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DU 1\ffiME AUTEUR

ESSAIS
La Mystique Surhomme, Gallimard.
Le$ Machines célibataires,
An.dré Breton et les données fondamentales du Surréalisme,
Gallimard.
Kafka contre Kafka., Plon.
Eluard et Claudel, Ed. du Seuil (épuisé).
Foucauld devant l'Afrique du Nord, Ed. du Cerf.
RoMANS
Les Portes Dauphines, Gallimard.
L€$ Grands-Pères prodiges, Plon.
BIOGRAPlliES
Charles de Foucauld, explorateur mystique, Ed. rlu Ceri.
Le Père Jacques, Ed. du Seuil.
MICHEL CARROUGES
LES
DE
FAYARD
18 RUE DU SAINT-GOTHARD PARIS XIV
« L'expérience est la source unique de
la vérité .: elle seule peut nous apprendre
quelque chose de nouveau; elle seule peut
nous donner la certitude. Voilà deux po·ints
que nul ne peut contester. »
Henri PoiNCARÉ, La Science et
l'Hypothèse (p. 167).
<< La science, en efiet, n'est pas une
entité abstraite : elle est constamment
réductible à un ensemble d'hommes vivant
les aspirations inhérentes au p r o e e s s u ~
scientifique. Dans ces conditions,. les élé-
ments hétérogènes, tout au moins en tant
que tels, se trouvent soumis à une cen-
sure de fait : chaque fois qu'ils pour-
raient être l'objet d"une observation métho·
dique, la satisfaction fonctionnelle .manque
et sans telle circonstance exceptionnelle
l'interférence d'une satisfaction dont
r origine est tout autre ils ne peuvent
être maintenus dans le champ de l'atten ..

tton. »
Georges BATAILLE, in La Critique
SocialeJ no de novembre 1933.
PREMŒRE PARTIE
1
Histoire des témoignages
1
\
La

notion de témoignage
A première vue la donnée impdmée ne nous présente qu'un
tableau parfailement incohérent.
Parmi les témoins, on trouve côte à côte des techniciens,
des savants et des gens dépourvus de toute formation scien·
ti:fique. Encore peuvent-ils avoir, les uns et les autres, l'esprit
positif. Mais parmi les témoins des soucoupes, on trouve
aussi bien des mystiques comme M. Adamsky.
An.ssi ne sera-t-on pas étonné que le contenu des témoi-
gnages soit terriblement hétéroclite. A côté de récits étranges
mais simples, fournis pac des gent! que l'on croirait volontiers
en toute autre circonstance et qui restent Jes premiers stupé·
faits de ce qui leur arriva, on peut lire des histoires de
confusions parfois dans lesquelles il est finale·
menl démontré que la soucoupe ISe réduisait à un ballon,
voire à une citrouille, par exemple.
On connaît aussi les déclarations faites par M. Adamsky
non.s rapportant ]es confidences d' un Vénusien, ou celles de
M. Scully sur la découverte d'épaves de soucoupel:l échouée.s
en Amérique du Nord et gardées en grand secret par l'armée
• • •
amencune.
Comment tirer quelque chose de cohérent d'un pareil bric-
à-brac?
Nous répondrons qu'il faut retenir tous les
mais rien que les témoignages.
Cela veut dire d'abord que nous devons exclure systé-
matiquement tout récit du genre de celui d'Adamsky. Dans
ce cas en effet, il ne s'agit pas d'un simple témoin au sens
ordinaire dn mot. mois d'nn homme qui prétend nous T>évé-
1
'
La notion de témoignage
A première vue la donnée imprimée ne noua pré.llenle qu'un
tableau parfaitement incohérent.
Parmi les témoins, on trouve côte à côte des technicitms,
des savants et d e . ~ gens dépourvus de toute formation scien-
tifique. Encore peuvent-ils avoir, les uns et les autre.s, l'esprit
positif. Mais panni les témoins des soucoupes, on trouve
aussi hien des mystiques comme M. Adam.sky.
Aussi ne sera-t-on pas étonné que le contenu des témoi-
gnages soit terriblement hétéroclite. A côté de récits étranges
mais simples, .fournis par Jes gem que l'on croirait volontiers
eu toute autre circonstance el qui restent les premiers stupé·
faits de ce qui leur arriva, on peut lire des hliltoires de
confusions parfois grossières dans lesquelles il est finale-
ment démontré que la soucoupe se réduisait à un hallon,
voire à une citrouille, par exemple.
On connaît aussi les déclarations faites par M. Adamsky
nous rapportant les confidences d'un Vénusien, ou celles de
l\f. Scully sur la découverte d'épaves de soucoupes échouées
en Amérique du Nord et gardées en grand secret par l'armée
, . .
amencame.
Comment tirer quelque chose de cohérent d'un pareil bric-
à-brac?
Nous répondrons qu'il faut retenir tous les témoignages,
mais rien que les témoignages.
Cela veut dire d'abord que noua devons exclure systé-
matiquement tout récit du genre de celui d'Adamsky. Dans
ce cas en effet, il ne s'agit pas d'un simple témoin au sens
ordinaire du mot, mais d'un homme qui prétend nous révé-
Il
\
La notion de soucoupe volante
La notion de soucoupe volante apparaît pour la première
fois avec l'incident Kenneth Arnold.
L' observation a lie u l e 24 juin 1947, vers 15 heures, donc
eu plein jour . A ce moment-là, Kenneth Arnold, un homme
d'a:ffa:irc.s de Boi!'le (Idaho) était en train de piloter son
a\l;on personnel, à pr oximité du mont Rainier, dans la
région des Monts entre Chehalis et Y akima, dans
l 'Etat ùe Washington (R., p. 28) (1).
Soudain, il découHit un spectacle qui lui parut prodi-
gieusement insolite.
« ll remarqua une série d'éclats lumineux sur .sa gauche,
Ruppelt. Désireux d'en découvrir la source, il aper-
çut un cordon de neuf objets h.rillants, en forme de disques,
dont 11 estima l a longueur entre 10 et 15 ru4;tres... En
avançant, ils serpentèrent eJJlre l es pics montagneu."'{, dispa-
raissant même, à un moment, derrière l'un d'eux. Chacun
avait un mouvement sautillant, analogue, déclara Arnold, à
celui d'une soucoupe ricochant sur l'eau.
« Pendant que ces objets rf>..staient en vue, Arnold mesura
leur en mar quant leur position et la si enne, avec
rhenre sur sa carte, il fit l es calculs et constata que cette
vitesse atteignait environ 2 700 km/ h. n estima qu' ils s'étaient
trouvés entre 30 et 40 km de lui et avaient parcouru 75 km
en 102 secondes» (R., p. 28).
Ces engins volaient à 4000 rn d'altitude (M. I., p. 15).
(1) Pour les r éférenr.es indiquées par des initiales se reporter ;\
la table bibliographique de l'ouvrage.
18
L'incident fil une énorme impression (1 ) , car tout de suite
il apparut fantastique ct souleva le chaos d'opinions contra·
dictoh·es qui sont ret;lées classiques en la matière. Pour les
uns, il s'agissait d'une pure illusion (S., p. 170); pour les
autres, l es soucoupes étaient des prototypes secrets de l'armée
de l' air (S., p. 90), tandis que certains y voyaient des signaux
en provenance de Mars (S., p. 170), cc qui n'empêchait
nullement quelqp.es autres d'assurer leur origine vénusienne
{R., p. 30) . Ces dernieril avaient même imaginé un roman
dét aillé : Arnold cherchait les d'un avion disparu dans
la région, fait qui parait authentique, mais à quoi l'on ajou·
t ait que la disparit ion était imputable aux soucoupes qui
avaient abattu l'appareil ct emporté débris et corps des vic·
times dans Jeur planèt e, à Ja :Faculté de Médecine de Vénus
(R., id. ).
Rien entendu, l'A.T.I.C. (Air Technical Intelligence Cen-
ter) fut alerté. C'est une sorte d'« lnLelligence Service »
qui est installée à Dayton (Ohio) et qui est sp/\cialisée dans
la recherche des renseignements concernant les avions et
engins étrangers (R., p. 18) .
A l'A.T.I.C., on n'admit évidemment pas le roman vénu-
sien, ni les signaux de Mars, mais pas davantage la théorie
de l'illusion pure.
On récusa si peu la téalilé del) enbr:ius qu'on ne se sépara
en ifcmx camps (jUe pour l'interpréter de deux manières dia-
métralement opposées.
Pour les uns, iJ ne s'agissait que d'avions à réaction, le
sautillement des prétendues soucoupe.s étant réduit à des
iUusions d'optique provoquées par l'échauffement de certaines
couches p. 29). On devait utiliser le même argu·
ment pour expliquer leur apparence circulaire. D'autre part,
en vel'tu de considérations techniques sur l'acuité vi.suelle
humaine, on admit que si l e pilote avait pu bien voir les
engins ct estimer leur taille, il s'était nécesAai rement mépris
sur leur distance et par conséquent sur l eur vitesse.
Pour les autres, au contraire, Arnold qui connaissait très
(1) Elle aurait été renforcée d'ailleurs par une autre observation,
r.P.lle de FrAd .Johnson (K T. p .
La notiun de soucoupe volante
19
hien la région n'avait pu se tromper sur la distance. n en
fournissait d'ailleurs la preuve en ayant repéré que les sou·
coupes avaient disparu derrière un certain pic de montagne
dont la distance était connue. En conséquence, on devait hien
appliquer les principes de hase sur l'acuité visuelle, non pour
réduire la distance, mais pour augmenter la taille dea .sou-
coupes qui devaient avoir environ 60 et non 15 m. La dis·
tance restant hien celle qu'Arnold avait indiquée, la vitesse
avait été correctement appréciée et elle était extraordinai-
rement supérieure à ce que pouvait fournir même un avion
à réaction. Passant outre à toute hypothèse d'engin secret,
les tenants de cette interprétation concluaient directement à
l'origine interplanétaire (R., p. 30).
Ces raisonnements plausibles de part et d'autre étaient
d'autant plus intéressants qu'ils iu,ritaient à une vérification
pratique et très simple : une escadrille d'avions américains
avait-elle, oui ou non, survolé les monts Cascade, au jour
et à l'heure indiqués par Arnold ?
Or, l'armée de l'air nia tout de suite que les engins mis
en cause pussent lui appartenir (R., p. 31).
Fallait-il supposer une mystification ?
Les 1·édactions des journaux le supposèrent, elles en eurent
même la conviction, raconte Ruppelt. « Mais plus elles étn·
dièrent les faits, plus elles enquêtèrent sur la personnalité
d'Arnold, plus elles se persuadèrent que celui-ci disait la
vérité. Non seulement il était d'une intégrité morale indis-
cuta.hle, mais aussi un excellent pilote de montagne, con·
naissant tous les coins et recoins de sa région » (R., p. 31).
L'élément « le plus fantastj que » de son histoire, c'était
la vitesse des engins qu'.A.rnold avait calculée comme étant
de 2 700 km(h (R., p. 31). En 1947, le record des avions
à réaction dépasse à peine 1 000 km/ h. Bientôt, l'on va buter
contre le « mur du son » (1 200 km/h) et l'on ne sait pas
du tout si, quand et comment on pourra l e dépasser. On
en sourit, aujourd'hui, mais il n'est pas sûr qu'on en tire
la leçon qui conviendrait sur le caractère essentiellement rela-
tif de la notion de fantastique. Cette relativité signifie en
effet deux choses : d'une part, il n'y avait rien d'absurde
dans le fait qu'un engin pût atteindre à une telle vitesse.
20
:Mais d'autre put, il était invraisemblable qu'à cette date,
'lm tel engin nit pu être construiL par une industrie terrestre.
On était donc violemment rejeté vers l'hypothèse interpla-
nétaire, ou hien vers une illusion inexpliquée.
Ainsi, dès le début, la question s'est posée dans toute son
ampleur.
Mais si la natme réelle dn phénomène est une énigme,
la détermination. sociologique de la notion de soucoupe volante
telle qu'elle résulte Je l'ensemble des témoignages est par·
faitement nette.
La « soucoupe volante » est conçue comme :
1• Un engin et non un vague phénomène, météorologique
on autre.
Nous exclurons donc ici, sauf à titre les pro-
hlè:rnes posés par les manifestations de houles lu:rnineuses con·
sidérées comme de simples lumières sans support solide.
Nous exclurons aussi lP.s « houles vertes » ct les « lumières
de T ,u hhock » qui .sont des faits hien établis, mais nette·
ment distincts des soucoupes volantes (R., pp. 71-143 et circa}.
2• lJn engin circuZaire.
Peu importent pour le moment les variations de formes,
sphériques, hémisphériquee ou analogues, ce sont des détails;
de simples variantes. La seule distinction qui se révélera
importante est celle qui oppose au.x soucoupes ordinaires, des
engins en forme de cigares. Mais de toute façon l'objet est
arrondi.
3" Un engin. 1.rola.nt, silencieux, sans ailes et sans
doté de capacités de vol littéralement hors de pair :
immobilité absolue ou vitesse pouvant s'élever jusqu'à
la vitesse de libération interplanétaire (entre Il et
12 km/sec.),
- vol vertical ou vol horizontal,
de virer de bord à 120° en quelques secondes,
de tripler de vitesse dans le mme délai.
La notion de soucoupe volante 21
n s ~ a g i t donc d'un engin sui generi8 qui ne peut être ni
hallon, ni avion, ni hélicoptère, ni fusée. C'est vraiment l'en·
gin X par excellenc.e. Sa nature et !!!On origine sont par
définition même des énigmes.
On comprend que l'armée de l'air américaine préfère
employer l'expression d'U.F.O. (Unindentified :flying ohject -
Objet volant non identifié).
rn
Observations
' . .
americaines
Depuis 1947, on a signalé des soucoupes dans les
parties du monde, mais au moins jusqu'à l'automne 1954,
ce sont les Etats-Unis qui ont semblé de beaucoup le pays
le plus favorisé par les manifestations de S«llwnupes.
En physique pure, il est admis que l'observateur et ses
moyens d' observation r éagissent sur la chose observée. En
Knciologie, c'est encore plus évident. Si la volonté de guetter
eoucoupes peut multiplier les observations vraies ou (a).
lacicuses, la volonté de ne pas les voir les escamote encore
plus facilement.
La consjdérahle des observations faites aux Etats-
Unis (]) a été favorisée par la chasse aux sou-
coupes entreprise par l'armée de l'air américaine. :Mais on
u e peut hien apprécier l a nature de cette influence si l'on
i gnore que les deux tendances que nous avons vu se révéler
à l'A.T.I .C. dès l'incident Amold, n'ont cessé de se com-
battre dans l' année de l'air et jusqu'au sein de la f'..om-
mission Soucoupe. Il y aura toujours deux camps pour l'ion·
tenir contradictoirement l'hypothèEe de l'illusi on, quelle qu'elle
soit, ou l'hypothèse de l'engin interplanétaire.
Ce conflit et ses alternances sont la cler rlP.R avatars de
ln Commission Soucoupe et des bilans par l'armée
de l'air.

(l) Nous ne parlons ici que dP.A Etats-TTnJs. A nom connaissance,
très peu de faits ont été divtùgnés à propos du Canada, mais il faut
signa.ler que ce pays procède à des recherches systématiques cen-
tralisées par un Observatoire spécial tnatallé à Shirley's Bay
(M. I, p. 258) .
Observations américaines 23
P · LA COMMISSION SOUCOUPE
A) LES SPASMES DE LA CoMMJSSlOl'i.
11 va de soi que ce qui s'est passé à l'intérieur de cette
Commission n'a pu être que tardivement En 1949,
le major Keyhof", malgré ses hautes relations, ne put recueil-
lir que des bribes d'information. n fut repoussé sans céré-
monie (R., p. 91), ne put accéder aux dossiers (K. 1, p. 112),
ct n'obtint que des « copies » de résumés (K. 1, pp. 217 et
220). En 1952, il put voir beaucoup plus, même des cen·
taines de constaltl eL d'aualyses (K. II, p. 7) ; mais il fut
loin de tout savoir. Il n'était informé que par Albert Chop,
uu civil, qni r eprésentait à Washington, le bureau de presse
tle la Commisgion (K. II, pp. 12-13) . Certes, Chop recon-
naissait la compétence du major (K. IT, p. 240) et Ruppclt
professait pom lui une si vive admiration qu'il va jusqu'à
écrire que le major Keyhoc « lisait à travers Jes murs du
Pentagone » ( R., p. 206).
:Mais Ruppelt n'avait pa.s besoiu de lire à travers les murs.
Car il était au centre de ra:ffaire, en qualité ue chef de
la Soucoupe, ct c'est lui qui ensuite a révélé
les de cette Commission.
Première pha.sP..
Dès l'incident Kenneth Arnold, comme on l'a vu, les appa·
ritione de soucoupes volantes provoquent des rapports établis
par les ou les haeca aéronautiques qui les envoient à
l'A.T.LC., puisque ce service installé à Dayton était déjà
chargé de recueillir Lou le Ùocumentation concernant les
engins volants jnconnus aux Etats-Cnis.
Les observations continuant, les rapports affluent toujours
et en septembre 1947, le directeur de 1' A.T.T.C. affirme au
ministèr e de l'Air : « Les ph<!nomèues signalés sont hien
réels » (R., pp. 27 et 83). Le seul problème qu'on se pose
alors est l'lavoir si les soucoupes sont d'origine soviétique
ou interplanétaüe (R., p. 2R). En raison probablement de
24
l'afflux des rapports et de l'inquiétude soulevée, l'A.T.I.C.
pTopose la mise sur pied d'une Commission Spéciale.
Le 30 décembre 1947, le célèbre .st!crétaire d'Etat Forr estal
la déciaion portant création de cette Commission. Elle
s'appeller a << Project Sign », en nom de code. En fait, c'est
tout t>implement la première appellation camouflée de la
Commission Soucoupe.
Huit j ours tard, l e 7 janvier 1948, l'avion du capi-
taine Mantell est frappé par une catastrophe d'origine incon-
nue, en pleine chasee à l a soucoupe. Les recherches de la
Commission commencent dans une atmosphère tragique
(R., p. 43) , mais le tr avail s'organise et de\-"i.ent plus métho-
dique.
Keyhoc, plus tard, put se procurer une prP.cision très
importan te : << les sont fractionnés pour
être enregistrés sur ..les fiches selon diverses dassifications,
portés sur des cartes, utilisés dans des graphiques et intégrés
dans ]e reste de la documentation de f açon à donner un tableau
synoptique facilemen t déchiffrable » (K. 1, p. 114) .
Pendant toute cette période, de la fin 47 à la fin 48, la
Commissi on Soucou pe est de plus en plus convaincue ryue l'on
ne pourr aiL trouver sur la terre ni l es métaux ni l es pilotes
nécessaircA pour résister aux fantastiques évolut ions des sou-
coupes. Elle r ejette donc l'hypothèse soviétique et soutient
nettement rhypothèse interplanétaire.
Seconde phase.
Averti de cette conclusion, le P entagone la repomsa abso-
lument et tout Dayton en fut bouleversé.
« Les gens de l'A.T.I.C. craignirent de se f aire accuser
de niaiEerie et ,qe rabattirent sur une nouvelle h ypothèse :
les U.F.O. n'exiëtaient pus. Tr èA vite, i ls constatèrent que
c'ftait plus à démontrer et mieux accueilli. Aupa·
ravant, quand le P entagone posait une question sur un rap-
port part iculièrement intéressanl, un répondait : « C'est sans
vrai, mait! nous ne pouvons l e prouver. » Désormais,
on déclarait : « TI s'agissait d' un hallon » et tout le monde
était content » (Id., p. 83) .
Observations américaines 25
On ne eaurait mieux
l'armée d ~ l'air ne sont
gile.
rlire que les rapports négatifs de
pas à prendre pour parole d'Evan-
« Ce new look, ajoute Ruppe]t, reçut une consécration offi-
cielle le 11 Iévrie.r 1949, lorsque le « Projed Sign » devint
le« P1·oject Grudge » (id., p. 84). Grudge signifie« rancune»;
ce n'était pas pal' hasard, avoue Ruppclt.
11 y eut de ·SÏ vives ré8ÎstancP.S à l'intérieur de la Commis·
sion que le 24 avril 49 elle publiait un communiqué fra·
cassant, où elle affirmait l'existence d'objets volants de nature
inconnue et agitait ostensiblement la question de l'habit a·
hilitf.; de Mars et de Vénus, voire l'existence de planètes
tournant autour d'autres soleils, notamment de Loup 359,
situé à huit années-Jumière de la Terre (K. 1, pp. 9-136-
154-156) .
Ce ne fut qu'une victoire à la Pyrrhus, le dernier rayon
anachronique de la première phase portée à son paroxysme
par un refotùement hien excusable. Du coup le revirement
fltt complet. Le mot d'ordre implicite, mais impitoyahle iut
désormais : « N'y croyez pas ! » (R., p. 85). On alla jusqu'à
limoger ceux qui croyaient aux soucoupes et il ne fut pl us
question que de !'!ahrer le8 rapports au plu!! "-lte, cie l e ~
réduire à n'importe quelles illusions, de taire les faits qu'on
ne pouvait passer sous la toise et d'amorcer tme campagne
de presse pour convaincre tout le monde rle l'inexistence des
soucoupes (R., pp. 87-83).
C'est le moment où le major Keyhoe fut chargé d'une
enquête par le magazine Tru.e. Il ne pouvait tomber plus mal.
Cependant malgré tous les efforts, les rapports continuaient
d'affluer. Peu importait, la Commission ne vérifiait plus, elle
se bornait à enregistrer l'arrivée des rapports ct les enfouis·
sait dans les tiroirs (R., p. 90} .
Rédigé avec l'appui de l'astronome Hynek, le rapport
Grudge n'eut donc pas grand mal à conclure comme on le
désirait en haut lieu. Ce rapport admettait encore 23 %
de phénomènes inconnus, mais la section psychologique se
chargeait d'écraser cette dernière poignée de rebelles en les
mettant au compte d'illusions psychologiques (R., p. 92 .
K.I,p.91).
26
Les partisans de la politique de l'autruche s'étaient si hien
pris à leur propre jeu pensaient avoir enterré les
soucoupes rien qu'en enterrant les rapports, de sorte que le
27 décembre 1949 un communiqué officiel certifia l'inexis-
tence des soucoupes et annonça la dissolution de Project
Grudge devenu tou1 à fait inutile (R., p. 92 - K. I, p. 9).
C'était encore une victoire à la Pyrrhus, mais en sens

Inverse.
.
Trois jours plus tard, le 30 décembre, soue couleur d'addi-
tif, paraissait un nouveau communiqué infligeant un complet
démenti au précédent :
« TI sera toujours impossible d'affirmer d'une façon cer-
taine que ce qui a été aperçtl n'était pas un engin inter-
planétaire, un projectile ennemi ou tout autre objet »,
déclarait ce nouveau communiqué (K. I, p. 10). Les consi·
rlérantl'i étaient d'ailleurs nettement orientés vers l'l1ypothèse
interplanétaire.
Troisième phase.
Annoncée comme dissoute ct inutile, la ColillllÏllsion n'en
continua pas moins d'exister, mais seulement pour mettre
en liasse les archives et entasser dans les tiroirs les rapports
qui affluaient toujours (R., p. 96 et K. 1, p. 10).
Car la pression des faits ne cessait pas. On pm1vait décréter
qu'il était ridicule de croire aux soucoupes, décourager lee
pilotes d'établir des rapports en ce sens, mais on ne pouvait
pas leur Înlerdlre de surveiller le ciel, d'y voir des engins
inconnus et df>1'1 rapportR à leur sujet. C'était, en
effet, le premier devoir de l'aviation.
C'est à cette époque de demi-sommeil que le capitaine
Ruppelt est affecté à l'A.T.I.C. comme officier de rensei-
gnements. n constate qu'en haut lieu, l'autorité est très
hostile aux soucoupes (R., p. 116), mais qu'à l'A.T.I.C.,
l'opinion reste divisée. A la suite de quelques. incidents, la
Commis8ion reprend un peu plus d'activité et le lieutenant
Cummings est placé à tête (R., p. 117).
Quelques mois plw tard, le 10 septembre 1951, à Fort
Observa.tions américaines
27
Monmouth (New Jersey), un nouvel incident fit encore plus
de sensation, les I'adaristce ayant signalé une soucoupe plus
rapide qu'un avion à réaction, juste au moment du pas·
sage d' « importants visiteurs ». Ce n'était pas la meilleure
des observations, mais la présence d'importantes pe1·sonna·
lités fit ce que n'aurait pu faire une accumulation tl'excel·
lents rapports rédigés dons de plus modestes circonstances.
D'urgence, on enquêta et une conférence fut tenue au Pen·
tagone, sous la présidence du général Cabell, directeur du
service de renseignements. Interrogé sur le point de savoir
où en étaient les recherches de la Commission Soucoupe,
Cummings « cassa le morceau » et révéla comment on enter·
rait les rapports.
TI y eut des mouvements divers.
Le général donna aussitôt l'ordre de réorganiser le travail
et RuppelL en fut chargé à Ja place de Cummings.
Quatrième phase.
En fait, les sentitnents de Ru})pelt étaient très
ll se demandait si on ne voulait pas le faire servir à quelque
nouvelle entreprise de camouflage (id., p. 83). Cependant
la volonté de rénovation parut sincère. Le 27 octobre 1951,
Project Grurlge était officiellement rétabli (R., p. 148).
Passionné par sa mission, Ruppelt étudia les nouveaux
rapports et ré\lisa les anciens. Il avait obtenu le concours
d'éminents savants (R., p. 149), groupés sous le terme de
Projcct Bear (R., p. 152). D'autre part, une machine élec-
tronique (R., pp. 153-176 et 179) lui permit de constituer
un idéal fichier de renseignements qu' on pouvait compulser
à une vitesse éclair.
En même temps il obtint fasse un gros effort pour
stimuler l'établissement de rapports. Depuia toujours, la
chasse devait décoller automatiquement dès qu'un engin
volant inconnu était signalé, afin de l'identifier et de rinter-
cepter. Mais dans la mesure où l'on soupçonnait une sou-
coupe, cet engin inspirait une peur hien plus grande que
la peur de la mort : celle du ridicule. On pouvait donc
28
perdre quantité de rapports importante. Sur la demande de
Ruppel t, la Défense aérienne rappela que le règlement ne
permettait p<U! seulement de décoller pour reconnaître les
engins inconnus, mais qu'elle le recommandait. De fait le
nombre et même la qualité des rapports augmentèrent
(R., p. 167).
Ainsi en mars 1952,. quand Je bureau de Ruppdt devenu
un orga11isme autonome e t ~ t désigné sous le nouveau vocable
de Project Blue Book, ce nouveau changement de nom cor-
respond à un changement de comportement.
Sans cesse alors, la Cornrnission est mieux outillée.
Elle est autorisée à contacter directement les hases aéro-
nautiques, sana passer par la voie hiérarchique.
Elle a un officier de liaison au Pentagone, le major
Fournet (R., p. 166) et un bureau de presse dirigé par un
civil, Al Chop (R., p. 173), auprès duquel, on comprend
maintenant que Keyhoe ait reçu meilleur accueil lors de sa
seconde enquête.
E l l ~ peut se renseigner directement auprès des aérodromes,
postes de météorologie et observatoires, .sur le mouvemeut des
avions, des ballons et des corps célestes.
Avec l'aide des savanls attachés à la Commission, un nou-
veau questionnaire est mis au point. n contient des pièges
pour tester le degré d'objectivité des observateurs (K., p. 177).
Malgré tous les eJlorts, le pourcentage des incidents dont
la cause restait « inconnue » se maintint à 22 % (K., p. 184).
Bien pire, les rapports ne cessaient d'augmenter. On tint
conférence au Pentagone, à la mi-juin, sous la présidtmce du
général Samford qui avait remplacé Cabell (K., p. 185),
on osa même y discuter sérieusement la question de l'origine
interplanétaire des engins.
Mais la proportion deA observations inexpliquées ne fit que
s'élever, elle atteignit 40 % (K., p. 192). Le bouquet, ce
furent les deux sensationnels carrousels nocturnes des sou·
coupes au-dessus de W nshington, lors des nuits des 19 et
26 juillet 1952.
Le 29, le Pentagone tenait une nouvelle conférence (K.,
p. 206) . Keyhoe qui avait obtenu l'autorisation -d'y assister,
souligne quel embarras cachait le général Samford sous un
Observations américaines
air dé!!involte et Ruppelt l'a reconnu depuis (K. ll, p. 60 -
R., p. 206).
A la suite de quoi fut désigné un jury suprême, composé
de six à huit des plus éminents savants des Etats-Unis (R.,
p. 249), notamment un des pères de la bombe H, un des
pète8 du radar {dixit Ruppelt), un des grands experls en
fusées, un physicien et un astronome réputés (R., p. 260).
Cc jury se réunit le 12 janvier pour examiner toute
la documentation.
Selon Ruppelt, les conclusions du grand jury furent parfai-
tement nettes :
l o Il récusa toute possibilité d'une déclaration positive en
faveur des soucoupes, faute de données scientifiques suffi-
santes.
2° n n'en refusa pas moins de nier a priori l'existence
des soucoupes, et retint très sérieusement le fait que « trop
de rapports avaient été présentés par des gens dignes de foi »
(id., p. 279).
3° En conséquence, les savants conseillaient de
l'effectü de Projcct Blue Book, de lui adjoindre des spé-
cialistes de l'électronique, de la de la pho-
tographie, de la physique et d'autres sciences encore, d'ins-
taller des instruments dans les régions les plus visitées par
les U.F.O. afin des mesures et des enregistrements
précis» (id., p. 279).
En un mot quelques·uns des plus grands savants des Etats-
Unis déclaraient s'en tenir au. doute scientifique (ce qui
exclut autant la négation que l'affirmation de l' exù;tence des
soucoupes) et recommandaient de mettre en œuvre tous les
moyens techniques pour sortir de ce doute. On ne saurait
mieux dire.
Ils recommandaient en outre de tenir le public an cou·
rant de chaque phase de fenquête pour dissiper la fâcheuse
« atmosphère de mystère créée par le système du secret,
et pour maintenir l'aviation sur ses gardes (id., p. 279).
Le Pentagone ne voulut pas renoncer au mystère (id.,
30
p. 284) ni rien adopler du nouveau plan d'équipement scien·
titique. Le système de la négation à tout prix était beau-
coup plus commode, plus r eposant et plus économique.
Peu après, Ruppelt était r endu à la vie civile et rem-
placé par le capitaine Bardin. Son livre s'arrête donc à
cette date.
Cinquième phase.
Nouvelle période de négation à tout prix (Flying Saucers,
p. 115). En octobre 1955, un communiqué de l'année de l'air
paraît discréditer définitivement l'existence des soucoupes.
Le 13 lévrier 1956, Ruppelt proteste vivement (id.). TI
.sait fort bien sur. quoi s'appuie le nouveau rapport : sur
l'aucielllle que lui-même avait fait établir et
il affirme que si elle a échoué dans la tâche de définir posi·
tivement les soucoupes, on ne peut pas en tirer une conclu-
. , .
s1on negative.
Un peu plus tard, par nnLe.rmédiaire du sénateur Harry F.
Byrd, Keyhoe, de nouveau en difficulté avec l'armée de l'air
lui pose onze questions vitulentes qui soulignent crûment les
palinodies des divers communiqués antérieurs. La lettre en
question est du 3 avril 1956.
Datée seulement du 1 cr mai suivant, la réponse d11 major
général Kelly paraît écrasante (id., p. 123).
major général réplique d'abord que le pourcentage des
cas inexpliqués qui s'élevait encore à 10 % en 1954, est tombé
à 3 % ùepuis. (Simple artifice de présentation, nons le
verrons sous la rubrique « bilan ».)
Le major général affirme ensuite, d'une manière pércmp·

tol.l'e :
« Il n'existe absolwnent aucune preuve que les phéno-
mènes observés représentent des forces ennemies.
« Il n'existe absolument aucune preuve qu'ils soient des
véhicules interplanétaires.
« n n'existe absolument aucuue preuve qu'ils r eprésentent
des développements technologiques dépassant la portP:e de nos
connaissances scientifiques actuelles.
Observations américaines
31
« Il n'existe absolument aucune preuve qu'ils constituent
le moindre dan.ger pour la sécurité de notre pays »
p. 125) .
En foi de quoi le major général s'estime dispensé de
répondre aux questions embarrassantes de Keyhoc, lequel ne
perdit pas cette belle occasion de protester. Il ne fut pas
le seul.
11 y eul également de vives du major Fournet,
ancien officier de liaison de la Commission auprès du Pen-
tagone et du professeur Hynek, consulteur de Project Blue
Book, directeur de la section d'astronomie à l'Université de
l'Ohio (R., p. 53) et direcLeu.r de travaux concernant les
satellites artificie:la (Flying, p. 125) .
Mais prenons la déclaration telle qu'elle est rédigée. Son
ton fracaRsant a l'air rle tout rédnire en poussière, mais le
contenu réel est remarquablement évasif.
La première et quatrième propositions sont très soutenables
à première vue puisque aucun acte hostile de la part des sou-
coupes n'a été éJabli. La Tépétition de ]a même idée sous
deux fonnes à peine différentes au début et à la fin du corn·
muniqué est un authentique l apsUB de la vie publique, comme
dirait Freud, elle signifie le besoin de rassurer à tout prix,

en commençant et en t.enmnant.
La seconde proposition est banale el soutenable, malgré
sa présentation forcée, puisqu'il n'existe encore aucune preuve
matérielle décisive de l'origine interplanétaire des soucoupes,
mais la question reste posée.
La troisième proposition est savamment ambiguë. Elle se
garde d'affirmer que nos capacités t echniques sont égales à
celles des soucoupes, puisque les aviateurs américains ont
toujours été inca]lables cle les intercepter. Mais on sait qu'il
existe une immense différence entre le savoir scientifique et
la capacité technique, car ce que le premier peut envisager
théoriquement, la seconde n'est pas capable de ]e r éaliser
tout de Ruite en pratique. C'est cette distinction que le
major général introduit pour n m1s signifier subrepticement
ce qui s'exprimerait beaucoup mieux en ces tennes vulgaires :
nous n'avons pas encore pu rattraper la moindre soucoupe ;
mais nous ne tarderons pas à l e faire; la constante défail-
32
lance de notre chasse aérienne n'est due qu' à un innocent
et momentané décalage technique l a science améri-
caine }a science qui se cache derrière 1f:s l!OUCOUpe3. fl
fait hon marché de rahîme qui sépar e comportement
d'une FIOucoupe et celui d'un avion ou même d'une
l'ri ai ... res réticences, si graves qu'elles soient, ne sont rien
auprès de la l.acune capitale du car on peut
le lire et. le relire, on n'y trouve pas une seule fois proclamée
l'affirmation coutr.tmière. des antisoucoupistes : « il n'existe
absolument aucune prP.uve que les sou.coupes volantes soient
des engins ( l ) .
Cette énorme lacune n'est certainement pas due à une inad-
vertance car il a [allu p1·ès d'nn mois au major général
pour élaborer sa réponse et il est dair qu'il en a soigneuse-
ment pesé les termes. D'une part, il lui fa1lait paraître écraser
les interpellateurs pour faire croire cp:t'il avait la situation
bien en main et rendormir le public, mais d' autre part, il
devait sc réserver avec soin une cliscrète porte l'ortie
pour n'être pas acctlEé plus tard d'avoir ét é
aveugle devant l'existence des innombrables commencements
de qui t endent ii établir que les soucoupes sont bien
des enginfï.
Avec cette lacnne ce.ntrale, ses réticences et ses rassurantes
alléga.t.ions, la déclaration du ma.jor général de l'armée de
l'air ne ressemble en rilm à un constat scientifique, mais au
fallacieux trompe-l'œil de ... r:ommnniqués militaires quand ils
escamotent les revers.
B) LE TRUQUA CE DES BILANS.
Voyons d'abord combien la Commission a pu recevoir de
rapports. La question paraît simple, mais mt!me l'omrrage de
Ruppelt ne permet pas d'y r épondre aisément ; les donnée9
sont tronquées et dispersées.
(1) A plus f orte raison les termes du communiqu6 constituent
déjà un implidte bulletin de victoire au profit des aoucoupistes
puisque l' existence des soucoupes volantes y est en tout cas admise
comme phénomène inconnu,
Observations américaines
33
Quantité de rapports.
De 1947 à fin 1952, 4 400 rapports ont été reçus (R., p. 260) ·
Dans l'intervalle, de juin 47 à fin 48, plmrieurs centaines
de rapports ont été reçus (id., p. 69), soit emiron 50 rap-
ports par mois.
Pour 1949, 1950, 1951, il y eut une très forte hail!JSe de
50 à 10 rapports par mois.
En décembre 1951, s'amorce une remontée, la moyenne
memmelle passe de 10 à 20 rapports.
Durant l'année 1952, l'augmentation fut si énorme qu'on
peut admettre un total de 1 600 à 1 700 rapports, soit une
moyenne mensuelle de 100 à 150 rapports.
l .. 'année 1953 marque une forte baisse, mais ln moyenne
mensuelle reste encore nettement supérieure à 20 rapports.
L'année 1954 compte 4!10 rapports, soit une moyenne men·
suelle de 30 à 40 rapports.
Le premier semestre de 1955 compte 189 rapports, soit une
moyenne mensuelle de 30 rapports environ. (Là s'arrêtent
les derniers renseignements de Ruppelt.)
Qualité des rapports.
Sur les 4 400 rapports ne 1947 à fin 1952, la Commission
en a retenu 1 593 comme « hom », c'est-à-dire suffisamment
précis et détaillés pour qu'on puisse en faire une sérieuse
étnde critique (R., p. 260) .
Là-dessns, 750 concernent les seuls mois de mai, juin,
juillet ct août 19S2 (R., p. 213). Ce qui souligne d'une nou-
velle l'importance de rannP.P. 1952 dans l'histoire des
soucoupes. Cela montre aussi que l'attention nf'A.,
n'augmtmte pa!j seulement la quantité, mais aussi la qualité
des observatiom.
A.ire de prospection.
Ces rapportA ne proviennent pas que du territoire métro-
politain de.s Etats-Unis. Ruppelt en signale qui viennent de
diverses bases américaines dans le mondf", notamment au
2
34
Japon el en Alaska. Tifmt-on compte aussi des messages des
attachés de l'Air en France, en Angleterre ct ailleurs ? (R.,
p. 192. ) Ce n'est pas clair.
En tout cas, Ruppelt paraît tout ignorer ou dédaigner de
la grande vague d'observations françaises en 1954 (R., p. 294).
Proportion entre les observations et les rapports.
Sam; nous préciser la base de son cal cul, Ruppelt déclare
estimer à 10 % le pourcentage des ohservationR signalées
à l a Commission, par rapport au total Iles obeervations effec-
tuées (R., p. 260). TI y aurait clone un énorme déchet dû à
rinertie, à la peur du ridicule ct à l a crainte des hill Loires.
Biù.m de janvier 1953.
C' est le grand bilan fondé sur les l 593 rapports « bons »
sélecLionné.s de juin 1947 à décembre 1952 et présenté au
.
supreme Jury.
11 vaut la peine d'être exumin(! en détail.
Le voici tel qu'il est reproduit par Ruppelt (p. 261) :
Ballons ...... . ...... . ...... . .. . .. . .. .
Ce1·-tains . . . . ...... . .. . . . ..... .
Probables ...... . ... .. .... .... .
...... . . . 1 • • • 1 • ••••••
A VÎ01lS .......... . . .. . .... . .. . . . . .. .
Certain.s .. .. . . . . . . ... . .... . . o ... . .
P roh ables .. .. .... 1 1 . ... .. .. . . . .
Possibles . .. . .. ..... .. .... .. . . .
r:orp." ....... . . . ..... .. . . .
CertaÙls .. 0 • • • • •••• •••• •• o • • ••
Pr obables ... . . . . . .... .. .. ... . .
Possibles ... . .. 0 • •• •• • •••• • • •• •
,(4.utres .. .............. .. ..... . ... .
(Reflelll de projectenrs l'mr des nua·
ges, oiseaux, papiers emportés par le
t , in versions, réfit>..xions, etc.)

18,51%
1,57%
4,99%
11,95 %
11,76%

7,74 %
3,04 %
14,20 %
2,79 %
4,01 %
7,40%
4,21 %
Observations américaines
M
.fi .
ys t , ca nom . , .. .. . . ...... . . ... . .
Rapports présentant des élémerus
d'appréciation insufft,Sants ........ .
(En plus des rapports éliminés initia·
lement.)
1 ncon1Ul..S ... .. .. . . . . ........... . .
.1.5
1,66 %
22,72 ro
26,94 %
« En employant les mots « certains », « probables » ct
« possibles », nous indiquions le degré de certitude de nos
conclusions. Mais même le cas des « possibles », nous
avions la conviction d' avoir t r ouvé l'explication » (R., p. 262) ·
Notons encore les remarques suivantes :
Quels sont l e.s auteurs de ces 1 593 rapports ? « Pilotes et
équipages aériens : 1 7,1 o/o. Savants el ingénieurs : 5, 7 lfh.
Opérateurs de tours de contrôle : 1,0 %- :Radaristes : 12,5 ro.
Observateurs divers, civils ou militaires : 63,7 % » (R., p. 262).
Dans la seule catégorie des cas « inconnus », 70 % avaient
été observés de l'air, 12 o/o du l:\ol, 10 o/o repérés par des
radars à terre ou à bord d' un avion et 8 % ohMervés à la
fois à la vue et au radar (id. j.
Le résultat paraît, en tout cas, écrasant.
Même après une sél ection qui ne retient que 1 593 rapports
sur 4 'tOO, on trouve que les 3/ 4 ..les prétendues observa-
Lions de soucoupes sc r éduioent à des oonfusioll.S avec des
ballons, avions, corps célestes et objets hétéroclites. Non
seulement ces 3/ 4 en sortent anéantis, mais en outre cette
premièr e opération de réduclion jette le plus grave discrédit
sur l e 1/4 qui reste provisoirement inexpliqué. Quelle con-
fiance pourrait-on bien avoir, en effet, dans ces observateurs
qui fiP trowpent trois fois sur quatre ?
Comme d'autre pacl nous savons que, depuis lors, rarmée
de l' air o. prétendu réduire le pourcentage des cas « inconnus »
à 10 % en 54 et même à 3 % en 56, comment ne pas
se convainm·e que toute cette affaire est tme accumulation
d'illusions qu'tme saine méthode crjtiqne Téduit
pr ogressivement au d'où elle n'aurait jamais dû sortir ?
Pourtant, n'allons paA trop vite.
Ensuite l es p ourcentages d'erreun:; admis par la Commis-
36
sion ne s'appliquent pas indistinctement à n' importe quelle
sorte de rapports. Poru· le chiffre de base, 1 593, Ruppelt
compte 2/ 3 d'observateurs quelconques (1), contre
environ 1/ 3 de (parmi lesquels 17,1 % Ùe
ct observateurs aériens) . An contraire, pour les cas inconnus,
il ne compte plus que 12 o/o de témoins (2) au sol, contre
18 % d'observations au r adar et 70 o/o d'observations en vol,
ce qui change du tout au tout l a proportion des témoignages
do pilotes.
On peut donc conclure que la masse des témoignages éli-
minés est ceLle qui provient de témoins non qualifiés, alors
que la mas.se des témoignages retenus est celle des rapports
fournis par des spécialistes (3).
En.fin, il existe un r ésidu. Si graves que puissent être les
erreurs mê-me des spécialistes, ce résidu est significatü. Quan-
il est loin d'être infime. ll corresponJ à 429 rap·
ports (R., p. 262), chiffre encore considérable.
r:ritiqu.e du bilan de janvier 1953.
a) LES COEFFJCŒl'""TS SONT ARBITRAIRES.
On se dira qu'il en reste beaucoup moins avec les nou-
veaux coefficientl! de 10 % et Je 3 %. Voilà qui n'est pas
du tout sûr.
Car nous ignorons complètement le chiffre de base et la
manière dont le coefficient a été appliqué. Supposons, en effet,
que pour l'établissement du premier bilan on ait hien voulu
retenir 3 000 rapporta comme « bons », au lien de 1 593, tout
en ne classant que le même chiffre invarié de 429 rapports
dans la catégorie « inconnus », du même coup de baguette
magique, on réduisait de moitié l e pourcentage des « incon-
nus ». Bref, la présentation du bilan est fcoidement arith-
métique, il a toute apparence scientifique si l'on ne s'avise
(1 et 2) Des femmes en grande majorité.
(3) n n' y a donc aucune raison de mettre sur le dos des techni-
ciens la masse des erreurs commises par les profanes.
Observations américaines
37
pas que les chiffres de hase ne dépendent que des appré-
ciations subjectives et des manœuvres des de
bilans. Il leur suffit d'augmenter le plus possible le ch-,ffre
des observations retenues ou de dimirwer autant qu'ils
veulent le chiffre des observations inexpliquées pour faire
tomber régulièrement le pourcentage. C'est aussi simple à
truquer que n'impo.rle quelle autre statistique. C'est encore
plus facile puisque seule la Commission peut savoir combien
de rapports elle a reçus el que seule elle décide de leur
classement en bons et insuffisants, en expliqués et inexpli·
qués. Le frein ne peut se trouver au Pentagone puisqu'il a
horreur des soucoupes pour une raison hien simple : chaque
passage de souconpe est un camouflet à La vigilance aérienne.
Mais ce n'est pas tout. Si l'on veut hien relire le bilan
de 1953, on verra qu'il emploie une terminologie systéma·
. ,
tiquement truquee.
b) ILS SONT FAUSSÉS PAR LES OBERVA'fiONS « INSUFFISAl"'iTES ».
Que vient faire, en bas de tableau, le pourcentage de rap·
ports ne présentant pas d'éléments d'appréciation suffisants ?
On nous dira qu'on l'élimine puisqu'on prévoit pour lui un
pourcentage di!;Linct de 22,72 %, que l'on s'abstient vertueu-
sement d'incorporer aussi hien aux objets connus qu'aux
inconnus. Quelle bonne plaisanterie. Supposez qu'un soucou-
piste notant que ces cas restent inexpliqués veuille le.s ajouter
aux:. inconnus et porter le pourcentage des inconnus à 49,66 %,
nous protesterions tous. Nous dirions qtdl ne faut pas mélan-
ger le résidu inconnu qui ressort d'observations triées sur
le volet, avec le résidu inconnu qui ne résulte que d' obser-
vations incomplètes, car ces deux sortes de résidus n'on\: pas
du toul la même valeur. C'est très vrai. Mais si le scrupule
ne noU8 permet pas de les additiowter aux objets inconnus
pas plus qu'aux objets connus, il nous interdit tout autant
de les faire intervenir dans le calcul du pourcentage de c.es
deux sortes d'objets. Nous saisissom là sur le vif un pro-
cédé qui gonfle artificiellement la base de comparaison pour
diminuer d'autant le pourcentage des inconnus résiduels de
dernière analyse.
38
Sit en nou.s retirons ces 22,72% qui n ' onl rien à
faire ici, les 26,94 % d'inconnu!:! ue correspondent plus au
1/ 4, 1nais nu 1/ 3 du nouveau total.
c) J LS ADDITlON.:-IENT DES CATÉGORIES HÉTÉROCLITES.
Nous ne pas au hont du compte.
Le tableau est arlmirahlement construit el il vaut la
d'C'..n détailler les beautés.
En haut, il commence par des noms n'objets sérieux et
hien conuus : ballons, avions, corps célestes. il tire donc
des catégories Himplcs, objectives, qui laissent une
excellente impression.
En soul!-caLégories, et comme entre parenthèses, à propos
de chacun de ces j) pousse le scrupule jwsqu'à dévoi·
ler les inc:crtitudcs de Ja Commission qui distingue entre le
certain, le eL le possible.
Mais, la Commission se garde de rassembler ces élément!:!.
Les précisions qu'ell e donne sur les du certain,
du probable et du possible, elle soigneusement d'en
faire les catégvrie.s maîtresses de son tableau, elle ne leur
donne qu' un rôle secondaire qui lœ morcèle et les réduit à
l'état de nuancAs sous chaque espèce Elle ne les
récapitule pas à part ; au contraire, elle les confond
siblement pour additionner ballons certains, ballons pro-
bables et ballons possibles ( de même pour avions eL corps
célestes), de telle sorte que les .svus·c(zlégories du certain, du
proba.blc ct possible tie résorbent sans difficulté dans caté-
gories d'ob jets connus.
Les trois premiP-rA ch.ifires de la colonne de droite nous
donnent donc la solide imprei!IÜuu d'un ensemble d' objets
connus el cerlaims, ou pour le moins hau tement vraiR('mhlables
qui détiennent à eux seuls, prèA de la moitié du
En bas, l e tableau devient tout di tlértmt.
lJ s'appuie !Sur des catégorieë hétéroclit es, négatives P.t dépré-
ciatives.
« Autres » est un bric-à-brac qui m'élange n' importe quoi,
surtout les confusions les plus grossières, même avec des
Observations américaines
39
papiers emportés par le vent, sans qu'on signale ni le pour-
centage particulier de ce genre de cas, ni les drconstances,
ni le genre des témoins. On est donc invité à rire de la
naïveté des témoiru et de leur totale incompétence.
<< Mystifications » souligne la volonté de tromperie des uns
et la sottise des autres.
« Rapi•m·ts insllf:fisants » met en .relief le côté négatif des
données fournie!! par les tP.moiua. La Commission a fait tout
ce qu'elle a pu, elle n'a retenu ici que des rapports spé·
cialement 13électionnés, mais même dans ces rapports qu'elle
a bien voulu classer « bons », il lui a fallu en éliminer près
d'un qu'elle range définitivement sous l'étiquette d'in-
suffisants, donc d'inutiles, bref de « bons à rien >>.
Reste alors le dernier quart : la masse des observations
sur lesquelles la Commission s'est cassée les dents. Elle les
expédie d'un mot bref, négatif et abstrait : « Inconnus ».
Ainsi donc, en haut, ron additionne pêle-mêle les choux-
fleurs du probable et les carottes du possible avec les dia-
mants du certain pour en laire un seul bloc de diamant.
En bas, on entasse l'insuffisant, l'hétéroclite, le dérisoire
et Je risible, bref les épluchures, sur le résidu informe de
J'innommable.
d) TouT EST DRESSÉ EN TROMPE-L'ŒIL.
En haut : des objets connus et certains dont l'existence
générale est indubitable. La question cruciale de savoir si
leur présence en chaque cas particulier .était effectivement
certaine ou doutP.use est traitée comme secondaire.
En bas, c'est exactement J'inverse. Le résidu est seule-
ment qualifié d'inconnu. La question cruciale de savoir si
la présence inennnus était douteuse ou certaine n'est
même pas signalée, à titre secondaire.
Partout le tableau pou.'i.''*'! à confondre la certitude sur la
natu,rc de 1: ob jet avec let certitude de sa présence, et de
même l'incertitude sa nature et l'incertitude sur sa pré-
sence effective.
Le terllle « inconnllfi » ne s'applique pas simplement à la
40
nature inconnue des soucoupes, ni à la problématique géné·
raie de leur existence. Sa place et son 1·ôle effectifs dans
la colonne Je gauche, par rapport aux objets ceTtains en soi,
mais h nJothétiques en fait, montrent qu'il dé.signe spécia·
lement le.s objet.ç inconnus qui ont été par des témoi,..
gnage.-r précis et détaillés et pour lesquels, malgré tous ses
efforts, la Commission n:a même pas pu forger d'hypothèses
sérieuses pour. les réduire à un genre quelconque d'ob jets
connus. Ils ne sont donc pas inconnus au sens de mal
connus, par insuffisance de renseignements, mais au sens
d'objets complètemen1t étrangers, pa.rœ qu.'ils ont résisté à
toutes les tentatives de réduction.
Si l'on a·vait voulu procéder scientifiquement, on n'aurait
pas mélangé les divers sens du mot « inconnus », ni mul-
tiplié les cau11es de confmion, on o.urait méthodiquement
classé le tableau à partir des degrés de qualité des obser·
vat ions.
Pourquoi ne pas l'essayer?
Prenons d'abord les réductions certaines :
Ballons certains + avions certains + corps célestes cer·
tains : 1,57 + 0,98 + 2,79 = 5,34 %.
Le résultat est édifiant.
Vraimenl la Commission n'est pas certaine lle grand-chose.
Ne nous privons donc pas de faire bonne mesure en sa.
favflur et de la gratifier intégral ement deR pourcentages qua-
lifiés « Autres » (quoiqu'elle n'y distingue plus le certain du
pos-sible) et bien entendu les mystifications. Nous aurons
alors :
5,34 + 4,21 + 1,66 = 11,21 %.
Additionnons de même les probables entre eux :
4,99 + 7,74 + 4,01 = 16,74 %.
Et les pœsihles :
ll,95 + 3,04 + 7,40 = 22,39 %.
Nous aboutissons au tableau suivant :
Certains . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11,21 %
Probables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 4 o/o
Possibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22,39 %
'
Irréductibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26,94 %
Observati.ons a.méricaines
41
Cela sérieusement la portée du taLleau.
Mais nous n'avons pas tout à fait fini.
Rappelez-vous que nous avons éliminé les rapports jugés
insuifu;antM par la Commission. Nous devons donc convertir
ses pourcentages en pourcentages ne tenant compte que des
cas effectivement retenus. Nous en profiterons pour ajouter,
le!:! corollaires qui en résultent du côté des soucoupes.
Tableau définitif :
Réductions (à des ballons, avions, etc.)
Certaines • . • . . . . . . 14,51 % ....... .
Probables . . . . . . . . . 21,67 % ....... .
P ossihles . . . . . . . . . . 28,93 % ....... .
Introuvables . . . . . . . 34,89 % ....... .
Soucoupes
Inadmissibles
Improbables
Possibles
Trés probables

ou certames
On bien remarquer q.u'en dressant ce nouveau
tableau qu'il nous parait .<mperflu de commenter, nous
n'avons pas modifié une seule Œ œ d.e ba.se, ni un
seul chiffre de base fo.urnis pa,. la Commission Soucoupe .
.Uevant une affaire embarrassante, la Commission Soucoupe
fait ce qu'elle peut pour rassurer l'opinion. Il ne faut donc
pas attacher d'importance au fait qu'elle ait pu réduire
depuis lors le coefficient des U.F.O. à 10 % puis à 3 %·
C'est une simple question dfl jeu d'écritures.
Le premier fait indubitable qui résulte dn maintien de la
Commission Soucoupe, de ses avatars, bilans et communiqués,
c'est que malgré toutes les rédnct.iom effectives, malgré tous
les truquages, la Commü;sion se heurte depuis plus de seize ans
à uu novau inconnu et irréductible .

2° • PRINCIPAUX TEl\fOIGNAGRS
DES TECHNICTRNS ET SAVANTS AMERICAINS
A) PILOTES ET OPÉnATEURS DE RADARS.
Si la compétence technique joue un rôle flans l'observation
dP.s soucoLLpes, il n'y a pas d'ohservaleuro olus qualifiés mlP.
42
les pilotes et opérateurs de radars dont ]c métier est de
fouiller sans cesse le ciel aérien.
Parmi les incidents concernant des aviateurs, le plus célè-
bre est le cas du capitaine Mantcll.
Sa dramatique histoire a longuement excité les débuts de
la Commission Soucoupe ct retenu l'attention du Keyhoe
(K. 1, pp. 24 - 52 - 55 - 63 • 150 - 204 et K. II, p. 37. Comp.
M. 1. p. 45 et R., p. 48). Nous suivons spécialement l'ex-
posé de Ruppelt.
Le 7 janvier 1948, en plein jour, à 13 h 15 (1), des gens de
d'Owenshoro et d'lrvington, aux environs de Louis-
ville (Kentucky) aperçoivent dans le. ciel un objet insolite.
n paraît circulaire et mesure 75 à 90 mètres de diamètre.
Ces indications furent transmises par les témoins et la police
de Fort Knox, à la base militaire aérienne de Godman, près
de Louisville.
Vers 13 h 45, à Godman, l'opérateur-adjoint de la tour de
contrôle aperçoit, à son tour, un objet insolite. Il le sur-
veille plusieurs minutes. Il ne tient pas du tout à ae voir
contraint d'établir un rapport sur une histoire de soucoupes,
mais finit par attirer l'attention de l'opérateur en chef. Tous
deux observent ensemble et admettent que l'objet ne peut
être ni un hallon, ni un avion. Alors, ils se décident à alerter
le bureau des opérations.
Arrivé.s à la tour de contrôle, plusieurs officiers, dont le
colonel Hb:, commandant de la base, observent l'objet avec
des jumelles 6 X 50, sans pouvu.ir l'identifier.
A 14 h 30, une escadrille de 1!,·51 se présenle à l'aéro-
drome pour atterrir. Elle est commandée par Je capitaine
Mantell. La tour lui demande d'aller reconnaître l'objet. Man-
tell part au.ssitôl avec son appareil et deux autres avions, en
direction de la chose inconnue. Les deux avions eseurleurs se
laissent distancer, mais Mantell fonce en avant, à 3 000 1n
d'altitude.
A ]4 h 45, Mantell téléphone à la toQr: « Je vois quelque
chose en avant de moi et plus haut. Je continue à grimper. »
(1) Dans tout cet ouvrage nous notons systématiquement les
he11res de 0 à 24 heures.
0 bserva .. tions américaines
43
Les escorte-urs ont beau essayer de suivre, même à 4 500 m,
ils ne vojent pas la soucoupe ct ont complètement pMrdu de
vue ravion de leur chef. Ils appellent en vain, et finissent
par atterrir sur une autre hase, celle de Standiford Field.
A 15 h 50, la tour cesse de distinguer la soucoupe.
QuelqueH minuLes plus t ard, on apprit que l'avion de Man-
tell s'était écr asé sur le sol
Critique. Un 1les élémenl.3 essentiels de la description de
l'engin tient auJc paroles prêtées à Mantell, à la dernière
miuute où J'on put l'entendre : « rai vu le machin. Il paraît
métallique et il a des dimensions énor:nu'ls, le voilà qui se
met à grimpür ... Il est au-dessus de moi eL je gagne sur lui,
je monte à 6 000 m. » Ces propos ont été rnainLes fois repro·
duits, mais nous disons « prêté!!! », car Ruppelt assure que les
témoins de la tour les démentent, sauf la dernière phrase.
Par contre, il conûrme les indications données par les
observateurs de· la tour selon qui, il s'agissait d'un « petit
objet blanc, ayant à peu près. comme diamètre le quart de
celui de la pleine lune », en forme de « parachute », ou de
« cône de crème glacée, rouge au sommet », o-u d'une
« forme ronde et blanche », ou encore « énorme, argentée
ou métallique » (R., pp. 54 et .58). Les discordances d'indi-
cations sur la taille, selon les divers observateurs, ne sont pas
réellement incohérentes, car elles ne portent que sur les appa·
renees et sont d'une nature essentiellement relative.
Selon les auteurs, la Commission réduire
la soucoupe à une confmion avee Vénus. C.ett.e théorie parais-
sant insoutenable, le professeur Menzel se chargea d'expliquer
toute l'affaire par un « faux soleil ». Aimé Michel critique en
détail cette hypothèse qui ne concorde pas avec les pré-
cisions fo1unies par ]es témoins. Entre-temps, la Commission
avait elle-même « expliqué » tonte l'histoire par un faux
hallon. (Ce n'est pas une des plus .minees délectations de ce
genre d'affaires que de voir de quelle façon les fabricants
d'explications sont capables d'imaginer, chacun de leur côté,
rles hypothèses aussi certaines qu'incompatibles.) A propos de
1a dernière, Ruppelt indique qu' on lançait de très gros bal-
lons-sondes à la hase de Clinton County (Ohio), maie lui-
44
rnê.me ne put tirer au clair la question de savoir si un cle
ces ballons s'était promeué à ceLLe dale, du côté de Godman.
Cc n'est quand même pas une raison pour être certain que ce
fût le cas et que tous les observateurs de Godman eussent
été incapables d'identifier un hallon ainsi observé à loisir,
les uns avec les jumelles et Mantell à bord de son avion.
L'affaire est sensationnelle, à cause de la mort de Mantell.
Elle reste indécise. A défaut de précisions permet tant de
savoir pourquoi ohservateurR ne purent tenir eux-
mêmes à J'hypothèse d'un hallon, nous nous bornerons à lais-
ser cc cas dans la catégorie des « possihlee '>. Du moins,
saisit-on combien il convient d' être prudent. Si le hallon
exclut la soucoupe, il n'exclut pas moins la planète Vénus ct
le faux soleil.
S'il n'y avait pas eu mort d'homme - et c'est le seul cas
authenLÏtiuement tragique - le cas Mantell aurait beaucoup
moins frappé les imagination!'.
Parmi les observations le-s plus curieuses, on peut
les incidents suiYants :
Mai 1948, Sperry OI. I, p. 73).
24 juillet 1948, Chiles (K. I, p. 91 et 210 - K. II, p. 38 •
M. 1, p. 60 - R., p. 60).
31 mara 1950, Adams (K. 1, p. 21 - l\1. I, p. 73 - R., p. 105) .
20 janvier 1951, Vinther (M. 1, p. 73 - R., p. ll3).
14 janvier 1952, Nash (K. Il, pp. 46 et 117).
6 décembre 1952, Hunter (K. Il, p. 150 • M. 1, p. 114).
Nous en signalerons seulement les traits l es plus frappants.
Le pilote Chiles et son second ont vu, la nuit, durant quel·
qnes secondes, à quelques dizaines de mètres, un épais cigare
de 30 m de long, avec deux rangées de fenêtres illuminées,
une lueur bleue fo·ncée au-desSOllR P.t une traînée de :flammes
,
orangees.
Dnns les mêmes conditions, le pilote Sperry a \ ' U uue sorte
de « sous-marin lumineux » sc dép]açant à une vitesse « fan-
tastique ».
ObseTvati.on analogue par les pilotes Adams et Anderson.
Ils nut vu, danE WJ cie] nocturne très clair, une forme « floue »,
avec huit ou dix hublots, d'où jaillissait une lueur bleuâtre.
Observations américaint>..s
45
Cet aspect flou a été constaté, en cert ains cas, même nu sol
et vu de très près.
Toujoura dans les mêmes conditions, les pilotes Vinther et
Bachmeier ont vu également un obj et de forme floue, grus
comme un B-29 sans ailes, rayonnant une lumière bleuâtre.
Certains détails divergent, mais l'ensemble est étrangement
rP.sRcmblant.
A la différence du cas .Mantell, lea objets n'ont été vus
que quelques secondes, mais de trèa près. De si près, dam
le cas AdéllllB que s'il s' était agi d'tm avion, les pilotes a.ffir-
ment qu' ils auraient pu lire le matricule et aperceYoir les
passagers.
Dans le cas Nash, qui produit à 21 h 12, au-dessus
de ]a Virginie, les deux pilotes voient six disques rouge
orangé, étincelants comme du métal en fusion, paraissant
avoir 30 m de diamètre, volant à une allure fantastique d'en-
viron 19 000 km/ h. mais à 600 m d'altitude seulement et,
par suite à 1 500 m au-desscu.s de l'avion. L'inci dent dura
assez longtemps pour que pilotes aient pu observer une
série d'évolutions opérées par )es soucoupes avant de dispa·
4
rmtre.
Ruppelt ne signale pas cet incident, mais Keyhoe qui le
l'Alate 1 onguement et à den x reprises a eu en main le rap·
port ; c'est l'époque où il reçoit directement les r enseigne·
ments de la Commission.
La durée de l'observation, les manœuvres détaillées des sou-
coupeê el le fait qu'elles se soient trouvées au-dessous de
l'avion en font un cas tout à fait remarquable. Tel qu'il
nous est présenté, il eat irréductible.
Il existe d' autres cas dans lesquels des aviateurs ont observé
des soucoupes placées plus bas qu'eux:
10 RP:ptembre 1951, dans le New-Jersey (R., pp. 121-144).
21 jau vier 1952 (R., p. 155) .
1952 (R., p. 108).
Eté 1952 (R., p. 13) .
28 janvier 1953 (R., p. 231) .
17 décembre, Suède, en plein jour (G. p. 133) .
24 mai 1954 (R., p. 296) .
46
Trois de ces incidents sonl particulièrement extrnor dinaires.
le cas du 21 janvier 1952. nn pilote volant à 750 m
d'altitude, en plein jour, au-dessus de Long Island, la grande
île l'entrée de NP-w York, repère une soucoupe volant
au-dessous de lui, à 60 ou 90 m au-dessus des immeubles.
On crut à un mais l'avion .n'avait pu le rattraper.
Dans le cas du 2R janvier 1953, l'incident se produit la
nuit, en Georgie (U.S.A.) et le pilote obser ve d'ét ranges
changements d'aspects de la
Le cas du 21 mai 1954 a ]'ironie de se produire près de
Dayton, siège de la Commission. Volant vers midi, à 5 000 m
d'alLitude, un major ct deux observateurs t·epèreul une sou-
coupe qui évolue à 1 800 m d'al ti tnde et « directement
an-.lcssous de l'avion ». C'était un ohjet circulaire, extrême-
ment brillant. Le major eut juste ]P. t:emps de prendre une
photo qui, surexposée, ne montra qu'un objet flou. La Corn·
mission effectua « une des enquêteR }p,s plus complètes de
l'histoire des U.F.O., mais ne trouva aucune explication à cette
tache de lumière ». Le rapport fut classé « Inconnu ».
Observations cnmbi,nées.
Ce sont les cas dans lesquels une soucoupe a pu être obser·
vée à la fois au sol et en ool, à. la vue et au radar.
L'importance mêthodologil}ne de ces cas saute aux yeux,
car les dietances, angles de vues, moyens de perception et
comportements des témoins forment un véritable ensemble
collectif et articulé d'observations qui se contrôlent les unes
lea autres.
Nous avons relaté neuf de ces caA. T_,e nombre esl r es-
treint (1) , mais si la st r ucture de chaqne cas est solide, sa
valem doit être de premier ordre.
1° 8 mars 1950, au ·milieu de l a matinée, à Daylun (Ohio)
(R., p. 100).
R adar au sol, observateurs au sol , trois avions.
L'incident se passe au-dessus de l'endroit où réside la
Commission Soucoupe.
Le pilote et le co-pilote d'un avion de la T.W.A. voient Wle
(1) Combien d'autres sont enfouis dans les tiroirs de la Com-
mission ?
Obserootions américaines
47
lumière brillante qui plane. Ils préviennent la tour de con·
trôle de l'aérodrome municipal de Dayton.
Les observateurs de la tour ont déjà vu la lumière el
donné ra 1erte.
])eux F-51 ilécollent. L'nn appartient à la Garde
de Dayton et part de l'aérodrome municipal, l'autre part de
la base de Wright-Patterson. Le premier pilote tenait pour
« idiotes » l es histoires de soucoupes. Les deux avions s'élèvent,
le sergent radar les guide. Pendant ce temps « tout le per-
sonnel se précipita et vit effectivement l'U.F.O., une lumière
cxtrêmeiuent brillante, beaucoup plus brillante et plus grosse
qu'une étoile. Elle se trouvait à très haule allitude, car le!!!
nuages épais et élevés la masquaient de temps en temps ».
En montant, les deux voient la chose. Arrivés à
4 500 m, dans les nuag·es, ils ne voient plus rien, alors que
le radar ne I.)tml pas le « contact >). Mais la chasse est
les conditions atmosphériques sont t rop mauvaises.
Critique. Cette lumière ln·illante qu'on a vue, dit la Com-
mission Soucoupe, n'est autre que Vénus, cette planète excep·
liollllellement brillante étant parfois visible en plein jour. Mais
le radru: n'a pas pu contacter Vé.nus Non, en effet, dit
encore la Comnüssion, mais, pa1· une fâc.beuse coïncidence,
il a contacté un nuage chargé <le glace.
Cette double condamnation fut poTtée l'après-midi
par. les spécialistes de Dayton.
T / incident est donc rangé parmi les cas « certains » de
réduction.
Mais, denx ans plus tard (deux ans ! ) , le capitainfl Ruppelt
revoit le s.p,rgent du radar. Celui-ci << la suite
donnée à r incident ». (On ne l' avait donc pas consulté peu-
dant la séance ? Et on - même Ruppelt - ne l'avait pas
averti aussitôt après ? ) (1). Ce sergent protesta vigoureuse-
ment quand il connut la conclusion adoptée par la Com-
mission. Il fit remarquer qu'il savait quand même reconnaître
la nature des taches qui apparaissent sur l'écran du radar;
quand il s'agit seulement de nuages chargés de glace, ellea
(1) La méthode d'étouffement bureaucratique pouv-ait donc fonc-
tionner en t onte sécurité.
18
sont plus ou moins Boues alors que dans l'ohsen:alion en
cause, 1a 1 ar. he était « nette, constante, manifestement pro·
duite par un objet solide ». Bien plus, le sergent avait cons-
taté que Iaùite tache ( montait en altitude, cc que ne fait
pas un nuage chargé de glace ». De même, le pil ot e d'un
des F-51 ohjr.cta que le point hrillanl prit une forme net·
tement ronde » quand il s'en approcha, et qu'au surplus, le
lendemain, au même point du ciel, on ne voyait rien, ces deux
détails étant incompatibles avec l'hypothèse vénus. n ajouta
même que l'objet lui avait paru « grand et métallique ».
les deux principes d'explication : la double confusion
avec le3 Huages chargés de glace ct avec Vénus étaient con·
testés avec préci:!ions à l'appui par les deux principaux obser·
vateurs : le sergent du radar et l'un des pilotes qui était monté
à 4 500 m.
On voit avec quelle légèreté la Commission peut classer
un cas dans la cat égorie des réductions < certaines ».
Le plus guve est le défaut J.e méthode. La Commission a
jugé hureaucratiquement sur pièces, sans consulter le.s obser-
vateurs qu'elle avait sous la main.
Que la Commission ne tienne pas compte des opinions des
témoins s1u· le jugeme.ut qu'il convient d'apporter sur un
incident, son droit le plus strict, mais ce qui est incom·
préhensible, c'est qu'elle s'ahRtienne de leur demander c.les
précisions essentielles sur leurs
2° 19-20 juillet 1952, de 23 h 30 à l'aube, au-dessus de
Washington (R., p. 19.S - K. TI, p. 51 • M. 1, p. 96).
Deux radars de l'aérodrome national, un radar à ln hase
l'l'Andrews, deux avions de passage, un avion d'interception.
C'est la grande nuit dea soucoupes volantes, au-dessus de la
capitale américaine, de ses 800 000 habitants, de la Maison
Blanche et du Pentagone, zones de survol interdit.
r écits que nous avons sont lacunaires, même chez Rnp·
pelt. IJ faut les compléter en partie les uns par les autres.
A 23 h 30, deux r adars de raéroport national repèrent
huit U.F.O. qtù volent à 160 ou 200 km/ h, puis soudain,
deux d'entre eux prenuent une vitesse fantastique. Le contrô-
leur principal téléphone à la tour de contrôle. T,à aussi on
0 bserva tifms u.rrr,éricaines
49
a vu les U.F.O. sur l'écran du radar. A Andrews, même
réponse de l'aérodrome, avec cette précision que les U.F.O.
qui volaient d'abord lentement ont fait une si brutale accé-
lération qu'on a mesuré, pour uu des objets, u_ne vitesse
de 10 000 km/h. La co.ncordance est remarquable entre les
observations des deux hases.
A plusieurs reprises, durant cette nuit-là, des pilotes d'avions
commerciaux « virent des lumièr es qu'ils ne purent iden·
tifier aux endroits indiqués par les radars ». Il y eut ainsi
d·cmc phases d'observations, l'une vers minuit, l'autre vers
deux heures du matin.
A l'aube, le contrôleur du trafic (sans doute à l'aérodrome
ualional ) repéra encore un U.F.O. à la verticale de la station
de radio. Alerté!l par lui, les opérateurs de la tour de con-
trôle à l' aArodl'omc d'An drcws regardèrent dehors et virent
une grosse sphère couleur orange vif » dans le ciel
au-dessus d'eux. Un F-54 décolla, mais trop tard, et ne décou-
vrit
C'est tout cc que décrit Ruppelt, explicitement. 11 fait
cependant allusion à l'intervention d'avions de chasse. On en
trouve le récit chez Michel et Keyhoe.
Dès les environs de minuit et demi, Barnes (le contrôleur
en chef rles radal'S à l'aéroport de Washington) alerte la
clircction de la Défense Aérienne et réclame à la hase d'An-
drews l'envoi d'avions d'interception, pentlant que les U.F.O.
stationneuL :>ur la zone interdite. _VIais les hClncs passent et
les avions n'anivent pas. C'est Andrews, les pistes d'en·
vol sont en cours de réfection et les aYions à réaction dont
on peut disposer so.ut stat.iounél:l à Newcastle, dans le Delaware.
Ce n'est pourtant pas très loin. Barne-s réitère ses appels,
mais les chasseurs n!arrivent qu'à 3 h du matin. Les sou-
coupeR ont déjà disparu.
Les avions repartent.
De nouveau les soucou pes apparaissent.
De nouveau avions anivcnt.
Une nouvelle lois les soucoupes s'en vont.
Ces allées et venues forment le secoud fait essentiel de cette
'
etonnante nuit de Wat:!hingto.u. Keyhoe est-il hien informé
ou a-t-il dramatisé '! Rnppelt n'en souffle mot . Dommage.
50
Critique. Toute l'affaire est impressionnante. C'est comme si
les aérodromes d'Orly et du Bourget avaient été d'accord pour.
reconnaître l'arrivée, puis ]ee accélénttions et les stationne·
ments de soucoupes au-dessu3 de l'Elysée et du ministère de la
Guerre, connue s'ils avaient alerté le ministère de l'Air et
attendu des avions de chas3e venant d'Orléans ou de Blois.
Mais il reste beaucoup de lacunes.
Aucune indication d'altitude possible.
Nous ne connaissons que deux cas de visions à l ' œil nu
indiquées par Ruppelt. Keyhoe ajoute qu'à 5 h du matin,
l'ingénieur Chambers, quittant la station de radio, a vu « cinq
énormes disques » qui tournaient puis montèrent en chan-
delle. De son côté, Aimé Michel précise que Barnes et ses
huit adjoints observèrent les soucoupes non seulement. au
radar, mais aussi au théodolite.
Selon ltuppelt, lel! radarisles admirent plus tard qu'ili
avaient été surexcités et qu'ils auraient fait confusion avec
1me étoile exceptionnellement brillante qttand i]s crurent voir
une grosse sphère. Une t elle métamorphose étonne. Elle
surprend moinA lorsque Ruppelt avoue qu'on a-vait << un peu
persuadé » les radaristes de faire cette rectification (!).
Mais <tu' a·l·on vu, cette même nuit, à la Défense Aérienne ?
Et au grand poste météO>ro]ogiquc d'A.rlington, sur la rive
gauche de Washington, ce poste qui est le centre de toute la
météorologie des Etats-Unis '? Et qu'a-t-on vu encore, à l'Obser-
vatoire ? Furent-ils effectivement alertés ? Etaient-ils vides?
N'ont-ils rien vu ? Ces questions s'imposent. Ruppelt n'en
souffle mot. Tout cela n'est pas brillant. Mais ce n'est pas la
faute des Martiens. S'il est difficile de savoir et de compren·
dre ce qui s ~ e s t passé dans le ciel, il est à pe.ine moins
difficile de savoir et de comprendre ce qui s'est passé, dans
le même t emps, à l'humble niveau des Terriens.
3° - 26-27 juillet 1952, à partir de 22 h 30, encore au-
fl essus de Washington (R., p. 202- K. II, p. 58- M. I, p. 99).
Les mêmes t1·oi3 radars, deux avions ct plusieurs gr oupes
d'observateurs au sol.
On peut penser que cette nouvelle nuit. avertis par le
Observations amP.ricaines
51
précédent du 19-20 juillet, tous les observateurs possibles vont
guetter le ciel, mais il n'en est rien.
Pourtant, comme fois, ce sont les radaristes Ùe
Washington qui détectent les premiers la présence des U.F.O.
vers 22 h 30. Ils alertent Andrews ct, cette fois encore Andrews
vient aussi de repérer les objectifs, de son côté.
Darnes réc1ame avions d'interr.Aption vers 23 h 30. (Pour-
quoi cc retard? Peut-être parce que l'enquête précédente
l'a échaudé). Cette fois ]es avions, deux F-94 à réaction,
décollent pluR vite : à minuit, et les radaristes les dirigent
vers les U.F.O.
Mais dès que ces avions apparaissent sur les écrans des
radars, les U.F.O. disparaissent.
Les avions ne voient donc rien et repartent.
Puis, de nouveau, un peu plus tari!, les U.F.O. reparais-
sent nu-dcsst1e de Washington.
Deux F-94 décollent à nouveau. Cette fois l es U.F.O. ne
diF.paraissent pas tout de suite mais s'écartent à l'approche
des avions. Un seul des pllotes vit d'abord plnsieurs lumières
brillantes, fonça à la vitesse maximum, mais ne pnt les t'at-
traper, il en chaesa encore une autre tout aussi vainement sur
une douzaine de kilomètres.
C'était un beau carronsel.
Le lendemain seulement Ruppelt apprit qn'il était plus
beau encore. Durant la même nuit., en effet, entre les deux
incnTsions des soucoupes au-dessua de Washington, divers
groupes de tP.moins, surtout ]es opérateurs de la tour de con-
trôle de la hase de Langley de NewpoTt News, en
Virginie) aperçurent à leur tour des U.F.O. Alerté, un F-Q4
qui se trouvait déjà en vol fut dirigé par les radaristea. Le
pilote aperçut effectivement une lumière, se dirigea vers elle,
mais elle s'éteignit bmsquement. TI continua la chasse, obtint
un contact au radar, mais ne put l e maintenir que queltynes
l'U.F.O. repartant de plus belle. Le même mauège
eut lieu trois fois en tout.
Les événements Ùe nuit parmi le3 plus extraor-
dinaires de l'histoire des soucoupes.
Critique. Là encore les lacunes sont étranges. Selon Ruppelt,
52
dès le début de Ja soirée, Darnes et ses opér ateurs de l'aéro-
drome de Washington étaient asûégés par le11 n>porters et
et durent les mettre à la porte. Va lerte était
donc générale. n aurait dû y avoir de nombreuses observa-
tions, des photographies des par Loutes sortes de
savants et de techniciens. On ne nous dit r ien ùe tel. Pour-
quoi?
Par contre, . on sait que l es radaristes avaient pris la sage
précaution de faire dérouter tous les avions s'approchant de.;
al entours, sauf les avions de chasse.
Ruppelt soulève ]ni-môme l'hypothèse de l'explication par
tl t'n<i aberrations mais il reconnaît qu'elles
n'étaient pas assez fortes al ors pour les radars,
qu'elles étaient fréquentes au-dessus de Washington et que les
en avaient une longue expérience. (Comp. préci-
Leduuques données JJU Harnes, in M. 1, p. 100).
4° - 26 juillet 1952, en Californie (R., p. 205).
Un radar au sol, un avion et son radar.
C'est la même nuit que le second carrousel de Washington,
mais à l'autre bout des Etats-Unis. Un radar signale un U.F.O.
Un avion tente de l'intercepter. Le pilote et l e radariste du
bord voient une grosse lumière orangée. Pendant plwieurs
minuteR, l'avion et l'U.F.O. jotumt « à cache-cache ». Le rada-
ril\te rl e la haM et celui de l'avion constatent que chaque
foie que l'avion « à porté:e de tir », la soucoupe
s'esquive à une vites.o:.e « », puis, une ou deux
minutes après, revient, ralentit et recommence le même j eu.
C'était vraimen t le « jeu du chat et de la », dit ]e
pilote.
Cas inexplicable, conclut RuppelL.
5° - 29 juillet 1952. à 21 h 40, dans le Michigan (R.,
p. 205) .
Un radar au sol et un avion avec radar.
Le radar r epère un U.F.O., alerte un F-94 déjà en vol et
l e dirige vers l'objet. A 6 000 d'altitude, quand l' avion tourne
à droite le pilote et le radarist e de bord voient << une lumière
bleuâtre plusieurs fois plus grande qu'une étoile :>;. Une
Observations américaines
53
seconde après, la lumière devient rougeâtre et diminue de
largeur, comme si elle s'éloignait. Elle tourne brusquement
de 120°. Pendant que le pilote fonce, le radariste de bord
obtient un hon écho, aussi net que celui d'un avion. Il duce
30 secondes.
L'U.F.O. est encore à 6 km de distance. Les deux radars
maintiennent le contact. Soudain, pendant que le radariste de
bord annonce au pilote qu'il gagne l'U.F.O. de vitesse, soudain
cet U.F.O. jette tm éclat de lumière phu; vü et bondit en
avant, au point de rompre le contact du radar. Le temps d'une
ecule rotation de l'antenne et la distance des deux engins
a presque doublé.
Pendant dix minutes, le radar au sol suit la chasse. A plu-
sieurs reprises, l'avion reprend de l'avance, puis de nouveau
la reperd : la soucoupe fait r.haque foig un bond vertigineux.
Ces accélérations étaient trop brèves et ne purent
rées avec précision. Mais on estima la vitesse « normale »
de l'U.F.O. à 2 200 km/h. C'était en 1952. Puis le pilote dut
ce83er la poursuite, faute de combustible.
Critiqrw : Rnppelt repousse toute hypothèse explicative,
même celle d'un engin d'essai, comme il en existait alorl',
au Michigan, et aussi incapable de faire du 2 200 ikm/h que
des virages à 120°.
6° - 5 août 1952, ]a mùt, au Japon, prf.,s de Tokyo
(R., p. 231).
Un radar au sol, observateurs an sol, un avion avec railar.
A la base aérienne d'Haneda, aujourd'hui l'aéroport de
Tokyo, quatre radaristes aperçoivent un U.F.O. au-deseus de
la baie et le regardent à la jumelle. C'est une lumière ronde
au-dessus d'un corps sombre qui semble quatre fois plus
volumineux, avec une petite lumière en de!lSons. Tro·is fois la
chose va et vient entre l'aéroport et la baie.
Interpellé au microphone, le pilote d'un C-54 en vol répond
qu'il n'a rien vu. Par contre, la station de radar la plus voi·
sine voit quelque chose sur son écran. ll est environ 23 h 45.
Le tout dure cinq minutes pendant lesquelles rU.F.O. se
rapproche à moins de 15 km.
Pensant qu'il s'agit d'un hallon, des observateurs lâchent
5'4
un de ballons pour faire la comparaison. montre
que le feu du hallon j aunâtre -ct pas à celui
de l'U.F.O. En outre ce modeste feu de ballon cesse d'être
visible au haut de quelques secondes.
A 0 h 03, un F-54 décol1e d' un aérodrome voisin. Pendant
qu'un radariste au sol tient l e contact avec l'avion et l'U.F.O.
le radariste de bord prend aussi le contact l'U.F.O., à
6 km de distance. )'.Lais cela ne dure qu'une mi nute et demie,
car l'objet repart à toute allure.
L'avion conLinua de tourner un moment, ptùs s' en alla et
l'U.F.O. repan1t. aussitôt après.
« Deux minutes plus le r adar annonça que rohjectif
, , . , . .
s etait casse en tro1s morceaux et que ces tro1s morceaux
s'éloignaienl vero le nord-est, séparés de 4,00 rn, les uns des
autres. »
Critique. Il y a évidemment quelque chose d'anthropomor-
phique dans la description de la finale. n paraît impossible
de dire à quoi elle correApond. Tonjours est-il que les
critiques de J'jncidenl échouèrent.
7° - 29 décembre 1952, à 19 h JO, au nord du Japon
(K. II, p. 18) .
Un radar au sol -ct t roi l'l avions.
Un B-36, puis un .. F'-94 signalent un U.F.O. Le radar d'une
hase voisine opère un contact. Alerté, lm troisième avion, lm
F-8ï à r éaction voit aussi la soucoupe. Le colonel Low, pilote
du F-87, tente d'intercepter l a soucoupe. A dessein, il éteint
ses feux de bord et monte à 10 000 rn, observe la chol:le un long
moment, puis fonce à 800 à l'heure.
« Pendant une ou deux secondes, il sembla que son appareil,
tous feux étcintA, n'avait pas été repéré. Soudain la sou-
coupe volante accéléra et dispamt en une demi-seconde. Y>
Cinq minutes plus tard, elle reparaît. Une nm1Velle fois le
pilote tente de l'intercepter, mais elle vire s.i br utalement, à
une t elle vitesse que le pilote la perd de vue t".D !l secondes.
Quelle critique put êt re nons l'ignorons.
8° - 28 janvier 1953, à 21 h 35, en Georgie, U.S.A. (R.
p. 281).
Obscrvaûons américaines
55
Un radar au sol et un avion.
A borcl. d'un F-U6, un pilote repère une soucoupe. Il monte
à 9 000 m pour mieux la voir, en se plaçant plus haut qu'elle.
I,a c11osc est circulaiTe. Sa lumière est tantôt blanche, tantôt
rouge. D'abord elle grossit comme si la distance diminuait,
puis disparaît brusquement « comme lorsqu'on manœuvre un
interrupteur ».
A la hase, le radariste déclara qu'il avait suivi toute la
chasse, que l'U.F.O. avait d'abord évolué beaucoup trop lente-
ment pour être un avion et, ensuite, s,était « éclipsé» à une
viteRse « tcnifiantc ».
Cette fois encore la critique dut capituler.
9° - 12 aoîtt 1953, la nuit, dans le Dakota. (R., pp. 289
êt 292).
Un rada.r au el avions.
Prévenu pal· uu oc111aire, le radariste de la base
d'Ellsworth, près de Rapid-City, détecte tm U.F.O. à 4 800 m
d'altitude. Le radariste et plusieurs observateurs de la base
voient l'U.:F.O. se puis s' arrêter. Un F-84 en patrouille
est ulerté et guidé. Le pilote découvre la lumière et se dirige
vers elle. A ce moment l'U.F.O. recommence à bouger. Le
pilote le suit sur 200 km sans pouvoir le .rallraper, jusqu'à ce
que, faute de comhuslible, il :.wjt obligé de l'entrer. de nou·
veau, la soucoupe revint dn côté de la hase.
Les pilotes de la base d'interception ont tenu l'écoute, ilR
ne croient pas un mot (le l'histc>ire. L'un d'eux, autorisé par
le contrôleur, décolle en hâte eur lm second F-84. Lui aussi
découvre la lumière de l'U.F.O. et s'en rapproche, mais la
soucoupe repart. Le pilote monte le p]us vite possible pour
Lenter de dominer l'altitude de l'objet et de fo-ncer en piqué.
Mais à 5 km de distance, l'U.F.O. « prend ùe la vitesse pour
». Persuadé quand même qu'il s'agit d'lm simple
jeu d'illusions, le pilote tente une série d'expériences : il éteint
ses lumières, il roule de droite et de gauclle pour s'assurer
qu'il ne s'agit pas d'un reflet ou d'une lumière terrestre, mais
la position de la soucoupe ne change pas. Il choisit trois étoiles
comme points de repère, poLlr voir n'y a pas confusion
avec un astre, mais il coll.Slate encore que l'objet change de
56
position par rapport au.x étoiles. Il essaie alors son radar de
hord pour voir si la chose est un corps solide et « preaque
aussitôt, la lampe rouge s'alluma ».
A ce moment nerfs lâchèœnt. Ce pilote qui a\' aÏ1 fait
la guerre en Allemagne et en Corée demanda à rentrer.
Là encore, la Commission ne pnt fôloutenir aucune hypothèse
valable.
B) SPÉCIALrSTES DES FUSÉES.
Le cas de Zohm
A une Jale assez voisine de l'incident Arnold, un spécialistP.
des fusées appelé Zohm ct accompagné de trois autres savants
exécutait une mission secrète au Nouveau-Mexique quand il
vit un disque d'argent brillant qtù volait au-dessus du désert.
« 1 e suis absolument certain que ce n'était pas un méléore,
déclara Zohm. C'était peut-être un engin Léléco-mmandé,
mais ùans ce cas je n'en ai jamais entendu parler. » (K. 1,
p. llO).
Tout l'intérêt de l'afiaire tient à la personnalité du
• •
lemom.
quatre obscrvatrons de Muroc.
La base de 1\furoc, dans le désecl .le Mohave, en Cali-
fornie, sert aux essais des engins les plus secrets. Le 6 juillet
1947, il y eut quatre ohservationA successives. (R., p. 34.)
1 o - A 10 i4 plusieurs officiers aperçoivent en l'air trois
,
soucoupes argentees.
2° - A 10 b 10, un pilote qui préparait l'essai d'un XP-84
aperçuL en l'air quelque chose qu'il prit d'abord pour nn
ballon-sonde. Mais il se renseigna Rur l es vents qui régnaient
en haute altitude et vit que l'objet se déplaçait contre le vent.
Le pilote estima l'alt itude à 3 000 m environ et la à
300 km/h ou un peu plus. C'était un objet jatmâtre et
rique. (R., p. 34.)
Observatl.mts 57
3° - Près de deux heures plus tard, nouvelle observation
beaucoup plus détail1ée par des t cchnici em rlt, la même hase.
Ici chaque mot importe :
« Le 8 juillet 1947, à 11 h 50, nous étions dans une voi·
t ure d'observation dans l e secteur 3, Rogers Dry Lake, pour
suine deux P-82 et 1.m A-26, volant à 6 000 m, qui devaient
procéder à un essai de siège éj c.ctable. Nous remarquâmes
rn1 objet rond, ayant la couleur de l'nluminium qui nous parut
d'abord un parachute. Notre première impression fut qu' il
s'était produit une éjection prématurée d' un siège, mais ce
n'était pas le cas. L'objet se trouvait en dessous de 6 000 m
et tombait à une vitesse environ trois fois supérieure 1l
du parachute d'essai 11ue nous vîmes s'ouvrir trente seconcles
après la déconvt:rt e de l'objet. En tombant, celui-ci se dépla-
çait légè-.remtml au nord de l'ouest nai, contre l e vent pré-
vals-mt. ne pûmes déterminer la vitesse horizontale,
maiH elle nous sembla inférieure à la "itesse maximum d'un
F-RO.
« Lunsque l'objet atteignit une altitude permettant d'ohser·
ver sa silhouette latérale, il se présenta sons n ne forrne nette-
ment ovale, avec, à l a partie su pé.ricure, .leu..'l( saillies qui
pouvaient êt re des ailerons minces on Ot' ."l c..abocheE. Elles se
croisaient par intervalles, suggértmt une r ot aliou ou une
oscillation lente.
« l';ous n'observâmes ni fumée., ni flammes, .ui arcs
ni bmit de moteur, ni aucun moyen de propulsion visible ou
plaus ible. La couleur éVOIJllait. celle d' une toile peinte en
aluminium, mais moins vive que celle d'un dôme de para·
chute.
« Lorsque l'objet parvint en ligne a"ec le sommet des mon·
nous l e pct'dimeA rle vue. Il demeura visible pendant
quatre-vingt-dix eecondeR environ. Sur les cinq personnes de
]a voiturP.., quatre l'ont vu.
« A notre avis, il s'agit d'un objet construit par l a main
de rhomme ; comme le démontrent sa silhouette et son fono-

llonnement apparent.
n ne peut être question d' une h allucination ni mêmt> d' une
quelconque aberration des sem:. (R., p. ::\5.)
On regrette évidemment de ne pas savoir si les pilotes
58
en vol ont vu qttPlque chose, comme on regrette d' ignorer
pourquoi un des cinq 9pécial1AtP-A n'a pas partagé cette obser-
vation. Mais tout ce qne nous savons est r emarquahlP-ment
significatü. Ces observateurs hautement spécialisés sont à
leur poste d'observation, ils croient d'abord voir un para-
chute car ce qu'ils attendent
1
mais ils observent tous les
aspects de l' objet et se rendent à l'évidence : ils ont afiaire
à un objet inconnu.
4° - Quatre heures plus t.arrl, à 60 bn de Muroc, un pilote
d'un F-51 aperçoit un « objet plat réfléchissant la lumière :».
Comme il est à 6 000 m d'altin1de, il essaie de
monter plus haut pour rejoindre l'U.F.O. et n'y parvient
pas.
f:et. ememble d'observations, le même autour d'une
hase d'enginFï • par }&; Lechniciens et pilotes de celle-ci,
est tm fait troublant. F.t il n' e!i! t pas
La série des dP. Jlfar: T1œtghlin à White Sands.
White Sands se trouve dans le Nouveau-Mexique, près d'Ala·
mogordo, où ee fit l'explosion de la première bombe ato-
mique, le 16 juillet 1945, dans une région fertile en obser-
vations de soucoupes. White Sands est spécialement le grand
centrP. d'expérimentation secrète pour les fusées de la Marine,
semble-t-il.
A l'époque en question, Mac à
la tête d'une équipe de spécialistes qui travaillent aux lance-
ments de fusées. lls :firent une série d'observatiom que nous
• •
conna16sons en parne.
Jt' - S avril 1948. Mac Laughlin et son équipe observent au
théodolite des TJ.F.O. rle 3 rn de diamèlre qui accompagnent
des V 2 dans leur course ascensionnP-ll e (K. I, p. 214 el
M. I, p. 75). La veille, Eemhle-t-il, une autrP- équipe avait
observé des U.F.O. (R., p. 98) .
2° - 24 avril ]949. Il était 10 h 30. Le temps était d'une
<< clarté absolue ». Véquipe de Mac Laughlin venait de lan-
Observations américaines
59
cer un petit ballon pour étudier les vents régnant à faible
altitude. « Un homme l'ubsenait à travers un théodolite à
grossissement 25, un autre tenait le chronomètre, et un troi-
sième enregistrait les observations. >1
« Le hallon atteignit environ 3 000 m, lorsqu' un de ces
hommes poussa un cri et tendit l'index vet·s la gauche. Les
autres regardèrent et aperçurent l'U.F.O.
« - Il ne paraissait pas très grand, déclara l'un d'eux
par la suite, mais on le voyait très distinctement. On consta-
tait nettement qu'il avait une forme elliptique et une cou·
leur bl anche, argentée.
« Au bout d'une fraction de seconde, l'homme du théo-
dolite pointa son instrument l'objet, et le chronométreur
remit l e sien en marche. Ils suivirent l'U.F.O. pendant
soixante secondea, tandis sc déplaçait vers l'est. A la
sse, l'augle d'élévation était tombé de 45° à 25°, puis l'objet
monta en chandelle et disparut très rapidement. Personne
n' entendit l e moindre bruit pourtant, le désert du Nouveau-
Mexique était si calme ce j our-là qu' on aurait entendu bour-
donner un frelon à plus d'un kilomètre. » (R., p. 98.)
Certains s' offusqueront de ce dernier signe d'humour. Il n'en
rest e pas moins qu'aucune observation de soucoupe ne s'était
encore si bien trouvée préparée, quoique involontairement et
par des observateurs de premier ordre. Sur la base de leurs
indications, l'équipe calcula que l'U.F.O. avait 30 m de long
sur 12 Ùe large, se trouvait à 89 000 rn d'altitude et se dépla·
çait à 12 km/seconde. li s'agirait donc d'un grand cigare
en cours de marche à une allure interplanétaire. L'observa-
tion a Ùuuc wt inLér êt capital.
3° - 27 avril 1949. Nouvelle observation pendant laquelle
on tente de photographier un c.l<'.O.
Quaw] Laughlin euvoya 80n rapport « eontenant uni·
(JUement les observations effectuées, sans opinions person·
nelles », l'amiral qui dirigeait, à Washington, le service des
engins téléguidés répliqua awsit ôt par ce télégramme : « Que
pouvez-vous hien boire là-bas ? » C'était fin 1949 ou début
1950. Quelque temps plus tard, Mac Laughlin commandait un
destroyer, l e Bristol.
6()
Ne nous bornons pa1:1 à
elles ont une remarquable

gtques.

wu.nre
valeur
de pareilles aneod.otes,
de symptômes sociolo-
En mars 1950, alors qu'il se trouvait en mer, le comman-
dant Mac Lall{5hlin publia dans True un article sensation·
nel. True, c' eiît le magazine qui avait publié la première
enquête de Keyhoe. Mars 1950, c'était la période où la Com·
mission Soucoupe était dans le plus grand marasme. Cet
article était 'véritablement incendiaire. Mac Laughlin y
décrivait le..-; deux principaux types d'U.F.O. que nous venons
d'indiquer, avec leurs vitesses et leurs altitudes et il con·
cluait fmmellement à l'origine interplanétaire des eng:im
(R., p. 97).
Que raviation ait publié ensuite un démenti (K. 1, p. 22),
rien de plus normal. Ce qui est étrange est que Mac Lau·
ghlin, demeuré officier d'active ait pu d'abord publier cet
article.
Tout cela est très remarquable. On voit au travers de
quels orages doivent passer les observations d'U.F.O. pour
parvenir jusqu'à nous et quels invraisemblables soubresauts
aghenl. les haute.s sphères de l'autorité terrienne.
Le départ de Mac Laughlin n'affecta d'ailleurs pas du
tout le moral des soucoupes. Elles se manifestèrent encore
à White Sands le 27 mai 1950 et le 14 juillet 1951 (R., p. 118
et 1\1. I, p. 103).
Ajoutons que selon Keyhoe, M. Charles B. Moore, direc-
teur de la Commission Navale pour les rayons cosmiques à
Minneapolis, ingénieur de très haute réputation, confirme le
fameux rapport de Mac Laughlin qui avait situé l'altitude
d'une soucoupe à 90 000 m et lui avait attribué une vitesse
de 28 800 km/ h (K. I, p. 199). C'était l'observation du
24 avril 1949.
C) SPÉCIALISTES DI::S BALLONS-SONDES.
Fin 1951, début 1952, Ruppelt reçut une pile de rapports
établis pendant une période d'un an par des spécialistes de
la General 1l1 ills (p. 154). Ces spécialistes, dit-il, out des
Observations américaine$

années d'e:xpérienoe de l'atmosphère, de ses et de
6
es illusions de toutes sortes (p. 99) .
Il en donne un exemple daté du 16 janvier 1951. Ce jour·
là, un hallon-sonde venait d'être lancé de l'aérodrome d'Ar·
tésia Les le suivaient depuis
près d' une heure, quand ils virent « deux petits points au
nord-ouest ». lls crurent d'abord que c'étaient des avions
qu•on venait d'annoncer, mali) quelques secondes plus tard
ils constatèrent qu'il s' agissnit « de deux objets ronds, d•un
blanc mat, ' 'olant en formation serrée, qui se dirigèrent vers
hallon et tournèrent autour de celui-ci. » (R., p. 155.)
Pcndnot cette manœuvre, les U.F.O. s'inclinèrent et l'on
put voir qu•ils avaient la forme de disques, puis ils repar·
tirent vers le nord-ouest d'où ils étaient venus.
Comparant leur aspect avec celui du ballon, les obser-
vateurs estimèrent que ]es U.F.O. avaient environ 18 m de
diamètre.
ll est fâcheux que Ruppelt se horne à cet unique exemple.
Par contre, il donne quelques indications générales qui ne
laissent pa:s de stupéfier :
« Je discutai très longuement avec eux (ces spécialistes),
et ils repoussèrent très nettement ma suggestion que ceux-ci
(les U.F.O.) avaient sans doute une explication naturelle.
Pourquoi étaient-ils donc aussi convaincus de leur existence ?
Tout d'abord parce qu'ils en avaient vu beaucoup. Certains
n'y m8me plll8 auention et ce qu'w voyaient restait
inexplicable. » (Id., p. 154. )
Pendant plus an, ces spécialistes s'étaient abstenus
d'avertir la Commission, parce que l'attitude de « Project
Grudge » 11e leur plaiRait pas (sic, ûl., p. 154). On com·
prend le motif. Le résultat n'en est pas moins pitoyable. Des
possibilités d'observations incomparables furent ainsi étouf-
fées par le parti pris de négation des uno et le dfgoût qui
en fut l e résultat chez les autres. Pendant plu.s d'un an,
à Artesia, au cœur du Nouveau-Mexique, dans cette grande
zone de manifestalion des soucoupes, on a gâché à plaisir
la possibilité de prendre les mesures, photographies et enre-
gi.uremenls techniques en vain réclamés par le SlLprême jury.
62
D) Dll LA RADIO-ACTIVITÉ.
Dans ce nouveau Ruppelt ne fut d' abord prévenu
que par des on-dit. Un antre les aurait négligés. ll . voulut
leo vérifier, mais il lui fallut un an (encore un an ! ) pour
découni.r les savants dont il s' agissait. (H., p. 249.)
C'étaient des réputés qui travaillaient pour la
Commi.ssion de l'énergie atomique.
Ils lui confirmèrent qu' une première fois, en autonwe 1949,
ih5 avaient soudain const até un brusque accroissement de la
radio-activité uaturelltl, pendant quelques secondes, au mo·
ment du passage de trois U.F'.O.
Trois semaines plus tard, ils firent une nouvelle observa-
tion identique. Ils comparèrent avec ce qui pouvait se passer
au passage d'avions, mais constatèrent qu'en pareil cas, rien
de tel ne 6e produisait . lls envoyèrent un rapport à l'auto·
rité militaire, mais par prudence, ils s'étaient gardés d'em-
ployer le mot magique d'U . .F.O. et personne ne s'intéressa
• •
au r apport, meme pour en rue.
Quelques-uns de ces savants entreprirent donc de poursuivre
la recherche. sans attendre l'autorisation de personne. Pour
écarter de:; « ingérences indésirables », ils organÎbtlrent un
laboratoire camou.Jlé sous le délicieux prétexte de recherches
min éralogiquea.
Le r ésultat n'est pas moins exquis. Grâce au prétexte invo-
qué, ils purent disposer de compteurs de Geiger, mais non
de ntlars, de sorto qu'ils avaient hien un moyen de con-
trôler les failti évenmels de radio-activité, mais non de son-
der systématiquement l e ciel. lis devaient donc s' en remettre
au hasard le plus pur. La chance leur sourit. A quat re reprises,
en 1950, janvier et février 1951, ils constatèrent
qu' au passage de soncoupes, les compteurs ùe Geiger signa-
laient une d'environ cent fois la grandeur de
la radio-activité naturelle (id., p. 253).
Mis au courant de ces résultats, un autre laboratoire de
l'est des Etats-Unis accepta d'y parliuiper. li était merveilleu-
sement outillé, car il possédait un double réseau de radars
ct de détecteurs de l a radio-activité, sur un rayon de 150 km
Observations américaines 63
à la ronde (sans Ùoute })our surveiller les effets des explo-
sions atomiques) .
Ces nouveaux spécialistes firent des constatations corro-
borant le.'i précédentPs (R , p. 251).
Les savants du jury de 1953 eurent tous CtlS rapports, s'y
intéressèr ent vivement, mais les jugèrent encore insuffisam-
ment prohants. auraient voulu que ces enregistrements
soient accompagnés de films synchronisés montrant ]es
U.F.O.
spécialistefi en question s'indignèrent et dirent qu'on
l es prenait pour des imbéciles.
On les comprend. On comprend aussi la prudence, même
excessive du suprême jury. Les auteurs des enregistrements
pouvaient être sûrs qu'ils apportaien t le plus fort commen-
cement de preuve qu'on ait jamais produit en la malière.
Mais le suprême jury ne leur donnait-il pas autant raison
qu'il le pouvait, en rP.clamant précisément qu'on prenne les
moyens cle transformer ce commencement de preuve e.n preuve
fléfinitive et irrécusable ?
Qu
1
a-t-on fail depui s en ce sens, c'est la véritable ques-
tion qui reste posée, et cela depuis dix ans.
E) AsTRONoMEs.
JP.geml e solidement accréditée dans l'opinion en France
veut qu'aucun astronome n'ait jamais vu rie l'oucoupe volante.
En fait, deux astronomes américains ont été fonnellement
Outre-Atlantique comme témoins de passages de sou-
coupes. L'un de ces astronomes est Seymour L. Hess, de
l'Observatoire fondé par Lowell, à Flagsta:ff (Arizona), dont
les travaux sur la climatologie martienne ont une grande
tation (Cf .. G. cle Phy.'lique de la planète Mars) .
L'autre est Clyde Tombaugh, universellement connu pour
avoir été le premier astronome à repérer ]a situation de
Pluton tlanA
Voici 1\me des observations :
« Le Dr Seymour L. Hess, l'astronome actuel de ]a station
(de Flagstaff) signala dans l'Arizona Daily du 22 mai 1950,
64
qu'il était oc.cnpé à l'étude des conditjom
lorsqu'il avait vu un brillant r1e forme ..liseo1..1ale. Celw·
ci était d'ailleurs visible à l'œil nu. Le docteur braqua sa
lunette et acquit aussitôt la conviction qu'il ne s'agissait
d'un avion rl'aucun type connu. Il acquit également la
tude que l'engin coupait les nuages, éHminant ainsi l'hypo·
thèse du ballon de météo qui n'eût pas 1nanqué de se déplacer
selon la direction du vent. De plus, à l'aide de sa grosse
lunette, il put évaluer à tut ou J eux mètres la taille de l'objet.
ll était midi quinze. » (H., p. 97.)
L'observation de Tombaugh est plus complexe à inter-
,
preter.
Le 20 août 1949, à 22 h 45, selon des indi cations fournies
par le jounal Lifc (M. 1., pp. 69 à 72L Tombaugh aperçut
par hasard dans le ciel, dnrant une vingtaine de secondes,
une sorte cigare à tleux r angées de hublots lumineux.
L'observation paraît très nette. Mais d'après les indications df>
Menzel (id.), l'obscrYation est plus courte et le cigare n'est
plus qu'une vague silhouette, hnhlols reslent
brillamment lumineux.
Le joumaHste français Charles Garreau l'excel·
lente idée de demander à Tombaugh lui-même une mise au
point. L'astronome voulut bien la faire par une carte datée
du 27 février 1955, dont voici la traduction :
« J'aperçus l'objet à 11 h environ, dans la m1it du 20 août
1949, alors que j'étais dans la cour arrière de ma maison
à Las Cruces.
« J e regardais par hasard vers le .zénith, admirant le beau
ciel transparent d'étoiles, quand soudain, je découvris un
groupe géométrique de rectangles lumineux, teinte vert·
bleuté pâle, semhlahle aux lumières de « Luhbock ».
« J\lfa femme et sa mère étaient assises dans la cour avec
moi et eUes virent aussi. Le groupe circulait en direction
sud-est, pnis les rectangles séparés s'amenuisèrent, et le
« champ de vol )) devint plus restreint (au début, r envi-
J'un côté à l'antre). Puis tout s'estompa ct disparut à ...
35o environ au-dessus de l'horizon. Le temps totnl de visi-
bilité fut de trois seconrles environ.
Observations américaines 65
<< J'étais trop abasourdi pour compter ces rectangles lumi-
neux, ou pour retenir d'autres particularités auxquelles j'ai
pensé par la suite. TI n'y avait auclm son. J'ai scruté durant
dea milliers d'heures le ciel nocturne, mais je ne vis jamais
un spectacle aussi étrange que celui-ci. Les rectangles étaient
de faible lmn.inosité, et si la pleine lune avait été dans le
ciel, je suis certain qu'ils n'auraient pas été visibles. »
(Cf. Ch. Ganeau, Alerte dans le ciel, p. 39.)
Clyde Tombaugh ajoutait ce post-scriptum :
« J c ne crois pas qu'aucune autre planète dans le système
solaire, en tlehors rle la Terre, possède ]es conditions néces·
saires pour entretenir une vie intelligente, mais il peut y
avoir des planètes « favorables » gravitant autour d'autres
étoiles, et qui sont infiniment plus éloignées de nous.
« .Te ne sais si les soucoupes volantes sont extra-terrestres
ou non, aussi suis-je neutre sur la question » (id.).
Visiblement, l'astronome emploie les termes les plus rigou-
reux : d'un cigare à hublots lumineux, nous passons
à de simples rectangles lumineux; d'une lumière brillante à
une lumière pâle, de 20 secondes à 3 secondes d'observation.
Cette dernière indication est la plus grave. 3 secondes, c'est
terriblement court.
Cependant, les deux: rangées de rectangles lunüneux ont été
très nettement vues, comme il l"ésulte ùu dessin exécuté par
l'astronome hu-même sur la carte adressée à Charles Garreau.
D'autre part, certains témoins ont remarqué la présence de
hublots lumineux au :flanc des soucoupes ; le pilote Chiles et
son second, notamment, ont vu un cigare avec deux rangées
de « fenêtres » illuminées.
Le rapprochement avec les lumières de « Luhhock » est
mais il tendrait à ramener fait ile Cruces
à un phénomène naturel étranger aux soucoupes, si l'on en
croit Ruppelt (p. 143). Pourtant, ce genre de rapprochement
que Tomhaugh connaît évidemment, ne paraît pas du tout
expliquer l'affaire à ses yeux puisqu'on voit quelles hypo·
thèses ouvre le post-scriptum.
Eu l'état le témoignage du grand astronome pré·
sente des difficultés d'interprétation. n n'en reste pas moins
étahli ;

66
que cet éminent observateur du ciel a eu la certitude
ahRolue de voir quelque chose de tout à fait insolite,
- qu'il y attache le plus sérieux intérêt ,
- qu' il s'efforce de distinguer le plus soignenst!ment pos·
sible ce qu'il a effectivement vu et ce qu'il en a aussitôt
inféré,
- que malgré toutes les interprétations du genre M:euzel
et autres, une telle observation l ni paraît liée au problème
dP.s Foucoupes volantes,
- qu' il ne se prononce ni sur la nature, ni sur l'origine
des soucoupes, mais qu'il envisage impartialement comme une
des hypothèses possih1Nï l'inten ·ention d'êtres venant J ' antres
r égions sLdlaires.
A ce propos, il importe d'ajouter qu'en fin 1952, Ruppelt
décida de faire une entjuête auprès de 45 astronomes
ricains choisis parmi les plus éminents (p. 267) . Il y trouva
toute une gamme d'opinions fJUÎ allait rlu plus parfait mépris
pour les soucoupes chez le Dr C. à l'enthousiasme du Dr L.
qui y passait une grande partie de son temps. Rien de plus
normal que cette opposition. Le fait le plus intér('..ASant est
que cinq de ces astronomes reconnaissaient avoir vu dans le
ciel des phénomène'3 inexplicables. On peut supposer que
'rombaugh et Hess étaient du nombre. D'ailleurs, si ]es déc1a-
rations étaient des plus réservées, 23 % de ces aslronomes
reconnurent que la beaucoup plus importante
qu'on ne pensait d'ordinaire, el 41 % se dirent prêts à
donner l eur concours à des recherches, ce qui signifiait impli·
citement qu'ils en admettaient l'intér êt.
Mais le 5 décembre 1953, eu France! M. Danjon, direc·
teur de l'Ohserratoire de Paris, ne voyait dans tous les obser-
vateurs de soucoupes volantes que des « paysans du Texas »
(Figaro littéra.ire).
D est vrni qu'nn an plus tôt, le 29 août 1952, l'Obser-
vatoire ne Paris avait laissé échapper une
excellente occasion d'anéantir, peut-être, un fantôme de sou·
coupe. C'est ce que nou" allons voir dans un instant.
IV
OhservatiollS françaises
La première observation française de soucoupe pamît avoir
éLé f aite le 8 avrill950, par plusieur s t émoins séparés, à Tarbes
et aux environs (G. I, p. 28).
Elle serait rlonc J>osl.érieure de trois ans à l'incident
Arnold.
Trè3 approximativement , la courbe des ohservalions semble
être l a suivante : 11 en 1950, 4 en 1951, 89 en 1952, 31 en
1953, 548 en 1954, 6 en 1955, 1l en 1957, 6 en 1958, 4 en 1959,
5 en 1960 (1) . Ces chiffres ne valent q-ue comme orch:e rle gT·an-
deur, mni3 signifient nettement que la grande année des sou-
coupes en France est en 1954 et non en 1952, comme aux Etats-
Unis.
Leur valeur absolue est critiquable pour les raisons géné-
r ales que nous avons sur les problèmes d'information.
TI faut tenir compte, en outre, du fait qu'aux Etats-Unis, il
y a malgré tout, une véritable chasse aux alor!S
qu'en France, seul le hasard s'en est chargé. A cela s'ajoute
l'énorme différen ce entre la superficie du territoire des Etats-
Unis et celui de la France, les chiffres français sont donc rela·
tivemcnt beaucoup plus importants qu'ils ne paraissent.
]) a hien été crP.é en France tme sorte d'émule de ]a Com-
américaine, une « Commission spéciale au
Bureau Scientifique de l'Armée de l'Air » (M. II, p. 161), mais
avec des moyens évidemment très r éduits. On y trouverait, sans
(1) La faiblesse de ces derniers chiffres ne doit pas faire illu-
sion : les journaux sont las de nous informer !
68
doute, les; mêmes :i!pasmes qu' aux l•:tats-rnis, mais à l'échel on
inférieur.
Les observa tions fr ançaiscE présentent quat re
essent ielles :
1 o sm1t grandfl maj or ité par des profanes
el non p ar d es :;pP.cialistes.
2° Elles comportent une énorme propor tion d' atterr issages :
prè'i d'n ue: S";J r environ 500 observations en septembre
et o.ct ohrc 1954, alor:3 qu'aux Etats-Unis, l es t émoin!; ordinaires
ne si gnalent que trois ou lJuatre cas à t rès hasse alti-
tuJe (Desverger s, par ex. ) et m1 seul atterrissage (le jeune
Lightfood) .
3 o Pour la raison (lui bon nomb re de témoins ont
vn lf>-" soucoupes de très près, à quelques mètres, alors que les
meil1eures obaet vations américaines comptent souvent par kilo-
mètres.
4° Pour la même raison, les t émoins sigua1cnt de-..s
appari tions de pilot es Ùe an Rol, alor 3
témoin m·dinaire n' a pu en voir aux Etats-Unis.
Nous allons donc aborder ici des problèmes Lou l nouveaux.
Signal ons d'abord (1uel ques remarquables observations pro-
venan t de spécialist es.
Ainsi, l e 6 octobre 1952, au-dessus de vers
19 h 25, deux pilot es d'Air France, M.YI . Cavasse et
pilotant un D.C. 4, vimnt une sorte d'œuf allongé, entièrement
éclairé d'une lumièr e blanch e. TI suivait une t r ajectoire rigou-
reusement rectiligne et l aissait derrière l ni une trabée blanche
bleutée, formant une sor te de pointillé. n volait à 2
ou à 3 000 km/ h, à environ 3 km de l'avion et u 11 peu plus
h aut (M. I, p. 169). C'est une belle observa tion, d' ailleurs con-
fumée par d'a ntt·es t émoin s qui se trouvaient l es uns à Nice,
les aut r es à Crusse. Elle appartient exactement au même t ype
que les ob.servations amér icaines en
Les observations de météorol ogistes sont remarquables. Deux
surtout, en Métropole : au Bourget , dam l a nuit du 12 au
Observations françaises 69
13 juin 1952 (M. I, p. 194), et à Villacoublay, le 29 août 1952
(M. I, p. 199). D'autres, peut-être aussi importantes ont été
faites par des français, en .. l\friquc du Nor d,
pendant les années 1951, 52 et 53 (M. l , p. 127) et proba-
blement mèmc avant 1917.
Détaillon.s seulement celle de V i llacouhlay.
A 19 h 30, cc 29 août 1952, deux météos de Villacoublay
aperçoivent dans un ciel sans nuages, entre les premières étoi-
les, un point lumineux, d'nu éclat bleu trèa prononcé qui se
déplace en ligne hrl.Bée, par saccades, à une vitesse qui semble
pen élevée.
Intrigués, les météos alertent l'aspirant et trois autres
hommes.
Observée au théodolite, la chose apparaît « sous la forme
d'un trait lumineux blanc incandescent, bordé de noir... »
(M. I, p. 200).
Les témoins ont aussi remarqué deux traînées bleutées per·
pendiculaii·es au trait blanc, mais poussent le scrupule profes-
sionnel au poi nt de se demander si ce n'est pas une simple
illusion d'optique.
Jusqu'à 20 h 30, la chose continua à se déplacer , puis se
fixa très prèa du zénith avec des oscillations de faible ampli-
tude, cela jusqu'à 23 h 30, heure à partir de laquelle rohjet
dimim1a peu à peu, comme s'il s'éloignait en montant verti-
calement.
Entre-temps, l es météos calculèrent une série de mesures con-
cernant Les inclinaisons et azimuts, ainsi que les variations de
cou lt>ur de la chose.
Duraut la même nuit, un autre -météo, près des premiers,
signala l'apparition d'un second point lumineux, rouge,
d'abord, puis apparaissant au théodolite comme nn « cercle
parfait, jaune blanc >> sortirent des traînées qui se tor·
daienl comme des coups de fouet. Après quoi la chose dis-
parut, puis reparut une nouvelle fois ; elle semblait suivre le
mouvement apparent dea étoiles. Cette observation dura au
moins de 21 h 45 à 22 h 30.
Une troisième lueur fut brièvement ohsenée à 22 h 45.
Cet ensemble d'observations est d'une qualité rare. Il est
fait par six météos, à la vue et au pendant quatre
70
beures et demie, ce qui est un record, et avec noiation Îmmê-
diate de tous l es r enseignements techniques de position. Dans
le rapport, û'uue remarquable précision qui est reproduit par
Aimé Michel, ou trouve en outre les signes d'une constante
volonté J'auto-critique.
Par un même souci de contrôle et de vérification, ces météoa
out alerté le poste d'Orly, mais nous en ignorom totalement
lt: résultat. Ils ont même alerté l'ObservatoirP. de Paris, mais
au téléphone qilelqu'un de l'Observatoire se borna à répondre
'lu'il n'y a'·ait personne à l'Observatoire. On s'en aerait douté.
1" • LES ATTERRISSAGES
DE SOUCOUPES VOLANTES EN
PENDANT LES MOIS DE SEPTEMBRE
ET OCTOBRE 1954
C'est, de loin, l'aspect le plus important des observations
françaises. Commençons par tourner ]o dos à son caractère sen·
!ialionnel pour esquisser le plus froid tableau, celui des coor-
données statistiques et comparatives de ces observations.
A) NOTION D'ATTEilRISSAGE.
Le principe est simp]e, la prise de contact avec le sol.
Mais qu'est-ce que cela signifie ? Que l'approche du phéno-
mène est complètement bouleversée.
Qu'on à tout ce <Jue nous ont dit les témoins nmé·
ricains avec lem·s leurs radars, leurs jumelles, théodo-
lites, compteura Je Geiger. Toutes leurs armes de connais·
sances et de techniques étaient à la fois merveilleuses et
dérisoires devanl ces choses étranges, lointaines, fuyantfls,
célestes, tou.jours placées à l'extrême limite de

bon.
Si une de ces choses s'était posée à terre, sous lee
yeux de l'un de ces observateurs, quel changement !
Or, c'est exactement ce qui se passe, subitement, à rau·
lomne 1954, en France. Le lointain devient immédiat, le céleste
Observations françaises
71
devient terrestre, la choae devient objet, à proximité de
l'œil nu.
D'un seul coup, par l'atterrissage, la soucoupe se détache de
la « voûte céleste >> pour tomher dans le cadre du paysage
terrestre familier.
Cc qui n'était qu'un point ou une sphère évidemment minus-
cule, à l'extrême limite du regard dans l'infinité de l'espace,
devient un véritable objet, immédiat, solide, immobile, grand
. ,
et massivement present.
Cette modification massive des apparences peut constituer
une véritable réduction, an sens où Taine emploie ce mot.
Ainsi, lorsqne dans la nnit après avoir cru voir un cambrio·
leur, on constate la présence effective d'un tronc d'arbre.
Tant que l'objet était ]à-haut, si loin, m&me les spécialistes
étaient prises avec les plus graves difficultés pour s'as-
surer de sa présence. Ici, au contraire, même le profane est
placé au pied du mur : il ne peut pas douter de la présence
de l'objet, il ne peut pas douter de son aspect totalement
insolite.
La différence est encore accentuée par l'apparition de pilo-
tes : on ne pouvait que leur existence, mais quanfl
un pilote est là, sous les yeux à côté de son engin, tous deux
posés sur le sol, tontes les hypothèRes intermédiaires sont
balayées : la preuve testimoniale paraît s'imposer avec une
éviiiP-nce écrasante.
Soulignons le mot parait. En effet, ce qui est certain pour
l'instant, ce n'est que le principe de la possibilité de réduc·
tion. Elle ne s'applique pas si le témoin est mystificateur,
délirant ou halluciné et nous examinerons ces cas dans la
seconde partie. Auparavant, nous devons examiner la question
de savoir si le témoin était effectivement placé dans dee
conditions suffisantes pour pouvoir appliquer la réduction.
Il est en effet absurde de trancher a priori et de dire en
bloc : les témoins des atterrissages apportent d'office tme
preuve péremptoire, ou, au contraire, puisqu'ils ont cru voir
« Martiens », c'est qu'-ils sont fous.
Avant de prendre quelque parti que ce soit, dans la
mesure du posaihle, il convient d'examiner en détails les
lesquelle$ opl fait P est
72
clair par exemple, que si l'atterrissage est trop éloigné, ou
s'il n'a duré qu'une seconde, nous retrouvom au ras de terre
les mêmes difficultés que pour les obeervalions en plein
ciel. Tou tes sortes de confusion persistent, même au niveau
du sol, nous en verrons bien des cas, mais la première chose
à faire est de fixer en détail les conditions dans lesquelles les
témoins ont obsené ces atterrissages. Il n'y a pas de recher-
che moins sensationnelle, il n'en est pas de plus indispen-
sable et. peut-être de plus éclairante.
LP- terme d'atterrissage ne doit pas être pris dans un sens
formaliste, cnmme si le contact matériel avec le sol avait une
valeur détermjnante à lui seul, ce serait faire du fétichisme
rationaliste.
Par exemple, l'Hnêt d'une soucoupe à un mètre du sol, mais
à une distance rle ou fflHJire mètres est un quasi-atter-
rissage et possède certainement plus de valeur que le pur
atterrissage attrihuP. à une soucoupe située à trois ou quatre
cents mètres, dam les mêmes concliLions et de
durée.
Ce ne serait pas une excuse puur retomber dans J'impré-
cision et nous devons limiter Hl.roitement la notion de ces
quasi-atterrissages, sous peine de confusiom.
En conséquence :
1° Nous retiendrons ici tout en qualité de fait
simplement allégué par un témoin ordinaire, mais nous essaie·
rons de vérifier successivement quelles eumlitions de distance,
de durée, d'éclairage, de localisation eL tle permettent
de retenir de pareils témoignages comme faite testimoniaux
solides.
2° Dans la liste des atterrissages ainsi 6tudiés, noue inclu-
rons les quasi-atterrissages jusqu'à une hauteur de l m 50
environ, car en pareil caE, l'objet se trouve à hauteur d'homme.
Le regard peut l'observer horizontalement ct si l'engin est
assez près, il pourrait être à portée de la main. Personne
n'a encore mesuré avec un mètre, une soucoupe et son alti-
tude au-dessus du sol en de pareils cas. Ce qui compte, c'est
le rapport le plus simple et le plus « naïf », entre la pré-
Obser1;atio1Ul Jrançaise$ 73
seure dP. la soucoup-e et les dimensions physiques de l'homme.
(A titre comparatif, nous signalerons incidents, d'ail·
leurs très rares, où l'engin est demeuré à 2 ou 3 m au-dessus
de l'homme.)
B) T JES TÉMOINS.
Rien qu'en septembre et octobre 1954, en France, nou&
avons relevé 95 cas d'atterrissages. Dans la même période, on
comple en France seulement 400 observations de survols. La
proportion dee atterrissages, un cinquième, est unique en son
genre.
Sur celte on pent com1ner 164 témoins. C'-est un
minimum, car en bien des cas on relève des allusions à la
présence d'autreè témoins, mais sans précisions suJfisantes.
Sexe et âge
Sur 147 témoins dont le sexe est indiqué, on compte :
107 hommes (à partir de 21 ans),
12 femmes (id.),
12 jeunes gens (filles et garçons de 16 à 20 ans),
16 enfants (moins de 16 ans).
107 témoignages d'hommes sur un total de 147 représente
une proportion de deux tiers. On ne peut donc pas dire que
les atterrissages de soucoupes soient des « histoires de bonnes
femmes ». Contraste curieux avec les Etats-Unis, où selon
Ruppclt, les deux tiers de la masse des témoignages sont fournis
par des femmes, sauf pour les cas irréductibles signalés par des
et où l'on au contraire 10 témoins hommes
contre 1 témoin femme (R., p. 262).
Dans la catégoiie des hommes adultes, nous
que l'âge de 28 d'entre eux :
15 plua de 20 ans,
5 plus de 30 ans,
6 plus de 40 ans.
1 plua de 50 ans,
l plus de 60 ans.

ne conna1asons
74
11 paraît donc que )a majorité des
d'hommes dans la .force de l'âge.
Métiers
• • •
temoms eat composee
Sur 86 hommes adultes nous avons noté :
22 cultivateurs,
32 artisans et ouvriers,
32 profeasiow diverses (employés, commerçants, professions
libérales, etc.).
Nous reviendrons sur cette proportion remarquable, à pro-
pos du caractère « rural » des auerri6Sages.
Nombre de témoiros puur chaque cas
Là encore il ne s'agit que de minimum :
1 témoin dans 45 cas (dont 1 homme seul dans 39 cas),
2 témoins dam 31 cas (dont 2 hommes dans 14 cas),
3 témoins dans 5 cas (dont 3 hommes dans 1 cas),
4 et plus dans 5 calS (hommes seulement : 4 cas).
Dans une dizaine de cas, le nombre des témoins est très
mal
45 cas de t émoin unique connu, c'est presque la moitié
par rapport au total de 95. On ne peut s'en étonner dès
lors qu'on remarque l'heure tardive ou très matinale d'un
grand nombre des incidents. A ce point de vue, on est davan-
tage étonné plus d'un témoin dans l'autre moitié
de;, cas.
D'autant plus que nous n' avons compté ici que les témoins
présent'l à l'instant et au lieu même de l'atterrissage. C'est ainsi
que nous n'avons compté qu'un seul tfmoin dans chacun
des incidents Dewilde, Mazaud, Fourneret et Lebœuf, mais ces'
témoignages sont corroborés pac déclarations de témoins
plua él oignés (cf. M. II, pp. 62, 69, 132, 228).

Dans 75 cas, il y a au moins un témoin dénommé.
75 sur 95, c'est plm des trois quarts, proportion considé-
rable qui suffit à établir le problème des atterrissages snr le
Observatiom françaises 75
plan du témoignage et non de la légende. Du point de vue
psycho-sociologique, la différence est capitale.
En un mot : dans les trois quarts des cas, les témoins sont
identifiés ; dans les deux tiers des cas, ce sont des h o m m ~
adultes eL des travailleurs ; dans la mo-itié des cas, il y a deux
témoins ou plus. La base humaine des témoignages est donc
' , .
tres seneuae.
Reste à voir les conditions objectives dans lesquelles ils se
sont trouvés au moment des constatations.
C) SITUATION DES TÉMOINS AU MOMENT DE L'OBSERVATlON.
Chercher les détaila de l'emplacement et du comportement
des t émoins lorsqu'ils ont vu les soucoupes peut sembler ques·
tion futile. Mais n'aurait-elle que ce mérite, elle nous oblige
à relire de très près ces témoignages dans leEquels notre esprit
est toujours fasciné par le merveilleux, au profLt de l'enthou-
siasme ou de l'irritation. (Car le soucoupophohe n'est pas
moins fasciné que le soucoupophile, ce sont seulement les
réactions- qui diffèrent.)
En outre, la situation du témoin, lors de l'incident, est par
définition J'élément le plus simple, le plus objectif, le plus
terre à terre, le moins susceptible d'être imaginaire au cas
d'hallucination ou de délire, comme il est le moins suscep·
tihle d'être conce..rté. dans Je cas de mystification. C'est le
premier point d'appui de toute analyse.
Pour simplifier, nous ne retiendrons que la situation du
témoin IJrincipal, même s'il y en a plusieurs.
Dans 82 cas, ces précisions sont fournies.
NouB pouyons alors distinguer deux catégories :
l
0
Dans 45 cas, le témoin est immobile chez lui, ou îait
quelques pas devant chez lui ; il se trouve soit à son lieu
de tl'avail, soit à 3on domicile dans le village qu'il habite ;
tout au pins il circule à pied sur un chemin de terre dans un
domaine familier.
C'est dire qu'il rencontre la « chose impossible » dam le
genre d'endroit le moins compatible avec le fantastique: le
76
périmètre d'exist ence qu'il connaît par cœur et qui lui est
le plus familier, là uù il est à reconnaît re sans peine
tout ce qui ee passe. 45 cas, c'est à peu près la moitié des
incidents.
On peut quelques dé tails : dans 17 cas, l e
témoin est chez lui ; dane 8 cas, il eat à sun ]ieu travail
{ch <unp
1
carrière, gare, dans 5 cas, il est juste devant
chez lui. A ces 30 cas et les 15 cas voisins, on pourrait appli-
quer le vers bien connu : « Nourri dans le sérail, j'en connais
les détour111 », car l e témoin ne supposait pas une seconde
qu'il puisse y rencontrer ni soucoupe!!, ni Martiens. Pour
qu'il croie les y voir, il faut qu'il sc passe quelque chose
de tout à fait insolite, de contraire à toute attente. Bien
entendu, aucun besoin en pareili cas d'une compétence quel-
. ' .
conque en mabere astronomique.
2° Dans 35 cas, le témoin e.st monté sur une. machine et
circule sur la route. Soit :
Il observa tiom; par des automobilistes,
Il par des conducteurs de motos, scooters ou vélomoteurs,
13 par des cyclistes.
Le témoin de seconde catégorie voit donc ]es choses
beaucoup plus vite et dans une zone où il ne connaît pas
tout d'avance, même si la route ]ui est familière.
En revanche, tout conducteur de machine est tenu par une
obligation de vigilance bien supérieure à rle l'homme
qui se chez lui
Notons, d'ailleurs, que dans 6 cas le conducteur d'aut.omo·
bile n'était pas à bord, que dans 2 cas il s'agissai t de
deux motos qui roulait de conserve et que dans 5 cas con-
cernant des cyclistes, on avait aff aire à deux cyclistes roulant
l'un près de l'autre.
D) Poi:'iTS n'ATTERRISSAGE DES OBJETS.
Sur 92 cas dans lesquels ce point est précisé, nous relevons
deux catégories analogues aux deux précédenles :
l o 58 atterrissages fi e soucoupes sur des lieux peu fréquen-
tés, ou non destinés à la grande circulation :
Observations françaises
12 atterriasagea dans les prés ct pâturages,
23 dans les cha-mps,
77
11 sur de petits chemins. dans clairières, ou dans la cam·
en général,
12 dans des cours, propriété, carrière, devant des
fermes ou des village!:l, !:lans auu·e précision.
2° 34 atterrissages sur des points de grande circulation :
14 sur la route,
13 sur le bord de la r oute,
4 sur voie ferrée,
1 dans une gare,
2 dans une rue.
La catégorie des 34 att.flrr:i.ssages (1/3 dee caa) en
pleine voie de circulation, ou même seulement sur le bord
de la route, soulève un curieux problème .
.Même sur ce bord, l a souconpA est facilement repérable,
elle peut être observée de près, au passage, et surprise par
l'arrivée d'un véhicule silencieux comme la bicyclette, ou
rapide comme une auto. Mais le comble est le cas de ces nom·
breuses soucoupes stationnées au beau mi lieu d'une route.
Chaque fois, le t émoin se trouve nez à nez avec l'engin. Mais
chaque fois aussi la soucoupe a couru l e r isque fort t err estre
d'accident.
C'est si vrai que le témoin Cassella, le 14 octobre 1954,
circulant à bicyclette, s'est trouvé soudain en face d'une sou-
coupe dans nn virage ; il dut freiner si brutalement qu'à 6 ro
près, l'accident "'e serait produit. Mais il eut juste le tempe de
stopper e t il vit la soucoupe qui s'envolait aussitôt vertica·
lement.
En faü, le risque d'accident ne s'est jamais réalisé, soit
que le « terl'ien » ait freiné à temp!-1, Aoit que le « martien »
se soit envolé, ou ait employé une force pal'alysante pour
stopper le « terrien » ct son véhicule (cf. infra).
E) ZoNES GÉNÉRALES D'ATTERRISSAGE.
les deux paragraphes précédents, nous avons situé
aéparément les emplacements des témoins et ceux des objets,
78
il convient maintenant de les rapprocher pour voir dans
quelles sortes de zones générales se sont effectués l e - ~ atter-

r1ssages.
Dans cette perspective nous trouvons :
1° 30 observations dana le pér1mè:trt> de visibilité autour
de maisons d'habitation :
6 cas près de maisons isolées,
9 cas dans des villages de tnoins de 1 000 habitants,
9 cas dans des villages de 3 000 à !l 000 habitants,
8 cas dans des villes de 20 000 à 260 000 habitant:a (Berge-
rac, Montluçon, Calais, Perpignan, Toulouse (2 fois) et une
ville non désignée (cas dans une cour de caserne).
2° 42 observations dans le périmètre de visibilité autour de
lieux de grande circulation :
24 sur la route ou au bord,
16 dans les champs visibles de la route,
2 sur une voie ferrée.
3° 7 obacrvations seulement concernent des soucoupes atter·
ries en pleine campagne.
On le voit, ]es atterrissages de soucoupes volantes sont
aussi rares à l'intérieur des t erres C.[U 'à l'intériem· des villes.
La grande majorité d'entre enx se produit aux abordE des
petites agglomérations et du réseau routier.
Cette statistique est à rapprocher du fait que sur 86 témoins
dont le métier est indiqué, noua n'avons relP-vé que 22 cuhi-
vatcurs contre 32 artisans el ouvriers, plus 32 adultes de
professions diverses, soit 64 non cultivateura, autrement dit un
tiers de cultivateurs contre deux tiers de non-cultivateurs.
Cet aapect du problème est très important.. TI montre à
quel point les apparitions cle « martiens » débordent le cadre
du monde purement paysan.
Si les soucoupes sont des engins qui « tâtent ]e terrain »,
pour reconnaître à la fois notre territoire, nut.re genre de vie
et nos réactions à leurs manilestations, cet ensemble est fort
logique : la tentativt! d'approche reste pt·udente, mais elle
est sensible.
Observations françaises 79
Nous avons déjà noté gue le nombre d'observations faitee
par des placés sur rtes routes est de 35 (automobilistes,
molocycl1ste.s et cyclistes) sur 82, soit plus d'un tiers. Si l'on
y ajoute, comme on le doit ici, les témoins circulant à pied
sur des routes, soit 10, la proportion dépa!!se alors la moitié,
ce qui est consitléuhle.
Enfin, on compte 31 atterrissages sur des routes, au bor d
immértiat des routes ou sur des voies ferrées, sur 92, soit
une I>roportion d'un tiers.
Bref, toutes les iudications tirées de ces différentes catégo-
ries concordent : les atterri8Sages de soucoupes ont été
fortement pol ariséea par les voies de circulation.
F) DISTANC.b:lS E..'ITRE LES TÉMOIN"R ET LES OBJETS.
C'esl un éi Bment de première importance pour la valeur
du t émoignage. Au loin, tOtlles l es confusious sont possibles.
A petite distance, surtout à brûle-pourpoint, il n'y a place
que pour l'hallucinalion, Je délire ou l'illusion la plus gros-
. '
s1ere.
Deux ili.fficultéa vont malheureu.;ement intervenir : d' une
part les jour naux ont souvent omis d'indi<juer les renseigne-
ments nécessaires à cet égard ; d'autre part l'appréciation de
la distance par le témoin e."t assez aléatoire. TI est vrai que
cet aMa n'est comidérahle que pour l es obaervations à une
distance impor tante cl qui sont donc par définition les moins
probantes. Par contre, plus la soucoupe était effectivement
proche et plus le t émoin a bénéficié de point11 de repère pour
apprécier plus sûrement, sinon la quantité exacte de mètres
qui le de l a chose, du moins la qualité d'évidence
de l'objet. Ceci devient tout à fait sûr pour les incidents
qui ont mis littéralement la soucoupe on le pilote nez à nez
avec l e témoin. Or ce soul précisément ceux-là qui ont une
valeur cruciale.
Nous noterons l'échelle des distances suivantet!! où la
valeur des t émoignages peut dépendre de certaine.'! autres
circonstances, comme la clarté on la dnrée de l'incident ;
Plus de 200 m: 1 cas (Patient),
80
200 m : 2 cas (2 anonymes, l'un à Villers-le-Lac, l'autre à
Méral) ,
lfiO m : 3 cas (Renard - Gouj o.a - Un électrjcien de Ber-
gerac),
lOO m : 4 (Roche - Lausselin - Viclal - Robert),
70 m : l cas (Devoi sin),
50 m : 5 cas (Mercier - Prudent Nicolas - Gallois
- M. B. le 14 octobre),
Moins de 50 m : 1 cas (Casamajou),
40 m : 1 cas (Théhaut),
Moins de 30 m : l cas (Figuères),
20 m : 4 cas (Fourneret - Straroarc- Beudair - Schu-
brenner),
15 rn : 3 r.as (Gatey- Sion- 2 Bordelais),
6 m : 2 cas (Dcwilde - Casaella),
5 m : 1 cas (l\1itto).
4 rn : 1 cas (Lecœuvre),
2,50 m : 1 cas (Lebœuf),
1 m : 1 ca;; (Bene).
Noua avo.ns donc 12 cas à lOO rn P.t au-dessus, 9 cas entre
20 et 100 rn, 13 cas entre 1 et 20 m.
avona, d'autre part, 24 cas dans lesquels la soucoupe
était sur la chaussée ou sur le bord de la même route que le
témoin, ·en sorte que le témoin et l'objet se sont trouvés nez
' A '
a nez ou cote a cote.
Dans 5 cas, la soucoupe posée dans la cour ou le
jardin où se trouvait le témoin (Lecœuvre - Montagne -
Lahonne - Lucas - 2 artilleurs) .
Dans 4 des paroles compréhensibles ou non ont été
adressées an témoin par le pilote (Laugère - u jvari - Calba
- Garreau).
Dans 4 cas, il y a en le pilote ayant touché la main
ou l'épaule du t émoin (Mazaud - David - Lucas - Lelay).
Ajoutons que dana les cas Dewilde, Lebœuf, Gatey, les
détails précis fournis sur la topographie des lieux et les
emplacements respectifs des témoins et des objets (ou dee
pilotes) confirment encore l' atrême p1·oximité de la ren·
contre.
Observation.9 françai,se$ 81
Nous trouvons donc d' Wl côté 13 indications de distance de
moins de 20 m, d' autre pari 38 cas pour lesquels lt>.s données
de fait 1mpliquent en général une distance du même ordre.
On peut donc dire eu gros que la moitié des r encontres
se sont produites à une très courte distance : quelques mètres

en \'Iron.
G) Dt:RÉE DES OBSERVATIO)IS.
Cet élément, l'un plus importants, est le plus difficile
à apprécier. Les témoim n' ont pas eu l e sang-froid de noter
exaclenumt pareille durée avec leur montre. Nous
réduits à des cstimationa de principe que les j ournaux n'ont
,
pas souvent rapportees.
Notons cependant quelques ordres de grandeur symptoma-

uques :
quelques secondes : 5 cas (Vignolles, Lecoq, Théhaut,
Schuhrenner, ouvriers du Mans),
une denù-minute : 3 cas (Gatey, Goujon, MoU) ,
1 minute : l cas (Barrault),
2 minutes : 2 cas (Ni colas, Gardelle),
quelques minutes : 4 cas J aullien, Legeay,
Beuclair),
10 minutes : 2 cas (Lelay, habitant de
20 minutes : 1 cas (Roche),
1 heure : 1 cas (un le 12 octobre),
2 h 3/ 4 : 1 cas (Ramond) .
A lui seul ce tableau est trompeur. TI pousserait à négliger
lœ ohllervations hrèves et à ne retenir que les plus longues,
mais celles-ci ne sont pas fameuses en général.
Le problème capital est donc de rechercher quelle peut
être la v.alcm· des observation!'! brève" et même très brèves,
mais favoTisées par une courte distance.
Une demi-nùnute, comme dan!! le cas Gatey, n'est-cc pas
un m.iujmum ? Que peut valoir une observation de quelques
secondes ? Est-cc qu'elle ne comporte pas automatiquement le
ritique de confnAion avec une de ces images-éclairs qui traver·
sent r eAprit de temps à autre ?
82
Le problème est d'autant plus grave qu'il ne concerne pae
seulement lea 5 cas que nous avons cités plus haut. ll ee
pose aussi pour bien d'autres cas, au sujet desquels nous
n'avons pas trouvé d:indication de durée et qui semblent
avoir été fort ht·efs. Nous n'avons, en effet d'indications de
durée que pour 20 cas sur 95, ce qui est très faible ; pour la
plupart des autres nous sommes réduits à l'impression que
l'observation fut tr?s rapide.
Une ou deux secondes, c'est l e temps d'un éclair, le temps
de regarder 1.mc seule fois ct d'être dupe d'une première
impression. Vingt ou trente secondes, c'est le temps de regarder
plusieurs fois ct de rectifier une première impression. A
titre de repère, trente secondes, c'est le temps d'arrêt d'une
rame de métro dans une station.
Comment reconstituer après coup la durée approximative
d'une observation d'atterrissage?
Ce serait tout à fait impossible, donc ruineux pour la
recherche, si dana bon nombre de cas nous ne possédions
quelques repères objectifs. Ces repères sont les détails
supplémentaires qui se sont ajoutés à la simple observation
d'atterrissage.
La première donnée importante, à cet égard, c'est le fait
que les témoins aient pu voir la descente préalable, puis
l'envol de la soucoupe.
Or, en pratique, comme nous allons le voir, dans 30 cas sur
89, donc dans le 1/3 des cas, le témoin a vu la soucoupe dea-
cendre avant d'atterrir. D'autre part, dans 69 cas sur 81, il a
assieté à l'envol de la soucoupe. Ce dernier fait, à lui seul,
a une importance considérable. A l'aspect de l'objet, il ajoute
celui de son comportement en qualité d'objet volant. Du
même coup, si rapide qu'ait été l'envol, il apport·e l'indice
d'an allongement supplémentaire de l'observation.
Sur cette hase s'ajoutent d'autres faits.
Cest ainsi que dans plusieurs cas le témoin lui-même a
îait tout un trajet pour s'approcher davantage de l'objet :
Lecœuvre s'est rapproché de 50 à 4 rn,
Goujon, de 500 à 150 m avant d'être paralysé durant 30 à
40 secondes,
RPnard. de 250 à 150 m,
Observations franç-O:ises 83
Devoisin, de 150 à 70 m,
Les deux automobilistes bordelais, de 200 ou 300 m à 15 m.
Beuclair est sorti de chez lui, a traversé la route, et une
partie du pâturage pour s'approcher à 20 m de l'objet.
Nous n'avons hien entendu de telles indications que dans les
cas détaillés. Pour combien d'autres aurions-nous des données
analogues Ri l'on avait pris la peine de les rechercher ?
n faut souligner en outre tous les cas dans lesquels le
témoin a vu un pilote hors de l'appareil. C'est un élément
de complication et de prolongation de durée.
Dans 5 cas, notamment, le témoin a vu la descente de
l'objet, la s-ortie des pilotes, leur rentrée, puis l'envol de
l'objet : incidents Calha, Garreau, Figuères, habitant de Pons,
automobilistes bordelais.
Dans d'autres cas, la plupart, le pilote était déjà sorti,
mais diverses circonstances ont notablement allongé l'inci-
dent, surtout si c'est le pilote lui-même qui a fait un véritable
trajet hors de son engin (cas Mazaud, David, Lebœuf).
Une indication intéressante à cet égard est donnée par le
témoin Gatey : il n'a fait que voir le pilote dehors à côté
de la soucoupe, puis la rentrée du pilote et renvol de l'engin
et il estime son observation à la durée de une demi-minute.
On peut donc raismmablemenL que les observations
les plus importantes étant celles qui comportent un certain
nombre de péripéties, ont logiquement duré non pas l'éclair
de quelques seconde3, mais plusieurs dizaines de secondes,
soit une bonne demi-minute ou une minute environ. Nous
en verrons l'importance capitale dans les prohlèmes de

pereept10n.
H) CONDITIONS DE VISIBILITÉ.
Au début des incidents d'atterrissage, les deux cas les
célèbres, de Mazaml et de Dewilde se sont produits la nuit.
Ensuite, lorsqu'on parcourt les coupures de presse on est
encore frappé du fait que la très grande majorité inci·
dents ont eu ]ielt généralement la nuit. On en retient souvent
cette double impression que les soucoupes se cachent et qu'elles
sont düficilement observables.
84
En fait, il en va différemment .
l\ous avons relevé :
8 cas en plein .iour , de 6 l1 29 à 17 h 10,
76 cas d'atterrissages de nuit, y compris le demi-jour.
Dans cette seconde catégorie, il convient alors de faire 1me
importante subdivision :
Pour 22 cas la soucoupe est parfois nettement sombre
Mazaud et Bachelfl!'d), mai s selon les cas le pilote sorti émet
un rayon de lumière (David), ou hien soucoupe ou pilote
sont vus de très près (Ujvari, Cassella, Lecœuvre), ou encore
la soucoupe à proximité d' une source d'éclairage (Stramare)
ou enfin r,ertains détails : la couleur rouge de l'objet ou son
aspect brillant donnent à penser que l'objet a été nettement
vu, etc.
Dans 51 C(l.s, il faisait nuit ou pre:;qr.te, mais la soucoupe
était lumineuse (1) ou émetta.it un.e puissante lumière.
Ct:Ue proportion de 54 cas de soucoupes lumineuaes sur
76 observations nocturnes (plus des 2/ 3) signifie que l es sou-
coupe!\ sont loin de se dissimuler systéma tiquement. Si elleè
eemhlent préférer la nuit, ce n'est pas pour se cach er puis·
qu'elles s'illuminent et se promènent ostensiblement.
I) CoMMENCEMENTs ET FINs n'oBsERVATioNs.
La façon dont la soucoupe eat apparue, puis a disparu est un
élément pittoresque qui a frappé le témoin et ses auditeurs.
Let, comptes rendus l'ont mentionné dans 80 % des cas.
if observa:tiom
59 cas : le témoin aperçoit inopinément la soucoupe déjà
posée au sol.
30 cas : l e témoin la voit descendre et atterrir.
Ainsi dans les 2/3 des cas, la soucoupe était déjà au soL
C'est la preuve qu'elle ar rive très souvent à déjouer J'atten·
(1) Une lumière rouge ou orangée dans la plupart des cas d'at·
terrissages nocturnes.
'
Observations françaises
85
tion humaine. Le fait est d'autant plus frappant que les
2/3 des soucoupes se mont1·c-mt lumineuses à l'atterrissage.
Il en résulte, en Luut cas, que dans la proportion de 2/3 des
incidents, la durée eHective deR atterrissages a été plus longue,
peut-être même beaucoup plus longue que celle de l'observa-
tion. Tout se passe commf\ si l'apparition d'observateurs déran-
geait les pilotes de souconpes. On ne voit pas en quoi il y
aurait là llll phénomène surnaturel.
Fins d'observations
Dans 69 cas, l'obRervat]on se termine par l'envol de la
soucoupe. Cet envol est presque toujours vertical et d'nne
très grande rapidité. Dans deux de ces cas seulement nous
avons noté nne montée à faible altitude tmivie de survol
horizontaL
Dans 12 c a ~ le t émoin n'a pas observé lui-même l'envol de
la soucoupP. ou la continuation de l'atterrissage. Parfois le
témoin est reparti sans prêter plus d'attention à l'engin. ou
i1 eRt allé chercher d'autres témoins, ou bien il s'P-st enfui.
Il Aemble qu'on puisse classer 6 cas dams cette dernière caté-
gorie. Le beau monde s'en amusera mais il importe plus de
noter que nous ne connaissons celle fuite que par l'aveu du
témoin lui-même. C'est une indication généralement favorable
pour la sincérité de son témoignage. 11 nP. manque pas de
témoins qui se sont arrêtés net, sur plar.e:, d'autres qui ont
tenté de courir vers la soucoupe et ont été paralysés (cf Effct5
Physiques) ou devancés par l'em,oJ de l'engin. Cette variété
d'attitudes est le refleL de la variété des tempéraments humains.
2° . ANALYSF. PARTICULIERE
DE CERTAINS ATTERRISSAGES
Bien avant l'automne 1?54, il y eut quelques rares cas d'atter-
rissages, notamment en 1 ?50 et 1952.
Le seul à noter ici s'est produit sur l'aérodrome de Mari-
gnane (Bouches-du-Rhône), dans la nuit du 26 au 27 octo·
86
bre 52 vers 2 heures du matin. M. Gachignard, le douanier de
service, vient de voir décoller l'avion postal et
attend un autre avion postal, celui d'Alger, pour 2 h 20. Dans
l'intervalle il est aU.; s'asseoir dehors sur un banc pour manger
..
un casse-croute.
Soudain il voit descendre une petite lumière qui vole
environ à 250 km/h et qu'il prend pour une étoile filante.
Cela dure 15 à 20 secondes. Mais tout d'tm coup la chose passe
devant lui et s'immobilise instantanément sur l e sol d'une
piBte. L'approche s'était .faite dans un silence total. Au moment
de Gachignard entend « un bruit mat, comme
étouffé, non métallique, le bruit que produit un objet quand
on plaque au sol » (M. 1, p. 183).
La chose n'est qu'à lOO m du témoin. Aussitôt celui-ci se
lève et se dirige vers elle, par curiosité et parce qu'il est
en service et professionnellement obligé de contrôler tout
atterrissage sur l'aérodrome, importante car elle
donne une <Jualification professionnelle à la démarche du
témoin. En une trentaine de secondes, l'obJet restant toujours
immobile, Gachignard e'en approche à 50 m. Il voit nettement
une masse sombre en r orme de hallon de mesurant
l m de haut sur 5 m do long, avec quatre hublots carrés d'où
sort une étrange lumière floue, instable, blafarde, qui palpite.
C'est alora qu'instantanément, avec un l éger bruit de fusée,
l'engin repart à une vitesse effrayante et disparaît en 2 ou
3 secondes.
Voilà un témoignage d'une précision admirable.
Deux ans plus tard, le 7 septembre 1954, éclate le premier
incident de ]a grande série.
A 7 h 15, M. Emile Renard, 27 ans, et M. Yves DegilJerboz,
23 ans, un maçon et son compagnon, roulent en bicyclette sur la
route entre Harponville et Contay (Somme), pour se rendre au
chantier.
TI fait grand jour.
Soudain, Degillerhoz s'aperçoit qu'un de ses pneus s'est
dégonflé. Les deux hommes s'arrêtent e4 pendant que Degüler·
boz s'occupe de regonfler son pneu, Renard oisif regarde
machinalement le paysage. C'est alors qu'intervient le plus
grand imprévu sous une forme qui semble d'abord anodine :
Ob.<ïervations 87
« )fes yeux, raconte :M. Renard, l'urent attiré! par une sorte
de disque, à 250 m de nous, rlans uh champ.
« - Regarde, dis-je à mon commis, en voilà une meule qni a
une llrôle de couleur !
« Tout occupé à gonfler, il ne me r épondit pas.
« - Mais regarde donc, ce n'est pas une meule !
hurlai-je à mon compagnon.
« Et Lous pris par je ne sais quel pressentiment, nous
nous précipit âmes à travers champs pour nous approcher de
l'P.ngin myatérieux. n nous fallait traver!!er après une première
friche, un champ de betteravfls. A peine avions-nous commencé
à courie à travers celui-ci que la soucoupe, car maintenant,
pour nouR, nous en étions sûrs, c'en était une, décolla en
biais pendant une quinzaine de mètres pour monter ensuite
verticalement. » (Paris-ien Libéré, 14·9-54).
M. DegilJerhoz confirme le récit de M. Renard et ajoute
que l'engin gris-bleuté avait une dizaine de mètres d'envergure
pour 3 mètres environ de hauteur.
Ils se bornèrent d'abord à raconter rhistoire au garde-
champêtre chez lequel ils allaient ; ce fut celui-ci qui insista
pour que les deux témoins aillent faire une déposition à la
gendarmerie de Corbie. Aimé Michel ajoute qu'à leur tour,
après les gendarmes, les journalistes purent constater quel
ennui éprouvaieul les deux témoins « d'une puhli-
ciLé qu'ils n'avaient pas cherchée et qu'ils s'efforçaient de
fnir >). (M. Il, p. 53).
Cc dernier détail est important, au point de vue psycholo-
gique, mais plus importante encore est ]a manière dont
s'amorce l'observation. Renard ne pense pas à une soucoupe
volante, il voit d'abord rme meule. Pourquoi rêverait-il de
soucoupes ? n voit seulement des champs qui sont là autour
de lui et, d'emblée, il interp1·ète tout ce qu'il voit en éléments
ne la vie agricole. Sur cette forme qu'il aperçoit, à 250 m, ü
plaque d'instinct la notion de meule, parce qu'elle ressemble
à une meule.
Au récit que nous avons reproduit, Aimé Michel ajoute cette
expli cat ion fournie par le même témoin : « On aurait dit
mf' 'lle Tl " n t('rm1n&- '1> fM. 11 , n. 50).
88
Mais, cotte appat·ence de meule qui forme la première
repréiiPntation de l'objet dans l'esprit du témoin reçoit presque
aussitôt un premie1· coup : cette couleur s' accorde mal a'' ec Ja
couleur raisonnablement admise pour les meules. D' où la pre-
mière exclamation de Renard.
Alors, l'attention aiguisée, il I"egarde davantage et cette
fois, il prend garde à ce nouveau détail : la prétendue meule
oscille très sur le sol. Voilà qui n'est plus compa·
tihle avec le paisible objet champêtre qu'il avait supposé.
D'où la seconde exclamation : << Ce n'est pas une meule. :.
C'est alors qu'emportés par la curiosité, les deux hommes lais-
sent les bicyclettes, bondiEsent hors de la route et courent à
travers sûrs, cette fois, qu ont devant eux, posée
au sol, une de ces incroyables soucoupes dout parlent les
journaux, mais que personne, sauf quelques illuminés, n'a
jamais vu descendre de leurs repaires de nuages et d'étoiles.
Elle est là, dans le champ, mais pas pour longtemps : à
l'approche des deux hommes, elle part à toute vitesse.
La prem·e est faite que ce n'était pas une meu1e.
Ce qu'il y a de beau dans cette histoire est son parlait
natncel. (Elle n'est pas seule dans ce genre.)
Non moins remarquable est le fait qu'il y a ileux témoins
dont les déclarations sont concordantes (1).
Au moment où ils sont le plus près de l'objet, ils se trouvent
e11core à 150 m. (P. L. du 14-9-54). Cette évaluation eon·
corde avec le fait que la route est à 200 ru de l'endroit où
stationnait l'objet. 150 m, c'est la distance qui Répare les
deux extrémités du pont de la Concorde, à Paris. Pas besoin
d'être un astronome pour voir une voiture à celle
et être sûr de sa couleur. A la rigueur, on pourrait hésiter
sur l a réalité du léger mouvement d'oscillation, mais l'·envol
qui le complète est nne indication décisive.
Il pourrait, il vrai, s'agir rl'un hélicoptère en panne.
Mais la soucoupe est partie « sans faire le moindre bruit »,
or l'on sait que le bnùt est un des aspects les plus gênants
du fonctionnement des hélicoptères. Nul d'ailleurs n'a jamais
(1) L'incident était d'ailleurs coiToboré par de nombreux témoi·
gnages signalant un objet semblable, durant la même heure,
trente km plus loin, à Fonca.ucourt en Sant&re (M. II. p. 51).
Observations françaises 89
signalé l e moindre hélicoptère comme s'étant posé à l'endroit
indiqué.
enfin que l'incitlent s'est passé le mat in à 7 h 15.
jour-là, 7 septembre, le soleil était l evé 5 h 16 ;
il faisait donc grand jour.
On en rapprochera deux cas analogues.
Ces deux incidents sont datés l'un du 30 septembre, l'autre
du octobre.
foifl on compte encore deux témoins : deux can·
tonniers pour l'nn, deux jeune:; ouvriers en bicyclette ponr
l'autre.
Dans les deux cas il fait jour : pour l'un, il est 17 h 10
(le soleil lie couche à 17 h ;{2) ; pour l'autre. il est 13 heures.
Dans le!:> deux cas, les t émoins sont sur la route et aper·
ço.ivent la soucoupe dans un cl1amp voisin ; ils essaient de
rapprocher et elle s'envole.
Le premier incident est attesté par les cantonniers Goujon
et Pichet, i1 s,est produit près du terrain d'aviation de Cou-
lommiers-Voisin, en Seine-et-Marne.
n pleut, pendant que les canlonniers piochent snr l a route,
l'air n'est donc pas très clair. Cependant, tout d' un coup, Gou-
jon aperçoit, à 500 m, dans les « une sorte d'énorme
champi gnon brillant comme de l'aluminium » et pense tout de
lntite qu' il s' agit d'une soucoupe volante. n plante là son
camarade et court à travers champs.
Alors, dit-il, « je distingue de plus en plus nettement la
soucoupe . .Elle hien à un gros champignon de trois
:mètres de diamètre environ. Sur l a partie supérieure se trouve
une cabine avec trois huhlot-, et tout l'engin repose sur troie
hé quilles posées en triangle ::..
La vision paraît donc très nette. Mais à 150 m, l e
témoin se sent brusquement paT a et i]
éprouve des picotements él ectriques. Après 30 ou 40
il voit l'engin décoller, lentement, 20 nu 25 m de hau-
teur, puis disparaître toul à coup, « comme aspiré par 1eR
nuages» (F. S., 3/ 4 octobre 54).
Le témoin affirme n'avoir entendu aucun bruit de motP.nT
ce qui est incompatible avec l'hypolhèse d'un avion ou d'un
hélicoptère.
90
Sa déclaration a été conlirmée par l'autre cantonnier et, en
outre, par des cyclistes qui pasaaient sur la route et virent
eux l'énigmatique objet.
Le second incident a été raconté par deux jeunes ouvriers
de Blan1.y, en Saône-et-Loire, Romain Bastiani et Bruno
Buratto.
Leur attention fut d'abord attirée par un léger sifflement
penrlant qu'ils à bicyclette sur la route. Ds regar-
dèrent et à 100 rn environ dans un champ voisin ili virent
un objet surprenant en forme de cigare :
« L'engin mesurait environ 2 m de long et avait la gros-
seur d'un arbre. L'extrémiL6 pointue était jaune, le reste du
cigare, brun, A l'avant de l'engin, deux pieds qui pendaient
(sic) reposaient à même le sol
« Au moment où nous allions nous approcher de l'appareil,
le cigare s'éleva à la verticale, à grande vitesse, avant de dis·
paraître dans un sifflement très doux » (F. S.,3-4 octobre. 54).
A lOO m de distance et à 13 h, ce sont d'excellentes coniH-
tions de visibilité.
Voilà trois cas d'une simplicité classique.
Citons, dans un autre genre, quelques cas de témoins isolés,
mais ayant approché les soucoupes de beaucoup plus près :
M. Albert Sion, employé d'hôtel, roulant en moto, sur un
petit chemin, entre Toulon et Marseille, le 15 octobre environ,
s'est trouvé subitement nez à nez avec une soucoupe déjà posée
au sol, à 15 m devant lui. (Radar, 17 octobre 54).
M. Germain .Mahou, 30 ans, conseiller municipal, roulant à
bicyclette, sur un chemin vicinal près d'Arraye-ct-Han
(Meurthe-et-Moselle), met pied à terre, s'approche pour regar·
der et voit un engin bizarre, phosphorescent, dont Ü décrit la
Iorme comme celle d'une couveuse. Eberlué, il s'exclame
« Qu'est-ce que c'est que ce fuuih.i-là? » et voit la soucoupe
qui s'envole aussitôt verticalement (F .S., 27 octobre 54).
M. José CasFella, 19 ans, roule lui aussi à bicyclette, sur
uno route près de Biot (Alpes-Maritimes), vers 18 h 15, le
14 oct. Il amorce un virage :
« Soudain, dit-il, je ·me trouvai face à face avec une
de forme ovale, couleur aluminium ... et,

Observations françaises 91
comme j e l'aurais fait devant n'importe quel autre objet ou
véhicule me ban·ant la route, je freinai. A cet instant précis,
sans un bruit, mais à une rapi dité indéfinissable, la soucoupe
- car il fallait bien en convenir, je venais d'en voir une, moi
qui n'y cro.yah pas ! - la soucoupe s'éleva verticalement, puis
disparut dans le ciel » (G. 11, p. 192).
Cassella s'était arrêté à 6 m de la soucoupe. Elle mesurait 5
à 6 m de diamètre et un peu plus de l m de haut. Elle avait
une forme circulaire, h émisphérique en dessous, renflée au-des·
sus. Le plus étrange eîi l que l'objet totalement ]isse et brillant
les derniers rayons cle lumière ne présentait aucun hublot,
dit le t émoin.
M. René Ott, 35 ans, employé de la S.N.C.F., roulant en
scooter, le 8 octobre, à 5 h 30 du matin, sur une route prè5 de
J ettingen, dam le Haut-Rhin, aperçoit brusquement, dans la
lumière de aon phare, à 3 m de la route, dans un pré voisin,
une sorte de grand « champignon » à coupole hémisphérique,
COUleur d'aluminium. fl remarque aussi Ull rectangle lumineux
découpé comme une porte dans la coupole.
Pris de peur, il accélère, mais quelques dizaines de mètres
plus loin, il est pris par une intense lumière blanche qui
paraît le poursuivre. Vengin le rattrape, le survole à une hau·
teur de 5 à 6 m au-deasus de la route, le précède ainsi pendant
plusieurs centaines de mètre8, jusqu' au village de Jettingen et
là s'envole presque verticalement (M. Il, p. 243).
Parmi les incidents observés par de nombreux témoins on
trouve hien des récits r emarq uahles, mais trop courts, ou trop
p eu précis, notamment snr la question dea distances, sur le
nombre exact des témoins ou sur leur identité.
Le cas Bcuelair, du 17 octobre, est, en revanche, très
précis et très riche. Les t émoins sont nombreux. Les premiers
sont des automobilistes qui sont (lescendus voiture pour
un corpi\ lumineux, rouge vif, immobile dans un pâtu-
rage voisin d'une route près de Varigney (Haute·Saône), à
20 h 30. Ils aler tent :\1. Barrat, un garde-barrière, et M. Beu·
clair, cafetier, ainsi que sa femme et sa fille. Ces quatre der-
niers habitent des maiFona au bord de la route, à côté du
pâturage. Tout le monde est dehors et regarde avec une extrême
92
attention. L'objet a une forme circulaire, Ü est hémisphé-
rique à la pa1·tie supérieure. }I. Beuclair et sa fille Jeanne
franchissent l a clôture du pâturage et s' approchent de l'objet.
Celui-ci fit de même (ce cas paraît assez rare), il« descendit
rapidement vers les deux curieux terrorisés et s'arrêta à une
vingtaine de mètres d!eux >) (M. TT, p. 316).
Il y eut un silence de mort. Des radiations blanches et rou-
ges jaillirent sous l'appareil Le cafetier se mit à crier :
« Qu'est-ee que c'est ? Qui va là ? » Pas de réponse ! Maia
Nime Beuclair ·crie de la route pour supplier son mari de
revenir et M. Benclair rf!cula pour la rejoindre. (Sa fille
avait dû faire de même). _
« Le spectacle dura encore quelques minutes », ajoute Aimé
Michel. '
Cette histoire est une des plus belles, par le nombre des
témoins, letu variété, la courte llislance à laquelle ils se trou-
vaient, la luminosité de cet étrange objet que tous voient, et
surtout ce comportement de l'homme et de sa fille qui vont
vers l'objet, cet objet inconnu qui lui aussi s'avance à la ren-
contre des témoins, et tout d'un dans cette scène « fan·
tasLique » deux si humains tle l'lmmrne et de sa femme.
L'imagination saisie de vertige n'attend plus qu'un dilemme :
ou une foudroyante tragédie ou une extraordinaire révélation.
C'est ainsi que les choses sc déroulent toujours dans la science·
fiction. Mais non, au sommet de la tension, rien ne se passe,
rien n'éclate, a n'y aura 1·ien cle <JilC Cette Încomp.réhen•
sible rencontre, cette énigme sans solution : le témoin recule
et après une étrange prolongation de pause, la chose disparaît
comme elle était venue.
C'est du W elh. Mais quel W elis aurait pu ae cacher ici
pour l'inventer ? :Et quel WellR aurait pu ahtliqu.er son génie
romanesque au point de aucune suite à ce fait
divers.
y
Le problème des pilotes
Si les soucoupes volante!! sont des machine&, il a rien
d'étonnant à ce qu'elles aient des pilotes. Pourta.uL c'est un
fait, lorsqu'on parle des soucoupes volantes et qu'on en vient
au problèmP. des apparitions de pilotes, on déchaîne plus que
jamais l'enthousiasme: l'hilari1é.
Ici, nous écartons œs réactions sentimentales. Car c'est
un fait indiscutable que des t émoins ont déclaré
avoir vu des pilotes à côté de souconpeH au sol.
La ilifficulté majeure qui paraît dominer toutes les autres
e11t celle triple dualité : car selon de ces
Lt!moignages, il existerait à trois poinU; de vue deux sortes de
pilotes :
l
0
petits pilotes ayant une taille de 1 m ou 1 m 20 environ
et pilotes ayanlla taille humaine moyenue ;
2° pilotes portant « acapltandres » et pilotes portant des
costumes ordinaires, avec le visage à découvert ;
3<> pilotes parlant un langage et pilotes
parlant un langage compréhensible (françaiB ou
russe).
Pris à part, r.hacun de ces éléments est simple et plausible,
mais leur coexistence a qndque chose crextra\' agant qui saute
anx veux.
"
En fait, aux deux P.xtrêmeè, deux groupes de témoignages
s'opposent très nettemeut. D'nne part, des témoignages commP.
ceux dP. M. Dcwilde et de Mme Lebœuf posent devant nous la
présence de soucoupes pilotées par de petits scaphandriers
C[IIÎ ne leur adressent pas la parole. D'autre part. des témoins
comme M. Blondeau et le jeune Lelay assurent avoir vu près
de soucoupes au sol, dP.s pilotes de taille normale SalJs scaphan-
dre et qui lenr ont padé en français très normalement.
Le problème de la taille est frappant. TI peut être carac·
téristique, il ne l'est pas nécessairement, car l'espèce humaine
comporte des tailles fort différentes et, de surcroît, les estima-
tions des témoins sont aléatoires.
Si le port d'un scaphandre est un inù.ice intéressant, quoique
snsceptib]e d'interprétations très diverses, l'absence de scaphan.
dre im1)lique absolument une complète identité physiologique
et respiratoire avec l'espèce humaine. Il y a donc là, dans le
principe, un critère très net permettant de distinguer « Mar-
tiens » et Terriens.
Le c1·itère elu langage n' est pas moins net. Seuls des pilotes
humains ont été effectivement compris et jamais aucun petit
pilote à scaphandre n'a été compris. C'est pure logique, et
cette logique doit régler indirectement tom les cas : si le
pilole est « martien », sa langue est nécessairement et totale-
ment pour le témoiu, on ne découvrira
ancune exception (sinon on tombe dans le cas des témoin!!
initiés aux mystères vénusiens et autres) ; si le pilote est un
habitant de la Terre, le problème de s'il sera compré-
hensible ou nou ne dépen dra que des linguis·
tiques réciproques du pilote et du témoin.
AdmettrP. q11e d'authentiques soucoupes volantes sont pilo-
tées aussi hien par des « petits scaphandriers » que par des
h ommes ordlnaircs ce serait admeHre qu'elles sont pilotées
par des « Martiens » et par des Terriens.
Autrement ùiL le plus formidable év{mement de l' Histoire
- la collaboration interplanétaire - serait déjà réalisée, mais
r esterait clandestine.
Voilà qui r esl:!emhlerait à la plus fantastique << science-
fiction ». TI y aurait trop à dire sur ce sujet et nous n'y
insisterons pas. La seule question qui se pose d'abord est
l'analyse compru·aLive des témoignages pour voir si r éellement
Jeux ememhlu nous présente une ou deux S()rtes de pilotes et
s'il peul s'agir de pilotes terrestres ou de pilotes non-terrestres.
1
Le prnblènw des pilotes
95
Nous avons noté 53 cas d'atterrissages, l a plupart en France,
dans lesquels il de pilotes cle soucoupes.
Sw· ce total, nous elevons d,ahord 10 cas insuffisam-
ment détaillés.
Ces dix cas défalqués, ilxwus reste :
10 observations de pilotes à taille humaine ordinaire,
29 observations de « petits pilotes »,
4 cas à pact que nous pourrons peut-être assimiler à
dea petits piloteR.
1° • PILOTES A TAILLE HUMAINE ORDINAIRE
Voici la lisle des dix cas indiqués :
Blondeau à Guyancourt (Seine-et-Oise), 23 juillet 1950,
Jacobsen et Solvang en Norvège, 20 août 1954,
Mazaud à Mouriéras (Corrèze), 10 seplemhre 1954,
Geoffroy et Fin à Bécar (Yonne), 24 sP-ptembre 1954,
Garreau à Chaleix (Dordogne), 4 octobre 1954,
Lansselin à Hennczies (Eure) , 7 oct obre 19!14,
Rcuc à Orchamps {Doubs) , 12 octobre 1954,
Lelay à Sainte-Marie-d'Herblay {Loire-Atlantique), 12 octobre.
Ujvari à Raon-l'Etape (Vosges), 24 octobre 1954.
Le cas Mazaud e.st le plus célèbre. C'est un des rarissimes
iucidents au cours desquels il y a eu contact physi que entr e
le pilote ct l e t émoin. Mais les conditions exactes sont très
difficiles à apprécier.
11 20 h 30, ce 10 septembre, la nuit tombe et 31.. l\fazaud,
un cultivateur de 48 ans réputé f ort est seu) sur un
petit chemin. A l'entrée d' un il pose sa fourche et roule
une cigarette. Soudain, il Ae trouve nez à ne.t: avec un « person-
nage » accoutré de façon « bizarre » et portant « une espèce
de casque sans oreillères, un peu comme les motocyclistP.a ».
Les conditiona de visibilité sont très défectueuses et M. Mazaud
a pu difficilement préci!!er cc que signifiaient exactement ces
comparaisons. En tout cas, il signale qu'il n'a senti que le
çasque contre sa tête
1
lorsque après un moiUent d'incertitude le
96
personnage en question lui serre la main ct l'attire comme
pour lui donner l'accolade. Au3sitôt après, il y a une nouvelle
pause de quelques instants, M. :Yfazaud encore interloqué dit
bonsoil', mais l' « autl·e » ne t·épond rien (ou selon d'autres
versions ne prononce que des paroles incompréhensihles).
TI n
1
a pas été question jttôqu'ici de la soucoupe, ct pour cause.
M. Mazaud n'en a encore rien vu ni deviné. Il voit seulement
le « personnage ·» repartir dans l'ombre épaisse du bois, et
paraître s'agenouiller. Quelques secondes plus tard, un engin
s'envole. C'est une « espèce d' appareil ôomh.re 'lui lui parut
avoir la forme d'un cigare re:u.f.l.é 11'un côté ». L'engin passa
sous des fils à haute tension et monta presque verticalement
avec « un sifflement léger comme un bourdonnement
d'abeille » (M. ll, p. 59).
"
Le témoignage )lazaud a beaucoup frappé l'opinion, car c'est
un des tout premiers cas d'atterrissages, puisqu'il date du
10 septembre, exactement du même soir que l'incident De"'ilde,
à deux heures d'intervalle. Cette coïncidence est déjà uu fait
extraordinaire. D'autant plus que les deux témnignages étant
quasi-simultanés seront fournis à l'insu l'un dt! l'autre et que les
détailn des deux récits ne pas du tout. Du côté
Mazaud, pas de petits scaphandriers, ·mais un être qui n'est pas
décrit de la même façon et qui paraît avoir une taille ordinaire.
Les deux témoignages ont chacun un élément « sensationnel » :
les petÜ!i! scaphandriers de Dewilde et l'accolade Mazaud.
En fait, le sérieux ci e M. Mazaud n'a jamais été contesté.
L'objectivité de son témoignage paraît d'autant plus forte
qu'il dit avoir vu l'engin partir en direction de Limoges et
que le même soir, quelques instant après, M. Frngier et
d'autres habitants de Limoges virent pasMP.r un disque rou-
geâtre dans le ciel. lJe façon généraJ P., la est mauvaise
et cela pèse sur tout le témoignage. Cependant l'envol observé.,
la faiblesse du bruit fie l'engin, la présence du petit bois (pas
un mot sur l'existf'nce ou non d'une clairière, etc ! ) et
surtout le passage sous les fils électriques ne semblent per·
mettre que l'hypothèse soucoupe. Alors se pose la question
cruciale : queUe P.st l a nature du pilote ? En apparence les
seules précisions désignant le pilote, plaideraient plutôt en
Le problème des pilotes 97
faveur de l'interprétation humaine. Pourtant rien n'est suffi.
net pour être péremptoire en ce sens. La question de
taille, à elle seule, est une des moim sûres, nous l'avons
souligné en général. Mais l'accoutrement lui-même? En
rien de plus équivoque que la comparaison de la coiffure de
l'inconnu avec « 1me espèce de casque sans oreillères un pen
comme les motocyclistes ». Car le point capital était de savoir
si le visage restait nu ou s'il était hermétiquement protégé
par une enveloppe transparente. Le second cas resterait équi·
voque, tandis que le premier suffirait à exclure le « Martien ».
Mais le témoin, il est remarquable que
malgré cette comparaison familière avec un motocycliste, il
éprouve un sentiment de bizarrerie aussi violent que celui qui
sera ressenti par M. Dewilde voyant les petits scaphandriers en
pleine lumière. Nous pensons qu'il faut donner toute sa force
au mo-t « bizarre » qne M. Mazaud a employé pour qualifier
cet accoutrement. Car, au sujet de la brève pause qui sépare
l'instant de la rencontre nez a nez et celui de l'accolade,
M. Mazaud intercale une indication capitale sur lui-même :
« Mon premier réflexe fut d'empoigner ma fourche, dit-il.
J'étais glacé de peur ... je me demandais à qui ou à quoi
j'avais je pensais qu'il s'agissait d'un fou qui se
serait déguisé. » (M. II, p. 50)
Ces .impressions psychologiques du témoin sont d'autant plus
symptomatiques qu'il n'a pas encore vu la soucoupe ; il ne
risque donc pas d'être influencé par des suppositions illusoires
ou non sur la nature de cet engin. C'est d'emblée la nature
du << personnage » inconnu qui lui donne un sentiment d'une
étrangeté violemment inhumaine. Cela jrme avant même que
rêtre en question ait commencé à faire des gestes que Mazaud
ne comprend pas et qu'il juge « hizarrce » eux aussi. C'est
cette impression qu'il essaie de rationaliser en supposant qu'il
avait affaire à tm « fon qui se serait .déguisé ». Quelle autre
hypothèse ferait-il? n n'a pas encore vu l'engin volant caché
dans le bois. Nous avons donc de bonnes raisons de supposer
que sa description du costume de cet être correepond à celle
d'un scaphandre mal vn dans l'obscurité de la nuit tombante.
et de l'entrée du petit bois.
98
L'incident Beuc se produit le 12 octobre, vers 21 h, dans
la campagne, il doit donc faire sombre. Ouvrier agricole,
âgé de 48 ans, le témoin est seul. Soudain il voit une « sou-
coupe » déjà posP.e an sol, à 1 rn de lui. Elle avait, àit-il,
la forme d'une 4 CV et elle était portée par des roues. A côté
se trouve un pilote de 1 m 50 environ, il porte une casquelte
et une cotte ùe cuir. Interpellé par le témoin, le pilot e ne
n' pond pas et à bord ; son engin I()ule une trentaine
de mètres sur la rouie et décolle comme un avion. (AJi'.P.,
26 oct.)
La desct·iption est si baroque qu'on serait tenté d'écarter
cet incident, maiq com·me on le verra plus loin, il figure
sur une des lignes orthoténiques relevées par Aimé Michel
Il doit donc être objectif, mais son contenu 1·este obscur et
inutilisable.

Le témoignage de Mme Geoffroy et de Mlle Fin est-il plus
démonsti·atif ? Cette fois, il f.ait grand jour, puisqu'il est
9 h du matin. Les deux femmes se suivent à quelques ins-
tants d'intervalle, à pied, sur une petite route d'où elles
aperçoivent dans un pTé nn homme et une machine. L'homme
est de taille moyenne, il porte un calot ct paraît faire une
réparation. Mme Geoffroy est à 100 m de lui, elle .regarde
sans s'arrêter, car ·elle est effrayée (Yonne République du
28 septembre) .· Mlle Fin, alors pupille de l'Assistance Publi-
que, passe un peu après et s'approche à une trentaine de
mètres. L'engin lui semble posé sur des patins. Et ici, a
faut noter comme él ément peut-être décisif à lui seu 1, que

ni l'un ni l'autre thnoin n'a vu fengin atterrir ni s'envoler.
On en rapprochera l'incident observé par les deux enfants
Lansselin, à Hcnnezies, clans l'Eure. Ces onl 9
et 10 ans. Il est 18 h 30, l e 7 octobre. Le soleil s'est couché
à 17 h 17 et la nuit est descendue (G. ll, p. 175) . Les enfants
ont vu à une centaine de mètres une espèce d'œuf rouge,
posé sm· un couvercle noir et, auprès, deux hommes de taille
normale, habillés en noir. llE n'avaient pas de scaphandres,
certifie le jeune Claude. Soit, les témoins n'ont vu ni
ni l'appareil, il n'est donc prouvé
ici non plus qu'il s'agisse d'un engin volant. La distance et
l'obscurité ont pu suffire à lui donner un aspect bizarre.
Le problème des pilotes
99
L'incident norvégien du 20 août 1954 ac passe au contraire
en plein jour, vers 13 h. Les deux témoins, Edith Jacobsen,
32 arts, et sa flŒUr Asta Solvang, ont vu le pilote et la sou-
coupe de toul près. Cette histoire a pt·ovoqué une série
de controverses. Nous nous bornerons à signaler que le pilote
en question, dépourvu de casque et porteur de longs cheveux,
comme un f rère au « Vénuzien » d'Adamsky. Nous
n'avons donc ·pas à en tenir coxnpte.
Avec M. Garreau, culti.vatem· à Chaleix, le 4 octobre, nous
retrouvons la prose . .Pendant qu'il est seul dans sa propriété,
à u.ne heure non précisée, il voit se poser un engin « en
forme de poire » (G.ll, p. 165) . IJ en sort deux hommes
parfaitement normaux, habillés de combinaisons kaki ; ils lui
parlent une langue incon1préhensible et repartent. L'engin
s'envole à une allure vertigineuse.
Si M. Garreau ignore l'anglais, on peut fortement sup-
çonner q u'.il s'agit cette fois de simples Américains en héli-
coptèt·e. Mais rien n'est détaillé par un témoignage per-
ue .!Yl. Garœau. Nous n' avons que des résumés. Nous
attendrons donc avant de nous inqui éter de ce témoignage,
s-eul de son espèce. En un mot, dans tous les cas qui pré-
cèdent, y compris le cas 1\iazaud, et même lorsqu'on peut
achnettre la présence de soucoupes volantes, il n'est nulle-
ment établi que leurs pilotes appartiennent à la même espèce
humaine que nous.
Fn revanche, il r este quelques cas dans lesquels le pilote
est incontestablement un homme comme nous. Tout le pro-
blème est alors de savoir si son engin est vraiment Wle sou·
coupe volante ou si le témoignage est à retenir.
Car il ne nous ceste plus que quatre cas de pilotes à taille
humaine et dans ces quatre cas, la langue du pi.Jotc a été
parfaitement comprise.
Prenons d'abord le cas Ujvari .
. F.n pleine uuit, à 2 h 30, le témoin âgé de 4Û' am, crori-
gtne slovaque, ancien légionnaire, ouvrier en parpaings aux
Etahli11sements Ueray, part pour son travail. C'est à Raon-
l'Etape, dans les VoAg_es. M. Ujvat'Î est en bicyclette, mais en
cours de route, il est obligé de descendre et de marcher, en
VII
Structure
, 1 •
geometrique
des manifestations
L'existence des témoins eux-mêmes est un fait objectif, irré·
cusahl e comme t el. On peut préciser davantage : l'ordre de
de ces témoins dans l e temps et l eur répartition
géographique dans fespace sont des faita tdlement
objectifs qu'il est possible de reporte1· l'emplacement de ces
témoins, jour par sur des cartes de France.
En temps ordinaire
1
lorsqu' il y a peu Je manifestations de
soucoupe5 ou n'obtient ou deux points isolés qui
« paraissent » inntili sahles.
Mais pour Lme période comme cdle de l'an1omne 1954 on
obtient dix, vingt ou même trente points par jour.
C'est exactement ce que :fit Aimé Michel: au prix d'un.
énorme travail.
On pourrait s'imaginer que le11 points ainsi établis sur une
carte pont une même journée ne forment chaos pure-
ment désordonné.
Or, tout au contraire, Aimé Michel fit cette découverte
a LionneJle :
Certains jours, les points se groupent par série ne troiH,
quatre et plus sur des flroite.s.
TI même que ces lignes droites se recoupent les
unes les autres.
C'est ce qu'Aimé l\llichel appelle l'orthoténie (cf., son'
ouvrage Myst érieux objet.ç rP. lestes) .
f:' r.st ainsi que le 15 octobre 1951, il pouvait compter
huit observations de Une fois reportées par huit
Structure géom.étrique des manifestations 143
points sur la carte, il s'aperçut que cinq de ceA points for-
maient une impeccable ligne droite partant de Southend, à
l'embouchur e de la Tamise, passant par Saint-Piene-Halte,
près de Calais, puis Aire-su1·-la-Lys, ensuite NiffP.r et Kembs
dans le Hnut-Rb.in, et aboutisl'lent à Podi Gnocca, près de
l'embouchure du Pô (M. II, p. 18, 304 sqq et carte n ° 12).
En tout, cP. tte Hgnc droite mesure 1100 km.
Le même jour, ]es autres points reportés eur la carte for-
maient d'autres lignes clroites venant rejoindre la première.
)iêmc si la journée du 15 octobre était nnique en ce genre;
il er;t évi dent que cette structure géométrique serait uu fait
extraordinaire. Mais elle n'est pas isolée. Nous trouvons dana
l'ouvrage d' Aimé Michel, onz.e cartes de France présentant les
mêmes structures géométriques rectilignes pour les onze juors
suivants :
24, 27 et 29 septembre,
2, 3, 7, 11, 12, 14 et 15 octobre.
On s'aperçoit alu1·s, pour les jours où le nombre des points
d'oh6ervation P.st particuli èrement élevé (20 à 30 observa-
tions), que les lignes orthoténiqnP.s forment de véritables
réseaux avec des pu.i.nts nP. polarisation principaux et secon·
claires où se rP,coupent jusqu'à 6 à 8 alignements.
Nous ne pouvons que résumer ces indications ; pour en
réaliser toute rampleur et voir sur quelle documentation
elles repuseut, il .faut évidemment se reporter à l'ouvrage
r1' A imf. :\1iehel.
A elle seule, la notion rl' orthoténic a une portée révolu-
tionnaire. DécoutJrir que les observations de se
trout;ent, a,tL moins certains jvurs, situées en séries sur des
lignes droites, c'est décou111'ir que les soucoupes elles-mêm.es
se mani.feslen.t au long de lignes droites, ce qui nous do·nne
un test imprévru, m..ais décisif de lenr objectit•ité, ct une
confirmation géométrique de la valeur objeclive des t,érnoi-
gnages.
Aimé )fichcl n'a pas seulement découvert des lignes droites
isolées les unes cles autres. Ces lignes forment de véritables
Ûi'leaux rlont les principaux alignemellts se recoupent en des
points de polarisation.
Ce aspect pP.rmet de dire qne les
100
poussant sa machine, à cause de travaux de -.oirie. Soudain, il
est interpellé par un inconnu qui arrive en face de lui ct lance
quelque chose comme un ordre incompréhensible et impérallf.
Le ton est t el que le témoin s' arrête, même sans corn.
prencl rP.. C'était prudent, car l'incomm braque un revolver.
De nouveau l'homme parle et Ujvari ne comprend toujours
pas. SouJain, à tout hasar d, l' ouvrier se met à parler russe.
Cette foi!:! l'inconnu répond dans la même langue : « Où
auis-je ? F.n F.spagne ou en Italie ? » Ujvari r épond. Vin-
connu demande encore : « A combien de la frontière alle·
mande ? » Puis il demande l'heure. « 2 h 30 », répond le
témoiu. Sur quoi l'autre tire sa montre de son blouson et,
sans l âche1· son revolver, r egarde l'heure et proteste : « Tu
mens. Il est 4 h. » Mais il interroge encore : « A combien
ct dans quelle direction se trouve Marseille ? » Après quoi
l'inconnu commande à Ujvari d'avancer le long de la route.
L'ouvr·ier avait déjà aperçu, en avant, une sorte d'engin qu'il
avait pris pour une auto, mais maintenant qu'ils passent tout
près à côt é, il voit quelque chose comme deux assiettes ren·
versées, accolées l'une sur l'autre, de couleur gris foncé, sur·
montées d'une sorte d' antenne en tire-bouchon. L'homme
l'escorte encore sur 30 m et lui cric : « Maintenant, adieu ! »
Ujvari part, remonte à bicyclette et quand il est à euviron
200 m plus loin, presque à l'entrée du village, il entend
derrière lui une sorte de sifflement, ou de bruit de « machine
à coudre » : c'est le mystérieux engin qui s'envole vertica·
lcment, puis en oblique.
De là à conclure que les soucoupes volantes sont russes,
i] n'y a qu'un pas.
Si tous les détails donnés sont hien exacts, M. Ujvari est
un observateur remarquable. Sa description du costume de
l'inconnu est d'une rare précision. Le pilote, dit-il, portait un
passe-montagne en drap, un blouson à col ouvert et fourré
de peau, un pantalon de toile et des bottes dont ]es semelles
sonnaient sur les pierres de la chall85ée. Faut-il penser dès
lors qu'il a vu la soucoupe avec autant d'acuité et de certi·
tude ? Il est vrai qu'il eFJt. passé tout près d'elle. Mais s'il
a eu largement le temps de regarder le pilote qui était en
face de lui pendant leur conversation, en revanche, il n'a
Le problème de.'i pilotes
101
fait que paf'ser rapidement auprès de l'appareil et n'a pu
le regarder que furtivement, sans s'arrêter. En outre,
étaient les conditions de visibilité ? Admettons qu'elles fus-
sent suffisantes pour hien voir l e Jlilote et eu justifier la
descrÎfJtion détaillée, il ne devait pas en aller tout à fait de
même pour la machine : le témoin n'a fait que 30 m pour
passer p1·ès d' elle, elle n'était donc pas loin de lui pendant
]a conversation et à ce mumenl il la pœnait pour une voi·
ture ordinaire. Il était sous la menace du revolver et absorbé
par cette étrange conversation ; il avaiL pultltant. remarqué
la chose et esquissé cette interprétation. En outre, pendant
qu'il avance sur la route pour dépasse1· l'engin, il est tou·
jours sous la menace du 1·cvolvcr et n'est pas en mesure de
détailler longlemps el LrauY.nillement la machine en qnes·
tion. Qu'il en ait vu quelque chose, c'est évident, d'après
son récit, mais impossible d'être sûr q1·1'il ait tout vu et hien
vu, qu'il ait pu s'assurer, par exemple, qu'il n'y avait pas
de pales d'hélicoptère au-dessus. Or, à propœ d'llé.licoptère,
souvenons-nous qu'à 200 m de distance, Ujvari a entendu
un hmit de sifflement ou de machine à cou ch·e : ceJa paralt
excessif pour une soucoupe. L' hypothèse d'un hélicoptère
rnsse, égaré, ne peut doue être écartée.
Il ne nous reste plua à exanüner dans la présente catégorie
que troi3 cas dans lesquels les pilotes parlen1 français.
Le premier est l'incident signalé par lVI. Blondeau, le
23 j uillet 1950, à Guyancourt (Se1ne-et-01se). Tenancier d'un
bar situé près de l'aérodrome de Guyancourt, le témoin est
un ancien pilote qui totalise 1500 heures de vol (G. I, p. 231).
Vers 23 h, il se promène seul dehors. Ln léger bruit le fait
se retourner et iJ ape1·çoit en bordure du terrain d'aviation
deux soucoupes immobiles, l'une à côté de l'autre, suspen·
dues à 10 cm du sol. Elles sont à lOO m de lui environ. lle
chacune il voit descendre un pilote. Les deux hommes ont
'
a peu près l m 70 ; ils portent des combinaisons de vol
gris ou hrun foncé ; ils se précipitent vers la paroi exté·
rieu'l'e de l'un des engins, comme pour faire une réparation.
Intrigué, HlomJeau se rapproche. Oui, ce sont bien des sou-
coupes ; elles ressemblent à deux assiettes creuses, retour-
nées l'une sur ; elles sont grise.s et paraissent faites
102
d' un métal pareil à raluminium. Leur pourtour est percé
de hublots rectangulaires, obscurs à ce moment-là.
P·endant qu' ils sont sortis, les deux pilotes rajustent à la
main une des lamelles qui revêtent de place en place l'ex-
tériellr des parois. Le témoin s'approche. Quand ils l'aper-
çoivent, les deux pil otes paraissent étonnés, mais « restent
calmes et naturels ». Blumleau auMsi, car il leur dit sim-
plement : « V oua êtes en panne ? » Tout aussi naturellement,
un des pilotes répond en français : « Oui, mais pas pour
longtemps. » Une minute après, la réparation est terminée,
les pilotes rejoignent leurs engins respectifs et ouvrent les
portières. Par l'une d'elles, l e témoin voit jaillir « un éclai-
rage formidable ... le plus parfait que j'aie jamais vu. Il ne
projetait aucune ombre et l'otl ne pouvait en distinguer la
source » (G. 1, p. 232). A l'intérieur, Blondeau voit une
sorte de fauteuil-couchette, un volant et un poste ùe radio. Ses
questions ne reçoivent qu'un mot en réponse : « Vénergie. >
Puis, en quelques secondes, les pilotes s'installent, verrouillent
les portières, les hublots deviennent luminescents ; preaque
aussitôt les engins se cabrent à la verticale ct s'envolent verti-
calement aussi, à toute vitesse.
Ce témoignage est remarquablement net. Mais à cette épo-
que a est complètement isolé, puisqu'il prétend remonter
à 1950. Nous ne le connaissons que par une relation tardive
dans le premier livre de J. Gui eu, :mut:ou.pes
viennent d:un autr·e monde, publié en autonme 1954.
Le contenu paraît pourtant excellent. La forme des sou·
coupes est caractéristiques et semble nettement vue. Le terrain
est dégagé, le témoin a pu tranquillement observer et de si
qu'il pouvai t même regarder à l'intérieur. Les pilotes
y voyaient aHsez pour faire leur réparation, le témoin devait
y voir assez pour bien regarder les engins. n a
d'ailleurs bénéficié aux moment s lumière
jaillie de l'intérieur des engins placés côte à côte. En outre,
le témoin est un ancien pilote, il est particulièrement qua-
lifié pour reconnaître un hélicoptèr e. Enfin, à J'atterrissage et
au décollage., il n'a entendu qu'un « léger bruit de vent »,
ce q11i ne correApond pas à la notion d'hélicoptère, mais à
celle de soucoupe volante.
Le problème des pilotes
103
Bref, tout est simple et logique dans cette affaire. La
seule chose stupéfiante est ce rapport entre une soucoupe qui
paraît absolwnent authentique et un pilote qui parle le fran-
çais avec un parfait naturel.
Nous ver r ons ultérieurement que 1e fait d'alléguer une panne
est une autre indication grave, car elle est incompatible avec
le comportement effectif dc.s soucoupes volantes.
Deux autr es observat ions, de quatre ans postérieures, sem-
blent pourtan t renfor cer le r écit de J.\.1. Blondeau.
D:abord le t émoignage Lelay, sur un incident survenu le
12 oct obre 1954, à Sainte.Marie-d'Herhlay (Loire-Atlantique).
Ce nouveau témoin a 13 ans et i] est seul, à 600 m de la
maison de ses parents. L'observation est longue et toute pro-
che : pendant 10 minutes, l e j eune garçon regarde dall8 un
p1:é un en gin qui a la forme d'un « cigare phosphorescent ».
Le témoin elit tout près, à lü rn, assure la dépêche de 1' A.F.P.
du 13 oct obre. En fait, il doit être plus près encore, car le
pilote lui pose familièrement l a main sur l'épaule et lui
dit : « Regarde, mais ne touche pas. » Cet homme PAt on ne
peut plus r as.surant ; il porte un cha peau gris, un complet et
des bottes. Seul détail insolite, il t ient à la mnin « une houle
lançant a ~ ~ feux violets » (?) Puis, au bout fJP. 10 minutes
passées on ne sait à quoi, il remonte à bord et fait claquer
la portière. Le jeune garçon a eu le temps de r egarder
à l'intérieur, comme M. Blondeau et a Vll tme sorte de tableau
de bord aYcc des boutons multicolores. Ensuite, l'engin s'élève
lentement, lance des f eux dans toutes les directions, fait deux
t ours dans les air3 et di sparaît snbitement.
Cette fois encore, tout est simple et naturel. Contrairement
aux caR Mazaud et Ujvari, le jeune témoin a vu l'objet de
très près el tranquiJlement, comme le témoin Blondeau.
A-t·il bien su le regarder, c' est une autre question. Il n'y a
pas d, inflication i nfirmant ou confirmant l'existence de pales
d'h éli coptères ; i1 n' y en a pas non plus sur le bruit.
Rest e enfin le troisième cas où l e pilote parle français.
C'est l'incident du 14 octobre 1954, sur un chemin entre
Hyères et Toulon, dans le Var. Mais nous ne le mentionnons
que pour mémoire, ca:r selon les indications fournies peu après
104
par le journal Radar, le témoignage n'est pas à retenir,
l'histoire se seuiL terminée devant la jnst1ce.
Vensemble des cas qui précèdent sont si critiquables ct dis-
fJu'i]:o; ne nullement nue ni mêJUe un
commencement de série pouvant attester la présence de pilotes
humains à hord dP: soucoupes.
2° - LES PETITS PILOTES
Cette nouvelle catégorie est beaucoup plus nom1Jreuse, elle
compte 29 cas, au lieu de 10, soit environ le triple.
La caractéristique de base est la taille du pilote : 1 m à
1 m 20.
Elle est complétée par l'absence Je luut langage c-ompris.
Elle est liée, en principe, au port d'un scaphandre qui peut
être plus ou moins hien décrit.
Nous examinerons successivement ces 29 cas de « petits
pilotes » qui :se répartissent de la manière stùvante : 7 cas
sans précisions, 6 cas où l'équipement ne serait qu'une com-
bjnaison, fi cas de petits pilotes « poilns )> (sic), 9 cas où
le mot de scaphandre est fol'>mellement employé, 2 cas où
]
d
. . ' h
. a escnphon sen r.approc e nF-ttement.
1
0 7 _l , ••
cas manqnant nF- prectstons :
Mitto, près dP. Briatexte (Tarn), 9 octobre 1954,
Gallois, près de Clamecy li octobre 1954,
Automobilistes bordelais, prèi>. de Royan (Cl1arente-Marit.),
11 octobre
Chasseurs de Saint-Ambroix (Gard), 14 octobre 1954,
Robert, Baillolet (Seine-Maritime) 16 octobre 1954.
Labassière, prè.s de Saintes (Charente-Marit.), lS octobre
1954,
Un habitant de Pons (Charente-Marit.), 21 octobre 1954,
M. Mitto, en automobile, a seulement '\'U deux petits êtres
traverser la route, sans pouvoir les détailler. Même la sou·
coupe a été mal vue. Les observations Gallois et Robert sont
honne.s au point de vue soucoupe, mais eux non plus ne
Le prQblèmc des pilotes
105
purent détailler les petits êtres. L'observation de Saint-Am·
broix manque de précisions : il y aurait eu 7 petits êtres,
mais pas de détails sur eux. Vohservation faite à Pons est
bonne au point de vue de la soucoupe : elle s' est posée au
bord de la route, puis s'est envolée. Pendant le bref atterris-
sage, le témoin a vu den..'{ petits êtres de 1 m 25. Rien sur
leur équipement. L'observation de l\:I. et Mme Lahassière est
remarquable., nous y reviendrons, mais s'ils ont bien vu
quatre petits êtres et deux soucoupes, ils ne précisent rien
sur l'équipement. L'observation des automobilistes de Bor·
deaux est anonyme, mais remarquablement précise et détaillée,
nous en reparlerons.
2o 6 cas parlant de combinaisons ou de tenues ordinaires :
Stramue, entre Fronton et Villemur (Haute-Garonne),
11 octobre 1954,
Ingénieur de lVIeknès (Maroc), 14 octobre 1954,
Castello, à Cap Massuelo (ILalie), 18 octobre 1954,
Bourriot, à Vézenay (Jura) , 13 octobre 1954,
Cheminot, près de Curitiba (Brésil), 13 novembre 1954.
Lepot, près de Beaucourt-sur-Anne (Somme) , 10 mai 1957.
En fait, quatre témoins 1•arlent de « combinaisons », un
(Stramare) parle d'uniformes g1·is le dernier, cle LÎM!'Iu
gris luisant.
N
' d ' hf,, 1,.
oua n avons que e tres re s .resume!:! sur e.s temmgnages
venant du Brésil et du Maroc. L'analyse est impos.o;;ible. Le
témoin italien Cast ello, a beau parler d'une durée d'une
demi-heure, il s'agit d'un atterrissage sur le toit de la villa
de l'écrivain Malaparte; ce n'est pas suffisant. Quant à
Mlle Boru·riot qui roulait à bicyclette la nuiL, vers 22 h 45,
elle aperçoit très rapidement un être plus petit que la
moyenne, puis deux nains qui traversent la route, après quoi
verra s'envoler un objet lumineux. L,incident est peut·
etre très réel, mais l es données du t émoignage ne forment
'
qu une mosaïque permettant l'intrusion. de nomhteuses mé·
pri.ses. L'incident Lepot et Serket n ' a été observé qu'en pleine
mut ausRi, à partir de 22 h 30 et à une centaine de mètres.
Le t émoin Lepot certifie hien avoir vu « trois petits êtres »,
106
mais dit seulement qu'ils lui ont semblé vêtus d'un tissu gris
luisant.
Le témoignage Stramare est le plus précis. C'était encore
la nuit à 22 h 30, mais le témoin n'était qu'à une ' ' ingtaine
de mètres eL derrière un arbre, pendant qu'il regar-
dait une placée au bord de la route, tout près
Ùu poteau supportant l'éclairage électrique. n a vu en même
temps les pilotes, trois petits hommes avec des casques d' avia-
teura des uniformes gris foncé et des pantalons co11ants. La
visibilité était donc excellente. Enfin, la soucoupe en
faisant un l éger bruit de moteur électrique.
Le témoin attrait donc pu voir des détails caractéristiques.
Les a-t-il hien vus '! Les coiffures en question lui unl paru
des casques d'aviatem·s, mais ju.squ'à quel point ? Emboîtaient-
ils seulement le crâne ou toute l a tête, avec une partie
vitrée, voilà le point essentiel qui reste non précisé.
Si ron ajoute que cet incident se place sur l e trajet de
journalistes mystificateurs et munis de très réels scaphandres
(cf. infra,), on est rempli de perplexités qui me permettent
pas de retenir ce témoignage comme dûment établi.
Bref, dans cette suite de 6 caR, il doit emter des incη
dents possibles, mai s aucun n'apporte de détails suffisamment
, . .
caracten8tlques.
Cette incertitude tient à la brièvet é des observations ou
à l eur manque de garantie ; elle tient amsi à ce que l'esprit
des témoins n'a jamais été attiré sur la signification précise
et l'imporhmce de ce problème. Tis ont regardé ce qu'ils ont
pn, comme ils ont pu, sans que leur attention soit pola-
risée sur l es détaih qui au:raicnt été instructifs. Ou bien ils ont
saisi du premier coup la présence des scaphandre!', commP. nous
pourrons le voir, surtout si le petit pilote était proche et
bien éclairé, ou bien, ils n'ont noté que des détails disparates.
La notion de combinaison n' exclut null ement œJle de
3caphandre.
D'abord parce qu'un scaphandre peut se réduire
tègc-tête (enveloppe hermétique et tram; pa reul·e
les organes de la respiration et de la vue).
'
a un pro-
englobant
Ensuite parce que le scaphandre lourd englobant tout le
Le problème des pilotes
107
corps est précisément formé d' une combinaison complète
liée au protège-têLe.
C'est ce que paraît avoir nettemenl vu Lebœm
(cf. infra.), lorsqu'elle diL que le petit pilote était enveloppé de
cellophane. II est donc de noter que selon l'ingé-
nieur de Meknès le pe lit pilule portaiL une combinaison
« brillante ». De même M. Lepot parle de tissu « lui8ant ».
Nons pouvons conclure que ces 6 cas rejoignent les 7 précé·
dents : précisions admissibles, en ce qui concerne les sou-
coupe.'il et les petits pilotes, insuffisances de caractéristiques
quant au problème des scaphandres.
3° 5 cas de petits pilotes « poilus » :
à Loctudy (Finistère), oct. 1954,
Barrault, à Lavoux (Vienne), 9 oct. 1954,
Ca1ba, à Pournoy-la-Chétive (Moselle), 9 oct. 1954,
Lau gère, à (Allier), 12 oct. 1954,
Stawstky, à Lewarde (Nord), 27 oct. 1954,
C'est l'aspect le plua cocasse de notre problème. Passe
encore que ]e Martien soit imberbe et. présenté sous cellophan.e,
mais harh14 non, c'est trop !
Le fait est que la notion de << Martien » barbu, si elle n'est
pas toul à fait incompatible avec le port de scaphandre, paraît
peu en harmonie avec lui. Même sous la transparence, la
pilosité pas au premier plan et ne devrait pas demeurer
majeure dans l'impression du témoin.
Notons d'abord CJUe 4 cas sur 5 se sont produits le soir
ou la nuit. Pour le cinquième (M. Stawsky), pas d'indication
d'heure. Les observations ont beau être très proches, elles
sont très brèves et placées à la fois sous ]e coup de la surprise
immédiate et d'une mauvaise visibilité.
Dam deu.'{. cas (Barrault et Stawsky) le témoin n'a vu que
le « Martien » et pas de soucoupe. Sa surprise devant l'indi-
vidn est dont originelle, mais ensuite rien n'a établi un rapport
quelconque avec un en gin volant, c'est évidemment une contre-
indication. Quant au témoignage Calha et Hirsch, il provient
Lrois enfants de 5, 9 et 12 ans. Le témoignage Lucas a été
vwement attaqué pour le m(}tif qu'il y aurait eu confusion
108
avec une chèvre savante d'nn cirque, selon un
jounal de Brest du 24 octobre (?).
Il ue resterait plus que le témoignage Laugère. Que vaudrait-
il tout seul ? Cependant il mérite examen. D'autant plus
qu'il se tronve placé sur une des lignes orthoténiques dressées
par Aimé et précisément l'une de celJcs que recot1pe
le témoignage Beuc, du même soir. Employé des chemins de
fer à Montlu\:un, Laugère <yuittait "on travail, ou faisait
une tournée de surveillance, lorsqu'il aperçoit brusquement
une sorte n'engin en forme de torpille, posé dans la gare,
à côté d'un réservoir de gas-oil. Tout auprès, il remarque
un être « couvert » de poils ou vêtn d' un long « manteau
à poils », selon les versious. n l'interpella en vain, s'écarta
pour appeler des camarades, mais c' était trop tard : avant
d'avoir eu le temps de faire cent. mètrP.s, il vit ]'engin décoller
à la verticale, sans faire aucun bruit. La comparaison avec les
cas d'illusion rlagrante montre qu'il aurait pu là aussi s'agir
de n'importe quel prétexte à méprise, mais l'envol à la
verticale et ]e critère de l' orthoténie renforcent le témoi·
gnage. Il semhle donc hit::n qu'il !;'est passé quelque manifes-
tation de soucoupe, mais qu"elle était dans de très mauvaises
conditionb ùe visibilité.
Peut-on alors tirer quelque lumière de la comparaison avec
les autres incidents analogues ? Les observations de M. Bar-
dans la Vienne, et des enfants Calha eL Hirsch, dans
]a Moselle, ont été faites le même soir du 9 octobre, à une
demi-heure d'intervalle, ce qui est très compatible avec la
vitesge des soucoupes. Si on rejette toute objectivité à ces deux
témoignages on doit admettre ]a coïnciflence d'tme même
illusion ou d'une même mystification de « Martien poilu »
au même momP-nt .. n convient d'en rapprocher le fait que le
témoignage Lucas ne date que de quatre jours plus LÔl et le
témoignage Laugère de trois jours plus tard, l'un dans le
l'autre dans l'Allier. Les tailles varient, mais demeu·
rent hassea : 1 m (Stawsky), 1 m 20 (Lucas et Calba) , l m 50
(Barrault). M. Lucas n'a pas seulement aperçu le pilote, il
l'a vu de très près ainsi que la soucoupe dans la cour de
la boulangerie où il travaille.
Mais surtout, sauf Laugère qui n'a pu préciser ce les
Le problP.m.e p'Ïlotes 109
autres t émoim apportent une extraordinaire conver-
gence sur un dét ail typique : selon M. Lucas, le pilote avait
183 yeux de la grosseur d' un « œuf de corbeau » (A.F.P ., 6 oct .),
!Selon M. Barrault, des yeux « très brillants » (A.F.P ., 10 oct.) ,
selon les enfauts Calha et Hirsch, de « gros yeux » (F.S.
12 oct. ) . selon M. Stawsky, des yeu."'L « bridés et globuleux "»
(P.-P. 29 oct. ) .
Chaque fois le même trait caractéristique émerge comme wte
constante impressionnante au milieu de la variation des autres
détails plns ou moins bien VllS. A moins de cr oire au pouvoi r
magique des coïncidences, on ne peut rieo expliquer de cet
indice par il1mions ou mystifications : il correspond nécessai-
rement à un même genre d' êtres dont l es gros yeux (ou appa-
reils oculaires) et la piloûté n'excluent pas le port d'un sca-
phanare. On en doutera. Mais la dépêche de rA.F.P. concer-
nant ]e t émoi gnage Barrault dénomme le pilote « scaphan·
driec et Mme Lebœuf qui a bien vu un petit scaphandrier
face à face en plein jour a remarqué ses yeux 1nttmsémen1
« brilJant s ».
Pour bizarre que paraisse ce détail oculaire il n'e u a sans
doute que plus de valeur typique.
4° 9 cas de petits pilotes en scaphandres.
En voici l'énumération :
IJewilde, à Quarouble (Nord) , 10 !ept.
David, à Vouneuil (Vienne), 17 sept. 1954,
Lebœuf, à Chabeuil (Drôme), 26 sept. 1954,
Devo.iûn, près de Ligescourt 3 oct. 1954,
Girardo, près de Bressuire 3 oct . 1954,
Fi guères, à Perpignan (Pyrénées-Orientales) , 15 oct. 1954,
Bouesard, à la Madière (Creuse) , 26 oct. l%4,
Lotti, p r ès de Florence (Italie ), 30 oct. 1954,
LorenziiD, près de La Spezia (Italie), 14 nov. 1954.
L'incident Dewilde est l e plus célèbre.
C'est lui qui le prem'ÏP.r a effectivement lancé l a notion des
petits scaphan driers. Il est le plus préci s, d'abord parce qt1P.
l e t émoin s'est trouvé extrêmement près des étranges petites
110
cr éature::;. A cela s'aj oute une autr e raison : l'incident étant
le premier il a fait l'obj P.t d'interviews, de photos, de dessins,
d'enquêtes beaucoup plus poussées que lea témoignages sui·
vante.
Première phase : (l ) Ancien marin, âgé de 34 ans,
M. Dcwilde se trouve ce soir-là chez hù, dans sa :maisonnette
de gardien de passage à n i v e a u ~ en bordure d'une petite voie
ferrée d'intér êt local. Sa femme et son fils sont déjà couchés
ou prêts à le faire. Lui est en t r ain de lire. Sou dain, il entend
son chien Kiki « aboyer A la mort ». M. Dewilde r egarde
l'heure, il est 22 h 30. Il prend sa l ampe-torche (qu'il n' allume
pas encore) et sort pour voir ce qui se passe. TI fait quelques
pas dans le jardinet conti gu à la maisonnette. Cc jardinet
est clos d'une modeste palissade à claire-voie dont l es inLer-
valles eont plus larges que l es mor ceaux de bois. En outre,
M. Dewilde dépasse de plus de l a têt e le sommet de la palis-
sade. D' un côté, tout près de lui, cette palissade longe la
voie ferrée. Puis, à quelques pas encore, elle iai.L un coude
à angle droit le long du « chemin des contrebandiers » ; en
e:fiet l'h abitaù on de M. Dewi Jde est si tuée près de la fron-
tière franco-helge et le sentier voisin a la réputation de servir
parfois au trafic de la cont rebande.
Pour commencer .. M. Dewilde ne voit qu'une chose : en
face de lui, de l'autre r.ôté de la barrièr e, sur les rails, il y a
nne grosse masse sombre. 11 l'aperçoit si indist inctement qu'Ü
la prend pour une charrette de f oin. Il suppose qu'un paysan
l'a laissée là par négligence. Voilà bien un détail absurdP- . Il
a pourtant nne explication t rès réaliste. Parfois, précise,
M. De'"''ilde, on rentre les r écoltes en utilisant le ballast car
les chemins dans ce ma1·ais sont assez médiocr es, alors que les
trains sont très 1·ares sur cette ligne. (Que ne penserait·on du
témoin el de sa méprise sur l'objet couché sur la voie, si
l'on n'avait pas pris soin de recueillir ces explications ! )
D en r ésulte autre chose d' encore p1us i ntér essant, c'est
qu'à aucun moment le témoin n'est suggestiouné d'avance par
la pensée d'une soucoupe. Quand il a entendu aboyer Ron
(1) Nous fondons notre analyse sur le rapport ù'enquêt e tel qu'il
a été r epr oduit par Aimé Michel (M. II, p. 64).
le problème des pilotes
111
chien, il a cru au passage d'un rôdeur . . Maintenant est
dehors, il croi t voir une charrette de foin, et pense seule-
ment qu'il ùevra avertir les agents de la gare voisine pour
qu' ils enlèvent cette malencontreuse Tout cela esl
aussi peu martien que possible.
A ce moment, M. Dewilde allume sa lampe-torche, l e chien
recommence à aboyer et un bruit de pas précipités se fait
entendre sur le « sentier des cu.utrehandiers ». M. Dewilde se
tourne dans cette direction ; il P.Ht tout contre la partie de
la palissade qui longe le sentier. Ses préoccupations n'ont tou-
joun cien de mar tien.
Tl braque sa lampe-torche sur le sentier.
Seconde pha.se : « Ce f.(llP. j e découvris n'avait rien de corn·
mun avec des contrebandiers, dit-il : detLx « » comme je
n'en avais jamais vu, à trois ou quatre mètres de moi à
peine, tout juole denière la palissade, qui seule me séparait
d'eux:, marchaient l'un derrière l'autre en direction ùe la
masse sombre que j'avais remarquée sur la voie ferrée.
« Vun d'eux, celui qui marchait en t ête, se tourna vers
moi. Le faisceau ùe ma lampe accrocha, à l'endroit de son
visage, un r eflet de verre ou de métal. J'eus nettement l'itnpres·
sion qu' il avait ]a tête enfermée dans lill casque de scaphandre.
Les deux êtres étaient d'ailleurs vêtus de combinaisons ana-
logues à celles des scaphandriers. Ils étaient de très petite
taille, probablement moins d'un mi:tre, mais extrêment larges
d'épaules, et le casque protégeanl la « t ête » me parut énorme.
J e vis leurs ja·mhes, petites, proportionnées à leur taille, me
sembla-t-il, mais par contre je n'aperçus pas de bras. J'ignore
en avaient » (M. II, p. 65) .
On le voit, la décmwerte de.s petits scœpiULndri.ers est
contraire à l'attente d'un témoin qui guettait le passage de
tout autre chose. En outre ces petits êtres sont à une distancr
de 3 ou 4 m, directement éclairés par la lampe·torche braquée
sur eux et décrits en détail. Ici la tête de scaphandre est nelle-
rnent caractérisée, mais on voit que pour le reste du corp3,
il n'y a aucune opposition entre le thème du scaphandre et
celui de la combinaison, le témoin emploie les deux mots
accordés ensembl e, ce qui est normal. On noiera Pn ontre h

prudence des express1ons rln témoin il propos de la queation
bras.
Mais si aurpris que soit M. Dewilde, il n'est médusé ni
ellrayé :
« Les premières secondes de stupeur passéee, je me préci.
pitai vers la porte du jardin avec l'intention de contourner la
pali sgade et de leur couper le sentier pour capturer au moins
run d'eux. »
Cette porte n'est évidemment qu'un morceau de la petite
palissade.
Ces précisious sont remarquables. avoru vu d'abord
avP.c nue extrême netteté le témoin dans la première phase
de sa recherche, quand il sort : il R'attend à quelque chose
de purf\rnent humain, comme il est normal, plusieurs faits le
frappent, plusieuro pensées lui viennent à l'esprit sans qu' on
voie rien poindre d'anormal ni dans les idées ni dans le com·
portement. Le t émoin se montre simplement un homme lucide,
cuc.i.eux et normalement courageux. Ensuite, seconde phase
avec l'irruption brusque des petits scaphandriers dans la
lumière J e la lampP.. Après secondes de stupeur par·
faitement compréhensibles (c'est leur aLsence qui serait
bizarre), le lémoin réagit avec le même processus psycholo-
gique. A-t-il seulement le loisir de se « faire une idée » de
ces extraordinaire..-, petites r.réatures qui Be précipitent devant
h1i ? D ne l'a p as dit. D' ailleurs peu importe. Dans les situa·
tions de surprise on agit par r éflexes instantanés. Il n'y
a qu'à voir ces êtres poar saisir qu'ils sont d'tm genre pro·
digieuscment extraordinaire et M. DewildP. réagit comme il
l'a déjà Iait en entendant aboyer son chien : il veut voir de
plue près encore, il veut se rendre compte, et (c'est Je réflexe
le plus profond de l'P.t.re humain actif en face d'un objet ou
d'nn être inconnu) il veut en capturer q; au moins un ».
Cette volonté de capture P.t cette réserve sur l es possihiJité3 (il
ne pourra en attraper qu'un seul, peut-être, l'autre auru le
temps de file1·) , c'est encore le pins r éaliste des calculs,
qu' i1 (l' une chasse à l'homme ou à l'animal. Le
tout est d'une belle Ces petits êtres qui portent
scaphandre, sur l f\ sol de la terre, là où nul être humain n'a
Le des pilotes
113
besoin d'un tel attirail, le témoin ignore toul de leur caractère
et de leur pouvoir de défense, ou même d'agression. Il ne
mesure pas le:s risques, mais pèse très hien les moyens. Il y
a lit, tout près de lui, cette espèce de portillon, il se précipite
pour passer par là, couper le chemin aux deux petits êtres
et sauter sur l'un eux.
Troisième phase : « Je n'étais plus qu'à deux mètres des
deux silhouettes quand, jaillissant soudain à travers une espèce
de carré de la mas;:,e sombre que j'avais d'abord aperçue sur
les rails, une illumination extrêmement puissante, comme une
lueur de magnésium, m'aveugla. Je fermai les yeux et voulus
crier, mais ne le pus pas. J'étais comme paralysé. Je tentai
de bouger, mais mes jamhee ne m'obéissaient plus.
« Mfolé, j'entendis comme dans un rêve, à un mètre de
moi, un bruit de pas sur la dalle de ciment qui est posée
devant la porte de mon jardin. C'étaient les deux êtres qui
sc dirigeaient vers la voie ferrée. »
Une puissante lumière à reflets verts (P.P., 14 sept.) jaillit de
la masse somh1·e qui avait semblé si débonnairement terrienne
et voilà, ù'un selÙ coup, le témoin qui aligne le;s mots
<< aveuglé », « fermai les yeux », « voulus crier mais ne le pus
pas », « comme paralysé », « affolé », « daru un rêve ».
Il vient d'avoir là une nouvelle surprise, aussi subite, aussi
intense que la précédente. Dana cette phase, l'attitude <lu
témoin est bmùeversée.., mais rien de plus logique avec le
déroulement des faits. Notons au surplus que la nouvelle sur-
prise ne provient pas des « petits êtres » qui excitent la
curiosité de M. Dewilde, mais de la masse sombre qui lui avait
semhlé d'une nature débonnaire, se trouvait de côté, à l'écart
de son attention et ne le préoccupait plus du tout.
La seule question difficile est de savoir si la paralysie de
Dewilde est purement émotive. Vient-elle mArne du fait qu'il
est aveuglé par l'intensité de la lumière ? n faut croire que les
petits scaphandriers qui pourtant se hâtaient de rentrer à
bord jugent le témoin devenu tout à fait inoffensif, puisqu'ils
passent encore plus près de lui : à un mètre seulemenl, alm·s
que DP.wilde était encore à deux mètres quand il a été stoppé
net : il est aveu,rlé, mais il entend sonner leure pas sur la
ll4
dalle de ciment qui horde la harr1ère qu'il voulait

ouvnr.
TI y a un beau jeu de lumière dons cette affaire. D'abord
c' est l'homme qui braque sa larn}le-torchlj sur les petits sca-
phamlr.iers, mais tandis qu'il se précipite pour leur barrer
la route, c'est la « masse sombre » qui braque sur lui un
autre rayon de lumière in.fiuimeuL plus intense. Ce rayon
})araît avoir aussi d'auttes pouvoirs. Cependant, il faut se
méfier de cet aspect impressionniste du phénomène. Le pro-
blème est plns complexe qu' il ne paraît, à première vue. La
lumière comme lumière n'a pas la propriété de paralyser le!i
êtres. On pense donc d'abord que le phare en question pro-
duit à la fois des rayons lumineux et des rayons inconnus
capables de paralyser un être vivant. Mais cette distinction
ne suffit }las encore. Si tous les rayons de cette lumière sont
associés à des ra y ons paralysants, les petits pilotes qui passent
à deux mètres, puis à un mètre du témoin sont, de toute
façon, ellX. aussi dans le plein feu du phare et risqueraient
d'être paralysés cc qui ne les avancerait guère. Il y a deux
solutions possihles : ou bieu les protègent contre
les rayons paralysants, ou hien ces rayons sont spécialement
braqués dans la direction de Uewilde.
Quatrième phase :
« Enfin le projecteur s'éteignit. Je retrouvai le contrôle
de mes muscles et courus vers la voie ferrée. Mais déjà la
masse sombre qui y était poaée s'él evait du sol en se balançant
légèrement à la façon d'un hélicoptère. J 'avai s pu toutefoiR
voir une sorte de porte se refermer. Une épaisse vapeur som-
bre jaillissait par-dessous avec un l éger siffl ement. L' engin
monta à Ja Yerticale, jusqu'à une tt·entaine J e mètres puis sans
cesser de prendre de l'altitude, piqua vers l'ouest en direction
d'Anzin. A partir d'une certaine distance, il prit une lnnûnosité
A
rougeatre.
« Une minute plus tard, tout avait disparu. »
Là encore les préci sions sont excellentes. Aussi soudaine-
ment qu'il s'était senti paralysé J•ar le rayon, Dewilde se
ret rouve li bre quand le .rayon s'éteint. Et il t•etrouve ]es mêmes
Le problème des pilotes
115
:réflexes de dynamisme, il court vers la voie ferrée, mais il est
trop tard.
On a remarqué que contrairement à ce que suggèrent les
dessins des magazines, la soucoupe n'a été vue que dans
l'ombre au dernier moment, à contre-jour du phare. Elle n'a
donc joué aucun rô]e de suggestion. Ce sont les petits pilotes
qui ont tenu le :rôle capital et sans eux on pourrait même
douter que Dewilde ait réeUement vu une soucoupe. Les
enquêteurs officiels par6rent même de l'hypothèse d
1
un héli-
coptère servant à la contrebande, mais ils durent reconnaître
que les fils télégraphiquea rlf) la voie n'avaient pas été touchés
et qu'un hélicoptère n'aurait pas pu ne pas les endommager.
(M. II, p. 67).
En présence d'un récit aussi cohérent, il n'y a aucune raison
de soupçonner un délire ou une hallucination ; nous y revien-
drons en détail.
Le senl fait bizarre est que sPJon France Soir du 30 octo-
bre 1954, le même t émoin aurait vu, une seconde fois, presque
au même endroit, le 29 octobre suivant, un nouvel atterrissage
d'une soucoup·e et de deux petits pilotes. CAtte f o i ~ l'hwid.ent
se serait produit en plein jour et les peüts êtres auraient parlé
un langage incompréhen::;ihle au lémoin avant de repartir.
Un tel retour au même endroit n'est pas impossible. Un
fait semblable s'est pr oduit d'ailleurs à Marignane. (Gachi-
gnard, 26-10-52, M. I, p. 182, et Chesneau, 4-l-54, G. I, p. 134).
Mais peut-être s'agit-il seulement d'une boutade du témoin
agacé par trop de commentaires intempestifs.
n est impossible de se faire une opinion sur ce second inci-
dent, faute de précisions détaillées. Il ne retire rien, en
tout cas, à la valeur du premier témoignage de l\:1. Dewilde,
témoignage dont la cohérence, le mouvement et les plus petits
détails sont admirables.
Ce premier témoignage est, en outre, fortement corroboré
par les témoins Auverlot et Huhlard qui virent le même soii·,
à la même heure, 2 km plus loin, à Onnaing, une lueur rouge
traverser le ciel au-dessus de Quarouble, et par l rois Lémoi-
gnages analogues au village de Vicq. (M. TI, p. 69).
Bien moins net est l'incident si alé le 17 se temhre vers
116
22 h, sur la route de Cenon à Vouneuil (Vienne), par
)1. David, cultivateur âgé de 28 ans.
Selon une version, un petit lui toucha le
bras, émit des paroles puis rentra dans un
engin que M. Davicl ne put dér.rire ; emmite de quoi un
rayon vert cloua le témoin sur place, durant l'envol vertical
et silencieux de la soucoupe (F.S. 30/ 9 et Figaro 30/9).
Aimé Michel donne des précisions qui transforment com-
plètement les du problème. M. David, dit-il, se trou-
vait bien sur la route en question ; il la suivait d'abord à
bicyclette, pnis à tm certain moment, avant d'avoir vu quoi
que ce soit, il sentit dans son corps « une sorte de fourmille-
ment, de picotement... comme si j'avais été électrisé » (M. ll,
p. R3). Ne parvenant plus à pédaler, M. David met pied à
terre. La dynamo de son petit phare de cyc1iste n'étant plus
actionnée, l'éclairage s'éteint. Le témoin se trouve dans le
noir, mais continue à sentir le picotement et en reste para-
lysé.
C'est alors seulement qu'il aperçoit, non loin de lui, sur la
route, un engin qu'il ne peut détailler, puis un être, « beau-
coup plus petit qu'un homme » qui s'approche., le touche à
l'épaule en prononçant quelques mots incompréhensibles et
repart dans l'engin. Celui-ci s'envole, projette une lueur ver-
dâtre et disparaît à uoe vitesse foudroyante.
Si dilficile qu'il soit d'interpréter un récit pour lequel on
pos8ède de telles variantes, la seconde Yersion paraît la plus
vraisemblable à cauae du fait même de ses détaile. Elle diesocie
trè5 nettement le blocage qu'on a fait très souvent entre rayon
lumineux vert ct rayon paralysant.
Quant au petit être qu'on a souvent qualifié de scaphandrier,
sa taille tl pu être appréciée à peu près, sa tenue n'a guère pu
,. , . ,
etre precisee.
Par contre, ]'incident du 26 septembre, à Chabeuil, dans la
Drôme, est très précis : il se passe à brûle-pourpoint, et en
plein jour, à 14 h 30, environ.
A ce moment-là, Mme Lebœuf eat à la sortie du village,
entre le cimetière ct les bois du château. 11 y a plusieurs per·
sonnes en visite au cimetière. M. Lebœuf est à 100 m environ
Le problème des 117
derrière sa femme et celle-ci suit tra.nc1uillement un petit
chemin Lorrié de buissons où elle cueille des Ce che-
min l onge un champ planté de Juzerne, ensuite plusieurs rangs
de mai's, puis une rangée d'acacias.
Soudain, Dolly, la chienne de :M:me Lebœuf, tombe en
arrêt, à quelques pas, devanl le champ de mais et se met
à ahuyer à la mort, comme le chien de M. Dewil(I.P..
L'animal était à l'anêt devant quelque choee que Mme
Lebœuf prit d'abord pour un épouvantail à moineaux ; elle
s'approcha pour mieux regarder.
J e vis alors, dit-elle, « à 2 m 50 de moi, un être vivant,
immohile qui me r egardait fixement (petite taille, 1 m lO à
1 m 15) . Je me demande encore depuis combien de temps il
mP- regardait ainsi» (G. Il, p. 139).
Cette fois la description est très détaillée :
« n paraissait être enveloppé d'un scaphandre tnnsparent
des pieds à la Lête ; visage presque humain ; je n'ai pas vu
vision un peu floue à travP.rs le scaphandre ; yeux
humains, fixes et brillants, expressifs et intelligents ; je n'ai
pas pu distinguer de ceux-ci étaient peut-être collés au
corps ; je n' ai pratiquement pas examiné l e corps, j'ai sur-
tout regardé les yeu'lC qui ne cessaient de me fixer. »
Ces détails sont remarqnahles, Mme Lebœuf reconnaît
qu'Plle. n'a pas détaillé le corps, qu'eJle ne peut préciser exac-
tement la question des bras (1), que ln vitre (ou élément
analogue) du scaphandre rendait l a vision un peu floue.
Mais elle a été fascinée par le visage. Nous r etrouvoni!! ici la
même fascination que celle dP.s témoins qui ont obser vé le
« Martien poilu », mais dans de mauvaises conditions de visi·
hilité, alors qu'il fait plein jour ici. Sans doute, à cause du
grand j our, Mme Lebœuf est la seule à noter ce détail mer-
veilleusement réaliste sur la vision rendue un peu floue par
la vitre du scaphandre. Mais l'essentiel, dans ·Ce lace à face en
plein jour, ce sont l es yeux. Des yeux « brillants », dit-elle,
comme M. Barrault. Des yeux « un peu plus gros que les
nôtres », dira-t-elle à un autre enquêteur (id. p. 138), comme
(1) A rapprocher de l'incertitude analogue de De\vildc.
118
M. Lucas, M. Stawsky et les enfants Calha et Hirsch. Cette
ratification est impressionnante.
Mais 1\'Ime Lebœuf va plus loin encore. Elle note l'exprca·
sion des yeux qui la fixent : « expressifs ct intelligents ».
Per sonne n'est jamais allé aussi loin.
On ne ptuL rien imaginer de plus émouvant, .mais de natu-
d'humainement émouvant. Des soucoupes lointaines,
célestes, insaisissables de Kenneth Arnold, en 1947, au-dessus
des Cascades Mountains, on arrive à ce petit être, enveloppé
d'un scaphandre, sur un chemin de la Drôme, immobile, sur le
sol, à 2 m 50 d'une femme qui cueillait deEl mûres sur les buis-
som.
Après le moment indéfinissable pendant lequel elle a regardé
les yeux du petit être, Mme Lebœuf a l'impression qu'il
s'approche d'elle. Prise d'une panique pure, l'effroi d'une
espèce devant une autre espèce ver tigineuse elle
fuit. Mais à quelques mètres et se cache ]a figure
contre la haie. « La peur me faisait claquer des dents » (id.
p. 140).
Quelques instants plus tard, à 5 m d'elle, elle voit s'élever
un engin en forme de toupie, mais avec le dessous plat. Cet
engin sort du champ Ùe maïs, il le survole horizontalement,
avec un léger ronflement, puis bascule à 90° ct monte à une
vitesse vertigineuse, avec un sifflement bizarre.
D'où ils se trouva1ent, M. Lebœuf et les visiteurs du cime-
tière le sifflement.
Remarquable est la correspondance avec l'incident. Dewilde.
Première phase : c'est l'aboi d'un chien qui rlo.nne l'alerte.
Mme Lebœuf s'approche comme M. Dewilde, mais la recher-
che beaucoup plus courte.
Seconde phase = Dewilcle aperçoit les deux petits scaphan-
driers à la lumière de sa lampe-torche. Mme Lebœuf voit un
petit scaphandrier en plein jour, et elle se trouve "is-à-vis
de lui, sanR même l'obstacle de la barrière de bois, aussi le
distingue-t-elle beaucoup mieux.
Troisième phase : M. Dcwilde veut se précipiter, il court le
long de la barrière qui le gêne, aussitôt le phare s'allume et
Le problème des
119
le témoin se l:it!Dl paralysé au moment même où il découvre
la soucoupP.. Mme Lebœuf, au contraire, est effrayée de voir
le scapha ndrier, elle n'est par alysée que par la
peur.
Quatrième phase : La soucoupe s'envole, à 6 m de
M. Dewilde ct à 5 m de Mme Lebœuf dle, ne l'aper-
çoit que pour la première fois.
Tom comme M. Dewilde et comme M. Mazaud, Mme Lebœuf
n'a pu être influenr.P.P par la vision d'une soucoupe ou de
quelque chose y ressemblant, elle a. d'abord vu le « Martien ».
Après l'incident lVlazaucl, lP.s enquêteurs n'ont trouvé aucun
indice matériel, mais après l'incident Dewilde, ils ont trouvé
de curieuses traces pouvant être celles d'un trépied sur les
hnrrP.s de bois du ballast ; pour l'incident Lebœuf, non seule-
ment l es t émoins peu éloignés ont entendu. le sifflement, mais
ensuite ils ont vu des branches d' acacias cassées à l'endroit
de rauerris.sage.
C'est le plus net tlc tous l es témoignages ct il confit-me
entièr ement, à la lumib-e du plein jour, les données de hase
du t émoignage Dewilde.
Dans trois autr es cas, les indications seront moins détaillées
et moins nettes ; le::J incidents ont eu lieu la nuit, ou le

son.
Le 3 octobre 1954, deux jeuneH cyclistes, Devoisin et Con-
dette, âgés de 18 à 19 ans, ronlP.nt vers 18 h 45, près de
Ligescourt, <lans la Somme. Devant eux, à 150 m sur ]a route,
il:s voient une sollcoupe en forme de meule, lumineuse et oran-
gée. Un ils aperçoÎ\·eul un petit scaphandrier qui se
hâte de rentrer dans l'engin et celui-ci s'envole aussitôt sans
bruit quand les cyclistes ne sont plus qu'à 70 m.
Le 3 octobre encore, à 5 h 45 rlu matin, lVI. Girardo roule
en bicyclette sur une route, à l'entrée de BreAsuire ; il va à
son travail Soudain il se trouve nez o nez avec une sorte de
<< bar rique debout dans l'herLe >>, au bord de la route. Prèa
de l'engin, un petit être lui fait un signe. Selon Wle version,
ce petit être avait la tête nue (G. II, p. 131 ), ·mais selon toutes
120
les autres versions, il portait un scaphandre (F.S., 5 octobre ;
Figar(), 4 octobre ; M. II, p. 221).
Le 13 octobre, à Perpignan, M. F.iguères, retraité, âgé de
7 6 a11s, voit se pober à moins de 30 m de lui « une grande
sphère rougeâtre illuminée ». Il en sort un « Martien » vêtu
en :;caphandrier, qui fait rapidement le tour de l'engin,
remonte à bord et décolle.
Le 26 octobre au soir, M. Houssard, à la Madière, dans la
Creuse, voit un scaphandrier qui lui paraît avoir l m 60, mais
il n'a pas vu de soucoupe.
11 faut en rapprocher deux incidents italiens. Celui de
Mme Lotti se passe p1·ès de Florence. Deux petits êtres de
1 m de haut et vêtus de scaphandres lui prennent un hou-
quet d'œillets, lui parlent un langage incompréhensible et
.repartent en soucoupe. Le des œillets a semblé rocam-
bolesque, mais le << Martien » de Mme Lebœuf aurait pu en
faire autant pour les mûres. Dans l'incident Lorenzini, près de
La Spezia, le témoin, un paysan de 48 an:s, a vu sorl.ir d'un
cigare lumineux qui venait de se poser prè!s de sa ferme,
plusieurs petits scaphandriers qui prirent des lapins dans son
clapier.
Ain.si tous ces témoignages nous confirment l'existence de
petits pilotes et le port de scaphandres. Seuls les témoignages
David et Girardo apportent des incer titudes à cet égard, mais
elles viennent de l'obscurité ou du défaut d'information
suffisante. Nous ne possédons aucun témoignage et nel
venant péremptoirement démentir les donnée8 si clairement
fournies pat les témoignages Lebœuf et Dewilde.
Ce n'est pas tout.
5° Deux cas analogues aux précédents :
Hoge. à l'entrée de Mnnster (Allemagne), 9 octobre 1954,
Hée, 1\brais et Chéradame, près de Bernay (Eure), 27 octo·
bee 1954.
Le prem.ier témoin est un opérateur de cinéma qui voit, en
fin d'après-midi, à moins de 50 m, dans le champ voisin de
la route, une sorte de cigare immubile, à 1 m 50 du sol. Sous
s'affairent quatre petits êtres semblant avoir 1 m 20
Le problème des pilotes 121
de haut. Ils ont le torse delS jambes fines, une tête
« proporlionnellement trop grosse pour leurs corps » (G. Il,
p. 180) et portant tmc espèce de combinaison analogue à du
caoutchouc. Le t émoin les observe une dizaine de minutes,
sans oser s'approcher. par une sorte d'échelle, l'éqni·
page remon1e à boni et r engin s'envole rapidement, prt-1sque
à la verticale.
Les détails ne sont pas suifisammP. nt oûn, mais la grosse
tête se concilierait hien avec l'hypolltèse d'un scaphandre.
Quant aux témoins de près d'un engin projetant une
lunu ère éblouissante, ils ont vu deux petits êtres de 1 m de
haut, « brillants comme des armures ». Rien ne ts'accorderait
mieux avec lee t émoignages Lebœnf et Dewilde.
3° - CAS HETEROCLITES
Linkc, près d'Hasselbach (Allemagne orientale), juin 1952,
4 paysans des Monts de Cardunha (.Portugal), 24 septem·
bre 1954,
Enfants Romand, à Prémanon (Jura), 27 septembre 1954,
Gatey, à Marcilly-sur-Vienne (Indre-et-Loire) , 30 scptem-
hi·c 1954.
L'incident Linke se passe en Allemagne orientale, tout
près de la frontière avec l'Allemagne de l'Ouest. Descendu de
moto avec sa fille âgée de 11 ans, le major Liuke aperçoit dans
une cl airière, près de la rome uue << soucoupe » et deux
pilotes.
La desc.ription de r engin est très détaillée : il s'agit fl'un
disque rose surmonté d'un plus petit cylindre noir. Avant
l'envol, les hublots du disque s'illuminent et le cylindre rentre
dans le centre du disque. L'engin décolle en tournoyant,
plùs part à toute Yitesse. La manœuvre disque-cylindre au
départ est tmi que en son genre. S'agit-il d\me soucoupe ? Ou
d'un prototype secret ?
Cependant les deux pilotes portent des « combinaiaoos
», ce qui s' accorderait hien avec l'hypothèse de
scaphandre:5. Les pilotes ont pan1 nom1aux, ce n'est pas une
objection à la possibilité de leur r etite taille, d'autant plua
122
que le témoin a jugé la soucoupe « énorme » ; comme il
y a iuLerdépendance des deux appréciations, il se peut que le
témoin ait instinctivemeut grossi la taille de l'engin sans
penser qu'il fallait peut-être plutôt minimiser celle des pilotes.
l ' incident portugais du 24 septembre pose un problème
fort simple : quatre paysans ont vu sortir d'une soucoupe
deux « hommes d'aluminium ». Il est aisé de traduire par
scaphandriers. La seule difficulté tient à ce que nos soutces
leur octroient 1mc taille de 2 m 50. Et M'il ne s'agissait que
d'une coqnille t ypographique?
L'incident Romand est le plus hizarre de tous. Observé par
deux enfants de 9 et 12 ans, Raymond et J P.anine, il est décrit
d'une manière enfantine qui contraste même avec les fléposi-
tions des autres enfants d'âge ltlentique qui ont vu ou cru
voir des soucoupes. L'incident sc paBSe dans une cour de ferme
ieolée. Le chien aboie. La fille voit quelque chose ]a pl·e-
.mière, elle avertit son frère. Raymond va voir, aperçoit quel-
que chose comme « un morceau de sucre fendu en bas »
curieuse métaphore qui évoque peut-être la même chose que
<< sac de cellophane » dont parle Mme Lebœuf, d'autant
plus que l'enfant ajoute que « ça brillait » et que la « chose »
marchait. Très excité, le garçor' lui jette des cailloux qui
produisent un bn1h de « tôle » en atteignant le scaphan-
dre (? ), alors soudain il est jeté par terre (cf. Ch., Effets physi-
ques), le fantôme s'éloigne et, dans le pré en contrebas, on
voit une « boule de feu » qui se déplace en vahant comme
une feuille morte » (G. Il, p. 1
Toute la düficulté vient de ce que la cohérence ainsi
obtenue repose sur une interprétation. Pourtant on y retrouve
bien les deux éléments nécessaires : le petit scaphandrier et
la soucoupe lumineuse. Le dernier trait est le plus frappant,
car l'oscillation en feuille morte est caractéristique des sou-
coupes el souvent observée à des moments d'envol ou de
virage. EUe n'est pas encore enseignée à l'école communale,
même dans l e Jura. Et si à la suite de racontars, les enfants
avaient simplPment voulu jouer aux Martiens et fini pac y
croire (pure supposition), ils n'aurai ent pas déguisé cc jeu
sous ces métaphores qu'il faut commencer par retraduire.
Visiblement, ils ont été pris dépourvu. Et, comme par
Le problème des piloles 123
hasard, ainsi noua l'avons vu ponr les incidents Beuc et
Laugère. l'iucldent Romand sc situe sur une des lignts ortho-
téniques établies par Aimé Michel. C'est un test de première
importance, il montre qu'il convient d'être extrêmement pru·
(lent avant ûe rejeter l'objectivité riP. s même les plus
bizarres, eu apparence.
Vincideul Gatey se présente tout autrement.
Le 30 septembre 54, en pJeiu jour, à 16 h 30, :M. Georgt-.s
Gatev, chef de chantier, se Lrouve dans une carrière de Mar-

cil1y·sur-Vienne (I.-et-1.} avec cinq ouvrierli, .MM. René Rou-
gier, André Beurroi.s, André Séché, Georges Luhanowich et
Maurice Dubroca. Tout le monde est au travail, le!S uJJ.S à la
pelle les autres au monte-charge, pour extraire du
sable. M. Gatey surveille. Presque tous ont moins de trente am.
Soudain, M. Gatey qui se trouve un peu à l'écart, voit devant
J ui une apparition : une « soucoupe et son
pilote.
L'engin est déjà là en face dP. à 15 rn de distance, sur
un palier de la carrière qui est un peu plus éle'lré - de
2 m - que celui où se trouve Je principal témoin. L'engin
ne repose pas au soJ, il esl immobile à l m au-desi4U14 de la
terre.
Cet engin a hien la forme des soucoupes : il est
circulail'e et surmonté d'un dôme ; le fait anormal est que ce
dôme soit éqmpé, semble-t-il, « de pales semblables à celles
d'un hélicoptère et qui tournent rapidement».
A première vue, il ne peut s'agir que d'un hélicoptère, car
aucune soucoupe n'a été signalée avec des pales : ce mode
de propulsion leur parait complètement étranger. quel
am·ait pn se poser là, sans que personne ne l'ait
vu s'appr-ochP.r ? f:m·les les machines de la carrière sont
hrnyantcs et en plein travail ; quand même, un hélicopt ère se
remarque et s' entend, M. Gatey eût été particulièrement bien
placé pour s'en apercevoil'. Mais continuons.
Juste à côté cle l'eugi n, le témoin voit ]e pilote. Celui-ci est
descendu à tene. Il paraît de petite tail1e : 1 rn 50 ou 55. Il
est coiffé « d' un casque dont la matière ressemble à du verre
brouillé, vêtu d'une il e ton neutre, chaussé de
124
botillons... » Indiscutablement, il se présentP- comme un petit
scaphamJrier.
Cette apparition ne liure que quelques inFtants, puis le pilote
remonte à bord. Aussitôt l'engin s'élève verticalement, par
saccades et en eiHl ant cumme « les avions à réaction ». Le
bruit semble flone p]us 1missant que d'habitude, mais il avait
d' abord fallu que rengin descende verticalement et sans
brui t. En outre, lP-," Raecades sont assez caractéristiques.
Nous manquons terriblement des précU.ions qu'ont pu don-
ner les ouvriers présents, nous savons seulement qu'ils out
vu l'engin eux aussi. Cependant, ce hrusque départ nous paraît
qu'il s'agit bien d'une soucoupe et non d'un héli-
coptère (1), car quel pilote français, et a fortiori étranger,
viendrait ainsi .folâtret· en plein jour sur une carrière et repar-
tirait, sans dixe un mot, à toute aÎlure ?

De reste, le petit pilote est typique et il convient d'insister
maintenant sur ce qui se passa }JeuJant le bref moment de
pause.
Le petit pilote « avait à la main une sorte de gros revolver
ou un tuyau, et sur sa poitrine un disque très hri1lant, émet-
tant un j et de hunière intense ».
n fallait que cette lumière fût très vive en effet, pour
être r emarquée en IJleiu jour. (Un pilotes signalés par
Linke portait le même genre d'objet de la même façon. )
Or, à l'install l uù l\1. Gatey vit cette scène, il ne pensa qu'à
bondir jusqu' à la tente du chantier pour prendre un papier
et un crayon afin de J es!Üner ce qu'il juge tout de suite extra-
ordinaire. Mais impossible : « J'avais les jambes coupées, et
je ne pouvais faire un pas, cloué au sol, certainement par les
effets du rayon lumineux émis par l'homme. » Est-ce seule-
ment un effet de surprise ? Mais il y a bien là Je r·ayon lumi·
neux el à cette heure de la jouxnée, dehors, il ne peut guère
avoir pour fonction d'éclairer. Eu toul cas, un tel détail
concorderait singulièrement avec ]es effets de paralysie dans
les incidents Dewilde et David. Il ne pourrait que confirmer
qu'il s'agit bien d'une soucoupe et d'un petit scaphandrier.
(1) D'a utant que M. Gat ey n'affirme rien et que son dessin de
l'engin donne l'impression de rayons lumineux plutôt que de pales.
Le problème des pilotes 125
.Pour conclure, nous disonlil :
1 o L'existence de pilotes humains à bord des soucoupes
volantes n'est allégué que dans W1 quart des cas, soit une
dizaine de témoignages au plus. Mais ces témoignages man·
cruent de précisions caractéristiques, soit sur le pilote,
sur l'engin. Les seules déclarations qui peuvent semblee très
précises sont celles de Rlontleau, Lelay et Ujvari. Nous avons
vu en quoi elles sont crjtiquahles. Trois t émoignages c'est très
peu, cela ne forme pas une véritable série.
2° Au contraire, l'existence de « petits pilotes » est nette·
ment indiquée dans l es trois quarte des cas, soit une trentaine
de témoignages. Non seulement les dépositions de De wilde et
de Lebœuf sont extrêmement caractéristiques et précises, rnais
encor e elles sont renforcées par l'eusemhle des autres témoi-
gnages qui aflirmen l catégoriquement l'existence de petits
piloLes dont les scaphandres ont été plus ou moins bien vus.
Il est d'ailleurs typique que, comme M. Mazaud, M. Dewilde
et Lebœuf, la quasi-totalité des témoins ait eut l e senti-
ment de se trouver soudain f ace à face avec des êtres d'une
'
autre espece.
3° Nous nous trouvons devanl un dilemme, car il serait
rocambolesque de soutenir qu'il y a déjà en rencontre, alliance
et coopér-ation technique, clandestinement entre certains ter-
riens et les « Martiens ». C'est donc tout l'un ou tout l'autre.
Ou hien l es pilotes de soucoupes appartiennent tom à notre
espèce, ou hien ils appartiennent exclusivement à celle dei
petits pilotes porteurs de scaphandre.
VI
Les effets physiques
On a coutume de croire que les soucoupes volantes, même si
elles plus à dt:!> « fantômes >> qu'à des
objets r éels. Tout juste v.is.ibles elles seraient absolument
silencieuses, impalpables, incapables d'apporter jamais la moin·
dre preuve matérielle de leur existence.
En fait, comme nous le savons maintenant , l'œil humain n'est
pas seul à avoir perçu des soucoupes volantes . .Elles produisent
des effets sur les radars et les compteurs de Geiger.
Elles ont produit en outre une série physiques,
souvent singtùiers que nous allons maintenant préciser.
1° EFFETS AUDITIFS.
Le silence est une grandes caraclé.ristiques habituelle-
ment attribuées aux soucoupes. Il n'est pourtant pas toujours
absolu.
A l'instant de l'allerrissage d'une le témoin Gachi·
gnard a observé un bruit mat, ct le témoin Bastiani, Wl léger
sifflement.
Au départ de l' engin, le témoin Gachignard observe un
bruit comme celui cl'nne petite f ·et Baet iani, un nouveau
süflement. Ce sifflement d'ell\'ol a été noté aur;;Fi, au même
moment, par Jes témoins DewHde et Lebœuf. Deux habitants
du Gard out entendu tm léger bruit ; Gatey, un fort siffle·
ment ; P.t ::\'I azaud, un comme celui des
abeilles.
Enfin, dans des ci rconstances très dilférentes : en plein vol,
au moment d'un virage et alors que l'engjn était entonré
Les effets physiques 127
de vapeur, le témoin Chermanne, à Bouffioulx (Belgique) a
perçu comme lUI hcui t d'explosion. Il semble qu'il existe des
cas an.aloguca (cf. infra.) .
Le silence des soucoupes est certainement très généra4 il
explique que lanl de témoins ai ent été surpris à l'improviste
par la présence de soucoupes au sol TI n'a rien d' imp-ensable.
Nos propres machines font beaucoup moins de tapage qtJ'autre-
fois et le mode de propulsion est évidemment d'une grande
importance. Il n'en est pas mo:ins utile de noter que les sou-
coupes n'éch appent pas, en toute occasion, à ]a possibilité de
faire quelque bruit.
2° EFFETS PAR,\LYSANTS.
On les attribue, en général, au f ameux « rayon vert ».
En fait, il est hien qnestion d'un 1·ayon vert, ou seulement
à r eflets verdâtres, dans l'incident Dew:ilde. De même dans
l'incident David, mais seulement d'après une version très
contestée. Un témoin désigné sous le pseudonyme de
Carlo, à propos incident du 24 jui llet 1952 parle bien
d'un rayon vert, mai s il en fut seulement ébloui. Au sur·
plus, la « soucoupe » décrite ressemble comme deux gouttes
d'cau à un hélicoptère et toute l'histoire est très su!'!pecte
(G. 1, p. 74). Il ne r esterait en fait que la lumière verdâtre
signalée par des ouvriers du Mane (10 octobre 1954), l umière
accompagnée d' effets de picotements et de paralysie.
Peu importe, s'il a pu y avoir, en quelques cas t rès rares
concomitance entre l'apparition d'un ra}·on vert ou d'une
lumière verdâtre, ce n'est que par juxtaposition et non en
ve1·tu d'une relation de causalité, car on verra se produire
hien d'autres cas d'effets paralysants, très sérieusement attes-
tés, mais sans aucune mention de rayon vert (l ) .
Car cet effet paralysant est Lrè:; fortement attesté.
En deLors des cas que nous avons déjà eu l'occasion de
signaler, nous comptons 18 cas d'effets paralysant s observés
(1) Il est remarquable d' observer que Ja légent'IP. ou rayon vert,
si complaisamment diffusée n'est pas arrivée à suggestionner Iea
témoin$.
128
par des conducteurs de véhicules à moteur (13 automobiles,
1 tracteur, 1 vélomoteur ct 1 cyclomoteur).
L'intérêt de ces incidents esl d' autant plus 1·emarquable
que l'effet puraJy!>ant ne porte pas seulement sur les hommes,
mais aussi sur l es machine."!. En voici la lil' te :
7 octobre 1954 (Sarthe) - Tremblay. Auto. Survol d'une
lueur bleue. Moteur Phares éteints. (M. II, p. 239.)
8 octobre 1954 (Dordogne) - .M. M. électricien à Bergerac.
Auto. Rayon lumineux provenant d'un engin mMallique posé
à 150 rn en avant sur la route. Ralentissement, puis arrêt.
(NouveUe R épublique du 11 octobre 1954.
9 oct obre 1954 (Seinc-ct-Marnr.} • BartoH et Lalevée, toll.8
ilfmx mécaniciens professionnels. Survol d'un engin jaune
orangé eu forme de cigare. Moteur calé. Phares éteints.
().{, n, p. 257.)
10 octobre 1954 (Saône-et-Loire) - Jeannet et Garnier.
Auto. Survol d'un bolide rougeâtre. Moteur calé. Phares
éteints. (M. TI, p. 294.)
Il octobre 1954 (Haute-Loire) - Jourdy. Auto. Survol d'un
objet lumineux multicolore. Moteur calP.. Phares éteints.
(M. n, p. 267.)
Il octobre 1954 (Saône-et-Loire) - Gallois et Vigneron. Auto.
Engin rond et petits pilote;; à 50 m du bord de la route. Les
t émoins ressentent une décharge électrique. lVIoteur calé.
Phares éteints. (M. Il, p. 268.)
14 octobre (Saône-et-T.oire) - M. B. de 1\Iontcealt-lee-
Mines. Vélomoteur. Lumièn: jaillis!lant d' un objet circulaire,
pareil à deux n65iettes renversées, posé à une cinquantaine
de Anr la route devant le témoin. Moteur calé.
(M. n, p. 293.)
16 octobre 1954 (Seine Maritime) - Robert. Auto. Atterris-
sage à l OO m d'une soucoupe lumineuse, avec apparition de
petits pilotes. Téwo.in ressent une comotion électrique. Moteur
calé. Phares éteints. (M. ll, p. 309.)
18 octobre ] 954 (Puy-de-Dôme) • Bachel ard. Auto. Sou-
coupe obscure posée dans 1m champ voisin de l a route.
Témoin se sent à moitié paralysé. Moteur .: s'essouffle » et
vheSI!e tombe à 30 km(h. (M. n, P· 335.)
Les effets physiques 129
20 octobre 1954 (Moselle) - Schuhrenner. Auto. Engin
1nmintmx posé sur la roule à une vingtaine de mètres devant
le témoin. Outre tme de chaleur, le témoin s-e
comme paralysé, « l es maina rivées an volant ». Moteur
s'arrête. (M. II, p. 340.)
21 octobre 1954 (Charente- :Maritime) - Habitant de
La et 8on fils âgé de 3 ans. Auto. Engin arr êté sur
la route, d'abord sombrP., puis lumineux. Témoins ressen·
tent impression de chaleur et d'électrisation. calé.
Phares éteints. (M. TI, p. 341. )
25 octobre 1954 (Moselle) - Louis. Tracteur. Soucoupe
prPSIJllf' an ras elu sol. Tracleur stoppé. (Journal de province,
in dossier Garreau.)
27 octobre 1954 (Pas-de-Calais) - L'n commerçant de Linzeux
et son livreur. Auto. Survol d\me lumière aveuglante.
Témoins ressentent une décharge électrique. Moteur calé. Pha-
res nt.'l. (M. II, p. 341. )
27 octobre 1954 (Eure) · Marais. :.vToto. Engin à lumière
éblouissante dans un pré et petits pilotes. Moteur bloqué
net. tF.S. du 30 oct. 1954 .. )
13 uovemLre 1954 (Seine-Maritime) - M. R. L. Auto. Un
engin vip,nt op, cléco1ler à lOO m devant lui, au bord de la
route, avec une lueur blanc verdâtre intennit.tente. En arri·
vant à ]a hauteur où sc trouvait l'engin, témoin sent picote-
ments et effets de paralysie. (G. II, p. 170.)
13 novembre 1954 (Italie) • Quatre ouvriers agricoles de
Forli, sur traf' fenrs. l'nisF.ant rayon rouge dirigé vers le
sol. Un tracteur est stoppé. à
Le premier marche à l'essence, le second est un diesel . (G. Il,
p. 207.)
23 uovembre 1954 (Deux-Sèvres) · Chaillou. Cyclomoteur.
Survol d'nn disqne hlen qui s'approche et enveloppe ]e
témoin d'une lumière bleue « aussi violente que r-elle d' un
arc électrique ». Moteur ca1é. Phare éteint. Témoin saisi de
picotements dans les mains. Paralysé plusieurs minutes des
bras et des jambes, et sans pouvoir articuler une parole.
(F.-S., 24 nov. 54.)
4 novembre 1954 (à Lcvclland, au Texa.,, Etate-Unis) -
Chauffeur de camion. Soucoupe ressemblant à un « œuf » et
s
130
posée sur un chemin. Moteur calé. Phares éteints. (F.S.,
5 nov. 54.)
Tous ces incidents ont cu lieu la nuit ou en fin de soirée.
Tout 4: ra}·on :» de lumière était donc facilement visib]e. Or,
]es témoins n' ont pn en observer des Aoucoupes
que dans quatre ou cinq cas. Deux fois même, les témoins
ont noté des contplèl em ent ohscures.
D'une façon génér ale, ces témoins ont simplement remarqué
qu' un effet paralysant avait coïncidé avec la présence d,une
soucoupe, lumineuse ou non, avec rayon ou non.
Ces e:ft'ets sont de deux sortes : ]es uns portent sur le
conducteur ; les autres sur l a maclline.
Nous avons déjà aperçu quelques cas du premier effet,
mais IP. nous est complètement nouveau.
Do:ns 16 cas sur 18, r action sur lœ machine est fo·rm.elle-
ment indiquée : 6 càs d'arrêts de moteurs et 10 cas d'arrêts
de moteurs avec mention l'extinction de<t pharP..<;,
C'est évidemment une donnée capitale s'ajoutant à celle
de l'effet paralysant snr le corps humain.
On soupçonnera anesitôt une illusion : dana leur affole-
à l a seule pensée d'une soucoupe imaginaire, les auto-
mobilistes ont calé le moteur et éteint les phares !'am même
s'en rendre compte. Cela fait plusieurs hypothèses et seule-
ment des hypothèses.
En fait, il s•est passé tout le contraire. De même que les
Dettilde, Lebœnf et n'ont vu les soucou-pes
qu'après avoir vu les pilotes, de même six conducteurs
en cause onx constaté les effets mécaniques avant d'avoir
vu les soucoupes : témoins )ourdy, GalkJis,
M. B., Bachelard, habitant de La Rochelle. La valeur de ce
test est trop évidente po'll.r qu.'il soit utile d'insister. Il SOIL-'
ligne 1unc fois de plus à quel point on « critique » les témoin:s
pour des raisons a priori sans procéder .au moindre examen
des témoignc.ges.
A ]a lumière de ce test, on sera peut-être plus attentif
aux précisions qui concernent l es effets par alysant s sur le
corps humain : le témoin Dewilde n'a été que pen-
dant une phase très préci8e, ni peur ni liiurprise ne l'ont
empêché d'agir avant et après. Dans le cas selon la
Les effets physiques 181
seconde version, le témoin s'est trouvé paralysé et contraint
à descendre de bicyclette avant d'avoir de"iné l'origine de
son malaise. Quant au témoin Goujon, aucune raison pour
qu'en courant vers la soucoupe, il se trouve soudain paralysé
à 150 m. A titre de contre-épreuve, rappelons que M. Mazaud
et Mme Lebœuf, par exemple, ont eu beau avoir peur, ils
n'ont pus ét é paralysés. Pas un seul témoin ne s'est senti
paralysé devant les pilotes humains, et dans les cas de mys·
tifications, nous n'avom; encore relevé qu'un seul cas (celui
de M. O. à Toulouse) où le témoin s'est cru retenu par une
« force paralysante ». Il n'y a donc aucun point d'appui
sérieux n l 'hypothèse de l'auto3uggestion générale des témoins.
Le problème le plus obscur est celui de la variation des
effets. Pour les extinctions de phares, nous manquons d'in·
formations suffisantes dans certains cas, mais la question se
pose. le cas Tremblay, du moins, il esl signalé que sa
torche électrique fonctionnait, alors que les phares s'étaient
éteints. A Forli, un seul tracteur sur deux est arrêté. Dans
le cas Bachelard, le moteur n'a été que ralenti et non
stoppé. Dans le cas R. L., le conducteur a ressenti person-
nellement des eifeta physiques, mais il n'y a pas eu d'effets
sur le moteur. Inversement sur les 16 cas ci-dessus énu-
où la voilure a été stoppée, on compte 8 conducteurs
qui paraissent n'avoir rien ressenti ; les 8 autres ont éprouvé
des effets sur eux-mêmes, mais ces effets sont variables :
dans 3 cas, on a ressenti une commotion électrique, dans
l cas, une impression de chaleur et d'électrisation, dans 2 cas
des effets de picotements électriques et de paralysie, dans
1 cas une impression de demi-paralysie, dans 1 cas enfin,
un effet de chaleur et de paralysie.
Ce n'est pas tout. Ca1: si nous venons de voir le témoin
Bachelard à moitié paralysé seulement, il en est de même
du témoin David au début, selon la seconde version de l'in·
cident, puisque forcé de descendre de bicyclette, il y par-
vient sans tomber. Même avenlure etst aulvée aux ouvriers
de chez Renault, près du Mans, lorsque le 10 octobre 1954,
pendant qu'ils roulaient un matin à bicyclette, ils aperçurent
une lumière verdâtre jaillissant d'un objet lumineux posé
au bord de la route, sentirent « un désagréable picotement
132
wms tout le corps » et durent mettre pied à terre tant
bien que mal, car ili se sentaient presque paralysés. (M. II,
p. 240.)
Au contraire, les témoins Dewilde, Gatey et Goujon ont
été bru.squemcnt et complètement immobilisés.
Il faut mettte à part les témoins Boussard ct Romand qui
auraient été projetés à terre avec violence. Les faits sont plus
bizarres et l'interprétation très aléatoire.
En tout cas, l'e:Œét paralysant est hien établi.
JJ'où p1.·ovienL·.il '? Dans certains cas, de la soucoupe ;
évident pour les a.fiaires de Parfois, d'une sorle de
« lampe » portée par tm petit pilote. Les deu.'1: modes de
production sont d' ailleurs loin de s'exclure.
Cet effet n'est certainement pas une propriété générale
automatique des soucoupes, puisque nous avons vu nombre
de conducteurs de voitures s'approcher de ces engins sans
être stoppés. De même, nous avons vu un grand nombre de
piétons s'approcher de soucoupes et de petits pilotes sans
être paralysés. C'e!it le cas de :Mme Lebœuf, par exemple, ou
celui de M. Dewilde, jusqu'au moment où il atteint la har-
celui des automobilistes bordelais qu.i s'approchent
à 15 rn de la soucoupe et des petits pilotes, c'est aussi le
cas de M. Beuclair qui n'en sera qu'à 20 m, pour ne citer
que les cas les plus flagrants, mais on pourrait en ajouter
bien d'autres.
D'après les données formelle.s des témoignages, il n'existe
qu'une seule solution : l'effet paralysant est pr·oduit à volonté
pat· une « arme spéciale » que les pilotes peuvent expéri-
menter de leur hon] ou transporter avec eux.
Pour terminer, nous devons évidemment ajouter aux 18 cas
d'effets paralysants portant sur des véhicules motorisés et des
conducteurs de véhicules, 7 cas d'effets physiques sur des
témoins circulant à pied ou à bicyclette : Dewi1de, Gatey,
Goujon, David, ouvriers du Mans, Boussard et Romand, soit
en tout 25 cas d'effets paralysants, dont plusieurs ont cu des
multiples sur la motricité des corps ou des moteurs.
Quelle est la nature de cette « force paralysante » ? Nous
en ignorons tout, mais l'ensemble des témoignages est d'une
extrême précision. C'est probablement une deti données les
Les effets phys'Ülues 133
plus certaines qui soient sur la réalité des soucoupes et des
petits pilotes.
Ce phénomène renforce, en outre, l'hypothèse selon laquelle
les soucoupes sont uniquement conduites par de petits pilo·
tes, car il n'existe pas une seule histoire sérieuse de pilote
humain ayant disposé de cette force paralysante.
3 ° EFFETS CALORIQUES.
n existe certainement un lien entre cette question et la
puisque nous avons vu des automobilistes dont
les voitures avaient été .stoppées, éprouver eux-mêmes, tantôt
des impressions de picotements électriques et de paralysie,
tantôt de chaleur et de paralysie, tantôt de chaleur et d'élee-
• •
tr1sat10n.
Les deux cas d'impressions de chaleur que nous retrouvom
ici sonl ceux de Schuhrenner du 20 octobre 1954, en Moselle,
et de l'automobiliste de La Rochelle du 21 octobre 1954.
Par une de ces curieuses col:ncidences qui ne manquent pas
dans le problème soucoupes, noUB trouvons exactement à la
date du 20 octobre un témoignage analogue de M. Reveillé :
alors qu'il pleuvait dru et que le témoin circulait dans la
forêt de Lusigny, près de Troyes (Aube), M. Reveillé aperçut
une soucoupe qui se tenait au ras des arbres, au-dessus de
lui, un peu en avant ; et il éprouva la sensation d'une chaleur
intense. Après le départ de la soucoupe, la chaleur était inte·
nahle juste au-dessous de l'endroit qu'elle avait surplombé
et les arbres y étaient aussi secs que s'ils étaient restés en
plein soleil. (M. II, p. 340.)
Peut-être trouvera-t-on alors moins incroyable l'incident
du 19 août 1952, en Floride, au cours duquel le témoin
De.svergers prétendit avoir été brûlé par une petite boule de
feu rouge sortie d'une soucoupe, immobile un peu au-dessus
de lui. Ce témoin montra d'ailleurs des traces de brûlures
sur ses vêtements (R., p. 217). Scully signale deux autres cas
de légères brûlures qui se seraient produites au Texas, les 9
et 22 avril 1950 (S., pp. 200 el 202 ; comp. K. II, p. 103).
En France, un autre genre d'incident analogue !Î8Dalé
134
à la ferme Lachassagne (Corrèze), le 24 septembre 1954. L'ou-
vrier agricole Cisterne et son patron examinent un frêne après
l'arrêt d'une souc.oupe au-dessus de lui : « Les feuilles des
branches supérieures de l'arbre étaient desséchées et recro-
lluevillées comme si elles avaient subi l'action d'une chaleur
i nlense. » (}1. TI, p. llR.)
T ,e mois suivant, on observe trois incidents anHlogues en
l1alie :

Six peupliers carbonisés, pxès de Rovigo, le 15 octobre après
survol d'une soucoupe immobile plusieuxs minutes.
Abreuvoir desséch é, dans une ferme du delta du Pô,
le 16 octobre après passage d'une soucoupe.
Meule de foin brûlée, aux environs de la même date, chez
le fermier Crcpaldi. (Cf. A.}'.P .• 16 et 18 oct., Journal du
Dimanche du 17 oct.)
4° CON'IACTS TANGIBLES.
De t els contacts avec des soucoupes, il n'est allégué aucun cas
en France. Deux seulement à
L'un est du 9 avril 1950, à Amarillo (Texas). Ce jour-là,
le j eune David Lightfood, âgé de 12 ans, et accompagné
<.l'un camarade de 9 ans aurait mis la main sur une sou-
eoupe pas plus grande qu'un pneu. C'est elle qui lui aurait
causé de légères brûlures (S., p. 200 et K. II, p. 103). L'autre
sc serait produit à une date non précisée, à Moneymore
(Irlande du Nord). Un .nommé Ilutcllinson se serait emparé
d'une soucoupe un peu plus grosse, tle ] m sur 0,45, mais il
aurait été iueapahle de la retenir. (F.-S., 19 sept. 51.)
Il existe sans doute un peu plus de cas de contacts avec
(]es pilol.es. Ainsi dans les incidents Mazaud, David, Lucas
et Mme Lotti. Dans les trois premier s cas, on remarque
qu'il s'agit à peu près du même geste de contact avec le
bras ou l'épaule. Il en va d'une manière très voisine pour
la cueillette d'œillets dans les mains de Mme Lotti.
Dans tous ces eas de contact. c'est le petit pilote qui prend
l'initiative, et qui touche la main, le bras ou l'épaule du
Terrien.
Les effets physiques 135
Le seul cas allégué en sens invcrae est celui du jeune gar-
çon de Prémanon qui fait retentir cet étrange br uit métal-
lique en lançant cailloux et fléchette contre le « fantôme ».
5° EFFETS PHOTOGRAPHIQuES.
Voilà hien un de ces tests qui devrait être probant et qui
n' apporte au contraire que trop d'occasions de nourrir le
doute. D'une manière générale, rien n'est plue pitoyable que
l'illustration des ouvrages sur la question.
Ou la photographie est nette et détaillée et elle a l'air
aussi authentique que les célèbres lettres de sainte Marie-
Madeleine en vieux français. Ou hien, elle a l'air authen-
tique, mais elle est floue.
Comme exemple du premier cas, bornons-nous à citer la
soucoupe vénusienne reproduite face à la page 80 du livre
de M)I. Leslie et Adamsky. Le 2 novembre 1954, le journal
Paris-Presse reproduisait un modeste réverbère à gaz » mis
au rebut dans un dépôt de Hambourg. La ressemblance est
curieuse. M. Adamsky n'aurait d'ailleurs aucune peine à l'ex-
pliquer : ce sont les Hamhourgeois qui sont « de mèche »
avec les Vénusiens.
Pour le second cas, citons notamment, les photographies

prises par :
M. Fragnale le 18 juillet 1952, près du lac Chauvet, dans
le Puy-de-Dôme (P., pp. 41 et 55 ; M. I , p. 247 et planches
35-36) .
M. Paulin, à Paris, le 29 décembre 1953 (G. 1, p. 160).
Le garde-côte Shell Arpert, à Salem (Massachusetts), Je
16 juillet 1952, de la tour de contrôle de l'aé-roport (M. 1,
pp. 166 et 167 ; G. I, planche 7 entre les pp. RO et 81 ; K. II,
photo de couverture et p. 6). Cette photographie qui montre
quatre disqnes de lumiP.re est puticulièrement frappante.
On regrette de n'avoir vu reproduire en
couleur pris par un correspondant de presse, M. Wallace
Lit\'Ïn, à borù tlu porte-avions Franklin-Roosevelt, le 19 sep·
tembre 1952, lors de manœuvres des forces navales de
l'O.T.A.N. durant l'opération Grande Vergue (Cj.l\1. I, p.l52) .
136
Les :films sont très rares.
Ruppelt en signale quatre comme sérieux p. 264) :
Deux pris à White Sands en avril
(le 27) et en mai 1950 ;
Un, dans le Montana, le 15 août 1950 ;
Un à Tremonton (Utah) , le 2 juillet 1952.
Keyhoe en indique un autre, pris à Landrum (Caroline du
Sud) le 16 novembre 1952 (K. Il, pp. 13 et 18).
Bien entendu, j ] n.e s'agiL que de très courts métrages.
Mall,eureusement, le film de White Sands du 27 avril 1950
ne montra qu'un objet de forme très imprécise qui se déplaçait
dans le ciel (R., p. US) .
En mai 1950, il y eut, en réalité, rleux ftlms tournés à la
fois, mais il y aYait, semllle-t-il, plusierus soucoupes dans le
ciel, et les deux caméras n'ayant pas photographié la même,
on ne put calculer les trajectoires (id., p. 119) . L'objet était
d'ailleurs très lointain.
Le film du Montana (R., p. 272), fut prjs le ] 5 août 1950
par Nick Mariana de Great Fall!;;. « TI montrait deux grandes
lumières brillantes traversant le ciel bleu ... On ne distinguait
aucun Ces lumières avaient l'aspect de grands objets
circulaires. » Après examen, les experts renoncèrent à trouver
une interprétation quelconque et classèrent « inconnu »
(id., p. 273).
Le film de Tremonton, du 2 juillet 1952, fut pris par Del-
bert, G. Newhouse, premier maître photographe de la Marine
(id.).
Keyhoe qui en cotmaissait l'existence le surnomme « Utah »,
parce que le film fut pris près de Tremonlon dans l'Utah
(K. TI, p. 137). D grillait d'envie de voir ce film. TI put tout
juste savoir par un informateur anonyme qu'on y voyait
« une formation d'objets ronds et brillants en une danse infer-
nale », et que l e film, étant en couleur, montrait en tout
douze ou quatorze objets bleuâtres tÎTant sur le blanc, mais
il ne put jamais en voir la projection. (K. U, pp. 206-222-233·
237.)
Ruppelt, qui l'a "U, ajoute f]Uelques détails. Newhouse,
dit-il, avait vingt et une années de service dans la Marine
et avait fait deux mille heures de vol comme photographe
!J€ti effcr,s physiques 137
aérien. Le 2 juillet 1952, il se promenait avec sa femme et
se.s deux enfanlS. Soudain, la femme aperçut quelque c.hOMe
dans le ciel et le Jui montra. A peine eut-il regardé qu' il
comprit qu'il « jamais rien vu de semblable ». li avait
11
ur loi sa caméra avec un téléohjectü et il filma aussitôt. Sun
film montrait hien des lumières circulaires et l'on ne pouvait
distiuguer aucun détail, mais au contraire de ce qui sc passait
pour le film du Montana, ces lumières s'évanouissaient par
intervalles, puis se rallumaient. Ruppelt et ses aides crurent
d'abord qu'il s'agissait de jeux de lumière, mais dureul ahan-
donner cette hypothèse. liB supposèrent ensuite une illusion
par des vols de mouette, mais sans trop de con-
viction (R., p. 276).
Reste le iilm pris à Landcum, le 16 novembre 1952, par
.J .D. :Mac Lean, en présence de plusieurs témoins, avec caméra
et téléobjectif, Keyhoe put en voir une projection à l'A.T.I.C.
« Les premiers mètres du 1llm de Mac Lean, étaient
hrouilléA, mais bjenlôt apparurent sur l'écran cinq objets
brillants de forme oblongue, se détachant 1mr les nuages.
L'effel éLaiL saisissant, maÜ! les \ ' Ues ayant été prises à la
tombée du jour, on ne pouvait distinguer aucun détail. »
(K. n, p. 18.)
Il est évidemment très difficile de photographier et de
filmer 1eR Roncoupf'.s volantes à cause de la rapidité souvent
de leurs appmitions. En outre, une dilficu]té sup-
plémentail'e vient du fait qu'elles apparaissent parfois
comme dans leur propre lumière, phénomène qui peut se
produire même au sol, comme en témoignent, par exemple,
M. Beuclair et les automobilistes bordelais. Ce dernier cas
est d'autant plu!" qu'au même moment les
témoins ont pu voir les petits pilotes hors de l'engin.
Quoi qu'il en soit, les films détenus par la Commission
Soucoupe confirment pour Je moins l'existence de faits inex·
plicahles clans l'espace aérien. n est typique, qu'elle garde
ces filrns jalousement secret s. Elle serait trop heureuse de
les produire au grand jour si elle pouvait en donner une
explication satisfaisante.
138
6° GHUTRS n E FJLA!\IENTS
deux principales observations de ce genre en France
ont eu lieu, l'une le 17 octobre 1952 à Oloron (Basses-Pyré-
nées) et l' autre dix jours après, le 27 octobre à Gaillac
(Tarn) . Dans les deu..x cas, il fait jour, il y a des dizaines de
témoins, les observations durent environ vingt minutes pendant
lesquelles on assist e à des passages de « cigares » escortés de
« soucoupes >>. Daru les deux cas, J'étrange cortège laisse
tomber une multitude de filaments qui s'accrochent aux
arbres, aux toita, aux fils 'élégraphiques, ou se répandent
pa.r terre.
Dans le cas d'Oloron, les chutes de filaments ont étP. obser-
entre autres, par M. Prigent, surveillant générul et par
des professeurs du lycée, notamment M. Poulet, professeur
de sciences, ainsi que par le Dr Labayle. « Enroulés en
paquets, ils (ces fils) devenaient rapidement gélatineux, puis
se sublimaient dans l'air et disparaissaient. » (M. 1, p. 177.)
D'après l'interview généreusement accordée par M. Prigent à
Tintin-Actualités, n ° 210 (sic), ces fils pouvaient avoir jus-
jusqu'à 10 m de long, ils ressemblaient à des fils d'amiante,
quoique un peu moins brillants, ils s'étiraienl à la traction,
en offrant une légère r é-.sistance, on pouvait les faire brûler
« comme de la cellulose », en approchant une allumette.
Mais personne n'eut le t emps d'en faire l'analyse : ces fils
se sublimèrent tout setùs, rapidement.
Des chutes analogues de :filaments fondants ont été signa·
lées après le passage de soucoupes, ainsi à Ongaonga (Noll!-
' 'elle-Zélonde), l e 15 avril 1953 (G. I, p. 84), à San Fernando
(Californie), le 16 novembre 1953 (Flying Saucers, pp. 82
et 83 - et l' on y trouve des photographies de ces :filaments),
à Bouffioulx (Belgique) à la mi-mai 1953 (M. 1, p. 202), à
Grulhet (Tarn), l e 13 octobre 1954 (M. Il, p. 287). Cha·
que fois, c' est Je même refrain : ces filaments se subliment
sans qu'on ail le temps de les analyser.
A Prato (Italie), le 26 octobr e 1954, même (A.F.P.,.
27 oct.) mais le em-lcndemain, 28 octobre, à Florence, aprè1:1
Les effet.<; physiques

1.19
un match de foot ball qui fut arrêté pendant une demi-
heure, tandis que des milliers de spectat eurs regardaient évo-
luer très haut dans le ciel, des points brillanta, une sorte
de « fumée blanche » se par terre, sous forme d'une
« substance fibreuse et résistante ». Cette fois, il fut possible
au professeur Canneri d'en faire l'analyse : cette substance
étail constituée par « du bore, dn silicium, du calcium et
du magnésium » (P., p. 105). Nous n'avons ma1beureusement
aucun autre détail.
Il reste que le 14 octobre 1954, après avoir observé, à la
tombée de la nuit, une « bou]e orange » descendue jusqu'au
sol et irradiant à 200 m à la ronde une lueur aveuglante,
pendant 10 minutes environ, un cultivateur de Méral
(Mayenne) , a pu s'approcher ensuite jusqu'au point d'atterrjs.
sage. ll y a vu « une sorte de buée lumineuse 4ui tombait
lentement sur l e sol :!), Après quoi, rentré chez luj, il s'aper-
çut que ses vêtements étaient recouverts « d'une couche de
matière blanche comme de la paraffine qui disparut bientôt
sans laisser de t races ». (M. II, p. 29B.)
QueUes réactions physico-chimiques peuvent se produire
autour des soucoupes vol antes, dans l'air ambiant? n fau-
drait, pour l' expliqut-.r, connaître l enr mode de propulsion.
ll faudrait !!l avoir aussi quelles conditions extérieures peu-
vent faire que ces manifestations soient intermittenteA. On
aurait là, peut-être, une nouvelle raison de ce halo qui réduit
l es photographies et films de soucoupes à la reproduction de
fonnes lumineuses.
7° EMPREINTES STJR LE SOL.
Les soucoupes scmblentt tantôt ee poser à même l e sul, t antôt
nti1iser un support à trois ou quatre pieds, tantôt rester immo-
biles à quelques centimètres, au-llessus du sol, sans que l es
témoins aient toujours pu noter cf':s i1étails avec précision.
plus, certaines soucoupes ont paru sc poser immédia·
tcment sur 1e Rol et ne pas y laisser d'empreintes ; d'autres
sont restées suspendues à 1 m ou plus en l'air et ont pro-
duit des traces frappantes.
140
Evidemment, la nalur e du terrain au point d'atterrissage
compte pour beaucoup dans la production ou non de ces
traces.
A Prémanon, à la suite de l'incident Romand, les gendarmes
trouvèrent à l'endroit de l'atterrissage « traces irrécu-
sables et sLupéûanles ... sur une surface circulaire d'environ
quatre mètres d-e dironètre, l'herbe était couchée dans le
sens opposé au mouvemeuL des ai guilles d'une montre. Non
pas f..crasée, ni arrachée, maie simplement aplatie, figée dans
l'image immobile d'un tourbillon ». (:\f. II, p. 147.)
En outre, à l'intérieur de ce cet·cle, on trouva quatre trous
disposés en carré marquant « l'enfoncement de coins trlan·
gulaires de 10 cm de section et à 45° Yers le centre.
A 1 ' extérieur, l'écorce d'un poteau était arraché » (id. ) .
Les gendarmes firent ces constalations seulement le sur·
lendemain de l'incident. Ces tracea restent quand même impres-
sionnantes.
Le cas Fourneret apporte d'allleurs des données encore plus
frappantes.
Dans cette histoire du 4 octobre 1954, survenue à Poncey
sur l'Ignon, le témoin n'a pa.s vu d'atterrissage complet, la
soucoupe se balançait en l'air, à côté d'un prun.ier, au-dessus
d'un pré. C'esL là que Mme Fourneret l'ayant aperçue au
moment où elle fermait ses volets, s'enfuit chez des voisins.
Avertis, plusieurs hommes se munissP.nt de fu.siJs et cou·
rent vell' le pré : « D n' y avait plue rien, dira Mme Four-
neret. Mais en examinant le sol, ils trouvèrent une trace
toute fraîche montrant quP. je n'avais pas rêvé. » (M. TI,
p. 225.)
Cette trace est fort int éressante. Longue de 1 m 50, large
de 0,50 rn à un bout, de 0,70 m à l'autre, elle montrait que le
sol avait été « comme aspiré ».
C'f:tait tont frais, car on voyait encore des vers blancs
s'agiter aux mottes de terre retournées.
Ces traces ne pouvait avoir ét é produites par aucun ins-
trument agricole, car nulle racine ni radicelle n'était tran·
chée.
Après l'incident de Chabeuil, Mme Lebœuf et les autres
personnes qui se trouvaient dans Je voisinage ont été regar-
Les effets physiques 141
der le lieu d'où s'était envol ée la soucoupe. Sw· une sur-
face circulaire de 3 m 50 de on voyait des
hranehes de hnissons et d'arbrisseaux écrasées ; des piedA de
maïs et des branches d'acacias étaient cassées. (M. Il, p. 133.)
Après l'incident Dewil de, on ne put trouver de traces ana-
logues puisque l'engin s'était posé sur l e ballast de la voie
fe.rrée. Eu revanche, sur trois traverses en bois, on découvrit
des marques très nettes. n y en avait trois sur la
du milieu., et une sur l es deu:\. traverses devant et derrière.
Ces traces étaient symétriques, fraîche!S et propres. Chacune
d'elle:! avait une surface de 4 cm
2
• TI y avait longlemps que
l'ou n'avait procédé à auctm travail de réfection sur cette
voie, ct les marques donnaient l'impression d' avoir été pro·
par tme forte pression. Ce n'est que deux anA plus
tard fJU'Aimé Michel put apprendre que selon des experts
des uhemins de fer, ces marques correspondaient à t.me pres-
sion de 30 tonnes. (M. II, p. 69.)
Toutes ces empreintes sonl évidemment difficiles à inter-
préter. L'import ant es L qu'ellt-.q apportent de remarquables
données matérielles à l'appui d'incidents aussi notables que
l es incidents Dewilùe, Lebœuf, Romand et Foumeret.
146
vertical stoppé permeL toujoun; de prévoir la localisation
d'un grand carrefour en ce point ;
- que la manœuvre en feuille morte avec changement de
direc.tion est toujours signalée sur une intersection ùe deux
lignes orthoté.niques ; mais que l'inverse n'est pas toujours
nai : il y a des intersections où aucun changement de clirec·
tion n'est signalé. (M. II, p. 357.)
Ici, nous passonR donc un seuiJ nouveau. De la sécheresl:ie
objective des schémas géométriques substitués à l'apparent
chaos des emplacements de témoins, nous arrivons à la décou..,
verte d'une essentielle entre les données les
plus caractéristiquf'-"' des témoignages et la structure de cette
, . .
geometrie.
Cela signifie que les t émoins n'ont
que chose d'objectif, ils en ont saisi
les plus frappants.
pas seulement V11 quel·
les at<pects fonctionnels ;
/
Quelles sont les limites de r orthoténie ?
/
/
/
'
Autant la découverte de est P.elairante d'un
côté, autant elle soulève par ailleurs de nouvelles énigmes.
Les lignes ou les réseaux orlhoténiques paraissent se c-ons-
tituer et s'achever en 24 heuree., environ de minuit à minuit.
Ponrquoi ces repères chronologiques ? :1\"ous l'ignorons.
D'ailleurs, le rapport entre la chronologie et l'orthoténie
est déconcertant. Une ligne orlhotéuique ne définit pas le
trajet continu d'une soucoupe, mais des plongées fliscont.i-
nucs. Ainsi, dans la grande ligne de 1 100 km qui de Southend
à Pôdi Gnocca, si l'heure de l'observation de Southend nous
manque, ou trouve 3 h 40 vour Saint-Pierre-Halte et la
tombée de la nuit pour Acie-sur-la-Lys qui en est tout pro-
che, alors que l'observation du Haut-Rhin et celle de l'em·
bouchm:e du Pô ;se situent dans l'après-midi. Tout paraîL se
passer conune pour un observateur qu.i seraiL placé au fond
ùe ]a mer et qui constaterait des coups de sonde rlonnés à
des hew·es irrégulières par un navire allant et venant sur
une ligne droite à la surface. Bien entendu, on ignore à quoi
correspond la succession des lignes daru un réseau, le même
Structure géométrique des manifestations
147
jour et la succession des réseaux d'un jour à l'autre. Le
plus grave est qu'Aimé Michel n'a pu établir l'existence de
ces lignes et réseaux que pendant onze jours discontinus,
la grande de septembre et octobre 1954. Ce
n'est pas par suite d'une insuffisance dans la
quantité des témoignages certains jours. Lui-mt\me remarque

qu'il y a des anomalies., c'est-à-dire parfois des points qni ne
se laissent pas localiser sur des lignes orthoténiques el qui
deviennent très nombreux à la fin de ladite période.
Ces inconnues restent très importantes, elles n'empêchent
pas l'existence de l'orthoténie là où elle est constatée.
Comme Aimé Michel l'a brillamment soutenu, l'orthoténie
apporte hien la preuve de l'existence du phénomène soucoupe.
Il en résulte donc que l'orthoténie n'est pas démontrée comme
loi physique, ni même comme comportement déterminé.
Il suffLt cependant que l'orthoténie ait été établie dans une
série de cas, pour fonder en réalité objective la base des
témoignages correspmula:nts.
On peut même en tirer nn argument de vraisemblance
générale pour la base de l'ensemble des autres témoignagt>.IS
, . , .
anteneurs et posteneurs.
Il est d'ailleurs remarquable qu'inspirés par la découverte
d'Aimé Michel, d'autres chercheurs privés aient fait des
constatations analogues aux Etats-Unis. Voir l'exemple qui est
cité par Aimé Michel dans un article publié par Science et
Vie de février 1958. Cet exemple ne porte que sur un très
petit nombre d'observations, mais c'est déjà un test intéres-
sant et l'on aimerait savoir ce qui a été découvert depuis
lors.
Au surplus, la Commission Soucoupe à Dayton a dû pou-
"·oir mettre au point clepuis des annéea l'existence de l'ortho-
ténie, et dresser le tableau général de ces manifestatio118.
D'une part, en effet, même si elle n'a paK fail. ]a
toute seule sans le révéler, elle ne peut pas 1guorer les tra·
vaux d'Aimé Michel qui ont été rendus publics en 1958.
D'autre part, elle possède une machine électronique ainsi
que le fichier le plus vaste et le plus complet sur les ohBer-
vations de soucoupes volantes, avec bien entendu les indica-
tions sur les lieu.x, dates et heures de ces observations.
148
On peut donc dire qu'en l'état actuel, la Commission Sou-
coupe à Dayton avec l'orthoténie la preuve irrécu-
sable de l'existence physique du phénomène souconpe.
C'est probablement l'une des raisons majeures du caractère
e!OsP.ntiellement ambigu des communiqués officiels de l'Armée
de l'Air américaine. On a vu en effet que ces communiqués
nient l e caractère dangereux nf':R !\OUCOUJleiS t:!l leur origine
« martienne », nullement le sin1ple fait de l'existence du
phénomène.
L'orthoténie prouve Pn e.Œet œtte existence, comme l'a bril-
lamment démontré Aimé Michel, elle ne prouve pas davantage.
Si l'on admet l'existence de cettfl hase objective, il reste à se
demanùer ce que vaut le contenu détaillé des t émoignages.
Correspondent-ils réellement à la vision solides, ou
bien sont-iJa gonflés de toutes sort.t:s de phantasmes subjectifs
provoqués par des météores naturels ou artificiels d'origine
inconnue?
C'est ce que nous aurons à examiner en détail.
VIII
Limites historiques de la

question
Le 24 jnin 1947, fi e l'incident Kenneth marque
sans aucun doute la première prise de conscience du pro·
hlème des Mais depuis combien de temps aupara·
vant avaient-elles commencé à rôder dan.e le ciel ?
Avant l'entrée des soucoupes dans l'Histoire, y a-t-il eu une
préhistoire rlu phénomène ?
JI l'erait très important de pouvoir mettre cette questiou au
point, car plus loin on pourrait remonter dans le passé el
plus il serait évident, par exemple, que les soucoupes ne
pourraient être, d'aucune des armes secrètes terres·
tres.
Jusqu'à plus ample informé on ne n·ouve que des indices
beaucoup plus rares et de plus en plus difficiles à interpréter
au fur et à mesure qu'on remonte plus loin en arrière.
Au début de l'année 1947, en janvier, et mai, il sem-
ble que le Pentagone ait déjà reçu des indications analogue!
à celles d'Arnold (K. I. pp. 36 et 89) .

En 1946, selon des disques volanls étaient signalés
au-dessus de la Grèce, de la Turquie, du Portugal et du Maroc,
mais il ne donne pas la moindre précision.
En les pilotes alliés auraient aperçu des « chas-
seurs îantômes », des dist1ues et houles « d' argent » au-dessus
de l'Allemagne et du Japon el il y aurait eu des rapports
officiels classés sous la rubrique « Illusions d' optique » (K. 1,
p. 50 et K. II, p. 35). Mais comme nous ne savons rien de plus
il est impossible d'avoir la moindre opinion.
Par conlœ, pour une année plus ancienne, Aimé Michel
nous apporte une observation d'un extrême intérêt.
150
En avril 1942, raconte-t-il, au bordj d'Ouallen, dans l'Adrar,
le capitaine Le Prieur fut témoin d'un fait incompréhensible.
Dans la matinée, Martin, l'()bservateur météorologique,
remarqua le << une espèce de « planète » apparaissant
dans un ciel sans nuages à la verticale du bordj. L'objet était
visible à l'œil nu sous l'aspect d'un petit point blanc alu-
minium. » (lVI. 1, p. 123).
Le capitaine Le Prieur et une quarantaine de tfmoins purent
observer la chose sans difficulté « car l'atmoRphère était par·
faitement. claire » ; non seulement ils firent cette observation
à l'œil nu, mais encore avec des jumeUes de campagne et
la du théodolite, ceci pendant huit heures consécutives.
La cho!!e « ressemblait à une petite lune, ou à une pièce
de cinq francR. Elle avait de pâles reflets de métal blanc et
p araissait !iuspendue à une altitude de cinq à six mille
'
metres ».
Elle se tenait immobile, ou plus exactement, elle tournoyait
lentement autou r rPnn même « nous pûmes ainsi comp-
ter trois girations en huit heures ».
Le les mêmes témoins cont.innè:rent les mêmes
observa ti ons.
L'idée engin interplanétaire ne leur vint à
Le capitaine et les autres témoins supposèrent qu'il s'agissait
de quelque astre égaré ou nouveau satellite capté par
l'attraction terrestre.
Qu()i qu'il en soit de la valeur de pareilles hypothèses, le
capitaine I.e Prieur "·oulut avertir les experts, c'est-à-dire les /
/
astronomes d'Alger. ----·
La réponse iut qu'il avait vu « l'étoile Véga » (sic) (M. I,
p. 123).
M. Duhief, de l'Institut de Météorologie et de Physique du
globe de l'Algérie, a supposé de sun côté <ru'il y avait eu peut-
être confusion avec la planète Vénus, (nanA certaines condi-
tions cette planète est visible en plein jom·).
Cette interprétation ne cadre absolument pas avec 1eR indi·
cations précisc:a fournies par le capitaine Le Prieur sur les
évolutions de robjet.
L'hypothèse qu'il s'agit d'one soucoupe volante, avant la
lettre, reste S()Utenable.
Limites historiques de la question
151
n est donc possible que les observations de soucoupes
remontent à cinq ans avant l'1nc1dent Arnold.
Peut-on remonter encore plus loin ?
Pour l es épm.1nes antérieures, lea ouvrages 8ur les soucoupes
volantes ne nous présentent qu'un invraisemblable fatras
d'observations hétéroclites, très mal établies et bien·
tôt mélangées à tout-es sortes de l égendes où l'on trouve
pêle-mêl e le!:! gl obes rJe feu de Grégoire de Toura, le disque de
Pline, les ch ars et d'Ezéchiel, la mythol ogie hindoue et
même l'Atla.uLide, voire le continent Mu.
n y a là une belle matière d'études mythologiques, mais le
moins qu'on puisAe rl1re est qu' on ne peut en tirer rien de
précis à l'heure actuelle, en aucun sens.
P our l'in!.ilant la seule base d'étude qu'on puisse retenir est
l'ensemble -extraordinaire des œuvres de Charles Fort, le
Livre des Darrvté!t, etc., dans lesquels cet auteur a collectionnt
une énorme quantité de phénomènes célestes insolites, surtout
pendant la période du XJX
8
siècle ct celle du xxe jusqu'à 1932.
Les faits rapportés restent encoœ hét éroclites, mais
il semble bien qu'il soit possible d' en extraire une quantité
notable d'observations concernant déjà le phénomène des
soucoupes ne pouvons entrer ici dans le détail,
car cc serait beaucoup trop long, n onR en retiendrons seule-
ment les indications suivantes :
1) Les observations collectionnéel:l par Charles Fort semblent
mont rer que les manifestations de soucoupes pourraient hien
remonter au XIXe siècle.
2) Elles n'ont cependant pas le caractère massif qui appa·
rut aux Etats-Unis en 1952 et en France en 1954.
3) Elles n'ont surtout pas le caractère d'extraordinaire pro-
ximité qui s'est manifesté cl ans les observations d'atterrissages.
A parl un seul cas, d'ailleurs ambigu, l'incident Lithhridge en
1909, on ne retrouve rien qui corresponde à la quantité et à
l'étra11geté stupéfiante manifestations d'atterrissages et de
petits scaphandriers surveunes postérieurement à l'affaire
Kenneth Arnold.
Bref, autant i1 paraît que le phénomène des
volantes est not ablement antérieur à 1947, autant il paraît qu'il
s'est nettement inten10 ifié et précisé depuis lors.
IX
Progrès dans les manifestations
C'est un fait que depuis l'incident Kenneth Arnold, aux
la presse a signalé peu à peu des observations de
soucoupes dans tnuLes les régions du monde.
n serait d'un extrême intérêt d'avoir un tableau complet
dea ohsenrations faites sur tout le globe. On pourrait pointer
leurs dates et lieux ponr étahlir des courbe3 de progression
et la structure planétaire du phénomène.
Progrès dans l' a.vam:e géographique
Il semble qu'à partir fle 1947, le phénomène se soit déve-
loppé par uappes que nous pouvons seulement esquisser en
l'état actuel des
On retiendra deux indications principales :
La première esl le décalage entre l es Etats-Unis et la
France.
Les manüestations de soucoupes aux Etats-Unis commencent
le 24 juin 1947.
Le8 observations françaises ne semblent dater que du 8 avril
1950 avec celles d.e Tarbes et de Ger (G.I, p. 28).
La seconde, non moins importante, au moins sur le plan
sociologique, est le double décalage qu'on obse1·ve ensuite à
régard de l'Europe Orientale.
C'est sen lem en l fin octobre 1954 (vers l e 26 et l e 27) que
les deux preescs tchécoslovaque et yougoslave paraissent
avoir sigualé pour la première fois des ohservation;,; de sou-
Progrès dans les 11Ulnifestations 153
coupes. Cette coïncidence est notable, étant
donné la distance des deux pays et l'opposition dt: leurs poli-
tiques. (Cf F.S. et P.P., 27 ocL 54).
Enfin, alors qu'en 1953 encore, à Moscou, l'astronome Boris
Koukarkine qualüiait les soucoupes de « puœs psychose
belliciste » (G. 1, p. 192), P.n février 1955 une dépêche en
provenance d'U.R.S.S. annonçait pour la première fois :
« DP.mièrcment, à plusieurs personnes l'le trouvant
en des endroi ts ont vu, dans le ciel, à haute a hi-
tude, un objet en forme de cigare, qui disparut après étre
r esté un certain temps immobile. » (Guieu, in Gala.·de,
août 56, comp. F.S., 15-2-55). Ajoutons que depuis lors de
sérieux progt·ès semblent avoir été faits. Le comportement des
soucoupes opérant un virage avec balancement « en feuille
morte » a été décrit avec une grnnde précision » dans le
numéro d'Ogf>n.iok de mars 58. (Y.l. li, p. 356).
Il donc qu'il y ait des points de repère très
qui marquent Je déplacement cles aires géographit]ues pros·
pectées par le phénomène. 11 serait indispensable de poursuivre
leur juaqu'au bout.
Au point de vue quantitatif, nous rappelons que l'année
maximum se place en 1952 pour lel'l Etats-Unis avec 1600 rap-
ports environ, ct en 1954 pour la France avec 500 ou 600 obeer·
• •
valwns env1ron.
dans la proximi.té des approches
Alors que l es observations signalées aux Etats-Urus, même
dans la grande période de 1952 ne concernent qne des cas
de survol, les observations françaises lors dn maximum de
septembre et octobre 1954 comptent une énorme proportion
d'un phfuomène jusqu'a lors rarissime : les alterrjssages :
95 cas d'atterrissageb contre 403 cas de survols.
Ce phénomène nouveau esL encore renforcé par l'appari-
tion de petits pilotes hors de leur machine. côté
les cas que nous avons classés comme douteux, nous r elevons
au moins 29 observations de petits pilotes.
Cette importance tout à fait insolite des atterrissages et de
154
petits pilotes donne cette fois nn aspect encore plus étonnant
aux observations françaieeA.
Certes, il avait été question, déjà, d'atterrissages et de
petits pilotes, aux Etats-'l"n1s, voire au Mexique, l'.omme il
r essort dea livres de Scu lly mais ses fléclaratiom terri·
blement dépourvues de justificatio.nl!
Le seul témoignage précis porte snr l'att.erri1111age d'une
soucoupe miniature devant le jeune Lightfood, à Amarillo,
dans le Texas le 9 avril 1950 (S., p. 200) . f: ' eo;t l'unique ca11
d'atterrissage proprement dit que nous ayon.'l retrouvé. ame
Etata-Unis (1). On peut en rapprocher les incidents Desver-
gers (le 19 août 52, en Floride - K. II, p. 102 et R.
pp. 217-230) et Squires (le 27 août 52, en Pennsylvanie - K.
ll, p. 104) . Dans ces deux cas, la soucoupe est immobile à envi-
ron 3 rn du sol, et tout près du témoin.
Les atterrissages massü s de l'automne 1954, en France.,
représentent donc une nouveauté tout à fait extraordinaire.
A cette innovation fondamentale s'ajou1e l'obsen·ation :
- de petits scaphandriers,
- des eJiets de paralysie sur ]e corps humain et sur les
machines,
- des manœuvres détaillées de cigared et de soucoupes.
On pettt clone conclure à une extraordinaire progression
d'ensemble, géographique, quantitative ct qualitative, dans
l'approche du phénomène soucoupe sur le territoire françaiB.
A quoi a ltrihuer cette progression ?
Il paraît uormal que les pilotes de soucoupes se soient appro-
de plus en plus de ]a Terre et même des agglomérations
et rles habitants pour les observer de plus près.
Maïa pourquoi la France est-elle ainsi favorisée? L'absence
de toute chasse à la soucoupe pourrait y être pour quelque
chose.
Pour conclure, nouA pouvons aruneltre que loin d'aboutir
à un bric-à-brac de fantômes absurdes, l'ensemble des témoi·
(1) Comparer le cas tout à fait i solé de Linke en Allemagne-
Orientale, en juin 1952.
Prusrès dans les mani f estatiuns 15.5
gnages sur les soucoupes volantes nous fournit un tableau cohé-
rent ct solide.
Malgré lous Bel:i e:ITorts le Pentagone n'est arrivé à sup-
primer le problème. Les témoignages des aviateurs et deH
sa\·ants américains, ceux de l'homme de la rue, en France
ou ailleurs, la réalité effets physiques produits
par les la découverte de l'orthoténie par Ain1é
:Michel, tout nous confirme la réalité du phénomène soucoupe.
On est mf.mP. en droit de penser que ce phénomène a été
suffisamment hien perçu el décrit pour conclure qne los
soucoupes sont effectivement des engins réels en provenance
d'une haee inconnue.
Cependant l'esprit reste encore iwatisfait.
Dans toute autre af'faire, en géuét·al, on accepterait d'être
convaincu . .Pourquoi s'y 1·efuser dans le cas présent ?
A notre avis il y a une double raison à cette résistance.
La première est que le phénomène soucoupe a suscité tout
de suite l'hypothèse de son origine martienne. Cela suffit
pour que le phénomène lui-même paraisse fantastique et pour
qu'ou perde son sang-froid au profit de l'enthousiasme ou de
la dérision.
Nous continuons à écarter ces réactions. Les Martiens exis-
tent ou n'existent pas. Ce problème n'a de
et la seule question eAt de savoir si oui ou non les soucoupes
volantes sont des engins réelH el proviennent ou non de notre
planète. C'est ce que nous examinerons danA la dernière
partie de cet ouvrage.
La secunde raison, la seule qui soit vraiment trouhlante,
c'est qu'en face de l'ensemble des témoignages valables parais·
sant démontrer l'existence réelle des soucoupes el même leur
qualité d'engin, on a pu recueillir une foule de témoignages
aberrants. D'une manière générale, à notre époque, · on tend
à discréditer la valeur du témoignage humain. Dans le cas
du phénomène soucoupe, nom pouvons constater cette étrange
situation : d'un côté, une première série de qui
à eux seuls paraissent et solides, mais de l'autre côté
un fojAonncment de t émoignages si absurdes qu' ils paraissent
156
confiner à l'hallucination ou au déliTe et qui ont été e.ffective-
ment démenti"! par les fait..s.
Comment concilier l'existence de ces deux masses concur·
rentes et incompatibles? Est-ce que l'avalanche de mauvais
témoignages n'est pas suffisante pour contrebalancer et même
ruiner de fond en comble la masse des témoignages apparern-
meht sérieux ? C'est ce que nous allons examiner inunédiate-
ment dans la seconde partie de ce livre.
SECONDE PARTIE
V ale ur des témoignages
J usr!n'ici nous avons étudié l'ememhle des témoignages
ordinaires, comme phénomène sociologique.
:Kous avon3 pu constater qne loin d'apparaître comme un
chaos ces témoignages forment 1111 ensemble général cohéreut.
C'est déjà une sérieuse présomption à l'appui de leur valeur
objective.
n convient cependant, à présent, d'en faire la critique.
J .'ensemble tle ces témoignages est-il r éductible à inter-
prétations subjectives, telles que hallnciua-
tions, délires ou illusions de toutes sortes, ou bien corres-
pond-il à des r éalités objectives telles que phy-
siques ou engins mécaniques, voilà cc que nous allons tenter
d'éclaircir.
Dans cette étude critique nous devrons fait·e intervenir à
titre comparatif les témoignages les plus aberrants, les cas
de mystifications et même les cas d'erreurs les plus
grossières, précisément pour pouvoir procéder à une confronta-
tion générale des Ùuuuées humaines sur la question.
1
Illusions matérielles
retenons ici tous les genres d'illusions à base maté.
rieJle? qu' elles résultent du hasard ou d' une mystification opé-
rant à l'aide d'ohjeLs, car du côté du témoin, il n'y a aucune
différence. n a r éellement vu quelque chose d'insolite, mais
ce quelque chose n'était que la réalité orùinaire travestie
par une erreur de perception spontanée ou provoquée. Le
de hase de la mépriBc est donc identique.
Par contre, les type" cl'eneurs et leur gravité difièrent pro-
fondément selon qu'il s'agit d'ohjels en vol ou d'objets au
sol, priB pour des soucoupes, ou encore d'objets ou êtres pris
pour des petits pilotes. Nous étudierons donc ces trois caté·
. , ,
gones !'eparement.
1 o OBJETS VOLANTS
Ruppclt et la Commission Soucoupe ont déjà souligné un
nombre important d' erreurs concernant des objets volants ou
situés dans l'espace céleste, pris pour des soucoupes : hal-
lons, avions, météore-s, effets d'optique, et même la planète
Vénus, etc.
En ces cas, la confusion est relativemeuL simple et excu·
sable.
En France, on n' a pu constater que des erreurs beaucoup
plus simp)istf'l!, vu l'absence de chasse aérienne. Ce sont
d'ordinaires confusions avec un hallon, dans l'Eure-et-Loir
(A.F.P., 13 octobre 1954) , et dans l'Tsère (A.F.P., 22 octobre
1954), avec Wl hélicoptère dam le Loiret (F.S. , (, novembre
1954) ct avec un cerf-volant le Nord (G. I, p. 150) .
160
Dans cette série, nous rencont rons évidemment la mysti-
fication. Comment se serait-on refusé le naïf plaisir de lâcher
des ballonnets pour ébaubir les populations ?
C'est ainsi qu'un habitant de Beuvry-lès-Béthune, près de
Lille, fabriqua dans ce dessein, de petites montgolfières. L'une
(l'elles faillit mettre le Jeu à une meule et le fit découvrir.
Selon ses dirf'i!, il aurait fabriqué un millier de ces pet.its
engins (A.F.P., 5 1954, P.P., 8 octobre, Figaro, 6 octo·
bre.). Vu le temps ct la un milHer, c'est
beaucoup, mais même en réduisant ses œuvres à quelques cen-
taines, uu aunût dû voir des milliers d'observations de préten-
dues soucoupes. Or, il n'en est rien. Le nombre des observations
dans les environnants est réduit à quelques
dizaines. Du pojnt ile vue de la blague, le résultat piteux.
Du point de ·vue sociologique, il apporte une contribution
remarquable en prouvant que les populations sont pas pres-
sées de crier à la soucoupe.
Nous pouvons mentionner seulement deux autres menues
mystificatious : une <<soucoupe » de pacotille avec ballons
d'enfants et Jampes de poche t·etrouvée par des marins près
de Brest (F .S., 7-8 novembre 1954), une autre près Ùe Langres
(P.P., 14 octobre).
2° OBJETS AU SOL
Là aussi, nous retrouvons des mystificateurs-fahricanœ à
rœuvTe.
Chose cnriense, le.s deux seuls cas que nous connaissons
dans cette série même procédé et se placent
presque à la mèmc assez
éloignés l'un de l'autre.
Ces tleux cas se sont produits J'un à Momy
nées) (A.F.P. , 20 octobre 1954 ; PP .• 22 octobre 1954)
9
l'autre
à Limeyrat, (F.S.> 21 octobre 1954) . Dans ces deux
cas
9
lee mystificateurs ont utilisé des citrouilles creusées et
garnies de bougies allumées à l'intérieur.
Selon )a dépêche de l'A.F.P., les hahitantA de Momy ayant
appris qu'une soucoupe volante se serait abattue dans un
Illusions matérielles 161
champ, se ra!:!rsemhlèrent, s'armèrent de fusils, de pioches
et de fourches, maia, arrivés sur plar.e, ne trouvèrent qu e
r « jnofff'nsiî légmne ».
Dans un cas, survenu à Anzin (r\or d), ln con-
fusion commise paraît spontanf.e. est d'autant éton·
naule qu'il s'agit cette fois placés au sol et pris
pour des soucoupes eu train de voler. Le 21 octobre 1954,
vers 22 h (A.F.P., 22 oct. 1954 et P.P., 21-25 oct. 1954) , rne
Anatol e-France, des p romeneurs croient dans le
ciel des pointa lnmineux qui « menaient uu, ... roude infer-
nale ». lls les prircmt pour des soncoupes. Des pompiers
furent al ertés. L'tm de ces pompicrA, ilit-on, in terdit à des
automobilistes Je rou] er, tous phare;> allumfR « afin de ne
pas servir de points de repère au.x Martie11s ». Les
crni s'étaient attroupés, assure-t-ou, un « déhar-
» desdites soncollpes.
« Dix minu tes plus tarn, Rdon l n mf. me dPpêche, on s'aper·
1,;11 l qu' il s' agissait de r ellet s lumineux Rnr isola teu rs de
verre placés eu h au t ù'tm pylône portem· d'1me ligne él re-
trique à h aute tension.
On p Put comparer cette erreur avec celle t{Ui fu.t com·
mise à C:lu l nndray (Vienne ) lorsqu'un automobilist e prit uue
lueur de phare ponr nnc R011coupe et jeta son camion contre
un (./ oumal dn ni manche, 24 oct. !i4) .
Ou '-'Oj l que ces mé-prises sont p1ns grave!\, mais moim
nombr euses !flle celle.« qui concerueul Ùe,:, objets vol ante:. Noni'
Rnrons à les commenter longuement.
3a MARTIENS
Les erreurs conunises <l ans celle série sont les plus trou-
blante". 'Ell t':" posent (lonc à fond le problème de la valeur
témoignagcR humai n" et nous devrons examü1er a ussi
minutiew:eTTl ent qtce possible.
La c-onf msiou de ce genre paraît s'êt re proclnite aux
Etats-Unis.
te 7 ,juillet 1953, vers Edwa1·d Waters,
28 ans, et ses deux amis, Arnold Payne et Thomas Wilson.
6
162
.roulant en voiture, virent à la lueur des phares trois petits
êtres qui leur parurent bondir vers une soucoupe volante
posée au bord de la route.
<< Ed. W alers empoigna sa car aLine, visa sommai.remenl
et tira. L'une éh"anges créattHes tomba pour plus
se relever, tandis que les deux autres s'engouffraient dans
la soucoupe qui décolla et dispanlt. Rentré chez lui,
Ed. Waters plongea le « Martien » - un petit être à peau

1·ose, au faciès prognathe - dans un bac à glace et, le
lendemain matin, Pexposa dans la vitrine de son salon cle
coiffure. » (G. I, p. 150) (1).
Le Martien en question n'était qu'lm singe rhésus échappé
de chez un marchand exotiques.
A Sinceny (Aisne), la confusion fut beaucoup p]us grave,
puisqu'elle ahontit à un coup de fu'3il sur un voisin (Journal
du Dimanche du 17 oct. 54). L'auteur de ce coup de fusiL
M. F., déclarait, en effet : « J'ai cru, en voyant une silhouette
évoluer dans la lumière de deux phares, être en présence d'un
Martien en train de réparer sa soucoupe volante. Je suis
allé chercher mon fnsil et j'ai tiré. :» En fait de Martien:
il n'y avait que M. Mandee R., occupé à réparer une hanale
automobile dans un pré voisin de chez lui. Par chance, les
plombs L.irés par le fusil de chasse de M. F. s'écrasèrent
seulement contre la voiture.
Même confusion à Train-l'Ermitage, dans la Drôme (A.F.P.,
4 nov. 5·1). Dans l'obscurité, on vigneron aperçut tme
silhouette qui lui parut << extraordinaire ». « C'est un Mar-
tien », se dit-il, et, muni d'un bâton, il frappa à coups
redoubli-A'l sur Je prétendu Martien qui s'appelait M. N. et
dut faire appel à un docteur car il en eut. l'oreille
Avec Walscheid, dans la Moselle (F.S., 20 oct. 54), nous
rencontrons un nouveau cas d'expédition. Alertés par des
enfant.o;. qui prétendaient avoir vu un « commando de Mar-
tiens », les gens du village s'att1·oupèrent. « Dans la nuit,
sous la faible lumière ampoules municipales, la
silhouette d'êtres bizarres se dessinait sur une terrasse. »
(1) Selon une autre veJ;'sion, l'a.ffair.e n'était qt:J'une facétie
(M. I
1
p. 1J8) .
Illusions macériP.lles
163
Suit lme description héroï-comique des femmes du pays
allant Re réfugier à l'église, des hommes s'armant de fusils
de chasse., le doigt sur la détente, et formant cieux colonnes
pour donner l'assaut. On ne négligea heureusement pas de
faire leA sommations légales.
C'est alors que le propriétaire que l'on croyait pour le
moins garrotté et bâillonné, passa la tête par la fenêtre, et
tout ensommeillé, demanda ce qu'on lui voulait. A la stu-
peur génér ale, qui !le changea bientôt en éclats de rires, il
expliqua qu'il avait emmaillotté, pour les préserver de la
gelée, les chrysanthèmes de sa terrasse. L'imagination des
avait fait le rt>..ste, et tout le monrle avait suivi.
A Binic (Côtes-du-Nord) (A.F.P., 22 oct. 54), « un pas-
sant avoir aperçu, danR la rue Wihon, un homme
petit, le corps couvert de poils. Quelques habitants s'en
allèrent à sa rencontre. Debout sur le trottoir, l'homme
semblait les attendre. On se précipita dans sa dil-ection pour
s,apercevoir finalement qu'il s'agissait d'une bouteille de
gaz ».
certains farcem·s n'ont pas manqué d'ajou-
ter au tableau quelques tests sur le faux Martien :
A Creil (Oise) (F.S., 29 oct. 54), un cheminot se fabri-
qua un masque avec un vieux bidon, divers accessoires,
notamment nue run})Oule électrique peinte en vert. Cn soir,
après le service, il apparut subitement dans un coin de
la gare, les cheminots le virent ; il les effraya en allumant
son pseut.lo-rayon vert ; et se rua sur les poursuivants eu
glapis.sant. Pendant que Jcs gens s'enfuyaient, il en profita
pour disparaître, quitter son déguisement et jouir ensuite
des e:Œets de sa bonne plaisanterie.
A Tradate, en Italie (A.F.P., 10 nov. 54), deux garçonnets
déguisés en Martiens et munis d'un écran argenté agi-
taient dans ]a nuit firent un tel e.ffet qu'un journaliste local
avait déjà rédigé un compte rendu « sensationnel » dont
nous ignorons malheureusement les détails, avant que la mys·
tifi.cation ne fût dévoilée.
Mais le record de la mystification appartient probable-
ment à deux journalistes de Samedi-Soir (no du 21 au
164
27 oct. 54). t>artis en voi ture de Paris, ils se r endirent
dam l e .Midi, rPgion rle Cahors, Montauban et Toulouse.
Ih s'éta1P.n L munis cl'acces:;oires tels que cutsluwcs de sca·
ph::mdriers, feux de Bengale e l divers produits d'artifi.cierA
pour jouer aux 3-farLieus.
Ils en ont tiré comme conclusion rinanité générale des
t émoignages sur les souconpns volanteR ct spécialemen t
cleux témoignagP.il, (}atant ou 13 oct obre 1954 e l coucernant,
l'un M. Ott à Toulouse, J' autre M. Carceuac à Graulhet,
dans le Tarn. fu concluent tians le même sens à propos
tle M. Mitto (incident du 9 octobre dans le Tarn), maiA Aans
Je nommer.
Cette plaisanterie aurait pu apporl nr nn ens01nhle très
richn dr. t.: Rts pflychologil:{ttes sur les témoignage-s h umaius
à Jlropos de soucoupes. Mais l'itinér aire suivi n'el:il donné
que très ]Jal:liellemenl el les œporters n'ont précisé aucune
Il ale. Nulle preuve u'esl Ll'ailleurs appOl'tée elu passage
effectif de ces :reporters dans l es localités en IJUI'fl lion et,
à la on serait en dmit dû sc demander si le
1·eportage n'a f abriqué de toutes pièces. Ce ne ser ait
jamais qu'nn supplément de myt:Lification. Il )' a, il est
vrai, des photos de t émoins Ùunl la bonne foi a été sur·
pr.ise et il p araît difficile qu'elles aient été inventées; on
peut donc admettre qne lesdits reporters ont effecl·ivement
opéré une t ournée de mysli flcationP maÏA queUe en fut
l'ampleur, en quels points précis, à quel!es heures
exactcB, il reste trop de lacune!l pour tju'on le savoir
avec certitude.
ll semble qu' après avoir suivi l a route de Brive,
Montauban, Toulouse, ils aient joué à l'atterl; fl!=ag<'., r.'r.st-à-
dire arrêté leur Yoiturc, leur déguisement et tiré, de
temps à autt·e, quelques f usées nullement interplanétaires,
aux endroits : Poulergues (au sud de
V a rreye (sur la route de Montpezat de Quercy) , Moutalzet
(sur lA nnlionale Sain t·Gomhiez (entre Fronton ct Bou-
loc, snr la départemental e 4) , rlc là, ou aux environs, ils
ont fait un crochet vers Gr aulhet, puis sont revenus à l'entr ée
de Toulouse, du côté de l'aérodrome de Dlagnac.
n va de soi que tout témoignage qui se place sur cet
Illusions m(Jtérielles 165
itinéraire, et à cc moment-là, est suspect d'être illu-

soue.
Mais quels sont les moments précis où coïncident témoi-
gnages et mystifications ? Voilà la difficulté.
L'incident O. et P., le plus nettement ruis en cause par
les deux compères de Samedi-Soir paraît nettement dater
du 13 octobre, aux environs de 19 h 35. Il a fait l'objet de
deu.."t dépêches de l'A.F.P., datées des 13 et 14 octobre. A
cette date, le coucher du soleil a lieu à 17 h 05 et les repor-
ters déclareut qu' à leur passage dans les faubourgs de Tou·
louse, le soleil devait être couché depuis près d'une heure.
Comme ce genre d' appréciation est approximatif, la coïnci-
dence entre le8 rieux événements .-:emble très possible.
A ce moment-là, les pseudo-Martiens ont arrêté leur voi·
tm·e. L'un d'eux, au moins, descendit en scaphandre faire
un rapide petit tour, prèa du puis repartit après
avoir lâché deux ou trois fusées.
Or, d'après les témoins, un engin sphérique, rougeâtre, ae
posa non loin d'eux, dans un terrain vague. lls virent ensuite
« un scaphanJriet· c.le petite taille avec une tête grosse par
rapport au corps, deux yeux énormes... un scaphandre qui
brillait « comme du verre » (A.F.P. du 13 oct.).
« Après un temps très court, environ une minute, le sca-
phandre regagna la sphère lumineuse qui s'envola à la verti-
cale sans bruit eL disparut danR le ciel à uue vitesse pro·
digieuse en laissant un sillage de feu (id.). »
La dépêche du 14 ajoute : « Le mystérieux individu (le
scaphandrier) mesurant environ 1 m 20, dépassait l'engin
de la tête et devait, par conséquent., se courber pour y
, ,
penetrer. »
En outre, la soucoupe « émettait autour d'elle un léger
brouillard ».
Ayant voulu s' approcher, un des témoins fut « retenu
à une vingtaine de mètres par une force paralysante » et
ajoute même fJUe « lorsque l'engin s' est élevé dans le ciel,
il a été -violemment jeté à terre. »
L'autre témoignage nellement mis en cause est celui de
M. Carcenac, du côté de Graulhet, dans le Tarn. Cet inci-
dent date aussi du 13 octobre, mais vers 16 h 30. Or, les
166
reporters ont circulé de ce côté, disent-ils, et lâché quelques
fusées. D'autre part, on a évidcnunent remarqué à quel point
les détails indiquéti par le témoin font penser à un effet
de feu d'artifice, avec ce « disque flexible et mou » qui
ondule et disper se en tou.." sens des filaments qui tombent
à Lecre, tandis qu'un petit « disque » brillant continue ou
paraît continuer sa trajectoire. l\11. Carcenac t\lajt loin,
puisqu'il a regardé à la jumelle.
Dans la même région, à Briatexte, faut-il r etenir aussi
l'effet de la même àérie de mystüications, lorsque M. l\Htto
assm·e qu' il a vu, vers 20 h 30, deux petits pilotes tra-
ver ser la route devant sa voiture, et ensuite un grand disque
rouge disparaissant dans le ciel ? lVlais si cet incident est
vraiment daté du 9 octobre (M. li, p. 264) , il semble rela-
tivement trop ancien, car il e.st peu vraisemblable que les
mystificateun! aient fait deux randonnées dans le Tarn et
passé t:jwl juurs de voyage dans la région.
On serait plus tenté de retenir l'incident de la soucoupe
et rleA trois petits hOJi:tmes, inJit1ué pat le témoin Stramare,
car ce témoignage se situe au carrefour des routes Fronton-
Bouloc et les reporters ont dû emprunter une de ces routes,
mais nous ne savons de tJuel carrefour exactement il s'agit.
En outre, cet incident paraît dater du 11 et même en ce
cas ce serait attribuer une durée un peu longue aux péré-
grinations des reporters.
n existe, un autre témoignage, dans la même
r égion, celui de M. Marty, à Léguevin, mais il ne date que
du 12 et les reporters ne semblent pas avoir étendu leurs
exploits à ce secteur situé à l'ouest de Toulouse.
La pré8ence de mystificateurs d'ailleurs pas l'appa-
rition d' authentiques soucoupes. Il n'y a aucune sorte d'incom-
patibilité entre les deme genres de phénomènes.
Reste encore le témoignage Vi<lal el Hurle, du 12 aussi,
et aux abords de Toulouse, au petit jour, mais le
récit des œporters ne parle pas de facéties toulousaines à
pareille heure eL le témoignage en question est vague.
Quant à l'incident signalé par M. Ramond, il date du 14
et se situe à Vielmur-du-Tarn, non à Villemur, aux envi·
Illusions matérielles 167
rons de Fronton. D ne semble donc a\·oir aucun rapport
avec cet ensemble l ocal de mystificatioDB.
Il va de soi que la personnalité de tous ces t émoins n'est
pas en cause. Les erreurs qu'ils ont pu commettre, personne
ne peut se vanter qu'il les aurait évitées à leur place. C'est
hien pou.-quoi la question est grave et médte un
car le problème de la valeur ùu t émoignage
humain, en général.
Il
Recherches sur la nature des illusions
chez les témoins
Quelle est la valeur du témuiguage lmmain ?
Les erreurs commises par des pilotes américains qui ont
confondu des ballons ou des avions avec des soucoupes
sont fâcheuses, mais l'éloignemenl suffit en pour
expliquer ce g . • de confusion. Il est relativement le

moms grav.e_
trouvant tout
de méprise.
aiSlSe pensee que les mêmes pilotes se
près de l'objet observé n'auraient pas commis
Ce qui pose au contraire l e problème le plus grave, c'est
la douzaine d'incidents à propos destruels nous avons vu des
témoins prendre pour des soucoupes ou des Martiens une
grotesque série composée de ciLrouilles, d'isolateurs de verre,
d'un singe rhésus, de ch1·ysanthèmes emmaillotés, d' une hou·
teille de gaz et d'anodins quidams déguisés ou uon.
Ces confusions paraissent si monstrueuses lJ u'on est
de les attribuer aussitôt à l'hallucination et an délire.
Mais alors, si rhallucination et Je délire ont de tels pou·
voirs, même sur des gens très raisonnables, qu'e.st-ce qlù nous
garantit la valeur des autres témoignages jusqu,ici non démen·
tis sur les atterrissages de soucoupes et de leurs pilotes ?
Ne relèvent-ile pas eux aussi de l'hallucination et du délire ?
Nous devons donc procéder à l'analyse comparée de_o; uns
et des autres témoit,rnages à la lumière de l a psycho·
pathologie.
Recherches sur la nature des ülusions chez les témoins 169
1° S'AGIT-IL D'IIALLUCINATIONS ?
<< Une perception sans obj et », telle est la définition cJas-
sique de l'hallucination .
.Expliquer les apparitions de soucoupes par l'hallucination
est donc la plus tentante des solutions.
Une telle interprétation ressemble trop à de l'escamo-
tagt:. f:t- 11/est pas une explication, mais u11e simple décla,.
ration de l'impossibilité d' explication, sous le couvert d)un.e
désignation verbale . .)lieux renseigné, le renard de la fable
n'eût pa" déclaré leè! raisins twp verts, mais hallucina-
toires.
En fait, si l'on se plonge dans l'immense littérature con-
sacrée à l'hallucination, on constate que celle-ci constitue
un des problèmes les plus obscurs et les plus controversés
de la psychopathologie.
Dans ce fameux arsenal, peut-on quand même trouver un
commencement de preuve en faveur de l'hypothèse selon
laquelle l es témoignages sur soucoupes ne relèveraient
que de l'hallucination ?
Parfois on le croirait.
Dans sa grande thèse, Quercy déclare •1ue l'hallucination eat
une « image-éclair », très brève, instantanée, évanescente.
(L'hallucination, t. Il, p. 3't6) .
N'est-ce pas le cas des appa.l'Ïtions de soucoupes ? Mais nous
avons vu que de nombreuses apparitions de soucoupes en
vol ou à l'allerrissage duraient une demi-minute, ce qui
pas du tOUl la Vlte!iSC de rinstantané ; Si VOUS ne VOyez pas
la di:ffé1·ence demandez à un photographe, il vous l'expli-
quera. Certaines manifest ations ont duré d'ailleurs beaucoup
plus longtemps, une demi-heure par exemple à Saint-Prouant.
On pourrait objecter alors la longue durGe de la célèbre hal-
lucination ùu « tireur d'épines » rapportée Jlar Taine (De
l'intelligence, t. I, note 2) et exemples cités dans
le Vocabulaire Philosophique de Lalande, v. Hallucination.
Mais ces exempl es anciens ne sont que des confidences indi-
viduelles non contrôlées et enveloppées d'un sentiment d'irréa-
tmhjective qui n'a rien de commun avec le caractère col-
170
lectif et ohjectiviste des témoignages sur les sou coupes. On
ne peut donc en tirer aucun argument ici.
Quercy souligne un autre aspect de l'instabilité de Phallu-
cina.tion : celle de son contenu. « Le rêveur, et surtout
l'halluciné, écrit-il, sont familiarisés avec les gesticulations,
les grimaces, les roulements d'yeux, les culbutes, l es trans·
formations subites, les galopades, les fuites, les ascensions et
les chutes des objets, des figurants et des visages de leurs
vjsions. » (Loc. cit., p. 46.)
Cette fois, encore! à première vue, le parallélisme est inté·
r e.ssant.
cependant pas <rue tous les mots employés par
Quer cy se retrouvent dans l e vocabulaire de la vie courante
la plus normale. Ils ne peuvent servir ici que dans la mesure
où ils évoquent une suite accélér ée de métamorphoses fan·
tastiques, saugrenues, incompatibles avec les lois du réel. Dans
notre minutieuse revue des apparitions de soucoupes, nous
n'avons rien retrouvé de tel . Les soucoupes peuvent changer
d'aspect en vol, mais comme des engins qui évoluent, non
pas comme des phantasmes. Elles peuvent passer de l'état
obscur à l'état hunineux, mais quel phare d'auto ne peut
en f aire autant ? Elles changent parfois singulièrement de
couleur et cela nous intrigue, mais les Martiens, si Mar-
tiens il y a, ne pas intrigués par les change-
ments de couleurs de nos affiches lumineuses, la nuit sur
les boulevards ? En tout cela, il y a des changements rai·
sonnables, non des métamorphoses, au sens onirique et hallu-
cinatoire. Quant aux descentes et ascensions, il serait risible
d'en faire un test d'h allucination, sinon il faudrait con-
damner toute l'aviation. Pour ce qui est des petits pilotes,
on ne lem· a vu faire ni grimaces, ni roulements d'yeux, ni
culbutes. Rien de commun avec l es farfadets ni même les
poulhots. Mal vus, leurs accoutrements ont semblé bizarres,
maiM ont chaque fois moins changé que des acteurs,
ils n'en ont p as changé du tout.
A-t-on l e d'ailleurs, d'appliquer la notion d' hallu-
à <les témoins r éputés parfaitement normaux? C'est
plus que douteux. Quercy consitlère comme très important
le rôle de l'hallucination normale daUB la perception nor·
Recherches sur lrt nature illusions chez les témoins 171
male. Ainsi traite-t-il longuement de l'ilJnsion du correcteur
d'épreuves. Mais cette interprétation prodigieusement exten-
sive paraît très critiquable. Dans ce cas en effet . la prét endue
hallucination n'est pas autonome, elle ne porte pas sur un
objet, mais sur un fragment de perception. En fait, les
ouvrages sur l 'hallucination, même ceux de Quercy, parlent
surabondamment des hallucinations dans le cas des ampu·
des hystériques, des mystiques, des délirants de toute sorte,
des intoxiqués par ]a drogue ; tous les cas sont exception-
nels et anormaux, chacun à sa façon. Le problème du com-
paratisme entre les hallucinations dans la vie normale et
anormal e paraît encore dans sa préhistoire.
Le comble est que la notion d' hallucination est contestée.
L'idée d'une « perception sans objet », pour traditionnelle
qu'elle soit, n' a pas de valeur scientifique objective univer·
sellcmcnt reconnue. Pierre Janet la rejet ait (Cf. Dumas,
Le srtrnaturel et les dieux d'après les maladies mentales, p. 43),
et l e Dr Eug.-Bernard Le1·oy clans sa fameuse étude sur f,es
visions du demi-sommeil (p. 77), signale d'autres opposants.
Que pensera-t-on de tout cela demain? n serait imprudent
de l'affirmer.
Rien, en tous cas, dans l'état actuel des :ne per·
met de prouver que l es apparitions de soucoupes
de l'hallucination. Mais ne restons pas sur ce doute. Admet·
tons quand même l'existence de perceptions sans objet. Quel
argument pourrait-on en tirer contre nof.l témoins ?
Aucun, car la notion d'hallucination ne peul certainement
pas s'appliquer aux erreurs les plns « scandaleuses » qui ont
été prouvées et retenues : les citrouilles, la bouteille de gaz,
les pots de cluysanthèmes, etr.. Ces objets. mal perçus, ont
été monstrueusement traves lis. tant qu'on voudra, mais ce
sont des ob jets réel.,., ils étaient là, ils ont été reconnus, une
fois l'illusion dissipée ; cette illusion ne relève donc pas de
l'hallucination. La preuve contraire en est formellement appor-
,
tee.
alors r ejeter le soupçon d' hallucination sur l'en-
semble apparitions de soucoupes et de petits pilotes qui
n' ont pas été démenties ?
Mais cette hypothèse ne s'appuie sur aucun fait. Elle est
172
supposition pure. Nulle pa:rt nous n'avons trouvé un témoin
prétendant voir nettement à courte distance une soucoupe
et un pi.lote, tandis que les autres témoins, placés au même
endroit et au même instant auraient catégo1·iquement contre-
dit ce témoin en affirmant gue là où il prétendait voir sou-
coupe et petit pilote, il n'y avait rien., rien de tel, absolument
rilm, de snrtP. que le psychiatre pourrait conclurP. en toute
tranquillité : << perc.eption sans objet ».
Notons au surplus que selon de très intéressantes indica·
tions des spécialistes, l'identification de l'hallucination avec
une perception sans objet n'est pas aussi simple qu'elle le
paraît dans sa formulation abstraite. « Da11s beaucoup de
cas, le malade se rend compte qu'il .épronve un phénomène
anormal et ne croit pas à la réalité de la fausse perception. »
(Guiraud, Psyclâa.trie clinique, p. 191.) Même avis chez Dumas
(SurnatZLrel, pp. 43-45. Corn p. la citation dans le Vocabulaire
.de Lalande, v. Hallucination). Ainsi, selon J anel, la convie·
tion des hallucinés en face de leurs hallucinations relève non
de la certitude, mais ae la « croyance » (Cf. la citation don·
née par Dumas, in Surnaturel, p. 43). Il n'est pas jusqu'à
Quercy, pour opposé qu'il soit à Janet, qui ne parle de la
« foi » hallucinés ; c'est le titre même dn premier chapitre
de sa thèse .

Ce genre comtatations va si loin que dans la célèbre
hallucination du « tireur d'épine », selon Taine, si « par-
faite » que fût cette hallucination, en appanmce, l'homme
à la diète était parfaitement conscient qu'il s'agissait d'une
hallucination visuelle. Le docteur Dumas assure qne même
les malades paranoïaques ou ceux qui sont atteints de psy-
chose hallucinatoire chronique ont beau croire à leurs hal-
lucinations, ils ne les pas moins dans une réalité à
part, en de la réalité rpli est normalement perçue par
tout le monde (Surnatnrel, p. 45, et Lalande, v. Hallucina-
tion).
Or, c'est encore un fait : dans aucune déclaration de témoins
sur le.s soucoupes, nous ne trouvons ce sentiment d'irréaJité
ou de réalité occulte, incommunicahle, surnaturelle, en tout
cas étrangère au monde de la réalité naturelle.
Quand on voit avec quel empressement les journaux ont
Re.cherche.'i sur la nature des illusions chez les témoins 173
publié les attendrissantes révélations de M. Adamsky ou
l ee burleEques confwions produites par des citrouilles ou des
chrysautht:mes, on pent f-tre sûr qu'ils sc seraient fait un
devoir de publier avec autant de rapidité que de plaisir tout
témoignage apportant le démenti d'une vision hallucinatoire
de soucoupe, et tout « Lémoignage » reconnaissant que la
« réalité » des soucoupes Sf'rait à part de la réalité normale.
Br·ef, les caractéristiques de l'ememhle des témoignages
démP.ntie ou non démentis sur les soucoupes voJanles sont
radicalement incompatibles avec les caractéristi ques essen-
tielles de l'hallucination.
2° S'AGIT-IL DE DELIRES ?
Q11' est-ce que l e délire ?
Ici encore, la question est p lus difficile qu'on ne croit.
Pre.uo.ns (Pun spécialiste, le docteur Paul Gllη
raud :
« Actu<'llcment, écrit-il, on restreint le sP.ns du mot délire
à celui de construction inlellectuelle morbide sc développant
en dehor s de la .réalité et s'accompagnant d'une conviction
inébranlable. » ( clinique, p. 194. 1
)his qu'est-ce qui est morbide et en dehors de la réalitcS?
<< L'i dée délirante, ajoute GuirauJ ... , est une idée en général
absurde et invraisemhlaL]e, mais là comme dans tous les
domaines, ]a limite est difficile à tracer entre Je normal et
le morbide. »
Autrement dit, il n•y a pas de critériwn objectif et :rationnel.
Tout est affaire d'appréciation emph-ique.
Aurons-nous p1us de chance avec le V ocabula.ire de Psy-
chologie cie Piéron ?
« Délire. Croyance pathologique à des faits ou con·
ceptions imaginatives de hase. Les thèmP-c; le!; plns habituels
sont des idées de grandeu1·, de persécution, de jalousie, de
culpabilité, elc. Lenr jnFtification sc fait. soit par de fausses
interprétations, soit par de famses perceptions (hallucina·
tions). TI a' agit parfois de corutructions plus ou moins inco-
hér entes et fantastiques, purement imaginatives. »
174
Soit tmcore. Mais qu'est-ce qui duit être qualifié d'irréel,
de faux, de purement imaginatif, de fantastique"? Nous sontmes
en plein cercle vicieux, car celni lJlli admet a priori la réa-
lité ou au moins la possibilité de l'existence des soucoupes,
refu;P cf."s qualificat ifs aux témoignages en cause,
que ceux qui nient a priori cette existence et même
cette possibilité (l' existence en concluent sans autre examen

qu'ils ont l e droit d'appliquer d'emblée tous ces qualificatifs
aux témoignages incriminés, al ors <1u'il s'agit tout au eon·
traire d'apprécier la valenr rlee témoignages en eux-mêmes
avant de porter aucun jugement sur leur objet.
Espérons-rwus sortir de cet invraisemblable mélange d'em-
piriemc ct d'a. priori en nous aùœsl:!ant à Littré ?
« Délire. Egarement d'esprit causé par maladie. >>
Non, nous ne sommes pas plus avancés.
Qu'est-ce que l'absurde, l'irréel, le fantastique, etc. ? Le
mot absurde ne SP. trouve ni dans l'index de Guiraud, ni
dans le Vocabulaire de Piéron. Pour Liuré, c'est ce « qui
est contl'e le sens commun ». Pour Lalande, « cc <[lli viole
les ]ois fonnelle8 de la logique ». Le mot fantastique ne
se trouve ni chez Piéron, ni chez Guiraud, ni chez: Lalande.
Pour Li ttré, c'est « ce qui n'existe qu'en imagiuation ». On
en rapp1·ocher a le mot fantasme que définit
uue « production imaginat ive ». Chez Lalande, l e mot fan-
taisie n'évoque que les caprices de l'imagination produisant
assemblages monstrueux tels qttc chimères et centaw·es,
Bossuet étant cité à l'appui. Etc.
Cette carence n'est pas surprenante.
ces définitions qui passent pour savantes sont pure-
ment empiriques. Elles ne sont foudées que sur les a priori
ùu hon c'est-à-dire sur l e cotus moyen des préjugés col-
lectüs ; elles ne sont exprimables que par des tautologies
et des jugements arbitraires.
Ici, les « sciences lmmaines » en sont encore à Pâge de
la pierre, en face d'une science physi que parvenue à l 'âge
de la relativilé et des géométries non-euclidiennes. Cc n'est
pas tl n e:lmple ct immense c' est une dramatique
contradiction, à une époque où la science physiqt1e et mathé·
matique fait aauter sans arrêt les limites de l'irréel, de
Recherches sur la nazure des illusiuns chez les témoins 115
l'a1surde et tlu fantastique. Ainsi, comme toujours, toutes
les idtes des inventeurs, des pionniers, découvreurs et témoins
de toutes les fm·mes de l'insolite sont régulièrement traitées
de tlélirantes. (eux qui les dénigrent sont logiques avec eux-
mêmes puisqu' ils se fondent sur la routine établie et ils ont
« raison » jusqu'à ce que la réalité leur donne un coup de
poing en pleine figure.
A vrai dire, l'on pourrait sana peine s'épargner ces
mécomptes si l'on voulait bien reconnaître qu'il n'est pus
d'idée qui n' ait le droit de paraître irréelle, absurde eL fan-
tastique, ponr 1 a magnifique raison que l'imagination est le
pouvoir même de dépasser leM liua.hes du connu pour entrer
dans l'inconnu, de t ransmuer l'irréel en réel, Pahsm:de en
t·aisounahle, le fantastique en naturel. Quitte à faire un choix
entre le et l'impossible. Mais ce choix ne dépend
pas des psychologues et des psychiatres. Ils ne connaissent les
choses que du point de vue du sujet et non de l'objet, ils
ne peuvent poser les hornP.s du réel que là où les posent
les habitudes de la eociété dont ils dépentlent.
Les p$ychiatres ne qualifient de délirants les témoins de
soucoupes que d'aburd parce que, comme la masse de l'opi-
nion publique, ils considèrent commf!. absurde, fan,tastique,
irrP.elle l'existence de ces engins. Celui qui y croit, croit à
l'absurde. Dune celui qui affirme en avoir vu est un déli-
rant.
C'est un pur escamotage de la question, car l e pmblème
est pt'éc.isémP.nt de savoir si ces engins existent ou non. Cette
question de fait ne peut pats P.tt·e tranchée a pri ori par la
psychiatrie. Elle n'est absolument pas de sa compf!tence.
Le!! psychiatres qui condamnent l'hypothèse des soucoupes
volantes cômme absurde et fantastique, qui accusent doue les
témoins de n'êt re que des cerveaux délirants, agi ssent exac·
LeiiiP.nt comme scolastiques qui niaient a priori l'existence
des antipodes. Ils ne se fondent nullement sur la « science
psychiatrique », ils ne s'inspirent que deR VlÙgaires préjugés
de la routine humaine.
Le vrai critérium du délire n'est pas de l'ordre des idées
mais du comportern.ent.
176
La définition du Vocabulaire philo.mphiqu.e de Lalande le
fait bien rcssortÏI' :
« Délire. Etat mental temporaire, caractérisé pa1· la con-
fusion dea états de conscience, leuc t1é..-iordre, l'intensité des
images qui deviennent le plus souveul ha]lucinatoires et déter-
minent parfois des actes violeuls el anormaux. »
Cette paa de références à !=a1·bitraire du jugement sur
des idées, Lalande met l'accent sur la confusion des états
de conscience qui se traduit objectivement, sous les de
tous, par la p1·oduction de prujHJS incohérents et d' actes
absurdes. Le critérium du délire devient obj ectif et sociolo·

gurne.
Dès lors, l'objet (la 30Ucoupe) 'lue le témoin prétend avoir
vu n ,a plus d'importance • déterminante. Le
problème ne sc silue que ùu côté tlu 1.émoin ; il ne plus
que de savoir si le t émoin a f ait preuve de délire par rincohé-
rence de ses propos et de ses at:l es.
Là-dessus, les faits répouJenl très nettement.
Dans toute la littéralllre journalisl.i tJUe concernant les sou·
cou pcs, nous avons relevé un cas de délire :
« Livotu·nc, 19 octobre : B. S., 34 ans, admis hier soir à
l'hôpital de Livourne, a pluagé sous un lit en criant au
secours. Il a déclaré que Martiem venaient de descendre
d'une soucoupe volante et lui donnaient la chasse. » (A.F.P.,
19 oct. 54.)
La preuve du délire est Elle ne tient nullement
aux maie; au COJUjJUl.'tement du malade. Il aurait
aussi hien pu se croire poursuivi par un avion ou un phoque,
le résultat eût été exactement le rnGme et n'eût rien prouvé
contre l'existence des avioll5 ou phoques. Le malheureux
B. S. n,est pas un témoin, c'esl. un malade.
Observerait-on cent cas ou mille c:as de ce genre dans l es
asiles d'aliénés, que prouveraieut-.i l!-i ? Strictement rien contre
les soucoupes. lls établiraient seulement que ]e thème des
soucoupes et des .. :Uartiens peul êt re exploité par l'aliénation
aussi hien que l e thème de Napoléuu ou le thème Marie-
Antoinette, san.s qu'on puisse se CI·oire fondé à soutenir en
Sorbonne l'inexistence rétroactive de Napoléon et de :Marie-
Antoinette.
Recherches sur la natttre des illusions chez lP.s témoins 177
Cela posé, que pouvons-nous trouver d'nnalogue, de près
ou de loin, dans l es témoignages vrais ou faux, valaLles ou
illusoires concernant les soucoupes volantes ?
1 o Tllmoins ordinaires abusés et détrompés, notamment dans
la douzaine de cas indiqués à propos de puLs de
chrysanthèmes, etc.
On trouve deux actes violents, à Tain et Sinceny. On peut
y ajouter, pour J'Amérique, le cas du singe rhésw, s'il a
éi é abattu à coups de fusil. Dans les deux pre-
miers cas, il s'agit de coups de fusil ou de Lâton dirigés
contre des vuisins pris pour des Martiens. C'est absurde et
fâcheux, apparemment cela frise le délire. Mais l e délire, c'est
de prendre, face à Iace, en plein j our, un voisin pour un
Martien. Ici, tout au contraire, la violence a J)Our cause
une confusion dans l'obscurité. Celle confusion est de l'ordre
de celles qui se commettent couramment à la chasse : on
prend son J>ropre chien pour nn l apin, ou le ral>alleur pour
le 8augl1er, ou peul même prendre pour gibier un couple
tapis dans un buisson. Sel on les cas, J' homicide
ou la blessure par iinp1·udence sera de plus en plus impar-
donnable, l'effet confusion grossière et inexcusable,
mais ce n'est nullement du délire.
n importe encore plus de souligner que duns les incidents
provoqués par des confusions non moins graves au point de
départ, à propus de citrouilles et de chrysanthèmes, les préli-
minaires belliqueux n'ont abouti à aucun acte de violence.
lVIalgré l 'agitation régnaule, les témoins se sont maîtrisés
et ont rectifié leur interp1·étation des faits. Il ne peut y avoir
meilleur t est de l'absence cle délire.
Bref, tous ces récits apparaissent cocasses, saugrenus,
barocJUes, mais rien de plus. Partout, on constate de graves
confusiona à l'or igine. La cause majeure en est la nuit, comme
il est normal. Là-dessus ln fréquence des histoire de
à cette époque suggè1·e lie fausses interprétations. Sont-elles
déliranles? Absolument pas.
Trouvons-nous ici des états de conscience confus et désor-
donnés, des thèmes de j alousie, de grandeur, de persécution,
etc., des crayances pathologiques inébranlables 't Riel.l <le tout
118
cela. Au contraire, même dans les stupéfiantes affaires provo·
quée..s pa.r les isolateurs de verre, bouteille à ga:t; et pots de
les témoins ont opéré clairement les recti:fi-
caüous nécessaires et sont paisiblement rentrés chez eux.
2° Trouve-L-on plus chez les « témoins » tlu genre Adamsky,
ceux qui se targuent ùe révélations ? (l)
Certes, le tableau n'exclut pas le thème de grandeur embelli
<le nombreux accessoires. Ces « témoins » ont mér·ité les con-
fidences rleA nobles messagers de la planète de l'amour, ils
en onl eu favertissement par intuitions, ils sympathisent eL
télépathisent avec eux ùu premier coup, ils en reçoivent de
hauts secrets qu'ils ne peuvent dévoiler an commun des mor-
tels. On trouverait hien des tl"aits de ce genre dans certaines
catégol"ies de clients des asiles. Mais il reste une différence
indéniable : rien de confus et de désordonné rians un récit
comme celui de M. Adamsky, pas de propos incohérents, pas
tl'acte.s violents et donc rien de délirant. C'est le
. .
genre p1nce-sans-rue.
3° Il ne nous reste plus maintenant que la catégorie des
témoins ordinaireR dont les dépositions n'ont fait l'objet
d'aucun démenti.
w1 seul cas, l'un des plus importants, d'ailleurs, les
journaux OJlt mis en cause le témoin, c'est le cas de M. Dewilde.
On a raconté, en qu'un an avant l'incident du 10 sep·
temh1·e 1954, il aurait été victime d•un traumatisme crânien,
à la suite d'un accident du travail qui lui aurait cau-sé quelques
trouble!:) nerveux (F.S., 15 sept. 54).
Soit. Mais si traumatisme et troubles il y a, !!'.ils éLa.ient
responsables de cette « vision », il denait bien y avoi1·
quelques petits indices de ce genre de causalité, quelque
marque de fab1·ique. On devrait relever des traces de trouble.-,
anormaux dans son récit, dans la manière dont il ]e r aconte,
dans ce qu' il rapporte du comportement des « Martiens »
et de son propre comportement.
(1) Bjen que cette catégorie soit en principe exclue de la pré-
sente étude, nouH croyons indispensable d'en faire mention ici à
titre comparatif.
Recherches sur la nature illtuion.<t cltP.z les témoins 179
J'ai eu beau chercher, je n'ai rien trouvé à l'appui de
• # •
cette mterpretat10n.
Le seul fait sur lequel on puisse s'interroger est le bref
instant pendant lequel M. Dewilde s'esL 8enli paralysé. Or,
d'une part, il pouvait s'être sim p1ement trouvé « cloué sur
place » par un effet ùe panique bien
D'autre part, ]a cohérence de son récit est parfaite.
Il n'y a pas la moindre trace d e délire chez M. V ewilde,
pas davantage chez les témoins tels que Mme Lebœuf,
M. Beuclair, M. Gatey ni n.ncun des 95 tém.oi.gn.ages sztr des
aUP.rrissages, dont 53 cas concernant l'apparition des pilotes,
ni contre l es 18 cas de témoignages sur l es effets paralysants
atteignant des machines. Nul thème de délire de grandeur,
de de persécution, etc., nul langage incohérenl attes-
tant d'étals tle t:ons•:i•·nce confus et désordonnés, nul acte
pathologique violent et anormal, nulle croyance pathologi(jue
inébranlable. C'est un fait capital. TI est peut-être déplorable
pour notre tranquillité mais la vérité ne consent pas
.
touJours a ctre arrangeante.
Un mot encore.
On voit perpétuellement t raîner rlam! l<!s t hèses l es plus
savantes comme dans les conve1·sations l es expres-
sions d'<< lu.tllucination collective » ou de « délire collectif »
comme si elles étaient interchangeables à volonté et capables
de tout expliquer.
Le maître en l a matière, c'est le Dr Le Bon,
..lont. la Psychologie des foules inspire même encore le monde
critique ( l ). Nous avons pensé y trouver de précieuses indi-
cations ; il s'y trouve fluel ques idéC8 intéressantes, mais noyées
dans un énorme canular. n serait dispr oportionné rl'en é laler
ici les preuves.
Nous n'en avons d'ailleur.o ancun besoin, pas plus que de
n'importe quelle théorie sur ces questions.
L'analyse des faits à laquelle nous avons déjà procédé
montre qu'il n'y a aucun signe d'hallucination ni de clP.li re
(1) n est incroyable que des autorités a ussi respectables que La-
1ande (vo Foule s oydwlngique) et Piéron (vo Foule) se réfèrent
encore au Dr Le Bon.
180
dans le cnmJJOrlemenl de l'ensemble des témoins, ni dans
leur langage, ni dans leurs actes.
Le plus beau est que les deux seuls cas de violence connus
en .France (à Tain et à Sinceny) sont le fait d'individus
isolés. Dans les cas de mobilisation spontanée de village,
comme à Momy, Limeyrat et Walscheid, il n'y a eu aucune
violence. La foule des témoins a elle-même opéré paisible-
ment la rectificatio_n nécessaire. Tout s'est passé au rebours
des prétentions du Dr Le Bon et de ses disciples.
Nous n'avons donc aucune t·aison de prendre au sérieux
ùe la réduction des apparitionR de soucoupes à
des hallucinations collectives ou à des délires collectifs. Elle
est formellement démentie par le comportement des témoins.
3° S'AGIT-IL D'ERREURS DE PERCEPTION?
Les témoins ont beau n'être ni hallucinés ni délirants,
même dans des cas comme ceux de la bouteille à gaz de
Binic, des cllrvsanthèmes de Walscheid ou des isolateurs

d'Anzin, l'erreur est un fait. Cette erreur est énorme. Il
faut en rendre n ne rP..'ite plus qu'une explication
possible, l'erreur de pereeption.
C'est que la perception n'est pas rlu tout la même chose
que la sensation. Autour de l'acte relativemenl si mple de
voir tel détail précis de la réalité, elle échafau .. de un immense
édifice d'impressions et d'interprétations. Dans cette richesse
est toute sa force, mais aussi tout son péril.
La perception n'est pas Je simple acte physique de voir
ce qui est là, devant nous, à cet instant, la chose qui est,
telle qu'elle est. La perception est mémoire, car elle mobiliee
la masse des souvenirs identiques et analogues ; elle est com-
préhension, car elle .suscite un acte de jugement sur la
nature, la taille, la etc.., cette même chose ; elle
est enfin anticipation, car le témoin ne se borne pas à com-
tater, il imagine d'emblée la suite des aut1·es perceptions
qui vont découl er de la perception initiale. En ce sens, le
pouvoir de la perception confine à la divination, elle côtoie
continuellement le péril des fausses reconnaissances, dea
méprises et des fausses annonciations.
Recherche.-; sur la nature des illusions chez les témoins 181
Toua lea ouvrages de psychologie. sont rempl.is J'exemples
qui soulignent le côté essentiellement conjectural de la per-

cept10n.
Ainsi pour les formes :
« Qunnd je vois le soleil qui va être éclipsé, qu'est-ce que
je vois ? demande Emile Meyerson. une tache b-ril-
lante et plane ou quelque chose de convexe? Il n'est pas
bien aisé de le dire. n est à peu près sûr que nos ancêtres
voyaient ]a tache plane ; mais on nom; a, flepuiR notre enfance,
tellement répété qu'il y avait là une sphère que nous croyons
la voir ; et très certainement, l'astronome qui regarde l e soleil
tou.s les jom·s, qui voit lP.s se. et changer
d'aspect suivant lem situation, à mesure que l e sol eil tourne,
voit le soleil comme une sphère. » (Identité et Réalité, p. 434,
Comp., p. 425.)
n en va de même pour des choses qui sont là, tout
près, à portée de la main.
« A rrf\le.z.vous à la devanture d'un horloger, écrit J. Payot,
toutes les montres se présentent en une perspective très
différente, vous les voyez cependant comme si votre regard
tomhai l sn r elles pe.rpemlictÙai rement ... » - Cette remarque
est citée par Piéron qui ajoute : « Chez un enfant et chez
un adulte qui n'a pas appris à dessiner, toutes ]eR rones
5ont rondes, alors qu'on voit. pas ronde une roue sur
mille, et que l'on a, devant les yeux, des ellipses variées. »
(Psychologie expérimentale, p. 126.)
De même pour l'appréci ation des tailles clans la perspec-
tive.
« Un homme vu à dix mètres à nos yeux sa hau-
teur d'homme ; et lo hauteur d.itc apparente que lui laisse
la science, 15 cm envhon, est incoiJsciente... L'hori:wn est
à 4 on rm de la mais s'jl est facile de constater
cette apparence, il est diificile de la voir. » (Quercy, Les
hallucinations, p. 25, comp., p. 16.)
On ne sartrait mieux souligner que ne voyons pas ce
que voit la rétine. Nous rectifions instantanément et incon-
sciemment le résultat des lois de la perspective. Nous ne
voyons pas les choses telles qu• elles sont, comme l'imagine
182
candidement le sens commun. Nous les voyons telles que nous
savons ou croyons savoi r qu'elles sont.
remarques sur les illusions d' optique mentale compen-
satoire des illt1sions d'opti que physique dans les apparences
de la perspective soulignent à l{Ucl point les
de taille sur lee soucoupes et let! petits sont sujettes
à caution, car nos estimatiom dP. t ai1lP., même à courte dis-
t ance, pour des choses connues, se fondent sur Ja mémoire
de l eurs dimensions ct de leurs variations d' aspects, alol's
que ces points ùe .reiJère sont inexistants pour des engins
et des êtres quP. pm·sonne n' a jamaiB mesurés et que l es
t émoins aperçoivent pour la première fois et trop briève-
ment.
Les couleurs ne sont pas moins égarantes.
« Pendant de longues années, écrit Meyerson, les tableaux
des impressionnist es ont fait s' exclamer ou s'esclaffer l'im-
mense majorité du public, les amateurs aussi bien
que l a foule, et surtout la généralité des peintres. On con-
comme absurde qu'une forêt fih ' 'iolette dans l'éJoi-
gnemettl. Et pourlant, il n'y a pas de doute pour nous
act uellement, elle l'est ; mais notre mémoire transfor me aussi·
tôt cette image à l'aide rlu de la même forêt vue
de pt·ès ; et dès lors, nous jurons que nous la voyons ' 'erte ...
(Identité, p. 404.)
L'appréciation ùes mouvements n'est pas moins aléatoire.
Sur le cas du train voisin qtli roule et qui vous donne l'illu-
sion que votr e propre t rain s'est mis en marche, voir encore
1\tl eyerson (Identité, p. 405).
L'erreur entre de partout comme la poussière dans la

maJson.
Kous r egat·<lons en h âte, nous jugeons sans vérifier, nous
prenons sans cesse la partie pour le tout.
« Quanù ùans l'obscurité, touchant le bout du manche ri P.
mon parapluie, dit encore Meyerson, je le reconnais, j e n'ai
aucun doute qu'il est là tout entier, avec sc.s baleines métal-
liques, et l'étoffe en soie qui le r ecouvre ; et que ce manche
même est en c'est-à-dire const itué à l'i ntérieur, d'une
matière tout à f ait riP.terminée. » (La déduction relativiste,
p. 18.)
Recherches sur la natu1·e des illusions chez les témoiru 183
J ' ai bea11, en ne sentÏJ: que ce mand1e, je sais bien
que tout le reste suit, mais je puis m'être trompé Jans
l'obscurité et avoir le parapluie d'un autre, ou une canne
qui pèse l e même pu.iùs •1oe ce paraplu-ie.
A partir de ces « bouts 1> de réalité que j'interprète trop
vite, à mo1ns d'être un douteur qui vérifie cinquante fois
avant de sortir que c'est bien sun paratlluie, je peux com·
mettre toutes aortes d'erreurs.
I ci nous devons redoubl er d'attention, car nous atteignons
la donnée capitale qui fonc.le l es illusions décisives en lait
de soucou pcs et de 11etits pilotes.
En effet, tout ce que nous avons vu comme erreurs pos-
sur Jes tailles, distances, {onnes, perspectives, couleurs
et relations d'usage n ous conduit au produit décisif : la
mépüse sur les identités.
Une erreur bur un paraît insignifiante, mais elle
ne rest pas et les autres erreurs d'identification sunl bâties
sur le même moc1èle : on ne tient qu'un bout de réalité
et on rincorpo1·e arbitrairement à un autre ensemble.
« J'ai cru voir un nmi dans la foule, dit Piéron, et re.s-
t erai persuadé l' avoir vu s'il disparaît aussitôt ; je recon-
naîtrai mon erreur si je vais lui serrer l a main, et qu'à
l'étonnement la persotme abordée je m'aperçoive avoir
été abusé par un certain air de l'essemhlance. » (l,or.. cit.,
p. 120.)
On a si bien pris l'habitude de ce8 Rortes de méprises
qu'on ne leur accorde Ducuue gravité. Même s'il s'agit d'un
mari qui, S ltr l e qnni d'nne gare, a cru reconnaître sa
femme dans l a foul e des voyageurs. Il a 8.implement con-
fondu, une silhouette de chapeau familier et une
expression de visage fut·tivemeut entrevue. En effet, c'est
ce gui l'a induit en erreur parce qu'il a fallacieusement
r econstitué le tont rl'une personne autour de quelques frag-
ments analogues d'une autre per3onne. Mais il n'en est pas
moins vrai que pendant quclquce instants ce mari a confondu
cette inconnue avec sa femme. Voilà une eneur qui serait
délirante si elle était commise en pleine lumière, à luisu
et à courte distance.
Il v a cent fois pire.
! 84
C'est le cas du tronc d' arbre vu, la nuit, près du chemin,
et pris pour un homme. (Cf. 1\leyerson, Identité, p. 409 et
Husserl, ldées directrices pour une phénoménologie, p. 356.)
L'illusion elSt classicJ:Ue. Inutile de la détailler. Ce n'était
qu' un tronc d' arbre et j'ai cru voir un être vivant, un homme
embusqué.
avons exactement rejoint la bouteille à gaz et les
pots de chrysanthèmes. Ce qui compte pour caractériser la
gravité de l 'illusion, ce n'est pas l'étiquette martienne, mais
le fait d'avoir confondu un innocent objet inanimé avec
. ., ,., .
un mqu1etant ctre .. nvant.
Les erreurs de Binic et de Walscheid relèvent donc de
fillztsion la plu.'\ cla.'ôsique.
C' est le b. a. ba de la psychologie. On s'étonne que des
psychiatres professionnels ne s'en soient pas aperç\15 avant
de crier à l'hallucination et au délire.
li n'y a rien de pathologique dans ce type d'erreurs. La
preuve formelle en est rapportée par les vérifications et les
désillusions qui suivirent. Ne sont pathologiques que les
erreurs rebelles à toute rectiftcatiou, face à l'évidence immé·
diate et tangible.
A cette lumière, relisons la douzaine de cas dans lesquels
d'énormes erreurs ont été commises et reconnues par les
, .

Le point capital est que toutes se placent à la nuit tom·
hante ou en pleine nuit.
Pour les apprécier équitablement, il faudrait savoir avec
précision les temps, les distances, les angles de vue, l'attitude
réelle des divers témoins, le degré de la mauvaise lumière
qui régnait, mais on nous précise très mal ces indications.
Les relations publiées s'en tiennent surluut à l'aspect cho-
quant et amusant du récit. Nous ne pouvons plus rien saisir
du côté et explicable de l'illusion, car au lieu de
nous replacer dans les conditions initiales qui ont causé
la méprise, on ne nous offre plus que le schéma de la
méprise une fois éclatée. Nous nous représentons bouteille
à gaz et pots de chrysanthèmes comme a 'ils étaienl là, tels
que nous les verrions en plein soleil ou dans la puissante
Recherclw.!i sur la nature des illusions chez les 185
illumination d'une vitrine de magasin et nous nous deman·
OOnR par quelle aberration Ùes hommes ont pu prendre de
t els objets JJour des Martiens. Nous nP. voyons plus rien
de ce jeu déconcertant du clair-obscur ttui nous ne
pensons plus qu'il nous est arrivé dP. prendt·P. nn inconnu pour
un ami, uue pour notre femme, un obj et inanimé
pour un homme, dans l es ombres t roubles d'un bois ou d'une
gare la nuit.
Le8 illusions autres nous paraissent toujours ridicules,
alors que nous trouvons l es nôtres toutes natnrcll«>.s.
en partie par un favoritisme naïf, mais aussi parce que nous
savons pourquoi nouA nous sommes trompés, alors que nous
ne saiAissona rien des raisom qui ont provO()llé l cR illusions
des autres.
Pour ne pas être dupes de cette vaniteuse partialité quj
nons P.gare, nous devons doue essayer de comprendre les con-
fusions comrnises, autant que nonR pouvons nous les repré·
senter au travers fl'une information déficiente.
de plus naturel que les illusions oc Momy et de
Limeyrat. Les villageois n'ont pas littéralement confondu des
dttouilles avec dflR soucoupes. Ils ont vu des l ueurs insolites.
A quelque distance, ils ont supposé (]U 'il pouvait y avoir là
des 1mucoupes et quand ils sont arrivés à l'endroit suspect,
ils ont constaté la supercherie. Un homme raisonnable ne
fait pas au lremenl. Quoi qu'il suppose, il va voir sur place
ce qui l'intrigue et déeouvre la cause réelle.
Les vio1ences de Tain et de Sinceny sont fâcheuse.s, non
en elles-mêmes, mais aussi parce qu'elles sup-
posent un véritable état d'affolement à la suite de mauvaises
perceptionA. Ici nous sommes sur une limite inquiétante, sans
qu'on puisse préciser davantage, f aute détail-
lées.
On c.omprend mieux Je cas des témoins O. P. qui, à
Toulouse, vtms la tombée de la nuit, bloquent dans une même
représentation fall acieuse l'automobile mal vue, les effets de
feu d' artifice et l'élrange apparition d'un Ar.aphandrier qui
est Lien un scaphanilder, quoiqu' il n'ait rien de martien,
et qui est doublement réduit. de taille par la
et par la largeur du costume.
186
La bizarre histoire d'Anzin où des reflets de lumière sur
des isolateurs de verre sont pris pour des lumières dans le
ciel aussitôt interprétées comme soucoupes, n'est qu'une illu·
sion d'optique un pen trop prise au sérieux. On aimerait
d'ailleurs posséder un récit non légendaire qui exac·
tement le nombre des badauds qui se sont attronpés et de
ceux qui ont réellemfml. l:ru voir le vol des soucoupes.
En un mot, toutes les erreurs des témoin!! de pseud.o-sou·
coupes ct de pseudo·Mart.1P.ns sunt tout à fait naturelles. Elles
ne que des illusions de la perception, parce que la
perception est nonnalement constellée d'erreurs.
Pourquoi ?
« Dans la perception courante ... , écrit Quercy, on sc hâte
de voir pour penser ct agir ; ct plus on a de perception
pratique, moins on a de perception réelle. » (Q., p. 33.)
On se hâte. Ceue expression est capitale. On regarde
d'un coup d'œil, comme on lit « en diagonale » ; on juge
séance tenante ct l'on passe à J'action. Ainsi va l e monde.
Mais alors l'on perpétuellement de se tromper dès
que les choses ne sont pas tout à fait comme
Alors, l'erreur est partout ? Certainement. Pjéron n'hésite
pas à le dire avec une belle audace :
« Ce qui devrait être ohjel J' explication en matière
d'« illusion >>, c'est, en général, non l'illusion même, mais
sa correction éventuelle, car il n'est pas normal de perce-
voir avec exactitude des formes, des g•·auJeurs, des couleurs,
des mai11 seu]ement de reconnaître des objets de
maniHre à réagir correctement vis-à-vis d'eux, a55ez vite pour
que l a r éaction ne survienne pas en t·eta rd. >) (Psychologie
expérimentale, p. 122.)
Assez vite, dit Piéron. L'expression fait juslement écho à
celle de Quercy : en hâte. Nous sommes toujours pressés.
La vic n'attend pas.
L'explication est soli de. Mais l e résultat est là.
Il n'est pas norma.l de percevoir avec P..xact itude.
Voilà une parole t erri ble pmu les t émoins et leurs Mar-
Eh llien ! tant pis et tant mieux. SouscrivQns sans
m
Valeur
• •
positive des
1 •
te1n oinages

Le changement de qualification des erreurs commises par
les témoins en modifie complètement ]a pot'l ft!. En excluant
hallucination et délire, nous excluons les puisaances irrémé-
diables de la psychopathologie, nous réiulrutlui sons les témoins
"
Jans la sphère du normal. Or, dans cette sphère, quelle que
soit l'importance rl r. l' erreur, le pro}>re Ùe la normale, c'est
que la vérité l'emporte.
Reprenons pl'olwsitiun Je Pié1·on. Ne nous lais-
sons pa8 h ypnotiser par le membre de phrase qui met scan·
daleuaemr.ut en vedette la p uissance de l'erreur. Car aussitôt à
côté, indissolublement liée à la précédente, l a seconde propo·
silion nom rappeJle que ce qui est normal, par contre, c'est
de reconnaitrc des objets de manière à agir
à-vis d'.eux, a.uez vite puur que la réaction ne parvienne pas
en retard.
La peHept.ion n'e:sl pas contemplative, mai3 active, elle n'est
pas descriptive, mais fonctionnelle.
Et cette fonct ion doit être remplie, correctement assumée,
sinon toute vic deviendrait impossible, l'espèce humaine n'<w-
. ,
rait pas sun- ecu.
1° LA RECTIFICATION DES ll.LUSJONS PAR LES TÉMOINS.
La normalisation de l'erreur ne peut pas ne pas avoir
pour contrepartie l a rectification ince3sante des erreurs.
L'homme normal peut toujours pr endre conscience de se!!
méprises et les corriger.
Y aleur positive des témoignage$ 189
Cette possibilité de la rectification de la perception par
le témoin lui-même est IP. fai t essentiel qui découle ùe notre
refus de l'explication pathol ogique des témoignages.
Etant désormais normale, l'erreur est reconnue fréquente,
mais au lieu que le délire inspire une conviction inébmnlable,
l'erreur normale est normalement réparable.
J .t>-3 progr ès de l a science n'ont pa3 d'autre hase. Le savant
n'est pas infail1iLle, il n 'a pas l a scienc-e infuse, mais il agit
constamment comme un homme qui avanct:, se trompe, ct
rectHit: ses erreurs.
N'en demandons pa!; aux t émoins.
Bien avant qu.e de halLtes personnalités se pen.rhent sur les
témoins pout· leur faire renwrquer erreurs, les témoins
nnt eu
1
x-mêmes fait preu.ve, nnn en chambre mais sur le ter -
rain, au moment mr.me des plus troublants incidents, d'une
activité c.ritique décisive.
NotlS pouvons observer cette activité à l'œuvre aussi hien
dans les cas d'illusions démontrées que dans les témoignageg
non démentis.

A) RÉDUCTIO.l'i DtiLLUS!ONS PROSOTlCOT:PIQUES.
Dans <leux cas seuletnent, en France, celu.i. des coups de
bâton Tain et du coup de fusil de Sinceny, l'illusion du
témoin a été totale pujs(p.t'il est passé à l'action, fâcheuse·
ment
1
sans avoir rien vérifié. L'erreur a été
!lanctionnée par une violence, mais celle-ci ne termine pas
l'incident. Car après, à l'iuslant mPme où s'c,:erçait la violence,
les cr is du pseudo-Martien ont dû suffire à réduice J'illusion.
Trop tar d nu point de vue de la violence, mais pas trop tard,
du point de vne de la connaissance. L'erreur si énorme qu'elle
fût, a été tardivement mais effectivement r ectifiée, t!inon il
faud..ait ranger ces deux cas, dans le Jomaine de la pathologie.
Dans l'affaire du chemiuot ne Creil, il n'y a paa eu dB
viol ence, l es témoins ne semblent pas avoir toul de suite
pu fait'e le rapprochement entre le « Martien » et le mystüi-
cateurt mais c'est que le mystificateur s'était précisément
Jt;l)
éclipsé. l1 a pu ensuite se fair e œcormaître sans peine, avec
l'attirail donl il;-;'était muni.
Dans le cas des jouruali:;tes venns à Toulouse, ces mystifica-
teurs sc sont dérobés promptement et défini tivement à la
l"Cctifi cation. On comp •·end. Ils au1·aient risqué tl'apptendre
à leur:; rlépcns que les t&moiuts pour illu.3ionnés qu'ils fussent
n'étaient ni ltallncillés, ni délit·ants, ce qui pnuvait ê t re la
wnrce plus qu' entre camarades,
comme à Creil.
Dans le cas de Walscheid, la rectification se pn11lui t i mmé-
diatement chez les témoins, dè" q11e le des chry-
santhèmes r amène l' affaire à ses p roportions. Contraire·
ment à tous Jes préjugés de Le Bon et de ses épigones, ]'agita-
Lion et Jn méprise se disÛJJeut normalement.
Dans les antres cas : ceux des de l\1omy et de
Limeyrat, de la buule11Je de gaz de Binic et dell isolateurs ci e
verre d'Anzin, ce sont Lémoins eux-mêmes qui vont voi r
sur place ou regardent mieux, et opèrent la rectification.
1\lnl délire, rien tltl pathologique. Si les erreu1·s comi-
ques, el les n'en relèvent pas moins ac la psychologie normale
et c'est à ce tilre qu'elles sont r ectifiables et effectivement
r ectifiées, pour aboulie à une r éaction finale correcte.
Ces couHf atntions sont d'une e.xl rôme importance. Elles
prouvent que l' ei!prit des témoins peut être illwüonné, cc que
personne ne nierai t, mais qu'il n'est pas obnubilé.
Et ce qui vant pour les cas d'illusions démontrées ne peut
p as ne pas valoir pour l'ensemble des autres
cas.
Nous en avuns la preuve dans la série sui vante.
H) RÉDUCTION ANTISOUCOUPIQUES (24 cas) .
S'il y a dt:s ti'moins qui ont cru précipit amment voir des
soucoupes ou des petits pi lotca là où ne ee Lruuvaifmt que
de modestes r.hoses terrest re:., et sc ,;ont ensuite dén·ompés,
il ne fant pas négliger, comme on l'a toujoun; fait, les déclara·
Lions inverses des témoiuts qui ont cru d' abord voir quelques
honnêtes ch oses terrestres, et qui, rectifia11 t cette illusion, ont
V alPnr positive des témoigT«Lges 191
admis ensuite qtùlR voyaient des soucoupes ou des petits
pilotes.
Nous avons déjà .;;ouligné à ce propos l'importance de
l'incident Dewihle, mais il existe toute une série de cas de
ce genre.
Dans l es observations américaines suivantes, des soucoupes
volantes, loin d'être tout de suite admises comme telles, ont
été confonàues au préalable avec le!'! c.hoses que voici :
rles avions à réaction, 24 juin 1947, Kenneth Arnold
un parachute et un bal1on, 8 juillet 1943, à Muroc (R.,
p. 35) ;
un avion à réaction, l e 24 juillet 1948, cas Chiles (id.,
p. 60) ;
- un avion le 20 janvier 1951, cas Vinther (id., p. 113) ;
- deux avions qu' on attendait, le 16 janvier 1952, à Arté·
sia (id., p. 155) ;
- la t raînée d'uu avion, le B mai 1%2, incident au-dessus de
l'Atlantique (id., p. 170) ;
- un avion à réaction, le 1-e r juin 1952, à Los Angeles (id.,
p. 1ï8) ;
-- une étoile d'un éclat exceptionnel, an Japon (id., p. 232) ;
- une étoile, le 28 janvier ] 953, en Georgie, U.S.A. (id.,
p. 281).
Dans les observations d'atterrissages ou de quasi-atterris-
sages, on peut relever encore d'autres rectifications.
Les unes portent sur det!i faits ou jugements préalahle5
de nature à orienter le témoin ver!' ln perception de tout autre
chose que des soucoupes volantes :
Se tronvant arrêté près d'une clairière, le témoin Linke
s'attend à voir un chevreuil ou un daim. (G.I., p. 52).
Dcsvcrgers croit avoir vu s'abattre UJl avion (R., p. 217).
Gardelle croit avoir vu une lueur cl'incendic chez un voisin
le 11 octobre 1954 (M. II, p. 275) .
croit entendre nn bruissement de vols de pigeons,
lève la tête et voit une soucoupe juste au-dessus des arbres,
20 octobre 1954 (M. II, p. 340).
LeJ.l autres concernent des illusions nres de
la première perception rl 'une soucoupe et rectifiées dès que
192
le t émoin « y regarde à deux fois :; : dans ces divers cas, la
' ' .
soucoupe a ete pnse pour :
- un haUon, témoin Lightfoocl, 9 avril 1950 (S., p. 200) ;
- une meule de paille inachevée, Renard et Degillerboz,
7 seplemLre 1954 (1\'1. Il, p . 50) ;
- une charrette de paysans, Dewilde, 10 septembre 1954
(id., p. 64) ;
- une auto, ocLohre 1 954 (Dossier Garreau) ;
- un phare d' auto, Roy, 6 octobre 1954 (M. II, p. 238) ;
des « engins » sur une voie ferrée, Guyot, 7 octobre 1954
(F.S., 9 octobre 1954) ;
lill avion accidenté, Hofe, 9 octobre 1951 (G. li, p. 180) ;
un feu de berger, Pracht, 11 uclubre 1954 (M. Il, p. 275).
Parmi l es observations françaises, on relève encore des
cas analogues au sujet d' appari1ions de petits pilotes.
Dewilde (1 0 :sep tembrc 19!14) s'a t t end d'abord à voir des
rôdeurs, puis des contrebandiers et aperçoit, p our la première
fois en France, au moins, deux p etits pilotes (P.L., 13 septem-
bre 1954) ;
Mme t ebœuf (26 septembre 1951) croit d'abord voir un
épouvantail et seulemeut après s'Atre approchée, discerne un
petit pilote n, p. 132) ;
Devoisiu el Condette (3 octobre 1954) croient d'abord voir
un animal près de la soucoupe, ce a'e:st s'approchant
à 70 qn'ils distinguent un êtt·e de ln taille d'un enfant
et vêtu d'un scaphandr-e (M. II, p. 198) .
Nous pouvons donc compter 24 cas de rectifiwûons dans
lesquels le témvin n'a reconnn la présence d'une soucoupe ou
d'un. petit pilote qu'après avoir attendu ou cru reconnaître
toue Uiu lre chose. C'est la preuve qu'ils !t'étaient nu11ement
obsédés par les soucoupes.
Bien entendu, chaque rectification prise à part peut être
'
suspectee.
Cependant les chances d'erreurs pour l'ensemh1e sout nu1Jes.
Opérer une t·ectification ces conditions est chaque fois
un test de la lucidité du témoin. L'ensemble est donc appuyé
sur une de tests concordants.
On objectera que les déclarationa qui étahlisAent ces recti-
JI aleur positive des témoignages
193
fications proviennent des témoins eux-mêmes. Mais il n'y a
aucune raison de ne pas !Supposer un tel détail réel el Rincère.
Car ces t émoins n'avaient aucun motif de s'aviser de l'intérêt
psychologique de Lels « (IP.tails ». Les journaJistes non plus.
Le fait est, d'ailleurs, que nulle part on n' a souligné cet inté·
rêt. C'e':il par pur souci d'être complets que les témoins ont pu
donner ce précieux indice et c'est par pure chance que les
journalistes l'ont rapporté dans leurs relations.
Il a même fallu cette condition : que le témoin ait gardé le
lilouvenir de ce détail, ce qui, normRlement, est encore un hon
test de lucidité critique ct de conscience de eoi.
Combien de cas de r ectifications analogues ont été oubliés
par les on par les journalistes ?
La por tée de ces rectifications ne paraît pas aussi specta-
culaire que celles, en sem inverse, qui ont suivi les incidents
dP.s citrouilles, de la bouteille de gaz et des chryeanthèmes.
Curieuse illusion d' optique mentale.
Pour le comprendre il suffit de r etourner quelques-uns des
cas énumérés dans cette section et de nous demander quelle
M-erait notre 1·éacti.on si aprèB avoir cru voir des soucoupes
volantes, les témoins Renard et Degillerhoz, Dewarle et Guyot
avaient avoné des confusions avec une meul e de paille, une
charrette ct un engin de la S.N.C.F. De .. même, si aprf>.l; avoir
eru .reconnaître nn petit pilote, Mme Lebœuf avait avoué une
confusi on avec un épouvantail, et les témojns Devoisin et
Cundeue, avec un animal.
Quelles gorges chaudes n'aurait-on pas fait de ces énormes
confusions. Avec quelle hâte on se serait pn!cipité suc l'expli·
cation Lerre à terrP-. comme fillusion s'est produite dans
le sens d'une rectification au profi,t de la réalité
cou.pes et petits on n'y prête pas la moindre a.ttcn-
tion.
Nous pensons, à l'inver se, qu'elles n' ont pas mujns tl'impor·
tance que le3 ant.rP.s. Elles signifient exactement ln même
chose : l n puissance de l'illusion dans la première phase, la
puissanct:! plus grande encore de l'activité de r ectification dans
la seconde phase qui est celle de la pri se de conscience et d.e
la vérification.
1
194
Se moquer des ténwignages srLr la bou.teille de gaz, les
citrouilles et les chrysanthèmes pris pour soucoupes et Mar-
tiens c'est faire de la œ amusante, comme on
faisait au :A.-vTII
0
siècle de la « physique amusante ».
Du point de vue scientifique ; il convient de regaxder avec
un égal sang-froid, le l'assage de la perception soucoupe (ou
Martien) à la perception citrouilles, bouteille de gaz et chry·
santhèmes, de ·même que le passage de la perception charrette,
meule de paille, épouvantail, animal, à la perception sou·
coupe (ou Martien).
Le côté comique est anecdotique. J.Je fait qu'il fonctionne
dans un seul sens, à propos du premier genre de mutation
nous introduit à une critique des illusions de critiques.
Le fait même de ces mutations est fort instructif.
Elles peuvent être dues à ce que le témoin se rapproche de
la chose : cas des citrouilles prises pour soucoupes, cas de
la bouteille de gaz prise pour un petit pilote, et inverse-
ment des petits pilotes pris pour un animal ou un épouvantail.
Ou à un brusque accroissement d'éclairage matériel : la fausse
charrette d'abord vue par Dewilde, se révèle soucoupe quand
jaillit brusquement l'intense lumière de son phare. Ou seule·
ment à une sorte de déclic de réclairage mental comme lorsque
le propriétaire des chrysanthèmes à Walscheid fait s'éva-
nouir leur apparence pseudo-martienne. Particulièrement
remarquable est le cas Renard et Degillerboz : ils ont cru
voir une meule de paille, car c'est l'image qui naturellement
surgit de la campagne, mais l'étrangeté de sa couleur, le fait
que la pseudo-meule ne repose pas exactement par terre et
oscille légèrement les alerte et produit une soudaine trans·
mutation de la perception : ih n'imaginent plus la meule, ils
voient l'engin insolite qui est là devant eux.
En tout les conditions de ces mutations sont parfaite·
ment rationnelles. Par définition, cette nouvelle perception
n'est ni « naïve » ni incontrôlée. Elle a suhi une épreuve.
Elle n'est pas seulement le produit d'un raccourcissement
de la distance, ou d'un meilleur éclairage, et en tout cas,
d'une prolongation de ]a durée, eJle :signifie l'accomplissement
d'un véritable « travail » de révision, le passage d'une percep·
tion hâth•e à une perception réfléchie, Le témoin a prouvé 84\
Valeur positive des témoign.ages 195
capacité à fa ire la critique de la première impression qu'il a
1·eçue de l'objet en cause.
Bref, le témoin n' est pas fatalement rlnpe tle l'illusiou, jl
peut rectifier son erreur et lf'.JO Iails montrent que dans un
nomhre imporlanl de cas, le témoin a effectivement rectifié
l'erreur primitive. Il n'est pas sérieux de ne pas prendre au
sérieux l' cn.acmble de ces témoignages.
2° LA :\1ASSE DE L'EVENEMENT ET LES ILLUSIONS
PSEUDO-CRITIQUES.
N'exagér ons donc rieu. Le témoin doit se défendre de
l'erreur, mais il ne lui est pas livré pieds et poings liés, il a
de bonnes armes pour faire la mise au point.
Peut-on avoir une (lu bilan de celle opération ? Car
ce qui trouble encore, ce ne sont plus les erreurs recti-
fiées, c'est l a marge d'incertitudes qui subsistent, que peut-
être le témoin pas aper çues et qui pour r aient même main-
, .
tenant compromettre son te,rm.Hgnage.
n n'est guère de discussion sur ce problème où l'on n'évoque
la fameuse histoire du professeur qui a organisé l'irruption
d' un compère intrus pour un hrd dans la
salle de Le résuhat, dit-ou, est toujours catastrophique :
les témoignages des élèves sont r emplis d'erreurs sur les paroles
et les gestes de l'intrus, sur sa coiffure et, particulièrement,
sur la couleur de sa cravate. Ce ùernier détail excite beaucoup
les psychologues.
Mais nous avons mieux que cette histoire presque toujours
colportée sur le mode légendaire. Woodworth a lui-même
procédé à une machination analogue qu'il rapporte en détail :
« Dans une de ces expériences, écrit-il, l'auteur de ce livre
prévient les étudiants qu'Ha vont faire un test de mémoire,
puis le professeur et son assistant ajnstf!nt Jevant eux un
écran sur le pupitre et commencent à placer des objets der-
rière l'écran. Le professeur essaie ensuite d' allumer sa lampe
de bureau mais sam succès, jusqu'à ce qu'un étudiant assis à
la première rangée se l ève et vienne revis."!er l'a.mpoule.
« Au moment où ]'éLudiant regagne sa place, le professeur
pousse l'écran et le fait tomber à grand bruit sur le plancher,
196
sur quoi il rassemble hâtivement les objets qui se trouvent sur
la table, aidé de son asaistant et déclare que l'expérience est
ratée. Deux jours plus tard les étudiants doivent rendre
compte de ce qui s'est passé, et tous tombent d' accord pour
dire que l'étudiant de la première rangée, en voulant s'en
mêler, a renversé accidentellement l'écran, quelques-uns
d'er11.re eux expliquanL de Iaçon détaillée comment il J'a fait.
Les étudiants ont saisi cet 1ncit1ent ""us une forme qui a du
sens et ont ajusté les détails pour qu'ils cadrent avec l a
forme. Tout Part du prestidigitateur ou de l'auteur de romans
policiers consiste surtout à suggérer de f ausse3 conceptions de
ce qui se passe. » (Psychologie expérimentale, p. 96).
C'est bien aussi l'art du psychologue dans le cas précité.
Son test est un piège. D' abord par la mise en scène des prépa-
ratifs qui détournent l'attention vers l'attente de cc qui va sc
passer après, quand le test sera en place. L'écran joue ici un
rî.le de premier plan. Or, l e professeur le pousse subreptice·
ment, au moment où le naïr du premier rang regagne
sa place, donc cache à la plus gramle rl P. la classe ce
qui se produit derrière lui. Comme l'écran t ombe aua,.itûl, H
y a une relation de contiguïté et de succession immédiate
entre les évolutions de l'élève et la chute de l' écran, ce qui
déjà fait supposer une relation de causalité : la pseudo-per-
ception est liée à une fausse interprétation. Si les uns et les
autres ont des ils sont écrasés par l'affirmation du pro-
fesseur qui déclare l'expérience ratée : si elle est ratée, ce ne
peut être par définition la faute du professeur, ·mais celle de
Le premier profère donc une accusation implicite
contre le mArne s'il affecte de ne rien lui reprocher.
II laisse enfin deux jours anx témoins pour « » et il
n'en ressort plus que des témoignag&; où tout esl fondé sur
le principe de la responsabilité de l'élève.
Au surplus, nous ne sommes pas pleinement satisfaits des
détails fournis. Il conviendrait de connaître la mentalité de
la classe, le degré d'autorité per.aonnelle du professeur, la
réputation d'adresse ou de maladresse de l'élève incriminé.
Une telle expérience pour être probante devrait être recom·
mencée à maintes reprises, dans différentes classes ct diverses
conditions.
Valeur posili·ve des tém.nîgn.ages 197
Q11-0i qu'il en soi.J:, ce n'e-st pas un lest portant sur le témoi-
gnage nonnal, maü .'mr le témoignage fa.u..ssé par une sérîe
de manœuvres desti-nées à in<luire en erreur.
O.r, même sur ce plan, le résultat des est loin
d'être nul, cl'après ]a version de Wooilwo-rth lui-même. LeA
étudiants ont eu leur lémo.ignage fa-rusé à partir d'un thème
trompeur de responaahilité (1), mai.-; le. fond de l'affaire n'en
. , ,
a pas mmn . .; P.te retenu.
Les réalités matérielles d-e base restent inébranlées ; les
télnoim certifient le lieu (la classe), les deux principaux pro-
tagonistes (professeur et élP.ve), le principal ob jet en cauM>.
(l'écmn) ct le principe du scénario qui s'est déroulé dans la
cla.sse (la préparation d'un test et la ch.ute de l'écran).
A fortiori, nous devons donc obtenir au moins les mêmes
éléments dans les témoignuges non déformés par des manœu-
vTes tendanl à induire les t émoins en errenr.
Il saute au.x yeu.x que nous œvons lei, trait pou-r ·tra·it, lP-t!
éléments essentiels de cc qu'ftp porte un témoi.gna.ge b·ur les
soucoupes volantes : le li..eu de (la route, pa.1·
exemple), lœ pré.sence d'une ch. ose (l' o.h-jet inconnu désigné
sous le nom de soucaupe), lœ présence évenlu.e.lle d'un être
incoMtU uuprès d'elle ( un• peti.t pi.lote), et, en outre, le scénario
P-t!SP-ntiel de la de..scente de la soucoupe, de son a.tterri-ssctge et
de son envol.
l\1ême. si nous ne pouvom en demander plus. au. témoin, cela
nous suffit poul' poser fermement robjectivité du témoignage
sur les points fondamentaux.
Qu'on me permette d'ajouter nn aveu personne].
La constatation positive qui résulte de rexpérience du type
de celle de M. W oodworth correspond entièrement à ce que
j'ai eu l'occas1on de constater régulièrement pendant plu,:, de
dix aw durant leslruels j'ai dû compulser, lire, relire el crili-
quer des milliers de témoignages dans le domaine des acci-
dents
Quitte à revenir sur l'ensemble
blèmcs jP. dirA que je n'ai
de tous nos derniers
. . '
JruDalS rencontre un
pro·
scu]
(1) Même le jugement du lecteur est habilement déf01·mé par ce
thème.
Valeur posili·ve des tém.nîgn.ages 197
Q11-0i qu'il en soi.J:, ce n'e-st pas un lest portant sur le témoi-
gnage nonnal, maü .'mr le témoignage fa.u..ssé par une sérîe
de manœuvres desti-nées à in<luire en erreur.
O.r, même sur ce plan, le résultat des est loin
d'être nul, cl'après ]a version de Wooilwo-rth lui-même. LeA
étudiants ont eu leur lémo.ignage fa-rusé à partir d'un thème
trompeur de responaahilité (1), mai.-; le. fond de l'affaire n'en
. , ,
a pas mmn . .; P.te retenu.
Les réalités matérielles d-e base restent inébranlées ; les
télnoim certifient le lieu (la classe), les deux principaux pro-
tagonistes (professeur et élP.ve), le principal ob jet en cauM>.
(l'écmn) ct le principe du scénario qui s'est déroulé dans la
cla.sse (la préparation d'un test et la ch.ute de l'écran).
A fortiori, nous devons donc obtenir au moins les mêmes
éléments dans les témoignuges non déformés par des manœu-
vTes tendanl à induire les t émoins en errenr.
Il saute au.x yeu.x que nous œvons lei, trait pou-r ·tra·it, lP-t!
éléments essentiels de cc qu'ftp porte un témoi.gna.ge b·ur les
soucoupes volantes : le li..eu de (la route, pa.1·
exemple), lœ pré.sence d'une ch. ose (l' o.h-jet inconnu désigné
sous le nom de soucaupe), lœ présence évenlu.e.lle d'un être
incoMtU uuprès d'elle ( un• peti.t pi.lote), et, en outre, le scénario
P-t!SP-ntiel de la de..scente de la soucoupe, de son a.tterri-ssctge et
de son envol.
l\1ême. si nous ne pouvom en demander plus. au. témoin, cela
nous suffit poul' poser fermement robjectivité du témoignage
sur les points fondamentaux.
Qu'on me permette d'ajouter nn aveu personne].
La constatation positive qui résulte de rexpérience du type
de celle de M. W oodworth correspond entièrement à ce que
j'ai eu l'occas1on de constater régulièrement pendant plu,:, de
dix aw durant leslruels j'ai dû compulser, lire, relire el crili-
quer des milliers de témoignages dans le domaine des acci-
dents
Quitte à revenir sur l'ensemble
blèmcs jP. dirA que je n'ai
de tous nos derniers
. . '
JruDalS rencontre un
pro·
scu]
(1) Même le jugement du lecteur est habilement déf01·mé par ce
thème.
témoignage d'halluciné. Des t émoîgu:1ges de délirants, un
nombre infime, deux ou trois cas sur des milliers de témoi·
La pru]Jill"l iou du p athol ogique est donc insignüiante.
Les cas de mystification. sont également très rares.
Les erreurs de perception surabondent au contraire sm
Lout ce qui consti tue (J ' ordinaire le:s points litigieux : l a
"ites11e Ùeb véhicules, l e point de savoir s'ils tenaient leur
droite, leur gauche ou le miüeu de la si le conducteur
avait donné un signal sonore, quelle voiture était la 1ne·
mière engagée tlam carrefour. Sur tons les points de cette
sorte, l es discllSsions F!ont infinie3.
ces clisc17Sôions ne p ourraient même pas j:l'engager si
d' abord, en deçà de toute n'étaieul établis l es
lieux d'accidc11ts, lems dates et h eures, la présence de te]
ou t el véhicule ou de tel piélon, ct Je fait de l'accident.
Bref, les t émoignages n'apparaissent cmnme r.ontrudi.ctoires
sur certain.-; ... t!es faits que parce que d' abord ils s'accOT·
dent à établi r la réalité massive de l'événement : coUision
d'automobiles, incident de Woodworth ou rencontre de sou·
coupes volante.<ï.
Il n'en faut pas plus pour fonder solidement la valeur
objective des témoignages sur les soucoupes volantes.
3° LE CONDITIOl\"-NEMENT DES TEMOIGNAGES.
C'est pur confusionnisme:: .rPI IJil r a ux posilions l es plus
<mliscientifiques que a priori une valeur null e ou
une valeur absolue au t émoignage humain.
Loin d'être vérité ou erreur inconditionneJle, Je témoignage
humain est tmP. valeur essentiellement var iable, qu'il faut
apprécier dans chaque cas et comparativement, p::nce qu'e11e
dépend des circonstances qui le conditionnent.
Ce qui eet nalurdlement fort, ::o.oli de, uhj eetif Jans le t émoi·
, t . ' ' , ll c . . ' t
gnage, ces ce qw a ete r ee ement vu. e qu1 est mauvaiS, ces
ce qui a été supposé vu alors qne le t émoin ne l'a pas réelle-
ment vu (mais inconscierrunent supposé) par suite d'un obstacle
quelconque. .
Ch aque témoignage contient dee él éments divers dont les
Valeur positive des témoignages 199
valt=mrs sont ·mai s cette diversité est fonction de la
si tuation du témoin en face l'uhj et en cause.
On. pent donc repérer, par l'analyse critique, les témoi-
gnages szîrs ct les t ém oigno:ges fragil es. On peut même d istin:-
gu.er rians les témoignages sûrs, les parties solides et les parties
douteHses.
La base de toute appréciation en la mll tière ce sont les
conditions de durée, de distance ct d' éclairage.
Si en cause a été vu à quelques mètres seulement
plus de deu.'t ou trois secon des, et dans u n nmmal
c'est qu'il y a là réellement un objet et non one simple pro-
jection d'image. Plus le temps dure, plus la distance est
courte, plus l'éclairage e"t bon et plus le témoignage a une base
soHde.
Dans le courant de la vie, pour des choses connues et se
trouvan1 dans le microcosme h abitnel du témoin, ces trois
condit ions sont habitue1lement Mais pour être
1·igoureux, on doit demander davantage :
Il faut ql!e l'objet soit vu. entièrement. Car tout fragment
d'objet évollue 1a prolifP..ration des images subjectives complé-
menl aires, avec tous les risques d'erreur qu e rP.la eompor t e.
Il faut que l'objet soit vu dœns tout son comportement.
Si c'est un objet inerte, il n'y a pas de difficulté, car il doit
préÜ·sément rester inP.l·te. passivité de l'objet doit être
normal ement compemée par le comportement actif du lé.muin
qui s'est approch é davantage, a pu regarder à loisir et même
toucher l'objet. Si au contraire ]'objet est mobile de nature :
machine, animal oo homme, il faudra rJU'il !ô!Oit vu dans
l'ensemble de éon mouvement. On peut, sur un chemin, pren-
dre un bout de bois pour un serpent et réciproquement. Sur-
tout Sl ron ne voit qu'un bout de quelque chose q1.Ü dépasse
de la hase d'un buisson. Mais si l'on voit )P. l'rétemlu Luut de
de bois se déplacer et traver ser le chemin, on révise aussi-
tôt eon jugement. De même dans la pénombre d'un bois, la
nuit, on p Put « honnêt P..ment » confondre un tronc d' arbre
avec un homme, sans être h alluciné, mais si on on
constate l'inertie et la rugosité du tronc d' arbre. Inversement
si l'on a pti s un homme appuyé contre un tronc d' arbre pour
une de ce tronc et ai? on le voit se mouvoir, c'est
200
vraiment il s'agit d'un homme et non d' un tronc
d'arbre.
Dans ces problèmes d'analyse, tout est rnatériel, une
chose, la plus difficilement appréciable : la durée. Bien
entendu plusieurs minutes d'obsen:alion soul largement suffi..
santes, quand l'objet lui-même est proche ct hien éclairé, etc.
Quelle durée est indispensable, an-dessus de la seconde ?
En fait, si l'on se. réfère à l'image-éclair dont parlait. Quercy,
l'image subjective ne tient pas plus d'une seconde (même
moins) en face du mumle oLjeclif, à condition que l'attention
du témoin soit délibér ément orientée par la volonté naturelle
de perception.
Mais le passage à l'observation objective ne se fait pas
instantanément, il faut un minimum de temps pour perce-
vu:ir un minimtun de données saisie l'ensemble de
l'objet, ct le reconnaître avec certitude.
A ce propos, W oodworth donne d'intéressantes précisions.
n faut, dit-il, 424 millisecondes, ou millièmes de secondes,
donc moins d'une demi-seconde pour voir un point sur une sur-
blanche el le dire (Psychologie expérimentole, {>· 485).
Pour 6 points irrégulièrement disposée, il faudra 827 ms,
soit entre une demi-seconde et une seconde. Pour 10 po.ints,
j} faudra enco-re davantage : 1124 ms, soit un peu plus
d'une seconde, ete.
De telles sont d'un int.frêt p•imord.ia] ; el1es
nous so1·tent du domaine des appréciation& a priori, elles intro-
dtùsent à partir de test s précis la poss.ibilité de calculer les
probabilités d'erreur et elles rapportent l'erreur à des causes
la durée du test et la multiplication des données
' .
a percevou.
On en profitera pour noter l es temps de r éaction exigés :
ils soitt (l'une exlraocdinai.ce brièveté, ptùsqu'ils ont pour
unjté de temps la milliseconde ct non la seconde.
Woodworlh en tire des applications très pratiques. En un
minimum de temps donné, un témoin ne peut retenir qu'un
minimum <finformation sur l'objet qui se présente. Lorsque
cet obj et possède des formes simples, facilement reconnais-
sables, la vitesse est extrêmement rapide, car il
fiuffit d' avoir perçu deux ou trois 1mints de repère pour saisir
Valeur positive des témoignages 201
aussitôt toul l'objet et son comportement. Ainsi, dit-il, le
temp:i! de réaction d'un chauffeur sur la route réclame nn
préalable d'une ou deux secondes. Pour nous, dans le domajnc
des soucoupes, cette durée est d'tm intérêt capital : elle
signifie que dans des conditions Iavurahles de proximité et
il largement cle deux OU tl"I)"ÎS SCCOnf]es
pour reconnaltre la présence d'une soucoupe ou d'un petit
pilote. Dès que la durée atteint 20 à 30 seconde3, ou davan-
tage, comme il est la certitude du Lémuin est légiti-
mement valable.
A la de ces réflexions noua avons tenté d'analyser
les données des témoignages.
P()u.r les ()bservations œméricaines, le grand obstacle, est
la distance parfois énorme à laquelle elles ont él.é !ailes. Cela
explique les confusions avec les ballons, ]es avions et même les
corps célestes. ::\'lais la distance n'est pas un vice rédhibi-
toire.
Des observations comme celles de Kenneth Arnold ou du
capitaine Manlell et Lieu ù'autl:el; ne peuvent être écartées à
la légère. La quantité des ob,.ervations vaut par dle-même.
On peut soulever chaque fois to-utes sottès de doutes, par pru-
dence, pour mettre ]cs témoignages à l'épreuve de l'analyse ;
on ne peut prétenclre avoir tout écrasé 1wus le duule.
n n'en paraît pas moins certain que les observations le8
plu;;; importantes ne sont pas nécessairement celles qui ont
laissé les traces les plua spectaculaires dans ropinion.
Par compensation avec la distance, nous avons attrjhué
une importance particulière aux observations effectuées à la
au sol et en vol, à la vne P.t au radar. Même alors, des
confusÎoD3 restent possibles tant que robjct observé CEt immo·
bile ou ne dépasse pas la vitesse d'un hallon ou d'un avion,
ou tant que la quadruple observation n'esl pas rigoureuse·
ment simultanée. C'esl en ve1·tu de dernière
que sur 13 cas d'observations quadruples, nous en avons
rejeté 5 pour non-simultanéité, les 8 autres restant irréductibles
à tout autre explication que la soucoupe même.
n importe alors d'en l'approcher )es observations concor-
dantes faites par des astronomes, des spécialistes de fusée9,
des ballons cosmiques, des engins volants secrets et de la
202
radio-activité, car il s'agit Ùu dumaiue propre de leur compé-
tt:'nce technique.
Pour les obser-r;ations françaises, il .en va tout autrement,
puisqu'il ne s'agit presque jamais de spécia surtout pour
les atterrissage-s et sorties de pilotes. C'est bien pourquoi il
convient d' être infinjment plus rigoureux pour la distance,
d'autant que les t émoins n'out pn employer pratiquement
aucun instrdment t.echnique d'observation, pas même des
jumelles. De ce point de vue, une distance de cent mètres qui
serait infime pour de3 o1servateur.s qualifiés examinant le
de"iP.nt au contraire une limite d'autant plua extrême que
dans ln plupart des cas, à cette distance, l'œil s'est trouvé
gêné, soit par robscurité, soit par les obstacles elu paysage. On
saisiL icj sur le vif combien minutiemement conditionnée
la valeur du témoignage. Chacun a sa phy3ionomie particu·
lière, ses facili tés et ses difficultés, ses raisons d'erreur
et de vérité.
A ce point de vue, la douzaine de cas d'illusions matérielles
graves q ue nous avon.; relevées nous apporte des t ests édif.ianls.
Toutes les confnsions commi ses ont été provoquées avant tout
par la nuit et l e mauvais éclairage, ensuite par l a distance ou
la brièveté dec faits.
A propos tle la bonteille à gaz et des la
gr avité de la coufu.ûon t ient au fait que les t émoins n'ont vu
que des objets immobiles et même des pa1·ties d'objets : rien
n'aLLeslaiL qu'il y eût là des chose.<s enc.ore moins
rles i-tms vivants, mais la nuit est la cause esaeulic11c de l'équi-
voque. Dans deux eus de violences commises, l'obscmité
res tant la cause principale, il y avait bien des êtres vivants,
mais ri t:n n'attestait qu'il s fusseut le moine du monde martiens.
Dans les ens de mystifications, à Toulouse et à Creil, il y avait
aussi tles être_, vivants, agrémeulés d'équipements p<5c1Jrlo·
martiens, l es témoignages étaient donc ]oin d'être dépourvus
de valeur sensorielle. Dans ce cas, c'est l'interprétation qui
est Iaussée d'tute manière analogue à ce qui se passe dans le caB
de l'expérience de Woodworth.
Chaque fois nou3 retrouvons la même distinction Iondamen·
tale : l e témoin Yo1t réel lcment un objet ou on P.tre à la hase
de Aa perception. Mais dans ln mesure où il voit ma], pour une
Valeur positive des témoignages 203
raison quelconque, il complète illusoirement, et son interpréta-
tion repose sur un ffteheux de réel el tl 'lrréel.
Ainsi, pour les témoignages d'atterrissages e1 de pet i
pilotes, nons ne devons pas seulement douter des témoignages
porta nt sur des ob j ens trop éloignés, mal éclairés ou trop hâti-
vement perçus, nous devons faire intervenir l es conditions sup·
dont nous avons vu l'extrême importance : voir
l'obJet totLt entier el dans tout son mmw.cment.
Cette exig;euc.e ({llÎ am·ait d'avance le cas des chryaan-
thèn•es ou de la bou teille de gaz nous impose dP. mPme de ne
pas retenir comme probant un t émoignage tel <tue celai de
.M nH' Geoffroy et de Mlle Fi n, simplement par ce que n'ayant
vn ni descendre ni s'envoler la maehine en cause, sa nature
d'engin volant n'est pas attestée. Sur d'nue maehine
et d'un pilote, il n'y a nulle raison de ne pas tenir pour vala-
bles les déclaration!! des denx tP.moim. Mais elles ne peuvent
rien dire du comportement de l'engin, elles ne l 'out vu qu' un-
mobile dans nne prairie. Leur t émoignage ne va paà plus
loin. f.P- qn'e.llel" ajoutent n'est plus de l'ordre de la constata-
tion, mais cle l'interprétation el même d'unP. interprétation
sans aucun point d'appui circonstancié.
De le t émoignage Ramond est peut-être très authen-
titiue, mais c'était en pleine nuit et la « chose » était
à 400 m. La par t d'interprétation a toute chance d'ê1 re consi-
dérable. Le témoin )litto ct de même le t émoin Bourriot,
n ' ont pas vu en même temps les petits êtres ct l'envol d'une
soucoupe ; il est très possible t}U 'ils aient été réellement
témoins d'nn incident authentiquement << martien », mais l eur
t émoignage ne l'établit pas de façon complète e t solide. Ils
0111 pu, dans la nwl, mal interpt·éter des fai ts séparés.
On voit donc l'extrême importance probatoire des constata·
tions faites par les témoins qui ont vu distincte1nent une même
sourrmpe descendre, allerrir P.L s' P.nvokr. P ar l'atterrissage à
la verticale, l a soucoupe se distingue nettement de tous les
engins volants aut res que l'hélicoptère. Par la descente et
l'envol, elle se distingue de tous les objets inertes et incapables
de voler qu'ou témoin pe11L prendre de loin pour des sou·
coupes au sol En outre, le silence de la d escente de l'envol
204
caractérise net tement une soucoupe par opposition à un héli-
'
coptere.
Or ces cas sont très nomh:reux. Rappdons-le d'un mot :
Sur 95 ca.q d' ft,ttP.rri.-;.<;ages :
Si dans 59 eas, la soucoupe se trouvait déjà au sol, dans
30 cas, le témoin a vu descendre la soucoupe.
Si dans 12 cas, le témoin n'a pas assisté au départ de la
parce qu .. il enfui ou est allé chercher d'autres
témoins, par contre dans 69 ca.s, il a quelques instants
plus tard à l'envol de la soucoupe.
Jl J' a là une donnée capitale Cft1Î üppoRe catégoriquement
cet énsemhle de t émoignage,s à l'ensemble confusions por-
tant sur des ohjets immobiles. Ni les chryeanthèmes, ni la
bouteille à gaz ne se soul envolé:;, ct pour cause. (Si dans
un cas comme celui de Toulouse, il y a eu illusion d'envol,
elle est le contre-coup de l'impression violente p1·oduite par
l'incolJtestahle réalité du scaphandrier-mystificateur aperçu
par les témoins, elle a _été en outre sérieusement aidée par
l'emploi de quelques fusées d'artifice. Quelque chose a donc
réellement volé en l'air) .
On p eul de même souligner que ce qui manquait gravement
à certains pAeudo-Martiens, c'était la présence auprès d'eux
d'un engin mauifestanl expressément ses eaJJacités d'envol.
Les o-bservations m.eilleures !wnt celle.-; -où le témoin a tJU
distincten-,ent côte à côte ou presque une soucoupe e't un petit
püote.
C'est pourquoi si << fantastiques » qu'elles aient pu sem·
hier! dea observations comme celles de 1\1. et J\tlme Labassière
ou des Automobilistes bordelais sont d' une qualité exception·
nelle puur avoir entièrement décrit la descente d'engins, leur
la sort ie ile pilotes, leur remontée à bord et
l'envol des engins, le tout avec de nomh.reux détails précis et
proches. Dans les deux cas, il fait nuit, mais lcFo Roncoupes
sont lumi.neuses. Et l es Automobilistes bordelais se sont appro·
chés à 15 m de petits pilotes éclairés par la soucoupe.
Le témoin Boucla-ir. n'a vu qu'une houle lUlllineuse au sol,
puis l'envol de celle houle, mais il s'est approché à 20 m,
tandis que la houle s'avançait vers lui ; le t errain était dégagé
et l'incident a été observé de pt·ès plusieurs minutes par un
Valeur des témoignages 205
groupe de témoins provenances : gens de la
famille, voisins e t antomobilistea de passage qui s'arrêtèr ent.
Un tel témoignagP- donc excellent.
Quant aux Dewilde., Gatey et Mme Lebœuf, nous
avons longuement détaillé leurs remarquables précisions. Ils
n'ont pas vu l'atterrissage, mais ils ont vu l es petits
pilotes à deux ou trois mètres d'eux (Dewilde et Mme œ
et à quinze (Gatey) . Le premier incident a forte·
ment écJairé d'abord par la lampe-torche, puis par l e phare
de la soucoupf', les deux antres ont eu lieu en plein jour et
dans Jes t rois cas la soucoupe qui s'esl envolée a ét é nettement
vue, tout près des petits pilote3. Ces trois cas ont été assez
longs. Au surplus, chaque fois qu'un témoin a vu des petits
pilotes sortjr rl e la soucoupe, ou circuler à rruelques mètres
hans d'elle, avant d'y rentrer, il est évident que la durée
n'a pu être inférieure à une dizaine de secondes,
ou plus r aisonnablement à une sinon davantage.
Nous pouvons donc conclure comme suit :
1° Les observations américaines ont été en général
à grande distance, mais par des spécialistes. Nombre d'entre
elles s'appuient sur des mode;a de repérage multiples et con-
vergent s. qui sont classées « irréduc1ihles » ne repré-
sentent donc pas un fatras résiduel de mauvaises observations
mais au contraire le noyau indestructible la réalité du

2° Les ohaervations françaises, Apécialement celles qui por·
ten1 sur des atterrissages et des sorties de petits pilotes sont
fondées sur un ensemble de témoignages « populaires » mais
précis, garantis par le l'ait qn'nne maesc de témoim ont vu
l'obj et tout entier, de très pû-,. 'l, dans l'ensemble de ses posi·
tions de descente, d'arrêt et d'envol.
On peut indéfiniment er goter sur chaque on ne
peut récuser l'ensemble sans t émérité.
Enfin nous devoue le r épéter, car on ne le soulignera
assez, notre présentation de cc tableau c.ritique est
par des informations qui ont été recueillies au hasard.
sont abondantes pour quelques témoignages, déplorablement
206
brèves et lacunaires pour les aut res. LE>s ont été pour-
suivies cie manière empirique ; nul n'a cherché à dégager
systématiquement les précisions que nous avons fait apparaitre
comme dans ]'analyse du conditionnement objec-
tif dell témoignages. Nous eommes donc fondés à juger remar-
quable qu'ellt:ls aient pu quand même nous apporter un tel
enl\emble de données précises, objectives, cohérente..co.
n fuul (/Ue la cohérence de ces faits ait été ewtraordinaire
pcmr survivre à une teUc épreuve.
TROISIÈME PARTIE
Na ture et origine
des soucoupes volantes
1
Nature des soucoupes volantes
S'agit-il d'engins ?
S'agit-il de météores (que ce soient de simples formes
lumineuses ou des COl}lS solides, qu'ils soient d' origine naLU·
relle ou ar·Lifidelle) ?
Sur ce nouveau plan nous retrouvons le problème des
erreurs de perception. Si nous avons acquis la certitude que
l'ensemble des témoins n'a pas pu être complètement dupé
et qu'ils ont hien observé un phénomène sui generis, il reste
à se demander à quelle réalité correspondent les apparences
qu'ils ont constatées. Ce1·tes, ils ont eu en général la per·
ception très nette d'engins solides et de pilotes non moins
solidement réels. Logiquement, après nos sur la
valeur positive ile l'en.semhle dP..'3 témojgnage!!', nous devrions
tenir: ces données pour sîues et certaines.
C'est ce qu'on ferait en tout autre domaine. Mais ici devant
des problèmes aussi insolites il convient de tout suspecter,
de tout vérifier pas à pas, et de ne pas sauter, sans nouvel
examen, de l'objectivité du phénomène à la réalité solide
d'engins et de petits pilotes.
D'autant plus qu'en sens contraire, nous trouvons une accu·
mulation d'indices troublants : chatoiements et changemeuls
de colÙeui·, effets va}lm·eux, métamorphoses, scissions décon·
cerlantes, vil esses et aef.:élérations f ant.ast.Ît)_ues, virages quasi·
instanlanés, aspectë fondants ou même explosions subites,
impossibilité d'obtenir des photographies et des :films vrai-
ment nets, absence d'accidents, de débris et même de déchets
authentifiés.
De telles données portent à croire que les « soucoupes »
2l0
ne sont pas des engins mais plutôt des « météores » ou de
simples phénumè.ues luminen:x, accompagnés de quelques effets
secondaires plus ou moins illusoires. Cette solution aurait
d'ailleurs ravantage de reconnaître €JUC la masse des témoins
a hien réellement vu quelque chose d'objectif, mais que seuls
les témoins ayant cru voir des engins auraient commis des
errem·s de pe.rception plus ou moins graves, excusables par
leur et la brièveté des apparitions.
Cette solution « modérée » est-elle sérieusement soute·
nahle ? C'est une t out autre question.
Les observations américaines ne permettraient guère de
trancher ]a difficulté à cause des grandes distances qui sépa-
raient les t émoins et les U.F.O.
Dans les observations françaises, des témoignages comme
ceux. de M. Dewilde et Mme Lehœnf paraissent hien tran·
cher catégoriquement la question au profit de l'existence
d'engins, d'autant plus qu'ils affirment la présence de petits
pilotes à l eur bord.
Cependant d'autres témoignages d'atterrissage aussi précis
que ceux de M. Beuclair et d'un habitant de MéraJ ne parlent
que de « formes lumineuses ».
Il convient donc de procéder à de nouvelles confrontations
du contenu des témoignages pour nous de:r:nander s'il en
résulte un tout objectivement cohérent attestant soit l'exis-
tence de formes lumineuses pouvant donner l'illusion de corps
solides, soit l'existence d'engins entourés d'effets ltunineu.--c
leur prêtant des apparences déconcertantes.
Tel est le problème que devrons examinM rlu point
de vue des aspects et des compot·tements des soucoupes.
Avant d'entrer l'analyse des té:moignage.lil, il convient
de rappeler en détail les principales hypothèses émises. Il
peut s'agit de phénomènes purement naturels, de sous-pro-
duits erratiques de l'industrie dans l'atmosphère ou d'indices
d'une nouvelle anne de guerre. Ou bien d'engins d'un type
totalement nouveau produisant dea effets déconcertants.
Nature des soucoupes volantes
211
1 o HYPOTH:f:SES
A) MÉTÉORES NATCRELS.
A la suite d'une apparition de soucoupe, le 1er août 1951,
an-dessus de W right-Patterson (Ohio), quartier général de
la Commission Soucoupe, un physicien américain, Noël Scott,
parvint à produire en laboratoire, sous une cloche de verre
où il avait un vide assez poussé, « de petites len-
tilles de gaz ionisé » ayant l'appareuce de t5uucoupes
lumineuses (M. I , p. 112) .
De là à crier victoire et à prétendre que l es soucoupes
volantes rencontrées dans la natnre n'étaient qne deA
de gaz ionisés, il n'y avait qu'un pas aisément fran-
chi.
Cependant, Aimé Michel souligne dans son commentaire
qu'il uue sing1ùière différence entre les conditions de
cette expérience et celles rle terreAtre qui n'est
ni vide, ni en forme de cloche.
B) SOUS-PRODUITS ERRATIQUES DES INDUSTRIES LOCALES.
C'est ainsi qu'en Californie, le Motz, de l'Uni-
versité Stanford, aurait obtenu à l'air lih1·e, la production
d'un « halo lumineux », en concentrant des fai sceaux d'ondes
·millimétriques (P.P., 22 octobre 1954).
Quelques jours plus tard, le Figaro du 25 octobre 1954 pré-
sentait une hyvoth.èse du physicien d'Aiton, selon qui les
soucoupes volantes ne seraient « qu'un phénomène purement
lumineux dû à la rencontre d'un faisceau d'ondes ultra-courtes
et de couches d'air ionisées ».
TI y aurait donc hien quelr[Ue chose dans l e ciel : la pré-
sence de gaz ionisés ; ce quelque chose serait rendu
visible par la rencontre imprévue du faisceau d'ondes n ltra-
courles qtù « découperait » en quelque sorte dans ]a matière
du gaz, une forme géométrique prenant quelques inslanl!:!
l'apparence d'un enp;in rond et lumineux, pl.ris s'évanouissant
aussitôt après, soit par arrêt de la projection du faisceau,
soit par la disparition des gaz ionisés.
212
Cette hypothèse est séduisante, cac elle plausible comme
principe d'explication des t émoignages : l es t émuiniS ont bien
vu quelque chose, ils ont été aisément dupés par la nature
inconnue de cette forme lumineuse de rencontre.
Elle J'autant plus qu'elle relierait chrono-
logiquement les apparitions de soucoupes à l'activité indn8·
trielle ultra-moderne qui s'est développée avec la Seconde
Guerre mondiale.
Elle semblerait même en corrélation étroite avec les plus
importantes localisa 1 iuus c1es apparitions de soucoupes. Rup·
pelt a t·emarqué que les observatioll8 lf'A"' plus fréquentes
se produisaient « autour des régions d'intérêt vital pour l es
Etats-Unis telles que ccllea de Los Alamos-Albuquer que,
d'Oak-Ridge et de White Sands. Venaient ensuite, par ordre
d'hnpor1ance, les haMes fle l'aviation stratégique et
les zones industrielles. » (R., p. 150 - camp. p. ::\7.) Keyhoe,
de son côté, donne une énumération d'observations au-
dessus d'usines atomiques, de bases aériennes, bases navales
et stations aéronavales, centres d'expérimentations de fusées,
usines aéronautiques • gnuules (K. Il, p. 191) .
Encombrées d'industries atomiques, •:onllnuelles
de gaz, d' ondee de radar ct de téléguidage, de rayonneptents
de toute sorte, cea régions sornient des lieux tout désignés
pour des œncontres de gaz ionisés et de faisceaux d'ondes
ultra-courtes? Ces régions l!'eraienL hautement productrices à
leur d'« effets soucoupes ». Ce serait en • • sorte
l'histoire de l'homme qui prend wn ombre pour un reve-
nant.
J] y aru·ait aussi coïncidence entre les dates ct localisa-
tions du développement des industries rle l'ère atomique. En
un mot, l es soucoupes ne seraient que des sous-prodlùts indus-
triels, des sortes de fantômes technologiques.
C) PnooucTION· SYMPTÔME n'uNE ARME SECRÈTE.
C'est à partir même de la précC:·tlente hypo1l1è'ie qu'il est
possible de bifurquer vers lme autre interprétation, dont
l'explication technique serait analogue, mais dont la signifi·
cation humaine serait toute différente.
Nature des soucoupes volantes 213
Dans ce cas, l'effet physique en question ne serait pas pro·
duit par r activité industrielle des territoires survolés, à elle
seule, mais surtout ])ar l'intervention de faisceaux
aynnt une source b eaucoup plus lointaine et une fonction dan-
gereusement intentionnelle.
Ce problème est soulevé par Freder Yon Holke, selon 'lui
les soucoupes seraient des « reflets )), pnului ts tl ans le ciel
« par de puissants d'onde!" de pour
fusées à long rayon d'action » (P.P., 22 1954).
De telles ondes, dit-il encore, intentionnellement
de sot·tes de << rails » invisibles et hnpalpahles mais réels :
à partir de leur point de départ, ils seraient d'abord pro-
jetés jusqu'à l'ionosphère, puis r?fll'-d•i:; par elle dans la direc-
tion de tel ou tel point du globe par l es calculs. Mais
en même temps, ces ondes auJ·aient la propriété
d'ioniser certains gaz de l'air P.l t:e seraient ces phénomènes
erratiques involontaire!! qui les apparences con·
çues comme soucoupes On aurait donc tme base
formée par un h ;it i rigide, calculé, relativement
fixe, et invisible, tl'ahi, de à autre, par des effets ins·
tables, imprévus et visibles.
C'est aussi le mP.me genre d'hypothèse que développe
M. d'Alton, selon l'artkle du Figuro du 25 octobre 1954 :
« On peut achnettre, !-ipécialistes disposent d'élé-
ments suffisants pour ùe véritables transporteurs
d'énergie dont la po8e el. la visée ne demanderaient que
quelques secondes, avec une précision avoisinant l'absolu ...
On sait déjà les spécialil)Le:; de l'onde ultra-courte ont
alfeint la lune leurs faisceaux et que le message leur
est revenu dans ll:'s délais pré\I'US. Ce que certains ont fait
au nom de la recherche Jft;iuléressée, d'autres peuvent le
faire, mm. pnur lâler la Inne, mais pour observer leurs voi-
sim, el vP.rifier la précision et la portée de l eurs câbles sans
fils de tram;purl d'énergie. Il leur suffirait, en cas de guerre,
de lancer leurs appareils sur ces câbles pour anéantir l'adver-

saue. »
Laissons de côté les discussions possibles et ne retenons
que l'idée maîtresse d'ondes de t éléguidage, partie d'un sol
,
etranger, piquant (par faisceaux) vers rionosphère et redescen-
214
dant en piqué quasi-vertical vers le sol visé. Qu'est-cc que
cela veut dh·e ? Ce n'est pas aut re chose que l'installation
de véritables rampes dP. lancement pouvant con·
duire des fusées t éléguidées depuis leur hase de jus-
qu'à lenr cibJe, au cœur même du territoire ennemi.
C'est le cheval fl e Tro;e jdéal, puisqu'il est invisible.
On est même tenté d'y voir l' arme absolue, car à la fois
invisible et théoriquement infaillible. Pas tout à fait invi -
sible cependant pniRqne la renconlre forluile de nuages ioni·
sés voltigeant à travers ces lignes rigides les rendrait visibles
d' une manière analogue à la façon dont un reflet de lune
nne série de casques fah subitement percevoir l'approche
d'une troupe ennemie.
Notons <JUe, loin de s'exclure, l es deux hypothèses B et C
ne représentent deux branches d'un m&me principe et
pourraient servir concurremment d'explication au phénomène
soucoupe. La différence ne tient esaentiellement qu'à la double
opposition entre une orig.lne proche et locale et une origine
lointaine ct étrangère, entre une naissance purement !i pon·
lanée et l'intervention d'une volont é hostile.
n peut donc se .faice que dans un ensemble d'effets sou-
coupes, il faille dissocier ceux qui proviennent respective·
ment de l'une ou l'autre source ct qui impliquent donc des
l'ignHications complètement di:flérente3.
On comprendrait sans peine le silence parfait des « sou·
coupes », leurs variations de for mes et de couleurs, leurs
vitesses, virages et accél éralions fantastiques », les phéno-
mènes de scission et d'explosion, bref tontes les méLamor·
phoses possibles. Enfin, l'absence de tout accident, même de
panne, et de tonte chute de débris authentifiahles. On pour-
rait même comprendre qu'aux points de croi sements des
ligues orlhoténiques, ces phénomèn es soient plus complexes et
massifs. n serait logique aussi que les photographies et les
films aient cette étrange apparence flone qu' on leur connaît
(dans les photographies non truquées), puisque précisément
il n'y aurait aucune chose solide pourvue de contours fran-
chement délimités en face de l'appareil photographique.
Nature des soucoupes volantes 215
Peut-être même pourrait-on trouver quelques explications con·
duisant à interpréter corollairement les effets paralysan Ls et
les sous-produits de matière volatile. Bornons-nous à Je sup·
poser.
On comprendrait aussi bien, dans les deux hypothèses, le
lien de ces appari tions avec des installations comme lt>s usines
atomiques et les aérodromes, mais pour des raisons t:umplè-
tement différentes.
Dans l es deux hypothèses, il serait normal enfin que la
situation s'éternise. Dans l'hypothèse B, l P.s mêmes carues
produiraient inlassablement les mêmes effets, à l'insu de leurs
producteurs candides. Dans l'hypothèse C, pou r11 uoi les pro·
ducteurs lointains, moins innocents, se priveraient-ils de con·
tinuer autant que bon leur semble une si lu-!lle opératjon
qu'ils peuvent r épéter impunément ?
Car il faut souligner cet aspect de la dernière hypothèse.
L'agresseur éventuel ne court aucun risque en utilisant un tel
genre d'arme secrète, invisible, impalpable, impossible à i den·
tifier, hors de ses frontières. Nul risque de perLe d'un engin,
de trahison, ni même de protestation. Car, à supposer que
l'Etat survolé finisse par acquét·ir la certin1de de l'origine
étrangère et de la signification hostile de la manœuvre, en
vertu de quoi pourrait-il l'authentifier formellement ? C'est
lui qui courrait au contraire le risque, ou de précipiter la
guerre, ou seulement de faire rire l'agresselJr en puissance.
Quelle perfidie, s'écrierait celui-ci, que de m'aLLribuer de
simples effets physiques, innocents, provenant 1le vus propres
machines atomiques et de vos radars mal surveillé!:! !
Mais lea faits attestés par les témoins sont-ilb de nature à
supporter de telles interprétations ?
A cet égard, la découverte de l'orthoténie peuL paraître
gravement inquiétante. Incompatible avec B, elle
ne serait que trop en harmonie avec l'hypoLhètie C. Dano ce
cas, en effet, les lignes- orthoténic1ues ne feraient que relier
les points d'impact des rampes de lancement invisibles. Elles
dessineraient donc sur notre terriLoire ou sur d'antres la
projection même d'un système d'agression. Celle interpréta-
tion P011l'l'ait trl>s hjen correRnoml r.-, à l'absence de con cor·
216

dance entre l'ordre des heures de manifestations des soucoupes
et leur ordre de position géographique.
On comprendrait non moins hien les glissements géogra·
phiques des apparitions, tant le glissement à partir des Etats-
Unis vers la qu'à l'intérieur de la France autour de
certaines polarisat.iou..s régionales. Les phénomènes ùe sep·
tembre et octobre 1954 représenteraient, en somme, de grandes
œ opérées après une longue période de préparation
et de tâtonnement dans le dispositif de hase et les visées au
but. La période suivant 1954 1me vérification
intermittente, plus discrète, de la bonue mise en place des
mêmes câbles directeurs in"isihles.
On s'expliquerait donc aisément que le phénomène en cause
ait marqué toutes sortes ue progre!:isiom sans que celles-ci
aboutissent jamais à quelque chose d'irrécusable pour t.ons.
Dans r.ette la vérification tangible ue pouna.il se
faire que sous la forme de projectiles.
Le fait est d'ailleurs fJ.ue Ai r.eue: hypothèse de l'anne invi-
sible est vraie, cela fait plus de se:ize ans que son possesseur
ne ra pa: utilieée. Plus le temps passe, plue elle RC dP.mode
ou risque au moin8 d'être largement contrebattue.
TI faut dire aussi qu'il y a quelque chose de trop parfait,
si l'on peut s'exprimer ainsi, d.ana cette hypothèse. Elle tombe
sous le coup de la même nécessité de méfiance que les expli-
catious par l'illusion pure.
La valeur objective que non.c; avons reconnue à l a masse
des témoignages nom reoiurce dans notre opinion que les
témoins ont réellement vu quelque chose, et i'eulement vu,
mais beaucoup moins mal vu qu'on ne rimaginait. Où peut
effe-.ctivemenl commencer leur part d'illusion ? Permet-elle
d'escamoter complètement la notion d'engins .solides ?
Essayons (le l'analyser.
D) ENGINS
C'est rhypothèse la plus « » et pourtant la plus
normale.
Dans tm article de septembre 1953 de la revue Forces
Nature des soucoupes volantes 217
Aériennes Françltises, puis dans son livre La propulsion des
soucoupes volantes par action directe sur l' atonw, le lieute-
nant Plantier en a remarquablement interprété les aspects
les plus déconcertants.
Le principe essentiel, si nous avons hien compris, est que
les soucoupes utiliseraient des champs de pesanteur artificielle
qui n'agiraient pas seulement sur l'engin, mais aussi sur le
contenu, y compris les pilotes, et sm le milieu ambiant.
A partir de là, Plantier entend expliquer logiquement les
quatre « mystères » des soucoupes :
« Silence absolu à grande vitesse dans l'atmosphère,
« Résistance thermique, incompatible avec celle de tous les
,
metaux connus,
« Apparence ile. vol piloté, malgré la température et les
accélérations supposées,
« Changements d'aspects. » (Loc. cit., p. 25. )
L'autenr P.tudie minutieusement tous ces genres de chan-
gements : les accaérations brusques, tournoiements, bascu-
lements, les phénomènes de (pp. 36 et 88), les
formations de nuées insolites (pp. 51 et 55) el mê1ne les
productions de « matières fondantes » (pp. 56 et 86).
On a "-ivement critiqué l'hypothèse Plantier. Certains la
certifient dépourvue de toute hase scientifique.
Ce n'est pas notre affaire de contredire ; nous devons
simplement faire observer qu'il est de règle dans l'histoh·e
des sciences que toute hypothèse nouvelle et révolutionnaire
considérée comme dépourvue de toute hase scientifique.
L'argumeul est donc sans importance.
fi serait beatlCOUp plus utile P.t plus scientifique de cher-
cher soit à vérifier cette hypothèse, en la pedectiounant au
besoin, soit de la remplacer par une autre qu'on prouverait
meilleure.
Car si les soucoupes existent réellement, en tant qu'engins,
on retrouvera exactement conditions du problème que
s'est posé Plantier et il faudra y faire face, bon gré mal
..
gre.
Pour tenter de savoir si les soucoupes en général sont réduc-
tibles à des sortes de météorce ou si elles sont vraiment des
218
engins, nous ne pouvons que r eprendre, dans une nouvelle
les Ùorutées des témoignages sur les aspects et
sur les comportements des soucoupes.
2° CRrrltRIUM DE L'ASPECT
A) VARIATIONS DANS L' APPARENCE DES SOUCOUPES.
Voyons donc les principaux effets liés aux
apparitions de soucoupea.
Effets vaporeux.
Le cas spectaculaire le plus connu est le phénomènP- d'Olo·
ron et de Gaillac que nous avons déjà cité.
L'iucidenl d' Oloron (Basses-Pyrénées) est du 17 octobre
1952. n a lieu en plein jour à partir de 12 ll 50, il durera
20 minu Les environ.
Celui de Gaillac (Tarn) est du 27 octobre. TI a lieu vers
17 heures et dure, lui ausAi, une vingtaine de minutes,
dans un ciel pur, en présence d'une centaine de témoins,
dont ùeux sous-officiers de gendarmerie.
A Oloron, selon M. l'1·igr:mt, sur veillant général ùu lycée,
on ne voit dans le ciel qu'un seul nuage << fioconneux, de forme
étrange » (M. I, p. 176), au-dessus duquel flotte << un cylindre
l ong, étroit, apparemment i ncliné à 45° ... , hlanchâLce, non
lumineux. de très net » qui se déplace
en ligne droite. « De son extrémité supérieure s•échappe
une sor te de panacl1e de fumée blanche. »
En avant du cigare, on voit, à l'œil nu, une t rentaine de
« hotùes informes semblables à des flocons de fumée » •
.
n semblerait donc que tout, sauf le cigare, soit vaporeux.
Mais l e cigare, lui-même, malgré sa forme régulière ct
nettement dessinée ne serait-il pas vaporeux, en fait, lui
aussi?
On serait plus tenté de le supposer que l'allure
du cortège est lente et que l es soucoupes bizarrement asso·
ciécs deux par deux, et laissent top:ÙJer çes
Nature des soucoupes volantes 219
filaments fondants que noll8 avons déjà signalés. On est donc
très l oin de rapparencc d'engins ct du comportement ordi-
naire des soucoupes qui paraissent ne cultiver que l'immo-
bilité ou l'extrême rapidité. Comme, en outre, le phénomène
n'est pas lumineux, on se tronverait poussé vers une expli-
cation paTticulière tl u genre cle l'inteTprétaLion entomologique
proposée par le Dr Labayle. On serait même tenté de se
tlemander si vraiment un tel incident rentre dans la caté-
gorie des « apparences r de soucoupes.
Cependant, J\II. Prigent prend ses jumelles pour mieux voir;
il observe alors que chacune de ces boules informes et fio-
cormeuses est composée d'une sphère centrale rouge entourée
d'une sorte d'anneau de Saturne jaunâtre et fortement incliué.
l P.s jnmelles, sa femme et son fils font les mêmes

conMLalatwns.
Sous l'appa1·ence floue se r évèle une structure précise.
Le même phénomène se produisit, dix jours plus tard, le
27, à Gaillac (Tarn) , de l7 h à l7 h 20 environ.
Or, dix minutes plus tard, à 17 h 30 donc, cinq témoins
de Brives-Charensac (Haute-Loire) observent un disque gris
argent à reflets métalliques, puis un cigare semhlalJle qui
stationne plus d'une demi-minute dans le ciel. Impossible
de ne pas faire le rapprochement entre les deux manifes·
tatious.
Quel ques jours plus tôt, d'ailleurs, près de Nîmes (Gard),
un maçon, M. Félix Fize et plusieurs ouvriers avaient vu
un curieux nuage blanchâtre ; ensuite seulement, ils recon·
nut·ent un cylindre métallique, jaune argenté, de 30 m de
long, avec des hublots vivement éclairé!!. A l'avant et à
l'arrièl'e, il semblait émettre un « lHmillormement vaporeux »
( G. II, p. 211), de ourle q lt'il était sans cesse esco1·té d'un
nuage, ce qui trompait par moments les spectateurs.
Ce cigare était nettement plus bas : au plus à 600 ou
800 m, ct sans doute beaucoup moins, puisque le témoin
vit trè3 nettement, à travers l es hublots, des silhouettes de
pilotes portant lunettes et casques de voL A cet égard, le
établi par M. Terrasson, d'après les indications des
témoius, est particulièrement saisissant ( G. Il, face p. 176) .
Rapprochons-en tout -de suite l'extraordinaire incident de
220
Saint-P.rouant (Vendée), en date du 14 septembre 1954
(M. Il, p. 29).
Ce jour-là, à 17 donc en plein jour, :M. Georges
:Fortin, 34 ans, cultivateur, travaille aux champs avec !lon
ouvrier, M. Louis Grellier, 36 aru. Le Lemps est très couvert.
L'orage menace. Soudain, le:; deux témoins voient descendre
' ·
à travers les nuages d'orage, une sorte de gigantesque « nuée
lumineuse » en forme de cigare ou de d'une cou-
leur bleue tirant sur ]è violet ? T.'ohjet avance, incliné comme
un suus-marin en Lrain de plonger. l'uis il stoppe, se xedresse
et se place en position verticale, comme les ciga1·es de Ver-
non, des Rousses et de Corbigny (cf. infra). Le cigare
tlemeul'e ainsi immobile, plusieurs minutes, au-ùessous des
nuages rl'oragc, quand tout d'un coup, quelque chose bouge;
mais ce n'est pas le cigare, c'est « une fumée blanche exac-
tement pareille à une traînée de condensation » qui sort
dfl l'extrémitP. inférieure du cigare, tombe d'abord vers le
sol, « comme filée par une invisible navette qui serait
tombée en chute libre », puis elle se redresse et remonte
en décrivant une spirale autour du cigare (tandis que l'arrière
de Ja se ù.issout au fu1· el à mesure); eusuite, arrivée
au sommet du cigare, elle redescend, en décrivant tme nou-
velle spirale, mais en sens inverse.
A ce moment, la tra.Jnée de condensation s'amincit de plus
en plus et l'on distingue entîn ce qui la produisait : « Un
petit disque métallique, brillant comme une glace. »
Ce petit disque s'éloigne alors et voltige de tous côtés au-
deasw de la campagne environnante, Saint-Prouant et
.,
Sigoumais, su1· une distance de 7 km environ, puis revient
à une allure vertigineuse et disparaît « comme une étoile
filante » dans la partie inférieure du graiJ.d cigare.
Une m.inule plus tard, le cigare s'incline de nouvea1.1 et
remonte se cacher dans les nuages.
On voit sans peine ce qu'tm mauvais psychanalyste ferait
de cette descriplion; le malheur est qu'il faudrait attribuer
les mêmes complexes non seulement à MM. Fortin ct Grcllier,
qni se trouvaient à 1 km de la chose, mais aussi à MM. Pizou,
à sa fille et à son ouvrier qui se trouvaient à 500 rn, dans
Saint-Prouant, à MM. Pérocheau, Mercier, Tissot, Bornufart,
Nature de.9 .'ioucoupes volantes
221
etc., qui se trouvaient disper-sés dans les ]ocalités
• •
a VOlSl•
uantes.
La déclaration de M. F ortin est remarquable de l'récision
et dn prudence. Comme il i gnor e naturellement de quoi il
il tâtonne pour décrire. <.:e l'as un ini tié, mais
ce n'eet pas davantage un esprit confus ; il tente métltodi·
quement de cerner les apparences de cc qu'il a vu.
Il commence par décrire la descente en de ce
qu'il compare à « une sorte de nuée luminellhe d'un bleu
violet dont les f ormes régulières é'roquaient celles d'un cigare
ou d'une carotte ».
La a donc l'apparence d'une nuée. Mais le témoin
note sucœssivemcnt que les formes sont r égulières, qu'elles
ont un aspect t·.igidel quF. cette chose opère des manœuvres
qui d'ailleurs n'ont aucun rapport avec le mouvement des
nuages d' orage qui la surplombent, que ces manœuvtes
s'opèrent d'un ce qui l'amène à l es comtJarer à celleR
« d'un gigant esque engin entouré de vapenrs ». Simple corn·
paraison, mais suivie aussitôt de ces l'récisions : l'engin
stoppe, il pivote lui-mêmP. rie manière à prendre une
position tout à fait verticale e l, ceci fait, il a'immohilise
complètement.
Les évolutions de la « traînée de condensation » qui sem·
blaient aussi bizarres aux témoins qu'à laisaent
enfin percer la réalité ,;,olide cachée sous 1'appa1·ence vapo·
reuse : « La traînée ayant totalement f ondu, nous aiJer·
enfin l'objet qui la « semait » : c'était un petit
dieque métaJliqlle brillant comme une glace et réfléchissant
par éclata dans ses mouvemeuls rapides la lumière du grand
objet. »
fl n'y a donc rien à supposer llOUl' interpréter la signifi·
cation du phénomène vaporeux : c'est lui-même qui se dissipe
et dévoile la présence des engins q Ll'il enveloppait.
faut-il distinguer chaqlle fois 1me constante qui est
la présence objet eolide, et lille \oariable qui est la
présence ou l'absence d\m effet vaporeux.
L'e.fTet vaporeux peut envelopper l'engiu ou se contenter
222
ll peut aussi se combiner ou non avec des effets lumi.
ueux.
On en rapprochera donc l es disques entourés de halos
lumineux \'US à Vernon (M. Il, p. 26) et à Foussignargues
(id., p. 135) , la tache lumineuse rouge entotuée fumée
dense, à Plozevet (id., p. 237) et les houles rouges lumineuses
eu tuurée3 de fumées, elles aussi et rouges signalées
à Ponthieny et à Fontainebleau (id., pp. 95 et 9o).
On comparet·a de divers cas de vapeurs
au moment d' un envol de soucoupe : petite JtUnée
M. IT, p. 50), va peur sombre (Dewil dc, i.d., p. 66),
tuînées blanches (Ca3amajou, A.F.P., 27 octobre 1954), traî-
née lumineuse (Mahou
1
F.S., 27 octobre 1954), traînée rouge
(habitant de Pons, F.S., 22 octobre 1954), etc. C'est de la
façon qu'on interprétera les effets déconcertants
observés par M. Sac1·é à La Rochelle, le 3 janvier 1953 (M. I,
p. 248 et P., p. 53) ct l\1. Chermauue (Bouffioulx, 16 ou
17 mai l9S3).
n n'y a donc pas de doute possible : les soucoupes ne
sont pas de simples effets vaporeux, ce sont des engins solides,
mais qui s'entourent parfois d'effets vaporeux.
Ne confondons la lor..mnut.ive et son panache de
fumée.
Effets lumineux.
Les soucoupes lumineuses en plein vol, la nuit,
sont innombrables. En outre, sur 95 cas d'atterrissages, en
France, nous r elevoru cas de soucoupes lumineusês.
J .eurs couleurs varient d'un objet à l'autre. Très souvent,
lea soucoups l uminem;es sont rouge-orange, parfois vertes,
jaunes, bleues, blanches, ou bleu sombre tirant sur
le violet. l 'arfois, elles sont d'une couleur unie, parfois bi co·
lares avec une couleur pour la partie inférieure et une autre
coulem· pour l a partie supérieure ; il peut même y avoir
des pointes de couleurs Jifférentes pour la hase et l e sommet.
elles sont multicolores.
Plus curienx est le fait que pour une même soucoupe la
couleur maîtresse peut varier d'un instant à l'autre : passer
Nature des soucoupes volantes 223
par exemple du blanc au vert, puis au rouge, ou du rouge
à l'orange, puis à l'argenté, etc. Ces variations de couleurs
correspondent-elles à des variations de vitesse, comme pense
l'expliquer le lieutenant Plantier? Peut-être.
Les variations d'intensité de lumière sont frappantes auSBi.
Parfois faible, l'intensité est forte en général. La snueoupe vue
par M. Patient est plus lumineuse que la pleine lune (M. Il,
p. 105). Dans cinq cas, les soucoupes sont éhlouissantes (M. Il,
pp. 37, 234 et 270), ou même aveuglantes CM. II, pp. 294
et 285).
Tous ces engins sont décrits comme des disques, ballons,
sphères, boules, dômes et champignons.
La forme est nettement circonscrite ; lee diflérences qui
sont notées ne vont pas plus loin que celles qui peuvent exis-
ter entre les différents prototypes d'm1 même genre d'appa-
reils.
Autant il est possible d'admeure, par hypothèse, qu'un
point lumineux vu an loin, ou même une houle lumineuse
en l'air peuvent se réduiTe à des formes météoriques flot-
tantes et éphémères, autant il e.st impossible d'expliquer de
la même façon ces ohjets si nettement déterminés vus de
près a11 sol.
Cependant, il y a quelque chose de fort troublant dans
l'aspect de certaines soncnupes : elles se présentent non pns
comme de simples corps illuminés par des sources de lumière
mais comme des corps lumineux par eux-mêmes.
Nous avons relevé plru;ieurs exemples de cc genre.
C'est notamment le • du témoignage Beuclair que nous
avons déjà et qui décrit un corps lumineux rouge vif
posé à tme vingtaine de mètres du témoin, pendant plu-
sieurs minutes et en piésence de nombreux autres témoins.
C'est aussi le du témoignage de Mme Fourneret qui n'est
pas moinM remarquable et qui est très sérieux puisqu'il est
corrnhorP. par un témoignage consécutif et par des traces
au sol relevées par la gendarmerie.
<< A une vingtaine de mètres de la maison, dans le pré
de M. Cazet, dit Mme un corps lumineux se
balançait doucement dans l'air à droite du prunier, comme
s'il se préparait à atterrir. que je puisse en juger,
224
ce corps avait environ t rois mètres de dian1ètre et présentait
une forme allongée, horizontale et de couleur orange. Sa
luminosité éclairait faiblement les branches et les feuilles
de l'arhrP.. » (M. ll, p. 225.)
Mme Fourneret n'a vu la chose que peu de t emps, entre
le moment où elle vint à la fenêtre pour fenner les volets
et celui où elle s'enfuit. Mais ce qu'elle a vu était très net,
très proch e, t r ès circonscrit, non un jeu de lumière, mais
un corps lumineux.
Il en va de ..même de cinq cas d' atterrissages dans lesquels
les témoins ont signalé des silhouettes noires ou des formes
humaines à l'intérieur. Ce sont les cas lVIoll, Gardelle, habi-
tant de Méral, Legeay et Facteur de Huy (Belgique) . On
en rapprochera le cas Leh érissé du 5 octobre 1954 où il
s'agit d'un arrêt à Lrès La:;se altitude.
TI en va encore de même pour cinq autres cas dans les-
quels les t émoins ont vu des petits pilotes sortir effectivement
des boules lumineuses. TI s'agit des incidents Mercier, Devoisin
et Condette, Figuères, automobilist es bordelais et Labassière.
Les deux derniers incidents sont particulièrement frappauts,
les témoins bordelais n'étaient qu'à une quinzaine de mètres
de la boule lumineuse qu'ils ont vu descendre et r epartir;
M. et Mme Labassière sont les témoins qui ont assisté à
l'étonnant spectacle de l'échange des soucoupes par deux
groupes de deux petits pilotes.
n est évifiP.nt que l'ensemble de ces apparences est tout à
fait insolite.
Comment doit-on l'interpréter ?
L'apparen ce de corps lumineux des soucoupes n e 1es empêche
pas d'être l'éellcmcnt des engins, en e:ffet plusieurs témoins
ont aperçu des silhouettes de pilotes à l'intériP-nr et. cette
donnée est soliJement confinnée par le fait que d'autres
témoim ont vu les pilotes de t els engins descendre quelques
instants à l'exté1-ieur.
Si beaucoup de t émoins ont vu des soucoupes lumineuses,
d' autres ont vu des soucoupes métalliques non lumineuses,
le jour, et dea .soucoupes sombres, la nuit. Ce ne sont pas
des catégories hétérogènes fi e sonconpP.s, majs se11lement des
aspects variés des m ê m ~ engins.
Nature des soucoupes volante5
225
C'est ainsi qu'en septembre et octobre 19'54, sn témoins
ont vu des soucoupes (la même chaque fois), tantôt sombres,
tantôt lumineuses.
Les témoins Roy et Thébaut ont d'abord vu la soucoup·e
lumineuse, puis sombre (M. ll, p. 238 et 239. Comp. F.S.,
10 octobre 1954). Les deux observations sont précises, car
elles ont été faites à quelques mètres .de distance. L'objet vu
par M. Roy était au bord de 1a route, dans un champ ;
l'autre objet vu par M. Thébaut était posé sur la route, à
CJuelques mètres de sa maÎSQn.
Les témoins Dewilde, Ott, et Automobiliste:S de La Rochelle.
inversement, ont vu dea soucoupes d'a-bord sombres, puis
lumineuses. Dewilde qui n'était qu'à quelques mètres de la
soucoupe posée sur la voie ferrée, devant lui, l'a si bien vue
obscure qu'il l'a d'abord confondue, on s'en souvient, avec
une charrette abandonnée. Ce n'est qu'après l'envol de
l'engin qu'il l'a vu prendre « une luminosité rougeâtre »
(M. Il, p. 66). De même, M. Ott roulait en scooter lors-
qu'il vit un engin obscur, à 3 m de la route, lequel engin,
une fois envolé, devint extrêmement lumineux (M. II, p. 244).
Même aventure pour les Automobillites de La Rochelle :
l'engin apparaît d'abord sombre au voisinage du sol, puis il
prend l ' : ~ i r et devient lumineux, rouge vü, puis orange. (Jd.;
p. 341.)
Dans d'autres cas, au lieu d'une succession d'apparences,
tantôt obscures, tantôt lumineuses, nous avons a:ffaire à des
localisations entre parties obscures et parties lumineuses. Ces
demières apparaissent sous la forme ordinaire de hublots.
Cet aspect avait déjà été noté par les témoins Squires aux
Etats-Unis, Fize près de Nîmes, et Gachignard à 1\iarignane.
n est de nouveau observé lors des atterrissages de septembre
et octobre 1954. Entre le moment où le témoin Dewilde voit
nn objet sombre qu'il ne sait pas encore être une soucoupe
et celui où l'objet envolé devient lumineux, se place l'ins-
tant où jaillit une lueur de phare par un hublot. carré placé
au flanc de l'engin. De même, les témoins Roy, à Isles
(M. II, p. 238) et Ott, à Jettingen (id., p. 243), ont vu des
hublots aux flancs de soucoupes posées en bordure de route.
8
226
• • •
. .
- '•

C'est à la lueur des plaques lumineuses formées par ces
hublots que M. Roy a vu la silhouette de la soucoupe. De
même, M. Ott a vu la forme d'une soucoupe, tandis que se
découpait dans la coupole de celle-ci un rectangle lumineux
que l e témoin compare à une porte. Près d' Ect·ooves, M. Thi-
riet a vu une soucoupe dont la coupole supérieure comportait
deux hublots (A.F.P., 19 ocluhre ; F.S., 21 octobre 1954).
M. Nicolas, de Louha-!ls, a vu aussi une sou coupe avec deux
hublots ovales rayonnant une forte lumière jaune (1) . (Dos-
sier Garreau.)
Ainsi, l'ensemble des témoignagea se complète parfaite-
ment pour nous donner une représen tation cohérente des
apparences d'engins dont les divers aspects ne semblent fan-
tastiques et baroques que parce qu'ils sont inhabituels et
q11 e les t émoins, voire même les critiques, sont trop décon·
certés au début pour les interprét er toujours de la manière
la plus réaliste.
Si noUB nous en tenons à une interprétation positive, rien
ne uous empêche de voir dans les soucoupes des engins,
tantôt obscurs, tantôt illuminés, entièrement ou partielle·
ment.
Nous ne pas surpris Ja nuit par les feux arrière
d'une auto, ni par l'éclairage intérieur de la voiture, ni par
les rayons llHillneux des phares. Pas davantage par l'inteme
lumière des vitres d'un rapide. Nous savons distinguer, sans
même y réfléchir, l a fonction de l'ampoule placée au pla-
fond des compartiments et cP.l1e des vitTages au .flanc des
wagons ; nous comprenons sans peine où se logent séparé-
ment la source de lumière eL les voyageurs dont les sil·
houettes se profilent à travers les vitres qui illuminent la
campagne.
Mais qu'on imagine un sauvage voyant ce spectac1e pour
la première fois, il confondra tout et se formera une repré-
sentation fantastique de qui voyagent dans des blocs
de lumière emportés à une vitesse foudroyante au milieu
d'un indistinct mélange de forme!! 8omhres et de panaches
(1) On notere que selon les cas
tra.nsparattre la lumière intérieure,
hublots laissent seulement
..
Nature des soucoupes volantes 227
de fumée, alors qu'il s'agit simplement de quelconques voya·
geurs à l'intérieur de wagons de ]a S.N.C.F.
Tant que nous ne connaîtrons pas le détail des diverses
fonctions lumineuses à bord des soucoupes, nous serons tentés
d'y voir des effets fantastiques, en quoi nous serons seulement
victimes de notre propre confusion d'esprit. Mais rien ne
nous oblige à nous c1auatrer dans ce point de vue de pri-
mitifs.
B) l JES ENGINS A COULEUR MÉTALLIQUE.
Car· c'est de là que tout est parti, en effet, avec la des·
cription que donne Kenneth Arnold et c'est là qu'on est bien
obligé de revenir, après ces longs détours à travers d'autres
apparences.
En plein jour, normalement, la s o u c o u p ~ ~ s t parfaitement
vue comme un engin à couleur d' aluminium, d'argent ou plus
généralement de métal.
A ce point de la recherche, la dernière chose qui amuse
le badaud, c'est l'abondante floraison de métaphores employées
pour décrire la fonne de ces engins. Elle est plaisante, en
effet, comme on peut le constater par l'énumération que
voici : « anneau, assiette creuse, balance, ballon, banane,
bocal, botte, boule, carotte, champignon, cigare, cloche, cône
renversé, croissant, cul de bouteille, cylindre, demi-cigare, dis-
que, entonnoir, fuseau, globe, hémisphère, lentille, lune,
melon, meule, œuf, olive, pièce de monnaie, plat ovale, poire,
pot de chambre, ruban, sac, saucisse, serpent, soucoupe, sou-
pière, sphère, t êtard, tonneau, tube, verre et wagon ». (Pré-
face du tradtlcteur, in R., p. 7.)
Peu importent quelques métaphores abusives, ou apparem-
ment telles. La plus étrange est celle de la balance, mais
l'observation Lahassière que nous avons analysée la présente
de façon très sérieuse. Laissons le pot de chambre au psy-
chanalyste qui voudra expliquer pourquoi t el témoin ayant
à décrire un objet arrondi a préféré une métaphore scatolo-
gique plutôt que culinaire. L'énumération omet d'ailleurs le
pet de nonne, pourtant signalé par un pilote américain, mais
228
nos futures stations spatiales peuvent aussi être gratifiées du
même sobriquet, comme on peut s'en apercevoir dans tous
les projets astronautiques. La banane était drôle ; elle est
devenue banale depui.a l'emploie pour Jéëigner un
certain type d'hélicoptère couramment utilisé par l'armée.
Le plus beau est t}ue le te.rll,le de soucoupe, le plus fré·
quemment répandu est apparu comme tout à fait rassurant
et ordinail'e s'applique aux engjns volants d'ori·
gine anglaise qui se sont déjà montrés capables de traverser
la Manche sur l'appui d'une projection d'air comprimé.
Au fond, ce qui semblait si incroyable flans la « soucoupe »,
en dehors de ses implications martiennes, c'était le fait qu'elle
puisse voler comme un engin lourd, mais dépourvu d
1
ailes
et d'hélices. Or, cette invraisemblance, il a suffi de dLx ans
pour que nœ propres inventions terrestl'eS en fassent litière.
De toule il s'agit, pour les « soucoupes », d'engins
an:ondis dont les caractéristiques essentielles sont uniformes,
à part de faibles variantes qui ne dépassent pas la portée
de ce que nous connaissons pour nos propres engins.
Pour ce qui est de leur composition physico-chimique,
nous nous garr]erons hien d'affirme1· qu'elles sont en pur alu·
minium ou en rm métal semblable à ceux que nous utilisohS.
Notre industrie entre déjà audacieusement dans l'âge des
matières- plastique-s et Iien ne nous permet de cantoxUler
celles des soucoupes dans le répertoire de ce que nous con-
naissons jusqu'ici.
L'essentiel reste donc <JUe les
dana les soucoupes des « engins
leur demander plus.
, • A
temoins ont su reconnaltre
J
métalliques » ; on ne peut
Il suffit de relire le témoignage Arnold et quantité de
témoignages de pilotes et de savants américains dans le livre
d.e Ruppelt pour le constater.
De même, il suffit de relire les observa ti ons faites par des
témoins d'attenissages, tels que MM. Renard, Goujon, Gatey,
Ott, Thiriet, Cassella et Mme Lebœuf, pour s'assurer qu'ils
ont constaté le même au sol et de près, en plein jm.tr.
n n'y a donc aucune raison sérieuse de ne pas considérer
les soucoupes comme des engins.
Nat ure des soucoupes volantes 229
3° ClUTERIUM DU COMPORTEMENT.
Cependant, l P-s monvements des soucoupes ont souvent paru
bizarres. Peut-on y trouver la confirmation de leur nature
d' engins ou quelque grave contre-indication?
A) MouVEMENTs cÉNÉRAUX DEs soucouPEs.
Lors du premier « carr oussel de Washington » (20 juillet
1952) , selon la version publiée ear Aimé Michel, Darnes,
l e chef r ndar de l'aérodrome, aurait déclaré : « J e suis abso-
lument certain que ces objets obéissaient à une sorte d'in-
telligence. Tant qu'il n' y avait pas d' a·vions dans les par ages,
ils stationnaient de préférence au-dessus des points inté-
r essants : Andrews Fields, l'Usine d'aviation de Riverdale, le
f:apitol e. Un ou deux tour nèrent un moment au-dessus des
stations de radiophonie. F.t qu'lm avjon appar aissait, ou
bien ils s'enfuyaien4 ou encore ils venaient au-devant de
lui ou le suivaient pour l'examiner en détail. » (M. I.,
pp. 98-99) .
Même si l e:J de Barnes sont subjectives, comme
on l'a dit, elles n'en pas moins à de nom-
breuses observations analogues effect uées daus c.l ' aulceM inci-
dents. Une telle indication pose un pr oblème capital
Il n' avait pas échappé à la Commission Soucoupe :
« A l'automne de 1952, nous possédions un nombre consi-
dérable de r apports r elatant une série de œ do la
part des U.F.O. Si nous r éussissions à prouver que ces
manœuvres avaient un caractère ordonné, nous prouverions
du coup que les U.F.O. obéissaient à une intelligence.
« Au cours de la discussion, le major Fournet se r éféra à
deux obser vations où les U.F.O. paraissaient savoir ce qu'ils
faisaient et ne pas agir au hasard. L'une était celle de
Haneda, au Japon, l'autre, un in cident survenu dans la nuit
du 29 juillet, lorsque un F-94 avait esaayé J ' inter cepter un
objet au-dessus du :Michigan oriental. Dans les deux cas, les
mouvements avaient été suivis au r adar. » (R., p. 235.)
On comprend que ce problème se soit pratiquement posé
230
aux EtaLs-Unis à canse des ordres de chas.o;e aux !;oucoupes
IJUÏ furent donnés aux pilotes.
Mais que valent les impressions des pilotes dans ce genre
d'incidents ?
Dans quatre cas où les pilotes furent convaincus d'avoir
observé des manœuvres d'esquives ou tl'aburdage ou même
de véritables tnnrnois de la part des soueoupes, la Commis·
sion a tlèdaré que· l'U.F.O. prétendu n'était pas autre chose
qu'un hallnn I]Ue les pilotes n'avaient pas !HI reconnaître et
dont le J'eu de position les avait .dupé. Ce sont les cas de
Gorman, de Combs, du pilule d'Oak-Ridge et de celui de·
Haniord (R., p. 65).
C'est que l'immensité de 1'espaee, en pleine nuit,
l'avion ne rattrape l'as la « eh()se » comme nn rattrape quel·
qu:un clans la rue. Pendant que le pilote croi!!e en tous sens,
la chose qui l'intriguait comme un luiliou auimé de
mouvements désordonnés qui peuvent provoquer toutes sortes
d'illusions.
Aussi, croyons-nous que l'imp1·ession de tournoi ne se trouve
sériemement établie que si elle peut s'appuyer sur de3 évo-
lutions nettement marquées par de granrls parcours, parce
les simples jeux de ludio11s ne sont plus possibles.
Dans l'ouvrage de Ruppelt, nous avon;s particulièrement
noté cinq cas de ce genre parmi les observations combinées
au sol et en vol, à la vue et au radar.
Cas n° l - Eté 1952 (R., p. 11) .
Le F-36 est à 1500 rn d' altitude et vole à 1100 km/h envi·
ron. Le pilote voit l'U.F.O. eu avant de lui, mais plus has,
et pique pour essayer de forcer la distance. n ...,arrive à
moins de l km et voit l'U.F. O. eu détail comme une sorte
de « pet de nonne ». Il s'approche encore plus près, à 500 m.
Mais voilà que la distance augmente, l'U.F.O. a accéléré .
.Rejeté de nouveau à l km en arrière, le pilote tire. « Prruque
aussitôt, l'objet monta en chandelle. Au bout de quelques
secondes, il avait disparu. >> {K., p. 14.)
Le trait essentiel est que l'U.YO. n'a pas pu être rattrappé,
la distance minimum à laquelle l'avion s'en est approché est
de 500 m, puis malgré tous les efforts du pilote volant pourtant
à une vitesse « voisine du mach », l'U . .F.O. a repris de la
Nature des soucoupes volantes
231
distance. Que l'U.F.O. se soit aussitôt esquivé après l'essai de
t ir est spectaculai re, mais isol ément considéré, un tel IaiL p our-
r ait n'êt re que le résultat d'une coïncidence. Par cont re,
r accélération d'un objet capable de repr endre brusquement
une grande distancf:! 8U t un avion à grande vitesse est un
test impressionnant.
Cas nP 2 • 26 j uille·1, la deuxième nuit cle Washington
(R., p. 202).
C.e nouveJ iuci denl est des plus symptomatiques.
Première phase : Les U.F.O. << disparurent. écrans (de
radar) au moment où l es F-94 arrivèr ent dans l eur zone ».
Les pilot es ne virent ilonr. ri An et rentrèrent à leur h l:tse.
lntennP.dP : Pendant que le ciel est vide d'U.F.O. au-dessus
de Washington, des U.F.O. apparaissent au-dessus de Newport
News, mais on en revoi t an-dessus éle Washin gton.
Troi.sièrne phase : De: nouveau arrivent des .F-94. Le3 coutrô.
leur s l es guident vers l es U.F.O., maja ceux-ci s' esquivent l'un
après l'autre. Un l'enl s'attarde ; le pilote qui le poursuit le
voit comme un e simple lumi ère, il l'a à une distance
de 15 km, il !i'en r approch e jus qu'à 3 km et elle disparaît.
n y a, dans l'ensemble, un jeu remar quable
e L de coï nci dences, mais le trait le plus caractéristique est
qu'il se passe à grancl A ili8tance et que l es avl o.us n' ont jamais
pu r attrapper les U.F.O.
Les trois cas qn1 nou s restent sont carac-
téristiques :
C(ts nP 3 - 26 juillet, en Californje (U., p. 20!) ) .
Un F-94 C poursuit un U.F.O. « Le radar terrestre et l e
radar de bord observèrent que l'U. F.O. s'écartait à une
vitesse terri fiante dès que l'avion arrivait presque à po·rtP.e
de tir. Puis, au bout ou deux minutes, i] r alentissait
et le p etit j eu reprenait. »
Cas n° 4 · 29 jtùllet 19S2, dans le M1r.hi gan (R., p. 205 ) .
Un F-94 ar rive à 6 km de distance d' un U.F.O. et pendant
30 l e contacte au .radar . Duranl cette brève période,
la distance diminue encore ; soudain, en quelqneR
J'objet r edouble de vitesse.
Durant une dizaine de minutes, l a pounuite continue.
232
Tantôt, l'U.F.O . .ralentit et tantôt, accél ère ; finalement, l'avion
rentre, faute de cornbust.ihle.
Pendant ces 10 minutes, le radariste placé au eol a mesuré
des vitesses de 2 200 km/h au lors des phases œaccé-
lération.
L'hypothèse d'une confusion avec un hallon clone écartée
par les distances ct les vitesses.
Cas n° 5 - 12 août 1953, dans l e Dakota (R., p. 289).
Un F-94 poursuit un U.F.O. sur 200 km. Durant tout ce
trajet, « l'avion à r éaction ne put jamais se rapprocher à
moine ... de 5 000 m ». L'avion dut rentrer, faute de comhus-
1ihle.
T.e comble est qu
1
alors
ravion r entrant à fl a hase.
15 ou 20 !km de la base.
ce fut l'U.F.O. qui poursuivit
Cette poursuite continua jusqu'à
Un nouveau F-94 décolle, se rapproche de l'U.F.O., mais
quand il arrive à 5 km de distance, l'U.F.O. prend soudain de
la vitesse pour s'écarter. C'est à ce moment que le pilote
tente diverses manœuvres pour vérifier son observation, puis
angoissé, demande à rentrer à la base.
Récapitulons : dans ces incidents, les avions n' ont jamaiR
pu rattraper les U.F.O. et l es distances eont presque toutes
énormes, sauf dans le premier cas où elle est de 500 m ;
dans les autres, eUe s'élève au moins à l km, ensuite à 3, 5
et 6 km.
De même, les vitesses sont considérables, p uisqu'il s'agit
d'avions à réaction en missions d'interception.
Nous n'avons donc plus du tout affaire avec un jeu de
ludions comme dans le cas Gorman, mais à un rush de
western. Remous d'air et rafales de vent ne peuvent abso-
lument plus englober les jeux de l'avion et de l'U.F.O., ee
sont au contraire, qui ont pris de telles ampleurs et de
telles vitesses qu'ils manifestent J'action d'engins plu3 puis-
san ls que la nature et que l'industrie humaine actuelle. Aussi,
n'est-ce pas par hal'lanl que l a Commission Soucoupe a r etenu
quatre de caR snr cinq e1mune « inconnus », c'est-à-dire
comme irréductibles à toute autre que la réalité
et la supériorité des soucoupes.
N atw·e des soucoupes volantes
233
n y aurait donc à établir un tableau statistique des
des distances parcourues par l es oh8ervateurs en vol et dea
déplacements relatifs des U.F.O. On doit que cette
trame de fond rationnelle et calculable se trouve r assemblée
dans l a machine électronique qui appartient à la Commis-
sion Soucoupe. Mais rien n•cn a été communitJué; c'est
souligner une fois de plus, combien les information A qn' on
veut bien nous donner sont lacunaires et soustraient délihé·
r ément le problème à toute vérification.
Heureusement, ce n'est ni chez Adamsky, ni chez Scully ou
tout autre adepte enthousiaste des soucoupes, mais chez le
capitaine Ruppelt lui-même, qu' on peut trouver l'indication
des ext raordinaires vitesses attribuées aux soucoupes avec l'aide
de théodolites et de radars, notamment les estimations du
capitaine Mc Laughlin à White Sands évaluant à 28 000 km/h
des vitesses de soucoupes.
Ruppelt encore signale que, dans certains cas, des radars
ont enregistré des vitesses prodigieuses pouvant atteindre
75 000 km/h (R., p. 263) . De telles vitesses pouvaient faire
rire les honnêtes gens, même à la date d'avril 1956 lorsque
Ruppelt publiait la premièr e édition anglaise de son ouvrage,
mais depuis que l es fusées, spoutniks et explorera ont com-
mencé à prendre quelques libertés avec l'attract ion terrestre
et que l'industrie humaine a rejoint la vitesse de libération,
soit euviron 40 000 km/h, on a bien le droit de rire des
• •
ancœos neurs.
Même sur un plan beaucoup plus modeste, Kenneth Arnold
avait attribué aux premièr es soucoupes une vitease hautement
de 2 700 km/h. Cette évaluation a été con-
t estée, mais Ruppeh signale ù'aulres évaluations analogues :
à Las Vegas, 26 .iuin 1950, e l à Kirksville (Missouri), 13 juillet
1951.
Ces estimations doivent a vo.ir ùe solides fondements puis-
qu'on voit maintes fois revenir dans l'ouvrage de Ruppelt
l'indication que les avions chasseurs de soucoupes ont dû
rentrer à leur hase, faute de combustible. (Cf. R., pp. 125,
159, 195, 202, 205, 211, 286, 291.)
L'argument décevra les philosophique,
il a quelque choEe de simpliate et « sordide », mais c'est
234
précisément ce qui fait à nos yeux sa valeur dans un
domaine prétendu fantastique. Si la Commission Sou-
coupe voulait bien puhjj er la liste et l es circonstances com-
plètes de ces caa, nous aurions là probablement uue preuve
flagrante que les soucoupes sont des engins bénéficiant de
capacités de vol su:rclassanl catégoriquement les nôtres (même
aujourd'hui) et que l eur mode clc propulsion se joue allé-
grement des servitudes imposées par nos combustibles actuels.
On peut même dire qu' une telle preuve « indùstrielle »
r éf ume à elle seule, et de l a manière la plus brutalement
contraignante, la supériorité technique des soucoupes.
B) E VOLUTIONS COJ\IDJNÉES DES SOUCOUPES.
La plupart du Lemps les soucoupes sont isolées, en ce sens
que même si elles volent en groupes, chacune est nettement
distincte ct continuellement séparée de ses voisines comme
les automobiles sont normalement isol ées l es unes des autres.
Cependant, tm certain nombre de cas font exception et
posent ce qui paraît êtr e un des plus troublants problèmes
de la question.
C'est ainsi qu' au cours de l'incident du 5 août 1952, au
Japon, après une longue évolution de soucoupe en survol,
l'obaervatenr radar p1acé au sol déclar a, stupéfait, que l'ob-
j ectif venait de se « casser » en trois morceaux.
De là à considérer les soucoupes comme des phénomènes
bizarres, instables et inconsistants, il n'y a qu'un pas vite
franchi.
D'autant que le même genre d'observation s'est répété un
certain nombre de fois. On le r etrouve signalé à Oukaimeden,
au Maroc, le 14 juillet 1952 (G. I, p. 55). An-deAsnR de Man-
hattan Beach, le 27 juillet 1 9 ~ 2 , une soucoupe << St-! scinde »
en six sections circulaires {K. TT, p . 147). A Champigny
(Seine), le 3 octobre 1954, on voit un eigare Me dMormer, se
scinder en deux, puis se r?.nnir P.t ainsi rleu_x ruis rle suite
( ~ 1 . TT, p. 205) . A Château-Chinon (Nièvre), le même jour,
le même phénomène se répète cinq fois. (Id., p. 212. )
J,p fait donc existe. d'autant crn'on en trouverait encore
Nature des soucoupes volantes
235
bien exemples. l\:lais pourquoi être dupe des mots ?
Si l'on emploie les terme:; ùe scission et de castmre, ce ne
peut être que pour traduire l'impression grossière qu'on
éprouve à distance devant le « dédoublement » d'un objet
inconnu. Il n'en résulte nullement qu'il y ait eu cassure et
scission au niveau de l'objet et à son détriment. Si un Mar-
tien observe de loin un porte-avions, tandis qu'une escadrille
d'avions s'envole, il peut aussi bien parler de cassure et de
scission suivie de l'éparpillement dans l'air de morceaux de
l'engin flottant et il trouvera bizarre que ces morceaux
éclatés aient Ùes formes et peut-être de
conserve, une trajectoire régulièr e, en attendant de reformer
l'unité complètP- avec « l'fmgin-mère » casaé. La fantasma·
gorie ne naît que de figTIJQrance en face de l'insolite. Pour-
quoi à l'égard des soncol1pe8, objectiver grossièrement
nos impressions ? P ourquoi interpréter ces modifications
comme cassures d'un même engin et non comme une simple
séparation d'engins précédemment associés?
Ce n'est p as seulement une h ypothèse, c'est un fait qui
devient patent, dès lors qu'on st! reporte à deux genres par·
ticulicrs de cette modification d'aspect pour lesquels nous
avons d' excellents témoi gnagP.R. f:p, sont les expulsions et réin-
tégrations de soucoupes par de grands cigares, ensuite les
associations de soucoupes réunj es par
Expu,ls;on.'\ et réintégrations de soucoupes par cle grands

cLgares.
On peut en relever au moins dix cas :
Culver City (Californie), le 5 juillet 1952 (K. II, p. 144) ;
Golfe du :Mexiqne, 1e 6 décembre 1952 (K. Il, p. 150 et
M. 1., p. 114) ;
Vernon (Eure), le 22 août 1954 (M. II, p. 2S) ;
Saint-Prouant (Vendée), le 14 septembre 1954 (M. II, p. 29) ;
Fontainebleau le 22 septembre 1954
p. 96) ;
Lux (Côte-d'Or), le 23 septembre 1954 (id., p. 104) ;
Les Rousses (Jura), le 2 octobre 1954 (id., p. 183) ;
Corbigny (Nièvre) , le 7 octobre 1954 (id., p. 242) ;
236
Riom (Puy-de-Dôme), le Il octobre 1954 (j.d., p. 271) ;
Saint-Valéry-en-Caux (Seine-Maritime), le 19 octobre 1954
(A. F.P., 20 octobre 1954) .
R appel ons d'abord les moins détaillés.
Le 22 septembre 1954, vers 20 h, près de Fontainebleau,
Mme Garnundi observe pendant une demi-henre, dans le ciel,
une granÙP. boule )nminellSe immoLlle entourée d'une fumée
mouvante et lumineuse que nous avons déjà eu l'occasion de
signaler. J.\.lais il reste à préciser qu:à un certain moment, le
témoin vit une série de houles plus petites (au moins quatre
houles) rl e la gr anif e obliquer et disparaître
à toute allure. (Mme Gam1mdi est setùe, mais d'autres témoins
en Seine-et-Marne ont assisté à de nombreux passages de sou-
coupes, ce soir-là.) Le spect acle prit fin avec l'approche d'un

av10n.
Le 23 septembre 1954, à Lux (Côte-d'Or), vers 17 h, un
t émoin muni de jumelles observe une sphère métallique rou-
geoyante qui Lourue en ru11Ù dans le ciel, pendant une demi·
heure. Soudain, cette houle « » et « crache » deux
autres houles i dentiques, puis toutes ]es trois disparaissent en
trois directions différentes. Cette seconde phase ne dura
qu'une minute. De nombrenx témoins ont assisté au spec·
tacle. On voit tout ce que les mots « s'allonge » et « crache »
peuvent suggérer de fausses impressions de fantasmagorie. Ne
peut-on penser plus simplement que l'engin initial s'est incliné
et a montré sa fonne de cigare ? Quant à cracher, rien à
voir avec la sal ive. N'importe quelle « bouche à feu » peut
« cracher » des projectiles sans faire rire personne, ni per-
mettre aux psychanalystes de conclure à l'inexistence des
projectiles.

Le 2 octobre 1954, vers 15 h 45, donc en plein jour, au
village Les Rousses (Jura), Mme J a illet, institutrice, et lf'..s
23 enfants de son école, voient 1me lorme },lanchâlre, allongée
comme un cigare qui avance horizontalement, puis s'immo-
bilise à la verticale. n en sort un disque jaune, brillant, qui
retourne bientôt dans le cigare. Cette observation a duré trois
' .
a quatre m.mutes.
Le '7 octobre 1954, à Corbigny (Nièvre), denx témoins non
Nature des soucoupes volantes 237
tlénommés, ont vu, par deux fois, une sorte de cvJindre blanc

qui se plaçait horizontalement, puis prit une
position verticale tanclis •1ue sa conleur tournait à l'orange,
et les témoins virent alors deux petits disques sortir de ]a
partie inférieure.
A Riom (Puy-de-Dôme), dans la nuit du 10 au 11 octobre,
deux agents de police virent un cigare émettre trois boules
brillantes.
Ces cinq Lémoignageto sont simple<:! et précis ; mais d'autres
témoignages les confirment plus en détail.
A Vernon (Eure (1), à l h du matin, l e 23 aoû1 1954,
M. Bernard MiEerey, commerçant, vient de rentrer Ea voiture
au garage et se trouve sur la rive sud de la Seine.
Soudain, en face de lui, à 300 m de distance, au-dessus de
la rive nord, il aperçnil une sorte de gigantesque cigare vei·-
tical qui lui parut mesurer cent mètreH de long. C'est une
énorme masse, lumineuse, silencieuse, immobile, suspentlue
dans les airs.
Tanc1is qne Je témoin regarde, il voit brusquement jaillir
du bas dn cigare, un disque horizontal qui tombe, comme
en chute 1ibre, puis s'arrête, haMcole, passe au-dessus du
fl euve et devient en même temps très lumineux, puis
paraît vers le sud.
Un second, puis un troisième et un quatrième font de même.
Enfin, sort du bas du cigare, un cinquième mais
celui-ci descend plus bas que les autres, jusqu'au ras du
pont. Là, il s'immobilise en oscillant légèrement. M. Miserey
distingue très nettement « sa forme circulaire et sa huni-
nosité rouge plus intenae au centre, atténuée sur les bords,
et le halo arrlP.nt qui l'entourait » II, p. 26L puis ce
dernier disque bascula comme les autres, mais cessa de
tre lumineux et fila vers le nord.
Le lendemain, seulement, M. Miserey apprit que deux
agents de police de Vernon avaient vu aussi un phénomène
étrange, il semble cependant que de l'endroit où ils se trou-
vaient, ils ne virent que le mais non le manège des
(1) Comparer le carrousel de soucoupes du 31 aoftt 1953, à Vernon
(G. 1, p. 118).
238
soucoupes (cf., Figaro, 27 août 1945). Un ingénieur militaire,
témoin lui aussi, a fui toule « publicité ».
En tout cas, M. Miserey a remarquablement décrit ce qu'il
a vu et, détail très important, ce spectacle a duré trois quarts
d'beure.
Dans le département limitrophe de Seine.}'laritime, près de
Saint-Valéry-en-Caux, durant la nuit du 19 octobre 1954, plu-
sieurs dont Mlle Michèle Vitkosusky, clerc de
notaire, ont vu, an cette fois, et tont prèh" de la route,
le même genre de spectacle accompagné d'une des manœu-
vres supplémentaires de retour à la hase déjà signalée par
de précédents témoignages :
<< D'un engin violemment éclairé et posé dans un champ, à
gauche de la route ... s'échappaient fies disques lumineux qui
prenaient rapi dement de la hauteur, pour r egagner ensuite
leur point de départ. » (A.F.P., 20 octobre 1954.) Ce spectacle
dura deux heures.
Le malheur est que pour un t é-moi gnage aussi important,
nous n'avons aucun autre renseignement.
Reste alors, pour la France, la grande observation de
Saint-Prouant (Vendée) que nous avons déjà racontée.
Après cet ensemble de témoignageR concordants, on sera
moins tenté de juger saugrenus et invraisemblables les deux
, . .
cas amencam.s.
Le 5 juillet 1952, en effet, à CulveT City (Californie), plu-
sieurs spécialistes d'une usine aéronautique virent (l'un d'eux
à la jumelle) un grand objet argentP., briUant, elliptique,
s'immobiliser à haute altitude, pour lâcher deux petits dis-
ques qui décrivirent des cercles parfait!! autour de lui, durant
plusieurs minutes, puis « rentrèr ent à son bord '> (K. II,
p. 144).
On a été frappé, du fait que plusieurs de ces observations
sur des manœuvres combinées de cigares et soucoupes avec
et r éintégration de soucoupes à bord du g:ranil
cigare ont été de très longue durée. Or, au contraire, la
dernière observation américaine qui nous reste à mentionnP. r
est d'une foudroyante rapidité.
Le 6 décembre 1952, à 5 h 25, donc en pleine par
Nature des soucoupes volantes

239
un beau clair de lune, un B-29 commandé par le capitaine
Harter survole le golfe du Mexique.
Notons qu'il y avait trois radars à bord, utilisés par les
lieutenants Coleman et Cassidy, ainsi que par le sergent-
mécanicien Bailey.
Subitement les trois radars montrèrent un, puis deux, puis
quatre engins inconnus qui fonçaient vers le B·29, à plus
de 8 000 km/h et s'écartèrent brusquement.
autres objets arrivent, toujours à la même vitesse. Un
des aviateurs, l'adjudant Ferris voit par le hublot « deux
traînées lumineuses, vaguement bleutées, filant comme des
bolides » (K. II, p. 152). Il en vit encore cinq autres et cette
fois le capitaine Harter les voit lui·même sur un des radal'S :
elles sont encore à 60 km, mais à l'allure où elles vont, dans
quelques secondes, elles se jetteront sur le B-29, car elles sem·
blent se ruer sur lui ; subitement, elles ralentissent et par·
tent en oblique.
« A ce moment, Harter aperçut une grande tache d'un
centimètre de diamètre, sur son écran, et assista médusé à
la scène suivante : sans cesser de voler à plus de 8 000 km/h,
1es soucoupes rejoignirent le gros engin et se confondirent
avec lui, « puis il accéléra et s'enfuit à 14 000 km/h, vitesse
vérifiée à la fois par Harter et Coleman. Le tout avait
duré six minutes. Ce qui paraît « fantastique », ici, c'est la
rapidité de la. manœuvre finale. »
On peut objecter que l'incident n'est pas reproduit par Rup·
pelt, que les aviateurs ont pn commettre des erreurs de cal·
culs et des confusions, mais jusqu'à quel point? Les obMer·
vateurs sont nombreux, spécialisés et très bil'm équipés.
Même exagérées, les vitesses apparaissent de tonte corn·
paraison avec des engins connus. Quant à la confusion, elle
8erait théoriquement possible avec des expérimen·
tales, mais ]a réintégration finale exduL en fait cette hypo·
thèse, à moins de supposer un arsenal de confusions et de
coïncidences. Au contraire, toute l'observation est explicable
sans difficulté si l'on n'y voit qu'un cas accéléré de l'émis-
sion et de la réintégration de soucoupes paT un grand engin.
L'ensemble de ces incidents est des plus solidement éta·
blis. Les observations sont généralement longnes et faites
240
,
par ri e nombreux témoins. Il n'y a rien de fantasti que dans
ces manœuvres de cigares porte-soucoupes qui correspondent
tout AÏmple:ptent à celles d'un porte-al"ions lâchant et récu-
pérant ses engins. Loin d'apporter un élément troublant, ce
genre de r P-eits fournit une donnée objective essentielle sur
}eg engins en cause.
Associations de soucoupes par paires.
Ce dem::ième genre de phénomènes paraît étrange.
On ]e voit d'abord se produire de manière spectaculaire
dans l es observations d'Oloron et de GailJac, en octobre 1952.
Dans les denx cas, le g.rand cigare est escorté d'un véritable
cortège de soucoupes ct, qui plua est, de Roucoupes associées
par paires : « F.lles se déplaçaient deux par deux, suivant
une trajectoire brisée, marquée en somme d'un zigzag rapide,
et court. » (M. T, p. 177.)
Trois interviews différentes de M. Prigent sont reproduites
dans G. I, p. 83 ; M. I, p. 177 et même Tinrirv-.Actualités (sic},
n° 210 (c' est le plus circonstancié de tous) . n en résulle des
divergences assez compliquées. Finalement, il en r essor t
ceci : 1° chaque paire de soucoupes était r eliéP. normalemenl
par une sorte d'écheveau floconneux, analogue à la « matière »
qui sortait de l'avant du cigare ; 2° l or sque, au cours des
2igzags, lee deux soucoupes ass9ciées s'écartaient, on voyait
se dessiller entre elles une traînée de lumière comme celle
d'un arc électrique.
Fait étrange, si ce phénomène se produit deux fois de suite
à un bref intervalle, leR 17 et 27 octobre 1952, dans les
et dans le Tarn, on ne retrouve rien n'ana-
logue, sauf en 1954, dans la seule journée du 18 octobre, en
Haute-Loire et en Charente-Maritime.
Le 18 octobre, donc, des paysan8 de Saint-Cirgues (Haute-
Loire), aperçoivent en fin d'après-midi, pendant un
d'heure deux boules lumineuses « reliées par une tige »,
également lumineuse (M. II, p. 324) . Th corn parèrent la
eh ose, soit à des haltères, soit à une balance, car les de"Qx

boules oscillaient, mais peu importe la métaphore, le r ésultat
P,.l le même.
Na ture des soucoupes volantes 241
Le même soir, à 21 h, sur la route de Saiptes à Royan
deux automobilistes constatèrent un fait
avec quelques aspects suppMmentaires encore plus
étonnants.
Ces deux automobilistes, et Thime Labassièrc, intrigués
par ce qui se paesait dans le ciel, s'arrêtèrent pour mielU:
regarder. Comme les cultivateurs de la Haute-Loire, ils
virent, r,nais à plu:s basse altilude : « un objet en forme de
balance qui se dandinait dans le ciel. Ln « plat.ean » était
l'antre r ouge, et ils étaient réunis par une traînée
cl'un vert lumineux. f.'er;t l'oscillation, le dandinement des
deux objets qui nous suggéra l'image d'une balance » (M. TI,
p. 325 ).
Comme le fait obse1·ver Aimé :\iiohel, l'extraordinaire res-
semblance des deux observations, le même soir, en Haute-
Loire et en Charente-Maritime, certifie l'objectivité du phé-
'
nomene.
Mais il existe une d.iliérence non moins intéressante.
Dans l'observation Lahassière, quand l'objet s'immobilisa, le
« fléau lumineux » unjssant les cl.enx objets se ilissipa et les
ileux boules se posèrent non loin l'une de l'autre, dans un
champ voi.3in de la route. C'est alors que les témoins virent
deux équipages composés chacun de deux petits êtres sortir
de chaque engin, échanger leurs véhicules et repartir à toute

vttesse.
L'échange des véhicules est-il cer tain ? manquons en
tout cas de précisions qui auraient pu être fort intéressantes.
Toujours est-il que J'histoire semble bizarre.
Pourquoi? T.....es « Martjens » ne trouvent-ils pas bizarres
sur leur planète que nous avons de.s véhicules
attelés et d'autres non, des véhîculc.s à circulation sur rails
et d'autres non, des voyageurs qui changent de véhicules?
Comme dirait le célèbre La Palice, tout ce qui n'est pas
accoutumé est insolite.
TI est possible qu'il existe un lien entre cette nouvelle
question et celle des paires àe eoucoupes.
242
1
A proprement parler, la soacuupe·ruéduse est celle qui
laisae pendre un certain nombre d' appendices plus ou moins
souples. Ds sont donc normalement en position verticale et
.inférieure par rapport à l'engin.
Les dans }Cl; cas précédents sont latéraux
et horizontaux, sont-ils pour cela d'une autre nature ? C'est
loin d'être certain.
JI faut aussi en rapprocher le cas d'appendices verticaux
apparus pado.is à la partie supérieure de la soucoupe, ainsi
le filament incandescen t jaillissanL au-dessus de la soucoupe
vue au sol par M. Patient le 23 septembre 1954 CM. n, p. 105)
ou l es 5 à 6 petites tiges verticales vues par M. et Mme Roche
le 26 septembre 1954, à Foussignargues, au-dessus du centre
d'une « tomate lumineuse » (id., p. 136).
La première soucoupe-méduse, au sens précis. est signalée
par l e t émoin Durdle, à dans l'Etat d' Ontario
(Canada), le 30 août 1954 (G. II, p. 76) : « A la périphérie
de la souconpe étaient pendus « des sortes d'anneaux lumi-
neux entrelacés, analogues à ceux d'une chaîne gigant.es·
que. » L'engin descendit à quelques mètres du sol, si près
que le témoin put voir par un hublot dillérents organes
(leviers et boutons) à l'intérieur de la carlingue.
En France, le 3 octobre 1954, à Hériseart (Somme), vers
20 h 45, t émoins, Mansart et Delarouzée, aperçoivent à
faible altitude un « chapeau ùe champignon » palpitant de
couleurs changeantes, oscillant tlu violet au verdâtre et d'où
« pendent » des sortes de « câbles » courts (M. II, p. 192).
Le même soir, daru la mê..:me de nombreux témoins,
à Marcoing, Liévin et Ablain, aperçoivent une étrange sou-
coupe à dissociation : la partie inférieure se sépare de la
partj e supérieure, oscille, descend et remonte {M. II, pp. 188
il 196) .
Le 31 mai 1955, à Puy-Saint-Gahnier (Puy-de-Dôme), vers
11 h du matin, donc en plein j our, M. Collange est témoin
dP. l'incident suivant : à 3 m de dans un pré, et à une
Lrentaine de ceutimètre5 au-dessus de l'herbe, AP. tient un
disque vertical, immobile, mesurant environ ] rn à l rn 20
de di amètre, obj et d'un blanc « très lumineux, mais non
Nature des soucoupes volantes 243
éblouissant ». Ce disque était entouré .d'une multitude de
prolongements de la grosseur d'un doigt, de longueurs diver-
ses, allant de 0 rn 50 à 2 m environ, sortes de filaments blancs,
jaunâtres et bleus. Ces prolongements s' agitaient autour du
cercle et ceux du bas faisaient remuer l'herbe en la touchant.
Les prolongements blancs avaient l'air de petites lances eu
acier (G. II, p. 224).
Deux ans plus tard, le 15 avril 1957, à 15 h, donc encore
en plein joue, sur la I'OUle à rentrée de Vins dans le Var,
Mmes Garein et Rami, ainsi que M. Boglio, ont vu, à deux
ou trois mètres en l'air, un petit engin métallique en i'orme
de toupie qui planait lentement. « Le cône inférieur était
formé d'nn de ti gelles multicolores et
parallèles, agitées d'un mouvement rapide ... » (M. II, p. 344.)
Six jours après, le 21 av.r.il 1957, à Montluçon (Allier), la
nuit, de 1 h 45 à 2 h 30, Mmes Ausserre et Prévost observent
dans le ciel une soucoupe hémisphérique, jaune doré. d'où
pendent « des filaments verticaux, lumineux, alternativement
verts et violets » (M. II, p. il46).
Peut-être faut-il en rapprocher les « espèces » de radia·
tions blanches et rouges qui jaillissaient JJarallè-
lement sous la boule lumineuse observée dans l'incident
Beuclair (M. II, p. 317).
Que les soucoupes puissent avoir des appendices comme
elles ont une carcasse métalliqne et iles lmblots, cela n'a rien
d'extravagant. Que ces appendices pu.issent paTaître de métal
ou de « matière luminetll!e », est-ce vraiment plus bizarre
que les aspects variables des clignotants sur les automobiles
ou les tubes de néon sur les magasins ? Ce qui nous déso-
riente, c'est simplement que nous i gnorons la structure interne
et le rôle exact de ces protubérances.
Il n'est pas exclu, en effet, que les soucoupes soient des
engins d'un type trop souple et trop complexe pour être
simplement analogues à nos machines actuelles. Les soucoupes
semblent faites de matières essentiellement plastiques reliées
dans une seule unité organique. Elles auraient dépassé le stade
composite, donc fragile de la machine pour atteindre à
l'imitation cybernétique de l'être vivant.
Vraie ou excessive, cette hypothèse n'empêche nullement
244
de considérer les soucoupes comme des engins normaux, au
sens d'objets artificiels, solides, creux et mobiles.
Nous avons vu que rien dans l eur s apparences lumineuses
et vaporeuses n'interdit cette interprétation.
C'est d'ailleurs la conclmrhm. gAnérale df'-B témoins.
Cene conclusion s'appuie, sur deux preuve:s péremptoires :
1° Les soucoupes sont des engins qui transportent des pilotes.
Qu'il s'agisse de soucoupes apparaissant sous forme de corps
lwnineux (cas des trGis Rm·delais), ou de soucoupe sombre
(cas Dewilde), ou d'engin métallique (cas Lebœuf), les
témoins ont également vu des petits pilotes sortir de la sou-
coupe et y rentrer.
Tant que les soucoupes ne se manifestaient que dans les
hauteurs de l'espace, toutes sortes d'interprétations 1·estaient
possibles. A partir du moment où l'on peut cataloguer une
série d'atterrissages, d' observations d'engins à quelques mètres
de distance et la sortie de petits pilotes, il est hors de doute que
les soucoupes sont des engins el même, plus piécisément, des
engins directement pilotés.
2° Les soucoupes manœuvrent comme des engins pilotés.
A moins .d'une grande chance, noug ne pas pri>A'I
de saisir l'horlogerie du mouvement général des soucoupes.
D'une part il est très complexe, puisqu'il va de l'orthoténic
jusqu'aux plus capricieux dans l'espace. D'autre
part, il semh1e complètement indépendant des allées et venues
de Phomme sm la planète.
Parfois, cependant, certains mouvements s'en détachent qui
ont tout à fait le caractère d'approches intentionnelles, et
" ' .
en meme temps reticentes.
A grande di.stance, c'est le cas des immenses carrousels entre
soucoupes et avions intercepteurs de l'armée de l'air améri·

came.
Sur le sol même et à très courte distance, c'est le cas des
allées et venues réciproque:; de témoins et de piJotes (cas
Dewilde, Lebœuf et autres) ou de témoins et de soucoupes
(cas Beuelair).
Entre les deux, il existe un énorme écart ; il est précisé·
ment comblé par une série de remarquables cas dans lesquels
Nature des soztcoupes volantes
245
des soucoupes en vol à basse altitude ont suivi
des automobiles sur le sinueux trajet ·de leur itinéraires
routiers. Il faut r appeler ces ca;; :
Mansart (Nord, 3 octobre 1954) poursuite sur six kilomètres,
pendant six minutes (M. II, p. 193) ;
Galland (Somme, 3 octobre 1954) sur 8 km (M. II, p. 194),
Ott (Haut-Rhin, 8 octobre 1954) sur 800 m (P.S., 10 octobre,
M. II, p. 243),
Seudre (Deux-Sèvres, mars 1958) durant 2 heures (P.P.,
20 mars 58),
Hiot (Pas-de·Calais, 2 août 1960) sur l km (F.S. et P.P.
6 août 1960).
En Lout cela rien d'onirique ; tous ces faits relèvent
logique solidement cohérente et objective. Impossible
mais de réduire les soucoupes à des
Car dans les manœuvres que nous avons évoquées, spécia-
lement les pourouites d'automobiles et l es al1ées et venues
de pilotes au sol, la relation des mouvements entre les t é.moinR
et les soucoupes ou les pilotes n'est paR le p.roùui.L d'un
hasard aveugle, elles ont un carac.tère de .relation anecdotique
et particularisé-e qui implique directement l'intervention d' une
intelligence.
En fin de compte, il n'est pas .d'autre interprétation
« commode », (mais au grand senR que dormait à ce terme
Henri Poincaré) que fl'en revenir à cellc·là même que
nous apportent les témoins oculaires : les soucoupes sont des
engins pilotés, car ils transportent des pilote3.
C'était beaucoup trop simple pour que rlu premier coup l'on
puisse croire les t émoins.
II
L'origine des soucoupes volantes
Puisque les soucoupes sont des engins, la question est de
savoir industrie les fabrique.
Tnsistons sur le terme « industrie >>.
En effet ainsi posée la question doit se révéler bien
subtile et désespérante qu'on ne l'imagine en général.
Malgré la multiplication des manifestations de soucoupes,
à certaines pP.riodes et dans certaines régions, en fait, froide-
, . .. .
ment comptees par JOUr et par pays, ces appant10ns sont
rares. Comme en outre ces engins ont une extrême rapidité el
ne font que de très brèves apparitions, on est en drojt d'esti-
mer qu'elles ne rôdent qu'en très petit nombre dans respace.
En juillet 1952, période maYimum pour les Etats-Unis,
Ruppelt ne note que 700 rapports, soit une moyenne de 23
par jour; en admettant une courbe avec certains jours de
poiule on pourrait admettre pour ces journées-là, un total de
30 à 40 apparitions de soucoupes.
En France, durant les journées les plus chargP.es d'octobre
1954, on compte précisément un maximum de 30 à 40 appa·
• • •
nhons par JOUr.
Enfin, durant la manifestation la plus nombreuse sérieuse·
ment attestéP., celle d'Oloron le 17 octobre 1952, les témoins
ne comptent qu'une trentaine de soucoupes.
La concordance entre ces trois chiffres est signüicative.
Peu importe que tous les passages de soucoupes n'aient pas
été vus et signalés, car réciproquement de nombreuses appari·
ritions ne concernent sans doute que la même soucoupe.
TI n'est donc pas exclu qu'en fait les milliers de témoignages
U origine des soucoupes volante$
241
sur les manifebtatiom de ne proviennent finalement
que ileR a11ées et venues d'une trentaine d'appareils.
Qui les fabrique et les envoie au-dessus de nos têtes?
La première hypothèse, app aremment la plus simple, r.erait
qu'il s'agiBse d'engins secrets expérimentés par une grande
puissance, un Etat très avancé dans la r echerche technique.
A la limite, on pourrait même envisager l'hypothèse d'engins
appartenant à une poignée de savants et conspiratems, par
exomple à une petite hase secrète créée par d'anciens savants
nazis cachés Jang m1 désert de l'Amérique du Sud.
Qu'on j nge la première hypothèse vraisemblable et la
seconde rocambolesque, là n'est pas le problème. Le vraisem-
blable peut être chimérique et l a réalité peut être rocambo-
le!!que, surtout en parf'lille matière.
La seule méthode pour aborder une pareille question est
de se demander quel type lfindu.strie e$t capable de produire
ce type d' en[Jins.
Il faut sc garder d'envisager des hypothèses d'origine sous
une forme anecdotique et chercher seulement les nécesRités de
hase. A partir des hypothèses anecdotiques, on peut admettre
n'importe quoi. Seule la nécessit é est le fil d'Ariane.
1 o HYPOTHESE DE L'ARME SECRETE TERRESTRE.
Les volantes se manifest ent sur notre planète ;
la première hypothèse qui sc présente normalement à l'esprit
est qu'elles viennent de la même planète.
Cette hypoLhèse ne manque pas <le sérieux arguments.
l
0
Aucun fait positif, tangible et visible ne prouve qu'elles
aient une origine extraplanétaire. Certes la taille des petits
pilotes d le fait qn 'ils portent des .scaphandres semblent
bien des indices d'une origine non-terrestre, mais on peut
toujoms trouver des argument s pouc cunlesler la valeur dP. ces
indices. Etant donné ler. erreurs d'appréciation possibles de
la part des témoins, ln taille de ces pilotea pourrait être
moins r éduite qu'on n'en a eu l'impression. Il se pourr ait
d'ailleurs qu'ils soient l'objet d'un recrutement spécial. De
l e l)Ort OU f!Caphandre J)OlllTait être nécessité par les
248
conilitione du vol des eoucoupee et eervir, en outre, de moyen
de camouflage. La guerre psychologique n pria elle aussi
des méthodes de plus en plus déconcertantes.
2° L'apparition des soucoupes, si l'on retient seulement le
point de départ de 1947, concorde avec ressor <( fantastique »
de rindustrie humaine depuis l a Seconde Guerre mondiale.
L'apparition des s'inscrit, en effet, dans la période
même où l'industrie t errestre entre dans l'ère atomique et
astronautique.
Le rapport entre les deux faits pouvait paraître d'autant
plus net que selon Ruppelt, comme selon Keyhoe, les sou-
coupP.s « s'intéressaient » spécialement aux aérodromes, aux
centres secrets pour les fusées et aux usines atomiques.
On pouvait dom: supposer que les produits clandestins d'une
autre industrie terrestre venaient eApionner, sans coup férir,
l'industrie américaine d' avant-garde. Autant ùire qne les sou-
coupes ne pouvaient être que « l'œil de Moscou ».
En sens inverse, d'autres faisaient valoir le « fantastique »
écart qui existait entre les capacités des soucoupes et les réa·
lisations de l'industrie terrestre. A cette époque, pour ne rete·
nir que cet aspect du problème, les avions terrestres ne dépaa·
guère 1 000 km/ h, ils restaient donc en deçà du mur
du son, alors que soucoupes le franchissaient allégrement.
Dès le en eife L, Kenneth Arnold attribuait aux sou-
coupes une vitesse de 2 700 km/ h. De nombreuses observations
ont confirmé ou dépassé cette indication, en attribuant aux sou-
coupes dee vitesses attei gnant 8 à 10 000 k.m/ h, par exemple
au-dessus de Washington, (M. 1, p. 98), ou même, à White
Sands, selon )lac Laughlin, 12 km/ sec, c'est-à-dire environ
40 000 km/ h (R., p. 98) . Autant dire que dès cette époque
- en 194R - les soucoupes possédaient une vitesse au moins
égale à l a vite . .;!"e de libération par r apport à l'attraction terres-
tre. En 1948 uue telle vi tesse semblait complètement irréali·
sable et utopi que, sauf dans un avenir éloigné. Les projets de
l'astronautique étaient encore tournés en dérision nn, pour le
moins ajournés aux calendes grecques. D'où l'alten1ative :
pour les uns, les plus « enthousiast es >>, en petit nombre, lee
soucoupes étaient nécessairement martiennes ; pour les autres,
L'origine des soucoupes volantes 249
]P. plus grand nombre, lee soucoupes ne pouvaient être qu'une
illusion, quelles que fm;sent la masse et la précision des témoi-
gnages.
Le fait est qu'au la capacité de l'industrie terrestre
a suivi une courbe « fantastique », parvenant, en une dou-
zaine d'années à rattrapet· certains records des soucoupes.
Depuis lors, en effet, l'aviation a franchi le mur du son,
1 200 km/ h, et ne de battre record sur record
au-delà de cc qui était prétendu infranchissable.
De même, on jugeait innaisemhlable que des pilotes
humains puissent supporter des accélérations tenues pour « fan-
tastÜpl es )), comme sur les soucoupes. Certes tous les problè.me3
sont loin d'être liquidés dans cet ordre de mais le
fait est qu'en 1958, un Trident est monté à 15 km d'altitude
en 2mn 50, ce qui passait nagnère pour impossible.
D'ores eL déjà, sur le plan des lancements de tous
les records de vitesse et de portée des soucoupes sont rattrapés.
Le 4 octobre 1957, le premier Spoutnik atteint 900 km
d'altitude et une vitesse de 29 000 km/ h.
Le 2 janvier 1959, la Solnik atteint la vitesse de libé-
ration (un peu plus de ll km/sec), sa échappe dé:finiti·
vement à l'attraction lerrestre et parl à des milliers de kilo-
mètres de notre planète.
Pilules d'avions ct de fusées sont lancés dans la même
aventure. Le corps humain supporte victorieusement des accé-
lérations naguère jugées mortelles.
ana après la prenùère apparition identifiée de
soucoupes volantes, l'industrie terrestre réalise officiellement
la de libération interplanétaire comme les soucoup..3s.
Naturellement, les performances des ne sont pas
rejointes pour autant. La fusée n'est encore que le
seul engin qui ait rattrapé les vitesses et les altitudes des
soucoupes, mai!i elle est infiniment plus lourde et plus rigiile..
Il n'en reste pas moins f{lle l'apparition des soucoupes à
notre époque n'est pas une incongruité monmmmtale »
comme elle l'eût été il y a seulement cinquante ans ; elle
s'inscrit en 1947, exactement entre les V 2 (1944) et pre-
mières f-p.sées lanceuses de satellites (1957), comme entre
250
les explosion:: atomiques (1943) et les ]Jrcmières
explosions thermonucléaires (1953-1954) .
Autrement dit, son caractère « fantastique » ue tient qu'à
un décalage, à une éno.rme différence de rlegré. et non de
nature. L'apparition des F.Oncoupes, en tant qu'engins inter-
planétaires, se place dans notre proccssnR historique, juste
au moment où l'humanité est en train de !le poser pratique-
ment le problème de l'exploration interplanMaire.
Il y a exactement dix ans d'écarl entre les premières appa-
de soucou]Jes reconnues (en 1947) et les premier!!
lancements de satellites artificiels (en 195 7).
Cette coïncidence est extraordinaire ptùsque les soucoupes
viennent uouA présente1· comme pratiquement ré-Àc;oh1 le pro·
blème de la navigation interplanétaire au moment où l'hu-
manité elle-même, fait ses débuts dam la même voie.
On est ùonc fortement tenté de penser qu'une telle coïnci-
dence ne peut s'expliquer que par la commtme origine ter-
r estre des soucoupes P.t des fusées, ce qui demeure J'hypo·
thèse ]a plus vraisemhlable pour nos habitudes de pensée.
Les soucoupes seraient donc le p1·odu.it clandestin o'une
industrie terrestre bénéficiant de quinze à vingt ans d'avance
sur les autres. Vu son immense importance sur le plan mili·
taire, elle serait jalousement tenue secr ète en attendant le
.iour J.
Mais nous pensons qu'aucun de ces arguments n'est suffi.
sant pour faire admettro ]'origine terrestre de ces engins et
qu'on peut même produire la preuve contraire.
Il y a, vrai, une coïncidence extraordinaire dans 1e fait
que les soucoupes, engins interplanétairM anonymes, appa-
raissent dans l'espace terrestre durant les années mêmes où
J'humanité travaille activement à la construction d'engins
interplanétaires. le décalage ne se réduit pas à l'inter·
valle c)e dix ans entre 1947 et 195'7. J1 y a une prodigieuse
différence entre la puissance massive, rigide, des fusées et
la merveilleuse aisance des soucoupes, donc entre les
et les industries qu'elle-s supposent chacune de leur côté.
Si les soucoupes ont vraiment atteint la de libé-
rAtiOJl interplanétaire, peu importe que leur origine ne
L'origine des soucoupes volantes 251
pas martienne, elles ont 1a capacité d'aller sur Mars. Autre·
ment dit, elles doivent diaposer de toute façon de la maî-
trise et du monopole de l'espace interplanétaire, cc qui leur
octroie d'office une puissance infiniment supérieure à celle
de toute autre civilisation industrielle.
Rien que sur le plan aéronautique, en rétat actuel, elles
détiennent la capacité d'une maîtrise absolue du globe. Même
en nombre relativement réduit, e11es auraient la possibilité de
clouer au sol tout ce que les plus grandes puissances peu·
vent compter d'avions et de fusée:;. A tout moment elles
auraient l e pouvoir de procéder à un gigantesque Pearl
Harbour.
M:ais plus le temps passe, depuis 1947, plus cette possibi-
lité s'amenuise. Chaque jour, d'une part, le secret risque
d'être percé. Et comment croire qu'il n'aurait pas fini par
si c'étaiL un secret t errestr e ? Chaque jour aussi
l'industrie humaine progresse ; on a vu quelles conquêtes
immenses elle avait réalisé en ces seize ans qui vont de 1947
à 1963, puisque même la route de la navigation interpla·
nétaire s'est ouverte offi ciellement pour l'humanité.
TI seraiL innaisemhlable que les constructeurs de sou-
coupes d'origine terrestre laissent dépérir une telle supério-
. ,
rite.
Ce n'est pourtant pas impossible par un autre
moyen, l es Etats-Unll! o!ll détenu pendant quatre ans (de 1945
à 1949) le monopole de l'arme absolue, avec la bombe ato-
mique et ont laissé dépérir ce monopole.
Peu importe, l es véritables arguments ne se pas
dans les intentions rleR constcucteurB, mais dans les notions
même de machine et d'al'Dle secrète.
'
A) LA NOTION D'ARME SECRÈTE (l )
NOTION D'ENCRIN'T'E GARDÉE.
EST INSEPARABLE DE LA
On peut dire, en effet,
cuité de garder un secret
tout ce qu' on ' ' oudra sur
même militaire ou sur la
la dif:fi.
. '
capaelte
(1) Tout cela concerne l'arme secrète qui consiste en engins so-
lides et non en rayons comme dans l'hypothèse des rampes de télé·
guidage pour fusées.
252
de certaius Etats à garder de tels secrets, ou encore sur
l'utilité primordiale que peuvent avoir leAc; soucoupe!!! en
matière d'espionnage anonyme et insaisissable, etc., toutes
ces considérations sont secondaires.
I .P. principe déterminant est que par définition une arme
secrète est non seulement une anne rlonl un cache la nature
les secrets de rahrication, voire l'existence même,
mais par-dessus to-q.t, une arme qu'on tient jalousement
cachée et surveillée à rïntérieur d'une enceinte gaTdée.
L'intérêt capital de l'anne secrète, c'est l'effet de sur-
prise. ll faut qu'elle agisse massivement le jour J ct qu'elle
arrache immédiatement l e plus vaste résultat avant
que l'adversaire ait eu le temps de mettre au point la
riposte. Car à partir tle cette phase initiale de rupture, dès
que l'adversaire commence à réagir, l'e:ffct de l'arme secrète
ne fait que décliner.
Ainsi pendant la guerre de 14, les gaz asphyxiants, et pen·
dans la Secunùe Guerre mondiale, les V l et V 2 ont été
impuissants à briser d'un seul coup la résistance 1le l'adver·
saire, au lieu que les deux bombes rl'Hicushima et de Naga-
saki ont suffi à arracher la décision.
Il faut donc taire jusqu'à la dernière minute le de
cette arme, le soustraire à toute dh-ulgatiun.
Mais à quoi servit·ait de taire ce secret, ai c'était pour
montrer cette anne aux yeux de tous ?
Ou ne fabrique des armes secrètes que dam; des labora-
toires et des arsenaux interdits, on ue les expérimente que
dans des zones int enl.i.tes. ù propre de l'arme secrète est
d'être claustrée et gardée à l'intérieur de lieux interdits.
Au maximum, on peut admettre qu'el1e circule, en cas de
nécessité absolue, soigneusement camouflée et protégée, à
l'intérieur des frontières de l'Etat qui produit cette anne.
R rer, toute arme secrète est par définition cantonnée à
rintérieur d'un périmètre hermétiquement clos et surveiJlé
par des armes classiqnes.
C'est seuleme:nL à l'heure H que l'arme secrète est, en un
instant, jetée à la face de l'ennemi, au moment même où
l'on pense qu'il sera abattu sur-le-champ avant qu'il ait le
temps de regarder en face cette arme qui l'écrase.
L'origine des soucoupes
253
Tant que les soucoupes ne sont apparues qu'au-dessus du
territoire des Etals-Unis, en 1947, on pouvait supposer, à la
rigueur qu'elles étaient une arme secrète expérimentée par
les Etata-Unis eux-mêmes. Mais, aujourd'hui, on sait que
depuis seize ans les soucoupes se sont montrées au-dessus
de toutes les régions du monde. Par accident ou mêrue sim·
pJement par panne, elles risquaient chaque fois de tomber
sur le territoire de n'importe quel Etat, à la merci de n'i m·
porte qui.
11 eat donc parfaitement impensabl-e que les soucoupes
volantes soient une arme secrète.
Le cas des U 2 et des satellites artificiel s ne modifie pas
les principes essentiels du problème, il ne fait qu.'en com-
pliquer les applications.
En effet, les U 2 et le.s satellites artificiels ne se déplacent
pas dans l'espace ordinaire.
Par définition, ils sont hors de portée, grâce à leurs dis-
tances spécifiques et aux moyens techniques privilégiés dont
ils disposent.
L'opération prés.cnte d'ailleurs toujours un risquA, comme
on peut le voir lorsqu'un U 2 est abattu par un nouveau type
de fusée, ou lorsqu'un Spoutnik mal lancé tombe en terri-
. ,
torre etranger.
Si les constructeurs de tels engins acceptent de courir de
pareils c'est que précisément, à défaut de guerre
totale, une guerre technologique larvée est actueHement en
cours, entre les deux grandes industries rivalea qui se dis-
putent par-dessus nos l'hégémonie du monde.
C'est hien le cas de ùire que l'exception confirme la règle.
Elle n'engage que des secreb; padiels et temporaires pour
de" actions partielles, mais indispensables à chaque phase de
développement dans la concurrence entre les antagonistes.
Il n'y a rien de commun •entre de pareils faits et les atter·
rissages de soucoupes, c'est-à-dire la descente d'engins tota·
lement nouveaux au ras du sol, où ihl tse Lrouvent à la merci
de n'importe quel peuple étranger à leur production.
254
B) LA NOTION DE MACHINE 'RST INSÉPARABLE DE LA NOTION
D'ACCIDENT.
A la proposition que nous venons de soutenir sur l'arme
secrète, on 1mu rrait tenter d'objecter qu'en fait les soucoupes
n' ont jamais eu ni pannes ni accidents et que le secret a été
parfaitement gardé malgré les imprudentes évoluùons des sou-
coupes au-dessu!-1 Joutes les régions du monde.
Mais ce pas une objection. Bien au contraire.
Car la notiun d'accident est inhérente à la notion de
machine.
C'est un lait que nous œfoulons d'emblée chaque fois
que nous montouH automobile, en wagon on en avion.
Nous ne .sommeo que momentanément émus par les acci·
dents de de fer el nous lisons, impavides, dans
les journau.Â_. l'anuonce d'accidents d'automobiles. Nous
sommea scandalisé!! si quelqu'un compare le nombre de vic·
times des accidents d' auto à celui d' une guerre, tellement
les victimes de la circulation automobile nouR pèsent peu
sur la conscience, tellement nous trouvons banal, anodin e t
innocent de sacrifier, spécialement les jours J e grandes fêles,
tant de vies humaines snr le pur autel de la mécanique
routière. Nous sommes devenus beaucoup plus seusililes qu'au·
trefoia aux horr eurs de la guerre, mais nuus sommes tota·
lemcnt insensibilisés aux atrocités froides du monde des
machines.
Nous ne voyons pas quelle immense rançon humaine se
dissimule derrière le prodigieux développement de la juris-
prudence sur les accidents de droit commun, de la législa-
tion spéciale sur l es accidents du travail, des Compagnies
d'assurances et de la part du budget de la Sécurité Sociale
consacrée à la r éparation pécuniaire des accidents du travail.
Inexorable contrepartie du monde des machines, cette énorme
bureaucratie s' est constituée sur la hase même de la notion
d'accident. Pour nous, l'accident n' est qu'un aléa, pour cette
bureaucratie, il est néceSBité constante.
Bref, dans le monde des machines, l'accident est élevé à
la hauteur d'une institution qui draîne des centaines de
milliards.
C origine des soucoupes volantes
255
Encore faut-il ajouter aux accidents entraînant dommages
corporels et dégâts matériels l'immense domaine des accidents
purement techniques : l es pannes de tontes sortes qui obligent
à faire réviser tous les véhicules ou même
l es stoppent brutalement en plein voyage. S'il ne s'agit que
d'une automobile sur la route ou d'une locomotive sur la
voie ferrée, ce n'est pas gyave ; il en va tout autrement de
l'avion qui plane au-dessus de la mer, de la jungle, ou d'une
grancle ville.
Car si la notion d' ac.cident est inhérente à celle de
machine, elle l'est encore p1m4 à celle de machine vol ante.
Encore davantage si la machine volante est un prototype
d' un genre absolument nouveau.
En face de celte condition inexorable des machines dans
l'humanité contemporaine, quelle est la situation des sou-
coupes?
En Amérique, dès le début, on a parlé d'accidents et
même de catastrophes survenus à des son coupeR. Mais nous
avons Vll que ce sont des rumeurs dépourvues de toutes
preuves et puisées à des sources suspectes, notamment pat
Scully. Nous ne pouvons donc vas en tenir compte.
Au contraire, aucun témoignage sérieux n'allègue le moindre
accident.
n y a là une contre-épreuve tout à fait remarquable.
Même si de simples pannes avaient affecté dP.s engins
« », conduits par des pilotes « martiens », inca-
pables de comprendre les indigènes de la Terre et de s'en
faire comprendre, point n'est besoin de mots en pareils cas.
C'est l'engin lui-même par son setù comportement, par son
immobilisation an moins momentanée, qui atteste de
]a situation où il se trouve.
En fait, chaque fois qu'un t émoin nommé et connu s'est
trouvé en lace d'une soucoupe volante, celle-ci n'a jamais
laissé voir la moindre peine à r epartir immédiatement dans
l'espace.
Nous pouvons donc conclure :
En seize ans, après plusieurs milliers d' apparitioœ de sou·
coupes, on n'a jamais pu établir ni accident ni incident au
dP.triment des souçoupes volantes.
258
rejoindre la quasi-perfection de ce que Ducrocq appelle
l'automation biologiquP. dans sun beau livre sur l a Logique
de la vie.
Normalement, l a cybernétique et rautomat·ion doivent y

parventr.
A ce moment-là, nos machines pourront se mouvoir dam
l'espace comme l e poisson se meut dans l'eau ; elles passe-
ront .-l e l' ère du risque à celle de la quasi-absolue.
Alors, il y aura plus de différences entre elles et nos
machines rl' aujonnl'hui qu'entre nos avions actuels et l'avion
de Blériot.
Entre ces deux types de machines, 11 n'y a pas seulement
la diff qui existe entre deux inventions, deux usines
et den .. x techniques, il y a une différence radicale ae civili-
sation technologiqne.
Entre les deux, il reste toute l a distance à r emplir par
la réalisation complète des programme... de la cybernétique
et de l'automation.
sommes sur le seuil de cette nouvelle civilisation
technique, mais seulement Rnr 1e seuil ; il se peut que nous
gravissions rapidement la pente qui conduit jusqu,au sommet.
Toujours est-il que nous ne l'avons pas t=meore fait et qu'il nous
reste non pas w1e invention à trouver ou un progrès à
réaliser, mais un formidable ensemble d'inventions et de
progrès à accomplir pour }larven.ir à ce sommet.
Or, depuis seize ans et après des millier s d'apparitions,
on ne peut relever aucun accident - une panne -
au détriment des c'est la preuve formell e qu'entre
ces engins et l es nôtres, il existe sur cc point capital non
une différence de degré, mais d i.Œérence de nature.
Les soucoupes n.e sont plus dans l' ère du risque, mais dan$
l'ère de la sécurité. Alors que nous franchisson.-; sPnlernP.Tlt
le seuil if entrée de la civilisation cybernétique, elles en ont
pa.ué le dernier seui l de réalisation.
Cette conclusion est radicalement incompatible avec l'hypu·
thèse de l'origine terrestre des soucoupes. La seule explica-
tion possible est qu'elles viennent d'une civilisation extra·
terrestre.
C'est ce qu'on appelle solution « mprtienne »·
L'origine des soucoupes volantes
259
2u VHYPOTHÈSE « MARTIENNE »
n faut le souligner : en l'état actuel, nous ne possédons
aucune preuve di1·ecte et positive de l'origine extraplanétaire
des soucoupes.
Alors qu'il est possible à tm archéologue-., par exemple,
de démontrer l'origine romajne ou égyptienne d'un objet, par
l' analyse de sa structw:e et de ses diverl!! aspects, uous ne
possédons rien qui t émoigne ainsi de l'origine radicalement
« exotique » des soucoupes et de leurs pilotes.
Si extraordinaires que paraissent les soucoupes et lems
effets de toutes sortes, rien de typiquement extraterrestre
ne encore dévoilé.
M&me l'aspect e.xté:riem· pilotes n'est pas assez étrange
pour être une preuve irrécusable de leur origine e:letra·
terrestre.
Leur petitesse pounait être l'effet de fausses appréciations
des t émoins ou d' un recrutement spécialisé. M&me leurs sca·
phandres pourraient P.tre mis au compte de n écessités tech-
niques et de camounages imaginés par la guerre psycholo-

g1que.
On peut démontrer positivement l'objectivité du phéno-
mène soucoupe. On peut même tenir ponr qu'il
s'agit d'tmgins, puisque les t émoiœ attestent formell ement
avoir vu des engins et que l'en semble de ces témoignages
f onne un toul cohérent et solide.
Niais les témoins ne peuvent attester, et pour cause, de
l'origine martienne ou non martienne, terrestre ou non-
terrestre des engiru en cause. lls ne peuvent même pas
attester du caractère spécifiquement extraterrebtre el << mar-
tien » de..'l petits pilotes.
Nous ne pouvons accéder à l'hypothèse « martienne »
que par la preuve ni!gati.ve : la double impossibilité d' admettre
qu'une puissance terrestre productrice d'authentiques sou·
coupes volante5 les risque hors de son ten-itoire gardé et
que les soucoupes volantes, après seize ans et des milliers
d'apparitions, n'aient subi aucun accident connu, même le
plus bénin : celui de la panne.
260
Avec l'hypothèse martienne, cette situation est renversée.
On peut fort bien admettre qu'un peuple extraterrestre se
trouve déjà au bout de cette civilisation cybernétique que
noWJ ne faisons que commencer à découvrir.
Les « Martiens » sauraient ne courir aucun risque en
envoyant de tels engins en rcconnaillsance autour de notre
planète.
Bref, tout ce qu'on peut dire est qu'on est acculé à l'hypo·
thèse « martienne ». Rien de plus, mais rien de moins.
Nous devons ajouter quelques autres remarques.
Sur le terme « Martiens ».
Il ne vaut évidemment pas comme certificat d'origine. Pour
exLcaterrestre que soi t par définition la civilisation inconnue
• • •
que nous enVIsageons en ce moment, nen ne nous garantit
qu' elle a il son habitat natal sur la planète Marè. Mais le
terme de « Martiens » est le plus commode. Dans nos repré-
sentations cosmiques, il y a longtemps que ]a planète Mars
a polarisé pour nous l'idée tle civilisation extraterrestre pos-
sible : ·parce que cette planète est une des plus prochP.s,
parce qu'elle est la seule dont nous connaissons avec cer-
titude la sUl·face, et la seule pour laqueUt: noUB puissions
envisager des conditions de vie les moins éloignées nôtres.
On pent donc employer par commodité le terme « Mar-
tiens », mais il n'en résulte hien entendu aucune exclusive.
Même sl cette hypothèsP. sc vérifiait, elle ne trancherait pas
la question de savoir s'il s'agirait d'autochtones ou de colo·
nisateurs de Mars (l ) ; elle n'interdirait pas davantage d'ad-
mettre l'existence tle relais accessoires, notamment sur la
Lune et sur des satellites
Sur l'aspect « fanta..'ftiqne » de cette hypothèse.
On peut trouver celle hypothèse fantastique au sens d'in-
solite ct de bouleversante. On peut affirmer qu'il n'existe
aucune prfmve positive et directe de l'existence dea Martiens
(1) Au cas, par exemple, où l 'origine des soucoupes se lrouverait
dans un autre système solaire.
L'origine des soucoupes volantes
261
et ajourner à plus tard la miBe au point de la célèbre ques·
tion des « canaux :» et celle des satellites peut-être artificiels
Je Mars. Mais on peut affinner aussi solidement qu' on ne
pas la moindre preuve positive et directe de l'inexis-
tence et de l'impossibilité d'existence de Martiens.
Quant aux preuves indirectes souvent agitées contre les
Martiens et qui sont tirées, par exemple, de
de la pression atmosphérique sur la planète ou de
la composition de celte atmosphère, elles sont conjecturales.
Non que nous contestions les données brillamment conquises
par l'astronomie moderne sur de tels pointe. Ce sont les
conclusions qu'on en tire qui sont prématurées. On ne tranche
pas d' un seul trait de plume d'immenses questions hiolo·
giques dont nous ne savons J"ien ( 1).
On ne peut uier d'avance l'existence Martiens qu'en
s'appuyant sur des méthodes de pensée exactement sem-
blables a celles qui faisaient nier jadis l'existence des anti·
podcs, puis leur habitabilité.
sommes à peu près débarrassés du géocentrisme en
astronomie, mais pas du tout de l' anthropocentrisme.
La question est doue en suspens, tant que nous n' aurons
pu observer d'assez près la planète :Mars, ou tant que les
Martiens ne seront pas venus, en personne, nous observer
d'assez près.
Or, cette dernière branche de l'alternative est précisément
la question que posent l es soucoupes.
Sur la coïncidence entre les apparitions de « Martiens » et
notre entrée dans r ère interplanétaire.
Cette coïncidence a quelque chose de bizarre.
De 1947, date des premières apparitions « officielles >>
(1) Un savant a tout à .fait le droit de nous dire qu'en l'état ac·
tuel cle la .science, la vio: bjolugique d'une humanité analogue à la
nôtre paraît improbable ou même impossible sur Mars, mais
prise de position est essentlellement prêcaire puisqu'elle est condi-
tionnée par cet état actuel de la science. La logique abstraite est
toujours à la merci des faits. De nouvelles découvertes sur l'adap-
tation biologique et sur l'évolution hi.storique de Mars sont
sibles à exclure a 1)'1"'tori.
262
de soucoupes, à 1957, date dea premiers satellites artificiels,
1J n'y a que dix ans. Dix ans, c'est absolument infime par
rapport aux mesures des âges biologiques et même par rap-
port à celles de l'Histoire hwnaine . .Par quel hasard incroyable
se peut·il que les « Martiens » viennent explorer la Terre an
moment même où nous préparons l'exploration de Mars?
Comment admettre un tel synchronisme entre l'arrivée à
l'ère astronautique ·sur deux planètes différentes, alors que
l!éologiquement et biologiquement, Mars paraît une planète
heaucoup plus « âgée » que la nôtre, et que l'age géologique
et biologique d'une planète ne peut pas ne pas condition-
ner étroitement le rythme de son développement historique
et technique ?
Nous avons précédemment fait ressortir le caractère relatif
cie cette coYncidence, en soulignant que si nos machines
abordent rère cybernétique, atomique et interplanétaire, les
soucoupes ont déjà franchi toute cette étape dans laquelle
nous ne faisons qu'entrer. Mais ici l'argument u' a plus le
même poids, car même si nous avons un immense retard sur
le plan cybernétique, il n'y en a pas moins une stupéfiante
coïncidence entre les manifestations de soucoupes depuis 1947
et nos préparatifs interplanétaires.
Il faut plutôt se demander quelle est la nature réelle de
celte coïncidence. Est-elle absolue ou relative ?
Est-elle un pur h a . ~ a r d ou cache-t-elle une causalité?
1947 est bien une date décisive. Elle marque le moment
où le phénomène soucoupe appara)t de manière quasi officielle
et massive à la conscience hmnai.ne.
A J>artir de 1947, nous sommes entrés dans l'Histoire des
soucoupes.
Cela ne signifie pas qu'il n'y ait pas eu une préltistoire
des soucoupt>l>. S'il faut l'admettre, cela ne fait pas dispa·
raître le fait de la coïncidence en cause, mais cela en change
complètement la signification. En pareil cas, on ne pourrait
plus dire que par un hasard prodigieux, les soucoupes sont
venues ponr la première fois sur la Terre dix ans avant
que nous lancions nos premières fusées interplanétaires ; il
n' y aurait plus à supposer nulle coïncidence stupéfiante entre
les grandes dates du développement interplanétaire des civi-
L'origittP des soucoupes volantes
263
lisations martienne et terrestre. Les origines de l'ère inter-
planétaire du côté des Martiens potuTaient reculer à une
date d'une ancienneté indéfini e dans le passé. 1947 serait
seulement la date de notre prise de conscience catégorique
des randonnées de soucoupes au voisinage de la Terre et
sa.ns doute à cause d'une plus grande insistance de ces ran-
données. Cette nouvelle l1ypothèse peut sembler étrange, nous
y reviendrons. En attendant, continuons de la suivre.
Reprenons le problème à la base : nous constatons l'im-
portance décisive de l'année 1947 ; la question est d'en cher-
cher la cause et la Eignification.
Les partisans de l'origine martienne des soucoupes ont sou-
vent attribué cette cause anx explosions atomique"'. Ils ont
supposé qu'eUes inquiétaient les Martiens au point de leur
inspirer le désir de nous surveiller.
C'est ici qu'intervient très certainement le myLhe du sau-
veur, comme on le voit dans l'histoire d'Aclamsky, dans le
film : Le jour où la TP.rre el dans quantité de
romans de science-fiction. Nom: ne pouvons développer la
question, dans cet ouvrage, majs il s'opère là un curieux
transfert de l'jmagP. ,li eux protectelrrs d'en haut de la
mythologie et de la religion, à celle des nouveaux protec-
teurs interplanétaires. Ma.is l'e.Ût!lenœ d'un mythe ne suffi1
jamais à la présence d'une réalité analogue. Icare
pas Blériot ; ni Prométhée, Franklin.
Laissant donc de côté les problèmes du mythe, noua pou-
vons now; ,]emander si les Martiel15 (au sens le plus naturel,
le moins « céleste » du t erme) n'auraient pas de sérieuses
r aisons de nous observer avec une particulière attention, spé-
cialement depuis les environs de l'année 1947.
Or, il y a hien une coïncidence remarquable dans le fait
que nos premières explosions atomiques datent de 1945.
Est-ce une raison suffisante '! Il n'est pas exclu que les
explosiow atomiques poursuivies jusqu'à un suprême degré
de puissance représentent un danger qui déborde l'espèce
humaine et le globe terrestre.
On peut penser, en effet, que le pouvoir de provoquer
des explosions atomiques est un test, le signe qu'une civili-
SAtion sort de l'ère industrielle de ]a vapeur et de l'élee-
264
tricit.é pour entrer dans l'ère asttonautique. Cet aspect peut
sembler beaucoup moius moins inquiétant, et même
nullement cataRtrophique. Il n'est pas sûr que, vue de l'autre
côté de l'espace, du côté de Mars, cette signification ne soit
pas infiniment redoutable. Car d'une telle mutation de l'in-
dustrie humaine, il qu'à bref délai des Terriens vont
être en mesure de se lancer à la conquête de Mars, des
fusées possédant un armemenL atomique.
Notons J'ailleurs que le tempe qui passe embrouille cer-
tains aspects de la question tandis qu'il en éclaircit d'a11t.res.
Ainsi avons-nous quelque peu oublié qu'avant 1947 le nombre
des explosion.\! atomique<; avoir été infime. Nous en
connaissons trois en 1945 : celles d'Alamogordo, d'Hirosltima
ct de Nagasaki. Mais ensuite? Selon p endant cette
il n'auraiL fté procR.d.S qu'à huit explosions ato·
deux explosions anti-japonaises y compris) par
les Américains, et la première explosion russe ne
daterait que de 1949 (La gu.errP. .1\P.Crète autour de la super-
bombe, p. 1 !)2). Il y aurait donc cu, tout au plus, une demi·
douzaine d'explosions atomiques sur la Terre avant la mani·
festation des soucoupes volantes en juin 1947.
Un fait si formidable pour nous, mais si mince vu d'une
autre planète! était-il observable de Mars ? On en doutera
volontiers. Et cependant, si l'ou se à l'ouvrage de
Gérard de Vaucoulfmrl\ sur La physique de la planète Mars,
on ne peut manquer d'être stupéfait de la multitude des ren·
seignements actuellement r ecueilli!) par nos astronomes sur
l'atmosphère sur ses vents, ses nuages, ses cli-
mats et ses saisom ; l'on se demande Fi bientôt, ils ne seraient
pas en mesure de détecter forme1lement ]'éventualité d'une
atomique sur Mars. De sorte que si nous retournons
le problème, ai nous supposons que l'astronomie martienne
est beaucoup plus ancienne et plus que la
nôtre, il n'y a rien d'invraisemblable à ce qu'elle ait pu
déceler immédiatement nos premières explosions atomiques.
A fortiori, si eJle a des bases sur la Lune et si elle dispose de
satellites à pro'Ximité de la Terre, ce qui n'est pas
exc1u.
Nous aurions donc de sérieuses raisons ùe penijer que Je
L'origine des soucoupes volante! 265
rapprochement spectaculaire des années 1945 et 1947 n'est
pas le fait d'une coïncidence du hasard, mais d'une longue
chaîne d'intentions et de causalités. Il se pourrait alors que
les .Martiens observent la Terre très attentivement, depuis
des siècles, qu'ils aient depuis longtemps résolu le problème
astronautique et se soient bornés à rester à peu près passifs,
en surveillant de loin en loin révolution des habitants de
la Terre, jusqu'au jour où s'est produit le fait radicalement
nouveau de l'entrée des hommes dans l'ère atomique, cyher·
nétique et astronautique, entrée qui aurait déclenché presque
aussitôL chez les MarLiens un énorme développement des mani-
festations de leurs engins de
Sur l'attitude de vigilante expectative adoptée par les
« .Martiens ».
Toute allusion à l'hypothèse martienne sur l'origine dea
soucoupes suscite presque mécaniquement la riposte : si ce
sont vraiment les « Martiens », qu'attendent-ils pour entrer
en rapport avec nous ?
La question paraît encore plus écrasante si les Martiens nous
observent depuis tellement d'années avant 1947.
Tout naturellement, nous sommes portés à juger d'après
nous-mêmes, car nous imaginons que si nos fusées arrivaient
eu vue de Mars, leurs pilotes ne perdraient pas une minute
pour se mettre en rapport avec les Martiens, si il
y a.
Nous nous faisons d'abord quelques illusions sur nous-
mêmes. C'est senlement dans les romans de science-fiction que
le héros aborde directement une planète et entre tout de
suite en rappurl avec ses habitants.
En fait les étape.s seront hien plus longues et comporte-
ront toutes sortes d'épreuves et de seuils intermédiaires à
franchir.
Avant d'aborder le sol d'une autre planètP., il sP.ra pour le
moins prudent de procéder à une longue phase d'observa-
tion à hord de satelljter:: artificiels.
Voilà une première étape à laqnelle on nP. Rongeait guère.
Si la planète explorée, Mars par exemple, offre, vue de
266
près, traces Irrécusables de civilisation, ou même seule·
ment de vie croit-on qu'on sera dispensé de
longues études préalables avant de se risquer à la surface
de cette planète? A ce propos, l'hypothèse de Wells fai-
sant terrasser les Martiens de la Guerre de.s Mondes par les
microbes terrestres est loin d'être une fantaisie en l'air. Si
l'on songe aux problèmes posés sar la Terre par l'échange catas-
trophique de maladies au cours d'invasions et de mi grations
humaines, il est évident que toute expédiûon interplanétaire
devra obligatoirement procéder à l'inventaire des micTobes,
vüus et autres germes de maladie dont une autre planète
pourrait être porteuse, et résoudre les problèmes prophy-
lactiques ainsi posées si l'on ne veut pas que l'acbn1rabl c con-
quête de l'astronautique ait pour rançon une épouvantable
catastrophe pour l'humanité.
Il est peu probable que de telles questions se laissent tran-
cher en quelques jours. Il y faudra combien d'années ?
Ce serai t un hel eHet dialectique de l'Histoire que de n ous
lancer à une vitesse vertigineuse dans l'as tronautique, pour
nous imposer ensuite un long piétinement qui paraîtra indé-
fini, odieux, peut-être même provisoirement iuterminable, sur
un de nos satellites martiens. Nos astronautes verraient de
tout près sous l eurs yeux indéfiniment, PimmP.ruité de la
sur:face martienne, couvrant les trois quarts de l'espace, sans
pouvoir y descendre, sans pouvoir faire anh·e chose que de
ramener précautionneusement, par soudage, des échantillons
d'w1e vie biologique, pleine de périls inconnu.;; pour l'orga-
nisme humain.
Les problèmes sont réciproquement les mêmes pour les
:\fa:rtiens à l'égard de la Terre. Cet attardement, qui nous
paraît si bizarre aujourd'hui, noUA risquons demain de trop
hien le comprendre.
Nous r etrouvons ainsi, sous une nouvelle forme, la question
de savoir quelle est la portée exacte de la dat e de 1947.
Si les incursi ons de soucoupea volantes ne commencent
pratiquement qu'à cette date au-dessus de notre plan ète, il n'y
a ttrait rien d'invraisemhlahle à ce que leurs pilotes évitent
tout contact avec l'humanité en attendant d'avoir mis au pojnt
et minntienx travaux de médicale.
L'origine des soucoupes volantes 267
S'il faut admettre des dates beaucoup plus anciennes, comme
on peut le supposer, alors on s'expliquerait moins qu'ils
n'aient pas cu le t emps de r ésoudre ces problèmes.
Cette raison n'est donc pas péremptoire.
Par contre, si téméraire que cela puisse sembler, on petlt
se demander si des raisons psychologiques profondes ne pour-
raient suffire à expliquer l'attitude des « Martiens ».
Bien entendu nous ignorons leur psychologie, en elle-même,
nous ignorons à plus forte raison quels motifs pourraient les
p o u s ~ e r à observer ]a Terre depuis très longtemps et à éviter,

avec non moins de persévérance, de prendre contact avec ses
habitants.
De ce point de vue la question de savoir ce que nous ferions
à leur place n'a aucune importance et n'eEt absolument pa8
un motif pour trouver leur comportement illogique.
Nous pouvons aller phu; loin et, à la lumière de notre
propre comportement, nous demander si celui dee « Martiens »
n'est pas symétriquement awssi logique que le nôtre.
Les manifestations de souconpP-S nous ont rempli de trouble.
Ne peut-il en être de même de rautre côté '? Notre compor-
tement à l'égard des soucoupes n'a rien à voir avec la froide
rationalité. ll a beaucoup à voir, au contraire avec la faiblesse
humaine.
Notre trouble est surtout fonction tle notre ignorance à
l'égard des soucoupes et plus encore à l'égard des « 1\iartiens ».
Mais de l'autre côté, ]e trouble pourrait avoir pour cause
esAFmtiPlle la trop grande certitude des « Martiens .» à l'égard
de notre existence, de notre comportement et des pouvoirs que
nous sommes en train d'acquérir.
DP.rriR.rP. l'immense puissance des soucoupes, il serait dia-
lectiquement très vraisembla.ble que se cache une immense
faibl esse. Laquelle ? Ne serait-elle pas immédiatement .soupçon-
nahle comme l'envers même de la plus exorbitante qualité des.
soucoupes : la sécurité quasi parfa.ite ne doit-elle pas engen·
drer une insurmontable horreur du risque ?
Une civüisation cybernétique doit donc être munie d'une
mise en garde particulièrement solide et permanente contre
ce gui :signifierait pou.r elle le plus grand des dangers : notre

propre exutence.
268
On commence à se préoccuper du danger de troubles biolo-
giques que représente l'entrée en relation avec d'aul.res pla-
nètes ; il est étrange qu' on ne p araisse même pas soupçonner
le péril non moins grave de l'entrée en relation avec d'autres
humanités. Les expéditions astronautiques pourraient fort bien
nous conduire non à la conquête des autres planètes, mais à
un ealaslrophique choc en retour qui serait l'invasion de la
Terre {Jar l} ue1tl ue ra cp, plus puissante que la nôtre et impla-
cablement hostile. ·
Pareille évenn1alité n'a rien d'extraYagant. Nous savons
ce qui s'est passé chaque fois t}u'il y a eu contact entre les
populations de deux continents res, nous pouvons ima-
giner sans grande peine ce qui risque passer au moment
de la r encontre de deux populations appartenant à des pla-
nètes difiérentes.
Ce risque n'effleure même pas notre esprit, tellement nous
sommes convaincus d'avance qu' il a personne sur Mars
"( 7 '
ou sur " enus.
Le!-! Martiens, si Martiens il y a et si ce sont bien eux les
maître:a soucoupes, sont exactement dans la situation
inverse. Pour eux, nnl dou te, la Terre est habitée. Habitée par
une population énorme eL en train fl'accéder rapidement nu
stade de la civilisation cybernétique et astronau-
tique.
Cette perspective n'a rien de réjouissant pour eux. D'autant
plus qu'il n'est pas nécessaire aux pilotes de soucoupes de
faire de bien longues observations pour constater à l a sucl'ace
de notre globe une activité guerrière ininterrompue, qui
erre spasmodiquement, d'une région du globe à une autre.
Pendant des millénaires, Jet! Martiens ont pu, peut-être,
observer l a Terre, du haut de leurs soucoupes, ou même se
permettre quelqnel'l atterrissages locaux, ils ne couraient aucun
risque, puisque ne possédait aucun véhicule inter-
planétaire, ni même l'idée qu'un tel ' ·éhicule pût exister. Elle
ne pouvait donc ni mettre l a rna.in sur une soucoupe pour s'en
sen-ir à son profit, ni même en comprenc1rfl ]e fonctionnement.
Ce qui change tout, c'est le f ait que l'humanité entre mainte-
nant dans le comportement et la mentalité de l'ère interpla·
nétaire. Avant même d'avoir réussi son premier vol de [usée
L'origine des soucoupes volante3
269
par ses propres moyens, en direction de Mars, elle est d'ores
eL déjà apte à comprendre la nature et le fonctionnement
d'une soucoupe pour peu qu'une seule d'entre elles tombe

entre ses maJus.
Alors, si la logique ne nous induit pas en erreur, toute la
clef du comportement des soucoupes se trouve ici.
D'une part leurs pilotes viennent aussi près que possible
pour observer ce qui se passe sur notre planète, et voir où
nous en sommes de notre progression technologique.
Les soucoupes peuvent et doivent donc s'approcher le plus
près possible pour ohserver impunément ce qui se passe sur
notre planète, mais elles doivent par-dessus tout éviter tout
contact susceptihle d'aboutir à un échange de
conrwissances entre Martiens et Terriens. Car Mars n'attend
rien du savoir terrestre, il peul seulement craindre de com·
muniquer à la Terre les secrets •1ui garantissent encore Bâ
, . ,
secunte.
Une telle situation n'est que la transpoHition sur le plan
interplanétaire de la situation des civilisations qui à certaines
époquea se sont garanties par des rideaux de fer, des grandes
Murailles, des interdits de toute sorte.
Dans ces périodes de claustrationt tout étranger représente
un car il est considéré comme un Pn'lpion.
Le premier impératif est dtinterdire les cartes, de restreindre
le plus possible, sinon complètement, lea voies d'accès.
Dans le domaine de l'astronautique, c'était pour les Martiens
l'enfance de l'art, mais le problème change rapidement
d'aspect.
Laisser les hommes s'emparer d'une seule soucoupe volante,
ce serait leur livrer les secrets de l'astronautique et de la
cybernétique martiennes, leur abandonner « l'arme secrète »
des Martiens dans l'espace, leur ouvrir l'accès décisif peut·
être dans la Grande )iluraille de Mars, cette Grande
qui n'est pas autre chose que plusieurs millions de kilo-
ml\tœs d'espace interplanétaire. n ne serait pas ridicule que
les Martiens préfèrent éviter ce risque.
270
Sur l'issue d'uroe teUe situation
Te1le qu'elle se présente aujourd'hui, eUe pourrait s'étern1·
ser.
Il se peut que les Martiens tergiversent sans ne sachant
quelle mesure prendre. Plu.ë loin remontent ]eurs premières
randonnées autour de notre planète, plus il y a de chanees

pour qu'ils s'attardent sans fin à cette ronde stérile et ambiguë.
Car l'humanité est nombreuse, bouillonnante, remplie
encore d' accès de fièvre guerrière, excitée par sa prodigieuse
lancée scientifique, technique et industrielle qui lui offre le
pouvoir de bouleverser les mondes. Les pilotes de soucoupes
n'ont pas eu de peine à enregistœr le!!l grands 8y·mptôme5 de
cette fièvre sur le plan guerrier, atomique et astronauùque.
en face, la poptùat ion de Mars est-elle aussi nom-
breuse, aussi aussi fortement emportée par une
période ascensionnelle et conquérante? Ce n'est pas sûr.
C est peut-êt re même d' autant plus douteux que nous l'admet-
tons mieux installée dans une civilisation de la sécurité.
U semblerait alors que setùe l'avance de l'humanité puisse
forcer les Martiens à sortir de l'expectativ-e à partir du moment
où les fusées terrestres paraîtront sur le point de se lancer
défin.ilivemenl à des autres p1anètefl.
A ce moment-là, faut-il croire à un déchaînement de vio·
lence, sous la forme de guerres telles que ]cs nôtres ?
Nous ne Je pensons L'ahsP.nœ t otale de violences de la
part des soucoupes volantes, l'attitude débonnaire et même
timorée de leurs pilotes dans les cas d
9
atterrissages est des
plus rassurantes.
En revanche, on a pu oL8erver dans un certajn nombre
d'incidents les effets d'inhibition dont ils se sont servis pour
stopper des hommes ou des véhicules terrestres. Il n'est donc
nullement excltJ r1u'ils aient la possibilité et l'intention d'user
de la même méthode pour empêcher nos engim astronau•
tiques de dépasser certaines limites dans l'espace interplané·
taire.
Fa ut· il croire a lors que le contact serait iléfinitivement
ajourné?
L'origine des soucoupes volantes
271
C'est peu vraisemblable. Les méthodes de protection pure·
ment négative u,ont jamais été suffisantP.s dans l'histoire
terreslre pour interdire définitivement ]P. contact entre deux
civilisatious. D'autre part l'élan de l'humanité vers l'explora·
tion interplanétaire est trop puissant pour qu'elle. ne s'acharne
pas à trouver le moyen technique de vaincre tm1s les obstacles.
D'ailleurs le fait que les soucoupes rôdent à fli basse alti-
tude parfois ou se risquent même à des atterris3ages montre
que la ct·ainte et le r efus OP. contact ne sont pas les seules
OP.S pil otes « martÎfmR ». Il semble bi en qu'il y ait
de leur côté aussi une extrême t ension de la curiosité natu·
relle des intelligencBB les unes pour les autres. Ne serait-ce pas
la cause de Pétonnante « badauderie » des petits pilotes ?
La rencontre peut être retarclée, elle peut se produire d'une
manière :imprévue, dans les pl us déconcertantes conditions,
mais t1ous pensons qu'elle est inévitable.
CONCLUSION
Propositions finales
En ce qui nous concerne nous penRons pouvoir r ésumer notre
analyse par les propO!:itioru; suivautes :
1° Le phénomène soucoupe ne provient
d'ha11ucinations individuelles ou collectives.
2° Le phénomène SOllCoupe ne provient
de délires individuels on collectifs.

certamement pas

ccrtamement pas
3° Eu revanche le contenu de des témoignages
humajns c.onccrnant à tort ou à r aison le phénomène son-
coupe révèle un grand nombre fl'cncurs de perception.
Nous devons même admettre avec le profesaeu.r P1éron qu'en
fait de perception le rôle de l'erreur est normal. n u'en
résulte nullement que le Lt:moignage humain flans son ensem-
ble puisse être taxé d'inanité. Car si l'erreur est normale, la
rectification de l'erreur u 'est pas moins normale, sans quoi
aucune vie humaine ne serait pos3ible. Rien que dans le cadre
du phénomène èoncoupe on a rn constater que les témoins
eux-mêmeA se sont montrés mainle!i luis capables de rectifier
leurs propres erreurs.
La masse de ces témoignages apporte un tableau génP.ral
solidement cohérent.
fl n'existe donc aUCU1le raison de fie J'authenticité
de l'ensemble de ces témoignages et de leur valeur objective.
4° Cette valeur est objec'livement confirmée sur le plan géo-
graphique et gP.ométrique par iles lignes orthoté-
niques, découvertes par Aimé :Michel.
5" De la série des quatre précédentes propositions., il ressort
274
que l'objectivité du phénomène soucoupe n'est pas réductihltl
à n'importe quel genre de phénomènes plus ou moins évanes·
cents ou fallacieux, surchargés de représentations illusoires ;
elles établissent l'existence d'engins inconnus conduits par des
pilotes inconnus.
6° Depuis 1947 au moins, cel'\ engins surclassent catégori·
tous ]es engin; terrestres en vitesse et en maniabilité.
C'est le résultat formel de toutes les vaines tentatives d'inter-
ception enregistrées par ]a Commission Soucoupe.
7° Les soucoupes ne sont pas des engins !\ecrets fabriqués
par tme industriH terrestre. Car c'est tm pur non-sem d'admet-
tre que des engins secrets atterrissent en territoire étranger. Au
stade technique actuel de nos civilisations terrestres, il ne serait
pas moins impossible d'admettre qu'aucune de ces machines
n'ait subi ni panne ni accident, après plusieurs milliers d'appa·
ritions sur tou les leH régions du globe et durant p1us de seize
ans.
ao La seule hypothèse raisonnable est rorigine « martienne »
de ces engins. L'absence systématique d'accidents et même
de pannes correspondrait alors au fait que ces engins seraient
le produit d'une industrie ayant franchi le dernier seuil
de la civilisation cyhernétique.
Quand nous parlons de « Martiens uous n'avons nulle-
ment l'intention de prendre parti sur le point de savoir si la
planète Mars a pu donner naissance à une hwnanité autoch-
tone. Nous considérons seulement le fait qu'en l'état actuel de
l'astronomie la plupart, voire 1a totalité des autres planètes
solaires sont inhabitables pour une espèce analogue à la
nôtre, alors qu'avec des moyens techniques de grande puis-
sance, la planète Mars pourrait au moins être colonisée.
Bref, si les soucoupes volantes viennent d'une planète inconnue
appartenant à un autre système solaire, et surtout si la planète
Mars était inhabitée, les des soucoupes volantes
ont pu coloniser Mars pour leur servir de base d'opération
dans le système solaire. En ce sens ils seraient devenus des
Martiens.
A partir de ces propositions l'on peut soutenir les trois
hypothèses suivantes :

Conclusion
275
9° n paraît peu vraisemblable qu'il y ait coïncidence for·
tuile entre les premières manifestations de l'asll'onautique
« martienne » sur la Terre ct la naissance de l'astronautique
sur notre plauète. On peut admettre que ;
- d'une part, les manifestations de soucoupes remontent
à une date très antérieure à 1947, hien qu'impossible à pré-

ClSCr.
- part, cee manüestations se sont considérahle-
meul accrues en fréquence, en quantité et en tentatives
d,approche la naissance sur la Terre d'une industrie
produisant des explosions atomiques et des lancements de
fusées.
Les randonnées de soucoupes n'auraient pour but ni une
conquête guerrière, ni un contact pacifique, mais la surveil-
lance du danger rrnt>: représente pour une autre « humanité »
interplanétaire notre astronaut ique.
10° Si nous nous référons aux curieuses indications four-
nies par un certain nombre de té-moins sur les effets paraly-
sants que les soucoupes volantes peuvent produire an lour
on peut se demander si l es progrès de notre astronau-
tique ne se heurter ont pas eux-mêmes dans quelque temps à
une ::tction paralysante de même type.
lJO En l'état actuel, il est impossible d' affirmer que les
« Martiens » prendront l'initiative d'une prise de contact.
Mais il faut prévoir que les progrès rapides de notre a!iltrnnau-
tique vont fatalement au-devant d' une rencontre interplané-

taue.
Car tes départementales cl es témoignages
concernant des survols et atterrissages
des soucoupes
de 1950 à 1960 en France
Les survols sont indiqués par des points noirs ; les atterris-
sages par des cercles.
On notera trois principales régions de polar isation autour
de la Saône-et-Loire, des Bouches-du-Rhône et de la
Vendée.
Nous n'avons pas indiqué les témoignages concernant des
pilotes luunains puisque, nous l'avons vu, ils ne Jleuvent
concerner des soucoupeE.
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195()..51-52-53
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1954 (Janvier à Août inclus)
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1954 (Septembre et Octobre)
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1954 (Novembre et l>écemhre - l955-56-5ï-58-59-tl0
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P.P.
H.
s.
L-A
K. I
K. II
R.
G. I
G.Jl
C.G.
P.
M. 1
M. II
282
MICHEL CARROUGES. - Nos anciew; dieux revierv
nent sur des soucoupes (in Arts, n ° 10, octo-
bre 1952).
- Essai sur les côincidences dctns le! « appa..
ritions martiennes » (in Mende- Nouveau
- Paru n° novembre-décembre 1954).
- Les animaux célestes sont-ils ph.ts raison-
nœbles que n.ous ? (in Table Ronde, janvier
1955).
GEORGES BATAILLE. - La structure psychologique
du fascisme (in Critique Sociale, nos 10 et
Il).

GEORGES BEAU. - Le printemps des étoiles (Laf-
font).
DoLFUSS et BoucHÉ. - Histoire de raéronau-
tiqu.e (Saint-Georgea).
GEORGES DuMAS. - Le surnaturel et les dieux
d'après les maladies mentales (P.U.F.).
ALBERT DucaocQ. - Déconverte de la cyberné-
tique (Julliard).
- Logiqtue de la vie (Julliard).
CHARLES FoRT. - Le livre des chvmnés (Deux
Rives).
- The books of Charles Fort (Holt).
SIGMUND FREUD. - Psychopathologie de la vie
qzwtidienne (Pa yot) .
PAUL GuiRAUD. - Psychiatrie cliroique (Le Fran-
çois).
HussERL. - Idées directrices pour une phéno-
ménologie (Gallimard).
JASPER S. - Psychopathologie générale (Alcan).
JuNG. - Un mythe moderne (Gallimard).
LALANDE. - Vocabulaire philosophique (Alcan).
LE BoN. - Psychologie des foules (P.U.F.).
Dr E.-B. LEROY. - Les visions du demi-sommeil
(Alcan).
MEYERSON. -Identité et réalité (Vrin).
- La déductU:m relativiste (Payot).
Bibliographie
PIÉRON. - Vocabulai.re de Psychologie (P.U.F.).
- Psychologie expérimenJ:ale (Colin).
PoiNCARÉ. - La science et l'hypothèse (Flam·
marion).
PIERRE QuERCY. - Les haUucirw..tions (Alcan).
RAYMOND RuYER. - La cybernétique et r origine
de rinformation (Flammarion).
SHF.PLF.Y. - La guerre secrète autour de la
super bombe (Plon).
TA lNF.. - De l' 1 ntelligence (Hachette) .
GÉRARD DE VAUCOULEURS. - Physique de la
planète Mar.ç (Albin Michel).
NoRBERT WIENER. -· Cybernétique et société
(Deux Rives).
WoonwoRTH.
(P.U.F.).
Psychologie expérimentale
283
TABLE DES TIERES
!NTRODUC:TTON. - La méthode sociologique . . . . . .. . .
Première Partie
HISTOIRE DES TÉMOIGNAGES
I. - LA NOTlON DE TÉMOfGNAGE .. .. ... . .•. . .. • .
Jl. - LA NOTION DE SOlJCOUPE VOLANTE . . . ...• •• •
IlL - OBSERVATIONS AMÉlUCADlES ..•• ••••• •.. • .• •
1 o La Commission Soucoupe ......... .. .

A) Les S'T:'fflSmes de la Commission . .
B) Le truquage des bilans ... ...... .. .
2" Principaux témoignages des techniciens
, . .
ct Ravants amencatns . . .. . . .. ...•.
A) Pilotes at opérateurs de radars ... .
B) S pé.ci.alistes des fus ées ........ . .. . .
C) Spécialistes des ballon.Hondes ..... .
D) Spécialistes de la radio-activité . . . .

E) Astronomes .............. . .. .. .. . .
IV. - ÜBSERVAT!ONS FflANÇAISES ...........•.• .• .
l" Les atterrh1sages de soucoupes volantes
en France pendant les mois de
seplemLre et octobre 1954 ...... .
A) Notion d'atterrissage ..•... .... ... .
B ) Les t émoins ..• . .......... . .......
C) Situation des témoins au moment
de l'obsert•ation . . ... .... . . ..... . .
D) Points d, atterrissagf!s des ob jets .. .
.E) Zones générales d' atterri.ç.'lllges ..... .
F) entre les et les
ob jets .. .. ......... . . ... . . · · · .... · ·
9
15
17
22
23
23
32
41
41
51
60
62
63
67
70
70
73
75
1 .
77
79
286
G) Durée des observations . . . . . . . . . . . . 81
H) Conditions do visibi.lité . . . . . . . . . . . . 83
I) Commencements et fins d'observa-
tians . .. . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . , . . . . 84
2u Analyse particulière de certainR atterris-
s a g ~ s . . . . . . . . . . . .. . . .. . . . . .. . .. .. . . . . . 85
V. - LE PROBLÈME DES PILOTES • . • • . . . • . . . . . . • . 93
1° Pilotes à taille humaine ordinaire . . . . . . 95
2 o Les petits pilotes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
3° Cas hétéroclites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
VI. - L ~ s E.FFETs PHYsiQUEs • • • • • • • . • • • . • • • . • • 126
l
0
Effets auditifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
2° Rffets paralyiiants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
3 ° Effets caloriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
4° Cont acts lang.ible.:s . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
5° Effets photographiques . . . . . . . . . . . . . . . . 135
6° Chutes de filaments fondants . . . . . . . . . . 138
7° Empreintes sur le sol . . . . . . . . . . . . . . . . 139
VIl. - STRUCTURE GÉOMÉTRIQUE DES MANIFESTATIONS 142
VII!. - LIMITES HISTORIQ'CES DE LA QUESTION . • . . • • 149
JX. - PROGRÈS DANS LBS MANIFESTATIONS . • . . • • • . 152
Seconde Partie
VALEUR DES TEMOIGNAGES
!. - ILLUSIONS MATÉRIELLES ••.. . .•• .••••••. ..
l
0
Objets volants .. . ........ ....• .. ... . . .
2° Objets au sol ... .. .... .. .. . .. . ... . . · ·
3
o M . . h
artlens postlc es ..... . . .. . ...... . .. .
Tl. - RECHERCHES SUR LA NATURE DES ILLUSIONS
,
CHEZ LES TEMOINS ...•...•. . .. . ...
1 S
' . il d'h il . . ?
o ag1t- a ucmatlons . . ........... .
2
o S' . '1 d d'li ?
agtt-I e e res . . .......... . ... .. .
3° S'agit-il d'erreurs de perception ? .... .
III. - v AI..HUR POSITIVE DES TÉMOIGNAGES • • ••.•••
l o La rectification des illusions par les
' .
temo1ns .... . .................... .
159
159
160
161
168
169
173
180
188
188
Table des m.atière3
287
A) Réduction
d' illu"' io rz,s

prO$OUCOUp1-
ques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . 189
B) Réduct ion d'illusion$ antiSOl.U',()Upi-
ques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . .. . 190
2° La masse de l' événement et les illusions
pseudo-cri tiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
::\
0
Le conditionnement tles t émoignages . . 198
Troisième Partie
KATURF. ET ORIGINE DES SOUCOUPES VOLANTES
1. - N ATURE DES SOUCOUPES VOLANTES . . . . • . . . 209
II.
1 o H ypothè,;es . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 211
A) Météores . . . . . . . . . . . . . . . . 211
B) Sous-produits erratiques des indus-
tries locales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2ll
C) Production • symptôme d'une arme
'
secrete. .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D) Engin$ inconnus . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2
° c ' t , . d )' t
1'1 ermm e aspec ... .. . . . . . . .. . . .
A) J7 ariations dans l' des
COU'/)eS . . . . , • • . . . . . , . • . . . . . • • • . . . .
B) Les engins à couleur métallique . . .
3° Critérinm du comportemenl . . . . . ... . .
A ) Mouvernents généraux d.es soucoupes.
B) Evolutions combinées des soucoupes.
L'ORIGINE DES SOUCOUPES . . ••. . ..
l n Hypothèse de l'arme secrète terrestre ..
A ) La notion tr anne secrète est in.<;P.pa-
rable de la n.otiow tl enceinte gardée.
B) f,a notion de mach ine est inséparable
de la notion tr accident . . . . . . . . . . . .
2° L'hypothèse martienne ... . ... .. . . .. .
212
216
218
218
227
229
229
234
246
247
251
254
259
C oNCLUSION. - Propositions finales
273
CARTES .... . . ... . . . ... ..... . ... . .... ... . .. . ' . . . . . . 276
BmLIOCRAPH1E •.. . •. • , •. • .. . •. • • . . . . . . • • . .•• . • , • • 281
ACHEVÉ D'IMPRIMER SUR
LES PRESSES DE L'IMPRIMERIE
LABADIE, A EVREUX (EURE)
LE 14 JUIN 1963 POUR
LE COMPTE DE LA
UBRAnUE ARTHÈME FAYARD
Dépôt légal : No 3 149.
2• Trim. 1963