

Claire van der


Goes. 9° Basilie,
marraine Basilie
Boel épousa, à
le

88


't

21 août 1629; parrain Henri

Kint,

Pelgrom, femme de Juste Canis.
S'

Basilie

Jacques,

le

12 août 1657, Barthélemi

Wuyts. Son mariage eut pour témoins Jean-Baptiste
Batkin, trésorier de la ville

d'Anvers^

et

François van
fa-

Hildernissen.

Ceux qui connaissent nos anciennes

milles anversoises jugeront sans doute
les

comme
Il

nous, que

Boel

et les

van der Straten étaient bien apparentés.

Jean Boel

fut

un graveur de mérite.

ouvrit,

en 1621la

1622, son atelier à un apprenti dont
confrérie de S'
11

les
le

comptes de

Luc ne renseignent que

prénom Jean.

reçut, en 1625-1626,

un deuxième élève

nommé

Josse

de

Mol

(i).
s'était fait

Notre maître

admettre dans

la
il

chambre de
paya régu-

rhétorique de la Giroflée, (Violiere),

dont

lièrement

la

contribution annuelle assez élevée de 6 florins,
i.
Il

depuis 1621-1622, jusqu'en 1630-163

donna
la

sa dé-

mission en 1631-1632

et

paya de ce chef

somme

de

12 florins. L'artiste assista aussi au banquet annuel de
la
1

corporation de

S'

Luc, à partir de 1621-1622 jusqu'en

628-1 629, ce qui

lui coûtait

une dépense de 4
place
1,

florins.

Il

refusa de l'acquitter en 1629- 1630, la peste qui l'avait
l'ayant
Il

attaqué

empêché de prendre
l'occuper
la

parmi ses
la

confrères.
fois,

vint

en

1630-163
fit

dernière

par suite de

démission

qu'il

parvenir, l'année

suivante, à la Giroflée (2).

Anne van

der Straten, sa

femme,

était

décédée entre-

(i^ LiggeiL'u cités, T.
(2) Liggeren
cités,

I, I,

pp. 575 et 623. pp. 378, 582,

T.

590,
et

391, 601, 602, 613,

614, 627, 629, 640, 642, 6)4, 6)5, 670
21, ibid. et 34.

671

T.

II,

pp. 12, 13,

temps. Le compte de

89

de
S'

la gilde

Luc du i8 septembre

1629 au 18 du en
effet,

même

mois de l'année 1630 mentionne,
4 sous, montant de sa
la suite

une

recette de 3 florins

dette mortuaire (i).

Son

trépas fut probablement
fille

de son accouchement de sa
1629. Jean Boel quitta ce

Basilie,

née au mois d'août
de mars 1640,

monde au mois

dans sa demeure, au Rempart des tailleurs de pierres
{SUenhouwcrsvcste), à Anvers.
C'est ce qui résulte de l'inventaire de sa succession,

dont nous devons

la

communication à M. Pierre Génard,

archiviste de notre ville.

Ce document reçu par
le

le

notaire
la

Henri van Cantelbeck, ne mentionne pas

jour de

mort de notre graveur.

Il

fut rédigé le 19

mars 1640
:

et

constate l'existence de quatre enfants survivants

QjLiirin,

âgé de 20 ans révolus, Pierre, de 16 ans révolus, Claire,

de 12 et BasiHe, de 11. L'cîge de Quirin

et

de ses deux

sœurs

est

indiqué assez exactement. Mais Pierre ayant

été baptisé le

22 octobre 1622, avait évidemment plus
la

de 16 ans révolus, à

date du 19 mars 1640.
la

L'inventaire fut dressé à

requête de Gérard-Thomas
s'}-

Corbet, époux d'Elisabeth van der Straten (2), qui
qualifie de

bel-oncle maternel- des
Il

mineurs

(der

weesen

behout tnoederlyck 00m).

y

est

énoncé, sous protestation,

que

cet acte n'est pas rédigé
profit

pour lui-même, mais uni-

quement au
du défunt

des personnes qu'on trouvera avoir
Il

droit aux objets décrits.
était louée,

y

est dit aussi
les

que

la

maison

et
la

que

meubles auraient dû

en être enlevés, depuis

mi-mars.

Le document

cité

(i) Op.

cit.,

T.

II,

p.

10.

(2) Inscriptions funéraires

d mon umet! taies

de la proz'ince d'Anvers,

Anvers, T. V,

p.

180.


donne simplement
chand de tableaux.
L'inventaire
à

90


hi

Jean Bocl

qualification de

mar-

n'en signale,

du

reste,

que

trois

;

les

gravures y sont en plus grand nombre, mais

désignées

seulement par leurs

sujets, sauf

quelques pièces d'après
fait

Adrien Brauwer

et

un des Teniers, qu'on ne
ce document,
Il

pas,

au surplus, connaître de plus près.

Nous pouvons conclure de
effet, à

que l'habise

tation de Boel était des plus modestes.

borne, en

y mentionner une grande et une petite cuisine, une chambre à la rue, une deuxième chambre et un

grenier.

La grande

cuisine renfermait

un bois de

fit

avec

ses accessoires qui pourrait

bien avoir été à l'usage de

notre maître. L'habitation était garnie, du reste, de
bles en petit

meu-

remarquons une presse
estampes

nombre, mais de matières sohdes. Nous y à imprimer, ce qui permet de
est servi

supposer que Jean Boel s'en
ses
et peut-être

pour l'édition de

de celles d'autrui.

QjLioi qu'il

en

soit,

nous ne remarquons dans l'invensoit

taire

aucunes provisions de bouche,

solides, soit

liquides. L'impression générale qui

nous

est restée, tant

de

l'intitulé

de ce document,
est

que de

l'acte

lui-môme,
de fortune

c'est

que Jean Boel

décédé dans un

état

peu
Il

foit

pour exciter l'envie.
aussi

nous paraît

que

les

meubles auxquels ses

enfimts pouvaient prétendre droit avaient été retirés de
la

mortuaire ou mis à part.
Charles
le

Blanc mentionne
:

trois
la

œuvres de notre
la règle des
;

graveur au burin

i° l'arbre de
et

vie et de

Frères Mineurs (arhor vihe

le

regvLe Fratrvm Minorviii]
dëfiiiiteiw

portrait

du Père Henri Sednlius,

de tout


l'ordre

91


le

séraphique,

mort

à Anvers

26

février

1621

;

3" celui de S^

Thomas d'Aquin (i).
la

A

rexposition ouverte en 1867, au local de
figurait,

Cité, à

Anvers,

au n° 424, une quatrième production
elle

de notre maître;

représente Godefroid de Bouillon (2).
:

Cette œuvre de mérite est signée
excudit (3).

loan.

Boel fecit

et

(i)

Charles le Blanc. Manuel
405.
Catalogue
j(5e^

de

Tamakur

d'estampes. Paris 1854,

T.

I,

(2)

de gravures, livres et dessins,

par

des uiaîli-es

auversûis des ijc^
(3)

j^e

et iS^siècles.

Anvers,

icSôy, p.

141.

Cette notice est datée dn 8 jnin 1874.

rA^

r^ c^

r^*

*^ *^

*>&^

«"^

'^îr*

*^

'^ÎT»

«^ '^

'^^

«^îr»

*>Jr»

'>îf'

'^^

QuiRiN

BOEL,

le

jeune

(en flamand Quirijn ou Corijn

BOEL,

de jonge)

(1620-166.

?).

<^^^^
f^

et

excellent graveur

au burin

et

à

l'cau-forte

p'-^^
fut

était fils

de Jean Boel, graveur de mérite, et
Il

(g^^^
y
le

d'Anne van der Straten.
les

naquit à Anvers et
quartier sud,

tenu sur

fonts de la cathédrale,

25 janvier 1620, par son aïeul Quirin Boel et Elisa.

beth van der Straten

Son nom ne
de
S'

figure pas aux archives
et

de

la

gilde

anversoise
jusqu'ici.
qu'il

Luc,

son

maître

est

resté

inconnu

De
fut

certaines analogies de

style

nous font croire
artistique à

redevable

de
le

son éducation
vieux.
Celui-ci

son oncle Ojairin Boel,
17

étant décédé antérieurement au

février 1634,

notre
lui

jeune graveur a pu apprendre de son père Jean ce qui

manquait encore pour
Qinrin Boel,
fut pas inscrit
le

se perfectionner dans sa profession.
alla s'établir à

second,
le

Bruxelles et n'y

dans

métier des peintres. Les graveurs de
cette

étaient,

en

eff"et,

dispensés

formalité,

dans

la

capitale des

Pays-Bas catholiques,

ainsi

que cela
,

résulte

d'une

lettre

du

magistrat

de

Bruxelles

en

date

du

27 septembre 1771(1).
(i) L.

Galesloot. Docunicnls

relatifs

à

la foriiialion et

à la piiUi-

cation de l'ordonnance de Marie-Thérèse

Annales de l'Académie d'archéologie

du 20 mars-i^ novembre ly/Sde Belgique , 2^ série, T. III, p. 487.


Oiurin Boel,
le

93

jeune, se maria, d'après les recherches

de notre ami Alexandre Pinchart, qui n'a pu découvrir

du
Il

reste la date ni l'endroit de la collation

du sacrement.

résulte des découvertes de
la

ce savant, que le
était

prénom
à son
:

de

femme

de notre
il

artiste

iMarie.

Quant

nom

de famille,

est écrit

de

trois
et

manières différentes

van Stamvoort, van Stamphort
probable
qu'elle s'appelait

van Stamfliert.

Il

est

en

réalité

van Stamvoort.
son mari
:

Quoi

qu'il

en

soit, elle

donna
le

trois enfants à

Jeanne-Marie, tenue

26 novembre 1656, sur
S''^

les

fonts baptismaux de l'église

Gudule, à Bruxelles, par

David Teniers,
Altesse

le

jeune, peintre de la

chambre de son
et

Sérénissime don

Juan
le

d'Autriche,

Jeanne
la

Serraets. 2° Barbe,

baptisée

25 janvier 1659, dans

même

église;

parrain,

noble

homme

Paul van Croo-

nendael, seigneur de Vlieringhe, marraine, Marie

Samle

mels. 3° Pierre,

baptisé le 23

juin 1661,

dans

l'église

de Notre-Dame du Finistère,
célèbre
peintre

à Bruxelles;

parrain,

de

batailles

Pierre Snayers, marraine,
(i).

Philippine-Claire la

Grouche

C'est à ces faits que se borne tout ce que nous avons

pu apprendre de
Notre intention
quelques

la vie

de Quirin Boel,

le

jeune.

Nous

allons à cette heure passer ses

productions
de n'en

en revue.

primitive
et

était

toucher que
le

mots

de renvoyer ensuite

lecteur

au

Manuel

de

Vamateur

d'estampes, de Charles le Blanc.
la table

Mais

ayant remarqué diverses inexactitudes dans
par cet auteur, nous
la

dressée

reproduisons,

en

la

rectifiant.

M.

le

Blanc

cite

d'abord

deux centaures enlevant

^i)

Communique

par

M. Alexandre Pinchart,


chacun une femme;
ils

94


Amours.
450 millim. Haut. 280. ensuite les planches que
le

sont accompagnés de trois

D'après P. P. Rubens. Larg.

Cet iconographe
Quirin Boel,
tvres,
le

détaille

second, grava pour
le

Théâtre des pein-

de David Teniers,

jeune.

La

part de Boel dans
et

cet

ouvrage étant assez considérable,

ce
ici

recueil se

rencontrant très-rarement, nous en dirons

quelques

mots. La première édition

de

ce

volume

fut

pubHée
avx
anno

simultanément

à

Anvers

et à Bruxelles.

C'est

du moins

ce que nous déduisons de ces
dc'spjiis

mots

:

A
le

Bruxelles

de

Vavtheur

(David

Teniers,

jeune),
se

M.DC. LX.

avec privilège

du Roy.

Elle

vendait à
et

Anvers, chez Abraham Teniers, frère de David,
l'imprimeur Henri
parurent en
Aertssens.

chez

Le

titre et l'introduction

flamand (r), en français, en espagnol
titre français est

et
:

en

latin.

Le

conçu de

la

façon suivante

Le

théâtre des peintvres de
et

David

Teniers,

natif d'Anvers,

peintre,

ayde de chambre des Serenissinies Princes Leopolde

Gvil.

fJlrchidvc,
les

&

Don Jean d'Avst riche
tracés de

:

auquel sont
gravés
qve

représente'^

desseins
soins,

sa

main,

&
de

en
le

cvivre
Ser."'''

par

ses

svr

les

Originaux

Italiens,

Archidvc a assemblé en son cabinet

la

cavr de

Brvs selles, Dédie avdit Prince

Ser.'^^ Leopolde

Gvil.

^Ar-

(1)

Le

voici

:

Scljitth'r-tJiooueet

van David
Oostenr.
die
l}y

Te)iiers,

glieboorUgb van

Antwerpen,

schitder

ende camcr-diender des

Doorl^^^
't

Princen Lcopot.

Gidl. ^4rts-Herto§h en

Don Jan
tieeft

in

welck vertoont luorden

italiaenscJje principale schilderijcn,

met

sijne Ijandt gheteekent ende

in

't

coper doen snijden
't

uyt de Schilder-canier

van den Doorluchlicl)Door/st'^n

sten ArtslKrtogl] in

Hoff van Brnssel. Opgedraeghen aen den
,Arts-Hertogh. Tôt Brnssel
priuitegie
tôt

Pnnce Leopotdvs
auctenr, anno
vintse
te

Gvil.

costen

van den

M.DC. LX- Met
t'

van den Koninck.

Men

coope

Antwerpen

hy HendricJ;

Aertssens, boeclulrucicer in de

Cammerstraet.


cbidvc, &c.

95.—
aux
âespens de Vavthevr, anno

— o4

Bruxelles

M.DC. LX.
vend che^
titres

avec privilège

dv Roi.

—A

Anvers,

on

les

Henry

Aertssens, iinprinievr.

Chacun des quatre
génies
ailés

de cet in-folio est orné d'une planche de Conrard
représentant
les

Waumans,
Guillaume.
d'après

deux

petits

qui,

debout, soutiennent
Cette

armoiries de l'archiduc Léopolda

gravure

été

très
le

bien
jeune.

exécutée,

un dessin de David Teniers,
de chaque
titre

A

la suite

se

trouve

une

table

des

peintres flamands, hollandais, allemands et italiens, dont
l'archiduc possédait

des

œuvres dans
époque.
liste

sa

galerie

con-

servée à Vienne,

à cette

Les productions de

maîtres italiens cités dans cette
le travail

ne figurent pas dans

dont nous nous occupons.
titre

Vient ensuite un

supérieurement gravé par Jean

Troyen, d'après un superbe tableau de David Teniers,
le

jeune.

La

partie

centrale

représente

le

portrait

en

buste de Léopold-Guillaume, posé sur

un

piédestal, et

encadré de branches de palmier

et d'oranger, reliées
lit

par

une banderole sous laquelle
suaviter.

se

la

devise

:

Fortiter,

Le bâton de commandement du
la

prince,

son

épée, les attributs de
fleurs

peinture, des tulipes et d'autres

y sont entrelacées.
tenant de

A
la

la

gauche de l'archiduc

est

figurée debout Pallas vêtue à la romaine, la tête

coiffée
et

d'un casque

et

main gauche une lance

un bouclier orné de
la

la tête

de Méduse. Elle montre de

droite à

un génie
Palma,

ailé
le

qui tient un portrait de
vieux,

femme
ailé

de Jacques

un autre génie
Il

qui

emporte, en volant, un deuxième tableau.
fixer
le

s'en va le

dans un des espaces vides du
la

portique qui forme
est

fond de

composition

et

qui

surmonté de cinq

bustes sculptés et orné plus

bas de peintures.

Un

troi-

sième de

96

les

ces génies, représenté
laurier,

à

gauche

et

la

tète

couronnée de

comme

deux premiers,
pour
la

tient

une composition

du

Giorgione ayant

sujet

un

homme armé
second dont
le

d'un

poignard portant

main sur un

chef est orné de pampre (i). L'avanttiroir,

plan est occupé par un
divers livres, dont

renfermant des médailles,
;

un

à dessins

un autre de musique,
se
lit

un

étui et

deux burins. L'inscription suivante
:

au-

dessous du portrait de l'archiduc

Sereniss. Principi

Leopoldo Gviliel:
Archiduci Austr.
etc.

Dno suo clément": Hoc AMPHITHEATRVM
PiCTVRARVM
ex sua; Serenit
:

archetypis

delineatum sua
dedicauit:

manu

A°.

M.DC.LVm.
suas Ser
:

David Teniers

Pictor domest:

Plus bas se trouvent ces vers
Palladis

:

ingenium

est

Leopoldo

fortitcr

lUe ci

Suauiter hinc armis, artibus inde vacat.

Arma
Arte

aliàs

:

nunc

artifices

circum ordine formas
placct.
;

Ponite;
alij

et hîec Illi

nempe corona

vultus,

médius non pingitur vUâ
seruiit ista

Obsequio tantum

manus.

(i)

Les gravures des tableaux de Palma
Peintures.

ot

du Giorgione font

partie

du

Thi'Lilrc des


Une
ornée
tablette

97


planche
et
les

gravée
à

au-dessous de cette

à

droite et
:

gauche d'un ciseau, contient

lignes suivantes

Men

vint

dccs prlnt-boecken

te

coop
ces

t'Antwerpen
de

by

Abraham
chez

Tcniers.

Ou

trouve a vendre en Anvers

livres

taille

douce,

Abraham

Teniers.

Hi libri sunt vénales Antverpise, in œdibus Abrahami Teniers. Aquellos libros se haillan a vender en Amberes en casa di Abraliam
Teniers.

Nous
première
Teniers,
(23 1)

tirons

ces

détails

de notre
des

exemplaire de

la

édition
Celle-ci

du
se

Théâtre

Peinfires

de

David

compose de deux cent trente-une
les
la

planches,

y compris
et

doubles,

le

titre

que
la

nous venons de décrire,

vue d'une partie de

galerie de l'archiduc, à Vienne.

On
le

y

a joint

un

portrait

de David Teniers,
le vieux,

le

jeune, gravé d'après Pierre Thys,

par Luc Vorsterman,

second,

et
le

imprimé

par

Abraham Teniers; nous

l'avons

omis dans

dénomrevêtu

brement. L'exemplaire

dont nous parlons
:

est
les

d'une reliure de l'époque de sa publication
ries
ties

armoiparil

de Léopold-Guillaume occupent

le

milieu

des
:

antérieure et postérieure de cette enveloppe
fait

est

donc plus que probable que l'archiduc aura
de notre volume à quelque personnage. Le

cadeau

livre porte,
:

du

reste, la signature suivante,
1.

d'une ancienne écriture

Ottho
Il

B. à Schwerin (Ottho liber Baro à Scluvcrin).

a

été

par

conséquent

la

propriété d'Othon,
est

libre

baron

de

Schwerin. Ce qui

plus

important, c'est

qu'il est resté

au grand complet.
jamais manié d'exemplaire de
qui parut
la

Nous n'avons
édition

seconde
Elle se

de

ce

recueil,

en

1684.

7

vendait à

98

au

Anvers,

chez

Jacques Peeters,
des

Marché
yeux

aux Souhers, à l'enseigne du Monl
planches y sont numérotées.
le titre

Agneaux Les
les

Nous avons sous

qui porte

le

i

et

V Ensevelissement du Sauveur^

d'après Lorenzo Lotto, tableau qui est conservé actuelle-

ment au musée du Belvédère
sur laquelle se
lit le

à Vienne. Cette
fait

planche,

n° 244, ne

pas partie de l'édition

de i6éo.

Elle

est

bien conservée,

mais

le titre,

quoi-

qu'encore présentable, a beaucoup perdu de son velouté.

La troisième
neille

édition publiée sans date, par Henri et Corfliit

Verdussen, à Anvers,
cette ville.
le

partie de la

bibUothèque

communale de
Teniers,
le

Elle
titre

numérotées, y compris

et

comprend 246 planches le portrait de David

jeune, dont nous avons parlé ci-dessus. Les
trois

estampes de cet exemplaire, fatiguées par suite de
tirages successifs et retravaillées par des

mains inhabiles,

sont sorties toutes noires de l'impression. C'est d'après
elle

que

nous

avons

été

obligés
à
la

de

juger l'ouvrage

lorsque

nous
le

travaillions

biographie
l'édition

de

David

Teniers,
Calalogiic

jeune, insérée dans

de

1857, du

du

musée d'Anvers. Aussi

ce
:

que nous en
«

avons

dit est déplorable.

Qu'on en juge
à

Teniers qui
les

reproduisait

avec

un

talent

remarquable
copier
la

oeuvres

de
des

ses

prédécesseurs,

s'exerça

collection

tableaux italiens
au-delà
sur

de son protecteur (i). Elle
cents
sujets

comfit

prenait

de deux
et

que

l'artiste

graver

cuivre

publia à Bruxelles,

en 1660.

Le

(i)

Pour
ses

être

complètement

exact,

nous

aurions

dire

que
et

Teniers pastichait avec un talent remarquable ses prédécesseurs

même

contemporains.

Il

aurait fallu écrire en

deuxième
il

lieu qu'il

avait dessiné de sa

main

les

peintures italiennes dont

s'agit.


livre qui les

99


et
le

renferme se vendait à Anvers, chez Henri
chez
le

Aertssens,

typographe de mérite,
frère de

peintre

Abraham Teniers,
est loin d'être à la

David,

jeune.

Ce volume

hauteur des belles publications d'estelles

tampes de cette époque,
V Hymencvus pûcifcr,
etc.,
il

que

Vlntroïtus Ferdinandi,

et

si

les toiles

y sont exactela

ment rendues

(i),

atteste

chez plusieurs célèbres
repré-

maîtres d'Italie une décadence profonde dans
sentation des sujets religieux (2) ».

Cette dernière

observation

est

fondée.

Quant

à

la

valeur des gravures, nous disons, actuellement que nous

en

avons de superbes épreuves sous

les

yeux, que

le

livre qui les contient

mérite d'occuper une place distin-

guée parmi nos
siècle.

belles

pubHcations d'estampes du

XVIP
la

Nous tenons
date de
celle

à faire observer

ici,

en passant, que
auteurs,

1658,
la

indiquée

par

certains

comme
la

de

première édition du Thcaire des Peintvres est

erronée. Cette méprise provient sans doute de ce que

dédicace
année-U''.

de Teniers

à

l'archiduc

est

datée

de

cette

Nous
Qiiirin
recueil,

allons

énumérer à
le

cette heure les

planches que
ce

Boel,

jeune,

exécuta pour

magnifique
était lié

dont l'auteur,
lui.

comme

nous l'avons vu,

d'amitié avec

2° Jésiis-Chrisl, accompagne de S^ Pierre
appelle à

et

de 5' André,

rapostolat
le

les JJ/s

de Zéhédée, Jacques- Je

Majeur

et

Jean.

D'après

tableau

de

Marco

Basaiti,

conserve

(i) (2)

Nous ignorons d'où nous
Op.
cit.,

est

venu ce doute.

p.

323.


actuellement

100


à

au

musée du Belvédère
de

Vienne

(i).

3° L'Enlèvement

Ganyniède.

D'après

Michel-Ange
le

Buonarotti,

ou une copie de ce maître, selon
le

Cata-

logue du musée du Belvédère, à Vienne, dont
fitit

tableau

partie en ce

moment.
n'est

Cette gravure

pas

comprise dans

la

première
la

édition du Théâtre des peiiitvres. Elle est insérée dans

troisième, mais elle y a perdu toute fraîcheur,

4° U)ie
hoinnie 5°

magicienne invoquant
le et

V amour

;

près
le

d'elle

un

armé plongé dans
cuirassé

sommeil.

D'après

Corrège.

Un homme

a mu' d'un poignard, en menace

une femme de distinction, assise nue dans un paysage. D'après
le

Giorgione.
6° ,yldam
et

Eve, qui l'engage à goûter

le

fruit défeiulu.

D'après Antonio Paduanino.
7° L'Enlèvement d'Europe. D'après le Titien.
8° L',yldoration des bergers. D'après le

même.

9° 5' Jean-T3aptiste. D'après Paul Véronèse.

10° L'Enlèvenu'iit de Dcjanire, par

le

centaure Nessus, à
la

qui Hercule s'apprête à lancer une flèche. D'après

comau

position de Paul Véronèse,

conservée actuellement

musée du Belvédère,

à

Vienne.
:

11° Le Départ d'^Adonis pour la chasse
d'3

Venus
le

s'efforce

le retenir.

D'après Andréa Schiavone, selon

Théâtre

des peintvres.

Un

connaisseur anglais, ancien propriétaire

(i)
et

Albert Krafi-t.
les citations les

Catatoi^uc

de ta oateric de tahtcaiix Imper taie

Royale au Belvédère, à Vienne. Vienne, 1853, P- 24, n» 64.

— Pour
fois

épargner
toutes,

au lecteur, nous

le

prévenons une

pour

que

indications relatives à cette

galerie qui vont

suivre,

sont tirées de l'ouvrao-e de

M.

Krafft.

lOI

de notre exemplaire (i) a écrit ces mots au crayon au
bas de la planche
était d'avis
:

«

Copied from one of Titian.
le

»

Il

par conséquent que
le

tableau en question
saurait

était

une copie peinte d'après
en étudiant
la

Titien. Cela ne
il

se déterminer
tefois

gravure;

est certain

tou-

qu'en comparant celle-ci avec

les

autres planches

d'après le Titien

que renferme

le

volume, on ne peut

nier que le Départ
école.

d'Adonis n'appartienne à la

même

12° L'Adoration des bergers. D'après le tableau d^Andrea

Schiavone, qui

fait

partie de la galerie

du Belvédère,

à

Vienne.
13-16'' Qiiatre sujets de l'histoire

de Curiiis Dent at us

et

de Scipion l'Africain. D'après

Andréa Schiavone.
conservé

Un

de
les

ces tableaux représentant Curius Dentatus qui refuse

présents

des

Samnites,

est

au Belvédère, à

Vienne.
17°

Un

berger

se

reposant près de son

troupeau, tandis

que son aide lave un mouton. D'après
18° Le bon

Giacomo Bassano.
la

Samaritain.

D'après

composition

du

même
19°

maître, au Belvédère, à Vienne.

La

construction

d'un

édifice.

D'après

le

môme

peintre.

20° Le Tortenient
suyer
la

de la Croix

:

Véronique

vient d'es-

face

sacrée

du

Sauveur.

D'après

Giovanni

Cariani.

21° S^

férônie.

D'après Giacomo Palma^

le

vieux.

22° La Résurrection de La:{are. D'après

le

même.

(i)

Une

petite

estampe moderne collée

à rintcrieur
lit

de
le

notre

recueil, représente des armoiries,

au bas desquelles se

nom

de

l'ancien propriétaire

:

John Adair Hawkins.


24" S^
Jcrôniô.

102


le

23" Le Bail! de Diane. D'après

même.

D'après

la

composition de Dosso Dossi,

conservée au Belvédère, à Vienne.
25° Trois aveugles accompagnés d'un
cation de la parabole èvaugcliqiie
:

petit

garçon. Appli-

lorsqu'un aveugle en con-

duit en autre,

ils

tomberont tous deux dans la

même

fosse.

D'après Dominique Feti.

26° Le vieux Tobie en train d'ensevelir un mort. D'après
le

môme.
27° Deux

hommes

en

considérant

un troisième étendu
le

mort à

l'entrée

d'un bâtiment. D'après
le

même.

28° Persée condmttant
sur un rocher. D'après le

monstre

et

Andromède enchaînée

même.
:

29° Le triomphe de Galathée

dans

le

fond, Polyphéme.

D'après

le

tableau

du

même

maître, au

Belvédère, à

Vienne.
30°
vaincu
5"-'

Marguerite d',Jlntioche tenant à
d'un
ruban, lève
les

ses pieds
ciel,

Satan

et lié

yeux

au
la

d'où

un

rayon de lumière tombe sur dudit
maître, au

elle.

D'après

composition

même

musée.
de

Toutes ces productions
exécutées en partie
font honneur
à cet

duirin

Boel,
à

le

jeune,

au burin, en partie
artiste

l'eau-forte,

distingué.

On
le

peut

citer,

parmi
le

les principales, les

gravures d'après
le

Corrège
le

et

Giorgione, celles d'après
et

Bassan, Cariani,
Feti.

vieux

Palma, Dosso Dossi

Dominique

Le Blanc signale quatre
Boel:
31°
Celui
et

portraits exécutés par notre

de

Guillaume ab

Angelis

(van Engelen),

docteur

professeur

en théologie, présenté au Pape

pour l'évèché de Rurcmonde, par l'archiduc Léopold-

lO:

Guillaume
32°

;

il

mourut
de

à

Louvain,
roi

le

5

février

1649 (i).
d'après

Celui

Charles II,

d'Angleterre,

Gonzales Coques.
33°
Celui

de

H.

T^rady, professeur de droit à Loti-

vain, daté de 1662, selon le Blanc.

34^ Celui

de
et

Libert

Fromomlns
royal
il

[Froidiiioiit),

docteur
à

en théologie
l'université

professeur

d'Écriture
le

Sainte

de Louvain,

mourut

27 octobre

1653. Ce malheureux savant publia avec Henri Calenus,
archidiacre de Malines,
le

fameux
son

,^//«-//i//;/m-

de l'évèque

d'Ypres,
assez

Corneille

Jansenius

(2).

La planche encore
plein

bien
le

conservée
II

de
la

portrait

de

vie

orne

tome
Boel,

de

Bibliotbeca 'Belgiea de
la

Foppens.
l'ar-

Q.uirin

le

jeune,

dédia en ces termes à
:

chevêque de Malines Jacques Boonen
«
»
111'"°

et

Rev'^^°

Dno D.

lacobo Boonen,

ArchieMa''

piscopo Mechl.

Belgar. Primati Regia;

Cathol.

» »

a Consiliis Statvs
berti

&c. Hanc effigiem Ex. D. (3) Liante
culti,

Fromondi
vità ab
Q..
»

rarissimà virtute et doctrinâ gioriosam,

»
»

immortalitatem

dudum
eodem

nus in

mortem meriti, nec miquàm eiusdem Cultoris,
Antuerp.
Sculptor.

» »

D.

C.

Q.uirinus

Boel

A.

1654.

Sauf quelques exceptions,

la

plupart des gravures de

Quirin Boel,
revue,

le

jeune, que nous

venons de passer en
sacrés,

représentent
Il

des

sujets

historiques

et

mythologiques.

exécuta aussi

des planches de scènes
le

familières. Voici

l'énumération de celles que signale
le travail
:

Blanc dont nous annotons parfois
(i) J.
1".

Foppens.
II,

Bibliotheca Hclgica,

T.

I,

pp. 389, 390.

(2) Id. ibicL, T.

pp. 819-827.

(3) Exiiiiii Dj)iiini , titre des docteurs en théologie.


3

104


David Tenicrs, sans

5"

La
le

file

du

vil l âge.

D'après

doute

jeune. Premier état,

avant l'adresse de François

van den Wyngaerde.
36° Le Berger
bens, selon
la
et

la Bergère.

D'après Pierre-Paul Rule

supposition de
boule.

Blanc.

37° Les joueurs de

D'après

David Teniers

(le

jeune
38°

?).

Le joueur de
?).

flûte.

D'après
et

David Teniers,
excud.

(le

jeune

Signé

:

î). Teniers in.

cum

privilegio.

39° Le fumeur , en hauteur. D'après David Teniers, (le

jeune

?).

Haut, 200 millimètres. Larg, 155. Signé
et

:

David
dif-

Teniers in.

excud.

cum
il

privilegio.
s'agit ici

Sauf une légère

férence

de

hauteur,,

indubitablement d'une
qui
tient

planche représentant un
droite

homme

de
la

la

main un

un verre remph aux
à

trois quarts, et,

de

gauche,

un pot
fumeur.

bierre

en étain.

Derrière

lui

se trouve

Signé

comme

ci-dessus, et,

en outre,

Coryn

Boel f. Cette estampe au burin et à l'èau-forte, est exé-

cutée avec beaucoup d'esprit, d'après un tableau de
vid

Daà

Teniers,

le

jeune,

qui

appartient

actuellement

M. Hyacinthe Camberlyn,
jeune.

de Bruxelles.
le
:

40° Le fumeur, en largeur. D'après David Teniers,
Larg.

242
et

millimètres.

Haut.

D.

Teniers in.

excud.

cum

privilegio.

— Coryn
le

190.

Signé
Boel

fe.

Composition de sept
41° Le médecin

figures, pleine d'eff"et.
urines.

aux

D'après
le

tableau

de

David Teniers,

le

jeune, qui orne
:

musée de

Bruxelles.

In-folio en largeur

pièce rare.

42° Le joueur de violon, composition de sept figures,
d'après David

Teniers,
i.

le

jeune.

In-folio,

en largeur.

Signé
'Boel f.

:

D.
Il

Teniers

et

excud.

cum

privilegio.

Coryn

existe

une méchante copie de

cette spirituelle


planche
;

105


que ces mots
:

on

l'attribue,

nous croyons avec fondement,
n'y
lit

à Philippe Spru}^.
inv.

On

D.

Teniers

43° Une mendiante

assise.

44° La pesciised'or. D'après David Teniers,

(le
:

jeune?).

Haut.

144 millimètres^
(ciini

larg.

135.

Signé

D. Teniers
jeune.
Teniers

in. et excud.

?) privilégia.
chats.

45° Le concert de
Larg.

D'après D. Teniers,

le

310

millimètres,

haut 235. Signé

:

D.

in. et excud.

cwn
de
les
le

privilégia.

— Coryn

TSael f.
le

46°

La

boutique
la

du

barbier.

D'après
se

même. Pour
rappeler qu'au

l'intelligence

planche,

on doit

XVII^

siècle,

chirurgiens étaient tenus

de

se

faire

recevoir dans
lait

métier des barbiers. Teniers qui excelici

dans

la

peinture des singes, les a représentés
et

en

chirurgiens

en

barbiers.

Larg.
et

313

millimètres,

haut. 244. Signé :T). Teniers in.

excud. cuni privilégia.

Coryn Boel

f.

Cette estampe pleine d'esprit et de gaieté
la

forme

le

pendant de

précédente,

qui ne lui cède pas

en mérites.
47°-) 2°. Les
Larg.
i^""

singes.

D'après David Teniers,
haut.

le

jeune.
pièces,

140 millimètres,
:

108, suite de 6

état

avant l'adresse de François vanden

Wyngaerde

sur la première planche. Compositions pleines de malice
et

de joyeuseté.
53°

Un

vieux paysan tenant une cruche. D'après David
jeune. Signé
:

Teniers,
privilégia.

le

D.

Teniers in.

et

excud. cuni

Coryn Boel

f

{sic^.

Cette

petite
fait

planche
partie de

très-bien rendue et
la collection

inconnue

à

le

Blanc,

de

M. Edouard Terbruggen,
trois

à Anvers.
enfants,

54° Marche de

satyres
et

et

de

trais

accom-

pagnés d'autres satyres

de chèvres. Cette eau-forte égale-


ment inconnue
Lierre (i).
Oiiirin Boel,
le

io6


au cabinet de Pierre
de
S'

à le Blanc,
la

figurait

Wouters, chanoine de

collégiale

Gommaire,

à

jeune, fut, avec le Français Jacques-

Philippe

le le

Bas,

un des meilleurs interprètes de David
du professeur Brady prouve
en 1662. Les recherches

Teniers,

second.

La date

inscrite au portrait

que notre graveur

vivait encore

que M. Alexandre Pinchart

a bien

voulu

faire

pour nous
preuve que
ainsi

Bruxelles, ne lui ont pas

du

reste fourni la
ville,

notre artiste serait mort dans cette

en 1668,

qu'on

l'a écrit (i).

(1)

Voyez

le Ciihilogiic de celle eolleclioii,

par N.-J. t'Sas, Brux.,

1797, p. 4), no 489.
(i) Cette notice est datée

du 10

juillet

1874.

jîp^fp^fp^fp^fp^j^j^?^?t^?^

Pierre

BOEL
BOEL)

(en flamand Peeter

(1622-1674

?).

ierre Boel^,

fils

de Jean, graveur de mérite, et
à

^^
sud,
le

d'Anne van der Straten, naquit
fut

Anvers

et

y

tenu sur

les fonts

de

la

cathédrale^ quartier
l'excellent

22 octobre
QjLiirin Boel,

1622^
le

par

son oncle,

graveur

vieux, et Catherine de Heuvel.

Son père Jean
sa

avait été,

comme
Liggcrc,

nous l'avons vu dans
en

biographie,

inscrit

au

i6io-r6ii,

en

qualité de franc-maître graveur. Sauf de rares exceptions,
les fils

de maîtres ne figurent pas

comme
:

apprentis dans
le

ce registre.

Aussi y chercherait-on vainement
Il

nom
pas

de l'élève Pierre Boel.

y

a

plus

il

n'y

figure

même comme
le

fils

de maître,
loin,
il

ou
y

plutôt,

ainsi

que nous

démontrerons plus
le sien.

est porté

sous un autre

prénom que
graveur à de Bie,
le

Pierre Boel fut

un peintre des plus distingués
du plus
rare

et

un

l'eau- forte

mérite.

Corneille
à

plus ancien auteur qui le

mentionne
de
il

notre

connaissance,

n'indique

pas

le

nom

son
avoit

maître.

Pélibien dit que ce fut « Sneydre dont
la

épousé

veuve (i).

»

L'auteur entend parler sans aucun doute

(i) Entretiens sur
anciens
et

les

vies et sur les ouvrages des plus excellens peintres

modernes. Trévoux,

MDCCXXV.

T. IV,

p.

426.

T08


la

du célèbre François Snyders, dont
de Vos, sœur des excellents

femme Marguerite
décéda
le

peintres Corneille et Paul,

mourut

le

2

septembre

1647.

Son mari

19 août 1657, sans avoir convolé en secondes noces (i).

Au
étudié

reste, ce n'est pas à

Snyders que Pierre Boel

fut

redevable de son
sa

éducation artistique.
et

Après avoir bien

manière

celle

de Jean Fyt, nous avons
fut

acquis la conviction

que

celui-ci

son maître.

Cette

conviction,

nous l'avons vu partager par d'excellents
preuve de son fondement.

connaisseurs, première

Une

seconde

résulte de ce

fait,

que très-souvent

les

tableaux

de notre maître sont attribués à Jean Fyt.

Nous avons
dans
le

dit ci-dessus

que Pierre Boel
de maître, sous

fut inscrit

Liggere,

comme

fils

un autre

prénom que
nous l'avons
i6io-i6ri,
maître.
à

le sien.

C'est

ce que nous nous proposons
été,
S'

de démontrer. Jean Boel, père de Pierre, a
dit, inscrit

comme
Luc, en

dans

la

gilde

de

l'âge de 18 à 19 ans,

en qualité de franc-

Le premier Boel qui
registre des inscriptions,

se

présente après
fils
1

lui,

dans

le

comme

de maître, est Jean

Boel, peintre, reçu en 1650-165

(2).

Or, nous avons vu, dans

la vie

du graveur Jean Boel,
fils

que

si

celui-ci

eut réellement un

du

nom
à

de Jean,

cet enfant était

mort antérieurement au
fils,

19 mars 1640.
la

Oinrin, un autre de ses
vure,
il

s'étant appliqué

gra1

est évident

que

l'inscription

de

1650-165

ne

(i) Inscriptions fuiicraires

et

monumentales de

la

province d'Anvers.

Anvers. T. VI,
(2)

p.

208.
et

Ph. Rombouts

chives historiques de la gilde anversoise de Saint Luc.

Th. Van Lerius. Les Liggeren et autres arT. II, pp. 215 et

220.


peut s'appliquer qu'à
tre.

109


fut

Pierre, qui

réellement pein-

C'est vers cette époque, que cet artiste épousa Marie

Blanckaert.

Elle

était fille

du peintre Jean,
de

(le

maître

de Balthasar van Cortbemde,) et d'Anne
devait le jour à Jean de

Wael, qui

Wael, autre
le

peintre, dont
à

Anà

toine van

Dyck
de

a

gravé

portrait

l'eau-forte, et

Gertrude

Jode. Jean

Blanckaert avait épousé
et

Anne

de Wael, en troisièmes noces,
été

leur

fille

Marie avait

tenue,

le la

15

novembre 1632, sur

les fonts baptis-

maux de
Decker

cathédrale, quartier sud, par Guillaume de

et Anne de Scede. Nous croyons que son mariage fut célébré au commencement de 1650, alors que la jeune personne n'avait pas accompli sa dix-huitième année. Nous croyons aussi

que Jean-Baptiste Boel,
également en
1650.

l'aîné

de

ses

enfants^
reste,

naquit

Nous

avons,

du

recherché

vainement

l'acte

de mariage de Pierre Boel et de Marie
les

Blanckaert, dans
siaux d'Anvers.
l'indication
est

tables des anciens registres parois-

Nous

n'y

avons
de
leur

pas
fils

trouvé

non plus
Il

du

baptistaire

Jean-Baptiste.

donc probable que ce mariage

et la

naissance de

cet

enfant auront eu lieu ailleurs qu'en notre ville.
plus,
il

Au

sur-

n'y a pas de doute quant
C'est
ce

à la filiation de

Jean-

Baptiste Boel.

que nous comptons démontrer

dans

la

biographie de
quafité
fait,

ce peintre distingué.
aîné,
celle-ci
la

En

ce qui

regarde sa

d'enfant

nous paraît

résulter de ce

qu'il fut reçu
fils

dans

gilde de S' Luc,

en 1674-1675, en
1675,

comme

de maître,
frère,

et qu'il se

maria,

tandis

que son
et

qui va suivre, ne fut

admis qu'en 1676-1677,
Balthasar-Luc Boel,
le

ne se maria qu'en 1683.
et

deuxième entant de Pierre

IIO
de Marie Blanckaert (i), naquit à Anvers
les fonts

et

y

fut tenu sur

de

la

cathédrale, quartier sud, le 22

décembre
le

165

1,

par Jean-Baptiste de Wael, sans doute

graveur

distingué,

au

nom du
l'enfant.

célèbre peintre

Luc de Wael,

grand-oncle du baptisé et par Susanne Blanckaert, sœur

de

la

mère de

Balthasar-Luc Boel est
;

nommé

simplement Luc dans son acte de baptême
mariage
lit

son acte de

lui

donne

les

prénoms de Balthasar-Luc, qu'on

aussi dans quelques baptistaires de ses enfants, tandis
le

que d'autres

désignent
S'

Le

Liggcre

de

Luc

comme Balthasar, sans addition. nomme ce peintre et fils de
de
le

maître, Balthasar-Luc Boel.

Le
parrain

troisième
à
S'

enfant

Pierre Boel, 12

Anne-Basilie,
^^

fut baptisé

André,
de

mai 1653.

^^t pour

Pierre

Heuvel,

mari

d'Esther

Pelgrom,

parente de notre maître, et pour marraine, Basilie Canis,

que nous avons
Pierre Boel.

lieu

de supposer cousine germaine de

Nous connaissons
peintre.

à

cette

heure

la

famille

de

ce

Nous

allons en
d'artiste.

conséquence poursuivre

la

narration

de sa vie

Corneille de Bie nous apprend, à la
edel

page 364 de son Guldeii cabinet van de
const, qu'il

vry schilderet

passa plusieurs années à

Rome

dans

les

villes
et

environnantes, à peindre des animaux, des fleurs

des fruits.

Ce

séjour est antérieur, sans le moindre

doute, au mariage de Pierre Boel, que nous avons cru

pouvoir, sans témérité, fixer à l'année 1650.

Les archives de

la

gilde anversoise de
:

S'

Luc men-

tionnent trois élèves de notre artiste

Louis Geeraerts

(i) Ihideui.


en 1652-1653,
et
3''
;

m


année (i).
est

David de Coninck en 1659-1660;
la

Pierre Schoof,
seul
:

même

Un
maître

de ces

apprentis

inscrit

comme

franc-

c'est le
et

célèbre David

de Coninck, admis en

1663-1664 (2)
Jean Fyt (3).

qu'on croyait à tort avoir été élève de
a dit aussi qu'il était

On

né à Anvers

et

décédé à Rome,
fausses.

en

1687.
effet,

Ces deux assertions sont
recherché vainement son
registres

Nous

avons, en
les

acte de
roisses,

baptême dans

anciens
fait

de
la

nos pa-

où nous n'avons pas

non

plus

moindre
du
fit

découverte concernant un mariage ou
maître. Celui-ci vivait encore en 1699,

des enfants
puisqu'il
se

recevoir

cette
Il

année-là,

à

Bruxelles,

en

qualité

de

reconnu.

est

désigné très-clairement dans
adressée
le

une

lettre

du magistrat de Bruxelles,
1771,
au

27 septembre

Conseil

souverain

de
(4),

Brabant,

comme un

peintre d'animaux, de

renom

(i) Liggeren cités, T.
(2) Liggeren cités,
(3) Ceci est

II,

pp. 241, 305 et 506.

T.

II, p.

346.
l'affinité

une preuve de plus de
et la p.

qui

existait
affinité

entre la

manière de peindre de Pierre Boel
avons signalée à
108

de Jean Fyt,
pas

que nous
d'être

et qui n'a

empêché notre Boel

un peintre

très-original.

(4) Les reconnus étaient des artistes peintres qui arrivés à Bruxelles,

d'autres villes, s'étaient fixés dans
étaient

la

capitale
Ils

du Brabant
payaient,

et

ne

s'y

pas

fait

recevoir francs-maîtres.
droit fixe de 62
florins

lors

de leur

inscription,

un

4 sous,

argent courant de

Brabant, sans être astreints à aucunes redevances annuelles envers
le

métier des peintres. Adrien-François Boudewyns, de Bruxelles, qui

avait travaillé plusieurs années

en France,

fut

admis

comme
à

reconnu

à Bruxelles, en

1694

et

inscrit depuis

en qualité de franc-maître.
et

L. Galesloot. Docuinejits relatifs à la formation
de

la ptthlication

l'ordonnance de

Marie-Thérèse,

du 20 mars,
2<^

ij novembre lyjj.
série.

Annales de l'Académie d'archéologie de Belgique,

T.

III, p.

475

476

et

480.


kaert décéda

ri2


Sa femme
Marie Blancet le
1

Retournons à Pierre Boel.
entre
le

i8

septembre

1658

8 du
sa

même

mois de l'année

1659, date du

paiement de

dette mortuaire à la gilde de S'

Luc

(i).

Le maître
fut

se

trouvait
l'église

à

Anvers, en 1663, puisqu'il
S'

témoin dans

de

André,

le

1 1

août de

cette année-là,

du mariage

de

sa belle-sœur Gertrude

Blanckaert avec Barthélemi van der Linden. C'est pro-

bablement vers

cette

époque

qu'il

alla

s'établir à Paris,

il

fut attaché à la
Il

manufacture royale de tapisseries
obtint aussi dans cette ville le titre

des Gobelins (2).

de peintre
maître y

ordinaire

du

roi

Louis

XIV

(3).

Notre

fut parrain, le

26 décembre 1671, de Gérardde
l'église

Jean-Baptiste Scotin, qu'il tint sur les fonts
S^

Hippolyte,

avec

Catherine

Huseweel, femme

du

célèbre peintre Adam-François van der Meulen,
Bruxelles. Cet enfont était
et
fils

natif de

du graveur Gérard Scotin
devait
le

de Geneviève

Bailleul.

Gérard

jour au

sculpteur Pierre Scautincx, qui trouva bon de franciser

son

nom

(4).

(i) Liggeren cités, T.
(2)

II, p.

298.
les

A.-L. Lacordaire. Notice historique sur
tapisseries
et

manufactures iuiSavonnerie, Paris,

pêriales de

des Gohelius et

de tapis de la

1855, pp. 60
(3)

63.
critique de biographie cl
d'histoire, Paris,

A. Jal. "Dictionnaire

1867, p. 234, U"^ colonne. (4) Pierre Scautincx figure en 163 3-1634, dans
corporation anversoise de S» Luc,
Liggeren
détails
cit.,

le

compte de

la

cités,

T.

II, p.

53.

comme Le nom y est

élève d'Ambroise
écrit

Gast.

Schoutens.

— Les
Jal,
op.

dans lesquels nous venons d'entrer sont empruntés à

pp.

un

et II 12, et à

H. Herluison, ^ctes
et

d' état-civil

d'artistes

français.... extraits des registres de l'hotel-de-vilh de Taris, détruits dans
l'incendie

du 24

nnii

iSji, Paris

Orléans.

1873, T.

II, p.

259,

ligne 4.


Abraham Genoels,
1

113


ayant été chargé, vers

le

jeune,

673-1 674, de faire exécuter les tapisseries d'un apparle

tement pour

comte de Monterey, gouverneur général
il

des Pays-Bas catholiques,

s'associa plusieurs artistes,
fut chargé,
;

pour

aller plus vite

en besogne. Pierre Boel
les

en cette circonstance, de peindre
les

oiseaux des patrons

autres

animaux furent confiés à Nicaise Bernaerts,
franc-maître

d'Anvers,

de notre gilde

de

S'

Luc,

les

fleurs à Baptiste

Monnoyer, de

Lille, etc.

(i).

Comme
patrons

ces peintres habitaient Paris, à cette époque, aussi bien

que Pierre Boel,

il

n'y a pas à douter que

les

y

furent exécutés.

Erasme

Oiiellin peignit le portrait de notre maître.

Il

fut gravé avec
et Corneille
tiste

beaucoup de

talent par

Conrard Lauwcrs,
L'ar-

de Bie en orna

son Giilâen Cabinet.
la

y est représenté dans un fond de paysage,
lui

main

droite posée sur la tète d'un lévrier. Les longs

cheveux

du maître

descendent sur

les épaules,

une moustache

peu fournie embellit
veillance.
Il

sa figure rêveuse et pleine de bien-

est

vêtu

d'un pourpoint sur lequel s'étale

(i)

Nicaise Bernaerts (eu flamand,
ainsi

Nicasius
l'écrivent

Bernaerts,) et

non
fut

Nicasius Bernard,

que

plusieurs

erronnément,

reçu en 163 3-1634, dans la corporation anversoise de S' Luc,
apprenti de François Snyders
;

comme
en

il

y

fut

admis à

la franc-maîtrise

16)^16^4. Liggeren

cités,

T.

II,

pp. 50 et 248.

Jean Baptiste Monnoyer
p. 880,

était

venu au monde avant que
que
le

Lille

nous

fut enlevée par la France, ainsi

fait

observer

M.

Jal, op cit.,

f- colonne.
tenait

Arnould Houbraken, qui

détails relatifs à ces tapisseries, écrit

d'Abraham Genoels lui-même les Monoié, au lieu de Monnoyer.
véritables des peintres Furni
et

Nous n'avons pu deviner
Boité, dont
lantsche
p. 100.
il

les

noms

parle à cette occasion. TDe groote schouburgh der 'hLeder's

konstschiUcrs en schilderessen,

Gravenhage, 1753,

T.

III,

8


un
collet garni

114

de belles dentelles. Son manteau attaché

au-dessus
taille.

de l'épaule gauche, est ramené autour de sa

Pierre Boel
succès,
fruits et
les

beaucoup de vérité et de animaux de toute espèce, les fleurs,, les
inanimés,
tels
Il

peignit,

avec

les objets

que

les

vases

d'or,

d'argent et de

porcelaine (i).

travailla

avec l'auteur

Bie, à propos de

Oiiellin, comme le prouve de deux tableaux qui ornaient la maison de campagne de son Mécène, Antoine van Leyen(2). Notre maître fut, comme nous l'avons dit, un eraeffigie

de son

Érasme

du plus rare mérite. Jean Fyt lui partie de son art, ainsi que les connaisseurs peuvent s'en convaincre par la comparaison
enseigna aussi
cette

veur à l'eau-forte

des œuvres
a

de

nos deux
des

artistes.

Comme

Pierre Boel
!

bien

profité

leçons

de

son

professeur

Quel

feu, quelle vigueur, par
sanglier,

que nous

exemple, dans cette Chasse au avons sous les yeux Toute une
!

meute

est

acharnée à
fait

la la

poursuite de l'animal sauva^^e

qui a déjà
seurs.
droite,

mordre
:

poussière à trois de ses agresfront,

N'importe

ses

ennemis l'attaquent de
par
derrière.

à

à gauche et

Un

d'eux s'efforce

même
prête

de sauter sur
à
lui

le

dos de

son adversaire, qui s'aptémérité.

faire

payer

cher sa

Toutefois,
réduit
à

harcelé de

toutes parts, le

sanglier sera bien

mourir; mais que de chiens seront encore auparavant
étendus sur
le

sol

!

Cette gravure magistrale à l'eau-forte ne
rien à tout ce

le

cède en

que

les plus célèbres artistes

ont produit

(i) C.

DE Bie,

op. cit., p.

362-364.

(2) Id.,

ibid., p.

198.

II

de plus beau en ce genre. Elle

est

mentionnée avec

les

autres planches de Pierre Boel, dans le V\Canuel de
teitr d'cstûDipes,

Vamaont

de Charles
et

le

Blanc (i).
(le

Wenceslas Hollar
gravé
d'après

Luc Vorsterman
avec

vieux
«

?)

notre
la

peintre.
patte,

Le premier
un

un

lièvre

mort, pendu par
d'oiseaux tués.
»

lévrier, et quantité

Cette pièce rare porte l'inscription sui-

vante
«

:

Teefer Boel pinx.
belles feuilles
:

W.

Hollar

fcc.

1649. Le second

deux

de chasses par des chiens de grande
la

taille,

savoir

la

chasse du sangher, et
:

chasse du lion,

pièce

marquée

Pelnis

Boel

inv

:

Lucas

Vorsterman

fec. (2). »

Dans l'importante
Gommaire,
tant
à

collection de gravures et de dessins
l'église
et

de Pierre Wouters, chanoine de
S'

collégiale

de

Lierre,

trésorier

bibliothécaire de

Sa Majesté Apostolique,

etc., figuraient six

études d'ani-

maux
La
Paris,

morts que vivants, exécutées par François

Snyders, Jean Fyt et Pierre Boel (3).
collection

de dessins

du musée du Louvre,
artiste

à

en possède 213 de notre
propriétaire

(4). L'auteur de
petite
toile

cette biographie est

d'une

du

maître
parc
;

:

elle

représente
,

différents

animaux dans
ce
tableau
,

un
est
la

à

droite

vers

le

centre

de

figuré

un étang orné d'un dauphin de bronze, dont

(i) Paris, 1854, T.
(2)

I,

p.

404.

Michel Huber

et "J.-G.

Stimmel.

Catalogne raisonné du
et

cabinet d'estampes de feu

Monsieur
rédige

Winchhr, banquier
par

membre du
négociant.

sénat, à Leipiig. École des Tays-Bas, Leipzig, 1805, p.

108.

(3)

Voyez

le

Catalogue

N.-J.-A.

t'Sas,

Bruxelles, 1797, p. 297, n° 1459.
(4)

Frédéric Reiset. Notice

des dessins.....

du musée impérial du

Louvre, Paris, 1866, p. Ixxxi,


bouche
laisse

ii6


le bassin.

échapper de l'eau dans
diverses
les oreilles
:

Quatre
lapins
éta-

canards y nagent dans

attitudes.

Deux

bruns au repos, mais
blis

aux aguets, se sont

au bord de Tétang

un pigeon vient de
à

s'abattre

près d'eux,
volatiles.

pour tenir compagnie
milieu de
la

un autre de
et
la

ces

Au

composition

dominant
étale

de toute sa hauteur, se

dresse

un paon qui

en

marchant

sa superbe

queue.
de
là et

Un
scène

coq d'Inde,
plongé

assis près

servant de repous-

soir, paraît

dans de profondes méditations.
le

La

se

passe

après
fiiire

coucher du

soleil,

ce

qui a

permis à Boel de
et la belle et

mieux

ressortir le riche

plumage
dessinés

robe de ses animaux. Ceux-ci sont
peints de

posés excellemment et

main de maître. Le
ciel

fond,

borné par des montagnes,
la

le

et le

paysage
la

s'harmonisent de
partie antérieure

manière
la toile

la

plus

heureuse avec
signée

de

oui est

du mono-

gramme du
Le
Nature

maître P. B.

musée d'Anvers
morte,

possède
fait

de notre de
la

artiste

une
de

qui

a

partie

collection
elle

M.
le

Désiré van den Schrieck, de Louvain, où

porta

nom

de Jean Fyt.

En

voici la description.

A
la

l'entrée

d'un parc sont étalées plusieurs pièces de gibier,
lesquelles

parmi
branche

on remarque un

lièvre

attaché à

brisée d'un arbre, entouré de ronces et de

broussailles.

Deux
dont
sur
le

perdrix sont
la tête

suspendues au-dessus

de

l'animal,

repose à terre. Des pipeaux gisent à gauche

sol,

auprès

de quelques

cailles,

d'un cornet à
la droite

poudre

et d'autres attirails

de chasse. Vers

on

aperçoit une bécassine, et derrière

un
au

bloc, la tête d'un

chien de chasse.
Cette toile
n'est

pas exposée

moment où nous


écrivons.

117


clic

D'après nos

souvenirs,
toutefois

n'est
celle

pas

sans

mérite^

mais inférieure

à

que

nous

possédons.

Au musée
Pierre

de

Gand
de

se

trouve

du gibier mort,
ce
«

de

Boel.
le

M. A. -P. Sunaert
cette
à

décrit ainsi
:

tableau

dans

catalogue

collection

Dans un

paysage avec des arbres

gauche, dont on voit seule-

ment
lièvre

les troncs, est

pendu, à l'un de ces derniers, un

mort.

A

côté de lui est couché

un héron. Ensuite
gauche,
a

on remarque, un canard
et

éparpillés à terre, des perdrix, des bécasses,

de

la petite volaille.
le

A

il 3'

une

élévation de terrain et

lointain offre
» (i).

un

site

sauvage,

terminé par des montagnes

Un

tableau de notre maître, conservé dans

la

pinaco-

thèque de Munich, représente deux chiens de chasse,
qui gardent
gibier

un
(2).

sanglier,

un cygne, un daim

et

autre

mort

La riche
du

galerie de Sleissheim ne

montre pas moins
:

de quatre compositions de Pierre Boel
gibier
;
îiiort,

des fruits,
et

de la volaille,
feinnii
et

etc. ;

2° d:s oiseaux morts

vivants

tuie.

un garçon dans une chambre à
etc.;

provisions,

pourvue de crabes, poissons de mer,

4° tine

jeune

fille

dans une chambre à provisions richement garnie
etc.

de poissons de nier,

(3).

Il

est

probable que

les figures

humaines de ces deux derniers tableaux sont l'œuvre
d'un autre
artiste.

(i) Op. cit., p. 42.
(2) Calatogiie

des

tabteaiix
11°
.

de

tu

pin.icotth'qiie

royale

à

D\Cnuicli,

Munich, 1860,
p. 49, nos

p. 77,

327.

(3) Katatog der Kgl Geniàlde-Gaterie in Sleisslx-ini,

Mùnchcn, 1870,

524

et

525

;

p.

54, no 673

;

p.

57, n" 754.

ri8

Le musée de Madrid possède de notre maître un Paysage avec des animaux : un cygne, un lièvre et une
oie morts sont attachés à la branche

d'un arbre. Trois

chiens gardent ce gibier (i).

Un

tableau de Pierre Boel, peint à Paris, et représen-

tant des oiseaux, d'autres

animaux

et

des

fruits, ornait,

en 1682,

la

collection de

Diego Duarte. Cet amateur,
époque.

qui appartenait à une famille portugaise établie à Anvers,
habitait
était

Amsterdam

à

cette

Cette

peinture

estimée 52

florins (2).

Les catalogues de tableaux,

publiés au siècle dernier

par Gérard Hoet, en signalent plusieurs exécutés par un
Boel, dont
ils

nous taisent
cette

le

prénom.

Nous sommes de
déterminer
fils

façon dans l'impossibilité de

si

ce

sont

des œuvres de Pierre ou de ses

Jean-Baptiste et Balthasar-Luc.

La première peinture
file,

qui se présente est une Vieille feiiwie qui
florins,

vendue

3

à

Amsterdam, en 1707

;

cette toile faisait partie
la

de

la

collection de Pétronille de

Court,

et était

fort

probablement étrangère au peintre dont nous écrivons
la vie (3).

Les autres tableaux de
sont les
suivants
:

Boel

mentionnés par Hoct,
et

Un

lièvre

mort

des oiseaux,

vendu
de ma-

76 florins; Une
et

chasse

au

sanglier,

adjugée à 61 florins,
et

un Vanitas orné d'instruments de musique

(i)

Don Pedro

seo depinlitra

(2)

de Madrazo. Catalogo de los ctiadros de! rcal viuy escidtiira de S. M., Madrid, 1858, p. 363, n° iSiSFred. Muller. De onde Tijd, 1870, p. 402, n° 154.
of
naaiulyst
vaii

(3) Catalopiis
:(edert een

schilderyen,

met

der~elve7- pry:^en,

lavgen reehs van jaren
's

:^oo

in Hotlaud als op andere plaatïcn

in
11°

het

openhaar verkogt.

Gravenhage,

MDCCLII,

dccl

I, bl.

iio,

117.


thématiques, d'armes
et

119


Wit,

de fleurs, à ii florins 8 sous,

lors de la dispersion de la collection de Jacques de

d'Anvers, en 1741.
tion

Il

s'y

trouvait aussi

une composice maître. Les
étaient

de Gcnzales

Coques, représentant un Cabinet de
de
la

tableaux, orné de figures
petites
toiles

main de
ce

dont se composait
:

cabinet,

l'œuvre de

diff"érents artistes

on y

voyait, entre autres.

Une

chasse

au

sanglier,

de Pierre-Jacq.

Boel

(i).

De

Wit

possédait,

en outre, de Boel,

un second
des
et

Vanitas,

l'on

remarquait un globe terrestre,

armes, des

fleurs et des instruments

de musique,

une peinture

ayant pour sujet des fresaies, des rats d'Inde, des chauvessouris et d'autres animaux.
fut

Le premier de
florins 5 sous.

ces tableaux

vendu

12, le

second 20

Un

paysage capital orné de chats-tigres
faisait partie

et d'oiseaux,

exécuté par Boel,

de

la

collection

du peintre

anversois Jacques de Roore, vendue à
Il

La Haye, en 1747.
ses

y

fut adjugé

au prix de 15 florins (2).
signale
,

Pierre

Tervv^esten

dans
:

catalogues

les

tableaux suivants de Pierre Boel
d'après nature, dans

1° et

des animaux peints

un paysage,

vendu 50

florins, à

Bruxelles, en 1758, à la mortuaire de

M. Martin Robyns;
Anvers, en 1762,

2° du gibier mort,
à la

vendu 27
la

florins à

mortuaire de

douairière de Proli;

du

gibier,
et

vendu 26

florins, à

Anvers,

en 1762; des oiseaux

d'autres animaux, dans un paysage, vendu 44

florins,
faire

dans

la

même

ville,

en 1768 (3). Nous tenons à

(1) Cette (2) G.

(^)

œuvre d'art orne actuellement le musée de La Haye. HoET, op. cit., T. II, pp. 32, 34, 55, 4), 47 et 214. PiETER Terwestex. Ciitalogus of mmmlyst van schilderyen met
November 1768,

derielver prysen sedert den 22 Aiignstl 1752 tôt den 21
:^oo
's

in Holland

ah 'Braband en

andere plaatien in het openbaar verkogt.

GravenJjage, 1770; pp.

193, 277,

280

et 661.

120
observer

ici

que
le

le 3° était

indique sans

le

prénom du

maître dans

catalogue.

Le catalogue du cabinet de M. Pierre-André-Joseph
Knyff",

chanoine noble gradué de

la

cathédrale d'Anvers,
:

signale en ces termes deuxtoiles de Pierre Boel

«

n° 147,

Ce
une

tableau offre, sur le premier plan, du gibier mort,

un

cerf,

un

sanglier,

un renard, un canard
deux

et

un cygne dont

aile est

attachée à la branche d'un arbre. L'on y voit
à droite,
lévriers.

aussi

une gibecière;
et

Le fond

est

un beau paysage
meilleur laire de

un

ciel

très-clair. et

Ce

tableau est du

ce

maître

ne

le

cède en rien aux

ouvrages de Jean Fyt. Haut. 73 pouces, larg. 100 1/2. 507. Un tapis_, des instruments, un grand plat ciselé,

un globe, deux

écuelles

de porcelaine; tous ces objets
table, et très-naturellement

inanimés sont placés sur une

rendus. Haut 48 3/4 pouces, large 64 1/2. » Lors de la vente de cette collection, en 1785, le premier de ces
tableaux fut acquis par

M.

Nicolas-François Beeckmans,
le

au prix de 70 florins de change;
Steber,

second, par

le

sieur

moyennant 10
les

florins 15 sous (i).

On
prix,

doit ne pas perdre de vue, en lisant ces différents

que

œuvres

d'art se

vendaient à bon compte
avait

au siècle dernier et

que l'argent

une plus grande

valeur qu'actuellement.
Pierre Boel

mourut aux GobeHns,
la 52''

à Paris, le 3

sep-

tembre 1674, avant midi, dans
Il

année de son âge.
de
S'

tut enterré, le

lendemain, dans
le

l'église

Hippolyte,

en présence de ses amis,

célèbre peintre de batailles,
et

Adam-François van der Meulen

Jean Mosin (2). Le

(i) Catalogue cité, pp.

40

et 172.

(2) A. Jal, op. cit., p. 234, ic colonne.

121

nom véritable
Kramm,
fils

de ce dernier est

Mosyn

(i).

Il était,

d'après
et

du

graveur distingué

Michel

Mosyn

de Madeleine Veron, sa femme.
C'est ce qui résulte de l'acte

de baptême de Michel
juin 1671,

Mosyn,
avec
S'

frère de Jean,

que

celui-ci tint le 2

sa

sœur

Geneviève,

sur

les

fonts

de
le

l'église

Benoît à Paris. Le petit Michel

était

28

avril

de cette année-là,

et le parrain signa

du
père
le

nom
était

de Jean
absent,

Mosin
à

le baptistaire

de l'enfont
conféré
à

;

le

l'époque où fut

son

fils

premier des

saints sacrements (2).

Disons,
artiste

pour terminer,
la

qu'il

est

regrettable

qu'un

de

valeur de
52"^

Pierre

Boel soit décédé avant

d'avoir accompli sa

année.

Quoique décédé
payée à
gilde

à l'étranger, la dette mortuaire de ce

maître, se montant à 33 florins 4 sous, n'en fut pas moins
la

anversoise

de

S'

Luc. C'est ce qui

résulte de son

compte du 18 septembre 1673 au 18 du
lieu

même

mois de l'année 1674 (3). Mais au
le

d'écrire
et

Pierre Boel,

rédacteur renouvela l'ancienne erreur

mit Jean (4).
Christiaan Kramm. De

(i)

levevs en

iverken

der HoUandsche en
boiiiurneesters.

Vlaamsche kunstschilders, beeîdhouwers, graveurs en

Amsterdam, 1860, T. IV, p. 1169. (2) Herluison. Jcles d'ètat-civil
détruits dans l'incendie

d'artistes français,

peintres, gra-

veurs, architectes, etc. Extraits des registres de l'hôtel de ville de Pans,

du 24 mai iSyi, par H. Herluison. Paris
p.

et

Orléans, 1873, T.
(^) Liggeren, T.

II,
II,

375.

p.

436.

(4) Cette notice est datée

du 21

juin 1874.

«.^

a/^

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»^j

».^

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t,^

*^j

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«Jj^j

»jji^

m/^

x/^

%/Xg

»Aj

Jean-Baptiste

BOEL
BOEL)

(en flamand Jan-Baptist

(1650 ?-i688- 1689).

gje

peintre de talent Jean-Baptiste Boel était

fils

^du célèbre Pierre et de Marie Blanckaert. Nous L^u^ avons dit dans la biographie de son père, que
celui-ci s'est

marié,

d'après

notre manière de voir, au
ajouté que
la

commencement
croyions devoir

de 1650.
fixer,

Nous avons

nous

à cette

même
fait

année,

naissance
l'aîné

de Jean-Baptiste, considéré par nous
ses enfants.

comme
ni

de

Enfin

nous avons

observer que nous
l'acte

n'avons pu découvrir ni

son baptistaire,
et

de

mariage de ses parents,
absence de
est

nous avons conclu de

cette

baptistaire à

Anvers que Jean-Baptiste Boel
ville.

né ailleurs qu'en notre
à

Nous

allons nous efforcer
artiste est
et

maintenant

démontrer que notre

issu bien

positivement du

mariage de Pierre Boel
le

de Marie

Blanckaert, et qu'il en fut
la

premier

fruit.

La preuve de

première de ces assertions ressortira sufiîsamment des
et

noms du témoin de son mariage
baptême
la la

de quelques-unes

des personnes qui ont tenu ses enfants sur les fonts de
;

seconde de
de

la

date de son admission dans

gilde

anversoise

S^

Luc,

en

qualité de

fils

de

maître,

date antérieure à celle de la réception de son

frère Balthasar-Luc,

né en 1657.


tiste

123


comme
reçu
fils

Nous commencerons par
maître, dans l'intervalle du

ce dernier point. Jean-Bap-

Boel fut inscrit dans notre gilde

de
18

i8 septembre
fut

1674 au
que

septembre 1675; Balthasar-Luc n'y

du

18 septembre 1676 au 18 septembre 1677 (i).

Nous ne doutons
pour maître,
second.
Il

pas que

le

premier

ait

eu son père

et

il

est

probable qu'il en fut de

même

du

est

hors de doute que l'un et l'autre auront

accompagné

leur père à Paris.

Nous
le

arrivons maintenant au

premier point.

Jean-

Baptiste Boel épousa, dans la

cathédrale, quartier nord,
était

4 mai 1675, Marie-Catherine Immenraet. Elle
de l'excellent peintre-paysagiste
et

fille

Philippe-Augustin
et avait été
le

Immenraet (2)

de Catherine de Hille

tenue

sur les fonts de

Notre-Dame, quartier nord,
à
cette

11 avril
fille

1657. Le père servit de témoin
dix-huit ans Celui de Boel fut
le

jeune

de

Barthélémy van dcr Linden,
notaire à Anvers, en
le

jeune. Celui-ci avait été
et

nommé
S'

1663 (3)

avait

épousé à

André,
fille

11

août de

cette année-là,
et

Gertrude Blanckaert,
Elle était par

du peintre Jean
la

d'Anne de Wael.

conséquent

sœur

de Marie de Wael,

femme

de Pierre Boel^ qui avait été

témoin de son mariage. Barthélémy van der Linden, son
Théodore Van Lerius
450 et 454. Le nom de cette famille
Théâtre
des peiii tires

(i)

et

Phil. Rombouts. Les Liggcrcn
anversoise de saint Luc,

cl

antres archives historiques de la gilde

T.

II,

pp. 432, 443,
(2)

d'artistes

dans

h

de
et

est changé en Immelraat, David Teuiers, le jeune; plus tard

on

s'est

mis à écrire Emelraet
d'Anvers, à

Hcmclraet.
des

(3)

Frédéric Verachter.

Liveiilai/c

minutes des anciens not

taires de la ville

la suite

du

Riippoi

sur l\uhnii:islralion
le

cl

la situation des affaires de

la ville d' Anvers,

présenté

2 oc-

tobre

1S48, p. 243.


mari,
tiste

124
par


alliance

était

donc

l'oncle

de

Jean-Bap-

Bocl.

Celui-ci eut six enfants de Marie-Catherine

Immenraet.

Jean-Philippe, baptisé dans
le

la

cathédrale, quartier

nord,

6

juillet

1676.

Parrain,

Philippe-Augustin

Immenraet, aïeul de
kacrt, au
était
la

l'enHuit, marraine,

Susanne Blanc-

nom

de Catherine de Wael. Susanne Blanckaert
et,

sœur de Marie,

par

conséquent,
Catherine
la

la

grand'

tante du petit Jean-Philippe
était

Boel.

de

Wael

parente de Marie Blanckaert, par

mère de

celle-ci,

Anne de Wael, femme en
Blanckaert.

troisièmes

noces de Jean

2° Marie-Catherine, tenue sur
drale, quartier sud, le

les

fonts de

la

cathé-

22 octobre 1677, par Barthélémy
et

\an der Linden, que nous avons appris à connaître,
Catherine de Hille, grand'mère de l'entant
3° Pierre, tenu sur les

mêmes
S'

fonts, le 4 juillet 1680,

par Pierre Spierinckx, paysagiste de talent, franc-maître

de notre gilde anversoise de

Luc, en 163 5-1656 (i)
petit Pierre.

et

Susanne Blanckaert, grand'tante du

4° Gertrude-Antoinette, baptisée dans le

même

quartier

de

la

cathédrale,

le

25

juillet

1682. Parrain Antoine

van Leyen, échevin d'Anvers, marraine, Gertrude Blanckaert,

sœur de Marie, femme de Pierre Boel,
grand'tante

et,

par

conséquent,

de

l'enfant.

Nous avons vu

que Gertrude Blanckaert
thélémy van der Linden.

était la

fenmie du notaire Bar-

(i)

Campo Weyerman
lettre,

n'ayant pas su

le

prénom de

Spierinckx,

l'a

indiqué par l'inconnue N.

Ceux

qui l'ont suivi ignorant la justification

de cette

l'ont considérée

comme

l'initiale

de Nicolas,

et

ont

nommé

notre maître Nicolas Spierinckx.


Quant
à Antoine

125


il

van Leyen,
la

fut

le

Mécène de

Corneille de Bie, lors de
Gtilden Cabinet, qui
est

publication

de son célèbre

orné du portrait de van Leyen,

gravé en 1661, par Richard Collin, d'après un tableau

d'Erasme Quellin. Notre magistrat,

comme

nous l'avons
des

vu dans

la

biographie
Il

de Pierre Boel,

possédait

tableaux de ce maître.

remplit les fonctions d'échevin
à

de

notre

ville

de

1667

1673,

en

1680,

1682

et

1683.

MicheHne, baptisée à Notre-Dame sud,
Parrain,

le

12

juillet

1684.

Michel Moens,
la

marraine,

Marie-Cal'enf-Uit.

therine de Hille, parente de
6° Jean-Baptiste,
le

grand'mère de
fonts

tenu

sur les

de
et

S'

Jacques,

26

juillet

1686, par Jean Willemssens

Anne-Claire

Smits.
Il

est constaté, à cette

heure, que

le

témoin du ma-

riage

de

Jean-Baptiste

Boel

était

le

beau-frère de son

père. Qu'il fut parrain de son

deuxième enfant, qu'une
Susanne Blanckaert,
artiste,

des
tint

belles-sœurs
sur
les

de
le

Pierre

Boel,

fonts

premicr-né de notre
la

au

nom
la

d'une parente

de
fils

mère de

celui-ci.

Qu'elle fut

marraine de son
le

Pierre, et

que sa sœur Gertrude
fille

Blanckaert

fut

de Gertrude-Antoinette Boel,

de

Jean-Baptiste.
la filiation

Nous croyons donc pouvoir conclure que

de ce dernier est nettement établie.

Nous

ajouterons qu'après l'inscription du graveur Jean

Boel, père du peintre et graveur Pierre, le premier Boel,

reçu en qualité de

fils

de maître dans
Pierre,

la gilde

anversoise

de

S*

Luc,

est

ce

même
i,

erronément porté au

registre

en 1650-165

au

nom

de son frère Jean, décédé

bien antérieurement à cette époque. Notre Jean-Baptiste
est le

second

fils

de maître issu de cette famille.


Le
lecteur sera sans
stration est

126


démon-

doute d'avis que notre

complète.
Jean-Baptiste van
se
serait
fait

Selon

M.

der Straelen (i), Jean-

Baptiste Boel

recevoir

en

1674, dans

la

chambre de rhétorique du
unie, à cette époque,
à

Rameau
de
la

d'Olivier (Olijftak)
Giroflée
{yiolieré).

celle

D'après l'auteur
le

cité, cette

admission aurait eu lieu sous
:

décanat du célèbre peintre Charles-Emmanuel Biset

mais

comme

celui-ci fut

doyen en 1675-1676
la

(2), c'est

à cette dernière

époque que

réception de notre Boel

devrait être reculée.
Il

donna

sa

démission en

1

679-1 680.

Cette décision

entraînait le
Il

paiement de
solder

la dette

mortuaire du maître.

préféra

de

celle-ci

plutôt

en

nature

qu'en
le
:

argent.

Voici ce que nous lisons à cet égard dans
{Olijflali)

compte du Rameau d'Olivier
« Jean-Baptiste

de

1

679-1 680

Boel

s'est

retiré à condition
la

de peindre
les

pour

la

chambre un tableau de
Il

même

hauteur que

autres toiles de ce local.

sera tenu
aussi

de payer l'intérêt

d'un capital de

150

florins,

longtemps que son

œuvre ne
l'aura été,

sera pas délivrée à la chambre, et dès qu'elle

on

fera juger
il

si elle

est

digne d'y être admise.
après avoir figuré
fait

»

La peinture dont
honneur au salon de
partie

s'agit,

avec

la gilde

de S' Luc,

actuellement
la

du musée d'Anvers. Elle représente
monde.
bien
désiré

Vanité des

choses de ce

Nous

aurions

de pouvoir

donner

une

(i) Gcschiedenis der Aniivcrpsche Rederykkamers, Violiere, p. 87.
(2) En 1674- 167 5, le doyen de la gilde était Martin Verhulst, imprimeur-libraire. Voyez Liggeren cités, T. II, pp. 436, 440, 444
et 446.


description un peu

127


de ce tableau, mais
il

détaillée

est

en ce
telle

moment
que
le

couvert de crasse et placé à une hauteur
atteindre

regard n'y peut

suffisamment.

Nous devons donc

bien nous contenter d'emprunter les

lignes suivantes qui figurèrent primitivement dans l'édi-

tion du Catalogue du musée d'Anvers, par

M.

Jean-Alfred

de Laet
et

:

«

Un

cygne mort, posé dans un
le

plat de vermeil,

un paon, occupent

milieu

de cette composition,
des fleurs, des

qui est très-riche d'accessoires, figurant

objets d'antiquité, des attributs d'arts et de sciences, etc.

Grandeur naturelle
mais

(i). »
:

Cette toile est l'unique œuvre connue de Jean Boel
elle

donne une preuve des plus avantageuses de
les

son talent. Tous
maitre et
belle
il

serait

y sont peints de main de extrêmement regrettable que cette
objets

composition dût être quelque

jour

la

victime de

mauvaises restaurations.

Le compte de
1686 au 18 du
de
3 florins

la

gilde

de

S^

Luc du

iS

septembre

même

mois 1687 mentionne une recette
la

4 sous, du chef du paiement de
la

dette

mortuaire de

femme de
efî'et,

Jean-Baptiste Boel (2). Marie31""^

Catherine Liimenraet, qui venait d'entrer dans sa

année,

décéda en
le

en septembre 1687

et

fut

in-

humée
un
que

16 de ce mois,

dans l'abbaye de St-Michel,

aux termes de son testament. C'est ce que nous apprend
registre d'enterrements
les

de

la cathédrale,

qui

ajoute
la

époux Boel habitaient

à

cette

époque

rue

(i) Cette description a été reproduite dans le Catalogue de à la suite de notre
Baptiste Boel. O/'.

1857,

biographie,
p.

en grande partie fautive, de Jean-

cit.,

360, no 411.
p.

(i) Liogeren cités, T.

II,

520.


Sale,

128
dont


le

(de

Vuilnisstrate),

nom

a

été

changé
l'illustre

depuis en rue
peintre qui y

Otho Vœnius, en mémoire de
demeura
(r).
le

Jean-Baptiste Boel
et le
effet,

mourut entre
1689.
la

i8 septembre 1688
à
S'

18 du

même
fut

mois
à

C'est

cette

date^
sa

en

que

payée

gilde

de

Luc

dette

mortuaire de 3 florins 4 sous (2). que de 38 à 39 ans. Il est évident que notre maître

L'artiste n'était

âgé

a

exécuté

d'autres

œuvres que

celle qui
?

orne

le

musée d'Anvers. Mais où
certains

se trouvent-elles

C'est ce que

marchands de

tableaux pourraient peut-être nous dire (3).

(i)
ville

Augustin Thys.

Historique des rues

et

places

publiques de la

d'Anvers. Anvers, 1873, pp. 338 et 339. (2) Liggeren cités, T. II, p. 536.
(3) Cette notice est datée

du 14

juillet

1874.

Balthasar-Luc

BOEL
BOEL)

(en flamand Balthazar-Lucas

(1651-1702-1703).

c^yi^^^
'
,'

e peintre était

fils

du célèbre Pierre Boel
Il vit

et

de

'é^^f^
sans

jour à Anvers et y fut tenu sur les fonts de la cathédrale, quartier
le
1,

Marie Blanckaert.

sud, le 22 décembre 165

par Jean-Baptiste de Wael,

doute

le

graveur distingué, au

nom

du célèbre

peintre

Luc de Wael, grand-oncle du baptisé, et par Susanne Blanckaert, sœur de la mère de l'enfant. Ainsi
que nous l'avons
fait

observer dans

la vie

de Pierre

Boel, Balthasar-Luc est
baptistaire (i)
;

nommé

simplement Luc dans son
lui

son acte de mariage

donne

ses

deux

prénoms dans
les lit

l'ordre

que nous avons
manière dans
ses

suivi ci-dessus.

On

de

la

même

les actes

de baptême

de
le

quelques-uns de
désignent
la

enfmts,

tandis

que d'autres

simplement
de
S'

comme

Balthasar.

Le Liggcre
artiste

de

gilde

Luc d'Anvers
le

nomme

notre

Balthasar-Luc Boel;

compte de i6j6-i6jj, Balthasar
nul doute, son père à Paris
apprit

seulement.

Notre
il

artiste suivit, sans

:

est

probable

aussi qu'il

de

lui

la

peinture,

duoiqu'il en

soit,

Balthasar-Luc

Boel entra, en

1676-

(1)

Voyez

pp. iio et 123.


i677) t^^ns
et
fils

130


Luc comme
peintre

la

gilde anversoise de S'
(i).

de maître

Cette réception à l'âge de 25 à 26

ans doit faire supposer que Boel est resté longtemps à
l'étranger.

Balthasar-Luc Boel épousa dans
nord,
le

la

cathédrale, quartier

25 février 1683, Marie-Anne Janssens, dont les
écrits parfois

prénoms sont
pléban

dans d'autres

actes

Annele

Marie. La bénédiction nuptiale leur fut donnée par

Rombout

Backx,- en

présence de Jean-Baptiste
et

Sarton et de François Croock,
bans.

avec dispense de deux

Quatre

enfants

furent

les

fruits
les
le

de

ce

mariage.

Marie-Barthélemie,

tenue sur

fonts

de

l'église

S' Jacques, le

20 mai 1684, par
licencié

notaire
et

Barthélemi
de

van der Linden,

ès-droits

grand-oncle

l'enfmt, et par Susanne Blanckaert, sa grand'tante.
2° Jean-Pierre, baptisé dans
la

même
peintre

église,

le

10

août

1685

;

parrain,

l'excellent

Jean-Baptiste

Boel, oncle de l'enfant, marraine, Gertrude Blanckaert,

femme
du

de Barthélémy van der Linden et grand' tante

petit Jean-Pierre.

Les deux suivants furent baptisés à

S^
;

Georges

:

Anne-Marie,

le

6

décembre 1688
de
mérite,

parrain, Pierre

Spierinckx,
Blanckaert,

paysagiste

marraine,

Gertrude

nommée

ci-dessus.
j

4° Anne-Marcelle, le 9 janvier 1693
cel

p^irrain,

Mar-

Librechts,

marraine,

Susanne-Marie

Blanckaert,

grand' tante de l'enfant.

le

Ce Marcel Librechts est probablement le même que compagnon de voyage à Rome d'Abraham Genoels,
(1) Lig^eren cités, T.
II,

pp.

440

et 454.


le
Il

131


bande

jeune, et de plusieurs autres de nos artistes, en 1674.
était natif

d'Anvers
il

et

peintre. Entré dans la

artistique à Rome_,

y

avait reçu le

surnom de Perro18

quet (i).
Balthasar-Luc Boel

décéda

entre

le

septembre
à
cette
le

1702

et

le

18
sa

du

même
S'

mois

1703.

C'est

époque que
registre de

dette

mortuaire est mentionnée dans

comptes de

Luc, où

la

somme due
l'y

est

restée

en blanc.

Les prénoms du maître
il

sont restés

également, mais heureusement

n'y

a
le

pas de doute

quant à

la

personne du peintre que

rédacteur du

compte a entendu désigner.

Le paiement de
Balthasar-Luc Boel

la

dette

mortuaire de
le

la

veuve de

est

renseigné dans

compte du 18
1725,

septembre

1724

au

18

du

môme

mois

de

la

gilde anversoise de S' Luc,

Nous ne connaissons aucune œuvre de
nous
serait-il

ce Boel. Aussi

impossible

de dire

s'il

fut,

ou non, un
portent

peintre de talent. Ses relations artistiques nous
toutefois à croire l'affirmative (2).

Sources
de
la
S"^

;

Luc.

ville

— Archives de gilde — Notes de M. J.-B. Van der Straelen. — Archives de monumentales de d'Anvers. — Inscriptions funéraires
Registres des paroisses d'Anvers.
la
et

la

province d'Anvers.

(i)

Arnold Houbrakem. De
scbilderessen,
s'

groote

schoiihiirgh

der Nederlantsche

konstschilders en

Gravenhage,

1753.

Tome

III,

pp.

100, ICI et 102.
(2) Cette notice est datée

du 15

juillet

1874.

m^^m^^^M^^M
COCX dit GONZALO ou GONZALES COCQUES flamand Gonzaal COCX ou COCQUES)
GONZALYE
(1614-1684).

(en

^^^ous
I

avons publié, en 1863,

la

biographie de ce

maître
logue

cminent

dans

le

Supplément au

Cata-

du musée d'Anvers. Ayant complété nos
cette

recherches depuis
actuellement

époque, nous

en

présentons

le résultat

au public.

Le premier
aux parents de
1598. C'est

acte

que nous ayons trouvé relativement
porte
la

l'artiste,

date du 15
fille

septembre

le

baptistaire

de Marie,

naturelle de
alias

Pierre Willemsen
Elle fut tenue

Cock

et

d'Anne Beys,
de
et

Jacops.

sur les

fonts

l'église

S*

Jacques, à

Anvers, par Corneille Pietersen

Marie de Weese. La
trahit

manière d'écrire
étrangère à notre

le

nom

du père

une

origine

ville,

hollandaise peut-être, mais

non

inconnue en tout
Pierre Willemsen
fils

cas,

à d'autres parties de notre pays.
se traduit

Cock

en français par Pierre

de Guillaume Cock, mot qui signifie lui-même cui-

sinier.

Quant

à la mère,

l'addition ajoutée à son

nom

ne nous semble avoir d'autre signification sinon qu'elle
était fille

de Jacques
fois.

:

aussi

nous ne l'avons rencontrée

qu'une seule

Pierre Willemsen

Cock

et

Anne Beys

réparèrent

le


Ils

133


illicites.

scandale qu'ils avaient donné par leurs relations
se marièrent, au

plus tard,

en 1608,

ailleurs

qu'à

Anvers, où nous n'avons pas trouvé l'acte de célébration.
Si la petite

Marie

était

encore en vie à cette époque,
était

ce que nous ignorons, elle

devenue légitime de

plein droit, par suite du mariage de ses parents.

Ceux-ci eurent encore trois autres enfants, qui furent
inscrits

dans

les registres

de baptêmes de

la
:

cathédrale
i"

d'Anvers,

comme
il

issus d'une union légitime

Henri,

le

24 février 1609,

eut pour parrain Henri Roi, maréchal
et lieutenant-amiral

d'Abscoude, capitaine

des navires

de guerre de l'Escaut (i). L'acte n'indique pas de marraine.

Nous n'avons

pas trouvé de mention ultérieure

de cet enfant.
2° Gaspard, le
11 juin

1612

;

parrain,

Gaspard van

Steenwinckel, bateher (2),
brechts.
Il

marraine, Marguerite

HuySt-Jac-

n'attendit

pas

longtemps pour se marier.

En

effet,

à peine

âgé de

20 ans,

il

épousa,

à

ques,

le

6

juillet

1632, Pétronille Symons,

en préSa

sence

de Marc de
lui

Wit
trois

et

de Gilles
:

de Huyter.

femme
le
le 3

donna

enfants

les

deux
S'

premiers
Jacques,

furent tenus
troisième,

sur les fonts
sur

baptismaux de
S^

ceux de

Georges.

Jacques,

décembre i633,parrain Josse van de Velde, au

nom

(i) Henri Roi avait épousé Émerentienne van den Driessche, alias van Valckenborch. Inscriptions fimcraires et monumentales de la province d'Anvers, T, I, p. 326. Il appartenait à la noblesse et est honoré du prédicat de jocncheer, dans l'acte de baptême de Gabriel van Bueren, fils de Jacques et d'Elisabeth SteydHn, qu'il tint sur les

fonts

de

la

cathédrale, le

27 janvier 1609. L'acte
I, p.

le

qualifie

de

lieutenant-amiral de Leurs Altesses (Albert et Isabelle).
(2) Inscriptions citées, T.

344.


de Jacques de

134


le

Man

et

Marie Wirix. 2° Anne,

24

jan-

vier 1635, par Grégoire

Mertens

et

Anne Corthaven.

3° Pierre,

le

29 novembre 1642, par son célèbre oncle,
et

Gonzalve

Cocx

Anne van Bueren. Gaspard Cocx
S'

épousa en secondes noces à
1647, Marguerite van Erp,

Georges,

le 3

septembre
les

avec

dispense

de tous

bans, et en présence de Daniel van Maldergem (i) et

d'Henri

Brixius,

tous deux prêtres. Après cette date,

nous perdons notre Gaspard de vue.

Dans
écrit

les actes

que nous venons de

citer,

son

nom

est

Cox, de Cock^ Willemsen Cockx en enfin Coquez.
choisi

Nous avons
frère,

Cocx
et

et

Coques pour son
signait,

illustre

qui va

suivre

qui

du

reste,

de cette

dernière façon.
3° Gonzales,
le

8

décembre 1614;
la

parrain,

maître
vraisem-

Henri van Bruesegem, marraine, Ide Jacops,
blablement une sœur de

mère de

l'artiste. la

Lorsqu'en 1863, nous publiâmes cette date, pour
première
fois,

nous fîmes connaître que

le
le

nom du

maître nous paraissait écrit Consala, dans

registre de

baptêmes commencé
25 février 161
portaient à
5.

29 juin 1606 et terminé le Nous exposâmes les motifs qui nous
le

regarder ce

registre

comme une

copie

et

émîmes

l'avis

que l'acte de baptême découvert par nous

concernait bien réellement notre peintre, puisqu'on n'en

(i) Daniel

van Maldergem remplit, pendant plusieurs années,
Il

les

fonctions de clerc de la paroisse S' Jacques.
indifférent à la gloire

paraît n'avoir pas été

du XVII2
dont
il

siècle, car

que projetait sur notre ville l'immortelle école dans ses registres d'enterrements, actuellement
ville,
il

conservés à l'hôtel de

a soin d'indiquer la qualité des artistes,
ail-

annotait les inhumations, ce qui n'était guères pratiqué

leurs.


trouvait

135


ni

aucun

autre ni en 1618, date de la naissance

inscrite au-dessous

de son portrait,

en quelque autre

Nous avions dit aussi que le registre de baptêmes commencé le 30 mars 1592 et terminé le
année que ce
soit.

25 juin 1606, registre qui est évidemment presque en entier de la même main que celui dont nous venons de
parler,
est

également une copie,

exécutée,

du

reste,

vers cette époque.

Ceci posé, nous devons avouer que nous
lu
la

avons mal
et

lettre

finale

du prénom du

maître

que

le

registre porte Consalo, au lieu de Consala.

C'est ce qui

nous a

été

prouvé à toute évidence par deux actes bapde
la

tistaires,

écrits

même main
deux

que

celui de Gonzales,

et portés

dans

les

registres

que nous venons de

mentionner.

Le premier de
et

ces actes tft daté

du 24 octobre 1605

se

rapporte

à

Susanne,

fille

de Pierre

Kaymoix

et

de Susanne Ysebout.

Elle eut

pour parrain Consalo-

Alonso de

Civila,
la

pour marriane Elisabeth de Latre.
manière suivante

Far iuite de
peut se
lire
:)

mauvaise formation des O, ce document
la
:

de

(Enfant

:)

Susanna.
(Par-

(Parents

Peeter Kaymoix,
:)

Susanna Ysebout.

rain et marraine

Consala Alonso de Civila, Elisabeta
le

de Latre.

»

On

ne pourra certes prétendre que

pre-

mier prénom du parrain ne doive

être lu Consalo.
la

Le second

acte dont

nous parlons porte
fils

date du

12 décembre 16 12 et concerne Gaspard,

de Camillo

Roberti et de Sara van den
cette façon
berti,
:

Wouwere.
»
Il

Il

se présente de

(Enfant

:)

Jaspar. (Parents

:)

Camilla Ro-

Sara van de

Wouwere.

est évident

que

le

prénom du père
ainsi

doit être lu Camillo, et

que

c'est bien

que

le

copiste a entendu écrire.

Nous concluons de
taire

136

que
le le

ces comparaisons

baptis-

du 8 décembre

1614 concerne sans

moindre

doute Gonzales Coques, et que son prénom y doit être
lu Consalo.

L'artiste

commença son

apprentissage dans l'intervalle

qui s'écoula du 17 septembre 1626 au mois de septembre 1627, et fut admis dans l'atelier de Pierre Brueghel(i).

Le compte de

la gilde

de S* Luc ne désigne pas autreici

ment son

maître, mais nous croyons qu'il s'agit
fils

de

Pierre Brueghel, le troisième,

de Pierre,

le

jeune, et

d'Elisabeth Goddelet de Liège.

Notre opinion se fonde
III

sur ce

fait

que Pierre Brueghel

était

un très-bon
Gonza-

peintre de portraits, genre dans lequel a excellé
les,

tandis que Pierre

Brueghel,

le

jeune, mettait plus

volontiers son application à représenter des scènes plaisantes
atteint

ou

des

diableries

(2).

D'ailleurs
1

l'âge

avancé
devait

par ce
le

dernier maître en

626-1 627, ne

guère

porter à enseigner encore à cette époque, et
ce

vient aussi,

nous semble, corroborer notre manière
reste, à faire observer

de voir.

Nous tenons, du

que
le

nous devons aux notes de Jacques van der Sanden,
secrétaire de l'ancienne

Académie d'Anvers, ce que nous

avons

dit

du grand talent de Pierre Brueghel El, en

matière de portraits. D'après l'inscription placée au-dessous du portrait de
Gonzales, publié, pour
sens, en
la

première

fois

par Jean

Meys-

1649 (3), notre
Rombouts
archives
et

artiste eut

un second maître,
avocat. Les Liggede Saint

(i) Phil.
ren
et
I,

Théod. Van Lerius,

autres
p.

historiques de la gilde anversoise

Luc.

T.

635.

(2) Pierre Brueghel III peignait aussi des scènes familières et des

paysages ornés de figurines.
(3)

Dans l'ouvrage

fort

rare intitulé

Ima^ci

de

divers

homma


David Ryckaert,
le

137

vieux, ou plutôt le deuxième de ce

nom, qui devint plus tard son beau-père. Les archives de S' Luc sont muettes relativement à ce changement
d'atelier,

comme

c'est assez leur habitude,
le fait vrai.

en pareil

cas.

Au

reste,

nous croyons
le

Nous

ferons obser-

ver toutefois que

séjour

de Gonzales chez Pierre
talent

Brueghel

III a

dû avoir sur son
dont
il

une influence des

plus heureuses, et

importe de tenir

compte à

son premier maître.

Son second précepteur
d'intérieurs,

était

un peintre
la

fort distingué
les

comme

nous en avons
le

preuve sous

yeux. Corneille de Bie

mentionne, en outre,
les

comme
les

ayant représenté avec talent
rents (i).

montagnes

et

tor-

Gonzales entré à apprentissage à l'âge

d'environ

12

à 13 ans, fut reçu maître en 16 40-1 641, sous le déca-

nat de Jean Cossiers.

Le

registre
qu'il

le

nomme
s'est

Gonzales
fait

Cocx, peintre,
crire

et

mentionne

ne

pas

msla

dans l'association de secours mutuels (busse) de
lit

gilde. L'assertion contraire se

toutefois dans le

compte
le

du 18 septembre

1640 au

18

septembre

1

641, où

nom

de

l'artiste est écrit

Gonsalo Kocks (2).
à
cette

Coques
croire

avait

atteint,

époque,

l'âge

de 26

à 27 ans environ. Cette réception tardive nous porte à

que Gonzales avait voyagé dans

l'intervalle

qui

d'esprit sublime, qui

par leur art

et science

devront vivre éternellement

et

desquels la louange et

renommée

faict cstoniierle
et vejideur

monde ; à Anvers, mis en

lumière par Jean Meyssens, peintre
l

de l'art, au Cammerstraet,

'an

MDCXLIX.
cit., p.
cit..

Corneille
edel

de Bie reproduisit cette image dans son
vry schilderconst.

Gulden Cabinet van de
(i) Op.

100.

2

Op.

pp. Il) et 121.

s'écoula

138et

entre son

apprentissage

son admission

à

la maîtrise.

Nous

parlerons des succès
qui

de

l'artiste,

après

avoir

rapporté les particularités

concernent son premier
II,

mariage. Le dernier maître de Coques, David Ryckaert
était

décédé en 1642 (i),

laissant, entre

autres,

de sa
la

femme
rine,

Catherine de Merre, qu'il avait épousée dans
le

cathédrale,

19
sa

juillet

1608, une
et

fille

nommée
S*

Cathele

comme

mère,

baptisée

à

Georges,

12

mai 16 10.
Elle plut à

notre maître, quoique plus âgée que

lui,

mais leurs premières relations
qu'avoue
Jacques,
elle,

ne furent pas de

celles

la le

morale.
1 1

Aussi

l'artiste se présenta-t-il

à S'

août 1643, pour contracter mariage avec

en réparation d'honneur. Les témoins indiqués par
qui
écrit déjà le

le registre,

nom

de Gonzales à l'espaet

gnole (Coquez), sont Pierre
rens
;

Morrens
de

François Mor-

il

y a eu dispense complète de bans.
III,

L'absence

de David Ryckaert

frère

la

mariée,

nous

est

expUquée

fort

naturellement dans
Il

un autre
les

registre de

ladite église.

nous apprend que
le 5

cérémonies du

baptême furent suppléées,
Gonzala (ou Gonzaline),
Catherine Ryckaert,

janvier 1644, à Catherine

fille

de Gonzales Coques et de
été

qui avait

ondoyée

le

8 juin
résulte

1643. La preuve des relations ilhcites de

l'artiste

de

la

comparaison de cette dernière date avec

celle

du

mariage, et l'on comprend dès lors que David Ryckaert
III

s'abstint d'y servir

de

témoin à sa sœur. Le scanreste, la famille

dale était trop récent.

Du

pardonna

et

(i)

Il

fut

enterré, à S' Jacques, le

3

octobre de cette année-là.
II,

eren

cités,

T.

I,

p.

445, note

i,

T.

p.

141.


le j janvier

139


III fut

1644, David Ryckaert

parrain de sa
Il

nièce, qui eut pour marraine Louise Bertels.
tain

est cerle

que Coques sera redevenu
2 décembre 16 12.

alors l'ami de

David

troisième, qui était son aîné, puisqu'il avait été baptisé à
S'

Jacques,

le la

Quant
entre elle

à

femme de
son mari

Gonzales,

la différence

d'âge

et

était

encore plus considérable.

En

effet,

tandis que l'artiste n'avait pas encore accompli

sa vingt-neuvième année,

au

moment où

la

bénédiction

nuptiale lui fut donnée, Catherine Ryckaert venait d'entrer

dans sa trente-quatrième.
diverses preuves des bonnes relations qui

Nous avons

s'étaient rétablies

en 1644, entre Gonzales
III,

et sa

femme,

d'une part, et David Ryckaert

de

l'autre,

Jacqueline

Palmans, que ce dernier maître avait épousée en 1647,

y

prit

part.

Ainsi Coques,
tint
le

représenté
février

par Jean-Paulles fonts

François Dorco,

15

1649, sur

baptismaux de
kaert,
le

la

cathédrale (quartier sud), David RycIII

premier né de David
(i).

et

de Jacqueline

Palmans

De son

côté, Catherine Ryckaert fut

marFran-

raine, à S^ Georges, le
çois.

24

avril

1657, de leur

fils

Nous venons de
Coques
seconde
de
S'

voir

David Ryckaert

III

rempHr

les

fonctions de parrain de l'aînée des enfants de Gonzales
et

de Catherine Ryckaert. Ceux-ci eurent une
qui fut
le

fille,

tenue sur

les

fonts

baptismaux
et

Georges,

23

mai 1649, par Jean Hessels

(I)

de

lui

Cet enfant devint peintre. La galerie royale de Dresde possède un tableau représentant des objets inanimés, signé et daté de

1699. JuLius HùBNER. Fer:(eichniss der KônigUclun GemâMe-Gallerle z^ Dresden. Dresden, 1872, p. 227, no 1018.


Jacqueline Palmans,

140


III,

femme de David Ryckaert

d'après laquelle elle fut aussi
était

nommée
lui

Jacqueline.

Elle

probablement décédée lorsque Gonzales acquit en
et les

1674, un lieu de. sépulture pour
elle

siens, car
la

ne figure pas dans l'inscription sépulcrale de

famille (i).

Nos recherches ne nou? ont
enfants du maître.

pas

fait

découvrir d'autres

D'après l'inscription citée, Catherine-Gonzaline Coques,
qui fut marraine, à S' Jacques^
zales-François
Casteels,
fils

le

7 mars 1664, de Gon-

de Paul et de

Catherine

Piracini, aurait épousé un certain monsieur Lonegrave.

Mais lorsque
était
la

la pierre

sépulcrale

a

été

transcrite, elle

usée en plusieurs endroits,
aînée
le

et le

nom
lu.

du mari de
ce

fille

de

l'artiste

a

été

mal

C'est

que

prouve

contrat de mariage reçu à Anvers, le 26 août
le

1666, par

notaire

André-François van der Donck,
les

contrat que nous

avons sous

yeux.

Ce document
ledit

nous apprend que ce jour-là comparurent devant
notaire, « le seigneur Jacques

Grave (2),

escu3'er,

seiet

gneur

de

Launay, futur espoux, de

l'une

part,

damoiselle Catharine-Gonzaline

de Coques (3), future

espouse, assistée avecq Signor Gonsalo Coques et damoiselle

Catharine Ryckaert, leur (lisez ses) père et mère,
dit et déclaré

de l'autre part. Lesquels ont
soit,

comme

ainsy
et

que

lesdicts

comparants entre eulx ont concipié

contracté

ung

futur

mariage, lequel, en cas qu'il aye

(i) Inscriptions funéraires et

monumentales de

la

province d'Anvers,

T.

II,

p.

464.
se
lit

(2)

Ce nom

sur la copie de la pierre sépulcrale,

mais pré-

cédé de

la syllabe

Lo, qui n'a pas le sens

commun.

(3) Sic.


son
effect,

141


mère
la

avecq

le

consentement de notre

Saincte Eglise, sera aux conditions et devises suivantes ».

D'après ces conventions, chacun des futurs époux apportait

en dot tous ses biens meubles et immeubles, pré-

sents et futurs, spécifiés, mais « desquels lesdicts contractants se tiennent

réciproquement pour contents,
ledict

»

Les
»

conquêtes
devaient

«

que Dieu donnera durant

mariage

appartenir pour une moitié au

survivant des

époux
dant.
Si
le

et

pour

l'autre,

aux héritiers du premier décé-

«
il

Seigneur futur espoux
laissait à

» venait à

décéder

le

premier,
dot, la

sa future «

pour une douaire ou

somme

de deux mille cincq cent livres tournoys
à prendre sur ses biens,

ou monnoy(e) de France, par an,
et

spéciallement sur ses terres de chasteau scituées en
la

Bretagne, en

paroisse de

Bonnemain

».

Le
ce

notaire avait écrit quelques lignes pour déterminer
«
le

que

Seigneur

futur espoux »

aurait

touché

annuellement, en cas de prédécès de Cathcrine-Gonzaline

Coques, mais arrivé au
ce

somme,
renvoi

moment de déterminer commencement de stipulation fut bilié et
marge
: :

la
le

suivant écrit en

«

trois

reaies
:

bien

bourrées et estaintes. Signé
der

De

Gravé.

—A

Fran: van

Donck

nots ».

A
qui

la dissolution

du mariage, tous

les biens

quelconques

apportés par l'un ou l'autre des époux, ainsi
leur seraient

que ceux

échus par succession ou donation,
la famille

devaient retourner à

d'où

ils

provenaient,
le

et,

en cas d'aliénation, leur juste valeur. Seulement
vivant avait droit à conserver
« ses

sur-

vestiments, habille-

ments, bagues
corps ».

et

joyaux et tout ce que appartient à leur

142


même
en
la

Ces conditions devaient être accomplies,
cas d'existence d'enfants, au
brisé le

moment où
dudict
et

mort
:

aurait

mariage. L'acte

se

termine ainsi
père

« Faict et
et

passé en
ladicte

Anvers, en présence

mère de
Waltère

damoiselle future

espouse,
ville,

Signer

Bosschaert, marchant de ceste

(Signé) De Gravé. — G. Coques. — Gonzalo Coques. — — Catarina Ryckaerts — Wouter
(i).

comme tesmoings.
Bosschaerts.

A

:

Fran: van der Donck, nots (2) ».

Catherine-Gonzaline Coques, qui signa, de ce dernier

prénom seulement,
lyser, était entrée

le

contrat que nous venons d'ana-

dans sa 24^ année, à cette époque.
pas l'âge de Jacques de Gravé. Leur
le

Nous ne connaissons

mariage fut célébré peu après,

26 août 1666, mais

nous n'avons pu en découvrir
à

l'acte. Il

donna naissance
le baptistaire

un

jSls,

dont nous n'avons pas rencontré
et qui

à Anvers,

mourut en 1670. Sa mère,
décédée
le
1 1

à qui

il

coûta peut-être

la vie, était

octobre 1667 (3).

Nous revenons
son

à Gonzales Coques.

La publication de

portrait, faite par

Jean Meyssens, en 1649^ prouve
avant cette époque.
le

que notre peintre
L'inscription

était déjà célèbre

nous

apprend que

roi

d'Angleterre,
tableaux, que

Charles

I,

avait

voulu posséder de

ses

Brandebourg Frédéric-Guillaume y trouvait infiniment de plaisir, et que le prince d'Orange (Frél'électeur de

déric-Henri, beau-frère de
cas.

l'électeur)

en

faisait

grand

Ceci est confirmé par deux extraits des livres d'or-

(i) Sic. (2) Protocoles

du notaire André-François van der Donck,
d'Anvers, registre

le

vieux,

aux archives communales
(3) Inscription citée.

de 1666,

p.

177.


donnance
par Chr.

143


en 1860,
dans
la

de

ce

prince,

publiés,

Kumtb'onyh, par M. C. Vosmaer,

et réédités,

en 1864,
:

Kramm
la

(i). Ils contiennent ce qui suit à

«

Son
par

Altesse ordonne de payer

Gonzalo Coques, peintre à
pour
les portraits

Anvers,

somme

de 450

florins,
la

lui faits et livrés, tant

de
la

princesse d'Orange (Amélie
royale.

de

SolmsJ, que de
1646.
la

princesse
à

27 mai

— Item,

La Haye,

Gonsalo Coques, peintre à
dix tableaux sur

Anvers, pour
toile,

facture et livraison de

montés sur
grandeur,
;

châssis, destinés à être placés

dans

le

nouveau salon du Nederhof,
telle

à l'est d'Honsrolredyk,

de
lui

histoires

et

ordonnances
florins

qu'ils
et

ont été indiqués

chacun à 200

carolus,
3)

par

conséquent 2000 florins, 28

juillet

1648.

Les portraits
le

dont nous venons de
prince d'Orange,
qu'il

parler
fit

charmèrent tellement
l'artiste

cadeau à

d'une double

chaîne d'or, à ce que rapporta Corneille de Bie (2).
L'inscription de l'efFigie de
((

Coques

se termine ainsi

:

Ses ordonnances sont excellentes, et ses pourtraicts
petit,

en

admirables. »

De

Bie nous

fait

connaître, en

outre, que nos gouverneurs-généraux, l'archiduc

Léopold-

Guillaume (3)
les

et

don Juan d'Autriche, aimaient beaucoup

productions de Gonzales.
et

Jacques van Eycke, échevin

aumônier d'Anvers,

voulut aussi, dit de Bie, que tous les siens fussent peints

(i)

De

levetis

en werken der HoUandsche eu Vlaavische kunstschilders,

beeldhouwers, grveurs en houwmeesters. Aatthangsel, bl. 36.
(2) Op.
(3)
cit., p.

318.

Gouzalesde Kock figure, en effet, dans la liste des maîtres dont l'archiduc Léopold-Guillaume possédait des oeuvres. Cette liste se trouve à la suite de la préface du Theatrum pictortim, publié, en
1660, par David Teniers,
le

jeune.

~
de
la

144


L'auteur cité mentionne
possédait
le

main de notre

artiste.

aussi

M.

Bax, à

Bruxelles^ qui
et,

beaucoup de

productions du maître,

dans

nombre, des tableaux

représentant des conversations, autrement dites des réu-

nions

de familles ou

de

personnes

liées

par l'amitié.

De

Bie ne désigne pas
et

de plus près l'amateur que nous
c'est

venons de nommer,

grand dommage. Les ins-

criptions tumulaires de notre ancienne catliédrale nous

apprennent, en

eftet,

que

la pierre sépulcrale
la

de Nicolas

Bacx, négociant et capitaine de
cette ville (i),

garde bourgeoise de

décédé

le

12

juin 1653, et de sa
le

femme
celui

Anne van den
aussi
le

Casteele, morte
la

4 juin 1622, couvrait
Jean Cocx,
et

corps de

veuve de

M"

de

la

seconde

femme de

Gonzales. Cette veuve se

nom-

mait
et

Anne

Bacx,

comme

Tainée des enfimts de Nicolas

d'Anne van den Casteele. Mais

comme

celle-ci avait

été baptisée à

Notre-Dame,
Coques, ne

le le

2 août 1598, et

que

le

mariage de Jean Cocx, dont
pelle celui de

nom
il

patronymique rapdans
la

fut célébré

cathédrale,

quartier sud, que le 7 juin 1645,
qu'il s'agit
ici

n'est guère probable

de l'Anne dont nous venons de parler et
à
cette

qui

allait

atteindre,

époque, l'âge de 47 ans.
de

Celle-ci avait, du reste, une parente

même

prénom,

qui était

fille

de Gilles
les

Bacx,

et

avait été tenue le 13
la

décembre 1620, sur

tonts baptismaux de

catlié-

(i)

Ce

fut

lui

qui vendit,
la

le

11
la

octobre 1639,
rue Haute,

^'-'

i^élèbre
ile

peintre

Jacques Jordaens,

maison de
Histoiische

nommée
s'établit.

Halle van

Turnhoul

(la

Halle de Turnhout), où celui-ci

— Victor
Riihcns,

VAN Grimbergen,
Thys, Historique
1873, p. 456.

hvensheschryving van

T. T.

(naer bel fransch van Michel), aanleekeningen, M. ^12.
des rues et

— Augustin

des places publiques de

la ville d'Anvers,


drale

145
le


sculpteur Fursy

(quartier

sud), par
Casteele,

Cardon

et

Anne van den
croyons

femme de
la

Nicolas Bacx.

Nous

pouvoir avancer sans témérité,

que

c'est elle

qui se maria en 1645, et dont
ci-dessus
d'ailleurs,

pierre sépulcrale citée
Il

rapporte

le

décès
dire,

au 8 février 1672.

est

pour

ainsi

certain que Jean Cocx, son
la

mari, n'est pas
toutefois

étranger

à

famille de notre artiste
positif à

;

nous ne savons rien de
de

cet

égard.
certi-

Outre
tude

ses père et

mère, nous ne connaissons avec

que

trois

parents
et

Gonzales, sa sœur Marie et
ci-

ses frères

Henri

Gaspard, dont nous avolis parlé

dessus.

Nous tenons
récit des

à

mentionner,
artistiques

avant

de reprendre

le

travaux

de

Gonzales, que Nicolas

Bacx

fut, le

7 juin 1605,

un des témoins du mariage du
de Jeanne Bacx, célébré dans

sculpteur Fursy
la

Cardon

et

cathédrale.

L'autre témoin était

le

célèbre statuaire Jean Colyns

de Noie.
Cette Jeanne Bacx tint
le

27 mai 1622, sur

les

fonts

baptismaux de
illustre

la

cathédrale

(quartier sud), avec notre
le

concitoyen Gaspard Gevarts, Catherine Bacx,
et

douzième enfant de Nicolas
Èiai'iés

d'Anne van den Casteele,

près de vingt-cinq ans, à cette époque.

La mère

mourut malheureusement

des suites de ses couches.

Nous
tions

ajouterons que Nicolas Bacx était aussi en relale

d'amitié avec

paysagiste distingué Tobie Verle
Il

haecht ou van Haecht, puisque ce peintre servit

29
est

septembre

1602,

de parrain à sa

fille

Françoise.

fort probable, et c'est notre conclusion,

que

le

«M. Bax

de Bruxelles
étranger à

»,

pour lequel

a peint

Gonzales, n'était pas

la famille

dont nous venons de parler.
10

146


le

Corneille de Bie nous apprend que notre maître avait
peint sur cuivre les portraits réunis de Jacques
chier,
enflints

Mer-

négociant
;

anversois,

de

sa

femme

et

de ses

l'artiste

y

avait ajouté sa propre effigie,

vue de
avec
le

profil, et paraissait, assis

à

table,

s'entretenir
était

chef de

la

famille.

Cette

composition

regardée

comme une des meilleures de Gonzales, qui indiquait lui-même, comme une de ses productions capitales, la
f:miille

Nassoingni,

de

Bruxelles,

représentée

en

un

seul tableau.

Le maître
son avis sur
les apôtres,

fut

appelé, le 29 octobre

1660, à donner
le

treize

tableaux représentant

Sauveur

et

que Pierre Meulewels avait vendus à Franchanoine de
originales
la

çois

Hillewerve,
des

cathédrale d'Anvers,

pour

peintures

d'Antoine van

Dyck.

Coques, après
des copies

les avoir

examinés, fut d'avis que c'étaient
le

retouchées par

grand

artiste et

nullement

des originaux (i).

Gonzales peignit, en
statuaire
et

1661,

le

portrait

de

l'illustre

architecte malinois

Luc Fayd'herbe, âgé de

44
par

ans, à cette époque. Cette superbe effigie fut gravée
le

célèbre

Pierre de Jode, le jeune, et Corneille de

Bie en orna son Gidden Cabinet {2).
Il

résulte

d'une
et

pièce de vers, dédiée à

Coques par

Guillaume Ogier

insérée

à

la suite

de ses comédies

intitulées de seven Hooft-sonden, (les sept péchés capitaux)^

que notre maître

avait représenté

les

mêmes

sujets.

La

(i) L.

Galesloot. Un

procès pour une vente de tableaux attribués

à Antoine van- Dyck. .Annales de l'Académie d'archéologie de Belgique,
22 série, p. 605.
(2)

Fayd'herbe. Maliiies, 1854, p. 12.

Ad. Vanderpoel. Notice sur la vie et les ouvrages de Lucas Corn, de Bie, op. cit., p. 500.


au
((

147

dédicace de cette pièce est intéressante. Elle est adressée
célèbre maître Gonzales Coques, excellent peintre de

cette

époque,

pour

les rois, les princes et les illustres

potentats, deux fois

doyen des chambres de réthorique
(Olijftalc),
et
la

le

Rameau
qu'on

d'Olivier

Giroflée (Fioliere),

nomme

la gilde

de

S'

Luc^ à Anvers (i)». Cette
les vers

dernière mention prouve

que

datent au moins

de
le

l'année

1680-1681, pendant laquelle,
la

comme nous
doven de

verrons, Coques fut, pour corporation.

deuxième

fois,

la

Nous devons
que notre maitre

ajouter

à

la

mention de ces œuvres,
en
1671,
et

se trouvait,

au

service de

don Jean-Dominique de Zuniga
de

de Fonseca, comte

Monterey

et

de

Fuentes,

gouverneur-général des
de

Pays-Bas espagnols. Cela résulte d'une délibération
la

chambre de

S'

Luc,

en date du
laquelle
il

i_|

septembre de

cette année-là et dans

est

fait

mention du
le

remplacement du doyen Gonzales Coques, par
corporation, et ce pour

doven
de
la

Pierre van Halcn, en qualité d'ancien (pudcn)iaii)
le

motif indiqué ci-dessus.

Coques

peignit le portrait de Monterey. Cette effigie,

de forme ovale, fut gravée avec talent par Martin Bouché
et

imprimée par
la

le

graveur Gaspard Huybrechts

ou

Huberti, qui

dédia au comte (2).
les

On
mais
les a

sait

que

portraits

exécutés

par

Coques
;

l'étaient

généralement en
sut

de

médiocres dimensions
telle

l'artiste

y mettre une
à

perfection, qu'on

comparés avec raison

ceux d'Antoine van D3'ck,
vermahelyck ende kerscwin

(i) T)c scvi-n Hooft-sûiukn,
voor-gcstclt, door

spcdsgheivys ,

G. Ogier, van Antwerpen. Antwerpcn, 1715, p. 341. {2) Cette gravure fait partie de la collection de feu notre beau-

père,

M. Pierre-Théod. Moons-van der

Straelen.


qu'il s'était

148


Aussi l'appelle-t-on

proposé pour modèle.

en France, van

Dyck en
en
et les

petit.

Gonzales peignit,

outre,

des
et

sujets

familiers,

comme comme
sonnes

les

Teniers

Ryckaert,

des conversations,
c'était

Christophe-Jacques van der Lamen. Mais
lui

très-souvent pour
qu'il

un moyen de
représenter.

faire

poser

les

per-

voulait

On

a
'^

pu

s'en

con-

vaincre à l'exposition ouverte, en 1873,
profit

Bruxelles, au

de

la

Société néerlandaise
cinq

de bienfaisance,
notre
maître,


et

figuraient

hs

Sens,

peints

par

appartenant à feu
Ghjsignies
(i).

M.

le

vicomte Bernard du Bus de
autant
était

C'étaient

de

portraits,

et

le

dernier représentant la

Vue,

celui

de l'excellent

peintre et graveur à l'eau-forte, Robert van den Hoecke.

Reproduit par

le

burin de Corneille van Caukercken,

il

a été inséré dans le Gidden Cabinet de Corneille de Bie (2).

Nous en avons un second exemple
famille

à Anvers,

chez

la

Trachez

,

dans

une
sujets.

série

de

cinq

tableaux,

représentant les

mêmes

Gonzales,

tenant

une

fleur

à

la

main,
parfois
cbe:^

y
des

figure
sujets
et

VOdorat. Le maître a
religieux, tels

exécuté
tableau

aussi

que
la

le

du

Cljrist

Marthe

Marie, qui de

collection

Lormier

a passé

dans celle

du duc d'Aremberg, à Bruxelles (3). Qj-ioique Gonzales ait peint de longues années, ses tableaux ne se ren-

(i)

Exposition de

tableaux

et

dessins d'anciens

maîtres.

Deuxième
figurait

édition, nos
(2)

517 à 321.
341.

Op.

cit., p.

—A

ladite

exposition de

Bruxelles
et

aussi le portrait

de Corneille de Bie, peint par Gonzales

appar-

tenant alors à
(3)

W.

M. B. Suermondt, N» 22, du catalogue cité. BuRGER Galerie d'Arenhrg, à Bruxelles, pp. 92
:

et suiv.

162

et 163.


contrent que rarement.

149


s'explique

Ceci

par
il

le

respect
les

que

les

descendants des personnes dont
ont gardé,

a

peint

portraits

en général,
ils

pour

la

mémoire de
plus

leurs ancêtres, dont

tiennent à conserver les images.
la

C'est

ce

qui

explique

rareté peut-être

grande
con-

encore, des excellentes citoyen François Denys.

effigies peintes

par

notre

Gonzales

Coques

se

fit

recevoir

en

1643 -1644,

époque

du deuxième
la

décanat du

libraire

Guillaume
la Giroflée,
et,

Lesteens, dans
{VioUere).
1

chambre de rhétorique de
le droit

Il

paya
la

d'entrée de t8 florins,
8
florins,

en

644-1645,

annuelle (i).
lors

somme de Son nom
se
fut

pour sa

cotisation

n'est

plus

mentionné depuis
1661-1662, sous
le

parmi ceux des amateurs de cette association. Mais
celle-ci

lorsque

réunie en

le la

décanat du célèbre peintre Pierre Thys,

vieux, à

chambre de rhétorique du Rameau d'Olivier
Gonzales y
sous
le

{Oîijftak),

fut

admis

comme
le

amateur, en

1662-1663,
(2).

décanat

du graveur Gaspard Huybrechts

C'est alors que

commença

long procès auquel donna
l'arbalète,

lieu la prétention

du jeune serment de
et

qui

voulait astreindre à ses gardes
taires,
S' le

autres services mili-

peintre Jean

Geulincx, reçu franc-maître de

Luc en 1657-165 8, et membre-amateur de VOlijftak, en 1662 (3). Ce procès durait, en 1665, depuis trois
ans, lorsque

Coques

fut appelé,

pour

la

première

fois.

(i) Lig^ercn cités, T. (2) J.-B,

II,

pp. 150 et 161.
Gcschiedenis der Ankverpschc Rederyk-

VAN DER Straelen.

kamers, p. 82. L'auteur se trompe, en assignant l'année 1661
celle

comme
op. cit.,

du décanat de Gaspard Huybrechts.
T.
II, p.

(5) Liggeren cités,
p. 82.

286. J.-B.

van der Straelen,


à remplir les fonctions de

150


la gilde

doyen de

de

S*

Luc,

à laquelle était unie l'Académie

des beaux-arts, érigée

en

1663.

(i)

Coques

s'acquitta

de

cette

charge, du

18 septembre 1665 au 18 du

même

mois

1666.

Une

transaction, en date des 3 et 4 août

1650 (2), termina
charge de doyen,

définitivement ces longs débats, et notre maître fut re-

vêtu itérativement cette année-là de
qu'il remplit

la

du 18 septembre 1650 au 18 septembre de
plus grand zèle à défendre les

l'année suivante.

Gonzales avait mis
privilèges
d'Olivier,

le

de

la

chambre

de rhétorique

du

Rameau
d'Anvers

contre lesquels tous les

serments
avec
la

avaient fini par faire cause

commune
S'

jeune gilde
intime-

de l'arbalète. La confrérie de

Luc, qui

était

ment unie au Rameau d'Olivier, voulut récompenser Coques de ses services. En conséquence, il fut résolu, à
l'unanimité, le 11 octobre 1680, dans la réunion plénière

de

la

chambre de

la gilde,

que notre peintre recevrait un

honoraire de [550 florins, qui serait payé aussitôt que
possible, après déduction de ce qu'il
la
Rivait

touché depuis

remise de son compte. La délibération est motivée sur
de peintures
faites

l'exécution

par

Gonzales pour

la

confrérie, sur la poursuite des
vier, sur les services

aff"aires

du Rameau d'Oliavait

que

le

doyen Coques

rendus

à la

chambre

et les

prétentions qu'il avait à sa charge,
fait

et enfin sur le travail qu'il avait déjà

de sa propre

main, à certaine composition représentant un cabinet de
tableaux,

destinée

au

procureur Jean

van

Bavegom,

(i)

Le maître y enseigna.

— F.-Jos.

vax den Branden.

Ceschie-

denis der Acadetnie
(2) J. B.

van Antwerpen,

p. 26.

VAN DER StRAELEN,

Op. cit., p. 92.

.


composition
qu'il

151


L'homme de
servi
la
finir,

devait achever.

loi

que
de

nous venons de nommer, avait
S'

confrérie
et
il

Luc, lors du procès qui venait de

avait

droit,

du chef de devoirs extraordinaires, à une
Il

somme
Jean
dette

d'argent assez considérable.

proposa aux anciens doyens
fils

Gonzales

Coques

et

Ambroise*'Brueghel,

de
la

Brueghel, de velours (i), un

moyen

d'acquitter

de

la

corporation,

autrement qu'en écus sonnants. Le
ce

projet

communiqué par van Bavegom prouve que
était
à la

procureur au Conseil souverain de Brabant

amateur

de peinture. Coques
de
S'

et

Brueghel l'exposèrent

chambre
il

Luc. Celle-ci y ayant donné son assentiment,

fut

décidé qu'on exécuterait pour van
sition représentant

Bavegom une compo(constcamere).
elle

un cabinet de tableaux
peindre
les

Gonzales
étoffée;

devait

figures

dont

serait

l'architecture et les tableaux dont

nous venons
artistes.
Il

de parler devaient être confiés à plusieurs
résulte d'une lettre

adressée de Bruxelles

par van
S*

Ba-

vegom,

le

10 octobre 1674, aux doyens de

Luc, qu'à

cette date, l'architecture de l'œuvre qui était destinée

au

procureur avait été peinte (2)
ajouter que

et

qu'il n'y

restait plus à

quelques tableaux,

dont plusieurs maîtres
faisait

s'étaient chargés.

Van Bavegom
avait été
lui

observer que

le

(i)

Ambroise Brueghel

de Coques de 1665-1666
dekcn)

valait le

doyen en 1654-1655 le décanat titre d'ancien doyen (mon:

(2) Elle avait été terminée

par Jacques-Ferdinand Saey, à qui ce

travail valut sa réception gratuite à la franc-maîtrise,

en

1

680-1 681.

Liggeien cités, T.
d'architecture

II, p.

484.

— Jacques-Ferdinand Saey
élève

était

un peintre
que van
d'avance-

de mérite,
Op.
cit.,

de Guillaume van Ehrenberg en
p.

1672-1675

T.

II,

423.

II

est

probable
l'état

Bavegom aura été mal informé, en ment de son tableau.

1674, au sujet de


travail était entrepris

1=52


de temps se passerait

déjà depuis quelques années, sans

être terminé,

et

que

beaucoup

encore, avant qu'il en fût ainsi, parce que les artistes qui
étaient

en

retard

devaient peindre
cabinet.
Il

tour

à

tour leur

œuvre destinée au
s'étaient

proposa en conséquence,

sauf l'avis contraire des doyens, que les maîtres qui ne
pas encore
acquittés de
particulier,

leur tâche, lui peinpetit tableau.

draient,

chacun en

un

Après

avoir manifesté le désir que cette affaire se terminât, van

Bavegom émit

l'espoir

qu'on ne

l'obligerait

pas, contre

sa constante habitude, de recourir à la justice,

pour en

obtenir la rémunération de ses devoirs

extraordinaires.

Le nouveau mode d'achèvement, proposé
Bavegom, ne pouvait
ni plaire ni à la
;

par
S^

van
Luc,

chambre de
fut-il

aux

artistes

en retard

aussi

ne
la

pas adopté,

La

menace adoucie qui terminait
n'eut pas
revint
l'effet

lettre

du procureur,

qu'il s'en était
la
il

promis.

Van Bavegom

donc à

charge, et dans une missive datée du
se fonda sur
le

II mars 1675,
travail

peu d'avancement du
le

de son cabinet de tableaux, pour exiger

paie-

ment en écus d'une somme de 200 patacons, soit plus de iioo francs en monnaie de notre temps, sans tenir
compte de
la

plus grande valeur de l'argent à cette époque.
finit

Noire procureur

par

fixer

aux doyens un délai de
s'ils

quinze jours, pour apprendre au moins

étaient d'in-

tention de lui donner satisfaction à l'amiable,
et à quelle

comment

époque

;

sinon,

il

se verrait forcé de les faire

visiter par des huissiers.

La
que

suite de la

correspondance de van Bavegom^ con-

servée aux archives de l'Académie royale d'Anvers, prouve
la patience de cet homme de loi fut mise encore longtemps à l'épreuve, non-seulement quant à l'exécu-


tion
finale

153

du tableau promis, mais aussi relativement

aux paiements que nécessita l'instance en révision enta-

mée en 1678
de
la

par

les

serments d'Anvers, à l'encontre
le

sentence prononcée à leur charge par
le

Conseil

souverain de Brabant,

2

juin de l'année précédente.

Dans une

lettre

du

i

septembre
graveur
lui

1679, adressée à l'an-

cien doyen de S' Luc, le

Gaspard Huybrechts

ou Huberti^
tableaux,
l'excellent
et

van Bavegom
dans une

rappelle son cabinet de

missive

du 23

mars

1680,

à

peintre

Pierre van
le

Halen, également ancien son tour, de recomsuivant, après

doyen, notre procureur

prie, à

mander son
avoir

cabinet à Gonzales.
à

Le 7 août
la

demandé
de 150

Gaspard
il

Huybrechts

remise d'une

somme
avec
la

florins,

ajoute que son dernier
florins, et

compte
cabinet

doit être majoré

de

50 à 60

qu'il

hquidera

corporation de S' Luc, aussitôt que son

de tableaux sera achevé.
ces

Van Bavegom, peu
peintre
lui

satisfait

de

retards

continuels,

apprend que sa composition se
de marines Henri van
avait

trouve encore

chez

le

Minderhout, tandis qu'on
l'œuvre
si

promis d'expédier

longtemps attendue, quatre mois après un
fait
il

séjour qu'il avait

à

Anvers au mois d'août 1680.
le

Perdant patience,
brechts,

adresse

20 mars 1681, à Huyqui se termine par une

une

lettre

de

plaintes,,

nouvelle menace de recourir aux voies de droit, ce qu'il

ne

ferait toutefois

qu'à contre-cœur, à 12
avril

l'égard

de

per-

sonnes

amies.
son

Le

suivant,
sujet

van
ce

Bavegom
lui a

exprime

étonnement au

de

qu'on

mandé par

rapport à son tableau, mais promet de pren-

dre patience.

Le

3 i

décembre de
le

la

même
fixé

année,

il

fait

observer à Huybrechts, que

temps

pour l'achèvefois écoulé. Il

ment de son

cabinet

est plus

de quatre


demande donc de
époque
savoir
si

154


est

l'œuvre est terminée^ ou du
elle

moins jusqu'à quel point
elle lui sera livrée.

arrivée- et à

quelle
re-

La menace ordinaire du
la

cours aux

moyens

judiciaires termine
le

missive. Cette

menace

est

renouvelée

27 janvier 1682 par van Bave-

gom, qui exprime
tion de lui
il

l'opinion que la gilde n'a pas l'intensatisfaction, et que,
s'il

donner

reste inactif,

ne verra jamais son tableau

achevé. Enfin, dans une

lettre

du

3

août 1682, adressée à Gonzales Coques, van

Bavegom
miné.
la
Il

lui fait savoir
lui

que des amis qui avaient vu
avaient rapporté qu'il était
d'être informé

le

cabinet de tableaux,

ter-

demande donc

pour quel motif

composition ne

lui est

pas expédiée.

Nous ignorons

quelle réponse fut faite au procureur; mais l'année 1682
et

une grande

partie de

1683 se

passèrent, sans que la

gilde acquittât sa promesse.

Van Bavegom
fois

dut par con-

séquent réaliser sa menace tant de

renouvelée.
à

Les doyens de
le

S'

Luc

furent
le

assignés

comparaître

30 octobre 1683,

devant

marquis de Herzelles,
à
l'effet

commissaire du Conseil souverain de Brabant,
d'y

entendre

proposer des

moyens d'accommodement
et

à l'égard

du cabinet de tableaux

des prétentions du
fait

procureur van Bavegom. La gilde s'étant
par
les

représenter
le relieur

anciens doyens Gaspard Huybrechts et
il

Ignace van Caukercken,
au procureur de ce dont
la

fut

convenu

qu'elle paierait

somme

de

50 patacons, en extinction

elle

lui restait

redevable. Le cabinet de tafit

bleaux, orné d'un cadre doré qui
frérie,

honneur

à la

con-

devait en outre être expédié à van
frais

Bavegom.

Un
d'un

compte de
voyage
zales

d'envoi de cette composition et

à Bruxelles,
soit

ne permet pas de douter que Goncette ville,

ne se

rendu dans

pour y

assister


à
la

155


il

remise de cette œuvre à laquelle

avait pris

une

grande part.

Feu
tulé
:

W.

Bûrger

fait

mention dans son ouvrage
I,

inti-

Musées de la Hollande (T.
étoffé
il

pp. 300 et 301), d'un

cabinet de tableaux,
zales
;

de figures peintes par Gon-

les toiles

dont

est

orné ont été
d'art

exécutées par

divers maîtres. Cette

œuvre

se

trouve

au

musée

de
la la

la

Haye. Nous avons entendu agiter autour de nous
si

question,

cette

composition n'est pas
et

celle qui fut

propriété de van Bavegom,

même

incliner forte-

ment

pour Taffirmative.
cette

partager

opinion.

Nous ne saurions toutefois En effet, M. Victor de Stuers
et

rapporte dans sa Notice historique
et

descriptive des tableaux

des sculptures exposées dans

le

musée royal de la Haye^
été acquis,

que ce tableau peint en (ou vers) 1671, a
à Anvers, en 1741,

pour

le

prince d'Orange, à la vente

de

la collection

de Jacomo ou Jacques de Wit, au prix

de 300 florins (i).
la

A

la vérité,

il

n'est pas impossible
ait

que

composition destinée à van Bavegom
cette

été

com-

mencée en 1671, ou vers
sa lettre

époque, puisque dans
f.iit

du 10 octobre 1674, ce procureur
travail
était

observer

que ce

alors

entrepris

depuis

quelques

années. Mais

M.

J.-B.

van der Straelen nous apprend

dans son Jaerhoek der vennacrde en kunstryke gilde van
Sint Lucas,

bimun

de stad Antiuerpen
existait

(2),
il

que

le tableau

de

M. van Bavegom

encore,

y

a

environ

soixante ans, à

Bruxelles, chez

M.

le

conseiller fiscal

(i) Op.

cit.,

pp.
a

208

et

251.
plus

Nous

dirons

ici,

en passant, que
sans

M. de
nous

Stuers nous

fait

d'un emprunt dans sa Notice,
qu'il

citer

une seule
141, note

fois.

Nous comptons

réparera cet oubli,

dans une seconde édition,
(2) P.
I.

plus tôt de 1804,

156

être

G. Cuylcn. Et ces soixante ans doivent

comptés au

époque

à

laquelle

l'ouvrage s'arrête,
fait suite

quant à

l'histoire
la

de l'Académie d'Anvers, qui
gilde

aux annales de

de
les

S'

Luc.

Encore supposons-

nous gratuitement que

389

pages de

M. van
bien
!

der

Straelen ont été écrites cette année-là.
cas

Eh

dans ce

même, nous trouverons que, vers 1744, la toile de van Bavegom était conservée chez M. Cuylen et celle de Jacques de Wit était, depuis 1741, la propriété du
prince d'Orange.
Il

est fort probable,
le

du

reste, faisions-

nous observer, en 1863, dans
logue

SiippJémciil

an Cata-

du musée d'Anvers (i),

que Gonzales aura bien
de tableaux, en com-

exécuté encore quelque

cabinet

pagnie d'autres

artistes,

avant que l'envie d'en posséder

un semblable
Et,

vînt à van

Bavegom.
de
la

en

effet,

l'exposition ouverte à Bruxelles, en 1873,

par

la

Société néerlandaise

bienfaisance, en

renfer-

mait un appartenant à M™^
Beauffort, née comtesse de
sentait,

comtesse

Amédée
Il

de

Roose de Baisy.
le

repré-

d'après le Catalogue,

président

du

conseil

privé,
ci

Pierre Roose, dans sa galerie de tableaux; ceux-

représentent,

dans

de minuscules

proportions,

les

œuvres de

différents maîtres flamands
les

contemporains de

Gonzales qui
peint

ont signés de leurs noms.

Coques
est

a

le portrait

du président; l'architecture

l'œuvre

de Guillaume van Ehrenberg (2).

(i) P. 81.

(2) Catalogne cité,

2<^

édition, p. 48,
la

D'après
Pierre

la

description,

galerie
salle

11° 259. de tableaux du chef-président

Roose occupait une

de l'hôtel qui

est

actuellement
effet, cet

la

résidence royale à Anvers. Mais c'est une erreur.
n'est entré qu'en

En

hôtel

1777 en possession de

la famille

Roose, par l'acqui-


Nous
il

I

)/

allons raconter maintenant les derniers faits qui
la

concernent

biographie de

Coques. Le 14 août 1642,
la

tint sur les fonts

baptismaux de
fils

cathédrale, quartier

sud, Gonzalès van Heylen,
et d'Esther

de Jacques, enlumineur,

van

Cam
1674
:

(i).
la

Catherine Ryckaert,
rut le 2 juillet

femme de
la

notre maître,

moude

elle était

entrée dans sa soixante-

cinquième année. D'après
S*

chronique de

l'église

Georges^ Coques y acquit des marguilliers, en 1674
sépulture pour lui et sa

même, un Heu de
était situé

femme;

il

dans

la

chapelle de

Notre-Dame
noces.

(2).

Gonzalès privé

désormais de tous

les siens, résolut

de convoler à de nouvelles
Catherine Rysheuvels
fut

Son mariage avec
la

célébré

dans

cathédrale,

sition qu'en

fit,

à cette époque,
fait

Pierre-Jean-Alexandre-Joseph comte
connaître dans
le

Roose de Baisy. Nous avons
sée

Catalogue du

muque

d'tAnvers, d'après le

Oud

Konst-tooneel van lAtUwerpen, de Jacques
ville,

van der Sanden, secrétaire de l'ancienne académie de notre
scheit, le jeune

cette belle habitation avait été construite par Jean-Pierre van

Baur-

f'édition de 1857, P- 49 1)- ^- Augustin Thys nous apprend, dans son Historique des rues et des places publiques de la ville

d',Anvers.

(Anvers, 1873, p. 330), que cet hôtel fut bâti vers 1745,
's

par l'opulent Jean-Alexandre van Susteren, seigneur de wezel.

Graven-

Nous

lisons

dans

le

registre mortuaire des

Grands-Carmes,
église,
le

déposé à

l'état civil

d'Anvers, qu'on enterra

dans leur

19

novembre 1746, le corps d'Adrien de Jonghe qui avait fait une chute mortelle, en tombant de la nouvelle bâtisse. Il fut inhumé dans le tombeau creusé pour les soldats français, au jardin du cloître. (Voir
aussi
(i)

Thys,

op. cit.,

331.)
Il

Gonzalès van Heilen.

fut reçu franc-maître
cités.
fils

imprimeur (en
p.

taille

douce?) en 1661-1662. Liggeren

T.

II,

324

et 333.

(2)

Sa

fille

Catherine-Gonzaline

et le

terrés, d'après l'inscription citée.

de ceUe-ci y furent en-

Croiiycke ofte heginsel ende voort-

gaiick

van de parochiale

kercice

van

5' Joris, hitinen tÂntîcerpeu. Inscrip-

-158(quartier nord),
le
le

21

mars 1675.
le

Il

eut pour témoins

célèbre peintre Pierre Thys,

vieux, et Jean-Pierre

van der Haven. Coques

était entré, à cette
Il

époque, dans

sa soixante-unième année.

vécut un peu plus de neuf
il

ans avec sa seconde femme, dont

n'eut pas d'enfants.
(quartier

Gonzales
nord),
le

fut
i

témoin dans
1682,

la

cathédrale,

août

du mariage

de

son neveu

Michel-Gilles Ryckaert et d'Elisabeth Ceulemans. L'artiste

décéda

le

18 avril 1684

et fut enseveli à S'

Georges,

auprès des siens (i). Catherine Rysheuvels,

qui ne lui
cette

survécut

que jusqu'au

25

novembre
l'avons
dit,

de

même
dans
la

année,

futj

comme nous

enterrée

cathédrale, sous la pierre tumulaire de Nicolas

Bacx

et

d'Anne van den Casteele (2). Nous mentionnerons pour terminer
que
1

cette

biographie,

les archives

de

la

confrérie de S' Luc, signalent en
et

643-1 644, l'inscription de Corneille van den Bosch,
1665-1666,
celle

en

de

Léonard-François Verdussen,

comme
Nous

élèves de Gonzales

Coques

(3).

ajouterons que

le portrait

du maître, dont nous

avons parlé déjà, a été gravé d'après un tableau de sa

main, par Paul du Pont ou Pontius.
première
fois,

Il

a été publié,

une

en

1649, par Jean Meyssens, qui l'im-

iiûiis

funéraires

cl

nioniiinciilalcs de

la

province d'A)ivcrs,T.

II,

pp. cix

et

464.
(i^

L'enterrement de Coques eut lieu

le so\r ("jnliing).

La fabrique

de la cathédrale toucha de ce
cités,

chef 16 florins 6 sous.

Liggeren

T.

I,

p.

635, note.

(2) Elle fut

inhumée également
II
florins

le soir

:

le droit
cit.

perçu par

la

ca-

thédrale fut
citées, p.
(3)

de

18 sous.

Op

ibid.

— Inscriptions

321.
cités,

Liggeren

T.

II,

pp. 154 et 363.


C'est
teur
:

159


par
Corneille de Bie.

prima, et une seconde, en 1662,

un

bel

homme

à l'air pensif, qui regarde le specta-

de légères moustaches ombragent sa lèvre supé-

rieure, tandis qu'une impérale à peine accusée, se détache

sur l'inférieure. Sa chevelure longue et abondante des-

cend sur ses épaules.
son
col,

Il

est vêtu

de noir, à l'exception de
et

de sa chemise ornée de dentelles
tient

de ses

manches. Sa main droite
en partie par
le

une chaîne
sa

d'or, cachée

manteau, qui couvre
ici

gauche.

Nous citerons musée d'Anvers

quelques

œuvres du maître.
à
la

Le
de

possède,

grâce

munificence

M""^ la douairière van den

Hecke Bout de Rasmon, un

superbe portrait de dame, peint sur cuivre par Gonzales,
et

mesurant 22 centimètres de largeur sur 17 de hauteur.
trentaine

Le modèle âgé d'une
distingué
:

d'années,

a l'air

fort

il

est représenté à

mi-corps.

Son
:

bras gauche
tient

repose sur

le

piédestal d'une

colonne

elle

une

montre de

la

main

droite.

Son vêtement

se

compose
blonde

d'une robe de satin noir moiré, ornée de riches dentelles
et

coupée à
la

la

Sévigné. L'abondante chevelure
et

de

dame étincelle de diamants
un

de perles fines. Elle

porte

collier et des bracelets de perles blanches.

Une

croix de diamants,

une pendeloque

et

d'autres bijoux

sont agrafés à sa ceinture de dentelles.

Le fond

grisâtre

du tableau
en partie

est relevé

par une draperie rouge, qui cache

la

vue d'un jardin.
trois

Notre beau-frère M. Louis Beeckmans possède
chefs-d'œuvre de notre maître. Le

premier

représente

Phihppe van Parys, chevalier,
Rubens,
fille

et sa

femme

Claire-Jeanne

de Pierre-Paul

et

d'Hélène Fourment (i),
Fourment

(i) Cette

fille

de

l'illustre

Pierre-Paul et d'Hélène

lut


accompagnés de
seigneurial
leurs

i6o


près

enfants,
et

de leur château

de

Merxem
à sa

Dambrugge.

A

l'avant-plan

Philippe van Parys, ceint de son épée et tenant sa canne^

donne
et

la

main
de

compagne, qui
se voit

tient

son éventail,

près

laquelle

un

petit chien.

Non

loin

de
la

là, une de leurs filles avec un main un chardonneret sur une potence.
fils,

jeune enfant, ayant à

A quelque
ses

dis-

tance des époux, un de leurs
la

le fusil

sur l'épaule et
frères

carnassière au côté.

Auprès de

lui

un de

montant un beau cheval blanc pommelé, pourvu de fontes
de pistolets
:

deux

petits chiens s'arrêtent

en sautillant dans
et très-jeune
fils

son voisinage.

A

droite,

un troisième
la

accompagné d'un chasseur,
lévrier, qui brûle

a peine à retenir

un superbe
accom-

de battre

campagne
le

et qui est

pagné d'un second.

Derrière

groupe principal, un
de deux chevaux.

cocher monté sur un carosse
droite, le chcâteau de

attelé
et

A

Merxem
ferme

Dambrugge
le

et ses jar-

dins.

A

l'entrée d'une

qui

précède,

quelques

figurines.

A

l'avant-plan,

un beau chêne

et d'autres arbres

d'une
ville

magnifique venue.

A

l'arrière-plan
les tours

en droite,
S"^

la

d'Anvers où l'on distingue
cathédrale,

de

Walburge,
l'église

de de
sur

la

de

S*

Jacques, etc.

A

gauche,

S*

Barthélémy, à Merxem. La composition se détache
ciel

un

splendide d'un ton chaud.
et les

Les personnages
et peints

superbement vêtus

animaux sont dessinés

de

main de maître. Le paysage qui ne

leur cède en rien, est

l'œuvre de Gaspard de Witte(i). Le lointain est admirable,
tenue
le

i8 janvier 1602, sur les fonts de l'église S' Jacques à Anvers,
ville et

par Jean Brant, secrétaire de cette
Claire
(i)

beau-père du maître,
de S* Luc entre

et

par

Fourment.
Sa dette mortuaire fut payée à
et le la gilde
le

18

septembre 1680
t.

18

du

même

mois 1681.

Liggcren

cités,

II, p.

484. Le tableau est donc antérieur à cette date.


cette toile qui

i6i --

mesure

i

mètre 78 centimètres de hauteur

sur 2 mètres 8 centimètres de largeur, a été peinte vrai-

semblablement vers

1680.

Nous croyons que
ils

tous les

enfants de Philippe van Parys et de Claire-Jeanne

Rubens
et

y sont représentés. Mais
que
le

comme

en

eurent sept,

tableau n'en renferme que cinq, deux d'entre eux

doivent être décédés en bas âge ou dans leur adolescence. Feu
seul,

M.

Frédéric Verachter n'en mentionne qu'un
et

dans sa Généalogie, de Pierre-Paul Ruhcns

de sa

famille, Philippe-Constantin-Joseph van Parys (i).

Nous
du

allons

donc indiquer
Philippe

ici

tous les

fils

et

filles

issus

mariage de

van Parys

et

de

Claire-Jeanne
S'

Rubens,
ques (2)


le

Jacques-Ignace^ tenu sur les fonts de
25

Jac-

mars 1656, par son

aïeul

Jacques van

Parys, chevalier, président de la chambre des comptes

de Sa Majesté en Brabant,

et

par Hélène

Fourment,

veuve de Pierre-Paul Rubens

et

femme de

Jean-Baptiste

de Broechoven, seigneur de Bergeyck. 2° Jean-Baptiste,
7 janvier 1658, par le prédit Jean-Baptiste de Broechoven et Anne van Parys. 3° Susanne-Françoise, le 10
le

janvier 1659,
ès-droits,
était,

par son oncle François Rubens, docteur

et

Susanne van Parys. Le père de l'enfant
époque,
le

à

cette

receveur général des États
d'Anvers.

de

Brabant dans
pine, le 31

quartier

Isabelle-Philiple

mars 1660, par PhiHppe Rubens,
de
Nicolas
Piqueri.

jeune,

secrétaire de la ville

d'Anvers, et par Elisabeth

Fourde-

ment, veuve
moiselles

L'une de ces

figure

dans
le

le

tableau;

mais laquelle? 5°

François-Xavier,

21 décembre 1662, par son oncle

(i; Op.

cit., p.

25.

(2) Ses frères et

sœurs furent tous baptisés dans

la

même

église.

II


François

Ié2
de


cette
ville

Rubens,

cchcvin
lit

et

Catherine

van Parys, qui se

représenter par Susanne van Par^-s.
baptisé
le

Philippe-Constantin-Joseph,
;

12

octobre
25

1665

les

cérémonies
Il

lui

furent suppléées le

du

même

mois.

fut

tenu

par

François

de

Wolfl',

prêtre et chanoine de S' Jacques, représentant Corneille

van Breughel, conseiller de Gueldre,

et

par Constance

Helman, dame de Rameyen
Rubens,
fils

et et

douairière de Nicolas
d'Isabelle

de

Pierre-Paul

Brant (i).

7° Jean-François-Marie, le 10 septembre 1671, par Jean-

Baptiste de Broechoven de Bergeyck, chevalier et conseiller

au conseil

suprême des finances du

roi,

et

par

Marie-Isabelle Mertens. C'est le charmant petit garçon

qui est représenté dans

le

tableau, près

du chasseur (2).
Gonzales,
appar-

Les deux autres compositions
tenant à

de

M. Louis Beeckmans,

sont peintes sur cuivre
la

et représentent des portraits

de membres de

famille

de Grysperre. Ce sont deux pendants mesurant 46 centimètres en hauteur sur 34 en largeur.

A Pavant-plan
droite,

de l'un, un gentilhomme tient, de

la

main

un

lièvre
Il

mort,

et

un

brin

d'estoc qui repose

sur son épaule.
vrier, attaché à
et

arrête de la
;

gauche

un superbe

lé-

une corde

un second non moins beau
figurés près de là.
et

un autre chien de chasse sont
est coifiie
et

Le

personnage
des

d'un chapeau à plumes de
longs

porte

moustaches
et

cheveux.

Sa

chemise

blanche

son col de

même

couleur se détachent sur
Il

une veste jaunâtre à crevés.

est

vêtu d'un haut-de-

(i)

(2) feu

Vhrachter, op. cit., p. Nous devons la majeure
le Grelle.

14.

partie de ce fragment de généalogie à

M. Henri

chausse et de bas gris.
cliasse

i63

un couteau de
un vieux genIl

Une

carnassière et
lui,

pendent à son côté. Derrière

tiliiomme tient un
les

magnifique cheval blanc.
et
la figure

a

aussi

cheveux longs
est

ornée de moustaches. Sa

tête

coiffée

d'un chapeau noir. Son habillement se
petit

compose d'un
teau bruns.

col blanc, d'un habit et d'un

man-

On

distingue à droite

un paysage animé de
;

diverses figurines.

Le

ciel

est

couvert, à l'avant-plan

plus clair, au fond du tableau.

Le clocher d'une

église

de village apparaît dans

le lointain.

Ce

retour de

la

chasse est admirable de dessin et de

peinture.

A
d'une
droite

l'avant-plan

du second tableau,

se présente

une

jeune dame velue d'une robe rouge de dessous surmontée robe
:

de satin blanc, qu'elle retient de
éventail

la

main
est

un

repose

dans sa gauche.

Elle
et

coiffée d'un

chapeau noir, orné d'une plume rouge

de

plumes blanches. Des perles étincellent à son
bras,

col et à ses

comme

à

ceux de ses compagnes que nous décri-

rons tantôt. Près d'elle, sautille un petit chien. Derrière
la

jeune

femme

est

peinte

une enfant vêtue de bleu,

tenant un fruit d'une main et un petit éventail de l'autre.

A

quelque distance, un gentilhomme, portant mous-

taches et de longs cheveux crépus.

Son chef est surmonté

d'un chapeau noir, et ses vêtements, de

même

couleur,

ne sont relevés que par son long rabot de dentelle blanche
et sa

chemise de

même

couleur qu'on aperçoit à
Il

travers ses

manches

à crevés.
la

donne
une

la

main
Sa

à

une

jeune personne, dont
se

droite tient
et

fleur.

toilette

compose d'une jupe
le

d'une robe de satin violet.
sert

A
un

droite s'élève

un arbre qui

de repoussoir

:

à

gauche

dans

lointain,

un château baigné par

l'eau, et


par
la

164


est

magnifique paysage. La perspective

bornée de ce côté

tour d'une église. Ces figures ne le cèdent en rien

à celles de l'autre tableau.
L'auteur de cette biographie possède

un

petit ovale,

peint sur cuivre par Gonzales et représentant le portrait

d'une dame. Elle paraît âgée
partie de sa chevelure

de 30 ans
est

environ.

Une

brune

ornée d'un peigne à
matière

perles

blanches.

Deux pendeloques de même
ses
oreilles.
la

sont attachées à
perles fines.

Elle

porte un
se

collier

de

Le costume de

dame
la

compose d'une
voile noir,

chemise ornée de dentelles,
se détache sur
et qui est

dont

partie supérieure

une robe bleue que relève un

retenue en guise de boutons par une grosse
perles

perle et

un double rang de
le

blanches. C'est une
la

personne de l'aspect
sourit

plus gracieux et dont

bouche

très-agréablement.

Ce

portrait

peint

avec

une

transparence merveilleuse se détache sur un fond noirâtre.
Il

mesure en hauteur un peu plus de 8 centimètres
plus de 6 en largeur.

et

un peu
vers,

Le catalogue des tableaux de Diego Duarte, d'Anrédigé à

Amsterdam, en 1682, mentionne une
peinte
le

œuvre

très-intéressante,

par Gonzales, en
fils
:

comd'une
fleurs,

pagnie de Jean Brueghel,

jeune,
ainsi

de Jean Brueghel,

de Velours. Elle
pièce,

est décrite

«

Un panneau
festons,

composé très-curieusement de
lointain et

de

de

fruits,

d'oiseaux et d'insectes, d'un grand travail avec

un beau
tant

14 figures de Gonzales, (représendes anges et
plus
autres
le

l'image

de

Marie,
depuis

figures),

peintes

par lui

de

30 ans,

tout

très-

curieux, coûte 1200 florins (i). »

(i) Fred.

Muller. Catalogus

der schilderijen van Diego T)uarte,

te

le

165

Jean Brueghel, de
puisque
ce

Ainsi ce tableau a été exécuté antérieurement à 1652:

catalogue en attribue

les festons à

Velours,

mais

c'est

une

erreur

évidente,

maître est décédé en 1625.

Nous

faisons suivre

ici les

tableaux de Coques,

men-

tionnés dans les catalogues de Gérard Hoet et de Pierre

Terwesten, avec
de Fraula,
portrait

les prix d'adjudication

:

«Vente du comte
n" 267, un petit

Bruxelles, 21 juillet
aussi

1738,

d'homme,

beau

que de van Dyck,

par

Consale, haut 10 pouces, large 7 1/2 pouces, 7 florins

10 sous de change (i)
peinte sur cuivre, par

;

345, une famille
la

très-bien

Consale, dans

manière de van
5

Dyck, haut
175 florins
à Bruxelles,

i

pied

10 pouces,

large 2 pieds

pouces,

de

change (2). Vente de Gérard Vervoort,

17,

10 septembre 1746,

un tableau de
par
pieds 8

cabinet représentant une famille,

avec cinq figures,

Gonzalo Coques, haut 2 pieds
pouces,
105 florins

i

pouce, large

3

change (3). Vente du peintre Pierre Snyers, Anvers, 22 août 1752, n° 11, une trèsde
pièce

belle

représentant

une

Faiiiille

à

la

chasse,

par

Gonzalo Coques, haute 4 pieds 10 pouces, large 7 pieds 8 pouces, 157 florins; n° 12, une %çiinion de famille, du

même, 50

florins de

change (4)

;

n° 13,

un

petit portrait
dit

de femme, enfermé dans un étui d'écaillé, (orné d'or,

Amsterdam, in 1682, met de prij^en van aankoop en taxatle. De Onde Tijd, 1870, p. 399, no 73. Nous avons traduit aussi littéralement

que possible.
(i)

Hoet,

op. cit.,

T.

I,

pp. 541-542.

(2) Id., ibid., T.
(3) (4)

I,

p. 548.

Terwesten, op. cit., p. 43. Le catalogue original de la vente
les

Pierre Snyers, que nous
p.

avons sous

yeux, s'énonce ainsi au sujet de ce tableau:
^oiit de Consael.

16,

n° 165. Une pièce de famille, au


le

i66
i6,


catalogue

original,

p.

149),

par

Gonzalo

Coques,

25 florins

de change

(i).

Vente du peintre,
23

plus tard amateur, Pierre-Jean Snyers, Anvers,

mai

1758, n° 130, un portrait d'homme, en pied, par
zalo,

Gon10

haut

16 1/2,

large 11

1/2 pouces,

20

florins

sous de change (2). Vente Gaspard

d'Heyne,

seigneur

de Leeuwerghem, Elene,
n° 41,
Raphaël,

etc.,

Gand, 26 octobre 1761,
Tobie
et

un beau tableau,
pouces,

représentant

l'ange

par Gonzalo Coques,
7

haut 2 pieds

3

pouces^

large 2 pieds

64

florins

argent courant

de
la

Flandre (3).

Vente de l'agent Guillaume Lormier,

Haye, 4 juillet 1763, n° 26, le Sauveur, ^arie et Marthe, avec beaucoup d'accessoires, par le Brueghel de Velours
(4) et Gonsale

Coques
i

:

panneau, large 2 pieds 4 1/2

pouces,

haut

composition d'Aremberg.
avec
dix

pied 8 3/4 pouces, 260 florins. Cette fait partie actuellement du cabinet du duc
n° 64, un cabinet de tableaux,

Même vente,
et et

figures

grand nombre d'accessoires,

par

Gonsalo Coques
3

Pierre Neeffs (le vieux ?), toile, large

pieds 10 3/4 pouces, long 2 pieds, 8 1/2 pouces, 212

florins (5). A^ente

de tableaux

à Bruxelles, le 23 juillet
,

1767

,

48

,

un

beau

tableau

représentant
et

Un

cavalier
pied,

accompagné d'une dame à cheval

d'un page à

dans un riant paysage, par Gonzalo Coques, sur

Ci)

Peeter Terwesten,

op. cit., pp.

61-62.

(2) Id., ihid., p. 208.

(3) Id., ihid., p. 241. (4) Id., ihid., p. 315.
Si l'indication est exacte,
il

faut lire Jean Brueghel, le jeune,
artiste
est

fils

de Jean Brueghel de Velours. Ce dernier
alors
{'))

mort en 1625,

que Gonzales avait accompli à peine sa dixième année.

Terwestex,

op. cit., p.

317.


toile,

167

pied 9 pouces, large i pied 4 pouces, 162 florins de change; n° 49, deux petits portraits d'homme
i

haut

et

de femme, sur panneau, haut

5, large

4 pouces^ 22
d'anatomie
la

florins (r).

Vente

de
et

l'ancien
d'autres

professeur

Thomas Schwencke
octobre

amateurs,
fille

Haye, 6
vieille

1767, n° 23, une jeune
et des accessoires, étant

avec une

femme

une
;

allégorie, très-bien

et très-finement peinte

par Gonzale

haut 22 1/4, large
le

28 pouces, 30
août 1768, n°

florins 10 sous (2).
6,

Vente à Anvers,

23

une excellente pièce représentant un
et

seigneur espagnol

une dame, tous deux

à cheval, et

accompagnés d'un nègre, dans un très-beau paysage,
par

Gonsalo Coques, sur cuivre, haut

17,

large

15

pouces, 250 florins» (3).

Les ventes mentionnées par Pierre Terwesten
rêtent à Tannée 1768.

s'ar-

En

1770, on mit aux enchères à

Amsterdam,
de Dufresne,

le

cabinet

de tableaux de François-Ignace

en

son vivant directeur du cabinet de
etc.

l'empereur Charles VII,
Il

s'y trouvait

une œuvre de Gonzales,
:

que

le

cata-

logue décrit ainsi

«

N° 209. Un

Christ en croix, peint

sur toile, haut de 41, large de

pied de

la

29 pouces. On voit au croix, Marie-Madeleine et derrière elle, sur les
tournant,

nuées, deux petits anges,
leurs
et

d'un

air attendri,

yeux vers
les

la croix.

Tableau d'un très-beau dessin

passions sont très-bien exprimées, terminé et
»
Il

bien peint.
certain

fut

adjugé au prix de 200 florins, à un

monsieur Melvil.

Le catalogue des tableaux de M. Pierre-André-Joseph
(i) Id., ibicL, p. 624.
(2) Id., ibid., p. 64/.

(3) Id., ibid., p. 665.


Knyfî,
vers,
les

i68


la

chanoine

noble

gmdué de

cathédrale

d'An-

mentionne
sur

cinq petits portraits peints par Gonzales,
et

uns

bois

sur

cuivre, l'autre sur argent.

Ils

furent vendus en notre ville, au mois de juillet 1785, avec
la

collection
la

dont

ils

faisaient

partie
15

et

rapportèrent

ensemble

somme

de 46

florins

sous de change.

Un

grand nombre des peintures de ce cabinet

renommé
Gonzales,

furent adjugées à des prix dérisoires.

Citons actuellement quelques tableaux de

présentés en vente dans des temps plus récents. La célèbre
collection

en renfermait un que

du professeur van Rotterdam, vendue en 1835, le catalogue décrit en ces termes

:

«N°
Dans

140. Portrait d'un jeune seigneur richement costumé.
le

fond un paysage.

Joli petit tableau,

d'une touche

vigoureuse, d'un bon coloris et d'une exécution soignée.

Hauteur
Cuivre.
»

42
Il

centimètres,
fut adjugé,

largeur

3

1

centimètres.
55 francs,
à

au

prix

de

M.

(Etienne?)

le

Roy,
de

de Bruxelles.

La
zales.

collection

M.
le

Stevens,

vendue

à Anvers, au

mois d'août 1837, comprenait deux tableaux de GonL'un, portant

34,
représentait

un beau
très-éléla

paysage,

dans lequel on remarquait un page
vêtu, qui

gamment
se

conduisait une

dame
on

par

main.

Plusieurs chiens les précédaient, et dans l'éloignement,
tenaient des
palefreniers

auxquels

faisait

signe
belle

d'arrêter les chevaux.

On
et

remarquait dans cette
la

composition
maître;
le

la

finesse

facilité

de pinceau de ce

catalogue y signalait un cheval blanc d'une rare
i

beauté. Cette toile, qui mesurait

mètre

15 centimètres

de hauteur sur

mètre 54 centimètres de largeur, fut adjugée à 520 francs. Le second, haut de 32 centimètres
i

et large

de 42,

était peint

en miniature sur parchemin,


et

169
avait
se


pour
tenait
sujet

d'un

fini

admirable.
près

Il

une dame en
:

costume

noir,

d'elle

une gouvernante
firère,

deux

jolies petites filles,

guidées par leur

portaient

des cadeaux à leur mère. Le fond était tapissé de verdure.
Cette petite composition valut 100
fi-ancs.

La

galerie de S. à la

M. Guillaume

II,

roi

des Pays-Bas,
ta-

vendue
logue
C.-J.

Haye, au mois d'août 1850, renfermait deux

bleaux de notre maître. Le premier, qui porte dans
le

le cata-

n° 80,

est

mentionné

comme

suit

par

M.

Nieuwenhuys, dans
:

sa description de cette collec-

tion

«

Largeur 63

Le repos champêtre. Bois; hauteur 42 '/» pouces. '/s- Dans une campagne couverte d'arbres et
elle a la

ornée de rosiers, se trouve une superbe fontaine sur un
piédestal
;

forme d'une coupe élevée

et est sur-

montée d'une
trois

statue représentant

Neptune, qui conduit
fontaine, sont assis
famille. Ils

chevaux marins. Près de

cette

un

cavalier et sa

dame, entourés de leur

semblent, par l'expression de satisfaction qui anime leurs
traits,

jouir

du repos champêtre

et

du bonheur de

se

voir environnés de leurs enfants.

Une

jeune demoiselle
la

vêtue de satin blanc^ est debout près de
tient

mère

;

elle

un

éventail et

un chapeau de
est

paille d'Italie

entouré

de plumes. Près du cavalier

un charmant

petit

garçon

qui tient un chien, tandis que son frère,
lui,

plus âgé que
et s'avance

porte

un

lièvre

suspendu à une fourche,

avec sa sœur qui tient une corbeille de

fruits.

Un

paon,

plusieurs chiens de différentes espèces, et des accessoires

de chasse ajoutent à
le

la

richesse de ce beau tableau, dont
art

paysage est ménagé avec
les

pour

faire ressortir

avan-

tageusement

personnages. Ceux-ci sont peints eux-

mêmes

avec un talent digne des beaux ouvrages de van
avait pris

Dyck, que Gonzales

pour modèle. Sa manière


a mérité le

lyo


(i).

se rapproche tellement de celle de ce peintre, qu'elle lui

surnom de

petit

van Dyck
le

Ce
de

tableau

qui peut être regardé
zales, a été
t.

comme

chef-d'œuvre de Gonla galerie
le

gravé par Moite, dans

Brun,

I", p. 36.

On

le

trouve aussi dans l'œuvre de

la col-

lection de Lucien Bonaparte, gravé au trait par Leonetti,

sous

le titre

de Reposa campestre (2).

»

Ce tableau fut acquis au prix de 7,200 florins, par M. Etienne le Roy, de Bruxelles. Il reparut au mois
d'avril

1857, à

la

vente Patureau, à Paris, et y fut

ad-

jugé à lord

Hertford,

moyennant 45,000
seigneur en avait

francs.
fait

M.
offrir

Kramm
4000
il

rapporte que ce

florins seulement, sept ans plus tôt (3).
fait,

Au

reste,

n'y a aucune conclusion à tirer de ce

sinon que
la fantaisie

le

richissime lord Hertford a voulu se passer

de payer très-cher un chef-d'œuvre de Gonzales.

Une seconde composition
C.-J.

peinte sur

cuivre d'après

Nieuwenhuys,

se

trompe,

— sur

toile, d'après le catalogue,

qui

représentait laPronienade à cheval. L'auteur

cité la

mentionne

comme
Il la

ayant en hauteur
:

16

pouces,

et

14 en largeur.

décrit ainsi

«

Gonzales Coques

a peint dans ce
le portrait

paysage, qui est vu au soleil couchant,

d'un cavalier monté sur un cheval blanc qui

se cabre.

La dame qui l'accompagne monte un cheval
est

brun

;

elle

vêtue

d'une robe d'une étoffe jaune, et
Elle tient de la
elle

coiffée d'un

chapeau garni de plumes.
éventail
;

main gauche un
Ci)

un nègre debout devant
original,

Coques

est

néanmoins tellement
celles

qu'aucun connaisseur
Roi des Pays-Bas.

ne confondra ses œuvres avec

de van Dyck.

{2) Description de la galerie de tableaux de S.

M.

le

MDCCCXLIII,
(3) Op.
cit.,

p. 155.

T.

I,

pp. 263 et 264.


porte ses regards vers un

I7Ï


chien épagneul qui aboie

joli

contre
reine
tesse

le

cheval

blanc.
fit

En

1817,

Sa Majesté feu

la

des

Pays-Bas
le

cadeau de ce tableau à Son Al-

Royale

prince d'Orange, à l'occasion du jour

anniversaire de sa naissance (i) ».

Cette peinture

est

celle

que mentionne Pierre TerAnvers,
le

westen,

comme vendue

à

23

août

1768,

moyennant 250 florins (2). Elle M. Nieuwenhuys, de Londres,
de
la Description citée,)

fut adjugée,

en 1850, à

(l'auteur, croyons-nous,
florins.

moyennant 800
de Gonzales
II

Un

troisième tableau

faisait partie
la

de

la

galerie de

Guillaume IL

fut

compris dans

seconde

vente de cette collection, tenue au mois

de septembre

185

1

et

fut

classé

assez maladroitement

dans

l'école
les

hollandaise (3).

termes suivants

:

M. Nieuwenhuys en « N" 73. Tableau de
et

parle

dans

famille.

Bois;

hauteur 14 1/2 pouces, largeur 18 (37

45 centimèt.).
la

Ce

tableau représente

vraisemblablement

famille
lui

d'un médecin.
tâte le pouls, et

Assis près de sa

femme,

le

docteur

en

suit les

pulsations sur une montre
toutefois, ne

qu'il tient à

la

main,

La dame

paraît

pas fort indisposée, puisque
chaise,
lui
ofli'e

un

valet, placé derrière

une

un verre de
d'argent,
à

vin.

A

droite, près

d'une table,
trouve un

couverte

d'un tapis rouge, sur laquelle se
est

plat

debout un jeune cavalier
tient près d'elle sa

donnant
petite

la

main

une dame, qui

fille

et se

retourne en souriant.

— A gauche,
:

sur

(i) Description citée, p. 157. (2) Op.
cit., p.

665. Terwcsten donne les mesures suivantes

hau

teur, 17, largeur 15 pouces.

(3) Catalogue de la vente, p. 20, n" 67.


le

Iy2 dans ce

devant du tableau, est un vase en cuivre,
carrée remplie de

et

vase, une bouteille

liqueur.

Ce

groupe de

six figures est

réuni

sous un vestibule

d'où

l'on découvre la

campagne.
la

La plupart des personnages

sont vêtus de noir, selon

mode du temps

(i). »
le

Nous ne connaissons
vente de ce tableau.
Plusieurs

ni l'adjudicataire, ni

prix de

musées de l'Europe possèdent des œuvres
la

de Gonzales. Outre ceux d'Anvers et de

Haye, dont

nous

avons parlé

déjà,

nous citerons ceux de Dresde,
Nantes, auxquels on

de Cassel (2), de Sleissheim et de

peut ajouter

la collection

du

palais

Hampton

Court. planches

On
citées

a

peu gravé d'après Coques. Outre
Paul
Pontius,
et

les

de

Corneille van
Leonetti, nous
la

Caukercken,
avons trouvé
portrait de

Martin Bouché, Moitte
dans
le

Catalogue Winckler,

mention d'un

Baudouin van Eck, seigneur de Roosendael, amateur de
tableaux, gravé en 1657, d'après Gonzales, par Paul du

Pont ou Pontius.

Il

était

représenté

à

mi-corps,

la

gauche appuyée sur son épée (3). Un graveur moderne de beaucoup de

mérite,

M.

Guillaume Unger (W. Unger), a reproduit à l'eau-forte

un des tableaux de Coques, conservé au musée de Cassel.
Il

représente

un appartement, dont

les

murs sont

(i) Description citée, p. 158.
(2) L'auteur
zales

pour un

nom

du catalogue de patronymique

la galerie

de Cassel a

pris

Gon-

et a

gratifié le

maître du prénom

de Barthélémy, de façon que Gonzales Coques est devenu Barthé-

lémy Gonzales. Voyez
(3)

;

Ver-^cichniss

der Casseler Bihler-Gallerie.

Cassel, sans date, p. 49.

Michel Huber

et

J.-G. Stimmel. Catalogue raisonné du cabinet
et

d'estampes de feu

M.

Winckler, banquier

membre du

sénat, à

Leipzig.

Leipzig,

1805, T.

III, p.

6)6,

r\°

3503.


sujet des

173


y y règne une

ornés de tapisseries, surmontées de peintures ayant pour
paysages.

La

partie supérieure des fenêtres

donne seule accès au
lumière très-douce.

jour, de

façon

qu'il

A

droite, le maître

du

logis vêtu de

noir, est assis devant

une

table

couverte d'un tapis et

sur laquelle
sablier
et

se

trouvent une
livres,

statuette,
il

une sphère, un
en train d'en

plusieurs

dont

est

feuilleter un.

Sa

femme

habillée également de noir avec
se tient

une robe de dessous de couleur rouge,
devant son clavecin ouvert
logique.
et

debout

orné d'un paysage mytho:

Deux

chaises de cuir sont placées de ce côté

sur le coussin de
petit chien blanc.

l'une d'elles, repose, en grognant,

un
une

Une

porte ouverte

donne accès

à

autre salle.

Le graveur
cette

a

rendu avec beaucoup de talent

l'effet

de

remarquable composition (i).

Sources

:

Registres des paroisses d'Anvers.

Archives de

la ville

d'Anvers.
et

Archives de

la gilde

de St. Luc.

Ph. Rombouts

Th. van Lerius. Les

Ljggeren, etc.

(i) Cette notice est datée

du 25 mai 1875.

^^^^^^^^^^^^^''^^^w^^sîl^ww'*^*^^

La Famille
DE

d'artistes de

BAELLIEUR
le

Louis

BAELLIEUR,
(15.
.

vieux

?-i66o).

^f^c
"*)

nom

de cette famille a été orthographié de

diverses manières,

même

par ceux qui

le

porla fin

Itaicnt. Il existait à

Anvers, au moins dès

du

XVP

siècle,

et

fut

celui de plusieurs peintres dis-

tingués et d'artistes qui
verrerie.

appliquèrent leurs talents à

la

La

gilde de S'

Luc

apprit à le connaître,

lorsqu'elle

admit, en

16 23-1 624, Louis
fils

de Baellieur, en qualité

de franc-maître. Son

Corneille

y

avait

été

inscrit

comme

élève, dès

1617-1618 (i).
est

Louis de Baellieur

quafifié de

marchand, dans

le

compte de

la

corporation,
et

commencé au mois de
seuls tenus
fait

sep-

tembre 1623

terminé en septembre 1624. Les mard'art étant

chands d'objets
gilde,

d'entrer dans la

on pourrait conclure de ce
cette

que notre Louis
mais ce
en
eff"et,

exerçait

profession.

Cela est probable,
s'occupât.
Il

n'était pas la seule

dont

il

résulte,
qu'il

de son testament du 2 septembre 1654,

donna,

(i) Phil.

Rombouts

et

Théodore Van

Lerius, avocat. Les Lig-

geren

et

autres archives historiques

de la gilde aiivcrsoise de Saint Luc,

T.

II,

pp. 598 et 542.


lui,

175


fils

par forme de préciput à son

nommé

Louis,

comme

son

atelier,

avec tous

les

matériaux qui

s'y trouvaient.

Ce Louis
tantôt

figurant dans la gilde tantôt

comme
il

peintre et
't

travaillant le verre « schilder, ende weerchende in

gelas, »

comme
il

verrier (gcJiicsblaescr) (i),
la

s'en suit

que

notre vieux Louis se trouvait à

tète

d'une verrerie

dont

débitait

les

produits.
artistes, étaient obligés
S*'

Les peintres sur verre, véritables
de se
faire

admettre dans

la

confrérie de

Luc

:

le

même

droit pesait sur les vitriers,

quoique ce ne fussent

que de simples ouvriers. La branche des de Baellieur,
dont nous nous occupons, n'exécutait pas des vitraux ne garnissait pas de verres
les châssis
et

des fenêtres Mais

quelques-uns de ses membres produisirent, dans cette
matière fragile,
ces

coupes, ces verres à vin de toutes
toujours
si

grandeurs

et ces vases,
si

recherchés

et

exé-

cutés avec une
Il

rare élégance

(2).

est

donc

juste

de consacrer une biographie spéciale

à

chacun des

artistes

en tous genres, qu'a produit

la

famille de Baellieur.

Louis,

le

vieux, est

dans

la

seconde moitié du

XVL

siècle,

mais nous ne savons en quelle année, ni
Il

en quel endroit.

épousa Anne van der Brugghen,
et

nous ignorons à quelle date
au moins naquirent de
furent tenus

en quel
;

lieu. Six enfants

ce mariage

cinq d'entre

eux

sur les fonts baptismaux de la cathédrale.
février

1° Corneille, le 5

1607,

par Jean de Proest et

(i) Liqgcren cités, T.

II,

pp. 155, 162, 341.

(2) Outre le vieux Louis de Baellieur, dont
la profession, les Liggercn

nous venons d'établir
artistes

ne nous font connaître que deux

en verre, ses

fils

Louis

et

Abraham.

Cornélie Stockx.
Il

I7é

;

fut

un peintre distingué
plus
loin.

sa biograle

phie

nous

occupera
par
la

Catherine,

29

décembre 1609,
(rentmeester) de

Corneille

Verhoeven,
le

receveur
Pierre

ville,

représentant

Signor

Fabri, et

Anne van

der Bruggen, sans doute une parente

de

la

mère de

l'enfant.

Catherine mourut
dans
le

le

18

novemde
par

bre 1678
S'

et fut ensevelie

l'église

de l'abbaye
16 12,

Michel,

(i). 3°
fils

Louis,

17

décembre
dans
:

Érasme Rubens,
en reparlerons.
quartier sud,
riers,
le

de Josse, et
Jean,

Anne Goossens. Nous
la

baptisé

cathédrale,

10 avril 16 16. Parrain

Jean Trésoles

marraine, Marie Govaerts. 5° Anne, tenue sur

fonts

du

même

quartier

de

la

cathédrale
et

le

14 sep-

tembre 16 19, par Jacques van Bochout tinus. Elle décéda le 27 février 1679 et
S'

Marie Mar-

fut

inhumée

à

Michel
le

(2).

Abraham, dont nous n'avons pas
Il

trouvé

baptistaire.

figure

le

dernier sur la pierre

sépulcrale de sa famille qui existait autrefois dans ladite
église.

Et

comme

l'inscription
et

relate

les

enfants

de

Louis de Baellieur
leur

d'Anne van der Bruggen, d'après

âge nous

pouvons en conclure
artiste,

qu'Abraham
années

fut

leur cadet.

Cet

dont nous raconterons
entre
les

la vie,

naquit vraisemblablement

1620

et

1624.

Une

liste

du personnel du jeune serment de
en
1620, parmi ses

l'arbalète

mentionne,
leul. C'est

membres Louis
le

Bail-

notre Louis de Baellieur,

vieux,

qui

rem-

plissait

auprès

de ce corps l'emploi de porte-drapeau

(i) Inscriptions ftinèr aires et monumentales de

la

pmnnce

d'Anvers,

T. IV.

p. 70.
cit

(2) Op.

T. IV,

p. 70.

,


{aJfere~). L'artiste faisait

177

encore partie de ce serment en

1625 (i).
Il

se

fit

recevoir

dans

la sodalité

des mariés dirigée
le

par

les Jésuites

d'Anvers,
cette

et

fut

élu

10 août

1648

consulteur
avait

de

association

pieuse.

De

Baellieur

contribué,

en 1642, au paiement du nouvel autel

de ses confrères par un don de 6 florins (2)

Lorsqu'en

1

644-1 645, Corneille de Baellieur,

fils

de

notre Louis, remplit les fonctions de doyen de

la gilde

de

S'

Luc,

il

frères

Louis

et

y reçut comme francs-maîtres ses deux Abraham, et son père lui paya, vivant, sa

dette mortuaire de 3 florins 8 sous (3).

Le notaire Barthélémy van den Berghe,
présenta,
le

le

vieux, se

2 septembre 1654, dans la
le

maison de Louis
située dans la

de Baellieur,

vieux, et de sa

femme,
était
était

rue du Cimetière de Notre-Dame, pour y recevoir leur

testament réciproque.

L'artiste

en

bonne
et

santé,
alitée.

mais

Anne van

der Bruggen

malade

Leurs dispositions de dernière volonté débutent par

les

recommandations d'usage, parmi lesquelles nous
guons une élection de sépulture dans
de de
S^ la

distin-

l'église

de l'abbaye
fabrique

Michel. Le prémourant des époux
cathédrale

fait à la

un
la

legs

d'un florin.
elle lègue^

Si

la

testatrice

vient à décéder

première,

par préciput^ à

ses filles Catherine et

Anne de
et

Baellieur^ tous ses habilet

lements de
et

soie^

de toile
servi
à

de laine
toilette.

tous les joyaux

bijoux ayant

sa

Melchior Hoyon,

(i) Registres des serments et de la garde bourgeoise

aux archives

communales d'Anvers.
(2) Registre de la sodalité des mariés.
(3y)

Liggeren

cités,

T.

II,

pp. 154, 155, 162 et 165.

12

à délivrer par les enfants
est fait à Jean-Baptiste

178

-

cousin du testateur, reçoit un de ses habits et un manteau,

du disposant. Semblable legs
s'était

Hippolyto, célibataire, qui
le fils

rendu

d'Italie à

Anvers, avec

du

testateur.

Ce
ici

fils

n'est pas

nommé, mais nous croyons
le

qu'il s'agit

de

Louis de Baellieur,
maîtrise

jeune,
l'âge

qui

ne reçut

la

franc-

de

S'
la

Luc

qu'à

de 32 à 33 ans.

Une

habituée de

maison, âgée de près de 80 ans, désignée
la

sous

le

sobriquet de

petite

tante

Jeanne Qanneken

moeyhri) et très-bien connue des enfants des époux de
Baellieur, devait continuer à recevoir de ceux-ci, sa vie

durant, ce

qu'elle avait touché

hebdomadairement de
lit

leurs parents.

Un

legs spécial d'un
et
le

et

d'un traversin

est fait par préciput

hors part à Catherine et

Anne

de Baellieur,

après

décès du dernier des testateurs.
le

Ceux-ci disposent

qu'après

décès de
le

chacun d'eux,

cinquante messes seront dites pour
Ils

repos de son âme.

prennent ensuite des mesures pour assurer, au partage

qui suivra leur décès, une parfaite égalité entre ceux de
leurs enfants qui n'ont pas été dotés

ou n'ont pas emdes bons ser-

brassé quelque état approuvé et ceux qui n'ont rien reçu

de

la

maison

paternelle.

En récompense
fils

vices et de l'assistance que leur
leur
a rendus
et leur

Louis de Baellieur
ses

rendait encore,

parents

lui

laissent par préciput,

après leur décès, l'atelier de son

père, avec tous ses matériaux servant au travail.

Le

sur-

vivant

des testateurs

est

institué légataire universel de

tous leurs biens restants, qui seront partagés par tête,
après son décès, par tous leurs enfants.

Les testateurs
en parfaite

recommandent que
amitié.
fils

cette opération se fasse

En

cas de prédécès d'un
ses enfants le

ou de plusieurs de leurs

ou

filles,

représenteront par souches.


dans
la

179


En
son
le

succession de leur aïeul ou aïeule. Le survivant

des époux est dispensé de faire état ou inventaire.
cas

de convoi,

le

survivant
les

perd, par
droits

le

fait

de

nouveau mariage, tous

que

lui

confère
écrit,

testament, qui, à son égard, sera réputé

non

mais

qui sortira ses effets à l'égard des enfants.
porte,

Ce document
est

entre autres,

les

signatures

:

Louis de Ballcur,
l'artiste

Anna van
dans
le

der

Bruggen.

Le nom de

écrit

corps de l'acte, tantôt de Baellieur, tantôt

de

Baillieur.

Anne van
1659 dans

der

Bruggen mourut

la

première, après
le

la

passation de ce testament. Elle décéda
;

20 novembre
la

son mari trépassé

le

7 août 1660, vint
S*

rejoindre

l'église

de l'abbaye de

Michel. L'inscription de
:

leur pierre sépulcrale y était conçue en ces termes

Hier leet begraven (i) den eersamen lowies DE Baillieur sterf den 7 AuGusTus A° 1660 EXDE de EERBARE AnNA VAN DER Bruggen sterf DEN 20 NOVEMB A° 1659 ENDE CaTHARINA DE
(i) Voici la traduction de cette épitaphe, qui se
lit

à la page 70
de la province

du tome IV des
d'Anvers
:

Inscriptions funéraires et

monumentahs
le

Ici est enterré

l'honorable Louis de Baillieur, mort der Bruggen, décédée
fille,

7 août 1660,

et

l'honorable

Anne van

et

Catherine de Baillieur, leur
fils,

morte
le

le

20 novembre 1639, 18 novembre 1678, et
le

Louis de Baillieur, leur
Baillieur,
lieur,

décédé

2

février
et

leur
fils,

fille,

morte
le

leur

mort

le

27 février 1679,

1665, et Anne de Abraham de Bail-

Priez pour leurs âmes.

i8o

Baillieur haerlieden

dochter sterf den
l8

NOVEMBER A° 1678

ende ludovicus de
Baillieur haerlieden

SONE STERF DEN 2 Feb.

A° 1663
EN Anna de Baillieur
haerlieden dochter
STERF DE 27 FeBRUARIUS 1679

ENDE Abraham de
Baillieur haerlieden

sone sterf de....
BiDT VOOR DE SIELEN (l)

(i) Cette notice est datée

du

11

septembre 1875.

Corneille

DE BAELLIEUR,
(1607-1671).

le

vieux,

j^fp ous avons vu que ce peintre,

fils

de Louis de
fut

i'I^^ISBaellieur et d'Anne van der Bru2;2:en,

tenu bap-

^^âp^©à
Sterckx.

Anvers,
la

le

5

février 1607, sur les fonts

tismaux de
Il

cathédrale, par Jean de Proost et Cornélie

eut

pour maître Antoine Lisaert,

qui lui

ouvrit son "atelier dans l'espace de
le

temps compris entre
mois de septembre

mois de septembre

16 17 et

le

1618. Le jeune Corneille avait, à cette époque, 10 à 11
ans accomplis.
Il

fut

admis

à la franc-maîtrise de S'

Luc,

comme

fils

de maître, en 1625-1626, c'est-à-dire à l'âge

de 18 à 19 ans (i).
L'artiste fut reçu

en

juillet

1629,

membre

de

la sodalité

des célibataires, dirigée par les Jésuites d'Anvers, et élu,

au mois de septembre 163
ciation pieuse (2).

1,

consulteur de cette asso-

Corneille de Baellieur épousa, le 9
l'église S'

août 1633,

^'^^^^

Jacques, Madeleine Matthyssens.

Ce mariage
de
notre

eut pour témoins Louis
peintre, et François

de

Baellieur,

père
Il

van Ginderdeuren.
qui fut tenue

en naquit un
fonts

seul enfant, Elisabeth,

sur les

de

(i) Ligqeren cités, (2) Registre

T.

I,

pp. 542 et 62-^.
sodalité,

de

ladite

à

la

bibliothèque

communale

d'Anvers.


ladite église, le i6 juillet

l82

1634, par son aïeul Louis de

Baellieur et Elisabeth Verulier. Elle coûta sans doute la
vie à sa
et fut

mère, qui mourut, en
à S'

effet,

le

23

juillet

suivant,

inhumée
artiste

Jacques (i).

Notre

se remaria.

Un

registre de mariages
trois
et

de

ladite église, relate au

mois d'octobre 1636,
de
Corneille

prode

clamations des bans

de Baellieur
la

Marie de Wael, cette dernière habitant
cathédrale.
Elle
était
fille

paroisse de la

de Corneille et de
les fonts

Barbe

Wouters
le

et avait été

tenue sur

de Notre-Dame
et

22

mars

1609,

par Philippe

Gridolfi

Cornélie
la

Wouters, tante de Tenfant. La
de Wael, dressée par

2;énéalo£rie

de

fimiille

M. Alphonse Goovaerts
l'artiste

et rédigée

d'après d'anciens documents, qualifie de peintre ce Corneille

de Wael, qui n'est pas
fils

célèbre de ce

nom.

Celui-ci était

de Jean

et

de Gertrude de Jode.
et

Le mariage de Corneille de Baellieur

de Marie de
le

Wael

fut célébré

dans

la

cathédrale,

quartier sud,

8

novembre 1636, en présence des pères des deux époux,
qui y assistèrent tous tenus dans
le jour.

comme
la le

témoins. Cinq enfants qui furent

cathédrale, quartier nord, leur durent
9 août 1637,
aïeul,
et

Marie,

par Louis de

Baelsa

lieur,

le

vieux, son
;

par Barbe Wouters^

grand' mère

2° Louis, le 9 septembre 1638,

par Louis

de Baellieur,

probablement son oncle,
Susanne-Maric,
le

et

Catherine de

Wael,

sa tante; 3°

28 juin 1640, par
alliance,
et

Jacques Roi, apothicaire,

son oncle par
le

Susanne de Wael; 4° Corneille,
Corneille de Wael, son oncle,

24

janvier 1642, par
d'objets d'art,

marchand
anversoise

reçu franc-maître

de

la

gilde

de

S'

Luc, en

(i) Inscriptions citées,

T.

II,

p.

256.

1630-163
1

i83

l'enfant.

(i), et par

Jeanne de Wael, tante de
ce Corneille

Nous

traiterons spécialement de
;

de
le

Bael-

lieur le jeune

5° Jeanne, le

20 juin 1643, par
le

célèbre

peintre,

Victor
à
le

Wolfvoet,
qui
la

jeune,

élève

de PierreS'

Paul Rubens,
conférée sous

franc-maitrise

de

Luc
le

fut

décanat du père

de sa

filleule (2), et

par Jeanne de Bruyn.
se
fit

Corneille de Baellieur,

vieux,

recevoir probablement après son premier mariage^
la sodalité

dans

des mariés.
les

Il

en

fut

élu

plusieurs fois

consultent,
6

notamment
le

mai 1655,
le

27

avril

20 mai 1640, 30 mai 1647, 1659, en mai 1662, le 21 mai
et
le

1668,

12

mai

1669
le

26 mai

1670.

Il

passa

assistant

du préfet

7

mai 1671,

c'est-à-dire

peu de

temps avant son décès.

La
de

sodalité

des mariés

avait

chargé Servais Cardon
et

lui

sculpter

un

autel

de marbre

de

pierre de
fut

touche.

Ce

travail

achevé au mois d'août 1642,
Cette

payé
au

2700

florins

à

l'artiste.

somme

fut couverte,

moins en
ciation.

partie, par les

dons des membres de

l'assosix

Corneille

de

Baellieur

y contribua pour
de doyen de

florins (3).

Cet

artiste remplit les fonctions

la gilde

de S' Luc, du 18 septembre 1644 au 18 du
1645.
Il

môme

mois

y

reçut, en qualité

de

fils

de maître, ses frères
Il

Abraham
de
la

et

Louis de Baellieur (4).

ouvrit, en 1652les archives

1653, son atelier à un apprenti peintre que
corporation

nomment

tantôt Josse,

tantôt Juste

(i)

Li^^erm
T.

cités,
II,

T.

II,

pp. 14 et 18.

(2) Ihid.,

pp. 157 et 162.
la sodalité

(3) Registre

de

des mariés.

(4) Liggeren cités,

T.

II,

pp. 154, 155, i)9 et 162.


Garnier(i)
maîtrise.
et

i84


la franc-

qui ne paraît avoir jamais acquis

Ce

Garnier

était

probablement un parent de
la

Marie Garnier ou

Granier,

femme d'Abraham de
Gand,
le
i

Baellieur, le vieux, frère de Corneille.

Celui-ci se rendit

à cheval à

pour y
sa

aller
Il

rendre visite à
la

mai 1655, CornéHe Wouters, tante de
et
fit,

femme.

trouva mourante
efi"ets

après son décès,
Il

inventorier

ses

par

le

procureur Schillewaert.
à ses

porta de ce chef en compte

cohéritiers, à la dela

mande de
florins

qui

il

avait fait ce voyage,

somme
route

de 16
et

12

sous,

y compris ses

frais

de

de

location du cheval.

Nous voyons dans un
légal des enfants de

acte notarié
était,

que Corneille de Baellieur

du 10 janvier 1657, à cette époque, tuteur

feu Corneille de
d'objets d'art.
.

Wael,

frère

de sa

femme
lait

et

marchand
Wael,

Son cotuteur s'appefit

Jean Hoydonck

Celui-ci

se

garantir

par

la

famille de

héritière de

leur oncle et grand-oncle
et autres difficultés

Jean Wouters, des suites des procès
qui pourraient
lui être

suscités

par Jean

de Wael,

fils

du prédit Corneille,
et

à cause

de l'aliénation d'une ferme

de terres situées à Melsene. Cet immeuble, d'une conla

tenance de près de 20 bonniers, dépendait de
sion de Jean
et à

succes-

Wouters

et avait été

vendu

à

Luc Hasaert

Barbe van Mittendorff", sa femme. Le Jean de
il

Wael
Il

dont
allait

s'agit ici, était l'excellent

graveur de ce nom.
juillet

atteindre sa

25^ année au mois de

1657, ^^

sa

majorité

prochaine paraît avoir causé

à Jean

Hoyles

donck des appréhensions

que

n'éprouvaient

pas

(i) Op.

cit.,

pp. 238 et 241.

tantes
et
les

i85

du jeune
artiste

oncles par alliance
le

(i).

Corneille de Baellieur^
à

vieux, fut appelé, en 1661,
expert, au sujet de l'au-

témoigner en

justice,

comme
et

thenticité d'un
le

Sauveur

de douze apôtres, acquis par

chanoine François Hillewerve,
Il

comme
qu'à sa

des originaux

d'Antoine van Dyck.
ce

déclara,

connaissance,
les

maître

n'avait

jamais
avait

peint

deux

fois

mêmes

tableaux, mais qu'il

bien

vu des copies exécutées

d'après lui et retouchées de sa main. Ces copies paraissaient à

de

Baellieur

aussi
si

bonnes que

les originaux.

L'artiste était d'avis

que

l'on donnait vingt-cinq livres
la

de Flandre du meilleur des tableaux en question,
leur en serait payée.
le

va-

Le maître

habitait, à cette

époque,

rempart des Tailleurs de Pierres (2).

Marie de Wael,
Baellieur, le

la

deuxième femme de Corneille de
l'intervalle qui s'écoula

vieux, décéda dans

du

18 septembre

1670 au

18

du
que
dans

môme
le

mois 1671.

C'est, au moins, à cette époque,

paiement de sa

dette

mortuaire

est

renseigné

le

compte de

la

gilde de S'

Luc

(3).
le

Notre Corneille mourut

26

juillet

1671.

Il

fut

inhumé
suivante

à S* Jacques,
:

se

lisait autrefois

l'inscription

Hier leet begraven den eersamen Cornelis de

Baelleur sterft den 26 JuLY A° 1671 ENDE DE EERBARE JoUFFROU MaGDALENA
(i) Protocoles

du notaire François vau den Berghe, année 1657,
d'Anvers.
procès

aux archives de
(2) L.

la ville

Galesloot. Un
TDyck.

pour une vente de tableaux attribués à

^Antoine van

1660-1662.


p.

annales

de l'Académie d'archéo-

logie de Belgique. 2^ série,

T. IV^

$61 et suiv., p. 585.

(3) Liggeren cités,

T.

II, p.

408.

i86

Matthyssen syn huysvrouw
sterft den 2} july a° 1634 ENDE DE EERBARE JOUFFROU MaRIA

DE

Wael

SYNE TWEEDE HUYSVROU
. .

STERFDEN

.

.

(l)

Le paiement de
est

la le

dette mortuaire de notre peintre

mentionné dans

compte

cité

de

la gilde

de

S'

Luc.

Corneille de Baellieur, le vieux, fut un peintre distin-

gué

d'histoire

et

de bas-reliefs
et

historiques.
il

Le procès

dont nous avons parlé
pert,

fut appelé

comme

ex-

en

même

temps que Jacques Jordaens, Abraham
peintres de grand talent,
jouissait

van Diepenbeeck, Hubert Sporckmans, Jean Boeckhorst
Juste van

Egmont

et

d'autres
il

prouve assez l'estime dont
contemporains.

auprès

de ses

Un
le

tableau de notre maître, exécuté sur cuivre, orne
Il

musée de Brunswick.
l'épisode

représente,

de

la

manière

suivante,

de

la

femme
la

surprise en adultère.

Le Sauveur placé au milieu de
de

composition^ s'entredocteurs

tient avec la pécheresse; des Pharisiens et des
la

loi

écoutent avec attention

les paroles

de Jésus.

Un

d'eux regarde à travers un verre
sur
la

les lignes d'écriture

tracées

terre,

duelques

soldats

entourent

ce
:

groupe.

Au

fond, un paysage. Figures entières. Signé

Cor. d. Baellieur (2).
(i) Inscriptions jnnêrain's et
iiioiiumentatcs de
la

province d't^4iivers.

T.

II, p.

256.
:

Traduction
juillet

Ci-gît Thonorablc Corneille

de Baelleur, mort

le

26

de l'an 1671, et l'honorable demoiselle Madeleine Matthyssen,
le

sa

femme, décédée
(2) L.

23

juillet

de l'an 1634, et l'honorable demoile

selle

Marie de Wael, sa seconde femme, morte Pape.
Ver^eichnis-{
.

[Muséums ^n Tiraunschiveig

GeviàUe-Sanwihing des Her:^oglicben Braunschiveig, 1849, p. 64, no 171.
der

M.
le

i87

des peintres

docteur

W,
il

Bode, qui parle de ce tableau,
flamands de
avec les

range son auteur au
troisième ordre,
et

nombre
lui

trouve des

affinités
le

Francken, surtout avec François Francken,

jeune (i).

N'ayant pas vu l'œuvre,
trôler
les

il

nous

est

impossible de con-

assertions

du savant allemand.
fois

Mais

nous

avons remarqué plus d'une

chez

M.

Pierre-Antoine

Verlinde, artiste-peintre, à Anvers, deux grands et admirables tableaux de fleurs de Gaspard-Pierre
le

Verbruggen,
Bael-

vieux, au
avait

milieu-

desquels

notre

Corneille de

lieur

peint

de superbes bas-reliefs, en
qui
retracent

grisaille.

Ces

bas-reliefs,

des
S'

scènes

de

la

vie

de bienheureux de l'ordre

de

Dominique, ne nous
maître

rappelaient en aucune manière les Francken, qui précé-

dèrent François,

le

jeune,

ni ce

lui-même.

Ils

trahissaient plutôt l'influence de l'école de

Rubens.

Ces compositions provenaient du couvent des Dominicains

d'Anvers.

Elles

furent

vendues
après
la

publiquement
révolution

dans leur jardin, peu

d'années

de

1830. Elles étaient alors au nombre de douze, dont six

grandes

et

six

petites.

Ces dernières,

ainsi

que quatre

des grandes, sont allées à

Paris, d'après

un renseigne-

ment que nous devons
valaient,

à l'obligeance

de
si

M.

Verlinde.

C'est une grande perte pour notre ville,

ces tableaux

comme

c'est

probable,

ceux que nous avons

vus. (2)
(i) Algemeiiu'S Kinistler-Lexikon. Heraiisgegeben

von

D'^ Jiilius

Mcycr.

Zweite gànzUch

neiihearbcitett.

^Auflagc von

Nagkr's

Kilnstîer-Lexikon.

T.

II,

p. 536.

(2) Cette notice est datée

du 6 octobre 1875.

Corneille

DE BAELLIEUR,
(1642-1687).

le

jeune

â^^>«^^

e peintre,
*-'^

fils

de Corneille de Baellieur,
à

le

vieux,

f

^(^M

^'^

Marie de Wael, naquit
l'avons

Anvers
le

et

y

fut

"Ài^^^tcnu, comme nous
nord,
par

vu,

24 janvier

1642, sur les fonts baptismaux delà cathédrale, quartier

son

oncle

Corneille

de
sa

Wael,
tante.

marchand
Il

d'objets d'art, et

Jeanne de Wael,
lui
la

est prolui,
il

bable que son père
se
fit

enseigna son

art.

Comme

il

recevoir dans
le

sodalité des célibataires,
Il

fut
le

admis

18

octobre 1665,

en

fut élu

consulteur

23 octobre 1672 (i).
Corneille

de
la

Baellieur,

le

jeune,

épousa,

le

8 mars

1681,

dans

cathédrale, quartier nord, Marie-Cornélie

Dresselaers, en présence de Jérémie

David Michielsen. Quoique
de Cock soient connus dans

les

Cock noms de
de

et

de Pierre-

Dresselaer et
S'

les archives

Luc, nous

ne saurions affirmer que
tenait à la famille
le

la

femme de

notre artiste apparni

du brodeur Crépin Dresselaer,
soit le peintre

que

témoin Jérémie Cock

reçu franc-maître

en 1656-1657 (2).
Corneille

de Baellieur,
:

le

jeune,

n'eut pas d'enfants

de son mariage

nous n'en avons, du moins, découvert

aucun.
(i) Registre de la sodalité des célibataires.
(2)

Ph. Rombouts

et

Théod. Van Lerius. Les Lig^eren
T.
II,

et

autres
et

archives historiques de la gilde anvcrsoise âeSaint Luc.

pp .277

28^.


Ce ne
l'câge

189


lorsqu'il avait

fut

qu'en

1683-1684,
qu'il se
fit

atteint

de 41 à 42 ans,

recevoir dans la gilde
fils

de S^ Luc, en qualité de peintre et de
L'artiste paraît
s'être
Il

de maître (i).
la

adonné de
est

préférence à

pein-

ture des bas-reliefs.

probable que Melchior Baeck
le

mentionné en
ration,

1

685-1 686, dans
apprenti

compte de

la

corpo-

comme

peintre chez

Christophe Balles

lieuw, a été l'élève de notre Corneille,

registres

ne

mentionnant nulle part l'admission
Ballieuw à
la

de ce Christophe

franc-maîtrise (2).

Corneille de Baellieur, le jeune, avait été désigné pour

remplir les fonctions de doyen de
18 septembre
vante. Mais

la gilde

de

S'

Luc, du
sui-

1686

au

18

septembre de l'année
le

l'artiste se

racheta de cette_ charge,
la

20

août 1686, moyennant
préjudice du droit de
trateur
fut

somme
de

de 100 ducatons, sans
l'élire

la gilde

comme

adminisIl

de

sa caisse
le

de secours mutuels

(busse) (3).

remplacé par

peintre Louis Pauwels, qui reçut les

300

florins stipulés

pour

sa hbération (4).
le

Corneille de Baellieur,

jeune, décéda dans les prela

miers mois, de l'année 1687. Le compte de
de
la

cathédrale

S'

Bavon
service

1686-1687 mentionne au 9 mars de
21 florins 16 sous,
notre

cette dernière

année une recette de
funèbre

pour

le

de première classe de dans
le

maître,

qui était

décédé (5)

quartier nord de

cette paroisse (6).
(i) Op. cit.,
(2) Ibtd.,

T. U, pp. 497
II,

et 500.

T.

p.

s

13.
Jiierboek

(5) J.-B.

VAN DER Straei,en.

der verniaerde en kunstryke
et 142,

gilde

van Sint Lucas hinnen de stad Antwerpen, pp. 141 (4) Liggeren cités, T. II, pp. 516, 517 et 521.
(5) Liggeren cités,
(6)

T. II, p. 497, note 3, p. 520. Cette notice est datée du 27 octobre 1875,

M^^^k
Louis de

BAELLIEUR

II.

(1612-1663.)

omme
ra^î^vers
de
la

nous l'avons vu, cet

artiste

naquit à An-

et

y

fut

tenu
le

sur

les

fonts baptismaux

cathédrale,
fils

17
et

décembre

16 12,
Il

par

Érasme Rubens,
ainsi

de Josse
dit,

Anne Goossens.
sa

avait,

que nous l'avons
qui
façonnait

pour père maître Louis de
verre
:

Baellieur,

le

mère
le

se

nommait
de

Anne van

der Bruggen.
le

Louis de Baellieur,
ses parents
le

jeune, est

seul des

fils

qui se trouve nominativement désigné dans
C'est

testament de ceux-ci.
Italie

donc

lui

qui s'est rendu

en
le

pour
et

s'y

perfectionner dans

l'art

de travailler

verre

qui

est

revenu

de ce

pays avec un jeune
qui
le

homme nommé
Il

Jean-Baptiste Hippolyto, à
et

vieux

Louis de Baellieur légua un de ses habits
fut reçu,

un manteau.
de
la

au mois de janvier 1633,

membre

sodalité des céUbataires, dirigée par les jésuites d'Anvers.

Élu, le 16
tion

novembre 1659, consulteur de
il

cette associa1653;,

pieuse,

en

fut
et

nommé

le

31

octobre
le

assistant

du

préfet

préfet

lui-môme

26

octobre

1653 (i).

Son
de

frère Corneille

de Baellieur,

le

vieux, étant
il

doyen

la gilde

de

S'

Luc, en 1644-1645,

s'y

fit

recevoir

(i) Registre

de ladite sodalité.


en qualité de
fils

191


Le
Liggere le
la

de

maître.

mentionne

comme
à

peintre, mais le

compte de
d'artiste
't

corporation ajoute
le

cette

profession

celle

travaillant

verre

(jchildcr ende weerchaule in

gelas) (i).

Nous avons vu dans
lieur,
le

la

biographie de Louis de

Baelet

vieux,

qu'en récompense des bons services

de l'assistance que notre maître avait
encore à ses parents, ceux-ci

rendus

et

rendait

lui léguèrent,

par préciput,

après leur décès, l'atelier de son père, avec tous les
tériaux servant au travail du verre.

ma-

Le vieux Louis

étant

venu à décéder,
après sa

le

7

août

1660, moins d'une année
entra
il

femme, notre
la

artiste

en possession de

cette partie de leur héritage.

Mais

n'en jouit pas long*^s
^'^

temps, car

mort

l'enleva le 2 février 1663, ^^^^
Il

Purification de la S'^ Vierge.
siens, (2)

fut

inhumé, auprès des
S'

dans

l'église

de l'abbaye de

Michel (3).
et

(i)

Ph. Rombouts

et

Théod. Van Lerius. Les Liggeren
T.
II,

autres

archives historiques de la gilde anversoise de Saint Luc,
et 162.

pp. 155

(2) Inscriptions funéraires et

monumentales de

la

province d'Anvers.

T. IV,

p. 70.

Liggeren

cités,

T.

II, p.

341.

(3) Cette notice est datée

du 29 octobre 1875.

Abraham de BAELLIEUR
(1620-1624 ?-i67i-i672).

I

^îes
M

registres

baptismaux d'Anvers ne mentionfils

îf^lË^nent pas ce

de Louis de Baellieur,

le

vieux,

^et d'Anne van der Bruggen. Sa
est

filiation

nous

prouvée par

la

pierre sépulcrale
l'église

de sa famille, qui
S'

existait autrefois

dans

de l'abbaye de

Michel de
de fixer

notre

ville.

L'inscription
la

nous permet aussi
de
la

approximativement

date

naissance
et

de notre

Abraham. En

effet,

son frère Louis
le

ses

deux sœurs

qui y sont mentionnés,
d'après les dates

sont à leur rang d'âge, et non
la

de leur décès. Ainsi
1678,
était

première citée
1609, Louis,
et

Catherine, morte en

née en en

défunt en 1663,

avait
était

vu

le

jour

1612,

Anne,

décédée en 1679,
1619.

venue au monde en septembre
fait

Abraham

qui la suit dans l'inscription, a
ici-bas,

par

conséquent sa première apparition
1620. Ses cinq frères
13 ans,
et

au plus tôt en

sœurs étant nés dans l'espace de
la date

nous ne croyons pas que

de son arrivée

sur la terre puisse être reculée après 1624.

Abraham de BaelHeur,
dans
la sodafité
:

le

vieux, entra, en 1643-1644,

des célibataires, dirigée par les Jésuites
fut élu

d'Anvers

il

en
fut

consulteur au
la

mois d'octobre
S*

1647

(i).

Il

admis, dans

gilde de

Luc,

en

(i) Registre de la sodalitc des célibataires.


1

193


frère

644-1645

5

époque du décanat de son
le

Corneille

de Baellieur,
le registre
le

vieux.
et

La note de son
le

inscription dans
la

ad hoc

dans
fils

compte de
maître
et

corporation
le

mentionne
du
cette

comme

de

travaillant
le

verre (werckt in glas)
artiste

(i).

Abraham
que

est

troisième

nom
de

de de Baellieur

nous

trouvons

avec
les

désignation,
la

très-rarement

employée

dans

archives

gilde.

Les collectionneurs
bien

de beaux
si

vases de

verre feront

donc

d'examiner
et fragiles

quel-

ques-uns de ces meubles délicats
pas par

ne portent

hasard

les

monogrammes

des

deux Louis ou
si

d'Abraham de
Notre

Baellieur, car tous ces objets

prisés

ne

sont pas de fabrication étrangère.
artiste

épousa,

le

25

février

1649,

dans

la

cathédrale,

quartier nord, Marie

Granier.

Ce mariage
d'Abraham,

eut pour témoins Louis de Baellieur,
et

père

Maurice Hustinay,

clerc
les

de

la

paroisse, et fut célébré
et

avec

dispense de tous
le

bans

du temps

clos.

Il

donna
les

jour à trois enfants, qui furent tous tenus sur

fonts

baptismaux de Notre-Dame, quartier sud

:

i" Louis-Joseph, le

20 mai 1652, par son

aïeul

Louis

de Baellieur,
Baptiste, le

le

vieux, et Catherine

Verheyen ;
Louis de

2° Jean-

16 janvier

1655,

P''^^

BaeHieur,

représentant Adrien Govaerts et Catherine de Baellieur,
tante de

l'enfant,
le

suppléant Jeanne van

der Bruggen

;

Abraham,

11 février 1657, par le peintre Corneille

de BaelHeur,
sa tante, au

le

vieux, son oncle, et

Anne

de Baellieur,

nom

de Barbe Granier, béguine.

(i) Ph.
autres

Rombouts

et

Th. Van Lerius, avocat. Les Liggerm
anversoise de Saint Luc,

et

archives historiques de la gilde

T.

II,

pp. 154 et 162.

13


jeune,
fut

194


le la

Cet Abraham de Baellieur, que nous nommerons
reçu, à partir du 23
Il

octobre 1672,

dans

sodalité des célibataires.
le

fut inscrit

en 1672-1673, dans

Liggere de la gildc de S* Luc, en qualité d'apprenti:

peintre

le

compte de

la

corporation nous apprend qu'il
Il

entra à l'atelier de Gaspard de Witte (i).

ne paraît
le

pas avoir acquis

la

franc-maîtrise.

Un

acte

reçu

25

mars 1687, par

le

notaire Gérard Casens, nous apprend

qu'il était, à cette

époque, essayeur général de

la

mon-

naie de Sa Majesté (2). Les comptes de la cathédrale de
la S*

Bavon 1695

à la

Noël

1698

le

signalent

comme

locataire d'une des

maisons de cette

église.

Son père Abraham de
en
1

Baellieur, le vieux, fut admis,
la

649-1650, dans

la

chambre de rhétorique de
Il

Gi-

roflée (Violiere),

en qualité d'am.ateur.

paya

la

somme
dont
il

de 18

florins,

pour droit d'entrée. Les 10

florins

était redevable^ à cette

époque, du chef de sa contri-

bution annuelle, ne sont pas portés en compte. Cette
contribution fut réduite plus tard à
3 florins,

que

l'artiste

solda, à partir de 1650-1651, jusqu'en 1670-1671.il fut
astreint à payer
5

florins,

en

1

671-1672 (3).
la sodalité

Le maître

avait été
il

admis entretemps dans

des mariés, dont

fut élu consulteur le

14 mai 1654 (4).

(i) Liggn-en cités, T.
(2)

II,

pp. 419 et 424.
cité,

Protocoles du notaire
p.

aux archives communales d'Anveis,

volume de 1687,

37.

(3) Liggeren cités,

T.

II,

pp. 211, ibid., 221, 232, 245, 254, 266,

274, 283, 290, 301, 310,

323, 333, 344, 354, 360, 368,

377,

383,

393,400, 408, 413. Abraham de BaeUieur, le vieux, est mentionné en quelques-uns des endroits cités comme marchand d'objets d'art, mais
(4)
c'est

une erreur d'annotation.

Registre de la sodalité citée.


Abraham de
à-dire entre le

195


mourut du temps du
c'est-

Baellieur, le vieux,

deuxième décanat du peintre Ambroise Brueghel,
i8 septembre 1671
et
le

18 du

même

mois 1672
le

(i).

Le compte de
sous
silence

la gilde

ne mentionne pas

paiement de sa dette mortuaire (2).

Nous
S'

passons

le

peintre

Grégoire

de

Baellieur, qui fut reçu

franc-maître
et

de

notre gilde de

Luc, en 1647-1648^

qui nous paraît étranger à la

famille des artistes qui précèdent.

(i) Lifgcrcn cités, T.

II,

pp. 411, 425.

(2) Cette notice est datée

du 8 novembre 1875.

Pierre de

BALLIU.

(1612-16...?)

e graveur distingué est

fils

de Bernard de Balparfois

^iiu,

dont
les

le

nom
Il

s'écrit

de

Ballieul,

dans
vers, et
fut

anciens registres

des

paroisses

d'An-

d'Agnès Jacops.
le
i

naquit dans notre
les

ville et

y

tenu

mai

161 3, sur

fonts baptismaux de
Ballieul

l'église S'

Jacques, par

Pierre de
et

ou de

Balliu,
fut
:

que nous croyons son oncle,
l'aîné

de huit frères

et

Anne Jacops. Il sœurs, dont les noms suivent
ladite église le 3
fils

Anne,

baptisée dans

mai 16 16;
mar-

parrain^ Antoine Liesaert, peintre,

de maître, admis
;

dans

la gilde

de

S*

Luc

le

29 novembre 1614 (i)

raine, Catherine Nagelers. 3° Marie, le 16 octobre 1618:
elle fut

tenue par Frédéric van Horen et Marie Heysen,
cathédrale, quartier sud.
les
juillet

sur les fonts baptismaux de la
C'est

aussi

que furent régénérés tous

enfants

subséquents. 4°

Une seconde Anne,
ou de
fille;

le

14

1620;

parrain, Pierre de Ballieul
l'oncle

Balliu,

probablement

de

la

petite

marraine,

Anne van Hove.

5° Elisabeth, tenue le 3
et

mars 1623^ par Jean Gansacker

Lucrèce Moucheron. Les parents de Pierre de BaUiu
Théod. Van Lerius,

(i)

Fh. Rombouts

et

avocat. Les Liggeren

et autres archives historiques

de la gilde anversoise de Saint Luc,

T.

I,

p.

513.


habitaient, à
cette

197
à


l'enseigne

époque,

du Lis
les

rouge,

dans

la

rue du Jardin des Arbalétriers.
le

Nous

retrou-

vons encore en 1631, dans

même

quartier de la ville.

6" Agnès, le 3 août 1625, par Gérard de
lier

Houwer,
17
juillet

joail-

(i) et

Anne

Jacops. 7° François,

le

1628,

par François

de Coninck de Decker et

Catherine Aleaoût

wyns. 8°

Un
163
1,

second François,

le

18

1630,

par
le

Frédéric van

Hove
par

et

Anne

Jacops. 9° Antoinette,
et

29

août

Antoine Jaspers

Anne

Jacops,

prédite.

Pierre de Balliu n'est pas inscrit
les

registres

de notre gilde

de

S*

comme apprenti dans Luc. Un graveur et

connaisseur, de nos amis, le tient pour élève de Pierre de

Jode,

le

vieux, tandis que

M.

E. KoUoff est d'avis que

Scetsélon (Scbelté) de Bolswert lui enseigna son art (2).

La première opinion nous

paraît

la

mieux fondée.

Quoi
1630,
de
S'

qu'il

en

soit,

Pierre de Balliu fut admis, en 1629la

comme
Luc,
son
il

franc-maître de

corporation anversoise

comptait à peine 16 à 17 ans.
Beulleur,
tout

Le

Liggere
la

écrit

nom

comme

le

compte de

confrérie. (3)

M.
vantes

Kolloff a relevé sur ses estampes les signatures sui:

P. de Bailleu, P. de Bailliu, P. de Baillieu, P.
Balieu,

de Baillue,

P. Balleu,

P.

de Balliu,
n'est,

qui nous
autre

semble

la

plus rationnelle.

Ce mot

en
de

effet,

chose que l'ancien substantif flamand
signifie

haUieii,

qiu

en français

le bailli.

(i) Inscriptions funéraires et

monumentales de

la

province d'Anvers.

Anvers, T.

I,

p. 342.

(2) tAïïgemeiiies Kiinstler-Lexikon. Leipzig, 1875,
(3) Liggeren cités,

T.

II,

p.

556.

T.

II,

pp.

3

et 9.


Pierre de Balliu

198


une époque qui
à

se rendit en Italie, à
Il

nous

est

inconnue.

se

trouvait

Rome, en 1635,
des pèlerins

d'après l'inscription d'une de ses estampes, gravée d'après
le célèbre Pierre

van Lint

et

représentant

qui vénèrent la confession de S' Pierre (i).
Il

résidait
et

encore dans

la capitale

de

la

chrétienté, en

1637,

y exécuta,

à cette

époque, une planche ayant

pour

sujet l'empereur Constantin-le-Grand posant la prela basilique

mière pierre de

du prince des apôtres,

sujet

composé par

le

même
Il

Pierre van Lint (2).

Nous retrouvons
trois ans plus tard.

notre

graveur

dans sa

ville natale,

y épousa, en

effet, le

28 juin 1640,
avec

Elisabeth van Engelen.

Ce mariage

fut contracté

dispense de tous les bans, en présence de Balthasar van

Engelen

et

de Daniel

de Bruyn, un des amateurs de
la

la
il

chambre de rhétorique de
fut reçu

Giroflée (Fiolicre), dont
(3).
:

membre en 1643 -1644
les fonts

Cinq enfants naquirent de ce mariage
tenu sur
de
S'

Bernard,
par

Jacques,
aïeul, et

le

31 mai

1641,
Il

Bernard de Balliu, son

Marie Bogaerts.

em-

brassa la carrière paternelle, et nous en parlerons spéciale-

ment. 2° François, baptisé
cathédrale, quartier sud,

le 2 septembre 1642, dans la où furent aussi présentés les

deux suivants. Parrain
d'estampes
gilde,
et

:

Rombaut van de Velde,
il

éditeur

marchand

d'objets d'art, admis dans notre
:

en 1645 -1646 (4)
c, T.

publia quelques

planches

(1)

E. KoLLOFF,

/.

II,

p.

560,

no 88. Cette gravure

fait

partie de la collection de feu notre beau-père,

M. P.-Th. Moons-van

der Straelen.
(2) E.

KoLLOFF,

/.

c, T.

II, p.

560, no 87.

(3) Liggeren cités,

T. T.

II,
If,

pp. 150, 160 et 170.
pp. 168 et 172.

(4) Liggeren cités,

de Pierre Balliu (i),
l'enfant.
fut

199


Bruvn
le

Marie de

fut

marraine de
:

Un

second François,

12 août 1643

il

tenu par Pierre van Engelen

et

Sara

Bogaerts. 4°

Pierre, le 27

mai 1644, par

le

célèbre graveur Pierre

de Jode,

le

jeune, et

Agnès de

Balliu, tante

de l'enfant.

Signalons, en passant,
le

ces relations de
Elles

Pierre de Jode,
faites

jeune, avec Pierre de Balliu.

ne sont pas

pour infirmer l'opinion de l'artiste-connaisseur qui
d'avis

est
le

que de Balliu eut pour maitre Pierre de Jode,
le 9

vieux, décédé

août 1634 (2).
lors

Ce

Pierre de Balliu
S'

reçut pour second patron,

de sa confirmation.

François.

Il

s'appela par conséquent Pierre-François,

et

fut peintre.

Nous donnons

plus loin sa

biographie. 5°

Arnould,

le

dernier des enfants de Pierre
baptisé,

de

Balliu

et
le

d'Elisabeth van Engelen, fut

à

S' Jacques,

23 janvier 1647, et présenté par Pierre van Engelen et

Marie Willemsen van de Westcrlaken.
Disons maintenant quelques mots des œuvres de notre
rirtiste.

Lorsqu'il se trouvait à

Rome,
âge,

il

attira sur lui les

regards du célèbre peintre Joachim de

Sandrart,

qui

l'employa, malgré son

jeune

avec Théodore

Ma-

tham^ Corneille Bloemaert, Régnier de Persyn, Claude
Mellan, Charles Audran
à reproduire les
tiniani.
et d'autres

graveurs de renom,

antiques

de

la

galerie

du prince Jus-

Ceci eut lieu probablement en 1633, lorsque de

Balliu comptait:! peine

20 ans (3). M. E.

Kolloft'cite 103

(1) E.
(2)
cités,

KoLLOFF, CoRNELis DE
T.
I,

/.

c, T.

II,

p.

5)7, nos 2 et 160, n" 86"J.
Cabinet, enz., p. 493.

BiE.

Hd GulclcH

— Lig^eren

p.

413, note 2.
xAcadeuiia nobilisslnuearp. 362.

(3)
tis

Joachim de Sandrart a Stockau.
Noribergœ, cioidclxxxiij,

pictoria.


planches qui portent son

200


lui

nom ou

sont attribuées, et

parmi lesquelles

il

s'en trouve de fort remarquables (i).

Le maître

a travaillé,

entre autres,

d'après Pierre-Paul

Rubens, Antoine van Dyck, Abraham van Diepenbeeck,
Jean Thomas, Théodore van Thulden, Théodore
bouts,

RomRa-

Erasme

Quellin,

etc.,

et

aussi

d'après
et

phaël Sanzio, Annibal Carrache, Guido Reni

Bernar-

dino Gagliardi.
L'auteur de cette biographie possède dans un livre ou
recueil de gravures qui appartenait, en 1687, au célèbre
statuaire

Henri-François Verbruggen, dont

il

porte la

signature,

une

belle

estampe de Pierre de Balliu exé-

cutée d'après Théodore van Thulden. Cette planche, de

format petit in-foHo, non mentionnée par

M.

Kolloff,

représente S^ François Xavier à genoux devant un prie-Dieu
et

accompagné d'un ange qui
tient la Sai?ite Vierge.

le

présente
têtes

à l'enfant Jésus,
appa-

que

Trois

d'anges ailés

raissent

dans

le

ciel

près

de ce groupe.
cette

Les inscriptions
:

suivantes se
S'
est

hsent

sur
les

gravure
:

au-dessous

de
satis

François Xavier,
(2).

mots

Satis

est,

Domine,

A

droite
et

;

Theodor. à

Tulden delin.

Pet rus de

Baillue fecit

excudit.

Nous tenons
édition

à faire observer ici
et

que

la

plus ancienne

du Sauveur

des apôtres,

gravée

par

notre

maître sur les dessins de Théodore van Thulden, n'est

pas celle de Gaspard Huberti, citée par

M.

Kolloff (3).

Le

recueil cité renferme en
le

effet

quelques-unes de ces

planches qui portent, outre

nom

du peintre,

les

mots

:

(i) I.

c, T.

II, p.

557

et seqq.

(2} C'est assez, Seigneur, c'est assez. (3) Loc.
cit.,

T.

II, p.

558,

11°

27.


P. de Balliu
exe.

201


et


et

Pet.

de Bail in sculpsit
Il

excudit.

Pet. de Ballue fecit
faire connaître
artiste.

excudit, etc.

nous

reste encore à

quelques particularités concernant notre

Ainsi les Vicrschaerboecken, conservés aux archives

de

la ville

d'Anvers, nous

apprennent que
la

le

3 1

août

1646, Elisabeth van Engelen,
fit

femme de

notre graveur,

pratiquer une saisie sur les

biens de son mari.

Le

registre se tait sur les motifs de
Il

cet acte de procédure.

nous

dit,

par contre, que Michel Claphouwer agit de

même,
de
S*

le

2 août 1647. Celui-ci était
avait

un imprimeur en
la

taille-douce, qui

été

reçu franc-maître de

gilde

Luc, en 1643-1644 (i).

Pierre de Balliu grava, d'après
portrait

Anselme van Huile,

le

de Henri Herdingh, bourgmestre de Munster,
la

qui porte

date de 1650 (2). C'est la plus récente que

nous ayons rencontrée relativement à notre maître, car
les trois effigies d'artistes,

que renferme de

lui le Giilden

Cabinet de Corneille de Bie, publié en 1662, avaient été

exécutées pour l'ouvrage que Jean Meyssens publia en

1649, sous

ce titre

:

Images de divers hommes
et

d'esprit

sublime, qui par leur art
et

science devront vivre éternellement
le

desquels la louange

et

renommée faict estonner

monde (3).

Nous ignorons
de Balhu (4).

le lieu et

l'époque du décès de Pierre

(i) Liggeren cités, T. (2)

II,

pp. 145 et 151.
II, p.

KoLLOFF,

loc.

cit.,

T.

561,

11°

98,

c. I.

(5) C.

Kramm. De

Icvens en luerken der Hotlandsche en Vlaamsche

knnstschilders , heetdhoiiwers, graveurs en houivmeesters.
('4)

T. IV,

p.

1115.

Cette notice est datée du 18 novembre 1875,

Bernard de BALLIU
(1641-1
?)

'^

^

graveur de talent

était

l'aîné des

enfants de
Il

LtM Pierre de Balliu
naquit,

et d'Elisabeth

van Enselen.

comme nous

l'avons dit, à Anvers, et
S'

y fut tenu sur les fonts baptismaux de mai 1641, par son aïeul Bernard de
Bogaerts.
Il

Jacques,
et

le 3

i

Balliu,

Marie

est

probable
la

que son père
gilde de S'

lui

enseigna son

art.

Les archives de

Luc ne mentionnent pas

son entrée en apprentissage, omission qui se remarque
d'ordinaire quant

aux

fils

de maîtres. Elles nous appren-

nent, par contre, que
reçu, en 1662-1663,

le

graveur Bernard de Balliu fut
fils

en ladite qualité de

de maître.

Le Liggere orthographie son compte
écrit Ballieu.

nom

Ballieur, tandis

que

le

L'un

et

l'autre

document oublient

le de (i).

Bernard de Balliu comptait de 21 à 22 ans^ à l'époque
de

son

admission.

Nous

le

perdons de vue jusqu'en
le

1674, année pendant laquelle nous
Il

trouvons à Rome.

y

signa, le 3 janvier 1675, les lettres d'admission dans

(i) Phil.

Rombouts

et

Théod. Van Lerius,

avocat. Les Liggeren

et autres archives historiques

delagilde anversoise de Saint Luc, T. IL, pp.

354

et 344.


la

203


et

bande académique, du bon peintre

graveur

à l'eausta-

forte,

Abraham Genoels,
Verbruggen,

le

jeune,

de l'excellent

tuaire Pierre
sois.

le

second, tous deux AnverCiel (Hemeï) dans

De

Balliu portait la

surnom de

cette joyeuse

réunion

d'artistes (i).

Le maître
cite,

résida longtemps à

Rome. M.
la

E.

Kolloft'

outre son portrait, par lui-même, avec les attributs
plupart, d'après des

du graveur, 12 planches exécutées,
maîtres italiens.
l'éditeur

La presque

totalité

porte l'adresse de

romain G. G. de Rossi (Jo. Jacobus de Rubeis).
cité

L'iconographe
de
Balliu

signale ces

productions de Bernard
mérite (2).
Elles

portent
Baleu,

comme des estampes de son nom écrit de différentes
de
Bailliu,

manières
et

:

Bernard
(3). Les

de Baleu.,

Bahu

Balliu

graveurs de lettres ne seront pas étrangers à ces variantes

d'orthographe.

Nous ignorons
natale.

si

notre

artiste

revit

jamais sa ville

L'époque

et le lieu
Il

de son décès nous sont éga-

lement inconnus.

se trouvait

encore probablement à

Rome, sous
puisqu'il

le

pontificat

d'Lmocent XI (1676-1689),

y

fit

paraître, dans ce temps-là, quatre portraits

de cardinaux, encore vivants, dont l'un, exécuté d'après

(i)

Ark. Houbrakek.

T)c

groole

Schoiihnr^h

der NcckrJamUsche
III,

hinstschilders eu schilderesscii.

Amsterdam, 1721,
de

deel

bl.

loi en

103.

Houbraken
ayant
écrit

tenait son récit

Genoels lui-même. Ce maître que
le

lui

qu'il

n'arriva à

Rome
que
le

évident qu'il n'a pu y être reçu dans la
vier

4 novembre 1674, il est bande académique, le 3 jan-

de

la
ici,

même

année,

et

c'est

observer

en passant, que
le texte

nom

1675 qu'il faut lire. Faisons de notre graveur est écrit erro-

nément Baillen dans
(3)

d'Houbraken.
II, p.

(2) ^llgemeines Kiiitstler-Lexikon, T.

562.

KoLLOFF,

/.

c, T.

II.

p.

562.

204 ~^
l'effigie

Godefroid Kneller (i), représente

da cardinal

Pierre Basadonna (2), mort en 1684 (3).

(i) Ibid., t.

II,

p.

562, no 7.
I,

(2)

Ch. le Blanc. Manuel de l'amateur d'estampes, T. (5) Cette notice est datée du 20 novembre 1875.

p.

151.

^^^^^^^,^4^^^^^^%^.,^.^^^^^^^

Pierre-François de

BALLIU.

(1644-1726-1727.)

ierre-François de Balliu était
Y/pA

fils

du graveur de
van Enle

^M mérite Pierre
Il

de Balliu

et d'Elisabeth

4^^gelen.
mai 1644, sur
tier

naquit à Anvers et y fut tenu,

27

les fonts

baptismaux de

la

cathédrale, quar-

sud, par le célèbre graveur Pierre de Jode, le jeune,

et

par Agnès de Balliu, sœur de son père.
lui fut

Son prénom
Balliu ne
Italie,

de François

donné

lors de sa confirmation.

Le premier maître de Pierre-François de
nous
pour
est pas

connu. Le jeune peintre se rendit en

s'y

perfectionner

dans son art et y fut admis à

Rome, dans

l'ateUer de Carlo Maratti. C'est ce

que nous

apprend Jacques van der Sanden, secrétaire de l'ancienne

académie d'Anvers, dans son manuscrit
Konsttûoneel

intitulé

:

Ouâ

van Antwerpen. L'auteur ajoute que de Balliu
à
fit

s'exerça

aussi

copier

les

œuvres des grands maîtres

italiens et qu'il

des dessins de

monuments
fort tard

et

de sta-

tues antiques.

Notre peintre ne retourna que
nent, en

dans sa

ville

natale. Les archives de la gilde de S'
effet,

Luc nous apprenfils

qu'il

n'y fut reçu, en qualité de

de

maître, qu'en 1688-1689 (i).
(i) Phil.
et

Rombouts
536.

et

Théod. Vax Lerius,
la gilde

avocat. Les Li^^cren

autres archives historiques de
et

anversoise de Saint Luc, T. II,
le de

pp. 531

Les registres omettent constamment

du

nom

de

l'artiste.


Les comptes de
trois apprentis
la

206


noms de

corporation signalent les

que Pierre-François de Balliu admit dans
et

son

atelier

:

Jacques van Pelt

Etienne van den Eynde,

en 1696-1697, Jean-Pierre Goesin, en 1697-1698 (i).

Campo Weyerman
signe
le le

parle de notre artiste, dont
A^.,et

il

dé-

prénom par l'inconnue
Baljiiiu.

dont

il

orthographie
il

nom

D'après sa malheureuse habitude,
le

s'efforce

de tirer

maître

en ridicule, mais

il

n'en

rend pas moins
exécutait
les

justice

au talent avec lequel de Balliu
il

vases dont

étoffait les

tableaux de ses

contemporains,

les peintres

de fleurs anversois. Ces vases
et

sont, dit-il, artistement peints

bien colorés, mais

ils

manquent de
enfants,
les

relief,

ce qui est

dommage,
et

car les petits

satyres, les

nymphes

autres ornements
et

dont

il

les pare,

sont habilement dessinés

bien

trai-

tés. Après avoir loué de Balliu sous ce rapport,

Campo

Weyerman
Notre
C'est ce
sa

le

raille

au sujet d'un Christ en croix, avec

accessoires, peint par lui (2),
artiste était

réellement

un

homme

de talent.

que prouvent, entre autres, deux tableaux de
et peints sur les
salle

main, exécutés en camaïeu

murs de
du
petit

deux niches pratiquées dans l'ancienne
collège, à l'hôtel

de

ville

d'Anvers. L'une de ces

comsupé-

positions

fait

face aux fenêtres et représente
la

V^réopage

d'Athènes,
rieure,
la

de

manière suivante. Dans
assise

la partie la

Justice

tient

une lance de

main

droite et
côté,

un

livre ouvert,

de

la

gauche. Plus bas, de ce
coiffé

un personnage debout,
étend
la

d'un

casque orné

d'étoiles,

main dans
II,

la

direction de la Justice,

(i) Liggeren cités, T.

pp. 596 et 607.
Jevens-beschryviugen
cler

(2) Jacob Campo Weyerman. De

Neder-

landsche konst-schilders en konst-schiJdcressen.

T.

III, p.

230.


et

207


Ce
serait, d'après le

paraît

prononcer un
cité

discours.

manuscrit

de Jacques
lui

van

der Sanden,

S'

Denis

l'Aréopagite.

Près de

est figuré,

également debout,
la

un

jurisconsulte

portant un
train

livre

à

main.

A

droite,

huit

hommes

sont en

d'écrire

et

d'étudier, dans

des postures différentes.

Ce

tableau, qui se distingue

par de sérieuses

qualités

de dessin, est peint avec vigueur. L'influence de l'école
italienne s'y fait sentir.

Le deuxième placé en
sujet la Justice.
est

face de

la

cheminée^
la

a pour

La

partie supérieure de

composition
L'une,

occupée par

trois figures

de femmes
la

assises.

qui représente

le T)roit

romain, tient

main
de

droite sur
li-

un

faisceau de verges que couronne l'emblème de la

berté.

Une lumière
canon.
livre

céleste

illumine
le

ses rayons le

front de la seconde, qui
le

occupe

centre et personnifie
le

Tarait

La
la

troisième,

ou
et

Droit

coutumier,
le ciel.

tient

un

de

main gauche

regarde

Le

sceptre et la couronne, la mitre et la balance de la justice

sont peints

en divers endroits de

la

composition.
glaive et
le

Plus baSj est debout un personnage
portant

armé du
qu'il

un bâton de commandement
la croix.

étend sur

globe terrestre, surmonté de
Près du globe, un

scribe qui

écrit

une sentence, un
lettres,
et,

homme
face,

qui suit des

yeux

le

tracé

des

en

une figure

assise près de livres et qui paraît foire
est plein d'eftet et

une démonstration. Ce camaïeu
beau dessin.

d'un

Ces deux compositions ont été exécutées probable-

ment en 1708.
bourgmestres
et

Il

est

certain,
fut
le

en

tout

cas,
le

que

l'or-

donnance de paiement en
échevins,

donnée par
13

collège des
Elle

mai 1709.

montait


à la

208


annuellement à
la

somme

de 229 florins courant, qui devait être prise
ib

de celle de 400

de

Flandre, mise

disposition de nos magistrats (i).

Ces tableaux furent très-appréciés des contemporains
de
l'artiste.

Aussi une Description des œuvres d'art de

la

ville

d'Anvers, éditée au siècle dernier,
:

s'exprime-t-elle

ainsi

Le

petit collège

est
:

entouré de fort belles pein-

tures en

bas-relief (lisez
«

haut relief)

par

le

fameux

maître Balieu (2).

Parmi

les peintres

de fleurs

dont Pierre-François de
citer

Balliu étofta les tableaux,

nous pouvons

Gaspard-

Pierre Verbruggen,
le

le

jeune, et Jean-Baptiste Bosschaert,

second maître de ce

nom

inscrit

dans

le

Liggere de la

gilde de S' Luc.

Notre
uns des

artiste

orna de

grisailles

représentant quelquesta-

mystères du Rosaire, une partie des quinze

(i) Voici la copie de cette pièce qui nous a été communiquée par M. Pierre Génard, archiviste de la ville d'Anvers « Geordonneert wt de Ib 400 vlems ter dispositie van myne heeren jarelyckx staende te betalen aen M. Balliu de somme van 229 guldens courant gelt
:

cens, voor soo veel dat beloopt syne rekening over het schilderen in

het cleyn collegie op den Raedthuyse deser stadt, luyt de selve.

Ac-

tum

in coUegio,

den

13

May

1709. »
:

Ce que nous
des 400
Ib

traduisons ainsi

Ordonné de payer

à maître Balliu,
la disposition

de Flandre se trouvant annuellement à

de de
ac-

Messieurs (du collège^, la

somme

de 229 florins argent courant,
petit collège, à l'hôtel

montant de son compte des peintures du
ville,

d'après ledit compte, Ainsi fait en collège, le 13

mai 1709.
;

(2) Description des principaux ouvrages
tuellement
existans dans
les

de peinture et sculpture
et

églises,

couvais

lieux publics de la ville

d'Anvers, donnée an jour pour
^Anvers, Gérard Berbie,

l'utilité des

voyageun. Troisième édition.

1757, p. 76.

Le

privilège d'imprimer est

daté du II juin 1755.
J.-B.

Descamps, dont

le

Voyage pittoresque delà Flandre

et

du.

Bra-

bant ne parut qu'en 1769, a

connu

cet

opuscule et en a profité.


bleaux
jeune,

209


Bosschaert,
le

de
avait

fleurs

dont

Jean-Baptiste

rehaussé

cette partie

de l'histoire sacrée,

Les autres
Hal.

grisailles

furent

exécutées par Jacques van

Van

der Sanden, qui nous rapporte ces particularités,
ces

nous apprend que
annuellement dans

œuvres
de

d'art
S'

étaient

exposées

l'église

Paul ou des Domini-

cains, pendant l'octave de

Actuellement
partie.

elles

ont disparu,

Notre-Dame du Saint Rosaire. du moins en majeure
si

C'est

grand

dommage,

elles

valaient
artistes,

deux

tableaux de petites dimensions, des

mêmes
Ils

que

possède encore ce temple magnifique.
l'un

ont pour sujet

la Purification de la Sainte Vierge, l'autre,

V Agonie de

Jésus au jardin

des Olives, traitées

en camaïeu, par Pierre-

François de Balliu, et posées au milieu de fleurs bril-

lamment peintes par son
de
l'artiste

collaborateur. Ces productions

peuvent

compter

parmi

ses

meilleurs

ouvrages.
Il

est possible

que ces tableaux soient un

reste de la

suite signalée par

van der Sanden, car cet auteur nous
composait en partie de grandes
était

apprend que
et

celle-ci se

en partie de petites peintures. L'une des grandes
:

signée

/. Bosschaert, F. 17 19.

Celles que nous
le

venons d'indiquer sont exposées dans
la

passage qui conduit au chœur, près de

chambre des

marguilliers.

L'auteur de cette biographie possède un beau tableau

de fleurs de Gaspard-Pierre Verbruggen

le

jeune.

Il

est

orné d'un superbe vase, peint par Pierre-François de
Balliu, et sur lequel sont artistement représentés en basrelief des enfants jouant avec

une chèvre.

Nous sommes également

propriétaire d'un tableau de

14


fleurs

210


un

de Jean-Baptiste Bosschaert IL Elles ornent

beau vase peint en camaïeu par Pierre-François de Balliu
et qui

repose sur un satyre et deux autres figures.

La
un

partie centrale représente des enfants qui jouent avec
lion. Cette

œuvre

d'art

mesure en hauteur 58 centimètres

sur

schaert.

44 de largeur. Elle porte la seule signature de BosLe pendant exécuté par les mêmes maîtres,

appartient à notre beau-frère,

M.

Florent Moons. (i)

Pierre-François de Balliu a peint en grisaille

un graII

cieux buste de jeune

fille,

que Jean-Baptiste Bosschaert

a couronné et entouré de fleurs. La partie inférieure de
la

guirlande descend sur
ailé

un

bas-relief représentant

un

génie

et

couronné de

lauriers,

au milieu de trophées
est

d'armes. Cette peinture, qui nous appartient,

haute

de 30 centimètres
Balliu

et large

de 26, à peu près.
qui
s'écoula entre
le

mourut dans

l'intervalle
le

18 septembre 1726 et
à cette époque que

18 du

môme

mois 1727. C'est
de
S'

les

comptes de
82 à 83

la gilde

Luc
céli-

renseignent

le

paiement de sa dette mortuaire (2). Le
âgé

maître
bataire

était

de

ans.

Il

décéda

(3).
Registres des paroisses d'Anvers.

Sources
et

:

Archives de

d'Anvers.

Archives de

la gilde

de Saint Luc.

— Ph. Rombouts

la ville

Th. Van Lerius. Les

Liggeren, etc.

(i)

M. Florent-Marie-Arabroise Moons,

chevalier du St Sépulcre,
l'église

docteur en droit, conseiller de fabrique de

Anvers, ancien président du Bureau de bienfaisance
la Société

de S' Jacques, à et secrétaire de

Royale des Beaux-Arts,
et

était fils

de feu M. Pierre-ThéoIl

dore

Moons

de

Dame

Catherine-Joséphine van der Straelen.
''^

mourut
la

à Florence, le 23

jours. Ses restes

Mars 1879, ^'^S^ ^^ 4^ ^"S, 7 mois et 9 mortels furent inhumés à Calmpthout, village de
II, p.

province d'Anvers.
(2) Liggeren cités, T.

749.

(5) Cette notice est datée

du 2 décembre 1875.

Les peintres de

HEEM,
notre connaissance, l'au-

«|3^^^

hrétien

Kramm
s'est

est, à

|tf|y;^teur

qui

le

plus

occupé

jusqu'ici

des

fcS^feSà différents artistes de la famille de

heureusement, n'ayant à sa disposition qu'un

Heem. Malpetit nom-

bre de documents authentiques, parmi lesquels les actes

de

baptême
le

et

de

mariage

foisaient
s'est
lui

complètement

défaut,

biographe néerlandais

engagé dans un
manquait. C'est à
clarté

labyrinthe

le

fil

conducteur

cette cause qu'il

faut attribuer le

peu de

de cette

partie de son travail.

Nous
les

avions

trouvé,

il

y

a

plusieurs

années, dans

registres

de

nos anciennes paroisses, conservés à
d'Anvers,
des
actes
:

l'hôtel

de

ville

en nombre assez

considérable relatifs aux de

Heem

1638

et

finissent

en

1794.

ils commencent en Nous avions déjà fait con-

naissance, à cette époque, des annotations qui

les

con-

cernent dans les Liggeren de

la gilde

de

S'

Luc.

Enfin,

des découvertes importantes que nous fîmes aux archives de

notre

ville

nous mirent sur

la

voie de ce qu'il
cette heure,
et

y

avait à réclamer ailleurs.
le résultat

Nous

allons, à

exposer

de nos recherches personnelles
lieu, à

de

celles qui

ont eu

notre demande, en Hollande.
acquitter

Mais nous
devoir

avons auparavant à nous

d'un

de reconnaissance.

Les renseignements imporla

tants qui

nous sont parvenus de

Néerlande nous ont

212


de

été transmis, en 1869, par l'intermédiaire

M.

Joseph-

Corneille van Put, bourgmestre d'Anvers, (i) qui avait eu
la

bonté de

les

demander pour nous.
et

MM.

J.

de Craen,
le

secrétaire

communal,

Constantin Simillion, dont
la littérature

nom

n'est pas

inconnu dans

flamande, ont
Qu'ils
Celle-ci

bien voulu s'employer aussi à nous les procurer.

reçoivent
est bien

ici

l'expression
aussi à

de notre gratitude.
les

due

MM.

officiers
la

de

l'état-civil

des

villes d'Utrecht,
le

de Leyden et de

Haye, qui ont mis
investiga-

plus louable empressement à seconder nos

tions.

Entrons en matière,
de

et

occupons-nous d'abord de David

Heem,

le

vieux.

(i)

d'Anvers,

M. Joseph-Corneille van Put, ancien Bourgmestre de la ville commandeur de l'ordre de S* Grégoire-le-Grand, mourut
66 ans
Il

à Anvers, le 2 Juillet 1877, à l'âge de

et 17 jours, étant

veuf

de dame Marie-Henriette van

Steven.

était fils

de feu Jacques
restes

van Put

et

de feue Anne-Catherine Pauwels.

Ses

mortels

furent inhumés à

Hoboken.

>^|5J^J^fe^<>^|li^<>^^^

David de

HEEM,

le

vieux.

(1570?- 1632?)

'après

Kramm, David de Heem né
était

à Utrecht,
fleurs,
cristal

en 1570,

un excellent peintre de
d'or,

de
et

^^
que
la

fruits,

de vases

d'argent,

de

d'autres objets inanimés.

Nous devons

faire

remarquer

date signalée ne repose pas, que nous sachions,

sur aucun

document authentique. Aussi lorsque nous
1869,
sur

avons désiré nous enquérir, en

quel

fonde-

ment

elle

s'appuyait,

l'honorable
a-t-il

l'état-civil à

Utrecht,
les

mandé
de

à

M. Boer, offlcier de M. le bourgmestre

d'Anvers que
ville

registres

baptêmes de l'ancienne

épiscopale ne commençaient qu'en 1626.
qu'il
soit

A

moins

donc
que

prouvé, ce qui n'est pas

même

allégué,

le

millésime de 1570 résulte des lettres scabinales,
etc.,

d'un acte notarié,
plausibihté, mais

nous

pouvons en admettre
deux

la

non

la ceititude.
le

David de Heem,
David,
le

vieux,
Ils

eut

fils

peintres,

second,

et

Jean.

eurent soin, Tun et l'autre,

de
fit

faire

conster de leur

descendance, l'un, lorsqu'il se

inscrire dans la gilde de S'

Luc, à Utrecht, en 1668,
J.

et l'autre,

en signant ses tableaux
J.

D. de Heem, ou du
qui signifient

monogramme

D.

d.

H.,

indications
fils

Johafi Davids:^on de

Heem

(Jean,

de David de Heem).

,


Le premier
(fils
fit

214


T)avids:^oon

suivre son

prénom des mots

de David), lors de l'admission signalée (i).
si

Nous ignorons

la Grietje

ou Marguerite de Heem,

mentionnée dans un

acte

du mois d'août 1670,
le

comme
et

habitant Utrecht, était

sœur de David,

jeune,
Il

de

Jean. Cet acte a été publié par

Kramm(2).
et

est certain
fille

en tout

cas,

que nous ne rencontrons aucune
les

de ce

nom

dans

généalogies de Jean

de

Corneille de

Heem.
se nommait la mère de David, le jeune, et Nous nous trouvons dans l'impossibilité de résoudre cette question. Nous nous contenterons par

Comment

de Jean?

conséquent de

faire connaître,

qu'en 1869,

les registres

de mariages d'Utrecht ont été consultés du 8 mars 1590,
date de leur

sans qu'on y

commencement, jusqu'au 31 décembre 1608, ait découvert celui de David de Heem, le

vieux. Cet artiste a donc pris

femme

ailleurs.

Kramm

rapporte que notre maître est décédé en 1632,
faire

mais nous devons

observer que cette date n'est pas L'auteur ajoute

plus prouvée que celle de sa naissance.

que

les

marchands de tableaux

et les

possesseurs de ses

œuvres font passer facilement
exécutées par son
fils

ses

productions

comme
Au

Jean.

Ceci exige

l'addition d'un

y à la signature, lorsque les peintures sont marquées.
reste,
il

y

a au

nombre des négociants que nous venons
lorsqu'ils trouvent

de nommer, des gens peu scrupuleux, qui ne reculent devant aucune indignité,
le

moyen

de tromper à leur profit des amateurs peu instruits.
(i) Christ.

Kramm.

'De

Icvcns

en

iverken

der

Hollatidsche

en

Vlaamschehinstschllders, heeldhotncers, graveurs en homvnieesters. T. III,

pp. 652 et 654.
(2) Ihid.,

T.

III, p.

634.

2r
L'auteur cité se

trompe, en avançant que

le
:

musée
Jean
et

de Bruxelles possède un tableau de notre maître
Corneille de

Heem
fils

y sont seuls représentés. Par contre,
Jean, dans
publié en

nous rencontrons une peinture de David de Heem, sous
le

nom

de son

le

catalogue

du musée

ducal de Brunswick,

allemand, en 1849, par
décrite de la façon sui-

M.

L. Pape. Cette peinture est
:

vante

sur

une

table

est

posé un vase pêches

de porcelaine
et

chargé

de raisins, de

figues, de

d'un citron

coupé.

On

y

voit de plus

un verre

à vin,

une
D.

boîte,

une

assiette

remplie d'huîtres, du pain, des cerises, des
est signé

abricots et
(le dernier

une grenade. Le tableau

DHeem
de

D

et

l'H réunis). Puisque
l'a

M. Pape, malgré
c'est

cette

signature,

mentionné

comme une œuvre

Jean de

Heem, nous pouvons supposer que
que,

une

production de son père David (i). Mais ne perdons pas
de vue,

comme nous
trois peintres

le

verrons,

la

flimille

de

Heem compta
La seizième

du

nom

de David.
fort

édition
et

du catalogue

mal rédigé de

la galerie impériale

royale de Florence signale trois
:

œuvres de David de
fruits

Heem
;

un tableau de
de

plusieurs

posés sur une table

un

petit tableau, avec
diff'érentes

une

caverne; 3°

une masse de

fleurs

espèces

réunies ensemble. (2).

A

quel David
est

appartiennent ces

productions, dont

la

deuxième
?

étrangère

au

genre

cultivé par la fiimillc

C'est ce qu'il nous est impossible

de

dire.

Kramm

cite,

d'après les catalogues publiés par Pierre
HeriogUchcn Muséums \u

(i) Ver\eichms\der Geinàîde-Samriihcng des

Braunschiveig. Dritte vermehrte Auflage. Braunschiveig , 1849, p. 167,
11°

461.
(2) Op.
cil.,

Florence 1844, pp. 200

et

202.


Terwesten,
trois

2l6


attribue
à

tableaux

qu'il

David

de
et

Hecm,

le

vieux.

Nous avons

vérifié

son assertion

nous avons trouvé dans l'ouvrage en question, quatre
peintures d'un David de

Hcem,
lieu à la

sans autre indication.
la

Les deux premières parurent, en 1763, à

vente Guil-

laume Lormier, qui eut
les

Haye.

Elles portaient

n°'

136

et

137

et

représentaient

des

tulipes

et

d'autres fleurs.

Ces deux productions furent adjugées ensemble à
florins

5

10

sous.

On

pourrait supposer, eu égard à

la

somme minime

les

qu'elles atteignirent dans cette mortuaire,
d'art

œuvres

rapportèrent généralement des prix
ici

élevés, qu'il s'agit

de

deux peintures de David de

Heem,
que
de

le

troisième, qui paraît avoir eu

moins de

talent

ses prédécesseurs.

Un
des

troisième tableau d'un David
fleurs valut

Heem

représentant

71 florins, à

la

Haye, en septembre 1765, bourgmestre Gérard vanOostrum, à Heusden.
à la

mortuaire du président

Enfin une quatrième peinture d'un David de ayant pour sujet des
tuaire de
à la
fruits,

Heem,
la

rapporta 54 florins à

mor-

M. D. van Eversdyck, baron d'Albrantswaart, Haye en mai 1768 (i).
ferons observer
qu'il

Nous
les

est impossible d'assigner

tableaux que nous venons de passer

David de

Heem

déterminé.

en revue à un Nous ajouterons finalement

que nous avons exposé ci-dessus tout ce que nous avons

pu apprendre relativement
(i)
''s

à David, le vieux (2).

PiETER Terwesten. Catahgus of naamlijst van
p.

schilderyen, enz.,

Gravenhage, 1770,

522, nos 136 et 137, p. 488, no 4, p.

530,

;np 34.

(2) Cette notice est datée

du 7 octobre 1874.

wtmmw^mM^^M'^m
David

DE HEEM

II

e peintre,

comme nous

l'avons vu dans la bio-

"¥^^

graphie de son père, David de
a

Heem,

le

vieux,
le

eu lui-même soin de nous apprendre
Il

nom
et

de l'auteur de ses jours.
fruits,

fut

peintre de fleurs

de

comme
du

tous les artistes de sa famille.

Nous ignoil

rons,

reste,

en quel

lieu et

en quelle année
il

est

né.

S'il

a vu le

jour à Utrecht,

sera impossible
les

d'y

découvrir

son acte de
dit,

baptême, puisque
n'y

registres,

comme

nous l'avons
le

commencent qu'en 1626.
doit avoir été

David de Heem,
père pour maître.

deuxième, eut probablement son
né à Utrecht,
il

S'il est

longtemps absent de
d'après

cette ville, puisqu'il
la gilde

ne
de

fut inscrit,
S'

Kramm,
sait si

qu'en 1668, dans

Luc.
eu des

On
Le

ne

notre artiste a été marié,
il

s'il

a

enfants et à quelle époque

est

décédé.
tableau

musée d'Amsterdam possède un
Il

de

ce
la

maître.

est

décrit
:

dans

le

catalogue de 1870, de

manière suivante

«

Sur une plinthe de pierre couverte
est

en partie d'une draperie de velours violet,
plat

posé un
de

de porcelaine

bleue

,

contenant des

grappes

raisins blancs, des pêches, des abricots, des

bigarreaux,

des mûres sauvages et des noisettes; on remarque,
^oin de
là,

non

un citron

à moitié pelé..

Une

écrevisse cuite


et

2l8


prunes bleues
de
raisins

une

branche

chargée de

reposent
des

sur une caissette.

Une grappe

rouges,

nèfles, des épis et des

sarments de vigne sont attachés

à

un ruban de

soie bleue. Derrière l'écrevisse
plat,

une coupe

remplie de vin. Au-dessous du

un

petit pain.

Des
:

papillons et d'autres insectes animent la composition
droite,

à

un nid

entier de petites chenilles rouges se laisse
feuille.

descendre d'une
rière-plan.
»

Une

fenêtre est figurée à l'ar-

Ce

tableau, haut de 70 centimètres et large de 58, fut
le

acheté

6

juin

1808, à

la

vente G. van der Pot, à
florins,

Rotterdam_, au prix de

385

soit

814 francs 82

M. musée d'Amsterdam,
centimes.
P.-L.

Duburcq, auteur du catalogue du
fait

observer que

la

peinture décrite

ci-dessus a toujours été considérée

comme une œuvre
ajoute que
le

de David de
exclut toute

Heem,
idée

fils

de David.

Il

style

d'exécution de

la

part de David, le

vieux (i). C'est
le

la seule

production de David de Heem_,

jeune, qui soit connue avec une quasi-certitude.

Quant

à la vie

du maître, on voit qu'elle
rechercher (2).

est à-peu-près entière-

ment

à

(i) Beschriji'iiig der schildcr/jen op

's

Rijks Musetmi,

le

Anislerdaui.

Amsterdam, 1870,

bl.

159, n^ iS.

(2) Cette notice est datée

du 9 octobre 1874.

^?^f^fy\?Y\?^?Y^?Y\?Y^?^?y^?y^fîS

Jean

DE HEEM

(i6oo?-i683-i684).

ean de

Heem,

cet excellent peintre de

fleurs et

[de fruits, était
I

comme
fils

il

a

eu soin de nous l'ap-

prendre lui-même,
la

de David de

Heem

I.

Son
en

acte d'admission dans

bourgeoisie d'Anvers énonce podit qu'il vit le jour
elle

sivement

qu'il est

né à Utrecht; on

1600. Cette date n'a rien d'invraisemblable, mais
saurait être

ne

prouvée par

les actes

de baptême de l'ancienne
l'avons
fliit

ville épiscopale,

puisque,

comme nous
de

con-

naître

dans

la

biographie de David

Heem,

le

vieux,

ces

documents ne remontent pas au-delà de 1626. Jean

de

Heem
Nous

eut très-probablement son père pour maître.

allons, à cette heure, grâce

aux documents que
et

nous

avons

découverts

à

Anvers

à

ceux

qui
le

ont

été ensuite recherchés en Hollande,

entrer dans

do-

maine des

faits positifs.

Mais nous devons

faire observer,

avant tout, que nous nous contenterons d'exposer ceuxci,

sans nous arrêter à réfuter les erreurs répandues par

des biographes mal informés.

Nos documents
Jean de Heem,

authentiques
le

commencent en 1626.

Ils

nous apprennent que
fils

12

novembre de

cette année-là,

de David, jeune dans
fiancé
le

homme
fille

(joug gcsel^,

d'Utrecht, fut inscrit
ladite
ville,

registre

des mariages de

comme

d'Âellgcn,

de Corneille

van Weede, jeune

fille

{joiigc Jocblcr'),

d'Utrecht. L'acte


énonce ensuite que
et qu'ordre fut
le

220


époux habitaient Leyden,
leurs bans.

les futurs

donné d'y publier

On

expédia

24 novembre 1626

vers ladite ville

une

attestation qui

leur permettait de s'y marier.

Avant de poursuivre notre
que
le

récit,

nous ferons observer
Aeltgen ou Adtjeii

prénom diminutif néerlandais
Il

a diverses significations en français. à Adélaïde, à

répond, en

effet,

Aldegonde

et

Alêne (i). Les documents

anversois désignant la
tôt sous le
lui

fille

de Corneille van

Weede

tan-

nom

d'Aletta, tantôt sous celui d'Alette,

nous

conserverons ce dernier.

Le
S'

3

décembre 1626, Jean de
dans
le

Heem

fut inscrit avec

sa fiancée

registre
Ils

des mariages de l'église de
le

Pancrace, à Leyden,

y contractèrent

22 du

môme
Mala

mois. L'acte nous apprend que
rendorp, et Alette
dite ville.
Ils

l'artiste habitait à

van Weede, à Stecnschuyr, dans

eurent au moins quatre enfants

:

David, né à Leyden

et

baptisé

le

29 novembre en pré-

1628, dans l'église de

S' Pierre

de

ladite ville,

sence de Just

la

Feber, d'Annette Pieters, d'Hildegonde

Antonie

et

de au

Marie Martinus. Ce David décéda anté29
les

rieurement
tionné
l'état

mars 1643, puisqu'il
enfants

n'est pas

men-

parmi
la

survivants

de sa mère, dans

de

mortuaire d'Alette van Weede, dont nous

parlerons plus loin.
2° Corneille, né dans la
l'église dite

même
le

ville et

y baptisé dans
Il

Hooglandsche Kerk,

8 avril 163:.

avait

(i) Notnina propria Hollandorum, accomodata Nominibus Sanctorum,

qui in Ecdesia ceJebranUir
J. F.

:

adjunctis pleruiuque

eorum

Festis.

Apud

WiLLEMS, Bdgisch Muséum, 1S41, T. V,

p. 394.


du peintre de mérite, qui
ter. Il serait toutefois

221


le

pour témoin Pierre Potter, dont
fut père

nom

rappelle celui

du célèbre Paul Potici

téméraire d'afErmer qu'il s'agit

du

même

personnage.

Corneille de
lui

Heem

fut

un

artiste

de grand talent.

Nous

consacrons une notice spéciale.

M.
fait

Boer, officier de

l'état-civil

d'Utrecht, en 1869, a

observer

que

le

premier des enfants
le

de Jean de

Heem
et le

reçut au baptême

prénom de son

aïeul paternel,

deuxième, celui de son grand-père maternel.


le

Torentienne (Torentiana) , nous ne connaissons pas
de sa naissance, mais

lieu

comme
vu
le

elle

avait

8 ans

en 1643, d'après un acte authentique que nous analysons plus loin,
elle

doit avoir

jour

en 1635, ou

vers cette époque.

Son père Jean de Heem
le

était établi à

Anvers entre

18 septembre 1635 et
fit

le

18 septembre 1636, puisqu'il
la

se

recevoir, à cette époque, franc-maître de

gilde

de

S^

Luc, de cette

ville (i).

Joachim de Sandrart, son
parmi nous,
parce
facilement certains fruits
perfection
et

contemporain, rapporte
qu'il

qu'il se fixa

pouvait y trouver plus

rares

dans

une plus grande
cite

maturité.

L'auteur

allemand
et

en exemple diverses espèces de
de Perse
et

grandes prunes

de

pommes

d'Arménie,

d'oranges, de citrons, de raisins, etc. (2).

(i;

Phil.

Rombouts
Le

et

Th. Van Lerius,
est écrit

avocat.

Lrs Liggeren

et

autres archives historiques de la gilde anversoise de Saint Luc,

Tome
le

II,

pp. 71, 74et 77.

nom

du maître

de

Heym

dans

compte

de 1635-1636.
(2)

JoACHiMi DE Sandrart a Stockau, Sereuissimi Trincipis, CoKeohurg. Consiliarii

viitis Taîatiiii

&

Palmigeri

Ordinis Socii, Acade-

mia

uohilissinia artis pictoria, Noribergie CID IDC Ixxxiij, p. 307.


On
saient
sait

222


artistes qui jouis-

que généralement

les seuls

à

Anvers du
22

droit

de

bourgeoisie,
ville.

pouvaient

exercer leur

profession dans
juillet
la

cette

D'après une

ordonnance du

1442,

les

étrangers qui

y

auraient été reçus dans

gilde de S'

Luc

étaient astreints
la

à se faire admettre dans

la

bourgeoisie à
VicrscJmre,

plus prochaine
suivrait leur

assemblée du
entrée (r).

tribunal dit

qui

Notre

maître
le

ne

satisfit

que plus tard

à

cette obligation,

comme

prouve
la

la

mention suivante

inscrite dans le registre
la

de

bourgeoisie Poortersboek, à

date

sons du flamand
peintre

.

du vendredi 28 août 1637, et que nous traduinatif d'Utrecht, « Jean de Heim,
:

»

Le dernier enfant
de

issu de
et

son mariage avec Alette

van Weede naquit à Anvers
de
l'église
S'

y

fut

tenu sur
Il

les

fonts

Georges,

le

11 avril 1638.

fut

nommé

Thomas-Marie par ses répondants Thomas- Willebrord Bosschart, de Bergen-op-Zoom (2), excellent peintre,
et

Marie de Lannoy,

dont l'appellation patronymique
les registres d'inscriptions

n'est pas

inconnue dans

de

la

gilde de S' Luc.

Nous verrons
bres.

plus loin que Jean de

Heem
le

comptait

parmi ses amis plusieurs de nos maîtres les plus célè-

Outre Bosschart,

il

était lié

avec

fameux Adrien
lors

Brauwer, qui se trouva être son débiteur,
(i) J.-B.
gilde

de son

VAN DER Straelen. Jaerhoek der vermaerde en Juins tryke Antwerpen, 1853, van Sint Lucas, hinnen de stad ^ntwerpen.

bl. 6,

7.

Les maîtres distingués,
ce nombre,

et

Jean
dans

de

Heem

était

certainement de
six

avaient

le

droit de

travailler
la gilde.

pendant

semaines à

Anvers, sans se

faire recevoir

— Art.

XIII de l'ordon-

nance
(2)

citée. Id., ibidem, p. 9.
Il

fut

admis dans

la bourgeoisie anversoise le 7

août 1637.

22'

décès, arrivé vers le mois de février 1638 (i). C'est

ce

qui résulte d'une annotation du registre de la Vierschare,

qui

nous

apprend

que notre
saisie

artiste

fit

pratiquer le

26 mars 1638, une

ou opposition à charge des

biens délaissés par Brauwer.

Cette annotation ne nous dit pas, du reste,
nier devait de l'argent à de
sa

si

ce deravait

Heem, ou
de

bien

s'il

en

possession

quelque ustensile
à celui-ci.

peinture

ou autre

meuble appartenant

Nous avons trouvé

quatre

créanciers
le

qui

suivirent

l'exemple que leur avait donné,

19 février 1638, Jean
droit

Dandoy, en recourant aux voies de
Brauwer
les biens

pour

se faire

délivrer ce qui leur revenait dans la succession d'Adrien
(2),

Ceux qui
artiste

détenaient, à un titre quelconque,

de cet

ne pouvaient s'en dessaisir sans
la justice,

risque, à
le

moins de l'intervention de
était

puisque

maître

décédé célibataire
et résidant à
la

et

certainement sans

héritiers

connus

Anvers.
S*

Luc du 18 septembre 1642 au 18 du même mois 1643, mentionne une recette
Le compte de
gilde de

de

3

florins

4 sous, produit de

la dette

mortuaire de

la

(i) Liggeren cités,
(2)

T.

II, p.

22.
celui qui figure en
l'arc

Ce Jean Dandoy
parmi
fut

est

probablement

1622

et

en 1625, surlaliste des membres du vieux serment de
à l'hôtel de ville
reçut,
tiste
il

conservée

les

archives de la garde bourgeoise.

Brauwer
il

est vrai,

en 1631-1632, un apprenti du

nom

de Jean-Bapn'est
fils

Dandoy, qui

admis franc-maître en
de
celui-ci,
les

1

637-1638. Mais

guère à supposer

qu'il s'agit ici

qui pourrait être le

du premier, puisque
quelconques.

jeunes maîtres nouvellement entrés dans la

gilde n'étaient pas généralement en état de faire des prêts

ou avances

Nous soupçonnons que

Brauwer,
par
le

est le

Jean Dandoy, créancier de courtier-juré mentionné dans un acte reçu en i6S7,
le

notaire Antoine de Costere, à Anvers.


femme de
décédée,
située

224


van

maître de

Heem
le

(i). Alette

Weede

était

en

effet, la

29 mars

1643,

dans sa maison
de Notre-

dans

Tapenstrate,

près de

l'église

Dame.

C'est ce qui résulte de l'état de sa mortuaire qui

fut passé et

approuvé à
de

la

chambre des
d'Anvers,
le

pupilles (JVees-

meesterskanicf-),
la dite

la ville

19 novembre de
le

année. Cet état fut

présenté par

Signor Jean

de

Heem,

artiste-peintre (Signor Joannes de Heeiii, const-

schilder,')

aux tuteurs légaux des

trois enfants

de

la

dé-

funte, Jean Casspeel,

marchand

d'objets d'art, avec qui
et

nous

ferons

plus

ample connaissance,

Adam
et

van

Lamoen,
dans

fripier-crieur public (2).

Les enfants désignés

l'acte

sont

Corneille,

Torrentienne

Thomas-

Marie de Heem.
qu'il

On

ne venait d'accomplir

y donne 13 ans au premier, tandis la 12, que depuis le mois

d'avril.

Le document nous apprend ensuite que Jean de
est resté

Heem
18

en communauté avec ses mineurs jusqu'au
jour-là,
il

novembre 1643. Ce
et

fit

estimer par Pierre

Cornelissen

Guillaume van Lamoen, priseurs jurés
fripiers, et

du métier des
les

en présence des tuteurs, tous
délaissés par
fixé

biens

meubles,

tableaux, etc.,

Alette

van Weede. Les deux
la valeur

experts

avaient

auparavant

de ce qui pourrait être prélevé par de de
la

Heem,

dans

l'actif

communauté,
été

d'après

la

coutume

d'Anvers.

Elle

avait

évaluée à 335 florins 4 sous.
p.

(i) Liggeren cités, (2) Il est

Tome

II,

142.

probable que

le

greffier

de

la

chambre des

pupilles a

commis une erreur de prénom en cet endroit et qu'il s'agit ici d'Abraham van Lamoen, qui fut reçu franc-maître de S' Luc, en 1630163 1, en qualité de marchand d'objets d'art, commerce que pratiquaient souvent les fripiers. Cet Abraham eut un fils également nommé Abraham celui-ci fut inscrit comme peintre et fils de maître,
;

en 1647-1648. Liggeren

cités.

Tome

II,

pp. 14, 18, 186 et 193.


Cette
florins

225


estimèrent à 2889
les

déduction
16

faite,
la

les

priseurs

sous

part de la

communauté dans

objets en question.

L'artiste déclara

avoir devers lui en

outre, en or et en

argent,

la

somme

de 1200 florins,

appartenant à

la

mortuaire.
à

L'actif net s'éleva à défalquer de

ce

boni

4089 florins 16 sous. que la somme de 54
des
leur
greffier,

Il

n'y eut

florins

14

sous,

montant des

salaires des priseurs,

honoraires

des maîtres de pupilles et de
et

de

la

garde

copie de

l'état,

des devoirs

du notaire Henri Fighé,
l'acte, etc.
Il

qui avait rédigé
à partager

la

minute de

restait

donc

4035

florins 2 sous,

dont

la

moitié, soit 2017

florins 11 sous revenait à de

Heem^

et l'autre

moitié à

ses

trois

enfants.

De

façon que

la part

de chacun de

ceux-ci était de 672 florins 10 1/3 de sous.

Un

poste inséré pour

mémoire dans

l'état

concerne

les droits

de fabrique (Jierchnrechteii) et

les

dépenses rela-

tives à l'enterrement, etc. d'Alette
ils

van Weede.

Comme
de
la

avaient

été payés
ils

pendant

la

communauté

mortuaire,

ne furent pas portés en compte. Nous
si la

croyons pouvoir conclure de cette mention que,

femme
est pas

de

Heem

était

née protestante, ce qui ne nous

démontré,

elle est

morte catholique.
que nous
qu'il

Quant au
faut croire.
trois

culte professé par son mari, l'acte

allons analyser

nous apprendra suffisamment ce
le

en

Disons d'abord que
bas
âge,

maître ayant à soigner
difficilement
rester
fille

enfants en

pouvait

veuf. Aussi avait-il jeté les

yeux sur Anne Ruckers,
place

d'André

le

vieux, habile facteur de clavecins, et de feu

Catherine

de Vriese,

pour occuper

la
la le

devenue

vacante à son foyer. Les parents de

future s'étaient
25 janvier 1605.
15

mariés dans

la

cathédrale d'Anvers,


sud,
le

226

Elle avait été tenue sur les fonts de cette église, quartier
15

mars 16 15, par Guillaume Gompaerts, facteur
et

de clavecins, franc-maître de notre gilde de S^ Luc en

1560-1561 (i),
allait

par Jeanne Moons.

Anne Ruckers
lorsque

atteindre par conséquent l'âge de 29 ans^

le

notaire Barthélemi van den Berghe, le vieux, se préle

senta

23

février 1644, dans la

maison d'André Rucle

kers, rue des

Tanneurs, pour y recevoir
fille.

contrat de
les

mariage de sa

Cet acte énonce d'abord

noms
ville

des comparants, monsieur Jean de

Heem

(d'heer Johan
cette

de Heem),

artiste-peintre (2),

résidant en

d'Anvers, veuf de feu mademoiselle Alette van Weede,
futur

époux, assisté
artiste- peintre^

du signor Jacques Jordaens, égad'une part. Et de l'autre,
célibataire,
fille

lement

madedu

moiselle signor

Anne Ruckers,

légitime

André Ruckers,

assistée

de son

dit père, future
le

épouse. Ses autres assistants étaient son frère

signor

André Ruckers,

le

jeune, célèbre

facteur

de

clavecins,

mademoiselle Marie de Vriese, veuve du signor Jean
Beelaert (3), sa tante, et le

signor

Zacharie de Vriese,

son oncle maternel

(4).

Les futurs

époux déclarèrent

(i)

Liggeren

cités,

Tome

I,

pp. 218 et 341.
:

(2)
art.
{5)

Le
Il

texte dit constryck schilder, littéralement

peintre riche en

s'agit

ici

de Jean Beelaert ou Bellerus,
la gilde S'

le

jeune,
fils

libraire,

admis en 1609- 16 10, dans
tre,

Luc, en qualité de

de maîibiâ.,

et 2.

décédé

en

1636.

Liggeren cités,

Tome

I,

note

p.

455,

Il

avait épousé

Marie de Vriese dans

la cathédrale, le 11

août 1609, en présence de

Gommaire van

der Zulten, libraire, francle

maître de St Luc en
Liggeren
cités.

1

596-1 597, et
p. 385.

d'André Ruckers,
la gilde

vieux.

Tome

I,

(4) Il fut inscrit

en 1604-1605

dans

de S^ Luc,

comme

apprenti brodeur chez Artus ou Arnould de Coûter. Ni les Liogercii


qu'ils avaient

227
conclure

conçu

le

projet de

un mariage,
du concatho-

à l'honneur de Dieu,

si

cela pouvait avait lieu

sentement de
lique.
Ils

notre

sainte

mère

la
les

sainte

éc;Hse

en

réglèrent

ensuite

conditions

de

la

manière suivante. Jean de
la

Heem

devait

apporter dans

communauté

les

biens qui lui avaient été assignés pour

sa moitié, dans l'acte analysé ci-dessus du 19

novembre
avait
été
et à

1643, passé à

la

chambre des

pupilles.
le

Le contrat nous apprend que
autorisé, à ladite date, à
l'entretien de ses enfants
intérêts

maître

pourvoir à l'alimentation

du premier

lit,

au

moyen

des

des

sommes
dans

qui avaient

été

reconnues leur

revenir dans la succession de leur mère. L'artiste devait
verser,

en outre,

la

communauté

les

335 florins

4

sous, auxquels les priseurs avaient taxé l'avantage qui

lui revenait,

en qualité de survivant, aux termes de

la

coutume d'Anvers. De
lui

Heem

déclara que les biens
l'état

qui

avaient

été

désignés

dans

de

la

mortuaire

d'Alette

van

Weede

n'avaient pas

diminué de valeur,

depuis

la

réception de cet acte.
à

Quant

Anne Ruckers,
aussitôt

elle

promettait
bijoux,
et

l'apport

de

tous ses habillements,
être estimés,
serait

joyaux

et

qui

devaient
la

que possible,
le

dont

valeur

déterminée par

registre

de prisée (schadthoeck)
revêtirait

que
ni

le clerc-juré

du métier des
la

fripiers

de sa

les

comptes de

maîtrise.

— Liggeren
Anne

corporation ne signalent son admission à la

cités,

Tome

I,

p.

428.
quartier sud, le 8

Zacharie de Vriese épousa dans la cathédrale,
avril 1625,

Jordaens, sœur du célèbre peintre Jacques Jordaens,

qui fut, avec Jean Ruckers, le jeune,

un des témoins du mariage.
les

Faisons observer
sieur,

ici,

en passant, que

dénominations de

mon-

de signor

et

de

mademoiselle n'étaient pas

prodiguées à

l'époque dont nous parlons.


signature.

22»


la

André Ruckers, père de
aussitôt après
la

future, s'engageait

à
la

payer,

consommation du mariage,
sa mère.

somme

de 3000 florins, du chef des biens qui revefille

naient à sa
avoir

dans

la

succession de
partie

Après

spécifié

que

cette

de

la

dot devait être

placée sans retard en biens patrimoniaux, en faveur de
la

future, l'acte ajoute
lui

que

celle-ci fera,
la

en outre, apport
de sa sœur

de ce qui

revient

dans

succession

Marie Ruckers.

Nous
s'élevait

ferons observer

ici,

en passant, que cette
florins,

part
avait

au moins à
C'est

600

dont

le

père

l'usufruit.

ce

qui

résulte

du

testament d'Anne

Ruckers, que nous analysons plus loin.

De

façon que

la

communauté

n'avait

que

la

nu-propriété de cette
le

somme.

Ajoutons qu'André Ruckers,
appoint de ses biens propres.

vieux, ne promit aucun

Après avoir
et

ainsi réglé leurs

apports,

Jean de

Heem
de
lors

Anne Ruckers

disposent que tous ces biens, ainsi que
à

ceux qui parviendraient
successions, de legs

chacun d'eux, par

suite

ou de donations, retourneront,
en de
ils

de

la dissolution

de leur mariage,
cas

nature, sinon en
d'aliénation,

juste

valeur,

en

changement ou
sont

à la famille de

laquelle
la

provenus.

En

cas

de

survivance de
douaire, à
la

future, elle aurait droit,
telle

en guise de

une part d'enfant
d'après
la

que de

Heem

pouvait

lui

léguer,
était la

coutume d'Anvers.
des

Si

Anne
la

Ruckers

prémourante, son mari aurait droit à
florins, à percevoir

somme

de

600

biens les plus

liquides de la succession
qu'ils parviendraient

de

sa

future.

Les conquêtes
grâce
être

à

réaliser

par

la

de Dieu,
divisés

devaient, à

la

dissolution

du mariage,
elles

en

deux moitiés.

L'une d'entre

reviendrait

au sur-

229

vivant des époux, et l'autre, aux enfants ou héritiers du

décédé. Ces stipulations devaient recevoir leur exécution,
qu'il

y eût, ou non, des enfants

survivants

des

futurs

conjoints. Telles furent les clauses de ce contrat, qui se

termine par

les

promesses

et renonciations d'usage.

L'acte fut signé de la manière suivante par les parties,
leurs assistants, tenant lieu
« J.

de Heem. — Anna Ruckers. — Andries Ruckers. — — Sacharias de Andries Ruckers, den jongere — Jacques Jordaens. — Vrise. — Marie de
(i).

de

témoins,

et le notaire

:

Vries.

B. van

den Berghe, nots (2).

» et

Le mariage de Jean de
confirmation, fut célébré

Heem
la

d'Anne-Catherine

Ruckers, qui avait reçu ce deuxième prénom lors de sa
dans
cathédrale d'Anvers,

quartier sud, le 6 mars 1644.
Il

eut pour témoins

André Ruckers, père de l'épousée,
se

et

Charles de Longin.

La grossesse d'Anne Ruckers ne
longtemps. Appréhendant sans doute

fit

pas

attendre

les accidents

fâcheux

qui accompagnent ou suivent parfois les accouchements,,
elle

manda

le

notaire

Barthélemi van

den Berghe,

le

vieux, dans la maison qu'elle occupait aux Gasîhuisbeemdeîi
et lui
les
fit recevoir son testament le 7 mars 1645. Après recommandations ordinaires de son âme à Dieu^ aux

prières de la S^^ Vierge et de tous les

Saints, la

femme
la

de Jean de

Heem

fait

élection

de sépulture dans

cathédrale, où, dit-elle, sa

mère

avait été enterrée. Elle

André Ruckers, le jeune. Minutes du notaire Barthélemi van den Berghe, le vieux, conservées aux archives de la ville d'Anvers, volume de 1644, page
(i)

(2)

xlvj.


lègue
I

230

florin à la fabrique
la ville,

de cette église, et 12 florins

aux aumôniers de

en faveur des pauvres honteux.

Elle dispose ensuite de tous ses biens

en faveur de son
d'ali-

mari Jean de Heem,

et ce et

aux charges ordinaires

mentation, d'entretien

d'éducation des enfants survileur mariage.

vants qui naîtraient de

Chacun de ces
aurait droit

enfants embrassant quelque état approuvé, ecclésiastique

ou

laïque,

ou parvenant à

l'âge de 25 ans,

à sa part d'une

des biens

somme de 1800 florins, et cela du chef maternels. De Heem était tenu de faire emploi
les

de 1200 florins sur

1800. Les éoo restants étaient
fait à
la

la

valeur d'un legs qui avait été

testatrice par sa

sœur Marie Ruckers. André Ruckers,
gardait par
divers
lui^

leur

père,

les

et

en

avait

l'usufruit.

Jean

de

Heem

devait jouir de l'mtérêt des 1200 florins, jusqu'au
fixé

moment

pour

la

remise aux enfants survivants.
il

En

cas de décès de son beau-père,

était

tenu également
reviencas

de bien placer

les

600

florins,

dont

l'intérêt lui

drait ensuite sur le pied fixé

pour

les

1200.

En

de

décès d'un ou de plusieurs enfants,

le droit

d'accroisseIl l'était

ment
tous.

était

stipulé

en faveur des survivants.
s'il

également pour Jean de Heem,

leur survivait à
florins

eux

Mais dans ce

cas,

les

600

légués à la
les

testatrice par

Marie Ruckers devaient être hérités par
et

enfants
était

de son frère André Ruckers,
la

Jean de

Heem
enfants

tenu de payer à ce dernier
ces
legs,

somme
et

de 50 florins.
ses
la

Moyennant
si

André Ruckers
la

devaient rester exclus de
celle-ci venait à

succession de

testatrice,

décéder sans héritiers.

Le maître

fut

institué exécuteur

du testament de sa
avec

femme

et

tuteur de leurs enfants,
Il

pouvoir

d'en
faire

assumer d'autres.

fut

dispensé de l'obligation de


Ruckers (i).

231


de
la

dresser un état et inventaire

succession d'Anne

Peu de temps après
Marie-Anne
le

la

réception de cet acte,
Il

Anne

Ruckers mit au monde son premier enfant.
et

fut

nommé
vieux,

tenu sur

les fonts

de l'église

S*

Georges,
le

i6 mars 1645, par son aïeul

André Ruckers,

et

Marie de Vriese, veuve de Jean Beelaert, sa grand'tante

maternelle.

Les quatre enfants suivants furent tous baptisés dans
la

même
;

église; 2° Isabelle-Catherine, le 17 avril

parrain,

Zacharie
marraine,

de Vriese,

oncle

maternel

1647; d'Anne
la

Ruckers

Catherine

van

Woensel, dont
la

famille n'est pas
S^

inconnue aux registres de

gilde de

Luc.
Isabelle-Catherine de

Heem
la

se

maria, mais fort tard.
quartier sud,

Elle épousa,
le

en

effet,

dans

cathédrale,
Felbier,

12 décembre 1697, Alexandre
et

en présence

de Michel Bels

de Pierre Dominet. Les futurs avaient de

obtenu
l'avent.

la

dispense des trois bans et du temps clos

3° Hildegonde, tenue sur les

fonts le
et

17 mai 1648,

par

le

célèbre peintre Gérard Zegers
et

Anne
le

Jordaens,

sœur du fameux Jacques

femme
Heem,

de Zacharie de Vriese.

Elle vivait encore en 171 3,
la

comme nous
le

verrons dans

biographie de David de
4° Jean, le 2 juillet

troisième.

1650;

parrain,

André Ruckers,
de
Vriese,

probablement

le

jeune,

marraine,

Marie

veuve de Jean Beelaert. Nous n'avons pas pu découvrir si ce Jean de Heem, qui est inconnu aux Lig^eren et aux
(i)

Minutes du notaire Barthélemi van den Berghe,
archives de la ville

le

vieux, con-

servées aux
xcvj.

d'Anvers, volume de 1645, page


comptes de
sa jeunesse.
la gilde

232
Luc,


est décédé,

de

S'

ou non, dans
ne pourra

Nous croyons, du
les

reste,

qu'il

guère servir
peintres du
qu'ils

auteurs qui croient à l'existence de deux

nom

de Jean de

Heem, eu

égard aux dates

ont avancées.

Anne-Marie,

le 3
le

novembre 165
?),

i; parrain,

André
Jacques

Ruckers, (le vieux,
6° Jacques,
le

jeune

marraine,

Anne

Jordaens.

25

octobre

1654;

parrain,

Kemp

;

marraine,
la

Anne

Jordaens,

femme de
ici,

Zacharie de

Vriese. C'est

troisième fois qu'elle

rendit ce service

aux parents de Jacques de Heem. Disons

en passant,
archives de
le

que
S*

le

nom
(i);

de

Kemp

est

connu dans

les

Luc

nous n'y avons toutefois pas rencontré

Jacques en question.

Nous connaissons

à cette

heure

la famille

de Jean de

Heem

et

savons déjà quelques particularités importantes
d'artiste. C'est le récit

de sa vie

de cette partie de son

existence dont nous allons poursuivre la narration.

Arnould Houbraken rapporte que notre maître eut
pour élèves
le

célèbre

Abraham Mignon

et

l'Utrechtois
l'histoire,

Henri Schook. Celui-ci avait pratiqué d'abord
qui lui avait été enseignée par

Abraham Blommaert
pris,

et

Jean Lievens. L'envie

lui
il

ayant
le

un
à

jour, d'exécuter

un tableau de
artiste
lui

fleurs,

montra
de

de
et

Heem. Cet
lui

en témoigna sa satisfaction
la

conseilla
se

de se tenir à cette partie

peinture.

Schook

rangea à son avis
atelier (2).

et

se

fit

recevoir ensuite dans son

(i) Liggeren cités,

T.

II,

pp. 272, 383, 398 et 440.

(2)
ressen.

De

groote Schoiihurgh der Nederlaiidsche konstschilders en schilde-

Amsterdam, 17 18,

Tome

I,

pp. 212 et 213.

's

Gravenhage,

I7')3,

Tome

III,

pp. 82 et 83.

^33

les apprentis

Houbraken n'a pas connu

que de

Heem

eut à Anvers. Les Liggeren en désignent trois, qu'il admit

en 1641-1642, Alexandre Coosmans, Thomas de Clerck
et

Léonard Rougghe. Le premier, qui devint un peintre
fut

de talent,

reçu franc-maitre en

1645-1646. Certains

auteurs ont cru bon de lui donner les prénoms d'Alnrd
et d'Alexis.

On

a

même

rangé dans l'école hollandaise

ce maître Anversois

de naissance. Quant à ses cama-

rades d'atelier,

Thomas

de Clerck

et

Léonard Rougghe,
que très-rarement
C'est

leur admission à la maîtrise n'est pas signalée (i).

Les
dans

fils

d'artistes n'étaient

inscrits

les

Liggeren,

en qualité
dans
les

d'élèves.

ce qui

explique

l'absence

listes

des

apprentis,

des

noms de
le

Corneille de

Heem

et

de Jean-Paul Gillemans,

vieux, qui eurent Jean de

Heem
se

pour maître
convaincre
de

et

lui

firent

honneur.
vérité,

Il

suffit,

pour

cette

double
celles

de

comparer

leurs
reste,

productions

avec

de ce grand

artiste.

Au

en ce qui concerne
1

Corneille de
la gilde

Heem,
Luc

qui fut admis, en

660-1 661, dans

de

S'

à Anvers, Corneille de Bie a eu soin
les

de nous apprendre qu'il reçut

leçons de son père (2).

Quant

à Jean-Paul Gillemans, le vieux, franc-maître_,
fils

en

qualité de

de maître, en 1647-1648, (3)

les

biographes

ne paraissent pas
guère

même

le

connaître.

Cela n'étonnera

le lecteur, lorsqu'il

saura

que

les

marchands de
ils

tableaux font passer ses œuvres,
signatures,

dont

enlèvent les

comme

peintes par Jean de

Heem. Xous

(i)
(2)

Liggeren

cités,

Tome

II,

pp. 128, 131, 134, 165 et 172.
edel vrij schilderconst . pp.

Het Gtdden Cabinet van de
cités,

217

et

218.

Liggeren
{3)

Liggeren

Tome II, pp. 311 et cités, Tome II, pp.

322.

187 et 193.


1643, un des
tuteurs

234


était,

avons vu ci-dessus que Jean Casspeel
légaux des
d'objets

en novembre
de Jean
de

enfants
et

Heem. Ce marcliand
taille-douce
la

d'art
la

imprimeur en
qualité dans
exerçait,

avait été

reçu en

première
5

gilde de S' Luc, en

1634- 163

(i).

Il

en

outre, la profession de serrurier

ou de forgeron
Enfin
il

et était

un grand amateur de
prédilection

tableaux.

était

l'ami de

de Jean

de

Heem.

Celui-ci voulut lui

en

donner une preuve. Pierre
graveurs,
tableau
avait

de Balliu, un de nos bons
d'après
l'église
le

exécuté une belle planche,
qui
ornait

d'Antoine van Dyck,

des

Capucins de Termonde. Ce chef-d'œuvre, placé actuel-

lement dans l'ancienne église de Notre-Dame de
ville,

ladite

représente

h

Sauveur en croix

et

S^ François d'Assise

en adoration
S'^ Vierge,,

aux
S'

pieds de Jésus ; à droite sont représentés la
et S"=

Jean

Marie-Madeleine

;

à

gauche,

le

centurion.

De Heem

obtint

du graveur l'autorisation de
et

pouvoir dédier son estampe à Casspeel

y

fit

placer
;

ensuite l'inscription suivante, datée du mois de juin 1643

«Hoc
singulari

amoris sui pignus dedicat D. Joannes de

Heem

amico suo D. Joanni Caspeel fabro
;

ferrario,

famosoq

artis pictoric-e

amatori Antverpiœ Junij 1643.
pinxit.

Antonius
»

van Dyck

Petrus

de

Balliu

fecit

(2).
la

Le compte de
mentionne une

gilde
6

de

S^

Luc de

recette de

florins,

1 642-1 643 dûs pour une réu-

(i)

Liggeren

cités,
le

Tome

II,

pp.
«

60

et 67.

— N"

1417.

Renaud

s'éveillant

dans

giron d'Armide,

P. de Jode scnlp.

Joan Caspeel

exe. « N.-J. t'Sas.

Catalogne du chanoine Tierre Wouters. Bruxelles,

1797, p. 128.
{2)

On

remarquera

le

double Dominus de l'inscription

:

ce titre

n'était pas

donné

ni pris indifféremment à cette époque.


nion de
la

235
la


l'on s'était

chambre de
de

corporation, où

occupé d'une demande de Jean
projet de vente

Casspeel, relative à

un

tableaux.

Il

en reçut l'autorisation
florins de ce chef.

requise et

paya libéralement 75

Le

même

compte renseigne

sa dette mortuaire,

mais

c'est

évidemment une
compte de

erreur. Jean Casspeel est décédé, en

effet, le

22 mai 1655, d'après son inscription sépulcrale,
la

et le

gilde

du 18 septembre 1654 ^^ ^^
fois la

du

même

mois 1655, mentionne une deuxième
à la

recette des droits dévolus

corporation par suite de
1 642-1 643, le erronément, au lieu d'un

son décès (2).

Il

est a

donc certain qu'en
été écrit

nom

de Casspeel

autre.

Au

reste, cet

amateur ne

fut

pas seul à recevoir de

Jean de

Heem des

dédicaces de gravures.

En
la

effet, le

Pierre

de Balliu, ayant exécuté une planche d'après
de Pierre Paul Rubens,
d'Esaïi
et

tableau

représentant

Réconciliation

de Jacob, notre artiste obtint l'autorisation de

pouvoir
fit

offrir à

Martin Kretser

le travail

de son ami.

Il

en conséquence placer l'inscription suivante au bas
:

de l'estampe
«

Domino Martino

Kretzer, artis pictori^e admiratori
et observantias

ac patrono amico,

hanc cultus

suœ

indi-

cem tabulam Joannes de Heem
verpi^e,

dicat consecratque

Ant-

24 Febr. 1652.

»

Ces lignes datées d'Anvers,

le

24
était

février 1652,

nous

apprennent que Martin Kretser
l'art

un admirateur de

de peindre

et

un protecteur de de Heem.
la

On

voit

suffisamment, au ton de

dédicace, que

le

maître s'y

(2)

Il

avait

épousé

Anne van Gootsenhave,

qui

mourut

le

19

octobre 1675.

Liê^geren cités.

Tome

II,

pp. 138, 141 et 263.


naissons pas, du
reste,

23e


Nous ne con-

adresse à une personne de considération.

ce Kretser autrement et ignorons

même

sa nationalité (i).

C'est une chiose singulière qu'un artiste offrant à une

personne envers laquelle
autre
lière la

il

se croit obligé^ l'œuvre d'un

artiste

encore vivant. C'en est une

plus singu-

encore qu^un fonctionnaire dédiant à son supérieur

planche d'un graveur.
:

exemple assez récent
général des
octrois
le

c'est celui
les

Nous en avons pourtant un de M. Jay, inspecteurdépartements au-delà des
Michel- Ange
'Biio)7arotti,

dans

Alpes,

dédiant

Portrait

de

gravé à l'eau-forte par Joseph-Charles de Meulemeester,
d'après

un dessin d'Annibal Carrache,

à

M. Antoine

François, comte de

l'empire, directeur-général de l'ad-

ministration des droits réunis, etc., etc. (2)

Revenons

à

Jean de Heem. Les registres de

la

bour-

geoisie d'Anvers Çpoortersboeken)

nous signalent de nomAinsi
il

breuses absences de cet

artiste.

se

fit

inscrire le

mardi 24 décembre 1658, en qualité de bourgeois forain (bîiitenpoorter) , et paya pour un an le droit dû de ce
chef à
la ville.

Ces registres renferment des annotations
:

semblables,
9

aux dates suivantes
1660,
15

15

novembre
et

novembre
1667.
Il

1661,

novembre 1659, 11 décembre

1663

26 novembre

n'en existe pas pour

l'année 1669, époque à laquelle Jean de

Heem

fut reçu

(i)

Il

habitait
fut

Amsterdam en

1653, possédait

une Madeleine du

Titien, et

ladite ville,

de S' Luc dans où il exerça les fonctions de régent du théâtre. Van Lennep apud J.-A. Alberdingk Thijm, Volhsahnanak voor l^ederfestin

un des membres fondateurs du

landsche hatholieken 1875, p.

186, nota 2.

(2)

Edmond de Busscher.

Biographie historique de J.-C. de
date, p. 99.

Meu-

lemeester, de Bruges.

Gand, sans


dans
porte
la gilde

237

de St-Luc, à Utrecht, d'après ce que rap(i).

Kramm
défaut
la

Ce

d'inscription

aurait

pu

entraîner pour

le

maître

perte de ses droits de bourgeoisie d'Anvers, aux
titre

termes du
Il

XXXVIII

de

la

coutume de

cette ville.

paraît toutefois qu'on ne se montrait pas toujours très-

rigoureux en cette
Toortersbocken,

matière.

Ainsi nous lûmes dans les
3

une annotation datée du

novembre

1666, constatant que Jean de Bruyn-van Aelst avait pa3'é
le droit

de bourgeois forain pour

les

années échues de-

puis le 4 septembre

1653

jusqu'au

4 du

même
Heem

mois

1659.
Corneille de Bie rapporte que Jean de

ne pei-

gnait pas seulement avec beaucoup de talent des fleurs et

des

fruits,

des

vases d'argent

et

des

instruments

de

musique,
la

mais aussi des paysages,
sans

des

poissons et de
Il

viande (2),

doute

comme

accessoires.

faut

joindre à cette énumération des insectes, d'autres
et les

animaux
objets

bocaux dans lesquels se réfléchissent

les

placés à distance, les vases d'or et de porcelaine, etc.

Le maître
tière et

excellait

à
et

grouper ces produits de
à

la

males

de l'industrie
la

en

faire ressortir

harmonieurecueilli

sement
louanges

beauté.

Aussi de

Heem

a-t-il

les plus

enthousiastes de ses contemporains et

la postérité les a-t-elle

confirmées.

L'archiduc Léopold-Guillaume possédait de ses œuvres,
d'après
le

catalogue inséré

dans
le

le

Thcatruui piciontui,

publié par David Teniers,

jeune.
fiers

Un

grand nombre

de musées européens sont aussi

de ses productions.

(1)

De
T.
Op.

Icvens en iverJceu cler Hûllandsche en Vlaamsche kunstschilders,
III, p.
cit..,

en\.,
(2)

654.
pp. 217-218.


Elle est

238

Celui d'Anvers en étale une représentant une guirlande.

composée de

la

manière suivante. Sur un fond
lierre,

noir

se

détachent des branches de

retenues par

des rubans bleus, dont les

nœuds

sont fixés à des clous.
fleurs et de

A

ces branches est entrelacé

un bouquet de

fruits.

On y une blanche, diverses espèces de

distingue, entre autres,

des roses rouges et

tulipes,

une pivoine,
des

des auricules, un pavot, des soucis, une belladone^
violettes, etc., des

cerises et des prunes encore retenues

à la branche qui les vit mûrir,
s'est abattu
sir,

un

épi de blé, sur lequel

un

insecte qu'une

araignée

s'apprête

à sai-

du maïs,
parfait,

etc.

Tous

ces objets sont disposés avec
et peints

un
de

goût

supérieurement bien dessinés
brillant
et

main de maître. Ce tableau
outre,
sauterelles,

superbe est en
de au

animé de papillons, de
etc
,

chenilles, de fourmis,
Il

d'un choix exquis.
:

est

signé

milieu de

la partie inférieure

J.

D.

De Heem,

/.

Le musée de Bruxelles possède plusieurs tableaux de
de
notre
maître.

Le premier, signé du monogramme
et daté

de Jean de

Heem

de 1668, représente une guir-

lande de fruits et de légumes. Elle entourait d'ancienne
date

un médaillon que

le

peintre avait laissé vide

sans

aucun doute, puisqu'un
en
grisaille
la

artiste

du

18™'' siècle

figure assise de la fécondité, ayant
n'est autre

y exécuta deux

enfimts à ses côtés. Cet artiste
sois

que l'Anverde
notre

Jean-Baptiste
S""

Lambrechts,
1 708-1 709.

franc-maître
Il

gilde de

Luc, en

signa également son

œuvre, mais
enlevée,
le

la partie

antérieure de la lettre J ayant été
a été

fragment conservé

considéré

quoique


dubitativement,

239


(i).

comme un C

M. Edouard
fait

Fétis

nous apprend que ce tableau qui a

partie de la cé-

lèbre galerie du cardinal Fesch, a été acheté à

Rome, en
manière
en

1862, pour

la somme de 2,150 francs. Une deuxième composition représente,

de

la

suivante,
verre,

un bouquet de La

fleurs.

«

Dans une
tulipe,

carafe

un bouquet composé de
une

rose,

pivoine

blucts, etc.

carafe est posée sur
et

une table en marbre

où l'on voit un escargot

chenille. »
et

Ce

tableau

signé

du

nom

du maître

des initiales

J. D., a été acquis en 1822, au prix de 650 francs.

Une

troisième

et
la

dernière

composition

payée,

en

1868, 410 francs, à
crite ainsi
:

vente de

M.

J.-H. Cremer,, est dé-

«

Sur une table en marbre rougCcâtre, une
contenant deux huîtres ouvertes
;

assiette d'étain

et

un

quartier

de citron

près

d'une grappe
les

de raisins, un
épi de

grand verre à pied où

trempent
;

tiges d'un

blé et d'une branche de mûrier

un autre verre

à moitié

rempli

;

à droite, au
;

bord de

la table,

des huîtres et des au-dessus

écailles vides

à
»

gauche, un papillon volant

de

la table (2).

Cette dernière production est cataloguée

à Bruxelles,

comme

exécutée par un autre Jean de
et

Heem

que celui

dont nous nous occupons,

dont

le

musée de Dresde
Mais
il

posséderait un chef-d'œuvre peint en 1650.
vient de
faire

con-

observer que ce

chef-d'œuvre est signé

(i)

Edouard

Fétis. Catalogue descriptif et historique du musée royal

de 'Belgique {Bruxelles).

Nous espérons
conversations.

Bruxelles 1862, pp. 309-310. bien pouvoir utiliser les documents que nous avons

recueillis relativement à Jean-Baptiste

Lambrechts, qui

fut peintre

de

(2) Ibid., pp. 310 et 447.


J D. (le/
et le

240


ce qui se traduit
fils

1) entrelacés)

par Jobamics Davids:^oon de

De Heem, Heem (Jean
(i).

de David de
l'artiste

Heem), de façon

qu'il s'agit ici
la

précisément de
C'est
le

dont nous écrivons

biographie

pourquoi
tableau du

nous avons trouvé bon de

lui restituer

musée de

Bruxelles, indiqué en dernier lieu.

A

l'exposition d'œuvres des maîtres anciens, ouverte,
la ville citée, figurait
le

en 1873, dans

un tableau superbe
:

de notre peintre. Le catalogue
«

signale en ces termes

Sur une
firuits
:

table, des fleurs dans

un vase

;

près du vase,

des

;

à gauche,

une fenêtre; un fond, un rideau.

Signé

/.

D. T)e Heernf. »(2). Cette composition apparB. Suermondt, qui
arts, a

tenait à

M.

depuis, au grand
la

éton-

nement des amis des

vendu

majeure partie de

sa splendide collection

au gouvernement prussien.
la

M. Victor de
de
la

Stuers donne

description suivante de
le

deux tableaux de Jean de Heem, qui ornent

musée
grand

Haye
drap

:

((

n° 38. Fruits.

— Sur une
des
;

table couverte

d'un
plat
et

vert

sont

rassemblés

fruits.

Un

en vermeil porte des pêches, des

cerises, des nèfles

plusieurs grappes de raisins
est

une pêche coupée en
;

deux parts
sont placés
des

posée sur une assiette en argent
et

à droite

un melon

une grenade coupés.
une montre
et

A
un

gauche,
coftret

coquillages,

des noix,

garni d'un drap bleu, sur lequel se

trouvent un grand

verre rempli de vin blanc, un citron coupé et

une

flûte.

A

droite,

un rideau rouge.

(i) JuLius HùBNER. Verieichuiss der Dresdiier Gctiuildc-Gakiie. Dresden 1872, p. 249, 11° 1165.

(2) Exposition de tableaux
la

et

dessins d'anciens maîtres, organisée

par

Société

néerlandaise

de

bienfaisance,

à

Bruxelles.

Bruxelles 1873,

P- 35,

n° 89.


241

Cette peinture signée /. D.

De Hcem,

/., provient

du

cabinet du prince d'Orange Guillaume V.
39. Guirlande de fleurs et de fruits.

— Des

oeillets,

des marguerites, des fleurs d'oranger, des pivoines et des
épis de blé sont

entrelacés avec des grappes de raisins,

des pêches, des abricots, des coings et des châtaignes;
la

guirlande qui sert à orner
et

le

centre d'une niche, est
les
:

entourée de faveurs bleues
mités à des clous.

suspendue par

extré/.

Ça

et là

des papillons. Signé

D.

De Heem,
laume

fecit.

— Château du Loo. — Collection

Guil-

V

(i).

Le musée d'Amsterdam renferme deux tableaux de
Jean de Heem. Le premier, peint en
de
la

1640, représente,
:

manière suivante,

des objets inanimés

sur une

plinthe de pierre sont

posés un pot de vermeil artisteà

ment

ciselé,

près d'un verre
là,

vin de

couleur verte
ciselé,

;

non

loin de

un bocal d'argent également

un

citron et d'autres objets. Cette toile est portée au cata-

logue

comme

l'œuvre d'un Jean de
et

Heem,

qui serait né

en 1603, décédé en 1650
oncle David de
l'existence

qui aurait été l'élève de son

Heem
ce

(II?).

N'ayant aucune preuve de

de

second Jean, nous croyons pouvoir
seul Jean connu.
Elle

restituer cette

œuvre au

provient

de
le

la

vente G. van der Pot, qui eut lieu à Rotterdam,

6 juin 1808 et porte la signature suivante du maître,

à laquelle Ve

de de

fait

défaut

:

Johannes de

Heem

f.

1640.
:

Nous

la

rendons

ainsi
fecit

Johannes de
(i)

Heem

1640.
et

Victor de Stuers.
dans

Notice historique
le

descriptive des tableaux

et des sculptures exposés

musée royal de

la

Haye.

La Haye 1874,
16

pp. 42-43.


La
partie antérieure

242


A un
des

du d a disparu.
des fleurs et des fruits.

La deuxième
de

toile figure

ruban de soie bleue sont attachés des grappes de
la

raisins

même

couleur,

des

pêches,

des

abricots,

nèfles, des grenades, des bigarreaux, des oranges douces,

des prunes,

un

citron,

une

citrouille,

des

roses,

des

mauves blanches, plusieurs

autres

fleurs

et des feuilles.

Des

papillons, des urebecs et d'autres

insectes

sont réla partie

pandus en divers endroits.
inférieure d'une plinthe.

Un

urebec parcourt

Ce

tableau signé

:

/.

D. Di Hecm

{piiixit^

provient du

cabinet van Heteren (i).

Le musée de Haarlem possède de notre maître des
fruits,

signés de son

monogramme
ajouterons

et datés

de 1653.

Ils

proviennent de l'hospice des vieillards (2).

Pour abréger,

nous

que

le

musée du

Louvre, à Paris, est orné de deux compositions de Jean
de de

Heem,

ayant pour sujet l'un
sur

et l'autre

des fruits et
est

la vaisselle

une

table.

L'un de ces tableaux

signé /. de Heeiii f., sans addition du D.,

comme un

de

ceux du musée d'Amsterdam (3).
D'autres œuvres de
l'artiste

sont

conservées dans les

musées de
(1)

Lille,

de Dunkerque et de
'Beschn'jviiig der

Lyon

(4).

Parmi
rijh mu-

P. L. DuBOURCQ..
te

schiUerijen op

's

séum,

Amsterdam.

— Amsterdam
schilderijen

1870, pp. 58-59.
het

(2) Cataîogus der

op

muséum

der stad

Haarlem, du musée

1863
('3)

(?),

p. 14,

no 48.
Notice des
tableaux

Frédéric Villot.

— Catalogue

impérial du Louvre. Paris 1855, P- lOi. du musée de Lille, 1862, (4) Ed. Reynart. Notice
des ouvrages 19.
exposés

11°

93.
de
ta-

au

musée de

la

ville

Dunkerque, eu i8yo, p.
pp. 54, 55 et 106.

— Augustin

Thiériat. Notice âss
de

bleaux exposés dans la grande galerie du

7iiusée

Lyon.

Lyon 1861,


ces

243
le


derniers

figure,

sous

102 de
fleurs

la

notice

de

i8éi,

un

cartouche

entouré
:

de

et

de

fruits,

supporté par deux aigles
de Guillaume
III

au milieu se trouve
enfant
:

le portrait

d'Orange,

on ne

nomme

pas

l'auteur de cette effigie.

Ce

tableau a

fait
il

partie

du cabinet du prince d'Orange
en 1795, avec toute sa collecfrançais,

Guillaume

V

;

fut volé,

tion, par les républicains

(i) Napoléon, aussi
.cette

peu scrupuleux qu'eux,

fit

cadeau de

superbe proà

duction au musée de Lyon,
celui de Paris.

après qu'elle eût figuré

Le tableau du musée de Dunkerque provient

égalefaisait

ment des
gues
S'

spoliations de la république française.

Il

partie de la collection de peintures de

l'abbaye de Ber-

Winoc. Don P. de Madrazzo signale deux œuvres

de Jean de

Heem, dans son
1858.
Elles

Catalogue du musée de [Ma-

drid, édition de

y portent

les

n°'

1237

et

1595-

M.
royale

Albert Krafft en mentionne

trois,

dans l'édition
et

de 1853 du Catalogue de la galerie de tableaux impériale

du

Belvédère, à Vienne.

de

Heem

f., l'autre, /.

de

Deux sont signés Heem fecit anuo 1648.

;

l'un /.

Celui-ci

représente un calice surmonté

de l'Hostie rayonnante,

dans une petite niche environnée d'une grande quantité
de
fruits et

de fleurs groupés avec deux gerbes de

de

blé,

qui,

liées

rubans

bleus
et

et

entrelacées

de raisins,

comme

symboles du pain

du

vin,

forment deux cornes

d'abondance (2).

Le musée de Munich renferme deux

tableaux

de

(i)
(2)

Victor de Steurs,
Op.
cit., p.

op. cit., pp.

v

et vj.

93,

11°

18, p. 9^, nos 21

et 28.

Jean de

244


n'en contient pas
restitué

Heem

(i)

:

celui

de Dresde
celui

moins de onze, y compris
ci-dessus

que nous avons

au maître (2).

Deux

d'entre eux représentant

des guirlandes
peintre

retenues par
:

ces

rubans bleus

que

le

affectionnait

tous
:

sont signés (3). La galerie

de Cassel en possède trois compositions de
L'auteur de
fruits (4).

une nature morte

et

deux

cette

biographie

est

aussi

propriétaire

d'une peinture de Jean de
façon suivante. Sur

Heem.

Elle est table

conçue de
de bois

la

la plinthe

d'une
se

est

posée une

draperie

sur

laquelle

détache

un beau

vase de porcelaine

chargé de
blancs^

une grappe de
une
petite,
et

raisins

fruits. On y remarque deux grandes pêches et

une superbe orange amère. Les

raisins

d'une transparence merveilleuse sont encore attachés au

sarment de

la

vigne, qu'une magnifique

chenille quitte

pour aller ramper sur une des pêches,
belle

toutes

de

la

plus

venue.
est

L'animal
distingue

représenté
ses

avec

tant

de vérité, qu'on
vient d'être
la

tous

mouvements. L'orange
la

cueillie avec
et

une

partie de
se

branche qui
à celles

soutenait

dont

les

feuilles

marient
:

de

la

vigne et

d'une autre branche d'oranger
de main de maître.

ces feuilles sont peintes
se trouve la moitié

A

droite

du vase

(i) Catalogne des

tahîeaiix

de

la

pinacothèque

royale

à

Munich.

Munich 1860, p. 44, 11° 177, et cabinet XIV, p. 241, n" 420. (2) JUL. HûBNER, Op. cit., pp. 247-249. /. D. De Heem, f. p. Cette dernière C3) Le no 1162 est signé lettre affecte plus ou moins la forme de IV, comme au no 117 du musée d'Amsterdam. Le no 11 64 porte la marque Js. T>. de Heem, en d'autres termes Johannes "Davidsi. de Heem.
:

:

:

(4)

Ver^eichniss der Casseler 'Bilder-Gallerie. Cassel, sans date, p. 33.


noyaux de
fruits
;

245


et

d'une savoureuse pêche, quelques raisins blancs

des

au pied du vase, auquel adhère

une

mouche,

deux

cerises

d'une

seule

venue,

un quart
les jus,

d'orange douce coupée, dont on peut compter
et

pépins

d'où s'échappent quelques gouttelettes de

on ne

peut plus transparentes.

Un

autre quart de cette orange
le

dont

le

suc

a été

exprime, supporte

premier

;

çà et
fruits.

sont répandus des noyaux, et d'autres restes de
noirâtre, avec

Fond Ce

un angle de mur.
plus brillant, est peint
est

tableau, de

l'effet le

avec

infiniment de sagesse.

La composition en

d'un goût
petit

parfait et la couleur d'une

harmonie ravissante. Ce

chef-d'œuvre exécuté sur panneau est signé au-dessous

de
(le

la plinthe

du monogramme du maître
accouplés)
:

:

J.

D. H.

f.

D

et l'H et 53

il

mesure 43 centimètres en

hauteur

en largeur.

L'intéressant catalogue des tableaux que Diego Duarte
possédait,

en

1682,

à

Amsterdam,

après

son

départ

d'Anvers, mentionne deux œuvres de notre maître. L'une
représentait

un pot de

fleurs très-curieusement

exécuté,

des fruits et d'autres raretés, figurant les quatre éléments.

Ce

tableau^ qui avait exigé
florins.

beaucoup de

travail, avait été

payé 330

Le second, ayant pour

sujet des fruits

très-curieusement peints, 150 florins (i).
L'artiste
est

indiqué dans

le

document
en
effets

cité

,

sous

le

nom du

vieux de
fils

Heem.
reste,

Il l'était,

en 1682, à
fils,

l'égard de son
le troisième.

Corneille et de

son petit

David,
encore

Au

on l'entendait bien

ainsi

te

Frederik Muller. Catalogus der schllderijenvan Dies^o'Duarle, Amsterdam in 1682, met de prij\en van aankoop en taxatie. De Otid Tijd. Haarlem, 1870, p. 401, n°s 116 et 117.
(i)


dans
la table

24e


le

du temps de Gérard Hoet, qui mentionne invariablement du tome
I

de son ouvrage, sous
tableaux portés

nom
Dans

de Jean de
catalogues

Heem,

tous les

dans ses

comme

exécutes par de

Heem,

le

vieux.
le

celui d'une vente qui eut lieu à

Amsterdam,

10 juin

1705, les 2 premiers numéros sont annoncés
peints
/.

comme
Heem,
et

par Jean
d. oude de

fils

de David ou
(i).

le

vieux de

D.

Heem

Les deux volumes de catalogues de Gérard Hoet
celui de Pierre

Terwesten (2) renferment un nombre
de Heem.

considérable de tableaux de Jean

Nous

les

passons sous silence,
biographie.

de peur de trop

allonger

cette

L'Anversois François
d'après Jean

van den Wyngaerde a gravé
C'est du

de

Heem.

moins

ce

qui nous
la

paraît résulter d'un passage

du Catalogue de
et

rare

et

nombreuse

collection d'estampes

de

desseins

(sic)

de feu
l'église

M.

Pierre Wouters, en son vivant prêtre, chanoine de

collégiale de S.
et bibliothécaire

Gomer
de S.
le

(sic^

à Lierre en Brahant,
etc.,

trésorier

M.

Apostolique,

par N.

J.

T'Sas,

négociant, qui

publia à Bruxelles, en
la fin

1797. Ce pas-

sage figure à

la

page 160- 161, à

du n° 1750 que

nous copions intégralement, quoique
ne concerne pas Jean de
porte

le

commencement
à la

Heem

:

«

Des Bohémiens
en
hauteur,

d'un cabaret,

grand

morceau

par

(i)

Gérard Hoet.
's

Catàlo^us of naamlyst van schiUeryen, met der-

selver pryien, en^.

Gravenhage,

MDCCLII,

deel i, p. 78, nos

j

et

2, ibid., register H., voce
(2)

Heem

(Jan de).
schilderyen,

PiETER Terwesten. Catalogus of naamlyst van 17^2
tôt

met

derselver pty^en, ^edert den 22 augusti

den 21 novemher iy68,

Zo in Holland aïs Braband en andere
s

plaat:(en in het openbaar verkogt.

Gravenhage 1770.


G. de Heem
travers
tite
;

247


la

Pan

et

Syrinx dans un petit paysage en

dito,

par de Hcusch,

vache hollandoise, pe-

pièce en

hauteur dito,

par

H.

Hojidhis,

1644;

le

matin, dito,
de

par F. van den Wyngaerde,
9 pièces. »

Heem,

etc.

— Ce matin

d'après Johan.

représentera, sans

doute, quelque déjeuner peint par notre maître, à moins
qu'il

ne s'agisse
d'après
le

ici

d'un des paysages

qu'il

exécutait

aussi

témoignage
de

de Corneille de Bie.
été peint

Le

portrait de Jean

Heem

a

par le célèbre

Jean Lievens_, de Leiden, qui avait été reçu bourgeois
d'Anvers,
le

12 décembre

1640, après avoir été admis
S^

franc-maître de la

gilde de
fut

Luc de notre

ville

en

1634-163 5 (r).
tête nue,

Il

gravé avec beaucoup de talent par
assis,

Paul du Pont ou Pontius. Le maître est représenté

enveloppé en partie de son manteau. Sa main

droite, qui tient
la

une façon de ruban, repose sur son cœur;

gauche, sur sa cuisse.

De Heem

porte
est

un

habit

bouses

tonné jusqu'au menton; son col
épaules.

rabattu

sur

Ses mains, dont

la droite est

supérieurement dessinée,
longs cheveux,
tête.

sont ornées de manchettes.

De

divisés

au miheu du front, encadrent sa
relevées en croc et

Des moustaches
sa figure

une impériale embellissent

pensive et bienveillante.

Les lignes
superbe
effigie

suivantes

se

lisent

au-dessous
le

de cette
et

qui

se

détache

sur

ciel

sur

un

mur:

(i) Liggeren cités, T. II, p. 61, note

i. Il

résulte

des

faits

men-

tionnés dans le texte, qu'on était fort tolérant dans

l'application des

règlements de

la

corporation aux artistes étrangers.


:

248

JOANNES DE HeEM, VlTRAIECTENSIS. D'Heem pingit natura stupet sua poma potenter
Vinci, et fallaces pr^evaluisse dolos.

^Emula dextra Mid.e lento dominatur
Artificem dextram, auis pariare potest
?

in auro.

Joannes Lyvyns pinxit. Paulus Pontius sculpsit. Franciscus van dfn Wyngaerde excud. (1)

Jean de
1683
et le

Hecm mourut à Anvers entre le 18 septembre 18 du même mois 1684, C'est à cette époque,
la dette

en

effet,

que

mortuaire de

3 florins

vieux maître fut payée à notre gilde de

S'

4 sous (i) du Luc (2).

(i)

Nous
peint
:

traduisons librement: Jean de
la

Heem,

d'Utrccht.

— De
Une

Heem

Nature

se trouble

en voyant ses

fruits

puissamment
eux.

vaincus, et que de vains artifices aient pu

prévaloir

sur

main émule de Midas
droite
si

s'assujettit l'or flexible. Qiii

peut égaler cette

pleine d'habileté ?

Paul Pontius.
neille de lieu

— Imprimé

— Peint par Jean Lievens. —
pai François
cit., p.

Gravé par

Bie a reproduit ces vers,

van den Wyngaerde. Coravec un changement variare au
219.

de pariare au dernier. Op.

(i) Liggeren cités.

Tome

II,

p. 501.

(2) Cette notice est datée

du 11 novembre 1874.

m^^^^^^^^^M^^^
Corneille de

HEEM

(1631-16. .?)

orneille

de
^'^^

Heem,
'^'^

ainsi

que nous l'avons vu
était
fils

^'ÊM

^^^^^

^'^

J^^^-^

^^

Heem,

de ce
Alette

peintre célèbre et de sa première

femme

van Weede.

Il

naquit,

et y fut baptisé
le

dans

comme nous l'avons dit, à Lciden l'église nommée de Hooglaiidsche Kerk
était

8 avril 163
Il

1,

ayant pour témoin Pierre Potter.

suivit

son père à Anvers, où celui-ci

venu

s'établir vers

1635-1636 (i). Jean de

Heem

lui

enseigna
lui,

son

art (2) et eut

en Corneille un émule digne de
Il traita les

quoi qu'en disent certains critiques.
sujets

mêmes
une

que l'auteur de

ses jours et mérita d'occuper

place brillante à côté de celui-ci.

Corneille fut reçu franc-maître de la gilde anversoise

de

S' Luc_,

en qualité de

fils

de maître

:

son inscription
18 septembre

eut lieu dans l'espace

compris entre

le

1660

et le

18 du
artiste

même

mois 1661

(3).

Le jeune

comptait, à cette époque, de 29 à 30

ans bien accomplis. Son entrée tardive

dans

la

corpo-

(i)
et

Phil.

Rombouts

et

Théod. Van Lerius,

avocat. Les Liggeren

autres archives historiques de la gilde anversoise de Saint Luc,

T.

II,

pp. 71 et 77.
(2)
const.

CoRNELis DE

BiE. Het Giildeu Cabinet van de cdcl vry schildcr-

(3)

Antwerpen, 1661, p. 217. Liggeren cités, T. II, pp. 511

et 322.


ration

250


suffisante
qu'il

nous

est

une preuve

a voyagé,

avant de demander son admission dans l'immortelle eilde.
Il

se trouvait à Anvers, le

24 juin 1657, puisqu'il
et

tint,

ce jour-là, sur les fonts baptismaux de S' Jacques, Elisa-

beth Ykens,

fille

du statuaire

peintre Jean,

et

de

Barbe van Brekevelt. Corneille de
après
:

Heem

se

maria peu
le

il

épousa Catherine
n'est pas

Pauwens, dont
de

nom

patronymique

inconnu à Anvers. Nous n'avons
le lieu la célé-

pu découvrir, du

reste, ni la date, ni

bration de son mariage.
Il

en naquit deux enfants en
furent
:

notre

ville

;

l'un

et

l'autre
S*

tenus

sur
le

les

fonts

de

baptême de

Georges


,

David,

27 février 1663, par Jacques

Laureyssens

au

nom

de Jean de

Hèem,

l'aïeul

du
et

petit être, qui était sans

doute absent à cette époque,

par Susanne-Catherine Rogiers, représentant Claire-Marie

Pauwens. Ce David embrassa
lui

la carrière paternelle

;

nous

consacrons une biographie spéciale.
1° Anne-Catherine,
le 15

novembre 1665, par Antoine
et
la

Gilis,

au

nom

de Corneille Pauwens,

Elisabeth Post,

remplaçant Anne-Catherine Ruckers,
de Jean de
fant.

seconde

femme
à l'en-

Heem.

Celle-ci
ici^

imposa

ses

prénoms

Faisons observer

en passant, que cet Antoine en

Gilis exerçait la profession de relieur et qu'il fut reçu,

1656-1657, franc-maître de

la gilde

anversoise de S' Luc,

en qualité de

fils

de maître

(i).

Quant

à

Anne-Catherine de
c'est elle qui figure
les registres

persuadé que

Heem, nous sommes sous son seul prénom
S'

de Catherine, dans
ayant épousé

de

Jacques,

comme

dans cette

égfise,

le

9

juin 1699, Jean

(0

Liggercn cités, T.

II,

pp. 275 et 282,

251

Leemans. Ce mariage eut pour témoins Simon Mayael^
concierge de S* Jacques, et Jean de Hollander.

Nous ignorons

jusqu'à

quelle
il

époque Corneille de

Heem
Haye,

a résidé à Anvers, mais

est certain qu'il habitait la

en

année-là, de faire

1678, puisqu'il y promit, le i juin de cette payer à son décès, la somme de 25
des artistes connue sous
le

florins à la société

nom

de

Pictura, dont

il

était

membre

(i).

Joachim de Sandrart rapporte,
nohilissimce
artis picîoria,

dans

son

Academia
était

que Corneille de

Heem

réputé incomparable, et

que

ses

œuvres étaient avide-

ment recherchées.
Kretzer,,

Il

ajoute

qu'ayant vu chez
des beaux-arts,
à

Thomas
Amster-

amateur distingué

dam

(2),

un tableau de notre maître, d'une longueur de
il

deux aunes,
qu'il offrit à

fut tellement

charmé de
le

sa rare élégance,

son propriétaire de

lui

payer

comptant
la

450

florins.

Mais

celui-ci

refusa,

nonobstant

grande

amitié

qu'il

portait

à

Sandrart,

en ajoutant

qu'il

ne

vendrait cette peinture à aucun prix, les tableaux exécutés

par ces nobles mains étant plus estimés des connaisseurs

que

l'or et l'argent (3).

Les tableaux de Corneille de

Heem

ornent plusieurs
possède

musées de l'Europe.

Celui

de

Bruxelles

un

chef-d'œuvre du maître.
le

Catalogue, rédigé par

En voici la description, d'après M. Edouard Fetis « Fruits et
:

fleurs.

Hauteur 65

c.

Largeur

53

c.

Toile.

(i^

Communiqué

des registres de la confrérie, par
Nijhoff, éditeur à la

M. Jean Weis-

senbruch, à

M. Mart.

Haye, qui a bien voulu

nous transmettre
(2)

cet extrait.
était sans

Ce Thomas

doute parent de Martin Kretser, dont
de Jean de

nous avons parlé dans

la vie

Heem.

(3) NORIBERG-E, CID IDC LXXXIIJ, p. 513.


une
tablette
etc.,

252
à


dessins bleus, posé
fruits
:

Dans un vase de porcelaine
mêlés
à

sur

en pierre, sont des

pêches, prunes,
la tablette,

raisins,

des convolvulus. Sur
et

une grenade coupée, un melon, des prunes

des raisins,
fruits.

une branche de mûrier

à laquelle

pendent des

Au

centre de la composition se détache au-dessus des fruits
et des

fleurs

qu'il

domine, un verre de Venise à coule

vercle.

Signé
f.

sur

bord de

la

tablette,

à

gauche
la

:

C. De Heem

1.6.7.1.

— Acquis en

1868, à

vente

Cremer, 2,777 francs (i).
L'exposition de tableaux et dessins d'anciens maîtres,

organisée

en 1873,

à Bruxelles, par la société

néerlan-

daise de bienfaisance, renfermait
sitions
table,

deux superbes compo-

de notre

artiste.

L'une représentait posés sur une
et

un bassin d'argent

un

bol du Japon remplis de
citron,
etc. Celle-ci était

fruits, prunes, raisins,

mûres,

peinte sur bois et mesurait 36 centimètres en hauteur et
5 1

en largeur. La seconde, haute d'un mètre
et

et 8 centiétait

mètres

large
:

d'un

mètre

et

83

centimètres,

décrite ainsi

sur

une

table couverte d'un tapis vert sont

accumulés

:

une

corbeille et des plats remplis de fruits,
ciselé,

une coupe, une aiguière en argent

un homard,
tableau
est

un vidrecome

à moitié

rempli

de

vin.

Ce

peint sur toile (2).

Le musée d'Anvers ne possède aucune
Corneille de

Heem.

Celui de

la

œuvre de Haye en renferme une,
:

que M. Victor de Stuers mentionne en ces termes
« Fruits. Toile,

H. 0.65. L. 0.50. Dans un encadrement

(i) Op.

cit.,

édition de 1869, p. 448, n" 369.
34, nos 84

(2) Catalogue de l'exposilion citée. Bruxelles, 1S73, p.
et p.

80, n" 281.


cintré,

253


pierre,
est

sur

une corniche en
fruits
;

disposée

une

grande variété de
des
raisins

au

premier plan, des pèches,

blancs, et à droite, sur

un pot

d'étain,

un

citron

dont l'écorce à demi
spirale.

pelée se

déroule en une

longue

Sur une

tablette plus élevée, des oranges,

des raisins bleus, des nèfles^ des glands de chêne et des
châtaignes.

Fond sombre.
nous
fait

Signé sur

la pierre

:

C. T)e Heern

» (i).

M.

Albert Krafft

connaître en ces termes,
la

une production de notre maître, qui orne
Belvédère, à Vienne
huîtres
et
:

galerie
fruits,

du
des

«

Nature morte.

Des

des citrons dans une assiette, sur une table,
boîte
:

avec une

à

sucre,

une montre d'argent
f.

et

un

couteau. Signé

C. de

Heem

Bois» (2).
étale quatre

La

galerie royale de

Dresde

compositions
au-

de Corneille de

Heem. Toutes
Le
peintre

sont
Jul.
fait

signées, mais

cune n'est datée.
catalogue
ces

Hûbner, auteur du
observer que
qui

de cette collection,
il

parmi

tableaux,

en

est

de magnifiques,
à

tiennent

dignement

leur

place

côté

de

ceux de Jean

de

Heem

(3),
et
la

Le musée de Cassel

galerie

de

Schleisheim
la collection

comptent un tableau de notre maître. Dans

du château de Pommersfelden qui
au mois de mai 1867,
Corneille
francs,
tres,

fut

vendue

à Paris,

se

trouvait
fut

une production

de

de

Heem,

qui

adjugée

au prix de 1250 huî-

non compris
plat

les frais.

Elle représentait des

un

d'argent,

une orange, un vidrecome, des
et

(i^ Notice historique et descriptive des tabteaux
sés

des scidpltires expop. 43, p. 94,

Haye. La Haye, 1873, (2) Catalogue de la galerie citée. Vienne, 1853,
dans
le

musée royal de

la

n° 40. no 24.

(3) Catalogue cité, 1872, p. 249, nos

n^ô

et 1169.


feuilles

254


:

de laurier,

etc.,

posés sur une console, signée

C. 'De Heeni, /. 16^4.

Nous

allons à

cette

heure

donner quelques

extraits

des catalogues

de ventes de tableaux, publiés au siècle

dernier, par Gérard

Hoet

et

Pierre

Terwesten, concerAinsi on adju-

nant des œuvres de Corneille de
gea, le 10

Heem,

mai 1713,
chargée
de

à la

Haye, à 6

florins,
et

un tableau
de

agréablement peint par notre

maître,
il

représenta»nt
partie
la

une

table

de

fruits

;

faisait

collection

Corneille

van D3^ck (i).

Deux

petites

compositions de fleurs valurent 18

florins, à la
la

vente de

Henri Trip, un des directeurs
Indes orientales, qui eut lieu
1740.
à

de

compagnie des
le

Amsterdam,
Nicolas

11

mai
de

Le maître y

était

Heem.

— Une

nommé

(Claas)
fruits

table chargée de fleurs et de
la

rap-

porta 40 florins, à Hogendorp, tenue

vente
la

du cabinet du comte van
le

à

Haye,

27

juillet

175

1.

Le

catalogue des tableaux de Marie Beukelaar, douairière de

Messire Halungius, envoyé

du duc de Saxe-Cobourg-

Gotha,

et

du peintre Antoine de Waart mentionnait

quatre œuvres de Corneille de
position haute de
9 pouces
;

Heem. Des
pouces
fruits et

fruits,

com-

2

pieds

3

et large

d'un pied

deux peintures de
et

de fleurs, d'une

hauteur de 2 pieds
pied et de
2
pieds
2
fut

de 4 pouces et d'une largeur d'un
d'un pied 8 1/2 pouces. Le
le

11

pouces, et un tableau de fleurs, haut de
et large

pouces
adjugé

premier

à

la

Haye

19

avril

1752, à 7

florins, 5 sous, le
et le

deuxième

et le troisième, à 25 florins,

quatrième à 11 florins (2).

Ci)

Gérard Hoet. Catahgus
Gravenhage,
II,

of naamlyst van schildcryen, met dcr-

:(elver pryieii, cn\. 's

MDCCLII, T.

I,

p. 160, 11° 11.
11°

(2)

Op.

cit.,

T.

p.

5,

no 10, p. 301, n» 28, p. 513,

24, p.

316, nos 29 et 35.

2)5


les

Les catalogues de Pierre Terwesten mentionnent
productions suivantes de Corneille de

Heem, Un
3

tableau
fleurs,
;

de

fruits

vendu 25
de
fruits,

florins
la

;

deux tableaux de
le

ensemble 23
tableau
le

florins, à

Haye,

mai

1729

un
de
des

17
;

florins

15 sous^ dans ladite viUe,
fleurs et

15

juillet

1749

deux compositions de

fruits, fruits,

20
19

florins à

Amsterdam,
Anvers,
le

le

2

avril

1754;

florins, à

saient

partie
d'art

de
J.

la

1754; ils faicollection du peintre et marchand

11

juin

d'objets

Siebrechts.

Des

fleurs

et

des fruits,

production haute de plus de 2

pieds et

large d'au-delà
la

de 2 pieds

5

pouces, 30 florins 10 sous, à Utrecht, à

vente du conseiller et ancien bourgmestre Jean-Jacques

van Mansveldt,
florins à
fruits,

le

8

avril
le
1 1

1755; une nature morte, 16

Amsterdam,

mai 1756

;

deux tableaux de
18 mai 1756
;

10 florins

dans
5

la

même

ville, le

des fruits, 41 florins
à
la

sous, à la Haye, en juillet 1756,
etc.,

vente Arnould Borwater,
et

une guirlande de
6

fleurs

de

fruits,
5

haute

3

pieds

pouces,

large 3

pieds, II florins
à la vente Martin

sous^ à

BruxeUes_, le
;

22 mai 1758,

Robyns

des

fruits,

peinture haute de

2 pieds

3

pouces, large de 19 pouces, 80 florins; d'au-

tres fruits, toile

haute de 18 pouces, large de 2 pieds 2
ville, le

pouces, 32 florins, dans ladite
la

22 mai 1758, à
;

vente du chevalier Augustin de Steenhault
représentant
des
fruits

un tableau
5

capital

de toute espèce, haut

pieds et large de 6 pieds 9 pouces, à 102 florins, argent

courant de Flandre, à Gand,
vente de

le

26 octobre 176
seigneur de

1,

à la

M. Gaspard d'Heyne,
etc.
;

Leeuwerhaut de
le
5

ghem, Elene,
avril

un beau tableau de

fleurs,
la

23 pouces, large de 7 1/2, 31 florins, à 1762, à
la

H^iye,

vente du peintre Jean-Guillaume Franck;


deux tableaux de
à

256


15 florins
5

fleurs, très-achevés,

sous,

Rotterdam,

le

26

avril

1762,

à

la

vente de

l'ancien
;

bourgmestre Henri Gevers, seigneur de Piershil
peintures sur panneau ayant pour sujet une

deux

table char-

gée de
ble

fruits,

hautes de 17 pouces, larges de 14, ensem;

20

florins

une vigne chargée de

raisins,

exécutée

sur toile, haute de 26 pouces, large de 24, 15 florins, à

Amsterdam,
fruits,

le

5

juin 1765

;

un

feston de fleurs et de

sur toile,
à

haut de
le

25
19

pouces, large de 21, 42
juin
le

florins,

Amsterdam,
de

1765,

à

la

vente

Pierre-Léonard de NeufviUe,
fleurs
et
fruits,

vieux.

Un

tableau de
fut

exécuté par Jean de

Heem, y

payé 1075

florins.

Un

beau tableau de fleurs sur

toile,

haut de 26 pouces, large de 20, 30 florins, à Louvain,
le

10

septembre
T.-B.
t'

1765, à
;

la

vente du greffier de cette

ville,

Santels

des fruits, composition haute de

18 pouces, large de 15, 42 florins; des fleurs

dans un

vase

de verre, peinture

haute

de 17

pouces, large de

14, 25 florins;
florins, à

son pendant de

mêmes

dimensions, 17
la

Leiden, en septembre 1766, à
;

vente Cathe-

rine Backer, veuve Alard de la Court

enfin un tableau

de
la

fleurs,

12 florins, à Amsterdam,

le

19

mai 1767,
et

à

vente Arnould Leers, seigneur d'Amyden

échevin

de Rotterdam (i).

Les

listes

que nous venons de communiquer ne dé-

montrent que trop à quels prix généralement dérisoires
(i)

PiETER Terwesten.
en:(.
's

Catalogiis of naamlysl vuii schilderyen,
p. 8, n°^

met

dei\elver pry^en,

Gravenhage, 1770,

99

et

loo^ p. 56,

no 65,

p. 87,

no 62,

p. 94,

no 115, p. 125, no 62, p. 144, no 109,
196, no* 13 et
14,

p. 147, no 26, p. 15s, no 47, p. 195, n° 163, p.

p. 241, no 42, p. 248, no 54,

p.

251, no 25, p. 467, nos 17, 18 et
et

nos 208, 209 19, p. 471, no 39, p. 485, no 9, p. 56), no 138.

210, p. 604,

-


s'adjugeaient^

257


dans
les

au siècle dernier,
et

Pays-Bas, les

œuvres du
les

fils

de l'émule de Jean de
si les

Heem. Nous
et si ceux-ci

aurions passées sous silence,

catalogues qui les

mentionnent ne méritaient toute confiance,

étaient rédigés à la façon de certaines notices

modernes
des

de ventes, où l'on n'a pas honte d'imposer de grands

noms

à

d'abominables croûtes
la

et d'ajouter

parfois

légendes mensongères à

description de celles-ci.

Le catalogue de
noble gradué de

la collection

renommée du chanoine
cette ville, au

la

cathédrale d'Anvers, Pierre-André

Joseph Knyff, qui
juillet

fut

vendue en

mois de
de

1785,

signalait

deux tableaux de Corneille

Heem. L'un

représentait des fruits suspendus dans

une

niche, à savoir des grappes de raisins,
citron, des prunes et quelques fleurs.

des oranges, un

Cette peinture sur toile d'un beau

fini et

bien groupée,
florins,

haute de 22 pouces et large de 19, rapporta 35

outre les frais de vente. L'autre, des fruits et des fleurs

dans une niche, suspendus par un ruban à un clou, et
qui était animée de quelques insectes, valut 15 florins

10 sous, sans

les frais. Elle était

exécutée sur

toile,

haute

de 23 pouces

et large

de 18 1/2 (i), et fut acquise par

le sieur Steber,

de Vienne, en Autriche.

L'auteur de cette biographie possède aussi un tableau

de Corneille de

Heem.

Il

représente

des fruits et

un

verre posés de la manière suivante, sur une tablette de
pierre grise.

A

droite,

une orange amère

cueillie avec la

branche qui

la portait et

qui est chargée de deux fruits
et

encore verts, de boutons de fleurs
entourage se détache l'orange, au

de feuilles devant de

:

sur cet

laquelle

Ci) Catalogue cité. Anvers, 1785, p. 5, n» 15, p. 76,

11°

237.

17


qui lui servent

258

sont placés deux morceaux découpés d'une autre orange,

de repoussoirs. L'un de ces morceaux

d'où s'échappent une couple de gouttelettes, on ne peut
plus naturellement peintes, laisse voir ses pépins et le
jus qu'il recèle à
l'intérieur.
la
la

Un

grand citron, découpé

en partie

et

dont

pelure est superbement repliée, sert

de centre à toute
si

composition. Ce limon est exécuté
peut se rendre compte

artistement, que
le fruit

l'œil

de ce

que

renferme, à l'endroit entamé. Le blanc d'une
fait

huître ouverte

ressortir les tons

chaudement dorés
descend lentement

du

citron, tandis qu'une

gouttelette

d'une des écailles. Quatre abricots, dont deux tiennent

encore à leur branche, sont disposés de façon à
sortir

faire res-

une grappe de

raisins

bleus,

posée derrière

trois

d'entre eux, et

une autre de

raisins blancs,

dont l'avant-

partie s'étale sur le rebord de la tablette. Elle se trouve

quasi sur

la ligne

du quatrième

abricot,

qui

a subi les

atteintes des ins.ectes et

pend un peu plus bas avec une
Les
la

autre branche ornée

de son feuillage.
au

raisins bleus
et leurs

sont restés
feuilles

attachés

sarment de
exécutées,

vigne,

merveilleusement
se

comme
sur

celles

du
à

dernier abricot,

détachent en partie

un verre

moitié rempli de vin.

Près des raisins blancs est posée

une

belle pêche, qui les sépare d'une
la

grappe de raisins
d'un charançon.
et

rouges, dont une feuille reçoit

visite

Quelques noisettes
surmontent

et

des

mûres noires

une rouge

les dernières

grappes.
art

Tous
blancs

ces fruits sont
les raisins bleus

dessinés et peints avec

un

extrême,
les

sont

d'un velouté admirable,
telle

et les

rouges

d'une transparence

que

le

regard discerne ce que
peint
sur
lar-

renferme
toile,

leur

enveloppe.

Ce chef-d'œuvre
et

mesure en hauteur 44 centimètres,

63

en


geur.
Il

259


de
la tablette
:

est signé sur la partie antérieure

C. D. H.

f.

Le

C

de ce
la

monogramme
méprise de
J.

affecte

la

forme singulière

qui a causé
la

Immerzeel junior, lorsqu'à
III

page 280, 2^ colonne, du tome
il

de son ouvrage

suffisamment connu,
L'auteur néerlandais

l'attribuait

à

Jean

de

Heem.
le

s'est

imaginé sans doute que
à

en

question,

qui ressemble à première vue

un

C G

était l'initiale

de

l'italien

Giovanni, ou Jean.

Une

simple
avec

comparaison d'un tableau de Corneille de

Heem

une œuvre

de son

père,

l'aurait

convaincu de son

erreur, qui étonne de la part

d'une personne adonnée

au commerce des œuvres
Il

d'art.

nous

resterait,

pour terminer cette biographie, à

indiquer l'année du décès de notre maître. Malheureu-

sement nous devons
date n'est pas

dire, à notre

grand regret, que cette
Nijhoff nous a

connue

jusqu'ici.
la

M. Mart.

informé que

le

manuscrit de

société Pictnra à la

Haye,

appartenant actuellement

à iM.

Jean Weissenbruch, ne

renferme que ces mots, placés en marge de l'engage-

ment du
«

I

juin

1678, dont nous avons parlé ci-dessus

:

Obiit

;

nihil. » Ainsi la conirhno. Picttira n'a pas

touché

les

25

florins,

que Corneille de

Heem

s'était

engagé à

lui faire payer, à sa

mort. Celle-ci eut Heu probablement
dernière résidence connue de notre

à la

Haye même,
(i)

la

artiste,

(i) Cette notice est datée

du 21 novembre 1874.

David de

HEEM

III

(1663-17..?).

e

fils

de Coi'neille de
naquit,
et

î^wê
de

P'^^uwens

Heem et comme nous

de Catherine
l'avons vu,
à

(&:^^U Anvers,
l'église S*

y

fut
le

tenu sur

les fonts

baptismaux

Georges,

27 février 1663, par Jacques

Laureyssens, au
et par

nom

de Jean de

Heem,

aïeul de

David

III,

Susanne-Catherine Rogiers, représentant Claire-

Marie Pauwens.

David de
suivit, sans

Heem

III

embrassa

la

carrière

paternelle et

nul doute, Corneille de

Heem,

lorsque cet

artiste alla s'établir à la

Haye.

Il

y

a tout lieu de croire
la

aussi

que

celui-ci

lui

enseigna

peinture.

Campo
de
la

Weyerman,
riste, et

qui n'a

pas su le

prénom de notre colodans
fut
la

qui

le fait naître à tort

capitale

Néerlande, nous apprend
fleurs et de fruits
:

qu'il

un bon peintre de
la

il

le

met, pour ainsi dire, sur

même ligne comme son
du
reste,

que Corneille de Heem,

qu'il désigne à tort

oncle ou son grand-oncle.
sa

Ce

n'est pas là,

un éloge complet de

part, à

en juger par

ce qu'il rapporte de contradictoire relativement à Corneille de

Heem,

à la fin

du tome

I

de son pamphlet en

quatre volumes (r). L'auteur hollandais ajoute que David

(i)

Jacob Campo Weyerman. De

levensheschryving der Nederland-

sche konstschilders en konstschilderessen.

T.

I,

p.

411.


de

26l

Heem

III n'avait

guère de vigueur dans sa manière

de peindre et que l'ordonnance de ses tableaux ne dépassait

guère

la

médiocrité.
rue de

Il

occupait,

dit-il,

deux

chambres dans
de Londres,

la

Long Acre d'un
paysagiste
ciels

des faubourgs

chez un

de

talent.

Celui-ci

peignait les avant-plans et les
fleurs et

de ses tableaux de

de

fruits et les ornait

de ses vues champêtres.

L'écrivain cité, à qui ses calomnies et ses autres méfaits

valurent une détention perpétuelle (i) et

qui souillait

tout ce qu'il touchait, n'a pas épargné David de

m. Dans
bien
lui
fait

une phrase

à double sens,

un étourdi ou un

libertin (2).

Heem comme Campo Weyerman aurait
il

le

dépeint

de garder pour lui-même cette dernière épithète,

qui avoue cyniquement qu'il fut et qu'il était encore
filles

un grand coureur de
David de

(3).
1

Heem III

fut reçu, en

693-1 694, dans
fils

la

gilde

anversoise de S' Luc, en qualité de peintre

de maître.

Le compte du 18 septembre 1693 au 18 du même mois 1694 mentionne un paiement de 21 florins, fait par
notre artiste, y compris
solde,
la

remise d'une promesse
la

de

pour son admission dans
la confrérie.

caisse

de

secours

mutuels de

Mais une note placée en marge
le

de ce poste,

nous

apprend que

maître

ne

fit

pas

néanmoins

partie de ladite caisse (4).

(i) J. Immerzeel, Junior.

De

levens en

werken der Holîandsche en
.

Vlaamsche kunstschilders, beeïdhouwers, graveurs en houwmeesters T.
p. 251.

III,

(2) Op.

cit.,

T.

m,

p.

387.

(3) Ihid.,

T.

III, p.

297.
et

(4)

Ph. Rombouts

Théod. Van Lerius,
la gilde

avocat. Les Liggeren

et autres archives histcrriques de

anversoise de Saint Luc.

T.

II,

pp. 564 et 569.


Nous ne savons
III

262


époque David de
natale.

jusqu'à quelle
sa
ville

Heem

continua d'habiter

Mais des actes

authentiques nous apprennent qu'il épousa Anne-Marie

Kok ou Cock
et

;

nous ignorons du reste en quel endroit
Il

en quelle année.

est 'certain,

en tout

cas,

que

l'ar-

tiste habitait la

de cette

Haye, en 1697, puisque le 17 novembre année-là, son fils Gérard fut baptisé dans la
ville,

grande église de cette

ayant pour témoins

Gérard

van den Blok

et Béatrix Pi j fer (i).

Ce baptême
testant
:

avait

été

administré d'après

le rite

pro-

c'est

ce

qui

résulte des registres de la cathé-

drale d'Anvers, quartier sud.

Ces

livres

nous apprennent,
de

en

effet,

que

le

26 décembre

1713, Gérard

Heem,

alors âgé de
les

16 ans accomplis, après s'être vu suppléer

cérémonies du premier des sacrements_, avoir été
avoir émis sa

catéchisé et
tisé

sous condition.

profession de foi, y fut bapMichel Bels, son parrain, ajouta le
;

nom
fille

de son patron à celui de Gérard

le

jeune

homme
Heem,
à

eut pour marraine sa grand' tante Hildegonde de

du célèbre Jean

et

d'Anne-Catherine Ruckers.
se

Gérard-Michel de
vers.
Il

Heem
avril

maria deux

fois,

An-

eut des enfants de sa première union contractée,
le

à

S'

Jacques,

10

1720,

avec

Isabelle-Marie

Hosti. Sa descendance existait encore à Anvers, en 1794,

puisque,

le

18 mai de cette année-là, on

baptisa, à

S"
son

Walburge,

Marie-Pétronille-Joséphine

de

Heem,

arrière-petite-fille (2).

(i) Communication faite en 1869, par M. E. B. baron Wittert van Hoogland, officier de l'état -civil à la Haye, à M. J.-C. van Put, bourgmestre d'Anvers, qui a bien voulu nous la faire transmettre.
(2)

Marie-Térèse-Catherine de Heem,
le

petite-fille

de Gérard-Michel,

épousa, à S'e Walburge,

15

février 1792,

Jean-Joseph Willebors.


Nous
enfants
ia:norons
si

203


Heem

David de

m

a eu d'autres

que Gérard-Michel.

Quant

à ses œuvres, nous

devons avouer que nous n'en connaissons aucune, avec
certitude.

Nous

prions, du reste, le lecteur,

de vouloir
vie de

bien se rappeler ce que nous "avons dit dans la

David de Heem,
attribue à

le

vieux,

des

tableaux que

Kramm

ce

maître, et

qui

pourraient bien avoir été

peints par son arrière-petit-fils.

Le

lieu et

l'époque du décès

nous sont inconnus.
de dire que
le

Heem El Nous sommes seulement à même
de David de
la

maître ne mourut pas à

Haye

:

c'est

ce qui résulte des recherches qui eurent lieu dans cette
ville,

en i869.Campo

Weyerman
il

rapporte qu'il

le quitta à

Londres, dans un état d'assez grande faiblesse, maladif
à moitié perclus, d'où
était déjà

et

supposait en 1729, que

l'artiste

décédé à cette époque.

L'auteur

cité

nous
lieu

apprend

ailleurs
:

que son voyage en Angleterre eut

en 17 18 (i)
placer la

ce serait

donc vers ce temps

qu'il faudrait

mort de David de

Heem
que

El.
ses

Nous avons vu
taient

ci-dessus

descendants exiset

encore à Anvers,
si

en

1794,

nous

sommes
nos

persuadé que

nous

avions

voulu poursuivre

recherches jusqu'au
rencontrés
n'intéresse

siècle

actuel,

nous
la

les

y aurions
de

encore.

Mais

comme

famille
III,

Heem
usage

plus l'histoire, après

David

nous nous
faire

sommes

arrêté

au

fils

de ce

maître, sans

des notes que

nous avons

recueillies

dans

les

anciens

L'acte de mariage constate qu'elle ne savait pas
possibilité

signer.

Cette im-

prouve que

la situation financière

des de

Heem

ne devait

pas être fort brillante à cette époque,
(i) Op.
cit.,

T.

III,

pp. 387 et 323.


registres de

264


et

nos paroisses, relativement aux enfants

descendants de celui-ci (i).
Sources
:

Registres des paroisses d'Anvers et actes de l'état

civil

d'Ulrccht, de Leiden et de la Haye.

— Ph.
de

Rombouts

et

Théod.

Van Lerius
la

:

Les Li^geren

d

autres archives historiques de la gilde
la confrérie

anversoise de Saint Luc.

— Registres
nom

des artistes de
ville

Haye connue sous

le

de Tictura.

Archives de la

d'Anvers.

(i) Cette notice est datée

du 24 novembre 1874.

FIN

DU TOME

I.

^
O^

îst/î îst/î îKt/4 ?\t/î
t/f<t

^t/; f\t/4 ît/î
«JJ.

Ktî
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t/^

%J^

«J^

tJ\t

\/\i

*/^

J^

%/^

TABLE
PAG.
Préface

v
i

Abbé (Henri) 1639-17...?
Abts (Gautier) 1582 ?-i642-i643 Adriaenssen (Alexandre) 1 587-1661

6
12 25

Aenvanck (Théodore) 1633-1...
Blanckaert (Jean) 1590-16...
?
?

?

Antonissen (Henri-Joseph) 173 7- 1794
Blanckaert (Antoine) 1621-1...

30

42
50
51

Boeckhorst (Jean) 1605-1668
Boel (Q.uirin,
le

vieux) 1589-1633

Boel (Jean) 1592-1640

72 86 92
107

Boel (Quirin,

le jeune_)

1620-166.?
?

Boel (Pierre) 1622-1674

Boel (Jean-Baptiste) 1650?- 1688-1689
Boel (Balthasar-Luc) 1651-1702-1703

122
129

Cocx (Gonzalve) dit Gonzalo ou Gonzales Cocques 1614-1684. 132 La famille d'artistes de Baellieur (Louis de Baellieur, le vieux)
i5..?-i66o

174
le

de Baellieur (Corneille,
de Baellieur (Corneille,

vieux) 1607-1671
jeune) 1642-1687

181

le

188

de Baellieur (Louis

II)

1612-1663

190
192

de Baellieur (Abraham I) i620-i624?-i67i-i672

de Balliu (Pierre) 1612-16...? de BalHu (Bernard) 1641-1
Les peintres de
?

196 202 205 211
213

de Balliu (Pierre-François) 1644- 1726- 1727

Heem

de

de

Heem (David, le vieux) i570?-i632? Heem CDavid II) !.. .?-!... ? de Heem (Jean) i6oo?-i683-i684 de Heem (Corneille) 1631-16..? de Heem (David III) 1663-17..?

217

219
249 260

BIOGRAPHIES

D'ARTISTES ANVERSOIS
PAR

Th.

van LERIUS,
PUBLIÉS PAR P.

avocat

GÉNARD.

II.

GEn.T.
J.-E.

BUSCHMANN^
IS«I,

Ad.

HOSTE,

DRUKKER-UITGEVF.R.

boekhandelaar der maatschappij

Christophe

JEGHER

ou

JEGHERS
of

(en flamand Christoffel

JEGHER

JEGHERS)

(1596— 1652-1653).

et excellent

graveur sur bois, qui,
fut aussi

comme nous
n'est pas

wM

le

prouverons,

imprimeur,

né en Allemagne,

ainsi

qu'on l'avance généra-

lement. Cette erreur provient sans doute du

nom môme

du maître, qui

signifie chasseur

dans

la

langue leuto-

nique. Les anciens registres des paroisses d'Anvers écri-

vent Jegher, Jeghers,
la

Jagher ou Jaghers, qui ont tous
près, qui

môme

valeur, à

1'^

marque

le génitif.

L'ar-

tiste

signait

indifféremment Jegher ou

Jeghers.

Une

famille de ce

nom

existait à

Anvers, depuis 1549, d'a-

près les registres de mariages de S' Jacques.

Ce

n'est pas pourtant dans
vit
le

cette paroisse

que Chris-

tophe Jegher
territoire

jour.
et

Il

naquit

à

Anvers, sur le
l'église

de

S'

André,

fut baptisé

dans

de ce
lui, le

nom,

le

24 août 1596. Son père
;

portait,

comme
sa
.

nom

de Christophe

Tacte désigne seulement
{Pascbynkeii)
et
Il

mère
tenu

par son
sur les

prénom de Paschasie fonts par Hubert Bode

fut

Catherine
fait

Smekens.
date de

Nos recherches ne nous ont
frère

découvrir aucun
la

ou sœur de Christophe Jegher, dont
par un acte notarié

naissance est confirmée
citerons plus loin.

que nous

Il

s'engagea de bonne heure dans
S'

les liens

du mariacre
de Thierry
la

puisqu'il épousa, à

André,

le

25 août

1613, Marie
et

Jacobs, en présente de

Jean Oosterbeek

Inhoff. Christophe, qui n'avait pas été

admis encore à

maîtrise de

S'

Luc, avait,

à

cette époque, d'après son

acte de baptême, l'âge de dix-sept ans et

un

jour.

Sa femme

lui

donna neuf

enfants, dont
:

les huit

pre-

miers furent baptisés à S*
1° Jacques, le

André

20 mai 1614.

Il

fut

tenu sur
Cette

les fonts

par Jacques Nobels et Marie Phalesius.
était fille

dernière
édi-

de Pierre Phalèse ou Phalesius, célèbre

teur de musique, à Anvers, et d'Elisabeth Withagens(i).
Elle
fut

reçue dans

la

gilde de S' Luc,

en qualité de

maîtresse-libraire, en 1628-1629 (2).
2° Marie, le 8

mai 1616

;

parrain, François van

der

Hoifstadt
à S^

;

marraine, Claire Inhoif. Marie Jegher épousa,
le

André,

25 novembre 1636

,

Philippe Smidts.

Leur mariage eut pour
père de
si

témoins

:

Christophe Jegher,

la

fiancée, et Liévin Smidt.

Nous ne savons
de
S'

pas

ce Philippe Smidts est l'amateur qui fut reçu en qua-

lité

de franc-maître
;

dans

la

gilde

Luc

,

en

1618-1619 (3)
3° Jean,

tenu sur
et

les fonts le 3

novembre 16 18, par
Il

Jean Helbardinck
(i)

Catherine Nivels,

reçut,

lors de

Alphonse Goovaerts.
Phalèse,

Notice biographique

et

bibliographique

sur Pierre
pp. S et 9.
(2)

imprimeur de musique à Anvers, au

XVI^

siècle,

Liggeren

et

autres archives historiques de

la

gilde anversoise de
et

Saint Luc, transcrits et annotés par Ph.
avocat, T.
I, p.

Rombouts

Th. van Lerius,
écrit

666.
I,

(5) Liggeren cités, T.

p. 555.

Le compte delà corporation
très près

Smit, mais

les

doyens ne regardaient pas de
e

en matière

d'orthographff

noms

propres.

sa confirmation, saint Christopiie

pour second patron,

et

signa

parfois

Jean-Christophe Jeghers. Nous consacrespéciale
à cet

rons une notice

homme
1620
;

de mérite, qui

devint un graveur distingué.
4° Catherine, le i8 octobre
parrain,

Conrard

van den Berch
à S'

;

marraine, Catherine Krost. Elle épousa,

André

,

le

29 juin

1659

_,

Guillaume van
et

Dyck.

Jean Jeghers, frère de Catherine^
les

Jean Giliams furent

témoins de leur mariage

;

Antoine,
;

le

14 mai

1623

;

parrain,

Antoine de

Clerck

marraine, Marie Spierincx ou, en d'autres ter-

mes, Marie Tengieters,
Spierincx
le

femme

du

graveur Antoine

jeune, qui fut reçu franc-maître de la gilde
S*

anversoise de

Luc, en 1612-1613 (i)

;

6° Madeleine, le 23 juillet

1630

;

parrain,
et

Balthasar
savant dis-

Moretus
tingué,

le

vieux,

imprimeur-typographe

franc-maître
;

de notre confrérie de

S'

Luc,

en

marraine, Anne Dirixens ; iéio-1611 (2) 7° Anne, le 16 juillet 1632; parrain, Pierre Schockaert
;

marraine,

Anne Mcnnens
le

;

8° Christophe,

20

février

1634
Il

;

parrain,

Jossc
la

Mertens

;

marraine, Claire Gybens.

fut inscrit

dans

gilde de S' Luc, en i650-i65i,en qualité d'apprenti du

(i) Liggereii cités, T.
(2) Op.
neille
cit.

I,

p.

485.
portrait,
très bien

T.
le

I,

p. 466.

Son

gravé par Cor-

Galle

jeune,

d'après le célèbre peintre

fait partie

de

la collection

de feu

Érasme Q.uellin, notre honoré beau-père, M. Pierre-

Théodore Moons-van der ment à Balthasar Moretus le
François

Straelen.

On

peut

consulter,
Bclgica,

relative-

vieux,

la Biblïoihcca

de Jean-

Foppens,

T.

I,

p.

122,

et Geslagt-lyste der

nakonieltngen

van den vermaerden
d'après le

Christoffel Plantin, publié par

notre beau-père,

manuscrit de notre savant aïeul par alliance, M. Jean19, 23 et 27.

Baptiste van der Straelen, pp

—8—
relieur

Régnier Slegers (i). Nous n'avons pas rencontré
la

son admission à
9° Pierre-Paul

maîtrise

;

tenu,

le

12

novembre 1635, sur
et

les

fonts de la cathédrale (quartier sud), par l'illustre Pierre-

Paul Rubens, ami de son père,
kens.

par Catherine Struyc-

Nous connaissons maintenant
Jegher.

la

famille de Christophe

Nous

allons raconter à cette heure ce
d'artiste.

que nous

avons appris de sa vie

Les Liggeren sont muets

quant au
celui-ci

nom

de

son maître, mais nous croyons que

ne

fut autre

que Pierre-Paul Rubens, qui
sait,

s'en-

tendait,

comme on

aussi bien à la gravure qu'à la

peinture.

On

n'ignore pas non plus

que des

lettres

pajan-

tentes des archiducs Albert et Isabelle, en date
vier
»

du 9

16 10, l'avaient autorisé « à

enseigner son art à ses

serviteurs et aultres qu'il voudrait, sans estre assubjecti

» à

ceulx du mestier (2). »
les

Nous comprenons^
la

dès lors,
S'

pourquoi

registres

de

corporation de

Luc

se

taisent relativement à l'entrée

en apprentissage de notre

Jegher. Son admission à la franc-maîtrise est renseignée

dans
au

le

compte de
septembre
;

la gilde

du mois de septembre 1627
L'artiste

18

1628 (3).
il

y

est

quahfié de

graveur sur bois
était

avait atteint l'âge de 31 à 32 ans,
et avait déjà

marié depuis 14 à 15 ans

procréé cinq

enfants.

La première mention que nous ayons trouvée d'une œuvre de Christophe Jegher porte la date du 17 octobre 1629.
Il

y

est question

d'une gravure sur plomb, qu'il exécuta
T.
II,

(i) Liggeren cités,
(2)

pp. 216 et 218.
inédits sur

Gachard.

Particularités et documents
I,

Rubens.

Le

Trésor national, T.
(5) Liggeren, T.

pp.
pp.

161 et 163.

I,

648

et

658.

— —
9

pour

l'église S'

André, à Anvers. Elle avait pour
aux
la

sujet

cet apôtre et était destinée à être distribuée

fidèles

qui se

présentaient à

l'ofirande,

lorsque

statue

du
tra-

saint était portée
vail valut

annuellement en procession.

Ce

12 florins au maître (i).
lorsqu'il

lien fournit un plus considérable vers 1636,

orna de nombreuses planches sur bois l'ouvrage du Jésuite anversois Guillaume Hesius, intitulé Eniblmiata
:

sacra de Fide, Spe, Charitate (2).
tées

Ces planches,
Quellin,

exécusont

d'après

les

dessins

d'Érasme

au

nombre de cent quatorze,
aux deux maîtres.
d'enfants,

et font le plus

grand honneur
les figurines et

On

y distingue surtout
van Avont

dans lesquelles

excellait

que

Jegher rendit avec infiniment d'esprit.

Notre graveur exécuta, en

1637, une

représentation
le

du Calvaire, peint en

1603,
S''^

par François Francken,

vieux, pour l'autel de la

Croix, de l'église S' André.
et
lit

Cette estampe est signée
ovale
:

:

F. Franck, inven.

dans un
au-des-

C. J. 16)". L'inscription suivante se
la

sous de

gravure

:

Ghelyck deur

Adam

is

comen de doodt

In onsen meesten noodt

// quam weder 't leven Deur Jesum Christum uyt liefde groot Met sijn dierbaer bloedt root // in 't cruys verheven

Ontschuldigh ghestorven soo daer
Heeft hy

staet

gheschreven

hem ghegheven

// tôt

den cruyce naeckt

Ons

alsoo verlost en de hel doen beven

(i) P.

VisscHERS. Geschiedenis van S^ Audrieskerk,
134. ex
Il

te

Antti.'erpen,

T.

I,

p.

(2)

Antvcrphc,

Officina
s'agit,

Plantiiiiana
ici,

Balthasaris

Moreti.
le

M.DC.XXXVl.

de Balthasar Moretus

vieux,

l'ami de Christophe Jegher.

10


(i).

De doodt verdreven // voor ons de doodt ghesmaeckt Want door 't heyligh Cruys syn \vy saligh ghemaeckt
Vidit P.

CoENS C. A.

(2).

Si

Christophe Jegher

jouit,

comme
l'art

graveur,

d'une

réputation

universelle justement méritée,
qu'il

on

sait

moins

généralement

exerça aussi

de

la

typographie.

Ce

fut lui

pourtant qui imprima

la

première édition du
S'

plus célèbre

ouvrage du savant prieur de

Sauveur, à
l'ins-

Anvers, Christophe Butkens. C'est ce que prouve
cription suivante de la planche

du

titre,

qui fut très bien
d'après

gravée sur cuivre, par Matthieu Borrekens,
dessin

un

d'Abraham van Diepenbeeck
la

:

Trophées tant sacrés

que prophanes de

duché de Brahant

Tome I

contenant

(i)

Traduction
est

:

De même que

la

mort

est arrivée par

Adam,

la

vie

nous

revenue dans notre extrême détresse par Jésus-Christ,
effet

qui, par

un

de son grand amour, a été élevé sur
;

la

croix qu'il
qu'il
est

a teinte de sotî sang précieux
écrit.
Il s'est livré

il

est

mort innocent selon

nu

à la croix,

bler l'enfer, vaincu la

mort

et

nous a sauvés par elle, a fait trema ressenti les tourments de l'agonie.

Car

c'est

par la sainte Croix que nous avons été sanctifiés.

(2) L'inscription P. Coens C.
et signifier Pelrus

A. peut

se

rendre de deux manières

Coens Canonkiis Autve.rpiensis, ou, plus probable-

et

ment, Petrus Coens Censor Apostolicus. Pierre Coens, natif de Halle, non d'Anvers, ainsi que Foppens l'avance par erreur, dans sa
BeJgka (T.
II,

Bibliotheca

p.

964),
et

était licencié

en théologie, chaplus

noine de notre église-cathédrale

censeur des

livres. Il fut secrétaire
faisait
le

du savant évêque d'Anvers, Jean Malderus, qui en
grand
cas.
Il

mourut, à

l'âge

de 66

ans,

le

7

août 1646,

et fut

inhumé

à

Notre-Dame, où son monument funéraire de marbre noir

fut conservé

jusqu'à l'année 1798, si fatale à cette église. voyait aussi son portrait dans la sacristie des chapelains, dont

On y
il

fut

un des

bienfaiteurs. Foppens,

à la page citée, mentionne deux pro-

ductions de sa plume.
province d'Anvers, T.
I,

Inscriptions funéraires et moniuuentales de ta

pp. 32, 96 et 171.

Voyez, quant à
le vieux,

la

gravure de Jegher, d'après François Francken,
Gesctnedenis

P. Visschers,
I,

van Sint-Andriesl:erh,

te

Ant-

werpen, T.

pp. 78 et 79.


l'origine,
ceste
les

II


des

succession

et

descendence

Ducs

et

Princes de

maison,

auec

leurs

actions plus signalées.

Ensemble

généalogies de plusieurs Ducs, Princes,
et

Comtes, Barons,

Seigneurs

Nobles, leurs vassals
vérification.

et

subiects auec les prennes

semantes à entière

Par F.

Christophre Bvtkens

Prieur à S. Sauueur ordre de Cisteaux en Anuers. Et plus
bas
:

Imprimerie de Christophre Ieger aux despens de

l'Autheur.
rekens sculp.

— Abraham a — On vend
les

Diepenbekedelin.
che:(_

— Matt.
dit avoir

BorIl

Mathieu Bor reliens.
cette édition,

ne

parut jamais qu'un

seul

volume de

que
été

Foppens

(Bibliothcca Belgica

T.

I,

p.

176)

publiée en 1641.

Nous
et

ferons observer toutefois que le

privilège d'imprimer, concédé à Butkens,

porte

la

date

du 8

avril

1637,

que l'approbation du censeur eccléchanoine
et

siastique

Gaspard Estrix,

pléban de

la ca-

thédrale d'Anvers, avait été délivrée le 21
dent.

mars précé-

L'impression de cet in-folio
Jegher, qui l'orna d'un

fait

honneur

à

Christophe
blasons,
se

nombre considérable de

artistement bravés sur bois.
fait

La main de notre maitre
les

aussi remarquer,
est

en général, dans

sceaux dont

l'ouvrage

enrichi,

mais nous sommes persuadé que
le fils la

quelques-uns d'entre eux ont été exécutés par
notre graveur, Jean Jegher,
taine, en 1637.

de

qui approchait de

ving-

Nous

citerons en preuve les sceaux de
(p.

Mane, comtesse de Juliers
de Louvain (p. 213),

209 des

Pr67«;t'5),

d'Elisabeth

de Brabant (p. 210), de Marie, douairière de Godefroid
etc.

Quant aux
et

représentations des

tombes de plusieurs ducs
se

duchesses de Brabant, qui

trouvent reproduites

en cuivre dans cette première

édition des Trophées, nous croyons également

que Jean

Jegher en

est l'auteur.

Nous avouons

qu'elles ne se re-

12

commandent pas par une grande valeur
une place distinguée parmi
les

artistique,

mais

nous savons aussi que leur auteur sut mériter plus tard
graveurs sur bois.
travaux

Christophe Jegher n'édita pas toujours des
aussi considérables.

Nous en trouvons
la

la

preuve dans
la

un poste du compte de
1

cathédrale d'Anvers, de

Noël
four-

642-1 644, Cet du

article relate,

en

effet,

un paiement de
la

8 florins 16 sous, pour l'impression, y compris
niture
papier,

de 500 exemplaires
à

d'une annonce
sept
autels

concernant une indulgence octroyée
l'éghse

de

Notre-Dame (i). Nous ne connaissons pas

d'autres

produits

typograqu'il

phiques de Christophe Jegher, mais nous
employait ses presses pour
il

savons
libraires,

le

compte de

dont

mentionnait
frais.

le

nom
ce

sur

les livres

qull imprimait à
le

leurs

C'est
le

qui

résulte

d'un acte reçu,

22

juin 1652, par
vers, acte qui

notaire

André van der Donck, à An-

nous a été communiqué par M. Fr. -Joseph van den Branden, des archives communales. Ce

document
Jacques
Jegher^ qui

est

une déclaration

faite
et

à

la

requête
à

de

Seldenslach, imprimeur

libraire,

Breda.

y prend également
la

la qualité la

d'imprimeur,

y

atteste d'abord de

manière
était

plus solennelle, avec

offre

de serment,

s'il

en

besoin, qu'il n'a jamais

été chargé

ou commis par Seldenslach d'imprimer, sous
livre intitulé
:

son nom, un
qu'il est vrai

Hd

cleyn Cabinet.

Il

ajoute
Çboeckle

que lorsque l'un ou
fait

l'autre libraire
livre,
il

vercooper), lui

imprimer quelque

y met

nom

de

son

mandataire,

sans que celui-ci l'en charge

expressément.

(i) Li^gcrcn cités,

T.

I,

pp. 648-649, note 4.


Jean-Baptiste
connaître
fut
le

13


de
Craj'-er et

Cet acte eut pour témoins Edouard

van den Sande, en qui nous croyons rece

graveur de

nom,

artiste

de mérite, qui

reçu franc-maître de notre gilde de

S'.

Luc, en 1620-

1621 (i).
Jegher, dans
qui
reporte
sa
la

pièce citée, se dit âgé de 56 ans, ce
à
la

naissance
registres

date de

1596^ que
notre

lui

assignent
S'

les

de

baptêmes de

église

André
Charles

(2).
le

Blanc, dans
II,

son Manuel de l'amateur
et

d'es-

tampes,

(T.

pp. ^^427

428),

cite

dix-sept
et,

grale

vures

exécutées
le

par

Christophe

Jegher,

dans

nombre
dont

Calvaire, d'après François Francken, le vieux,
parlé.

nous avons déjà

Xous

allons

donner

la

nomenclature de ces planches que nous ferons suivre de
l'indication de

quelques autres travaux de notre

artiste,

qui sont restés inconnus à le Blanc.
1° Su:^anne surprise

par

les

vieillards

:

P. -P. Rubens.
:

Grand

in-folio,

en largeur. Premier
(P.
5,

état

avec

le

nom
Mar-

de P. -P. Rubens

n° 85

du Catalogue

del

{1) Ligeer en cités, T.

I, p.

567.
la


il

Jacques Seldenslach fut reçu
année.

Iranc-maître libraire,
quelle
ibid.

à

Anvers,

même

Nous ignorons
Breda. Op.

à

époque

et

pour quel motif

alla s'établir à

cil.,

Van den Sande

grava, d'après Pierre-Paul Rubens,

le

tableau de

ce maître qui ornait autrefois l'église de l'abbaye de S^ Michel et qui

représente le pape S^ Grégoire-le-Grand, accompagné de S* Sébastien,

de Ste Flavie Domitille

et

de

trois autres

bienheureux.
et

— Jean van
février

den Sande
Il

était fils

de Paul van den Sande

d'Ursule van den Eynde.

fut tenu sur les fonts

baptismaux de

la

cathédrale, le 17

1600,

par le célèbre graveur Philippe Galle et par Marguerite van

Papenbroeck.
(2) Protocoles du notaire André van der Donck, aux archives communales, année 1652.


mol (i).
Signature
:

14


Riihens
del.

T. T.

C. Jegher

se.

2° Estbcr devant .Assuérus. Petit in-octavo en hauteur.

Anonyme.
3° Lrt S^^ Vierge tenant l'Enfant Jésus, qui est

endormi

sur ses genoux
4° Le %epos
fant

:

P. -P. Rubens. In-fol.
Egypte.

en

La

S'^

Vierge

avec
;

l'EnS'

Jésus,
est

est

assise
;

dans un paysage
et S'

boisé

Jo-

seph

endormi
:

deux anges

Jean conduisent

un agneau
état

P. -P. Rubens. Gr. in-fol. en larg.

Premier
del

avec

le

nom

de P. -P. Rubens (Catalogue

Mar:

mol, p. 28, n° 469.

Les signatures sont
exe.

écrites ainsi

P. P. %]ib. delm.
gbers
seulp.

&

C. T.

{Cum

prîvilegio).

C. Je-

M.

del

Marmol en
et

possédait une épreuve

en clair-obscur. Très rare, dit l'ouvrage cité.

L'Enfant Jésus

S^

Jean jouant avee un agneau
larg.

:

P. -P. Ruhcns. In-fol.

en

Premier

état

:

avec

le

nom

de Rubens (Catal. del V\Carmol, p. 30, n° 493).
tenté

6" Jésus-Christ
Li-fol.

dans

le
:

désert

:

P. -P.

Rubens.

en larg.

Premier
p.

état

avec

le

nom

de Rubens

{Catal. del

Marmol,

11,

n° 188.

Signature:

T. T.
au

%uhens

del.

&

exe.

7° Jésus-Christ
bas,
la
:

en

eroix
S'

entre
S'""

les

deux

Larrons

;

S"'

Vierge,

Jean,

Madeleine
haut.

et d'autres

figures

F. Franck 1637. In-octavo en

(i) Catalogue de la plus précieuse collection

d'estampes de

P. -P.

Ru-

bens

et

d'A. van Dyck,

qui ait jamais

existé, tant

pour

la beauté des

épreuves que pour la rareté des pièces qui s'y trouvent, et qui sont uniques

en leur genre,

etc.

Le tout

recueilli avec

beaucoup de frais

et

de soins par

Messire del Marmol, en son vivant Conseiller au

Conseil souverain de

Brabant, etc. 1794. (sans indication de lieu ni de nom d'imprimeur). D'après une note de notre exemplaire, cette collection a été vendue

en bloc à M. Neuman, marchand de tableaux à La Haye, moyennant 12,000 florins des Pays-Bas, soit 25,396 francs 82 centimes.


15


S^^
:

Le Couronnement

de

la

Vierge:

P. -P.

Ru-

bens. In-fol. en larg. Premier état bens. (Catal.
del
del.

avec

le

nom

de Ru:

Marmol.
cxc.
:

p.

28, n° 460).

Signature

P. P. %jibens

Chr. Jeghers sculp.)

9° L'tAssomption

P. -P.

Rubens. Petit

in-folio

en

haut (i).
10° Le Couronnement de la
Petit in-fol.

5"

Vierge: P. -P. Rubens.

en haut.
Georges

11°

S^

combattant

le

drami. Pièce en haut.

Anonyme.
12°
S^

Jérôme

dans

le

désert.

Planche en

haut.

Anonyme.
13° Hercule
P. -P.

exterminant
In-fol.

la

Fureur
i^""

et
:

la

Discorde
le

:

Rubens.

en haut,
del

état

avec

nom

de P. -P.
Signature

Rubens (Calai,
:

Marmol,
et

p.

47, n° 731.

P. P.

Rubens

delin.

exe.

La
la

collection

possédait le dessin très bien conservé de

planche

et

de

la

grandeur de

celle-ci).

14° Silène ivre,

soutenu par

un
i^''

satyre
état,

et

un faune
le

:

P. -P. Rubens. In-fol., en haut,

avec
53,

nom

de

P. -P.

Rubens. (Catal.

del

Marmol,

p.

827).

L'exemplaire de l'auteur de cette biographie est signé
de
la

manière suivante

:

P. T. %îib. delineau.

&

excud.

(i)
le

Il

est

probable que

le

Blanc

commet

ici

une erreur d'après

Catalogue

des estampes gravées d'après

Rubens, de François Basan,

Paris,

M.DCC.LXVII.
Mais
le

Celui-ci indique, en effet, à la page 52, no 11,

V Assomption en question, qu'il dit être signée Christ. Jegher sculp.

A.
que

Sallarts.

Catalogue del
été gravée

Marmol
:

affirme (p. 27, n" 454),

cette planche a

voit le

nom

d'Antoine Sallarts.

en bois par Jean [egher et qu'on y « Sur le rêver (sic) est Il ajoute

imprimé
del.

(sic) la S'^

Trinité et au bas des esclaves, etc. lAnt. Sallarts

Joan. Jegher sculp.


C'est
larg.
del

Cum
une

priviJegiis.

— i6 — —
:

Cbristoffel
état.

Jegher.

sculp.

belle

épreuve du premier

15° ie Jardin d'amour

P. -P. Rubens. Gr. in-fol. en


&

i^""

état,

avec
56,

le

nom

de P. -P. Rubens. (Catal.

Mannol,
exe.

p.

n° 881.

Signature:

T. P. %ubens
P. -P.

(ciel.)

En deux

feuilles.)

16° Ferdinand,

cardinal-infant

d'Espagne.

Ru-

bens. In-fol. en haut. (Catal. del Mannol, p. GG, n°98o.
»
la

Représenté debout

et

armé de pied en cap

:

il

tient de

main

droite
delin.

son bâton de commandement. Erasmus
Chr. Jegher
la
se.

Oiielliniis

&

excudit

:

en

bois

très certainement d'après

composition

de

Rubens.

Très rare

»).
faisait

Un

exemplaire de cette planche

partie

de

la

belle collection

d'estampes
et

et

de dessins de
l'église

de

M.

Pierre

Wouters, prêtre
S'

chanoine

collégiale

de

Gommaire,

à Lierre, trésorier et bibliothécaire de
etc., qui

Sa

Majesté Apostolique,

fut

vendue

à

Bruxelles,

en 1797. Le Catalogue ajoute cette note à
« cette planche est d'une

la

description:

rareté étonnante et

peut-être

unique,
avec
les

telle qu'elle

est ici,

d'une condition parfaite et
latine,

trois

inscriptions

flamande
:

et française

au bas,

commençant par
by
Cbristoffel

ces

mots

Ferdinandus Aus:

triacus, etc., et finissant

par: gouverneur des Pays-^Bas
Jegher
hondtplaetsnyder
.

t'Antwerpen,

in de

Camnierstaet tegen over d'Augustyne^i.

9 pouces 10 lignes

de largeur (i)

».

(i)

Catalogue de
(sic)

la

rare et nomhi-eme collection d'estampes et des desle

seins

qui composaient

cabinet de feu
collégiale

M.

PierreT^Vouters, en

son-

vivant prêtre, chanoine de
en Bradant
;

l'église

de S. Gomer, (sic) à Lierre

trésorier

et

bibliothécaire

de Sa

Majesté Apostolique,

etc.,


Il

17


que Christophe JeLes

résulte de ces dernières lignes
la

gher habitait dans

Cammerstraat, (rue des Brasseries)
face des religieux Augustins.

une maison située en

anciens registres des sections (zuijkboeken), conservés aux
archives communales, n'indiquant nulle part Christophe

Jegher,

en qualité de propriétaire d'un immeuble dans
il

ladite rue,

est

indubitable qu'il y

tenait

à bail une

maison

d'autrui.

17° Portrait

d'homme, présumé
très rare,

celui

du

frère

de Ru:

bens, en buste, portant une barbe courte et épaisse

P. -P.

Rubens. In-fol.
bens.

i^''

état

:

avec

le

nom

de

Ru-

Nous

ferons observer

ici

que M, Charles
cet

le

Blanc

entend parler sans doute,

à

endroit,

de Philippe

Rubens, secrétaire de

la

ville

d'Anvers, car Pierre-Paul

eut plus d'un frère (i).

Cette effigie
del V\Carmol,

est

mentionnée

ainsi
:

dans

le

Catalogue
portrait

page 75,

1076

«

Le même
parmi

d'homme en
cudit.
traits

clair-obscur, avec P. P. Rubens del in.
»
Il

&

ex-

Chr. Jeghers sculp.

y

figure

((

les

por-

de personnes, dont

les

noms
Il

sont ignorés î.
frère de figure^

Le

portrait de Philippe
est

Rubens,

Pierre-Paul
entre autres,

Rubens,

suffisamment connu.

avec ceux de Pierre-Paul lui-même, de Juste Lipse et de

Hugo
et qui

Grotius, dans
fut

un tableau peint par

le

grand

artiste,

gravé par

Ferdinand Gregori, de Florence.
le
titre
:

Cette planche fort connue sous

Les

quatre

Tréccdé d'une tahte alphabétique des maîtres, par
Bruxelles, l'an
(i)

N.
11°

J. T'Sas, négociant.

V

(_iJ<)J,

vieux style). P. 113,

1276.
et

Frédéric Verachter. Généalogie de Pierre-Paul Rubens
Anvers, 1840, p. 11.

de sa

famille,


Philosophes, est
p. 3 i8,

i8


le

mentionnée par Charles

Blanc, T.

II,

numéro 47.
portrait de notre Philippe

Un

autre
et

Rubens,

celui-ci
le

en buste

posé sur un piédestal, est mentionné dans

Catalogue del Marmol, p. 70, n° 1020,
Corneille Galle, sans autre indication.

comme

gravé par

Nous concluons de
Catalogue
a

ce qui précède que l'auteur de ce
classer
l'effigie

eu raison de

en question
sont ignorés.

parmi

celles

de personnes dont
passer

les

noms

Nous venons de
Le catalogue
Paul Rubens
'Daniel

en revue toutes

les

planches de
le

Christophe Jegher,
cité

mentionnées par Charles

Blanc.

du chanoine Wouters mentionne, en

outre, les deux suivantes gravées sur bois, d'après Pierre:

dans la fosse aux

lions

(p. 87,

n° loio).

Un Hermès
Minerve,
etc.

portant une double tète de Mercure et de

dans un rond.
sans

On

y

lit

:

Honesti

Cornes

Ratio, taille de bois,

noms
196,

(par C. Jegher), de 6

pouces,

3

lignes de diamètre (p. 117, n° 1299).
(p.

Basan signale enfin
d'après Pierre-Paul

n° 71),
livre

une vignette
dédié au pape
a

Rubens pour un
voit, dit-il,
et
S'

Urbain VIII.
supports
S'
le

On

y

un cartouche qui
,

pour
d'une

Pierre

Paul

la

tête

ceinte

couronne,

cartouche accompagné de deux

clefs passées

en sautoir.

Nous ne
mérite

ferons pas l'éloge

de

Christophe Jegher,
bois

le

de cet excellent graveur sur

étant

assez

connu.

La date exacte du décès de ce maître ne nous
connue, mais son trépas
de
la

est pas

est

mentionné dans

le

compte

gilde

de

S'

Luc du 18 septembre 1652 au 17
a,

du

même

mois 1653. Jegher

par conséquent quitté la


vie dans cet inten^alle.

19


cité

Le document

nous apprend
à la

que sa dette mortuaire (i) n'avait pas été payée
corporation (2).

(i) Liggeren cités, T.

II, p.

246,

(2) Cette notice est datée

du 17 mars 1873.

Jean-Christophe
(en flamand

JEGHER ou JEGHERS Jan-Christoffel JEGHER ou }EGHERSj
(1618-1666).

ean Jeghers,

fils

du célèbre graveur sur bois

'Christophe Jeghers, et de Marie Jacobs, naquit

Anvers
S^ et

de

l'éghse

y André,
et

fut
le

tenu sur
3

les

fonts baptismaux

novembre 16 18, par Jean
avec
celles

Helbardinck

Catherine Nivels. Les œuvres de cet exsont souvent confondues
lui

cellent artiste

de

son père. Le seul Constant Piron
notice assez insignifiante et

consacra une courte
(i).

non entièrement exacte
de Jean Jeghers

A

cette exception près,

le

nom

est passé

sous silence dans toutes

les biographies.
la

Jean Jeghers cultiva

gravure sur
le

bois

et

fut

un

digne élève de son père, ainsi que

prouvent suffisamreçu dans
la gilde

ment

ses

bonnes productions.
S'

Il

fut

anversoise de

Luc,

comme

fils

de maître, en 1643dans
l'église
S'^

1644 (2).

Notre

artiste

épousa,

Wai-

(i)

Algemeene levensheschryvùtg der mannen en vrouwen van BeJgie,
jich...

ivelke

eenen

naem veriuorven

hchhen.

Mechelcn,

1S60,

2^ By-

voegsd, M. i6y.
(2)

Les Liggeren

et autres archives historiques
et

de

la gilde
et

anversoise

deSaint Luc, transcrits
avocat,

annotés par Ph.

Rombouts

Th. van Lerius,

T.

II,

pp. 145 et 151.

21


et

burge,

le

5

mars 1644, avec dispense des bans
de

du

temps
roisse

clos,
;

Marie Lenaerts, qui appartenait à cette pahabitait
;

Jeghers

celle

la

cathédrale.
se

Il

eut

son père pour témoin

celui de sa

femme

nommait

Jean van den Berge.

Marie Lenaerts donna
furent tous

à

son mari sept enfants qui
fonts

tenus

sur

les

du quartier sud de

la

cathédrale
1° Jean,

:

le

26 janvier 1645, par

le

célèbre graveur
;

Pierre de Jode, le jeune, et Emérentienne de Snick

Jean-François,
et

le

i"^""

avril

1646,

par Jean Wil-

lems

Sara van

Lamoen

;

3° Elisabeth, le 23 octobre 1650, par Guillaume

van

Lamoen,
reçu

fripier-crieur public et

marchand
de
;

d'objets d'art,
1-

franc-maître
et

de

la

gilde

S'

Luc, en 163

1632 (i)

par Elisabeth Jordaens

4° Jean-Baptiste, le 23 avril 1652, par Nicolas Schouteth et Catherine de Hemelaer,

femme du

célèbre peintre

Erasme Quellin

;

Marie-Anne,
et

le

3

janvier 1655, par
;

Daniel

van

Houte

Anne de Grande

6° Susanne-Madeleine, le 3

1

décembre de

la

même

année 1655, par Rombaut Hoomis et Madeleine de Vos ; 7° Marie- Anne, le 14 septembre 1660, par Dominique de Coster, marqueteur,
gilde de S'
et par

reçu franc-maître de

la

Luc

(2),

comme

fils

de maître en 1658-1659,

Marie van Lamoen.
la

Marie Lenaerts décéda peu après
fille.

naissance de cette

(i)

Liggeren

cités,
II,

T.

II,

pp. 23 et 31.

(2) Ihid, T.

pp. 292 et 300.


Sa dette mortuaire
est

22


effet,

mentionnée, en
S'

dans

le

compte de
entouré

la confrérie

de

Luc qui

s'étend du i8 sep(i).

tembre 1660 au 18 du
d'enfants

même

mois 1661

Jean Jeghers

mineurs, pouvait difficilement rester
de nouvelles noces.
sud, le
i

veuf, aussi résolut-il de convoler à
Il

épousa dans

la

cathédrale,

quartier

avril
et

1663, Marie Marien, avec dispense de deux bans

du

temps

clos.

Ce mariage eut pour témoins
le

le

typographe

Balthasar Moretus,

jeune,

fils

de Jean et de Marie de

Swcert (2), doyen de la gilde de S' Luc en 1 648-1 649, et Régnier Blanckaert. Aucun enfant ne lui dut le jour.

Nous

allons aborder maintenant la carrière artistique

de Jean Jeghers.

Nous avons
de

dit
fils,

dans

la

biographie de
artiste,

Christophe Jeghers que son

notre

l'aida

dans

la

gravure

quelques-unes des planches
Brahant,

de

la

première édition des Trophées de
Christophe
l'approbation

du

savant
et

Butkens, dont
furent

le

privilège

d'imprimer

concédés en
celles

1637.

Nous avons
planches que

indiqué aussi quelles sont

de ces

nous croyons pouvoir

lui attribuer.

Avant de poursuivre, nous devons
teur que
si
il

avertir ici le

lec-

Jean Jeghers ne reçut qu'un seul prénom au

baptême,

en

prit

un second,
celui

lors de sa confirmation,

selon l'usage assez généralement suivi de son temps.

Ce

deuxième prénom

fut

de

Christophe.

Il

signait

indifi'éremment ses productions de

son

surnom

baptis-

(i) Liggeren cités,
{2) Geslagt-lyste

T.

II, p.

319.

der nakomelivgen van

âen vermaerden

Christoffel

Tlantin, koniiiglyhen aeris-hoekdruhher,... JoorJ.-B.

van der Strae-

LEN, en iiytgegeven door P. -Th.
pen, 1858, pp. 29, 32 et
53.

Moons-van der Straelen. Antwer-


mal
seul

23


ces derniers désiI.

ou de

ses

surnoms réunis,
les initiales I.

gnés d'ordinaire par

C.

On
bois
Veen_,
liiaris

doit à Jean Christophe Jeghers les médaillons sur

dont
fils

est

orné

l'opuscule

très rare
:

d'Ernest
sive

van
mi-

d'Otho Vctnius,
pcritia
,

intitulé

lîAIAEIA,
principis

artis

serenissimi

Ferdinandi
,Anctoyc Ertypis Joaiinis

S. R. E.

Cardinalis

Hispanianmi

hifaiitis.

nesto v(an)

Veen, jimsconsulto.

'Briixelhe,

MommartI, co. ne. xxxvi.
font

Plusieurs de ces médaillons

honneur au maître.
nombreuses gravures sur bois qui
de Ylconologie de César
fils

L'artiste exécuta les

se trouvent dans

la

traduction

Ripa,

de Pérouse, œuvre
'Tieîersx_.

de Thierry,

de Pierre

Pers (T)ierk

Ters), et imprimée par celui-ci, à

Amsterdam, en 1644 (i). Ces petites estampes sont toutes de la main de Jean-Christophe Jeghers. Elles
sont de mérites fort inégaux
;

mais

il

en

est qui

font

honneur au maître. Plusieurs ne sont pas signées, mais

un assez grand nombre d'entre
1.

elles

portent les initiales

C.

1.

(Jan-Christoffel

Jeghers^
lettres

en

français

Jean-

Christophe Jeghers). Ces

paraissent pour la prela figure

mière

fois la

à

la

page 81, au-dessous de
et

repré-

sentant

Valeur,

sont répétées

plus

ou

moins

souvent.

Au

reste,

si

Jean-Christophe Jeghers n'avait jamais

exécuté de figures plus recommandables

que

les

meil-

(ij Voici le
des verstants

titre

de cette traduction:

Jconologia oft uytheeldinghe

van Cesare Ripa van Periigien waer in verscheiden beeîd-

nissen

van

TDeiighde,
etc.,

Ondeughdcn , Menschlijcke Hert^tochten, Konsten,
stoffen, geîeerdelijck

Leerin^hen,

en andere ontallijke

werdcn ver-

handeît. Uyt het Italiaens veriaelt door T). Pielersi. Ters. lAmstclredaiii
bij Dircli Tieters^.

Ters op

't

water ovar de Koren-mercht.


leures

24


dans l'ouvrage que nous
brillerait

que

celles qui se trouvent
citer,

venons de

son

nom
Le

ne

guère d'un bien
illus-

vif éclat dans la

phalange d'excellents graveurs qui
siècle.

trèrent le

XVIP

talent supérieur

du maître
Het

se

révéla, en 1649, dans les planches de

petite
:

dimension
gbeditrigh

dont

il

orna l'opuscule flamand intitulé
ofte

Kruys

,

Passie Jesu
tôt

Chrisîi
eyiidc

,

van

't

beginsel

synder
vîertigh

Mensche-iuordinghe

bet

syns

levcns ;
tôt

in

Beelden uyt-gedrucht ; -welcker boute Platen

dienste

der

Gbemeynte ^jn voor
ken, pag. 46.
driicker op de

niet geiont. Siet

den prysvan 'tT^oeckx-

T

Antwerpen. ^ij Cornelis

Woom,

'Boeck-

Melck-marckt in de Sterre. ^Anno 164^. Con-

sensu Superiorum (i).

La page 46

à laquelle nous renvoie le titre, nous apfeuilles

prend que cet opuscule comprenant deux

d'im-

pression, ornées de quarante gravures (celle

du

titre

non

comprise) se vendait brochée dans tous
blanc ou trois liards.

les

Pays-Bas, un

Nous
vées

lisons à la

page 4

que ces images ont été des-

sinées par Antoine Sallarts, peintre de Bruxelles, et gra-

par Jean-Christophe Jeghers
la

,

graveur sur

bois,

d'Anvers. L'auteur de

présente biographie possède un
ce petit

exemplaire de
ouvrage.
vait

la

rarissime édition primitive de

Un

avis, inséré à la

page 47, porte qu'on pou(Corneille

se

procurer
lesdites

chez

le

même imprimeur

Woons)
(i)

40 images, avec une prière appropriée
La Croix
perpétuelle

Traduction

:

ou Passion de Jésus-Christ,
la fin

du commencement de son Incarnation jusqu'à
présentée en

de sa vie

;

re-

quarante images, dont

les

planches sur bois sont mises
le

gratuitement au service du public. Voyez

coût du petit

livre,

à la

page

46.

Anvers, chez Corneille

Woons, imprimeur. Marché au

Lait, à l'Etoile.

An. 1649.

^^

consentement des Supérieurs.


à

25


la

chacune

d'elles et

confirmant

doctrine de

la

croix

perpétuelle.

Nous

possédons i8 de ces planches impri-

mées au
h.

recto et au verso, ce qui en porte le

nombre
font décelles

}6. Elles n'ont pas de marges et les prières

y

faut.

Quelques-unes

de ces estampes diffèrent
;

de

qui ornent l'opuscule cité

nous

les

signalerons à

me-

sure qu'elles se présenteront,

La planche du
d'Antoine

titre,

signée uniquement

des

initiales
la tête

Sallarts,

représente l'Enfant Jésus nu,
et assis sur

entourée de rayons

une tombe ouverte. Le
droite,
et

divin Sauveur tient^ de la

main

un

fléau

armé de

pointes de

fer,

en forme d'étoiles,
la

de

la

gauche, une
le

verge. Derrière Lui est érigée

Croix,

avec
les

titre:

INRI

et la

couronne d'épines. Le cœur,

mains

et

les pieds

turion et

du Christ y sont attachés, La lance du cenla perche surmontée de l'éponge y figurent en

sautoir. Près de l'Enfant divin croît

un roseau

;

à terre

gisent une bêche,
et

une

tenaille et

une colonne renversée
Sur
le

surmontée d'un coq chantant.
les bustes

fond se déta-

chent

de Pilate,

d'Hérode, de

Caïphe

et

de

Judas riscariote, reconnaissable à sa bourse, trois clous,
des dés,

un poing fermé
est
le

et

couvert d'un gantelet,

et

des

maillets de fer (i).

A

la

page 6

représenté
fils,

le conseil

de

la très sainte

Trinité.

Dieu

vêtu d'une simple tunique et age-

(i) Les sujets des bustes en question font songer à quelques-uns de ceux qui se trouvent dans une splendide miniature de Roger van der Wej^den, le vieux, représentant la Messe de saint Grègoire-le-Grand et appartenant à M. J. Gielen, de Maeseyck. Une reproduction en

chromolithographie de cette œuvre
à Anvers, a
gique,

paru dans

les

d'art, exécutée par M. S. Mayer, Annales de l'Académie d'archéologie de Bel-

T. VI,

2e série, p. 309.


nouille sur
ailées
et

26


têtes
la

les

nuages,

que surmontent quelques
croix de la

de chérubins, embrasse
la

main droite

montre de

gauche
dont
il

la

riche chape, la triple cou-

ronne

et le sceptre

vient de se dépouiller. Jésus
la

adresse la parole au Père Eternel, dont

main

droite tient

le sceptre et repose sur le globe, tandis que la gauche aide

à soutenir

un des

bras de la croix.

A

côté de

la

première

personne de

la très

sainte Trinité est assis le S* Esprit,

sous une forme humaine et reconnaissable à la colombe

entourée
le

de rayons, qui s'élance de son sein.

Il

tient

sceptre de la

main
bras

droite,
la

et,

de

la

gauche,

égale-

ment un des
de
la tiare et

de

croix.

Ces

deux personnes
la

divines sont assises sur les nuées

du

ciel,

tête

ornée

vêtues de superbes chapes.

Cette
et

compo-

sition est signée des initiales
les

du peintre

du graveur,

premières entrelacées.
Cette première planche n'est pas reproduite dans no-

tre tirage à part.

La deuxième
ces
fait

a

pour

sujet

l'Annonciation.

La

S"^

Vierge, agenouillée sur un prie-Dieu, vient de prononcer

mots

:

« Voici la servante

du Seigneur,

qu'il

me

soit

selon votre parole. » Elle lève les yeux au ciel et y

aperçoit la croix, que lui montre de la

main

droite l'ar-

change Gabriel, qui
et s'apprête à

tient,

de

la

gauche, un lys en fleurs
la

prendre congé de

Mère de son Dieu.
artistes,

Cette estampe, signée des initiales des deux
est la

première de nos

tirés

à

part,

qui sont évidemcelles

ment d'une impression postérieure
La troisième planche
sise et

à

qui ornent

l'opuscule dont nous nous occupons.

représente
qu'elle

la

S""

Vierge
de
le

as-

tenant l'Enfant Jésus,

vient

soulever

de

son berceau,

près duquel sont accroupis

bœuf

et


l'âne.

27


les

L'Homme-Dieu
et les

et

Marie lèvent
la

5^eux au ciel,
S'

apparaissent deux anges tenant

croix.

Joseph
Si-

debout

mains

jointes

contemple son

Sauveur.

gné des

initiales

des deux artistes.

Nos

tirés à part

contiennent une

répétition

de cette

estampe.

La quatrième
Vierge
à

a

pour
et

sujet
S'

la

Circoncision.
incliné
se
,

La

S*'^

genoux

Joseph

présentent

l'Enfant divin au grand-prctre, qui

soulève

quelque

peu de son siège
Derrière
lui,

et tient l'instrument

de

la

circoncision.

deux

lévites avec des chandeliers

surmontés
la

de cierges ardents.

Au

fond,

un docteur de
initiales

loi

et

quatre autres personnages.
artistes.

Signé des

des deux

Reproduit dans nos
quait

tirés

à part.

Un

trait

qui

manVierge

dans

l'édition

primitive

au

nez de

la S'"

a été ajouté dans celle-ci.

La cinquième planche
Marie. Le
saint vieillaid

représente

la

Purification

de

Siméon, revêtu du costume du

grand-prêtre^ tient sur ses bras l'Enfant Jésus, qu'il con-

temple avec vénération.
S'^

A

ses

pieds est agenouillée

la

Vierge,
la

la

main

droite sur

son

cœur

et

tenant,
les

de

gauche,

une cage

d'osier, qui

renferme
elle
,

deux

colombes^ l'offrande des pauvres. Derrière

sont de-

bout

S*

Joseph

et

Anne

,

la

prophétesse

admirant

cette scène d'humiliation volontaire.

Deux

porte-cierges

accompagnent Siméon. Signé des
tistes et

initiales

des

deux

ar-

répété dans nos tirés à part.
est le sujet

La Fuite en Egypte
S*

de

la

sixième planche.
tient le

Joseph,

chargé
l'âne,
la

de ses

outils

de menuisier,
S'*^

licou
serre

de
de

sur

lequel est assise la
droite l'Enfant Jésus.

Vierge, qui
S'"-'

main

La

Famille


traverse


Signé
des
initiales
le

un chemin

aride

.

des

deux maîtres
part.

et répété,

sans variantes, dans

tirage à

La septième planche représente Jésus retrouvé au Temple. Le divin Enfant, assis à une certaine élévation, explique la
la
loi et

montre

le ciel.

Un

docteur,
;

un

livre

à

main,

s'est levé

pour l'interroger

un autre

assis au-

près de celui-ci et tenant

un rouleau,

paraît s'apprêter à
est

en

faire autant, tandis

qu'un troisième

en train de

se lever.

tivement.

Un autre assis à côté du second, écoute attenUn cinquième est debout au fond où se trouve
d'auditeurs
et S'
;

une foule
S'*^

à l'avant-plan

se

présentent

la

Vierge

Joseph

navrés

de

douleur et

con-

versant entre eux. Signé
et répété,

des initiales des

deux

artistes

sans

changements notables,

dans

le tirage

à

part.

La huitième estampe
de
S'

a

pour sujet Jésus dans

l'atelier

Joseph. Le

divin Sauveur qui porte

un marteau
sa

à sa ceinture, est en train de tracer sur
la

une planche, de
;

main

droite,

des

indications au

compas

gauche

tient

une équerre. Son père nourricier
l'ébauchoir
à une

travaille

du marL'une
et
re-

teau et de
l'autre

autre planche.

sont

posées sur un établi,

près

duquel on
initiales

marque

divers outils de charpentier.
Sallarts

Les

sépa;

rées d'Antoine
celles

sont imprimées sur deux scies

de Jean-Christophe Jeghers sont marquées à gaula

che de

planche.
le tirage à part.

Répété, sans changements, dans

La neuvième planche nous
père
nourricier
lit

fait

assister

à la

mort du

du Sauveur.
ses

S^

Joseph,

couché dans
le ciel,

son

et

levant

mains

jointes,

contemple
lui

que

lui

montre Jésus, debout près de

et lui faisant


ses dernières exhortations.

29


S'''

La

Vierge, qui se trouve
les paroles
la

au chevet du

lit

de son époux, écoute

de son
fu-

divin Fils. Sur

un guéridon placé près de
fiole,

couche

nèbre, sont déposés une

un verre

et

une potion

médicinale. Signé des initiales des deux maîtres et répété, sans variantes, dans nos tirés à part.

La Tentation de Jésus au
dixième planche. Satan sous
revêtu d'un manteau
à

désert
la

est le

sujet

de

la

figure

d'un vieillard et

capuchon à travers lequel pas-

sent ses cornes, présente

une

pierre au

Sauveur
lui

et

lui

demande de
l'homme ne

la

changer en pain. Jésus

répond que

vit

pas seulement de pain, mais de toute pa-

role qui procède de la
le

bouche de Dieu.

A

droite, au fond,

diable s'efforce de persuader au Christ de se jeter en

bas du pinacle du
transporté l'Esprit

temple de Jérusalem,

sur lequel

l'a

mahn.
Jésus

A
sur

gauche,

aussi

au fond,

le

démon
gné des

placé avec
les

une haute montagne,
la terre

lui

montre tous

royaumes de
des

et leur gloire. et

Si-

initiales

deux maîtres

reproduit,

sans

changements, dans

les tirés à part.

La onzième planche
gué de
la

représente

le

Sauveur qui,

fati-

la

route et assis

à l'ouverture d'un puits, enseigne

Samaritaine.

Au

fond, les disciples de Jésus en admi-

ration de ce qu'il adresse la parole à cette

femme. Signé
change-

des initiales des

deux maîtres

et

répété, sans

ments, dans

le tirage à part.

La douzième estampe
veur vient de leur dire
«

a

pour

sujet

les

Juifs traitant

Jésus « de Samaritain et de possédé du démon.» Le Sau:

Qui de vous me convaincra de
pourquoi ne croyez-vous

péché?
pas en

Si je

vous

dis la vérité,

moi

?

Celui

qui est de Dieu, écoute les paroles
les

de Dieu. C'est pourquoi vous ne

écoutez pas, parce


est

30


Juifs,

que vous n'êtes pas de Dieu.^) Deux

dont

la coiffure

surmontée d'un

petit

diable, gesticulent

pleins de

rage et adressent à Jésus les reproches que nous avons
transcrits ci-dessus.
et répété, sans

Signé des

initiales

des deux artistes

changements, dans
S'

le tirage à part.

La décollation de
la

Jean-Baptiste est représentée dans

treizième

planche.

A

l'avant-plan, le bourreau, qui
le saint.
Il

armé d'un coutelas, vient de martyriser

re-

met

la

tête
fille

du précurseur,
d'Hérodiade,
la

dont
qui

le

sang découle,

à
les

Salomé^

s'est

avancée

sur

degrés de l'entrée de

prison et

reçoit le

chef sacré
est assis

dans un plat de métal.
à table avec

A

l'arrière-plan,

Hérode

Hérodiade
le

et d'autres

convives, et

Salomé

apporte sur

plat

le

prix

de sa danse voluptueuse.

Signé des

initiales

des maîtres et répété, sans change-

ments, dans

les tirés à part.

La quatorzième planche
s'apprêtent à
lapider
Jésus.

a

pour

sujet

les

Juifs

qui

Deux

d'entre eux saisissent

des pierres et vomissent, avec
cations contre

un troisième, des impréleur

l'Homme-Dieu. Le Sauveur
a

demande
part de

d'une voix calme pour laquelle des nombreuses bonnes

œuvres
deux

qu'il
ils

faites
le

au miHeu d'eux,

de

la

son Père,

veulent

lapider. Signé des initiales

des

artistes et reproduit, sans variantes,

dans

le tirage

à part.

La quinzième planche représente
de rage, veulent précipiter
le

trois Juifs qui, pleins

Sauveur du sommet d'une

montagne; un d'eux
Jésus, dont
il

s'oublie jusqu'à lever le pied contre
le

saisit

manteau. Signé des

initiales des

deux maîtres
tirage à part.

et

répété^ sans

changements, dans notre

Le

sujet

de

la

seizième planche

est

Jésus prenant


congé de
sa sainte

31


d'aller à sa Passion.

Mère, avant

Le

divin Sauveur
lui et

bénit

Marie, qui est agenouillée devant

qui répand des pleurs.

Au

fond, à

gauche. Judas
loin,
le

s'entretenant avec
Calvaire,
tiales

une bande de

Juifs, et, plus

où sont déjà dressées

les croix.

Signé des

ini-

des maîtres et répété, sans changements, dans les

tirés à part.

La Cène
nonce à
font

est représentée
la

dans
droite

la dix-septièm^e
le

planche.

Jésus tenant de

main
l'on

pain

consacré, an-

ses apôtres
et

qu'un d'eux
voit
le

le trahira.

Ces mots pour
Judas

les

tressaillir,

S^

Pierre

s'approcher de
lui

S' Jean,

qui

repose sur
le

sein de Jésus,
parler.

de-

mander de qui
sa bourse à
la

Sauveur entend

tenant

main, écoute

les paroles accusatrices

de

son maître. Signé des
toine Sallarts

initiales des artistes

(celles

d'An-

non entrelacées)
les tirés à part.

et répété, sans

change-

ments, dans

L'Agonie de Jésus au Jardin des Oliviers
de
la

est le sujet

dix-huitième planche. Le

Seigneur

est

agenouillé

et prie, les

mains étendues. Dans
calice,

le ciel lui apparaît

un

ange tenant un
la

de

la

main

droite, et la croix, de

gauche.

A l'avant-plan

de droite sont endormis Pierre,

qui garde une épée, Jacques et Jean.
la

Au

fond, à gauche,

bande de Judas

se présente à l'entrée

du

jardin.

Signé

des initiales ordinaires des maîtres.

Cette planche a été, par suite probablement d'un
cident, remplacée par

ac-

une

autre, dans nos tirés à part.
différente
la

Jésus, dans

une posture
est

de

la

première, et

autrement drapé,
l'est

posé vers
la

gauche, tandis qu'il
Il

vers la droite dans

composition primitive.
lui apparaît

se

tourne de côté vers l'ange qui
et la croix, et

avec

le calice

qui est en

partie

enveloppé

d'une nuée.


mière estampe,
Pierre,
l'autre,

32

la pre-

Cette figure d'esprit céleste est autre que celle de
et
elle

est

aussi posée

différemment.
et

qui

tient
et

une épée d'une main

repose

sur

Jean

Jacques sont endormis à l'avant-plan de
la

droite,

dans d'autres attitudes que celles de

première
fond,
à

planche.

Ce sont

aussi de nouvelles figures.

Au
du

gauche, on aperçoit quelques Juifs à l'entrée
Signé des
initiales

jardin.
,

entrelacées

d'Antoine

Sallarts

en

grandes

lettres et

de celles de Jean-Christophe Jeghers.
le

La dix-neuvième planche représente
tre.

Baiser du traî-

Judas

s'est

approché de Jésus
soldat
lie

et

l'embrasse

;

le la

Sauveur, dont un

la

main
lui dit

droite,
:

tourne

gauche vers l'apôtre
his le
Fils

infidèle et

« Judas, tu tra!

de l'homme par un baiser

»

Un

second

soldat est en train de lancer
se trouvent en

une corde à Jésus. D'autres
le Christ,

grand nombre derrière
l'arrière-plan leurs

tandis

qu'on remarque à

compagnons qui
pour
lui

s'empressent de les rejoindre.
Pierre
a terrassé Malchus et
l'oreille.

A

l'avant-plan de gauche,

lève

son sabre

couper
artistes.

Signé des

initiales ordinaires

des deux

Un
part.

accident doit aussi être arrivé à cette planche, car

elle a été

remplacée par une nouvelle, dans nos
de
la

tirés

à

Judas tenant,

main gauche,

la

bourse aux

trente deniers, pose la droite sur l'épaule de Jésus, qu'il
a attiré
tient
liées.

à

lui,

pour l'embrasser. Devant

le

Sauveur se
les

un

soldat, à la face hideuse, qui

Lui tient
l'air

mains

Près de celui-ci, un chef agite en

son bâton son
sabre

de commandement.

Au

fond,

Pierre

lève

pour couper

l'oreille

de Malchus terrassé.

Un

des sol-

dats accourt à ce spectacle, en levant les bras et est suivi

de ses compagnons. Signé des
des maîtres.

monogrammes

ordinaires

Jésus précipité dans

le

torrent de

Cédron,

est repré-

senté dans la vingtième planche.

Deux
les

soldats postés sur

un

pont,

tirent

à

eux avec force

cordes dont sont

liés les bras

du Sauveur

qu'ils entraînent à travers le tor-

rent. Signé des

seules initiales d'Antoine
la partie

Sallarts

dont

rS

est

attaché à

supérieure de l'A,

et repro-

duit dans le tirage à part,

avec un léger changement au

monogramme.
La
vingt-et-unième

planche
Jésus
tient
est
les

figure

le

Sauveur

amené
soldats

devant

Anne.
lui

debout
liées

entre
et

deux

dont l'un

mains

se

met
un
;

en posture d'appliquer sur sa face divine un soufflet de
son gantelet.
dais, paraît

Anne

placé, en habits pontificaux, sous

vivement contrarié

des réponses

de Jésus

derrière lui se trouvent

un grand nombre de
et des anciens.

satellites

des

princes,

des prêtres

Signé des

initiales

non

entrelacées d'Antoine Sallarts et de celles

de Jean-

Christophe Jeghers.
Cette planche est remplacée, dans nos tirés à part, par

une composition de quatre

figures. Jésus,

le

corps

lié

par de grosses cordes, est debout devant Anne,
assis,
le

qui est

en habits sacerdotaux, sous un dais,

et interroge

Sauveur.

L'Homme-Dieu
sa

est placé

au milieu de deux
gantelet,

soldats,

dont l'un lève
frapper.

main armée d'un

pour

le

Signé du

monogramme

ordinaire des

deux maîtres.

Le

sujet de la

vingt-deuxième planche

est Jésus
assis

dans
sur

la

maison de Caïphe. Le divin Sauveur
bloc de pierre,
la

est

un
en

face

voilée,
liens.

le

corps courbé
satellites
:

et les

mains retenues par des
train

Deux
dire

sont

de

le souffleter
t'a

et
?

de
»

lui

<(

Prophétise, et

dis-nous qui

frappé

Signé des

initiales

des deux
3


artistes
et

34


le tirage à

répété,

sans

changements, dans

part.

Jésus

accusé

devant

Pilate

est

figuré dans la vingt-

troisième planche.
est

Le Sauveur
le

lié et

entouré de soldats,
la

debout

devant

gouverneur de

Judée, qui est
et

assis sur

son siège, à une certaine élévation,

adresse

la parole au Christ. Signé

uniquement du monogramme

ordinaire d'Antoine Sallarts et reproduit, sans variantes,

dans

les tirés à part.
la

Dans
d'un
est

vingt-quatrième planche

Jésus

est

renvoyé

par Hérode à Pilate. Hérode assis sur son trône donne,
air

moqueur,

l'ordre

d'emmener

le

Sauveur, qui

vêtu du manteau de dérision

et s'éloigne entre

deux

soldats,

dont l'un brandit sa massue, armée de pointes
Signé du seul
tirés

de

fer.

monogramme
les

d'Antoine
des

Sallarts.

Dans nos

à

part,

têtes

figures de cette

estampe ont

été

retouchées, et l'œuvre porte unique-

ment La

les initiales

de Jean-Christophe Jeghers.

Flagellation est représentée dans la vingt-cinquième
Jésus, le

planche.

corps presque entièrement dépouillé

de ses vêtements, est attaché à une colonne.
reaux placés
à
ses
et

Deux bourà
fer.

côtés

épuisent sur

lui leur rage,

coups de verges

de lanières armées d'étoiles de
lier

Un

troisième bourreau accroupi est en train de
faisceau.

des

verges en

Signé des

monogrammes

des deux
les tirés

maîtres et
à part.

reproduit, sans changements, dans

Le Couronnement d'épines
sixième
les

est

figuré dans la vingt-

planche.

Jésus est assis sur un
liens, et

bloc de pierre,

mains chargées de

épuisé par les souffran-

ces.

Deux bourreaux

se servent de bâtons

pour

fixer la

couronne d'épines sur son chef

divin.

Un

troisième


agenouillé, lui tire
la
il

35


en

langue,, et la tête découverte,

signe de dérision,

présente au Sauveur un roseau, en
l'avant-plan de droite,

guise de sceptre.
métal, sur
le

A

un

bassin de

bord

duquel

est

étendu un linge. Signé
reproduit, sans chan-

des

initiales

des deux

artistes et

gements, dans nos

tirés à part.

La

vingt-septième

planche
Pilate.

représente
Jésus, la
tète

le

Sauveur

montré au peuple par
d'épines,

couronnée
et

revêtu

du manteau de dérision,
liées, le

portant

dans une de ses mains
tre,

roseau en guise de sceple palais

est

debout,
Celui-ci

sur

une hauteur, devant
de
la

de

Pilate.

tenant
la

gauche

le

manteau

du

Christ,

montre de

droite la divine victime et dit aux
»

juits

:

« Voilà

l'homme.

La foule de

ces

malheureux

ré»

pond, pleine de rage, au gouverneur

Qu'il soit crucifié!

On

remarque, parmi cette multitude,
qui lèvent

quelques-uns de
toute prête.

ces forcenés

en

l'air

la

croix

Signé des

initiales

des

deux maîtres

et reproduit, sans

variations, dans le tirage à part.

Jésus chargé de

la

croix est le sujet de la vingt -huisoldats, dont

tième planche.
sont en train de

Deux

Tun

tient

un bâton,

charger l'épaule droite du Sauveur de

l'instrument du dernier supplice.

L'Homme-Dieu,
tient,
le

la tête

couronnée d'épines

et

lié

de cordes,
sous
des

des deux

mains, un des bras de
chancellent
artistes
et

la croix,

poids de laquelle
des
les

ses

jambes.

Signé

initiales

deux
tirés à

répété,

sans changements, dans

part.

dans

La première chute de Jésus sous la croix est figurée la vingt-neuvième planche. Le Sauveur s'aftaisse
supplice.
liés

sous l'instrument de son
lui la

Un

bourreau

tire à

corde

dont sont

ses

bras et touche de son

bâton
la

36

troupe mennçante de sol-

divine victime.

Une

dats s'arrêtent derrière Jésus, tandis

que d'autres
initiales

les pré-

cèdent

à

l'arrière-plan.

Signé

des

des
les

deux
tirés

maîtres et
à part.

reproduit, sans changements,

dans

La trentième planche
sa

a

pour sujet
sa sainte

le

Sauveur portant

croix

et

rencontré par

Mère. Des soldats

accompagnés de bourreaux^ dont
une
échelle, précèdent Jésus.

l'un porte

une corbeille
et

chargée des instruments du dernier supplice,

un autre
d'é-

Le Christ couronné
S*

pines et traînant sa croix, se tourne vers Marie, qui est

venue à

sa rencontre,

accompagnée de
son divin

Jean

et

qui

compatit aux souffrances de
initiales des

Fils.

Signé des

maîtres.

On

remarque, que contrairement
S'

à l'usage presque général.

Jean

est représenté

barbu

dans cette planche.

Les faces des figures ont été

l'objet

de quelques
part, qui

tra-

vaux supplémentaires dans

les tirés à

ne pré-

sentent pas d'autres différences.

La trente-unième planche représente Simon de
contraint
d'aider

Cj-rène

Jésus à porter sa croix.
le

Le Sauveur

entouré de soldats, fléchit sous

poids de l'instrument

de supplice, dont

est

chargée son épaule droite.
le

Simon
la croix.

de Cyrène prend, des deux mains,

milieu de
à

A

l'arrière-plan de droite,
soldats,

deux chefs

cheval précèdent
les

une troupe de

dont quelques-uns entraînent
les

deux larrons, qui s'avancent

mains

liées

derrière le

dos. Signé des initiales des deux artistes, et répété avec

quelques légers travaux supplémentaires aux visages des
figures,

dans

les tirés à part.
la

L'impression de

Sainte-Face

est

le

sujet

de

la

trente-deuxième planche.

La respectable matrone,

dési-


gnée
vulgairement sous
a reçu sur

37
le


nom
de
S^^

Véronique,
l'im-

un

linge qu'elle

tient des

deux mains,
Elle

pression
quitter
le
le

du visage sanglant de Jésus.
Sauveur
et

vient

de

considère
recueilli.
;

avec

attendrissement
plie

dépôt sacré qu'elle a
le

L'Homme-Dieu
soldat placé

sous

poids

de

la

croix

un

près

de

lui saisit la

manche gauche de

sa tunique,

pour

le for-

cer de poursuivre sa marche. D'autres soldats s'avancent
à la suite

du premier.

Un

corps de troupes, drapeau dé-

ployé, précède cette partie de l'escorte et se remarque à
l'arrière-plan.

Signé des

monogrammes

des deux artistes.

Nous ne possédons
à part.

pas cette estampe

dans nos

tirés

La Chute de Jésus près de
représentée dans
s'est affaissé
la le

la

Porte-du-Jugement

est

trente-troisième planche.

Le Christ
à la main,

sous
et
le

poids de

la

croix

;

un

chef, debout

prés de lui

bâton

de

commandement

interpelle les soldats de l'escorte.

Un

corps de troupes
la

précède

celle-ci,

dans

la

direction de

Porte-du-Juge-

ment. Signé des
Cette pièce

monogrammes

des maîtres.

fait

aussi défaut dans

notre tirage à part.
le sort

Les

Femmes

de Jérusalem déplorant
la

de Jésus,

sont représentées dans

trente-quatrième planche. Près
croix, se trouve
la

du Sauveur qui porte sa

un groupe de
à

femmes
fils.

éplorées,

dont une donne

main
le
:

son jeune

Un

soldat furieux pousse
filles

en avant

Christ, qui

adresse ces mots aux

de Jérusalem

«

Ne

pleurez

pas sur moi,

mais pleurez sur vous-mêmes

et sur

vos

enfants. » D'autres
retenir,
initiales

femmes, que des

soldats s'efforcent de

vont au-devant de l'Homme-Dieu.
des maîtres
et reproduit,

Signé

des

avec quelques légers

changements aux visages, dans

les tirés à part.

- 38La troisième chute de Jésus sous la croix est figurée dans la trente-cinquième planche. Le Sauveur vient de
tomber exténué de forces
la la
;

un

soldat saisit, d'une main,

croix et s'efforce, de l'autre, en vociférant, de relever

divine victime.

Un
;

second s'acharne sur Jésus, en branil

dissant sa hallebarde

pèse, du pied gauche, sur le corps
et

du Christ. Des troupes précèdent
Signé des

suivent ces bourreaux.

monogrammes

des deux maîtres et reproduit,

sans variantes, dans les tirés à part.

La trente-sixième planche nous montre
pouillé de ses vêtements.

le

Sauveur dé-

Jésus,

dont

le

pied droit est

posé sur

la croix, se

trouve debout devant un bourreau

qui lui enlève sa tunique.

Un

autre lui présente à boire

du vin mêlé de
spectacle,

fiel.

Un

troisième considère
est

ce

triste

tandis

qu'un quatrième
les

en train de forer

dans l'instrument de supplice

ouvertures des clous.
sont à la tête

Deux

chefs

à

cheval,

à l'arrière-plan,

d'une troupe de soldats. Signé des
et répété,

initiales

des

artistes

avec quelques légers changements aux visages,

dans

les tirés à part.
la croix est

Jésus attaché à

représenté dans la trente-

septième planche.
furie,

Un

vigoureux bourreau, transporté de

cloue
et

la

main

droite

du Sauveur

;

un second,

ac-

croupi

froidement

cruel,

disloque les

jambes de

l'Homme-Dieu, pour
pour recevoir
part.
le

assujettir les pieds

à la place forée

clou

qui doit les percer

de part en

Un

troisième bourreau, appuyé sur une bêche, est
prêt à

debout
Près de
et

et

creuser

l'endroit destiné à la croix.

lui se

trouve une corbeille contenant des cordes
bois,
et

un morceau de

dont l'anse retient une piola

che.

Une

troupe de soldats occupe

partie

inférieure
et répété,

du Calvaire. Signé des

initiales des maîtres

sans changements, dans le tirage à part.


Le Sauveur en
planche. Jésus

39


le

croix est le sujet de la trente-huitième

vient de rendre
le

dernier soupir

;

son

sein d'où découlent l'eau et
droite
et

sang, a été percé.

A

la

du Christ
;

se trouve sa
,

Mère, abreuvée de douleur
la

priant
les

S'

Jean

placé

à

gauche

de

l'Hommecelui

Dieu,

mains croisées sur
Signé
des

la poitrine,

l'invoque avec

ferveur.

monogrammes
la croix,

des maîtres,
et reproduit,

d'Antoine Sallarts au bas de

sans

changements, dans

les tirés à part.
la

La déposition de
vième
planche.

croix est figurée dans
S'^

la

trente-neu-

La

Vierge

est

assise

au pied de
bras

Tinstrument de notre
droit le
et relève,

salut.

Elle soutient de son

corps de Jésus,

qui est étendu sur ses genoux
le ciel, le bras

en contemplant

gauche de son

divin Fils, dont elle vient de considérer la
S'

main percée.

Jean navré de douleur, est debout derrière ce groupe.
l'avant-plan

A

sont placés à terre
la

un

bassin de cuivre
et

dans lequel plonge un linge,
trois

couronne d'épines
des
artistes

clous.

Signé des

initiales

et

répété

sauf quelques légers travaux aux visages, dans
part.

les tirés à

La quarantième
sevelissement

et dernière

planche représente l'EnS^^

du Sauveur.
profonde

La

Vierge se penche,
le

dans

la

plus

affliction, vers

corps de son
et

divin Fils, que Joseph

d'Arimathie,

Nicodème

deux

autres personnages déposent^ pleins de vénération, dans
le

tombeau.

Les saintes femmes assistent à ce

triste

spectacle.

Signé des

monogrammes

des maîtres.

Cette

estampe

fait

défaut dans nos tirés à part. par
la belle dis-

Cette série de planches se distingue
position
et le

des

scènes, l'expression des figures, l'ampleur
et
la

bien-rendu des draperies

hardiesse

des

rac-


courcis.

40


le

Les dessins en font
Sallarts, et

plus

grand honneur à
les a
lui

Antoine
d'une

Jean-Christophe Jeghers

rendus

façon magistralement pittoresque, qui

permet

de prendre hardiment place auprès de son célèbre père.
C'est à propos de ces planches,
citant Nagler, explique
ainsi le

que M. Chr. Kramm,
I

monogramme
:

CI

de
le-

notre maître, qui lui est resté inconnu
gber, au lieu de

Incidit Chr.

Jan Christoffel Jeghers (i).
de
la

L'année

même

publication du livre

cité,

Jean-

Christophe Jeghers orna

de

diverses

vignettes

de

sa

main, l'ouvrage du père Guillaume de Wael de Vronesteyn, de
la

Compagnie de
wonden Christi

Jésus, intitulé
Jesii verclaert

:

Croone dcr
be-

alderheylichsîc

met XXXF

inercJiingen, ailes getrocken

wt
(2).

de

ende KercMijcke

historié

H. Scriflure, HH. Vaders Une seule est signée du
remarque, au fond, un
et, à

monogramme du

maître.

On y

autel sur lequel se détache

une croix,

l'avant-plan,

l'Agneau de Dieu debout sur un roc. Le sang s'échappe
en abondance d'une large plaie qu'il a reçue au coeur et
est recueilli

dans un

calice,

d'où

il

se

répand sur

le roc,

pour retomber dans un bassin qui baigne

celui-ci.

Une

autre vignette
la

représente

le

Sauveur mort ap-

puyé sur
De Ce

croix et assis sur une roche.

Le sang s'échappe

[i)

levens en werken der Hollandsche en Vlaamsche kiinsischilders,

beeldhomvers, graveurs en honivmeestcrs, voce
(2)
livre translaté

Jegher

(Christoffel).

du

latin fut édité à

veuve de Jean Cnobbaert. dans la même ville, en 165 La couronne des playes
chie de
et

Une
1

Anvers, en 1649, par la traduction française en fut publiée,

chez Corneille

Woons, sous

ce titre

:

très-sacrées de

Nosire Seigneur Jesiis-Christ enriSS. Pères,

XXXV considérations,
la

tirées de l'Escriture Saincte, des
le

de l'histoire ecclesiasticqiie composées en latin par

R. P. Gvillavnie de

îVael de Vronestein de

Compagnie de

Jésus,

et

traduicte en français

par un Pcre

de la

même Compagnie.


avec abondance de
à terre la

41


On
et

la plaie

de son côté.
les

distingue

couronne d'épines,

clous

un

bassin

rempli de sang. Cette planche signée des

initiales

d'An-

toine Sallarts, qui en a fourni le dessin à Jean-Christophe

Jeghers,

fait

honneur aux deux

artistes.

Les autres productions du dernier maître
orné
le livre

dont

est

du pèie de Wael^ ont pour
des draperies

sujet des anges

qui tiennent

empreintes des
et

plaies

des

pieds et des

mains du Sauveur
pas

de sa Sainte-Face.

Nous ne doutons

que

les

dessins enraient été exéla

cutés par Antoine Sallarts, ainsi que celui de
décrite en premier
lieu.

gravure

Adrien Lommelin a copié sur
ces

cuivre ghers,

quelques-unes de

vignettes sur bois de Je-

dans l'édition française
il

de l'œuvre du père de

Wael, mais

est resté bien

au-dessous de son modèle.
des oeuvres suivantes
Pinchart,
se.

Nous avons trouvé la mention de notre artiste. M. Alexandre
mentionné
la

après avoir
:

signature
voit

1.

leghcrs

poursuit ainsi

« Cette signature se

au

bas de la grande vignette

que Hubert Antoine, imprimeur de Bruxelles^ beau-fils
et

successeur de Rutger Velpius, en
faire

1

615, avait coutume

de

appliquer à
sortirent

la

fin

des placards de format petit

in-4°,

qui

de ses presses de 1656 à 1660. La

vignette, imitée de celles dont son beau-père s'était servi,

représente un

joli

cartouche formé d'anges
trouve
et
:

et

de

fruits,

au miUeu duquel se
Christ crucifié

un double
la

aigle avec

un

en

cœur,

légende suivante bien

connue, sur des banderoles
protège
nos.

Siih timbra aJaruvi

tuamm
dans
la

Cette

gravure

sur

bois

est traitée
et le

manière du célèbre Christophe Jegher,

graveur que
lui

nous venons de
quelque

citer pourrait bien avoir
s'il

avec

quel-

Hcn de parenté,

n'est pas son

fils,

ce qui


A

42


)).

n'est point inadmissible (i)

M.

Pinchart, on

le sait

actuellement, a deviné juste.
l'exposition d'œuvres d'anciens graveurs anversois,
la Cité, à la

ouverte au local de

Anvers, en 1867, figurait

au n° 892 du Catalogue

devise de l'imprimerie Plan-

tinienne: Laboreet Constantia, avec des accessoires gravés

par Jean-Christophe Jeghers, et signée de ses initiales
I.C.I.(2).

Nous possédons un exemplaire de
exécutée

cette planche,

qui

a

été

indubitablement d'après un dessin
Quellin. Elle représente

du célèbre peintre Érasme
duquel debout

un
la

portique orné d'une belle guirlande de
trée
est

fruits, et à l'en-

à

droite, le

Travail,

sous
la

forme d'Hercule armé de sa massue et revêtu de

peau

du lion de Némée,
l'une de
tre,

et,

à gauche la Constance, qui appuie
tient,

ses
le

mains sur un piédestal. Elle

de

l'au-

avec

demi-dieu, une couronne de lauriers au-dessort d'un

sus de la

main qui
d'un

nuage

et

qui trace un cercle,
se

au

moyen

compas sur lequel
devise
la
:

détache
et

une

banderole avec
Cette
dernière

la célèbre

Labore

Constantia.

partie

de

composition

en

occupe
décrire

l'arrière-plan.
fait

La planche que nous venons de
Il

honneur aux deux maîtres.

est plus

que probable
la

que Jeghers a encore exécuté d'autres travaux pour
célèbre typographie que nous venons de

nommer.
à notre artiste

Feu Constant Piron, qui
une courte notice,
ajoute que

a

consacré

dont nous avons déjà parlé, nous
livres sont

apprend que plusieurs
Il

ornés de ses planches.

le

drapelet de procession (processievaantje)

de Notre-Dame de

Hanswyk

à Malines, qui

est

encore

(i) (2)

archives des
Op.
cit., p.

arts, sciences et lettres, le série,

T.

i,

p. 151,

167.


emporté actuellement par
nir, a été

43


de souve-

les pèlerins, à titre

exécuté par

lui (i).

Nous possédons un
par Jean-Christophe

autre drapelet de procession gravé

Jeghers,

en l'honneur de Notre-

Dame du
Schooten,
placée
la

Hoorst,
près

hameau dépendant

du

village

de
est

d'Anvers.
la S'=

A

l'avant-plan

de face

statue de

Vierge tenant l'Enfant Jésus
socle orné, entre

qui bénit.
autres, de

Ce groupe repose sur un
deux
têtes

de chérubins
:

ailés.

La base de

ce

socle porte l'mvocation suivante

Mater Dei
memento mei
Nicolas van de
pelle

(2).

du Hoorst,

et

Werve qui fonda, en 1436, la sa femme Catherine Mickaert,
Notre-Dame
et
le

chasont

agenouillés
chevalier est
tient des

devant

divin Enfant,

Le

vêtu d'un manteau doublé

de fourrure et

deux mains un cierge allumé. En face des
le

deux époux prie à genoux un jeune homme, dont
chapeau
pelle
et le

bâton de pèlerin reposent
est

à terre.

La chala

du Hoorst

représentée au fond gauche de

composition.

Un

drapeau,

signe de kermesse, flotte à

(i) C.-F.-A.

PiRON. lÂl^emeene hvensheschryving der mannen en
:(ïch

vroicwen van 'Belgie, tvelke

door hunne dapperheid,

vernuft, geest,

wetenscJmppen, kunst, deugden,

dwalingen of misdaden eenen naem verbl.

worven hchhen. Mechelcn, 1860. Byvoegsel (1862),
profité maintes fois des biographies d'artistes

167.

L'auteur a

que nous avons insérées
citer

dans l'édition de 1857 du Calalogiie du Musée d'Anvers, sans

nos travaux.
(2) «

Mère de Dieu souvenez-vous de moi.

»


son clocher.
côté,

44


dame
qui
se dirigent de ce

Un

seigneur et sa

tandis qu'un

campagnard
des

vient

de quitter
leur ren-

l'auberge à l'enseigne
contre,

Trois %pis, vient à

un verre à
Près

la

main.
ladite
là,

Un
un

autre paysan assis au

pied d'un arbre, devant
vider sa
pinte.
;

auberge, est en train de
pèlerin
se

de

rend vers

l'édifice sacré

plus loin, une
et

femme

tend à son enfant
figure
est

un drapelet de procession
train

une autre

en

de gagner

la chapelle.

On
toits

remarque, de ce côté,
couverts de chaume,
se

quatre petits
tout

bâtiments aux
les

comme

Trois Rois

qui

trouvent
et

du

côté

opposé. Vers

le

centre

du paysage,

toujours au fond,

se dresse l'antique château de Vordenstein,

que l'excelfit

lent vin

du Rhin dont ses caves étaient pourvues
danger d'être incendié par

échapper, en 1542, au

les

bandes du maréchal de Gueldre, Martin van Rossem(i).

A

droite,

on distingue

l'église

de

Schooten, près de

laquelle s'étend

un champ de

blé,

qu'un moissonneur

attaque de sa faucille. Cette planche est signée des initiales

de Jean- Christophe Jeghers. Elle se distingue par

les

expressions bien rendues et les poses naturelles des figures,
et l'efî'et pittoresque

du paysage

et

des fabriques dont

il

est

animé.
cette

Le revers de

estampe représente

les

armoiries de
et

Nicolas van de Werve, surmontées du

heaume

de son

(i) F. -H.

Mertens en K.-L. Torfs.

Geschiedeuis

van Antwerpen,
et

T. IV,

p. 80.

Catherine Mickaert,

fille

d'Arnould

de Gertrude

van Impehem,

était

dame de Vordenstein. Son mari
le
le

devait le jour à

Nicolas van de Werve,

vieux, et à Catherine van Wilre. Ainnialre
baron Isidore de S te in d'Allcn-

de la noblesse de ^Belgique, publiée par
slein,

1872, pp. 273 et 296.

,

cimier,
et

45


A
droite

ornées

de leurs lambrequins.
:

un

cartouche, avec cette inscription

iFouîinteur
£]ccx €[(ivô tlûtt îicu

iDcrue

lliîiîicr

in
(î).

I)ct

jacr

Î436
Cette partie,

comme

l'autre, est

remarquable par son

exécution magistrale.
INous possédons aussi

une

histoire

du vieux
et d'Esther,

et

du

jeune Tobie,

de Judith, de Susanne

ornée

de gravures sur bois par Jean-Christophe Jeghers. L'approbation d'une des premières éditions de cet ouvrage, écrit en

flamand, est datée du 19
notre artiste
est

juin

1624, époque à laquelle
Il

n'avait

pas

accompli sa sixième année.

donc évident qu"il exécuta ces estampes pour un
postérieur
,

tirage

dont nous ne pouvons

,

du

reste

préciser le temps. Notre

exemplaire a été imprimé,
civilité,

à

Anvers, en caractères de

par

Jean-Pierre Wilnotre
gilde

lemsens
S'

,

qui,

d'après

le

compte

de

de

Luc, du 18 septembre

1724 au 18 septembre
ayant été
pas trouvé

1725,

paya, en qualité de franc-maître libraire^ un supplément

de 12

florins,

24

florins

antérieurement verla

sés par lui.

Nous n'avons

réception

de ce

Willemssens, en qualité de maître imprimeur, mais bien

que du 18 septembre

17 17

au

18 septembre
faire le

17 18,

il

avait payé 21 florins 4 sous,
pier peint
et
ici

pour

négoce de pasoit,

de registres à écrire.

Q_uoi qu'il en

nous avons

des dates approximatives de l'édition

de

(i) «

Fondateur Mcssire Nicolas van den Wervç,

chevalier,

l'an

1436.

»

-46 notre volume,
qui, d'après
les écoles, à

l'approbation,

pouvait être
la

employé dans

l'enseignement de

jeunesse.

On

comprendra facilement,

Jeghers

étant

décédé en

1666-1667,
planches

comme nous
cela,

le

verrons plus loin, que ces

eussent beaucoup souffert, lorsque Willemsens

les utilisa.

Malgré

leurs restes
la
:

permettent

d'affir-

mer

qu'elles

datent

de

bonne époque de notre gra-

veur. Elles représentent

Le jeune Tobie guérissant son vieux père, en préet

sence de sa mère

de l'ange Raphaël. C'est
la

la

planche
l'a si-

du

titre

qui

est

répétée à

page 2
C.
I.

:

le

maître

jrnée

de son

monogramme I. Une femme couronnée

assise

entre

deux de ses

suivantes, dont l'une lui adresse la parole (page 16).

Susanne au bain, surprise par

les

vieillards

dont

l'un veut lui faire violence (p. 36).

4° Assuérus assis sur son trône et étendant son
tre vers

scep-

Esther agenouillée
qui relève
est

devant
la

lui

et

accompagnée

d'une suivante
L'orgueilleux
représenté,

queue
la

de son manteau.
Il

Aman

debout à
la

droite du roi.

est
et

au fond de

planche,

attaché

au gibet

deux oiseaux de proie dirigent leur vol vers son cadavre
(p. 41).

le

Au

milieu, la reine Esther,
à
la

la

couronne en
;

tête et

sceptre

main

;

à droite,

Judith
et

à gauche, le

jeune Tobie en costume de pèlerin
ture

portant à sa cein-

un chapelet orné d'une
les

croix.

Cette estampe, plus

grande que
lume.

précédentes,

se trouve à la fin

du vo-

La sixième planche forme

le

revers de la précédente.

Au

centre

est

figurée

la

ville

d'Anvers, coiffée d'une
Elle

tour crénelée, surmontée de

deux mains coupées.


tient

47


du
marquisat du
sait,

de

la

gauche

les

armoiries
était,

S'la

Empire romain, dont Anvers
capitale
;

comme on
Minerve

et,

de

la droite,

une

toile,

qui paraît destinée
et

à recevoir

une

inscription.

Apollon,

Mer-

cure,

reconnaissablcs à
elle et lui
la

leurs

attributs,

s'entretiennent
la toile.

avec

prêtent leur aide
voltige

pour déployer
dans
les
airs

A

droite,

Renommée

et

em-

bouche deux trompettes.

A

la

partie inférieure de l'esat-

trade sur laquelle posent les figures principales, sont

tachés six médaillons contenant les bustes de personnes

qui ont été en rapport, à

un

titre

quelconque, avec l'en-

seignement.

Ce sont

:

César

Trogney, César Oudin,

Gabriel Meurier (i), Mathias Sasbout, Corneille Kiliaen,
le célèbre

correcteur de l'imprimerie de Plantin, et

M.

Nicod. Cette planche qui occupe toute une page, a été
exécutée d'après un dessin du peintre

Erasme Quellin,

Nous avons vu que Catherine de Hemelaer^ première femme de l'artiste,
dont
elle

porte

les

initiales E. Q..

tint sur les fonts le

quatrième enfant de Jean-Christophe

Jeghers,

qui
I.C.I.

a

aussi

marqué l'estampe de son mono-

gramme

Cette

œuvre

d'art fait

honneur aux deux
la

maîtres, dont
collaboration à

nous avons mentionné précédemment
la

page 42 (2).
fils

(i) Gabriel Meurier,

de Pierre, né à Avesnes
le

et

maître d'école,

obtint la

bourgeoisie d'Anvers,

Vendredi 18 Juin 1542.

— Note
:

de feu M. Jean-Baptiste van der Straelen.
(2)
hias,

Voici

le titre

de l'ouvrage
soiie

cité

:

De

historié

van den ouden To-

ende van syneii

den jonghen

Tobias, vol schoone leeringen

inhoiidende hoe een vader synen sone onderiuysen sal, ende hoe een Godt-

vreesende kint synen vader onderdanigh sijn
kloeckheyt der edelder tvednwe Judith.

sal.

Noch

de historié

van de

Noch de
het

geschiedenisse der edelder

ende eerbaerder vrouive

Snsanna, met
is

vonnisse

van den jongelinck
van

ende prophect \DdiiicL Item noch

hier hy gestelt de schoone historié

.

-48 Le catalogue des estampes et des noine Pierre Wouters, que nous avons
f^raphie

dessins
cité

du chala bio-

dans
les

de Christophe Jeghers, mentionne
par son
fils

planches

suivantes, exécutées

Jean-Christophe. Elles

ont été toutes gravées sur bois, d'après Pierre-Paul Ru-

bens

:

l'Assomption
;

de

la

S""

Vierge

(n°

1130

dudit catalogue)

2° S' Pierre debout, signé du

monocité

gramme
Le

I.C.I. et 3° S' Paul,

son pendant (n° 1179).

Cataloc^iie

de Messire del Marmol, également
fait

dans ladite biographie, nous
suivantes de notre maître
I"
:

connaître les

estampes

L'Assomption de

la S^" Vierge, gravée, d'après est

Rubens,
la

par Paul Pontius; Jésus-Christ y
tie

représenté dans

par-

supérieure, prêt à recevoir sa sainte Mère. Jeghers re-

de coninginne
eiide

Esther. Getrocken

uyt den 'Bybel,

van

nieuius oversien,

naer den %oomschen Text verbetert.

Plusieurs passages de ce

livre,

dont
de
la

le

censeur, Maximilien van Eynatten,

chanoine

et

éco-

lâtre

cathédrale d'Anvers,

permit l'usage dans l'enseignement
actuellement.

public, paraîtraient autres, les détails

bien
relatifs

singuliers

Tels sont,

entre

à la circoncision d'Achior et les proposila

tions

des infâmes vieillards à

pudique Susanne. C'est donc

ici

le

cas d'appliquer la réflexion

énoncée par Joseph Droz, dans son Essai

sur l'art d'être heureux (Paris,
les

MDCCCVI,

p.

160), c qu'à

mesure que
»

mœurs

d'un peuple se corrompent sa langue devient chaste

L'introduction dans les écoles de l'ouvrage
les traits
cités,

flamand qui renferme
certaines figures peu

peut

servir aussi

à expliquer

vêtues de nos anciens artistes, qui passaient quasi inaperçues autrefois
et qu'il serait

peu convenable d'imiter actuellement.
Jeghers, d'après

La grande planche de
époque de frontispice
à

Érasme

Qiiellin,

que nous

décrivons ci-dessus, était déjà fort usée en 1659.

Elle servit à cette

un

dictionnaire flamand-espagnol rédigé par

Arnould de la Porte, chapelain en chef de la citadelle d'Anvers, et à un trésor des langues espagnole et flamande composé par le même
auteur, d'après

un

travail

de César Oudin, secrétaire du
dictionnaire
fut

roi,

et

d'autres linguistes.

Ce double
III et

publié ladite année à

Anvers, par Jérôme

Jean-Baptiste Vcrdussen.


figure

49


on y
lit

produisit la composition en sens contraire et y supprima la

du Sauveur.

Il

l'exécuta en bois et
fait le

le

nom
on
etc.

d'Antoine Sallarts,qui en aura
voit
la
:

dessin.
,

Au

revers

S''^

Trinité

,

et
ciel.

,

au

bas

des esclaves,

Signé

Ant. Sallarts

Joan. Jeghers sculp. (n°

454 de

l'ouvrage cité). Cette Assomption est celle que mentionne
le

Catalogue Wouters.

Un compas
la
et

entrelacé d'une banderole sur laquelle

se

lit

devise de l'imprimerie de Christophe

Plantin

:

Labore

Constant ia (n° 1168).
est

Il

est

probable que cette
citée à la

planche

celle
del

que nous avons
se

page 42.
cas,

Le Catalogue
mentionnant
le dessin est

Marmol

trompe, dans ce

en

la

comme

exécutée d'après Rubens, tandis que

l'œuvre de son élève Erasme Quellin, ainsi

que

cela résulte de

comparaisons soigneusement
la

faites.

Jean-Christophe Jeghers grava aussi
petite vignette de l'imprimerie de

grande

et la
le

Jérôme Verdussen,

troisième, qui était établie dans la Canimerstraat ou rue

des Brasseurs, à Tenseigne du Lion d'or (i).
pale est signée du

La

princi-

monogramme
un

I.C.I. et représente, dans

un encadrement,
gauche,

lion debout et tenant, de la patte
se
lisent
les

un cartouche sur lequel

lettres

HVD
d'une
plan

{Hieronymus Verdusseii).
rivière, sillonnée par

Un

paysage

entrecoupé
l'arrière-

un navire, occupe
est

de

cette petite

composition qui

exécutée avec
le

talent.

La

petite vignette est

conçue dans

même
un
il
:

sens.
car-

L'artiste exécuta

pour

le

même
orné,

imprimeur
centre

touche dont ses

initiales

occupent
et

le

est sur-

monté d'une

tète

d'ange

aux côtés, de deux

(i) J.-B.

VAN DER Straelen.

Gcshgllyste der nalionicUngcu van den
bl.

vermaerden Christoffel Tlantin, enz.,

300.

4

50


de bras
et

esprits célestes à qui leurs ailes tiennent lieu

de pieds. C'est une œuvre de mérite.

Nous mentionnerons finalement une planche représentant la célèbre cavalcade ou ommegang d'Anvers. Elle
est divisée

en deax parties. La première porte l'inscrip:

tion

suivante

Icy voye^^ vous

la

triomphante procession

d'Anvers fort curieusement

suivant leur prototype.
en

Mis

en

lumière par Jean Jeghers, demeurant

^Anvers sur la

Lombarde
de
les

Veste

au
:

«

Livre à escrire n. Voici l'inscription

la

deuxième

Icy commencent les chars de dévotions avec
fecit.

personnages par dict Jean Jeghers. Joan. Jeghers

Cette double

planche

a

été exécutée fort
Il

lestement,,

mais non
qu'elle a

sans

quelque mérite.

nous paraît évident

être colportée sur le parcours de
fait partie

Yommegang,

en guise de souvenir. Elle
feu notre beau-père
Straelen.

de

la

collection de

M. Pierre-Théodore Moons-van
livre
et

der

Jean Jeghers orna aussi de gravures un
très rare,

flamand
qui est

dont nous possédons un exemplaire

intitulé

:

Kluchtighe Calliope, uytbeldende den aert, eygen-

schappen, cnde manieren der
verscheyde

arme

hedelaeren,

hestacnde

in

manieren van
lesen (i).

eyschen.

Niet min

stichtelijck,

als

vermakelijckom
et

Cet opuscule en vers, sans date

dont l'auteur nous est inconnu, se vendait à Anvers,

chez Jacques van Ghelen, au Marché aux Œufs.

La

vignette

du

titre,

signée

J,

Jeghers, est

exécutée
le

d'après

quelque

dessin

de Pierre Brueghel,

vieux.

Elle représente, à l'avant-plan, trois enfants qu'un vieux

(i)

Traduction

:

La
la

plaisante Calliope,

représentant

le

caractère, les

attributs et la façon d'agir des pauvres mendiants, consistant

en diverses

manières de tendre
lire.

main. Ouvrage non moins édifiant qu'amusant à


mendiant
pour
la

51


train de dresser

et

deux commères sont en

quête.

A

l'arrière-plan,

une gueuse s'éloigne
Cette plan-

avec son nourrisson et un petit

bonhomme.
cinq,

che a du mérite.

Les autres,
dans
le

au

nombre de
et

sont
sur

disséminées
bois
,

volume

ont

été

copiées

avec

talent, d'après les célèbres

Mendiants de Jacques Callot,
avec

que l'auteur anonyme de l'opuscule mentionne
éloge à
la

page 54. Trois de ces gravures sont signées
I,

du monogramme
Il

CL
et

nous reste actuellement à parler du testament

de l'époque du décès de Jean-Christophe Jeghers. Ses
'

dispositions de dernière volonté furent reçues le 18 dé-

cembre 1666, par

le

notaire

André-François van

der

Donck,
que

le

vieux.

L'acte

qui

en a été dressé constate
lit.

l'artiste était

malade
la

et gardait le

Il

mentionne
la

aussi, et

pour cause,

présence

de Marie Marien,

femme en secondes noces de
effet,

Jeghers.
fait

Nous

lisons,

en

que

l'artiste

lui

avait

cadeau, à l'époque de

son mariage, d'un

collier d'or,

de deux chaînes de

la

même
pierres

matière,

destinées

à l'ornement de l'avant-bras,

d'une bague en diamant,
fines

d'une paire de

bracelets

en
et

pourvus
de

d'agrafes

en pierres
,

noires

d'une
fines.

paire

croissants

d'or

garnis

de

pierres

Ces bijoux étaient censés
trois

représenter

une valeur
considé-

d'environ

cents

florins

,

somme
encore

assez

rable à cette époque. Jeghers déclara qu'il avait toujours
été

d'intention

et

qu'il

l'était

,

qu'après

son
lui
syiie

décès, ces joyaux
survivraient

feraient

retour

aux enfants qui
keeren
aeii

{luederom souden gain ende

achtertelatcne kinderen').
térité

de sa

Le maître n'ayant pas eu de posseconde femme, cette idée de retour ferait


supposer que
ces
sa

52


appartenu à
épouse.
Qiioi qu'il en
la

objets

pouvaient avoir

Marie Lenaerts,
soit,

précédente

Marie Marien avait toujours protesté contre

ma-

nière de voir de son mari, parce qu'elle était persuadée

que

les

bijoux en question lui appartenaient absolument

et lui avaient été

donnés sans

réserve.
la

Elle entendait,

par conséquent,

qu'à l'époque de

dissolution de leur

mariage, ces biens devaient

lui rester

en toute propriété.
à cet égard
sa

Jeghers, désirant prévenir tous différends
entre
future,
les

tuteurs
à

de

ses

enfants mineurs et

veuve

assura
Il

celle-ci l'usage

de

ces
le

joyaux, sa vie

durant.

disposa

ensuite

qu'après

décès de Marie

Marien, ces objets devraient retourner, en nature, à ses
enfants survivants du premier
tants
et
lit

ou à leurs représen-

qu'ils

auraient

droit aussi à la valeur de ceux

de

ces

bijoux qui

auraient

subi des changements.

La

femme du

maître déclara
la

ratifier cet

arrangement. Elle
et

déclara ensuite, à

demande de son mari
que
les

pour prélui

venir toutes

difficultés,
la

biens

qui

étaient

provenus de

succession d'Elisabeth Weyer,

sa

mère,
de

et qu'elle avait

apportés en dot, montaient à
florins,

la

somme

quatre cent

quinze

outre

ce qui restait à touincertain.

cher

et était

regardé jusqu'ores

comme

Jeghers

nomma

tuteurs testamentaires

de ses enfants

mineurs

le

Signor Guillaume van Lamoen^

que nous
Elisabeth,

avons mentionné
et

comme

parrain

de sa

fille

Régnier Blanckaert (i), un des témoins de son second

mariage.

Le maître ordonna
(i)

enfin

qu'il

serait

enterré

dans
de

Par une étrange inadvertance,
qu'il

le

notaire écrivit Lanckaert,

même

nomma

Dierick (Thierry^ Theurlincx, un de ses témoins

qui signe Dirck Telyns.


l'abbaye

53


sa

de

S'

Michel,

près de

première femme.

Nous avons vu
Jeghers
Veste),

ci-dessus p. 50 que Jean-Christophe

habitait
à

au Rempart du

Lombard (Lombaerde
escrire.

l'enseigne

du Livre à
la

Son testament

fut reçu
la

dans une maison de
{'t

même

rue, (i)

nommée

Maison-Rouge

Root Huys).

Nous ne savons combien de temps
vécut à
qu'il
la

notre artiste sur-

réception de cet acte.
le

Il

est certain, toutefois,

décéda entre

18

décembre

1666,

date

de sa

confection, et le 18 septembre 1667. Sa dette mortuaire
figure,

Luc (2) du 18 septembre 1666 au 18 septembre de Tannée suieffet, le la

en

dans

compte de

gilde de S'

vante (3).

POST-SCRIPTUM.

Nous avons
de Plantin
travailla

décrit,

aux pp. 42

et

49,

une vignette

gravée par Jean-Christophe Jeghers, pour l'imprimerie
;

nous supposons que son père Christophe

également pour cette célèbre typographie. Nous
effet,

avons, en

rencontré depuis deux vignettes signées
la

des initiales du maître et reproduisant
et

devise
et

:

Labore

Constant ia.

Celle-ci

occupe dans l'une

l'autre le
la
,

centre

de

la

composition,

dans laquelle est figurée
et

main qui

sort

d'un

nuage

qui dirige le

compas

auquel est entrelacée ladite devise. La première de ces
petites

gravures se trouve

à

la

fin

de

l'ordonnance

royale du 27 mars 1623,

relative à la garde bourgeoise

(i) Protocoles

du notaire André-François van der Donck, année
II, p.

1666, p. 261, aux archives de la ville d'Anvers.
(2) Liggeren cités, T.

376.

(3) Cette notice est datée

du 7 juin 1873.


d'Anvers;
elle sortit la

54


année des presses de l'imqui l'entoure est
la

même
Le

primerie Plantinienne.

cartouche

orné

des figures

assises
la

du Travail représenté sous

forme d'Hercule, et de
d'une peau de lion,

Constance. Le demi-dieu, vêtu
reposer sa massue dans son
la la

laisse

bras droit et tient de la

main gauche, avec
au-dessus

Constance,
devise

une couronne
Plantin.

de laurier,
la

de

de

Dans
La
de

partie

supérieure du cartouche brille

une
de

étoile.

partie
feuilles.

inférieure est ornée de guirlandes

fruits et

Cette composition est gracieusevignette
est insérée à la

ment exécutée. La deuxième
suite de l'ordonnance du

Magistrat
celle

d'Anvers, rédigée

également en 1623, en suite de

du Roi. Aux deux

côtés du cartouche qui entoure la devise de l'imprimerie

de Plantin sont debout
cule, et la Constance.

le

Travail, sous la figure d'Her-

Le premier, vêtu également d'une
une massue
le

peau

de

lion,
la

tient

de

la

main

droite

et
11

laisse reposer

gauche sur

sommet

du cartouche.

s'entretient
droit, et

avec
la

dont
le

qui y appuie le bras la Constance, main gauche touche un piédestal, qui
côté.

soutient

cartouche de son

Cette petite gravure

a du mérite,

mais

elle

n'est

pas

exempte de certains

défauts de proportion (i).

Sources Registres des paroisses d'Anvers et actes de l'état Ph. RoMBOUTset Th. van Lerius. Les Liggeren et autres
:

civil.

archives

historiques de
ville.

la

gilde anversoisc

de Saint Luc.

Arcliives de la

(i)

Ce post-scriptum

est

daté du

3

juin

1874.

%J^

aJj^

*)^

%)^

<J$L*

%)^

«-Y^

O^

«.^

«J^

«^^

«^

i^jL*

«.^

«^^

«^^

*J^

«^^

François

MUNTSAERT.
MUNTSAERT).

(en flamand Frans

(1616-1650)

^^e

6 octobre 1613

fut béni à

S'

Jacques

le

ma-

iriage Je

Jean Muntsaert,
de

paroissien de NotreIls

(Danie, et

Catherine van Breen.

eurent

pour témoins leurs pères Nicolas Muntsaert van Breen.
Huit enfants leur durent
le

et

François

jour

:

ils

furent tenus

tous sur les fonts baptismaux de la

cathédrale, quartier
aïeul maternel
avait

sud

:

Marie,

le

24 août 1614, par son
et

François van

Breen,

Agnès

t'Sas, qui

épousé

dans
et

la

cathédrale, le 30 août 1580, Nicolas Muntsaert,

était

par

conséquent

la

grand'mère paternelle

de

l'enfant; 2° Jean, le 22 janvier 1616, par Jean de
et

Mayer
le

Catherine Peeters

;

3° son frère
le

jumeau François,
et

même
Nous
le

jour, par François
le

Fever
à

Catherine Rvff.
4° Jean-Baptiste,

retrouverons tout

l'heure.
et

4 janvier 1617, par Jean
,

Saey

Barbe van Sauwen,
belle -

femme de Jean Verdussen
François,
le

et future
le

mère

du

célèbre statuaire Artus Quellin,

vieux; 5°

Un

second

10 février 1623, par Jean Casier et Marie
reparlerons.
et

Saey.

Nous en

6° Sara,

le

3

novembre

1626, par Jean Piccavet
François van Breen
et

Sara van Sauwen, veuve do

par conséquent aïeule maternelle

de l'enfant; 7° Agnès,
Jacobs et
le

56
12
;

juin

1628, par Sébastien
le

Anne van

Papevclt

8° Catherine,

30 mai

1630, par Melchior van Audenborch et Catherine
saert.

Munt-

Un
effet,
1

de ces enfants
le

était destiné à
la

devenir peintre.

En

Liggere de

gilde de

S'

Luc mentionne, en
de
François

640-1 641,

l'inscription
et
le

comme
la

apprenti

Muntsaert,

compte de
les

même

année nous apWillcbrords
le

prend

qu'il

recevait
Il

leçons de

Thomas

Bosschart (i).

fut

reçu franc-maître entre

18 sep-

tembre 1641
quit en 16 16,

et le

18 du

môme

mois 1642 (2). De quel
Est-ce de celui qui na-

François Muntsaert

s'agit-il ici ?

ou

bien

de

celui qui vint au
à faire ici

monde en

1623

?

Nous croyons

avoir

au premier, non

pas tant qu'en cherchant bien, on ne trouvât des francs-

maîtres de S* Luc de 19 ans, mais pour un autre motif.

Qu'on

veuille

bien

remarquer que
dans
s'il

l'élève
le

inscrit

en

1640-1641
cice suivant,

passe
et

franc-maître

cours de l'exer-

qu'on nous dise

est admissible

qu'au

bout d'une année, un jeune
17 à 18 ans
à son
ait

homme

d'un

peu plus de

pu en apprendre
d'avis

assez,

pour enseigner

tour.

Nous sommes
ici

nous trouvons

que non, et que nous en face du François Muntsaert né en

16 16, et dont l'inscription, en temps opportun,
apprenti, aura
été omise, fait qui n'est pas sans

comme
précé-

dents (3).

(i) Ph. Rombouts et Th.van Lerius, avocat. LesLiggeren et autres archives historiques de la gilde anversoise de Saint Luc, T. II, pp. 118 et 124.

(2) Ibid., T.

II,

pp. 127 et 135.

(3) C'est le cas

Cardon.

Il

d'André Lanckmans, apprenti du sculpteur Forci aurait dû être inscrit en 1603, mais cela n'avait pas eu


Il

57

homme,
sera entré

est

probable que

le

jeune

après avoir

com-

mencé son
temps.

apprentissage, aura voyagé pendant

quelque

De

retour chez
l'atelier

lui,

il

ou rentré pour

une année, à
et

de

Thomas

Willebrords Bosschart,

en sera

sorti franc-maître l'année suivante.

Nous avons
compositions

appris suffisamment à connaître François
lui restituer

Muntsaert, en 1868, pour de
l'église

une des plus
de
notre
et

belles
ville.

S'

Jacques,

Voici comment.

A

la

vente

des

tableaux

objets

d'art délaissés par feu

M.
le

Jean-Baptiste Buelens, prêtre

catholique, qui eut lieu
trouvait

14 août de ladite année,
Famille en Egypte.
Il

se

un

Repos de la 5'^
lettres
loisir
la

portait

en

toutes

signature

du maître. Nous pûmes
avant l'adjudication,
la

l'examiner à
et

quelques jours
qu'il
était

nous convaincre
5"'^

de

même main
à
S*

que

V^Assomption de la
le

Vierge,
la
:

qui

orne,

Jacques,

monument même de

famille

Muntsaert.

Voici

la

composition de ce tableau
dessus de la tête

Le

ciel

paraît ouvert au-

de Marie, que
gloire.

les

anges transportent
Jésus, vêtue

au palais

du

Roi de

La mère de

d'une robe de satin blanc, porte ses

regards vers l'emtandis

pyrée
qu'elle

:

sa

main

droite

repose

sur sa poitrine,
la

exprime son ravissement de
au-dessus

gauche

;

un léger
la

voile voltige

de

sa

tête.

L'expression de

lieu.

Voulant
omission

se faire recevoir franc-maître à
le

Bruxelles,

il

fit

réparer

cette

16 avril 1616,

demanda

et obtint l'attestation

de

la

gilde d'Anvers et de son maître, relativement à ses années d'apprentissage. Liggeren,

T.

I,

p. 529.

Aucun

artiste

ne pouvait recevoir des élèves avant d'être admis
et,

comme franc-maître,
il

pourtant nous

taient pas inscrits et qui comptaient

en avons rencontré qui n'énéanmoins des apprentis. D'où
de
leur
inscription

faut conclure

que

la

non-mention
de
la

commç

francs-maîtres était le

fait

négligence,

face
est

58

-

heureuse

et

les

mains sont dignes d'Antoine

van Dyck.

Deux anges
longs,
est

ailés^

de grandeur naturelle, sont repré-

sentés près de la S'" Vierge. Celui de droite, aux cheveux

couvert en partie d'une draperie de pourpre
Il

brunâtre.

s'efforce de faire

monter

le

nuage qui porte
et

Marie. Le deuxième,
bleu, lui

aux cheveux bouclés
Sa
figure est

vêtu de

vient
;

en

aide.

recommandable

d'expression
côté.

celle

de son compagnon n'est vue que de

Un

groupe de
et

trois angelets,

dont l'un tient une coude celui-ci, tandis

ronne de roses

de
,

lis,

se joue près

que quatre autres

dont
la

un

est

représenté avec

une

branche de palmier à
haut
sans
le

main, s'efforcent de pousser en

nuage. Tous ces esprits célestes sont représentés

ailes,

mais à gauche

se

présente une tète d'ange

qui en est pourvue.

Ces petites figures se distinguent par
de leur expression
et

la

gracieuseté

de leurs poses. Leurs chairs sont

d'une morbidesse admirable. En

somme,

ce tableau

attri-

bué
à
S'

à

tort, jusqu'ici,
les

à

Pierre Thys, le vieux,
plus

compte
l'église

bon droit parmi
Jacques.

remarquables de

Le monument dans lequel
vante

il

est

enchâssé

et

qui est
sui-

orné de quelques anges en bois, porte l'inscription
:

D.

O.
Famille

M.

mvntsaert
R.

L

P.
le

La pierre sépulcrale rappelant
maternels du
maître, de ses

souvenir des
et

aïeux

parents

de

lui-même,


existait autrefois

59


Elle
est
:

en face de ce monument.

dé-

placée actuellement et porte l'inscription suivante

Sepvltvre van. eersaemen

Franchois van Breen

sterf

den 26
eerbare

Mey 1624

ende de

Sara van Sovwen
sterft

syne hvysvrove

d

en

I

April 1632 ende van

eersamen Jax Mx'ntsaert
haer lieden schoon soon
sterft

den 31 Martii A° 1665.

ende van eerbare Catharina

van Breen syne hvysvrovwe
649 ende van eersamen Francies
5
1

sterf

den

Febrvarii

MvNTSAERT haerliden soone
sterft

den 10

Mey 1650

Bidt voor de sielen (r).

François Muntsaert esr

décédé par conséquent
année.
lui

le

10

mai

1650,

dans sa

35''
s'il

Que
été

de chefs-d'œuvre

n'eut-il pas produit,

avait

donné de vivre

plus longtemps

!

Le payement de

sa dette mortuaire est renseigné dans

(i)

Traduction
le

:

Sépulture de Vhonorahle Fratiçois van 'Breen déet

cédé

26 mai 1624,
i

de l'honorable Sara van Souwen, sa femme,
leur
fils,

morte

le

avril

1632, et de ïhonorâble Jean Muntsaerl,
et

mort

le

31

mars 1665,

de l'honorable Catherine van 'Breen, sa
^'^

saert, leur fils,

femme, décédée le S février 1649, ^^ mort le 10 mai 1650.
140.

l'honorable François

Munt-

Priez pour leurs âmes.

Inp.

scriptions funéraires et

monumentales delà province d'envers, T.

II,


le

éo


(i)

compte de

la gilde

de

S'

Luc

du i8 septembre 1649

au 17 du
:

même

mois 1650 (2).

Registres des paroisses d'Anvers et actes de l'état civil. Sources Ph. Rombouts et Th. van Lerius. Les Liggeren et autres archives
historiques de la gilde anversoise de Saint Luc.

(i) Liggeren cités,

T.

II,

p. 211.

(2) Cette notice est datée du 10 avril 1875.

Gilles
(en flamand
:

NYTS
Gillis

NYTS)
?)

(i6i8?-i687

et

excellent

peintre
?

et

graveur à

l'eau - forte

[^^
prénom
rares
ville.
?

est-il

à

Anvers

Quelle est
?

la véritable

ortho-

graphe de son

nom

Comment
les

écrivait-il

son

Disons d'abord que
les

Nyts sont des plus

dans

anciens

registres des paroisses de notre
S'

Nous avons trouvé dans ceux de
22 janvier
1595,
Francine
le

Jacques, à la

date du

mariage

d'Artus ou ArCorstiaens.

nould Nyts avec

ou Françoise

Descendant ensuite jusqu'aux contemporains de notre
artiste,

nous avons découvert dans
à
la

la

cathédrale, quar-

tier

nord,

date du

Corneille Nyts et

23 mars 1654, le mariage de de Marie Stommele (i). Il eut pour
qui

témoins Gaspard Verbruggen,

pourrait

bien

être

l'excellent peintre de fleurs Gaspard-Pierre Verbruggen,

(i)

Il

va sans dire que
première

le

nom

de Nyts n'est pas

écrit

précisément

dans ces deux actes, ainsi que nous l'orthographions

ici.

On

écrit

Nayts

Neydts la seconde, ce qui prouve, quant au premier du moins, qu'on ne rendait que le son perçu. Faisons
la fois et

observer
tus

ici

en passant, qu'Arthur n'est pas du tout synonyme d'Arainsi

ou d'Arnould,

que

le croient

quelques-uns de nos contem-

porains.


le

62


Jean

vieux, distingué par

la

Iiardiesse de sa touche, et

de

Koeter.

L'administration du sacrement fut précédée
et

d'une dispense des trois bans
futur avait obtenue

du temps

clos,

que

le

de

l'évêque de Gand, et sa fiancée

des vicaires généraux d'Anvers. Corneille Nyts était par

conséquent un diocésain de l'évcché de Gand.
Voilà
,

sauf

les

actes

qui

concernent

directement

Gilles Nyts,

tout ce que nous ont fourni nos registres.

Son

baptistaire

y manque, de façon
ailleurs qu'à
si

qu'il naquit plus

que
plus

probablement

Anvers.

Nous

serions

afErmatifs à cet égard,
siècle

les

premières années du XVII^

ne présentaient pas de lacunes dans quelques-unes
la

de nos paroisses. D'après

date de son mariage, nous

sommes
vers cette

porté

à

croire

que Nyts naquit en 1618, ou

époque (i).
à la véritable
écrit Nyts,
lui

Quant

orthographe du

nom

du maître^

nous avons

parce que les deux tableaux que

nous possédons de

sont signés

de cette manière.

Ceux qui ornent
planches de

la galerie

royale de Dresde et diverses
la

l'artiste

portent

marque

Neyts.

On

peut

choisir par conséquent entre les

deux orthographes.

(i) Ceci

était

écrit,

lorsque nous avons reçu

par l'entremise de

M. A. -P.
trait

Sunaert,

professeur à l'académie royale de Gand, un exville.

des registres de l'église S* Nicolas, de ladite
le

Nous y

lisons

que

4

avril 1623,

le

baptême

fut conféré

dans ce temple, à Gilles
fut tenu sur les fonts

Neyt,

fils

de Josse

et

d'Anne Heye. Cet enfant

Anne Heyse. M. Sunaert nous mandait en même temps qu'à Gand les noms patronymiques Nyts, Neyts, Neyt et même Nys étaient souvent confondus anciennement. Nous n'avons,
par Gilles Neyt et

du

reste,

aucune certitude

qu'il

s'agit ici

de notre

artiste, les actes

qui le concernent à Anvers ne faisant mention d'aucun Nyts, soit

comme

témoin de son mariage,

soit

comme

ayant assisté aux bap-

têmes de ses enfants.

,

-63
Nous
ferons remarquer
ici,
si

en passant, que puisque
d'écrire leurs

nos ancêtres se souciaient
différentes manières,
il

peu

noms de

n'est pas étonnant

que ceux qui

recevaient leurs actes, se

soient octroyé encore de plus

grandes licences à cet égard.

Quant

à la manière dont l'artiste écrivait son
celui-ci

prénom,
en

nous ferons observer d'abord que
latin jEgidiiis
:

signifie

aussi

l'un des tableaux de la galerie de

Dresde

est-il

signé en

abrégé

:

y£".

Neyis (i).

Chacun

de ceux qui nous appartiennent est marqué /. Nyts. Ce
J au lieu de

G

étant

une incorrection,

a

embarrassé Chrécelle-ci

tien

Kramm

(2), mais

nous avons prouvé que
jadis,

se commettait

parfois

témoins Gillis

Tnns
dans

et
le

GiHis Bollaert,

dont

le

prénom

est écrit Jillis,

compte de
Gilles

la

gilde de S*

Luc de 1628-1629

(3).

Nyts ne figure pas

comme
S'

apprenti
:

dans

le

Liggere de notre corporation de

Luc

il

n'en dut pas

moins son éducation

artistique

à

un maître anversois.

Le peintre
suffit,

n'est autre

que

le

célèbre

Luc van Uden.
les

Il

pour en être convaincu, de comparer ses producdimension, avec

tions, surtout celles de petite

œuvres

de Nyts, qui n'a jamais,
d'autres

que nous sachions, exécuté

peintures

que des tableaux de chevalet. Nous
aussi

sommes persuadé

que van Uden a enseigné

à

(i)

JuLius HùBNER.

Ferieichiiiss dcr
11°

Kôuiglichen Gemàlde-GaUeiie

^u T)resden. Dresden, 1872, p. 228,
{2)

1026.

T>e îevens en werken der Hollandsche en Vlaamsche hinstschilders,

heeldboutuers,
p.

graveurs en

bouiuineesters.

Amsterdam, 1860, T. IV,
et

1196.
(3)

Phil.

Rombouts

et

Th. van Lerius, avocat. Les Liggeren
I,

autres archives historiques de la ^ilde anversoise de Saint Luc,T.

p.

671

T.

II,

p.

186.

- 64notre artiste
la

gravure à l'eau -forte

:

il

ne

faut,

en

efîet,

que mettre leurs estampes en regard, pour en avoir
preuve.

la

Au

reste,
il

si

l'élève

eut

des points de contact

avec son maître,
original,

n'en fut pas

moins un
admis à

artiste fort

Nyts se maria,
maîtrise de
S'
S*-

avant d'avoir
Il

été

la

franc-

Luc, à Anvers.
ville, le

épousa dans

l'église

de

Jacques de cette
Ils

Porte.

27 juin 1643, Claire de la eurent pour témoins Gautier Mertens et Henri
Celui-ci
la

de

la

Porte.

était

le fils

aîné

et

le

premier
;

enfant de Michel de

Porte et de Barbe van Ast

il

fut

tenu sur

les fonts

de

l'église S'

André

le

5

avril
la

16 18,

par Balthasar Bolgaro, qui fut reçu

membre de
la

cham-

bre de rhétorique de la Giroflée (Violierè) en 1623-1624(1)
et

Anne Dosins. Michel
à
S'

la

Porte ou de
le

Porte qui

contracta mariage,

Georges,

22 janvier 1617,

figure dans notre L/^^^;'é, en 15 99-1 600,

comme

apprenti

du peintre Jean Haek (2). Jean de
tisé à S'

la

Porte, son

fils,

bap-

André,

le

12 avril 1619, eut pour parrain Jean
et

Cooymans, marchand
maître de notre gilde

amateur de tableaux, francS'

de

Luc, en

1

607-1 608 (3),
le

et

pour marraine Susanne van Eelen, dont

nom

patro-

nymique
Gilles,

rappelle celui de
et

la

mère des célèbres peintres
Gilles Nyts, était-elle
?

Bonaventure

Jean Peeters.

Claire de la Porte, la
fille

femme de

de Michel et

de Barbe van Ast

Nous

n'oserions

l'affirmer, faute d'avoir

pu trouver son acte de baptême
II

ou tout autre document qui constate sa descendance
est certain,

en tout
cités,

cas, qu'elle leur était apparentée.

(i) (2)

Liggeren
0/7. cit.,

T.

I,

p. 605.

T.
I,

I, p.

410.

(3) Ibid.,

T.

p. 440.

son mari.
ques
:

65

trois enfants

Claire de la Porte donna, à Anvers,

à

Les deux premiers furent baptisés à
Barbe,
le

S' Jac-

I*'

24

Puttaert

;

marraine,
i''"'

parrain, François 1644 Barbe van der Graclit ; 2" Théojuin
;

dore,

le

marraine,
Porte.

avril 1649 Angèle de

;

parrain,

Théodore de
au

la

Barge;

la

Porte,

nom d'Anne

de

la

Le troisième rejeton vint au monde sur

le terri-

toire de la paroisse S^

André

et fut
le

tenu sur
6

les fonts
(la

de

cette église, en 1652, le
registre
est

4 ou

août

date du
Dielis
(i).
fut
;

douteuse), par Jean Dielis et
le

Anne
mère

on

lui

donna
est

prénom de
dans

Claire,
le

sa

Ce

Jean Dielis

probablement

brodeur qui
gilde

reçu

comme
Nyts
car
il

franc-maître

notre

de

S*

Luc, en

1618-1619. (2)
eut-il

d'autres

enfants
?

ailleurs

qu'à Anvers,

a certainement

voyagé

C'est ce que nous igno-

rons.
L'artiste entra

dans notre gilde

de

S'

Luc,

comme
a

franc-maître, en 1647-1648 (3).

Un

connaisseur, qui

vu beaucoup de tableaux, nous a rapporté

qu'il avait

admiré des paysages de Gilles Nyts, dont David Teniers,
le

jeune, avait exécuté
le

les

figures.

Ce maître

le

menson

tionne dans

Catalogue des peintres dont l'archiduc
Il

Léopold-Guillaume possédait des tableaux.

écrit

nom

Egidius Nijts(j\).

[i)

Le

nom

du peintre
invoqués.

est écrit

deux

fois

Nyts

et

deux

fois

Neyts,

dans

les actes

(2) Lia^geren cités,
(3)

T. T.

I,

p. 553.

Liggeren

cités,
le

II,

pp

186

et

192.

Son nom

est estropié et

écrit
(4)

Nyes dans

Liggere et le compte de 1647-1648.

A

la suite

de l'introduction du Théâtre des peinlvres de David

Teniers.
5


Une demande

66


:

à ce propos

Les points qui surmontent parfois Vy de Nyts
se trouvent aussi sur les

et

qui

deux paysages que nous possécause

dons de
l'école

lui,

sont-ils
?

la

de son classement dans
a

hollandaise
,

Ce classement
à
Paris,

été

adopté au

musée du Louvre

qui ne possède pas moins
le

de neuf dessins du maître (i). Charles

Blanc, sans se

prononcer à l'égard de

la nationalité

de Nyts, est d'avis
)); il

que

ses

estampes

« rappellent

Ruysdael

est

vrai

qu'il ajoute aussitôt:

« et surtout

Elshcimer (2).»

Si les

deux points en question ont exercé quelque inla

fluence sur
tort,

production de cette erreur,
l'y

c'est

bien à

car

on marquait

de ce tréma aussi bien en Bel-

gique qu'en Hollande, jusqu'au XVIL' siècle. Cet usage
fut

abandonné pendant
il

le

siècle suivant,

dans nos pro-

vinces, mais
reste, Gilles

fut retenu par

nos voisins

du Nord.

Au

Nyts ne

tient pas plus à l'école hollandaise

que Luc van Uden, son maître.

Nous connaissons
artiste

trois

tableaux

sur

lesquels

notre

a inscrit
les

une date. Deux de ces peintures, qui
anciennes,
sont notre
:

portent

plus

propriété.

En

voici la description successive

Un homme

en guêtres,

assis

à

l'avant-plan, au bord
la ligne
la
:

d'une eau courante, est en train de pêcher à

près de lui se tient une personne de condition,
à la main, et

canne

accompagnée de son chien, qui s'amuse à

^i)

Frédéric Raiset. Catalogue

des dessins

(etc.)
:

exposés

au
écoles

Musée impérial du Louvre.
allemande, flamande
(2)
et

'Première partie

école d'Italie,

hollandaise, Paris, 1866, Ixxxix.

Ch. le Blanc. Manuel de l'amateur
p. III

d'estampes.

Paris,

1856,

T.

III,

prendre ses ébats.
cette partie
se tiennent

67

le

Une

luxuriante végétation s'étale sur

du tableau.

Dans
bras

chemin sablonneux où

nos personnages, passent un
tenant

homme
un

et

une

femme,
l'autre

l'un

au
Ils

un

sac et
le

portefeuille,

une

corbeille.

sont sur

point de rencontrer

un

gaillard qui dort

profondément, appuyé à un montitraversent

cule.

La route

qu'ils

conduit

à

un ancien

château, en partie ruiné, mais néanmoins habité encore,
et qui

est

rendu

très
le

pittorcsquement

:

deux hommes

s'entretiennent
teresse.

sur

pont qui conduit à la vieille forqui paraît fort pressé, à en juger

Un

troisième

par

la rapidité

de sa marche, semble se diriger vers un
l'on a
foit

endroit assez éloigné où
porte sans doute

la

fenaison.

Il

ap-

un message

à celui qui garde les foins.

A

gauche de
le

la

composition s'étend un bois sur lequel
et

se détache

château,

des montagnes bordent cette
est

partie de l'horizon.

La campagne

embelUe, au centre,

d'une grande quantité d'arbres fort
et

artistemênt disposés
bois.

que borne,
la

à l'arrière-plan,

un second

A

droite

de

composition s'étend

un rideau d'arbres
l'eau.
et

et d'ar-

bustes qui sont reflétés dans

Dans

le

ciel d'azur

qui

paraît

emprunté

à

l'ItaHe

qu'entrecoupent des
:

nuages ensoleillés,
J. Nijts.
la

s'ébattent quelques oiseaux. Signé

1667.

Ce
et la

tableau se distingue par la légèreté,

transparence

manière brillante de son exécution.
et
les autres plantes se

On

y croirait voir les arbres remuer sous l'action d'un vent
dont quelques-unes

à peine perceptible.

Les
la

figurines,

doivent être

vues à

loupe, sont d'une rare élégance et

dessinées avec beau-

coup de finesse
été ajoutées au

et d'esprit

:

il

est

évident qu'elles n'ont

paysage

qu'après l'achèvement de cette

partie de la composition.

Le fond sablonneux de

l'avant-


que
la

68


éloges, aussi bien
traités le feuillage des

plan a droit également à de grands
façon
délicate

dont sont

arbres et les plantes qui ornent la peinture.

Le second tableau

est

conçu de

la

manière suivante.

A

l'avant-plan

d'un paysage, s'avance un pâtre vêtu à

l'italienne,,

que deux mulets suivent à quelque distance.
qui

Derrière eux s'étend une eau

baigne

une élévation
pittoresques et

de

terrain

dominée par
par
la

les ruines, très et
les

envahies

déjà

mousse

plantes parasites,
là.

d'une forteresse.
est

Un homme

chemine près de
le

La vue
la

bornée

de ce côté^ c'est-à-dire vers
et à

centie de

composition

gauche, par une chaîne de montagnes.

L'artiste a représenté la scène après le

coucher du

soleil.

La

partie

antérieure du tableau est enrichie de plantes
espèces,
sur
d'arbustes
et

de diverses
derniers

d'arbres.

Un

de ces

s'élève

un

tertre et à travers

son feuillage

brillent les lueurs

du crépuscule. Des montagnes moins

hautes que

les

précédentes ferment l'horizon de ce côté.

Un

ciel

d'azur entrecoupé de nuages ensoleillés et dans

lequel volent

quelques
1669.

oiseaux,

éclaire la composition.

Signé

:

J. Nijts.

Cette peinture peut,
tée

comme

la

précédente, être comp-

parmi
et

les

chefs-d'œuvre du maître. Elles mesurent
35

l'une

l'autre

centimètres

en

hauteur sur 48 en

laro;eur.

Le troisième tableau daté dont nous avons
celui de la

parlé, est

galerie

royale

de Dresde.
et

Il

représente un
;

paysage montueux, avec des bois
plan une

des ruines
cheval^

à l'avant-

dame
:

et

deux hommes
Neyts f. 16S1.
est

à

et

un men-

diant. Signé

^.

Cette

composition
le

peinte sur toile tandis que les

miennes

sont sur panneau.

La
galerie Gilles Nyts. C'est

69

toile

de Dresde possède une seconde

de
ar-

un paysage montueux avec des

bres et des ruines (i).

Un

paysage du maître parut à Anvers, en 1762, à
la

la

vente de

douairière de Proli et y produisit 40 florins

de change (2).

Le catalogue de
noble gradué

la

collection

renommée du chanoine

de

la

cathédrale d'Anvers, Pierre-André-

Joseph Knyff,
notre maître
:

signale,
«
le

en ces termes, une peinture de
la
ville

La vue de

d'Anvers^ où l'on

remarque, sur

devant, quantité de belles figures, d'ar:

bres et d'animaux

on admire dans ce tableau

le

grand
la

soin que l'artiste a donné à l'exécution de la tour de
cathédrale,
rien
fini,

des bâtiments et des arbres

;

car

on ne peut

voir

en ce genre

de plus vrai
cet

et

d'un plus beau
n'a rien peint

et l'on

ose assurer que

artiste

qui soit au-dessus

de ce morceau.

Haut,

21 pouces;
florins

large, 31. Toile (3).» Cette

œuvre

fiât

vendue 31

de change, au mois de

juillet

1785.

Au mois
du maître
ville,

d'août de la

même

année deux productions

fiirent

présentées en vente publique, en notre

à la mortuaire
les

du peintre Jean-François Beschey.
ainsi
est
:

Le catalogue
tiaux.

décrit

«

Deux

jolis

paysages
bes-

montagneux, dont l'un

orné

de

figures et de

Le second de bohémiennes qui disent la bonne aventure à un paysan et d'autres figures. Haut, 14 pouCi) JULIUS (2)

HÙBNER. Op.

cit.,

228, nos 1026, IO27,

PiETER Terwesten. Catdogiis of naamlyst van schilderyen met derielver prysen ledert den 22 augiisti i']S2, tôt den ji novemher iy6S. Zo in Holland ah Brahand en op andere plaatsen in het openhaar verkogt. s' Gravenhagc, 1770, 277, no 39.
(3) Catalogue cite, p.
33, n" 129.


ces 1/2; large,

70


Ces peintures furent
florins

20 1/2. Bois (i)».

adjugées

au

sieur

Bauwens, moyennant 39

de

change.
Voilà, outre
à

un paysage que nous avons vu, un
artiste,

jour,

Anvers,

chez un

tous les tableaux de Nyts

dont nous avons pu avoir connaissance.
taine

Preuve cerd'autres

que ses productions

se

vendent

sous

noms.

Nous possédons de
les, prise

notre

peintre

un dessin
la ville

colorié

fort intéressant représentant une vue de

de Bruxel-

du dehors.
d'un

Elle

est

exécutée avec beaucoup
assis sur

d'art et et

étoffée

brave

homme
la

un mulet

en train de se diriger sur
:

capitale

du Brabant.

Signé

'^eijts.

Un

second dessin du

même
sujet
et

artiste a été

exposé, à

Anvers, en 1867, par M. Jean-Théodore-Joseph Linnig,
peintre-graveur.
se
Il

a

pour

une avenue dans laquelle

promènent un seigneur

une dame,

et

au second

plan,

un pont de pierre conduisant à un château. Cette
à
la

œuvre-d'art de mérite exécutée
bistre, est signée
:

plume

et lavée

au

G.

^IsL^^yls

f. (2). Elle

nous a été cé-

dée par son propriétaire.

Le chanoine de
ters,

S'

Gommaire,

à

Lierre, Pierre

Woude

ne possédait pas moins de cinq dessins de Nyts.
le

Un

seul est décrit en ces termes dans

catalogue

sa collection qui fut

vendue à

Bruxelles,,

en 1797.

ci

Un

(1)

Catalogue

cité, p.

21, n°^ 97 et 98.

(2) Catalogue

de.

.

.

gravures, livres
.
.

et dessins,
.

par des maîtres anles

versais des i^<^, i6^, ly^ et 18^ siècles,
ciété

réunis par

soins de la Sole local

royale pour l'encouragement des Beaux-Arts, et exposés dans

de la Bourse, à la Cité d'Anvers, p. 261, n° 155.


très fin petit

71


et fables

paysage orné de figures
et lavé

par Gilles
».

Neyts, à

la

plume

d'un peu de couleurs (i)

Quatre compositions de notre
la collection

artiste faisaient partie

de

du chevalier]. Cambertyn, de Bruxelles, qui
en 1865
:

fut

vendue

à Paris,

i"

Une vue d'un
et

bois, dessin
;

à la

plume

lavé à
forêt,

l'encre de Chine

au bistre

une

vue d'une
rehaussé de

dessin
;

à

la

plume, lavé au

bistre et
le

couleurs
la

3° pays

où l'on voit dans

fond
;

une

ville,

dessin à

plume,
la

rehaussé de couleurs

vue d'un pays au bord de
sur peau de vélin (2).

mer,

à la

mine de plomb

Feu M. D. Vis-Blokhuizen possédait également quatre
dessins de
à la

Nyts
;

:


et
;

une vue de

la ville

de Termonde,
la

plume

deux paysages, à

plume

et à

l'encre de
l'aquarelle

Chine
(3).
le

4" étude de vaches et de chevaux^ à

Charles

Blanc ne décrit pas moins

de 25 gravures

à l'eau-forte exécutées par notre maître.

En
larg.

voici l'énu-

mération mètres
;

:

Vue
la

de
la

la ville

de Lille
15.

:

290
état
:

milli-

haut.

151;

marge

— Premier
27.
le

avant

les vers

dans

martre.

Le

cavalier à o;auche, sur la

G. N. Larg. 47 millim.; haut. l'Ange ; paysage montagneux. Dans
terre,


à

Tobie

et

bas,

gauche,
Clair de

G. Neyts. Larg. 56 millim.; haut., 52. 4° Le
lune. Larg.

58

millim.; haut.
et

47.

Le paysan qui
le bas,

garde une vache
che, G.
(i)

deux chevaux. Dans

à

gau-

N. Large, 79
J. 't

millim.; haut. 60. 6"
cilc,

Le

talus au

N.
le

Sas. Catalogue

p.

235,

11°

330.

{2) Catalogue de

V intéressante
le

collection d'estampes et de dessins

com-

posant

cabinet de feu M.,

chevalier J.

Caniherlyn, de 'Bruxelles.

Paris, 1865, 2^ partie, 218,
(3J Catalogue

11°*

266

p. 269.

de

la collection

de cet amateur vendue à Rotterdam,

en 1871,

p. 72, n""

447-449.

vieil arbre.

Larg, 79 millim.; haut.
;

60.

Le clocher
avec

dans un bas-fond

sur

le

premier plan, un

homme

un bâton,
val. Larg.

et à côté

de

lui

une bête
65.

à cornes

ou un cheet
la

88 miUim.;
sur

haut.
le

L'homme

femme marchant
haut.
10° 90.

chemin. Larg.
iio

10 1 millim.;
haut. 99.

L'étang. Larg.
la forêt.

millim.;

Le chemin dans
11°

Larg. 115 millim.; haut.

loi.

Le canal avec une
12°
le

écluse. Larg.
la

117 millim.;
de Dor-

haut. 78.

Le pont de bois avec
fond.

ville

drecht dans

Dans

la

marge à

droite,
état
:

G. Neyts.
avec
l'a;

Larg. 117 millim.; haut.
dresse
:

106.

Premier
:

loa. Huyssens ex.

Deuxième

l'adresse effacée

on en voit encore des traces.

Ce Jean Huyssens
S'
fils

fut reçu franc-maître
i,

de

la

gilde de
libraire

Luc, à Anvers, en 1630-163
de maître (i).
Il

en qualité de

résulte de sa signature sur les plan-

ches de Nyts qu'il
et éditeur

était aussi

imprimeur en
bord

taille

douce

de gravures.

13° Les

chaumières sur

le

de l'eau. Signé

:

G. Neyts. Larg. 120 millim.; haut. 199. 14° Les ruines
d'un amphithéâtre. Larg. 128 millim.; haut. 90. 15° Le

chemin garni de grands arbres
que
ge,
l'on croit être
le

;

dans

le

fond, une ville

Dordrecht

;

vers la droite de la mar-

nom
de
inc.

très

légèrement gravé.
carrée.

Larg. 133 miUim.;
bas de
la

haut. 90.

16°

La tour

Au
en

droite,

en

dehors

l'estampe,

on

lit,

très petits caractères,

G. Neyts
lage

Larg. 135 millim.; haut. 90.
l'eau.

17°

Le

vil-

au bord de

Larg.

135

millim.; haut. 92.

Pièce non signée. 18° Le jeune Tobie.

Au

bas de

l'es-

tampe, vers

la

gauche,

G. Neyts

/.

Larg.

167 miHim.;

(i) Liggercn cités, T.

II,

pp. 15 et 19.


haut. 124. Premier état
ex.
:

73


:

avec l'adresse
:

loa.

Hiiysscns

Deuxième

:

avec l'adresse

F. V.
et

W.

ex.

(Fran-

çois van den Wyngaerde,

graveur

éditeur d'estamest

pes, à Anvers). 19°

Le

petit pont.

Le nom G. Neyts

gravé au bas de

la droite.

Larg. 167 millim.; haut. 124.

Premier
dresse F.

état

:

avant
ex.

l'adresse.

Deuxième
renvoyant

:

avec

l'a-

V.

W.

au-dessous du bord supérieur gau-

che

de l'estampe. 20°
la

Abraham

Agar.

Au
l'a-

bas de

gauche,

en

dehors de l'estampe, G. Neyts.

Larg. 167 millim.; haut. 126.
dresse
:

Premier
:

état

avec

loa. Hiiysscns ex.
la

Deuxième
droite.

avec l'adresse F.

V.

W., dans

marge

à

21° Le Cavalier. Les

mots G. Neyts sont
126. Premier état

tracés en caractères presque imper-

ceptibles vers la droite
:

du

bas. Larg.

173 millim.; haut.

avant

toute

adresse.

Deuxième
:

:

avec l'adresse loa.
dresse de François
frenier.

Huyssens ex. Troisième

avec

l'a-

van den Wyngaerde.
in.

22° Le pale-

Le nom de G. Nyts
état

est

vers la gauche du

bas en dehors de l'estampe. Larg. 173 millim.; haut.

127.

Premier

:

avant

toute
ex.,

adresse.

Deuxième
marge du

:

avec
à

l'adresse loa. Huyssens

dans

la

bas,

gauche. Troisième

:

avec l'adresse de François van den
et

Wyngaerde. 23° L'homme
G. Neyts
Larg.
est vers
la droite

son chien.
bas,

Le nom de
de
l'estampe.
état
:

du

hors

176

millim.;

haut.
:

126.

Premier

avant

toute adresse.
ex.

Deuxième
:

avec l'adresse loa. Huyssens

Troisième

avec l'adresse de François van den
S'

Wynloa.

gaerde. 24° La tentation de
lim.
;

Antoine. Larg. 234 mil:

haut.
ex.

178.

Premier
:

état

avec

l'adresse

Huyssens

Deuxième
les

avec l'adresse de François van

den Wyngaerde.

Nous avons sous

yeux un

exemplaire de

ce dcr-


nier état.
Il

74
liors


de l'estampe, à droite
V.
:

est

signé,

G.

Neyts
i

in.-,

à gauche, Franc.
la

Wvjn. excudit,

et

marqué
che.

au milieu de
isolé

marge

inférieure de la plan:

25° L'arbre

au milieu des rochers. Signé
Larg. 259
millim.;

G. l>Lcyts inventor 162 (i).

et fecii.

hauteur

La description sommaire qui précède ne nous permet pas de reconnaître si la planche suivante qui faisait
partie

de

la

collection
le

Wincklcr

y

est

comprise

:

Paysage décoré sur
de figurines
;

premier plan, de beaux arbres
et
le

et

sur le second

troisième plans, de
diriareant

beaux lointains avec
leur

deux hommes à cheval
:

marche vers

la

gauche. Marqué

G. ^nyts (2)

inv.

F. V.

On

en travers (3). voudra bien remarquer la faute ISLtiyts.
exe. petit in-4°

W.

Au

reste
tête

voici le

sommaire placé par Hûber
:

et

Stimmel en

de l'estampe
peintre de
Bas.

Nuyt,

Nuyts ou Nooit, (G. van
et

der)^

paysages

graveur à l'eau-forte, des Pays-

Soyez donc un

artiste

de grand mérite pour être

exposé à voir, après votre mort, estropier votre
cette

nom

de

manière

!

Le Blanc rapporte, sans aucune preuve, que Gilles Nyts travailla en Hollande et en Belgique de 1650 à
1690.

Nous avons trouvé

l'annotation suivante dans le

compte de

l'église cathédrale

d'Anvers,

de

la S'^

Bavon
o

1686 à 1687, au poste des recettes des nouveaux droits
d'enterrements
:

«

1687.

Le Signor Neyts,
T.
III,

6

florins

(i)

Ch. le Blanc,
:

o/?-.

cit.,

pp. 111-112.

(2) Lisez

G. Nyts ou Neyts.
et J.-G.

(3)

Michel Huber

Stimmel. Catalogue raisonné du
et
11°

cabinet

iVestampes de feu

Monsieur îVinckler, banquier
3405.

membre du Sénat, à

Leipiig. Leipzig, 1805, T. III, p. 623,


(sous) (i)
S'
)).

75


le

D'un

autre

côté

compte de

la

gilde de

Luc du i8 septembre 1686 au 18 du
la

même

mois

1687 mentionne
de
la dette

somme

de

3 florins

4 sous, produit
les registres
l'état-civil

mortuaire de
fait

'T>Luyts.

Nous avons

de vaines recherches dans
la

d'enterrements de

cathédrale,
le

conservés à

d'Anvers, pour y découvrir

prénom du Nyts décédé
observer ci-dessus,
ville,

en 1687.
Ainsi

que nous l'avons
très rares

fait

les

Nyts sont
fort

dans notre

de

fliçon qu'il est
ici

probable

que nous nous trouvons
et

en présence

de Gilles, notre peintre

graveur à l'eau-forte, dont un

tableau conservé à la galerie de Dresde porte la date de

i68r. Tout doute serait levé,
renseignait exactement le

si le

compte

cité

de

S'

Luc
de

nom,

car

Théodore,

le fils

notre artiste, ne figure
gilde, et rien
nelle.

pas

dans

les

registres de notre
la carrière pater-

ne prouve qu'il en

ait suivi

Quoiqu'il
les

soit, trop d'erreurs se

sont glissées

déjà dans

vies

des maîtres, pour que nous ne craile

gnions pas d'en augmenter
tion

nombre par une
est

affirma-

non suffisamment

justifiée.

Nous devons donc nous
décédé

borner en ce
très

moment

à dire

que Gilles Nyts

probablement à Anvers, en 1687 (i).
Registres de

Sources

:

baptêmes

et

roisses d'Anvers.

— Archives de
:

mariages des anciennes pa-

la ville.
et

— Ph. Rombouts

et

Théo-

dore VAN Lerius

Les Liggereji

autres archives historiques de la

gilde anversoise de Saint Luc.

(i)

Liggeren

cités,

T.

II, p.

186.

(i) Cette notice est datée

du 11 août 1874.

?Y^?Y^rî^fîS?$^f$^?Y^fi^?î^r^

André

PAUWELS

ou

PAULI
ou PAULI)

(en flamand Andries

PAUWELS

(1600 ?-i639).

|ne planche de cet excellent graveur figurait, en
ff(

1867, sous
la

le

n° 585, à l'exposition ouverte à

Andu

^\-ers^ à

Cité, par les soins de la Société royale

pour l'encouragement des

beaux-arts,

à

l'occasion

Congrès archéologique

international.

Le
la

propriétaire,
d'es-

M.
feit
((

Edouard

Ter

Bruggen,,

dont

collection
ville,

tampes,

etc. vient d'être

acquise par

notre

avait
:

précéder l'indication du sujet des lignes suivantes
dit Paul.
S'

André Pauwels
la

le

21

mars 1600, reçu

dans

corporation de

Luc en 1627, mort en 1639.»
la

M. Ter Bruggen,
de
la

à la note 2 de

page 117 du cataexprimé,

logue de l'exposition citée,

s'était

en outre,

manière suivante
de
naissance
))

:

«

L'absence d'indication d'un
décès
la

lieu

ou de

signifie
la

que nous

les
il

croyons à Anvers.

Enfin, à

note de

page 205,

priait les généalogistes pointilleux

de vouloir bien mettre
avec
laquelle
il

sur

le

compte de

la précipitation

avait
et

dû rédiger son catalogue,
L'année de
de
S'

les

erreurs

de

noms

de

dates qui pourraient s'y trouver.
la

réception d'André Pauwels à la maîtrise

Luc
lire

étant exactement

indiquée, sauf qu'il aurait

fallu

1627- 1628,

et

celle

du décès de

l'artiste^

en

1639» beaucoup plus
le

77


déterminer,

difficile à

comme

nous

verrons,
la

l'étant

également,

nous n'avons pu
signalée
si

rejeter

d'emblée

date de naissance

péremptoireavouer,
les

ment par M.
tables

Ter Bruggen.
registres de
la

Nous

devons

néanmoins, que nous avons recherché en vain dans
des

anciens
la

baptêmes des paroisses
date du 21 mars 1600,

d'Anvers,

confirmation de

ou

même

une date contemporaine. Nous concluons de ce

résultat négatif

qu'André Pauwels ou Pauli a bien pu
indiquée, mais ailleurs qu'à
archiviste

avoir vu le jour à l'époque

Anvers.

Feu M. Frédéric Verachter, ancien
ville,

de cette
pes de

possesseur d'une partie du fonds d'estam-

M. Ter Bruggen,
si

ayant pu avoir découvert

l'in-

dication

positive dont nous parlons, dans
est

un document
jusqu'à

qui

nous

inconnu,

nous

la

maintenons,

preuve du contraire.

Nous
artiste.

allons

exposer entretemps

ce

que nous avons
notre

découvert relativement aux

parents présumés de
S'

En 1597,

furent publiés, à

Jacques, les trois

bans d'un certain André Pauwels, qui habitait cette paroisse, et

d'Hélène van Michils (r),
de
la

appartenant à celle
cathédrale
,

de Notre-Dame. Les registres

aussi

bien que ceux de S' Jacques, sont muets relativement à
la

célébration de ce mariage, que nous ne trouvons

pas

mentionné non plus dans ceux d'aucune autre de nos
églises.
Il

convient toutefois de

f;tire

observer que ceux
jusqu'à

de

la

paroisse

de

S*

Georges, à partir de 1578

1601, font défaut à
Il

la

collection de l'hôtcl-de-ville.

est certain,

en tout cas,
est

que l'André Pausvels que
que ces derniers mots
le

(i)

Heylken van Michils,

Il

possible
et

si-

gnifient

simplement

fille

de Michel

n'indiquent pas

nom

patro-

nymique de

la future.

nous venons de nommer,
Cela résulte
des
registres

78

baptêmes de
celui
S'

épousa Hélène van Michils.
de
Jacques,
ju-

qui mentionnent au

30 août 1602,

de deux

meaux, Anne
la

et

Georges, leurs enfants légitimes. Selon
la

coutume de l'époque,

mère n'y

est

indiquée que

par son prénom.

La

petite

Anne

eut

pour parrain Jean Coomans ou
et

Cooymans, marchand
inscrit

amateur de tableaux, qui
la

fut

en 1607-1608, dans

gilde anversoise de S' Luc,
et

en qualité de franc-maître (i),
prince de
la

qui fut
la

plus

tard

chambre de rhétorique de

Giroflée (de

VioUcre) (2). Sa marraine est désignée simplement sous
la

dénomination de Signora Pauwels.
il

Quant au
et

petit

Georges,

fut

tenu par un certain Bartholomeus, dont
le

nous n'avons pu déchiffrer
Hasen.

prénom,

par

Anne

Nous
babilités,

allons à

cette

heure quitter
faits

le terrain

des pro-

pour celui des

positifs.

André Pauwels

ou Pauli épousa Elisabeth Urbaens. Leur mariage eut
lieu en

ou vers 1621,
des

mais

l'acte

n'en figure pas dans

les registres

anciennes

paroisses

d'Anvers.

En

ad-

mettant

la

date de naissance de 1600, l'artiste aurait eu,

à cette époque, 21 ans

ou environ. Le graveur Chris-

tophe Jegher n'en avait guère plus de 17, en semblable
circonstance.

Elisabeth

Urbaens donna huit en£mts à son mari.

(i) Ll's Liegercn

et

autres archives historiques de

la gilde anversoise

de Saint Luc, transcrits et annotés par Philippe

Rombouts

et

Théod.

VAN
(2)

Lf.rius, avocat, T.

I,

p.

440.
Geschiedcilis
p.

J.-B.

VAN DER Straelen.
Moons-van der

der ,Anliverpsche rede-

ryliliumcrs de Violieren of Violettebloem,

58.

Uitgave bezorgd door

M.

P. -Th.

Straelen.

.


Les
trois

79


sur les
le

premiers furent tenus
:

fonts de

la ca-

thédrale, quartier sud

Marie,

6 juin

1622 par
et

le

célèbre graveur

Luc Vorstcrman,
le 3

le

vieux,

Gertrude

Cau
mille

;

Anne,

mai 1624, par Ferdinand Ximenes
la

et Gratia

Ximenes. tous deux membres de
;

noble

fa-

Ximenes-Perette

Claire,

le

23

septembre

1626, par Antoine Francx,
reçu franc-maître de
la gilde

imprimeur en taille-douce,
anversoise
baptisée à

de
S""
;

S'

Luc, en

1613-1614
le

(i); 4° Catherine,

Walburge,
marraine,
quar-

8 octobre

1628
;

;

parrain, Jean

Joyssen
la

Anne de
tier

Blye
le

5° Elisabeth,

dans
;

cathédrale,

nord,

23

octobre 1630

parrain,
la gilde

Jacques van
anversoise de

Loosvelt, brodeur, franc-maître de
.

S'

Luc, en

1

627-1 628 (2); marraine, Marie de Man.6° An-

dré, dans la cathédrale, quartier sud, le 8 parrain^ Corneille Adriaenssen
;

décembre 1632

;

marraine,

Anne Cuypers.
artiste

Les parents du
le

petit

André

habitaient, à cette époque,

Marché aux Œufs.
:

Cet enfant devint un

distingué

nous

lui

consacrons une biographie spéciale.
rejetons furent tenus sur les fonts
:

Les deux derniers
de
la

cathédrale, quartier nord

7° Jean-Jacques, le 18

mars 1635, par Jean Cnobbaert, imprimeur, qui publia, cette même année, une planche gravée par André Pauwels ou Pauli (3),
T.
et

par Christine

de

la

Fonteyne
Le

;

(i)

Liggeren

cités,

I,

pp. 494, 501, 502, 510 et 676

nom

pa-

tronymique V

est

écrit

plusieurs fois crronément Frans, et le

mot

drukker (imprimeur), y figure aussi pour plaeldruhker (imprimeur en
taille-douce), sauf à la p,

510,

l'appellation et la profession sont

indiquées exactement
(2) Op.
cit.,

T.

I,

p. 648.

(3)

Les

Liggeren ont omis d'indiquer l'époque de l'admission de
les

Jean Cnobbaert à la maîtrise, mais

comptes mentionnent
Il,

le paie-

ment de

sa dette mortuaire, Op.

cit.

T.

p. 89.


8"

8o


van der

Catherine,
et

le

6

juin

1637, par Godefroid

Haghen,

Catherine Bouts.
artiste

Le nom de notre
dans tous
les actes

est

orthographié Pauwels

de baptême

cités, sans exception.

André Pauwels ou Pauli ne
gistres de S^

figure pas dans nos reIl

Luc en

qualité d'apprenti.
fit

était déjà

père

de

trois enfonts lorsqu'il se
1

recevoir

comme

franc-maî-

tre, en

627-1 628. Le compte de

la gilde le

désigne

comme

graveur à l'eau-forte (i).
tion que

Nous avons
le

l'intime convic-

Luc Vorsterman,

vieux, le parrain de son pre-

mier-né, fut son maître.

Notre
d'une
tion.

artiste était

redevable à
florins,

la

corporation de S' Luc,

somme
Il

de

23

du chef de son inscripet souscrivit

en paya huit en acompte
solder
les

une obliga-

tion de

quinze restants (2). Ceci ne prouve
fussent

pas que ses finances

bien brillantes,

en 1627-

1628.
QjLioi qu'il

en

soit,

nous allons nous occuper mainteest,

nant des travaux de notre maître. Le premier daté
à notre connaissance, le frontispice qu'il grava

pour

l'ou-

vrage intitulé
des

:

De

générale légende

van

aile

Heylighen

geljeehn jares, door

Heer Loys-Joseph d'Huvettere. AnIn-4" (3).

vers, chez

César-Joachim Trognesius, 1628.

Antoine de Bourgogne, qui
Bruges, pubUa,

fut depuis archidiacre

de

en

1631, chez Jean Cnobbaert, à
oblong,

An-

vers, en format in-i6°
tulé
:

l'ouvrage en vers, inti-

Lingva

vitia

&

remédia Emhlematice expressa per

Illustrem ac %euer. T).

^Antonhima Burgondîa. Antverpîa

(i)

Op.

cit.,

T.

I, I,

p. 649.

(2) Op. cil.,
(3)

pp. 649 et 658^ Ch. le Blanc. Manuel de Vamatciir
154,
11° 3.

T.

d'estampes.

Paris,

1856,

T.

III, p.

apiid loau.

Cuohharum M. DC. XXXI,
cité

Il

en parut

la

même
conçu:

année, chez l'imprimeur

et

en pareil format, une
le titre est ainsi
te

traduction en vers flamands, dont
Gbchrckcii

der tonghe,

ende

middelen oin die

verbeteren.

Uytgebeeldt door

dm

EdeJcn ende

Eenu.

Heer H". Anton,

van Bourgoigne, t'Antiuerpen hy Jan Cnohhaert
Cette production, qui valut à
tions

M.DC.XXXI.
les félicitala

son auteur

du célèbre poète Jacques Wallius, de
est
et

Compagnie

de Jésus, au burin

ornée de 95 planches, dont 88 sont gravées à l'eau-forte, par André Pauwels ou Pauli (i).

Les 7 autres sont l'œuvre de Jacques Neeffs (2). Nous allons passer en revue et les unes et les autres.

La planche qui
signée
:

sert

de

titre à l'édition latine n'est

pas

celle qui

orne l'édition flamande porte à droite,

au bas de
et le

la partie inférieure, la

marque AP.

fecit (l'A

P

accolés).

C'est

le

monogramme d'André
petites

Pauli.

Ce

sont, du reste,

deux

estampes issues d'une
diffé-

même

pensée,

mais présentant quelques légères

rences d'exécution. La description les fera ressortir:

Au

(i) PAQ.UOT, qui ne

nomme

pas

l'artiste,

a reconnu la valeur de

son œuvre,

qu'il

trouve gravée fort délicatement.
si

Cet auteur ne

signale que 90 emblèmes, chiffre exact

on ne
la

tient

compte que de
il

ceux qui sont numérotés sur

les

pages qui leur font face, mais

faut

y joindre

la

planche de

titre

expliquée dans
i,

préface et celles qui

se trouvent vis-à-vis des pages

5,

99
les

et 191

de l'édition latine, qui

renferment autant d'emblèmes que
I, 5,

planches vis-à-vis des pages
cite l'ode

40

et

second

livre des

377 de la traduction flamande. Paquot Poésies lyriques de Wallius, p. 353
poëinata.

IV du
280 de

de la première

édition de

WalUi
frais

Elle se trouve reproduite à la p.

Jacohi Waltli e Societate Jesii

Poematum

llhri

novem, imprimée à Lyon,

en 1688, aux

— Paquot.
(2)

des Anissons, par Jean Posuel et Claude Rigaud.
.

I, pp. 393 et 394, édition in-8°. Jacques Neeffs, d'Anvers, fut reçu franc-maître de la gilde de

Mémoires littéraires, T
ville,

S*

Luc, de ladite

en 1632-1633. Liggeren

cités,

T.

II, p.

36.

6

centre de

la

composition se trouve
lit

un corps

d'archi-

tecture au milieu duquel se

le

titre latin

ou flamand

de l'ouvrage. Plus bas, d'un nuage sur lequel trône une
langue, sortent

deux mains,
la

dont

la

gauche

saisit

le

pied de

la

Vie, et

droite la jambe de la Mort, toutes
est

deux debout sur un piédestal. La première

repré-

sentée avec une étoile au front et portant dans ses mains
le soleil et la

lune.

Une lampe
tenant
sa

allumée, posée sur un

socle, se trouve au-dessus de la tête de cette figure.

La

Mort

est

représentée

faulx.

Un

socle, placé

au-dessus de sa tête, supporte un sablier. Les textes suivants expliquent le
in

sens de cet emblème. ^Cors
iS.
T)oodt eiide levai zyn

et

vita

manu Lingua.

Prov.

in

de

handt der Tonghe. Prov. i8 (i). Le milieu du corps d'architecture est couronné
petit.

par une

ourse

qui lèche son

Au-dessous de

la

Vie

figure,

dans un bas-refief,

un quadrupède

fantastique qui bave son venin près d'un
:

homme
et se

effrayé

celui-ci gît à terre

dans l'édition latine,

sauve, dans
la

l'édition

flamande.
sujet

Le bas-reHef

au-

dessous de

Mort

a

pour

un oiseau fabuleux qui
à

ouvre un large bec
rassé.

et s'attaque

un

homme
un

déjà ter-

Dans

l'édition flamande, la bête est en train de le

mordre.
qui

A

droite de la composition figure
;

cavalier

dompte un cheval fougueux
au
pied d'un fleuve,

au fond, une vue de
sur
lequel

ville assise

vogue un
l'état

navire.

A

gauche, à l'avant-plan, un cheval à

sau-

vage

;

plus loin, une
Il

barque

assaillie

par une tempête
différences d'exé-

furieuse.

y

a ici

quelques

minimes

cution dans les deux éditions, mais elles ne valent pas
la

peine de s'y arrêter.
(i)

La mort

et la vie

sont dans la

main de

la

langue. Prov.

i

8,

V

.

21.

-

83

l'enfer,

La deuxième planche représente

les
le

dam-

nés sont tourmentés de diverses manières, pour

mau-

vais usage de leur langue. Elle a été exécutée au burin

par Jacques Neeffs.

Comme

toutes

les

estampes four-

nies par ce maître pour l'ouvrage dont nous nous occu-

pons,

elle est très inférieure

à toutes celles gravées par

André Pauwels ou

Pauli.

La troisième
perbe paysage,

est

l'œuvre de cet
droite

artiste.

C'est

un su-

à

duquel deux butors s'ébattent
est

dans l'onde.
au
pied

A

gauche, un serpent qui
arbre, pousse

venu ramper
là,

d'un

son dard.
l'air

Près de
cris,

un
léo-

sanglier

court en remplissant

de ses

un

pard

fait

entendre ses hurlements, un chien aboie contre
s'élance de toute sa vigueur, et

un cheval qui
se retire
l'arbre

un porc
en-

en i?ros;nant.
le

Plusieurs

oiseaux

chantent sur
est

ou dans

ciel.

Une

ferme,

au fond,

tourée de ruches d'abeilles.

La quatrième
Pauli.
lée,

est

due également à André Pauwels ou
à la

On

y

voit

un oiseau, un

langue longue et

effi-

planer au-dessus d'un monticule, en jetant des cris

perçants.
l'eau et

Le fond

est

riant paysage, assis au bord de
f:ibriques.

orné de quelques

La cinquième
a

a été exécutée par Jacques Neeffs. Elle
lie

pour sujet un paysan qui
et,

avec une corde

la

queue

d'une anguille

plus loin,
filet;

un pêcheur, debout dans une
fabriques.
Elle

barque, va jeter son

plus loin encore, un autre tend son

hameçon. Le fond

est

un paysage avec des

La sixième

est

l'œuvre du

même

artiste.

repré-

sente Sisyphe, qui s'efforce en vain de rouler, au

sommet
fond de

d'une montagne, un quartier de roche.
très
la

Cette figure est
le

mal dessinée. L'enfer des païens occupe

planche.

- 84La septième, gravée par André Pnuwels ou
figure

Pnuli,

un paysan monté

sur

un cheval
et

et

conduisant

une charrette chargée de tonneaux
roues
est

dont une des
d'autres
à droite

endommagée.
La scène
se

Plus

loin,

suivent

charrettes.

passe dans

un paysage

duquel se trouve une habitation rustique.

La

huitième,

exécutée

par

Jacques

Neeffs,
la

nous
et

montre un gentilhomme debout dans

campagne

élevant la voix dont l'écho lui renvoie les sons.

La neuvième, gravée par André Pauwels ou
nous représente un pot d'étain dont
cassé,
le

Pauli,

couvercle est

posé

sur une table,

dans un
la

appartement garni

de

quelques chaises et dont
fenêtre,

porte est ouverte. Par
bâti-

une

à gauche,

on distingue quelques

ments.

Les

dixième,

onzième

et

douzième planches ont

Jacques Neeffs pour auteur.
la

La première nous montre
d'où

tour d'une église de village,
petites

pend un drapelet

pourvu de
fond
est
:

sonnettes, en signe de kermesse.
et

Le

occupé par une montagne

quelques

bâti-

ments

au-dessus de l'un d'eux une cigogne
fait

posée sur

son nid,
dans

entendre un

cri.

Quelques oiseaux voltigent

l'air.

Dans
écoute

la

onzième, un oiseleur,
chant d'un
les

assis

dans

la

campagne,
et

le

pinson perché sur un arbre,

auquel
aveuglés

répondent
et

modulations
des

de

deux

volatiles
:

enfermés dans

cages.

Fond

paysage

avec des fabriques.

La douzième nous
par une lampe
et

introduit

dans un

cellier,

éclairé

se trouvent rangés des provisions

de bouche
vin

et divers

tonneaux.
ses

Un

de ceux-ci rempli de
et
laisse

nouveau,

a

brisé

liens

échapper

la

-85
liqueur.

au

Un
les

escalier,

pratiqué

fond

de

la

cave,

conduit à

la cuisine.

Toutes

planches

suivantes sont

l'œuvre

d'André

Pauwels ou Pauli.

Un
sujet

perroquet bavard,
de
la

enfermé dans sa cage,

fait

le

treizième

planche.

A
le

travers

une

porte

ouverte on voit une rue de village.

La quatorzième nous représente
grues
et

grand combat des
pleine

des

pygmées.

C'est

une scène

de
et

mouvement,

car les nains sont

armés de toutes pièces

font bravement face à l'ennemi.

Malheureusement pour
les

eux, l'attaque
font rage,
l'air,

est

des

plus

vives et
la terre,

becs des grues

non seulement sur

mais

même

dans

où un des oiseaux a eu l'irrévérence d'enlever un

de ces petits
est

bonshommes. Le fond de
tète

la

composition

occupé par leur camp.

Un

campagnard,

la

couverte d'un voile,

bat la

mesure sur un

plat d'étain

pour

attirer

dans ses ruches

un essaim
s'étend

d'abeilles, qui a déserté les siennes.

La scène

se passe près d'une habitation rustique, derrière laquelle

un paysage boisé
la

et

orné

de

fabriques. Cette

planche est

quinzième.

Dans

la

seizième,

une pie perchée sur un arbre, à
fait retentir

l'avant-plan d'un beau paysage,
cris perçants.

Tair

de ses

La dix-septième nous représente une

rue.

Un

individu

y verse flegmatiquement le contenu d'un pot dans un entonnoir que tient un ouvrier, de telle façon que la
liqueur se répande sur le pavé.
Celui-ci
paraît adresser se

des observations

à son maître.

Le fond

compose de

deux maisons, pourvues chacune à l'extérieur d'un banc


de pierres de
dans
la rue.
taille.

86


été roulés

Quelques tonneaux ont

Au

milieu

d'un

appartement orné de belles tentures,
la

parmi lesquelles on distingue
au milieu des
roseaux,

figure d'un fleuve assis

un

coffre-fort à secret est posé

sur une table couverte d'un superbe tapis. C'est le sujet

de

la

dix-septième planche.

La dix-huitième nous montre un perroquet perché
sur le dossier d'une chaise et déclinant dans un appar-

tement, à l'entrée d'une maison,
à

les

mots

qu'il a appris

prononcer.

Dans
branche

la

dix-neuvième,
le reste

une
est

pie dont le bec est plus

grand que

du corps,
à

venu

s'ébattre sur

une

de pommier,

l'avant-plan.

Le fond

est

un

paysage montagneux,
climat.

orné d'arbres étrangers

à notre

A

l'avant-plan de la vingtième,
la

un

homme
la

tenant une
plat

poêle de

main

droite, vient de

retirer

du feu un

chargé de noir de fumée, qu'il tient de

gauche. Près

de
la

lui,

un grand pot

et

des ustensiles servant à serrer
partie
à terre,

marchandise,

posés

partie

sur

une

table.

A

quelque distance,

un individu, chargé d'une
village

hotte, parcourt les rues

du

se passe la scène.

La vingt-unième nous
faisant retentir dans la

représente

un

gentilhomme

campagne

sa voix qui est répétée
la

par l'écho.

Celui-ci,

comme

dans
est

huitième planche,

exécutée

par

Jacques Neeffs,

figuré sous la

forme

d'un masque d'homme. Mais
est

la petite

estampe de Pauli

infiniment supérieure

à

l'autre.

Le fond

est

un

paysage boisé, orné de fabriques.

Dans
table

la

vingt-deuxième, un vieillard
s'apprête
à

assis près

d'une

chargée d'un pain,

en

donner une

gauche.

87

de sa

tranche à un chien qui lèche les plaies

jambe

Dans

la

vingt-troisième

se

dresse une panthère
se passe dans

qui

vient de tuer

un

lion.

La scène

un

désert^

que bornent

à l'horizon des

montagnes.
fait retentir l'air

Un
est

serpent sorti de son antre

de ses

sifflements.

Le fond de

cette

vingt-quatrième planche
assis

un superbe paysage montagneux,
marteau frappe

au bord de

l'eau.

Un

le

timbre d'une grande horloge,

placée sur

une

table,

au milieu d'un appartement.

Une

porte ouverte y donne accès à un beau jardin, vu au coucher du soleil. C'est le sujet de la vingt-cinquième

planche.

La vingt-sixième nous
est établi

transporte

dans une

salle,

un théâtre de marionnettes.
jouer.

Celles-ci sont en

train

de

Deux
la
la

bateleurs,
guitare,

l'un tenant

une épée,

l'autre pinçant de

dansent

sur

une estrade

dressée devant
rideau,

scène.

Un

individu en entr'ouvre le
à

tandis

qu'un autre se montre

gauche

;

un
et

nombreux
d'enfants,

public
assiste

composé
à
sa
la

d'hommes,

de

dames

représentation.
les

A

gauche une

femme en prend
fenêtre.

part, derrière

barreaux d une

La vingt-septième nous
feu brûle dans
l'âtre.

fait

voir

une

cuisine,

le

A

l'avant-plan,
les

sur

un

dressoir,

sont étalées

des

pommes,

unes

saines

et d'autres

pourries. Les guêpes se sont emparées de ces dernières,
et

quelques-unes, qui s'en

sont trop
fruits

rassasiées,

gisent

presque

inanimées

près

de ces

gâtés.

D'autres
:

font le siège d'une

pomme

avariée qui a roulé par terre

d'autres encore s'attaquent à des fruits malsains qui gar-

88
nissent la partie supérieure d'une corbeille.

Une

armoire,

placée

près du feu,

£u.ipporte

un pot

et

quelques plats

d'étain. Plus haut sont

appendues quelques cannettes à
de vue,
à droite,

bière

et à vin.

Une échappée

nous
et

montre près d'une maison rustique un cheval malade
couvert de plaies qui sont envahies par
les

mouches.
assis

A

l'avant-plan
et qui

d'un ravissant paysage,
la

au bord

de l'eau

orne

vingt-huitième planche, un butor

a fait entendre

un

cri,

auquel accourt,

à droite,,

une

vache qui s'en vient rejoindre deux taureaux. Une église
et

des maisons

de campagne occupent

le

fond de

la

composition.

Un

hanneton qui,

les

ailes étendues,

va se repaître

d'ordures, est représenté au centre de la vingt-neuvième

planche.

Le fond

est

un paysage boisé dans lequel on
et la

remarque des habitations rustiques
Sur un chêne, à l'avant-plan de
se

un ermitage.
trentième planche,
à gauche,

remue un
:

pivert.

La vue
droite^

s'arrête,

sur

un
que

bois

au

fond,

à

on distingue une
une

ville,

baigne une rivière.

Dans
gardent.

la

trente-et-unième,

bombe

éclate sur

un un

retranchement, renversant

et dispersant les soldats qui le flotte

A
et

gauche
qui est

,

une tour sur laquelle

drapeau

munie de nombreux

défenseurs.
assis

La trente-deuxième nous représente un homme
devant une table garnie de mets
et

s'aiguisant l'appétit

en goûtant de

la

moutarde.

Une

fenêtre

ouverte donne

vue sur un jardin.

A

l'entrée d'une

maison, à l'avant-plan de

la

trente-

troisième,

un enfant égratigné par un

chat, fait entendre

des cris perçants.

Un

paysage où l'on distingue, entre

autres,

89

s'étend à

une

église, et qui est baigné par l'eau,

droite de la composition.

La trente-quatrième
souris a rendu furieux.

a

pour sujet un éléphant qu'une

Le fond

est

un paysage.
la

La trente-cinquième
d'une

nous transporte dans

cour

maison

fermée,

où des musiciens donnent un

concert du haut d'une balustrade.

Un léopard

qui s'arrête

en bas, à ce spectacle, ne peut contenir sa fureur.
muraille, au fond, est

Une

dominée par des
la

arbres.

Un

hérisson traversant

montagne,
s'est

s'arrête

courroucé

au contact d'un gland qui

détaché d'un chêne et

tombe sur

lui.

Fond

:

un

riant paysage

orné de fabriques.

C'est la trente-sixième planche.

Dans une campagne montagneuse, boisée
fabriques,

et

ornée de
se

que nous présentent
à

la
et,

trente-septième,
à droite,

remuent,
qui
fliit

gauche, une anguille,

un serpent
bel apparles cierges

retentir l'air de ses sifflements.

La trente-huitième nous introduit dans un
tement, où un serviteur est en train d'allumer

d'un riche lustre, attaché au plafond.

Auprès d'une habitation rustique
laquelle s'appuie

,

sur

la

porte

de

un homme, un bûcheron
et bel

est

en train

d'exercer

sa

hache sur un grand

arbre fruitier,

qui vient d'être abattu et dont les assistants se partagent
les

branches. Le fond de cette trente-neuvième planche

est

un paysage
sur

boisé.

A

l'avant-plan

de

la

quarantième s'élève un superbe
duquel

pommier,
jeunesse
le

l'écorce
:

on

a

inscrit
est

dans sa

mot

niahis

(méchant). Le fond
et

un paysage

boisé, en partie

montagneux,
faire

couvert de fabriques.
près d'une
tour.

homme

semble y

un

signal,

Un Un

autre s'amuse à pêcher, au bord de l'eau.


Le

90


flamande porte
», sorte
le

pommier de
répond

l'édition

mot

:

rabavt, qui

à «

capendu
».

de pommes, aussi

bien qu'à « mauvais drôle

A

cela près, les

deux

petites

estampes sont identiques.

Un vieux gentilhomme

s'arrête,

dans une riante campagne, aux aboiements qu'un chien
lui fait

entendre, à l'entrée d'une petite ferme.

C'est le

sujet de la quarante-et-unième planche,

La quarante-deuxième nous représente un combat de
coqs, auquel assistent de

nombreux

spectateurs.

Un

des

animaux, qui vient de tuer son ennemi, non sans grand

dommage pour lui-même,
Dans
étendu
la

chante, victoire.

Le fond

est

un paysage avec des habitations de paysans.
quarante-troisième,

un
le

ours malade

s'est
Il

à

l'ombre

d'un arbre qui

cache en partie.
les

s'est blotti près

d'une fourmilière, dont
se

imprudentes
sur
sa

habitantes

viennent

poser
et

sans

méfiance

langue qu'il a
préjudice.

avancée
est

qu'il

retirera tantôt à

leur

Le fond

un beau paysage

boisé, qui entoure

en partie une

église.
fait

La quarante-quatrième nous
ouvert de deux côtés
ses écus.

voir

un

vieillard assis

devant une table dans un appartement richement garni
et
:

le

bonhomme

est

en train de

compter
sur

Un

individu de mauvaise mine, posté
et

une balustrade en face de l'appartement,
suit

armé

d'une longue-vue,
maître du logis.
plantés des arbres.

des
:

yeux

les

mouvements du
lequel sont

Fond

un mur,

derrière

Dans

la

quarante-cinquième, un chien galeux qui
lèche
panier.
:

s'est

arrêté près de l'étal d'une boucherie,

le

sang de

débris d'animaux déposés

dans

un

A

quelque

distance est posé
d'arbres.

un hachoir. Fond

une ferme entourée


un combat furieux
prêt à
:

91


fait

La quarante-sixième nous

assister,

à

gauche,

à

à droite,

un trompette

à cheval et

emboucher son instrument,
quarante-septième,

se précipite avec

deux

autres cavaliers vers la mêlée.

Dans

la

l'eau soulevée
le ciel.

par

une

tempête épouvantable, s'élève vers
éclairs sillonnent les nues.

Au

fond, les

A

la

droite

de

la

quarante-huitième,
au-dessus

deux oiseaux

perchés sur des arbres

d'un
est

monticule, ont

mis en

fuite trois grues.

Le fond
et

un paysage montaune
table couverte

gneux, entrecoupé d'eau

orné de fabriques.
sur

Dans
d'un

la

quarante-neuvième,
est

tapis,

posée une cage renfermant un
porte
ouverte, de
à la

oiseau
il

apprivoisé.
se trouve,

Une

l'appartement où

donne accès

campagne.
pré-

Un

musicien frappe des accords sur l'orgue, en
qui
s'efforce

sence d'un chanteur
l'unisson.

de

mettre sa voix à

Les

deux

artistes

sont

réunis dans

une des
de

dépendances d'une

église,

au
la

fond de laquelle on voit

une femme,
la

le

chapelet à

main.

Tel

est

le

sujet

cinquantième planche.

La cinquante-et-unième

nous

transporte

dans

un

appartement, au milieu duquel une jeune mère s'attache,
en berçant et en chantant, à endormir son petit entant.

La couche
d''un

d'osier de celui-ci est posée à quelque distance
l'âtre, et

grand feu qui brûle dans
le

près duquel se

trouve
et

pot à bouillie. Le local

est

garni d'une table

d'un dressoir, au-dessus duquel sont étalés de
et

nom-

breux plats

quelques vases d'étain.

Une

porte ouverte
allée.

au fond de l'appartement livre passage à une

Au

milieu d'une cuisine, représentée dans
est

la

cinquante-

deuxième planche, un chef

en

train de préparer

un


pâté
lui
:

92


poissons est posé près de

de carpes

:

un de un

ces

d'autres nagent dans
l'câtre^

un baquet.
pot.

Un bon

feu

brûle

dans

et chauffe et

La pièce

est garnie, entre

autres,
babille

d'une table

de deux chaises, d'une cage où

une pie

et

d'un cercle de fer auquel sont appendus
morts.

de

petits oiseaux

Au

milieu de

la partie

supérieure d'une tour, dans
le

la

cinquante-troisième planche, tinte

tocsin {stormcJocli).

Le fond
oiseaux.

est

un

ciel

nuageux,

dans lequel volent des

Le

sujet
a

de
ôté

la

cinquante-quatrième
poids.
Ils

est

une horloge

dont on

les

sont

posés,

comme

le

meuble lui-même, sur une
tement bien garni.

table,

au milieu d'un appar-

La

cinquante-cinquième
travail

nous

montre

une

autre

horloge, d'un
bâtiment.

compliqué, placée dans un beau

A

gauche,

une personne monte

les

degrés

qui y conduisent.

Dans
de
la

la

cinquante-sixième, un seigneur à cheval sort

porte

d'une

ville

fortifiée.

Un

lépreux assis au

bord

d'un chemin, agite sa crécelle, pour implorer une
est

aumône. Le fond

un paysage orné de

fabriques,

parmi lesquelles on distingue une église de

village.

La cinquante-septième nous représente deux grands
vaisseaux, dont l'un est en train de couler, tandis qu'une
partie

de son

équipage se sauve dans une barque.
:

A

gauche un phare

dans

le ciel,

des oiseaux.

Au
près

milieu

de

la

cinquante-huitième, un

homme

sale

des poissons déposés dans une cuve. D'autres sont étalés

de

lui,

sur une

table,

où repose une hache. Le

fond est une place publique de village.

Dans

la

cinquante-neuvième,

les

Mirmidons montés


sur des béliers, en

93

chevaux, vont

guise de

en guerre

contre les grues. Qiielques-uns de ces oiseaux s'enfuient
effrayés, devant eux.

Un

autre s'élance effaré vers une

troupe
leurs

de
pieds

ces
les

nains, qui

sont occupés

à écraser sous

œufs de leurs ennemis.
des héros.

A

droite et à

gauche sont

les tentes

Un campagnard monté
bâton, détruit
les

sur une échelle, et armé d'un
les

nids

que

hirondelles ont étabhs

sous son

toit.

Ces oiseaux s'enfuient en poussant leurs

cris stridents.

La scène
placée
sur

se passe

dans une rue de village.

Une femme,

une espèce de balcon, regarde

ce qui se passe au-dessous d'elle.

Au

fond, on distingue
:

deux hommes qui quittent
maison de paysan
et

la

place

plus loin,
est le sujet

une
de
la

une

église.

Tel

soixantième planche.

La soixante-unième nous
un bœuf, un cheval, un
entendre
leurs
ciis.

fait

voir dans

un paysage,

cerf et

un rhinocéros, qui font

Des oiseaux perchés sur un arbre
soixante-deuxième, sont
le

chantent à s'égosiller.
Près d'une belle maison, de
arrêtées
la

deux personnes, dont l'une verse

contenu

d'une cruche dans un vase percé de trous de tous côtés.

Le fond
lesquels

se
il

compose d'une
s'en

suite

de

bâtiments,

parmi

élève

un

fort

remarquable. Quelques

arbres terminent la vue, à gauche.

Dans

la

soixante-troisième,
la

un
en

homme
face

assis

au bord

de l'eau, dans

campagne,

d'un

château

en

ruines, fait entendre des sons qui lui sont renvoyés par

Técho.

Un homme monté
du foyer d'une
fumées. D'autres,

sur une échelle, attache à l'intérieur

cuisine,

des

langues destinées à être
et

déposées dans une cuve

sur une


table, attendent la

94


Une
,

même

opération.

porte ouverte,
voir

de cette soixante-quatrième planche

laisse

une

maison à quelque distance.

Un
tapis,

gentilhomme,

assis près

d'une table couverte d'un
tellement

non
la

loin

d'un

pavillon rustique, s'est
qu'il

démis

mâchoire,

ne saurait plus parler. Son
à
lui le

compagnon, debout, s'apprête
vigoureux sur
le

asséner un coup

menton, pour

guérir

de son mal.

Le fond de

cette

soixante-cinquième planche représente

une ferme entourée d'arbres.

La soixante-sixième
fumée
d'une
qu'il vient

a

pour

sujet

un

homme
à

de

condition qui paie à un colporteur un achat de noir de

de
à

faire.

La scène
de

se passe

l'entrée

maison,

l'intérieur
le

laquelle

un

ouvrier

s'occupe à peindre

bas d'un mur.

Le fond, à gauche,
centre est orné
les

nous montre

la

campagne.
le
:

Au

milieu d'un appartement, dont

de marqueterie, se tient un caméléon

couloirs

de

diverses pièces se reproduisent sur la partie inférieure du

corps de l'animal.

Une

porte ouverte, de cette soixantela

septième planche donne vue sur

campagne.

Dans

la

soixante-huitième, un voleur armé et tenant
s'eniuit

une lanterne sourde,
posté à l'entrée d'une

aux aboiements d'un chien^

ferme.

Le fond,

à

gauche, est

occupé par des bâtiments entourés de bouquets d'arbres.

Le

ciel est

couvert de gros nuages
détache
à

noirs,

au milieu

desquels
partie.

se

peine

la

demi-lune, voilée en

Au

milieu de

la

soixante-neuvième,

un crocodile

est

étendu mort près de roseaux. son dos,
et

L'animal
l'a

est renversé sur

l'ichneumon qui

tué,

sort triomphant,

par l'ouverture qu'il lui a faite au corps.

Un

petit oiseau


lui

95


qu'éclaire le soleil, est

picote

la

gueule.

Le fond,

censé représenter une vue d'Egypte.

La soixante-dixième représente une jeune dame

riche:

ment parée
fait

et assise

au milieu d'un vaste appartement

elle

signe de sortir à un cavalier qui la salue au seuil de

la porte.

Un

luth

est

posé sur une table couverte d'un

tapis.

A
est

l'avant-plan

de

la

soixante-et-onzième, une hyène

en train de dévorer un
à

homme

qu'elle est parvenue,

par ses gémissements,
écarté.

attirer

dans

un endroit

bas et

Le fond
la

est

un

riant

paysage orné de fabriques.

Dans
devant

soixante-douzième, un jeune
le

homme

s'enfuit

en entendant
lui.

sifflement d'un
est

serpent qui se dresse

Le fond

une agréable campagne.
est

Une personne de
son
des
Ht, vers

condition

étendue malade dans
lui

lequel se dirige

un page, qui

apporte
est garni

aliments.

L'appartement du gentilhomme

de beaux meubles, de
plusieurs
vases.
cette

parmi lesquels une table surmontée

Une

porte

ouverte au

fond de

la

chambre,
accès à

de

soixante-treizième

planche,

donne
dans
à

un bâtiment.
belle place publique de ville est représentée
:

Une
la

soixante-quatorzième

un

homme y
à

offre

un porc
la

vendre à une ménagère, qui,

l'aspect

de

langue

malade de l'animal, refuse

le

marché.

La brèche
une

étant faite, trois députés viennent de quitter
et

ville fortifiée,

se

trouvent en présence du chef

des assiégeants, qui, entouré de quelques officiers, prend

connaissance des propositions écrites de capitulation qui
lui

sont

soumises.
la batterie

Derrière

lui

s'étend

son camp que

précède
et,

de brèche. Le pont-levis est abaissé,
la ville,

à

l'entrée

d'une porte de

se tient le

com-

mandant de
celle-ci,

96

d'officiers et

environné

de soldats.
les

Une
par

partie

de
la

la

garnison est rangée en armes sur

remparts de
le

place, qui ont été fortement
est
la

endommagés

canon ennemi. Telle

soixante-quinzième

planche.

Dans

la

soixante-seizième,

un essaim

d'abeilles,

parmi

lesquelles

on distingue

leur roi,

qui n'a pas d'aiguillon,

vient s'abattre
se tient
est

non

loin de ruches à miel, près desquelles

un campagnard, appuyé sur un bâton. Le fond
fabriques, parmi lesquelles

un beau paysage orné de un moulin.

se trouve

L'eau ayant
est suivie.

rompu une écluse, une inondation s'en Un homme, monté sur un cheval, s'efforce
la

de s'échapper à

nage
lui

et refuse

de prendre
bras

en croupe
:

un

individu

qui

tend

des

suppliants

un
se

troisième

saisit
lui.

une des cornes de son bœuf pour

sauver avec

Une

petite

église

et

une ferme sont

envahies en partie par l'élément

liquide.

La

droite est

occupée par quelques fabriques
sur laquelle vogue
se

assises

au bord de l'eau,

un

navire.
,

A

l'arrière-plan de gauche,
église

dessinent

des

arbres

que domine une

de

village.

Nous venons de

décrire la soixante-dix-huitième

planche.

Dans un appartement, de

la

soixante-dix-neuvième,

un homme debout devant une
mets, goûte de
la

table,

chargée de différents
venir les larmes
la

moutarde qui

lui fait

aux yeux.

Une

porte ouverte donne vue sur

campagne.

A

l'avant-plan

de

la

quatre-vingtième,

un

homme
qui lui

s'avance étonné à l'entrée

d'un riche
fait

portique,

renvoie sept fois les paroles qu'il

entendre. L'image

du

soleil est représentée

au fond d'un mur, à gauche.

Un

gentilhomme,

d'âge

mûr,

armé

d'un

bâton.


s'apprête
à

97


cheval
qui
caresse l'animal

en frapper fortement un beau

lance une ruade.
et s'efforce

Son jeune compagnon
calmer.

de

le

Le

lieu
la

de

la

scène de cette

quatre-vingt-unième planche est
laquelle s'élève

campagne au fond de
trois

une

église de village.

Dans

la

quatre-vingt-deuxième,

poules,

dont

deux caquettent, sont montées sur un perchoir, près d'une ferme le coq en quête de nourriture, leur
:

,

répond en chantant. Le fond
par une église de campagne.

est

un paysage terminé

A

l'avant-plan de

la

quatre-vingt-troisième,
tailler

un paysan

a dressé

son échelle pour
a

la vigne.

Malheureu-

sement

:

il

renversé une ruche qui se trouvait près de

les

abeilles

en sont sorties

et

une

d'elles l'a

piqué

d'un coup d'aiguillon, au doigt. La scène se passe dans
le jardin

d'une ferme.
quatre-vingt-quatrième, un serpent vue d'une jeune paysanne qui passe près
la

A
de
est

gauche de

s'enfuit à la
lui et

suit ses

mouvements avec
à

sollicitude.

Le fond
parmi
d'une

une

riante

campagne, ornée de fabriques,
distingue
,

lesquelles
église.

on

gauche,

la

tour

Dans
le

la

quatre-vingt-cinquième, un serviteur entrant,
bel
la

matin, dans un
faire

appartement, voit

le soleil à

son

lever
attaché

pâUr

lumière des

cierges

d'un

lustre

au plafond.
la

Une

porte et une fenêtre ouvertes

donnent vue sur

campagne.
adresse une
verte

Le

propriétaire

d'un arbre abattu

semonce à un vieux maraud, qui
copeaux.
écoute
faire.
la

s'en est adjugé des

Un

jeune
:

gars

qui en rassemble
lui,

également,
le

leçon

près de

un enfant qui

regarde
bois.

A

droite,

un autre emportant du menu

Le
7

orné de fabriques.

98

est

fond de cette quatre-vingt-sixième planche

un paysage

Au
lit

milieu de

la

quatre-vingt-septième, un jardinier
la greffe à

pratique l'opération de
les lettres

MA. Le

fond

est

un arbre sur lequel on un paysage hivernal, où
deux bandits se sont

l'on distingue quelques bâtiments.

Dans

la

quatre-vingt-huitième,

de l'obscurité, auprès de l'entrée d'une ferme. L'un d'eux brandit son sabre contre un chien de
garde qui
fait

arrêtés, à la faveur

entendre

des

aboiements.
lui

Le

second

tâche de calmer Tanimal en

présentant une tranche

de pain.

Un
de

autre chien s'élance au secours du premier.

Le

lieu

la

scène est

un paysage orné de
partie,
et
les

fabriques.

La demi-lune, voilée en

étoiles

répandent

à peine quelques pâles lueurs dans le ciel.

A
livré

droite de la quatre-vingt-neuvième,
bataille, gît

un coq qui a
près d'un

mort, renversé sur
qui
vient

le dos,

puits.

Un
le
le

paysan

de

sortir

de sa ferme,

renverse
qui a tué
apaisée.

contenu d'un seau d'eau sur un autre coq premier et dont la fureur n'est pas encore
est

Le fond

occupé par un

mouHn

et d'autres

bâtiments.
passe tranquillement son chemin dans une rue de village, sans se soucier des aboiements de quelques roquets qui le harcèlent sur sa route. Le fond de
cette

Un dogue

quatre-vingt-dixième

planche

se

compose

de

parmi lesquelles on distingue une église, et, à l'entrée de celle-ci, un religieux. Plus loin, deux personnes se rendent à leur travail des champs.

plusieurs fabriques,

Dans
coucher

la

quatre-vingt-onzième, un individu monté, au
soleil,
belle

du

sur

une terrasse, en

face

d'une

maison de

apparence,

paraît en train de faire le

99

et

dénombrement des meubles précieux qui garnissent un
appartement ouvert de deux côtés
trouvent des vases ciselés
coffre-fort.

parmi lesquels se
d'argent,

d'or

et

outre un

Le

propriétaire, qui ne se doute de rien, se
lui

tient derrière

une fenêtre entr'ouverte qui

dérobe

la

vue du curieux.

Un
de

paysage orné de fabriques sert de

fond à cette composition.

A

l'avant- plan

la

quatre-vingt-douzième,

un

gentilhomme s'apprête
chien enragé.

à tuer, d'un
le

coup de massue, un
brouette

A

droite,

propriétaire d'une

chargée d'une génisse, s'arrête à ce spectacle.

A

gauche,

une femme
et

se

montre

à la partie supérieure

de sa porte

considère ce qui

se passe auprès
la

de sa maison. Plus

loin,

un homme,

jambe droite posée sur un banc,

paraît occupé à détacher sa jarretière.

Le fond

est

une

rue au bout de laquelle se voit un puits.

A

l'avant-plan

de

la

quatre

-

vingt - treizième

_,

est

représenté un guerrier,

coiffé

d'un casque

orné

d'une

couronne
qui

:

il

est

censé représenter Godefroid de Bouillon,
la

ne voulut jamais

porter,

et

qui

vient de tuer

trois oiseaux

d'un seul coup de flèche. La scène se passe

dans un riant paysage orné de fabriques.

Au

milieu de
les

la

quatre-vingt-quatorzième, un gentil-

homme,

mains crispées,

envoie

au

ciel

un crachat
un paysage
à

qui va lui retomber sur

la face.

Le fond un

est
;

boisé, à droite duquel est assis

homme

gauche,

quelques bâtiments que domine une tour.

Le

sujet
est

de

la

quatre-vingt-quinzième
vaisseau

et

dernière
près

planche

un magnifique

de

guerre,

d'entrer au port et naviguant à pleines

voiles

entre

un

rocher

et

un phare. Le fond

est

une vue de

ville.

L'approbation

de l'ouvrage

d'Antoine de Bourgogne

100
par Gaspard Estricx,
et


de
la

pléban
fut

cathédrale

d'Anvers

censeur des

livres,

donnée dans

ladite ville, le

i6 décembre 1630.

Le volume, comme nous
suivante.
Il

l'avons vu, fut publié Tannée

On

le

rencontre rarement.
la

en parut un exemplaire à

vente

de

la

superbe

collection d'estampes et de dessins du

chanoine Pierre

Wouters,

qui
les

eut

mentionne

1797 quatre-vingt-quinze
et

lieu

en

(i).

Le Catalogue

planches

comme
est

l'œuvre de Jacques Neeffs
exact,

d'André Pauli, ce qui
mais
il

comme nous

l'avons vu,

ajoute

qu'elles

ont été gravées d'après

ne saurions partager cette opinion.
effet,

Abraham van Diepenbeeck. Nous Nous avons en
,

sous les yeux,

une planche de
le

figurines, exécutée

par Pierre Clouwet, d'après

maître que nous venons

de

nommer

(2) et

il

est impossible,

en comparant cette

petite

estampe avec

celles

des Lhigiue vitia

&

remédia,

de n'être pas frappé de
le

la différence

de style que décèle

dessin

de

l'une

et des autres. Aussi,

sommes-nous
dessins
est

persuadé qu'Abraham van Diepenbeeck
à ces dernières.

est resté étranger

Pour nous,

l'auteur de ces

Théodore Rombouts. Nous avons acquis
après
avoir

cette conviction,
cité

rapproché

les

planches

de l'ouvrage

(i)

Catalogue de la rare
qui composoient
le

et

nombreuse

collection

d'estampes

et

de

desseins

cabinet de feu
l'église

M.
de

Pierre Wouters, en son

vivant prêtre, chanoine de
Brabant, trésorier
'H.- J.

collégiale

et bibliothécaire

de Sa Majesté Apostolique,

Gomer, à Lierre en etc..., par

T. Sas, négociant. Bruxelles, l'an
et p. 335,

V

(1797, vieux style), p. 138,

no 1489,

no 287.
à l'ouvrage
"Dienstich

(2) Elle sert de

titre
:

du médecin anversois Michel
teytverdryf

BouDEWYNS,
siecken.

intitulé

ende ghemichelijck

voor
delin.

Antwerpen, 1654. Elle
sculpsit.

est

signée

:

A. à [Diepenbeke

P. Clouwet


d'un dessin original
ainsi

lOI


des gravures
qui ont été
d'excellents

du maître, que nous possédons,
et

que de

ses

tableaux
lui.

exécutées d'après
connaisseurs se

Et

nous

avons

vu

rallier à

notre opinion.
dessins

André Pauli grava
sont

ces

de

la

façon

la

plus

pittoresque. Ses figures, tant

d'hommes que d'animaux,
rare,
et pleines

exécutées

avec

une élégance

de

vie. Ses fonds sont toujours

remarquables

et très

souvent

de

la

plus grande beauté. Quelques-unes de ses planches

peuvent être citées
obscur.

comme

des modèles achevés de clairentre autres, celle du voleur

Nous mentionnerons,

qui s'enfuit aux aboiements d'un chien (pi. 68) et celle des
malfaiteurs qui veulent pénétrer dans une ferme (pi. 88).

Dans l'ouvrage que nous venons d'analyser
celles

et

dans
s'est

qui vont

suivre,

André Pauwels ou Pauli
Callot.

montré l'heureux émule du célèbre Jacques
6 de largeur.

Ces

estampes mesurent 7 centimètres de hauteur sur à peu
près
Celle qui sert de titre compte huit

centimètres

de

hauteur sur environ 6 1/2 de largeur.

Les

figurines

de

femmes

dont

elles

sont

ornées se
toutes

distinguent par
celles

leur

grande

modestie,

comme

que nous rencontrons dans

les livres illustrés

par

PauH.

Nous avons

décrit

les

quatre-vingt-quinze

planches
latin,

dont nous venons de parler, d'après l'exemplaire

et flamand de l'œuvre d'Antoine de Bourgogne, qui fut
offert

en

1725,

à

Godefroid Boevaert,
sur

religieux

de

l'abbaye de S' Bernard

TEscaut

et

poète de talent,
Il

par

Thomas Vlaminckx,
la

prieur

émérite.

fait

partie

actuellement de

bibliothèque

de feu notre beau-père,
der Straelen.

M. Pierre-Théodore Moons van
Nous
allons

nous occuper,

à cette heure, des planches


dont André Pauwels ou
tovt ce qvi c'est (sic) passé
très chrestien

102
Pauli


orna V Histoire cvriivse de
mcre dv roy
le

a

l'entrée de la reyne

dans

les villes

des

Tays

l^as

;

par

S/

de la

Serre historiographe de

France.

A

Anvers, en l'imprimerie

Plantinienne de 'Balthasar Moretvs (i),

M. DC. XXXII, un

volume

in-folio.

D'après l'approbation, signée par Zegerus, en français,
Siger ou

Victor van Hontsum,

chanoine

et

pénitencier

d'Anvers, censeur de livres, cet ouvrage

était

achevé

le

26 décembre 1631.

André Pauwels ou
représentant l'entrée

Pauli l'enrichit de trois planches,

de Marie

de

Médicis

,

mère de
les

Louis XIII, accompagnée de l'infante IsabelUe, dans
villes

de Mons, de Bruxelles
a

et d'Anvers.

La première
l'infante et

proprement pour

sujet la rencontre de
la ville

de

la

reine-mère, à une demi-lieue de

de Mons. Isabelle,
carrosse,

en habit de religieuse,

a quitté son

pour

se rendre au-devant de

Marie de Médicis,

qu'elle tient embrassée.
rées,

Les deux princesses sont entoudont deux

à

distance,

de

leurs gentilshommes,
filles

échangent de loin des politesses. Les

d'honneur se

montrent aux portières des voitures. La
atteint,

tète

du cortège

entretemps, une des portes de

la ville.

Ce sont

des gens de pied, aux enseignes déployées,

et suivis de

près par de la cavalerie et les carrosses des deux cours.

Les gendarmes de

l'infante,

commandés

par don Philippe-

Albert de Velasco, déchargent leurs pistolets en signe de
réjouissance de l'entrevue des princesses. D'autres cava-

(i) Balthasar

Moretus ou Moerentorf,
la

le vieux,

imprimeur célèbre,
de
St

fut admis,

en 1610-1611, dans

gilde anversoise
I,

Luc,

en

qualité de libraire. Liggeren cités, T.

pp. 466 et 473.


liers

103


à

de l'escorte
foule
à

se

préparent
assiste

suivre leur exemple.
:

Une

de

curieux

à ce spectacle

un d'eux
de

est assis

califourchon

sur son toit de chaume, pour
la

mieux

le

contempler.

Le fond représente

ville

Mons

et ses environs.

On
la

remarque,
avec

à

l'avant-plan de

gauche, un cabaret rustique,
sentant
ouverte,

son enseigne repréattachée
,

un oiseau
et

:

porte,

mal

en

est

l'intérieur
ciel

paraît désert en ce

moment. Au
deux
une
une
Vive Marie!

milieu

du

s'élance

un génie embouchant
:

trompettes, qui sont censés rendre ces mots

A

droite,
;

une
à
les

colombe
gauche
,

tenant

dans
qui

son
en

bec
tient

banderolle

un

aigle

également

;

mêmes mots y
Reyne Mère,

sont inscrits.
intitulée
:

Cette planche, non signée, est
de l'entrée
de
ville

Le triomphe

la

et

l'arrivée de

Son

Altesse,

dans

la

de Mons.

Les figurines,

au
le

nombre de
paysage
et

plusieurs centaines, dont elle se
le

compose,

panorama de Mons sont exécutés de main de maître.
est

L'estampe

haute de 24 centimètres et large de 17.
et

La planche suivante représente Marie de Médicis
l'infante Isabelle, assises

dans un carrosse traîné par six
vers
le

chevaux

et

se

dirigeant
et

palais

de Bruxelles.

Quatre cavaliers
précèdent

une voiture

attelée de quatre

chevaux

les princesses.

également

à cheval, les

Une troupe de gentilshommes, suit. Aux deux côtés du carrosse
et
les autres,

marche une nombreuse escorte de bourgeois, richement
vêtus et portant les

uns des hallebardes,

des flambeaux de cire blanche allumés.
d'infanterie
et

Des compagnies
de
la

de cavalerie sont postées en face
la

résidence souveraine. Les bailles de

cour sont éclairées
à

par

un nombre
toule

considérable de

tonneaux

goudron.
le

Une

immense de

spectateurs s'est rangée sur


La
ses

104


des

parcours du cortège et grossit encore à chaque instant.
pleine-lune, s'étant dégagée
pâles
clartés
la

nuages,

éclaire de

partie

brillante

du panorama de

Bruxelles,

se passe la scène.
le titre

L'estampe porte
de la Reyne

suivant
très

:

Le triomphe de l'Entrée
,

Mère du Roy
dans

chrestien

accompagnée de

Son

Altesse,
:

la ville de 'Bruxelles. et le

Elle est signée, à
fecit, et

gauche

A. Paulus (VA

P

accolés)

mesure

24 centimètres de hauteur sur un peu plus de 16 en largeur. C'est une production de l'aspect le plus agréable,
pleine

de

vie

et

d'animation.

Les figurines y sont

artistement groupées et touchées avec beaucoup d'esprit
et

de sentiment

;

L'exécution des bâtiments

on y distingue de superbes chevaux. et du ciel a droit aussi à de
pour
de Marie
d'Anvers.

grands éloges.

La troisième planche
de Médicis
et

a

sujet l'arrivée
la ville

de l'infante Isabelle, dans

Celle-ci est vue de la Tête

de Flandre, au
qui
est

moment du
se

débarquement des deux

princesses,

rendirent

dans nos murs par l'Escaut. Ce fleuve

animé par de

nombreux
La
reine

navires qui déchargent à l'envi leurs canons.
et

l'infante

viennent d'arriver
magistrat de

au
la

Werf

et

reçoivent les

hommages du
S'

capitale
,

y du
se

marquisat du

Empire. Près de leur

carrosse

tiennent en armes et
et
la

enseignes déployées, les serments
,

garde

bourgeoise

revêtus

de

leurs

brillants

uniformes. Un petit pont de bateaux, établi de ce côté-là,
est

occupé par des personnes de distinction.
la ville,

Le panorama de
cathédrale,
est

que domine

la

flèche de la
et

exécuté avec

beaucoup de netteté
l'église S""

de
la

charme.
grue
et

On
les

y remarque, outre
tourelles

Walburge,
des

des

métiers,

deux

portes


distance,
l'hôtel-de-ville
,

105


et,

d'Anvers qui donnaient accès à l'Escaut,
l'église

à

quelque
et

Notre-Dame

un La

grand nombre d'autres, toutes
scène est éclairée par
le soleil

faciles à distinguer.

couchant.

Les navires de
sont rendus

guerre

et

autres qui

sillonnent
et

l'Escaut,

avec beaucoup

d'élégance

montés par nombre de
aussi bien

de personnages, représentés

très artistement,

que

les

deux princesses,

leur

entourage

et les figures

placées aux deux rives

de l'Escaut.

Tout

ce

monde
Dans

est
les les

exécuté en proportions quasi microscopiques et dans
poses
airs

les plus variées et les plus pittoresques.

planent

un

aigle et

une colombe, tenant chacun
lauriers,
l'autre,

dans son bec
.d'olivier.

une couronne, l'une de

L'auteur a signé

ce petit chef-d'œuvre gravé,
à

comme

les

deux précédents, en partie

l'eau- forte et

partie au burin:

A. Pa iil us

fecit

(VA
en

accole au T). Cette

planche compte 24
largeur (i).

centimètres

hauteur sur

17 en

André Pauwels
Pauli,

s'est

servi

plus souvent de

la

forme

que de

celle

que nous venons de

signaler.

Toutes

deux sont, du

reste, la traduction

de son

nom

flamand.
celles

Les estampes des Lingikc

vitia et remédia,

que

nous venons de décrire

et

bien d'autres encore, permet-

tent de classer cet artiste au premier rang de nos graveuis

de figurines.
Nicolas van der Horst est l'auteur des dessins des trois
planches que nous venons de passer en revue.
(i)

Nous avons
la

décrit ces

planches d'après l'exemplaire de l'ou-

vrage de P. de

Serre, qui fait partie de la riche bibliothèque de

M. René

délia Faille, d'Anvers.
la

La

dernière a pour titre: Le triomphe
très Chrestien,

de l'entrée de

Reyne Mère du î^ojv

accompagnée de Son

altesse, dans la ville d'Anvers,


de
la

io6


planche
le
titre latin

André Pauli orna d'une
Delineatio
historica

petite

Fralrvm 3\iinorvm
in

Provincice
crvdeliter

Gcrmanice Inférions
occisorvm
,

a
per

Gevsiis

odivm Fidei
'^oemrvni

cxhibita

F.

Joannem

eiusdein
a

Ordinis Religiosum.

Cet ouvrage de format in-4°,
transcrire, le

un
der

double
ainsi

titre, l'un

que nous venons de
flamand
;

second

conçu en

Historische

af-heeldinghe

Minder-Brocders van de ISLeder-Jajidtscbe Trovincie, die
Gheloof wreedelyck van de Geusen gedoodt
ende in
Brocder.
't

:(ijn.

om 7

Verthoont

licht

ghehrocht door F.

Joannem

'Boejier

Minder-

Antverpice,

ex

officina

Plantiniana Balîhasaris

ïKoreti (I).

M.DC.XXXV
achevé
de ce
le

(i).
récollet

Ce

livre

du père Jean Boener,
était
i'^"'

du couvent
la

d'Anvers,

décembre 1634, d'après

dédicace datée

jour-là.

Celle-ci était adressée à
la

ceux des
province
chapitre

frères

mineurs de l'observance régulière de
qui
avaient
à

des Pays-Bas
provincial,

été

convoqués
14

au

indiqué

Malines au

janvier

1635 (2).

La
pour
et

petite planche

dont nous avons parlé ci-dessus, a

sujet S^ François d'assise, agenouillé dans
sacrés

un paysage
le

recevant les

stigmates.
et

A

quelque distance,

frère

mineur Léon,

secrétaire

confesseur du bienheu-

reux, médite, en tenant

un

livre ouvert.

Cette composition mesure 6 centimètres en largeur et
Mineurs

(i)

Traduction

:

%_cprcseuialuvi historique des Frères
tués cruellement

de

ta

Trovince des Pays-Has,

par

les

Gueux, en haine de

la

Foi, mise en lumière par frère Jean Boener, %_ccollet.

— Anvers, en

l'im-

primerie 'Plantinienne de Baltha-^ar Morettis
(2)

(/).

M.DC.XXXV.
est

Une deuxième
licencié

dédicace

datée

du 10 décembre 1634,
de
la célèbre

adressée par l'auteur à sa

sœur Agnès Boener, épouse de M.
,

Pierre

Coix

,

es droits

stathouder

seigneurie de

Dalenbroeck.


3

loy

1/2 en hauteur. Elle est suivie des armoiries de Pierre

Coix, mari d'Agnès Boeiier, sœur de l'auteur, exécutées

par André Pauwels ou Pauli. Après celles-ci

commence
,

une

série

de

vingt

autres
la

,

dont
,

la

quatrième
signées

la

quinzième

ainsi

que

dernière

sont

du
d'un

monogramme André Pauwels ou

Pauli,

formé

A

et

d'un P accolés,
et
la

la

quinzième suivie de
ce

la lette /.

Çfecit)

vingtième de

mot

entier.

La preSauveur

mière de toutes ces

estampes,

large

de près de six
le

centimètres, et haute d'environ 13, représente

mourant en croix

et

adressant ces paroles

à son Père,
:

qui apparaît dans les cieux,
in nianus tuas
l'air,

entouré d'anges
nieiim
))

o.

Tater,

commendo spiriîum
la

(i).A droite, dans
la flagellation,

un ange éploré portant

couronne de

surmontée du coq de
qui retient une verge.

S^ Pierre et

entourée d'une corde,

A

gauche, un deuxième ange

en

pleurs, ayant entre ses bras
à laquelle est attachée

une échelle

et

une perche,
fiel et

l'éponge imbibée de

de vidroite,

naigre,
S'

de

la

Passion.

Au

pied de

la croix,

à

François d'Assise agenouillé, embrassant

le bois sacré
:

et

prononçant ces paroles,
meus
et

les

regards

fixés sur Jésus
le

'Deus

omnia (2).

A

gauche,
et

B. Jacopone,

franciscain, également à
à

genoux,

contemplant Jésus,
V^Cater

qui

il

adresse

ces
:

mots du Slabat

dont

il

est

l'auteur
tète de

présumé

Qiiis non fleret ? (3). Près

de

là_,

une

mort

et

des ossements.

Au

fond, des montagnes

(i)
(2)

Mon père, je recommande mon Mon Dieu et mon tout.
Qui ne
verserait des larmes ?
de
l'Histoire

esprit entre

vos mains.

(3)

Stabat ShCaier, stance 5, vers

i.

Voyez
à la fin.

Sainte Elisabeth de

Hongrie,

par

le

comte de

Montalembert.

Bruxelles,

1846, T.

i.

Introduction, page

114,


et la ville

io8


des armoiries.

de Jérusalem.

A

l'avant-plan,

Après cette planche, qui représente le Christ, roi des
martyrs, s'en trouve une deuxième
qui a pour
sujet le

père Jean Amicus (de Vrient ?) frère mineur, blessé par les Gueux d'un coup de mousquet,, dont il mourut

au couvent de Louvain,

le

i8 juin
;

1569.

Composition

de cinq figurines, à l'avant-plan

plus loin

un
la

chariot,
ville

son cheval

et

son conducteur
,

;

au fond,

de

Bergen-op-Zoom
Largeur,
hauteur.
sept

que

le

religieux

vient de

quitter.

centimètres

sur

un peu plus de dix de

Les planches suivantes représentent

:

La troisième,

six frères

mineurs d'Alkmaar,
le

pendus
en

devant l'hôtel-de-viUe d'Enkhuizen,
haine de leur confession de
la

24

juin 1572,

présence réelle de
et

notre
ensuite

Sauveur dans
dans
le lac

le

S'

Sacrement,

précipités

de Mutten. Grand nombre de figurines.
;

Au

rond, l'hôtel-de-vihe et une vue d'Enkhuizen

plus loin

des troupes en

marche.

Largeur d'un peu plus de sept

centimètres sur un peu plus de 10 de hauteur.

La quatrième,
infligés
et

l'extraction

de prison,

les

tourments

au frère Engelbert Terburg, frère-lai d'Alkmaar,
hors de cette
ville,

son transfert

pour
près

être

pendu

à

un sureau, au
le

village de

Ransdorp,

d'Amsterdam,
dit,

II août 1572.

Signée,
maître.

comme

nous l'avons

du
et

monogramme du
vue de
ville.

Très nombreuses figurines,

Largeur, 7 centimètres sur un peu plus de

10 de hauteur.

La cinquième,

les saints

martyrs de Gorcum, parmi
Ils

lesquels se trouvaient onze frères mineurs.

furent mis

à mort le 9 juillet 1572, par ordre de Guillaume de la Marck, comte de Lumey. Composition de plus de vingt


figurines
;

I09


de Briel.

au

fond

,

la

ville

Largeur

,

7

centimètres sur un peu plus de 10 de hauteur.

La sixième,

le

père Régnier de

Linter, frère

mineur

du couvent de Roermond en Gueldre, maltraité au pied
de l'autel et mis à mort par
les

Gueux.
de

A

droite,
ville,

une
dans
de

vue

de

l'église

des

Chartreux

ladite

laquelle les soldats

du prince d'Orange sont en

train

tuer

un de ces

religieux.

Composition d'une quinzaine

de figurines. Largeur d'au-delà de 7 centimètres sur un

peu plus de 10 de hauteur.

La septième,
désigné
s'était

le

père

Jean Mahusius,

qui

avait été

comme

premier évêque de Deventer, mais qui

excusé d'accepter cette charge,
près

mis à mort par

les

Gueux,

d'Audenaerde,
;

le

4 octobre 1572.
la ville citée.

Composition de quatre figurines

au fond,

Largeur, 7 centimètres sur environ 10 1/2.

La huitième,

le

père Guillaume de Gouda, du couvent

des frères mineurs de Dordrecht,

pendu

à
i

la

potence,

au milieu du marché, à Gertruidenberg,

le 3

août 1573.

A

l'avant- plan,

une scène

de

massacre.

Nombreuses

figurines.

Largeur de 7 centimètres sur à peu près onze
frère

de hauteur.

La neuvième,
cuisinier

le

Jean

Cuyper,

de Maastricht,

du couvent de Diest, tué par
ville,

les

Gueux, près
blessé

de

cette

et

le

père

Arnould
,

de Halle,
le

mortellement

par ces

misérables
;

6

mars 1574.
la

Composition de cinq figurines
Diest.

au
sur

fond,
plus

ville

de

Largeur,

7

centimètres

de

10

de

hauteur.

La dixième,

le

frère

donné Arnould
à

Knapper,

du

couvent d'Amersfort, mis

mort par
;

les

Gueux, en 1574.

Composition de quatre figurines

au fond, une vue de

IIO


un peu plus de ro de

ville.

Largeur, 7 centimètres sur

hauteur,

La onzième,

le

père

Adrien

Beverloo, prédicateur et
près

confesseur du couvent de Lichtenbergh,
tricht, tué

de Maas-

non

loin de Diest, aux environs

de l'abbaye
figurines,

d'Averbode, en 1576.

Composition de quatre

à l'avant-plan. Plus loin, les restes mortels du religieux

transportés

vers

ladite

abbaye, qui orne

la

planche,

à

droite, par trois personnages.

Au

fond, une vue de

ville.

Largeur, 7 centimètres sur un peu plus de 10 de hauteur.

La douzième,
potence par
les

le

frère

Nicolas

Delfius attaché

à

la

Gueux, en 1576, dans un village des environs d'Anvers. Composition de 7 figurines au fond,
:

une vue de

la capitale

du marquisat du

S'

Empire Romain.

— Largeur, 7 centimètres sur un peu plus de 10 de hauteur.
La treizième, l'ensevelissement du père Jean Scheurmans,
en
l'église

de Peer, dans

la

Campine

liégeoise.

Ce

religieux
petite

avait été assassiné par les
ville,
;

Gueux, près de

cette

antérieurement à l'année 1580.
plus loin, une vue de ville.

Au

fond, son supplice
sition

Compo-

de 7 figurines.

— Largeur,
la

7 centimètres sur un