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MAURICE TALMEYR

LA

ERANC-MACflNNERIE
ET LA

m REVOLUTION FRANÇAISE
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ROISIÈME MILLE

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Librairie académique

PERRIN

et

C'

DU MEME AUTEUR

Tableaux du

siècle dernier.

Un bourg
Chez
de

de France.

les verriers.

La Cité du sang. Le marchand de vins. — L'école du Trocadéro. L'âge


3

l'affiche.

{Couronné par

l'Académie française.)
fr.

Un volume

in-16

50

Sur

le Turf.

Un volume

in-16. illustré de 86 repro3
fr.

ductions photographiques

50

MAURICE TALMEYR

LA

FRANC-MACONNERIE
ET LA

RÉVOLUTION FRANÇAISE

PARIS
LIBRAIRIE ACADÉMIQUE DIDIER

PERRIN ET
35,

C'%

LIBRAIRES-ÉDITEURS
35

QUAI DES GRANDS-AUGUSTINS,
1904 Tous
droits réservés

Au Comte et à la Comtesse Boni de Castellane en souvenir de leur noble initiative. T. M. 207SC86 .

LA FRANC-MACONNERIE
ET

LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
Mesdames
1789, en
la

et

Messieurs, quel a

été,

en

1792 et en 1793, le rôle exact de

Franc-Maçonnerie
?

dans

la

Révolution

française

Les
la

documents

authentiques,

émanant de

Maçonnerie elle-même, ne
le

peuvent pas, on

comprend, ne pas être

rares sur ce point.
serait pas

Une

société secrète
si elle

ne

une société secrète,

ne pre-

nait pas le plus

grand soin de cacher tout ce
elle,

qui peut renseigner sur

et les

témoiles

gnages

positifs, là

où par principe on

supprime, ne

peuvent nécessairement pas
si

abonder. Néanmoins,

le véritable

témoiil

gnage nous
est pas de

fait

souvent ainsi défaut,
de certains
faits,

n'en

même

singuliè1

2

L\ l'RAKC-MAÇONNERIE
saisissants^ et qui

rement

en arrivent, rapà

prochés les uns des autres,

produire une
la

lumière presque aussi probante que

lu-

mière

même

des documents. Or ces

faits-là

sont innombrables, et la démonstration qui en
résulte, c'est qu'il n'est peut-être

pas une

seule des grandes journées de

la

Révolution

qui n'ait pas été, plus ou moins longtemps à
l'avance,

machinée

et

répétée dans les Lo-

ges,

comme on

répète et

comme on machine
Suivez donc
qui vont
faits

une pièce dans un

théâtre...

avec un peu d'attention les

vous être exposés,

et

vous verrez,

comme

de

vos yeux, tout un grand pays violemment
transformé, parla plus évidente des conspirations,
le

en une immense

et véritable

Loge. Vous

verrezjeté par force dans toute une succes-

sion d'épreuves maçonniques graduées, dont
les

premières dissimulaient soigneusement
mais dont
la

le secret final,

dernière, dès le

début, avait toujours dû être le meurtre du
Roi, pour aboutir au but
c*est-à-dire à la
lité

suprême
la

et

caché,

destruction de

nationa-

elle-même

!

ET L\ RÉVOLUTIO> FRANÇAISE

3

Avant d'en arriver aux

faits

particuliers,
fait

nous constaterons d'abord un grand
néral, c'est

gé-

que

l'histoire

de

la

Révolution a

toujours joui, jusqu'ici, du privilège singulier d'être

acceptée

comme
l'ait

histoire, sans

que

personne, au fond,

jamais expliquée.

D'après les documents les moins niables, et

contrairement à une légende audacieusement
fabriquée,
la

nation française,

comme masse

populaire, en dehors d'une certaine noblesse,

d'un certain clergé
geoisie, était alors
et royaliste.

et

d'une certaine bour-

profondément catholique

Au moment même où on massaoù
l'on détruisait avec le

crait les prêtres,

plus de rage tout ce qui était de la Religion
traditionnelle,

on

avait

dû renoncer

le

à inter-

dire les processions dans Paris,

peuple,

comme
gnages

l'établissent aujourd'hui les témoiles plus précis, obligeait,

en pleine

Terreur,
à

les

patrouilles
la

de
les

sectionnaires

rendre

dans

rue

honneurs

au

saint Sacrement^.
1.

Quant au culte envers

Si

un

prêtre portant le viatique passe dans la rue, on
«

Toit la

multitude

accourir de toutes parts pour se jeter à

qui n'ait ôté son chapeau. » (Taine. femmes. la Pendant deux ans. Le jour où la châsse de Saint-Leu est portée en procession rue Saint-Martin. pour outrager ressaisis. jeunes et vieux. pour le descendant de exaltation. toute la force » armée mise sous les En même temps. . comme en octobre 1789. dit un spectateur attentif. pendant que la famille royale prend son repas ? On voit le député genoux. Que voit-on. se précipitant en adoration ». la Conquête jacobine^ t. cette fois encore. tous. hommes. Voir.4 le prince. tourne. un seul homme armes. sont tout à coup lui. elles obligent le comité révolutionnaire de Saint-Eustache à autoriser une autre procession. « les citoyennes des Halles se s'il n'y aurait pas moyen de tapisser. il se prouve par les manifes- tations mêmes le dirigées contre sa personne. et. chacun s'agenouille. en sa monarques ^ Toute leur présence. Histoire concertaient pour savoir Dans la française^ le récit de l'arrivée des la tentative de meurtre sur Louis femmes devant le Roi. et XVI dans le palais même de Versailles. en respect et en tendresse. le en face de de l'insurmontable amour de ses leur race.. soldés souverain. au retour de Varennes. m. semaine qui suit. dans Louis Blanc. cri Révolution se la fait au de Vive Roi! Ensuite. et plupart même des hommes des femmes d'émeute.. II. Au corps de garde de la s'est section Mauconseil. chap. « tout le monde se prosterne : je n'ai pas vu.) de la Révolution I.

à Paris. ». Taine constate. les ennemis de de la Monarchie ne sont plus élus partout le que par dixième. à Besançon. se confirme. (Taine. que Révolution. il y en a 1447 qui ne viennent pas aux assemblées primaires. sur 3200 électeurs inscrits.. ! et le comme un à cette chambre Et ce sentiment catholique général royaliste. par tions. « A Chartres. 1. un an déjà avant de soixante-quatorze mille le 10 août. sur 2500 inscrits. Pour la nomination du maire et des officiers municipaux. au mois d'août et de novembre de la même année. et 2 900 au mois de novembre suivant. sur 1551 citoyens actifs. puis par le quinzième. on compte plus de 2000 absents. ne peutpas s'expliquer? On comprend une nation comme l'Amérique. en consé- quence. ii. de façon les chiffres certaine. A Limoges. etc. il ne se trouve que 150 votants. aux assemblées primaires de 1791. la Conquête jacobine. puis par le vingtième des électeurs. 1.. plus abstenants sur i ! quatre-vingt-un mille deux cents inscrits N'est-il pas rigoureusement la vrai.) . en mai 1790.ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE 5 révolutionnaire Barnave se tenant respecle tueusement servant debout derrière valet de et Roi. A Grenoble. on compte 2141 absents en janvier 1790. et mêmes la des élecReligion Dès 1790. sur un nombre à peu près égal d'inscrits. presque époque. considérée comme mouvement national. t. ckap.

qui les veut. quels qu'ils soient. qui ne et qui les renverse avec fu- Révolution-là est tellement inexplicable que tous les historiens. la «Providence ». qui ne sont pas dix mille électeurs sur cent mille. Nous sommesdonc ». renoncent. caries explications parla «fatalité». timent divin. Ils ne sont même pas la nation qu'ils disent être. Et cette le sang. a la On ne comReligion et la prend pas une nation qui Monarchie dans veut qu'elles. la «force des choses « ». en outre. ne sont pas des explications. un caractère universel. bien devant une et ce « inconnue devant un X. non seulement appellent leur révolution la Révolution française. à l'expli- quer. ce sont ces révolutionnaires en nombre infime. en réalité. qui ne représentent pas la France. avec cela. et domination anglaise est impopu- qui s'en débarrasse. reur. mais lui attri- buentencore. et qui. qui ajoute encore à l'énigme. ou V anarchie spontanée ait les seules qu'on nous encore données. ils prétendent néanmoins régenter toutes nations au les autres nom de cette nation . le châ».6 LÀ FRANC-MAÇONNERIE la chez qui laire.

A. et ses la Révolution. deux premiers grands maîtres autaient été deux Anglais. pour l'année maçonnique commençant le l«r mars 1899 (E. par le duc de Chartres. Paris.ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE qu'ils 7 ne sont pas. cependant. la Où en était. de 1771 à 1793.. Louis de Bourbon. rue Cadet. 11. toute une série de faits nous répondra pour eux. et. comte de Glermont. Elle est ensuite présidée le par un grand seigneur français. s'ils ne nous répondent pas toujours eux-mêmes. au dix-huitième siècle. et. ? Franc-Maçonnerie en France Elley daterait. à leur et personne.. puis. directeur). personne !. Eh nous leur demander.. . plus tard encore. Derwentwa- et lord Harnouester. puis par un prince du sang. Y.-. exactement. n» 16. secrétariat du Grand Orient. duc d'Antin.). de soixante-quatre ans avant de 1725. liste chronolo- gique des grands maîtres et des présidents de l'Ordre en France (Imprimerie Nouvelle [Association ouvrière]. plus tard duc d'Orléans. Phi- lippe-Egalité *. d'après ses propres annuaires. ne ils songe demander comment le se trou- vent ainsi représenter tout représentant allons le monde en ne bien..-. et comme paren- 1. Annuaire du Grand Orient de France. lord ter. rue Cadet. Mangeot. En outre.

désigne la Franc-Maçonne- comme une le continuation mystérieuse de l'Ordre des Templiers.. dans un temps où le prosélytisme il ne se forma point de . vers 1723. Nous examinerons si philosophique eût été dangereux. LA FRANC-MAÇONNERIE nous pouvons encore faire sait quelques remarques intéressantes. et ces délégués. XVI a pour Temple. se réunissent. en assemblée nationale. Gon- dorcet. fut de s'ériger. établis De plus. et à Ver- sailles. Elle appelle à Paris des délégués de tous les points de la France.. se déclare en danger. et le étaient des Jacobites^ la grand club directeur le de Révolution est Club des Jacobins..8 thèse. dans la Septième époque des Progrès de rie r esprit humain. « La grande assemblée annuelle si. que la manifestation révolutionnaire du en 1789.. les premiers maçons en France. On première tiers état... en Assemblée nationale^ : que la for- mule fameuse déclarer la patrie en danger devait devenir sacramentelle en 1792. ancien asile de ces ^.. dix-huit ans déjà avant 1789. la Maçonnerie. en 1771. mêmes Templiers 1. Or. et Louis prison. à la suite de graves crises intérieures.

un petit nombre de vérités simples.. Esquisse d'un tableau des progrès de Vesprit humain Septième époque. » (Condorcet. elle avait à proscrire quand un adepte. » cou- ronne des Or. sous Terreur. et l'acte suprême de Révolution sociétés secrètes destinées à perpétuer. La Maçonnerie. pendant qu'on lui la « Ce bonnet vaut mieux que rois. et chacun était comment.. le prince qui avait même Tem- exterminé l'Ordre la des pliers.. à répandre sans danger.) : .. on déclaré suspect. en Maçonnerie. l'orateur.ET L. avant la Révolution. sait le déclarait. se coiffait disait : le récipiendaire. comme « de sûrs préservatifs contre les préjugés dominateurs. D'après Louis Blanc. parmi quelques adeptes.. Nous chercherons si l'on ne doit point placer au nombre de ces sociétés cet ordre célèbre. contre lequel les papes et les rois conspirèrent avec tant de bassesse et qu'ils détruisirent avec tant de barbarie. d'un bonnet. se coiffait du bonnet rouge. la suspect.. consistait à faire opérer effi- au dignitaire maçonnique l'exécution en gie d'un roi de France sur un mannequin représentant Philippe le Bel. au Club des Jacobins. Enfin.V RÉVOLUTION FRANÇAISE le 9 la des francs-maçons s'appelle Couvent^ et plus fameuse assemblée révolutionnaire s'appellera la Convention. l'une des épreuves de la Franc-Maçonnerie.

p. Kadosch M.. le Bel. Mais nous pouvons déjà. malgré ses crises. de même. nous sentir dans une certaine atmosphère -. Le Franc. 220. je l'ai tué. la France Juive. 3/^moires pour servir à V/iistoire du Jacobinisme.10 LA FRANC-MAÇONNERIE devait ctre. comme en témoigne ses grands maîtres. le Grand'Maître des « Il faut l'initié se . c'est Molay. Templiers. Monfjoie ou de M. je les tiens des initiés eux-mêmes. II. finit Elle devient à la et le par faire fureur Grand Orient en arrive à créer ces fales meuses Loges cVadoption où 1. Texéculion du Roi ^. dans la la période immédiatement antérieure à Révolution. une marche ascendante rapide. Voir également Drumont. et celui qu'il faut tuer. cependant. En somme. . » (Barruel.. et ce sont peut-être là de pures coïncidences. ne cesse pas de suivre. avec ces coïncidences. I. portant s'éciie Nekom. p. mode. « il où l'adepte sort de : l'anire. Je n'ai point pris de connaissances du grade des les livres de simplement dans 1803... c'est sous qui Tordre des Chevaliers du un roi. t. d'ailleurs. Hambourg.) 2. la la liste de Franc-iMaçonnerie. à ces premières remarques plus d'importance qu'elles n'en comportent ? Non. Doit-on donner. 279. c'est Philippe Temple fut détruit. t. femmes encore ici renouveler l'épreuve du grade où change en assassin mais le Maître des Frères à venger n'est plus Hiram. la tête de ce Au moment roi..

ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE étaient admises. nous apprend M. d'Alméras. en banquets. ». en démonstrations de bienfaisance. à la fin du banquet. par Heni-i d'Al- méras. des bour- sont des « actrices. inoffensif. faisait « et on une quête. . 1904. la Franc-Maçonne- au moins en apparence. auleur d'une récente histoire de Gagliostro. avec la pro- messe d'un mystère. en faveur des pères et mères retenus en pri- son pour n'avoir pas payé les mois de nourrice de leurs enfants )>. Telle est. la façade de fois la Franc-Maçonnerie. Les récipiendaires 11 femmes. des danseuses. Alors. ni des Loges. Elle est et à la somptueuse amusante. Paris. la duchesse de Bour- bon recevait le litre de grande maîtresse de toutes les Loges d'adoption de France. Les Romans de l'histoire: Gagliostro. et qui ne semble Tennemi ni de Gagliostro. le duc de Chartres tificat l'installait lui-même dans ce pon- féminin. En 1775. au milieu de fêles magnifiques. en résumé. probablement 1. pendant toute cette période. consiste surtout en bals. geoises ou des grandes dames sans préju- gés rie.

à rintérieur de même maison. et qu'on » y 1. Je vois qu'on n'y fait pas que de jolies chansons. Mme (( de Lamballe « J'ai lu avec grand inté- rêt ce qui s'est fait dans les loges francet ce maçonniques que vous avez présidées. en un mot. On la donne sensation d'une vie en double où l'on s'appelle de noms de guerre. On s'y mêle entre la gens de la bonne société l'illusion et de moins bonne. . en échan- geant des mots de passe. la société dans ce jeuet à Les plus honnêtes gens s'en mettent.12 et peut-être la LA. petit frisson On se procure le d'attendre quelque chose de secret qui sera peut-être défendu. fait aussi du bien K Publication Feuillet de Conches. parle marquis Costa de Beauregard. : Marie-Antoinette à cette époque. et un prodigieux enjouement jette toute là. FRANC-MAÇONNERIE agréable. « « (( dont vous m'avez tant amusée. on s'y divertit énormément. Sous prétexte de philanthropie. dans qui ne se d'une égalité sociale manque pas toujours de piment. à ces jeux innocents qui ne le sont pas toujours. citée dans les Souve- nirs du comte de Virieu. On joue en grand. écrit.

et lire certain Il suffit. en outre. dans laquelle il les comparait « ^ aux voleurs qui percent donc. On pouvait moment- ne pas déjà voir dans les Loges de simples lieux d'amusements. du dix-huitième siècle. Le pape contre Clément XII. avait émigré à Londres après 1792. comme tout le monde. pour s'en convaincre. et vue seule des qui s'y donnaient causait. pouvaient pas dire pourquoi taient. à chatouiller leur frivolité. comme la la malheureuse fêtes Marie-Antoinette. ils Ils ne l'y ressenil mais ils l'y ressentaient. d'ailleurs. et. à beau- coup de gens un inexprimable malaise. cependant. dès ce la maison là. des réunions maçonniques. si extraordinaire à amuser les Français. avait lancé eux une bulle assez suggestive. chassaient assez rudement ces francs-maçons qui s'atta- chaient en France. Voir aux Documents. 13 aucun motif dès le de se méfier? milieu Si. )). et certains Etats. avec une activité. . de passage des Mémoires de Barruel. avant la Révolution. à les faire danser.ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE N'existait-il donc. à avait été sollicité de prendre part 1.

il Depuis plus de vingt ans.. La partie .. On me lieu « dispense du serment. les domestiques renvoyés. Je cherche . Je résiste encore. ils prirent le parti de m'enrôler fut liée. on pro- « pose de se former en loge et de m'initier. ils me sollicitaient (( inscrire dans leur confrérie. On m'invite « à « ce dîner chez un ami je me trouve seul pro- fane au milieu des maçons.14 « L. « « « ce s'en trouvait dans mes connaissances.V FRANC-MAÇONNERIE raconte-t-il.. et alors commencent toutes ces singeries et ces « « cérémonies puériles que l'on trouve décrites dans divers livres maçonniques.... insiste.... me faire Sur mon refus de « constant. « malgré moi. Le repas ter- miné.. et parmi ceux-là plum'étaient sieurs dont l'estime et l'amitié chères. «Je persiste dans « celui (( mon le refus.. « était difficile de ne pas rencontrer en France « quelques-uns de ces hommes admis dans Il la «Société maçonnique.. Au de répliquer.. «On « « Je m'obstine. Avec tout le zèle ordinaire aux jeu- nés adeptes. on se forme en loge.. et surtout dans de faire serment de garder un secret dont l'objet m'est inconnu.

Bientôt sième grade. mon frère. quand même vous recevriez des ordres contraires de la part d'un roi.. survient le question que me rable : fait gravement Vénéexéla Etes-vous disposé. je ne voyais que jeu puérilité.ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE « à 15 la m'échapper. et tout de suite compagnon. Ici. l'on conduit dans une vaste saîle.. toutes les domestiques ont le il mot. ou de quelque autre souverain que ce soit ? — Ma réponse fut et : Non a ! — Le « « <{ Vénérable s'étonne. non! Vous ne seriez donc venu parmi nous ! que pour trahir nos secrets Vous ne savez il « « donc pas que de tous nos glaives n'en est le pas un seul qui ne soit prêt à percer cœur .. l'appartement est vaste. même me c'est un troi- « « « c'est celui de maître qu'il faut me conférer. à cuter tous les ordres du Grand-Mattre de Maçonnerie. « et mais je n'avais déplu par cette «aucune « « « « réponse. On m'in.. je réponds presque à tout en riant « (c me voilà déclaré apprenti. <c terroge. Enfin. Jusque-là. reprend : Comment.. faut portes sont fermées. les « (c maison écartée.. (( bien se résoudre à laisser faire. d'an « « « empereur.

dans « « tout le sérieux et les menaces qui l'accom. J'avais les yeux le bandés... « dans fond. lors . je ne voyais encore qu'un jeu «je n'en répondis pas moins négativement. me sens excédé.. en frappant du pied. que. « « A l'instant. dit Barruel.16 « LA FRA>'C-MAÇONNERIE des traîtres ! Dans cette question. j'arrache bandeau. ameté.. « « A l'exception du Vénérable. et. toute la loge signe part de battements de mains en d'applaudissement. tous les Frères gardaient un morne le silence. quoiqu'ils ne « fissent. Il ne se rendait renouvelait toujours sa question. quelques années plus terie ? tard. je A la fin. je le jette par « terre. Quel cependant.. « « il Vénérable et moi. «justice à ceux qui m'avaient reçu. Le Vénérable donne : « alors des éloges à ma constance Voilà^ « dit-il^ les « gens qu'il nous faut^ des Jionimes et de caractère^ » qui sachent avoir de la ferétait. l'épilogue de cette plaisanrendre cette « Je dois.... je réponds « par un iion^ accompagné de tout l'accent de «l'impatience. Elle devenait encore plus sérieuse « entre le « pas. que s'amuser de cette scène. pagnaient.

pendant qu'on Et le « maçonnis- dès trente ou quarante ans avant 1789. Elle s'est « maçonnisée maçonnisée w pour s'amuser. bien déjà devenu l'ambiance générale. y a partout. vingt ou trente francs-ma]psir çons qui le sont par mode. Une société celle qui « maçonniséc » . que les philosophes. comme dans la scène racon- tée par Barruel. j'ai à l'exception du Vénérable à plein «que « vu donner )> collier dans le Jacobinisme. mais qui n'est pas comme eux. ne répandent pas simplement leur philosophie par leurs écrits. moment-là.ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (c 17 delà Révolulion.. C'est l'atmoil mais elle s'est « ». en réalité. et snobisme par ^ besoin de fêtes certain « de plaisir. si dit le Pape.. et parmi eux un Frère «. mais se conjurent maçonniquemeut . et qui est comme me est «. sous 11 peine de n'en rien voir de vrai. pourapercer la maison s'y divertit. là. qui a l'air d'être comme eux. c'est donc bien Révolu- précède immédiatement la tion. ils se sont tous montrés « bons royalistes. ». sphère en dehors de laquelle ne faut pas même à ce essayer de voir cette époque.

18 LA FRANC-MAÇO^'^'ERIE la pour répandre. et cachez votre main. et dans le sens rigoureux sa corres- du mot. « Frappez. 1763.. dans des lettres qui sont célèbres.. lui la a sœur Guillemette ». 1768.. de mieux tromper les gens... la » La mar- grave de Bareith. qu'il « rend le pain bénit afin )). 1761. autre entred'ac- prend encore une intrigue. cord avec d'Alembert.. il A un certain moment. agir en conju- non pas en zélés. citées par Barruel les 1. et adresse elle-même deslettres commençant : par ces mots « « La sœur Guillemette au frère Voltaire. Ecoutez Voltaire dans pondance « rés. et « a (c : « Il faut.. pour arrivera décider Lettres à d'Alembert. Que les philo- sophes véritables fassent une confrérie comme les Francs-Maçons. dans le entreprend toute une intrigue. le but de faire reconstruire ^ ! Temple il de Jérusalem A un autre moment. et lettres à . et qu'il « communie » par imposture. Catherine de Russie.. dans Mémoires pour servir à rhistoire du Jacobinisme. Que les mys- tères de Mithra ne soient pas divulgués. «Il avoue lui-même.. 1771. devient pour lui princesse Wilhelmine. écrit-il..

y vendaient. Berla l'administrateur de cassette royale. dans des réunions secrètes. à des prix insignifiants. des livres qu'on leur expédiait par ballots. où. accomplissaient leurs devoirs reli- gieux avec la dévotion la plus démonstrative ! 1. Et ces maîtres d'école étaient précisément ceux qui. Barruel. et même affiliés à la notamment dans ils lisaient à les environs de Liège. et comme par un mot d'ordre. Ilavaitfaituneenquête. on devait enseigner clandestine- ment au peuple tin. I^ chap. à ce avait fini par se décider à couper court complot. la révolte et la sédition. où des enfants. xvii. RÉVOLUTION FRANÇALSE le 19 Louis XV à fonder dans tout royaume des écoles professionnelles gratuites. t. et qu'avait-il découvert ? Toute une conspiration de colet porteurs qui couraient les campagnes. des ou- vrages incendiaires dont on leur remettait gratuitement des quantités ^. publiquement.ET LA. Mémoires. à l'exemple de Voltaire. Des maîtres conju- d'école étaient déjà ration. sous le couvert d'an soi-disant enseignement pro- fessionnel. .

qui avait lieu chez M.. inten: dant des Bâtiments du Roi (( J'étais le secrétaire du Comité et j'en à qui vous « « « devez celte Révolution mourrai de douleur et de remords chez le !. dans et un dîner raconté par Barruel.. lieutenant des chasses royales. « les nous envoyions à des colporteurs qui les rece- « « « « « vaient pour rien... Turgot. Diderot. «membres (( dorcet.. entre les atrocités de la prise de la Bastille et celles des massacres d'octobre. Oui. s'écriait avec des sanglots. Leroy... en 1789.. Voilà ce qui a changé ce peuple. un M.. Ce Comilé se tenait Gon- baron d'Holbach. Nos principaux étaient d'Alembert. La plupart de (( ces livres que vous avez vus paraître depuis « longtemps contre la religion.. les mœurs etle et «gouvernement étaient notre ouvrage. et ce Lamoignon (( qui s'est tué dans son parc !.20 LA FRA^'C-MAÇO^'^•ERlE Plus de vingt ans après.. où vous le et Ta conduit au point voyez aujourd'hui. ou presque rien. d'Angevilliers. » Et ce témoignage de Barruel. et les ven- daient aux plus bas prix. j'en et mourrai de douleur de remords. La Harpe.. ces cris de .

de petits livres philosophiques qu'on a soin de répandre partout adroitement. (< On ne les vend point.. d'AngevilUers. et par le une excellente raison.ET LA RÉV0LUT10>' FRANÇAISE 21 remords de M.. » En réalité. pourraient-ils être contestés? Non! Car voici. Leroy au diner de M.. au Pédagogue chrétien et au Pensez-y bien. en date du mois de mars 1763. que peuple ne . restent-ils ? (( dans le silence et dans la crainte cV avoir Qui les a « (( empêcherait imprimerie et courts^ chez eux une petite et de donner des ouvrages utiles les seuls dont leurs amis seraient « a dépositaires ? C'est ainsi qu'en ont usé ceux OUI ONT IMPRIMÉ LES DERNIÈRES VOLONTÉS DE CE BON ET HONNÊTE CURE MeSLIER. des lettres de Voltaire qui les confirment par : anticipation (( Pourquoi les adorateurs de à la raison. la conjuration philosophique le n'avait que très peu perverti c'est peuple. (( écrivait-il alors Helvetius. : u )) Et il ajoute « (( « On oppose ainsi. « « « ON les donne a des personnes AFFIDÉESjQUI LES DISTRIBUENT A DES JEUNES GENS ET A DES FEMMES..

professeur de au collège il droit d'Ingolstad. le bouleversé ensanglanté siècle. Elle avait surtout empoi- sonné les hautes classes. de ses préceptes. dans le mystère. et son fondateur est un Allemand. n'est-elle pas. avec l'Illuminisme c'est seulement que nous allons voir entrer en scène la conjuration véritable. où professait. A Ingolstad même. monde. Weishaupt. Mais cette philoso- phie qui est une conjuration. en 1776. pour une époque. celle de la subversion sauvage. et c'est pourtant l'Illumia nisme et qui. il y a un peu plus la d'un C'est encore continuation directe de l'Illuminisme qui le bouleverse ou qui le menace aujourd'hui. toute une ? caractérislique Et elle n'est cependant Elle ne et encore qu'une demi-conjuration. L'Illuminisme est peu connu. avec des masques et des l'application trahisons. en très grande partie. par avance. et qui machine. Weishaupt.VÇONNERIE lire. représente que des préliminaires. . sinon même presque inconnu. toutes tés les atroci- de la Terreur. et où s'annoncent.22 savait pas LA FRANC-M.

il Nous en sommes sortis. nous revenons ( d'où nous « « sommes sortis c'est-à-dire à l'état sauvage ) non pour parcourir de nouveau l'ancien « cercle. Le but et la doctrine de l'IIlu- minisme sont donc bien propres termes. et c'est. au milieu de cette forêt perfectionnée que peut devenir la civilisation. faut y revenir. : Ecoutez maintenant «l'origine des le développement « A nations et des peuples.. par elles. la ne plus en ressortir. De nouvelles <c associations (c'est-à-dire les sociétés secrêtes) s'offrent à « V un choix plus sage.ET LA RÉVOLLTION FRANÇAISE 23 posait en secret les fondements de la secte. ses instruc- tions écrites et son code. mais pour mieux jouir de notre » «destinée. d'après sa correspondance... et voici. ce qu'était cette association... Ecoutez d'abord « a tiré les (( la doctrine l'état : « La nature et les hommes de sauvage a réunis en sociétés civiles. le «monde cessa d'être une grande famille. et établir seulement sau- vagerie nouvelle. . en retour à Tétat sauvage.. à l'état et. le clairs. la «le grand lien de nature fut rompu.

. juste envers « les siens. apprennent à se . c'est-à-dire : la cité. injuste « envers les autres.» Et rilluminisme. en premier lieu. fut la « semence de la discorde.. l'origine des « Etats.. les veut ainsi détruire patries. des gouvernements. retranchez cet amour de patrie. prenait les vices pour des perfections de sa pa- « trie.. puis la famille elle-même « Et.24 « « LA FRANC-MAÇONNERIE prit Le nationalisme^ ou Vamoiir national^ la place de Vamour général. continue aWeishaupt. de la société « civile. Dimila nuez.. Alors. de nouveau. puis « de famille. pourquoi ne pas donner encore « à cet amour de ? la patrie des limites plus « c( étroites Celles des citoyens vivant dans même ville. Aussi vit-on alors une « du patriotisme V esprit naître le localisme. ce « fut une vertu de s'étendre aux dépens de « ceux qui ne se trouvaient pas sous notre emCette vertu fut appelée patriotisme. qui.. mais il ne s'arrête pas là. et vise ensuite ce qu'il appelle le localisme. i( celui-là appelé patriote. Ainsi.. et f[ii « pire.. dès lors. et «les hommes.. ou bien celles des membres «d'une même famille?.

mais ! le iour de Tin- a cendie arrivera » Et comment. Et riUuminisme bénit maçonniquement les hommes famille.. en s'écriant. et le grand moyen. trahison expressément or- ou violence la plus sauvage. Weishaupt conduire l'Illu- minisme à son but ? Par quelles voies et par à quels moyens l'état va-t-il ? ramener l'humanité ici sauvage C'est surtout que se ré- vèle riUuminisme. par quels va-t-il procédés. qui n'ont plus ni patrie. et la la un profond secret. ni cité. Cette étincelle peut longtemps encore cou- « ce ver sous la cendre. et dont les bandes errantes part. . le mensonge donnés. cette Révolution « c( des sociétés secrètes. il viendra ce temps loi où les hommes de l'ouvrage n'auront plus d'autre la (( que sera le livre nature ... Tous les efforts des princes pour empê- (( cher nos projets sont pleinement inutiles. c'est. en tout et toujours. dix ans avant 1789: <•< Oui.ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE 25 » «connaître et à s'aimer comme hommes. les princes et la les ! nations disparaîtront de « (( dessus terre Oui. Il ne se fixent nulle conclut « enfin. ni ni lois..

prescrit-il aux Frères « « insinuants. Il nom significatif de un orsuit : « Frères insinuants il projette aussi dre de femmes. et le » qu'il fait ment « exercer par des Frères appelle du ». Quand on sait les former. que sous bilité et <( le plus parfait extérieur « d'honora- de vertu. » et la seconde de il « femmes le De même. intérieure et extérieure. » organise ainsi tout un système de recruteclandestin. tous les L'illu- ministe peut avoir vices. ils .. Appliquez-vous. s'ingénie attribuer avec plus grand soin à bien le rôle aux adeptes qui leur convient spécia- lement. » « Et qu'entend-il ? par cette double perfection Il l'explique suffisamment voici Il : dans le triple précepte que (( Tais-toi. «Attachez-vous. prescrit à la perfection Weishaupt dans son code. à des hommes bien faits. masque-toi. sois parfait.. beaux sont garçons. mais ne doit jamais se montrer. et le formule comme il a3^ant «Cet ordre aura deux classes ce chacune leur secret à part. la première sera sée de compo- <c femmes vertueuses.26 dès qu'elle LA FRANC-MAÇONNERIE est devenue possible. légères. en même temps.

dans vos provinces. ici. Ensuite. tions sur les goûts. ces scrutateurs » environ quinze cents quesla vie. » qu'il faut savoir choisir son Et où va-t-il recruter ses adep- tes? Partout.. les relations. Puis. et Weishaupt. des chaires (( et de prédication. mais surtout dans les mondes où et l'on il ne se doute pas : qu'il puisse en avoir.. approprié à son caractère. et on garde toujours cette confession écrite.V RÉVOLUTION FRANÇAISE Ils 27 plus propres aux négociations. s'emparer de l'éducation publique. les . on toure d'espions.ET « L.. teurs (( appelés (( Frères adresse scrutaà ».. ne sont « « pas de ceux qu'on peut charger d'une émeute ou du soin de soulever le peuple^ mais c'est « « pour cela aussi monde. on lui par écrit. du gouvernement d'enseignement fait ((ecclésiastique. faire. par laquelle on le tient pour l'en- l'avenir. portera dans l'Ordre. la confession détaillée de toute sa vie. ordonne « Vous devez sans cesse former afin ((de « (( nouveaux plans de voir comment on peut. ? » Et comment se un adepte L'adepte prend d'abord un et nom qu'il fait secret. sans qu'il s'en doute.

Et quel personnage pourra être. doivent chercher et dominer invisible- « (( ment.. sans apparence de moyens violents. (c Il va jusqu'à leur enjoindre de savoirs est dormeur. : Et Weis- haupt conclut textuellement « (( a Ainsi. stipule code. et quelle «impression sur lui un réveil subit».» Puis.28 vices. est facile s'il rêve et s'il parle en rêvant. tous les membres de ces sociétés tendant au même but. dans l'illuministe a II éprouvé par toutes ces épreuves? le pourra. ajoute Cet empire une fois établi par l'union et la la « multitude des adeptes. la vie. a de toute religion. souffler partout un esprit dans le plus môme avec : « « « grand silence il et toute l'activité possible.. s'appuyantles et uns sur les autres. et les LA FRANC-MAÇONNERIE moindres habitudes de Tespions'il né. que l'empire invisible ! force succède « à Liez les mains à tous . « s'il ou fait difficile à réveiller. avoir l'air de rem- « plir « (( quelque fonction publique. sur les hommes de tout étal. « dont le vœu est une révolution univerà « selle. de toute nation. en faveur de ces mêmes puissances dont la » destruc- tien doit être son unique objet.

ignorait absoluet tout ce ment toutes ces instructions code de brigands. L'immajorité.ET LA lŒVOLUTIO>' FRA>CAISE « (i 29 la ceux qui résistent l Subjuguez^ étouffez chaiiceté mé- dans son germe ! Ecrasez tout ce c( qui reste d'hommes que vous n'aurez pas pu convaincre /. presque toutes les Loges du monde mense entier. Mais entraîJe un vaste mouvement illuministe n'en 1. Voir.. toute Franc-Maçonneet qu'il absorbait fondait en lui. à tout ce qui était le fond de rie. environ trois millions d'adeptes. à cet illuministe qui doit à les détruire « ? sauvagement travailler : Ecoutez bien encore « Il aura l'air d'un homme qui ne cherche que ^. Eh rilluminisme il correspondait bien. dès 1782. Weishaupt veut-il habituellement. et passait pour y compter. aux Documents. dans le monde si et la société. avec tout cela. « » Et quelle physionomie. » si « le repos et qui s'est retiré des affaires bien.. le code et les instructions Weishaupt. à Tépoque où apparut.. Elle ignorait encore bien davantage ce qui n'y était même plus écrit. . d'ailleurs. de 1780 à 1789.

comme on la l'a dit. que. «Mathieu « du un détail Il que je puis vous donner comme à Francfort. dans tous les cas. dans cette tenue de Wilhemsbad. précédemment. convoquait pour l'année suivante. d'Angleterre. archevêque et citée de Besançon. en 1781.30 nait pas LA FRANC-MAÇONNERIE moins les Loges de tous les pays. d'Amérique. à la Wilhelmsbad. en 1785. une assemblée . de (( dans la France Drumont à la date : Il y a dans mon pays. ait arrêté. et Weis- haupt. d'Espagne. de tous les points du globe qu'on ! Est-il exact. comme l'atteste une lettre du cardinal Mathieu. trois ans plus tard. entraîné la société. où légations arrivaient en masse. de France. de Suède. certain. écrit le cardinal 7 avril 1875. rappelée juive. d'Italie. celle la mort du roi de Suède de Louis XVI étaient décidées dans une tenue de Francfort. «y eut en 1785. comme un mouvement maçonnique avait déjà. de Belgique. Louis mise la à mort ? de XVI et presque toute Terreur On et peut affirmer. dix ans d'avance. un grand congrès de les dé- Franc-Maçonnerie universelle.

revenait . (( Besançon depuis quarante-deux ans. (( car il a laissé une grande répu- (( tation de probité. qui « faisaient partie « de la Société. en se promettant de ne jamais remettre les pieds le (( (( dans une Loge. Le dernier survivant Ta à (( M. Dans ((Cette <( réunion le meurtre du roi de Suède et celui de Louis XVI furent résolus. Bourgon. Le comte de de Virieu. M. sur qui les lUuministes fait avaient cru pouvoir compter.I^^y^. MM. Je l'ai beaucoup connu. et qui avait partie la délégation française.OLUTION FRA^ÇAISE 31 ^*^( de Franc-Maçons ou furent convoqués deux hommes considérables de Besançon. et ((de Bouligney. de (( Reymond et de Bouligney revinrent consternés. de droiture et de fermeté « (( parmi nous. Vous avez pu en entendre parler ici. et avec certitude.. Ce qu'on que avait la sait aussi. c'est réunion de Wilhemsbad. Leroy.. en 1782. le un épilogue dans genre des révéla- tions désespérées du malheureux M.-. « . inspecteur des postes. car je suis » et à pendant bien longtemps. et de se garder dit <( secret.. président du Parlement. Maire mond. de ReyM.

dire. . . et s'y rencontre. Le vicomte de Wall reçoit un jour une lettre à laquelle il se trouble. La conspiration qui se trame est si bien ourdie quHl sera sible pour ainsi dire impos- à la Monarchie y> et à V Eglise d'y échap- per 1. en effet. on 1. p. 44. le Roman d'un Royaliste: Souvenirs du comte de Virieu. Et le comte de Yirieu n'était jDas le seul terrifié par ces assises et qui se relirait alors de la Maçonnerie avec épouvante. Marquis Costa de Beauregard. dans Roman d^un et tragique d'un de ceux-là. ami des Yirieu des Rohan-Chabot. du vicomte de Wall. Puis. et le marquis Costa de le Beauregard Royaliste^ raconte. déclarait quitter la baron de Gilliers : secte.32 terrifié LA FRANC-MAÇONNERIE du Congrès. s'y rend. avec des individus qu'on devine allemands à leur façon de parler. c'est ce que je puis seulement vous que tout ceci est autrement sérieux que vous ne pensez. D'autres faisaient comme la fin lui. on déjeune. à déclare qu'il s'agit d'un rendez-vous Fon- tainebleau. et (( disait au Je ne vous révélerai pas ce qui s' est passé .

au et bout de quatre jours. de M. et vous. avait appartenu faisait un soir. découvrait sous un tas de feuilles sèches. évidemment. mais qui était aussi.. et personne n'en revient. on vous conduira en charrette. un cadavre enveC'était celui loppé dans un manteau. retourne seul à Paris. dans un diner. et sans aucun doute possible.. dans un fossé de la forêt. Fatigué d'attendre. « ge Vous. Monsieur de Ma- lesherbes. — Mais.. cette soi-disant prophétie dont la réalisation devait.. vous mourrez sur l'échafaud. lui répondait en riant duchesse .commecellesdeCagliostro. de l'information anticipée. Madame. qui aux Illuministes français. les mains liées derrière le dos. Monsieur Bailly. de Wall! Enfin. avant tout. le chien d'un garde. c'est également encore à cette épo- que que l'écrivain Cazotte. à la « <i place des exécutions. Monsieur la le prophète.ET LA REVOLUTIO^• FRA>ÇAISE 33 part pour la forêt. comporter une part de coïncidence. le cocher du vicomte. quelques semaines plus tard. disait 11 aux convives qui s'en amusaient beau: coup. trois ou quatre ans avant 1789 « <( « Vous.

m : . » Nous voici donc arrivés à la Révolution même. Dans Paris seulement. on en comptait quatre-vingt 1. Les révolutionnaires mystiques. à mais que nous allons peut-être. énigmatique. ne me laisserez-vous pas « (( au moins un confesseur? non. vous n'en aurez pas. Louis Blanc. Quel est.. lui — Non. en France l'état et à Paris.. à la veille la même faits de 1789. « que voici : « En France seulement.. le répondait Gazotte (( non. et plicié qui dernier suple roi ^ (( en aura un. duc Philippe d'Orléans. de Franc-Maçonnerie ? Nous constatons ici un certain nombre de fait : d'une importance capitale. que à cette série de journées tragiques les historiens n'expliquent pas. Premier la statistique même des Loges en 1787. ne nous montre pas moins de « (( deux cent quatre-vingt-deux villes ayant chacune des Loges régulières. le tableau de la corresle « « pondance du Grand-Maître. ce sera !. Histoire de la Révolution française. liv.- 34 « LA FRANC-MAÇONNERIE de Grammont. voir s'ex- pliquer à la lumière des Loges. que et nous fournit Barruel. <( cliap. I.. présent. Madame.

ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
« une..., seize à

35

Lyon..., sept à Bordeaux...,
six à Marseille..., dix à

«cinq
«

à Nantes...,

Montpellier..., dix à Toulouse... Et le

même

«
«
c(

lableau des correspondances, imprimé pour
l'usage des Frères, nous

montre dirigées

par le

même

Grand-Maître, les Loges de
Suisse,

«
«
«

Ghambéry en Savoie, de Locle en
de Bruxelles dans de Liège, de
le

Brabant, de Cologne,

Spa'i... » Et toutes ces

Loges

sont reliées les unes aux autres.

Un

seul

mot

d'ordre, lancé de Paris, est porté à toutes, où

chaque vénérable

est

engagé par serment

à

le faire exécuter. C'est la centralisation

ma-

çonnique, précédant
tionnaire, et

la

centralisation révolu-

manœuvrant

déjà

comme un
fait:

immense mécanisme...

Second

nous

trouvons, dans les Loges de Paris, tous les

hommes que nous retrouverons, deux ou trois
ans plus tard, dans les clubs, les émeutes, les
comités, les journaux et les assemblées. C'est
la

Loge des Neuf sœurs où nous voyons ConCamille Des-

dorcet, Brissot, Garai, Bailly,

moulins, Fourcroy, Danton, Chénier, Lamet1.

Barrue], Mémoires,

t.

V, chap.

xi.

36
trie,

LA iRA^'C-MÂÇO^'NERIE

Champfort, Rabaud-Saint-Elienne. C'est
la

la

Loge

Candeur^ ou nous rencontrons

Lafayetle, les frères Lameth, Laclos, Sillery,
le

duc d'Aiguillon,

et le

fameux docteur Guil-

lotin.

Ce sont encore d'autres Loges où nous
également Fauchet, Sieyès,

rencontrerons

dom

Gerle, Carra, Chabot, Pélion, Barnave,

Guadet, Mirabeau, Duport, Pastoret, Marat,
Robespierre,
et,

avec

eux,

une

quantité
le

considérable de grands seigneurs,

duc

de

la

Rochefoucauld,

le
le le

prince de Broglie, le

comte de Castellane,
vicomte de Noailles,

comte d'Aumont,

le
le

comte de Praslin,
le

marquis de Montalembert,
mas,
le

vicomte de Da-

comte de Montmorin... Tous aussi,
tard,

un peu plus
vue, au

joueront

le rôle le

plus en

début du drame révolutionnaire...
fait
:

Troisième
et

toutes ces Loges, à Paris

dans toute

la

France, ont été illuminisées
la

par l'intermédiaire de
nis^ installée

Loge

les

Amis réu^

rue de

la

Sourdière, et présidée

par Savalette de Lange. Ce Savalette de Lange
est

garde du Trésor royal de Louis XVI,
le

mais se révélera ensuite, lorsque

moment

ET LA RÉVOLUTION FRANXAISE
sera
ces

37

venu, subitement terroriste

^.

Toutes

Loges avaient donc bien

pour

mot

d'ordre l'une des prescriptions maîtresses du

codeilluministe

:

«

Le frère illuminis te pourra

avoir Vair de remplir quelque fonction
blique

pU'

en faveur de

ces

mêmes puissances

Sous ce Grand Orient, une Loge plus spécialement de la correspondance étrangère était, à Paris, la Loge appelée des Amis Réunis. Dans celle-ci, se distinguait
1.

«...

chargée

fameux révolutionnaire Savalette de Lange. Cet de la Garde du Trésor Royal, c'est-à-dire honoré de toute la confiance qu'aurait pu mériter le sujet le plus fidèle, était en même temps l'homme de tous les mystères, de toutes les Loges et de tous les complots. Pour les réunir tous, il avait fait de sa Loge le mélange de tous les
surtout le
adepte, chargé

Systèmes sophistiques, martinistes et maçonniques. Mais pour en imposer davantage au public, il en avait fait aussi en quelque sorte la Loge des plaisirs et du luxe de l'Aristocratie. Une musique mélodieuse, les concerts et les bals y
appelaient les Frères du haut parage
;

ils

y accouraient en

pompeux
pour que

équipage. Les alentours étaient munis de gardes,
la multitude des voitjires

ne causât point de désor-

du Roi même que ces fêtes se célébraient. La Loge était brillante, les Crésus de la Maçonnerie fournissaient aux dépenses de l'orchestre,
dre. C'était en quelque sorte sous les auspices

des flambeaux, des rafraîchissements, et de tous les plaisirs
qu'ils

croyaient être le seul objet de leurs réunions

;

mais,

tandis que les Frères, avec leurs adeptes femelles, ou dansaient,

ou chantaient, dans
secret,

la salle
ils

commune,

les

douceurs de

leur égaUté et de leur liberté,
était

ignoraient qu'au-dessus d'eux

bientôt ce'te égalité

où tout se préparait pour étendre au delà de la Loge, sur les rangs et les fortunes, sur les châteaux et les chaumières, sur les marquis et les bourgeois... » (Barruel, Mémoires^ t. V, chap. xi.)

un comité

à dans recrute- ment maçonnique. pied de l'égalité. leurs officiers. V. de la Barruel. en 1787. 97. des écrivains. quittent même Loges. elles s'affilient des crocheteurs. jusque-là. des négociants. on reçoit en masse. mais ne descendaient jamais plus bas. « des rôdeurs. et toutes sortes de brigands de rues et ou de grands chemins. et qui est peut-être plus une modification cette époque. Tout à coup.. par ordre du grand maître le duc d'Orléans.. pour ne pas s'y rencontrer. puissance ii. francsalors maçons de longue les date. avec leurs subordonnés Ainsi. p. des nobles. des bourgeois. ne s'affiliaient que des hommes d'un certain rang. des portefaix.38 LA FRANC-MAÇONNERIE objet. sur le ^. de 1. Subitement aussi. » le dont la destruction est son unique Quatrième saisissant : fait. capitale est inle troduite. d'assassins faiteurs de mal- de profession. ou même des petits bourgeois. . la Franc-Maçonnerie la au dernier et degré de l'extension. des flotteurs de bois. t. Les Loges. Mémoires. des tape- dur )). des multitudes de garet des-françaises. des artistes. chap.

Qu'est? ce exactement. Et. ces Loges ralliées la minisme qui poursuit. la comme les tableaux l'apparition la Bastille. les province.. puis l'emprisonnement du Roi. d'abord. les les 39 Loges de Paris réunissant hommes la qui seront tous également ceux à TIllu- de Révolution. avec ses deux cent quatre-vingt- . du Club des Jacobins. sa condamnation et sa mort. les journées d'Octo- paniques de bre. avec au moment où vont une pré- cipitation et une rapidité sans précédents. de dats : à coup recrutés comme « Frè- même qu'un grand nombre de sol- voilà exactement où nous en sommes. Franc-Maçonnerie elle-même. le sauvage et la destruction des nationalités. par retour à l'état conjuration. enfin les bandits et les assassins de métier tout res».. le 10 août. les la prise de incendies des châteaux. le Club des Jacobins. avec son club central à la Paris. machinés d'un opéra. se succéder. que le Club des Jacobins Le Club des Jacobins. le 20 juin. les massacres de Septembre.ET LA RÉVOLUTIO>' FRANÇAISE centralisation. et ses c'est clubs correspondants la de province.

par une intention mystéà s'appeler à le rieuse. le mêmes ramifications extémêmes engagements imposés et système mécanique de trans- même mission d'ordres et de mots d'ordre. Club des Jacobins. et Jacobins y la . : coïncidence. mais coïncidence sta- Jacobites^ Jacobins. encore une la fois. Un eîi autre usage des Loges.40 LA FRA^C-MAÇONNERIE villes déjà fédérées deux en Loges. parce que les premiers iVancs-maçons de France avait été des jacobites? Ce n'est peut-être là. était de les déclarer la Maçonnerie déclareront danger. Le Club lenait-il vraiment. rieures. Quant aux aux règlements. les même organisation intérieure. partira des Jacobins. de comme à le certaines particularités vocabulaire. nous l'avons déjà vu aussi. l'ancien cou- vent des Jacobins. Club des Jacobins la reproduit rigoureusele ment Franc-Maçonnerie. aux usages. sous la Révolution. cet effet. Dans certains cas. on l'a vu. et choisissait-il. la Maçonnerie vous déclarait suspect. C'est la même mode d'admission. et ce terrible mot de suspect. les pris. qu'une existe tuts.

. Paris est Louis Blanc. Histoire de la Révolution française. et l'usage. monde crie : A 1.... hommes « » Et tout se passait.. aux paniques. Brusquement. toutes avec la même cocarde. pointe du jour... à la raconte Louis Blanc. en le Maçon- nerie. Vous sacrifieriez des sans éteindre un flambeau i. aux Jacobins. un « « (( inconnu. déjà les Voilà donc Jacobins expliqués autrement que par la par la force des choses et spontanéité. était de coifFer récipiendaire d'un sera de bonnet. aux massacres et la mort du Roi.ET LA RÉyOLUTIO>' FR. en efTet. les soldats quittent en et tout le masse leurs garnisons. la Bastille! En même temps. d'une voix brève. aujourd'hui les « (( barrières seront brûlées. lui dit-il Monsieur le baron. « Le 14 juillet. Passons maintenant au à 14 juillet. se présentait « au baron de Besenval. comme l'avait dit l'inconnu. N'essayez pas de l'empêcher. mettre le bonnet rouge.. 41 Un autre usage encore.. des bandes sortent de différents côtés.V>'CATSE patrie. toutes les barrières flambent.

sont massacrés. à la stupéfaction du public dont l'immense majorité à cette ne comprit alors absolument rien foudroyante surprise. égorgent les feni- « mes et les enfants.42 LA fRANC-MAÇO^^TN•ERIE soudainement dépavé. Dans certaines provinla « ces. Funck-Brentano. entouré Bastille d'une est ceinture d'incendies. ment d'un bout du royaume à l'ouest. arrivent. ce ne fut pas l'arrivée des brigands qui fut annoncée. celles « « de l'Ouest que baigne mer. simultanéà l'autre. dont le récit le plus circonstancié et le plus dramatique est celui de les « « M. « disait-on. raconte M. mais une invasion anglaise. à Test.. son gouverneur assassiné. au nord. . dans des locali- tés séparées les unes des autres par cent cinlieues. quante et deux cents une extraordi- naire épidémie d'épouvante. au midi. il Après se produit. le 14 juillet. ils pillent les « demeures. couvert de barricades. incendient les récoltes. se répandit sur tous les points du territoire : les brigands.... Funck Brentano dans son : livre Brigands « Une rumeur effrayante. et la ses défenseurs prise d'assaut.

des lansquenets la reîtres et « « d'Allemagne qui avaient franchi féroces frontière.ET « LA. saccageant. en Lorraine c'étaient des en Champagne. pas une lité. poussé dans les trente-six heures. propagé est le qu'on renforce les milices. A Saint- Etienne-de-Forez. et s'enfuient de tous les côtés. ville. même moment. Limou- on répand subitement le bruit que tous les bourgs et toutes les villes sont en feu.. Dans sin. pas une loca- n'échappe à ce cri subit.. RÉVOLUTION FRANÇAISE 43 le Les Anglais. . comme au temps des guerres de « religion^. En de Dauphiné. au 1.. » A Angoulême.'Par- tout. on annonce l'arrivée de quinze mille bandits. sur tous les points territoire : du ! les brigands ! ! ou : les Anglais ou : les Savoyards ou : les la Allemands France est . on parla d'une et invasion Savoyards. les tout Frantz Funck-BrentanCi. Et pas une contrée. les paysans sont tellement qu'ils affolés s'arment tous de faux et de fourches.. « « i< égorgeant. disait-on.. Dans l'Orléanais. «pays. Brigands. mille.. on en l'effroi annonce quatre tel A Libourne. s'avançaient dans pillant.

un homme vague. Foullon est à campagne. de Sartines. de décision. Même en 1789. qu'au lieu de lui remettre les lettres. près de Fontainel'ordre qu'on lui ce avait laissé « (c envoyât ses lettres. .. contre qui aucune espèce de mandat il n'est lancé. Existait-il donc unordreocculte lancé contre Foullon? Et qui donc l'avait lan- . « c( Ecoutons encore Louis Blanc la : « Le 20 juillet. surface du Et les assassinats de Foullon et de Berlier!. Il à Viry. Aussitôt. le toscin sonne les paysans ac» (c courent. par un procédé identique sur toute pays.44 L\ FRANC-MAÇONNERIE entière affolée. par un cri qui part comme d'une seule boula che. pour qu'on arrête aussi résolument. Foullon est découvert et arrêté.. bleau.. « « (( on courut les porter au syndic du village. de calme et de diligence.. Ici. avec autant de méthode. terrifiée. si faut un peu plus qu'une haine la forte qu'on suppose. il faut un ordreocculte. tordue d'épouvante.. on ne peut vraiment pas ne pas faire une réflexion. chez M. Mais la haine qui poursuivait Foullon était tellement répandue....

: lorsque tout et à coup un soit jugél « cri s'élève Qu'on V amène quil « Au même instant une bande de furieux pé- . que la la vieillesse marquait de son empreinte. par un phénomène à noter. et là. tement. à l'entrée de dans les pri». « qu'il Et le Comité décide cc sera transporté secrèla nuit. » A l'aspect de ce visage. « montait les marches de l'Hôtel de ville. 45 a Mais poursuivons. l'arrestation de Foullon est tout « instantanément connue de : Paris.. est attaché derrière une charrette.ET LA RÉVOLL'TION FRANÇAISE cé?. vers six heures du malin. des hommes du monde.^. qui soixante-quatorze ans.. et déjà elle semblait pen- cher vers la pitié. « sons de l'abbaye Saint-Germain Mais... continue « il Louis Blanc. Ce les «fut un grand sujet de « trouble pour » membres du Comité permanent.. Et Louis Blanc poursuit « La place de Grève ne tarda pas à se couvrir « de groupes que paraissaient exciter des « « personnages d'un extérieur élégant... On Foullon Foullon ! se mit à crier : « Foullon ! Nous voulons voir « (( . « ce foule se calma. Foullon. amené à Paris.

dans cette prise de la Bastille. puis foule. quand deux maçons sautent d'un échafaudage. l'attend la barrière. 2.. les sentinelles sont culbutées. où à une charrette^. par un petit groupe de frénétiques qui ont toutes les apparences d'être des frénétiques professionnels.. Puis.. et massacré le même jour. puis pendu. même temps. et déclarent qu'ils ont Vordre de Varrêter. il est aussi ramené à Paris. supplicié. Arrêté.. son cas est peut-être encore à plus concluant. . Eh bien.46 « u c( LA FRANC-MAÇONNERIE nètre dans l'Hôtel de ville.. conditions est ensuite égorgé dans des encore plus horribles que Foullon^. Histoire de Ihid. non par mais au contraire malgré la la foule. dans cette terreur répandue en 1. le saisissent. et y traverse tranquillement une rue. Louis Blanc.. Bertier est Gompiègne. et abominablement mutilé. la Révolution française. la salle » du Comité permanent est envahie i.. Id. préparée d'avance.. Et Foullon est d'abord martyrisé. Il avec des inscriptions infamantes.. les barrières brisées. EtBertier?.

non roi seulement à M. mais au . qyand on veut bien seulement se rappeler les deux cent quatrevingt-deux villes reliées en Loges sur tous les points de la France. en lisant les souvenirs de Bertrand de MoUeville. dans toute pro- vince. l'énigme dévoile sans qu'il en reste une ombre. mais qu'un rien pourrait expliquer? Si ! Et les choses s'éclaircissent déjà. mêmes. et le reste. qui avait été ministre de Louis XVI. dans les arrestations et les supplices du malheureux Foullon Bertier.ET L\ RÉVOLUTIO>' FRANÇAISE et 47 la comme mécaniquement. après : page révélatrice que voici « initié (( « Mirabeau était aussi dans le secret des factions secondai- res. pour les pani- ques de la province. pour tout comme pour se les paniques ellesentièrement. On n'a absolula ment plus rien à apprendre. et tous ces mystères. furent dévoilés. est-ce et du malheureux que nous ne sentons pas quelque chose qui ne s'explique pas. de Montmorin. dont la clé la connais- « « « (( sance donnait de plusieurs événe- ments importants qu'on avait jusqu'alors attribués au hasard. Ensuite.

et lut un mémoire. mais . de Lafayette prit la parole. qui a réellement opéré la Révolution. entre autres la « « choses. leur apprit. répondit Adrien Duport « en poussant un profond soupir. j'en connais de sûrs. point encore parlé. — que je nen ai i(.48 LA FRANC-MAÇO'NERIE « et à la reine. M. « « (( Ces comités se tenaient tantôt chez de la le duc Rochefoucauld. (( admis dans les conciliabules les plus secrets de cette faction philosophique.. et dit « à Adrien Duport : « Voilà sans cloute vos un « très grand plan. avait pris « naissance dans la faction philanthropique. « « Après de longues discussions sur ce mémoire. mais quels sont moyens « d' exécution P « <( En connaissez-vous qui soient les résistances capables de vaincre toutes auxquelles il faut s'attendre? Vous Il est vrai n'en <( indiquez aucun. que le système de Terreur... près de VersailAdrien Duport était « les. s'était chargé de la ré- « (( daclion des plans. dans plusieurs entretiens se- « crets <( que Leurs Majestés eurent avec MiraIl beau lui-même.. tantôt dans la petite maison du duc d'Aumont.. j'y ai beauils « coup réfléchi.

ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (( 49 sont d'une telle nature que je frémis moi- (( même lui eut d'y penser.. se résigner au sacrifice de quelques personnes marquantes.. vous proposer des votre humanité. malgré nous... » il Après que l'Assem- « (( blée. si vous V exigez absolument. — Oui^ ii< nous l'exigeons. il c( feignit encore d'hésiter à s'ex- pliquer. Or. Des événements im« (( prévus nous ont précipités. et .. ce n'est que par les moyens de terreur qu'on parvient à se mettre à la tête « (( « d'une révolution. que temps. le « Je n oserai jamais^ reprit-il sur (( ton le plus hypocrite... quelque répugnance que nous y ayons tous. les donné toutes assurances qu'il « désirait. dans une révolution qui produira les plus « grands crimes... «je vais vous obéir. Elle est trop avancée pour qu'on puisse rétrograder.. wEtil fît pres- « sentir que Foullon devait naturellement être « la (( première victime.. de lui on parlait beaucoup « pour le ministère des Finances. Il « faut « ce donc.. Ce- « ^(^ moyens qui blesseront pendant oui.. dont avait ainsi excité la curiosité.. Messieurs.. parce que depuis queldisait-il. — Eh ! bien.

« Il désigna ensuite l'intendant de Paris.. on mas- sacrait de Launay. contre les intendants : ils poujT aient mettre de grandes c( entraves à la Révolution dans les provinces. était » Or. t.... et les propo- <( Des instructions conformes à ce plan (c furent données aux principaux agents du « « Département des Insurrections. . on ne soit peut pas empêcher quHl massacré son : « sort a (( intimidera ses confrères^ ils seront soula pies comme des gants. (( // 11' y a qu'un cri^ dit-il.50 « LA FRANC-MAÇONNERIE que tout le monde était convaincu que sa la « première opération serait banqueroute. par adopter moyens d'exécution qu'il plan sait. « i( M.. on massacrait Flesselle. on massacrait Ber- l. Histoire de la Révolution. on prenait la Bastille. IV. autres et finit. qui déjà organisé 1. on incendiait de Paris.. on massacrait Foullon. « « (( comme tous les le membres du Comité. w Le duc de Ro- chefoucauld fut très frappé des réflexions d'Adrien Duport. Bertrand de Molleville. Bertier est généralement détesté . Berc( « lier. précisément quelles barrières ques jours après.

1. mais de l'introduire chez et « tous les autres peuples de l'Europe. dès 1791. et sur lequel les note ci-après. cette faction que Bertrand de Molleville désigne sous ce nom de faction philanthropique? Cette faction s'inti- rentrait tulait la elle-même dans un club qui la Club de Propagande. après avoir donné sa démission de l'Assemblée. était retrouvée un jour dans les pa: piers du cardinal de Bernis « « c( « Liste des hono- râbles la membres qui composent le club de a Propagande. On sait comment il fut massacré en province. évidemment abusé. comme tous les grands seigneurs de cette époque. avec le plus rare courage. publiée dans l'ouvrage Sociétés secrètes et la Société ^^v le P. l'adepte qui avait refusé de les suivre jusqu'au bout. exactement.ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE lier. s'opposa. pour but comme la chacun non de consolider Révolu- « tion en France. . Des- champs. à tous les crimes qui suinrent les preiqjères violences de 1789. en lui. 51 la on répandait en une semaine la pani- que dans toute France '. sur ce que les Loges se réservaient de faire dans leurs « arrière-secrets ». Plon-Nourrit. Ce club sait. Lire les Gentilshommes démocrates. par le marquis de Castellane. 11 est de juste de rappeler ici que le duc de la Rochefou- cauld. Il mourut. évidemment victime de ces mêmes Loges dont il avait fait partie. Paris. Et qu'était. et qui frappaient.

Clavières. Verne. Sociétés secrètes et la Sociétéj I.. Robespierre. Garât. l'abbé Fauchet. p. où nous retrouvons notamduc de la ment : le Rochefoucauld.. » Et la note donne une longue suite de noms. Boyle. . d'Irlande et d'Espagne. le duc d'Aumont. . le précepte illuministe « Que la force succède à l'empire invisible! Ecraseztout ce qui reste cVliommes que vous n'aurez pas \. Adrien Duport. Lafayetle. les frères Lameth. Barnave. Condorcet. l. C'est le syndicat parisien de la Franc-Maçonnerie universelle. Suisse l'abbé Grégoire. en passant par cellesde Suisse. Héraut de Séchelles. beau- frère de Necker^. Espagnol . convaincus l.52 (( LA iRÂ^'C-MAÇo^^^ERfE culbuter tous les gouvernements actuelle- ce ment établis. et qui met en pratique. de Saint-Severanda. 546 et suiv. Et tous ces ces noms sont les noms? Tous noms mêmes des Loges du monde entier.. Fournier l'Américain. Barrère. depuis celles de Paris jusqu'à celles d'Amérique. Germain. Voir aux Documents. Mirabeau. Pétion. Chapelier. par : la Terreur. Irlandais . IJ étincelle peut couver longles Le P. Deschamps..

arrivé.. les bourla « « reaux tendaient à main en francs-maçons ceux des simples spectateurs qui les ap- (' prochaient.étaientles signes maçonniques. Dans l'instant des massacres même.. u le « « moyen de fraterniser avec les bri- gands. mais faut (! bien qu'ils sachent à quels monstres leurs loges avaient été ouvertes. aux Carmes. on pouvait encore l'état avoir un doute sur de collaboration réla gulière où se trouvaient les chefs de con- juration maçonnique avec les incendiaires et les assassins de profession. vrai soit à l'Hôtel de ville.ET L\ RÉVOLUTION FRANÇAISE 53 temps sous la cendre^ » mais le jour de l'incenétait die arriverai. lire {( il faudrait encore : ces souvenirs de Barruel « J'en suis fâché. J'ai vu un homme du la bas « peuple qui m'a lui-même répété manière présen- « ce maçonnique dont les bourreaux lui talent la main. et si.. Dans tout (( mo- « ce ment d'émeute. et qui fut repoussé par eux « avec mépris. soit les vrais signes de ralliement.. parce qu'il ne savait pas ré- . Le jour de l'incendie après tout cela. les honnêtes il (( francs-maçons en frémiront. mais je ne puis le taire .

j'avais douté de l'audience que ces législateurs donnaient chaque jour aux — — — brigands. Mémoires.) .. Quelques-uns de ces brigands habituellement soudoyés pour l'insurrection du jour se retiraient chez eux sur les dix et brigands auxquels avait ! . où rien n'est aussi la complètement absent que les spontanéité. » (Barruel. adieu donc . j'entendis leurs adieux : .évolution.. » Jusquesà ce moment.. presque toute journée révolutionnaire. chap.) «. selon prescriptions exactes de Weishaupt. et. « rire Il au milieu du carnage « faut abréger. mais nous com^ptons sur toi demain. J&id. s'explique ainsi par une permanente conjuration des Loges.. Il est vrai sauva des brigands à l'Hôtel de que sa science . maçonnique lui eût été inutile sans il son déguisement car les échappé le recherchèrent quand on leur dit que c'était un abbé Il est vrai encore que le signe maçonnique eût été fort inutile aux « Frères » reconnus pour ce qu'on appelait des « Aristocrates » mais les abbés et les aristocrates maçons ne pouvaient que mieux y reconnaître combien ils avaient été dupes de la fraternité des arrièresecrets. Mais toute la la Révolution... Chez qui V ordre ? Mais.. ou presque toute R. Oui. à quelle heure ? A l'ouverture de V Assemblée. V. onze heures du soir .. et où les deux moyens de machination.. t. dans la Révolution.. J'ai vu même un abbé que ce signe maçonnique ville. « . xii. ne ces- 1. tandis que d'autres plus instruits étaient au « même signe accueillis d'un sou^. ou Barnave..54 « LA FRANC-MAÇONNERIE pondre. Chapelier. ils se les faisaient — hautement en ces termes « Ça n'a pas ^ndl été aujourd'hui .. » (Barruel.. chez Miraheau. à l'ordinaire.. demain .

tous les préparatifs de la fuite à la Varennes! C'est Mme Necker elle-même^ femme du à ministre en fonction. qui vient dénoncer en secret. Les de trahison servis rempliraient des volumes. un seul instant. comme le par celle de Mandat qui ne fut certaiqu'il était fidèle. et faits la plus sauvage violence.ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE 55 la trahi- sent jamais d'être. et qui mis là que pour le perdre ! C'est cette femme Rochereuil dévouement à la qui joue. C'est ce Savalette de Lange. judicieusement placé à l'emploi de garde du Trésor royal\ C'est le ministre Necker. que toute une cons- piration en règle impose à Louis n'est XVI. Quoique encore par quelques fidélités admirables. franc-maçon Germain. en réalité. pendant . nement massacré que parce Roi et la Reine étaient. avec tant de la démonstrations larmoyantes. tout entourés et tout enveloppés de si traîtres. au Comité des re- cherches. au moles- ment des massacres d'Octobre. son la plus prodigieusement répandue. comédie du atta- Reine afin de se faire et cher de plus près à sa personne. et qui écrit le son frère.

depuis ce 17 juillet où Louis XVI. tout a toujours été là. de tuer le il le Roi. Mémoires. Barruel. la » Reine : «. . une question d'entraînement. 20 juin. de si peu que 1. puis il où il n'échappe plus. à son arrivée à l'Hôtel de ville. t. qui sera encore elle-même la ! réalisation d'un autre rite les 5 et 6 octobre. 125 et 12G. défendu et la terre mêmes du c'est royaume. Elles ont toujours tout réglé. mais où Il s'en faut la de peu! s'en faut même V. Soyez tranquille^ tout ira bien Et il s'agit. Mais meurtre du Roi est encore trop n'est pas encore par l'air facile. puis le le 10 août. en effet. Elles font ainsi où le Roi échappe. p.56 LA FRANC-MAÇONNERIE quels les bandes des massacreurs envahissent le château de Versailles pour y tuer le Roi et ^. avait déjà vu bataillon un ce former au-dessus de sa tète la que le rituel et maçonnique appelle régleront tout. on y arrivera. dès 1789. Néanmoins. où il échappe encore. Voûte d'acier^ elles jusqu'à l'exécution. et les Loges s'en chargent.

Monarait Que Louis XVI. l'ordre de cesser le feu aux défenseurs des Tuileries. même en sachant jusqu'où î faiblesse pouvait aller tait Napoléon. pu envoyer cet ordre. est la Révolu- Au lieu d'élre ce qu'elle devenue. d'être écrasée par lui. île.ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE 57 Révolution. que tion était perdue. d'après le témoignage du député . être signalé Que Louis XVI n'eût pas envoyé. minute précise où sa victoire ne pouvait l'a plus faire de doute. Or. mais qui semble des plus sérieux. qui assisencore confondu Il à l'affaire. et c'est que pour expliquer l'inexpli- cable. manque. aujourd'hui. ce jour-là. et un témoin'a rele- gnage capital. doit ici. de l'Assemblée. en appellent tous à des raisons mysti- ques. et il n'est plus douteux. que pas un historien vé. en était d'étonnement à Sainte-Hélène. qui écrase enfin le Roi. elle n'eût plus été qu'une crise comme en chie ! avait déjà traversées la d'ailleurs. qui à la était sa perte certaine. en poussait encore une exclamation de il stupeur quand surtout ici y pensait dans son les historiens. personne ne jamais sa compris.

. Mémoires et notes de Choudieu. Plon-Nourrit.. croyait si sûr de la vie* Je venais de rentrer dans l'Assemplacé près de la « blée. plus tard conventionnel et régicide. toire /. Paris. » Mais cet ordre «de cesser 1. d'Hervilly. 1897. témoignage que contiennent ses Mémoires récemment publiés.. et que « ni « M. en face de la loge du Logographe. que qu'il non seulement refusa il ne Ta pas donné. et (( tribune.58 LA FRA^'C-MAÇONNERIE Ghoudieu.. mais même. ni qui que ce n'a pu recevoir Tordre de faire cesser le feu M. p. déclare solennellement « « Le Roi n'a point dit. d'ordonner autre la chose que résistance à outrance. la monarchie française. . par son geste. le feu». : en entendant le premier « coup de canon r avais défendu de tirei\ et l'ai « je puis attester au contraire que je vu « saisir le fusil « était « (c d'un de nos grenadiers qui porte de la de faction à la Il se loge du Logographe. en effet. Et Ghou: dieu. ce jour-là. je puis assurer que s'est « personne ne approché du Roi. soit. peut-on Victor Barrucand. il est permis de croire que Louis XVI n'a jamais donné l'ordre qui et tua. 148.

écrit de la main même du Roi? le Eh bien.. il ne s'y trouve pas. en ce cas. io\xt ce qui a trait à cet ordre signé qu'on trouve au Musée Carnavalet. non pas écrit de la main de Louis XYI.ET L. en pleine lutte. il une quand n'y avait plus rien à espérer. dans un semblable moment. de » déposer leur leurs armes et de « se retirer dans caserne ^ ». au nom du Roi.. Est-ce M. apporter l'ordre de ne plus tirer. non. d'Hervilly ?. venait ainsi.. et seul ordre qu'on puisse y voir. et l'apporter. Et qui donc. . aux défen- seurs qui ne pouvaient en croire leurs oreilles? et Qui donc.. quand un ordre en raison de son la invraisemblance.V RÉVOLUTION FRANÇAISE 59 cependant objecter. pareil. se trouve au Musée Carnavalet. qui donc bien pouvait être ce serviteur-là ?. mais simplement signé de lui.. aux Documents. et « vivants. ! Est-ce un autre?. il On ne 1.. ne pouvait être cru qu'à condition d'être apporté par un de ces serviteurs qu'on n'a pas le droit de suspecter. c'est Pordre donné aux Suisses surfois l'afTaire terminée. peut rien dire Mais y avait déjà un Voir.

Gommune la clandestinement nommée par les Loges pendant le nuit. propose le le palais du Temple. et ? où met-elle Roi. puisque nous avons dre signé de déposer les lutte. toujours faussement l'emprisonnement du Roi au Temple ! Non ! Elle vote qu'il la logera au insurrec- Luxembourg. pas Franc-Maçonnerie elle-même. et comme on nous enseigné. et que Tordre dont la Mo- narchie est morle a été traîtreusement et faus- sement donné par un de ceux-là? Gomment.60 LA FRA>'C -MAÇONNERIE Savalette de Lange à la garde du Trésor. Mais tionnelle est là. jamais voté. l'or- armes après la n'avons-nous pas celui de cesser de se défendre en pleine action? Et que va-t-il se passer ensuite pour la personne même du par la la Roi? L'Assemblée est mais dominée n'est et n'a Franc-Maçonnerie. dès l'arrivée au Temple Dans le palais. et l'un de ceux du comte . comme on l'a le croit. Gomment ne pas supposer qu'il y en avait d'autres ailleurs. qui est un séjour princier. Elle déclare Luxembourg difficile à garder. dans tous les cas.

Roi des à dans la prison. Lenôtre. Barruel.Antoinette. n'est pas encore mais il va l'être. qui vue. . c'est qu'aussitôt le séjour du Roi au Temple décidé. dans la tour ! L'Assemblée. Perrin.ET LA RÉYOLL'TION FRANÇAISE 61 d'Artois? Non. p. Marie. à la stupeur générale. G. cependant. Mémoires. 1. et Paris. mais un pouvoir occulte. et dans ^ ! la prison même anciens Templiers ce Et que se passe-t-il Il moment même ? se passe cette chose l'a étrange. a cru voter le palais. rapportée par Barruel. et. se moque de son met le vote. contrairement à ce vote. un grand se répandent dans nombre de francs-maçons en se livrant Paris. plus fort qu'elle. et crient partout. et dans des conditions 31 suiv. et qui nous dit ce qu'il a vu. en fait. 2. à des transports de joie les ! : a Le Roi est arrêté^ tous hommes sont maintenant secret ! égaux et libres Nous n avons plus de ! Nos mystères sont accomplis entière n'est La France ! plus qu'une grande Loge j Les Français sont tous francs-maçons etVunivers entier le sera bientôt '^ ! ->•> Le meurtre même accom- du Roi. pli.

M. un homme dont la recherches sur question sont considéra- bles depuis déjà vingt ans. et en voici telle preuve. La Vérité sur la condamnation de Louis XVI (article de Gustave Bord). 1885. Bord et d'Héricault. ! qu'on ne peut pas la contester Pour 1. relève. l'ordre comme devraient. et resté malheureusement trop peu tout ce que les partisans de répandu. Car jamais. Revue de la Révolution. Jamais. III. fabriqué. répandre à les travaux et les profusion. ce vote de mort n'a il réellement existé! Jamais n'a été la qu'un vote inventé. stupé- que cela semble. t. de la mort par majorité. d'après les chiffres teur^ roi mêmes du Moni^ ! n'a jamais été qu'un mensonge réalité. au contraire.62 LA FRANC-MAÇO>'>'ERIE identiques à celles de l'emprisonnement. Le été de France. contrairement encore à tout ce qu'on nous a toujours appris. jamais la Convention ! elle-même n'a volé la mort de Louis XVI par la Dans un article publié Revue de la Ré- volution. en n'a jamais si condamné fiant qu'à Francfort. Gustave Bord. un à un. tous les votes des et le vote membres la de l'Assemblée. .

et n'a que vingt-trois ans et demi. vote comme représentant de Rhône-et-Loire. et avoir été inscrit comme représentant. ici En outre. la Convention. les départe- à cette époque. élu par Haute-Loire. français. parmi les votants la qui votent mort. nommaient des suppléants destinés à les remplacer. du Morbihan. Saint-Just est né le 25 août 1769.ET L\ RÉVOLUTIOxN FRANÇAISE 63 siéger et voter à partie stituer. et Bertrand de l'Hosdiesnière. députés. un autre qui français. est Le journaliste Robert votants belge. en même temps que des députés. et la fraude de- vient encore plus grossière. pour faire du tribunal qu'elle prétendait conil fallait trois conditions : être âgé de vingt-cinq ans. ne sont pas inscrits comme ments. cinq autres qui ne sont pas inscrits. Lequinio. bien entendu. de la Somme. et les Hourrier-Eloy Dufestel. Or. Et ? pourquoi Uniquement afin de permettre à . non et naturalisé. la le cas le dé- puté Lanthenas. mais qui ne pouvaient et ne devaient voter. Or. de l'Orne. que dans où les députés ne votaient pas. on en trouve un qui n'a n^est pas pas vingt-cinq ans.

en ne sup- pléant personne ! Enfin. constatons- nous de voix qui sont simplement de fausses voix? Nous en constatons quatorze ! Etàcom- . Le suppléant Pinet. en négligeant d'ail- leursquantité d'autres forfaitures.64 LA FRANC-MAr. porté n'était député du Var. pour voter la mort. votent de même façon. sans aucune espèce de motif! De même. Salicetti et Garnier s'étaient récusés d'eux-mêmes comme juges au début du procès.ONI>ERIE à son suppléant de voter sa place comme s'at- suppléant delà Haute-Loire. Mais rheure du vote arrive. Ils votent de leur chef. etde pouvoir tribuer ainsi. par conséquent. et le la sup- Monod. Or. du Doubs. de pléant la Dordogne. Barras. sans aucun droit. et ils le vote s'an- nonce comme douteux. vote comme supil pléant d'un député qui n'existe pas! Et n'est pas le seul suppléant qui agit ainsi. Ducos. deux voix. Dubois-Grancé encore député du Var à pas et cette époque. trois conventionnels. Barras vote la mort comme suppléant de Dubois-Grancé. voter quand viennent alors la même. ils viennent voter mort! Gombien donc. au lieu d'une.

Et ainsi. et le vote pour la mort réunissait cent soixante et une voix!. . le municipal Goret. et ! contrairement Et quel est ce insur- la Convention la pouvoir? Un membre de Commune le rectionnelle elle-même va nous dire. et contrairela ment au vote de Législative. bien en réalité.. repoussée.ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE 65 bien de voix la mort élait-elle officiellement votée? A une voix de majorité! La majorité était absolue de trois cent soixante et une trois voix.. l'avait donc elle-même majorité. de est décidé même que par sonnement n'a jamais un pouvoir qui été la Législative.. qui déclare en toutes lettres dans une relation écrite « : « Qui avait fait prendre toutes ces précautions ? Je l'ignore. et par treize voix de mais n'osait pas plus protester contre une condamnation non prononcée que lative n'avait la Légis- osé réclamer contre un emprivoté. de sonnement non même que Tempri- l'ordre de cesser le feu est apporté sans avoir jamais été donné. la mort est également décidée par un pouvoir qui n'a jamais été au vote de la Convention. La Convention.

et j'ai toujours pensé qu'un parti « occulte et puissant mettait la main à tout à « cela. Marie-Antoinette. . Mesdames et Messieurs. ment 1.66 « je (c LA FRANC-MAÇONNERIE ne les ai pas entendu délibérer dans le Conseil.. dans une ville où. sur n'y en quatre-vingt mille citoyens réguliers.. même du maire qui » Et nous arrivons ainsi à ce 21 janvier 1793. d'intérêts et de besoins profonds. où. (( rinsu de ce Conseil. Lenôtre. le manne- quin de Philippe le Bel ! Eh! l)ien. que personne ne le confond avec l'évolution. Perrin. et G. est-ce qu'une conclusion ne s'impose pas après ces faits?. au milieu d'un déploiement de force armée avait comme on il n'en encore jamais vu. dans les Loges. et le présidait ^. depuis plus de trente ans. si elle n'est pas ce grand fait social provenant naturellesi. Roi. a pas deux mille voulant la mort du du Roi. on fait cependant tomber la tête comme on exécutait déjà symboliquement. Paris. n'est pas grand mouvementhumain auquel beaucoup d'honnêtes gens ont cru et croient encore. Si la Révolution. Relation du municipal Goret.

d'abord l'en- c'est et pour la savoir. nous voyons peut-être aussi main- tenant que l'histoire à faire. que nous n'en savons rien. RÉVOLUTION FRANÇAISE 67 au contraire. et de la la Révolution est que nous ne savons pas. Enfin. à la pour pouvoir ensuite ! seigner France . se s'expliquent.. et ce sera notre der- nier mot. elle n'a jamais été qu'un hlaf immense. et le de voleurs qui percent maison trouet ble. Nous avons donc un devoir de l'apprendre. tous nos malaises moraux. providentiel. et ne peuvent sérieusement se déduire de rien. se comprend. ils comprennent et ne se comprennent pas. Sinon.ET LA. et le trouble ne peut pas être toujours d'autant plus grand que les progrès des idées révolutionnaires sont plus grands eux-mêmes bien ! Ou et la la Révolution n'est que l'artifice « la machination ». toutes nos perturbations. Tout s'explique tout s'éclaire. dirigé et lancé contre le Christia- nisme universel. tout indiqué. Ou la Révolution est un mouvement naturel.. alors.

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pour y veiller sans cesse à la sûreté du troupeau qui nous est confié. qu'il s'était formé une certaine société assemblée ou association. et toute notre application. à opposer au vice et à l'erreur une barrière qui en arrête le progrès. malgré la La divine Providence nous ayant chaire la plus élevée de l'apostolat. dans ces temps difficiles. « Nous avons appris. certains statuts 1. qui.DOCUMENTS BULLE D'EXGOMMUx\ICATION DU PAPE CLÉMENT CONTRE LES « XII ^ FRANCS-MAÇONS placé. dans nom de francs-maçons ou liheri niuratori^ ou sous une appellation équivalente suivant la diversité des langues. Cité par M. tout ce qui pourrait être pour eux une occasion de trouble. se sont établi certaines lois. nous avons donné tous nos soins. sous le notre indignité. dans laquelle sont admises indifféremment des personnes de toute religion et de toute secte. et le bruit public ne nous a pas permis d'en douter. dans Cagliostro. autant que le secours d'en haut nous l'a permis. sous les dehors affectés d'une probité naturelle qu'on exige et dont on se contente. et à éloigner des fidèles. Henri d' Aimeras. à conserver spécialement l'intégrité de la religion orthodoxe. .

comme le crime se découvre lui-même. ces assemblées sont devenues si suspectes aux fidèles. cette société. de garder les saintes Ecri- un secret inviolable sur tout ce qui se passe dans leurs assemblées. c'est-à-dire qu'ils ne séduisent les simples et ne blessent en secret de leurs flèches les âmes innocentes. De là vient que. de leurs Etats. depuis longtemps. ces sociétés. qu'en qualité de serviteur prudent et pour gouverner le troupeau du Seigneur. et ne portent partout la désolation. les obligent. que tout homme de bien regarde aujourd'hui comme un signe peu équivoque de perversion quiconque s'y fait adopter. sous les plus grièves peines. comme autant de renards. la plupart des princes les ont sagement proscrites. et que. et qui. ne peuvent s'accorder avec les lois civiles et canoniques. malgré les précautions qu'il prend pour se cacher. ils ne se jettent dans la vigne. en vertu d'un serment prêté sur tures. choisi (( . Enfin. à ce titre. de peur qii a V exemple du \o\eur. ils ne se déroberaient pas avec tant de soin h la lumière. Ils ont regardé ces sortes de gens comme ennemis de la sûreté publique. instruit d'ailleurs par la parole de Dieu même.VNC-MAÇONNERIE qui les lient les unes les autres et qui. et que. « Mais. il se trahit par l'éclat qu'il ne peut arrêter. (( Ayant donc mûrement réfléchi sur les grands maux qui naissent pour l'ordinaire de ces associations toujours nuisibles à la tranquillité de l'Etat et au salut des âmes. nous devons être continuellement en garde contre des gens de ce caractère. en particulier.70 LA FR. ils ne pej'cent la maison. Si leurs actions étaient irréprochables. voulant arrêter le cours de cette perfidèle.

les susdites sociétés. y compris ceux qui doivent être spé- cialement nommés.ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE 71 version. de s'y faire associer. d'agir directement ou indirectement par soi ou par autrui. d'exhorter. pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce soit. d'induire. à y assister. de solliciter. « C'est pourquoi nous défendons très expressément et en vertu de la sainte obéissance. de leur prêter secours et faveur en public ou en secret. assemblées de francs-maçons. de favoriser leur accroissement. soit clercs séculiers ou réguliers. et de leur avis. de les aider de conseils. cond'entrer. de leur fournir quoi que ce soit. dans les sociétés ci-dessus mentionnées de francs-maçons. soient. de faciliter leurs assemblées. d'y assister. au contraire. et à les fomenter. comme de fait nous condamnons et défendons par notre présente constitution et à perpétuité. de s'interdire entièrement ces associations ou assemblées. à tous et les fidèles. d'engager quelqu'un h se faire adopter dans ces sociétés. sous peine d'excommunication qui sera encourue . «Nous leur ordonnons. et de toute la plénitude de notre puissance apostolique. et interdire une voie qui donnerait lieu de se laisser aller impunément à bien des iniquités. grade. et même aussi de notre propre mouvement et connaissance certaine. soit laïques. nousavons résolu de condamner et de défendre. de quelque dition et prééminence qu'ils état. de les recevoir ou cacher chez soi ou ailleurs. pour plusieurs autres raiso?is à nous connues qui sont également justes et hien fondées^ après en avoir délibéré avec nos vénérables frères les cardinaux de la sainte Église romaine. ou désignées sous un autre nom quel qu'il soit. à les aider de quelque manière que ce puisse être.

72 LA FRANC-MAÇO^'NERIE par le seul fait et sans autre déclaration par les contrevenants dont nous avons fait mention. au reste. h Sainte-Marie-Majeure. dès qu'elles seront munies de la souscription d'un notaire public. Voulons aussi que les copies de la présente (( constitution aient la même lorce que l'original. c( A cet effet. Voulons de plus et ordonnons que les évêques. l'an depuis l'incarnation de Jésus-Christ 1738. Si quelqu'un portait jusqu'à ce point la hardiesse. s'il en est besoin. de quelque grade. le 4 des Kalendes de mai. ne soit assez téméraire pour oser attaquer ou contredire la présente déclaration. de laquelle excommunication ils ne pourront être absous que par nous ou par le Souverain Pontife pour lors régnant. défense et interdiction. si ce n'est à l'article de la mort. ordre. dignité et prééminence qu'ils soient. qu'ils travaillent à les réprimer et qu'ils les punissent des peines qu'ils méritent. condamnation. procèdent contre les contrevenants. » . au bras séculier. prélats. de notre pontificat le huitième. « Donné h Rome. à titre de gens très suspects d'hérésie. de même que les inquisiteurs. qu'il sache qu'il encourra l'indignation de Dieu et de ses bienheureux apôtres saint Pierre et saint Paul. nous donnons à tous et à chacun d'eux le pouvoir de les poursuivre et de les punir selon les voies de droit. et du sceau de quelque personne constituée en dignité ecclésiastique. (( Que personne. et d'avoir recours. (( condition. supérieurs et autres ordinaires des lieux.

et c'est dans les pièces mêmes de leurs procès que Barruel a puisé ses preuves. lors 1° : des recherches faites chez le ci-devant Conseiller de la Régente.. WEISHAUPT ET L'ILLUMINISME Extraits des Mémoires pour servir à Phistoire du Jacobinisme. En tête du premier volume el sur le frontispice du second. Munich. Munich. Weishaupt et ses adeptes furent condamnés à Munich quelques années avant la Révolution française. je vais donner la liste des principaux. Pour satisfaire à cette obligation.. .. fameux repaire d'Illuminés. découverts à Landshut.C'est ici que je dois au public un compte spécial des ouvrages dont je tire mes preuves.. donné par (( (( 1. La première de ces productions est le recueil intitulé Partie des écrits originaux de la Secte Illuminée. sieur Zwach. avec une notice suffisante « pour qu'on juge de leur authenticité. les il et 12 octobre 1786. Hambourg. 1787. chez P. chez Ant. et imprimée par ordre de Son Altesse Electorale. 1803: (( . se trouve un avertissement bien remarquable. par ordre de Son Altesse Electorale. Dans ces deux volumes. François^ Imp rim e u r de la Cour ^ 2° Le second est un supplément à ces Ecrits originaux. contenant surtout ceux qui ont été trouvés lors de la visite laite encore au château de Sandersdorf. par l'abbé Barruel. se trouve réuni tout ce qui peut porter à l'évidence la conspiration la plus caractérisée. Fauche..

. n'ont qu'à s'annoncer aux arc1ii<^es secrètes de Munich. Georges Grûmberg.. Cosandey.. . « 5° Derniers travaux de Spartacus et de Phi- Après les Ecrits originaux. Spartacus était le nom maçonnique de Weisliaupt luiet Philon celui d'un de ses principaux lieutenants.. ÏII. et Ceux qui auraient quelques doutes sur l authenticité de ce Recueil. Elles sont signées par M. membre de l'Académie des Sciences et professeur de Mathématiques. . « 8" Dépositions remarquables sur les Illumi- nés. Renner. chanoine et professeur à Munich 2^ par M. même. prêtre et professeur 3^ par Utzschmider.. observations préliminaires. conà la même Académie seiller de la Chambre Electorale 4^ par M. le noviciat. le grade Minerval. oii on a ordre de leur montrer les pièces originales « 3° Le Véritable Illuminé. et 1° Il existe trois de ces dépositions juridiques : confirmées par serment. ceux du petit Illuminé et de l'Illuminé majeur. 1. « 6^ Le même Editeur a fait une Histoire critique des Grades de l' Uluniinisme ouvrage encore précieux..) . » (T. par les mystères que la secte y déploie. . le baron Knigge. et par les lois qu'elle y donne aux adepIon *. cet ouvrage est le plus important qui ait paru sur l'Illuminisme. 74 LA FRANC-MAÇONNERIE conçu en ces termes : l'ordre de l'Electeur. où tout est prouvé et démontré par les lettres mêmes des grands adeptes. tes. Il en contient les deux grades les plus remarquables. contenant la préparation.

. elle était elle-même réso« lue à tout mais Euriphon (?) est trop timide. Il continue sa confidence. dans la plus intime «confidence. personne n'en sait rien. après l'expression qui dénote encore l'infâme habitude. « et je ne vois guère d'autre expédient. conseiller aulique) les mêmes confidences... Mais si la dispense n'arrive pas. voici les termes exprès « seur à Munich^ l'avait . profes« notre « (( . et. Je l'ai envoyée à Munich pour obtenir dispense et « l'épouser. l'honnêteté ne nous permet pas de traduire les expressions qui montrent dans Weishaupt la plus détestable habitude. » Ici.. « que ferai-je ? Comment rétablirai-je l'honneur « d'une personne dont j'ai fait tout le crime ? Nous açons déjà tenté bien des choses pour a arracher l'enfant.. A présent. Weishaupt se voit réduit a lui en écrire. Si j'é« tais sûr du silence de Celse (de Buder. dit Weishaupt à (( (( dise. Ma belle-sœur est enceinte. Me voilà en danger de perdre mon honneur. en disant <( Jusques à ce moment.. Je « ne sais quel démon.ÉPISODE DE LA VIE DE WEISHAUPT « . » Malgré sa répugnance à faire à Caton (Swack. la situation de mon cœur. que je vous (( monde. la troisième dans le second volume des Ecrits oiimnaux des lUuminés de Bavière.. « si ce n'est Euriphon. « il me : . et cette réputation qui me donnait tant à^ autorité sur (( cet adepte.. Qu'on lise donc d'abord cette lettre de Weishaupt à son adepte Hertel. celui-là pourrait bien m'aider déjà promis il y a trois ans.

c'est de leur avoir montré un côté faible. quand a je leur prêcherai morale. à l'abri duquel ils ne manqueront pas de se mettre.. t. » [Mémoires pour ser^ vir à l'histoire du Jacobinisme. chap.76 LA. FRANC-MAÇONNERIE : de ce monstrueux hypocrite « Ce qui me fâche « le plus. c^est que je perds en « grande partie mon autorité sur nos ^ens . III. I*^) (( (( (( . et les exhorterai à la vertu et à l'honnêteté . dans tout ceci.

Par le entendre ici doit commencer par se munir de tablettes en forme de journal. il fera deux fois le il relevé de ses observations en transmettra l'ensemble à ses supérieurs et l'Ordre sera instruit par là quels sont. tout Illuminé «. LE SYSTEME. ble.. devoir constant et assidu de tout Illuminé. Espion assidu de tout ce qui l'entoure. Il saura tous les moyens à prendre pour gagner : . Chaque mois. indifférents. leurs liaisons. leurs passions. . leurs actions surtout.. Pour apprendre à connaître les sujets qu'il peut enrôler. leurs préjugés. aura deux avantages l'un général pour l'Ordre et ses supérieurs. les hommes de qui ils doivent espérer la protection ou redouter l'opposition..LE CODE. LES MYSTÈRES ET LES INSTRUCTIONS DE WEISHAUPT nom de Frère Insinuant. dans chaque ville ou chaque bourg. il observera continuellement les personnes avec lesquelles il se trouve amis. parents. en un mot tout ce qui peut donner sur eux les connaissances les plus détaillées chaque jour il . ses tablettes ce qu'il a observé en c( Cet espionnage. marquera sur ce genre. il faut l'Illuminé travaillant à gagner des sujets à son Ordre. et l'autre pour l'adepte. leur côté fai. tous. . leurs intérêts. . seront l'objet de ses recherches il tâchera de découvrir leur côté fort. sans exception. Diarium. ennemis. leur fortune..

t.. La loi est expresse pour tous les Frères. de cous masquer. et le soin d'éviter les scandales. en obleur intéI. n*^^ 5. de vous cacher. n" 1 pour les Insinués. Dans les notes qu'il envoie chaque mois. C'est à eux aussi que le Législateur recommande tout cet extérieur de vertu. articles 9. servant les autres. réforme des Statuts. t.) les autres. » {Ecrits originaux.) C'est pour les Frères Enrôleurs surtout que la aAppIiquez-çous à V art de cous contreloi porte : faire.. 5. Instruction pour les Insinuants. pour pénétrer dans originaux.^ 13 et suite. rieur.. dont la suite serait de les priver de leur autorité sur les es« Tandis qu'il est ainsi tout prits. II. il ne manquera pas d'exposer les raisons de l'un ou de l'autre. le occupé à connaître Frère Insinuant se gardera bien de se faire connaître lui-même comme Illuminé. et ceux qu'il croit devoir exclure. lettres 1 et 9. . elle est spécialement requise pour le succès des Enrôleurs. w [Ecî'its p.78 les LA FRANC-MAÇONNERIE uns OU écarter les autres. Quant à l'adepte Insinuant. etc.) . 40. n'*^!. 6 et 8. [Ecj'its originaux. de perfection. section xi. à Ajax. Lettre4. 3.. il en connaîtra mieux les sujets dont il peut proposer la réception.

chargés de les diriger. légères. » [Ecrits originaux. çoluptueuses. et les autres en les formant à l'art de satisfaire secrètement leurs passions. « A ce projet est joint un préliminaire dési- gnant en ces termes l'objet et l'utilité des Sœurs Illuminées « L' avantage que Von peut se promettre de cet Ordre. la seconde de femmes ç^olages. sans se laisser connaître. « Les Freines. Ils conduiront les premières par la lecture des bons Usures.) : . ayant même chacune leur secret à part. Cet établissement servirait de plus à satisfaire ceux des Frères qui ont du penchant pour les plaisirs. I. section v. t. La première sera composée de femmes i^ertueuses.PLAN D'UN ORDRE DE FEMME « Cet ordre aura deux classes. formant chacune leur société. et ensuite tout celui qu elles promettraient de payer pour les secrets qu'on aurait à leur apprendre. leur feront parvenir leuj^s leçons. serait de procurer au véritable Ordre d'abord tout l'argent que les Sœurs commenceraient par payer.

. [Instructions^ n^ 4. déliés.. N'épargnez rien pour m' avoir ces gens-là. souples. fainobles"^. des Graveurs. dit-il à ses Enrôleurs. des jeunes gens adroits. la coïncila dence 2. dociles. à l'arrestation de Tarennes. Il saura par la suite l'usage que V Illumiîiisme doit faire de tout ce monde-là. mais surtout des Libraires^ des Maîtres de poste ^ et des Maîtres d'école.. Cherchez-moi encore de ces hommes puissants. tes marcher l'Enfer ! » (Lettre 3.. en France. souvent indiqué par le Législateur. faut à Le Frère Insinuant est encore averti qu'il rOrdre des Artistes. à Ajax. des Peintres. mais par cjuelque injustice. inflexibles. des Serruriers. entreprenants Il nous les faut . au moment de effet. riches.) « Dans cette multitude il est un choix à faire. des Ouvriers en tout genre. Révolution. c'est-à-dire ceux-là quon peut le plus certainement compter parmi les mé^ contents voilà les hommes qu'il faut appeler . par exemple.INSTRUCTIONS ET PRECEPTES DIVERS « .^ savants.) « Enfin. Il nous faut des adeptes insinuants. intrigants. Si les deux ne vont pas. Quand on songe est curieuse. 1. « Cherchezmoi. la plus grande partie de la . sociables. ceux-là surtout qui ont éprouvé le malheur. féconds en ressources. hardis. La Franc-Maçonnerie. comptait. des Orfèvres. non par de simples accidents. obéissants. en noblesse.

le jeune homme que les Illuminés ont en vain esS'il échappe à sayé d'entraîner dans leur secte leurs pièges... Frère. C'est le feu souterrain de la rage..L\ FRA>C-MAÇONNERIE 81 leur dans le sein de rilluminisme )) comme dans asile. [Code. afin de les récompenser. et doublement malheureux. ou les gagner. en statuant que chacun de nous prenne l'engagement de donner. qu'il ne se flatte pas au moins d'échapper à leur haine.) « La loi de l'Ordre est invariable.. II. dont l'Illuminisme redoute les talents. «. Etes-vousprêt h faire ce que l'Ordre exige des Frères dans ce grade.. n° 15. Avis importants. donner insensible- ment au monde une nouvelle ami ! forme... ou procurer la possession par notre recommandation.) c( ! ! . » (Hoffmann. vous le voyez.. ou les perdre DANS l'opixion PUBLIQUE. afin que nos Supérieurs aient par là l occasion de présenter pour ces emplois les dignes sujets de notre Ordre ?.) Malheureux. assemblés . c'est ainsi qu'après avoir éprouvé les meilleurs des hommes. Elle est irréconciliable rarement cesset-elle de poursuivre ses victimes. Instruction pour le Régent Illuminé. h l'égard des hommes surtout.. des bénéfices et autres dignités sem~ blables dont nous pouvons disposer.. açis à nos Supérieurs des emplois. du serifice. et qu'il se cache bien Ce n'est pas une vengeance commune que celle des sociétés secrètes. Il faut. chaque mois. nous cherchons peu à peu à à leur servir d'appui. [Instruction des Supérieurs locaux^ lettre H. O mon ô frère ! ô mon fils ! quand. jusqu'à ce qu'elle ait eu le plaisir de les voir immolées. t. préface.

Vous . Il n*est point avec nous de travaux sans récompense... frère. activité. enfants dociles. quelles places elles tiennent. et chercher à gagner toutes les places qui donnent de la puissance.. à ce spectacle. . en nous secondant de toutes vos forces. Cherchez des coopérateurs fidèles. Autour des Puissances de la tarre il faut rassembler une légion d'hommes infatigables. nous considérons à quel point le monde est livré aux méchants.. Mais enfin sais-tu même ce que c'est que les sociétés secrètes. Que faire en cet état de choses ?.. frères. .. et dirigeant partout leurs travaux^ suivant le plan de ï Ordre. voyez. sont le partage de l'honnête homme. pour le bonheur de V humanité. c'est là que solitaires. Mais tout cela doit se faire en silence nos Frères doivent se soutenir mutuellement.. ils poursuii^ent le Grand Œus>re sous la conduite de leur chef\ «. le malheur. les Prêtres et nous avons contre les Princes nous résistent nous les constitutions politiques des peuples. dans ce grand projet... combien les persécutions. il faut établir un régime dominateur universel. cl quel rôle elles jouent dans les événements de . et les orages Protégés par les ombres de la nuit. un vaste champ s'ouvrir à votre Rendez-vous notre digne coopérateur.. Mais.. secourir les bons dans l'oppression.82 ici LÀ FRA>'C-MAÇONNERIE loin des profanes.. non pas dans le tumulte ils sont cachés dans les ténèbres. «.. nous contenter de soupirer ? Ne chercherions-nous pas à secouer le joug ? Non. En un mot. pourrionsnous donc nous taire. reposez-vous en nous. ner. Il faut insensiblement lier les mains aux protecteurs du dés' ordre et les gouverner sans paraître les domi- — . pour le bien de la chose. silencieux ou rassemblés en cercles peu nombreux.

c'est d'ici que dépend l'intelligence du droit des sociétés secrètes. disposant chaque chose pour le temps et les lieux convenables. sinon dans son enfance. et sois rempli d'admiration. et ils se servent de ces sociétés secrètes. la soif faciles à con- tenter. En cet état. sur le juste et l'injuste. ! minie « lui !. indispensable. Dieu et la Nature. un abri contre l'injure des saisons. de toutes nos idées sur le bien et sur ? monde insignifiantes et passagères ! mal. mesure que les familles se multipliaient. comme d'un moyen unique.. Bientôt. . dans les hommes un germe malheureux et leur repos... leur félicité originaires disparaissent. La . là où tu avais cru le trouver dans la décrépitude.ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE ce 83 Les prends-tu pour des apparitions ?0 frère. Jette un coup d'œil hardi sur le passé h l'instant les dix mille verrous de l'avenir tombent. Te voilà entre le passé et le monde avenir. voisin de sa ruine et de son ignole monde . ont leur but admirable. Tu verras le monde et le genre humain dans sa jeunesse. l'ÉGALiTÉ ET LA LIBERTÉ H en jouissait daus toute leur plénitude . sont les seuls besoins de cette période. de la Le premier âge du genre humain nature sauvage et grossière.. et toutes ses portes sont ouvertes pour toi Tu verras la richesse inépuisable de Dieu et de la Nature. la dégradation et la dignité de l'homme. pour nous y conduire Ecoute. C'est ici le point de vue auquel tend toute la morale. est ce- famille est la seule société la faim. les moyens nécessaires à leur entretien commencé- .. il en aurait joui pour toujours s'il açait voulu suivre la route que lui indiquait la Nature. et celle de toute notre doctrine. V homme jouissait des deux biens les plus estimablés.. A . se développe .

commencez à vous rendre puissants et formi. et rien ne peut suspendre son cours majestueux. «. . En vivant ensemble.. pour apprendre de sa privation même l'art de mieux en jouir. Le langage se développa. et nous l'avons perdue pour la retrouver et pour ne plus la perdre. augmentez votre nombre.. «... .. Les hommes se choisirent une demeure fixe. Etes-i>ous devenus nombreux à un certainpoint? Vous êtesvous fortifiés par votre union? Nliésitez plus. commencez au moins par vous éclairer vous-mêmes. les hommes commencèrent à mesurer leurs forces les uns contre les autres. Servez.. la propriété naquit.84 LA FRANC-MAÇONNERIE .. à distinguer les faibles et les forts.. rent à manquer la ^ie nomade on errante cessa. il leur donne de V audace. Si vous ne pouvez pas donner à la fois ce degré de lumière à tous les hommes. elle s'avance. rendez-vous au moins vous-mêmes indépendants.. par vous rendre meilleurs. . celui-là leur apprend à se passer des choses dont l'acquisition n'est pas en leur pouvoir. Il les éclaire.. Laissez les hommes aux vues bornées raisonner et conclure à leur manière ils concluront encore.. Celui qui veut rendre les hommes libres. C'est pour cela que les sauvages sont au suprême degré les plus éclairés des hommes^ et peut-être aussi les seuls libres. ils virent comment ils pourraient s'entr'aider comment la prudence et la force d'un individu pourraient gouverner diverses familles rassemblées.. la nature agira.. aidez-vous... «. sans doute.. Ici. Nous avons eu la liberté. appuyez-vous mutuellement.. Inexorable à toutes leurs prétentions intéressées. et /'égalité disparut... et pourvoir h la sûreté de leurs champs contre l'invasion de l'ennemi /nais ici la liberté fut ruinée dans sa base....

. et étouffer la MÉCHANCETÉ DANS SON GERME !. Elles rendent les hommes indifïerents sur l'intérêt des Gouvernements elles enlèvent à l'Eglise et à l'Etat ses meilleures têtes et les plus laborieuses.. chap.x. Commcnce d'abord par toi-même. III. 6^ et 7*^ parties. et se rangent sous vos drapeaux. iv... III. à se passer de Princes ou de Gouverneurs. pour les subjuguer.) que « Ces sociétés mystérieuses. Cité et traduit par Barruel. vi.. Barruel. 5^. . à secouer le joug de la tutelle. multiplient de même les enfants de la lumière. sapent les fondements des Etats. Pour nC paS SUC~ comber au nombre plusieurs deviennent bons d'eux-mêmes. y) (Discours de l'Hiérophante.. quand même elles rien auraient pas le projet. vous deux éclairez-en un troisième. t. les profanes COMMENCENT A TREMBLER.) c( Aussi. v. et que cous en parlez^ par cela seul.ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE ! 85 DABLES AUX MÉCHANTS Par celaseulquc woks êtes assez nombrei/a: pour parler de force. Bientôt vous êtes assez forts pour lier les mains aux autres. la vraie morale n'est-elle autre chose l'art d'apprendre aux hommes à devenir majeurs. « [Code Illuminé. à se mettre dans l'âge de leur virilité. vu. jusqu'à ce cjue le nombre et la force nous donnent la puissance!..) . elles minent. w (Discours de l'Hiérophante à l'Initié sur les Petits Mystères de rilluminisme. t. quand même plus . et que ceux-ci étendent.. elles n'arriveraient pas à notre but. un quatrième... nous prépa- rent les voies. les méchants.. tourne-toi ensuite vers ton voisin. Par cela seul. viii. Barruel..

16 et 24.. «.. et font l'admiration des tètes faibles. t. Il faut que notre machine soit si parfaite dans sa simplicité.. afin que les jeunes écrivains les répandent dans le peuple et nous sers^ent sans le couloir. qu'un enfant même puisse la diriger.. «.. Au-dessus du grade de Régent.. S6 (( LA IRA^G-MAÇONISERIE . Vous AUREZ SOIN QUE LES ÉCRITS DE NOS VOUS FE^ ADEPTES SOIENT EXALTES DANS LE PUBLIC . des romans de chevalerie. Il faut aussi. «.. Barruel. au bonheur du genre humain. « . «. Barruel. ... Il faut travailler à mettre aussi à la mode ces principes de notre Ordre. que ce grade (celui d'Epopte plus grand.... à Caton. )) [Ecrits originaux.) croirait le On Illuminé) est . suivant la mode. lettres 15. ce sont des pastorales..... pour échauffer les têtes. le plus sublime j'en ai cependant encore trois infiniment plus importants^ que je réserve pour nos grands mystères. des poèmes...) «..... » (Lettres à Caton. des odes qui inondent le public. II.. Tantôt ce sont les productions de l'enthousiasme religieux... Mais je les garde chez moi.. j^recher avec la plus grande chaleur l'intérêt géncrai de UHumanité. mars et février 1781. sentimental. tantôt c'est l'esprit d'autres fois l'esprit philosophique d'autres fois encore. Il faut gagner à nos principes la faveur de la mode. j'en ai composé quatre autres^ et même auprès du moindre de ces quatre notre grade de prêtres ne sera quunjeu d'enfant. Dans ce monde de la littérature. qui tendent . certains genres dominent dans leur temps.

ce serment fait sur mon Ordre. De quelque rang quil soit. Celui-là sera infâme. je veux (juon leur en présente clairement et viçement toutes . Si un Régent croyait venir h bout de faire SUPPRIMER les maisons RELIGIEUSES. ET APPLIQUER LEURS BIENS A NOTRE OBJET. IL FAUT LE DÉCRIER. il le sera sans rémission et sans espoir! Je ceux qu'ils en soient prévenus. qui aura ç>iolé le serment fait sur Ihonneur de ma société. t.. ^ «.. CES SORTES DE PROJETS SERAIENT SPÉCIALEMENT BIENVENUS DES SUPÉRIEURS.) t.. ou Prince Illuminé.. parmi nos adeptes.. qu'ils pèsent MUREMENT COMBIEN IL EST TERRIBLE.. III.. «. n'épargnons rien pour l'élever. » [Instructions du Régent. Si nous ne pouvons pas le gagner et EN FAIRE UN ADEPTE.. «. mais peu connu... Que nos frères inconnus soient avertis d'enfler partout en sa faveur les trompettes de la Renommée.. Barruel.. mais qui n'entrent pas encore dans notre plan d'éducation pour le monde ou bien des principes dont la publication est prématurée. il se trouve un homme de mérite.. .ET LA RÉVOLUTION fRAÎs'ÇAISE 87 REZ EMBOUCHER LA TROMPETTE EN LEUR FAVEUR. Quand. III. Lorsqu'un écrivain annonce des principes qui sont vrais. il faut chercher à gagner cet auteur. chap. Cité par Barruel.. PAR EXEMPLE A l'eNTRETIEN DE MAITRES d'ÉCOLE CONVENABLES POUR LES CAMPAGNES. ET VOUS PRENDREZ CARDE QUE LES JOURNALISTES NE RENDENT PAS NOS ÉCRIVAINS SUSPECTS. xv. [Instruction pou?' le grade d'Epopte Illuminé. pour lui donner de la célébrité.. ) «. et même entièrement ignoré du public... il sera proclamé infâme dans tout l'ordre ..

. 26. : histoire de la Révolution.) Extraits ciété. mais de l'introduire chezMous les autres peuples de l'Europe et de culbuter tous les gouvernements actuellement établis.. et la So546 et suiv. Leurs comités secrets y avaient traité et des articles spécifiés dans la circulaire de convocation. se forma pour l'exécution. et comment son comité y arrêta la Terreur comme moyen d'attein- Son objet et la liste de ses principaux sont indiqués dans des papiers trouvés chez le cardinal de Bernis. Caton. non seulement de consolider la Révolution en France. s'y étaient réunis. et de ceux qu'elle indiquait sous le nom de travaux plus importants. comme chacun sait. le surplus avait été donné par les honorables membres à leur réception. Deschamps p. lequel s'assemble rue de Richelieu. le Duc d'Orléans avait fourni kOO 000. » • [Ecrits originaux^ t. convoqués à Paris par le comité directeur des Philalèthes. Un club ou et moins encore à loge de propagande..88 les à LA FRANC-MAÇONNERIE suites. par le P. Les convents généraux de la Maçonnerie. « Liste des honorables membres qui composent le club de la propagande. comment en parle Bertrand de Molleville. supérieurs réguliers des Très-Vénérables loges des Amis Réunis à l'Orient de Paris. dans le chapitre précédent. à Paris « Ce club a pour but.. II. Nous avons vu. que la prudence défendait de confier au papier T impression. membres : . Les statuts ont été imprimés séparément.) «. lettre 8. dans son de : les Sociétés secrètes (t. I. il y avait en caisse 1 500 000 francs dont M. Le 23 mars 1199. Ces fonds sont destinés à payer les voyages des missiondre le but.

Garnon fils. avocat Garât l'aîné. la liste continue le duc de la Rochefoucauld. Dinocham. ces noms étaient-ils ceux des membres des comités ordinaires ? puis.Pétionde Villeneuve. baron de Giliey à Valence. Salomon de Montélimar. Alexandre de Lameth. de Montalinge. le marquis de Blaçon. le vicomte deRochambeau fils. . Du Roveray. . « Après ces noms. le prince deBroglie.. Boyle. Duport. Lancosne. id. Poullain de Bellancourt. le comte de Castellane. d'André. Théodore de Lameth. : . l'abbé Pérochet. . de Saint-Séveranda. espagnol le — — : . Garât le cadet. Lacretelle. Boissy d'Anglas d'Annonay.ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE 89 naires qu'on nomme apôtj^es. Genevois. Targes. le comte de Tessé. Claviérès. de Toulongeon. conseiller au Parlement le comte de Praslin. le vicomte des Androuins. le marquis de Latour-Maubourg. l'abbé d'Espagnac. l'abbé de Pampelonne. le comte de Mirabeau. Robespierre. d'Espagnac. et les brochures incendiaires que Von compose pour parvenir à un but aussi salutaire. de Fontenay. Lord Stanhope. de Cabarrus Maptel et . irlandais O' Konnor. Hérault. Dupont de Nemours.. à la tête d'une autre page. )) Voici les principaux noms de cette liste l'abbé Sieyès. Derambure. le comte de Crillon. Freteau. Toutes les affaires tant internes qu étrangères. id. Pigre Okard. du Vivarais. sont préparées et proposées au club par un comité de quinze personnes présidé par M. il y a un long intervalle en blanc. le vicomte de Beauharnais. Chapelier. gendre de M. avocat général du Parlement. le duc d'Aumont. . Barnave. Tabbé « Sieyès. le duc de Biron. id. journalistes. Charles de Lameth. Fournier l'Américain. le vicomte de Noailles. le marquis de Condorcet.

le docteur Price. chargé des envois en Espagne Lachapelle. . musicien. major-général de la GardeNationale Salle. Genton en Vivarais. trésoriers du club. Garneri. Vandermonde. Violti. Nompère deChampagny. Lachenay à Montélimar. le duc de Liancourt. le comte de Montmorin. le marquis de Salilieu. le curé de Souppe. . Anson. Verne. avocat l'abbé Grégoire. Lecoulteux de la Noraye. libraire et imprimeur chargé de l'envoi de livres en pays étrangers Delly d'Agier à Romans. . avocat comte de la Marck. Fontana. Populus. l'abbé Noël. Guillaume. comédien. le marquis de Montalembert. espagnol d'Aguilar. Germain et Julien. médecin. Morveaux à Dijon. ValdecDelessart. curé du vieux Poussange Pascal. Jurinne Duluc à Lyon. le comte d'Aubusson. chargé des Colonies et du . Ernout à Lons-le-Saunier. Nérac à Bordeaux. .90 LA FRANC-MAÇONKERIE vicomte de Narbonne. rédacteur du Mercu/'e) Bureau de Puzi. . de Lafayette Gouvion. Martineau. Cham fort (secrétaire de Talleyrand. l'abbé de Saint-Nom. baron d'Allarde. médecin Garau-Coulon. aide de camp de M. Beaumarchais. . Goupil de Préfen. ministre genevois. Lecoulteux. . Rœderer. Dugazon. Benarvidès. Chatepour les envois nai-Lanti. l'abbé de la Roche. . Chambon fils h Montpellier. l'abbé Fauchet. . de Langeron fils. le vicomte de Damas. . . Dillon. Rabaudh Uzès. de l'Académie. . ministre des affaires étrangères Williams Howard. Laborde père. Grimm. Volney. Laborde à Paris de Méreville. musicien Gorsas. le comtede Choiseul-Gouffier. Barrère de Vieuzac. prieur de Colombiers comte de Croix. . libraire le comte de Kersaint.Thouret. imprimeur du club Volland(ou VouUand). . le marquis de la Coste. . Grétry. Cabanis. le baron d'Oyoso.

des provinces et de l'étranger et ceux qui les portaient en France marquèrent bientôt activement. » . « Tous ces noms.ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE 91 Mexique. et dans la Révolution française.. figuraient déjà dans les loges de Paris... Regnanld de Saint-Jean-d'Angely. et dans les majorités de : ses assemblées.. la plupart du moins.

lui dis-je. arriva Bachmann. et je n'eus que le temps de rassembler à la hâte quelques-uns des grenadiers qui formaient notre garde. vous êtes déjà coupable d'avoir violé l'en« ceinte de l'Assemblée. « Monsieur. suivi de sa troupe. (c Peu d'instants après. et dont j'avais la direcrecueillis : (f tion comme membre du comité militaire de l'Assemblée chargé de la surveillance de la force armée. mais vous ne parviendrez « jusqu'à elle qu'après nous avoir passé sur le corps. Ceux qui étaient réunis aux faux Suisses. 1897 (( Tout ce qui fut trouvé dans le Château fut passé au fil de l'épée. par Victor Barrucaud. se sauvèrent par le jardin de l'Infante où Santerre avait oublié de placer un poste. PlonNourrit. Paris. Instruit de ce mouvement.LE 10 AOUT Extraits des Mémoires et papiers de Choudieu. je rentrais avec Ducos de la Gironde dans l'Assemblée par la terrasse des Feuillants. placés de chaque côté de la rampe. crièrent à Bachmann en lui présentant chacun un à la (( (( . Le reste des Suisses ayanl Bachmann pour chef se retira en assez bon ordre par le jardin des Tuileries et se dirigea sur l'Assemblée. qui occupaient la galerie des tableaux. l'épée main. » Chabot. Je me plaçai sur les marches de l'escalier pour en défendre l'entrée. dont je ne me rappelle pas le nom. et un autre membre du comité de Sûreté générale.

et je ne me « retirerai que lorsque le Roi l'aura ordonné. qui avaient suivi le Roi et qui s'étaient placés au milieu de nous. Paul Tailliez. ministre de la guerre. comme que demandait Bachmann.. accourut pour savoir la cause du tumulte qui se passait dans Tescalier. » TEXTE DE l'ordre ÉCRIT DU Roi stant leurs casernes. M. Le Roi ordonne aux Suisses de déposer à V inarmes et de se retirer dans leurs ^ Signé : Louis. C'est le texte de cet ordre qu^on voit au Musée Carnavalet. rendant compte d'une excellente conférence faite par M. d'Abancourt.Maurice Talmeyr sur le Rôle de la Franc- .. « « Monsieur. d'Abancourt retourna vers le monarque. militaire.LA FRANC-MACONNERIE pistolet. « « Au même instant. L'ordre n'est pas de la main du Roi qui l'a seulement signé. LE 10 AOUT 1792 « Dans la Fé/iVé du 30 mars. le me dit alors un pas de Bachmann. je respect que je dois à l'Assemblée. averti par les généraux WietingofF et Menou. et revint de suite avec Tordre écrit « sais tout mais. On 1904 « : lit dans la Vérité française du 2 avril Louis XVI ET LES SuiSSES. qu'il était 93 mort s'il faisait plus. j'ai reçu l'ordre du Roi (( de me rendre près de sa personne. Sur l'observation que je lui fis que Bachmann ne voulait se retirer que sur un ordre écrit de la main du Roi.

la résistance à outrance. -G. d'ailleurs. «Le témoignage du régicide Choudieu ne peut de la main rien en face de l'ordre écrit. Imp. facile à expliquer. de L.. vers 1883. Dumoulin.. H. FiiOMM. . au Musée Carnavalet. communication de nodocument en question a été cédé. le 10 août. ne donna point cet ordre et prescrivit. par le baron que le Pfyffer d'Altishofen.C'est. l'ordre donné aux défenseurs des Tuileries de c< cesser le feu » alors que le Roi. hélas ! dont l'original se trouve au Musée Carnavalet. au cours de son énumération des forfaits de la secte : « . à Paris. Fromm commettaient une erreur. — 451-04. plus tard régicide. J. Maçonnerie clans la Résolution française dit. de L. au témoignage de Choudieu. » tre ami.. -G. « « Je puis ajouter à cette H. au contraire. (( H. sous une vitrine placée dans la chambre voisine de l'oratoire de Mme de Sévi- du Roi et gné. et H. laquelle eût sulfi à réduire à une crise passagère une Révolution incalculable en ses conséquences.94 L\ FRANC-MAÇONNERIE . » On voit que MM.. héritier des Tûrler.

1 volume in-16 Les Jacobins au Pouvoir. 50 Commerce. La Chambre des Députés. — — — Antoine BAUMANN 3 1 La Religion positive. les 3 fr. catholiques — : — solidaristes. — VHI. édition. Le progrès 3 fr. brochure in-lC. franciscaines. édition. 50 série. — — 1 : — — — — 4« édition revue. brochure 1 fr. L'Intérieur. Aspects sociaux du catholicisme Communion de Saints. Marine. 50 sociaux. Le cardinal Mannin^f. — V. — VI. rue de Seine. croire. sur 50 Franc-Maçonnerie contemporaine. Convergences vers le Catholicisme social. — Étude formes et les procédés de gouvernement. t fr. — Les Congrès catholiques d'aujourd'hui. . 1" série Néo-catholiques. — Figurines Laprune. Le génie latin. — La renaissance de l'idéalisme. 2« série Monastère au Moyen âge. K. — la morale. in-lG I brochure 1 fr. L'Affaire Dreyfus.«>. critique de Taine. Maurice ÏALMEYR La Franc-Maçonnerie et la Révolution française. 3 fr. brochure in-16 Autour du Catholicisme social. L'Esprit moderne. — IX. Les SaintSimoniens. 57.LIBRAIRIE La in-16 ACADEMIQUE PERRIN ET 1 C" Paul COPIN-ALBANGELLT Franc-Maçonnerie et la question religieuse. in-16 — du Siècle. — L'idée de solidarité. L'œuvre de Calvin. Charles BENOIST Sophismes politiques de ce temps. 1 volume in-16 — la Franc-Maçonnerie 50 — — Ferdinand BRUNETIÈRE. volume in-16 Le Programme politique du Positivisme. — Charles — Le Devoir 2'^ La Démocratie chrétienne. \rioMONr et ('. Apostolat. — Première série. 1 volume L'Eglise et les courants politiques 3 fr. Nouvelles études sur contemporaine. 1 volume in-16 — 1 — L'action 3 fr. Les motifs d'espérer. — VII. Armée. . 50 — Le Autour du Catholicisme social. volume in-16 ^^ II. Discours de combat. 50 -" Le Relèvement national. Le besoin de — — — croire. de l'Académie française. 50 Paul NOURRISSON Le Club des Jacobins sous la troisième république. Le comte de Mun. Le Radicalisme italien. — — IV. Les Congrès catholiques sociaux. LFaNERVIEN brochure in-16 Le Cléricalisme maçonnique. — liii|i. Instruction publique. \ volume in-16. — Nouvelle 10"^ 1 L'art et française. . 50 Les raisons actuelles de catholique. 8*^ édition. f. P. 1 50 fr. Finances. Le lielèvernent imtional. Affaires étrangères. 1 volume in-16 sur les principes. fr. avec une préface de François Coppée fr. L'œuvre religieux. Le Conseil municipal de Paris. volume in-16 : 3 fr. sociaux. la — Études 3 fr. La nation et l'armée. Anne de Xainctonge. — Léon OlléLecour-Grandmaison. Marine marchande et Colonies. 1 1 fr. — L'idée Les ennemis de l'âme de patrie. — III. EMILE P1ERRET La Patrie en danger. Univers: Soutl Llbr . volume in-16 Discours de combat.S 1 "^ Taris. — I. M. Georges GUYAU La Franc-Maçonnerie en France.