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François Coppée

PROMENADES ET INTÉRIEURS
(1842-1908)

Table des matières François Coppée........................................................................4 I .................................................................................................5
Promenades et Intérieurs .............................................................6

II .............................................................................................. 21
Mon père .....................................................................................22 Compliment ................................................................................24 Morceau à quatre mains ............................................................. 27 Adagio .........................................................................................29 L’amazone ................................................................................... 31 Ritournelle ..................................................................................33 La ferme ......................................................................................34 La cueillette des cerises ..............................................................36 Le rêve du poète.......................................................................... 37 La mémoire .................................................................................39 Réponse...................................................................................... 40 À un ange gardien ....................................................................... 41 Romance .....................................................................................42 Lettre...........................................................................................43 Février .........................................................................................44 Avril.............................................................................................45 Mai ..............................................................................................46 Juin .............................................................................................47 Août.............................................................................................48 Décembre ....................................................................................49

III ............................................................................................50

En faction .................................................................................... 51 Le chien perdu ............................................................................53 Tableau rural...............................................................................54 Croquis de banlieue .................................................................... 55 Cheval de Renfort .......................................................................56 Au bord de la Marne ................................................................... 57 Rythme des vagues .....................................................................58 Matin d’octobre...........................................................................59 Musée de marine ....................................................................... 60 Nostalgie parisienne ................................................................... 61

IV .............................................................................................62
À mes jeunes camarades, aux équipiers du Club nautique de Chatou .........................................................................................63 Écrit sur l’Album des Chats d’Henriette Ronner .......................64

À propos de cette édition électronique...................................65

–3–

le Coupable. les Mois. mais c’est comme poète des humbles et de la vie familière qu’éclate le mieux son originalité. il a écrit des contes et des nouvelles où se mêlent l’émotion et l’ironie. né en 1842 à Paris de parents parisiens. publiées sous le titre de la Bonne souffrance. et où il raconte son retour à la foi catholique auquel sa charité pour les pauvres et son amour des petits et des humbles l’avaient tout naturellement préparé. des articles de journaux émaillés de grâce malicieuse et de tendresse souriante. les Jacobites. Prosateur savoureux et charmant. patriotique et religieux dans les Paroles sincères. est un des poètes les plus populaires de la seconde moitié du 19ème siècle. Poète lyrique. –4– . Le luthier de Crémone et le Trésor sont deux menus et purs chefs-d’œuvre. François Coppée a écrit de délicieux vers d’amour. Jeunes filles. remarquable par l’élévation des sentiments. Dans la prière et dans la lutte. réunis sous le titre de Mon franc-parler .François Coppée (1842-1908) François Coppée. l’Exilée. un roman hardi et puissant. sentimental et intime dans le Reliquaire. surtout dans les recueils intitulés : Les Humbles. Pour la couronne. Son talent souple s’est essayé avec succès dans tous les genres . Conteur et poète dramatique dans les Récits et les Élégies. mort à Paris en 1908. poète satirique. Des vers français. Écrit pendant le Siège. Trois beaux drames qui sont presque des tragédies : Severo Torelli. Arrière-Saison. Promenades et Intérieurs. le Cahier rouge. enfin des pages d’une inspiration toute chrétienne. Olivier. forment la partie importante de son théâtre. idylle gracieuse et morale. Intimités. il débuta avec éclat dans le Passant. Le Pater est d’inspiration chrétienne.

I –5– .

un moment de loisir. Lecteur mélancolique et doux. Spectateur indulgent qui vis ainsi qu’on rêve. Je rentre lentement chez moi. je me délasse Aux cris des écoliers qui sortent de la classe . tous les soirs. j’admire. Je traverse un jardin. Que je te veux conter par le droit bien permis Qu’ont de causer entre eux deux paisibles amis. graves historiens De ce que la plupart appelleraient des riens. en marchant. et sens avec bonheur Que j’ai toujours la foi naïve du flâneur. à toi ces vers ! Ce sont des souvenirs. des éclairs.Promenades et Intérieurs Lecteur. Trouvés au coin de l’âtre ou dans mes promenades. Qui laisses s’écouler le temps et trouves brève Cette succession de printemps et d’hivers. ***** –6– . ***** Prisonnier d’un bureau. où j’écoute. à toi ces vers. Je regarde. Les adieux que les nids font au soleil couchant. Content comme un enfant qu’on promène en voiture. des boutades. je connais le plaisir De goûter. Bruit pareil à celui d’une immense friture.

Où l’on tend une corde aux troncs des peupliers Pour y faire sécher la toile et la flanelle. où quelque ancienne affiche Me parle de quartiers dès longtemps démolis. devant les pics neigeux. Dont le couchant vermeil fait flamboyer les vitres. ***** –7– . Même les pissenlits frissonnant dans un coin. j’aime Paris d’une amitié malsaine . Je rêve d’un faubourg plein d’enfance et de jeux. avec quelques champs oubliés. pour regagner les maisons déjà loin. Devant la vaste mer. Et puis. Ou d’un coin pour pêcher dans l’île de Grenelle. D’un coteau tout pelé d’où ma Muse s’applique À noter les tons fins d’un ciel mélancolique. Je m’attarde. Ô vanité ! Le nom du marchand que j’y lis Doit orner un tombeau dans le Père-Lachaise. J’ai partout le regret des vieux bords de la Seine. Je prends un chemin noir semé d’écailles d’huîtres.C’est vrai. ***** J’adore la banlieue avec ses champs en friche Et ses vieux murs lépreux. D’un bout de Bièvre. Il n’est rien ici qui ne me plaise.

lorsque viendra le temps des violettes. dans les bois. devant ces amants se parlant à l’oreille Et que ne gêne pas le père. Cœurs satisfaits pour qui les dimanches sont courts. Les soirs d’été. Oh ! comme les oiseaux doivent mourir l’hiver ! Pourtant. Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir ?1 ***** N’êtes-vous pas jaloux en voyant attablés. ***** 1 Collen Mac Culloughs a repris ce vers pour le titre de son roman Les oiseaux se cachent pour mourir –8– . Se balancent au vent sur un ciel gris de fer. tout entier À l’offre d’un lapin que fait le gargotier. Pendant les tristes jours de l’hiver monotone. Ces joueurs de bouchon en manches de chemise. où nous irons courir. les nids qu’on abandonne. j’ai pensé bien des fois À la mort d’un oiseau. quelque part.Le soir. au coin du feu. Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes Dans le gazon d’avril. des gens du peuple sous la treille ? Moi. Les pauvres nids déserts. Dans un gai cabaret entre deux champs de blés. J’ai regret de porter du drap noir tous les jours. gais de la nappe mise. Devant tous ces dîneurs.

Côte à côte. le sac sur les épaules.Vous en rirez. C’est d’avoir un logis donnant sur la campagne. Les rubans au chapeau. me semble-t-il. À celle qui promet de ne pas oublier En s’essuyant les yeux avec son tablier. Et les rares amis. pourraient me reconnaître. l’horizon des coteaux blancs de givre . ***** –9– . Le paysan qui tire un mauvais numéro. En hiver. tout au bout du faubourg prolongé. de très loin. qui viendraient quelquefois Pour me voir. En été. le soir. auprès des saules. Mais j’ai toujours trouvé touchants Ces couples de pioupious qui s’en vont par les champs. Je vois le sous-préfet présidant le bureau. Et les adieux naïfs. qu’on ferait un bon livre. Où je vivrais ainsi qu’un ouvrier rangé. C’est là. ***** Un rêve de bonheur qui souvent m’accompagne. Jouant du flageolet. épluchant l’écorce de baguettes Qu’ils prirent aux bosquets des prochaines guinguettes. assis à ma fenêtre. Près des toits. le grand ciel et l’air qui sent les bois .

et c’est sinistre. On n’entend que le rythme inquiétant des pas . Le ciel est rouge . ***** – 10 – . j’imagine. tout en velours d’Utrecht. On y respire Le charme un peu vieillot de l’Abbaye-aux-Bois : Croix d’honneur sous un verre et petits meubles droits. Jaune. peint par le baron Gérard. – Plus une harpe auprès d’un piano d’Érard. La foule se disperse. Deux portraits. Morne comme une armée après une défaite. portant de lourds enfants qui geignent. Qui dut accompagner bien souvent. n’est-ce pas ? Ce fourmillement noir dans ces étroites rues Qu’assombrit le regret des splendeurs disparues ! ***** C’est un boudoir meublé dans le goût de l’Empire.Quand sont finis le feu d’artifice et la fête. Tandis qu’en infectant des lampions s’éteignent. Avez-vous remarqué Comme est silencieux ce peuple fatigué ? Ils s’en vont tous. – une dame en turban qui regarde Un pompeux colonel des lanciers de la garde En grand costume. Ce qu’Alonzo disait à la tendre Imogine.

Et l’automne qui vient ne lui fait pas de mal. Les gros verres trinquant sur les tables de bois. Et. au fond de mon cœur. quand l’atmosphère S’emplit de l’odeur forte et tiède des jardins . il a bon appétit.Champêtres et lointains quartiers. Mais j’aime aussi vos bals en plein vent d’où. Les polkas. Et voici que. de fatigue abreuvé. Et moi. et le dur charretier A mené sa voiture à Paris. Car lui. au chantier. parmi le chaos des rires et des voix Et du vent fugitif dans les ramures noires. Il revient. Pleine de lourds moellons. bon somme. soudains. S’échappent les éclats de rire à pleine bouche. ***** Le Grand-Montrouge est loin. par les chemins de boue . Le grincement rythmé des lourdes balançoires. Il vit sa rude vie ainsi qu’un animal. je vous préfère Sans doute par les nuits d’été. Le pas de son cheval qui frappe le pavé. écoutant. j’envie. le hochet des cruchons qu’on débouche. marchant à côté de la roue. ***** – 11 – . du moins. ce pauvre homme .

en noir. Elle songe sans doute au mal qui m’exila Loin d’elle. Car je suis sage et reste au logis. Et puis. autour de son chaudron. quand il vente. Si je brûle un fagot. Si je traverse enfin ce brouillard que l’asphalte Répand. Si j’épluche. infect et noir. l’autre hiver. ***** – 12 – . sois bénie entre toutes les femmes ! ***** Volupté des parfums ! – Oui. toute odeur est fée. Regardant s’avancer. Rien ne bouge. Je me crois sur un quai parfumé de goudron. Dans la forêt d’hiver les chasseurs faire halte . Ma mère. Il fait bon. ma vieille mère est là . blanche. Elle met une bûche au foyer plein de flammes. Toute petite. une orange échauffée. je vois. dans le grand fauteuil rouge. vivement et sans faire de bruit. une goélette Parmi les diamants de la mer violette.J’écris près de la lampe. Je rêve de théâtre et de profonds décors . Tranquille auprès du feu. le soir. mais sans trop d’épouvante. se souvenant qu’en octobre la nuit Peut fraîchir. sonnant leurs cors.

La bonne sœur ! Jamais on ne lit sur son front L’ennui de répéter les choses cent fois dites ! Et. Et tout fier de sentir sur sa manche en drap neuf. Chef-d’œuvre d’un tailleur-concierge de Montrouge.Noces du samedi ! noces où l’on s’amuse. étaler sa main rouge. Des murs blancs. Je vous rencontre au bois où ma flâneuse Muse Entend venir de loin les cris facétieux Des femmes en bonnet et des gars en messieurs Qui leur donnent le bras en fumant un cigare. ou parfois mûr et veuf. où sont les plus petites. en robe blanche. Tandis qu’en un bosquet le marié s’égare. ***** – 13 – . Elle ne veut pas voir tous les yeux épier Un hanneton captif marchant sur du papier. Souvent imberbe et jeune. Sa femme. sur les premiers bancs. ***** L’école. rose sous sa cornette. et puis Un christ en bois orné de deux rameaux de buis. La sœur de charité. Fait la classe. tenant sous son regard honnête Vingt fillettes du peuple en simple bonnet rond. des gradins noirs.

Voici le coucher de soleil. tout est blanc. Puis. Sert la soupe. passe là pour qu’elle le convie. À l’occident plus clair court un sillon vermeil. » ***** Il a neigé la veille et. le haut des murs. remplit un grand verre de vin. il gèle. dans le jardin. Un pauvre. Le toit. tout le jour. les balcons. La veuve met les deux couverts comme naguère.Depuis que son garçon est parti pour la guerre. Le grésil a figé la nature. les ornements de fer et la margelle Du puits. Mais l’épicier d’en face est un libre penseur Et songe : – « Peut-on croire à de telles grimaces ? Les superstitions abrutissent les masses. sur le seuil. ***** – 14 – . le vieux banc. Et la vieille maman prend sa peine en douceur. Sont comme ouatés. Il en vient tous les jours. et. et les branches Sur un doux ciel perlé dressent leurs gerbes blanches. attend qu’un envoyé divin. Sa soudaine lueur féerique nous arrose. Mais regardez. Et les arbres d’hiver semblent de corail rose. Donc son fils est en vie.

pas trop. Les petits-fours avec les verres de sirop.De la rue on entend sa plaintive chanson. Celle qui plaît et montre une grâce permise. Presque toujours la plus jolie et la mieux mise. officier en retraite. assise à sa fenêtre. Est sans dot. Sa chambre est nue. Elle gagne deux francs. le teint plein de taches de son. un mari. avec des meubles d’acajou. Et son père. Pâle et rousse. fait son whist à quatre sous la fiche. fait de la lingerie Et jette un sou quand vient l’orgue de Barbarie. – voulez-vous en tenir le pari ? – Et ne trouvera pas. Dans un coin. de profil. Très sage et sachant bien qu’elle est laide peut-être. Tous les voisins lui font leur bonjour le plus gai Qui leur vaut son petit sourire fatigué. pas riche. Elle coud. ***** Dans ces bals qu’en hiver les mères de famille Donnent à des bourgeois pour marier leur fille. Elle a son dé d’argent pour unique bijou. pauvre enfant. ***** – 15 – . En faisant circuler assez souvent.

mignonne. disciple consolé. très préoccupée. Et j’y rétablirais. je conserverais de vagues hypothèques. Lebrun. Très grave. au dessert. ***** – 16 – . On lui disait parfois : « Prends ton frère. Se dit : « Je n’aime plus maintenant ma poupée. Là. Quels soins alors ! L’enfant n’était jamais tombé. chez le sous-préfet. mon épître ou ma fable. D’une ville très calme et sans chemin de fer. » ***** Je rêve. On prit sur son berceau mesure d’un cercueil . tant Paris m’est parfois un enfer. » Et. Hélas ! le nouveau-né fut un ange éphémère. fière.Comme à cinq ans on est une grande personne. Un quatrain très mordant que j’aurais décoché. On se dirait tout bas. Esménard. Ne parle ni ne joue et. elle jouait à la petite mère. elle portait dans ses bras le bébé. Chênedollé. Je lirais. en vieux garçon affable. Et la sœur de cinq ans a des habits de deuil. Où. On voudrait mon avis pour les bibliothèques . comme un mignon péché. Nos maîtres.

***** – 17 – . Et là. vers le Champ de Mars. Il s’en va. le bonnet de police en arrière . son repas serré dans un mouchoir. – Avec un hoquet de vapeur Passe un joyeux bateau tout pavoisé d’ombrelles . entraîne à la barrière. les pieds pendants. Quand il touche l’argent de sa croix. le bonhomme échauffé Conte au jeune soldat et lui rend saisissable La bataille d’Isly qu’il trace sur le sable. L’eau du fleuve pétille au soleil. tandis que les flots apaisent leurs querelles. un instant tiré de son rêve engourdi. Et. ***** Malgré ses soixante ans. L’homme.Assis. Le pêcheur suit des yeux le petit flotteur rouge. un beau soir. Met une amorce neuve et songe : – Il est midi. Le liège soudain fait un plongeon trompeur. vers le pousse-café. Et sourd aux bruits lointains à qui l’écho répond. Rien ne bouge. Un conscrit. Et. sous l’arche du vieux pont. Son bâton à la main. le joyeux invalide Sur sa jambe de bois est encore solide. La ligne saute. plein d’abandon.

– 18 – . Et tout en écoutant. L’éléphant engloutir les nombreux pains de seigle. sous un ciel pur et clair. sous un sapin alpestre. ***** Le printemps est charmant dans le Jardin des Plantes. un charretier marche dans la poussière. l’heure qu’il est. Et regardant la rive et les nuages fuir. sans se fouler la rate. Me rendent un bonheur autrefois éprouvé. sur le pont. Tendant la trompe. Tout cela fait penser au paradis terrestre . Et c’est pourquoi je suis très heureux à ma guise Lorsque. On regarde. devant les naïfs tourlourous. C’est fugitif. Un rien. N’écoutant pas claquer le brutal fouet de cuir. à cinq heures du soir. Un battement de cœur. l’état de l’atmosphère. » Je sais tout le plaisir qu’un souvenir peut faire. avec ses airs de gros espiègle. à l’arrière. en butant du sabot. je puis voir Un calme ciel d’octobre. La main au gouvernail. vigoureux attelage. Cette création. le long du chemin de halage. Le lourd bateau qui fend l’onde de l’étambot . un parfum retrouvé. dans le quartier que je sais. pourtant la minute est exquise. Le grondement profond des lions en courroux. Fume le marinier. Quatre percherons blancs. Près d’eux. Les cris des animaux. les odeurs violentes Des arbres et des fleurs exotiques dans l’air.De même que Rousseau jadis fondait en pleurs À ces seuls mots : « Voilà de la pervenche en fleurs. Tirent péniblement. – « Le peuple et le tyran ! » me dit un démocrate. ***** En plein soleil.

l’aiguilleur vit dans sa maisonnette. le train passe Devant l’humble logis qui tressaille au fracas. Sur le globe empourpré qui fond comme un lingot. Tel que le voyageur fiévreux doit l’envier. Et le petit enfant ne se dérange pas. le soleil. À l’horizon il va plonger dans un moment. on voit l’intérieur honnête. D’une vieille à bâton. Et là-bas. ***** L’allée est droite et longue. ployant sous son fagot. Par la fenêtre. Jetant un sifflement atroce. large et rouge. Vieux ormes dépouillés dont le sommet se touche. Portant sur un seul bras son enfant qui l’embrasse. se couche.***** Près du rail. Tout au bout. Tranquille. Pas un oiseau. ***** – 19 – . et sur le ciel d’hiver Se dressent hardiment les grands arbres de fer. où souvent passe comme un éclair Le convoi furieux et son cheval de fer. Parfois un léger craquement Dans les taillis déserts de la forêt muette . la noire silhouette. cheminant. C’est la femme parfois qui se tient au levier.

Ont-ils un charme enfin pour celui qui m’écoute ? Je ne le connais pas. ainsi qu’on fait des cigarettes. et sur son perchoir. Pour se plaire à ceci.Hier. la baraque N’est pas ouverte. tu lis par-dessus mon épaule. Pour moi. Devant la toile peinte où l’on voit la géante. le macaque Cligne ses yeux méchants et grignote une noix Entre la grosse caisse et le chapeau chinois . Chaque buisson jetait un trille de fauvette. Et deux bons paysans sont là. Les jeunes sourds-muets s’en allaient deux par deux. Telle qu’elle a paru jadis devant les cours. sur la grand’route où j’ai passé près d’eux. Ce tableau d’un instant rencontré sur ma route. Est-il comme moi-même un rêveur endurci ? Ne peut-il se fâcher qu’on lui prête ce rôle ? – Fi donc ! lecteur. se montrant leurs mains toujours actives. Un instant j’observai leurs mines attentives Et j’écoutai le bruit que faisaient leurs souliers. ***** J’écris ces vers. Et les grillons joyeux chantaient dans les bleuets. bouche béante. pour le plaisir . – 20 – . La brise en haut des peupliers Murmurait doucement un long frisson de fête . Je restai seul. Car cette impression qui m’a fait tressaillir. Sérieux. Je penserai souvent aux pauvres sourds-muets. et ce sont des fleurettes Que peut-être il valait bien mieux ne pas cueillir . ***** Comme le champ de foire est désert. Soulevant décemment ses jupons un peu courts Pour qu’on ne puisse pas supposer qu’elle triche. Et montrant son mollet à l’empereur d’Autriche.

II – 21 – .

Le mur d’octroi n’est plus . Et quand mes petits pieds étaient assez solides. Quand m’accable par trop le spleen décourageant. On montait au cinquième étage. simple et craignant Dieu. C’est sur ces boulevards déserts. quand m’abandonne un instant l’énergie. c’est dans ce lieu Que cet homme de bien. On a planté d’affreux arbustes rabougris Sur ces longs boulevards où naguère des ormes De deux cents ans croisaient leurs ramures énormes. lecteur ! – souvent. je me promène Au lieu qui fut jadis la barrière du Maine. Et puis enfin. Où. – Eh bien. quand j’étais tout petit. Nous suivions la retraite et les petits tambours. surtout depuis le siège de Paris. naïf comme un poète. lentement . bien que très pauvre. Et j’embrassais alors mes trois sœurs et maman. Nous poussions quelquefois jusques aux Invalides. se croyant assez récompensé Par la douce chaleur qu’au cœur nous communique La main d’un dernier-né.Mon père Tenez. le quartier se bâtit. pur. enfant faible et malade. la main d’un fils unique. Assises et cousant auprès d’une bougie. Au fond d’un bureau sombre après avoir passé Tout le jour. mêlés aux badauds descendus des faubourgs. Mais c’est là que jadis. Qui fut bon comme un saint. Et qui. C’est là qu’il me menait. Mon père me menait. à l’heure où la lune se lève. Nous prenions pour rentrer la route la plus brève . eut toujours l’âme en fête. – 22 – . Par les couchants d’été faire une promenade. C’est laid. tout seul. Tous deux nous allions voir Les longs troupeaux de bœufs marchant vers l’abattoir.

sans se plaindre jamais. Ce pauvre fier et pur. cet homme de devoir. à ce qu’il dut avoir De résignation patiente et chrétienne Pour gagner notre pain. – Au chagrin qui me frappe alors je me soumets. tâche quotidienne. Et je sens remonter à mes lèvres surprises Les prières qu’il m’a dans mon enfance apprises. – 23 – .Je retourne. Et se priver de tout. Dans ce quartier paisible où me menait mon père . tout seul. Et du cher souvenir toujours le charme opère. à l’heure du couchant. Je songe à ce qu’il fit.

Le « Lion d’Androclès » en « pleins » et « déliés » . j’avais un Boiste en deux volumes . roulant les yeux. Ces phrases. Où monsieur Favarger mit trois ans de sa vie. mes chers lecteurs. réclamant ma plus belle écriture. Présente son rouleau noué d’un ruban rose. que j’étais mal à l’aise ! Fallait-il adopter la bâtarde ou l’anglaise ? Que faire ? Je mouillais ma plume avec effroi . pour moi. – 24 – . Je songeais au tableau du passage Jouffroy. pour être à la hauteur Du pupitre.Compliment Tous ces jours-ci. la veille. des plumes. Chef-d’œuvre et dernier mot de la calligraphie. cette nuit. Mais. le dos rond. Qui montre aux gens. Et. Le texte qu’à l’école on nous donnait. par un tel art humiliés. pleines de « mots d’auteur ». Vous offrir un joli compliment – vers ou prose – Pour l’an qui. bien du papier . J’ai noirci. Je transcrivais alors ma petite harangue. sur la table. au logis copier. Et qu’il fallait. frisé tout exprès. M’effrayait. Étaient alors. Plus un bristol orné d’un beau feston doré Et fleuri d’un petit bouquet peinturluré. Devant ce grand travail. depuis. Devant moi. tirant la langue. Tel un petit garçon qui. je désirais. Sur mon grand tabouret. Mais c’étaient mes débuts dans la littérature. le soir. naquit et commença. quand j’étais enfant – oh ! pas plus haut que ça ! – Dans ce genre déjà je n’ai pas fait merveille. un encrier.

– 25 – . comme un petit imbécile. à qui je dois le jour ». de l’encre au bout du nez. un fusil à capsules ! Et je m’en emparais. et j’en voyais tirer Des trésors. joyeux et sans scrupules. lorsque j’arrivais au « cœur rempli d’amour ». Mais. plein d’une angoisse énorme. Portait des gants flétris et des jupes reteintes. Et l’on ouvrait l’armoire. Quand je me présentais devant mes bons parents. ils semblaient l’admirer. Alors. un tambour. un mot difficile !… Je m’agitais et. avec ce manuscrit informe. avec des gestes consternés. De l’encre au bout des doigts. Oui. Je signais mal et ratais mon paraphe. j’étais perdu. ma page illisible. C’était affreux ! Pourtant. Et sur mes beaux souhaits de joie et de santé Je laissais choir enfin un monstrueux pâté. Ne sachant pas alors – pour l’enfant tout est beau – Pourquoi mon père avait toujours un vieux chapeau Et pourquoi la maman. sans dédains ni moues. Embrassaient tendrement leur fils sur les deux joues. Je me mettais. Le lendemain. Comment écrire « cœur » ? « Cœur ». ouvraient les yeux tout grands.Pas mal le « Chers parents. sainte parmi les saintes. Les fautes d’orthographe Pleuvaient. Ils prenaient le papier. S’écriaient : « C’est superbe ! » et.

Quand ils payaient. Mon mauvais compliment par de pauvres joujoux. – 26 – . Si. Je souhaite d’abord avec sincérité. en ce jour qui groupe la famille. À défaut de cadeaux. Comme. et presque aucun homme n’est bon Que grâce aux souvenirs de son enfance aimée. Mes honnêtes parents n’eurent pas davantage . Je leur souhaite encor de bien s’aimer entre eux. Si cher que soit le pain. Quand la nouvelle année entreprend sa carrière. Dont son âme demeure à jamais parfumée. Toute sa vie. Le pauvre homme N’a vraiment pas le droit de trop se plaindre. Entretenez en eux le foyer des tendresses. si peu que le feu brille. Des sentiments profonds ils ont connu le prix. c’est qu’ils me l’ont appris. Du pain et de l’amour ! Tout est là. ayant épargné quelques sous. on rallume un charbon. Épanouissez-vous. du berceau d’osier au cercueil de sapin. si je sais aimer. Mais la bonté régnait dans leur cœur sans partage. Et puis. Mes amis. Et. donnant de splendides étrennes. Quand les enfants viendront vous tendre leurs fronts purs. comme moi nés dans la pauvreté. comblez-les de caresses. en somme. N’éprouve pas leur joie en ces heures sereines. Le pain quotidien de la vieille prière . pour qu’ils ne soient jamais trop malheureux. il a de l’amour et du pain. Le méchant souffre. ne devenez pas durs.Aux humbles. en soufflant dessus. Et tel riche.

Les deux jeunes sœurs. Si je me retourne soudain Dans le fauteuil où j’ai pris place. Dans la porte et la glace étroite. Deux parcs. Unissent leurs rameaux en arc Sur les gazons qu’ils baignent d’ombre. Les quatre mêmes bijoux d’or Scintillent à leurs quatre oreilles. d’un vert sombre. pareils absolument. Et je goûte l’amusement D’avoir. Grâce aux yeux baissés sur les touches. Comme les deux parcs du décor. – 27 – . à gauche comme à droite. Pour jouer un peu de Mozart. Elles sont tout à fait pareilles . très exquises. La même fleur sur leurs cheveux. Au piano se sont assises. Je revois encor le jardin Qui se reflète dans la glace .Morceau à quatre mains Le salon s’ouvre sur le parc Où les grands arbres. Par un jeu charmant du hasard. La même fleur sur leurs deux bouches . J’examine autant que je veux.

Beaucoup plus que pour mieux entendre. pour mieux regarder. Je me lève et viens m’accouder Au piano de palissandre. – 28 – .Et parfois.

un profond et funèbre miroir. l’œil fixé sur les gazons poudreux. Des parfums. Un portrait d’homme à l’œil fier. doux. discrète. je ne l’entendis pas. un certain soir d’août. magnétique et noir. dans cette atmosphère émue. je devinais des fleurs dans de grands vases. Et. Toujours à la même heure. dans une maison Qui fait l’angle et qui tient. plus bas. une douleur Épanouie au charme ineffable et physique Du silence. Et j’avais remarqué que. Des plis majestueux dans les tentures sombres. Fermée au vent du soir son étroite persienne. comme sont souvent les amoureux. Le ciel se nuançait de vert tendre et de rose. – 29 – . Le vieux clavier s’offrant dans sa froide pâleur. sous les ombres. Toujours à la même heure. ainsi qu’une prison.Adagio La rue était déserte et donnait sur les champs. de la fraîcheur. et le flâneur morose Et triste. de la musique. attendrissant. une musicienne Mystérieuse. avait pris l’habitude D’entendre ce vieil air dans cette solitude. Puis. Jouait l’adagio de la sonate en la. Une lampe d’argent. Je la suivais toujours pour gagner la campagne. Le piano chantait toujours plus bas. Et moi. Le piano chantait sourd. et qui sans doute habitait là. Qui passait. La rue était déserte . Rempli du souvenir douloureux de l’absent Et reprochant tout bas les anciennes extases. Quand j’allais voir l’été les beaux soleils couchants Avec le rêve aimé qui partout m’accompagne.

– 30 – . Et d’autres pianos l’emplissent de quadrilles. Je regrette parfois ce vieux coin négligé. Mais la vieille ruelle a.Depuis. je mène ailleurs mes promenades lentes. Moi qui hais et qui fuis les foules turbulentes. dit-on. bien changé : Les enfants d’alentour y vont jouer aux billes.

autour duquel s’enroule Un voile blanc. L’amazone. et le moule . Qui s’arrête un moment sur le seuil et se gante. avec un charmant embarras. et portant sous son bras Sa lourde jupe. La badine de jonc au pommeau précieux Frémit entre les doigts de la jeune élégante. Blonde auréole autour de son front envolée : Et. Le fin drap noir étreint son corsage. Le groom attend et tient les deux chevaux anglais. déjà pleine d’impatience. Sous la porte que timbre un tortil de baron. – 31 – . au milieu de l’allée De sable roux semé de tout petits galets. un vent léger Passe dans ses cheveux et les fait voltiger. svelte et blonde. Debout entre les deux gros vases de faïence. lui jette une ombre sur les yeux. gros comme le poing.L’amazone Devant le frais cottage au gracieux perron. Agitant les lilas en fleur. Le mignon chapeau d’homme. Apparaît.

dans ma course auprès d’elle. Nous irions. À quelque fugitive et sauvage hirondelle. Et déjà je m’enivre à la seule pensée Des clairs matins d’avril où je galoperais. lancé sous la frondaison verte. voulant une image au contraste troublant Du long vêtement noir et du long voile blanc. Je la comparerais. Et.Et moi. – 32 – . J’imagine un bonheur calme et patricien. Et m’en vais sans avoir même arrêté le sien. Sur un cheval très vif et par un vent très frais. par le bois. seuls. À ses côtés. Où cette noble enfant me serait fiancée . à la découverte . flâneur qui passe et jette par la grille Un regard enchanté sur cette jeune fille.

– 33 – . Et nous choisirons les routes tentantes. Moi. Pour mieux faire accueil au doux messidor. Fera. servant notre fantaisie. la strophe. et toi. et toi. Moi. Nous vous trouverons. et toi poésie . choses parfumées. cueillant des fleurs. l’été plus charmant : Je serai poète. Suivant tous les deux les rives charmées Que le fleuve bat de ses flots parleurs. Moi. les papillons d’or. toi. ce jour-là. le rythme. glanant des vers. Nous irons chasser les choses ailées. Sous les saules gris et près des roseaux. le chœur des oiseaux. et moi plus aimant. Tu seras plus belle. Pour mieux écouter les choses chantantes. Et l’amour.Ritournelle Dans la plaine blonde et sous les allées.

Vient poser en grondant sa gueule sur ma jambe Pour avoir un morceau qu’il avale d’un coup. Plein de feuillage mort. nous fumons. les pieds velus. La chère blonde. A bon air. je leur dis ma recette Pour extirper du blé la nielle et la luzette Et que le temps humide est meilleur pour faucher. Devant. – Tandis que le papa maintient au trot Cocotte. Gros chevaux pommelés. avec son voile brun au vent. Puis mes hôtes vont voir leurs travaux de campagne. jadis château. Quelquefois le vieux chien Qu’on tolère au logis.La ferme La maison. Et par la voûte sombre au cintre surbaissé. un vieux bateau. Je parle aux laboureurs. parfois j’en fais le tour. Avant le déjeuner. La voiture d’osier a trois places. pourrit là. La grosse cuisinière alors vient me chercher . la queue Troussée. En prenant le café. Par l’étroit pont de pierre où la volaille piaule Répondant à grands cris aux canards du fossé. aujourd’hui ferme. Ils prennent le panier. On déjeune gaîment. – – 34 – . et le grossier harnais. sous le saule. Je rentre dans la salle à manger confortable Où je trouve Suzanne arrangeant sur la table Les fruits de la saison dans un grand plat de Gien. Je fus un paysan jadis. Un fossé l’entoure . avec le lourd collier de laine bleue. et je les accompagne. Le gland rouge à l’oreille. pas beaucoup. Je regarde rentrer les bêtes de labour. je m’y connais. On entre dans la cour spacieuse et carrée Que jonchent le fumier et la paille dorée. car il n’est plus ingambe.

Nous regardent de loin les pointes des clochers. – Et nous suivons alors un chemin pittoresque. par-dessus les grands épis penchés. derrière.Se retourne. occupant le siège du laquais. voulant mettre dans la capote Son parasol doublé de vert et ses bouquets. et je la touche presque. Où souvent. – 35 – . Moi. Pour l’aider je m’incline.

La cueillette des cerises Espiègle ! j’ai bien vu tout ce que vous faisiez. Un seul témoin. vos lèvres aux cerises. Vous les avez piqués dans vos cheveux d’aurore . Ce matin. et puis un autre encore. Et. Lourde sous les fruits mûrs. ma belle demoiselle. Sur votre frais visage animé par les brises. dans le champ planté de cerisiers Où seule vous étiez. Alors. Tandis qu’un vent léger dans vos boucles jouait. comparait. Or. – 36 – . les bras recourbés sur votre front fleuri. Assise dans le vert gazon. nu-tête. Une branche. vous asseyant pour cueillir un bleuet Dans l’herbe. vous barrait le chemin Et se trouvait à la hauteur de votre main. Mais pendant ce temps-là. qui vous gardera le secret. Et vos joyeuses dents jetaient une étincelle. Tout heureux de vous voir heureuse. en robe blanche. vous avez cueilli des cerises vermeilles. vous avez ri . et puis un autre. j’observais. Caché par le taillis. Vos regards aux bleuets. Coquette ! et les avez mises à vos oreilles.

quand. Je me retournerais avec un air farouche . Puis beaucoup de chapeaux de paille et des ombrelles. Derrière moi. voilé par un bouquet de bois. ces parfums. un bateau sur le fleuve. – 37 – . sans bruit. Enfin. Je vois Notre chalet. Pour lire mon poème et me souffler ma rime. Les miroirs de ma chambre auraient senti son souffle Et souvent réfléchi son visage. sachant pourtant que c’est un crime. Et ces bruits. Je serais là. en travaillant. Mais son gentil baiser me fermerait la bouche. charmés. ces reflets. Des faïences à fleurs pendraient après des clous . Un hamac au jardin. à travers la cloison Je l’entendrais toujours errer par la maison Et traîner dans l’étroit escalier sa pantoufle. pensif et la main sur les yeux. Moi. Elle aurait effleuré tout de ses doigts aimés. Elle viendrait. Pas d’autre compagnon qu’un chien de Terre-Neuve Qu’elle aimerait et dont je serais bien jaloux. sur la pointe des pieds. poursuivant un vers capricieux.Le rêve du poète Ce serait sur les bords de la Seine. Sous leurs papiers chinois les murs seraient si frêles Que même. venant d’elle. Ne me permettraient pas d’être une heure infidèle. qui ne veux pas voir mes secrets épiés.

Moi. et. On ferait des bouquets. La table mise. elle. tout en s’envoyant des baisers en mangeant. quand nous serions las On rejoindrait. et sous sa manche Ma main caresserait la rondeur de son bras. avec des roses sur la nappe. Et j’envelopperais sa taille. en toilette blanche. Près du bosquet criblé par le soleil couchant . Tout en s’interrompant pour se dire : Je t’aime ! On assaisonnerait des fraises à la crème. Et l’on bavarderait comme des étourdis Jusqu’à ce que la nuit descende… – Ô Paradis ! – 38 – . Précédés du gros chien. toujours suivis du chien qui jappe. Et.– Et dans les bois voisins. vêtu de coutil. inondés de rayons. nous nous promènerions.

Elle m’apparaît. si clair et si joli ? Est-il une grenade entr’ouverte qui rende L’incarnat de sa bouche adorablement grande ? Oui. Et qui fais qu’exilé loin d’elle. Aucun n’est éclatant et pur comme ses yeux . qui me rends son sourire et sa voix. Le poète qui veut décrire est impuissant . La chère vision que malgré moi j’ai fuie ? Qu’est auprès de son teint la rose après la pluie ? Peut-on comparer même au chant du bengali Son exotique accent. Avec ses blonds cheveux coupés courts sur le front. Mémoire.La mémoire Souvent. je médite. je la vois ! » – 39 – . svelte et la tête petite. Ô faculté sublime à l’égal du génie. Mais l’amant peut du moins s’écrier : « Sois bénie. les astres sont purs. lorsque la main sur les yeux. mais aucun dans les cieux. Et l’antilope errant sous le taillis humide N’a pas ce long regard lumineux et timide. Trouverai-je jamais des mots qui la peindront. Ah ! devant tant de grâce et de charme innocent.

– Et moi. un seul regard de vos yeux a suffi ? – 40 – . Pour emplir de clartés l’horizon noir d’orage. et vous m’êtes ravie ! Mais à vous mériter je consacre ma vie Et du sombre avenir j’accepte le défi. Ne pouvez-vous ainsi m’aimer à votre tour ? Pour monter d’un coup d’aile au sommet de la tour. Quel temps faut-il à l’aigle.Réponse « Mais je l’ai vu si peu ! » disiez-vous l’autre jour. à l’éclair. pour allumer le feu qui me pénètre. vous ai-je vue en effet davantage ? En un moment mon cœur s’est donné sans partage. Pour s’aimer faut-il donc tellement se connaître. Chère âme. Et pour nous enchanter de son puissant mirage. Puisque. à l’amour ? Je vous ai vue à peine.

ô doux ange gardien. T’évoque à ses côtés. Bel ange. fais toujours. Que ton regard. Dans leur sublime essence au paradis conquise. Et que le feu qui brille à ton front. Que le cœur virginal de cette enfant exquise ? Ô toi qui de la voir as toujours la douceur. sont moins purs. n’est-ce pas qu’elle est comme ta sœur ? Ô céleste témoin qui sais que sa pensée Par une humble prière au matin commencée Dans ses rêves du soir est plus naïve encor. Tu t’étonnes parfois qu’elle n’ait pas des ailes ? – 41 – . en tout lieu. pour la protéger. par l’amour redevenu chrétien. compagnon invisible Qui veilles sur cette âme innocente et paisible ! N’est-ce pas. Divin et pur esprit. Que ta chaste personne est moins immaculée.À un ange gardien Mon rêve. reflet des immenses azurs. N’est-ce pas qu’en voyant s’abaisser ses cils d’or Sur ses yeux ingénus comme ceux des gazelles. beau soldat des phalanges de Dieu. Qui. Sur l’adorable enfant planer ton ombre ailée.

C’est que je pense à son regard. C’est que je pense à mon exil. Quand vous me montrez l’hirondelle Qui part jusqu’au prochain avril. Pourquoi mon âme se meurt-elle Quand vous me montrez l’hirondelle. comme un brouillard. Pourquoi les pleurs. Sur mes yeux jettent-ils leur voile ? Quand vous me montrez une étoile.Romance Quand vous me montrez une rose Qui s’épanouit sous l’azur. – 42 – . Quand vous me montrez une étoile. C’est que je pense à son front pur. Pourquoi suis-je alors plus morose ? Quand vous me montrez une rose.

Comme moi. vous sans y rien changer. Et le chagrin qu’un jour vous me pourrez donner. si vous êtes sensible Au sentiment profond. Ni le feu sombre et doux de vos larges prunelles. Et rien ne m’éblouit. Je ne poursuis pas là de chimère impossible . c’est vous-même. J’y tiens pour la douceur de vous le pardonner. Et si nous triomphons de ce qui nous sépare. vous n’êtes point coquette . pur. si j’ai le bonheur que j’espère. Je vous sais le cœur bon. Et de l’humanité je connais la faiblesse . ni l’or de vos cheveux. non ! Mais seulement. Mais je vous crois assez de cœur et de noblesse Pour espérer que. Pourtant c’est vous que j’aime et c’est vous qu’il me faut. C’est vous tout simplement. fidèle et sacré.Lettre Non. chère enfant. Voyez. grâce à mon effort constant. vous devez avoir plus d’un défaut . Je veux joindre. où mon esprit s’égare. Que j’ai conçu pour vous et que je garderai. C’est d’avoir à toujours chérir et protéger Vous comme vous voilà. Telle Dieu vous a faite. et telle je vous veux. Le rêve. Bien que ma passion ait pris sa source en elles. À l’ardeur de l’amant l’indulgence du père Et devenir plus doux quand vous me ferez mal. moi qui vous aime tant ! – 43 – . ce n’est pas en vous « un idéal » que j’aime. mon enfant. Vous m’aimerez un peu. je ne mets pas en vous « un idéal ». Mais je ne voudrais pas que vous fussiez parfaite. Non.

Ils répètent à voix très basse Leurs plus amoureuses chansons. tendre peureuse . Ils attendent l’Avril futur . Sous plus d’une racine creuse Ils ont un chaud et sûr abri. Là. Comme un sépulcre était muet . Ainsi. Aussi pur qu’un premier beau jour. Si le bon Dieu ne les protège. se serrant l’un contre l’autre Et blottis dans l’asile obscur. Tu fais jaillir de cette tombe Tout un essaim de chants d’amour. ma mignonne adorée. Et. Mais quand ton cher regard y tombe. Avant de t’avoir rencontrée. – 44 – . Le printemps n’aura plus d’oiseaux ! Rassure-toi. Mon cœur où rien ne remuait.Février Hélas ! dis-tu. malgré la bise qui passe Et leur jette en vain ses frissons. la froide neige Recouvre le sol et les eaux . Pleins d’un espoir pareil au nôtre. Les doux chanteurs n’ont point péri.

Mais. Car mon désir qui va vers vous S’accuse de n’avoir pas d’ailes. Et quand je voyais dans les nues Les hirondelles revenues. Il songe que d’aucun espoir Vous n’êtes pour lui messagères. Chères voyageuses de Mai. aux promesses d’Avril Je m’abandonne et me confie. Et. hirondelles. depuis que toute ma vie A subi ton charme subtil. votre retour . Hirondelles. Chez moi ce spleen a trop duré.Avril Lorsqu’un homme n’a pas d’amour. Repeupler l’azur calme et doux. devant vos troupes légères Qui traversent le ciel du soir. Mignonne. Je vous attends à ma fenêtre. Depuis qu’un regard bien-aimé A fait refleurir tout mon être. j’ai bien pleuré. Rien du printemps ne l’intéresse . Chaque printemps. venez vite. – 45 – . Il voit même sans allégresse. Venez.

chère exilée. je fuis ce ciel clair et beau Dont l’ardent effluve me trouble. Dans la chambre où je m’enfermai. Les premiers insectes de Mai Heurter leurs maladroits élytres . En vain le soleil a souri . Au printemps je ferme ma porte Et veux seulement qu’on m’apporte Un rameau de lilas fleuri .Mai Depuis un mois. – 46 – . En vain j’entends contre les vitres. Car l’amour dont mon âme est pleine Retrouve. Car l’horreur de l’exil se double De la splendeur du renouveau. Ton regard dans ces chères fleurs Et dans leur parfum ton haleine. Loin de mes yeux tu t’en allas. Et j’ai vu fleurir les lilas Avec ma peine inconsolée. Seul. parmi ses douleurs.

– 47 – . Et d’un peu de paille ou d’argile Tous veulent se construire. L’instinct des oiseaux et des hommes Sera toujours de faire un nid . Pour la famille et pour l’amour. Et sur mon chemin solitaire Je vois. Tous mes espoirs brisés à terre Comme les œufs d’un nid tombé. Mais un furieux vent d’orage Vient d’emporter tous mes projets . Rempli de joie et de courage. chaud et fragile.Juin Dans cette vie ou nous ne sommes Que pour un temps si tôt fini. un jour. À fonder mon nid je songeais . triste et le front courbé. Un humble toit. Par les yeux d’une fille d’Ève Mon cœur profondément touché Avait fait aussi ce doux rêve D’un bonheur étroit et caché.

aimer et mourir ! – 48 – . quand midi flamboie. Ils sautillent de l’onde au sol. Et l’eau. Et là poussent en liberté Campanules et graminées. Mais mon cœur lassé de souffrir En les admirant les envie. Tombe en diamants de leurs ailes. Eux qui ne savent de la vie Que chanter. J’y vais voir.Août Par les branches désordonnées Le coin d’étang est abrité. Caché par le tronc d’un sapin. quand ils prennent leur vol. Les petits oiseaux pleins de joie Se livrer au plaisir du bain. Aussi vifs que des étincelles.

Et mourir ne doit être rien. Le vol de ces jours que tu nombres. Que d’épines pour une rose ! Le temps qui s’écoule fait bien . Et le douloureux souvenir Sur ton cœur jette encor ses ombres.Décembre Le hibou parmi les décombres Hurle. dans l’avenir. sombres ? Laisse donc les ans s’épuiser. Brillants et purs . et combien. et Décembre va finir . L’aurais-tu voulu retenir ? Combien seront. Que de larmes pour un baiser. Puisque vivre est si peu de chose. – 49 – .

III

– 50 –

En faction

Sur le rempart, portant mon lourd fusil de guerre, Je vous revois, pays que j’explorais naguère, Montrouge, Gentilly, vieux hameaux oubliés Qui cachez vos toits bruns parmi les peupliers. Je respire, surpris, sombre ruisseau de Bièvre, Ta forte odeur de cuir et tes miasmes de fièvre. Je vous suis du regard, pauvres coteaux pelés, Tels encor que jadis je vous ai contemplés, Et dans ce ciel connu, mon souvenir s’étonne De retrouver les tons exquis d’un soir d’automne ; Et mes yeux sont mouillés des larmes de l’adieu. Car mon rêve a souvent erré dans ce milieu Que va bouleverser la dure loi du siège. Jusqu’ici j’allongeais la chaîne de mon piège ; Triste captif, ayant Paris pour ma prison, Longtemps ce fut ici pour moi tout l’horizon ; Ici j’ai pris l’amour des couchants verts et roses ; Penché dès le matin sur des papiers moroses, Dans une chambre où ma fantaisie étouffait, C’est ici que souvent, le soir, j’ai satisfait, À cette heure où la nuit monte au ciel et le gagne, Mon désir de lointain, d’air libre et de campagne. Me reprochera-t-on, dans cet affreux moment, Un regret pour ce coin misérable et charmant ? Car il va disparaître à tout jamais. Sans doute, Les boulets vont couper les arbres de la route ; Et l’humble cabaret où je me suis assis, Incendié déjà, fume au pied du glacis ; Dans ce champ dépouillé, morne comme une tombe, Il croule, abandonné. Regardez. Une bombe A crevé ces vieux murs qui gênaient pour le tir :
– 51 –

Et, tels que mon regret qui ne veut pas partir, Se brûlant au vieux toit, quelques pigeons fidèles L’entourent, en criant, de leurs battements d’ailes.

– 52 –

pourtant on manque de courage . grasse et verte. tout penaud. Un vrai chien de faubourg. on a peur de la rage. on fait la mine de lever Sa canne.Le chien perdu Quand on rentre. tout chargé de caresse. La sinistre rencontre ! et quels temps sont les nôtres ! Et quel mal nous ont fait ces féroces Prussiens. mauvais. on dit au chien : « Veux-tu bien te sauver ! » Et. Sachant bien que son sort en vous est débattu. que son trop pauvre maître Chassa d’un coup de pied en le pleurant peut-être. le soir. Si vous vous arrêtez. Souvent un chien perdu. On est pauvre soi-même. Quel regard ! long. il s’arrête. et. affreux. emmène-moi. Regardant sur la boue humide. il faille encore Plaindre ces animaux dont le regard implore ! – 53 – . Attache à vos talons obstinément son nez Et vous lance un regard si vous vous retournez. tout crotté. Mais sans espoir pourtant. il va faire son offre à d’autres. avec cet air douteux De femme dédaignée et de pauvre honteux. craintif. Touchant comme un regard de pauvre ou de maîtresse. Que les plus pauvres gens abandonnent leurs chiens Et que. veux-tu ? On est ému. Il semble dire : – Allons. Enfin. par la cité déserte. morne. distrait du deuil public. Les longs sillons du gaz tous les jours moins nombreux. Agite faiblement sa queue au poil humide. timide.

coqs. Nu-tête. Le curé tout à l’heure a traversé la rue. Et qui. en berlingot2 et la pipe à la bouche. en juillet. un gros richard terrien. Sauf monsieur le marquis. 2 Voiture à cheval – 54 – . pour délivrer sa jument d’une mouche. Qui passe. le vieux charron tout blanc Répare. un timon de charrue. Ses lunettes au nez. poules et canards. Lance des claquements de fouet très campagnards Et fait fuir. Les trois quarts ont sonné. puis plus rien. près du seuil. Un soleil accablant.Tableau rural Au village. effarés.

À cause du soleil. Tire gaillardement la petite voiture. Et l’on s’en va dîner dans une humble gargote Où sur le mur est peint – vous savez ? à Clamart ! – Un lapin mort. Deux bébés. ainsi qu’elle le doit. en manches de veste. – 55 – . Très lasse. ayant mis son mouchoir.Croquis de banlieue L’homme. et sous son chapeau noir. l’un qui dort. avec trois billes de billard. et sous son bras portant la redingote . La femme suit et pousse. Pour faire prendre l’air à sa progéniture. l’autre suçant son doigt.

Des soldats font venir les femmes aux balcons. Et le vieux vétéran redresse les oreilles. Mais lorsque.Cheval de Renfort Le cheval qu’a jadis réformé la remonte Est là. précédés d’une marche guerrière. Il a cet air navré des animaux fourbus. Pour qu’on l’attelle en flèche au prochain omnibus. près du trottoir du long faubourg qui monte. Il se souvient alors du sixième dragon Et du soleil luisant sur les lattes vermeilles . – 56 – . Sous son sale harnais qui traîne par derrière.

la foule est assemblée. Partent. deux en avant.Au bord de la Marne C’est régate à Joinville. – 57 – . les chants des joyeuses équipes. – Et l’on prévoit. là-bas. ce soir. Se brûlent au cognac flambant sur le café. On tire le pétard. dans l’air échauffé. Et la gendarmerie est en pantalon blanc. et de soleil la rivière est criblée. les rameurs s’attablant Au cabaret. Les nocturnes bosquets constellés par les pipes. Et les papillons noirs qui. trois en retard. Les cinq canots. Sur la berge.

Ces falaises au roc creusé par les échos. l’humble observateur du rythme. N’a tiré du néant ces moyens musicaux.Rythme des vagues J’étais assis devant la mer sur le galet. Se brisaient devant moi. Comme un homme accablé d’un fardeau s’en décharge. Après s’être gonflés en accourant du large. et toujours. et sans trêve S’écrouler en faisant ce fracas cadencé. Incessamment heurtés et roulés sur les plages Par la vague. Ces sonores cailloux. pendant tant de milliers d’hivers. les flots d’un azur violet. et pour écouter mieux Je me voilai la face et je fermai les yeux. Que pour que l’Océan nous récitât des vers. Puisque Celui qui sait. qui commande et qui crée. Et ce bruit m’enivrait . Moi. j’ai pensé Qu’il doit être en effet une chose sacrée. Alors. en entendant les lames sur la grève Bouillonner et courir. ces stridents coquillages. Sous un ciel clair. rythmés et successifs J’observais ces paquets de mer lourds et massifs Qui marquaient d’un hourra leurs chutes régulières Et puis se retiraient en râlant sur les pierres. – 58 – .

dans l’air tout rose. Une blonde lumière arrose La nature. Les dernières. On croirait qu’il neige de l’or. – 59 – .Matin d’octobre C’est l’heure exquise et matinale Que rougit un soleil soudain. À travers la brume automnale Tombent les feuilles du jardin. et. On peut les suivre Du regard en reconnaissant Le chêne à sa feuille de cuivre. Leur chute est lente. Tombent des branches dépouillées : Mais ce n’est pas l’hiver encor. L’érable à sa feuille de sang. les plus rouillées.

Je connais l’armement des vaisseaux de haut-bord Et la voilure des avisos-hirondelles. Le carré d’Océan qui lui sert de support. – 60 – . je vais voir ces délicats modèles Qui montrent aux oisifs les richesses d’un port. forçat de Paris dès longtemps pris au piège. de ficelle et de liège M’ont souvent fait trouver les dimanches bien courts. Et. J’aime cette flottille avec ses bagatelles.Musée de marine Au Louvre. C’est là que j’ai rêvé le voyage au long cours. Et ses mille haubans fins comme des dentelles. Ses petits canons noirs se montrant au sabord. Je suis un loup de mer et sais apprécier Le blindage de cuivre et les ancres d’acier : Car tous ces riens de bois.

Souffre en exil. et l’air strident du fontainier Me ferait fondre en pleurs ainsi qu’un Ranz des Vaches. dans la montagne. Et tu songes alors aux prés de fleurs couverts. Le vrai fils de Paris ne regrette pas moins Le relent du pavé que. Et le mal du pays me prend. l’odeur des foins. comme le tien.Nostalgie parisienne Bon Suisse expatrié. – il faut que tu le saches. je fuis la ville comme un bagne. À la corne du pâtre. Et son ciel fin. – 61 – . Lassé parfois. – Mon cœur. la tristesse te gagne. Montagnard nostalgique. Mais c’est là que mes yeux d’enfant se sont ouverts. miré dans la Seine aux flots verts. au loin. Loin de ton Alpe blanche aux éternels hivers . à la campagne. toi. fidèle et casanier.

IV – 62 – .

sur les prés fauchés. dans cette banlieue aujourd’hui sale et rêche. Quand. Le lieu semblait alors champêtre. Mais les charmants retours. sur l’eau. Afin que je revive un peu de mes vingt ans. embarquez-moi sur vos bateaux à voiles. Amis. la Seine était verte et pure à Saint-Ouen. à l’heure où naissent les étoiles. – 63 – . aux équipiers du Club nautique de Chatou Jadis. Le beurre. Et. au cabaret du coin. sous une arche. j’ai même essayé de la pêche. Par un beau soir. Refléter ses rubis dans les flots miroitants. Que c’est loin ! On dînait là. J’ai canoté. dans la nuit fraîche. flottait l’odeur du foin ! Oh ! quels vieux souvenirs et comme le temps marche ! Pourtant je vois encor le couchant. et le vin fait de bois de campêche.À mes jeunes camarades. Était rance.

les compare Au charmant angora dont mon logis se pare Et qui vient de vêtir sa fourrure d’hiver. les chats silencieux Promènent leur beauté. Henriette Ronner. non sans orgueil. en ce bel album paru d’hier. Jamais il ne fut mieux compris. leur grâce et leur mystère. j’ai vu régner de longues dynasties De ces rois fainéants au pelage soyeux : Et. Vos félins sont exquis. Comme vous. Le tigre familier. dans mon calme coin de vieux célibataire. Ces chats pris sur le vif avec un talent rare. pour les chats j’ai tant de sympathies ! Chez moi. Je les admire et.Écrit sur l’Album des Chats d’Henriette Ronner Je regarde. caressant quoique fier. je le déclare. Toujours les chats prudents. – 64 – .

com/group/ebooksgratuits Adresse du site web du groupe : http://www.com/ — Janvier 2005 — – Dispositions : Les livres que nous mettons à votre disposition. à une fin non commerciale et non professionnelle. conversion informatique et publication par le groupe : Ebooks libres et gratuits http://fr.ebooksgratuits. Nous rappelons que c'est un travail d'amateurs non rétribués et nous essayons de promouvoir la culture littéraire avec de maigres moyens. ils ne doivent être altérés en aucune sorte.yahoo. Votre aide est la bienvenue ! VOUS POUVEZ NOUS AIDER À FAIRE CONNAÎTRE CES CLASSIQUES LITTÉRAIRES. Si vous désirez les faire paraître sur votre site. Corrections. – 65 – . Tout lien vers notre site est bienvenu… – Qualité : Les textes sont livrés tels quels sans garantie de leur intégrité parfaite par rapport à l'original.groups. édition. sont des textes libres de droits.À propos de cette édition électronique Texte libre de droits. que vous pouvez utiliser librement.

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