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Jack l’éventreur Sommaire
1 Introduction---------------------------------------------Page 05 2 Une situation déplorable---------------------------Pages 07 à 09 3 Ses victimes Mary Ann Nichols ------------------------Pages Annie Chapman----------------------------Pages Elizabeth Stride-------------------------Pages Catherine Eddowes--- --------------------Pages Mary Jane Keely------------------------- Pages 11 16 24 33 41 à à à à à 15 23 32 40 46

4 Les autres victimes attribuées à l’éventreur - Emma Elizabeth Smith---------------------Pages 48 à 49 - Martha Tabrem----------------------------Pages 50 à 52 - Alice McKenzie et Frances Cole-----------Pages 53 à 54 5 Les hommes de Scotland Yard - L’Inspecteur Fréderick ABBERLINE---------Pages 56 à 60 - L’inspecteur principal Donald Swanson----Pages 61 à 62 - Sir Charles Warren-----------------------Pages 63 à 64 6 Détails de l'enquête - Le mode opératoire------------------------Pages 66 à 68 - Les motivations---------------------------Pages 69 à 70 - Témoignages-------------------------------Pages 71 à 74 7 Le Suspects principaux Le Prince Albert Victor-------------------Pages 76 à 77 Sir William Gull--------------------------Pages 78 à 79 Walter Sickert----------------------------Pages 80 à 81 Francis J. Tumlety------------------------Pages 82 à 85 Montague John Druitt----------------------Pages 86 à 95 Aaron Kosminski---------------------------Pages 96 à 97 Michael Ostrog---------------------------Pages 98 à 100 Docteur Roslyn Donston Stephenson-------Pages 101 à 103 James Kenneth---------------------------Pages 104 à 105 Docteur Thomas Neil Cream---------------Pages 106 à 107 James Maybrick--------------------------Pages 108 à 110 Mary Pearcy (Jackie l’éventreuse)-------Pages 111 à 114 Elle a démasqué Jack L’éventreur--------Pages 115 à 118

Jack l’éventreur Sommaire
8 Remerciements - Remerciements----------------------------------Page 120 9 Annexes - Cartographies --------------------------Pages 122 à 124 * Maps of Whitechapel, 1888 * Maps of Whitechapel, 1896 - Cartes postales-------------------------Pages 125 à 128 * Albion Brewery, Whitecgapel Road * London Hospital, Whitechapel Road * St. Mary Matfelon, Whitechapel - La presse de l’époque-------------------Pages 129 à 133 * * * * Couverture du Journal « PUCK » Old Cap Collier – 18 Février 1889 Old Cap Collier – Décembre 1888 The Pinkerton Detective Series – Février 1889

- Les lettres-----------------------------Pages 134 à 142 * Lettre du 25 Septembre 1888 (avec traduction) * Lettre du 01 Octobre 1888 (avec traduction) * Lettre du 16 Octobre 1888 (avec traduction)

Jack l’éventreur Introduction
Jack l’Éventreur... Sans doute le plus célèbre de tous les tueurs en série. En 1888, il a assassiné cinq prostituées en quatre mois dans le misérable quartier de Whitechapel, à Londres. Il les a égorgées et mutilées avec une violence rare, et s’est réellement déchaîné sur sa dernière victime, qu’il a mise en charpie. Malgré le long travail de la police, il n’a jamais été arrêté. Les théories les plus folles courent encore sur son identité, et passionnent des centaines de "Ripperologues". D’innombrables livres et films ont été produits à son sujet, offrant chacun "la" solution de l’énigme... qui ne sera sans doute jamais connue.

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Jack l’éventreur Une situation déplorable
Durant l’air Victorienne, l’est de Londres (East End) était un endroit à part de la ville, un ghetto tant économique que social. 900 000 personnes vivaient dans des taudis infâmes. Les troupeaux de moutons étaient menés à travers les rues jusqu’à l’abattoir et le sang coulait directement dans les ruelles. On marchait dans les excréments. Les ordures et les eaux d’égout engendraient une odeur horrible. Les familles vivaient souvent à 8 dans une chambre et les célibataires dans des hospices ou des asiles de nuit surpeuplés, dans des conditions déplorables.

La plupart des habitants de l’East End ne travaillaient qu’occasionnellement et étaient mal payés, ou étaient chômeurs de longue date, ou encore criminels. Ils vivaient au jour le jour, et lorsqu’ils travaillaient, avaient souvent des emplois épuisants et mal rémunérés. Plus de la moitié des enfants mourraient avant l’âge de 5 ans. Beaucoup de ceux qui survivaient étaient mentalement ou physiquement handicapés. Des centaines d’orphelins étaient à la rue et certains finissaient dans des maisons closes. Les femmes étaient souvent exploitées, mal payées et obligées de faire des heures supplémentaires. La prostitution était l’un des seuls moyens de survie pour une femme seule. Il permettait surtout de gagner en une nuit l’équivalent d’une semaine de salaire d’une simple ouvrière.

Jack l’éventreur Une situation déplorable
La police estimait qu’en 1888, il y avait 1200 prostituées à Whitechapel (pour 60 000 dans tout Londres) et 62 maisons closes, sans compter les femmes qui tentaient d’obtenir quelques suppléments à leur maigre salaire en se prostituant occasionnellement. Les prostituées travaillaient directement dans la rue, sombraient très souvent dans l’alcoolisme et ne devaient qu’à la chance d’éviter les maladies vénériennes (la syphilis, notamment). Les souteneurs étaient nombreux et traitaient les prostituées avec mépris et violence. Elles risquaient également d’être agressées par des "gangs" de voleurs qui les frappaient avec des gourdins pour leur dérober leur argent. Il existait environ 200 asiles de nuit logeant 9000 personnes. Les dortoirs étaient constitués de rangées de lits collés les uns aux autres, infestés de vermines et d’insectes. Si une femme n’avait pas gagné assez d’argent pour se payer un lit pour la nuit, elle devait trouver un homme qui la laisserait dormir avec lui en échange de ses faveurs sexuelles. Ou alors, elle dormait dans la rue. Les pogroms russes de la fin des années 1880 et l’expulsion des Polonais de Prusse avaient provoqué une vague d’immigration de l’Europe de l’Est vers Londres. Beaucoup de ces immigrants étaient Juifs et s’installèrent à Whitechapel parce que les loyers étaient peu élevés. L’arrivé des Juifs eut des effets très bénéfiques sur le quartier, en améliorant les conditions sanitaires et la sécurité. Toutefois, malgré de nombreux efforts de renouvellement urbain et l’amélioration des conditions de vie entraînées par l’immigration juive, Whitechapel était toujours un quartier pauvre et criminel. Dans la misère des habitations surpeuplées, dans les ruelles sombres et étroites, le meurtrier de Whitechapel avait trouvé l’endroit parfait pour tuer.

Jack l’éventreur Une situation déplorable
Assez curieusement, les meurtres de l’Éventreur eurent des conséquences positives pour l’East End. Comme l’explique Stéphane Bourgoin (Le livre rouge de Jack l’Éventreur) : "Les forfaits servirent de catalyseurs pour unifier l’action des réformateurs de tous bords, grâce à la pression de l’opinion publique, horrifiée des descriptions contenues dans la presse sur la vie de Whitechapel". Les rues, d’habitude si sombres que l’on y voyait quasiment rien, furent beaucoup mieux éclairées par de nouveaux lampadaires. Les taudis sordides furent démolis à partir de 1889 et des logements neufs furent reconstruits. Les enfants orphelins ne furent plus laissés à la rue et l’on vota des lois pour qu’ils soient protégés. Toutefois, l’East End resta encore un quartier pauvre et dangereux durant des décennies. Avant le premier meurtre "officiel" de Jack l’Éventreur, les habitants de Whitechapel entendirent parler d’autres meurtres et agressions de femmes dans le quartier. Il est difficile de savoir si ces meurtres ont bien été commis par l’Éventreur, mais dans l’esprit des habitants, tous ces crimes étaient liés. Ainsi, le 2 avril 1888, Emma Smith, une prostituée de 45 ans, fut agressée vers 19h. Elle fut frappée à la tête, violée et un objet pointu fut introduit en elle. Elle mourut d’une péritonite 4 jours plus tard. Elle expliqua à sa logeuse que plusieurs hommes l’avaient attaquée et volée. Le 7 août 1888, une prostituée de 37 ans, Martha Tabram, fut assassinée sur le palier du George Yard Building, vers 2h30 du matin. Selon le rapport d’autopsie du Dr Timothy Killeen, elle fut poignardée 39 fois dans la poitrine, le ventre et le bas ventre avec un couteau. Son cou n’avait pas été tranché et son abdomen n’était pas mutilé. A l’exception d’une blessure infligée par un grand couteau ou une baïonnette, elle avait été poignardée avec une sorte de canif. Les habitants de Whitechapel pensèrent que ces agressions étaient liées, mais Martha Tabram avait été tuée sans raison, sûrement par un seul homme, alors qu’Emma Smith avait été attaquée par plusieurs hommes qui voulaient la voler. Et la nature des blessures était différente. Seul le meurtre de Martha Tabram pourrait être l’œuvre de Jack l’Éventreur.

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Ses victimes Mary Ann Nichols
Le vendredi 31 août 1888, un ouvrier nommé Charles Cross marchait dans le quartier de Whitechapel peu avant 4h du matin. Il faisait très sombre, le temps était froid et humide, et le coin était quasiment désert. Dans une ruelle, Buck’s Row, Cross aperçut quelque chose ressemblant à une bâche étendue sur le sol, devant une cour. Intrigué, il s’approcha et réalisa que c’était en fait une femme, dont la robe était relevée jusqu’à la taille. Il pensa que la femme était saoule ou avait été agressée, mais il n’y voyait pas grand-chose. Comme un autre homme passait par là, il lui demanda de l’aider à la remettre debout, mais ils n’y parvinrent pas. Craignant qu’elle ne soit morte, ils rabaissèrent sa robe sur elle, par pudeur, puis cherchèrent un policier
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Mary Ann Nichols

Ils en trouvèrent un, John Neil, qui faisait sa ronde. Il éclaira la femme de sa lanterne et vu qu’elle avait été égorgée, presque décapitée.

Ses yeux étaient grands ouverts. Ses mains étaient froides mais ses bras étaient encore chauds. Elle avait été tuée peu de temps auparavant. Neil appela un autre policier qui chercha un médecin dans les environs. Puis Neil réveilla les habitants du quartier pour leur demander s’ils avaient entendu quoi que ce soit d’étrange, sans résultat. Le Docteur Rees Llewellyn arriva peu après et examina le corps de la femme. Comme l’avait supposé Neil, elle était morte moins d’une demi-heure avant qu’on ne la découvre, peut-être quelques minutes après le passage de la 1ère ronde de Neil. Bien qu’il y ait peu de sang sur le sol, elle avait été tuée là où on l’avait trouvée. Son sang avait imbibé ses vêtements. Le Docteur Llewellyn fit porter son corps à la morgue d’Old Montague Street afin de l’examiner plus en détail. Lorsqu’il arriva à Old Montague, le corps de la femme avait été lavé, malgré les ordres de la police. Le cou de la victime avait été coupé deux fois, violemment, sectionnant sa trachée et son œsophage. Son abdomen avait été mutilé, sans doute avec un grand couteau. Il présentait une blessure longue et profonde ainsi que d’autres coupures plus bas. La femme avait également été frappée à la mâchoire. Selon Philip Sugden ("The Complete History of Jack the Ripper"), cette femme était allongée sur le sol, sans doute inconsciente (peut-être déjà morte), lorsque ces blessures lui avaient été infligées : le sang formait une petite flaque sous son cou et le reste avait été absorbé par le dos de ses vêtements. Si elle avait été mutilée alors qu’elle était debout, il y aurait eu du sang partout, devant elle, sur les murs, sur sa poitrine. 12

Ses victimes Mary Ann Nichols
Tout ce qu’elle possédait sur elle était un peigne, un petit miroir cassé et un mouchoir. Ses jupons avaient été achetés à la Lambeth Workhouse (un asile de pauvres). Elle portait des vêtements bon marché et un chapeau de paille noir. Ses cheveux étaient bruns grisonnants et il lui manquait plusieurs dents de devant. Une enquête fut ouverte au Whitechapel Working Lad’s Institute (un institut pour jeunes travailleurs comportant également une cour de justice), menée par le coroner Wynne Baxter (un officier civil). Ce dernier entendit parler d’une "Polly" vivant au 18, Thrawl Street, qui n’était pas rentré chez elle. Une femme de la Lambeth Workhouse identifia la femme décédée comme étant Mary Ann Nichols, 42 ans, puis son père et son époux vinrent l’identifier à leur tour.

Mary Ann Nichols, mortuary photograph

"Polly" était la fille d’un serrurier et avait épousé William Nichols, avec qui elle avait eu cinq enfants. Mais ses problèmes avec l’alcool avaient détruit son ménage et, depuis des mois, elle survivait en se prostituant. C’était une femme triste et pauvre, mais les gens l’aimaient et la prenaient en pitié. Elle avait voulu dormir dans un asile de nuit situé sur Thrawl Street mais comme elle ne pouvait pas payer son lit, le gardien l’avait chassé. Elle était retournée dans la rue pour gagner quelque argent. La sauvagerie de ce meurtre suscita l’effroi et l’indignation de la population... et l’intérêt de la presse. Les meurtres de prostituées n’étaient pas rares à Whitechapel mais les mutilations brutales l’étaient. Swanson Scotland Yard confia la responsabilité de l’enquête à l’Inspecteur principal Donald Swanson. Il dépêcha sur les lieux un inspecteur de 45 ans, Frederick George Abberline, qui travaillait depuis 25 ans dans la police et connaissait très bien Whitechapel. Il n’y avait aucun témoin, aucune arme, aucun indice.

Abberline Aucun des résidents de la rue n’avait entendu de bruit et aucun des hommes qui travaillaientdans le coin n’avait remarqué quoi que ce soit d’inhabituel. Bien que "Polly" ait été découverte peu après sa mort, aucun véhicule ou "étranger" n’avait été vu fuyant la scène du crime. On soupçonna un moment trois équarrisseurs de chevaux qui travaillaient non loin, mais il fut rapidement prouvé qu’ils n’y étaient pour rien. 13

Ses victimes Mary Ann Nichols
Comme les habitants de Whitechapel étaient persuadés que l’agression d’Emma Smith et les meurtres de Martha Tabram et "Polly" Nichols étaient liés, la police dut faire face à une grande pression dès le départ. Il fallait absolument trouver le coupable. Il existait trois théories différentes : un groupe de voleurs était responsable des meurtres ; un gang qui extorquait de l’argent de prostituées avait "puni" trois femmes qui n’avaient pas payé ; un fou était en liberté. Si l’on considère la grande pauvreté des victimes, les deux premières théories étaient peu plausibles. La troisième devint donc la plus populaire. Concernant les meurtres de Tabram et Nichols, le East London Observer écrivit que le tueur s’en était pris "aux plus pauvres des pauvres" et qu’il ne semblait avoir aucun mobile compréhensible. La grande violence des meurtres suggérait que les deux meurtres "étaient l’œuvre d’un être dément". Sir Warren On demanda au préfet de Police, Sir Charles Warren, d’offrir une récompense pour la découverte de l’identité du criminel. Mais son supérieur, le ministre de l’Intérieur, Henry Matthews, n’avait aucune idée - à ce moment-là - de l’ampleur du problème et refusa de proposer cette récompense. Il affirma qu’il faisait confiance à la Police pour appréhender le tueur... Alors que la police cherchait l’assassin de Polly Nichols, une rumeur commença à courir au sujet d’un homme dénommé "Tablier de Cuir", qui avait volé plusieurs prostituées sous la menace d’un couteau. The Star affirma que cet homme était un fourreur juif d’environ 40 ans, portant un chapeau noir et une petite moustache. Les nouveaux venus, les étrangers, les Juifs étaient évidemment les premiers visés par les rumeurs, car "aucun Anglais n’est capable d’un acte aussi barbare"...

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Mary Ann Nichols, Death certificate

Ses victimes Mary Ann Nichols

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Ses victimes Annie Chapman
Le samedi 8 septembre 1888, John Davis, un vieil homme qui vivait avec son épouse et ses trois fils au 29 Hanbury Street, découvrit le corps d’une femme juste après 6h du matin, devant chez lui, de l’autre côté du marché de Spitalfields, dans une petite cour. Sa robe avait été relevée au-dessus de sa taille et elle avait été éventrée. Il alla immédiatement chercher de l’aide et revint avec deux ouvriers. Le temps qu’un policier arrive sur les lieux, tout le monde avait été réveillé. Dix-sept personnes habitaient là, dont 5 possédaient des chambres avec vue sur la scène du crime. Et certains avaient laissé leur fenêtre ouverte. Le marché de Spitalfields ouvrait à 5h du matin et beaucoup de gens y étaient présents avant cette heure afin de préparer leurs étalages. Certains résidents du 29 Hanbury Street quittaient leur logement à 3h50 du matin pour aller travailler. Les rues autour du marché étaient remplies de véhicules commerciaux qui livraient leurs marchandises au marché.

Annie Chapman

Toutefois, bien que le soleil se soit levé à 5h23 ce matin-là et que tant de personnes aient été présentes à cette heure matinale, personne n’avait entendu de bruit suspect, ni de cris, et personne n’avait vu qui que ce soit avec du sang sur ses vêtements ou un couteau à la main. Il y avait un baquet d’eau clair près de l’endroit où la femme avait été trouvée, mais le meurtrier ne l’avait pas utilisé pour se laver les mains ou nettoyer son arme. Le risque qu’il avait pris, à tuer en plein jour, avec tout ce monde, était incroyable. Et pourtant, personne n’avait rien vu. La femme fut rapidement identifiée comme étant Annie Chapman, que ses amis appelaient "Annie la Sombre" (Dark Annie). Elle avait 47 ans, était prostituée, sans logis, dormait dans les asiles de nuit lorsqu’elle avait assez d’argent ou errait dans les rues à la recherche de clients qui lui donneraient quelques pièces pour se nourrir et se loger. En 1869, elle avait épousé John Chapman, un cocher. Des trois enfants qu’ils eurent, l’un mourut d’une méningite et un autre devint boiteux. La mauvaise santé et l’alcoolisme d’Annie et de son époux provoquèrent la fin de leur mariage. Les choses empirèrent lorsque John décéda, car Annie perdit alors le peu d’argent qu’il lui versait comme pension. Le choc émotionnel provoqué par sa mort fut aussi terrible que la perte financière et Annie Chapman ne s’en remit jamais. Souffrant de dépression et d’alcoolisme, elle fit du crochet et vendit des fleurs. Puis, elle se tourna vers la prostitution, malgré son visage peu avenant et ses dents pourries. C’était une femme gentille qui évitait les problèmes. La veille au soir, elle avait expliqué à une amie qu’elle se sentait mal. Elle ne le savait pas, mais elle avait la tuberculose. Elle avait dit à son amie qu’elle devait pourtant trouver des clients ou elle devrait 17 dormir dehors cette nuit-là.

Ses victimes Annie Chapman
Vers 2h du matin, le 8 septembre, un peu saoul, elle avait été chassée de l’asile de nuit, car elle ne pouvait pas payer son lit. Et John Davis l’avait donc trouvée morte quelques heures plus tard. Le Docteur George Bagster Phillips, un chirurgien travaillant pour la police, fut appelé sur les lieux. Il trouva le corps d’Annie, froid, allongé sur le dos, les jambes repliées. Son visage était enflé et elle avait été férocement égorgée, presque décapitée. Elle avait également été mutilée au niveau du ventre, certains de ses organes internes avaient été tirés vers ses épaules et reposaient sur le sol. Une grande quantité de sang avait coulé autour d’elle. Le Docteur Phillips estima qu’Annie Chapman devait avoir été assassinée deux heures auparavant, vers 4h du matin. Le fait qu’aucun résident ne l’ait entendu crier pouvait s’expliquer par le fait qu’elle avait sûrement été étranglée jusqu’à ce qu’elle perde conscience, puis égorgée et mutilée. Elle avait été tuée là où on l’avait trouvée et ne semblait pas s’être défendue. Le meurtrier avait profondément coupé sa gorge de gauche à droite, sans doute pour la décapiter. C’est ce qui l’avait tué. Les mutilations abdominales avaient été faites après la mort. On trouva aux pieds d’Annie deux petits peignes, un morceau de tissu et deux pièces de monnaie. Une enveloppe contenant deux pilules fut découverte non loin de sa tête. Sur le dos de l’enveloppe était écrit Sussex Regiment. La lettre M et, plus bas, Sp, étaient écrits de l’autre côté. Le cachet de la poste indiquait "Londres, 23 août 1888". On trouva également un tablier en cuir à côté de détritus. Lors de l’autopsie, le Docteur Phillips remarqua que l’utérus, la partie supérieure du vagin et les 2/3 de la vessie avaient été retirés. Le tueur les avait sûrement emmenés avec lui car ils ne furent trouvés nulle part. Les incisions étaient nettes et précises. Selon Phillips, c’était le travail d’un expert, ou au moins de quelqu’un ayant des connaissances en anatomie ou en examen pathologique (pas un équarrisseur ou un boucher). Le tueur savait où trouver ce qu’il voulait, quelles difficultés il allait devoir contourner et comment il devait utiliser son couteau pour extraire les organes sans les abîmer. Un tel travail avait dû demander au moins une heure, et en tout cas plus de 15mn (un témoin affirma avoir vu Annie Chapman vivante à 5h30 précise et son corps fut découvert à 6h00). Selon le Coroner Baxter, l’assassin était sans doute "un habitué des salles d’autopsies". Des abrasions sur la main d’Annie indiquaient qu’on lui avait violemment enlevé ses bagues. Ses amis apprirent à la police qu’elle ne portait que des bagues de peu de valeur, que le tueur avait peut-être prises pour de l’or. On ordonna à l’inspecteur Abberline, qui était chargé de l’enquête sur le meurtre de Polly Nichols, d’aider l’inspecteur Joseph Chandler, en charge de l’enquête sur le meurtre d’Annie Chapman, bien que Spitalfields soit dans une autre juridiction. Il semble que les enquêteurs pensaient tous que le même homme avait tué Polly Nichols et Annie 18 Chapman.

Ses victimes Annie Chapman
L’enquête sur Chapman fut aussi frustrante que celle sur Nichols. Les indices physiques (le tablier en cuir, une boîte et un morceau de fer) appartenaient en fait à M. Richardson, l’un des résidents, et à son fils. L’enveloppe du Sussex Regiment était vendue à tout le monde au bureau de poste local. De plus, un homme avait vu Annie prendre cette enveloppe dans la cuisine de l’asile de nuit pour y glisser ses pilules lorsque sa boîte s’était cassée. Les enquêteurs discutèrent avec les amies et "collègues" d’Annie mais ne trouvèrent aucun suspect ni aucun mobile cohérent. Toutefois, l’enquête permit de trouver trois témoins importants. Le 1er, le fils de M. Richardson, expliqua qu’il s’était rendu au 29 Hanbury Street entre 4h45 et 4h50 du matin pour vérifier les cadenas de la cave dans lequel sa mère enfermait ses outils et ses marchandises pour son entreprise d’emballage.

29 Hanbury Street 1888

Il était resté là un moment et le corps d’Annie Chapman n’était pas là. Le second témoin, Albert Cadosch, vivait juste à côté du 29 et témoigna du fait qu’il avait entendu des voix juste après 5h20. Le seul mot qu’il avait pu comprendre était "non". Quelques minutes plus tard, vers 5h30, il avait entendu le bruit de quelque chose tombant contre la clôture. Le 3ème témoin, le plus important, était Elizabeth Long, qui se rendait au marché de Spitalfields et était passé par Hanbury Street à 5h30 précise. Elle avait vu un homme et une femme parlant à côté des volets du n°29. Mme Long identifia Annie Chapman à la morgue comme étant la femme qu’elle avait vue. Malheureusement, l’homme qui discutait avec Annie était de dos et Mme Long n’avait pas pu voir son visage. Elle le décrivit au Coroner Baxter comme un homme brun qui portait chapeau de chasse marron et un manteau sombre. Selon elle, il avait une quarantaine d’années, n’était pas très grand et semblait être un “étranger”. Ces témoignages étaient intéressants, mais posaient un problème à la police : le docteur Phillips, un homme en qui les enquêteurs avaient confiance, estimait qu’Annie Chapman était morte avant 4h30 du matin. Mais les trois témoignages indiquaient qu’elle avait dû mourir vers 5h30. L’inspecteur Chandler choisit donc d’ignorer ces témoignages et de croire le Docteur Phillips. L’auteur Phillip Sugden rejette l’estimation du Docteur Phillips, tout comme l’avait fait le coroner Baxter à l’époque. Phillips avait estimé l’heure de la mort non pas grâce à la température intérieure du corps (prise dans le rectum ou le foie) mais en touchant le corps et en observant la “rigor mortis”. Mais plusieurs facteurs auraient pu contribuer à une perte rapide de la chaleur du corps. Le matin du 8 septembre était froid ; la robe d’Annie était relevée pour exposer ses jambes ; son abdomen avait été complètement ouvert ; et elle avait 19 perdu beaucoup de sang. Selon ces éléments, Annie aurait été tuée après et non avant 4h30.

Ses victimes Annie Chapman
Les journaux en firent beaucoup pour attiser la peur et la colère des gens de l’East End (contre la police, particulièrement), se nourrissant de chaque rumeur. Les rues de Whitechapel, habituellement agitées, devinrent calmes le matin et presque désertes la nuit. Comme on pouvait s’y attendre, la population n’accepta pas la discrétion de la police et son manque de résultats. Le gouvernement lui-même fut critiqué parce qu’il persistait à ne pas vouloir offrir de récompense (le ministre de l’Intérieur avait eu de très mauvaises expériences auparavant, lorsqu’il avait proposé des récompenses). Les habitants de Whitechapel inondaient la police d’informations, de "tuyaux" sur des gens ayant un comportement étrange, violent ou "antisocial". Dans un mélange de peur aveugle et de rage, les habitants cherchaient un "bouc émissaire" et s’en prirent à la communauté juive grandissante. Quelques éléments prirent des proportions inconsidérées dans les esprits simples des gens de Whitechapel.

Annie Chapman, Mortuary photograph

L’homme appelé "tablier de cuir", qui intimidait les prostituées, était juif. Le témoignage de Mme Long au sujet du meurtre d’Annie Chapman désignait un "étranger", le terme utilisé pour décrire les immigrés juifs. Ces deux faits et de nombreuses rumeurs non corroborées engendrèrent une atmosphère clairement antisémite dans le quartier. Plusieurs juifs furent passés à tabac et se retrouvèrent à l’hôpital. Les commerçants remarquèrent rapidement cette ambiance de plus en plus xénophobe et certains décidèrent d’y remédier. Le 10 septembre 1888, seize d’entre eux formèrent le "Comité de Vigilance de Mile End", qui fut tout d’abord composé de commerçants juifs, et fut présidé par M. George Lusk. En une semaine, la vie nocturne de Whitechapel retrouva son visage habituel. Trop de femmes dépendaient de la prostitution pour survivre et ne pouvaient se permettre de ne pas "travailler". Les habitants se plaignaient du manque de résultats de la police et pourtant les enquêteurs travaillaient énormément. Quelques jours après le meurtre d’Annie Chapman, le fameux "tablier de cuir", un certain John Pizer, fut arrêté. La famille de Pizer essaya de le décrire comme un brave homme victime de rumeurs malveillantes, mais il existait des preuves montrant que Pizer était un personnage désagréable qui avait déjà poignardé quelqu’un auparavant et qui avait été condamné à 6 mois de travaux forcés. Par contre, les allégations selon lesquelles il avait menacé des prostituées et leur avait extorqué de l’argent ne furent jamais prouvées. Le ’East London Observer’ le décrivit de manière subjective et tendancieuse comme un homme "au visage sombre", "laid", "le visage couvert par des mèches de 20 cheveux, une grosse moustache et des favoris", "les lèvres minces et cruelles", "un large cou", et portant "un grand manteau sombre"...

Ses victimes Annie Chapman
Lorsque le coroner Baxter demanda à Pizer pourquoi il était allé se cacher après les morts de Polly Nichols et d’Annie Chapman, ce dernier répondit que son frère le lui avait conseillé, car "on me soupçonnait injustement". Pizer affirma qu’on l’aurait lynché s’il ne s’était pas éclipsé. Pizer était déplaisant mais n’était sûrement pas l’Éventreur. Il avait des alibis pour les meurtres de Nichols (il était dans un asile de nuit) et de Chapman (il était avec des amis). De plus, il ne possédait pas l’habilité nécessaire pour prélever l’utérus d’Annie Chapman. Pizer fut relâché, mais d’autres suspects furent arrêtés et interrogés. La plupart n’étaient que des excentriques ou des alcooliques, d’autres étaient des malades mentaux. Peu d’entre eux déclenchèrent une enquête, soit parce qu’il n’avait pas de connaissances chirurgicales, soit parce qu’ils avaient des alibis. Les suspects étaient sélectionnés selon deux caractéristiques principales : ils devaient être fous ( !) et avoir des qualifications en médecine.

Annie Chapman, 1860

On interrogeait également les personnes d’origine étrangère, puisque Mme Long avait assuré que le tueur était "un étranger". La focalisation sur les connaissances médicales conduisit la police en dehors de Whitechapel, jusqu’aux classes moyennes et élevées de Londres, et le comportement curieux ou violent de plusieurs chirurgiens et médecins fut remis en question.

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Annie Chapman, Death certificate

Ses victimes Annie Chapman

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Ses victimes Annie Chapman

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Ses victimes Elizabeth Stride
Elizabeth Stride est née le 27 novembre 1843 en Suède dans la région nord de Gothenburg dans une ferme en tant qu'Elisabeth Gustafsdotter. Elle a 45 ans le jour de sa mort. C'était une belle femme aux yeux gris clair au teint pâle et aux cheveux sombres. Toutes ses dents côté machoire gauche supérieure étaient manquantes. Elle mesurait environ 1m65. Ses propriétaires la décrivaient comme une femme tranquille qui comparut pourtant pour ivrognerie et tapage. Elle jurait parfois. Son métier était la couture ou charretière, Michael Kidney l'entretenait et elle se prostituait que très occasionnellement. Sa vie : Son père était Gustaf Ericsson et sa mère Beatta Carlsdotter. Elle fut d'abord domestique chez Frederick Olofsson. En mars 1865 elle est ramassée comme prostituée.

Elizabeth Stride

Le 21 avril elle donne naissance à une petite fille. Elle vécut un temps dans un faubourg de Gothenburg. En octobre 1865, elle est traitée à l'hôpital Kurhuset pour des problèmes vénériens. Elle arrive à Londres en 1866. Elle servit un temps dans une famille. Le 7 mars1869 elle épouse John Thomas Stride charpentier de son état, vivant près de Regent's park. Un de ses neveux était d'ailleurs au moment des crimes membre de la police urbaine de Londres. Ce Walter Frederick Stride identifia le corps de Liz de par les photos mortuaires. Il quitta la police en 1902. La veille du meurtre Le samedi 29 septembre 1888. Le temps était gris et pluvieux, le vent soufflait dehors et Elisabeth avait passé l'après-midi à nettoyer deux chambres dans la pension où elle séjournait ce qui lui avait rapporté un peu d'argent. Le jour du meurtre, le 30 septembre 1888 A 18 h 30 : Tanner boit un verre avec elle puis ils repartent à la pension. 19 h - 20 h : Elle quitte la pension en passant chez Charles Preston et Catherine Lane. Elle les quitte et passe voir Thomas Bates gardien de pension. 23 h : Deux travailleurs, J. Best et John Gardner se rendaient à Settles street. Ils croisèrent Stride avec un homme petit avec une moustache noire et des favoris. L'homme portait un chapeau noir, un costume et une veste. Il pleuvait très fort. L'homme proche d'elle l'embrassait, son aspect était celui 25 d'un homme bien habillé très recommandable, nous fûmes même surpris qu'il se trouve avec elle. Nous leur avons proposé d'aller boire un coup mais il a refusé.

Ses victimes Elizabeth Stride
On a averti Stride que Tablier de Cuir était dans les parages, mais ils sont partis en direction de Commercial road et de Berner Street. On les a vu partir peu après 23 h. 23 h 45 : William Marshall, ouvrier, la voit dans Berner Street. Il se trouvait à la hauteur du 64 de Berner Street proche des rues Fairclough et Boyd [Streets]. Il la vit avec un homme en habit noir avec une casquette de marinier au numéro 63. Ils s'embrassaient enlacés et il a entendu l'homme lui dire "tu peux faire tes prières" Minuit : Matthew Packer vante les charmes de Stride et un homme la loue. (Source SUGDEN) minuit 35 : le Policier Constable William Smith voit Stride avec un jeune homme dans Berner Street à l'opposé du Club International des Ouvriers. Le signalement donné est le suivant : "c'est un homme âgé de 28 ans, manteau noir et chapeau à larges bords. Il portait un paquet de 20 sur 60 cm environ. Le paquet était enveloppé dans du papier journal. 0 h 40 Israel SCHWARTZ passe par Berner Street pour se rendre à Commercial Road en passant tout près du lieu du meurtre, il voit un homme s'arrêter et parler à une femme attendant sous un porche. Celui-ci l'attrape et essaye de l'amener dans la rue puis la fait tomber à terre et la femme crie, mais pas très fort. En traversant la rue, il voit un deuxième homme allumer sa pipe. L'homme qui avait jeté la femme à terre semblait appeler un complice en l'appelant LIPSKI, puis SCHWARTZ s'éloigna en remarquant qu'il était suivit par le deuxième homme. Il se mit alors à courir pour s'éloigner en direction du pont de chemin de fer et l'homme s'arrêta de le suivre. Schwartz dira plus tard ne pas savoir si les deux hommes étaient ensemble ou non. Mais il identifiera pourtant le corps comme celui de la femme qu'il avait vu avec les hommes. Le tout dernier témoignage : il existe des différences entre la déclaration du policier Smith et celle de Schwartz, sur l'âge et sur la grandeur de l'homme aperçu. Toutefois le témoignage de Schwartz sera jugé crédible et digne de bonne foi par la police. La description de l'habillement de l'homme diffère, aussi peut-on penser qu'ils ne décrivent pas le même homme. Schwartz parle d'un homme dans la 30aine, 170 cm environ jeune cheveux noirs et petite moustache noire. Il portait un manteau et un chapeau noir à large bord. En même temps, James Brown dit avoir vu Stride avec un homme qui était parti vers Fairclough Street. Stride qu'il avait croisé était adossée avec un homme d’1m75 portant un long manteau allant jusqu'au chevilles, le bras appuyé contre le mur. Stride le refusait en lui disant :"pas ce soir une autre fois". 1 h : Louis Diemschutz, vendeur de bijoux, traversa Dutfield's Yard avec sa charette et son poney. Le 26 cheval se cabra et Diemschutz présentit qu'il y avait quelque chose d'anormal. Allant en avant, il vit le corps d'une femme qu'il crut endormie ou saoule ne distinguant pas dans le noir total.

Ses victimes Elizabeth Stride
Il alla alerter les gens du Workingman's Club pour l'aider à dégager la femme et il revînt avec Isaac Kozebrodsky et Morris Eagle et constatèrent que la femme avait été égorgée. On pense que l'arrivée de Diemschutz avait freiné l'Eventreur qui s'était enfuit mais celuici pense que l'Eventreur devait encore être dans les parages lors de son arrivée car le corps était encore chaud et le poney s'était affolé sans doute en raison d'une autre présence humaine. Berner Street (appelée Henriques Street ensuite) : Se trouve à deux pâtés de maisons de Commercial Road et de deux au sud de Boyd Street. Le Chemin de fer Londonnien, Tilbury et Southend railway. Elle est coupée par Fairclough Street au centre. C'est surtout une rue résidentielle au nord de St. Georges. C'est à l'est de Batty Street qu'eut lieu en 1887 le meurtre de Lipski. Israel LIPSKI fut empoisonné par une jeune femme du nom de Myriam ANGEL qui habitait en dessous de chez lui. Ce meurtre provoqua une vague d'antisémitisme dans l'East End un an avant les meurtres.

Photographie post mortem de Elizabeth Stride

Quelques minutes plus tard, le policier Henry Lamb arriva avec un collègue. Le visage de la femme était encore tiède, mais elle était morte. Il semblait qu’elle ne s’était pas battue avec son agresseur et ses vêtements n’étaient pas relevés. Le collègue de Lamb alla chercher un médecin et revint avec le docteur Frederick Blackwell. Ce dernier remarqua que la femme était allongée sur le côté, les jambes tendues. Son corps était encore tiède, excepté ses mains : elle était morte peu de temps auparavant. Sa main gauche tenait encore un petit paquet de noix de cajous et elle portait une écharpe. Son cou avait été coupé d’un côté à l’autre, profondément. Le docteur Phillips, médecin de la police, arriva rapidement. Blackwell et lui estimèrent l’heure de la mort entre 00h36 et 00h56... La police fouilla l’endroit, mais ne trouva aucune arme ni indice. Les enquêteurs déterminèrent néanmoins que le président du IWMC avait traversé la cour vers 00h40, environ 20mn avant que le corps ne soit découvert, et n’avait rien vu d’étrange ni qui que ce soit aux alentours. La première victime était grande, gracile et portait des cheveux marrons bouclés. Elle était vêtue de noir et une rose rouge décorait son gilet. Aucun objet de valeur ne fut trouvé dans ses poches. Elle fut malgré tout identifiée comme Elizabeth Stride, née en Suède en 1843. Elle était venue en Angleterre pour y travailler comme domestique. Elle avait inventé une histoire selon laquelle elle avait survécu au naufrage du Princess Alice en 1878 (une collision entre deux navires le Bywell Castle et le Princess Alice sur la Tamise avait fait 786 morts), et affirmait que son époux et ses deux enfants s’étaient noyés.

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Ses victimes Elizabeth Stride
Cette histoire lui avait été utile pour obtenir de l’aide de l’Église Suédoise de Londres et provoquait souvent la sympathie à son égard. La vérité était que son mari, John Stride, était un survivant de la tragédie du Victoria (en 1881, un bateau à vapeur, le Victoria, avait coulé avec plus de 200 passagers) mais qu’il était décédé par la suite dans un asile pour nécessiteux. Elle vivait avec un ouvrier nommé Michael Kidney depuis 3 ans. Les gens l’appréciaient et la surnommaient "Long Liz".

Elizabeth Stride

Elle se prostituait rarement et gagnait sa vie en faisant de la couture ou des ménages. Il lui arrivait de se saouler et elle se mettait à crier et à insulter les gens. Elle avait déjà été arrêtée pour ce genre de fait. Elle avait quitté son asile de nuit dans la soirée et n’avait dit à personne où elle allait. Elle était partie avec un peu d’argent mais sans la rose sur son gilet. Le Dr Phillips affirma qu’elle était morte de ses blessures à la gorge. Il n’y avait aucun signe de strangulation, mais le tueur avait pu tirer Liz vers lui par son écharpe, puis lui couper la gorge. Le Dr Blackwell expliqua que le tueur devait être quelqu’un "habitué à utiliser un lourd couteau". (Il est possible qu’Elizabeth Stride n’ait pas été une victime de l’Éventreur : il semble qu’elle n’ait pas été étranglée avant d’être égorgée, et le couteau était plus large et moins pointu). Cette fois, de nombreux témoins contactèrent la police pour expliquer qu’ils avaient vu Liz juste avant sa mort. L’un des témoins était l’agent de police William Smith, qui avait fait sa ronde près de Berner Street et avait vu Liz parler avec un homme vers minuit et demi, peu avant son meurtre. L’homme que Smith avait vu avait "environ 28 ans". Il portait "un chapeau de chasse sombre et un manteau noir", une chemise blanche et une cravate. Il avait un paquet dans les mains et avait "l’air respectable". Un autre témoin, Israël Schwartz expliqua à l’inspecteur Swanson qu’à 00h45, il avait vu un homme s’arrêter et parler à une femme qui se tenait debout devant la cour. L’homme avait essayé de tirer la femme en direction de la cour, mais elle avait résisté et il l’avait jetée à terre. Elle avait crié, mais pas vraiment fort. Croyant assister à une dispute, Schwartz s’était éloigné. De l’autre côté de la rue, il avait vu un homme sortir d’un pub.

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Ses victimes Elizabeth Stride
Cet homme ou celui qui avait tiré la femme vers la cour avait crié "Lipski" (Israël Lipski était un Juif qui avait empoisonné une jeune anglaise en 1887 et son nom était depuis utilisé pour insulter les Juifs). Schwartz, Juif luimême, avait pris peur et s’était enfui. Il avait eu l’impression que l’homme du pub l’avait suivi. Schwartz identifia le corps de Liz comme celui de la femme qu’il avait vue jetée à terre, puis décrivit l’homme qui l’avait poussée : environ 30 ans, environ 1m65, cheveux bruns, moustache, vêtu de noir, une casquette noire à visière, rien dans ses mains. L’homme du pub avait environ 35 ans, 1m80, des cheveux châtains, une moustache, un manteau sombre, un chapeau noir à bords larges. La police prit les témoignages de Smith et de Schwartz très au sérieux. Deux autres témoins apparurent peu après. William Marshall vivait au 64, Berner Street et s’était tenu non loin du lieu du meurtre vers 23h45, plus d’une heure avant le meurtre. Il avait vu Liz discuter avec un homme d’âge moyen, portant une casquette à visière assez courte "comme un marin", plutôt corpulent, de taille moyenne, habillé comme un employé de bureau avec une veste noire et qui parlait "comme un homme éduqué". Malheureusement, Marshall n’avait pu voir le visage de l’homme. Liz avait très bien pu parler à un autre homme que son assassin, une heure avant le meurtre. Un dénommé James Brown contacta la police pour annoncer qu’il avait vu Liz vers 00h45, quelques minutes avant sa mort. Brown avait estimé l’heure plutôt que d’en être sûr : il n’avait pas de montre. Lorsqu’il avait atteint l’intersection de Berner et de Fairclough Street, il avait vu Liz parler à un homme. Brown avait entendu Liz dire : "Pas ce soir, un autre soir". L’homme était assez grand et portait un long manteau sombre. Ces témoignages n’aidèrent malheureusement pas la police à trouver un suspect.

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Elizabeth Stride, Death certificate

Ses victimes Elizabeth Stride
Dutfield's Yard : Sorte de cour à gauche de Berner Street, on y accédait en passant par une double porte de bois. Club International des Travailleurs : Les gens s'y retrouvant étaient pour la plupart des russophones qui se réunissaient les samedi et dimanche soirs. Vêtements de la victime : •Longue veste avec fausse fourrure aux col et manches, une rose rouge et blanche dans les cheveux. •chemise noire •bonnet de crêpe noir •Body marron •2 jupons de serge •1 chemise blanche •chaussettes blanches •bottes •2 mouchoirs •1 dé à coudre •une pelotte de laine entourée sur une carton Dans ses poches •une clé •un petit pinceau •6 boutons petits et 1 gros •un peigne •un bout de peigne cassé •une cuillère de métal •1 cintre •1 pièce de mousseline •1 ou 2 feuilles de papier. Trouvée serrant fortement une boîte de cachous dans la main. Rapport d'autopsie Le docteur George Baxter Phillips qui examina Chapman et Kelly fit l'autopsie : "Le bras droit était sur le ventre... les jambes ramenées proche du mur, le corps et le visage encore chaud et les mains froides. Un foulard de soie entourant le cou empêchait la tête de tomber. La gorge était profondément entaillée et une incision a été faite sur le bras droit.

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Ses victimes Elizabeth Stride
A 15 h, le lundi, le Dr Blackwell et moi-même avons fait une autopsie à la morgue St George. Nous avons noté que de la boue se trouvait sur le côté gauche du visage. La victime était bien nourrie. Un bleu est à noter sur le buste. Une incision trés nette a été faite sur le cou. Elle parcourt la mâchoire et est sans doute la cause de la mort. Le corps a déjà commencé son processus de décomposition.

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Ses victimes Elizabeth Stride

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Ses victimes Catherine Eddowes
Catherine Eddowes est née le 14 avril 1842 à Graisley Green en Wolverhampton. Elle mesurait environ 1 m 50, cheveux auburn, yeux noisettes. Elle avait un tatouage à l'avant-bras gauche marqué "TC". Au moment de son décès, on sut que la victime souffrait de la maladie de Bright. Ses amis parlaient d'elle comme d'une personne intelligente, instruite mais de sale caractère. Son histoire : Elle était la fille de George Eddowes ouvrier métallurgiste à l'usine Old Hall à Wolverhampton. Sa mère était Catherine Evans Elle avait 2 soeurs Elizabeth et Eliza et un oncle du nom de William Eddowes. La nuit du samedi au dimanche des 29-30 septembre
Catherine Eddowes

A 8 h du matin le 29, elle revient à la pension Cooney et voit Kelly. Elle porte des bottes à lui chez un prêteur sur gage sous le nom de Jane Kelly puis avec cet argent tous deux vont acheter de la nourriture, du thé et du sucre. Entre 10 et 11 h, ils ont été vu par Wilkinson entrain de manger le petitdéjeuner dans la cuisine de la pension. L'après-midi, ils avaient de nouveau besoin d'argent. Eddowes se proposa d'aller emprunter à sa fille habitant Bermondsey. Elle quitte Kelly à 14 heures, pensant revenir vers 16 h. Il dira dans sa déposition "Je n'ai jamais su si elle a vu sa fille ou non.". 20 h : Catherine Eddowes est vue en état d'ébriété dans Aldgate High Street en train d'imiter la cloche de la voiture des pompiers. Puis elle s'endort à même la rue. Elle est repérée par le police constable (sorte de gendarme) Louis Robinson au niveau du numéro 29 de la rue. Complètement saoule il la rétablit sur ses pieds et l'adosse sur le mur d'une maison, mais elle s'avachit de nouveau. Un autre policier, George Simmons vient aider son collègue à l'amener au poste de police de Bishopsgate. Une fois presque arrivés, il lui demande son nom, elle répond "personne". 20 h 50 : Robinson l'enferme dans une cellule. 21 h 45 : le policier George Hutt prend en charge la prison du commissariat et contrôle les cellules toutes les demi-heures. Minuit 15 : Kate chantonne dans sa cellule.

34 Minuit 30 : "relachez-moi" demande-t-elle, "Quand tu seras capable de te prendre en charge" lui dit Hutt. "J'en suis capable" répond-elle.

Ses victimes Catherine Eddowes
0 h 55 : Le sergent Byfield charge le policier Hutt de voir qui peut être relâché. Kate paraissant sobre, elle donne le nom de Mary Ann Kelly et comme adresse le 6 Fashion Street puis est relâchée. A 1 h elle sort du poste, ses propos sont rapportés : - Kate : "Quelle heure il est ?" - Hutt : "Trop tard pour que tu retournes boire" - K. : "Je boirais ! j'ai caché de quoi sur moi." - H. : " et soit mesurée, tu n'as plus le droit d’être saoule." Hutt pousse la porte du poste : - H. :"Voilà, Mam'zelle, et ferme la porte s'il te plait"." - K. :"Bon ça va, bonne nuit, bite molle!" Une fois sortie, elle prend la direction opposé de son quartier, c'est-à-dire des rues Flower and Dean. Puis elle est vue au niveau d'Aldgate High Street encore saoule. En descendant Houndsditch, elle passe devant Duke street puis au bout de celle-ci se trouve le passage de l‘église qui mène à Mitre square, dans la nuit sombre et dans le noir. On estime qu'il fallait 10 minutes pour arriver jusqu'à Mitre Square. Cela prend 30 minutes pour aller du commissariat jusqu'au lieu où elle sera vue pour la dernière fois, à Mitre Square. Alors que les policiers continuaient leur travail sur ce 3ème meurtre, un autre corps fut découvert à quelques centaines de mètres de là, dans Mitre Square. Cette grande place peu éclairée, située au centre d’un labyrinthe de rues étroites et d’impasses, était bordée de bâtiments commerciaux et d’entrepôts, et peu de gens y habitaient. La nuit, lorsque les commerces étaient fermés, Mitre Square devenait un endroit sombre et isolé.

Catherine Eddowes, Mortuary photograph

Catherine Eddowes, Mortuary photograph

Le policier Edward Watkins y faisait sa ronde de nuit. Il passa vers 1h30 et ne vit rien de particulier. Il revint vers 1h45 (45mn après la découverte du corps à Dutfield’s Yard) et tout lui sembla calme et désert. Mais lorsqu’il tourna sa lanterne vers l’un des coins de la cour, il découvrit le corps mutilé d’une femme. Elle était allongée sur le dos dans une marre de sang, sa robe remontée au-dessus de sa taille, la gorge coupée et ses entrailles à l’air. Watkins courut jusqu’au magasin de George Morris, un agent de police à la retraite, qui travaillait 35 également comme veilleur de nuit. Grâce à son sifflet, il fut rapidement rejoint par d’autres collègues.

Ses victimes Catherine Eddowes
Les policiers commencèrent à fouiller l’endroit et à chercher un éventuel suspect. Vers 2h00, le docteur Frederick Gordon Brown arriva sur les lieux et examina le corps. La femme avait été profondément égorgée. L’abdomen avait été ouvert, les intestins avaient été placés sur son épaule droite et son visage avait été affreusement mutilé. Selon le Dr Brown, le corps était encore tiède et elle avait dû mourir peu de temps avant que le policier Watkins ne la trouve. Elle n’avait pas d’argent sur elle et il sembla qu’elle n’avait pas lutté contre son agresseur. Les policiers ne parvinrent pas à comprendre comment le tueur avait pu agir, surtout en si peu de temps, dans Mitre Square. Beaucoup d’agents de police patrouillaient dans ce quartier à cette heure. En plus de l’agent Watkins et du veilleur de nuit Morris, un autre policier, dont la ronde incluait une partie de Mitre Square, était passé vers 1h42 et n’avait rien vu ni entendu. Un autre agent de police vivait non loin et avait dormi sans être réveillé par quoi que ce soit. L’assassin s’était approché de sa victime sur la place, l’avait étranglée, égorgée, éventrée puis s’était enfui, et tout cela en l’espace de 15mn. A 2h55, le policier Alfred Long trouva un morceau de tablier de femme ensanglanté dans l’entrée d’un bâtiment de la Goulston Street, vers le nord-est de Whitechapel, non loin d’une fontaine publique à l’eau rougit de sang (il est possible que le meurtrier s’y soit lavé les mains). Juste au-dessus du tablier, écrit à la craie blanche sur le mur de briques noires, on pouvait lire : The Juwes are (Les Juifs - avec une faute d’orthographe - sont) The men That (Les homme Qui) Will not(Ne seront pas) be Blamed (Accusés) For nothing (Pour rien)
Catherine Eddowes, Frederick Fosters drawing

Catherine Eddowes

Le morceau de tablier appartenait à la femme qui avait été assassinée dans Mitre Square et la police pensa que l’inscription avait été faite par le tueur. Un policier fut laissé en faction devant l’inscription et on demanda à ce qu’il soit photographié. Mais avant que cela fût fait, Sir Charles Warren, le Préfet de Police, ordonna de l’effacer. Warren allait être violemment critiqué pour cette décision, mais expliqua que l’inscription était visible de tous et ne pouvait être couverte : il craignait que si la population de Whitechapel la 36 lisait, les juifs furent lynchés et leurs magasins détruis.

Ses victimes Catherine Eddowes
Le tueur avait-il été capable d’accomplir ces deux meurtres en peu de temps, et notamment les mutilations de la seconde victime, sans être vu par un policier ou un passant, alors que le quartier était sur ses gardes ? Et il avait peut-être même pris le temps d’écrire sur le mur... La police interrogea tous les habitants des maisons alentour. Les passants qui s’étaient réunis pour voir le corps furent eux aussi interrogés.

Catherine Eddowes, Frederick Fosters drawing

La femme assassinée dans Mitre Square fut plus facilement identifiée car elle avait sur elle des billets de dépôt de gage. La police les fit connaître au public et un homme, John Kelly, vint expliquer qu’il avait vécu avec cette femme durant 7 ans dans une chambre au 55 Flower et Dean Street. Catharine Eddows, appelée Kate par tous ceux qui la connaissaient, était une femme gentille, amicale et toujours heureuse, connue pour sa bonne humeur et son amour du chant. Comme les autres victimes, elle avait périodiquement des problèmes avec l’alcool, qui la poussait à se quereller avec ses compagnons et sa famille. Elle était née en 1842. Ses parents étaient morts lorsqu’elle était enfant. A 16 ans, elle était tombée amoureuse de Thomas Conway et était partie vivre avec lui. Ils vécurent ensemble 20 ans et eurent trois enfants. Mais Kate buvait trop et Conway la battait, aussi le couple se séparât-il en 1880. L’année suivante, Kate rencontra John Kelly et ils s’installèrent ensemble. Ses amis affirmèrent que Kate n’était pas une prostituée, mais il lui arrivait de vendre ses charmes, peut-être sous l’effet de l’alcool. Le soir de sa mort, Kate avait dit à John Kelly qu’elle allait rendre visite à sa fille pour lui emprunter un peu d’argent. Il lui avait parlé du tueur de Whitechapel et lui avait conseillé de ne pas s’attarder. Kate l’avait rassuré en lui affirmant qu’elle prendrait soin de ne pas tomber entre ses mains. Mais elle ne se rendit pas chez sa fille et parvint à trouver assez d’argent pour aller se saouler dans un pub et 37 finir dans une cellule du commissariat de police de Bishopsgate Street.

Catherine Eddowes, Mortuary photograph

Ses victimes Catherine Eddowes
Elle dormit là jusqu’à 00h30, puis on la laissa sortir. Inquiète du fait que John Kelly allait sûrement la réprimander si elle rentrait trop tard, elle se pressa de partir. Mitre Square était à moins de 10mn de là. Comme dans les meurtres de Polly Nichols et Annie Chapman, la gorge de Kate avait été profondément tranchée de gauche à droite, ce qui avait causé sa mort. Le Dr Brown, qui fit l’autopsie, expliqua que l’abdomen avait été ouvert et les intestins détachés. Le rein gauche avait été prélevé avec soin, sans être abîmé. L’utérus avait été coupé horizontalement et presque entièrement enlevé, alors que le vagin et le col de l’utérus n’avaient pas été endommagés. Le foie, l’aine, le pancréas avaient été tranchés. Selon le Dr Brown, le meurtrier avait utilisé un couteau très aiguisé d’environ 15cm de long. Il ajouta : "L’instigateur de cet acte devait avoir une grande connaissance anatomique, pour réussir à retirer le rein et connaître sa position. De telles compétences peuvent être acquises par quelqu’un habitué à tuer des animaux... Il a fallu au moins cinq minutes pour perpétrer ces mutilations". Le visage de Kate était mutilé au niveau des yeux, une partie du nez avait été coupé, ainsi que le lobe de son oreille droite. Un témoin, Joseph Lawende, qui avait quitté l’Imperial Club vers 1h35 avec des amis, vint expliquer qu’il avait vu un couple discuter dans Church Passage, près de Mitre Square. Lawende reconnut les vêtements de Kate. L’homme qui parlait avec elle avait environ 30 ans, était de taille moyenne, vêtue d’un manteau gris, arborait une petite moustache claire et portait une casquette à visière grise ainsi qu’un foulard. A peine 10mn plus tard, Kate était assassinée. Que dire de l’inscription à la craie découverte une heure plus tard, non loin du morceau de tablier de Kate Eddowes ? Il existe plusieurs théories et interprétations. La première (sans doute la bonne) est que le message n’a pas été écrit par le tueur, mais plutôt par un quelconque antisémite, et que le tueur a, par coïncidence, jeté là le morceau de tablier avec lequel il avait essuyé son couteau. L’inspecteur en chef Swanson indiqua dans un rapport que l’inscription était ancienne, un peu estompée.

Catherine Eddowes, Frederick Fosters drawing

Une autre théorie, proposée par Walter Drew, officier de police à Whitechapel en 1888, est que le message "représente le geste de défi d’un juif dérangé, euphorique après ses ‘triomphes’ sanglants de Dutfield Yard et de Mitre Square". L’un des nombreux problèmes de cette interprétation est qu’il n’existe aucun dialecte ou patois dans lequel "Jews" (Juifs) s’écrit "Juwes" : le message aurait donc plutôt été écrit par une personne illettrée. La troisième théorie était que le message avait bien été écrit par le tueur, mais était "un subterfuge intentionnel dans le but d’incriminer les Juifs et d’éloigner la police de la piste du véritable meurtrier". Cette théorie était celle qui avait les faveurs de Scotland Yard et de la communauté juive. En tout cas, l’auteur du message ne fut jamais identifié. Les habitants de Whitechapel furent terrifiés, 38 choqués, indignés et courroucés. Ils se réunirent dans les rues pour demander la démission de Sir Charles Warren et du ministre Henry Matthews. Sans succès.

Ses victimes Catherine Eddowes
Les habitants de Whitechapel furent terrifiés, choqués, indignés et courroucés. Ils se réunirent dans les rues pour demander la démission de Sir Charles Warren et du ministre Henry Matthews. Sans succès. Ses effets le dernier jour : un bonnet de paille une veste noire entourée aux poches de fausse fourrure avec de large boutons en métal une jupe vert sombre agrémentée de fausses marguerites et fleurs dorées une veste d'homme blanche un body marron, des collants de velours verts une jupe d'alpaga vert trés usée une jupe bleue usée une chemise blanche une paire de lacets pour bottes d'homme un mouchoir de poche blanc 2 petits sacs bleus 2 pipes noires courtes en terre 1 boîte en fer de thé, 1 autre pour le sucre 1 petite boîte d'allumettes vide, probablement celle du tueur ! MAYBRICK en parle dans son journal ! 1 morceau de flanelle rouge avec épingles et aiguilles 6 morceaux de savon 1 peigne à petites dents 1 couteau de table blanc 1 cuillère de métal 1 coffret à cigarettes d'homme avec séparations en métal blanc, MAYBRICK parle dans son journal du coffret oublié près de la victime, ce qui fera dire de lui qu'il est Jack l'éventreur puisqu'il parle de choses non signalée dans la presse 1 balle de chanvre 1 vieux tablier blanc rapiécé plusieurs boutons et un dé-à-coudre 1 ticket de gage au nom d'Emily Burrell, 52 White's Row, daté 31 août, sur une chemise d'homme en flanelle. L'autre au nom de Jane Kelly au 6 Dorset Street et daté du 28 septembre un reste de lunettes 1 mitaine rouge La peur s’intensifia dans l’East End et durant la semaine qui suivit le double meurtre, les rues de Whitechapel furent quasiment désertées à la tombée de la nuit. De nombreuses prostituées évitèrent de rester dehors, autant qu’elles le pouvaient, se logeant dans des asiles de pauvres ou dans leur famille.

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Ses victimes Catherine Eddowes
Les Londoniens évitaient le quartier et les commerçants virent peu de clients. Et pourtant, les rues étaient en général plus sûres qu’elles ne l’avaient été car tout le monde était en état d’alerte et de nombreux policiers, en civil ou en uniforme, patrouillaient jour et nuit. De plus, le Comité de Vigilance de Mile End employait des hommes, équipés de sifflet et de gourdin, pour sillonner les rues après minuit. Un policier s’habilla même en femme et se fit passer pour une prostituée, essayant d’attirer le tueur. Il s’attira surtout les quolibets des habitants du quartier... La police visita les asiles de nuit et interrogea plus de 2000 logeurs. Plus de 80 000 prospectus furent imprimés et distribués, demandant à d’éventuels témoins du double meurtre de s’adresser au poste de police le plus proche. 76 bouchers et équarrisseurs furent interrogés, ainsi que leurs employés. La police interrogea aussi les marins qui travaillaient sur la Tamise. Des chiens policiers furent déployés dans le quartier, mais on ne possédait pas d’objet ayant appartenu au tueur que les chiens auraient pu renifler. Et les odeurs putrides de Whitechapel perturbèrent leur odorat. Peu à peu, la vie reprit son cours normal dans l’East End. Il n’y eut pas de meurtre durant un mois et, bien que les journaux continuèrent à publier de nombreux articles sur l’Éventreur, les prostituées redescendirent dans les rues.

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Catherine Eddowes, Death certificate

Ses victimes Mary Jane Kelly
Le vendredi 9 novembre 1888, Londres fêtait le Lord Mayor’s Show, une manifestation importante durant laquelle le futur maire prenait place dans son bureau, avec or et apparats. Les gens étaient nombreux dans les rues et le commerçant John McCarthy, qui louait des chambres dans Dorset Street, au sud de Spitalfield Market, était surpris de ne pas voir l’une de ses locataires, Mary Kelly. Il envoya son apprenti, Thomas Bowyer, pour qu’il collecte l’arriéré de loyer que Kelly lui devait. Personne ne répondit lorsqu’il frappa à la porte, qui était verrouillée, et Bowyer jeta un œil par un carreau de fenêtre brisé. Il aperçut un corps ensanglanté sur le lit. Affolé, il courut voir McCarthy, qui appela immédiatement le policier local. L’inspecteur Beck parlait avec un officier de police, Walter Dew, et ils se rendirent tous deux au 13 Miller’s Court. Ils regardèrent par la fenêtre et, dans la semi-obscurité, ils aperçurent un corps affreusement mutilé.

Mary Jane Kelly

Beck prévint son supérieur, qui arriva rapidement sur les lieux et fit mander le médecin de la police, le Dr George Bagster Phillips. L’inspecteur Abberline arriva peu après. Ils attendirent que le préfet de police, Sir Charles Warren, arriva à son tour, mais celui-ci venait juste de démissionner. Ils ouvrirent la porte et pénétrèrent dans une petite chambre à peine meublée. Le corps de la jeune Mary Kelly était allongé sur le lit, les jambes écartées, le corps en charpie. Elle avait été égorgée, le tueur avait coupé sa carotide. Les mutilations avaient eu lieu après sa mort. Mary Kelly était nue. Son abdomen et l’intérieur de ses cuisses avaient été enlevés et la cavité abdominale avait été vidée de ses viscères, qui avaient été posées tout autour du corps. Les seins avaient été coupés, les bras et le visage déchiquetés. La férocité de ce meurtre horrifia le docteur Phillips, pourtant expérimenté. L’autopsie fut menée par le Docteur Bond, en présence des Docteurs Phillips et Brown. Alors qu’ils tentaient de reconstituer le corps de Mary Kelly, ils réalisèrent que le tueur avait emmené son cœur avec lui. Les médecins affirmèrent que les mutilations avaient été effectuées avec un couteau très aiguisé, d’environ 15 cm de long. Le Dr Phillips estima que Mary Kelly avait dû être assassinée entre 5 et 6 heures du matin. Mary Kelly était une Irlandaise de 25 ans, un peu ronde, qui se prostituait occasionnellement avec deux ou trois amies, souvent bien vêtue. Au moment de son décès, elle n’avait plus payé son 42 loyer depuis plusieurs semaines et son amant, Joe Barnett, était au chômage.

Ses victimes Mary Jane Kelly
Elle avait donc dû retourner à la prostitution pour survivre. Les gens la décrivaient comme une jeune femme grande et belle, gentille avec tout le monde. Une amie ajouta qu’elle devenait grossière lorsqu’elle était saoule, mais qu’elle était adorable et honnête lorsqu’elle était sobre. Le meurtre de Mary Kelly engendra la panique dans les rues de Whitechapel, qui furent de nouveau désertées la nuit. La police travailla d’arrache-pied. Chaque piste fut suivie, chaque suspect fut longuement interrogé. Mais les enquêteurs n’obtinrent aucun résultat probant et furent fortement critiqués. La reine Victoria, elle-même, était furieuse. Elle ordonna au Premier Ministre de doter chaque rue d’un éclairage public et d’améliorer la formation des policiers. Le Times fut plus compréhensif. Il expliqua que les meurtres étaient accomplis avec une "perfection qui déroute les enquêteurs". Aucun indice probant n’était laissé par le tueur et aucun mobile rationnel ne pouvait être trouvé pour ces meurtres horribles.
Mary Jane Kelly, crime scene photo

La police trouva plusieurs témoins intéressants, dont George Hutchinson, un ouvrier au chômage qui connaissait Mary Kelly. Il l’avait rencontré vers 2h du matin, et elle lui avait demandé de l’argent. Mais il n’en avait pas et elle s’était éloignée pour aller discuter avec un autre homme. Ce dernier portait un chapeau de feutre mou et avait passé son bras autour des épaules de Mary Kelly. Ils étaient tous deux repartis dans l’autre sens et Hutchinson avait croisé le regard de l’homme. Il les avait suivis discrètement alors qu’ils revenaient vers Miller’s Court en discutant. Marry Kelly avait invité l’homme à l’intérieur et il l’avait embrassée. Ils étaient entrés dans la chambre de Mary Kelly. Hutchinson les avait attendu 3/4 d’heure mais, ne les voyant plus ressortir, il était parti.

Mary Jane Kelly, crime scene photo

Selon Hutchinson, l’homme avait 35 ans, mesurait environ 1m70, était pâle, avait des cheveux noirs et une petite moustache bouclée aux deux extrémités. Il portait un long manteau sombre avec un col en astrakan, un costume sombre, des bottines à boutons et une cravate sombre avec une épingle en forme de fer à cheval. Il avait une apparence respectable, mais "on aurait dit un étranger" (un Juif...). Il tenait dans ses mains un paquet d’une vingtaine de centimètres de long. 43

Ses victimes Mary Jane Kelly
D’autres personnes avaient vu Mary la nuit de sa mort et, entre 3h30 et 4 heures du matin, trois femmes habitants Millers’ Court avaient entendu quelqu’un s’écrier "Au meurtre !". Mais ce genre d’appel était si courant dans le quartier qu’elles n’y avaient pas vraiment prêté attention. L’inspecteur Abberline crut le récit d’Hutchinson mais se demanda pourquoi il avait "surveillé" Mary Kelly et son probable assassin. Hutchinson expliqua qu’il connaissait Mary depuis des années et lui avait plusieurs fois prêté de l’argent. Il l’appréciait-il et s’inquiétait de ce qui pouvait lui arriver. Il est plus probable, en fait, qu’il attendait qu’elle en ait fini avec ce client et espérait bénéficier de ses faveurs... Deux policiers parcoururent le quartier avec Hutchinson, dans l’espoir qu’il reconnaîtrait le client, sans résultat.

13 Millers Court 1888

Le lendemain du meurtre, le ministre de l’Intérieur, Henry Matthews, proposa un "pardon officiel pour tout complice n’ayant pas personnellement commis ou participé à un meurtre" et qui dénoncerait l’Éventreur. Cette mesure semble avoir été une manoeuvre purement politique car la police pensait déjà que le tueur n’avait aucun complice. Avec l’arrivée de l’hiver, l’activité de la police se ralentit. Tous les suspects avaient été interrogés et toutes les pistes avaient abouti à une impasse. Jack l’Éventreur ne fit plus parler de lui.

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Mary Jane Kelly, Death certificate

Ses victimes Mary Jane Kelly

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Ses victimes Mary Jane Kelly
Selon le rapport d'autopsie, le dernier meurtre dépassa tous les autres en horreur : « Le corps est allongé au milieu du lit, les épaules à plat, mais l'axe du corps est légèrement incliné vers le côté gauche, la tête tournée sur la joue gauche. Le bras gauche se trouve le long du corps, avec l'avant-bras replié à angle droit et reposant en travers de l'abdomen. Le bras droit, quelque peu détaché du corps, se trouve sur le matelas, tandis que l'avant-bras, posé sur l'abdomen, laisse apercevoir les doigts serrés. Les jambes sont largement écartées, la cuisse gauche formant un angle droit avec le tronc, tandis que la cuisse droite dessine un angle obtus avec le pubis. Toute la surface extérieure de l'abdomen et des cuisses a été arrachée, alors que les viscères ont été retirés de la cavité abdominale. Les seins sont coupés à leur base, les bras mutilés de nombreux coups de couteau irréguliers et le visage est totalement méconnaissable. Les tissus du cou ont été sectionnés jusqu'à l'os. Les viscères ont été éparpillées un peu partout : l'utérus, les reins et un sein se trouvent sous la tête ; l'autre sein, près du pied droit ; le foie, entre les pieds ; les intestins, à la droite du corps ; la rate à la gauche du corps ; des lambeaux de chair de l'abdomen et des cuisses ont été empilés sur une table ; le cœur a été retiré et n'a pas été retrouvé. »

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Ses victimes Emma Elizabeth Smith
Emma Elizabeth SMITH a été pense-t-on une victime de Jack l'Eventreur. Veuve, elle habitait la rue George à près de Spitalfields. Le 2 avril 1888, le jour du bank holiday monday, elle passa la soirée probablement à faire le trottoir sur la Grand rue de Whitechapel. Peu après minuit elle se dirigea vers Osborn street et remarqua 3 jeunes - le plus jeune avait 18ans - qui la suivait depuis l'église de Whitechapel, ils l'attaquèrent à l'angle de Taylor Bros Mustard and cocoa mill et de l'angle de Brick Lane et de Wentworth street.

Emma Smith 'The Illustrated Police News'

Emma Elizabeth SMITH a été pense-t-on une victime de Jack l'Eventreur. Veuve, elle habitait la rue George à près de Spitalfields. Le 2 avril 1888, le jour du bank holiday monday, elle passa la soirée probablement à faire le trottoir sur la Grand rue de Whitechapel. Peu après minuit elle se dirigea vers Osborn street et remarqua 3 jeunes - le plus jeune avait 18ans - qui la suivait depuis l'église de Whitechapel, ils l'attaquèrent à l'angle de Taylor Bros Mustard and cocoa mill et de l'angle de Brick Lane et de Wentworth street. Elle fut volée et violée, et un instrument pointu introduit dans son vagin, déchirant le périné. Elle fut amenée à l'hôpital de Londres (London Hospital) et resta dans le coma jusqu'à sa mort le 5 avril. La police pense qu'elle avait été victime d'un gang de Old Nichol mais les assassins ne furent jamais arrêtés. En septembre 1888, la presse l'assimila à une victime de l'Eventreur. Ses blessures abdominales, comparées avec celles de Martha Tabram autre victime, ont lancé la croyance que ces femmes furent victimes du tueur comme Fairy Fay. La victime est sans doute la même personne qui a été condamnée par la Thames Magistrates Court pour ébriété et désordres le 14 décembre 1887. Mais ce type de nom était suffisamment répandu pour que ce ne soit pas elle.

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Emma Smith, Death certificate

Ses victimes Martha Tabram
Victime de l'éventreur pense-t-on, femme d'un magasinier du nom d'Henry Samuel TABRAM, Martha vécut durant 9 ans avec William TURNER. Martha logea au 19 George street, dans le quartier de Spitalfields. Turner la revit le 4 août pour la dernière fois. Le lundi 6 août, jour du Bank Holiday, Martha sortit le soir accompagnée de Mary Ann Connolly dite Pearly Poll. Plusieurs témoins pensent qu'elle avait connu Martha dans des pubs la rencontrant de temps à autres au bras de soldats. Pearly Polls trouva avec Polly deux soldats -un caporal et un soldat- au bar le Two Brewers et but avec eux dans divers endroits, dont le White swan situé dans la Grand'rue de Whitechapel. C'est vers minuit moins le quart que le groupe se sépare. Pearly Poll et le caporal allèrent dans l'allée Angel pour Martha Tabram, Mortuary Photograph s'adosser contre un mur. Martha et son homme partirent sur George Yard (devenu aujourd'hui Gunthorpe street) pour faire comme sa copine. A 2 heures, le Policier Constable Barrett aperçut le grenadier à Wentworth street (c'est-à-dire au nordest de George Yard) Il déclara au policier attendre un camarade à lui qui était sorti avec une fille. A 3h30 du matin, le conducteur de coche, Alfred Crow rentrait chez lui, un immeuble de George Yard, une venelle créée à partir d'une vieille usine au nord est de George Yard. Il aperçut ce qu'il crut être un clochard dormant parterre. A 4h80 du matin, John Saunders Reeves, un autre riverain de George Yard descendit les escaliers et trouva le corps de Martha dans une mare de sang. Un correspondant de presse suggéra que le légise qui examina la victime ne pouvait pas savoir que la blessure venait d'une baïonnette ou d'un autre instrument. La blessure était faite par un engin triangulaire. Le mémorandum MacNaghten

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Marth Tabram, Death certificate

Ses victimes Martha Tabram
c'est dans ce journal quil parle du problème de l'enquête, de Pearly Poll, et du client soldat de Martha Tabram qui la tua (selon lui). Depuis la découverte du mémorandum, la plupart des chercheurs sur l'éventreur ont admis que Jack l'éventreur a tué 5 femmes dénommées Victimes Canoniques de l'Eventreur. Il fut celui qui exclut Tabram de ce groupe. Jon Ogan, un chercheur sur le ripper, fit remarquer que rien ne déterminait qu'une baïonnette avait été utilisée pour ce meurtre. Notons tout de même qu'il y a presque 4 heures d'écart, entre le moment où on l'a vu en vie et le moment final, elle aurait donc pu faire d'autres clients. L'avis d'Abberline A l'époque, l'Inspecteur Frédérick Abberline pensait que Martha TABRAM était une des victimes de l'éventreur. Ce fut aussi le cas semble-t-il du Dr Robert Anderson, Willima Beadle pensaient que les blessures de Martha avait été faite par un canif, William Henry Bury était de cela.

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Ses victimes Alice McKenzie et Frances Coles
Alice McKenzie, une prostituée de 40 ans qui fut trouvée morte le mercredi 17 juillet 1889. Elle avait été égorgée et sa carotide était tranchée. Son abdomen avait été mutilé, mais les blessures étaient de nature différente de celles accomplies par l’Éventreur. Les Dr Bond et Phillips ne parvinrent pas à s’accorder pour savoir si elle avait été tuée ou non par l’Éventreur.

Alice McKenzie, Mortuary photograph

Le vendredi 13 février 1891, une prostituée de 26 ans nommée Frances Coles fut découverte morte, la gorge tranchée. Le Dr Phillips ne pensa pas que l’Éventreur fut son assassin et les soupçons se portèrent sur un marin avec qui elle s’était querellée. La police n’obtint toutefois pas assez de preuves pour l’inculper.

Francis Coles, Mortuary photograph

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Jack l’éventreur L’Inspecteur Fréderick ABBERLINE (1843-1929)
Inspecteur de la Metropolitan Police chargé des détectives sur le terrain lors de l’enquête sur les Meurtres de Whitechapel On lui a souvent attribué à tort la charge de l’enquête sur Jack l’Éventreur Il est né à Blandford dans le Dorset, son père Edward était artisan sellier et aussi en charge de l’intendance des marchés. Il était impliqué dans un certain nombre d’activités gouvernementales. Sa mère Hannah CHINN devînt veuve en 1859 date à laquelle elle prit la gestion d’une boutique pour élever ses trois enfants Harriet, Edward Junior et Frédérick. Frédérick travailla d’abord chez un tailleur avant d’être engagé dans la police métropolitaine en 1863 sous le matricule 43519.

L’Inspecteur Fréderick ABBERLINE avec un témoin

En 1865, il passe sergent. En mars 1868, il épouse Martha MACKNESS alors âgée de 25ans qui décède en mai 1868. En 1873, il est promu Inspecteur et muté à la division H (celle en charge du quartier de Whitechapel) où il restera durant 14ans. En 1876, il épouse Emma BEAMENT, fille de commerçant. Deux ans plus tard il passe Inspecteur Divisionnaire et prend la tête du service de la Division H. En 1887, il est transféré à la division A et après à celle de Scotland Yard. Il passe Inspecteur de Première Classe en 1888 et Inspecteur en Chef en 1890. Il prend sa retraite à pleine pension en 1892 et monte une agence privée, pour par la suite prendre la direction de la célèbre agence Pinkerton. En 1904, il déménage à Methuen road à Bournemouth et en 1911 bouge à Holdenhurst road d’où il ne bougera plus jusqu’à la fin en 1929. Il est enterré dans une tombe sans inscription dans le cimetière de Winborne road (n° d’inventaire Z259N), Sa femme Emma le suivra de peu en 1930. Certains ont argumenté du fait que la retraite anticipée d’Abberline à plein traitement avait en soi un aspect suspect puisqu’il n’avait que 49ans, précisons qu’il venait alors suite à la fin de l’enquête d’être promu Inspecteur en Chef et surtout suite au fait qu’il avait eu à traiter deux affaires sensibles : Jack l’Éventreur et le Scandale de Cleveland Street. Une note de la police datée de 1890 propose la mise en retraite anticipée avec pension. Il faut préciser que cet état de fait n’a rien d’exceptionnel, le métier de policier et plus spécifiquement chargé des 57 crimes étant très éprouvant, de par les horreurs qu’ils voient, la Police de tous les pays moderne propose, aujourd’hui encore, ce genre de facilité de mise en retraite anticipée.

Jack l’éventreur L’Inspecteur Fréderick ABBERLINE (1843-1929)
On sait en fait peu de chose sur cette personne. Une photo a été découverte tout récemment, et l’on a une trace de son écriture en raison du fait qu’il a annoté quelques pages de son ami Walter Green à la fin de sa vie. Abberline se glorifiait d’avoir reçu près de 84 récompenses ou citations pour état de service. Ce que l’on sait en tout cas c’est qu’il avait une connaissance parfaite de l’East End et de ses magouilles. Une énigme continue : diverses opinions de policiers (article par Andrew L Morrison) Suite à la vague de meurtre de l'éventreur, nombre de policiers exprimèrent leurs opinions sur l'identité du tueur en répondant à des entrevues dans des journaux, en écrivant des mémoires, mémorandum, etc...

L’Inspecteur Fréderick ABBERLINE

Il n'en demeure pas moins que parfois ces vues demeurent se rejoignent ou se contredisent. Ca donne l'impression que tous les policiers impliqués n'ont pas lu le même scénario. Principaux acteurs et témoins de l'époque : Frédérick George Abberline (lire ABEURLAïNE) Quand il est interviewé en 1903 dans la Pall Mall Gazette, Abberline propose la théorie de la culpabilité de George Chapman ( pseudonyme de S A Kolowski). Il déclare : "...je ne peux m'empêcher de croire qu'il est l'homme contre lequel nous avons travaillé si durement à sa capture, il y a 15 ans de cela.« Dans une autre interview donnée la même année, il donne son avis sur les suggestions faites selon lesquelles l'éventreur était mort : "c'est une stupidité de dire que la police avait des preuves que l'homme était mort". Abberline parle aussi de Kosminiski et Druitt sans les nommer : "Je sais... qu'on a parlé du fait que l'homme était mort dans un asile pour fous il y a quelques années, mais rien de raisonnable ne permet d'affirmer une telle chose" et "peu après le dernier meurtre de Whitechapel, le corps d'un jeune docteur fut retrouvé dans la Tamise, mais il n'y a absolument aucun fait qui ne permette de l'incriminer.«

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Jack l’éventreur L’Inspecteur Fréderick ABBERLINE (1843-1929)
Déclarations de l'Inspecteur de la Metropolitan Police (extrait d'un addendum tiré du livre de Donald RUMBELOW, The complete Jack the ripper - 1975 et autres rééditions) "Des suppositions" disait l'inspecteur en chef Abberline lorsqu'il parlait des meurtres (rapporté dans le Cassell's Saturday Journal en mai 1892), "nous étions perdus dans des supposiions que Jack l'éventreur était décédé, ou qu'il était devenu fou ou quelque chose dans le genre". Ce qu'il pensait vraiment, on ne le sut jamais, comme une partie des papiers de Scotland Yard sur ce sujet sont manquants, à part quelques restants, ils ont été présume-t-on détruits; et hors mis quelques allégations, qui ont été rejettées (dans un de mes papiers daté de février 1988), selon laquelle le ministère de l'Intérieur cacherait quelques secrets, tout ce qui est disponible a été mis à disposition du public. L'explication peut être faite par une déclaration d'Abberline qui disait que près de 1.600 documents ou enquêtes avaient été rédigés au moment des recherches. Il faut aussi constater que les East-ender dans leurs soucis d'aider la police avait multipliés leurs déclarations - l'ensemble devait constituer une masse de documents. Considérant les 4 meurtres, l'ensemble des 1600 documents réunis n'est pas excessif. Ils son déposés au bureau d'enregistrement londonnien de la Corporation de la City. Le reporter de la Pall Mall Gazette avait trouvé Abberline entouré de documents et de coupures de presse lorsqu'il lui avait rendu visite. Difficile de savoir ce qu'il en est, mais des rumeurs ont confirmé ces dire, la famille Sickert possèderait 4 cahiers renfermant des notes de lui. On peut spéculer sur leur contenu, mais je ne pense pas qu'ils puissent apporter beaucoup au problème, ils n'ont pas aidé KNIGHT ou Joseph SICKERT lorsqu'ils ont travaillé ensemble à dénoncer la théorie de la culpabilité du Prince-Duc de Clarence, petit-fils de la reine. Abberline n'a jamais écrit quelque chose sur les meurtres, et la raison peut en être comprise en lisant les coupures de presse, qu'il compila soigneusement lui-même. Des annotations sont mises en marge de ces coupures par Abberline. Ce qui est le plus agaçant c'est qu'il n'a même pas mis d'annotation sur les 2 cas les plus intéressants : les crimes de Whitechapel et le scandale de Cleveland Street (le Duc de Clarence fut compromis dans une relation homosexuelle). Mais il explique tout de même pourquoi il n'écrivit jamais ses mémoires. Cela commence ainsi :"Pourquoi je n'ai jamais écrit mes mémoires lorsque je me suis retiré de la 59 police..."

Jack l’éventreur L’Inspecteur Fréderick ABBERLINE (1843-1929)
Son silence sur les 2 cas dont j'ai parlé a parfois été interprété par une obligation qui lui avait été faite de se taire. Rien ne permet de l'affirmer. Lorsqu'il mourut en 1929, le montant de sa richesse s'élevait à 317 £. Son épouse mourut à quelques semaines d'écart avec 32 £ seulement. Il n'y a pas là-dedans la moindre preuvre d'une compensation ou récompense quelconque. L'ensemble des mots écrits, pour frustrants qu'ils soient, se résume à cela : "Je pense qu'il est juste de dire ici la raison pour laquelle les diverses coupures tirés des journaux sont rassemblées sur les affaires que j'ai eu à traiter - cela n'a jamais été propriété publique - il est évident que je pourrais écrire des choses qui pourrait être intéressantes à lire. A l'époque où je me suis retiré de la police les autorités n'étaient pas favorables aux démissions d'officiers de police craignant que l'on écrive n'importe quoi dans la presse comme cela avait déjà été le cas auparavant. Mis à part cela, il ne fait aucun doute qu'en décrivant les méthodes de recherche de la police, nous informons les criminels en leur permettant d'anticiper et même de commettre leurs crimes impunément. Le meilleur exemple en est que depuis nous réussissons à révéler les empreintes des doigts, les voleurs portent des gants."

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Jack l’éventreur L’inspecteur principal Donald Swanson
Date de Naissance: 1848, Thurso, Wick, en Ecosse. 1868: 27 avr - Inscription police métropolitaine, un mandat nombre 50282. 1887: nov - Objectif atteint le rang de chef inspecteur, CID, de Scotland Yard. 1896: Promu au surintendant. 1897: en cause dans une répression sur la prostitution masculine. 1903: la retraite.
l’Inspecteur principal Donald Swanson

1924: Nov 24 - Dies à 3 Presburg Road, New Malden, Surrey. Enterré au cimetière de Kingston.

Swanson était un ami intime de Robert Anderson, son «vieux maître». Melville Macnaghten a appelé "un fonctionnaire très compétent" Swanson a écrit que "... le suspect a été envoyé à Stepney Workhouse, puis à Colney Hatch et il est décédé peu de temps après - Kosminski était le suspect." (Swanson marginales c1910-1924).

Un article de presse a indiqué que "... M. Swanson croit les crimes comme le travail d'un homme qui est mort." (Pall Mall Gazette Mai 7 1895)

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Jack l’éventreur Sir Charles Warren
Né le : 17 février 1840. Education : à Cheltenham, Sandhurst et Woolwich. 1857 : Entre au Corps Royal des Ingénieurs. 1867 : Sert en Palestine. 1870 : Retourne en Angleterre. 1876-77 : En poste en Afrique comme Commissaire Spécial pour le Ministère Colonial. 1877-78 : Combat à la guerre de Kaffir où il est blessé gravement et promu au rang de LieutenantColonel. 1880 : Retour en Angleterre. 1882 : Enquêta sur les meurtres lors de l'expédition du Professeur Edward Palmer en Egypte. Il fut annobli à ce moment. 1884 : Participe à la 2nde expédition avec le Général Gordon à Khartoum. 1886 : Mars - Succède à Edmund Henderson à la tête de la Metropolitan Police au poste de Commissioner (sorte de Préfet). 1888 : Nov 8 - Démission de son poste à Scotland Yard de Commissioner. 1899-1902 : Combat dans la guerre des Boers 1927 : 26 janvier - Décède Warren ne fit jamais aucune déclaration sur l'idée qu'il avait de l'identité du tueur mais il écrivit le 17 octobre 1888 dans un rapport quand il était au ministère de l'Intérieur : "Je me suis occupé des séries de meurtres qui sont uniques dans l'histoire de notre pays."

Sir Charles Warren

Portrait de Sire Charles Warren peint durant la guerre des Boers

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Jack l’éventreur Détails de l'enquête Le mode opératoire

Jack l’Éventreur était un tueur “classique” en cela qu’il s’attaquait aux victimes "traditionnelles" des tueurs en série : les prostituées. Il lui était simple de trouver des victimes, des femmes pauvres obligées de se prostituer et prêtes à suivre un client s’il n’avait pas "une trop mauvaise tête". Les meurtres ont eu lieu la nuit, sauf celui d'Annie Chapman (au lever du jour) et, à l’exception de celui de Mary Kelly, se sont déroulés dans les rues de l’East End. D'après les témoignages, les victimes de l'Éventreur étaient saoules au moment où il les agressait, ce qui pourrait expliquer qu'il parvenait à les prendre par surprise et qu'elles ne criaient pas. L’assassin et sa victime étaient face à face dans la rue, car les prostituées de l’East End accomplissaient leur "travail" directement dans la rue, debout, un peu à l’écart. L’Eventreur se jetait alors sur elle et l’étranglait jusqu’à l’inconscience ou la mort. Les autopsies ont toujours montré des indications claires que les victimes avaient été étranglées, puis seulement, égorgées. Certains auteurs ont pensé que l’Éventreur égorgeait ses victimes de derrière, par surprise ou non, et qu’ainsi il évitait d’être aspergé de sang. L’Eventreur allongeait ensuite sa victime sur le sol. Il semble qu’il ne les laissait pas tomber et ne les projetait pas à terre, car aucune des victimes n’a eu d’hématome derrière la tête. Des taches et des éclaboussures montrent que le sang formait une flaque sous le cou et la tête de la victime, plutôt que devant, où le sang aurait jailli si elle avait été égorgée debout. Toutes les victimes ont été tuées sur place et aucune n’a été déplacée, et surtout pas dans un fiacre. Les rues de Whitechapel étaient pour la plupart trop étroites pour y faire passer un fiacre. Pour l’une des victimes, du sang a été découvert sur une barrière, à une trentaine de centimètres du sol, à l’opposé de la blessure du cou. Cela pourrait montrer que le sang avait giclé du cou alors que la victime était sur le ventre. Cette méthode aurait évité au tueur d’être éclaboussé de sang. De toutes façons, si la victime était déjà morte lorsque l’Éventreur l’égorgeait, le sang n’aurait quasiment pas jailli car le cœur, arrêté, ne "pressurisait" plus le sang. L’Éventreur opérait ensuite ses mutilations. Plusieurs fois, les jambes ont été pliées pour offrir un meilleur accès vers le ventre de la victime. Il ne semble pas que les victimes aient jamais été violées et l’Éventreur ne s’est pas masturbé sur elles. Il prélevait généralement une partie des viscères de sa victime, un "trophée", une pratique courante chez les tueurs en série. Ses victimes vivaient toutes dans le même quartier, Whitechapel, que le tueur semblait connaître comme sa poche. Après le meurtre de Catharine Eddowes, dans Mitre Square, l'alerte fut donnée rapidement par la police mais le meurtrier parvint à s'enfuir dans un labyrinthe de ruelles, de cours et d'impasses, qui plus est dans l'obscurité.

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Jack l’éventreur Détails de l'enquête Le mode opératoire

Les avis des médecins et chirurgiens qui ont examiné les corps des victimes sont contradictoires en ce qui concerne le degré de connaissance anatomique et / ou chirurgicales de l'Éventreur. Certains pensaient qu'il était un expert, d'autres qu'il savait juste manier un couteau avec habilité, et d'autres enfin qu'il mutilait sans discernement. Le Docteur Bagster Phillips a soutenu que l'Éventreur était un expert en anatomie. Le Docteur Thomas Bond a affirmé que l'Éventreur n'avait aucune connaissances particulières. Il est difficile, de nos jours, de savoir qui des deux médecins avaient raison. Les photographies des victimes font plus penser à des mutilations sauvages qu'à des prélèvements habiles. Toutefois, il est possible, par exemple, que l'Éventreur ait fait preuve de doigté pour extraire un utérus puis ait brutalement poignardé sa victime... La question reste posée

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Jack l’éventreur Détails de l'enquête Les motivations

L'Éventreur s’en prenait sûrement aux prostituées car elles étaient des victimes "faciles" et non pas parce qu’il voulait mener une croisade contre le vice. Il est plus que probable que l'Éventreur ait agressé d'autres femmes avant ses cinq victimes "officielles". La presse de l'époque avait fait état de plusieurs agressions, par un homme seul et sans mobile apparent, en 1887 et 1888. Il est tout à fait possible que l'Éventreur soit également l'assassin de Martha Tabram, en août 1888 : elle n'a pas été égorgée mais a été poignardé aux seins, au ventre et au bas-ventre. Les mutilations au bas ventre, le prélèvement de l'utérus, les coups de couteau à la poitrine : toutes ces violences indiquent un acte violent dirigé vers (contre) les symboles du corps féminin. Le couteau enfoncé dans les chairs peut être considéré comme le substitut du pénis enfoncé dans le corps de la victime. L'Éventreur étranglait ses victimes. C'est une manière de tuer fort répandue (et appréciée) chez les meurtriers sexuels à tendances sadiques, car elle leur permet d'être très proche de leurs victimes et a une forte connotation érotique. Certains ne ressentent même pas l'envie de violer leur victime, le fait de les étrangler suffit à leur procurer un plaisir sexuel. Il semble que l'Éventreur était un tueur "mixte", à la fois "organisé" et "inorganisé" (comme l'était Ed Kemper) : il prenait soin de se vêtir correctement pour inspirer confiance, approchait ses victimes tranquillement à la manière d'un client potentiel, les emmenaient dans un coin sombre... Et d'un seul coup, lorsqu'il passait à l'acte et se jetait sur elle, la sauvagerie prenait le dessus et il était pris d'une frénésie de sang et de mutilations. La nature et l'importance des mutilations ont augmenté à chaque meurtre, pour aboutir à la boucherie de Miller's Court. Il semble impossible que l'Éventreur ait tout simplement cessé de tuer. Il a du être arrêté pour un autre crime ou a eu un accident ou, plus probablement, sa santé mentale s'est détérioré et il a été institutionnalisé

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Jack l’éventreur Détails de l'enquête Témoignages
D’après les dires enquêteurs et des divers témoins, mais aussi d’après les techniques de profiling modernes, on peut dire que l’Éventreur était un homme blanc, de taille moyenne, sans doute brun, qui avait entre 25 et 35 ans en 1888, qui pouvait être un ouvrier (mais qui s’habillait bien lorsqu’il voulait tuer), qui vivait à Whitechapel, qui avait sûrement un emploi régulier (les meurtres n’ont eu lieu que les week-ends) et qui était sûrement célibataire (il sortait tard la nuit). Il se peut qu’il ait été solitaire, discret et peu intégré à la société. A l’époque, Whitechapel baignait dans l’antisémitisme et l’on accusait souvent un "étranger" (donc un Juif) d’être le tueur. D’autres ont pensé qu’un "gentleman britannique" ne serait jamais capable de telles horreurs et que l’Éventreur devait être Américain. Les auteurs et les rumeurs ont également pointé du doit des Russes, des communistes, des Français, des asiatiques, des marins, des médecins, des militaires, etc, selon les haines et les convictions du moment.

Le portrait de Jack l'éventreur reconstitué après une enquête de Scotland Yard.

Treize témoins "C'est une erreur répandue de croire que personne n'a signalé la présence de l'éventreur à la police, qu'il a juste disparu dans le brouillard de Londres", explique John Grieve. "Il y avait des témoins à l'époque qui étaient tenus en haute estime par la police", souligne-t-il. Parmi eux, James Brown, un docker qui rentrait chez lui lorsqu'il a vu la prostituée Elizabeth Stride repoussant les avances d'un homme d'environ 1,70 m, râblé et portant un long manteau. Brown a identifié plus tard le corps mutilé de la femme. "Certains de ces témoignages présentent de grandes différences et décrivent clairement des personnes distinctes, pointe le policier. Mais beaucoup d'entre eux sont suffisamment semblables pour qu'ils puissent parler du même homme". En recoupant ces déclarations avec d'autres indices récoltés par la police de l'époque, l'équipe actuelle estime pouvoir dresser le portrait du "premier tueur en série britannique". Résultat de cette nouvelle enquête : Jack était un homme âgé entre 25 et 35 ans et dont la taille oscillait entre 1,67 m et 1,73 m. Aucune preuve que le meurtrier avait des connaissances médicales, ni qu'il était un "gentleman". Selon les équipes de Richards et Grieve, il n'avait pas non plus le visage d'un psychopathe mais celui d'un "homme ordinaire", "épouvantablement normal", sain d'esprit et pourtant capable des pires cruautés. Dernière découverte : il habitait certainement le quartier où il 72 commettait ses crimes. John Grieve est formel : si ses collègues de l'époque avaient bénéficié des techniques modernes, ils auraient eu suffisamment d'informations pour arrêter Jack l'éventreur.

Jack l’éventreur Détails de l'enquête
Témoins Patrick Mulshaw Scene Polly Nichols Heure
4 h du matin

Témoignages
Aspect Commentaires
"WATCHMAN, mon vieux, je crois que quelqu'un est mort en bas de la rue." A vu une personne entrer au 29, rue Hanbury

Louche

Emilie Walter (?)

Annie Chapman

2 h du mat.

Etranger de 37 ans, barbe et moustache noire, vêtu de veste et pantalon noirs, écharpe noire et chapeau de feutre noir Teint basané, chapeau de chasse marron et peut être un pardessus noir. Agé de plus de 40 ans et plus grand que CHAPMAN. "Un étranger, la mort en habit sombre" 1m65 environ, Anglais, moustache noire, sourcils blonds, fluet, portant un costume clair et chapeau claque Petit, costume noire, pantalons noirs, âge moyen, casquette ronde, syle marinier. 1m70, corpulent aspect bureaucrate. Pas de moustache, pas de gants, manteau ouvert Agé de 25-30, 175 m, long manteau noir boutonné, manteau de camelot, carré d'épaules. Sans doute jeune clerc avec redingote sans gants Agé de 28 ans rasé de près et d'aspect respectable, 175m, chapeau de feutre noir, habits noirs. Portant un journal sous le bras (40cmX 15, couteau ?). 175, corpulent, long habit noir qui touchait les chevilles. 1er homme: Agé de 30 ans, 165m, chev. bruns, teint clair, petite moustache brune, visage rond, épaules larges, veste et pantalons noirs, casquette pointue noire

Elizabeth Long (prochaine victime) J. Best et John Gardner

Annie Chapman

5 h 30 du mat.

"Voulez-vous ?"

Elizabeth Stride dit E. LONG

11 h du soir

rien

William Marshall

Elizabeth Stride

11 h 45 du soir

"C'est le moment de faire tes prières!" dit d'une à voix basse avec un accent anglais de bonne éducation. Parlant posément avec une voix grave

Matthew Packer

Elizabeth Stride

Minuit -minuit 30

P.C. William Smith James Brown

Elizabeth Stride Elizabeth Stride

0 h 30

rien

0 h 45

rien

Israel Shwartz

Elizabeth Stride

0 h 45

"Lipski!"

73

Jack l’éventreur Détails de l'enquête
Témoins Scene Heure Aspect 2nd homme: Agé 35, 5'11", teint clair, chatain clair, manteau noir, vieux chapeau noir à large bord, pipe en terre Joseph Lawende Catharine Eddowes 1 h 30 du mat. 1 h 30 du mat. 11 h 45 la nuit Age de 30ans, 175m, teint clair, moustache brune, mateau gris, foulard rouge, casquette pointue style marin

Témoignages
Commentaires

(none)

rien

James Blenkinso p

Catharine Eddowes

Bien vêtu

"Avez-vous vu passer un homme ou une femme aller par là ?"

Mary Ann Cox

Mary Kelly

Petit, rablais, mal vêtu, chapeau haut, visage rubicond, moustache rousse, tenant une pinte de bière en main Age de 34-35a, 165, teint pale, cheveux noirs, légère moustache en boucle, long manteau noir, vêtu d'astrakhan, veste noire dessous gilet clair, chaine de montre en or avec un sceau rouge en bout, pantalon noir et bottes noires, guêtres, white buttons. chemise blanche, cravate noire tenue par une épingle en fer à cheval. Chapeau noir, creux au milieux. foulard rouge. Juif d'aspect respectable apparemment

rien

George Hutchinso n

Mary Kelly

2 h du mat.

rien

74

Les suspects Le prince Albert Victor
Le prince Albert Victor Christian Edward, petit-fils de la reine Victoria et héritier du Trône, a été considéré comme suspect selon plusieurs hypothèses. Au moment des meurtres de l'Eventreur, rien n'a jamais été publié concernant une possible culpabilité du prince. Ce n'est qu'en 1962, avec le livre "Jack l'Eventreur de A à Z" (de Paul Begg, Martin Fido et Keith Skinner) qu'il a été mis en cause pour la première fois. En 1970, l'analyse du Dr Thomas Stowell, publiée dans la revue "The Criminologist" évoque la double culpabilité du Dr Gull et du prince. Se fondant sur des notes personnelles du chirurgien de la reine, l'auteur y évoque une syphilis que le prince aurait contractée aux Indes. Cet état lui aurait fait perdre la raison et l'aurait mené à commettre ces crimes. La famille aurait su que le prince était à l'origine du premier meurtre et l'aurait fait enfermer dans une maison de repos, dont il aurait réussi à s'enfuir pour commettre le meurtre de Mary Kelly. Il aurait ensuite été interné.
Le prince Albert Victor

Mais beaucoup d'éléments manquent pour apporter du crédit à cette théorie : les notes privées de Gull n'ont jamais été retrouvées, la maladie du prince n'a jamais pu être prouvée et les bulletins officiels de l'époque établissent que le prince séjournait en Ecosse au moment de l'affaire.

77

Les suspects Sir William Gull Le chirurgien de la reine
Il fut reconnu comme un éminent physicien, professant à Oxford, Cambridge et à Edimbourg.En 1871, il traita le petit-fils de Victoria du typhus et fut anobli par la reine en remerciement. Il devint le médecin personnel de la reine, en 1887. Il eut une attaque la même année qui le laissa paralysé légèrement du côté droit. Il fut frappé d'attaques à 3 reprises et eu d'autres alertes, mourrant un mois après la dernière attaque. Robert James Lees (médium de la reine) prétentdit avoir eu une vision l'accablant et Michael Harrison vit en lui le chirurgien royal inconnu qui aurait vengé son fils atteint par une maladie vénérienne. C'est en 1970 que la thèse de la culpabilité de Gull fut faite par le Dr Thomas STOWELL dans un article de la revue le Criminologiste. Chose inhabituelle dans la déontologie du corps médical, c'est le gendre de Sir Gull, le Dr Théodore Dyke ACLAND qui rendit compte de la mort du physicien. Il fut également rapporté que Sir Gull avait des crises d'amnésie après son attaque de 1887, et une fois il fut trouvé avec du sang sur sa chemise. L'article de STOWELL accusait le Prince Albert Victor, petit-fils de la reine, qui devait un jour devenir roi, des meurtres de Whitechapel. Il y associa Sir William Gull, médecin de la famille royale, qui avait admis dans son dispensaire le prince soigné pour Sir William Gull son affection. Il fut reconnu comme un éminent physicien, professant à Oxford, A cela, il ajoute le fait que la nuit d'un meurtre à Whitechapel il fut clairement reconnu. Il ne précise pas qui le reconnut, sans doute par manque de déclaration. Frank SPIERING dans son livre "Prince Jack" reprend la thèse de STOWELL. affirmant avoir retrouvé un registre d'admission conservé à l'Académie de Médecine de New York. Un patient de Gull est aussi proposé, il s'agit de J.K. STEPHEN. Mais l'accusation essentielle reste faite dans le documentaire produit en 1973 par la BBC "Jack the ripper : the final solution". L'argument essentiel est que Gull aurait commis un geste de fraternité de Franc-maçon à la demande de Lord Salisbury en mettant à profit ses connaissances chirurgicales en dépeçant Mary Jane Kelly et ses amies. La raison était que celles-ci auraient menacé de faire chanter 79 le gouvernement et la famille royale. Cette dernière aurait eu vent en fait du mariage sacrilège du prince avec une catholique irlandaise, Annie Elisabeth Crook, qui aurait donné naissance à un enfant.

Les suspects Walter Sickert
La culpabilité du peintre impressionniste Walter Richard Sickert a été soutenue par la romancière Patricia Cornwell dans son livre "Jack l'Eventreur : affaire classée". Cependant, les preuves formelles recueillies par l'écrivaine n’établissent qu’une seule certitude : pendant l’année 1889, Walter Sickert a écrit des lettres à la police de Londres, en contrefaisant son écriture et en se faisant passer pour Jack l’éventreur.
Walter Sickert

L'auteur ajoute à cela une psychopathologique de Sickert.

analyse

Dans son livre, il est ainsi question d'une enfance marquée par un grand traumatisme physique (une opération chirurgicale qui l'aurait rendu impuissant), de dons pour le déguisement et la contrefaçon, d'un goût marqué pour la mort et d'œuvres reproduisant de manière quasi-identique des scènes de crime véritables.. L'analyse, bien que convaincante, s'appuie sur des méthodes anachroniques. En essayant de persuader le lecteur que Walter Sickert est un tueur psychopathe, Patricia Cornwell utilise un profil élaboré à partir des grands tueurs en série d'Amérique du nord au XXe siècle. Cette méthode apparaît donc peu adaptée au XIXe siècle, qui a produit d'autres visions du monde, tabous et maladies mentales.
Seated Nude

81
Sickert Rose Shoe The Iron Bedstead The Camden Town Murder Mornington Crescent Nude Le Lit de fer

Les suspects Francis J. Tumblety
Les soupçons sur un éventreur américain Le Dr. Francis Tumblety (Cf Jack l'éventreur de AZ, 3e éd., pp. 453-458). Ce suspect a été présenté en 1995 lorsque les auteurs Paul Gainey et Stewart P. Evans publièrent leurs livres intitulé The Lodger. L'accusation est basée sur une lettre datée de 1913 de l'Inspecteur-en-chef John George LITTLECHILD envoyée au journaliste George R. Sims, il y déclare que l'homme était un suspect trés probable. On pense qu'il naquit à Dublin en 1830. Enfant il suivit sa famille au Canada puis partit pour Rochester dans l'état de New York aux Etats-Unis. Adulte, il vécut à New York, Boston, Washington, St Louis et Baltimore. En 1865, Tumblety est arrêté pour implication dans l'assassinat du President Lincoln, puis emprisonné dans la prison du Capitole.

Francis Tumblety

Cette histoire semble être celle d'une méprise, l'homme aurait été confondu avec le Dr Blackburn qui fut accusé de tentative de contamination épidémique dans les états du nord. (l'un des pseudonyme de Tumblety' avait été Blackburn). Après la guerre civile, il voyagea à travers le pays pour vendre des potions de soins et autres breuvages. On n'a aucune confirmation qu'il était chirurgien, quoique prétendant l'avoir été dans l'armée de l'union. On sait qu'il procéda à des avortements. On dit de lui qu'il avait une collection d'organes et de matrices de femmes. Il était réputé avoir une vraie haine des femmes. Connu comme aimant les hommes, il fut arrêté le 7 novembre 1888 et accusé 9 jours plus tard de plus de 8 attentats à la pudeur. Quatre jours plus tard, il s'enfuit en France puis en Amérique. Les journaux d'alors dirent que des détectives de Scotland Yard l'avaient suivi jusqu'à New York. On ne sait pas pourquoi les hommes du Yard ne l'arrêtèrent pas. Tumblety vécut encore 14ans et fut retrouvé mort à St Louis le 28 mai 1903. L'identité de ce suspect vient d'une lettre adressée par le policier Chef Inspecteur John LITTLECHILD à un journaliste George SIMS, en 1923. Ce document fut retrouvé en 1993 par un policier collectionneur Stewart EVANS. On peut y lire ceci : "Connaissant le grand intérêt que vous portez aux affaires criminelles et à tout ce qui sort de l'ordinaire, je me permets de vous envoyer un courrier de plus à propos de Jack l'Eventreur. D'ordinaire, les lettres sont une corvée, car elles exigent une réponse, mais celle-ci n'en 83 a pas besoin. Je vais essayer d'être bref."

Les suspects Francis J. Tumblety
"Je n'ai jamais entendu parler d'un Dr D. (désignant Montague Druitt) concernant les crimes de Whitechapel. Mais parmi les suspects, à mon avis, le Dr T. était tout à fait crédible. [Le D et le T sont deux consonnes dentales dont la distinction est parfois difficile à faire en anglais suivant la prononciation]. Le Dr Tumblety était en fait un escroc américain qui venait souvent à Londres. La police le surveillait et un épais dossier existait sur lui à Scotland Yard" [le dossier n'existe plus]. "Il n'était pas connu comme pervers bien que sujet à une psychopathia sexualis, mais ses sentiments envers les femmes étaient connus comme violents dans son dossier. Tumblety fut arrêté au moment des crimes pour des crimes contre nature et inculpé à Marlborough street, avant d'être libéré sous caution et de s'enfuir à Boulogne en France. Il quitta Boulogne trés vite et l'on entendit plus parler de lui en Europe. Il se serait suicidé, mais il est certain qu'on ne connut plus de meurtre de l'Eventreur depuis son départ" "En ce qui concerne le terme de Jack l'Eventreur, nous estimions [à la police], qu'il fut l'oeuvre de Tom Bullen de l'Agence Centrale de Nouvelles, mais il est probable que l'inventeur du surnom était son chef, M. MOORE. Je dois admettre que c'était un ingénieux travail de journaliste. A cette époque, aucun journaliste n'avait autant de privilèges à Scotland Yard que ce Tom Bullen..." Le personnage : Francis Tumblety Il naît en 1833, Canadien d'origine irlandaise il a 50 ans au moment des meurtres (le tueur était connu comme de la 30aine). Il se prétendait chirurgien et herboriste, son décès est enregistré suite à une néphrite en 1903 à Saint-Louis dans le Missouri. Dans Jack the ripper, A to Z on peut lire sur lui : Sa haine des femmes (et des prostituées en particulier), ses pratiques sexuelles insolites, ses connaissances médicales, son musée anatomique avec sa collection de matrices, sa présence à Londres dans le quartier de Whitechapel, sa fuite à Boulogne puis aux Etats-Unis où il sera suivi par un inspecteur de Scotland Yard en font un vrai suspect. Tumblety en Amérique : l'Eventreur continue à tuer en Amérique Une fois arrivé aux Etats-Unis, la police le surveillera jusqu'au 5 décembre 1888 date les policiers chargés de sa surveillance perdent sa trace, il disparaît. Le Pall Mall Gazette (18/05/1889) et le New York Sun (25/01/1889) parlent deux séries de meurtres accompagnées de la mutilation de prostituées à Managua au Nicaragua (6 prostituées tuées en moins de 10 jours) et en Jamaïque. Aucune enquête n'a à ma connaissance été faite au Nicaragua par un Ripperologue ou un journaliste pour connaître la nature exacte des meurtres, ou obtenir les rapports d'autopsie si tant est qu'il y en ait eu dans ce pays à l'époque. La piste de Tumbllety reste donc encore à exploiter. Il en demeure pas 84 moins que qui a tué, tuera, et la continuation des meurtres après la perte de sa piste aux States semble le désigner ou du moins en faire un vrai suspect.

Les suspects Francis J. Tumblety
Si le meurtrier est un tueur psychopathe comme tout le monde s'accomode à le dire, la continuation des meurtres en Amérique, semble faire de lui le plus probable des suspects. Il aurait continué à tuer même parti de Londres. Il faut noter que c'est le seul suspect à avoir été montré du doigt à l'époque des crimes. Le fait que Tumblety ait été un homme de grande taille (1m80) ne suffit pas pour dire qu'il n'était pas l'Eventreur (1m60/1m65 selon les témoignages). La possibilité de complices reste possible.

85

Les suspects Montague John Druitt
Montague John Druitt -- Diplômé de l'Université de Winchester et grand sportif, il fut découvert noyé dans la Tamise le 31 décembre 1888. Il est considéré par beaucoup comme un suspect potentiel. Même si son cas est suffisamment intéressant, il y a trés peu de choses qui assure de sa culpabilité. Druit était le deuxième fils d'un pratitien médical, William Druitt, né le 15 août 1857 à Wimborne, dans le Dorset. Eduqué à Winchester et dans le nouveau collège d'Oxford, Druitt fut le dernier à recevoir son diplôme de troisième degré en 1880 (sources de l'auteur Philippe Sugden, Jack l'éventreur). Lorsqu'il était à Winchester, Druitt a beaucoup participé au débat social, en prenant surtout des sujets politiques pour ses discours. Il était connu pour sa dénonciation sur les agissement du Parti Libéral, le danger que représentait l'excès de moralisme social prôné par Bismarck. Son dernier discours concernait l'espace de liberté laissé aux hommes dans les nouvelles sociétés modernes. En 1876, Druitt s'illustra par son entrée dans l'équipe de Cricket de Winchester et il devînt membre du club de cricket de Kingston Park et Dorset country. Il était réputé pour sa force dans les armes et au poing. Les photos que l'on a de lui rendent mal son apparrence. Druitt devînt aussi trés adroit au Fronton, gagnant des titres dans des tournois de Simple ou de Double à Winchester et à Oxford. Le 9 mars 1875, il s'illustra en jouant une balle dans un tournoi de cricket à Winchester en la lançant à 92 yards (près de 82 mètres).

Montague John Druitt

Tout de suite après son diplôme, Druitt commença à enseigner à Blackheath, en 1881. Il devînt membre du Club de Hockey de Blackheath puis se mit à jouer dans le Club de Cricket de Morden à Blackheath. L'année suivante, en 1882, D. voulut se lancer dans le Droit et fut admis le 17 mai. Le 29 avril 1885, il fut admis au Barreau. A sa sortie, en 1886, il s'installe dans la région de Winchester. L'année suivante, il est plaide comme avocat dans la région de l'Hampshire, à Portsmouth et à Southampton. En 1885, son père décède d'une attaque cardiaque, lui laissant plus de 16.000 Livres. Le sort le frappe encore en juillet 1888, lorsque sa mère Anne née Harvée frappé d'une maladie mentale est internée 87 dans l'asile de Clapton. Pourtant dans ces temps tulmutueux, les affaires de Druitt semble prospérer.

Les suspects Montague John Druitt
En 1883, il devient un postulant du Club de Cricket de Morden et est élu le 26 mai de l'année d'après. Ses droits d'inscriptions, malgré son aisance, seront d'ailleurs payés qu'au moment de sa mort. Druitt fut trésorier puis secrétaire honoraire du club de Cricket de Blackheath. Il résidait en 1885 à Blackheath, au 9, place Eliot. Et ainsi Druitt vécut pendant trois ans après la perte de ses parents, mais en novembre 1888, quelque chose sans doute se brisa et il fut retrouvé noyé dans la Tamise. Henri Winslade, un marin du chalutier le Thomeycroft vit le corps flotter dans le fleuve vers treize heures et le ramena avant d'avertir les autorités. Le Brigadier George Moulston matricule 216T fit un inventaire complet des possessions du cadavre. 4 grosses pierres dans chaque poche 2 Livres 17 shilling 2 penny de monnaie Un chèque de 50 Livres et un autre de 16 Un montre en argent et une chaîne en or terminée par une guinée en forme de sceau Une paire de gants d'enfant Mouchoir blanc un billet de demi-saison Première Classe Blackheath-Londres un billet de retour d'Hammersmith à Charing Cross daté du 1er décembre 1888 Selon le témoignage de William, frère du mort (il identifia son corps), Druitt venait d'être renvoyé de son poste à l'école de Blackheath pour une raison inconnue (pensez aux gants d'enfant !). Certains auteurs ont avancé comme vous venez de le penser que Druitt avait probablement des penchants pédérastes (stricto sensu, en ce cas), et qu'il avait molesté quelques jeunes étudiants. Rien n'a transpiré depuis sa mort, pas de procès ou de déclaration publique, il est vrai qu'afficher ce genre de pratique était condamné et passible d'ailleurs de prison (sic Oscar Wilde). La date de sa démission est troublante, comme on a pu le lire dans un journal de l'époque du 5 janvier 1889 (The Acton, Chiswick, and Turnham Green Gazette ) : "William H. Druitt said he lived at Bournemouth, and that he was a solicitor. The deceased was his brother, who was 31 last birthday. He was a barrister-at-law, and an assistant master in a school at Blackheath. He had stayed with witness at Bournemouth for a night towards the end of October. Witness heard from a friend on the 11th of December that deceased had not been heard of at his chambers for more than a week. Witness then went to London to make inquiries, and at Blackheath he found that deceased had got into serious trouble at the school, and had been dismissed. That was on the 30th of December. Witness had deceased's things searched where he resided, and found a paper addressed to him (produced). The Coroner read the letter, which was to this effect: - "Since Friday I felt I was going to be like mother, and the best thing for me was to die." Witness, continuing, said deceased had never made any attempt on his life before. His mother became insane in July last. He 88 had no other relative.

Les suspects Montague John Druitt

Certified Copy of Death Certificate for Montague John Druitt

L'auteur Philippe SUGDEN souligne que la date donnée : le 30 décembre est à la fois ambigüe et invraisemblable. Pourtant il faut dire que c'est plausible ; soit suite aux recherches de son frère William soit suite à la démission de Druitt. Dans le premier cas, il semble improbable que William ait attendu 19 jours, réagissant juste après avoir reçu un mot l'avertissant que son frère n'avait plus donné signe de vie à l'école de Blackheath. La seconde hypothèse semble surprenante, Druitt fut découvert entre le 30 et le 31 décembre, son corps ayant séjourné dans l'eau 3 semaines ou plus. Philippe SUGDEN conclut sa réflexion par un raisonnement plausible : la mention du 30 décembre peut trés bien être due à une erreur d'impression, où l'on aurait remplacé novembre par décembre, date qui aurait alors plus de signification. Selon cette hypothèse, c'est le 30 novembre que Druitt est démissionné, les nouveaux faits justifiraient son suicide (?). Le 30 novembre était un vendredi, référons-nous à ses confessions de suicide : "depuis vendredi, j'ai l'impression que je deviens aussi malade que mère, et le mieux pour moi est de mourir". De plus, considérant les deux chèques de 50 et 16 Livres, on peut penser qu'il s'agissait là de montants afférants à sa démission. Enfin, il y avait le billet inutilisé pour aller d'Hammersmith à Charing Cross daté pour le 1er décembre. Reste encore à connaître la raison relative à ce suicide ? Sa pierre tombale porte la date du 4 décembre, alors que plus probablement toujours selon le témoignage de William : "le 11 décembre, le défunt a été entendu dans ses appartements pendant plus d'une semaine." , "plus d'une semaine" veut donc dire avant le 4 décembre et Philippe SUGDEN place la date après le 1er décembre, le jour de la démission. Sa théorie décrit donc la situation d'un avocat plein de succès, soudainement inquiété par la démission de son second travail à Blackheath. Il accepte les deux chèques de son employeur, rentre chez lui, accablé par des pensées suicidaires. Le matin suivant, il écrit sa petite lettre, et se dirige vers la Tamise 89 avec 4 pierres dans chaque poche, jetant sans doute un dernier coup d'oeil à ses chèques avant de les jeter dans l'eau glacée. Cette explication semble logique.

Les suspects Montague John Druitt
Pourtant Druitt était un avocat ayant du succès, et son poste à l'école était seulement un emploi secondaire ne lui apportant pas beaucoup d'argent. Il était plutôt bien situé dans l'échelle sociale et bien connu, et aurait pu aisément retrouver un autre poste s'il l'avait voulu. La première raison est peut-être due à ses implications homosexuelles ; la seconde au fait que son vice une fois découvert, il ne pourrait plus assumer socialement ; ou en troisième lieu, on peut penser plus aisément que sa folie le gagnant, il avait peur de ne pouvoir s'arrêter. La mort de son père en 1885 et l'internement de sa mère six mois avant sa mort ont peut-être pesés sur sa santé mentale héréditairement apparemment faible. Sa mère Anne Druitt décéda par la suite à l'asile de Manor House Asylum à Chiswick en 1890, souffrant de dépression et de crises paranoïaques. Elle tenta de se suicider par overdose de laudanum (dérivé de l'opium trés utilisé en médecine au XIXe siècle, plaçant progressivement les patients sous dépendance avec tous les symptômes coercitifs des drogues). Avant la mort de sa mère, sa soeur essaya de se suicider alors que la soeur la plus âgée de Montague se jeta quant à elle par la fenêtre. Joyeuse famille ! Trés représentative de la Gentry britannique Victorienne, n'est-ce pas, ou de la famille Adams. Aussi je crois pouvoir affirmer que dans cette famille tout le monde avait des tendances suicidaires, et cette tendance a sans doute été un élément de plus à cette attitude. L'idée fut avancée le mercredi 2 janvier 1889 avant le Docteur Thomas Diplock au Lamp Tap, à Chiswick. On conclut que Druitt s'était suicidé vu sa raison déclinante. Malheureusement les archives du coroner chargé de l'enquête n'existent plus. L'histoire de Montague John DRUITT finit ainsi, et l'allégation de son implication dans les meurtres de Whitechapel commence. La plus grande part de l'argumentation de la culpabilité de Druitt est due à une déclaration faite par l'inspecteur MacNaghten dans son memorandum devenu célèbre, qui fait référence à Montague selon ces termes : La description de ce suspect diffère légèrement du mémorandum de Macnaghten et des archives dûment enregistrés à Scotland Yard disant ceci : Mr. M.J. Druitt un docteur âgé de 41 ans environ issu de bonne famille, disparut au moment du meurtre de Miller's Court, son corps fut trouvé flottant dan la Tamise le 31 décembre soit 7 semaines après ledit meurtre. Le corps était dans l'eau pense-t-on depuis 1 mois, ou plus - sur lui on trouva un billet pour Blackheath-Londres. Selon des informations confidentielles, je crois pouvoir dire que sa famille soupçonnait cet homme d'être le meurtrier de Whitechapel ; étant connu qu'il avait des moeurs sexuelles perverties.

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Les suspects Montague John Druitt
D'évidence Druitt est considéré par beaucoup comme l'éventreur. En fait, la seule "preuve" possible de sa culpabilité est sa ressemblance avec le portrait-robot réalisé à partir de témoignages. Seul un témoin fit un signalement donnant l'âge approximatif de Druitt (31ans) ; P.C. Smith (28), Israel Schwartz (30), Joseph Lawende (30), and George Hutchinson (34-35). Elizabeth Long parla d'un homme dans la quarantaine, mais reconnut ne pas avoir vu son visage. Selon toute apparence, trois témoins majeurs décrivirent l'éventreur affublé d'une moustache (Druitt alors en portait une), même si les jeux d'ombres, dans la nuit et le brouilllard londonnien mal éclairé surtout dans ces quartiers, peuvent tromper. Ainsi certains parlaient d'une moustache noire, ,brune ou blonde. Druitt était d'une apparence respectable, toujours réputé bien mis. Tous les témoins sauf Lawende (qui dit le suspect a l'apparence d'un marin) étaient conforme à cette première idée. Long décrit un homme ressemblant à "la misère en habit noir", Smith et Schwartz décrive l'homme comme d'allure respectable, et Hutchinson alla plus loin en parlant d'un homme d'aspect cossu . Par contre, côté stature, Druitt était plutôt sec. Les témoins parlent d'un homme plutôt bien bâti, solide aux épaules larges. (ou alors portant un deuxième manteau servant à cacher celui tâché de sang par en dessous). Toujours le suspect a été décrit comme d'un aspect étranger ou d'un juif (peut-être affublé d'un faux nez de théâtre et d'un postiche pour ne pas être reconnu). D'autres problèmes viennent à l'esprit. Il est communément admis que l'éventreur selon SUGDEN habitait l'East End, mais Druitt, semble-t-il, selon d'autres, connaissait peu ou pas le quartier de Whitechapel. Son lieu de résidence était au 9, place Eliot à Blackheath au moment des meurtres. Mais cette adresse aurait-elle pu être utilisé comme base pour les meurtres. SUGDEN cite des chaix (horaires de trains) de l'époque afin de rejeter cette théorie. Selon lui, il n'y avait pas de service ferroviaire pendant toute la nuit entre Londres et Blackheath en 1888. Le dernier train quittant Blackheath en 1888 à midi 25 et le plus tôt à 5 h 10 du matin. Pourtant Mary Ann Nichols a été tuée à 3 heures 40, Chapman à 5 h 30 et Kelly à 4 heures ; il aurait donc commis ces meurtres tout en ayant ensuite le temps de se rendre à la gare pour le premier train du matin. Mais l'hypothèse ne tient pas pour Stride tuée à 1 heure, Eddowes à 1 h 44 ou à Tabram à 2 h 30 . Mais peut-être ont-elles été tuées par un deuxième homme puisque les témoignages décrivent deux hommes différents, concurrents ou complices (voir le film français L'Assassin habite au 21, de Henri-George CLOUZOT, 1942 avec Pierre Fresnay et Suzy Delair) . Druitt aurait donc alors eu le temps de rentrer chez son complice pour nettoyer le sang de ses habits avant de partir prendre le train. S'il est l'éventreur, SUGDEN déclare qu'il aurait dû se cacher dans le quartier constellé de policiers en risquant de se faire pincer. Aussi SUGDEN admet qu'il a trés bien pu avoir un pied à terre dans le quartier pourquoi pas sous un pseudonyme, soit chez une logeuse (voir le film muet d'Alfred 91 Hitchcock, THE LODGER,1925), soit chez un complice.

Les suspects Montague John Druitt
Tom Cullen, auteur penchant pour la culpabilité de Druitt, dit que celui-ci savait trés bien qu'on pouvait louer des chambres au 9, King's Bench Walk. Ce lieu est à quelques minutes de marche de l'East End. SUGDEN réfute cette déclaration, avançant la folle course célèbre de l'éventreur la nuit du double meurtre (le 30 septembre). King's Bench Walk était à l'ouest de Mitre Square (site du second meurtre), et le tueur a été vu se dirigeant vers le nord-est directement après l'assassinat d'Eddowes (rien n'empêche de faire semblant de partir dans un sens pour ensuite repartir dans l'autre), pourtant, là, il a laissé son tablier à Goulston Street. Le tueur aurait-il pris un risque inconsidéré en passant par lion's den pour aller vers le nord alors qu'il avait l'intention de se réfugier à l'ouest ? Une des sources les plus citées sur l'évidence de la culpabilité de Druitt, est celle se rapportant à son emploi du temps ponctué de rencontres de criquet entre les meurtres. Le vendredi 3 et le samedi 4 août 1888, Druitt était à Dean Park à Bournemouth. Le vendredi 10 et le samedi 11 août 1888, il jouait avec les clubmen du Dorset.

Montague John Druitt

Tabram a été tuée le mardi 7 août 1888 entre ces deux weekends. N'est-il pas sensé de croire que Druitt se devait d'être dans la région de Bournemouth pour disputer des matchs pendant les deux weekends suivants, le meurtre étant commis pendant la semaine. En plus, Druitt avait joué à Canford, dans le Dorset, contre Wimborne à Canford le 1er septembre, le jour après le meurtre de Nichols. Le 8 septembre (jour du meurtre de Chapman), Druitt jouait à 11 h 30 contre les Frères Christopherson à Rectory Field ("terrain du presbytère) à Blackheath. Ceci n'apporte aucune preuve évidente contre Druitt, mais est-il vraisemblable qu'il ait tué Chapman à 5 h 30 (selon les termes du tueur "pour s'amuser un peu") et avoir eu le temps de sauter dans le train pour Blackheath, laissant ses habits ensanglantés, de prendre son petit-déjeuner et de se rendre sur le terrain pour jouer à 11 heures 30. Surtout en considérant qu'il avait rôdé par la ville la nuit précédente selon SUGDEN. Aussi certains experts retiennent que ces arguments jouent sur l'innocence de Druitt. Pourquoi alors Macnaghten a-t-il si ouvertement clamé la culpabilité de Druitt ? Certaines réponses avancent que celui-ci était insuffisamment informé sur le cas et porta son accusation selon ses propres recoupements et souvenirs. Macnaghten dit dans son memorandum :"...selon des informations confidentielles, je crois pouvoir 92 dire que sa famille soupçonnait cet homme d'être le meurtrier."

Les suspects Montague John Druitt
Il faut examiner plus attentivement cette déclaration. Il parle bien d'un petit doute et non pas d'une absolue évidence. Nous n'avons aucun indice sur la provenance des informations confidentielles dont parle Macnaghten, mais il en parle comme si la famille l'avait renseigné. Mais n'est-ce pas dû au fait que son enquête lui avait permis de savoir que Druitt était un pervers. Il est possible que Macnaughten ait basé ses dire sur les rumeurs et racontars, plutôt que sur une informatin privé dont on lui aurait fait part. Une autre déclaration parle du cerveau de l'éventreur , "après ses terribles excès à cette occasion (le meurtre de Kelly), il se suicida sinon les meurtres n'aurait cessé". Même encore aujourd'hui, il n'y a aucune évidence vrai qui atteste que les serial killer ne peuvent pas s'arrêter de tuer. Selon SUGDEN, "les derniers tueurs prouvent le contraire". Mais peut-être que la cessation des meurtres après Maru Jane Kelly est aussi dû au fait que le tueur avait été soit identifié soit interné (en prison ou dans un asile), soit il avait migré ou était mort accidentellement ou de maladie comme le prince Albert-Victor, Duc de Clarence and Evondale, petitfils de la reine, aussi connu pour sa grande perversité, (les adeptes du piercing savent de quoi l'on parle). Preuve accablante pourtant est le fait que malgré la montée dramatique de crimes durant les dernières décades, aucun meurtrier en série n'en est venu à se suicider. Autres erreurs données par Macnaghten sur Druitt quand il déclare que Druitt vivait avec sa famille, mais des quittances prouvaient qu'il vivait au 9 Eliot Place. Il affirme que Druitt s'est suicidé le 10 novembre, trois semaines avant que cela se produise. Il dit que Druitt avait 41 ans au moment de sa mort, le vieillissant de 10 ans. Enfin, il parle de Druitt comme d'un médecin, alors qu'il était avocat et maître assistant. Pourtant Macnaghten était un homme intelligent et il n'aurait pas incriminé Druitt sans autres éléments qu'il ne pouvait peut-être pas divulguer. Il est possible qu'un jour on trouve un ou plusieurs documents qui jetteront davantage de lumière sur l'accusation portée par Macnaghten sur Druitt. En 1959, Dan FARSON affirma lui aussi que Druitt était le tueur, après avoir trouvé un homme qui se rappelait avoir appris un pamphlet qui circulait en Australie vers 1890 intitulé "le meurtrier de l'East End - je l'ai connu". Son auteur disait s'appeler A. Knowles (l'informateur de Farson), c'était Lionel Druitt, Drewett ou Drewery. Le fait que Lionel Druitt, qui était cousin de Montague, était parti vivre en Australie en 1886 excita davantage son intérêt et l'on se mit à étudier la possibilité. Les enquêteurs furent fortement déçus lorsque rencontrant Monsieur W.G. Fellà Dandenong, l'homme leur dit posséder la preuve certaine de l'identité du tueur, mais il refusait de la leur donner s'il n'avait pas en contrepartie 500 Livres. L'enquête révéla que personne du nom de Fell ne fut rescencé à Dandenong en 1890. 93

Les suspects Montague John Druitt
En fait la révélation de Monsieur A. Knowles était une confusion entre les faits énumérés entre Druitt et Deeming. Le Melbourne Evening Standard du 8 avril 1892 titrait alors; "JACK THE RIPPER: DEEMING AT ALDGATE ON THE NIGHT OF THE WHITECHAPEL MURDERS", JACK L'ÉVENTREUR : DEEMING A ALDGATE LA NUIT DES MEURTRES DE WHITECHAPEL. Ce fut démenti par l'avocat de Deeming, qui proclama haut et fort qu'il exécutait une sentence en Afrique du Sud durant l'automne 1888. Toutefois, il est attesté que Deeming reconnu avoir pris le nom de Druin ou Drewen peu après son arrivée en Australie en 1891. Bien qu'il n'y ait aucune preuve, il semble plus probable que la mémoire de Knowles confondait le pseudonyme de Deeming avec celui de Druitt, et que le titre du journal avait sans doute été pris pour un pamphlet. Il se produisit en mars 1889 un évènement notable, selon le Docteur Thomas Dutton, Albert Backert, un membre haut placé du comité de vigilance de Whitechapel, avait crié son déplaisir sur le fait "qu'il semblait y avoir trop de suffisance dans la force seulement parce qu'il n'y avait pas eu de meurtre depuis des mois." Les officiers responsable de sa plainte, lui dire qu'il pourrait lui faire des révélations s'il pouvait se taire. Ainsi parle-t-il : Bêtement, j'ai accepté. On me suggéra dont que le comité de Vigilance et ses patrouilles devrait être dissous parce que la police était plus que sure que l'éventreur était mort. Je protestais que, si je devais être porteur du secret, je devrais avoir plus d'information que cela. "Il n'est pas nécessaire que vous en sachiez plus",' m'a-t-on dit. 'L'homme en question est mort. Il a été repêché dans la Tamise il y a deux mois et cela ne pourrait que causer de la douleur à sa famille si l'on en disait plus que ça. Cette source de la déclaration de Dutton est inconnue, mais si elle est vraie, s'avère d'une importance extrême -- surtout si cela s'est passé en mars 1889, ce qui suggèrerait que la police avait suspecté Druitt bien avant Macnaghten, qui ne rejoignit le comité qu'à l'été 1889 : soit deux mois après l'information précitée. Le commissaire Frédérick Abberline lui-même ne connaissait pas les faits, comme Anderson l'a si célèbrement fait, selon lesquels l'éventreur était réputé mort depuis la fin de l'automne 1888. Dans son entrevue dans la Pall Mall Gazette en 1903, il a déclaré : Vous ne pouvez pas déclaré si pompeusement que Scotland Yard n'est pas plus avisé sur la question qu'il y a 15 ans. C'est un simple non-sens de dire que la police avait des preuves que l'homme est mort. Je suis, et j'ai toujours été trés en contact avec Scotland Yard, et il serait absolument impossible que je n'ai pas eu connaissance de la chose. En plus, les autorités seraient trop contentes de mettre fin à un tel mystère, rien que pour se donner du crédit. 94

Les suspects Montague John Druitt
Et ainsi restera le cas Druitt. La possibilité de sa culpabilité est établie par la déclaration de Macnaghten qui avait peut-être plus d'information qu'il n'a voulu en dire. Information qu'il avait dit-il détruite pour ne pas poser de problème. On peut aussi conclure que Druitt a pu avoir commis les meurtres entre ses matches de cricket, surtout pour Nichols et Chapman. Si ces deux présomptions s'avèrent être des vérités, alors on peut le croire coupable. Sinon sa seule culpabilité repose sur la seule opinion de Macnaghten, basé sur ses déclarations et sa mémoire.

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Les suspects Aaron Kosminski
Aaron Kosminski, un Juif polonais et résident de Whitechapel. Cet homme est devenu fou suite à de trop nombreuses années de vices solitaires (onanisme). Il avait une grande haine des femmes, en particulier des prostituées, et avait de fortes tendances homicides. Il a été envoyé dans un asile d’aliénés en mars 1889. Il existe de nombreuses circonstances reliées à cet homme qui en font un suspect sérieux.

Aaron Kosminski

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Les suspects Michael Ostrog
Michael OSTROG (né en 1833) connu de la police sous divers pseudonymes Bertrand Ashley ou Claude Clayton (Cayton) ou Dr. Grant, Max Grief Gosslar, Ashley Nabokoff, Orloff, Comte Sobieski et Max Sobiekski.. Ce personnage s'apparentait à un escroc, sorte de mythomane dangereux prêt à tout pour arriver à ses fins, probablement jusqu'au meurtre, et ce, comme tout malfrat qui se sent pousser des ailes, sans remord. 1863: On entend parler de lui sous le nom de Max Grief (Kaife) Gosslar, il commet des vols au Collège d'Oxford et finit capturé, après son jugement la sentence le condamne à 10 mois de prison.
Michael Ostrog

1864: L'homme est arrêté à Cambridge et condamné à 3 de prison. En juillet, il réapparait à Tunbridge Wells sous le nom de Comte Sobieski. Il est à nouveau emprisonné en décembre 1864 pour 8 mois. 1866: relaxé en janvier 1866, le 19 mars, il vole une montre en or et quelques autres articles chez une femme à Maidstone. Il commit des vols similaires en avril et est arrêté en août et prend 7 ans. 1873: Relâché en mai, il commet de nouveau de nombreux vols et se trouve être arrêté par le Superintendant Oswell à Burton-on-Trent en possession d'une arme. 1874: en janvier 1874 il prend 10 ans de prison. 1883: il est relâché en août 1883 (il a alors 50 ans). 1887: arrêté pour vol en juillet, il prend 6 mois de travaux forcés en septembre 1887. On parle alors d'une certaine folie de l'homme le 30 septembre. 1888: il est relâché le 10 mars 1888 considéré comme guéri. On parle de lui dans la Police Gazette, en octobre 1888, comme d'un homme dangereux condamné à deux ans d'emprisonnement le 18 novembre 1888 à Paris. Rappelons que Jack l'éventreur avait réputation d'être habillé comme un étranger, peut-être, disaient les signalements, un Français.

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1873 Description of Michael Ostrog

Ce séjour d'Ostrog en France, s'il est confirmé, pourrait expliquer certaines choses.

Les suspects Michael Ostrog
Au moment des meurtres, Ostrog a 55 ans, toutefois le tueur est selon les études de criminologues âgé au plus d'une 30aine d'année, bien que l'on ait vu un homme d'une cinquantaine d'années traîner peu avant les meurtres. C'est ce qui fait dire dans l'enquête de l'époque qu'il y a deux signalements, deux hommes ou un même homme qui se déguise. A vous d'apprécier. 1891: Repris, et jugé dangereux, il est de nouveau interné à l'asile du comté de Surrey. 1894: Accusé d'un vol en 1889 à Eton.
Michael Ostrog

1898: Accusé de vol de livres à Woolwich.

1900: Vol d'un microscope au London Hospital de Whitechapel. On disait qu'il commençait à être paralysé à cette époque. Peut-être voulait-il se lancer dans la recherche médicale ? 1904: Relâché de son internement il entre à la mission chrétienne de St. Gilles à Holborn. Dès lors on n'entendra plus parler de lui ; comme Jean Valjean. Pourquoi l'a-t-on suspecté ? C'est Macnaghten qui en parle dans son Memorandum : Michael Ostrog, médecin russe fou convaincu d'être déséquilibré et meurtrier. Il était connu pour avoir de la cruauté envers les femmes, et l'on savait qu'il se balladait avec des instruments et un couteau chirurgicaux, ses antécédents étaient des plus inquiétants... Le premier à le soupçonner Ostrog fut Donald McCormick dans son livre : The Identity of Jack the Ripper (1962). Jusque là on savait peu de lui, jusqu'à ce que D.S. Goffee ait révélé des faits sur sa carrière criminelle. Ce fut publié dans la revue britannique spécialisée sur Jack l'Eventreur, Ripperana, en octobre 1994 "L'enquête sur Michael Ostrog." L'auteur Philippe Sugden établit aussi qu'il était suspect dans son livre The Complete History of Jack the Ripper (1995). Description 1 m 72 environ. cheveux noirs yeux gris portant souvent des vêtements de style cléricaux Cicatrice de 3 cm environ au menton nombreuses marques dans le dos Deux larges bosses sur l'épaule droite et derrière le cou décrit comme un slave ou juif polonais selon les cas

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Les suspects Dr Roslyn D’Onston Stephenson
théorie contemporaine datée de 1987 fils d'un presseur d'huile du Yorkshire il étudia la chimie à Munich et la médecine à Paris. Il rencontra Garibaldi et poursuivit des études sur l'occultisme avec Bullwer Lytton. En 1863, sous la pression de sa famille, il prit un poste à Hull. Mais il était continuellement perturbé, il fut sans doute renvoyé. Il partit pour Londres et travailla comme journaliste freelance travaillant essentiellement pour la Gazette Pall Mall, qui accepta ses papiers sur les meurtres de Whitechapel. À cette époque il y a fut décrit par l'inspecteur ROOTS comme un buveur invétéré qui était toujours sous l'emprise de l'alcool ou de drogue ce qui provoquait en lui a des crises de delirium tremens. Il est probablement le Robert Stephenson et ou le Robert Sevenson (qui avaient approximativement le même âge) qui accusa en juin 1887 la cour des magistrats de la Tamise et de l'attaque indécente du 30 octobre 1888.

Dr Roslyn D’Onston Stephenson

Le Dr Alan Gauld et Melvin Harris ont récemment découvert qu'en 1893 la célèbre Vvictoria Woodhull l'avait converti au christianisme. Il abandonna la théosophie et l'occultisme, pour travailler sur son livre The Patristic Gospels (1904), une variante excentrique des premières évangiles. La suite de son histoire est incertaine. En novembre 1888, il a été le patient du docteur Evans au London Hospital qui visiter de nuit le Dr Morgan Davies. Au cours d'une de ses visites, il eut accès au tableau des présences et une connaissance du supposé modus operendi de Jack l'Eventreur, ce qui le persuada que Davies était le meurtrier. Il fut encore plus convaincu lorsqu'il apprit de W.T. Stead que l'Eventreur avait sodomisé Mary Jane Kelly comme le mime du docteur l'avait laissé entendre. Stephenson raconte l'histoire à un ouvrier métallurgiste appelé George Marsh et tous les deux se transformèrent en détectives privés pour filer le Dr Davies. Lors du réveillon de Noël 1888, Marsh alla à Scotland Yard, et parla à l'inspecteur Roots de Stephenson qui n'était qu'un alcoolique. En 1890, Stephenson vivait au sud au bord de la mer avec Mabel Collins, romancière et éditeur de la revue Lucifer, le journal de la société théosophique. Tous les deux rencontrèrent la baronne Vittoria Cremers et rentrer en affaire avec elle. À une occasion Cremers parla au journaliste Bernard O'Donnel à la fin des années 20, lui racontant qu'elle était entrée dans la chambre de Stephenson et avait trouvé plusieurs cravates tâchées de sang enfermées dans une boîte noire. Stephenson, ignorant cette découverte, lui raconta que l'Eventreur avait pour habitude de cacher les organes volés sur ses victimes à l'intérieur des cravates. Une variante de cette histoire fut publiée en 1929 par Pierre Girouard du East anglian daily times. 102

Les suspects Dr Roslyn D’Onston Stephenson
Il parlait de la baronne K. (visiblement Vittoria Cremers), qui lui avait rapporté le propos de Stephenson (qu'il appelait le Dr H). Il y parlait aussi de ce docteur qui vivait à Harrow Road au moment de les meurtres ; qui réussissait vivait en vendant des parfums rares et en donnant des cours d'occultisme. Il raconte aussi que la révélation de la baronne l'amena à s'enfuir aux USA ou George Dougherty de l'agence Pinkerton et auparavant de la police de New York, confirma qu'il était mort à l'hôpital de New York où il avait déclaré sa culpabilité. En 1987, Melvin Harris en vînt à la conclusion que Stephenson étaient l'Eventreur. Il avait ses présomptions sur sa liste d'arguments essentiels à l'Eventreur : -- présence essentielle à Whitechapel en 1888 ; -- force suffisante pour commettre les meurtres ; -- une apparence très cossue pour tromper la vigilance des prostituées. Selon lui, Stephenson répondait à tous les critères, aussi clama-t-il que les meurtres avaient cessé parce que sa santé s'était détériorée en raison d'un emploi excessif de chloral hydrate.

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Les suspects Kenneth Stephen
Cet homme ne fut que récemment considéré comme un suspect. Il suivit une éducation de jeune homme de bonne famille britannique au King's College à Cambridge. En 1883, il est le précepteur du prince Albert petit-fils de la reine Victoria. Il souffrait d'un violent coup à la tête qui lui causait en 1886, on le sait, et finit par en mourir. Il publia et écrivit dans le Réflecteur en 1888 et dans la Pall Mall Gazette. Il décéda au St Andrew Hospital à Northampton où il était entré en 1891. L'homme était un orateur politque brillant et présidait l'Union de Cambridge. C'est l'écrivain Michael Harrison qui vit en lui un suspect dans son livre parru en 1972 : Clarence [entendez par là le prince] Harrison fit sa déclaration dans une émission de la BBC qui était sortie en 1972, répondant à une question il précisa que le suspect n'était pas le prince mais Stephen. Il basa son argumentation sur le fait que l'homme avait eu des amants lorsqu'il était à Cambridge. Il ajouta que certains écrits de l'homme frôlaient la mysoginie impliquant par là certaines tendances... Il dit encore que l'homme avait assassiné les femmes à des dates précises en rapport avec les anniversaires de la famille royale ou la veille de fêtes chrétiennes
James Kenneth Stephen

Cependant, la seule preuve qui pourrait accabler Stephen, serait l'existence d'une lettre écrite par Mme Marny Hallam de New Bury dans le Sunday times (16 février 1975) où elle déclarait que son grandpère, avocat, avait dit à sa fille que les autorités avaient soupçonnées l'homme d'être le tueur. Il est vrai que Stephen est cité dans les notes d'Abberline comme co-conspirateur. Il est nommé dans Murder and madness de David Abrahamsen comme co-tueur avec le prince Albert.

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Les suspects Dr Thomas Neil Cream
Le docteur Neill Cream, né en Écosse, ayant fait ses études à Londres, exerçant au Canada, puis à Chicago (Illinois), était spécialisé dans les avortements. En 1881, il fut reconnu coupable d'avoir empoisonné plusieurs de ses patients. Bien que ces décès n'eussent pas éveillé les soupçons, c'est le docteur lui-même qui en demanda l'examen, semble-t-il pour attirer l'attention sur luimême. Incarcéré au pénitenciers de Joliet, dans l'Illinois, il fut libéré le 31 juillet 1891 pour bonne conduite. S'établissant à Londres, il reprit ses activités morbides ce qui lui valut une seconde arrestation et, pour finir, la pendaison, le 15 novembre 1891. Selon certaines sources, ses dernières paroles furent : « Je suis Jack... ». Pour cette raison, il fut un temps considéré comme le suspect numéro un. Mais, détenu de 1881 à 1891 en Amérique, il est innocenté de facto des crimes de l'éventreur. Sa dénonciation est sans doute à rapprocher de ses tendances à vouloir attirer l'attention sur sa personne.

Dr Thomas Neil Cream

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James Maybrick

Les suspects James Maybrick
James Maybrick était un marchand de coton connu à son époque à Liverpool, courtier en coton, il fréquentait la gentry de la ville qui était alors le premier port britannique. Il habitait une splendide maison, Battlecrease Mansion (le domaine de Battlecrease) avec sa femme Florie et ses deux enfants. Si la vie de cet homme nous est connue, ceci est dû au fait que cet homme devint célèbre car sa femme fut convaincue du meurtre de son mari, en 1889 et jugée pour ce fait. La femme de Maybrick, Florence fut condamnée à la pendaison mais sa peine fut commuée en peine de prison, elle y restera 15 ans avant d'être libérée, son jugement ayant été considéré comme suspect. Sorte de Marie Benard avant la lettre, victime comme elle de la bétise populaire, l'épouse de ce suspect sérieux qui a peut-être été l'éventreur ou qui s'en est réclamé par désir de mémoire postmortem, fut convaincue d'avoir empoisonné l'homme à l'arsenic.

James Maybrick

Le procès fut soit-disant une incroyable parodie de justice.Le juge qui présida au procès finit d'ailleurs deux ans après dans un asile d'aliénés. Quinze ans plus tard, la veuve Florence Elisabeth Maybrick fut finalement libérée. La famille Maybrick vivait à Liverpool depuis plusieurs générations. James naquit le 24 octobre 1838, ses parents William et Susannah eurent six garçons, dont deux morts jeunes. Son frère William devînt charpentier. Thomas et Edwin se lancèrent dans le commerce participant au commerce du coton. L'un des frères fut célèbre en devenant compositeur de musique populaire sous le pseudonyme de Stephen Adams. Détail important, James aurait eut auparavant une épouse, Sarah Ann Robertson. Bien qu'aucun acte de mariage n'ait pu être retrouvé, cette femme est morte le 17 janvier 1927. Elle vivai à Bromley street, tout près de Whitechapel, quoiqu'il en soit, on peut croire que James aurait eu plus de facilités pour connaître le quartier de Whitechapell. En 1871, le recensement fait apparaître que James est venu vivre avec sa mère à Londres. Là, il créé la Compagnie Maybrick des marchands de Coton avec son frère Edwin.

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Les suspects James Maybrick
En 1883, partit vivre dans le Norfolk en raison de leurs affaires, il contracte la malaria et de la quinine lui est prescrite. Le médicament n'ayant pas d'effet, un mélange de stricnine et d'arsenic lui est prescrit [autant se jeter du haut d'un pont, ça aurait arrangé tout le monde]. L'arsenic, utilisé en médecine, à l'époque, avait entre autre des vertus dites aphrodisiaques. Les gens à cette époque en abusait de plus en plus tant en Grande-Bretagne qu'aux Etats-Unis. Cela le mènera droit à la tombe. En 1880, il se rendit à New-York et durant le voyage de 6 jours il fit la connaissance de Florence Chandler et de sa mère la Baronne Von Roque. La jeune femme avait 18 ans, James, 24 ans de plus. Pourtant, bien vite, un mariage est prévu pour l'été d'après, il se produit le 27 juillet 1881 à Londres, dans le quartier de Picadilly. Deux enfants naîtront, une fille et un garçon. Puis ils allèrent vivre à Liverpool. Vers 1884, les affaires de Maybrick périclitent, ce qui accroit sa dépression et sa consommation d'arsenic. En 1886, peu après la naissance de leur second enfant, Gladys, les relations de couple se détériorent, sans doute à cause du côté dépensier de Mme Maybrick.

James Maybrick

Florence Chandler

En 1887, Florie, son épouse découvre qu'une autre femme existait dans la vie de son mari, la fameuse Sarah Ann Robertson, la première Mme Maybrick. Aussi, Florie se laisse-t-elle faire lorsque Alfred Brierly, un fournisseur de son mari lui fait la cour. C'est sans doute à ce moment-là que le couple décide de faire lit à part. Nous sommes à 9 mois des meurtres de Whitechapell. En mars 1888, les Maybrick déménage pour la belle maison de Battlecrease dans la banlieue de Liverpool à Aigburth. Cela n'arrangera pourtant pas la vie de couple. James frappera sa femme et le résultat remarquable sera un oeil au beurre noir. Les choses dégénèreront progressivement et James prendra ou acceptera de prendre son poison jusqu'à la mort. Maybrick décèdera le 11 mai 1889. L'histoire de James Maybrick fut associée à l'Eventreur qu'en 1992, date d'apparition de son journal. Les experts hésitent toujours à se prononcer sur l'authenticité de cet objet.

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Les suspects Mary Pearcey
Et si le tueur en série qui a terrorisé l'Angleterre victorienne était une femme? Les traces d'ADN retrouvées sur des lettres datant de 1888 relancent une piste inexplorée Ce sont des lettres d'autrefois. Des missives jaunies dont le secret a résisté à l'usure du temps. Au total, il y en a 360, toutes attribuées, à tort ou à raison, à Jack l'Eventreur, l'assassin de cinq prostituées, en 1888, dans l'est de Londres. Ce matin de septembre 2005, cent dix-sept ans après les faits, Ian Findlay, un biologiste écossais vivant en Australie, examine ces documents avec précaution, de ses mains gantées. Tout est là, devant lui, sur une table des Archives nationales britanniques, à Londres. L'une des lettres, écrite à l'encre rouge et tachée de sang, retient son attention. Comme beaucoup d'autres, elle est signée «Jack the Ripper». A ses côtés, Stewart Evans, ancien policier et expert réputé de cette énigme, désigne un autre courrier: «Ici, le meurtrier décrit la façon dont il a éventré sa victime, en lui arrachant le foie après l'avoir égorgée. Seul le coupable pouvait connaître ce détail.» C'est ainsi, en partant de ces archives, que Findlay l'Australien d'adoption et Evans le Britannique vont relancer, à leur manière, ce fait divers d'exception. Après une année de recherches, ils affirment aujourd'hui que la personne qui terrorisa cette année-là l'Angleterre victorienne était peut-être une femme! Jacqueline l'Eventreuse et non Jacques l'Eventreur.

Mary Pearcey

L'hypothèse n'est vraiment pas nouvelle. A l'époque, elle avait déjà été soutenue - sans preuves irréfutables - par Frederick Abberline, l'inspecteur de Scotland Yard chargé du dossier. La vraie nouveauté est scientifique: plus d'un siècle plus tard, la génétique vient conforter cette théorie et apporter un nouvel éclairage sur l'une des plus grandes énigmes de l'histoire du crime. Tout cela grâce au Pr Findlay... Cet homme de 39 ans, dont le laboratoire dépend de la Griffith University de Brisbane (Queensland), est connu pour avoir mis au point, en 1997, une technique permettant de retrouver, à l'aide d'une seule cellule (contre 200, au moins, auparavant), l'ADN d'une personne ayant vécu il y a deux cents ans. Depuis cette découverte, la police australienne a fait appel à lui à plusieurs reprises pour élucider d'anciens meurtres. Jamais, pourtant, il n'aurait imaginé que ses compétences en biologie moléculaire le mèneraient un jour à s'intéresser au dossier «Jack l'Eventreur». Il se trouve en fait que sa découverte, rendue publique par l'université d'Oxford, a attiré l'attention des passionnés de cette affaire, toujours nombreux en Grande-Bretagne. «En 2004, raconte-t-il, un collectionneur britannique m'a envoyé une mèche de cheveux ayant semble-t-il appartenu à l'une des 112 proies de "Jack". Cela me paraissait farfelu. Mais j'ai par la suite reçu d'autres mèches provenant des descendants de la victime. J'ai comparé ces ADN...»

Les suspects Mary Pearcey
Des cils sous les timbres, du sang sur une lettre Le scientifique s'aperçoit rapidement que non seulement les ADN ne correspondent pas, mais que, dans certains cas, il ne s'agit même pas de vrais cheveux! «J'ai réalisé qu'il existait un business incroyable autour de l'Eventreur, que l'on vendait des couteaux, des lettres, des photos, des os... Et pas seulement sous le manteau, mais aussi chez Sotheby. Ce que ces collectionneurs attendaient de moi, c'était ma caution scientifique.»Findlay propose alors ses services à Scotland Yard. Un mois plus tard, la police anglaise l'invite et met à sa disposition les lettres attribuées au tueur et conservées aux Archives nationales. «Au moment où on m'a appelé, je ne connaissais que le mythe de l'Eventreur, poursuit le chercheur. C'est pourquoi j'ai contacté Stewart Evans, surnommé "le ripperologue". Passionné par cette histoire depuis l'âge de 10 ans, cet ancien policier a écrit les livres de référence sur le sujet.»

Cette lettre, signée «Jack the Ripper» et tachée du sang de l'une de ses victimes, est l'un des documents qui ont permis au biologiste Ian Findlay (ci-contre) de se lancer dans la recherche de l'ADN du célèbre criminel.

Une fois à Londres, Findlay découvre le monde de Jack the Ripper. Evans l'entraîne dans le quartier de Whitechapel. «Je le suivais, désorienté, dans le dédale de ruelles où furent retrouvés les corps des prostituées, se souvient-il. Evans me décrivait la façon dont elles avaient été mutilées, me montrait leurs photos... Nous avons bu une bière au Britannia Pub, sous les fenêtres de l'appartement où la police découvrit le cadavre de Mary Kelly, le 9 novembre 1888. J'avais l'impression de voir Jack rôder dans les rues...» Le lendemain, aux Archives nationales, Findlay examine les lettres. Sa mission: trouver une trace d'ADN permettant de remonter à l'assassin. Evans l'aide en sélectionnant les missives qu'il estime authentiques - une quinzaine sur 360. Findlay constate alors que la plupart d'entre elles, manipulées par des centaines de policiers depuis 1888, portent une multitude d'empreintes. Même celles qui sont protégées par des pochettes de plastique se révèlent inexploitables: «Sous le plastique, les traces s'étaient détériorées, rendant impossible tout travail sur l'ADN.» Il trouve tout de même des résidus de la salive laissée par l'expéditeur lors du cachetage des enveloppes. Mieux: en soulevant les timbres jamais ôtés jusqu'alors - Findlay découvre des fragments de peau, d'ongles et de cils. Il recueille tous ces indices dans des éprouvettes, y compris le sang - délibérément laissé sur le papier par l'assassin d'Elizabeth Stride, la troisième prostituée victime de l'Eventreur. De retour en Australie, le chercheur travaille des mois dans son laboratoire avec une équipe de cinq personnes. «Je n'avais pas le droit à la moindre erreur, raconte-t-il. A chaque test sur une cellule, je ne disposais que d'une tentative pour pénétrer le noyau où se cachait le possible profil génétique de l'Eventreur. Autre difficulté: ces cellules, vieilles de cent dix-sept ans, avaient été rendues inaccessibles par une protéine qu'il fallait neutraliser.» Après plusieurs échecs, des échantillons 113 provenant de deux lettres livrent leur secret. L'ADN découvert est celui d'une seule et même personne: une femme!

Les suspects Mary Pearcey
La réponse à l'énigme enterrée au cimetière de Newgate En signant ses crimes «Jack l'Eventreur», celle-ci aurait donc cherché à brouiller les pistes. «On peut retenir cette hypothèse, poursuit Findlay. En 1888, deux témoins avaient affirmé avoir vu l'une des victimes, Mary Kelly, courir dans une rue de Whitechapel quatre heures après le constat de sa mort... Pour l'inspecteur Abberline, la personne qui s'enfuyait n'était autre que l'Eventreuse, déguisée en Mary Kelly.» Selon Stewart Evans, l'un des suspects identifiés par Scotland Yard à l'époque était une sagefemme corpulente, Mary Pearcey. La police avait, semble-t-il, de bonnes raisons de la soupçonner: en 1890, elle fut accusée d'avoir égorgé la femme de son amant à la manière de l'Eventreur, et fut même pendue pour ce meurtre le 23 décembre 1890.Comment savoir si l'ADN identifié par le biologiste est celui de Mary Pearcey? «Il faudrait exhumer son cadavre. Evans et moi l'avons envisagé, dit Findlay sur un ton amusé. Mais la loi anglaise l'interdit, car il ne reste aucun survivant dans cette affaire.» Une seule possibilité: récupérer un morceau du squelette en violant la tombe. Stewart Evans sait où est enterré le corps: «Au cimetière de Newgate, à Londres. Sur la pierre tombale, cette seule inscription: "1866-1890".» Reposera-t-elle en paix?

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Les suspects Elle a démasqué Jack l'Éventreur
La criminologue Sophie Herfort, originaire de Breuil-Bois-Robert, publie « Jack l’Éventreur démasqué » aux Éditions Tallandier. Au bout de vingt ans de recherches, elle pense avoir résolu l’un des plus grands mystères de l’histoire criminelle. « Un petit thé vert. » Sophie Herfort doit s’y reprendre à deux fois pour commander son thé. Elle parle si bas. Rendez-vous a été donné dans une brasserie du centre-ville de Mantes-la-Jolie. Vêtue d’un trenchcoat noir, une touche de couleurs à ses lèvres, elle est arrivée tout aussi discrètement. Blonde, mince, le regard parfois fuyant, elle est convaincue d’avoir résolu l’une des plus grandes énigmes de l’histoire criminelle.
Sophie Herfort est persuadée avoir trouvé qui se cache derrière Jack l'Éventreur.

C’est à l’âge de 11 ans que sa vie change :

« J’ai regardé le film de David Wickes sur Jack l’Éventreur. Et j’ai compris que toutes les théories et tous les visages qu’on lui a attribués n’étaient pas les bons. C’était quelqu’un d’autre. Je le savais. J’ai attendu l’âge de 15 ans pour partir en Angleterre et consulter les archives sur cette affaire. » Londres, 1888. Dans l’East End, le quartier très miséreux de Whitechapel, on retrouve les corps de cinq femmes. À chaque fois dans des coins obscurs : une impasse, une ruelle, les docks. Et toujours le même scénario : il s’agit de femmes pauvres, prostituées et alcooliques. Celui qui se fait appeler Jack l’Éventreur les tue, les dissèque et les abandonne. L’affaire défraie la chronique, l’opinion se scandalise, Scotland Yard piétine et Buckingham s’inquiète. Les cinq meurtres ont lieu entre septembre et novembre 1888. Le coupable n’a jamais été arrêté. On a prêté plusieurs visages au meurtrier. Sans succès. De nombreux chercheurs et romanciers se sont intéressés à cette affaire. La dernière théorie en date est celle de Patricia Cornwell qui s’appuie sur d’anciens échantillons ADN. Pour elle, l’assassin est un peintre : Walter Sickert. Mais une nouvelle théorie vient d’apparaître : celle de Sophie Herfort. Adolescente, fascinée par cette affaire, elle enquête, part à Londres dans le quartier de Whitechapel, prend des photos, fait des recherches, consulte les archives, s’intéresse de près à la criminologie pour tenter de résoudre l’un des plus grands mystères de l’histoire. Il a fallu qu’elle « se faufile », qu’elle ruse et mente pour avoir accès aux documents et mener à bien son enquête. « Cher patron… » Professeur de françai langue étrangère, licenciée de philosophie, formée à la psychopédagogie et à la neuropsychiatrie, la passion de sa vie c’est Jack l’Éventreur. Elle a tout construit à partir de ça et s’en est, parfois, mordu les doigts, notamment dans sa vie privée. D’où lui vient une telle passion pour l’horreur ? Selon elle, son père a toujours été passionné « de polars et de criminologie ». Plausible 116 mais il y a autre chose. Plus qu’une passion certainement une fascination pour ce personnage, voire une obsession.

Les suspects Elle a démasqué Jack l'Éventreur
Son enquête ne va pas seulement consister à découvrir l’identité de Jack l’Éventreur, également surnommé Tablier de cuir, mais surtout à prouver ce qu’elle sait depuis le début. D’ailleurs, au fur et à mesure de ses recherches, elle « croise toujours la piste du même homme », écrit-elle. Entre 1888 et 1896, Jack l’Éventreur va envoyer près de 300 lettres à Scotland Yard. Et c’est grâce à ces documents que Sophie Herfort va peu à peu réunir tous les éléments de la plus grande énigme criminelle du siècle. Et elle va découvrir qu’il s’agit de l’homme le moins soupçonnable, le plus honnête qui soit. Un bon père de famille. Mais qui donc ? Nous brûlons d’impatience. « Scotland Yard savait » Août 1888 : une dispute éclate dans les bureaux de Scotland Yard. Le préfet Warren est alors chef de la police. Il ne s’entend pas avec son adjoint Monro. Celui-ci profite de son absence pour proposer une place à l’un de ses amis rencontré à Calcutta, Melville Macnaghten. Mais Warren qui ne perd pas une occasion de tacler son adjoint refuse la nomination de l’ami de celui-ci. Humiliation suprême pour Melville Macnaghten qui a tout quitté en Inde avec femme et enfants pour décrocher ce poste. Voici donc notre homme. Transformé par la haine en « tueur sans pitié ». Pour se venger du préfet Warren, il va mettre en place une machination des plus machiavéliques. Il assassine cinq femmes et envoie régulièrement des lettres à la police pour prévenir de ses crimes. « Les lettres commençaient toujours par “cher patron”, raconte-t-elle. J’ai alors su qu’il s’agissait de quelqu’un qui entretenait un rapport étroit avec la police, qui avait un compte à régler avec Scotland Yard. »

Sir Melville Macnaughten

Peu à peu, tout se recoupe : le lien du meurtrier avec la police, l’humiliation subie et la vengeance qui s’opère. Le jour où le préfet Warren démissionne, les crimes s’arrêtent. Monro le remplace et Melville Macnaghten entre enfin à Scotland Yard. Sophie Herfort a beaucoup étudié la personnalité du meurtrier. Sa haine des femmes en particulier des prostituées qu’il qualifie de « déchets de l’humanité féminine ». Son goût pour le spectacle, la théâtralisation, ritualisation des scènes de crime avec notamment les intestins enroulés autour des épaules des victimes, les poumons arrachés et les utérus découpés. Et puis il y a ces fameuses lettres M et C tracées en lettres de sang sur l’une des jambes de la victime. Personne n’a - voulu - fait attention à ces lettres. Sophie Herfort si. M et V pour Melville Macnaghten ! Les mémoires de la fille du meurtrier mettront aussi Sophie Herfort sur cette piste. Macnaghten collectionnait les photos de l’affaire Jack l’éventreur alors qu’il n’a jamais enquêté sur cette affaire ! 117 Des documents qu’il a brûlés par la suite.

Les suspects Elle a démasqué Jack l'Éventreur
Et puis, il y a ces lettres qui continuent d’affluer jusqu’en 1896 et dans lesquelles le meurtrier se dénonce ou presque. À l’image de celle-ci : « Le mobile des crimes est la haine et le dépit contre les hommes du Yard. L’un d’entre eux sera ma victime après que les crimes auront cessé. » Sophie Herfort affirme que la police savait mais n’a jamais rien dit. « Accuser quelqu’un de Scotland Yard, la police des polices, c’est pire qu’accuser un membre de la famille royale », s’exclame-t-elle. Si elle a découvert Jack l’Éventreur, elle n’a pas encore résolu l’énigme de Melville Macnaghten. Qu’a-t-il encore à cacher ? Elle veut découvrir d’où lui vient cette haine des femmes et aimerait partir à Calcutta là ou le meurtrier a vécu pour tenter de savoir ce qui s’est passé là-bas. Il aurait, raconte-t-elle, été passé à tabac par ses ouvriers. Jusqu’où ira-t-elle ? Jusqu’au bout. De l’affaire. Du mystère. D’elle-même ?

Sir Melville Macnaughten

Le mystère Sophie Herfort Des questions demeurent encore. Notre témoin entretient un rapport étrange avec son accusé. Elle affirme avoir découvert le coupable mais à aucun moment, ne prononce ce mot. Elle dit toujours « mon suspect » et finit par lâcher « le monstre ». Comme si le doute subsistait encore… Sophie Herfort boit la dernière gorgée de son thé. C’est la fin de notre rencontre. Elle s’en va comme elle est venue, discrètement. Et laisse la vague impression de ne pas avoir tout dit. Elle a découvert le secret de l’éventreur, mais elle, qu’a-t-elle à cacher ? Adélaïde Haslé Le Courrier de Mantes Publié le: 18 juillet 2007

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Jack l’éventreur Remerciements

Pour m’avoir permis de réunir les informations nécessaires à la création de ce dossier, je me dois de remercier les administrateurs des sites internet suivant :

(en) Casebook.org Site dédié à Jack l'éventreur (en) The Metropolitan Police (en) The National Archives - Jack the Ripper - images et transcriptions des lettres revendiquées de Jack l'éventreur (en) Whitechapel Society 1888 - organisation dédiée au cas de Jack l'éventreur (fr) Tueursensérie.org (fr) ll4ll.net Dossier multidisciplinaire sur la figure de Jack l'éventreur dont une présentation des faits et traduction de certaines lettres (fr) http://tf1.lci.fr (fr) www.courrierdemantes.com (fr) www.tf1.fr (fr) http://grands.criminels.free.fr (fr) www.lexpress.fr

Jack l’éventreur ANNEXES Maps of Whitechapel, 1888

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Jack l’éventreur ANNEXES Maps of Whitechapel, 1896

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Jack l’éventreur ANNEXES Albion Brewery, Whitechapel Road

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Jack l’éventreur ANNEXES London Hospital, Whitechapel Road

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Jack l’éventreur ANNEXES St Mary Matfelon, Whitechapel

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Jack l’éventreur ANNEXES Couverture du Journal « PUCK »

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Jack l’éventreur ANNEXES Old Cap Collier 18 Février 1889

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Jack l’éventreur ANNEXES Old Cap Collier Décembre, 1888

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Jack l’éventreur ANNEXES The Pinkerton Detective Series – Février 1889

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Ses victimes Lettre du 25 septembre 1888

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Ses victimes Lettre du 25 septembre 1888

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Ses victimes Traduction de la lettre du 25 septembre 1888
Les habitants du quartier étaient terrorisés, mais il semble que ces meurtres amusèrent une certaine catégorie de la population car des centaines de lettres prétendument écrites par le tueur furent envoyées à la police, aux journaux et à certains enquêteurs. Seules trois de ces lettres semblent intéressantes. Deux, en particulier, ayant été écrites par la même main, ont donné son surnom de "Jack l’Éventreur" à l’assassin. La lettre suivante, écrite à l’encre rouge, fut reçue par le "Central News Agency" (un organisme méconnu du grand public... mais pas des journalistes) le 27 septembre 1888, et était adressée au directeur, "The Boss", du journal. Cher patron, Je continue d’entendre que la police m’a attrapé mais ils ne vont pas m’arrêter de si tôt. J’ai ri lorsqu’ils ont pris un air intelligent et ont affirmé être sur la bonne piste. Cette blague concernant Tablier de Cuir m’a vraiment fait rire. Je cherche des putains et je n’arrêterai pas de les mettre en pièces jusqu’à ce que je sois bouclé. Beau travail que mon dernier boulot. Je n’ai pas laissé à la dame le temps de couiner. Comment pourraient-ils m’attraper maintenant. J’aime mon travail et je veux recommencer. Vous allez bientôt entendre parler de moi avec mes petits jeux amusants. J’ai gardé quelques trucs rouges convenables dans une bouteille de bière au gingembre de mon dernier travail pour écrire mais c’est devenu épais comme de la colle et je ne peux pas l’utiliser. L’encre rouge convient assez j’espère ha ha. Le prochain boulot que je ferai je couperai l’oreille de la dame et l’enverrai aux officiers de Police juste pour s’amuser, n’est-ce pas. Gardez cette lettre jusqu’à ce que j’en fasse plus puis donnez-la. Mon couteau est si beau et acéré que je veux me remettre au travail immédiatement si j’en ai la chance. Bonne chance. Votre dévoué Jack l’Éventreur Je m’excuse si je donne mon nom de plume”. Sur la même lettre, écris horizontalement : "n’était pas assez bon pour que je la poste avant que j’ai enlevé toute l’encre rouge de mes mains maudite soit-elle. Pas de chance. Ils disent que je suis un docteur. Maintenant ha ha".

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Ses victimes Lettre du 1 Octobre 1888

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Ses victimes Traduction de la lettre du 1 Octobre 1888
L’éditeur considéra que la lettre était un faux et ne l’envoya pas à la police avant plusieurs jours. Le lundi qui suivit le double meurtre, la "Central News Agency" reçut une autre lettre, postée du 1er octobre, et portant la même écriture. "Je n’étais pas lubrique cher vieux patron lorsque je vous ai donné ce tuyau. Vous entendrez parler du travail effronté de Jacky demain double événement cette fois numéro un a crié un peu n’ai pas pu terminer tout de suite. N’ai pas eu le temps de prendre les oreilles pour la police merci d’avoir gardé la dernière lettre jusqu’à ce que je recommence à travailler. Jack l’Éventreur« La police fit circuler les lettres dans ses services et en placarda des fac-similés sur les murs de chaque commissariat de police au cas où quelqu’un pourrait reconnaître l’écriture. Mais rien d’intéressant n’en résultat.

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Ses victimes Lettre du 16 Octobre 1888

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Ses victimes Traduction de la lettre du 16 Octobre 1888
La 3ème lettre importante fut envoyée le 16 octobre à George Lusk, le dirigeant du Comité de Vigilance de Mile End. La lettre fut envoyée avec un morceau de rein humain. Lusk en fut bouleversé. L’un des membres du comité affirma qu’il devait s’agir d’un rein d’animal préservé dans du vin et ils l’apportèrent au Docteur Thomas Openshaw, du London Hospital, afin qu’il l’examine. On publia tout et n’importe quoi sur ce que dit le Dr Openshaw, et qu’il nia par la suite. Ce dont on peut être sûr est que le Dr Openshaw établit que le rein était celui d’un être humain adulte, qui avait été préservé dans de l’alcool de vin plutôt que du formol. Il est possible que ce rein ait été atteint de la maladie de Bright (ou "néphrite"), mais les avis des médecins étaient partagés. La lettre accompagnant le rein n’avait pas été écrite par l’auteur des deux lettres signées Jack l’Éventreur. Elle comportait de nombreuses fautes d’orthographes. "De l’enfer, Monsieur Lusk Monsieur (Sor) Je vous envoie la moitié du rein (kidne) que j’ai pris à une femme prasarvé (prasarved) pour vous l’autre (tother) morceau je l’ai frit et mangé c’était très bon (nise) je vous enverrai peut-être le couteau (knif) ensanglanté qui l’a enlevé si vous attendez (wate) un peu (a whil) plus longtemps. Signé Attrapez-moi quand vous pourrez Monsieur (Mishter) Lusk"

George Lusk

L’une des ces lettres a-t-elle été envoyée par le véritable tueur ? Les spécialistes et les chercheurs (les "ripperologues") considèrent souvent que les deux premières lettres sont des faux, bien qu’elles présentent des informations que seul l’assassin devait connaître. L’auteur de la lettre dit qu’il enverra des oreilles à la police, mais le tueur ne l’a jamais fait. Le lobe de l’oreille de Kate Eddowes était coupé, mais sûrement par un coup de couteau visant le visage. Vu les mutilations qu’il a pu accomplir, le tueur aurait eu largement le temps de lui couper les oreilles s’il en avait eu l’envie. La prévision des deux meurtres durant la même nuit a été présentée comme une preuve que ces lettres étaient authentiques. Toutefois, la lettre a été postée le matin du 1er octobre (le timbrage l’indique), alors que tout l’est de Londres bourdonnait déjà de la découverte du double meurtre. Tout le monde 141 était au courant dès le dimanche et en parlait. Ce n’était donc pas une prévision.

Ses victimes Traduction de la lettre du 16 Octobre 1888
L’auteur des deux lettres affirme également que Liz Stride a crié mais seul un des nombreux témoins a affirmé avoir entendu une femme crier. Les autres témoins n’ont rien entendu de toute la nuit. Déjà à l’époque, Scotland Yard pensait que cette lettre avait été écrite par "un journaliste trop imaginatif". L’enveloppe de la première lettre était timbrée "London EC", des districts de Gray’s Inn Road et Fleet Street, siège de la très grande majorité des journaux. Par la suite, les hauts gradés de la police affirmèrent catégoriquement que ces deux lettres étaient l’oeuvre d’un journaliste. La lettre adressée à Monsieur Lusk semble plus plausible. Le Dr Brown, lors de l’autopsie de Catharine Eddowes, indiqua que son rein encore présent était "pâle, exsangue, avec une légère congestion à la base des pyramides", ce qui décrit les symptômes de la maladie de Bright. Kate Eddows en souffrait vraisemblablement. Il est possible que la troisième lettre ait véritablement été écrite par l’Éventreur et que le rein ait appartenu à Kate Eddows, mais on ne peut absolument pas le prouver de nos jours.

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