TGV Rhin-Rhône, toutes les solutions méritent d'être étudiées

Alors même que l’achèvement de la LGV Rhin -Rhône était reporté après 2030, ces derniers jours, l’Etat acceptait d’étudier une solution alternative de financement qui permettrait d’envisager, le moment venu, de réinscrire cette infrastructure parmi les projets prioritaires. Ce jour, lors de l’inauguration de la Foire européenne de Strasbourg par le Premier Ministre, certains partenaires alsaciens ont brutalement refermé la porte ouverte par l’Etat en avançant des chiffres qui ne correspondent pas aux données dont nous disposons aujourd’hui . Quels sont les enjeux financiers ? Les premières estimations, à affiner, reposent depuis toujours sur une part de l’Etat de l’ordre de 300 M d’euros qui pourrait se traduire par un emprunt in fine sur 20 ans correspondant à 120 M d’euros d’intérêts. Si les collectivités partenaires, alsaciennes, franc -comtoises, bourguignonnes, peut-être même rejointes par d’autres, prenaient en charge ces intérêts, elles n’auraient à se répartir que 6 M d’euros par an en plus de leur part de financement aujourd’hui programmée. En employant la clé de répartition actuellement en vigueur (il pourrait y en avoir d’autres), cela représentera it, par an, 1,6 M d’euros pour le Conseil Régional d’Alsace, 800 000 euros pour le Conseil Général du Haut -Rhin et 200 000 euros pour le Conseil Général du Bas-Rhin. Cela ne représente qu’une petite part du montant consacré annuellement par ces trois colle ctivités, par exemple, au plan régional de développement numérique ou encore au soutien de l’économie. Ce sont bien ces chiffres que nous avons à préciser dans l’étude que l’Etat accepte aujourd’hui de mener . Au-delà des considérations techniques, dont il me fallait préciser les vrais contours, tout cela m’amène, en fait, à poser ces quelques questions de fond : Quel signe donne-t-on à nos populations qui ont déjà financé ce projet à hauteur de 82 M d’euros ? Quel signe donne-t-on aux entreprises qui attendent des investissements de premier plan pour maintenir et, autant que possible, créer des emplois nouveaux tout en améliorant la compétitivité de nos territoires ? Quel signe donne-t-on à des générations d’élus, tous bords et territoires confondus, qui ont fait avancer ce projet, rail après rail ? Quelle image donne-t-on à Paris et aux partenaires suisses et allemands qui étaient prêts à s’engager à nos côtés ? Quels signes donne-t-on au sud Alsace qui a déjà financé les deux tranches du TGV Est dans le ca dre d’un équilibre global comprenant l’achèvement de la LGV Rhin -Rhône ? Quelles tristes images… Je reste déterminé à travailler avec l’ensemble des partenaires à cette solution alternative de financement ou toute autre, mais pour l’instant il n’y en a aucune autre.

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