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Bonias, Garlan, Grandjean et al. Thasos BCH 120[1996],
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Zissis Bonias Yvon Garlan Yves Grandjean Chryssa Karadima-Matsa Jean-Yves Marc Arthur Muller François

Salviat

Thasos
In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 120, livraison 2, 1996. pp. 875-900.

Citer ce document / Cite this document : Bonias Zissis, Garlan Yvon, Grandjean Yves, Karadima-Matsa Chryssa, Marc Jean-Yves, Muller Arthur, Salviat François. Thasos. In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 120, livraison 2, 1996. pp. 875-900. doi : 10.3406/bch.1996.7045 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1996_num_120_2_7045

BCH 120/11 (1996)

·7β

Thasos

1. Rempart par Yves Grandjean et François Salviat Les recherches sur le tracé du rempart antique ont été poursuivies en 1995 dans le secteur situé entre la forteresse médiévale et le théâtre. Trois semaines de travail, du 4 au 23 septembre, ont été consacrées à cette tâche, avec l'aide de quatre ouvriers. Manuela Wurch-Kozelj a effectué les relevés, les plans et les dessins d'élévation. A. De h forteresse à h chapelle Saint-Élie 1) Rempart Le départ de la courtine en direction du Nord avait été dégagé en 1994 {BCH 1 19 [1995], p. 661-667). Construit à cet endroit en blocs de marbre assis sur le rocher, le rempart présente, quelques mètres plus loin, au-delà de l'escalier moderne, un aspect différent. Sous le mur médiéval, édifié en moellons divers et blocs de remplois, dont un seuil, apparaissent de grands blocs de gneiss fondés sur le rocher. Les assises de gneiss sont mieux conservées au Nord de l'angle que forme avec l'enceinte la première terrasse qui, vers l'Ouest, détermine le glacis en avant de la forteresse médiévale ; elles se poursuivent sur une distance de 7 mètres jusqu'à l'angle du mur d'une deuxième terrasse paral lèle à la précédente et mise en place à la même époque. Le parement externe du rempart antique comporte dans son état actuel sept assises. Un sondage a montré qu'il n'y avait pas à cet endroit de ment interne. Au moins jusqu'à sa crête actuelle, la muraille réduite à un paiement simple jouait dès l'Antiquité le rôle de soutènement de terrasse ; cette fonction fut maintenue à l'époque médiévale. Au Nord de ce tronçon, l'élévation du rempart a entièrement disparu. Mais dans le prolon gement on relève sur le rocher les traces de la courtine descendante, large de 2 mètres environ. En plusieurs endroits, on a retrouvé des marques d'implantation, surtout celles du parement externe. À mi-distance de la chapelle Saint-Élie, l'enceinte déviait légèrement, dans un secteur où le parement externe venait à l'aplomb d'une paroi rocheuse taillée verticalement. 2) Voirie et carrières Dans toute cette zone, vers l'intérieur, on distingue avec netteté le parcours d'une rue en pente, large de 2 mètres. Cette chaussée est taillée dans la roche, striée transversalement par endroits, doublant généralement au plus près la courtine, mais pouvant s'en écarter en fonction du relief. Quelques mètres plus à l'Ouest, plongent les fronts abrupts d'une série de carrières ouvertes dans le gneiss, manifestement pour fournir les matériaux utiles à la construction de l'enceinte. Cette voie longeant le rempart était l'un des chemins d'accès à l'acropole et plus particulièrement au Pythion.

HG. ι

RG. 2

RG. 3

EFA). .•76 TRAVAUXDE L'ÉCOLE FRANÇAISE EN GRÈCE EN 1995 l i Ι ΓΤΤΤ QUARTIER D'HABITATION Illustration non autorisée à la diffusion FORTERESSE MEDIEVALE H£ X. Tracé du rempart entre le Pythion et le théâtre . Wurch-Kozelj. avec implantation des sondages 1 à 7 (dessin M. plan schématique.

Le parement interne. a été exhumé sur 12 mètres environ. Baker-Penoyre (JHS 29 [1909]. empruntant une rampe taillée dans le gneiss. Flg. 205). 2. À une quarantaine de mètres de la chapelle Saint-Élie. apparaissaient quelques blocs du parement interne du rempart. B. où J. inégalement conservé. 3. Rempart en gneiss (du Nord-Est). on observe une bifurcation : une branche descendante va vers la ville. puis le rempart se poursuivait vers l'actuelle chapelle Saint-Élie. en pente montante dans ce secteur du Sud vers le Nord. et dont les abords devraient être explorés à l'occasion d'une prochaine campagne. Un sondage (1) a été pratiqué à cet endroit.4 . Rue longeant le rempart (du Nord). p. De h chapelle Saint-Élie au théâtre 1) Sondages 1 à 7 Après un changement de direction dans le voisinage de la chapelle Saint-Élie. et à 80 mètres à partir de celle-ci vers le théâtre. Blocs de gneiss et de marbre sont mêlés et établis sur le rocher aménagé. signalés déjà par J. Il est possible qu'entre la chapelle et ce sondage subsiste encore une ligne de fondations assez RG. Baker-Penoyre situait une tour. À cet endroit on note une nouvelle inflexion de l'enceinte .BCH iao/ll (1996) THASOS •77 Flg. Elle fut réutilisée à l'époque médiévale pour conduire au château des Gattilusi. Une coupe transversale a été pratiquée : l'épaisseur de la muraille est de l'ordre de 2 mètres.

celle-ci prolonge le segment défini par les sondages 1 à 4 dans une ligne légèrement courbe. dérobant aux démolisseurs de l'époque médiévale les blocs des assises les plus basses.•7· TRAVAUXDE L'ÉCOLE FRANÇAISE EN GRÈCE EN 1995 ne 5 FlG. quelques carreaux de marbre trouvés dans la couche de démolition qui renfermait aussi un coin de fer abandonné par les récupérateurs de matériaux au Moyen Âge. En 2. pour descendre enfin dans un tracé rectiljgne jusqu'au flanc du théâtre. 6 HG. qui oblique ensuite franchement. _·*. En 4. 3 et 4 ont permis de reconnaître que le tracé du rempart n'était pas rigoureusement rectiligne. Flg. . 9 bien conservées . est établi à un endroit où le relief devient plus tourmenté et où le sol naturel schisteux plonge très rapidement vers le Nord. Sondage 2 (de l'Est). on est ici dans un ensellement où le remblaiement naturel a été assez fort. 8 RG. Flg. 5. mais s'adaptait aux légers changements d'orientation de la crête rocheuse. en angle obtus. 4. de petite taille. rappellent l'appareil visible au parement interne du rempart du côté de la porte d'Hérac lès (reconstruction du IVe siècle av. les deux parements de l'enceinte sont conservés. Au Nord du sondage 1 . les blocs du rempart ont été soulevés et sont déplacés vers l'extérieur du mur. 7 FlG. En 3. sur une longueur de 8 mètres. en formant un angle à peu près droit. J. dans le sondage 2. avec un retour long de 4. puis elle tourne à nouveau vers le Nord. vers le Nord.70 mètres vers l'Ouest. on ne trouve plus que l'empreinte dans le rocher des deux parements.-C). En 5. les sondages transversaux 2. Elle dessine alors un angle droit. parement interne (du Sud). Ces carreaux. ou redan. Sondage 1. mais au niveau le plus bas. On notera encore. En 5 et 6 a été mis au jour sur plus de 25 mètres un segment en ligne brisée de la courtine. On remarquera que ce décrochement.

Sondage 3. le décrochement à angle droit. rocher aplani pour le passage de la rue longeant le rempart (du Nord). à gauche) .BCH 120/11 (1996) THASOS •Tfl Flg. au centre. avec retour de la courtine vers l'Ouest (du Sud). Sondages 5 (au premier plan) et 6 (à l'arrière-plan. parement interne . . à droite. au centre. 6. vue partielle . 7. ~m4 Flg.

sondages lesbique. la construction est conservée sur une hauteur de quatre assises reposant sur le rocher creusé (hauteur totale: 1. En revanche.65 m. 2) Voirie et carrières La voie antique longeant le rempart au-dessus de la chapelle se retrouve en contrebas et on peut en suivre la trace vers le Nord jusqu'à proximité du sondage 1 . aux lits d'attente bien travaillés. Les constructeurs ont recherché. Baker-Penoyre avait pressenti à cet endroit l'existence d'une « tour ronde » (JHS 29 [1909]. la chaussée. non friable. et aplani pour recevoir les blocs de l'élévation.215 dubloc Pythion.45 effectués m Cette .70 m) . p. profond de 0. à l'Ouest fragmentaire décoré et en contrebas d'une(long. : 0. longeait le parement interne du rempart jusqu'au sondage 5. À l'angle externe du redan. À proximité du théâtre. en accord avec la conception générale du système des fortifications du début du Ve siècle. les traces laissées sur le gneiss sont moins nettes. moulure des cons. dans toute cette zone. le rocher est aplani et travaillé en escalier avec un soin tout particulier.35 appart on m a. doublant la courtine. a permis de retrouver le parement interne du rempart dans le prolongement exact du tronçon de courtine dégagé dans le sondage 6. en 1994. fournissaient un espace utile à l'intérieur de la ville. Là où elle existe encore. l'élévation en blocs rapportés. et surtout pour y fonder le parement externe.93 m. semble avoir été préparée d'une manière plus sommaire . À cet endroit. ientau même monument que le fragment moins important et de provenance indéterminée publié . se trouve une série continue de carrières creusées pour la construction de la muraille : les fronts de taille qui suivent les plans naturels de clivage ont été systématiquement arrêtés à quelques mètres de l'enceinte pour permettre le passage de la chaussée. Ce redan jouait le rôle d'une tour. très limité. mêle le marbre et le gneiss. des veines de roche plus solide. Les blocs de gneiss sont les plus nombreux. le chemin était taillé dans le rocher : le travail d'aplanissement du gneiss est particulièrement net à l'Ouest du théâtre (en ce point devait se situer un carrefour). ht. à peu près hori zontaux. c'est le long de ces deux lignes délimitant une bande rocheuse légèrement excavée qu'ont été mises en place les fondations des deux parements de l'enceinte. Les fonds. C. en particulier dans la région du saillant. en règle générale. il découvert. J. et distantes d'un peu plus de 2 mètres . 10 Le rempart est assis dans ce secteur sur le gneiss. long de 1. on observe deux lignes de déchaussement approximativement parallèles l'une à l'autre. moulure cons. on remarque à la troisième assise au-dessus du soubassement un bloc de gneiss angulaire. L'implantation du parement interne. et devait se poursuivre ainsi jusqu'au théâtre. Trouvaille fortuite HG. : 0. vers le Nord. Il y a là en fait un aménagement défensif intéressant. m) architectural en marbre. et de la courtine apparente à la hauteur du koilon et plus au Nord. À l'endroit où se dessine l'angle obtus. au Sud. creusé plus ou moins profondément. le sondage 7. profondeur Sous en complète: la surface. haut de 0. et au-delà au Pythion — et que l'on emprunte encore aujourd'hui). Comme dans la région proche de l'acropole. 205-206). on observe une nouvelle bifurcation vers l'intérieur de la ville (c'est le chemin qui montait du Dionysion et conduis ait au théâtre. terrasseun 0. 9 RG. À l'Ouest. créant des paliers importants. donnant d'un point élevé une vue latérale sur la façade du rempart en contrebas. en arrière de la crête rocheuse actuelle.TRAVAUXDE L'ÉCOLE FRANÇAISE EN GRÈCE EN 1995 HG.55 m. À partir du sondage 1.

. on distingue au fond le changement de direction de la courtine (angle obtus). 10. angle externe du redan . Sondage 5 (du Nord) . Flg. Flg. U. au premier plan. Bloc architectural . 8. Sondage 6 (du Nord).BCH 120/11 (1996) THASOS Flg. à droite. rocher aplani (du Nord-Ouest). trouvaille fortuite en contrebas du Pythion. 9. Flg. Sondage 5 .

2. membre de l'EFA. Ces travaux ont mis de mettre au jour une série de puissantes structures appartenant aux différentes phases de construction du bâtiment de scène : ces découvertes. 12-14 . avec celle des membres architectu raux signalés BCH 119 (1995). Marie-Christine Marcellesi. 667. Pétros Radis. nous avons également étendu les recherches aux deux parodoi . A. nous a permis d'y ouvrir plusieurs sondages. nous avons concentré nos efforts sur le bâtiment de scène . l'existence dans ce sanctuaire d'un édifice archaïque au moins. qui a souligné son originalité — en particulier les palmettes trilobées au lieu des fers-de-lance — et proposé pour date la fin du VIe siècle ou le début du Ve siècle. que nous nous contenterons de présenter ici brièvement. Olivier Picard a identifié les monnaies. Les recherches de 1995 ont permis de reconnaître le tracé du rempart dans un secteur où il était jusqu'ici inconnu. avec une douzaine d'ouvriers dirigés par G.TRAVAUXDE L'ÉCOLE FRANÇAISE EN GRÈCE EN 1995 par R. contremaître. étudiants. le dégagement des remb lais de fouilles. 462-464 et pi. La restauration a été assurée par Aristophanis Konstantatos. intéressent aussi l'exploitation et l'aménagement de l'espace urbain. 138 b). Maria Christopoulou. que nous avions accumulés dans l'orchestra depuis la première campagne de 1993. p. C'est le type A5 de J. créa trices de paliers et de terrasses. Cette découverte permet de rattacher les blocs de cette série au Pythion . sur toute la surface et aussi profond que la sécurité le permettait. Laure Chevallier. la rencontre atteste. À ces gains s'ajoutent les progrès dans notre connais sance des techniques de construction. modifiant le relief naturel. des Courtils {Architectures thasiennes [1993]. ainsi que tout un système de carrières qui ont fourni des matériaux de construction pour le rempart. Martin (Méhnges Mansel [1974]. L'apparition d'un redan dans les sondages 5-6 révèle un type d'arrangement défensif peu fréquent sur l'enceinte thasienne. et Clarisse Prêtre. mais qui. Tony Kozelj a effectué les relevés. Le bâtiment de scène Le petit sondage ouvert l'année dernière dans la pièce Nord-Est du bâtiment de scène a été étendu à l'ensemble de la pièce . sont d'autant plus intéressantes qu'elles appartiennent à des aménagements ou à des transformations qui n'étaient jusqu'alors pas attestées. avec des embranchements vers le centre de la ville. thèse inédite) qui suggère une date un peu plus haute (dernier quart du VIe siècle). Maria Morphaki. Anne-Claire Chauveau. ont égal ement participé aux fouilles. On a pu en outre reconnaître des éléments de voirie liés à l'en ceinte. Synodias. Théâtre par'zissls Bonias et Jean-Yves Marc La campagne de fouille s'est déroulée cette année du 3 au 28 juillet et du 4 au 22 septembre. Cathelyne Miggelbrink. Henri-Louis Fernoux. RG. enfin. les deux autres pièces ont également fait l'objet d'une exploration systématique. Comme les deux années précédentes1. p.

Très grossièrement appareillé du côté de l'amont. Parement du mur de terrasse découvert sous le bâtiment de scène. 12-14 HG. dans chacune des trois pièces. il est composé de moellons de gneiss et de marbre. 15 La découverte la plus inattendue est un mur que l'on a pu suivre sur toute la longueur du bâtiment de scène. Il s'agit d'un puissant mur de terrasse. 14. . comme l'indiquent à la fois son emplacement et la différence entre les deux parements. mais il présente deux phases nettement distinctes. 13. Pièce Nord-Est du bâtiment de scène. et plus rarement de remplois. Flg.BCH 120/11 (1996) THASOS HG. 12. Pièce Sud-Ouest du bâtiment de scène. Flg. Sa relation avec le mur de terrasse en appareil pseudo-isodome. Pièce centrale du bâtiment de scène Flg. Nous ne possédons pour le moment aucun élément sûr de datation pour sa construction. Flg. 15.

le dégagement de la face interne du mur arrière à contreforts de la scène hellénistique a montré que celui-ci était renforcé par de puissants massifs de maçonnerie qui prolongeaient sous la construction les contreforts extérieurs. RG. Celui-ci n'a été repris que dans la pièce Nord-Est du bâtiment de scène : c'est donc le seul endroit où l'on puisse espérer des données stratigraphiques pour dater cette dernière grande phase de construction du théâtre. Les constructeurs du théâtre hellénistique ont multiplié. Mur arrière hellénistique du bâtiment de scène avec un contrefort intérieur et la substruction qui s'appuie sur le mur de terrasse antérieur (sous la pièce SudOuest du bâtiment de scène). les dispositifs destinés à assurer la stabilité de l'édifice. Enfin. 17-19 Flg. n'est pas établie avec certitude. on le voit. 16. 17. était relié. ces deux murs étant strictement parallèles. par des murs semi-circulaires ou présentant un angle. Il est probable qu'il s'agit d'aménagements contemporains. au mur de terrasse découvert sous le bâtiment de scène au centre. Mais il est sûr qu'il s'agit là d'une phase d'aménagement monumental. dans un secteur où la rupture de pente du terrain naturel est particulièrement abrupte. Contrefort intérieur sous la pièce Sud-Ouest du bâtiment de scène. destiné aussi bien à soutenir l'élévation du bâtiment de scène qu'à servir de soutènement à l'ensemble du théâtre. 16 HG.TRAVAUXDE L'ÉCOLE FRANÇAISE EN GRÈCE EN 1995 découvert l'année dernière dans la partie Sud-Ouest du proskéniorl· et repéré cette année à l'extrémité Nord-Est. Flg. Cet impressionnant dispositif. . L'étude du matériel devrait permettre de préciser la chronol ogie relative de ces deux structures. sur lequel ils venaient s'appuyer. Il est encore trop tôt pour proposer une interprétation de ces deux murs et surtout pour proposer d'y voir les vestiges du prédécesseur du théâtre hellénistique. on s'est contenté de renforcer à l'extérieur le mur arrière à contreforts de la phase précédente. À l'époque impériale.

le premier partant à angle droit des fondations du stylobate du proskénion. pour vérifier si nous avions à Thasos un état ancien an proskénion avec paraskénia. qui atteste donc l'existence d'une aile de ce côté du proskénion. Substructions du bâtiment de scène hellénistique. 19. exaaement comme les fondations du stylobate du proskénion dans cette partie de l'édifice. Flg. aussi bien du fait de l'assemblage d'angle que de l'identité d'appareil. 18. auquel il est lié par un accrochage en besace. 20-21 H6.22 . HG. nous a amenés à ouvrir un sondage à l'autre extrémité. B. Ils sont constitués de pilettes et de petits moellons de gneiss. dans l'orchestra et devant l'extrémité Sud-Ouest au proskénion.BCH 120/11 (1996) THASOS Flg. d'un massif de fondation constitue également un résultat important de cette campagne. Il s'agit de deux murets perpendiculaires. Cette découverte. Le proskénion La mise au jour. Il est donc assuré. là. le second parallèle à celui-ci. sous la pièce centrale. qu'il s'agit là d'un aménagement contemporain : le remblai qui recouvrait ces structures est par ailleurs identique partout.

22. appartenant à la première phase des fondations du stylobate du proskénion. 21. qui permettent d'avancer l'hypothèse d'une reconstruction complète des substructions de la colonnade du proské nion dans ce secteur. détail de l'accrochage en besace. 20. reconstruction qui aurait fait disparaître complètement les vestiges de l'aile Nord-Est. Flg.TRAVAUXDE L'ÉCOLE FRANÇAISE EN GRÈCE EN 1995 Malheureusement. Cette hypothèse est d'autant plus vraisemblable que le rocher naturel est ici très proche de la surface. à l'extrémité Nord-Est du proskénion. . Massif de fondation découvert dans l'orchestra. La stratigraphie atteste également l'existence de perturbations. Id. alors que de l'autre côté l'épaisseur des différents remblais ne contraignait pas les construc teurs à démonter systématiquement les fondations des états antérieurs pour fonder correctement les nouvelles structures. Id. Flg. nous n'avons rien retrouvé de semb lable. Il n'est pas pour autant exclu qu'il y ait eu une aile également de ce côté. les fondations du stylobate présentant de très notables différences d'appareil avec celui que nous avons observé dans la partie Sud-Ouest.. Flg.

se poursuivait4. Les autres son dages n'ont pas apporté les résultats escomptés. dans un secteur épargné par les fouilles de nos prédécesseurs. Il s'agit donc certainement d'un mur de terrasse. disposés sur deux assises. Il n'est pas non plus impossible que le théâtre de Thasos ait présenté une phase avec proskénion à paraskénia.BCH 120/11(1996) THASOS M7 II est d'ores et déjà établi qu'il existait une phase antérieure aux fondations rectilignes du stylobate sur lequel on place l'ordre dorique qui porte la dédicace du proskénion1'. reposant directement sur le rocher. Nous avons remarqué ci-dessus qu'il était exactement parallèle au mur de terrasse découvert sous le bâtiment de scène. retrouvé en 1994 dans la parodos Sud-Ouest ainsi qu'à l'extrémité Sud-Ouest au. . comme celui qui a été fouillé l'année dernière dans la parodos Sud-Ouest5. devant la pièce Nord-Est du bâtiment de scène. proskénion. dans le but de repérer en aval d'éventuels murs de terrasse. dans laquelle nous avons retrouvé plusieurs blocs appartenant à l'élévation du mur d'analemma du koilon. À l'intérieur du proskénion. un sondage a été implanté pour vérifier si le mur en appareil pseudo-isodome en marbre. une série de longues tranchées a été explorée dans le but de suivre le plus loin possible le puissant mur de terrasse en gneiss découvert l'année dernière6. C'est à ce jour la construction la plus ancienne mise au jour dans le secteur. Comme le montrait d'ailleurs l'e f ondrement de ce mur de terrasse à l'extrémité de la fouille de 1994. Cette couche contenait au moins un tesson de céramique glaçurée : l'étude exhaustive du matériel devrait permettre de préci ser cette première indication chronologique sur l'abandon du théâtre de Thasos. La pro fondeur de la couche de terre végétale et la présence de grands pins nous ont empêché de pour suivre la fouille aussi profondément qu'il aurait été nécessaire. Les constructions postérieures présentent une orientation très légèrement^ différente. C. une fois l'ensemble de la documentation stratigraphique et architecturale mise au point. l'élévation de celui-ci a certainement dû disparaître presque complètement. Le sondage situé entre l'angle du mut d'analemma et le mur d'enceinte. la limite originelle doit se trouver à l'arrière du mur d'époque impériale. mais il est encore impossible de proposer une date sur des données stratigraphiques. Il convien dra naturellement d'étudier attentivement cette question. Nous n'avons pu en dégager que le parement amont : celui-ci était construit dans un appareil grossier de moellons irréguliers de marbre et de gneiss. Aucune trace d'un précédent mur d'analemma n'a été découverte en aval : si le koilon a changé de plan. mais ils ont permis de recueillir du matériel dans des couches inférieures au mur d'analemma : il est désormais assuré que celui-ci date de l'époque impériale. 2) La parodos Sud-Ouest Comme dans l'autre parodos. ce qui n'est pas sûr. Lesparodoi 1) La parodos Nord-Est Différents sondages ont été implantés en tranchées perpendiculairement au mur d'analemma du koilon. nous a permis de dégager la couche de destruction du théâtre.

l'ensemble de ce sondage a livré une relativement abondante céramique de la fin du VIe siècle et du début du Ve siècle. 23. appartiennent très certainement à un mur à chaux. Sans doute faut-il y voir les traces des carrières d'où ont été extraits les blocs du part. en avant du seuil de la parodos. RG. comme d'ailleurs les couches profondes des sondages ouverts dans la parodos Nord-Est. Ces attentes ont été déçues. ainsi que pour tenter de reconnaître les éventuels déplacements de la limite inférieure du koibn entre la phase hellénistique et la phase d'époque impériale. 23 Flg. L'orchestra Devant l'extrémité Nord-Est du proskénion. Plusieurs sondages ont été implantés le long du toichobate du parapet d'époque impériale.TRAVAUXDE L'ÉCOLE FRANÇAISE EN GRÈCE EN 1995 D. Une grande tranchée ouverte au centre et dans l'axe de l'orchestra a permis d'abandonner définitivement l'hypothèse. ainsi que de petits blocs de marbre à l'épiderme pulvérulent caractéristique. pour pouvoir recueillir des données stratigraphiques susceptibles de le dater. Nous avons en effet ramassé de nombreux éléments de parois de four. . remplis d'ailleurs d'éléments architecturaux ayant appartenu au théâtre. Murs découverts sous l'orchestra. un sondage fouillé jusqu'au rocher a mis au jour les vestiges de murs implantés sur une terrasse artificielle taillée dans le gneiss. de l'existence à l'époque impériale d'un couloir débouchant au centre de l'orchestra : les murs découverts par celui-ci. occupées par la suite par un habitat. Quoiqu'il en soit. formulée par G. cette zone ayant été perturbée par les re staurations du parapet inférieur du koilon. Daux.

Atelier amphorique de Chioni par Yvon Garlan et Chryssa Karadima-Matsa Dans la seconde quinzaine de juin 1995. une petite campagne de fouille menée en collabo rationpar l'École française d'Athènes et l'Éphorie de Kavala a permis de se faire une idée de la pro duction de l'atelier amphorique de Chioni. On a ainsi recueilli notamment 486 timbres amphoriques ainsi que 1 1 timbres sur tuiles : 430 d'entre eux ont été identifiés. il résulte que la totalité des amphores « récentes » produites à Chioni a été timbrée (tout comme à Kounophia). et surtout une grande masse de fragments d'amphores qui. on peut donc penser que l'atelier de Chioni a continué à fonctionner jusque vers 220. dont quatre mentionnent le fabricant Skymnos avec trois éponymes (Amyntôr. Nous serons aidés en cela par la stratigraphie. avaient sans conteste été fabriquées sur place (malgré la rareté des sur cuits et des pièces déformées). et enfin en bouton se raccordant sans rupture de ligne à une panse fuselée). RG. Mis à part un timbre-gemme. Bien qu'aucun exemplaire complet n'ait été retrouvé. puis arrondi) et des pieds (d'abord parfois à long manchon. Si l'on tient compte de quelques éponymes qui doivent être fortuitement absents de nos trouvailles. verticale et surtout horizontale. Kéramidi et Kounophia : outre quelques fra gments de vases fins à vernis noir et de pitlioi abandonnés par les occupants du lieu. on peut espérer préciser la chronologie des éponymes du milieu et du 3e quart du IIIe siècle. 24 La partie du dépotoir de rebuts qui affleurait au bord d'un petit ravin a été explorée par une série de sondages qui ont livré le même genre de matériel que celui qui avait été trouvé précédem ment à Koukos. aux environs de 320 av. J. deux timbres anépigraphes sur tuiles et un timbre d'origine probablement étrangère. correspondant à des amphores biconiques. qui restait jusqu'ici extrêmement floue. HG. Kalonéro.BCH 120/11 (1996) THASOS 3. ils se répartissent inégalement entre 95 types mentionnant 82 éponymes (ce qui implique que quelques exemplaires isolés proviennent d'autres ateliers). une bonne quantité de céramique commune et de tuiles. situé à une altitude de 150-200 m et à 2. Du décompte des timbres et des pieds. 25 . à Kalonéro. on a pu observer l'évolution de la forme des lèvres (à profil triangulaire. dans leur très grande majorité. Les plus anciens de ces éponymes sont ceux qui apparaissent également en premier dans l'atelier de Koukos. En comparant sa période de vie à celles des autres ateliers amphoriques thasiens et en se fon dant sur une étude détaillée des timbres. Vamvouri Ammoudia. puis de plus en plus en bobine diversement carénée dans des amphores plus pansues. À une cinquantaine de mètres au Sud-Ouest du reste de la fouille a également été découvert un petit dépotoir qui a fourni cinquante timbres anciens présentant un intérêt exceptionnel : celui de n'appartenir qu'à cinq types.-C.8 km au SudEst de Kato-Prinos. du dépotoir qui s'est dans l'ensemble déplacé vers l'Est au fil des décennies. Archestratos et Lagétas) qui se trouvent ainsi regroupés au moment précis où.

Tout nous porte à croire que. Le dépotoir céramique. Chioni. par la suite. jus qu'à l'ouverture du dépotoir récent.TRAVAUXDE L'ÉCOLE FRANÇAISE EN GRÈCE EN 1995 le fabricant Aristagorès cède la place à son fils Dèmalkès. Chioni. c'est-à-dire vers 350-345. Flg. Karadima-Matsa au colloque de Liménaria en septembre 1995 et seront publiés dans les actes (à paraître dans la collection Recherches franco-helléniques) . . 24. Flg. Vue du chantier. Les résultats de la fouille ont été présentés par Chr. 25. l'atelier de Chioni a suspendu son activité pendant un quart de siècle.

il m'a paru utile de donner dans le présent rapport d'une part un état des lieux (rappel des étapes de la fouille du sanctuaire avec les trouvailles de figurines.BCH 120/11(1996) THASOS tM 4. sous ma direction : Chantai Courtois (Genève. la constitution d'une équipe s'imposait donc. Odile Didelot. p. la mort de N. dont la fouille venait de reprendre. Ont régulièrement pris part aux tra vaux. 421) : l'opération est désormais cofinancée et gérée par un avenant annuel à cette convention. Stéphanie Huysecom (doctorante) et Jean-Sébastien Roose (étudiant) pour l'étude . et d'autre part la présentation des travaux entrepris sous ma responsabilité depuis 1978 et surtout depuis 1993. Afin de mener à bien dans un délai raisonnable l'étude et la publication de ce mobilier. Weill me laissait en principe la responsabilité aussi de l'énorme lot des terres cuites archaïques . Stéphanie Huysecom et Jean-Sébastien Roose Le dossier des terres cuites classiques et hellénistiques de Thasos — Nicole Weill étant alors chargée de celles d'époque archaïque — m'a été confié en 1978. dans le cadre de la convention signée par les deux établissements en 1993 {BCH 118 [1994]. Terres cuites votives de VArtémision par Arthur Muller avec la collaboration de : Nébla Boumlil. doctorante). la fouille de l'Artémision s'était poursuivie jusqu'en 1985. Entre-temps. Ce n'est donc qu'à partir de l'été 1993 que j'ai reporté l'essentiel de mes efforts sur les terres cuites de l'Artémision. Aussi cette entréprise est-elle depuis 1994 l'objet d'une collaboration entre l'EFA et l'univers ité Charles de Gaulle-Lille 3. par François Salviat et Jean-Jacques Maffre pour celles de l'Artémision. augmentant considéra blementles quantités de trouvailles. composante de l'Institut des Sciences de l'Antiquité de Lille). par Claude Rolley pour celles du Thesmophorion. les conditions avaient changé : en particul ier. et d'autre part dans l'axe de recherche Artisa nats d'art gréco-romain du Centre de Recherches Archéologiques de l'université de Lille 3 (EA 1058. C'est donc par ce dernier ensemble que j'ai commencé : l'étude de ce matériel m'a occupé. Musée d'Art et d'Histoire . Nébia Boumlil (étudiante) pour la restauration. jus qu'en 1992. entre autres tâches il est vrai. son travail s'insère d'une part dans le programme de recherche Artisanat de h Grèce ancienne (EA 470) en cours de développement à l'EFA. état d'avancement de la publication). Chantai Courtois. avec l'explicitation des orientations choisies et des perspectives7. Odile Didelot (EFA). alors que parallèlement je me contentais d'engager sur celui de l'Artémision le trait ement matériel préliminaire. dont l'exploration était achevée depuis 1964. . À l'issue de trois campagnes d'activité de cette équipe au musée de Thasos (septembre 1993. 1994 et 1995). et 40 ans déjà après le début de la découverte systématique de ce mobilier. L'équipe est formée d'un noyau de chercheurs et doctorants de l'univers ité de Lille 3 .

224 et 230-231. BCH 82 (1958). p. Les dernières campagnes (1984 et 1985) ont consisté en nettoyages dans la partie haute du péribole carré : les trouvailles de terres cuites y sont peu nombreuses désormais. BCH 83 (1959). Fr. p. p. p. amenant la découverte de l'autel monumental. 867 . derrière le Passage des Théores. le long du mur Sud-Est de ce que l'on appel lera plus tard le péribole carré. 856. Salviat et J. CRAI (1912). Salviat et N. soit quelques centaines de fragments. BCH 106 (1982). . 942. BCH 104 (1980). 717. Les figurines et protomés recueillies sont très nombreuses. La première fouille systématique. BCH 105 (1981). c) Fouille Valma 1965 « Chronique des fouilles ». MACRIDYJDAT27 (1912). Les terres cuites (figurines et protomés) ne représentent « que » quatre ou cinq tiroirs. BCH 105 (1981). BCH 110 (1986). BCH 107 (1983). BCH90 (1966). p. BCH 85 (1961). p. auquel on pensait alors que se limitait l'Artémision. C'est près de ce der nier qu'ont été faites les trouvailles de figurines les plus nombreuses (plusieurs milliers de fragments. À cela s'ajoutent les débris de statues de terre cuite. p. qui ont été trouvés le long du côté Nord-Est du péribole carré.M2 TRAVAUXDE L'ÉCOLE FRANÇAISE EN GRÈCE EN 1995 A.) : plusieurs milliers de fragments remplissent environ 80 tiroirs. a exploré le péribole carré. 774. vers le Nord et l'Est. Dans des tranchées sur la terrasse supérieure. en limite de terrain. 932 . p. 687. 828 .-J. 6 . en particulier dans une couche de terre noire associée. 944. BCH 1 10 (1986). à l'autel. toutes époques confondues (Vir au IIe s. 774. BCH 108 (1984). BCH 84 (1960). e) Fouille des abords Ouest de l'Artémision. p. p. BCH 104 (1980). p. a pour l'essentiel exploré les abords du péri bole carré. BCH 102 (1978). BCH 100 (1976). on a recueilli en 1911 une centaine de figurines hellénistiques. p. Une fouille ponctuelle au Sud-Est de l'autel (carré F8) a également livré une quantité impressionnante de terres cuites (une vingtaine de caisses) provenant d'un remblai retenu par un muret. reprise par Fr. Weill. p. 869 . p. 660 . La fouille. 793. 1979-1982 et 1985 «Chronique des fouilles». BCH 101 (1977). 919. A. presque grandeur nature. p. p. Croissant a ouvert trois sondages en contrebas du péribole carré (région dont il est admis désormais qu'elle appartenait aussi au sanctuaire) et surtout fouillé les abords Nord-Ouest du sanctuaire. b) Fouille ancienne 1957-1960 «Chronique des fouilles». donc en limite et à l'extérieur du sanctuaire. p. d) Fouille récente 1975-1985 «Chronique des fouilles». La fouille de lArtémision et h publication des terres cuites* 1) L'exploration du sanctuaire et les trouvailles defigunnes a) Les débuts de l'exphration T.-J. remplissant une cinquantaine de caisses). MafFre. 808. 790. p. REINACH. semble-t-il. 726 . L'essentiel des trouvailles provient du « remblai Nord-Est » et « du mur Est ». p. dirigée par Fr.

L'achèvement de la fouille produira. Perreault en bordure Sud de la « rue de l'acropole ». de moitié moins important. parmi lesquelles les terres cuites constitueront encore le lot le plus important. un petit sondage dans les remblais retenus par ce mur a livré deux caisses de terres cuites (en majorité d'époque archaïque). pour la connaissance des relations commerciales et artistiques de Thasos (origine des importations et des influences à chaque période. à comparer avec le lot provenant du Thesmophorion. zone de diffusion des produits thasiens et modalités de cette diffusion). il est désormais indispensable de faire progresser l'étude de ces découvertes et sans doute même de les publier. Or le corpus que l'on possède en l'état actuel de l'exploration est suffisamment important pour que l'on puisse travailler valablement sur un grand nombre de types. Toute la partie du terrain explorée à l'Est du mur de terrasse à l'escalier doit être considérée comme appartenant à l'Artémision. qui ne peut être complété par les fragments d'aucun autre. un certain nombre de types nou veaux isolés et complétera peut-être les types numériquement les moins bien représentés .BCH 120/11 (1996) THASOS La fouille des abords Ouest du sanctuaire a été menée par A. mais aussi dans la région à l'Est du péribole. en l'état actuel du rangement. l'exploration de rArtémision est loin d'être achevée. Conclusion Les figurines de terre cuite entrent pour une grande part dans l'exceptionnelle richesse des trouvailles de l'Artémision. qui constituent l'essentiel des découvertes. Certes. à des trouvailles en des quantités impression nantes. Jacquemin. la quasi-totalité des terres cuites sont des objets moulés. mais sur les mieux représentés. Il serait en tout cas déraisonnable de faire trop attendre au-delà du demi-siècle après le début de la fouille la poursuite de la publication de cet ensemble de trouvailles d'un intérêt excep tionnel à plusieurs points de vue : pour l'étude d'un artisanat céramique à mi-chemin entre l'activité du sculpteur et celle du potier. au moins en partie. il semble que cette partie du terrain Valma soit en dehors du sanctuaire. parvenus dans le sanctuaire en plusieurs exemplaires. aux abords immédiats de l'Artémision. Cet argument possède de fait une certaine force pour la céramique. on peut toujours repousser la publication dans l'espoir que l'achèvement de l'exploration nous mettra en possession de fragments venant compléter ceux que l'on a déjà. En revanche. il est vrai. Malgré le nombre des campagnes de fouille qui lui ont déjà été consacrées. enfin pour l'histoire des religions (caractérisation de l'Artémis Polo thasienne et plus généralement des pratiques votives de la piété populaire9. il ne fera que modifier les dénomb rements de fragments et d'exemplaires. près de cent tiroirs (bien remplis) et plus d'une centaine de caisses : rares sont les sanctuaires de Grèce propre à avoir livré de telles quantités de terres cuites. Mais avant de pouvoir songer raisonnablement à une reprise de la fouille. la fouille de J. En revanche. Y. parfois près d'une centaine : chaque type peut donc être restitué à partir des fragments de plusieurs exemplaires chacun lacunaire. Les sondages ponctuels ont d'ores et déjà montré qu'il faut s'a ttendre dans la partie basse du sanctuaire (au Nord-Ouest du péribole carré. En 1981. . dans la mesure où chaque vase tourné et peint reste un objet unique. n'a pas livré de terres cuites : de fait. jusqu'à la place des Théores). Ce mobilier occupe. Le nombre total des fragments recueillis jusqu'à présent est difficilement estimable et ne présente de toute façon qu'un intérêt anecdotique : autour de 20 000.

a ainsi été entièrement exploitée du point de vue typologique et stylistique. Croissant a dans ce volume — dont le sujet lui a été inspiré par ses propres trouvailles dans le terrain Valma. c)Autres publications Quelques figurines de l'Artémision ont enfin été simplement illustrées. RA (1976). 14. Dans ce volume. I: L· haut-archaïsme. Croissant n'en constitue pas pour autant le corpus exhaustif et la publication. n. Fr. 29-44 [publication d'une figurine représentant un ours] . ou publiées et com mentées à l'occasion d'autres travaux et d'études ponctuelles : — Guide de Thasos. BEFAR 250 (1983). « Un ours ou deux pour Artémis. p. Actes du colhque sur les problèmes de l'image dans le monde méditerranéen classique. banals ou au contraire exceptionnels par leur sujet ou leur état de conservation. à savoir les protomés-masques antérieures à l'apparition de la protomébuste. p. Weill. 4) reste donc à faire. MORIZOT. Figurines et statues de terre cuite de VArtémis ion. ont été signalés et illustrés dans la Chronique du BCH (voir les références dans le § précédent). La plastique archaïque de Thasos. ÉtThas XI (1985). qui complètent ou enrichissent des types du Thesmophorion] . partie basse de l'Artémision — largement utilisé. Ce travail de catalogage (du reste annoncé CROISSANT 1983. les protomés anciennes recueillies à Thasos et surtout à l'Artémision. une figurine en terre cuite de Thasos ». puisque seule la cin quantaine de documents les plus représentatifs est étudiée et commentée. Weill n'a étudié que les figurines provenant de la fouille ancienne. du point de vue de la repré sentation du visage. ÉtThas XVII (1996) [le corpus inclut une trentaine de fragments de rArtémision. b) Fr. p. du VIIe siècle (soit 132 objets). du VIe siècle (soit 53 objets et fragments catalogués). Είδολοποιία. les trouvailles de PArtémision ont déjà donné lieu à une monographie des Études Thasiennes et ont fourni une grande partie de la matière d'une étude de la BEFAR a) N. « Plastique ionienne à Thasos ». REA 95 (1993). Sites et Monuments 3 (1967. Les terres cuites votives du Thesmophorion. La fouille récente a livré quelques objets du haut archaïsme et surtout de nombreux fragments de la « Dame au polos » : ils donneront lieu à de simples compléments au volume de N. « Images d'Artémis à l'Artémision de Thasos ». WEILL. à l'exclusion du mobil ier de la fouille récente. celle de la « Dame au polos ». p. p. à quoi elle ajoute l'étude d'une série. importées] . elle publie le lot le plus ancien. — A MULLER. — N. Archeologica 61 (1985). WEILL. septembre 1982. Le mobilier ainsi publié représente le contenu de six ou sept tiroirs. réimpr. l'ouvrage de Fr. — Y. 137-147.-C. 219-226 [commentaire d'une dizaine de statuettes ioniennes. Mais surtout. d'autant que la fouille récente a considérablement augmenté les trouvailles de cette catégorie de mobilier. J. N. CROISSANT. Mais si cette catégorie d'offrandes. 1987). une sculpture de l'Acropole d'Athènes. . Recherches sur les représentations du visage dans la plastique grecque de 550 à 480 av. Hommage à Jean Marcadé. L·s protomés féminines archaïques. 148-155 . — N. WEILL.TRAVAUXDE L'ÉCOLE FRANÇAISE EN GRÈCE EN 1995 2) État de h publication des terres cuites de VArtémision Un certain nombre d'objets.

MULLER. fabrication et diffusion. p. Recherches sur l'habitat thasien à l'époque grecque. — les statuettes archaïques et de style sévère {ça 400 fragments) ont été cataloguées et étu diées par S. p. Trouvailles de terres cuites en dehors de VArtémision D'autres sanctuaires et sites thasiens ont également livré des terres cuites en quantités plus ou moins importantes : 1) Athénaion Un tiroir de figurines féminines. — nécropoles : trouvailles semble-t-il peu nombreuses. 3) Trouvailles diverses Toutes les fouilles sur le site de Thasos livrent au moins quelques fragments de figurines. 2) Thesmophonon Près de 10 000 fragments. 930) . En dehors des mentions dans les chroniques. matériel inédit . BCH88 [1964]. (1988). p. . ÉtThasYSS. tes terres cuites votives du Thesmo phonon. dans Le moulage en tem-cuite dans l'antiquité classique : création et production dérivée. environ 500 fragments. p. Huysecom dans un mémoire inédit . Lille. p. — région de l'agora : figurines et quelques moules. BCH 97 [1963]. 864. la partie publiée des figurines de terre cuite ne représente qu'un infime pourcent age des trouvailles de l'Artémision. BCH 85 [1961]. — les protomés-masques. « La Dame au Polos thasienne : établissement d'une série ». d'époque hellénistique et romaine (deux tiroirs) . matériel étudié dans sa quasi-totalité : — les terres cuites les plus nombreuses (plus de 9 000 fragments) et formant un ensemble original (fin VMIe siècle) viennent d'être publiées : A. décembre 1995 (à paraître) [reprise. HUYSECOM. matériel inédit. ÉtThasXVll (1996) . recueillies dans les remblais des constructions du début du Ve siècle («Chronique des fouilles». 858 . d'époque archaïque. du VIe au IIe siècle («Chronique des fouilles». Signalons en particulier : — quartiers d'habitation (quartier Nord. BCH 84 [1960].BCH 120/11 (1996) THASOS — S. Les figurines archaïques et de style sévère de Γ Athénaion et du Thesmophorion sont pour la plupart de types identiques à ceux de l'Artémision : pour cette période. Actes du XVIII' Colloque du CRA-Lille 3. ne sont pas étudiées. du VIe siècle. p. du Silène) : objets isolés et quelques fragments de moules. B. 252-253 . 866 . incluant les nouveaux fragments. les seuls objets publiés sont ceux du quartier du Silène: Y. l'étude du mobilier votif des trois sanctuaires ne pourra évidemment pas être séparée. GRANDJEAN. non individualisées au musée (sauf pour les tombes fouillées ces dernières années par les soins de l'Éphorie de Kavala). Au total. BCH89 [1965]. 919) . de l'étude technique de la série présentée dans ÉtThasXi\.

b) Fouille ancienne. les têtes de figurines hellénistiques et les fragments de drapés. Depuis les travaux de N. mobilier classique et hellénistique Ce matériel était conservé dans une quinzaine de tiroirs portant des indications topogra phiques différentes (« angle nord-est ». de ces indications n'est due qu'à la faune du musée : rats et lépismes. c) Fouille récente. dans leurs travaux respectifs (voir ci-dessus § A. avait été commencé par A. des recollages brisés et parfois perdus.2). Croissant. Il s'agit d'une part de figurines et fra gments d'époque archaïque (VHe-\T siècle) pour l'essentiel (une cinquantaine de tiroirs). due à N. Quelques belles pièces seulement (en particulier celles signalées dans la Chronique des fouilles) avaient reçu une numérotation en Π. Croissant. « mur est » et « remblai ouest »). des objets égarés. matériel archaïque Ce lot occupait un tessonnier complet (60 tiroirs). parfois doublée d'une numérotation au crayon. heureusement assez rare. ou remblai du carré F8) : cet ensemble repré sentait environ 80 caisses de fouille. Ce classement stratigraphique. Weill : sa signification échappe. Plusieurs centaines d'autres fragments prove nant d'ensembles moins riches ou d'opérations de fouille ponctuelles n'avaient pas été regroupés et étaient restés stockés avec les autres trouvailles. Les objets et fragments étaient regroupés par grandes catégories iconographiques. Ce matériel provient de la fouille ancienne (1957-1960) et de la fouille Valma (1965). mais toujours conservé avec les indications de pro venance renvoyant aux carnets de fouille . Malheureusement. la perte. Une petite partie de ce lot a été publiée ou exploitée par N. dont les statuts différents résultaient de l'histoire de la recherche : a) Fouille ancienne. Davesne en 1975. Weill et de Fr. toutes périodes confondues Les terres cuites provenant des contextes les plus riches avaient été regroupées par couches (par exemple « couche noire » de la région de l'autel. il semble que ces indications soient caduques. dans la mesure où des regroupements sommaires (et donc un mélange des provenances) avaient été faits : étaient en effet réunis les fragments de protomés-bustes. Un certain nombre porte une numérotation en Π (inventaire du Musée).TRAVAUXDE L'ÉCOLE FRANÇAISE EN GRÈCE EN 1995 G Les figurines inédites de VArtémision : travaux réalisés 1) Situation initiale Avant l'engagement des travaux préliminaires. avec des regroupements typolo giques. Ce matériel n'était ni nettoyé ni marqué. de nombreux fragments avaient été dérangés. Weill et Fr. Une partie non négligeable des fragments n'avait reçu qu'un nettoyage sommaire. Seules les protomés avaient subi un premier net toyage : tous les autres fragments étaient encore recouverts d'une croûte de terre fine et résistante. d'autre part de protomés-masques. le matériel était réparti en trois lots princi paux. .

sans choix préalable. un code résumant les indications de provenance. est donné dans un catalogue systématique des provenances. pour arriver à une publication pratiquement exhaustive et pourtant « légère ». . En revanche. tous étudiants de l'université de Lille 3. marquer et trier la quasi-totalité des trouvailles. Seul l'inventaire Π du musée permettra éventuellement de retrouver pour certains de ces objets une indication de provenance plus précise. Le nettoyage des fragments a été effectué. situation topographique et stratigraphique. des travaux universitaires ont été réalisés sur des catégories limitées de matériel par deux de ces étudiants. qui a supervisé le travail de stagiaires successifs. l'absence d'indication signifiant à elle seule « fouille ancienne . Autant que le permettent les meubles disponibles dans les réserves en cours d'aménagement du musée. Le développement de ces codes : année de la trouvaille. Le nettoyage du mobilier de la fouille ancienne. d'époque archaïque essentiellement. dont certaines seront menées de front. Les étapes. Weill avait entrepris l'étude et qui était regroupé dans un tessonnier. de 1985 à 1988. et en revanche très précise (avec en particulier le renvoi à la stratigraphie) pour les objets recueillis dans la fouille récente. scal pel) . les objets traités et identifiés ont été transférés des caisses de fouille dans des tiroirs de tessonniers. à l'encre de chine entre deux couches de vernis. D'autre part. Il conviendra d'ailleurs de réfléchir parallèlement à la forme matérielle de cette publication. a été parachevé. les technologies nouvelles offrant des alternatives au livre-corpus tra ditionnel. et de 1992 à 1994. 3) Méthode et programme de travail Nous sommes maintenant au début de la deuxième phase d'une entreprise de longue haleine.BCH 120/11(1996) THASOS tt7 2) Travaux préparatoires à l'étude (1978-1994) En 1978.matériel Weill ». il n'y a pas été reporté de code de provenance. avec un effectif de 2 à 4 personnes (durée cumulée : 30 mois de travail). à sec ou le plus souvent à l'eau claire et par des moyens mécaniques uniquement (brosses douces. Mais il me semble indispensable de poursuivre dans la même voie et d'appliquer à l'ensemble du matériel. la même méthode « lourde » d'étude. j'ai fait nettoyer ou achever de net toyer. eu égard aux quantités de fragments10. coton-tige. seront donc : a) établissement du matériel — classement de la totalité des fragments par types iconographiques . Cette indication est vague et très lacunaire pour les objets recueillis dans la fouille ancienne. à en juger par le temps pris par l'étude des terres cuites du Thesmophorion. l'expé rience acquise permettra d'aller un peu plus vite. selon les qualités d'argile. Certes. il n'a jamais été utilisé d'acide. au cours de campagnes annuelles d'un ou deux mois. Le marquage a consisté à reporter sur chacun des fragments nettoyés. éponges. Les fragments les plus fragiles ont été consolidés au paraloïd. Une grande partie de cette tâche a été effectuée par O. Didelot. en 1980. dont N. restauratrice à l'EFA. ou plutôt les opérations. Les collages (anciens collages à la gomme laque défaits et collages nouveaux identifiés au tri) ont été sy stématiquement matérialisés.

toutes les pièces sont désormais mélangeables sans risque de perte d'informations de prove nance. nettement différent de celui que dessinent les offrandes contemporaines du Thes mophorion.TRAVAUXDE L'ÉCOLE FRANÇAISE EN GRÈCE EN 1995 — regroupement des fragments type par type. les objets divers. Ces deux projets incluraient les figurines du Thesmophorion. les groupes . Les fragments sont inventoriés une fois attribués à un type et après recherche systématique des col lages avec les autres fragments du type . — reconstitutions graphiques : pour un certain nombre de types. — l'étude des caractéristiques de facture pourrait être prolongée par des analyses d'argile (en relation avec le programme d'analyses des céramiques thasiennes) d'une part. certes encore incomplet. les premières impres sionssur la popularité ou la rareté de telle ou telle catégorie se sont confirmées et les familles d'of frandes les plus nombreuses se dégagent désormais d'elles-mêmes. — estimation du nombre d'exemplaires par type . des moules utilisés) . par une étude des empreintes digitales d'autre part. recherche systématique et matérialisation des collages. avec ou sans revers) . sous un numéro d'inventaire unique. Les principales catégories de ce tri sont : les représentations féminines partielles (protomés de type ancien ou protomés-masques. directement à partir des photographies numérisées des objets. le bestiaire . Il apparaît ainsi que : . les divinités fémi nines . Surtout. Un premier classement de la totalité des fragments a été effectué en septembre 1994. À l'issue de cette opération. — fiches détaillées et photographies : pour les fragments significatifs de chaque type et eux seuls . est conservé le souvenir des éventuelles différences de provenances des fragments constitutifs de l'objet . On explorera cette fois la possi bilité de travailler en DAO. — reconstitution des séries éventuelles (distinction des générations. il a été dressé un répertoire raisonné. Les grandes lignes d'un faciès se distinguent déjà. éventuellement des ver sions et variantes. des nombreuses catégories d'offrandes consacrées dans l'Artémision. Au terme de ce premier tri subsiste bien évidemment un certain nombre de caisses de fragments non identifiés : ce rebut devrait se réduire au fur et à mesure du progrès de la connaissance de chacun des types. de type récent ou protomés-bustes. — observation des caractéristiques de production et de facture. sur des critères iconographiques larges : le cloisonnement artificiel du matériel en trois ou même en quatre lots reflétant l'histoire de la fouille (voir ci-dessus § Cl) a ainsi été rompu à cette occasion. 4) Regroupements typohgiques . les types masculins . b) établissement de la documentation — inventaire informatisé exhaustif qui poursuivra celui des figurines du Thesmophorion. ainsi. premières conclusions sur les habitudes votives (1994) Le marquage des provenances était la condition préalable qui rendait possible le puzzle : en effet. les représentations féminines assises . les enfants . en vue de l'établissement des liens éventuels entre les types et des attributions à des officines . il faudra recourir à des reconstitutions graphiques à partir des superpositions de fragments. les représentations féminines debout drapées .

l'orante péplophore couronnée.) apparaissent dans des nombres d'exemp lairesencore significatifs. O. parfois très complexes : signalons en particulier une protomé classique-hellénistique.. l'offrande majoritaire du Thes mophorion. Roose) En raison même du nombre des fragments et de la relative simplicité de cette forme de représentation féminine partielle (réduite à un buste. C. ensuite . ce sont divers types d'Aphrodite et d'Éros qui sont attestés par les nombres d'exemplaires les plus importants. sous la forme de dames debout drapées. Didelot. 5) Campagnes 1994 et 1995 À l'occasion de ce premier classement. c'est cette prédominance qui est le trait le plus remarquable de l'ensemble du lot.. Boumlil. réduite celle-ci à une tête portant bandeau et St éphane. d'au tant que cette classe d'offrande est presque absente du Thesmophorion . en revanche. fig.BCH 120/11 (1996) THASOS — les protomés et fragments de protomés. . En dehors du class ement iconographique global. — les représentations féminines prédominent très largement parmi les statuettes. J. dont l'inven taire informatisé systématique a été entrepris (près de 4 000 fragments enregistrés jusqu'à présent. Il est inté ressant de relever à ce propos la diversité d'origine des fragments assemblés : plusieurs collages ont été trouvés entre des trouvailles de la fouille ancienne et de la fouille récente. avec ou sans revers). Muller. A. de même que les démons ventrus . mais aussi entre des fragments provenant de contextes différents de la fouille récente. aux résultats parfois spectaculaires. ou par un attribut: instrument de musique. les chances de reconstitu tion des nombreux types sont bonnes. les protomés-bustes sont particulièrement populaires aux Ve et IVe siècles . a été complété d'une demi-douzaine de fragments jointifs montrant la jeune femme se dévoilant dans un geste très hiératique et original dans son iconographie. dont quelques fragments du taureau sont illustrés BCH 105 (1981). — parmi les nombreux autres types iconographiques. De nombreux collages. représentent entre un quart et un tiers du total des trouvailles . le tri a d'ores et déjà per mis de réunir l'essentiel des fragments et de reconstituer les séries. n'est pas du tout attestée ici . les représentations d'enfants (garçons et fillettes) et de kourotrophes se signalent par des exemplaires relativement nombreux. sans attitude ou attribut particulier. Pour près d'une trentaine de types. a) Ζ# protomés bustes (N. mais nettement moindres . on a pu déjà individualiser un certain nombre de types. tout comme au Thesmophorion . 22. 939. — parmi les représentations de divinités. ont été reconnus : ainsi. dont les nombreux exemplaires représentés par quelques centaines de fragments (par exemple . Mais les efforts de l'équipe se sont portés en 1994 et 1995 plus particulièrement sur deux familles d'offrandes : les protomés-bustes et les figurines de l'archaïsme mûr et récent. surtout sous la forme de dames trônant pour le VIe et une partie du Ve siècle. Il y aura là des données précieuses à exploiter pour la chronologie relative des différentes couches et remblais du sanctuaire.. Courtois. le bestiaire enfin est étonnamment varié. le très beau groupe représentant l'enlèvement d'Europe. on a donc lors de ces deux campagnes délibérément laissé de côté le travail plus approfondi sur les statuettes classiques et hellénistiques. tous types confondus. p. — les types iconographiques féminins plus nettement caractérisés (par une attitude : dans euses. avec les éléments d'identification et de classement dans leurs séries respectives).-S.

451-455 .. 9) sont tirés d'au moins une vingtaine de moules différents.-C. distinction des types souvent très proches. répartis dans une série comportant cinq générations. en particulier pour les têtes. p. 922. n. fig. VIVIERS. MULLER. p. Moretti et D. appartenant souvent aux mêmes séries que les documents thasiens : c'est donc le classement tech nique des exemplaires dans les séries qui permettra de préciser les directions de la diffusion de ces types et ses modalités. L'expérience désormais acquise lui permet d'intégrer dans le classement et d'exploiter de très nombreux fragments a priori insignifiants ou d'identification difficile. et dans une moindre mesure. 23. J. supra. p. J. ce sont les rapports avec les product ions d'Ionie — Samos en particulier — qui paraissent les plus évidents. faune : François Poplin . p. L'amélioration en cours des conditions de travail et de stockage du mobilier dans les nou veaux locaux du musée de Thasos profitera évidemment à cette entreprise collective désormais bien engagée. « figurines » et « terres cuites » désigneront par convention l'ensemble des terres cuites figurées. RA (1994). Marc. a concentré ses efforts sur les deux types icono graphiques les plus abondamment représentés : les dames trônant et les korès debout.. MARC et D. céramique à figure noire thasienne : Anne Coulié . qu'il s'agisse de protomés-masques. monnaies : Olivier Picard . 680681 et fig. 49-61. les précédentes Chroniques dans Z. VIVIERS.-Y. voir A. 10 Sur la méthode et ses implications. Dans cet état des lieux. mais qui a été négligé jusqu'à présent pour la coroplathie archaïque en raison de la discrétion de ses modalités techniques. 676. « femme trônant ». n. coupes florales : Jacques Perreault . β Cf. Les recollages ont parfois donné des résultats spectaculaires (comme une protomé de près de 30 cm. figurines de l'archaïsme mûr et récent et du style sévère S. voir ÉtThas XI (1985). 50-54. p. signalons la reconstitution complète de types jusqu'à présent lacunaires. pour la fin de l'archaïsme et le style sévère. ainsi que la fig. petits objets : Clarisse Prêtre. ont livré des documents parallèles.-Y. b) L·. 6. céramique attique à figure rouge : Jean-Jacques Maffre . de représentations d'objets etc. 8 Pour un plan d'ensemble du sanctuaire et de ses abords. le plan des segments déjà dégagés en 1994 dans BCH 119 (1995). 1 Cf. 26. BCH 119 (1995). 658-661 . fig. Huysecom. 3 Guide de Thasos (1967). Bonias. 2 Cf. la tête étant toujours moulée d'une pièce avec le corps. 177-187 et ÉtThas XVII (1996). Z. 5 Cf. eid. l'établissement de plusieurs séries presque aussi longues que pour l'époque hellénistique — en particulier un type de korè suivi sur six générations successives — et enfin la mise en évidence de la combinatoire des têtes et des corps : pro cédé bien connu pour la coroplathie hellénistique.-Y. p.. Z. Parmi les principaux résultats obtenus. 667-681. 2. p. 5. 678. «Type » désignera l'ensemble des fragments dérivant mécaniquement d'un même prototype et formant une « série ». comme Amphipolis. tandis que « Type Iconographique » désignera les regroupement de types répondant aux mêmes caractéristiques verbalement définissables (par exemple « orante ». 7 Précisions de vocabulaire. BONIAS. pra tiquement complète) . « kourotrophe ». p. MARC et D. BCH 118 (1994). Du point de vue stylistique. Plu sieurs sites.TRAVAUXDE L'ÉCOLE FRANÇAISE EN GRÈCE EN 1995 BCH 85 [1961]. . J. VIVIERS. 9 Rappelons les études en cours qui feront connaître à court et moyen terme les autres découvertes de l'Artémision : céramiques orientalisantes : François Salviat . BONIAS. 29-30. de Grèce du Nord en particulier. de statuettes. 4 Cf. J. BCH 119 (1995). BCH 117 (1993). supra. il faudra avoir recours à des reconstitutions gra phiques pour visualiser les types complets. Le travail de classement restant à faire sur cette partie du mobilier sera désormais le plus difficile : identification et regroupement des fragments appartenant aux types rares ou isolés. p. p. avec les productions de 1'Attique. trois versions et un certain nombre de variantes. mais dans la plupart des cas.). responsable de cet ensemble. p. de protomés-bustes. Mais plusieurs campagnes d'étude annuelles seront encore nécessaires à l'équipe pour mener à bien le travail d'établissement du matériel et de la documentation.

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