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Clinique Laboratoire

Les empreintes et leur traitement en prothèse amovible partielle
M. BEGIN, chirurgien-dentiste S. HURTADO, prothésiste dentaire

La réalisation d’un châssis métallique de P.A.P. nécessite-telle dans tous les cas une empreinte secondaire ? Quel est le matériau d’enregistrement à choisir en fonction du nombre et de la répartition des dents restantes et de la conception du porte-empreinte individuel ? Quelles sont les indications d’une empreinte secondaire globale et celles d’une empreinte secondaire dissociée ? Quelles sont les rêgles à respecter pour la réalisation des porte-empreintes en P.A.P. ?

L

es empreintes en PAP ont pour spécificité la nécessité d’enregistrer à la fois les dents et les surfaces d’appui muqueux en tenant compte de leurs différences de structure et de comportement vis-à-vis de la future prothèse. Autrement dit, il faut reproduire fidèlement la morphologie des dents et les surfaces d’appui muqueux en tenant compte de la différence de dépressibilité tissulaire. Si la dépressibilité du desmodonte sain est en moyenne de 2/10 mm, celle de la muqueuse d’appui peut être de l’ordre de 1 mm.

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métallique. . Begin et S. Hurtado 1a 1b Fig.M.à gauche : PE de type Coe de forme anatomique pour un édentement bilatéral postérieur mandibulaire . de type Rimlock®. dans les édentements de moyenne et de grande étendue. .Les empreintes et leur traitement en prothèse amovible partielle .ou bilatéraux de moyenne étendue .modèle primaire pour réaliser un porte-empreinte individuel (PEI). Il s’agit d’autre part.modèle de travail pour l’élaboration du châssis dans les cas d’édentement mandibulaire uni.à droite : PE standard du type ASA® avec jonc périphérique. le modèle obtenu aura des destinations différentes : . Sa taille est choisie en fonction de la largeur de l’arcade. 1a). Leur moulage aboutit au modèle de travail sur lequel sera construite la PAP. Les empreintes sont classées en trois catégories en fonction de leur objectif : • les empreintes préliminaires destinées à obtenir des modèles qui permettent d’étudier le cas clinique sur articulateur et au paralléliseur . d’enregistrer la limite d’action et la morphologie de la musculature périphérique afin d’obtenir une surface d’appui muqueux maximale et de bénéficier d’une stabilisation de la PAP par une fausse gencive adaptée à cette musculature périphérique. Il doit présenter une largeur qui autorise une épaisseur d’alginate de 3 à 5 mm entre le bord du porte-empreinte et la face interne du trigone ou la Synergie prothétique février 2000 • vol 2. anatomique. Fig. 1a Porte-empreintes de forme anatomique : . ASA® avec jonc périphérique ou Coe® (fig. 1b Fond du vestibule tracé sur l’empreinte à l’aide d’un crayon à l’aniline : il se décalquera sur le modèle primaire. n° 1 6 . Le porte-empreinte L’empreinte préliminaire nécessite un porteempreinte (PE) du commerce. LES EMPREINTES PRÉLIMINAIRES Elles permettent d’obtenir des modèles d’étude reproduisant précisément les dents. les structures ostéomuqueuses et les organes périphériques (freins et insertions musculaires…) dans une situation proche de l’état de repos. • les empreintes primaires réalisées après les aménagements préprothétiques (améloplasties…). rigide.modèle de travail pour l’élaboration de la totalité de la prothèse (châssis et selles prothétiques) dans le cas des petits édentements encastrés. Selon le type d’édentement. • les empreintes secondaires réalisées à l’aide d’un PEI. La référence est obtenue avec un compas à pointes mousses disposées entres les faces internes des trigones à la mandibule et entre les faces externes des tubérosités au maxillaire.

Alginoplast®…) dont la reproduction des détails est de l’ordre de 20µm. telles que les niches rétro-molaires. langue). LES EMPREINTES PRIMAIRES (4 et 5) Leur mise en œuvre est identique à celle qui a été décrite pour les empreintes préliminaires. Le modèle de travail obtenu par le moulage de l’empreinte primaire est celui sur lequel sera élaboré l’ensemble de la PAP. lèvres. La mise en œuvre Les mucosités salivaires sont enlevées à l’aide d’une compresse. un contrôle visuel est effectué par comparaison entre l’empreinte tenue à côté de la cavité buccale et les tissus mobilisés. châssis. est replacée à l’état de repos. L’utilisation d’un adhésif (Hold Spray®. Une insuffisance en longueur ou en hauteur peut être complétée par un ajout de cire dure. déplacée ou comprimée lors de l’insertion. LE MATÉRIAU Le matériau utilisé est un alginate de classe A (Aromafine®. la musculature périphérique (joues. L’empreinte est immédiatement moulée. automatique ou automatique sous vide permet d’obtenir un mélange homogène et crémeux. selles et dents prothétiques… Dans les cas d’édentements encastrés latéraux ou antérieurs de moyenne ou de grande étendue. puis un socle est réalisé. Il faut alors enregistrer la morphologie des dents restantes. Après s’être assuré de la qualité de la surface obtenue. L’alginate est préparé selon les proportions indiquées par le fabricant.nombre et répartition des dents restantes en particulier . L’empreinte est ensuite décontaminée (15) : pulvérisation de glutaraldéhyde 2 % ou d’hypochlorite de sodium 0. n° 1 15 mn dans une enceinte close (sac plastique). l’empreinte est désinsérée d’un seul geste puis rincée. peuvent être enregistrées en y déposant le matériau à l’aide d’une seringue à Ramitec®.Clinique Laboratoire face externe de la tubérosité afin d’éviter tout déchirement de l’alginate à la désinsertion. Le porte-empreinte est centré sur l’arcade. Une empreinte primaire ne peut pas fournir ces données et une empreinte secondaire est indispensable. Il permet de repérer puis de tracer à l’aide d’un crayon à l’aniline le fond du vestibule (fig. le modèle préliminaire obtenu en plâtre est taillé. La prise d’empreinte La spatulation manuelle.5% puis conservation pendant Synergie prothétique février 2000 • vol 2. Pour ces cas. Ce procédé permet de s’affranchir des déformations dues à la synérèse (évaporation de l’eau) ou à l’imbibition (absorption de l’eau). 1b). Selon le cas clinique . Après gélification (3 minutes). Fujirock®…). difficiles d’accès. Les surfaces occlusales des dents et les faces proximales des dents bordant l’édentement sont enduites au doigt. et dans les cas d’édentements uniou bilatéraux maxillaires et mandibulaires en extension. ou non souhaitée (esthétique. 7 . L’empreinte primaire dans ce cas est moulée en plâtre dur de type IV ADA (Microdice®. Les zones anatomiques en contredépouille. Elles ont lieu après l’analyse et les aménagements préprothétiques (améloplasties…). Le porte-empreinte est chargé. Vival®.le moulage obtenu à partir de l’empreinte primaire aura une affectation différente. l’empreinte primaire moulée en plâtre ordinaire de type II ADA permet d’obtenir un modèle sur lequel sera construit un PEI. l’exploitation des versants vestibulaires des crêtes édentées par la fausse gencive est souvent incompatible avec l’axe d’insertion. sans altérer les propriétés du matériau. Notons que pour augmenter le temps nécessaire à la gélification. la sustentation et la stabilisation de la PAP sont assurées à la fois par les dents et les structures ostéo-muqueuses. Dans les cas d’édentements encastrés latéraux ou antérieurs de petite étendue. Fix®) sur le PE est indispensable pour prévenir tout décollement. la totalité des surfaces d’appui muqueux ainsi que le jeu de la musculature périphérique. on peut abaisser la température de l’eau utilisée. fragilité de la fausse gencive) et la PAP repose essentiellement sur les dents.

LES EMPREINTES SECONDAIRES Elles sont indispensables dès que l’enregistrement à la fois des dents restantes. Du côté vestibulaire. L’espacement Il est espacé en regard des dents d’une épaisseur de feuille de cire (1. 8 En regard des secteurs édentés.ou bilatéraux en extension de moyenne étendue l’empreinte primaire est moulée en plâtre de type IV ADA. Selon les situations cliniques. de la limite d’action musculaire et du jeu de la musculature périphérique est nécessaire à la stabilisation. en regard des secteurs dentés. à l'aide d'un crayon gras. est complété par des bourrelets en Stent’s ou en résine. : il peut être légèrement espacé (feuille de cire de 6/10 mm d’épaisseur) en regard une crête flottante inopérable ou d’une zone opérée récemment afin d’éviter tout déplacement ou compression lors de la prise d’empreinte. 5. Les limites (fig. il est ajusté à la périphérie. n° 1 . (fig. Les empreintes secondaires globales (4. le PEI s’étend jusqu’à 1 mm de la zone de réflexion muqueuse (fig. Dans les cas d’édentement postérieur en extension.Les empreintes et leur traitement en prothèse amovible partielle . N. on distingue deux types d’empreintes secondaires : • les empreintes secondaires globales • les empreintes secondaires dissociées ou de correction. à la sustentation et à la rétention de la PAP. L’extrados du PEI. la limite palais osseux-voile doit être dépassée (fig. Il est rigide. Begin et S.M. 7. Une fois le vernis sec. On évite ainsi tout risque de "tirage" dû à la fuite du matériau vers l’arrière lors de la prise d’empreinte secondaire. des surfaces d’appui muqueux. Ces bourrelets préfigurent le volume du montage des dents artificielles et servent à la préhension du PEI (fig. les limites du porte-empreinte sont retracées afin qu’elles puissent se décalquer sur l'intrados de la résine. A la mandibule. • Le porte-empreinte individuel Il doit permettre les mouvements physiologiques de la musculature périphérique et enregistrer la limite d’action tout en reproduisant précisément les surfaces d’appui dentaire et muqueux. Cette distance. Elaboration du P E I au laboratoire Le modèle est isolé à l’aide d’un vernis séparateur de résine (Separating Fluid®). Il est ajusté sur les surfaces muqueuses fermes et adhérentes au plan osseux (fig.B. La manipulation des joues et des lèvres. 2d). Une fois le mélange monomère-polymère effecSynergie prothétique février 2000 • vol 2. 2e). 2b) Elles doivent être indiquées par le praticien en prenant comme référence le fond du vestibule enregistré et tracé au crayon à l’aniline et en fonction du déplacement des tissus périphériques lors de l’empreinte primaire. 2a). 2a) et un endiguement postérieur est souhaitable afin d’obtenir une bonne répartition des pressions sur les surfaces d’appui. est augmentée en regard des freins en fonction de leur amplitude de déplacement. 14) Elles nécessitent un porte-empreinte individuel élaboré sur le modèle primaire. Pour cela le praticien compare la position en bouche des tissus périphériques déplacés et celle qui a été enregistrée par l’empreinte primaire. Pekatray®). permettent d’apprécier les limites à transmettre au prothésiste. en résine. Hurtado Dans les cas d’édentements mandibulaires uni. du côté lingual. en regard des secteurs édentés. 2c). Au maxillaire. l’extension postérieure du PEI est fonction du type d’édentement. la limite du PEI est représentée par la partie la plus saillante de la table externe. Ses bords ont une épaisseur de 2 mm et sont arrondis.5 mm) afin de ménager un espace suffisant pour le matériau à empreinte destiné à enregistrer les dents restantes (fig. une distance suffisante doit être ménagée entre le bord du porte-empreinte et la ligne de réfection muqueuse afin d’enregistrer la limite d’action de la musculature par le matériau à empreinte. ainsi que la mobilisation de la langue. 2e). Dans tous les cas. de 1 à 2 mm en général. Le modèle primaire obtenu permet de réaliser le châssis métallique qui sera ensuite muni de selles porte-empreintes en résine pour réaliser une empreinte de correction des surfaces d’appui muqueux et des tissus périphériques en regard des secteurs édentés. thermo ou chemopolymérisable (Formatray®.

le PEI s’arrête à la ligne la plus saillante de la table externe. Après la polymérisation de la résine. 2b Limites du PEI : . en résine ou en Stent’s. Elle est modelée en une feuille d’une épaisseur régulière et calibrée à 2 mm pour être appliquée à l’aide des doigts sur le modèle en prenant soin de ne pas emprisonner de bulles d'air. doit avoir un volume qui préfigure la future arcade dentée. . 2a Le PEI. 2c Les bourrelets de préhension en Stent’s préfigurant le volume des dents artificielles n’entravent pas le jeu de la musculature. lorsque les lignes obliques inférieures sont très saillantes et que les niches rétromolaires sont en contre-dépouille.Clinique Laboratoire 2a 2b 2d 2c 2e Fig. n° 1 . à l’aide d’un bistouri. Fig. doit recouvrir la totalité des surfaces d’appui. la résine est conservée dans un godet couvert afin d’empêcher l’évaporation du monomère jusqu’à ce qu’elle ne soit plus collante. Le bourrelet. 2e Le PEI est ajusté sur les crêtes et distant de 1 mm de la ligne de muqueuse dans la zone sublinguale. la résine est découpée sur la périphérie du modèle au-delà des limites. Ensuite. la mise aux limites du PEI est réalisée à l’aide de fraises résine en s’assurant une épaisseur minimale des bords de 2 mm et un profil arrondi. rigide. il est pré9 Synergie prothétique février 2000 • vol 2. 2d Le PEI est espacé de l’épaisseur d’une feuille de cire en regard des dents. Cas particulier (5) Dans le cas d’édentements bilatéraux postérieurs mandibulaires. une distance de 1 à 2 mm est généralement ménagée entre la ligne de réflexion muqueuse et le bord du PEI. tué. en résine. Fig. Fig.en regard des secteurs édentés. Fig.en regard des secteurs dentés.

Afin d’apprécier l’épaisseur des bords de la future prothèse en regard des secteurs édentés. La mobilisation des organes anatomiques. 3b Les volets linguaux peuvent alors être précisément adaptés sur les tables internes. • L’adaptation du PEI L’extension des bords du PEI est réglée visuellement puis contrôlée avec un silicone de basse viscosité (Pressure Spot Indicator®. 3d). un marginage des bords vestibulaires du PEI est réalisé à l’aide de pâte de Kerr® (fig. la stabilité dimensionnelle. l’aptitude au mouillage et la possibilité de désinfection. Fig. En fonction du cas clinique. Fig. Fit Checker®.Les empreintes et leur traitement en prothèse amovible partielle . 3a et 3b). 3c Une interférence entre la musculature et le bord du PEI est révélée grâce à l’utilisation d’un silicone de basse viscosité (Silasoft®). en regard des secteurs édentés et de la langue. 3a 3b Fig.M. temps de travail suffisamment long pour permettre la mobilisation de la musculature périphérique. est assurée par la pratique des tests de Herbst (13). Hurtado férable de fractionner le modèle primaire en deux parties après avoir réalisé un socle amovible afin d’adapter parfaitement les volets linguaux sur les tables internes (fig. temps de prise suffisamment court pour le confort… (3). Ce marginage contribue également à la stabilisation de la PAP en adaptant à ce niveau la morphologie des surfaces polies stabilisatrices à la musculature périphérique. Silasoft®) (fig. n° 1 . Begin et S. • Choix du matériau d’empreinte Tout matériau à empreinte doit répondre à certains impératifs tels que la précision de reproduction. 3a Empreinte secondaire globale d’un édentement bilatéral postérieur en extension : le modèle primaire est fractionné lorsque le double socle est coulé. le matériau choisi doit présenter des qualités complémentaires : élasticité suffisante en présence de contre dépouille. 3c). 3c 10 Synergie prothétique février 2000 • vol 2. Elle est éliminée.

Ils présentent une faible stabilité dimensionnelle qui nécessite de mouler l’empreinte dans les meilleurs délais. par exemple). Fig. c’est le temps de prise du matériau de basse viscosité qui conditionne le moment de la désinsertion. La basse viscosité présente un temps de travail intéressant.Clinique Laboratoire 3d 3e Les polysulfures du type Permlastic®. Fig. Le temps de prise de cette viscosité est de l’ordre de 10 mn. n° 1 11 . 3f Coffrage de l’empreinte. Ceci implique de manipuler la musculature pendant ce temps afin d’éviter un écoulement inopportun du matériau. Neoplex® répondent globalement à ces conditions. 3e Empreinte secondaire en 1 temps 2 viscosités (Permlastic® de moyenne et de basse viscosité). selles et dents prothétiques) Laboratoires : PBM 92 (châssis) . 3d Marginage à la pâte de Kerr® des bords en regard des secteurs édentés. Le PEI est encollé avec l’adhésif spécifique. • Technique de l’empreinte globale avec un matériau polysulfure (Permlastic®) Elle se réalise en un temps avec 2 viscosités : moyenne et basse. C’est le cas des édentements de faible étendue et. Hurtado (montage des dents prothétiques) 3g Synergie prothétique février 2000 • vol 2. 3f Fig. Les espaces interdentaires sont comblés (ciment provisoire. Les mucosités sont éliminées à l’aide de compresses. S. La précision et la stabilité dimensionnelle de ces matériaux sont appréciées. Fig. Les silicones par addition de moyenne viscosité (President monobody®) conditionnés en cartouche (réduction du temps de mise en place du matériau dans le PEI et dans la seringue au bénéfice du temps de travail) peuvent être utilisés dans les cas où la manipulation de la musculature périphérique est raccourcie. la bouche est maintenue sèche. de l’ordre de 2 mn. N’étant jamais employé seul. La moyenne viscosité présente un temps de travail et un temps de prise plus courts. élastomère d’une famille diffférente des polysulfures (Ramitec®. des édentements encastrés. 3g Modèle obtenu permettant l’élaboration de la PAP (châssis. en particulier.

séchée. La basse viscosité est injectée sur les dents et déposée sur l’intrados du PEI ajusté en regard des crêtes. Fig. 4e L’ensemble de la PAP .espacé en regard des dents . PEI élaboré sur le modèle primaire . Les deux viscosités sont préparées simultanément par l’assistante et le praticien. Hurtado 4a 4b 4d 4c 4e Fig. Le PEI est mis en bouche et la manipulation de la musculature (associée à la mobilisation de la langue à la mandibule) est entreprise. 3e) décontaminée (pulvérisation de glutaraldéhyde 2 % puis conservation dans une enceinte pendant 15 mn). Begin et S.Les empreintes et leur traitement en prothèse amovible partielle . Fig. la désinsertion est faite d’un geste uniaxial.M. 4c Empreinte secondaire globale aux thiocols (Permlastic®) en un temps deux viscosités : . selles prothétiques et montage des dents est réalisé sur ce modèle Laboratoires : PBM 92 (châssis) . examinée (fig. Les lèvres sont vaselinées. 4b Les bourrelets de préhension soutiennent et guident la musculature pendant le réglage du PEI. puis moulée dans les meilleurs Synergie prothétique février 2000 • vol 2. Après obtention de deux mélanges homogènes.moyenne dans les gouttières et des bords . Fig. la moyenne viscosité est disposée à la fois dans les gouttières du PEI et sur les bords en regard des secteurs édentés afin d’éviter tout risque de laminage à ce niveau.basse injectée sur les dents et sur les crêtes. n° 1 12 .châssis. Fig. L’empreinte est rincée. G. 4a Empreinte secondaire globale : édentement encastré de moyenne étendue. Pennequin (montage des dents prothétiques). 4d Modèle secondaire après coffrage des bords.ajusté sur les crêtes. Après polymérisation complète du matériau (10 mn).

est appliquée perpendiculairement au coffrage. dans son épaisseur minimale. G. A la mandibule. l’empreinte est coffrée. Le modèle obtenu permet de réaliser toutes les parties prothétiques : châssis. selles et montage des dents prothétiques (fig. légèrement ramollie à la flamme. ajusté sur les crêtes. n° 1 sé à l'empreinte à l'aide de cire collante afin de compléter le coffrage au niveau de l’espace lingual.Clinique Laboratoire 5a 5b 5c Fig. Cette opération permet à la fois de joindre parfaitement les sticks à la partie postérieure coffrée et de consolider le coffrage. 3g). est solidariSynergie prothétique février 2000 • vol 2. grâce au vibreur. 3f) La limite du coffrage est repérée puis tracée à une distance de 3 à 5 mm du bord de l’empreinte. Avant son moulage. Une large feuille de cire rouge. d. c). Fig. Fig. Elle prévient d’une éventuelle fracture du modèle lors du démoulage de l'empreinte. La présentation du plâtre en sachets prédosés en simplifie l’utilisation et améliore sa conservation. Pennequin (montage des dents prothétiques). un stick de cire à coffrer (Boxing Wax®) d'une largeur de 4mm est positionné centimètre par centimètre sur la cire collante préalablement refondue afin d'obtenir une margelle périphérique. Ensuite. sur tout le contour périphérique de l'empreinte juste en dessous de cette limite.édentements encastrés de moyenne et de grande étendue (fig. 5a Empreinte secondaire globale : édentement postérieur unilatéral modifié : PEI espacé en regard des dents. Godet (châssis) . c. L'empreinte coffrée est positionnée horizontalement sur une surface plane. ait un centimètre. délais (immédiatement est le mieux). Le moulage de l’empreinte L’empreinte est moulée avec un plâtre dur (Micodice®. • Indications Elles sont indiquées dans les cas suivants : . afin de conserver l’intégralité des bords et d’en tirer les avantages pour la stabilité de la future prothèse. 5c La PAP est réalisée sur le modèle obtenu par le moulage de cette empreinte (Laboratoires : G. Ces deux sticks seront parfaitement collés entre eux à l'aide d'une spatule de cire chaude passée sur la longueur et la largeur des sticks. 4a. Le coffrage de l’empreinte (fig. Fuji Rock®) de préférence malaxé sous vide. e). Un deuxième stick est collé au premier pour obtenir un bord d’une largeur de 7 à 8 mm. Sa hauteur sera suffisante pour que le modèle obtenu.ou bilatéraux en extension (fig. 5 a. 13 . il est distribué jusqu’à l’autre extrémité. Il est déposé en petite quantité à une des extrémités de l’empreinte et. b. un faux plancher lingual en cire. 5b Empreinte secondaire globale avec un silicone par addition (President® de type monophase).édentements postérieurs uni. . Un ajout de cire collante est réalisé à l'aide d'une spatule à cire portée à la flamme. b. ajusté à la zone de plus grand contour.

une compression excessive des tissus sous l’élément de connexion des selles n’est pas à craindre et la délimitation de l’enregistrement est facile à faire. et lors de la prise d’empreinte de se rapprocher de la réalité physiologique de la mandibule du patient porteur de PAP. Empreintes secondaires dissociées (1. 6a Prothèse composite : empreinte secondaire globale : les éléments de PF (13. 14 notamment lors des mouvements linguaux.en prothèse composite. 6 a. 4. 6b Les bourrelets de préhension n’entravent pas le jeu de la musculature. 11) L’empreinte dissociée consiste à enregistrer les appuis dentaires et les appuis muqueux au cours de deux étapes cliniques différentes. dans les cas d’édentement de grande étendue.Les empreintes et leur traitement en prothèse amovible partielle . Begin et S. Hurtado 6a 6b 6c Fig. n° 1 . la difficulté de maintenir le châssis en place pendant la prise d’emSynergie prothétique février 2000 • vol 2.ou bilatéraux en extension de moyenne étendue et ceci pour différentes raisons : 1. 12. permet de réaliser une fausse gencive dont la forme contribuera à la stabilisation et à la rétention de la PAP. l’avantage d’utiliser le châssis comme PEI disparaît dans les cas d’édentement de grande étendue où l’encombrement par un PEI global est moindre. le faible encombrement du PEI représenté par le châssis et les selles permet lors des tests de Herbst nécessaires au réglage de son extension. 6d . lorsque les éléments de prothèse fixée sont entraînés dans l’empreinte secondaire puis sur le modèle destiné à la réalisation de la PAP (fig. Pennequin : (montage des dents prothétiques). 11. le nombre de dents à recouvrir étant plus réduit. c. 8. Fig. la barre ou le bandeau lingual étant espacé en regard de la muqueuse. associé au coffrage. • Indications L’empreinte dissociée n’est indiquée que dans les cas d’édentements postérieurs mandibulaires uni. b. 2. 21. 22. 23) sont entraînés dans l’empreinte destinée à la PAP (PEI espacé en regard des dents. ajusté sur les crêtes). 6d La PAP est élaborée à partir du modèle obtenu Laboratoires : PBM 92 (châssis) . D’autre part. 3. d) (2). C’est le principal avantage de cette technique par rapport à un PEI global. G. les MPU sont préparés. L’enregistrement du jeu de la musculature. Fig. 6c L’empreinte est coffrée. 9. lors de l’empreinte de correction. 10.M. Fig.

En l’absence de zone en contre dépouille (niches rétro molaires) par rapport à l’axe d’insertion du châsssis. Pekatray®) recouvrant les secteurs édentés (fig. Après la prise du plâtre. stabilité dans le temps. 7a). 7g) et l’empreinte des selles est moulée. grâce à un silicone fluide révélateur de pression (Pressure Spot Indicator®. Le coffrage est réalisé (fig. puis jusqu’à la prise du matériau. le modèle obtenu est taillé et équilibré (fig. Un marginage des bords vestibulaires (pâte de Kerr® verte) en regard des zones édentées permet de définir leur volume (fig. l’empreinte est démoulée. 7b). l’extension des selles est réglée à l’aide des tests de Herbst (13). • Technique de l’empreinte corrigée Le châssis métallique est élaboré sur le modèle issu de l’empreinte primaire (fig. trois types de matériau présentent un intérêt du point de vue du temps de travail : • les pâtes à base d’oxyde de zinc-eugénol. absence d’adhésif… En présence de contre dépouille. Après préparation de la bouche (absence de mucosités. il est muni de selles porte-empreinte en résine chemopolymérisable (Formatray®. 7e à 7j) L'empreinte de correction des secteurs édentés est désinsérée après la prise du matériau. 7j). Après contrôle de sa bonne adaptation en bouche. Cette empreinte dissociée peut être conduite de deux façons différentes afin d’obtenir : . 7h). • les polysulfures (tableau I). Pour la prise d’empreinte. • les Vinyl polysiloxanes (monophase). Cet ensemble châssis et selles représente alors la PEI nécessaire à l’enregistrement des secteurs édentés et du jeu de la musculature périphérique en regard. Chaque selle. n° 1 15 . Le modèle primaire est réduit.Clinique Laboratoire preinte de correction nous conduit à écarter cette technique. Fit Checker®). 7c). rapi- dité du temps de prise (4 mn). seul le secteur denté est conservé (fig 7e). les autres familles de matériaux (silicones monophases en cartouches auto mélangeuses. est munie d’un bourrelet en Stents® ou en résine. ajustée sur la crête. polysulfures de basse et de moyenne viscosité …) seront utilisées.soit un nouveau modèle global. 7f). La limite à donner à ces selles est repérée en clinique et reportée sur le modèle primaire. l’empreinte secondaire est prise. (fig. .soit un modèle hybride dont la partie dentée est celle du modèle primaire. L’insertion est guidée par le châssis qui est maintenu par une ferme pression digitale sur les éléments métalliques pendant la manipulation de la musculature périphérique et les mouvements linguaux. Après s’être assuré de l’absence de zone trop compressive sous l’intrados des selles.Temps de travail et temps de prise Temps de travail Zno-Eugénol Polysulfures Vinyl polysiloxanes (monophase) 1 mn 30 s 2 à 3 mn 2 mn Temps de prise 4 mn 8 à 10 mn 5 mn Synergie prothétique février 2000 • vol 2. Il est repositionné parfaitement puis solidarisé à la cire collante sur le châssis métallique. Notons que ce procédé qui aboutit au modèle hybride nous permet d’utiliser un plâtre dur de type IV pour la réalisation du châssis et un plâtre plus spécifique à la réalisation des selles en résine (fig. Ceci nous prévient de tout risque de fracture de ces selles lors du démouflage (fig. le choix d’une pâte Zno-Eugénol présente de nombreux avantages : hydrophilie. Ce bourrelet a pour rôle de préfigurer la future arcade dentaire et de contrôler en particulier l’amplitude des mouvements de la langue lors des tests utilisés pour le réglage des bords des selles puis pendant la prise d’empreinte. TABLEAU I . 7i). • Le modèle hybride (fig. contrôle salivaire).

7i Modèle hybride : plâtre dur de type IV et plâtre spécifique pour la réalisation des selles en résine (Resistone®). 7e Fractionnement du modèle primaire. 7b Châssis muni de selles porte-empreintes.M. S.Les empreintes et leur traitement en prothèse amovible partielle . Begin et S. Fig. 7d Empreinte de correction des secteurs édentés aux thiocols (Permlastic®). Fig. n° 1 16 . Fig. Fig. 7f Elle est collée précisément au châssis. Fig. 7a Empreinte dissociée et modèle hybride : édentement bilatéral postérieur mandibulaire en extension de moyenne étendue. Châssis métallique sur le modèle primaire issu d’une empreinte à l’alginate de classe A dont la reproduction de détails est de l’ordre de 20 µ. 7 h Moulage de l’empreinte. Hurtado (montage des dents prothétiques). 7c Marginage des bords contribuant à la stabilisation de la PAP (morphologie de la fausse gencive). Hurtado 7a 7b 7c 7d Fig. Fig. 7e 7f 7g Synergie prothétique février 2000 • vol 2. Fig. Fig. 7g Coffrage de l’empreinte de correction. Fig. seule la partie dentée est conservée (plâtre de type IV). 7j La prothèse est terminée sur ce modèle (selles et dents prothétiques) Laboratoires : PBM 92 (châssis) .

8b). 8c Empreinte des secteurs édentés dans un premier temps aux thiocols (Permlastic® de moyenne viscosité). L'ensemble des dents restantes est enregistré par un silicone par addition en un temps et deux viscosités : le silicone de basse viscosité est injecté sur les dents puis coiffé par le silicone de haute viscosité (Putty Soft ) modelé en forme de boudin (fig. Fig. distant de 3 à 4 mm des dents antérieures. 8a Empreinte dissociée et nouveau modèle global : un édentement bilatéral postérieur mandibulaire en extension de moyenne étendue. Cette opération se fait sans appui sur les bourrelets afin de ne pas risquer de désta- Fig. 8a). n° 1 17 . le modèle primaire sur lequel le châssis a été élaboré n’étant plus utilisé (fig. ce fil a été cranté et enduit d'adhésif à silicone (fig. L'empreinte de correction n'est pas désinsérée. Fig. puis du secteur denté dans un deuxième temps par un silicone par addition (2 viscosités). 8c). Un fil métallique de 15/10 mm de diamètre est solidarisé aux selles porte-empreinte du châssis du côté vestibulaire. l’extension des selles est contrôlée. 8d Modèle secondaire global obtenu sur lequel seront réalisés les selles prothétiques et le montage des dents. 8b L’intrados des selles est ajusté sur les crêtes.Clinique Laboratoire 7h 7i 7j • Le nouveau modèle global (fig. Le châssis réalisé à partir de l’empreinte primaire est muni d’un fil cranté de 15/10 mm de diamètre et de selles porte-empreintes. 8c 8d 8a 8b Synergie prothétique février 2000 • vol 2. Afin d'assurer la rétention du matériau. Fig. 8a à 8d) (7 et 8) Une nouvelle empreinte des dents antérieures restantes est prise dans la même séance que l'empreinte de correction du secteur édenté. Laboratoire : PBM 92.

8d) sur lequel seront élaborés les selles et le montage des dents. des structures ostéomuqueuses et des organes périphériques à l’état de repos. • être rigoureux dans la mise en œuvre.. Elle est préférée à celle qui consiste à prendre une surempreinte avec un PE de série et un alginate. le nombre et la distribution des dents restantes. le châssis étant utilisé comme PEI pour enregistrer les surfaces d’appui muqueux et le jeu de la musculature périphérique. CONCLUSION L’assurance du succès de la prise d’empreinte en PAP est subordonnée à trois principes : • poser l’indication de la technique en fonction du nombre et de la répartition des dents restantes. • bien connaître et manipuler correctement les matériaux. Elle nécessite un PEI et se réalise en un temps avec une ou deux viscosités de matériau.ou bilatéraux maxillaires et mandibulaires en extension • cas de prothèse composite Empreinte secondaire dissociée Edentements postérieurs uni. Empreinte secondaire dissociée : moulage des dents. Empreinte primaire : moulage des dents.M. 18 Synergie prothétique février 2000 • vol 2. Hurtado Indications de la technique d’empreinte Technique Empreinte Empreinte secondaire globale primaire à l’alginate Type d’édentement Edentements encastrés de petite étendue • édentements encastrés de moyenne ou de grande étendue • édentements uni. Sur le modèle de travail obtenu.ou bilatéral en extension de moyenne étendue. Begin et S. l'ensemble est désinséré et moulé afin d'obtenir un nouveau modèle global (fig. de la limite d’action musculaire et du jeu de la musculature périphérique pendant la fonction. le modèle positif obtenu sera celui sur lequel.Les empreintes et leur traitement en prothèse amovible partielle . et les structures ostéomuqueuses d’autre part.. Elle se situe après l’analyse du cas et après les aménagements préprothétiques (améloplasties. Selon le cas clinique. Empreinte secondaire globale : moulage des dents. de la limite d’action musculaire et du jeu de la musculature périphérique pendant la fonction. d’une part. Elle est indiquée dans les cas d’édentement postérieur mandibulaires uni .châssis. Après la prise du matériau. selles et dents prothétiques . des surfaces d’appui muqueux. Les dents. soit le châssis. des structures ostéomuqueuses et des organes périphériques à l’état de repos permettant d’obtenir un modèle d’étude en plâtre. l’ensemble de la PAP .ou bilatéraux mandibulaires de moyenne étendue biliser par enfoncement le châssis sur ces surfaces d’appui.). sont enregistrées au cours de deux étapes cliniques différentes.sera élaboré. n° 1 . des surfaces d’appui muqueux. GLOSSAIRE Empreinte préliminaire : moulage des dents. soit le PEI. soit l’ensemble de la PAP sera élaboré.

Borel JC. • La coulée du modèle issu de l’empreinte secondaire impose le recours à un coffrage. 1992. Prothèse partielle amovible au quotidien. au nombre et à la répartition des dents restantes (type d’édentement). Thérapeutique de l'édentation partielle par prothèse amovible. 1996. Réalités Cliniques 1998 . Masson. Pfeifer DL. StomatologieOdontologie. 4. Exbrayat J.Faculté de Chirurgie Dentaire 1 rue Maurice Arnoux 92120 Montrouge Synergie prothétique février 2000 • vol 2.V. Schittly J. • Le PEI doit être rigide. n° 1 19 .Clinique Laboratoire CE QU’IL FAUT RETENIR • Le choix de la technique d’empreinte est subordonné à l’état des tissus en présence. C. Renault P. Burdairon G. 13. 9. 6. Irsa A. Applegate OC. Mac Craken WL. 14. Masson : Paris. Begin M. 5th Ed. Flinton RJ. Abrégé de biomatériaux dentaires. Prothèses et matériaux d’empreintes. Prosthet. Berte JJ. (4) : 455-463. Buch D. BIBLIOGRAPHIE 1. W. Partial denture construction. présenter un temps de travail suffisant pour permettre la mobilisation de la musculature périphérique. Tramba P. La désinfection des matériaux d’empreinte : revue de la littérature. Batarec E. Leupold RJ. • Dans les édentements de moyenne et de grande étendue. 67. E. Prothèse 1974 . Saunders CY. 11. Begin M. Dent. 12. Mosby. 6 : 891. Raux D. 4 : 432-445. 10. Decup F. Prothèse complète : clinique et laboratoire. Nally JN. 1990. Dossiers de l’ADF : Paris. Cheylan JM. Philadelphia. 1999. 1992 . Brandt RL. Lynde TA. 8. Manuel de prothèse partielle amovible. 1977. CdP. 26 : 47-75. Essential of removable partial dentures prothesis. 9. 2. 15. Baker PS.C. outre la précision de reproduction. Procédures cliniques et indications des techniques d'empreintes en prothèse partielle amovible. 23310 A10-L10. J Prosthet Dent 1992 . en résine. Cah. Berteretche MV. et recouvrir la totalité des surfaces d’appui. 3. la possibilité de désinfection. Begin M. Cah. 7. Hutin de Swardt I. 1965. 1994. Traitement des édentements bilatéraux postérieurs. 2 : 290-93. HURTADO . le matériau retenu pour l’empreinte secondaire doit. 68. l’aptitude au mouillage. Pompignoli M. Réalités Cliniques 1995 . 7 : 61-83. Doukhan JY. Comparison of vertical movements occuring during loading of distal extension removable partial denture bases made by three impression techniques. Schittly J. Adresses des auteurs : M.B.M. Réalités Cliniques 1993 . Les empreintes en prothèse amovible partielle. 4 : 541-550. St-Louis. J. BEGIN 71 rue de Rennes 75006 Paris S. Exploitation du châssis pour la mise en condition tissulaire en prothèse adjointe partielle. 5. Renault P. Tome 1 : Ed CDP. Prothèse 1979 . 6. Simplifying the altered cast impression technique for distal-extension removable partial dentures.

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