I.

Édouard Drumont ou la fin d’un monde
« La formule nationaliste est née presque entière de lui ; et Daudet, Barrès, nous tous, avons commencé notre ouvrage sur sa lumière. » Charles Maurras, L’Action française, 6 février 1937.

Sur la fin du XXe siècle, les institutions dé ocrati!ues co encèrent, un "eu "artout en #uro"e, $ entrer en décadence. #n trente ans, les souverains de la Sainte%&lliance avaient a'andonné le "ouvoir au( &sse 'lées, en trente autres années les "uissances occultes et financières s)e "arèrent des &sse 'lées. C)est en *rance !u)étaient nées les idées de 17+9. #lles , avaient déroulé leurs consé!uences néfastes "lus vite !ue dans le reste de l)#uro"e. -l était donc dans l)ordre des choses !ue la réaction s), anifest.t "lus t/t !u)ailleurs. Mais il fallait d)a'ord !ue le "a,s "rit conscience des "érils !ui le ena0aient dans l)ordre intellectuel, dans l)ordre écono i!ue et dans l)ordre "oliti!ue.
« uelquefois, les peuples s’éteignent dans une agonie insensi!le, qu’ils aiment comme un repos dou" et agréa!le ; quelquefois ils périssent au milieu des f#tes, en c$antant des $%mnes de victoire et en s’appelant immortels. &

dit 1acordaire. 2r, la *rance au lieu « de rentrer en elle'm#me, d’essa%er de guérir puisque Dieu, dit l’(criture, a fait les nations guérissa!les », se 'lait "ouvoir « finir dans l’apot$éose t$é)trale ». 3el était le 4u5e ent d)un conte "orain1 !ui, en cin! 5ros volu es intitulés (tudes ps%c$ologiques et sociales* 'ourrés de faits et de "assion, allait dresser le 'ilan de la ---e 6é"u'li!ue $ la fin du X-Xe siècle et susciter un "uissant courant d)o"inion d)o7 sortirait le nationalis e. 1)intensité du ouve ent "rovo!ué "ar 8douard 9ru ont fut considéra'le. 3out entière a(ée sur un sursaut "assionnel devant ce !u)il a a""elé lui% : e « la fin d’un monde », son action devait affecter en "artie, "our des raisons histori!ues !ui n)entrent "as dans le cadre de cette étude, la for e d)un ouve ent antisé ite, s"ontané et "o"ulaire. Mais derrière sa fa0ade antisé ite, la réaction !ue "rovo!ue l)auteur de La +rance ,uive, en 1++6, visait "lus loin !ue la dénonciation de !uel!ues 'an!uiers internationau( 4uifs, et non 4uifs aussi d)ailleurs. #n réalité, ce !ue 9ru ont avait o'servé, c)étaient les "re iers s, "t/ es de la alfaisance du li'éralis e écono i!ue dans le sein d)une dé ocratie li'érale.
1 ; 9ru ont 8douard, La +in d’un -onde, ". 111. La +rance .uive, La +in d’un -onde, La Dernière Bataille, Le /estament d’un Antisémite, 0ur le 1$emin de la 2ie, etc. 1

9ans une société "oliti!ue inor5ani!ue, une écono ie inor5ani!ue en5endrait tous les e(cès du ca"italis e de s"éculation et 'ouleversait "rofondé ent la société traditionnelle. < << 8douard 9ru ont se fit l)historien de cette « fin d’un monde ». -l le fit sans 5rand es"oir, avec un "essi is e foncier, ais en a""ortant une éthode 4uste !ui, $ travers =arrès, =our5et et Maurras "rendra sa for e définitive sous le no d)« e "iris e or5anisateur ». 9ru ont avait fait o'server !ue « la -ort est un aussi grand dé!at que la 2ie. L’Agonie est un com!at comme la 3aissance. La décomposition de l’#tre est aussi compliquée que sa formation et il faut envisager la terminaison de l’e"istence comme un ta!leau aussi coloré, aussi comple"e, aussi varié, aussi mouvementé que l’e"istence elle'm#me ». #t il en tirait cette conclusion >
« 4our savoir !ien quelles conditions sont nécessaires pour que vive une 4atrie, il faut regarder attentivement comment meurt un monde qui a formé peu 5 peu dans cette 4atrie comme une agglomération de !acilles. 4our !ien conna6tre les nécessités primordiales de l’#tre, il faut apprendre comment on arrive au non'#tre et demander 5 ce qui e"pire 7ce secret de la vie8 que saint Antoine, selon l’e"pression de +lau!ert, 7t.chait de sur"rendre, $ la lueur des fla 'eau( sur la face des orts8 ».

?lus tard, =arrès, =our5et surtout et Maurras ettront en ter es scientifi!ues cette analo5ie du cor"s social et du cor"s hu ain. -ls en tireront cette notion essentielle de la doctrine nationaliste > !ue la société est sou ise non $ la fantaisie de ses volontés, ais $ des lois !u)il ne s)a5it "as d)inventer, ais de découvrir. 1)essentiel de cette théorie est dé4$ tout entier dans 9ru ont >
« 9ien n’est instructif comme de rec$erc$er l’origine première des maladies qui lentement, mais s:rement, usent, dégradent et ruinent peu 5 peu l’organisme. Le terme de mort su!ite, en effet, ne peut rien dire et l’on ignore trop les éla!orations énormes qu’il faut pour faire ce qu’on appelle une catastrop$e soudaine. La désagrégation s’opère progressivement, mais sans $)te et dans la société, confédération de tissus, les dé!uts du mal sont tou.ours lointains, ignorés et o!scurs. ;n tom!e par o< l’on penc$e, voil5 la loi ; c’est un rien d’a!ord, une pertur!ation presque insensi!le, un grain de sa!le dans l’engrenage puis le désordre partiel, puis les ressorts !risés et l’arr#t définitif= Le cadavre social est naturellement plus récalcitrant et moins aisé 5 enterrer que le cadavre $umain. Le cadavre $umain va pourrir seul au ventre du cercueil, image régressive de la gestation ; le cadavre social continue 5 marc$er sans qu’on s’aperçoive qu’il est cadavre, .usqu’au .our o< le plus léger $eurt !rise cette survivance factice et montre la cendre au lieu du sang. L’union des $ommes crée le mensonge et l’entretient >
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une société peut cac$er longtemps ses lésions mortelles, masquer son agonie, faire croire qu’elle est vivante encore alors qu’elle est morte dé.5 et qu’il ne reste plus qu’5 l’in$umer &.?

< << Chercher ce !ui fait « "encher » la société fran0aise en ces dernières années du X-Xe siècle, tel fut l)o'4et de la recherche de 9ru ont. -l en trouvera la raison dans ce !u)il a""ellera « le fau" c$emin pris en @ABC, un c$emin au !out duquel on cro%ait trouver 0alente et dans lequel on s’est o!stiné, après n’% avoir rencontré que des désillusions, des catastrop$es et des doutes »@. &u « oi », $ l)individualis e, il o""ose les lois de l)hérédité >
« Dn #tre n’est pas si simple qu’on le croirait > c’est un ensem!le ; il se compose de traditions qui le rattac$ent 5 ceu" qui ont vécu avant lui, de sentiments qui l’attac$ent au" gens qui sont du m#me pa%s que lui. Dès qu’il est dépouillé de tout cela, qu’il s’est mis $ors de sa religion, $ors de sa race, $ors de sa patrie, il n’a plus de rapports, plus de racines, plus de place 5 lui dans l’organisation sociale. &E

Ce sont $ "eu "rès les ter es dont se servira =arrès > « les déracinés », « la 3erre et les Morts ». C)est le ercredi ;A avril 1+9; !ue "arut le "re ier nu éro de La Li!re 4arole. 2n était alors en "leine "ériode anarchiste. 2n 4u5eait 6avachol. 3out de suite, 9ru ont "rend une "osition !ui le distin5ue nette ent des « conservateurs ». Sous le titre « &narchie 5énérale », il et la société li'érale en face de ses res"onsa'ilités >
« 7Malheur, a dit ,ou!ert, $ !ui re ue le fond d)une nation B8 Les ma6tres du .our peuvent au.ourd’$ui méditer sur cette parole= 4our la satisfaction de leurs convoitises personnelles, ils ont renversé toutes les traditions 5 l’a!ri desquelles vivait l’ancienne société. Fls ont déraciné tous les instincts, ils ont fait appel 5 toutes les $aines et trou!lé toutes les consciences ; comme les sauvages qui !r:lent une for#t pour faire cuire leur repas du .our, ils ont mis le feu partout. 2oici que de cette for#t en feu s’élancent toutes sortes de fauves qui dormaient dans leurs tanières, toutes sortes de monstres !iGarres qu’on ne savait pas #tre l5 quand la for#t était en repos H=I. 1’est cette anarc$ie morale, mille fois plus inquiétante que l’anarc$ie par le fait, qu’il est intéressant d’étudier, car elle se rattac$e 5 la crise universelle que traverse le monde occidental, déséquili!ré et corrompu par la suprématie prise partout par l’élément sémitique. &
3 @ C 9ru ont 8douard, La +in d’un -onde, ". 11. F!id., ". C;9. 9ru ont 8douard, La Dernière Bataille, ". 1@;. 3

#t 9ru ont allait d)un cou" au fond d)une situation !ui n)a fait !ue s)a55raver de"uis >
« 1e qui frappe surtout, selon moi, dans toutes ces manifestations de la vie sociale, c’est l’impuissance de l’organisation d’autrefois devant les puissances nouvelles > puissance de l’Argent, puissance du 3om!re, puissance m#me de l’idée imprimée. ,amais les questions ne furent plus grandes et .amais les $ommes ne furent plus petits. &

9ites% oi si l)on ne croirait "as cela écrit du atin D C)est cela l)étonnante actualité de 9ru ont > c)est !u)a,ant tou4ours été au fond des choses, il en a découvert le "rinci"e !ui ne cesse 4a ais d)a5ir. Eo,eF%le, en ai 1+9;, "arler du 6allie ent de la 6é"u'li!ue !ue vient d)i "oser 1éon X---. 1a "a5e est 'elle, d)un st,le dru et "uissant. Celui d)un ho e !ui est encore li're de tout dire, !ui ne sait "as co 'ien de te "s cela durera et !ui en "rofite >
« Jn ce siècle qui a vu de si étranges vicissitudes et de si prodigieu" c$angements de fortune, nous n’admettons pas que le succès soit un criteriu pour les consciences. Les plus respectueu" estiment que la cour de 9ome, si réservée d’ordinaire dans ses allures, si lente et si prudente dans ses décisions, témoigne cette fois d’une $)te un peu servile 5 acclamer les francs'maçons vainqueurs. ue nous demande, d’ailleurs, le 4ape K D’ad$érer au régime de 1onstans, de +err% et de 9ouvier, comme Lercule ad$érait 5 la tunique fatale qui !r:lait les épaules ; nous ad$érons comme des c$iens collés qui $urlent de désespoir de ne pouvoir se séparer. &

9ans un raccourci saisissant, "lein d)ironie et de colère contenue, 9ru ont résu ait ainsi la situation >
« La femme est forcée d’accomplir le devoir con.ugal, m#me lorsque le mari dont elle doit su!ir le contact est quelque immonde drMle 5 mine de forçat, empestant l’eau'de'vie et e"$alant de toute sa personne des miasmes qui tiennent de la puanteur du rat mort et de l’odeur rance du .uif de Nalicie. Fl serait e"cessif, cependant, d’o!liger l’infortunée 5 dire 5 ce miséra!le > -on c$éri, comme tu m’as rendue $eureuse O ,e t’aime parce que tu es vaillant et !on O &

9ans cette affaire du 6allie ent, 1éon X--- fut victi e de son entoura5e. 2n le sait au4ourd)hui. 9ru ont, avec son instinct si sGr, l)avait deviné >
« 1e qui manque au 4ape, c’est de conna6tre e"actement l’état des esprits. Le 0aint'4ère, nous écrit'on de 9ome, a su!i l’influence de politiques amateurs comme -. de 2oguP, or, ces $ommes peuvent avoir un certain crédit dans les académies, ils n’ont aucun contact avec la masse de la nation. -. de 2oguP, est un !adaud d’essence asseG distinguée, aimant se m#ler de tout, entrant dans tous les endroits o< il % a du monde, c$erc$ant 5 .ouer dans toutes les questions un rMle qui lui donne quelque lustre et lui permette de se faire intervieQer. L’)me française est toute différente de celle des personnages de salon H=I.
@

Le +rançais est très sérieu", très lo%al, très délicat dans les questions de sentiment ; c’est le pa%s o< les ouvrières se suicident le plus pour ne pas avoir 5 survivre 5 un a!andon, le pa%s des affections profondes et des fidélités dura!les. 1’est le seul pa%s o< l’on ait vu, sous tous les régimes, des $ommes dans la force de l’)ge, renoncer au" emplois pu!lics pour demeurer fidèles 5 un vague principe, 5 un sentiment plutMt. 0ous la 9estauration, de vieu" soldats attendaient encore le retour de 3apoléon, alors qu’il était mort depuis longtemps ; ils n’en avaient rien reçu pour la plupart et !eaucoup l’avaient entrevu 5 peine cinq ou si" fois dans leur vie, quand un .our de !ataille, il galopait devant le front de ses troupes, 5 la t#te de son état'ma.or. 0ous Louis'4$ilippe, !eaucoup de gentils$ommes qui n’avaient .amais mis le pied 5 la 1our !risèrent leur épée plutMt que de servir l’usurpateur. 4endant di"' $uit ans, des 9épu!licains, comme .’en rencontrais parfois c$eG mon père, restèrent immua!les dans leur $aine contre 7-onsieur Bonaparte8, comme disait 2ictor Lugo. 1’est 5 cette nature d’esprit que se rattac$ent ceu" qui gardent encore devant la 9épu!lique triomp$ante une attitude $ostile. ,ournalistes conservateurs, magistrats démissionnaires, pauvres pr#tres privés de traitement, militants des villes et des campagnes, victimes de toutes les t%rannies et de toutes les iniquités, ils ont tout sacrifié 5 leurs convictions et n’ont recueilli que de l’indifférence c$eG les conservateurs ric$es qui se soucient de ces o!scurs comme d’une guigne= Les $ommes c$erc$ent du travail qu’ils ne trouvent pas ; les femmes raccommodent leurs ro!es usées et retapent leurs vieu" c$apeau"= Fls étaient soutenus .usqu’ici par l’idée qu’ils souffraient pour quelque c$ose, qu’ils avaient du mérite 5 souffrir= 1eu"'l5 ont été meurtris au plus profond d’eu"'m#mes par les déclarations du 4ape ; ils ont eu, comme dans une vision su!ite, la sensation de l’effort inutile, du r#ve écroulé, de l’ironie de la Destinée, la perception d’avoir été des .o!ards et des dupes= /outes les admonestations papales, toutes les lettres, toutes les pressions n’% feront rien ; elles aigriront les )mes, elles les désespéreront en leur montrant que la cause de la .ustice, lorsqu’elle est vaincue, est a!andonnée, m#me par le représentant du 1$rist ; elles les détac$eront de l’(glise, mais n’auront pas d’autre résultat et ne déplaceront pas deu" cents voi" au" proc$aines élections. &

Ce cri douloureu( !ui s)élève lente ent, lancinant H cette vision du senti ent d)a'andon !ui va s)e "arer des cIurs "urs ne se 'le%t%il "as "récéder celui !ui déchire au4ourd)hui la Chrétienté D < << 8douard 9ru ont n)ai ait "as les conservateurs, "arce !u)ils ne conservaient rien. -l avait une fa0on a usante de "arler de leur "rose ti ide, feutrée et tiède >
« 1ette littérature spéciale dont les 1$esnelong et les Lucien Brun ont le monopole fera l’étonnement de l’avenir= ,e ne saurais mieu" la comparer qu’5 ces viandes de certains restaurants qui ont l’air d’avoir dé.5 été mangées. &
C

?ourtant, ce féroce "olé iste était, au fond, un ho e "aisi'le, 'on chrétien, "hiloso"he, ai ant les livres, les ar'res et les ':tes. -l se "eint ainsi, odeste ent, un 4our de ai 1+9;. 1e "rinte "s, sans doute, l)avait rendu élancoli!ue.
« 3ul peut'#tre n’a plus détesté le !ruit que moi, nul n’a .amais été plus e"empt d’am!ition personnelle, nul n’a aimé plus passionnément que moi la pai", la campagne, la .oie d’#tre assis sous un ar!re et d’entendre gaGouiller les oiseau" sans songer 5 rien= ,e ne me suis .amais e"pliqué comment les $ommes, condamnés 5 ne faire qu’un court sé.our ici'!as, emplo%aient leur temps 5 se disputer et 5 s’opprimer, alors qu’avec une organisation meilleure, tout le monde pourrait vivre $eureu" et avoir le nécessaire sur la terre. &

C)est "ourtant vrai, ce !ue dit ce M. 9ru ont, aura "ensé le lecteur !ui eut ces "a5es toutes fraJches i "ri ées entre ses doi5ts le atin du 31 ai 1+9;K -l lisait "eut%:tre cela sur le 'oulevard "ar une 'elle atinée de soleil, dans un ?aris o7 "iaffaient encore les chevau(, o7 l)air atinal sentait le café et le crottin. C)était la =elle 8"o!ue. Sans doute, le "a,s était%il dé4$ alade, ais le dia5nostic avait été "osé. -l , avait un 5rand édecin social, ce Monsieur 9ru ont !ui disait !uels ias es e "oisonnaient la société. 2n a envie co e dans un r:ve, de crier $ ces 5ens, !ui étaient nos 5rands%"ères > « 3e vous laisseG pas faire O » -ls se laissèrent faire. 1e "re ier "rocès !u)eut $ su'ir La Li!re parole lui vint de la haute% finance. 9ru ont "rotestait contre le renouvelle ent du "rivilè5e de la =an!ue de *rance. -l eut des ots avec M. =urdeau, ce !ui lui valut de co "araJtre devant les &ssises de la Seine, le 16 4uin 1+9;. 1es "ro"os !u)il tint devant les 4urés annon0aient le rè5ne de l)ar5ent et ce !u)il allait advenir de la dé ocratie et des cito,ens dans ce ré5i e nouveau !ui n)avait "as de no , ais !ui était dé4$ la "uissance réelle.
« Les +rançais sont effra%és de la puissance formida!le de l’argent, et ils se rendent e"actement compte de l’étendue de cette puissance. Fls voient qu’elle ne constitue pas seulement le fait d’$ommes isolés, mais un s%stème, un régime tout entier qui, comme tous les régimes, ne peut maintenir l’appareil nécessaire 5 son fonctionnement que s’il met la main sur tous les ressorts sociau". 1’est sous une forme nouvelle, ce qui s’est fait au -o%en Rge. 4arcoureG les pa%s o< le régime féodal s’est fait place, vous verreG partout des don.ons, des c$)teau", des lois qui soumettaient au suGerain le vassal. 4artout et sans cesse, l’$omme se $eurtait 5 une force tou.ours organisée. 1’était la force du fer. Au.ourd’$ui, c’est la force de l’argent. &

9ru ont venait de "eindre d)une fa0on saisissante la naissance de la "louto%dé ocratie. ?our détendre l)auditoire, 9ru ont racontait alors une histoire char ante dont il tirait une oralité !ui fit sursauter les 4urés. Eous alleF voir >
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« 2ouleG'vous me permettre de vous conter une anecdote que .’ai lue dans la vie des c$iens célè!res, et qui m’a !eaucoup ému K Dn gentil$omme anglais, au moment des guerres religieuses, se décide d’em!arquer pour l’Amérique. Fl vend son petit patrimoine, met dans une sacoc$e ce qu’il possède, selle son c$eval, met sa sacoc$e sur la selle et, suivi de son c$ien, va s’em!arquer au proc$ain port. Après quelques lieues, acca!lé par la c$aleur du .our, il éprouve le !esoin de se reposer, attac$e son c$eval, prend sa sacoc$e pour oreiller, se couc$e sous un ar!re et fait la sieste. uand il est un peu reposé, il remonte n selle et repart. Fl est tout étonné de voir que son c$ien donne des signes d’inquiétude et que ses %eu" étincellent. Alors, dans l’idée du cavalier, germe cette idée > mon c$ien est'il devenu enragé K Fl % a un gué 5 passer. Fl espère que le c$ien !oira. Arrivé au gué, le c$ien ne !oit pas, il pousse un $urlement désespéré. Le cavalier prend le pistolet dans l’arçon de sa selle, détourne la t#te et fait feu. Le c$ien pousse un gémissement. Le cavalier continue son c$emin. Au !out d’un moment, il revient sur ses pas > il veut savoir si son pauvre c$ien est mort. Des traces de sang le guident. Fl arrive 5 l’ar!re sous lequel il s’est reposé. Fl voit son pauvre c$ien couc$é sur sa sacoc$e qu’il avait ou!lié d’emporter en se remettant en selle. Fl était venu défendre la propriété de son ma6tre et il le remerciait de ses %eu" mourants= J$ !ien O -essieurs, ce qu’on vous invite 5 faire au.ourd’$ui, c’est de tuer votre c$ien, celui qui vous prévient, qui vous rend service. Au fond, quel que soit votre .ugement, vous pensereG un .our 5 nous. Lorsque votre pauvre !ien de c$rétien sera emporté dans un c%clone financier formida!le, comme dans la catastrop$e du comptoir d’escompte, vous direG > 7Sa"risti B 1a dot de a fille est "artie. 9ru ont nous avait "ourtant "révenu.8 &

1es 'onnes 5ens n)eurent "as lon5te "s $ attendre > ?ana a, SueFK la série des scandales "olitico%financiers des 6é"u'li!ues nos ---, -E et E co en0ait. 2n n)a "as écouté 9ru ont. < << Ce 16 4uin 1+9;, 9ru ont fit entendre encore !uel!ues vérités au( 4urés é'ahis >
« Au S2FFFe siècle, on imaginait des personnages comme on en voit dans les 1ettres "ersanes, comme l’oiseau qui s’en allait par la ville et qui racontait ce qu’il avait vu. FmagieG un de ces personnages s’en allant 5 travers la ville de 4aris, visitant des palais magnifiques, vo%ant dans des splendides écuries, plus grandes que des maisons, de super'c$evau" $ennir= Fl demande > 7!u)a donc fait, "our :tre si riche, le "ro"riétaire de tout cela D8 ;n lui répond > 7il a volé. -l a lancé telle ou telle affaire. C)est un 'on cito,en. -l a réduit les autres au déses"oir8. Alors le personnage poursuit sa promenade 5 travers 4aris. Fl visite les monuments $istoriques. Fl arrive 5 0ainte'4élagieT. Fl % trouve Drumont. L6iresM.
< NOd8P &ncienne "rison de ?aris, rue du ?uits%de%l)#r ite, dé olie en 1+9C. 7

7&h B Celui%l$, c)est très 5rave, lui répond'on. -l s)est "assionné "our la !uestion du renouvelle ent du ?rivilè5e de la =an!ue de *rance. Co e un chien, il a ordu le ollet de M. =urdeau8. LOouveau( riresM. &

1e 4ur, riait, ais il envo,a 9ru ont $ Sainte%?éla5ie "our trois ois et le conda na $ 1 AAA francs d)a ende. 1e lende ain, 9ru ont intitule son article de La Li!re parole > « 1a victoire de 6othschild ». -l élève très haut le dé'at >
« 1e n’est que par la lutte que les grandes causes arrivent 5 triomp$er. 0i le 1$rist, dit l’- itation, avait trouvé un meilleur mo%en que la douleur pour parvenir 5 la perfection, il nous l’aurait enseigné. Fl en est de m#me de tout ce que l’on tente pour améliorer la société et rendre les $ommes plus $eureu" ; toute idée nouvelle ne prévaut que par l’in.ustice des ennemis, la persécution, la souffrance, la calomnie s’ac$arnant après vous. 1’est l5 une loi sociale qui n’a .amais eu d’e"ception. &

#ncore le vieu( MaJtre a%t%il "u dire tout ce !u)il "ensait. -l n)a "as connu le lourd anteau de silence !ue 4ette l)enne i d)au4ourd)hui sur les idées !ui le 5:nent. -l faut relire 9ru ont, "arce !u)il a dit tout ce !ue nous ne "ouvons "lus dire. < << 8douard 9ru ont ourut le 3 février 1917, un sa edi soir, !uel!ues inutes avant huit heures. -l était arrivé deu( heures avant, en auto o'ile, de sa résidence de Moret, "rès de *ontaine'leau, "our "asser !uel!ues 4ours $ ?aris. Quand il avait traversé la for:t de Sénart, il avait de ande !u)on ouvrit les 5laces "our !u)il "uisse ieu( 4ouir du s"ectacle de sa « vieille » for:t. Mais le froid était tro" vif, on s)était contenté d)essu,er les 5laces du cou"é. R ?aris, il était descendu au @, rue du Ser5ent%Soff, cheF le 9r =illon. -l dJnait avec lui !uand il fut "ris au ilieu du re"as d)un violent étouffe ent et ourut "res!ue su'ite ent. 1es o'sè!ues eurent lieu $ Saint%*erdinand%des%3ernes, le 6 février. 1éon 9audet et Charles Maurras acco "a5nèrent le vieu( MaJtre 4us!u)au ci etière de Saint%2uen. 1e 4our : e, ils avaient écrit dans L’Action française deu( articles !u)ils convient de tirer de l)ou'li, "arce !u)ils "récisent 'ien les ori5ines du nationalis e fran0ais. 1éon 9audet avait is en e(er5ue de son article cette citation de *rédéric Mistral >
« 0ont morts les !)tisseurs, mais le temple est !)ti. & « La mort d’(douard Drumont est un deuil national. 1e grand cito%en a connu de son vivant la popularité et la gloire. Fl part en pleine tourmente alors que les vies françaises les plus no!les tour!illonnent comme des feuilles rougies, et le !ruit de sa c$ute en sera moins retentissant.
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-ais la +rance victorieuse et rénovée saluera en lui un de ses fils les meilleurs et les plus clairvo%ants. Dn de ceu" qui, au milieu de l’affai!lissement général, ont su voir, comprendre et frapper. 0on Uuvre dont la portée est incalcula!le est moins d’un polémiste et d’un pamp$létaire que d’un $istorien. T9ru ont, lui disait Lema6tre, vous :tes avec *ustel, notre "lus 5rand historien8. Fl sem!le incompré$ensi!le au.ourd’$ui que la simple constatation des faits, qui est au fond de la *rance 4uive ait soulevé, voici trente ans, une telle temp#te. Le retentissement de ce livre magistral fut en raison directe des efforts faits pour le tenir sous le !oisseau. Drumont, o!servateur visionnaire et doué d’une prescience unique, nous a appris 5 lire notre temps. Fl a décrit un trou!le et$nique comme LaPnnec a décrit la pluminé tu!erculeuse et Duc$esne de Boulogne l’ata"ie locomotrice, avec une sérénité et une précision remarqua!le. Fl n’a pas c$erc$é le mo%en politique d’% remédier. /out $omme, m#me de génie V et Drumont avait du génie V, demeure plongé dans son époque. De @BAW 5 @CWW, la +rance vaincue se !orne dans tous les domaines, 5 des constatations. Drumont et 1$arcot qui ne s’aimaient pas, appartenaient cependant 5 la m#me famille d’esprit que .’appellerai le non'interventionniste. Fls cro%aient l’un et l’autre, 5 la fatalité, surtout sous sa forme $éréditaire. Drumont répétait volontiers, comme les Ara!es > 7C)était écrit8. ,e le définirai, quant 5 son caractère, d’un mot > c’était un indulgent com!atif. Fl promenait sur les diverses aspects de la nature $umaine, un Uil méfiant, perspicace, ironique, d’un som!re velouté 5 reflets d’or, comme son st%le étonnant. 0a démarc$e intellectuelle était lente et s:re comme son pas et il attendait pour se prononcer qu’un fait fut m:r et accompli. 1ela se traduisait, en .ournalisme par ceci que son article portait généralement sur l’événement de la veille ou de l’avant'veille. Fl méditait, il ruminait, il ressassait au !esoin les formules tissues de sa longue e"périence, et il pouffait de rire de !on cUur, quand un aspect imprévu d’une question le contraignait 5 se rectifier. 0on érudition était immense, ses préférences littéraires allaient au" grands classiques, 5 4ascal, 5 1orneille, 5 0aint'0imon, puis derrière eu", au" latins, 5 2irgile, 5 /acite, qu’il citait volontiers. 0a vie intérieure était un mélange de sérénité et d’amertume nostalgique, car il trouvait comme Bar!e% d’Aurevill%, que tout vient trop tard. La méc$anceté et la perfidie l’irritaient et les petites entraves de la vie le re!utaient. Fl pouvait #tre sensi!le comme une femme 5 un !on ou 5 un mauvais procédé. Fl souffrait réellement de l’in.ustice sociale, il tenait 5 son rMle de plé!éien, fils de plé!éien, et les dés$érités de la vie trouvaient auprès de lui un !on accueil. Dans les questions d’espèce, dans les cas particuliers, il était facile de désarmer Drumont, et 4elletan, avec une scène de larmes et en faisant appel 5 sa confraternité professionnelle, sut, vers @BC*, l’attendrir en quelques minutes. Fl vivait simplement, !ourgeoisement, casanièrement au milieu de ses livres, de ses ta!leau", de ses souvenirs, de ses amis. 0on $ospitalité était délicieuse et attentive. ,e nous vois 1oppée, ma femme et moi, dé.eunant en plein air, par une .olie .ournée d’octo!re sur la terrasse de sa propriété de -oret'sur'Loing, il % a de cela une diGaine d’années. Fl était si content de la causerie et du pa%sage m#lé 5 l’intimité, qu’il nous retint 5 d6ner, puis 5 couc$er. 1oppée, qui n’avait ni c$emise de nuit, ni nécessaire de toilette était au" c$amps, c’est le cas de le dire. Drumont le plaisanta avec tant d’esprit qu’il finit par rire de !on cUur et il nous disait en retour >7C)est un soleil $ lui tout seul, cet ho e%l$, car il est 'ien vrai !ue sur sa terrasse,
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4)aurais eu, sans sa "résence, un "eu froid au( "attes 8. 1a 1i're ?arole, quand il la dirigeait, du temps de -éru et du c$er commandant Biot, était un .ournal patriarcal, o< l’on faisait venir, sur le coup de cinq $eures, des apéritifs variés V largement étendus d’eau, .e dois le dire au" ligues anti'alcooliques V et Drumont ouvrait toutes les cinq minutes la porte de son ca!inet donnant sur la salle de rédaction > 7Mon co andant, c)est 'ien entendu "our cette "etite note, n)est%ce "as D %2ui "atron, c)est une affaire entendue.8 3éanmoins, en partant, 5 $uit $eures du soir > 7&lors, on co andant, 4e co "te sur la "etite noteK8. 4uis il descendit l’escalier, montait dans son coupé d’ancien st%le, que conduisait son fidèle ,ean, et en route pour le passage Landrieu. Fl détestait les disputes autour de lui, qu’on 7e "oisonn.t sa vie8, qu’on 7attent.t $ son cerveau8. 1$aque fois qu’il % avait quelque litige, ou quelque querelle, soit au .ournal, soit 5 la Ligue antisémite, soit 5 la 4atrie française, on allait naturellement le prendre pour ar!itre. Fl commençait par se !ouc$er les oreilles et envo%er couc$er les plaignants. 4uis il s’amadouait et, tout en se lamentant et gourmandant l’un et l’autre parti, il trouvait une solution d’apaisement, dont la fragilité ensuite l’inquiétait. Désormais, et c$aque fois qu’il revo%ait l’un des Atrides, il lui demandait des nouvelles des autres et l’incitant 5 la réconciliation. /raversant ces $istoires compliquées sans % participer en aucune façon, vu mon $orreur naturelle des compétitions et des rivalités, .e recevais souvent des doléances. Leur tour pittoresque m’enc$antait. Drumont était un $omme de !i!liot$èque et de r#verie, un grand solitaire !ien que très affa!le dans les réunions intimes ou familiales, et le +orum n’était pas son affaire. Le principal souvenir qui lui restait de ses campagnes électorales d’Algérie, c’était l’intensité de la lumière et le !ruit .o%eu" de la foule autour de sa voiture. -ais la cuisine politique le !assinait et la promiscuité de ses agents et m#me de ses partisans lui faisait mal au" nerfs. 0a !ravoure était .ustement légendaire. Fl ne tenait aucun compte du danger et le risque lui était un stimulant. Fl lui était très indifférent de se !attre au pistolet, 5 vingt pas V si" !alles éc$angées V avec le meilleur tirer de son temps, mais la pensée qu’un plom!ier qui lui avait manqué de parole pour sa cuisine le rendait malade pendant $uit .ours. Fl $arcelait sa vieille servante > 7'#h 'ien, on enfant, et ce "lo 'ier. %M. 9ru ont, il avait 'ien "ro is "our ce atin. %C)est fa'uleu(, 4), "asserai oi% : e 8. ,e ne l’ai guère vu en colère qu’une fois en neuf ans, contre un c$auffeur d’automo!ile dont le pneu, c$ose inouXe, s’était détac$é V Drumont n’a .amais eu de veine avec les perfectionnements de la vie contemporaine V et qui prétendait nous laisser entre une omelette et la for#t de 0énart. Jncore se calma't'il très vite, le c$auffeur a%ant fini par céder 5 ce lion rugissant. 1es anecdotes sont minces sans doute eu égard 5 cette puissante et magnifique personnalité. 1’est qu’il % aurait un livre 5 écrire sur le géant qui vient de dispara6tre, après une vieillesse dévastée par le fléau de la guerre et la mort de ses plus c$ers amis. Le no!le Drumont aimait la +rance avec cette force de représentation concrète qui assure l’immortalité de ses travau". Fl souffrait pour elle et ses parasites, de ses adversaires cac$és ou visi!les, il détestait la perfide lourdeur des Allemands, leurs rapaces fourriers de la $aute finance. Fl avait depuis trente ans le sentiment du complot c$ronique tramé par l’étranger de l’intérieur, contre nos traditions, nos mUurs, nos cro%ances, nos !iens, notre sol. 1ette préoccupation était son grand r#ve et elle donnait 5 son !eau regard, sous les lunettes, une intensité $allucinatoire.
1A

3ous tous, de la génération qui suivit immédiatement la sienne, nous devons #tre reconnaissants 5 ce formida!le et magnanime écrivain de nous avoir apporté la lumière. 0ur sa tom!e, entre de feu, .e lis ces mots > 79ru ont ou le révélateur de la 6ace.8 &

< <<
« ,e tiens 5 m’associer au" fortes paroles de Léon Daudet, écrivait "our sa "art Charles Maurras. ;ui, la génération qui eut di"'$uit ans l’année de 1a *rance 4uive est toute entière dé!itrice d’(douard Drumont. 1e grand +rançais l’orienta vers la vérité politique. 1omplétant et ac$evant /aine, sa critique profonde et .uste a fait d’a!ord sentir les réalités premières de la vie d’un peuple, le sol et le sang. 1omplétant et ac$evant Déroulède, l’Uuvre de Drumont donnant aussi 5 comprendre ce qu’il % avait 5 faire au dedans du pa%s pour retrouver -etG et 0tras!ourg. La formule nationaliste est ainsi née, presque tout entière, de lui, et Daudet, Barrès, nous tous, avons commencé notre vo%age 5 sa lumière. 3ous l’avons remercié tous les .ours durant sa vie. 1ette admiration et cette gratitude doivent le saluer 5 son lit de mort. 1$roniqueur merveilleu", $istorien vo%ant et prop$ète, cet esprit original et li!re, s’éc$appait aussi 5 lui'm#me. Fl ne vit point tout son succès. ;n doute m#me qu’il ait connu, lui si fier, cependant, les proportions du monument élevé de ses mains rapides. -ais il en est ainsi presque tou.ours, pour qui travail dans le droit fil de la vie et de la vérité. L’auteur qui se dédou!le peut alors reculer devant l’Uuvre faite et répéter le mot fameu" > 7Ue ne e cro,ais "as si 5rand.8 &

< << 8douard 9ru ont avait "u'lié si( 5ros volu es d)études sociales et "s,cholo5i!ues et diri5é un !uotidien > La Li!re parole. -l avait dé"uté, e(ilé, e "risonné. -l avait été la fi5ure centrale de l)&ffaire 9re,fus. -l avait a5ité tout le "etit "eu"le d)ouvriers, de curés de villa5e, de "etits actionnaires ruinés, d)officiers, de no'les de "rovince restés fidèles $ la terre. -l avait aidé $ e("ri er la révolte s"ontanée de ce "etit "eu"le !ui constitue le fond : e des nations et o7 le nationalis e, dans tous les "a,s, ira recruter le eilleur de ses ilitants. C)est lui encore !ui e "lo,a le "re ier dans son 4ournal La Li!re 4arole, en 1+9;, l)e("ression national%socialis e et dans son Iuvre se dessine dé4$ cette s,nthèse du national et du social !ui va :tre la 5rande caractéristi!ue des révolutions nationales du XXe siècle. -l avait fort 'ien distin5ué !ue la =our5eoisie 4aco'ine de 1793 en détruisant les Cor"orations avait « mis ceu" qui n’avaient rien 5 la merci de ceu" qui avaient quelque c$ose ». -l fut le "hoto5ra"he de la « fin d’un monde ». -l vint avec son a""areil se "lacer au 'on endroit sans souci de déran5er les 5ens. -l choisit 'ien son éclaira5e, ne se tro "a 4a ais sur le "ersonna5e $ !ui donner le 5ros "lan. -l avait d)ailleurs une t:te de "hoto5ra"he avec ses lon5s cheveu( et ses "etits ,eu( de ,o"e derrière ses lunettes.
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II. Maurice Barrès ou le déterminisme nationaliste
;n ne soulève pas les masses pour une action dura!le sans des principes Maurice =arrès, L’Appel au 0oldat. /out $aute civilisation na6t d’une collectivité ordonnée. Scène et doctrine du nationalis e Les nationalistes doivent #tre d’accord dans le présent, dans le passé et dans l’avenir. Maurice =arrès, 0cène et doctrine du nationalisme. 3ationalisme est acceptation d’un déterminisme. Maurice =arrès, 0cène et doctrine du nationalisme.

1e nationalis e, en tant !ue doctrine "oliti!ue, est né $ la fin du X-X e siècle. 1e ot n)était "as neuf. ?révost ?aradol l)avait inventé sous le Second # "ire "our dési5ner les tenants du "rinci"e des nationalités. Ce fut Maurice =arrès !ui lui donnant un sens nouveau dans un article du +igaro du @ 4uillet 1+9;, intitulé « 1a !uerelle des nationalistes et des cos o"olites » >
« Fl n’% traitait point d’une querelle politique, racontera "lus tard Charles Maurras, mais d’un simple dé!at qui s’était élevé entre les poètes partisans de la tradition classique française et les romantiques admirateurs de /olstoX, d’F!sen et de -YterlinZ. La transition du nationalisme littéraire au nationalisme politique était alors facile. &@

#lle renouvela telle ent le sens ori5inal du ot !ue M. 6ené Uohannet, dans son 4rincipe des nationalités note !ue cette acce"tation nouvelle l)a o'li5é, « de forger les deu" termes nationalitaire et nationalitaris e, indispensa!le pour éta!lir cette conne"ion avec le principe des nationalités que les mots de nationalis e et de nationaliste n’e"priment plus en français depuis @BC* &. 9e !uel sens, de !uelle "uissance de raison et de senti ent =arrès avait%il donc char5é le nationalis e "our le détourner $ ce "oint de son acce"tion "ri itive D

1

Le 0oleil, ;

ars 19AA. 1;

I.
6ien ne se 'lait devoir dési5ner Maurice =arrès "our :tre un 4our le fondateur de l)école nationaliste. -l avait dé'uté très t/t dans la littérature et "ar trois ouvra5es dont le titre 5énéral, Le culte du moi L1+67%1+91M fit croire $ la criti!ue de l)é"o!ue !u)il ne son5eait !u)$ adorer son « oi » et $ le "arer de sensations nouvelles. 2n l)accusait d):tre "arfaite ent a oral, de ne voir dans l). e hu aine !u)un « mécanisme savant » dont, avec un 5rand art de st,liste, il s)a""li!uait $ dé onter les roua5es "ar si "le curiosité. « ;ui, ré"ondra%t%il !uinFe ans "lus tard, l’So e li're racontait une rec$erc$e sans donner de résultat », ais la conclusion était seule ent « sus"endue ». 1es 9éracinés la fournissent. &vec ce livre au titre étran5e et !ui résu e dé4$ toute la doctrine du futur aJtre du nationalis e fran0ais, Maurice =arrès ne fait !ue réfléchir sur son e("érience "ersonnelle et en tirer la conclusion 4us!u)ici sus"endue > « la tradition retrouvée par l’anal%se du moi ». 9ans la "réface de l)édition de 19A@ d) Dn Lomme li!re, il résu e ainsi sa "ensée >
« ,e ne touc$e pas 5 l’énigme du commencement des c$oses, ni 5 la douloureuse énigme de la fin de toutes c$oses. ,e me cramponne 5 ma courte solidité. ,e me place dans une collectivité un peu plus longue que mon individu ; .e m’invente une destination un peu plus raisonna!le que ma c$étive carrière. [ force d’$umiliations, ma pensée d’a!ord si fière d’#tre li!re, arrive 5 constater sa dépendance de cette terre et de ces morts qui, !ien avant que .e naquisse, l’ont commandée .usque dans ses nuances. &*

< << Uus!u)ici, il s)est 5risé d)a'stractions. 1a "hiloso"hie !ue =urdeau lui a a""rise au l,cée de Oanc, lui a ensei5né un ho e a'strait selon la 6aison et les 9roits de l)So e, et !uel!ues années "lus tard, réfléchissant sur ce !ui lui est arrivé, Maurice =arrès s)a"er0oit !u)il n)est "as cet ho e%l$, !ue l)ho e a'strait n)e(iste "as. -l est un 1orrain, éla'orant sur son "ro"re sol les idées "ro"res $ sa 1orraine. &lors il décide d)écrire l)histoire de la classe de "hiloso"hie de =urdeau $ Oanc,. Se"t 4eunes 5ar0ons !ui ont re0u l)ensei5ne ent Vantien de =urdeau, !ue =arrès as!ue sous le no de =outeillier, arrivent $ ?aris, face $ l)e(istence, $ la vie réelle. Quelles vont :tre leurs réactionsD Co ent =outeillier, lui% : e, leur aJtre, !ui aintenant est lancé dans la "oliti!ue "arisienne, se co "ortera%t%il D 3el est le su4et des trois volu es !ui constituent le 9oman de l’(nergie 3ationale > Les Déracinés, L’Appel au soldat, et Leurs +igures !ui "araissent entre 1+97 et 19A1.
; =arrès Maurice, Dn $omme li!re, ". XE-. 13

6o ans $ thèse, !ue tendent%ils $ "rouver D 9)a'ord une idée !ue ?aul =our5et avait dévelo""ée dans Le Disciple, $ savoir !ue « la pensée des ma6tres porte la responsa!ilité des actions des disciples ». R une é"o!ue o7 la littérature co ence $ s)e("ri er sans frein, =arrès, co e =our5et, déclare !ue c)est une action d)une 5ravité e(tr: e !ue de déclasser les es"rits, de les détourner de leur ilieu naturel, !u)on ne "eut sans dan5er "our l)individu et la société « 'rGler l)éta"e » et !ue tout individu arraché $ sa tradition, déraciné, ne "ourra "as réaliser sa vocation, ce $ !uoi, dans son ordre et dans son te "s, il était a""elé. 1e nationalis e 'arrésien "ostule un certain déter inis e.
« Dn nationaliste, c’est un +rançais qui a pris conscience de sa formation. 3ationalisme est acceptation d’un déterminisme. &?

-l faut entendre ici formation dans son sens 5éolo5i!ue, for ation d)un terrain "ar a""orts successifs. Ootre es"rit n)est%il "as, en effet, co "ara'le $ un terrain d)une !ualité déter inée "ar sa for ation D 9e : e !u)on constate !ue tel terrain est 'on "our la culture de la vi5ne ou du 'lé ou des oran5ers, =arrès de ande $ ses conte "orains > « 1onstateG que vous #tes faits pour sentir en lorrains, en alsaciens, en !retons, en !elges, en .uifs »@. -l "ousse très loin l)acce"tation de ce déter inis e. ?our lui, « nous ne sommes pas les ma6tres des pensées qui naissent en nous ». -l nie !u)elles viennent de notre intelli5ence > « 3ous repassons tous dans les pas de nos prédécesseurs. Fl n’% a pas d’idées personnelles ». Oous so es, dans notre 5rou"e ethni!ue, « assiégés par les m#mes images ». &insi, la culture du oi a'outit, cheF =arrès, "ar une réaction !ui a l)a "leur de son e(cès en sens inverse, $ ce !u)il no e lui% : e « un e"cès d’$umiliation » dont il nous "ro et « une magnifique douceur » !ui nous a"aisera. &nato i!ue ent, ne so es nous "as la chair de la chair de nos anc:tres D S"irituelle ent, "our!uoi la loi de l)hérédité serait%elle différente D
« Fls pensent et ils parlent en nous. /oute la suite des descendants ne fait qu’un m#me #tre. 0ans doute, sous l’action de la vie am!iante, une plus grande comple"ité % pourra appara6tre, mais qui ne le dénaturera point. &

?our celui !ui s)a'andonne $ ces certitudes, « c’est tout un vertige o< l’individu s’a!6me pour se retrouver dans la famille, dans la race, dans la nation »C. -l n), a "as de oi vérita'le sans « le support de la collectivité ». < <<
3 @ C =arrès Maurice, 0cènes et doctrines du 3ationalisme, ". 1A. F!id., ". 1C. F!id., ". 1+. 1@

=arrès, !ui est avant tout un littérateur, se sert d)i a5es, souvent d)une 5rande 'eauté, "our rendre sensi'les ces "uissances de senti ent !u)il s)efforce de réveiller. Wn des cha"itres les "lus 'eau( et les "lus denses en "ensée des Déracinés est sans doute ce cha"itre E-- !u)il a intitulé > « l)ar're de M. 3aine ». ?our!uoi l)ar're de M. 3aine D 9)a'ord "arce !ue =arrès voulait rendre ho a5e au aJtre !ui eut une influence considéra'le sur sa anière d)envisa5er le nationalis e co e un déter inis e, ensuite "arce !u)une 'elle i a5e littéraire allait lui offrir le su4et de ce cha"itre. ?aul =our5et avait raconté !ue M. 3aine, sur la fin de sa vie, avait coutu e, cha!ue 4our, de visiter un ar're au s!uare des -nvalides et de l)ad irer. =arrès conduit son héros 6I ers"acher au"rès de M. 3aine dans le s!uare et, en face de cet ar're, un "latane, il fait dire $ l)auteur des ;rigines de la +rance contemporaine ces "aroles re ar!ua'les !ui contiennent toute la su'stance du nationalis e 'arrésien >
« 9egardeG'le !ien= 1ette masse puissante de verdure o!éit 5 une raison secrète, 5 la plus su!lime p$ilosop$ie qui est l’acceptation des nécessités de la vie. 0ans se renier, sans s’a!andonner, il a tiré des conditions fournies par la réalité le meilleur parti, le plus utile. Depuis les plus grandes !ranc$es .usqu’au" plus petites radicelles, tout entier, il a opéré le m#me mouvement= Jt maintenant cet ar!re qui, c$aque .our, avec confiance, accroissait le trésor de ses énergies, il va dispara6tre parce qu’il a atteint sa perfection. L’activité de la nature sans cesser de soutenir l’espèce, ne veut pas en faire davantage pour cet individu. -on !eau platane aura vécu. 0a destinée est ainsi !ornée par les m#mes lois qui, a%ant assuré sa naissance, amèneront sa mort. &

#t, sur 6I ers"acher, ces ots du vieillard font l)effet d)un « alcool » nous dit =arrès, sa "ensée en est « trou!lée ».
« Fmmédiatement ce qu’il entrevoit, c’est la position $um!le et dépendante de l’individu dans le temps et dans l’espace, dans la collectivité et dans la suite des #tres. 1$acun s’efforce de .ouer son petit rMle et s’agite comme frissonne c$aque feuille du platane ; mais il serait agréa!le et no!le, d’une no!lesse et d’un agrément divins, que les feuilles comprissent leur dépendance du platane et comment sa destinée favorise et limite, produit et englo!e leurs destinées particulières. 0i les $ommes connaissaient la force qui sommeillait dans le premier germe et qui successivement les fait appara6tre identiques 5 leurs prédécesseurs et 5 ceu" qui viendront, s’ils pouvaient commenter entre eu" les lois du vent qui les arrac$era de la !ouc$e nourricière pour les disperser, quelle conversation d’amour vaudrait l’éc$ange et ta contemplation de ces vérités K &\

=arrès est très sensi'le $ la vie de la for:t. Ce c,cle ra"ide !ui, d)une saison $ l)autre, ontre la naissance la croissance l)é"anouisse ent et la ort au ilieu de la for:t, ne résu e%t%il "as asseF 'ien notre vie au ilieu de la co unauté, de la 6ace D
6 =arrès Maurice, Les Déracinés, ". ;16. 1C

II.
=arrès s)est vite a"er0u !u)« on ne soulève pas les masses pour une action dura!le sans des principes »7, !u)il n), a « aucune possi!ilité de restauration de la c$ose pu!lique sans une doctrine »+. 1e nationalisme est la nouvelle doctrine !u)il "ro"ose. #ssentielle ent, le nationalis e est une défense de l)or5anis e national. Co e on lutte contre l)érosion du sol en "lantant des for:ts !ui cou"ent le vent dévastateur, le nationalis e est une 'arrière idéolo5i!ue destinée $ "roté5er le tuf national. &ction nécessaire, "arce !ue « la plante $umaine ne pousse, vigoureuse et féconde, qu’autant qu’elle demeure soumise au" conditions qui formèrent et maintinrent son espèce durant des siècles »9. Mais la doctrine seule ne suffit "as, : e si elle a con!uis une 5rande asse, et nous allons voir "oindre le 'esoin de réalisation !ui conduira $ la naissance de L’Action française. C)est dans L’Appel au soldat !ue =arrès écrit >
« Les destinées d’un pa%s sortent d’un concert du c$ef et des principau", non d’une co$ue sans discipline, fut'elle la plus émouvante. &@W

< << 1a *rance venait de vivre l)aventure du 5énéral =oulan5er, derrière le!uel s)étaient 5rou"és antisé ites, onarchistes, 'ona"artistes, tout le "etit "eu"le "atriote !ui a""laudit l)ar ée et et le dra"eau tricolore au( fen:tres le 1@ 4uillet. Mais la doctrine était un "eu courte > faire la 'onne 6é"u'li!ue derrière un chef fran0ais.
« +onder le parti de la +rance, un parti qui renoncerait 5 la c$icane oratoire pour ne s’occuper que des intér#ts générau", un parti qui n’aurait pour souci que le travail dans la pai", avec l’Lonneur national pour drapeau. &@@

1)affaire échoua et le 5énéral =oulan5er finit "ar se suicider sur la to 'e de sa aJtresse, $ =ru(elles, o7 la ---e 6é"u'li!ue l)avait e(ilé. =arrès, dans une "a5e fa euse, a raconté les o'sè!ues de =oulan5er au(!uelles se "ressaient les derniers fidèles venus de ?aris. #lle se ter ine ainsi >
« La popularité, une dernière fois entra6ne celui qui fut trente'trois ans un fonctionnaire, trois ans un agitateur, puis une année un mélancolique. &@*
7 + 9 1A 11 1; =arrès Maurice, L’Appel au soldat, t. --, ". ;C7. Le ,ournal, 3A octo're 1+99. =arrès Maurice, Leurs +igures, ". ;36. =arrès Maurice, L’Appel au soldat, t. --, ". 31;. =arrès Maurice, L’Appel au soldat, t. -, ". 1;3. F!id., t. --, ". 31@. 16

9e l)échec du 'oulan5is e, =arrès tire donc sa "re ière 5rande conclusion > Oécessité d)une doctrine. < << ?our =arrès, le nationalis e n)est "as "lus discuta'le !u)un "ostulat. 2n n)a "as $ décider si le nationalis e est vrai ou fau(, il est évide ent vrai "arce !u)il re"ose sur la vie, sur les conditions : es de la vie >
« 2ous préférerieG que les faits de l’$érédité n’e"istassent pas, que le sang des $ommes et le sol du pa%s n’agissent point, que les espèces s’accordassent et que les frontières disparussent. ue valent vos préférences contre les nécessités K &@?

Sur ce caractère nécessaire du nationalis e, il revient souvent > nous so es des « produits nécessités » de notre "eu"le et nos « !iGarreries personnelles » ne nous donnent aucun droit de odifier l)hérita5e national car « le pro!lème n’est point pour l’individu et pour la nation de se créer tels qu’ils voudraient #tre ]o$ O l’impossi!le !esogne O^ mais de se conserver tels que les siècles les prédestinèrent ». Oécessité, "rédestination, déter inis e, =arrès se sert de ces a'solus "our écha""er $ toute discussion. Oon !u)il la crai5ne, ais lui !ui a étudié tant de "hiloso"hies, de doctrines et !ui en a vu le néant, il lui faut, "our lui% : e, "our a"aiser son in!uiétude, une doctrine !ui l)o'li5e "ar le caractère nécessaire !u)elle affectera. -l est "r:t, on l)a vu, $ "a,er d)un « e"cès d’$umiliation » l)a"aise ent !ue lui "rocure « la magnifique douceur » de la sou ission $ la "rédestination. < << 1e "ro'lè e !ui s)était "osé au( 5énérations "récédentes avait été celui du « passage de l’a!solu au relatif », il s)a5issait, au te "s de =arrès, d)o"érer un "assa5e autre ent dan5ereu( > « passer des certitudes 5 la négation, sans % perdre toute valeur morale ». #t voil$ !u)au( 4eunes 5ens de la classe de "hiloso"hie de Oanc,, =outeillier, "orte%"arole de l)ensei5ne ent officiel, « communiquait le plus aigu sentiment du néant, d’o< l’on ne peut se dégager au cours de la vie qu’en s’interdisant d’% songer et par la multitude de petits soucis d’une action. Dans l’)ge o< il serait !on d’adopter les raisons d’agir les plus simples et les plus nettes, il leur proposait toutes les antinomies, toutes les insurmonta!les difficultés reconnues par une longue suite d’esprits infiniment su!tils, qui, voulant atteindre une certitude, ne découvrirent partout que le cercle de leurs épaisses ténè!res »1@.
13 =arrès Maurice, 0cènes et doctrines du 3ationalisme, ". @@6. 1@ =arrès Maurice, Les Déracinés, t. -, ". 1C. 17

Oous n)avons "as 'esoin de aJtres "our douter, ré"ond =arrès a"rès =onald. &u ilieu de cette intelligentGia !ui se "erd dans le "il"oul, le ratiocina5e "hiloso"hi!ue, il faut un "oint fi(e, une doctrine en !uel!ue sorte cha elle, atérielle. 1a voil$ > la 3erre et les Morts. -l était nécessaire, sans doute, d)affir er avec cette 'rutalité l)e(istence du réel devant la confusion des idéolo5ies !ui énervaient la *rance fin de siècle de 1+99. Mais si, "ersonnelle ent, =arrès a trouvé l)a"aise ent dans sa sou ission au déter inis e nationaliste, les *ran0ais restent fort divisés.
« 3otre mal profond, c’est d’#tre divisés, trou!lés par mille volontés particulières, par mille imaginations individuelles. 3ous sommes émiettés, nous n’avons pas une connaissance commune de notre !ut, de nos ressources, de notre centre. Leureuses ces nations o< tous les mouvements sont liés, o< les efforts s’accordent comme si un plan avait été com!iné par un cerveau supérieur O Fl % a !ien des manières pour un pa%s de posséder cette unité morale. Le lo%alisme peut grouper une nation autour de son souverain. [ défaut d’une d%nastie, des institutions traditionnelles peuvent fournir un centre ]mais notre +rance il % a un siècle, a !rusquement maudit et anéanti sa d%nastie et ses institutions^. 1ertaines races enfin, arrivent 5 prendre conscience d’elles'm#mes organiquement. 1’est le cas des collectivités anglo'sa"onnes et teutoniques qui sont, de plus en plus, en voie de se créer comme races ]$élas O il n’% a point de race française, mais un peuple français, une nation française, c’est'5'dire une collectivité de formation politique^. ;ui, mal$eureusement, au regard des collectivités rivales et nécessairement ennemies dans la lutte pour la vie, la nMtre n’est point arrivée 5 se définir 5 elle'm#me. 3ous l’avouons implicitement par ce fait que, suivant les !esoins du moment, pour nos pu!licistes, nos écrivains, nos artistes, nous sommes tantMt Latins, tantMt Naulois, tantMt 7le soldat de l’(glise8, puis la Nrande 3ation, 7l’émancipatrice des peuples8. [ défaut d’une unité morale, d’une définition commune de la +rance, nous avons des mots contradictoires, des drapeau" divers sous lesquels des $ommes avides d’influence peuvent assem!ler leur clientèle. 1es divers groupes conçoivent c$acun 5 sa manière la loi interne du développement de ce pa%s. Le nationalisme, c’est de résoudre c$aque question par rapport 5 la +rance. -ais comment faire si nous n’avons pas de la +rance une définition et une idée commune K H=I uel mo%en pour dégager cette conscience qui manque au pa%s K 9épudions d’a!ord les s%stèmes p$ilosop$iques et les partis qu’ils engendrent. 9attac$ons tous nos efforts non 5 une vue de notre esprit, mais 5 une réalité. H=I Les gens 5 s%stème sont puérils et malsains ; ils s’o!stinent 5 maudire ce qui ne pla6t pas 5 leur imagination. 3ulle conception de la +rance ne peut prévaloir dans nos décisions, contre la +rance de c$air et d’os. 4our nous faire accepter cette vue raisonna!le, réaliste de la 4atrie, il faut développer des façons de sentir qui e"istent naturellement dans le pa%s. ;n ne fait pas l’union sur des idées, tant qu’elles demeurent des raisonnements, il faut qu’elles soient dou!lées de leur force sentimentale. [ la racine de tout, il % a un état de sensi!ilité. ;n s’efforcerait vainement d’éta!lir la vérité par la raison seule, puisque l’intelligence peut tou.ours trouver un nouveau motif de remettre les c$oses en question. &@E
1C =arrès Maurice, 0cènes et doctrines du 3ationalisme, ". +A%+C. 1+

< << Cette "a5e est ca"itale dans l)Iuvre de =arrès et si elle "arle de la *rance, le raisonne ent "eut s)a""li!uer $ d)autres. -l a vu !ue le sens de la race une fois "erdu "ouvait se retrouver, ais !ue c)était une Iuvre lon5ue et difficile dans un "a,s "rofondé ent divisé idéolo5i!ue ent. C)est "our!uoi il insiste sur les forces de senti ent, sur ce !ue l)on "eut encore o'iliser d)affectivité > « L’intelligence, quelle très petite c$ose 5 la surface de nous'm#mes O 4rofondément nous sommes des #tres affectifs »16. &insi le sens national "eut se "erdre. =arrès en avait eu l)intuition dans Dn Lomme li!re, lors!ue "arlant de la "lace Stanislas de Oanc,, il reconnaissait ne "lus sentir dans l)ordinaire de ses actions la éthode et les vieu( caractères lorrains > « &h B nos aXeu(, leurs vertus et tout ce "ossi'le !u)ils "ortaient en eu( sont 'ien orts. Choses de usées aintenant et o'scures "erce"tions d)anal,stes »17. -l ne s)a5it "as de la ?atrie fran0aise, ais de sa "etite "atrie lorraine, celle des 9ucs. #t il écrit ces ots > « o< la mort est entrée, il ne reste qu’5 dresser l’inventaire ». -l voudrait ne "as avoir $ dire cela de la *rance. -l sait 'ien !ue si le nationalis e constitue la condition nécessaire "our aintenir la conscience d)un "eu"le en éveil sur sa "ro"re réalité, il est difficile de faire revivre ce !ui est ort. ?ourtant, "eut%on réa""rendre sa race D 2ui, sans doute, "uis!ue l)hérédité, i "ertur'a'le ent, la charrie en nous. < << 2n avait dé4$ noté cheF 8douard 9ru ont !ue la révolte de l)instinct national contre les consé!uences de la dé ocratie li'érale%ca"italiste se récla ait volontiers d)un socialis e non ar(iste !ui visait $ inté5rer "rofondé ent le onde du travail $ la co unauté nationale, inca"a'le de concevoir et d)ad ettre la notion de lutte des classes. Oous retrouvons cheF =arrès la : e "réoccu"ation > « ,e ne crains .amais d’insister sur l’union de l’idée socialiste et de l’idée nationaliste »1+ et il de ande !u)on éta'lisse forte ent « la puissance convergente de ces deu" principes ». 1ors!u)il se "résentera $ la dé"utation, $ Oanc,, en 19AA, il se "rocla era candidat ré"u'licain socialiste nationaliste19.
« 3ationalisme engendre nécessairement socialisme. 3ous définissons le socialisme > l’amélioration matérielle et morale de la classe la plus nom!reuse et la plus pauvre. &
16 17 1+ 19 =arrès Maurice, L’Appel au soldat, t. -, ". E-. F!id., ". ;;6. =arrès Maurice, 0cènes et doctrines du 3ationalisme, ". 3;7. F!id., ". @3;. 19

-l n), a évide ent rien de ar(iste dans cette définition du socialis e 'arrésien. -l s)a5it seule ent de souli5ner !ue la défense de la nation ne "eut :tre réalisée sans la défense de la classe la "lus no 'reuse et la "lus "auvre !ui constitue "récisé ent la 'ase : e de la nation. &utre ent dit, le nationalis e doit nécessaire ent :tre social. Co ent =arrès con0oit%il la réalisation de cet as"ect social du nationalis e D ?ar la restauration des cor"orations. Cela est intéressant $ noter > dès sa naissance, le nationalis e lie sa conce"tion sociale $ celle du cor"oratis e.
« Fl faut aider 5 se former tous les organismes naturels, favoriser toutes les affinités. 4ar l’e"tension des personnalités civiles, la transformation propriétaire peut s’effectuer lentement et pacifiquement. La propriété des collectivités deviendra de plus en plus l’instrument de travail et résoudra ce que les collectivistes appellent la Tsocialisation des o,ens de "roductionY . Le travailleur ne sera plus un salarié ; il ne sera pas non plus un fonctionnaire et il deviendra un peu associé. Les groupes de production et de propriété collective pourront varier autant que les !esoins du travail l’e"igeront. La commune deviendrait surtout l’instrument de la propriété et du travail agricole ; le s%ndicat ou le groupe corporatif l’instrument de la propriété et du travail industriel. &*W

1e nationalis e, tel !ue le définit =arrès, ne "eut donc :tre ta(é, selon la ter inolo5ie en vi5ueur, ni de 5auche, ni de droite. -l "artici"e des deu( dans la esure ou l)on veut ad ettre une 5auche sensi'le au social surtout et une droite !u)on considérerait "rinci"ale ent occu"ée d)un intér:t national, dont on ne voit "as "our!uoi d)ailleurs il n)en5lo'erait "as le souci du social. Ce n)est "as "ar hasard !ue le nationalis e "rendra co e s, 'ole la francis!ue, la hache $ deu( tranchants !u)on avait dé4$ vue sur les affiches antisé ites d)8douard 9ru ont et dont le aréchal ?étain fera l)insi5ne officiel de l)8tat *ran0ais > « 3ous avons lancé la francisque 5 deu" tranc$ants », écrit =arrès;1. < << Maurice =arrès ne se 'le "as avoir été sensi'le $ la for e de l)8tat. -l restera, "our sa "art, ré"u'licain et dé ocrate. -l a co "té sur le réveil des "uissances de senti ent > la 3erre et les Morts, "our donner $ la 6é"u'li!ue une a4orité nationaliste. -l a échoué, et Charles Maurras, !ui a été le té oin de cet échec Z !ui l)avait annoncé Z viendra avec son « politique d’a!ord », affir er !u)il faut d)a'ord chan5er les institutions avant de son5er $ chan5er les Iurs, "arce !ue les institutions ont "lus de "art dans la for ation des Iurs !ue celles%ci dans la for ation des institutions.

;A F!id, ". @C7. ;1 =arrès Maurice, 0cènes et doctrines du 3ationalisme, ". 3. ;A

III. Paul Bourget ou le traditionalisme par le positivisme
1)intelli5ence !ui, s)é5arant, a fait la révolution au di(% huitiè e siècle, la défera au vin5tiè e. ?aul =our5et, 4ages de critique et de doctrine. Wn alade ne recule "as !uand de !uarante de5rés de te "érature il "asse $ trente%si(. F!id. &rchi ède n)a défendu sa ville !u)en co calculer 4uste. en0ant "ar F!id.

?aul =our5et était de di( ans l)aJné de Maurice =arrès. -l avait re0u une for ation scientifi!ue, a,ant suivi, $ l)S/tel%9ieu, le service du fa eu( chirur5ien Maison neuve et s)était é5ale ent intéressé $ la "hilolo5ie. -l n)est d)a'ord !u)un ro ancier ondain, anal,ste scru"uleu( des conflits senti entau( de la 'onne société de son te "s H doué d)un st,le vi5oureu(, d)une 5rande "uissance d)anal,se, il atteint tout de suite le succès. Mais l)année : e L1++9M o7 Maurice =arrès "u'lie Dn $omme li!re et « sus"end » sa conclusion, =our5et, lui, a conclu. -l "u'lie Le Disciple. C)est une date ca"itale dans l)Iuvre de =our5et. -l , conda ne le scientis e, le atérialis e et le naturalis e. C)est une des "hases les "lus i "ortantes de sa conversion au catholicis e et au traditionalis e. Wne autre sera ar!uée "ar L’(tape o7 il défendra la thèse de la lente accession des fa illes dans l)échelle sociale. Wne fa ille ne 5randit !ue 5r.ce $ la durée. 2n ne "eut « !r:ler l’étape », fGt%ce "ar érite "ersonnel, car celui%ci « n’est fécond et !ienfaisant que lorsqu’il devient le mérite familial ». #n so e, dans les vin5t dernières années du X-X e siècle, 9ru ont, =our5et, =arrès, chacun avec son te "éra ent, vont s)efforcer de redécouvrir les lois rationnelles de la vie en société, 'ouleversées "ar les idées de 17+9. Chacun a""ortera ses réfle(ions, ses criti!ues et de cet ense 'le de révision des valeurs sortira l)école nationaliste%traditionaliste fran0aise. < << 1)a""ort "ro"re de =our5et, c)est le dévelo""e ent de la éthode !u)il a re0ue de 3aine > l)utilisation du écanis e austère de la recherche scientifi!ue dans le do aine de la "ensée "oliti!ue. ?our lui, la "oliti!ue n)est "as
;1

autre chose !ue > « la rec$erc$e des lois naturelles de la 1ité par voie d’o!servation »1. -l "ense !ue >
« si nous constatons que toutes les périodes de prospérité pour les peuples ont impliqué certaines conditions et toutes les périodes de décadence certaines autres, nous serons scientifiques en concluant que, très pro!a!lement, la pratique des unes améliorera un pa%s, que la pratique des autres détériorera davantage. »;

9onc, il e(iste des lois de la vie hu aine, des lois naturelles de la Cité !ue ni l)ho e, ni la Cité ne "euvent trans5resser sans do a5e. Co ent les retrouver lors!u)on les a "erdues D #n se re"ortant $ la coutu e !u)il a""elle « l’e"périence inconsciente des siècles » et !ui les avait dé5a5ées « lentement et s:rement ». Si l)on veut éta'lir les rè5les de la santé collective !ui ont "er is au( sociétés de durer, « ce n’est pas une construction idéologique qu’il faut entreprendre, ce sont des o!servations qu’il faut dégager. 1’est proprement l’application de la mét$ode scientifique 5 la vie morale et sociale »3. #t "uis!u)il faut un no $ cette éthode, =our5et "ro"ose > le traditionalis e "ar le "ositivis e. -l dira un 4our son r:ve de voir a""li!uée $ la sociolo5ie cette a(i e de =uffon !u)ai ait $ citer ?asteur > « 9assem!lons des faits pour avoir des idées ». ?our lui, « la position scientifique du pro!lème politique consiste 5 c$erc$er la constitution écrite des peuples dans leur constitution vécue, dans leur nature »_.
« Bien s:r, l’$omme qui pense, en tant qu’il pense, peut s’opposer 5 la nature, puisqu’il peut se former des c$oses une idée qui le mette en conflit avec elles. ;r, les c$oses o!éissent 5 des lois nécessaires, et toute erreur au su.et de ces lois devient un principe de souffrance pour celui qui la commet. »C

< << 9u « culte du moi », =arrès avait conclu au déter inis e de l)individu dans la société. Oous voici "lus loin aintenant, c)est la société tout entière, ensei5ne =our5et, !ui est tenue en dé"endance d)un déter inis e autre ent a'solu > les choses o'éissent $ des lois nécessaires. 1a révolte est inutile. -l n), a "as $ s)o'stiner $ "rotester contre le fait !ue le feu 'rGle. Mettre sa ain au feu, c)est s)e("oser nécessaire ent $ :tre 'rGlé. Que les sociétés ne cherchent "as leur salut dans des idéolo5ies !ui ne sont !ue des ira5es de l)es"rit, ais dans l)o'servation des lois nécessaires, découvertes "ar l)o'servation.
1 ; 3 @ C =our5et ?aul, (tudes et 4ortraits, t. ---, ". 17. F!id, t. ---, ". 17. =our5et ?aul, uelques témoignages, ". ;A1. =our5et ?aul, 4ages de critique et de doctrine, t. --, ".+. =our5et ?aul, Jssais de ps%c$ologie contemporaine, t.. -, ". 1C+. ;;

« L’Jnfer m#me a ses lois », dit [Ithe dans +aust et =our5et l)e("li!ue > cela veut dire !ue « les pires révoltes contre la nature sont emprisonnées dans la nature »\. #t il for ule cette a(i e !ui est celle de la ri5ueur scientifi!ue avec la!uelle il entend s)atta!uer au "ro'lè e de la conduite des sociétés > « Arc$imède n’a défendu sa ville qu’en commençant par calculer .uste »7. < << C)est !u)il s)a5it 'ien de défendre la Cité, et contre elle% : e, ce !ui est "lus 5rave, car « le mal d’anarc$ie » a non seule ent envahi les institutions, ais il a "énétré « .usqu’au plus profond des sensi!ilités ». -l n), a "lus « conformité entre les cUurs et les intelligences »B. -l s)a5it 'ien de la : e constatation !ue faisait =arrès de « l’émiettement » fran0ais, de l)a'sence d)une « définition commune de la +rance ». =our5et ne s)en étonne d)ailleurs "oint. « La régression des sociétés les plus com!lées, écrit%il, est tou.ours possi!le. La civilisation doit #tre considérée comme une ruine sans cesse réparée »9.
« 0i loin que nous remontons 5 travers les annales de l’$umanité, nous trouvons que son constant effort, dans sa lutte pour l’e"istence, a été de se constituer des organes de durée, gr)ce au"quels c$aque génération ne soit pas un éternel recommencement. »@W

=our5et "arlera, en 19A@, au dJner de « 1)&""el au soldat », or5anisé "ar l)&ction *ran0aise, des « organes nécessaires de continuité »11. Son es"rit scientifi!ue lui ontre les fa illes et les nations sou ises au( : es lois !ue les es"èces ani ales > « Leur effort le plus intime est de durer. 0i elles évoluent, c’est pour s’adapter, pour conserver les éléments essentiels de leur #tre en modifiant la mise en Uuvre de ces éléments d’après le milieu. La loi d’évolution enveloppe en elle une loi de constance » et le r/le du. traditionalis e consistera "récisé ent, nous dit =our5et, $ « saisir l’une et l’autre et l’une 5 travers l’autre &. 1)essentiel, c)est de ne chan5er !u)en s)a""u,ant « sur des forces qui, elles, ne c$angent pas »1;. -l s)a5it d)évoluer et non de révolutionner. Wne société !ui évolue, se dévelo""e et « ne recommence pas 5 c$aque génération nouvelle »13. 1es efforts des 5énérations ne sont 'énéfi!ues !ue s)ils s)additionnent, « que si les vivants se considèrent comme des usufruitiers entre leurs morts et leurs descendants »1@.
6 7 + 9 1A 11 1; 13 1@ F!id, t. -, ". 1A. =our5et ?aul, 4ages de critique et de doctrine, t. -, ". 13C. =our5et ?aul, L’étape. =our5et ?aul, uelques témoignages, ". ;6;. F!id, ". 173. =our5et ?aul, 4ages de critique et de doctrine, t. --, ". 133. F!id, t. --, ". ;17. F!id, t. F-, ". 1@;. =our5et ?aul, L’(migré. ;3

1a ?atrie n)a "as deu( histoires1C. 1a nation est constituée "ar « les morts, les vivants et ceu" 5 na6tre »16. 1es 5énérations successives sont « les étapes d’une m#me marc$e »17. 1a ?atrie, c)est la *rance « telle !ue l)ont faite nos "ères » ou ce n)est rien. « La loi, c’est la tradition telle qu’ils nous l’ont laissée 5 maintenir ou ce n’est rien »1+. &insi la ?atrie ne s)inscrit ni dans un o ent, ni dans un "éri ètre donné, c)est « un milieu générateur dont nous sommes une portion, puisque nous avons reçu le dépMt traditionnel de ses énergies et qu’il est aussi une portion de nous, la plus intime, la plus active »19. C)est "our!uoi nous devons :tre très "rudents « 5 re.eter parmi les puissances du passé les idées et les émotions dont nos pères ont vécu »;A, car « c$aque génération, comme c$aque institution, est un étage a.outé » $ l)édifice national et la construction sera d)autant "lus solide !u)elle aura "our su'struction « l’étage d’en dessous »;1. =our5et se éfie des 'rus!ues utations, des révolutions, des "ro otions soudaines. -l les a conda nées dans la vie fa iliale dans L’(tape, toute son Iuvre les conda ne dans la vie sociale. -l est "référa'le de suivre la coutu e, cette « e"périence instituée par la nature pour tout ce qui touc$e au" mUurs ». &ussi le "rocessus intellectuel !ue =our5et conseillera de suivre "our retrouver les lois de la Cité, ce sera l)étude scientifi!ue de l)Sistoire. 1a "oliti!ue, "our lui, c)est essentielle ent « la rec$erc$e des lois naturelles de la 1ité par voie d’o!servation ». #t il fait re ar!uer !u)« il n’% a science que dans la conformité de la pensée 5 l’o!.et, si e"acte, si stricte, que cette pensée devienne identique dans tout esprit, une fois mis en présence de cet o!.et, 5 travers et malgré les différences de capacité et de go:ts individuels »;;. < << Ce !ue =our5et a surtout ai é cheF =arrès c)est !ue l)auteur d) Dn $omme li!re avait su réconcilier « la dialectique et l’émotion, la sèc$e anal%se intellectuelle et la frénésie de l’appétit sentimental ». C)est : e l$, le "ro"re du nationalis e.
« Le nationalisme n’est pas un parti. 1’est comme -. Barrès l’a marqué lui'm#me dans le titre d’un de ses ouvrages, une doctrine. Jlle dérive de cette o!servation tout e"périmentale, 5 savoir que notre individu ne peut trouver son ampleur, sa force, son épanouissement que dans le groupe naturel dont il est issu.
1C 16 17 1+ 19 ;A ;1 ;; =our5et ?aul, Au service de l’;rdre, ". 3+. =our5et ?aul, 4ages de critique et de doctrine, t. --, ". C+. F!id, t. --, ". 1@A. =our5et ?aul, L’(migré, ". 1@+. =our5et ?aul, 4ages de critique et de doctrine, t. -, ". 1@6. ?réface au 2o%age du 1enturion de ?sichari, ". X. =our5et ?aul, Au service de l’;rdre, ". ;;6. =our5et ?aul, (tudes et 4ortraits, t. ---, ". 7. ;@

Le .eune $omme regarde autour de lui. Fl étudie l’$istoire et il constate que l’individu est d’autant plus ric$e en émotions, d’autant plus a!ondant en forces sentimentales, qu’il est moins individualiste, plus complètement, plus intimement !aigné, no%é dans l’)me collective dont il est une des pensées, dans l’action générale dont il est un des moments > -ais qu’est cette )me collective K 1’est l’Uuvre de la /erre natale et des morts. 1e sont les façons de sentir que celle'ci a éla!orées c$eG ceu"'l5. u’est cette action générale K La !esogne accomplie par notre race. L’organe local de cette race est la nation, plus profondément la région, et plus profondément encore la famille. ;u plutMt nation, région, famille ne font qu’un. 1e qui enric$it ou appauvrit l’un, appauvrit ou enric$it l’autre. uand la nation souffre, la ville souffre, et les familles de la ville et les individus qui composent ces familles. La culture du moi, par laquelle avait commencé le sensitif passionné de l’So e li're, a!outit donc 5 un acte de foi envers les antiques disciplines qui su!ordonnaient le développement de la personne au développement de la 1ité. »;3

< << #t voici le cercle fer é. 2n est "arti de l)é5oXs e du oi, de l)individualis e forcené en5endré "ar les "rinci"es de 17+9, "uis, a"rès !uel!ues tours sur lui% : e, l)« ho e li're », é"ouvanté de sa solitude, reco ence $ re5arder vers la Cité, $ souhaiter le 5rand e 'rase ent collectif de la ?atrie et de la 6ace et s)a"er0oit alors !ue c)est son "ro"re :tre "ersonnel !ui s)enrichit de tout ce !ue lui a""orte l)histoire de son "eu"le, celle des orts et celle !ue les vivants sont en train d)écrire avec lui. -l n), a "lus de contradiction désor ais entre l)individu et le collectif. 2n sent un i ense soula5e ent courir $ travers les "a5es de =arrès co e$ travers celles de =our5et. #lles n)ont "lus l).cre saveur du visionnaire 9ru ont, o'sédé, "ar « la fin d’un monde », dé4$ on , sent "asser un frisson d)enthousias e "our la construction de la Cité nouvelle nationaliste. Eienne Maurras et elle s)élèvera co e une construction "arfaite '.tie "ar un "oète !ui ferait des théorè es.

;3 =our5et ?aul, 4ages de critique et de doctrine, t. -, ". 1@+. ;C

IV. Charles Maurras ou le nationalisme intégral
-l ne suffit 4a ais de tirer le canon contre les idées. 1es idées fausses doivent :tre co 'attues "ar les vraies. Charles Maurras, Au signe de +lore. -l faut d)a'ord avoir raison. Wne idée fausse est une idée fausse. Charles Maurras, -es idées politiques. 1a sincérité n)est "as la vérité. F!id.

I.
2n se "réoccu"e 5énérale ent des défauts de sa "ro"re 5énération et l)on ou'lie !ue les 5énérations "assées eurent, elles aussi, leurs crises, !u)elles ne les ont "as vaincues sans difficulté et !u)elles ont "u croire tout "erdu $ certains o ents. 1a 5énération $ la!uelle a""artenait Charles Maurras connu une de ces crises !ui avoisinait fort le nihilis e.
« Fl s’agissait pour nous de dire non 5 tout. Fl s’agissait de contester, toutes les évidences et d’opposer 5 celles qui s’imposaient ]% compris les mat$ématiques^ les ré!ellions de la fantaisie, au !esoin, de la paresse et de l’ignorance. Le mot de scepticisme n’est pas suffisant pour qualifier ce mélange d’incuriosité frondeuse avec le délire de l’e"amen. Dn 5 quoi !on K réglait le compte universel des personnes, des c$oses et des idées. 1’était le néant m#me, senti et vécu. &@

1es di( dernières années du X-Xe siècle furent e(cessive ent i "ortantes dans la 'ataille des idées. 9e La Li!re 4arole de 9ru ont $ L’Action française de Maurras, il ne s)écoule "as di( ans et, entre les deu( il , eut "lace "our la 'rillante, ais é"hé ère, 1ocarde de =arrès. < << L’Action française eut une ori5ine odeste. 1e ;A 4uin 1+99, Senri Eau5eois donnait $ ?aris une conférence nationaliste sous le titre > « 1)&ction fran0aise ».
1 Massis Senri, ,ugements, t. -, ". 173. ;6

1e co "te rendu for a le "re ier nu éro d)une revue 'i ensuelle de "etit for at et de couverture 5rise !ui "rit le : e no ;. 1e 1C nove 're de la : e année, L’Action française "u'liait un anifeste en !uatre "oints dont Maurras devait dire "ar la suite >
« 1e furent l5 certainement les quatre idées'mères et principes générateurs de l’Action française. &? « @^ L’$omme individuel n’a pas d’intér#t plus pressant que de vivre en société > tout péril social enferme de graves périls pour l’individu. *^ De toutes les formes sociales usitées dans le genre $umain, la seule complète, la plus solide et la plus étendue, est évidemment la nationalité. Depuis que se trouve dissoute l’ancienne association connue au -o%en Rge sous le nom de 1$rétienté, et qui continuait, 5 quelques égards, l’unité du monde romain, la nationalité reste la condition rigoureuse, a!solue, de toute $umanité. Les relations internationales, qu’elles soient politiques, morales ou scientifiques, dépendent du maintien des nationalités. 0i les nations étaient supprimées, les plus $autes et les plus précieuses communications économiques ou spirituelles de l’univers seraient également compromises et menacées > nous aurions 5 craindre un recul de la civilisation. Le nationalisme n’est donc pas seulement un fait de sentiment > c’est une o!ligation rationnelle et mat$ématique. ?^ Jntre +rançais, cito%ens d’un (tat évidemment tra$i par la faction qui le gouverne et menacé des rivalités redouta!les, toutes questions pendantes, tous les pro!lèmes diviseurs doivent #tre donnés et résolus par rapport 5 la nation. Les groupements naturels des +rançais doivent se faire autour du commun élément national. 4ar'dessus leurs diversités politiques, religieuses et économiques ils doivent se classer suivant le plus ou moins d’intensité et de profondeur de leur foi française. _^ Le devoir des +rançais conscients de ces vérités est au.ourd’$ui de les formuler aussi pu!liquement et aussi souvent que possi!le afin d’% ramener leurs compatriotes aveugles ou négligents. &

< << Ootons d)a'ord l)es"èce de re5ret nostal5i!ue anifesté "ar ces nationalistes, !ui vont faire du nationalis e une « o'li5ation rationnelle et athé ati!ue », "our l)unité de l)# "ire ro ain et de la « Chrétienté ». Maurras , reviendra dans Au signe de +lore dans une "a5e o7 il co ente 4uste ent les !uatre "oints fonda entau( de L’Action française de 1+99 > cette nécessité ri5oureuse du nationalis e nous ne l)avions "as considérée « comme le c$ef'd’Uuvre des temps », dira%t%il.
; 3 6ou( Marie de, 1$arles -aurras et le nationalisme d’Action française, ". 79. Maurras Charles, Au 0igne de +lore, ". ;C6. ;7

« Le fractionnement de l’Jurope et de l’univers en nationalités souveraines était e"plicitement .ugé inférieur 5 la pai" romaine et 5 la 9épu!lique c$rétienne du -o%en Rge ; mais ni ceci, ni cela ne su!sistant, les nations composent le dernier des cercles sur lesquels puissent tenir des relations $umaines dura!les, consistantes. &_

Ce cou" de cha"eau tiré $ ce !ui n)est "lus et ne reviendra "as, Maurras va entre"rendre de raisonner « su'4ective ent » $ la *rance. ?assionné de littérature 5rec!ue, il invo!uera Sécatée, l)anal,ste 5rec !ui co en0ait ainsi un de ses livres >
« -oi, Lécatée le -ilésien, .e dis ces c$oses et .’écris comme elles me paraissent, car, 5 mon avis, les propos des Lellènes sont nom!reu" et ridicules. &

Sécatée sera le

odèle de Maurras.

« Avoir raison et c$anger les propos 7nom!reu" et ridicules8 de ses concito%ens, Lellènes ou +rançais, en un petit nom!re de propositions co$érentes et raisonna!les, c’est, quand on % réussit seulement sur un point, le c$ef'd’Uuvre de l’énergie. &E

#t, $ la fin de sa vie, de sa "rison de Clairvau(, le vieu( encore la : e idée >

aJtre évo!uera

« 3ous !)tissons l’arc$e nouvelle, cat$olique, classique, $iérarc$ique, $umaine, o< les idées ne seront plus des mots en l’air, ni les institutions des leurres inconsistants, ni les lois des !rigandages, les administrations des pilleries et des ga!egies V o< revivra ce qui mérite de revivre, en !as les répu!liques, en $aut la ro%auté, et, par'del5 tous les espaces, la papauté. -#me si cet optimisme était en défaut et si, comme .e ne crois pas tout 5 fait a!surde de le redouter, la démocratie étant devenue irrésisti!le, c’est le mal, c’est la mort qui devaient l’emporter, et qu’elle ait eu pour fonction $istorique de fermer l’$istoire et de finir le monde, m#me en ce cas apocal%ptique, il faut que cette arc$e franco'cat$olique soit construite et mise 5 l’eau face au triomp$e du 4ire et des pires. Jlle attestera, dans la corruption universelle, une primauté invinci!le de l’;rdre et du Bien. 1e qu’il % a de !on et de !eau dans l’$omme ne se sera pas laissé faire. 1ette )me du !ien l’aura emporté, tout de m#me, 5 sa manière, et, périssant dans la perte générale, elle aura fait son salut moral et peut'#tre l’autre. ,e dis peut'#tre, parce que .e ne fais pas de métap$%sique et m’arr#te au !ord du m%t$e tentateur, mais non sans foi dans la vraie colom!e comme au vrai !rin d’olivier en avant de tous les déluges. &\

#ntre ces deu( te(tes, il , a un de i%siècle de lutte, toute une doctrine éla'orée au cours de cette lutte, des illiers de "a5es de l)Sécatée fran0ais !ui toute sa vie voulut « avoir raison et c$anger les propos nom!reu" et ridicules de ses concito%ens en un petit nom!re de propositions co$érentes et raisonna!les ».
@ C 6 F!id., ". ;C+. F!id., ". 19. Maurras Charles, « 1ettre $ M. ?ierre =outan5 », Aspect de la +rance, ;6 4uin 19C3. ;+

< << 1e 9r Carrel énoncera un 4our 'rutale ent cette loi, avec la ri5ueur du 'iolo5iste au ter e d)une e("érience > « l’$omme n’a pas de droits, il a des !esoins ». C)est une dé arche asseF se 'la'le !ue suit la "ensée de Maurras >
« Au petit de l’$omme, il manque tout. Bien avant de courir, il a !esoin d’#tre tiré de sa mère, lapé, couvert, nourri. Avant que d’#tre instruit des premiers pas, des premiers mots, il doit #tre gardé de risques mortels. Le peu qu’il a d’instinct est impuissant 5 lui procurer les soins nécessaires, il faut qu’il les reçoive, tout ordonnés, d’autrui. Fl est né. 0a volonté n’est pas née, ni son action proprement dite. Fl n’a pas dit ,e, ni -oi, et il en est fort loin, qu’un cercle de rapides actions prévenantes s’est dessiné autour de lui. Le petit $omme presque inerte, qui périrait s’il affrontait la nature !rute, est reçu dans l’enceinte d’une autre nature empressée, clémente et $umaine > il ne vit que parce qu’il est le petit cito%en. 0on e"istence a commencé par cet afflu" de services e"térieurs gratuits. 0on compte s’ouvre par des li!éralités dont il a le profit sans avoir pu les mériter, ni m#me % aider par une prière. Fl n’en a rien pu demander ni désirer, ses !esoins ne lui sont pas révélés encore. H=I Fl attire et concentre les fatigues d’un groupe dont il dépend autant que de sa mère lorsqu’il était enfermé dans son sein. 1ette activité sociale a donc pour premier caractère de ne comporter aucun degré de réciprocité. Jlle est de sens unique, elle provient d’un m#me terme que l’enfant figurera, il est muet, infans, et dénué de li!erté comme de pouvoir ; le groupe auquel il participe est parfaitement pur de toute égalité > aucun pacte possi!le, rien qui ressem!le 5 un contrat. 1es accords morau" veulent que l’on soit deu". Le moral de l’un n’e"iste pas encore. H=I ;n n’en saurait prendre acte en termes trop formels, ni asseG admirer ce spectacle d’autorité pure, ce pa%sage de $iérarc$ie a!solument net. &A

< << &u( dé ocrates 'ar'us, au( défenseurs de droits de l)ho e, Maurras vient ra""eler, avec la inutie !u)on vient de voir, !u)ils ont été des nourrissons va5issants, sans droits, sans volonté, sans "ouvoir et !ue la nature nous i "ose un for ida'le s"ectacle d)autorité et de hiérarchie dans la loi : e de la re"roduction de la vie. -l n), a donc "as, d)a'ord, l)individu. -l , a d)a'ord la fa ille "uis!ue sans elle il n), a "as d)individu "ossi'le.
« La famille fonde l’(tat puisque, d’une part, la population n’e"iste que par elle, et que, d’autre part, c’est elle qui distingue la société politique des autres > société qui ne se recrute point par la volonté de ses mem!res, mais normalement par voie de génération, société o< l’on na6t et se reproduit.
7 Maurras Charles, -es idées politiques, ". XE-. ;9

,e suis mem!re de l’(tat français 5 cause de mon père, de ma mère et de leurs parents. ,e puis ratifier ou décliner cette condition, .e ne la crée pas, et c’est elle qui me crée. Les enfants adoptifs qui s’agrègent par d’autres voies 5 la grande famille française ne le font que parce qu’il % a un premier (tat français, famille de familles, engendré naturellement. &B « Dn individu $a!itué 5 réfléc$ir avec rigueur et qui fait le compte de tout ce qu’il est d’autre que soi est terrifié de l’e"iguXté et de la misère de son petit domaine strictement propre et personnel. 3ous sommes nos anc#tres, nos ma6tres, nos a6nés. 3ous sommes nos livres, nos ta!leau", nos statues ; nous sommes nos vo%ages, nous sommes ].e finis par le plus étrange et le plus inconnu^, nous sommes l’infinie répu!lique de notre corps, qui emprunte presque tout ce qu’il est de l’e"térieur et qui le distille en des alam!ics dont la direction et le sentiment m#me nous éc$appent complètement. La société n’est certes pas un grand animal dont les individus ne seraient que les cellules su!ordonnées. -ais elle n’est pas plus une de ces « mises en commun & de volontés que l’on appelle, en Droit, des associations. La société n’est pas une association volontaire > c’est un agrégat naturel. &C

Cette évidence !ue « l)individu est acca'lé "ar la so e des 'iens !ui ne sont "as de lui et dont ce"endant il "rofite dans une esure "lus ou oins étendue »1A, est une des réfle(ions "ri ordiales de la "ensée aurrassienne.
« 9ic$e ou pauvre, no!le ou manant, Hl’individuI !aigne dans une atmosp$ère qui n’est point de nature !rute, mais de nature $umaine, qu’il n’a point faite et qui est la grande Uuvre de ses innom!ra!les prédécesseurs directs et latérau", ou plutMt de leur association féconde et de leur .uste et utile communauté H=I. uel capital démesuré représente le simple soc incurvé d’une c$arrue la toile d’une voile, la taille d’un quartier de roc, le .oug d’un c$ariot, l’o!éissance d’un animal de course ou de trait. &@W

Cette "rise de conscience de la constitution essentielle de l)es"èce était, au( ,eu( de Maurras, la condition indis"ensa'le $ toute entre"rise de rénovation "oliti!ue. Co e =uffon, il voulait des faits "our avoir des idées. 2r, !ue lui ensei5naient les faits D
« La circulation de la sève et du sang est'elle .uste K La loi de la pesanteur équita!le K Jt ce que 4aul 2alér% appelait 7une c$ance séminale8, le spermatoGoXde aveugle K Jst'il .uste que .e sois le fils de mon père et le cito%en de ma cité K 1e peut #tre agréa!le, péni!le ou $eureu", digne de correction ou digne de faveur ; l’idée de .ustice n’a rien 5 % voir > autant user du litre pour mesurer un c$amp. -ais 7.ustice sociale8 peut dire égalité. 1eu" qui donnent l’égalité pour un !ien pu!lic ou!lient tou.ours de le prouver et ne prennent pas garde qu’elle est un mal > rien n’est mieu" éta!li. Fl peut % avoir des inégalités e"cessives. 1e sont des accrocs de détail 5
+ F!id., ". 1;1. 9 F!id., ". 11+. 1A F!id. 3A

l’e"ercice d’un !ien. L’inégalité est !onne en soi. Les enfants ne seraient pas nourris s’ils n’avaient des parents plus grands, plus $a!iles, plus forts qu’eu" ; les ignorants ne seraient pas instruits, s’ils n’avaient des ma6tres savants. Les pauvres ont !esoin des ric$es et, comme dit 9ivarol, l’eau se perd l5 o< manquent les fontaines induites 5 la canaliser. La réciprocité des services fait servir le fai!le au fort et le fort au fai!le. L5 o< les cito%ens demeureraient équivalents, o< tout se résoudrait en immo!ile stagnation, le mieu" na6trait tou.ours de disparités 5 compenser et 5 rattraper. 1’est le nerf du progrès. uelles qu’en puissent #tre les e"agérations déplora!les, la division du travail est, elle aussi, un !ien, et ce !ien tend 5 se fi"er. L’$eureu" e"ercice d’un !on métier s’étend presque tou.ours 5 la vie d’un $omme, passe 5 ses enfants, et l’avantage acquis devient sans peine $éréditaire. De longues $a!itudes personnelles se transmettaient ainsi 5 travers les générations multipliant les appropriations spontanées du travailleur et de sa fonction. &@@

#t Maurras ter ine cette "a5e dure, "ressée, dans la!uelle il se 'le !u)il ait h.te de faire tenir un onde d)idées et !ui est une des dernières !u)il ait écrites, "ar cette "hrase de 1éon X---, il pappa cesareo > « La division en classes inégales ]dis"ares^ fait 5 coup s:r le caractère des sociétés !ien organisées &. < << Maurras n)a "as d)« idées ». 3out au lon5 de son Iuvre, consta ent, Maurras reviendra sur cette nécessité "our la société de se sou ettre au( lois !ui « dépendent de la nature des c$oses ». &ussi la "re ière dé arche de l)es"rit doit%elle :tre la recherche de ces lois.
« Le monde p$%sique a des lois, la nature $umaine a les siennes, qui ne s’inventent pas, mais qui se découvrent. L’esprit de l’$omme au lieu de spéculer dans les nues doit regarder autour de lui afin d’% trouver son conseil et sa direction dans la lumière. &@*

-l ne s)a5it "as de se for er une re"résentation idéale du

onde.

« La sincérité n’est pas la vérité. L’intention la plus droite et la plus ferme volonté ne peuvent pas faire que ce qui est ne sait pas. &@?

1a recherche du 'ien co un ne saurait donc :tre livrée $ la fantaisie de notre i a5ination, ni : e de notre 'onne volonté car >
« le !ien commun a des règles qui dépendent de la nature des c$oses et des gens, de leur place et de leur fonction sur la terre ; par conséquent, le sort des collectivités naturelles n’est pas livré 5 la fantaisie ni 5 l’ar!itraire des individus qui les forment, il dépend de lois fi"es, indépendantes de nous et nos supérieures qu’il est possi!le de conna6tre avec e"actitude et dès lors d’utiliser 5 peu près comme on fait des autres lois de l’univers &.@_
11 1; 13 1@ Maurras Charles, 2otre !el au.ourd’$ui, ". @;6. Maurras Charles, -es idées politiques, ". ;;. F!id., ". 31. Maurras Charles, L’Action française et la religion cat$olique, ". @+. 31

< << 1)idée de progrès !ui avait forte ent ar!ué le X-X e siècle avait entraJné une confusion entre le "ro5rès des sciences !ui n)est !ue le dévelo""e ent des connaissances antérieure ent ac!uises "ar l)Su anité et !ui suit un accroisse ent constant, et le "ro5rès oral de l)individu. 2r, l)individu, va soutenir Maurras, est « un co "osé sta'le » et on ne saurait son5er $ lui a""li!uer des « lois nouvelles ».
« Fl n’% a pas de lois nouvelles. Jlles sont toutes vieilles, si leur découverte ou leur énoncé peuvent #tre nouveau", toutes fonctionnent de tout temps, comme celles dont nous ne nous sommes pas avisés encore ; elles règnent sur nous comme avait régné le principe d’Arc$imède un million ou deu" d’années avant qu’Arc$imède e"ist)t. Le radium !r:lait, ra%onnait, !om!ardait au temps de 0ésostrisT. Les lois de la nature $umaine n’ont pas varié davantage, ni cette nature elle'm#me. 0i l’on e"clut, comme il le faut, une pré$istoire qui est toute nourrie d’$%pot$èses pleines de vent et si l’on tient compte du perfectionnement religieu" et moral d: au cat$olicisme, le t%pe de l’$omme se présente comme un composé sta!le. &@E

&insi, selon Maurras, il n)a "as fallu oins !ue l)intervention divine de la 6éde "tion "our a""orter un "erfectionne ent oral au « co "osé sta'le » !u)est l)ho e. Sur cette 'ase e(tr: e ent solide > sta'ilité du co "osé hu ain H sur cette donnée d)e("érience > !ue les lois !ui ré5issent les sociétés sont fi(es co e toutes les lois de la nature, Maurras va '.tir toute sa éthode > retrouver ces lois !ue l)i a5ination des ho es a fait ou'lier ou al inter"réter. Son a our de la "ensée 5rec!ue vient de ce !u)il lui reconnaJt le érite d)avoir su dé5a5er la notion de « l)ordre des choses ».
« Dn instinct merveilleu", écrit'il, !eaucoup plus que la réfle"ion, ou plutMt si l’on veut, un éclair de raison sur$umaine ou divine leur a fait sentir Hau" NrecsI que le !ien n’était pas dans les c$oses, mais dans l’ordre des c$oses, n’était pas dans le nom!re, mais dans la composition, et ne tenait nullement 5 la quantité, mais 5 la qualité. Fls introduisirent la forte notion des limites, non seulement dans l’art, mais dans la pensée, dans la science des mUurs. Jn morale, en science, en art, ils sentirent que l’essentiel ne tenait point au" matériau" et, tout en emplo%ant les matières les plus précieuses, ils % appliquaient leur mesure. L’idée du 7point de perfection et de maturité8 domina ce grand peuple aussi longtemps qu’il resta fidèle 5 lui'm#me. &@\

1)ordre n)est donc "as un "roduit naturel des sociétés. -l est un art et, co e tel, il nécessite des rè5les et un artiste, une autorité.
< NOd8P Sésostris était le no "orté "ar "lusieurs "haraons de la "re ière "artie du deu(iè e illénaire avant notre ère. 1C Maurras Charles, Le 1$emin de 4aradis, ". ;7;. 16 Maurras Charles, -es idées politiques, ". +1. 3;

« 1’est une des plus fortes ma"imes de -. de la /our du 4in que l’ordre ne na6t pas spontanément dans la société. Dne autorité le précède ; et elle l’engendre. &@A

< << ?our retrouver ces lois !ui serviront $ '.tir l)ordre, il faut une éthode. Oous voil$ au centre de la "ensée aurrassienne. 9e !uels instru ents dis"osons% nous D Ootre intelli5ence D 2ui, certes, ais elle "eut nous tro "er. 1)idéalis e "eut nous entraJner hors du réel. -l nous faut trouver une éthode scientifi!ue.
« 1e que l’on appelle ma doctrine politique, n’est pas déduite, elle est induite et induite des faits, des liaisons des faits que l’on appelle aussi des lois. 3on des lois impératives au sens d’ordre et de commandement, mais des lois de constance et de séquence, comme celle de la c$aleur et de l’é!ullition. &@B

#lle n)est "as « déduite d’idées générales préconçues ni, par conséquent, de principes paXens, semi'paXens, non paXens, ou anti'paXens. 4ar un tout autre mouvement de la pensée, elle est induite du spectacle, de l’$istoire et des mUurs générales de l’$umanité &@C. Maurras ne "rétendait "as avoir inventé un s,stè e "oliti!ue. Sa 'eso5ne avait consisté, disait%il, « 5 tirer d’un seul mouvement, 5 faire un seul effort de l’effort contre'révolutionnaire du SFSe siècle ». 1)i "ortant, disait%il encore, « n’est pas d’inventer des idées, mais d’en trouver de vraies et, autant que possi!le, uniquement vraies »19. 1a éthode, il alla la chercher cheF &u5uste Co te. - "uissant $ conclure $ 9ieu, ais soucieu( de sauve5arder la loi orale, Co "te avait "ris une "osition sans doute insoutena'le sur le "lan reli5ieu(, !ue Maurras résu e ainsi >
« 0u!stituer 5 la rec$erc$e des causes et des su!stances, qui, réelles ou imaginaires, nous demeurent insaisissa!les, la simple rec$erc$e des lois > ce fut la mét$ode nouvelle. 1ette mét$ode était destinée 5 fournir la doctrine nouvelle qui serait le principe d’e"amen et 5 remplacer notre anarc$ie transitoire par l’ordre nouveau. &*W

Ce !u)&u5uste Co te avait voulu réaliser sur le "lan "hiloso"hi!ue, Maurras va l)entre"rendre sur le "lan "oliti!ue. Cette éthode "rendra dans le voca'ulaire aurrassien le no d)e "iris e or5anisateur. -l s)a5it de déduire de l)e("érience histori!ue les lois de la société "oliti!ue. C)était faire de la criti!ue histori!ue une science.
17 1+ 19 ;A Maurras Charles, Jnqu#te sur la -onarc$ie, ". ;;6. L’Action française, 7 4anvier 19;7. Maurras Charles, « 1ettre $ M e M.%M. Martin », Aspects de la +rance, C déce 're 19C;. Maurras Charles, L’Avenir de l’intelligence, ". ;;1. 33

?aul Ealér, avait fait un 4our une o'4ection $ la valeur de l)e("érience histori!ue sur la!uelle Maurras 'asait sa éthode de l)e "iris e or5anisateur. Cette e("érience n)en est "as une, soutenait Ealér,, c)est tout 4uste une o'servation. ?our !u)il , ait e("érience, il faudrait !ue soient réalisées les conditions de l)e("érience du chi iste, "ar e(e "le, !ui « dans son ca!inet, avec son feu, son eau, ses gaG, ses étincelles, peut faire varier les conditions de la naissance ou de la destruction d’un corps. L5 seulement on peut saisir le rapport certain de l’effet 5 la cause &. -l n)en va "as de : e avec l)Sistoire. « 3ous la vo%ons passer. Jlle s’écoule devant nous ». C)est tout. Oous "ouvons intervenir sans doute, faire des con4ectures « sur ce qui arrivera si et si H=I » ais ces conclusions ne sont "as des conclusions scientifi!ues, elles ne sont !ue « des Uuvres de notre intelligence ». 1eur valeur vaudra ce !ue vaut la rectitude de notre 4u5e ent tou4ours contesta'le. Maurras reconnaissait !ue ce « sce"ticis e valér,en » ne an!uait "as de fonde ent, ais il ré"ondait victorieuse ent >
« 2alér% en distinguant l’e"périence scientifique de ce qu’on appelle l’e"périence $istorique n’a pas pris garde 5 une c$ose > le savant assiste 5 son anal%se ou 5 sa s%nt$èse en témoin e"térieur, il n’enregistre que des effets. Fl suit les aspects successifs et apparents de ses molécules, son Uil n’% entre pas ; il est étranger 5 la vie et 5 l’intime évolution du corps dont il note les transformations. Au lieu que l’$istorien est dans l’Listoire, comme l’$omme dans l’Lumanité ; il éprouve, il ressent le .eu des éléments directeurs internes, passions d’amour et de $aines, sagesses, folies qui dans la vie des nations créent les ressorts des pai" et des guerres, la ps%c$ologie des accords et des désaccords, l’esprit des affinités et des répulsions, c’est' 5'dire tout ce qui manque 5 l’e"périence scientifique, tout ce qui permet de saisir les causes en progrès ou en recul, leur activité propre et profonde. Jn ce sens, l’e"périence de la vie $umaine donne une certitude !ien supérieure 5 celle de l’éprouvette et de la cornue. &

1ors!ue nous 4u5eons notre vie "ro"re "ar l)e(ercice naturel de notre conscience, nous faisons, $ l)échelle individuelle, de la criti!ue histori!ue. Oous vo,ons 'ien les raisons causales de nos é"reuves, « causes soumises 5 des lois permettant de prévoir pratiquement 5 coup s:r ». 1es lois histori!ues, conclut Maurras, « sont moins !ranlantes que les lois p$%siques ou c$imiques de la matière »;1.

II.
1a "osition e(tr: e ent forte de l)e "iris e or5anisateur, les conclusions évidentes au(!uelles il devait conduire, "rovo!uèrent un 5rand affole ent "ar i l)intelli5entFia dé ocrati!ue et, "lut/t !ue de chercher $ ré"ondre $ Maurras, on tenta de lui faire dire ce !u)il n)avait "as dit.
;1 Aspects de la +rance, ;6 se"te 're 19C;. 3@

M. Maurice ?u4o a fort 'ien défini les li ites de l)e "iris e or5anisateur >
« -aurras n’a .amais prétendu formuler toutes les lois naturelles et nécessaires au gouvernement des $ommes et moins encore les lois surnaturelles. Fl a strictement délimité sa t)c$e > étudier ceu" des rapports de l’$omme avec la société qui sont constants, immua!les, connus, sur lesquels est fondée la 7structure sociale8 et sans l’o!servation desquels la société et l’$omme lui'm#me dépérissent ou meurent. Fl a laissé 5 l’(glise, 7temple des définitions du devoir8, le soin de formuler les lois naturelles et surnaturelles par lesquelles elle s’efforce de faire régner la vertu c$eG les $ommes, et le !ien moral, non dans la 7structure8 de la société, puisque cette structure ne dépend pas du li!re ar!itre, mans dans leur gouvernement. 1e !ien moral n’e"istera d’ailleurs que si l’on commence par respecter les lois de la structure sociale. Fl n’% a pas de vertu, il n’% a pas de !ien contre la raison. Le positivisme de -aurras ne fi"e pas seulement ses limites en étendue, mais aussi en profondeur. L’empirisme peut éta!lir des 7doctrines de constatations8 et de prévision. Fl peut constater et prévoir que si un $omme néglige les principes de l’$%giène, il tom!era malade, et que si un peuple se livre 5 la démagogie, il dépérira. -ais il ne peut emp#c$er cet $omme de préférer la paresse 5 la santé, ni ce peuple ses passions 5 son salut. La connaissance des lois naturelles procure assurément une certaine sagesse qui, dans la mesure du possi!le, écartera le mal$eur de celui qui la possède et le rapproc$era du !on$eur ; mais aucune nécessité morale, si ce n’est l’espoir et la crainte au"quels il peut n’#tre pas sensi!le, ne l’inclinera 5 la pratiquer. H=I 3on seulement -aurras reconna6t l’impuissance de l’empirisme organisateur 5 fournir ce .ugement d’o!ligation, mais encore il affirme qu’un tel .ugement ne peut se fonder que sur 1elui qui tient la loi des mondes. 7L’insuffisance du principe altruiste Hde 1omteI, dit'il, rouvre le seuil de la morale 5 d’autres principes et notamment ]si l’on tient 5 avoir une morale qui o!lige^ 5 ce principe métap$%sique du Dieu .uge8 ]Bar!arie et poésie, p. ?W@^. H=I Ainsi pour -aurras, tout ce qu’il % a de 7formel8 dans la morale ]pour parler le langage d’Aristote^ ne peut venir que de l’idée de Dieu. L’e"périence, dans l’empirisme organisateur, n’apporte 5 l’$omme que sa 7matière8, ou plutMt une partie déterminée de celle'ci, celle qui a trait 5 ses rapports avec la structure élémentaire de la société et H=I qu’elle seule peut lui apporter. Aussi H=I Dieu garde son 7autorité8, sa 7Loi8 impérative, sa 7sanction8. Jt l’$omme, en rec$erc$ant les conditions du !ien social, ses lois statiques, accomplit la t)c$e qui lui est dévolue ; en les o!servant, il remplit son premier devoir > il va au'devant de Dieu. &**

6a ené $ ses 4ustes li ites, l)e "iris e or5anisateur de Maurras n)en est !ue "lus redouta'le "our l)idéalis e dé ocrati!ue. 2n "arle idées, il ré"ond faits. #t contre les faits, il n), a "as d)ar5u ents.
« L’e"amen des faits sociau" naturels et l’anal%se de l’$istoire politique conduisent 5 un certain nom!re de vérités certaines, le passé les éta!lit, la ps%c$ologie les e"plique et le cours ultérieur des événements contemporains les confirme et les reconna6t ; mo%ennant quelque attention et quelque sérieu", il ne faut pas un art très délié pour faire une application correcte de ces idées, ainsi tirées de l’e"périence, et que les faits nouveau" dégagés d’une e"périence postérieure ont les plus grandes c$ances de vérifier. &*?
;; ?u4o Maurice, 1omment 9ome est trompée, ". 1CC. ;3 Maurras Charles, -es idées politiques, ". 1A+. 3C

C)est en ce sens !ue l)on "eut "arler « si l’on veut », de « l’école d’Action française », dira M. de 6ou( !ui a4oute >
« 1’est e"actement en ce sens que l’on parle d’une école, d’une doctrine militaire, c’est'5'dire d’un enseignement dont l’identité soit propre 5 déterminer les m#mes réactions et les m#mes actions c$eG ceu" qui en sont imprégnés et qui peuvent avoir 5 se décider sans communiquer entre eu" et sans recevoir d’ordres supérieurs. &*_

< << C)est "ar une conférence de 1ucien Moreau, dans un cercle de 4eunes nationalistes "lé'iscitaires, !ue fut dévelo""ée "our la "re ière fois la conce"tion aurrassienne de l)e "iris e or5anisateur et du nationalis e inté5ral, en avril 19AA.
« -émora!le soirée, o<, pour la première fois se trouva proposé 5 un .eune auditoire mon premier instrument d’étude, l’empirisme organisateur, et la doctrine qui s’en dégageait, ce 7nationalisme intégral8 que réalisait seule la -onarc$ie puisque seules les institutions monarc$iques satisfaisaient 5 toutes les aspirations nationales, 5 tous les !esoins nationau", comme l’intégrale reproduit la somme de toutes les valeurs d’une fonction algé!rique. &*E

Ce "assa5e de Maurras est très i "ortant "our la co "réhension de son « onarchis e ». Son adhésion $ la Monarchie n)est "as cheF lui affaire de senti ent, de lo,alis e, ni, : e de traditionalis e. #lle est l)a'outisse ent de son en!u:te histori!ue "oursuivie "ar la éthode de l)e "iris e or5anisateur. #lle est le nationalis e inté5ral. -l faut noter !ue 1)&ction fran0aise ne s)intitulera 4a ais or5ane onarchiste, ais or5ane du nationalis e inté5ral. 1e nationalis e inté5ral n)est "as, co e certains adversaires "eu scru"uleu( de Maurras ont tenté de le faire croire, un nationalis e sans frein, il est l)e("ression dont se sert Maurras "our dési5ner le nationalis e !ui a'outit $ la onarchie. 1e 19 aoGt 19AA, ?aul =our5et, dans sa lettre d)adhésion !ui fut la "re ière "u'liée dans L’Jnqu#te sur la -onarc$ie, écrivait dé4$ >
« 1ette génération doit naturellement a!outir 5 ce que vous aveG appelé d’un terme si .uste > le nationalisme intégral, c’est'5'dire 5 la monarc$ie. &*\

3rois ans "lus tard, Uules 1e aJtre, évo!uant la doctrine des théoriciens de l)&ction fran0aise, notait >
;@ 6ou( Marie de, 1$arles -aurras et le nationalisme d’Action française, ". 19. ;C Maurras Charles, Au 0igne de +lore, ". ;+1. ;6 Maurras Charles, Jnqu#te sur la -onarc$ie, ". 117. 36

« Fls n’ont pas dit > 7 uel régime nous plairait'il de voir restaurer K8 mais > 7 uel est le régime qui peut restaurer la +rance K8 Jt ils ont appelé le ro%alisme 7nationalisme intégral8 parce qu’il leur a sem!lé que la ro%auté serait le régime le plus complètement et le plus dura!lement utile 5 la nation. &*A

< << &insi, le nationalis e "eut%il conduire a la onarchie, n):tre !u)un o ent d)une dialecti!ue, Maurras va au%del$ du nationalis e. -l voit : e dans la nation « une très f)c$euse dégradation de l’unité médiévale » et il n)est "as interdit de "enser !u)il eGt souhaité voir cette unité reconstituée $ travers une #uro"e onarchi!ue.
« La monarc$ie $éréditaire est le plus national et aussi le plus international de tous les pouvoirs. Dn lien de parenté éta!li entre les c$efs d’(tat, cor%p$ées du droit international, peut contri!uer 5 l’entente, 5 l’accord, 5 la pai" entre les nations qu’ils conduisent= ;u !ien les nations ivres de leurs intér#ts ou de leurs passions, voulant tout faire par elles seules, pousseront 5 l’e"tr#me leurs r#ves les plus am!itieu", ce qui les fera succom!er forcément au démon de s’entre'détruire, .usqu’5 ce que le glo!e soit redevenu un désert ; ou !ien l’instinct de conservation leur fera demander 5 la race internationale des rois de tenir les drapeau" de leur nationalité $istorique, pour maintenir leur droit c’est'5'dire leur nécessaire, et quant au reste, négocier les ententes et les accords de la vie commune. &*B

9e : e, il verra dans la ?a"auté le seul lien !ui su'siste entre les nations en "roie au nationalitaris e et, en "leine 5uerre, en 191C, il écrira >
« Fl est douteu" que les développements nationau" puissent #tre arr#tés ou m#me enra%és et tempérés avant longtemps. -ais, aussi longtemps que durera cette anarc$ie, elle pourra coe"ister avec l’Fnternationale cat$olique, et voil5 dé.5 un point d’appui d’assuré au" communications supérieures des $ommes. ,e ne dis pas qu’ils pourront tou.ours s’entendre par cette voie. ,e dis que cette voie est et sera la seule qui leur sera ouverte pour le tenter, et, si la tentative a quelque c$ance, un .our ou l’autre d’a!outir, ce sera forcément, tout l’indique, de ce cMté'l5. &*C

&insi, loin d):tre un nationalis e fer é, le nationalis e inté5ral de Maurras dé'ouche sur une -nternationale des rois !u)il verrait volontiers, co e Uose"h de Maistre, coiffée au so et "ar le ?a"e.

III.
1e nationalis e ne s)entend "as sans une définition "réala'le de la nation.
;7 L’(c$o de 4aris, 1A octo're 19A3. ;+ Maurras Charles, Jnqu#te sur la -onarc$ie, ". CXXX-E. ;9 Maurras Charles, Le pape, la guerre et la pai", ". CXXX-E. 37

« La 3ation est le plus vaste des cercles de communauté sociale qui, au temporel, soient solides. et complets. 3ous ne faisons pas de la 3ation un a!solu métap$%sique, un Dieu, mais tout au plus, en quelque sorte, ce que les anciens eussent nommé une déesse. 3ous o!servons que la nation occupe le sommet de la $iérarc$ie des idées politiques. De ces fortes réalités, c’est la plus forte, voil5 tout. H=I La 3ation passe avant tous les groupes de la nation. La défense du tout s’impose au" parties. H=I Les mots suffisent 5 le dire, on se met d’un parti, on na6t d’une nation. Fl % a entre les deu" termes la différence de l’Association 5 la 0ociété. 1eu" qui s’associent 7créent8 l’élément commun éta!li entre eu". Les mem!res d’une société ont commencé par 7en #tre8. Fls peuvent l’accepter ensuite, se révolter contre elle ou la quitter, mais elle leur prée"istait. 0i leur volonté personnelle crée leur conduite 5 son égard, son e"istence 5 elle ne dépend de la leur que dans une mesure fai!le et éloignée. &?W « Fl ne peut rien % avoir de plus envia!le au" pauvres $ommes que de former une 3ation. 1e !on$eur n’est pas donné indifféremment 5 tous, ni 5 tous accessi!le. 3ulle créature $istorique n’est moins su.ette que la nationalité 5 l’improvisation artificielle. Jlle ne na6t pas du premier sursaut de volonté venu. Le volontarisme démocratique % est pour peu, l’Listoire pour !eaucoup. 9ien n’importe plus au" nations que de tenir, de durer et de ne pas laisser se défaire de forces invétérées. 1e qui ne veut pas dire qu’elles aient intér#t 5 tourner 5 l’empire. 1e qui signifie m#me le contraire. -ais ce qui leur conseille de !ien s’organiser et de se gouverner le mieu" possi!le pour se conserver saines, fortes, unies. /out est l5. ;n verra ensuite. H=I u’on ne dise pas > le mal vient des nationalismes ac$arnés 5 s’entretuer. Le mal essentiel vient de l’$omme né $omicide et carnassier. 0i l’on vient au détail, les plus cruelles de ces entre'tueries ne sont pas l’Uuvre des corps de nations, mais des démo'ploutocraties, des mauvais gouvernements populaires et de la grande idée nationalitaire qui n’est pas le nationalisme, mais l’idée de l’égalité des nations. &?@

2r, Maurras a tou4ours re"oussé avec force cette idée de l)é5alité des nations. C)est !u)il , a reconnu le ,the individualiste et é5alitaire, le 4aco'inis e niveleur !ui ne tient "as co "te de la hiérarchie des valeurs dans la Société.
« ue leur territoire Hau" nationsI soit vaste ou restreint, ric$e ou pauvre, $eureu" ou dés$érité, que leur développement intellectuel soit ample et comple"e ou simple et étroit, affiné ou !rut, antique, auguste, vénéra!le ou né de la pluie d’$ier, que les nations soient de douGe mille )mes ou qu’elles en comptent des diGaines de millions, toutes veulent #tre réputées grandes filles ma.eures > m#me )ge, m#me taille, identique !eauté et pareille ric$esse, mais il ne suffit pas de le vouloir et de le dire pour que cela soit. Fl reste certainement vrai qu’elles ne sont pas ainsi faites et qu’on leur applique une loi étrangère 5 leur nature comme 5 la nature de l’$omme. 1e mensonge sur elles'm#mes ne leur fera pas plus de !ien que ne s’en font dans le m#me cas les individus. &?*
3A Maurras Charles, Aspects de la +rance. 31 Maurras Charles, 2otre !el au.ourd’$ui, ". ;3+. 3; F!id., ". C@. 3+

2n sent 'ien !ue "our Maurras, toutes ces différences "erdraient de leur i "ortance si au lieu de "rovo!uer une lutte de caractère individualiste "our une irréelle é5alité, ces nations 5randes ou "etites, fortes ou fai'les, se trouvaient réunies dans le cadre "lus vaste de la Chrétienté > « u’on ne sourie pas de la 1$rétienté, V écrit'il, dès @CWW, dans l’Jnqu#te sur la -onarc$ie V la 1$rétienté c’est, dans le passé, les (tats'Dnis d’Jurope tout !onnement ». Oon certes !u)il soit "artisan d)8tats%Wnis dé ocrati!ues d)#uro"e B Mais "arce !u)il re5rette l)unité de l)# "ire ro ain ou de l)#uro"e chrétienne. C)est une idée sur la!uelle il revient souvent >
« Le monde moderne ne retarde pas seulement sur l’Jmpire romain, mais sur le -o%en Rge, puisqu’il est moins unifié. &?? « Fl % avait .adis une 9épu!lique c$rétienne étendue 5 l’Jurope occidentale qui formait une sorte d’unité temporelle. 1ette unité a été !risée par Lut$er. 1’est depuis cette rupture que la nation est devenue le dernier cercle social sur lequel l’Lomme puisse s’affirmer. &?_

Sur ce dernier « cercle social », il a choisi de se 'attre "our défendre non une idée a'straite de la Oation, ais les ho es de cette nation. Senri Massis a ra""orté ces "aroles de Maurras au( étudiants d)&ction fran0aise >
« Le culte de la 4atrie est le respect, la religion de la terre des pères ; le culte de la nation est le respect et la religion de leur sang. 3ation n’est pas un mot révolutionnaire. [ la gloire de la 3ation, dit Bossuet dans son 9iscours de réce"tion $ l)&cadé ie fran0aise . 4atriotisme convenait 5 Déroulède parce qu’il s’agissait de reprendre la terre ?E. 3ationalisme convenait 5 Barrès et 5 moi, parce qu’il s’agissait de défendre, des $ommes, leur Uuvre, leur art, leur pensée, leur !ien contre ce qui les menaçait spécialement. &?\

1e ot de patrie évo!ue cheF lui non une fi5ure ,tholo5i!ue, foule de visa5es hu ains, de "a,sa5es, de onu ents >

ais une

« Dne patrie, ce sont des c$amps, des murs, des tours et des maisons ; ce sont des autels et des tom!eau" ; ce sont des $ommes vivants, père, mère, et frères, des enfants qui .ouent au" .ardins, des pa%sans qui font du !lé, des .ardiniers qui font des roses, des marc$ands, des artisans, des ouvriers, des soldats, il n’% a rien au monde de plus concret. &?A

#t "récisé ent "arce !u)elle est un asse 'la5e délicat d):tres vivants, char5és de "assions, de s, "athies et d)anti"athies, la co unauté nationale est fra5ile. Wne co unauté ne su'siste !ue « tant que parmi ses mem!res les causes d’amitié et d’union restent supérieures au" causes d’inimitié et de division »?B.
33 Maurras Charles, uand les +rançais ne s’aimaient pas, ". 336. 3@ Aspects de la +rance. 3C &llusion au "oète ?aul 9éroulède !ui e(alta le "atriotis e au lende ain de la défaite de 1+71 et "r:cha la 6evanche "our la recon!u:te de l)&lsace et de la 1orraine. 36 Massis Senri, -aurras et notre temps, t. -, ". 1;1. 37 Maurras Charles, 2otre !el au.ourd’$ui, ". 6;. 3+ Maurras Charles, -es idées politiques, ". 16. 39

C)est de cette considération !ue Maurras est "arti "our dé"asser le nationalis e 'arrésien !ui en était resté $ la conce"tion dé ocrati!ue de la 6évolution fran0aise et s)a""u,ait uni!ue ent sur les volontés individuelles.
« Jt si ces volontés, en se com!attant, s’annulaient K Jt si la puissance des destructeurs dépassait celle des constructeurs K &?C

9evant ce "éril, !ue ne dé ontrait !ue tro" d)ailleurs la criti!ue histori!ue, Maurras conclut > « Fl faut qu’un (tat indépendant de la 3ation, quoique fondé en elle, la préserve et la sauve, parfois malgré elle »@A. Que Maurras ait re"oussé de toute son éner5ie la dé ocratie, cela est connu de tout le onde, ce !ue l)on sait oins "eut%:tre, ce sont les raisons sur les!uelles il 'asait son anti%dé ocratis e. -l nie !ue l)individu « en tant que tel, a!strait, l’individu considéré comme unité indifférente pouvant #tre 4ierre ou 4aul également », co "ose la société. « Jn réalité, il ne la fait pas, il est fait et défait par elle »@1. 9e la "osition o7 il se "lace, Maurras voit dès lors la société "ar en haut, "ourrait%on dire, et elle lui a""araJt co e une construction ordonnée.
« La !onne vie des (tats ne peut consister dans la mise en tas des ressources $étéroclites et d’individus désencadrés. Le !on sens dit qu’il faut un rapproc$ement organique et un engrènement $iérarc$isé de proc$e en proc$e, par des groupes d’a!ord $omogènes, puis différant peu 5 peu les uns des autres et se distinguant par degré ; ils s’accordent entre eu" sur des points !ien déterminés, mais pas importants, c$aque petite société étant, au contraire, tenue pour originale, li!re et ma6tresse, disposant de l’essentiel de ses fonctions individuelles au ma"imum et 5 l’optimum de la force, se définissant par des actes, des modalités, des mUurs marquées du seing personnel. 1es actes, ces Uuvres, ces produits sont o!tenus purs, nets, d’une qualité qui n’appartient qu’5 eu", au re!ours des fa!rications en série et en co$ue qui naissent de 1osmopolis. 1es collectivités graduées forment une nation. &_*

Maurras avait été très ar!ué "ar le 5oGt des co "araisons 'iolo5i!ues !u)avait is $ la ode ?aul =our5et. 2n le vit souvent faire a""el $ l)autorité de la 'iolo5ie "our 4ustifier ses théories sur le cor"s social.
« Les !iologistes admettent, disait'il, que dans un corps vivant, un organe est un élément différentié, autant dire créé ou devenu distinct des autres éléments par les dispositions particulières qu’il a reçues. Le foie et le cerveau, le cUur et l’estomac, appartiennent au m#me corps, sont faits des m#mes éléments fondamentau", mais ont des qualités, des pouvoirs différents ; ce sont des organes. Fl % a des vivants presque inorganisés > ce sont des animau" dits inférieurs, dont tous les éléments cellulaires, identiques les uns au" autres par nature et par position, soumis au m#me régime, font aussi le m#me travail ; la décision du tout n’% est que le total de la décision des parties.
39 @A @1 @; Martin Marie%Madeleine, Listoire de l’Dnité française, ". 3+7. F!id., ". 396. Maurras Charles, -es idées politiques, ". 11@. Maurras Charles, 2otre !el au.ourd’$ui, ". ;9A. @A

-ais aussitMt que s’organisent ces vies inférieures comme on l’o!serve dans les colonies animales, le régime d’égalité se modifie si !ien qu’il dispara6t. 1$aque élément ou c$aque groupe d’éléments s’applique 5 quelque fonction particulière plus ou moins utile, agréa!le, no!le et active, et ces fonctions et ces éléments se su!ordonnent eu"'m#mes les uns au" autres > par la suite aussi de cet ordre qui en résulte, c$aque fonction s’accomplit !eaucoup plus vite et !eaucoup mieu". Fl % a donc progrès, mais du m#me coup commencement d’inégalité. H=I. L’organisation développe la qualité et diminue l’importance propre du nom!re. &_?

&insi, une société organique, $iérarc$isée, "roté5ée au so et "ar un "ouvoir indé"endant de la nation, !uoi!ue fondu en elle, telles sont les conditions : es, selon Maurras, du aintien de la nation.

IV.
-l est évident !ue Maurras, a"rès avoir éta'li ce !u)il considérait co e les 'ases essentielles d)une société or5ani!ue et hiérarchisée, ne "ouvait envisa5er la !uestion du suffra5e électoral sous le : e an5le individualiste !ue les dé ocrates.
« L’élection peut, 5 la rigueur, e"primer la somme e"acte des intér#ts particuliers 5 représenter > mais il % aurait une grande méprise 5 concevoir l’intér#t général comme une simple somme d’intér#ts particuliers. Fl est cela, mais il est autre c$ose, comme l’eau est de l’o"%gène et de l’$%drogène, avec quelque c$ose de plus, 5 savoir la disposition de ses composants. La notion de l’intér#t général comporte m#me un élément matériel nouveau ou qui ne se trouve qu’5 doses insensi!les dans la somme des intér#ts particuliers > c’est le souci et la supputation de l’avenir. Les intér#ts particuliers sont d’ordre immédiat. Jn politique, ils visent le présent. Au contraire l’intér#t général d’un grand (tat comporte 5 c$aque instant le sacrifice d’un !ien proc$ain en vue de développements ultérieurs. &__

1)idée : e de re"résentation nationale lui a""araJt dé"ourvue de toute si5nification en ré5i e dé ocrati!ue.
« 72n ne re"résente "as soi devant soi. 8 -aistre a !ien vu cela. ;n envoie un autre soi'm#me vers quelque c$ose ou vers quelqu’un d’autre que soi. L’idée d’une représentation qui soit aussi souveraineté confond deu" fonctions distinctes, et elle les g)c$e 5 proportion qu’elle les applique 5 des collectivités plus touffues et plus comple"es, la question ne se posant point pour les très petites cités, faites de très petits intér#ts très simples. 9eprésenter un grand peuple au'dedans ou au'de$ors n’est pas le gouverner, et rien ne le dispense d’#tre gouverné. &_E

#t Maurras laisse to 'er la conda nation définitive, la "lus lourde !ui ait été "ortée contre la loi dé ocrati!ue >
@3 Maurras Charles, -es idées politiques, ". 1C+. @@ Maurras Charles, Jnqu#te sur la -onarc$ie, ". 11@. @C Maurras Charles, 2otre !el au.ourd’$ui, ". 16A. @1

« Dne .uste loi n’est point une loi régulièrement votée, mais une loi qui concorde avec son o!.et et qui convient au" circonstances. ;n ne la crée pas, on la dégage et on la découvre dans le secret de la nature des lieu", des temps et des (tats. &_\

-l dira encore >
« Dans une société !ien faite, l’individu doit accepter la loi de l’espèce, non l’espèce périr de la volonté de l’individu. &_A

1a "oliti!ue n)est donc "as le 4eu des "artis, des "assions, des idéolo5ies. #lle n)est "as l)e(ercice d)une li'erté sans li ite de la "art d)un individu é5al $ son voisin, elle est « la science et l’art de la vie des (tats ». #lle est donc « la science de leur nature et de leurs lois »@+. #lle n)édicte "as des rè5le ents universels, vala'les "our tous les te "s et "our tous les lieu( car « c$aque (tat dépend de ses antécédents $istoriques et de sa configuration géograp$ique, comme c$aque $omme de ses anc#tres et de son pa%s »@9. 2n con0oit dès lors !ue, dans l)ordre d)ur5ence des o,ens $ e "lo,er "our restaurer la Cité, Maurras "lace > la "oliti!ue. C)est sa fa euse for ule du « ?oliti!ue d)a'ord ». 2n la lui a re"rochée. -l a ré"ondu en fran0ais et en latin, "arce !ue c)était surtout de certains ilieu( ecclésiasti!ues !ue lui venait la criti!ue.
« Le soc qui enfonce et la!oure a plus d’importance pour l’Uuvre du la!ourage que le !Uuf dont @’office n’est que de tra6ner la c$arrue et cependant, c’est le !Uuf qui passe devant, et l’on ne peut pas renverser cette classification naturelle sous préte"te qu’elle témoigne d’un respect insuffisant de l’importance et de l’utilité du soc. Le !Uuf est pour le soc, il passe donc avant comme le mo%en d’arriver 5 un !ut se troupe utilisé avant d’#tre 5 ce !ut. Dn a"iome de p$ilosop$ie scolastique enseigne quelque c$ose qui ressem!le asseG 5 cette para!ole de !on sens et de sens commun > *inis est "rior in intentione sed est "osterior in e(ecutione. &EW « uand nous disons > 7?oliti!ue d)a'ord8, nous disons > la politique la première, la première dans l’ordre du temps, nullement dans l’ordre de la dignité. Autant dire que la route doit #tre prise avant que d’arriver 5 un point terminus ; la flèc$e et l’arc seront saisis avant de touc$er la ci!le ; le mo%en d’action précédera le centre de destination. &E@

&,ant rendu ainsi $ la "oliti!ue sa di5nité de mo%en, nous allons voir Maurras ra ener aussi $ la !ualité de o,ens deu( fau( dieu( de la sociolo5ie conte "oraine !ui se trouveront 'ien étonnés d):tre c/te $ c/te > la li'erté et l)autorité. -l e(iste l$%dessus une "a5e 'ien curieuse, une des dernières !u)il ait écrites >
@6 @7 @+ @9 CA C1 Maurras Charles, -es idées politiques, ". 1A1. F!id., 119. Maurras Charles, 2otre !el au.ourd’$ui, ". 6;. Maurras Charles, -es idées politiques, ". @7. Maurras Charles, La Démocratie religieuse, ". 3+3. Maurras Charles, -es idées politiques, ". 9C. @;

« 0i la li!erté est reine et déesse, il ne peut % avoir de li!erté contre elle, donc il n’% en a plus nulle part. `tre li!re, 5 la condition d’#tre assu.etti au Dieu li!éral ou li!ertaire, en fait de mariage ou d’association, cela s’appelle #tre enc$a6né dans toutes les langues du monde. 1e fau" Dieu contradictoire fait rire. Le premier esprit li!re venu commence par n’en pas vouloir. Jn soi la li!erté n’est ni un Dieu, ni un principe, ni une fin. 9épétons > la li!erté de qui K La li!erté de quoi K 4as celle de l’assassin K 4as celle du !rigand K 1’est ce qui la .uge. Jlle n’est qu’un mo%en, entre autres, pour o!tenir l’ordre et la pai" ou leur contraire. L’Autorité qui $a!ite une sp$ère supérieure n’est, elle non plus, qu’un mo%en. 3’a't'on .amais ouX parler du principe d’autorité K Beaucoup le supposent, pas un ne trouverait un te"te de moi. L’autorité a aussi cette fin supérieure, le Bien, ce Bien que nous visons partout et tou.ours et qui permet, en attendant mieu", de .uger de tout dans la 4olitique. &E*

Maurras ne nie "as la li'erté, seule ent il co ence "ar lui enlever son « 1 » a4uscule et il e(i5e « un complément grammatical qui la détermine ».
« La li!erté de qui K La li!erté de quoi K Dire li!erté, c’est dire force, pouvoir, puissance sur quelqu’un ou sur quelque c$ose. 0i l’on prolonge cette idée, encore vague, d’une puissance .usqu’5 son point d’application sociale ou personnelle, qu’est'ce qu’on trouve K ,’en suis !ien désolé > c’est une autorité= La li!erté d’un cito%en est la part qu’il lui est permis de prendre au" affaires pu!liques > autorité. La li!erté de l’enseignement est le mo%en de professer et de propager une doctrine parmi des écoliers qu’on ait le pouvoir de rassem!ler > c’est donc une autorité encore. Ainsi de suite. Lorsque la doctrine li!érale met en opposition li!erté et autorité, elle oppose des termes qui ne représentent qu’une seule et m#me c$ose, en deu" états de sa production. &E?

#t dans une dialecti!ue e(tr: e ent serrée, Maurras dé onte le écanis e de la fausse o""osition li'erté%autorité >
« u’est'ce donc qu’une li!erté K Dn pouvoir. 1elui qui ne peut rien du tout, n’est pas li!re du tout. 1elui qui peut médiocrement est médiocrement li!re. 1elui qui peut infiniment est aussi li!re infiniment. Dne des formes du pouvoir, c’est la ric$esse. Dne autre de ces formes, c’est l’influence, c’est la force p$%sique, c’est la force intellectuelle et morale. 0ur quoi s’e"ercent diversement ces pouvoirs divers K 0ur des $ommes. Jt ce pouvoir 5 qui appartient'il K [ des $ommes. uand une $umaine li!erté se trouve au plus $aut point et qu’elle a rencontré d’$umains o!.ets au"quels s’appliquer et s’imposer, quel nom prend'elle K Autorité. Dne autorité n’est donc qu’une li!erté arrivée 5 la perfection. &E_

1i iter la li'erté revient donc $ li iter des autorités déré5lées, dan5ereuses "ar leur "uissance ou !u)on ne saurait laisser sans contr/le.
C; Maurras Charles, 2otre !el au.ourd’$ui, ". @6;. C3 Aspects de la +rance, ;6 se"te 're 19C;. C@ Maurras Charles, -es idées politiques, ". C;. @3

Wne de ces li'erté%autorité !ui "réoccu"e le "lus Maurras dans les institutions dé ocrati!ues est celle de la "loutocratie. -l avait noté dans L’Avenir de l’FntelligenceCC !ue « le pu!lic étant roi de nom, quiconque dirige l’opinion du pu!lic est le roi de fait », et il n)est "as interdit de "enser !ue le caractère héréditaire de la Monarchie !ui, la dé5a5eant des "ressions "loutocrati!ues, en 5rande "artie, "eut « fournir un patronage s:r au" forces que l’Argent tentait d’opprimer », a été un des "lus forts otifs de la conclusion onarchiste du nationalis e inté5ral.

V.
1)i "ression est restée !ue Maurras s)était "eu occu"é de la !uestion sociale. 2n ferait "ourtant un très 5ros volu e avec toutes les "a5es !u)il lui a consacrées, ais, !u)il ait donné la "référence dans son activité $ la "oliti!ue, c)est incontesta'le. -l s)en est e("li!ué d)ailleurs, et co ent il ne s)a5issait "as l$ d)un an!ue, d)intér:t de sa "art, ais d)un ordre d)ur5ence. « L’économie étant la science et l’art de nourrir les cito%ens et les familles, de les convier au !anquet d’une vie prospère et féconde, est une des fins nécessaires de toute politique. Jlle est plus importante que la politique. Jlle doit donc venir après la politique, comme la fin vient après le mo%en, comme le terme est placé au !out du c$emin, car, encore une fois, c’est le c$emin que l’on prend si l’on l’eut atteindre le terme &E\. #t encore >
« Dans toute tentative de régler la question sociale, l’a!olition préala!le de la démocratie s’impose e"actement comme les précautions de l’asepsie dans le traitement d’une plaie. &EA

3out lui "araJt fau( dans la anière dont on "ose la !uestion sociale. « ;n la pose en termes su!.ectifs, c’est'5'dire par rapport au" su.ets en cause > patrons, ouvriers, prolétaires, propriétaires. 1ela est naturel en 9épu!lique démocratique o< tout dépend et doit dépendre de la volonté des individus, et qui votent ». Mais ce n)est "as la "osition !u)il convient d)ado"ter. « Fl faudra poser la question sociale par rapport 5 ce qui en est l’o!.et »C+.
« Les mar"istes soutiennent qu’entre ouvriers et patrons de la m#me industrie ou de la m#me entreprise, il % a un intér#t commun vital, mais qu’il n’% en a pas entre ces m#mes ouvriers et leurs patrons. Fdée manifestement fausse, réplique -aurras. Fl e"iste entre ouvriers et patrons la communauté d’intér#ts de l’industrie qui les fait vivre. ;uvriers et patrons de l’industrie du fer ont en commun l’intér#t de leur fa!rication. 0i elle tom!e, ils tom!ent. Fls languissent si elle languit.
CC C6 C7 C+ F!id., ". 76. F!id., ". ;13. F!id., ". 1XE-. F!id., ". ;;7. @@

Aussi 5 la lutte des classes une sage doctrine su!stituera « non pas m#me l’entente des classes, mais le reclassement des producteurs dans l’intér#t de la production et dans leur intér#t. &EC

Maurras n)est "as tendre "our le ca"italis e et on étonnerait sans doute 'ien des 5ens en leur de andant de !ui est le te(te suivant et en leur révélant, a"rès !u)ils l)aient lu, !ue c)est une "a5e de Maurras >
« L’$istoire de la grande industrie en témoigne ; si le prolétaire résiste, si cette résistance a pris la forme d’une offensive violente, ce n’est pas lui qui a commencé ; l’oppression ou l’e"ploitation capitaliste est la première en date. &\W

#t Maurras va 4us!u)$ écrire >
« Fl % a opposition, contradiction 5 angle droit entre le mar"isme égalitaire international et la protection de la 3ation et de la 4atrie. -ais un socialisme li!éré de l’élément démocratique et cosmopolite, peut aller au nationalisme comme un gant !ien fait 5 une !elle main. &\@

< << Maurras n)a donc "as écha""é $ cette attraction !ui était sensi'le de"uis 9ru ont et =arrès, d)un nationalis e%socialiste !ui n)est d)ailleurs !ue la consé!uence lo5i!ue de la conda nation de la "loutocratie et du li'éralis e écono i!ue. Mais "arce !u)il est devenu un ot va5ue, couvrant des idéolo5ies 'ien différentes, le socialis e a !uel!ue chose d)é!uivo!ue. Maurras "référera dési5ner l)or5anisation sociale !u)il "réconise sous son vrai no > la Cor"oration. < << Charles Maurras ourut le 16 nove 're 19C; a"rès avoir re0u l)e(tr: e% onction et de andé son cha"elet. 1e chanoine Cor ier, !ui a assisté Maurras dans les derniers ois de sa vie, a raconté dans deu( livres dra ati!ues > -es entretiens de pr#tre avec 1$arles -aurras et La 2ie intérieure de 1$arles -aurras ce !ue fut la lutte constante de Maurras contre l)insatisfaction de son es"rit devant le "ro'lè e de l)e(istence du al.
« Fmpossi!le de passer outre. Le -al faisait éc$ec 5 Dieu. 1omment concilier l’e"istence d’un `tre unique parfaitement puissant, sage, .uste et !on avec le -al qui e"iste lui aussi et qui est la négation de toute perfection K Fl se $eurtait sans cesse 5 ce dualisme que sa raison était impuissante 5 réduire 5 l’unité. Au cours d’un des entretiens que nous e:mes ensem!le 5 la fin de sa vie, -aurras avouait encore cette impuissance.
C9 Aspects de la +rance, ;A avril 19C1. 6A Maurras Charles, « Question sociale », Dictionnaire politique. 61 Maurras Charles, « Socialis e », Dictionnaire politique. @C

Fl reconnaissait qu’il avait de la peine 5 ne pas #tre manic$éen. La vieille $érésie orientale et méditerranéenne, qui avait retenu captif saint Augustin lui'm#me pendant des années, tourmentait sans cesse l’enfant du -idi. 4eut' #tre aussi était'il trop de sa terre et comptait'il des 1at$ares parmi ses lointains anc#tres. &\*

Mais 9ieu a son heure, et lors!u)elle vient, un "etit enfant co e celui !ue saint &u5ustin rencontra voulant ettre toute la er dans un trou creusé dans le sa'le de la "la5e, suffit $ "lier les &u5ustins et les "lus 'elles intelli5ences $ la vérité. &insi, "ar sa ort chrétienne, Maurras couronnait son Iuvre. 3oute sa vie, il avait eu le senti ent très vif !u)elle était une construction inachevée et en souffrait. Ce n)était « ni par volonté » ni « par c$oi" de son cUur », disait%il et il fut tou4ours une . e de 'onne volonté. 1a [r.ce devait le vaincre en "leine "ossession de ses o,ens intellectuels.
« /out $omme, avait%il écrit 4adis, est é!auc$e qui s’ac$ève 5 mesure que se tient plus près de lui cette mère de la 2érité et de la -ort. Jlle seule la finira. La Beauté vérita!le est au terme des c$oses. &

1a =eauté de l)Iuvre de Maurras s)est achevée le 13 nove 're 19C;, $ l)instant o7, ains 4ointes et récitant le 1onfiteor, il re0ut l)a'solution.

6; Cor ier LChanoineM, La 2ie intérieure de 1$arles -aurras, ". C;. @6

V. Philippe Pétain Maréchal de !rance ou la régence du nationalisme
Cro,eF%vous !ue les éthodes et les ho es !ui ont conduit le "a,s au désastre "ourraient lui rendre sa 5randeur D ?hili""e ?étain, -essage au" +rançais, @ avril 19@3. 1a vie n)est "as neutre H elle consiste $ "rendre "arti hardi ent. -l n), a "as de neutralité "ossi'le entre le vrai et le fau(, entre le 'ien et le al, entre la santé et la aladie, entre l)ordre et le désordre. ?hili""e ?étain, 9evue des deu" -ondes, 1C aoGt 19@A. 1)8tat sera hiérarchi!ue et autoritaire, fondé sur la res"onsa'ilité et le co ande ent s)e(er0ant de haut en 'as, $ tous les échelons de la hiérarchie. ?hili""e ?étain, -essage au" +rançais, @ 4uin 19@1. ?rofesser le nationalis e et "rétendre rester individualiste est une contradiction insoutena'le. ?hili""e ?étain, 9evue universelle, 1er 4anvier 19@1.

I.
Ootre o'4et n)est "as de 4u5er l)Iuvre histori!ue du Maréchal ?étain, ais d)e("oser sa doctrine. Oous ne "ouvons ce"endant "asser sous silence les circonstances dans les!uelles elle fut définie et essa,ée. C)est $ la ?russe, en 1+A6, !u)il faut son5er si l)on veut re"lacer avec 4ustice l)entre"rise du Maréchal ?étain entre les années 19@A%19@@. 1e "ro'lè e était le : e > "ré"arer les 'ases d)un 8tat rénové, "endant et al5ré l)occu"ation étran5ère. C)est l$ un travail d)une e(tr: e difficulté !ui de ande un silence total de la Oation, un ac!uiesce ent uet au 'ut final et suffisa ent de force de caractère "our é"riser le contin5ent !u)est l)occu"ation étran5ère et ne son5er !u)au "er anent !ui est la révolution, $ acco "lir dans les es"rits et les institutions. 1a solution de facilité est évide ent l)attitude ro anti!ue de la révolte contre la défaite, "ourtant su'ie, sans s)interro5er sur les causes de cette défaite. Wne "oliti!ue du cIur ou une "oliti!ue de l)es"rit D 3el fut le dile e des années 19@A.
@7

Ue "ense !u)au4ourd)hui la "reuve est suffisa ent ad inistrée !ue "our n)avoir "as voulu suivre la "oliti!ue de l)es"rit, c)est%$%dire de la réfor e des institutions et des Iurs, la *rance su'it au4ourd)hui de nouvelles défaites sans !ue, cette fois, aucun allié ne vienne artificielle ent ettre fin $ sa déroute. Si les *ran0ais avaient écouté le Maréchal ?étain et l)avaient suivi sur la voie de la réfor e intellectuelle et orale !u)il "ro"osait, cela n)eGt "as e ":ché la li'ération du territoire en 19@@ et , eGt : e "ro'a'le ent aidé, ais du : e cou" les "ro'lè es "osés "ar la 3erreur de 19@@%@C n)eussent "as e(isté et les causes des nouvelles défaites fran0aises ne s)étant "as "roduites, ces défaites n)eussent 4a ais eu lieu.
« 1ro%eG'vous que les mét$odes et les $ommes. qui ont conduit le pa%s au désastre pourraient lui rendre sa grandeur K &

interro5eait le Maréchal ?étain en 19@3 et il a4outait >
« ,e vous le dis avec toute la conviction dont .e suis pénétré > si la pai" qu’attendent ces mauvais +rançais consiste 5 revenir au" mUurs politiques, économiques et sociales d’avant'guerre, la +rance ne se relèvera pas. &@

?eut%on dire !ue l)avenir lui ait donné tort D < << -l ne se dissi ulait "as la difficulté de réaliser une 6évolution nationale dans les conditions histori!ues dans les!uelles le "a,s se trouvait "lacé >
« 3ous devons, tragiquement, réaliser dans la défaite la révolution que, dans la victoire, dans la pai", dans l’entente volontaire de peuples égau", nous n’avons m#me pas su concevoir. &*

#t "ourtant, il fallait faire cette révolution. C)était une o'li5ation, : e, car « la vie n’est pas neutre ; elle consiste 5 prendre parti $ardiment. Fl n’% a pas de neutralité possi!le entre le vrai et le fau", entre le !ien et le mal, entre la santé et la maladie, entre l’ordre et le désordre &?. &insi "osé, le "ro'lè e devenait une o'li5ation orale au( ,eu(, du Maréchal. -l ferait la 6évolution « par le $aut » et elle descendrait « de proc$e en proc$e, .usqu’au" assises m#mes de l’(tat et de la 3ation »@. Quel serait son caractère D #lle tendrait $ créer une société or5ani!ue. C)est 'ien l$ la conce"tion co une $ toutes les révolutions antili'érales. #lles se reconnaissent $ la "lace !u)elles assi5nent $ l)individu dans l)8tat.
1 ; 3 @ -essages, @ avril 19@3. F!id., 11 octo're 19@A. 9evue des deu" -ondes, 1C aoGt 19@A. -essages, 13 aoGt 19@A. @+

« Fl ne s’agit pas de faire revivre plus ou moins telle ou telle conception périmée, ni de sacrifier 5 telles ou telles erreurs qui, parce qu’elles sont partagées par un grand nom!re d’individus, n’en deviennent pas pour cela des vérités. 1e que .e désire, c’est assurer une représentation réelle, des forces vives du pa%s. Les Assem!lées ]nationales, régionales, départementales ou municipales^ ne représenteront plus une poussière inorganique d’individus, mais la nation elle'm#me avec ses cadres traditionnels. Jlles seront la représentation aussi e"acte que possi!le des forces spirituelles, morales et économiques du pa%s. ,e voudrais qu’on % trouv)t l’éc$o et le reflet du ca!inet du penseur, du !ureau de l’écrivain, de l’éta!li de l’artisan, de l’atelier de l’artiste, de la !outique du commerçant, de l’usine de l’ouvrier, du c$amp= du c$amp surtout, o< le patient cultivateur sème le !lé, taille la vigne, récolte les moissons. »E

Cette conce"tion !ui tend $ considérer l)individu $ travers les fonctions !u)il re "lit dans la société, autre ent dit co e e 're s"écifié du cor"s social, différent des autres, a,ant une valeur "ro"re "ar et dans la fonction sociale, est une idée co une $ toutes les théories anti%individualistes. ?lus !ue "artout ailleurs, "eut%:tre, elle devait :tre ra""elée en *rance. #n tout cas, le Maréchal ?étain en fait consta ent état. ?our lui, il est nécessaire de >
« H=I réta!lir le cito%en .uc$é sur les droits dans la réalité familiale, professionnelle, communale, provinciale et nationale. 1’est de cette réalité que doit procéder l’autorité positive et c’est sur elle que doit se fonder la vraie li!erté, car il n’% a pas et ne doit pas % avoir de li!erté t$éorique et c$imérique contre l’intér#t général et l’indépendance de la nation. Fl ne suffira plus de compter les voi" ; il faudra peser leur valeur pour déterminer leur part de responsa!ilité dans la communauté. &\

&insi, sans nier le fonde ent "o"ulaire de « l’autorité positive », le Maréchal ?étain entend !u)elle soit le "roduit de volontés dont la valeur aura été 4u5ée au "réala'le, dont la "art dans la constitution de l)« autorité positive » sera fonction de cette valeur et cette autorité sera en : e te "s une res"onsa'ilité « dans la 1ommunauté ». #t il insiste 'ien > « 1e dernier principe donne 5 la 9évolution nationale une de ses significations essentielles »A. Se référant au "assé, il éclaire "ar la criti!ue !u)il en fait la conce"tion !u)il "ro"ose de l)8tat nouveau >
« 3ous avons pratiqué un régime politique o< le principe de l’irresponsa!ilité était posé de la !ase au sommet de l’(tat > irresponsa!ilité du corps préfectoral, irresponsa!ilité du pouvoir législatif ;
C 6 7 3élé5ra e $ M. U. =arthélé ,, @ octo're 19@1. -essages, + 4uillet 19@1. F!id., + 4uillet 19@1. @9

irresponsa!ilité du pouvoir e"écutif ]sauf pour le cas de $aute tra$ison^, celui d’incompétence n’étant pas retenu. 1’est pourquoi nous en sommes sortis par la porte du mal$eur. &B

1a for ation ilitaire du Maréchal ?étain lui faisait sentir "ro'a'le ent "lus vive ent !u)$ tout autre l)irres"onsa'ilité du ré5i e dé ocrati!ue. 9ans l)&r ée, il , a $ cha!ue échelon un res"onsa'le, l)inco "étence est retenue co e un e ":che ent d)occu"er certaines fonctions. 2n est res"onsa'le devant !uel!u)un, d)autres sont res"onsa'les devant vous selon une échelle hiérarchi!ue constante. 2r, l)8tat !ue con0oit le Maréchal ?étain sera un 8tat >
« H=I $iérarc$ique et autoritaire, fondé sur la responsa!ilité et le commandement s’e"erçant de $aut en !as, 5 tous les éc$elons de la $iérarc$ie. La $iérarc$isation d’une société, implique l’e"ercice de la responsa!ilité 5 tous les éc$elons. `tre responsa!le, c’est #tre capa!le de répondre de ce que l’on a fait. Le sentiment de la responsa!ilité est la caractéristique de l’#tre sain et normal. Le go:t de la responsa!ilité est le signe distinctif du c$ef. Le !esoin de responsa!ilités de plus en plus grandes e"prime le pouvoir d’ascension d’un $omme dans la $iérarc$ie sociale ou nationale. &C

#t, s)il ne nie "as !ue l)8tat doive offrir au( ho es des « c$ances égales » devant la vie et les « rendre égau" » devant la loi, « ces diverses sortes d’égalité, dit%il, doivent s’encadrer dans une $iérarc$ie rationnelle, fondée sur la diversité des fonctions et des mérites, et ordonnée, elle aussi, au !ien commun »1A. < << &vec les notions d)autorité, de hiérarchie et de res"onsa'ilité, celle !ui revient le "lus souvent dans les discours du Maréchal est celle de 1ommunauté. Co unauté de destin rendue "eut%:tre "lus sensi'le "ar les é"reuves !ue traversait la *rance.
« Dans les mal$eurs de la 4atrie, c$acun de nous a pu se rendre compte qu’il n’% a pas de destin purement individuel et que les +rançais n’e"istent que par la +rance. ,etés $ors de leurs maisons, loin de leurs c$amps, de leurs métiers, réduits 5 la condition de nomades, des millions de nos concito%ens ont appris par une cruelle e"périence, que l’$omme réduit 5 lui seul est la plus miséra!le des créatures. Dans ce naufrage de toutes leurs sécurités coutumières, c’est 5 ce qui restait de leurs villages, de leurs familles, de leurs fo%ers, qu’ils ont demandé l’assistance, c’est vers ce qui su!sistait encore de la nation qu’ils ont c$erc$é secours. 4uisse cette grande et terri!le leçon leur servir. La nature ne crée pas la société 5 partir des individus, elle crée les individus 5 partir de la société.
+ F!id., @ 4uin 19@1. 9 F!id., + 4uillet 19@1. 1A 9evue des deu" -ondes, 1C se"te 're 19@9. CA

L’individu, s’il prétend se détac$er de la société matérielle et nourricière, se dessèc$e et meurt sans porter fruit= L’individualisme reçoit tout de la société et ne lui rend rien. Fl .oue vis'5' vis d’elle un rMle de parasite. uand elles sont fortes et ric$es, les sociétés peuvent supporter un certain degré de parasitisme. Lorsque ce degré est dépassé, la société s’effondre et ses parasites avec elle= 0eul le don de soi donne son sens 5 la vie individuelle en la rattac$ant 5 quelque c$ose qui la dépasse, qui l’élargit et la magnifie. Dans une société !ien faite, l’individu doit accepter les lois de l’espèce, l’espèce ne doit pas su!ir les volontés anarc$iques des individus et cela dans l’intér#t des individus eu"'m#mes= L’esprit nouveau doit #tre un esprit de communion nationale et sociale. 4rofesser le nationalisme et prétendre rester individualiste est une contradiction insoutena!le. &@@

Cette notion de Co vivants. ?our lui >

unauté, le Maréchal ?étain ne la li ite "as au(

« un peuple n’est pas un nom!re déterminé d’individus, ar!itrairement comptés au sein du corps social et comprenant seulement les natifs du se"e masculin parvenus 5 l’)ge de raison. H=I Dn peuple est une $iérarc$ie de familles, de professions, de communes, d’administration et de familles spirituelles, articulées et fédérées pour former une patrie. Animées d’un mouvement continu d’ascension sociale et morale, tendues vers de l’avenir par un idéal collectif, elles produisent des $ommes, qui, sélectionnés par les services rendus 5 la communauté, deviennent dans tous les ordres d’activité, les élites de la nation. Dans une nation constituée par l’ensem!le de ces forces organiques, un petit nom!re conseillent, quelques'uns commandent et, au sommet, un c$ef qui gouverne. &@*

II.
Quel va :tre le oteur de cet 8tat ono%archi!ue D Ce sera l)Sonneur. C)est un ot !ue, toute sa vie, le Maréchal a lu sur les dra"eau( des &r ées fran0aises > « Lonneur et 4atrie ». -l en eut "ersonnelle ent la reli5ion.
« 0ans $onneur et sans esprit de communauté, il n’est plus rien qui endigue les évasions individuelles. /out s’effrite. ;n croit pouvoir se sauver seul, et l’on périt avec les autres. &@?

#t lors!u)il voudra codifier en !uel!ue sorte les "oints "rinci"au( de sa "hiloso"hie "oliti!ue, il leur donnera le titre 5énéral de 4rincipes de la 1ommunauté. -l ne s)a5it "as d)un "ro5ra e, ais "ourrait%on dire de seiFe "ro"ositions "oliti!ues !ui constituent l)essentiel de la doctrine de l)8tat fran0ais tel !u)il l)avait con0u.
11 9evue universelle, 1er 4anvier 19@1. 1; -essages, + 4uillet 19@1. 13 Le 4etit 4arisien, 3 4uin 19@3. C1

-. 1)ho e tient de la nature ses droits fonda entau(, ais ils ne lui sont 5arantis !ue "ar les co unautés !ui l)entourent H sa fa ille !ui l)élève, la "rofession !ui le nourrit, la nation !ui le "rotè5e. --. 6econnaJtre $ l)ho e des droits sans lui i "oser des devoirs, c)est le corro "re. 1ui i "oser des devoirs sans lui reconnaJtre des droits, c)est l)avilir. ---. 1a li'erté et la 4ustice sont des con!u:tes. #lles ne se aintiennent !ue "ar les vertus !ui les ont en5endrées > le travail et le coura5e, la disci"line et l)o'éissance au( lois. -E. 1es cito,ens doivent travailler $ rendre la société tou4ours eilleure. -ls ne doivent "as s)indi5ner !u)elle soit encore i "arfaite. E. 1)es"rit de revendication retarde les "ro5rès !ue l)es"rit de colla'oration réalise. E-. 3out cito,en !ui cherche son 'ien "ro"re hors de l)intér:t co un, va contre la raison et contre son intér:t : e. E--. 1es cito,ens doivent $ la ?atrie leur travail, leurs ressources et leur vie : e. &ucune conviction "oliti!ue, aucune "référence doctrinale ne les dis"ensent de ces o'li5ations. E---. 3oute co unauté re!uiert un chef. 3out chef, étant res"onsa'le, doit :tre honoré et servi. -l n)est "as di5ne d):tre un chef dès !u)il devient o""resseur. -X. 1)8tat a "our fins la sécurité, le 'onheur et la "ros"érité de la souveraineté de la Oation. -l doit au cri inel le ch.ti ent, $ l)innocent la "rotection, $ tous la souveraineté des lois. Ces hauts devoirs définissent sa ission. -l ne l)acco "lit !u)en e(er0ant l)autorité dans la 4ustice. X. 1)8tat doit :tre indé"endant et fort. &ucun 5rou"e ent ne "eut :tre toléré, !ui o""ose les cito,ens les uns au( autres, et tend $ ruiner l)autorité de l)8tat. 3oute féodalité et en "éril l)unité de la Oation. 1)8tat se doit de la 'riser. X-. 1)8tat de ande au( cito,ens l)é5alité des sacrifices > il leur assure en retour l)é5alité des chances. X--. 1)8cole est le "rolon5e ent de la *a ille. #lle doit faire co "rendre $ l)enfant les 'ienfaits de l)ordre hu ain !ui l)encadre et le soutient. #lle doit le rendre sensi'le $ la 'eauté, $ la 5randeur, $ la continuité de la ?atrie. #lle doit lui ensei5ner le res"ect des cro,ances orales et reli5ieuses, en "articulier de celles !ue la *rance "rofesse de"uis les ori5ines de son e(istence nationale. X---. Oi la naissance ni la fortune ne confèrent le droit au co ande ent. 1a vraie hiérarchie est celle du talent et du érite. X-E. 1)écono ie d)un "a,s n)est saine !ue dans la esure o7 la "ros"érité des entre"rises "rivées concourt au 'ien 5énéral de la co unauté. XE. 1a fortune n)a "as seule ent des droits H elle a aussi des devoirs "ro"ortionnés au( "ouvoirs !u)elle confère. XE-. 1)8tat délè5ue $ ses fonctionnaires une "art de son autorité et leur fait confiance "our l)e(ercer en son no H ais "our cette raison : e, il "unit leurs défaillances avec une sévérité e(e "laire.

< << 1ors!ue le Maréchal ?étain a'orde la !uestion sociale, il conserve la : e éthode !ue nous l)avons vu e "lo,er dans son évaluation de la !uestion "oliti!ue > d)a'ord l)e(a en criti!ue du "assé.
« Le régime économique de ces dernières années faisait appara6tre les m#mes imperfections et les m#mes contradictions que le régime politique >
C;

sur le plan parlementaire, apparence de li!erté. 0ur le plan de la production et des éc$anges, apparence de li!éralisme, mais, en fait, asservissement au" puissances d’argent et recours de plus en plus large au" interventions de l’(tat. 1ette dégradation du li!éralisme économique s’e"plique d’ailleurs aisément. La li!re concurrence était, 5 la fois, le ressort et le régulateur du régime li!éral. Le .our o< les coalitions et les trusts !risèrent ce mécanisme essentiel, la production et les pri" furent livrés, sans défense, 5 l’esprit de lucre et de spéculation. Ainsi se déroulait ce spectacle révoltant de millions d’$ommes manquant du nécessaire en face de stocZs invendus et m#me détruits dans le seul dessein de soutenir le cours des matières premières. &@_

1a nouvelle or5anisation sociale devra donc :tre con0ue de anière $ re édier au( i "erfections de l)ancien s,stè e. #lle ne sera "as un « li'éralis e », "uis!u)elle n)hésitera "as « 5 com!attre la violence qui se cac$e sous certaines li!ertés apparentes et 5 c$erc$er dans certaines contraintes légales un indispensa!le instrument de li!ération ». C)est l$ une notion essentielle. 1)or5anisation li!ère, au( ,eu( du Maréchal, alors !ue le li'éralis e a'outit $ des violences occultes. Mais 4us!u)$ devra%t%on aller dans l)or5anisation de la "roduction D
« Jlle ne sera pas un 7socialisme8 puisqu’elle respectera dans une large mesure la li!erté individuelle et qu’elle conservera le puissant moteur du profit individuel. Jlle ne sera pas un capitalisme puisqu’elle mettra fin au régime de l’économique et 5 son immorale autonomie et qu’elle su!ordonnera le facteur argent et m#me le facteur travail au facteur $umain. H=I L’idée d’une économie concrète, définie par des volontés $umaines et soumise au .ugement de la conscience morale, c’est l’idée m#me qui dominait son Hcelui de la +ranceI régime social traditionnel. &

#t il a4oute >
« L’idée nationale'socialiste de la primauté du travail et de sa réalité essentielle par rapport 5 la fiction des signes monétaires, nous avons d’autant moins de peine 5 l’accepter qu’elle fait partie de notre $éritage classique H=I. &@E

-l est évident< !ue le Maréchal "ensait l$ $ la doctrine 'arrésienne, au ?ro5ra e de Oanc, o7 le dé"uté nationaliste s)intitulait > ré"u'licain socialiste nationaliste. Mais, "lus haut dans le te "s, c)est $ l)or5anisation cor"orative traditionnelle !u)il "ense. -l "arlera de la « nécessité d’organiser la profession sur une !ase corporative o< tous les éléments d’une entreprise puissent se rencontrer, s’affronter ou se composer » et il a4outera > « nécessité d’avoir,
1@ -essages, 11 octo're 19@A. 1C 9evue des deu" -ondes, 1C se"te 're 19@A. < NOd8P -l "ensait 'ien au( auteurs classi!ues > « L’idée nationale'socialiste H=I fait partie de notre $éritage classique, 5 telle enseigne que nous la trouvons telle quelle c$eG le plus +rançais de nos écrivains, c$eG le plus national de nos poètes, le !on La +ontaine. 9appeleG'vous la fa!le que vous aveG tous apprise 5 l’école, 1e 1a'oureur et ses enfants H=I ». C3

au sein de la profession organisée un représentant de l’(tat c$argé d’ar!itrer souverainement les oppositions qui s’avéreraient autrement irréducti!les »16. 1)écono ie doit donc :tre « or5anisée et contr/lée ».
« La coordination par l’(tat des activités privées doit !riser la puissance des trusts et leur pouvoir de corruption. &@A

-l ne s)a5it aucune ent de « !rider l’initiative individuelle » ais de li'érer l)écono ie de ses entraves actuelles « en la su!ordonnant 5 l’intér#t national &. < << 1a conce"tion financière de la 6évolution nationale devait évide ent tenir co "te des contin5ences du o ent > une #uro"e en 5uerre, des 'arrières éta'lies "artout autour des écono ies nationales. -l est difficile de dire ce !u)aurait été la conce"tion financière du Maréchal ?étain en te "s de "ai(, dans d)autres circonstances. #n tout cas la "osition !u)il a ado"tée était en concordance lo5i!ue avec son s,stè e écono i!ue et les i "ératifs de l)é"o!ue.
« La monnaie doit #tre au service de l’économie, elle doit permettre le plein essor de la production dans la sta!ilité des pri" et des salaires. Dne monnaie saine est, avant tout, une monnaie qui permet de satisfaire au" !esoins des $omes. 3otre nouveau s%stème monétaire ne devra donc affecter l’or qu’5 la garantie des règlements e"térieurs. Fl mesurera la circulation intérieure au" nécessités de la production. Dn tel s%stème économique implique un dou!le contrMle > sur le plan international, contrMle du commerce e"térieur et des c$arges pour su!ordonner au" nécessités nationales l’emploi des signes monétaires sur les marc$és étrangers ; sur le plan intérieur, contrMle vigilant de la consommation et des pri", afin de ma6triser le pouvoir d’ac$at de la monnaie, d’emp#c$er les dépenses e"cessives et d’apporter plus de .ustice dans la répartition des produits. &@B

1a "oliti!ue onétaire est donc inti e ent liée $ la "oliti!ue sociale et celle%ci ne "oursuit "as de fins "ro"res dans la conce"tion de la Co unauté telle !ue l)envisa5e le Maréchal ?étain. -l ne saurait "as davanta5e :tre !uestion "our lui de choisir entre les classes. &vec tous les doctrinaires nationalistes il nie la réalité de l)anta5onis e des classes. #lle n)est !u)une fausse évidence. C)est le s,stè e li'éral !ui la "roduit. #lle est une consé!uence et non une constante. *aire dis"araJtre les causes, c)est faire dis"araJtre les consé!uences. Sans doute, « la concurrence est la loi de la vie » et les intér:ts des "atrons et des ouvriers « peuvent parfois #tre opposés » ais au%dessus de cette o""osition, il , a « l’intér#t général de la profession qui est commun 5 tous ».
16 9evue des deu" -ondes, 1C se"te 're 19@A. 17 -essages, 11 octo're 19@A. 1+ F!id. C@

1e "ro'lè e est donc de do iner cette o""osition "ossi'le en favorisant l)intér:t 5énéral de la "rofession !ui est lui% : e « englo!é dans l’intér#t plus général encore de la production &@C. < << 1)8tat nouveau, tel !ue le voit le Maréchal ?étain, est une construction hiérarchisée !ui e 'rasse toutes les activités nationales, non "our se su'stituer au( initiatives individuelles, ais "our les coordonner selon l)intér:t 5énéral, dont lui seul "eut avoir une vue d)ense 'le. Cette hiérarchie est une ",ra ide de chefs, res"onsa'les $ tous les échelons. &u so et, il , a le Chef de l)8tat *ran0ais. 2n n)e "lo,ait "lus durant la 6évolution nationale le ot « 6é"u'li!ue ». 2n disait > « 1)8tat *ran0ais ». Montes!uieu eGt été e 'arrassé "our le classer. -l était sans doute "lus "rès des institutions onarchi!ues !ue du s,stè e dé ocrati!ue. -l eut évolué très vite vers une sorte de ono%archie élective. -l est d)ailleurs curieu( de constater !ue les s,stè es nationalistes du XX e siècle se 'lent s):tre souvent ins"irés des institutions du Sacré collè5e de l)85lise ro aine.

19 9evue des deu" -ondes, 1C se"te 're 19@1. CC

VI. "nrico Corradini ou la naissance du nationalisme italien
1e "roducteur et le soldat con!uièrent et la con!u:te s)a""elle e "ireK #nrico Corradini, Discours 5 la ,ournée coloniale, 19;7. 1e nationalis e est une for e de vie collective. #nrico Corradini, L’om!re della vita. Su""ri eF la lutte et vous su""ri eF la vie. F!id.

I.
1e nationalis e italien, en tant !ue ouve ent "oliti!ue, est né $ *lorence, le 3 déce 're 191A, avec la constitution de l) AssociaGione naGionalista italiana. Mais il faut re onter !uatre ans "lus t/t "our saisir les otifs histori!ues et "s,cholo5i!ues !ui "rovo!uèrent l)a""arition du nationalisme dans le "anora a "oliti!ue italien. 8cartons d)a'ord, co e nous l)avons fait "our l)école nationaliste fran0aise, la confusion avec le nationalitarisme. 1)auteur de l)article « OaFionalis o » dans l)#nciclo"edia italiana l)e("li!ue fort 'ien >
« (tant donné la signification spécifique prise par le mot nationalisme, on ne peut entendre par cette e"pression toute doctrine qui place en son centre la nation, car toute l’$istoire du SFSe siècle depuis le triomp$e du principe des (tats fondés sur l’indépendance et la souveraineté nationale, pourrait #tre, en ce sens, considérée comme une $istoire des nationalismes, mais ce mouvement idéologique et sentimental qui s’est affirmé en Jurope avec les victoires de 3apoléon Fer et qui a été repris et proclamé comme principe et su!stance des (tats de formation récente ]Ftalie et Allemagne^ durant le 0econd Jmpire est plus .ustement appelé par certains t$éoriciens comme A. 4agano, nationalitaris e, c’est'5'dire doctrine fondée sur le principe des nationalités. Jlle s’accorde donc avec les principes du li!éralisme politique et a pu #tre ainsi considérée comme le fondement de nouvelles conceptions du droit international de 4ascal 0tanislas -ancini, .ustement en plein 9isorgimento@ italien > TQuand ces "rinci"es furent "ortés "ar la dé ocratie 4us!u)$ l)e(cès Z et ainsi se corro "irent Z le nationalitaris e "erdit ses contours et se confondit avec l)universalis e dé ocrati!ue.
1 Mouve ent national !ui a ena au X-Xe siècle l)unification de l)-talie en se 'asant sur les "rinci"es dé ocrati!ues et nationalitaires. C6

#n réaction contre un tel "rocessus de décadence "oliti!ue, et co e antidote au( "artis sur5Jt alors, dans les "re ières années du siècle, le nationalis e !ui fut un ouve ent co un $ toute l)#uro"e en : e te "s !u)un ouve ent et une doctrine de cha!ue nation "articulière avec des caractères co uns et des caractères "articuliers corres"ondant au 5énie et $ la tradition histori!ue des différents "eu"lesY. »

1e nationalis e italien, tout co e le nationalis e fran0ais, s)affir e donc résolu ent anti%nationalitaire et anti%li'éral. Maurras disait !ue le nationalis e n)était "as le nationalitaris e, ais !ue c)en était : e le contraire. < << 1e fondateur du nationalis e italien fut l)écrivain #nrico Corradini. Corradini était né le ;A 4uillet 1+6C, $ Sa iniatello, "rès de *lorence. -l avait donc trente ans lors!ue la défaite d)&doua vint 'riser les es"oirs de l)-talie de "artici"er sur une 5rande échelle au( con!u:tes coloniales !ue l)&n5leterre et la *rance enaient alors concurre ent dans cette &fri!ue !ue les -taliens considéraient co e le "rolon5e ent histori!ue et naturel de l)# "ire ro ain. 2r, un 5rave "ro'lè e se "osait $ l)-talie > celui de l)é i5ration o7 se "erdait tant de vi5ueur et de san5 italien au 'énéfice d)autres "eu"les. 1a situation se "résentait tout autre ent !u)en *rance o7 le nationalis e s)affir ait conservateur des richesses orales et atérielles de la Oation, ais n)avait "as Z sauf l)&lsace%1orraine Z de revendications territoriales $ faire valoir et "our le!uel les con!u:tes coloniales n)étaient "as un i "ératif dérivé d)un ur5ent 'esoin de résoudre la !uestion dé o5ra"hi!ue co e en -talie. 9ès ses ori5ines, le nationalis e italien récla e « l’autorité de l’(tat pour emp#c$er la désagrégation, et la guerre pour réassumer les fins $istoriques du 9isorgimento et commencer une nouvelle p$ase de puissance et de prestige italiens dans le monde »;. 2n va trouver cheF Corradini et les "re iers doctrinaires du nationalis e italien toutes les for ules !u)on s)est ha'itué $ considérer co e "ro"res au fascis e et 'on no 're des re"roches !u)on a adressés $ ce dernier se tro "ent d)adresse. Mussolini n)a "as été l)inventeur de l)as"ect i "érialiste du fascis e, il l)a hérité de Corradini. 2n voit, dès les "re ières années du XX e siècle, Corradini créer dans son Iuvre d)écrivain des "ersonna5es « de caractère dur et solitaire » en réaction au rel.che ent de son é"o!ue. 9ans Niulio 1esare L19A;M, il e(alte le 5énie et la force de l)ho e et de 6o e « en totale antit$èse avec la vision démocratique positive, alors 5 la mode, de la formation de l’Jmpire ». Mais 'ien vite, il ne lui suffit "lus de créer des "ersonna5es i a5inaires, il son5e $ a5ir directe ent dans la "oliti!ue italienne et fonde, en nove 're 19A3, une revue > Fl 9egno, annon0ant en ces ter es le 'ut !u)il se "ro"ose >
; Jnciclopedia italiana, article « nationalis e ». C7

« -es amis et moi avons un seul !ut > #tre une voi" parmi toutes celles qui se plaignent et s’indignent de la l)c$eté qui caractérise l’$eure nationale présente= une voi" parmi d’autres pour $onnir ceu" qui font tout pour #tre vaincus. 4our $onnir la !ourgeoisie italienne qui règne et gouverne. &

< << 9u ouve ent intellectuel suscité "ar Corradini devait naJtre, au cours d)une réunion tenue au ?alaFFo Eecchio, $ *lorence, dans la salle des 9uocento, le 3 déce 're 191A, l)&ssociaFione naFionalista -taliana. #lle allait rasse 'ler des ho es !ui avaient « concilié l’idée nationaliste et impérialiste et les principes du s%ndicalisme révolutionnaire »?. 2n , trouve 1ui *ederFoni !ui s)était fait re ar!uer "ar ses ca "a5nes irrédentistes dans le 3rentin, EincenFo ?icordi, de la 9assegna contemporanea, [ualtiero Castellani, etc. 1e 1er ars 1911, $ la date, choisie volontaire ent, de l)anniversaire de la défaite d)&doua, sortit le "re ier nu éro de l) Fdea 3aGionale, he'do adaire dont le co ité de direction co "renait Corradini, *ederFoni, *. Co""ola, 6. *or5es%9avanFati et M. Maravi5lia. 2n ne co "rendrait rien $ la fa euse a"ostro"he de Mussolini, au 'alcon du ?alais de Eenise, "endant la 5uerre d)8thio"ie > « Adoua est reconquise O », si l)on n), vo,ait la ré"onse $ l)a""el lancé "res!ue un de i%siècle "lus t/t "ar l)Fdea 3aGionale. Mussolini n)innovait rien, il acco "lissait. < << L’Fdea 3aGionale se "ro"osait > 1M de ra""eler les -taliens au senti ent et $ la connaissance du 5énie de 6o e et de l)# "ire H ;M de li'érer la culture universitaire de l)i itation étran5ère H 3M de réveiller le sens et l)autorité de l)8tat en s)o""osant $ l)action désa5ré5atrice des "artis et des classes et $ l)individualis e chroni!ue des -taliens H @M de relever le "resti5e de la Monarchie et de considérer l)85lise co e l)-nstitut séculaire et 5lorieu( de la vie reli5ieuse nationale et internationale H CM de renforcer l)or5anisation ilitaire de l)8tat H 6M de diri5er toutes les éner5ies vers la con!u:te coloniale en &fri!ue "our en faire le terrain d)une é i5ration italienne non servile H 7M de co 'attre dans le "arle entaris e et la dé ocratie a0onni!ue la corru"tion et l)e(tr: e décadence des institutions et des forces "oliti!ues héritières du 6isor5i ento H +M de co 'attre dans le socialis e la "erversion de tout un "eu"le fait enne i de la "atrie et étran5er et hostile $ l)8tat H 9M de co 'attre dans la dé ocratie "arle entaire et a0onni!ue, co e dans le socialis e,
3 F!id. C+

deu( internationalis es, l)un 'our5eois, l)autre "rolétarien, ais tous deu( enne is de la Oation H 1AM de considérer la "oliti!ue étran5ère co e la ission la "lus i "ortante de l)8tat H 11M de "ro ouvoir la solidarité de toutes les classes "our arriver $ un "lus 5rand 'ien%:tre collectif dans la lutte écono i!ue et "oliti!ue entre les nations@. #n 191;, l)AssociaGione naGionalista "rocla ait l)antithèse e(istant entre le "rinci"e national et le "rinci"e dé ocrati!ue et déclarait inco "ati'le l)a""artenance $ la Ma0onnerie et au Oationalis e. #lle déclenchait une violente ca "a5ne anti a0onni!ue et il est curieu( de noter !u)$ la : e é"o!ue, Mussolini dénon0ait l)action corru"trice de la Ma0onnerie au sein du "arti socialiste o7 il ilitait alors. #n 1913, *ederFoni et ?iero *oscari entraient $ la Cha 're co e dé"utés nationalistes. #n ai 191@, l)AssociaGione naGionalista "rocla ait l)inco "ati'ilité e(istant entre le nationalis e et le li'éralis e re"oussé co e doctrine écono i!ue et "oliti!ue. Wne scission devait suivre cette "rise de "osition et des 5rou"es nationalises%li'érau( se constituèrent autour du 4ournal l)AGione de =olo5ne, ais l)orientation nationaliste resta résolu ent antili'érale. &"rès la 5uerre, les nationalistes ado"tèrent co e unifor e la che ise 'leue !u)ils ne !uitteront !u)en ars 19;3 lors de l)unification du nationalis e et du fascis e. 1)Fdea 3aGionale était !uotidienne de"uis 191@ > elle fusionna en 19;C avec la /ri!una. 1e fascis e réalisait les 'uts essentiels de l)AssociaGiane 3aGionalista. Ootons !ue le "re ier inistre des colonies de Mussolini fut *ederFoni, un des fondateurs de l)&ssociaFione dont le r/le "rinci"al avait été de tenir consta ent en éveil l)o"inion italienne sur la nécessité de l)e("ansion en &fri!ue "our , réaliser, en terre italienne, une é i5ration non servile. Corradini !ui avait sé4ourné, en 19A9, au =résil et en &r5entine, en était revenu avec la vision de ce !ue "ourrait faire la colonisation italienne dans des terres !ui lui a""artiendraient et toute son Iuvre s)en est trouvée "rofondé ent influencée.

II.
1)Iuvre de Corradini est i ense. Ce !ui fra""e au4ourd)hui, c)est !u)on , trouve l)essentiel de l)idéolo5ie fasciste et 4us!u)$ certaines e("ressions co e la fa euse évocation des « nations%"rolétaires » !ue tout le onde attri'ue $ Mussolini. C)est tout si "le ent le titre d)une conférence "rononcée en 1911 "ar #nrico Corradini > « 1es nations "rolétaires et le nationalis e ».
@ F!id. C9

Corradini , déclarait !ue le nationalis e italien devait tendre $ "lacer les "ro'lè es de la vie nationale sur le "lan de la "oliti!ue étran5ère, car, disait%il, « les conditions de vie d’une nation sont liées au" conditions de vie des autres nations ». ?our certaines nations, cette liaison est « su!ordination et dépendance, dépendance économique et morale, m#me s’il n’e"iste pas de dépendance politique ». 2r, l)-talie est "récisé ent une de ces nations et la dé"endance dans la!uelle elle se trouve est 5rave. #lle doit s)en affranchir co e elle s)est affranchie de la dé"endance "oliti!ue. 1)-talie est une « nation prolétaire ». #t Corradini déclarait !ue le nationalis e devait :tre « pour toute la nation » ce !ue le socialis e re"résentait "our le seul "rolétariat, c)est%$%dire une tentative de réde "tionC. ?our atteindre ce 'ut, le nationalis e devait donner $ l)-talie une nouvelle classe diri5eante et créer une nouvelle classe de « "roducteurs » Z retenons ce ter e de « "roducteurs » !ue re"rendra le fascis e et !ui contient en 5er e toute la notion cor"orative de l)8tat. 1)8tat doit :tre asseF fort "our susciter, disci"liner et conduire avec la "lus 5rande vi5ueur les éner5ies "roductrices, ais sans intervenir dans la 5estion des entre"rises. < << 1)influence nietFschéenne cheF Corradini, co e cheF Mussolini, est indénia'le. #lle fut 5rande cheF les ho es de cette 5énération. ?our Corradini, le Surho e « prend aussitMt un nom et un visage. Fl devient ,ules 1ésar, le créateur de l’Jmpire 6 ».
« 1e qui manque avant tout au" Ftaliens, c’est la conscience du passé, de la /radition nationale'romaine, parce que dans l’illusion de conquérir une plus ample li!erté individuelle, ils ont détruit l’organisme spirituel qui lie les vivants au" morts et 5 ceu" qui na6tront. ;n a fait de l’école un lieu d’instruction alors qu’elle était ou aurait d: #tre un lieu d’éducation. »

1a fa ille, elle% : e, a "erdu le sens de sa ission et "ourtant, dira Corradini dans une très 'elle for ule, « c$aque famille était une d%nastie et la nation une société de rois », et la hiérarchie de la fa ille se reflétait dans celle de la Société. Corradini est donc traditionaliste et, tout co e les aJtres de l)école nationaliste fran0aise, il voit dans la 6évolution de 17+9 la cause de la 5rande ru"ture de l)é!uili're dans la Société.
« Fl n’% eut plus de $iérarc$ies. D’un cMté les individus, de l’autre l’$umanité ; c$aque idée, c$aque principe devait courir les aléas de plé!iscites selon l’accord ou le désaccord des intéressés. »A
C 6 7 Fl 3aGionale, 17 octo're 19C@. =ellon5e [offredo, "réface de la 9inascita 3aGionale de #nrico Corradini, ". X-. F!id., ". XE--. 6A

-l faut re'.tir la Société avec l)aide des Surho es, ais $ "artir de !uel élé ent D R "artir de la Oation. ?our!uoi D Mais "arce !ue les nations e(istent.
« Les nations sont des faits $istoriques qui sont arrivés et arrivent. Dne nation est un fait géograp$ique, c’est un fait climatique, c’est un fait et$nique ; on discute sur la valeur de la race dans la composition du peuple, mais on ne peut discuter sur le mélange des sangs, sur les diverses compositions de sang qui font les Ftaliens, les +rançais, les Jspagnols, les Allemands, les Anglais et ainsi de suite, différents entre eu". D’autre part, la nation est un fait $istorique proprement dit, un fait de langue, un fait de culture, un fait de politique. »+

?enser !ue les nations "ourraient se fondre en une co unauté "lus vaste, co e les Cités se sont fondues dans la nation, est une déduction o'tenue « par une analogie erronée », car les Cités se sont 5rou"ées sans doute "our accroJtre leur dévelo""e ent, ais surtout, "eut%:tre "our résister $ l)e(térieur >
« 4lus que la volonté des $ommes du pa%s, la volonté des étrangers a formé la nation avec les guerres, les invasions, les déportations ; et il est pro!a!le qu’aucune nation ne serait née sans la lutte e"térieure parce que sans celle'ci, il n’% aurait pas eu !esoin de s’unir, il n’% aurait pas eu !esoin d’une énergique volonté commune et les révolutions auraient tou.ours plus tendu 5 désunir, ou !ien l’inertie aurait tou.ours plus tendu 5 corrompre ou 5 dé!iliter. Les nations sont apparues parce qu’il % a eu un antagonisme et, d’une certaine manière, elles ne sont que la consolidation d’un état de guerre permanent, des unes contre les autres. »

#t, de cette constatation, Corradini va tirer une affir ation !ui sera $ la 'ase de la volonté de "uissance italienne "ré%fasciste et fasciste >
« Deu" forces agissent ensem!le dans la vie > une force d’association ]alliance d’éléments de m#me affinité pour la défense commune^ et une force de lutte. 0upprimeG la lutte et vous supprimeG la vie. ;u !ien l’$omme est de!out pour lutter, ou !ien il g6t, cadavre, en proie au" vers. La vie $umaine est par sa nature m#me dramatique. &C

2r, une lutte su""ose un o'4ectif, un 'ut, une ,eu( de Corradini >

ission. C)est "our!uoi, au(

« une nation est surtout un consentement de générations qui se succèdent pour une mission 5 accomplir 5 travers les siècles. DétruiseG la mission, o!scure dans les multitudes, claire c$eG les c$efs, qu’ils soient consuls ou rois, sénat ou parlement, aristocratie ou démocratie ; détruiseG cela, c’est'5' dire le devoir qui na6t au.ourd’$ui de l’Uuvre d’$ier, tou.ours plus vaste, et vous aureG détruit la nation. 2ous aureG détruit l’$istoire de la nation et il n’en restera plus que la c$ronique. &@W
+ L’om!ra della vita, ". ;+7. 9 F!id., ". ;+7. 1A F!id., ". ;+7. 61

?our Corradini, les nations a5issent dans le dans la Cité >

onde co

e les fa illes

« La famille, c’est l’$omme qui a pour lui la force des générations, et avec cette force il accomplit tout ce qui n’est pas permis 5 l’individu. La nation est une multitude qui a pour elle la force d’une multitude de générations avec lesquelles se crée l’$istoire du monde. &@@

#t dans un raisonne ent ri5oureu(, Corradini va éta'lir !ue la nation est « une personne spirituelle » >
« 0ur le territoire, la race forme sa nationalité. Les autres éléments sont l’$istoire, la langue, la religion, l’Uuvre de la civilisation, les institutions politiques. /ous concourent 5 la formation. La race apporte ses germes spirituels pour former l’esprit de la nation. Le territoire lui'm#me selon sa nature, position géograp$ique, terrestre et maritime ou simplement terrestre, selon son e"tension et sa productivité, est formateur de la race dans sa fonction d’éla!oration de la nation qui est de nature spirituelle. La nation est donc dans son corps p$%sique une communauté spirituelle. »1;

Eoil$ sa nature définie. #lle est la co unauté s"irituelle de toutes les 5énérations !ui ont e(isté sous son no . C)est%$%dire !u)elle est non leur so e, ais leur unité.
« La nation est une personne spirituelle. »13

< << Cette unité fonda entale de la nation, Corradini donnera $ l)8tat la ission de la réaliser et de la aintenir. 1$ encore il occu"e une "osition !ue le fascis e ne fera !ue re"rendre.
« La nation, 5 travers la lutte de ses éléments, réalise, gr)ce 5 l’(tat et dans l’(tat, son unité fondamentale pour la transformer en puissance, com!attre dans la concurrence mondiale et s’agrandir. La nation dans sa vie interne est unité productive, elle est organisme de travail et de production et sur le plan e"térieur, elle est l’unité com!attante, devenue organisme de puissance. »

&ussi, "our Corradini, le nationalis e est%il o'li5atoire ent « une forme de vie collective1@ ». -l est « la doctrine de ceu" qui considèrent la nation comme la plus vaste unité de la vie collective, comme un vrai et propre individu plus grand1C ». #t c)est cette for e de « vie collective » !ue Corradini o""ose au( ar(istes >
« Le nationalisme est en somme la réaffirmation de la solidarité nationale contre la lutte de classes, c’est l’effort réalisé pour remettre 5 leur place les classes et les su!ordonner de nouveau au" fins de la nation NKP
11 1; 13 1@ 1C Discorci politici, ". 36. L’unit5 et la potenGa delle naGioni, ". 167. F!id. L’om!ra della vita, ". ;+1. F!id., ". ;+C. 6;

Net c)estP dans l’(tat que la nation e"prime sa vertu d’organisation, c’est'5' dire de transformation de ses éléments en organes et de leurs forces en fonctions d’unité vivante. »16

&utre ent dit >
« L’(tat est la nation organique et active. »17

< << 1e nationalis e italien dut au( circonstances histori!ues, au( sources : es d)ins"iration au(!uelles il s)adressait, d)afficher avec une ro anti!ue violence, un i "érialis e dont le fascis e devait hériter un de i%siècle "lus tard. 1e décala5e e(istant entre la tradition de 6o e et la réalité italienne était facile $ su""ri er dans les es"rits enthousiastes, il était "lus difficile de l)ou'lier dans les faits. #n 191C, Corradini, avec tous les interventistes récla e « une guerre nationale, continuatrice, dit%il, de celle qui nous a donné la li!erté et l’unité, une seule guerre populaire reprise avec la m#me religion de Niuseppe -aGGini et avec la m#me épée que Niuseppe Nari!aldi ». -l attend de cette 5uerre !u)elle donne $ l)-talie l)&driati!ue, les =alVans, la Méditerranée, l)ouverture sur l)&sie dans les dé"ouilles de l)e "ire otto an, la fortune "oliti!ue, la sécurité ilitaire au( frontières, le retour des -taliens de 3rente, de 3rieste, de l)-strie et de la 9al atie1+.
« La lutte internationale, c’est la guerre K J$ !ien, que ce soit la guerre O Jt que le nationalisme suscite en Ftalie la volonté de la guerre victorieuse. »19

#t "ourtant, il eut, so

e toute, une vision "essi iste de l)avenir >

« 3otre Jmpire, sera conquis, organisé, conservé et ainsi tendra 5 mourir et alors il faudra que d’autres nous en c$assent comme furent c$assés nos pères les 9omains. -ais l’esprit de ce qu’ont fait nos pères et de ce qu’ont fait les Nrecs, dure, transmis en nous. Ainsi quelque c$ose nous est demandé que nous ne savons pas V pas encore V, mais nous est demandé 5 voi" $aute par une $umanité qui n’est pas encore née. »;A

Mussolini "arlera, lui aussi, un 4our, de ces e "ires « qui ne durent pas », ais !ui ont du oins « atteint 5 la grandeur, touc$é 5 un sommet » et !ui « survivent dans la mémoire des $ommes »;1. M. Michel Eivier a très 4uste ent "arlé de « romantisme fasciste » or, le nationalis e, selon la 'elle for ule de =arrès est un « classicisme ». Eoil$ une "re ière différence entre les deu( écoles nationalistes. #lle est i "ortante.
16 17 1+ 19 ;A ;1 Fl volere d’Ftalia, ". 163. L’unit5 et la potenGa delle naGioni, ". 97. Discorci politici, ". ;+C. F!id., ". 1A1. C)est ce !u)il écrit en 191; in 0opra le vie del nuovo Fmpero, ". ;3C. Sarfati Mar5uerita, -ussolini, ". 3A3. 63

VII. Benito Mussolini Duce du fascisme
Quarante ou cin!uante ouve ent d)horlo5erie. ille ho es d)élite ré5lés co e un

Mar5arita Sarfati, -ussolini 1a nation en tant !u)8tat est une réalité éthi!ue, !ui e(iste et vit dans la esure o7 elle se dévelo""e. =enito Mussolini, La Doctrine du fascisme. 1)8tat est $ son ori5ine un s,stè e de hiérarchies. =enito Mussolini, (dition définitive des Uuvres et discours. Ue ne 'luffais "ersonne en affir ant !ue l)-dée *asciste serait l)-dée du XXe siècle. Wne écli"se d)un lustre, de di( ans : e n)a aucune i "ortance. Ce sont les événe ents, en "artie, et les ho es, "ar leur fai'lesse, !ui "rovo!uent au4ourd)hui cette écli"se. Mais on ne "eut revenir en arrière. 1)Sistoire e donnera raison. K Wn 4eune, un "ur, trouvera nouveau(, audacieu( et di5nes d):tre suivis nos "ostulats de 1919 et les "oints de Eérone de 19@3. 1e "eu"le ouvrira alors les ,eu( et lui% : e décidera le trio "he de ces idées. =enito Mussolini, /estament politique.

I.
1e fascis e D -l faudrait dire les fascis es car il , en eut au oins trois > celui de la Marche sur 6o e, celui de la diarc$ie et ce al connu fascis e de la 6é"u'li!ue du Oord dans le!uel on voit Mussolini revenir au( thè es de sa 4eunesse. =enito Mussolini était né le ;9 4uillet 1++3, « un dimanc$e de grand soleil, de grande lumière, quando matura il grano »@. -l a laissé lui% : e ce ta'leau de sa fa ille et de ses années de 4eunesse >
« -on père n’était .amais allé 5 l’école. [ di" ans on l’avait envo%é dans le pa%s voisin 5 Dovadola, pour % apprendre le métier de forgeron. Fl se rendit ensuite 5 -eldola, o< il fut initié, entre @BAE et BW, au" idées internationalistes. Devenu ma6tre dans son métier, il ouvrit une !outique 5 Dovia. 1e village ne .ouissait pas d’une !onne renommée. Les gens % étaient tou.ours en querelle. -on père parvint 5 % trouver de l’ouvrage et commença 5 répandre parmi les pa%sans les idées socialistes. Fl organisa un groupe nom!reu" qui fut, par la suite, dissous par la police.
1 Sarfati Mar5arita, -ussolini, ". 17. 6@

,’étais un gamin entreprenant et !rusque. 4lus d’une fois .e suis rentré 5 la maison la t#te endommagée par une !ataille 5 coups de pierres. -ais .e savais prendre ma revanc$e= -a mère et ma grand'mère étaient cro%antes et pratiquaient, et .’allais avec elles ; mais .e ne pouvais demeurer longtemps 5 l’église, surtout dans les grandes cérémonies ; la flamme rose des cierges, l’odeur pénétrante de l’encens, l’éclat des v#tements sacrés, la poi" tra6nante des fidèles et le c$ant de l’orgue me trou!laient profondément. &

1ors!ue son "ère ourut, en 191A, Mussolini écrivit dans son 4ournal d)alors, La Lutte de classe >
« Fl ne nous a laissé aucun !ien matériel, mais un trésor spirituel, l’Fdée. &

9ans ces !uel!ues notations, il , a dé4$ toute la "ersonnalité de Mussolini. 9)a'ord l)hérédité du chef > « -on père organisa un groupe nom!reu" » H ensuite, la sensi'ilité italienne, déchirée entre la révolte socialiste et l)acce"tation chrétienne > « ,e ne pouvais demeurer longtemps 5 l’église » H et, enfin, un 5oGt "assionné "our l)idéalis e > il nous a laissé « un trésor spirituel, l’Fdée ». 1e fascis e, c)est essentielle ent la rencontre d)un te "éra ent doué de ces caractéristi!ues avec une situation donnée > celle de l)-talie de la "re ière oitié du XXe siècle. < << Co ent Mussolini o"éra%t%il le "assa5e du socialis e au fascis e D ?asser d)une doctrine connue $ une autre connue est une chose, ais dé5a5er une nouvelle for e de "ensée, cela su""ose un che ine ent fort intéressant du raisonne ent. Mar5arita Sarfati "rétend !ue c)est l)influence de Eilfredo ?areto !ui fut décisive sur Mussolini > « 4areto lui transmit sa manière si particulière d’étudier les pro!lèmes par une rec$erc$e e"périmentale agile et adroite. ;n ne part d’aucune t$éorie, d’aucun s%stème. /out au plus, un s%stème est adopté comme !ase et par $%pot$èse s’il peut e"pliquer provisoirement toute une série de faits ». C)est une sorte d)« e "iris e or5anisateur ». Mussolini s)est tou4ours considéré co e « un $omme en marc$e ». -l lui arriva de si5ner une série d)articles > « 1)ho e !ui cherche ». Wn 4our !ue Mar5arita Sarfati lui faisait re ar!uer !ue la veille il avait "ris une décision contraire $ celle !u)il défendait au4ourd)hui, il ré"ondit si "le ent > « -adame, $ier et au.ourd’$ui sont deu" .ours différents ». -l a 'eaucou" fré!uenté les révolutionnaires russes, lu énor é ent et "èle% :le Mar(, OietFsche et [eor5es Sorel, Scho"enhauer et Machiavel. #t tout cela est entré dans sa 5rosse t:te au( ,eu( de feu tandis !u)il ensei5nait l)al"ha'et au( 5a ins de 3al eFFo.
6C

-l ilitera "lusieurs années au ?arti socialiste, au ilieu des luttes de clans et de factions !ui furent tou4ours caractéristi!ues de la social%dé ocratie, occu"eront "lus de la oitié de la vie de 1énine et au(!uelles Staline ettra fin en instaurant son autocratis e. 1ors!ue le 1@ nove 're 191@, Mussolini lance son 4opolo d’Ftalia il s)intitule encore socialiste, ais c)est un socialiste nationaliste. 1énine avait isé sur la défaite de la 6ussie "our "rovo!uer la révolution !ui renverserait le 3Far et "er ettrait d)éta'lir le 'olchevis e. Mussolini, lui, a aussi co "ris l)i "ortance de l)utilisation de la 5uerre, de la 5rande e(altation de la 5uerre "our a ener la révolution, ais il ise sur la 5uerre victorieuse. 1)-talie doit entrer en 5uerre et la 5énération du feu fera la révolution !ui éta'lira, dit%il en 191C, lors de la fondation des "re iers *aisceau( d)&ction > « une nouvelle aristocratie révolutionnaire ». 1e fascis e et le 'olchevis e, nés tous deu( de l)é'ranle ent causé "ar la 5uerre, ont tenté de résoudre les "ro'lè es fonda entau(, le "re ier de la société italienne, le second de la société russe. Car le 'olchevis e est russe, « spécifiquement russe », disait Mussolini, et =erdaieff lui donnera raison l$% dessus. 3andis !ue 1énine co"ie ?ierre le [rand, Mussolini fait a""el au souvenir i "érial de 6o e. Eladi ir -l,tch et =enito Mussolini sont 'eaucou" "lus dans le sens histori!ue de leur "eu"le !u)on le croit 5énérale ent. -ls ont, en tout cas, un trait co un > ils sont anti%dé ocrates et fondent leur lé5iti ité sur une oli5archie des eilleurs Lle essianis e de la classe ouvrière et l)aristocratie du ?artiM. Mais si 1énine n)ose s)affranchir du conce"t de classe et de la folie san5lante o7 so 'rera Staline, Mussolini s)est vite dé'arrassé du fau( do5 e ar(iste de l)anta5onis e des classes. -l a vu !u)un "ouvoir indé"endant des classes et odérateur "ouvait inté5rer toutes les caté5ories sociales dans un ense 'le uni!ue > l)8tat. < << 9u fascis e, il reste une doctrine et une histoire. #lles ne coXncident "as tou4ours "arce !u)entre les deu( il , a la o'ilité de l)ho e !ui les ins"ira, sut souvent voir 4uste et n)a5it "as tou4ours en consé!uence. Cela e("li!ue !ue le résultat de l)e("érience ne "er et "as nécessaire ent de 4u5er de la doctrine. Celle%ci doit :tre étudiée $ "art, sur le "lan des idées, co e l)aurait été l)Iuvre d)un écrivain "oliti!ue !ui n)aurait "as été :lé $ l)action. Wn "eu co e si Mussolini en était resté $ cette conce"tion de la vie !ui lui faisait dire un 4our >
« 0i tout va !ien, dans trente ans d’ici, .’aurai mon petit !uste dans quelque petit .ardin, rendeG'vous des nourrices et des !onnes d’enfant.
66

[ $uit $eures, derrière le !uste de -ussolini, murmureront les amoureu". [ la !onne $eure O &

II.
Wne !uestion "ré4udicielle > le fascis e est%il un nationalis e D ?our !u)il , ait nationalis e, au sens 'arrésien du ot, il faut !u)il e(iste une nation. 1e nationalis e n)est "as avant la nation. -l faut !ue cette nation e(iste et !u)elle ait des traditions, car le nationalis e est essentielle ent la "rise de conscience des traditions nationales et la dénonciation des ,thes, idées et conce"tions !ui, en les ena0ant, ris!uent de iner cette construction histori!ue !ui est une nation déter inée. « 1omment est né ce fascisme. autour duquel s’agitent tant de passions !ru%antes, de s%mpat$ies, de $aine, de rancUurs et aussi d’incompré$ensions K » interro5eait Mussolini en 19;1, et il ré"ondait >
« -l n)est "as né seule ent de on es"rit et de on cIur > il n)est "as né seule ent de cette réunion !u)en ars 1919 nous avons tenue dans une "etite salle $ Milan. -l est né d)un "rofond, d)un "er"étuel 'esoin de notre race ar,enne et éditerranéenne, !ui, $ un o ent donné, s)est sentie enacée dans l)essence : e de son e(istence "ar une tra5i!ue folie, "ar une folie ,thi!ue. »;

-l voulait "arler du co unis e. &insi le fascis e se réfère 'ien $ une tradition !u)il entend défendre. Mussolini "arlera de « l’orgueil de notre italianité » co e d)un « élément vital du fascisme ». -l créera : e une f:te fasciste "our ré"li!uer au 1 er ai des socialistes > le « 3oPl de 9ome », le ;1 avril > « 1e .our'l5, dit'il, sous le signe de cette ville qui a donné deu" civilisations au monde, et qui lui en donnera une troisième, nous nous retrouverons »?. 2n voit tout de suite !ue la vision de Mussolini Z co e celle de Corradini Z dé'orde le cadre nationaliste de la défense des traditions du 6o,au e d)-talie, né cin!uante ans au"aravant. C)est la tradition de l)# "ire ro ain !ui l)ins"ire et !u)il revendi!ue. -l ne "arle "as de l)-talie, ais d)une ville > 6o e !ui, dans son es"rit, doit donner, "our la troisiè e fois, une civilisation au onde. &ussi faudra%t%il tou4ours avoir "résent $ l)es"rit en étudiant la doctrine fasciste !u)elle est un instru ent destiné $ for5er un 8tat !ui vise $ un ra,onne ent i "érial. 2n "ourra donc trouver dans la doctrine d)e(cellents "réce"tes sur l)or5anisation de la cité et 4u5er d)une anière "lus criti!ue son utilisation "ar l)8tat $ des fins i "érialistes.
; 3 Mussolini =enito, (dition définitive des Uuvres et discours, t. ---, ". 1C@. F!id. -. ---, ". 161. 67

< << 1e fascis e, selon Mussolini, est un devenir "er"étuel >
« Le credo fasciste est un acte de foi $éroXque en la puissance de la volonté $umaine active et consciente. ;< e"iste une volonté, e"iste une route. &_

Cette route, Mussolini Z tout co h,"ocrisie !ue la 5uerre "eut l)ouvrir >

e Corradini encore Z envisa5e sans

« 3on seulement .e ne crois pas, moi, 5 la pai" perpétuelle, mais .e la considère comme déprimante, comme une négation des vertus fondamentales de l’$omme qui se révèlent seulement 5 la pleine lumière du soleil, dans l’effort sanglant d’une guerre. &E

Cela "ouvait :tre vrai, dans une certaine esure, 4us!u)$ l)invention des o,ens assifs de destruction, ais il est certain !ue la 5uerre future, loin d)e(alter le coura5e individuel, dévelo""era l)o'session de la "eur, née de l)arrivée i "révue et invisi'le de la ort contre la!uelle il n)e(istera aucune défense. -l restera "eut%:tre !uel!ues 'eau( duels dans le ciel les "re iers te "s, ais les avions eu(% : es dis"araJtrons et l)aFur ne sera "lus traversé !ue de ro'ots. 1es ho es se 'attront $ cou" de tre 'le ents de terre artificiels. 3out cela aura de très 5raves consé!uences sur la notion : e de coura5e. Oe raisonnons "as de la "osition de Mussolini vis%$%vis de la 5uerre sur ce !ue nous en savons au4ourd)hui et en "révo,ons "our de ain. -l a voulu si "le ent e(alter le coura5e et il avait raison de dire !ue la 5uerre était une école de coura5e et s)il l)a "r:chée, il a eu l)honn:teté de la faire. 1)honn:teté intellectuelle o'li5eait $ re"lacer les considérations de Mussolini sur la 5uerre dans les circonstances o7 elles furent é ises. < << 9rieu 1a 6ochelle a dit avec raison >
« Le fascisme n’est pas sorti du cerveau de -ussolini comme -inerve du front de ,upiter. Fl % a eu en Ftalie tout le mouvement, tout l’effort d’une génération qui a c$erc$é et trouvé le fascisme et qui en m#me temps ou ensuite, s’est c$erc$ée et trouvée dans -ussolini. &

#t l)auteur de 0ocialisme fasciste "oussait sa théorie 4us!u)$ un "oint e(tr: e o7 Mussolini ne l)eut "eut%:tre "oint suivi > ais !u)il faut consi5ner ici >
@ C F!id. -. X, ". +. F!id. -. X, ". 91. 6+

« Dn individu ne peut rien commencer, il ne peut pas créer de toutes pièces une mac$ine politique > il ne peut que prendre en mains un élan collectif, le serrer et le pro.eter. 4our un élu, il faut !eaucoup d’appelés. Fl faut que !eaucoup d’$ommes c$erc$ent, réfléc$issent, agissent, pour qu’ensuite le meilleur d’entre eu", lancé par eu", les relance 5 son tour. &\

9ans le cas s"écifi!ue de Mussolini, il , eut « tout l’effort produit par le renouveau s%ndicaliste de 0orel et La!riola au sein du socialisme d’une part, par le groupe des intellectuels nationalistes d’autre part »7. Conclusion de 9rieu 1a 6ochelle >
« Dn c$ef est une récompense pour des $ommes d’audace et de volonté &.

< << 9ans son Listoire du -ouvement fasciste , [ioacchino Eol"e insiste sur l)i "ortance considéra'le !u)eut la "s,cholo5ie "rovo!uée "ar la 5uerre dans le "eu"le italien >
« Jlle rapproc$a, dans leur qualité commune de com!attants, des éléments sociau" qui étaient encore éloignés les uns des autres, elle introduisit dans le milieu idéal de la 3ation, des classes et des groupes sociau" qui étaient encore dépourvus d’une conscience nationale ou lui étaient contraires. Jlle mit en relief 5 la fois la force de la masse et la force des individus ainsi que de certaines petites formations d’élite, composées d’$ommes disposés 5 tout, en réveillant dans la nation le sentiment de l’importance de la force de ces individus ou groupes c$oisis ; elle fit monter !ien $aut, sur la !ase des mérites militaires, des gens du peuple ou de la petite !ourgeoisie qui plus tard se refusant de rentrer dans leurs anciens rangs, e"erceront une action énergiquement révolutionnaire dans la société italienne encore si mo!ile. &B

#n fait, cette société italienne !ue Eol"e décrit co e encore « si o'ile », a trouvé dans la 5uerre, sous l)unifor e, $ travers la hiérarchie ilitaire, la for e d)une société fondée sur le érite, le coura5e et la dé"endance du seul intér:t de la Oation. Ce fut cheF certains un senti ent e(altant. Cha!ue individu et la nation tout entière, eurent la sensation de sortir de la édiocrité, d)achever l)Iuvre du 6isor5i ento. Mais, en : e te "s !ue cette e(altation ilitariste et nationaliste s)e "arait de la 5énération du front, un senti ent de frustration lui venait du fait des &lliés « qui s’efforçaient de réduire 5 néant notre mérite et les fruits qui nous revenaient de la victoire »9. Ces vain!ueurs rentraient cheF eu( avec « une ps%c$ologie de vaincus ».
6 7 + 9 9rieu 1a 6ochelle ?ierre, 0ocialisme fasciste, ". 1;9 F!id., ". 13A. Eol"e [ioacchino, Listoire du -ouvement fasciste, ". 1C. F!id., ". ;1. 69

1)aile archante des interventistes n)acce"ta "as le co "ro is de la Conférence de 1ondres !ui a'andonnait la 9al atie au( Slaves. 1)affaire de *iu e illustre 'ien ce !u)il , avait d)es"rit « risor5i entiste » dans cette fraction de l)o"inion !ui, dans !uel!ues ois, re4oindra le fascis e naissant. Ce ouve ent se trouva durci encore "ar l)es"rit d)a'andon, de ca"itulation des anciens neutralistes, li'érau( ou conservateurs. 1es socialistes voulurent alors "rofiter de cet état d)es"rit de la 'our5eoisie. -ls voulurent rééditer en -talie, la révolution d)2cto're !ue 1énine et 3rotFV, venaient de réussir en 6ussie. 1)-talie se divisait en deu( > ceu( dont le dé5oGt, la lassitude, les désillusions allaient se tourner vers l)idée d)une révolution "rolétarienne « totalitaire et définitive » !ui renverserait tous les cadres sociau(, et ceu( !ui, refusant de « tourner le dos 5 la guerre avec rancune », re"rendraient la conce"tion : e de la 5uerre !ui venait d):tre trahie > « 1elle d’une révolution contre une !ourgeoisie parasitaire, sceptique et neutraliste, contre la monarc$ie qui était .ugée comme germanop$ile et liée 5 la /riple Alliance, contre les Jmpires centrau", comme représentants de l’autocratie », ais !ui si5nifiait aussi « 4atrie, 3ation, idéau" nationau", solidarité de classe, etc. »1A. -l , a un 4aco'inis e incontesta'le dans ce ouve ent.

III.
Co e Corradini, Mussolini ré"ète sans arr:t dans son 4opolo d’Ftalia > la classe ouvrière ne "eut faire a'straction de la nation, "arce !ue les conditions d)e(istence du "rolétariat italien dé"endent 4uste ent « du prestige et de la force » de l)8tat au!uel il a""artient. -l faut donner $ la 5uerre un contenu social, la concevoir co e une "ré"aration "our résoudre certains "ro'lè es sociau(. 1e ouve ent « ancien co 'attant », !ui dans la "lu"art des "a,s tourna $ l)& icale ré5i entaire ou se cantonna dans la défense des "ensions et inde nités concédées "ar l)8tat, se transfor a, en -talie, sous l)influence de Mussolini, en ouve ent "oliti!ue. 9u oins, un 5rand no 're d)anciens co 'attants le suivirent%ils dans cette voie. -l s)a5issait "rinci"ale ent des « interventistes », c)est%$%dire de ceu( !ui, volontaire ent, avaient voulu, en 191C, l)intervention de l)-talie dans la 5uerre contre les # "ires centrau( en donnant $ cette intervention une si5nification "oliti!ue et irrédentiste dans la tradition du 6isor5i ento. < <<
1A F!id. 7A

&u dé'ut de 1919, Mussolini son5e $ constituer un ouve ent !ui récla erait une « Constituante de l)interventis e italien ». -l ne s)a5issait "as d)éla'orer une doctrine, ais de "rocla er une volonté d)action et il "arle dé4$ de « *aisceau( de Co 'at ».
« 3e sortant point, déli!érément, du cadre de l’7interventisme8 comme fait dominant, il se reconna6t 5 lui'm#me et 5 ses camarades, le droit de défendre la guerre et la victoire et de transformer la vie italienne par le mo%en de ces m#mes idéau" qui avaient animé l’7interventisme8. Fl ne veut éta!lir aucune e"clusion préala!le quant au" mo%ens pour atteindre ce !ut unique et comple"e, m#me pas la révolution. -ais il faut que ce soit une révolution italienne et non pas moscovite. 1ette révolution du reste est commencée sous le nom de guerre .usqu’en @C@B ; il faut l’accomplir. &@@

< << Ce "re ier fascis e, doctrinale ent, se cherche encore. -l est $ l)état d)é'auche. -l "ossède une li5ne directrice 5énérale > la nécessité de la révolution "our re ettre en ordre la nation en n)a,ant "our 'ut !ue le 'ien de la nation.
« -ussolini, de m#me que ceu" qui font appel au" sentiments plus qu’5 la pensée et se proposent d’activer par ce mo%en une action destinée 5 éclairer les idées, se tenait plutMt dans le vague. 3ous acceptons et nous encourageons, disait'il, tout ce qui sera fait pour le !ien de la nation, en repoussant tout le reste. 4oint d’affirmation pré.udicielle, ni monarc$ique, ni répu!licaine, ni cat$olique, ni anticat$olique, ni socialiste, ni antisocialiste &.@*

-l va "lus loin. -l affir e !ue le fascis e « cesse d’#tre tel aussitMt qu’il s’attac$e 5 une affirmation pré.udicielle ». C)est "eut%:tre ce !ui e("li!ue co ent, a"rès une tentative lon5ue et e(tr: e ent féconde d)institutionnalisation, le fascis e, c)est%$%dire Mussolini, retournera, avec tant de facilité, dans les derniers ois de la 5uerre, $ son "ra5 atis e ori5inel. Mussolini voulait « dégager de toute entrave les forces vives d’un peuple pour les laisser agir avec le plus de spontanéité possi!le, pour la solution des pro!lèmes que la réalité pose c$aque .our »13. < <<

11 F!id., ". ;C. 1; F!id., ". 3A. 13 F!id., ".3;. 71

#n se"te 're 1919, le cou" de force de d)&nnunFio sur *iu e déclencha dans toute l)-talie un ouve ent d)allure ro anti!ue. 1e Co andant vit affluer vers lui une foule de volontaires « presque tous .eunes ou très .eunes, des anciens com!attants, et d’autres qui avaient quitté leur mère animés par la tradition gari!aldienne qui agitait leur cUur, par l’amour de l’aventure et du risque. *iu e o Morte B ». « ;n proclama que la milice de d’AnnunGio était l)ar ée victorieuse, +iume, la vraie Ftalie, le gouvernement de +iume, le vérita!le gouvernement d’Ftalie H=I ;n disait aussi > 71e 5este co encé $ *iu e doit trouver son ter e $ 6o e8 ». 1e cou" de force sur *iu e n)avait "as été ins"iré "ar Mussolini, ais il avait été con0u, "ré"aré et e(écuté dans l)at os"hère de "atriotis e ro anti!ue, de « continuation de la victoire » !ui était celle du fascis e. 1es faisceau(, d)ailleurs, re4oi5nirent les lé5ionnaires de d)&nnunFio. ?our Mussolini, l)e("érience si5nifiait une confir ation éclatante de ses vues sur la force révolutionnaire du ouve ent ancien co 'attant, 5ardien de la Eictoire, et sur les "ossi'ilités révolutionnaires de inorités audacieuses, a"tes $ créer des situations nouvelles. < << Chose curieuse, le fascis e !ui est tout e(altation, ro antis e, violence : e, a "our 'ut vérita'le la ise en ordre de la nation. -l est lui% : e un i ense 'esoin d)ordre. Mais si la fin est "résente $ tous les es"rits, l)accord sur les o,ens est 'eaucou" "lus difficile. V1omment fereG'vous ceci ou cela K 3elle est la !uestion !ue l)on co ence $ "oser au( fascistes. 3out d)a'ord Mussolini offre !uel!ue résistance $ se li iter "ar un "ro5ra e. ?ro'a'le ent, lui% : e sait $ "eu "rès o7 il veut aller, ais il est soucieu( d)entraJner le "lus de onde "ossi'le derrière lui et il co "te sur le co 'at !uotidien contre les 6ou5es "our créer une solidarité entre les différents élé ents attirés "ar l)activis e fasciste. R Milan, le ;+ aoGt 1919, le Co ité central des *aisceau( "ro"ose un "ro5ra e ini u . 2n , récla e la convocation d)une &sse 'lée constituante !ui déciderait de l)or5anisation $ donner $ l)8tat, l)institution de Conseils techni!ues du travail élus "ar les collectivités "rofessionnelles et a,ant le droit d)élire des Co issions e(traordinaires dotées de "ouvoirs inistériels, la "artici"ation des re"résentants ouvriers $ la 5estion des industries ou des services "u'lics et un i "/t e(traordinaire sur le ca"ital. Si l)on e(a ine les réalisations du fascis e, on voit !ue, "our l)essentiel, elles étaient contenues dans le "ro5ra e de Milan. &u( élections de nove 're 1919, les fascistes ilanais n)o'tinrent !ue !uel!ues illiers de voi(, ais l)avenir du fascis e n)était "as dans les élections.
7;

-l était dans l)or5anisation des *aisceau( !ui allaient lutter, les ar es $ la ain, contre la va5ue révolutionnaire socialo%co uniste !ui ena0ait de tout su' er5er "arce !ue le 5ouverne ent et ses fonctionnaires étaient i "uissants.
« 4lus d’une fois, quelqu’un s’étant adressé 5 3itti ou au" préfets pour invoquer secours, avait reçu en réponse la désolante confession qu’il n’% avait plus rien 5 faire. 1’était comme l’a!andon du territoire national en face d’une invasion ennemie. &

C)est $ cette circonstance histori!ue !ue le fascis e dut de se dévelo""er dans la violence et non "ar dis"osition "ro"re d)es"rit. Ceci est i "ortant $ noter. Oous , reviendrons d)ailleurs. 1e fascis e s)est dévelo""é dans le cli at de 5uerre civile i "osé $ l)-talie "ar les socialo%co unistes !ui cherchaient $ s)e "arer du "ouvoir "ar la force. 1es fascistes « armés, encadrés, commandés par d’anciens officiers, fanion en t#te, c$antant des $%mnes de guerre ou de nouvelles c$ansons, sont partout o< il est nécessaire de ranimer la résistance des amis et de contenir l’insolence des adversaires »1@. #n !uel!ues ois se constituèrent des centaines de faisceau( dis"osant d)une or5anisation ilitaire rudi entaire.
« Les paroles, les rites, les cris de guerre qui deviendront plus tard l’apanage du fascisme prirent naissance alors. 1’est alors que le port de la c$emise noire, un élément essentiel de l’uniforme fasciste, se répandit. 1ette couleur noire voulait peut'#tre signifier que le fasciste engage une !ataille pour la vie et pour la mort. -ais le noir était aussi la couleur de la cravate et du feG des 7arditi8 pendant la guerre, ainsi que des troupes d’assaut et des légionnaires de d’AnnunGio. &@E

Ces élé ents d)unifor e, cette allure ilitaire ne sont donc "as nés d)une idée "récon0ue de Mussolini d)or5aniser le fascis e co e une ilice, ais des nécessités de se reconnaJtre entre ca arades au co 'at. C)est la 5uerre !ui i "ose au fascis e son allure ilitaire. -l s), co "laJt d)autant ieu( d)ailleurs !ue les fascistes ont la conviction de continuer la 5uerre de 191C, contre les enne is de l)intérieur cette fois, !ui ont frustré l)-talie de sa victoire.

IV.
Eers 19;A, le fascis e co en0a $ avoir la conviction d):tre « une grande révolution du peuple, la première réalisée par le peuple italien depuis l’effort révolutionnaire des minorités !ourgeoises lors du 9isorgimento »16.
1@ F!id., ". 13. 1C F!id., ". 1@. 16 F!id., ". C@. 73

&"rès la 5uerre !ui avait ra""roché les classes entre elles, la révolution fasciste suscitait de nouveau( 5rou"e ents dans la société italienne, un nouveau "arta5e en dehors des classes, sur des 'ases nouvelles. #n nove 're 19;1, le fascis e co "te 31A AAA ilitants inscrits 5rou"és dans ; ;AA faisceau(. 9e "héno ène ilanais, en 1919, il est devenu, en deu( ans, un fait italien. -l a ses "re iers dé"utés élus au( élections de 19;1, sa "re ière crise de croissance aussi, due $ l)hétéro5énéité des ori5ines "oliti!ues de ses ilitants et $ sa transfor ation de ouve ent en "arti doté d)une disci"line "lus sévère. -l , a aintenant tout un voca'ulaire fasciste > les ilitants sont classés en 4rincipi et /riari. 1es "re iers destinés $ constituer une ilice en unifor e, liée "ar ser ent et "r:te $ :tre o'ilisée $ tout instant. 1a "lus "etite unité est la section, "lusieurs sections for ent une centurie, "lusieurs centuries une cohorte, "lusieurs cohortes une lé5ion co andée "ar un consul. 9ans le : e te "s o7 il for5e la ilice de sa 6évolution, le fascis e va s)e "lo,er $ "réfi5urer dans les or5anis es du ?arti, les cadres de l)8tat nouveau. -l fonde des cor"orations nationales, les s,ndicats fascistes. < << Mussolini traduit dans un st,le ilitaire l)essentiel de sa "ensée >

« Le fascisme est une milice, les pro!lèmes sont des ennemis 5 affronter et 5 vaincre ; le peuple italien une armée marc$ant en !ataillons serrés. &

1e ;; nove 're 19;1, il "rocla e dans le 4opolo d’Ftalia >
« Le fascisme est la plus formida!le création d’une volonté de puissance individuelle et nationale. &

C)est le disci"le du aille Gur -ac$te de OietFsche !ui "arle. #t l)a""lication de cette volonté de "uissance se fera sur l)idée de la restauration de 6o e >
« 3ous vo%ons en 9ome l’avenir qui se prépare. 9ome est notre m%t$e ; nous r#vons d’une Ftalie romaine, c’est'5'dire sage, forte, disciplinée et impériale. Beaucoup de l’esprit immortel de 9ome réappara6t dans le fascisme, le +aisceau qui est romain, notre organisation de com!at, notre orgueil et notre courage. Les 9omains étaient des constructeurs formida!les. &@A

R la veille de la Marche sur 6o e, alors !ue l)-talie officielle tre 'le d)a""rendre !ue le 9uce a donné l)ordre $ ses 1é5ions de s)é'ranler, il e("li!ue !ue « cette marc$e est dé.5 un acte au sens le plus $aut et $istorique du mot > un processus est en cours par lequel le fascisme va incarner l’(tat ;
17 Fl 4opolo d’Ftalia, ;1 avril 19;;. 7@

la formation est commencée d’une nouvelle classe politique 5 laquelle sera confiée la t)c$e de gouverner la nation »1+. 6enversera%t%il le 6oi D Oon.
« Fl faut avoir le courage d’#tre monarc$iste. La monarc$ie, c’est la continuité. 0a t)c$e est grande. D’autre part la 9évolution fasciste ne veut point tout mettre en .eu, elle ne veut pas donner au peuple l’impression que tout croule. Fl % aurait des vagues d’affolement. A!attre l5 superstructure du socialisme démocratique suffit. &@C

Ein5t ans "lus tard, il sera d)un autre avis et re5rettera !ue les lé5ions fascistes au lieu de défiler devant le Quirinal ne soient "as entrées dedansK < << 1e ;6 octo're 19;;, un ordre secret de o'ilisation i édiate était lancé $ tous les lé5ionnaires fascistes d)-talie. 1e ;7 a"rès inuit, les "ouvoirs "oliti!ues, ilitaires et ad inistratifs étaient assu és "ar un Quadru virat co "osé des co andants 5énérau( de la Milice fasciste > de =ono, de Eecchi, =al'o et =ianchi. C)était le !uatriè e anniversaire de l)offensive sur la ?iave et la "rocla ation de Mussolini disait >
« Fl % a quatre ans, 5 pareille date, l’armée nationale déclenc$ait sa supr#me offensive qui la conduisit 5 la victoire. Au.ourd’$ui, l’armée les 1$emises noires affirme de nouveau la victoire mutilée, et, se dirigeant désespérément sur 9ome, la ramène 5 la gloire du 1apitole= La loi martiale du fascisme entre en vigueur. &*W

1e calendrier de l)\re fasciste !u)allait i "oser le nouveau ré5i e "art de cette date > ;+ octo're 19;;. 1a veille, le inistère *acta avait dé issionné, ais 5ardait le "ouvoir "our assurer l)ordre "u'lic. &vec cet irréalis e !ui caractérise les ré5i es ori'onds, il envisa5eait l)arrestation des !uadru virs, des "rinci"au( cadres du fascis e et la "rocla ation de l)état de siè5e. 1e 6oi vit 'ien !u)il lui faudrait ou conserver son tr/ne avec l)a""ui fasciste ou écraser le fascis e avec l)aide des socialo%co unistes et "erdre son tr/ne "ar la suite. 1e ;9, il char5eait Mussolini de for er le inistère. Ce"endant la arche des colonnes fascistes sur 6o e avait co encé. #lle fut "eu san5lante, $ "art !uel!ues e 'uscades co unistes et !uel!ues cou"s de feu tirés des fen:tres. 1e 5este du 6oi n)avait "as été inutile, certes, ais de toute fa0on la 6évolution fasciste était déclenchée et eGt trio "hé. 1)avenir, lui, eGt "eut%:tre été différent.
1+ Eol"e [ioacchino, Listoire du -ouvement fasciste, ". 1+. 19 F!id., ". 1A@. ;A Mussolini =enito, (dition définitive des Uuvres et discours, t. ---, ". 3@C. 7C

Eoil$, réduit $ ses élé ents très essentiels, ce !u)il fallait connaJtre de la con!u:te du "ouvoir "ar le fascis e "our co "rendre l)éla'oration doctrinale $ la!uelle va s)attacher Mussolini. « 3ous sommes .eunes, nés d’$ier, et nous n’avons pas d’$istoire », avait%il dit en 19;1;1. 9e l)histoire D -l allait en faireK < << 1e 'a5a5e idéolo5i!ue du fascis e avant la Marche sur 6o e, on a "u le voir dans les "a5es "récédentes, était asseF ai5re. Mussolini s)était contenté de définir le fascis e > « Dne grande mo!ilisation de forces matérielles et morales ». #t il avait a4outé >
« ue se propose't'il K 3ous le disons sans fausse modestie > gouverner la nation. Avec quel programme K Avec un programme qui puisse assurer la grandeur morale et matérielle du peuple italien. »

C)était court co e définition. Mais de cette i "récision : e, Mussolini fait, si l)on "eut dire, une doctrine. -l "rocla e !ue « l’esprit fasciste fuit tout ce qui constitue une $%pot$èque ar!itraire sur le m%stérieu" avenir ».
« 3ous ne cro%ons pas au programme dogmatique, 5 cette espèce de cadre rigide qui devrait contenir et asservir la c$angeante et comple"e réalité. 3ous nous permettons le lu"e de perfectionner, de concilier, de surpasser en nous ces contradictions sur lesquelles s’a!#tissent les autres, en se fossilisant dans un monos%lla!e d’affirmation et de négation. 3ous nous accordons le lu"e d’#tre 5 la fois aristocrates et démocrates, conservateurs et progressistes, réactionnaires et révolutionnaires, soumis 5 la légalité ou 5 ses adversaires selon les circonstances de temps, de lieu, d’am!iance, en un mot, d’$istoire, au milieu desquelles nous sommes o!ligés de vivre et d’agir. Le fascisme n’est pas une église ; c’est plutMt un stade. 1e n’est pas un parti ; c’est un mouvement. Fl n’a pas un programme tout fait 5 réaliser en l’an *WWW, pour la simple raison que le fascisme construit au .our le .our l’édifice de sa 2olonté et de sa passion. &**

1e fascis e est donc essentielle ent "ra5 ati!ue. Mussolini invente : e un ot > nous so es des "ro'lé istes. C)est%$%dire !ue le fasciste se décide sur le "ro'lè e, sans idée "récon0ue;3. « Fl n’% a de régime parfait que dans les livres des p$ilosop$es », dit%il encore;@ et il ironise >
« ,e pense que si les t$éories de 4laton avaient été appliquées dans la ville grecque, 5 la lettre, point par point, c’e:t été un désastre.
;1 ;; ;3 ;@ F!id., ". 1@9. F!id., ". 1C1. F!id., ". 3C. F!id., ". 31C. 76

La forme d’un gouvernement ne peut #tre approuvée ou désapprouvée en la considérant comme une c$ose éternelle, mais elle doit #tre e"aminée en fonction de ses rapports directs avec la mentalité, l’économie, les forces intellectuelles et morales d’un peuple déterminé. &

Sans doute entre%t%il dans ces li5nes !uel!ue ha'ileté tacti!ue. #lles datent de 19;; et Mussolini, tou4ours soucieu( de rasse 'ler le "lus de onde "ossi'le dans ses faisceau(, co "tant sur le co 'at "our for5er une co unauté fasciste, "eu soucieu( de trancher entre onarchistes et ré"u'licains, évite les !uestions !ui "euvent diviser le ouve ent, ais il "araJt sincère lors!u)il conclut d)une "etite "hrase 'rève, ais lourde de sens >
« ;n ne peut pas tou.ours trouver son idéal. &*E

M: e lors!u)en 19;@, il "rocla era devant le Conseil national du ?arti fasciste > « -aintenant, le fascisme italien, sous peine de mourir ou, pis encore, de se suicider, doit se donner un corps de doctrine », il n), a "as contradiction foncière avec son lan5a5e d)avant la Marche sur 6o e, car il "récise > « 1e ne sera pas et ne doit pas #tre une tunique de 3essus qui nous lie pour l’éternité, car le lendemain est m%stérieu" et imprévu ; mais ce doit #tre une règle qui oriente notre activité politique et individuelle de c$aque .our »;6. Mais le fascis e !ui n)avait été au dé'ut !u)une sorte de anière de "rendre les "ro'lè es et de les résoudre, é"rouvera tout de : e le 'esoin !u)avait ressenti =arrès > la nécessité d)une doctrine "our faire Iuvre dura'le.

V.
Mussolini avait "ensé !ue des ho es suffiraient >

« 2ingt mille c$efs particuliers, vingt mille vrais ma6tres, professeurs, ingénieurs, !anquiers, industriels ; trois mille magistrats ; di" mille fonctionnaires ; gens de premier ordre, tous spécialisés, formés .usqu’au" moelles, d’une compétence e"emplaire. 2oil5 ce qui nous manque et ce que .e veu" vous donner. uarante ou cinquante mille $ommes d’élite, réglés comme un mouvement d’$orlogerie. &*A

-l allait vite s)a"ercevoir !ue "our faire tenir ense 'le ces cin!uante ille hiérar!ues, il fallait les lier très forte ent, de "lus en "lus forte ent H !ue le "lus difficile n)est "as de faire une révolution, ais de aintenir unis ceu( !ui l)ont faite. 9ès 19;;, il en avait eu l)intuition et avait fondé une revue dans la!uelle il entendait dé'attre "lus $ fond les idées !u)il ne "ouvait a'order !ue su"erficielle ent dans ses articles du 4opolo d’Ftalia. -l lui avait donné un no si5nificatif > Nerarc$ia LSiérarchieM.
;C F!id. ". 31C. ;6 Mussolini =enito, Doctrine du fascisme, ". C1. ;7 Sarfati Mar5uerite, -ussolini, ". 3@3. 77

« ui dit $iérarc$ie, écrivait%il dans le "re ier nu éro, dit éc$elle des valeurs $umaines, dit éc$elle des responsa!ilités et des devoirs, qui dit $iérarc$ie prend en fait position contre tout ce qui tend V d’intention ou de fait V 5 a!aisser ou 5 détruire les $iérarc$ies nécessaires. 3ous disons nécessaires et pas seulement traditionnelles. La tradition est certes une des plus grandes forces morales des peuples en ce sens qu’elle est une création successive et constante de leur )me. -ais nous ne pouvons accepter intégralement cette t$èse que tout ce qui est traditionnel est sacré, immua!le, intangi!le, % compris les $iérarc$ies traditionnelles. L’$istoire nous montre au contraire un panorama de $iérarc$ies qui naissent, vivent, se transforment, déc$oient et meurent. Fl s’agit donc de conserver la valeur des $iérarc$ies qui n’ont pas encore rempli leur t)c$e ; il s’agit de greffer sur le tronc de certaines d’entre elles les éléments d’une vie nouvelle ; il s’agit de préparer l’avènement de nouvelles $iérarc$ies. 1’est ainsi que se soude l’anneau qui unit le passé et l’avenir. 3ous n’a%ons pas l’intention de renier le passé. 3ous nous renierions nous'm#mes. 3ous sommes dé.5 nous'm#mes le passé, par le seul fait que nous vivons dans le présent, par rapport 5 ceu" qui viendront après nous ; nous ne voulons pas nous fermer les routes de l’avenir, car notre présent est, en lui'm#me, un avenir par rapport 5 ceu" qui nous ont précédés*B. &

2n retrouve dans cette "a5e le dou'le et constant souci de Mussolini de ne 4a ais fer er l)avenir et "ourtant de "rendre "osition « contre tout ce qui tend V d’intention ou de fait V 5 a!aisser ou 5 détruire les $iérarc$ies nécessaires ». &insi "ense%t%il assurer l)évolution du fascis e en acco "a5nant les circonstances histori!ues, les "ro'lè es, les faits, les réalités !ui sont les 5rands élé ents avec les!uels il sait 'ien !ue tout ho e d)8tat se trouve au( "rises, et assurer une certaine sta'ilité nécessaire $ la hiérarchie fasciste "our l)acco "lisse ent de sa ission révolutionnaire et histori!ue. < << Que le fascis e ait été une ,sti!ue, une éthode, une certaine anière d):tre, on en trouvera ille "reuves. -l a surtout été une doctrine de l)8tat. C)est en cela !u)il a sa "lace dans le catalo5ue des idées "oliti!ues, et c)est en cela !u)il nous intéresse co e déviation incontesta'le de l)éthi!ue nationaliste telle !ue l)avaient con0ue un =arrès ou un Maurras, ais tout de : e 'ien dans la li5ne du nationalis e italien tel !ue Corradini l)avait e("osé. 1a !uestion de voca'ulaire a ici une très 5rande i "ortance. 1e nationalis e est la doctrine de la conservation des raisons !ui ont fait naJtre et vivre la nationalité et la 'arrière idéolo5i!ue "osée au( idées destructrices de la co unauté connue sous le no de Oation. Oationalis e convient donc au( nations for ées, adultes, avec une tradition, c)est%$%dire un "assé.
;+ Mussolini =enito, (dition définitive des Uuvres et discours, t. ---, ". ;3@. 7+

Oationalitaris e convient au( tentatives de for ation d)8tats nationau( 'asés sur la volonté dé ocrati!ue, la lan5ue ou la race. -l est 5énérale ent destructeur d)une co unauté histori!ue e(istante > e "ire ou 8tat "lurinational. 1e fascis e introduit un élé ent nouveau > il assi ile l)8tat Z donc la nation en tant !u)8tat Z $ la nature de la volonté hu aine « qui ne conna6t pas de limites 5 son développement et prouve son infinité en se réalisant ».
« La nation en tant qu’(tat est une réalité ét$ique, qui e"iste et vit dans la mesure o< elle se développe. 4our elle, s’arr#ter, c’est mourir. L’(tat n’est donc pas seulement une autorité qui gouverne et donne une forme légale et une valeur de vie spirituelle au" volontés individuelles ; il est aussi une puissance qui fait valoir sa volonté 5 l’e"térieur, en la faisant reconna6tre et respecter, c’est'5'dire en en démontrant, par les faits, l’universalité dans toutes les manifestations nécessaires de son développement. De l5, organisation et e"pansion, au moins virtuelles. L’(tat peut ainsi #tre assimilé 5 la nature de la volonté $umaine, qui ne conna6t pas de limites 5 son développement, et prouve son infinité en se réalisant. L’(tat fasciste, forme la plus élevée et la plus puissante de la personnalité, est une force, mais une force spirituelle. Dne force qui résume toutes les formes de la vie morale et intellectuelle de l’$omme. ;n ne peut donc pas le limiter 5 de pures fonctions d’ordre et de protection, comme le voulait le li!éralisme. 1e n’est pas un simple mécanisme qui limite la sp$ère des prétendues li!ertés individuelles. 1’est une forme, une règle intérieure et une discipline de toute la personne ; elle pénètre la volonté comme l’intelligence. 0on principe V inspiration centrale de la personnalité $umaine vivant en communauté civile V pénètre au plus intime de l’individu et dans le cUur de l’$omme d’action comme du penseur, de l’artiste comme du savant ; c’est l’)me de l’)me. Au total, le fascisme n’est pas seulement législateur et fondateur d’institutions ; il est aussi éducateur et promoteur de vie spirituelle. Fl veut refaire, non les formes de la vie $umaine, mais son contenu > l’$omme, le caractère, la foi. Jt 5 cette fin, il veut une discipline et une autorité qui pénètrent dans les esprits et % règnent sans partage. 1’est pourquoi son insigne est le faisceau des licteurs, s%m!ole de l’unité, de la force et de la .ustice. &*C

-l est "ro'a'le !ue le fascis e, dans une vieille nation unitaire, n)eut "as e "lo,é un lan5a5e si rude. -l ne faut "as ou'lier !u)il , a un siècle, l)-talie n)e(istait "as en tant !u)8tat, $ "eine en tant !u)as"iration. #n *rance, "ar e(e "le, l)institution onarchi!ue, c)est%a%dire l)8tat, avait créé le 6o,au e de *rance H le 6oi chassé, le ro,au e était devenu nation, ais c)étaient les rois !ui, en ille ans, avaient « fait la *rance ». C)est le r/le !ue Mussolini assi5ne $ l)8tat fasciste > faire la nation.
« 1e n’est pas la nation qui crée l’(tat,comme dans la vieille conception naturaliste qui servait de !ase au" études des pu!licistes des (tats nationau" du SFSe siècle. Au contraire, la nation est créée par l’(tat qui donne au peuple, conscient de sa propre unité morale une volonté, et par conséquent une e"istence effective. Le droit d’une nation 5 l’indépendance n’est pas fondé sur la conscience littéraire et idéale de sa propre e"istence,
;9 Mussolini =enito, « 9octrine du fascis e », in Jnciclopedia italiana, article « *ascis e ». 79

et moins encore sur une situation de fait plus ou moins inconsciente et inerte, mais sur une conscience active, sur une volonté politique agissante et pr#te 5 démontrer son droit > c’est'5'dire sur une sorte d’(tat dé.5 in fieri<. L’(tat, en tant que volonté ét$ique universelle, crée le droit. &?W

Mussolini a reconnu !ue le fascis e italien était né « d’un s%stème donné de forces $istoriques », !u)il avait « une forme correspondant au" contingences de lieu et de temps », !u)il avait « créé l’(tat unitaire italien » et il a4outait : e > « 4enseG que depuis l’empire romain, l’Ftalie n’avait plus été un (tat unitaire »31. 1)histoire : e de l)-talie lui faisait ressentir très vive ent !ue « sans l’(tat, la 3ation n’e"iste pas », !u)il n), a !ue « des agrégats $umains suscepti!les de toutes les désintégrations que l’$istoire peut leur infliger ». 9)o7 sa fa euse for ule > « /out dans l’(tat, rien contre l’(tat, rien en de$ors de l’(tat ». < << &insi, "our le fascis e, le dualis e -ndividu%8tat !ui hante tous les lé5islateurs, se résout "ar l)a'sor"tion de l)individu dans l)8tat. #ncore faut%il 'ien voir co ent il l)entend >
« L’Fndividu dans l’(tat fasciste, dit -ussolini, n’est pas annulé mais !ien plutMt multiplié, de m#me que dans un régiment un soldat n’est pas diminué, mais multiplié par le nom!re de ses compagnons d’armes. L’(tat fasciste organise la nation, mais il laisse cependant au" individus une marge suffisante ; il a limité les li!ertés inutiles ou nuisi!les, mais il a conservé les li!ertés essentielles. &

Mais, sans h,"ocrisie, il a4oute > « Dans ce domaine, l’(tat seul est .uge, et non l’individu ». #st%ce donc la t,rannie D Oon, ré"ond Mussolini >
« Dn (tat qui s’appuie sur des millions d’individus qui le reconnaissent, le sentent et sont pr#ts 5 le servir, n’est pas l’(tat t%rannique du seigneur du -o%en Rge. Fl n’a rien de commun avec les (tats a!solutistes d’avant ou d’après @ABC= Dn parti qui gouverne une nation totalitairement est un fait nouveau dans l’$istoire. Les rapproc$ements et les comparaisons sont impossi!les. &?*

VI.
3out se tient dans la conce"tion totalitaire de l)8tat fasciste. Mussolini ne laisse "as de 'rèche > l)8tat "our lui, est l)inter"rète uni!ue et su"r: e
< 3A 31 3; NOd8P 1ocution si5nifiant en devenir, !ui se trouve dans sa "hase de réalisation, e(iste de ce fait. Mussolini =enito, « Doctrine du fascisme &, in Jnciclopedia italiana, article « *ascis e ». F!id. F!id. +A

des nécessités de la société. 1e "eu"le est le cor"s de l)8tat et l)8tat est l)es"rit du "eu"le. 9ans la conce"tion fasciste, le "eu"le c)est l)8tat, et l)8tat c)est le "eu"le.
« Les organismes par lesquels cette vue t$éorique se réalise dans l’(tat sont le 4arti et la 1orporation. Le 4arti, c’est au.ourd’$ui l’instrument formida!le et en m#me temps e"tr#mement su!til, qui introduit le peuple dans la vie de l’(tat ; la 1orporation est l’institution gr)ce 5 laquelle le monde économique, .usqu’alors isolé et déréglé, reprend sa place dans l’(tat. &??

9ès lors, s)il n), a "as de différence entre le "eu"le et l)8tat, si l)8tat n)est so e toute !ue le "eu"le or5anisé, il n)est, en réalité, !u)un « s%stème de $iérarc$ies » >
« L’(tat, en effet, est 5 son origine un s%stème de $iérarc$ies. Le .our o< un $omme, dans un groupe d’autres $ommes, en prit le commandement parce qu’il était le plus fort, le plus rusé, le plus sage ou le plus intelligent, et o< les autres $ommes lui o!éirent par amitié ou par force, ce .our'l5, l’(tat naquit et fut un s%stème de $iérarc$ies, aussi simple et aussi rudimentaire que la vie des $ommes au" premières lueurs de l’$istoire. Le 1$ef dut créer nécessairement un s%stème de $iérarc$ies, pour faire la guerre, pour rendre la .ustice, pour administrer les !iens de la communauté, pour recouvrer des impMts, pour régler les rapports entre l’$omme et le surnaturel. 4eu importe l’origine par laquelle l’(tat tient son privilège de créateur d’un s%stème de $iérarc$ies, ou avec laquelle il c$erc$e 5 le légitimer > si c’est Dieu, l’(tat est t$éocratique ; si c’est un individu, les descendants d’une famille ou un groupe d’individus, c’est l’(tat monarc$ique ou aristocratique V .e me souviens du 1ivre d)or de la Sérénissi e 6é"u'li!ue de Eenise V si c’est le peuple, 5 travers le mécanisme du suffrage, on arrive 5 l’(tat démo'constitutionnel de l’époque capitaliste > dans tous les cas, l’(tat se manifeste par un s%stème de $iérarc$ies au.ourd’$ui infiniment plus comple"e, en raison de la vie m#me qui est devenue plus comple"e dans toutes ses manifestations. -ais pour que les $iérarc$ies ne deviennent pas purement nominales, il faut qu’elles s’orientent vers une s%nt$èse, qu’elles visent toutes au m#me !ut, qu’elles aient une )me 5 elles, mais concentrée dans l’)me collective. Jn somme, l’(tat doit se manifester dans l’élite d’une société déterminée et doit #tre le guide des classes inférieures. La décadence des $iérarc$ies signifie la décadence des (tats. Lorsque la $iérarc$ie militaire, 5 tous les degrés, a perdu ses vertus, c’est la défaite. Lorsque la $iérarc$ie financière ravage et dissipe sans scrupule la ric$esse pu!lique, l’(tat vacille. Lorsque la $iérarc$ie politique vit au .our le .our, et n’a plus la force de poursuivre des !uts lointains, ni de persuader au" masses de les atteindre, l’(tat finit par se trouver en face de ce dilemme > ou s’écrouler sous le c$oc d’un autre (tat, ou, au mo%en d’une révolution, il remplace ou ranime les $iérarc$ies décadentes ou insuffisantes. L’$istoire des (tats depuis la c$ute de l’Jmpire romain .usqu’5 la c$ute de la 9épu!lique vénitienne, n’offre qu’une suite de $iérarc$ies qui sont nées, ont grandi et, enfin, sont mortes. &?_
33 Mussolini =enito, (dition définitive des Uuvres et discours, t. X, ". 31. 3@ F!id., t. ---, ". ;++. +1

< << Cette vue de l)Sistoire considérée co e une succession de hiérarchies é"uisant, tour $ tour, leur ca"acité, leur force, leur actualité érite !u)on s), arr:te. Uus!u)en 17+9, les sociétés euro"éennes se sont en effet caractérisées "ar un s,stè e de hiérarchies. R "artir de 17+9, la révolution fonda entale !ui s)o"ère dans la société "oliti!ue est la né5ation du "rinci"e hiérarchi!ue. 1a société "oliti!ue n)est "as un cor"s avec des "arties différenciées, ordonnées, hiérarchisées en raison de leur fonction, elle est une asse anon, e, une « volonté générale » o7 cha!ue individu est é5al en droits et en "ouvoirs $ son voisin, "our la seule raison !u)il est cito,en, !uelles !ue soient ses ca"acités. 1es cor"s re"résentatifs, !ui cu ulent étran5e ent deu( fonctions contradictoires > la re"résentation et le 5ouverne ent, "euvent 'ien créer l)a""arence d)une hiérarchie, les Chefs de l)8tat se faire a""eler Monsieur le ?résident, les délé5ués du "eu"le, Monsieur le dé"uté ou Monsieur le sénateur, ils ne constituent "as une hiérarchie vérita'le. -ls sont des si ulacres, "arce !u)ils ne re"résentent "as des cor"s. #t c)est de l$ !ue vient tout le al. Eoil$ ce !ui "rovo!ue les crises et les décadences des 8tats dé ocrati!ues. 1e fascis e fut une réaction 'rutale, totale, contre l)anarchie dé ocrati!ue. Ce !u)il a d)a""arence aFFinienne, ro anti!ue, cède vite devant cette réalité foncière de son caractère > il est une hiérarchisation totale de la nation. C)est "our , "arvenir !ue Mussolini a "oussé l)étatis e 4us!u)$ ses dernières consé!uences >
« Le fascisme veut l’(tat. Fl ne croit pas 5 la possi!ilité d’une vie sociale qui ne serait pas encadrée par l’(tat. &?E

-l ira 4us!u)$ dire, un 4our, !u)entre les co unistes et les fascistes s)il n)e(iste "as d)affinités "oliti!ues, « il % en a d’intellectuelles », "arce !ue co e eu( ils croient « 5 la nécessité d’un (tat centralisateur et unitaire capa!le d’imposer 5 tous les individus une discipline de fer ». 1a seule différence entre vous et nous, dira%t il au( co unistes, c)est !ue « vous arriveG 5 cette conclusion 5 travers la conception de classe et nous % arrivons, nous, 5 travers la conception de nation »36. Eu sous cet an5le, l)étatis e fasciste est une autre alternative $ la solution de la lutte des classes. Mar(, au no du essianis e de la classe "rolétarienne lui confie la dictature avec une ission de réde "tion. Mussolini, lui, enlève au( classes leur autono ie, ne veut connaJtre de leur "art !ue l)e(ercice de fonctions différenciées $ l)intérieur d)une co unauté uni!ue !ui est au( di ensions de la nation.
3C F!id., t. ---, ". 9A. 36 -ussolini Benito, « +ascisme &, in Jnciclopedia italiana. +;

« Le principe essentiel de la doctrine fasciste, écrira%t%il dans l)article T*ascis eY !u)il rédi5ea lui% : e "our l’Jnciclopedia italiana, est la conception de l’(tat, de son essence, de son rMle, de ses fins. 4our le fascisme, l’(tat est l’a!solu devant lequel les individus et les groupes ne sont que le relatif. Fndividus et groupes ne sont conceva!les que dans l’(tat. &

< << Mussolini n)a "as "rétendu innover. -l revient, a dit fort 4uste ent Mar5arita Sarfati37, $ la « notion classique ». C)est%$%dire !u)il « su!stitue le concept évident du 0ouverain, ar!itre et modérateur de toutes les classes V parce qu’il est en de$ors d’elles V au concept li!éral qui fait du gouvernement le comité e"écutif de la classe !ourgeoise, le conseil d’administration émané de la ma.orité d’une société !ourgeoise ». &insi, Mussolini "rétend résoudre $ la fois les "ro'lè es "osés "ar l)anarchie dé o%li'érale, "ar l)anta5onis e des classes et "ar leur "seudo% solution ar(iste. C)est "ro'a'le ent "arce !ue l)8tat italien de 19;; "résentait tous les s, "t/ es d)anarchie et de déco "osition d)un s,stè e dé o%li'éral arrivé $ son dernier de5ré de décré"itude et !ue, d)autre "art, la enace d)une dictature socialo%co uniste était réelle et i inente, !ue le fascis e, !ui s)o""osait doctrinale ent et "h,si!ue ent au( deu( clans anta5onistes, connut le succès foudro,ant !ui le ena au "ouvoir. 9ans les conditions de lieu et de te "s, il fut incontesta'le ent une solution histori!ue ent vala'le. Solution de violence D Soit. Mais elle ré"ondait $ un état de violences continuelles !ui désor5anisaient la vie de la nation, ruinaient l)-talie et au(!uelles l)8tat se révélait inca"a'le de ettre fin. #ncore faut%il 'ien voir co ent Mussolini envisa5e la violence.
« La violence n’est pas une morale. Jlle est parfois morale. 3ous refusons 5 nos adversaires le droit de se plaindre de notre violence, car elle n’est qu’un .eu d’enfants en comparaison avec celle qui se déc$a6na dans les tristes années @C@C'@C*W et de celle des !olc$evistes en 9ussie, o< deu" millions de personnes ont été e"écutées et deu" autres incarcérées. D’autre part la violence est résolutive, car 5 la fin de .uillet et au dé!ut d’ao:t @C**, en _B $eures de violences s%stématiques et guerrières, nous avons eu ce que nous n’aurions pas o!tenu par _B années de sermons et de propagande. Lorsque notre violence résout une situation gangrenée, elle est très morale, elle est sacrée, nécessaire= Fl % a une violence qui délivre et une autre qui enc$a6ne ; il % a une violence morale et une autre qui est 5 la fois sotte et immorale. Fl faut adapter la violence au" nécessités du moment, et ne pas en faire une école, une doctrine, un sport. &?B
37 Serfati Mar5arita, -ussolini, ". 3@6. 3+ Mussolini =enito, (dition définitive des Uuvres et discours, t. ---, ". 3A9. +3

« 3ous ne regardons pas la violence comme un s%stème, ou pis encore, comme une est$étique. 3ous sommes violents toutes les fois qu’il est nécessaire de l’#tre. -ais .e déclare tout de suite qu’il faut conserver 5 la violence nécessaire du fascisme, une ligne, un st%le nettement aristocratique, ou si vous aimeG mieu", c$irurgical. &?C « Le fascisme a répondu par la violence 5 la violence des autres. 1’est la vérité, une vérité qui ne peut #tre effacée. &_W

Si le fascis e n)avait "as été violent, si $ la violence socialo%co uniste il n)avait "as o""osé sa "ro"re violence, !ue serait%il arrivé D 1a violence co uniste l)eGt e "orté. Sistori!ue ent, il ne "eut "lus :tre contesté !ue le fascis e a tenu la "lace d)une "olice su""létive et !ue, devant la carence de l)8tat li'éral, a"rès avoir assu é en fait les fonctions de ilice volontaire et réta'li l)ordre $ la "lace de l)8tat li'éral, il a tout naturelle ent et lé5iti e ent récla é de "rendre la "lace de cet 8tat. 1e roi eut si 'ien conscience de la situation de fait !ui s)était créée, !u)il ouvrit lé5ale ent la "orte du "ouvoir $ Mussolini !ui était d)ailleurs 'ien décidé $ l)enfoncer. #n 4uin 19;;, il écrivait dans Nerarc$ia >
« Le fascisme peut ouvrir la porte avec la clé de la légalité, mais il peut #tre aussi astreint 5 la défoncer du coup d’épaule de l’insurrection. &_@

< << Mais ni la violence, ni l)insurrection ne doivent :tre désordonnées. 1e fascis e entend e(ercer la violence co e une ar ée, non co e une "o"ulace.
« 3ous sommes une milice, ra""elle Mussolini $ ses Che ises noires , mais .ustement parce que nous nous sommes donné cette constitution particulière, nous devons faire de la discipline le pivot supr#me de notre vie et de nos actes. &_*

C)est dé4$ le fa eu( ot d)ordre !ui sera affiché sur tous les urs d)-talie > 1redere, ;!edire, 1om!atereT, et !ui résu e toute l)éthi!ue fasciste. 1)ordre des ots est "lein de sens. -l faut d)a'ord croire, c)est%$%dire savoir ce !ue l)on veut et "our!uoi on le veut H il faut ensuite o'éir, c)est%$%dire se sou ettre $ la disci"line !ui "eut seule donner une for e vala'le $ l)ense 'le des accords "articuliers H et, enfin, il faut co 'attre, "arce !ue « la lutte est 5 l’origine de toutes c$oses ; parce que la vie est pleine de contrastes ; c’est l’amour et la $aine, le !lanc et le noir, le .our et la nuit, et tant que ces forces adverses ne seront pas en équili!re, la lutte sera tou.ours au fond de la nature $umaine comme une supr#me fatalité »@3.
39 @A @1 @; < @3 F!id., t. ---. ". 1C7. F!id., t. ---. ". 11+. F!id., t. ---. ". ;9@. F!id., t. ---. ". 3A+. NOd8P Croire, o'éir, co 'attre. F!id., t. ---. ". 99. +@

#t encore >
« uand deu" éléments irréducti!les sont en lutte, la solution est dans la force. Fl n’% a .amais eu d’autres solutions dans l’$istoire et il n’% en aura .amais. &__

3elle est la conce"tion fasciste de la violence. O)est%elle "as sin5ulière ent classi!ue D

VII.
Que le nationalis e italien ait tendu, dès l)ori5ine, $ une certaine for e d)i "érialis e, nous l)avons vu avec Corradini. 1e fascis e dans ce do aine n)innove donc rien, il suit l)évolution d)une "ensée i "ériale ro aine e(altée dé4$ "ar l)&ssociaFione naFionalista "our des raisons histori!ues et dé o5ra"hi!ues.
« L’(tat fasciste est une volonté de puissance et de domination. La tradition romaine est ici une idée de force. Dans la doctrine du fascisme, l’empire n’est pas seulement une e"pression territoriale, militaire ou marc$ande mais spirituelle et morale. ;n peut concevoir un empire, c’est'5' dire une nation qui directement ou indirectement, guide d’autres nations, sans que la conqu#te d’un Zilomètre carré de territoire soit nécessaire. 4our le fascisme l’aspiration 5 l’empire, c’est'5'dire 5 l’e"pansion des nations, est une manifestation de vitalité > son contraire, l’esprit casanier, est un signe de décadence. Les peuples qui naissent ou ressuscitent sont impérialistes, les peuples qui meurent sont des renonciateurs. &_E

-l n)a d)ailleurs aucune illusion sur le sort des e "ires >
« L’$istoire suit tou.ours la m#me voie. D’a!ord une race, des tri!us, puis un peuple, c’est'5'dire une nation et un (tat, puis un empire= qui ne dure pas, il est vrai. -ais rien ne dure de ce qui est $umain= 1es empires, qui n’ont pas duré, ils ont du moins atteint 5 la grandeur, touc$é 5 un sommet et ils survivent dans la mémoire des $ommes. &_\

< << Mis $ "art l)e(altation ro anti!ue, restée très forte cheF Mussolini, sa "osition dans le do aine des relations internationales est dictée "ar sa conviction !ue la vie est lutte, !ue les nations se dis"utent avec férocité les 'iens de ce onde, : e lors!u)elles couvrent leurs "rétentions sous les as!ues les "lus h,"ocrites. -l , a cheF Mussolini le senti ent !u)il est stu"ide d):tre du"e, !ue celui !ui n)e "loie "as toutes ses forces "our réaliser l)intér:t de sa nation au ilieu des a""étits des autres "eu"les est un « renonciateur », une du"e. -l a e("li!ué cela avec une certaine ironie >
@@ -ussolini parle, ". ;CC. @C -ussolini Benito, « +ascisme &, in Jnciclopedia italiana. @6 Sarfati Mar5arita, -ussolini, ". 3A3. +C

« 0i le monde était une !lanc$e Arcadie, il serait peut'#tre dou" de s’amuser avec les n%mp$es et les pasteurs ; mais .e ne vois rien de tout cela, et m#me quand les grands drapeau" des grands principes se déploient, .’aperçois derrière ces étoffes plus ou moins vénéra!les, des intér#ts qui c$erc$ent 5 s’imposer dans le monde. &_A

Sa "osition vis%$%vis de la Société des Oations, "ar e(e "le, est si5nificative de ce refus d):tre du"e des ots >
« Le fascisme ne croit pas au" principes dont s’inspire la soit disant 7société des nations8, ni 5 sa vitalité. Les nations en effet, n’% sont pas sur un pied d’égalité. 1’est une sorte 0ainte Alliance des 3ations ploutocratiques du groupe franco'anglo'sa"on pour s’assurer V malgré d’inévita!les $eurts d’intér#ts V l’e"ploitation de la plus grande partie du monde. &_B

Crainte d):tre du"e, éfiance s,sté ati!ue devant les intentions des ho es !u)il se refuse $ "rendre "our des 'er5ers d)&rcadie, tel est le fond du caractère de Mussolini. &vait%il réelle ent tort D Son erreur fut "ro'a'le ent d)afficher ouverte ent, au ilieu de l)h,"ocrisie conte "oraine, son senti ent sur la 'ataille d)intér:ts !ue constitue la vie internationale. < << Mussolini a lu Machiavel et en a "arta5é sa vision des ho es. 8tran5e destinée !ue celle du secrétaire florentin !ui "assa sa vie $ chercher un So e ca"a'le de faire l)-talie, consi5na soi5neuse ent les éthodes !u)il devrait e "lo,er "our cela, échoua avec le SforFa dont il avait cru faire le ?rince, et devra attendre !uatre siècles "our !u)un "etit instituteur ro a5nol le lise, le co "renne et décide d):tre, lui, le ?rince. Mais les conseils de Machiavel, "assé !uatre siècles, étaient%ils encore vala'les D « 4ourraient'ils #tre encore de quelque utilité pour les dirigeants des (tats modernes K » se de ande Mussolini. &lors il décide de relire toute l)Iuvre du secrétaire florentin et ce fut "our lui, a%t%il ra""orté, un dra e, « si l’on peut appeler, ainsi que .e le crois, drame, la tentative que fait l’esprit pour .eter un pont au'dessus de l’a!6me qui sépare les générations et les événements ». Mais désor ais Mussolini tient sa certitude.
« ,’affirme que la doctrine de -ac$iavel est au.ourd’$ui plus vivante qu’il % a quatre siècles parce que si les aspects e"térieurs de la vie sont profondément c$angés, on n’a pas encore constaté de variations profondes dans l’esprit des individus et des peuples. 0i la politique est l’art de gouverner les $ommes, c’est'5'dire d’orienter, d’utiliser, d’éduquer leurs passions, leur égoXsme, leurs intér#ts en vue de !uts d’ordre général qui, se pro.etant dans l’avenir, dépassent de ce fait la vie des individus, si telle est la politique, l’élément fondamental de cet art est incontesta!lement l’$omme. Fl faut donc partir de lui.
@7 -ussolini parle, ". 17;. @+ Mussolini =enito, (dition définitive des Uuvres et discours, t. ---, ". 1@7. +6

ue sont les $ommes dans le s%stème politique de -ac$iavel K ue pense -ac$iavel des $ommes K Jst'il optimiste ou pessimiste K Jt en disant $ommes, devons'nous interpréter le mot dans le sens restreint d’une certaine espèce d’$ommes, c’est'5'dire des Ftaliens contemporains de -ac$iavel et appréciés par lui comme tels, ou !ien devons'nous situer le mot $ommes dans le temps et dans l’espace et le voir sous l’aspect de l’éternité K &

1a ré"onse de Mussolini $ ces !uestions est ca"itale "our la co "réhension du fascis e !ui fut essentielle ent une vue "essi iste de l)So e et de l)Sistoire.
« -ac$iavel, note Mussolini, éprouvait un pessimisme aigu en face de la nature $umaine. &

#t tout de suite a"rès, il a4oute, laissant dé4$ trans"araJtre son a""ro'ation >
« De m#me que tous ceu" qui ont eu l’occasion de pratiquer un commerce vaste et continu avec leurs sem!la!les, -ac$iavel est un contempteur des $ommes, et aime 5 les représenter sous leur aspect le plus négatif et le plus $umiliant. Fl est évident, poursuit -ussolini, que -ac$iavel, en .ugeant les $ommes comme il les .ugeait, ne se reportait pas seulement 5 ceu" de son temps, au" +lorentins, /oscans, Ftaliens qui vivaient et guerro%aient 5 c$eval, mais 5 tous les $ommes en général, non limités dans l’espace et dans le temps. Le temps s’est écoulé depuis > mais s’il m’était donné de .uger mes sem!la!les et mes contemporains, .e ne pourrais en aucune façon atténuer le .ugement de -ac$iavel ; .e devrais peut'#tre l’aggraver. -ac$iavel ne s’illusionne pas, il n’illusionne pas le 4rince. Dans l’esprit de -ac$iavel, l’antit$èse entre le 4rince et le peuple, entre l’(tat et l’individu est fatale. 1e qui fut appelé utilitarisme, pragmatisme, c%nisme mac$iavélique, découle logiquement de cette position initiale. Le mot 4rince doit s’entendre comme (tat. Dans le concept de -ac$iavel, le 4rince, c’est l’(tat. /andis que les individus tendent, poussés par leur égoXsme 5 l’atomisme social, l’(tat représente une organisation et une limitation. L’individu tend 5 s’évader continuellement. Fl tend 5 se soustraire au" lois, 5 ne pas pa%er l’impMt, 5 ne pas faire la guerre. 4eu nom!reu" sont ceu" qui, $éros ou saints, sacrifient leur propre moi sur l’autel de l’(tat. /ous les autres sont en instance de révolte contre l’(tat. Les révolutions du S2F e et du S2FFe siècle ont tenté de résoudre ce désaccord qui est 5 la !ase de toutes les organisations sociales de l’(tat, cela en faisant du pouvoir une émanation de la li!re volonté du peuple. 1’est une fiction et une illusion de plus. Avant tout, ce que l’on appelle peuple ne fut .amais défini ; c’est une entité proprement a!straite en tant qu’entité politique. ;n ne sait e"actement, ni o< elle commence, ni o< elle finit. L’ad.ectif de souverain appliqué au peuple est une farce tragique. Le peuple tout au plus délègue, mais il ne peut e"ercer aucune souveraineté. Les s%stèmes représentatifs relèvent plus de la mécanique que de la morale. -#me dans les pa%s o< depuis des siècles ce mécanisme est le plus en usage, il % a des $eures solennelles o< l’on ne demande plus rien au peuple parce que l’on sent que la réponse serait fatale. La couronne de carton de la souveraineté lui est ravie ; et on lui ordonne, sans autre manière, ou d’accepter une révolution ou de faire la pai" ou de marc$er vers l’inconnu d’une guerre. Fl ne reste au peuple qu’un monos%lla!e pour affirmer et o!éir.
+7

2ous vo%eG que la souveraineté gracieusement accordée au peuple lui est soustraite dans les moments o< le !esoin s’en fait sentir. Jlle ne lui est laissée que quand elle est inoffensive ou réputée telle ; c’est'5'dire dans les moments d’administration ordinaire. 2ous figureG'vous une guerre décidée 5 la suite d’un référendum K 3ous vo%ons donc immanent, m#me dans les régimes fa!riqués par l’#nc,clo"édie ]qui péc$ait, 5 travers 9ousseau, par un incommensura!le et e"cessif optimisme^, nous vo%ons donc tou.ours le désaccord entre la force organisée de l’(tat et le fragmentaire des particuliers et des groupes. Fl n’a .amais e"isté de régime e"clusivement consentant ; il n’e"iste pas, il n’e"istera pro!a!lement .amais. -ac$iavel écrivait dans 1e ?rince !ien avant que .e ne l’aie dit moi' m#me > 79e ceci il résulte !ue tous les "ro"hètes ar és ont été vain!ueurs et les désar és a'attus.8 1ar la nature des peuples est varia!le et s’il est facile de leur persuader une c$ose il est difficile de les retenir dans cette persuasion. Jt cependant l’on doit #tre organisé de façon telle que quand les peuples ne croient plus, on puisse les faire croire de force > -oXse, 1%rus, /$ésée, 9omulus n’auraient pu faire o!server longtemps leur constitution s’ils avaient été désarmés. &_C

Eous aveF l$ toute la "hiloso"hie du fascis e. 3oute la conce"tion ussolinienne de l)8tat re"ose sur cette vue "essi iste de la nature hu aine !u)il tient de Machiavel. 1e dualis e -ndividu%8tat est fatal. 1)individu tend naturelle ent $ écha""er au( disci"lines nécessaires. M: e si l)on a réussi $ le "ersuader, il est difficile de le retenir dans cette "ersuasion. -l est insta'le, in5rat et é5oXste et ne cède !u)$ la force. 1)individu doit donc, selon la tradition classi!ue, redevenir su.et et cesser de "rétendre $ la couronne de carton !ui ne fait !u)a4outer une h,"ocrisie $ une situation dé4$ suffisa ent co "li!uée, car il n), aura 4a ais de ré5i e e(clusive ent consentant. Co ent Mussolini, de cette vue "essi iste, va%t%il "asser $ l)o"ti is e fasciste !ui "rétend instaurer un 2rdre nouveau D

VIII.
Si l)ho e est 'ien tel !ue nous le décrit Mussolini a"rès Machiavel > insta'le, in5rat et é5oXste, sur !uels ho es "ourra donc s)a""u,er le fascis e "our refaire l)8tat D Mussolini est o'li5é d)en a""eler $ un « ho e nouveau », !ui réa5irait différe ent des autres ho es, !ui fournirait cette élite destinée $ diri5er l)8tat. #n ce sens, le fascis e est une conce"tion s"iritualiste.
@9 Mussolini =enito, « [erarchia » L19;@M, -ussolini parle, ". ;+1. ++

« 4our le fascisme, le monde n’est pas ce monde matériel qui appara6t 5 la surface, o< l’$omme est un individu isolé de tous les autres, e"istant en soi, et gouverné par une loi naturelle qui, instinctivement, le pousse 5 vivre une vie de plaisir égoXste et momentané. L’ ho e du fascis e est un individu qui est nation et patrie, une loi morale unissant les individus et les générations dans une tradition et dans une mission, supprimant l’instinct de la vie limité au cercle étroit du plaisir, pour instaurer dans le devoir une vie supérieure, li!érée des limites du temps et de l’espace ; une vie o< l’individu, par l’a!négation de lui'm#me, réalise cette e"istence toute spirituelle qui fait sa valeur d’$omme. 1’est donc une conception spirituelle, née de la réaction générale du siècle présent contre le positivisme matérialiste et dégénéré du SFS e siècle. 1onception antipositiviste, mais positive > ni sceptique, ni agnostique, ni pessimiste, ni passivement optimiste, comme le sont généralement les doctrines ]toutes négatives^ qui placent le centre de la vie en de$ors de l’$omme, qui, par sa li!re volonté, peut et doit créer son monde. Le fascisme veut que l’$omme soit actif et engagé dans l’action avec toutes ses énergies > il le veut virilement conscient des difficultés réelles et pr#t 5 les !raver. Fl conçoit la vie comme une lutte, il estime qu’il appartient 5 l’$omme de conquérir une vie vraiment digne de lui, en créant, avant tout, en lui'm#me, l’instrument ]p$%sique, moral, intellectuel^ pour la construire. Jt cela est vrai et pour l’individu lui'm#me, et pour la nation, et pour l’$umanité. &EW

#n d)autres ter es, la volonté crée l)histoire et « pour agir sur les $ommes comme sur la nature, il faut entrer dans le cours de la réalité et se rendre ma6tre des forces en action ».
« Anti'individualiste, la conception fasciste est pour l’(tat ; elle est pour l’individu en tant que celui'ci s’$armonise avec l’(tat, conscience et volonté universelle de l’$omme dans son e"istence $istorique= Jn ce sens le fascisme est totalitaire, et l’(tat fasciste s%nt$èse et unité de toute valeur, interprète, développe et domine toute la vie du peuple. &E@

#t voil$ fer é le cercle du raisonne ent ussolinien. Sur un "essi is e fonda ental, il élève un o"ti is e a 'itieu( "rétendant refaire « non les formes de la vie $umaine, mais son contenu > l’$omme, le caractère, la foi &C;, et c)est "our!uoi il récla e « une discipline et une autorité qui pénètrent dans les esprits et % règnent sans partage ». 1)a 'ition était tro" 5rande sans doute. -l , a du dé iur5e dans Mussolini $ c/té de 'eaucou" de 'on sens et de 4uste vue des choses. Sélas, les ho es ne sont !ue les ho es et co e on n)a "as encore trouvé d)autre instru ent "our les diri5er !ue d)autres ho es, l)i "erfection est au( deu( 'outs de la chaJne > cheF les diri5eants et cheF les diri5és. 1a sa5esse co andait 'eaucou" de odestie et de "atience. 1e fascis e voulut tout et tout de suite. -l "rovo!ua une tension e(altante du "eu"le italien, vécut vin5t ans et s)écroula en vin5t ois.
CA Mussolini =enito, « *ascis e », in Jnciclopedia italiana. C1 F!id. C; F!id. +9

Mussolini le "essi iste avait "éché "ar o"ti is e. 1a vie "résente de ces contradictions. < << 1)ori5inalité du fascis e réside 'eaucou" oins dans son as"ect "oliti!ue !ue dans son as"ect social. C)est "arce !u)il a "rétendu résoudre les contradictions du ca"italis e « par l’(tat et dans l’(tat» !u)il occu"e dans l)idéolo5ie conte "oraine une "lace indé"endante des vicissitudes de sa fortune "oliti!ue. 1e fascis e est né, et s)est ensuite dévelo""é lo5i!ue ent, $ "artir d)une donnée très si "le "osée "ar Mussolini, en 1919, $ Milan, "lace San Se"olcro, lors de la fondation des « *aisceau( italiens de Co 'at ».
« 0i le régime dispara6t, c’est nous qui devons prendre sa place. Le droit de succession nous appartient, parce que c’est nous qui avons poussé le pa%s 5 la guerre et l’avons conduit 5 la victoire. La représentation politique actuelle ne peut nous suffire, nous voulons une représentation directe de tous les intér#ts= ;n pourrait o!.ecter 5 ce programme que nous revenons au" corporations. u’importe O &E?

Eoil$ tout le fascis e > "oliti!ue ent, la dictature des co 'attants H sociale ent, l)union cor"orative des "roducteurs. C)est "arce !u)il a ro "u avec le atérialis e histori!ue !ue le socialiste Mussolini va trouver la ré"onse fasciste $ l)anta5onis e de classes. -l nie a'solu ent !ue, co e le "rétend ]arl Mar(, l)histoire de la civilisation hu aine "uisse s)e("li!uer uni!ue ent « par les luttes d’intér#ts entre les différents groupes sociau" et par la transformation des mo%ens de production ». Sans doute, reconnaJt%il, « personne ne songe 5 nier que les faits économiques V découvertes de matières premières, nouvelles mét$odes de travail, inventions scientifiques V aient leur importance, mais prétendre qu’ils suffisent 5 e"pliquer l’$istoire $umaine, 5 l’e"clusion de tous les autres facteurs, est une a!surdité. Le fascisme croit encore et tou.ours 5 la sainteté et 5 l’$éroXsme, c’est'5'dire au" actions dans lesquelles n’agit aucun motif économique proc$e ou lointain »C@. Ce re4et du atérialis e histori!ue entraJne des consé!uences !ue le socialiste Mussolini a "arfaite ent 'ien vues > si les ho es ne sont "lus « des figurants qui apparaissent et disparaissent » $ la surface de l)histoire, alors !ue « dans les profondeurs » s)a5iteraient et travailleraient « les vérita!les forces directrices », il ne "eut "lus :tre !uestion de lutte des classes « permanente et inélucta!le ». Celle%ci ne "eut donc "lus :tre considérée « comme facteur prépondérant des transformations sociales ».
C3 F!id. C@ F!id. 9A

Qu)il vienne de fra""er $ "arfaite ent co "te >

ort l)idéolo5ie socialiste, Mussolini s)en rend

« Le socialisme, une fois frappé dans ces deu" principes fondamentau" de sa doctrine, il n’en reste plus que l’aspiration sentimentale V vieille comme l’$umanité V 5 un régime social dans lequel doivent #tre soulagées les souffrances et les douleurs des plus $um!les. &

2r, si le fascis e nie l)é!uation > « Bien'#tre égale !on$eur »!ui transfor erait les ho es « en animau" », il entend 'ien résoudre « les contradictions dramatiques du capitalisme ». Co ent D « Dans l’(tat et par l’(tat ».
« L’(tat fasciste s’est attri!ué le domaine de l’économie, et par les institutions corporatives, sociales, éducatives qu’il a créées, le sens de l’(tat arrive .usqu’au" ramifications e"tr#mes du pa%s et dans l’(tat, circulent, encadrées dans leurs organisations respectives, toutes les forces politiques, économiques et spirituelles de la nation. &EE

Cette idée de la nation or5anisée selon les étiers !ui se 'le 'anale au4ourd)hui n)était, dans les années 19;A $ 19;C, !u)une ré iniscence histori!ue des cor"orations édiévales. C)est le fascis e !ui réintroduit le ot et la chose dans l)idéolo5ie "oliti!ue oderne. 1e cor"oratis e est l)as"ect écono i!ue de la 5rande révision des valeurs o"érée "ar la contre%révolution traditionaliste du X-X e siècle. Celle%ci, !ui avait conda né le li'éralis e "oliti!ue, 'ase de la dé ocratie "arle entaire, ne "ouvait tolérer le li'éralis e écono i!ue, 'ase du ca"italis e de s"éculation. ?lus lo5i!ue !ue la 6évolution de 17+9 !ui avait "rétendu li'érer "oliti!ue ent l)individu, ais l)avait enchaJné au "ouvoir naissant de la "loutocratie, la contre%révolution ré"udie le li'éralis e sous son dou'le as"ect "oliti!ue et écono i!ue. C)est "ar la Charte du 3ravail de 19;7, !ue le fascis e a co encé $ institutionnaliser ses conce"tions d)un cor"oratis e d)8tat.
« Le /ravail, sous toutes ses formes, intellectuelles, tec$niques, manuelles, déclarait la Charte, est un devoir social et c’est 5 ce titre seulement qu’il est sauvegardé par l’(tat. La comple"ité de la production est unitaire au point de vue national. 0es o!.ectifs sont unitaires et se résument dans le !ien'#tre des producteurs et dans le développement de la puissance nationale. Les corporations constituent une organisation unitaire des forces de production et en représentent intégralement les intér#ts. Jn vertu de cette représentation intégrale, les corporations sont, de par la loi, reconnues comme organes d’(tat, les intér#ts de la production étant les intér#ts de la nation. L’(tat corporatif considère l’initiative privée dans le domaine de la production comme l’instrument le plus efficace et le plus utile de l’intér#t de la nation. L’organisation privée de la production étant fonction de l’intér#t national, la direction de l’entreprise est responsa!le de l’organisation de la production vis'5'vis de l’(tat. De la colla!oration des forces productives dérive une réciprocité des droits et des devoirs.
CC F!id. 91

Le tec$nicien, emplo%é ou ouvrier, est un colla!orateur actif de l’entreprise économique dont la direction appartient 5 l’emplo%eur qui en a la responsa!ilité. L’intervention de l’(tat dans la production économique a lieu seulement lorsque l’initiative privée fait défaut ou est insuffisante ou lorsque les intér#ts politiques de l’(tat sont en .eu. 1ette intervention peut rev#tir la forme d’un encouragement ou d’une gestion directe. &E\

< << Cette intervention de l)8tat, Mussolini n)entend "as !u)elle conduise $ une 'ureaucratisation !ui a'outirait « 5 congeler ce qui est la réalité de la vie économique de la nation, réalité compliquée, c$angeante, liée 5 tout ce qui arrive dans le monde »C7. 1e s,stè e cor"oratif fasciste >
« respecte le principe de la propriété. La propriété privée complète la personnalité $umaine ; c’est un droit et, si c’est un droit, c’est aussi un devoir. 1ela est si vrai que nous pensons que la propriété doit #tre regardée comme une fonction sociale ; non la propriété passive, mais la propriété active, qui ne se !orne pas 5 .ouir des fruits de la ric$esse, mais qui la développe, qui l’augmente et qui la multiplie. Le s%stème corporatif respecte aussi l’initiative individuelle. La 1$arte du /ravail dit e"pressément que c’est seulement quand le s%stème économique individuel est déficient, ine"istant ou insuffisant que l’(tat doit intervenir. 3’en a't'on pas vu un e"emple évident avec l’assainissement des -arais 4ontins que seul l’(tat avec ses puissants mo%ens d’action a pu réaliser. Le s%stème corporatif crée l’ordre, m#me dans le domaine économique. 0’il % a un p$énomène qui doive #tre ordonné, qui doive #tre dirigé vers certains !uts, c’est !ien le p$énomène économique qui intéresse la totalité des cito%ens. 3on seulement l’économie industrielle doit #tre disciplinée, mais aussi l’économie agricole, l’économie commerciale, la !anque et m#me l’artisanat. De quelle façon cette discipline doit'elle s’e"ercer K Nr)ce 5 l’auto' discipline des catégories intéressées. 0eulement dans une seconde période, si les catégories productrices n’ont pas trouvé l’accord et l’équili!re, l’(tat pourra intervenir, et il en aura le droit souverain, m#me dans ce domaine, puisque l’(tat représente l’autre terme d’un !inMme > c’est'5'dire le consommateur. La masse anon%me, n’étant pas encadrée en tant que consommatrice dans une organisation capa!le de se défendre, doit #tre soutenue par l’(tat, c’est'5'dire par l’organe qui représente la collectivité des cito%ens. &EB

C6 -ussolini parle, ". 31C. C7 Mussolini =enito, (dition définitive des Uuvres et discours, 3. X, ". 17. C+ F!id., ". 19. 9;

« Les corporations ne sont pas seulement 5 elles'm#mes leur propre fin, mais elles serviront 5 atteindre un !ut déterminé. Désormais c’est une 7donnée8 commune. uel est ce !ut K [ l’intérieur, une organisation qui diminue graduellement et pour ainsi dire automatiquement la distance qui sépare les différentes possi!ilités de vivre grandes, petites ou m#me nulles qu’ont les individus. Jt .’appelle cela une plus $aute 7.ustice morale8. Dans ce siècle, on ne peut admettre que la misère et l’indigence ne puissent #tre évitées > c’est dé.5 trop que de su!ir la triste fatalité de la misère p$%siologique. Le fait a!surde des famines artificiellement provoquées ne peut durer. Jlles dénoncent la criante insuffisance de l’ancien régime économique. Le siècle dernier a proclamé l’égalité des cito%ens devant la loi et ce fut une conqu#te d’une portée formida!le ; le siècle fasciste maintient, consolide ce principe, mais il en a.oute un autre non moins fondamental > l’égalité des $ommes devant le travail, compris comme un devoir et comme un droit, comme une .oie créatrice qui doit ré.ouir et enno!lir l’e"istence, et non la mortifier ou la déprimer. Dne telle égalité de !ase n’e"clut pas, et m#me e"ige une $iérarc$ie très nette entre les classes au point de vue des fonctions, du mérite et des responsa!ilités. 2is'5'vis de l’étranger, la 1orporation a pour !ut d’augmenter sans cesse la puissance glo!ale de la nation, dans l’intér#t de son e"pansion 5 travers le monde. &EC

< << Mussolini avait attendu treiFe ans avant de ettre en arche le 1A nove 're 193@, ce !u)il a""elait lui% : e « la grande mac$ine corporative », et il avertissait les e 'res de l)&sse 'lée des Cor"orations !u)il ne fallait "as attendre de iracles, « surtout si le désordre politique, économique, moral dont souffre une si grande partie du monde continue 5 sévir ».
« Les miracles ne sont pas du domaine de l’économie. Fls sont remplacés par la volonté, l’esprit d’organisation, la mét$ode dans le domaine politique, dont l’économie n’est qu’un élément. Fl faut se préparer 5 traverser une période d’e"périmentation plus ou moins longue et, en ce qui concerne le rendement, compter non seulement sur le rendement matériel mais aussi sur le rendement moral par la suite des indispensa!les rectifications que nécessitera la mentalité des $ommes et de leur sélection au creuset de l’épreuve. 1ette sélection sera l’Uuvre du fascisme. &\W

1a conce"tion cor"orative fasciste "eut se résu er dans une courte "hrase de Mussolini >
« Les corporations sont des institutions tec$niques appelées 5 donner des conseils particuliers 5 l’(tat. &\@
C9 F!id., ". 133. 6A F!id., ". 13@. 61 S"erco ^ill,, /el fut -ussolini, ". 1A7. 93

IX.
9eu( ois a"rès la Marche sur 6o e, Mussolini, en instituant le [rand conseil fasciste, avait créé une situation "oliti!ue !ui est restée connue dans l)histoire "oliti!ue italienne sous le no de « 9iarchie ». #n élevant, $ c/té du "ouvoir ro,al, le "ouvoir fasciste, il avait créé une source de conflit "ossi'le. -l en avait eu conscience d)ailleurs et avait fait un ot a usant >
« 1e s%stème est celui de la c$am!re 5 couc$er avec lits .umeau" > piètre situation si l’on en croit BalGac et sa ?h,siolo5ie du Maria5e &.

3ant !ue les choses allèrent 'ien, le s,stè e fonctionna sans tro" d)accrocs.
« Fl % avait le roi, il % avait le duce. La milice était au" ordres de -ussolini. Le roi avait comme gardes du corps des cara!inieri, le duce les mosc$etteri. Au cours des cérémonies, 5 l’;péra, on e"écutait la -arc$e 9o%ale et l’$%mne fasciste NiovineGGa. &\*

C)était so e toute une situation co "ara'le $ celle de 1ouis X--- et de 6ichelieu > les 5ardes du Cardinal et les Mous!uetaires de d)&rta5nanK Wn "re ier conflit avait o""osé les « diar!ues », lors!ue Mussolini avait voulu donner au [rand conseil fasciste le droit d)intervenir dans les !uestions de succession au tr/ne.
« 0i, en régime monarc$ique, avait dit le roi, un parti s’arroge le droit de décider de la succession au trMne, o< va la -onarc$ie K »

Mussolini avait tenu 'on. 1e ré5i e devait s)entourer de 5aranties contre l)institution onarchi!ue elle% : e !ui, si elle 5arantissait la succession au tr/ne, ne 5arantissait "oint l)orientation "oliti!ue du Souverain. 1e conflit a""araJt très net entre deu( lé5iti ités > celle de l)-dée et celle de l)Sérédité. Conflit !ue les onarchies li'érales ont ré5lé en donnant le "ouvoir effectif au( &sse 'lées et !ue le fascis e, anti"arle entariste, essa,a de résoudre "ar la « diarchie ». 1a crise !ui éclata le ;; 4uillet 19@3, au sein : e du [rand conseil fasciste, devait ontrer la fra5ilité du s,stè e. 3oute une o""osition, constituée "ar les a 'itieu( insatisfaits, tous les écontents !u)en vin5t ans un ré5i e se fait fatale ent, tout ce onde hétéroclite "encha au o ent décisif du c/té de la diarchie !ui se 'lait le "lus fai'le, ais !ui, "our cela : e, "ouvait fournir une revanche le 4our o7 on l)aurait aidé $ redevenir le "lus fort. -l n)est "as dans notre su4et de raconter l)histoire de la chute de Mussolini en 19@3. Oous voulons si "le ent essa,er d)e("li!uer la "s,cholo5ie de Mussolini $ "artir de cette date "our !ue l)on "uisse co "rendre son évolution doctrinale "ostérieure.
6; F!id., ". 1+;. 9@

< << 6acontant son retour cheF lui, la nuit du ;C 4uillet, a"rès la séance du [rand conseil o7 des ho es !u)il cro,ait sGrs "our les avoir attachés $ sa fortune venaient de l)a'andonner, Mussolini dira >
« Les rues étaient désertes. -ais on sem!lait sentir dans l’air dé.5 presque clair du crépuscule matinal, le sens de l’inélucta!le que provoque, quand elle se meut, la roue du destin dont les $ommes sont souvent les aveugles instruments. &\?

Mussolini n)est "as éloi5né de croire !ue son destin est tracé et !ue cela ne vaut "oint la "eine d)essa,er de lutter. #t c)est 'ien ce !u)il , a de "lus curieu( cheF cet ho e !ui, toute sa vie fut un for ida'le "rofesseur d)éner5ie, !ue de le voir se rendre cheF le roi, se laisser arr:ter dans l)enceinte : e du Quirinal sans avoir seule ent tenté de se défendre. Qu), a%t%il cheF lui $ ce o ent%l$ D Sans doute un "rofond dé5oGt, une 5rande lassitude et la aladie, aussi, certaine ent, !ui le ron5e. #t "uis il est fati5ué de tenir $ 'out de 'ras, de"uis vin5t ans, un "eu"le !ui n)arrive "as $ resse 'ler $ l)idée !u)il s)en est fait. 1ors!ue le 13 se"te 're 19@3, le co andant de SS SVorFen,, "ar son e("loit audacieu(, l)eut délivré de sa "rison du [rand Sasso, le 9uce "arut re"rendre confiance dans son étoile. < << 1ors!u)il créa $ Sal_, sur le lac de [arde, la 6é"u'li!ue sociale italienne, Mussolini ne "ensa "as éta'lir une sorte de "rinci"auté !ui eGt, co e au Mo,en `5e, 5ouverné une "artie de l)-talie tandis !ue Eictor # anuel --ré5nait sur =rindisi et !ue les ar ées étran5ères dévastaient le reste de l)-talie. Oon. Mussolini s)est fait une vision des choses !ui va e("li!uer son co "orte ent durant les derniers ois de sa vie >
« Dans l’$istoire de toutes les nations, il e"iste des périodes sem!la!les 5 celle que l’Ftalie traverse actuellement. uelque c$ose de ce genre dut se produire et se produisit en 9ussie après la pai" de Brest'LitoQsZ. Le c$aos d’o< surgit le léninisme dura pratiquement si" ans. 1e qui s’est produit par la suite, démontre qu’il s’agissait d’une éclipse et non d’un déclin. &\_

9ès lors, s)il s)a5it seule ent d)une écli"se, il faut ettre ce te "s $ "rofit "our faire l)e(a en de conscience du fascis e, "ense Mussolini. -l s)est trouvé dans la situation asseF curieuse de survivre $ sa "ro"re chute et d)avoir encore en ains les élé ents nécessaires "our tenter de odeler une nouvelle for e de ré5i e. C)est l$ ce !ui fait tout l)intér:t "s,cholo5i!ue de la 6é"u'li!ue de Sal_.
63 Mussolini =enito, Listoire d’une année, ". ++. 6@ F!id., ". 16@. 9C

Mussolini, $ Sal_, a fait son e(a en de conscience et l)a "u'lié dans ce livre "res!ue inconnu et !ui est "ourtant un docu ent ca"ital "our l)histoire du fascis e > L’Listoire d’une année.
« ue fut la -arc$e sur 9ome K s)interro5e%t%il, vin5t%ans a"rès l)événe ent. Dne simple crise de gouvernement, un c$angement, normal de ministère K 3on. 1e fut quelque c$ose de plus. +ut'elle une insurrection K 1ertes. Jt qui dura, 5 travers différentes alternatives, environ deu" ans. 1ette insurrection se transforma't'elle en une révolution K 3on. 0i l’on admet qu’il n’% a de révolution que lorsqu’on c$ange, avec la force, non seulement le s%stème de gouvernement mais aussi la forme des institutions de l’(tat, il faut reconna6tre que, de ce point de vue, le fascisme ne fit pas une révolution en octo!re @C**= Dans l’après'midi du ?@ octo!re, les 1$emises noires défilèrent dans les rues de 9ome au milieu de la .oie et des acclamations du peuple, il % eut une petite erreur dans la façon de déterminer l’itinéraire ; au lieu de passer devant le palais du uirinal, il e:t été préféra!le d’% pénétrer. ;n n’% pensa pas car, en ce moment, une telle révolution aurait paru 5 quiconque intempestive et a!surde. 1omment attaquer la monarc$ie qui, au lieu de !arrer les portes, les avait largement ouvertes K &\E

1es deu( "ouvoirs durent donc vivre c/te%$%c/te. Cela donnait une révolution inachevée ou une onarchie di inuée, selon la anière d)envisa5er les choses. Ce n)était, en tout cas, "as une 'onne solution. Mussolini a reconnu lui% : e66 !ue « pour que le s%stème de la diarc$ie 5 !ase de parallèles puisse fonctionner, il fallait que les parallèles ne cessassent point d’#tre telles ». 2r, la rencontre devait avoir lieu car le co "orte ent des ho es n)a rien $ voir avec la 5éo étrie, et Z conclusion de l)e(a en de conscience de Mussolini >
« Le fascisme, généreu" et romantique comme il le fut en octo!re @C**, a e"pié l’erreur de n’avoir pas été totalitaire .usqu’au sommet de la p%ramide= Les événements ont voulu que la 1ouronne e"pi)t avec sa c$ute le coup de ,arnac infligé au régime et le délit impardonna!le commis envers la 4atrie. 1ette dernière ne peut ressusciter et vivre que sous l’étendard de la 9épu!lique. &\A

Oaturelle ent le "oint de vue du roi était $ l)o""osé. 1)événe ent a dé"arta5é Mussolini et Eictor # anuel > 19@@ a ontré !u)on ne sauvait "as une onarchie avec des socialo%co unistes, : e 'énis "ar M. de [as"eri. < <<

6C F!id., ". ;AA. 66 F!id., ". ;A7. 67 F!id., ". ;;A. 96

&ussit/t a"rès sa li'ération "ar SVorFen,, Mussolini s)est re is $ écrire. -l a l)es"rit de si5ner "arfois > *a'riFio del 9on5o, du no du cons"irateur ro anti!ue de La 1$artreuse de 4arme. Qu)est%il d)autre aintenant sinon un cons"irateur stendhalien D 1es &lle ands n)ont "as voulu le laisser se réinstaller $ 6o e, il a choisi Sal_ "our son « Eich, », et c)est l$ !u)il va "enser tout le fascis e.

X.
Ce fut dans un docu ent a""elé le « Manifeste de Eérone »6+, "arce !u)ado"té, le 1@ nove 're 19@3, "ar l)&sse 'lée du ?arti fasciste ré"u'licain réuni dans cette ville, !ue Mussolini définit ce !ue 4)a""ellerai le 3e fascis e. -l co en0a "ar annoncer une Constituante, « pouvoir souverain d’origine populaire » !ui "rononcerait la déchéance de la onarchie, la conda nation du dernier roi « tra6tre et fu%ard », "rocla erait « la répu!lique sociale » et no erait « le 1$ef ». Cette Constituante devrait :tre co "osée des re"résentants des cor"s ou institutions « dont la participation contri!uerait 5 faire de la 1onstituante la s%nt$èse de toutes les valeurs de la nation ». 1a réélection du « 1$ef de la 9épu!lique » était "révue tous les cin! ans.
« L’e"périence électorale négative dé.5 faite par l’Ftalie et l’e"périence partiellement négative d’une mét$ode de domination trop rigidement $iérarc$ique contri!uent toutes deu" 5 une solution qui concilient les e"igences opposées. Dn régime mi"te ]par e"emple, élection populaire des représentants 5 la 1$am!re et nomination des ministres par le c$ef de la 9épu!lique et du gouvernement et, dans le parti, élection de faisceau, sauf ratification et nomination du directoire national par le Duce^ sem!le davantage 5 conseiller. L’organisation 5 laquelle incom!e l’éducation du peuple 5 l’égard des pro!lèmes politiques est unique. Dans le parti, ordre de com!attants et de cro%ants, doit se réaliser un organisme de pureté politique a!solue digne d’#tre le gardien de l’idée révolutionnaire. &

&insi, Mussolini ne revient "as sur sa éfiance $ l)é5ard de la dé ocratie. S)il faut un chef élu $ sa 6é"u'li!ue Z il n)a "as ou'lié la trahison du [rand conseil Z du oins entend%il te "érer l)élection "ar l)action du ?arti, « gardien de l’idée révolutionnaire ». 1e "oint 6 du anifeste "rocla ait la reli5ion catholi!ue a"ostoli!ue ro aine « religion de la 9épu!lique ». 1e "oint 7 retirait la nationalité italienne au( Uuifs et a4outait !ue "endant toute la durée de la 5uerre, ils seraient considérés co e « appartenant 5 une nationalité ennemie ».
6+ Défense de l’;ccident, na3. 97

Wn des "oints les "lus curieu( du -anifeste de 2érone, est celui !ui lance l)idée d)une « 1ommunauté européenne » !ui se 'le "rendre dans la "ensée de Mussolini la "lace du ,the i "érial caressé "ar les deu( "re iers fascis es. Cette « co unauté » fédérerait toutes les nations !ui acce"terait les "rinci"es fonda entau( suivants >
« (limination de notre continent des séculaires intrigues !ritanniques ; a!olition du s%stème capitaliste intérieur et lutte conter les ploutocraties mondiales ; valorisation, au !énéfice des peuples européens et des peuples autoc$tones, des ressources naturelles d’Afrique, dans le respect a!solu des peuples, en l’espèce musulmans qui, comme l’(g%pte, sont dé.5 civilement et nationalement organisés. &

2n ne "eut nier !u)il , ait l$ une vue asseF "énétrante des "ro'lè es !ui devaient sur5ir au lende ain de la Seconde [uerre ondiale. Cette #urafri!ue anti%'ritanni!ue eut été un condo iniu 5er ano%italien et, dans l)idée de Mussolini, le r/le de l)-talie eut sans doute consisté surtout $ or5aniser l)&fri!ue. &insi, le vieu( r:ve de Corradini s)ada"tait au( circonstances d)une a"rès%5uerre telle !ue l)eut conditionnée une victoire de l)&(e. Mais, étran5e destin de Mussolini > a"rès la diarchie 9uce%Eictor # anuel, l)avenir, s)il eut été favora'le, le conda nait $ une diarchie Mussolini%Sitler. 9écidé ent, la situation des « lits 4u eau( » le "oursuivait. < << C)est en atière sociale !ue le troisiè e fascis e devait a""orter les 'ouleverse ents les "lus "rofonds et les "lus s"ectaculaires.
« La !ase de la 9épu!lique sociale est le travail manuel, tec$nique, intellectuel dans toutes ses manifestations. La propriété privée, fruit du travail et de l’épargne individuelle, intégration de la personnalité $umaine, est garantie par l’(tat. Jlle ne doit cependant pas devenir désintégratrice de la personnalité p$%sique et morale des autres $ommes, par le mo%en de l’e"ploitation de leur travail. Dans l’économie nationale, tout ce qui, par ses dimensions ou ses fonctions, sort de l’intér#t privé pour entrer dans l’intér#t collectif, appartient 5 la sp$ère d’action qui est propre 5 l’(tat. Les services pu!lics et, naturellement, les fa!rications de guerre doivent #tre gérés par l’(tat au mo%en d’organisation para'étatiques. Dans c$aque entreprise ]industrielle, privée, para'étatique, étatique^, les représentants des tec$niciens et des ouvriers coopèrent intimement V au mo%en d’une connaissance directe de la gestion V 5 l’équita!le fi"ation des salaires, ainsi qu’5 l’équita!le répartition des !énéfices entre le fond de réserve, le fruit réservé au capital actionnaire et la participation des travailleurs au" !énéfices eu"'m#mes. Dans certaines entreprises, ceci pourra se réaliser par une e"tension des actuelles commissions d’entreprises. Dans d’autres, en remplaçant les conseils d’administration par des conseils de gestion composés de tec$niciens et d’ouvriers, avec un représentant de l’(tat. Dans d’autres encore, sous forme de coopératives para's%ndicales.
9+

Dans l’agriculture, l’initiative privée du propriétaire trouve sa limite l5 o< l’initiative m#me vient 5 manquer. L’e"propriation des terres incultes et des entreprises mal gérées peut amener au partage des terres entre ouvriers agricoles 5 transformer en cultivateurs directs, o< 5 la constitution d’entreprises para's%ndicales ou para'étatiques, selon les diverses e"igences de l’économie agricole. H=I Fl est pleinement reconnu au" cultivateurs directs, au" artisans, au" praticiens, au" artistes, le droit d’e"ercer leurs propres activités productives individuellement par famille ou par groupe. Le droit de propriété de la maison n’est pas seulement un droit de propriété, c’est un droit 5 la propriété. Le parti inscrit 5 son programme la création d’un organisme national pour la maison du peuple, lequel, a!sor!ant l’institution e"istante et en élargissant l’action au ma"imum s’emploiera 5 fournir au" familles des travailleurs de toutes catégories leur maison en pleine propriété, au mo%en de la construction directe de nouvelles $a!itations ou du rac$at graduel de celles qui e"istent. L’intention est d’affirmer le principe général que le paiement du lo%er V une fois rem!oursé le capital et pa%é le .uste intér#t de celui'ci V constitue un titre d’acquisition H=I. Le travailleur est inscrit d’autorité dans le s%ndicat de sa catégorie, sans que cela emp#c$e de le transférer dans un autre s%ndicat lorsqu’il en a les qualités requises. Les s%ndicats convergent en une unique confédération qui comprend tous les travailleurs, les tec$niciens, les travailleurs indépendants, 5 l’e"clusion des propriétaires qui ne soient pas dirigeants ou tec$niciens. Jlle se nomme Confédération 5énéral du 3ravail, de la 3echni!ue et des &rts. Les emplo%és des entreprises industrielles de l’(tat et des services pu!lics forment des s%ndicats de catégorie comme tous les autres travailleurs. /outes les imposantes réalisations sociales du régime fasciste pendant le ventennat restent intégrales. La 1$arte du travail en constitue dans sa lettre la consécration, comme également elle constitue dans son esprit le point de départ pour le c$emin ultérieur. 4ar ce préam!ule 5 la 1onstituante, le 4arti montre non seulement qu’il va vers le peuple, mais qu’il est avec le peuple. &\C

< << 1)étatis e totalitaire du fascis e devait fatale ent le conduire $ une certaine for e de socialis e d)8tat. 1es "rinci"es ont leur lo5i!ue. C)est le 1; février 19@@ !ue Mussolini décida la socialisation de toutes les entre"rises "rivées d)au oins un illion de lires, ainsi !ue de toutes les entre"rises a""artenant $ l)8tat, au( "rovinces et au( co unes et de toute autre entre"rise de caractère "u'lic. Co e l)avait laissé entendre le -anifeste de 2érone, c)est la structure : e de l)entre"rise !ue le socialis e fasciste entend odifier.
69 F!id. 99

1e conseil d)ad inistration est su""ri é et ses fonctions sont transférées $ un conseil de 5estion !ui oriente et dévelo""e la "roduction, ré5it la vie de l)entre"rise, rédi5e le 'ilan et "ro"ose la ré"artition des 'énéfices. Ce conseil de 5estion est i(te ou for é seule ent des re"résentants des travailleurs selon !u)il s)a5it d)une entre"rise "rivée ou d)8tat. 1e chef de l)entre"rise, !ualifié "ar la loi de « premier travailleur de l’entreprise », est no é "ar l)&sse 'lée 5énérale dans les sociétés "rivées "ar action, en co andite "ar action et $ res"onsa'ilité li itée ainsi !ue dans les entre"rises d)intér:t "u'lic sous for e de société et "ar les associés dans toutes les autres entre"rises "rivées sous for e de société !ui ne soit "as "ar action. 9ans les entre"rises d)8tat, et dans les entre"rises d)intér:t "u'lic !ui ne sont "as constituées sous for e de société, le chef d)entre"rise est no é "ar décret du inistre de l)8cono ie cor"orative. 1e chef d)entre"rise "réside de droit tant l)&sse 'lée 5énérale !ue le Conseil de 5estion, et en cas de "arité de voi( celle du chef d)entre"rise "révaut. 1e décret du 1; février 19@@ "récisait !ue >
« le passage 5 l’(tat de quelques entreprises déterminées et numériquement limitées s’encadre dans le processus général de socialisation de la structure économique du pa%s, et qu’il constitue une forme plus avancée et intégrale de socialisation pour ces secteurs qui, en raison de leur intér#t primordial pour la collectivité, demandent que celle'ci en assume directement la propriété et le contrMle, e"cluant l’intervention de forces et d’intér#ts particularistes. 1e qui se produit .ustement au mo%en du passage 5 l’(tat qui est le plus grand représentant de la collectivité et au mo%en de la participation directe et intégrale du travail 5 la gestion. &AW

1e troisiè e fascis e s)oriente donc vers un socialis e d)8tat caractérisé. ?our!uoi D Sans doute "arce !ue Mussolini a deviné l)o'scure con4uration des intér:ts !ui s)est for ée contre lui, "arce !u)il est furieu( contre la « 'our5eoisie » !ui l)a trahi et "arce !u)il es"ère !u)un choc "s,cholo5i!ue é'ranlera la asse ouvrière $ l)annonce de cette "ro otion soudaine. 1e décret du 1; février n)annonce%t%il "as !ue désor ais la !uote%"art des 'énéfices réservés au ca"itale sera annuelle ent fi(ée "ar un or5anis e d)8tat B 1e ca"ital est désor ais assi ilé au salariat. Wne fois déduite la !uote%"art du ca"ital, le reste devra :tre ré"arti entre les travailleurs. 1e ca"ital ne "ourra "as recevoir "lus de 3A b de l)ense 'le des rétri'utions versées au( travailleurs. 1)e(cédent sera destiné $ des investisse ents de nature sociale et "roductive. Mussolini, $ cette "ériode de sa vie, ai e $ s)entourer d)anciens co "a5nons de sa 4eunesse de ilitant socialiste. -l est "eut%:tre davanta5e sollicité "ar le souvenir d)un idéal s,ndicaliste !ue "ar un 4u5e ent serein de son Iuvre de vin5t ans. Oon !u)il la renie, ais !uel!ue chose n)a "as arché et il ne voit "as !uoi. -l ne lui vient "as $ l)idée !ue ce "uisse :tre sa "ro"re i "atience,
7A F!id. 1AA

la tension e(cessive !u)il a de andée et i "osée $ son "eu"le, les difficultés !u)il a "rovo!uées "ar sa "oliti!ue e(térieure !ui ont dressé contre lui des forces indifférentes ou : e s, "athi!ues au dé"art. -l a an!ué de "rudence, de sens de la esure et aintenant il accuse son s,stè e cor"oratif d):tre insuffisant, il veut serrer davanta5e l)étreinte de l)8tat sur l)écono ie, il r:ve d)un 8tat s,ndicaliste. 2n ne saura 4a ais co ent aurait évolué les choses si l)&(e avait 5a5né la 5uerre, ais le fascis e 5lissait cha!ue 4our davanta5e vers le socialis e d)8tat. 1a déchéance de la Monarchie, la revanche contre la « 'our5eoisie » eussent accentué cette orientation !ue l)i ensité des t.ches !ui eussent attendu la diarchie Sitler%Mussolini eut d)ailleurs rendu "ro'a'le ent nécessaire.

XI.
1a nouvelle or5anisation du travail créée "ar Mussolini en 19@@, "ortait le no de Confédération 5énérale du 3ravail, de la 3echni!ue et des &rts. 1es décrets !ui l)or5anisaient "arurent les 9 et 1A ai 19@@. 1)artiste "re ier du décret du 9 affir ait !ue « le travail intellectuel, tec$nique et manuel dans toutes ses manifestations constitue la !ase de la 9épu!lique sociale italienne ». 1a 6é"u'li!ue sociale sera donc, non "as un s,stè e 'asé sur la lutte des classes et au( ains d)une classe, ais la 6é"u'li!ue des travailleurs considérés dans leurs étiers, $ !uel!ue classe sociale !u)ils a""artiennent. Mussolini reste donc fidèle $ l)essence : e du fascis e et continue $ rechercher la résolution du dualis e -ndividu%8tat dans l)8tat or5ani!ue des "roducteurs, des travailleurs, co e il dit aintenant "our ra4eunir le voca'ulaire et e ':ter les 'our5eois. 1)or5anisation s,ndicale nouvelle avait "our o'4et de réaliser >
« la participation active des travailleurs 5 la vie politique, économique et sociale de l’(tat. [ travers l’organisation s%ndicale, les travailleurs désignent leurs représentants dans les organes de l’(tat et dans les institutions dans lesquelles de telles représentations sont prévues. Le s%ndicat d’entreprise ou communal de catégorie qui comprend les c$efs d’entreprise, les dirigeants, les emplo%és tec$niciens et administratifs et les ouvriers constitue la !ase de l’organisation s%ndicale. Les s%ndicats d’entreprise et communau" sont groupés en s%ndicats provinciau" de catégorie. Les s%ndicats provinciau" de catégories en s%ndicats nationau" de catégorie. 1eu" qui e"ercent des activités professionnelles déterminées peuvent constituer des s%ndicats de circonscription différents des s%ndicats d’entreprise, communau" ou provinciau", réunis en s%ndicats nationau" de catégorie. Les s%ndicats de catégorie se réunissent au sein de la 1onfédération générale du /ravail, de la /ec$nique et des Arts.
1A1

1es s%ndicats d’entreprise et communau" de catégorie constituent dans c$aque commune l’Dnion communale du /ravail, de la /ec$nique et des Arts a%ant pour o!.et la tutelle des intér#ts générau" du travail dans le cercle de la commune. De la m#me façon, les s%ndicats provinciau" de catégorie constituent l’Dnion provinciale du /ravail, de la /ec$nique et des Arts, a%ant pour o!.et la tutelle des intér#ts générau" dans le cercle de la province. La constitution des s%ndicats nationau" est enregistrée par le ministère de l’(conomie corporative. L’enregistrement peut #tre proposé également par la 1onfédération générale du /ravail, de la /ec$nique et des Arts. L’enregistrement confère 5 l’organisation s%ndicale la personnalité .uridique. Le contrMle administratif sur les organisations s%ndicales de c$aque degré sont > l’Assem!lée, le directoire, le président, les vice'présidents. L’Assem!lée du s%ndicat d’entreprise et communal de catégorie est formée des producteurs faisant partie du s%ndicat. L’assem!lée du s%ndicat provincial est formée des représentants des s%ndicats d’entreprise et communau". l’assem!lée du s%ndicat national de catégorie est constitué des présidents et vice'présidents des s%ndicats provinciau". Fl incom!e, en outre, au" assem!lées d’élire les présidents, les vice'présidents et les directeurs des s%ndicats nationau" de catégories. Fl incom!e 5 l’assem!lée de déterminer l’organisation interne de la 1onfédération, de décider sur toutes les questions in$érentes au" intér#ts générau" de la 1onfédération et des catégories représentées et de proposer les éventuelles modifications au" statuts. Fl incom!e en outre au" assem!lées d’élire les mem!res du directoire confédéral, d’en contrMler l’activité et, dans les cas et par les mo%ens prévus par les statuts, de les révoquer. Le 4résident de la 1onfédération générale du /ravail, de la /ec$nique et des Arts est nommé par décret du 1$ef du gouvernement. Le 4résident de la 1onfédération générale du /ravail, de la /ec$nique et des Arts est responsa!le de l’o!servation des lois et des statuts pour tout ce qui concerne la vie et le fonctionnement des organes s%ndicau" de c$aque degré ; il est assisté d’un directoire confédéral 5 constituer selon la manière prévue par les statuts. [ la 1onfédération générale du /ravail, de la /ec$nique et des Arts est confiée la coordination des services d’assistance et de prévo%ance, d’éducation, de récréation et d’enseignement professionnel ainsi que ceu" relatifs 5 la mise au travail de toute espèce et de tous les organismes et institutions pour la tutelle et l’élévation morale et matérielles des travailleurs de la 9épu!lique. La discipline du travail est éta!lie par les règlements du travail. Le règlement du travail déterminera toutes les conditions attenantes 5 l’e"ercice d’une activité déterminée, développée soit dans le cadre de l’entreprise ou 5 domicile, soit e"ercée li!rement. Le règlement du travail est unique pour c$aque catégorie et 5 la formation de ses diverses parties concourent les différents degrés de l’organisation s%ndicale. Les s%ndicats nationau" de catégorie proposent, sur la !ase des éléments fournis par les s%ndicats provinciau" les tarifs professionnels et les instructions in$érentes 5 la tutelle générale du travail et des li!res activités e"ercées dans le cadre national. Les tarifs et les normes proposées par le s%ndicat national de catégorie sont su.ets 5 l’appro!ation des organes corporatifs nationau" et rendus o!ligatoires par la pu!lication au ,ournal officiel d’Ftalie. &
1A;

Le décret du C mai @C__ disposait en outre que tous les travailleurs étaient encadrés dans l’organisation s%ndicaleA@. < << 1a Confédération 5énérale du 3ravail, de la 3echni!ue et des &rts "ro"re ent dite, fut instituée "ar décret du 1A ai 19@@. Mussolini entendait !u)elle re"résent.t les intér:ts 5énérau( des travailleurs et "er ette la "artici"ation active de ceu(%ci $ la vie "oliti!ue, écono i!ue et sociale de l)8tat.
« Les travailleurs et assimilés e"priment 5 travers la 1onfédération et les s%ndicats ad$érents leur volonté rénovatrice et apportent 5 l’(tat, coordonnée et $armonisée, leur capacité constructive tendant 5 la puissance, 5 la grandeur et au !ien'#tre du peuple italien. &A*

1a Confédération 5énérale du 3ravail, de la 3echni!ue et des &rts devait "rinci"ale ent « susciter une effective solidarité entre tous les travailleurs » et faire naJtre « la plus $aute considération pour les eilleurs, 5 quelque degré qu’ils appartiennent ». #nfin elle aurait "our "rinci"ale ission de veiller $ l)a""lication de la socialisation des entre"rises afin !ue l)entre"rise devienne « le cadre dans lequel l’Uuvre $umaine soit accomplie par c$aque travailleur avec la sereine conscience de l’accomplissement d’un devoir &A?. < << 1a situation ilitaire n)a "as "er is $ Mussolini d)e("éri enter sur une échelle suffisante la nouvelle lé5islation socialiste fasciste !u)il avait éla'orée. 2n a is en doute : e !u)il ait eu réelle ent l)intention de la conserver telle !uelle au cas o7 il eut été li're d)a5ir dans toute l)-talie. Certaines dis"ositions de nationalisation avaient "our 'ut, a%t%on dit, d)éviter l)e "rise de l)ad inistration alle ande sur l)industrie italienne. 1es néo%fascistes du Movi ento sociale italiano sont eu(% : es divisés sur la "artie de l)hérita5e du fascis e !u)il convient d)acce"ter. -l n)en est "as oins certain !ue, "our de no 'reuses raisons, Mussolini entendant donner au fascis e un caractère "lus socialiste, sans !u)il faille tenir le -anifeste de 2érone "our l)as"ect définitif d)une "ensée !ui chercha "er"étuelle ent $ s)ada"ter au( conditions réelles du o ent. 9ans ce !u)on a a""elé le « 3esta ent de Mussolini » et !ui est la dernière interviec concédée "ar le 9uce au 4ournaliste italien [.%[. Ca'ella, directeur du 4opolo di Alessandria, le ;A avril 19@C, Mussolini continue $ affir er la valeur de l)e("érience fasciste.
71 3a aro &ttilio, Due anni di storia, ". 69. 7; 9écret du 1A ai 19@@, article -. 73 3a aro &ttilio, Due anni di storia, ". 69. 1A3

Militaire ent, tout est visi'le ent "erdu et 4a ais la certitude de Mussolini d)avoir eu raison ne s)est affir ée d)une anière aussi éclatante >
« ,e ne !luffais pas, dit'il, en affirmant que l’Fdée fasciste serait l’Fdée du SSe siècle. Dne éclipse d’un lustre, de di" ans m#me n’a aucune importance. 1e sont les événements, en partie, et les $ommes, par leur fai!lesse, pour une autre part, qui provoquent au.ourd’$ui cette éclipse. -ais on ne peut revenir en arrière. L’Listoire me donnera raison. H=I Dn .eune, un pur, trouvera nouveau", audacieu" et dignes d’#tre suivis nos postulats de @C@C et les points de 2érone de @C_?. Le 4euple ouvrira alors les %eu" et lui'm#me décidera le triomp$e de ces idées. &A_

< << &ssassiné "ar les co unistes $ 9on5o, Mussolini fut "endu "ar les "ieds sur la "lace 1oretto $ Milan, le ;9 avril 19@C. Son cadavre fut enseveli dans un lieu secret, i5noré "endant douFe ans de sa fa ille : e. Co e une o'session !ui les effraie, les ho es de 5auche voient dans tous leurs adversaires des fascistes. 1e ot a "erdu son sens ori5inel et vit d)une vie "ro"re, onstrueuse et terrifiante "our tout 'on « démocrate ». Ces "a5es n)ont eu "our o'4et !ue de restituer le visa5e histori!ue du fascis e.

7@ Mussolini =enito, /estamento politico, ". ;@. 1A@

VIII. #’$llemagne entre la %ace et la &ation
1)&lle a5ne 'rGlait sourde ent dans !uel!ues cerveau( hardis. #rnst von Salo on, Les réprouvés.

I.
Uac!ues =ainville faisait re ar!uer !ue « si l’Allemagne V de m#me que l’Ftalie V est restée si longtemps émiettée, ce n’est pas qu’une m%stérieuse fatalité l’ait voulu ». -l se refusait $ croire !ue cet é iette ent ait "u :tre dicté "ar la confi5uration du sol ou le caractère des &lle ands. « 1es sortes de prédestinations, disait%il, sont purement imaginaires &. -l reconnaissait !ue les événe ents, de"uis, avaient "rouvé !ue « l’unité était dans leur nature Lau( &lle andsM autant que le particularisme &, !ue, d)ailleurs, co e l)avait e re ar!ué #rnest 1avisse > « Au S siècle, de tous les pa%s qui avaient formé l’$éritage de 1$arlemagne, l’Allemagne sem!lait le "lus "roche de l)unité »1. 2r cette unité « presque faite & se défit.
« [ quoi a tenu cette destinée K [ quoi a tenu cet éc$ec K 1’est encore -. Lavisse qui l’o!serve > l’Allemagne, au" temps de sa décadence, n’a pas trouvé cette continuité dans l)action onarchi!ue par laquelle d’autres pa%s furent constitués en (tats qui deviendront ensuite des nations. &

-l s)éta'lit ainsi une sorte de 5rand interrè5ne alle and, de 1;CA $ 1+7A. 9es forces no 'reuses, de l)intérieur co e de l)e(térieur, 4ouaient "our aintenir sous le no de « li!ertés germaniques » l)anarchie alle ande. « 4as de roi d’Allemagne &, disaient les "rinces alle ands. c)était aussi la "ensée des rois de *rance > « 4lus de roi d’Allemagne &. 1es 3raités de ^est"halie orcelèrent l)&lle a5ne en deu( ille enclaves L"rinci"autés, ré"u'li!ues, év:chés, ar5raviats ou si "les co anderiesM. « Les cartograp$es eu"'m#mes s’% perdaient et n’avaient pas asseG de couleurs 5 leurs cra%ons pour distinguer tous ces territoires enc$ev#trés les uns dans les autres &. -l faudra attendre 6ousseau et la 6évolution fran0aise "our voir s)éveiller cheF les intellectuels co e Serder, « nourri de 9ousseau », l)idée d)une conscience nationale s)e("ri ant "ar une lan5ue !ui sert $ définir l)individualité nationale.
1 =ainville Uac!ues, Listoire de deu" peuples, ". ;A et s!. 1AC

« 1ette idée, co ente =ainville, était prodigieusement nouvelle et grosse de prodigieuses nouveautés dans une Allemagne morcelée 5 l’infini et 5 qui toute e"istence nationale avait été .usqu’alors refusée, plus qu’5 aucun autre peuple. Les Allemands avaient perdu l’idée qu’ils pussent e"ister comme nation. 1ette idée, la 9évolution la leur révélait, mais pour que la mesure de l’a!surde f:t com!le, c’était 5 la pointe de l’épée. »;

Sans doute, il ne "ouvait "as , avoir de nationalis e alle and "uis!ue le nationalis e vient a"rès la nation et !u)il n), avait "as de nation alle ande, ais le nationalitaris e allait la créer. < << &lors !ue la théorie fran0aise du "rinci"e des nationalités re"ose sur l)idée de la nationalité élective, la théorie alle ande re"ose sur celle de la nationalité inconsciente > la race l)e "orte sur le consente ent. C)est l)ensei5ne ent de 3reitschVe lors de l)anne(ion de l)&lsace et de la 1orraine >
« Le pa%s allemand que nous réclamons est nMtre par la nature et par l’$istoire= 3ous, Allemands qui connaissons l’Allemagne et la +rance, nous savons ce qui convient au" Alsaciens mieu" que ces mal$eureu" eu"' m#mes= 3ous voulons, contre leur volonté, leur rendre leur #tre propre. »3

1)i "récision de l)idée de race, la difficulté $ traduire le ot vblZisc$ !u)e "loiera Sitler, ont "roduit 'ien des confusions. « La race, a dit fort 4uste ent *erdinand 1ot, est l’effet et non la cause ». Mais ce !ui se for e lente ent sous les influences co "le(es du cli at, des ha'itudes, des idées, d)une histoire co une, est%ce 'ien une race D Oon "as, c)est une ethnie, c)est%$%dire un ense 'le de caractères so ati!ues, culturels et reli5ieu( !ui "euvent a'outir $ la création d)un 5rou"e différencié, ais ce n)est "as encore une race ou ce n)est "lus une race.
« ;n ne saurait éta!lir quoi que ce soit quant 5 la race m#me, faute de pouvoir remonter 5 une époque o< les facultés natives quelconques ]=^ auraient pu s’o!server 5 l’état nu et tout spontané avant le recouvrement opéré par les siècles. » L6enouvierM.

Mais une et$nie, "ar contre, "eut fort 'ien se for er $ "artir d)un 5rou"e lin5uisti!ue et histori!ue. Se vouloir différents, c)est dé4$ :tre différents. 1)idée nationale alle ande 4aillira avec un irrésisti'le 'ouillonne ent lors!ue le rel.che ent de la "oliti!ue des 3raités de ^est"halie et, "lus tard, l)affai'lisse ent de la Sainte &lliance auront "er is au( 8tats alle ands de sentir leur é"ar"ille ent et de désirer en sortir. 1ors!ue le ouve ent dé ocrati!ue aura re "lacé l)idée de fidélité au Souverain "ar la notion du ?eu"le Souverain, il faudra 'ien !ue les "eu"les "rennent conscience d)eu(% : es, de leur "ersonnalité, de leurs contours. #t o7 "ourraient%ils trouver définition "lus facile !ue dans la lan5ue D
; 3 F!id., ". 16A. -n Uohannet 6ené, Le 4rincipe des nationalités, ". ;11. 1A6

0o Qeit die deutsc$e cunge dlingt Dnd Nott im Limmel Lieder singt Das soll es sein O Das soll es seinO Das ganGe Deutsc$land soll es sein=

chantera &rndt. L&ussi loin !ue résonne la lan5ue alle ande Z et !ue 9ieu chante dans les cieu( Z il faut !ue cela soit, il faut !ue cela soit Z il faut !ue soit l$ toute l)&lle a5neM. 1a "oliti!ue des rois de *rance avait réussi $ e ":cher l)unité alle ande de se réaliser autour d)une d,nastie, la 6évolution fran0aise lui "er ettra de se réaliser autour d)une idée. *ichte, dans ses Discours 5 la 3ation allemande n)hésite "as $ "résenter la lan5ue co e un é!uivalent de la nation, « une force fatale qui mène l’individu &. -l dira encore >
« 1e qui parle la m#me langue, c’est un tout que la pure nature a lié par avance de liens multiples et invisi!les H=I Dn pareil tout ne peut admettre en son sein aucun peuple d’une autre origine ou d’une autre langue, ni vouloir se m#ler avec lui. &

1)&lle a5ne n)a,ant "u :tre un de ces 8tats créés "ar des d,nasties « qui deviennent ensuite des nations », dont "arlait 1avisse, le "eu"le alle and se chercha et ne se trouva de frontières !u)au( li ites de sa lan5ue. 1i ites i "récises et odifia'les. -l en résulta dans la for ation de la nation alle ande !uel!ue chose d)indéfini !ui donnera naissance au "an5er anis e dont l)o'4et sera de "ousser les frontières du 6eich en avant en « 5er anisant » les "eu"les voisins 4us!u)$ ce !u)Sitler, ra enant tout $ une conce"tion 'iolo5i!ue, trouve sa théorie de l)es"ace vital.

II.
C)est au lende ain de la ?re ière [uerre ondiale !u)a""araJt l)e("ression d)un nationalisme alle and « raisonné » co e l)avait été le nationalis e 'arrésien en *rance.
« Dne nation est une communauté de valeurs en continuelle évolution ]Qertungsgemeinsc$aft^ et le nationalisme est la conscience de ce processus évolutif ; vivre dans la conscience de la nation, cela peut dire vivre dans la conscience de ses valeurs et de son $istoire ; le nationalisme comprend les nations par la mission qui leur incom!e, par les oppositions entre les peuples et attri!ue 5 c$acun d’eu" une fonction spéciale ; il est d’une certaine manière universaliste et s’adresse 5 tout Juropéen. »@
@ MIller van den =rucV, cité in Cordeiro 6a os, Alguns aspectos so!retudo literarios de moderno nacionalisme alemao, 1is'oa, 193@, ". 11. 1A7

Ean den =rucV, en réaction contre le ta'leau désolé de S"en5ler, reconnaJt la « décadence de l’;ccident », ais annonce dans son Dritte 9eic$ !ue les catastro"hes histori!ues donnent $ l)ho e de nouvelles "ossi'ilités "our une nouvelle vie "ar les le0ons !u)elles ad inistrent. 2r, la 5uerre et la défaite ont a""ris au( &lle ands !u)en dé"it de toutes les o""ositions de "artis ou de classes, ils sont solidaires dans leur destin et « leur ont fait pressentir pour la première fois qu’il % avait l5 un peuple qui pouvait #tre une nationC ». 3el est l)essentiel du essa5e nationaliste de MIller van den =rucV dans son livre fa eu( > Das Dritte 9eic$, "aru en 19;;. &u "oint de vue de la continuité histori!ue, le --- e 6eich, dans l)es"rit de van den =rucV, doit "arachever l)Iuvre du -- e 6eich, celui de =is arcV. 1e Chancelier de fer avait réduit les o""ositions des 8tats alle ands. 1e --- e 6eich a "our ission de réduire les o""ositions des "artis alle ands. Selon Ean den =rucV, les diri5eants de la nation ne doivent a""artenir $ aucun "arti > « Leur parti est l’Allemagne & H la "oliti!ue de la nation est la « nationalisation du peuple ». Quant au choi( des diri5eants , il ne "eut :tre laissé au hasard du vote, ais sera le fait de ceu( !ui "rouveront leur ca"acité « d’opérer le passage de l’$istoire allemande d’$ier 5 l’$istoire allemande de demain ». 9e l)e("érience de la 5uerre, MIller van den =rucV avait retenu la nécessité de réduire l)o""osition des "artis. #rnst Udn5er, lui, retient !ue la 5uerre a odelé un ho e nouveau > le soldat%ouvrier L&r'eiter%SoldatM. -l considère !ue la 5uerre a été $ l)ori5ine du ouve ent nationaliste "arce !ue la nation e(istait dé4$, !u)elle a failli "érir et !u)elle a "ris conscience dans les élé ents les "lus attentifs, de l)action désa5ré5atrice de la dé ocratie. S"en5ler, "artant de la crise écono i!ue, a'outit, lui aussi, au( thèses nationalistes. 1a crise écono i!ue de l)#uro"e ne dé"end "as de l)écono ie, ais de la "oliti!ue. Celle%ci, $ son tour, dé"end des valeurs individuelles, des "ersonnalités ca"a'les, "ar leur action, de do iner le "ouvoir anon, e des asses. #t dans sa célè're criti!ue du ar(is e, il récla era "our la ?russe la vérita'le co "réhension du socialis e !ui n)est "as une o""osition de riches et de "auvres ais re"ose sur un conce"t de hiérarchie assurée $ chacun "ar ses érites et sa ca"acité au travail. -l réconcilie ainsi socialis e et nationalis e dans la notion de l)8tat or5ani!ue dont "arlera #rnst ]riecV6 >
« Dans @’(tat organique la loi du tout domine sur la loi de la partie, en m#me temps qu’elle facilite l’e"pression de l’individuel, du particulier dans le sens de sa colla!oration 5 l’ordre général. Jntre le tout vivant et ses mem!res il n’% a pas d’opposition car 5 c$acun revient une fonction propre. /ous n’ont pas la m#me c$ose 5 faire, mais c$acun a 5 faire ce qui lui est propre. »
C 6 Das Dritte 9eic$, ". ;C. 3ationale politisc$e erGie$ung. 1A+

< << C)est ce !ue #rnst von Salo on a""ellera dans Die Neac$teten L1es 6é"rouvésM « du socialisme dans sa forme la plus pure, dans sa forme prussienne ». #t il a4outait >
« Dn socialisme sur tous les plans, non seulement un socialisme qui !risera la t%rannie des lois économiques par la plus intime des co$ésions, par le sacrifice le plus complet de la totalité allemande, mais encore un socialisme par lequel nous retrouverons aussi la tenue intérieure, l’unité spirituelle dont le SFSe siècle nous a frustrés. 1’est pour ce socialisme'l5 que nous luttons et ceu" qui se refusent 5 cette lutte seront nos adversaires. »A

< << 1)Iuvre d)#rnst von Salo on est une des "lus curieuses de l)a"rès%5uerre alle and et ce récit des 4ours sans es"oir et des luttes stériles a eu une ré"ercussion "rofonde. Salo on s)en e("li!ue ainsi >
« 3ous avions tou.ours été au plus fort de la m#lée. 3ous avions tou.ours été l5 o< s’accomplissait la destruction, nous % avions participé. Jt puis ainsi, entre deu" ordres, l’ancien que nous étions en train d’a!olir et le nouveau que nous aidions 5 construire, sans trouver place nous'm#mes dans l’un des deu", nous avions perdu la pai", nous étions devenus des sans' patrie, porteurs maudits de forces créatrices, puissants par notre volonté de ne reculer devant aucune responsa!ilité et réprouvés pour cette volonté. ;< pourrions'nous .amais prendre position de manière sta!le et définitive K 3ous étions une génération maudite et nous disions oui 5 notre destin. »B

1es "a5es d)#rnst von Salo on sont ."res et dures, ar!uées d)un certain ro antis e de l)horri'le, elles sont "arfois é ouvantes co e dans cette recherche de la ?atrie "erdue au ilieu de la défaite >
« ;< était l’Allemagne K [ aeimar K [ Berlin K Dne fois elle avait été au front, mais le front s’était désagrégé. 4uis nous avions cru la trouver 5 l’intérieur du pa%s, mais le pa%s nous trompait. Fl était plein de c$ants et de paroles, mais qui sonnaient fau". ;< était l’Allemagne K (tait'elle c$eG le peuple K -ais le peuple réclamait du pain et rien ne lui importait que d’avoir le ventre rempli. (tait'ce l’(tat K -ais l’(tat !avard c$erc$ait sa voie parmi les mots et la trouvait dans la résignation. L’Allemagne !r:lait sourdement dans quelques cerveau" $ardis. &C
7 + 9 Eon Sal_ on #rnst, Les 9éprouvés, ?aris, 19C1, ". ;76. F!id., ". 31;. F!id., ". 61. 1A9

Cette dernière "hrase a été souvent re"rise "ar les 5rou"es révolutionnaires fascistes !ui, dans l)entre%deu(%5uerres, se consolaient de l)e(i5uXté de leurs forces "ar la certitude d)avoir raison. -ls furent no 'reu(, un "eu dans tous les "a,s, ces visionnaires d)un 2rdre nouveau "our les!uels la ?atrie « !r:lait sourdement dans quelques cerveau" $ardis & > les leurs. #rnst von Salo on a donné d)ailleurs une 4ustification "arfaite ent raisonna'le de cette confiance d)une inorité décidée, confiante dans son destin. -l est allé chercher ses références dans une révolution !ui, "récisé ent, venait de vaincre dans ces conditions > la 6évolution 'olcheviste d)octo're 1917.
« 0ais'tu, de ande un des "ersonna5es des 6é"rouvés, com!ien il % avait de !olc$evistes .usqu’en @C@A K 1’est'5'dire de vérita!les !olc$evistes qui voulaient cette révolution et pas une autre. 4as tout 5 fait trois mille. Dans tout cet énorme Jmpire 5 peine trois mille, m’a't'on dit, et encore une !onne partie d’entre eu" vivaient 5 l’étranger, en 0uisse et Dieu sait o<. -ais c’était des gens d’une activité infatiga!le > t$éoriciens de la révolution, d’a!ord, et praticiens aussi. /out était !ien fi"é d’avance, p$rase par p$rase, mot par mot, idée par idée. Jt ces gens'l5 possédaient la tactique révolutionnaire aussi !ien que la stratégie révolutionnaire. ,’avoue que la t$éorie mar"iste leur était un soutien. -ais après tout ce n’était que la t$éorie qui devait #tre appliquée après la révolution et non pas la t$éorie m#me de la révolution. »@W

#rnst von Salo on nous a laissé é5ale ent un ta'leau saisissant du 5rouille ent d)associations nationalistes !ui sur5irent en &lle a5ne au lende ain de la défaite >
« [ cette époque, les associations patriotiques sortaient de terre comme des c$ampignons. Des cro%ants appartenant 5 toutes les classes de la société !ouleversée s’% réunissaient. 4artout, c’était le m#me to$u'!o$u d’opinions et de gens. /ous les lam!eau" et les dé!ris des valeurs d’autrefois, des idéologies, des confessions et sentiments qui avaient été sauvés du naufrage, s’entrem#laient au" mots d’ordre attra%ants, au" demi'vérités du .our, au" aperçus imprécis, au" divinations e"actes et tout cela formait une pelote, perpétuellement en rotation et d’o< s’éc$appait un fil dont mille mains empressées s’emparaient pour tisser une tapisserie d’une diversité de couleurs déroutante. H=I 1es associations étaient un s%mptMme. 1’est l5 que se groupaient les $ommes qui se sentaient tra$is et trompés par l’époque. 9ien n’était plus réel, tous les piliers étaient é!ranlés. L5 se réunissaient tous ceu" qui espéraient encore !eaucoup et ceu" qui n’espéraient plus du tout, leurs cUurs étaient grands ouverts, mais leurs mains s’accroc$aient encore au" c$oses accoutumées. Le rassem!lement de tous ces #tres intensifiait ce tour!illon m%stérieu" d’o<, par le .eu des forces et des cro%ances contradictoires, pouvait monter ce que nous appelions le 3ouveau. 0i .amais du nouveau vient au monde, c’est !ien du c$aos qu’il surgit, 5 ces moments o< la misère rend la vie plus profonde o<, dans une atmosp$ère surc$auffée, se consume ce qui ne peut pas su!sister et se purifie ce qui doit vaincre. Dans cette masse en é!ullition, en fermentation, nous pouvions .eter nos désirs et nous pouvions voir s’élever la vapeur de nos espoirs. &@@
1A F!id., ". 169. 11 F!id., ". 1+C. 11A

Qu), avait%il donc dans ces va"eurs d)es"oir D
« ,e ne veu" pas #tre une victime seulement, ré"ond #rnst von Salo on. ,e veu" voir, étalé devant moi, l’Jmpire pour lequel .e lutte, .e veu" la puissance. ,e veu" un !ut qui remplisse mes .ours. ,e veu" la vie entière avec toute la douceur de ce monde. ,e veu" savoir que l’en.eu en vaut la peine. &@* « Aucun peuple qui peut se réaliser .usqu’5 la limite de sa force ne renonce 5 la prétention de dominer aussi loin qu’il peut s’étendre. ,e ne me sens d’autre responsa!ilité qu’envers cette seule force. &@? « Le ra%onnement d’un peuple s’étend aussi loin que s’étend sa force et aussi loin également ra%onne son idée ma6tresse. &@_

Oous avons l$ désor ais tous les thè es du national%socialis e. Sitler est "roche. -l est : e dé4$ l$, dans l)o 're, inconnu et l)&lle a5ne 'rGle sourde ent dans son cerveau. < << Si le nationalitaris e 4aco'in avait révélé au( &lle ands leur « )me nationale », si le --e 6eich de =is arcV avait fondé la nation alle ande, si la défaite de 191+ avait suscité un nationalis e authenti!ue, il n)en restait "as oins !ue l)idée alle ande de nationalité étant 'asée sur l)ethnie et non sur le consente ent, le nationalitaris e et le nationalis e allaient coe(ister dans le ---e 6eich. &u nationalis e a""artiendront toutes les idées de dé"asse ent des contradictions des "artis et des classes, d)unité "rofonde de la nation, d)8tat or5ani!ue, de conce"tion hiérarchi!ue, du socialis e : e. Mais a""artiendront au nationalitaris e la notion d)inachève ent de l)unité territoriale. Quand Sitler a""araJtra et "assera de la notion de distinction entre races $ la notion de hiérarchie raciale et conclura $ la su"ériorité de la race alle ande H !uand de sa conce"tion 'iolo5i!ue de l)Sistoire, il a'outira au droit du "lus fort, il entraJnera l)8tat or5ani!ue, nationaliste, au service de l)idée de l)es"ace vital. &utre ent dit, il for5era, avec les idées saines du nationalis e, un outil "uissant !u)il ettra au service de sa conce"tion « vblZisc$ ». 1e national%socialis e n)est "lus le nationalis e. -l est autre chose. -l en a incor"oré des élé ents, ais, en les faisant servir $ autre chose !u)$ leur fin naturelle, il les dénature et les détourne de leur si5nification "rofonde. -l se 'le !ue l)&lle a5ne ne soit 4a ais destinée $ devenir une nation. 3ou4ours en de0$ ou au%del$.
1; F!id., ". ;71. 13 F!id., ". ;7;. 1@ F!id., ". ;7C. 111

I'. $dolf (itler !)hrer du IIIe %eich
U)ai eu dans a vie trois a is "eu co uns > dans a 4eunesse, c)était le 'esoin H il )a acco "a5né "endant 'ien des années. R la fin de la 5rande 5uerre, ce fut la "rofonde douleur !ui s)e "ara de oi $ la vue de la dé'.cle de notre "eu"le. #t, il , a !uatre ans, $ "artir du 3A 4anvier Ndate de sa "rise du "ouvoirP 4)a""ris $ connaJtre un troisiè e a i !ui s)a""elait le souci. 1e souci du "eu"le et du 6eich !u)on )avait confié. 9e"uis ce o ent%l$, ce co "a5non ne )a "lus !uitté et il )acco "a5nera "ro'a'le ent 4us!u)$ la fin de es 4ours. &dolf Sitler, Discours du ?W .anvier @C?A. 3out ani al ne s)accou"le !u)avec un con5énère de la : e es"èce. &dolf Sitler, -on 1om!at. Ue le "rocla e ici devant l)avenir > de : e !ue la connaissance de la rotation de la terre autour du soleil nous a valu une révolution dans notre conce"tion de l)Wnivers, de : e la doctrine du san5 et de la race soutenue "ar le ouve ent national%socialiste "rovo!uera une transvaluation de nos connaissances et, "ar l$, de notre conce"tion de l)histoire du "assé de l)hu anité ainsi !ue des antici"ations de son avenir. &dolf Sitler, Discours du ?W .anvier @C?A.

De *%ien+i, - *Mein .ampf,
I.
3out a co encé $ 1inF, un soir de nove 're 19A6, $ la sortie de l)2"éra. &dolf Sitler et son a i ]u'iFecV venaient d)entendre le 9ienGi de ^a5ner. -l faut dire deu( ots du su4et "our co "rendre ce !ui se "roduisit. 1e dra e se "asse $ 6o e, en 13@7. 1e "eu"le ro ain est o""ri é "ar la no'lesse or5ueilleuse et sans scru"ules, lors!u)a""araJt Cola 6ienFi !ui s)écrie >
« ,’annonce 5 9ome sa li!erté O &

Cela veut dire !u)il vient d)a'attre, "ar un cou" de ain audacieu(, le "ouvoir e(istant et !u)il vient de "rendre la dictature. &driano, un no'le Colonna !ui l)a suivi dans sa révolte, s)in!uiète aintenant de ses "ro4ets >
11;

9ienGi, a$ O uels sont tes pro.ets K ,e te vois tout puissant, dis'moi, [ quoi vas'tu emplo%er ta puissance K

#t 6ienFi ré"ond >
H=I ,e rendrai 9ome li!re, et grande O

-l refuse la ro,auté, ais acce"te !u)on l)a""elle > /ri!un. Ce"endant, une con4uration se tra e !ue conduit le "ère d)&driano. Mais ce dernier !ui ai e -rène, la sIur de 6ienFi, dévoile au tri'un le co "lot. 6ienFi fait 5r.ce, ais les con4urés ne renoncent "as $ l)a'attre > 6ienFi doit :tre tué H !uant $ la "o"ulace !ui le soutient >
La populace K Ba$ O Jnlève'lui 9ienGi, et elle sera ce u’elle était.

6ienFi, a'andonné, enfer é dans sa avant de ourir >
Le dernier des 9omains nous maudit O -audite soit cette ville O u’elle soit anéantie O ue 9ome pourrisse et se dessèc$e O Ainsi le veut ton peuple dégénéré O

aison incendiée, crie au "eu"le

&u soir de cette re"résentation, &dolf Sitler et son ca arade ]u'iFecV traversèrent en silence les rues de 1inF. Contraire ent $ son ha'itude, Sitler ne co entait "as le dra e. -ls arrivèrent ainsi hors de la ville.
« Adolf prit le c$emin qui menait au sommet du +rei!erg. Fl marc$ait sans dire un mot, sans tenir compte de ma présence. ,e ne l’avais .amais vu aussi étrange, aussi p)le= Adolf continuait 5 monter, comme attiré par une force irrésisti!le. &

&rrivés au so et, le 'rouillard avait dis"aru. &u%dessus de nos t:tes, les étoiles 'rillaient de tous leurs feu( dans un ciel "arfaite ent "ur.
« Adolf se tourna alors vers moi et me saisit les deu" mains qu’il serra fort entre les siennes. 1’était un geste que .e ne lui avais encore .amais vu faire. ,e sentis 5 quel point il était ému. 0es %eu" !rillaient d’animation. Les mots ne sortaient pas de sa !ouc$e avec facilité comme 5 l’ordinaire, mais de façon $ac$ée ; son ton était rauque. 0a voi" tra$issait son !ouleversement. Alors .aillit de ses lèvres un flot de paroles. ,e ne l’avais .amais entendu, .e ne devais plus .amais l’entendre parler comme ce soir'l5. De!out sous les étoiles, nous avions l’impression d’#tre seuls sur terre. ,e me souviens qu’il me peignit un délirant ta!leau de son avenir et de celui du peuple allemand. ,’avais tou.ours cru .usqu’5 présent que mon ami voulait se consacrer soit 5 la peinture, soit 5 l’arc$itecture. -aintenant, il n’en était a!solument plus question. Fl me parla d’am!itions plus élevées que .e ne compris pas !ien, d’autant plus qu’5 mon avis nul $omme ne pouvait #tre plus grand que l’artiste. Fl me parla d’une mission dont le c$argerait un .our le peuple pour le tirer de l’esclavage et l’élever 5 la li!erté. &
113

R 3 heures du

atin, les deu( 4eunes 5ens redescendaient vers la ville >

« 3ous nous sépar)mes devant la maison de mes parents et .e fus stupéfait de voir qu’Litler ne se dirigeait pas vers son appartement, mais retournait en direction de la montagne. 727 vas%tu ainsi D8 lui demandai'.e étonné. 7Ue veu( :tre seul8, répondit'il !rièvement. ,e le suivis longtemps des %eu", tandis qu’enveloppé dans son manteau som!re, il repartait seul dans la nuit. &@

Wn 4our, 'eaucou" "lus tard, Sitler, lui% : e, racontera $ M e ^a5ner cette nuit de 6ienFi et conclura ainsi son récit >
« 1’est l5 que tout a commencé. &

< << ?our!uoi ne "as le croire D -l se "eut très 'ien !ue 9ienGi ait été "our lui la révélation de la "uissance du tri'un, de l)a5itateur. O):tre rien et "ouvoir devenir tout. 1a "oliti!ue envisa5ée co e raccourci vers la 5loire. Ce sont l$ des idées !u)Sitler n)aurait "as été le seul $ caresser. 1e ro antis e ca5nérien, le souffle révolutionnaire de l)Iuvre de 6ichard ^a5ner, tout cela "eut avoir a5i sur le 4eune Sitler, co e sur toute une 5énération alle ande. #t "uis, n), a%t%il "as dans 9ienGi trois idées fonda entales du national% socialis e D 1 a 1e "eu"le n)est rien sans son Chef >
La populace K Ba$ O Jnlève'lui 9ienGi, et elle sera ce u’elle était.

;a 1es "eu"les dé5énérés

éritent la

ort >

ue 9ome périsse et se dessèc$e Ainsi le peut ton peuple dégénéré.

3a 1e Chef n)est "as le roi, ais une sorte d)envo,é du 9estin > le /ri!un. -l dira, lui, le +e$rer. « Fl n’avait aucun respect de la /radition, en un mot, il voulait c$anger la face du monde &, dira de lui ]u'iFecV;. Quand on nourrit de telles a 'itions, on "eut 'ien se "ro ener $ 3 heures du atin sur le *rei'er5, au sortir de 9ienGi, et onolo5uer au( étoiles. < <<
1 ; ]u'iFecV &u5ust, Adolf Litler, mon ami d’enfance, ". 1;3 $ 1;9. F!id., ". 1A1. 11@

1es "lus sérieu( 'io5ra"hes d)Sitler, ^alter [erlitF et &. Quint, ont fort 'ien re ar!ué !u)il insiste tou4ours sur le fait !u)il n)aurait 4a ais lu en vue d)au5 enter sa culture 5énérale, « mais pour enric$ir, parfaire et éta%er sa vision du onde L^elt'ildM et sa re"résentation idéolo5i!ue du onde L^eltanschauun5M. Jn un mot, l’ancienne culture générale li!érale et !ourgeoise ne lui disait rien du tout, il c$erc$ait une confirmation des idées qui !ouillonnaient o!scurément en lui et dont le point de départ doit #tre rec$erc$é dans le mécontentement de l’élément germanique contre l’ordre de c$oses régissant les pa%s gouvernés par la monarc$ie agonisante &?. ?ourtant, cha!ue écontent Z et il devait , en avoir "as al dans l)e "ire des Sa's'our5 Z n)envisa5eait "as de devenir le 6ienFi du 5er anis e. Sitler aurait "u, s)il décidait de se lancer dans la "oliti!ue, se faire élire dé"uté "an5er aniste Lle "arti e(istaitM. ?lus attiré "ar les revendications sociales, il aurait "u iliter dans les ran5s du "arti chrétien%social de 1ue5er au!uel il conserva d)ailleurs tou4ours une vive s, "athie et avec le!uel il avait au oins l)affinité de l)antisé itis e. Mais, sur la onta5ne du *rei'er5, le 4eune ca5nérien voit "lus loin. -l a dé4$ sa aeltansc$auung.
« Fl sem!le, notent [erlitF et Quint, que trois auteurs l’aient particulièrement frappé durant ses années de développement > le p$ilosop$e 0c$open$auer avec son ouvrage principal > 1e onde co e volonté et co e re"résentation qui, 5 ce qu’il a dit lui'm#me, l’accompagna 5 la guerre et d’o< il tira par un mot 5 mot naXf, sa surestimation de la volonté, qu’il regardait comme le moteur le plus puissant et l’unique levier suscepti!le de faire !ouger le monde ; vient ensuite Louston 0teQart 1$am!erlain, d’origine anglaise, mais allemand d’élection, qui, dans ses *onde ents du X-Xe siècle, développe sa t$éorie de la race ar%enne nordique considérée comme la seule civilisation et de la mission de l’Allemagne son $éritier ; enfin les Uuvres de 3ietGsc$e. Jn tout état de cause, l’influence de 0c$open$auer fut assurément plus grande que celle du p$ilosop$e de la Eolonté de "uissance. &_

#t, notent encore ses 'io5ra"hes, « nul mieu" qu’un Nermano'Autric$ien ne pouvait sentir com!ien la position du germanisme était é!ranlée en Jurope de l’est et du sud'est. 1’est pourquoi la lecture de 1$am!erlain, dont les t$éories raciales se rattac$aient au" t$èses du diplomate et orientaliste français le comte de No!ineau prenait une signification décisive pour un .eune $omme qui avait grandi dans l’atmosp$ère des luttes nationales et des rivalités de langage germano'tc$èque »E. < <<

3 @ C

[erlitF ^alter et Quint Ser'ert &., Adolf Litler, ?aris, 19C3, t. -, ". 33. F!id., ". 3@. F!id., ". 3@. 11C

Sitler est un "roduit du nationalitaris e du X-X e siècle. C)est en !uoi il diffère essentielle ent de Mussolini "our !ui l)8tat vient en "re ier lieu co e élé ent créateur de l)# "ire au sens ro ain du ot, alors !ue "our Sitler, c)est la co unauté de race !ui for e l)8tat et l)8tat ne "eut "as la dé"asser > « Jin 9eic$, ein 2olZ, ein +e$rer &. Son aversion "our la onarchie, "areille ent, ne viendra "as 'ien entendu de ce !u)elle "eut re"résenter d)autorité, ais de ce !u)elle introduit de san5 étran5er dans la Maison 6o,ale. 1ors!u)il son5era au "ro'lè e de la succession du Chef, il est curieu( de voir !u)il envisa5era co e les eilleures solutions celle de « la papauté avec son c$oi" du successeur par un conclave de cardinau" & et celle de « la répu!lique vénitienne des doges, avec son oligarc$ie !ien $iérarc$isée &. 1e eilleur ré5i e, dira%t%il, est « une répu!lique sous un *dhrer autoritaire & avec une re"résentation "o"ulaire et un Sénat co e conclave "our la dési5nation du successeur6.

II.
Mais revenons $ 9ienGi. Qu)est%ce !ue le 4eune &dolf Sitler de 1inF retient de ce dra e o7 s)affrontent en haran5ues su'li es les héros de ^a5ner D O)en doutons "as > la "uissance de la "arole. 1e 3ri'un est essentielle ent un orateur. Ce n)est "as un écrivain. -l lui faut autre chose !ue la a5ie des ots, celle du ver'e. 3out entre en 4eu > le re5ard, le ti 're de la voi(, le 5este, le décor et : e la foule.
« La parole seule est capa!le de provoquer les révolutions vérita!lement grandes H=I tous les grands événements ont été provoqués par la parole et non par les écrits. &A « La force qui a mis en !ranle les grandes avalanc$es $istoriques dans le domaine politique ou religieu", fut seulement, de temps immémorial, la puissance magique de la parole parlée. La grande masse d’un peuple se soumet tou.ours 5 la puissance de la parole. Jt tous les grands mouvements sont des mouvements populaires, des éruptions volcaniques de passions $umaines et d’états d’)mes soulevés ou !ien par la cruelle déesse de la misère ou !ien par les torc$es de la parole .etée au sein des masses V .amais par les .ets de limonade de littérateurs est$étisants et de $éros de salon. 0eule une temp#te de passion !r:lante peut c$anger le destin des peuples ; mais seul peut provoquer la passion celui'l5 qui la porte en lui'm#me. &B

Mussolini l)a""elait « le moine !avard &. -l s)est, lui, co "aré $ un ai ant >
6 7 + F!id., t. F-, ". 1+@. Sitler &dolf, -on 1om!at, ". @67. F!id., ". 111. 116

« ,e ne suis rien d’autre qu’un aimant qui, sans cesse, passe et repasse sur la nation allemande et en e"trait l’acier, et .’ai déclaré souvent que le .our viendrait o< tous ceu" qui en Allemagne méritent d’#tre appelés 7$ommes8 se trouveraient dans mon camp. 1eu" qui alors ne s’% trouveront pas, de toute manière, ne vaudront pas grand'c$ose. 1’est ce que .’ai appelé la formation de la minorité $istorique. Jt c’est ainsi que les c$oses se sont passées. Au cours de treiGe années le 4arti national'socialiste a groupé un grand nom!re d’énergies personnelles, depuis celles des modestes c$efs de !locs ou de cellule, des c$efs de groupes locau", d’arrondissements, de provinces, .usqu’5 celles des gouverneurs et des c$efs de section du 9eic$. Dans tous les domaines une sélection s’est produite. De formida!les énergies ont été mo!ilisées et agissent au.ourd’$ui dans les postes les plus influents. &C

&insi, la "arole a5it co de volontés.

e « ai ant », co < <<

e rasse 'leuse d)éner5ies,

Sitler se veut et se dit un ho

e « dur » >

« ,e suis convaincu non seulement d’#tre l’$omme le plus dur que le peuple allemand ait eu depuis !ien des diGaines d’années et peut'#tre !ien depuis des siècles, mais d’avoir en outre la plus grande autorité. 0urtout, .e crois 5 mon succès et .’% crois sans réserve. »@W

Co ent ne "as co "arer ces "aroles de 19@A avec les senti ents !ue, dès 19A6, ]u'iFecV note cheF son a i "our le onde des lé5endes 5er ani!ues >
« Fl % pensait sans cesse et se sentait fait pour lui. Fl se cro%ait un $éros de l’antiquité germanique. Dne vie pleine d’e"ploits audacieu" le mènerait au paradis du aal$alla pour % devenir un de ces demi'dieu" qu’il vénérait. 1et aspect romantique d’Adolf Litler est important, car durant toute sa vie, il eut pour le monde germanique une foi, presque une religion. Jn conflit avec un monde !ourgeois qui n’avait rien d’autre 5 lui apporter que mensonge et piété $%pocrite, il c$erc$a d’instinct 5 se créer un univers 5 lui et le trouva dans les origines du peuple auquel il appartenait. Les temps o!scurs et reculés prirent pour lui une vie intense. Les r#ves devinrent des réalités. Fl revécut en imagination l’aurore du peuple allemand, sa plus !elle époque selon lui. ,’étais 5 la fois surpris et angoissé de le voir ainsi revenir quinGe cents ans en arrière et me parler tout naturellement de leurs $éros, comme s’ils $antaient encore les for#ts. ,e me demandais, si, 5 force de mélanger le r#ve et la réalité et de !ousculer les millénaires, il n’arriverait pas un !eau .our par ne plus s’% reconna6tre du tout. &@@

^a5ner, s)il avait vécu, eGt "u faire de la vie d)&dolf Sitler un o"éra et l)on croit entendre les har onies dont il se fGt servi. Mais le dra e, ce fut !u)Sitler construisit sa vision du onde $ la anière d)une 3étralo5ie.
9 Sitler &dolf, 9iscours du ;@ février 19@A. 1A Sitler &dolf, 9iscours du 9 nove 're 19@A. 11 ]u'iFecV &u5ust, Adolf Litler, mon ami d’enfance, ". 91. 117

Cela donne, en usi!ue, d)ad ira'les chefs%d)Iuvre, dans la vie, c)est 'eaucou" "lus co "li!ué. -l en eut "eut%:tre la révélation un 4our >
« ,’ai eu dans ma vie trois amis peu communs > dans ma .eunesse, c’était le !esoin ; il m’a accompagné pendant !ien des années. [ la fin de la grande guerre, ce fut la profonde douleur qui s’empara de moi 5 la vue de la dé!)cle de notre peuple. Jt, il % a quatre ans, 5 partir du ?W .anvier Hdate de sa prise du pouvoirI .’appris 5 conna6tre un troisième ami qui s’appelait le souci. Le souci du peuple et du 9eic$ qu’on m’avait confié. Depuis ce moment'l5, ce compagnon ne m’a plus quitté et il m’accompagnera pro!a!lement .usqu’5 la fin de mes .ours. &@*

< << Ce"endant, le conflit entre le 6:ve et la 6éalité ne devait "as se "rolon5er lon5te "s cheF lui. -l a a""ris Z ou cru a""rendre Z de Scho"enhauer !ue la volonté "eut tout, et son étonnante réussite n)a fait !ue le confir er dans cette idée. O)est%il "as l)« ai ant » et avec l)acier de la volonté du "eu"le alle and !u)il attire $ lui, tout n)est%il "as désor ais "ossi'le D
« uand au sein d’un peuple s’unissent pour poursuivre un seul !ut, un certain nom!re d’$ommes doués au plus $aut degré d’énergie et de force active, et qu’ils sont ainsi définitivement dégagés de la paresse o< s’engourdissent les masses, ces quelques $ommes deviennent les ma6tres de l’ensem!le du peuple. L’$istoire du monde est faite par les minorités, c$aque fois que les minorités de nom!re incarnent la ma.orité de la volonté et de la décision. »@?

[rou"er des "artisans !ui, "ar leur fanatis e, re"résentent dans la nation la « ma.orité de la volonté &, et sou ettre la asse du "eu"le $ une "ro"a5ande intense, tel est le secret des éditations d)Sitler. Secret arraché $ ses lectures de Scho"enhauer, de Cha 'erlain et de OietFsche, "eut%:tre $ la 4s%c$ologie des foules de [ustave 1e =on.
« /oute réclame qu’elle opère sur le terrain des affaires ou de la politique, porte le succès dans la durée et le constant esprit de suite de son application. »@_

C)est $ la "rison de 1ands'er5, a"rès l)échec du "utsch 'avarois de 1udendorff, !u)Sitler 'rasse toutes ces idées dans sa t:te. Eers le dé'ut de 19;@ il co ence $ dicter $ 6udolf Sess, e "risonné avec lui, les "a5es de ce !ui deviendra -ein dampf. 9ans les "re iers te "s, les deu( ho es e "lo,èrent "lusieurs heures "ar 4our $ ce travail. 1e sa edi, on lisait au( autres ca arades détenus les cha"itres achevés. Sitler avait aintenant sa aeltansc$auung co "lète.
1; Sitler &dolf, 9iscours du 3A 4anvier 1937. 13 Sitler &dolf, -on 1om!at, ". 397. 1@ F!id., ". 196. 11+

/ Mein .ampf 0
I.
#n !uatre "a5es fonda entales de -ein dampf, Sitler a "rétendu 'aser scientifi!ue ent le racis e dans l)o'servation des lois de la nature. #lles sont essentielles $ la co "réhension du national%socialis e. -l faut les connaJtre. 1es ho es se "ro ènent « dans le .ardin de la nature &, se fi5urent tout connaJtre et, finale ent, se co "ortent « comme des aveugles vis'5'vis de l’un des principes essentiels de l’action de la nature > celui de l’e"istence de caractères organiques distinguant les espèces entre lesquelles se répartissent tous les #tres vivants sur cette terre &.
« L’o!servation la plus superficielle suffit 5 montrer comment les formes innom!ra!les que prend la volonté de vivre de la nature sont soumises 5 une loi fondamentale et quasi inviola!le que leur impose le processus étroitement limité de la reproduction et de la multiplication. 3out ani al ne s)accou"le !u)avec un con5énère de la : e es"èce > la mésange avec la mésange, le pinson avec le pinson, la cigogne avec la cigogne, le campagnol avec le campagnol, la souris avec la souris, le loup avec la louve, etc. 0eules des circonstances e"traordinaires peuvent amener des dérogations 5 ce principe ; en première ligne, la contrainte imposée par la captivité ou !ien quelque o!stacle s’opposant 5 l’accouplement d’individus appartenant 5 la m#me espèce. -ais alors, la nature met tous les mo%ens en Uuvre pour lutter contre ces dérogations, et sa protestation se manifeste de la façon la plus claire, soit par le fait qu’elle refuse au" espèces a!)tardies la faculté de se reproduire 5 leur tour, o< !ien elle limite étroitement la fécondité des descendants ; dans la plupart des cas, elle les prive de la faculté de résister au" maladies et au" attaques des ennemis. 1ela n’est que trop naturel > /out croisement de deu" #tres d’inégale valeur donne comme produit un mo%en terme entre la valeur des deu" parents. 1’est'5'dire que le re.eton est situé plus $aut dans l’éc$elle des #tres que celui des parents appartenant 5 une race inférieure, mais reste au'dessous de celui qui fait partie d’une race supérieure. 4ar suite, il succom!era, plus tard, dans le com!at qu’il aura 5 soutenir contre cette race supérieure. Dn tel accouplement est en contradiction avec la volonté de la nature qui tend 5 élever le niveau des #tres. 1e !ut ne peut #tre atteint par l’union d’individus de valeur différente, mais seulement par la victoire complète et définitive de ceu" qui représentent la plus $aute valeur. 1e r/le du "lus fort est de do iner et non "oint de se fondre avec le "lus fai'le, en sacrifiant ainsi sa "ro"re 5randeur. 0eul le fai!le de naissance peut trouver cette loi cruelle ; mais c’est qu’il n’est qu’un $omme fai!le et !orné ; car si cette loi ne devait pas l’emporter, l’évolution de tous les #tres organisés serait inconceva!le. La conséquence de cette tendance générale de la nature 5 rec$erc$er et 5 maintenir la "ureté de la race est non seulement la distinction nettement éta!lie entre les races particulières dans leurs signes e"térieurs, mais encore la similitude des caractères spécifiques de c$acune d’elles.
119

Le renard est tou.ours un renard, l’oie une oie, le tigre un tigre, etc. et les différences qu’on peut noter entre les individus appartenant 5 une m#me race, proviennent uniquement de la somme d’énergie d’adresse, de capacité, de résistance dont ils sont inégalement doués. -ais on ne trouvera .amais un renard qu’une disposition naturelle porterait 5 se comporter p$ilant$ropiquement 5 l’égard des oies, de m#me qu’il n’e"iste pas de c$at qui se sente une inclination cordiale pour les souris. 4ar suite, la lutte qui met au" prises les races les unes avec les autres a moins pour cause une antipat$ie foncière que !ien plutMt la faim et l’amour. Dans les deu" cas, la nature est un témoin impassi!le et m#me satisfait. La lutte pour le pain quotidien amène la défaite de tout #tre fai!le ou maladif, ou doué de moins de courage, tandis que le com!at que livre le m)le pour conquérir la femelle n’accorde le droit d’engendrer qu’5 l’individu le plus sain, ou du moins lui fournit la possi!ilité de le faire. -ais le com!at est tou.ours le mo%en de développer la santé et la force de résistance de l’espèce et, par suite, la condition préala!le de ses progrès. 0i le processus était autre, le progrès ultérieur s’arr#terait et il % aurait plutMt régression. Jn effet, comme les moins !ons l’emporteraient tou.ours en nom!re sur les meilleurs, si tous les individus avaient la m#me possi!ilité de survivre et de se reproduire, les moins !ons se reproduiraient si rapidement que les meilleurs seraient finalement refoulés 5 l’arrière'plan. Fl faut donc qu’une mesure corrective intervienne en faveur des meilleurs. La nature % pourvoit en soumettant les fai!les 5 des conditions d’e"istence rigoureuses qui limitent leur nom!re ; elle opère alors une nouvelle et rigoureuse sélection en prenant pour critérium la force et la santé. 0i elle ne sou$aite pas que les individus fai!les s’accouplent avec les forts, elle veut encore moins qu’une race supérieure se mélange avec une race inférieure, car, dans ce cas, la t)c$e qu’elle a entreprise depuis des milliers de siècles pour faire progresser l’$umanité serait rendue vaine d’un seul coup. La connaissance que nous avons de l’$istoire fournit d’innom!ra!les preuves de cette loi. L’$istoire éta!lit avec une effro%a!le évidence que, lorsque l’Ar%en a mélangé son sang avec celui de peuples inférieurs, le résultat de ce métissage a été la ruine du peuple civilisateur. L’Amérique du 3ord dont la population est composée, en énorme ma.orité, d’éléments germaniques, qui ne se sont que très peu m#lés avec des peuples inférieurs appartenant 5 des races de couleur, présente une autre $umanité et une tout autre civilisation que l’Amérique du 1entre et du 0ud, dans laquelle les immigrés, en ma.orité d’origine latine, se sont parfois fortement mélangés avec les autoc$tones. 1e seul e"emple permet dé.5 de reconna6tre clairement l’effet produit par le mélange des races. Le Nermain, resté de race pure et sans mélange, est devenu le ma6tre du 1ontinent américain ; il le restera tant qu’il ne sacrifiera pas, lui, aussi, 5 une contamination incestueuse. Jn résumé, le résultat de tout croisement de races est tou.ours le suivant > aM A!aissement du niveau de la race supérieure. 'M 9égression p$%sique et intellectuelle et, par suite, apparition d’une sorte de consomption dont les progrès sont longs, mais inévita!les. Amener un tel processus n’est pas autre c$ose que péc$er contre la volonté de l’(ternel, notre 1réateur. &@E
1C Sitler &dolf, -on 1om!at, ". ;+3. 1;A

3oute la conce"tion du onde ]aeltansc$auung^ du national%socialis e va découler de ces !uatre "a5es fonda entales de -ein dampf !u)il est nécessaire de connaJtre inté5rale ent "our co "rendre la suite du ouve ent de la "ensée d)&dolf Sitler. Ces lois !u)il a cru trouver dans l)o'servation de la nature, il n)a""artient "as au( individus de les discuter et oins encore de les contrecarrer >
« 3ous autres $ommes n’avons pas 5 ratiociner sur les raisons pour lesquelles la 4rovidence a créé les races, nous ne pouvons que constater qu’Jlle c$)tie ceu" qui font fi de sa 1réation. Des mau" et des misères indici!les se sont répandus sur l’$umanité parce que ces principes, cependant ancrés dans les profondeurs de l’instinct, se sont perdus sous l’influence d’une lamenta!le demi'culture trop e"clusivement intellectuelle H=I. ,e le proclame ici devant l’avenir > de m#me que la connaissance de la rotation de la terre autour du soleil nous a valu une révolution dans notre conception de l’Dnivers, de m#me la doctrine du sang et de la race soutenue par le mouvement national'socialiste provoquera une transvaluation de nos connaissances et, par l5, de notre conception de l’$istoire du passé de l’$umanité ainsi que des anticipations de son avenir. &@\

II.
Cette nécessité d)o'éir $ la loi du san5 et de la race, l)ho e doit s)en "énétrer. « Fl sentira dès lors que dans un monde o< les planètes et les soleils suivent des tra.ectoires circulaires, o< des lunes tournent autour des planètes, o< la force règne, partout et seule, en ma6tresse de la fai!lesse qu’elle contraint 5 la servir docilement, ou qu’elle !rise, l)ho e ne "eut relever de lois s"éciales. Lui aussi su!it la domination des principes éternels de cette ultime sagesse > il peut essa%er de les saisir, mais s’en affranc$ir, il ne le pourra .amais &@A. Sitler s)est enfer é désor ais lui% : e dans son s,stè e. -l n)en "eut sortir. 3outes les avenues sont 'ouchées vers la li'erté. -l ne reste "lus !u)une i ense *atalité contre la!uelle il est interdit de s)élever > « Le péc$é contre le sang et la race est le péc$é originel de ce monde et marque la fin d’une $umanité qui s’% adonne &@B. #t les desseins de cette *atalité sont 4ustes "arce !ue « les peuples qui se métissent ou se laissent métisser pèc$ent contre la volonté de l’éternelle 4rovidence et leur c$ute, amenée par un plus fort qu’eu", n’est pas imméritée ; ce n’est pas une in.ustice qu’on leur fait, c’est au contraire le réta!lissement du droit. uand un peuple n’attac$e plus de pri" au" caractères spécifiques de son #tre qui lui ont été donnés par la nature et prennent leurs racines dans son sang, il n’a plus le droit de se plaindre de la perte de son e"istence terrestre@C &.
16 17 1+ 19 Sitler &dolf, 9iscours du 3A 4anvier 1937. Sitler &dolf, -on 1om!at, ". ;@3. F!id., ". ;@7. F!id., ". 3;7. 1;1

< << Mais cette *atalité !ui "èse si lourde ent sur les destinées de l)Su anité, si elle se révèle la source de tous les au( "our ceu( !ui trans5ressent ses lois, elle offre, "ar contre, le trio "he $ ceu( !ui s), "lient. ?uis!u)elle consacre la *orce, so,ons forts et acce"tons les o,ens de l):tre. 1a Oature, elle% : e, nous offre les o,ens de notre ré5énération >
« /out croisement de race amène fatalement, tMt ou tard, la disparition des $%!rides qui en résultent, tant qu’ils se trouvent en présence de l’élément supérieur a%ant participé au croisement et qui a conservé l’unité que confère la pureté du sang. Le danger pour l’$%!ride ne cesse qu’avec le métissage du dernier élément individuel de la race supérieure. /elle est la source de la régénération progressive, !ien que lente, e"écutée par la nature, qui élimine peu 5 peu les produits de l’altération des races, pourvu qu’il e"iste encore une souc$e de race pure et qu’il ne se produise plus de nouveau" métissages. »*W

1a race est donc un devenir tou4ours "ossi'le. M: e 5rave ent altérée, elle "eut :tre ra enée $ sa "ureté "ri itive. 1)8tat national%socialiste devra donc :tre l)au(iliaire de la nature. -l n)ad ettra !ue « les lois et les nécessités de la vie que l’$omme atteint par sa raison et sa connaissance »*@, "arce !ue « le droit 5 la li!erté individuelle le cède devant le devoir de sauvegarder la race H=I. 1’est une fai!lesse de conserver, c$eG des malades incura!les, la possi!ilité c$ronique de contaminer leurs sem!la!les, encore sains. 1eci correspond 5 un sentiment d’$umanité selon lequel on laisserait mourir cent $ommes pour ne pas faire de mal 5 un individu »**. &insi, Sitler "ro"ose en définitive d)entrer dans le 4eu des forces de la Oature telles !u)il croit les découvrir. 6éaliser artificielle ent la sélection d)un "eu"le, le "eu"le alle and. 3el est le r:ve a 'itieu( du dé iur5e raciste. 9e cette 'iolo5ie raciste, Sitler tirera sa conce"tion du racis e co e volonté du Créateur et c)est l$ !u)éclatera le conflit avec les 85lises > Co ent D dira le *dhrer, lors!u)on lui re"rochera sa aeltansc$auung raciste, co e o""osée au( do5 es, ais 4e ne fais !u)o'éir au( lois de la Création, donc au Créateur B

III.
Selon Sitler, l)hu anité se trouve devant ce !u)il a""elle « les lois d’airain de la nature &.
« /outes les grandes civilisations du passé tom!èrent en décadence simplement parce que la race primitivement créatrice mourut d’un empoisonnement du sang.
;A F!id., ". 399. ;1 Sitler &dolf, 9iscours du 3A 4anvier 1937. ;; Sitler &dolf, -on 1om!at, ". ;C@. 1;;

La cause profonde de pareilles décadences fut tou.ours l’ou!li du principe que toute civilisation dé"end des ho es et non ceu(%ci de celle%l$ H que par suite, pour conserver une civilisation déterminée, il faut conserver l’$omme qui l’a créée. -ais cette conservation est liée 5 la loi d’airain de la nécessité et du droit 5 la victoire du meilleur et du plus fort. &*?

&insi, le racis e conduit%il, d)une anière inattendue en a""arence, $ l)e(altation de l)individu. -l a "aru le sacrifier dans sa sou ission a'solue $ la loi d)airain du "lus fort, ais, dans le : e te "s, il l)e(alte dans la esure, "récisé ent, o7 il sera fort.
« 9econna6tre l’importance de la race, reconna6tre le principe racial dans son universalité, amène logiquement 5 tenir compte de la valeur propre de l’individu. De m#me que .e suis o!ligé d’apprécier diversement les $ommes d’après la race 5 laquelle ils appartiennent, de m#me faut'il procéder 5 l’intérieur de la communauté 5 l’égard de l’individu. Dn peuple n’est pas identique 5 un autre et, 5 l’intérieur d’une communauté, une t#te ne peut pas non plus #tre identique 5 une autre t#te ; les éléments constitutifs appartiennent au m#me sang, mais ils offrent dans le détail mille différences su!tiles. HFl faut doncI favoriser dans la communauté les éléments reconnus supérieurs HetI s’occuper d’accro6tre particulièrement leur nom!re. Dne doctrine qui, écartant l’idée démocratique de la masse, tend 5 donner cette terre au meilleur peuple, c’est'5'dire au" individus supérieurs, doit logiquement se conformer au m#me principe aristocratique 5 l’intérieur de ce peuple et conserver au" meilleures t#tes le commandement et l’influence. Au lieu d’édifier sur l’idée de ma.orité, cette doctrine se fonde ainsi sur la personnalité. &*_

Eoil$ l)ense 'le du s,stè e a5encé. -l ne restera "lus !u)$ en tirer les consé!uences sociolo5i!ues et elles vont affecter tout "articulière ent la conce"tion : e de l)8tat. Uus!u)$ "résent, la doctrine hitlérienne, telle !ue nous venons de la voir e("osée, "eut servir $ n)i "orte !uelle race. 6econnaJtre l)e(istence de races différentes est une des conclusions : es de l)ethnolo5ie, éta'lir entre elles une hiérarchie, cela relève de l)histoire. Sitler va "lus loin. Oon seule ent il a éta'li une hiérarchie ais il conclut $ l)e(istence d)une race fondatrice de la Civilisation > la race ar,enne, dont la dis"arition entraJnerait la fin de la Civilisation.
« /out ce que nous avons au.ourd’$ui devant nous de civilisation $umaine, de produits de l’art, de la science et de la tec$nique est presque e"clusivement le fruit de l’activité créatrice des Ar%ens. 1e fait permet de conclure par réciproque, et non sans raison, !u)ils ont été seuls les fondateurs d)une hu anité su"érieure et, par suite, qu’ils représentent le t%pe primitif de ce que nous entendons sous le nom d’« $omme &. L’Ar%en est le 4romét$ée de l’$umanité= 0i on le faisait dispara6tre, une profonde o!scurité descendrait sur la terre ; en quelques siècles, la civilisation $umaine s’évanouirait et le monde deviendrait un désert »*E.
;3 F!id., ". ;++. ;@ F!id., ". @@1. ;C F!id., ". ;+9. 1;3

Oous ne so es donc "lus e(acte ent devant la loi d)airain de la Oature sanctionnant la victoire auto ati!ue du "lus fort. 1a nature n)est "as i "artiale, elle a sa race élue > la race ar,enne. Sans doute, elle ne la 5arde ni des tentations ni des fai'lesses H elle "eut : e la laisser dis"araJtre si celle%ci co et le « "éché du san5 », ais du oins, l)&r,en a%t%il été sin5ulière ent favorisé au dé"art "uis!ue « l’étincelle du génie a, de tout te "s, .ailli de son front lumineu" »*\.
« /ant qu’il maintint rigoureusement sa situation orale de aJtre, il resta non seulement le ma6tre, mais aussi le conservateur de la civilisation qu’il continua 5 développer. 1ar celle'ci reposait e"clusivement sur les capacités de l’Ar%en et sur le fait qu’il restait lui'm#me. &*A « 1’est ainsi que la présence d’$ommes de race inférieure fut une condition primordiale pour la formation de civilisations supérieures ; ils compensaient la pénurie de ressources matérielles sans lesquelles on ne peut concevoir la possi!ilité d’un progrès. Fl est certain que la première civilisation $umaine s’appu%a moins sur l’animal domestiqué que sur l’emploi d’$ommes de race inférieure. 1e fut seulement après la réduction en esclavage de races vaincues qu’un sort sem!la!le atteignit les animau", et non pas inversement comme certains peuvent le croire. 1ar ce fut d’a!ord le vaincu qui fut mis devant la c$arrue ; le c$eval ne vint qu’après. &*B

Qu)on ne voie "as l$ « un signe de dégradation $umaine &, "arce !ue cette évolution devait avoir lieu "our arriver au de5ré de civilisation "résent. « Les progrès de l’$umanité sont une ascension sur une éc$elle sans fin ; on ne s’élève pas sans avoir gravi les éc$elons inférieurs*C &. Des races, nous voil$ donc "arvenus $ la race ar,enne et $ l)affir ation de sa su"ériorité !ui lui confère le droit au co ande ent. Sitler va aintenant se "réoccu"er de l)or5anisation de cette co unauté raciale et de la for e !ue devra affecter son 8tat. 1e "rinci"e de 'ase est !u)« un m#me sang appartient 5 un m#me empire?W ». 1e second, c)est !u)une fois cette co unauté raciale rasse 'lée, son droit $ la vie et sa orale de aJtre 4ustifieront ses con!u:tes >
« Lorsque le territoire du 9eic$ contiendra tous les Allemands, s’il s’avère inapte 5 les nourrir, de la nécessité de ce peuple na6tra son droit moral d’acquérir des terres étrangères. La c$arrue fera alors place 5 l’épée, et les larmes de la guerre prépareront les moissons du monde futur. &?@

1a 5uerre, "our Sitler, a donc des raisons 'iolo5i!ues, elle relève de la loi d)airain de la Oature. #lle n)est ni 'onne, ni auvaise, elle est nécessaire.
;6 ;7 ;+ ;9 3A 31 F!id., ". ;9C. F!id., ". ;9@. F!id., ". ;9@. F!id., ". ;9@. F!id., ". 16. F!id., ". 16. 1;@

IV.
-l se 'le !u)Sitler ait été très i "ressionné, dans sa 4eunesse, "ar les difficultés dans les!uelles se dé'attait l)e "ire austro%hon5rois et !ue les crises "oliti!ues de Eienne aient eu en définitive une 5rande "art dans sa conce"tion nationalitaire de l)8tat. -l dut : e faire cette o'servation de 'ien 'onne heure "uis!u)il nous confie >
« Dès quinGe ans, .’en étais arrivé 5 séparer "atriotis e d%nastique et nationalis e de race, avec une inclination très nette pour ce dernier. &?*

9e ce !u)il a o'servé sous les Sa's'our5, il croit "ouvoir tirer une loi 5énérale >
« L’e"istence de la vieille Autric$e, plus que celle de tout autre (tat, était liée 5 la puissance de son gouvernement. Fl lui manquait cette assise d’un (tat national qui, vienne 5 lui manquer la direction proprement dite, possède tou.ours dans son origine et$nique une force qui assure sa conservation. L’(tat et$nique peut quelquefois, gr)ce 5 l’inertie naturelle de ses populations et 5 la force de résistance qu’elle implique, supporter de façon étonnante et sans en souffrir gravement, de longues périodes de mauvaise administration ou de mauvaise direction H=I mais il en va tout autrement d’un empire composé de plusieurs peuples, qui n’est pas maintenu par la communauté du sang, mais par une poigne commune. /oute fai!lesse de la direction ne produira pas dans un tel (tat un engourdissement analogue 5 celui des animau" $iverneurs, mais elle sera au contraire l’occasion d’un réveil de tous les instincts particularistes qui prée"istent en c$aque race, et qui n’ont pu se manifester au" époques o< une volonté dominait. »??

C)est $ Eienne encore, !u)Sitler "rend conscience de la !uestion sociale et de son inti e liaison avec le "ro'lè e national. -l su'it alors deu( influences !ui le ar!ueront toute sa vie > celle du ouve ent "an5er aniste et celle du "arti chrétien%social.
« Le mouvement pangermaniste avait raison dans sa conception de principe d’une régénération allemande, mais il fut mal$eureu" dans le c$oi" de ses mo%ens. Fl fut nationaliste, mais, $élas O il ne fut pas asseG social pour gagner les masses. 0on antisémitisme reposait sur une .uste compré$ension du pro!lème des races et non sur des conceptions religieuses, mais sa lutte contre une confession déterminée ]l’(glise cat$olique^ était une faute de principe et de tactique. Le mouvement c$rétien'social n’avait aucune conception nette sur le !ut de la régénération allemande, mais il fut intelligent et $eureu" dans le c$oi" de son c$emin comme parti. Fl comprit l’importance de la question sociale, mais il se trompa dans sa lutte contre les ,uifs et n’eut aucune idée de la puissance de l’idée nationaliste. &?_
3; Sitler &dolf, -on 1om!at, ". ;C. 33 F!id., ". 79. 3@ F!id., ". 1;C. 1;C

1ors!ue Sitler "arachèvera l)Iuvre unificatrice de =is arcV, il rencontrera devant lui les fidélités d,nasti!ues et les "articularis es locau( !ui fractionnaient encore le onde 5er ani!ue. -l leur reconnaJtra le r/le d)instru ents de la ?rovidence dans la for ation du [rand 6eich, ais leur si5nifiera, dans un discours célè're, !u)il est te "s "our eu( d)entrer dans le Mausolée de l)Sistoire >
« /ous les courants de sang allemand courent vers le 9eic$, en lui sont réunies toutes les traditions du passé, leurs s%m!oles et leurs étendards, et aussi et surtout, les grands $ommes du passé dont les Allemands ont eu raison de s’enorgueillir. De quelque camp qu’ils aient été 5 leur époque, les !raves ducs et les grands rois, les générau" et les puissants empereurs, les esprits éclairés et les $éros du passé ne furent rien de plus que les instruments de la 4rovidence dans le processus de développement d’une nation. Jn les réunissant dans ce Nrand 9eic$ avec une vénération pleine de reconnaissance, le magnifique trésor de l’Listoire allemande nous est révélé. 9emercions le Dieu /out'4uissant d’avoir donné 5 notre génération et 5 nous la gr)ce de pouvoir vivre 5 cette époque et 5 cette $eure. &?E

#t cela a été "ossi'le "arce !ue « les considérations d%nastiques confessionnelles, partisanes, purement étatiques, s’effacèrent devant la reconnaissance que l’entité qu’était la su!stance déterminée par le sang et en dépendant, était la source de toute vie nationale »36. &insi, la loi d)airain du san5 a conda né l)e "ire ultiracial, les fidélités d,nasti!ues, les "articularis es, les « considérations confessionnelles &. 1)8tat !ui va naJtre de cette aeltansc$auung devra « faire de la race le centre de la vie de la communauté ; veiller 5 ce qu’elle reste pure &. -l devra intervenir « comme a%ant le dépMt d’un avenir de milliers d’années au pri" duquel les désirs et l’égoXsme de l’individu sont tenus pour rien et devant lequel ils doivent s’incliner »37. 1)8tat, c)est la Oature. -l est char5é d)en a""li!uer les lois d)airain. 1a révolte contre l)8tat est donc une révolte folle. C)est la révolte contre la Oature elle% : e, contre la loi de la Création, donc contre le Créateur. < << 2n arrive ici $ un tournant essentiel dans la conce"tion alle ande du nationalis e. 1a lutte est entre deu( conce"tions de l)Sistoire déter inées "ar deu( conce"tions de la Oation > ou 'ien l)8tat 4ustifie la Oation ou 'ien la Oation seule 4ustifie l)8tat. 9ans le "re ier cas, le "ro'lè e se "ose de la coe(istence d)8tats histori!ues, et l)on sera conduit $ la recherche d)un é!uili're de forces. 9ans le second cas, on est devant une idée révolutionnaire >
3C Sitler &dolf, 9iscours du 3A 4anvier 1939. 36 Sitler &dolf, 9iscours du ;A février 193+. 37 Sitler &dolf, -on 1om!at, ". @A;. 1;6

la nation est la 6ace H elle ne connaJt "as d)autres li ites !ue celles de la co unauté de san5, li ites !u)elle "ourra dé"asser d)ailleurs en vertu de sa orale de aJtre. #lle n)a donc "rati!ue ent "as d)autres li ites !ue celles !ui 'ornent ses "ossi'ilités d)e("ansion. Ootons !ue la conce"tion de la Oation cheF les révolutionnaires de 17+9 a'outissait au : e i "érialis e. 1a nation sert de su""ort $ une idéolo5ie. #lle étendra alors indéfini ent ses frontières "ar consente ent ou sou ission $ l)idée !u)elle re"résente. 6ésu ons d)un ot > la conce"tion vblZisc$ de la nation est déter iniste, la conce"tion dé ocrati!ue est volontaire. #lles n)ont, ni l)une ni l)autre, rien $ faire avec la conce"tion nationaliste !ui acce"te la nation co e réalité histori!ue et l)8tat co e "ersonnalité 4uridi!ue.

V.
C)est ce déter inis e raciste !ui conduit Sitler $ re4eter la thèse "an5er aniste. Si le 5rou"e "an5er aniste, dira%t%il dans -ein dampf, veut « arriver 5 la fondation d’un (tat populaire fortement uni et auquel une langue commune donne nettement un caractère accusé H=I ce n’est pas seulement dans l’espoir de donner ainsi 5 cet (tat une !ase solide qui lui permette d’accro6tre sa puissance 5 l’e"térieur, mais aussi et surtout dans l’opinion V d’ailleurs radicalement fausse V que l’unification de la langue le mettrait 5 m#me de mener 5 !ien une nationalisation orientée dans un certain sens ». 1es "an5er anistes, "ar e(e "le, cro,aient "ouvoir « germaniser » les Slaves d)&utriche. 2r, dit Sitler, ils ne se rendaient "as co "te !ue >
« la germanisation ne s’applique qu’au sol, .amais au" $ommes H=I. 1’est commettre une inconceva!le faute de raisonnement que d’imaginer qu’il serait possi!le de faire un Allemand disons d’un 3ègre ou d’un 1$inois, en lui enseignant l’allemand et en o!tenant qu’il parle désormais notre langue H=I. Fl arrive, et le cas n’est que trop fréquent dans l’$istoire, qu’un peuple conquérant réussisse par des mo%ens de contrainte e"térieure, 5 imposer sa langue au" vaincus, mais au !out de mille ans, cette langue est parlée par un peuple nouveau et les vainqueurs sont ainsi devenus 5 proprement parler les vaincus. 1omme la nationalité, ou pour mieu" dire, la race ne dépend pas de la langue, mais du sang, on n’aurait le droit de parler de germanisation que si, par un tel procédé, on parvenait 5 c$anger le sang du vaincu. -ais cela est impossi!le. f arriverait'on, ce serait par un mélange des sangs, qui a!aisserait le niveau de la race supérieure. Le résultat final d’un tel processus serait la disparition des qualités qui ont autrefois rendu le peuple conquérant capa!le de vaincre. 1e sont particulièrement les énergies civilisatrices qui ferait dispara6tre le métissage avec une race supérieure. &?B
3+ F!id., ". 3+C%397. 1;7

1e national%socialis e tourne donc co "lète ent le dos $ la théorie "an5er aniste >
« 1e n’est ni notre désir, ni notre intention d’arrac$er des éléments et$niques étrangers 5 leur nation pour leur enlever leur langue ou leur culture et leur imposer la culture allemande qui leur serait étrangère. 3ous ne donnons aucune instruction pour que les noms qui ne sont as de consonance allemande soient germanisés. 0elon nous la guerre de conqu#te n’a!outit, en fin de compte, qu’5 affai!lir le vainqueur. 3ous ne cro%ons pas qu’il soit possi!le de priver les peuples de leur nationalité. Le sang versé durant les ?WW dernières années sur le continent européen l’a été en vain. La +rance est restée la +rance, l’Allemagne, l’Allemagne, la 4ologne continue 5 #tre la 4ologne, et l’Ftalie n’est autre c$ose que l’Ftalie. &?C

-l est difficile de su""oser ce !u)aurait été l)évolution du national% socialis e si les 9é ocraties ne lui avaient déclaré la 5uerre en 1939. 1e co "orte ent des autorités hitlériennes d)occu"ation durant la 5uerre se 'le avoir en tout cas confir é cette volonté de non 5er anisation des "eu"les occu"és. Mais il faut au oins , voir une ar!ue de res"ect "our les ethnies étran5ères !u)une volonté éta'lie de conserver la "ureté de la race alle ande et d)affir er sa su"ériorité. 1a conce"tion : e de l)8tat d)Sitler l)e ":chait de son5er $ constituer un e "ire ultiracial >
« L’(tat n’est pas un !ut, mais un mo%en. HFl estI la condition préala!le 5 la formation d’une civilisation $umaine de valeur supérieure, mais il n’en est pas la cause directe. 1elle'ci réside e"clusivement dans l’e"istence d’une race apte 5 la civilisation. -#me s’il se trouvait sur terre des centaines d’(tats modèles, au cas o< l’Ar%en, qui est le pilier de la 1ivilisation, viendrait 5 dispara6tre, il n’% aurait plus de civilisation correspondant, dans l’ordre spirituel, au degré qu’ont atteint les peuples de race supérieure. ;n peut aller encore plus loin et dire que l’e"istence d’(tats $umains n’e"clurait pas l’éventualité de l’anéantissement définitif de la race $umaine, puisque la disparition du représentant de la race civilisatrice amènerait la perte des facultés intellectuelles supérieures de résistance et d’adaptation= 1e n’est pas l’(tat qui fait na6tre un certain niveau de culture, il ne peut que conserver la race, cause première de l’élévation de ce niveau. Dans le cas contraire, l’(tat peut continuer 5 e"ister pendant des siècles sans c$angement apparent, alors que, par suite du mélange des races qu’il n’a pas emp#c$é, la capacité civilisatrice, et l’$istoire m#me de ce peuple qui en est le reflet, ont commencé depuis longtemps 5 su!ir de profondes altérations H=I La condition mise 5 l’e"istence dura!le d’une $umanité supérieure n’est donc pas l’(tat, mais la race qui possède les facultés requises. &_W

Sitler s)est arr:té lon5ue ent dans -ein dampf sur cette conce"tion nouvelle de l)8tat. C)est !u)il savait 'ien !ue tout son s,stè e s), a""u,ait et !ue si cette 4ustification de la race venait $ an!uer, c)est tout l)ense 'le du s,stè e !ui s)effondrerait.
39 Sitler &dolf, 9iscours du ;1 ai 193C. @A Sitler &dolf, -on 1om!at, ". 3+C%39A. 1;+

1)8tat n)est donc !u)un « contenant & dont la race est le « contenu &. #t le contenant, dira Sitler, !ui "ense dans sa "rison de 1ands'er5 $ l)8tat de ^ei ar, « n’a de raison d’#tre que lorsqu’il est capa!le de conserver et de protéger son contenu, sinon, il n’a aucune valeur ». &insi, le : e "rinci"e !ui va lui servir $ renverser l)8tat li'éral e(istant, va lui servir $ 4ustifier l)8tat totalitaire du ---e 6eich. -l ne se dissi ule "as ce !u)a de révolutionnaire sa conce"tion >
« 3ous autres nationau"'socialistes savons que le monde actuel considérera cette conception comme révolutionnaire et qu’il nous flétrira de ce nom. -ais nos opinions et nos actes ne doivent pas résulter de l’appro!ation ou de la désappro!ation de notre époque, mais de l’o!ligation impérieuse de servir la vérité dont nous avons conscience. 3ous pouvons #tre convaincus que l’intelligence plus ouverte de la postérité, non seulement comprendra les raisons de notre entreprise, mais encore en reconna6tra l’utilité et lui rendra $ommage. &_@

1)8tat, instru ent de la co unauté raciale ne sera donc au( ains de celle%ci !u)un instru ent au service de l)instinct de conservation de l)es"èce, « cause première de la formation des communautés $umaines &. 1a conce"tion hitlérienne de l)8tat a'outit, "ar un enchaJne ent fatal, au déter inis e le "lus a'solu. 1)individu n)est "as li're de concevoir l)8tat, l)8tat n)est "as li're de se ouvoir $ son 5ré dans la constellation des 8tats. 3out est fi(é d)avance, déter iné "ar la loi d)airain de la conservation de la race >
« 1e n’est pas 5 nous autres $umains de reconna6tre ou de rec$erc$er le sens et le !ut de l’e"istence des races créées par la 4rovidence. -ais nous pouvons .uger du sens et du !ut des organisations $umaines d’après le degré d’utilité qu’elles ont pour le peuple et sa conservation. Le peuple a donc la primauté. Les partis, l’(tat, l’Armée, l’(conomie la ,ustice, etc. sont des p$énomènes secondaires, des mo%ens d’atteindre le !ut qui est la conservation du peuple. &_*

Qu)on ne s), tro "e "as. Cette li'erté de « .uger du sens et du !ut des organisations $umaines &, ne nous donne nulle ent le droit de choisir ar'itraire ent. Oous n)avons d)autre li'erté !ue celle de reconnaJtre les conditions nécessaires de la sauve5arde de la race car « le !ut supr#me de l’e"istence des $ommes n’est pas la conservation d’un (tat, c’est la conservation de leur race »_?. 1e déter inis e est a'solu. 1a "lace de l)-ndividu dans l)8tat, dans la Co unauté est ri5oureuse ent déter inée. -l n), a "as d)écha""atoire "ossi'le. Cha!ue :tre hu ain naJt "rédestiné dans un "eu"le, une race et ne "eut écha""er au( consé!uences de cette "rédestination.

@1 F!id., ". ;9;. @; Sitler &dolf, 9iscours du 3A 4anvier 1937. @3 Sitler &dolf, -on 1om!at, ". 1A1. 1;9

VI.
1es ra""orts entre l)-ndividu et l)8tat ne sauraient de eurer, dans la conce"tion nationale%socialiste, ce !u)ils étaient dans l)8tat li'éral. 1)8tat raciste envisa5e trois sortes d)ha'itants > des cito,ens, des su4ets de l)8tat ou ressortissants et des étran5ers.
« Jn principe la naissance ne confère que la qualité de ressortissant. 1ette qualité ne donne pas le droit, 5 elle seule, d’accéder 5 une fonction pu!lique, ni de prendre part 5 l’activité politique, par e"emple au" élections H=I. Le titre de cito%en, avec les droits qu’il confère, sera accordé de la façon la plus solennelle au .eune $omme de !onne santé et de !onne réputation, quand il aura accompli son service militaire H=I. La remise de diplMme de cito%en sera accompagnée de la prestation solennelle d’un serment par lequel le nouveau cito%en .urera fidélité 5 la 1ommunauté et 5 l’(tat. 1e diplMme constitue le lien unissant tous les mem!res de la communauté, il com!le le fossé séparant les différentes classes sociales. Dn !ala%eur des rues doit se sentir plus $onoré d’#tre cito%en du 9eic$ que s’il était roi d’un (tat étranger. &__

1e cito,en du 6eich "assera "ar une dou'le sélection > raciale et de valeur. #n face de la "re ière, il ne "eut rien. Son classe ent sera déter iné "ar son san5 H en face de la seconde, il devra attendre le 4u5e ent de l)8tat !ui « a droit d’opérer une sélection faite avec le plus grand soin et la dernière minutie dans l’ensem!le de la population pour en tirer le matériel $umain visi!lement doué par la nature et le mettre au service de la communauté tout entière »@C. Sitler ne dissi ule "as !u)il s)a5it l$ d)un 'ouleverse ent total de la structure de la société alle ande de son te "s, ais, dira%t%il, le national% socialis e s)est tou4ours "lacé du "oint de vue suivant >
« /oute attitude s’e"pliquait par l’éducation, l’$a!itude et l’$érédité, et, par conséquent, une rééducation était possi!le. 1ar l’enfant qui grandit dans notre peuple, ne vient pas au monde avec des pré.ugés de rang ou de classe, ceu"'ci ne lui sont ultérieurement transmis que par une certaine éducation. 1’est seulement dans le cours de sa vie que ces prérogatives lui sont octro%ées artificiellement. 3otre mission est d’en finir avec cet état de c$oses, si nous ne voulons pas renoncer 5 l’édification sur des fondements solides d’une société $umaine de structure vérita!lement organique. 1’est cette t)c$e que nous avons assumée et que nous commençons 5 remplir dans tous les domaines. Dès que l’enfant a atteint l’)ge o< naguère on pouvait lui inculquer les différenciations de la vie sociale, nous commençons au.ourd’$ui 5 le former pour la communauté, et nous ne le l)c$ons plus H=I. 3ous voulons amener les $ommes 5 une m#me conception de la vie, 5 une m#me et uniforme conception du devoir et nous sommes convaincus qu’au !out d’une certaine période de cette éducation, les $ommes seront les produits de cette éducation, c’est'5'dire qu’ils représenteront alors les nouvelles pensées tout aussi !ien qu’ils incarnent au.ourd’$ui encore, en partie, les anciennes. &_\
@@ Sitler &dolf, -on 1om!at, ". @39. @C F!id., ". @31. @6 Sitler &dolf, 9iscours du @ avril 19@A. 13A

« Les $ommes sont le produit de leur éducation. &_A

Si l)on réduit $ l)essentiel les vues d)Sitler sur le cito,en du --- e 6eich, on "eut dire !u)il s)a5it d)une conce"tion ilitaire de la Co unauté > la sélection raciale, c)est le conseil de révision H la sélection de valeur, c)est toute la hiérarchie des 5rades octro,és en vue du 'ut "oursuivi Ldans l)ar ée, la "ré"aration $ la 5uerre, dans la Co unauté, la "ré"aration d)une société une et or5ani!ueM et cette nouvelle hiérarchie se su'stitue au( anciennes classifications sociales > no'lesse, 'our5eoisie, "rolétariat. 3out co e dans l)&r ée il n), a ni no'le, ni 'our5eois, ni "rolétaire, ais des soldats, des sous%officiers et des officiers. Cette iné5alité des hiérarchies dans la société civile et dans l)&r ée "rovient de la différence des 'uts de ces deu( sociétés. Chan5eant la conce"tion et le 'ut de la co unauté nationale, Sitler devait tout naturelle ent :tre a ené $ en chan5er la hiérarchie, l)échelle des valeurs. C)est !ue, l$ encore, tout se tient > la loi d)airain de la race 4oue dans la aeltansc$auung nationale%socialiste le r/le déter iniste de la loi d)airain du ca"italis e dans la théorie ar(iste. 1e atérialis e 'iolo5i!ue s)o""ose au atérialis e histori!ue, ais il "résente le : e caractère de fatalité. Sitler ne se considère "as li're de concevoir le onde autre ent. -l ne "rétend "as du tout avoir '.ti une conce"tion du ondeK ais uni!ue ent avoir reconnu la loi fonda entale de la Oature. #t cette connaissance confère $ la co unauté vblZisc$ >
« l’o!ligation, suivant la volonté éternelle qui gouverne le monde, de favoriser la victoire du meilleur et du plus fort, d’e"iger la su!ordination des mauvais et des fai!les. Jlle rend ainsi $ommage au principe aristocratique de la nature et croit en la valeur de cette loi .usqu’au dernier degré de l’éc$elle des #tres. Jlle voit non seulement la différence de valeur des races, mais aussi la diversité de valeur des individus. De la masse se dévoile pour elle la valeur de la personne, et par cela, elle agit comme une puissance organisatrice en présence du mar"isme destructeur. Jlle croit nécessaire de donner un idéal 5 l’$umanité. -ais elle ne peut reconna6tre le droit d’e"istence 5 une ét$ique quelconque quand celle'ci présente un danger pour la survie de la race qui défend une ét$ique plus $aute ; car dans un monde métissé et enva$i par la descendance de nègres, toutes les conceptions $umaines de !eauté et de no!lesse, de m#me que toutes les espérances en un avenir idéal de notre $umanité seraient perdues 5 .amais. La culture et la civilisation $umaines sont, sur ce continent, indissolu!lement liées 5 l’e"istence de l’Ar%en. 0a disparition ou son amoindrissement feraient descendre sur cette terre les voiles som!res d’une époque de !ar!arie. -ais saper l’e"istence de la 1ivilisation $umaine en e"terminant ceu" qui la détiennent appara6t comme le plus e"écra!le des crimes. 1elui qui ose porter la main sur la propre image du 0eigneur, dans sa forme la plus $aute, in.urie le 1réateur et aide 5 faire perdre le paradis.
@7 Sitler &dolf, 9iscours du 1A déce 're 19@A. 131

La conception raciste répond 5 la volonté la plus profonde de la nature, quand elle réta!lit ce li!re .eu des forces qui doit amener le progrès par la sélection. Dn .our ainsi, une $umanité meilleure a%ant conquis ce monde, verra s’ouvrir li!rement 5 elle tous les domaines de l’activité. 3ous sentons tous que dans un avenir éloigné, les $ommes rencontreront des pro!lèmes que, seul, pourra #tre appelé 5 résoudre un ma6tre'peuple de la plus $aute race, disposant de tous les mo%ens et de toutes les ressources du monde entier H=I. ,’ai donc considéré que ma propre t)c$e était de dégager de la ric$e et informe su!stance d’une conception p$ilosop$ique générale Hla conception velVischI les idées essentielles, de les mettre sous une forme plus ou moins dogmatique. Ainsi élaguées et clarifiées, elles pourront grouper ceu" des $ommes qui voudront s’% astreindre. Autrement dit > le 4arti national'socialiste des travailleurs allemands tire ses caractères d’une conception velVisch de l’univers, il en fait, compte tenu des réalités pratiques de l’époque, du matériel $umain et de ses fai!lesses, un ensem!le doctrinal politique, qui pose dès lors lui'm#me, en une organisation aussi rigide que possi!le des grandes masses $umaines, les !ases du triomp$e final de cette conception p$ilosop$ique. &_B

1e essianis e hitlérien du « ma6tre peuple », serviteur des desseins du Créateur, fantasti!ue vision du onde et "rodi5ieuse ission du 5er anis e, s)orchestre co e un o"éra de ^a5ner, ais la scène sur la!uelle il va se 4ouer ne tient "as entre les décors de toile d)un thé.tre. 1)#uro"e alade du li'éralis e et du ar(is e et !ui co en0ait lente ent sa 5uérison "ar un retour au( "rinci"es de hiérarchie, de société or5ani!ue et de 3radition, va se trouver 'rus!ue ent en face de cette dé esure hitlérienne. C)était la chance de la dé ocratie et du co unis e. -ls le co "rirent, confondirent volontaire ent les doctrines, les "rinci"es et les ho es sous le : e voca'le de +ascisme !u)ils vouèrent $ l)e(écration de la « 1onscience Dniverselle &, "uis, leur cou" fait, re"rirent leur !uerelle sans "enser !ue c)était de leur "ro"re co "orte ent !u)étaient nées ces réactions nationalistes, fascistes ou nationales%socialistes et !ue s)ils n)en chan5eaient "oint, les : es causes tendraient inévita'le ent $ "roduire les : es effets.

VII.
Si l)univers est une hiérarchie de races et de "eu"les « la meilleure constitution et la meilleure forme de l’(tat est celle qui assurera, naturellement, au" meilleurs éléments de la communauté l’importance du guide et l’influence du ma6tre »@9. 1a constitution "oliti!ue n)a donc "as $ chercher la re"résentation des volontés individuelles, ais $ assurer la sélection des eilleurs "our !u)ils soient les chefs naturels de la co unauté.
@+ Sitler &dolf, -on 1om!at, ". 379%3+3. @9 F!id., ". @@7. 13;

C)est l)intér:t de tous, d)ailleurs, d)assurer « l’influence déterminante » des t:tes, car, « ce n’est certes ni la domination des im!éciles et des incapa!les, ni, en aucun cas, le culte de la masse qui servira cet intér#t de tous ; il faudra nécessairement que des individus supérieurement doués prennent les c$oses en main ». 9ans ce onde o7 un "eu"le est une co unauté au co 'at, co ent son or5anisation "ourrait%elle diver5er fonda entale ent de l)or5anisation ilitaire D -l , a une lo5i!ue des situations. Sitler l)a 'ien vu.
« Le gouvernement de l’(tat et la puissance qu’incarne l’organisation militaire sont également dominés par cette idée de la personnalité > on la retrouve partout sous la forme de l’autorité a!solue sur les su!ordonnés, de la responsa!ilité complète 5 l’égard des c$efs &.EW

Mais si la nécessité de la chose est évidente dans l)or5anisation ilitaire, si "ersonne n), discute le "rinci"e du chef, il en va autre ent dans la société civile et cela d)une fa0on ine("lica'le, car le "ro'lè e est le : e > la valeur de la "ersonnalité.
« 1e n’est pas la masse qui crée, ni la ma.orité qui s’organise ou réfléc$it, mais tou.ours et partout, l’individu isolé. Dne communauté d’$ommes appara6t comme !ien organisée alors seulement qu’elle facilite au ma"imum le travail de ces forces créatrices et qu’elle les utilise au mieu" des intér#ts de la communauté. &E@ « uand le principe parlementaire de l’autorité des ma.orités l’emporte sur celui de l’autorité d’un seul et remplace le c$ef par le nom!re et la masse, il va contre le principe aristocratique de la nature. &E* « /out ce qui a été réalisé d’e"traordinaire depuis que le monde est monde l’a été par des actions individuelles. &E? « Les périodes de développement normal et régulier ou d’état sta!le, se produisent et durent visi!lement lorsque dominent les éléments mo%ens, tandis que les classes e"tr#mes ne !ougent pas ou s’élèvent. Les périodes d’effondrement d’un corps social sont déterminées par l’arrivée au pouvoir des pires éléments. Fl est remarqua!le, 5 cet égard, que la grande masse, ou classe mo%enne V .e la désignerai ainsi V ne peut se manifester que lorsque les deu" classes e"tr#mes sont au" prises dans une lutte mutuelle > il est remarqua!le aussi que cette grande masse se soumet tou.ours complaisamment au vainqueur, après la victoire d’un des partis e"tr#mes. 0i les meilleurs ont le dessus, la grande masse suivra > si ce sont les pires, elle ne s’opposera pas, tout au moins 5 leur action, car la masse du centre ne com!attra .amais. &E_

&ussi le r/le du ?arti national%socialiste, dans l)o""osition, sera d)arriver $ constituer le "arti des eilleurs !ui arrachera les asses $ l)e "ire du "arti des "ires. 1es asses suivront. Sitler avait vu 4uste, ses "ronostics se sont révélés ri5oureuse ent e(acts.
CA C1 C; C3 C@ F!id., ". @@C. F!id., ". @@C. F!id., ". +7. F!id., ". 9@. F!id., ". C16. 133

Wne fois au "ouvoir, les nationau(%socialistes instaureront le +e$rerprinGip V le "rinci"e du Chef Z !ui do inera toute l)or5anisation "olitico%sociale du ---e 6eich. 9ès la "rison de 1ands'er5, Sitler avait ri5oureuse ent codifié l)or5anisation de l)8tat national%socialiste >
« /oute l’organisation de l)8tat, a%t%il écrit dans -ein dampf, doit découler du principe de la personnalité, depuis la plus petite cellule que constitue. la commune .usqu’au gouvernement supr#me de l’ensem!le du pa%s. Fl n’% a pas de décisions de la ma.orité, mais seulement des c$efs responsa!les et le mot 7conseil8 doit reprendre sa signification primitive. 1$aque c$ef peut !ien avoir 5 son cMté des conseillers, mais la décision est le fait d’un seul. Fl faut transposer le principe qui fit autrefois de l’armée prussienne le plus admira!le instrument du peuple allemand et l’éta!lir 5 la !ase m#me de notre s%stème politique > la pleine autorité de c$aque c$ef sur ses su!ordonnés et sa responsa!ilité envers ses supérieurs H=I L’(tat raciste, depuis la commune .usqu’au gouvernement du 9eic$, ne possédera aucun corps représentatif qui décide quoi que ce soit par voie de ma.orité, mais seulement des corps consultatifs qui se trouveront sans cesse au" cMtés du 1$ef et qui recevront leur t)c$e de lui ; parfois m#me ils pourront au !esoin, dans certains domaines, prendre des responsa!ilités entières, comme ce fut tou.ours le cas pour tous les c$efs ou présidents des corporations. &EE

1)idée du Chef 5ouvernant entouré de conseillers n)a rien d)ori5inal. C)est la vieille for ule « le roi gouverne en ses conseils &. -l n)est "as "ossi'le d)inventer 'eaucou" dans l)art de 5ouverner et les Constitutions 5ravitent toutes autour de ces deu( "/les ono%archie ou dé ocratie. Sur la for e de l)8tat, Sitler, écrivant "eu d)années a"rès la chute des SohenFollern, a évité de se "rononcer. Moins "ar ha'ileté tacti!ue "eut%:tre, !ue "arce !ue l)essentiel de son s,stè e n)était "as l$ >
« La mission du mouvement n’est pas de réta!lir une forme d’(tat déterminé ni de lutter contre une autre forme d’(tat, mais d’éta!lir les principes fondamentau" sans lesquels ni répu!lique, ni monarc$ie ne peuvent durer. Jlle n’est ni de fonder une monarc$ie, ni de renforcer la répu!lique, mais de créer l’(tat germanique. La forme e"térieure 5 donner 5 cet (tat pour couronner l’Uuvre ne présente pas une importance fondamentale ; c’est une affaire 5 régler plus tard d’après l’opportunité pratique du moment. 1$eG un peuple qui aura enfin compris les grands pro!lèmes et les grands efforts in$érents 5 son e"istence, la question de la forme du gouvernement ne doit pas soulever de luttes intérieures. &E\

1)antidé ocratis e d)Sitler n)est "as le fait de convictions onarchistes. -l "arle : e, on le verra, de « vraie démocratie allemande & "our !ualifier son s,stè e. Ses o'4ections contre la dé ocratie "arle entaire sont des "lus classi!ues >
CC F!id., ". @@+. C6 F!id., ". 3@C. 13@

« L’intelligence politique de la masse n’est pas asseG développée pour parvenir d’elle'm#me 5 des conceptions politiques générales et précises, et pour trouver elle'm#me les $ommes qui seraient capa!les de la faire a!outir. 1e que nous désignons tou.ours par opinion pu!lique ne repose que pour une part minime sur l’e"périence personnelle et sur les connaissances des individus ; par contre, elle est en ma.eure partie suscitée et cela avec une persévérance et une force persuasive souvent remarqua!le, par ce qu’on appelle l)infor ation. De m#me que les convictions religieuses de c$acun sont issues de l’éducation, et que ce sont seulement les aspirations religieuses qui sommeillent au cUur de l’$omme, ainsi l’opinion politique de la masse est l’a!outissement d’une préparation de l’)me et de l’esprit, souvent incro%a!lement opini)tre et profonde. &EA « Au.ourd’$ui o< le !ulletin de vote de la masse décide, c’est le groupe le plus nom!reu" qui a le plus de poids > et c’est le tas des simples et des crédules. 1’est un devoir d’(tat et un devoir social de premier ordre d’emp#c$er que ces $ommes ne tom!ent dans les mains d’éducateurs pervers, ignorants ou m#me mal intentionnés. Aussi l’(tat a't'il le devoir de surveiller leur formation et d’emp#c$er tout article scandaleu". Aussi doit'il surveiller la presse de très près, car son influence sur les $ommes est de !eaucoup la plus forte et la plus pénétrante, car elle n’agit pas de façon passagère mais constante. 1’est dans l’égalité et la répétition constante de son enseignement que réside toute son immense importance. &EB

Co ent, dès lors, le vote de la asse aurait%il une valeur !uelcon!ue s)il ne fait !ue refléter l)o"inion de 4ournau( "a,és "ar des intér:ts ou des "artis D
« [ cette conception, s’oppose celle de la vérita!le démocratie allemande, dont le c$ef li!rement c$oisi doit prendre sur lui la responsa!ilité entière de tous ses faits et gestes. Dne telle démocratie n’admet pas que les différents pro!lèmes soient tranc$és par le vote d’une ma.orité ; un seul décide, qui répond ensuite de sa décision, sur ses !iens et sur sa vie. &EC

9evant !ui D Co e chef du ?arti national%socialiste, Sitler se 'le ad ettre une sorte de contr/le de ses "airs, ais 4a ais la chose n)a été 'ien tranchée. -l ne serait sans doute "as éloi5né de "enser !ue le Chef le reste tant !u)il a la force de se aintenir et !u)$ cette hauteur, il n), a "as de rè5le ent !ui vaille. -l "lace le Chef si haut !ue les rè5les vul5aires ne sauraient valoir "our lui >
« 1elui qui veut #tre c$ef porte, avec l’autorité supr#me, et sans limites, le lourd fardeau d’une responsa!ilité totale. 1elui qui n’est pas capa!le de faire face au" conséquences de ses actes, ou qui ne s’en sent pas le courage, n’est !on 5 rien comme c$ef. 0eul un $éros peut assumer cette fonction. &\W
C7 C+ C9 6A F!id., ". 91. F!id., ". ;@A. F!id., ". 96. F!id., ". 3@C. 13C

#n tout cas, Sitler a res"ecté sa doctrine du Chef élu "ar le "eu"le. C)est : e ce !u)il , a eu de très re ar!ua'le dans la destruction de la dé ocratie alle ande > !u)elle a eu lieuK dé ocrati!ue ent.
« La révolution nationale'socialiste a vaincu la démocratie, dans la démocratie et par la démocratie. Jlle s’est assurée tous les mo%ens du pouvoir en agissant d’une manière strictement légale. 0i .e suis au.ourd’$ui devant vous c’est en vertu du mandat que .’ai reçu de la nation allemande, mandat infiniment plus étendu que celui de n’importe quel $omme d’(tat démocratique actuel. &\@

Sitler reconnaJt !ue la souveraineté réside dans le "eu"le, ais il , a4oute ce correctif > elle doit :tre inter"rétée "ar les eilleurs Lle ?artiM et e(ercée "ar un seul Lle +e$rer^.
« Fl e"iste dans le peuple allemand, un seul représentant de la souveraineté et c’est le peuple lui'm#me. La volonté de ce peuple trouve son e"pression dans le 4arti en tant qu’organisation politique de ce peuple. Fl n’e"iste, en conséquence, qu’un seul détenteur du pouvoir législatif. Fl n’e"iste qu’un seul détenteur du pouvoir e"écutif. L’Allemand d’au.ourd’$ui n’est pas différent de l’Allemand d’il % a di", vingt ou trente ans. Le nom!re des Allemands n’a pas augmenté sensi!lement depuis lors, capacité, $a!ileté et énergie ne sont pas différentes non plus. La seule c$ose qui se soit modifiée essentiellement, c’est la meilleure utilisation de ces valeurs gr)ce 5 la force de l’organisation et 5 la formation d’un nouveau t%pe de dirigeant. Fl est a!surde de penser que l’o!éissance et la discipline sont seulement nécessaires au" soldats et que, dans le restant de la vie des peuples, elles possèdent peu d’utilité. &

Wne telle co unauté ne "eut :tre for ée "ar « la force de l’autorité », ais seule ent "ar « l’autorité contraignante d’une idée » et donc "ar les efforts « d’une éducation permanente »6;. Ce dernier "assa5e est intéressant $ confronter avec ce !ue Sitler écrivait !uinFe ans "lus t/t dans -ein dampf sur ce : e "ro'lè e des fonde ents de l)autorité.
« Le premier fondement sur lequel repose l’autorité, c’est tou.ours la popularité. 4ourtant une autorité qui ne repose que sur elle est encore e"tr#mement fai!le ; sa sécurité et sa sta!ilité sont incertaines. Aussi tous ceu" qui ne tiennent leur autorité que de la popularité, doivent'ils s’efforcer d’en élargir la !ase et pour cela de constituer fortement le pouvoir. 1’est donc dans le pouvoir, dans la puissance, que nous vo%ons le deu"ième fondement de toute autorité. 1elui'ci est dé.5 nota!lement plus sta!le et plus s:r que le premier, mais il n’est nullement plus ro!uste. 0i la popularité et la force s’unissent, et si elles peuvent se maintenir unies, pendant un certain temps, alors peut se former, sur des !ases encore plus solides, une nouvelle autorité, celle de la tradition. 0i enfin popularité,
61 Sitler &dolf, 9iscours du 3A 4anvier 19@1. 6; Sitler &dolf, 9iscours du 3A 4anvier 1939. 136

force et tradition s’unissent, l’autorité qui en dérive peut #tre considérée comme iné!ranla!le. &\?

1e te "s a an!ué "our 4u5er si Sitler aurait "u éta'lir une « démocratie germanique » 'asé sur le consente ent, la force et la tradition. Wne des dernières fois !ue nous le vo,ons 4u5er son Iuvre avant d):tre a'sor'é "ar la certitude de la défaite, c)est dans son discours du 1A déce 're 19@A >
« 3ous vo%ons au.ourd’$ui un (tat qui, économiquement et politiquement, est autrement orienté que les démocraties occidentales. Dans cet (tat, il est $ors de doute que c’est le peuple qui décide de son e"istence. Le peuple détermine dans cet (tat les directives de son gouvernement. 1ar il a été, de fait, possi!le, dans cet (tat, d’intégrer d’a!ord une très grande partie de la masse dans le parti, dans cette gigantesque organisation qui part d’en !as et englo!e des millions de fonctionnaires, tous gens sortis du peuple. Jt l’Uuvre est construite de !as en $aut. 4our la première fois dans notre $istoire allemande, nous avons un (tat qui a éliminé par principe tous les pré.ugés sociau" dans la collation des emplois, et non pas seulement dans la vie civile. ,’en suis la meilleure preuve moi'm#me > .e n’ai m#me pas fait mon droit. 0ongeG 5 ce que cela représente O Jt, malgré cela, .e suis votre +e$rer. 3on seulement dans la vie pu!lique nous avons fait en sorte que, maintenant, des $ommes sortis du peuple puissent accéder au" plus $autes fonctions > il % a des Statthalter ]gouverneurs^ du 9eic$ qui ont été .adis ouvriers agricoles ou a.usteurs. 3ous avons, dans cet (tat, fra%é cette voie nouvelle, l5 m#me o< c’était le plus difficile > dans l’armée. Des milliers d’officiers ont reçu leur promotion, qui sont sortis du rang. Fci aussi, nous avons !ala%é tous les o!stacles. 3ous avons au.ourd’$ui des générau" qui, il % a vingt ou vingt'trois ans, étaient de simples soldats et des sous'officiers. 3ous avons vaincu ici tous les o!stacles du rang social. Jn agissant ainsi, c’est avant tout pour l’avenir que nous forgeons notre vie. 3ous avons d’innom!ra!les écoles > éta!lissement d’éducation national'socialiste, écoles Adolf Litler, etc. 3us envo%ons 5 ces écoles des enfants de la grande masse, fils d’ouvriers et de pa%sans, enfants !ien doués, au"quels leurs parents n’auraient .amais pu pa%er les études supérieures. 1es enfants entrent ici, petit 5 petit et % continuent 5 recevoir leur instruction, plus tard, ils occuperont un poste dans l’(tat, ils entreront dans les 2rdens'ur5en et dans le 4arti. Fls occuperont un .our les emplois les plus élevés. 3ous avons créé ici de grandes possi!ilités de construire cet (tat en partant de la !ase. 1’est l5 notre !ut V .e puis vous l’assurer, mes c$ers compatriotes V c’est aussi notre seul plaisir. Fl est magnifique de pouvoir lutter pour un tel idéal. Fl est merveilleu" que nous puissions nous dire > nous avons un !ut qui para6t presque de pure imagination ; nous avons devant les %eu" un (tat o<, 5 l’avenir, c$aque fonction sera remplie par le fils le plus capa!le, peu importe son origine. Dn (tat o< la naissance n’est rien et o< les accomplissements et les capacités sont tout. &\_
63 Sitler &dolf, -on 1om!at, ". C1@. 6@ Sitler &dolf, 9iscours du 1A déce 're 19@A. 137

&u4ourd)hui, on ne co "rend "as 'ien l)i "ortance !ue Sitler accordait $ la ru"ture des anciennes castes sociales alle andes, c)est !u)on a "erdu de vue la force !u)elles re"résentaient encore dans la société d)alors. #t ce sera la caste ilitaire, al5ré « les générau" qui, il % a vingt'deu" ou vingt'trois ans, étaient de simples soldats » !ui "ortera le dernier cou" au ré5i e lors!ue la défaite sera devenue certaine. Mais le national%socialis e "ouvait%il acce"ter l)ancienne structure sociale D O)était%il "as tenu de 'riser cler5é, no'lesse, ar ée, s,ndicats H de re4eter tous les élé ents au oule et de les réfor er en "arlant de sa conce"tion 'iolo5i!ue de l)Sistoire D -l n), a "as eu ar'itraire dans les "ersécutions hitlériennes, ais lo5i!ue i "laca'le. 1es intellectuels nationau(%socialistes ont e("ri é le « consentement permanent 5 l’immolation personnelle », « l’a!andon du moi 5 l’(tat, 5 la 9ace, 5 l’Fmmanent, au /otal », « la conversion spontanée de l’économique au collectif m%stique »6C. 1e lan5a5e est un "eu lourd, ais le sens est très clair > il s)a5it d)arriver $ « un niveau ant$ropologique supérieur ». #t =enn résu ait ad ira'le ent ce déter inis e anthro"olo5i!ue > « L5 o< parle l’Listoire, l’individu n’a qu’5 se taire ». 27 est la dé ocratie l$%dedans D Qu)est devenu le "eu"le D -ls sont tou4ours l$, ais cette dé ocratie, anthro"olo5i!ue ent hiérarchisée, ne connaJt !u)un "eu"le éclairé, c)est%$%dire for é "ar le ?arti "our le service de la Co unauté. Quand on o'4ectait $ Sitler !u)il s)a5issait l$ d)une atteinte $ la li'erté, il ré"ondait !u)il en allait de : e, sous une autre for e, dans le ca " des dé ocraties for elles >
« Le peuple n’a tout d’a!ord, par soi'm#me, a!solument aucune conviction et cette conviction doit naturellement #tre formée par quelqu’un V d’ailleurs comme partout. Le point important est alors celui'ci > qui éclaire le peuple, qui le forme K Dans les pa%s de ce genre ]les démocraties formelles^, c’est en fait le capital qui domine, c’est'5'dire, en fin de compte, un groupe de quelques centaines d’$ommes, en possession de fortunes énormes, d’$ommes qui par suite de la structure particulière de la vie pu!lique sont plus ou moins indépendants et li!res. 1es gens disent > 7nous avons la li'erté8, pensant surtout, ce disant, 5 une économie li!re et comprenant sous ce voca!le la li!erté non seulement d’acquérir le capital, mais encore et avant tout, de l’emplo%er de nouveau li!rement, donc d’#tre li!re de tout contrMle national, aussi !ien dans l’acquisition que dans l’emploi du capital. /el est, en réalité, le contenu du concept de cette li!erté. Jt maintenant ce capital se crée une presse 5 lui. 1es gens parlent de la 7li!erté de la presse8. Jn fait c$acun de ces .ournau" a un ma6tre et seigneur est dans tous les cas le !ailleur de fonds, le propriétaire. Jt c’est ce monsieur qui prescrit l’attitude de ce .ournal, ce n’est pas le rédacteur en c$ef. 0i celui'ci voulait écrire autre c$ose que ce qui convient au 7patron8, il lui faudrait le lendemain prendre la porte. 1ette presse qui est la création
6C [ottfried =enn. 13+

a!solument servile et sans caractère de ceu" qui la possèdent, e"écute des variations qui doivent soi'disant représenter l’opinion pu!lique et l’opinion pu!lique mo!ilisée par cette presse se divise 5 son tour en partis. &\\

1a criti!ue du national%socialis e voit donc dans la dé ocratie for elle une dictature dé5uisée du ca"italis e, ais elle ne reconnaJt aucune valeur li'ératrice au ar(is e >
« La doctrine .uive du mar"isme re.ette le principe aristocratique o!servé par la nature et met 5 la place du privilège éternel de la force et de l’énergie, la prédominance du nom!re et du poids mort. Jlle nie la valeur individuelle de l’$omme, conteste l’importance de l’entité ét$ique et de la race, et prive ainsi l’$umanité de la condition préala!le mise 5 son e"istence et 5 sa civilisation. Admise comme !ase de la vie universelle, elle entra6nerait la fin de tout ordre $umainement conceva!le. &\A « La révolution !olc$evique imprime son caractère non seulement d’une façon e"térieure 5 l’un des plus grands pa%s de la terre, mais elle le met en opposition intime, a!solue, avec les conceptions p$ilosop$iques et religieuses, des nations qui l’entourent, 5 l’$umanité, 5 la politique et 5 l’économie qui s’écroulent et qui ensevelissent sous leurs dé!ris ceu" qui les incarnaient, partis, organisations et (tats, non, c’est un monde d’idées métap$%siques qui tom!e en ruines, c’est un Dieu que l’on détrMne, des religions et des (glises qu’on e"termine, un au'del5 qui se vide, pendant que ce monde, voué 5 d’innom!ra!les tourments est proclamé comme la seule réalité e"istante. &\B

3out cela est vrai, ais !uatre ans ne se "asseront "as !ue Sitler "arta5era la ?olo5ne avec ces « détrMneurs de Dieu ».

VIII.
Sitler était%il chrétien D f avait%il inco "ati'ilité foncière entre sa doctrine et le catholicis e D C)est 'eaucou" oins si "le de ré"ondre !u)on le croit. 2n n)a rien co "ris $ Sitler si on ne tient "as co "te de la "ériode viennoise de son e(istence. -l a eu deu( initiateurs dans sa "oliti!ue avant 191@ > 1ue5er et son ouve ent social%chrétien et les "an5er anistes viennois. -l a asseF 'ien ar!ué dans -ein dampf ce !u)il devait au( deu(, et la "art de 1ue5er, 'our5 estre catholi!ue de Eienne, n)est "as la oindre. 1e national%socialis e aurait "u :tre une sorte de ouve ent 1ue5er. &"rès tout, ce dernier était 'ien antisé ite, et 8douard 9ru ont dans son /estament d’un Antisémite\C, l)a""elle « Lueger, le vaillant député cat$olique qui lutte avec tant d’intrépidité contre les ,uifs ».
66 67 6+ 69 Sitler &dolf, 9iscours du 1A déce 're 19@A. Sitler &dolf, -on 1om!at, ". 71. Sitler &dolf, 9iscours du 7 ars 1936. 9ru ont 8douard, Le /estament d’un Antisémite, ". 136. 139

1)85lise "ouvait acce"ter !u)un 8tat chrétien ne souhaita "as voir les Uuifs "rendre une "lace tro" i "ortante dans la société. -l , avait 'ien eu un 5hetto dans la 6o e "ontificale. #lle "ouvait ad ettre !u)une lé5islation d)8tat refuse la nationalité alle ande au( Uuifs. 1a création de l)8tat d)-sragl a révélé l)e(istence incontesta'le d)un senti ent national 4uif. Mais ce !ue l)85lise ne "ouvait ad ettre, c)était un antisé itis e 'asé sur l)affir ation d)un "ostulat d)i "érialis e raciste. S)il ne se fut a5i !ue d)éta'lir une carte du dévelo""e ent "lus ou oins avancé des races hu aines, ce n)eut été !ue constater l)ordonnance "rovidentielle du onde, ais l)85lise ne "ouvait ad ettre !ue le catholicis e fut considéré co e une hérésie 4uive !ui a « empoisonné l’esprit allemand » co e le "rocla ait alors von SchInerer, chef des "an5er anistes, en &utriche, vers 1+9A. &vec le national%socialis e, les choses furent 'eaucou" oins nettes au dé'ut. 1e ;+ ars 1933, $ *ulda, les év:!ues "russiens a'ro5eaient les esures !ue la "lu"art d)entre eu( avaient édictées contre le national% socialis e. 1e hentru votait "our Sitler lors de l)uni!ue séance du 6eichsta5 !ui suivit l)arrivée du "ouvoir du *dhrer7A. 1)archev:!ue de Colo5ne autorisait l)accès en unifor e $ la réce"tion des sacre ents, : e en for ations collectives et l)entrée des étendards nationau(%socialistes dans l)enceinte du culte71.
« 3ous ne considérons plus comme nécessaires les avertissements et défenses générales édictées 5 l’endroit du mouvement national'socialiste, avertissements et défenses arr#tées par 3ous dans leur temps dans le .uste souci du maintien de l’intégrité de la foi cat$olique et la sauvegarde des droits imprescripti!les de l’(glise K &A*

« 3ous approuvons la responsa!ilité totale du 1$ef, laquelle implique le droit 5 une o!éissance a!solue » écrivait la Nermania, or5ane du hentru 73. 1e hentru , en "ronon0ant sa "ro"re dissolution en raison de l)instauration du "arti uni!ue, "u'liait une déclaration de l)e(%chancelier =rdnin5 souli5nant !ue les illions d)&lle ands du hentru avaient une conscience de leur devoir de cito,ens !ui ne "ouvait :tre "our le ---e 6eich !ue d)« un pri" inestima!le » et !u)ils constituaient « dans l’ensem!le de la vie du 4a%s un facteur précieu" qui, disait M. =rdnin5, ne pourra et ne devra pas #tre négligé quand il s’agira de défendre l’(tat et le peuple contre les puissances de décomposition &A_. 9ans un second anifeste, le hentru "arlait de « contri!ution positive », de « dévouement sans réserve » $ l)affer isse ent du « nouvel ordre de droit »7C.
7A 71 7; 73 7@ 7C 9evue des deu" -ondes, 1933, t. --, ". 9CA. 9evue des deu" -ondes, 1933, t. ---, ". 76;. 9éclaration des év:!ues alle ands $ *ulda, in 9evue des deu" -ondes, 1933, t. ---, ". 771. Cité "ar la 9evue des deu" -ondes, 1933, t. -E, ". @7+. 9evue des deu" -ondes, 1933, t. -E, ". 76+. 9evue des deu" -ondes, 1933, t. -E, ". 76+. 1@A

1e national%socialis e a donc eu, $ son arrivée au "ouvoir, au neutralité de l)85lise. 1)or5ane rhénan du hentru écrivait >

oins la

« Fl faut que les meilleures t#tes du cat$olicisme et principalement la .eunesse ne se contentent pas d’une simple et insuffisante adaptation, mais se vouent avec passion 5 la t)c$e $istorique du national'socialisme. &A\

Ce sont l$ des te(tes !ui étonnent au4ourd)hui, ais il n)est "as 4uste d)écrire une histoire en co en0ant "ar la fin. 1e ;A 4uillet 1933, le cardinal ?acelli Z futur ?ie X--, alors secrétaire d)8tat de ?ie X- Z si5nait $ 6o e avec M. von ?a"en, a5issant au no du *dhrer, un Concordat !ui reconnaissait !ue « l’enseignement de la religion cat$olique dans les écoles élémentaires, professionnelles, mo%ennes et supérieures est matière ordinaire d’enseignement et sera donné conformément au" principes de l’(glise cat$olique &. ?our la "re ière fois dans l)Sistoire, l)85lise catholi!ue o'tenait un statut en &lle a5ne. 9écidé ent, l)85lise et l)8tat national%socialiste vont%ils "ouvoir vivre en "ai( D Que disait -ein dampf l$%dessus D
« ,e n’$ésite pas 5 déclarer que .e vois dans les $ommes qui c$erc$ent au.ourd’$ui 5 m#ler le mouvement raciste au" querelles religieuses, les pires ennemis de mon peuple que ne le peut #tre n’importe quel communiste internationaliste ». « H=I Le protestant le plus cro%ant HpeutI marc$er dans nos rangs 5 cMté du cat$olique le plus cro%ant », sans !ue sa conscience entre « le moins du monde en conflit avec ses convictions religieuses ».

-l co 'attait le hentru , sans doute, ais, disait%il, « non pour des raisons religieuses, mais e"clusivement au point de vue national, raciste, économiques »77. Mais l)é!uivo!ue était l$, "r:te $ éclater >
« 1elui qui se tient sur le plan raciste a le devoir sacré, quelle que soit sa propre confession, de veiller 5 ce qu’on ne parle pas sans cesse 5 la légère de la volonté divine, mais qu’on agisse conformément 5 cette volonté qui a .adis donné au" $ommes leur forme, leur nature et leurs facultés. Détruite son Uuvre, c’est déclarer la guerre 5 la création du 0eigneur, 5 la volonté divine. &AB

-l récla e « 5 la place d’un commandement de l’(glise H=I un avertissement solennel invitant les $ommes 5 mettre enfin un terme au vrai péc$é originel, au" conséquences si dura!les, et 5 donner au 1réateur tout' puissant des #tres tels que lui'm#me les a d’a!ord créés K &AC 8vide ent, Sitler et l)85lise ne "arlent "as le : e lan5a5e. ?lacer le "éché ori5inel dans la faute contre la race, c)est détourner les ots de leur sens traditionnel.
76 77 7+ 79 9evue des deu" -ondes, 1933, t. -E, ". 77@. Sitler &dolf, -on 1om!at, ". CC9. F!id., ". CC+. F!id., ". @A@. 1@1

2n a "u es"érer $ 6o e !ue, du oins, la coe(istence "acifi!ue serait "ossi'le entre l)85lise et l)8tat. -l , avait !uel!ues raisons d)es"érer.
« Les idées et les institutions religieuses d’un peuple doivent tou.ours rester inviola!les pour le c$ef politique ; sinon qu’il cesse d’#tre un $omme politique et qu’il devienne un réformateur s’il en a l’étoffe O Dne autre attitude, en Allemagne surtout, doit conduire 5 une catastrop$e. -#me si une telle confession donne vraiment prise 5 la critique, un parti politique ne doit .amais ou!lier le fait que l’Listoire n’enregistre aucun e"emple o< un parti ait pu a!outir 5 une réforme religieuse. ;n n’étudie pas l’Listoire pour ou!lier ses leçons au moment m#me o< il s’agit de les appliquer dans la pratique ; ou !ien pour penser que leurs vérités séculaires peuvent ne plus #tre appliquées parce que la situation actuelle est tout autre ; on l’étudie pour en retirer des enseignements pour le présent. 1elui qui n’est pas capa!le de faire cela, ne doit point s’imaginer qu’il est un c$ef politique ; il n’est en réalité qu’un pitre plat, quoique souvent présomptueu", et toute sa !onne volonté ne peut e"cuser son incapacité politique. &BW

#n aoGt 1936, il assure encore >
« ,e m’efforcerai de protéger les droits des deu" grandes confessions c$rétiennes et d’éta!lir l’$armonie avec les conditions de l’(tat d’au.ourd’$ui. &B@

-l est arrivé !uel!ue chose de curieu( $ Sitler. -l s)était "ro is de ne "as entrer en conflit avec 6o e et il se laissera entraJner "ar les théoriciens anti% chrétiens de son "arti co e 6osen'er5 H il avait fort 'ien vu !ue l)avenir de l)&lle a5ne dé"endait d)une entente entre celle%ci, l)&n5leterre et l)-talie et il se ettra en situation d)entrer en conflit avec la "lus "uissante des deu( H il avait retenu de la 5uerre de 191@ !ue l)erreur avait été la lutte sur deu( fronts et il déclarera la 5uerre $ la 6ussie en "leine lutte avec les dé ocraties occidentales. &u"aravant, il aura fait alliance avec Staline a"rès avoir dit dans -ein dampf !u)une telle alliance serait « la fin de l’Allemagne »+;. #t, le "lus curieu(, c)est !ue tout ce !u)il avait "rédit arriva ais ce fut lui !ui en fut cause. Cet ho e, !ui a énor é ent "arlé et écrit, s)est%il "erdu dans l)i ensité de son Iuvre D S)est%il 4a ais relu D &utant sa doctrine for e un tout cohérent !u)on est li're d)a""rouver ou de re4eter, autant ses actes "araissent incohérent, dictés "ar des i "ulsions contradictoires. R "eine a%t%il con!uis Sir Oeuville Cha 'erlain $ l)idée !ue les "eu"les de race 5er ani!ue ont le droit de s)unir dans un : e e "ire > « Jin 2olZ, ein 9eic$, ein +e$rer O » !u)il anne(e la =oh: e, enace la ?olo5ne. =ref, "asse de la "osition solide de l)8tat velVich au "an5er anis e i "érialiste a'sor'ant des nationalités non 5er ani!ues.
+A F!id., ". 1;1. +1 Sitler &dolf, 9iscours du 17 aoGt 193@. +; Sitler &dolf, -on 1om!at, ". 6C9. 1@;

-l , a eu tant d)Sitlers contradictoires !u)on ne sait "lus les!uels croire. -l lasse, "uis il in!uiète. Ses adversaires n)ont "as tou4ours raison, ais il a de "lus en "lus tort. 1e "lus 5rave, c)est !u)il co "ro et un certain no 're d)idées 4ustes dans le tour'illon de son a5itation. -l donne leur chance au( dé ocraties !ue l)#uro"e était en train de re4eter. -l "er et leur alliance avec le co unis e, é"uise un "eu"le ad ira'le de disci"line, ne résout rien, co "li!ue tout et finit d)une anière tra5i!ue dans une so 're horreur.

IX.
Wne conce"tion aussi totale ent révolutionnaire !ue le national%socialis e devait :tre a enée $ toucher au( fonde ents : es du droit.
« Au cours d’une longue période par suite de l’acceptation de certaines idées étrangères et d’un manque de .ugement propre et clair, notre vie .uridique est tom!ée dans un état de confusion qui a trouvé son e"pression la plus visi!le dans l’incertitude o< l’on se trouvait en ce qui concerne le !ut intrinsèque du droit. Deu" e"tr#mes caractérisent cet état de c$oses > @g La conception que le Droit, comme tel, trouve en lui'm#me la .ustification de son e"istence et que, pour cette raison, il n’admet aucun e"amen de son utilité générale ou particulière. *iat iustitia, et "ereat undusA ; *g La conception que le Droit est essentiellement appelé 5 assurer et 5 maintenir la protection de l’individu dans sa propre personne et dans ses !iens. Jntre ces deu" conceptions se glissait sous des de$ors timides, la conception suivante > Le Droit doit représenter les intér#ts supérieurs de la 1ommunauté, conception qui, en général, n’osait s’affirmer que sous la forme d’une concession 5 la prétendue raison d’(tat. [ cet égard, la révolution nationale'socialiste a donné au Droit, 5 la 0cience .uridique et 5 la .urisprudence un point de départ clair et sans équivoque. 1’est la t)c$e de la .ustice d’aider 5 conserver et 5 défendre le peuple contre tout élément a'social qui se soustrait 5 ses o!ligations 5 l’égard de la 1ommunauté ou qui porte pré.udice au" intér#ts de cette dernière. De cette façon, dans le droit allemand, c’est la notion de peuple qui prime la personne $umaine et les !iens matériels. &B?

9é4$ dans -ein dampf, Sitler avait "osé en "rinci"e !u)on ne "eut 5a5ner l). e d)un "eu"le !ue « si, en m#me temps qu’on lutte pour atteindre son propre !ut, on veille 5 détruire tout ennemi qui c$erc$e 5 % faire o!stacle &. Car, disait%il, « dans tous les temps le peuple a considéré l’attaque sans merci de ses adversaires comme la preuve de son !on droit ; pour lui, renoncer 5 les détruire, c’est douter de ce !on droit, c’est nier qu’il e"iste »B_.
« Le monde n’appartient qu’au" forts qui pratiquent des solutions totales, il n’appartient pas au" fai!les, avec leurs demi'mesures. »BE
& Ma(i e attri'uée $ *erdinand -er de Sas'our5 > « ue la ,ustice soit rendue, le monde d:t'il en périr ». +3 Sitler &dolf, 9iscours du 3A 4anvier 1937. +@ Sitler &dolf, -on 1om!at, ". 337. +C F!id., ". ;C7. 1@3

1)8tat national%socialiste ne vise donc "as $ réaliser un é!uili're entre les différentes forces !ui constituent la Société. -l veut les a'sor'er toutes et totale ent. &5ir autre ent, tolérer !uel!u)un ou !uel!ue chose d)autre !ue lui ce serait « douter de son 'on droit », nier !u)il e(iste. ?ourtant Sitler se 'le avoir eu !uel!ues doutes sur les "ossi'ilités "rati!ues de sa "ro"re théorie.
« Jst'il possi!le d’e"terminer avec l’épée une conception de l’esprit K 4eut'on, par e"emple, par l’emploi de la force !rutale, lutter contre des Tidées p$ilosop$iquesY D H=I Jn réfléc$issant 5 des cas analogues que l’on trouve dans l’Listoire, particulièrement lorsqu’il s’agit de questions de religion, on a!outit 5 la notion fondamentale suivante > les conceptions et les idées p$ilosop$iques, de m#me que les mouvements motivés par des tendances spirituelles déterminées, qu’ils soient e"acts ou fau", ne peuvent plus, 5 partir d’un certain moment, #tre !risés par la force matérielle qu’5 une condition > c’est que cette force matérielle soit au service d’une idée ou conception p$ilosop$ique nouvelle allumant un nouveau flam!eau. L’emploi de la force p$%sique toute seule, sans une force morale !asée sur une conception spirituelle, ne peut .amais conduire 5 la destruction d’une idée ou 5 l’arr#t de sa propagation, sauf si l’on a recours 5 une e"termination impito%a!le des derniers tenants de cette idée et 5 la destruction des dernières traditions. ;r, cela a!outit dans la plupart des cas, 5 ra%er l’(tat considéré du nom!re des puissances politiquement fortes pour un temps indéterminé, souvent pour tou.ours ; car une pareille saignée atteint, comme le montre l’e"périence, la meilleure partie de la population. Jn effet, toute persécution qui n’a point de !ase spirituelle appara6t comme moralement in.uste et agit comme un coup de fouet sur les meilleurs éléments d’un peuple, le poussant 5 une protestation qui se traduit par son attac$ement 5 la tendance spirituelle persécutée. &B\

Ces li5nes, Sitler les écrivait $ "ro"os des sociau(%dé ocrates et des tentatives de ré"ression dont ils étaient l)o'4et de la "art de la 6é"u'li!ue 'our5eoise de ^ei ar. -l déniait en so e le droit $ ce "ouvoir !ui ne "rétendait "as re"résenter une "hiloso"hie, de s)o""oser $ l)idée sociale% dé ocrate, ou "lut/t il "ensait !u)il n)était "as ca"a'le de le faire vala'le ent. 2n "ourrait discuter 'eaucou" l$%dessus, sur le « droit » des dé ocraties $ li iter la "ro"a5ande des "artis anti%dé ocrati!ues "ar e(e "le, ais le fond du "ro'lè e n)est "as l$. ?our Sitler, la violence et la force !ui "rennent naissance dans une conce"tion s"irituelle sont 4ustifia'les. Mieu(, elles sont nécessaires car la nouvelle conce"tion s"irituelle douterait d)elle% : e et de sa "ro"re lé5iti ité si elle n)était "as "r:te $ l)e(ter ination de ses adversaires. 3rans"oseF aintenant cette notion sur le "lan des ra""orts internationau(. R !uoi a'outit%on D R cette définition du droit "ar le inistre *ricV, en 1933, au Con5rès des Uuristes $ 1ei"Fi5 >
« Les nationau"'socialistes disent que le droit est ce qui sert le peuple allemand ; l’in.ustice est ce qui lui porte dommage. &
+6 F!id., ". 171. 1@@

&u fond, Sitler n)a fait !ue codifier, en ter es asseF !uelcon!ues, le vieu( droit de la force, et sa "lus 5rande erreur aura sans doute été de dire tout haut ce !ue les i "érialistes, tout au cours des siècles, ont fait soit avec l)aisance d)une 'onne !ui ne se "ose "as de "ro'lè es, soit avec l)h,"ocrisie d)un renard !ui se couvre d)une "eau d)a5neau. Mais venir se "lacer sur le devant de la scène et dire > « 4e suis le lion et 4e vais vous an5er "arce !ue 4e suis le roi de la Création et le "lus fort », c)était $ la fois naXf et "eu ha'ile, "arce !u)il n)était "as le "lus fort. -l , a des vues 4ustes !u)il "réconise "our réta'lir la "uissance alle ande, !uel!ues fortes notions !u)on ferait 'ien de éditer. -l faut, dans l)étude du national%socialis e, dissocier les o,ens de la fin. ?ar i les o,ens !ui ont "er is $ un "a,s de se relever au lende ain d)une 5rave défaite, il en est !ui éritent d):tre étudiés co e o,ens techni!ues de la 5randeur nationale.
« Fl ne s’agit pas de nous demander 71omment fa!riquerons'nous des armes8, mais 71omment créerons'nous l’esprit qui rend un peuple capa!le de porter des armes K8 uand un tel esprit souffle sur un peuple, sa volonté trouve mille c$emins dont c$acun conduit 5 une arme. &BA

-l a ontré !ue cela était vrai. 1a volonté de "uissance vient avant la "uissance.

X.
?our!uoi ces ar es D ?our!uoi cette in!uiétude alle ande !ui oscille de la dé esure $ l)o'sé!uiosité, de la volonté i "ériale au "rovincialis e D C)est !ue l)&lle a5ne est un "a,s "oliti!ue ent inachevé. 1e Deutsc$tum n)arrive "as $ trouver ses frontières. 1es nationau(%socialistes crurent les avoir rencontrées dans les li ites de la race > « #in EolV, ein 6eich, ein *dhrer B », ais Sitler :le deu( notions contradictoires > celle de la co unauté vblZisc$ !ui ne saurait su""orter de e 'res étran5ers $ son san5 et celle de l)i "érialis e !ui ettait sous la cou"e du 6eich des "a,s non 5er ani!ues. Sitler dé"assait la contradiction en donnant $ cette do ination une 4ustification tirée du droit $ l)es"ace vital >
« La politique e"térieure de l’(tat raciste doit assurer les mo%ens d’e"istence sur cette planète de la race que groupe l’(tat, en éta!lissant un rapport sain, via!le et conforme au" lois naturelles entre le nom!re et l’accroissement de la population d’une part, l’étendue et la valeur du territoire d’autre part. De plus, on ne doit considérer comme rapport sain que la situation dans laquelle l’alimentation d’un peuple est assurée par les seules ressources de son propre territoire. /out autre régime, durerait'il des siècles et des millénaires, n’en est pas moins malsain et, tMt ou tard, arrive 5 causer un pré.udice sinon la ruine, du peuple considéré. 0eul un espace suffisant sur cette terre assure 5 un peuple
+7 F!id., ". ;3;. 1@C

la li!erté de l’e"istence H=I. [ l’importance de l’étendue territoriale d’un (tat comme source directe de son alimentation, s’a.oute l’importance au point de vue militaire et politique. uand un peuple voit sa su!sistance garantie par l’étendue de son territoire actuel, il est néanmoins nécessaire encore de penser assurer la sécurité de celui'ci. 1elle'ci résulte de la puissance politique d’ensem!le de l’(tat, puissance qui est directement fonction de la valeur militaire de sa situation géograp$ique. 0i le mouvement national'socialiste veut réellement o!tenir devant l’$istoire la consécration d’une grande mission en faveur de notre peuple, il doit #tre pleinement, et douloureusement conscient de la vérita!le situation du peuple allemand sur cette terre H=I , sans égard pour traditions et "ré4u5és, trouver le courage de rassem!ler notre peuple et sa puissance, pour le lancer sur la voie qui le sortira de son étroit $a!itat actuel et le mènera vers de nouveau" territoires, le li!érant ainsi du danger de dispara6tre de cette terre ou de devenir l’esclave des autres. &BB

&insi l)i "érialis e vient%il "rendre $ "oint no é le relais du racis e !ui arr:tait les frontières du Deutsc$tum au( "a,s de race alle ande. 1e ---e 6eich doit avoir son es"ace vital et ses « Marches » !ui "rotè5ent cet es"ace. C)est la notion de nation !ui dis"araJt co "lète ent. -l n)est "lus !uestion, $ ce "oint de la doctrine nationale%socialiste, ni de nation, ni de terre des "ères. C)est une tri'u, une co unauté ethni!ue !ui s)installe, "ar droit de con!u:te, sur les terres des "eu"les voisins si c)est nécessaire, "arce !u)elle a 'esoin de leurs terres "our nourrir ses e 'res. Su anité "rivilé5iée !ui doit aussi "roté5er ses cultures en "oussant la "ointe de son é"ée 4us!u)$ la "osition straté5i!ue dont l)occu"ation n)a d)autre raison et d)autre 4ustification !ue la réalisation de sa volonté de "uissance. -dée cou"a'le D Oon "as. Sitler est "ersuadé !u)il suit la loi de la nature >
« 3ous autres nationau"'socialistes, nous devons nous en tenir d’une façon iné!ranla!le au !ut de notre politique e"térieure > assurer au peuple allemand le territoire qui lui revient en ce monde. Jt cette action est la seule qui, devant Dieu et notre postérité allemande, .ustifie de faire couler le sang > devant Dieu, pour autant que nous avons été mis sur cette terre pour % gagner notre pain quotidien au pri" d’un perpétuel com!at, en créatures 5 qui rien n’a été donné sans contrepartie, et qui ne devront leur situation de ma6tres de la terre qu’5 l’intelligence et au courage avec lesquels ils sauront la conquérir et la conserver ; devant notre postérité allemande, pour autant qu’on ne versera pas le sang d’un seul cito%en allemand sans donner 5 l’Allemagne future des milliers de nouveau" cito%ens. Le territoire sur lequel les vigoureu" enfants des générations de pa%sans allemands pourront un .our se multiplier, .ustifiera le sacrifice de nos propres enfants et a!soudra les $ommes d’(tat responsa!les, m#me persécutés par leur génération, du sang versé et du sacrifice imposé 5 notre peuple. &BC

Sitler tire une curieuse consé!uence du "éché ori5inel. -l traduit le > « /u gagneras ton pain 5 la sueur de ton front & "ar « nous avons été mis sur terre pour % gagner notre pain quotidien au pri" d’un perpétuel co 'at ». Sa conclusion dès lors est lo5i!ue >
++ Sitler &dolf, -on 1om!at, ". 6@A $ 6@@. +9 F!id., ". 6CA. 1@6

« Aucun peuple ne possède ici'!as un seul mètre carré de territoire en vertu d’une volonté ou d’un droit supérieurs. Les frontières de l’Allemagne sont des limites fortuites, momentanées, au cours de l’éternelle lutte politique ; il en est de m#me des frontières délimitant l’$a!itat des autres peuples. Jt tout comme la configuration de notre surface terrestre ne peut appara6tre immua!le comme le granit qu’5 un étourdi im!écile V alors qu’en réalité c$aque instant nous montre sa constante évolution, fruit du travail incessant des forces de la nature, détruite ou c$angée demain par des forces plus puissantes V il en est de m#me dans la vie des peuples, des frontières qui les séparent. Les limites des (tats sont le fait des $ommes et sont c$angées par eu". Le fait qu’un peuple a réussi 5 acquérir un territoire e"cessif ne confère nullement l’o!ligation supérieure de l’admettre pour tou.ours. Fl démontre tout au plus la force du conquérant et la fai!lesse du patient. Jt c’est dans cette seule force que réside le droit. &CW « La nature ne conna6t pas de frontières politiques. Jlle place les #tres vivant les uns 5 cMté des autres sur le glo!e terrestre et contemple le li!re .eu des forces. Le plus fort en courage et en activité, enfant de prédilection de la nature, o!tiendra le no!le droit de vivre. &C@

3out est dit. &lors !ue le nationalis e, acce"tant la lente éla'oration de l)histoire, s)enracine sur la terre des "ères "our faire de cha!ue nation co e une vérita'le personne ca"a'le de coe(ister avec les autres dans une co unauté chrétienne, le national%socialis e transfor e la co unauté en tri'u errante !ui n)a de li ites !ue celles !ue sa "uissance lui "er et d)atteindre et de aintenir, et d)o'li5ations !u)envers elle% : e.
« Le mouvement raciste n’a pas 5 se faire l’avocat des autres peuples, mais 5 com!attre pour le sien. 3ous avons été élus par le destin pour assister 5 une catastrop$e qui sera la preuve la plus solide de la .ustesse des t$éories racistes au su.et des races $umaines. »C*

?eut%:tre,

ais il est resté sous les déco 'res. < <<

Co ent Sitler a%t%il envisa5é de trouver des alliés dans son entre"rise D ?ouvait%il : e es"érer en trouver "our un "lan aussi in!uiétant so e toute D -l eut l)ha'ileté de li iter ses a 'itions 5éo5ra"hi!ue ent vers l)#st. Cela lui "er it de donner au « Drang nac$ ;sten » l)as"ect d)une croisade contre le 'olchevis e et, histori!ue ent, c)est 'ien cela !ui a eu lieu et c)est ce !ui a ena la confusion. Sitler co "tait sur des alliés et sur le "lus inattendu de tous se 'le%t%il > l)&n5leterre. ?oint n)était 'esoin d)a itié entre les deu( "uissances, ni d)ali5ne ent idéolo5i!ue >
9A F!id., ". 6C1. 91 F!id., ". 137. 9; F!id., ". 6C;. 1@7

« La condition nécessaire pour que les destinées de deu" peuples s’enc$a6nent l’une 5 l’autre n’est pas une estime ou une s%mpat$ie réciproque, mais !ien la perspective des avantages que tirera de l’association c$acun des contractants. &C?

C)est l$, en effet, une vieille idée classi!ue de la di"lo atie, ais elle datait un "eu $ l)é"o!ue des 5rands conflits idéolo5i!ues et Sitler eut tort sans doute de ne "as re"rendre l)idée essiani!ue de la 6évolution fran0aise. 1)é5oXs e de son racis e l)en e ":chait. -l ne voulait "as sauver les autres. -l déclarera un 4our n)avoir aucun intér:t $ e("orter l)idée national%socialiste9@.
« La politique étrangère n’est que le mo%en de parvenir 5 un !ut et ce !ut consiste e"clusivement 5 travailler en faveur de notre peuple. /oute question de politique étrangère ne peut #tre considérée d’aucun autre point de vue que celui'ci > telle solution sera't'elle avantageuse pour notre peuple, actuellement ou dans l’avenir K &CE

-l eut donc le 5rand dessein de re"rendre la arche des chevaliers teutoni!ues vers l)#st, avec l)accord de la [rande%=reta5ne. 1a nécessité de cette arche, de ce Drang nac$ ;sten, il l)a 4ustifiée "ar sa théorie de l)es"ace vital >
« ,uger que Dieu a concédé 5 certains peuples la conqu#te par la force de leurs possessions et défendre ensuite ce vol par les t$éories morales, c’est certainement pour le possesseur, très commode et un grand soulagement pour sa conscience, mais complètement indifférent 5 celui qui ne possède rien, sans importance et ne l’o!lige 5 rien. Aucun peuple n’est né pour #tre ric$e ou pauvre. La distri!ution des ric$esses en ce monde a été le résultat d’une évolution $istorique. &C\

1e seul, l)uni!ue "ro'lè e est donc d)a5randir, "ar la force, le territoire du 6eich. Mais o7 et co ent D # "ire colonial ou # "ire continental D Sitler se 'le avoir e(acte ent "révu ce !ui, finale ent, donnerait au( 8tats%Wnis la su"ériorité sur la [rande%=reta5ne et son # "ire >
« Beaucoup d’(tats européens ressem!lent au.ourd’$ui 5 des p%ramides qui reposent sur leur pointe. Leur superficie européenne est ridiculement petite vis'5'vis de l’étendue e"agérée de leurs colonies, de l’importance de leur commerce e"térieur, etc. ;n peut dire > le sommet en Jurope, la !ase dans le monde entier, 5 la différence des (tats'Dnis qui ont leur !ase sur leur propre continent et ne touc$ent le reste du monde que par le sommet. 1’est aussi l5 ce qui fait la force intérieure inouXe de cet (tat, et la fai!lesse de la plupart des puissances coloniales européennes. &

&ussi en tire%t%il cette conclusion !ue, "our l)&lle a5ne >
« H=I la seule possi!ilité de mener 5 !ien une politique territoriale saine résidait dans l’acquisition de terres nouvelles en Jurope m#me. Des colonies ne peuvent servir 5 ce !ut tant qu’elles ri apparaissent pas favora!les au peuplement massif par des Juropéens H=I.
93 9@ 9C 96 F!id., ". 61@. Sitler &dolf, 9iscours du 31 4anvier 1939. Sitler &dolf, -on 1om!at, ". 6AC. Sitler &dolf, 9iscours du 3A 4anvier 1939. 1@+

2oulait'on des territoires en Jurope, cela ne pouvait #tre en somme qu’au" dépens de la 9ussie. Alors il e:t fallu que le nouveau 9eic$ suiv6t de nouveau la voie des anciens c$evaliers de l’ordre teutonique, afin que l’épée allemande assur)t la glè!e 5 la c$arrue allemande, et donn)t ainsi 5 la nation son pain quotidien. 4our une sem!la!le politique, le seul allié possi!le en Jurope était l’Angleterre. 1’est seulement avec l’Angleterre que l’on pouvait, une fois nos derrières assurés, entreprendre la nouvelle croisade des Nermains. 3otre droit n’% eut pas été moindre que celui de nos anc#tres. Aucun de nos pacifistes ne se refuse 5 manger le pain de l’Jst, et pourtant c’est le glaive qui a ouvert le c$emin 5 la c$arrue O &CA

Sitler avait raison de dire !u)une telle croisade ne "ouvait avoir lieu sans la "er ission de l)&n5leterrre, ais son erreur a été de croire !u)elle la donnerait et, "lus tard, de croire !u)il "ourrait s)en "asser. 3oute la "oliti!ue 'ritanni!ue n)a cessé d):tre diri5ée "ar cet i "ératif > e ":cher la création sur le Continent d)une "uissance ca"a'le de le do iner. Sitler "ensait !u)il suffisait de détourner ses a 'itions de la er et des colonies. R lui l)e "ire d)#uro"e, $ l)&n5leterre l)e "ire des 2céans. 2ui, ais l)&n5leterre n)ou'lie 4a ais !u)elle est 4uste une "etite Jle au lar5e de l)#uro"e. Cela, Sitler ne l)a "as co "ris. Uus!u)$ la fin, il a attendu le retourne ent an5lais en sa faveur. Quand il eut été lo5i!ue de l)es"érer, dans les derniers 4ours, !uand Staline, $ son tour, devenait tro" 5rand, Churchill rencontrera l)o'stacle !u)avait "révu Sitler et !ui est celui !ui se dresse devant les froids calculs de l)ho e d)8tat >
« Le froid calcul de l’$omme d’(tat doit parfois, pour se réaliser, faire appel au sentiment, moteur qui est plus puissant quand il faut agir et qui résiste mieu" 5 l’usure du temps. L’$omme d’(tat peut, après avoir réalisé un de ses plans, tourner son activité d’esprit vers d’autres pro.ets, mais il faut un lent travail de propagande pour rendre la sensi!ilité des masses accessi!le au" nouvelles vues du c$ef. &CB

-l eu fallu, « un lent travail de propagande » "our renverser les alliances. 1e te "s an!uait, des intér:ts "uissants s)o""osaient $ tout renverse ent d)alliance. 9e tels ouve ents d)ailleurs sont "eu "o"ulaires, en raison "récisé ent du « lent travail de propagande » nécessaire "our détruire les effets d)une "ro"a5ande antérieure. 1)histoire nous ontre !ue les "eu"les sont « conservateurs » dans ini itiés. 1ouis XE en avait fait l)e("érience et "ourtant, c)est lui !ui avait raison > le dan5er "our le ro,au e n)était "lus dans la aison d)&utriche ais dans la ?russe.

XI.
3out, dans la doctrine nationale%socialiste, conduisant $ une or5anisation hiérarchisée de la Co unauté, il ne "ouvait :tre !uestion "our l)écono ie d)écha""er $ l)e "rise de l)8tat.
97 Sitler &dolf, -on 1om!at, ". 1@1. 9+ F!id., ". 61A. 1@9

1e national%socialis e, ne "ouvait :tre !ue « l’ennemi le plus ac$arné de la conception li!érale qui veut que l’économie e"iste pour le capital V et le peuple pour l’économieCC ». Sitler était décidé « 5 rompre avec ce sop$isme, suivant lequel l’économie pourrait avoir dans l’(tat sa vie propre, indépendante, incontrMla!le et non surveillée &, car, esti ait%il, au4ourd)hui, « il ne peut plus % avoir d’économie li!re, c’est'5'dire livrée e"clusivement 5 elle'm#me. 3on seulement parce que ce serait politiquement insupporta!le, mais aussi parce qu’il en résulterait, au point de vue économique, des situations impossi!les ».
« De m#me que des milliers de particuliers ne peuvent répartir ou e"ercer leur travail selon leurs idées et leurs !esoins propres, de m#me l’ensem!le de l’économie ne peut marc$er suivant ses propres conceptions ou se mettre au service de quelques intér#ts purement égoXstes. Fl n’est, en effet, plus capa!le de supporter par ses seuls mo%ens les conséquences d’un éc$ec. 1eci est avant tout un pro!lème d’organisation. Fl ne s’agit pas ici de p$rases conventionnelles telles que, par e"emple, 7Li!erté de l’économie8, mais il s’agit d’assurer, par toutes les mesures appropriées, la possi!ilité d’une activité productive 5 la main'd’Uuvre. /ant que l’économie, c’est'5' dire l’ensem!le des c$efs d’entreprises, % réussit par ses propres mo%ens, c’est fort !ien. -ais s’ils ne sont plus en état de le faire, c’est 5 la communauté nationale, en ce cas, 5 l’(tat, de veiller 5 ce que les énergies du travail e"istantes soient emplo%ées 5 une production utile, c’est 5 elle de prendre les mesures nécessaires 5 cet effet. &@WW

9ès -ein dampf, c)est%$%dire dès 19;@, Sitler a "arlé d)or5anisation cor"orative de l)écono ie. -l vo,ait dans la cor"oration « un or5ane de re"résentation "rofessionnelle » !ui su""ri erait la lutte des classes et n)en reconnaJtrait aucune. -l ne voulait connaJtre d)autre distinction, $ l)intérieur de la co unauté, !ue celle Z raciale Z des cito%ens et des ressortissants. 1es "re iers avec tous les droits "oliti!ues, les seconds n)en a,ant aucun. Mais sur le "lan "rofessionnel, il n)ad ettait "as de classes >
« 1e qui au.ourd’$ui pousse au com!at des millions d’$ommes doit, un .our trouver sa solution dans les c$am!res professionnelles et dans le 4arlement économique central. Avec eu", entrepreneurs et ouvriers ne doivent plus lutter les uns contre les autres dans la lutte des salaires et des tarifs V ce qui est très dommagea!le 5 l’e"istence économique de tous deu" V mais ils doivent résoudre ce pro!lème en commun pour le !ien de la communauté populaire et de l’(tat dont l’idée doit !riller en lettres étincelantes au'dessus de tout. Le devoir de la corporation nationale'socialiste est l’éducation et la préparation en vue de ce !ut, qui se définit ainsi > travail en commun de tous en vue de maintenir la sécurité de notre peuple et de l’(tat, conformément pour c$aque individu, au" capacités et au" forces acquises 5 la naissance et perfectionnées par la communauté populaire. &@W@
99 Sitler &dolf, 9iscours du 3A 4anvier 1937. 1AA F!id. 1A1 Sitler &dolf, -on 1om!at, ". C96. 1CA

1)8cono ie ne saurait :tre, en soi, un 'ut.
« L’(tat n’a rien 5 faire avec une conception économique ou un développement économique déterminé. Fl n’est pas la réunion de parties contractantes économiques dans un territoire précis et délimité, a%ant pour !ut l’e"écution des t)c$es économiques ; il est l’organisateur d’une communauté d’#tres vivants, pareils les uns au" autres au point de vue p$%sique et moral, constituée pour mieu" assurer leur descendance et atteindre le !ut assigné 5 leur race par la 4rovidence. 1’est l5 et l5 seulement qu’est le !ut et le sens de l’(tat. L’économie n’est qu’un des nom!reu" mo%ens nécessaires 5 l’accomplissement de cette t)c$e. Jlle n’est .amais ni la cause, ni le !ut d’un (tat, sauf le cas o< ce dernier repose a "riori sur une !ase fausse, parce que contre nature. &@W*

1)8cono ie doit : e se "lier au( nécessités du relève ent national car « quelles que soient les concessions d’ordre économique encore et tou.ours accordées au" ouvriers, celles'ci ne sont pas 5 comparer avec le !énéfice qu’en retire l’ensem!le de la nation si elles contri!uent 5 faire entrer les grandes couc$es populaires dans le corps social dont elles font partie &. &ucun effort écono i!ue, en effet, n)est "ossi'le et "ar la suite "rofita'le « tant que n’aura pas été réta!lie une profonde solidarité entre le peuple et la nation »@W?. 1)éducation nationale de la asse ne "eut :tre réalisée !ue « par le mo%en indirect du relèvement social & !ui seul "er ettra d)o'tenir « les conditions économiques de !ase qui permettraient 5 c$acun de prendre sa part des !iens culturels de la nation@W_ ». 3rès réaliste toutefois dans le do aine social, Sitler n)entendra "as !ue le relève ent des salaires "uisse :tre indé"endant d)une au5 entation de la "roduction.
« De toutes les illusions, la pire est tou.ours celle qui consiste 5 croire que l’on peut dépenser un !ien qui n’a pas été préala!lement créé et produit par le travail > en d’autres termes, dans l’avenir également, ce sera notre devoir de faire comprendre 5 c$aque Allemand, au citadin et au campagnard que la valeur de son travail doit tou.ours égaler son salaire. 1’est'5'dire que le pa%san ne peut recevoir, pour les produits de son sol, que ce que le citadin a lui'm#me acquis par son travail, et celui'ci n’o!tiendra que ce que le pa%san a conquis sur le sol, tous ne pouvant qu’éc$anger entre eu" ce qu’ils ont produit, et l’argent ne pouvant .ouer ici que le rMle d’intermédiaire. &@WE « La communauté nationale ne vit pas de la valeur fictive de l’argent, mais de la production réelle qui seule donne 5 l’argent sa valeur. 1’est cette production qui forme la couverture de la monnaie et non une !anque ou un /résor plein d’or. Jn augmentant cette production .’augmente, aussi, réellement le revenu de mes concito%ens ; en la diminuant .’a!aisse ce revenu, quels que soient les salaires reçus. &@W\
1A; F!id., ". 1C1. 1A3 F!id., ". 336. 1A@ F!id., ". 337. 1AC Sitler &dolf, 9iscours du ;A février 193+. 1A6 Sitler &dolf, 9iscours du 1A déce 're 19@A. 1C1

« 0eul le travail crée du nouveau travail. 1e n’est pas l’argent qui crée le travail. 0eul le travail crée des valeurs, et ses valeurs sont données en rémunération au" $ommes qui veulent eu"'m#mes travailler de nouveau. La !esogne que fait l’un assure 5 un autre les conditions premières de sa vie et par l5 de son travail. Jt si nous mo!ilisons 5 outrance la puissance de travail de notre peuple, c$acun de nous recevra une plus grande part des !iens de la vie. &@WA

9ès son arrivée au "ouvoir, Sitler avait dissous les s,ndicats et toutes les institutions "rofessionnelles "atronales et ouvrières. -l les avait re "lacés "ar l’Ar!eitfront Lle *ront du 3ravailM cor"oration i(te divisée en di(%huit or5anisations ré5ionales. #n 193@, il institua un nouveau code du travail, l)année suivante l)2ffice "our l)or5anisation cor"orative de l)8cono ie alle ande achevait la ise au "oint d)une or5anisation écono i!ue !ui transfor ait cha!ue entre"rise en une co unauté de travail diri5ée "ar un fe$rer. 9ans cha!ue circonscri"tion ad inistrative, des co issaires du travail contr/laient l)e "loi du "ersonnel des entre"rises et les conditions de travail. L’Ar!eitfront "renait $ sa char5e les Iuvres sociales et d)éducation "rofessionnelle, ais son r/le "rinci"al était la surveillance de l)es"rit "oliti!ue des e "lo,eurs. 1i'res, ais dans les li ites de la "oliti!ue de l)8tat. #n cas de conflit entre ouvriers et "atrons, l)ar'itra5e du inistre du 3ravail décidait en dernier ressort. 1)or5anisation n)avait "as "our 'ut d)assurer l)indé"endance des ouvriers vis%$%vis des e "lo,eurs, ais de "lier ceu(%ci et ceu(%l$ $ la disci"line co unautaire assurée "ar l)8tat. 3outes les entre"rises étaient o'li5atoire ent rattachées au( 5rou"e ents "rofessionnels. &u so et de l)or5anisation se trouvait la Cha 're d)8cono ie du 6eich, co "osée de délé5ués des 5rou"es "rofessionnels, ais diri5ée "ar des re"résentants du 5ouverne ent. Son r/le était stricte ent d)étudier les intér:ts "rofessionnels. 1a ré5le entation de la "roduction, la fi(ation des "ri( ou l)or5anisation des archés dé"endaient, elles, du 5ouverne ent. 1)or5anisation cor"orative nationale%socialiste recevait donc son i "ulsion entière de haut en 'as, co e toutes les autres institutions du ré5i e stricte ent or5anisées sur la 'ase du fe$rerprinGip. 9es chefs, entourés d)or5anis es consultatifs, et décidant, sous leur res"onsa'ilité, devant leur su"érieur. 1e sché a 5énéral de l)8tat national%socialiste était celui de l)&r ée. 9evaient concourir $ cette ilitarisation de la société trois facteurs > la tradition "russienne, l)es"rit de sélection des eilleurs "rovenant de la conce"tion raciste du onde et, enfin, Z ce !ui "eut%:tre n)a "as été asseF souli5né Z l)influence "rofonde !u)avaient e(ercée sur Sitler les !uatre années de 5uerre, l)ha'itude de vivre sous un strict ré5i e de hiérarchie et de disci"line H la conviction aussi !ue la 5uerre avait été "erdue le 4our o7 cette disci"line s)était rel.chée et o7 cette hiérarchie n)avait "lus été reconnue.
1A7 F!id. 1C;

Si la disci"line et la hiérarchie ilitaire sont nécessaires "our constituer une ar ée, c)est%$%dire "our constituer un 'loc ho o5ène o'éissant au( : es lois, conditionné "ar les : es réfle(es, "our!uoi cette : e hiérarchie et cette : e disci"line ne "ourraient%elles "as servir $ for er cette Co unauté nationale dont il entendait "récisé ent !u)elle soit "areille ent ho o5ène, !ue ses e 'res o'éissent au( : es lois et soient conditionnés "ar les : es réfle(es D 3el fut l)essentiel de ce national%socialis e !ui a "u a""araJtre co e une e des "lus "uissantes e("losions révolutionnaires du XX siècle et a !uasi dis"aru, sans laisser de traces visi'les dans la 6é"u'li!ue 'our5eoise du 9r &denauer.
« Au dé!ut du printemps de l’année @C_E dans Berlin dé!ordée de toutes parts, le Dr NU!!els se suicidait avec sa femme et ses si" enfants parce que, dit son testament, 7la vie ne vaudrait pas d’#tre vécue dans un monde o< il n’% aurait plus de 3ational'0ocialisme8. La 9adio allemande annonçait par la voi" du grand amiral darl DUnitG que le c$ancelier du 9eic$, Adolf Litler, était mort au milieu de ses prétoriens fidèles dans un !unZer de Berlin. 4endant quarante'$uit $eures toutes les antennes de l’empire sans discontinuer, de .our et de nuit, lancèrent au" quatre coins de l’univers le Cré"uscule des 9ieu( de 9ic$ard aagner. 4uis elles se turent 5 .amais. &@WB

9e 9ienGi au 1répuscule=

1A+ Me,nier ?hili""e, Jssai sur l’idéalisme moderne, ". 91. 1C3

X. José Antonio Primo de Rivera ou la nation comme unité de destin dans l’universel
« ,osé Antonio avec son nom d’empereur romain= » Uosé 1uis de &rrese, Jscritos % Discursos, ". 19. « Dn .eune $omme au profil de prince, solitaire et mélancolique= » #u5enio Montes, La Jstrella % la Jstela, ". 1@1. Oous voulons un "aradis difficile, dressé, i "laca'le. Wn "aradis o7 l)on ne se re"ose 4a ais et !ui ait dans l)e 'rasure des "ortes des an5es avec des é"ées. Uosé &ntonio ?ri o de 6ivera, 19 ai 193C. 1a "oliti!ue est une "artie avec le te "s dans la!uelle il n)est "as "er is de retarder le 4eu. Uosé &ntonio ?ri o de 6ivera, « So a5e et re"roche $ Uosé 2rte5a , [asset », 193C. 0i on te dit que .e suis tom!é 1’est que .e m’en serai allé Au poste qui m’attend dans l’au'del5 Cara al sol.

I.
Uosé &ntonio ?ri o de 6ivera a do iné de très haut le 5rou"e des novateurs de la 6évolution nationale es"a5nole. 1a ?rovidence lui a fait la 5r.ce de ourir 4eune, art,r de ses idées. -l n)est "as un de ceu( !ui ont connu le fondateur de la +alange !ui "uisse l)i a5iner 5risonnant et une ardeur éteinte dans le re5ard. Uosé &ntonio, c)est d)a'ord une idée incarnée dans une 4eunesse. -l s)est en !uel!ue sorte dé"ersonnalisé. -l est resté de lui « ce nom d’empereur romain & 5ravé sur la dalle nue de sa to 'e $ l)#scorial et un illier de "a5es de doctrine et de co 'at. C)est asseF "our enfla er les i a5inations, é ouvoir les cIurs et con!uérir les es"rits, indéfini ent. < <<
1C@

Eers 19;A, fils aJné d)un officier 5énéral, [rand d)#s"a5ne, étudiant en droit, doué d)une "restance "ersonnelle incontesta'le, "ossédant une t:te « e"tr#mement ordonnée, dans laquelle toute c$ose tom!ait couverte ou incluse dans un s%stème &@, il doit nor ale ent devenir un 5rand a5istrat ou un aJtre du 'arreau. Sa vie "araJt ad ira'le ent tracée et "ourtant l)aventure est $ deu( "as !ui entraJnera le "ère et le fils dans une : e tour ente en deu( "hases. 2n connaJt l)histoire > le 5énéral a""elé le 13 se"te 're 19;3 "ar le roi &l"honse X--- !ui lui confie la dictature, co e venait de le faire Eictor% # anuel --- d)-talie avec Mussolini. &insi les d,nasties fati5uées cherchent des tri'uns ou des soldats "our éta,er les tr/nes enacés. Mais 'ient/t elles s)effraient de leur audace, écartent le 'ras !ui les soutenait et s)effondrent sans 5loire. 1e 13 se"te 're 19;3, au soir, Uosé &ntonio, soldat au( dra5ons de Santia5o, $ =arcelone, fait cadeau $ ses ca arades d)une 5uitare "our !u)ils "uissent chanter allé5re ent « les espérances de la 4atrie renaissante »*. 1e ;; 4anvier 193A, a'andonné "ar le 6oi, le 5énéral%dictateur "art "our l)e(il, victi e de son li'éralis e, sans avoir 4a ais son5é $ s)atta!uer au( causes "rofondes du al es"a5nol. 9eu( ois a"rès, il eurt $ ?aris, rue du =ac, dans un odeste h/tel.
« 1et $omme qui, s’il était fort comme un grand soldat, était sensi!le comme un enfant= un matin, 5 4aris, avec les .ournau" d’Jspagne 5 la main, inclina la t#te= et nous quitta pour tou.ours. »3

< << C)est une des caractéristi!ues de la entalité dé ocrati!ue !ue de chercher $ salir et $ ra'aisser ses adversaires. 2n dirait !u)elle a "rofondé ent assi ilé l)horri'le conseil de Eoltaire > « 1alomnieG, calomnieG, il en restera tou.ours quelque c$ose &. #t la calo nie s)a'at sur la é oire du 5énéral, sur son Iuvre, sur ses anciens colla'orateurs. Sans le savoir, "ar sa haine i 'écile, la dé ocratie ar!uait le "oint e(act de sa chute. Si Uosé &ntonio n)avait "as eu $ défendre la é oire de son "ère, il ne se fGt "oint certaine ent lancé dans la "oliti!ue et le cours des choses eGt été autre. Ses frères et lui co encèrent "ar distri'uer des "aires de 5ifles au( calo niateurs !u)il leur arrivait de rencontrer H ce n)est !u)en 1931, a"rès la chute d)&l"honse X--- !ue Uosé &ntonio décide de "oser sa candidature au( Cortès<. #ncore li ite%t%il son a 'ition $ relever les atta!ues de la 6é"u'li!ue trio "hante contre l)Iuvre de son "ère.
1 ; 3 < Suier Serrano, in Xi eneF de Sandoval *eli"e, ,osé Antonio, ". 36. ;p. cit., ". C1. ?ri o de 6ivera Uosé &ntonio, /e"tos de Doctrina politica, ". 36. NOd8P 1e "arle ent en #s"a5ne. 1CC

« ,e ne me présente pas au" élections, dira%t%il dans l)&=C<, par go:t de la politique qui m’attire de moins en moins. 4arce qu’elle ne m’attirait pas, .’ai passé les si" ans de la dictature sans me montrer dans un ministère, sans agir en pu!lic d’aucune façon. Dieu sait que ma vocation est au milieu de mes livres ; me séparer d’eu" pour me lancer dans le vertige violent de la politique me cause une vérita!le douleur. -ais .e serais l)c$e et insensi!le si .e dormais tranquille tandis qu’au" 1ortès, devant le peuple, on continue 5 lancer des accusations contre la mémoire sacrée de mon père. &

C)est le : e ho e !ui, !uatre ans "lus tard, e dira dans son salon de la calle Serrano > « -onsieur, la *alan5e, c’est une 9évolution O &_ Que s)est%il donc "assé D Uosé &ntonio, telle !u)il la con0oit, avec l)a""lication !u)il ettait en tout, a reconnu !ue la "oliti!ue était une chose sérieuse. 1)a our filial "eut arracher de 'eau( cris d)indi5nation, ais l)#s"a5ne n)a "as 'esoin de discours, l)#s"a5ne a 'esoin de !uel!u)un !ui vienne lui dire la cause de ses au( et lui indi!ue le re ède. 1)#uro"e vit d)ailleurs un "rodi5ieu( o ent d)activité "oliti!ue. Eoil$ di( ans !ue Mussolini for5e dans la réalité !uotidienne la doctrine fasciste, et ses Iuvres, !u)on réunit en volu e, constituent le "re ier livre doctrinal du fascis e. 1e -ein dampf d)Sitler co ence $ courir le onde. 6osen'er5, *arinacci, Mala"arte et, $ 5auche, 1énine, 3rotFV, a""ortent de nouvelles théories de l)8tat et une co une criti!ue de la dé ocratie li'érale. 3ous ces ouvra5es sont sur la ta'le de travail de Uosé &ntonio co e, $ la : e é"o!ue, ils furent sur la ta'le de 'ien des 4eunes 5ens un "eu "artout. Uosé &ntonio lit aussi les traditionalistes es"a5nols > =al es, 9onoso Cortès, MenendeF , ?ela,o et Eas!ueF Molla. -l étudie les théories "oliti!ues co e il étudierait un dossier. ?arce !u)il a l)es"rit "rodi5ieuse ent clair, il écarte le so"his e d)instinct et, au fond, toute l)orientation "oliti!ue de Uosé &ntonio va "rovenir de sa rencontre avec le 5rand so"histe du XE---e siècle > Uean%Uac!ues 6ousseau. 1a racine, l)élé ent vital, essentiel, du falangismo, c)est la criti!ue « 4oséantonienne » de 6ousseau. #nleveF tout le reste, laisseF seule ent cela. R "artir de cette criti!ue, vous reconstruireF tout l)édifice falan5iste tel !ue Uosé &ntonio, en !uatre ans, l)a construit. < << C)est le ;9 octo're 1933 !u)il "rononce le discours de fondation de la +alange au thé.tre de la Co édie $ Madrid et ses "re ières "aroles sont celles%ci >
< @ NOd8P Quotidien conservateur es"a5nol . Xi eneF de Sandoval, op. cit., ". 1A1. 1C6

« uand en mars @A\* un $omme néfaste appelé ,ean',acques 9ousseau pu!lia le Contrat social, la vérité politique cessa d’#tre une entité permanente. Auparavant, en d’autres époques plus profondes, les (tats qui étaient e"écuteurs de missions $istoriques, avaient inscrit sur leurs fronts et aussi sur les astres, la .ustice et la vérité. ,ean',acques 9ousseau vint nous dire que la .ustice et la vérité n’étaient pas des catégories permanentes de la raison, mais, 5, c$aque instant, des décisions de la volonté. ,ean',acques 9ousseau supposait que l’ensem!le des #tres vivants en un peuple ont une )me supérieure, d’une $iérarc$ie différente de c$acune de nos )mes et que ce oi supérieur était doté d’une volonté infailli!le, capa!le de définir, 5 c$aque instant, le .uste et l’in.uste, le !ien et le mal. Jt comme cette volonté collective, cette volonté souveraine, s’e"prime seulement par le mo%en du suffrage V conception de la ma.orité qui triomp$e sur celle de la minorité en devinant la volonté supérieure V il en résultait que le suffrage, cette farce de petits papiers .etés dans une urne de verre, avait la vertu de nous dire 5 c$aque instant si Dieu e"istait ou non, si la vérité était la vérité ou n’était pas la vérité, si la 4atrie devait demeurer ou s’il était préféra!le, 5 un moment donné, qu’elle se suicide. &

1)8tat li'éral a été le serviteur de cette doctrine. ?our lui la seule chose !ui i "ortait c)était !ue les élections « aient commencé 5 $uit $eures et fini 5 quatre &. -l n), avait "lus !u)$ res"ecter ce !ui était sorti des urnes « comme si rien ne l’intéressait ». Ce s,stè e « est le plus ruineu" s%stème de destruction d’énergies &. -l entraJne « la perte de l’unité spirituelle des peuples & et en5endre « l’esclavage économique &. -l "ro it la li'erté au( travailleurs, ais laissa les riches li'res d)offrir les conditions !ui leur "laisaient et c)est ainsi, de la nécessité d)autodéfense de la classe ouvrière !ue na!uit le socialis e et sa naissance « fut .ustifiée &, car il fut une « réaction légitime contre l’esclavage li!éral &. -l dérailla ce"endant "our trois raisons > "arce !u)il ado"ta « l’interprétation matérialiste de la vie et de l’Listoire & ; "arce !u)il a5it dans un senti ent de « représailles & ; parce !u)il "rocla a le « dogme de la lutte des classes &. Oé co e « une critique .uste du li!éralisme économique, il nous amena, par un autre c$emin, les m#mes résultats que le li!éralisme économique > la désagrégation, la $aine, la séparation, l’ou!li de tout lien de fraternité et de solidarité entre les $ommes &E. 3el est l)essentiel de la criti!ue 4oséantonienne. Oous verrons co ent il la dévelo""a, sans 4a ais s)écarter de sa ré"udiation essentielle du rousseauis e.

II.
9ans son discours du 3hé.tre de la Co édie, Uosé &ntonio tire dé4$ les "re ières conclusions de sa ré"udiation du so"histe de [enève >
C ?ri o de 6ivera Uosé &ntonio, /e"tos de Doctrina politica, "". 61 $ 66. 1C7

« Les 4artis doivent dispara6tre. 4ersonne n’est .amais né mem!re d’un parti politique ; par contre, nous sommes nés mem!res d’une famille; nous sommes tous voisins dans une municipalité ; nous peinons tous dans l’e"ercice d’un travail. ;r, si ce sont l5 nos unités naturelles, si la famille, la municipalité et la. corporation sont les cadres dans lesquels nous vivons, pourquoi aurions'nous !esoin de l’instrument intermédiaire et pernicieu" des partis qui, pour nous unir en des groupements artificiels, commencent par nous désunir dans nos réalités aut$entiques K &\

1a +alange ne sera "as seule ent « une manière de penser &, ais « une manière d’#tre &. #lle aura conscience du « sens ascétique et militaire de la vie &. #lle archera « allégrement, poétiquement & parce que « seuls les poètes ont entra6né les peuples &. Mais les falangistas seront des "oètes rudes, ils utiliseront la dialecti!ue « comme premier instrument de communication &, ais ils auront tou4ours "résent $ l)es"rit !u)il n), a « pas d’autre dialectique possi!le que celle des poings et des pistolets quand on s’attaque 5 la .ustice ou 5 la 4atrie &. #t ce discours !ui était un discours de candidature au( Cortès finit "ar cette "hrase ironi!ue > « ,e crois que .e suis candidat, oui, mais .e le suis sans foi ni respect. & C)est !ue la "lace des falangistas est « 5 l’air li!re, dans la nuit claire, l’arme au !ras, avec au'dessus d’eu" les étoiles &, en train d)attendre l)au'e nouvelle. < << 1a "lus 5rande "artie de l)Iuvre de Uosé &ntonio ?ri o de 6ivera est co "osée de discours. Ce !ui caractérise son st,le, c)est un élan5e d)e(tr: e ri5ueur, de raisonne ent et de "oésie. 2n "art en "leine dialecti!ue et on onte dans les étoiles, on rencontre des archan5es. 1)i a5ination re0oit autant !ue la raison. -l n), a aucun a""r:t dans cette anière de s)e("ri er. #n #s"a5ne, la "oésie est un o,en d)e("ression "res!ue aussi ha'ituel !ue la "rose et Z oserai%4e le dire D Z "eut%:tre "lus accessi'le !ue le raisonne ent. 9onc, le ;9 octo're 1933, Uosé &ntonio ?ri o de 6ivera s)est adressé $ l)#s"a5ne. Mais !u)est%ce !ue l)#s"a5ne D < << Wn des a""orts, "eut%:tre le "lus i "ortant, de Uosé &ntonio au 5rand ouve ent d)idées de cette "re ière oitié du XX e siècle, c)est sa définition de l)idée de ?atrie. -l a 'uté sur l)é!uivo!ue du ot nationalisme. Ue "ense !u)il i5norait le néolo5is e !u)avait "ro"osé 6ené Uohannet > nationalitarisme !ui devait servir $ distin5uer la doctrine du droit des "eu"les $ dis"oser d)eu(% : es, du nationalisme devenu, de"uis =arrès, la doctrine de ceu( !ui voulaient aintenir l)inté5rité des ?atries enacées "ar les idées internationalistes et... nationalitaire.
6 ?ri o de 6ivera Uosé &ntonio, /e"tos de Doctrina politica, ". 66. 1C+

Cette re ar!ue était nécessaire si l)on veut co "rendre, sans en fausser le sens, des ots co e celui%ci > « 3ous ne sommes pas nationalistes, parce qu’#tre nationaliste est une pure sottise »7. Qu)est%ce donc !ue la Oation "our Uosé &ntonio D Ce n)est "as seule ent « l’attraction de la terre o< nous sommes nés &, ni « l’émotion directe et sentimentale que nous sentons 5 l’approc$e de notre terroir &, ais, dit%il une "re ière fois au( Cortès, en 193@, « une unité dans l’universel &B. -l co "létera "lus tard sa "ensée sous cette for e définitive > « Dne unité de destin dans l’universel &C. < << Si Uosé &ntonio a telle ent insisté sur la définition de la Oation, c)est !ue c)était, en #s"a5ne, $ ce o ent%l$, une notion controversée.
« Aucun air ne nous para6t si pur que celui de notre terre , aucune motte de gaGon plus tendre que la sienne ; aucune musique compara!le 5 celle de ses ruisseau"= -ais= n’% a't'il pas dans cette succion de la terre, une sensualité empoisonnée D Jlle a quelque c$ose d’un fluide p$%sique, quasi de qualité végétale, comme si de su!tiles racines nous prenaient 5 la terre. 1’est la sorte d’amour qui invite 5 se dissoudre, 5 s’amollir, 5 pleurer. 1elui qui se dissout en mélancolie quand pleure la gaitaT. Amour qui s’a!rite et se replie c$aque fois .usqu’5 la plus secrète intimité de la région 5 la vallée natale ; de la vallée 5 l’étang o< se reflète la maison ancestrale ; de l’étang 5 la maison ; de la maison au recoin des souvenirs. /out cela est très dou", comme un vin dou". -ais il s’% cac$e, comme dans le vin, douce ivresse et indolence. 4ouvons'nous appeler patriotisme une telle manière d’aimer K 0i le patriotisme était cette tendance affective, il ne serait pas le meilleur des amours $umains. Les $ommes le céderaient en patriotisme au" plantes qui le dépassent en attac$ement 5 la terre. &

1e ?atriotis e doit se fi(er « non dans le sensi'le, mais dans l)intellectuel &, car « ce qui est sensuel dure peu &.
« Ainsi, nous ne vo%ons pas dans la patrie le ruisseau et le gaGon, la c$anson et la 5aita H nous % vo%ons un destin, une entre"rise. La patrie est ce qui, dans le monde, configure une entreprise collective. 0ans entreprise, il n’% a pas de patrie ; sans la présence de la foi en un destin commun, tout se dissout en provinces natales, en saveurs et couleurs locales &.1A

7 + 9 <

F!id., ". 716. F!id., ". 11A. F!id., ". 7+9. NOd8P Corne use !ue l)on retrouve dans la "éninsule i'éri!ue et dans l)ense 'le de l)es"ace sud euro"éen, du ?ortu5al $ la =ul5arie. 1A F!id., ". 111. 1C9

< << &ucun doute ne reste "er is. 1e nationalisme !ue Uosé &ntonio conda ne, c)est le ré5ionalis e $ tendances sé"aratistes, le « coin au" souvenirs » !ui s)h,"ertro"hie au détri ent de la nation vraie !ui est la terre et les ho es !ui ont eu et ont un destin co un. C)est !u)il faut les trois élé ents "our constituer une nation. #lle n)est "as « une réalité géograp$ique, ni et$nique, ni linguistique ; elle est essentiellement une unité $istorique. Dn agrégat d’$ommes sur un morceau de terre n’est une nation que si elle l’est en fonction de l’universalité, si elle accomplit un destin propre dans l’Listoire ; un destin qui n)est "as celui des autres. 1e sont tou.ours les autres qui nous disent que nous sommes un. Dans la coe"istence des $ommes, .e suis celui qui n’est aucun des autres. Dans la coe"istence universelle, c$aque nation est ce que ne sont pas les autres. 1’est pourquoi les nations se déterminent de l’e"térieur, on les reconna6t par les contours dans lesquels elles accomplissent un destin universel, personnel, différent &@@. #t Uosé &ntonio avertit les sé"aratistes !ue s)ils se détachent de l)entité #s"a5ne, ils ne seront "as des nations "our autant, ais « des peuples sans destin dans l’Listoire &@*. -l croit "rofondé ent !ue « la vie de tous les peuples est une lutte tragique entre le spontané et l’$istorique &. Eienne l)é"o!ue de la décadence du « sens de la mission universelle », et voil$ les sé"aratis es !ui refleurissent, « les gens reviennent 5 leur sol, 5 leur terre, 5 leur musique, 5 leur patois &, et c)en est fini de l)« Jspagne des grandes époques »13. 1)unité de l)#s"a5ne allait "eut%:tre se ro "re $ l)é"o!ue de Uosé &ntonio. #t cette enace re ettait en cause la notion : e de l)#s"a5ne. 8tait%elle une association de "rovinces, ré"udia'le avec ou sans "réavis D 2u constituait%elle un fait histori!ue irrévoca'le D « L’Jspagne est irrévoca!le &, ré"ond Uosé &ntonio. 2n "ourra discuter au su4et de choses secondaires, ais « sur l’essence m#me de l’Jspagne il n’% a rien 5 décider &. ?our!uoi D Mais « parce que l’Jspagne n’est pas 5 nous &. « Les nations ne sont pas des contrats répudia!les par la volonté de ceu" qui les ont conclus > elles sont des fondations avec une su!stantialité propre et ne dépendent ni de la volonté de quelques'uns, ni de !eaucoup &@_.

III.
Uosé%&ntonio n)a "as écrit de livre. -l a "arlé, il a "laidé, ais le seul essai !u)il ait co "osé, c)est "récisé ent un Jssai sur le nationalisme.
11 1; 13 1@ F!id., ". 99. F!id., ". 1AA. F!id., ". 19A. F!id., ". ;+;. 16A

C)est dire l)i "ortance !u)il attachait $ la définition de l)idée nationale. 2r, dès les "re ières "a5es, avec !ui le trouvons%nous au( "rises D &vec Uean% Uac!ues 6ousseau. -l ontre co ent « la t$èse romantique des nationalités & est née de « la foi en la !onté naturelle de l’$omme & "r:chée "ar 6ousseau > « De m#me que la société était une c$a6ne d’individus li!res et !ons, les arc$itectures $istoriques étaient l’oppression des peuples spontanés et li!res. Fl importait donc de li!érer les peuples comme les individus ». 2r, le dan5er de cette thèse ro anti!ue était de conduire $ la « déqualification &, c)est%$%dire « 5 la suppression de tout ce qui avait été a.outé par l’effort ]Droit et Listoire^ au" entités primaires, individu et peuple. Le Droit avait transformé l’individu en "ersonne H l’Listoire avait transformé le peuple en "olis, en régime d’(tat &. 9e : e !ue « la vérita!le unité .uridique est la "ersonne, c’est'5'dire l’individu considéré non dans sa qualité vitale, mais comme porteur actif ou passif des relations sociales que le Droit règle &, de : e « le peuple dans sa forme spontanée n’est rien d’autre que le su'stratu de la société politique. Fl convient dé.5 d’user pour se comprendre du mot nation qui veut dire .ustement > la société politique capa!le de trouver dans l’(tat sa mac$ine opérante &. #t l’Jssai re4ette les nationalis es !ui ont con0u la nation « sans référence 5 un processus $istorique & co e déter inée "ar le seul «« spontané & et Uosé &ntonio revient $ son i a5e de la « sensualité & d)une telle conce"tion. -l , voit « un appel sensuel, qui se perçoit .usque dans l’odeur du sol > un courant p$%sique, primitif, et é!louissant, sem!la!le 5 l’ivresse et 5 la plénitude des plantes 5 l’époque de la fécondation &. -l s)interro5e alors > « 1omment donc revivifier le patriotisme dans les grandes unités $étérogènes K & -l revient $ la différence !u)il a souli5née entre individu et personne. 9e : e, écrit%il, !ue la "ersonne est l)individu considéré en fonction de société, la nation est le "eu"le considéré en fonction d)universalité.
« La personne V et nous arrivons au centre : e de la conce"tion 4oséantonienne de la Oation Z n’e"iste pas en tant que !londe ou !rune, grande ou petite, parlant cette langue ou telle autre, mais en tant que porteuse de telles ou telles relations sociales déterminées. ;n n’est une personne que dans la mesure o< l’on est autre H c’est'5'dire > un en face des autres, possi!le créancier du dé!iteur vis'5'vis des autres, titulaire de positions qui ne sont pas celles des autres. La personnalité ne se détermine donc pas du dedans, mais du de$ors comme porteuse de relations. De la m#me manière, un peuple n’est pas une nation par aucune sorte de .ustifications p$%siques, couleurs ou particularités locales, mais pour :tre autre dans l)universel H c’est'5'dire pour posséder un destin qui n’est pas celui des autres nations. Ainsi, tout peuple, ou tout agrégat de peuples, n’est pas une nation, mais seulement ceu" qui accomplissent un destin $istorique différencié dans l’universel. Fl est donc superflu de savoir si une nation correspond 5 une unité géograp$ique, raciale ou linguistique ; l’important est d’éta!lir s’il e"iste pour elle, dans l’universel, une unité de destin $istorique. &
161

#t il se réfère $ l)Sistoire > les « temps classiques & ont "arfaite ent eu conscience de cela, c)est "our!uoi ils e "loient, de "référence $ « patrie & ou « nation &, les e("ressions « Jmpire & ou « service du roi &, « c’est'5'dire des e"pressions allusives 5 l)instru ent histori!ue ». 1e ot « Jspagne & est « par lui'm#me l’énoncé d’une entreprise &. < << L’Jssai arrive aintenant $ sa conclusion. C)est l)e("osé de la lutte entre « le spontané et le difficile &, et il conseille de « donner pour support au patriotisme non l’affectif, mais l’intellectuel & et de faire du "atriotis e « une vérité aussi indiscuta!le que les vérités mat$ématiques &. L’Jssai s)achève sur ces ots > « Le cUur a ses raisons que la raison ne conna6t pas, mais l’intelligence a aussi sa manière d’aimer comme parfois ne sait pas le faire le cUur &@E. Uosé &ntonio d)ailleurs ne voit "as d)o'4ection $ la « diversité législative & suivant les "rovinces, ais il e(i5e !u)elle soit « !ien assise sur la !ase sans équivoque de la conscience de l’unité de destin &@\. < << 9e cette conce"tion de la nation co e un "eu"le et un destin vont sortir des consé!uences i "ortantes "our la conce"tion de l)8tat. Structure de la Oation, il ne saurait :tre considéré co e « l’e"écuteur de la simple volonté populaire &, ais co e celui du « destin du peuple &@A. Ce « destin du peuple &, c)est « l’idéal $éréditaire & dont "arlait =arrès@B. Wne nation !ui en a "erdu le sens, cesse de "ersévérer dans son « e"istence propre &. Ce destin, cet idéal sont donc au%dessus de la volonté des individus co "osant la nation $ un o ent déter iné de son histoire et c)est en référence $ ce destin et $ cet idéal !ue doit s)ordonner l)8tat. Cette notion, il se "eut !ue la nation l)ait "erdue ou !u)elle se soit "lus ou oins o'scurcie. 1)i "ortant, c)est !u)elle ait « su!sisté dans un certain nom!re de cerveau" &@C. Ce sont eu(, alors, !ui re"résentent vrai ent la nation $ ces o ents d)écli"se du sens national. C)est !ue l)ho e a re0u sa nation Z donc sa t.che, sa ission Z dès l)instant de sa naissance. -l l)a re0ue co e « un $éritage et une gr)ce de la *W nature et de Dieu & . « Dieu nous a fait fils d’un certain peuple &*@ co e il nous a donné des 5r.ces en "lus ou oins 5rand no 're !ue nous devons
1C 16 17 1+ 19 ;A ;1 ?ri o de 6ivera Uosé &ntonio, ,;30, 16 avril 193@. Uosé &ntonio ?ri o de 6ivera, /e"tos de Doctrina politica, ". 3+A. &rrese Uosé 1uis de, Jscritos % discursos, ". ;;1. =arrès Maurice, L’Appel au soldat, t. --, ". 1@6. =arrès Maurice, 0cènes et doctrines du nationalisme, ". 1;A. =outan5 ?ierre, Aspects de la +rance, 3 avril 19C@. 9e'ra, ?ierre, Aspects de la +rance, ;@ déce 're 19C@. 16;

utiliser "our l)acco "lisse ent de notre destin éternel et dans l)écono ie 5énérale de ce onde. 9)o7 l)e(tr: e i "ortance de l)8tat, car c)est lui !ui, a5issant dans l)Sistoire, est le réalisateur du destin du "eu"le. 2n "ourrait dire avec [entile ;; !ue c)est lui !ui fait la nationalité dans le sens o7 la vie étant lutte, le si "le aintien de la nation consiste $ la « faire & cha!ue 4our contre tout ce !ui tend $ la défaire. C)est, en définitive, une lon5ue nécessité histori!ue réalisée "ar l)8tat !ui crée la nation et déter ine sa ission. -l s)a5it d)un 5rand dessein con0u "ar une d,nastie rasse 'leuse de "eu"les !ui ont fini "ar for er une nation. C)est% $%dire une "ensée et une réalisation histori!ue en action. &ussi les nations ne se aintiennent%elles !ue tant !u)elles aintiennent les "rinci"es !ui les ont fait naJtre. Quant au su!stratum racial de la Oation, il se "roduit 5énérale ent ceci > !ue le rasse 'le ent de "eu"les o"éré "ar une d,nastie a'outit $ créer une et$nie et !u)ainsi l)et$nos !ui n)était "as la raison de l)e(istence de la nation, devient un "uissant ar5u ent "our sa conservation. Mais la conce"tion raciste de la nation a'outit en fait $ une con5élation de l)Sistoire $ un o ent donné de l)évolution "olitico%histori!ue des 8tats.

IV.
&insi envisa5ée, la Oation ne saurait se contenter d)un 8tat re"résentatif. -l lui faut un 8tat%5uide. 1)o""osition ?eu"le%8tat est d)ailleurs fictive selon la conce"tion "halan5iste > « Dn peuple complet est tou.ours un peuple et son c$ef &*?. #t selon la très 'elle i a5e de 1uis de &rrese, « quand dans l’Listoire coXncident un peuple et un $éros capa!le de le comprendre et de le féconder, ils se c$erc$ent V parfois, comme en Jspagne, 5 travers le sang V et finissent tou.ours par se rencontrer et s’étreindre &*_. 1e "eu"le est un erveilleu( instru ent de sa "ro"re 5randeur, ais Uosé &ntonio esti e !ue « l’idée ne peut surgir du peuple &, car « le s%stème, c’est l’$omme &. C)est l$, esti e%t%il, « une des profondes vérités $umaines que le +ascisme a remis en valeur > le SFSe siècle a passé son temps 5 imaginer des mac$ines 5 !ien gouverner. Autant se proposer de fa!riquer des mac$ines 5 penser ou 5 aimer. 9ien d’aut$entique, d’éternel, de difficile comme gouverner, n’a pu se faire 5 la mac$ine ; tou.ours il a fallu avoir recours en dernière anal%se 5 celui qui, depuis l’origine du monde, est l’unique appareil capa!le de diriger les $ommes > l’$omme. 1’est'5'dire le 1$ef. Le Léros &*E.
;; ;3 ;@ ;C [entile [iovani, 0truttura delle 0ociet5, ". C7. &rrese Uosé 1uis de, Jscritos % discursos, ". 6@. F!id., ". 6@. ?ri o de 6ivera Uosé &ntonio, "réface $ l)édition es"a5nole de Mussolini =enito, Fl +ascismo. 163

< << 1a notion de chef est essentielle dans la doctrine de Uosé &ntonio. Wn "eu"le ne saurait s)en "asser.
« Le 1$ef ne doit pas o!éir au peuple, il doit le servir, ce qui est différent ; le servir, c’est ordonner l’e"ercice du commandement pour le !ien du peuple H=I m#me si le peuple méconnaissait quel est son !ien, c’est'5'dire se sentir d’accord avec le destin $istorique du peuple, m#me s’il diffère de ce que la masse désire. &*\

Uosé &ntonio a achevé la cour'e de son raisonne ent antirousseauiste. 1)addition Z d)ailleurs tru!uée Z des volontés individuelles ne constitue "as le destin d)un "eu"le. -l est au%del$ de ces vues individuelles, fra5 entaires, i "ressionnées "ar l)intér:t individuel i édiat ou l)i a5e !u)elles s)en font. 1e destin du "eu"le "rée(iste $ l)individu et lui survit. 1e Chef doit en :tre l)inter"rète et l)e(écuteur. -l n)est "as "lus indé"endant d)ailleurs vis%$%vis du destin du "eu"le !ue l)individu lui% : e, c)est "our!uoi Uosé &ntonio se refuse $ « diviniser l’(tat &. &u contraire, il lui assi5ne le r/le « d’instrument au service d’une mission $istorique d’unité &*A. < << 9éfinie la Oation, défini l)8tat, reste $ définir la révolution !ui réta'lira la Oation et l)8tat dans leurs nor es traditionnelles. Uosé &ntonio est un révolutionnaire. U)entends > ce n)est "as un réfor iste, il ne croit ni $ la lente con!u:te du "a,s "ar la "ro"a5ande électorale, ni au( alliances "oliti!ues. Quand les « démocrates'c$rétiens & de [il 6o'lès ont re "orté la victoire électorale de 1933, Uosé &ntonio l)a a""elée « la victoire sans ailes &. #lle fut, dit%il, « la fille de la peur &. 1es "artis ne se sont 5rou"és !ue "ar "eur de l)enne i co un, « ils n’ont pas vu que face 5 une foi attaquante, il faut opposer une autre foi com!attante et active et non un dessein inerte de résistance &*B. 1)événe ent devait lui donner totale ent raison et les e(e "les histori!ues sont no 'reu( de ces « victoires sans ailes &. Mais une difficulté se "résente "our le révolutionnaire, c)est !ue « la masse d’un peuple qui a !esoin d’une révolution, ne peut faire la révolution &. 2n ne "eut éviter l)o'4ection et Uosé &ntonio, loin de l)éluder, "ose "arfaite ent le "ro'lè e >
« [ la fin d’une période $istorique stérile, quand un peuple, par sa faute ou celle d’autrui, a laissé rouiller tous les grands ressorts, comment va't'il mener par lui'm#me l’immense t)c$e de se régénérer K
;6 ?ri o de 6ivera Uosé &ntonio, /e"tos de Doctrina politica, ". 6C9. ;7 F!id., ". +@A. ;+ F!id., ". 1AC. 16@

4our #tre féconde, une révolution e"ige la conscience claire d’une règle nouvelle et une volonté résolue pour l’appliquer, mais cette capacité de voir et d’appliquer la règle est .ustement le signe de la perfection. Dn peuple effondré est incapa!le de percevoir et d’appliquer la règle > son désastre réside .ustement l5. Avoir les ressorts nécessaires pour mener 5 !ien une révolution féconde est le signe inéquivoque que la révolution n’est pas nécessaire. Jt, au contraire, avoir !esoin de la révolution, c’est manquer de la clarté et de l’élan nécessaires pour l’aimer et la réaliser. Jn un mot, les peuples ne peuvent se sauver en masse eu"'m#mes parce que le fait d’#tre apte 5 réaliser le sauvetage est la preuve qu’on est sauf. 4ascal imaginait que le 1$rist lui disait > 73u ne e chercherais "as si tu ne )avais dé4$ trouvé.8 Le génie des révolutions pourrait dire la m#me c$ose au" peuples. &*C

9)o7 il résulte !ue dans les o ents "ré%révolutionnaires, 4a ais le "eu"le n)a "aru si 'as, si déses"éré, si enclin au suicide co e s)il trouvait dans son "ro"re effondre ent une ré"onse a"aisante $ l)insolu'le dile e. -l est évident !ue dans un tel état oral, « la masse ne peut deviner sa forme future ni l’aimer d’avance &. 1e « désespoir de la multitude & "eut tout au "lus renverser ce !ui e(iste et ouvrir le che in de l)état "ré%révolutionnaire au révolutionnaire. C)est%$%dire, offrir une occasion. « 0i en cette occasion n’appara6t pas l’$omme, la révolution est perdue &?W. < << Quand on étudie les 5rands ouve ents révolutionnaires de l)Sistoire, on esure toute la "rofondeur de cette anal,se de Uosé &ntonio. 1)effondre ent de l)e "ire russe ne se "roduisit !ue le 4our o7 se rencontrèrent l)occasion et l)ho e. Ein5t autres occasions s)étaient "résentées de"uis 19AC. 1a rencontre ne s)était "as "roduite avec l)ho e. César =or5ia, le « ?rince » de Machiavel, fut au contraire, lui, l)e(e "le de l)ho e $ la recherche des circonstances et !ui les an!ua toutes. Cette liaison entre la "oliti!ue et le facteur « te "s » a très vive ent fra""é Uosé &ntonio. « La politique, dit%il, est une partie avec le temps dans laquelle il n’est pas permis de retarder le .eu. Jn politique, il est o!ligatoire d’arriver 5 l’$eure .uste. Le !inMme de 3eQton représenterait la m#me c$ose pour les mat$ématiques s’il avait été formulé di" siècles plus tMt ou un siècle plus tard. 4ar contre, les eau" du 9u!icon?@ devaient mouiller les sa!ots du c$eval de 1ésar 5 une minute e"acte de l’Listoire &?*.
;9 F!id., ". 6C7. 3A F!id., ". 666. 31 Sous la 6é"u'li!ue ro aine, aucun 5énéral n)avait le droit de franchir ce fleuve%frontière avec ses ar es. 1ors!ue Uules César franchit le 6u'icon, le 1; 4anvier de l)an @9 avant notre ère, il scella le destin de l)# "ire ro ain, en "ronon0ant les ots célè'res > &lea 4ecta est, le sort en est 4eté. 3; F!id., ". 7@3. 16C

V.
Cette nécessaire et difficile révolution, !ui donc la fera D et co ent D #t !ui la 4ustifiera D 1e « qui » et le « comment » sont étroite ent liés. Uosé &ntonio ne raisonne "as dans le vide, ais dans la situation concrète de l)#s"a5ne de 193@. -l n)est "as "artisan s,sté ati!ue de la violence. -l constate : e !u)il est fau(, histori!ue ent, de considérer !ue la violence est « l’unique mo%en & de faire trio "her la révolution et il donne l)e(e "le de l)&lle a5ne o7 le national%socialis e s)est e "aré lé5ale ent du "ouvoir, "ar les élections, ais il a4oute aussit/t > « 0’il n’% avait pas d’autre mo%en que la violence qu’est'ce que cela ferait K & 1e li'éralis e ne s)est%il "as i "osé "ar la 5uillotine de 1793 !ui a fait "lus de victi es !ue la Marche sur 6o e D #t il invo!ue saint 3ho as !ui ad et la révolte contre le t,ran. 2n "eut donc ad ettre la violence « contre une secte triomp$ante & né5atrice de la continuité nationale et !ui o'éit $ des consi5nes étran5ères > -nternationale d)& sterda <, franc% a0onnerie, etc.33 < << 9ès le dé'ut de son action "oliti!ue, au cours du "rocès des inistres de la 9ictature, défendant [allo ?onte, Uosé &ntonio avait soutenu !ue l)unité de l)ordre 4uridi!ue e(i5e !ue l)on acce"te co e fond ori5inaire d)un nouveau droit l)événe ent !ui a is fin $ l)ordre antérieur. -l est vain, disait%il, de rechercher « les antécédents généalogiques d’un s%stème politique triomp$ant ; les s%stèmes politiques, comme les grands $ommes, sont leurs propres anc#tres »3@. ?lus tard, devant les Cortès, revenant sur cette idée, il disait >
« 3i la Dictature, ni la 9épu!lique, ni aucun fait révolutionnaire ne se .ustifient, ni ne se sont .amais .ustifiés par rapport 5 l’ordre .uridique antérieur. /out s%stème politique qui e"iste dans le monde, sans aucune e"ception, est né d’une lutte ouverte avec l’ordre politique prée"istant parce qu’une des c$oses qui ne sont pas inclues dans les facultés des ordres politiques est celle de tester. &?E

1e trio "he de la 6évolution est%il donc $ lui% : e sa "ro"re 4ustification orale D Oon, ré"ond Uosé &ntonio, ais sa 4ustification ne relève "as de l)ordre 4uridi!ue >
< NOd8P &utre déno ination de la *édération s,ndicale internationale L*S-M fondée en 1919 et de tendance socialiste réfor iste. 33 ?ri o de 6ivera Uosé &ntonio, /e"tos de Doctrina politica, ". CA. 3@ F!id., ". 19. 3C F!id., ". ;@A. 166

« Le pro!lème de la .ustice n’est pas un pro!lème .uridique, mais métap$%sique. Les fondements a!solus qui .ustifient le contenu d’une législation s’e"pliquent par des raisons ét$iques, sociologiques, etc. situées $ors du Droit ; le Droit ne fait qu’étudier, avec une mét$ode logique, les normes. &?\

C)est sur sa finalité !u)on devra donc 4u5er la 6évolution et les institutions !ui en naJtront, et non "ar référence $ l)ancien s,stè e !ui est ort sans tester. < << #t aintenant, !uel sera l)instru ent de la révolution D 1)ar ée, ré"ond Uosé &ntonio !ui raisonne "ar ra""ort $ l)#s"a5ne, dans la con4oncture de 193@. Mais l)ar ée a%t%elle le droit de faire la révolution D O)est%elle "as au% dessus de la "oliti!ue, au service de l)8tat D 1a dialecti!ue de Uosé &ntonio est e(tr: e ent serrée. -l reconnaJt !ue l)ar ée, « sauvegarde du permanent &, n)a "as $ se :ler au( « luttes accidentelles &. Mais « quand c’est le permanent lui'm#me qui est en péril, quand est en danger la permanence m#me de la patrie V qui peut .usqu’5 perdre son unité V, l’armée n’a pas d’autre solution que déli!érer et c$oisir. 0i elle s’a!stient par une interprétation purement e"terne de son devoir, elle s’e"pose 5 se trouver, du .our au lendemain, sans plus rien 5 servir. Devant les effondrements décisifs, l’armée ne peut servir le permanent que d’une manière > en le recouvrant de ses propres armes. Jt il en a tou.ours été ainsi depuis que le monde est monde ; comme l’a dit 0pengler, c’est tou.ours un peloton de soldats qui, 5 la dernière $eure, a finalement sauvé la civilisation &?A. 2n retrouve les accents de =arrès > L’Appel au soldat, seule incarnation de la "atrie lors!ue tout s)effondre. Mais Uosé &ntonio voit au%del$ de l)intervention ilitaire, ce !ui se "assera le lende ain de la victoire. -l fait ressortir !u)en cas de "rise du "ouvoir "ar l)ar ée, il , a deu( "érils > l)un "rovenant d)un e(cès d)hu ilité, l)autre d)un e(cès d)a 'ition. Su ilité e(cessive serait celle d)une ar ée !ui s)e "resserait de dé"oser le "ouvoir dans d)autres ains ce !ui conduirait $ deu( erreurs "ossi'les >
1M « 1e gouvernement des nota!les &, c)est%$%dire de "ersonnalités choisies en raison de leur é inence ou de leur ré"utation « sans tenir compte des principes politiques qu’elles professent ». Ce !ui constituerait une erreur 5rave car « un (tat est davantage qu’un ensem!le de tec$niques ou qu’une !onne gérance, c’est l’instrument $istorique d’e"écution du destin d’un peuple. ;n ne peut conduire un peuple sans la claire conscience de ce destin ». 2r, 4uste ent, ce !ui constitue la "oliti!ue, c)est « l’interprétation de ce destin » et les che ins !u)il doit "rendre sont « les positions politiques ». 1)é!ui"e des nota'les ]los ilustres senores^ non ani és d)une : e foi "oliti!ue conduirait $ une si "le 5érance, eilleure ou "ire, a""elée $ lan5uir, sans a""ui "o"ulaire autour d)elle. ;M 1a seconde erreur serait celle d)un 5ouverne ent de concentration, c)est%$%dire l)union de différents "artis. Ce serait, en fait, revenir $ la "oliti!ue des "artis.
36 F!id., ". 697. 37 F!id., ". 317. 167

R ces deu( erreurs "ossi'les nées d)un e(cès d)hu ilité de l)ar ée s)o""ose un autre dan5er né d)un "ossi'le e(cès d)a 'ition, « non d’am!ition personnelle, mais d’am!ition $istorique ». -l an!ue $ l)ar ée la for ation "oliti!ue voulue et, l$, Uosé &ntonio a l)e(e "le de son "ère. -l a "orté sur lui un 4u5e ent "oliti!ue affectueu(, ais i "artial >
« 3’ou!lions pas le cas du général 4rimo de 9ivera, dit%il. 4lein de patriotisme, de valeur et d’intelligence naturelle, il n’arriva pas 5 susciter des ent$ousiasmes dura!les faute d’une vision suggestive de l’Listoire. 1)Wnion ?atrioti!ue manqua de su!stance doctrinale et tourna en généralités candides et !ien intentionnées. &?B

&u fond, ce !ue Uosé &ntonio de ande $ l)ar ée, c)est d)e "lo,er ses ar es contre l)enne i intérieur, co e elle le ferait contre l)enne i e(térieur, ais de laisser $ la révolution le soin de "oursuivre son che in "oliti!ue. 1)es"rit de la révolution est dans la *alan5e, il de ande l)a""ui du !ras de l)ar ée "our résoudre une situation de force, ais l)es"rit reste su"érieur au 'ras dans l)ordre des finalités "oliti!ues.

VI.
Mort sans tester, l)ancien ré5i e fait "lace $ un ordre nouveau. Wn ordre, c)est tou4ours une définition des ra""orts de l)individu et de l)8tat. C)est la définition de ces ra""orts !ui déter ine la classification des ré5i es "oliti!ues. ?our Uosé &ntonio, l)individu est « une unité fondamentale &?C, il reconnaJt !ue « la dignité $umaine, l’intégrité de l’$omme et sa li!erté sont des valeurs éternelles et intangi!les », ais, a4oute%t%il, « il n’e"iste de li!erté que dans un ordre &_W. Cet ordre, "eut%il :tre l)ordre li'éral D Oon, car l)8tat li'éral est « une manière de se moquer du destin &_@. ?our le li'éral, « la loi V le droit V ne se .ustifie pas par sa fin, mais par son origine H=I le .uste pour le li!éralisme n’est pas une catégorie de la raison, mais un produit de la volonté H=I Fl n’% a rien de .uste en soi ». &ussi le li'éralis e n)a""orte%t%il "as la li'erté, car « lorsque les principes c$angent avec les fluctuations de l’opinion, il n’% a de li!erté que pour ceu" qui sont d’accord avec la ma.orité. Les minorités sont destinées 5 souffrir et 5 se taire_* ». 2n a'outit, en fait, $ l)a'solutis e dé ocrati!ue. #t, co 'le de "arado(e, un 8tat « pour lequel rien n’est vrai », éri5eant co e seule vérité indiscuta'le cette « position de doute &, crée « le dogme de l’antidogme &,
3+ 39 @A @1 @; F!id., ". 319. F!id., ". 336. F!id., ". @;1. F!id., ". 37. F!id., ". 3+. 16+

en vertu du!uel les li'érau( « sont pr#ts 5 se faire tuer pour soutenir qu’aucune idée ne vaut la peine que les $ommes se fassent tuer pour elle &_?. 1es ra""orts de l)individu et de l)8tat ne "euvent donc s)articuler raisonna'le ent dans le non%ordre li'éral. 1)erreur fonda entale du li'éralis e est d)avoir esti é !u)il e(istait une o""osition o'li5atoire entre l)individu et l)8tat, détenteurs de deu( « souverainetés & anta5oni!ues, et !u)il i "ortait de donner la "rédo inance $ celle de l)individu sur celle de l)8tat, ieu( > d)identifier l)8tat avec la volonté de l)individu. Uosé%&ntonio a'orde le "ro'lè e autre ent. -l faut considérer, dit%il, le "ro'lè e de l)individu en face de l)8tat >
« non comme une compétition de pouvoirs et de droits, mais comme un accomplissement de fins, de destins. La 4atrie est une unité de destin dans l’universel et l’individu le porteur d’une mission particulière dans l’$armonie de l’(tat= L’idée de destin, .ustification de l’e"istence d’une construction ](tat ou s%stème^ remplit l’époque la plus $aute qu’ait connue l’Jurope > le SFFFe siècle, le siècle de saint /$omas. Jlle naquit dans l’esprit des moines. Les moines affrontèrent le pouvoir des rois et leur nièrent ce pouvoir tant qu’il n’était pas .ustifié par l’accomplissement d’une grande fin > le !ien de tous les su.ets. Dne fois acceptée cette définition de l’#tre V porteur d’une mission, unité c$argée d’un destin V fleurit la no!le, grande et ro!uste conception de « service &. 0i personne n’e"iste sinon comme e"écuteur d’une t)c$e, on atteint précisément la personnalité, l’unité et la li!erté propre servant dans l’$armonie totale. Dne ère d’infinie fécondité s’ouvre dès qu’on arrive 5 l’$armonie et 5 l’unité des #tres O 4ersonne ne se sent plus dou!le, dispersé, contradictoire entre ce qu’il est réellement et ce qu’il représente dans la vie pu!lique. L’individu intervient alors dans l’(tat comme celui qui accomplit une fonction et non par le mo%en des partis politiques, non comme le représentant d’une fausse souveraineté, mais comme possesseur d’un métier, comme c$ef de famille, comme mem!re d’une municipalité. Fl est ainsi 5 la fois ouvrier la!orieu" et dépositaire du pouvoir &__.

Uosé &ntonio dé"asse donc l)anta5onis e individu%8tat en introduisant les notions de service et de ission. 1)8tat n)est "lus !u)un « s%stème de $iérarc$ies » LMussoliniM au service d)une ission. 1)anta5onis e a 'ien dis"aru > cha!ue individu a sa "lace dans le s,stè e des hiérarchies et , e(erce sa "art de souveraineté, dans sa fonction réelle, selon son destin. 1e "eu"le et son Chef for ent alors une Co unauté, et Chateau'riand ne "ourrait "lus écrire > « ue faisait 5 l’esclave présent 5 la !ataille d’Ar!èlesT, la c$ute de Darius_E D » "arce !ue la co unauté tout entière se trouve en5a5ée dans la réalisation de sa ission !ui est le 'ien co un.
@3 F!id., ". @@. @@ F!id., ". @71. < NOd8P 1a =ataille de [au5a èles o""osa en octo're 331 avant notre ère les ar ées d)&le(andre le [rand et du "erse 9arius. Eictorieu(, &le(andre se fit couronner roi d)&sie. @C Chateau'riand *ran0ois%6ené de, -émoires d’outre'tom!e, t. -E, ". ;. 169

< << C)est "ar le : e raisonne ent dialecti!ue !ue Uosé &ntonio va résoudre le fau( anta5onis e des classes >
« La lutte des classes ignore l’unité de la patrie parce qu’elle rompt l’idée de la "roduction nationale comme un tout H=I 3i les ouvriers, ni les patrons ne se rendent compte de cette vérité > les uns et les autres sont coopérateurs dans l’Uuvre d’ensem!le de la "roduction nationale. Jn ne pensant point dans la production nationale, mais dans l’intér#t ou l’am!ition de c$aque classe, patrons et ouvriers finissent par se détruire et se ruiner. »_\

1a criti!ue 4oséantonienne s)adresse aussi 'ien au ca"italis e !u)au ar(is e. Uosé &ntonio a "arlé de la nécessité de « démonter le capitalisme &_A. 9é onter ne veut "as dire détruire. -l s)a5it seule ent de re ettre, a"rès, les "ièces dans un « ordre nouveau ».
« 3ous devons commencer par l’$omme, et passer par ses unités organiques et ainsi nous monterons de l’$omme 5 la famille, de la famille 5 la municipalité et au s%ndicat et nous terminerons dans l’(tat qui sera l’$armonie du tout. De telle manière que dans cette conception politico' $istorico'morale avec laquelle nous envisageons le monde, nous avons implicitement la solution économique > nous démonterons l’appareil économique de la propriété capitaliste qui a!sor!e tous les !énéfices pour le remplacer par la propriété individuelle, familiale, communale et s%ndicale. &_B

VII.
9u "oint de vue écono i!ue, la théorie falangista considère la nation co e « un gigantesque s%ndicat de producteurs » !ui doit :tre or5anisé cor"orative ent en « s%ndicats verticau" par !ranc$e de production » et !ui doivent fonctionner au service de « l’économie totale ». 1)8tat d)ailleurs se !ualifiera d)8tat national%s,ndicaliste. 1a doctrine de la +alange est le « national's%ndicalisme ». 1)e("ression est de 6a iro 1edes a 6a os !ui l)introduisit dans le voca'ulaire de la +alange, a"rès la fusion de celle%ci avec les U2OS LUuntas de 2fensiva Oacional%SindicalistaM !u)il avait fondées en 1931. 1)8tat national%s,ndicaliste veut :tre l)« (tat de tous », et c)est en ce sens !u)il faut co "rendre le ot « totalitaire » dans le voca'ulaire "halan5iste. Cela veut dire !ue le nouvel 8tat « considérera comme fins propres les fins de c$acun des groupes qui le composent et % veillera, comme pour lui'm#me, dans l’intér#t de tous »@9.
@6 @7 @+ @9 ?ri o de 6ivera Uosé &ntonio, /e"tos de Doctrina politica, ". +7. F!id., ". +7A. F!id., ". CC9. ?ri o de 6ivera Uosé &ntonio, /e"tos de Doctrina politica, ". 19A. 17A

1a criti!ue "halan5iste ne vise "as la "ro"riété "rivée. Ca"italis e et "ro"riété "rivée sont deu( choses, non seule ent distinctes, ais « on pourrait presque dire qu’elles sont opposées »CA, car un de effets du ca"italis e « fut précisément d’anéantir presque entièrement la propriété privée dans ses formes traditionnelles ». 1a "ro"riété ancienne était une « pro.ection de l’individu sur les c$oses », ais $ esure !ue le ca"italis e se "erfectionne, « le vérita!le titulaire de la propriété ancienne n’est dé.5 plus un $omme, ni un ensem!le d’$ommes, mais une a!straction représentée par des morceau" de papier > la société anon%me. Jlle est 5 tel point dés$umanisée que les titulaires des actions c$angent sans que varie en rien l’organisation .uridique ou le fonctionnement de la société tout entière ». 2n retrouve l$ l)essentiel de la criti!ue de 9ru ont $ la fin du X-X e siècle et !ui constitua le fonde ent du ouve ent social%chrétien, !u)il ne faut "as confondre avec la dé ocratie%chrétienne.
« 1e grand capital, ce capital tec$nique, qui arrive 5 atteindre des dimensions énormes, non seulement n’a rien 5 voir avec la propriété dans son sens élémentaire et $umain, mais il est son ennemi. 1’est pourquoi souvent, quand .e vois comment patrons et ouvriers arrivent dans des luttes ac$arnées .usqu’5 se tuer dans les rues... .e pense qu’ils ne se rendent pas compte qu’ils sont, les uns et les autres, sans doute les protagonistes d’une lutte économique, mais d’une lutte économique dans laquelle ils sont plus ou moins du m#me cMté ; ce qui occupe l’autre position en face, contre les patrons et les ouvriers, c’est le pouvoir du capitalisme, la tec$nique du capital financier. »C1 « 4our nous, le capital n’est qu’un instrument au service de la production. 3ous ne concevons pas la structure de la production comme une relation !ilatérale entre le capital et le travail. Le capital, en tant qu’instrument pour le !énéfice national de la production, doit appartenir au" producteurs eu"' m#mes V dans ses formes individuelles ou s%ndicales V ou 5 l’intégrité de l’économie nationale. »C;

< << Uosé%&ntonio ne cro,ait "as au( "ro5ra es détaillés, "rééta'lis. Ce !u)il cherchait $ définir, ce !u)il e(i5eait des "halan5istes, c)est ce !u)il a""elait « un sentiment permanent devant l’Listoire et la vie ». C)est ce senti ent, disait%il, !ui nous donne les solutions devant les cas concrets, « comme l’amour nous dit quand nous devons !ouder ou em!rasser, sans qu’un vérita!le amour ait .amais éta!li le moindre programme de !ouderies ou de !aisers »C3.
CA C1 C; C3 F!id., ". @9;. F!id., ". @9;. F!id., ". 7+3. F!id., ". 66. 171

1)idée fonda entale de la +alange, c)est l)unité essentielle de la nation rasse 'lant en un faisceau toutes ses éner5ies, $ !uel!ue classe de la société !u)elles a""artiennent, "our réaliser le 'ien co un. Si l)on fi(e 'ien cette idée de « faisceau &, on a la s,nthèse : e de la doctrine de Uosé &ntonio. #st%ce donc du fascis e D R cette !uestion il faut ré"ondre "ar une autre !uestion. Co ent Uosé &ntonio a%t%il vu le fascis e D Eoici sa ré"onse >
« Le fascisme n’est pas une tactique V la violence. 1’est une idée, V l’unité. »C@

Eoil$ !u)il retient du fascis e > l)idée d)unité. Mais l$ s)arr:te la coXncidence.
« La +alange possède avec le fascisme quelques coXncidences sur des points essentiels de valeur universelle ; mais elle se développe c$aque .our. Avec des caractères particuliers et est s:re, précisément, de rencontrer dans cette direction ses possi!ilités les plus fécondes. »CC

Si l)&lle a5ne et l)-talie se sont cherchées elles% : es dans leurs ouve ents national%socialiste et fasciste, "eut%on dire !ue l)#s"a5ne les i ite si elle se cherche elle% : e $ travers le "halan5is e D Oon, car « ces pa%s ont fait retour 5 leur propre aut$enticité et en le faisant nous'm#mes, l’aut$enticité que nous rencontrerons sera la nMtre, et non celle de l’Allemagne ou de l’Ftalie. Ainsi, 5 faire ce qu’ont fait les Ftaliens et les Allemands nous serons plus Jspagnols que nous ne l’avons .amais été »C6. « jtre plus Jspagnols que nous ne l’avons .amais été &. 3elle est 'ien la "hrase !ui convient "our résu er la doctrine de Uosé &ntonio et la vision !u)il a de l)#s"a5ne future, et c)est très e(acte ent du nationalis e au sens 'arrésien du ot. < << Si la ri5ueur doctrinale de Uosé &ntonio se "r:te $ l)anal,se, le sens "oéti!ue de sa conce"tion de la 6évolution est "lus difficile $ rendre. Oous avons dé4$ cité l)incantation, "ourrait%on dire, $ la 5arde "halan5iste sous les étoiles, l)ar e au 'ras. -l est dans l)Iuvre de Uosé &ntonio d)autres i a5es "uissa ent évocatrices, sortes de ,thes "oéti!ues !ui ont certaine ent eu sur la 4eunesse es"a5nole une "rise "lus directe !ue la ri5ueur du raisonne ent. Ce sont d)a'ord les i a5es du chant de la +alange, ce 1ara al sol !ui est né co e les chansons de 5este édiévales sans !u)on en connaisse e(acte ent l)auteur, sorte de création s"ontanée $ la!uelle on sait seule ent !ue "artici"èrent &u5ustin de *o(a, Uosé Maria &lfaro et Uosé &ntonio lui% : e >
+ace au soleil, avec la c$emise neuve ue tu !rodas de rouge $ier, La mort me trouvera si elle m’emporte, Jt que .e ne te revois plus.
C@ -'id., ". @3. CC F!id., ". 391. C6 F!id., ". 19@. 17;

Uosé &ntonio avait voulu un « c$ant de guerre et d’amour &. -l en avait défini les stro"hes !ui devaient le co "oser. 2n , évo!uerait la fiancée, le héros to 'é, la foi en la victoire. 1a che ise 'rodée de rou5e, c)est la che ise 'leue des "halan5istes, 'rodée des flèches rou5es d)-sa'elle de Castille, et la ain !ui a tenu l)ai5uille, c)est celle de la fiancée. #t le chant "oursuit >
,e serai 5 cMté des camarades ui montent la garde sous les étoiles, L’attitude impassi!le, Jt qui sont présents dans notre effort. 0i on te dit que .e suis tom!é, 1’est que .e m’en serai allé Au poste qui m’attend dans l’au'del5.

2n retrouve ici l)ins"iration de la "éroraison du discours de la Co édie !ui évo!uait dé4$ la « garde sous les étoiles &. #t aintenant le chant s)achève sur le salut $ la victoire >
Fls reviendront victorieu", les drapeau", Au pas allègre de la pai", Jt cinq roses seront attac$ées Au" flèc$es de mon faisceau. Fl rira de nouveau, le printemps ue les cieu", la terre, la mer espèrent. De!out légions, coureG 5 la victoire. Dne au!e nouvelle se lève sur l’Jspagne.

Mais la "a5e la "lus 'elle de Uosé &ntonio, celle !ui "orte le "lus de "rofondeur, dans la!uelle il , a co e une sorte de ,stérieuse consi5ne et une "ré onition aussi, fut "rononcée en ai 193C et si la 5randiose si "licité de ces deu( no s > Uosé &ntonio n)avait suffi sur la dalle de l)#scorial, c)est cette "a5e !ui devrait , fi5urer >
« 3ous autres, sans ressources, avec notre pauvreté et nos difficultés, nous allons, recueillant ce qu’il % a de fécond et d’utilisa!le dans notre Jspagne. Jt nous voulons que perdure cette difficulté .usqu’5 la fin et après la fin ; que la vie nous soit difficile avant le triomp$e et après le triomp$e. Fl % a quelques .ours .’évoquais dans un petit cercle un vers romantique qui dit > 7Ue ne veu( "as le ?aradis, ais le re"os. 8 1’est un vers romantique plein de sensualité ; c’est un !lasp$ème, mais un !lasp$ème qui repose sur une antit$èse .uste ; c’est certain > le 4aradis n’est pas le repos. Le 4aradis est contre le repos. Au 4aradis on ne peut pas #tre couc$é. ;n est de!out comme les anges. 3ous qui avons dé.5 conduit sur le c$emin du 4aradis les vies de nos meilleurs, nous voulons un 4aradis difficile, dressé, implaca!le; un 4aradis o< l’on ne se repose .amais et qui ait dans l’em!rasure des portes des anges avec des épées. »C7

C7 F!id., ". C66. 173

'I %amiro #edesma %amos ou la théorie de la révolution nationaliste
-l est a'surde et in5énu de "enser !u)on va nous "er ettre un 'eau 4our de "énétrer dans l)8tat, de le odifier de fond en co 'le. 6a iro 1edes a 6a os, Antologia. Cent ille ho es en ar es, o'ilisés non au hasard d)un tira5e au sort, ais "ar l)i "érieuse nécessité de se sauver héroX!ue entK sans cela, rien. 6a iro 1edes a 6a os, Antologia.

6a iro 1edes a 6a os s)est a""li!ué $ la théorie et $ la techni!ue de l)insurrection. -l est 'ien le conte "orain du CurFio Mala"arte de La /ec$nique du coup d’(tat. &vec oins de "oésie !ue Uosé &ntonio, dans un st,le "lus heurté et "lus 'rutal, il avait e("ri é des idées si voisines !ue la fusion des U2OS LUuntas de 2fensiva Oacional%SindicalistaM et de la *alan5e était fatale. #lle eut lieu en 4anvier 193@ et c)est une date i "ortante dans l)histoire de la *alan5e !ui "rend alors le titre de *alan5e de las U2OS, ado"te le faisceau des flèches et le 4ou5 des U2OS ainsi !ue l)e("ression de national%s,ndicalis e !ui servira désor ais $ définir l)ense 'le de la doctrine "halan5iste. R c/té du fascis e, du national%socialis e, il , avait désor ais le national%s,ndicalis e. Chronolo5i!ue ent, l)action de 6a iro 1edes a 6a os est antérieure au( "re ières anifestations "oliti!ues de Uosé &ntonio. C)est en effet dans les derniers 4ours de la Monarchie, en février 1931, !u)il lance le -anifeste pour la 1onqu#te de l’(tat o7 l)on trouve dé4$ l)essentiel de ses conce"tions "oliti!ues > un 8tat fort, une or5anisation s,ndicale du onde du travail, un dé"asse ent du ar(is e et surtout, un a""el "assionné $ l)insurrection nationale >
« /out espagnol qui n’arrive pas 5 se situer avec la grandeur voulue devant les faits qui s’avancent est o!ligé d’a!andonner les premières lignes et de permettre que les occupent les 4$alange courageuses et fermes. &@

1 11

1

6a iro 1edes a 6a os, Antologia, ". 33. 17@

1)o'servation fonda entale de 6a iro 1edes a 6a os est concerne l)évolution du sens et du r/le de la violence dans le do aine de la vie "oliti!ue.
« 3ous vivons au.ourd’$ui sous le signe de la franc$e acceptation et .ustification de la violence politique. Jn effet, ces dernières années, la violence a adopté des formes a!solument différentes de celles qui avaient cours en Jurope voil5 quarante ans. Fl e"istait alors des fo%ers de terrorisme, des troupes peu nom!reuses vouées 5 l’action secrète et trou!le, qui scandalisaient la circulation pacifique des gens par leurs interventions et ne rec$erc$aient pas l’ad$ésion, ni moins encore la colla!oration active des secteurs sociau" concordants, comme les ni$ilistes russes qui, durant di" ans, de @BAE 5 @BBE, réussirent 5 maintenir l’a!sence de sécurité permanente de l’empire tGariste. &

2r, la lutte fascis e%co unis e « qui est au.ourd’$ui l’unique réalité mondiale » a créée un nouveau st,le de violence > « le c$oc des masses, pour le moins de groupes nom!reu" » !ui inter"rètent l)an(iété de l)o"inion et « o!tiennent l’intervention active, militante et pu!lique des particuliers, les arrac$ant 5 leur vie pacifique et en les lançant dans une vie no!le, faite de risques, de sacrifices et de violence »;. Ce sont les « soldats populaires »3 « un groupe fort et audacieu" qui o!tient l’aide des secteurs les plus purs du peuple » et !ui doit « imposer sa vérité au" égarés ».
« Les 7,untes8 a!andonneront toute m%stique parlementaire pour se constituer en défenseur d’une franc$e politique de dictature qui mette au service de la 4atrie toutes les énergies du pa%s. &_

#t 6a iro 1edes a 6a os éta'lit avec éticulosité le "lan d)insurrection nationale > 1)insurrection doit :tre diri5ée « par un parti », !ui aura réalisé au "réala'le l)« éducation insurrectionnelle » et la « formation politique » de ses trou"es. 1es « équipes insurrectionnelles » devront :tre o'ilisées fré!ue ent car « le coup de main et la surprise sont des éléments primordiau" de l’insurrection ». Quant au( o'4ectifs de l)insurrection, ils devront « #tre populaires et connus de la masse nationale. Les circonstances qui favorisent et m#me rendent possi!le une insurrection, o!éissent tou.ours 5 des causes politiques qui ont leur origine dans le .ugement défavora!le du peuple sur les actes du régime »C. 1e 4onsis e doit :tre révolutionnaire "our trois raisons >
« 4ar imposition tactique, parce qu’il est a!surde et ingénu de penser qu’on va nous permettre un !eau .our de pénétrer dans l’(tat, de le modifier de fond en com!le ;
; 3 @ C U2OS, 19@3, ". +;. F!id., ". 19. 6a iro 1edes a 6a os, Antologia, ". 63. U2OS, 19@3, ". +7. 17C

4ar efficacité propre, parce que c’est la voie de salut et enfin ; 4arce que nous ne disposons pas d’un temps illimité &\.

1 11 Wn te(te définit asseF 'ien ce !u)on "ourrait a""eler « l’activisme de 9amiro Ledesma 9amos » >
« [ l’origine de notre démarc$e, il n’% a pas une doctrine, c’est'5'dire une conviction acquise par la voie intellectuelle, mais un effort de volonté. L’éla!oration des idées est trop lente et il faudrait trop longtemps pour qu’un s%stème intellectuel parfait définisse aussitMt notre activité révolutionnaire qui au.ourd’$ui a !esoin de faits, de présences ro!ustes plus que de doctrines. &A

1e fondateur des U2OS a fort 'ien résu é la cro,ait a""elé >

ission $ la!uelle il se

« L’idée nationale, la 4atrie comme entreprise $istorique et comme garantie de l’e"istence $istorique de tous les Jspagnols= l’idée sociale, l’économie socialiste avec la garantie du pain et du !ien'#tre économique de tout le peuple. Fl m’incom!e sem!le't'il la t)c$e d’unifier ces deu" drapeau", de les doter des s%m!oles émotionnels nécessaires et de poser les premières pierres d’une organisation qui les interprète. &B

1 11 1a !uestion sociale fut, avec le souci de la "ré"aration de l)insurrection, la "rinci"ale "réoccu"ation de l)auteur du -anifeste de la conqu#te de l’(tat . ?our lui >
« l’économie nationale n’est pas la somme des économies privées, ni m#me leur résultante, mais e"actement l’économie entière organisée, de telle manière que la nation elle'm#me, l’(tat national, réalise et accomplisse ses fins. &C

Mais cela su""ose un "eu"le
« a%ant conscience de ses fins communes, une discipline autour d’un c$ef et une communauté nationale au service de laquelle soient les corporations. 1’est'5'dire un (tat aut$entique= Jt surtout, @WW WWW $ommes en armes, mo!ilisés non au $asard d’un tirage au sort, mais par l’impérieuse nécessité de se sauver $éroXquement= sans cela, rien. &@W
6 7 + 9 1A 6a iro 1edes a 6a os, Antologia, ". +6. F!id., ". 9A. F!id., ". 11C. F!id., ". ;;6. F!id., ". +1. 176

&insi, cheF 6a iro 1edes a 6a os, l)évocation de l)8tat national% s,ndicaliste futur ne le conduit "as $ une anal,se ri5oureuse du s,stè e. -l se contente de 5randes li5nes ro'ustes, forte ent dessinées et, tout de suite, il revient $ son leit otiv > insurrection d)a'ord, « sans cela, rien ». Cette attitude n)était "as cheF lui le fruit d)un an!ue de culture. 1oin de l$. -l était licencié en "hiloso"hie et en sciences. -l a étudié sérieuse ent ]ant et OietFsche et est d)ailleurs resté forte ent ar!ué "ar la "ensée des deu( "hiloso"hes alle ands. Son attitude « activiste » "rovenait du fait !u)il esti ait !ue les idées "oliti!ues « ont peu de valeur, presque aucune », si elles ne re"osent "as sur un enthousias e et il déclare ne "as voir de eilleure définition du 4onsis e !ue celle !u)il se li ite $ indi!uer > « qu’il e"alte, recueille et encadre les .eunesses nationales ». -l ne les veut liées "ar rien d)autre !ue "ar l’épouvante !ui doit s)e "arer d)elles $ l)idée !ue "uisse « coXncider une période de dés$onneur, de ruine et de $onte pour la 4atrie avec le temps o< elles furent fortes, vigoureuses et redouta!les »11. 1e "assa5e est 'eau et s)il , flotte !uel!ue ro antis e de l)action, du oins ne "eut%on nier !ue 'eaucou" de 4eunes acce"tèrent la lutte, si "le ent "arce !ue 6a iro 1edes a 6a os leur avait révélé un 4our !u)ils étaient « forts, vigoureu" et redouta!les ».

11 F!id., ". 73. 177

'II. 2nésimo %edondo ou le pressentiment de la victoire
&u fond de toute lutte "oliti!ue, il , a une 'ataille "our la Culture. 2nési o 6edondo, ,;30, ai 1933. Sans lutte, il n), a "as de vie. ?our nous, la 'ataille, c)est la victoire. 2nési o 6edondo, Li!ertad, 4uin 1931.

2nési o 6edondo fi5ure, avec Uosé &ntonio ?ri o de 6ivera et 6a iro 1edes a 6a os, co e un des trois fondateurs de la *alan5e. C)était un Castillan et un ho e de la terre. R vin5t%trois ans, $ Ealladolid, il lance l)he'do adaire Li!ertad. 1)année suivante, le 4ournal est interdit et 2nési o 6edondo, "oursuivi, se réfu5ie au ?ortu5al. -l , de eurera deu( ans, surveillant, des 'ords du 3a5e, la "u'lication d)un autre 4ournal > Fgualidad, !ue rédi5ent ses ca arades de Ealladolid, et l)activité des « Uuntas Castellanas de &ctuacikn Sis"lnica » !ui fusionneront "lus tard avec les U2OS. 2nési o 6edondo, lui, entrera $ la *alan5e. 9octeur en droit, lecteur de castillan $ l)Wniversité de Mannhei , en &lle a5ne, 2nési o 6edondo est un intellectuel ais !ui n)a 4a ais "erdu le contact avec les réalités "a,sannes. Ce !ui se 'le l)avoir le "lus forte ent fra""é, c)est !u)« au fond de toute lutte politique, il % a une lutte pour la 1ulture &. #t il définit e(acte ent la Culture co e « le comple"e d’institutions et d’$a!itudes qui constituent la 1 vie civilisée & . 2r, la caractéristi!ue des "eu"les civilisés est « d’#tre dirigés par une sélection de personnes pourvues d’une culture supérieure, étendue &;. C)est "ar cette o'servation !u)2nési o 6edondo conclura, lui aussi, $ la nécessité d)un 5rou"e, d)une "halan5e, d)une ilice ca"a'le de « dériver toute l’activité constructive d’un peuple vers la grandeur collective > une aristocratie patriotique d’individus & char5és, co e il le dit dans une ? s,nthèse hardie, de « faire la 4atrie & . 1 11
1 ; 3 ,;30, ". 1C3. 6edondo 2nési o, /e"tos de Doctrina politica, ". 167. F!id., ". 1CA. 17+

1a conce"tion d)2nési o 6edondo est e(tr: e ent classi!ue. -l est dans la tradition de l)8tat - "érial et hiérarchi!ue des onar!ues castillans. Ce"endant, ce !ui le "réoccu"e, c)est l’esprit des institutions "lus !ue leur for e.
« H9épu!lique et -onarc$ieI sont de simples om!res sans corps, des récipients qui admettent des contenus contraires, des recettes capa!les de vous guérir ou de vous tuer. &_

1 11 Sur la !uestion sociale, 2nési o 6edondo n)avait "as une "osition différente de 6a iro 1edes a 6a os ou de Uosé &ntonio. 3ous trois a""artiennent $ ce courant d)idées, is en évidence "ar le fascis e, !ui cherche $ dé"asser la lutte des classes dans la s,nthèse nationaliste et cor"orative.
« Les pro!lèmes sociau" que l’organisation moderne de l’(tat présente et particulièrement l’élévation intellectuelle, économique et morale du prolétariat, doivent #tre résolus par l’intervention s%stématique de l’(tat pour éviter l’e"ploitation de l’$omme par l’$omme. La ,unte Hde Actuacihn LispinicaI repousse la t$éorie de la lutte des classes. /ous les éléments qui interviennent naturellement dans la production doivent vivre en une $armonie présidée par la .ustice. 3otre préférence va 5 l’organisation s%ndicale corporative, protégée et réglée par l’(tat, comme s%stème o!ligatoire de relations entre le travail et le capital, et de l’un et de l’autre avec les intér#ts nationau" de la production. &E

Oous avons dé4$ vu, $ "ro"os de Uosé &ntonio, !u)un des 5rands soucis du ouve ent national%s,ndicaliste avait été de considérer la "ro"riété co e un service et non co e un droit stati!ue. 1a situation a5raire, en #s"a5ne, dans les années 193A, donnait une 5rande acuité $ la réfor e a5raire et Uosé &ntonio était allé très loin dans ses conce"tions révolutionnaires dans ce do aine. 2n retrouve la : e "réoccu"ation cheF 2nési o 6edondo >
« ;n ne peut admettre que des milliers de pa%sans vivent une e"istence servile, connaissent la faim et n’aient m#me pas l’espoir d’améliorer leur sort, alors qu’il e"iste de grandes e"tensions de propriété statique= 3i la terre, ni aucune autre sorte de propriété ne doit #tre possédée statiquement, c’est'5'dire stérile ou avec des mét$odes de production réduites au minimum, alors qu’il e"iste des masses de familles affamées. 3ous préférons la d%namique productivité des particuliers 5 celle de l’(tat qui doit se dé!arrasser le plus possi!le d’activités industrielles= -ais nous attri!uons 5 l’(tat la mission supérieure de garantir le !ien'#tre des classes travailleuses en démolissant d’une manière révolutionnaire les privilèges $éréditaires de la paresse. &\
@ C 6 F!id., ". 1@9. F!id., ". ;@7. F!id., ". ;@3. 179

1 11 C)est 'ien une révolution !u)il s)a5it d)acco "lir. 2n se tro "erait si l)on ne vo,ait dans les "hrases 'rGlantes des trois fondateurs de si "les e(ercices de rhétori!ue. -ls cro,aient "rofondé ent en la révolution.
« 0ans lutte, il n’% a pas de vie. 4our nous la !ataille, c’est la victoire &

écrivait 6edondo en 4uin 1931. -ls eurent la 'ataille, "ressentirent la victoire, ais ne la virent "oint. C)est ce !ui donne $ leurs trois vies cet as"ect de élancoli!ue "ureté.

1+A

XIII. L’idée nationaliste au Portugal
Oous, les nationalistes, nous ettons la nation au%dessus des "artis et le "arti au%dessus des individus. Uacinto Candido, 1orreio nacional, ;1 avril 19A3.

Ue ne "ense "as e tro "er en disant !ue le ot nationalis e est a""aru dans le voca'ulaire "oliti!ue "ortu5ais en 19A1. C)est, en tout cas, la "lus ancienne ention !ue 4)en ai trouvé1. Qui l)e "lo,ait D Qu)entendait%on dési5ner "ar ce voca'le D -l nous faut, "our ré"ondre $ ces !uestions, re onter !uel!ues années "lus haut. 2n co "rendra alors !u)il , eut, au ?ortu5al, sur le sens du ot nationalisme une certaine é!uivo!ue. Ce !ue 4)a""ellerai > le "re ier nationalis e "ortu5ais, celui du 1orreio nacional, est le no !u)a "ris, au ?ortu5al, un essai de "arti catholi!ue "ortu5ais !ue l)on "ourrait co "arer au hentru alle and ou au ?arti chrétien social autrichien de 1ue5er et du "rince &loXs de 1iechtenstein. Mais le "lus si "le est de "rendre l)histoire "ar le co ence ent. Eers 1+9+, $ ?orto, na!uit l)idée d)or5aniser un Centre national catholi!ue. 2n fonda un !uotidien, le 1orreio nacional au!uel colla'orent Casal 6i'eiro, =arros [o es, Ueron, o ?i entel, Mar!ueF de ?o 'al, *ernando de SouFa et Uacinto Candido. Ce Centre Z Centro nacional Z "u'lie un -anifeste !ui est si5né de Uacinto Candido, du co te de =ertiandos « représentant d’une des plus illustres familles du 4ortugal, vrai démocrate par son orientation sociale », écrit le 1orreio nacional !ui entend le ot dé ocrate évide ent dans le sens !ue 1éon X--- a donné $ l)e("ression « dé ocratie chrétienne »;, c)est%$%dire > « une action !ienfaisante parmi le peuple », sans référence au « régime populaire » et a"rès lui avoir enlevé « tout sens politique »3. 1e troisiè e si5nataire du -anifeste du Centro nacional est [on0alves de &l eida [arrett, "air du 6o,au e et 5rand "ro"riétaire terrien. 9u docu ent !ue si5nent les trois ho es, retenons cette définition du Centro >
« Le 1entre national, dont la devise sera 79eligion et 4atrie8, aura pour fins de promouvoir les droits et les li!ertés de l’(glise, l’application des principes d’économie sociale c$rétienne et la défense de tous les intér#ts supérieurs du pa%s, qui, par leur nature, doivent #tre au'dessus de toutes les luttes et divisions partisanes. &_

#n 19A;, le Centro nacional devient le ?arti nationaliste L?artido nacionalistaM. 1)idée est 'ien d)un hentru $ l)alle ande >
1 ; 3 @ Candido Uacinto, A doutrina nacionalista, ?ovoa de EarFi , ". ;A. 1orreio nacional, 6 4uillet 19A1. Nraves de 1omuni. 1orreio nacional, 1+ 4uillet 19A1. 1+1

« 4arfois, écrit le 1orreio nacional, on sem!le croire que le 1entre national ne s’occupera que des questions religieuses et d’économie sociale c$rétienne », c)est l$ une conce"tion erronée.
« Le 1entre national défendra également tous les intér#ts supérieurs du pa%s qui, par leur nature, doivent #tre au'dessus des luttes ou divisions de partis. H=I 1’est une idée essentielle correspondant 5 ce qui est e"primé en ces termes dans le programme du centrum allemand > 74ar la 2érité, le Droit et la Li!erté O8 Jn Allemagne le centrum admet des $ommes séparés entre eu" par de profondes divergences ou antinomies de partis, de race et d’opinions ; mais tous ont l’o!ligation d’adopter et de défendre ce qui est imposé par les nécessités religieuses, les grands principes de la raison, les grandes nécessités de la 4atrie et de l’$umanité. Ainsi devait'il en #tre, et en sera't'il, au 4ortugal. &E

1es e 'res du Centre national se !ualifient de nationalistes LnacionalistasM. 1e ;9 octo're 19A1, le 1orreio nacional "arle de « mouvement nationaliste », et, dès février 19A;, de « parti nationaliste ». 2n continue de ar!uer un 5rand intér:t "our le hentru , le "arti catholi!ue 'el5e alors au "ouvoir, et "our l)&ction li'érale de Uac!ues ?iou !ui tente, en *rance, de 5rou"er les catholi!ues en un "arti. -l est intéressant de noter !ue, ré"ondant au 4ournal 3ovidades, le 1orreio nacional déclare !ue le Centro nacional n)est "as dans la li5ne de la ?atrie fran0aise, !ui 5rou"e alors les nationalistes fran0ais, ais dans celle de l)&ction li'érale. Ootation fort i "ortante, car le second nationalis e "ortu5ais suivra au contraire la li5ne de la ?atrie fran0aise, et l)-nté5ralis e lusitanien sera "lus dans l)a(e de l)&ction fran0aise !ue dans celui de la dé ocratie chrétienne. Si"olito 6a"oso dans Dois 3acionalismos6 dira de ce "re ier "arti nationaliste >
« 1’est un parti cat$olique dont les adeptes ne posent pas la question de la forme du gouvernement, 5 l’intérieur de quelque régime que ce soit, leur programme est li!éral= 1’est un parti national, !asé sur la communauté d’idées et de principes supérieurs de gouvernement, avec une organisation vraiment démocratique, dans laquelle la force réside dans la collectivité, consciente et li!re, et qui ne soit pas l’apanage privé d’individualités a!sor!antes, investies d’une autorité despotique. Fl affirme la nécessité de tenir compte de la question sociale et de la question religieuse. Fl ad$ère pleinement au" principes du cat$olicisme, proclame son respect pour la !onne $armonie entre l’(glise et l’(tat, défend le principe de l’association par classe et de l’intervention officieuse auprès des patrons et des ouvriers, du prolétariat agricole et du petit cultivateur comme du prolétariat industriel > gouvernement de la nation par la nation au mo%en de la décentralisation politique ; il attri!ue 5 la province sa légitime influence parlementaire, décidé 5 en finir avec l’idée conventionnelle que le pa%s se réduit au" politiciens professionnels et que l’opinion s’e"prime dans les propos plus ou moins artificiellement répandus dans la capitale ; réforme électorale, responsa!ilité ministérielle,
C 6 F!id., 1er octo're 19A1. 6a"oso Si"olito, Dois 3acionalismo, 1is'onne, 19;9, ". ;;. 1+;

décentralisation administrative dans le 9o%aume et ;utre'-er ;il promet que des peines sévères puniront les despotes locau", affirme l’indépendance du pouvoir .udiciaire, la nécessité de la défense nationale, recommande au" 4ortugais l’e"emple du peuple anglais, le développement économique, l’instruction pu!lique et la li!erté de la presse, etc., le tout en quarante articles de doctrine et d’application. &

-l se 'le 'ien, !uand on lit ce "ro5ra e !u)il , ait eu !uel!ue é!uivo!ue sur le sens du ot nationalisme. 9ès lors !u)on n)entendait "as "ar l$ le "rinci"e des nationalités Z et ce n)est évide ent "as le cas du Centro nacional Z le sens nouveau !u)avait donné au ot nationalisme Maurice =arrès et ses disci"les de L’Action française "ouvait%il convenir $ un Centre catholi!ue li'éral D Ue "ense !ue c)est "ar réaction contre ce !u)on a""elait $ l)é"o!ue le 4ersonnalisme L"ersonalis oM !ue Uacinto Candido et ses a is eurent l)idée de "arler de nationalisme. 1)antithèse était heureuse, ais elle ne dé"assait "as le 4eu de ots. Ce"endant, on trouve dans certaines "a5es de Uacinto Candido, l)é'auche d)une vérita'le doctrine nationaliste, "ro'a'les reflets de ce !ui restait de l)influence du 'oulan5is e et des études sociolo5i!ues d)8douard 9ru ont dans l)&ction li'érale de Uac!ues ?iou et d)&l'ert de Mun. R la Conférence Oationaliste de =ra5a, en ai 19A3, Uacinto Candido donne cette définition du nationalis e7 >
« Le mot nationalis e qu’on appliquait légitimement 5 ce parti politique ]le 1entre national^ n’était pas une parole creuse et vaine ; elle correspondait 5 une réalité s’opposant au 7partidarisme8 et au 7personnalisme8, ou 5 la suprématie des partis et des personnes sur la nation. 3ous, les nationalistes, nous mettons la nation au'dessus des partis et le parti au'dessus des individus. &

-l ne an!ue "as au nationalis e de Uacinto Candido, cette "ointe d)antisé itis e et d)anti a0onnis e !ui caractérise le catholicis e social $ ses dé'uts, tout co e le nationalis e 'arrésien >
« 4armi nous également Hau 4ortugalI il % a de ces li!érau" qui prennent la -açonnerie et le 0émitisme, dominant dans le gouvernement de la pauvre +rance, pour des modèles et qui prétendent copier, 5 tort et 5 travers, ce qu’a fait le .aco!inisme sémite et sectaire dans cette mal$eureuse nation. -ais nous, nous ne sommes pas de ces pseudo'li!érau", sémites et franc' maçons ; nous sommes des partisans sincères et amis de la li!erté et nous voulons voir les li!ertés pu!liques et individuelles garanties sincèrement. &B

1 11 Uacinto Candido !ui s)affir ait co e la "ersonnalité do inante du "arti nationaliste, était né $ &n5ra do Serois o, le 3A nove 're 1+C7, d)un "ère né5ociant et de 9. *rancisca #lisa de =ettancourt 6ocha e Silva.
7 + 1orreio nacional, ;A F!id., ;1 avril 19A3. ai 19A3. 1+3

-l avait fait son droit $ CoX 're, en 1++1, était revenu $ &n5ra do Serois o co e "rofesseur au 1,cée, "uis , avait e(ercé la "rofession d)avocat. Sa fa ille a""artenait au "arti 9egenerador Llittérale ent > ?arti ré5énérateurM. -l se it $ écrire dans les 4ournau( du "arti et, en 1++6, il était élu dé"uté. -l fut inistre de la Marine d)SintFe 6i'ero et il se trouva occu"er ces fonctions lors des ca "a5nes du MoFa 'i!ue. -l se 'le avoir été "articulière ent fra""é "ar le caractère très "ersonnaliste de la "oliti!ue "ortu5aise et avoir "ensé écha""er du cercle étroit des "oliticiens "rofessionnels ré5ionau( en faisant a""el $ l)o"inion "u'li!ue. Sa tentative venait "ro'a'le ent tro" t/t dans un "a,s "eu intéressé au( 5rands "rinci"es "oliti!ues. -l a soutenu "ourtant l)e(istence d)une vérita'le 'ase "o"ulaire au ouve ent nationaliste >
« Le nationalisme constitué initialement non par un $omme ou un groupe d’$ommes, mais comme le produit naturel et spontané d’un mouvement d’opinion national, déterminé par la rencontre de diverses circonstances dans une con.oncture $istorique, n’a été 5 l’origine qu’un simple élément de pondération et d’équili!re dans la vie politique de la 3ation pour la défense des principes religieu" et des grands intér#ts pu!lics, mais comme naturelle conséquence de son processus évolutif, il a aussitMt assumé, et conserve, l’allure d’un parti politique autonome. &C

C)est $ "artir de 19A3, !ue le "arti nationaliste tend $ devenir non "lus un "arti catholi!ue, ais un "arti "oliti!ue autono e. Ses fondateurs, réunis au siè5e de l)&ssociation catholi!ue de ?orto décident !ue le "arti « ad$ère au" principes du cat$olicisme et affirme son respect pour la !onne $armonie entre l’(glise et l’(tat »1A, ais il n)est "lus désor ais uni!ue ent un centre catholi!ue, il est un "arti "oliti!ue et entend ré"ondre $ tous les "ro'lè es !ue "ose la vie nationale.
« Le nationalisme, dira ,acinto 1andido au" 1ortès, ne se préoccupe pas des personnes ; il apprécie les actes du gouvernement selon son critère qui possède de sérieuses garanties d’impartialité, parce qu’il repose depuis longtemps sur la doctrine complète de gouvernement qui figure dans son programme. &@@

C)est la donnée la "lus i "ortante du nationalis e de Uacinto Candido > « le nationalisme maintient sa caractéristique fondamentale de l’impersonnalisme, c’est'5'dire de la su!ordination de tous ses mem!res non 5 la volonté personnelle d’un c$ef, mais au" idées et principes qui forment sa doctrine et constituent ses tendances dominantes, a%ant pour !ut, non la consécration de personnalités, mais la défense des grands intér#ts de la nation »1;.
« Les personnalistes, dira &. 2"iniao, sont tou.ours rotativistes, c’est'5' dire qu’ils peuvent entrer dans la rotation et toutes leurs préoccupations, tout leur travail, toutes leurs luttes ont cette fin unique. &@?

1e nationalis e "rétend donc re "lacer les luttes de "artis et d)individus "ar le service de l)intér:t national défini dans un certain no 're de "rinci"es.
9 1A 11 1; 13 F!id, 1+ 4uin 19A3. &'undio da Silva Manuel. -., 3acionalismo e acçao cat$olica, ?orto, 19A9, ". C9. A ;piniao, C 4uin 19A6. F!id., ;3 avril 19A6. F!id., ;3 avril 19A6. 1+@

C)est au Con5rès nationaliste de Eiana do Castello, en aoGt 19AC, !ue Uacinto Candido e("ri era le ieu( sans doute les idées encore confuses de ce nationalis e !ui cherche $ se définir en dehors des « cacismes » et du 4eu rotativiste des "oliticiens. -l ontre dans « la force et l’action spontanée de la 3ature, o!éissant 5 une loi supr#me de conservation et de défense de la vie », la "rinci"ale, sinon l)uni!ue raison de « la résistance efficace des organismes !iologiques et leur triomp$e sur toutes sortes de principes mor!ides ». Cette loi su"r: e "réside $ la vie, et est fonda entale dans son évolution do inante dans toutes les circonstances de te "s et de lieu(.
« La vie se défend, résiste et lutte, pour sa conservation, pour son e"istence ; et la propre nature lui fournit de nouvelles propriétés, ou développe de nouveau" organes, selon les nécessités de la résistance et de la défense. 0’il en va ainsi, empiriquement et scientifiquement dans le domaine !iologique il est certain que, parallèlement, dans le domaine de la sociologie, on peut affirmer avec fondement que la m#me loi e"iste et gouverne la vie et l’évolution des organismes sociau" H=I. Ainsi, quand surg6t un élément pertur!ateur qui attaque le fonctionnement régulier de l’organisme social, spontanément et naturellement, se constituent dans cet organisme des conditions de résistance et de défense nécessitées par la conservation de la vie organique collective. Jn réponse 5 l’agression du mouvement .aco!in, s’organise d’une manière naturelle et spontanée, un mouvement de résistance et de défense qui ne fait que .ustifier cette loi. Fl s’organise, se forme lui'm#me, surgit sous l’action de la loi scientifique dont .e viens de parler, naturellement, d’une manière spontanée V .e ne me lasserai pas de le répéter comme une nécessité de défense sociale; il n’a pas été le résultat d’un propos déli!éré, il n’a pas o!éit 5 un plan prééta!li, il ne provient pas d’une con.uration > il na6t, surgit, par lui'm#me, en vertu de cette défense de la conservation de la vie collective qui est la loi supr#me et première, en 0ociologie comme en Biologie. &

&insi donc, cette loi su"r: e de défense « fondait l’apparition du nationalisme dans la vie pu!lique du pa%s »1@. =ien !u)encore confuses, les "rinci"ales thèses de la doctrine nationaliste affleurent dans les "ro"os de U. Candido. -l n)a "as écha""é au "rocessus !ue nous trouvons décidé ent $ la 'ase du raisonne ent dans toutes les écoles nationalistes > l)utilisation du raisonne ent 'iolo5i!ue a""li!ué $ la sociolo5ie H la "rocla ation du caractère nécessaire, "eut :tre déter iniste du nationalis e. Son inti e liaison avec les traditions du "a,s conduisent le nationalis e $ une sensi'ilité "articulière devant les atta!ues $ la reli5ion des "ères et entraJnera toute une fraction du ouve ent nationaliste $ "rocla er la nécessité de la restauration de la onarchie traditionnelle co e condition : e de la réalisation de l)8tat nationaliste. C)est de cette conviction !ue naJtra ce !ue 4)a""ellerai le second nationalis e "ortu5ais > l)-nté5ralis e lusitanien.
1@ F!id., 6 février 19A6. 1+C

'IV. $ntonio 3ardinha ou l’intégralisme lusitanien
#n raison de l)e(tr: e désa5ré5ation $ la!uelle est arrivé l)8tat, c)est "eut%:tre au ?ortu5al !ue sera réservé le destin 5lorieu( d)inau5urer l)2rdre Oouveau en #uro"e H s)il doit en :tre ainsi Z et 4e crois !u)il en sera ainsi B Z nous aurons récu"éré notre vocation a"ostoli!ue de "eu"le con!uérant et e("lorateur, en levant contre l)oura5an a(i a% liste de l)2rient, le a(i alis e très chrétien du onde occidental. &ntonio Sardinha, 3açjo 4ortuguesa, 4uillet 19;;. ?artant d)une autre conce"tion de la société !ui n)est "as la conce"tion dé ocrati!ue, 'asée sur la dis"ersion individualiste, nous devons conclure lo5i!ue ent au traditionalis e, non co e $ un courant "hiloso"hi!ue, ais co e $ une éthode "ositive d)action et de 5ouverne ent. 1e nationalis e doit donc, "ar consé!uent, :tre co "lété "ar le traditionalis e. &ntonio Sardinha, 3açjo 4ortuguesa, 4anvier 19;9.

9ans son 4anorama do 3acionalismo portugu#s1, Uomo & eal soutient !ue « le nationalisme intégral portugais a ses raisons propres, sui 5eneris, e"actement comme les possèdent les nationalismes intégrau" de +rance, d’Ftalie et de tous les autres peuples &. Mais il a4oute > « Fl % a pourtant des raisons de ressem!lance entre les divers nationalismes, car ils incarnent tous la réaction vitale de leurs patries contre des mau" communs, !ien que c$acun révèle un aspect particulier de cette réaction collective &. -l n)est en tout cas "as nia'le !ue l)école nationaliste fran0aise, "arce !u)elle fut la "re ière $ réa5ir, éveilla l)attention dans les "a,s é5ale ent enacés "ar les internationales, et, "ar la valeur et la richesse de son ar5u entation, e(er0a une influence incontesta'le sur les ouve ents si ilaires. -nfluence !ui touchait "lus $ la for e, $ la dialecti!ue, !u)au fond "uis!ue cha!ue ouve ent trouvait dans son histoire, ses coutu es et ses traditions les raisons nécessaires et suffisantes $ cette défense 'iolo5i!ue du cor"s social !u)est le nationalis e. 1)-nté5ralis e lusitanien, d)une "art se confond avec l)idée de restauration onarchi!ue, ais d)autre "art, "ar l)idée !u)il se fait des conditions de cette restauration, "ar le ré5i e !u)il entend i "oser $ l)institution, il n)est "as un si "le ouve ent onarchiste, il est aussi un ouve ent nationaliste, c)est% $%dire doctrinaire. C)est sous cet as"ect !u)il nous intéresse dans cette étude.
1

& eal Uomo, 4anorama de 3acionalismo portug#s, 1is'oa, 193;, ". @.
1+6

< << 1a "re ière "u'lication inté5raliste fut L’Alma 4ortuguesa !ui "arut en ai 1913. #lle était diri5ée "ar 9o in5o de &rau4o, en e(il $ [and, et , colla'oraient &ires de 2rnelas, Senri!ue de ?aiva Couceiro, ?inheiro 3orres, &l'erto MonsaraF, 1uis de &l eida =ra5a et 6olmo ?reto. Ce fut, raconte Si"olito 6a"oso, 1uis =ra5a !ui eut l)idée de l)a""ellation intégralisme, très certaine ent ins"irée "ar le sous%titre de L’Action française > « 2r5ane du nationalis e intégral ». #n aoGt 1913, "araissent ;s meus 1adernos de -ariotte ; en février 191@ Aqui d’Jl 9ei O de Uomo de & aral H en avril de la : e année la 3açjo 4ortuguesa d)&ntonio Sardinha. 9es ho es se cherchaient, un ouve ent de andait $ naJtre. < << #n se"te 're 1913, raconte Si"olito 6a"oso >
« Antonio 0ardinlia se rencontrait avec Al!erto -onsaraG et moi'm#me dans la uinta das ;laias, 5 +igueira da +oG, pour mettre au point la pu!lication d’une revue de p$ilosop$ie politique qui traduis6t notre protestation contre la 9épu!lique portugaise, dans sa forme et dans ses actes et anim)t et répand6t l’espérance qui nous !r:lait et pour laquelle nous nous pensions capa!les de retourner la face du monde. La revue parut 5 1oXm!re, en .anvier suivant, elle s’appelait la Oa0mo ?ortu5uesa. /andis que nous travaillions ainsi au 4ortugal, mettant nos pro.ets au point, ,osé 4equito 9e!elo, sans rien savoir de nous, arrivait 5 4aris et par l’intermédiaire de quelques .eunes 4ortugais et de -ariotte ]l’a!!é Amadeu de 2asconcelos^, connaissait le grand mouvement contre'révolutionnaire de l’Action française. Bouleversé par la révélation que fut pour lui cette nouvelle école politique, il se mit 5 étudier sur place avec ardeur et en profondeur, après quoi, il se décida 5 rentrer au 4ortugal. &

-l devait alors rencontrer &ntonio Sardinha et for er avec Uomo de & aral, ré"u'licain nouvelle ent converti $ la onarchie et &driano Xavier Cordeiro, l)é!ui"e de la 3açjo 4ortuguesa. 1)influence de cette revue fut considéra'le. 1e "re ier nu éro "arut le + avril 191@. 1e ouve ent au!uel elle devait donner naissance eut dans &ntonio Sardinha son aJtre le "lus écouté. -l devait alheureuse ent ourir $ trente% se"t ans, en 19;C. 3oute son Iuvre a tendu $ "résenter la onarchie co e la réalisation inté5rale des e(i5ences du nationalis e. 2n "eut dire !u)il eut, vis%$%vis du nationalis e "ortu5ais, la "osition et le r/le de Maurras vis%$%vis du nationalis e 'arrésien.
1+7

Cette "osition a d)ailleurs "r:té $ des é!uivo!ues sur la nature de l)influence !u)a "u e(ercer l)&ction fran0aise sur l)-nté5ralis e lusitanien. C)est, si l)on veut, une !uerelle dé"assée, ais il faut en "arler "arce !ue la conclusion !u)on en tirera 4ustifiera, finale ent, le caractère "ro"re de cha!ue nationalis e tout en ontrant la "art d)universalis e !ue l)idée contient. 9ès 191C, Xavier Cordeiro, &l'erto MonsaraF, &ntonio Sardinha et Si"olito 6a"oso, dans une lettre au Dia* déclaraient !ue les doctrines de l)-nté5ralis e lusitanien n)étaient ni de leur invention, ni i "ortées de *rance, ais !u)elles "rovenaient d)un "atri oine historico%"oliti!ue d)auteurs "ortu5ais de la "re ière oitié du X-Xe siècle !ue le trio "he du ouve ent li'éral avait 4uste ent fait ou'lier. C)est la : e ar5u entation !u)e "loiera &lfredo ?i enta ré"ondant $ un article de L’Action française !ui avait "arlé du « ra%onnement des idées de l’Action française dans le monde latin &.
« Le mouvement contre'révolutionnaire portugais, répondait Alfredo 4imenta, n’est pas, comme le suppose - 4ierre /uc, un ra%onnement des idées de l’Action française dans le monde latin, mais un effort proprement portugais des générations contemporaines de l’avènement de la 9épu!lique et que celle'ci avait déçues. &?

Ootons !ue les fondateurs de l)-nté5ralis e lusitanien ne nient "as la si ilitude des deu( ouve ents H ce !u)ils nient c)est !ue l)-nté5ralis e ait été une « co"ie » de l)&ction fran0aise. Cela eGt été i "ossi'le d)ailleurs Z ou invia'le Z car, co e l)avait dit &ntonio Sardinha, « c$aque pa%s se concrétise dans l’individualité incommunica!le de son déterminisme. Fl n’est pas possi!le de superposer le passé d’une race au passé d’une autre race &_. Mais, co e le re ar!uera Uulio #van5elista >
« l’Fntégralisme lusitanien a pris, au moins, au mouvement français son e"emple, ses suggestions et ses procédés. Jt si nous considérons que les lignes ma6tresses de la doctrine présentent des affinités dans les deu" mouvements, tous deu" étant monarc$istes, nationalistes et traditionalistes ; qu’il est courant de voir les $ommes de l’Action française cités par les t$éoriciens portugais ; et que l’influence que -aurras, Bourget et Bainville, par e"emple, ont e"ercée sur une grande partie de la .eunesse intégraliste qui les lisait avec avidité, est indénia!le, il faut reconna6tre que cette influence est allée encore au'del5. &E

< <<
; 3 @ C

Cité in Ca "os *ernando, « Mauras e o "ensa ento "olitico "ortu5:s », ; De!ate, 13 nove 're 19C@. ; De!ate, ;7 nove 're 19C@. 3açao 4ortugesa, + ai 191@, ". @1. A 2oG, 31 aoGt 19CC.
1++

-l est e(tr: e ent i "ortant, "our la 4ustification : e du nationalis e, de rechercher et de reconnaJtre les raisons !ui a ènent les "eu"les au nationalis e. 1)e("lication "ar le « ra,onne ent » d)une idée "oliti!ue étran5ère n)est "as soutena'le. 1e nationalis e, "ar essence, ne saurait :tre !ue national. 1es si ilitudes !ue "euvent "résenter entre eu( divers ouve ents nationalistes "roviennent si "le ent de l)identité des situations > un or5anis e national enacé dans sa su'stance réa5it "ar une affir ation de son individualité. Ce "rocessus de défense, c)est "ro"re ent le nationalis e. Que les ar5u ents de la doctrine nationaliste "uissent se traduire d)une lan5ue dans l)autre, cela n)est "as "lus étonnant !ue la traduction d)un traité de théra"euti!ue. Ce !ui diffère, c)est le alade et cha!ue alade ne co 'at !u)avec ses "ro"res forces, ne réa5it !ue suivant son te "éra ent. -l ne co"ie "as son voisin d)h/"ital, ais ils "rennent tous les deu( le : e édica ent s)ils ont la : e aladie. Qu)&ntonio Sardinha ait été un "enseur e(tr: e ent ori5inal, !u)il ait défendu des "ositions en%de0$ ou au%del$ de celles de Maurras est incontesta'le et cela est 'ienheureu(, car c)est une dé onstration su""lé entaire du caractère s"écifi!ue de cha!ue nationalis e. < << Quatre ois avant la Marche sur 6o e, alors !ue "ersonne en #uro"e ne se fait une idée claire de ces 5randes révolutions nationales !ui vont ar!uer le second !uart du siècle, &ntonio Sardinha écrit dans la 3açjo 4ortuguesa >
« Jn raison de l’e"tr#me désagrégation 5 laquelle est arrivé l’(tat, c’est peut'#tre au 4ortugal que sera réservé le destin glorieu" d’inaugurer l’;rdre nouveau en Jurope; s’il doit en #tre ainsi V et .e crois qu’il en sera ainsi O V nous aurons récupéré notre vocation apostolique de peuple conquérant et e"plorateur, en levant contre l’ouragan ma"imaliste de l’;rient le ma"imalisme très c$rétien du monde occidental. &\

1e ?ortu5al devra attendre !uatre ans encore, et &ntonio Sardinha sera ort de"uis un an lors!ue éclatera la 6évolution nationale du ;+ ai 19;6. -l n)aura donc "as vu la victoire nationaliste, ais il l)avait "ressentie, "ré"arée et en avait : e distin5ué celui !ui devait en devenir le constructeur, un "rofesseur de droit de CoX 're > SalaFar. < << 9ans la "réface de son ouvra5e ca"ital, Ao principio era o 2er!o, Sardinha "arle de ces "a5es co e d)une « ca "a5ne nationaliste » !u)il résu e en ces ots >
6

3açao 4ortugsa, 4uillet 19;;, ". 1;.
1+9

« Le retour de la société portugaise au" conditions naturelles de sa formation et de son développement. &A

1e retour au( « conditions naturelles & constitue la 'ase : e de toute réaction nationaliste. Sardinha les a définies dans le : e ordre !u)on retrouve cheF tous les théoriciens nationalistes > la *a ille, la Co une, la Cor"oration, la ?rovince, la ?atrie, l)8tat.
« Après avoir reconstitué la +amille, groupement fondamental et primaire, dans son intime composition monogamique et territoriale, nous irons 5 la 1ommune et 5 la corporation. De la 1ommune et de la 1orporation additionnées sur le plan organique dans la 4rovince, sortira la 4atrie, servie dans ses fins supérieures par l’action coordinatrice de l’(tat. Ainsi nous trouverons par les c$emins éternels et ra.eunis de la /radition, cet ordre qui est naturel et $umain et sans lequel il n’% a ni civilisation, ni e"istence possi!le. &B

&ntonio Sardinha n)a 4a ais sé"aré le traditionalis e du nationalis e et il a sans doute considéré le second surtout co e un o,en de restaurer les institutions !u)il rencontrait dans la tradition "ortu5aise. -l a d)ailleurs laissé de la tradition une très 'elle définition, "leine du sens de la continuité des nations >
« 4our nous, la tradition n’est pas seulement le passé. Jlle est d’a!ord la "er anence dans le dévelo""e ent. Les c$oses étant ainsi V et telle est la !ase p$ilosop$ique des doctrines traditionalistes V les institutions d’un peuple ne peuvent .amais #tre considérées comme le résultat d’un acte relevant e"clusivement de la volonté personnelle ou comme une imposition déli!érée d’un groupe plus ou moins important d’individus. La société est une création, et non une construction. Jlle n’est pas un mécanisme. Jt parce quelle est une création, son e"istence est conditionnée par certaines lois naturelles et c’est de l’action convergente de celles'ci qu’un .our elle est née. 4ar tradition, nous devons donc entendre nécessairement l’ensem!le des $a!itudes et tendances qui ont c$erc$é 5 maintenir la société dans l’équili!re des forces qui lui avaient donné naissance et qui lui ont permis de durer dans la mesure o< elle les a respectées. La tradition pour nous, ne vaut pas sentimentalement comme valaient les ruines pour les romantiques, comme une c$ose morte que la nostalgie aurait pénétrée de son parfum étrange. La tradition, pour nous, vaut comme permanence dans la continuité. La rompre, c’est couper la séquence $éréditaire, c’est rompre les antécédents morau" et sociau" dont nous sommes un maillon a.outé. &C

< << Cette notion de l)inti e liaison du nationalis e et du traditionalis e, de la correction du "re ier "ar le second, est très i "ortante dans l)Iuvre d)&ntonio Sardinha. C)est une idée sur la!uelle il reviendra souvent.
7 + 9

Sardinha &ntonio, Ao principio era o 2er!o, ". X---. F!id., ". 313. Sardinha &ntonio, 3a +eira dos -itos.
19A

-l en fait encore le thè e "rinci"al de son article > « ?our!uoi nous revenons », !ui ar!ue la réa""arition de la 3açjo 4ortuguesa en 19;; >
« 3otre nationalisme n’est pas seulement nationalisme, il est tempéré par le traditionalis e qui est 7l)acce"tation des raisons fonda entales de la ?atrie avec toutes les lois dérivées de la 6ace et du Milieu8. &

Mais Sardinha n)entend "as enfer er son hu anis e chrétien dans le cadre étroit d)un nationalis e !ui serait e(clusif >
« Fl faut aller plus loin et réaliser par la pro.ection du génie de c$aque patrie une conscience plus grande, un idéal supérieur de civilisation V celui de la civilisation c$rétienne qui a formé le monde et qui, nous l’espérons avec confiance, le sauvera encore. &

Car, $ ses ,eu(, si le nationalis e est, dans la vie des "eu"les, « élément nécessaire de rénovation », il ne réussit d)une fa0on dura'le et féconde !ue lors!u)il est « épuré par les disciplines sociales et intellectuelles du traditionalisme », car le traditionalis e n)est "as autre chose !ue « la reconnaissance et la pratique d’un s%stème de principes et d’institutions accréditées par l’e"périence et dans lesquels s’est condensé le fruit d’une longue o!servation dans l’art de gouverner et d’#tre gouverné ».
« 1’est donc de l’association des deu" facteurs > nationalis e et traditionalis e que résulte la ligne de conduite que la science sociologique proclame au.ourd’$ui comme la plus efficace après les ruineuses aventures vers lesquelles les idéologies tentatrices de la 9évolution avaient entra6né l’(tat et la 0ociété. &@W

R la tradition, &ntonio Sardinha de ande surtout la "rotection contre les idéolo5ies, les entraJne ents de l)es"rit, : e Z surtout Z 5énéreu(. -l ne veut considérer !ue ce !u)il a""elle « les deu" éléments naturels » de la Oation > « 1a 3erre et la 6ace ». C)est la for ule de =arrés > la 3erre et les Morts, en oins ro anti!ue et en "lus e(acte, car la 6ace, si elle re"ose sur les Morts, est aussi un devenir et les conditions : es de ce devenir sont i "ortantes $ définir, sinon la 6ace ris!ue de se odifier et de dis"araJtre. 9onc, 'asé sur la terre et la race, Sardinha recherche les institutions !ui ont été « la création de l’e"périence séculaire de la nation », car il re"ousse toutes « les a!stractions et les caprices du romantisme politique et sentimental ».
« De telle sorte que partant d’une autre conception de la société qui n’est pas la conception démocratique, !asée sur la dispersion individualiste, nous devons conclure logiquement au traditionalisme, non comme 5 un courant p$ilosop$ique, mais comme 5 une mét$ode positive d’action et de gouvernement. Le nationalisme doit donc, par conséquent, #tre complété par le traditionalisme. &@@

1a tradition n)est "as « un point mort dans l’$istoire. 1’est avant tout une ligne $armonieuse et ininterrompue, liant entre elles les générations et les temps, les événements et les $ommes ».
1A 3açao 4ortuguesa, 4uillet 19;;, ". 3. 11 F!id., 4anvier 19;9. 191

1a tradition, c)est « la permanence dans le développement, une ligne et non un point ».
« Jlle me sem!le caractérisée scientifiquement par rapport 5 une époque, comme la somme des connaissances et des conqu#tes o!tenues antérieurement et, aussitMt, sans rupture, ni suspension, communiquées 5 l’époque suivante. &@*

Mais lors!u)il , a eu ru"ture, !ue la ru"ture a été lon5ue, ne se crée%t%il "as alors une autre tradition, anta5oniste D C)est l$ une situation e(tr: e ent 5rave, lors!ue deu( traditions se ettent $ vivre si ultané ent dans un : e "a,s. -l se "roduit alors un "arta5e. 9eu( races s"irituelles s)é"ient, s)accusent, se co 'attent. 1a nation s)affai'lit au ilieu des divisions et 'ient/t est en ris!ue de "érir si ne trio "he "as la tradition authenti!ue !ui contenait en elle ce !ue Sardinha a""elle « les conditions naturelles de sa formation et de son développement ». C)est le r/le : e du nationalis e !ue de sur5ir "récisé ent dans les o ents de confusion des "eu"les co e « instinct profond de vitalité » et de se 4oindre au traditionalis e, « produit de l’e"périence séculaire ». 9e : e !ue Maurras re5rettait l)unité de la chrétienté et la ontrait encore co e un idéal $ atteindre, Sardinha e("li!uera !ue « si en relation 5 c$aque patrie singulière, le traditionalis e suppose un nationalis e, il suppose également, par rapport 5 l’ensem!le de l’$umanité, un universalis e ». Mais >
« de m#me qu’5 la racine de c$aque nationalisme sont les commandements du 9écalo5ue et que l’inviola!ilité et la vigueur des agrégats nationau" dépend de la mesure dans laquelle ces commandements sont respectés, de m#me pour ne pas verser dans le cosmopolitisme et pour se présenter comme la somme des intér#ts des divers groupes nationau", l’universalisme ne peut #tre que celui qu’a professé le -o%en Rge et auquel Auguste 1omte rendait un si c$aleureu" $ommage > la société internationale réta!lie et restaurée sur les uniques !ases dura!les > celles de la c$rétienté. &@?

Wn nationalis e sans universalis e ne re"résenterait !u)« un résidu confus du principe des nationalités, fils de la démocratie et qui au.ourd’$ui !alZanise l’Jurope », $ oins !u)il ne se transfor e ra"ide ent « en e"altation impérialiste pertur!atrice &1@. < << 3el fut le nationalis e%traditionaliste d)&ntonio Sardinha. -l l)a conduit, d)une anière toute naturelle, $ une conclusion onarchi!ue en ce !ui concerne la for e de l)8tat. -l est 'on de re ar!uer !ue son raisonne ent "art du ré5i e "our a'outir au( institutions, c)est%$%dire !u)il donne $ l)or5anisation de la société l)i "ortance "ri ordiale !u)elle a dans l)échelle des valeurs.
1; F!id. 13 Sardinha &ntonio, Ao principio era o 2er!o, ". XE--. 1@ F!id., ". XE---.
19;

1a for ule "oliti!ue de l)-nté5ralis e, dira%t%il, est celle, héritée de [a a e Castro > « Le 9oi gouverne, mais n administre pas ». &l'erto MonsaraF ira 4us!u)$ "arler de « vraie monarc$ie ». C)est celle, dira%t%il, dans le "re ier nu éro de la 3açjo 4ortuguesa, en 4uin 191@, !ui est or5ani!ue, traditionaliste et anti"arle entaire, celle !ui su'stitue $ « l’unité individu », « l’unité corporation »1C. Cette "réoccu"ation d)assurer d)a'ord les 'ases certaines de la société "oliti!ue, on la retrouve cheF un Marcello Caetano lors!u)il lance l)2rde nova Ll)2rdre nouveauM, en 19;6 >
« 3ous considérons, que le c$angement de régime ne sera possi!le et fécond que lorsqu’il e"istera une élite capa!le d’imposer 5 la nation les principes sauveurs. &

2n voit l$ dé4$ affleurer le réalis e "oliti!ue !ui va ar!uer toute l)Iuvre de SalaFar. -l s)a5it d)a'ord de restaurer la nation. ?our cela il faut « un c$ef qui oriente, conduise et surtout réalise ». Ce chef, Marcello Caetano l)a reconnu, et tous les nationalistes "ortu5ais avec lui, c)est SalaFar. C)est sur lui « que sont fi"és tous les %eu" et de lui qu’on attend les grandes réformes et les grandes réalisations »16. 9ans une "a5e re ar!ua'le, Marcello Caetano avait "arlé de ce « -essie rédempteur et sauveur » !ue tout le ?ortu5al attendait et il disait >
« -ais personne ne pense que le -essie sera, comme tout autre 4ortugais, un mortel de c$air et d’os, qui surgira quand nous le ferons surgir, par l’Uuvre et la gr)ce de notre volonté infle"i!le, de notre énergie audacieuse, de notre capacité de réaliser. Les grands $ommes sont tou.ours le produit d’une époque, d’une am!iance sociale déterminée, et ce n’est pas de l’indolence et du laisser' aller général que sortira une génération de sur$ommes. &

#t Marcello Caetano récla ait la for ation d)une « aristocratie de la pensée et de l’action »17. 1a notation de Marcello Caetano sur les 5rands ho es création du ilieu, d)une é"o!ue déter inée, d)une volonté "ro"re $ une 5énération est $ ra""rocher de ce !ue disait 9rieu 1a 6ochelle sur le Chef >
« Fl faut que !eaucoup d’$ommes c$erc$ent, réfléc$issent, agissent pour qu’ensuite le meilleur d’entre eu", lancé par eu", les relance 5 son tour. &@B

1)#uro"e des années 19;A%193A est "leine de ces ho es !ui cherchent, réfléchissent et a5issent, et 6ol$o ?reto "eut écrire dans la 3açjo 4ortuguesa >
« La terre entière frémit d’une vigueur nouvelle sous la germination de la semence glorieuse des nationalismes éternels. &@C

Dn $omme était arrivé de 1oXm!re, 5 la demande des c$efs de la 9évolution nationale triomp$ante > le 4ortugal venait de mériter 0alaGar.
1C 16 17 1+ 19

3açao 4ortuguesa, 4uin 191@, ". 67. F!id., avril 19;9. F!id., déce 're 19;+. 9rieu 1a 6ochelle ?ierre, 0ocialisme fasciste, ". 1;9. 3açao 4ortuguesa, 4uillet 19;;, ". 3C.
193

'V. $nt4nio de 2liveira 3ala+ar ou un homme li5re
Ue suis dans toute la esure du "ossi'le un ho e li're. &ntknio de 2liveira SalaFar, Discursos.

*roid e(écuteur de l)intér:t national, sans clientèle ni "arti, 4e cherche avec cal e $ dé :ler les causes et les effets de l)action "oliti!ue et 4e co "are sans "assion, les résultats des doctrines avec les "rocédés de 5ouverne ent. &ntknio de 2liveira SalaFar, Dne 9évolution dans la pai", ". X-E 1es institutions sans les "rinci"es sont des cor"s sans vie. &ntknio de 2liveira SalaFar, Discours du ** novem!re @CE@. 2n ne sait 4a ais 4us!u)o7 "euvent retentir les échos d)une voi(, : e lors!u)on a l)i "ression de "r:cher dans le désert. &ntknio de 2liveira SalaFar.

I.
S)il e fallait rechercher et dire la "ensée la "lus "rofonde !ue 4)ai rencontrée dans l)Iuvre de SalaFar, 4e crois !u)en définitive, 4e "ro"oserais la suivante >
« Dans les races, dans les nationalités, il % a deu" sortes de défauts > les défauts naturels qui peuvent #tre com!attus, mais .amais e"tirpés violemment et qui nous feront tou.ours distinguer un latin d’un slave ou d’un anglo'sa"on, et les défauts incrustés, les vices acquis qui sont surtout des vices d’éducation, de mentalité. ;r, s’il est presque inutile de faire la guerre au" premiers, car ils triomp$ent tou.ours, il n’est dé.5 plus si c$imérique, ni impossi!le, comme on dit, de désincruster les derniers, de les liquider peu 5 peu. &@

C)est, 4e "ense, cette conce"tion de l)ho e, re"lacé dans son ilieu et dans sa race, !ui a tou4ours e ":ché SalaFar d):tre un ho e de s,stè e. Certes, il croit $ l)action éducatrice des institutions "oliti!ues sur l)ho e H il leur assi5ne : e "our o'4et de lui refuser « la satisfaction de certains vices qu’il porte en lui »;, ais dans l)a""lication, dans l)art de 5ouverner il fait deu( "arts > « étudier dans le doute, réaliser dans la foi »3.
1 ; 3 *erro &ntonio, 0alaGar, 1is'oa, .1933, ". 1C1. 2liveira SalaFar, Dne 9évolution dans la 4ai", ?aris, 19C7, ". XXX---. 2liveira SalaFar, ?réface au 0alaGar d)&ntonio *erro, ". XXX--. 19@

C)est le : e ho e !ui a dit un 4our !u)il redoutait "lus les re èdes @ !ue les au( . -l s)est rare ent livré. 9ans toute son Iuvre, on trouve "eu de rensei5ne ents sur le écanis e de sa "ensée. 2n re ar!uera "ourtant !u)il n)a 4a ais son5é $ écrire un traité "oliti!ue. 2n dirait !ue la réalité ouvante de la "oliti!ue ne "uisse, selon lui se laisser enfer er dans un cadre ri5ide. 9e ses discours !ui sont ses seules interventions doctrinales dans la vie de son "a,s, il a dit un 4our >
« ,e lis, présentées sous la forme de grands distiques, des p$rases isolées, des pensées e"traites .e ne sais dé.5 plus d’o< et qui furent les aspirations d’un .our. &E

Sur lui% : e, sur sa anière d):tre, de sentir, de 4u5er et de se 4u5er, il a écrit une très 'elle "a5e !ui co ence "ar ces ots re ar!ua'les > « ,e dois 5 la 4rovidence d’#tre né pauvre, dénué de !iens de quelque valeur H=I ». Ue crois !ue "ersonne ne "eut lire sans é otion ce « /émoignage », co e il l)a a""elé, et !u)il "oursuit en ces ter es >
« Bien fai!les sont les liens qui m’attac$ent 5 la roue de la fortune et les c$arges lucratives, les ric$esses, les $onneurs ne m’ont .amais tenté. Jt, pour gagner, dans la modestie 5 laquelle .e suis $a!itué et dans laquelle .e veu" vivre, mon pain de c$aque .our, .e n’ai pas !esoin de me fourvo%er dans le dédale des affaires ni dans de compromettantes solidarités. ,e suis un $omme indépendant. &

SalaFar s)interro5e ensuite sur son co "orte ent vis%$%vis des asses. -l e("li!ue !u)il n)a 4a ais recherché les « clientèles politiques ». -l a : e évité de for er un "arti, "arce !u)en échan5e de son a""ui, il aurait eu tendance $ définir l)orientation et les li ites de son action $ la t:te du 5ouverne ent. -l n)a 4a ais non "lus flatté les asses « devant qui tant de gens se cour!ent dans le monde d’au.ourd’$ui, en une attitude de servilité ou $%pocrite ou a!.ecte ». S)il s)est "réoccu"é des revendications des hu 'les, c)est "ar devoir, 4a ais "ar co "ro is électorau( > « ,e suis, dans toute la mesure du possi!le, un $omme li!re ». #nvers ses adversaires, il se ré4ouit de n)avoir 4a ais eu recours $ l)insulte ni $ l)a5ression, !ui, dit%il, « eussent pu faire que des $ommes li!res se considérassent dans l’impossi!ilité de colla!orer avec moi ». #t il conclut > « ,’ai été $umain ». Mais !ui est%il "our "arler ainsi D Wn ho e !ui a travaillé et étudié avec conscience >
« ,e pense avoir gagné, par un travail sérieu", mes titres académiques et le droit d’e"ercer mes fonctions universitaires. ;!ligé de perdre le contact avec les sciences que .e cultivais, mais non pas avec les mét$odes de travail, .e peu" dire que .’ai retrouvé ces dernières sur le plan de l’application pratique et, feuilletant moins les livres, .e me suis efforcé au cours de ces années d’étude, de méditation, d’intense activité, de mieu" comprendre les $ommes et la vie. ,’ai pu m’instruire. &
@ C 2liveira SalaFar, Discursos e 3otas politica, t. -, ". 1+9 L16 F!id., t. ---, ". 133 L;7 février 1939M. 19C ars 1933M.

-ndé"endant, li're, hu ain, a,ant a""ris $ connaJtre les ho !ue désire%t%il D 6ien.

es et la vie,

« ,e n’ai pas d’am!itions. ,e ne désire pas monter plus $aut, et .’estime qu’au moment opportun d’autres devront occuper ma place, pour mettre au service de la nation une plus grande capacité de travail, ouvrir de nouveau" $oriGons et e"périmenter de nouvelles idées et de nouvelles mét$odes. ,e n’ai pas de raison de me montrer orgueilleu", car .e n’ai pas réalisé tout ce que .e voulais ; mais ce que .’ai réalisé est suffisant pour que l’on ne puisse pas dire que .’ai éc$oué dans l’accomplissement de ma mission. 1’est pourquoi .e ne ressens pas l’amertume de ceu" qui, .ustement ou in.ustement, n’ont pas vu leurs efforts couronnés de succès et maudissent des $ommes et du destin. ,e ne me souviens m#me pas d’avoir su!i des in.ures qui, dans la préoccupation de les voir réparées, eussent pu m’amener 5 me montrer moins .uste ou moins impartial. Au contraire, dans ce pa%s o< les $ommes pu!lics s’apprécient et se déprécient avec tant de légèreté, .e .ouis du rare privilège du respect général. ,’ai pu servir. ,’ai connu des c$efs d’(tat, des 4rinces et des souverains et .’ai entendu des $ommes éminents de nom!reuses nations, d’idéologies et de natures diverses, discourir sur les préoccupations du gouvernement, les pro!lèmes du monde ou les difficultés des affaires. ,’ai pu comparer. Jt c’est ainsi que, sans am!itions, sans $aines, sans partialité, dans la pure sérénité d’un esprit en qu#te de la vérité, et d’une conscience qui c$erc$e le c$emin de la .ustice, .e considère que .e puis apporter mon témoignage H=I. &\

< << 3el est l)ho e et son constant souci de l)hu ain. 2n le verra $ cha!ue fois !u)il "rendra la "arole, a""orter un élé ent $ ce té oi5na5e, for uler un 4u5e ent, e("ri er le résultat d)une e("érience, e("oser un doute, dire > « .e ne sais pas », lors!ue, dans sa !u:te de la vérité, la solution ne lui est "as a""arue, ais affir er avec force > « .e sais » et « il faut » l$ o7 la certitude est fer e. 3ou4ours son "ro"os se ra""ortera $ l)ho e, 4a ais au onde des idées "ures, "arce !ue « parmi tout ce qui c$ange, c’est encore l’$omme qui c$ange le moins »7.
« 1ertains se vantent de détenir le secret de s%stèmes politiques de confection, qu’il suffit d’appliquer au corps social sain ou malade, quelles que soient les circonstances de travail de formation ou de culture, quelles que soient les latitudes et les races. ;!sédés par leurs doctrines ou leurs r#veries de ca!inet ceu"'l5, !ien s:r, n’ont pas 5 savoir ce que sont les $ommes, ni comment vivent les nations ; coupés de la vie réelle par l’apriorisme de leurs t$éories, détac$és du passé par leur am!ition de construire un avenir que ne le continue point, ceu"'l5 non plus n’ont pas !esoin de mémoire H=I. &B
6 7 + F!id., t. -E, ". 3C1 L7 4anvier 19@9M. F!id., t. -E, ". ;1; L;3 février 19@6M. F!id., t. ---, ". 6@ L;+ avril 193+M. 196

Ce n)est "oint $ de telles constructions !ue r:ve SalaFar. -l se veut retenu « par de puissantes amarres 5 certains principes fondamentau" que la raison éclairée et l’e"périence des siècles ont consacrés dans l’e"ercice du 4ouvoir ». -l se veut aidé « par ces lumières supérieures qui éclairent les fondements de la vie sociale et les fins de celle'ci ». -l se veut encore attaché « d’un lien inaliéna!le 5 la tradition et 5 l’$istoire » de son "a,s, « avec son patrimoine, ses intér#ts matériels et morau", sa nature et sa vocation dans le monde »9. < << Wne des caractéristi!ues les "lus intéressantes de l)attitude de SalaFar vis% $%vis de sa "ro"re Iuvre, c)est ce !ue 4)a""ellerai l)attitude de l)auteur% s"ectateur.
« Dans le demi'isolement de mon travail, .e c$erc$e 5 sortir de moi'm#me et 5 assister en simple spectateur 5 l’Uuvre gouvernementale. &@W

C)est !u)il n)i5nore "oint !u)un 5rave dan5er enace les lé5islateurs > la dissociation !ui s)o"ère entre l)es"rit des lois et leur a""lication >
« Les lois, en vérité, sont faites par les $ommes qui les e"écutent, elles finissent par #tre, sous le voile de leur pureté a!straite, le miroir de nos défauts de compré$ension et des déviations de notre volonté. &@@

R !ui a "énétré si loin dans le do aine de la "s,cholo5ie "oliti!ue, il est "er is de se définir ainsi >
« +roid e"écuteur de l’intér#t national, sans clientèle, ni parti, .e c$erc$e avec calme 5 dém#ler les causes et les effets de l’action politique et .e compare sans passion les résultats des doctrines avec les procédés de gouvernement. &@*

Ce !ui fait la force de SalaFar, et finale ent la cause de sa durée, c)est !u)il a cherché oins des doctrines !ue des "rocédés de 5ouverne ent >
« 3ous avons limité la partie irréducti!le de notre ét$ique 5 ces grandes certitudes qui sont encore vivantes dans la conscience de la nation et autour desquelles son unité morale peut #tre le plus facilement reconstituée > Dieu, la 4atrie, l’Autorité, la +amille, le /ravail. &@?

Ce n)est "as si "eu de chose !ue cette reconnaissance des « grandes certitudes » Z cette « demi'douGaine de principes », co e il dira une autre fois, car il les a choisis essentiels. =eaucou" de corollaires en découlent. C)est toute une "oliti!ue, toute « une p$ilosop$ie en action ».
9 1A 11 1; 13 F!id. F!id., t. -, ". 319 L;+ avril 193@M. F!id., t. -, ". 93 L3A 4uillet 193AM. 2liveira SalaFar, Dne 9évolution dans la 4ai", ". X-E. 2liveira SalaFar, DiscursosK L3 ai 19C;M. 197

Ce n)est donc "as !ue SalaFar n)ait "oint de doctrine B Certes non B C)est lui !ui a dit !ue « tout (tat, m#me s’il est li!éral, o!éit 5 une conception p$ilosop$ique et que tout gouvernement est par lui'm#me une doctrine en action »1@, !ue « par lui'm#me » et !uelle !ue soit sa for e, il est « une construction politique dérivée d’un s%stème de concepts fondamentau" > concept et valeur de la nation, concept de la personne $umaine et de ses droits, fins de l’$omme, prérogatives et limites de l’autorité ». #t co e de cela « découle logiquement tout le reste ».
« 1omme il est de l’essence m#me du pouvoir de c$erc$er 5 se maintenir, il % aura tou.ours un nom!re plus ou moins grand de principes que le pouvoir ne laissera pas discuter, c’est'5'dire au su.et desquels la li!erté n’e"iste pas. Aucune négation ne vaut contre ce fait. 0i l’(tat est une doctrine en action, il ne serait pas logique qu’il se désintéress)t de sa propre idéologie ; il a, au contraire, l’o!ligation de la défendre et de la propager, en vue de sa propre consolidation. 0i l’(tat se considère, sur certains points, comme le détenteur de la vérité, sa neutralité serait inconceva!le. L’indifférence 5 propos d’un principe équivaut en effet 5 la négation de ce principe. &@E

-l souli5nera !ue la, Constitution "ortu5aise se distin5ue "ar ce fait « !u)elle "ossède une "artie "ure ent do5 ati!ue » !u)elle ne se contente "as « d)éta'lir l)or5anisation de l)8tat et de définir les droits des cito,ens », ais !u)« elle consacre un certain no 're de "rinci"es !ui orientent la réfor e "oliti!ue, écono i!ue et sociale »16. #t SalaFar insiste > « ue l’on sac$e !ien que nous considérons cette partie comme plus importante que les c$apitres o< il est traité de la compétence des organes de l’(tat et de leur mode de formation »17. < << Quand nous disons !ue SalaFar a "lus recherché des "rocédés de 5ouverne ent !ue des doctrines, nous entendons donc "ar l$ !ue, hors les "rinci"es essentiels, il a tou4ours fait "reuve de la "lus 5rande li'erté d)es"rit, refusant de se laisser enfer er dans les s,stè es, les constructions idéolo5i!ues, les a"rioris es. S)il n)est "oint vrai !ue tous les ré5i es se vaillent, il n)est "as sGr non "lus « que le plus parfait au point de vue de la doctrine soit tou.ours le meilleur dans la pratique courante »1+. -l n)as"ire !u)$ une chose > « découvrir par de successives e"périences, quelques constantes parmi les mille varia!les des éléments politiques ».
1@ 1C 16 17 1+ 2liveira SalaFar, ?réface au 0alaGar d)&ntonio *erro, ". X--. 2liveira SalaFar, Dne 9évolution dans la 4ai", ". XXE-. F!id., ". XXX. F!id. 2liveira SalaFar, Discursos=, t. -E, ". ;61 L9 nove 're 19@6M. 19+

#t c)est : e sous cet an5le e "iri!ue !u)il s)attend $ ce !ue « sous certains aspects » on "uisse un 4our considérer son Iuvre co e « universelle parce 19 qu’$umaine » . « (tudier dans le doute » et « réaliser dans la foi », telle est la dou'le devise de cet ho e dont toutes les conce"tions sont e "reintes de la "lus forte certitude "arce !ue des ois, des années durant, il les a "esées et e("éri entées dans le doute.

II.
1)8tat, dans la conce"tion de SalaFar, n)est !u)un instru ent au service de la nation. C)est elle !ui est « la "re ière réalité ». « 1’est pour elle qu’e"iste l’(tat, 5 son profit que s’organise le pouvoir, que se créent et fonctionnent les services pu!lics »;A.
« De cette première affirmation, d’autres découlent immédiatement. D’a!ord, sont su!ordonnés au" o!.ectifs supr#mes de la nation, avec leurs intér#ts propres, toutes les entités particulières ou collectives qui sont les éléments constitutifs de son organisme ; par contre, et comme garantie de l’efficacité supérieure de ce sacrifice, il est clair que la nation ne se confond pas avec un parti ; un parti ne s’identifie pas 5 l’(tat. &*@ « L’(tat devra refléter H=I la nation elle'm#me comme un tout organique et l’intervention des individus dans la formation des organes de la souveraineté dépendra tou.ours davantage de ce qu’ils seront eu"'m#mes dans la vie nationale comme c$efs de famille, comme producteurs, comme partisans de tel ou tel credo, comme intéressés dans telle ou telle Uuvre d’éducation, d’assistance, de loisir ou de sport. 1’est la politique de la vie réelle. &**

Cette reconnaissance de la nation co e "re ière réalité et la défense de ses intér:ts, c)est l)essentiel du nationalis e >
« 3ous plaçons sans crainte le nationalisme portugais 5 la !ase de l’(tat 3ouveau. &*? « La nation pour quelques'uns, sans doute, association transitoire ou permanente d’intér#ts matériels est surtout, pour nous, une personnalité morale qui s’est constituée 5 travers les siècles gr)ce au travail et 5 la solidarité de générations successives, liées par des affinités de sang et l’esprit, et 5 laquelle, nous n’$ésitons pas 5 le croire, est attri!uée, sur le plan providentiel, une action spécifique dans l’ensem!le de l’$umanité. 0eul le poids de ces sacrifices sans nom!re, de cette coopération d’efforts, de cette identité d’origine, seul ce patrimoine collectif, seule cette communion spirituelle peuvent moralement fonder le devoir de la servir et de donner notre vie pour elle. &*_
19 ;A ;1 ;; ;3 ;@ F!id., t. --, ". ;7 L;7 avril 193CM. F!id., t. ---, ". 39@ L;7 avril 19@3M. F!id., t. -, ". 77 L3A 4uillet 193AM. 2liveira SalaFar, Dne 9évolution dans la 4ai", ". X1-. 2liveira SalaFar, DiscursosK, t. --, ". 13; L;6 ai 1936M. F!id., t. -E, ". 3C@ L7 4anvier 19@9M. 199

« 4eut'#tre les temps sont'ils proc$es o< la grande division, l’infranc$issa!le a!6me séparera ceu" qui servent la 4atrie de ceu" qui la nient. &*E

&insi, "our SalaFar, le nationalis e, dans la esure o7 il est la définition et la reconnaissance du "atri oine collectif, "eut, seul, fonder orale ent le devoir de servir. Sortir de ce cadre "rovidentiel, c)est ne retrouver !u)un enchev:tre ent infor e d)intér:ts individuels et an!uer de 'ase "our fonder un devoir de servir.
« ;n dirait que quelques pa%s sont fatigués de leur e"istence en tant que nations indépendantes. &*\

notera%t%il avec tristesse, en 19C6. < << Eoil$ donc SalaFar en face de la réalité nationale et ar é de l)8tat "our l)or5aniser et la défendre. Quelle for e va%t%il donner $ cet 8tat D Selon sa éthode, il édite sur l)o'4et avant de décider >
« L’agrégat national a des nécessités qui doivent #tre définies et satisfaites par l’(tat, organisation politique de cet agrégat. L’ordre n’est pas un produit spontané des sociétés, mais !ien le produit de l’intelligence et de l’autorité. 1ette dernière s’e"erce par l’intermédiaire des différents organes spécialisés, tous no!les et indispensa!les dans leurs fonctions ; mais il ne peut % avoir de doute que le vérita!le fo%er de l’autorité, le centre propulseur de l’(tat, le gage de son efficacité, de son pouvoir, résident dans le gouvernement. Fl n’% a pas d’(tat fort l5 o< le gouvernement ne l’est pas. La fonction du gouvernement correspond 5 une fonction de sélection et de s%nt$èse, car il lui faut interpréter les aspirations nationales, évaluer leur profondeur et leur opportunité, déterminer la meilleure parmi toutes les solutions possi!les des pro!lèmes et l’intégrer dans le cadre des principes générau" qui sont 5 la !ase de l’action gouvernementale. L’action e"ercée sera d’autant plus large que sera plus grande au sein du gouvernement, l’$omogénéité de pensée, de doctrine et de morale politique ; et elle sera d’autant plus facile et efficace que le degré d’unité nationale sera plus élevé. &*A

Sans doute, des diver5ences d)o"inion "ourront se anifester Z et c)est l$ « le pro!lème fondamental » Z !uand on cherchera « 5 définir o< doit résider ce que nous appellerons V sans aucune préoccupation de rigueur scientifique, mais d’une manière compré$ensi!le V l’autorité dominante. L’équili!re le mieu" conçu peut tou.ours #tre rompu, et il importe de désigner l’autorité qui remplira la fonction d’ar!itre. Les régimes parlementaires ont tendance 5 faire résider l’autorité dominante dans une assem!lée élue au suffrage universel, 5 !ase partisane ».
;C F!id., t. -E, ". ;6; L9 nove 're 19@6M> ;6 2liveira SalaFar, 9iscours du 19 4anvier 19C6. ;7 2liveira SalaFar, DiscursosK, t. -E, ". 3C7 L7 4anvier 19@9M. ;AA

Qu)en est%il résulté D
« 3ous avons vu, par une conséquence logique des événements, cette autorité passer de l’Assem!lée au" groupes parlementaires ; de ces derniers au" partis, des partis au" respectifs comités directeurs, et en définitive de ceu"'ci au corps électoral anon%me. L’e"périence prouve que, d’éc$elon en éc$elon, le pouvoir se dégrade, se dissout, et que le gouvernement n’est finalement plus possi!le ou n’est plus efficace. Au fur et 5 mesure que les difficultés s’accumulent, le désordre s’accro6t, la carence de l’autorité rend la vie sociale précaire et les li!ertés politiques m#mes se transforment en licence générale. Du sein du 4a%s des voi" s’élèvent pour réclamer un gouvernement qui gouverne. /el est généralement l’épilogue de tout ce processus ; mais il sem!le que c’est par l5 qu’on aurait d: commencer > avoir un gouvernement qui gouverne. /$éoriquement les partis représentent le groupement de forces politiques qui se sont constituées autour de s%stèmes, de principes doctrinaires ou d’ensem!le d’intér#ts, soit matériels, soit morau", en vue, dans l’un et dans l’autre cas, de leur application et de leur défense par l’e"ercice du gouvernement. /$éoriquement encore, les programmes des partis se présentent comme des ensem!les de solutions au" pro!lèmes concrets de la nation. Jn d’autres termes, c’est le parti au service de la nation. 0’il en était ainsi, on pourrait conna6tre, 5 travers la formation des partis, les courants d’idées ou les sentiments qui agitent l’)me de la nation, la force de ses aspirations, l’importance de ses !esoins. 1eci, c’est la t$éorie. Dans la pratique, on constate ce qui suit> dans de nom!reu" pa%s, et au 4ortugal sans aucun doute, la notion, l’esprit, la finalité des partis se sont corrompus et les associations partisanes se sont transformées en clientèle, successivement ou simultanément alimentées par le /résor. Après la fin V ou m#me avant cela V de la période romantique qui suivit les révolutions, dites li!érales, du dé!ut du SFS e siècle et o< les dé!ats parlementaires révélaient, avec éloquence et érudition, une préférence pour les grandes t$èses de p$ilosop$ie politique et les grandes aspirations nationales, le régime des partis commença 5 dégénérer. ,e doute qu’il ait .amais représenté ce que l’on attendait de lui. &

=ref >
« la vie partisane conna6t des $auts et des !as, mais cesse en tout cas de correspondre au" intér#ts politiques et s’éloigne de plus en plus de l’intér#t national. La fusion ou la désagrégation des partis, les com!inaisons politiques, sont le fruit de conflits et de passions, de compromis entre les factions concurrentes, mais elles n’ont rien 5 voir avec le pa%s ni avec ses pro!lèmes. &*B

< << 2n vient de voir une anière t,"i!ue de SalaFar de conduire une discussion. Sa criti!ue ne reste 4a ais dans le do aine de la théorie "ure. #lle consiste tou4ours en une co "araison entre la doctrine et les faits.
;+ F!id., t. -E, ". 36A L7 4anvier 19@9M. ;A1

#lle est essentielle ent e "iri!ue > la dé ocratie des "artis "rétend :tre ceci H 4e vois !u)en fait elle a'outit $ cela. Conclusion "ra5 ati!ue > 4e la re4ette. R une "oliti!ue de "artis, il o""ose ce !u)il a a""elé « une politique nationale tout simplement »;9.
« L’esprit de parti corrompt ou avilit le pouvoir, déforme la vision des pro!lèmes, sacrifie l’ordre naturel des solutions, se superpose 5 l’intér#t national, entrave V quand il ne s’% oppose pas complètement V l’utilisation des valeurs nationales au service du !ien commun. 1et aspect de la question est, quant 5 moi, un des plus graves. &?W

3outes les valeurs d)une nation doivent "ouvoir :tre utilisées "our le 'ien de la nation. 3out s,stè e !ui a'outit $ fractionner les eilleurs élé ents d)un "a,s en 5rou"es adverses est destructeur et, co e tel, doit :tre re4eté >
« Le fait de reconna6tre l’e"istence de ma.orités ou de minorités et de représentations particulières d’intér#ts, de régions ou de courants doctrinaires est incompati!le avec le principe d’unité nationale, l’efficacité des organes de souveraineté et l’esprit d’opposition au" partis, propre 5 la révolution HnationaleI. &?@

2n est ici au centre : e de la "ensée "oliti!ue de SalaFar. 3out va découler aintenant de cette constatation !ue la dé ocratie des "artis est "ré4udicia'le $ l)intér:t de la nation. -l s)a5it de "asser d)une "oliti!ue de "artis $ une "oliti!ue nationale tout court.
« L’attitude purement négative vis'5'vis de l’organisation partisane ne suffit pas pour éviter que celle'ci ne c$erc$e 5 c$aque instant 5 se reconstituer. La politique ne se contente pas d’attitudes, elle e"ige des solutions. ;r, sera't'il possi!le de faire admettre d’autres formules capa!les d’ouvrir de nouveau" $oriGons 5 l’association et 5 l’action coordonnée des $ommes K 0i nous cro%ons que l’époque de l’individualisme est passée, et si nous craignons, 5 .uste titre, que l’organisation socialiste ne soit qu’une formule de transition vers le communisme ; si la li!erté de l’$omme vis'5'vis de l’(tat se trouve sérieusement menacée par ces s%stèmes, et si nous reconnaissons qu’elle est d’ores et dé.5, en plusieurs endroits, supprimée, il nous faut tenter une forme d’organisation et de vie collective dans laquelle et par laquelle, l’$omme puisse encore #tre li!re et affirmer sa personnalité. 1ette nécessité nous pousse 5 rec$erc$er des solutions politiques 5 partir de plans tout différents. &?* « Dne des idées ma6tresses de la 9évolution HnationaleI nous invitait 5 avoir e"clusivement présente 5 l’esprit, au'del5 des groupes, des sectes et des factions, l’unité essentielle de la nation, et 5 nous inspirer de cette unité, 5 nous appu%er sur elle dans notre action gouvernementale. 1et appui impliquait cependant la formation d’une conscience collective appropriée. Fl ne sem!le pas que l’unité, d’ailleurs réelle et vivante dans la solidarité des intér#ts et dans l’identité de la mission puisse se traduire en une uniformité de pensée quant au" pro!lèmes secondaires de l’administration ou au" procédés de gouvernement ou m#me d’administration de l’(tat H=I.
;9 3A 31 3; F!id., t. -E, ". 361 L7 4anvier 19@9M. F!id. 2liveira SalaFar, Discursos=, t. -, ". 3+@ L9 déce 're 193@M. F!id., t. -E, ". @3; L;A octo're 19@9M. ;A;

1ette unité ne saurait non plus #tre confondue avec la simple affirmation de patriotisme, car dans la pratique il sera tou.ours nécessaire d’éta!lir comment elle se concrétise et quel doit en #tre le comportement. -#me sans parler de l’affligeante pertur!ation mentale de ces dernières diGaines d’années, les esprits se trouvent au.ourd’$ui sollicités dans des directions diverses, par des écoles politiques, p$ilosop$iques, est$étiques, que si nous tentions de réunir, dans un pa%s quelconque, des $ommes pensant uniformément sur un vaste ensem!le de pro!lèmes nationau", il faudrait nous contenter d’un groupe e"tr#mement limité et nier au sein m#me de ce groupe la li!erté de penser. Les partis politiques o!éissent 5 ce s%stème et sont l’image de ces limitations. -ais ces partis, par définition, ou en vertu des e"igences de leur propre vie, ne représentent ni ne peuvent servir l’unité nationale, sinon .ustement quand ils parviennent 5 former entre eu" une union précaire, autrement dit quand ils se nient eu"'m#mes. /elles ont été les difficultés qui se sont présentées 5 nous et que nous avons essa%é de surmonter. [ cet effet, nous avons tou.ours écarté l’idée partisane, comme une position idéologico'politique qui déformerait 5 nos %eu" l’image de la nation, qui nous emp#c$erait de poursuivre l’intér#t de la nation, l5 o< nous le trouverions, tel que nous le verrions et sous les formes momentanément possi!les, sans que l’on ait la préoccupation trou!lante et a!sor!ante de conserver, V dans le secteur d’origine du gouvernement, le crédit politique autrement dit > le vote du parti. 4ar ailleurs, nous avons estimé que la formation d’une solide conscience collective n’impliquait ni n’e"igeait que l’on aille au'del5 de ces aspirations ou sentiments fondamentau" qui constituent la structure mentale et morale du 4ortugais, tel que l’ont formé l’$istoire, l’éducation et l’économie, c’est' 5'dire le milieu dans lequel il est o!ligé de travailler H=I. Jt parce que les $ommes s’unissent plus facilement autour de ce qu’ils doivent faire en commun qu’autour de principes et des sentiments qui les animaient, nous avons senti que pour maintenir vivante et consolider leur union, il était nécessaire de leur proposer des t)c$es collectives de caractère et d’intér#ts nationau", comme par e"emple une importante action coloniale ou un vaste plan !ien conçu de développement économique. &??

#t SalaFar de résu er toute cette lucide anal,se "ar ces

ots >

« Autrement dit, la nation tend instinctivement 5 l’unité, les partis 5 la division. »

Mais co e la tendance au fractionne ent en "artis est non oins incontesta'le !ue la tendance "rofonde $ l)unité, il nous faut chercher la raison de cette dou'le et contradictoire as"iration. Si l)on , réfléchit 'ien, il a""araJt !u)il s)a5it d)une : e as"iration $ l)unité, cha!ue "arti a,ant l)a 'ition de devenir un 4our toute la nation. 1)erreur consiste $ vouloir atteindre cette unité $ travers le "arti !ui ne "ourra 4a ais :tre uni!ue !ue "ar artifice. 1a su""ression des "artis Z et non la constitution d)un "arti uni!ue Z tel est donc le "réala'le indis"ensa'le "our !u)un 5ouverne ent se trouve en conditions de 5ouverner dans le sens de l)unité nationale. -l s)a5it d)o'tenir des "artis le renonce ent au!uel ils consentent en cas de crise 5rave ou de 5uerre.
33 F!id., t. -E, ". @67 L;+ ai 19CAM. ;A3

« 1ertains, se !asant sur ces m#mes faits, prétendent qu’ils ne peuvent, ou ne doivent, constituer que des e"ceptions, dans le cas de danger collectif ; et moi .e conclus, de leur application dans les pires moments, 5 la possi!ilité et 5 l’avantage de leur généralisation 5 tous les cas et 5 tous les moments. Jt !ien que nous continuions, sur la vaste scène du monde, 5 #tre l’o!.et de sourires d’incrédulité, non seulement nous ne sommes pas disposés 5 c$anger d’idées, mais encore nous osons prévoir le proc$e avènement des temps o< les difficultés croissantes imposeront au" peuples l’a!andon des fictions partisanes et la réalité de leur unité organique. &?_

< << Eoil$ donc l)8tat dé'arrassé des "ressions contradictoires des "artis, en condition d)a5ir, de « gouverner en orientant la conscience nationale »3C. Ce n)est "oint une t.che facile, car >
« le mensonge peut #tre plus agréa!le que la vérité ; le peuple aime qu’on lui mente. ;ui, il aime qu’on lui mente, mais il n’aime pas #tre dupe. Le peu de faveur dont .ouit l’activité politique pure auprès des .eunes générations de nom!reu" pa%s, l’ennui ou le dégo:t que le spectacle d’une vaine agitation éveille c$eG une .eunesse préparée ou prédisposée par les difficultés de l’$eure 5 la rudesse des c$oses sérieuses et 5 la dignité des efforts utiles, sont en train de créer, un vide dans lequel nous vo%ons se dé!attre certaines institutions. &?\

9é'arrassé des "artis, a,ant li ité les e(i5ences de l)8tat $ la « partie irréducti!le » de l)éthi!ue du ré5i e, a,ant fait a""el « 5 tous les $ommes de !onne volonté pour qu’ils s’attac$ent 5 l’Uuvre de salut commun, indépendamment de leur passé politique ou de leur idéologie »37, l)8tat nouveau "eut désor ais fonctionner dans le sens de l)intér:t national, ais a%t% on, "our autant, un ré5i e sta'le D
« uand il s’agit de politique 5 long terme, autrement dit, d’une idée de gouvernement qui se pro.ette dans l’avenir et qui doit se réaliser sur une longue période, il faut reconna6tre que les régimes monarc$iques possèdent en puissance des conditions supérieures 5 celles des répu!liques. Dans ces dernières comme l’on ne peut compter d’avance sur une durée suffisante du mandat présidentiel, il faudrait compter sur l’assistance d’organes permanents de l’(tat qui pourraient en quelque sorte #tre les supports d’une tradition politique. &?B

Car la for e des institutions ne rè5le "as la !uestion du ré5i e. Certes >
« H=I la -onarc$ie possède cette supériorité réelle de, par sa propre nature, résoudre V dans la mesure o< elle peut #tre $umainement résolue V la question de la sta!ilité de la direction supr#me de l’(tat ;
3@ 3C 36 37 3+ F!id., t. -E, ". @69 L;+ ai 19CAM. F!id., t. -E, ". @+7 L1; déce 're 19CAM. F!id. 2liveira SalaFar, 9iscours du @ 4uillet 19C7. 2liveira SalaFar, 9iscours du ;; nove 're 19C1. ;A@

mais la monarc$ie n’est pas un régime, elle n’est qu’une institution. Jn tant que telle, elle peut coe"ister avec les régimes les plus divers, de structures et d’idéologie les plus différentes. Dans ces conditions elle ne peut #tre, 5 elle seule, la garantie de la sta!ilité d’un régime déterminé et elle ne le devient que lorsqu’elle est le couronnement logique des autres institutions de l’(tat et se présente comme une solution si efficace et si naturelle qu’elle ne soulève aucune discussion dans la conscience générale. &?C

1a sta'ilité du ré5i e, SalaFar la "lace, "lus !ue dans les institutions, « dans la conscience collective ». Mais il ne suffit "as d)« une conscience passive et plus ou moins conformiste, car ce qu’il faut, c’est une conscience vive et vi!rante, fut'elle tant soit peu re!elle, qui soit, en elle'm#me, le stimulant et l’inspiratrice de l’action. -ais cette conscience nous ne pouvons la trouver que dans une élite politique a%ant en outre derrière elle une pléiade d’$ommes d’étude, appliqués 5 approfondir des pro!lèmes, 5 agiter des idées, 5 définir des principes d’orientation, 5 créer une doctrine, 5 donner l’impulsion 5 l’activité m#me du régime. ;n peut faire de la politique avec le cUur ; on ne peut gouverner qu’avec la raison éclairée »@A.
« ,e soutiens que les institutions sans les principes sont des corps sans vie qui ne pourront se maintenir longtemps incorrompus, et que perdant la vie, elles perdent immédiatement l’action H=I. 1ette distinction entre les principes et les institutions, il faut également la faire entre les institutions et les régimes > ceci nous évitera !ien des désillusions et, en particulier, les risques de tom!er dans une espèce de fétic$isme politique donnant au" formules une valeur a!solue ou tout au moins supérieure 5 celle qu’ils possèdent. &_@

Co ent, dira%t%on, n), a%t%il "as !uel!ue artifice $ vouloir refuser au( "artis la li'erté de "ro"oser leur "hiloso"hie "oliti!ue et venir en affir er une !u)on s)e "resse d)a'riter derrière les 'arrières de l)autorité D Soit, reconnaJt SalaFar > « nous sommes antili!érau" », ais "our!uoi D ?arce !ue nous voulons 5arantir les li'ertés "u'li!ues@;.
« 2ouloir garantir les li!ertés réputées essentielles 5 la vie sociale et 5 la dignité $umaine elle'm#me, n’implique pas l’o!ligation de considérer la li!erté comme élément sur lequel doive s’élever toute la construction politique. Le li!éralisme a fini par tom!er dans le sop$isme suivant > il n’% a pas de li!erté contre la li!erté. -ais, en $armonie avec l’essence de l’$omme et les réalités de la vie, nous, nous dirons > c’est seulement contre l’intér#t commun que la li!erté n’e"iste pas. &_? « 9emettons donc la li!erté 5 l’autorité, car elle seule sait l’administrer et la défendre. La li!erté que les individualistes préconisent et réclament est une figure de r$étorique, une simple image littéraire. La li!erté garantie par l’(tat, réglementée par l’autorité est la seule possi!le, celle qui peut conduire, .e ne dis pas au !on$eur de l’$omme, mais au !on$eur des $ommes H=I. &__
39 @A @1 @; @3 @@ 2liveira SalaFar, 9iscours du ;; nove 're 19C1. F!id. F!id. 2liveira SalaFar, Dne 9évolution dans la 4ai", ". XXX-. F!id., ". XXX--. &ntonio *erro, 0alaGar, ". C1. ;AC

Qu)advient%il, en effet, si l)8tat laisse les 5rou"es "artisans se considérer $ tout o ent « candidats au pouvoir, en se fondant sur la portion de souveraineté populaire qu’ils prétendent représenter K L’activité principale, et m#me, comme il est facile de le voir, l’intér#t principal du pu!lic, ne se concentre pas sur les pro!lèmes de la nation et sur la rec$erc$e des meilleures solutions, mais seulement sur la lutte politique &@C. Ce sont l$, $ vrai dire, « des pro!lèmes de tou.ours », ais « .amais on ne leur a donné, comme au.ourd’$ui, une solution aussi peu satisfaisante ou plus incompati!le avec les nécessités du moment »@6. < << 1)autre tentation, celle !ui naJt des a'us de la lutte des "artis, c)est celle du totalitaris e. -l est e(tr: e ent re ar!ua'le !ue toute la "re ière "artie de l)action "oliti!ue de SalaFar s)étant déroulée dans le te "s des révolutions fasciste et nationale%socialiste, il n)a 4a ais cédé $ la tentation totalitaire. #t cela "our des raisons !ui ne devaient rien $ l)o""ortunis e, ais "ar une antévision de l)e(a5ération dans la!uelle allaient verser ces e("ériences et !ui allaient ris!uer de co "ro ettre l)ense 'le : e des idées nationalistes, toutes de raison et d)é!uili're.
« Fl faut éloigner de nous la tendance 5 la formation de ce qu’on pourrait appeler l’(tat'totalitariste. L’(tat qui su!ordonnerait tout sans e"ception 5 l’idée de nation ou de race par lui représentée, en morale, en droit, en politique et en économie, se présenterait comme un #tre omnipotent principe et fin de lui'm#me, auquel devraient #tre assu.etties toutes les manifestations individuelles ou collectives. &_A

C)est "our!uoi, lors!ue SalaFar rédi5e la Constitution "oliti!ue de l)8tat nouveau, il co ence "ar « éta!lir la morale et le droit comme limites 5 sa propre souveraineté ». 1a Constitution de SalaFar i "osera $ l)8tat « le respect pour les garanties dérivées de la nature en faveur des individus des familles, des corporations et des autarcies locales », elle assurera « la li!erté et l’inviola!ilité des cro%ances et des pratiques religieuses », elle attri'uera « au" parents et 5 leurs représentants l’instruction et l’éducation des enfants », elle 5arantira « la propriété, le capital et le travail dans l’$armonie sociale » elle reconnaJtra « l’(glise, avec ses organisations qui lui sont propres » et la laissera « li!re d’e"ercer son action spirituelle »@+.
« La caractéristique fondamentale de notre régime, lui viendra de son organisation corporative intégrée dans un (tat possédant une autorité qui, au lieu de provenir de la force, s’% appuiera, certes, mais s’appuiera surtout sur la raison, la !onté, l’intér#t pu!lic, la conscience générale des vertus du s%stème. &_C
@C @6 @7 @+ @9 2liveira SalaFar, Discursos=, t. -, "réface $ la @e édition, ". XXXE-X1 L;+ F!id. 2liveira SalaFar, 9iscursosK, t. -, ". 336 L;6 ai 193@M. F!id., ". 337. 2liveira SalaFar, Dne 9évolution dans la 4ai", ". XXX---. ;A6 ars 19@+M.

=ref, « la dictature de la raison ou de l’intelligence »CA. Que cette « dictature de la raison » ait 'esoin de s)a""u,er sur l)autorité, SalaFar ne son5e "as un instant $ le nier. C)est une caractéristi!ue essentielle de sa "ersonnalité !ue de ne 4a ais transi5er sur la valeur des ots. 9ans la vie !uotidienne de l)8tat, des circonstances histori!ues, des contin5ences e(térieures "ourront l)o'li5er $ différer une réalisation, $ retarder l)or5anisation des institutions !u)il croit nécessaires, ais 4a ais il ne transi5era sur le "lan des idées fonda entales ou acce"tera de donner au( ots un autre sens !ue celui !u)ils ont.
« HL’autoritéI est un fait et une nécessité > elle ne dispara6t que pour se reconstituer, on ne la com!at que pour la livrer en d’autres mains. Jlle est un droit et un devoir, devoir qui se renie lui'm#me s’il ne s’e"erce pas ; droit qui a sa meilleure assise dans le !ien de tous. Jlle est aussi un don magnifique de la 4rovidence, car, sans elle, ni la vie sociale, ni la civilisation $umaine ne seraient possi!les. Le passage de l’enfance 5 l’)ge d’$omme, de l’ignorance 5 la connaissance, des instincts 5 la vertu, de la !ar!arie 5 la civilisation, est le fruit de l’effort persistant contre l’inertie naturelle, c’est la couronne de gloire de l’autorité. L’organisation, la défense des intér#ts collectifs et la conciliation des intér#ts individuels, l’ordre, la pai", la définition des fins 5 atteindre par l’agrégat social, la préparation des mo%ens nécessaires, l’impulsion dans le sens du mieu" sont encore son Uuvre et son fruit. Dans la famille, 5 l’école, 5 l’église, 5 l’usine, au s%ndicat, 5 la caserne, dans l’(tat, l’autorité n’e"iste .amais pour elle'm#me, mais pour les autres ; ce n’est pas une propriété, c’est un fardeau. 0es avantages sont en proportion du !ien qu’elle ordonne et de la fidélité avec laquelle s’e"écutent ses ordres. 1omme l’erreur est possi!le, son action doit pouvoir #tre appréciée, mais il % a moins de désavantage 5 ne pas se laisser critiquer qu’5 ne pas se faire o!éir. 3ous ne discutons pas l’autorité. &E@

< << Eoil$ donc SalaFar, d)o'servations en o'servations, arrive $ un certain « art de gouverner ». 1a définition !u)il en donne "ourrait s)a""li!uer en 5énéral au 5ouverne ent des sociétés hu aines, ais il n)ou'lie "as !u)il lé5ifère "our un certain "eu"le, $ une certaine é"o!ue. -l lui faut donc "rendre la esure de cette société dans la!uelle nous devons vivre. -l la voit « !ien différente » de celle $ la!uelle nous so es ha'itués.
« 3os notions de la vie, des rapports entre sem!la!les, de la fonction de la ric$esse et du travail, de la $iérarc$ie traditionnelle des valeurs dans la société évoluent tant que nous ne comprendrons pas comment nous ou nos pères, nous pouvions penser autrement naguère.
CA F!id., ". X1. C1 2liveira SalaFar, Discursos=, t. --, ". 13; L;6

ai 1936M.

;A7

/out (tat moderne, indépendamment de son visage politique, sera dominé par le souci du social, souci qui se traduira certainement par des interventions plus ou moins profondes dans le domaine économique V propriété et production V mais dont le !ut consiste 5 o!tenir une meilleure distri!ution de la ric$esse produite et 5 faire participer la généralité des individus au" !ienfaits de la civilisation. 0oit que les intéressés aient une tendance 5 compter sur leur propre action pour satisfaire leurs revendications, soit en vertu des améliorations acquises, on ne saurait nier que ces masses représentent un poids pour l’(tat, voire pour son organisation. La question qui se pose est donc la suivante > quelle est la meilleure forme de représentation et de défense des ouvriers dans l’(tat K &

6é"onse >
« Jn premier lieu, l’(tat définit, représente et défend une telle multiplicité d’intér#ts qu’il ne peut sans danger pour la nation se su!ordonner 5 une pensée de classe ni se consacrer uniquement 5 satisfaire les revendications de cette dernière H=I. Jn second lieu, la comple"ité des sociétés civilisées est si grande ; si nom!reu" et ine"trica!les les intér#ts morau" et matériels qui s’% meuvent et si nécessaires une direction supérieure et une action ar!itrale pour régler d’éventuels différends qu’il sem!le !ien que l’action de l’(tat ne puisse s’e"ercer qu’5 deu" conditions > d’a!ord l’e"istence d’une organisation sociale'!ase, étrangère et non su!ordonnée 5 toute autre organisation se destinant 5 créer un organe politique de représentation ; ensuite une réforme de l’(tat tendant 5 le rapproc$er de cette organisation ou plutMt 5 l’incorporer 5 lui. ,e suis donc amené 5 croire que dans l’avenir, la solution du pro!lème que .’ai énoncé plus $aut imposera un t%pe d’(tat o< l’ensem!le des intér#ts de la nation, intégralement organisée, sera représenté de façon effective et directe par la voie des intéressés eu"'m#mes. &E*

SalaFar n)i5nore "as l)o'4ection li'érale et reconnaJt !ue « le premier point, c’est de savoir si l’on peut se passer de toute forme d’organisation ». R !uoi il ré"ond >
« L’$istoire, la raison et la considération des nécessités économiques et sociales de notre époque répondent négativement. L’économie et le travail tendent irrésisti!lement 5 s’organiser ; l’organisation est donc un fait naturel ; l’(tat peut la conduire ou l’a!sor!er, mais point la nier. Au SFSe siècle, sous l’influence des principes de la 9évolution française, l’(tat prit toutes les attitudes imagina!les par rapport 5 l’organisation de l’économie et du travail > $ostilité, méconnaissance, indifférence, résignation. Le résultat fut que, contre la loi, sans la loi, malgré la loi, les individus et les activités s’organisèrent peu 5 peu, en renonçant, pour leurs intér#ts, au" parcelles de li!erté que les régimes leur accordaient t$éoriquement. Fl fallait s’% attendre. 3ous vo%ons l’$omme incorporé dès sa naissance dans plusieurs t%pes d’association car, naturelle ent, il ne peut grandir, vivre, s’élever ni se développer tout seul et sur ses propres ressources. La famille est le premier groupe naturel. Fl % a aussi la profession, l’(glise, la société civile et, 5 leur e"emple, d’autres encore. L’$omme tend vers le groupe par une e"igence de sa condition, par instinct de défense, par soif de progrès.
C; F!id., t. -E, ". ;CC L9 nove 're 19@6M. ;A+

[ ces motifs s’a.outent ceu" que suscitent les nécessités des temps. 3ul ne peut c$oisir l’époque o< vivre et, partant, se déro!er 5 la discipline que les nécessités générales imposent. 4lus la vie en société se complique, plus le !esoin s’impose d’aménager les activités qui se développent dans son sein. 4our ne considérer que la !ranc$e de production, le caractère national des différentes économies doit avoir pour !ase une organisation ; sans #tre organisés, ni commerce, ni production, ni travail ne pourraient #tre orientés. La conclusion générale et la réponse au premier point et qu’on ne peut se passer d’une organisation. uel t%pe d’organisation c$oisir K sera la seconde. &

SalaFar se de ande d)a'ord $ !uelles conditions devrait satisfaire l)or5anisation !u)on déciderait d)ado"ter, et il ré"ond "ar !uatre conditions >
a^ Dne organisation qui soulage)t l’$%pertrop$ié et monstrueu" (tat moderne en le dé!arrassant de certains services, fonctions, dépenses, protégeant ainsi la li!erté individuelle et l’économie privée ; !^ -#me au pré.udice de sa pureté t$éorique et de sa s%métrie, elle devrait #tre calquée sur la vie réelle de l’$omme dans sa famille, dans sa profession et dans la société et, étant ainsi, il s’agissait de tirer le meilleur parti des formes connues et spontanées d’organisation afin de les intégrer dans un plan d’ensem!le ; c^ Fl fallait qu’elle ne dissoci)t point l’économique du social, pour la raison fondamentale que tous ceu" qui travaillent, de quelque façon que ce soit, sont solidaires de la production et doivent en vivre tous. d^ L’organisation ne devait pas perdre de vue les réalités supra' individuelles et tenir compte du fait qu’elle ne serait vraiment utile que dans la mesure o< elle parviendrait 5 satisfaire en m#me temps les intér#ts privés légitimes et l’intér#t collectif. &E?

3elles devaient :tre les 'ases de l)or5anisation cor"orative "ortu5aise. < << C)est vers « les groupes naturels nécessaires 5 la vie individuelle et dont est réellement constituée la société politique », !ue SalaFar entend chercher le "oint d)a""ui nécessaire $ la construction de l)8tat >
« 2oici 5 la !ase, la famille, cellule sociale irréducti!le, no%au originaire de la paroisse, de la commune et, partant, de la nation. Jlle est donc, par nature, le premier des éléments politiques organiques de l’(tat constitutionnel. &

Eiendront ensuite les cor"orations orales et écono i!ues. 9ans l)es"rit de SalaFar, elles devront "osséder « des droits politiques avec influence dans l’organisation de l’(tat ». #n résu é, dira%t%il, « on prétend construire l’(tat social et corporatif en rapport étroit avec la constitution naturelle de la société. Les familles, les paroisses, les communes, les corporations o< se trouvent tous les cito%ens, avec leurs li!ertés .uridiques fondamentales, sont les organismes qui composent la nation et, comme tels, ils doivent intervenir directement dans la constitution des corps supr#mes de l’(tat ». #t il concluait >
C3 F!id., t. ---, ". 3C6 L;3 4uillet 19@;M. ;A9

« 2oil5 une e"pression plus fidèle que n’importe quelle autre du s%stème représentatif. »C@

< << 1a construction est%elle achevée D 1ors!u)on a une re"résentation, aussi e(acte !ue "ossi'le de la nation considérée dans les 5rou"es naturels !ui la constituent, a%t%on "our autant « un interprète autorisé » de l)intér:t national D 1a ré"onse de SalaFar est très intéressante > 1a Cha 're cor"orative « par son origine et par sa formation » dit%il, re"résente 'ien « les différents intér#ts qui se meuvent au sein de la nation », ais « par ailleurs il sem!le !ien que l’intér#t national ne soit pas e"clusivement constitué par la com!inaison des divers intér#ts matériels et morau", ou tout au moins qu’il e"iste, outre ces intér#ts spécifiques et particuliers au" différents groupes, un intér#t politique général, se rapportant 5 la nation tout entière, en tant que personne et unité morale ». ?our SalaFar !ui livre sa "ensée au fur et $ esure !u)il a ac!uis des certitudes, cela ne lui coGte a'solu ent "as d)avouer ses doutes et il a sur ce "oint du couronne ent de son édifice "oliti!ue avoué !ue, "our lui, la solution restait en sus"end. 1a fa0on dont il s)est e("ri é érite d)ailleurs d):tre notée >
« Fl % a des concepts qui inspirent et orientent la vie de la nation dans son ensem!le ; le corps social manifeste des opinions et des tendances qui réclament un interprète autorisé. ue celui'ci soit constitué par le processus que nous adoptons actuellement, ou !ien qu’il émane sous quelque autre forme, de la 1$am!re corporative elle'm#me ; qu’il soit permanent ou !ien soumis 5 un renouvellement total ou partiel, ce sont l5 des aspects que .e ne conçois pas encore très clairement. 1omme le pro!lème n’est pas urgent, attendons que le temps nous aide 5 trouver une solution. &EE

Mais si l)on "eut discuter sur le ode de dési5nation du ou des re"résentants de l)intér:t national, il est 'ien clair !ue >
« l’e"istence d’un intér#t collectif et la collision des intér#ts particuliers immédiats, c$acun soutenu égoXstement de son cMté, e"igent un défenseur et un ar!itre et cette dou!le fonction ne peut #tre remplie que par l’(tat. -#me en régime d’économie qui se dirige elle'm#me en ce qui concerne la définition de règles au"quelles la production doit se soumettre, il faut que l’(tat garde la $aute direction afin de pouvoir intervenir lorsque les !uts et les intér#ts de la politique nationale sont en .eu et qu’il tienne le rMle d’ar!itre supr#me dans les conflits d’intér#ts. &E\

1)8tat de SalaFar est donc l)8tat traditionnel, l)8tat ar'itre, et c)est, en définitive, la raison d):tre de toute autorité.
C@ F!id., t. -, ". +7 L3A 4uillet 193AM. CC F!id., t. -E, ". @3C L;A octo're 19@9M. C6 F!id., t. ---, ". 369 L;3 4uillet 19@;M. ;1A

-l faut un ?ouvoir !ui, $ un o ent déter iné, entre toutes les discussions, tous les avis, tous les intér:ts, tranche. U)i a5ine !ue les ho es n)ont "as inventé l)&utorité "our leur "laisir. 1es "re iers !ui sont allés choisir l)un d)entre eu( et lui ont dit > « /u seras le 1$ef, nous t’o!éirons », ne l)ont "as fait "ar 5oGt de l)hu ilité, ais si "le ent "arce !ue la vie n)était "lus "ossi'le, au ilieu des conflits d)intér:ts, sans un ar'itre indé"endant. 1)unité ne vient "as s"ontané ent "ar le 'as H elle descend d)en haut, du ?ouvoir unificateur et ar'itre. Si l)on , réfléchit 'ien, c)est le lé5iti e or5ueil des ho es li'res !ui crée les onarchies ou les ono%archies > ne voulant "as "lier l)un devant l)autre, les ho es li'res acce"tent un ar'itre, et, autour de cet ar'itre, unificateur "ar le seul fait de son unité, "eut se rasse 'ler une nation. C)est : e co e cela !u)elles sont nées. < << SalaFar a tou4ours anifesté une conscience très vive de la valeur de l)2ccident. C)est en ter es durs !u)il constatera >
« Fl sem!le que l’Jurope se sente au.ourd’$ui $onteuse et repentante des actions de ses navigateurs et de la $aute pensée qui les guidait, et qu’elle s’efforce le plus discrètement possi!le d’en effacer les vestiges. La vérité cependant est que le progrès se mesure, partout, au.ourd’$ui encore, au degré d’occidentalisation atteint et que les régressions se manifestent en sens contraire. &EA

1)#uro"e « tragique et glorieuse » lui a ins"iré des "a5es !ui sont les "lus "assionnées de son Iuvre d)ordinaire si "ondérée >
« ;n ne saurait qualifier de pré.ugé racial la constatation d’un fait $istorique tel que la supériorité très marquée de l’Juropéen dans la t)c$e de répandre la civilisation parmi les peuples de la terre. &EB

#t "ourtant, il a "eur de devoir "rononcer le fatal aveu de la décadence, ce « finis JuropY » des dé issions définitives. « Lorsque .e réfléc$is sur la crise intérieure et e"térieure que traverse notre 1ivilisation, dit%il, .e ne suis assailli par aucun doute quant 5 la valeur universelle de ses principes », ais ce !ui l)in!uiète, c)est !u)on ait « ç5 et l5, perdu la foi dans sa supériorité intrinsèque » et !ue l)on se co "orte "arfois « comme si ces conflits de civilisations n’étaient placés que sur le plan des discussions p$ilosop$iques, au sein de doctes académies ». 1)#uro"e lui "araJt « fatiguée de sa propre grandeur ». -l la voit é"rouver « la peur de la vie et la peur de se !attre pour défendre la dignité de cette vie », et il a « peur de cette peur »C9.
C7 2liveira SalaFar, 9iscours du 1; avril 19C@. C+ 2liveira SalaFar, Discursos=, t. -E, ". @19 L;C 4uillet 19@9M. C9 2liveira SalaFar, 9iscours du + déce 're 19C6. ;11

-l voit une #uro"e, « par une espèce de l)c$eté collective » se 'ler « avoir $onte de l’Uuvre qu’elle a réalisée », un 2ccident « qui a perdu mal$eureusement le courage d’affirmer sa supériorité »6A. &lors, contre l)2ccident, enacent de se dresser tous ces ouve ents confus 'asés sur la race, sur la couleur et !ui invo!uent le droit des "eu"les $ dis"oser d)eu(% : es. 2r ce droit on le voit « invoqué le plus souvent au gré des intentions politiques ou des !esoins du moment »61, aussi se refuse%t%il $ "rofesser « avec cette légèreté courante de nos .ours » des "rinci"es « qui seraient des agents de dissociation et de rupture » de l)inté5rité de la nation "ortu5aise. -l ne nie "as !u)il n), ait dans le "rinci"e du droit des "eu"les $ dis"oser d)eu(% : es « une "art de 4ustice et de raison »6;, ais il se éfie des droits a'straits.
« Le principe du droit des peuples 5 disposer d’eu"'m#mes fonde et légitime l’indépendance des peuples quand le degré d’$omogénéité, de conscience et de maturité politique leur permet de se gouverner eu"'m#mes, au !énéfice de la collectivité. -ais il est ind:ment invoqué lorsque fait défaut la notion, m#me appro"imative de l’intér#t général d’un peuple solidairement lié 5 un territoire déterminé. &\?

#t il re ar!ue !ue « la légèreté désa!usée avec laquelle ces pro!lèmes sont au.ourd’$ui envisagés, alliée 5 la vague p$raséologie des propagandes qui attisent des mouvements passionnels et irresponsa!les, c$oque les intelligences réfléc$ies »6@. Sélas, les "rinci"es !ui ont corro "u les nations s)atta!uent au4ourd)hui au concert des nations. &"rès avoir détruit les cadres réels de la société > fa ille, cor"oration, vie co unale, les "eu"les ont "assé sous la do ination centralisatrice de l)8tat, !u)elle se anifeste "ar la dictature d)une asse 'lée, la "lanification socialiste ou la dictature soviéti!ue. Sur le "lan international, on assiste $ un "héno ène asseF se 'la'le > les cadres réels de la vie des "eu"les, les nations, sont déclarées dé"assées, inada"tées au( 'esoins de la techni!ue oderne. ?ar un étran5e "arado(e, on voit si ultané ent récla er le "arta5e des colonies en nations indé"endantes, au no du "rinci"e des nationalités et l)inté5ration des étro"oles, au no de l)or5anisation techni!ue des intér:ts. SalaFar n)a 4a ais nié les « dépendances qui réduisent la li!erté des (tats », ais si ces dé"endances i "osent une colla'oration internationale, il note !ue celle%ci « peut'#tre éta!lie multitudinal plurilatéralement sous deu" formes diverses > ou !ien 5 partir de la nation en tant qu’unité intégratrice de ses propres intér#ts ; ou !ien directement 5 partir de ces intér#ts en vue de l’organisation internationale ».
6A 61 6; 63 6@ 2liveira SalaFar, 9iscours du 3A ai 19C6. 2liveira SalaFar, 9iscours du 3A nove 're 19C@. F!id. 2liveira SalaFar, 9iscours du 3A ai 19C6. F!id. ;1;

« uant 5 moi, dit%il, .e crois que l’organisation internationale des grands intér#ts aura une via!ilité et une efficacité !ien plus grandes si elle est faite par éc$elons, parmi lesquels l’éc$elon national m’appara6t comme indispensa!le »6C. &ussi conclut%il >
« 3otre nationalisme, constructif, sans agressivité, pr#t 5 colla!orer sans e"clusivisme, mais enraciné dans la terre et dans les )mes, pourrait !ien continuer 5 se révéler la meilleure défense contre des e"périences audacieuses dont nous ne pourrons mal$eureusement évaluer les !énéfices possi!les qu’après en avoir su!i les inconvénients réels. &\\

< << Co ent ter iner ces re ar!ues tro" 'rèves sur une "ensée si riche en nuances, si su'tile D SalaFar a%t%il, au total, une vue "essi iste des ho es et des choses D #st% il encore curieu( du s"ectacle de notre te "s ou a%t%il la sensation d)a""artenir $ un "assé !ui ne reviendra "lus D Quelle erreur ce serait de le croire B &voir eu raison un !uart de siècle durant, avoir, sans sortir de son "a,s, anal,sé avec%une telle sGreté l)évolution du onde, confère une force de certitude !ue rien ne "eut enta er. Mais !uelle 5randeur d)es"rit !ue de n)en tirer ille vanités et de rechercher tout ce !ui "eut renouer les fils et non ce !ui creuse les fossés infranchissa'les. Cette "atience avec les choses et avec les 5ens, !uelle force de certitude cela su""ose B
« Dans l’ensem!le des événements au"quels nous assistons, il % a des destructions sans nom!re et aussi des é!auc$es de constructions nouvelles ; il % a des accidents de temps ou de lieu et aussi des p$énomènes tendant 5 se refléter d’une manière dura!le dans les sociétés $umaines ; il % a des conceptions de vie dé.5 dépassées, et aussi la rupture de liens indispensa!les de discipline sociale ; il % a encore finalement, et !ien qu’estompé par la fumée des passions et par l’atrocité des luttes, l’$omme dans la constance de sa nature, tel que nous le connaissons ou que nous le devinons depuis l’au!e des temps. Dans ces conditions, le pro!lème consiste 5 ne pas se laisser é!ranler par l’avalanc$e des événements indécis ou contradictoires et 5 découvrir dans certains cas, et 5 c$oisir dans d’autres, les lignes ma6tresses de la meilleure construction future. &

1)essentiel, c)est de ne "as se tro "er sur la nature de l’$omme. < <<
6C 2liveira SalaFar, 9iscours du ;; nove 're 19C1, ". 13. 66 2liveira SalaFar, 9iscours du 19 4anvier 19C6. ;13

9ans les "re iers ois de 19C6, la situation internationale s)est 'rus!ue ent a55ravée > l)a5itation en &fri!ue et en &sie enace sérieuse ent les 5rands e "ires euro%africains et euro%asiati!ues, sans !ue les étro"oles "araissent 'ien décidées $ résister. SalaFar a tout de suite co "ris !ue la situation allait devenir désastreuse "our l)2ccident > « L’Afrique, ra""elle%t%il le 3A ai, est le complément de l’Jurope nécessaire 5 sa vie, 5 sa défense, 5 sa su!sistance. L’Jurope sans l’Afrique, cela veut dire que la 9ussie peut immédiatement dicter 5 l’;ccident les conditions dans lesquelles elle lui permettra de vivre ». #t SalaFar "arle de la « l)c$eté collective de l’Jurope HquiI sem!le avoir $onte de l’Uuvre qu’elle a réalisée l5'!as ».
« Dans le fond, en cette époque o< l’on invoque de tous cMtés la non' discrimination raciale, ces mouvements, l5 o< ils se manifestent, sont surtout !asés sur la race, sur la couleur, 5 l’éc$elle continentale, et menacent de se dresser en !loc contre la civilisation de l’;ccident, qui a perdu mal$eureusement le courage d’affirmer sa supériorité H=I. 1e qu’on doit avoir présent 5 l’esprit, c’est que tout ce que la 9ussie n’a pu conquérir représente un gain pour elle si elle le fait perdre au" autres. &

SalaFar refuse d)entrer dans le 4eu tru!ué des idéolo5ies >
« 3ous cro%ons qu’il % a des races décadentes ou arriérées, comme on voudra, vis'5'vis desquelles nous devons assumer la t)c$e de les appeler 5 la civilisation. Fl s’agit d’un travail de formation $umaine qui doit #tre accompli avec $umanité. &

Ue e souviens d)un entretien !ue 4)eus avec M. SalaFar, $ la fin de 19C6, et au cours du!uel il e fit cette re ar!ue curieuse >
V,e crois !ien qu’il n’% a qu’un $omme qui me comprenne, c’est drouc$tc$ev O

-l entendait dire "ar l$ !ue ]rouchtchev savait !ue le seul diri5eant occidental !ui eGt "ercé sa anIuvre, c)était lui et !u)une sorte d)ad iration intellectuelle s)était éta'lie entre celui !ui 'ernait les dé ocraties et celui !ui l)avait co "ris. < << Sur la fin de 19C+, SalaFar réaffir e la donnée fonda entale de sa "hiloso"hie "oliti!ue >
V,e suis nationaliste\A.

#t il donne cette très 'elle définition de la nation >
« ,e crois qu’une vieille nation est analogue 5 un #tre $umain. Jlle peut fraterniser avec autrui, mais son )me et son corps demeurent intangi!les. &

67 Le +igaro, ;%3 se"te 're 19C+. ;1@

1e onde, ce"endant, est traversé de courants contradictoires, nés de "ro"a5andes ouvertes ou secrètes H les o"inions "u'li!ues se trou'lent et les 'ases : es de la société se 'lent vaciller. SalaFar n)i5nore "oint !ue ces vents destructeurs soufflent aussi sur le ?ortu5al et il avertit >
« Fl n’est pas dans mon tempérament de faire des appels faciles au tragique, et ce n’est pas l5 le !ut de mes paroles. ,’estime cependant opportun de rappeler que, par ces temps difficiles, aucun des !iens dont nous .ouissons n’est s:r, si nous ne sommes pas disposés 5 contri!uer nous'm#mes 5 leur sécurité. 3i l’indépendance, ni l’intégrité de la 4atrie, ni la pai", ni l’ordre, ni les commodités et les !iens, ni la tranquillité des fo%ers, ni la li!erté des consciences, ni l’économie, ni le travail, ni les améliorations ou les entreprises pu!liques. 3on, aucun de ces !iens n’est s:r, si ce n’est dans la mesure o< nous défendons nous'm#mes les principes d’o< ils émanent ou sur lesquels ils reposent, et dans la mesure o< nous sommes pr#ts 5 nous !attre pour eu". &\B

C)est cette année%l$ !ue SalaFar décide de odifier le ode d)élection du chef de l)8tat. -l enlève cette élection au suffra5e universel et la confie $ un [rand Collè5e !ui réunit les dé"utés, les e 'res de la Cha 're cor"orative, des délé5ués des unici"alités et des "rovinces d)2utre%Mer. C)est une décision i "ortante. SalaFar a "u constater autrefois !ue l)a""el "lé'iscitaire "ouvait servir $ renverser la coalition des "artis et des intér:ts "rivés, ais il constate au4ourd)hui !ue, sous la "oussée des "ro"a5andes étran5ères Z révolutionnaires ou "loutocrati!ues Z, la asse "eut :tre soudain "arcourue "ar des va5ues "assionnelles !ui ris!uent de 'ala,er, en un scrutin, l)effort d)un de i%siècle. 3out "ouvoir révolutionnaire, $ son ori5ine, tend $ devenir conservateur des "rinci"es !u)il a éta'lis et, surtout, s)il se refuse $ 5ouverner en s)a""u,ant sur la dé a5o5ie, il lui faut trouver dans les Cor"s constitués, les assises de sa continuité.
« [ la !ase de notre vie collective, telle que nous la comprenons, l’organisons et prétendons la vivre, e"iste un fort su!stratum idéologique dont elle dérive, qui l’e"plique et soutient m#me dans une large mesure la propre réalité géograp$ique que constitue la nation portugaise. 3ous touc$ons ici au point essentiel de la compré$ension du pro!lème > cette étreinte mortelle qui se dessine et, de plus en plus, enserre l’;ccident, ne peut se refermer sans englo!er la péninsule Hi!ériqueI et que soient détruites toutes les valeurs de co$ésion et de création des peuples qui la constituent. 1o$ésion qui assure leur intégrité, création qui assure leur pro.ection dans l’avenir. 1elui qui penserait qu’il s’agit de préférence pour des doses plus ou moins fortes de démocratie ou de li!éralisme, de c$angement de personnel gouvernemental, d’intér#ts de classes encore défavorisées ou in.ustement traitées, ne verrait pas la question dans toute son ampleur. Fl peut s’agir l5 de mo%ens, pas de fins. 1e qu’on essaie d’entreprendre, c’est la désintégration des valeurs efficientes d’une civilisation et l’évacuation de propositions essentielles, nécessaires pour des progressions vers d’autres directions. &\C
6+ @ 4uin 19C+. 69 ;3 ai 19C9. ;1C

Quand on relit au4ourd)hui ces réfle(ions sur les!uelles ont "assé si lé5ère ent les conte "orains, on ne "eut !u)ad irer leur aveu5le ent et la "arfaite lucidité de ce vieil ho e, assis dans son fauteuil, occu"é $ diri5er un "etit "a,s $ l)e(tr: e 'out de l)#uro"e. #t cette vision de l)&fri!ue « li'érée » >
« 1omme les capitau" privés ne se sentiront pas attirés par des situations précaires et insta!les et que les fonds internationau" gratuits seront naturellement réduits, ces nouveau" (tats HafricainsI peuvent se sentir tentés de résoudre leurs difficultés par le recours 5 la socialisation générale des mo%ens de production et au travail forcé. Jt, !ien que leurs conditions soient très différentes de celles de la 9ussie et de la 1$ine, desquelles ils viendraient 5 s’inspirer, les m#mes procédés pourraient #tre essa%és. Ainsi, 5 la régression et 5 la soumission 5 d’autres ma6tres, nous devons a.outer, au moins comme perspective possi!le, une Afrique communiste avec toutes les conséquences politiques qui en résulteraient. &

SalaFar, !ui a co "ris !ue l)a'andon des étro"oles « dé ocrati!ues » est définitif, vu l)état d)es"rit de leurs o"inions "u'li!ues, tente de sé"arer le « cas » "ortu5ais des autres colonisations. Ce n)est "as seule ent une anIuvre devenue nécessaire, cela corres"ond $ une réalité histori!ue. &u( or5anis es internationau( !ui "rétendent dis"oser de l)e "ire "ortu5ais, SalaFar ré"li!ue coura5euse ent >
« Le gouvernement ne peut demander pardon de considérer l’e"istence de la 4atrie comme une c$ose $ors de discussion H=I. &AW

9u désordre !ui suit les décolonisations fran0aise, 'ritanni!ue et 'el5e, SalaFar tire cette le0on > la vérita'le e("lication de l)échec de la décolonisation « réside dans la carence d’éléments d’appui sur lesquels ces élites HindigènesI puissent compter. Jt cela est naturel, parce qu’un (tat n’est pas constitué seulement par ses dirigeants H=I ». < << 9ans les dernières années de sa vie, SalaFar "arlera "eu, $ "eine un discours "ar an B Sa doctrine est for ée. -l la croit vraie et tout ce !ui se "asse autour de lui le confir e dans ses "rinci"es. Mais "eut%on convaincre les autres D &u dé'ut de 196C, il fait un curieu( aveu >
« ,’avoue $um!lement que .e ne suis pas parvenu, au cours de tant d’années, 5 o!tenir deu" c$oses, qui d’ailleurs me paraissent essentielles > convaincre nos gouvernants de ce qu’ils avaient !esoin d’un appui politique pour leur action, et que cet appui ne pouvait leur venir que de l’Dnion nationale ; convaincre l’Dnion nationaleT de ce que la formation politique ne peut #tre a!andonnée au $asard des lectures ou d’influences familiales, mais doit #tre confiée 5 une action de formation doctrinaire s%stématique et persistante. &
7A 1961. < 1)Wnion nationale était le rasse 'le ent de tous les ?ortu5ais dis"osés $ soutenir la "oliti!ue du 9r SalaFar. ;16

Wn ré5i e !ui n)e(erce "as une for ation doctrinale laisse le cha " li're $ toutes les o"inions les "lus contradictoires avec ses "ro"res "rinci"es, et !uand les inistres se co "laisent dans l)a"olitis e et "rétendent faire de l)ad inistration "ure, il est $ craindre !ue les idées fonda entales du ré5i e, !ui "euvent ani er encore ceu( !ui l)ont vu naJtre ou l)ont construit, ne se trans ette "as naturelle ent dans les nouvelles 5énérations. 9)autant !ue, et de cela SalaFar en est 'ien conscient >
« Fl sem!le que tout dans notre société soit atteint du mal du siècle > le mal dia!olique de la confusion des concepts. 4lus rien ne sem!le sta!le, communément admis. 3on pas m#me qu’on demande une ad$ésion générale 5 une certaine conception des c$oses, mais les s%stèmes entre eu" cessent de se définir et de se voir tels qu’ils sont. Les mots ne recouvrent plus de sens précis. Fls en ont un selon la !ouc$e qui les prononce. »71

1e ;+ ai 1966, "our le @Ae anniversaire du soulève ent ilitaire nationaliste de 19;6, SalaFar 4ette co e un dernier re5ard sur ce onde étran5e et suicidaire >
« ,e comprends les doutes et les $ésitations. 3ous vivons un moment critique de l’$istoire du monde. /out est en crise ou su.et 5 critique > la morale, la religion, la li!erté des $ommes, l’organisation sociale, l’étendue de l’intervention de l’(tat, les régimes économiques, la 3ation elle'm#me et les avantages de son indépendance ou de son intégration avec d’autres pour la formation de grands espaces économiques et politiques. ;n discute en Jurope la notion m#me de patrie. Des révolutions, comme la révolution soviétique, ont continué, dans le domaine des faits et de la p$ilosop$ie, les révolutions qui venaient du passé, de la 9éforme et de la 9évolution française et, comme tous les grands mouvements en possession de leur force initiale, ont tendance 5 se répandre et 5 dominer le monde. Fls nous empoisonnent de visions et de principes qui sont loin d’#tre appliqués dans leur pa%s d’origine. Les esprits les plus purs s’inquiètent, se trou!lent, ne savent pas comment s’orienter, et répètent avec angoisse la question de 4ilate au 1$rist > 727 est la vérité D8 &

2r, « l’esprit $umain a !esoin d’ad$érer 5 la vérité ; il a !esoin de certitudes pour s’orienter et pour agir. Aucun (tat ne peut e"ister sans se fonder sur ces certitudes, ou présumer qu’elles sont définies et acceptées ». Mais co ent les dé5a5er D 1es idéolo5ies s)affrontent, les intér:ts divisent. &lors, au ter e de sa vie, riche de réfle(ions et d)e("érience, SalaFar donne sa dernière ré"onse >
« Fndépendamment de ce qui dépasse l’ordre naturel, l’o!servation o!.ective des faits et l’e"périence des peuples, au long de leur vie millénaire, nous révèlent quelques'unes de ces certitudes. &

Co e $ son "oint de dé"art, SalaFar conclut > il n), a !u)une seule éthode "our trouver des certitudes > la "oliti!ue e("éri entale. < <<
71 ,ours de +rance, 7 aoGt 196C. ;17

Ce !ue 4)a""elle le « /estament politique » de SalaFar tient dans !uel!ues li5nes données $ un 4ournal ar5entin, fin 4uin 196+ >
« L’ordre, la tranquillité pu!lique, le développement de l’éducation et de la culture, le prestige, la co$ésion nationale, tout cela nous admettons qu’on aurait pu l’o!tenir avec d’autres $ommes ; avec d’autres principes, non. &

3rois ois "lus tard, terrassé "ar la aladie, SalaFar cessera d)e(ercer le "ouvoir. -l survivra "rès de deu( ans. -l convient de noter !ue ni l)annonce de sa aladie, ni celle de sa ort n)ont donné lieu $ aucun trou'le. 1)an(iété, "ar un vieu( réfle(e chrétien, s)est uée en "rières. < << Si( volu es $ couverture 5rise, ; 7AA "a5es intitulées > Discursos e notas politicas L9iscours et notes "oliti!uesM, écrites entre 19;+ et 196+, au(!uelles il faut a4outer un volu e recueillant 1@ interviecs données "ar écrit, entre 19CA et 196C, telle est l)Iuvre "oliti!ue !ue SalaFar laisse $ la "ostérité. Ua ais il n)a entre"ris un e("osé s,sté ati!ue de sa doctrine. #lle s)est éla'orée au cours de l)action, d)année en année, étroite ent liée $ l)événe ent !u)il fallait affronter. #n 19C7, 4)essa,ais de faire une s,nthèse de cette "ensée "oliti!ue. R cette é"o!ue, l)essentiel était dé4$ dit et 4)ordonnais on travail autour de deu( 5rands thè es > l)art de 5ouverner et le nationalis e. M. SalaFar voulut 'ien trouver !uel!ue intér:t $ cette étude. Ue l)avais intitulée > ; 0alaGarismo L1e SalaFaris eM. -l n)ai a "oint l)e("ression et e de anda de l)intituler > ; 4ensamento de 0alaGar L1a ?ensée de SalaFarM. 1a re ar!ue est intéressante, "arce !u)elle souli5ne le souci de M. SalaFar de ne "as a""araJtre co e un faiseur de s,stè e. *idèle $ la conce"tion de tous les aJtres de l)école contre% révolutionnaire, il "rati!uait la « politique e"périmentale » "réconisée "ar Uose"h de Maistre, il recherchait la « 1onstitution essentielle de l’$umanité » selon l)e("ression de =onald, et, co e Maurras, sou ettait ses idées au 4u5e ent de l)« empirisme organisateur ». Cette Iuvre si étendue dans le te "s, ces réfle(ions "oliti!ues dis"ersées, rendaient difficile l)étude d)ense 'le de la "ensée de SalaFar. C)est alors !ue 4)eus l)idée, en 196@, d)a""li!uer $ ces "a5es écrites au 5ré des événe ents, la éthode !ue l)on avait suivie "our l)Iuvre dis"ersée de Charles Maurras, et 4)éta'lis un Dictionnaire politique de 0alaGar. « 1’est un service de plus que les 4ortugais vous devront », voulut%il 'ien )écrire. #nfin, en 1967, il e se 'la nécessaire de re"lacer l)Iuvre "oliti!ue de SalaFar dans son conte(te histori!ue et 'io5ra"hi!ue et 4e "u'liais, au( éditions de la 3a'le 6onde, un 0alaGar o7 les "ro"os de l)ho e d)8tat s)inséraient dans l)histoire de sa vie.
;1+

« ,e vous remercie de tout cUur », )écrivit%il, le 3A avril 1967. #n e disant co 'ien il avait été touché !ue 4e fisse "araJtre ce volu e "our son anniversaire. -l a4outait ces ots !ui sont "leins de élancolie au4ourd)hui !uand on les relit >
« 1ela n’a rien d’agréa!le de passer un anniversaire, mais notre 4résident de la 9épu!lique Hl’amiral /$omasI me dit qu’il est tou.ours mieu" de le passer que de ne pas le passer. &

1es ho es d)8tat !ui ont été, en : e te "s, des ho es de "ensée, n)ont "oint l)é"hé ère durée d)une vie hu aine. 1eur "ensée vit, circule, se "ro"a5e, avance, recule, s)en va ressortir $ des diFaines d)années de l$. #lle "artici"e $ la vie de l)es"rit, $ la lutte de la Eérité et de l)#rreur. 1a aladie ni la ort n), "euvent rien. 1a "arole "rononcée est un acte !ui ne finit 4a ais d)a5ir. Mon cha"itre sur SalaFar, dans les deu( "re ières éditions des Doctrines du 3ationalisme, s)arr:tait $ 19C6 H le "ortrait !ue 4)ai tracé dans on 0alaGar s)arr:tait $ 1967. U)ai essa,é, dans les dernières "a5es du cha"itre de cette troisiè e édition, de co "léter l)e("osé de la "ensée du "résident SalaFar 4us!u)$ ses derniers 4ours. Ue "ense devoir aintenant donner !uel!ues souvenirs "ersonnels sur ces derniers 4ours. -ls viendront ainsi achever on 0alaGar. Ue les donnerai "res!ue tels !ue 4e les ai notés au o ent : e.

Juin 1969
U)ai traversé le "etit oratoire !ui "récède la cha 're du 9r SalaFar. Ue le vois couché dans un lit !ue l)on a tiré au ilieu de la "ièce, "leine d)instru ents édicau(, o7 deu( infir ières se tiennent en "er anence. -l e tend une ain a ai5rie. V,e savais que .e vous reverrais, dis%4e, on a tant prié pour vous. 1a conversation s)en5a5e tout de suite en fran0ais, et 4e constate !ue l)illustre alade "arle sans difficulté, sans 4a ais chercher un ot ou hésiter. Wn 5rand alade convalescent certes, un vieillard, ais dans le re5ard du!uel 4e retrouve la : e vivacité, la : e ironie. Ue lui ai a""orté l)édition italienne de on 0alaGar !ui vient de sortir $ 6o e. -l "rend le volu e, le feuillette, s)en!uiert de savoir !ui l)a traduit, si le livre se vend 'ien. V ue se passe't'il dans le mondeK e de ande%t%il. Ue lui ré"onds "ar le ot de =ainville > V/out a tou.ours très mal marc$é. M. SalaFar sourit. VJt il s’en accommodait K e de ande%t%il. V3on, Bainville ne cro%ait pas au sens de l’$istoire. -ais 5 sa logique, oui. #t cela nous a ène $ "arler des trou'les !ui venaient d)éclater en [uinée es"a5nole, al5ré Z ou $ cause Z de l)indé"endance !ue le 5ouverne ent de Madrid venait de reconnaJtre $ son ancienne "ossession. Quand le soldat s)en va d)&fri!ue, la Civilisation s)en va. M. SalaFar tire de ces incidents une 4ustification su""lé entaire de la "oliti!ue !u)il a suivie, lui, en &fri!ue "ortu5aise > tenir.
;19

Oous "arlons de 9e [aulle. % Fl a des ennuis, e dit%il. C)était avant le référendu !ui a ènera sa chute. 9e [aulle a tou4ours été un ,stère "our SalaFar. -l n)a 4a ais co "ris !u)un ho e !ui aurait "u faire tant de 'ien ait fait tant de al. Cha!ue fois !ue 4)ai entendu SalaFar e "arler d)un ho e d)8tat, !uel !u)il fut, 4e l)ai tou4ours trouvé co e étonné des fautes !u)il co ettait, co e si l)évidence !ui s)i "osait $ lui eut dG :tre "arta5ée. -l avait un "eu de l)air du "rofesseur étonné !ue l)on n)ait "as trouvé la ré"onse e(acte, tant elle était évidente. ?uis nous avons "laisanté > V2ous aveG une forte constitution, M. le ?résident, lui ai%4e dit. ?enseF !ue vous aveF résisté $ cin! édecins, dont un a éricain B -l rit franche ent. Mais 4e ne veu( "as le fati5uer. -l , a di( inutes !ue nous "arlons. Ue e lève. -l e serre la ain avec force > V9eveneG. V,e reviendrai.

21 anvier 19!"
1ors!ue 4e suis revenu, M. SalaFar n)était "lus couché. -l "assait aintenant ses 4ournées assis dans un fauteuil roulé devant la fen:tre de son oratoire. ?assé la "orte, 4e le vois, de dos, a'sor'é dans la conte "lation des ar'res de son 4ardin. 1es "al iers a""araissaient 5ris.tres $ travers les rideau( !ue l)on n)avait "as son5é $ relever, le ciel 'lanch.tre. U)é"rouve une "rofonde i "ression de tristesse devant cet ho ei o'ilisé, devant cette intelli5ence !ui résiste $ l)envahisse ent de l)o 're au soir de sa vie. Ue )assois "rès de lui. Ue le sens i "atient. 1es édecins, e dit%il ne veulent "as e "lo,er de traite ent tro" 'rutal, et il s)incline. -l a tou4ours res"ecté cheF les autres leur res"onsa'ilité. -l e dit !u)il se lève, arche un "eu avec une canne, ais !ue les 4ournées lui se 'lent lon5ues B -l a tou4ours eut un so eil très 'ref. R !uoi "eut%il 'ien "enser dans 1is'onne endor ie D Quelle "artie de conscience, !uels trous d)o 're se "arta5ent cet es"rit !ue l)on a connu si clair, si 'ien or5anisé D Ue lui de ande > VLiseG'vous les .ournau" K V3on, on me lit ce qui peut m’intéresser. VAveG'vous !eaucoup de visites K V;ui, !eaucoup, et cela me distrait, mais il % en a qui me fatiguent, par e"emple quand ces messieurs viennent me parler de l’Afrique. Fl faut que .e réfléc$isse pour !ien les conseiller. Ue crois !ue 4us!u)$ la dernière lueur su'sistant dans ce cerveau 'lessé, sa "ensée aura été "our l)e "ire, et 4e "ense au ot de [Ithe > « 4our faire époque, il faut laisser un grand $éritage ».
;;A

Ce n)est "as lui !ui l)aura "erdu. 1a conversation vient sur 9e [aulle dont il connaJt l)échec et le dé"art. VL’$istoire dira qu’il s’est trompé, co ente%t%il. Ue ne connais "as de 4u5e ent "lus sévère "our un ho e d)8tat. Ue suis tout "rès de ce vieil ho e sa5e, "rudent, !ui a donné avec si "licité tant de le0ons au( t:tes illustres de son te "s. #t 4e le vois las. Ue e lève. Oous nous serrons la ain lon5ue ent, et 4e e diri5e vers la "orte !uand 4)entends la voi( du 9r SalaFar !ui, le dos tourné, i o'ilisé "ar la "aral,sie, continue de e "arler, re5ardant les ar'res $ travers la fen:tre > V1ontinueG d’écrire. Fl le faut. 1’est important ce que vous faites. V;ui, -. le 4résident, dis%4e, la 5or5e nouée, et 4e !uitte ce "etit oratoire o7 survit une des "lus 5randes intelli5ences de ce te "s. < << ?ar un 'eau atin ensoleillé, le ;7 4uillet 197A, un "eu a"rès 9 heures, SalaFar est ort dans la "etite cha 're du "re ier éta5e de la aison !u)il occu"ait derrière le "alais de Smo =ento, au ilieu de la verdure et des fleurs. Ue l)ai revu, le lende ain, dans son cercueil, rev:tu de la 5rande ca"e noire au ca ail rou5e de l)Wniversité de CoX 're. Seule une ain dé"asse, enroulée d)un cha"elet. 1e visa5e est couvert d)un voile 'lanc. Oous so es une trentaine de "ersonnes, fa iliers et ho es d)8tat, dans cette "etite "ièce au( volets i%clos !ui donne sur le 4ardin. 2n a"er0oit des "al iers au soleil. Sa fidèle 5ouvernante, 9. Maria, relèvera "lusieurs fois le voile. !ui as!ue le visa5e et 4e conte "le une dernière fois ce "rofil ar oréen au!uel la a4esté de la ort n)a rien a4outé, tant la di5nité , fut tou4ours inscrite. Seule an!ue la vie, ce !ui faisait 'riller intensé ent ces ,eu( et ouvoir cette ain si 'elle !ui tra0ait des 5estes certains et fer es lors!u)il "arlait. 2n a dit une esse dans le "etit oratoire attenant $ cette cha 're o7 il a vécu ses derniers ois, assis dans un fauteuil, le re5ard tourné vers la lu ière. 2n a donné l)a'soute, le couvercle fer é. R dos d)ho es on descend le cercueil. -l traverse le 4ardin. 2n le "ose dans le 5rand hall de l)&sse 'lée nationale. 9ehors, les tro "ettes sonnent. 1a arche funè're de Cho"in retentit. 1a foule a5ite des ouchoirs, co e $ *ati a lors!ue "asse la statue de la Eier5e des &""aritions. SalaFar s)en va re"oser au onastère des Uéroni os 4us!u)au 4our des o'sè!ues nationales. 9errière lui, la aison de la rua da - "ressa reste vide, volets et "ortes ouverts. U)ai retraversé le 4ardin, 4eté un dernier re5ard $ cette aison o7 4e laisse tant de souvenirs. U)ai fait tout $ l)heure un dernier si5ne de croi( lors!ue le cercueil est "assé devant oi, et 4)ai ur uré > « Au revoir, -. le 4résident », co e autrefois.

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< << 1e "etit ci etière de Ei eiro s)étend au flanc d)un 'ois de "ins, sur une hauteur. ?assé la 5rille, vous trouvereF, tout de suite $ 5auche, une "ierre to 'ale avec une si "le croi(. ?as d)inscri"tion, "as : e de no , seule ent ces initiales> &.2.S. 197A. C)est l$ !ue re"ose "our tou4ours celui !ui fut un des "lus 5rands ho es d)8tat de ce te "s et un "hiloso"he "oliti!ue d)une rare étendue de vues. U)ai vu descendre ses restes au soleil déclinant d)une a"rès% idi de 4uillet. -l était un "eu "lus de se"t heures H une foule i ense envahissait les cha "s et les 'ois avoisinants, tandis !ue des salves d)artillerie annon0aient au loin !ue SalaFar re"osait désor ais au sein de la terre natale. Cette 4ournée du 3A 4uillet 197A fut inou'lia'le. #lle avait co encé "ar une esse solennelle au onastère des Uéroni os o7, la veille, un défilé ininterro "u d)ho es, de fe es et d)enfants s)était déroulé devant le cercueil ouvert o7 re"osait SalaFar. ?uis, traversant la 5rande "lace de l)# "ire !ui sé"are le onastère du 3a5e, le cercueil avait été "lacé sur un train s"écial o7 avaient "ris "lace le chef de l)8tat, le "résident du Conseil et trois cents "ersonnes ad ises $ acco "a5ner SalaFar dans ce train funè're. U), étais et 4)ai vu le s"ectacle le "lus e(traordinaire !u)on "uisse i a5iner > tout le lon5 du "arcours, "endant les !uatre heures de che in de fer !ui sé"arent 1is'onne de Santa Co 'a 9mo, on "ut voir une foule i ense se "resser dans les 5ares, le lon5 des voies, au 'ord d)un cha ", sur une hauteur, et nous défilions entre des fe es $ 5enou(, des ho es t:te nue, des enfants étonnés re5ardant "asser ce train funè're. #t l)on vo,ait des ho es "leurer $ ce s"ectacle et dans ce train des ho es "leurer en vo,ant cette douleur, ce "lé'iscite de la ort. R Santa Co 'a 9mo, aucun 'arra5e de "olice ne tint devant la "oussée de la foule et l)on vit le chef de l)8tat, le "résident du Conseil, les inistres, les "ersonna5es i "ortants de l)8tat, no,és dans la asse hu aine de "a,sans, d)ho es et de fe es du "eu"le, suivre "endant "lus de deu( Vilo ètres la lon5ue ontée. vers le ci etière de Ei eiro. 1e ciel soudain s)était o'scurci, des éclairs ra,aient l)horiFon, le tonnerre 5rondait. ?uis l)ora5e 5lissa, é"ar5nant la foule, et le ciel re"rit sa sérénité co e on arrivait au ci etière. -aintenant repose, sous cette dalle nue et presque anon%me, celui qui « régna & pendant plus de quarante ans sur le dernier empire d’;ccident.

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6a5le des matières
-. 8douard 9ru ont ou la fin d)un onde..............................................1 --. Maurice =arrès ou le déter inis e nationaliste...............................1; ---. ?aul =our5et ou le traditionalis e "ar le "ositivis e.....................;C -E. Charles Maurras ou le nationalis e inté5ral...................................;6 E. ?hili""e ?étain, Maréchal de *rance ou la ré5ence du......................... nationalis e......................................................................................@7 E-. #nrico Corradini ou la naissance du nationalis e italien...............C6 E--. =enito Mussolini 9uce du fascis e...............................................6@ E---. 1)&lle a5ne entre la 6ace et la Oation......................................1AC -X. &dolf Sitler *dhrer du ---e 6eich..................................................11; X. Uosé &ntonio ?ri o de 6ivera ou la nation co e unité..................... de destin dans l)universel................................................................1C@ X- 6a iro 1edes a 6a os ou la théorie de la révolution........................... nationaliste.......................................................................................17@ X--. 2nési o 6edondo ou le "ressenti ent de la victoire..................17+ X---. 1)idée nationaliste au ?ortu5al....................................................1+1 X-E. &ntonio Sardinha ou l)inté5ralis e lusitanien............................1+6 XE. &ntknio de 2liveira SalaFar ou un ho e li're..........................19@

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