Conseils aux mauvais poètes, poème de Mir Taki, traduit de l'hindostani par M. Garcin de Tassy,...

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Mr Taq Mr (1722-1810),Muhammad Taki,Mohammad Taq, Mr. Conseils aux mauvais poètes, poème de Mir Taki, traduit de l'hindostani par M. Garcin de Tassy,.... 1826.

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CONSEILS
AUX

MAUVAIS
POÈME
TRADUIT DE

POETES
DE MIR TAKI,
L'HINDOSTAHI,

PAR M.
Secrétaire-adjoint celle de la Grande-Bretagne

GAE.CIN
de la Société et de l'Irlande,

DE TASSY,
Asiatique membre de Paris, honoraire Associé de celle étranger-;dc de Calcutta*

et bibliothécaire

^
A IA LIBRAIRIE ORIENTAIS
IMP.-UB. DE

PARIS,
DE DOKDEY-DUPRÉ
LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE,

PÈRE ET FILS, , K° 67 ,

Rue

Saint-Louis,

N° 46, au Marais, et rue Richelieu vis-à-vis la Bibliothèque du Roi.

M

BCCC

XXVI.

CONSEILS
AUX -

MAUVAIS

POÈTES.

EXTRAIT DE CHÉZY,— ASIATIQUE,'rédige par MM. COQUEBERT DE MONTBRET, — DEGÉRANDO ,— FAURIEL, —*GARC[N DE TASSY., — GRANGERET DE LÂGRANGE ,—HASE ,—KLARROTH ,— JOURNAL
R AOUL-RoCHETTE,—ABEL-RÉMUSAT,—SAINT-MARTIN ,—'SlLVESTRE

Du

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la Société Asiatique. de ce Recueil,

Il paraît, par année, douze Cahiers volumes in-8°. • Le Prix de l'Abonnement,

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Hue Saint-Louis,

CONSEILS
AUX

MAUVAIS
POÈME
TRADUIT DE

POÈTES,
DE MIR TAKI,
, L'HINDOSTANI

PAR M.
Secrétaire-adjoint et bibliothécaire celle de la Grande-Bretagne

GARCIN
de la Société et de l'Irlande

DE
Asiatique , membre

TASSY,
de Paris, honoraire Associé de celle étranger de de Calcutta.

A PARIS,
A LA LIBRAIRIE ORIENTALE
IMP.-LID. DE

DE DONDEY-DUPRÉ
LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE,

PÈP.F. ET FILS, , 'N° 67 ,

lîuc

Saint-Louis,

N° 46, au Marais, et rue Richelieu la Bibliothèque du Roi. visrà-vis

M

DCCC

XXVI.

A MONSIEUR

JEAN
PROFESSEUR LA DE COMPAGNIE DES

SHAKESPEAR,
LANGUES INDES DE DE LA ASIATIQUES ORIENTALIS, GRANDE-BRETAGNE DE PARIS, etc., A L'ECOLE MEMBRE ET MILITAIRE DE* DE LA DE SOCIÉTÉ

ROYALE ASSOCIÉ

ASIATIQUE ÉTRANGER

L'iRLANDE,

CELLE

HOMMAGE
DE RESPECT ET DE RECONNAISSANCE.

INTRODUCTION.

de l'Hindostan de la langue moderne (i), a été presque entièrement négligée par les orientade l'Europe : on convient, à la listes du continent L'ÉTUDE et pour le de son importance pour la politique commerce (a), mais on s'imagine que, dénuée de ri~ vérité,

(i)

Les

naturels

du

pays

appellent

cette langue t

hindi

CSkb;

ils lui

donnent parce à^s,-),.

aussi le nom qu'elle semée, fut

Sourdou au

zaban milieu

,\\i\

j3il>

langue mogols ; et

de

camp,

formée à cause

des camps quantité ont

de rekhta dont

de la grande Les
o

de mots adopté

étrangers pour

elle est comme le mot hindostani

parsemée.

Européens (langue

la désigner ; cependant maure. dictionavant un court

^SU^JJÉAS

de l'Hindostan) et les Français

les Anglais (2) naire la La

la nomment Bibliothèque

vulgairement du Roi possède

moor

une grammaire Ouessant, marine.

et un qui était,

françaîs-hindostani interprète qu'il

manuscrits plu ministère a placée général

, par

révolution,

de la

Voici

extrait » dostani » dans

de la préface est le tous

à la tête de sa grammaire de l'Hindostan les professions , également ; par

: « L'hinentendu et

langage

les rangs

et dans

toutes

les savans

» les et le paysan , par les Indiens et les Maignorans, par le courtisan » hométans; la langue la plus utile de sorte que c'est dans cette contrée » à un idiomes mais chaIl y a bien étranger. plusieurs provinciaux, » cun d'eux est renfermé dans des provinces tandis que particulières, » l'hindostani a l'avantage d'être le plus étendu, et d'être et compris

(8). chesses littéraires, des savans. d'auteurs elle ne saurait il n'en mériter l'attention

Cependant

ont distingués le plus heureux parti pour leurs brillantes compositions. Oui,,les Hindous actuels ont, comme leurs ancêtres , une abondante littérature ; ils ne sont pas la langue sacrée de Bénarès pour obligés d'étudier lire de bons livres, des vers harmopour admirer nieux. Us possèdent dans leur proprelangue des traités sur intéressantes , des chroniques outre un grand nombre poèmes remplis d'invention, du sanscrit et du de toute nature, traduits d'ouvrages est une des plus persan : en un mot, leur littérature les sciences, de l'Asie moderne. Comme, jusqu'ici, des nombreux on écrij'ai des

est pas ainsi : une foule su tirer de ce riche idiome

fécondes

n'a rien fait passer en notre vains dont le génie a' fixé

langue celle de l'Hindostan,

la traduction pas sans intérêt pensé qu'on ne lirait d'un petit poème hindostani qui pourra servir comme inconnue. de cette littérature d'échantillon Mir Mohammed Taki ^aJ j^ auteur j.y> , de cette

célèbres del'Inde pièce de vers, l'un des poèteslesplus est du nombre de ceux que l'on nomme moderne, ' auteur d'un recueil de poésies, exprèslOW.^V^" siou maître qui à celle de grand équivaut poète, Il était , c'est - à - dire classique. et ^lx«,t, d'Akbar-

»

parlé d'un bout à l'autre de ce Vaste empire, qui s'étend du cap » Comorin à l'Usbek, et de la baie du Bengale aux confins de la » Perse. »

<9) abad, et vivait sous le règne de l'empereur Le recueil (i). (2), se trouve mogol de ses

Schah-alem, oeuvres

fils d'Aurengzeb à Calcutta a été imprimé hindi

et le morceau aussi

aujourd'hui que je publie dans les Muntakhahal-i M:

en français du

savant

orientaliste

et les dont les excellens ouvrages, Shakespear, de l'hinconseils affectueux, m'ont guidé dans l'étude dostani. Le duction, rendu poème porte de Mir le titre Taki, arabe dont je donne ici la tra-

de Jnfr

' Arrx-'' que )'ai

par Conseils aux mauvais poètes. C'est une satire contre les sots qui s'imaginant être poètes euxdes poètes, se mêmêmes, parce qu'ils fréquentent lent de faire des vers sans une Dans l'introduction, avec laquelle dans leur donnaient société étude convenable fauteur de la versification. de la facilité mettaient et leur comme se plaint de son tems adespèce,

les poètes des gens de cette

des encouragemens. Il cite ensuite, de la manière un exemple dont les méchans

la réception traités, poètes étaient anciennement que un gouverneur Je ne saurais fit à Hilali, d'Ispahan. la vérité de cette anecdote,qùi bien garantir pourrait n'être qu'une simple fiction poétique. Sam Mirza n'en

(1)

Gilchrist'sHindoostaneeGrammar,

Calcutta,

1796, p. 334-

Meer (a) Koolliyat «omprising tlie whole the oordoo, moonshees tanee prêts,

Tuqee, the poems of Meer Mohummud Tuqce, of his numerous and celebratcd compositions in by lçarned Calcutta, Hindoosedited

or polished language of Hindoostan, attached to the collège of fort William. 1811, gr. in-4" d« 1088 pages.

C io parle dans l'article pas dans s son qu'il

) a consacré à cet écrivain

des poètes peru*~>*sp«>J ou Biographie article dont on peut lire la traduction, sans (i), par M. le baron de Sacy, dans le tome V des Notices des Mss. delà Hammer, Persiens, du Roi, Bibliothèque dans son Geschichteder p. 288 } et par M. de schoenen Redekunste

est vraie, p. 368-g. Du reste, si l'aventure au vizir d'Ispahan elle fait peu d'honneur ; si elle est Taki a eu tort.de choisir Hilali fausse, Mir pour en faire le héros de son anecdote. Cet écrivain,qui paraît effectivement timé tiques méritée avoir vécu du tems de Jami, ; on lui qui intitulé (j^"^' , ^J?j doit trois est très-eschez les Persans et allégoriques : le.premier, ;\e poèmes mysd'une célébrité et

jouissent

^u> J>3J $£>, le Roi

le Mendiant des amans et Lëila (2).

deuxième,

\JLASUO les Qualités (JL?*?"* > Medjnoun

,- et le troisième

(1) Manuscrit (2)

persan de la Bibliothèque parmi

du Roi,

N° 247. persans de la Bi-

Ces ouvrages se trouvent bliothèque du Roi.

les manuscrits

(

»)

CONSEILS
AUX

MAUVAIS

POÈTES.

où les jeunes gens, qu'une imagination brûlante, un esprit fécond, rendaient propres à la poésie, venaient sous les plus habiles étudier, maîtres, du goût. ment à l'école les règles de ce bel art, se former A cette époque le public avait un discernejustice savait balayer les exquis'} son impartiale littéraires loin du champ de la poésie ; mêlé de faire des vers ;

IL fut

un

tems

immondices

aussi un sof ne se serait jamais un poète avec lui. Les

daigné communiquer gens seuls qu'un talent supérieur mettait du vulgaire, le privilège au-dessus avaient d'être initiés aux mystères de la poésie. En effet, pourCet art est-il versifier? quoi tout le monde voudrait-il nécessaire? civil ou religieux en réQuel avantage ?.. Les plus vils métiers sont bien autrement sulte-t-il utiles tient à la société : si le bottier, point dans sa boutique, votre chaussure usée?... parer ne se • par exemple, où irez-vous faire réVous êtes bien con_

point n'aurait distingué

( «
traiut souliers, d'aller chez lui,

)
faire recoudre vos pièces de monne se fait nulle-

et de lui

moyennant

naie. Au contraire, ment sentir;

quelques petites le besoin depoètes

il n'en existerait

pas un grand malheur. le rapport c'est bien civil,

point, que ce ne serait Mais si la poésie est inutile sous autre chose sous le rapport de nos jours ne contien-

Les compositions religieux. aussi ridicules nent guère que des exagérations que est incompatible avec or, si la religion mensongères} les poètes, comment la fausseté, qui font un usage d'ase flatter habituel du mensonge, pourraient-ils voir une ombre de piété, de foi? — Ce n'était, jadis , distingués par leur répète , que les hommes ou qu'une éducation talent, soignée avait placés audessus du vulgaire, qui cultivaientla poésie. Les grands de l'art les affectionnaient et guidaient maîtres leurs je le gens sans talent ou d'un rang inférieur, avec mépris, ils étaient loin d'encousans les traiter en effet que des Conçoit-on, rager leur folle manie. hommes totalement livrés aux d'éducation, dépourvus les plus bas ; que des fripiers, des apprêteurs de coton, par exemple, osent se parer des couleurs métiers veuillent de la poésie, faire de l'esprit, briller par de ce qui arrive bons; mots ? c'est cependant tous les de leurs jours sous nos yeux. Des poètes, indignes fonctions, reçoivent dans leur société Nul examen, nulle, s'y présentent. titude des candidats, rien ne saurait tDus ceux qui sur l'apenquête arrêter ce fupas timides Quant aux dans les sentiers fleuris de.l'élocution.

C i3 neste

)

des vers (i) aussivl'art magique prosélytisme; a-t-il perdu tout son lustre, tout son éclat. un sot que tourmente la fureur Représentez-vous deux ou trois de ces aborder de versifier ; voyez-le poètes qu'un faux zèle anime. Ils l'accueillent avec et après lui avoir appris des vers de empressement, afin qu'il les récite au beleur propre composition, à leur assemblée littéraire. , ils le conduisent les premières et faisant asLà ils prennent places, ils assuseoir à leur gauche l'apprenti versificateur, rent à leurs confrères que ce nouvel élève a de l'imasoin et qu'il ne peut mande la finesse d'esprit, gination, à les s'il continue quer de devenir un poète distingué et si leur* amitié dirige ses essais. A ces fréquenter, unanimement mots, tous l'adoptent pour leur disciple, persuadés qu'il est digne de ce titre ; et,' en cette quasans crainte devant ses à improviser lité, l'engagent indulgens. rimailleur se met, des vers maîtres à leurs désirs, le nouveau d'un ton hardi et familier, à réciter Obéissant Nos

ravis de joie, se poètes, lèvent à demi de leurs sièges comme pour mieux l'éet ne cessent de lui donner des signes d'une couter, flatteuse. approbation sottes louanges, croit Le pauvre novice, égaré par ces devoir abandonner les occupations de son état, pour se livrer entièrement à la poésie; et,.persuadé qu'il est doué d'un génie supérieur, il finit quelquefois l'ennemi du talent. par devenir

de sa façon.

(1) Les Arabes

nomment

la poésie J^-.s-",

magie permise.

(4)
Souvent aussi d'heureuses de nos jours, facile sont détruites, dispositions ou par une par des louanges indiscrètes le bon poète du mauvais, .

indulgence. Tant qu'on a su discerner

les gens seuls, je le dis de nouveau, que distinguait un mérite réel, se mêlaient de faire des vers, et encore n'osaient-ils s'élancer dans la carrière étudié près avoir long-tems tres. La présomptueuse ne pouvait se flatter ignorance de parvenir littéraire jamais à la considération ; que à versifier, dis-je? les sots,qui persistaient s'exposaient à être comme aventure. ANECDOTE. Un pahan, bellan, jour Hilali se présenta chez le gouverneur d'Isamateur de poésie. Averti par son chamdonna aussitôt l'ordre de l'introduire traités le avec mépris dont je et même vais retracer à être la >, fustigés fâcheuse , qu'apoétique sous les plus habiles maî-

poète

grand le prince

dans son palais. Il l'accueillit avec de grandes dénions trations d'honneurs et de vénération, etle fit placer avec enchanté de cette empressement auprès de lui. Hilali, s'étend en louanges sur la noblesse et les réception, bonnes qualités du prince , et la nuit qui s'avance ne le cours de ses éloges. le peut arrêter Cependant, visir fait malicieusement venir la poésie sur le tapis, résolu de sonder le talent pas prier ; il récite commet plusieurs la mesure. fautes grossières contre Le prince, fin connaisseur et sa bile , en est choqué, du poète. Hilali ne se fait il des vers, mais malheureusement

( s'allumantà chaque ânerie

'5

) :«Holà! quelqu'un, et, saisissant que le signe

nouvelle

s'écrie-t-il,qu'onm'apporteunfouet...)), l'arme de sa main vigoureuse, de tels coups poète tombe de vie. hâte tient tout

fatale,

il en applique

sur les épaules du pauvre Hilali, le moindre évanoui sans donner on le transporte tout le bazar et bientôt mort; nouvelle. Les héritiers

On le croit

à son logis, que de cette

en grande ne s'entred'accourir

revient de sa ; mais voilà qu'Hilali empressés.... ces mots : articule et d'une voix faible défaillance, « Gardez-vous de croire que le Gouverneur il l'aime : au'contraire, cet soit enet s'y conet article, lui des son

nemi

de la poésie sur naît ; mais il est très - difficile la plupart des vers qu'on fabrique semblent défauts détestables. dans les Probablement et tel fut

aujourd'hui il a trouvé de

miens,

le motif

courroux : car, du reste, il est bon, grand généreux , et plusieurs fois il a $onné des marques de sa faveur à ceux de mes cqnfrères'qui ont été admis en sa présence. S'il m'a maltraité cette nuit, ce n'est est Je sens qu'il pas une raison pour le calomnier. nécessaire que je m'instruise plus à fond des règles du bel art auquel je me suis livré. un J'irai trouver habile drai je me fixerai poète, assidûment ses conseils d'acquérir auprès de lui, , et peut-être je prenviendrai-

je à bout

les connaissances

quent; peut-être pourrai-je parvenir taine perfection dans la science des vers. » Il dit, se levant, il alla de suite trouver le célèbre Jami. passa quelque tems auprès de ce poète

qui me manà une ceret Il

distingué,

( occupé relles. truction à exercer

,6)

natusous ses yeux ses dispositions eut acquis le degré d'insEnfin, lorsqu'il à Jami, et de facilité nécessaire qui parut

de nouveau et vint il quitta son instituteur se préLe chambellan, senter à la porte du prince. étonné de revoir celui qui naguère avait été si impitoya, blement informer son maître fustigé, alla sur-le-champ de cette visite : « Le poète , lui dit-il, que votre seiest de nouveau à .gneurie traita avec tant de dureté, la porte du palais ; il demande la permission d'entrer.» — « Eh bien! le prince, rien de plus répondit ne s'oppose à ce qu'il vienne aujuste ; que personne il se retirera conprès de moi, j'espère qu'aujourd'hui tent. »Cependaut Hilali arriva en la présence del'émir; ni lever sa tête humiliée. mais il n'osait avancer, Il resta quelque tems dans la même attitude, .exposé aux du soleil; enfin le gouverneur lui fit rayons brûlans , et ne le congédia qu'après l'asigne de s'approcher voir visir, parole trevue, gratifié d'un cadeau magnifique. Un familier du aux deux présent : « Seigneur, lui alors la réceptions, prenant dans la première endit-il, accueilli ce poète, parfaitement une cruelle appliqué au contraire , vous lui volée faites

aptes avoir vous lui avez cependant de coups; dans celle-ci, voudrais différente.

un beau

et le renvoyez sans cérémonie : je présent bien connaître d'une conduite si le motif » — « Le voici, répondit le judicieux

: le mépris des règles poétiques, établies gouverneur à un point est porté aujourd'hui" par nos ancêtres, on avait le si l'ignorance inconcevable; que dis-je?

(»7) pouvoir, elle les anéantirait toutes; ainsi la leçon qu'il s'est

la première fois que j'ai donnée à Hilali, devant moi, était nécessaire. Le bruit de présenté cette aventure se répandra et ceux qui partout, avoir quelque talent ne se confieront croient plus en leur propre opinion, mais iront s'instruire auprès ; sans cela, chaque sot viendrait, nous débiter ses impertinences, plein de hardiesse, une infamie, le et, par degrés, la poésie deviendrait de poète un opprobre. il ne possédait Hilali, point nom théorie le même faits. » de l'art homme, des vers je l'ai Lorsque l'habileté j-e fis fustiger que donne la plus de mes bience n'est d'habiles maîtres

: aujourd'hui trouvé digne

on savait distinguer le méqu'autrefois rite , tandis que de nos jours on n'y fait pas plus d'attention sur le fumier. C'est qu'aux vers qui rampent C'est ainsi ce défaut de discernement de la part est la véritable tions modernes. cause de l'imperfection La médiocrité s'est du public, qui des composifrayé une route

et reçoit les applauclassiques, du génie, la dissemens dus au talent. L'enthousiasme sont aujourd'hui de l'élocution comptés pour pureté inconnue rien; chaque écrivailleur croit être le Sahban(i') de

aux auteurs

l'éloquence.

(i) d'un

Nom jour

poète arabe très-célèbre. On dit qu'il parla la moitié entre deux tribus, sans répéter pour faire conclure la paix d'un

C '8 Mais toi, en voilà bien assez,

) ô mon Calam, arrêlc-

cesse de

tracer

des lignes

inutiles.

Les beaux

siècles de la littérature

sont passés. Quel est celui de nos concitoyens qui entende avec plaisir énoncer une qui puisse se pensée ingénieuse ? quel est l'homme d'en bien

le sens? Je ne vois comprendre dans le monde que des gens sans capacité, et moimême ai-je l'esprit nécessaire pour me placer au rang des poètes? flatter
I

deux fois le même publié

mot. — Extrait

du Commentaire

arabe ^t^TT'

de Hariri,

par M. le baron

de Sacy , pag. fo.

FIN.

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