T S LE DIPÔLE RC P 07

Intro : Peut-on faire circuler le courant électrique dans un circuit comportant un isolant ?
1. Le condensateur
Rappels d’électricité : pour un générateur
PN
U E rI = −
1.1. Description et structure
Schéma conventionnel :
1.2. Principe de fonctionnement
 Expérience : E = 12 V, R = 220 Ω, C = 1000 µF et une DEL et
un interrupteur.
Observation :
Lorsqu’on ferme le circuit, la DEL émet de la lumière pendant
quelques secondes, puis s’éteint progressivement.
Conclusion :
Un courant électrique circule dans le sens passant imposé par la
DEL. L’intensité de ce courant décroît au cours du temps jusqu’à
s’annuler.
Problème :
Comment expliquer le passage du courant malgré la présence d’un
isolant dans le condensateur ?
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isolant
(air, mica, papier paraffiné, film
plastique, huile …)
Armatures métalliques
fils de connexion
N P
PN
U
I
+

2
décharge
1
charge
R
C
E
 Rappels sur le courant électrique :
Le courant électrique résulte d’un déplacement de porteurs de charges électriques (électrons dans les métaux
et ions dans les solutions). Le rôle du générateur est de mettre en mouvement les porteurs de charges.
Explication : les charges (électrons) qui ont quitté le pôle négatif du générateur se sont accumulées sur
l’armature B du condensateur et simultanément un même nombre de charge a quitté l’armature A pour
rejoindre la borne positive du générateur.
Lorsque le condensateur ne peut plus ni céder des charges vers la borne + du générateur (car plus de ddp
entre le générateur et le condensateur, donc plus de circulation de courant), ni stocker de charges
supplémentaires provenant de la borne – du générateur, on dit qu’il est chargé.
Les armatures A et B du condensateur portent donc, à chaque instant, des charges électriques opposées
+q et − q. Ces charges sont responsables de la tension aux bornes du condensateur.
1.3. Relation entre charge et intensité
 On utilise la convention récepteur pour flécher la tension aux bornes du condensateur par rapport au sens
de la flèche représentant le courant (et l’intensité).
Convention d’écriture et de schématisation :
pour l’intensité
pour la tension
pour les charges portées par les armatures
 Expérience : même dispositif qu’au 1.2, mais avec deux DEL (jaune et
verte) montées tête-bêche.
Observation :
Interrupteur en position 1 : une seule des deux DEL est allumée, on
charge le condensateur.
On bascule l’interrupteur en position 2 : l’autre DEL s’allume, on
décharge le condensateur.
Comme une DEL ne laisse passer le courant que dans un seul sens, on en
déduit que le courant change de sens.
L’intensité est une grandeur algébrique (signée). Le signe dépend du
sens choisi.
 Rappels sur l’intensité du courant électrique :
En courant continu, l’intensité du courant électrique est constante et elle correspond au débit des charges
électriques à travers une section d’un conducteur :

I =
Øu
Øt
(pendant la durée ∆t, la charge d’une armature
du condensateur varie aussi de ∆q car les charges ne peuvent traverser l’isolant).
En courant variable, cette relation reste vraie pour des temps très courts (pendant lesquels on peut considérer
que le débit reste constant) et
t 0
dq(t)
i(t) limI
dt
∆ →
= = que l’on écrit le plus souvent .
L’intensité du courant qui arrive sur une armature d’un condensateur est la dérivée par rapport au temps de
la charge électrique portée par cette armature (armature sur laquelle arrive le courant).
Attention à la notation en minuscule pour les valeurs instantanées i ≡ i(t).
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A B
+

2
décharge
1
charge
R
C
E
A B
+ q – q
i
En convention récepteur :
Quand le courant circule effectivement dans le sens choisi, l’intensité i est positive, la charge q
augmente au cours du temps et la dérivée
dq
dt
est également positive.
Quand le courant circule en sens inverse du sens choisi, l’intensité est négative, la charge q diminue
au cours du temps et la dérivée
dq
dt
est également négative.
1.4. Capacité d’un condensateur
1.4.1. Charge d’un condensateur à intensité constante
Expérience : on charge un condensateur par un courant d’intensité constante.
L’intensité dans le circuit et la tension aux bornes du condensateur sont mesurées via un ordinateur
interfacé.
Schéma du montage :
On utilise la convention récepteur pour le
condensateur
Observation : l’intensité i est positive et reste sensiblement constante pendant l’expérience (avant de
s’effondrer), la tension aux bornes du condensateur augmente proportionnellement à la durée de la charge.
Interprétation :
Le graphique montre que u
C
= k.t, avec k une constante positive.
L’intensité est constante, c’est donc qu’elle est la dérivée d’une fonction proportionnelle au temps : q = i.t.
L’ensemble de ces deux relations donne
C
u q
t
k i
= = soit
C C
i
q u C u
k
= = , car i et k sont des constantes
positives.
Conclusion : la charge d’un condensateur est proportionnelle à la tension à ses bornes.
1.4.2. La capacité d’un condensateur :
 On appelle capacité du condensateur le coefficient de proportionnalité entre la charge et la tension
C
q C u =
.
(formule assez mnémotechnique).
C
C
C : capacitŽen farads (F)
q
C q : charge du condensateur en coulombs (C)
u
u : tension aux bornes du condensateur en volts (V)
=
(La charge est celle de l’armature A recevant i.)
On emploie souvent des sous multiples du farad.
Ordre de grandeur des capacités : de quelques picofarads
12
10

à quelques millifarads
3
10

.
 Les relations
C
q C u =
et conduisent à :
C
du
i C
dt
=
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A
K
R
C
Générateur
idéal de
courant
V
2. Énergie emmagasinée dans un condensateur
Lors de l’expérience avec les deux DEL, on constate que le condensateur fournit du courant électrique au
reste du circuit, il se comporte comme un générateur et restitue l’énergie électrique emmagasinée pendant la
charge.
Expérience complémentaire : on charge un condensateur avec un générateur de tension de f.e.m. E
E = 24 V (ou 82 000 µF sous 6 V). On déconnecte le condensateur du générateur et on le branche aux
bornes d’un moteur pouvant soulever une masse par l’intermédiaire d’un fil.
Exp : Vérifier que = mgh (opposé du travail du poids).
Observation : On constate que le condensateur peut restituer l’énergie électrique qu’il a accumulée.
On peut montrer que cette énergie est proportionnelle à la capacité et au carré de la tension aux bornes du
condensateur :
(V) en volts ur condensate du bornes aux tension : u
(F) farads en capacitŽ : C
(J) joules en e emmagasinŽ nergie Ž : E
u C
2
1
E
C
cond
2
C cond
=
2
cond C
1
E C u
2
= et
C
q C u =
donc
cond C
1
E q u
2
= ou
2
cond
1 q
E
2 C
= car
C
q
u
C
= .
Démonstration (facultative) :
2
cond cond
cond
u C
2
1
E soit u u C d riv e Ž Ž pour a E donc ,
dt
dE
P(t) et
dt
du
u C
dt
dq
u i u P(t) = ′ = = = = .
Conséquences importantes :
Comme tout réservoir, on ne peut pas le remplir (ni le vider) instantanément, donc la charge (et la décharge)
du condensateur n’est pas instantanée mais plus ou moins rapide.
Comme l’énergie stockée ne peut pas varier brutalement, la tension (et la charge) aux bornes du
condensateur ne le peut pas non plus.
La tension aux bornes d’un condensateur est donc une fonction continue du temps.
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E
+

2
décharge
1
charge
R
C
E
1 2
C
M
décharge
charge
3. Le dipôle RC
Rappel : Il faut toujours représenter le schéma du circuit, flécher le sens du
courant puis les tensions en respectant et en citant les conventions utilisées.
Loi des mailles : Pour une maille d’un circuit,
on oriente le circuit (mettre une flèche de rotation sur le schéma) ;
les tensions fléchées dans le sens choisi sont comptées positivement, celle
dans le sens contraire sont comptées négativement ;
On additionne toutes les tensions et leur somme est égale à zéro, car on
revient au point de départ.
Exemple :
PN PA AB BN PN AP BA NB
U U U U 0 U U U U 0 − − − = ⇔ + + + =
.
3.1. Réponse à un échelon de tension
Lorsqu’on bascule l’interrupteur, la tension aux bornes du dipôle RC passe
brutalement de 0 à E et elle reste égale à E. On dit que le dipôle RC est
soumis à un échelon de tension (front montant). Si la tension passe
brutalement de E à 0 et reste égale à 0, le circuit RC est soumis à un échelon
de tension (front descendant).
3.2. Charge
• Évolution de la tension :
On utilise la convention récepteur pour le condensateur.
Le condensateur est initialement déchargé.
Au cours de la charge du condensateur, la loi des mailles
donne :
C R
u u E 0 + − =
, la loi d’additivité des tensions
donne
C R
E u u = +
soit car
R
u Ri = .
L’étude du condensateur fournit et , ce qui
donne
C
du
i C
dt
= , car la capacité du condensateur est une constante.
La combinaison des deux relations donne : , c’est une équation différentielle car elle fait
intervenir la tension et sa dérivée.
La solution de ce type d’équation est

u
C
= A r

t
τ
+ B
dans laquelle A, B et τ sont des constantes à déterminer.
On dérive l’expression de la solution,

du
C
dt
= −
A
τ
r

t
τ
+ 0
puis on remplace
C
du
dt
et par leurs expressions
dans l’équation différentielle, cela donne

E = A r

t
τ
+ B− PX
A
τ
r

t
τ
⇔ E = A 1−
PX
τ






r

t
τ
+ B.
Cette équation doit être vérifiée à chaque instant (quelque soit t), le terme devant
t
e

τ doit être nul mais A ne
peut pas être nulle donc :

1 −
PX
τ
= 0 soit
RC τ =
et
E B =
Utilisation des conditions initiales pour déterminer A :
À t = 0, le condensateur a une charge nulle et donc .

u
C
(0) = A r

0
τ
+ B = 0 ⇔ A+ B = 0
et donc A = − B.
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+
M
P N
A
B
PN
U
PA
U
AB
U
BN
U
E
q
C
R
K
Donc finalement :








− = + − =
− −
RC
t

RC
t

C
e 1 E E e E u
La tension aux bornes du condensateur en fonction du temps est








− =

RC
t

C
e 1 E (t) u
.
• Évolution de l’intensité :
donc
RC
t

RC
t

C
e
R
E
R
e 1 E E
R
(t) u E
i(t)


=








− −
=

=
.
L’intensité du courant lors de la charge du condensateur est :
RC
t

e
R
E
i(t)

=
.
• Évolution de la charge du condensateur :
La charge du condensateur en fonction du temps est :








− = =

RC
t

C
e 1 E . C (t) Cu q(t)
.
• Remarque :
t t
RC RC
dq(t) CE E
i(t) e e
dt RC R
− −
= = =
3.3. Décharge
• Évolution de la tension :
On utilise la convention récepteur pour le condensateur.
Initialement le condensateur est chargé et .
Au cours de la décharge du condensateur, la loi des mailles et
la loi d’additivité des tensions donne : .
Comme et donc
C
du
i C
dt
= alors .
C’est la même forme d’équation différentielle mais avec E = 0.
La solution de ce type d’équation est

u
C
= A r

t
τ
+ B
dans laquelle A, B et τ sont des constantes à déterminer.

du
C
dt
= −
A
τ
r

t
τ
+ 0
et

u
C
= A r

t
τ
+ B
, l’équation différentielle devient :

A e

t
τ
+ B− PX
A
τ
r

t
τ
= 0
et

A(1 −
PX
τ
)r

t
τ
+ B = 0
Cette équation doit être vérifiée à chaque instant (quelque soit t), le terme devant
t
e

τ doit être nul mais A ne
peut pas être nulle donc :

1 −
PX
τ
= 0 soit
RC τ =
et
B 0 =
soit

u
C
= A r

t
τ
.
Utilisation des conditions initiales :
à l’instant initial t = 0, le condensateur est chargé et donc

u
C
(0) = A r

0
τ
= A = E
.
Donc finalement : RC
t

C
e E (t) u

=
La tension aux bornes du condensateur en fonction du temps est
RC
t

C
e E (t) u

=
.
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q
C
R
K
• Évolution de l’intensité :
donc
RC
t

C
e
R
E
R
(t) u
i(t)

− = − = . (Attention au signe moins.)
L’intensité du courant lors de la charge du condensateur est :
RC
t

e
R
E
i(t)

− = .
On a un signe – car on est resté en convention récepteur alors que le
condensateur se comporte comme un générateur.
• Évolution de la charge du condensateur :
La charge du condensateur en fonction du temps est :
RC
t

C
e E . C (t) Cu q(t)

= =
.
• Remarque : Si on utilise la convention générateur pour le condensateur :
dq
i
dt
= − car
dq 0 <
(décharge) et
(fléchage dans le sens réel).
La loi des mailles donne alors
C R
u u 0 − =
et
C
R
du
u R i RC
dt
= = −
On retrouve la même équation différentielle donc la même
expression de
C
u (t)
.
Mais pour l’intensité, comme
C
u Ri 0 − =
alors
t

C RC
u (t) E
i(t) e
R R

= = .
Il est très important de préciser la convention utilisée.
3.4. Comparaison avec l’expérience ( conclusion du TP )
Cf. TP. Courbes montrant l’influence de R et C et l’effet de E.
On a constaté que l’évolution de la tension aux bornes du condensateur dépend de la valeur de la résistance
R, de la valeur de la capacité C. En effet, l’évolution est plus lente si ces valeurs augmentent (séparément ou
ensemble). Par contre, la force électromotrice E du générateur est sans influence sur l’évolution temporelle,
mais joue un rôle sur la valeur de la charge maximale stockée dans le condensateur : E est une asymptote
pour la tension et .
Les modélisations proposées par loggerpro sont très proches des points mesurés expérimentalement lors de
l’acquisition. On vérifie également que l’exposant vaut – 1/RC.
3.5. Constante de temps du dipôle RC
Le calcul montre que la constante τ qui apparaît dans l’exponentielle est égale à RC. Le terme exponentiel
devant être sans dimension, on en déduit que le produit RC est homogène à un temps.
On peut le vérifier par l’analyse dimensionnelle : (entre crochet = dimension des grandeurs)
[u]
u Ri donc [R]
[i]
= =
et
C
[q]
q C u donc [C]
[u]
= =
On a :
[u] [q] [q]
[RC]
[i] [u] [i]
= =
, or
dq [q]
i donc [i]
dt [t]
= =
et
1 [t]
[i] [q]
=
on obtient donc
[q] [t]
[RC] [q] [t]
[i] [q]
= = =
.
La constante de temps d’un dipôle RC est caractéristique de l’évolution de la charge ou de la décharge du
condensateur à travers la résistance.
À la date t = τ, le condensateur est chargé (ou déchargé) à 63 % de sa valeur maximale.
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q
C
R
K
Car

1
RC
C
u ( ) E(1 e ) E(1 e ) 0, 63 E
τ


τ = − = − =
pour la charge.
Car

1
RC
C
u ( ) E e E e 0, 37 E
τ


τ = = =
pour la décharge (la charge à diminuée de 63%).
À la date t = 3 τ, le condensateur est chargé (ou déchargé) à 95 % de sa valeur maximale.
On considère souvent que le condensateur est complètement chargé (ou déchargé) au bout d’un temps égal à
cinq fois la constante de temps du dipôle RC, , l’intensité dans le circuit est alors quasi nulle.
Car à la date t = 5 τ, le condensateur est chargé (ou déchargé) à 99 % de sa valeur maximale.
On peut déterminer expérimentalement la constante de temps d’un dipôle RC : voir graphiques
en mesurant le temps correspondant à l’abscisse du point d’intersection de la tangente à l’origine de
la courbe et de la courbe asymptote E dans le cas de la charge d’un condensateur
en mesurant le temps correspondant à l’abscisse du point d’intersection de la tangente à l’origine de
la courbe et l’axe des abscisses c'est-à-dire
C
u 0 =
.
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P.PECORELLA TS P 07 - Page 9/10 dd/06/yyyy
RC τ =
Détermination de la constante de temps lors de la charge d’un condensateur
5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
t (ms)
-0,5
0,0
0,5
1,0
1,5
2,0
2,5
3,0
3,5
4,0
4,5
5,0
5,5
6,0
um, u3, u2, u4 (V)
0, 63 E
5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
t (ms)
0,5
1,0
1,5
2,0
2,5
3,0
3,5
4,0
4,5
5,0
um, u2 (V)
RC τ =
0, 37 E
Détermination de la constante de temps lors de la décharge d’un condensateur
P.PECORELLA TS P 07 - Page 10/10 dd/06/yyyy

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