Discours de Laurent Fabius lors de l’ouverture des Assises de l’industri... http://www.diplomatie.gouv.

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France Diplomatie - Ministère des Affaires étrangères
Discours de Laurent Fabius lors de l’ouverture des Assises de l’industrie (Paris, ! novembre " #$%
Monsieur le Directeur, Mesdames et Messieurs, &ue le ministre des Affaires étrangères soit convié ' ouvrir ( pour la première fois, )e crois - ces Assises de l’industrie, *ue vous ave+ c,oisi de tourner vers le monde, traduit la nécessaire mobilisation générale de notre pa-s au service du redressement économi*ue et industriel. Pour moi - )’ai été )adis ministre de l’/ndustrie et de la 0ec,erc,e, Premier Ministre, Ministre de l’1conomie et des Finances, ou au)ourd’,ui patron de notre diplomatie -, cela n’a )amais fait de doute, l’industrie est indispensable, elle constitue le support nécessaire de notre puissance économi*ue et son c,amp d’e2tension est désormais le monde. 3’est un en)eu de progrès 4 l’emploi et le développement durable ont besoin de l’industrie. 3’est un en)eu de souveraineté 4 notre indépendance repose largement sur les capacités de notre outil industriel. 3’est un en)eu d’ambition collective 4 notre influence dans le monde ne peut durablement 5tre déconnectée de notre poids économi*ue. L’industrie est le socle de la puissance 4 si nous n’inversons pas la tendance passée, négative, c’est la place de la France *ui est menacée. 3omme l’a montré notamment le rapport 6allois, la clef du redressement industriel, c’est l’amélioration de notre compétitivité afin de con*uérir ou de recon*uérir les marc,és internationau2 et d’attirer c,e+ nous des investisseurs. Pour - procéder, l’administration ne peut se substituer au2 c,efs d’entreprise, dirigeants, managers. Mais elle peut et doit les soutenir, vous soutenir. Dans cet esprit, deu2 erreurs s-métri*ues doivent 5tre écartées. D’une part, le pro)et d’entreprises sans usine, c’est'-dire sans base nationale solide 4 illusion. D’autre part, celui d’usines sans entrepreneurs. La France a besoin d’industries, d’usines et d’entrepreneurs. 77 Mesdames et Messieurs, Depuis pas mal d’années, notre compétitivité s’est dégradée, ce dont témoigne le )uge de pai2 en la matière ( le creusement de notre déficit e2térieur. Pres*ue deu2 millions d’emplois industriels ont été détruits en " ans. La part de l’industrie dans la production a c,uté massivement. 3’est un drame pour les salariés, un drame pour les entrepreneurs, un drame pour les territoires et pour la France. 8e ne reviendrai pas longuement sur le constat *ue vous connaisse+ comme moi et *ui a été établi précisément par Louis 6allois. 3ertes, notre pa-s dispose d’atouts ma)eurs 4 de grandes entreprises leaders dans leur domaine, des PM1 innovantes, des infrastructures de *ualité, une main-d’9uvre *ualifiée, une rec,erc,e de premier plan, une épargne abondante, atouts traditionnellement cités au2*uels )’a)outerai, une administration compétente et ,onn5te. :out cela est vrai m5me si, dans certains domaines nous reculons dans les classements internationau2. Mais des problèmes importants e2istent *u’il ne faut certainement pas cac,er si on veut les résoudre. D’une part, notre niveau de gamme industriel est trop faible, notamment vis-'-vis de l’Allemagne. La différenciation insuffisante de nos produits nous rend plus sensibles ' la compétitivité-co;t et ' un euro c,er. <ous créons de nombreuses PM1, mais elles ne parviennent pas ' cro=tre suffisamment, pour devenir des 1:/ solides, e2portatrices. D’autre part, la profitabilité des entreprises fran>aises, en particulier industrielles, est au)ourd’,ui une des plus faibles des pa-s de l’?3D1. Les résultats favorables des entreprises du 3A3 @ ne doivent pas nous égarer 4 elles ne représentent évidemment pas toute l’industrie et elles ne réalisent en France *ue # A de leur profit. 1n France, les marges bénéficiaires de l’industrie reculent depuis " #. 3ela est d; notamment au fait *ue les salaires réels augmentent plus vite *ue la productivité du travail. D’oB un problème d’attractivité 4 la rentabilité du capital étant relativement faible, les investissements se dirigent moins vers la France, l’industrie recule et cela pèse sur notre croissance potentielle, )’a)oute, s’agissant de la productivité, *u’elle progresse souvent de manière satisfaisante dans l’industrie, mais pas ou pas asse+, en revanc,e, dans les services et la construction. Les co;ts de production dans ces deu2 secteurs pèsent sur la compétitivité de l’industrie, *ui en est le premier client. Au moins *uatre grandes causes structurelles e2pli*uent le décroc,age de notre industrie. La rec,erc,e, l’innovation et la formation sont encore trop peu articulées avec l’industrie. <otre tissu industriel est insuffisamment structuré, ce dont pCtissent nos PM1. Les flu2 de financement sont trop peu orientés vers l’industrie. 1nfin, le marc,é du travail rencontre des déficiences. Des décisions ont été prises ou sont en passe de l’5tre afin de répondre ' ces problèmes. Le pacte pour la croissance, la compétitivité et l’emploi D le plan pour les investissements d’avenir D la création de la EP/ D l’accord sur la sécurisation de l’emploi D le décret de réforme de la formation D les $@ plans sectoriels pour la nouvelle France industrielle D les efforts de structuration des filières. 3es mesures sont positives. La plupart sont opérationnelles, notamment le crédit d’impFt compétitivité-emploi. 1lles commencent, semble-t-il, ' porter leurs fruits m5me si la situation passée pèse encore très lourdement. /l faut les prolonger et m5me les amplifier. 8e pense en particulier ' l’innovation et ' l’investissement, *ui doivent 5tre au c9ur de notre stratégie. Pour se redresser, la France doit mieu2 différencier ses produits. 1lle doit encourager les

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entrepreneurs ' investir, ' prendre des ris*ues, ' e2porter. Pour l’emploi, il faut de la croissance D pour la croissance, il faut de la compétitivité D pour la compétitivité, il faut de l’investissement et de l’innovation. Pour cela, Mesdames et Messieurs, )e l’avais dit il - a dé)' plusieurs années alors *ue la France était plus compétitive, il faut 5tre très vigilant concernant la pression fiscale, notamment sur les entreprises. <ous vivons dans un monde ouvert. Pour améliorer les marges de nos entreprises afin d’attirer des investissements et pour donner ' nos PM1 l’envie et la capacité de se développer, la politi*ue fiscale doit envo-er des signau2 clairs. Dans le m5me temps, nous avons besoin de davantage d’investissements. Pour l’avenir, nous devons développer nos infrastructures, assurer notre approvisionnement énergéti*ue en développant notamment les énergies renouvelables et les économies d’énergie, rester ' la pointe de la rec,erc,eG <ous devons aussi améliorer l’éducation et la formation. 1t, autre terme de l’é*uation, nous devons procéder au redressement des finances publi*ues et au désendettement du pa-s. <on par fétic,isme ou par ort,odo2ie, mais parce *ue c’est une condition de notre souveraineté, de notre crédibilité et de notre capacité ' investir dans l’avenir. Pour - parvenir, le c,emin tient en deu2 mots, aisés ' définir, difficiles ' tenir mais indispensables ' notre redressement, dépenser moins et investir plus. 3ela impli*ue en particulier de rendre l’action de l’1tat, des collectivités locales et des administrations sociales plus efficace. Les comparaisons internationales montrent en la matière un retard. Helon certaines évaluations, nos services publics pourraient fournir le m5me niveau de service avec plusieurs points de P/E en moins. Mesdames et Messieurs, cela ne dépend pas *ue de la France. /l est également indispensable *ue l’action de l’Inion européenne soutienne davantage l’industrie. /l ne s’agit pas de se défausser sur l’1urope, mais de remédier au2 défauts des politi*ues européennes dans ce domaine. :oute l’action de l’Inion devrait 5tre évaluée ' l’aune de la compétitivité. 1lle devrait se doter ( nous le proposons ( d’une politi*ue commune en matière d’énergie. De grands programmes européens, notamment en matière de rec,erc,e dans les tec,nologies d’avenir ( biotec,nologies, transition énergéti*ue, numéri*ueG ( doivent 5tre lancés, ' l’instar de 6alileo ou d’Ariane. La politi*ue de la concurrence doit 5tre mise au service de la compétitivité industrielle européenne, évaluée donc ' l’aune de la concurrence mondiale et non intra européenne, alors *u’elle l’a trop souvent ignorée. La politi*ue commerciale, elle, doit mettre en 9uvre concrètement le principe de réciprocité. 1nfin ( c’est un su)et ma)eur pour beaucoup d’entre vous ( nous avons besoin d’un euro ' un niveau acceptable par rapport au2 principales économies mondiales. ?n parle avec fierté d’euro fort, alors *u’il s’agit souvent seulement d’un euro c,er. Le FM/ lui-m5me réclame davantage de souplesse dans notre politi*ue monétaire J 77 Mesdames et Messieurs, L’ob)ectif de rétablissement de notre compétitivité, *ui est celui du Président de la 0épubli*ue et du gouvernement, e2ige aussi de mieu2 organiser le soutien ' nos entreprises ' l’étranger et de développer l’attractivité de la France. <ous devons c,erc,er la croissance partout l' oB elle est. 3’est le rFle de la diplomatie économi*ue. 3elle-ci est d’autant plus nécessaire *ue, nous ne vivons pas seulement une crise mais un véritable c,angement du monde. L’irruption de nouvelles tec,nologies rebat les cartes. Hi l’Cge de bron+e a succédé ' l’Cge de pierre, ce n’est pas par man*ue de pierre. 1n " ##, pour la première fois, la contribution du Hud ' la croissance mondiale a été supérieure ' celle du <ord. <ous constatons une inversion des pFles de croissance, un bouleversement de la ,iérarc,ie des puissances avec les grands émergents, en réalité dé)' K émergés L, les néo-émergents en Asie et en Améri*ue du sud notamment, et les perspectives considérables de développement de l’Afri*ue, ce continent du futur. <ous devons aller c,erc,er la croissance sur ces marc,és et le faire maintenant. 3’est le rFle du gouvernement, de tout le gouvernement, de vous - aider, nous dont la mission est de comprendre et d’anticiper, mieu2, ces c,angements, de les orienter et d’- adapter autant *ue possible notre action e2térieure. Dans ce monde incertain et concurrentiel, notre diplomatie peut et doit 5tre mieu2 utilisée par nos entreprises. La sp,ère économi*ue et la sp,ère diplomati*ue se recoupent largement. 1n ce sens, )’ai engagé une adaptation de notre appareil diplomati*ue, afin *u’il se renforce auprès des nouvelles puissances, l' oB se construit le monde de demain. Avec mes collègues plus particulièrement c,argés des aspects économi*ues et financiers, nous nous portons davantage vers l’Asie, vers l’Afri*ue, l’Améri*ue du sud, la 0ussie. <ous nous renfor>ons auprès des grands émergents - 3,ine, /nde, Erésil. Mais aussi - cela n’a pas été suffisamment le cas dans le passé - vers les néo-émergents. 8e pense notamment au Me2i*ue, ' la 3olombie, au Pérou, ' la :ur*uie, ' l’/ndonésie, ' la 3orée, ' l’Afri*ue du Hud, ' d’autres encore. 8’étais il - a peu au Panama, en Mongolie, en Angola. 3es pa-s constituent de nouvelles cibles de développement et nous devons - 5tre opérationnels avec les mo-ens nécessaires pour - appu-er nos entreprises. 3ertes, la mobilisation de nos ambassadeurs et de l’ensemble de notre réseau diplomati*ue au service de nos entreprises n’est pas une nouveauté. Eeaucoup d’entre vous ont dé)' bénéficié depuis des années de l’appui de notre réseau. Mais il m’est apparu nécessaire et possible de faire plus et mieu2 pour développer un véritable K réfle2e économi*ue L au service de l’activité en France, dans un conte2te mar*ué par une concurrence mondiale de plus en plus forte en matière d’e2portations ou d’attractivité des territoires, et par l’e2igence d’un usage meilleur des mo-ens publics. <ous avons donc décidé de mobiliser l’ensemble des administrations *ui sont impli*uées dans le domaine économi*ue international ( c’est la diplomatie économi*ue ( avec trois ob)ectifs principau2. 3’est la feuille de route *ue )’ai fi2ée ' tous nos ambassadeurs, *ui )uridi*uement et prati*uement dirigent notre action ' l’étranger. Le premier ob)ectif, c’est de soutenir les entreprises dans leur e2pansion internationale et dans leur con*u5te des marc,és. Le

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deu2ième, c’est de promouvoir le site France auprès des investisseurs étrangers. Le troisième, plus original mais aussi nécessaire, c’est de s-stématiser l’intégration de nos intér5ts économi*ues en amont de nos prises de position dans les négociations européennes et internationales. La diplomatie économi*ue est un e2ercice collectif par nature. 8e dois m’assurer *ue l’ensemble des services de l’1tat travaille de manière coordonnée en impli*uant les entreprises intéressées dans la définition en amont et l’évaluation en aval de nos stratégies dans c,a*ue pa-s. Le plan e2port élaboré par la Ministre du 3ommerce 12térieur, ciblant ' la fois des secteurs prioritaires et des pa-s ' fort potentiel, est appli*ué par l’ensemble du gouvernement. Dans la *uasi-totalité des #" pa-s a-ant un flu2 commercial avec la France de plus de M millions d’euros, un 3onseil économi*ue a été créé, réunissant autour de l’ambassadeur les entrepreneurs concernés et les administrations, pour accompagner notre diplomatie économi*ue. Les entreprises, en e2primant leurs besoins, définissent avec nous la stratégie de la diplomatie économi*ue. De nombreu2 dispositifs mis en place depuis un an et demi ont également commencé de susciter des résultats, c,acun ' leur niveau. Ine réforme des visas est en cours pour faciliter les éc,anges. 8’ai nommé, des K représentants spéciau2 L pour accompagner les relations économi*ues avec certains pa-s clefs et les porter ' ,aut niveau. Des ambassadeurs pour les régions apportent leur e2pertise et leur soutien au tissu économi*ue local. <ous déplo-ons des e2perts de l’innovation directement au sein des K clusters L étrangers les plus importants, en lien avec les pFles de compétitivité fran>ais. Eien d’autres mesures sont et seront prises. Pour coordonner tout cela, )’ai créé une Direction des entreprises au &uai d’?rsa-, c,argée d’animer la diplomatie économi*ue. 8e l’ai confié ' un diplomate *ui a passé # ans de sa vie dans le privé 4 elle est ' votre disposition. 3e dispositif contribue dé)' ' produire des résultats 4 le contrat ,istori*ue du métro de 0i-ad D les Airbus vendus au Hri-LanNa D l’e2pansion des réseau2 aériens fran>ais au 6abon, en Mauritanie, au 3ameroun D la création d’une usine de montage au Oa+aN,stan. 8e pourrai continuer la listeG Dans c,acun des plus de ! pa-s *ue )’ai personnellement visités, ' c,acun des #! tours du monde *ue )’ai effectués depuis #! mois, )’ai plaidé concrètement pour notre industrie, pour nos entreprises, pour nos marc,és, sans )amais séparer la diplomatie économi*ue, la diplomatie culturelle, éducative et linguisti*ue, la diplomatie politi*ue et de sécurité, tant il est vrai *ue le ra-onnement de la France est l’addition de tout cela et *u’une France prétendant ' l’influence politi*ue sans disposer d’une puissance économi*ue serait en leurre, autant *u’une puissance économi*ue sans stratégie diplomati*ue ne serait pas conforme ' la mission de la France. 77 Mesdames et Messieurs, L’appui ' notre industrie, la mise en 9uvre de notre stratégie industrielle est donc prioritaire. L’ensemble du gouvernement a pour mission d’- participer. Pour ce *ui concerne le &uai d’?rsa-, le renforcement de la diplomatie économi*ue est une nécessité et elle devient c,a*ue )our davantage une réalité. Les principau2 outils *ue nous avons sou,aité mettre en place sont désormais opérationnels. /ls sont ' votre service pour répondre ' vos demandes, l' oB sont vos besoins et les marc,és *ui vous intéressent. Ma conclusion tient en peu de mots. 8e m’adresse au2 c,efs d’entreprise 4 le &uai d’?rsa- est votre maison. ?n ne peut pas vouloir, comme )e le sou,aite, soutenir les entreprises et ne pas en m5me temps soutenir les entrepreneurs. 3’est ensemble *ue nous réussirons ' redresser notre pa-s. Merci. :ous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères - " #$

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