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Etat des lieux sur le traitement des cas d'abus et de violence sexuelle basée sur le genre par le système formel et informel à Tuléar I

Etat des lieux sur le traitement des cas d'abus et de violence sexuelle basée sur le genre par le système formel et informel à Tuléar I

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La violence sexuelle basée sur le genre (VSBG) existait dans la société Malgache depuis longtemps mais ce n’est que récemment que des initiatives isolées ont commencé à se dessiner pour sa prévention, son atténuation voire son éradication. Les habitants de Tuléar ville ne sont pas épargnés de ce fléau.
En effet, sur les personnes enquêtées (femme de 15 à 49 ans),
-­‐ 37,02% déclarent avoir été victimes de violence physique ces 12 derniers mois dont les formes les plus fréquentes sont les coups, gifles et bousculades avec un taux de prévalence, respectivement de 62,69%, 50,75% et 22,39%. Pour ce type de violence, les auteurs principaux sont les partenaires avec un taux de 69,69% et des parents avec un taux de 10,45%
-­‐ 58,56% déclarent avoir été victimes de violence psychologique dont les formes les plus fréquentes sont les injures (69,81%) et humiliation (38,68%). Parmi les auteurs, ce sont les amis qui sont les plus cités avec 43,4%, suivi du partenaire avec 19,81%
RÉSUMÉ EXÉCUTIF
-­‐
-­32,04% déclarent avoir été victimes de violence économique. La forme la plus fréquente reste de loin le refus de participer ou de contribuer aux charges de ménage avec 60,34% et dont le partenaire en est l’auteur.
Pour la violence sexuelle, l’âge moyen du premier rapport sexuel est de 16 ans révolus. Pour ce premier rapport, 15% l’ont fait avec consentement mais non désiré et 10% l’ont fait sans consentement. A part ce premier rapport, 25,63% déclarent avoir fait de rapport sexuel avec consentement mais sans l’avoir désiré et 17,50% déclarent avoir été contraints de faire un rapport sexuel sans consentement. Sur la forme de violence sexuelle, c’est la pratique sexuelle non désirée qui est la plus citée avec 50,75%, suivie de la prostitution forcée avec 22,39% et du viol conjugal avec 14,15%. Pour ce qui est de harcèlement sexuel, 17,50% déclarent avoir été victimes de cette forme de violence dont 52% dans le cadre professionnel, 27% dans le cadre social et 21% dans le cadre familial.
La violence sexuelle basée sur le genre (VSBG) existait dans la société Malgache depuis longtemps mais ce n’est que récemment que des initiatives isolées ont commencé à se dessiner pour sa prévention, son atténuation voire son éradication. Les habitants de Tuléar ville ne sont pas épargnés de ce fléau.
En effet, sur les personnes enquêtées (femme de 15 à 49 ans),
-­‐ 37,02% déclarent avoir été victimes de violence physique ces 12 derniers mois dont les formes les plus fréquentes sont les coups, gifles et bousculades avec un taux de prévalence, respectivement de 62,69%, 50,75% et 22,39%. Pour ce type de violence, les auteurs principaux sont les partenaires avec un taux de 69,69% et des parents avec un taux de 10,45%
-­‐ 58,56% déclarent avoir été victimes de violence psychologique dont les formes les plus fréquentes sont les injures (69,81%) et humiliation (38,68%). Parmi les auteurs, ce sont les amis qui sont les plus cités avec 43,4%, suivi du partenaire avec 19,81%
RÉSUMÉ EXÉCUTIF
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-­32,04% déclarent avoir été victimes de violence économique. La forme la plus fréquente reste de loin le refus de participer ou de contribuer aux charges de ménage avec 60,34% et dont le partenaire en est l’auteur.
Pour la violence sexuelle, l’âge moyen du premier rapport sexuel est de 16 ans révolus. Pour ce premier rapport, 15% l’ont fait avec consentement mais non désiré et 10% l’ont fait sans consentement. A part ce premier rapport, 25,63% déclarent avoir fait de rapport sexuel avec consentement mais sans l’avoir désiré et 17,50% déclarent avoir été contraints de faire un rapport sexuel sans consentement. Sur la forme de violence sexuelle, c’est la pratique sexuelle non désirée qui est la plus citée avec 50,75%, suivie de la prostitution forcée avec 22,39% et du viol conjugal avec 14,15%. Pour ce qui est de harcèlement sexuel, 17,50% déclarent avoir été victimes de cette forme de violence dont 52% dans le cadre professionnel, 27% dans le cadre social et 21% dans le cadre familial.

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Etat  des  lieux  sur  le  traitement  des  cas  d’abus  et   de  violence  sexuelle  basée  sur  le

 genre  par  le     système  formel  et  informel  à  Tuléar  I  

       

 

 

 

 

Rapport  final                      Mai  2011  

TABLE DES MATIERES
TABLE DES MATIERES ................................................................................................................................................ 1 ACRONYMES ............................................................................................................................................................ 2 RÉSUMÉ EXÉCUTIF ..................................................................................................................................................... 4 PARTIE 0..................................................................................................................................................................... 8 MÉTHODOLOGIE ...................................................................................................................................................... 8 0-1CONTEXTE DE L’ÉTUDE ...................................................................................................................... 9 0-2OBJECTIFS DE LA MISSION............................................................................................................... 10 0-3MÉTHODOLOGIE D’APPROCHE ..................................................................................................... 11 0-4ZONES ET CIBLES D’INTERVENTION ................................................................................................. 15 0-5ORGANISATION TEMPORELLE ET SPATIALE .................................................................................... 16 0-6LIMITES DE L’ÉTUDE ........................................................................................................................... 16

 
PARTIE 1 :................................................................................................................................................................. 18 CADRAGE DE L’ETUDE........................................................................................................................................... 18 1.1. DEFINITIONS DES CONCEPTS........................................................................................................... 19 1.1.1. DÉFINITION ........................................................................................................................................ 19 1.1.2. CLASSIFICATION............................................................................................................................... 19 1.2. MONOGRAPHIE DE LA VILLE DE TULEAR I...................................................................................... 20 1.2.1. PRÉSENTATION DÉMOGRAPHIQUE................................................................................................. 20 1.2.2. SITUATION DE PAUVRETÉ.................................................................................................................. 22

 
PARTIE 2 :................................................................................................................................................................. 24 TYPOLOGIE DES CAS D’ABUS ET DE VIOLENCES SEXUELLES BASEES SUR LE GENRE A TULEAR I...................... 24 1.1. TYPOLOGIE DES PERSONNES ENQUETEES................................................................................................ 25 1.2. FORME ET PREVALENCE DES VSBG ........................................................................................................... 28 1.2.1. VIOLENCE PHYSIQUE ....................................................................................................................... 28 1.2.2. VIOLENCE PSYCHOLOGIQUE ......................................................................................................... 30 1.2.3. VIOLENCE ÉCONOMIQUE............................................................................................................... 31 1.2.4. VIOLENCE SEXUELLE......................................................................................................................... 32 1.2.5. VIOLENCE MULTIPLE......................................................................................................................... 36 1.3. FACTEURS FAVORISANTS ET ATTENUANTS LA VSBG ...................................................................... 37 1.3.1. PROFILS DES VICTIMES ET DES AUTEURS ......................................................................................... 37 1.3.2. FACTEURS FAVORISANTS LA VSBG ................................................................................................. 43 1.3.3. FACTEURS ATTÉNUANTS LA VSBG ................................................................................................... 56

 
PARTIE 3 :................................................................................................................................................................. 62 SYSTÈME DE TRAITEMENT ET DE PRISE EN CHARGE DES SURVIVANTS DES VSBG .............................................. 62 A TULEAR I ............................................................................................................................................................... 62 1.1. ATTITUDES ET PRATIQUES DES SURVIVANTS..................................................................................... 63 1.2. ENVIRONNEMENT INSTITUTIONNEL ET SYSTÈME D’INFORMATION ................................................ 65 1.3. SYSTÈME DE PREVENTION : SENSIBILISATION ET EDUCATION ........................................................ 71 1.4. SYSTÈME DE PRISE EN CHARGE PSYCHOSOCIALE ........................................................................ 74 1.5. SYSTÈME DE PRISE EN CHARGE MEDICALE .................................................................................... 76 1.6. SYSTÈME DE PRISE EN CHARGE JURIDIQUE.................................................................................... 78

 
PARTIE 4 :................................................................................................................................................................. 82 RECOMMANDATIONS ........................................................................................................................................... 82 1.1. ENVIRONNEMENT INSTITUTIONNEL ET SYSTÈME D’INFORMATION ................................................ 83 1.2. SYSTÈME DE SENSIBILISATION ET D’EDUCATION............................................................................. 85 1.3. SYSTÈME DE PRISE EN CHARGE PSYCHOSOCIALE ........................................................................ 87 1.4. SYSTÈME DE PRISE EN CHARGE MEDICALE .................................................................................... 88 1.5. SYSTÈME DE PRISE EN CHARGE JURIDIQUE.................................................................................... 88 ANNEXES ................................................................................................................................................................. 90 BIBLIOGRAPHIE................................................................................................................................................... 91

Consultant : Faly Hery RASOANAIVO

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Etat  des  lieux  sur  le  traitement  des  cas  d’abus  et   de  violence  sexuelle  basée  sur  le  genre  par  le     système  formel  et  informel  à  Tuléar  I  

       

 

 

 

 

Rapport  final                      Mai  2011  

 

ACRONYMES  
AGR : Activité Génératrice de Revenu CBV : Coup et Blessure Volontaire CECJ : Centre d’Ecoute et de Conseil Juridique CRS : Catholic Relief Services CSB : Centre de Santé de Base DRV : Dinika sy Rindra ho an’ny Vehivavy EDS : Enquête Démographique de Santé EPM : Enquête Périodique auprès des Ménages FISA : FIanakaviana SAmbatra FIVEMITO : FIkambanan’ny VEhivavy MIray eto TOliary FNUAP : Fonds des Nations Unies pour la Population INSTAT : Institut National de la STATistique MSM : Men having Sex with Men IST: Infection Sexuellement Transmissible Mc Ram: Multi-Cluster Rapid Assessment Mechanism MST : Maladie Sexuellement Transmissible ONG : Organisation Non Gouvernementale OPJ : Officier de Police Judiciaire PANAGED : Plan d’Action National Genre et Développement RHRC : Reproductive Health Response in Conflict RNM : Radio Nasionaly Malagasy

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TDS : Travailleur de Sexe TOMIRA : TOliary MIhary RAiky TPI : Tribunal de Première Instance PAM : Programme Alimentaire Mondial PMPM : Police des Mœurs et de la Protection des Mineurs PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement PSDR : Projet de Soutien au Développement Rural SRA: Santé Reproductive des Adolescents TAMIZATO : TAmbazotra MIaro ny Zon’ny Ankizy eto Toliary UNICEF : United Nations Children’s Fund VMLF : Vondrona Mira Lenta ho an’ny Fampandrosoana VSBG : Violence Sexuelle Basée sur le Genre

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RÉSUMÉ EXÉCUTIF

La violence sexuelle basée sur le genre (VSBG) existait dans la société Malgache depuis longtemps mais ce n’est que récemment que des initiatives isolées ont commencé à se dessiner pour sa prévention, son atténuation voire son éradication. Les habitants de Tuléar ville ne sont pas épargnés de ce fléau. En effet, sur les personnes enquêtées (femme de 15 à 49 ans), -­‐ 37,02% déclarent avoir été victimes de violence physique ces 12 derniers mois dont les formes les plus fréquentes sont les coups, gifles et bousculades avec un taux de prévalence, respectivement de 62,69%, 50,75% et 22,39%. Pour ce type de violence, les auteurs principaux sont les partenaires avec un taux de 69,69% et des parents avec un taux de 10,45% -­‐ 58,56% déclarent avoir été victimes de violence psychologique dont les

formes les plus fréquentes sont les injures (69,81%) et humiliation (38,68%). Parmi les auteurs, ce sont les amis qui sont les plus cités avec 43,4%, suivi du partenaire avec 19,81% -­‐ 32,04% déclarent avoir été victimes de violence économique. La forme la plus fréquente reste de loin le refus de participer ou de contribuer aux charges de ménage avec 60,34% et dont le partenaire en est l’auteur. -­‐ Pour la violence sexuelle, l’âge moyen du premier rapport sexuel est de 16 ans révolus. Pour ce premier rapport, 15% l’ont fait avec consentement mais non désiré et 10% l’ont fait sans consentement. A part ce premier rapport, 25,63% déclarent avoir fait de rapport sexuel avec consentement mais sans l’avoir désiré et 17,50% déclarent avoir été contraints de faire un rapport sexuel sans consentement. Sur la forme de violence sexuelle, c’est la pratique sexuelle non désirée qui est la plus citée avec 50,75%, suivie de la prostitution forcée avec 22,39% et du viol conjugal avec 14,15%. Pour ce qui est de harcèlement sexuel, 17,50% déclarent avoir été victimes de cette forme de violence dont 52% dans le cadre professionnel, 27% dans le cadre social et 21% dans le cadre familial.

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Certaines catégories sociales sont plus exposées à savoir : -­‐ -­‐ -­‐ -­‐ -­‐ -­‐ -­‐ -­‐ -­‐ -­‐ -­‐ Les enfants non scolarisés ou déscolarisés, Les enfants des Travailleurs de sexe Les orphelins et autres enfants placés sous tutelles d’autres personnes Les enfants vivants dans une famille recomposée Les handicapés Les femmes sans revenus stables et les femmes Chefs de ménage Les femmes dépendantes économiquement Les femmes dans les foyers non formels Les femmes supposées stériles Les femmes avec des familles lointaines Les TDS et MSM

Les survivants de ces VSBG, ont pris une attitude de ne rien faire pour 59,70%, d’en parler avec d’autres personnes pour 28,36%. Seulement, 9% ont fait appel à des systèmes de justice communautaire (7,46%) et formelle (1,49%)

A Tuléar ville, plusieurs facteurs contribuent pour favoriser les VSBG, notamment les facteurs culturels (la considération de l’homme comme supérieur à la femme, la prédominance des mariages traditionnels, l’institutionnalisation de la polygamie et des mariages précoces, …), les facteurs sociaux (le « Fihavanana », la fuite de responsabilité, l’alcoolisme et le drogue, l’importance de se marier à un « étranger », l’incitation à la débauche, la pauvreté éducationnelle, …), les facteurs

économiques (la pauvreté économique, le chômage, …), les facteurs juridiques (méconnaissance des « droits humains », distance vis-à-vis des institutions étatiques, méfiance envers le système judiciaire formel, …).

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Par contre, d’autres facteurs ont contribué à l’atténuation de la VSBG, à savoir les facteurs culturels (la fibre citadine, les effets des actions religieuses, la scolarisation des filles, l’impact de la promotion de la santé de la reproduction et du planning familial), les facteurs sociaux (l’existence des associations de promotion féminine et des ONGs oeuvrant dans le domaine du genre et de la protection des enfants, …), les facteurs économiques (la promotion des AGR par des projets de développement et institutions de microfinance) et les facteurs juridiques (la formalisation des DINA).

En terme de traitement et de prise en charge, aucune institution n’est spécialisée dans le traitement et prise en charge des cas de VSBG à Tuléar ville. D’autres institutions existent et opèrent dans des activités très proches (maltraitance à l’encontre des enfants, …) ou plus génériques (promotion féminine, …).

Quelle que soit la forme de prise en charge considérée (psychosociale et juridique), les survivants préfèrent en premier lieu les traiter au niveau familial. Dans ce cas, si la violence est considérée moins grave, la famille roule toujours pour la tolérance et le pardon ; sinon, la famille exige à ce que l’auteur fasse le « fomba » ou pratique ancestrale en offrant le « ifikifika », une compensation en nature (zébu, coq) ou en numéraire. Cette pratique constitue la première forme de système de justice informel.

La deuxième institution souvent consultée est les autorités sociales et/ou religieuses. Ces dernières offrent une écoute psychosociale seulement mais non pas de traitement « juridique ». Les interventions tournent autour du conseil, de la morale voire de la prière.

La troisième institution de prise en charge est les instituions communautaires (Chefs de quartier, de village et de fokontany). Leurs interventions, payantes, se focalisent sur le règlement à l’amiable avec ou non une compensation selon les termes de la négociation.

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Plusieurs centres d’accueil de jour et/ou de nuit interviennent à Tuléar mais ces centres sont destinés uniquement aux enfants orphelins et vulnérables.

La justice formelle, qui est la moins consultée (1,49% des enquêtées), reste le dernier recours des survivants. Les OPJ et tribunal traitent le cas des VSBG comme les autres dossiers qui leur sont instruits. Aucun magistrat spécialiste au traitement des cas de la VSBG n’existe auprès du tribunal. A part le kiosque de renseignements et de conseil procédurier, aucune assistance judiciaire n’est opérationnelle à Tuléar I ; le Bureau d’assistance judiciaire, pourtant institué officiellement n’est pas encore opérationnel.

En guise de recommandation, nous proposons entre autres, l’institutionnalisation et l’ouverture du réseau qui s’occupe actuellement du cas de la maltraitance à l’encontre des enfant vers un réseau qui s’occupe de tout ce qui est relatif aux droits humains. Ainsi, la coordination de toutes les actions (sensibilisation, prise en charge psychosociale, prise en charge médicale et prise en charge juridique), l’efficacité du système d’informations et la mise en place d’un système de monitoring seront traitées au niveau de ce réseau. En parallèle, pour une remontée d’informations, nous recommandons d’utiliser les membres des associations de promotion féminine ou les animateurs des ONGs comme cellule de veille ; et ce, en collaboration avec les Chefs fokontany.

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PARTIE 0 MÉTHODOLOGIE

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0-1-

Contexte de l’étude

La violence sexuelle basée sur le genre (VSBG) existait dans la société Malgache depuis longtemps mais ce n’est que récemment que des initiatives isolées ont commencé à se dessiner pour sa prévention, son atténuation voire son éradication. Ces initiatives émanent : du gouvernement par la mise en place des plans stratégiques comme le PANAGED, par la promulgation des textes juridiques, … des institutions Internationales : PNUD par la mise en place des Trano Aro Zo, FNUAP par la mise en place des CECJ, UNICEF par la mise en place des réseaux de protection, … des ONGs et Institutions religieuses, des structures communautaires de base, …

Ces initiatives pourraient toucher directement ou indirectement, les mécanismes de prévention (Information/sensibilisation, éducation), les mécanismes de suivi, les mécanismes de prise en charge (psychologique, sanitaire et juridique). Mais faute d’un système de surveillance et de suivi sur ce thème, ces initiatives restent toujours isolées et les actions menées y afférentes restent mal coordonnées. C’est dans ce cadre qu’une étude sur l’état des lieux sur le traitement des cas d’abus et de violences sexuelles basées sur le genre par le système formel et non formel a été lancée à Antananarivo, Antsiranana et Toliary.

Ce document relate les résultats de l’état des lieux mené dans la ville de Tuléar.

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0-2-

Objectifs de la mission

Généralement, l’étude dresse un état des lieux à Tuléar ville, du traitement des cas d’abus et de VSBG par les victimes, les familles et les communautés, puis par le système de justice formel et informel.

Spécifiquement, la mission avait comme charges de :

-

Identifier les principales formes d’abus et de violences sexuelles basées sur le genre ;

-

Préciser la magnitude des abus et violences concernés ; Préciser les franges et le genre des populations concernées par lesdits abus et violences ;

-

Caractériser les dispositifs de recours formels et informels existants ; Analyser la nature et la qualité de la prise en charge des victimes d’abus et de VSBG ;

-

Dresser le panorama des différents comportements/attitudes des personnes victimes d’abus et de VSBG ;

-

Analyser les mécanismes de prise en charge ou de résolution des cas d’abus et de VSBG par les familles et les communautés ;

-

Proposer des recommandations pour une amélioration des dispositifs de prise en charge des cas d’abus et de VSBG à la fois par les communautés, les systèmes de justice formelle et informelle.

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0-3-

Méthodologie d’approche

L’étude repose sur la collecte et l’exploitation de données quantitatives et qualitatives, dont la collecte est faite suivant une méthode d’approche préparée, organisée et réalisée par le consultant national, en collaboration avec une équipe de terrain.

En effet, le consultant national a été épaulé dans la conduite de la mission par : 2 consultants juniors pour la conduite de certaines études qualitatives ; 3 binômes d’agents enquêteurs pour l’administration des questionnaires et l’animation de focus group 1 secrétaire technique pour l’organisation logistique, la saisie informatique et le traitement des données statistiques

Pour faciliter l’intégration sociale, vu la sensibilité du thème traité, ces membres de l’équipe, maîtrisant ainsi les dialectes locaux, ont été recrutés et formés localement.

Aussi, la collecte de données s’est faite au moyen de cinq (5) approches différentes mais complémentaires, exécutées en parallèle, à savoir :

-­‐

l’étude documentaire dont la liste des documents consultés est détaillée dans la bibliographie,

-­‐ -­‐

les observations orientées, les In-Depth interviews (entretiens approfondis) dont la liste des personnes interviewées est mentionnée en annexe. Les personnes faisant parties des interviewés sont regroupées en :

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o Administration Territoriale : Responsables de la Région, du District de Tuléar I, de la Commune Urbaine de Tuléar I et des Fokontany o Services Techniques Déconcentrés : Responsables des différents départements ministériels (Population, Santé, Education, Justice, Gendarmerie, Police Nationale, Emploi, INSTAT) o Les ONGs et Associations o Olo-be et autres autorités sociales : Chefs religieux, Instituteurs, Médecin, …) o Victimes et potentielles victimes -­‐ les Focus Group dont la répartition est détaillée en annexe et qui ont été conduits auprès de quatre (4) segments dont : o Hommes plus de 25 ans o Hommes de 15 à 24 ans o Femmes plus de 18 ans o Filles de 13 à 18 ans -­‐ Une étude quantitative menée auprès des filles et des femmes de 15 à 49 ans.

Population et site d’enquête

Le choix du groupe cible (femmes 15- 49 ans) retenu pour cette enquête est justifié par le fait que c’est la tranche d’âge la plus ciblée par les agresseurs. Les sites d’enquête sont constitués par les 7 arrondissements de la ville de Tuléar.

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Taille de l’échantillon

Etant donné que l’étude est de type expérimental, la formule suivante a été utilisée pour déterminer la taille de l’échantillon-cible,

respectivement dans les sept arrondissements cités ultérieurement.

[√pq(2)Z1- + √p1q1 + p2q2 Z1- ]2
α β

n = D ---------------------------------------Δ2 avec: n = taille de l’échantillon D = effet de grappe p1 = niveau de départ q1 = 1- p1 p2 = niveau attendu à la fin de l’intervention (Post-intervention) q2 = 1- p2 q=1–p p = p1 + p2/2 Δ = p2 - p1 α = 0,05 (Z1- = 1,65), β = 0,20 ( Z1- = 0,84)
α β

Pour déterminer la taille de l’échantillon nécessaire pouvant permettre de détecter tout changement d’au moins 15% pour les différents

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indicateurs, nous avons estimé à 50% le niveau

initial (p1) de

l’indicateur. L’effet de grappe est estimé à 2 (valeur de D = 2) et le degré de précision de 0,05.

L’application numérique a permis d’obtenir dans la ville de Tuléar 267 femmes de 15-49 ans. Les enquêtes antérieures (recensement officiel en 2009) indiquent que les femmes de 15-49 ans représentent 30,24% de la population totale. Avec une taille moyenne de ménage estimée à 5 personnes, l’échantillon de ménages adéquat pour pouvoir mesurer le niveau de changement souhaité est donc égal à 267/0,3024/5 soit 177 ménages. Avec un taux global de réponse évalué à 95%, l’échantillon de ménage à enquêter est égal à 177/0,95 = 186 ménages.

Considérant le nombre de ménage auprès des six arrondissements (dernier recensement de l’INSTAT en 2009), l’échantillon de ménage à enquêter par arrondissement se présente comme suit :       Besakoa (17,81%) = 33 ménages Betania (13,51%) = 26 ménages Mahavatse I (20,66%) = 38 ménages Mahavatse II (14,03%) = 26 ménages Tanambao I (14,01%) = 26 ménages Tanambao II (19,97%) = 37 ménages

Notons que la décision de définir Anketa comme le septième arrondissement n’a eu lieu qu’au mois d’Avril 2011 et toutes les données sont encore réparties sur six arrondissements. En

conséquence, la répartition de l’échantillon des ménages a été réalisée sur les six arrondissements.

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Rapport  final                      Mai  2011  

METHODE DE TRAITEMENT DES INFORMATIONS COLLECTEES Le traitement et l’analyse de ces données ont été effectués de manière itérative, dans lequel, le processus n’a exclu aucun paramètre. Les données collectées, après pré-traitement ont été rassemblées progressivement selon leurs catégories, afin de dégager des analyses spécifiques. Le traitement et l’analyse ont été menés en partant d’une information spécifique vers une appréciation globale.

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Zones et cibles d’intervention

La mission a été réalisée dans sept arrondissements de Tuléar I à savoir Betania, Besakoa, Mahavatse I, Mahavatse II, Tanambao I, Tanambao II et Anketa . Afin d’optimiser les résultats en matière de collecte d’informations, tout en assurant leur fiabilité, l’étude a défini le profil des informants, en répartissant les cibles, selon les responsabilités socioprofessionnelles, le genre et l’âge. Ainsi, les informants ciblés concernent à priori, les acteurs potentiels dans les actions de suivi et de lutte contre les abus et les VSBG. Dans cette optique, différents responsables dans différents milieux socioprofessionnels ont été ciblés. Il s’agit des responsables des structures sociopolitiques et administratives locales, des autorités sociales, coutumières, ethniques et religieuses, des responsables des services publics au niveau de l’administration territoriale (région, district, commune, fokontany), de la police judiciaire, du tribunal, de la santé, des responsables des ONGs et associations, des victimes et potentielles victimes sans que la liste soit exhaustive. Au niveau communautaire, la collecte des données a été faite auprès de groupes constitués des différentes catégories de personnes identifiées dans ces zones. Ainsi, la collecte des données a été faite auprès des groupes suivants : femmes adultes, hommes adultes, jeunes filles et jeunes garçons.

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En somme, à part les informations collectées grâce à une étude quantitative auprès de 181 ménages, la collecte d’informations qualitatives auprès des acteurs potentiels dans la lutte contre la VSBG a été réalisée au moyen des entretiens approfondis alors que la collecte d’informations au niveau communautaire a été effectuée par le biais des focus group.

0-5-

Organisation temporelle et spatiale

La mission a été divisée en 3 grandes phases :

- Phase de conception durant laquelle le consultant national a élaboré le protocole de l’étude. Il a pu également décortiquer et analyser les documents qui ont été à sa disposition. C’est aussi durant cette phase que le consultant national a formé l’équipe de terrain et le calendrier d’intervention a été défini ; et ce, afin de mieux cadrer les interventions sur terrain, les analyses et les résultats attendus.

- Phase de terrain durant laquelle le consultant national, accompagné des consultants juniors et des agents enquêteurs recrutés sur place, ont procédé à la réalisation des activités de terrain au niveau des différents acteurs, à savoir l’étude quantitative, les focus group, les entretiens individuels et les observations.

- Phase de restitution durant laquelle l’équipe a réalisée une restitution des résultats de l’étude d’une part au niveau local, à Tuléar ville, et d’autre part au niveau national, à Antananarivo.

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Limites de l’étude

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-­‐

Aucun système d’information sur les cas d’abus et de VSBG à Tuléar I n’existe rendant ainsi difficile la collecte de données quant à leur disponibilité et leur qualité ;

-­‐

Les peu de données statistiques disponibles auprès de quelques institutions ne sont pas désagrégées jusqu’au niveau de VSBG rendant encore impossible une analyse quantitative de la situation ;

-­‐

L’étude a été réalisée en pleine crise politico-économico-sociale de Madagascar et l’instabilité institutionnelle (changement d’organigramme, changement des responsables, …) qui en découle n’a pas permis d’avoir une grande sérénité et discernement auprès des interviewés.

Suite à ces différents problèmes, des changements d’approche ont souvent été pris et des recoupements réguliers des données ont été réalisés.

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PARTIE 1 : CADRAGE DE L’ETUDE

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1.1. DEFINITIONS DES CONCEPTS 1.1.1. Définition

Avant d’analyser les états des lieux des cas d’abus et de violence sexuelle basée sur le genre, il est impératif de cerner avec précision la définition de ce qu’est la violence sexuelle basée sur le genre. Pourtant, force est de constater qu’aucune définition universellement reconnue de la VSBG n’existe encore.

Toutefois, pour cette étude, nous allons nous référer à la définition de la violence sexo-spécifique, donnée par le Consortium « Reproductive Health Response in Conflict » (RHRC), dans le manuel « Violences sexo-spécifiques : Manuel d’outils pour l’évaluation préliminaire, la conception, le suivi et l’évaluation de programmes, en situation de conflit(s), 2004 » qui se rapproche de très près à la VSBG. Ainsi, la violence sexo-spécifique (ou la violence sexuelle basée sur le genre, pour notre cas) est un terme général désignant tout acte perpétré contre la volonté d’une personne, dans le but de lui nuire et résultant d’inégalités de pouvoir provenant des rôles spécifiques au sexe.

1.1.2. Classification Par rapport à cette définition, les VSBG sont classifiées en quatre (4) catégories principales : • Violence physique : n’étant pas de nature sexuelle, cette forme de violence occasionne des douleurs, une gêne ou des blessures. Comme exemples, on peut citer les coups, les gifles, la strangulation, la coupure, la brûlure, la bousculade, l’usage d’armes, … • Violence psychologique : on parle de violence psychologique lorsqu’une personne adopte une série d’attitudes et de propos qui visent à dénigrer et à nier la façon d’être d’une autre personne. Ces paroles ou ces gestes ont pour

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but de déstabiliser ou de blesser l’autre. Entre autres, on peut citer les menaces, les injures, les intimidations, les humiliations, l’isolement forcé, l’harcèlement verbal, … • Violence économique : déni de l’accès légitime à des ressources/actifs économiques ou à des opportunités de subsistance, à des services éducatifs, sanitaires ou autres services sociaux. Les cas de pauvreté générale ne devraient pas être consignés. • Violence sexuelle : toute violence qu’elle soit physique ou psychologique qui s’est déroulée par des moyens sexuels ou en ciblant la sexualité. La violence sexuelle comprend le viol ou la tentative de viol, des actes d’harcèlement sexuel, des attouchements, ou tout acte obligeant des personnes à faire l’amour ou à se faire du mal dans un cadre sexuel. Chacune des définitions ci-dessous se rapporte au concept de consentement. Le consentement désigne le choix éclairé d’accepter librement et volontairement quelque chose. Il n’y a pas de consentement lorsque l’accord est obtenu par : • L’usage de menaces, de force ou autres formes de coercition, l’enlèvement, la fraude, la manipulation, la tromperie ou la déformation • • La menace de privation d’un avantage auquel la personne a déjà droit La promesse d’un avantage.

Par ailleurs, cette notion de consentement ne s’applique que si la victime n’atteint l’âge de 18 ans.

1.2. MONOGRAPHIE DE LA VILLE DE TULEAR I 1.2.1. Présentation démographique Tuléar I est le chef lieu de la région Atsimo Andrefana. Administrativement parlant, la commune urbaine de Tuléar I se divise en sept (7) arrondissements et en quarante et un (41) fokontany1.

                                                                                                                         
1

 Source  :  District  de  Tuléar  I  

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Avec sa superficie de 42 km², la population de Tuléar I est estimée à 200.000, si le dernier recensement réalisé en 2009 fait état de 189.5602 âmes dont 48% d’hommes et 52% de femmes. La densité de la population est donc de 4,7 par m².

Le taux de croissance démographique de la ville est estimé à 3,40%. La répartition de la population par groupe ethnique se présente comme suit :

                                                                                                                         
2

 Source  :  INSTAT  

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Si les Vezo, pêcheurs nomades, sont le groupe ethnique autochtone, ils ne constituent plus que 14% de la population, dépassé par les Antandroy 15% et les Tanalana 15%. Par ailleurs, malgré l’importance et l’influence des migrants venant d’autres régions dans la composition ethnique de la population de Tuléar I, plus de 60% de la population de Tuléar I est constituée des groupes ethniques venant du Sud de Madagascar (Antandroy, Tanalana, Vezo, Masikoro, Mahafaly et Bara). Les Merina, travaillant notamment dans le secteur tertiaire, restent le groupe ethnique venant des autres régions les plus nombreux avec 8% de la population.

1.2.2. Situation de pauvreté Si on analyse les résultats de l’Enquête Périodique auprès des Ménages (EPM) menée en 2005, la situation de pauvreté est assez critique pour la ville de Tuléar par rapport à l’ensemble des autres villes de Madagascar comme le montre le tableau suivant :

Cas de Tuléar ville Taux de pauvreté3 Intensité de pauvreté4 Sévérité de la pauvreté5 Source : EPM 2005 64,3% 28,3 % 15,9 %

Cas des autres villes de M/car 52% 19,3% 9,4%

Ainsi, le nombre de population vivant au dessous du seuil de pauvreté et celui qui y vit est dans une situation d’extrême pauvreté.

                                                                                                                         
3

 Selon la définition donnée par l’EPM, la pauvreté se définit comme étant une situation dans laquelle toute

personne se trouve dans l’impossibilité de subvenir à ses besoins alimentaires quotidiens de 2 133 calories  
4

 Ecart moyen de consommation des pauvres par rapport au seuil de pauvreté   Fragilité de la population vivent plus loin de la ligne de pauvreté  

5

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L’étude menée dans le cadre de Mc RAM II de l’UNICEF en 2010 a fait ressortir que 32,7% des ménages dans Tuléar I vivent avec un revenu mensuel inférieur à cent mille ariary (Ar. 100.000). Ce résultat confirme l’extrême pauvreté de la population.

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PARTIE 2 : TYPOLOGIE DES CAS D’ABUS ET DE VIOLENCES SEXUELLES BASEES SUR LE GENRE A TULEAR I

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1.1. TYPOLOGIE DES PERSONNES ENQUETEES

A part la répartition des enquêtées par rapport à l’arrondissement de résidence, la typologie des personnes enquêtées se présente comme suit : -­‐ Plus de 75% des enquêtées sont originaires du Sud voire originaire de Tuléar I dont plus de la moitié sont des Vezo, l’ethnie autochtone.

-­‐

En ce qui concerne l’âge des personnes enquêtées, la répartition est sensiblement identique à la répartition par tranche d’âge de la population de Tuléar I.

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-­‐

En ce qui concerne la répartition par rapport à la situation matrimoniale, un peu plus de la moitié des enquêtées sont toutes des célibataires. Moins d’un tiers sont mariées traditionnellement.

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-­‐

Pour ce qui est de la religion, 71% sont de religion chrétienne, 17% des non pratiquants et les autres sont des musulmans ou issues d’autres religions.

-­‐

Pour la catégorie socioprofessionnelle, la répartition se présente comme suit :

-­‐

Enfin, le niveau d’éducation des personnes enquêtées se répartit comme suit :

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1.2. FORME ET PREVALENCE DES VSBG

1.2.1. Violence physique La violence physique est la forme de violence la plus visible et la plus connue de la population. Le terme usuellement utilisé par cette dernière pour ce genre de violence est le « vango ». Aussi bien au niveau des OPJ qu’au niveau du tribunal, aucune statistique n’est disponible pour la violence physique. Les statistiques disponibles sont regroupées dans la classification de « coups et blessures volontaires (CBV)» sans savoir la nature de ces violences ; en conséquence, il est impossible de les traiter.

Par contre, 37,02% des enquêtées ont déclaré avoir été victimes de violence physique ces 12 derniers mois.

La forme de violence physique la plus fréquente reste de loin les coups (coups de poing et coups de pied) dont 62,69% ont déclaré en avoir été victimes ; ainsi que les gifles avec 50,75% de prévalence.

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5,97% des enquêtées ont déclaré avoir été victimes d’autres formes de violence physique notamment le lancement d’un objet à l’endroit des survivants.

Pour ce qui est des auteurs de ces actes de violences physiques, 69,69% des survivants ont déclaré que ce sont leurs partenaires qui en sont les auteurs. En d’autres termes, 69,69% des violences physiques ont été perpétrées au sein du ménage (ménage traditionnel ou ménage légal). 10,45% des violences physiques ont été perpétrées par les parents ; 8,96% par des ami(e)s et 17,91% des violences physiques ont été perpétrées par d’autres personnes, notamment les rivales, d’autres membres de la communauté et spécialement, les clients pour les travailleurs de sexe.

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1.2.2. Violence psychologique

Aucune statistique officielle ne traite de près ou de loin la violence psychologique, ni auprès des OPJ ni auprès du tribunal. Pourtant, l’étude quantitative qu’on a menée a permis de tirer qu’elle constitue le type de violence la plus fréquente à Tuléar I. En effet, 58,56% des enquêtées ont déclaré avoir été victimes de violence psychologique ces 12 derniers mois.

La forme de violence psychologique la plus fréquente reste de loin l’injure ou « ompa » touchant 69,81% des victimes, suivi de l’humiliation ou « fanalam-baraka » avec 38,68%. Signalons que parmi les « autres » avec 3,77%, la forme la plus citée est le « adin-tsaina » ou tourmente par rapport au comportement de son partenaire ou par rapport à sa situation civique.

Pour ce qui est des auteurs de la violence psychologique, c’est au niveau de la communauté que cette forme de violence est la plus répandue avec 43,4% pour la rubrique ami(e)s et 20,75% pour la rubrique autres dont les plus évoqués sont les rivales et les autres membres de la communauté.

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1.2.3. Violence économique Comme dans le cas de la violence psychologique, aucune donnée statistique officielle n’est disponible.

Parmi les enquêtées, 32,04% ont déclaré avoir été victimes d’une violence économique ces 12 derniers mois. La forme la plus fréquente reste de loin le refus de participer ou de contribuer aux charges de ménage avec 60,34%. Puis, il y a le refus de payer le salaire, notamment pour les clients des travailleurs de sexe (après service fait); et ce, pour 6,9% des cas. Ensuite, le refus d’envoyer les filles à une éducation de leur choix est considéré par les victimes comme étant un refus de leur octroyer l’opportunité d’avoir un avenir meilleur ; et ce, pour 5,17%. Pour la rubrique « autres » avec 13,79%, les plus évoquées sont les conditions de travail comme l’inexistence de contrat de travail, le non respect du droit à l’assistance maternelle.

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Pour ce qui est de l’auteur de ces violences, les partenaires sont placés en premier ordre dans la mesure où les personnes qui refusent de participer aux charges de ménages sont les partenaires des victimes. Puis il y a les parents avec 18,97%. Enfin pour les autres, ce sont souvent aux employeurs et clients (pour les TDS) qu’ils font références.

1.2.4. Violence sexuelle Au niveau de l’hôpital de référence de Tuléar I, la seule institution habilitée à délivrer un certificat d’expertise médicolégale en cas de violence sexuelle :

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11 demandes d’expertise médicolégale pour viol ont été enregistrées en 2010 04 demandes d’expertise médicolégale pour viol ont été enregistrées en 2011 01 cas de pédophilie perpétré à un garçon a été enregistré en 2010

Si, généralement, l’expertise médicolégale a été demandée, c’est pour constituer un dossier pour une poursuite judiciaire. Pourtant, force est de constater que les statistiques reçues auprès de la Police des Mœurs et de la Protection des Mineurs (PMPM) ne correspondent pas avec ces données de l’hôpital. En effet, ces statistiques font état de : -­‐ -­‐ -­‐ 05 plaintes de viol enregistrées en 2010 06 plaintes de détournement de mineur en 2010 01 plainte de viol enregistrée en 2011

Signalons que l’âge des victimes enregistrées pour viol ou détournement de mineur au niveau de la PMPM varie de 5 à 11 ans et pour les auteurs, leurs âges varient entre 16 et 68 ans. Auprès de la gendarmerie nationale, aucune plainte pour viol ou détournement de mineur n’a été reçue, ni en 2010 ni en 2011.

Sur un autre plan, l’étude qu’on a menée a fait ressortir que l’âge moyen du premier rapport sexuel des enquêtées est de 16 ans révolus dont l’âge minimum étant de 12 ans et l’âge maximum de 25 ans. Pour ce premier rapport sexuel, 75% des enquêtées ont déclaré l’avoir fait avec consentement et avec un ferme désir de le faire ; 15% ont déclaré l’avoir fait avec leur consentement mais sans l’avoir désiré ; tandis que 10% ont déclaré l’avoir fait sans leur consentement mais en ayant été forcées. Bref, 25% des enquêtées ont fait donc leur premier rapport sexuel sans l’avoir désiré.

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A part ce premier rapport sexuel, 25,63% des enquêtées ont déclaré avoir fait des rapports sexuels avec consentement mais sans l’avoir désiré. Les raisons qui poussent ces femmes à accepter ce rapport sont de trois ordres, explicité selon le graphique ci-dessous.

Par ailleurs, 17,50% des enquêtées ont déclaré avoir eu des rapports sexuels non consentis ces 12 derniers mois. Les causes citées par les victimes de ces violences sont en premier lieu la menace d’une privation notamment des besoins physiologiques (hébergement, alimentation, …). Puis, il y a la menace d’une agression physique, le forcing des parents et enfin la culture ethnique qui obligent les femmes à accepter d’avoir un rapport sexuel avec une certaine catégorie de personne.

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Pour ces violences sexuelles avec pénétration, les formes les plus citées sont en premier lieu la pratique sexuelle non désirée comme la pénétration buccale (la culture Vezo interdit ce genre de pratique), la pénétration anale ou le viol multiple. Après, il y a la prostitution forcée dans la mesure où certains parents poussent les jeunes filles à se prostituer pour s’assurer d’un revenu plus conséquent. Ce cas est très fréquent chez les enfants des TDS. Le viol conjugal arrive en troisième place.

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Enfin, 17,50% des enquêtées ont déclaré avoir été victimes d’un harcèlement sexuel ou attouchement sexuel non désiré dont la plupart des cas était dans un cadre professionnel.

1.2.5. Violence multiple

On parle de violence multiple quand les survivants ont été victimes d’au moins deux formes de violence durant les douze derniers mois. Ainsi, l’analyse des données quantitatives ont pu faire ressortir que : -­‐ 5% des enquêtées ont été victimes des quatre formes de violence, à savoir la violence physique, la violence psychologique, la violence économique et la violence sexuelle ; -­‐ 3,33% ont été victimes de trois formes de violence, à savoir la violence physique, violence psychologique et la violence sexuelle ; -­‐ -­‐ 15,56% ont été victimes de violence physique et de violence psychologique ; 5,56% ont été victimes de violence psychologique et de violence sexuelle ;

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-­‐

1,1% ont été victimes de violence physique et de violence sexuelle.

Violence physique

Violence Psychologique

Violence économique

Violence sexuelle

Taux

de

prévalence 5% 3,33% 15,56% 5,56% 1,11%

1.3.

FACTEURS FAVORISANTS ET ATTENUANTS LA VSBG

1.3.1. Profils des victimes et des auteurs

1.3.1.1.

Profils des victimes

A Tuléar, aucune catégorie sociale et économique n’est épargnée, mais certaines catégories sont plus exposées que d’autres.

1.3.1.1.1. Pour les cas des mineurs  Les enfants non scolarisés, déscolarisés

« Quand les enfants ne sont pas scolarisés ou ont été déscolarisés très tôt, ils sont très exposés à toutes formes de violence. Ici, à Tuléar, les filles non scolarisées sont poussées par la famille soit à travailler soit à se prostituer soit à se marier très tôt. Ainsi, elles ne seront plus une charge pour la famille. » RAMAROSON Miray Olga – Juge des enfants

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Les enfants des Travailleurs de sexe

« Dès que nous avons atteint un certain âge, nous avons de moins en moins de clients car ces derniers cherchent beaucoup plus les « somondrara » ou les jeunes filles. En conséquence, la plupart d’entre nous, pour assurer un revenu à la maison, forcent nos filles à entrer très tôt dans ce métier. » Totonefokemba Harline – Présidente de l’association FIHAMY (association des TDS)  Les orphelins et autres enfants placés sous tutelles d’autres personnes « La plupart des enfants que nous prenons en charge dans notre centre sont en premier lieu des filles vulnérables, notamment les orphelins et autres enfants placés sous tutelles d’autres personnes. En effet, c’est cette catégorie de personne qui est souvent la plus référée par nos animateurs dans les fokontany suite à des violences effectuées par de leur famille d’accueil. » RANDRIANASOLO Haingo – Directeur Adjoint du centre d’accuel ONG Bel’Avenir  Les handicapés

« Nous avons décidé de mener une campagne de sensibilisation relative à la violence perpétrée à l’encontre des enfants handicapés à Tuléar car les résultats de l’étude qualitative que nous avons menés à Tuléar ont montré que les handicapés sont très vulnérables vis-à-vis de la violence sexuelle dans cette zone. » RANJATOSON Rivo – Référant National du projet « Vulnérabilité des enfants handicapés face à la violence sexuelle – Handicap International »  Les enfants vivants dans une famille recomposée

« La violence perpétrée à l’encontre des enfants, qui est très fréquente à Tuléar, se passe souvent dans les familles recomposées. En effet, dans ces familles, soit le beau père abuse sexuellement de sa belle fille, soit la belle mère violente physiquement et psychologiquement les enfants du premier lit de son partenaire, soit la violence se présente entre les demi-sœurs et demi-frères. » RASOANIRINA Germaine –

Coordonnatrice du Réseau de Protection des Enfants TAMIZATO.

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1.3.1.1.2. Pour les cas des majeurs

Les femmes sans revenus stables, les femmes Chefs de ménage

«Nous avons pu remarquer que le problème financier constitue un des facteurs prédominants de violence à l’encontre des femmes. En effet, ce sont surtout les femmes sans revenus stables et Chefs de ménage de surcroît qui sont les plus sensibles dans la mesure où elles devraient trouver de quoi subvenir aux besoins de sa famille. En conséquence, elles sont prêtes à toutes formes de sacrifice et de tolérance du moment que ça pourrait les aider à surmonter leur problème financier. » MANANANDRO Julienne - Présidente de l’Association Dinika sy Rindra ho an’ny Vehivavy Notons que selon l’étude Mc RAM II de l’UNICEF en 2010, 29,1% des femmes sont des femmes Chefs de ménage à Tuléar I.

Les femmes dépendantes économiquement

«Ici à Tuléar, dès qu’une femme est entièrement dépendante sur le plan financier visà-vis de son partenaire, elle est à la merci de ce dernier. Comme la culture patriarcale reste prépondérante, la femme n’a plus d’autres alternatives que d’accepter ce que son mari décide de faire. » Focus Group Besakoa

Les femmes dans les foyers non formels issus du mariage traditionnel ou de concubinage

« Nous sollicitons toujours les couples à adopter le mariage formel car nous avons constaté qu’à Tuléar, les femmes dans les foyers non formels sont très vulnérables visà-vis des violences car elles n’ont pas de cadre légal pour les protéger. » REJO Odette – Assistante sociale et Adjoint au maire de la Commune Urbaine de Tuléar I

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Les femmes supposées stériles

« La culture de la majorité des groupes ethniques du sud suppose toujours que si le couple n’a pas d’enfants, c’est que la femme est stérile. Ainsi, comme avoir un enfant reste important dans le système de valeur des malgaches « ny hanambadiankiterahana », les femmes supposées stériles subissent des violences importantes, non seulement sur le plan physique mais surtout sur le plan psychologique et économique. » RAHARISOA Juliette – Psychologue et Présidente d’honneur de l’Association VMLF Section Tuléar.

Les femmes avec des familles lointaines

« Nous avons constaté parmi nos membres des femmes qui subissent des violences physiques, psychologiques et économiques car elles n’ont pas de famille à qui se confier, à qui demander de l’aide. En effet, comme elles ont accompagné leur mari à Tuléar, elles deviennent isolées. Nous avons vu des cas où elles voudraient se révolter en quittant leur mari mais ne savent pas où aller car elles n’ont pas de ressources financières pour retourner dans leur famille d’origine. » RAZANAJANAHARY Yvonne – Présidente de l’association féminine FIVEMITO

Les « vady masay » ou les secondes femmes et les « fara vady » ou dernières femmes

Pour les polygames, dans la culture de la majorité des groupes ethniques du sud, c’est le « vady be » ou première femme qui est la seule femme héritière du mari en cas de décès de ce dernier. « Je vivais avec mon mari pendant plus de dix ans, en tant que deuxième femme. J’ai tout partagé avec sa première femme mais après son décès je n’ai rien reçu et maintenant je deviens un « vato kiboribory », une moins que rien. » Marie Jeanne Marinah – Survivante

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Les TDS et MSM

« Nous sommes réellement toutes victimes de violence. Souvent, on nous force à pratiquer des jeux sexuels que nous ne voulons pas faire ; dès fois, on nous frappe parce qu’on ne veut pas céder à des pratiques sexuelles ; dès fois, après service fait, on ne nous paie pas ; même si nous avons décidé de plaindre au niveau des polices, certains d’entre eux profitent de notre situation. » Totonefokemba Harline – Présidente de l’association des TDS FIHAMY

« La communauté malgache n’accepte pas notre tendance sexuelle et souvent on doit faire face à des humiliations, à des injures même à des jets de pierre. Ces actes se passent toujours dans les lieux publics. C’est pourquoi, nous ne nous montrons pas mais on nous contacte par téléphone. » Archiduc – Président de l’association des « Men having Sex with Men » MIAVOTENA

Notons que faute de statistique, le nombre exact de cette catégorie de personne est difficile à déterminer ; Ainsi, le nombre avancé ci-après est issu des deux présidents des TDS et des MSM. A cet effet, le nombre de TDS formels dans la ville de Tuléar est estimé à 350 personnes (sans compter les TDS occasionnels et mineurs) dont 210 sont membres de l’association FIHAMY. Par ailleurs, les MSM à Tuléar sont estimés à 100 personnes dont 60 sont membres de l’association MIAVOTENA.

1.3.1.2.

Profils des auteurs

Comme dans le cas des victimes, aucune catégorie sociale et économique n’est spécifiquement épargnée mais certaines catégories sont plus citées que d’autres.

Les non ou peu scolarisés et sans emploi

« Faute d’occupation intellectuelle et par leur perméabilité vis-à-vis de toutes formes d’incitation à la débauche, ces hommes peu scolarisés et sans emploi sont les
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auteurs les plus dangereux. En effet, souvent, ils transfèrent leur stress quotidien vers les autres. » SOSOHANY Asthine – Officier de Police - PMPM

Les polygames

« Les polygames sont souvent dociles en apparence mais leurs pratiques constituent une violence notable vis-à-vis de leurs compagnons » Focus group femme Betania

Les touristes « sexuels »

« Pour de l’argent, ces touristes nous demandent des pratiques sexuelles que nous ne pratiquons pas en temps normal (introduction buccale, introduction d’objet, rapport multiple). C’est souvent humiliant et contraire à notre culture ethnique, mais on est obligé de le faire car ils nous menacent souvent de ne pas nous payer au cas où... » Patou P. TDS occasionnel et partenaire d’un touriste

Les détenteurs de pouvoir et d’autorités : OPJ, employeur, éducateur

« Un acte de pédophilie a eu lieu en 2010 à l’encontre d’un garçon et l’auteur de cet acte n’est autre que son entraineur de judo. » Dr Monja – Directeur du CHRR de Tuléar I

« Des rumeurs sur des harcèlements sexuels exercés par des enseignants à l’encontre de leurs étudiantes pour bénéficier des notes élevées sont montés à notre niveau mais faute de moyen pour faire des investigations, et faute de témoignage, l’affaire reste sans suite. » Mamy – Chef de la circonscription scolaire de Tuléar I

« Un des professeurs de l’Université a été pris en flagrant délit de viol à l’encontre d’une étudiante. A part les recours juridiques menés par la famille, le collège des
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enseignants n’a plus accepté sa présence ici à l’Université et il a été affecté. » DINA Alphonse – Président de l’université de Tuléar

« Mon enfant était malade et j’ai demandé à mon patron une permission pour l’amener au médecin. Il m’a dit qu’il ne trouvait pas un remplaçant et que si j’insiste à partir, il va chercher quelqu’un pour me remplacer définitivement. Par peur d’être renvoyée, j’ai dû rester malgré mes obligations maternelles. Solange Berthine Victime »

1.3.2.

Facteurs favorisants la VSBG

Sans qu’il y ait une hiérarchisation de ces facteurs, on les a classés en quatre catégories -­‐ -­‐ -­‐ -­‐ Facteurs culturels Facteurs sociaux Facteurs économiques Facteurs juridiques

1.3.2.1.

Facteurs culturels

a. La primauté de l’homme à la femme Presque la moitié des femmes de 15 à 49 ans enquêtées (49,44%) sont d’accord sur le fait que l’homme, dans la vie quotidienne au sein du ménage ou au sein de la communauté, reste supérieur à la femme.

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Cette primauté de l’homme par rapport à la femme constitue réellement un facteur favorisant la VSBG dans la mesure où d’une part, l’homme, détenteur de pouvoir et d’autorité, pense avoir une tendance à user de ces faveurs en commettant des violences ; d’autre part, la femme, acceptant cette affirmation, ne veut pas réagir mais subit ce qu’elle appelle « son destin ».

Au niveau du ménage, plus de la moitié des femmes enquêtées affirment qu’en toute circonstance, le devoir d’une femme est d’obéir à son mari même si elle ne partage pas les mêmes idées. Cette culture, cette attitude favorisent notamment le viol conjugal.

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Au niveau de la communauté, la totalité des groupes ethniques du sud prône le fait que « ny akoho vavy tsy maneno », les femmes n’ont pas le droit de prendre la parole. Ainsi, pour les personnes qui sont encore en faveur du respect de la culture traditionnelle, quel que soit son sexe, durant les réunions familiales ou

communautaires, les femmes ne peuvent pas participer à la discussion voire ne pas participer pas à la réunion. « J’ai un statut particulier de notable et d’intellectuel me permettant de se dégager du lot, mais la plupart de mes consœurs n’ont pas le droit de parole en public même pour la présentation de condoléance, à cause de cette culture d’akoho vavy tsy maneno. » RAHARISOA Juliette, Psychologue et Président d’honneur du VMLF section Tuléar

b. Le concept du mariage

Trois proverbes malgaches, qui sont aussi très suivis dans le sud malgache, confirment le fait que certains concepts du mariage à la culture malgache favorisent la VSBG :

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-­‐

« Ny tokantrano fihafiana » : quelque soit la situation, la femme doit être tolérante vis-à-vis de son mari ; un concept qui pousse les femmes à ne pas agir même face à la violence.

-­‐

« Ny hanambadi-kiterahana » : la raison d’être du mariage, c’est d’avoir des enfants ; un concept qui pénalise les femmes supposées stériles.

-­‐

« Ny tokatrano tsy ahahaka » : les problèmes de la famille ne doivent pas sortir du cercle familial. Ainsi, les violences subies au sein du ménage doivent être réglées seulement dans le cercle familial.

c. Prédominance des mariages traditionnels La majorité des mariages à Tuléar est fondée par le fomba ou la tradition et n’est pas légal. Cette pratique est très adoptée par la population car elle est considérée comme non compliquée et mois coûteuse. Et même si des actions ont été menées par les églises de religion chrétienne, en collaboration avec la commune urbaine de Tuléar I, pour un « mariazy miara-mizotra » ou mariage commun, afin d’éviter toutes formes de dépenses tout en légalisant le mariage, force est de reconnaître que la population ne veut pas y adhérer ; en effet, en un an, il n’y avait que quatre (4) couples qui ont participé à ce mouvement. « Nous avons sensibilisé les gens pour le mariage miara-mizotra, et personnellement, je savais que pas mal de couples dans le diocèse vit en concubinage, mais malgré la facilitation des procédures acceptées par la commune pour la régularisation de leur situation, les gens ne se sont pas pressés pour cette formalisation de leur mariage » Père Pierrot – EKAR Sanfily

Pourtant, force est de constater que le mariage traditionnel ne protège pas la femme de la violence mais au contraire la renforce car tout peut se régler par le « fomba » : polygamie, séparation, …

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d. Institutionnalisation de la polygamie Si la polygamie n’est pas légale à Madagascar, elle est acceptée par la communauté à Tuléar I, notamment par les groupes ethniques du sud. Par contre la polyandrie n’est ni légale ni acceptée. Si un homme veut avoir deux femmes, il n’a qu’à donner à sa première femme le « vily rafy » ou la contre partie, souvent en numéraire, de son infidélité. Dans ce cas, les deux femmes sont acceptées par la communauté comme femme légitime du mari. Par contre, si une femme mariée, légalement ou traditionnellement, est surprise en train de tromper son mari, elle est victime de ce qu’on appelle « vamba » et sera déshonorée et son mari a le droit de demander tout ce qu’il veut comme compensation aussi bien à sa femme qu’à son rival.

e. Institutionnalisation des mariages précoces Comme il y a une prédominance du mariage traditionnel dans le Sud, l’âge minimum pour le mariage n’a plus d’importance. C’est ainsi que dans la majorité des groupes ethniques du Sud (Antandroy, Vezo, Mahafaly, Bara, Tanalana), dès que les jeunes filles, les « somondrara », atteignent la puberté, si elles ne sont scolarisées, elles sont susceptibles de faire l’objet d’une recherche de « mari » par leur parent. Notons que pour l’ethnie Antandroy, le « valy fofo », qui consiste à réserver et acheter la progéniture en cours de grossesse reste encore une pratique ancestrale adoptée par certains membres de ce groupe ethnique. «Même si notre mission première est d’intervenir dans les foyers « normaux » à travers le planning familial des adultes majeurs, à Tuléar, nous avons délibérément choisi de mener des campagnes de sensibilisation auprès des jeunes voire des très jeunes car nous avons constaté que pas mal d’entre eux ont déjà eu d’enfants. Nous ne sommes pas du tout surpris si une fille de 18 ans accouche déjà de son troisième enfant. » Dr RANABOSON Jianie – Coordonateur de programme FISA

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1.3.2.2.

Facteurs sociaux

a. Le FIHAVANANA 64,15% des enquêtées ont affirmé qu’elles préfèrent de loin garder cette valeur de « fihavanana » que de dénoncer un auteur, notamment si ce dernier est quelqu’un de connaissance. En effet, sachant que cette dénonciation pourrait aboutir à la condamnation de l’auteur, et risquerait en conséquence de détruire la relation sociale entre le dénonciateur et l’auteur, pour sauvegarder ce « fihavanana », le survivant préfère ne pas dénoncer l’auteur. Ainsi, l’auteur se croit être intouchable et ne soucie jamais de la conséquence de la violence et risquerait de continuer ces actes.

b. Fuite de responsabilités La peur de la population de prendre des responsabilités est aussi un facteur favorisant non négligeable de la VSBG ; et ce pour 28,30% des enquêtées. Cette peur de prendre des responsabilités est guidée par trois principaux éléments : -­‐ -­‐ -­‐ la peur d’une vengeance de la part de l’auteur, la volonté de ne pas entrer dans la vie des autres, le fait d’être témoin qui est non seulement un engagement mais qui nécessite aussi du temps voire de l’argent «Sauf peut être en cas de violence extrême qu’on pourrait trouver quelqu’un qui dénonce, mais dans la majorité des cas, les Tuléarois ne vont jamais dénoncer, car c’est trop compliqué. » Focus group Ambasikibo Tanambao II

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c. L’alcoolisme et la drogue Les effets de l’alcool et du « jamala » ou drogue locale, renforcent ou éveillent le caractère violent de ceux qui en prennent ; et ce que ce soit dans le cadre du ménage ou dans les lieux publics. « Nous ne voulons prendre certains ruelles pour éviter d’être face à face avec ces drogués car pas mal de gens en ont été déjà victimes de leurs actes. » Focus group jeune fille

d. L’importance de se marier à un « vazaha » ou un étranger Les parents et les autres jeunes filles croient que le fait de se marier à un étranger leur apporte confort et notoriété. Ainsi, quels que soient les moyens et quelles qu’en soient les conséquences, elles sont prêtes à trouver un « vazaha », voire même jusqu’à les draguer. Pourtant, force est de constater que d’une part, parmi ces

étrangers, il y a des touristes « sexuels » qui ne cherchent que de la sensation forte et sont très violents ; et d’autre part, les jeunes filles touchées par ce phénomènes sont encore très jeunes et ne sont pas encore prêtes aussi bien physiquement que psychologiquement à supporter les conséquences.

e. Le phénomène de « petit chéri » Parallèlement à cette recherche permanente de se marier à un « vazaha », le phénomène de « petit chéri » prend une place importante dans la vie des jeunes filles Tuléaroises. Ce phénomène consiste à sortir ou à vivre avec un étranger âgé, qui s’avère être un « sponsor officiel » des besoins physiologiques ou superficiels, tout en gardant son amant, le choix de son cœur. Dans ce cas, aussi bien le petit chéri que l’étranger risqueraient de violenter la fille dans la mesure où le premier, par jalousie ou pour une autre raison, violente la jeune fille. Par ailleurs, si l’étranger découvre la supercherie, il risquerait d’être encore plus violent.

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f.

Le phénomène de provocation

Les hommes et les garçons avec qui on a discuté durant les focus group n’ont pas hésité de dire qu’ils admettent qu’il y a peut être des violences ou des viols mais souvent ces actes sont précédés par des gestes de provocation de la part des victimes. «Qui est le plus violent, celle qui porte des vêtements provocateurs ou celui qui n’arrive plus à supporter cet acte de provocation et répond favorablement à cette provocation ? » Focus group garçons Betaritarike.

D’ailleurs les études menées auprès des femmes de 15 à 49 ans ont pu ressortir que 62,78% d’entre elles sont d’accord que les supposées violences rencontrées à Tuléar sont souvent précédées d’acte de provocation.

g. Le phénomène « loto » et « rami » Depuis certains temps, les femmes sont attirées par les jeux de hasard, notamment le « loto » et le « rami » qui les poussent à abandonner leur foyer. Face à cette absence

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fréquente, leur partenaire devient de plus en plus violent car la femme n’arrive plus à s’occuper de leur ménage. Ce cas n’est pas isolé, mais dans la quasi-totalité des fokontany, il y a des « centres » informels où les femmes se réunissent pour faire du loto ou rami ; et ce jusque tard la nuit. «Ce phénomène de loto et rami constitue un grand problème dans notre fokontany car il constitue une des causes des conflits de ménage. » BAZANA Fidéline - Chef Fokontany Tsianengea

h. La pauvreté éducationnelle de la majorité de la population Aucune statistique ne permet de connaître le taux réel d’alphabétisation de la population de Tuléar I mais l’étude qualitative a permis de dégager que la pauvreté éducationnelle de la majorité de la population de Tuléar I constitue un facteur de VSBG. Par ailleurs, force est de constater que si le taux de scolarisation dans le cycle primaire atteint les 75%6, le taux de déperdition scolaire du niveau I au niveau II est de 53,5%. En d’autre terme, plus de la moitié des enfants scolarisés dans le cycle primaire n’arrive plus en classe de 6ème. Quant au taux de déperdition scolaire du niveau I au niveau III, celui ci est de 72,68%, soit un enfant seulement sur 4 arrive jusqu’en classe de Terminal et peut prétendre à un diplôme de baccalauréat. Cette pauvreté éducationnelle ne permet plus à la population de faire le discernement entre ce qui est légal ou non, de ce qu’il faut faire en cas de violence,… Par ailleurs, cette pauvreté éducationnelle ne leur permet pas de prétendre à des sources de revenus stables intéressants et les incitent à chercher l’argent facile quel que soit les moyens et les conséquences.

                                                                                                                         
6

 Statistique  2011  du  CISCO  de  Tuléar  I  

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i.

La nature violente de certains groupes ethniques

« Si les Vezo, les Tanalana et les Masikoro sont souvent considérés comme des groupes ethniques « dociles » et moins violents, les Antandroy et les Bara par contre, ont une nature plus violente » DERASON Yvette - Doctorante en Sociologie. Cette caractéristique ne fait que renforcer et entretenir la violence qu’elle soit basée sur le genre ou non.

j.

Les effets négatifs des films et l’accès à l’internet

Même si l’accès internet est encore limité à une certaine catégorie socioéconomique, les films à caractères violents et pornographiques sont accessibles par n’importe quelle frange de la population. Sans une capacité d’analyse, ces types de films constituent souvent une incitation à la débauche ou à la violence auprès de la population. « Ces films porno et autres films violents constituent aussi un des problèmes pour les jeunes de Tuléar car ils sont souvent tentés à les mettre en pratique. Il en est de même pour le cas de l’internet où il suffit d’un clic pour voir des films qui touchent les mœurs. » Bruno ALTOPHERE – Inspecteur de Police - PMPM

k. L’incitation à la débauche Face à la pauvreté et/ou pour des questions purement matérielles, certaines familles mais aussi la communauté poussent les jeunes filles à la débauche notamment à se prostituer. « Nous avons réalisé une action pour lutter contre la prostitution des mineures durant laquelle, nous avons pu arrêter une trentaine de prostituées mineures. Le lendemain matin, des centaines de population, des parents et des autorités sociales, étaient venus en masse pour demander leur libération car sans ces prostituées, la famille n’aura plus de quoi subvenir à leurs besoins physiologiques. » SOSOHANY Asthine – Officier de Police PMPM

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1.3.2.3.

Facteurs économiques

a. La pauvreté

Comme il a été annoncé précédemment, aussi bien le taux de pauvreté que son intensité et sa sévérité sont plus élevés par rapport à la moyenne des villes urbaines de Madagascar. Par ailleurs, l’étude Mac RAM II a fait ressortir qu’en 2010, 32,7% des ménages de Tuléar I vivent avec un revenu mensuel inférieur à Ar.100 000 ou 50 US Dollars. Cette situation d’extrême pauvreté est évoquée par 89,66% des enquêtées comme facteurs principaux de VSBG. En effet, d’une part, cette pauvreté les incite à chercher de l’argent facile par n’importe quel moyen ; et d’autre part, constitue une des premières causes de conflit de ménage qui se dégénère souvent vers la violence physique ou psychologique.

b. Le chômage Le taux de chômage à Tuléar I est de 18,8%7 avec une intensité plus forte pour les femmes avec 23,7% et 13,6% chez l’homme.

                                                                                                                         
7

 Etude  Mac  RAM  II  en  2010  

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Ce taux de chômage important est renforcé par la fermeture permanente de la quasi-totalité des infrastructures industrielles existantes à Tuléar I : TOLI, HASYMA, Brasserie STAR, …

Ce phénomène de chômage renforce encore la pauvreté et en conséquence, renforce davantage la VSBG.

c. Le développement du tourisme La partie sud de Madagascar constitue le premier lieu de destination touristique. Ainsi, malgré l’existence de loi contre le tourisme sexuel, sans mesure adéquate et sans une volonté de toutes les parties prenantes, son application reste discutable. En effet, force est de constater que les Hôtels et les Boites de nuit de la ville affichent le fait qu’il est interdit d’amener des mineurs dans leurs établissements respectifs mais en réalité, les filles accompagnant leurs « clients » et qui sont peut être encore des mineures ne sont pas contrôlées.

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1.3.2.4.

Facteurs juridiques

a. Méconnaissance de la population de ce qui est « droits humains » « Nul n’est censé ignorer la loi » disait le dicton, mais dans le cas pratique, peu de personne connaît la loi dans la ville de Tuléar I compte tenu de leur niveau

d’éducation, leur accessibilité et leur intéressement aux informations relatives aux droits en général et aux droits humains en particulier. Ainsi, faute de connaissance de leur droit, ces populations ne seront pas aptes d’exiger l’application du respect des droits. «En général, le peuple ne connaît pas la loi et en conséquence leur droit. Ainsi, soit en tant qu’auteurs, parfois, ils font des violences sans le savoir, soit en tant que victimes, ils subissent les violences qu’ils considèrent comme faisant partie de la vie mais non pas de violence. » Michel REHAVANA - Premier substitut au Procureur du TPI de Tuléar I.

b. Distance vis-à-vis des institutions étatiques, des bureaux administrations Par méfiance ou par peur, les gens mettent une certaine distance vis-à-vis des institutions étatiques. Certains ont même la phobie des bureaux administratifs. Cette situation les incite à régler les problèmes au sein de la communauté mais non pas auprès des instances compétentes. En conséquence, les auteurs sentent toujours ce sentiment d’impunité.

c. Méfiance envers le système judiciaire formel Certaine frange de la population ne croît plus au système judiciaire formel malgache (police, gendarme, tribunal). Devant un problème, certaines personnes préfèrent de loin régler l’affaire au niveau de la communauté. «Nous ne voulons plus monter l’affaire au niveau des polices ou tribunal car souvent les inculpés sortent chez eux après quelques jours voire le jour même. Ici, on ne fait
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plus confiance à ces autorités car on ne sait plus ce qu’ils font ; nous préfèrons régler l’affaire entre nous. » Focus group Homme

d. Insuffisance de « police de proximité » Pour les sept arrondissements, il n’y a que trois postes de police et un poste de gendarmerie. Ainsi, pour déposer une plainte, les gens sont obligés de se déplacer à plusieurs kilomètres. En conséquence, ils préfèrent régler les affaires au niveau de leur localité.

e. Gain obtenu par l’arrangement à l’amiable L’issue d’une plainte déposée auprès des justices formelles reste incertaine. Par contre, les affaires réglées à l’amiable permettent au plaignant (victime et famille) mais aussi au fokontany d’obtenir un avantage assez conséquent. C’est pourquoi, les gens préfèrent de loin cette régularisation à l’amiable. « Déposer une plainte auprès de la police est très complexe et nécessite des va et viens interminables créant ainsi des dépenses considérables en terme d’argent et de temps. Par contre, régler l’affaire auprès du fokontany est moins complexe parce qu’on se connaît tous. En plus, avec l’arrangement au niveau des fokontany, nous sommes sûrs que l’auteur va payer le prix de ces actes mais au niveau de la police ce n’est pas encore sûr. » RASOAMASY – Victime

1.3.3. Facteurs atténuants la VSBG

Comme dans le cas des facteurs favorisants, les facteurs atténuants la VSBG peuvent être classés en quatre catégories     Les facteurs culturels Les facteurs sociaux Les facteurs économiques Les facteurs juridiques

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1.3.3.1.

Facteurs culturels

a. La fibre citadine Tuléar I est le Chef lieu de la province de Tuléar, Chef lieu de la Région Atsimo Andrefana et est classé Commune urbaine. On y trouve toutes les infrastructures économiques, sociales, culturelles, communicationnelles et administratives faisant de lui une des grandes agglomérations de Madagascar. Malgré l’existence d’une partie de population qui reste attachée à la valeur ancestrale, force est de reconnaître qu’une grande partie de la population possède une fibre citadine et abandonne petit à petit les pratiques ancestrales. Cette ouverture vers d’autres cultures a des effets positifs sur le comportement vis-àvis de la VSBG.

b. Les actions religieuses Plusieurs congrégations religieuses sont présentes à Tuléar ville : de la plus ancienne jusqu’à la plus récente installée à Madagascar. Ces congrégations ont toutes des associations (des jeunes, des femmes, des hommes) qui ont pour vocation l’éducation selon leur dogme respectif. Mais toujours est-il que les dogmes qu’elles véhiculent sont toujours basés sur la non violence. Les actions de ces congrégations et de leurs associations respectives ont des impacts sur la mentalité et comportement de leurs ouailles respectives. «Notre vocation première est de prôner la justice et la paix. A cet effet, outre les actions de sensibilisation qu’on réalise, nous assurons aussi l’écoute et conseil des personnes à problèmes selon les valeurs chrétiennes. » RAKOTOARIVONY Berkmass – Secrétaire Général Justice et Paix

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c. La scolarisation des filles Si selon les différentes littératures, les parents issus des groupes ethniques originaires du Sud n’envoyaient pas leurs filles à l’école auparavant, les statistiques scolaires de 2011 ont montré qu’à Tuléar I, les filles sont maintenant traitées comme les garçons en matière d’éducation scolaire. En effet, le taux de scolarisation est de 48,86% pour les garçons contre 51,14% pour les filles.

Cette scolarisation des filles constitue un facteur atténuant la violence dans la mesure où la promotion féminine commence par leur éducation.

d. La promotion de la santé de reproduction et du planning familial

L’impact positif de la promotion de la santé de la reproduction et du planning familial menée par les ONGs et associations spécialisées sur la mentalité des femmes et des filles a atténué les effets des VSBG notamment la violence sexuelle.

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1.3.3.2.

Facteurs sociaux

a. Les associations de promotion féminine Des associations de promotion féminine commencent à s’imposer dans la ville de Tuléar (FIVEMITO, VMLF, DRV, FIHAMY, MIAVOTENA, TOMIRA, …). Les impacts des activités de ces associations, que nous allons détailler dans le prochain chapitre, atténuent les VSBG.

b. Les ONGs et centre d’accueil

Des ONGs et centres d’accueil interviennent à Tuléar I pour diminuer la vulnérabilité des enfants et des jeunes filles. Leurs actions ont aussi eu des impacts positifs dans la mentalité et la lutte contre la VSBG.

c. Le réseau TAMIZATO Le réseau TAMIZATO ou TAmbazotra MIaro ny Zon’ny Ankizy eto Toliary est un réseau de protection des droits des enfants. Les activités du réseau consistent à la coordination des interventions pour la lutte contre la maltraitance des enfants et ont des impacts positifs dans la lutte contre les VSBG.

1.3.3.3.

Facteurs économiques

a. Les projets de développement Comme l’un des facteurs les plus cités par les enquêtées est la pauvreté notamment l’inexistence des sources de revenus des femmes, il est important de signaler que deux grands projets de développement ont pu faciliter l’accès des associations féminines à des activités génératrices de revenus. Il s’agit du Projet de Soutien au

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Développement Rural (PSDR) financé par la Banque Mondiale qui donne des appuis techniques et financiers au sous projet d’AGR présentés par des associations paysannes ou associations des pêcheurs ; il y a aussi le Projet d’appui aux communautés des pêcheurs financé par la Banque Africaine de Développement qui offre aussi des appuis techniques, organisationnels et financiers aux sous projets d’AGR présentés par des associations des pêcheurs. «Nous avons eu le financement du PSDR pour développer notre élevage de poulet gasy, et actuellement, on peut dire que chaque femme membre de notre groupement a eu de quoi atténuer l’impact de cette crise car elles ont une source de revenu plus ou moins stable. » Focus group femme Mahavatse Tanambao

b. Les systèmes de micro finance L’institution de microfinance Volamahasoa, intervient dans la ville de Tuléar I et offre des appuis techniques et des micro crédits aux membres : l’objectif étant d’offrir aux vulnérables l’opportunité financière pour financer leur « projet ». Malgré

l’imperfection du système, force est de constater que si les bénéficiaires maîtrisent leur gestion de projet, ils arrivent à trouver des bénéfices de ce système. «En 2010, j’ai demandé un appui de 200.000 ariary auprès de Vola mahasoa pour monter un petit gargote dans mon quartier. En plus de l’argent, ils m’ont donné aussi des conseils quant à la manière de gérer mon projet et actuellement je peux dire que, même si les intérêts qu’ils perçoivent restent importants, j’arrive à subvenir aux besoins de ma petite famille. » Elinah - Femme Chef de ménage

1.3.3.4.

Facteurs juridiques

a. Les DINA Comme la population recourt en premier lieu au niveau du fokontany, l’existence des DINA ou règlement communautaire, a atténué les VSBG dans la mesure où les

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plaignants se sentent en confiance vis-à-vis de l’application des DINA et que ce système limite les abus des autorités.

b. Les Actions des autorités judiciaires Même si leurs actions restent jusqu’à maintenant ponctuelles, force est de constater qu’elles ont permis de réduire les VSBG dans la mesure où elles constituent une force dissuasive auprès des auteurs et autres acteurs.

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PARTIE 3 : SYSTÈME DE TRAITEMENT ET DE PRISE EN CHARGE DES SURVIVANTS DES VSBG A TULEAR I

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1.1.

ATTITUDES ET PRATIQUES DES SURVIVANTS

Avant d’entrer dans le système de traitement et de prise en charge des survivants proprement dit, il est intéressant de connaître les attitudes et pratiques de ces survivants après avoir subi les actes de VSBG. Les résultats de l’enquête ont pu ressortir les statistiques suivantes :

Plus de la moitié des survivants (59,70%) n’ont rien fait après l’acte de VSBG, une situation très préoccupante notamment quand on analyse les raisons qui les ont freinées à agir. En effet, la raison qui pousse plus de la moitié de ces personnes à n’avoir rien fait (56,25%) est la méconnaissance de ce qu’on doit faire. «J’ai été victime d’un viol par le partenaire actuel de ma mère ; je ne sais pas à qui confier mon problème car j’ose pas en parler avec d’autres personnes. Pourtant, je ne sais pas quoi faire même si j’ai envie qu’il paie de ses actes. » Marie Jeanne Marinah - Survivant

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La quasi-totalité des répondantes « autres » ont affirmé qu’elles ne voulaient tout simplement rien faire car elles pensent que c’est leur destin, que c’est leur devoir de garder l’unité de son ménage ou que c’est mieux ainsi.

Pour celles qui choisissent d’en parler avec d’autres personnes (28,36% des enquêtées), deux grandes catégories constituent les groupes de personnes à qui les survivants ont choisi d’en parler : un des membres du ménage (84,21%), notamment la mère ou la sœur ; l’autre groupe étant les ami(e)s, pour 78,95%, notamment les confidents, meilleurs amis dans le cercle scolaire ou religieux. En troisième position avec un pourcentage non négligeable est la grande famille avec 36,84% ; les personnes souvent sollicitées étant la grand mère, la tante et les cousines.

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Le choix de ces groupes de personnes a été fait en raison d’une question de confiance envers la personne pour 59% des personnes qui ont choisi cette voie de recours ; d’une question de disponibilité de la personne à qui elles veulent en parler pour 33% et enfin d’une question professionnelle, notamment pour celles qui ont choisi les autorités médicales et autorités religieuses

1.2.

ENVIRONNEMENT INSTITUTIONNEL ET SYSTÈME D’INFORMATION

1.2.1. Des institutions étatiques Toutes les institutions étatiques susceptibles d’intervenir dans le traitement et la prise en charge des survivants de la VSBG existent à Tuléar ; mais force est de constater que ce domaine n’a jamais fait l’objet d’une réflexion ou action commune entre ces différentes institutions.

1.2.2. Du réseau Aucun réseau de lutte contre les VSBG n’existe à Tuléar I. Par contre, le TAMIZATO, un réseau de lutte contre la maltraitance des enfants existe et est opérationnel. En effet, le TAMIZATO regroupe les institutions étatiques (DR Population, DR Santé et ses ramifications, DR Education et ses ramifications, Tribunal et ses ramifications, OPJ) et les institutions non étatiques (ONGs, centres d’accueil) et a comme objectif de coordonner les interventions de chacun. Pourtant, force est de constater que

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jusqu’à maintenant, les interventions de TAMIZATO sont limitées beaucoup plus à des actions ponctuelles d’urgence face à des problèmes urgents. Par ailleurs, le réseau est confronté à trois problèmes majeurs : -­‐ -­‐ L’insuffisance des moyens lui permettant d’assumer ses missions ; Le changement des responsables au niveau de chaque institution

(notamment les institutions étatiques) alors qu’au démarrage, l’efficacité du centre est fonction de la volonté, de l’implication et du dynamisme de la personne qui représente l’institution ; -­‐ Le niveau d’engagement de chacun des membres

Notons quand même que malgré ces limites, le réseau a le mérite d’avoir pu mettre les acteurs à discuter sur la même table.

1.2.3. Des associations Beaucoup d’associations interviennent directement ou indirectement dans la lutte contre les VSBG. Parmi elles, les plus citées sont : -­‐ Le VMLF ou Vondrona Mira Lenta ho an’ny Fampandrosoana : c’est une association regroupant notamment les filles et les femmes pour l’intégration de l’aspect genre dans le processus de développement. La section Tuléar I regroupe actuellement une centaine de membres et intervient notamment dans les campagnes de sensibilisation pour la promotion féminine, les campagnes de plaidoyer et de lobbying pour la considération de l’aspect genre dans le processus de développement régional ou communal et enfin dans les actions directes de service public ; -­‐ Le FIVEMITO ou FIkambanan’ny VEhivavy MIray eto Toliary qui regroupe actuellement dans les 400 filles et femmes dans la ville de Tuléar. Elle intervient actuellement dans les campagnes de sensibilisation pour la promotion féminine ainsi que dans la recherche de moyens pour le développement des Activités Génératrices de Revenus à l’endroit des femmes ;

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-­‐

Le DRV ou Dinika sy Rindra ho an’ny Vehivavy qui regroupe aussi une centaine de membres. Elle intervient aussi dans la sensibilisation pour la promotion féminine notamment dans l’éducation de la vie familiale ;

-­‐

Le TOMIRA ou TOliary MIhary RAiky qui regroupe plus d’une centaine de membres masculins et féminins. L’objectif de l’association étant d’une part, l’intégration de l’aspect genre dans le processus de développement de Tuléar ; et d’autre part, l’appui des membres dans la recherche d’AGR

-­‐

Le FIHAMY, une association qui regroupe à peu près 200 prostituées dans la ville de Tuléar I. L’objectif de l’association est la protection des membres dans le cadre de leurs activités de prostitution ainsi que la sensibilisation des membres vis-à-vis de toutes formes de violences ou vis-à-vis des maladies sexuellement transmissibles ;

-­‐

Le MIAVOTENA, une association d’une soixantaine de MSM (Men having Sex with Men), dont le but étant la protection des membres dans le cadre de leurs activités ainsi que des actions de sensibilisation, de plaidoyer et de lobbying pour le respect de leur droit en tant que citoyen ;

A part ces associations non cultuelles, les congrégations ont dans sa grande partie des associations qui leur sont rattachées et qui interviennent aussi dans la plupart du temps dans la sensibilisation des membres pour la non violence, pour le respect des autres et pour l’éducation à la vie familiale. Sans être exhaustive, les plus citées sont : -­‐ Justice et Paix : une branche de l’église catholique romaine pour la promotion du droit humain ; -­‐ Dorkasy et zanak’i Masina Maria : une branche respectivement de l’église protestante et catholique qui œuvre pour la promotion féminine dans le cadre chrétien ; -­‐ -­‐ Les scouts qui œuvrent pour l’éducation des jeunes ; Les aumôneries protestantes ou catholiques de prison, qui interviennent dans la sensibilisation et éducation des prisonniers afin de faciliter leur réinsertion sociale

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1.2.4. Des centres d’accueil et de prise en charge Gérés par des ONGs laiques ou des ONGs rattachées à des congrégations religieuses, les centres d’accueil et de prise en charge, sans pour autant spécialisés pour les cas de VSBG, atténuent les impacts et/ou la prévalence des VSBG. Parmi les plus importants de la ville de Tuléar on peut citer : -­‐ Les centres d’hébergement provisoire o Le centre d’accueil de l’ONG Bel Avenir : d’une capacité de 30 lits, le centre accueille les jeunes filles les plus vulnérables et/ou les jeunes filles victimes d’une maltraitance. Ce centre offre à ces personnes l’hébergement, la restauration et leur éducation ; o Le centre d’accueil de l’ONG Mondo Bimbi TAFITA : d’une capacité de 150 enfants. Il offre aussi bien pour les jeunes garçons et jeunes filles vulnérables et/ou orphelins hébergement, restauration et éducation ; o Le centre d’orphelinat NATANAELA : d’une capacité de 62 enfants. Il offre aussi bien pour les jeunes garçons et jeunes filles orphelins hébergement, restauration et éducation ; Pour ces trois centres, un des grands problèmes est l’insuffisance de leur capacité d’accueil par rapport aux demandes. Par ailleurs, il y a aussi les problèmes d’attitudes des parents ou familles d’accueils pendant les périodes de vacance durant lesquelles les pensionnaires retournent auprès de leur famille d’accueil. En effet, malgré l’éducation reçue par les enfants durant leur séjour au centre, une fois qu’ils retournent dans leur famille d’accueil, ils retrouvent les comportements « violents » qu’ils ont abandonné. Notons que pour ces centres d’accueil, les charges de fonctionnement, hors coût d’investissement, sont estimées à 28 à 30 euros par mois.

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-­‐

Les centres d’accueil de jour o Le centre SOS Village d’enfants : intervient principalement dans deux fokontany : Betania et Kiamba, le centre offre une prise en charge psychosociale (le centre possède parmi ses ressources humaines deux assistantes sociales de formation), restauration et éducation ; o Le centre Enfants du SOLEIL : qui offre des restaurations et des activités éducatrices pendant les repos scolaires.

Ces centres sont appuyés par le PAM ou Programme Alimentaire Mondial dans leurs activités.

-­‐

Les centres de prise en charge médicale o Le centre de santé SALFA appartenant à la congrégation religieuse Luthérienne qui possède des services de médecine générale et d’autres services (laboratoire, SRA, …). De par leur vocation, ce centre médical est parmi les plus abordables tout en offrant des services de qualité. o Le centre de santé SISAL qui offre les services de Testing et de dépistage à l’endroit des prostituées et MSM o Le centre de santé de la congrégation catholique o Le FISA ou Fianakaviana Sambatra qui intervient principalement dans les campagnes de sensibilisation et de prise en charge des filles et des femmes face à la santé de la reproduction et du planning familial

-­‐

Le bureau d’accompagnement social : créé au niveau de la commune urbaine de Tuléar, ce bureau a pour vocation d’accompagner les personnes handicapées mais non pas les autres personnes victimes d’un cas social comme les survivants de la VSBG.

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-­‐

Un centre d’écoute existe au niveau de la Direction de la Population. Il sert à la fois de bureau administratif que de centre d’écoute et est opérationnel grâce à la volonté des fonctionnaires qui assurent son fonctionnement

1.2.5. Du système d’information

1.2.5.1.

Du système de signalement

L’UNICEF, en collaboration avec le Ministère de la Population et des Polices de Mœurs et des Mineurs, ont mis en place auprès du PMPM une ligne verte pour le signalement de la maltraitance à l’encontre des enfants (805 puis 147). Des campagnes de communication et d’information ont été réalisées auprès de la population pour les informer sur la gratuité de l’appel et l’importance du signalement, mais force est de reconnaître que le résultat est négatif car l’opération n’a pas atteint les objectifs escomptés. « Sur les appels que nous avons reçus depuis la mise en place de la ligne verte, 99% ne sont que des blagues et des plaisanteries et les 1% restant concernent des vols de bœufs et d’incendie. Aucun appel ne concerne la maltraitance à l’encontre des enfants, objet de la mise en place de la ligne verte. » Bruno ALTOPHERE – Inspecteur de Police PMPM

Fin 2009, le réseau TAMIZATO a mis en place au niveau de 2 fokontany et 2 EPP partenaires des boites de signalement destinées au signalement des maltraitances à l’encontre des enfants. Des campagnes d’information/communication ont été réalisées conjointement par les membres du TAMIZATO, notamment les représentants du Ministère de la population, de la PMPM, le juge des enfants ; et ce, en collaboration avec les Chefs fokontany et les Directeurs des EPP concernées. Ces campagnes ont été axées sur l’anonymat du signalement et l’importance du système de signalement dans la lutte contre la maltraitance des enfants. Depuis son lancement, un seul cas de signalement a été reçu. Selon les responsables au niveau des fokontany, le problème réside sur deux points :

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-­‐

La protection des témoins contre les représailles : la population n’a pas encore confiance sur le réel anonymat du signalement

-­‐

La notoriété des Chefs fokontany : ces derniers ont été élus par la population grâce à leur notoriété et leur sociabilité et ne veulent pas casser ce fait en dénonçant quelqu’un du fokontany.

1.2.5.2.

Du système de monitoring

Jusqu’à maintenant aucun système de monitoring de VSBG, ni de la maltraitance des enfants n’existe à Tuléar ville. Chacun a ses propres systèmes de reporting avec des indicateurs différents voire agrégés ne permettant pas le traitement. Malgré l’existence du réseau TAMIZATO et l’adhésion, par principe, des acteurs dans le réseau, la remontée des informations n’est pas automatique comme le feed back du traitement.

1.3.

SYSTÈME DE PREVENTION : SENSIBILISATION ET EDUCATION

1.3.1. Des campagnes de sensibilisation réalisées Aucune campagne de sensibilisation spécifiquement pour la VSBG n’a été réalisée jusqu’à maintenant. Par contre, des actions de sensibilisation sur des thèmes assez proches de la VSBG ont déjà été réalisées.

1.3.1.1.

Sur la traite des personnes

En 2006 – 2008, dans le cadre du projet FITIA du CRS Madagascar, une campagne de sensibilisation relative à la traite de personnes a été réalisée par l’association Dinika sy RIndra ho an’ny Vehivavy. L’objectif étant entre autre d’inciter les victimes à se présenter auprès du centre spécialisé SALFA pour un éventuel appui psychosocial et médical. Pendant les deux ans de sensibilisation, 6 victimes seulement ont demandé un appui de la part du centre spécialisé. Pourtant, durant

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les campagnes de sensibilisation, les animateurs de DRV ont rencontré plusieurs cas de traite de personne.

1.3.1.2.

Sur la maltraitance à l’encontre des enfants

Les membres du réseau TAMIZATO ont réalisé des actions de sensibilisation ponctuelles, concertées ou non. Faute de moyens de suivi évaluation, les impacts de ces actions ne sont pas connues mais si on regarde les statistiques des plaintes reçues concernant la maltraitance à l’encontre des enfants reçues au niveau de la PMPM, le résultat escompté n’est pas encore atteint compte tenu de la supposée ampleur de ce problème à Tuléar ville.

1.3.1.3.

Sur la violence sexuelle à l’encontre des handicapés

Récemment, Handicap International et OAK Foundation ont réalisé une campagne de sensibilisation relative à la lutte contre la violence sexuelle à l’encontre des handicapés. Comme la campagne bat son plein, il est encore impossible de savoir son impact.

1.3.1.4.

Sur la promotion féminine

Les différentes associations féminines ont toutes réalisé des actions de sensibilisation sur la promotion féminine aussi bien entre les membres qu’auprès de la population. Les messages sont souvent axés sur la place de la femme dans le développement familial, communautaire voire du pays. La prise de responsabilités de certaines femmes dans les institutions de décision, la participation des femmes dans ces différentes associations, l’importance de la scolarisation des filles constituent déjà un indicateur comme quoi la campagne a porté ses fruits même si les résultats escomptés ne sont pas encore atteints.

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1.3.2. De l’éducation L’éducation de base constitue un des fondements de changement de

comportement.

1.3.2.1.

Du système éducatif scolaire

Sur le contenu, même si la VSBG n’est pas considérée comme une matière à part, la non violence et le respect des autres évoquées dans l’éducation civique, une matière nouvellement réintroduite dans le programme scolaire, pourrait améliorer le comportement des étudiants dans le futur.

Sur le plan structurel, Tuléar ville possède : -­‐ -­‐ 48 établissements de préscolaires dont 3 publics et 45 privés 75 établissements scolaires de niveau primaire dont 20 écoles publiques et 55 écoles privées -­‐ 38 établissements scolaires de niveau secondaire dont 6 collèges publics et 32 collèges privés -­‐ 16 lycées dont 2 publics et 14 privés

Cette pauvreté d’infrastructure scolaire est très critique dans la mesure où dans les lycées publics, par exemple, une salle de classe contient actuellement 175 étudiants alors que la norme requise est de 40 par salle. Cette situation ne fait qu’accentuer la déperdition scolaire dans la ville.

1.3.2.2.

D’autres formes d’éducation

Les autres formes d’éducation sont surtout celles menées en permanence par les congrégations religieuses selon leur dogme respectif. Même si ces formes d’éducation ne traitent pas directement la VSBG, force est d’accepter que toutes

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les congrégations religieuses opérant dans la ville de Tuléar éduquent les ouailles pour la non violence et pour le respect des autres.

Sur un autre plan, le Ministère de la Population, avec la représentation de la radio nasionaly malagasy (RNM) dans la région, qui n’est autre que la radio Soatalily, ont établi un protocole d’accord autorisant la Direction Régionale de la Population de Tuléar à diffuser une émission éducative hebdomadaire sur les problèmes relatifs à la population. Actuellement, après les actes de vandalisme qui se sont passés au niveau de la radio Soatalily, il n’y a plus moyens de diffuser cette émission.

1.4.

SYSTÈME DE PRISE EN CHARGE PSYCHOSOCIALE

1.4.1. Des travailleurs sociaux A Tuléar ville, il n’y a que quatre (4) travailleurs sociaux de formation pour 200 000 habitants dont : -­‐ -­‐ Deux assistants sociaux travaillant au centre SOS Village d’enfants Une assistante sociale qui fait office d’assistante sociale universitaire et en même temps adjoint au maire chargé des affaires sociales -­‐ Une psychologue de formation mais qui ne travaille pas en tant que telle faute de la méconnaissance par la population de son métier.

Les autres personnes qui s’occupent de la prise en charge psychosociale dans les différents centres et institutions n’ont reçu aucune formation y afférente mais agissent selon leur propre expérience professionnelle.

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1.4.2. De la prise en charge au niveau familial 84,21% des survivants enquêtées ont affirmé avoir eu recours auprès de la famille proche pour les appuyer sur le plan psychosocial afin de surmonter leur traumatisme. Dans leur approche, la famille roule souvent pour la tolérance pour les violences se passant dans le cadre du ménage et/ou pour une régularisation à l’amiable pour les cas de violence se passant dans les lieux publics.

1.4.3. De la prise en charge au niveau communautaire Au niveau de la communauté, trois acteurs majeurs sont cités par les survivants comme faisant partie des personnes qui les ont appuyé à surmonter leur problème : -­‐ -­‐ -­‐ Les amis et confidents avec 78,95% des enquêtées Les autorités religieuses avec 10,53% des enquêtées Les autorités sociales avec 10,53% des enquêtées

Souvent, ces personnes offrent une écoute active tout en restant au niveau du conseil, de la morale voire de la prière. Comme dans le cas au niveau familial, les interventions de ces acteurs tournent souvent vers la tolérance et la régularisation à l’amiable.

1.4.4. De la prise en charge au niveau des centres Aucun centre spécialisé de la VSBG n’existe à Tuléar ville. Comme il a été annoncé précédemment, d’autres centres (cf environnement institutionnel) existent mais dont les activités sont beaucoup plus orientées vers la maltraitance à l’encontre des enfants et des handicapés mais non pas de VSBG. Tous ces centres assurent une prise en charge psychosociale de leur pensionnaire avec les ressources humaines qu’ils possèdent sans que ces ressources humaines soient une assistante sociale de formation.

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Notons qu’il n’y a pas encore de centre d’hébergement provisoire pour les survivants de VSBG à Tuléar.

A part la prise en charge psychosociale proprement dite, ces centres conseillent les victimes à monter l’affaire au niveau de la justice formelle, notamment en cas de viol ou tentative d’homicide. Dans ce cas, l’ONG appuie les victimes dans la constitution du dossier de plainte.

1.4.5. Des projets en cours Deux projets de prise en charge psychosociale sont maintenant en cours dans la ville de Tuléar I : -­‐ La commune urbaine de Tuléar I projette de créer un centre d’accueil pour des enfants à problèmes. Le dossier est actuellement bouclé et les responsables financement ; -­‐ Le FISA, en plus de ses activités classiques dans la santé de la reproduction et du planning familial, vient de lancer un projet pour la prise en charge des victimes de violence sexuelle. Le projet a déjà reçu le financement adéquat, les ressources humaines ont été formées et les outils d’enregistrement et de traitement sont prêts. communaux entament le processus de recherche de

1.5.

SYSTÈME DE PRISE EN CHARGE MEDICALE

Dans la ville de Tuléar, il y a : -­‐ -­‐ -­‐ -­‐ Un centre hospitalier de référence Une clinique privée Une maternité privée Sept CSB II Publics

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-­‐

Dix huit CSB II Privés

Ces centres médicaux pourraient prendre en charge les survivants selon leur souhait mais surtout selon leur budget. Pour la prise en charge des soins médicaux dans les CSB II publics, les patients ne paient qu’une contribution quant aux frais de médicaments. Notons que le Ministère de la santé a mis en place le système FANOME qui offre aux plus démunis la gratuité des soins et des médicaments. La liste de ces plus démunis émane des fokontany. Ainsi, si les survivants font partie de ces plus démunis, ils pourront bénéficier du FANOME. Sinon ils participent aux frais des médicaments.

Par ailleurs, en cas de viol, les victimes peuvent bénéficier d’une prise en charge gratuite si elles contactent les CSB II 72heures après l’acte. A cet effet, à part les premiers soins, elles bénéficient d’un dépistage gratuit d’IST, de MST et de VIH Sida. En plus, elles bénéficient de la pilule du lendemain évitant ainsi le risque de grossesse non désirée. Toujours dans le cas de viol, seul le Centre Hospitalier de Référence peut délivrer un certificat d’expertise médico-légale. A priori, c’est le tribunal qui fait la demande de délivrance de ce genre de certificat et c’est lui-même qui prend en charge le mémoire de frais y afférent. Pour le cas de Tuléar I, la délivrance de ce certificat a été suspendue car les responsables au niveau de l’Hôpital ont décidé de ne plus le délivrer tant que les arriérés auprès du tribunal ne sont pas payés.

Pour le cas de certificat médical nécessaire à la constitution de dossier juridique, son coût est de 6.000 Ariary. Si pour les victimes, ce coût constitue un frein pour l’instruction de l’affaire au niveau du tribunal, pour les OPJ et les responsables du tribunal, ce coût n’est pas assez dissuasif pour arrêter la délivrance de certificat médical de complaisance.

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1.6.

SYSTÈME DE PRISE EN CHARGE JURIDIQUE

1.6.1. Au niveau de la justice informelle

1.6.1.1.

Au niveau de la famille

Dans le cas où la famille décide de régler l’affaire à l’amiable, l’auteur, à part la promesse de ne plus répéter, doit honorer le « fomba » ou la tradition en offrant à la famille de la victime un « ifikifika » ou la compensation de la lésion sous forme de paiement en nature (zébu ou coq) ou en numéraire selon les termes de négociation.

79,89% des enquêtées affirment qu’elles préfèrent traiter les cas de violences au sein de la famille que par d’autres institutions.

1.6.1.2.

Au niveau de la communauté

Ce sont les Chefs de quartier ou les Chefs de village qui règlent en premier lieu si la famille ou les victimes montent l’affaire au niveau des fokontany. Si on ne trouve pas un terrain de consensus et que l’affaire n’est pas réglée à ce niveau, elle montera au niveau des Chefs fokontany. Toujours est-il que dans les deux cas, après les « kabary » ou discours moralisateurs, les victimes attendent de ces autorités qu’elles arrivent à arranger l’affaire à l’amiable. Ce règlement à l’amiable signifie que l’auteur accepte de payer en nature ou en numéraire la compensation de ses actes. La valeur de cette compensation dépend des termes de négociation, raison pour laquelle les survivants préfèrent faire appel aux interventions des fokontany que d’aller au niveau des OPJ car ils pensent bénéficier plus de récompense, de compensation avec cette initiative.
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En cas d’infidélité, si l’auteur est une femme, en cas de « vamba » par exemple, la communauté exige plus de sanction que si l’auteur est un homme.

Pour ce qui est de droit à payer, chaque fokontany a ses propres règlements intérieurs. Souvent, ce droit est supporté aussi bien par le plaignant que les auteurs et il varie de Ar 5.000 à Ar 10.000. Généralement, les droits à payer au niveau des fokontany sont les doubles de ce qu’on paie si l’affaire est réglée au niveau des Chefs de quartier ou de village.

Dans deux cas bien précis, les Chefs fokontany ont tendance à ne plus traiter l’affaire : -­‐ -­‐ En cas de récidive Au cas où les victimes portent directement plainte au niveau des OPJ, n’ont pas eu gain de cause et retentent de régler l’affaire à l’amiable au niveau des fokontany.

1.6.2. Au niveau de la justice formelle

1.6.2.1.

Au niveau des Officiers des Polices Judiciaires

Les OPJ opèrent selon les normes et les règles en vigueur à Madagascar. Les cas de VSBG sont traités au même titre que les autres crimes et délits et ne bénéficient pas de traitement de faveur ni de priorité. Les dossiers d’inculpation sont souvent légers à cause de certains problèmes dont les plus rencontrés sont : -­‐ Les supposées mineures ont toutes des cartes d’identité nationale.

« Nous avons arrêté les prostituées dont l’apparence physique ne fait pas de doute qu’elles sont encore très jeunes et mineurs. Mais au moment des enquêtes, la

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majorité d’entre elles ont pu présenter une carte d’identité nationale authentique. Comme nous ne savons pas comment elles ont pu obtenir ces cartes, nous étions obligés de les relâcher. Dans ce cas, comment voulez-vous qu’on arrive à épingler leur « employeur » ? » SOSOHANY Asthine – Officier de Police - PMPM -­‐ Les plaignants et/ou témoins se rétractent à la dernière minute

« Un supposé violeur a été amené ici par les fokonolona car paraît-il, l’auteur a été pris en flagrant délit. Ainsi, dans la conduite des enquêtes préliminaires, nous avons demandé qui est le plaignant et qui est le témoin ? Personne ne s’est présentée, même pas la plaignante. Alors nous avons été obligés de relâcher le supposé accusé. » - Commandant de Brigade Fehisoa - Gendarmerie Nationale -­‐ Le certificat médical attestant l’ampleur de la violence est absent

« Comme le certificat médical nécessaire pour compléter le dossier est payant, certaines victimes n’ont pas souvent le moyen de le payer. En conséquence, le dossier d’inculpation est incomplet, ne permettant pas de juger la personne. » SOSOHANY Asthine – Officier de Police PMPM

Notons que deux fois par an, sous l’égide du procureur, les OPJ se réunissent pour une coordination des activités.

1.6.2.2.

Au niveau du tribunal

Des compétences locales

Aucun magistrat spécialisé au traitement des cas de VSBG n’existe auprès du tribunal de Tuléar I. Par contre, un juge des enfants traite les affaires relatives aux enfants mineurs.  Du kiosque de renseignements

Un kiosque de renseignements est disponible auprès du Tribunal de Tuléar pour orienter les gens et pour aider les plaignants quant aux démarches nécessaires. Les

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attributions des responsables du kiosque, qui sont d’ailleurs des salariés du Ministère de la justice, se limitent au niveau des conseils procéduraux mais non pas de conseils juridiques.  De l’assistance judiciaire

Si le plaignant n’a pas le moyen financier pour payer un avocat, le tribunal met à sa disposition un avocat commis d’office. Mais compte tenu de la gratuité de ses prestations, les investigations de cet avocat reste limitées. Par ailleurs, si sur le plan institutionnel, le Bureau d’Assistance judiciaire existe dans le tribunal de Tuléar, force est de constater que jusqu’à maintenant, faute de moyen, il n’est pas opérationnel.  Du traitement des incarcérés

Aucun centre de rééducation ni de centre de correction pour mineur n’existe à Tuléar I. En conséquence, si la mission du système carcéral pour mineur est la réinsertion sociale, ce manquement d’infrastructure ne permet pas d’atteindre cette mission. Signalons que grâce aux actions de Handicap International et des Aumôneries Catholiques et Protestantes, les conditions carcérales se sont beaucoup améliorées.

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PARTIE 4 : RECOMMANDATIONS

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En guise de conclusion, nous pouvons dire que les quatre formes de VSBG existent à Tuléar I avec des ampleurs différentes mais toujours assez importantes. Si aucune catégorie sociale et économique n’est épargnée par cette violence, on peut dire quand même que les auteurs de ces violences sont dans la majorité des cas des connaissances des survivants, notamment les partenaires, les parents et amis. En effet, les actes de VSBG à Tuléar I se passent généralement dans le ménage que dans les lieux publics. En d’autres termes, les victimes sont beaucoup plus exposées face à des VSBG chez eux qu’en dehors.

Face à ces VSBG, les survivants préfèrent de loin traiter les affaires dans les systèmes informels (familial et communautaire) que dans les systèmes formels (OPJ et tribunaux).

Par ailleurs, on peut dire que si aucune initiative n’a été menée dans le traitement et prise en charge des survivants de VSBG, les structures et institutions qui ont déjà travaillé dans des domaines plus génériques ou apparentés à la VSBG, existent et sont capables d’assurer ces actions de traitement et de prise en charge avec quelques améliorations organisationnelles et opérationnelles.

1.1. ENVIRONNEMENT INSTITUTIONNEL ET SYSTÈME D’INFORMATION

1.1.1. Environnement institutionnel Pour éviter la création d’autres réseaux avec à peu près les mêmes acteurs, il est recommandé d’élargir le réseau TAMIZATO à d’autres acteurs et avec la prise en main entre autres des problématiques comme la VSBG. Ainsi, le TAMIZATO (ou d’autres dénominations plus appropriées) devient le réseau pour la protection des droits humains.

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Il est vrai qu’actuellement, TAMIZATO a eu du mal à fonctionner, à se mobiliser et à s’organiser ; et ce, faute de financement et d’organisation institutionnelle. Ainsi, nous proposons l’institutionnalisation du réseau lui permettant d’une part, de mobiliser toutes les institutions parties prenantes indépendamment de la volonté de celui qui dirige ces institutions ; et d’autre part, de mobiliser des ressources pour son fonctionnement en tant que structure de coordination et de monitoring.

Sur le plan organisationnel, on gardera l’organigramme actuel avec la Commune Urbaine (ou le District selon l’attachement institutionnel) qui va assurer la présidence, et la Direction Régionale de la Population qui va assurer la coordination technique. Feront parties des membres du réseau, les : • Services Techniques Déconcentrés qui interviennent dans le

thématiques suivantes : santé, éducation, communication, justice, gendarmerie, police nationale, …, • Centres d’accueil, de prise en charge psychosociale, de prise en charge médicale, • Associations et ONGs d’envergure intervenant dans les thématiques

Pour chaque thématique, une institution assure le « lead » mais tout le monde participe dans les activités : A titre d’exemple : -­‐ Pour la maltraitance à l’encontre des enfants, ce sera une ONG qui a un centre d’accueil qui assure le « lead » ; -­‐ Pour la VSBG, ce sera une association pour la promotion féminine qui assure cette responsabilité -­‐ -­‐ Pour la santé de la reproduction, se sera un centre d’accueil médical, …

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Pour ce qui est du local du réseau, la commune urbaine va mettre en place un bureau chargé des affaires sociales qui sert à la fois du siège du réseau.

1.1.2. Système d’information et de monitoring Parallèlement à ce réseau pour la protection des droits humains, notamment la VSBG, il y a lieu de mettre en place des cellules de veille par fokontany voire par quartier. A cet effet, en collaboration avec les chefs fokontany, les cellules de veille seront les membres des associations et ONGs membres du réseau qui sont déjà acquis à la cause. Ces cellules auront comme mission la remontée des informations des cas de VSBG dans leur zone de veille respective au niveau du réseau ; même les cas traités au niveau des structures communautaires méritent d’être remontés pour s’assurer que les données obtenues sont les plus exhaustives et les plus à jour possibles. Cette remontée d’informations ne signifie pas forcément signalement, mais si tel sera le cas, si le responsable de la cellule de veille accepte de réaliser cette action de signalement, ce sera encore mieux.

Par ailleurs, aussi bien les OPJ, les Formations sanitaires que le tribunal, sont sollicités à désagréger les données qui sont en leur possession : une désagrégation nécessaire à l’exploitation et le suivi des données. Les données remontées feront l’objet d’un traitement au niveau du réseau pour permettre le suivi et les impacts des activités et l’efficacité du système. Ces données traitées seront consultables par tous les membres du réseau et au mieux, feront l’objet d’un feed back au niveau des cellules de veille.

1.2. SYSTÈME DE SENSIBILISATION ET D’EDUCATION

Pour s’assurer d’une optimisation des impacts des campagnes de sensibilisation de masse, il y a lieu que le réseau, préalablement constitué, élabore une stratégie de

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communication avec les messages clés à transmettre, les média et supports à utiliser. De par cette stratégie commune, chaque institution adapte son plan de communication selon leurs caractéristiques respectives et selon les exigences de leurs bailleurs de fonds respectifs. Toujours est-il que pour s’assurer d’une meilleure complémentarité, une meilleure harmonisation des interventions, chaque institution membre du réseau a l’obligation d’informer le réseau de son plan de communication.

Dans cette stratégie commune, pour s’assurer d’un même langage, il est proposé à ce que le réseau élabore un kit de sensibilisation qu’il va distribuer aussi bien au niveau des cellules de veille, au niveau de chaque centre, au niveau de chaque fokontany, au niveau de chaque association (éducative, culturelle, sportive) et au niveau de chaque organe de presse.

Par ailleurs, il est très important d’impliquer les médias locaux dans cette campagne de sensibilisation. A cet effet, pour garantir leur implication réelle et la qualité de leur couverture médiatique, il y a lieu de créer un pool de journalistes spécialistes en la matière grâce à un renforcement de compétence adéquat.

A part ces campagnes de communication de masse, il est recommandé de lancer une campagne de communication ciblée ou plaidoyer à l’endroit des autorités politiques, sociales, traditionnelles et religieuses pour qu’elles affirment leur volonté et leur engagement dans cette lutte contre la VSBG. Cette volonté et cet engagement seront matérialisés par leurs participations effectives et physiques durant les campagnes de sensibilisation de masse.

Puis, pour marquer le coup et pour avoir un fort impact médiatique et psychologique, il est recommandé au réseau d’organiser un évènement de communication d’envergure avec la participation de tous les acteurs étatiques ou non.

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Enfin, comme les problèmes de l’éducation dépassent le cadre régional, le réseau est recommandé de faire des actions de plaidoyer voire de lobbying auprès des autorités scolaires et auprès des dirigeants politiques pour une amélioration dans la mesure du possible des infrastructures scolaires

1.3. SYSTÈME DE PRISE EN CHARGE PSYCHOSOCIALE

Des travailleurs sociaux

Dans la mesure du possible, les centres d’accueil sont invités à recruter des travailleurs sociaux de formation pour garantir la qualité des interventions. Par ailleurs, ils peuvent aussi réaliser une action de plaidoyer pour une décentralisation de l’Institut Supérieur du Travail Social au niveau du Chef lieu de province.  Des centres d’écoute et de conseil

Comme la majorité de la population ressent une certaine crainte vis-à-vis des bureaux administratifs, il est important que le centre d’écoute au niveau de la Direction Régionale de la Population ait un accès indépendant. Par ailleurs, il est recommandé de renforcer la capacité des ONGs qui ont la possibilité d’assumer ce rôle (FISA, Bel Avenir, SOS Village d’Enfants, …). Ce renforcement de capacité va du renforcement des ressources humaines, jusqu’à l’uniformisation des outils d’enregistrement, en passant par l’amélioration des structures d’accueil (salle d’écoute respectant la confidentialité, …).

Comme les survivants nécessitent un appui surtout au moment de l’acte ; pourtant, à cet instant, elles n’ont plus d’hébergement ; il est recommandé d’ériger un centre d’hébergement provisoire des survivants pour s’assurer de leur sécurité physique et psychologique. A cet effet, les centres d’accueil pour enfants vulnérables existant actuellement doivent être appuyés pour leur permettre, en plus de leur activité classique, d’accueillir les survivants de VSBG référés par le réseau.

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1.4. SYSTÈME DE PRISE EN CHARGE MEDICALE

Une collaboration formelle doit exister entre les formations sanitaires et le réseau (dont elles font parties) pour que : -­‐ L’obtention d’un certificat médical soit gratuite pour les personnes référées par le réseau. Ce référencement par le réseau est important pour éviter toute forme d’abus ou la délivrance d’un certificat médical de complaisance ; -­‐ Les personnes référées par le réseau auprès des formations sanitaires bénéficient des avantages du FANOME, entre autre, la gratuité des soins et des médicaments ; -­‐ Le paiement des frais de mémoire pour la délivrance du certificat médicolégal soit étudié au niveau du réseau (le tribunal et l’hôpital font partie intégrante du réseau) pour que ce ne soit pas les survivants qui supportent ce problème institutionnel.

1.5. SYSTÈME DE PRISE EN CHARGE JURIDIQUE

1.5.1. Au niveau de la justice informelle Puisqu’on ne peut pas se passer des structures communautaires pour régler les problèmes relatifs à la VSBG, il est recommandé de les cadrer pour qu’il n’y ait pas d’abus et pour que les survivants soient les premiers bénéficiaires de leurs interventions. A cet effet, les Chefs fokontany, les Chefs de quartier ou de village doivent être formés sur les techniques d’écoute relatives au cas de VSBG. Par ailleurs, les DINA doivent être vérifiés pour qu’ils soient conformes avec la législation en vigueur.

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Enfin, les Chefs fokontany doivent être sensibilisés pour référer l’affaire au niveau des autorités compétentes pour certaines catégories de VSBG, notamment les viols et les tentatives d’homicide.

1.5.2. Au niveau de la justice formelle Il est recommandé au Chef district et/ou au maire de la commune urbaine de Tuléar d’organiser une réunion annuelle entre les OPJ, le Tribunal et les Chef fokontany pour une meilleure coordination de leur intervention et une meilleure compréhension des exigences et contraintes de chacune des entités.

Un projet de mise en place d’une clinique juridique au niveau de la Direction Régionale de la Population est en cours, mais pour éviter les impacts de la phobie de certaines catégories de population de tout ce qui est « bureau administratif », nous recommandons, d’une part, de créer un accès indépendant à cette clinique juridique ; et d’autre part, de le faire gérer par un personnel privé évitant ainsi les impacts négatifs de toute forme d’affectation et de pression si ce sont des fonctionnaires qui assurent les services.

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ANNEXES

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BIBLIOGRAPHIE

1. Enquête Périodique auprès des Ménages Madagascar 2005 Institut National de la Statistique Madagascar Juin 2006 2. Enquête Démographique et de Santé Madagascar 2008 – 2009 Institut National de la Statistique Madagascar – ORC Marco Calverton Maryland USA Avril 2010 3. Evolution de la situation socioéconomique des ménages de la ville de Tuléar en période de crise politique. Mc RAM round II – Décembre 2010 Madagascar Système des Nations Unies Février 2011 4. Violence sexo-spécifique : manuel d’outils pour l’évaluation préliminaire, la conception, le suivi et évaluation du programme Le consortium « Reproductive Health Response in Conflict » Février 2004 5. Etudes sociales et juridiques sur la vulnérabilité des enfants en situation de handicap face à la violence sexuelle Handicap International – Madagascar Décembre 2010 6. Evaluation des mécanismes de suivi et de réduction des violences basées sur le genre à Madagascr BOSS Corporation – UNFPA Août 2010

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Etat  des  lieux  sur  le  traitement  des  cas  d’abus  et   de  violence  sexuelle  basée  sur  le  genre  par  le     système  formel  et  informel  à  Tuléar  I  

       

 

 

 

 

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7. Recherche et étude dans le Sud et le Sud Est sur la violence et les pratiques discriminatoires envers les femmes et les enfants Bureau d’études INNOVIA – Ministère de la Population – FNUAP Juin 2006 8. Statistique démographique – Tuléar I Institut National de la Statistique 2009 9. Annuaire scolaire 2011 Circonscription Scolaire de Tuléar I 10. Statistique des formations sanitaires du district de Tuléar I en 2011 Circonscription Médicale de Tuléar I 11. Statistique des plaintes 2010 - 2011 Police des Mœurs et des Mineurs Tuléar 12. Rapports d’activités 2010 - 2011 Centre Hospitalier de Référence Tuléar

Consultant : Faly Hery RASOANAIVO

92  

Etat  des  lieux  sur  le  traitement  des  cas  d’abus  et   de  violence  sexuelle  basée  sur  le  genre  par  le     système  formel  et  informel  à  Tuléar  I  

       

 

 

 

 

Rapport  final                      Mai  2011  

 

LISTE DES INTERVIEWES
FILY Jean Louis Directeur Régional de la Population Sud Ouest

-

EDWIGE Malihy Chef de Service de la protection de l’enfant, du genre, de la famille et de l’enfance Direction Régionale de la Population

-

ABODOU ALLAHOI Responsable Suivi et évaluation des projets et programmes Direction Régionale de la Population

-

RASOANIRINA Germaine Chrétien Chef de service de district de la population et des affaires sociales Direction Régionale de la Population

-

RAKOTOMANANTSOA Vernet Direction Régionale de la Population

-

Directeur ONG Bel avenir

-

Haingo RANDRIANASOLO Directeur Adjoint ONG Bel avenir

-

REJO RAHARIMALALA Odette 2ème adjoint au Maire Commune Urbaine de Tuléar I

-

Yvonne RAZANAJANAHARY Présidente

Consultant : Faly Hery RASOANAIVO

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Etat  des  lieux  sur  le  traitement  des  cas  d’abus  et   de  violence  sexuelle  basée  sur  le  genre  par  le     système  formel  et  informel  à  Tuléar  I  

       

 

 

 

 

Rapport  final                      Mai  2011  

Association FIVEMITO

-

MAMIARIJAONA Paul Chargé de projets ACDEM

-

SOSOHANY Asthine Officier de police Police Nationale

-

Bruno ALTOPHERE Inspecteur de police Police Nationale

-

RAMAROSON Miray Olga Juge des enfants TPI Tuléar

-

Michel REHAVANA Premier substitut au Procureur TPI Tuléar

-

Marie Dolly RAZANAPAHATELO Enfants du Soleil

-

Docteur MONJA Christine Directeur CHRR Tuléar

-

Johannes ZANDVLIET Directeur Orphelinat Nathanaël

-

Commandant de Brigade Fehisoa

Consultant : Faly Hery RASOANAIVO

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Etat  des  lieux  sur  le  traitement  des  cas  d’abus  et   de  violence  sexuelle  basée  sur  le  genre  par  le     système  formel  et  informel  à  Tuléar  I  

       

 

 

 

 

Rapport  final                      Mai  2011  

Gendarmerie Nationale

-

Rivo RANJATOSON Référant National du Projet Vulnérabilité des enfants handicapés face à la violence sexuelle Handicap International

-

Père Pierrot EKAR Sanfily

-

Juliette RAHARISOA Conseillère Justice et paix

-

SOJA Vincent Commissaire au compte Justice et paix

-

BERNY Rabefiantra Conseiller Justice et paix

-

RAKOTOARIVONY Berkmas Secrétaire Général Justice et Paix

-

Arline Totonefokemba Présidente TDS Association FIHAMY

-

Archiduc Président Association MIAVOTENA

Consultant : Faly Hery RASOANAIVO

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Etat  des  lieux  sur  le  traitement  des  cas  d’abus  et   de  violence  sexuelle  basée  sur  le  genre  par  le     système  formel  et  informel  à  Tuléar  I  

       

 

 

 

 

Rapport  final                      Mai  2011  

-

Fabiola LIN CHAN Kiosque d’informations Tribunal

-

GILBERT Romain Chef district Tuléar I

-

Commissaire Martial RANOARISON Commissariat central

-

Rotsy RAZAFINIMANANA SALFA

-

Chef CISCO

-

Ahiavao Tsihafa Marianne Préférée Vice présidente ONG Mondobimbi

-

Monique COUCOU OMEF

-

Docteur RAZAFINDRAVOLA Julienne Médecin Inspecteur Service de district de la santé publique

-

Docteur RANABOSON Jianie Coordonnateur de programme FISA

-

Hanta RAZANAKOLONA SOS Village des enfants

-

Yvette DERASON

Consultant : Faly Hery RASOANAIVO

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Etat  des  lieux  sur  le  traitement  des  cas  d’abus  et   de  violence  sexuelle  basée  sur  le  genre  par  le     système  formel  et  informel  à  Tuléar  I  

       

 

 

 

 

Rapport  final                      Mai  2011  

Coordinatrice Croix Rouge Doctorante en Sociologie

-

Mananandro Julienne Présidente Dinika sy Rindra ho an’ny Vehivavy

-

Juliette RAHARISOA Présidente d’honneur VMLF Psychologue

-

RAYMOND Daniel Directeur Régional de la Santé Sud Ouest

-

JAONARISAONA Bertin Directeur Régional de l’Education Nationale Sud Ouest

-

RAZAFIMANDIMBISOA Brigitte Victime

-

BAHOLIARISOA Pierrette Chef Fokontany Tanambao Morafeno

-

RASOAMASY Victime

-

BAZANA Fidéline Chef Fokontany Tsianengea

-

Virgininia Institutrice

-

ATEIFA TAHERA Chef Fokontany Tanambao I

Consultant : Faly Hery RASOANAIVO

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Etat  des  lieux  sur  le  traitement  des  cas  d’abus  et   de  violence  sexuelle  basée  sur  le  genre  par  le     système  formel  et  informel  à  Tuléar  I  

       

 

 

 

 

Rapport  final                      Mai  2011  

-

FANAMPINDRAINY Gabin Victor Chef Fokontany Toliara centre

-

Rolando Police

-

DINH VAN Clarette Médecin

-

RAZAFIMALALA Jeanne Diacre

-

RADENY Chef Fokontany Mahavatse I Ouest

-

Marie Jeanne Marinah Victime

-

MAHASOLO Arcisse Directeur EPP Mahavatse I

-

MANOATSE Julien Chef Fokontany Mahavatse Tanambao

-

Marie Jeanne Institutrice

-

ABDOU Désiré Directeur Ecole Joli citadin

-

ALEXANDRE Mahavy Chef fokontany Tanambao Motombe

Consultant : Faly Hery RASOANAIVO

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Etat  des  lieux  sur  le  traitement  des  cas  d’abus  et   de  violence  sexuelle  basée  sur  le  genre  par  le     système  formel  et  informel  à  Tuléar  I  

       

 

 

 

 

Rapport  final                      Mai  2011  

-

RAFALIMANANA Nicolas Pasteur

-

RANTSOAVINA Manantsoa Aimé 1er Adjoint Chef Fokontany Mahavatse II Ouest

-

TSIRONAINA Maha Paulin Chef Fokontany Tsimenatsy III

-

Docteur MAHEVITRA Landrys Médecin

-

RAKOTOMALALA Sedera Directeur Ecole Joli nid

-

FINARITRA Sidonie Sage Femme

-

RASOANIRINA Esther Chef Fokontany Tsimenatse I Ouest

-

Pasteur Armand Flamme de Dieu

-

Docteur ANDRIAMINO Bruno Médecin Responsable Marie Stopes International

-

ZANTERA Milson Chef Fokontany Tsimenatse I Est

-

Dédé Surveillant Général

Consultant : Faly Hery RASOANAIVO

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Etat  des  lieux  sur  le  traitement  des  cas  d’abus  et   de  violence  sexuelle  basée  sur  le  genre  par  le     système  formel  et  informel  à  Tuléar  I  

       

 

 

 

 

Rapport  final                      Mai  2011  

CEG Mahavatse II

-

Patou Travailleur de sexe

-

TRIEL Jean de Dieu Chef Fokontany Mangabe

-

Docteur RATOVOSON Médecin chef CSB 2 Betania

-

TSIHONY Chef de village

-

Soeur Michel Directrice centre d’alphabétisation Foyer Mère Carlin

-

Solange Berthine Victime

-

Rasolontena Rasoloniaina Chef Fokontany Betania Tanambao

-

Miasy Jean Elson Chef Fokontany Betania Ouest

-

TATA René Chef de village

-

FIHILANA Oméga Gendarme

Consultant : Faly Hery RASOANAIVO

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Etat  des  lieux  sur  le  traitement  des  cas  d’abus  et   de  violence  sexuelle  basée  sur  le  genre  par  le     système  formel  et  informel  à  Tuléar  I  

       

 

 

 

 

Rapport  final                      Mai  2011  

-

NIMEHA Félicie Directrice EPP Besakoa

-

SOAFILIRA Cinha Chef Fokontany Anketraka

-

JEAN CLAUDE Chef Fokontany Tsongobory

-

Fataka Armand Chef Fokontany Anketa Haut

-

RAKOTONIRINA Paul Gendarme

-

RATSIMBASON Aina Directrice Ecole le Rossignol

-

BOZY Josiane Pasteur

-

RAZAFINDRAVELINA Antoinette Pasteur RHEFI

-

Ezoetana Chef Fokontany Betaritarika

-

VITA SIDISON Dédé Chef Fokontany Betania Ankilifaly

-

YARIHAJA Redefake Michel Olobe

Consultant : Faly Hery RASOANAIVO

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Etat  des  lieux  sur  le  traitement  des  cas  d’abus  et   de  violence  sexuelle  basée  sur  le  genre  par  le     système  formel  et  informel  à  Tuléar  I  

       

 

 

 

 

Rapport  final                      Mai  2011  

 

LISTE DES FOCUS GROUP

N° 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24  

SEGMENTS Homme de 15 à 24 ans Homme de 15 à 24 ans Homme de 15 à 24 ans Homme de 15 à 24 ans Homme de 15 à 24 ans Homme de 15 à 24 ans Femme de 13 à 18 ans Femme de 13 à 18 ans Femme de 13 à 18 ans Femme de 13 à 18 ans Femme de 13 à 18 ans Femme de 13 à 18 ans Homme plus de 25 ans Homme plus de 25 ans Homme plus de 25 ans Homme plus de 25 ans Homme plus de 25 ans Homme plus de 25 ans Femme plus de 18 ans Femme plus de 18 ans Femme plus de 18 ans Femme plus de 18 ans Femme plus de 18 ans Femme plus de 18 ans Besakoa

LIEU

Betania Tanambao Ampasikibo Betaritarike Tsimenatse I Ouest Tsenengea Andabizy Tsimenatse I Est Tsianaloke Betania Mangabe Amboroneoky Ouest Tanambao I Betania Ankilifaly Amborogony Tanambao Morafeno Mahavatse II Ouest Motombe Tanambao Tuléar Centre Ankiambe bas Mahavatse II Est Ankatrabe Mahavatse Tanambao Antaninarenina Andaboly

Consultant : Faly Hery RASOANAIVO

102  

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