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Introduction aux finances publiques 2007-2008

version du 24 février 2009

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Chapitre 7 LES EFFETS ÉCONOMIQUES DES IMPÔTS

7.1

7.1.1 L’impôt sur les salaires dans le marché du travail 7.1.2 Effets de l’impôt sur le revenu du travail et sur les choix individuels 7.2.1 L’épargne 7.2.2 Le problème de la double imposition de l’épargne 7.2.3 Analyse des effets selon la méthodologie d’imposition

Le choix entre travail et loisirs

7.2

Le choix entre consommation et épargne

7.3

La courbe de Laffer

Introduction aux finances publiques 2007-2008

version du 24 février 2009

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Alors que le chapitre 6 s’est penché sur la légitimité redistributive de l’impôt sur le revenu, ce septième chapitre s’adresse à la question d’efficience d’un système d’imposition directe. En effet, il serait naïf de croire qu’un agent économique appelé à être contribuable va simplement payer l’impôt dû SANS ajustement de son comportement économique. La rationalité du contribuable est différente. Sachant qu’il peut bénéficier de toute façon des prestations collectives, en raison de la non rivalité et de la non exclusion, son calcul individuel est de minimiser les conséquences de l’impôt. Trois démarches principales sont possibles (voir le schéma 7-1) 1 : (1) l'optimisation fiscale, qui consiste à utiliser les lacunes des lois fiscales pour trouver la faille permettant de payer le moins d'impôt possible. Cette situation ne survient en général que si deux conditions sont remplies: (i) une forte mobilité de la base fiscale; mobilité soit réelle, soit comptable, permettant de trouver la meilleure localisation possible (ce qui sous-entend qu'il existe une concurrence fiscale entre des entités territoriales ayant la souveraineté fiscale) et (ii) que le gain d'impôt soit supérieur au coût de l'optimisation (qui ne peut se faire le plus souvent qu'en ayant recours à un fiscaliste spécialisé). L'optimisation fiscale n'est pas traitée dans ce cours, non seulement pour des raisons éthiques (morale fiscale), mais aussi parce que le domaine est extrêmement complexe et dépasse le cadre ce cours introductif. (2) ajuster son comportement économique –le thème de ce chapitre; (3) ou tenter de reporter l’impôt sur quelqu’un d’autre – ce qui sera le thème du chapitre 10 relatif à la translation de l’impôt. Envisageons pour l’instant la première alternative : l'introduction d'un impôt peut inciter les agents économiques à adapter leurs comportements économiques. Un premier choix consiste à décider si, et avec quelle intensité, ils entendent travailler. C’est le thème de la première section. Quelle est la répartition idéale du temps entre travail et loisirs compte tenu de la fiscalité? On distinguera deux étapes de la réflexion : en considérant d’abord le niveau global, celui du marché du travail ; puis en analysant les comportements et les calculs individuels. Une deuxième décision concerne l'affectation du revenu entre consommation et épargne. La troisième section s’intéresse à la « courbe de Laffer » : compte tenu des enseignements dérivés des modèles théoriques expliqués, est-ce que ce serait une bonne affaire, pour un gouvernement, d’augmenter le taux de l’impôt s’il veut obtenir plus de recettes fiscales ?

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Le graphique 7-1 mentionne également les autres comportements fiscaux possibles, qui ne sont pas abordés ici car il relève du droit fiscal et non de l'économie. L'évasion fiscale consiste à utiliser les faiblesses (les "trous") de la loi fiscale pour minimiser l'imposition. En cas de désaccord entre le contribuable et le fisc sur l'interprétation de la loi fiscale, la procédure ordinaire de recours tranche. Il n'y a ni amende, ni pénalité suite à la décision. En anglais, on parle de "tax avoidance". L'optimisation fiscale fait partie de la "tax avoidance". La soustraction fiscale consiste à ne pas déclarer au fisc un état de fait qui devrait faire l'objet d'une imposition. En Suisse, la soustraction fiscale est un délit administratif, et non pas pénal. En cas d'infraction, le fiscl procède à un "redressement fiscal", càd rétablit l'impôt tel qu'il aurait dû être calculé et payé SANS soustraction. Le contribuable doit payer l'impôt dû et se voit infliger une amende qui peut aller jusqu'à 3x le montant de l'impôt soustrait. En anglais, la confusion vient du fait que "soustraction fiscale" se traduit par tax evasion. Or en français, évasion n'a pas ce sens. La fraude fiscale consiste à falsifier des documents comptables pour éviter l'impôt. En Suisse, c'est un délit pénal. La difficulté est que la distinction entre soustraction fiscale et fraude fiscale (donc entre une faute administrative et une faute pénale) n'est faite qu'en Suisse. Tous les pays qui nous entourent, de l'Union Européenne et les pays anglo-saxons considèrent que "soustration" fiscale et "fraude" fiscale sont du même ordre: c'est du "tax evasion", pénalement punissable. Il est certain que dans les circonstance actuelle (février 2009), cette distinction helvétique ne tiendra pas longtemps face aux pressions externes.

ajuster le comportement individuel pour payer le moins d'impôt possible Autres comportements possibles: Optimisation fiscale.Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 3 Etat souverain 1. même s'il ne contribue pas au financement. l'agent économique en bénéficie de toute façon. prélève un impôt sur le revenu (flux) ou /et la fortune (stock) 2. Ce faisant. Évasion fiscale (Tax avoidance) Soustraction (Tax evasion) Fraude fiscale (Tax fraud) Choix: Travail – loisirs Consommation – épargne Quelles formes d'épargne ? Création d'une charge fiscale "excédentaire" Chapitre 9 2. l'Etat provoque une "charge fiscale" Les budgets publics offrant des services collectifs (non rivalité et non exclusion). reporter l'impôt sur un autre agent économique Contribuable contribuable formel "translation de l'impôt" "moi" chapitre 10 réel "?" Schéma 7-1 L'ajustement des comportements individuels face aux prélèvements obligatoires . 1. prélèvements obligatoires sur les salaires au titre des assurances sociales.

2008 : 314-316 et 345-348). Le modèle ci-après (graphiques 7-2 et 7-3) est développé sur la base d'un impôt proportionnel sur la masse salariale.Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 4 7. (i) Avec un impôt strictement proportionnel. l'employeur réduit la quantité de travail de og à of. le salaire fa brut ayant augmenté (Wb>W0). La droite kh représente la demande sur le marché du travail. le marché se trouve en situation de concurrence pure et parfaite. mais ne reçoit en travail qu'une valeur nette égale à Wn. . en concurrence pure et parfaite. L'introduction d'un impôt proportionnel sur le salaire (ts) modifie la lk (ou bien. on peut aussi porter l’analyse en termes de cotisations sociales sur les salaires puisque ces dernières sont des prélèvements proportionnels et obligatoires.1. et lequel. sur l'offre de travail (employés) et la demande (employeurs). Le montant total de l'impôt est de WncaWb. L'ordonnée indique le salaire W par unité de temps de travail tandis que l'abscisse mesure le temps de travail H de la période. droite de demande D en (1-ts)D de hk vers hl.1 7. l'économie dans son ensemble subit une perte définitive appelée "charge fiscale excédentaire" (voir le chapitre sur la neutralité de l'impôt). les effets négatifs se renforcent. Le point e représente le point d'équilibre où la demande et l'offre (droite O) de travail se rencontrent: pour un salaire de OW0 le temps de travail est og. est celle qui vaut réellement sur le marché du travail? Est-ce que la forme du marché du travail (classique: en concurrence. (iii) Enfin. Si cette perte pour les agents économiques est supposée être compensée par la mise à disposition de services collectifs. D'où une autre question intéressante: est-ce que la répartition formelle du prélèvement des cotisations sociales. mais ne s’inversent pas. (ii) L’impôt proportionnel est équivalent à un « income flat rate tax ».1 Le choix entre travail et loisirs L'impôt sur les salaires dans le marché du travail L'effet des impôts sur les salaires dans le marché du travail consiste à examiner si la fiscalité joue un rôle. Il paie un salaire brut Wb. ou bien rigide à la baisse) influence les conclusions tirées du modèle théorique ? Dans le graphique 7-2. Trois raisons nous amènent à choisir un tel impôt. la représentation graphique des conséquences de l’impôt sur les choix des travailleurs et des employeurs est quelque peu simplifiée. à raison d'une moitié à charge de l'employé et de l'autre moitié à la charge de l'employeur. celle-ci reflète la valeur de la production marginale du facteur travail. L'impôt est partagé entre l'employé (WncbW0) et l'employeur (W0baWb). Le taux d'impôt est ts = ok ca pour la nouvelle solution: ). La différence est prise par l'impôt. un impôt sur les salaires va renchérir le coût de la maind'œuvre: cela devrait décourager l'emploi (ROSEN. Et cela ne change pas le fonds de l’argumentation : si on passe d’un impôt proportionnel à un barème d’impôt progressif. Sommairement. il n'en va pas de même pour le triangle cea. Avec une élasticité-prix normale de la demande.

Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 5 Graphique 7-2 Effets de l’impôt sur les salaires dans un marché du travail flexible. en concurrence Salaire Salaire k O a Wb W oo W W nn W l b e c d D (1-ts)D 0 f f g h H .

la réduction de l'offre de travail est plus forte (om<of). L’offre de travail est principalement caractérisée par le fait que le temps à disposition de chaque individu est limité.1. . Ce phénomène peut par exemple découler de l'action des organisations de travailleurs qui exigent des salaires minimaux: ils n'acceptent pas de travailler pour une rémunération inférieure à Wn. La seule différence par rapport à la situation décrite consiste dans l'introduction d'une offre qui à partir de q présente un coude pour indiquer que les salaires sont rigides à la baisse. Par rapport au premier cas. Cette situation s'accompagne d'une redistribution du fardeau fiscal: la charge imposée à l'employeur devient supérieure à celle supportée par l'employé.2 Effets de l'impôt sur le revenu du travail et sur les choix individuels On peut se demander comment l’offre de travail est déterminée. Rosen (2008 : 415-421) illustre ces questions à l’aide du graphique 7-4. On remarque aussi une augmentation de la charge fiscale excédentaire: nqer > cea. 7. vous pouvez répéter le même raisonnement ci-dessus.Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 6 Graphique 7-3 Effets de l’impôt sur les salaires dans un marché du travail rigide à la baisse Salaire Salaire k r a l W oo W Wn p b q e O Wb n c d D (1-ts)D 0 m f g h H Dans le graphique 7-3.

ii. iii. il gagne un revenu d’un montant = OG. i. qui leur procurent du bien-être. Jacques maximise son utilité au point E1. À ce point. est transformé en . Le travail demande un effort – qui sera « positivé » ensuite par le revenu ainsi gagné. la dotation vaut OT. FT. les loisirs sont directement source d’utilité positive pour les individus : dans le modèle traditionnel. ils apprécient les loisirs. L’offre de travail est ici définie a contrario comme la différence entre la “dotation en temps“ pour un individu et la partie de ce temps consacrée aux loisirs. La dotation initiale d’un individu. ici la tangente TD. Il consacre OF heures aux loisirs et FT heures au travail.Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 7 Graphique 7-4 Le choix entre les loisirs et le travail Contrairement au travail. Par exemple. sur la courbe d’indifférence (ii). Les préférences de chaque individu pour le travail ou les loisirs peuvent être représentées par différentes courbes d’indifférences . Les choix des individus sont limités par une contrainte budgétaire. fonction d'un revenu disponible (salaire horaire sur le marché du travail) et des prix de la consommation (on imagine une dépense ou un panier de biens et services servant de référence pour les prix – on a donc un salaire réel pour un indice donné. le temps de travail. est donc exclusivement partagée en temps de travail et en temps de loisirs (le repos et les activités domestiques non rémunérées sont “hors dotation temps“) : dans le graphique 7-4. invariable des prix).

Maintenir son niveau de vie • Le revenu du travail étant soumis à l'impôt. d'une part.Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 8 revenu FE1 compte tenu du taux de salaire sur le marché du travail donné par la droite TD. De façon à reconstituer le salaire qu'il recevait avant l'impôt. prélevé en bloc pour un montant fixe. dépend de deux effets: • L'effet de revenu: le paiement de l'impôt provoque une diminution du revenu net disponible. par nature. Cette introduction (ou augmentation) de l'impôt modifie le rapport des prix entre travail et loisirs en faveur des derniers. des impôts proportionnels sur les salaires. L'effet de substitution: après l'introduction d'un impôt. cette représentation correspond au passage du prélèvement de la cotisation d’assurance maladie d’un système forfaitaire à un système proportionnel au revenu). les différences qui en résultent selon les formes que cet impôt peut revêtir. puisque cette cotisation prend la forme d'un montant fixe sans relation à la capacité financière individuelle. une heure supplémentaire de travail rapporte un salaire net disponible moindre au travailleur. L'impôt proportionnel plutôt qu'un impôt avec un barème progressif a été choisi parce que le premier facilite l'explication des effets de l'impôt sur le choix travail/loisirs. Ces questions sont traitées en comparant les effets d'un impôt proportionnel sur le revenu à ceux d'un impôt forfaitaire. tous les prélèvements obligatoires de cotisations aux assurances sociales sont. a) Comparaison entre un impôt forfaitaire et un impôt proportionnel sur le revenu du travail Afin que l'analyse soit pertinente. le travail devient moins intéressant comparé aux loisirs. d'autre part. le contribuable est ainsi incité à augmenter son offre de travail. sert de base d'analyse: on trouve sa correspondance réelle dans la cotisation obligatoire à l'assurance-maladie. En outre. Ceci constitue une incitation pour le contribuable à diminuer l'offre de travail. L'étude des effets microéconomiques sur l'offre de travail d'un impôt sur le revenu décrit. L'impôt forfaitaire. (Note : dans le débat politique actuel. les mécanismes par lesquels les variations d'un prélèvement fiscal affectent la volonté de travail et. sans enlever rien d'essentiel au modèle (l'impôt progressif renforce les effets décrits. il faut dans les deux cas supposer qu'une même somme est prélevée par le fisc sur les ressources de l'individu. Le choix qu'un contribuable fait de travailler un certain nombre d'heures et de s'accorder un temps plus ou moins long de loisirs après l'introduction d'un impôt. il ne les modifie pas). À prélèvement fiscal semblable. quel est le type d'impôt qui a l'effet le plus favorable ou le moins défavorable sur le travail? Dans le graphique 7-5 sont analysés successivement les effets d'un impôt proportionnel et d'un impôt forfaitaire. .

compte tenu des rémunérations réelles qu’il peut attendre du marché du travail. le "non-travail" est toujours volontaire et choisi sous forme de loisirs: il n'y a pas de chômage involontaire).d'une part.Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 9 Graphique 7-5 Effet de l’impôt sur le revenu Revenu du travail b l m g c I3 e I2 I1 0 h d f i a H0 -H La droite ab représente les choix de temps de travail (de droite à gauche. L'individu maximise son ob utilité au point [e] avec une quantité [af] de travail pour un revenu [fe]. son revenu du travail est nul [0]. de a vers 0) qui se présentent à un travailleur disposant d’une dotation initiale en temps H0. La diminution [df] de la durée du travail due à l'impôt sur le revenu salarial peut s'analyser comme la somme d'un effet de revenu et d'un effet de substitution : . Si l'individu en question consacre tout son temps aux loisirs (0a). mb représente le taux de l'impôt proportionnel sur le salaire. la "droite de budget" devient am. Compte tenu des préférences de l'individu (courbes I). C'est l'effet de revenu. [H0-H] indique le temps de loisirs disponible (attention: dans ce modèle. Les heures de travail sont indiquées par H. . l'individu doit augmenter son offre de travail afin de pouvoir obtenir un salaire net lui permettant de garder le niveau de vie précédant à l'introduction de l'impôt. celui-ci choisit la quantité [ad] de travail. À la suite de l'introduction de l'impôt proportionnel. ce qui lui procure une rémunération de [dc].

La droite [il] est la représentation de la contrainte qu'on se donne pour tenir compte de la condition d'un prélèvement identique pour les deux impôts à comparer (la droite [il] doit donc passer par le point e).d'autre part. Soit les critères de réflexion suivants. On peut aussi remarquer l'existence d'une différence systématique entre les deux formes d'impôts dans les niveaux de bien-être de l'individu. De la comparaison entre les deux formes d'impôts. Effet de revenu et effet de substitution jouent donc en sens opposé et le résultat net est ici supposé être négatif: l'effet de substitution l'emporte sur l'effet de revenu. En quelque sorte. Cela constitue l'une des raisons qui fait de l'impôt forfaitaire l'impôt idéal du point de vue de l'efficience allocative. Dans cette perspective. le prix relatif entre le loisir et le travail change. le déplacement du point d’équilibre de c en g représente approximativement “l’effet de revenu“ tandis que le glissement de g en e serait le résultat de “l’effet de substitution“. L'individu maximise son utilité au point g pour une quantité de travail égale à [ah]. la courbe d'indifférence atteinte au point g avec un impôt forfaitaire est supérieure à celle atteinte au point e avec un impôt proportionnel. Considérons maintenant le cas d'un impôt forfaitaire. dont la rémunération qu’il en retire sur le marché du travail (comme actuellement dans le cas de la cotisation d’assurance maladie). il ressort donc que l'impôt proportionnel ne peut avoir qu'un effet moins favorable sur le travail en comparaison à un impôt forfaitaire rapportant au fisc le même montant d'impôt. seule change sa position dans le plan du fait de l'effet de revenu. La pente de la droite de budget ne change pas . ce dernier devenant moins intéressant.incite à la consommation médicale si la cotisation est considérée comme le prix (d'où la franchise) régressif par rapport au revenu = .Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 10 . l’individu doit payer un même montant quel que soit son offre de travail. il y a diminution [df] du temps de travail. C'est l'effet de substitution. adoptés par analogie: Allocation des ressources équité justice redistributive rendement budgétaire + neutre sur l'offre de travail . Ce qui caractérise un impôt forfaitaire par rapport à un impôt proportionnel est l'absence d'effet de substitution : comme le prélèvement est forfaitaire. On peut s'interroger sur la pertinence de cette conclusion théorique du point de vue des cotisations d'assurance maladie. l'individu est incité à travailler moins.

nous avons construit l’exemple chiffré donné dans le tableau 7-6 (logique individuelle). du micro au macro. Mais le contribuable individuel ne sert pas de référence à l’État : c’est le groupe qui intéresse le secteur public. . on veut ensuite introduire un barème de remplacement. soit remplacé par un impôt avec un barème progressif calculé de telle façon que le rendement fiscal total soit identique. Le passage d'un impôt proportionnel à un impôt progressif est évalué différemment suivant le contribuable pris en considération. On analyse ici l'effet sur l'offre de travail entraîné par le passage d'un impôt proportionnel à un impôt progressif.deuxièmement. selon l'exemple suivant: . Cette démonstration.premièrement. La théorie de l'impôt met en rapport : . prélevé au taux de 30%. désignés de I à IV. dépend du revenu net supplémentaire ainsi obtenu: le contribuable est incité à travailler moins si le prix relatif du travail est moins intéressant en comparaison à la valeur qu'il accorde aux loisirs. non pas les agissements pris séparément de tel ou tel contribuable. imposés à hauteur de 30 pour cent dans un barème proportionnel [tf pour "flat rate"] . restitué en graphique 7-7 (comportement du groupe). l'effet de revenu avec le taux moyen de l'impôt. ce contribuable doit travailler plus – donc augmenter son offre de travail – pour rétablir un salaire net après impôt correspondant au salaire antérieur.Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 11 b) Comparaison d'un impôt proportionnel sur le revenu avec un impôt progressif: comportement de groupe Le passage d’un impôt proportionnel à un impôt progressif permet de bien illustrer le comportement du contribuable individuel décrit dans la sous-section précédente. Afin de comprendre le passage de l’individuel à celui « des contribuables ». On a construit une société de 4 contribuables. l'effet de substitution est mis en relation avec le taux marginal parce que la décision de travailler plus ou moins. faite dans le sens « impôt proportionnel → barème progressif » peut évidemment se refaire en sens inverse : on obtiendrait alors les conséquences du passage d’un impôt selon un barème progressif à une sorte de « flat rate tax ». L'effet de revenu est lié au revenu disponible après impôt : pour maintenir le standard de vie qui était celui du contribuable avant l'impôt. progressif (que nous avons inventé) [tp pour "progressif"] sous condition que ce nouvel impôt produise le même rendement. à la marge. On admet qu'un impôt proportionnel sur le revenu.

75% I II III IV 1000 2000 3000 4000 300 600 900 1200 Σ3000 Graphique 7-7 Comportement de groupe t 70 tmp 40 38.75 30 28.5% 28.Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 12 Tableau 7-6 progressif Contribuable Effet du passage d’un impôt proportionnel à un impôt Revenu Rendement de l'impôt selon le barème Proportionnel tf = 30 % Progressif Taux marginal tmp 15% 30% 40% 70% 150 150+300 150+300+400 150+300+400+700 Taux moyen tp 150 450 850 1550 Σ3000 15% 22.3% 38.3 22.5 15 tp tf I II III IV Y Tableau 7-8 Effets économiques I Effet de revenu Effet de substitution Effets additionnés + ? II 0 - III - IV + ? .

Preuve : 823 × 0. Ces changements doivent être estimés par des études empiriques. le contribuable peut a priori aussi bien diminuer qu'augmenter son offre de travail parce que les taux marginal et moyen de l'impôt progressif sont inférieurs au taux de l'impôt proportionnel. est imposé à 15 % dans le barème progressif au lieu de 0. entre 823 et 1000. le travail à la marge devenant plus intéressant. Avec un taux proportionnel de 30 pour cent. Il est possible de conclure que les situations des contribuables II et III les incitera à diminuer l'offre de travail lorsque le système fiscal passe de l'impôt proportionnel à un impôt progressif. une fois connu son comportement. il peut se contenter de gagner un salaire brut de 823.85 ΔS) = 700 0. colonne I" dans le tableau 7-8.15 = 123. Le salarié I peut donc diminuer son effort de travail.15) × (1000 + ΔS) = 700 0.85 = -177 Avec un gain de (1000 – 177) = 823 et un impôt progressif de [tp = 15 %].45 = 700 environ. en même temps. Il s'ensuit qu'on ne peut pas à priori déterminer théoriquement quel serait le comportement du contribuable I puisqu'il y a dans sa colonne de référence du Tableau 7-8. donc de la domination d'un effet sur l'autre.85 × (1000 + ΔS) = 700 850 + (0. ces effets additionnés sont incertains pour les contribuables I et IV. Comme il lui faut 700 pour maintenir son niveau de vie. Par contre. Mais. puisque s’il augmente son activité. de connaître la direction des changements pour l'ensemble de l'économie. colonne I" dans le tableau 7-8. La réponse ne peut être donnée qu'à posteriori. a priori.45 et 823 – 123.30) × 1000 = 700 (1-tp) × (SI + ΔS) = (1 – 0. .Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 13 L'observation graphique suggère que pour le revenu le plus bas I. son revenu disponible est de 1000-300 = 700. Il est donc impossible. d'où le signe "+" dans la cellule "effet de substitution. Si l'on passe à un barème progressif.30 dans le barème proportionnel.85 ΔS = -150 ΔS = -150 / 0. le salarié I peut maintenir le même niveau de vie. une fois le signe "plus" et une fois le signe "moins": son comportement final dépendra des effets additionnés. Il sera donc incité à offrir plus de travail. d'où le signe "-" dans la cellule "effet de revenu. le salarié I reçoit un salaire qui. Calcul de l’effet de revenu pour le salaire I (1-tf) × SI = (1 – 0. un taux de 15 % lui laisse un revenu disponible de 850. Tout dépend de l'ampleur des effets de revenu (négatif) et de substitution (positif).

Le niveau de consommation des individus serait finalement constant au cours de leur existence. non individualisable et sans exclusion dans le budget principal de l’État. Favoriser l’épargne revient donc à faciliter l’investissement. Si on admet une relation positive entre investissement et croissance du PIB. Deux autres remarques préliminaires concernant le traitement fiscal de l’épargne sont nécessaires. La question évidente est de se demander pourquoi : quelle est la caractéristique « bien collectif » de l’épargne – puisque l’État ne devrait intervenir que lorsqu’il y a non rivalité et non exclusion (chapitre 1)? On peut formuler une réponse dans deux directions. la propension moyenne à consommer diminue alors que le revenu augmente. ce dernier correspondrait . on a une conséquence de type “bien collectif“ : les effets de la croissance ont des caractéristiques générales de non rivalité et de non exclusion. ceci sur la base d’effets compensatoires. bénéficiant à chacun. et plus encore vers la fin de leur vie.Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 14 7. La variation des impôts et des dépenses publiques entraîne un déplacement de la courbe IS. qui à son tour diminue les dépenses sociales. Or l’épargne alimente l’investissement. le modèle post-keynésien IS-LM permet d’expliquer clairement les effets des politiques monétaire et budgétaire sur la demande agrégée.2. à un moment donné.2 7. pour enfin progressivement désépargner à l'approche de la retraite. La plupart des analyses modernes concernant le choix des individus en faveur de l’épargne sont basées sur la théorie de Modigliani (1986) concernant le « cycle de vie ». si la dépense fiscale admettait en totalité la déduction de l’épargne pour calculer le revenu imposable. Cette théorie postule que si.1 Le choix entre consommation et épargne L’épargne L’épargne est la part du revenu qui n’est pas consommée. les individus pourraient recourir à l'emprunt à cause de la faiblesse de leurs revenus et aux incertitudes liées au futur. l’État en fait un bien de mérite (merit good) qu’il met sous tutelle : à travers une fiscalité réduite. (2) L’épargne privée est un instrument de prévoyance individuelle. puis vont normalement accroître leur épargne au cours de leur vie d'adulte. De manière générale. (1) En macroéconomie. 9 En admettant la déduction de l’épargne du revenu déterminant net pour aboutir au revenu imposable (chapitre 5). qui est consacrée à la double imposition de l’épargne. On peut considérer que. durant leur jeunesse. L’épargne est le fait des ménages. ½ Du point de vue strictement technique. La théorie du cycle de vie étudie les comportements d'épargne des individus dans une optique de choix différenciés à travers le temps. Or un accroissement de la prévoyance individuelle diminue le besoin d’une prévoyance sociale complémentaire. ce sont les ménages (les individus les composant) qui décident d’épargner ou de consommer. Il ne faudra pas omettre de conserver à l’esprit ce postulat lors de la lecture de la prochaine section. elle demeure au contraire constante lorsque le revenu évolue dans le temps. Cet enchaînement budgétaire a une valeur positive. privé ou public. comme les entreprises sont la propriété des ménages. il encourage l’épargne. mais aussi des entreprises.

fournit déjà une forme de réponse à cette interrogation.15 Déduction des intérêts de capitaux d’épargne 4. ½ Du point de vue de la politique fiscale. par exemple.12 4. dans la mesure où cette épargne est liée à un troisième pilier de la prévoyance.2. Code En + 3. 20 % du revenu mais au maximum 31'824 francs si pas assuré en 2ème pilier. (2) B=R–S où B base de l’impôt . des déductions d’épargne jusqu’à un certain montant maximal.2 Le problème de la double imposition de l'épargne . On aurait donc un impôt sur “le revenu“ qui serait en fait un impôt sur la “consommation“.Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 15 au montant qui serait calculé à partir de la propension moyenne à consommer.21 3. 4. des titres et des placements Contribuable seul Contribuable marié ajoutés au revenu Déduction : pilier b) 750 francs Déduction : 1500 francs cotisations de 3ème pilier a) cotisations effectives. 2008).12 ou 3.22) 300 francs (idem pour la restriction) 4. on est en présence d’un double questionnement : faut-il admettre la déduction de la totalité de l’épargne et quelle forme d’épargne ? Admettre. (3) T = (1-t) × B où t taux de l’impôt et T le montant d’impôt à payer . Soit la série d’équations (1) R=C+S où R revenu.22 En – 4.32 Frais de garde et de gestion des titres frais effectifs idem 7.14 Rachats d’années d’assurance au 2ème pilier sommes effectivement affectées selon attestation de l’assurance 150 francs (mais au maximum les montants inscrits sous les codes 3. C consommation et S épargne . Encadré 7-9 Traitement fiscal de l’épargne (canton de Fribourg. alors T = (1-t) × (R-S) par substitution de (2) dans (3) et T = (1-t) × C par substitution de (1) pour (R-S).13 cotisations de 3 ème titulature revenus de l’épargne. mais au maximum 6’365 francs si assuré au 2ème pilier .

Or l'individu 1. . I consomme tout son revenu au temps 1. les gains qui en dériveront ne seront pas imposés. égal au salaire est imposé comme dans le premier cas. le revenu de l'épargne (la partie non consommée du salaire acquis dans la période précédente et déjà imposée) est aussi soumis à impôt. Dans le premier cas seul est imposé le revenu découlant d'une activité lucrative au moment de son acquisition. Supposons les individus I et II gagnant chacun un salaire de 100 francs. mais le raisonnement de la double imposition de l'épargne se sert d'une autre référence. On peut bien sûr invoquer l'argument que l'épargne provoquant un revenu (l'intérêt). où r est le taux d'intérêt. n'a pas voulu supporter ce coût. C'est dans cette relation "sacrifice – coût d'opportunité – rémunération en intérêt" comparée à "consommation immédiate" pour une situation identique de départ avec un salaire de 100 qu'il faut comprendre la double imposition. cet argument est discutable si l'on se réfère à la définition exhaustive du revenu telle qu'elle a été précisée au chapitre 5 puisqu'il y a eu choix d'une affectation partielle du revenu (épargné et non pas consommé) et un gain supplémentaire effectif (le revenu de l'épargne). puisqu'il dépense tout. Et durant la seconde période. il est normal ou "équitable" que ce revenu soit épargné. La double imposition de l'épargne est illustrée dans le graphique 7-10. Certes. Peut-on dès lors déduire que l'impôt sur le revenu décourage l'épargne? Est-ce que cela justifie une déduction sur le revenu imposable égale au montant épargné? Certains auteurs sont de cet avis. lui.Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 16 Le régime fiscal du revenu de l'épargne constitue la principale différence entre un impôt proportionnel sur les salaires et un impôt sur le revenu. disons 80 et épargne 20. tandis que l'individu ne paie rien parce qu'il ne gagne rien au temps 2. le revenu. On ne peut pas simplement comparer le gain. durant la première période. et non dans le fait purement monétaire que l'épargne rapporte un intérêt. l'individu II n'en consomme qu'une partie. Si le contribuable décide de placer une partie de ce revenu. On ne peut pas dire sans autre: que l'individu II paie un impôt sur l'intérêt au temps 2 est "normal" puisqu'il gagne r× 20. Dans le deuxième cas. c'est donc la récompense au temps 2 d'un coût d'opportunité supporté au temps 1. Il gagnera demain un revenu de l'épargne à hauteur de r× 20. Le gain de l'individu II compense le sacrifice qu'il a fait au temps 1 de ne pas consommer. Néanmoins. La comparaison porte sur la situation de deux individus face à l'impôt. On parle alors de double imposition de l'épargne.

L’introduction d'un impôt sur les salaires déplace parallèlement la contrainte budgétaire vers le bas. par exemple. en décourageant ainsi l'épargne. un impôt sur le revenu augmente le prix de la consommation de la seconde période. . [g']. La consommation possible dans les deux périodes est réduite en [g]. soumis à l'impôt. sans modification des choix de consommation entre temps 1 et temps 2. Si en revanche l'impôt introduit l’est sur le revenu. totale ou forfaitaire de l'épargne et des cotisations versées à la sécurité sociale et aux caisses de prévoyance. soit choisir une combinaison dans les deux périodes [c]. En effet. un effet de substitution s’ajoute à l'effet de revenu. le passage de [c] à [g]. La région des solutions d'équilibre est située au-dessous et à droite de [g] le long de [ve]. La nouvelle contrainte budgétaire est [ev]. l'intérêt du revenu épargné en période 1 constitue un revenu de la deuxième période.Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 17 Graphique 7-10 C2 b I3 f v c g h I2 La double imposition de l’épargne i g' • 0 n d e a C1 L'individu peut soit consommer tout son revenu au temps 1 [0a]. la solution peut être. Par rapport à l'impôt sur le salaire. Du point de vue pratique. certaines législations fiscales atténuent les conséquences de cette situation en permettant une déduction partielle. soit l'épargner et le consommer au temps 2 [0b]. Il n’y a qu’un effet de revenu. à gauche.

3 Analyse des effets selon la méthodologie d'imposition Le but de cette section est de montrer qu’il est possible de formuler une introduction aux finances publiques par le biais d’équations. Mais on constate également que la réflexion logique permet de déduire les mêmes conclusions.2.C1) dC2 * = .Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 18 7.(1+r)C1 = (1+r)(Y1.(1+r) (5) TMSC1 pour C2* = dC1 = dc = pente de la droite ba au point c Deuxième situation: impôt sur les salaires (6) C1 = (1-ts)Y1 (7) C2 = (1+r)(1-ts)Y1 (8) C2 (1 + r)(1 .C2/C1.ts)Y1 1 + r = = =P (9) C1 (1 . Chaque situation est suivie d’un exercice donnant le lien entre le modèle mathématique et l’explication graphique en 7-10. avec un signe négatif pour indiquer une pente allant de gauche à droite.(1+r)C1 dC2 * = . Première situation: sans impôt (1) C1 = Y1 (2) C2 = (1+r)Y1 C2 (1 + r) Y1 1 + r = = =P (3) C1 Y1 1 = oa = ob ob = droite ba = oa La notation en microéconomie est le plus souvent donnée par . (4) C2* = (1+r)Y1 .(1 + r) (11) TMSC1 pour C2* = dC1 = oe = of = of = droite ef = (3) oe = ng = pente de la droite au point g = (5) . Dans ce cas P correspond au résultat de l’équation (5). Ces modèles sont simples et visent à exercer les méthodes quantitatives.ts)Y1 1 (10) C2* = (1+r)(1-ts)Y1 .

soit r(1-ty)Y1 = revenu soumis à l'impôt. soit × (1+r) [tyr(1-ty)Y1] Intérêt du revenu épargné en 1.ty)Y1 1 + r .(1+r-rty)C1 Provient de (12) Consommation de la période 1 exprimée en valeur de la période 2 L'intérêt qui ne peut pas être obtenu pour la part du revenu dépensé en C1. soit rtyC1. Il faut donc le soustraire du premier terme (15) TMSC1 pour C2* = dC2 * = . c'est-à-dire × ty = (1+r-rty)(1-ty)Y1 identique à l’équation (7) cette fois.(1+r-rty) dC1 .ty)Y1 1 Si les consommations sont réparties entre les deux périodes.rt y = = = P avec ty C1 (1 . On a ainsi : salaire théorique épargné après (1-ty)Y1 déduction de l’impôt intérêt de ce salaire r(1-ty)Y1 ty r(1-ty)Y1 impôt sur cet intérêt (13) C2 (1 + r . on a: (14) C2* = [(1-ty)(1+r-rty)Y1] (1+r)C1 + rtyC1 = [(1-ty)(1+r-rty)Y1] .Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 19 Troisième situation: impôt sur le revenu (11) C1 = (1-ty)Y1 (12) C2 = [(1-ty)(1+r)Y1] Salaire disponible de la première période après paiement de l'impôt: (1-ty)Y1. ne donne pas lieu à un impôt. l’intérêt gagné sur le salaire épargné est soumis à l’impôt. converti en terme de la deuxième période.rt y )(1 .

soumis à l’impôt. les équations (19) et (20) ne changent pas.ty)Y1 1 (20) C2* = (1-ty)(1+r-rty)Y1 .ty)(1 + r .ty)(1 + r . la partie “épargne obligatoire“ n’est pas soumise à l’impôt au moment de l’épargne. Par contre.Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 20 Quatrième situation: épargne au temps 1.(1+r)C1 + rtyC1 Provient de (17).ty)(1+r-rty)Y1 = (17) (23) (1 .rt y )Y1 (1 .tyr(Y1-E1-T1) .rty(1-ty)Y1 (1-ty)Y1(1+r-rty) = (12) (18) C1 + E1 = (1-ty)Y1 (19) (1 . (16) C1 = (1-ty)Y1 . la problématique de l'épargne est déjà comprise (21) TMSC1 pour C2* = dC2 * = -(1+r-rty) = (15) dC1 Cinquième situation: épargne LPP = E1 avec réduction fiscale Dans cette situation. L’équation (22) est égale à l’équation (17).E1] + (1+r)E1 . comprend un intérêt qui est.t y (Y1 − E1 ) (1 − ty)Y1 + t yE1 Pour le reste. duquel il faudra payer un impôt tyrE1 dans (17).(1+r)E1 + (1+r)E1 . .tyr (Y1-E1-T1+E1) (1+r)(1-ty)Y1 .E1 - [ty(Y1-E1] La partie épargnée du revenu est exonérée de l'impôt (22) C2 = (1. lui.rt y C2 = = = P = (13) C1 + E1 (1 . Ensuite. ici sous forme de restitution du capital pour consommer.rt y )Y1 1 + r .tyrE1 (1+r)(1-ty)Y1 . (21) C1 = Y1 .E1 (17) C2 = = = = = (1+r) [(1-ty)Y1 .t y )(1 + r .rty(Y1-T1) (1+r)(1-ty)Y1 .rt y ) Y1 C2 = = = P avec LPP C1 + E1 Y1 . la rente versée au temps 2. au temps 1 : c’est la situation actuelle du 2ème pilier de la prévoyance professionnelle (équation 21). on introduit une épargne obligatoire E qui ne peut pas être déduite du revenu imposable (équation 16 : l’impôt est payé sur Y1 et non pas sur Y1-E 1). (1+r)E1 dans l’équation (17). sans réduction fiscale Avec cette quatrième situation. cette épargne obligatoire bénéficiera d’un intérêt.

diminue de 0L1 à 0L2. qu’il propose à la fin des années soixante-dix. attention. à savoir [befn > ndck]. la quantité de travail offerte pourrait être L0. avec un taux d’impôt plus élevé. Dans le graphique 7-12. Laffer aborde ces mêmes enjeux d’un point de vue global. . que constate-t-on : l’augmentation du taux de l’impôt. La courbe de Laffer. Aussi longtemps que l’effet taux domine l’effet base. Dans ce cas. Le montant de l’impôt collecté est donné par le taux d’impôt (ab) × le nombre d’heures travaillées 0L1. pour un salaire de w. Le taux de l’impôt étant nul. toute hausse du taux d’impôt porte un effet négatif. Le graphique 7-11 décrit l’offre de travail SL comme étant une fonction linéaire du taux de salaire horaire. et avec elle la base de l’impôt rétrécit. le gouvernement peut envisager une hausse des taux. avec un taux d’impôt plus élevé. de ab à ae produit un effet taux en augmentant le rendement fiscal de befn. fondé a posteriori sur l’expérience et l’observation des résultats consécutifs à des baisses ou des hausses d’impôts (ici sur le revenu). en vertical. Par contre. En l’absence d’un impôt sur le salaire. elle. On peut ensuite introduire un impôt et en décrire les effets. qui est la perte d’un rendement fiscal de ndck parce que la base de l’impôt diminue. À partir de ce point. illustre la thèse selon laquelle il existerait un niveau optimal de taxation. c’est le sommet de la courbe de Laffer. Le gain salarial serait alors OL0 ma. la question se pose d’organiser et d’appliquer une politique fiscale pour le groupe de contribuables dans une juridiction. la diminution de l’offre de travail produit un effet base. Mais l’offre de travail.t2)w sur la verticale.3 La courbe de Laffer En présence de comportements individuels stratégiques face à l’impôt.Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 21 7. soit le rectangle abdc. il arrive un moment où la perte d’impôt due à la diminution de la base compense exactement la hausse de rendement du à la hausse du taux. Exemple : pour un taux d’impôt t2 égal à la distance ae dans le graphique 7-11. ici pour un temps de travail de LA et un taux tA. On peut faire un raisonnement similaire si l’on augmente le taux de l’impôt : visiblement. l’offre de travail diminue. le salaire après impôt est de (1. ici la combinaison des effets de revenu et de substitution. dans un monde incertain.t1)w sur la verticale. aucun impôt n’est perçu. on peut s’attendre à une augmentation du rendement fiscal – c’est « l’effet taux » . on est dans la partie ascendante de la courbe de Laffer. l’offre de travail diminue. le temps de travail = aekf. Par rapport à la situation précédente. mais. Le salaire horaire net d’impôt devient alors (1. la baisse du temps de travail aboutissant à une perte en effet base plus grande que le gain de la hausse du taux en effet taux. Mais. Supposons un taux proportionnel de t1. le taux × ef. c’est « l’effet base ». Pour Laffer les charges fiscales qui ont atteint un niveau trop élevé détruisent l’assiette imposable. La construction de la courbe de Laffer (graphique 7-12) se fait à partir du raisonnement déroulé dans le graphique 7-11. Le rendement fiscal est alors de ae.

t1) w e (1 . volume de travail et rendement fiscal taux de salaire horaire Effet taux SL a b k c n f d m w (1 .t3) w h i 0 L3 LA L2 L1 Effet base L0 Heures de travail par semaine Graphique 7-12 Courbe de Laffer R en d em en t d e l’im p ôt Tefka = T2 abdc = T2 t1 t2 tA t3 T aux d e l’im p ôt L'effet taux domine l'effet base .tA) w (1 .t2) w (1 .Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 22 Graphique 7-11 Taux d’impôt.

Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 23 Toute la question est de savoir avant de décider une hausse du taux si le taux avant. On voit bien que la difficulté est de fixer le comportement du contribuable. aucune étude empirique n’a encore résolue cette question : on est dans le champ d’investigation purement théorique de “l’optimal taxation “. l'économie américaine travaille dans une situation à droite de tA de telle sorte qu'une baisse du taux de l'impôt augmenterait le volume de travail. L’idée qu’impose la courbe de Laffer peut être résumée par l’adage « trop d’impôts tue l’impôt ». À notre connaissance. ROSEN H. et l’activité économique comme le produit conséquent des impôts tendent à diminuer. La question est de savoir quelle est l'élasticité de l'offre de travail (variation des heures travaillées) lorsque le taux de l'impôt change. McGraw-Hill. Selon Laffer. chap. Selon Rosen. 285-287 et chap.S. 2008. 8ème édition. mais pas l'inverse. pp. face à une pression fiscale exagérée. . 2ème édition.. À gauche de tA il existerait une forte sensibilité face aux hausses des taux (mobilité. recherche d'autres formes non imposées de rémunération. correspond à t1 plutôt qu’à tA. Dalloz. une augmentation du taux en t3 induit une chute du rendement fiscal. le rendement fiscal. 16. par la suite. Public Finance. Economie des politiques publiques. La conclusion principale de Laffer (1979 in Rosen. que l’on ne connaît pas puisque c’est le taux qui résulte du comportement des contribuables après le changement. 1997. ici la droite OSL. les agents économiques sont découragés dans leurs initiatives. Si la position comportementale du contribuable est celle décrite en t1. que l’on connaît puisque c’est le taux appliqué. Paris. GAYER. etc). c’est-à-dire se trouve à gauche ou à droite du taux maximal tA. 4. Bibliographie du chapitre 7 GREFFE X. La question est alors de savoir quel est le taux qui maximise l’impôt (tA). l’augmentation du taux en t2 augmente le produit de l’impôt. 2008 :422-424) consistait en l’affirmation que le marché du travail américain se trouverait déjà entre 0 et LA et que la diminution du taux d’imposition relèverait le produit fiscal par le biais d’un relèvement de l’activité économique – une proposition reprise par l’administration Reagan prônant une baisse de la fiscalité. et T. donc élargirait la base et. Mais si le comportement de départ est celui de la position en tA.

Mesurer enfin la valeur de C* en (4). Exercice 5 Comme l'exercice précédent. un taux d'impôt de 25 % qu'il soit prélevé sur les salaires ou sur les revenus.Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 24 Exercices Exercice 1 Dans les négociations salariales entre partenaires sociaux. Exercice 6 Calculez les valeurs de P dans les équations (19) et (23). une épargne obligatoire de 3ème pilier = à 20. Questions 38) Quels sont les effets d’un impôt sur les salaires dans un marché du travail en situation de concurrence pure et parfaite ? • appliquez un impôt proportionnel. • l’impôt est-il entièrement payé par le salarié ? Justifiez votre réponse. mais pour la deuxième situation. Exercice 4 Soit les données suivantes: un salaire de 100. Exercice 2 Avec les données du tableau 7-6 et à l'aide du raisonnement produit dans le graphique 77. Calculer les valeurs des points [a] et [b] dans le graphique 7-10. les représentants des travailleurs estiment que les conditions minimales à défendre sont celles de l'équilibre en "e" et non en "q" dans le graphique 7-3. un taux d'intérêt de 10 %. ainsi que la valeur de P dans l’équation (3). Reportez vos résultats sur le graphique. Quels sont les effets d’un impôt sur les salaires dans un marché du travail caractérisé par une rigidité des salaires à la baisse ? • décrivez la situation et donnez un exemple • appliquez un impôt proportionnel • quelle est la conséquence d’un seuil minimal des salaires ? Les effets économiques des impôts sur l'offre de travail: • Quels sont les effets de l’impôt sur l’offre du travail ? • Peut-on affirmer que la répartition des cotisations sociales se fait toujours à raison de 50% à la charge de l'employé et de 50% à la charge de l'employeur ? 39) 40) . Inscrivez vos résultats à la page 18. Quelle est la conséquence de cette situation avec un impôt ts sur les salaires. calculer l'effet de revenu pour le contribuable IV. précisez le traitement fiscal de l'épargne au niveau fédéral et dans votre canton de domicile. Exercice 3 À l'aide du tableau 7-9. Essayez d'expliquer la différence.

• Comment relier cette explication à l'effet de la fiscalité sur le choix entre travail et loisir ? • Existe-t-il une relation avec l'économie "souterraine" ? Si oui.Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 25 41) Les effets de l'impôt sur le revenu du travail dans les choix individuels: • Qu'entend-on par "effet de revenu" et "effet de substitution" dans ce contexte ? • Quel est le raisonnement individuel avec un impôt proportionnel et avec un impôt forfaitaire ? • Donnez un exemple de chaque situation et expliquez-le. • De quoi s'agit-il ? En quoi est-ce un problème pour le secteur public – ou. La courbe de Laffer: • Expliquez la démarche et la réflexion qui aboutit à une courbe de Laffer. quelle est la dimension "collective" de ce phénomène fiscal ? • Existe-t-il un ou des moyens d'éviter cet effet ? Justifiez votre réponse. Les effets économiques des impôts sur le choix entre consommation et épargne: • Pourquoi l'État se préoccupe-t-il d'épargne via la fiscalité directe ? • Quelle est la particularité de l'imposition sur le revenu par rapport à l'imposition sur le salaire? • Quel est la conséquence ? Comment l'expliquer vous ? La double imposition de l'épargne. laquelle ? 42) 43) 44) . si vous préférez.

Introduction aux finances publiques 2007-2008 version du 24 février 2009 26 Graphique 7-10 La double imposition de l’épargne C2 b I3 f I2 v c g i h g' • 0 e n d a C1 .