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Jacob Lorber Grand Evangile de Jean.V5

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Conversion des Pharisiens

1. (Cyrénius :) « Eh bien, mon ami, peux-tu aussi nier que ce soit là mot à mot ce
que tu as dit tout à l'heure au vieux Marc et pensé en toi-même, avant d'user par
force d'un autre langage ?! Qu'en dis-tu et qu'en penses-tu à présent ? »

2. Mais le Pharisien demeure comme pétrifié devant Cyrénius et ne trouve rien à lui
répondre.

3. Marc, qui se tient derrière lui, lui dit : « Eh bien, sage philosophe de la nature, ne
veux-tu pas m'expliquer ce prodige d'une manière tout à fait naturelle ? Vraiment, je
serais fort curieux de t'entendre dire quelle ruse cachée les astucieux Romains ont
bien pu employer ici pour connaître tes pensées les plus secrètes ! »

4. Au bout d'un instant, le Pharisien finit par répondre : « Non, vraiment, ce qui se
passe ici n'est pas naturel ! Je ne parle pas de ce que j'ai dit à haute voix à Marc sur le
port — car il est possible qu'un homme ait eu l'ouïe assez fine pour entendre notre
conversation de plus loin encore ; mais entendre aussi ce que j'ai secrètement pensé
en moi-même, cela dépasse les plus hautes connaissances humaines ! Oui, c'est un
miracle ! Et si un aussi grand miracle est possible, cela laisse supposer la possibilité

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de tous les autres, et je commence vraiment à croire que cette splendide demeure est
apparue merveilleusement ! Je ne saurais en dire plus pour le moment. Mais si toutes
ces choses sont arrivées et arrivent encore par le pouvoir du Nazaréen, il faut à
l'évidence qu'il soit un être supérieur, un véritable dieu à qui tous les esprits de l'air,
de la terre, de l'eau et du feu obéissent et à qui nulle force humaine ne peut s'opposer.

5. Mais alors, c'en est fait de nous autres Pharisiens, et nous n'auront bientôt plus
qu'à nous coucher dans la tombe et y crever comme des bêtes ! Qu'allons-nous faire
de notre vieux fatras de mensonges, si de telles vérités commencent à se dresser au-
dessus de nous de tous côtés comme des montagnes ? Nous serons aux abois comme
le gibier qu'on poursuit dans la forêt et périrons dans le marécage de nos ténèbres !
Mais voilà, nous n'y pouvons rien si la nuit et le jour se succèdent sans cesse sur
cette bonne terre. Le jour mange la nuit, puis c'est la nuit qui mange le jour ; tantôt
une longue nuit succède à un jour bref et froid, tantôt c'est le contraire. L'été suit
l'hiver, puis l'hiver revient ; tout est soumis au changement perpétuel sur cette terre.
Qui rit aujourd'hui peut demain pleurer et se lamenter !

6. Ainsi en va-t-il et en ira-t-il toujours sur cette terre. Si un homme possède trop
longtemps une chose, si belle, bonne et noble qu'elle soit, elle finit par lui devenir
aussi indifférente que n'importe quelle chose que l'on possède depuis longtemps en
abondance. Et c'est seulement quand il la perd qu'il sait enfin ce qu'il possédait et
qu'il en apprend la valeur.

7. Nous les hommes, nous sommes stupides et n'avons pas encore compris comment
toutes ces choses arrivent et existent, et c'est pourquoi nous ne sommes jamais
satisfaits de rien, pas même du bien, et du mal encore moins ! La tombe m'apparaît
comme un vrai havre de bonheur, car presque plus rien n'y change, et celui qui
l'habite n'éprouve plus le besoin de quoi que ce soit, aussi les misérables vers de
terre que nous sommes ont-ils encore, même après mille pertes, la consolation de
savoir qu'ils seront bientôt eux aussi les heureux habitants des tombeaux, devant qui
les passants diront : "Ils reposent en paix !"

8. Oui, je vois et sens bien qu'il y a ici une lumière comme il n'en exista jamais de
pareille ; mais une nuit tout aussi grande ne manquera pas de la suivre ! Heureux
ceux qui peuvent savourer un tel jour ; mais d'autant plus malheureux ceux que
frappera la nuit qui lui succédera ! Ils lanceront vers la lumière un grand cri qui
réveillera les esprits de la nuit, et alors, malheur à eux. À présent, j'en ai terminé, et
vous pouvez bien, vous, puissants, méjuger à votre guise ! »

9. Cyrénius dit : « Je n'ai rien trouvé dans tes propos qu'il faille porter devant un
tribunal, et que tu parles pour ta maison est bien compréhensible ; mais, bien que
non sans peine, tu es enfin venu à de meilleurs sentiments et as cessé d'être l'ennemi
et le persécuteur de Celui que tu eusses auparavant si volontiers détruit. Je n'en
désirais pas davantage de toi et de tes compagnons, aussi pouvez-vous repartir en
paix ! Mais si vous souhaitez autre chose, vous n'avez qu'à parler, et tout vous sera
accordé volontiers ! »

10. Le Pharisien dit : « Qu'allons-nous faire à présent ? Au Temple, nous avons dû
faire secrètement le serment devant le grand prêtre de n'avoir de cesse et de ne
revenir que nous n'ayons mis le Nazaréen hors d'état de nuire. Cela est à maints
égards devenu impossible ! Tout d'abord, nous n'avons que trop bien compris que

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vous, puissants Romains, vous êtes ses amis, contre qui nous ne pouvons rien faire et
ne ferons rien ; ensuite, à en juger par ce qui se manifeste ici de sa puissance, il est
lui-même si invincible dans tout ce qu'il fait qu'aucune force de la terre ne peut s'en
prendre à lui ; enfin, à cause même de ses qualités absolument incomparables et
inouïes, nous sommes nous-mêmes devenus ses amis, si bien qu'il ne saurait plus du
tout être question pour nous de continuer à le poursuivre.

11. Mais que faire ? Plus que tout, nous voudrions être ses disciples, afin de pouvoir
contempler pleinement le jour que nous avons vu poindre ici, et de marcher sur ses
traces ! Mais cela ne peut guère nous être accordé ! Nous n'avons pas davantage le
droit de nous en retourner bredouilles ! Que nous reste-t-il ? Si nous voulons sauver
notre peau et ne pas mourir de faim, nous devons bien continuer, au moins en
apparence, à poursuivre celui-là même que nous voudrions porter en triomphe !
Nous avons bien besoin d'un bon conseil, quoi qu'il doive nous en coûter ! »

12. Cyrénius dit : « Si vous parlez sérieusement, ce dont je ne doute plus guère, le
remède sera vite trouvé. Quant à devenir dès à présent Ses disciples, cela ne dépend
évidemment que de Lui et non de moi. Mais puisque, comme j'ai pu conclure de vos
propos, vous êtes gens fort avisés et expérimentés, je puis vous employer moi-même
à mon service, d'autant que vous possédez les langues grecque et romaine. Quant à
Lui, Sa doctrine est consignée dans le livre que voici, où vous trouverez toutes Ses
volontés. Il se rencontrera bien une autre occasion pour vous de mieux faire Sa
connaissance, et dans un habit plus digne que celui-ci. Car II n'aime guère la robe
des Pharisiens, qui est ointe d'une mauvaise huile rance pour la pratique de leurs
tromperies. — Voici mon conseil, il est efficace. Si vous voulez le suivre, faites-le-
moi savoir, et l'on vous aidera. »

13. Le chef dit à ses compagnons : « Vous avez entendu aussi bien que moi. Si cette
proposition des plus aimables vous satisfait, dites-le, car chacun d'entre vous est
parfaitement libre de son vouloir. Pour ma part, je n'ai rien à lui objecter.»

14. Tous disent : « Nous non plus ; mais, à moins que cela ne soit malséant, nous
aimerions faire auparavant la connaissance personnelle du Nazaréen ! »

15. Cyrénius dit : « Pas cette fois, mais quand vous serez mieux informés de Sa
doctrine, assurément ! Pour le moment, suivez mon serviteur, qui s'occupera de vous
; à la première occasion favorable, il vous mènera à Sidon, où l'on vous donnera
d'autres vêtements, et une position conforme à vos connaissances. Suivez-le donc ! »

16. Déjà, l'un des serviteurs particuliers de Cyrénius, qui en avait un grand nombre,
s'avançait vers eux, et, ayant pris les dispositions nécessaires, il ne tarda pas à partir
pour Sidon avec eux.

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