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Estudis

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CLAIRE TORREILLES

LE DICTIONNAIRE LANGUEDOCIEN DE L'ABBÉ SÉGUIER (1705-1767)

Per citar aqueste document / Pour citer ce document : Claire Torreilles, « Le dictionnaire languedocien de l'abbé Séguier (1705-1767) », Occitanica.eu, Estudis, [en ligne], mis en ligne le 24 mai 2013.

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Introduction
L’auteur du dictionnaire languedocien

René Séguier (1705-1767) a été pendant 34 ans le prieur du village cévenol de Saint-Jean-deValériscle. Son œuvre française et occitane a été conservée par les soins de son frère, l’antiquaire et érudit nîmois Jean-François Séguier (1703-1784). Cette œuvre s’est révélée bien plus importante que ne l’annonçait Joseph Bauquier en 1880 dans la Revue des Langues Romanes1. Pour une présentation de la personnalité de l’abbé Séguier et des différents aspects de son œuvre (correspondance, essais, voyages littéraires, notes morales et philosophiques, traductions, grammaire) nous renvoyons à l’édition critique d’un choix de manuscrits par François Pugnière et Claire Torreilles : Écrire en Cévennes au XVIIIe siècle. Les œuvres de l’abbé Séguier2.

Le manuscrit du dictionnaire de Séguier
Le manuscrit 281 du fonds Séguier de la bibliothèque municipale de Nîmes3 comprend un lexique de 582 entrées et 113 pages écrites et 35 pages blanches, soit : f. 1 à 39v, 10 pages blanches, f. 52v à 72r, 25 pages blanches. Les pages blanches intercalaires ou finales sont signalées par une note de la main de J.-F. Séguier datée du 19 novembre 1774. Il faut ajouter à ce corpus lexical, qui a été appelé « dictionnaire », une liste de 660 mots sans définition ni traduction mais rangés par ordre alphabétique qui se trouve dans le ms 229 4 (f. 22 à 31). Ces mots, dont certains sont cochés d’une croix, ne correspondent pas nécessairement, bien qu’il y ait des recoupements, à ceux qui figurent dans le ms 281. Dans le dictionnaire, les mots en occitan sont plus ou moins systématiquement traduits en français et expliqués au moyen d’exemples dans la langue. Un certain nombre d’entrées donnent aussi les
1 Joseph BAUQUIER « Les provençalistes du XVIIIe siècle : Lettres inédites de Sainte-Palaye, Mazaugues, Caumont, La Bastie, etc. », dans Revue des Langues romanes, 3e série, t. III, 1880, p. 65. 2 Montpellier, PULM, Université Paul-Valéry, 2013. 3 BM Nîmes, Ms 281 (anc. Cote 3039) : « Recueil 55 de Séguier. Titre de la main de l'abbé Séguier : 'Ce recueil n° 55 contient l'explication en françois de la langue patoise des Cevenes et traductions de plusieurs ouvrages en patois' » XVIIIe siècle. 4 BM Nîmes, Ms 229 (anc. Cote 13877) : « Recueil Séguier n° 52 » ; « Recueil sur la langue et la littérature languedociennes. - Notice et grammaire (f. 1-21). - Liste de mots (f. 22-42). - 'Réflexions sur notre langue' (f. 32). - A la suite, traducion en languedocien de différents auteurs de l'antiquité... » - XVIIIe siècle.

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mots dérivés. L’écriture et la présentation sont claires. Chaque mot est précédé de la lettre sous laquelle il sera rangé, mais, dans la version qui a été conservée, il n’y a pas de classement alphabétique suivi. Cette présentation nous laisse penser que cet état du dictionnaire peut n’être qu’un brouillon, soit que l’abbé Séguier ait laissé l’ouvrage inachevé, soit que la ou les versions plus abouties aient été égarées. Après la mort de l’abbé, en effet, plusieurs érudits (l’abbé de Sauvages, Court de Gebelin, le baron de Servières, le celtisant le Brigant) ont demandé à son frère, Jean-François Séguier, de leur communiquer son dictionnaire, et il l’a fait, on en a la certitude, au moins pour ce qui concerne Servières : il le lui a envoyé, écrit-il en note d’une lettre de celui-ci, « le 22 septembre 1777, contenant 25 cahiers. »

La langue du dictionnaire
Le travail de Séguier a été guidé par une connaissance proche et un sentiment juste de la langue. Celle-ci présente les traits du languedocien cévenol : - articles pluriels en lous, las ; - possessifs en sous, sas ; - forme non vocalisée de aquel, drapel, garrel, soulel, pel (la peau, distinct de peu : cheveu) ; avec plusieurs traits phonologiques ou morphologiques caractéristiques du provençal : - contraction de l’article singulier en dou ; - prononciation des finales dans caitivié, patetarié, oustau, grazau, vaut, faut (verbes valoir et falloir, 3e personne du singulier) mais on trouve miech et esclop (et même esclopt) ; - amuissement des consonnes finales des participes passés : ai trouba, es adraca, afrejouli, mais on trouve aussi, quoique rarement, des finales sonores : desanat, palaficat, agourini ; - prononciation des nasales finales : man qui rime avec fadejant ; camin ; prononciation du v initial : vin ou intervocalique : leva ; - désinence en –e de la première personne de l’indicatif présent : vene, leve, menave, sentiguere ; - désinences en [jε] et [jεn] de l’imparfait et du conditionnel notées le plus souvent ioit et ioint selon les principes alors en vigueur de la graphie du français : trasioit, entreboullirioit, mais notées aussi quelquefois -iet : fasiet, fariet, battiet ou iey : sentiey ;

Les choix graphiques
Les choix graphiques de Séguier sont ceux de l’époque. À la différence de Sauvages, il n’invente pas une graphie spécifique de l’occitan, il utilise ou aménage la graphie du français. Ainsi, il note -e la finale atone du féminin (cassole, broque) comme avait fait au XVIIe siècle le Nîmois Anne de Rulman dont il a très certainement connu les Recherches sur la langue du pays5. Il note, comme Rulman, les diphtongues au, eu, ai ou ay, les triphtongues : ieu, oui. Il écrit, comme en français, le son [u] par ou, et en finale nasalisé on (mon, grignon)6. Mais cette graphie a un caractère instable. Le son [dj] est noté j ( pateteja, campaneja, mais aussi ge
5 Anne de RULMAN, Recherches sur la langue du pays, 1627. Edité par Pierre Trinquier, IEO, 2001. Rulman écrit : aigue, aure, oule, quoure. Plusieurs auteurs provençaux en useront de même. Coye par exemple qui écrit : vile, fille, figure… mais aussi le curé Darles de Congéniès qui écrit : viste, mine, bugade, vide… 6 Rulman écrit de même : son, mon, non, confle, maison…

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(mangea) ou g (envege et envegoux). Il reviendra sur ces choix dans la grammaire. Il écrit encore cousiga et cousigua, enfanga et enfangua, aqo, aquo et aquot, coupa et couppa, douna et dounna, fraisquieire et fresquieire, bruch et bru, fouguet et fouget, osce et osque, nuet et nuect, buon et bon. Pour la marque de l’infinitif, il graphie différemment les infinitifs du premier groupe où il ne note pas le -r (acata, boulegua, cala) de ceux du deuxième groupe où il le note généralement (bronzir, brandir, estabourdir, mais il écrit trefouli). Mais c’est la finale en -e qui est la source d’ambiguïté majeure. Il l’exprime à propos des adjectifs aquel et quante. Dans l’incapacité de justifier sa graphie, il renvoie à l’usage : « Il n’y a que la manière de prononcer qui distingue le masculin du féminin. Aqueles homes ; aqueles femnes. Il faut être languedocien pour sentir la finesse de cette prononciation » [f. 12v] ou bien : « Quante couquin ! Quante couquine ! La prononciation fait la différence du masculin et du féminin » [f. 31r]. Ailleurs, à l’entrée huet [f. 60r], l’écart entre graphie, à la française, et prononciation est l’occasion d’une jolie remarque de phonétique syntactique : « On prononce huec houres, on change le t en c pour adoucir la prononciation »

Les choix lexicaux
Les choix que fait Séguier dans le lexique occitan sont guidés par un sentiment de la langue qui privilégie deux qualités : la naïveté et l’énergie, comme il le dit dans une incise : « Si on y trouve quelque mot d’un autre idiome, ce n’est pas un mot barbare, c’est ou son énergie ou sa naïveté qui nous a obligé à le mettre » [f. 27]. Il y a en réalité très peu de mots empruntés au français ou seulement proches du français. Priorité est donnée à l’écart linguistique, au vocabulaire qu’un étranger au pays ne comprendrait pas, aux mots usuels de la langue populaire sentis comme particulièrement expressifs et fortement connotés. Mais les entrées grammaticales ont leur place ( el, tiu, quicon, quante) ainsi que certains mots abstraits que l’on retrouvera dans les traductions élégiaques de l’abbé : amistoux, desfessi, endoulenti, trefouli, fadeja, lagui, pessament, sentide. Quelques substantifs lui paraissent plus spécialement cévenols, et il note : « idiome des Cévennes » pour raca au lieu de rapuga, tremoula, tanca au sens d’attendre. Seule une note du dictionnaire sur le parler toulousain [f. 29] nous renseigne sur la conscience que Séguier pouvait avoir de l’espace de la langue d’oc : « [elle ?] change quelquefois l’é en a... Quelquefois elle ajoute une lettre de plus et dit moulze (traire) pour mouze. D’autres fois, elle en retranche une et dit mouli pour moulin. Elle se plaît à changer v en b et dit brabe pour brave, bira pour vira, bin pour vingt, biande pour viande et beirre pour veirre. » Il arrive que la traduction des mots soit absente. Soit par difficulté à trouver un mot français équivalent (espeloufi, tarnagas au sens propre, ou les nombreuses onomatopées), soit parce que le contexte est explicite (embeure, parpantelle) ou que la connivence linguistique lui semble assez bien fonctionner (sarcir, mourude, trompar la carabasse, faire courcousselle, patrifaci, gaugne), soit parce qu’il lui vient tout naturellement une définition en occitan ( rondinaire) ou qu’un proverbe connu suffise à l’explication (broque). Il arrive aussi (mais rarement) que, dans l’entraînement de l’exemple, l’explication soit donnée en occitan : Barre, en parlant de quicon que raje e que l’on tape [f. 35r] ; Mourude : que n’est pas gratiouse, que fait lou mourr e. [f. 65v] C’est la référence à l’usage, en prise directe sur la parole rapportée, qui sert souvent moins à 4

expliquer un mot qu’à le faire vivre, à le mettre en scène : « Ou aves fa ? Nany. Ou fares ? Nany. » [f. 27v] ; « Est elle que lou recatet, pecaire » [f. 32r]. Séguier note volontiers les emplois burlesques ou familiers de certains mots (bouchard, ceigne, mericles cacay, pissadou, tetet, penet ) ou de certaines expressions prises au sens figuré : es un acata [f. 70 r] ; a vira bate [f. 54r] ; berqua sa légitime [f. 69r] ; a fa une bone plegue [f. 64v] ; un ome de fate [f. 62v]. Le sens figuré est d’usage dans la conversation familière : es un tarnagas [f. 10r] ; a fa la resquinllette [f. 55r]. À plusieurs reprises, ce sens figuré éclipse même le sens propre du mot, comme pour le substantif resse [f. 3r] qui n’est cité que sous l’emploi de « mauvais violon », ou encore graisse [f. 39v] qui semble n’exister que dans l’expression « se plant de trop de graisse ». L’usage est si prégnant dans la démarche de l’abbé que, s’il n’a pas entendu d’autres occurrences d’un mot, il n’hésite pas à le réduire à la seule qu’il connaisse. Comme care, visage, qui ne s’utiliserait que dans « bonne care d’hoste » [f. 16v] ou paute dans « marcha de quatre pautes » [f. 62v].

Choix d’édition
Nous choisissons, pour rendre la lecture du dictionnaire plus aisée, de rétablir l’ordre alphabétique que le manuscrit ne donne pas. Nous conservons donc les quelques doublons qui apparaissent de ce fait. Les notes d’auteur et remarques de bas de page sur la langue, qui se trouvent rapprochées dans le manuscrit, entre les folios 27 et 29, ont été regroupées à la fin. Quelques notes d’éditeur sont ajoutées et signalées par un astérisque.

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A
f. 21r f. 65r f. 57r

abalauzir abauza (s') abbriva acata

Étonner, surprendre. Fouget abalauzi. L’abalauziget. Se coucher sur le ventre. S’abauzoit. (v.) Attraper quelqu’un le premier d’avril. L'ant abbriva. S’est laissa abbriva. L’abbriveront. Vous abbrivara.

f. 70r

(v.) Couvrir. Acata-lou, en parlant d’une personne qui est au lit. Acata lou ben. S’acatar, se couvrir. M’acatere ben. Acata vous (il se dit d’une personne qui montre sa gorge ou quelque chose de plus). Acata, empêcher de voir. Aquo me l’acatave. Acata (s. m.), fin, rusé. Est un acata. Acata, couvrir quelque chose. Acata lou fioc.

f. 70r

acataje accaba

(s. m.) Tout ce qui sert à couvrir dans le lit. L’acataje. Me tire l’acataje. Me tires pas l’acataje. M’a tira tout l’acataje.

f. 61v

(v.) Achever, finir. Accabas ou. Accaba de dina. Ou acabet pas de dire. Accaba : achever quelqu’un, lui ôter un reste de vie. Accaba lou, autant vaut que l’accabes.

f. 68r

accaba

(v.) Achever, finir. Accabas ou. Accaba sa besougne. Accaba de parla. Jamay non a accaba. Accaboit pas lou mot. Accaba quauqu’un, lui ôter un reste de vie. L’accaboit. Accaba, caduc. Es accaba.

f. 68r

accantouna aclapa adouba

(v.) Acculer, pousser dans un endroit à ne pouvoir fuir. Vous l’accatounoit.

f. 56r

Terme d’agriculture, couvrir de terre la semence. Aclapas ou ; ou faut aclapa.

f. 62r

Accommoder, apprêter une viande. Es ben adouba ; addoubas ou ben. Maltraiter, battre. L’ant mau adouba. Recoudre, réparer, accommoder. Adoubas aquot. Adoubas ou. Ou ay adouba.
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f. 13r

adraca affasca

Essorer, faire sécher le linge à demi. Quand sera adraca ? Fasses ou adraca.

f. 37v

(v.) Donner du dégoût, dégoûter, en parlant des viandes. Affasque. Vous affasque. La graisse, la soupe grasse, lous ragousts gras vous affasquont.

f. 58r

affourtir affregouli agourinit agraille aigras aisso al alabardir (s') amistoux

(v.) Affirmer, soutenir affirmativement. Ou affourtis ; ou affourtiguoit.

f. 11r f. 22r f. 8v f. 35v f. 63r

Frileux. Un affrejouli. Es tout affrejouli. Acoquiné. Est agourinit. Corneille. Une agraille. Verjus. Un aigras, d’aigras. Cela. De qu’est aisso ? Aisso sera pas ren. Aisso fait ben. Aisso non est qu’une renne. Aisso non est que de vesiadure.

f. 36r

Raison, cause. Aquo’st l’al.*
* Es aqui l’alh ! c’est la difficulté, le nœud de l’affaire (Mistral)

f. 59v f. 13v

S’enhardir. S’alabardira. Doux, honnête, caressant. Est tout amistoux ; est toute amistouse. Note de l’auteur : « Tant d’amistouses enfantets Fessont tinda mille poutets. » Goudelin* [* Peire Goudouli, Le Ramelet Moundi, Prumiero floureto, ‘Beutat fantaziado’ :
« E péy me sabio mal encaro / Que sur uno beautat ta raro / Tant d’amistouzes efantets / Fésson tindar milo poutets », Ed. D. Pain, Amsterdam, 1700, p. 53.]

f. 59r

amon amousteli

(adv.) Là-haut. Est eilamon. Amon lou troubares. Amon i a une fille. Davale d’eilamon.

f. 9v

(p. passif ) Se dit d’une personne que la maladie a amaigrie et qui a le visage ou le museau (si c’est une bête) maigre et effilé. Est ben amousteli ; est ben amoustelide.

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f. 57r f. 14r f. 12v

ana-venent antan aquel, aquele

Tout d’une venue. Une cambe tout d’un ana-venent. L’an passé. Desenpiey antan. Celui-là, celle-là. Aquel est un couquin, aquele est une brave femne. Aqueles au pluriel et au genre masculin. Aqueles gens ; aqueles oustaus ; aqueles aubres. Aqueles au pluriel et au genre féminin. Aqueles femnes ; aqueles besties. Il n’y a que la manière de prononcer qui distingue le masculin du féminin. Aqueles homes, aqueles femnes. Il faut être languedocien pour sentir la finesse de cette prononciation.

f. 72r f. 7r

aquissa arne arne ascle aspi assetta aste

Haler les chiens après quelqu’un. M’aquissave son chin. Mite. Petit insecte qui ronge les habits. Une arne. Las arnes se iet sont messes. Arna, rongé des mites. Est arna ; est tout arna.

f. 19r f. 5v f. 53r f. 3r

Teigne. Une arne. Arna, rongé des teignes. Est tout arna. Fente. Une ascle. Ascla, se fendre. S’asclara ; s’est ascla ; est ascla. Herbe odorante, espèce de lavande. Terme de lavandière, entasser le linge dans un cuvier et mettre par-dessus un lit de cendres. Assetta la bugade.

f. 71r

(s. m.) Broche. Un aste. L’aste. Vira l’aste. L’aste vire. Bouta l’aste. Tira l’aste. Un cop d’aste. Enasta, mettre en broche. Enastas aquella dinde, aquel lebrau. Est mau enasta, enastas lou miel.

f. 60r

autant ben

Aussi bien (adv. de compar.). Ou fara autant ben qu’el. Autant ben, conjonction causative qui sert à rendre raison de quelque chose : autant ben de que i’anave faire ?

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B
f. 56v f. 60v

bachucha

(v.) Se vautrer. Se sont bachucha din la fangue. Se bachucheront.

baladin-baladan Mots trouvés pour exprimer le son d’une cloche que l’on sonne
en branle.

f. 35r

barra

(v.) Fermer. Barra la porte. La porte est barrade. Es barra. Troubere barra. Barra lous oeils. Barra la bouque. Barre, en parlant de quicon que raje e que l’on tape. Barre, barre lou. L’ay barra.

f. 54r

bate

(s. f.) Corne du pied des bœufs, du cheval, de l’âne. Las bates ; sas bates ; las quatre bates. I a laissa las bates. Vira bate , au fig. A vira bate, il est mort (style burlesque).

f. 58r

baume berqua besegne besougne bigarra bise blede bouchard bougnete

(s. f.) Caverne, antre, grotte. Une baume. Dins une baume. Intret din sa baume. Sourtiguet de sa baume. Ere dins sa baume .

f. 69r

(v.) Ébrécher. Berqua sa destrau. Mon coutel es berqua . Berqua : au fig. berqua sa légitime.

f. 64r f. 68v

(s. f.) Rejeton, noyau de la plante. Une besegne d’aillet. (s. f.) Besogne. Faire sa besougne. Accaba sa besougne. Ana vite en besougne. Au fig. La besougne guide.

f. 35v f. 61v

Bariolé, marqué de diverses couleurs. Est tout bigarra. (s. f.) nord ouest. La bise. Fa bise. La bise se lève. Une bise frege. La bise bouffe.

f. 56r

Bette ou poirées. Une blede. De bledes. De costes de bledes. De bledes fricassades a la sartan.

f. 14r f. 54r

Barbouillé. Es tout bouchard. Il ne se dit que des enfants. (s. f.) Espèce de beignet. Une bougnete, de bougnetes. Ha mas bonnes bougnetes ! Bougnetes, bougnete : tache. Me soui fa une
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bougnete.
f. 35v

boulegade boulegua

Quantité, plusieurs, beaucoup. N’i aviet une boulegade. Une grande boulegade. N’en prengeront une boulegade.

f. 61v f. 62r

(v.) remuer. Boulegua la teste, lous bras, las cambes. Non boulegue ni ped ni pate. Boulegua : se remuer. Boulegave pas. Boulegue ren. Boulegua : se hâter. He boulegas vous donc !

f. 53v

bourdouira bourlis bourril bourril

(v.) Bouleverser, renverser sens dessus dessous. Est tout bourdouira. Ou a tout bourdouira.

f. 69v f. 7v f. 13r

(s. m.) Désordre, mélange, confusion. Est un bourlis de diable ! Un bourril ; est tout de bourril ; bourrilloux ; est tout bourrilloux. Petite pointe, élévation, défaut qui se trouve aux étoffes de soie, de bourre de soie, de lin, et quand le fil de la chaîne ou du tissu n’ont pas été filés uniment. Un bourril ; aquos tout de bourril. Bourrilloux : plein de bourrils Es tout bourrilloux.

f. 55r f. 36v

bourtoulaigue bouteil boutel bouyteja bouytoux bram brandin

(s. f.) Pourpier. De bourtoulaigues. Une salade de bourtoulaigues. Rafle, petit rameau d’une grappe de raisin avec les grains qui y tiennent. Un bouteil ; un bouteil de rasin.

f. 36v

Le gras de la jambe. Lou boutel. Un gros boutel. N’a pas ges de boutel. Tout d’un ana-venent sans boutel.

f. 13v f. 13v f. 13v f. 6v

(v.) Boiter un peu. Bouyteje. Boiteux. Est boytoux ; un bouytoux. Cri de l’âne. Bram d’ase monte pas au ciel. Un grand garçon tout « debiaissé ». Un brandin. Est un grand brandin. Brandinas : accressif de brandin. Un brandinas ; un grand brandin.

f. 67v

brandir

(v.) Remuer, secouer. Vous lou brandiguoit.
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brandide : secousse. Vous iet donnoit une brandide.
f. 14r f. 14r f. 14r f. 14r

brau bregoux bregue brezilla

Jeune taureau. Un brau. Querelleur. Un bregoux. Est un bregoux. Bruit, noise. Cerca bregue. Cerque bregue a tout lou monde. Chanter. Il ne se dit guère que des petits oiseaux. Brezille, au propre et au figuré en parlant du babil et du caquet d’une jeune personne.

f. 62v f. 67v

briquet brize

Fusil. Lou briquet. Un briquet. Battre lou briquet. (s. f.) Petite et menue pièce détachée du tout. De brizes. De brizes de pan. Ou a tout mes en brizes. Aguoit das brises , au fig. Au fond dou sac se trobont las brizes. Faire sauta las brizes sur lou capel.

f. 14v non folioté

bronzir bronzir

Siffler. Las peirres bronzissioint. (v.) Bruit que fait un corps en passant avec force et rapidité dans les airs. Bronziguet a mas aureilles, en parlant d’une pierre ou d’une balle de mousquet. Lou canon bronzissioit.

f. 39v f. 14v

broque brouton bruca bruch

Lou touquarié pas en b’une broque. Bourgeon. Broutouna : bourgeonner. Coummence de broutonna. Est tout broutounna.

f. 58r f. 69r

(v.) Broncher. Bruque. I a pas ges de bon chival que non bruque. Bruit, querelle. Avedre bruch en quauqu’un . Ant agu bruch ensem. Ant souven bruch. A fa force bru . Bru : réputation. Aquelle fille fait bru. A michant bru. Aquo fara bru. Bru : son. Fagues pas bru. Doubres la porte douçament que fague pas bru .

f. 14v

buta

(v.)

Pousser. Buta quauqu’un. Lou butet. Me butet. Se buteront.

Bute lou. (vi.)

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C
f. 53r

cabaliste

Terme des collecteurs de taille, impôt que payent ceux qui n’ont pas de bien-fond et qui ont des cabaux. Estre au cabaliste. Estre un sau au cabaliste. Dous liards au cabaliste. Mettre quauqu’un au cabaliste. Compés cabaliste, Livre où sont écrites toutes les cotes de ceux qui paient cet impôt.

f. 14v

cabau

Fond. Que s’aquite fait cabau. De quelque espèce que ce soit, argent, marchandise, bestiaux, obligations. Son cabau. De bons cabaux.

f. 14v

cabés cabosse cabriole cabussella

Chevet de lit. Haussa lou cabés. Baissa lou cabés. Dessou lou cabés. Dessu lou cabés.

f. 15r f. 15r f. 37r

Caboche. A bonne cabosse. Tête d’ail. Cabriole. Une cabriole. Faire la cabriole. Cabriola : cabrioler. (v.) couvrir le pot, la marmite, de son couvercle. Cabusselas aquel toupin. Un toupin cabussella. Lou cabussellet. L’a cabusella , au fig. en parlant d’une large pierre qui tombe sur quelqu’un.

f. 8r f. 15r

cacay cacay cache-fioc cadel

Ordure. terme de nourrice. De cacay ; aquos de cacay. Terme de nourrice pour signifier toute sorte d’ordure. Cacay, de cacay.

f. 15r

Grosse bûche dont on bâtit le feu la veille de la Noël. Lou cachefioc. Un buon cach-fioc.

f. 15r

Le petit d’une chienne. Un cadel a fa lous cadels. N’est pas qu’un cadel. Cadela, (v.) mettre bas, en parlant d’une chienne. A cadela, cadelara.

f. 15r

cadenon

Espèce de jurement, terme qui emporte surprise et donne de l’énergie aux choses que l’on dit. Cadenon qu’est poulide !

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f. 15v f. 2r

cafioc cagadure cairre caissau caitivié cala calu cambajon cambalute campaneja canabieire canabou cancan cane capeiron

Chenet. Un cafioc. Un pont de cafioc. Excrément, crotte, crottin de mouche. Cagadure de mousque. Est tout de cagadure de mousque. Tout plen de cagadure.

f. 57v

Carreau, une des quatre couleurs des cartes, marquée d’un losange. La dame de cairre. Virre de cairre. Lou sept de cairre.

f. 15v

Dent machelière. Lous caissaux. M’ant arraba un caissau. Moustrave jusques as darniers caissaux.

f. 15v f. 15v f. 71v f. 16r f. 15v f. 9r

Misère, ordure, malpropreté. (v.) se taire. Calet davant el. Louche. Un calu. Est calu. Caludas : accressif de calu. Jambon. Un cambajon. Une tranche de cambajon. Faire la cambalute. (v.) sonner les cloches pendant longtemps. Ant campaneja toute la nuet. Ce terme marque de l’importunité de la part du sonneur.

f. 16r

Chenevière. Une canabieire. Las canabieires. Accoumouda coumme une canabieire.

f. 16r f. 35v f. 16r

Chenevis Bruit, débat, dispute. A fa un grand cancan d’aqo. Mesure de huit pans. Une cane, une mieje-cane. Cana, (v.) mesurer avec cette mesure

f. 16r

Chaperon. Lous conses portont lou capeiron. N’aviet pas son capeiron.

f. 70v

capelu, capelude Il se dit d’une poule qui a un bouquet de plumes sur la tête. Une
galline capelude. Est capelude.

f. 16r

capigna

(v.) Il ne se dit que des enfants. Chercher noise, s’entrebattre
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doucement. Lou capigne toujours. Se capignont. Se capigna. Capignoux : aquel es un capignoux.
f. 16v

capitani capusa carabasse cardounille cardounille care carestié carogne carpan carreiron carrougnade cascailla

Capitaine. Un capitani. L’ant fa capitani. Capitani d’infantarié. Capitani de cavalarié. Capitani de dragons.

f. 38v

(v.) Enlever avec la hache de menus éclats d’une pièce de bois. Capuse. Fait pas que capusa.

f. 5r

Trompar la carabasse*. * [tricher au jeu] Chardonneret. Une cardounille. Chardonneret. Une cardounille. Visage. Bonne care d’hoste. Il n’est d’usage que dans cette phrase. Cherté Garce Sorte d’habillement de tête. Un carpan. Un carpan de velours. Sentier. Un carreiron. Seguisses lou carreiron. Aquo’s de carrougnade, en parlant de la mauvaise viande qu’on vend quelquefois à la boucherie.

f. 8r f. 16v f. 16v f. 16v f. 16v f. 16v f. 17r f. 16v

non folioté

(v.) Il se dit du chant de la caille, au propre et au figuré d’une jeune personne qui parle volontiers et avec vivacité. Cascaillave. L’entendeguere cascailla.

f. 17r f. 17r f. 4r

cascaleja cassete cassole

Il se dit de certains oiseaux et du babil et du caquet. Poêlon Espèce de soupe bourgeoise de riz ou d’autre légume que l’on fait cuire au four public. Une cassole ; une bonne cassole ; pourta au four sa cassole ; cresta la cassole. Cassole : terrine où l’on met cette espèce de soupe.
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f. 19r f. 10v

cau cava cavalasse

Qui. Cau ou a vis ? De cau est aquo ? En cau parlerias ? (v.) Creuser. Cavas ou. N’est pas prom cava. Cava : arracher. Iet cavaray lous oeils.

f. 2v

Accressif de cavale . Cavale grosse et mal faite. Une cavalasse. Une grosse cavalasse. Au fig. terme injurieux. Une cavalasse : pire que garce.

f. 15v f. 5r

cayre ceigne ceze chauta chivalas

Partie, angle, coin, carré. Aquel cayre vous appartent pas. Terme burlesque, vielle perruque ou perruque mal faite. Une ceigne. Sa ceigne.

f. 17r f. 17r f. 2v

Pois-chiche. De cezes. Une soupe de cezes. De cezes de Ganges. Soucier. S’en chauta. M’en chaute pas. Accressif de chival. Il se prend en mauvaise part : un cheval gros et mal fait. Un chivalas ; un gros chivalas. Au fig. terme très injurieux de femme à homme.

f. 17r

chot chôupi classes clava clede clouche cloussir

Chat-huant, hibou. Un chot. Chot, terme injurieux : niais, sot, idiot. Chot tarnagas.

f. 9v

(part.) Foulé. Est tout chôupi. Ou a tout choûpi. N’ou choûpigues pas.

f. 17v f. 17r f. 17v

Sonnerie pour les morts. Lous classes. Sounna de classes. Fermer à clef. Aves clava. Clavas. Clave lou pan a sa femne. Claie. Clede : l’endroit où l’on fait sécher les châtaignes et la claie sur laquelle on les sèche.

f. 17v f. 17v

Manière d’appeler la poule qui a des poussins. Clouche clouche ! Glousser. Il se dit de la poule qui veut couver et qui couve. Cloussis.

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f. 17v f. 9r

cluga companeja companeja complazence

Fermer les yeux. L’arbalestier que tire tout clugant. (v.) Ne pas manger quelque chose sans pain, la ménager, la manger par mesure. Ou faut companeja.

f. 18r f. 68v

(v.) ménager. Il se dit de la pitance. Companejas ou. Complaisance. Faire quicon per complazence. Ou a fa per complazence. Ou fait per complazence. Fases o per complazence. Complazent : (p.) Un marit complazent ; une femne complazente qu’es toujours de l’avis de son home. Ha la brave femne !

f. 18r

contugna couleve coulobre

(v.) Continuer. Contugnere mon camin. Se contugne toujours de faire aqo.

f. 38r

L’action d’un corps qui cesse d’être en équilibre et qui hausse d’un côté. Couleve. Fait couleve. Fara couleve. Faguet couleve.

f. 17v

Couleuvre. Coulobre, terme injurieux. Il se dit d’une fille évaporée extrêmement et qui ne garde pas les bienséances de son sexe. Un coulobre ; un couloubras.

f. 18r f. 18r f. 57v

coummanda coumoul couppa

Ordonner. Coummanda lou soupa. Que coummande pague. Comble. Mesure coumoule. (v.) Couper, séparer en deux avec la main un jeu de cartes quand celui qui les tient les a mêlées. Coupas. Ay coupa. Couppa haut, couppa bas.

f. 36r

courche courcousselle courcousson

Sentier, chemin court, chemin de traverse. La courche. Prendre la courche. Prengeriam la courche. Trouberiam une courche.

f. 59v f. 6v

Faire courcousselle Charanson, vers qui ronge le blé. Un courcousson ; lous courcoussons ; lous courcoussons se iet sont mes. Est tout plen de courcoussoun.

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f. 8r

courpatas cousiga coussi coutetes couyssin crac creisse

Corbeau. Un courpatas, un nis de courpatas ; une nisade de courpatas.

f. 7v

(v.) Fouler, marcher sur quelque chose. Ma cousiga. Me cousiguet lou ped. Vous cousiguas. Me cousiguas. Cousigua un estron .

f. 18r f. 18 r°

Comment. Coussi auriet fa aqo ? Coussi ou fares ? Terme inventé pour appeler les poules, coutetes, coutetes. Coutete : fille, vait veire las coutetes !

f. 18 r° f. 18v

Coussin, oreiller. Un couyssin. Jous son couyssin. Terme inventé pour exprimer l’adresse et la vitesse avec laquelle une chose se fait. Vous lou gripoit, crac !

f. 18v

Croître. L’aigue creit. La ribieire creit. Lous jours creissont. A ben creisegut, en parlant d’un arbre, d’un chien, d’un enfant. Aqo creit coumme la paste a la pastieire.

f. 18v

cresta crestaire creydaire crouca croustet croustet

(v.) châtrer. Cresta un porc. Cresta : celui a été châtré. Un cresta. Crestaire : celui qui châtre, un crestaire. Un siblet de crestaire.

f. 67r

Celui qui châtre les porcs et les truies. Un crestaire. Un siblet de crestaire.

f. 18v f. 18v

Criard. Un creydaire est un creydaire. (v.) Prendre avec un croc. Lou crouquet. Crouca : gripper, attraper. La crouquet.

f. 5v

Croûton, petit morceau de pain où il y a plus de croûte que de mie. Un croustet. Bugere un cop e prengere un croustet.

f. 19r

Petit morceau de pain. Un croustet.

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D
f. 71r

daille davala de sus-en-sus defeci defore degus demesconta deque desanat desarrapa desbiaissa descabestra descabusselar descau descourdela descrusa

(s.f.) Faux, une daille, aquo’st lou piqua de la daille (au fig). Dailla (v.) faucher. Dailla un prat ; arre est lou temps de dailla lous prats.

f. 67v

(v.) Descendre. Davala l’escalier. Davalas. Davala de chival. Davala d’un aubre. Davaloit pus vite que non i ere monta.

f. 70v

Légèrement. Ou faut faire desus-en-sus. Ou faisioit de sus-en-sus. I’anave de sus-en-sus (pas souvent, de temps en temps).

f. 21v f. 25r

Ennui, dégoût. Me fait venir lou defeci. Vous fariet venir lou defeci. (adv.) Dehors. Boute lou defore. Coucha defore. N’ont est ni dedins ni defore. Avance en defore. Se doubris en defore, per defore.

f. 19r f. 19r f. 19r

Personne. I a pas degus. Méconter. Se demesconta. Me soui demesconta. Me demescontere. Qu’est-ce que ? Deque i’anave faire ? Que. Deque voules ? De quoi. Deque vous melas ?

f. 19v f. 19v f. 19r

Maigre, pâle, défait. Es ben desanat. Est tout desanat. Détacher. Se desarrapa. S’est desarrapa. Are desarrapas ou. Décontenancé. Une grande fille toute desbiaissade. Un air desbiaissa.

f. 19v f. 19v f. 19v f. 20r f. 3r

Sans licou. Un chival descabestra. Ôter le couvercle. Descabusselas aquel toupin que verse. Pieds nus. Ana descau. Est descau. Un ped caussa et l’autre descau. (v.) Délacer. Se descourdela. Descourdela-me. (v.) Terme de lavandière. C’est mettre à tremper dans l’eau ou
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dans la lessive du fil qui sort des mains de la fileuse ou une toile qui sort des mains du tisserand. Il se dit encore de la soie telle qu’elle est quand on sort de la filer. N’est pas descrusade ; la faut faire descrusa.
f. 19v f. 20r

desembouilla desempacha

(v.) Démêler, débrouiller. Est embouilla, desembouillas ou. (v.) Désembarrasser. D’abord que seray desempachade, ou faray. (v.) Vider en parlant d’un panier ou d’une bouteille. Vous la prestaray quand sera desempachade.

f. 19v f. 38v

desenpiey desfaire desfessi despampa despaupa despieit desplega destressouna destret dignairole digné dilus dimar dimecre

Depuis. Desenpiey hier. Terme de moulin à huile, c’est faire pressurer ses olives pour en tirer l’huile. Desfait ; desfasem ; desfarem, ay desfa, qu’oure desfasés ?

non folioté f. 70v

(s. m.) Ennui accompagné de langueur. Lou desfessi vous prend. (v.) Ôter à la vigne son trop de pampres. Une vigne despampade. Despampa une souque, un cavaillon, une treille.

f. 20v f. 20r f. 20r f. 70v f. 38v f. 20v f. 20v f. 20v f. 20v f. 20v

Fouler. S’est despaupa la caville. Dépit. Ou fait per despieit, per faire despiet. En despiet que n’agues. (v.) Déplier. Desplegas aquo. Étaler. Despleguet sa marchandise. (v.) Éveiller quelqu’un avant l’heure. Lou destressounares. Pressoir. Un destret ; lou destret. Vin de destret. Fait ana lou destret. Tire-lire. Denier. Un digné. Lundi. Lou dilus gras. Mardi. Lou dimar gras. Mercredi. Lou dimecre das cendres.

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f. 20v f. 20v f. 59r

dissate divendres drapel

Samedi. De ponts de dissate. Vendredi. Lou divendres st. Partie des langes d’un enfant, morceau de linge dont on emmaillote l’enfant. Un drapel. Plega din son drapel. Lava lous drapels.

E
f. 4r

eissanla el embauma embeure emboul

Épithète. des œufs fricassés à la poêle. D’iaus eissanlas. Un iau eissanla.

f. 19r

Pronom de la troisième personne. El ; d’el ; en el. El ou vaut. Aquo’s vengu d’el. En cau parlerias ? en el.

f. 58r

Terme de chasse. S’embaumet, en parlant d’un renard, d’un lapin qui rentre dans son terrier.

f. 21r f. 61r

Terme de couturière. Embeut ; es embegu. (s. m.) Désordre, trouble, confusion. Dedins aquel emboul. Embouillaire (s. m.) celui qui au lieu de démêler les choses les embrouille, par manque d’habileté ou par incapacité. est un embouillaire. Je connaissais un homme d’affaire nommé l’embouillaire et c’en était véritablement un !

f. 21r f. 21r

embourgna empegua enasta enbe encadenat

Éborgner (v.) Poisser. S’empega. Se sont empegas toutes dous, en parlant par exemple d’un mauvais mariage de part et d’autre.

f. 21r f. 56r

(v.) Embrocher. Enastas aqo. Avec (préposition). Enbe ieu ; enb’el ; enb’elle ; enbe vous. Enbe son galant. Est toujours enbe son galant. Toujours enbe son franchiman.

f. 21v

Enchaîné. Ere encadenat.
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f. 21v f. 21v f. 59v

ençay enco de endoulenti enfanga enfangua

Vers cet endroit. Faire venir ençay. Chez. Enco de son cousin ; enco de sa tante ; enco de son galant. (participe p.) Sentiment de la douleur que l’on souffre. Ay lou bras tout endoulenti.

f. 21v f. 60r

Embourber. S’enfanga. Nous enfangeriam. La carrete s’enfanguet. (v.) S’embourber. S’enfangua. S’enfanguet ; vous enfanguares ; nous enfangueriam. Quand fougeriam enfangua. Que s’enfangue perque vaut s’enfangua.

f. 21v

enfarna enferris engana

Terme de cuisine. Enfarna de peissons. De peissons enfarnas. Enfarnas aquelles peissons.

f. 21v

Entraves, fers que l’on met aux chevaux quand ils sont à la pâture.

f. 22r

(v.) Faire un partage inégal, comme il arrive à ceux qui servent les autres. S’est engana. Vous enganares. Engana, terme de nourrice, c’est devenir grosse pendant qu’on nourrit son enfant. A engana son enfant.

f. 63v

engoulidou enlay enlay enquicon ensem ensuca

(s. m.) L’endroit où l’eau s’engouffre. L’engoulidou. Au fig. et non pas attendre a l’engoulidou.

f. 21v f. 69v f. 69v

Le contraire d’ençay. Fases-vous enlay. À l’écart. Fay t’enlay ! Fases vous enlay ! Quelque part. Avec mouvement ou sans mouvement. Donte vent ? D’enquicon ! Ont est ? En quicon !

f. 8r

(adv.) Ensemble. Sont ensem. Couchont ensem. Sont toujours ensem. Toutes ensem.

f. 60r

Rompre la tête à quelqu’un au propre et au figuré . T’ant ensuca ; s’est ensuca, m’ensuque, en parlant d’un babillard importun.

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f. 35r

entravesa entreboullir entremieje envegous escagassa escalette escaluda escaluda escampa escampilla escapoulon escarabilla

Difficile d’humeur, bizarre. Un entravesa. Est un entravesa. Une entravesade.

f. 57v

(v.) Il se dit du temps et de l’eau. Lou temps s’entreboullis. Entreboullirioit pas l’aigue, au fig. n. : rendre trouble.

f. 22r

Terme de moulin et de meunier. L’entremieje. Bouja lou blat dins l’entremieje.

f. 52v

Estre envegoux : avoir envie et fantaisie de quelque chose. Est envegoux de tout.

f. 6v f. 22r

Épaté, court, plat. Un nas escagassa. Il se dit d’un moineau privé que l’on fait monter d’un doigt sur l’autre. Faire las escalettes. Fait las escalettes.

f. 11r f. 37v f. 10v

(v.) Éblouir. M’escalude. Lou souleil m’escalude. (v.) Éblouir. M’escalude. Lou soulel m’escalude. (v.) Jeter. Ou a escampa ; escampas ou. S’escampa, s’écouler. Lou vin s’es escampa.

f. 22r f. 22r f. 22v

(v.) Éparpiller. Ou an tout escampilla. Restes d’une pièce de toile ou de drap. Un escapoulon. Vif, dispos, agile. Est escarabilla ; est ben escarabilla ; d’oeils viufs, escarabillas. Il se prend quelquefois en mauvaise part : un conte escarabilhat ; une escarabillade.

f. 22r f. 22v f. 22v f. 62v

escarlimpade esclafi esclape esclopt

Faux pas, glissade. Faire une escarlimpade. Dire une chose qu’on doit garder. Ou esclafiguet. Bûche. Une esclape, une grosse esclape. Sabot. Une esclopt. D’esclops. Pourta d’esclops. Un parel d’esclops.

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f. 23r

escoudre

(v.) Battre le blé avec un fléau. Escoudre, il se dit des blés dont la graine par trop de maturité commence de tomber à terre. S’escout. Aquele civade es toute escoutude.

f. 60v

escouffette escranca escroncel escumadouire esflouta esfouira espalanqua espanla espaurir espeima espeloufi espeloufi espepesugna espiga

Réchaud. Mettes ou sur l’escouffette. Mettes de brase din l’escouffette. Un’escouffette. Au fig. Jouga d’escouffette.

f. 55r f. 9v

Courbé de vieillesse. Est tout escranca. Terme de nourrice, meuble des petits enfants qui sont au berceau et qui sert à les garantir du froid. Un escroncel ; l’escroncel.

f. 22v f. 12r

Meuble de cuisine, écumoire. Une escumadouire. L’escumadouire. Arracher les cheveux. s’esflouteront, en parlant de deux femmes qui se sont prises aux cheveux. L’esfloutet ; t’esfloutaray.

f. 60r

(v.) Aller du ventre, décharger son ventre. Il se dit des bêtes et des gens. S’est esfouira.

f. 60v

(v.) S’estropier. S’est espalanqua. Il se dit des arbres qui sont trop chargés de fruits. S’espalanque.

f. 22v

(v.) Qui a perdu ou commence à perdre l’usage de quelque membre par quelque coup violent. L’ant espanla. Est espanla.

f. 23r

Épouvanter, avoir peur. L’espauriguet. S’espauriguet. Es tout espaurit.

f. 61v f.4r f.23r

(v.) Effrayer. L’espeimet. S’espeimet. S’est espeima. Est tout espelouffi. Nous n’avons point de terme français qui réponde à espeloufi. Ainsi nous n’en mettons point. Est tout espeloufi !

f.23r

(v.) Prendre par-ci par-là avec les doigts quelques petits morceaux d’un mets, d’un lapin par exemple. L’a pas fat qu’espepesugna.

f.23r

(v.) Se former en épi. Lous blats espiguont, ant espiga.
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f.6v f.23v f.62 v f.39v

esponpi espouila esque esquina esquirau esta

Potelé, gros et rebondi. Un visage esponpi, de gautes esponpides. Un homme sans force, sans ressource et sans crédit. Un espouila. Amadou. D’esque. L’esque a pres. (v.) Ruiner de fond en comble. Est esquina. Aquelle banqueroute l’a esquina.

f.23v f.23v

Écureuil. Un esquirau. (v.) Être. soui : je suis ; ses : tu es ; est : il est ; sem : nous sommes ; ses : vous êtes ; sont : ils ou elles sont ; ere : j’étais ; siam : nous étions ; eront : ils étaient ; fougere : je fus ; soui esta : j’ai été ; seray : je serai ; seriey : je serais ; siegues : sois ; que siegue : qu’il soit.

f.52v

establa

(v.) Établer, enfermer les chevaux dans l’étable. Establage, droit qui se perçoit pour mettre et garder un certain temps un cheval dans une étable. L’establage. Pagua l’establage. Tant per l’establage.

f.23v

estabourdir estadis estele estelle estiragna

(v.) Étourdir. L’estabourdiguet. Rompre la tête à quelqu’un en criant. Vous estabourdis.

f.6r f.23v f. 36v f. 20v

Qui n’est pas frais, récent, nouveau. Est estadis. Coupeau de bois. Une estele ; d’esteles. Faire d’esteles. Éclat de bois. Faire d’esteles. (v.) Ôter avec un balai les toiles d’araignée. Estiragnas aquel plancher. - L’estiragnere hier. Estiragnaire, le balai avec lequel on ôte les toiles d’araignée. Un estiragnaire.

f. 20v f. 23v f. 65v

estiragne estirgougna estrassa

Araignée. Une estiragne. Une grosse estiragne. (v.) Tirailler. (v.) Gâter. Estrassa la besougne. Me l’a estrassa, en parlant d’un

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f. 66r

habit. L’estrassares ; l’estrasset ; ou a estrassa. Estrassa lou mestier. S’estrassa en parlant des mœurs : s’estrasse. Estrassa : permettre tout à quelqu’un. L’estrasse ; l’estrassares ; l’a estrassa. Estrassa : laisser perdre, gâter. Une famille viourioit de ce que s’estrasse din aquel oustau.

F
f. 8v

façounasse fadeja

Accressif de façon. Et en mauvaise part : de façounasses ; de michantes, de certaines façounasses.

f. 24r

(v.) Badiner. folâtrer, se jouer. En fadejan. « Car yeu vegere que tout fadejan quand me tira l’y tenias la man. »

f. 24r f. 59v f. 24r f. 24r

fangas fangas fantastic fantastic farde farde farnat fasti fasti fataire

Bourbier. Un fangas. Bourbier. Un fangas. Est tomba din lou fangas. Fantasque, bizarre. Est fantastic. Est un fantastic. Lutin, esprit follet. Le peuple s’imagine qu’il court les rues dans la nuit. Lou fantastic.

f. 24r

Hardes, linge, habits, bagage pour le service d’une personne. Sas fardes. Las fardes de son enfant.

f. 58v f. 24r f. 5r f. 24r f. 67r

(s. f.) Hardes. Sas fardes. Las fardes d’un enfant. La soupe des cochons qu’on leur sert dans une auge, din lou nau. Dégoût. Fait fasti. Fait venir lou fasti. Rebut, dégoût. Aqo fait fasti. (s. m.) Celui qui achète et vend des chiffons, du méchant linge. Un fataire ; bade coumme un fataire.

25

f. 62v

fate fatras

(s. f.) Chiffon, méchant linge. Une fate, de fate. Plegua dins une fate. Un ome de fate, au fig.

f. 66r

Torchon. Un fatras. Au fig. en parlant par exemple d’une servante molle ou salope. Est un fatras ; un fatras boulli. Fatrassier, qui s’attache trop à la minutie. Est un fatrassier ; est une fatrassieire.

f. 66v

f. 39r

faute

Faute, terme du jeu de mail. C’est porter sa boule en jouant hors du jeu. Faire faute. A fa faute. Dounna une faute. Faute première. faute d’arrière.

f. 64v

fauterne fendilla fenestron feuse fieire

Aristoloche, plante qui donne une mauvaise odeur au vin. Sent la fauterne.

f. 24r f. 24v f. 53r f. 58v

Un peu fendu. Est fendilla. Est tout fendilla. Petite fenêtre. Un fenestron. Espinçave per lou fenestron. Fougère. De feuse. S’avalise coumme la grane de feuse. (s. f.) Ce que l’on donne à quelqu’un un jour de foire et de ce qui se vend à la foire. Achata-me ma fieire. Dounna-me ma fieire. M’a dounna ma fieire.

f. 24v

fieireja fignoula fizable fizance flac

(v.) Acheter, trafiquer à une foire. Avem ben fieireja, au propre et au figuré.

f. 39v f. 24v f. 24v f. 24v

(v.) Fringuer. Il se dit des chevaux et des gens. Fignole. Fidèle. Est fizable. Poudest iet bailla, es fizable. A fizance. Vous ou baille, a fizance, en ami. Flasque, faible, mou, en parlant d’un homme sans force et sans vigueur. Est flac. Battre flac, au figuré, battiet flac, en parlant d’une personne par exemple qui ne couche pas gros.

f. 24v

flamade

Flamme. Une flamade, une grande flamade. Sourtissioit une flamade. La flamade passave lous teules.
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f. 24v

flic-floc floc

Termes inventés pour exprimer le bruit que font les flots en venant battre une rocher, une digue, un mole.

f. 25r

Pièce de quoi que ce soit. Un floc de pan ; un floc de car ; un floc de saucisse ; un floc de bos ; un bon floc ; un pichot floc ; un gros floc ; a belles flocs. Lou pu pichot floc n’ere pas pu gros qu’aqo.

f. 11v

flotte

Touffe de cheveux. Une flotte de peu. Écheveau. Une flotte de sede . Armée navale. La flotte es arrivade. Esflouta, arracher les cheveux. S’esflouteront, en parlant de deux femmes qui se sont prises aux cheveux. L’esfloutet. T’esfloutaray.

f. 64r

flougnard

(s. m.) Flatteur, flatteuse. Un flougnard ; une flougnarde. Est un flougnard, une flougnarde. Flougnardeja (v.), flatter. Lou vait flougnardeja.

f. 15v

flourié flouron fourege

Drap linceul de grosse toile dont on enveloppe le linge quand on le met dans le cuvier. Lou flourié ; aquel servira de flourié.

f. 25r f. 10v

Clou, fronde. Un flouron. Sauvage. Qui n’est pas apprivoisé. Il se dit des bêtes et des gens. Est fourege, en parlant d’un moineau qui n’est pas privé. Est fourege en parlant d’un enfant qui a été élevé à la campagne ou dans les bois.

f. 25r f. 59v f. 69r

fourtou fous fraisquiere franciman

Aigreur. Une certaine fourtou. Trouble. De vin fous. Est fous. (s. f.) Frais, fraîcheur. La fraisquieire. Prendre la fraisquieire. Fait fraisquieire.

f. 25v

Terme de mépris dont se servent les Gascons à l’égard de ceux qui ne parlent que français avec eux qui ne le parlent guère. Enbé son franciman, enbé son diable de franciman.

f. 25v

fray

Frêne, arbre.

27

f. 25r

frayrastre fredin-fredan

Frère de mère. Son frayrastre. N’est pas son bon frere mé son frayrastre.

f. 55r

Mots pour exprimer le bruit que fait une gaule dont on donne des coups à quelqu’un. Vous prend un jor et fredin-fredan, jou, vous en aures.

f. 25v

fresc

Frais. Fresc e gay. Un printemps fresc et gay. Un air fresc, de cars fresques. Prendre lou fresc. Metre lou vin au fresc. De matinades fresques. D’aigue fresque. Beure fresc. Un teint fresc.

f. 25v f. 35r f. 53r

fresquet fresquieire frigoule

Diminutif de fresc. Est fresquet. Frais, fraîcheur. Fait fresquieire. Las fresquieires. Thym, petite herbe odoriférante qui pousse force petites branches à la cime desquelles il y a de petits chapiteaux tous garnis de fleurs incarnates. De frigoule. Un brin de frigoule. Un bouquet de frigoule. Lous pastres donnont de bouquets de frigoule a leurs mestresses.

f. 25v

fringua

(v.) Être alerte, danser, sauter, faire l’amour. Fringue . Il se dit aussi des chevaux qui ont du feu, de la fierté, de la vivacité et qui la marquent par leurs allures. Fringont.

f. 26r

fronzir

Froncer, faire plusieurs plis de suite, de rang avec le fil et l’aiguille. Fronzisses aqo. Est tout fronzi. N’est pas prom fronzi. Fronzisses ou may. Rider, se rider. Est fronzide. Est toute fronzide. Coummence de se fronzir. Vous fronzigues pas.

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G
f. 26r

gaffa galioufarde

(v.) Happer, se jeter brusquement sur quelque chose pour la prendre. Il se dit des sergents : vous lou gaffet.

f. 54v

Épithète de certaine fièvre. Il ne se dit qu’en une seule occasion. La febre galioufarde. Ha la febre galioufarde. C’est par dérision que l’on parle ainsi.

f. 8v

garçounas

Accressif de garçon et en mauvaise part se dit d’une fille qui ressemble à un garçon ou qui a les inclinations d’un garçon. Un garçounas. Semble un garçounas. Est un garçonas.

f. 8v

garçounnieire garderaube gare-vesse gargouta garra

(s. f.) fille qui hante et fréquente assidûment les garçons. Une garçonnièire. Est une garçounnieire.

f. 26r

Armoire. Din mon garderaube. Ay perdu la clau de mon garderaube.

f. 2r f. 26v

Pays montueux. Un pays de gare-vesse. (v.) Il se dit d’un pot où il y a de la viande ou autre chose et qui bout tout doucement dans son jus. Gargote.

f. 56v

(v.) Ôter. Iet garret son capel. I a garra son argent. Se garra, s’éloigner, sortir d’une place. Garra-vous. Garra-vous d’aqui. Se vaut pas garra. Que se garre. Au fig. Garra vous aquo de la teste.

f. 26v f. 59v f. 57r f. 56r

garrel garrillas gaspe gaugne gimbelete

Blanc et noir. Il se dit des cochons. Est garrel. Bourbe, fange des chemins et de la campagne. Un garillas. Petit lait, sérosité du lait qui tombe lorsqu’il se caille. De gaspe. (s. f.) Terme de poissonnerie. La gaugne. A la gaugne rouge, la gaugne fresque.

f. 26v

Petit gâteau rond fait en anneau. Une gimbelete. De gimbeletes.
29

f. 52v

ginouscle

Tithymale. herbe à lait. De ginouscle. De lat de ginouscle. La ginouscle est un pouison per lous peissons. Empouisouna en de ginouscle, c’est mettre des paquets de tithymale dans la rivière pour empoisonner les poissons.

f. 26v

girouflade gisclade glatier glorie glouriette gourret gourrette

illet. Une girouflade. Une girouflade ben espandide. Un nas espandi coumme une girouflade.

f. 6r

Eau ou fluide qui jaillit et pour peu de temps. Une gisclade. N’est pas qu’une gisclade, en parlant d’une pluie qui dure peu.

f. 26v f. 26v f. 55r

(rien) Vanité. N’en fait glorie. Est de glorie. Terme de boulanger. Endroit attenant au four, échauffé par la chaleur du four, dans lequel la pâte lève. La glouriette.

f. 26v f. 61r

Cochon. Un gourret. Manière d’appeler les cochons. Gourret, gourret ! (n. s.) faire gourrette. Il se dit quand on détrempe trop ou la chaux que l’on gâche ou la pâte que l’on pétrit. A fa gourrette. Fagues pas gourrette. Farres gourrette.

f. 39v f. 27r f. 38r

graisse grazau grignon guaire guèle guigna guiraud

Au figuré : se plant de trop de graisse. Baquet, auge où l’on abreuve les cochons. Lou grazau. Marc des olives après qu’elles ont été moulues et pressurées. Lous grignons. Grignon, pépin de raisin.

f. 60r

Peu. Pas guaire d’argent ; pas guaire de ben ; pas guaire de sens. Se n’en trobe pas guaire d’aquelles.

f. 3v f. 27r f. 14r

Maladie des chats. A la guèle. Viser, regarder. Me guigne. Faux poids. Faire guiraud

30

H
f. 27r f. 60r

hourtoulices huet

Herbage, herbes du jardin. Huit, nombre. Sept ou huet ; sur las huet houres . On prononce huec houres, on change le t en c pour adoucir la prononciation.

I, J
f. 62v f. 26r

issan jangoula

(n. s.) Essaim. Un issan. (v.) Cri des chiens qui se plaignent. A jangoula toute la nuet. Il se dit aussi de certaines gens qui se plaignent toujours. Jangoule toujours.

f. 27r

jaquete jou journade

Habillement de femme, espèce de corset. En jaquete. Pourtave pas qu’une jaquete. Enbé son coutillon et sa jaquete.

f. 27r f. 58v

Terme inventé pour encourager quelqu’un à frapper. Joug ! (s. f.) Durée d’un jour. Iet passet toute la journade. Journade, travail d’un jour. Faire sa journade. Accomplir sa journade. A ben accompli sa journade. Journade, journée, jour de marche. Une grande journade. Faire de bonnes journades. A pichotes journades.

L
non folioté

lagui lançade lanceja

(s. m.) Chagrin, peine, déplaisir. Un lagui. Avedre de laguis. Lous laguis l’ant tua. Lous laguis lou tuarant.

f. 27r f. 27r

Douleur vive et aigue, élancement. Sentiey de lançades. (v.) Me lanceje. Tant qu’acampara, vous lancejara.

31

f. 27v f. 27v f. 21r f. 38v

landra langouste leu leva levadou leve liet

Battre le pavé. Donté venes de landra ? Écrevisse de mer. Vite. Fais ou leu. Vene leu. Est leu vengu. (v.) Terme de moulin à huile. Leva l’oli. Lou leve mau, lou leve ben, en parlant de celui qui est chargé de cette fonction.

f. 20r

Corbeille faite en forme de carré long et dont les côtés n’ont que quatre doigts de hauteur. Un levadou.

f. 39r

Côté de la masse du mail qui est fait en tabas ( ?) La leve. Un cop de leve. Jouga de leve. D’un cop de leve.

non folioté

Un liet ; son liet : mon lie ; lous liets. Un bos de liet. Lous pecouls dou liet. Las pos dou liet. Un liet garni. Garnir son liet. Lou liet nouviau (lit nuptial). Faire son liet ; faire lous liets. Un liet ben fa. Se bouta au liet. Garda lou liet. Sauta dou liet. Aima bon liet. Vira e revira toute la nuect din lou liet. Liet, mariage. Enfants dou premier liet, dou second liet, d’un autre liet. Liet de mort. A son liet de mort. Liet (arrière-faix), lou liet, n’a pas fa lou liet. N’a pas pougut faire lou liet.

f. 64r

lipet lique lis lis, lize luzette

Gourmand et que chose au-dessus de gourmand. Est un lipet, une lipete.

f. 17r f. 62r f. 27v

A lique : de reste. N’i a pas a lique. Sans rien dire, sans faire semblant de rien. Passe lis. Passet lis. Uni, poli. Aqo’s lis ; un peu lis ; une pel lize. Lis (adv.), Passet tout lis aqui dessus. Passet lis sans me ren dire.

f. 27v

Ver luisant. Une luzette. Veze une luzette.

32

M
f. 27v f. 27v f. 4v

maca magagne maire maisse malauteja malautis maneffle manefle maqua mari mari mascara

(v.) Meurtri. A lous oeils macas. Mal. N’a pas beson de magagne. au fig. et au propre. Mal de mère. A la maire. La maire l’estoufe. S’estube quand a la maire.

f. 27v f. 28r f. 27v f. 12v

Mâchoire. A bonne maisse. Être malade, ne pouvoir se ravoir. Malautejave encare. Valetudinaire (s. f.) Rapporteuse. Une maneffle ; est une maneffle. Maniffleja, (v.) rapporter malicieusement. Fait pas que maniffleja.

f. 28r f. 10r f. 59r f. 59v

Rapporteur, rapporteuse. (adj.) Meurtri ; où il y a contusion. Est maqua. Est tout maqua. Méchant. Sont de marri gents ou de marrides gents. Méchant. Un marit homme ; une maride femne ; une maride bestie.

f. 12r

(v.) noircir : se mascar ; l’ant mascara ; vous mascarare ; se mascaret ; mascare lou. La sartan que vaut mascara lou peirau, au figuré.

f. 28r

mascara mastrouilla

(v.) Charbonner, barbouiller. Est tout mascara. S’est mascara. L’ant mascara. Vous masquareres.

f. 9r

Patiner. Est tout mastrouilla. Ou a tout mastrouilla. Ou mastrouilles pas, en parlant des fruits ou autres choses qui perdent leur fleur ou leur fraîcheur en les patinant.

33

f. 28r

may mericles miau miech milante mineta, minet mire mittes mouquet mourre

Davantage. Encare may. Donna-me n’en may. Un pauquet may. May e tant may.

f. 28r

Lunettes. Il est du style burlesque. Sous mericles. Prenguet sous mericles. Carguet sous mericles.

f. 6v f. 60v f. 28r f. 27v

Mot inventé pour signifier le cri du chat. Miau miau. À-demi. Miech mort. Est miech mort. Un million. Millant’ans. Terme de douceur dont on se sert pour caresser ou pour appeler un chat et une chatte.

f. 27v f. 63r

Visée. A mau pres sa mire. Espèce de gants pour les femmes. De mittes ; mas mittes. Mitton, diminutif de mitte. De mittons.

f. 36r f. 65r

Étonné. Fouget mouquet, fouget mouquette. Museau. Lou mourre d’un ase. Mourre de mounine , terme injurieux. Un pouli mourre , pour dire une jolie personne. Il est du style familier. Faire lou mourre : faire la moue. Mourude : que n’est pas gratiouse, que fait lou mourre. Mourude. Une mourude. Mourradasse. D’un air mourru.

f. 65v

f. 54r

moute

(s. f.) Pelote de neige. Une moute. Gita de moutes. Un cop de moutes. Se battre a cops de moutes. Moute, motte de terre. Une moute. Rompre las moutes. L’araire souleve las moutes. Une pichote moute. Une grosse moute.

34

N
f. 27v f. 27v f. 27v f. 65r

nany nervi nessi nessy nore nougaillon novi, novie

Non. Ou aves fa ? Nany. Ou fares ? Nany. Nerf. Un nervi de biau. Niais, nigaut, idiot, imbécile. Est nessi. Est un nessi. Ses un nessi. Imbécile. Un nessy. Est vengu nessy. Crese que vendra nessi ! Est nessi que rode !

f. 27v f. 27v f. 27v

Bru, belle-fille. Sa nore. Anneau. Un nougaillon, de nougaillons. Fiancé, fiancée. Son novi, sa novie.

O
f. 27v

osce

Entaillures faites sur le bras de la romaine qui marquent les livres, les demi-livres, les onces. Un osce. N’est pas sur l’osque. Faut que siegue sur l’osque.

f. 53v

ou ouida ouliva

Le pronom relatif. Ou fara. Ou fara pas. Ou pense pas. Ou dira pas. Ou dira. Ou a rescondu. Ou a moustra.

f. 58v

Sorte d’adverbe affirmatif qui signifie : volontiers. Vendresti ? Ouida !

f. 37v

(v.) Cueillir les olives. Oulivont. Ant ouliva. Oulivaran leu. Oulivette, olivet , champ planté d’oliviers. Une oulivette ; une belle oulivette. Planta une oulivette. Sas oulivettes. Vaut a mon oulivette.

f. 29r f. 29r

oume oundade

Ormeau. Un oume. Flot, vague. Une oundade. Une oundade nous couvriguet.

35

f. 29r

ounte

Où, en quel lieu. Ont’ erias ? Ont’anas ? D’onte venes ?

P
f. 10v

paillade

Homme de paille que le peuple porte dans les rues en faisant des huées et disant des brocards contre le mari qui s’est laissé battre par sa femme. La paillade. Faire la paillade. I’ant fa la paillade. Iet farant la paillade.

f. 34v f. 29v f. 29r f. 29r f. 29v f. 29r

pailleire paisse palaficat palot pancel pantayza para parabin parabas

Cuve où l’on foule les raisins. Une pailleire. Paître. I a de que paisse. Impotent, perclus. Est tout palaficat. Grossier, lourdaud, maladroit. Un palot. Est un palot. Ses un palot. Échalas (v.) Songer, rêver. Pantayzaire. Ieu crese que pantayzas. Ieu pantayzere l’autre nuect.

f. 29r f. 29v

(v.) Tendre. Para la man. Fouler. Mots inventés pour exprimer le bruit que fait quelque chose en tombant. Parabin parabas !

f. 59v

parabin-parabas Mots inventés pour exprimer le bruit que fait quelque chose qui
tombe et qui se casse en tombant.

f. 29r f. 29r f. 4v f. 29v

paradou parel parpantelle passeja

Un moulin paradou. Paire. Un parel de pigons. Un parel de poulets. Mous oeils me fant parpantelle. Se promener. Toulous( ?) me passejave. Se passejave. Vent de se passeja.

36

f. 36v f. 55r

passerille pastenargue

Raisin sec seché au soleil. De passerille. Un grand de passerille. (s. f.) Carotte, racine bonne à manger. De pastenargues. Un ragoust de pastenargues. de bonnes pastenargues . Il y en a des jaunes et des rouges.

f. 3v f. 4r

pata

Double. Petite pièce de monnaie qui vaut deux deniers. On n’en voit plus mais la façon de compter par « patas » subsiste encore. Un pata, dous patas, quatre saus et un pata. Un pata d’Avignon. Au fig. Vaut pas un pata de bon argent.

f. 29v

pataflau patet pateteja

Terme inventé pour exprimer le bruit que fait une personne en tombant. Pataflau !

f. 29r f. 72r

Est un patet. Ses un patet. (v.) Faire quelque chose avec trop de lenteur. Patetejes pas. Fait pas que pateteja. Patet, qui agit avec trop de lenteur. Est un patet. Patet, qui s’attache à la minutie, qui n’agit pas rondement. Un patet ; est un patet. Patete (s. f.), une patete, une buone patete. Patetas , accressif de patet ; un pattetas. Pattetarié, une pattetarié ; aqo non sont que patetariés.

f. 5r

patri-faci pauriere pausa

Un patri-faci ; de patri-facis. Tout aquo sont de patri-facis. Quante patri-faci est aqo ! Pauvreté. La pauriere. (v.) Mettre quelque chose à terre. Pausas, Ôter, c’est-à-dire ôter la charge à une bête. Quand voules de voste cargue ? Vingt sous ! Pausas. Pausa (part.). Plan pausa : tranquille à l’excès. Un plan pausa.

f. 29v f. 64v

f. 62v

paute peca

(s. f.) Patte. Marcha de quatre pautes. Il ne se dit que dans cette phrase.

f. 30r

(v.) Manquer. Pecca la messe ; peca son cop ; peca son homme, en parlant d’un sergent qui a manqué de prendre quelqu’un, ou simplement de quelqu’un que l’on n’a pas trouvé. Lou peccere.

37

f. 30r

pecoul penet

Pied d’un tréteau, d’un banc ou d’une colonne de lit. Un pecoul iet manquet. Lou pecoul manquet.

f. 2r

Diminutif de pied. Un petit pied, un pied petit. Il se dit des pieds des petits enfants, et les amoureux le disent aussi des pieds de leurs maîtresses, qu’ils soient grands ou petits. Sous penets ; sous pichots penets.

f. 29v

penet

Petit pied. Il se dit d’un enfant. Lous penet, son penet. Il se dit aussi d’une maîtresse quelque grand que soit son pied. Sous penets ; sous pichots penets ; aqueles penets.

f. 30v f. 30v

perir perque pessament pesseguié pessu petas petegea petouneja peu pezouillet picassa pisadou

Gâter, en parlant des habits. S’est tout peri. Pourquoi. Perque fases aqo ? Perque sujet, raison, occasion. Vole saupre lou perque.

f. 30 v f. 31r f. 4r f. 30v

Souci. A de pessaments. Pêcher, arbre. Pincée. Un pessu de jouvert. Pièce que l’on coud à un habit déchiré. Un petas. Est tout de petas. Iet faut metre un petas.

f. 30v f. 30v f. 2v f. 30v f. 30v f. 68r f. 68v

Pétiller. Petege, en parlant du feu. Se fâcher. Petouneje. Garce. Un peu est un peu. Semble un peu. A l’air d’un peu. Petit pou. Faire pezouillet. Marqueté. Est tout picassa. Pot de chambre. Un pisadou. Lou pisadou. Lous pisadous. Rompre lou pisadou. Lava lou pisadou. Escampa lou pisadou. L’orle d’un pisadou. Trouba pas son pisadou. M’avient pas ges mets de pisadou. Un plen pisadou.
38

f. 39r

pise

Vase à mettre l’huile, à le tenir. Une pise d’oli. Remplir sas pises. Lava sas pises. Remplires vostes pises. La crasse vait au fond de la pise.

f. 68v

pissa

(v.) Pisser, uriner. Avedre envege de pissa. Ay envege de pissa. Vole pissa. Fasses lou pissa (en parlant d’un enfant). Pisse. Ay pissa, pissa contre la muraille. Pissa au liet. Pissa rede. Pissa lou sang. Poudet pas pissa. Pode pas pissa. Ben pissa. Pissa, en parlant des tuyaux des fontaines : pisse ; pisse rede, pisse coumme lou bras ; pisse pas pus. Pissourleja (v.), pissoter, pisser goutte à goutte. Fait pas que pissourleja. Pissagne (s. f.), urine, pissat. De pissagne. Un plen pissadou de pissagne. De pissagne de rosse.

f. 4r f. 64v

pissourleja plegue

Pissoter. Terme de jeu. Leve une plegue. La premiere plegue. Faire une bonne plegue. Au fig., se dit d’une personne qui a parlé et longtemps. A fa une bonne plegue.

f. 55r

plouf poncheja poude pourcatié pourquet pourquié, pourquière pousteme poutouneja

Mot inventé pour exprimer le bruit que fait une chose qui tombe dans l’eau. La corde se coupe et lou ferra tombe dins lou pous, plouf !

f. 52v f. 30r f. 31r f. 31r

(v.) Poindre. Lou jour commençave de poncheja. Serpe. Une poude. Vendeur de cochons. Un pourcatié. Petit porc. Un pourquet. Chair fraîche de porc. De pourquet. Une soupe de pourquet.

f. 31r

Celui ou celle qui garde les cochons. Un pourquié, une pourquière.

f. 31r f. 30r

Pus qui coule d’une plaie Baiser souvent. Se poutounejavont. Fant pas que se poutouneja. La poutounege tout lou jour.

39

f. 56r

prim prusige pudesine

Mince. Coupas ou ben prim. Prim, subtil. Un air prim. Fasiet un air prim.

f. 3v

Démangeaison. Picotement entre cuir et chair. Me sente un prusige. Un prusige per tout lou corps.

f. 21r

Puanteur. Sentes une pudesine que vous empeste.

Q
f. 31r

quante quicon quicon quicoummet quieu

Quel, quelle. Quante couquin, quante couquine. La prononciation fait la différence du masculin et du féminin.

f. 31r f. 69r

Quelque chose. De que voules ? Quicon. Douna iet quicom. Quelque chose. Arrivara quicon. Sentiguere quicon. Me sovene de quicon. Ay beson de quicon. Se voules quicon ? Deque i a ? Quicon !

f. 31r f. 62r

Quelque petite chose (s. m.) Cul. lou quieu ; son quieu ; un gros quieu ; moustra soun quieu ; moustra lou quieu. Le premier signifie simplement montrer son cul, et le second témoigner de la faiblesse, manquer de courage, il a montré le cul. Tomba per quieu ; de quieu et de reste.

f. 31r

quilha

Planté comme une quille.

40

R
f. 7 v f. 13r

rabigo raffatailles

Osselet Haillons, choses de rebut. Tout aquot non est que de raffatailles. Au propre et au figuré en parlant de la lie du peuple : tout aquo non est que de raffatailles.

f. 31v f. 69v f. 31v f. 37r

raje rambal rampe rapuga

Rayon. A la raje dou soulel. Aux rayons du soleil. (s. m.) Désordre, confusion. Tout es en rambal dins aquel oustau. Crampe. Ay la rampe. Ay une rampe. (v.) Grappiller, cueillir ce qui reste de raisin dans une vigne après qu’elle a été vendangée. En Cévennes, on dit raca. Rapugue ; rapugua ; rapugam ; ant rapuga ; une vigne rapugade.

f. 36v

raque ras rasadouire rat-griure rebaladis rebat rebeca rebesina rebriscoula

Grappe sans grains de raisins. Une raque. La raque. Reste pas que la raque. Raque, marc de vendange.

f. 36v f. 68r

Tout plein. Un veirre tout ras. (s. f.) Racloir de mesureur de grains. Une rasadouire. La rasadouire i a passa.

f. 31v f. 69r

Rat d’eau (s. m.) Bruit mêlé de désordre et de confusion, un grand rebaladis.

f. 14r f. 31v f. 31v f. 7v

Réverbération. Lou rebat dou soulel. Répondre avec peu de respect et avec un air mutin. Rebeque. Relevé, retroussé, recoquillé. (v.) Se refaire, reprendre des forces, se remettre. Aquel cop de bi m’a toute rebriscoulade.
41

f. 32r

rebriscoula recabala recalieu recaliva

(v.) Se ravoir, reprendre ses forces, ses esprits, revenir à soi. Aquel còp m’a toute rebriscoulade.

f. 14 v f. 53v

Est mau recabala. Menue braise. De recalieu. Bouta iet de recalieu. Un pau de recalieu. Avança iet de recalieu.

f. 11r

(v.) Se rallumer de nouveau. Au fig. en parlant de quelque chose qui avait été assoupi et qui se réveille. Recalive. Aquo recalive. A recaliva, e may que jamai.

f. 32r

recata recatoux redon refresca regagna regue reguinna reille reille res rescondon respié resquinlla

(v.) Loger. Es el que lou recatet. Avoir soin, entretenir. Est elle que lou recatet pecaire.

f. 32r

Soigneux, celui qui a soin de ses meubles, de ses habits, de sa maison, de ses affaires. Est recatoux, est recatouse.

f. 22v f. 32r f. 32r f. 32r

Gras, rond. Est toute redonde. (v.) Rincer. Refrescas aquelles veires. De veires ben refresca. Montrer les dents. Me regagnave las dents. Ligne, sillon. Une regue. Faire une regue. Dounna la première regue.

f. 36r f. 62v f. 71r f. 31 v f. 68v f. 37r f. 54v

(v.) Ruer. Reguinne. Vous sarrez pas de trop pres, reguinne. (s. f.) Soc. Une reille. La reille. (s. f.) Soc. La reille ; une reille. Rien. N’ay pas res. N’a pas res. Res, personne. N’ay pas res trouba. (adv.) En cachette, de rescondon. Ou a fa de rescondon. Première piquette. Un bon respié. Aquel respié vaut de vin. (v.) Glisser. Lou ped me resquinllioit. Resquinllere. Ay resquinlla.
42

Resquinllares.
f. 55r

resquinllette

(s. f.) Glissade. Faire la resquinllette. A fa la resquinllette. Faguere une resquinllette. Il se dit au figuré dans le burlesque d’une fille qui n’a pas été sage et qui s’est laissée engrosser. A fa la resquinllette.

f. 67r

ressaire resse revendaire revendarié revenje revoulum revoulun rocque ronca rondina

Scieur de bois. Un ressaire. Mangea coumme un ressaire. Tenir lous ressaires. De dous a dous coumme de ressaires.

f. 3r

Méchant violon, violon faux. Une resse. Sa resse. Ressa , au fig. jouer mal du violon. Ressaire, méchant violon. Est un ressaire.

f. 31v f. 31v f. 31v

Revendeur. Un revendaire. Faire revendarié. Revanche. Douna lou revenje, terme de joueur. Partide revenje et lou tout. Avedre son revenge.

f. 60v

Trouble, bruit avec confusion et désordre. Il se dit aussi d’un torrent, d’un ouragan. Menave un grand revoulum.

f. 69v

Bruit avec désordre et confusion. Un grand revoulun. Menave un grand revoulun. Quante revoulun est aqo !

f. 59r

(s. f.) Rocher. Une rocque. Boulegue autant pau qu’une rocque. Rouquas, grand rocher. Un rouquas. Ere sus un rouquas.

f. 32r f. 66v

Ronfler. Ronque. On l’entend ronca de la carrieire. (v.) Se plaindre tout bas (mussare). Il signifie aussi être de mauvaise humeur, gronder toujours. Rondine. Il se dit aussi des enfants gâtés qui font semblant de pleurer pour avoir quelque chose qu’on leur refuse. A rondina tout lou matin. Rondinaire, aquel rondina per habitude ; que siet grand ou pichot. Ha que sont haissable lous rondinaires !

f. 32v

rousseja

Tirer sur la couleur du rouge. Rousseje. Coummence de rousseja. Roussejavont deja.
43

f. 72v

rouvieire rouvil

Lieu planté de chênes à larges feuilles qu’on nomme dans « Rouves ». Vene de ma rouvieire. Vaut a ma rouvieire.

f. 62v

(s. m.) Rouille. Lou rouvil l’a gagna. Rouvilla (v.), rouiller. Se rouvilla . Au fig, S’est rouvilla en parlant d’une personne ou de son esprit.

S
f. 62v

s’ajassa s’engavacha sabate saci sadoul sambuc sansogne sarcir sarra segua

(v.) Se coucher, s’étendre par terre de tout son long. S’ajacet. Ajassa-vous. S’ajasseront.

f. 4r

S’engouer. S’engavacha. Me soui engavacha, vous engavachares, s’engavachet, m’engavachère.

f. 32v f. 34v

Savate. Une vielle sabate. A trouba sabate a son ped. au fig. Temps, espace de temps. Un saci. Un bon saci. Travailla un saci, un bon saci.

f. 32v

Pleinement repu, très rassasié. Cau et sadoul. Ivre. Est sadoul coumme une bestie, coumme un porc.

f. 57r f. 32v f. 32v f. 36r

Sureau. Vielle. Eisso’s toujours la meme sansogne. La sansogne dou son. (rien) (v.) S’approcher. Vous sarrez pas de trop pres, es une michante bestie.

f. 38r

(v.) Moissonner. Seguont ; ant segua ; seguarant leu. Seguaire, moissonneur. Un seguaire ; lous seguaires. Une cole de seguaires. Louga de seguaires. Lous seguaires davalont.

f. 32v

sentide

Sentiment, faculté de sentir. A bonne sentide. Au fig, Aguet sentide
44

de quicon. Il eut vent de quelque chose.
f. 32v f. 68r

si-cap siete

De sa tête. De son si-cap. (s. f.) Assiette. Une siete. Las sietes. Une siete de terre, d’estan, d’argent, de fayance. Changea de sietes. Lava las sietes. Rompre une siete. Lequa las sietes.

f. 12r

sobres

Ce qui reste après avoir bu dans un verre. Sas sobres. Beurre sas sobres. Vole pas beurre sas sobres. Soubra (v.), ne tenir qu’à soi d’avoir et de prendre, en avoir plus qu’à suffisance. I’a soubra.

f. 33r f. 33r f. 33r f. 33r f. 33r f. 33r

sobres soubarbade soubra souc souffrage soulete soupete spadasse subreceu surje

Reste de ce qu’on a bu. Sas sobres. Voli pas beurre sas sobres. Coup sous le menton. Une soubarbade. (v.) Rester, regorger. Iet soubre, i a soubra. Bûche, grosse pièce de bois. Un souc. Ere asseta sur un souc. Manque. Me fait lou souffrage. Vous fara souffrage. Diminutif de soule. Ere toute soulete. La troubé toute soulete din lou bos. Reste toute soulete.

f. 33r f. 56v

Diminutif de soupe. Mangea sa soupete. Salle ou chambre démesurément grande. Une spadasse, une grande spadasse.

f. 33v f. 33v

Ciel du lit. Lou subreceu. Laine crue et non apprêtée. Lou surje. De lane surje.

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T
f. 33v

ta ta tanca tantequan tantos tare tarnagas

Son du marteau quand on frappe à la porte. Etendeguer piqua : ta ta !

f. 33v f. 62v f. 61v f. 33v f. 10r

Attendre (idiome des Cévennes). Tancas, attendes. D’accord, sur le champ. Tantequant ou faguet. Tantequant se viret. Le soir. Lou tantos. Vendray tantos. Vice, défaut. Oiseau connu. Un tarnagas. Une nisade de tarnagas. Au fig. sot, sans esprit, sans jugement. Un tarnagas ; est un tarnagas ; chot tarnagas.

f. 9r

tartifleja tay te

Ennuyer à outrance en demandant avec importunité. Me vent toujours tartifleja. Te veje ou aqui, et me vengues pas pus tartifleja .

f. 33v f. 6r

Blaireau. Un tay. Terme inventé pour appeler les chiens. Te, Finau, te ! Te signifie aussi une chose présente ou que l’on présente. Il répond à l’ecce des latins. Te vega l’aqui mort ! Te aqui de pan e de vin ! Te mon fil, prens ou !

f. 33v f. 8r

tenille terraille terraille test tetet

Sorte de petit poisson à coquille. De tenilles. Espèce de poterie différente de la faïence. Terraille de St Quentin ; de terraille ; une cargue de terraille ; lava sa terraille.

f. 34v f. 33v f. 2r

Poterie. Une cargue de terrailles. Lava sa terraille. Morceau de pot cassé. Tetounet. Petit téton. Il se dit de ceux des enfants et de ceux qui sont véritablement petits, et les amoureux de ceux de leurs

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maîtresses, gros ou petits. Sous tétés. Sous dous tété. Sous poulits tétés. Sous tetounés.
f. 33v f. 33v f. 33v f. 24r f. 35r

teulade teule tiba tibla tif taf

Toît. Su la teulade. Tuile Tendre. Tiba lou linge. De linge tiba. (v.) Ployer. Tible, tiblet. Mots inventés pour exprimer cette palpitation, ce battement de cœur que nous éprouvons quand la peur nous prend. Son cor iet fasiet tif taf.

f. 5v f. 33v

tignace tinda

Vieille perruque. Sa tignace ; une tignace ; une vielle tignace. (v.) Tinter. Tinde ben, en parlant de louis qu’on laisse tomber exprès sur le pavé pour voir s’il est de bon aloi et s’il rend un son clair.

f. 35v

tire-agasse

Bruit ennuyeux et désagréable que font les enfants en faisant semblant de pleurer et certaines personnes en chantant, traînant la parole et la voix toujours sur le même ton. Quante tire-agasse est aqo ! Est une tire-agasse !

f. 34r f. 34r f. 34r f. 34r f. 34v

tiu togni tombadure touca tourax tourna

Tien. Aquo’s tiu, prens ou. Nigaud. Ses un togni. Est un togni. Chûte. Une tombadure. Aco ven d’une tombadure. Jouer, en parlant des instruments. Touca-me une bourrée. Maladie des femmes qui donnent à téter. Un tourax. Aquo’s un tourax . Un tourax la prenguet.

f. 11r

(v.) Rendre ce qu’on nous a prêté. Aves-ti tourna aquo ? M’ou a tourna. Qu’houre m’ou tournares ? Tourna, revenir. Ha tourne iet ! en parlant par exemple à un berger qui serait entré avec son
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troupeau dans les pâturages où il n’a pas le droit de paître. Tourna faire. Iet tournaray pas pus ! dit un enfant que sa mère châtie. Iet tournares ! dit la mère en le frappant.
f. 34r

tourna tout d’un ana venent trafis trayre trebouline trechala trefouli tremoula trepa trepa tria trignon

Revenir. Est tourna. Tournara leu. Tourna, en parlant des âmes et des esprits. Tourne.

f. 36r

Tout d’un vant. Est toute d’un ana-venent. Une cambe tout d’un ana-venent. Affaires, embarras. Est toute de traffis. Tirer. Trayre de peirres. Me trayt de peirres. Ly trassioit de poumettes. Trayre de carbon, en parlant des mines de charbon.

f. 21r f. 34r

f. 34r f. 8r f. 56v

Eau trouble. Pesca a la trebouline, au propre et au figuré. Trembler de froid. Trechalave ; trechale de fred. Brûler, désirer passionnément. Trefoulis dou saupre. Trefoulissioit de la veire.

f. 34v f. 34v f. 39r

Trembler (idiome des Cévennes). Tremoule, tremoulave de fred. Danser, sauter, se jouer. Trepont. Trepavont ensem. Sauter, danser, folâtrer. Trepont ensem. Trepavont. Trepa, au fig. Trepa enbé la bride.

f. 3v f. 7r

Chercher, tâcher à trouver. Tria sas nieires. Trie sas nieires. Carrillon. Lou trignon a sounna. Ant sounna lou trignon. Sounna a trignon, son de plusieurs cloches qui forment une harmonie et des accords.

non folioté

tripe

Tripes, intestins, boyaux. Il se dit des gens et des animaux. Las tripes iet sourtissioint. De tripes d’agnel, de biau, de mouton. Un manoul de tripes. A tripes virades. La tripe cuillau.

f. 57r

tromfle

Triomphe, terme de jeu de cartes : carte de la couleur de celle qui
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tourne. La dame de tromfle, ay dous tromfles. Lou rey de tromfle.
f. 4r

tuste-balustre

A tuste balustre : é l’étourdie, en étourdi.

V, Z
f. 63r

vala verquieire villanié

Ruisseau. Un vala. Cura lous valas. S’en vait coumme un vala , au fig.

f. 69r

(s. f.) Dot. Sa verquieire. Une bonne verquieire. Un marit puot pas manja la verquieire de sa femne.

f. 71v

(s. f.) Ordures, saletés, paroles déshonnêtes. Dire de villaniés. Faire de villaniés. Villanié, terme injurieux ; une villanié. Anem, anem, villanié ! Une pichote villanié. Villanié, excrément. Faire de villaniés. Escoubas aquelles villaniés. Villanié, parties honteuses de la femme ou de l’homme. Sas villaniés. Moustrave sas villaniés.

f. 65v f. 54v

vioulounaire vire-passe

Violon. Un vioulounaire, un paure vioulounaire. (s. f.) Espèce de cabriole. Une vire-passe. Faire la vire-passe. Virepassa (v.), faire de vire-passes. Vire-passa, bouleverser, renverser sens dessus dessous. Ou a tout virepassa.

f. 57v

virra vison

(v.) Terme de jeu, retourner. Virre de pique. Virre de trefle. De que virre ? Virre de cairre.

f. 5r

Mite, petit vers qui naît sur le fromage. Un vison. I a de visons. Il se dit encore des vers des œufs que les mouches pondent sur la viande.

f. 64r

zinzan

Mots inventés pour exprimer le mouvement d’un corps qui va et qui vient. Zin zan , en représentant du doigt ou de la main le mouvement du corps que l’on désigne.

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