You are on page 1of 236

1

Microméga TS Spécialité Avant-propos © Hatier 2012
Physique Chimie T
le
S
Enseignement de spécialité

Livre du professeur
NOUVEAU
MICROMEGA

Avant-propos

THÈME 1 L’EAU
1 Eau et environnement
2 Eau et ressources
3 Eau et énergie
Corrigés des épreuves expérimentales bac et des exercices de bac THÈME 1

THÈME 2 SON ET MUSIQUE
4 Instruments de musique
5 Émetteurs et récepteurs sonores
6 Son et architecture
Corrigés des épreuves expérimentales bac et des exercices de bac THÈME 2

THÈME 3 MATÉRIAUX
7 Cycle de vie
8 Structure et propriétés
9 Nouveaux matériaux
Corrigés des épreuves expérimentales bac et des exercices de bac THÈME 3
2
Microméga TS Spécialité Avant-propos © Hatier 2012


Enseignement de spécialité


Présentation du livre du professeur

Ce livre du professeur a pour vocation d’accompagner l’enseignant dans son usage du
Nouveau Microméga d’enseignement de spécialité de T
le
S. L’essentiel est constitué des
réponses aux questions posées : tests de prérequis en début de chaque partie, exercices de
Bac, épreuves d’évaluation des compétences expérimentales ou activités documentaires ou
expérimentales de travail de chaque chapitre. D’autre part, les justifications des choix
effectués dans le manuel, des compléments d’ordre pédagogique, scientifique ou technique
permettent à l’enseignant de trouver des fils directeurs dans chaque chapitre, de savoir sur
quoi il faut insister et de tirer le meilleur parti des activités proposées dans le livre.
L’organisation de ce livre du professeur est identique à celle du manuel de l’élève :
découpage en chapitres, regroupement des exemples d’ECE et des exercices de bac en fin de
partie. Pour chaque chapitre, une introduction générale donne le contexte du chapitre et les
choix pédagogiques. Suivent les corrigés des activités avec, à chaque fois, un paragraphe
introductif, la correspondance avec le programme et les corrigés.

Avant-
propos
3
Microméga TS Spécialité Avant-propos © Hatier 2012

Le programme de spécialité physique-chimie de T
le
S
à partir de la rentrée 2012

Le manuel d’enseignement de spécialité du Nouveau Microméga est en tout point conforme
au nouveau programme défini dans le Bulletin officiel de l’Éducation nationale du 13 octobre
2011. Celui-ci est présenté à la suite du programme d’enseignement spécifique sous forme
d’un avant-propos donnant l’esprit du programme et la façon dont il sera évalué, puis sous
forme d’un tableau donnant une suite de mots clés répartis dans trois thèmes. Nos choix
relatifs à l’évaluation s’appuient aussi sur des documents d’accompagnement fournissant
quelques exemples de sujets de Bac. L’ordre du programme officiel est respecté, ainsi que le
découpage en parties L’eau, Son et musique, Matériaux.

Ce programme s’inscrit dans le cadre des connaissances exigibles du programme de T
le
S (et
également de 1
re
S). Comme il est précisé, de nouvelles connaissances sont évidemment
introduites à chaque mot clé ; cependant, elles ne sont pas exigibles et, à l’examen, le sujet
devra les rappeler. « Ces mots clés sous-tendent des connaissances nouvelles complétant
l’enseignement spécifique. Nécessaires à la compréhension des sujets étudiés, elles ne sont
cependant pas exigibles au baccalauréat. » Nous avons estimé qu’il était néanmoins
pertinent de préciser ces connaissances associées à chaque mot clé : elles le sont pour partie
dans l’introduction, dans un encadré de définition, ou au fil des activités suivant les
situations. Nous n’avons donc pas organisé un cours comme dans le manuel de
l’enseignement spécifique. Pourquoi ?

Les différentes connaissances sont de différentes natures.
• Par exemple, il s’est agi d’introduire des notions comme celles de concrétion dans la
série de mots clés Érosion, dissolution, concrétion, p. 17, d’Octave en musique p. 59, d’une
Mousse p. 124 ou de Matériau composite p. 130. Ces notions n’appelant pas de nouvelles
connaissances théoriques, une définition de type de celle du dictionnaire, présentée dans
un encadré, nous a semblé suffisante pour que l’élève puisse utiliser ces connaissances à bon
escient. La notion nouvelle est ainsi mise en valeur et l’élève doit comprendre que, même si
elle n’est pas exigible, il est souhaitable qu’il en conserve une idée précise. Ce n’est en effet
pas face à un sujet de Bac qu’il faut les découvrir.
• En revanche, quand les nouvelles connaissances portent sur les agents
responsables de l’érosion, sur l’effet de l’érosion ou sur les facteurs l’aggravant, p. 17, il nous
a semblé qu’un tableau rassemblant ces différentes informations pour les différents types
d’érosions (mécanique, chimique ou biochimique) était le plus opportun pour permettre à
l’élève d’utiliser ces informations dans un exercice. L’élève n’a en effet pas besoin de
retenir que l’effet de l’érosion mécanique est un entraînement du sol alors que l’érosion
chimique est une dissolution. Il faut cependant qu’il s’entraîne à lire un tel tableau et
utiliser les informations qu’il contient.
• Dans d’autres cas, les informations permettant de comprendre les notions
nouvelles ont été introduites dans des documents à exploiter, à la manière des annales 0 de
Bac fournies par le Ministère. C’est le cas de la notion de Fréquence vocale par exemple.
L’élève s’habitue ainsi, pour une connaissance non exigible, à aller chercher l’information
nécessaire dans un document fourni.
4
Microméga TS Spécialité Avant-propos © Hatier 2012
• Les notions peuvent également avoir été introduites dans un schéma. C’est le cas
du principe de la bio-incompatibilité p. 134. Dans ce cas, le schéma fait l’objet d’un
questionnement qui permet sa compréhension. L’élève est alors invité à retenir le modèle
simplifié de la biocompatibilité sous-jacent.
• Une dernière situation est l’introduction des nouvelles connaissances au fil d’un
questionnement. Cette approche a été proposée dans le cas de notions relatives aux
cristaux liquides p. 116. Ainsi, la question a. introduit le terme smectique ; la question b.
parle de liquide à deux dimensions ; la question c. introduit la notion de mésophase
smectique ; et la question d. introduit l’idée qu’une mésophase peut être chirale. Ces notions
seraient complexes à généraliser. En revanche, dans le contexte proposé, elles prennent un
sens particulier qui est largement plus accessible, et surtout bien suffisant pour le peu de
temps que le professeur pourra consacrer à l’étude du mot clé Cristaux liquides.

Comme cette succession d’exemples le montre, des nouvelles connaissances sont
omniprésentes au fil des mots clés, ce qui est bien l’esprit du programme. Suivant les
situations, elles apparaissent dans des définitions, des tableaux, des documents, des
schémas ou au fil des questions. Le professeur est donc invité à pointer ces notions et à
préciser, suivant les cas, le niveau de mémorisation qu’il recommande à ses élèves.
Rassembler ces notions au sein d’un cours aurait conduit soit à des présentations générales
d’un niveau hors de portée des élèves, soit à des listes de définitions, décontextualisées des
activités, peu attractives. Surtout, la préparation aux deux types d’épreuves auxquelles
l’élève sera confronté : l’écrit et l’épreuve expérimentale (ECE), ne relève pas d’un tel cours.

L’évaluation des élèves

Une question qui préoccupe à juste titre les enseignants est l’évaluation des élèves le jour du
Bac. Le principe n’a pas changé : l’élève inscrit à la spécialité Physique-Chimie devra traiter, à
l’écrit, l’exercice prévu à la place d’un exercice d’enseignement spécifique, comptant pour le
quart de la note écrite ; pour l’épreuve expérimentale (ECE), il devra tirer au sort son sujet
parmi des sujets de programme d’enseignement spécifique et d’enseignement de spécialité.

Sur le plan qualitatif, le type d’évaluation attendue diffère de ce qui se pratiquait
auparavant. Le programme présente ainsi ses exigences : « L’élève est ainsi amené à
développer trois activités essentielles chez un scientifique :
- la pratique expérimentale ;
- l’analyse et la synthèse de documents scientifiques ;
- la résolution de problèmes scientifiques. »

5
Microméga TS Spécialité Avant-propos © Hatier 2012
L’ECE

La pratique expérimentale est principalement testée dans l’ECE, mais peut l’être également
à l’écrit. Elle prend alors l’allure d’une analyse de pratique expérimentale sur une situation
décrite et étayée de données expérimentales fournies.

L’ECE a été définie dans un document d’accompagnement intitulé Cahier des charges pour la
conception des sujets pour l’ECE en TS. Ce document précise que « le candidat peut être
conduit à s'approprier et analyser une problématique, à justifier ou à proposer un protocole
expérimental, à le réaliser, à porter un jugement critique sur la pertinence des hypothèses et
des résultats en vue de les valider. Le candidat peut aussi être amené à faire preuve
d'initiative et à communiquer en utilisant des langages et des outils pertinents ». Toutes ces
compétences sont censées apparaître dans des sous-parties étiquetées : S’approprier ;
Analyser ; Réaliser ; Valider ; Communiquer. Dans les sujets d’ECE que nous proposons (p. 36-
39 ; 86-90 et 138-139), cette structure apparaît. Par exemple, p. 36, la partie Réaliser
correspond à la réalisation d’un protocole fourni ; la partie Analyser demande de suggérer
un protocole à partir d’informations données dans un document ; une autre partie Réaliser
demande de réaliser le protocole suggéré par l’élève lui-même (après appel du professeur) ;
la partie Valider demande d’analyser les résultats des titrages effectués et de les poursuivre
par un calcul d’erreur. Dans d’autre cas, une partie Communiquer demande de rédiger un
rapport sur une partie de l’expérience réalisée.

Il ne s’agit donc pas de pratiques d’évaluations bien nouvelles. Les annales 0 fournies par le
Ministère nous ont d’ailleurs confortés dans notre analyse. Il sera, peut-être plus que
précédemment, demandé à l’élève de proposer un protocole (et de le réaliser ou non
d’ailleurs). De plus, les informations nécessaires à l’élève seront plus clairement regroupées
dans des documents. Enfin, les sous-parties de l’épreuve (S’approprier, Analyser, Réaliser,
Valider et Communiquer) seront explicitées, ce à quoi l’élève sera bien préparé s’il a
pratiqué les ECE que nous proposons. Il est également précisé que « Les concepteurs veillent
à organiser l’évaluation de deux à trois compétences par sujet dont la compétence "réaliser"
qui est toujours évaluée ». Nous avons scrupuleusement respecté cette consigne dans nos
propositions de sujets expérimentaux.

La forme des sujets d’ECE
D’après le document d’accompagnement, « Les sujets portant sur l’enseignement de
spécialité concernent seulement les élèves ayant choisi la spécialité et seront contextualisés
autour d’un ou plusieurs mots clés d’un même thème ». Cela signifie que des sujets
exotiques, qui porteraient à la fois sur le son et sur la chimie par exemple, n’auront pas leur
place lors d’une ECE. Nous n’en avons donc pas élaboré. De plus, il faut comprendre
l’information officielle comme le fait que les sujets proposés dans la banque nationale
pourront porter sur tous les mots clés au programme. L’élève devra donc avoir une
connaissance du vocabulaire spécifique à l’intégralité de ces mots clés car, même si ceux-ci
sont définis dans des documents adjoints au sujet, le peu de temps que dure l’épreuve ne lui
permettra pas de découvrir ces notions nouvelles ; il faudra qu’il les ait préalablement
débattues en classe avec son professeur, et revues grâce à son manuel. Par exemple, dans le
sujet sur les tensioactifs, un document définit cette notion, évoque l’importance des
6
Microméga TS Spécialité Avant-propos © Hatier 2012
molécules à la surface du solvant, utilise les notions de partie hydrophile et partie
hydrophobe en les définissant. Ces notions ainsi rapidement définies doivent être travaillées
en classe pour être rapidement opérationnelles le jour de l’épreuve. L’existence de ces
documents est explicite dans le document d’accompagnement officiel : « L’énoncé du sujet
commence par une courte description d’une situation contextualisée et propose ou invite à
un questionnement. On peut y associer quelques ressources (liste de matériel disponible,
données physico-chimiques, textes documentaires…). »

Les documents-ressources
Nous pensons que les documents ressources accompagnant un sujet d’ECE sont souvent
difficiles à lire pour les élèves. Il faut les prévenir, voire les entraîner, à ne pas s’arrêter sur
leur lecture mais :
- en prendre connaissance par une première lecture rapide lorsqu’ils découvrent
l’énoncé ;
- à avancer dans le questionnement et la partie expérimentale ;
- et à revenir aussi souvent que nécessaire sur ces documents.
C’est lors de ces allers-retours entre ces documents et le contexte de leur utilisation que ces
documents prendront du sens. Il sera en effet impossible de préparer les élèves à toutes les
situations pour tous les mots clés, tant leur variété est grande. Une pratique de l’utilisation
des informations sur des documents est donc, nous semble-t-il, à introduire dès le début de
l’année dans l’enseignement. Les documents que nous avons proposés sont courts, en
respect de la consigne « les documents proposés ne devront pas être trop longs à lire et à
exploiter ». Pour autant, la lecture d’un document définissant le titrage alcalimétrique
complet ne prend du sens, chez les élèves que nous connaissons, que petit à petit, au fur et à
mesure des besoins lors de l’épreuve. Cela nous paraît être une erreur que de vouloir
entraîner les élèves à comprendre les documents dans leur intégralité avant de commencer
à lire les questions.

Les techniques de laboratoire
L’enseignement spécifique insiste sur la connaissance des techniques de laboratoire. Celles-
ci sont indissociables d’un enseignement scientifique en T
le
S. Pour autant, l’enseignement
ne soit pas s’arrêter à cette seule pratique, en effet, le document d’accompagnement
précise que : « Le sujet ne doit pas donner lieu à un travail expérimental principalement
centré sur les techniques de laboratoire. En effet, il ne s’agit pas de valider uniquement des
capacités techniques mais d’évaluer les compétences des candidats, dans le cadre d’une
épreuve expérimentale où ils sont amenés à raisonner, démontrer, argumenter et à exercer
leur esprit d’analyse pour faire des choix et prendre des décisions dans le domaine de la
pratique du laboratoire. » Cela signifie que ces pratiques doivent être maîtrisées, mais
qu’elles doivent d’une part être comprises car un questionnement à leur sujet peut être
proposé, mais d’autre part qu’elles doivent être des outils que les élèves puissent utiliser
pour raisonner, démontrer, argumenter… Par exemple, p. 39, la partie Réaliser met en jeu
un titrage conductimétrique. Cette technique doit être suffisamment comprise pour que
l’élève puisse en proposer un exemple, dans la partie Analyser, et ensuite en déduire des
informations dans la partie Valider. Le fait que, à la demande des instructions officielles,
l’élève soit moins guidé que par le passé requiert de sa part une plus grande maîtrise du sens
qu’il donne aux pratiques expérimentales.

7
Microméga TS Spécialité Avant-propos © Hatier 2012
Réalisation complète / partielle d’une expérience
Les rédacteurs des documents d’accompagnement indiquent que « il est possible de ne pas
demander à l’élève de réaliser l’intégralité d’une expérience dans chaque sujet ». Ils donnent
à ce propos des exemples d’ECE où un travail partiel est demandé. Nous avons peu pratiqué
cette approche dans nos sujets pour plusieurs raisons. Ne sachant pas à l’avance sur quelle
partie d’expérience les élèves seront interrogés, il nous est apparu pertinent qu’ils sachent
conduire l’expérience en entier. D’autre part, l’exemple que fournit le document
d’accompagnement requiert que le professeur (ou son assistant préparateur) commence
l’expérience et l’arrête là où l’élève doit la poursuivre. Cela ne nous semble demander
beaucoup de travail de préparation, ce que le professeur et son équipe pourront faire une
fois dans l’année le jour de l’épreuve, mais qu’ils ne pourront pas organiser toute l’année.

Critères d’évaluation de l’ECE
Le document d’accompagnement précise les critères d’évaluation attendus. « La posture de
l’examinateur doit l’amener à valoriser, tout au long de l’épreuve, le travail réalisé par le
candidat, sa démarche, son questionnement, ses prises d’initiatives, son autonomie… ». Pour
aider l’élève, chaque sujet que nous proposons est accompagné d’une explicitation de ce
que l’examinateur attendra dans son évaluation. Par exemple, p. 38, un encadré précise qu’il
est attendu une utilisation correcte du vocabulaire, un schéma du montage de titrage et
l’écriture de l’équation support… Le tracé d’un graphique est attendu. Bien évidemment, le
jour de l’épreuve, ces informations sur ce que l’examinateur attend ne sont pas fournies. Il
faudra prévenir l’élève. Cependant, il nous a semblé qu’il était important, pour les séances
d’entraînement, que les élèves sachent explicitement l’attente de l’examinateur.

Si un élève ne parvient pas, même après avoir été aidé par l’examinateur, à proposer un
protocole, ce dernier devra le lui fournir. Pour cette raison, nous avons autant que possible
(compte tenu de la diversité du matériel à disposition) donné ces protocoles « prêts à
l’emploi ». Le professeur pourra les avoir à disposition pour ces élèves les moins avancés
dans leur apprentissage de l’ECE.


L’épreuve écrite

L’analyse et la synthèse de documents scientifiques
L’épreuve écrite peut porter sur L’analyse et la synthèse de documents scientifiques. Cette
compétence « prolonge les compétences "extraire et exploiter" mises en œuvre dans
l’enseignement spécifique. Elles conduisent l’élève à présenter de façon objective et critique,
structurée et claire, les éléments qu’il aura extraits et exploités des documents scientifiques
mis à sa disposition ».
Dans le manuel de l’élève, nous avons proposé un travail dans cet esprit, à chaque mot clé.
Pour ce qui est de l’entraînement à l’évaluation (p. 40-47 ; 91-101 et 140-147), nous avons
proposé des exemples allant complètement dans cet esprit d’analyse de documents. Ces
documents visent à fournir les informations que l’élève n’a pas à savoir. Il s’agit par
exemple :
- des équations chimiques des réactions impliquées dans la situation d’étude ;
- de la description des techniques qui vont être analysées ;
8
Microméga TS Spécialité Avant-propos © Hatier 2012
- de diagrammes de prédominance des formes acide et basique enrichis d’un
diagramme d’existence d’un précipité dans le cas de formation de concrétion calcaire
(p. 40) ;
- de matériel mis à la disposition pour limiter le choix à utiliser quand le candidat devra
proposer un protocole expérimental ;
- de graphes fournissant des données à analyser ;
- etc.
L’essentiel du contenu de ces documents n’est donc pas nouveau pour l’élève mais, comme
les informations présentées ne sont pas exigibles, elles doivent donc être fournies. À l’élève
d’apprendre à utiliser ces informations et à considérer ces documents comme des aides et
des guides plus que comme des textes qui, a priori, vont poser des problèmes de lecture et
de compréhension.

Résolution de problèmes scientifiques
Un autre type d’épreuve est la « résolution de problèmes scientifiques », pour laquelle le
concepteur du programme demande explicitement qu’il ne soit pas donné d’énoncé guidant
l’élève question par question. Lors de la démarche de résolution de problèmes scientifiques,
l’élève analyse le problème posé pour en comprendre le sens, construit des étapes de
résolution et les met en œuvre. Le document officiel est clair : c’est à l’élève de construire les
étapes de la résolution du problème et non au concepteur du sujet de proposer une
décomposition en sous-questions qui, dans les formats précédents d’épreuves de Bac,
étaient notées 0,25 points par exemple.
Notre analyse de ce type d’évaluation se ramène à deux cas :
- soit le problème posé doit être simple, au sens où sa décomposition ne doit pas faire
intervenir un raisonnement trop long que l’élève ne saurait élaborer de lui-même ;
- soit le problème traite d’une situation expérimentale que l’élève a déjà rencontré
dans un cas et qu’il va devoir ré-élaborer dans un autre cas.
Par exemple, la question posée p. 41 consiste à demander à l’élève d’élaborer un protocole
expérimental montrant qu’un échantillon ne contient que du carbonate de calcium. Il s’agit
donc, de façon déguisée, de demander à l’élève d’élaborer un protocole de titrage, ce à quoi
il a déjà été abondamment confronté. Dans un autre exemple (p. 43), il est demandé à
l’élève de fournir un protocole qui permette de produire 20 mL de dihydrogène. Cette
situation n’est pas classique pour un élève de T
le
S ; en revanche, elle est assez simple à
partir des documents fournis.

Le programme officiel précise que l’élève, lors de cette démarche de résolution, porte un
regard critique sur le résultat, notamment par l’évaluation d’un ordre de grandeur ou par des
considérations sur l’homogénéité, et qu’il examine la pertinence des étapes de résolution
qu’il a élaborées et les modifie éventuellement en conséquence. Cette démarche critique est
appelée dans la plupart des exercices de ce type que nous proposons. Ainsi, il arrivera qu’un
exercice n’ait pas une unique réponse juste, mais une plage de réponses acceptables, et que
l’évaluation porte sur la justification de la réponse (par exemple dans l’exercice 3 p. 93 ou
l’exercice 1 p. 140).


9
Microméga TS Spécialité Avant-propos © Hatier 2012
Le manuel de l’élève

Pour atteindre ces objectifs, le manuel de l’élève a été structuré de la façon suivante. La
séparation en parties imposée par le programme a été respectée :
• une première partie Chimie dont le thème est l’eau ;
• une seconde partie Physique qui traite du son et de la musique ;
• une troisième partie sur les matériaux qui fait appel à la fois à la physique et à la
chimie.

Dans chacune de ces parties, un découpage en trois chapitres est proposé. Il correspond au
trois domaines d’étude du programme :
• Eau et environnement (p. 9), Eau et ressources (p. 21), Eau et énergie (p. 31) dans la
première partie ;
• Instruments de musique (p. 51) ; Émetteurs et récepteurs sonores (p. 69), Son et
architecture (p. 79) dans la deuxième ;
• Cycle de vie *d’un matériau+ (p. 105), Structure et propriétés (p. 113), Nouveaux
matériaux (p. 127) dans la troisième.
Le thème Matériaux, pour intéressant qu’il soit, est plus « fourre-tout » et ne suggère pas de
progression comme les deux premiers.


Structure d’un chapitre type

Chaque partie propose une double page d’ouverture qui positionne le thème et montre son
intérêt. L’enseignant peut la considérer avant de commencer une partie et y revenir une fois
la partie terminée pour donner du sens à l’ensemble du travail effectué pendant plusieurs
mois. Par exemple, p. 7, la partie sur l’eau fait appel, dans un texte de quelques lignes, aux
mots clés étudiés : océans, mers, glaciers, climat, ressource, solvant, énergie… Une fois la
partie traitée, les élèves devraient être capables d’évoquer les exemples, les situations, les
expériences, etc. qui ont servi de contexte à chacune de ces études.

Comme dans le manuel d’enseignement spécifique, une page de prérequis ouvre le thème. Il
est suggéré que l’élève fasse le point individuellement sur les notions mises en jeu et qu’il
compare ses réponses à celles proposées dans les corrigés en fin d’ouvrage. S’il se sent faible
à ce test, il doit compenser par un travail supplémentaire de mise à niveau. Par exemple,
comment peut-il aborder des questions utilisant les titrages s’il ne sait pas trouver le volume
équivalent dans un titrage pH-métrique ou dans un titrage conductimétrique ?

Chaque chapitre est ensuite introduit par une page qui présente les mots clés pris en charge
par le chapitre. S’ensuivent alors des ensembles de 1, 2, 3 voire 4 pages par mot clé. À
chaque fois, un texte et une illustration présentent le ou les mots clés. Il ne s’agit pas
simplement d’une introduction pour la forme. Il s’agit d’un petit texte véritablement
susceptible de mettre dans un contexte quelques unes des notions accompagnant les mots
clés. Se priver de l’étude d’un tel texte n’aidera pas l’élève à créer du sens aux activités qui
illustrent les mots clés. Les autres notions utiles sont présentées dans un encadré de
définition, un tableau, un schéma, des points méthodologiques, etc. L’élève est invité à y
10
Microméga TS Spécialité Avant-propos © Hatier 2012
revenir aussi souvent que nécessaire ; c’est à l’occasion des ces allers-retours entre les
activités et ces définitions que ces dernières prendront du sens pour l’élève. Finalement, une
ou plusieurs activités sont proposées, toujours sur des situations expérimentales, souvent à
propos d’expériences que l’élève devra réaliser.

Nous avons pris le parti de traiter séparément tous les mots clés et de proposer le plus
possible d’activités expérimentales réalisables en classe. Ainsi, le professeur dispose d’un outil
qu’il peut adapter à sa propre progression, ce qui n’aurait pas été le cas si nous avions effectué
de gros regroupements de mots clés, ou si nous avions choisi d’en éliminer certains. Comme il
a été discuté ci-dessus, l’apparente possibilité que laisse, ainsi rédigé, le préambule du
programme, de ne choisir qu’un mot clé par domaine d’étude, est trompeuse. En pratique, il
faudra bien en traiter le plus possible pour ne pas pénaliser l’élève lors de l’épreuve.

Quelques exemples d’épreuves expérimentales et d’exercices de Bac, suivant les critères ci-
dessus, sont regroupés pour l’ensemble de la partie. Il n’aurait pas été raisonnable d’en
proposer pour tous les mots clés ; cela aurait constitué un trop copieux corpus de sujets que
l’élève n’aurait pas eu le temps d’explorer. Ce sont plutôt des exemples de sujets de Bac qui
illustrent bien le passage entre le travail par activité dont une présentation exhaustive des
mots clés se trouve dans le manuel, et les évaluations qui seront proposées le jour du Bac.


Le traitement des chapitres

Sans vouloir reprendre ici la totalité des chapitres proposés dans le manuel de l’élève, nous
voudrions insister sur deux types de travaux que nous suggérons aux professeurs suivant les cas.

• Le premier cas est celui d’un chapitre qui traite d’un sujet classique. Par exemple, les mots
clés Mers et océans mettent en jeu une préparation d’eau de mer et une mesure de salinité
par conductimétrie. Si, pour l’élève, les notions sous-jacentes à ce travail sont nouvelles, il
s’agit pour le professeur de techniques usuelles en relation avec des concepts qu’il a
enseignés par ailleurs.

• Ce n’est pas le cas, dans cette même partie, quand il s’agit de traiter du mot clé Hydrate de
gaz qui n’est pas un enseignement traditionnel au niveau de la classe de T
le
S. Nous avons
osé quelques choix pédagogiques afin de présenter un enseignement aussi fidèle que
possible à l’esprit du programme. Il nous est apparu que l’important était que le projet
d’enseignement élaboré confronte l’élève aux connaissances qui permettent de gérer
quasiment toutes les situations de base afférant à ce mot clé. L’épreuve de baccalauréat ne
réservera alors qu’un minimum de surprises.

De telles situations pédagogiques apparaissent dans le programme surtout dans la partie
Matériaux quand il s’agit de traiter du recyclage et de l’élimination de matériaux, de
supraconducteurs, de cristaux liquides, de semi-conducteurs, de membranes, de colles, de
matériaux nanostructurés, de matériaux composites, de céramiques, de matériaux
biocompatibles ou de textiles innovants. Toute une culture scientifique et pédagogique est à
découvrir. Nous en suggérons une approche qui répond aux critères développées ci-dessus.

11
Microméga TS Spécialité Avant-propos © Hatier 2012
Compétences exigibles
Nous nous sommes efforcés d’utiliser, autant que faire se peut, les compétences exigibles et
les notions et contenus du programme spécifique de T
le
S (et de 1
re
S) dans les chapitres du
manuel de spécialité. Cela pose parfois des problèmes. Par exemple, le mot clé Corrosion est
habituellement traité avec le point de vue de l’oxydoréduction. Or cette notion est juste
esquissée en 1
re
S, et n’est pas reprise en T
le
S. Nous avons donc relié cette notion bien
évidemment un peu à l’oxydoréduction, mais surtout à la cinétique chimique qui, elle, est
bien au cœur du programme de l’enseignement spécifique. De cette façon, le travail de
l’élève qui choisit la spécialité Physique-Chimie, améliore son niveau pour l’enseignement
spécifique, ce qui nous semble préférable à l’introduction de notions qui ne seront pas
évaluées à l’examen, car non exigibles.
Cela nécessite parfois, en revanche, que certaines notions aient été traitées en
enseignement spécifique avant de les aborder en enseignement de spécialité. Beaucoup
d’activités proposées dans le thème L’eau nécessitent ainsi d’avoir traité les titrages en
enseignement spécifique. Pour le thème Son et musique, seules les notions de hauteur et
timbre d’un son musical, et de niveau sonore, sont indispensables. Le thème Matériaux, lui,
est moins lié aux contenus de l’enseignement spécifique.
Il en résulte que l’enseignant de spécialité devra s’accorder avec l’enseignant
d’enseignement spécifique de manière à organiser l’année pour que l’élève s’y retrouve. La
structure du Nouveau Microméga, avec une entrée pour chaque mot clé, permet beaucoup
de souplesse en la matière.


1
Microméga TS Spécialité Chapitre 1 Mers et océans ©Hatier 2012


Mer et environnement

Ce premier chapitre de chimie concernant le thème de l’eau est principalement traité à
partir des connaissances acquises en première S, ceci dans un souci de laisser le temps à
l’enseignant d’enseignement spécifique d’avancer dans le programme.
Autour de l’étude de l’eau dans notre environnement, ce chapitre se découpe en cinq mots
clés. L’ensemble permet à l’élève de se construire un jugement critique et argumenté sur les
enjeux écologiques actuels concernant les réserves d’eau terrestre.

Mers et océans
Dans cette partie est développée une étude d’une des caractéristiques des mers et des
océans : leur salinité. Elle permet de comprendre la complexité chimique de l’eau de mer en
redéfinissant la notion de salinité. Il s’ensuit une application expérimentale de mesure de la
salinité par un titrage par étalonnage dont la méthode sera décrite. Les élèves pourront alors
vérifier l’approximation souvent faite que la salinité de l’eau de mer ne correspond qu’à sa
teneur en chlorure de sodium.

Climat
Dans ce mot clé, deux éléments essentiels en lien avec le climat sont étudiés : la solubilité du
dioxyde de carbone en fonction de la variation de température des océans et en fonction de
leur pH.
Dans une première activité documentaire est abordé le lien évident qui existe entre le
dioxyde de carbone et le réchauffement climatique.
Lors d’une seconde activité, expérimentale, il s’agit de constater quels sont les effets d’une
augmentation de température sur la concentration en dioxyde de carbone atmosphérique
mais aussi quels sont ceux d’une variation de pH des océans. Ces deux aspects aux résultats
apparemment contradictoires permettent d’appréhender toute la complexité des études
climatiques actuelles.

Traceurs chimiques
En hydrologie, les mouvements des masses d’eau sur la planète peuvent être étudiés par
l’intermédiaire de traceurs chimiques. Le traceur utilisé ici est la fluorescéine. Ce sera
l’occasion de découvrir le phénomène de fluorescence en généralisant aux molécules les
notions de première S sur les niveaux d’énergie des atomes.

Érosion, dissolution, concrétion



Chapitre
1
2
THÈME 1 L’EAU

Surveillance et lutte contre les pollutions, pluies acides
À travers une première activité, par une étude de documents, il s’agit de comprendre
comment agissent les facteurs qui jouent un rôle dans la pollution troposphérique ainsi que
le principe de fonctionnement du pot catalytique. Ensuite, une activité expérimentale
portant sur la dissolution de CO
2
et de SO
2
dans l’eau permettra de comprendre l’origine des
pluies acides.

MOTS CLÉS Mers et océans

Développer les mots clés Mers et océans pourrait être un travail sans fin que nous avons
limité en fonction, d’une part, des autres mots clés du thème de l’eau et, d’autre part, en
cherchant à exploiter les notions du programme de tronc commun. Il nous a semblé que
l’étude de la composition de l’eau de mer pouvait constituer une bonne révision sur les
solutions, appropriée en début d’année, et qui permettait d’aborder les dosages
conductimétriques. Ce type de dosage ne représente qu’une toute petite partie du
programme « obligatoire » qu’il faudra traiter rapidement malgré ses aspects délicats. Il
nous a donc semblé opportun que les élèves ayant opté pour la spécialité physique et chimie
aient l’avantage sur leurs camarades de pouvoir y passer plus de temps.
La partie composition de l’eau de mer permet de réfléchir aux solutions ioniques sans se
limiter à un unique soluté, ce qui est relativement nouveau pour les élèves. Pour cela, nous
leur proposons de reconstituer de l’eau de mer par dissolution de sels solides. La mesure de
la masse volumique de cette eau est ensuite proposée. Le professeur pourra débattre des
conséquences, tant sur les conséquences océaniques de cette valeur que sur les incertitudes
de mesures liées à sa détermination.
La partie dosage conductimétrique est un dosage par étalonnage qui modélise l’eau de mer
par une solution de chlorure de sodium dont une gamme de solutions étalons est préparée
par dilution. Un tel travail est une exigence du programme qui peut être largement exploitée
tant à l’écrit qu’en ECE.

Activité 1 Reconstitution de l’eau de mer

Objectifs
• Comprendre la complexité chimique de l’eau de mer.
• Appliquer des calculs de quantités de matière et de concentrations en ions lors d’un
mélange de plusieurs espèces chimiques.
• Comprendre le principe du marais salant.
• Avoir un regard critique sur les résultats à partir de calculs d’incertitudes.
• Adopter une démarche expérimentale permettant de vérifier une hypothèse.
• Réaliser la détermination de la salinité par une méthode actuelle.

3
Microméga TS Spécialité Chapitre 1 Mers et océans ©Hatier 2012
Correspondance avec le programme d’enseignement spécifique
• Élaborer et réaliser un protocole de préparation d’une solution ionique de concentration
donnée en ions (1
re
S).
• Évaluer, à l’aide d’une formule fournie, l’incertitude de mesure obtenue lors de la
réalisation d’un protocole dans lequel interviennent plusieurs sources d’erreurs.
• Pratiquer une démarche expérimentale pour déterminer la concentration d’une espèce
chimique par titrage par le suivi d’une grandeur physique dans le domaine de
l’environnement.
• Évaluer la précision relative d’une hypothèse.

Remarques
• L’activité est proposée avec des mesures de conductivités. Il est tout à fait possible de la
réaliser avec des mesures de conductances.
• L’étape d’étalonnage de l’appareil peut être réalisée par un technicien de laboratoire pour
gagner du temps.
• Quelques explications de bases, suffisantes pour mettre en œuvre la conductimétrie,
permettent de réaliser les expériences de ce chapitre avant que la conductivité n’ait été vue
lors du cours de tronc commun.

Liste du matériel
• balance au centième de gramme
• fiole jaugée de 1 L
• spatule
• coupelle
• agitateur magnétique
• entonnoir
• chlorure de magnésium
• chlorure de sodium
• chlorure de potassium
• sulfate de magnésium
• chlorure de calcium
• eau distillée
• 1 conductimètre
• 1 solution étalon
• 1 fiole jaugée 250 mL
• 1 fiole jaugée 100 mL
• 1 fiole jaugée 50 mL
• 1 pipette jaugée 2 mL
• 1 pipette jaugée 5 mL
• 1 pipette jaugée 10 mL
• 1 pipette jaugée 20 mL
• 6 béchers


Correction
1 Préparation de l’eau de mer

Remarque
Attention aux solides utilisés ! Certains peuvent être à l’état hydraté, ce qui change leur
masse molaire et donc la masse à prélever.

a. La masse de la fiole jaugée à vide est m
0
= 255,63 g.
4
THÈME 1 L’EAU

La masse de la fiole jaugée contenant l’eau de mer artificielle est m
0
’ = 1 281,14 g.
La solution a donc une masse m = m
0
’– m
0
= 1 281,14 – 255,63 = 1 025,51 g.
La masse volumique de l’eau de mer artificielle est :
µ = =
1025,51
1,000 0
m
V
= 1,025,5 g.L
–1
, soit :
µ = 1,025 5 kg.L
–1
.

b. L’incertitude sur la mesure se calcule par la relation
m V
m V
µ
µ
A A A
= + .
La balance est au centième, donc Am = 0,01 g et sur la fiole jaugée on peut lire AV = 0,4 mL.
0,000 4 0,01
1025,5
1025,51 1,000 0
m V
m V
µ µ
| | A A | |
A = + × = + ×
| |
\ .
\ .
= 0,4 g.L
–1
.
La masse volumique de l’eau de mer artificielle est donc :
µ = (1,025 5 ± 0,000 4) kg.L
–1
.

c. La solution que nous avons préparée est constituée d’une masse de solide : m
S
= 34,56 g.
La salinité est donc :
= = =
–1 S
34,56
34,56 g.L .
1,000 0
m
s
V

Or la salinité exprimée en UPS est rapportée à une masse de 1 kg d’eau de mer. La solution
d’eau de mer a une masse m = 1,025 51 kg.
–1
34,56
33,70 g.kg 33,70 UPS.
1,02551
s
S
µ
= = = =


2 Mesure de la salinité par conductimétrie

d. On veut préparer V
0
= 250 mL d’une solution de concentration c
0
= 5,0.10
–2
mol.L
–1
à
partir de chlorure de sodium solide de masse molaire M
NaCl
= 58,5 g.mol
–1
.
La masse nécessaire est donc :
m = n × M
NaCl
= c
0
× V
0
× M
NaCl
= 5,0.10
–2
× 250.10
–3
× 58,5 = 0,73 g.

e. Pour calculer le volume V
Pn
de solution mère S
0
de concentration c
0
à prélever pour
préparer un volume V
n
de solution fille S
n
de concentration c
n
, il faut utiliser la conservation
de la matière :
c
0
× V
Pn
= c
n
× V
n
,
soit V
Pn
=
×
0
n n
c V
c
.

5
Microméga TS Spécialité Chapitre 1 Mers et océans ©Hatier 2012
S
Volume à
préparer
Concentration
voulue (mol.L
–1
)
Calcul du volume à
prélever
en mL
S
1
V
1
= 50 mL c
1
= 2,0.10
–2
V
P1
=
÷
÷
×
2
2
2,0.10 50
5,0.10
V
P1
= 20
S
2
V
2
= 100 mL c
2
= 1,0.10
–2
V
P2
=
÷
÷
×
2
2
1,0.10 100
5,0.10
V
P2
= 20
S
3
V
3
= 100 mL c
3
= 0,5.10
–2
V
P3
=
÷
÷
×
2
2
0,5.10 100
5,0.10
V
P3
= 10
S
4
V
4
= 100 mL c
4
= 2,5.10
–2
V
P4
=
÷
÷
×
3
2
2,5.10 100
5,0.10
V
P4
= 5

f. Les différentes mesures permettent d’obtenir le graphique ci-dessous (Fig. 1). On
remarque qu’il est possible de tracer une droite moyenne. La modélisation mathématique
est donc linéaire et de la forme :
σ = k × c.


Fig. 1 Courbe d’étalonnage de la conductivité pour des solutions diluées de chlorure de
sodium.

Remarque
Dans cette relation, les unités du graphique ne permettent pas de déduire directement
l’unité de la constante k, car il faut transformer les mS.cm
–1
en S.m
–1
et les mol.L
–1
en mol.m
–3
.
L’unité de la constante k est donc, ici, passée sous silence mais peut faire l’objet d’une étude
dimensionnelle supplémentaire.

6
THÈME 1 L’EAU

g. La conductivité de l’eau de mer diluée 100 fois est σ = 62 mS.cm
–1
.
En reportant cette valeur sur la courbe d’étalonnage, on peut lire c = 6,2.10
–3
mol.L
–1
.
La concentration correspondante pour l’eau de mer doit tenir compte du facteur de
dilution :
c
E
= 100 × c = 100 × 6,2.10
–3
= 6,2.10
–1
mol.L
–1
.

h. La salinité obtenue en considérant que le seul sel dissous est le chlorure de sodium est :
s = c
E
× M
NaCl
= 6,2.10
–1
× 58,5 = 36 g.L
–1
.
Commentaire
La salinité obtenue est supérieure à la salinité de l’eau de mer « artificielle » car la courbe
d’étalonnage est tracée à partir des seuls ions chlorure et sodium. Ceux-ci ont une
conductivité ionique molaire inférieure à celle de certains autres ions présents dans l’eau de
mer artificielle (particulièrement les ions divalents). Pour une même concentration massique
ionique, l’eau de mer artificielle aura donc une conductivité supérieure à celle d’une solution
de chlorure de sodium. La courbe d’étalonnage introduit donc une erreur systématique.

i. Calcul de l’erreur relative :
÷
÷
= = = =
théo exp
théo
34,56 36,0
ε 0,042 42%
34,56
s s
s
.
L’hypothèse est donc valide car l’écart relatif est inférieur à 10 %.


7
Microméga TS Spécialité Chapitre 1 Mers et océans ©Hatier 2012

MOT CLÉ Climat

L’utilisation de l’énergie par une population mondiale de plus en plus consommatrice pose
des questions sur l’évolution du climat de notre planète. Le climat actuel est-il comparable à
celui qu’a connu la Terre depuis un demi-million d’années ? Les relevés météos réguliers
étant récents à cette échelle, puisque le premier réseau météo date de 1855
1
et que les
premiers thermomètres ont vu le jour au XVI
e
siècle, les paléoclimatologues ont dû collecter
les données sur la température de l’atmosphère et sur sa concentration en dioxyde de
carbone de façon indirecte. Une façon privilégiée est d’étudier les glaces qui se sont déposés
(sans fondre) et qui ont conservé des informations sur l’atmosphère au moment où elles se
sont formées.


Activité 1 Lien entre température atmosphérique et dioxyde de carbone

L’activité proposée fournit les données actuellement considérées comme fiables sur la
température et la concentration en dioxyde de carbone sur quelques centaines de milliers
d’années. Leur exploitation vise à mettre l’élève en situation d’interpréter des données
graphiques mettant en jeu plusieurs échelles de temps pour leur donner du sens. En fin
d’activité, l’élève doit être capable de comprendre en quoi l’Homme a sa part de
responsabilité dans le phénomène de réchauffement climatique.

Objectifs
• Comprendre le mécanisme de l’effet de serre.
• Comprendre les enjeux écologiques relatifs aux émissions de dioxyde de carbone.

Lien avec le programme
• Extraire et exploiter des informations sur l’absorption de rayonnement par l’atmosphère
terrestre et ses conséquences.

Correction
a. Les graphiques du haut utilisent en ordonnées les parties par million en volume (ppmv),
ceux du bas les degrés Celsius. On peut remarquer que, sur les graphiques du bas, l’échelle
des températures change entre celui de gauche et celui de droite.
En abscisses se trouve le temps avec des graduations différentes dans les graphiques de
gauche et de droite : 10
5
ans à gauche et 10
2
ans à droite.
b. On remarque une alternance de réchauffements et de refroidissements de l’atmosphère
quasiment identiques, se répétant tous les 100 000 ans environ.

1
http://www.meteolafleche.com/histoiredelameteorologie.htm
8
THÈME 1 L’EAU

c. Actuellement, la Terre devrait entrer dans une période de refroidissement.
d. Sur la figure 2, on remarque que les gaz à effet de serre sont responsables du
réchauffement de la température de l’atmosphère. Une forte température se traduit donc
par une grande concentration de dioxyde de carbone dans l’air. Ainsi, l’air piégé dans la
glace aura une concentration en dioxyde de carbone correspondant à celle l’atmosphère au
moment de sa capture.
e. Alors que la tendance naturelle de l’évolution de la température de la planète serait au
refroidissement, l’activité humaine, et en particulier le rejet massif de dioxyde de carbone,
provoque, par effet de serre, une augmentation de la température. L’évolution naturelle est
donc contrecarrée.


Activité 2 Solubilité du CO
2
dans l’eau

Le réchauffement climatique est relié aux gaz à effet de serre dans l’atmosphère et
notamment à la présence de dioxyde de carbone. Or l’atmosphère et l’hydrosphère sont en
constante interaction. Aussi, pour pouvoir comprendre les échanges de gaz entre
atmosphère et océans est-il nécessaire d’étudier les facteurs qui influencent la solubilité de
ces gaz. Cette activité expérimentale demande à l’élève d’étudier l’évolution de la solubilité
du dioxyde de carbone dans l’eau en fonction de sa température ou de son pH.

Objectifs
• Étudier la solubilité de CO
2
dans l’eau afin de comprendre les échanges gazeux se
produisant entre l’atmosphère et l’hydrosphère.
• Utiliser des courbes pour déterminer une quantité de matière finale.

Lien avec le programme
• Identifier l’espèce prédominante d’un couple acide base connaissant le pH du milieu et le
pKa.
• Mesurer le pH d’une solution aqueuse.
• Mettre en œuvre un protocole pour extraire une espèce chimique d’un solvant (1
re
S).

Matériel
• plaque d’agitation chauffante
• 2 erlenmeyers
• éprouvette graduée 150 mL
• tube à dégagement
• cristallisoir
• chronomètre
• eau gazeuse

Remarque
Il faudra faire attention à bien régler l’agitation magnétique sur une vitesse précise afin de
pouvoir réaliser les deux expériences dans des conditions aussi comparables que possible.
9
Microméga TS Spécialité Chapitre 1 Mers et océans ©Hatier 2012

Correction
1 Influence de la température de l’eau
Avec la mesure réalisée sur 20 minutes, on obtient les résultats suivants à partir d’une eau
de Badoit
®
(Fig. 2) :

Fig. 2 Volume de gaz recueilli sous agitation à différentes températures.

Remarque
Une plaque chauffante ne permet pas de contrôler finement l’évolution de la température
de ce qui est chauffé. L’utilisation du bain thermostaté, en revanche, permet de chauffer
exactement à 50 °C, et de manière identique pour tous les postes de travail. Aussi les
binômes auront-ils des courbes plus semblables.

a. La courbe à T
amb
tend à se stabiliser vers V
max A
= 0,090 L.
La courbe réalisée à u = 50 °C tend vers un volume V
max 50
= 0,125 L.

b. Sachant que, dans ces conditions, un volume V = 24 L de CO
2
pèse M = 44,0 g, la masse de
CO
2
extraite est :
max A 
max 1
0,090 44,0
  0,17g
24
V M
m
V
× ×
= = =
.
max 50 
max 2
0,125 44,0
  0,23g
24
V M
m
V
× ×
= = =
.

10
THÈME 1 L’EAU

c. Quand la température de l’eau augmente, la solubilité du dioxyde de carbone diminue, car
il a été possible d’extraire davantage de gaz en augmentant la température.

d. Si la température de l’océan venait à s’élever, les eaux de la planète relâcheraient du CO
2

dans l’atmosphère. La concentration atmosphérique du dioxyde de carbone serait donc en
augmentation.

2 Influence du pH

e. Avant l’ajout d’acide, le pH de l’eau est pH = 8,0, donc l’espèce prédominante est l’ion
hydrogénocarbonate.
Après ajout d’acide, le nouveau pH est pH = 4. L’espèce prédominante est donc, à présent, le
dioxyde de carbone dissous.

f. Lorsque la quantité de dioxyde de carbone augmente dans l’eau, on finit par atteindre la
limite de solubilité de CO
2
. Le gaz va donc s’échapper sous forme de bulles.

g. L’océan est à pH = 8,2. Le dioxyde de carbone qui s’y dissout est transformé en sa base
conjuguée : les ions hydrogénocarbonate. Ainsi la limite de solubilité de l’espèce chimique
CO
2
est atteinte pour une quantité introduite de dioxyde de carbone plus grande.

h. Si l’océan conservait un pH = 8,2, la concentration de dioxyde de carbone atmosphérique
diminuerait car ce gaz serait absorbé puis transformé dans l’hydrosphère.

11
Microméga TS Spécialité Chapitre 1 Mers et océans ©Hatier 2012

MOT CLÉ Traceurs chimiques

Un traceur chimique ne doit pas perturber l’écosystème dans lequel il est introduit. Pour ce
faire, il est utilisé en petite quantité et doit donc pouvoir être quand même détectable.
Le principe d’un traceur est le même que celui qui consiste à jeter une bouée dans l’eau pour
suivre son courant, à la différence près que le traceur chimique est un soluté et non un objet
flottant. Un traceur doit être décelable par une méthode physicochimique même à faible
concentration. Le traceur peut être ajouté dans l’eau, ou bien peut s’y trouver. Ce dernier
cas se produit dans les rivières charriant des polluants qui permettent de suivre leur lit en
plein océan sur des centaines, voire des milliers de kilomètres. Les méthodes les plus
sensibles sont la fluorescence et la radio activité, mais cette dernière est hors propos ici. La
fluorescence est une méthode particulièrement sensible car il s’agit de détecter des photons
émis par la substance, or un photon peut être facilement amplifié et donc détecté.

Cette activité expérimentale propose, dans un premier temps, de déterminer la
concentration limite de perception de la fluorescéine par la réalisation d’une échelle de
teinte. Dans une seconde partie, nous chercherons de quelle manière il est possible de
pouvoir détecter la présence de fluorescéine trop diluée. Cette activité permet également
d’examiner le phénomène de fluorescence en utilisant les acquis de 1
re
S sur les diagrammes
de niveaux d’énergie.

Activité 1 Traçage d’un cours d’eau à la fluorescéine

Objectifs
• Comprendre comment est réalisé le traçage de pertes et d’émergences.
• Comprendre l’intervention du facteur de dilution.
• Étudier une méthode chimique pour palier ces problèmes.
• Étude du phénomène de fluorescence.

Lien avec le programme
• Mettre en œuvre un protocole pour caractériser une espèce chimique colorée.
• Interpréter les échanges d’énergie entre lumière et matière à l’aide du modèle
corpusculaire de la lumière. Connaître les relations λ = c/v et ΔE = h.ν et les utiliser pour
exploiter un diagramme de niveaux d’énergie (1
re
S).
• Pratiquer une démarche pour déterminer la concentration d’une espèce chimique colorée
par comparaison (1
re
S).
• Connaître et exploiter la relation de variation de l’énergie interne et la variation de
température pour un corps dans un état condensé.

12
THÈME 1 L’EAU

Remarques
La préparation de la solution de fluorescéine de concentration c
0
= 1,0.10
–4
g.mol
–1
n’est pas
réalisable directement car la masse à peser est trop petite.
Il est préférable de préparer 1 L ou 500 mL de solution de concentration 1,0.10
–3
mol/L qui
sera diluée 10 fois.
La fluorescéine est vendue sous forme neutre (C
20
H
12
O
5
, insoluble dans l’eau,
M = 332,306 g.mol
–1
) et sous forme de son sel de sodium (C
20
H
10
Na
2
O
5
, soluble dans l’eau,
M = 376,27 g.mol
–1
). C’est cette dernière forme qu’il faut utiliser.

Matériel
• alcool potassique 0,3 mol.L
–1

• eau distillée
• Charbon actif
• 100 mL de solution de fluorescéine de
concentration c
0
= 1,0.10
–4
g.mol
–1

• fioles jaugées 100 mL et 50 mL
• pipettes jaugées de 10 et 25 mL
• 1 compte-goutte
• 7 tubes à essais et porte-tubes à essais
• 6 béchers 50 mL
• 1 boîte de pétri
• papier filtre plissé
• 1 entonnoir
• 1 erlenmeyer
• support pour filtration

1 Étude de la fluorescéine

Commentaires
On appelle les longueurs d’onde λ
max
car la solution ne possède pas une raie d’émission et
d’absorption mais une bande. Pour simplifier l’explication de la fluorescence, nous avons fait
le choix de passer cela sous silence et de donner la longueur d’onde au maximum d’émission
et d’absorption.
a.
–34 8
–19
A 2 0 –9
Amax
6,62.10 3.10
E |E 3,97.10 J.
500.10
hc
E
ì
×
= = = =
b.
–34 8
–19
E 1 0 –9
Emax
6,62.10 3.10
E |E 3,68.10 J.
540.10
hc
E
ì
×
= = = =

c. Nous ferons l’hypothèse que toutes les molécules de la solution sont excitées et que la
masse volumique de la solution aqueuse est celle de l’eau µ = 1,0 kg.L
–1
.

Chaque molécule de fluorescéine excitée libèrera une énergie thermique :
q = E
A
– E
E
= 3,97.10
–19
– 3,68.10
–19
= 0,29.10
–19


13
Microméga TS Spécialité Chapitre 1 Mers et océans ©Hatier 2012
Or dans 1,0 kg de solution aqueuse de fluorescéine de concentration c = 1,5.10
–5
mol.L
–1
, le
nombre total de molécule de fluorescéine N est
A A
ρ
m
N c V N c N = × × = × × .
–5 23 18
1,0
1,5.10 6,02.10 9,03.10 molécules.
1,0
N = × × =
Étant donné que l’on souhaite connaître l’énergie thermique Q dégagée par l’excitation de
100 % des molécules de fluorescéine, on en conclut que :
Q =
100
100
× N × q = 9,03.10
18
× 0,29.10
–19
= 0,26 J.
d. Pour calculer la variation de température entraînée par le dégagement de l’énergie
thermique Q dans la solution, on fait le calcul Q = m × C
m
× ΔT.
La variation de température ΔT en résultant est donc :
–5
3
m
0,26
6,3.10 K.
1,0 4,18.10
Q
T
m C
A = = =
× ×

Cette variation de température étant extrêmement faible, il ne sera pas possible de la
percevoir.


2 Détection de la fluorescéine lors du traçage d’un cours d’eau

a. Lorsque l’on regarde l’échelle de teinte, on distingue encore une coloration pour la
solution n°3 et plus pour la solution n°4 : c
3
> c
lim
> c
4
.
Or les solutions étant produites par dissolution successives avec un facteur de dilution F = 4,
on peut déterminer la concentration de la solution fille S
n
issue de la n
ième
dilution par le
calcul
0
 
n
n
c
c
F
= .
Ce qui permet de calculer :
c
3
> c
lim
> c
4

0 0
lim
 
4
n
c c
c
F F
> >
×

–4 –4
lim
3 4
1,0.10    1,0.10  
4   4
c > >
1,6.10
–6
mol.L
–1
> c
lim
> 3,9.10
–7
mol.L
–1


b. Avant la filtration, la fluorescéine est dans la solution. Après filtration, elle est retenue par
le charbon actif.

c. La fluorescéine est très soluble en milieu alcoolique.
14
THÈME 1 L’EAU

Commentaire
De plus, la fluorescence est plus prononcée en milieu basique d’où l’utilisation d’une
solution potassique.

d. Alors que dans la solution initiale, la coloration est inférieure à la limite de perception à
l’œil nu, le filtrat F
2
présente une coloration jeune. En passant le tube à essais sous
lampe UV, la fluorescence du filtrat permet de vérifier qu’il s’agit de fluorescéine. Cette
méthode permet donc de pouvoir repérer la présence de fluorescéine dans un échantillon
d’eau où la concentration du traceur chimique est inférieure à la limite de perception de
l’œil.

Complément de réponse
Nous avons produit une solution dont la concentration finale est supérieure à la
concentration initiale. En effet, la fluorescéine diluée dans les 48 mL de solution restante
dans le bécher n°4 a été absorbée puis reversée dans 3 mL d’alcool. La concentration finale
en fluorescéine est donc 16 fois plus importante que sa concentration initiale.

Commentaires
La fixation de la fluorescéine sur le charbon actif est une adsorption. Elle est favorisée par la
présence des doubles liaisons.
Le passage sous lampe UV à la fin de l’expérience est réalisé dans le but de confirmer qu’il
s’agit bien de la fluorescéine et non d’une espèce colorée jaune.
15
Microméga TS Spécialité Chapitre 1 Mers et océans ©Hatier 2012

MOTS CLÉS Érosion, dissolution, concrétion

L’érosion est un phénomène naturel qui consiste à arracher la matière constituant le
paysage et à la déplacer, l’entraînant, suivant les cas, plus bas dans la vallée voire jusqu’à la
mer par les cours d’eau. Elle peut être de nature mécanique, chimique ou biochimique. Ce
dernier type n’est pas évoqué ci-dessous car son intérêt relève surtout des programmes de
SVT.
L’érosion est de nature mécanique quand un frottement est à l’origine de l’arrachage qui
modèle la forme de la matière constituant le sol. Cela peut correspondre au ruissellement de
l’eau qui ravine les pentes ou modifie la forme des rivières et du littoral, ou au frottement du
glacier qui arrache des morceaux de montagne lors de son lent mais inéluctable mouvement
vers la vallée. Le plus souvent, l’eau, solide comme liquide, lisse la surface érodée. Le vent
est également responsable de l’érosion, entraînant par exemple la poussière de surface du
sol. Cette poussière, qui se reforme perpétuellement, est entraînée à chaque bourrasque, et
provoque à la longue une modification du sol. L’érosion éolienne, c’est ainsi qu’elle est
nommée, donne au sol un aspect rugueux.
Le type d’érosion qui nous concerne, en relation avec le programme, est la dissolution. Elle
est appelée érosion chimique et s’oppose à l’érosion mécanique précédemment évoquée.
Avec une telle érosion, l’eau ne décroche pas seulement le sable et les pierres du sol, mais
elle dissout une partie de ses constituants. Tous les constituants du sol ou de la roche ne
sont pas également solubles. La silice du sable ne l’est quasiment pas alors que les chlorures
et les nitrates (de sodium, de potassium, de magnésium ou de calcium) sont rapidement
délavés quand ils affleurent. C’est pour cette raison que les mines de nitrates ou de potasse
(c’est ainsi qu’on appelle les mines de chlorure de potassium) ne se trouvent qu’en
profondeur ou dans les pays secs.
Une roche abondante, dont l’érosion chimique est intéressante à étudier, est le calcaire,
largement composé de carbonate de calcium. Le comportement des ions carbonate, une fois
en solution, se décrit bien avec les pKa des deux couples H
2
CO
3
/ HCO
3

et HCO
3

/ CO
3
2–
.
Une riche discussion de nature acido-basique, en relation avec le programme, est donc
possible. Une telle roche est sensible aux pluies acides parce que le carbonate de calcium,
peu soluble, réagit avec les ions H
+
(aq)
pour donner des ions HCO
3

qui ne donnent pas de sels
insolubles. Ce système chimique est étudié dans l’activité proposée.
Cette activité consiste à mettre en relation les observations effectuées lors de quelques
expériences simples (de type acido-basiques) que l’élève est amené à réaliser et les
informations fournies en introduction qui traitent de l’érosion. L’élève pourra en déduire
l’effet des pluies acides sur le calcaire notamment.



16
THÈME 1 L’EAU

Activité 1 Étude de l’érosion chimique du calcaire

Objectifs
• Étudier le phénomène de dissolution du calcaire dans différents cas.

Lien avec le programme
• Mesurer le pH d'une solution aqueuse.
• Reconnaître un acide, une base dans la théorie de Brönsted.

Remarque
Les expériences que les élèves doivent réaliser (ou au moins observer sur la paillasse du
professeur) reproduisent certaines réactions chimiques qui se produisent dans la nature :
l’interaction entre l’eau et le calcaire (carbonate de calcium, basique, peu soluble) dans le sol
et l’introduction de dioxyde de soufre dans l’eau (acide, bien soluble) dans l’atmosphère.
• Le calcaire se dissout faiblement dans l’eau, mais suffisamment pour élever le pH de l’eau
de ruissellement (phénomène imité par la formation du filtrat F).
• Le dioxyde de soufre acidifie l’eau (formation de pluie acide, imité par la formation de la
solution S). Or, une eau acide dissout plus le calcaire qu’une eau de pH neutre (expérience
avec l’acide chlorhydrique).

Matériel
• carbonate de calcium
• soufre
• acide chlorhydrique 6 mol.L
–1

• eau distillée
• support réfractaire pour la combustion
du soufre
• entonnoir
• trompe à eau
• bec Bunsen (plus efficace qu’une
allumette pour enflammer le soufre)
• flacon laveur
17
Chapitre 1 Mers et océans
Correction
a. La ligne « chimique » du tableau contient les informations qui sont confirmées par les
expériences réalisées : érosion du calcaire par l’eau, donc dissolution du sol (puisque le pH a
augmenté, c’est une petite partie du solide qui s’est dissoute) ; le pH (bas) est un facteur
aggravant puisque l’acide ajouté a permis de dissoudre le carbonate de sodium.
b. La roche qui permet la formation des cavernes et des rivières souterraines est le calcaire,
qui se dissout lentement dans l’eau. Le sable (si l’expérience négative a été refaite avec cette
roche) ne se comporte pas ainsi. L’argile non plus (cela n’a pas été vérifié dans cette
activité).

Commentaires
• Les pluies sont considérées comme acides en dessous de pH 4,5. Les principaux solutés
susceptibles d’acidifier la pluie sont les oxydes de soufre (SO
2
et SO
3
) et les oxydes d’azote
(NO et NO
2
). Dans l’eau, ils forment respectivement de l’acide sulfureux H
2
SO
3
, de l’acide
sulfurique H
2
SO
4
, de l’acide nitreux HNO
2
et de l’acide nitrique HNO
3
. L’activité industrielle
est grande pourvoyeuse de tels polluants.
• Les pluies acides détruisent la végétation (ce qui n’est pas le sujet de cette activité) mais
aussi tous les objets à base de calcaire (par exemple le marbre). Elles rongent le calcaire bien
plus vite que la pluie « neutre », qui est généralement de pH 5,5 (à cause de la présence de
CO
2
atmosphérique).

18
THÈME 1 L’EAU

MOTS CLÉS Surveillance et lutte physico-chimique contre les pollutions,
pluies acides


Les pluies acides, la pollution à l’ozone… sont des phénomènes inquiétants qui trouvent leur
origine dans la pollution atmosphérique par de nombreux gaz notamment les oxydes de
carbone, oxydes d’azote et/ou oxydes de soufre. Aussi depuis quelques années, la pollution
atmosphérique automobile est très surveillée et des outils de lutte sont mis en place.

Dans cette activité, une étude des relevés expérimentaux en ozone et dioxyde d’azote nous
permettera de comprendre que les oxydes d’azote sont responsable de la pollution à l’ozone
troposphérique. Puis l’élève sera amené à analyser le principe de fonctionnement des pots
catalytiques utilisé pour réduire la quantité de gaz polluants émis par les véhicules.

Activité 1 Surveillance et lutte contre l’ozone troposphérique

Objectifs
• Étudier et justifier les détails techniques d’un pot catalytique d’un point de vue chimique.

Lien avec le programme
• Extraire et exploiter des informations sur la catalyse, notamment dans le domaine
industriel et dégager l’intérêt.
• Catalyse hétérogène.

Correction
1 Suivi des quantités de NO
2
et O
3


Remarque
L’unité de la concentration est en partie par billion (ppb, un billion = 10
9
). Cela signifie qu’il y
a un volume de 1.10
–9
m
3
de gaz (NO
2
ou O
3
) dans 1 m
3
d’air. Cette notation est à mettre en
relation avec l’unité de déplacement chimique que l’élève utilisera en RMN, le ppm (partie
par million)

a. On remarque que les jours non travaillés présentent une pollution moindre. D’autre part,
lors des heures de grand trafic (aux alentours de 8 h), on note une grande concentration en
NO
2
.
b. On ne peut pas faire de lien direct entre concentration de NO
2
et O
3
car, en fin de journée,
la concentration en ozone diminue malgré l’augmentation de la concentration en dioxyde
d’azote.
19
Chapitre 1 Mers et océans
c. Entre 8 h et midi, la présence du soleil produit la lumière nécessaire à la réaction entre
NO
2
et O
2
et entraîne de ce fait une diminution du dioxyde d’azote et de l’ozone.
On note bien la diminution de NO
2

d. Il est possible également d’observer une augmentation de O
3
.

2 Pot catalytique et pollutions
e. Les gaz sortant des moteurs et devant être transformé sont les NO
x
, le monoxyde de
carbone et des hydrocarbures. Il est nécessaire de les détruire car CO est un gaz nocif, le
méthane est un gaz à effet de serre et les NO
x
entraînent la formation d’ozone
troposphérique comme le montre le 1).
f. L’intérêt est d’accélérer des transformations de destruction qui sont cinétiquement lentes.
Complément de réponse
La vitesse d’éjection des gaz étant élevée, le temps de séjour des polluants dans le pot
catalytique est très faible. Il est donc nécessaire de s’assurer que la dégradation va se faire
très rapidement.
g. L’apport de dioxygène est essentiel pour la destruction du monoxyde de carbone et du
méthane.
h. La conversion du monoxyde d’azote diminue lors d’une trop grande conversion du
monoxyde de carbone. En effet le CO est un réactif de la transformation du NO.
Les hydrocarbures et le monoxyde de carbone sont de plus en plus convertis quand la
proportion de dioxygène augmente alors que le monoxyde d’azote l’est de moins en moins à
cause du manque de monoxyde de carbone.
i. La sonde lambda est reliée à un calculateur. Le calculateur est lui-même relié à un
dispositif nommé : dosage air/essence. Ce dispositif permet donc de régler la quantité d’air
admis dans l’essence avant sa combustion. Étant donné que la conversion des gaz
d’échappement nécessite une quantité ni trop faible ni trop forte de dioxygène, la sonde
lambda mesure cette quantité et envoie le résultat au calculateur. Ce dernier décide alors de
modifier ou non l’admission d’air (indirectement de dioxygène). Il commande alors le réglage
du dosage air/essence.

Commentaires
Il est possible d’analyser le graphique suivant (Fig. 3) représentant le taux de conversion
(destruction) de chacun des gaz cités ci-dessus. Ce graphique fait apparaître un point de
fonctionnement plus intéressant que les autres, montrant que le rapport air/essence = 1
correspond à un bon compromis pour la transformation simultanée des hydrocarbures (HC),
du CO et des NO
x
.
20
THÈME 1 L’EAU

Fig.3 Taux de conversion d’un pot catalytique en fonction du rapport air/essence.


Activité 2 Pluie acide

La notion de pluie acide a été évoquée de façon qualitative avec le mot clé Érosion. Elle est
réinvestie ici de façon quantitative.
Certains polluants gazeux se dissolvent dans l’eau de pluie et l’acidifient. Si nous avons vu
précédemment que les oxydes d’azote sont responsables de la formation d’ozone
troposphérique, qui du dioxyde de carbone ou du dioxyde de soufre est le principal
responsable de l’acidité des pluies ? C’est ce que l’on montrera dans une première partie en
travaillant sur les notions de pH et de pKa des couples de l’acide carbonique et de l’acide
sulfureux. Dans une seconde partie, nous réaliserons le titrage colorimétrique de l’eau de
pluie artificielle produite.

Objectifs
• Vérifier que le dioxyde de soufre et le dioxyde de carbone sont solubles dans l’eau.
• Montrer que la dissolution de SO
2
ou de CO
2
fait diminuer le pH de l’eau.

Lien avec le programme
• Établir l’équation de la réaction support de titrage à partir d’un protocole expérimental.
• Pratiquer une démarche expérimentale pour déterminer la concentration d’unes espèce
chimique par titrage par la visualisation d’un changement de couleur dans le domaine de
l’environnement.
21
Chapitre 1 Mers et océans

Matériel
• 2 ampoules de coulée
• 2 erlenmeyers 50 mL
• 2 bouchons 2 trous
• tube à dégagement
• 2 béchers 250 mL
• éprouvette graduée 200 mL
• 2 agitations magnétiques
• 1 pH-mètre
• NaHCO
3

• NaHSO
3

• acide sulfurique molaire
• éprouvette graduée 20 mL
• pipette jaugée 10 mL
• solution de diiode c = 0,05 mol/L
• montage de dosage
• empois d’amidon

Correction
1 Gaz et pH

a. HCO
3

+ H
+
÷÷÷ CO
2
+ H
2
O
HSO
3

+ H
+
÷÷÷ SO
2
+ H
2
O

b. SO
2
+ H
2
O ÷÷÷ H
2
SO
3

H
2
SO
3
+ H
2
O ÷÷÷ HSO
3

+ H
3
O
+


CO
2
+ H
2
O ÷÷÷ H
2
CO
3
H
2
CO
3
+ H
2
O ÷÷÷ HCO
3

+ H
3
O
+


c. Étant donné que l’on a dissous une quantité de matière égale dans les deux cas, il est
possible de comparer l’acidité des deux espèces chimiques directement à partir de la mesure
du pH de la solution obtenue. Le pH plus faible de la solution obtenue avec le dioxyde de
soufre montre que le pK
A
du couple acide sulfureux/ion hydrogénosulfite est plus faible que
le pK
A
du couple acide carbonique/ion hydrogénocarbonate.

d. Les gaz en contact avec l’eau de pluie s’y dissolvent tout comme ils l’ont fait dans l’eau du
bécher.




22
THÈME 1 L’EAU
2 Titrage du dioxyde de soufre

e. La réaction support du titrage est :
SO
2
+ I
2
+ 2 H
2
O ÷÷÷ SO
4
2–
+ 4 H
+
+ 2 I




f. Le tableau d’avancement est le suivant :
Équation SO
2
+ I
2
+ 2 H
2
O ÷÷÷ SO
4
2–
+ 4 H
+
+ 2 I


État
Avancement
(mol)
Quantité de matière (en mol)
E.I 0
n
SO
2
n
I
2

s 0 0 0
État
intermédiaire

n
SO
2
– x
n
I
2
– x

s

4x 2x
EF

n
SO
2
– x
max
n
I
2
– x
max

s x
max
4x
max
2x
max

Donc :
n
I
2
= x
max
= n
SO
2

g. La concentration en dioxyde de soufre dissous est :
| |
2 2
–3
SO I 2 eq –2
2 –3
1 1 1
0,050 8,8.10
SO 4,4.10
10.10
n n c V
V V V
×
×
= = = = = mol.L
–1


Complément de réponse
Il est intéressant, pour contextualiser davantage ce mot clé, de faire étudier le graphique
suivant en demandant d’évaluer le volume d’air de Londres du 7 décembre 1952 à faire
barboter dans 150 mL d’eau afin d’obtenir une concentration en dioxyde de soufre identique
à celle mesurée ci-dessus :
23
Chapitre 1 Mers et océans


Dans les 150 mL d’eau distillée s’est donc dissous une quantité de matière :
n = [SO
2
] × V = 6,6.10
–3
mol.
Soit une masse :
m = n × M = 6,6.10
–3
× (32 + 2 × 16) = 0,42 g.
Le 7 décembre 1952, la concentration de SO
2
dans l’air londonien était de 2 mg.m
–3
.
Il aurait donc été nécessaire de faire barboter un volume :
V =
420
2
= 240 m
3
.
1
Microméga TS Spécialité Chapitre 2 Eau et ressources ©Hatier 2012

Eau et ressources

Le programme nous a amenés à intégrer dans ce chapitre trois thématiques qui ne
possèdent en commun que le fait d’être en relation avec l’eau : le traitement des eaux, les
ressources minérales et organiques et les hydrates de gaz. Leur importance au regard de la
vie quotidienne sont également hétérogènes puisque le traitement de l’eau fait directement
partie de notre quotidien, qu’il s’agisse de l’obtention de l’eau potable ou de
l’assainissement des eaux usées, les ressources minérales et organiques des océans
impactent fortement notre activité économique sans que nous en soyons pleinement
conscients, quant aux hydrates de gaz, ils constituent une curiosité de laboratoire dont un
exemple se trouve abondamment au fond des océans : l’hydrate de méthane. Cet hydrate
est une ressource énergétique abondante dont l’exploitation n’est à ce jour pas envisagée.

Nous avons donc traité ces mots clés de façon indépendante, en variant les activités
proposées, tout en étant le plus proche possible de l’expérimentation directe par les élèves.
Le professeur constatera que, le plus souvent, nous avons opté pour que ces activités
constituent également des approfondissement du programme spécifique, tant pour leur
contenu (titrage, traitement de l’incertitude) que pour les nouveaux formats d’évaluation
(analyse documentaire).

MOTS CLÉS Production d’eau potable, traitement des eaux

Principalement axé sur des contrôles de qualité, ce mot clé est l’occasion de réaliser des
dosages colorimétriques direct et indirect. Il insiste plus particulièrement sur le dosage
iodométrique.
La notion d’électrolyse est introduite dans le but de réinvestir les connaissances de 1
re
S
concernant les réactions d’oxydoréduction se produisant aux électrodes. Elle permet de
manière simple, dans un autre cas que celui d’une pile, de relier la polarité à une réaction
mise en jeu à une électrode.

Activité 1 Production de l’eau de Javel
®


Les élèves vont réaliser une électrolyse. C’est une manipulation nouvelle pour eux ; elle leur
permettra de mieux appréhender les points communs et les différences entre ce nouveau
dispositif et les piles déjà connues depuis la 1
re
S. Dans un second temps, un dosage
colorimétrique indirect permet une réflexion approfondie sur la réalisation d’un titrage et
Chapitre
2
2
THÈME 1 L’EAU
plus particulièrement sur l’espèce titrée et sur l’espèce dont on souhaite connaître la
concentration.

Objectif
• Voir de quelle manière l’eau de Javel® est produite dans les stations d’épuration.
• Vérifier le degré chlorométrique de l’eau de Javel® produite.

Correspondance avec le programme
• Réactions d’oxydoréduction.
• Réaliser une électrolyse.
• Dosage indirect.

Liste du matériel et des produits
• tube en U
• 2 électrodes de carbone
• générateur
• résistance
• ampèremètre
• voltmètre
• pince crocodile
• bouchon 1 trou
• spatule
• balance
• montage de titrage
• pipette 10 mL
• erlenmeyer 100 mL
• eau salée saturée
• phénolphtaléine
• indigo
• iodure de potassium solide
• empois d’amidon
• solution de thiosulfate de sodium à
0,005

Correction
1 Production de l’eau de Javel® en laboratoire
a. À l’anode, il y a décoloration de l’indigo ; à la cathode, il y a coloration rose de la
phénolphtaléine, et un dégagement gazeux est visible.

b. • À l’anode, c’est la production de dichlore qui est responsable de la décoloration, donc il
y a formation de dichlore à partir de l’ion chlorure :
2 Cl

Cl
2
+ 2 e

(1)
• La coloration rose de la phénolphtaléine indique que le pH devient basique d’où la
formation d’ions hydroxyde comme on peut le lire sur l’équation :
2 H
2
O + 2 e

H
2
+ 2 HO

(2)
Commentaire
Il s’agit en réalité du couple oxydo-réducteur H
+
/H
2
O. Cependant, la transformation
chimique se réalisant en milieu basique, il faut éliminer les ions hydronium de l’équation
chimique en utilisant l’autoprotolyse de l’eau.

3
Microméga TS Spécialité Chapitre 2 Eau et ressources ©Hatier 2012
c. Il faut un brassage pour permettre la rencontre entre les ions hydroxyde et le dichlore afin
que la synthèse de l’ion hypochlorite se produise. Dans un tube en U, les deux espèces
chimiques sont séparées et ne réagissent donc pas ensemble.

2 Titrage indirect de l’eau de Javel® produite
d. La transformation des ions hypochlorite par les ions iodure est :
2 ClO

+ 2 I

+ 2 H
+
Cl
2
+ I
2
+ H
2
O (3)
Le dosage repose sur la réaction support de titrage :
2 S
2
O
3
2–
+ I
2
S
4
O
6
2–
+ 2 I

(2)


e. Le volume équivalent obtenu est V
eq
= 13,5 mL.
2–
2 3
2
S O thio eq –5
I
3,4.10 mol.
2 2
n
c V
n
f. D’après (3), n
ClO
-
= 2 × n
I
2
.
La concentration en ions hypochlorite est donc :

2
I – ClO
2
ClO 0,0068
n n
V V
mol.L
–1
.
La quantité de matière en ions hypochlorite produits est donc :
n
ClO
-
= [ClO

] × V
T
= 0,0068 × 0,400 = 2,72.10
–3
mol.

g. La masse d’eau de Javel® produite dans le bécher est :
m = n
ClO
-
× M
Cl
m = 2,72.10
–3
× 35,5
m = 9,66.10
–2
g
m = 96,6 mg.
Il sera donc possible de traiter un volume :
1
Cl pour 1 L
96,6
3.10 L.
3
m
V
m

Commentaire
Avec un courant stabilisé à 200 mA pendant une durée 30 min précisément, on trouve une
concentration théorique de :
– –1 A
T
1
2
ClO 0,004 7mol.L
I t
q N
V
.
Il faut bien vérifier le courant qui s’établit après le réglage de l’agitation.


4
THÈME 1 L’EAU
Activité 2 Dureté de l’eau

Objectif
• Réaliser un contrôle de qualité de l’eau potable.
• Vérifier l’efficacité d’un système de traitement domestique de l’eau potable.

Remarque
Les élèves vont réaliser un dosage colorimétrique dont l’équation support de titrage est une
réaction de complexation. Le point particulier de ce titrage repose sur le fait que les élèves
titrent deux espèces chimiques en même temps, il faudra tenir compte de ce détail dans leur
raisonnement.
Correspondance avec le programme
• Les résultats seront discutés par des calculs d’incertitude.

Liste du matériel et des produits
• trois tubes à essais
• un porte tubes à essais
• une burette graduée
• une plaquette d’agitation magnétique et
son agitateur
• un erlenmeyer
• une pipette jaugée 10 mL
• une éprouvette graduée 25 mL
• trois petits béchers
• trois compte-gouttes
• une carafe filtrante style Brita®
• une solution tampon de pH = 10
• une solution de sulfate de magnésium
de concentration 0,01mol.L
–1

• EDTA de concentration 0,01 mol.L



Correction
a. À l’équivalence, n
EDTA
= n
Ca
2+
+ n
Mg
2+
.
b. Avant la filtration, le volume équivalent est V
eq1
= 2,0 mL.
2+ 2+
2 eq
Ca Mg
n n C V
2+ 2+
2 eq –1
Ca Mg
1
0,002mol.L
C V
c c
V

Après filtration, le volume équivalent est V
eq2
= 0 mL.
c. 1°f = 1.10
–4
mol.L
–1
. Il faut faire un produit en croix.
D = 0,002 /1.10
–4
= 20 °f.
L’incertitude est
eq
2 1
2 eq 1
0,001 0,1 0,1
0,16.
0,001 2 10,0
V
C V D
D C V V

ΔD = 0,16 × D = 0,16 × 20 = 3,2 °f.
Avant filtration, la dureté de l’échantillon est donc D = (20 3) °f.
Après la filtration, l’échantillon a une dureté D = 0 °f.
5
Microméga TS Spécialité Chapitre 2 Eau et ressources ©Hatier 2012
d. L’eau du robinet correspond aux critères d’une eau potable. La carafe Brita® est efficace.
Elle élimine la totalité des ions calcium et magnésium. Cependant, l’eau qu’elle produit ne
satisfait plus aux critères de potabilité. Il faudra donc faire attention à ne pas consommer
uniquement de l’eau filtrée.
Commentaire
Les différents tests réalisés avec ce type de carafe montrent :
• peu ou pas de différence lors d’un dosage des ions chlorure par la méthode de
Charpentier-Volhard ;
• une forte acidification de l’eau une fois filtrée.

Activité 3 Traitement en station d’épuration avant rejet dans la nature

Objectifs
• Mesurer la concentration en dioxygène de l’eau du robinet.
• Vérifier qu’un simple brassage de l’eau dans les stations d’épuration peut permettre
d’augmenter la concentration en dioxygène de l’eau.

Remarque
Les élèves réalisent la transformation de nombreuses espèces chimiques pour atteindre une
espèce que l’on peut titrer facilement. Chaque transformation intermédiaire repose sur une
réaction acido-basique. Le titrage indirect qui suit permettra une réflexion sur le lien entre
espèce titrée et espèce dont on souhaite connaître la concentration.

Correspondance avec le programme
• Réalisation d’un dosage indirect par production.
• Savoir suivre un protocole.
• Réaction d’oxydoréduction.
• Calculs d’incertitudes.

Remarques
• Pour gagner du temps, il est proposé de séparer les élèves en deux groupes. D’un côté
ceux qui dosent directement l’eau du robinet et de l’autre ceux qui dosent l’eau brassée.
• Il est possible de prévoir la première étape en début de TP pour laisser l’agitation se faire
pendant 30 minutes ou plus afin de gagner du temps.
•Les questions peuvent être préparées à la maison afin de gagner du temps dans la
rédaction du compte-rendu pendant la séance.

Liste du matériel et des produits
• une plaquette d’agitation magnétique • un erlenmeyer de 250 mL et son
bouchon
6
THÈME 1 L’EAU
• une balance
• une spatule
• une coupelle
• un agitateur en verre
• du papier pH
• une pipette jaugée de 50 mL et une
propipette
• des pastilles de soude
• du chlorure de manganèse solide
• de l’acide sulfurique concentré
• de l’iodure de potassium solide
• du thiosulfate de sodium de
concentration c = 0,010 mol.L
–1

• de l’empois d’amidon fraîchement
préparé



Correction
a. L’équation support du dosage est :
I
2
+ 2 S
2
O
3
2–
2 I

+ S
4
O
6
2–


b. Les quantités matière de diiode titrées se calculent à partir des volumes équivalents :
Sans brassage Avec brassage
V
eq
1
= 8,8 mL V
eq
2
= 10,2 mL
2–
2 3
2
S O   thio eq
I
2 2
n
c V
n
2
–3
–5
I
0,0050 8,8.10
2,2.10 mol
2
n

2
–3
–5
I
0,0050 10,2.10
2,6.10 mol
2
n

c. Quantité de matière formée en Mn(OH)
2
:
Mn(OH)
3
+ H
+
+ 1 e

Mn(OH)
2
+ H
2
O
2 I

I
2
+ 2 e


2 Mn(OH)
3
+ 2 H
+
+ 2 I

I
2
+ 2 Mn(OH)
2
+ 2 H
2
O
n
Mn(OH)
2

=

2 × n
I
2

n
Mn(OH)
2

=

2 × n
I
2

= 2,2.10
–5
= 4,4.10
–5
mol

n
Mn(OH)
2

=

2 × 2,6.10
–5
= 5,2.10
–5
mol

d. Il se produit les réactions d’oxydoréduction suivantes :
O
2
+ 4 H
+
+ 4 e

2 H
2
O (× 1)
Mn(OH)
2
+ H
2
O Mn(OH)
3
+ H
+
+ 1 e

(× 4)
4 Mn(OH)
2
+ O
2
+ 2 H
2
O 4 Mn(OH)
3


e. La concentration molaire de dioxygène dans l’eau est :
La quantité de matière en dioxygène qui réagit est
2 2
O Mn(OH)
1
4
n n
7
Microméga TS Spécialité Chapitre 2 Eau et ressources ©Hatier 2012
Donc, la concentration de dioxygène est
2
Mn(OH)
2
O
4
n
V

Et la concentration massique
2
2 O
O
m
C M

–5
–4 –1
2 –3
4,4.10
O 2,2.10 mol.L
4 50.10

C
m

= 2,2.10
–4
× 32
C
m

=

7,0.10
–3
g.L
–1
C
m

= 7,0 mg.L
–1


–5
–4 –1
2 –3
5,2.10
O 2,6.10 mol.L
4 50.10

C
m

=

2,6.10
–4
× 32
C
m

=

8,3.10
–3
g.L
–1
C
m

= 8,3 mg.L
–1



eq
thio
thio eq
m
m
V
C C V
C C V V

0,0001 0,1 0,1
0,0050 8,8 50,0
m
m
C
C

ΔC
m
= 0,033 × 7,0 = 0,2 mg.L
–1

C
m
= (7,0 ± 0,2) mg.L
–1

0,0001 0,1 0,1
0,0050 10,2 50,0
m
m
C
C

ΔC
m
= 0,031 × 8,3 = 0,30 mg.L
–1

C
m
= (8,3 ± 0,3) mg.L
–1


f. On peut conclure que la méthode du brassage dans le but d’augmenter la concentration
en dioxygène dans l’eau est efficace.


Commentaire
Ici, pour des raisons de simplification pour l’élève, toutes les transformations ont été écrites
en milieu acide. Cependant, il faudra garder à l’esprit que l’acidification du milieu fait
intervenir les couples acido-basiques Mn
3+
/Mn(OH)
3
et Mn
2+
/Mn(OH)
2
. Ceci est sans
conséquence pour la résolution du problème mais permet d’expliquer les observations
expérimentales de la dissolution des solides lors de l’ajout d’acide.

8
THÈME 1 L’EAU

MOTS CLÉS Ressources minérales et organiques dans les océans

En termes d’activité humaine, la mer est exploitée surtout pour son sel (ressource minérale)
et pour le poisson qu’elle héberge (ressource organique). Pour autant, le traitement de ces
deux sujets ne nous a pas semblé opportun ici car la présence de sel dans l’eau a été
largement traitée dans la thématique Mers et océans, et l’étude des poissons en tant que
ressource ne nous semble pas relever de la physique ou de la chimie. Pour ces raisons, nous
avons ciblé des aspects plus spécifiques des ressources que la mer offre, que ces ressources
concernent la vie marine (phosphate), l’homme d’aujourd’hui (alginate) ou d’hier (nacre). Ce
dernier matériau, maintenant remplacé par des dérivés du pétrole, fut longtemps utilisé
pour la décoration.

Du point de vue de l’élève, le travail expérimental concerne soit l’étude de l’acidité ou de la
solubilité des ions phosphate, soit la constitution d’un gel. Sur le plan documentaire, l’étude
de la nacre donne l’occasion de considérer la réactivité acido-basique des ions carbonate.

Activité 1 Une ressource pour la vie marine : les ions phosphate

Objectif
Cette activité permet aux élèves d’étudier les différentes formes acido-basiques des ions
phosphate dans l’eau et la coexistence de ces ions avec les autres espèces présentes dans
l’océan.
Remarque
Les élèves doivent réaliser le titrage de l’acide phosphorique par la soude, ce qui permet de
soulever quelques questions en relation avec les diagrammes de prédominance vus lors de
l’enseignement du tronc commun. Ils sont ensuite amenés à observer des réactions de
précipitation, et une dilution extrême (facteur de dilution 10
10
) pour comprendre que dans
l’eau de mer, certains ions peuvent coexister (à l’état de trace) alors que des solutions en
concentration usuelles conduisent à des précipitations.

Correspondance avec le programme
• Théorie de Brønsted : acides faibles, bases faibles ; notion d’équilibre ; couple acide-base ;
constante d’acidité K
a
. Échelle des pK
a
dans l’eau, produit ionique de l’eau ; domaines de
prédominance
• Mesurer le pH d'une solution aqueuse.
• Reconnaître un acide, une base dans la théorie de Brønsted.
• Utiliser les symbolismes , et dans l’écriture des réactions chimiques
pour rendre compte des situations observées.
9
Microméga TS Spécialité Chapitre 2 Eau et ressources ©Hatier 2012
• Identifier l’espèce prédominante d’un couple acide-base connaissant le pH du milieu et le
pK
a
du couple.

Liste du matériel et des produits
• pH-mètre, son électrode
• burette de 25 mL
• pipette de 10 mL
• récipient poubelle
• 4 tubes à essais et leur support
• poire de prélèvement
• barreau et agitateur magnétique
• bécher de 150 mL
• solution d’acide phosphorique
0,10 mol.L
–1

• solution d’hydroxyde de sodium
0,20 mol.L
–1

• eau distillée
• solutions tampon pour l’étalonnage
• une solution de chlorure de calcium
10
–2
mol.L
–1

• solution de chlorure de fer(III) 10
–2

mol.L
–1

• solution de nitrate d’argent 10
–2
mol.L
–1



Remarque
Pour le dernier point de l’expérience, les élèves doivent trouver les facteurs de dilution des
ions phosphate (f
1
) et argent (f
2
) entre les solutions fournies (10
–2
mol.L
–1
) et l’eau de mer
(1 µmol.L
–1
et 10 pmol.L
–1
suivant les ions). Ces facteurs de dilution sont respectivement
f
1
= 10
–2
/10
–6
= 10
4
et f
2
= 10
–2
/10
–12
= 10
10
. Surtout pour le second cas, il n’est pas question
de diluer 10
10
fois 1 mL de solution de nitrate d’argent en une seule fois ; il faudrait 10
10
mL
soit 10
4
m
3
d’eau du robinet (l’équivalent de 5 piscines olympiques). Il faut donc opérer par
2 et 5 dilutions successives d’un facteur 100 respectivement, c’est-à-dire en mettant 0,1 mL
de solution de concentration mère et en ajoutant 10 mL d’eau du robinet, et cela 2 ou 5 fois
de suite.
Le mélange de ces deux solutions extrêmement diluées ne conduit à aucune précipitation.










10
THÈME 1 L’EAU
Correction
a.

b. Les différentes équivalences correspondent aux sauts de pH ; il y en a deux aux volumes
5,1 mL et 10,2 mL.
c. Aux deux demi-équivalences, les formes prédominantes sont H
3
PO
4
et H
2
PO
4

à 2,6 mL et
H
2
PO
4

et HPO
4
2–
à 7,3 mL. Elles sont en concentration égales.
d. Dans l’eau de mer, à pH compris entre 7,4 et 8,2, la forme prédominante est H
2
PO
4

, et
HPO
4
2–
est minoritaire. Les formes H
3
PO
4
et PO
4
3–
peuvent être ignorées.
e. L’appellation commune « phosphate » n’est pas appropriée puisque les deux formes
présentes sont H
2
PO
4

, et HPO
4
2–
.
f. Fe
3+
+ PO
4
3–
FePO
4
ou plus précisément : Fe
3+
+ H
2
PO
4

FePO
4
+ 2 H
+
(aq)
.
g. Les ions phosphate et sodium coexistent en solution. En revanche, dans les trois autres
tubes, un des deux ions phosphate ou calcium, phosphate ou fer, et phosphate ou argent, ne
doit pas être en solution.
h. Dans l’eau de mer, les cations sont en solution trop diluée pour précipiter. À ces
concentrations, ils peuvent coexister dans l’eau comme l’expérience en dilution extrême, ci-
dessus, l’a montré.

Commentaires
• Il n’est pas approprié de parler de triacide pour l’acide phosphorique ; cette appellation
relève de la théorie d’Arrhenius ; la théorie de Bronsted, que les élèves ont commencé
d’étudier en tronc commun, n’évoque que les couples acide-base. Dans le cas de l’acide
phosphorique, la base conjuguée de l’acide H
3
PO
4
(H
2
PO
4

) est elle-même considérée dans
un second couple. Nul n’est besoin d’évoquer la notion de triacide.
11
Microméga TS Spécialité Chapitre 2 Eau et ressources ©Hatier 2012
• La troisième acidité de l’acide phosphorique n’est pas visible dans un titrage aux
concentrations expérimentées ici. Le 3
e
pK
a
est supérieur à 12. Le saut de pH devrait se
terminer à 14 pour être visible, et à ce pH, les électrodes ne répondent plus.
• La notion de constante de solubilité n’est pas connue des élèves et cette activité ne vise
pas à la faire découvrir. À la place, les élèves comprennent qu’une « hyperdilution » conduit
à une solution qui n’est pratiquement que du solvant, et qu’un mélange de deux tubes ne
contenant quasiment que du solvant ne peut pas conduire à une précipitation.


Activité 2 Une ressource organique utilisée par l’Homme

Objectif
• Observer expérimentalement l’utilisation d’une algue.
• Les élèves vont préparer un gel à partir d’alginate, un extrait d’algue, et réfléchir à
proposer une interprétation aux surprenantes observations qu’ils auront faites.

Correspondance avec le programme
• Recueillir et exploiter des informations sur les applications de la structure de certaines
molécules (super absorbants, tensioactifs, alginates,…) (1
re
S).

Liste du matériel et des produits
• des erlenmeyers de 250 mL (un pour la
collectivité et un bouché par binôme)
• un bécher de 400 mL (par binôme)
• un agitateur de verre
• une pince longue à bout plat
• accès à une balance à 0,1 g
• alginate de sodium (s’achète dans un
rayon alimentaire un peu spécialisé, genre
nouvelle cuisine)
• du chlorure de calcium (1 g de solide par
binôme)
• une solution saturée de chlorure de
sodium
• de l’au distillée (à défaut du robinet)
Commentaires
Ref : J. Chem. Educ., 1998, 75 (11), p 1430.
L’alginate de sodium est une chaîne contenant des groupes COO

Na
+
. En présence d’ions
Ca
2+
, les ions Na
+
sont remplacés par des ions Ca
2+
qui le lient à deux chaînes à la fois. Cela
entraîne la formation du gel tel qu’il a été observé. Cet échange est réversible, ce que
montre l’agitation un morceau de gel dans le récipient NA.


12
THÈME 1 L’EAU
Activité 3 Une ressource minérale utilisée par l’Homme

Objectif
• Découvrir l’utilisation de la nacre et des polymétalliques.
• Les élèves lisent un court document qui sert de base à quelques questions sur les
matériaux minéraux issus de la mer, utilisés pendant longtemps par l’Homme, puis
remplacés par les matériaux issus de la pétrochimie (matière plastique).

Correspondance avec le programme
• Rédiger une synthèse de documents pouvant porter sur les interactions entre la science et
la société.

Correction
a. La nacre est composée de couches de plusieurs matériaux (voir document), dont du
carbonate de calcium. La réaction entre les ions carbonate et les ions hydrogène conduit à la
formation de CO
2
gazeux, ce qui se manifeste sous la forme d’une effervescence ; elle
s’écrit :
CaCO
3 (s)

+ 2 H
+
(aq)
Ca
2+
(aq)
+ CO
2 (gaz)
+ H
2
O
(l)

b.

CO
2

(g)
+ Ca
2+
(aq)
+ 2HO

(aq)
CaCO
3 (s)
+ H
2
O
(l)

Le trouble de l’eau de chaux correspond au solide CaCO
3
formé.
c. La nacre permettait de faire de petits objets de luxe comme des boutons de chemisiers à
dentelles pour femmes galantes.
d. En mettant une de ses perles dans du vinaigre (boisson usuelle à l’époque : voir Astérix et
Cléopâtre ou le passage de la Passion selon saint Matthieu où le soldat désaltère le Christ en
croix avec du vinaigre), Cléopâtre a effectué la réaction évoquée à la question a. Le vinaigre
a donc « pris la valeur de la perle ». Le même vinaigre pourrait être réalisé bien plus
économiquement en y incorporant la même masse de carbonate de calcium que la masse de
la perle de Cléopâtre.
13
Microméga TS Spécialité Chapitre 2 Eau et ressources ©Hatier 2012

MOT CLÉ Hydrates de gaz

Les hydrates de gaz sont des structures solides qui ressemblent à de la glace. En fondant,
elles donnent de l’eau (liquide) et libèrent le gaz emprisonné dans le réseau cristallin. Les
hydrates de gaz ne sont pas des composés chimiques dans la mesure où l’eau et le gaz
n’établissent pas de liaison covalente (pas de réaction chimique). Cependant, la
stœchiométrie maximale entre le nombre de molécules d’eau et de gaz est définie, ainsi que
la structure cristallographique. Une structure de 46 molécules d’eau définit six grandes
cavités et deux plus petites ou des molécules de méthane, de dichlore, de diazote, etc. ou
des atomes de gaz nobles peuvent s’y loger. Nous nous sommes limités aux hydrates de
méthane, puisque ce sont eux qui se trouvent piégés en quantités gigantesques au fond des
océans (thème de ce chapitre), mais une application des hydrates de gaz pour le stockage du
krypton ou du xénon radioactifs issus des réacteurs nucléaires ne serait pas déplacée avec ce
mot clé.

Du point de vue thermodynamique, les mélanges eau / méthane sont des mélanges binaires,
et c’est le point de vue modestement adopté dans l’activité. Leur diagramme montre que
l’hydrate de méthane n’existe que dans certains domaines de pression et de température.
L’extrait de diagramme, présent p. 29 du manuel de l’élève, délimite cette zone qui nécessite
une pression supérieure à 2 MPa (inaccessible pour une séance de TP). Pour une
température voisine de celle du fond de l’océan (quelques degrés Celsius), cette pression est
plutôt supérieure à 3 MPa, condition qui existe à partir de 300 m sous la surface de la mer.

L’origine du méthane dans l’océan est liée à la décomposition anaérobie des organismes
vivants. Ceux qui tombent en fin de vie s’accumulent dans les sédiments. Le méthane
produit étant dans des conditions de température et de pression requises pour former un
hydrate, il solidifie l’eau de son environnement au lieu d’être libéré sous forme gazeuse.
Depuis des millions d’années s’accumulent ainsi des réserves d’hydrate de méthane
estimées à 10
12
tonnes. Leur exploitation n’est pas à l’ordre du jour, mais la libération
accidentelle d’une telle masse de gaz, dont l’effet de serre est notablement plus efficace que
celui du dioxyde de carbone, serait une catastrophe écologique majeure. Sans faire de
catastrophisme, l’évoquer avec les élèves ne nous parait pas d’actualité à l’heure où tout
semble bon pour s’approprier l’énergie stockée dans la nature.

Activité 1 Hydrate de méthane et profondeur de l’océan

Objectif
Les élèves doivent arriver à comprendre comment fonctionne un diagramme pression
température où des domaines de phases sont délimités.
14
THÈME 1 L’EAU

Correspondance avec le programme
•Les changements d’état sont vus en 1
re
; les grandeurs température et pression, étudiées
dès la classe de 2
de
, sont souvent utiles à ce niveau.

Correction
a. La pression atmosphérique est 1,013.10
5
Pa, soit 0,10 MPa.
Cette pression est proche du 0 du schéma de la figure 2. Le mélange eau méthane, à la
surface de la Terre est donc dans l’état eau liquide + méthane gaz (zone I), ou eau solide
(glace) + méthane gaz (zone II).

b. La constitution des différentes zones est :
- zone I : eau liquide et méthane gaz ;
- zone II : eau solide et méthane gaz ;
- zone III : hydrate de méthane solide ;
- zone IV : deux solides, des cristaux d’hydrate de méthane et d’eau solide coexistent.
c. La flamme montre que le méthane est sous forme gazeuse (seul un gaz peut brûler) et que
l’eau qui s’étale sur la planche est liquide. La surface de ce bloc blanc d’hydrate de méthane,
dont le cœur est toujours dans la zone III, est donc dans la zone I (eau liquide + méthane
gaz). Une justification à partir du diagramme est de considérer les conditions de la surface :
température ambiante, pression atmosphérique, ce qui est la zone I du diagramme où l’eau
est liquide et le méthane gazeux.

d. À 6 MPa, le premier changement de phase apparaît à θ = 10 °C (apparition de l’hydrate de
méthane solide, en plus d’eau liquide toujours présente) et l’autre autour de θ’ = 0 °C,
apparition d’un second solide, la glace).

e. À 3 MPa (pression à la quelle la droite rouge rencontre la séparation entre les zone I et II),
un seul changement de phase intervient à θ = 0 °C ; il se forme en même temps deux solides,
l’hydrate de méthane et la glace.
f. À 2,1 MPa, l’eau gèle vers θ = 0 °C, indépendamment de la présence de méthane. Puis
l’hydrate de méthane se forme à son tour vers θ’ = –6 °C.

g. En dessous de 1,9 MPa, l’hydrate de méthane ne se forme jamais. En revanche, l’eau gèle
vers 0 °C comme nous avons l’habitude de le constater.

Commentaires
• L’hydrate de méthane ne peut pas se former dans un congélateur. Il est nécessaire que ce
gaz soit sous une pression suffisante, largement supérieure à la pression atmosphérique. Il
est donc illusoire de vouloir en montrer aux élèves.
15
Microméga TS Spécialité Chapitre 2 Eau et ressources ©Hatier 2012
• Pour les élèves, une telle activité, qui n’est en apparence pas difficile (en apparence
seulement), les oblige à donner à la fois du sens au diagramme P, T (ce qu’ils peuvent avoir
déjà fait en cours de géologie), et à s’imaginer –au niveau microscopique– comment la
matière est structurée dans les différentes zones. Ce dernier point est délicat. Il est l’objet de
la question b. Les zones I et II sont des situations usuelles ; il est important que l’élève
établisse cette relation. La zone III est aussi assez simple à expliquer ; il s’agit d’une structure
ou chaque molécule CH
4
est entourée par un réseau de molécules d'eau disposées en cage -
d'où le nom de clathrate, du latin clatatrus (= encapsulé), aussi donné à l'hydrate de
méthane (Fig. 1). Une telle structure est un corps pur, tout comme l’est le sulfate de cuivre
hydraté plus usuel CuSO
4
, 5 H
2
O (Fig. 2). Du point de vue microscopique, la constitution de la
zone IV est moins courante. Il s’agit, à l’état solide, de la coexistence de microcristaux
d’hydrate de méthane et de glace.

Fig. 1 Structure de l’hydrate de méthane.
Fig. 2 Structure du sulfate de cuivre hydraté.
http://scienceamusante.net/wiki/index.php?title=Image:Chalcanthite_MP.gif
h. En surface, la température de la mer est effectivement hétérogène suivant la latitude
puisqu’elle varie entre –1 °C (vers les pôles) et +25 °C (à l’équateur), alors qu’elle est
homogène entre 0 °C et 2 °C en dessous de 3 000 m pour toute latitude. Cela provient du fait
que l’eau de surface subit l’influence de la température de l’atmosphère, chaude sous les
tropiques (latitude 0°, abscisse du graphe) et froide, par exemple au nord de la Norvège. Ce
n’est pas le cas de l’eau de profondeur.
i. À 1 000 m sous l’eau, la pression est de 10.10
6
Pa, soit 10 MPa.
j. À cette pression de 10 MPa, le diagramme de phase montre que l’hydrate de méthane est
stable en dessous de 15°C, or le diagramme du champ de températures montre que la
16
THÈME 1 L’EAU
température, à cette profondeur, est inférieure à 13°C (température limite de formation de
l’hydrate de méthane). Si du méthane se forme à cette température (par exemple par
décomposition de matière organique), alors il se retrouve sous forme d’hydrate. Ce même
diagramme de phase indique que, dès 400 m (4 MPa), l’hydrate peut se former si la
température est inférieure à 8 °C, ce qui n’est pas le cas partout dans les océans. Le méthane
se formant principalement dans les sédiments, toutes les conditions sont réunies à partir de
500 m sur les flancs des plateaux continentaux et, bien évidemment, au fond des océans.
Commentaires
• Un volume unitaire d'hydrate (solide) peut libérer 160 volumes de méthane (gaz CNTP)
durant sa décomposition
1
. Rapportés à la quantité d’hydrate piégé dans les océans, ce sont
des réserves gigantesques de méthane qui ont été, au fil de l’évolution de la planète,
emprisonnées sous la mer. Leur utilisation en période de manque énergétique devrait
susciter des convoitises et une course à son exploitation. Celle-ci engendrerait deux risques.
Une libération non contrôlée des champs d’hydrate de méthane libérerait dans l’atmosphère
d’énormes quantités de pertes de méthane, or c’est un gaz dont l’effet de serre est 25 fois
plus intense que celui du dioxyde de carbone

2
.
De plus, comme hydrocarbure fossile, son
utilisation continuera de renforcer l’effet de serre au même titre que le pétrole et le charbon
actuellement utilisés.

• En pratique, les hydrates de gaz sont presque toujours rencontrés dans les 500 premiers
mètres sédimentaires sous le fond de la mer. Ils ont été mis en évidence lors de nombreux
forages du programme de forage scientifique international ODP (Ocean Drilling Program)
3
.
Les estimations indiquent que les réserves de méthane ainsi piégé sont plusieurs fois plus
importantes que les sources énergétiques représentées par le pétrole et le charbon réuni
4
.
Sa formation à partir de la matière organique, de même que les diagrammes de phase
utilisés dans l’activité, sont discutés dans différentes références
5
.
• Comme toute structure cristallographique
6
, celle des hydrates de méthane est complexe et
sa description détaillée ne relève pas d’un enseignement de T
le
S. Quelques idées peuvent
cependant permettre de répondre aux élèves les plus curieux. La plupart des gaz de petites
molécules (O
2
, H
2
, N
2
, CO
2
, CH
4
, H
2
S, Ar, Kr, et Xe) donnent des hydrates
7
. Dans le cas du
méthane, la structure est telle que, en moyenne, 5,75 molécules d’eau sont présentes par

1
http://wwz.ifremer.fr/grands_fonds/Les-enjeux/Les-applications/Ressources-energetiques/Les-hydrates-de-
gaz
2
http://en.wikipedia.org/wiki/Methane#Atmospheric_methane
3
http://wwz.ifremer.fr/grands_fonds/Les-enjeux/Les-applications/Ressources-energetiques/Les-hydrates-de-
gaz
4
http://www2.ggl.ulaval.ca/personnel/bourque/s3/hydrates.methane.htm
5
http://www.netl.doe.gov/technologies/oil-gas/FutureSupply/MethaneHydrates/about-
hydrates/conditions.htm
6
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hydrate_de_m%C3%A9thane#La_structure_des_hydrates_de_m.C3.A9thane
7
http://en.wikipedia.org/wiki/Clathrate_hydrate#Structure
17
Microméga TS Spécialité Chapitre 2 Eau et ressources ©Hatier 2012
molécule de méthane
8
. Chaque cage de l’hydrate (voir Fig. 1) est constituée de 14 molécules
d’eau par molécule de méthane (de nombreuses molécules d’eau appartiennent
simultanément à des cages mitoyennes). Ce nombre est à comparer aux 20 molécules d’eau
qui constituent la sphère de solvatation du méthane dissous dans l’eau (solubilité 22 mg par
litre d’eau à 25 °C).


8
http://en.wikipedia.org/wiki/Methane_clathrate#Structure_and_composition

1
Microméga TS Spécialité Chapitre 3 Eau et énergie © Hatier 2012


Eau et énergie

Ce chapitre s’intéresse à l’aspect énergétique de la réaction chimique de formation de l’eau.
Il se partage en deux mots clés : Piles à combustibles et Production de dihydrogène. Le thème
général étant l’eau, nous avons fait le choix d’étudier principalement la formation de
dihydrogène à partir de l’eau et le fonctionnement de la pile à combustible reposant sur la
réaction de formation de l’eau.

Piles à combustible
Étant donné que nous nous focalisons sur le fonctionnement de piles à combustibles
fonctionnant sur la réaction de synthèse de l’eau, l’étude permettra de comparer quelques
technologies de piles à combustible.
Le coût des piles à combustible de démonstration et la nature purement démonstrative de
ces dernières nous ont conduits à choisir de traiter ce mot clé dans une activité
documentaire. Ce sera l’occasion d’aborder un projet d’actualité : le choix des piles à
combustible dans le domaine de l’automobile.

Production de dihydrogène
Le thème de l’eau nous a amené à travailler autour de la production du dihydrogène à partir
de l’eau. Ceci nous a permis d’introduire une nouvelle notion : l’électrolyse. Bien que cette
notion ne soit pas explicitement au programme spécifique de sciences physiques, il nous a
paru intéressant de la traiter afin de pousser les élèves à réinvestir les connaissances qui
sont exigibles sur les piles dans un nouveau domaine.
Dans une seconde activité, nous proposons de comparer les deux grandes techniques de
production de dihydrogène afin de pouvoir comprendre au mieux les enjeux liés à cette
production et à son utilisation dans les piles à combustibles.

Chapitre
3

2
THÈME 1 L’EAU


MOTS CLÉS Piles à combustibles

Activité 1 La pile à hydrogène PEMFC

Les piles AFC et PEMFC sont deux piles à combustible fonctionnant au dihydrogène. Elles
sont utilisées par exemple pour les véhicules électriques. Le but de cette activité est de
comparer leur fonctionnement à partir de documents présentant des schémas au niveau
macroscopique et au niveau microscopique. Les élèves sont ainsi guidés pour mettre en
relation les différents constituants de ces piles avec une description électrochimique basée
sur les réactions qui se déroulent aux électrodes. La pile PEMFC est actuellement préconisée
dans le développement des véhicules électriques. La seconde partie de l’activité permet de
comparer les performances d’une telle motorisation aux moteurs thermiques classique.

Objectifs
• Comprendre le fonctionnement d’une pile à combustible.
• Comparer les avantages et les inconvénients de plusieurs technologies de piles à
combustible.
• Étudier une application concrète de ces piles.

Lien avec le programme
• Relier la polarité d’une pile aux réactions mises en jeu aux électrodes (1
re
S).
• Reconnaître l’oxydant et le réducteur d’un couple d’oxydoréduction (1
e
S).
• Effectuer une analyse critique de protocoles expérimentaux pour identifier les espèces
mises en jeu, leurs quantités et les paramètres expérimentaux.

Correction
1 Piles à hydrogène
a. On complète le schéma de la manière suivante :
O Arrivée de dihydrogène H
2

O Sens de circulation des électrons
O Conducteur ohmique
O Arrivée de dioxygène O
2

O Cathode
O Solution de potasse : électrolyte
O Anode
O Évacuation d’eau H
2
O
O Circulation des ions HO




3
Microméga TS Spécialité Chapitre 3 Eau et énergie © Hatier 2012
b. Les principales différences proviennent de l’électrolyte. Dans la pile AFC, l’électrolyte est
une solution de potasse ; il y a circulation d’ions hydroxyde. La production d’eau se fait alors
à l’anode.
Dans la pile PEMFC, l’électrolyte permet la circulation d’ions H
+
, et la production d’eau se fait
à la cathode.

c. Sur la figure 5 (PAC PEMFC), l’équation de réaction à l’anode est l’oxydation du
dihydrogène :
H
2
2 H
+
(aq)
+ 2 e



Sur la figure 4 (PAC AFC), il se produit également une oxydation du dihydrogène mais la
demi-équation électronique s’écrit :
H
2
+ 2 HO

2 H
2
O + 2 e



En conclusion, ces deux réactions correspondent à l’oxydation du dihydrogène mais la
première est réalisée en milieu acide tandis que la seconde s’effectue en milieu basique.

Commentaires
• La présence d’ions hydroxyde dans l’équation s’explique par l’utilisation de la solution de
potasse. Les ions hydrogène H
+
réagissent avec les ions hydroxyde HO

pour former une
molécule d’eau. C’est l’autoprotolyse :
H
+
(aq)
+ HO

H
2
O

• Nous utilisons la flèche simple pour décrire les réactions considérées dans un seul
sens dans la situation étudiée (ce qui est le cas des réactions aux électrodes).
Leur écriture avec une double flèche est réservée soit aux situations ou la réversibilité est
l’objet d’étude, soit pour l’écriture des demi-équations des couples oxydant/réducteur.
Ainsi, H
2
2 H
+
+ 2 e

est une écriture formelle pour la demi-équation d’un couple, les
électrons étant également formels. En revanche, l’écriture H
2
2 H
+
+ 2 e

indique que,
à l’électrode, il se passe réellement cette transformation. Les électrons sont produits par la
réaction et circulent alors dans l’électrode et les fils conducteurs.

d. • La pile AFC met en jeu les deux demi-équations électroniques :
H
2
+ 2 HO

2 H
2
O + 2 e


O
2
+ 2 H
2
O + 4 e

4 HO


La transformation chimique est donc :
2 H
2
+ O
2
2 H
2
O



4
THÈME 1 L’EAU

• La pile PEMFC met en jeu la réaction d’oxydation à l’anode :
H
2
2 H
+
(aq)
+ 2 e


À la cathode, une réaction de réduction du dioxygène produit de l’eau :
O
2
+ 4 H
+
(aq)
+ 4 e

2 H
2
O
La transformation chimique est donc :
2 H
2
+ O
2
2 H
2
O

• Les piles AFC et PEMFC fonctionnent bien en synthétisant de l’eau.

• La pile DMFC utilise comme combustible le méthanol et comme oxydant le dioxygène. Les
équations de réaction mises en jeu sont :
CH
3
OH + H
2
O HCOOH + 4 H
+
(aq)
+ 4 e


O
2
+ 4 H
+
(aq)
+ 4 e

2 H
2
O
CH
3
OH + O
2
HCOOH + H
2
O

• L’avantage écologique de ces piles à hydrogène est donc de rejeter seulement de l’eau, et
en particulier de ne pas rejeter de polluants.

e. Fonctionnement des deux piles à combustibles
AFC PEMFC
Réactions
aux électrodes
Anode :
H
2
+ 2 HO

2 H
2
O + 2 e



Cathode :
O
2
+ 2 H
2
O + 4 e

4 HO



Anode :
H
2
2 H
+
(aq)
+ 2 e



Cathode :
O
2
+ 4 H
+
(aq)
+ 4 e

2 H
2
O

Déplacement
des charges
On a un déplacement d’électrons
dans le circuit électrique de l’anode
vers la cathode.
Les ions assurent le passage du
courant dans l’électrolyte. Ce sont
les ions hydroxyde qui se déplacent
de la cathode vers l’anode.
On a un déplacement d’électrons
dans le circuit électrique de l’anode
vers la cathode.
Les ions assurent le passage du
courant dans l’électrolyte. Ce sont
les ions H
+
(aq)
qui se déplacent de
l’anode vers la cathode.
Polarité de la
pile
Le pôle (+) est associé à la cathode,
approvisionné en dioxygène.
Le pole (–) correspond à l’anode
approvisionnée en dihydrogène.
Le pôle (+) est associé à la cathode,
approvisionné en dioxygène.
Le pole (–) correspond à l’anode
approvisionnée en dihydrogène.


5
Microméga TS Spécialité Chapitre 3 Eau et énergie © Hatier 2012
2 Application aux véhicules

f. Pour le plein de carburant l’énergie disponible E est :
Alimentation PEMFC Thermique
Énergie
disponible
E = m × C
m

E = 3,0 × 142
E = 4,3.10
2
MJ
E = 4,3.10
8
J
E = m × C
m

E = 42,5 × 44,8
E = 1,90.10
3
MJ
E = 1,90.10
9
J

g. L’énergie mécanique réellement utilisée pour mettre en mouvement le véhicule doit tenir
compte du rendement µ du moteur et du taux de transformation.
Alimentation PEMFC Thermique
Énergie
utilisée par le
moteur E
m

E
m
= μ × E
E
m
=
50
100
× 4,3.10
8

E
m
= 2,1.10
8
J
E
m
= μ × E
E
m
=
30
100
× 1,90.10
9

E
m
= 5,70.10
8
J
Énergie
mécanique W
u

W
u
= τ × E
m

W
u
=
60
100
× 2,1.10
8

W
u
= 1,3.10
8
J
W
u
= τ × E
m

W
u
=
60
100
× 5,70.10
8

W
u
= 3,42.10
8
J

h. L’autonomie d’un véhicule correspond à la distance maximale que celui-ci peut parcourir à
une vitesse de croisière v = 110 km.h
–1
avec un réservoir initialement rempli :
d = v × t.
Le texte nous apprend que la puissance développée par le moteur à cette vitesse est
P = 12 kW, et nous avons précédemment calculé qu’un plein de combustible fournissait aux
roues une énergie mécanique totale W
u
. On peut alors calculer la durée maximale de
fonctionnement à ce régime :
u
W
d v
P

u
P W t d’où
u
P
t
W

L’autonomie se calcule donc par la relation :
u
P
d v t v
W


Pour faire le calcul, il faut convertir v = 110 km.h
–1
en m.s
–1
et la puissance P = 12 kW en W.
–1
100 1000
30,6 m.s .
3600
v
P = 12.10
3
W.


6
THÈME 1 L’EAU

Alimentation PEMFC Thermique
Autonomie
u
W
d v
P

8
3
1,3.10
30,6
12.10
d
d = 3,3.10
5
m
d ≈ 330 km
u
W
d v
P

8
3
3, 42.10
30,6
12.10
d
d = 8,72. 10
5
m
d ≈ 872 km

Ces données montrent que les véhicules fonctionnant avec les piles à combustibles ont
malheureusement une autonomie bien plus faible que les autres. C’est une des raisons pour
laquelle ces véhicules ne sont pas attractifs à l’heure actuelle.

Commentaire
Leur coût initial élevé, leur faible autonomie et le peu de stations de ravitaillement sont
autant d’inconvénients qu’il faudra réussir à surpasser pour pouvoir imposer l’utilisation de
véhicules à pile à combustible non polluant.


7
Microméga TS Spécialité Chapitre 3 Eau et énergie © Hatier 2012

MOT CLÉ Production de dihydrogène


Activité 1 Production de dihydrogène par électrolyse de l’eau

Il est possible de produire du dihydrogène par électrolyse au laboratoire pour stocker
l’énergie, comme c’est le cas dans certaines centrales récemment développées, notamment
dans celle de Prenzlau prise en exemple pour les applications numériques. Dans cette
activité, l’élève est guidé dans le but de réaliser et de comprendre une électrolyse à partir de
ses connaissances sur le fonctionnement des piles. Une étude énergétique permet ensuite
de comparer les puissances mises en jeu dans nos dispositifs de laboratoire et celles des
dispositifs industriels.

Objectifs
• Étudier un dispositif expérimental de production de dihydrogène.
• Réinvestir les connaissances sur les piles électrochimiques pour appréhender le fonction-
nement d’une électrolyse.
• Faire une étude énergétique de cette méthode de production.

Lien avec le programme
• Reconnaître l’oxydant et le réducteur d’un couple en utilisant les demi-équations redox
(1
re
S).
• Recueillir et exploiter des informations pour identifier des problématiques d’utilisation de
ressources énergétique et de stockage d’énergie (1
re
S).
• Déterminer l’ordre de grandeur de la masse de dioxyde de carbone produit.
• Connaître et utiliser la relation liant puissance et énergie (1
re
S).

Matériel et produits
• générateur de courant constant
• 2 multimètres
• électrolyseur
• 3 éprouvettes graduées
• eau distillée
• acide sulfurique 2 mol.L
–1


Observations et résultats des expériences
Lors de l’expérience, on a relevé un courant I = 0,91 A pour une tension U = 11 V. En
appliquant ce courant à l’électrolyseur pendant une durée Δt = 5 minutes, il a pu être
produit 40 mL de dihydrogène et 20 mL de dioxygène.


8
THÈME 1 L’EAU

Correction
a. Les couples mis en jeu sont H
+
(aq)
/H
2
et O
2
/H
2
O.
À la cathode, il y a réduction : 2 H
+
(aq)
+ 2 e

H
2

À l’anode, il y a oxydation : 2 H
2
O O
2
+ 4 H
+
(aq)
+ 4 e


b. L’électrode siège de l’oxydation est celle ou le réactif perd des électrons, donc il s’agit de
l’électrode reliée à la borne + du générateur. L’électrode siège de la réduction nécessite un
apport d’électrons. Elle est donc reliée à la borne – du générateur.
c. 2 H
2
O 2 H
2
+ O
2

d. On sait que l’énergie électrique se calcule par la relation W
1
= U × I × Δt, d’où :
W
1
= 11 × 0,91 × (5 × 60)
W
1
= 3,0.10
3
J
e. On relève le volume V de gaz recueilli dans l’éprouvette surmontant la cathode. D’après
les demi-équations électroniques de la question a., ce gaz est le dihydrogène. Pour connaître
la masse de gaz recueilli, on réalise le calcul :
m = n × M
m
V
m M
V

–3
0,040
2,0 3,3.10
24
m g.
f. La masse de dihydrogène recueillie est m = 3,3.10
–3
g = 3,3.10
–6
kg.
L’énergie potentiellement stockée dans l’éprouvette est donc :
W
2
= m × C
m

W
2
= 3,3.10
–6
× 141,8.10
6
g
W
2
= 4,7.10
2
J
g. On a donc un rendement énergétique :
2
e
1
W
R
W

2
e 3
4,7.10
3,0.10
R = 15 %.
h. Le stockage de 1 350 kg de dihydrogène représente une énergie W
2
’ de :
W
2
’ = m × C
m

W
2
’ = 1350 × 141,8.10
6

W
2
’ = 1,914.10
11
J
Avec un rendement R
e
identique à celui de l’électrolyse de laboratoire, il faudrait une
énergie :
W
1
’ = R
e
× W
2

W
1
’ = 0,20 × 1,914.10
11

W
1
’ = 3,8.10
10
J

9
Microméga TS Spécialité Chapitre 3 Eau et énergie © Hatier 2012

Pour un remplissage en 24 h, la puissance développer par l’usine de Prenzlau serait de :
1
’ W
P
t

10
3,8.10  
24 360
P
P = 4,4.10
6
W
P = 4,4.10
6
MW

Remarque
La centrale de Prenzlau possède trois éoliennes d’une puissance de 2 MW chacune. Celles-ci
seraient donc capables de fournir la puissance nécessaire. Cependant, l’électrolyseur a une
puissance maximale de 500 kW ; il va donc limiter la vitesse de production du dihydrogène.
Cet électrolyseur produit 120 Nm
3
.h
–1
, c'est-à-dire 120 m
3
.h
–1
dans les conditions normales
de température et de pression en supposant le dihydrogène comme un gaz parfait. Le
rendement énergétique d’un tel système, dont le calcul donne R = 84,3 % est beaucoup plus
intéressant que celui utilisé en TP.

10
THÈME 1 L’EAU

Activité 2 Méthode de production de dihydrogène

Cette activité permet de comparer la production de dihydrogène à partir du méthane, ce qui
est le cas à 98 % dans l’industrie, et à partir de l’électrolyse étudiée dans l’activité
expérimentale précédente. Un tel travail met en jeu une électrolyse que l’élève devra
réaliser et son étude théorique (équations aux électrodes et bilan électrochimique). Le but
est de permettre à l’élève de justifier que l’électrolyse de l’eau est la solution la plus adaptée
à l’environnement.

Objectifs
• Comparer les méthodes actuelles de production de dihydrogène.

Lien avec le programme
• Exploiter des informations sur la conversion d’énergie chimique (1
re
S).
• Argumenter sur l’impact environnemental des transformations mises en jeu (1
re
S).
• Extraire des informations pour comparer les avantages et inconvénients de procédés du
point de vue du respect de l’environnement (T
le
).

Correction
a. L’énergie nécessaire E à la production de 1 kg de dihydrogène dépend de la quantité de
matière première qui doit être transformée.
En effet, pour produire une masse m = 1,0 kg de dihydrogène soit une quantité de matière
de dihydrogène n
H
2
:
2
H
m
n
M

2
H
1000
=
2
n = 500 mol
Reformage du méthane Électrolyse
Une mole de méthane permet de
produire 4 moles de dihydrogène.
La quantité de matière de méthane qui
doit être transformée pour produire une
masse m = 1,0 kg de H
2
est :
4 2
CH H
1
4
n n
4
CH
1000 1 1
4 4 2
m
n
M

n
CH
4
= 125 mol

Une mole d’eau permet de produire une
mole de dihydrogène.
La quantité de matière d’eau qui doit
être transformée pour produire une
masse m = 1,0 kg de H
2
est :

n
H
2
O
= n
H
2

2
H O
1000
2
m
n
M


n
H
2
O
= 500 mol


11
Microméga TS Spécialité Chapitre 3 Eau et énergie © Hatier 2012
L’énergie thermique nécessaire est :
E
th
= n
CH
4
× Q
E
th
= 125 × 164
E
th
= 2,05.10
4
kJ
L’énergie électrique nécessaire est :
E
e
= n × Q
E
e
= 500 × 285
E
e
= 1,43.10
5
kJ

b. Pour calculer le prix de production, on dispose des coûts de l’électricité et du chauffage
par kilowattheure.
Un joule correspond à un watt-seconde donc :
1 kWh = 1 000 Wh = 3 600 Ws = 3,6.10
6
J.
Reformage du méthane Électrolyse
Énergie nécessaire en kWh :
Q (kWh) =
6
(J)
3,6.10
Q

Q (kWh) =
7
6
2,05.10
3,60.10

Q (kWh) = 5,69 kWh
Le coût correspondant est donc :
coût = Q(kWh) × prix chauffage
coût = 5,69 × 0,05
coût = 0,3 €

Énergie nécessaire en kWh :
E
e
(kWh) =
e
6
(J)
3,6.10
E

E
e
(kWh) =
8
6
1,43.10
3,60.10

E
e
(kWh) = 39,7 kWh
Le coût correspondant est donc :
coût = E
e
(kWh) × prix électricité
coût = 39,7 × 0,08
coût = 3 €


c. La production mondiale de dihydrogène utilise principalement le reformage du
méthane. Cette tendance s’explique simplement à partir des calculs précédents. En effet,
dans une logique industrielle, le coût de production plus faible du dihydrogène à partir du
méthane est un atout. Cependant, le gaz naturel est un combustible fossile qui, tout comme
le pétrole, est épuisable et a l’inconvénient de libérer dans l’atmosphère de grandes
quantités de dioxyde de carbone. Le tableau met cet aspect en évidence puisque, pour la
production de 1 tonne de dihydrogène, le reformage du méthane produit 9,3 tonnes de
dioxyde de carbone.
L’électrolyse, bien que coûteuse apporte l’avantage écologique de ne pas produire
directement de gaz à effet de serre, avantage non négligeable dans la période actuelle de
réchauffement climatique. Cependant, pour analyser plus finement l’impact
environnemental de cette production, il faudrait tenir compte du type d’énergie utilisée
pour produire l’électricité nécessaire. Il est donc essentiel de réaliser des avancées
technologiques dans le domaine des énergies renouvelables afin de pouvoir garder le
bénéfice du caractère non polluant de l’électrolyse de l’eau tout en diminuant le coût de
production de l’électricité.

12
THÈME 1 L’EAU

Dans l’avenir, le procédé électrolytique, couplé à des centrales d’énergies renouvelables, est
la voie la plus importante à développer car elle est la plus adaptée aux enjeux
environnementaux de notre temps pour la production de dihydrogène.

1
Microméga TS Spécialité Épreuve expérimentale Bac, thème 1 ©Hatier 2012

Épreuve expérimentale BAC


1 Composition d’un engrais

Liste du matériel
• Fiole jaugée 50 et 100 mL
• Pipettes jaugées de 1, 10 et 20 mL (respectivement pour la dilution de l’engrais, la solution
de sel de Mohr et l’engrais dilué)
• Erlenmeyer 250 mL
• Réfrigérant à air
• Éprouvette graduée 10 mL
• Gants et Lunettes, essentiels pour la manipulation d’acide sulfurique
• Plaque chauffante (ou autre système de chauffage de l’erlenmeyer)
• Burette graduée
• Agitation magnétique
• 2 béchers 25 mL

Liste des produits
• Engrais liquide
• Sel de Mohr à 0,200 mol.L
–1
• Permanganate de potassium à 0,020 0 mol.L
–1

• Acide sulfurique concentré
• Eau distillée

REALISER
a.
• La dilution demandée s’effectue en introduisant dans une fiole jaugée de 100 mL, 1 mL
d’engrais concentré prélevé à la pipette et en complétant avec de l’eau distillée.
• L’engrais dilué et la solution de sel de Mohr doivent être prélevés à la pipette.
Remarques
• L’éprouvette ayant servi à l’acide sulfurique doit être rincée à l’eau avec précaution après
usage.
• Le chauffage est indispensable car la réaction entre les ions nitrate et les ions fer(II) est
lente.

ANALYSER
b. L’équivalence du titrage des ions fer(II) est déterminée par colorimétrie.
La réaction support du titrage est l’oxydoréduction entre les ions permanganate ajoutés à la
burette et les ions fer(II) encore présents dans le milieu après le chauffage.
Fe
2+
Fe
3+
+ e


MnO
4

+ 8 H
+
+ 5 e

Mn
2+
+ 4 H
2
O
Donc l’équation support du titrage est :
5 Fe
2+
+ MnO
4

+ 8 H
+

5 Fe
3+
+ Mn
2+
+ 4 H
2
O
Thème 1
Eau et
environnement
2
THÈME 1 EAU ET ENVIRONNEMENT

Schéma du montage.

• Introduire la solution de permanganate de potassium de concentration
c’ = 2,00.10
–2
mol.L
–1
dans la burette graduée puis ajuster au zéro.
• Introduire un barreau aimanté dans l’erlenmeyer placé sur un agitateur magnétique.
• Ajuster la burette au-dessus de l’erlenmeyer.
• Verser la solution titrante jusqu’à obtenir une coloration rose persistante.


REALISER
c. Le volume équivalent est V
éq
= 10,0 mL.

VALIDER
d. Initialement, on a introduit V = 20,0 mL d’engrais dilué de concentration c
e
ainsi qu’une
quantité n
0
= c × V’ d’ions fer(II).
Une partie des ions fer(II) a réagi avec les ions nitrate selon l’équation :
3 Fe
2+
+ NO
3

+ 4 H
+

3 Fe
3+
+ NO + 2 H
2
O
Dressons le tableau d’avancement de cette réaction :

À la fin du chauffage à reflux, tous les ions nitrate sont consommés mais il reste dans le
milieu la quantité n
r
d’ions Fe
2+
.
L’expression de l'avancement maximal se déduit de c × V’ – 3x
max
= n
r
,
soit :
r
max
’ –
3
c V n
x .



3 Fe
2+
+ NO
3

+ 4 H
+
3 Fe
3+
+ NO + 2 H
2
O
E
i
x = 0 c × V’ c
e
× V excès 0 0 solvant
E
f
x = x
max
c × V’ – 3x
max
= n
r
c
e
× V – x
max
= 0 excès 3x
max
x
max
solvant
3
Microméga TS Spécialité Épreuve expérimentale Bac, thème 1 ©Hatier 2012
L’expression de la concentration de la solution diluée d’engrais est donc :
c
e
× V – x
max
= 0
r
e
’ –
0
3
c V n
c V
soit :
r
e
’ –
3
c V n
c
V

Pour déterminer la quantité n
r
d’ions fer(II) n’ayant pas réagi, nous avons réalisé le titrage
dont le tableau d’avancement est le suivant :

c’ × V
éq
– x
max
= 0,
donc x
max
= c’ × V
éq
.
La quantité d’ions fer(II) n
r
introduits en excès s’exprime donc ainsi :
n
r
– 5x
max
= 0
n
r
= 5x
max
n
r
= 5 × c’ × V
éq

La concentration de la solution diluée d’engrais est donc :
r
e
’ –
3
c V n
c
V

q
e
’ – 5 ’
3
é
c V c V
c
V

Étant donné que la solution commerciale d’engrais a été diluée 100 fois, la concentration
commerciale c
E
est :
c
E
= c
e
× 100
q
E
’ – 5 ’
100
3
é
c V c V
c
V

–3 –2 –3
E –3
0,200 10.10 – 5 2,00.10 10.10
100
3 20,0.10
c

c
E
= 1,7 mol.L
–1
.
L’étiquette de l’engrais commercial présente les informations suivantes :
1 L ; masse nette : 1 200 g ; 6 % d’azote total dont p = 2,0 % en masse (N) d’azote nitrique.
La masse de 10 mL d’engrais est donc m = 12 g.
La concentration théorique en élément azote dans un tel échantillon est :
–1
12 0,020
1,7mol.L .
(N) 14 0,010
m p
c
M V

Les indications du fournisseur correspondent bien à la mesure.



5 Fe
2+
+ MnO
4

+ 8 H
+
5 Fe
3+
+ Mn
2+
+ 4 H
2
O
E
i
x = 0 n
r
c’ × V
éq
excès 0 0 solvant
E
f
x = x
max
n
r
– 5x
max
= 0 c’ × V
éq
– x
max
= 0 excès 5x
max
x
max
solvant
4
THÈME 1 EAU ET ENVIRONNEMENT
2 Les eaux minérales

Liste du matériel
• Burette graduée et son support
• Un verre à pied
• Conductimètre, électrode et support
• Erlenmeyer 150 mL pour le titrage colorimétrique
• Bécher 200 mL pour le titrage conductimétrique
• Bécher pour le transfert des solutions
• Agitation magnétique
• Fiole jaugée 100 mL
• Papier millimétré ou tableur

Liste des produits
• Acide chlorhydrique à 0,10 mol.L
–1

• Sulfate de baryum à 0,15 mol.L
–1

• Vert de bromocrésol (indicateur)
• Eau de Contrex®
• Eau distillée

ANALYSER
a. L’eau de Contrex® est réputée pour sa teneur en ions calcium. D’après le document 2, le
contexte géologique de sa source est donc sédimentaire avec soit du gypse (hypothèse n°1),
soit de la calcite (hyptohèse n°2).

Pour valider l’hypothèse n°1, il faut vérifier la présence d’ions sulfate.
Pour cela, on réalise un titrage conductimétrique supporté par la réaction de précipitation
du sulfate de baryum selon l’équation :
Ba
2+
+ SO
4
2–
BaSO
4 (s)
.
Avant équivalence, les ions sulfate sont remplacés par le double d’ions chlorure (pente
faible). Après équivalence, les quantités d’ions chlorure et baryum augmentent (pente
forte). Un changement de pente permet donc de déterminer l’équivalence.

Pour valider l’hypothèse n°2, il faut vérifier la présence d’ions carbonate. Or, au pH de l’eau
de Contrex®, les ions carbonate se trouvent sous forme d’ions hydrogénocarbonate.
On réalisera alors le titrage colorimétrique supporté par la réaction acido-basique
d’équation :
HCO
3

+ H
3
O
+

CO
2
,H
2
O + H
2
O

Cette hypothèse semble peu probable étant donné que l’eau de Contrex® n’est pas
pétillante, mais ce n’est pas une preuve.



5
Microméga TS Spécialité Épreuve expérimentale Bac, thème 1 ©Hatier 2012
REALISER
b.
Hypothèse n°1
Pour que les segments constituant la courbe du titrage conductimétrique soient aussi
rectilignes que possible, un grand volume d’eau distillée est ajouté au prélèvement d’eau de
Contrex®. Avec une solution de chlorure de baryum de concentration c = 0,15 mol.L
–1
, la
courbe de titrage est donnée ci-dessous.


Cette courbe change de pente pour un volume équivalent : V
éq1
= 8,1 mL

Hypothèse n°2
Le titrage colorimétrique avec l’acide chlorhydrique de concentration c = 0,10 mol.L
–1
donne
un volume équivalent V
éq2
= 6,2 mL en présence de vert de bromocrésol quand celui-ci vire
du bleu au jaune

VALIDER
c.
Hypothèse n°1
Le volume équivalent est V
éq
= 8,2 mL, soit une concentration massique :
éq1 2– 2–
m 4 4
SO SO
c V
C M
V

2–
m 4
0,15×8,1
SO (32,1 4 16)
100
C
C
m
(SO
4
2–
) = 1,2 g.L
–1
.
6
THÈME 1 EAU ET ENVIRONNEMENT

Hypothèse n°2
Le volume équivalent est V
éq2
= 6,2 mL, soit une concentration massique :
éq2 – –
m 3 3
HCO ( HCO
c V
C M
V


m 3
0,10 6,2
HCO 1 12 3 16
100
C
C
m
(HCO
3

) = 0,38 g.L
–1
.
En conclusion, l’anion prédominant de l’eau de Contrex® est l’ion sulfate. Le contexte
géologique de la source est donc sédimentaire avec gypse.

COMMUNIQUER
d. Les indications portées sur l’étiquette sont :


Les concentrations que nous avons obtenues correspondent bien aux valeurs retenues sur
l’étiquette.
L’eau est qualifiée de sulfatée calcique, ce qui est en accord avec le contexte géologique que
nous avons déterminé.

Toutefois, il aurait été intéressant de préciser sur l’étiquette que cette eau n’est pas
« potable » au sens où la concentration en ions sulfate est supérieure à la limite de
potabilité. Boire 2 L de Contrex® chaque jour n’est donc pas sans conséquence pour la santé.


7
Microméga TS Spécialité Épreuve expérimentale Bac, thème 1 ©Hatier 2012
3 Potabilité de l’eau et titre alcalimétrique complet

Liste du matériel
• Burette graduée
• Bécher haut 100 mL
• pH-mètre et ses électrodes
• Plaque d’agitation magnétique
• Tableur ou papier millimétré
• Éprouvette graduée 50 mL
• 2 béchers 25 mL

Liste des produits
• Acide chlorhydrique à 0,02 mol. L
–1

• Eau d’Évian®
• Eau distillée

ANALYSER
a. Le titrage des ions hydrogénocarbonate peut-être réalisé avec la réaction acido-basique
de HCO
3

soit avec un acide soit avec une base comme réaction support de titrage. Cet ion
est en effet amphotère. Comme la liste des produits à disposition contient l’acide
chlorhydrique, la réaction support de titrage doit être :
HCO
3

+ H
+

CO
2
,H
2
O
H
3
O
+
H
2
O + H
+

Soit :
HCO
3

+ H
3
O
+

CO
2
,H
2
O + H
2
O

Ce titrage est réalisé avec un pH-mètre dont les données permettent de tracer le pH en
fonction du volume d’acide chlorhydrique versé et d’en déduire le volume équivalent.

Le protocole sera donc le suivant :
• Dans un bécher, introduire à l’aide d’une éprouvette graduée, V = 50 mL d’eau d’Évian®.
• Introduire dans la burette graduée la solution d’acide chlorhydrique de concentration
c = 0,020 0 mol.L
–1
.
• Ajuster le zéro de la burette.
• Ajuster le dispositif de titrage en superposant l’agitation magnétique, le bécher contenant
l’eau à titrer et la burette.
• Introduire la sonde pH-métrique dans le bécher après avoir vérifié son étalonnage.
• Réaliser des ajouts successifs en notant la valeur du pH ; resserrer les points à l’approche
de l’équivalence.
• Tracer la courbe pH = f(V
A
).
• Déterminer le volume équivalent par la méthode des tangentes.





8
THÈME 1 EAU ET ENVIRONNEMENT
REALISER
b.

Le volume équivalent obtenu est : V
éq
= 13,3 mL.

VALIDER
c. La concentration en ions hydrogénocarbonate est donc :
–3
éq – 3
3 –3
(H O ) 0,020 0 13,5.10
HCO
50.10
c V
n
V V

[HCO
3

] = 5,4.10
–3
mol. L
–1
.

Soit une concentration massique :
C
m
= [HCO
3

] × M(HCO
3

) = 5,4.10
–3
× (1 + 12 +3 × 16)
C
m
= 0,33 g. L
–1
.

Il reste à déterminer l’adéquation avec la valeur donnée sur l’étiquette :
C
m(théo)
= 357 mg. L
–1
.
En prenant : ΔV = 1 mL ; ΔC = 0,001 mol. L
–1
. et ΔV
éq
= 0,4 mL (soit une graduation sur le
graphique), le calcul de l’incertitude donne ΔC
m
= 0,03 g.L
–1
.
La valeur théorique est donc dans l’intervalle de confiance de celle mesurée.

COMMUNIQUER
d. Le graphique montre que le vert de bromocrésol a sa zone de virage dans le saut de pH.
Cet indicateur convient donc.
Cette méthode colorimétrique moins coûteuse est plus rapide à mettre en place et donne
une information suffisante pour déterminer la concentration en ions bicarbonate.

9
Microméga TS Spécialité Épreuve expérimentale Bac, thème 1 ©Hatier 2012
4 Dosage des ions chlorure dans une eau

Liste du matériel
• Burette graduée
• Bécher de 250 mL
• Conductimètre, ses électrodes et son support
• Agitateur magnétique
• Tableur ou papier millimétré
• Éprouvette graduée 100 mL

Liste des produits
• Solution de chlorure de sodium c
1
= 0,015 mol. L
–1

• Solution de nitrate d’argent c
2
= 0,10 mol. L
–1

• Eau distillée

ANALYSER
a. Le titrage réalisé est suivi par conductimétrie. Sa réaction support est la précipitation
d’équation :
Ag
+
(aq)
+ Cl

(aq)
AgCl
(s)

Le réactif titrant est le nitrate d’argent Ag
+
+ NO
3

.

Protocole
• Dans un bécher, introduire V = 100 mL de la solution de chlorure de sodium de
concentration c
1
= 1,5.10
–2
mol. L
–1
à l’aide d’une éprouvette graduée, puis ajouter un
barreau aimanté. Diluer éventuellement avec de l’eau distillée. (Note : plus la solution est
diluée, plus les points expérimentaux avant et après l’équivalence s’alignent)
• Introduire dans la burette graduée la solution de nitrate d’argent de concentration
c
2
= 0,10

mol.L
–1
et ajuster le zéro.
• Ajuster la burette au-dessus du bécher de solution à titrer et introduire l’électrode du
conductimètre.
• Relever la valeur de la conductivité et compléter le tableau ci-dessous.

• Ajouter en agitant la solution, un premier volume de solution titrante. Stopper l’agitation
et relever la valeur de la conductimétrie quand elle se stabilise. Recommencer et compléter
le tableau.
• Représenter graphiquement l’évolution de la concentration en fonction du volume de
solution titrante ajouté.





Volume de solution
titrante (mL)
0 2,5 5 7,5 … 25
Conductivité (S.m
–1
)



10
THÈME 1 EAU ET ENVIRONNEMENT
Évolution théorique de la conductivité

Avant l’équivalence
Les ions NO
3

ajoutés ne réagissent pas mais ils contribuent à augmenter la conductivité.
Les ions argent Ag
+
introduits précipitent avec les ions chlorure Cl

sous forme de chlorure
d’argent.
Pour l’introduction d’une mole de nitrate d’argent, il y aura donc apparition dans le milieu
d’une mole d’ions nitrate et disparition d’une mole d’ions chlorure. Or, le texte précise que
les ions nitrate conduisent légèrement moins que les ions chlorure. Une faible diminution de
la conductivité est donc attendue.

Après équivalence
L’ajout d’ions nitrate NO
3

et d’ions argent Ag
+
, qui ne réagissent plus puisqu’il n’y a plus
d’ions chlorure dans le milieu, contribuent à augmenter la conductivité de la solution.

L’expérience montre que les points s’alignent avant puis après l’équivalence. Le
raisonnement précédent indique que celle-ci a lieu au point de changement de pente.



REALISER
b.






11
Microméga TS Spécialité Épreuve expérimentale Bac, thème 1 ©Hatier 2012
VALIDER

c. Posons c
1
’ la concentration en chlorure de sodium obtenue par titrage. Le but de
l’expérience est de la comparer à la concentration c
1
indiquée sur le flacon.

Réaction
support de
dosage
Ag
+
(aq)
+ Cl

(aq)
AgCl
(s)

État initial x = 0 c
2
× V
éq
c
1
’ × V 0
État intermédiaire x c
2
× V
éq
– x c
1
’ × V – x x
à l’équivalence x = x
éq
c
2
× V
éq
– x
éq
= 0 c
1
’ × V – x
éq
= 0 x
éq

À l’équivalence, la quantité de matière des deux réactifs est nulle.

c
1
’ × V – x
éq
= 0
c
1
’ × V = x
éq
c
1
’ × V = c
2
× V
éq

2 éq
1

c V
c
V

–1
1
1,0.10 15,5

100
c
c
1
’ = 1,6.10
–2
mol.L
–1

L’incertitude sur cette mesure est donnée par la relation :
eq
1 2
1 2 eq

.

V
c c V
c c V V

L’incertitude sur la lecture du volume équivalent est déduite du graphique :
ΔV
éq
= 0,5 mL.
Ce qui donne :
eq
2
1 1
2 eq
’ ’
V
c V
c c
c V V


Δc
1
’ = 2.10
–3
mol.L
–1
.

La concentration en chlorure de sodium et son incertitude sont donc :
c
1
’ = (1,6 ± 0,2).10
–2
mol.L
–1


Or la concentration est c
1
= 1,5.10
–2
mol.L
–1
; cette valeur est bien dans l’intervalle de
confiance de la valeur obtenue par titrage.

1
Microméga TS Spécialité Exercices de Bac, thème 1 ©Hatier 2012
Exercice 1 Concrétions

Principe global de l’analyse
Il s’agit de vérifier que la concrétion n’est composée que de carbonate de calcium.
Pour vérifier cette hypothèse, il faut faire réagir une masse précisément pesée m
0
de
carbonate de calcium (l’énoncé dit autour de 1 g) dans les conditions du document 1. Il faut
transformer cette masse en dioxyde de carbone, en faire la volumétrie, et en déduire la
quantité de matière de CO
2
. Si cette quantité de matière est inférieure à celle attendue,
alors l’hypothèse sera réfutée.

Destruction du carbonate de calcium par l’acide chlorhydrique
En présence d’acide chlorhydrique en excès, le diagramme de prédominance indique que
CaCO
3
aura totalement disparu. Pour parvenir à récupérer tout le dioxyde de carbone en
phase gazeuse, il faut que la réaction chimique dont l’équation est :
CO
3
2–
+ 2 H
+
CO
2(aq)
+ H
2
O
soit totale.
Le dioxyde de carbone n’étant pas très soluble (document 3), il partira en phase gazeuse, ce
qui est le but recherché.

Calcul du volume d’acide chlorhydrique nécessaire
Il faut d’abord connaître la quantité d’acide à introduire avec 1 g de concrétion.
La quantité de matière de carbonate dans la concrétion supposée uniquement constituée de
carbonate de calcium est n =
1,00
100,1
m
M
= 1,00.10
–2
mol.
Étant donné la stœchiométrie de l’équation, il faut 2,00.10
–2
mol d’ions H
+
(aq)
.
On peut maintenant calculer le volume d’acide V qui contient cette quantité de matière. On
ne connaît pas sa concentration mais on connaît son pH et on sait que :
c = [H
+
(aq)
] = 10
–pH
= 10
–1,14
= 0,072 mol.L
–1
.
Le volume d’acide est donc V =
–2
2,00.10
0,072
n
c
= 0,28 L.
Relation entre la masse de carbonate de calcium dans l’échantillon et le volume récupéré
Si l’échantillon contient 1 g de carbonate de calcium (soit 1,00.10
–2
mol), sa destruction va
produire autant de dioxyde de carbone, soit un volume V = 24.10
–2
L = 240 mL.
Il faut donc une grosse éprouvette pour contenir tout ce gaz.

Conclusion
L’expérience est faisable. Pour 1 g de concrétion, il faut prévoir plus de 280 mL d’acide
chlorhydrique et, pour effectuer une volumétrie, équiper la cuve à eau d’une éprouvette
d’au moins 240 mL.

2
THÈME 1 EAU ET ENVIRONNEMENT

Exercice 2 Comparaison de deux méthodes de titrage de
l’ozone
Erratum
Fig2 p. 41
Sur le graphique, lire 10
–10
au lieu de 10
–8
.


3
Microméga TS Spécialité Exercices de Bac, thème 1 ©Hatier 2012

Exercice 3 Production de dihydrogène au laboratoire

Erratum
Modifier le schéma de la fig. 1. p. 43
L’échelle devra être graduée de 100 en 100 au lieu de 0,1 en 0,1 pour les ordonnées
L’axe des ordonnées est appelé : p – p
i
(en hPa)
Le titre de la figure 1 : Variations de la pression en fonction du temps pour trois
concentrations en acide.

Ajouter une phrase à l’énoncé :
Cette réaction est totale. Après avoir déterminé la quantité maximale de dihydrogène qu’il
est possible d’obtenir, tracer le graphe donnant la …

Il est question de tracer le graphe de la quantité de matière de dihydrogène produit en
fonction du temps puis de décrire un protocole pour réaliser l’expérience.

• Tracé du graphe
Pour tracer le graphe donnant la quantité de matière de H
2
produit en fonction du temps, il
faut convertir les données expérimentales qui sont exprimées sous forme de pression en
quantité de matière à l’aide de la loi du gaz parfait fournie dans le document 1.
La réaction chimique étant totale, la quantité maximale de dihydrogène se calcule en
utilisant un tableau d’avancement :
Zn Zn
2+
+ 2 e


2 H
3
O
+
+ 2 e

H
2
+ 2 H
2
O
Zn + 2 H
3
O
+
Zn
2+
+ H
2
+ 2 H
2
O

Zn + 2 H
3
O
+
Zn
2+
+ H
2
+ 2 H
2
O
x = 0
0,054 5
65,4
m
n
M


n = 8,33.10
–4
mol
n = c × V = 0,075 × 0,40


3,0.10
–2
mol
0 0 s
x 8,33.10
–4
– x 3,0.10
–2
– 2x

s
x
max
0 8,33.10
–4
8,33.10
–4
s

• Cas 1 : Le zinc est en défaut : x
max
= 8,33.10
–4
mol.
• Cas 2 : L’acide est en défaut :
–2
–2
max
3,0.10  
1,5.10 mol.
2
x
Le réactif limitant est donc le zinc.
La quantité de matière maximale recueillie à 20 °C est : n(H
2
)
max
= 8,33.10
–4
mol.

4
THÈME 1 EAU ET ENVIRONNEMENT
On souhaite tracer l’évolution de la quantité de matière de dihydrogène produit en fonction
du temps. La pression qu’engendre la production de dihydrogène gazeux est Δp = p – p
i
.
D’après la loi du gaz parfait, on obtient alors :
Δp × V = n(H
2
) × R × T,
d’où
2
H
p V
n
R T
.
Dans cette première expérience, on ne connaît pas la température. Cependant, on sait qu’à
l’état final :
max
2
max
H
p V
n
R T
.
On en déduit que
max
2
max
H
p V
R T
n
.
On remplace alors dans l’expression de n(H
2
) :
2 2
max
max
H H
p
n n
p


Dans un tableau, on calcule les Δp :
t (en min) Δp (en hPa)
0 0
1 14
5 66
9 115
11 138
15 183
20 234
25 281
30 325
35 365
45 436
60 522
70 569
80 608
90 642
110 694
140 746
160 762
190 791
240 811
300 820
400 825
500 826
600 826



5
Microméga TS Spécialité Exercices de Bac, thème 1 ©Hatier 2012
On peut ainsi tracer le graphe demandé :






• Écriture du protocole de la production de dihydrogène

Le protocole de la production de dihydrogène doit prendre en compte les différentes
données fournies dans les documents, avec la contrainte imposée par l’énoncé, c’est-à-dire
que la production de ce gaz doit être la plus rapide possible. Des données cinétiques doivent
donc être utilisées.

Pour obtenir les conditions nécessaires pour obtenir le plus rapidement possible un volume
V = 20 mL de dihydrogène gazeux, il faut étudier l’ensemble des documents.

Le document 1 montre qu’il est possible de contrôler facilement le volume de dihydrogène
produit en pesant précisément la masse de zinc à introduire dans l’erlenmeyer.

Le volume de dihydrogène produit se contrôle en pesant la masse de zinc introduite dans
l’erlenmeyer. La relation entre ce volume et cette masse se déduit des informations
contenues dans le document 1.


6
THÈME 1 EAU ET ENVIRONNEMENT
Pour ce cas, la masse de zinc correspondante est :
–2
m
0,020
65,4 5,45.10  g.
24
V
m n M M
V

Le document 2 indique que plus la concentration de l’acide est grande, plus la vitesse de
réaction est élevée. Aussi faut-il choisir la concentration la plus élevée d’acide chlorhydrique
et veiller à ce qu’il soit introduit en excès.

Le document 3 indique que la poudre de zinc réagit plus rapidement qu’une lame de zinc.
Cela provient du fait que la surface d’interaction entre le zinc et l’acide est plus grande avec
la poudre qu’avec la lame. D’autre part, la présence de carbonate de zinc à la surface de ce
métal empêche la transformation chimique de s’effectuer.

En conclusion, il sera introduit une masse m = 54,5 mg de zinc en poudre dans un excès
d’acide chlorhydrique concentré.

Pour améliorer encore le dispositif, il faudrait étudier l’évolution du volume de gaz dégagé à
différentes températures afin d’en conclure comment utiliser ce facteur cinétique pour
accélérer encore la transformation.


7
Microméga TS Spécialité Exercices de Bac, thème 1 ©Hatier 2012
Exercice 4 Traçage hydrogéologique :
iode et iodure sous les feux des investigations analytiques

Afin de pouvoir évaluer la concentration molaire en ions iodure présent dans un échantillon
d’eau, il faut oxyder la totalité de ces ions incolores en diiode qui est une espèce chimique
colorée. Dans une seconde étape, la quantité de diiode est déterminée par
spectrophotométrie.
Nous allons d’abord établir la courbe d’étalonnage permettant de déterminer *I
2
], puis la
réaction de production de I
2
sera étudiée. Enfin, la limite de détection sera étudiée pour
montrer que le protocole permet effectivement de conduire l’expérience jusqu’à un résultat
utilisable.

• Étape n°1 : étalonnage préliminaire du spectrophotomètre
Le document 4 indique que le spectrophotomètre doit être réglé pour une longueur d’onde
λ = 350 nm, qui correspond au maximum d’absorption du spectre d’absorption du diiode.
Le tableau du document 4 permet de tracer la courbe d’étalonnage de l’absorbance en
fonction de la concentration en diiode :



Cette courbe d’étalonnage montre la proportionnalité entre la concentration en diiode de
l’échantillon et l’absorbance :
A = 326 099 × [I
2
]
A = 3,26.10
5
× [I
2
] avec [I
2
] exprimé en mol.L
–1
.




Concentration [I
2
] en mol/L

8
THÈME 1 EAU ET ENVIRONNEMENT
• Étape 2 : étude de la transformation chimique
La réaction chimique permettant la transformation des ions iodure en diiode est la suivante :
2 I

I
2
+ 2 e


H
2
O
2
+ 2 H
+
+ 2 e

2 H
2
O
La transformation chimique est donc :
2 I

+ H
2
O
2
+ 2 H
+
I
2
+ 2 H
2
O

Cette équation montre que si H
2
O
2
et H
+
sont en excès, les quantités de matière de I


initialement introduit et de I
2
finalement formé sont reliés par la relation
n
I
-
= 2 × n
I
2

[I

] = 2 × [I
2
]
En utilisant la relation déduite de la courbe d’étalonnage ci-dessus :

5
[I ]   2
3,26 10
A

soit [I

] = 6,13 × 10
–6
.


Écriture du protocole
• Dans un échantillon d’eau contenant de faibles quantités d’ions iodure, introduire
2 gouttes d’acide concentré et 2 gouttes d’eau oxygénée concentrée de façon à être en
excès de ces réactifs sans modifier le volume total et négliger ainsi la dilution que les ajouts
entraînent.
• Régler le spectrophotomètre sur la longueur d’onde λ = 350 nm.
• Faire le blanc avec un mélange d’eau additionné de 2 gouttes d’acide concentré et de
2 gouttes d’eau oxygénée concentrée.
• Introduire un peu de mélange réactionnel dans la cuve de spectrophotométrie et relever
l’absorbance quand elle a cessé d’augmenté (état final) (t → + ). La concentration en ion
iodure est alors déterminée par la courbe d’étalonnage ci-dessus :
[I

] = 6,13 × 10
–6
× A(t → + )

Limite et précision de la méthode
Précision
Le spectrophotomètre indique une absorbance avec une erreur absolue ΔA = 0,001.
Cela entraîne une incertitude relative sur la mesure de la concentration de

[I ]
  
[I ]
A
A
.

– –6
[I ]
[I ]   6,13 10 A A
A
(avec [I

] exprimé en mol.L
–1
)
Δ [I

] = 0,001 × 6,13 × 10
–6
= 6.10
–9
mol.L
–1
.


9
Microméga TS Spécialité Exercices de Bac, thème 1 ©Hatier 2012
Limite de détection
L’absorbance limite détectable est : A
lim
= 0,005.
Or cette absorbance correspond à une concentration molaire en diiode :
[I

] = 6,13.10
–6
× A
lim
[I

] = 6,13.10
–6
× 0,005
[I

] = (31 ± 6).10
–9
mol.L
–1


Soit une concentration massique :
C
m
I
-

=
[I

] × M
I
-

C
m
I
-

=
31.10
–9
× 126,9
C
m
I
-

=
(3,9 ± 0,8).10
–6
g.L
–1
.

Cette valeur limite est suffisante pour valider cette méthode pour l’objectif fixé puisque,
d’après le doc. 2, le seuil acceptable est 0,5 mg.L
–1
. Cependant, cette limite est bien plus
grande que celle donnée par la méthode au spectre de masse (1 ng.L
–1
).


10
THÈME 1 EAU ET ENVIRONNEMENT

Exercice 5 Pollution au plomb dans l’eau de distribution

Erratum
Sur le graphique du doc. 3 il faut intervertir les deux courbes :
S
F
correspond à la courbe verte et S
C
à la courbe bleue.


11
Microméga TS Spécialité Exercices de Bac, thème 1 ©Hatier 2012
Exercice 6 L’océan, source de matière organique

La dernière équation du document 2 montre que le squalène est transformé en lanostérol.
La question qui se pose est d’abord de décrire les différences stéréochimiques entre ces
molécules, puis les différences entre leurs spectres RMN et IR.

Différences stéréochimiques
• Le squalène possède six doubles liaisons dont quatre sont susceptibles d’avoir chacune la
stéréochimie Z ou E. De plus, cette molécule ne possède pas d’atome de carbone
asymétrique. Il existe donc au plus 2
4
diastéréoisomères du squalène avec les configurations
ZZZZ, ZZZE, ZZEZ, ZZEE, ZEZZ, ZEZE, ZEEZ, ZEEE, EZZZ, EZZE, EZEZ, EZEE, EEZZ, EEZE, EEEZ et
EEEE. À cause de la symétrie de cette molécule, certaines stéréochimies sont identiques :
ZZZE et EZZZ ; ZZEZ et ZEZZ ; ZZEE et EEZZ ; ZEZE et EZEZ ; ZEEE et EEEZ ; EZEE et EEZE. Il n’y a
donc que 10 diastéréoisomères différents.
• Le lanostérol possède 7 atomes de carbone asymétriques et deux doubles liaisons, mais
aucune d’elle ne peut avoir le choix de l’autre stéréochimie. Il existe donc
2
7
= 128 stéréoisomères dont 64 paires d’énantiomères, les autres couples étant
diastéréoisomères.

Différences entre spectres RMN et IR
• Les spectres IR de ces deux composés présentent des points communs (puisqu’ils ont tout
deux des liaisons C=C, = 1 650 cm
–1
) et des différences, car le lanostérol possède une
liaison OH que n’a pas le squalène ( = 3 400 cm
–1
, suivant la concentration).
• Les spectres RMN de ces deux composés diffèrent car celui du squalène possède 4 pics
(singulet) correspondant aux groupements méthyle (vers 2 ppm) en plus de nombreux
autres pics correspondant aux atomes d’hydrogène de la chaîne. En revanche, le lanostérol
possède 8 pics méthyle, 7 sont singulets et 1 est doublet (sur la chaîne en du cycle à 5). De
plus, deux groupements méthyle résonnent vers 2 ppm (méthyles allyliques), les autres
résonnent entre 0,9 et 1 ppm. Une autre différence est pour l’hydrogène en du OH (triplet,
vers 4 ppm) présent uniquement sur le spectre du lanostérol.



12
THÈME 1 EAU ET ENVIRONNEMENT
Exercice 7 Pile à combustible

1. Pour montrer comment le courant circule dans le moteur (M) du document 2, il faut
expliquer comment la pile à combustible produit des électrons.

• Sur la figure du document 2, du dihydrogène entre par la gauche de la pile. Il est le réactif
d’une réaction à l’électrode (c’est l’anode puisqu’il s’y produit une oxydation) dont
l’équation est :
H
2
2 H
+
+ 2 e

.
Cela produit des électrons qui partent dans le moteur.
• L’explication est insuffisante. Il faut aussi montrer que ces électrons peuvent circuler, c’est-
à-dire qu’ils sont consommés par l’autre électrode de la pile.
• L’électrode de droite est alimentée en air dont le dioxygène est consommé puisqu’il ne
ressort que du diazote et de l’eau. Ce dioxygène intervient dans la réaction à l’électrode
(c’est la cathode puisqu’il s’y produit une réduction) d’équation :
O
2
+ 4 H
+
+ 4 e

2 H
2
O.
C’est bien une consommation d’électrons.
• Pour pousser le raisonnement complètement, il faut monter aussi que les charges en
solution peuvent circuler. En effet, des cations sont produits à l’anode (perte de
l’électroneutralité dans ce compartiment) et des cations sont consommés à la cathode
(perte d’électroneutralité également). Le rôle de l’électrolyte central est d’assurer le
transport de cations de la gauche vers la droite (et d’anions de la droite vers la gauche) pour
assurer la conservation de l’électroneutralité dans les deux compartiments de la pile.

2. Pour mettre en évidence ces réactions aux électrodes, il faudrait vérifier que le pH
diminue à l’anode et augmente à la cathode. Cela est possible qualitativement puisque dans
les produits disponibles (DOC.1) se trouve un indicateur coloré acide-base.
Cette mise en évidence peut être rendue quantitative à l’aide d’un titrage. Le titrage de
l’acide phosphorique est en effet donné dans le document 3. Trois titrages peuvent être
réalisés :
- autour de l’anode,
- de l’électrolyte au cœur de la pile,
- autour de la cathode.
Le titrage de l’électrolyte sert de référence. Celui autour de l’anode montre une plus grande
quantité d’ions H
+
(volume équivalent plus grand). Celui autour de la cathode montre une
plus faible quantité d’ion H
+
(volume équivalent). Dans les deux cas, le volume équivalent
concerné est celui de la première équivalence.


1
Microméga TS Spécialité Chapitre 4 Instruments de musique ©Hatier 2012


Instruments de musique



MOT CLÉ Instruments à corde

L’esprit de cette partie est de comprendre comment les instruments à cordes fonctionnent.
Ce mot clé est présenté en trois activités.
• La première aborde de manière sensorielle et qualitative le principe de production d’un
son par un instrument à cordes simulé par un élastique autour d’un pot de yaourt. Elle est
une introduction et une aide pour l’analyse des activités suivantes.
• La seconde activité est le cœur de ce mot clé. Elle est basée sur l’observation et sur la
mesure pour comprendre comment une corde vibre entre deux points fixes, quels sont ses
modes propres de vibrations et quels sont les liens entre ses oscillations libres et ses
oscillations forcées. À la fin de cette activité est proposée une étude quantitative pour
trouver la relation entre la fréquence de la note émise et la tension de la corde, relation utile
pour résoudre la troisième activité.
•La dernière activité, qui peut être traitée comme exercice en classe ou à la maison, est
présentée sous forme de résolution d’un problème scientifique « Comment accorder un
violon ? » pour permettre aux élèves d’effectuer une synthèse de leurs connaissances
abordées dans les activités précédentes pour répondre à une problématique.

Activité 1 L’élastique musical

Objectifs
Cette activité expérimentale s’appuie sur la construction d’un instrument très simple pour
mettre en évidence le principe de production d’un son musical (vibrer et émettre) et
l’influence de différents paramètres sur le son émis comme la longueur de la partie vibrante
de l’élastique, la tension de l’élastique et la nature de la cavité résonante.

Correspondance avec le programme
• Pratiquer une démarche expérimentale.

Matériel
• un pot de yaourt vide
• un élastique
• un crayon
• un verre d’eau

Chapitre
4

2
THÈME 2 SON ET MUSIQUE

Correction
1 Construction de l’instrument
a. Une fois lâché, l’élastique vibre.
b. Le son est plus audible lorsque l’élastique est tendu sur le récipient, car ce dernier se
comporte comme une caisse de résonance qui amplifie le son.
c. L’élastique joue le rôle d’excitateur ; il est à l’origine des vibrations. Le récipient joue le
rôle de résonateur ; il permet l’émission du son dans le milieu environnant.
d. Les deux fonctions essentielles que doit remplir un instrument de musique pour produire
un son sont vibrer et émettre.
e. Les cordes du violon et du piano jouent le rôle d’excitateur. La table d’harmonie du violon
et celle du piano servent de résonateur.

2 Paramètres influençant le son
f. Influences de différents paramètres
• Influence de la longueur de la partie vibrante de l’élastique
Plus la longueur de l’élastique diminue, plus l’élastique vibre vite et plus le son émis est aigu.
• Influence de la tension de l’élastique
Plus la tension de l’élastique augmente, plus l’élastique vibre rapidement et plus le son émis
est aigu.
• Influence du volume de la cavité résonante
On constate que le son émis change en fonction du volume d’air dans le pot. Plus le pot est
rempli d’eau, plus la surface du pot vibrant à l’air libre est petite et plus le son est sourd,
étouffé.
En conclusion, la longueur de la partie vibrante, la tension de l’élastique et la nature de la
cavité résonante ont une influence sur le son émis par l’instrument.

Commentaires techniques
Choisir un élastique dont la taille est légèrement plus petite que le tour du pot.
Avec le dispositif mis en œuvre, la difficulté est de faire varier un seul paramètre à la fois.
• Pour modifier la longueur de la partie vibrante de l’élastique, on peut utiliser un crayon
que l’on place sur l’ouverture du pot en dessous de l’élastique. On fait vibrer ainsi une partie
de l’élastique tendue entre le crayon et un bord du pot. On peut changer la longueur de la
partie vibrante en déplaçant le crayon au-dessus de l’ouverture. Pour ne pas modifier la
tension de l’élastique, il est préférable de déplacer le crayon en le faisant rouler plutôt qu’en
le faisant glisser sous l’élastique.
• Il paraît délicat de changer d’élastique pour faire varier la tension sans changer sa masse
linéique. Pour modifier la tension de l’élastique, il suffit de tirer légèrement sur la partie de
l’élastique qui se trouve au-dessus de l’ouverture.
• Pour modifier le volume de la cavité résonante, on peut ajouter dans le pot de yaourt
différents volumes d’eau.


3
Microméga TS Spécialité Chapitre 4 Instruments de musique ©Hatier 2012

Activité 2 Oscillations d’une corde tendue

Objectifs
Cette activité permet d’étudier les différents modes de vibration d’une corde tendue excitée
périodiquement, pour ensuite expliquer les oscillations libres d’une corde lorsqu’elle est
pincée ou frappée.
Une dernière partie précise l’influence de la tension de la corde sur sa vibration.

Correspondance avec le programme
• Définir, pour une onde sinusoïdale, la période, la fréquence et la longueur d’onde.
• Connaître et exploiter la relation entre la période ou la fréquence, la longueur d’onde et la
célérité.
• Pratiquer une démarche expérimentale pour déterminer la période, la fréquence, la
longueur d’onde et la célérité d’une onde progressive sinusoïdale.
• Réaliser l’analyse spectrale d’un son musical et l’exploiter pour en caractériser la hauteur
et le timbre.

Matériel
• un fil métallique
• deux potences
• deux noix de serrage
• une poulie
• une boîte de masses marquées
• un aimant en U
• un générateur basse fréquence
• deux pinces crocodile
• un système d’acquisition informatisé
• un logiciel d’analyse spectrale



Correction

1 Oscillations forcées d’une corde tendue
Rang du mode
de vibration
Allure de la corde Nombre de
fuseaux
Nombre de
nœuds
Fréquences
f
n

1 1 2 f
1

2 2 3 f
2

3 3 4 f
3

4 4 5 f
4

5 5 6 f
5


4
THÈME 2 SON ET MUSIQUE

a. Dans le mode de vibration de rang 4, l’allure de la corde présente 4 fuseaux.
À un instant t, la corde forme entre ses deux points fixes deux longueurs d’onde d’une
sinusoïde.

La longueur d’un fuseau est égale à une demi-longueur d’onde de l’onde sur la corde, soit
λ
n
/2.
b. Pour un mode de rang n, on observe n fuseaux. La longueur d’un fuseau vaut alors L/n.
c. Pour un mode de rang n, on obtient alors l’égalité λ
n
= 2L/n.
d. Les fréquences f
n
vérifiant f
n
= nf
1
, on peut écrire f
n
λ
n
= nf
1
× 2L/n = 2Lf
1
.
e. Le produit f
n
λ
n
représente la célérité de l’onde le long de la corde.
L’analyse dimensionnelle donne : *f
n
λ
n
] = L/T = [v].
Le produit f
n
λ
n
est bien homogène à une vitesse.

2 Oscillations libres d’une corde tendue
f. Le signal temporel n’est pas sinusoïdal. C’est un signal périodique complexe.
g. On peut vérifier, par le calcul de la fréquence f = 1/T à partir de la mesure de la période T
du signal temporel, que la valeur de cette fréquence, appelée fréquence propre des
oscillations libres, est identique à la fréquence fondamentale f
1
du mode propre de vibration
de rang 1de la première partie.
h. Les fréquences des pics du spectre en fréquences des oscillations libres sont égales aux
fréquences f
n
de la première partie. Les vibrations complexes de la corde lorsqu’elle est
pincée ou frappée résultent de la superposition de ses différents modes propres de
vibration.
i. En pinçant et en frappant la corde, on constate que les fréquences des harmoniques sont
les mêmes mais que les amplitudes des pics sont différentes. Une corde frappée présente un
spectre plus riche en harmoniques qu’une corde pincée dont le son est plus pur, plus
« cristallin ».
j. En pinçant la corde à différents endroits, on remarque sur les spectres en fréquences que
les amplitudes des pics sont modifiées mais pas leurs fréquences.
k. Lorsque la corde est excitée en son milieu, les modes de vibration pairs sont absents.
l. À l’aide des dessins de la première partie représentant la répartition des fuseaux le long de
la corde pour les cinq premiers modes de vibration, on remarque que les modes pairs ne
vibrent pas au centre de la corde, ce qui est incompatible avec une excitation centrale.

Commentaires techniques
• Régler les paramètres d’acquisition pour enregistrer environ cent périodes avec mille
points de mesure pour obtenir environ dix points de mesures par période.
• Ajuster l’affichage pour présenter environ une demi-douzaine de périodes à l’écran et
permettre de mesurer facilement et précisément la période.




5
Microméga TS Spécialité Chapitre 4 Instruments de musique ©Hatier 2012
3 Influence de la tension de la corde

Protocole expérimental
• Faire varier la masse m suspendue à la corde.
• Pour chacune des valeurs de la masse, calculer la tension F = mg de la corde et mesurer la
fréquence f du signal émis : soit en mesurant la fréquence fondamentale sur le spectre du
signal dans le cas des vibrations libres, soit en recherchant la première fréquence de
résonance dans le cas des oscillations forcées.
• Tracer la courbe représentant la fréquence f en fonction de F .
• Les points étant alignés selon une droite passant par zéro, on en déduit la relation de
proportionnalité entre f et F qui s’écrit f a F

où a est une constante égale au
coefficient directeur de la droite que l’on peut déterminer graphiquement.

m. La relation entre célérité v et fréquence f d’une onde périodique sinusoïdale est v = λ f.
n. La relation entre la longueur L de la corde et la longueur d’onde λ du mode fondamental
est L = λ/2.
o. On en déduit v = λ f = 2L f = 2L a F = k F avec k = 2La.
p. Une analyse dimensionnelle donne : [F]/[μ] = (M.L.T
–2
)/(M.L
–1
) = L
2
.T
–2
= [v]
2
.
La relation
F
v est bien homogène.

Commentaires scientifiques
• L’expression de la célérité des ondes apparaît dans la construction de l’équation de
propagation des ondes sur la corde (équation de d’Alembert) avec l’hypothèse de faibles
déformations : le déplacement y(x, t) d’un point d’une corde de masse linéique µ tendue
sous la tension F vérifie
2 2
2 2
y y
µ F
t x
.
• L’existence des fréquences de résonance pour lesquelles la corde vibre de manière
importante peut être expliquée aux élèves avec le raisonnement simple suivant.
Lorsque l’on excite une corde, une onde se propage le long de la corde.
Quand cette onde rencontre un obstacle (comme le support auquel elle est fixée), celle-ci se
réfléchit.
L’onde réfléchie se propage en sens inverse de l’onde incidente avec la même vitesse mais
avec une amplitude inversée (Fig. 1).


Fig.1

6
THÈME 2 SON ET MUSIQUE

Lorsque deux ondes se croisent en un point du milieu de propagation (ici la corde), ce point
subit une perturbation dont l’amplitude résulte de la somme des amplitudes des deux
ondes.

Lorsque deux ondes se superposent en phase (Fig. 2), l’amplitude de la vibration résultante
est optimale.
Lorsque deux ondes se superposent en opposition de phase (Fig. 3), elles se « détruisent »
mutuellement et il n’y a plus de vibration en ce point.




Fig. 2 Fig. 3

Puisque la corde est fixée à une extrémité, la somme des amplitudes des ondes incidente et
réfléchie doit être nulle à cet endroit. Ceci impose que l’onde réfléchie soit inversée par
rapport à l’onde incidente.
Lorsque la corde est fixée à ses deux extrémités, l’onde se réfléchit des deux côtés et fait des
va-et-vient successifs. Il y a superposition d’ondes multiples le long de la corde (Fig. 4).
Seules les ondes synchronisées, qui vibrent en phase, donnent une vibration significative et
observable.
Lorsque les ondes ne sont pas synchronisées, elles se détruisent le long de la corde et celle-ci
ne vibre pas de manière significative.
Fig. 4
point fixe


Pour que toutes ces ondes soient synchronisées, il faut que chaque onde se trouve dans le
même état vibratoire après un aller-retour.
Pour cela, il faut qu’un aller-retour (deux fois la longueur L de la corde) soit égal à un
multiple entier de la distance parcourue par l’onde pendant une période, c'est-à-dire un
multiple entier de la longueur d’onde λ
n
.
On a donc la condition 2L = n λ
n
(où n est un entier).

Seuls les modes de vibration pour lesquels la condition 2L = n λ
n
est respectée donnent des
vibrations conséquentes.
La fréquence est reliée à la longueur d’onde par la relation f
n
= v / λ
n
soit f
n
= n v / 2L.
La fréquence du mode fondamental (n = 1) vaut f
1
= v / 2L.
Les fréquences des harmoniques de rang n sont donc bien des multiples de la fréquence du
fondamental d’après la relation f
n
= n f
1
.

7
Microméga TS Spécialité Chapitre 4 Instruments de musique ©Hatier 2012

Activité 3 Résolution d’un problème scientifique

Objectifs
Cette activité permet de comprendre comment accorder la corde d’un violon en étudiant la
relation entre la fréquence d’une note émise par une corde tendue et sa longueur, sa
tension et sa masse linéique.

Correspondance avec le programme
• Définir, pour une onde sinusoïdale, la période, la fréquence et la longueur d’onde.
• Connaître et exploiter la relation entre la période ou la fréquence, la longueur d’onde et la
célérité.

Correction
En tournant une des chevilles en bout de manche du violon, on peut ajuster la tension de la
corde pour qu’elle vibre à la bonne fréquence.
À l’aide des relations v = λf et L = λ/2 abordées dans l’activité 2 et de la relation
F
v , on
obtient :
F = µ v
2
= µ (λf)
2
= µ (2Lf)
2
.
Pour obtenir une note à la fréquence f = 440 Hz avec une corde de longueur L = 55 cm et une
masse linéique µ = 0,95 g.m
–1
, il faut une tension F = 0,95.10
–3
× (2 × 0,55 × 440)
2
= 2,2.10
2
N.

Commentaires


Cette tension est équivalente à celle d’une corde tendue à l’aide d’une masse de 22 kg.
m = F/g = 2,2.10
2
/ 9,8 = 22 kg.
Les contraintes importantes auxquelles est soumis le violon doivent être prises en compte
par le luthier dans la construction de l’instrument et dans le choix des essences de bois.



8
THÈME 2 SON ET MUSIQUE


MOT CLÉ Instruments à vent

Ce mot clé est traité en deux activités, l’une expérimentale, l’autre documentaire.
La première activité étudie expérimentalement les vibrations d’une colonne d’air pour faire
le lien entre les fréquences de résonance rencontrées lors des oscillations forcées et celles
visualisées dans le spectre en fréquences des oscillations libres. Une dernière partie s’appuie
sur la fabrication d’une flûte de Pan pour montrer l’influence de la longueur du tuyau sonore
sur la fréquence du son émis.
La seconde activité, qui peut être faite à la maison, porte sur l’analyse des vibrations d’une
colonne d’air dans différents tuyaux d’orgue afin de pouvoir les accorder lorsque la
température de l’air change. La relation abordée dans la première activité entre la longueur
du tuyau sonore et la fréquence du son émis est réinvestie ici avec la relation entre la
célérité du son et la température de l’air.


Activité 1 Vibrations d’une colonne d’air

Objectifs
Cette activité étudie les vibrations d’une colonne d’air dans un tuyau pour comprendre la
fabrication d’une flûte de Pan.
Dans un premier temps, l’expérience montre qu’il existe des fréquences de résonance pour
lesquelles la colonne d’air vibre de manière plus importante.
Puis en analysant le spectre en fréquences des oscillations libres, on met en évidence le lien
entre les fréquences de vibrations libres et forcées.
Enfin, on étudie les relations entre les caractéristiques du tuyau (diamètre, longueur) et ces
fréquences, dans le but de fabriquer une flûte de Pan.
La flûte de Pan a été choisie pédagogiquement pour sa simplicité de fonctionnement et pour
sa simplicité de fabrication.

Correspondance avec le programme
• Définir, pour une onde sinusoïdale, la période, la fréquence et la longueur d’onde.
• Connaître et exploiter la relation entre la période ou la fréquence, la longueur d’onde et la
célérité.
• Pratiquer une démarche expérimentale pour déterminer la période, la fréquence, la
longueur d’onde et la célérité d’une onde progressive sinusoïdale.
• Réaliser l’analyse spectrale d’un son musical et l’exploiter pour en caractériser la hauteur et
le timbre.



9
Microméga TS Spécialité Chapitre 4 Instruments de musique ©Hatier 2012
Matériel
• un générateur basses fréquences
• un haut-parleur
• un série de tuyaux de différents diamètres et de différentes longueurs
• un microphone
• un oscilloscope
• un système d’acquisition informatisé

Correction
1 Oscillations forcées
a. Les fréquences de résonance f
n
sont toutes des multiples entiers de la fondamentale f
1
.
b. On en déduit la relation f
n
= n f
1
.

2 Oscillations libres
c. La fréquence propre des oscillations libres de la colonne d’air dans le tuyau est égale à la
fréquence fondamentale f
1
.
d. Les fréquences des pics du spectre correspondent aux fréquences de résonance de la
première partie.

3 Fabrication d’une flûte de Pan
e. Les expériences montrent que le diamètre du tuyau n’influe pas sur la fréquence
fondamentale f
1
du son produit.
f. Par contre, la longueur L du tuyau a une influence sur la fréquence fondamentale f
1
.
Pour chacune des valeurs de la longueur L des tuyaux, on mesure la fréquence f
1
du son émis
et on calcule les valeurs de 1/L.

L (m) 0,20 0,30 0,40 0,50
f
1
(Hz) 4,4.10
2
3,0.10
2
2,2.10
2
1,8.10
2

1/L (m
–1
) 5,0 3,3 2,5 2,0

On trace la courbe représentant la fréquence f
1
en fonction de 1/L.

10
THÈME 2 SON ET MUSIQUE




Les points étant alignés selon une droite passant par zéro, on en déduit la relation de
proportionnalité entre f
1
et 1/L qui s’écrit
1
k
f
L
où k est une constante égale au coefficient
directeur de la droite que l’on peut déterminer graphiquement.
On trouve graphiquement ici k = 88 Hz.m.

g. Grâce à la courbe (ou à la relation de proportionnalité), on peut associer à chaque
fréquence f
1
une longueur L de tuyau et construire ainsi la flûte de Pan.


h. D’après la présence d’un demi fuseau de vibration à l’intérieur du tube, on en déduit que
la longueur du tube vaut un quart de longueur d’onde pour le mode de rang 1, soit L = λ
1
/4.
La fréquence fondamentale f
1
du son est reliée à la longueur d’onde λ
1
par la relation v = λ
1
f
1

d’où l’expression de la longueur du tube L = v/(4f
1
).
L’analyse dimensionnelle
-1
-1
1
L.T
L
4 T
v
f
confirme l’homogénéité de la relation L = v/4f
1
.

Note do ré mi fa sol la si
Fréquence f
1

(Hz)
261,6 293,7 329,6 349,2 392,0 440,0 493,9
Longueur L (cm) 34 30 27 23 22 20 18
f
1
(Hz)
1/L (m
–1
)

11
Microméga TS Spécialité Chapitre 4 Instruments de musique ©Hatier 2012

Commentaires techniques

Le timbre change en fonction de la largeur du tube. Un tube trop étroit a du mal à produire
la note fondamentale et donne un son très riche en harmoniques. Trop large, il produit un
son plus riche en souffle.

La fabrication des flûtes de Pan peut se faire dans différents matériaux : roseau, bambou,
PVC, cuivre…
Les végétaux sont parfois plus difficiles à trouver, plus fragiles et de qualité sonore variable.

Pour boucher les tuyaux, on peut utiliser des morceaux de bois, de gomme, ou autres
matériaux…

Dans le cas d’un tuyau qui ne possède pas de trou sur son flanc, ses extrémités imposent des
conditions pour la surpression acoustique et la vitesse (qui sont en quadrature de phase) :
- à une extrémité fermée, il existe un nœud de vitesse et un ventre de surpression ;
- à une extrémité ouverte, il existe un ventre de vitesse et un nœud de surpression.

On obtient alors différentes répartitions des nœuds et des ventres de surpression et de
vitesse en fonction des différents modes de vibration. La représentation des modes par
l’élève se fait toujours en imitation d’un modèle (la plupart du temps celui de la vitesse
acoustique).

Représentation des nœuds et ventres de surpression et de vitesse acoustiques dans les trois
premiers modes de vibration
Paramètre Tuyau ouvert Tuyau fermé à une extrémité
Surpression acoustique

Vitesse acoustique



12
THÈME 2 SON ET MUSIQUE

Activité 2 L’orgue

Objectifs
Cette activité se propose d’étudier les vibrations d’une colonne d’air dans un tuyau d’orgue
pour pouvoir comprendre comment l’accorder lorsqu’un changement de température de
l’air modifie la célérité des ondes sonores dans le tube. Cette activité s’appuie sur une
analyse des documents fournis et des représentations graphiques des modes de vibrations
dans les différents tuyaux.

Correspondance avec le programme
• Définir, pour une onde sinusoïdale, la période, la fréquence et la longueur d’onde.
• Connaître et exploiter la relation entre la période ou la fréquence, la longueur d’onde et la célérité.

Correction
Étude d’un bourdon
a. Le tuyau B est un bourdon car il est fermé dans sa partie supérieure.
b. Les fuseaux des trois premiers modes de vibration dans un bourdon sont :



Embouchure Partie supérieure



c. Le mode de vibration du bourdon représenté sur la figure 6 est le mode fondamental.
d. Chaque fuseau représentant λ/2, on a : L = λ
1
/4 = 3λ
2
/4 = 5λ
3
/4 = … = (2n-1)λ
n
/4.
e. L’expression de la fréquence du mode de rang n est f
n
= v/λ
n
= (2n-1)v/4L = (2n-1)f
1
.
f. La fréquence f
1
du son émis par le bourdon le plus grave de 16 pieds vaut f
1
= v/4L = 16 Hz.
Le mode fondamental de ce son est inaudible pour une oreille qui entend les sons de
fréquences supérieures à 20 Hz. En revanche, les harmoniques sont audibles.

Étude d’un jeu de fond ouvert
g. Le tuyau A est un jeu de fond ouvert car il présente un ventre de vibration dans sa partie
supérieure.
Les fuseaux des trois premiers modes de vibration dans un jeu de fond ouvert sont :



Embouchure Partie supérieure



13
Microméga TS Spécialité Chapitre 4 Instruments de musique ©Hatier 2012

Le mode de vibration d’un jeu de fond ouvert représenté sur la figure 6 est le mode
fondamental.
Chaque fuseau représentant λ/2, on a L = λ
1
/2 = 2λ
2
/2 = 3λ
3
/2 = … = nλ
n
/2.
L’expression de la fréquence du mode de rang n est f
n
= v/λ
n
= nv/2L = nf
1
.
La fréquence f
1
du son émis par le jeu de fond le plus grave de 16 pieds vaut
f
1
= v/2L = 33 Hz.
Ce son est audible car sa fréquence est supérieure à 20 Hz.
h. Entre un jeu de fond ouvert et un bourdon fermé de même longueur, le son le plus grave
est émis par le bourbon fermé.

Comment accorder un orgue ?
i. Il faut trouver de quelle distance D on doit déplacer une coulisse d’accord pour accorder le
tuyau d’un orgue suite à un changement de température.
Calculons la longueur L du tuyau de l’orgue qui émet un son do de fréquence 32,7 Hz à 22 °C.
1 1 1,40 8,314 295
2,64m.
4 4 4 32,7 0,0289
v RT
L
f f M

Pour accorder le tuyau, il faut que la fréquence f reste constante malgré le changement de
température :
1
4 4
v RT
f
L L M
.
En notant L et T la longueur du tuyau et la température à 22°C, et L’ et T’ la longueur du
tuyau et la température à 5 °C, on obtient la relation
1 1 ’
4 4 ’
RT RT
f
L M L M
.
La longueur L’ du tuyau à 5°C doit être égale à
’ 278
’ 2,64 2,56m.
295
T
L L
T

Il faut donc diminuer la longueur du tuyau en déplaçant la coulisse d’accord d’une distance D
telle que D = L – L’ = 8 cm.

Commentaires techniques
L’orgue est l’instrument de musique qui possède la plus large tessiture (ensemble continu
des notes émises).
Un orgue de taille moyenne peut produire des notes allant de 33 Hz (note produit par un
tuyau de 16 pieds) à 16 kHz (note produite par un tuyau de 1 pied). Pour jouer toutes ces
notes, certains orgues ont une console pouvant offrir jusqu’à sept claviers, en plus du
pédalier.
Les boutons placés sur les côtés de la console que l’on peut tirer ou pousser actionnent des
registres qui activent ou désactivent l’arrivée d’air dans des tuyaux sonores. Ainsi, le son
émis par l’orgue change.

14
THÈME 2 SON ET MUSIQUE


MOT CLÉ Instruments à percussion

Ce mot clé traite des instruments à percussion et des caractéristiques tout à fait particulières
des sons qu’ils émettent. Contrairement aux instruments à cordes et à vent, ces systèmes
vibrants à deux dimensions sont difficiles à modéliser ; une approche simple du calcul des
fréquences de vibration est présentée dans le livre de cours de Feynman, mécanique 2, à la
section 49.3.
Ce chapitre permet de réinvestir différentes notions vues précédemment sur le son et de
vérifier qu’elles ont bien été comprises par l’élève : modes de vibration, fondamental,
harmonicité…

Activité 1 Vibrations d’une plaque carrée

Objectifs
Cette activité s’intéresse au premier système vibrant à deux dimensions étudié en détail, la
plaque de Chladni. Elle s’appuie sur une observation d’une figure de Chladni et sur une
simulation numérique. La réalisation expérimentale devant les élèves est tout à fait possible,
à condition de se procurer un socle vibrant et de fixer dessus une plaque carrée.
L’activité a pour but de soulever les différences essentielles entre un système vibrant à deux
dimensions et les systèmes vibrant à une dimension déjà étudiés (instruments à vent et à
cordes).

Correspondance avec le programme
• Définir une onde progressive à une dimension.

Correction
a. Les endroits où le sable s’accumule sont les lignes nodales, car le sable y est immobile. Les
endroits où le sable est chassé sont des ventres de vibration.
b. On représente les lignes nodales :

c. En comparant les deux figures et les fréquences associées, on voit que la taille des motifs
élémentaires diminue lorsque la fréquence de vibration augmente.

15
Microméga TS Spécialité Chapitre 4 Instruments de musique ©Hatier 2012
d. Pour m = 0,
2
v
f n
L
, donc
λ
2 2
v
L n n
f
: un nombre entier de fuseaux de longueur
λ
2

occupe la longueur de la corde ou du tuyau. On retrouve les différents modes de vibration
d’une corde vibrante immobile à ses extrémités et d’un tuyau ouvert ou fermé à ses deux
extrémités
e. • Pour la figure 1, six lignes nodales coupent chaque côté et aucune n’arrive dans un coin
d’où : m = n = 6.
• Pour la figure 2, deux lignes coupent chaque côté et deux lignes (situées sur les côtés)
arrivent dans les coins donc : m = n = 2 × 1 + 2 × 1/2 = 3.
f. Tout comme les instruments à corde ou à vent, la plaque carrée n’émet un son audible
que pour certaines fréquences d’excitation. À la différence de ces instruments, ces
fréquences n’ont pas de relation simple entre elles, donc sont inharmoniques, et l’allure des
modes présente des formes compliquées.

Commentaires
La relation donnée dans la question c. peut être retrouvée assez simplement dans le cas de
vibrations sur une plaque carrée aux bords fixes (voir Feynman). On considère une vibration
sinusoïdale se déplaçant dans une certaine direction et on écrit que la superposition de cette
onde incidente et de l’onde réfléchie par un côté s’annule sur ce côté, celui-ci étant une
ligne nodale.
Pour des plaques ou membranes circulaires, la résolution est plus complexe et fait appel à la
simulation numérique : voir l’article sur le son des timbales, dans le Dossier Pour la science
n° 52 de juillet 2006.


Activité 2 Étude d’un instrument à percussion

Objectifs
Cette activité peut être liée à la précédente ou traitée indépendamment. Elle permet de
déterminer, grâce à un système d’acquisition informatisé, que les différentes fréquences de
résonance des lames obtenues sur un instrument à percussion simple, le xylophone, ne sont
pas liées les unes aux autres par une relation simple. De plus, pour un son donné, le spectre
ne présente pas d’harmoniques.

Correspondance avec le programme
• Réaliser l’analyse spectrale d’un son musical et l’exploiter pour en caractériser la hauteur
et le timbre.

Matériel
• un xylophone
• un microphone
• un interface d’acquisition
• un ordinateur avec logiciels d’acquisition
et de traitement de données

16
THÈME 2 SON ET MUSIQUE

Correction
a. On vérifie expérimentalement, que la fréquence diminue lorsque la longueur de la lame
augmente ; cela s’entend bien à l’oreille.
b. L’élève trace f en fonction de 1/L
2
et vérifie la linéarité entre les deux variables grâce à
l’option de modélisation du logiciel.

0
0.25
0.5
0.75
1
1.25
1.5
1.75
2
0 50 100 150 200
1/L² (L en m)
f

(
k
H
z
)

c. Sur un clavier couvrant quatre octaves, le rapport entre la plus haute fréquence et la plus
basse est de quatre, donc, d’après la loi vérifiée précédemment, le rapport est de deux entre
la plus grande longueur et la plus petite longueur de lame.

d. Lors d’une attaque forte, le signal est plus « compliqué » que pour une attaque faible ; le
spectre présente lui davantage de pics et ces pics sont plus larges.

Attaque faible :





17
Microméga TS Spécialité Chapitre 4 Instruments de musique ©Hatier 2012

Attaque forte :



e. On vérifie que les rapports demandés ne sont pas des entiers, et donc que les fréquences
f
1
, f
2
… ne sont pas un multiple de la fréquence f
0
du fondamental.
f. Contrairement aux instruments à vent et à cordes, les instruments à percussion sont
inharmoniques.

Commentaires
Pour trouver la dépendance entre la fréquence et la longueur de la lame, la durée de
l’acquisition doit être assez faible (200 ms) pour ne pas que le signal ait le temps de trop
s’atténuer. Plusieurs acquisitions sont nécessaires pour obtenir un signal exploitable, car
celui-ci est très sensible à l’attaque de la lame.


18
THÈME 2 SON ET MUSIQUE


MOT CLÉ Instruments électroniques

Ce mot clé présente deux systèmes, l’un électrique, l’autre électronique, mis au point à
moins d’un siècle d’intervalle et permettant de synthétiser des sons. Le premier constitue, à
proprement parler, le premier instrument électrique, le second montre une façon simple
d’obtenir un son de fréquence variable à partir de composants électroniques de base.

Activité 1 Le premier synthétiseur : le télégraphe musical

Objectifs
Cette activité utilise quelques notions simples de physique (électro-aimant, vibration
mécanique…) pour expliquer comment, à partir d’un montage ingénieux, alimenté en
courant continu, des oscillations électriques peuvent être créées, donnant naissance par la
suite à un son audible de fréquence bien déterminée.

Correspondance avec le programme
• Champ magnétique : sources de champ magnétique (Terre, aimant, courant) : programme
de Première.

Correction
a. Lorsque le courant passe dans l’interrupteur à trembleur, l’électro-aimant attire le ressort
métallique R, ce qui a pour effet d’interrompre la circulation du courant. L’attraction du
ressort métallique cesse et celui-ci reprend sa position naturelle ; en touchant le contact C, il
permet de nouveau la circulation du courant et le cycle recommence. Un courant périodique
est donc créé par l’interrupteur à trembleur.
b. Pour augmenter la fréquence des oscillations, il faut que la lame mette moins de temps
pour aller de C à l’électro-aimant. Il faut donc agir sur la vis V pour diminuer la distance entre
C et B.
c. Le fond de la caisse cylindrique vibre à la même fréquence que le courant variable ; il joue
le rôle d’excitateur dans l’émission de sons.
La caisse joue le rôle de résonateur. Les deux trous au-dessus de la boîte permettent
l’émission du son dans l’air.
d. A : émetteur de sons
B : interrupteurs à trembleurs
C : générateur de tension
D : touches du télégraphe
e. En appuyant sur une touche du télégraphe, un courant périodique s’établit dans le circuit
car l’électro-aimant qu’il traverse provoque régulièrement l’arrêt de sa circulation. Ce
courant, amplifié par un transformateur, est transformé, grâce à un autre électro-aimant, en
vibration métallique au niveau du fond métallique d’une caisse cylindrique. Le son créé est
amplifié par la caisse et émis dans l’air par deux ouvertures situées au-dessus.

19
Microméga TS Spécialité Chapitre 4 Instruments de musique ©Hatier 2012

Commentaire et compléments scientifiques
L’article originel d’Elisha Gray a été publié en janvier 1875 dans l’United States Patent Office
sous le titre Improvement in electric telegraphs for transmitting musical tones. Accessible
grâce à Internet, il donne des détails sur la réalisation du télégraphe musical. Un an plus
tard, Elisha Gray augmentait le nombre de touches et réalisait un clavier permettant ainsi de
jouer une mélodie : l’ancêtre du synthétiseur était né, et il est important de noter qu’il n’y a
pas encore d’électronique à ce niveau là. Le site Internet de la médiathèque de la Cité de la
musique donne des informations complémentaires sur les instruments électriques et
électroniques qui ont suivi cette invention.


Activité 2 Un exemple d’oscillateur électronique

Objectif
L’objectif de cette activité est de réaliser un montage électronique, et de voir l’influence de
la valeur des composants sur la nature du son émis (fréquence, présence d’harmoniques),
ainsi que les limites du montage dans la production d’un son audible.

Correspondance avec le programme
• Pratiquer une démarche expérimentale pour établir un modèle à partir d’une série de
mesures : programme de Seconde.
• Réaliser l’analyse spectrale d’un son musical et l’exploiter pour en caractériser la hauteur
et le timbre.

Matériel
• un amplificateur opérationnel
• une résistance de 10 k
• une boîte de résistances
• une bobine d’inductance 0,1 H
• une boîte de capacités
• des fils
• une interface d’acquisition
• un ordinateur avec un logiciel
d’acquisition et de traitement des
données
• un haut-parleur
• un microphone


20
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
Correction
a. Le tracé de T en fonction de C permet d’obtenir la courbe suivante :
y = 2,01x
0,0E+00
5,0E-04
1,0E-03
1,5E-03
2,0E-03
2,5E-03
0,E+00 2,E-04 4,E-04 6,E-04 8,E-04 1,E-03 1,E-03
Racince carrée de C(F)
T
(
s
)

La modélisation donne 2,0 = 2 L , d’où L = 0,1 H, ce qui est bien en accord avec la valeur de
l’inductance de la bobine.
b. f = 440 Hz, d’où T = 2,27 ms. D’où C = T
2
/(4
2
L) = 1,3 F.
c. Le montage permet d’obtenir une très grande gamme de fréquences : typiquement entre
100 Hz et 10 kHz. Le signal aux bornes du microphone n’est pas parfaitement sinusoïdal,
comme le montre le graphe ci-dessous, car, suivant la qualité du haut-parleur et du
microphone, ceux-ci émettent et captent respectivement des sons parasites.


Commentaires
Un signal parfaitement pur peut être acquis aux bornes du condensateur. Le signal est
périodique et en dents de scie. Il tend à devenir sinusoïdal lorsque la valeur de R diminue.
Dans le spectre, l’amplitude des harmoniques autres que le fondamental diminue avec R et
s’annule pour une certaine valeur de R.
La différence de signal entre la tension aux bornes du condensateur et la tension aux bornes
du microphone permet de montrer aux élèves que la limitation dans la production d’un son
pur ne provient pas du montage électronique à l’origine des oscillations, mais des systèmes
électromécaniques émettant et recevant ce son.

21
Microméga TS Spécialité Chapitre 4 Instruments de musique ©Hatier 2012


MOT CLÉ Acoustique musicale, gammes, harmonie


Ce mot clé s’intéresse à la première gamme, celle de Pythagore, et à la gamme tempérée,
utilisée actuellement. Les activités proposées expliquent comment ces gammes ont été
construites, la première à partir de considérations harmoniques, la seconde à partir de
formules mathématiques. Elle met en lumière leur intérêt respectif, leurs similitudes ainsi
que leurs différences.

Activité 1 Intervalles consonants et gamme tempérée

Objectifs
Cette activité permet de saisir, par le biais de l’expérience, en quoi deux notes peuvent être
consonantes, ce qui est à la base de la notion d’harmonie. Elle met également en évidence le
principe mathématique de construction de la gamme tempérée, ainsi que l’intérêt de cette
gamme dans la transposition d’une mélodie.

Correspondance avec le programme
• Réaliser l’analyse spectrale d’un son musical et l’exploiter pour en caractériser la hauteur
et le timbre.

Matériel
• une flûte à bec
• un microphone
• un interface d’acquisition
• un ordinateur avec logiciels d’acquisition et de traitement de données

Correction
1 Flûte à bec et consonance
a. Les fréquences des premiers harmoniques du do
4
sont 523, 1 047, 1 570, 2 094, 2 617,
3 140 Hz et celles des premiers harmoniques du do
5
sont 1 047, 2 094, 3 140 Hz. Le caractère
consonant de ces deux notes s’explique par le fait que certaines fréquences des
harmoniques du do
4
se retrouvent dans celles des harmoniques du do
5
. Ainsi, quand les deux
notes sont jouées ensemble, l’oreille trouve l’association agréable.
b. Les fréquences des premiers harmoniques du sol
4
sont 784, 1 570, 2 354, 3 140 Hz. Les
notes do
4
et sol
4
sont consonantes car elles ont en commun plusieurs harmoniques.





22
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
Note sol
4
jouée à la flûte à bec :


c. Les fréquences des premiers harmoniques du la
4
sont 880, 1 760, 2 640, 3 520 Hz. Les
notes sol
4
et la
4
sont dissonantes car elles ne partagent aucun harmonique.


2 Étude de la gamme tempérée
d. Les résultats de l’acquisition et de la modélisation sont les suivants :
Note jouée

Valeur de n Fréquence (Hz)
do
4
0 523

4
2 587
mi
4
4 659
fa
4
5 699
sol
4
7 784
la
4
9 880
si
4
11 988
do
5
12 1 047

2
e
harmonique du sol
4
= 3
e
harmonique du do
4

23
Microméga TS Spécialité Chapitre 4 Instruments de musique ©Hatier 2012

y = 0,0247x + 2,7192
2,7
2,75
2,8
2,85
2,9
2,95
3
3,05
0 2 4 6 8 10 12
n
l
o
g

f
(
H
z
)


f = f
0
a
n
, d’où log f = nlog a + log f
0.

On trouve log a = 0,0247 d’où a = 1,058 5.
e. a
12
= 1,98 2. Dans la gamme tempérée, l’intervalle entre une note et la suivante vaut
a = 2
1/12
. On a donc bien a
12
= 2
12/12
= 2.
f. Dans la gamme tempérée :
- l’intervalle do-sol vaut 784/523 = 1,50= 3/2,
- l’intervalle do-fa vaut 699/523 = 1,34 4/3,
- l’intervalle do-mi vaut 659/523 = 1,26 5/4.

3 Gamme et transposition
g. Dans la gamme de Pythagore :
Mélodie “do mi fa“ :
Intervalle do-mi : 3
4
/2
6
= 1,266 Intervalle mi-fa : (4/3)/(3
4
/2
6
) = 1,053
Mélodie transposée :
Intervalle ré#-sol : (3/2)/(3
9
/2
14
) = 1,249 Intervalle sol#-sol : (3
8
/2
12
)/(3/2) = 1,068
h. Dans la gamme tempérée :
Mélodie “do mi fa“ :
Intervalle do-mi : 2
4/12
= 1,260 Intervalle mi-fa : 2
1/12
= 1,059
Mélodie transposée :
Intervalle ré#-sol : 2
4/12
= 1,260 Intervalle sol#-sol : 2
1/12
= 1,059
i. Dans la gamme tempérée, lorsqu’on transpose un morceau dans une autre tonalité, les
intervalles entre les différentes notes de la mélodie sont conservés et donc l’impression à
l’oreille reste la même. Cela n’est pas le cas avec la gamme de Pythagore.

Commentaire
Dans les acquisitions réalisées à partir de notes jouées à la flûte, plusieurs essais sont en
général nécessaires pour obtenir des signaux exploitables : les trous bouchés doivent l’être
parfaitement et le souffle dans la flûte doit être régulier et pas trop fort.


24
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
Activité 2 Construction de la gamme de Pythagore

Objectif
Cette activité aide à comprendre comment la première gamme, la gamme de Pythagore, a
été construite grâce à une série de cordes vibrantes, à partir d’un note de départ et d’un
intervalle consonant, la quinte. Elle utilise des notions déjà vues dans le chapitre sur les
instruments à cordes, et procède de façon itérative.

Correspondance avec le programme
• Définir une onde progressive à une dimension.

Correction
a. Si v est la célérité du son dans une corde, la fréquence de vibration de la corde vaut
f = v/(2L) (voir le mot clé Instruments à cordes) et donc elle est inversement proportionnelle
à la longueur L de la corde. Ainsi, la fréquence correspondant à une longueur 2L/3 vaut
(3/2)f et celle correspondant à une longueur 8L/9 vaut (9/8)f.

b. 3/2×9/8 = 27/16 : la fréquence suivante vaut (27/16)f
3/2×27/16 = 81/32 > 2 : la fréquence suivante vaut (81/64)f
3/2×81/64 = 243/128 : la fréquence suivante vaut (243/128)f

c. La fréquence du do
4
vaut 2f et donc,
puisque le fa
3
et le do
4
sont en quinte, on a (3/2)f
fa3
= 2f, d’où f
fa3
= (4/3)f.

d. 1 < 9/8 < 81/64 < 4/3 < 3/2 < 27/16 < 243/128 < 2, d’où :
Note do
3

3
mi
3
fa
3
sol
3
la
3
si
3
do
4

Fréquence f (9/8)f (81/64)f (4/3)f (3/2)f (27/16)f (243/128)f 2f

e.
Intervalle do
3
-ré
3

3
-mi
3
mi
3
-fa
3
fa
3
-sol
3
sol
3
-la
3
la
3
-si
3
si
3
-do
4

Calcul 9/8
64
81
/
8
9

3
4
/
64
81

2
3
/
3
4

16
27
/
2
3

128
243
/
16
27
2/
128
243

Résultat 9/8 9/8 256/243 9/8 9/8 9/8 256/243

f. 256/243 = 1,053 < 9/8 = 1,125 . Un demi-ton vaut donc 1,053 et un ton 1,125. Ainsi, il y a
un demi-ton entre les notes mi
3
et fa
3
et entre les notes si
3
et do
4
.
g. 1,053 × 1,053 = 1,109 1,125 : un demi-ton n’est pas la moitié d’un ton dans la gamme de
Pythagore.
Dans la gamme tempérée, un demi-ton vaut 2
1/12
= 1,059 et un ton vaut deux demi-tons, soit
1,059 × 1,059 = 1,122. Ces valeurs ne sont pas exactement les mêmes que dans la gamme de
Pythagore, mais sont tout de même proches.

25
Microméga TS Spécialité Chapitre 4 Instruments de musique ©Hatier 2012


Commentaires
La dernière question de l’activité montre une des limites de la gamme de Pythagore, à savoir
que deux demi-tons ne valent pas un ton. Elle permet de comprendre pourquoi les
intervalles entre notes sont modifiés lorsqu’on transpose une mélodie (voir partie 3 de
l’activité expérimentale), ce qui a été à l’origine de l’invention d’une autre gamme, la gamme
tempérée. Par ailleurs, l’activité montre pourquoi les notes mi et fa, ainsi que si et do, ne
sont séparés que par un demi-ton alors que les autres notes de la gamme sont séparées par
un ton, ce qui reste vrai dans la gamme tempérée.


26
THÈME 2 SON ET MUSIQUE

MOT CLÉ Traitement du son

Le traitement du son est abordé à travers deux activités, l’une expérimentale, l’autre
documentaire pour varier les compétences à mettre en œuvre.
Les deux activités reposent sur le filtrage de signaux sonores.
La première activité tente de transformer un signal créneaux en un signal sinusoïdal en
éliminant les harmoniques indésirables.
La deuxième activité vise à filtrer les bruits présents sur un échantillon sonore en fonction de
leurs fréquences.

Activité 1 Filtrage du son

Objectifs
Cette activité étudie les effets d’un filtre passe-bas afin de comprendre comment l’utiliser
pour modifier un signal complexe. Le principe repose sur l’élimination par filtrage de
certaines harmoniques d’un signal créneaux pour le transformer en un signal sinusoïdal.

Correspondance avec le programme
• Réaliser une analyse spectrale.

Matériel
• un GBF
• une alimentation +15V / - 15V
• un amplificateur opérationnel
• deux conducteurs ohmiques de résistance R = 100 kΩ
• un condensateur de capacité C = 1,0 nF
• deux voltmètres
• un système d’acquisition
• un haut-parleur
• un tableur



27
Microméga TS Spécialité Chapitre 4 Instruments de musique ©Hatier 2012

Correction
1 Étude d’un filtre passe-bas

En faisant varier la fréquence f du GBF et en conservant la tension U
E
constante, on obtient
les mesures suivantes :
f (Hz) U
S
(V) U
S
/U
E
log(f) G (dB)
200,00 3,9 1,00 2,30 0,00
400,00 3,8 0,97 2,60 -0,23
600,00 3,7 0,95 2,78 -0,46
800,00 3,5 0,90 2,90 -0,94
1 000,00 3,4 0,87 3,00 -1,19
1 200,00 3,2 0,82 3,08 -1,72
1 400,00 3,0 0,77 3,15 -2,28
1 600,00 2,9 0,74 3,20 -2,57
1 800,00 2,7 0,69 3,26 -3,19
2 000,00 2,5 0,64 3,30 -3,86
3 000,00 1,8 0,46 3,48 -6,72
4 000,00 1,4 0,36 3,60 -8,90
5 000,00 1,2 0,31 3,70 -10,24













28
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
Le diagramme représentant G en fonction de log(f) donne :

Ce filtre atténue les hautes fréquences et laisse passer les basses fréquences, d’où son nom
de filtre passe-bas.
La fréquence de coupure déterminée graphiquement vaut f
c
= 1,7 kHz.
La fréquence de coupure calculée à l’aide de la formule
c
1

f
RC
(où R = R
2
) vaut
f
c
= 1,6 kHz.
L’écart relatif entre la valeur expérimentale et la valeur calculée de f
c
vaut ici 6 % environ.
La relation
c
1

f
RC
est homogène car *2πRC] = [R].[C] = [U].[I]
–1
.[I].[T].[U]
–1
= [T] = [f]
–1
.

2 Utilisation du filtre
Un signal en créneaux à 1,0 kHz présente un spectre en fréquences avec uniquement les
harmoniques impairs de fréquences f
1
= 1,0 kHz, f
3
= 3,0 kHz, f
5
= 5,0 kHz…
L’effet du filtre passe-bas de fréquence de coupure f
c
= 1,6 kHz est de laisser passer la
fréquence fondamentale f
1
= 1,0 kHz mais de supprimer (plus exactement d’atténuer
fortement) tous les harmoniques. En pratique, il reste le fondamental et seulement
l’harmonique de rang 3 avec une très faible amplitude.
Le signal sortant est quasiment pur à une fréquence de 1,0 kHz.
Le haut-parleur permet d’entendre la différence entre le signal d’origine et le signal filtré.







Spectre du signal en créneaux non filtré.

Spectre du signal en créneaux filtré.

29
Microméga TS Spécialité Chapitre 4 Instruments de musique ©Hatier 2012

Commentaires techniques

Un signal créneaux s(t) peut se décomposer en une série de Fourier de la façon suivante :
s(t) = sin(ωt) + sin(3ωt)/3 + sin(5ωt)/5 + …
où la pulsation ω est liée à la fréquence par la relation ω = 2πf.
Le spectre d’un signal créneaux comporte donc les harmoniques impaires f, 3f, 5f, ….









En utilisant l’amplificateur opérationnel, la fonction de transfert du filtre passe-bas actif est
(avec j
2
=-1) :
S 2 1
E 2 2
/
( ω)=
1 ω
u R R
H j
u jR C

En basse fréquence, la fonction de transfert tend vers H(jω) = - R
2
/R
1
. Le condensateur se
comporte comme un circuit ouvert.
En haute fréquence, la fonction de transfert tend vers H(jω) = 0 . Le condensateur se
comporte comme un circuit fermé.

Lorsque l’on branche un haut-parleur à un amplificateur, il faut vérifier les impédances.
L’impédance d’un circuit possédant des condensateurs ou des bobines représente sa
capacité à s’opposer au passage du courant alternatif. Cette impédance dépend de la
fréquence du courant. En générale, les fiches techniques des enceintes et des amplificateurs
indiquent l’impédance pour une fréquence de 1 kHz appelée impédance nominale.
L’impédance d’entrée d’un haut-parleur doit toujours être supérieure ou égale à
l’impédance de charge minimale de l’amplificateur.

Spectre d’un signal en créneaux.
Spectre d’un signal sinusoïdal.

30
THÈME 2 SON ET MUSIQUE



Activité 2 Filtrage des bruits

Objectifs
Les objectifs de cette activité sont d’analyser divers documents afin de proposer une
méthode pour éliminer les bruits présents sur un échantillon sonore. Le principe est de
choisir et de construire des filtres dont les fréquences caractéristiques répondent aux
exigences du problème.

Correspondance avec le programme
• Exploiter une analyse spectrale.

Correction
a. Le filtre 1 est un filtre passe-bas car il laisse passer les basses fréquences.
Le filtre 2 est un filtre passe-bande car il laisse passer une bande de fréquences.
Le filtre 3 est un filtre passe-haut car il laisse passer les hautes fréquences.
b. Un bruit est caractérisé par une multitude de fréquences de faibles amplitudes.
c. Pour éliminer le bruit et conserver uniquement le signal sinusoïdal à 159 Hz, il faut utiliser
un filtre passe-bande dont la fréquence caractéristique f
0
est centrée sur 159 Hz. Pour
construire ce filtre, on peut utiliser une bobine d’inductance L = 1,0 mH et un condensateur
de 1,0 mF.
d. Pour éliminer le bruit basse-fréquence, on utilise un filtre passe-haut de fréquence de
coupure f
c
située entre 200 et 300 Hz. En choisissant une résistance R = 100 Ω et une
capacité C = 8,0 µF, on obtient une fréquence de coupure f
c
= 2,0.10
2
Hz.
Pour éliminer le bruit haute-fréquence, on utilise un filtre passe-bas de fréquence de
coupure f
c
située entre 800 et 1000 Hz. En choisissant une résistance R = 300 Ω et une
capacité C = 590 nF, on obtient une fréquence de coupure f
c
= 900 Hz.

Commentaires techniques

• Pour le filtre n°1 : Filtre passe-bas
Fonction de transfert :
S
E
1
( ω)=
1 ω
u
H j
u jRC


• Pour le filtre n°2 : Filtre passe-bande
Fonction de transfert :
S
E
1
( ω)=
1
1 ω-
ω
u
H j
L u
j
R RC



• Pour le filtre n°3 : Filtre passe-haut
Fonction de transfert :
S
E
ω
( ω)=
1 ω
u jRC
H j
u jRC


31
Microméga TS Spécialité Chapitre 4 Instruments de musique ©Hatier 2012




Le facteur de qualité Q représente la capacité d’un filtre à sélectionner une fréquence. Il se
calcule comme le rapport de la fréquence centrale sur la largeur de la bande passante
définie comme l’intervalle de fréquences entre les fréquences de coupure à partir desquelles
le niveau diffère de 3 dB.
Pour un filtre de fréquence centrale f
C
et de bande passante f, on a un facteur de qualité
Q = f
C
/ f.

Pour le filtre passe-bande n°2, le facteur de qualité vaut
1 L
Q
R C
.





1
Microméga TS Spécialité Chapitre 5 Émetteurs et récepteurs sonores ©Hatier 2012


Émetteurs et récepteurs sonores


MOTS CLÉS Voix et acoustique physiologique

Ce mot clé est décomposé en trois activités indépendantes.
• La première activité étudie, à l’aide de documents, le rôle des différentes parties de
l’appareil phonatoire dans le but de comprendre la production des sons par la voix.
• La deuxième activité fait découvrir expérimentalement, à l’aide d’analyses de spectres, les
différences entre les voix et entre divers sons chantés.
• La dernière activité aborde la réception des sons par l’oreille. Elle détaille l’appareil auditif
pour comprendre le rôle de chacune de ses parties et met en avant l’importance de la
cochlée dans la perception des sons et dans certains problèmes de surdité.


Activité 1 La voix

Objectifs
Cette activité documentaire étudie la production de sons dans l’appareil phonatoire en
identifiant le rôle de ses différentes parties.
Le but est de retrouver les deux éléments essentiels dans la production d’un son (vibrer et
émettre) en mettant en avant l’origine des vibrations sonores et les différentes caisses de
résonance qui permettent de moduler la voix.

Correspondance avec le programme
• Connaître et exploiter la relation entre la période ou la fréquence, la longueur d'onde et la
célérité.

Correction
a. • Les poumons sont la source de courant d’air qui permet de faire vibrer les cordes
vocales.
• Les cordes vocales sont la source des vibrations sonores lorsqu’elles sont mises en
mouvement.
• Les cavités successives (larynx, pharynx, cavité buccale, cavité nasale) de l’appareil
phonatoire jouent le rôle de caisses de résonance pour amplifier et moduler le son.
Chapitre
5

2
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
b. L’intensité sonore dépend de l’amplitude des vibrations des cordes vocales et la hauteur
du son dépend de la fréquence de vibration de ces dernières.
c. • Pour changer la fréquence de vibration de ses cordes vocales, une personne doit
modifier leur tension en stimulant plus ou moins les muscles crico-thyroïdiens.
• Pour changer l’amplitude de vibration de ses cordes vocales, une personne doit modifier le
débit d’air qui passe entre les cordes vocales en modulant son expiration.
• Pour changer le timbre de sa voix, une personne doit modifier la forme de ses cavités
résonantes en faisant bouger sa mâchoire, ses joues, son palais, sa langue, ses lèvres…
d. Les hommes ont les plus grandes cordes vocales. Ceci se traduit par une voix plus grave
car, plus les cordes vocales sont longues, plus leur fréquence de vibration est basse.
e. La langue et les lèvres participent également à la modulation de la voix.

Commentaires
Pour tendre les cordes vocales, les muscles crico-thyroïdiens font plus ou moins pivoter les
cartilages appelés cartilages aryténoïdes.
La longueur des cordes vocales varie entre 15 et 20 mm chez la femme et entre 18 et 25 mm
chez l’homme.


Activité 2 Les timbres de voix

Objectifs
Cette activité a pour objectif dans une première partie d’étudier les différences entre divers
sons chantés et de comprendre l’origine de ces différences. Une deuxième partie montre la
grande variété des timbres en analysant les différences entre des voix de même sexe, de
sexes différents, et d’intensités différentes.

Correspondance avec le programme
Caractéristiques et propriétés des ondes
• Pratiquer une démarche expérimentale pour déterminer la période, la fréquence, la
longueur d’onde et la célérité d’une onde progressive sinusoïdale.
• Réaliser l’analyse spectrale d’un son musical et l’exploiter pour en caractériser la hauteur
et le timbre.

Matériel
- un microphone
- un système d’acquisition informatisé
- un logiciel d’analyse spectrale



3
Microméga TS Spécialité Chapitre 5 Émetteurs et récepteurs sonores ©Hatier 2012
Correction
a. Pour toutes les voyelles chantées à la même hauteur, les fréquences des premiers pics de
chaque spectre doivent être identiques.
b. Les signaux temporels et les spectres en fréquences sont différents. Les pics sont aux
mêmes fréquences mais leurs amplitudes sont différentes.
c. La fréquence de vibration des cordes vocales ne change pas en fonction de la voyelle (à
condition que les voyelles soient chantées à la même hauteur).
d. Les parties de l’appareil phonatoire responsables des différences entre les voyelles sont
les cavités résonantes qui sont utilisées avec des formes différentes.
e. Pour un même son chanté à la même hauteur :
- Le son chanté par une fille parait plus cristallin, c'est-à-dire qu’il parait plus pur, possédant
moins d’harmoniques que celui chanté par un garçon dont le timbre est plus riche.
- Les voix de deux personnes, même de même sexe, présentent toujours des timbres
différents.
- Un son chanté fortement possède un spectre dont les amplitudes des pics augmentent. Le
timbre est par conséquent modifié.

Commentaires techniques
Régler les paramètres d’acquisition pour enregistrer environ cent périodes avec mille points
de mesure pour obtenir environ dix points de mesures par période.
Pour éviter de faire varier trop de facteurs simultanément durant l’analyse des différences
entre les sons chantés, il faut que les sons soient chantés par une même personne et si
possible à la même hauteur et avec la même intensité.
Pour trouver le rôle des cavités dans les différences entre les sons chantés, plusieurs sens
sont utiles au-delà des connaissances et des documents : l’écoute, l’observation et le
ressenti des vibrations dans l’appareil phonatoire.
Il est souvent difficile de chanter juste. Il est donc souhaitable de recommencer les
acquisitions autant que nécessaire.


Activité 3 L’oreille

Objectifs
Cette activité décortique les différentes parties constituant l’oreille pour leur attribuer une
fonction précise dans la transmission du son jusqu’au cerveau. La cochlée, élément
important du système auditif, est étudiée plus précisément et aboutit en fin d’activité sur
une recherche documentaire pouvant être faite à la maison et portant sur les problèmes de
surdité liés à la cochlée et sur les moyens d’y remédier.


4
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
Correspondance avec le programme
• Connaître et exploiter la relation entre la période ou la fréquence, la longueur d'onde et la célérité.
• Connaître et exploiter la relation liant le niveau d'intensité sonore à l'intensité sonore.

Correction
1 La constitution de l’oreille
a. • Tympan : membrane vibrant sous l’action des ondes acoustiques dans l’air.
• Pavillon : partie cartilagineuse souple qui collecte les sons.
• Nerf auditif : fibres nerveuses (environ 50 000) conduisant l’information au cerveau sous
forme de signaux électriques à la vitesse de 5 m.s
–1
.
• Fenêtre ovale : membrane qui transforme la vibration de l’étrier en onde sonore dans un liquide.
• Canal auditif : tuyau externe conduisant le son.
• Osselets : amplificateur mécanique de vibration.
• Cochlée : cavité remplie d’un liquide et tapissée de cellules ciliées bougeant au passage
d’une onde dans le liquide.
b. La durée t qu’il faut au signal électrique pour parcourir dans le nerf auditif la distance
d = 10 cm qui sépare la cochlée du cortex cérébral à la vitesse v = 5 m.s
–1
vaut :
t = d/v = 2,0.10
–2
s = 20 ms.

2 La cochlée
c. Puisque les ondes de hautes fréquences se propagent moins loin que les ondes de basses
fréquences, les cellules ciliées du fond de la cochlée ne reçoivent que les basses fréquences.
De ce fait, les cellules du fond de la cochlée sont sensibles aux basses fréquences et les
cellules à l’entrée de la cochlée sont sensibles aux hautes fréquences.
d. Les premières fréquences sonores à ne plus être audibles après détérioration de la
cochlée sont les hautes fréquences, car ce sont les cellules ciliées à l’entrée de la cochlée qui
sont détruites en premier.
e. Les baladeurs (limités à 100 dB) et les discothèques (limitées à 105 dB) présentent un
danger car d’après le texte, « une exposition prolongée à des bruits de fortes amplitudes (à
partir de 85 dB) peut endommager l’oreille de manière irréversible et provoquer des
surdités ».
f. Lorsque les cellules ciliées sont détruites, il est possible, dans certains cas, de se faire
greffer une prothèse cochléaire.
Commentaires
Certaines prothèses cochléaires sont constituées d’une vingtaine d’électrodes implantées à
différents endroits de la cochlée. Ces électrodes sont reliées à un boîtier placé derrière l’oreille
qui traite le son reçu par un microphone. Ce boîtier envoie dans les électrodes des signaux
électriques de différentes fréquences selon la sensibilité de la zone visée de la cochlée.

5
Microméga TS Spécialité Chapitre 5 Émetteurs et récepteurs sonores ©Hatier 2012

MOTS CLÉS Microphone, enceintes acoustiques, casque audio

Ce mot clé permet l’étude de certaines caractéristiques de trois dispositifs
électroacoustiques familiers des élèves. L’objectif des activités de ce chapitre est de
comprendre le fonctionnement et l’utilisation optimale de ces dispositifs.
L’étude du microphone et du haut-parleur se fait à travers une activité expérimentale. Bien
que le haut-parleur ne soit pas explicitement cité dans le programme, il nous a semblé
important de l’étudier parce qu’il intervient dans le fonctionnement des enceintes et des
casques audio. Son fonctionnement analogue à celui du microphone constitue également un
point important à mentionner. Les études des enceintes et du casque audio se font au
travers de deux activités documentaires permettant aux élèves de préparer des études de
documents, de réaliser des synthèses de connaissances.
Les élèves doivent utiliser leurs connaissances sur les ondes (relation entre longueur d’onde
et fréquence, interférences…). L’étude du casque audio permet de réinvestir les quelques
connaissances en électricité que les élèves ont acquises durant leur scolarité. D’un point de
vue expérimental, l’utilisation d’un multimètre doit être connue.


Activité 1 Bandes passantes d’un haut-parleur et d’un microphone

Cette première activité propose d’étudier expérimentalement la notion de bande passante
pour un microphone et un haut-parleur, élément essentiel d’une enceinte. Il s’agit ici de
familiariser l’élève avec le tracé et l’exploitation soignés de courbes. La notion de niveau
sonore doit être connue. Par ailleurs, conformément au programme, il est demandé à l’élève
de proposer des protocoles afin de répondre à une problématique simple.
Objectif : Haut-parleur et microphone sont deux dispositifs identiques dont les utilisations
sont différentes. Dans cette activité, le but est de montrer ces similitudes de fonctionnement
et de comportement.

Matériel
• un G.B.F.
• un multimètre
• un sonomètre
• un haut-parleur de bande passante la plus large possible (réutilisable pour la
détermination de la bande passante du microphone).
• un microphone

Correspondance avec le programme
• Connaître et exploiter la relation liant le niveau d'intensité sonore à l'intensité sonore.


6
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
Correction
1 Bande passante d’un haut-parleur
Le graphe ci-dessous donne l’allure de la courbe obtenue avec un haut-parleur médium. Le
tracé selon une échelle semi-logarithmique n’est pas indispensable.
c. Pour avoir un haut-parleur de bonne qualité, il faut que sa bande passante soit linéaire.
Les sons délivrés sur cet intervalle de fréquence auront le même niveau sonore.


2 Bande passante d’un microphone
Le graphe ci-dessous donne l’allure de la courbe obtenue pour un microphone classique
disponible au lycée.

d. Si le sonomètre est accolé au microphone, les sons perçus par le microphone et le
sonomètre seront différents.
e. Les mesures doivent être faites à niveau sonore constant afin d’avoir des conditions
expérimentales identiques pour chaque mesure réalisée..
f. et g. : les réponses sont variables d'un microphone à l'autre.
h. La bande passante doit être linéaire et la plus large possible.


7
Microméga TS Spécialité Chapitre 5 Émetteurs et récepteurs sonores ©Hatier 2012
3 Transduction électroacoustique
Deux expériences suffisent. L’une consiste à utiliser un microphone comme haut-parleur et
vérifier qu’un son est bien émis en utilisant un sonomètre.
L’autre consiste à mesurer la tension aux bornes d’un haut-parleur utilisé comme un
microphone, placé en face d’un haut-parleur émettant un son.
Commentaires
Les microphones électrodynamiques fonctionnent grâce au principe de l’induction. Les
microphones électrostatiques fonctionnent sur le principe d’un condensateur. Ces derniers
ont de meilleures performances.
Les caractéristiques principales d’un microphone sont les suivantes :
• La sensibilité
Quand un microphone reçoit une pression acoustique p (en Pa), il produit une tension u. Sa
sensibilité vaut alors s = u/p. (de quelques mV/Pa pour les microphones électrodynamiques à
20-25 mV/Pa pour les microphones électrostatiques).
• La courbe de réponse fréquentielle (voir les mesures faites dans l’activité)
• La directivité (voir l’exercice 2 p. 92)
Les manipulations ont été effectuées avec un haut-parleur médium et un microphone
unidirectionnel d’impédance 600 ohms. La réalisation de l’activité expérimentale peut être
aisément menée avec le matériel utilisé habituellement au lycée.


Activité 2 Les enceintes
Cette activité repose sur le réinvestissement des connaissances sur le phénomène
d’interférences pour l’étude des enceintes. La rédaction de synthèses est proposée afin de
préparer l’élève à ce genre d’exercices.

Correspondance avec le programme
• Connaître et exploiter la relation entre la période ou la fréquence, la longueur d'onde et la
célérité.

Objectif
Mettre en pratique les connaissances sur les ondes et le phénomène d’interférences pour
décrire l’intérêt de l’utilisation des enceintes.

Correction
a. La face avant et la face arrière de la membrane du haut-parleur produisent des ondes
sonores de même fréquence mais en opposition de phase. Le diamètre d’un haut-parleur (de
l’ordre de la dizaine de centimètres) est petit devant la longueur d’onde des sons de basses
fréquences (de l’ordre du mètre). De ce fait, la différence de marche entre les ondes émises
par les faces avant et arrière de la membrane est très faible par rapport à la longueur

8
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
d’onde. Les deux ondes considérées sont donc en opposition de phase, et le phénomène
d’interférences destructives est prépondérant pour les ondes sonores de basses fréquences.
b. Si le récepteur se trouve très loin de l’écran, la distance parcourue par l’onde émise par la
face arrière après le passage du baffle est égale à celle parcourue par l’onde émise par la
face avant. De ce fait, la différence de marche est égale à la distance parcourue par l’onde
émise par la face arrière avant le passage du baffle, c'est-à-dire D.
c. Soit un son de fréquence f = 20 Hz.
Pour éviter le phénomène d’interférence destructive, il faut que la taille du baffle soit grande
devant la longueur d’onde du son considéré :
1,7m.
c
f
ì = =
Le baffle doit donc avoir des dimensions de l’ordre d’une dizaine de mètres pour éviter le
phénomène d’interférences destructives. Ceci est difficilement réalisable.
d. Les sons issus d’un haut-parleur tweeter ont une fréquence plus élevée et donc une
longueur d’onde plus faible (de l’ordre de quelques centimètres). L’utilisation de baffles
s’avère plus judicieuse ici.
e. • L’enceinte close permet de confiner les ondes sonores émises par la face arrière de la
membrane à l’intérieur. Seules les ondes sonores émises par la face avant de la membrane
sont perçues par l’auditeur. Les ondes sonores de basses fréquences sont donc mieux
audibles.
• L’enceinte bass reflex a un fonctionnement différent de l’enceinte précédente. Le but de
cette enceinte est d’offrir un renforcement des basses fréquences. En effet, les dimensions
de l’enceinte permettent à l’onde sonore émise par la face arrière de suivre un chemin de
telle manière à ce que, au niveau de l’évent, les ondes sonores émises par les faces avant et
arrière soient en phase. Il y a donc interférences constructives.
Commentaires
• Les enceintes bass reflex constituent des résonateurs de Helmholtz. Il est donc possible de
constituer des exercices plus calculatoires en s’inspirant d’exercices traitant de ces
résonateurs.
• Il existe d’autres types d’enceintes :
- Enceinte à haut-parleur passif
Cette enceinte comporte deux haut-parleurs. L’un est alimenté en courant, l’autre non. Le
dernier haut-parleur ne vibre que sous l’action de l’air compris dans l’enceinte comme pour
une enceinte bass-reflex. La différence repose sur la meilleure qualité du son obtenu.
- Enceinte à labyrinthe
L’onde arrière est contrainte à parcourir un chemin plus long dans l’enceinte et à ressortir en
phase avec l’onde émise par la face avant.
• Le phénomène de diffraction joue un rôle prépondérant dans la réponse d’une enceinte.
En effet, les ondes sonores, plutôt de hautes fréquences, peuvent être diffractées par les
bords de l’enceinte que l’on choisira de ce fait arrondis ou biseautés.

9
Microméga TS Spécialité Chapitre 5 Émetteurs et récepteurs sonores ©Hatier 2012

Activité 3 Comment choisir un casque audio ?

La dernière activité propose une étude du casque audio à travers la notion d’adaptation
d’impédance. Les connaissances en électricité du collège et de 1
re
S sont ici sollicitées.

Objectif
Utiliser les connaissances en électricité pour définir la notion d’adaptation d’impédance. Par
ailleurs, la deuxième partie de l’activité permet de réinvestir les notions vues sur la bande
passante d’un haut-parleur.

Correspondance avec le programme
• Programme de 1
re
S : Production de l'énergie électrique ; puissance. Conversion d'énergie
dans un générateur, un récepteur. Loi d'Ohm. Effet Joule.

Correction
1 L’adaptation d’impédance
a.








b. En utilisant la loi d’additivité des tensions, E = (R
S
+ R
E
)I
c.
E
2 2 2
2 S E
E E 2 2 2 2
E S S S
E E
S S
( )
1 1
R
R R E E E
P R I R
R R E R R
R R
R R
= = = × = ×
+
| | | |
+ +
| |
\ . \ .

d. En posant
E
S
R
x
R
= , il suffit d’étudier les variations de la fonction
2 2
2
S
( )
(1 )
E E
f x
R x
= ×
+
.
Cette fonction présente un maximum lorsque x = 1.
De ce fait, la puissance reçue par le dipôle de résistance R
E
sera maximale lorsque R
E
= R
S
.
E R
E

R
S

Émetteur
Récepteur
I
U
RS

U
RE


10
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
e. La puissance fournie par l’émetteur vaut
2
E S
'
E
P EI
R R
= =
+
.
La puissance reçue par le récepteur est maximale si R
E
= R
S
.
Si R
E
= R
S
, alors
2
'
4 2
E P
P = = .
La puissance restante est dissipée par effet Joule.

2 Comment adapter un casque à un lecteur mp3 ?
f. Pour que la transmission du signal soit optimale, il faut que l’impédance de sortie du
lecteur soit la plus proche de l’impédance d’entrée du casque.
Les modèles A et B sont à écarter.
La bande passante du modèle C est plus large que celle du modèle D. Le modèle C
correspond au choix le plus judicieux.
g. Les modèles A et B offrent une adaptation d’impédance insuffisante.
La bande passante du modèle D ne couvre pas l’ensemble des sons audibles par l’être
humain (20 – 20 000 Hz).


11
Microméga TS Spécialité Chapitre 5 Émetteurs et récepteurs sonores ©Hatier 2012

MOT CLÉ Reconnaissance vocale

L’étude de ce mot clé passe par les réalisations d’une activité expérimentale et d’une activité
documentaire. L’un des objectifs principaux de ces activités est d’insister sur les difficultés
de réalisation d’une telle technique.
Pré requis
Les élèves doivent savoir utiliser un logiciel d’acquisition. Il est préférable que les mots clés
relatifs à l’acoustique physiologique soient connus.


Activité 1 Tentative de reconnaissance vocale

Correspondance avec le programme
• Pratiquer une démarche expérimentale mettant en œuvre un capteur ou un dispositif de
détection.

Matériel
• un ordinateur
• un logiciel d’acquisition
• un microphone

Remarque
Dans cette activité, les élèves sont amenés à utiliser un logiciel d’acquisition et à interpréter
les enregistrements vocaux qu’ils obtiendront. Ils devront soigner les acquisitions afin de
pouvoir comparer les différents enregistrements de manière efficace.

Correction
a. Les signaux temporels montrent une grande proportion de silence (environ 60 %), ce qui
n’est pas conforme à l’impression à l’oreille.
b. Les voyelles sont plus faciles à reconnaître que les consonnes. Les parties du signal
correspondant à une voyelle ont une structure presque périodique.
c. et d. Les analyses des signaux se font à l'aide des outils de zoom des logiciels d'acquisition.
e. Plusieurs différences peuvent être constatées : amplitude du signal, durée des silences,
hauteurs des sons produits.
f. Lors d’une reconnaissance vocale, le dispositif doit pouvoir distinguer l’ensemble des
syllabes prononcées. Les consonnes sont difficiles à distinguer. Le logiciel doit par ailleurs
composer avec les différentes prononciations du mot (accent, vitesse d’élocution…).


12
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
Commentaires
• Dans le protocole, il faut veiller à ce que les phrases vocales prononcées correspondent
aux mots prononcés lors de la dernière manipulation afin de pouvoir exploiter au mieux les
signaux obtenus.
• Il faut effectuer des zooms sur les spectres obtenus afin de pouvoir les comparer aisément.
• Les durées d’acquisition doivent être de l’ordre de quelques secondes.
• Il est aussi possible de faire constater que le signal temporel pour un même mot diffère
vraiment d’une personne à une autre.


Activité 2 Étude d’un spectrogramme

Objectif
• Associer quelques aspects d’acoustique physiologique à l’utilisation d’un logiciel de
reconnaissance vocale.

Correspondance avec le programme
• Réaliser une analyse spectrale.

Correction
a. Le signal obtenu en sortie du microphone est un signal analogique. Or, pour pouvoir
réaliser le traitement informatique, il est nécessaire de numériser le signal. Une conversion
analogique numérique s’impose donc.
b.
Date (en s) 0,3 0,5 0,7
Fréquence (en Hz) 500 /1 400 /2 600 400 / 1 400 / 2 300 400 / 2 700 / 3 000
c. En utilisant la figure 2, il est aisé d’associer dans l’ordre les voyelles *a+, *Ø+ et *i+.
d. • Sur le spectrogramme, le premier son contient beaucoup de hautes fréquences et n’a
aucune structure formantique. Ce son est engendré par une consonne fricative comme le
« s ».
• Le son perçu à la date 0,4 s a une structure formantique (F
1
= 200 Hz et F
2
= 1 400 Hz). Ce
type de son correspond à la prononciation d’une consonne vocalique telle que le « m ».
• À la date t = 0,6 s, un silence est observé. Il correspond à la présence d’une consonne
occlusive comme le « d ».
e. Le mot prononcé est donc « samedi ».
f. Pour qu’un logiciel de reconnaissance vocale soit efficace, il est nécessaire que ce dernier
reconnaisse la façon de prononcer les différents sons du locuteur. De ce fait, plusieurs
enregistrements sont nécessaires pour que le logiciel puisse se constituer une base de
données.

13
Microméga TS Spécialité Chapitre 5 Émetteurs et récepteurs sonores ©Hatier 2012
g. Obtenir un logiciel de reconnaissance vocale performant est difficile.
Il faut d’abord créer un logiciel de reconnaissance vocale pour chaque langue parlée dans le
monde. Par ailleurs, dans une même langue, différents accents existent.
De plus, il faut considérer que la voix de chaque individu est unique : chaque individu
possède son propre timbre de voix, la hauteur des sons produits diffère selon le sexe des
individus (entre autres)... Ceci explique la nécessité des multiples enregistrements.
Constituer un dictionnaire complet est également une tâche difficile, chaque langue
possédant un vocabulaire riche. De plus, l’existence d’homophones rend l’utilisation de ces
logiciels plus compliquée encore.

Commentaires
L’étude complète de la reconnaissance vocale est réellement difficile pour les élèves. Dans
ce mot clé, nous avons choisi de ne pas aborder les problèmes rencontrés pour numériser le
signal (paramétrisation, FFT).
L’existence d’homophones nécessite l’utilisation de logiciels reposant sur des bases de
statistique. Au fur et à mesure de l’utilisation du logiciel, ce dernier devient capable de
choisir la bonne orthographe du mot utilisé. Il peut aussi essayer de s’adapter au contenu du
texte.
Il est encore difficile d’obtenir des logiciels de reconnaissance vocale parfaitement
performants et multilingues.


1
Microméga TS Spécialité Chapitre 6 Son et architecture ©Hatier 2012


Son et architecture

MOTS CLÉS Auditorium, salle sourde, réverbération

La notion de réverbération est étudiée au travers des deux autres mots clés que sont
« auditorium » et « salle sourde ». En effet, la notion de réverbération sera d’autant mieux
comprise en étudiant ces deux types de salles ayant des utilisations et des comportements
acoustiques vraiment différents. Il nous a semblé utile d’associer la notion d’absorption à la
notion de réverbération.
Plusieurs définitions ont été introduites dans le manuel afin d’aider les élèves à comprendre
cette partie riche en informations.

Il est préférable que les élèves aient abordé les mots clés relatifs à l’acoustique
physiologique.


Activité 1 Acoustique architecturale

Objectif
Dans cette activité, le but est de faire en sorte que les élèves sachent utiliser des formules en
association avec des données qu’il faudra savoir trier. Les résultats obtenus vont permettre
de comparer deux types de salles (auditorium, chambre sourde).
Cette activité utilise les définitions données en préambule du mot-clé.

Correspondance avec le programme
• Extraire et exploiter des informations sur les manifestations des ondes mécaniques dans la
matière.

Correction
a. L’architecture de la salle de la Philharmonie de Berlin a été conçue de manière à ce que
tous les auditeurs puissent profiter au mieux de la musique qui y est jouée.
Le projet initial a dû être abandonné car il envisageait une salle ronde dont le plafond était
en forme de coupole et la scène centrale. Ce type de salle engendre des réflexions qui créent
une zone de convergence des ondes sonores. Ainsi, l’énergie acoustique n’est pas
uniformément répartie dans la salle.
Le toit en forme de tente permet d’éviter ce désagrément, les ondes sonores sont mieux
réfléchies dans l’ensemble de la salle. L’utilisation de formes convexes à la place de formes
concaves renforce cette meilleure répartition de l’énergie acoustique dans la salle.
Un temps de réverbération trop élevé engendrerait de mauvaises conditions d’écoute pour
les auditeurs. En effet, dans ce type de salle, il vaut mieux avoir un temps de réverbération
plutôt court afin de pouvoir distinguer les différentes notes jouées par un orchestre. Ainsi, il
est nécessaire d’ajouter des panneaux et autres éléments structurels qui permettent de
réduire la valeur du temps de réverbération.
Chapitre
6

2
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
b. • Matériaux qui favorisent la réverbération : brique, parquet.
• Éléments qui résorbent la réverbération : sièges, public.
c. Pour que la salle ait les mêmes propriétés acoustiques quelle que soit l’assistance, il faut
que les sièges aient des coefficients d’absorption voisins de ceux d’une personne assise.
d. Les superficies mises en jeu sont S
sol
= 60 m² = S
plafond
; S
parois
= 152 m². Le volume de la
salle est V= 240 m
3
. Le tableau ci-après regroupe les TR calculés dans les différentes
situations.

Fréquences A (m²) TR (s)
Parquet au sol,
briques sur les
parois et au plafond
250 13,2 2,9
1 000 14,5 2,6
Sol, plafond et
parois recouverts de
mousse mélamine
250 242 0,16
1 000 272 0,14
Utilisation de
dièdres de mousse
mélamine
250 2 670 0,014
1 000 3 000 0,013

On constate que l’utilisation des dièdres divise par 10 le TR par rapport à la situation sans
dièdres, mais avec matériaux absorbants.
e. Une chambre sourde est utilisée pour réaliser des mesures précises sur des microphones
et haut-parleurs (bandes passantes, directivité), des mesures de niveaux sonores émis par
des moteurs ou autres parties d’un véhicule…
f. Selon la fonction de la salle, il faut choisir correctement les matériaux la composant. Pour
un auditorium, il faut faire en sorte que les ondes sonores émises puissent être réfléchies
tout en étant un minimum absorbées. En effet, l’orchestre, l’orateur… doivent être
clairement entendus par l’ensemble de l’assistance. Il faut donc associer des matériaux qui
absorbent plutôt les ondes de fréquences gênantes (bruit de fond) et réfléchissent plutôt les
ondes de fréquences désirées (voix humaine, notes de musique).
Dans une chambre sourde, les matériaux utilisés doivent absorber l’ensemble des ondes
sonores émises. Il faut donc choisir un matériau dont le coefficient d’absorption est proche
de 1 pour n’importe quelle fréquence. Ainsi, d’après les données figurant dans le tableau, la
mousse mélamine semble être adaptée.


Commentaires et compléments scientifiques
• Dans une salle de spectacle, l’une des erreurs est de placer des rideaux et autres tentures
qui ont des coefficients d’absorption faibles pour les basses fréquences (< 200 Hz) et un peu
plus élevés pour les autres fréquences. De ce fait, l’atténuation des basses fréquences est
trop faible et il n’est pas rare d’être confronté à un bruit de fond sourd gênant.
• Une salle sourde est aussi appelée salle anéchoïque.
• La formule de Sabine constitue une première approximation de l’évaluation du temps de
réverbération. Cette formule repose sur la supposition que le champ réverbéré est

3
Microméga TS Spécialité Chapitre 6 Son et architecture ©Hatier 2012
uniformément réparti dans la salle qui doit alors être réfléchissante. De ce fait, cette formule
est d’autant moins exacte que la salle est absorbante. Pour corriger, il faut envisager pour
une salle plus absorbante la formule d’Eyring :
0,16
TR .
ln(1 )
V
S o
÷
=
× ÷


• L’absorption des ondes sonores peut se faire via des résonateurs dont le principe de
fonctionnement est celui du résonateur de Helmholtz. Ces résonateurs ont deux fonctions :
- amplifier le son à proximité,
- absorber le son dans le reste de la salle.
Cette application se retrouve dans les vases acoustiques présents dans les théâtres antiques
et les églises du Moyen Âge.
• L’acoustique des salles est une « discipline » assez vieille.
En effet, les peintures rupestres des hommes préhistoriques se trouvent principalement
dans des grottes possédant une réverbération élevée.
Au 1
er
siècle av J-C, Vitruve a proposé une étude sur l’acoustique des salles dans « De locis
consonantibus ad theatra eligendis » « Du choix des emplacements consonants pour les
théâtres ».
Au Moyen Âge, les églises sont construites de manière à favoriser l’écoute de chants
grégoriens. Le TR est donc très élevé afin de permettre aux notes de se « superposer ».
Les salles plus petites construites à la Renaissance ont permis d’obtenir des musiques plus
complexes et rapides (développement du clavecin).
• Ce sont les parois près de la scène qui produisent les réflexions précoces et qui, par
conséquent, augmentent la clarté des sons. Si ces parois sont suffisamment petites, elles
permettent l’augmentation des réflexions précoces tout en évitant des réverbérations
tardives.
• Il ne faut pas confondre absorption des ondes par une paroi et isolation phonique.




Activité 2 Mesure de coefficients d'absorption

Cette activité a pour but de mesurer des coefficients d’absorption et d’exploiter les mesures
ainsi réalisées.

Correspondance avec le programme
• Pratiquer une démarche expérimentale mettant en œuvre un capteur ou un dispositif de
détection.
• Pratiquer une démarche expérimentale visant à étudier qualitativement et
quantitativement un phénomène de propagation d'une onde.

Matériel
• tube de Kundt
• haut-parleur
• disques d’épaisseurs égales de différents matériaux (carton, bois, plâtre, mousse …)
• multimètre et fils


4
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
Correction
a. À titre indicatif, voici plusieurs mesures des coefficients d’absorption réalisées avec un
tube de Kundt.

Fréquence 500 Hz 1 000 Hz 2 000 Hz 4 000 Hz
Contreplaqué (5 mm) 0,30 0,11 0,08 0,08
Laine de roche 0,40 0,45 0,60 0,70
Moquette 0,11 0,24 0,42 0,66
Verre (4 mm) 0,02 0,03 0,02 0,03

b. Pour réduire significativement le TR d’une salle, il faut que le matériau absorbe les sons
sur le plus grand domaine de fréquence possible et ce, de manière significative.
Pour faire le meilleur choix, il faut aussi tenir compte du coût, de la faisabilité de la mise en
œuvre. Il faut donc choisir, parmi les matériaux testés, celui de plus grand coefficient
d'absorption.


Commentaires
Il est possible de remplacer le tube de Kundt par un tuyau en plastique dans lequel un
microphone peut être déplacé.
Comme pour tout TP d’acoustique, il y aura des désagréments sonores.
Il est préférable de choisir des matériaux utilisés couramment dans le bâtiment afin de coller
au mieux à l’intitulé des mots clés.
Il y a possibilité d’utiliser un tableur pour effectuer les différents calculs.
Cette activité peut être mise en relation avec l’activité expérimentale réalisée pour le mot
clé « isolation phonique ».


5
Microméga TS Spécialité Chapitre 6 Son et architecture ©Hatier 2012

MOT CLÉ Isolation phonique

Ce mot clé est abordé dans l’optique de faire comprendre aux élèves que l’isolation
phonique d’une pièce dépend de plusieurs paramètres. Cette étude dépend donc beaucoup
du graphe fourni. Ce graphe, un peu complexe, permet aux élèves de s’habituer à l’étude de
graphes et autres documents.
Le choix d’une activité documentaire et d’une activité expérimentale s’est immédiatement
imposé. En effet, remarquer les comportements acoustiques différents de divers matériaux
constitue une manipulation simple à réaliser mais riche à exploiter.

• Correspondance avec le programme d’enseignement spécifique
Connaître et exploiter la relation liant le niveau d’intensité sonore à l’intensité sonore.


Activité 1 Étude de différents matériaux isolants

Objectif
Les objectifs de cette activité sont multiples. Tout d’abord, il s’agit de demander à l’élève de
savoir étudier et utiliser des formules, des graphes, des documents inconnus. Ensuite, il lui
est demandé d’exploiter ces connaissances en imaginant une manière efficace de procéder à
l’isolation phonique d’un logement. Cette activité peut être développée en exploitant
davantage le graphe riche en informations, et en associant les points de législation sur les
nuisances sonores…

Correspondance avec le programme
• Connaître et exploiter la relation entre la période ou la fréquence, la longueur d'onde et la
célérité.
• Connaître et exploiter la relation liant le niveau d'intensité sonore à l'intensité sonore.

Correction
a. Avec une onde de fréquence égale à 400 Hz, la longueur d’onde dans l’air correspondante
est de 0,85 m en considérant une célérité d’une onde de 340 m.s
-1
. Cette valeur est grande
devant l’épaisseur caractéristique d’une paroi.
Avec une fréquence de 5 kHz, ce raisonnement n’est plus valable car la longueur d’onde a
une valeur de l’ordre de grandeur de l’épaisseur de la paroi. L’influence de cette dimension
ne peut plus être négligée.
b. Pour une même surface de travail, plus la masse de la paroi est grande, plus il est difficile
de la faire vibrer. Ainsi une onde sonore parvient-elle difficilement à être transmise par une
paroi dont la masse surfacique est élevée.
c. Lors d’un doublement de la masse surfacique ou de la fréquence, le calcul fait apparaître
le terme 20 log (2) = 6,02 dB.
Sur la courbe, lors d’un doublement de µ, ces résultats sont assez bien vérifiés pour des
valeurs de masse surfacique inférieures à 100 kg.m
-2
.

6
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
Pour le doublement de f, les résultats sont moins bien vérifiés. Lors du passage de 100 à
400 Hz, l’augmentation de R est plutôt voisine de 8 à 10 dB.
Ces différences viennent du fait que, comme toute loi empirique, celle-ci présente des
limites. Par ailleurs, la paroi se comporte comme un ressort. Comme tout ressort, celle-ci
possède une certaine raideur, se comporte comme un résonateur à certaines fréquences.

d. L’indice d’affaiblissement de la vitre vaut R = 25 dB à 400 Hz.
Or, 10log
A
D R
S
| |
= +
|
\ .
,
donc D
4 mm
= 36 dB.

e. • Pour améliorer l’isolation phonique de la pièce, le propriétaire peut placer une vitre de
plus grande épaisseur. En prenant une vitre de 5 mm d’épaisseur, D
5mm
= 38 dB. Cela étant,
l’isolation phonique est à peine meilleure. Il faut donc envisager une superposition de vitres
(proche du principe d’un double vitrage). Il peut aussi superposer une deuxième vitre à la
première. L’indice d’affaiblissement est doublé et alors D
2 × 4 mm
= 61 dB ou D
2 × 5 mm
= 65 dB.
Cette méthode permet une amélioration significative de l’isolation phonique de la pièce.
• Il est possible de diminuer la surface de la fenêtre… sans perdre trop de luminosité. La
fenêtre ne présentant pas une surface importante, il ne serait pas judicieux de modifier ses
dimensions. Sur du double vitrage de 5 mm avec une surface de 2 m² : 67 dB.
• La dernière solution à envisager est d’améliorer l’absorption de la pièce. En effet, il peut
être nécessaire de traiter acoustiquement la pièce pour obtenir une isolation phonique plus
efficace. Ceci passe bien entendu par l’utilisation de matériaux recouvrant les parois de la
pièce et non par l’augmentation des dimensions de la pièce…
Si l’absorption est améliorée de 20 % (A = 48 m²), alors pour une fenêtre en double vitrage
de 5 mm de 3 m², D = 66 dB.
En conclusion, pour améliorer significativement l’isolation phonique d’une pièce, il est
nécessaire de traiter en premier lieu le « point faible » de la pièce.


Commentaires et compléments scientifiques

• La réglementation des bruits émanant d’un bar ou une discothèque est drastique. En effet,
le niveau sonore dans la rue lorsque ces établissements sont en activité ne doit pas dépasser
de 3 dB le niveau sonore dans la rue lorsque ces derniers sont fermés. Cette différence est
vraiment ténue, proche de la limite de perception.
• D’après des études sociologiques, l’isolation acoustique d’un logement est une spirale sans
fin. En effet, si un logement est isolé des bruits de la rue, les bruits émis par les voisins vont
alors être perceptibles… Par ailleurs, ces études ont montré que les bruits extérieurs avaient
une importance dans la vie sociale des gens. Il ne faut donc pas absolument chercher à
l’isolation acoustique parfaite d’un logement.
• Pour procéder à une isolation acoustique plus efficace, il est possible d’utiliser plusieurs
parois. Deux façons de procéder sont à relever :
- Parois accolées
Le coefficient de transmission de l’ensemble des parois juxtaposées est égal à la moyenne
arithmétique des coefficients de transmission de chacune d’entre elles.

7
Microméga TS Spécialité Chapitre 6 Son et architecture ©Hatier 2012
- Parois superposées
Pour accroître l’isolation, au lieu d’accoler directement les parois, un certain volume d’air
(ou de laine de verre) les sépare. De ce fait, la vibration des parois n’est pas simultanée et
seule une partie de l’énergie sonore incidente sera transmise à la paroi suivante. Pour
améliorer le procédé, il convient d’associer des parois ayant des comportements isolants
différents (double vitrage avec deux vitres d’épaisseurs différentes).
• Lors de l’isolation d’une pièce, il faut veiller à ce qu’aucune paroi ne soit pas traitée
acoustiquement. Par exemple, isoler acoustiquement une pièce sans s’occuper de traiter la
porte est inutile.
• Une paroi possède, comme un ressort, une certaine raideur. Ainsi, elle possède une
fréquence de résonance. De ce fait, au voisinage de cette fréquence de résonance, la valeur
de l’indice d’affaiblissement est plus faible et peut assez fluctuer. Mieux vaut que cette
fréquence de résonance soit la plus basse possible (il existe « peu » de sons graves). Par
ailleurs, il existe une autre valeur particulière, la fréquence de coïncidence, fréquence pour
laquelle la valeur de l’indice d’affaiblissement chute significativement.



Activité 2 Mesure d’indices d’affaiblissement

Objectif
Dans cette activité, le but est de comparer le comportement isolant de différents matériaux.
Les mesures à effectuer sont simples à mettre en œuvre. L’exploitation repose à la fois sur la
compréhension du dispositif et sur l’exploitation et l’interprétation des mesures réalisées.
Par ailleurs, dans un souci de laisser des initiatives à l’élève, une proposition de protocole est
demandée afin de vérifier son aptitude à s’approprier le matériel et le phénomène étudiés.

Correspondance avec le programme
• Connaître et exploiter la relation liant le niveau d'intensité sonore à l'intensité sonore•
Pratiquer une démarche expérimentale mettant en œuvre un capteur ou un dispositif de
détection.

Commentaire
Il est préférable, pour cette activité, que les mots clés Microphone, enceintes, casque audio
aient été traitées. L’utilisation du matériel de base (GBF, multimètre, sonomètre) doit être
connue.

Matériel
• voltmètre
• GBF
• haut-parleur dont la bande passante comprend les fréquences étudiées
• enceinte close (par exemple celle fournie par Sciencethic)
• sonomètre
• interrupteur
• parois de différents matériaux (verre, bois, laine de verre…) + prévoir une paroi plus lourde
composée de l’un de ces matériaux



8
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
Correction
a. Les résultats indiquent que le caractère isolant d’un matériau augmente avec la fréquence
de l’onde incidente.
b. Par ailleurs, la mesure de L ne s’effectue pas dans la partie dite « émettrice » mais dans
l’ensemble de l’enceinte. Ainsi, il n’y a pas de comparaison entre le niveau sonore dans la
partie émettrice et le niveau sonore dans la partie réceptrice.
Donc L – L’ ne correspond ni à D, ni à R.
c. Le comportement isolant d’une paroi dépend aussi de sa masse. Plus la masse de la paroi
est élevée, meilleure est l’isolation acoustique. Pour vérifier cette hypothèse, il faut réaliser
une série de mesures de coefficients de transmission pour une paroi plus lourde constituée
de l’un des matériaux étudiés.

Commentaires
• Il faut veiller à ce que les parois soient correctement ajustées aux dimensions de la boîte.
• Cette manipulation permet de mettre en évidence la notion d’isolation phonique. Le but
n’est pas de produire des mesures précises, le matériel ne le permettant généralement pas.
Il faut simplement constater que certains matériaux ont de meilleurs comportements
isolants que d’autres, que la valeur de la fréquence joue un rôle important ainsi que la valeur
de la masse de la paroi.


9
Microméga TS Spécialité Chapitre 6 Son et architecture ©Hatier 2012

MOT CLÉ Acoustique active

Le mot clé est étudié au travers de l’utilisation de l’acoustique active dans le but de réduire
les bruits parasites produits dans un avion. Ce choix a été réalisé afin de ne pas trop rester
accroché aux applications dans l’architecture. Cependant, il faut savoir que de nombreuses
salles de spectacle récentes utilisent l’acoustique active afin de pouvoir s’adapter à plusieurs
types de spectacle. Le temps de réverbération de la salle est augmenté ou diminué grâce à
l’utilisation de l’acoustique active.
Dans un dispositif d’acoustique active fabriqué au laboratoire, le dispositif contrôleur peut
être composé d’un montage déphaseur, d’un montage amplificateur de puissance à gain
variable et d’un inverseur.
Les connaissances de l’élève sont sollicitées au travers du phénomène d’interférences. La
deuxième question de l’activité amène l’élève à découvrir l’intérêt d’une boucle de
rétroaction dans les dispositifs de mesure. Enfin, il semble important de comparer l’isolation
acoustique passive à l’acoustique active. Pour cela, il faut utiliser les documents sur
l’isolation acoustique.
Pour étudier ce mot clé, il est préférable que les élèves connaissent la notion d’interférences
(tronc commun) et aient abordé les notions d’isolation acoustique passive et d’acoustique
architecturale. En effet, l’acoustique active repose le principe d’interférences destructives.


Activité 1 Acoustique active dans un avion

Correspondance avec le programme
• Extraire et exploiter des informations sur les manifestations des ondes mécaniques dans la
matière.

Correction
a. p(t) + p’(t) = p
0
cos(2πft) + p
0
cos(2πft + π) = p
0
*cos(2πft) – cos(2πft)] = 0.
L’amplitude de la superposition des deux ondes sonores est bien nulle.







10
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
b. Une partie des ondes sonores à atténuer sont captées puis transformées en signal
électrique par le microphone. Le système de traitement permet de générer des ondes
sonores de même fréquence, de même amplitude, mais en opposition de phase.
L’analyse du bruit secondaire émis est nécessaire afin de contrôler le bon fonctionnement
du dispositif. Il s’agit d’une boucle de rétroaction.



c. Des vibrations et ondes sonores de basses fréquences sont produites dans les avions. Ces
ondes sonores engendrent des effets désagréables chez l’être humain (mal de mer, fatigue).
Il est donc nécessaire d’atténuer ces ondes pour le confort des occupants.
Deux méthodes peuvent être utilisées : l’isolation passive et l’isolation active.
• L’isolation passive consiste à traiter l’acoustique d’un espace en n’utilisant aucun dispositif
sonore supplémentaire. Seule l’utilisation de parois est utilisée. Cela étant, en utilisant la
figure 1 de la page 83, il est aisé de constater qu’obtenir une atténuation de 20 à 30 dB pour
une onde de 100 Hz nécessite l’utilisation de parois de glace d’épaisseur de 8 à 12 mm. Ainsi,
pour atténuer des ondes de 10 Hz, va-t-il falloir utiliser des parois très massives, inadaptées
dans un avion. Cette méthode est donc à rejeter.
• L’utilisation de l’acoustique active permet de réduire de 20 à 30 dB le niveau sonore des
ondes sonores indésirables sans encombrement majeur. Elle ne nécessite que quelques
microphones, haut-parleurs et un système de traitement.

Commentaires
• Il est possible de réaliser un dispositif d’acoustique active en classe (BUP n° 802).
• L’acoustique active est plus facile à mettre en œuvre lorsque les champs acoustiques à
traiter sont de basses fréquences. En effet, il apparaît que le nombre de transducteurs
nécessaires augmente rapidement avec la fréquence.
• L’acoustique active est d’autant plus aisée que le signal à « éliminer » est prédictible. Il est
plus simple de travailler avec des bruits connus simples.
• Au mieux, la réduction du bruit est de l’ordre de 20 dB. Cette technique sera toujours
associée à une technique d’isolation passive.
• Casques anti-bruit, applications dans l’automobile, diminution des bruits de ventilation
sont d’autres applications de l’acoustique active.




1
Microméga TS Spécialité Epreuve expérimentale BAC ©Hatier 2012


Épreuve expérimentale BAC


1 La guitare sèche

Ce sujet constitue une alternative aux activités expérimentales proposées dans le mot clé
Instruments à cordes. Il requiert, pour l’élève, une bonne maîtrise des outils (notamment
informatiques) et une bonne connaissance des différentes notions de base vues en tronc
commun.

Correspondance avec le programme d’enseignement spécifique
• Connaître et exploiter la relation entre la période ou la fréquence, la longueur d’onde et la
célérité.
• Réaliser l’analyse spectrale d’un son musical.

Conseil
Utiliser une corde de masse linéique pas trop élevée (de l’ordre du gramme par mètre).

ANALYSER
a. La question posée guide l’élève sur la voie d’un tracé où la masse linéique µ doit
apparaître. Le document 3 donne la relation entre célérité des ondes et µ. Ceci conduit
l’élève à faire varier un paramètre, la tension F, et à mesurer la célérité v.

Proposition de résolution
La longueur d’onde du mode fondamental est λ = 2L et est reliée à sa fréquence f
1
par la
relation v = 2Lf
1
. La tension de la corde est F = mg.
Ainsi, on peut écrire la relation
1
2
mg
Lf

 , ou encore
2
1 2
4
g
f m
L 
 .
Le tracé de f
1
2
en fonction de m donnera donc une droite dont le coefficient directeur
dépend de µ.

On peut ainsi proposer le protocole suivant :
• Suspendre plusieurs masses m différentes à la corde ; noter leur valeur.
• Pour chaque masse, déterminer la célérité des ondes sur la corde d’une des deux
manières suivantes :
- Par oscillations libres : relier les extrémités de la corde à l’entrée du système
d’acquisition, pincer la corde et obtenir son spectre pour déterminer la fréquence
fondamentale f
1
.
- Par oscillations forcées : relier les extrémités de la corde à un GBF délivrant une
tension sinusoïdale, faire varier sa fréquence et noter la valeur pour laquelle la première
résonance (au mode fondamental de vibration) est observée.
Thème 2
Son et musique

2
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
• Tracer f
1
2
en fonction de m, déterminer le coefficient directeur, dont l’expression
est
2
4
g
L 
.
• Mesurer L et en déduire µ.

Commentaires
Les deux méthodes de détermination de f
1
sont aussi simples à mettre en œuvre ; aucune
n’est préférable. L’obtention du spectre peut se faire avec une acquisition d’une seconde et
une fréquence d’échantillonnage de 1 kHz, voire moins.

REALISER
b. Lors de la réalisation, le professeur doit vérifier le soin apporté à chaque mesure, même si
une évaluation des incertitudes de mesures n’est pas explicitement demandée.

COMMUNIQUER
c. La question est de savoir s’il est possible de tendre la corde voulue de telle sorte qu’il soit
possible de produire l’une des notes de la guitare. L’élève pourra s’appuyer soit sur la
relation mathématique obtenue plus haut, soit sur une détermination graphique sur son
graphe. Si la masse linéique de la corde n’est pas très élevée, la conclusion de l’élève est qu’il
n’est pas possible de réaliser l’une des cordes de la guitare avec une tension maximale de
500 g.


3
Microméga TS Spécialité Epreuve expérimentale BAC ©Hatier 2012
2 Flûte : ça sonne juste ?

Cette épreuve expérimentale relie et complète les activités sur les instruments à vent et sur
l’acoustique musicale, les gammes et harmonies.
Elle demande de la part de l’élève l’extraction de renseignements d’une source de
documents et une utilisation appropriée de l’outil informatique pour analyser les spectres de
trois notes jouées à l’aide d’une flûte à bec fournie à chaque élève (pour faciliter la
manipulation, le trou du pouce et le deuxième trou de la main gauche peuvent être bouchés
par du ruban adhésif).

Correspondance avec le programme d’enseignement spécifique
• Réaliser l’analyse spectrale d’un son musical et l’exploiter pour en caractériser la hauteur et
le timbre.

ANALYSER
a. Il est demandé de rédiger un protocole expérimental permettant de comparer les trois
notes do
4
, sol
4
et do
5
jouées avec une flûte à bec. Il s’agit donc d’obtenir leurs spectres pour
en tirer les renseignements utiles.
La rédaction du protocole doit contenir les étapes suivantes :
• Jouer les trois notes do
4
, sol
4
et do
5
avec la flûte, en utilisant la tablature fournie
afin de boucher les trous correspondants.
• Enregistrer les notes à l’aide du microphone branché à l’interface d’acquisition.
• Adapter les réglages du système d’acquisition aux fréquences des notes jouées
pour obtenir des spectres de qualité. Pour cela, choisir une acquisition sur une durée
de plusieurs dizaines de périodes avec une dizaine de points par période.
• Afficher et analyser les spectres en fréquences grâce au logiciel.
• Identifier les fréquences des pics de chaque spectre.

REALISER
b. Cette partie consiste à réaliser le protocole permettant d’obtenir les spectres des trois
notes.
Une flûte à bec est fournie à chaque élève dont le trou du pouce et le deuxième trou de la
main gauche peuvent être bouchés par du ruban adhésif pour jouer le do
5
. La tablature de
notes jouées avec la flûte permet à l’élève de savoir quelle note il joue en fonction des trous
qu’il bouche.
 = trou bouché par un doigt
o = trou ouvert

do
4
ré mi fa sol
4
la si do
5

Main
gauche
Pouce        
Index        o
Majeur       o 
Annulaire      o o o
Main
droite
Index     o o o o
Majeur    o o o o o
Annulaire   oo oo oo oo oo oo
Auriculaire  oo oo oo oo oo oo oo

4
THÈME 2 SON ET MUSIQUE

Remarques
• Pour jouer les notes correctement, il est souhaitable de garder un souffle régulier et doux à
une distance adaptée par rapport au micro.
• Ne pas hésiter à recommencer les acquisitions si nécessaire pour obtenir des spectres
satisfaisants.
• Une notice simplifiée du logiciel d’utilisation de l’interface est fournie, permettant
d’analyser les spectres en fréquences des notes enregistrées.


COMMUNIQUER
c.
Problématique
Le but de cette synthèse est de trouver une hypothèse expliquant la notion d’intervalle
consonant.

Mesures des fréquences
Les spectres permettent de repérer la fréquence fondamentale (premier pic) de chaque note
jouée.
f(do
4
) = 264 Hz f(sol
4
) = 396 Hz f(do
5
) = 528 Hz
La précision de la lecture graphique peut limiter les mesures à deux chiffres significatifs.

Intervalles consonants
Pour connaître les intervalles entre chaque note, les calculs des rapports des fréquences
sont réalisés :
- f(do
5
) / f(do
4
) = 528/264 = 2,00 intervalle d’octave
- f(sol
4
) / f(do
4
) = 396/264 = 1,50 intervalle de quinte
- f(do
5
) / f(sol
4
) = 528/396 = 1,33
L’audition des notes montre que les intervalles d’octave et de quinte sont consonants.
En observant les spectres, on note les fréquences des harmoniques de chaque note dans un
tableau.

Note f
1
f
2
f
3
f
4
f
5
f
6
f
7
f
8
f
9
f
10

do
4
264 528 792 1056 1320 1584 1848 4224 2376 2640
sol
4
396 792 1188 1584 1980 2376 2772 6336 3564 3960
do
5
528 1056 1584 2112 2640 3168 3696 8448 4752 5280

5
Microméga TS Spécialité Epreuve expérimentale BAC ©Hatier 2012
Tableau des fréquences (en Hz) des dix premiers harmoniques des notes jouées.
On constate que les fréquences de certains harmoniques des notes consonantes sont
similaires.

Hypothèse
L’analyse précédente permet de faire l’hypothèse suivante : des notes sont consonantes
lorsque leurs spectres possèdent des harmoniques de fréquences semblables.

Critiques
Une analyse de l’expérimentation peut pointer la difficulté d’utiliser la flûte. Une solution
peut être proposée comme le remplacement de la flûte par un instrument à cordes.

6
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
3 Étude d’un haut-parleur

Ce sujet constitue une alternative aux activités expérimentales proposées dans le mot clé
Microphone, enceintes, casques. Elle consiste à déterminer expérimentalement la bande
passante d’un haut-parleur.

Correspondance avec le programme d’enseignement spécifique
• Pratiquer une démarche expérimentale mettant en œuvre un capteur ou un dispositif de
détection.
• Niveau d’intensité sonore.

ANALYSER
Le montage attendu de l’élève est celui de la figure 4 p. 74 du manuel de l’élève. Il est
important que l’élève pense à maintenir constante la tension délivrée par le GBF. Une
tension efficace de l’ordre de 1 V convient.

Proposition de résolution
• Brancher le haut-parleur sur un GBF, ainsi qu’un voltmètre en mode AC pour
mesurer la tension efficace délivrée.
• Placer un sonomètre à une dizaine de centimètres.
• Faire varier la fréquence f du GBF en maintenant constante la tension délivrée par
le GBF (en jouant sur l’amplitude).
• Pour différentes valeurs de la fréquence dans le domaine audible, noter le niveau
sonore L mesuré par le sonomètre.
• Tracer L en fonction de f.
• Repérer le maximum de L, noté L
max
.
• Repérer les valeurs de f pour lesquelles L = L
max
– 3 dB : elles délimitent la bande
passante du haut-parleur.
Commentaires
• Le tracé sur papier semi-logarithmique est facultatif.
• Il sera bon d’avoir fait l’essai sur les haut-parleurs disponibles au préalable : certains ont
des bandes passantes présentant des creux et des bosses.

REALISER
Les manipulations ne présentent pas de grande difficulté, aussi attend-on que l’élève fasse
de très nombreuses mesures.
Il est possible que l’élève ne prenne pas les valeurs dans un tableau, mais les place
directement sur un graphe, à condition qu’il ait au préalable évalué L
max
.

COMMUNIQUER
La communication finale de l’élève doit répondre à la question posée, à savoir la qualité Hi-Fi
ou non du haut-parleur (sa bande passante va-t-elle de 20 Hz à 20 kHz ?). Pour du matériel
couramment utilisé en lycée, cette réponse est non.
La critique du protocole utilisé doit permettre de s’interroger sur la validité des mesures
effectuées par le sonomètre : celui-ci est-il dans son domaine normal d’utilisation ? La
plupart du temps, la réponse est non : les sonomètres ont des calibres en fréquence qui ne
permettent que rarement une mesure couvrant toute l’étendue du spectre audible.

7
Microméga TS Spécialité Epreuve expérimentale BAC ©Hatier 2012

4 Reconnaissance vocale

Ce sujet est très proche d’un travail pouvant être réalisé en enseignement spécifique de
tronc commun. Il consiste à rendre compte des différents paramètres influençant un son
chanté, sous le prétexte d’étudier les différents problèmes se posant pour la reconnaissance
vocale.

Correspondance avec le programme d’enseignement spécifique
• Réaliser l’analyse spectrale d’un son musical et l’exploiter pour en caractériser la hauteur et le
timbre.

ANALYSER
a. Proposition de résolution
• Relier le microphone au système d’acquisition informatisé.
• Régler celui-ci pour une fréquence d’échantillonnage de 2 kHz, durée 1 s.
• Lancer l’acquisition en chantant la voyelle.
• Faire calculer le spectre du son obtenu.
Commentaires
Les valeurs données pour l’acquisition permettent un spectre bien résolu avec le logiciel
Latis Pro. La notice fournie à l’élève devra comporter un volet expliquant comment choisir
ces paramètres d’acquisition pour obtenir un spectre correct, selon le logiciel utilisé.

REALISER
b. L’évaluation doit porter sur le soin que met l’élève à ne faire varier qu’un seul paramètre à
la fois. Il doit, pour chaque spectre, noter soigneusement les valeurs ou caractéristiques de
chaque paramètre (hauteur, timbre, puissance).

VALIDER
c. La conclusion de l’élève doit être double :
• Il est facile de distinguer une voyelle d’une autre à l’aide d’une analyse spectrale ; il est
aussi facile de comprendre que deux spectres représentent la même voyelle chantée plus ou
moins fort.
• En revanche, il est difficile, partant d’un spectre, de retrouver à coup sûr la voyelle
correspondante, surtout sans connaissance préalable du timbre de la voix du chanteur.


1
Microméga TS Spécialité Exercices de Bac, thème 2 ©Hatier 2012
Exercice 1 Construction d’un piano

Analyse de la question
Les questions posées tendent à relier le fonctionnement d'une corde vibrante (documents 2,
3, 4, 5) à la structure de la gamme tempérée (document 1). Elles nécessitent de déterminer
les fréquences de la gamme à l'aide du document 1, d'en déduire la masse nécessaire à l'aide
de la courbe du document 5, puis d'effectuer une discussion. Un retour sur cette méthode
est ensuite demandé, impliquant les données du document 3.

Pistes de réponses et mots clés
• Calcul des fréquences d'un piano expérimental couvrant la troisième octave, puis calcul
des masses
Un ton vaut deux demi-tons, donc il correspond à un intervalle égal à 2
1/12
× 2
1/12
= 2
1/6
.
Parmi les notes do, ré, mi, fa, sol, la et si, elles sont toutes séparées d’un ton, sauf le mi et le
fa qui sont séparés d’un demi-ton.
À partir de f
la
= 440 Hz, on déduit les fréquences des différentes notes :
f
si
= f
la
× 2
1/6
= 494 Hz
f
sol
= f
la
/ 2
1/6
= 392 Hz
f
fa
= f
sol
/ 2
1/6
= 349 Hz
f
mi
= f
fa
/ 2
1/12
= 330 Hz
f

= f
mi
/ 2
1/6
= 294 Hz
f
do
= f

/ 2
1/6
= 262 Hz

La figure 4 permet de connaître la dépendance entre la fréquence d’oscillation libre d’une
corde (fréquence fondamentale) et la masse qui y est suspendue. En déterminant le
coefficient directeur de la droite, on trouve :
102 f m , ce qui donne m = (f/102)
2
.

D’où le tableau suivant :
Note do ré mi fa sol la si
Masse (kg) 6,60 8,31 10,5 11,7 14,8 18,6 23,5

• Calcul des masses extrêmes d'un piano expérimental couvrant toute la gamme d'un piano
de concert
Pour obtenir les notes extrêmes d’un piano de concert, il faudrait accrocher une masse :
* m = 73 g pour la note de fréquence 27,5 Hz ;
* m = 1,68 tonnes pour la note de fréquence 4 186 Hz !
Cette dernière situation est bien sûr impossible à réaliser expérimentalement.

2
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
• Dépendance entre la fréquence et la masse linéique
Une corde qui vibre librement a la même fréquence qu’une corde excitée dans le
mode fondamental. Dans ce cas :
= 2L, soit v/f = 2L, d’où v = 2Lf.

En égalant avec la relation donnée par le document 3, on trouve :
1 1
2 2
F mg
f = =
L μ L μ


Pour obtenir une fréquence élevée (4 186 Hz), l’élève devra donc prendre une masse m la
plus élevée possible, sans que cela déstabilise pour autant le bâti, et une corde de masse
linéique la plus faible possible.




L
3
Microméga TS Spécialité Exercices de Bac, thème 2 ©Hatier 2012
Exercice 2 Le rôle d’un ingénieur du son

Analyse de la question
Les trois parties de la question invitent à faire le tri entre les informations données par les
documents.
Pistes de réponses et mots clés
a. Choix du microphone
L’ingénieur doit choisir le microphone dont la directivité convient le mieux à la situation.
• Le microphone omnidirectionnel est inapproprié dans la mesure où il capte tous les sons
environnants. Il capterait donc les sons émis par le public, ce qui est néfaste pour la qualité
de l’écoute.
• Le microphone canon présente le même inconvénient. Il faut aussi noter le fait que si la
chanteuse ne chante pas parfaitement devant le microphone, la qualité de la réception sera
mauvaise.
• Le microphone cardioïde est approprié car seuls les sons émis par la chanteuse seront
captés.
b. Choix de l’enceinte
Les notes chantées par la chanteuse ont des fréquences comprises entre 196 et 1 975 Hz. De
ce fait, il faut que la bande passante de l’enceinte contienne l’ensemble de ces fréquences.
En ajoutant les trois bandes passantes, il est aisé de voir que la bande passante de l’enceinte
est 20 Hz – 10 000 Hz. Cette bande passante contient l’ensemble des fréquences chantées
par la chanteuse : ce choix est donc judicieux.
c. Réglages de l’amplificateur
Sans dispositif d’amplification, le public n’entendrait pas la chanteuse. L’amplification de la
tension générée par le dispositif engendre une augmentation du niveau sonore. Cela étant,
il faut faire en sorte que le phénomène de saturation n’intervienne pas. En effet, si le
réglage de l’amplificateur est mal effectué, le signal de sortie est déformé : le son en sortie
du haut-parleur sera déformé.

4
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
Exercice 3 Le violon électrique et l’égaliseur

Analyse de la question
Cet exercice permet de s’interroger sur les réglages d’un égaliseur pour modifier un son.
Différents documents sont fournis pour donner à l’élève quelques spécificités d’un égaliseur
et lui permettre d’argumenter le choix de ses réglages et le résultat de sa transformation sur
la note.

Pistes de réponses et mots clefs

La figure 2 présente le spectre émis par le violon avec une fréquence fondamentale à 440 Hz
accompagnée du troisième harmonique à 1 320 Hz et du cinquième harmonique à 2 200 Hz.

Pour supprimer le troisième harmonique à 1 320 Hz, il semble naturel d’agir sur le curseur
1 kHz.
La largeur relative de la bande de fréquences modifiées n’est pas spécifiée.

Vu les fréquences des curseurs voisins (500 Hz, 1 kHz et 2 kHz), le curseur 1 kHz doit avoir
une largeur de bande inférieure à 1 000 Hz (entre 500 Hz et 1 500 Hz). Toucher au curseur
1 kHz ne devrait donc pas affecter le premier harmonique (440 Hz) ni le cinquième
(2 200 Hz).
En prenant une largeur de bande ∆f = 1 000 Hz pour une fréquence centrale f
c
= 1 kHz, on a
un facteur de qualité Q = f
c
/∆f = 1.

En utilisant le curseur 1 kHz, la fréquence 1 320 Hz ne sera pas complètement supprimée.
L’atténuation sera inférieure à 12 dB (en bord de bande), ce qui signifie que l’intensité
sonore de la troisième harmonique sera divisée par un facteur inférieur à 16 (intensité
divisée par 2 pour chaque atténuation de 3 dB). Il restera un petit pic apparaissant sur le
spectre du signal une fois filtré.

Pourquoi le choix d’un facteur de qualité Q = 1,5 est-il adapté aux fréquences de chaque
curseur ?
Avec Q = 1,5 et f
c
= 500 Hz, on a une largeur de bande ∆f = 333 Hz (bande de 333 Hz à
667 Hz).
Avec Q = 1,5 et f
c
= 1 kHz, on a une largeur de bande ∆f = 667 Hz (bande de 667 Hz à
1 333 Hz).
Avec Q = 1,5 et f
c
= 2 kHz, on a une largeur de bande ∆f = 1 333 Hz (bande de 1 333 Hz à
2 667 Hz).
On s’aperçoit qu’avec un facteur de qualité Q = 1,5 et des curseurs dont les fréquences
centrales doublent à chaque fois, les bandes de largeur ∆f se succèdent parfaitement.
5
Microméga TS Spécialité Exercices de Bac, thème 2 ©Hatier 2012

Le pic à 440 Hz sera lui aussi légèrement atténué du fait qu’il se situe dans le domaine
d’action du curseur 1 kHz supérieur à sa largeur de bande ∆f.
Le pic à 2 200 Hz ne sera pas atténué car trop loin de la fréquence centrale du filtre du
curseur 1 kHz.

Spectre de la note d’origine.




Spectre de la note modifiée par l’égaliseur.




6
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
Exercice 5 Le djembé

Analyse de la question
La question part du principe que l’élève a étudié (en enseignement spécifique ou en
enseignement de spécialité) les instruments à cordes ou à vent et qu’il peut ainsi comparer
les caractéristiques d’un instrument à percussion pour en dégager les spécificités. La
question posée attend donc cette comparaison, puis une description musicale des sons que
peut produire le djembé. Le document 1 permet de répondre à cette deuxième partie de la
question, en présentant différents spectres qu’il s’agira d’interpréter. Le document 2, lui,
effectue les comparaisons entre modes propres d’une corde tendue et modes propres d’une
peau tendue.

Pistes de réponses et mots clés
1. La comparaison avec un instrument à corde s’effectue à l’aide du document 2, qui montre
que les fréquences propres de vibration d’une peau tendue ne sont pas des multiples
entiers de la fréquence fondamentale, contrairement au cas d’une corde tendue. Le son
obtenu ne présente donc pas de caractère harmonique en ce sens. Les spectres présentés
dans la figure 1 le confirment : ils ne montrent pas des pics équidistants. Ceci est dû au fait
que le milieu qui vibre est à deux dimensions, donc que la répartition des lignes nodales est
complexe.
2. Par conséquent, le spectre des sons produits par le djembé est beaucoup plus riche en
fréquences que celui d’une corde vibrante (le timbre est plus complexe). La manière
d’exciter la peau influe également beaucoup : la figure 1 montre que selon l’endroit où le
joueur frappe (au centre ou sur les bords) et l’étendue de la frappe (avec la paume, avec les
doigts ouverts ou joints), le son produit varie : le toucher basse donne un gros pic de faible
fréquence, donc un son grave et presque pur ; le toucher tonique donne un son plus riche
en fréquences, globalement plus aigu ; enfin, le toucher claqué donne un son encore plus
aigu et plus riche en fréquences. Le parallèle peut être fait avec les cordes vibrantes :
lorsqu’on frappe, par exemple, une corde vibrante en son milieu, les harmoniques impairs,
dont les modes de vibration comportent un nœud au milieu de la corde, ne sont pas excités.
La position des différentes lignes nodales de la peau tendue implique que l’endroit du
toucher influe sur les modes qui sont excités.
7
Microméga TS Spécialité Exercices de Bac, thème 2 ©Hatier 2012
Exercice 6 La compression audio

Analyse de la question
L’objectif de cet exercice est la compréhension des enjeux de la compression audio et la
découverte de certaines des techniques utilisées pour compresser des fichiers audio.
Il est demandé à l’élève de répondre aux deux problématiques à partir de son imaginaire et
de documents fournis sur les caractéristiques du son et de l’audition humaine.

Pistes de réponse et mots clés
1. Intérêts de la compression
Le principe de la compression audio est de réduire la taille des fichiers audio. Cette
opération est faite dans l’intérêt de pouvoir stocker les fichiers sur un espace mémoire plus
petit et de pouvoir les transférer plus rapidement. On gagne ainsi en vitesse de transfert et
en capacité de stockage.
Pour entrer dans des considérations plus globales sur les plans économique et écologique, la
compression fait gagner du temps, des ressources et donc de l’argent.
2. Effet de la compression
Sur un CD audio, 80 minutes de musique non compressées sont stockées sur 700 Mo soit
5 600 Mbit.
Avec un lecteur MP3, le débit binaire est compris entre 112 et 384 kbit.s
-1
. 80 minutes de
musique compressées représentent donc entre 538 Mbit et 1 843 Mbit.
On remarque la diminution de taille que subit le fichier audio lors de la compression MP3.
3. Techniques de compression
La compression audio repose sur plusieurs techniques. Les techniques perdant de
l’information et ne permettant pas de retrouver le signal d’origine par décompression sont
qualifiées de « destructives ».
• Fréquences audibles : d’après le diagramme de Fletcher, l’oreille humaine n’a pas la même
sensibilité pour toutes les fréquences. Parmi les fréquences audibles comprises entre 20 Hz
et 20 kHz, celles pour lesquelles l’oreille a le maximum de sensibilité se situent entre 1 kHz et
5 kHz. Une technique de compression destructive sélectionne une gamme de fréquences
plus réduite que le domaine audible.
• Fréquences dupliquées : il arrive que les deux voies d’un son stéréo présentent des
séquences strictement identiques. Une technique de compression non destructive code une
seule piste durant la phase où les deux pistes de l’enregistrement stéréo sont identiques.
• Fréquences identiques : il arrive dans la suite d’échantillons (44 100 par seconde) formant
une séquence musicale qu’apparaisse plusieurs fois la même fréquence. Une technique de
compression non destructive code une seule fois cette fréquence sur la durée
correspondante.
8
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
• Fréquences masquées : lorsqu’un avion passe à basse altitude au-dessus de nos têtes, il est
impossible d’entendre en même temps les gazouillis des oiseaux dans les arbres, comme s’ils
avaient disparus. On s’aperçoit qu’un son de niveau sonore fort masque les sons de niveaux
sonores beaucoup plus faibles. Une technique de compression destructive élimine les sons
faibles masqués par les sons forts.
• Fréquences très proches : puisque l’oreille humaine ne fait guère la différence entre des
fréquences très proches, une technique de compression destructive code toutes ces
fréquences proches sur un seul code.
9
Microméga TS Spécialité Exercices de Bac, thème 2 ©Hatier 2012
Exercice 7 Principe d’un synthétiseur

Analyse de la question
On s’intéresse ici au principe de production d’un son par synthèse. Il s’agit en fait d’observer
la figure 1 (en particulier les deux zones entourées en rouge et en bleu) et de la mettre en
relation avec les autres documents (textes et graphes) pour comprendre le principe des
synthèses, additive ou soustractive. Après une brève introduction reprenant le principe
global évoqué dans l’introduction de l’exercice, la réponse doit donc expliquer la synthèse
additive, puis la synthèse soustractive.

Pistes de réponses et mots clés
1. La synthèse additive fonctionne par construction du spectre du son produit en y ajoutant,
à l’aide d’oscillateurs, les fréquences nécessaires pour produire un spectre de son désiré. On
voit sur le logiciel dans l’encadré rouge que la forme de l’oscillation peut être réglée
(créneau, triangle, sinus, dents de scie…), ainsi que son amplitude (Amp) et sa fréquence
(Frq). Comme plusieurs oscillateurs sont disponibles, un son complexe peut ainsi être
produit par addition. Un filtrage est ensuite appliqué au son produit, de manière
différenciée pour produire un son musical comprenant une attaque, un déclin, un maintien
et un relâchement. Dans l’encadré bleu, on voit que les différents filtres (passe-haut, passe-
bas, passe-bande) dont la fréquence de coupure (Cut) et le gain (Gain) peuvent être réglés
sont applicables de manière différenciée (boutons ADSR).


2. La synthèse soustractive fonctionne sur le même principe, sauf qu’un étage de filtre est
intercalé, de manière non différentielle, pour modifier le spectre du son avant la production
du son musical. Les filtres soustraient certaines fréquences au spectre du son produit par les
oscillateurs, produisant un son de timbre différent.


10
THÈME 2 SON ET MUSIQUE

11
Microméga TS Spécialité Exercices de Bac, thème 2 ©Hatier 2012
Exercice 8 Trombone à coulisse et justesse de jeu

Analyse de la question
La question de la justesse de jeu du trombone est posée. Elle nécessite un calcul et un
raisonnement, ce qui fait que cet exercice est à la fois un exercice de synthèse de documents
et un exercice de résolution de problème scientifique. La réponse devra donc comporter en
premier lieu l’explication du fonctionnement global du trombone. Ensuite, deux calculs de
distances sont attendus.

Pistes de réponses et mots clés
1. Le trombone à coulisse est un tuyau sonore dont la fréquence fondamentale peut être
réglée par ajustement de la longueur du tuyau par le musicien, qui peut déplacer la coulisse.
Selon la position de ses lèvres, le musicien peut exciter le mode fondamental ou un mode
harmonique, donc obtenir soit une note, soit une note située une ou plusieurs octaves au-
dessus (jusqu’à sept octaves).
2. Si le musicien veut jouer une note de fréquence f en mode fondamental, il doit déplacer la
coulisse de sorte que la longueur du tuyau atteigne la valeur L. D’après la figure 3, pour le
mode fondamental, la longueur d’onde du mode est 2L. La fréquence est donc reliée à la
longueur du tuyau par l’intermédiaire de la célérité v des ondes sonores : 2Lf = v. Ainsi, on
peut écrire 2L
0
f
0
= 2Lf. Par conséquent, f/f
0
= L
0
/L. La longueur L du tuyau pour jouer la note
de fréquence f en mode fondamental est donc L = L
0
/(f/f
0
). Il faut donc augmenter la
longueur du tuyau de
0 0
0
1
1
/
L L L
f f
, donc déplacer la coulisse de la longueur
0
0
1
1
2 /
L
d
f f
.
Exemple pour le sol, situé à un intervalle 2
3/12
en dessous du si bémol, donc pour lequel
f/f
0
= 2
-3/12
: la coulisse doit être déplacée de d
4
= 27,91 cm.
3. Une oreille humaine exercée est sensible à un intervalle correspondant à cinq cents, donc
à un intervalle i
min
réel tel que
min
log
5 1200
log2
i
, ou encore
5log2/1200
min
10 1,00289 i (sans
tenir compte des chiffres significatifs). La distance de déplacement de la coulisse
correspondante est donc
0
min
min
1
1 4 mm
2
L
d
i
(c’est donc un rapprochement puisque
c’est négatif). La position doit donc être précise à 4 mm près, ce qui explique la difficulté à
jouer de cet instrument.
12
THÈME 2 SON ET MUSIQUE
Exercice 10 Traitement de l’acoustique d’une salle

Analyse de la question
Le document 3 conduit à associer les différentes méthodes de traitement acoustique ; les
documents 1 et 2 indiquent comment traiter les cas particuliers des sons de 100 Hz et
500 Hz.
Pistes de réponses et mots clés
a. Il s’agit de calculer la distance à laquelle il faut fixer le panneau de contreplaqué. D’après
le document 1, le panneau sera utilisé pour atténuer l’onde sonore de fréquence égale à
130 Hz. Il faut le placer à la distance
2
S 0
360
4,3cm d v
f
du mur.
b. Il faut envisager les dimensions des résonateurs de Helmholtz pour essayer de réduire la
présence des ondes sonores de fréquence égale à 500 Hz.
En utilisant la relation donnée dans le document 2, on calcule
–1 0

9,23m
f A
lV c
.
Si on suppose que d = l = D, alors il s’agit de résoudre
2
–1
4
π
2
9,23m
4
π
3
l
l
, ce qui donne
l = 4,7 cm.
La longueur d’onde de l’onde est 0,68m.
c
f
Ceci vérifie le fait que les dimensions de
l’objet sont faibles devant la longueur d’onde de l’onde acoustique considérée (condition
donnée dans le document 2).



1
Microméga TS Spécialité Chapitre 7 Cycle de vie ©Hatier 2012


Cycle de vie



Il s’agit du premier chapitre du thème 3 sur les matériaux. En trois mots clés, ce chapitre
s’intéresse, du point de vue de la chimie, aux matériaux usuels, à leur élaboration à leur
élimination.

Élaboration des matériaux
Après avoir rapidement présenté les grands groupes de matériaux usuels (métaux,
matériaux organiques, verres, etc.), ce mot clé s’intéresse plus particulièrement à
l’extraction de l’alumine et à la production polymère.
L’extraction de l’alumine permet de reproduire, en laboratoire, une des étapes d’obtention
de l’aluminium à partir de son minerai. Il s’agit de suivre un protocole constitué de
nombreuses étapes et de modéliser la situation pour répondre à des questions qui analysent
le procédé industriel.
Un second travail consiste à élaborer le plus utilisé des plastiques biodégradables. Le
protocole se déroule pour partie sous pression réduite, ce qui est original. Les questions
posées insistent sur l’importance des conditions expérimentales lors du déroulement d’une
réaction chimique.

Vieillissement, corrosion et protection des matériaux
Ce mot clé est traité en trois activités. Les deux premières sont expérimentales ; elles
étudient la corrosion humide du fer avec respectivement sa protection par le zinc et la
cinétique de son oxydation. La troisième est documentaire ; il s’agit de comprendre le
phénomène de vieillissement du papier et d’en étudier une méthode de protection.

Recyclage, élimination
Ce mot clé est traité sur l’exemple du recyclage et de l’élimination des matières plastiques.
La notion de cycle de vie des matériaux permet d’aborder les impacts écologique et
économique d’un matériau, de son élaboration à son élimination. Il s’agira de comparer le
cycle de vie des matières plastiques selon leur traitement en fin de vie.
Chapitre
7
2
THÈME 3 matériaux

MOT CLÉ Élaboration des matériaux

Activité 1 Élaboration de l’alumine Al
2
O
3


Cette activité propose à l’élève de travailler sur le comportement des ions aluminium et
fer(III) en milieu aqueux. En faisant varier expérimentalement le pH de la solution, l’élève
aura pour objectif de comprendre et de déterminer les conditions optimales pour obtenir de
l’alumine à partir de la bauxite. L’activité se décline donc en deux parties : une première
dans laquelle l’élève doit mener un protocole pour obtenir l’alumine et une deuxième dans
laquelle il étudie le comportement des ions aluminium et fer(III) en fonction du pH.

Objectifs
Mettre en œuvre des techniques pour élaborer l’alumine à partir de son minerai dans le but
d’illustrer une des étapes industrielles de la production de l’aluminium.

Lien avec le programme
• Protocole expérimentale : choix du paramètre expérimental pH.
• Synthèse de matériaux (1
re
S).
• Effectuer une analyse critique de protocole.
• Justifier le choix des techniques de synthèse utilisées.

Matériel
• un ballon monocol avec réfrigérant et
support.
• un balance
• une spatule
• une coupelle
• un n entonnoir
• un bécher de 50 mL
• 2 tubes à essais
• 2 compte-gouttes
• un agitateur en verre
• un verre de montre
Pour la classe : une étuve préchauffée à
80 °C.
Produits
• sulfate d’aluminium Al
2
(SO
4
)
3
; M = 342
g.mol
–1

• sulfate de fer(III) Fe
2
(SO
4
)
3
; M =
400 g.mol
–1

• hydrogénocarbonate de sodium
NaHCO
3
; M = 84 g.mol
–1

• solution d’hydroxyde de sodium 2,5
mol.L
–1
.
• acide chlorhydrique 5 mol.L
–1

• solution de sulfate d’aluminium
• papier pH



3
Microméga TS Spécialité Chapitre 7 Cycle de vie ©Hatier 2012
Observations
1 Préparation de l’alumine
Lors de l’ajout de soude dans le ballon, la solution prend une coloration rouge indiquant la
présence d’hydroxyde de fer(III). Après filtration, les ions Fe
3+
sont éliminés du filtrat. Le
filtrat est constitué d’oxyde d’aluminium AlO
2

, de soude et d’ions sulfate. Après ajout
d’acide chlorhydrique, l’oxyde d’aluminium précipite en hydroxyde d’aluminium. L’ajout
d’hydrogénocarbonate de sodium produit une effervescence. La solution est filtrée et le
solide récupéré est passé à l’étuve. Après deux heures de séchage, le solide final est de
couleur blanche.

2 Solubilité des ions Al
3+
et Fe
3+

• Pour le premier tube à essais, le pH de la solution est initialement de 2,8.
Le précipité d’hydroxyde d’aluminium apparaît à pH = 3,5.
La disparition du précipité se fait à pH = 11,5.
• Pour le second tube à essais, le pH de la solution est initialement de 2,8.
Le précipité d’hydroxyde de fer(III) apparaît à pH = 3.
La disparition du précipité ne se fait pas malgré l’ajout d’un excès de soude.

Remarque
Pour extraire l’alumine à partir de la véritable bauxite à la place du sulfate d’aluminium, il est
essentiel de broyer finement la pierre et de chauffer plus longtemps à une température
aussi élevée que possible. Le rendement d’extraction est faible mais non nul. Le procédé
industriel chauffe le mélange à 220 °C sous 2 MPa, conditions qui nécessitent un autoclave
et non la verrerie usuelle de laboratoire.

Correction
a. Les équations chimiques sont :
Al
3+
(aq)
+ 3 HO

(aq)
Al(OH)
3 (s)
Al(OH)
3 (s)
+ HO

(aq)
AlO
2

(aq)
+ 2 H
2
O
(l)


Remarque
L’ion aluminate AlO
2

hydraté s’écrit aussi Al(OH)
4

.

b. Lors de l’expérience 2 sur la solubilité des ions Al
3+
et Fe
3+
, les oxydes de fer n’ont pas
disparu lors d’une augmentation du pH. La seule équation susceptible de se produire est :
Fe
3+
(s)
+ 3 HO

(aq)
Fe(OH)
3 (s)

Les diagrammes de prédominance des espèces chimiques sont présentés ci-dessous. Ils ne
sont pas demandés à l’élève mais leur lecture simplifie l’interprétation des observations.

4
THÈME 3 MATÉRIAUX

c. Les ions Fe
3+
et Al
3+
passent en solution pendant la phase de chauffage. Ensuite, la
présence d’une base entraîne les transformations en ions AlO
2

et en hydroxyde de fer solide
Fe(OH)
3
. La filtration élimine les ions fer initialement présents dans la bauxite.
d. L’acidification (contrôlée) précipite les ions aluminium sous forme d’hydroxyde
d’aluminium.
e. L’ajout de CO
2
entraîne la consommation d’ions hydroxyde et la production d’ions
hydrogénocarbonate faisant ainsi diminuer le pH de la solution.
L’ajout (contrôlé) d’acide chlorhydrique jusqu’à pH = 5 suivi de l’ajout d’ions
hydrogénocarbonate entraîne la formation de dioxyde de carbone dissous dans la solution.
L’ajout d’ions hydrogénocarbonate fait remonter le pH au-dessus de 5.
f. Le solide, passé à l’étuve, se déshydrate : 2 Al(OH)
3
Al
2
O
3
+ H
2
O
g. La masse recueillie après passage à l’étuve est notée m
exp.

Initialement, on a introduit 5,0 g d’un mélange en proportion massique égale de sulfate
d’aluminium et de sulfate de fer (III). La masse de sulfate d’aluminium utilisée est donc de
2,5 g. La quantité de matière en aluminium présent dans l’échantillon est donc :
n
Al
= 2 × n
sulfate d’Al
2
m
M

n
Al

–2
2 2,5
1,5.10 mol.
(32,1 4 16,0) 3 2 27

La masse théorique d’alumine que l’on peut recueillir en fin d’expérience est donc :
m
théo
= n
Alumine
× M(Al
2
O
3
) =
Al
2
n
× M(Al
2
O
3
)
m
théo
=
–2
–1
1,5.10
(2 27 3 16,0) 7,4.10 g.
2

Le rendement de cette élaboration est donc
exp
théo
.
m
m

On peut discuter ce résultat à partir du sens de l’écart :
- une masse trop importante peut être traduite par une déshydratation incomplète de
l’hydroxyde d’aluminium, de la présence d’impuretés non éliminées ;
- une masse trop faible sera plutôt expliquée par une dissolution incomplète du mélange
initial, d’un milieu insuffisamment basique lors de la première filtration, d’une acidification
trop forte ou insuffisante, ou de toute perte de matière.
5
Microméga TS Spécialité Chapitre 7 Cycle de vie ©Hatier 2012

Activité 2 Synthèse d’un acide polylactique (PLA)

Cette activité propose de découvrir dans un premier temps le mécanisme réactionnel de la
polymérisation de l’acide lactique. Par la suite, l’activité permet à l’élève de travailler sur le
protocole expérimental de la préparation du PLA.

Objectifs
Réaliser une synthèse en suivant un protocole avec un esprit critique.

Lien avec le programme
• Protocole expérimental : choix du paramètre expérimental pH.
• Synthèse de matériaux plastiques (1
re
S).
• Effectuer une analyse critique de protocole.
• Justifier le choix des techniques de synthèse utilisée.

Matériel
• fiole à vide et cône d’étanchéité
• trompe à eau
• balance
• bain-marie
• spatule

Produits
• acide lactique
• acide sulfurique
• acétone
• eau distillée

Remarques
Le PLA se trouve dans la bouteille depuis suffisamment longtemps pour estimer que
l’estérification a atteint son équilibre. La mise sous vide provoque l’ébullition de l’eau
résultant de l’estérification effectuée durant le stockage, et la fin de l’effervescence permet
d’estimer que toute l’eau a disparu.
Ensuite, la fiole est chauffée à 80 °C pour reprendre l’estérification puisque l’élimination de
l’eau a déplacé l’équilibre. L’ébullition reprend, l’équilibre est à nouveau déplacé vers la
formation de l’ester jusqu’à ce que l’ébullition cesse.
L’acide sulfurique est alors ajouté, catalysant ainsi la réaction et provoquant de nouveau la
formation d’eau qui s’élimine comme précédemment.
Après refroidissement, le mélange pâteux et visqueux résultant est insoluble après ajout
d’eau, mais donne une solution après ajout d’acétone.
Quantitativement, pour 10,23 g d’acide lactique, la variation de masse après évaporation de
l’eau à froid est d’environ 1,0 g puis, avec l’acide sulfurique à chaud, l’évaporation d’eau
conduit à une perte de masse supplémentaire de 0,8 g. Ces valeurs de masse sont indicatives
et non reproductibles.
6
THÈME 3 MATÉRIAUX

Correction
Erratum : sur le manuel de l’élève, il manque un groupement OH dans la première formule de
l’étude du mécanisme.
a.


b.

c. L’effervescence provient du fait que de l’eau sous forme liquide, présente dans l’acide
lactique ou produite lors des réactions 1 et 2, subit un changement d’état. Cette eau se
transforme en gaz et s’échappe de la solution en produisant une effervescence.
d. Le rôle de l’acide sulfurique est d’apporter les ions H
+
qui catalysent les étapes 1, 2 et 3.
e. L’effervescence cesse lors du premier chauffage car toute l’humidité initialement
contenue dans la solution est éliminée. Après ajout d’acide sulfurique, la polymérisation
produit des molécules d’eau qui vont à leur tour être extraites du milieu réactionnel sous
forme de bulle d’eau à l’état gazeux.
f. La perte de masse totale provient de la masse des atomes d’oxygène et d’hydrogène de
l’eau éliminés à chaque condensation d’une nouvelle molécule d’acide lactique sur le
polymère.
g. Le PLA se dissout facilement dans l’acétone et non dans l’eau.

7
Microméga TS Spécialité Chapitre 7 Cycle de vie ©Hatier 2012

MOTS CLÉS Vieillissement, corrosion, protection

Activité 1 Corrosion et protection du fer

Cette activité permet, à partir de l’observation de la corrosion de différents matériaux, de
comprendre, à partir d’observations, le rôle du dioxygène de l’air dans le phénomène de
corrosion. Puis, à partir d’expériences, le principe de protection par anode sacrificielle est
abordé et analysé.
Le phénomène de corrosion du fer est important à étudier car il est omniprésent sur Terre,
et une énergie importante est dédiée à lutter contre son apparition. Il concerne le transport
(voiture, bateau, etc.), l’habitation, l’outillage, etc. Il se produit plus en pays humide et
encore plus en bord de mer à cause de la présence de sel. Il force le fer métallique à
retourner inexorablement à l’état d’oxyde d’où il a été extrait. En l’absence d’air, par
exemple pour les météorites ou dans le noyau de la Terre, la corrosion n’a pas lieu et le fer y
est stable.


Objectifs
Observer et comprendre le phénomène de corrosion électrolytique.

Matériel
• 2 clous en fer
• 2 boîtes de pétri
• ferricyanure de potassium
• agar-agar
• chlorure de sodium
• plaque chauffante
• eau distillée
• système d’agitation magnétique
• barreau aimanté
• solution de phénolphtaléine (indicateur
coloré)
• papier de verre
• fil de zinc
• lame de fer ou clou (prendre un clou
rouillé et le décaper plutôt qu’un clou
brillant qui risquerait d’être en inox)
• lame de cuivre
• lame de zinc
• lame d’aluminium


Observations
Dans la première boîte de pétri, une coloration bleue apparaît au centre du clou et une
coloration rose à chacune de ses extrémités. Dans la seconde boîte de pétri, seule une
coloration rose apparaît, localisée aux extrémités du clou.



8
THÈME 3 MATÉRIAUX
Correction
a. Le cuivre se reconnaît par sa couleur orangée, le fer, le zinc et l’aluminium sont tous trois
de couleur argenté mais le fer se recouvre de rouille marron et se détecte avec un aimant, le
zinc est généralement d’aspect terne (à cause de son oxydation) et l’aluminium apparaît
brillant car son oxydation n’est pas visible.
Il est facile de constater que l’aluminium est moins dense (d = 2,7) que les trois autres
métaux (densité entre 7 et 9).
b. L’oxydation se traduit par un ternissement pour le cuivre et le zinc et par l’apparition de
rouille pour le fer. L’aluminium ne s’oxyde pratiquement pas et reste brillant.
c. L’oxyde de fer FeO est formé d’ion fer (II) Fe
2+
et d’ions oxyde O
2–
.
L’équation de la réaction chimique est :
Fe + H
2
O 2 H
+
+ FeO + 2 e

(× 2)
O
2
+ 4 H
+
+ 4 e


+ 2 H
2
O
2 Fe + O
2
FeO
Remarque
Cet oxyde de fer(II) ne doit pas être confondu avec la rouille qui est un oxyde de fer(III)
hydraté dont la formule est FeO(OH).

d. La coloration rose provient du changement de couleur de la phénolphtaléine. Cet
indicateur coloré devenant rose en milieu basique montre la formation d’ions hydroxyde
HO

.
Le ferricyanure de potassium donne une coloration bleue en présence d’ions fer(II).
Expérience 1 Expérience 2
Fe Fe
2+
+ 2 e


O
2
+ 4 H
+
+ 4 e



+ 2 H
2
O
ou, en milieu basique :
O
2
+ 2 H
2
O + 4 e


4 HO



O
2
+ 4 H
+
+ 4 e



+ 2 H
2
O

ou, en milieu basique :
O
2
+ 2 H
2
O + 4 e



4 HO



e. La zone qui se corrode dans la première expérience est la partie centrale du clou. En effet,
c’est à cet endroit que le fer passe sous forme d’ions Fe
2+
.
f. Dans la seconde expérience, l’absence de coloration bleue montre que le fer ne s’est pas
corrodé.
g. Les deux demi-équations sont :
O
2
+ 2 H
2
O + 4 e



4 HO


Zn Zn
2+
+ 2 e

9
Microméga TS Spécialité Chapitre 7 Cycle de vie ©Hatier 2012
L’absence d’ions fer(II) et l’information sur la présence d’ions zinc permettent de conclure
que le zinc se corrode à la place du fer.
h. Les blocs de zinc protègent le fer constituant la coque du navire (expérience 2). En se
corrodant, leur masse diminue (les ions Zn
2+
partent dans l’eau de mer) et ces blocs doivent
être remplacés par des blocs neufs (généralement une fois par an) afin de garantir la
protection de la coque du navire.
10
THÈME 3 MATERIAUX
Activité 2 Cinétique d’une corrosion

Le suivi cinétique de la corrosion du fer montre que ce phénomène est lent même en milieu
acide. L’influence de la concentration en ions H
+
(aq)
, qui catalysent la corrosion, apparaît lors
de la mutualisation des mesures. Cette propriété, passée sous silence dans le programme
spécifique, trouve ici une illustration intéressante.
Cette corrosion, appelée corrosion humide, par opposition à la corrosion sèche, est celle qui
est présente à température ordinaire. La corrosion sèche est utilisée par exemple pour la
découpe à haute température de plaques de fer en présence de dioxygène.

Objectifs
Suivre par titrage une corrosion et mettre en évidence des facteurs cinétiques.

Lien avec le programme
• Mettre en œuvre une démarche expérimentale pour mettre en évidence quelques
paramètres influençant l’évolution temporelle d’une réaction chimique.
• Pratiquer une démarche pour déterminer la concentration d’une espèce chimique par
titrage par suivi colorimétrique.

Matériel
• une balance à 0,01g
• une spatule
• une coupelle
• un erlenmeyer 150 mL
• un erlenmeyer 50 mL
• une burette graduée
• un système d’agitation magnétique
• une pipette jaugée 5 mL
• une éprouvette graduée 100 mL
• un chronomètre
• des lunettes de protection
• des gants

Produits
• fer en poudre ou en grenaille
• solution d’acide sulfurique à 2 mol.L
–1

• solution d’acide sulfurique à 4 mol.L
–1

• solution de permanganate de potassium à 0,01 mol.L
–1

Remarques
• Les différentes mesures devront se faire sur le premier quart d’heure pour que le volume
équivalent soit contenu dans une burette.
• Pour suivre la réaction sur une durée plus longue, il est préférable de réduire le volume du
prélèvement (par exemple à 2 mL) plutôt que d’augmenter la concentration du
permanganate de potassium.
• Les courbes ci-dessous ont été tracées avec une solution de permanganate à
1,0.10
–2
mol.L
–1
, pour des prélèvements de 2 mL sur une durée de 1 h.
11
Microméga TS Spécialité Chapitre 7 Cycle de vie ©Hatier 2012
Observations
Les bulles de dihydrogène sont visibles à la longue car l'effervescence n'est pas abondante.
Bien que la réaction soit exothermique, sa lenteur permet au milieu de se maintenir à
température constante, ce qui valide l’étude cinétique.

Résultats des expériences
• Limaille et grenaille de fer (1,27 g dans chaque échantillon, utiliser la masse du clou) dans
H
2
SO
4


2,25 ou 4,5 M.
• Pas d'agitation magnétique, mais agitation à la baguette de verre avant prélèvement.
• Prélèvement de 5 mL (sauf avec le clou : 20 mL).
• Titrage par les ions MnO
4

0,010 M (sauf pour le clou : 0,001 M).

Début des mélanges : 16h44

Grenaille 2,25 M

date du prélèvement 17h09 17h21 17h34
durée 0h25 0h37 0h50
volume équivalent 1,4 1,8 8,3

Grenaille 4,5 M

date du prélèvement 17h06 17h23 17h32
durée 0h22 0h39 0h48
volume équivalent 2,2 3,9 5,7

Limaille 2,25 M

date du prélèvement 17h11 17h26
durée 0h27 0h42
volume équivalent 5 8,1

Limaille 4,5 M

date du prélèvement 17h02 17h14 17h29
durée 0h18 0h30 0h45
volume équivalent 6,8 10,5 15


12
THÈME 3 MATERIAUX





Correction
a. Les demi-équations électroniques s’écrivent :
Fe

(s)
Fe
2+
(aq)
+ 2 e


2 H
+
(aq)
+ 2 e

H
2 (g)



13
Microméga TS Spécialité Chapitre 7 Cycle de vie ©Hatier 2012
L’équation de la réaction est donc :
Fe

(s)
+ 2 H
+
(aq)
Fe
2+
(aq)
+ H
2 (g)

La position des électrons dans la demi-équation impliquant le fer montre que ce dernier est
ici oxydé. La réaction est donc bien une corrosion.

b. Les différents relevés (donnés avec les observations) se représentent avec la courbe
suivante :

Suivi cinétique de la corrosion du fer sur 20 minutes.

c. La comparaison de ces deux courbes montre que l’augmentation de la concentration du
réactif diminue la durée de la transformation.
Ainsi le facteur cinétique étudié ici est la concentration d’un réactif.
Remarque
La vitesse de la réaction n’étant pas au programme, il convient de s’exprimer en termes de
durée de réaction et non de vitesse de réaction.

d. L’influence de la température pourrait se montrer en introduisant 70 mL d’acide
sulfurique de concentration 2 mol.L
–1
dans un erlenmeyer 100 mL placé dans un bain-marie
à 80 °C. Quand l’acide est à température, 1,50 g de fer (en poudre ou en grenaille comme
pour les premières expériences) serait introduit et le suivi cinétique s’effectuerait comme
précédemment.

14
THÈME 3 MATERIAUX
Activité 3 Vieillissement du papier

Chacun a déjà constaté que le papier, en vieillissant, avait tendance à jaunir. L’étude
documentaire proposée permet de s’interroger sur l’origine de ce vieillissement et d’analyser
une méthode de protection du papier.
L’étude du vieillissement du papier distingue les causes endogènes, résultant pour la plupart de
sa méthode de fabrication, et les causes exogènes (forte humidité, attaque bactérienne,
présence du papier dans une atmosphère polluée, etc.). Seule la cause endogène est examinée
ici dans son contexte historique. Le papier est constitué d’un polymère naturel (la cellulose) dont
la modification chimique conduit à lui faire perdre ses propriétés initiales (blancheur, souplesse).
Au-delà de l’analyse de cette transformation, la réparation du papier par un moyen chimique est
analysée.

Objectifs
• Comprendre le phénomène de vieillissement pour un matériau non métallique.
• Analyser une technique chimique de protection du papier.

Lien avec le programme
• Savoir comprendre et interpréter le mécanisme d’une réaction.
• Connaître la définition d’un acide selon Brønsted.

Compléments d’information
Lire par exemple :
http://www.klug-conservation.com/medien/Service/Wissen/alterung_von_papier_frz.pdf

Correction
1 Étude du vieillissement du papier
a. Un acide au sens de Brönsted est une espèce chimique capable de céder des ions H
+
.
b. Le mécanisme de la dégradation fait apparaître lors de la première étape, l’attaque d’un
ion H
+
par le doublet d’un atome d’oxygène. La présence de cet ion dans le milieu est due à
l’acidité. Sur la deuxième partie du mécanisme, l’ion H
+
initialement capté est régénéré. Cet
acide n’apparaît donc pas dans le bilan ; il est un catalyseur de la réaction. Cela explique que
sa présence, même en faible quantité, est gênante. En effet, comme tout catalyseur, celui-ci
sera constamment régénéré.
On remarque, de plus, l’intervention d’une molécule d’eau dans la seconde étape. Il est donc
nécessaire d’avoir une atmosphère humide pour que le papier s’hydrolyse, l’acide catalysant
la réaction de l’eau et de la cellulose.
c. Le mécanisme traduit une certaine fragilité car il entraîne une rupture de la grande fibre
de cellulose en unités plus petite. Les fibres du papier vont donc se désolidariser, rendant le
papier plus cassant.
15
Microméga TS Spécialité Chapitre 7 Cycle de vie ©Hatier 2012

2 Principe de protection du papier par le diéthylzinc
d. Le diéthylzinc réagit avec l’acide pour donner des ions zinc Zn
2+
. Aussi, en l’absence de
catalyseur, la dégradation du papier par hydrolyse ne peut se faire.
Le diéthylzinc réagit, de plus, avec l’humidité contenue dans le papier pour produire un
oxyde de zinc. En l’absence d’eau, l’hydrolyse ne peut se produire. Le papier ne sera donc
plus altéré tant qu’il ne sera pas remis en contact avec une atmosphère humide.
e. Le nom de l’hydrocarbure C
2
H
6
est l’éthane.
f. Dans les conditions normales, l’éthane est un gaz. Lors de se processus, il ne va donc pas
rester sur le papier et se disperser dans l’atmosphère.
16
THÈME 3 MATERIAUX

MOTS CLÉS Recyclage, élimination

Aujourd’hui, différents types de traitement sont utilisés pour les objets en matières
plastiques arrivés en fin de vie. À partir de quelques documents et des normes actuelles
concernant le calcul du bilan carbone, nous allons analyser chacun des traitements :
recyclage, incinération ou enfouissement. En nous appuyant sur les différents résultats
obtenus, nous les comparerons afin de pouvoir nous forger un point de vue scientifique sur
chacune de ces méthodes.
Le recyclage n’est pas une activité uniforme, ce qu’un exemple simple permet d’illustrer.
Une personne qui répare une vieille table en bois recycle un objet ; s’il la scie pour en
récupérer une planche qui permettra de faire des étagères et qu’avec la sciure obtenue il fait
de la pâte à papier, il recycle le matériau constituant l’objet et non l’objet (valorisation
matière) ; s’il la passe par la hache et la met dans le feu de sa cheminée, il en valorise
l’énergie que le matériau peut produire. Cet exemple, organisé autour d’un objet et d’une
personne, montre les principales formes de valorisation (avec le compostage) impliquées
dans l’organisation sociale actuelle pour éviter que les objets qui nous entourent ne finissent
en ordure dans une décharge. Cette mise en décharge, qui était la principale élimination des
ordures il y a seulement une vingtaine d’années en France, coûte en transport des ordures,
en encombrement occupé par la décharge et en pollution environnementale autour de la
décharge. La valorisation des objets avant qu’ils ne deviennent des ordures est un état
d’esprit qui s’appuie sur l’analyse physico-chimique proposée dans ces pages.

Objectifs
Exploiter des documents afin de comprendre les différents traitements des objets en
matière plastique arrivés en fin de vie.

Lien avec le programme
• Savoir faire des bilans d’énergie.

Activité 1 Valorisation des plastiques usagés

1 Choix de l’enfouissement
a. La question demande d’exprimer le bilan carbone, en kg de CO
2
, de l’enfouissement d’une
tonne de plastique. Il est précisé qu’il ne faut tenir compte que du transport. D’après le
doc.2, une tonne de déchet, pour être transportée, nécessite 4 kg de carbone. Pour
l’exprimer en kg de CO
2
, il faut tenir compte de la stœchiométrie de la réaction d’équation
C + O
2
CO
2
. La masse de dioxyde de carbone libérée dans par tonne de plastique lors
de la mise en décharge est donc :
17
Microméga TS Spécialité Chapitre 7 Cycle de vie ©Hatier 2012
2
T CO
1 2
C
EGS
4,0 (12 2 16)
BC 15kg CO
12
M
M


2 Choix de la valorisation matière
b. Le texte qui précède la question indique que recycler une tonne de plastiques met en jeu :
- un coût pour le recyclage (EGS
R
= 300 kg de C),
- une économie d’une tonne de plastique qui n’a pas à être produit (–EGS
N
= –800 kg de C),
- un coût pour le transport des déchet (EGS
T
= 4 kg de C).
Le bilan carbone se traduit par le facteur :
EGS = EGS
R
– EGS
N +
EGS
T
= 300 – 800 + 4 = –496 kg éq. C,
soit un bilan en dioxyde de carbone (en utilisant la stœchiométrie de la réaction d’équation
C + O
2
CO
2
) :

2
CO
3
2 2
C
EGS
–496 (12 2 16)
BC –6,7.10 kg CO
12
M
M

• Pour fabriquer 1 tonne de plastique, il faut 0,7 t de pétrole.
Soit un bilan BP
2
= –0,7 t.

2 Choix de la valorisation matière
c.



d. L’énergie libérée lors de l’incinération de ce plastique se déduit de la valeur de son
pouvoir calorifique C
m
donnée dans le texte précédent les questions :
E = C
m
× m = 23 × 1 000 = 23.10
3
MJ.

e. L’énergie thermique Q produite pour le chauffage urbain est donnée par les pourcentages
indiqués dans la chaîne énergétique :
9
45 90
9,3.10 J.
100 100
Q E
18
THÈME 3 MATERIAUX

Il en est de même pour l’énergie électrique obtenue à la sortie de l’alternateur :
9
e
55 35 90
4,0.10 J.
100 100 100
E E
L’énoncé demande d’exprimer ces énergies en kWh. La conversion utilise la correspondance
suivante :
1 kWh = 1 000 Wh = 3 600 000 Ws = 3,6.10
6
J.
Soit les énergies correspondantes :
9
3
6
9,3.10
2,6.10 kWh.
3,6.10
Q
et
9
3
e
6
4,0.10
1,1.10 kWh.
3,6.10
E

f. Pour réaliser le bilan carbone d’une incinération, commençons par faire le bilan des
émissions de gaz à effet de serre en kg éq. C. Pour incinérer une tonne de déchet, il faut
mettre en jeu :
- la libération de carbone (sous forme de CO
2
) lors de l’incinération proprement dite
(EGS
l
= 470 kg de C),
- le transport (EGS
T
= 4 kg éq. C par tonne transportée),
- en déduire l’énergie récupérée (EGS
e
par kWh électrique et EGS
Q
par kWh thermique).
Cela donne :
EGS
3
= EGS
1
× m – EGS
e
× E
e +
– EGS
Q
× Q + EGST × m
EGS
3
= 470 × 10 – 0,060 × 1,1.10
3
– 0,100 × 2,6.10
3
+ × 4,0 × 1,0
EGS
3
= 1,5.10
2
kg éq. C = 1,5.10
5
éq. C.

Soit un bilan en dioxyde de carbone (en utilisant la stœchiométrie de la réaction d’équation
C + O
2
CO
2
) :
2
2
3 CO
2
3 2
C
EGS
1,5.10 (12 2 16)
BC 5,4.10 kg CO .
12
M
M


• Le bilan d’énergie donne : BE
3
= Q + E
e
= 13,3.10
9
J.

g. Les 1,1.10
3
kWh d’électricité produite ont un bilan carbone de 540 kg de CO
2
, ce qui est
négligeable comparé au bilan carbone de l’électricité produite par ailleurs.





19
Microméga TS Spécialité Chapitre 7 Cycle de vie ©Hatier 2012
4 Conclusion
h. Rapport
Lors de questions précédentes, nous avons pu faire le bilan en dioxyde de carbone pour les
différents traitements des déchets plastiques :
- bilan dioxyde de carbone pour l’enfouissement d’une tonne de plastique : 15 kg de CO
2
;
- bilan dioxyde de carbone pour le recyclage d’une tonne de plastique : -6 700 kg de CO
2
;
- bilan dioxyde de carbone pour l’incinération d’une tonne de plastique : 540 kg de CO
2
;
- bilan énergie pour l’incinération d’une tonne de plastique : 13,3.10
9
J.

La valorisation énergétique est intéressante. En effet, dans une période de prise de
conscience que les réserves de pétrole et d’uranium sont comptées, il est utile de
développer des méthodes de production d’énergie afin de diversifier les sources.
Cependant, nous remarquons que, du point de vue écologique, l’incinération ne présente
pas l’excellent bilan carbone du recyclage.

Dans le but de limiter les rejets de gaz à effet de serre, la valorisation matière est à
développer. Aussi, cela nécessitera :
- des efforts de la part des industriels qui devraient prendre en compte le caractère
recyclable des matériaux utilisés pour produire des objets manufacturés ;
- des efforts de la part des collectivités qui devraient sensibiliser les consommateurs et leur
fournir la possibilité d’avoir accès à des installations de tri ;
- des efforts de la part des consommateurs qui devraient acquérir des réflexes écocitoyens
lors de l’achat de biens et de leur élimination en fin de vie.

Enfin, reste le cas de la décharge. Si son bilan carbone apparaît meilleur que celui de
l’incinération, cette technique d’élimination des déchets ne permet aucune valorisation tant
énergétique que pétrolière. De plus, l’analyse de cycle de vie ne rend pas compte des
problèmes liés à l’enfouissement sur de longues durées. En effet, l’encombrement résultant
de cette pratique n’est pas pris en compte. L’idéal serait donc la disparition de cette pratique
à terme.

1
Microméga TS Spécialité Chapitre 8 Structure et propriétés ©Hatier 2012

Structure et propriétés

Le chapitre 8 met en scène des mots clés relatifs à des matériaux aussi divers que cristaux
liquides, membranes, colles, adhésifs, tensioactifs, émulsion et mousse. Pierre-Gilles de
Gennes classait tous ces systèmes sous le concept d’objets fragiles. C’est effectivement ce
qui unifie ces notions. Pour autant, nous n’avons pas abordé ces mots clés sous l’angle des
énergies d’interaction microscopique. Plutôt, nous avons considéré les notions de base
affiliées à chacun de ses mots clés et nous les avons mis en situation. Il en résulte une
absence d’unité dans cette partie.

Plus que pour les autres chapitres, nous nos sommes efforcés de faire fonctionner ici autant
de connaissances du programme spécifique que possible. De la sorte, le travail effectué
pendant les heures de spécialité participe au travail de révisons du programme spécifique.
Partout où cela a été possible, nous avons adopté une démarche expérimentale.

Cette partie est l’occasion de faire de la physico-chimie. En aucun cas, nous n’avons adopté
une approche de type biologique, par exemple pour les membranes. Cela, certes, restreint
les sujets étudiés, mais contribue certainement à porter le travail à un niveau de réflexion
plus élevé. Il fallait faire des choix tant le traitement de ces sujets est vaste : nous avons ciblé
l’efficacité d’un travail de préparation au Bac.

MOTS CLÉS Conducteurs, supraconducteurs

La question, vaste et actuelle, des conducteurs et supraconducteurs, a été circonscrite ici à
deux aspects principaux : d’une part la compréhension de la structure et du fonctionnement
d’un conducteur ohmique, par le biais d’une activité expérimentale et d’un raisonnement
guidé, d’autre part l’examen des différents aspects des supraconducteurs, étant entendu
que la compréhension théorique réelle de leur fonctionnement est hors de portée d’un
élève de Terminale S dans le simple cadre des deux heures hebdomadaires d’enseignement
de spécialité. Dans le cadre du domaine d’étude « Structure et propriétés », cette approche
reliant le macroscopique au microscopique, alliée à de réelles mesures et connectée au
programme d’enseignement spécifique, paraît pertinente.

Activité 1 Les conducteurs ohmiques, du microscopique au macroscopique

Objectif
Le but de cette activité est de comprendre le lien entre structure microscopique d’un
conducteur ohmique et loi d’Ohm macroscopique.
Chapitre
8
2
THÈME 3 MATÉRIAUX
L’activité est subdivisée en deux parties, dont la première, expérimentale, rappelle le travail
qui peut être fait en chimie pour l’introduction à la conductimétrie. Dans la deuxième partie,
il s’agit de faire le lien entre les connaissances des élèves en conductimétrie (définition de la
conductivité, loi de Kohlrausch reliant la conductivité à la concentration en ions) et les
aspects microscopiques de la solution, par un modèle simple du mouvement des ions. Cela
mobilise donc également des connaissances de mécanique. Par conséquent, cette approche
est tout à fait adaptée à l’enseignement de spécialité, considéré comme un
approfondissement des compétences de l’enseignement spécifique.
Les manipulations sont simples et laissent de la liberté à l’élève, qui pourra envisager à la
fois des vérifications quantitatives et des vérifications qualitatives.

Correspondance avec le programme d’enseignement spécifique
• Conductimétrie : explication qualitative de la loi de Kohlrausch.
• Connaître et exploiter les trois lois de Newton ; les mettre en œuvre pour étudier des
mouvements dans des champs de pesanteur et électrostatique uniformes.

Correspondance avec le programme de collège
• Loi d’Ohm (programme de 4
e
).
• Tensions et intensités efficaces (programme de 3
e
).

Liste du matériel
• un générateur de tension (de préférence GBF, réglé à 1 kHz sinusoïdal)
• des cordons de connexion
• deux plaques métalliques (par exemple de cuivre), un support pour les maintenir dans la
solution (permettant de modifier leur écartement) et des pinces crocodiles (ou un support
adapté) pour le contact électrique
• un bécher de taille suffisante
• une solution ionique (par exemple chlorure de potassium à 1 g.L
-1
) ; possibilité de mettre à
disposition de l’élève plusieurs solutions de concentrations différentes ou bien de le laisser
diluer lui-même la solution disponible (dans ce cas, ne pas choisir une solution déjà trop
diluée, 0,01 mol.L
-1
minimum)
• deux multimètres (qui seront utilisés en mode AC dans le cas de l’utilisation d’un GBF)

Correction

• La vérification du comportement en conducteur ohmique de la portion de solution consiste
à faire varier la tension délivrée par le générateur, mesurer à chaque fois I et U
AB
et tracer
U
AB
en fonction de I pour vérifier qu’un modèle linéaire (U
AB
= RI) est adapté.
• Pour vérifier l’influence des paramètres géométriques et de la concentration, il est donc
possible d’utiliser le multimètre en ohmmètre. Mais il est aussi possible de laisser le
montage dans la même configuration et de considérer les variations de I, la tension étant
3
Microméga TS Spécialité Chapitre 8 Structure et propriétés ©Hatier 2012
imposée. Pour la longueur de solution traversée, il faut que le dispositif permette d’écarter
ou de rapprocher les plaques, tout en les maintenant bien parallèles et en vis-à-vis, sans
modifier leur immersion. Pour la superficie immergée, il suffit de bouger les plaques en
hauteur. L’étude de l’influence de la concentration nécessite de la modifier, soit en utilisant
plusieurs solutions préalablement préparées, soit en diluant la solution fournie. Dans tous
les cas, une étude quantitative, quoique non demandée explicitement, est réalisable
simplement. On peut bien montrer que R est proportionnelle à la longueur de solution
traversée et inversement proportionnelle à la superficie immergée. Toutefois, des
constatations qualitatives suffisent à répondre à ce qui est demandé.

1 Étude d’un conducteur ohmique
a. L’étude montre que R augmente quand augmente et que R diminue quand S augmente,
ce qui est compatible avec l’expression proposée.
b. R peut dépendre de la concentration (on l’a vérifié : plus c est grande, plus R est petite),
de l’état de surface des électrodes (plus les électrodes sont sales, plus R est grande), de la
température (plus elle est élevée, plus R est petite), du soluté (aucune règle envisageable a
priori).

2 Du microscopique au macroscopique
c. L’ion subit :
• son poids P mg , vertical vers le bas ;
• la poussée d’Archimède ρVg , où ρ est la masse volumique de l’eau ;
• la force électrique F qE , perpendiculaire aux plaques ;
• la force de frottements f kv , horizontale et opposée au mouvement.
Voir le schéma ci-dessous établi pour U
AB
> 0 et q > 0.



4
THÈME 3 MATÉRIAUX
d. L’ion étant en mouvement rectiligne et uniforme dans le référentiel terrestre supposé
galiléen, la première loi de Newton s’écrit 0 P f F . En projection sur l’axe, cela
donne F = f, soit, si q > 0, la relation qE = kv.
e. La grandeur n
v
est un nombre par unité de volume, donc [n
v
] = L
-3
. Une intensité est un
débit de charge, donc [q] = I.T. La relation proposée donne donc
3 2
v
L
[ ] L .L .I.T. I
T
n Sqv : elle
est bien homogène.
f. L’expression donnée à la question précédente donne
v
I
v
n Sq
. Comme d’autre part
AB
U
E , l’expression écrite à la question d. fournit
AB
v
U I
q k
n Sq
, ce qui donne
AB 2
v
k
U I
n Sq
, qui est bien de la forme U
AB
= RI, avec
2
v
k
R
n Sq
.
g. Par ailleurs,
ς
R
S
, ce qui conduit à l’expression de la conductivité
2
v
ς
n q
k
. La densité
d’ions n
v
peut être reliée à la concentration molaire c par la relation n
v
= cN
A
. On en déduit
donc la relation
2
A
ς
q N
c
k
, qui est bien de la forme ς = λc avec
2
A
λ
q N
k
: on retrouve donc
la loi de Kohlrausch.
h. Pistes de réponse : le texte doit faire l’analogie précise entre la situation de
conductimétrie et un conducteur ohmique solide. Les porteurs de charge sont les électrons
et non les ions, l’analogue du solvant est le milieu solide dans lequel l’électron est en
mouvement. Sous l’effet d’un champ électrique appliqué par un générateur de tension, les
électrons sont mis en mouvement. Du point de vue mécanique, ils subissent l’analogue
d’une force de frottements, également dépendante de leur vitesse.

Commentaires
Les deux parties (expérimentale et théorique) de cette activité peuvent être réalisées
indépendamment : la première en classe, la deuxième en autonomie à la maison. La
deuxième partie peut être prolongée en précisant la loi de Stokes pour une sphère dure :
k = 6πηr, où η est la viscosité de l’eau et r le rayon de la sphère. Il est même possible de
retrouver ainsi les valeurs des conductivités molaires ioniques en utilisant une valeur du
rayon de l’ion. Cela permet de discuter de la pertinence du modèle de la sphère dure.

Activité 2 Les supraconducteurs

Objectif
Comprendre l’intérêt de la supraconductivité.



5
Microméga TS Spécialité Chapitre 8 Structure et propriétés ©Hatier 2012
Correction
Analyse de la question
Les supraconducteurs sont un enjeu industriel majeur actuellement, d’une part pour leur
propriété première (absence de résistance électrique), d’autre part du fait de la propriété de
lévitation par effet Meissner. Cette activité invite l’élève à approfondir ces propriétés à
travers l’étude de deux applications.
Pistes de réponse et mots clés
La compréhension de l’importance des supraconducteurs passe par la compréhension de
leurs applications majeures. Ainsi, les deux exemples étudiés par l’élève pourront être d’une
part une application au transport de l’électricité grâce aux supraconducteurs, et d’autre
part, comme suggéré par la figure 1, les trains à sustentation magnétique. Voir aussi
l’exercice résolu 6 page 144, qui fournit des documents sur le transport de l’électricité, ainsi
que son corrigé page 158.
6
THÈME 3 MATÉRIAUX

MOT CLÉ Cristaux liquides

Le domaine des cristaux liquides a rencontré son essor scientifique dans les années 1970 et
son essor technologique dans la décennie qui a suivi. Le domaine de l’affichage a explosé et
il n’est de dispositif de la vie de tous les jours qui leur échappe. Donner quelques
connaissances sur ce thème aux élèves de Terminale S est donc bienvenu. Nous avons choisi
de rester assez scientifique et de ne pas s’évader dans les applications technologiques pour
deux raisons : l’une tient à la difficulté d’enseigner cet aspect dans le peu de temps qui peut
lui être consacré et l’autre au fait que l’examen a fixé une liste de compétences exigibles
qu’il est plus facile de solliciter dans le domaine scientifique que dans le domaine
technologique. Le travail proposé pour ce mot clé utilise autant que faire se peut les notions
du programme de tronc commun, tout en mettant en place ce qui est le plus délicat dans le
domaine des cristaux liquides : le vocabulaire de base utilisé pour décrire les mésophases.

Nous avons mûrement réfléchi avant de fixer le niveau de vocabulaire auquel l’élève devait
être confronté. Nous nous sommes laissés guider par le fait que si un physico-chimiste lisait
ce chapitre, il faudrait qu’il puisse reconnaître qu’il traite effectivement de cristaux liquides.
Echapper totalement à la terminologie des mésophases était donc impossible. Nous nous
sommes limités à l’usage de ces termes qui ne demande qu’une définition ou une
description, surtout ne faisant pas appel à la théorie qui supporte ces notions.

Activité 1 De l’étude du cristal liquide à son utilisation

Objectif
Cette activité permet aux élèves d’étudier différentes structures des cristaux liquides et la
relation entre structure et propriété optique pour comprendre le principe de l’affichage à
cristaux liquides.
L’activité documentaire est divisée en plusieurs parties indépendantes, mais qu’il est
recommandé d’aborder dans l’ordre à cause de l’introduction progressive des notions.
La première partie introduit l’intérêt de la notion de cristal liquide par le biais de la structure
microscopique. La quantité importante de notions et de vocabulaire qu’il est nécessaire
d’acquérir pour se faire est instillée au fur et à mesure des questions posées. L’alternative
était de proposer un « cours » sur les cristaux liquides : nous l’avons jugée peu motivante.
L’élève doit donc lire les quelques informations associées à une question, puis y réfléchir par
l’intermédiaire de la question posée. De ce fait, il construit les connaissances de base
indispensables à cette introduction.
La seconde partie est l’étude d’une expérience de diffraction avec des cristaux liquides.
L’élève est amené à réfléchir à l’organisation microscopique des mésophases au moyen des
7
Microméga TS Spécialité Chapitre 8 Structure et propriétés ©Hatier 2012
résultats d’une étude de diffraction possédant des points communs avec celle qu’il a étudiée
dans le tronc commun.
La troisième et dernière partie permet de donner l’origine de la mésophase en considérant
une molécule dont la structure possède une partie qui ressemble à des molécules à bas
point de fusion et une autre partie qui ressemble à des molécules à haut point de fusion.
Une question sur la possibilité d’utilisation de ce type de système pour l’affichage est posée
de manière très ouverte afin de permettre une réflexion sur les applications technologiques.

Correspondance avec le programme
Partie 1 Notion d’état, de température de changement d’état et de chiralité. Reconnaître
des espèces chirales à partir de leur représentation.
Partie 2 Notion de diffraction. Savoir que l’importance du phénomène de diffraction est liée
au rapport de la longueur d’onde aux dimensions de l’ouverture ou de l’obstacle.
Partie 3 Notion d’énergie interne. Savoir que l’énergie interne d’un système macroscopique
résulte de contributions microscopiques.

Correction
1 Un nouvel état de la matière
a. La structure du cristal liquide ne présente pas une organisation parfaite (ce n’est pas un
cristal), ni un désordre complet (ce n’est pas un liquide).
b. Dans chaque plan, les bâtonnets sont libres de se mouvoir comme dans un liquide, mais
comme ils ne peuvent pas changer de plan, le « liquide » n’a en fait que deux dimensions et
la mésophase est un empilement de ces liquides bidimensionnels.
c. Les bâtonnets sont alignés verticalement, mais pas horizontalement comme dans la phase
smectique.
d. Le nanoate de cholestéryle possède 7 atomes de carbone asymétriques (et pas de plan de
symétrie) : la molécule est donc chirale. La mésophase cholestérique est une succession de
plans qui possèdent des orientations différentes, l’ensemble ayant une structure hélicoïdale,
ce qui est également une structure chirale.

Commentaires
Les élèves connaissent la relation entre carbone asymétrique et chiralité. Le cas de la
structure hélicoïdale est moins connue, mais plus simple à repérer ; une structure hélicoïdale
est toujours chirale. La présence du nanoate de cholestéryle (chiral) induit une structure
hélicoïdale (chirale).


2 Cristaux liquides et diffraction
e. C’est l’expérience des fentes d’Young, dont l’intérêt est de permettre une mesure d’une
distance microscopique. L’onde utilisée dans l’expérience doit être telle que sa longueur
d’onde soit du même ordre de grandeur que la distance entre les objets ou les trous.
8
THÈME 3 MATÉRIAUX
f. La longueur d’onde des rayons X est du même ordre de grandeur qu’une distance qui se
répète au niveau microscopique. Dans ce cas, c’est la distance entre molécules dans la
mésophase.
g. L’expérience montre qu’il existe un ordre, une organisation, celle de la mésophase.
h. Si l’analyse avait été dans l’autre direction, il n’y aurait pas eu d’image de diffraction car il
n’y a pas d’ordre (ni de distance caractéristique) dans cette autre dimension.


Commentaire
Une étude de diffraction d’une mésophase smectique aurait donné une image de diffraction
dans les deux dimensions.

3 Systèmes frustrés
i. Les points de fusion des composés ressemblant aux fragments sont franchement
différents.
j. L’écran peut être divisé en petites zones, chacune pouvant être mise sous l’influence d’un
champ électrique, ce qui commande un changement d’aspect, d’où l’affichage numérique
possible. Il s’agit d’une digitalisation de l’écran. Il suffit qu’un dispositif contrôle les zones
d’affichage.
9
Microméga TS Spécialité Chapitre 8 Structure et propriétés ©Hatier 2012

MOTS CLÉS Semi-conducteurs, photovoltaïques

La question de l’énergie solaire est d’actualité, aussi l’étude des matériaux photovoltaïques
figure-t-elle au programme de spécialité. Dans le cadre du domaine d’étude « Structure et
propriétés », il était indispensable de faire le lien entre la structure microscopique d’un
matériau semi-conducteur et ses propriétés macroscopiques. Une approche simple de la
jonction PN nous a paru à même de relever le triple défi de l’étude expérimentale, de la
compréhension théorique et du lien avec l’utilisation industrielle du photovoltaïque.
Les définitions présentent succinctement la notion de gap, plaçant l’étude de ces matériaux
semi-conducteurs dans la continuité des matériaux conducteurs (autre mot clé du
programme).


Activité 1 Jonction PN d’une diode et étude d’une photodiode

Objectif
Cette activité comporte deux parties, qui peuvent dans une large mesure être traitées
indépendamment. La première partie consiste à comprendre théoriquement le passage des
propriétés microscopiques des semi-conducteurs, décrits dans la partie Définitions, à leurs
propriétés électriques macroscopiques, données par une caractéristique courant-tension de
la diode.

Correspondance avec le programme
• Électricité générale (programmes de 5
e
, 4
e
, 3
e
).
• Force électrique subie par une particule chargée dans un champ électrique (programmes
de 1
re
S et de T
e
S).


Liste du matériel
• une photodiode ou une cellule photovoltaïque (constituée d’un ensemble de photodiodes)
• un générateur de tension continue
• des cordons de connexion
• deux multimètres
• une source de lumière blanche (si possible d’intensité variable)
• un luxmètre si possible




10
THÈME 3 MATÉRIAUX
Correction
1 Fonction d’une jonction PN
a. Schéma complété :

b. Pour que les électrons deviennent mobiles, il faut fournir assez d’énergie pour qu’ils
passent dans la bande de conduction. Il y a donc une tension de seuil en dessous de laquelle
il n’y a pas de conduction.
c. Lorsqu’un électron arrive au voisinage d’un trou, l’électron comble le trou : il y a
recombinaison de la paire électron-trou, donc le matériau devient conducteur. La branche
verticale de la caractéristique correspond à cette situation. En dessous de la tension de seuil,
il n’y a pas de conduction, d’où la branche horizontale de la partie droite de la
caractéristique.
d. Si la tension U
AB
est négative, le champ électrique est dans l’autre sens et les forces
exercées sur les trous et les électrons sont opposées par rapport à la situation du schéma de
la réponse a. Quelle que soit la valeur de la tension, ils ne sont donc pas conduits à se
rapprocher l’un de l’autre : il n’y a aucune chance pour qu’il y ait recombinaison de paires
électron-trou, donc il n’y a pas de conduction. Ainsi, l’intensité I est nulle quelle que soit
U
AB
< 0. Ceci explique la partie gauche de la caractéristique.

11
Microméga TS Spécialité Chapitre 8 Structure et propriétés ©Hatier 2012
2 Étude d’une photodiode

Les caractéristiques obtenues sont les suivantes :





12
THÈME 3 MATÉRIAUX
e. La tension de seuil de la diode étudiée est égale à 2,5 V.
f. La figure 4 montre une branche verticale pour U
AB
égale à la tension de seuil. Cela n’est
pas conforme à ce que l’on observe. Pour le cas où la photodiode est éclairée, la partie
horizontale n’est pas à une intensité nulle mais à une valeur négative.
g. La photodiode éclairée, lorsque la tension U
AB
nulle, est parcourue par un courant I
négatif. Si l’orientation de I était dans l’autre sens (donc en convention générateur), sa
valeur serait positive. La photodiode éclairée se comporte donc comme un générateur de
courant délivrant ici un courant d’intensité I
cc
= 69 µA.
h. L’énergie qui permet aux électrons de franchir le gap provient dans ce cas de la lumière
qui éclaire la jonction.
i. En éclairement constant, lorsque R augmente, la valeur de I reste constante (entre 69 et
70 µA pour la photodiode utilisée) et U
AB
augmente pour les faibles valeurs de R, puis il y a
une chute de I lorsque U
AB
se rapproche de la valeur de la tension de seuil (voir la figure
précédente). Cela est cohérent avec le fait que la photodiode se comporte comme un
générateur de courant.


Lorsque le flux lumineux augmente, la valeur de l’intensité I
cc
délivrée par le générateur de
courant augmente.
La couleur de la lumière influe sur l’intensité du courant délivré par la photodiode.
De nombreuses cellules photovoltaïques branchées en parallèle et éclairées uniformément
permettent donc d’obtenir un courant électrique.

Commentaires
• La caractéristique d’une photodiode (en convention récepteur) peut être modélisée ainsi :
AB B
/
s cc
e 1
eU k T
I I I , ce qui est conforme à ce que l’on observe. Le courant de saturation I
s

vaut quelques microampères et le courant I
cc
est proportionnel à l’éclairement. Il est difficile,
avec les moyens présents au lycée, de vérifier cette proportionnalité.
13
Microméga TS Spécialité Chapitre 8 Structure et propriétés ©Hatier 2012
• De même, la mesure précise de la dépendance de I
cc
par rapport à la couleur de la lumière
est rendue délicate par le fait que la source de lumière utilisée n’est pas une puissance
spectrale uniforme.
• L’utilisation d’un luxmètre peut permettre de travailler à puissance constante. Le montage
et les mesures deviennent assez lourds mais sont possibles.
14
THÈME 3 MATÉRIAUX

MOT CLÉ Membranes

Les membranes sont des matériaux qui permettent de séparer deux milieux, que ce soit en
biochimie où la membrane cellulaire sépare l’intérieur et l’extérieur d’une cellule, dans les
électrolyses industrielles où une membrane est utilisée pour séparer les compartiments
d’électrolyse, ou dans d’autres cas. Une membrane est d’autant plus intéressante qu’elle
sépare deux milieux de façon sélective. Par exemple, pour la désalinisation de l’eau de mer,
la membrane laisse passer l’eau plus facilement que les ions, d’où son intérêt. L’aspect
séparation et l’aspect semi-perméabilité sont les deux notions que les élèves doivent
acquérir, faute de quoi il ne pourrait pas être dit qu’ils ont entendu parler de membranes en
termes physico-chimiques.

Activité 1 L’osmose inverse

Objectif
Cette activité permet d’étudier les caractéristiques du phénomène de l’osmose inverse.
L’expérience d’osmose peut être réalisée par le professeur (les collègues de SVT savent bien
la faire). Il n’est pas très intéressant que chaque élève la réalise : d’une part, ses difficultés
sont liées au délicat coup de main de manipulation de la membrane pour la fixer et
introduire l’eau salée, d’autre part, ce savoir-faire spécifique ne peut pas être réinvesti dans
les ECE. Nous avons donc opté pour une étude documentaire du phénomène.

Correspondance avec le programme
• Pression dans un gaz et un liquide, force pressante, pression en fonction de la profondeur
(programme de Seconde).
• Déterminer la polarisation des liaisons en lien avec l’électronégativité.
• Pour une ou plusieurs étapes d’un mécanisme réactionnel donné, relier par une flèche
courbe les sites donneur et accepteur en vue d’expliquer la formation ou la rupture de
liaisons.
• Reconnaître le groupe caractéristique dans les amides.

Correction
1 Étude expérimentale du phénomène d’osmose
a. L’eau douce entre dans le compartiment contenant les ions, ce qui les dilue. Leur
concentration diminue.
b. Si le diamètre du tube est d et la hauteur entre les niveaux 1 et 2 h, le volume d’eau qui
est passé au travers de la membrane est
π ²
4
hd
V soit :
2 3
3,14 3,2 0,10²
2,5.10 cm
4
V .
15
Microméga TS Spécialité Chapitre 8 Structure et propriétés ©Hatier 2012
La masse est de l’ordre de m = 3,0.10
–2
g puisque la densité de l’eau salée est légèrement
supérieure à 1.
c. L’excès de pression est donc
mg
p
S
où les grandeurs valent (en S.I.) :
m = 3,0.10
–5
kg,
g = 9,81 SI,
3
7
π ² 3,14 (1,0.10 )²
7,9.10 m²
4 4
D
S , d’où
5
7
3,0.10 9,81
3,7.10² Pa
7,9.10
p .
d. L’expérience d’osmose diminue la concentration en sel, mais en utilisant de l’eau douce,
or c’est ce qu’il faut produire.
Commentaire
D’un point de vue thermodynamique, la présence d’eaux de salinités différentes de part et
d’autre d’une membrane semi-perméable (à l’eau) est un système hors d’équilibre puisque
les potentiels chimiques de l’eau sont différents dans chaque compartiment. La pression qui
se crée du côté de l’eau salée augmente le potentiel chimique de l’eau jusqu’à ce qu’il
prenne la valeur standard de l’eau douce.

2 Utilisation industrielle du phénomène d’osmose
e. Ce dispositif est appelé osmose inverse puisque, au lieu de créer une pression osmotique
(voir question précédente) avec de l’eau douce et de l’eau salée, il permet de produire de
l’eau douce en imposant une pression à de l’eau salée.
f. Il n’y a pas de perte d’eau puisque le débit entrant est de 120 m
3
.h
–1
et que les deux débits
sortants sont 90 m
3
.h
–1
. et 30 m
3
.h
–1
.
Il n’y a pas de perte de sel non plus car, initialement, il rentre 5 000 × 120 = 6,00.10
5
g.h
–1
de
sel et qu’il en sort autant : 90 × 329 + 30 × 12 012 = 6,00.10
5
g.h
–1
.
g. S’il n’y avait qu’un seul étage de filtration, l’eau serait de meilleure qualité (250 mg.L
–1
),
mais il y en aurait moins (60 m
3
.h
–1
au lieu de 90 m
3
.h
–1
).
h. La pression de 2,75.10
6
Pa correspondrait à une hauteur d’eau de 275 m.
i. Ce procédé permet de retirer 94 % du sel d’une eau salée. Il peut être utilisé dans les pays
en manque d’eau douce.

3 Étude microscopique
j. Le terme polyamide indique la présence du groupe caractéristique des amides –CO–NH–
au sein d’un polymère.
k.
HOOC
COOH
H
2
N
NH
2

l. La polarité est positive (C
δ+
) car O et Cl sont plus électronégatifs que C.
m. La flèche courbe indique la formation d’une liaison entre N et C, ce qui est la liaison du
groupe amide.
16
THÈME 3 MATÉRIAUX
MOTS CLÉS Colles et adhésifs

Cette introduction à la physico-chimie du collage repose sur quelques paramètres qui
permettent de comprendre ce qui se passe au niveau atomique. Ces paramètres sont la
viscosité de la colle, l’état de surface des pièces à coller et les possibles formations de
liaisons chimiques entre les atomes de la colle et ceux des pièces à coller. En étudiant
quelques documents, l’élève entreprend une démarche qui l’amène à réfléchir sur
l’influence de ces paramètres.
Une des idées que l’élève devra retenir est que, pour que la colle colle, il faut trois
conditions : qu’elle puisse s’étaler (donc qu’elle soit fluide), qu’elle crée des liaisons
chimiques avec les surfaces à coller (d’où des colles différentes pour des matériaux
différents) et qu’elle devienne très visqueuse pendant le collage. Pour ces raisons, de
nombreuses colles mettent en jeu une réaction de polymérisation pendant le collage.

Activité 1 Effectuer un collage

Objectif
Comprendre par une démarche expérimentale les facteurs influençant le collage

Correspondance avec le programme
• Notion de catalyse homogène.

Liste du matériel et des produits
• colle thermofusible (aussi appelée colle chaude)
• pistolet à colle
• deux pièces de bois mélaminé
• papier de verre

En tirant assez fort sur les deux pièces, comme indiqué sur la figure 2 de l’activité, les deux
pièces se décollent. Si elles ne se décollent pas, recommencer en mettant moins de colle.
Rayer franchement les surfaces à coller, supprimer la poussière sur chaque pièce à coller,
déposer la même quantité de colle sur les rayures, exercer la même pression et attendre
aussi longtemps que précédemment : les pièces ne se désassemblent plus.
La différence entre les forces d’assemblage est telle qu’il n’est pas réellement besoin
d’utiliser un dynamomètre pour apprécier la différence, mais rien ne s’oppose à ce que des
mesures soient effectuées pour cette expérience.

Commentaire
Le changement de viscosité est ici induit par une modification de température, et non par
une réaction de polymérisation. Cela donne à cette colle des caractéristiques particulières,
17
Microméga TS Spécialité Chapitre 8 Structure et propriétés ©Hatier 2012
comme son caractère « démontable » et son adhérence faible, ce qui est un inconvénient
dans certains cas, mais un avantage dans d’autres.

Correction
a. La viscosité est la grandeur qui exprime la difficulté d’un fluide à s’écouler. Une seconde
après le positionnement des pièces à coller, la colle aurait été peu visqueuse et les pièces
auraient facilement glissé l’une sur l’autre ; la colle n’aurait pas « tenu ».
b. La surface rayée peut être représentée comme sur la figure ci-après : la surface de collage
est donc plus grande quand elle est rayée, ce qui explique que le collage « tienne » mieux.

Surface lisse
Surface rayée

c. Un prépolymère est un matériau dont la polymérisation n’est pas complète et qui attend
les conditions ad hoc pour finir de polymériser.
Un catalyseur est une espèce chimique, différente des réactifs, et qui réduit la durée d’une
réaction chimique sans pour autant entrer dans le bilan.
La polymérisation est une réaction chimique qui consiste à produire des molécules de poids
moléculaires élevés par réaction entre molécules de bas poids moléculaires.
La réticulation est la réaction entre chaînes de polymères pour former un réseau
tridimensionnel.
La colle chaude n’a qu’un seul composant et, si les pièces assemblées étaient chauffées, elles
se désassembleraient par ramollissement de la colle. En revanche, la polymérisation est
définitive, le matériau est dur ad vitam aeternam.

Commentaire
• Si les notions de polymérisation et de réticulation n’ont pas été vues en 1
re
S, il est
important d’en parler à cette occasion.
• La réticulation est essentielle pour la fabrication de matériaux moulés ; le prépolymère
fluide est injecté dans le moule et les conditions de polymérisation sont imposées, ce qui
crée un objet rigide, par exemple un pneu.


Activité 2 La colle au cyanoacrylate

Objectif
Comprendre le principe d’adhésion moléculaire.



18
THÈME 3 MATÉRIAUX
Deux pièces à assembler
Correspondance avec le programme
• Recueillir et exploiter des informations pour relier les propriétés physiques d’un matériau à
sa structure microscopique (1
re
S).
• Reconnaître les groupes caractéristiques dans les alcool, aldéhyde, cétone, acide
carboxylique, ester, amine, amide.
• Pour une ou plusieurs étapes d’un mécanisme réactionnel donné, relier par une flèche
courbe les sites donneur et accepteur en vue d’expliquer la formation ou la rupture de
liaisons.

Correction
a. Cas de l’assemblage moléculaire

Deux pièces à assembler
Après adhésion moléculaire



Cas d’un assemblage moléculaire impossible



Deux pièces collées
Pièce 1
Colle
Pièce 2


La colle à faible viscosité remplit les espaces dus à la rugosité des surfaces et des liaisons
chimiques s’établissent entre les atomes des surfaces à coller et ceux de la colle. Si la colle
peut ensuite se solidifier (par catalyse ou durcissement en refroidissant), alors les deux
pièces se retrouvent assemblées.


19
Microméga TS Spécialité Chapitre 8 Structure et propriétés ©Hatier 2012
b.

c.
CH
2
C
-
C
C
O
N
O
CH
3
H
2
C
C C
C
O
N
O
CH
3
X
CH
2
C
-
C
C
O
N
O
CH
3
H
2
C
C
C
O
N
O
CH
3
X
C
-


Commentaire
Une liaison C–C est formée, ce qui allonge la chaîne du polymère en train de se former, et le
même site actif que le site initial est restitué, ce qui permettra à la polymérisation de
continuer.
20
THÈME 3 MATÉRIAUX

MOTS CLÉS Tensioactifs, émulsions, mousses

Les tensioactifs, les émulsions et les mousses sont traités simultanément ici parce que
émulsions et mousses ont en commun d’être une phase (liquide et gaz respectivement) au
sein d’un liquide ou d’un solide. Les tensioactifs sont également présents parce qu’ils sont
fréquemment mis à contribution pour produire les émulsions.
Ces activités permettent aux élèves de découvrir expérimentalement les propriétés des
émulsions (activité 1), de comprendre le lien entre structure et propriétés des
tensioactifs (activité 2) et de comprendre le principe de formation d’une mousse (activité 3).
L’activité est essentiellement basée sur des expériences courtes qui peuvent toutes être
réalisées par les élèves. Les questions qui les accompagnent permettent aux élèves de
construire les principales notions liées à ces mots clés : aspect microscopique, réaction
chimique, etc.

Activité 1 Préparation de deux émulsions

Objectif
Découvrir expérimentalement les propriétés des émulsions.

Correspondance avec le programme
• Notion de spectrophotométrie.
• Notion d’absorption, de diffusion et de transmission (1
re
S).

Liste du matériel et des produits
• cinq tubes à essais, un bouchon et un support de tubes à essais
• une pipette simple et une poire de prélèvement de 1 mL
• accès à un spectrophotomètre visible
• un grand cristallisoir (qui peut servir à plusieurs binômes)
• une spatule
• une lame de verre (type microscope)
• une solution de phénolphtaléine à 1 % dans l’éthanol
• de l’éthanol (1 mL)
• de l’huile (éventuellement alimentaire, 3 mL)
• du savon liquide (type pousse-mousse, 1 mL)
• de l’eau (éventuellement du robinet)
• de la poussière de craie ou du poivre moulu finement
• un colorant cristallisé soluble dans l’eau (par exemple quelques grains de vert malachite)
• une solution saturée d’hydrogénocarbonate de sodium (3 mL)
• de l’albumine d’œuf (15 mg)
• une solution d’acide éthanoïque de concentration égale à 1 mol.L
–1
(2 mL)
21
Microméga TS Spécialité Chapitre 8 Structure et propriétés ©Hatier 2012
La phénolphtaléine est bien soluble dans l’éthanol mais peu dans un mélange eau/éthanol.
Cette différence de solubilité est à l’origine de la formation de l’émulsion. Les conditions du
protocole doivent être strictement respectées faute de quoi la phénolphtaléine serait
soluble et l’émulsion pourrait ne pas se former.
La lumière ne traverse pas l’émulsion qui absorbe toute la lumière.


1 Propriété optique des émulsions
a. La solution colorée absorberait une plage de longueur d’onde alors que l’émulsion
absorbe la lumière à toutes les longueurs d’onde.
b. Si le tube à essais a un diamètre de 1 cm, la lumière doit franchir
2
3
5
10
10 goutelettes
10
.
c. Si chaque gouttelette laisse passer 95 % de la lumière et disperse le reste, au bout de
1 000 gouttelettes, l’intensité lumineuse restante est (0,95)
1000
= 5.10
–23
soit pratiquement 0.
La lumière ne traverse donc pas le tube à essais.

Commentaires
• L’émulsion réalisée selon le PROTOCOLE apparaît blanche comme du lait parce que toute la
lumière (blanche) reçue est dispersée dans toutes les directions et non transmise.
• Une émulsion est un système de la famille des colloïdes. Un colloïde est une émulsion
quand un des deux liquides qui la constitue forme une phase continue.

L’émulsion obtenue est stable quelques minutes, soit bien plus qu’en l’absence de savon.

2 Stabilité des émulsions
d. Le mélange eau-huile sans savon s’est progressivement séparé suite à une démixtion,
c’est une émulsion instable, c’est-à-dire qu’elle ne se maintient pas dans le temps. En
revanche, l’émulsion du tube qui contient le savon se maintient plus longtemps, elle est plus
stable.
e. Le lait est une émulsion stable, il n’y a pas de séparation comme dans l’expérience du
PROTOCOLE.
Commentaire
Il est possible de rendre instable l’émulsion du lait, par exemple en le faisant cailler, en
présence de présure ou d’acide nitrique.

f. Elles sont blanches-laiteuses (comme l’émulsion de phénolphtaléine ou le lait), à la fois
grasses et humides, ce qui traduit que la crème contient des matières grasses et de l’eau qui
ne peuvent coexister que grâce à une émulsion.

22
THÈME 3 MATÉRIAUX
Activité 2 Tensioactif et surface d’une solution

Objectif
Comprendre le lien entre structure et propriété des tensioactifs.

Correspondance avec le programme
• Déterminer la polarisation des liaisons en lien avec l’électronégativité.

Correction
1 Structure d’un tensioactif
a. La queue apolaire est constituée de la partie contenant la chaîne de CH
2
. La tête polaire
est le groupe carboxylate.
b. Les liaisons hydrogène sont représentées ci-dessous :
C
O
O
H
H
O
H
O
H


2 Propriétés d’un tensioactif
Expérience 1
La poussière est repoussée du point de contact entre le savon et l’eau. Au bout d’un petit
nombre de fois, ce phénomène ne se reproduit plus (l’eau est couverte de molécules
amphiphiles).
Expérience 2
L’eau qui perlait sur la lame de verre s’étale sur cette même surface dès qu’elle est en
contact avec le savon.

c. Le tensioactif se disperse en surface puisqu’il pousse la craie. Le colorant se comporte
différemment car il se disperse dans la masse de la solution.
d. Il faut représenter la surface de l’eau en utilisant la représentation des molécules
amphiphiles de la figure 3 du manuel.
23
Microméga TS Spécialité Chapitre 8 Structure et propriétés ©Hatier 2012
Surface de l’eau
Poussières poussées
par les molécules amphiphiles
Arrivée des molécules amphiphiles
Contact savon / eau
Molécules amphiphile, la tête polaire dans l’eau
et la queue non polaire hors de l’eau
Poussières poussées
par les molécules amphiphiles


Commentaire
Les poussières (macroscopiques) sont en fait beaucoup plus grosses que les molécules
amphiphiles (microscopiques).

e. La goutte s’étale, donc sa surface augmente : c’est que les forces de surface ont diminué.
f. Comme dans l’expérience 2, la surface de la goutte se recouvre de molécules de
tensioactif. La surface étant ainsi transformée, il n’est pas surprenant que les forces qui
agissent sur cette surface soient aussi modifiées.


Activité 3 Création d’une mousse

Objectif
Comprendre le principe de formation d’une mousse.

Correspondance avec le programme
• Reconnaître un acide, une base dans la théorie de Brönsted.
• Utiliser les symbolismes , et dans l’écriture des réactions chimiques
pour rendre compte des situations observées.

Correction
L’addition d’acide éthanoïque provoque une effervescence, laquelle constitue une mousse
stable pendant plusieurs minutes.

a. CH
3
COOH + HCO
3

CH
3
COO

+ CO
2
+ H
2
O
Le gaz qui se forme (effervescence) est le dioxyde de carbone.
24
THÈME 3 MATÉRIAUX
b. En l’absence d’albumine, les bulles de gaz se seraient crevées et il ne se serait pas formé
d’émulsion. L’albumine, constituée de protéine, tisse un réseau autour des bulles et
empêche qu’elles éclatent.
c. Cette mousse est fermée.
d. L’exothermicité de la polymérisation provoque la vaporisation de l’éther, ce qui forme un
gaz (vapeur d’éther) qui agit comme le dioxyde de carbone de l’expérience précédente.
1
Microméga TS Spécialité Chapitre 9 Nouveaux matériaux ©Hatier 2012

Nouveaux matériaux


MOTS CLÉS Nanotubes, nanoparticules, matériaux nanostructurés

Les nanosciences regroupent les études des objets nanométriques, c’est-à-dire constitués de
l’assemblage d’un petit nombre de molécules. Si ce domaine de la science avait été évoqué
par R. Feynman en 1959 comme un possible champ d’investigation, rien n’a été
expérimentalement possible avant l’invention du microscope à effet tunnel, puis du
microscope à force atomique, tous deux capables d’observer des objets de la taille des gros
atomes, comme les atomes de surface d’un morceau d’or, ou les objets qui s’y fixent.
L’interprétation des images fournies par de tels instruments a alors permis (et permet
toujours) d’étudier les structures qui se construisent à la surface des matériaux, comme les
catalyseurs hétérogènes. De nombreux travaux actuels sur les matériaux visent à fabriquer
de nouveaux édifices de taille nanométrique dont le chercheur qui les élaborent suspecte
qu’ils auront les propriétés souhaitées. Les microscopies évoquées ci-dessus servent alors à
contrôler la réussite de la construction. Les intérêts sont multiples, parmi lesquels : (1) des
structures entièrement nouvelles sont élaborées ; (2) les « objets » ainsi réalisés sont
construits avec peu d’atomes, ce qui représente une économie énorme par rapport aux
objets classiques ; (3) le monde est exploré dans des dimensions nouvelles, ce qui valide ou
invalide les lois connues, apportant un renouveau dans la science.

Les premiers objets nanométriques étudiés furent les fullerènes, dont le premier, de formule
C
60
, préfigurait la découverte, à partir de 1985, d’une nombreuse famille de nouveaux
allotropes du carbone dont seules les formes diamant et graphite étaient jusqu’alors
connues. Puis les nanotubes de carbone et le graphène furent ensuite synthétisés à la fin des
années 1990. De nombreuses autres structures, dont certaines sont connues depuis des
siècles, se révélèrent alors être des nanoobjets. Arriver à maîtriser leur construction et
parvenir à en produire de nouveaux, ou des objets proches, est un champ de recherche
actuellement actif.

L’étude des mots clés nanotubes, nanoparticules et matériaux nanostructurés a été guidée
par la possibilité de mettre en jeu des compétences exigibles du programme. Nous avons
choisi de faire suivre un protocole (pour synthétiser un matériau magnétique nanostructuré)
et d’utiliser la notion de chiralité, étudiée dans le tronc commun avec la notion de carbone
asymétrique, et qui a été réinvestie ici dans le cas des structures hélicoïdales.

Objectif
Synthétiser un matériau nanostructuré : un ferrofluide.
Chapitre
9
2
THÈME 3 MATERIAUX

Activité 1 Synthèse de nanoparticules de magnétite

La première activité sur les nanoparticules est expérimentale ; elle propose aux élèves de
synthétiser un ferrofluide, c'est-à-dire un fluide qui suit le mouvement d’un aimant. Un tel
fluide est constitué de nanoparticules d’oxyde magnétique Fe
3
O
4
dans un liquide avec lequel
il est possible de faire des expériences surprenantes. Cette expérience est également
l’occasion de réaliser un titrage acide-base.

Correspondance avec le programme
• Pratiquer une démarche expérimentale pour déterminer la concentration d’une espèce
chimique par titrage par la visualisation d’un changement de couleur.
• Mettre en œuvre un protocole expérimental pour réaliser la synthèse (classe de 2
de
).


Observations expérimentales
Préparation de la solution d’ammoniac à 0,70 mol.L
–1

Le titre d’une solution ammoniacale change d’autant plus rapidement que la solution est
concentrée. La synthèse du ferrofluide nécessitant de connaître avec une précision
raisonnable la quantité d’ammoniac introduite, le titrage a une réelle utilité. De plus,
préparer une solution par dilution à partir d’une solution mère d’un titre quelconque est un
bon exercice.
Titrage de l’ammoniac
5,00 mL d’une solution environ 2 mol.L
–1
ont été titrés par 9,35 mL d’acide chlorhydrique de
concentration 1,00 mol.L
–1
. La concentration de l’ammoniac est donc :
c
B
= 9,35 / 5,00 = 1,87 mol.L
–1
.
Dilution de la solution mère
La préparation de volume V’
B
= 1,0 L de solution de concentration c’
B
= 0,70 mol.L
–1
à partir
de cette solution se prépare en en prélevant V
B
donné par V
B
= c’
B
V’
B
/ c
B
soit :
V
B
= 0,70 × 1,0 / 1,87 = 0,37 L.
Ce volume peut être prélevé avec une éprouvette graduée dont la précision est suffisante
pour cette opération.
Préparation des solutions de fer(II) et de fer(III)
Leur concentration importante appelle quelques remarques.
• Les solutés mettent du temps à se dissoudre, surtout le chlorure de fer(III), mais les
solutions finissent par être limpides.
• La solution de fer(II) doit être fraîche pour être bien verte et ne pas s’être oxydée en
fer(III). Il ne faut donc pas en préparer plus que nécessaire, car la concentration importante
provoquerait la perte de beaucoup de produit.
3
Microméga TS Spécialité Chapitre 9 Nouveaux matériaux ©Hatier 2012
• Ces solutions doivent être préparées dans un milieu acide pour éviter d’être troublées par
la présence d’un peu d’hydroxyde de fer.
• Ces solutions peuvent être préparées de la façon suivante dans une fiole jaugée de volume
V :
- peser le chlorure de fer(II) tétrahydraté (M = 198,8 g.mol
–1
) dans un bécher et le dissoudre
dans le volume V/2 d’acide chlorhydrique à 2 mol.L
–1
en triturant le solide avec une baguette
de verre jusqu’à le dissoudre quasiment en totalité ;
- introduire la solution et les résidus solides l’accompagnant dans la fiole jaugée ; compléter
à l’acide chlorhydrique.
La concentration en ions H
+
(aq)
de la solution ainsi constituée est un peu inférieure à
2 mol.L
–1
, mais cela ne gêne pas. Le titre en ions Fe(II) de la solution ne peut pas être vérifié
avec une solution de permanganate de potassium car elle contient des ions chlorure,
également oxydables dans ces conditions. Utiliser une solution cérique avec de la ferroïne
comme indicateur. La solution de fer(III) se prépare de la même façon à partir de FeCl
3
, 6H
2
O
(M = 270,3 g.mol
–1
), mais sa clarification, c'est-à-dire la disparition d’un trouble d’hydroxyde
de fer, prend quelques heures.
• Préparation du ferrofluide
Il faut faire ce qui est décrit dans le protocole, mais les remarques qui suivent apportent
quelques compléments utiles de compréhension.
- Le mélange, dans un bécher de 100 mL, des solutions ferreuse et ferrique conduit à 5 mL de
solution qu’il ne faut pas diluer. Ajouter directement la solution d’ammoniac à 0,7 mol.L
–1
. La
présence d’un peu de fumée blanche est due à la formation de NH
4
Cl en phase vapeur.
- Les 50 mL ajoutés correspondent successivement à la neutralisation de H
+
(aq)
, à la formation
de Fe(OH)
3
et à celle de Fe(OH)
2
. D’un point de vue quantitatif, la quantité de NH
3
est donc
de 5,0 × 2,0 = 10 mmol pour neutraliser H
+
, de 2,0 × 1,0 × 4 = 8,0 mmol pour former Fe(OH)
3

et de 1,0 × 2,0 × 2 = 4,0 mmol pour former Fe(OH)
2
, soit en tout 22 mmol de NH
3
. Sa
concentration étant de 0,70 mol.L
–1
, il en faut 31 mL. Les 50 mL représentent donc un excès,
ce qui permet d’arriver à une solution tamponnée NH
4
+
/NH
3
de pH = 9, favorable à la
formation de l’oxyde magnétique.
- Une fois l’addition d’ammoniac effectuée goutte à goutte, placer l’aimant puissant sous le
bécher et observer la spectaculaire chute du précipité au fond du bécher sous l’influence du
champ magnétique. Maintenir l’aimant sous le bécher (il tient tout seul, mais il est plus
prudent de le tenir également à la main) et verser le surnageant à l’évier (il ne contient que
du chlorure d’ammonium et de l’ammoniac). Ajouter de l’eau distillée, retirer l’aimant et
triturer avec une baguette de verre. Remettre l’aimant pour provoquer la chute de l’oxyde
magnétique et éliminer à nouveau le surnageant. Répéter cette opération deux fois avant
d’ajouter le tensioactif.
- Si de l’hydroxyde de tétraméthylammonium est ajouté, le ferrofluide se comporte comme
sur la photo de la figure 2 du manuel de l’élève. Il faut pour cela trouver la bonne distance à
laquelle placer l’aimant. Ce n’est pas forcément au contact comme sur la photo.
4
THÈME 3 MATERIAUX
- Si l’on utilise du savon liquide, le comportement est alors moins spectaculaire, le fluide suit
l’aimant (c’est bien un ferrofluide), mais il ne prend pas la forme d’un hérisson.


Commentaires
• La théorie de l’expérience de préparation du ferrofluide est développée dans un article du
Journal of Chemical Education : J. Chem. Educ., 76, 943-948 (1999).
• La solution de fer(II) doit être préparée à partir de FeCl
2
, 4H
2
O vert. S’il n’est plus vert
(parce qu’il s’est oxydé), le mettre dans un bécher avec un peu de fer en poudre et un
barreau magnétique et agiter 15 min en présence d’acide chlorhydrique 6 mol.L
–1
. Retirer le
barreau magnétique (le fer n’ayant pas réagi vient avec). Transférer dans une fiole à vide et
amener à sec en chauffant au bain-marie et en pompant avec une trompe à eau. Utiliser le
résidu sec comme si c’était FeCl
2
, 4H
2
O.
• L’aimant à utiliser est un Fe-Nd-B cylindrique d’environ 1 cm
3
qui se trouve facilement sur
le marché. Ne pas laisser les élèves jouer avec et ne pas l’approcher d’un écran ou de tout
autre objet électronique. Ne pas chercher à coller deux aimants de ce type l’un sur l’autre.
• Le ferrofluide tache irréversiblement les habits.

Matériel et produits
• un bécher de 100 mL (préparation du ferrofluide)
• un erlenmeyer de 100 mL (titrage)
• une burette de 25 mL et son support
• une fiole jaugée de 50 mL et son bouchon (pour la solution d’ammoniac)
• une éprouvette graduée de 50 mL
• un barreau et un agitateur magnétiques
• un aimant puissant type Fe-Nd-B
• une baguette de verre
• 3 pipettes (jaugées ou graduées) de 1 mL, 2 mL et 5 mL
• une poire de prélèvement
• une pipette simple
• une lame de verre (ou coupelle ou boite de pétri) pour déposer le ferrofluide
• une solution d’ammoniac à 2 mol.L
–1
• hélianthine, indicateur
• acide chlorhydrique à 1,00 mol.L
–1
• solution de chlorure de fer(II) à 2 mol.L
–1
préparée comme ci-dessus à partir de FeCl
2
,4 H
2
O
• solution de chlorure de fer(III) à 1 mol.L
–1
préparée comme ci-dessus à partir de FeCl
3
, 6H
2
O





5
Microméga TS Spécialité Chapitre 9 Nouveaux matériaux ©Hatier 2012
Correction
a. Pour montrer que les ions fer sont en proportions stœchiométriques, il faut comparer
l’équation de synthèse et le bilan de matière.
Les ions Fe
2+
sont apportés par 1 mL de solution 2 mol.L
–1
; il y en a 2 mmol.
Les ions Fe
3+
sont apportés par 4 mL de solution 1 mol.L
–1
; il y en a 4 mmol.
Pour être stœchiométrique, l’équation doit en conséquence s’écrire :
Fe
2+
+ 2 Fe
3+
+ … Fe
3
O
4
+ …
L’élément O de Fe
3
O
4
ne peut être apporté que par l’eau qui, en milieu ammoniacal, est sous
la forme HO

.
Comme il y a 8 charges (+) apportées par les cations, il faut que 8 HO

soient présents.
L’équation est finalement :
Fe
2+
+ 2 Fe
3+
+ 8 HO

Fe
3
O
4
+ 4 H
2
O
b. En présence d’eau, les particules de Fe
3
O
4
ne restent pas en suspension ; elles ont donc un
diamètre plus gros que les particules d’or de la figure 1.
c. La solution proposée pour maintenir en suspension les nanoparticules de magnétite est de
remplacer l’eau par le savon (la viscosité du savon les empêche de tomber).

Activité 2 Graphène et nanotube de carbone

L’étude des nanotubes de carbone se prête à une manipulation de modèles moléculaires
que nos avons limitée à la dimension 2. L’étude porte sur le passage de la feuille de
graphène au nanotube qui peut avoir lieu de trois façons, dont une chirale, ce qui est évoqué
ici.

Correspondance avec le programme
• Étudier la structure des nanotubes.

Correction
a. Une molécule est chirale si elle n’est pas superposable à son image dans un miroir plan.
C’est le cas du butan-2-ol dont le deuxième atome de carbone est asymétrique.
Une vis est un objet chiral, car elle n’est pas superposable à son image dans un miroir plan.
Commentaire
Le filet d’une vis peut être gauche ou droit. Les filets gauches, c’est-à-dire pour lesquels il
faut tourner à gauche pour visser se rencontrent avec les pédales gauches de bicyclettes
pour ne pas qu’elles se démontent en pédalant
1
, ou avec les détendeurs de bonbonne de
gaz butane pour des raisons de sécurité. Ce sont donc des objets usuels. Ce caractère gauche
et droit d’un filet de vis traduit sa chiralité. Plus généralement, tous les objets de forme
hélicoïdale sont chiraux : tire-bouchons, hélices de bateaux, ressorts spirales, etc.

1
http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9dale_%28v%C3%A9lo%29#Technique
6
THÈME 3 MATERIAUX
b. Pour viser une vis normale (filet droit), il faut tourner le tournevis dans le sens des
aiguilles d’une montre, et c’est le contraire pour la vis « énantiomère » (filet gauche).
c. L’orientation chirale d’un nanotube est hélicoïdale, de même qu’une vis, comme le
montre la ligne verte de la figure 4 du manuel de l’élève.

Commentaire
Imprimer sur transparent la feuille de graphène fournie sur la page suivante et la rouler
suivant la largeur de la feuille, puis suivant la longueur, puis suivant un axe quelconque. Les
structures zigzag, fauteuil et chirale apparaissent respectivement. Elles ne sont pas évidentes
à percevoir pour un œil non exercé et leur repérage est un bon entraînement à la chimie
structurale que l’élève sera amené à faire s’il poursuit des études scientifiques.

7
Microméga TS Spécialité Chapitre 9 Nouveaux matériaux ©Hatier 2012

8
THÈME 3 MATERIAUX

MOT CLÉ Matériaux composites

La notion de matériau composite a peu à voir avec la physique ou la chimie ; c’est surtout
une notion technologique pour laquelle le programme a peu d’exigences. Un matériau
composite est un objet (et non un composé chimique) constitué de plusieurs matériaux.
Ceux-ci peuvent être des composés chimiques (fer, PVC, etc.) ou pas (ciment, pierre, verre,
etc.). La notion de composé chimique est normalement bien acquise en Terminale, mais sa
relation au matériau peut être avantageusement reconsidérée à la lumière de ce mot clé.
L’intérêt des matériaux composites est de proposer aux utilisateurs des matériaux plus
performants que ceux qui se trouvent dans la nature, ou que les espèces chimiques que
l’industrie sait synthétiser. Le gain de temps qu’il procure est précieux, par exemple pour le
maçon qui va poser une isolation de toiture avec à la fois le matériau isolant (polystyrène ou
polyuréthane expansés), celui qui donne la bonne tenue mécanique à l’ensemble (plâtre), la
décoration (papier), et le support des tuiles (bois). Dans d’autres situations, c’est d’un gain
de performance qu’il s’agit, comme l’exemple de la figure 1 du manuel de l’élève qui montre
la complexité de construction d’un ski constitué de polyéthylène, d’acier, de bois, de fibre de
verre et de résine époxy. Le temps où les skieurs utilisaient des planches en bois renforcées
de cares en métal est désormais bien loin.

Il sera ici surtout question de faire comprendre ce qu’est un tel matériau et son intérêt. De
nombreuses « petites » exigences du programme ont été convoquées comme la notion de
composé organique, de demi-équation d’oxydoréduction ou de longueur d’onde. Une
expérience est proposée, la constitution d’un miroir d’argent qui donne l’occasion de
comprendre, du point de vue de sa constitution en tant que matériau composite, ce qu’est
un miroir.

Activité 1 Étude des matériaux de l’habitat

Le programme de l’enseignement obligatoire consacre une partie importante à l’étude de
l’habitat au travers de son isolation thermique : « Ainsi, les bilans d’énergie peuvent être
empruntés au domaine de l’habitat ». Il est donc approprié de considérer l’habitat avec le
point de vue des matériaux composites. L’élève va devoir analyser les matériaux constituant
un mur et une menuiserie de fenêtre, et se questionner sur les avantages des choix dans la
construction.

Correspondance avec le programme
• Savoir qu’un composé organique est constitué des éléments C et H (1
re
S).



9
Microméga TS Spécialité Chapitre 9 Nouveaux matériaux ©Hatier 2012
Correction

1 Étude des matériaux de l’habitat
a. Les principaux éléments chimiques présents dans les matériaux organiques sont le
carbone et l’hydrogène.
b. Le principal matériau organique possédant également l’élément chimique chlore dans sa
composition est le polychlorure de vinyle PVC de formule [CH
2
–CHCl]
n
.
Commentaire
Le PVC permet de fabriquer de la tuyauterie, des gaines électriques, des portes, des
fenêtres, des décorations de l’habitat, des habits (surtout dans les modes gothique et punk)
et certains « cuirs » synthétiques.
c. Les trois éléments chimiques métalliques les plus fréquemment utilisés dans l’habitat
moderne sont le fer, l’aluminium et le cuivre.
Commentaire
Le zinc est de moins en moins utilisé dans la construction. De même que les autres métaux, il
est remplacé par des polymères et des matériaux composites.
d. Le ciment sert de « colle » ; les graviers ainsi collés assurent la dureté du mur ; le fer lui
donne sa rigidité ; le PVC constitue les tuyaux d’évacuation de l’eau ; le cuivre constitue les
tuyaux d’alimentation en eau ; le polystyrène sert d’isolant ; le plâtre donne de la rigidité au
polystyrène ; le papier fournit une surface pour la décoration intérieure.
e. Un mur est donc un matériau composite puisqu’il est constitué d’un nombre important de
matériaux qui assurent des fonctions différentes : mécanique, isolante, décorative, passage
des fluides (électricité, eau).
Commentaire
Pour que le PVC et le cuivre soient considérés comme élément du composite constituant le
mur, il faut que les tuyaux et les gaines soient insérés dans le mur et non juste posés sur le
mur.

2 Matériaux de menuiserie
f. L’inconvénient des objets en fer sur le long terme, surtout quand ils sont exposés à
l’extérieur, est l’apparition de rouille FeO(OH).
g. Le fer est plus rigide et, mécaniquement et thermiquement, plus résistant que le
plastique. Comme les métaux, il est ductile à toute température d’usage, alors que les
plastiques sont cassants.
Commentaire
Pour être plus précis, il faut comparer la rigidité des matériaux soit à masse constante, soit à
section constante.
h. Un composite fer-plastifié possède la résistance du fer, mais ne va pas rouiller car il est
protégé du dioxygène de l’air par le revêtement plastique.
10
THÈME 3 MATERIAUX
Activité 2 Le miroir

L’étude d’un objet de la vie quotidienne est bien dans l’attente du programme. Le cas du
miroir est intéressant car les élèves vont pouvoir en fabriquer un grâce à la réaction dite du
miroir d’argent. Cette réaction ne prend que quelques minutes et a toujours beaucoup de
succès auprès des élèves. Une réflexion sur les choix qui prévalent à la construction de la
partie réfléchissante du miroir est aussi proposée et permet de travailler les notions de
longueur d’onde et de couleur. Par ailleurs, l’utilisation du glucose est une occasion
supplémentaire d’évoquer les propriétés d’un composé d’importance biologique majeure, ce
qui est demandé à de nombreuses reprises dans le programme.

Correspondance avec le programme
• Exploiter des spectres UV-visible.
• Notion de couleur et de longueur d’onde.
• Écrire une équation d’oxydoréduction (1
re
S).

Matériel et produits
• un tube à essai et son support
• une pince en bois
• un bec Bunsen ou, à défaut, un bain-marie
• une pipette simple et une poire de prélèvement de 1 mL
patule
• une solution à 1 % en masse de nitrate d’argent
• une solution d’ammoniac à 5 mol.L
–1

• glucose
• acide nitrique à 1 mol.L
–1
(pour récupérer le tube qui a servi à l’argenture)

Correction
a. Bien que les divisions de l’axe des abscisses ne soient pas régulières, elles sont espacées
de 100 nm entre 200 nm et 1 µm. La partie UV va jusqu’à la 2
e
graduation (400 nm) et la
partie IR commence à la 6
e
(800 nm).
Commentaire
L’échelle des longueurs d’onde est logarithmique. L’utilisation de documents tels qu’ils se
rencontrent dans la documentation accessible aux élèves, en particulier sur Internet, fait
partie des exigences du programme, même s’ils font appel à des notions qui ne sont pas au
programme. C’est le cas d’une échelle logarithmique.

b. Le métal le plus efficace pour constituer un miroir est l’argent, car il a la plus grande
réflectance.
c. Le métal le moins cher est l’aluminium, l’argent et l’or étant des métaux précieux.
11
Microméga TS Spécialité Chapitre 9 Nouveaux matériaux ©Hatier 2012
d. La couleur de l’or se déduit du spectre grâce au triangle des couleurs complémentaires
(couverture du livre du programme spécifique). La partie bleue n’étant par réfléchie, l’or est
jaune.

Commentaire
Il est bien évident que cette question appelle une déduction et pas une mémorisation de la
couleur de l’or.
e. Une telle réaction est une réaction d’oxydoréduction parce que le réactif est Ag
+
et que le
produit est Ag. Un échange d’électrons est donc mis en jeu.
f. Le glucose est forcément la forme réduite de ce couple (puisqu’il réagit avec Ag
+
qui est
l’oxydant de l’autre couple). L’écriture de la demi-équation du couple du glucose peut donc
être écrite directement dans le bon sens.
Les demi-équations en jeu sont :
C
6
H
12
O
6
+ H
2
O C
6
H
10
O
7
+ 2 H
+
(aq)
+ 2e


Ag
+
+ e

Ag
L’équation de la réaction est :
C
6
H
12
O
6
+ 2Ag
+
+ H
2
O C
6
H
10
O
7
+ 2 Ag 2H
+
(aq)

Commentaires
• En milieu ammoniacal, les ions argent sont sous la forme de complexe diammineargent(I)
Ag(NH
3
)
2
+
, l’acide gluconique est sous sa forme basique C
6
H
9
O
7

, et les ions H
+
(aq)
sont sous la
forme NH
4
+
. L’équation peut donc être réécrite ainsi :
C
6
H
12
O
6
+ 2 Ag(NH
3
)
2
+
+ H
2
O C
6
H
9
O
7

+ 2 Ag + 2 NH
4
+

• L’argent précipite généralement sous forme d’un précipité noir sauf avec cette réaction où
le dépôt se fait sur le verre sous forme d’argenture. Pour cela, il est recommandé de
chauffer le tube à la flamme et non au bain-marie de sorte que le verre soit significativement
plus chaud que la solution et que la réaction se déroule avec une cinétique plus grande à son
contact.

Observation
• Il ne faut pas que la concentration en nitrate d’argent soit trop faible.
• Le précipité qui se forme lors de l’addition de l’ammoniac est l’hydroxyde d’argent Ag(OH)
qui se redissout avec la formation du complexe diammineargent (appelé aussi réactif de
Tollens).
• La quantité de glucose ajouté est approximative ; elle doit cependant être suffisante : c’est
le réducteur.
• Si le tube est lavé et bouché, l’argenture se conserve quelque temps. Avec les miroirs,
l’argent est protégé par le tain et reste fixé « éternellement ». Pour récupérer le tube, l’acide
nitrique est idéal, mais attention, il se forme un peu de dioxyde d’azote (roux) qu’il ne faut
pas respirer.
12
THÈME 3 MATERIAUX

MOTS CLÉS Verres et céramiques

Objectif
Les céramiques et les verres sont des matériaux dont l’étude met en jeu des connaissances
éloignées du programme spécifique. L’association de ces deux matériaux dans un même
thème, ce que le programme propose, incite à étudier ce qu’ils ont en commun comme par
exemple leur structure. En effet, les verres sont des oxydes métalliques, comme les
céramiques les plus courantes, et leur organisation microscopique dépourvue d’organisation
à longue distance peut être opposée à la structure des cristaux ioniques abordés en 1
re
S.
C’est donc l’occasion de réviser des connaissances des classes antérieures sur les ions
monoatomiques, dans des cas plus compliqués que ceux étudiés en 2
de
, et sur l’organisation
microscopique d’un solide ionique étudiée en 1
re
S. Nous avons proposé également une
réflexion utilisant la grandeur Énergie interne, présente dans le cours de physique de la
partie Comprendre. C’est une façon de donner un aspect quantitatif à l’organisation
microscopique de ces matériaux non ordonnés. Quelques questions sur l’intérêt des
céramiques (moins connues des élèves que les verres) permettent de compléter cette étude.

Correspondance avec le programme
• Interpréter la cohésion des solides ioniques (1
re
S).
• Écrire une réaction de combustion (1
re
S).
• Savoir que l’énergie interne d’un système résulte de contributions microscopiques.

Activité 1 Constitution et organisation des verres et des céramiques

Il s’agit, dans cette activité, d’extraire et d’utiliser des informations contenues dans un
tableau de données expérimentales sur la constitution de différents types de verre. Avant
même de répondre aux questions, l’élève pourra constater que, suivant son usage, la
composition chimique d’un verre diffère. À part pour quelques propriétés, il n’est pas
possible d’interpréter la relation entre la composition chimique et les propriétés d’un verre.
Cependant, prendre conscience des principaux usages des différents types de verre est déjà
une première information importante pour un travail sur ce matériau. Les différents verres
proposés dans le tableau sont :
• Le verre plat, le verre à bouteille et le verre de lampe qui sont en relation avec des objets
familiers.
• Le pyrex ne se trouve pas exclusivement dans les laboratoires de chimie (il existe par
exemple des récipients en pyrex dans les ustensiles de cuisine), mais il est intéressant que
les élèves prennent conscience que la verrerie de laboratoire est pour l’essentiel en pyrex et
que c’est un verre de composition chimique particulière. En l’occurrence, la verrerie de
laboratoire doit pouvoir être chauffée à la flamme, ce qui n’est pas le cas des nombreux
objets en verre comme les vitres ou les bouteilles.
13
Microméga TS Spécialité Chapitre 9 Nouveaux matériaux ©Hatier 2012
• Le cristal est un verre dit verre au plomb qui est plus malléable que le verre ordinaire, qui
peut être taillé et poli à froid, et qui possède un éclat intéressant grâce à un indice de
réfraction élevé. De plus, il est radio-opaque. Avec ces caractéristiques, le cristal est un verre
utilisé pour la verrerie d’art (cristal de Baccarat par exemple) ou pour faire des vitres de
protection en radiologie.
Le tableau de valeurs de l’énoncé montre que la composition des verres est donnée en
oxydes et non en éléments chimiques. L’avantage de cette manière d’indiquer la
composition d’un verre est lié à sa fabrication ; les masses d’oxydes introduits dans le four
sont ainsi plus facilement connues que si la composition élémentaire était donnée. Le travail
proposé aux élèves consiste à passer de la composition en oxydes à la composition en
éléments chimiques (question a.). C’est un travail de stœchiométrie, de calculs de masses et
de calculs de pourcentages de composition qui est relativement simple, mais auquel les
élèves ne sont pas habitués. Dans la question c., la situation est plus compliquée par le fait
que certaines réactions chimiques doivent être prises en compte dans le travail de
conversion.

Correction
1 Constituants des verres et des céramiques
a. Calcul de la masse de chacun des quatre éléments chimiques les plus abondants.
Dans 1 000 g de verre plat, il y a 725 g de SiO
2
, 15 g de Al
2
O
3
, 130 g de Na
2
O, 3 g de K
2
O, 93 g
de CaO et 40 g de MgO. Pour en déduire la masse, par exemple de Si, il faut faire le calcul
suivant :
m(Si) = m(SiO
2
) × M(Si) / M(SiO
2
) [où m(X) est la masse de X et M(X) sa masse molaire]
soit m(Si) = 725 × 28,1 / (28,1 + 2 × 16,0) = 339 g.

Le calcul est le même pour les éléments chimiques autres que l’oxygène :
m(Al) = m(Al
2
O
3
) × 2 M(Al) / M(Al
2
O
3
)
soit m(Al) = 15 × 2 × 27,0 / (2 × 27,0 + 3 × 16,0) = 8,0 g.
m(Na) = m(Na
2
O) × 2 M(Na) / M(Na
2
O)
soit m(Na) = 130 × 2 × 23,0 / (2 × 23,0 + 16,0) = 94,5 g.
m(K) = m(K
2
O) × 2 M(K) / M(K
2
O)
soit m(K) = 3 × 2 × 39,1 / (2 × 39,1 + 16,0) = 2,5 g.
m(Ca) = m(CaO) × M(Ca) / M(CaO)
soit m(Ca) = 93 × 40,1 / (40,1 + 16,0) = 66,5 g.
m(Mg) = m(MgO) × M(Mg) / M(MgO)
soit m(Mg) = 40,0 × 24,3 / (24,3 + 16,0) = 24,1 g.

Pour l’élément O, le calcul peut être obtenu soit par différence de ces masses à 1 000 g :
m(O) = 1 000 – 339,0 – 8,0 – 94,5 – 2,5 – 66,5 – 24,1 = 468,4 g
14
THÈME 3 MATERIAUX
soit comme ci-dessus, mais par sommation des masses apportées par chaque oxyde :
m(O) =
16×[(725/(28,1+2×16)+3×15/(2×27+3×16)+130/(2×23+16)+3/(2×39,1+16)+93/(40,1+16)+40/(24,2+16)]
= 469 g.

La différence entre les deux valeurs est due d’une part aux très nombreuses opérations
d’arrondis, et également au fait que les masses données dans le tableau ne font pas
exactement 100 %. Il s’agit de données industrielles telles qu’elles sont publiées dans la
littérature.

b. Objets en pyrex : une grande partie de la verrerie de laboratoire, mais aussi des récipients
de cuisine. Objet en cristal : bibelots décoratifs, lustres… Ne pas citer les cristaux minéraux,
par exemple le quartz, naturel ou pas. Ces cristaux ne sont pas des verres, mais des
matériaux dont la structure microscopique est ordonnée sur l’ensemble du cristal.

c. Un verre X est fabriqué en fondant 60 % de sable (SiO
2
), 19,5 % de carbonate de sodium
(Na
2
CO
3
), 12 % de dolomie (CaMg(CO
3
)
2
), 5 % de calcaire (CaCO
3
) et 3,5 % d’autres
composés.
À haute température, un carbonate se transforme en oxyde suivant l’équation :
MCO
3
MO + CO
2

Par exemple :
Na
2
CO
3
Na
2
O + CO
2
ou CaMg(CO
3
)
2
CaO + MgO + 2CO
2
Contenu du four donc de la masse
Si M(MCO
3
) est la masse molaire de ce carbonate et que le verrier enfourne la masse
m(MCO
3
), la cuisson lui fait perdre la masse m(MCO
3
) × M(CO
2
) / M(MCO
3
)
(avec M(CO
2
) = 44,0 g).
1 000 g de verre sont fabriqués en enfournant :
- 600 g de SiO
2
qui ne se décompose pas,
- 195 g de Na
2
CO
3
qui perd la masse m
Na
= 195 × 44,0 / 106 = 80,9 g (il en reste 114,1 g),
- 120 g de CaMg(CO
3
)
2
qui perd la masse m
CaMg
= 120 × 88,0 / 124,4 = 84,9 g (il en reste
35,1 g),
- 50 g de CaCO
3
qui perd la masse m
Ca
= 50 × 44,0 / 100,1 = 22,0 g (il en reste 38,0 g),
- 35 g d’autres composés dont on fait l’hypothèse qu’ils perdent peu ou pas de masse.
C’est comme si ce verre avait été fabriqué à partir de :
- 600 g de SiO
2,

- 114,1 g de Na
2
O,
- 35,1 g

de CaO + MgO en quantité de matière égale soit 25 g de CaO et 10,1 g de MgO,
- 30,0 g de CaO,
- 35 g d’autres composés.
Soit une masse totale de verre de 812,2 g.
15
Microméga TS Spécialité Chapitre 9 Nouveaux matériaux ©Hatier 2012

Les proportions en oxydes sont donc dans ce verre :
- 73,8 % de SiO
2
,
- 14,0 % de Na
2
O,
- 6,8 % de CaO,
- 1,2 % de MgO,
- 4,3 % d’autres oxydes.
D’après le tableau (doc.2 p.132), il ne s’agit pas exactement des verres indiqués, mais la
composition est proche de celle du verre plat, du verre à bouteille ou du verre de lampe.
Commentaire
La dolomie se trouve dans la nature, au contraire des oxydes de calcium ou de magnésium. Il
est donc plus simple de charger le four avec de la dolomie.

2 Structure microscopique d’un verre
d. et e.

Fig. 3a.

Fig. 3b.
Quelle que soit l’alignement considéré, il se reproduit sur de longues distances dans le cas
du cristal (a), et pas dans le cas du verre (b).
f. La structure microscopique d’un liquide a été enseignée en 1
re
S. Elle est caractérisée par
des molécules au contact et une absence d’ordre. L’ensemble a suffisamment d’énergie pour
que les molécules se déplacent. Le cas du verre est identique sur le plan structural ;
simplement, les ions sont figés.

Énergie interne
La valeur f de l’interaction entre deux ions du cristal de charges q
1
et q
2

contribue à l’énergie
interne du cristal d’une quantité u = k q
1
.q
2
d
–1
, où d est la distance entre les deux ions.
g. Les contributions qui stabilisent le cristal sont celles qui diminuent son énergie interne,
donc celles entre charges opposées ;

en revanche les interactions entre charges identiques
contribuent à augmenter l’énergie interne et déstabilisent le cristal.
h. L’énergie interne d’un système macroscopique (définie p. 386 du manuel d’enseignement
spécifique) est la somme des énergies microscopiques des particules constituants le système
16
THÈME 3 MATERIAUX
étudié. Cette définition peut s’appliquer ici parce que les énergies des particules constituant
le système (les ions) sont connues.
i. Un solide constitué de petits grains (eux-mêmes constitués d’ions) contient des espaces
entre les grains. Lors du frittage (chauffage et mise sous pression), les grains sont rapprochés
est les ions qui les constituent se rapprochent des positions cristallographiques des grains
voisins, ce qui abaisse l’énergie de l’ensemble et qui crée de la cohésion entre les grains. La
poudre peut ainsi devenir le matériau constituant un objet (rigide).

Intérêt des céramiques
j. Les céramiques ne peuvent pas être mises en forme par moulage suite à une fusion
comme les métaux car, étant réfractaires, le passage par l’état liquide, étape indispensable
pour le moulage, ne peut avoir lieu.
k. Les céramiques ne brûlent pas car ce sont des oxydes, et qu’une combustion est une
opération chimique qui produit des oxydes.
l. Les poteries ou les tuiles sont des céramiques courantes, et il existe également des
céramiques techniques (couronne dentaire, lame de couteau non-métallique, barre de
combustible nucléaire). Les céramiques courantes sont majoritairement fabriquées par
cuisson. Les céramiques techniques peuvent résulter d’un frittage, d’un usinage, etc.

Commentaires sur les céramiques
• Les céramiques peuvent avoir des propriétés électriques intéressantes, voire
exceptionnelles (céramiques supraconductrices).
• Historiquement, les céramiques sont les plus anciens matériaux fabriqués par l’homme (art
du feu).
• Toutes les céramiques ne sont pas des oxydes. Certaines céramiques hautement
technologiques ont été préparées à partir de nitrures (N
3–
), de siliciures (Si
4–
), etc.
• Un matériau est dit réfractaire lorsqu’il résiste à des températures supérieures à 1 500 °C
environ, sans modification notable de ses propriétés chimiques ou physiques : il ne modifie
pas les matériaux avec lesquels il se trouve en contact, résiste aux variations de température
et aux chocs thermiques. Il existe des systèmes de chauffage qui dépassent 1 500 °C qui
peuvent fondre un matériau réfractaire, mais il n’existe pas de matériau courant plus
réfractaire encore qui pourrait servir de contenant au liquide résultant de la fusion. Les
applications pratiques de la fusion d’une céramique sont de ce fait mineures.

17
Microméga TS Spécialité Chapitre 9 Nouveaux matériaux ©Hatier 2012

MOT CLÉ Matériaux biocompatibles

Objectif
L’objectif de ce mot clé est de répondre aux questions : Pourquoi un matériau ordinaire est-il
bio-incompatible et comment cette biocompatibilité est-elle obtenue ? Il nous a semblé en
effet intéressant d’aborder, dans un premier temps, un modèle de la non biocompatibilité
afin de pouvoir parler de biocompatibilité en termes physiques et chimiques (et non en
termes biologiques).
Le modèle aussi simplifié que possible de la non biocompatibilité que nous avons utilisé dans
les deux pages consacrées à ce mot clé considère qu’une protéine est contrainte de changer
de forme à l’approche d’un matériau non biocompatible. Ce changement de conformation
amène à l’extérieur de la protéine des groupes caractéristiques (non nommés) qui se
trouvent au sein de la protéine dans son environnement habituel. Il s’ensuit des réactions
chimiques « non-prévues » par la protéine et donc un état physiologique pathogène.
Comprendre ce modèle est l’objet de la première partie de ce travail. Il s’agit d’extraire des
informations d’un document constitué de quelques schémas, en s’aidant d’information
données au fil des questions posées. La seconde partie du travail consiste à

étudier un
exemple de transformation chimique imposée à la surface d’un matériau pour le rentre
biocompatible. Il s’agit alors que l’élève utilise ses connaissances de chimie structurale
organique (ion ammonium tétravalent) et de réactivité, la notion de solvatation de cation
dans l’eau ou de matériau composite (étudié dans le même thème du programme de
spécialité). Le modèle de non biocompatibilité est évidemment réinvesti.

Correspondance avec le programme
• Conformation, rotation autour d’une liaison simple, formule topologique des molécules
organiques, propriétés biologiques et stéréo-isomérie.
• Liaison hydrogène (1
re
S).


Activité 1 Bio-incompatibilité et biocompatibilité

Un acide α-aminé est une molécule possédant au moins un groupe COOH et un groupe NH
2

porté par le même atome de carbone.
Par exemple en formule semi-développée : CH
3
–CH(NH
2
)–COOH.
Commentaire
La nomenclature « » indique « carbone d’à côté ». Le carbone suivant est noté , etc., et le
dernier carbone de la chaîne est noté . Il existe des acides aminés qui ne sont pas , par
exemple l’acide 6-aminohexanoïque, qui est le monomère du nylon-6 : NH
2
–(CH
2
)
5
–COOH,
est un acide -aminé.
18
THÈME 3 MATERIAUX
1 Bio-incompatibilité
Correction
a. Reproduction du fragment de protéine avec des couleurs différentes pour chaque acide -
aminé.
NH CH C
CH
O
OH
CH
3
NH CH C
O
H
N CH C
CH
2
O
CH
2
C
OH
O
CH CH
3
CH
3

b. Lors de la formation de la liaison peptidique, une molécule d’eau est éliminée. Cette
molécule est constituée d’un OH du groupe COOH de l’acide aminé (en rouge), et d’un H du
groupe de l’acide aminé (en noir).
c. Deux des acides aminés du fragment protéique de la figure 2 possèdent des groupes
caractéristiques dans leur chaîne latérale : l’acide aminé rouge possède un groupe OH
(hydroxy) et l’acide aminé noir possède un groupe COOH (carboxy).
Les chaînes latérales des acides aminés rouge et noir peuvent donner des liaisons hydrogène
avec l’eau grâce à leur groupes OH et COOH respectivement.
NH CH C
CH
O
O
CH
3
NH CH C
O
H
N CH C
CH
2
O
CH
2
C
OH
O
CH CH
3
CH
3 H
O
H
H
O
H
H

d. La chaîne principale de la protéine peut présenter plusieurs configurations car les liaisons
simples peuvent tourner.
19
Microméga TS Spécialité Chapitre 9 Nouveaux matériaux ©Hatier 2012
e. Cette situation est préférée à une situation inverse car la présence de liaison H stabilise
l’assemblage. En termes énergétiques, les forces microscopiques que sont les liaisons
hydrogène diminuent l’énergie interne du système protéine–solvant
f. Lors de l’approche de la surface du matériau exogène (fig. 1 du manuel de l’élève), les
groupes caractéristiques hydrophobes (en vert) qui sont énergétiquement peu enclins à se
retrouver en périphérie de la protéine à cause de la présence de l’eau n’ont plus cette
contrainte si la protéine est proche d’un matériau exogène.
g. Une personne à laquelle un tel matériau non biocompatible a été introduit dans
l’organisme possède des protéines qui ne fonctionnement plus normalement. Il peut en
résulter un état inflammatoire dû au mauvais fonctionnement localisé du système
biologique.

2 Biocompatibilité
Commentaire
L’acétylcholine est un dérivé de la choline. Il a la propriété d’être un neurotransmetteur.
(voir cours de SVT)
a. La formule développée du plus simple des ions présentant un atome d’azote avec quatre
liaisons covalentes et une charge positive est :
H N H
H
H
+
.
C’est l’ion ammonium.
b. Les cations sont généralement bien solvatés dans l’eau. Cela signifie que de l’eau se lie au
cation par interaction électrostatique (voir cours de 1
re
S) ou par liaison hydrogène, si les
atomes appropriés sont présents dans cet ion.
H N H
H
H
+
O
H
H
O
H
H

N
C
H
H
H
C
O
H
H
H
H
H
+
O
H
H
O
H
H


20
THÈME 3 MATERIAUX
c. Les fragments acide méthacrylique CH
2
=C(CH
3
)–COOH , éthane-1,2-diol HO–CH
2
–CH
2
–OH,
phosphate et choline sont repérés dans le schéma ci-dessous. Ils sont liés les uns au autres
avec à chaque fois élimination de H
2
O (par exemple H de l’acide et OH de l’alcool de
l’éthane-1,2-diol).


d. Le polymère qui est greffé à la surface du composite (figure 5 du manuel de l’élève)
possède de nombreux sites de solvatation (voir question b.). Une protéine qui s’approche de
ce polymère ne se retrouve pas face à un matériau exogène comme sur la figure 1 du
manuel de l’élève, mais face à une couche d’eau (l’eau de solvatation des fonctions
hydrophiles du copolymère). La protéine ne se déforme pas et ne crée pas d’état
inflammatoire.

21
Microméga TS Spécialité Chapitre 9 Nouveaux matériaux ©Hatier 2012

MOT CLÉ Textiles innovants

Les textiles innovants constituent un champ de recherche et de développement de haute
technologie de l’industrie textile. Que ce soit pour des habits de scènes, pour des vêtements
de sport, pour l’armée ou dans la vie quotidienne, le développement de nouveaux textiles
répond autant à une attente des consommateurs qu’à un besoin de recherche. Pour une
part importante, il s’agit de développer de nouvelles fibres dont le tissage devra répondre à
certaines caractéristiques ou contenir des composants interagissant avec la lumière
notamment. Les textiles innovant se classent en trois catégories :
• Textiles photoniques
• Textiles sensibles à la pression
• Textiles à stockage d’énergie
Les textiles photoniques sont pour l’essentiel tissés avec des fibres optiques aux propriétés
variées. Ils ont un rôle esthétique en adaptant leur couleur à l’environnement, ou en
produisant des effets lumineux variés.
Les textiles sensibles à la pression s’apparentent aux écrans tactiles et permettent
d’envisager des écrans tactiles qui pourrait être rangés en les roulant.
Les textiles à stockage d’énergie utilisent la surface du textile comme capteur de lumière, qui
est transformée en électricité et stockée dans des accumulateurs pour resservir
ultérieurement.
Les textiles innovants ne sont pas des projets, mais de véritables tissus que les industriels
ont produit et stockent dans l’attente de développer des marchés.

Nous avons développé quelques activités documentaires qui permettent de faire travailler
les élèves sur les connaissances du programme spécifique, en relation avec les concepts liés
au domaine des textiles innovants.

Correspondance avec le programme
• Ondes, photons.
• Lumière (1
re
S).
• Loi de Snell-Descartes (2
nde
).

1 Textile photonique
a. La figure ci-dessous est celle du livre élève sur laquelle a été additionné le trajet d’un
rayon lumineux dans la fibre de cœur. Pour que le rayon ne sorte pas de cette fibre, il faut
qu’il se trouve en situation de réflexion totale, donc que l’indice de la gaine soit inférieur à
celui du cœur.
Il faut également que la fibre ne fasse pas un angle trop important pour que les rayons
restent prisonniers.
22
THÈME 3 MATERIAUX


b. Si la fibre est rugueuse, le rayon sort (voir figure ci-dessous) à l’endroit de la rugosité car,
localement, l’angle que fait le rayon avec la normale à la fibre n’est plus inférieur à l’angle
limite de réflexion totale.

c. En plus du rayon lumineux, la lumière peut être modélisée par une onde ou par un
photon.
d. Les interférences sont des caractéristiques des ondes.
e. Un textile tissé avec des fibres interférentielles, quand il est éclairé convenablement,
produit de la lumière colorée. En revanche, un textile ordinaire coloré éclairé en lumière
blanche diffuse une partie de cette lumière, d’où l’observation habituelle de la couleur. Dans
le premier cas, le textile est donc coloré dans l’obscurité alors que dans le second, il ne l’est
qu’à la lumière.

2 E-textiles
a. La capacité du condensateur dans son état standard est :
S
C
e
.
Sous pression, avec une déformation de 1 % du diélectrique, c’est :
'
0,99
S
C
e
.
La variation de capacité C = C’ – C se calcule ainsi :
2
1 1 0,99
1 10
0,99 0,99 0,99
S S S
C C C
e e e
.
Soit une précision relative
2
10
C
C
.
23
Microméga TS Spécialité Chapitre 9 Nouveaux matériaux ©Hatier 2012
Une mesure de capacité avec une précision relative supérieure à 10
–2
est donc nécessaire
pour pouvoir détecter une telle différence de pression.
b. L’information recueillie est analogique puisqu’elle résulte d’une variation continue d’une
grandeur électrique : la capacité.
c. Chaque condensateur du tissu reçoit une information qui permet de cartographier le type
de pression exercée sur le tissu. La figure 4 est celle d’un poing qui a percuté le tissu.
d. L’image recueillie est composée de 16 × 24 = 384 points.
e. Les condensateurs du tissu étant espacés de 10 mm, cela correspond à la sensibilité du
bord de la langue, ce qui est une résolution tout à fait acceptable comparée aux sensibilités
des autres parties du corps.



1
Microméga TS Spécialité Épreuve expérimentale Bac, thème 3 ©Hatier 2012


Épreuve expérimentale BAC


1 Une photodiode pour produire de l'électricité

Objectif
Ce sujet constitue une alternative à l'activité expérimentale proposée page 119 : l'étude
d'une photodiode fonctionnant en générateur, dans un but de production électrique. Le
lecteur se reportera utilement au corrigé de cette activité dans le présent livre du
professeur.

Correspondance avec le programme
• Électricité générale (programmes de 5
e
, 4
e
, 3
e
).
• Force électrique subie par une particule chargée dans un champ électrique (programmes
de 1
re
S et de T
e
S).

ANALYSER
a. Le schéma du montage est donné en figure 6, page 119 du manuel de l’élève, auquel un
ampèremètre et un voltmètre doivent être ajoutés. L'élève est amené à rédiger un protocole
expérimental où il doit bien préciser qu'un seul paramètre doit varier à la fois. Seule une
étude qualitative de certains paramètres est attendue (valeur de la résistance, inclinaison du
faisceau lumineux, distance à la source, couleur de la lumière en intercalant un filtre coloré),
ce qui ne signifie pas qu'aucune mesure n'est attendue pour cette étude. Les mesures
effectuées doivent apparaître. La mesure quantitative, elle, doit conduire à un tracé de
l'intensité du photocourant en fonction de l'éclairement, mesuré au luxmètre.

REALISER
b. Un soin extrême doit être apporté à ne faire varier qu'un paramètre à la fois. L'élève doit
aussi veiller à bien noter toutes les valeurs des paramètres utiles avant de les modifier. La
mesure quantitative n'est pas simple à mettre en œuvre avec du matériel de lycée, aussi
faudra-t-il prendre en compte la possibilité que ce ne soit qu'une tentative de mise en
œuvre.

COMMUNIQUER
c. Les conclusions à tirer par l'élève doivent faire apparaître clairement les dépendances des
différents paramètres. Une discussion peut être menée, en fonction du matériel utilisé, sur
la fiabilité des mesures d'éclairement.
Thème 3
Matériaux
2
THÈME 3 MATERIAUX
2 Synthèse d’un tensioactif

Tensioactif est l’un des mots clés du chapitre 8 (voir p. 124). La présence des tensioactifs
dans la vie quotidienne est permanente puisqu’ils constituent le principe des savons,
shampoings, détergents, lessives, ou qu’ils permettent de stabiliser les vinaigrettes
commerciales, etc. Sur le plan industriel, ils sont aussi utilisés en grande quantité pour
stabiliser les différents constituants de certaines peintures, pour les adhésifs, le fartage des
skis, pour recycler le papier, pour les processus miniers de flottation, etc.

Le travail proposé est de faire préparer aux élèves un tensioactif par hydrolyse basique de
l’huile d’olive. Cette réaction de saponification se déroule sans difficulté à reflux. L’élève doit
suivre un protocole présenté en deux parties. Une réflexion suit pour le laisser faire preuve
de créativité. Quelques questions réutilisent finalement ce que les élèves sont sensés avoir
appris avec le programme spécifique : notion d’énergie interne, stéréoisomérie, calcul de
rendement.

Liste du matériel
• un ballon de 100 mL pour la réaction
• un condenseur pour le reflux
• un dispositif de chauffage du ballon (chauffe-ballon ou bain d’huile)
• une éprouvette de 50 mL
• un bécher de 400 mL
• un dispositif de filtration de Büchner (fiole à vide, cône d’étanchéité, entonnoir de
Büchner, filtre circulaire adapté en diamètre, tuyau à vide, trompe à eau, support et pince
trois doigts)
• une spatule
• l’accès à une balance

Liste des produits
• 10 mL d’huile d’olive
• 10 g de soude en pastille (ou 40 mL d’une solution d’hydroxyde de sodium à 25 %
massique)
• 20 mL d’éthanol (à 95° ou dénaturé ou absolu)
• 150 mL de solution saturée de chlorure de sodium
• de la glace, pilée de préférence
• eau

REALISER
a. La réaction ne pose pas de difficulté. Le mélange est initialement biphasique et ne
présente plus qu’une phase à la fin. Il ne faut pas arrêter le chauffage une fois que la
solution est limpide, mais bien attendre 45 min, car la formation de savon contribue, avec
l’éthanol, à solubiliser l’huile avant qu’elle ne soit totalement saponifiée. L’introduction dans
la saumure précipite le savon à cause de la présence d’une grande quantité d’ions Na
+
qui
insolubilise RCOONa. Le lavage à froid permet de ne pas dissoudre trop de savon, tout en
éliminant une bonne part de l’excédent de NaOH emprisonné. Il est cependant déconseillé
de se nettoyer avec ce savon dont le lavage n’est pas toujours efficacement conduit par les
élèves.
3
Microméga TS Spécialité Épreuve expérimentale Bac, thème 3 ©Hatier 2012
ANALYSER
b. Il faut comparer différentes formes de contact eau/verre, dans les mêmes conditions,
avec de l’eau distillée ou de l’eau savonneuse. Par exemple :
- la formation de mousse à la surface de l’eau savonneuse ;
- la forme du ménisque dans une pipette ;
- le fait qu’il est possible de coincer une bulle dans une pipette d’eau distillée (aspirer un peu
d’eau, puis un peu d’air, puis un peu d’eau dans le même prélèvement). L’eau savonneuse
ne permet pas cela.

VALIDER
c. • Légende
(1) sortie de l’eau de refroidissement du condenseur
(2) condenseur
(3) entrée de l’eau
(4) ballon
(5) chauffe-ballon

• Formule topologique de l’oléate de sodium
COONa

L’oléate de sodium ne possède pas de carbone asymétrique et n’est pas chiral. Il n’existe pas
d’énantiomère (il existe cependant deux diastéréoisomères Z/E).

• Molécules de tensioactif

eau
air
Molécules de tensio-actif
Le cercle est le groupe COO
-
Le reste est la chaîne carbonée (17 atomes C)
Dans la solution il y a autant de Na
+
que de groupes COO
-
Na
+
Na
+
Na
+
Na
+
Na
+
Na
+
Na
+


• Forces entre le tensioactif et l’eau
Il est pertinent d’invoquer la notion d’énergie interne pour rendre compte, à l’aide de forces
microscopiques, d’un comportement énergétique macroscopique particulier (les énergies de
surface). Les forces microscopiques en présence agissent entre les ions carboxylate COO

et
l’eau (force forte de nature électrostatique), et entre les atomes des chaînes hydrophobes
(forces faibles de van der Waals). L’énergie résultant de ces forces conduit le système à
s’organiser en une monocouche de tensioactif (voir figure ci-dessus). La surface de l’eau
étant profondément modifiée, il n’est pas surprenant que de nouveaux comportements de
surface interviennent (dont la formation de bulles).
La masse de savon obtenue est largement supérieure à celle attendue car le savon est gorgé
d’eau. Il faudrait qu’il reste plusieurs jours dans une étuve à 70 °C pour atteindre une masse
constante. À l’intérieur de l’étuve, il se produit dans un premier temps une liquéfaction du
savon, soluble à chaud dans cette eau emprisonnée lors de la précipitation. De ce liquide
s’évapore l’eau, laissant ainsi un savon qui se solidifie.
• Le cercle est le groupe COO

.
• Le reste est la chaîne carbonée (17 atomes de C).
• Dans la solution, il y a autant d’ions Na
+
que de groupes
COO

.


Microméga TS Spécialité Exercices de Bac, thème 3 ©Hatier 2012
1
Exercice 1 Installer un panneau photovoltaïque

Il s’agit de la mise en œuvre de panneaux photovoltaïques pour un foyer de quatre personnes
dans le centre de la France, soit pour la production de 4 x 7490 = 29960 kWh sur une année.
Pistes de résolution et mots-clefs
• À l’aide de la figure 2, il faut identifier la zone correspondant au kWc installé pour une
production annuelle en kWh : zone orange (centre de la France) soit 800 à 950 kWh/kWc, ce
qui signifie qu’un kWc installé produit entre 800 et 900 kWh par an.
On choisit la valeur la plus faible, à savoir 800 kWh/an pour 1 kWc installé et on calcule le
nombre de kWc à installer pour satisfaire une famille de quatre personnes, soit 29 960 kWh
sur un an :
29960
37,5kWc à installer.
800

• En supposant que l’on peut installer les panneaux solaires orientés au sud et inclinés à 30°
(figure 3), la pondération est égale à 1,00 donc aucun calcul supplémentaire n’est nécessaire.
• On utilise le document 2 qui spécifie qu’une installation de 1 kWc est réalisée avec une
surface de panneaux photovoltaïques égale à 8 m
2
; donc la surface de panneaux
photovoltaïques nécessaires à la mise en œuvre de 37,5 kWc est égale à 8 × 37,5 = 300 m
2
.
Remarques
• On peut nuancer le résultat en reproduisant la même démarche avec la valeur haute de 950
kWh/kWc de la figure 2 : on a alors 31,5 kWc à installer soit 250 m
2
de panneaux
photovoltaïques orientés au sud et inclinés à 30°.
• Le document 1 permet de préciser qu’il faut sans doute investir dans les panneaux en
silicium monocristallin qui ont un meilleur rendement.
• Il faut ici faire preuve d’esprit critique et indiquer que les rendements proposés dans le
document 1 ne sont pas intervenus dans les calculs, ce qui laisse supposer que la valeur du
document 2, à savoir 1 kWc équivaut à une surface de 8 m
2
, est une valeur moyenne admise
quel que soit le type de panneau solaire.



THÈME 3 MATÉRIAUX
2
Exercice 2 Nature chimique d’un miroir

a. La détermination de la quantité d’aluminium se déduit du titrage conductimétrique et la
quantité de cuivre se déduit de l’expérience de spectrophotométrie.

b. Pour proposer un mode opératoire de ces déterminations, il faut commencer par discuter
de la façon de mettre les dépôts métalliques du miroir en solution. Seul l’acide nitrique est un
bon candidat puisqu’il n’est pas possible d’attaquer sélectivement l’aluminium, celui-ci étant
protégé par le cuivre, et que les autres réactifs, acides et bases, ne l’attaquent pas.
Une fois que les deux cations métalliques Cu
2+
et Al
3+
sont ensemble en solution, il faut les
séparer. Pour cela, mettre le mélange en milieu basique (seul Al
3+
y est soluble sous forme
d’ions aluminate AlO
2

; les ions Cu
2+
précipitent sous forme Cu(OH)
2
). Filtrer et rincer le résidu
solide qui contient l’élément Cu ; le filtrat contient l’élément Al.
Remettre le filtrat en milieu acide et le titrer par la solution d’hydroxyde de sodium de
concentration connue avec un suivi conductimétrique (DOC. 2 qui permet d’en déduire la
concentration en ions Al
3+
). La concentration en aluminium est donnée suite à l’interprétation
de la courbe grâce au tableau suivant :

avant V1 entre V1 et V2 après V2
Cl

= = =
H
+

Al
3+
= ↓
AlO
2

0 0
Na
+

HO

Le signe « = » indique que la quantité de matière de l’ion considéré ne change pas dans la plage correspondant à
la colonne.
Le signe indique que la concentration est négligeable.
Les flèches indiquent que la quantité de matière augmente ou diminue dans la plage.

Reprendre le résidu solide présent dans le filtre avec une solution d’ammoniac pour mettre
les ions Cu
2+
sous forme d’ions Cu(NH
3
)
4
2+
qui seront dosés par spectrophotométrie à 620 nm.
À partir du spectre de référence, il est possible d’avoir le coefficient d’absorption molaire de
ce composé, et donc sa concentration.

Remarque
La transformation de Cu
2+
en Cu(NH
3
)
4
2+
permet d’avoir une meilleure sensibilité puisque la
couleur du second est plus intense que celle du premier.




Microméga TS Spécialité Exercices de Bac, thème 3 ©Hatier 2012
3
Exercice 3 Fabrication d’un verre

La difficulté de l’écriture du mode opératoire réside dans la détermination des masses de
chacun des constituants du mélange dont le chauffage va conduire à 100 g de verre Pyrex®.
Les masses sont données dans le DOC. 1. Pour les composés directement disponibles (SiO
2
et
Al
2
O
3
), la masse à introduire est celle donnée dans le tableau du DOC. 1 (80,6 et 2,2 g resp.).
Pour les autres, il faut tenir compte du fait que les composés disponibles doivent subir une
réaction chimique avant de se trouver sous la forme donnée dans le tableau.

Il faut distinguer :
- les composés qui vont se transformer, comme l’acide borique, le carbonate de calcium et le
magnésium ;
- la solution, qu’il va falloir d’abord titrer puis évaporer pour avoir l’hydroxyde de sodium
NaOH qui sera lui-même déshydraté en Na
2
O pour être introduit dans le four.

Les calculs de masses sont détaillés ci-dessous :

• Le carbonate de calcium se décompose suivant la réaction d’équation :
CaCO
3
CaO + CO
2

La masse m de CaCO
3
à introduire doit être déduite de la quantité de matière
n = m/M(CaCO
3
).
Cette quantité de matière n est la même que celle présente dans 0,1 g de CaO soit :
n = 0,1/M(CaO).
D’où m = 0,1 × M(CaCO
3
) / M(CaO) = 0,1 × 100 / 56 = 0,18 g soit 0,2 g.

• Pour B
2
O
3
, la réaction de formation est :
2 B(OH)
3
B
2
O
3
+ 3 H
2
O
Le même raisonnement que ci-dessus conduit à la masse d’acide borique m.
m = 12,6 × 2 ×M(B(OH)
3
) / M(B
2
O
3
)
m = 12,6 × 2 × 61,81 / 69,62 = 22,4 g.

• Pour MgO, la réaction de formation est :
Mg + ½ O
2
MgO
La masse de magnésium est :
m = 0,05 ×M(Mg) / M(MgO)
m = 0,05 × 24,3 / 40,3 = 0,03 g.

• Pour l’oxyde de sodium, il faut d’abord déterminer la concentration de la solution
d’hydroxyde de sodium disponible :
c
b
= c
a
×V
éq
/ 2,00 = 0,80 × 13,6 / 2,00 = 5,4 mol.L
–1
,
puis calculer la quantité de matière de Na
2
O nécessaire pour faire 100 g verre :


THÈME 3 MATÉRIAUX
4
n = 4,2 /M(Na
2
O) = 4,2 / 62 = 0,068 mol,
et finalement déterminer le volume V de solution d’hydroxyde de sodium de concentration
5,4 mol.L
–1
pour avoir cette quantité de matière suite à la réaction :
2 NaOH Na
2
O + H
2
O
V = 2n/C = (2 × 0,068) / (5,4) = 0,025 L de soude.

Le mode opératoire pour la fabrication de 100 g de verre Pyrex® est finalement :
• préparer l’oxyde de magnésium en brûlant 0,03 g de métal ;
• y ajouter les masses calculées ci-dessus et les 0,25 L de soude ;
• mettre l’ensemble dans un four de verrier.





Microméga TS Spécialité Exercices de Bac, thème 3 ©Hatier 2012
5

Exercice 4 Élaboration du nylon
®


Analyse de la question
La synthèse demande de justifier les choix implicitement présents ; puisque ces choix sont
implicites, c’est qu’ils sont présents par l’intermédiaire d’informations qui faut décoder pour
établir la liste des mots clés qui vont servir de base à l’écriture de la synthèse.
Recherche des mots clés
Pour comparer les deux préparations, cherchons à mettre en parallèle ce qu’elles ont en
commun et ce qui les différencie. En gras sont mis les termes qui serviront de base de mots
clés pour la rédaction.
Préparation au laboratoire Préparation industrielle
Éprouvette. À l’échelle industrielle, il ne sera pas question
d’éprouvette : imaginez ce qui peut la
replacer.
Cyclohexane ; c’est le solvant. Aucun solvant n’est présent pour cette
préparation à l’échelle industrielle.
Chlorure d’adipoyle Remplacé par l’acide hexane dioïque ; le
DOC. 3 indique que c’est beaucoup moins
cher.
Hexane-1,6-diamine. Idem.
Le mélange des réactifs, réalisé de façon
non classique, est détaillé.
Le mélange n’est pas précisé ;
industriellement, il est certainement différent
de cette façon originale de procéder.
Une seule étape est nécessaire (voir
document 4).
La réaction requiert deux étapes :
(1) formation du sel ; (2) déshydratation.
Température ambiante. Température élevée pour la 2
e
étape.
Nécessité d’une base (DOC.4). Pas besoin.
Idées supplémentaires
L’équation chimique des deux étapes fait apparaître le produit HCl dans la synthèse de
laboratoire, alors que le seul produit supplémentaire au nylon est l’eau dans la synthèse
industrielle. L’économie d’atome est prise en compte en synthèse industrielle (voir chapitre
17 du livre de tronc commun).
Le solvant (le cyclohexane dans la synthèse au laboratoire) constitue l’essentiel de la masse
d’un mélange réactionnel. Dans l’étape industrielle, il n’est pas nécessaire. Cela permet de
gagner sur la dimension des réacteurs (endroit où se déroulent les réactions), sur le temps
pour les remplir et les vider, sur la puissance des pompes pour déplacer la matière, sur
l’énergie pour les évaporer, sur le procédé de recyclage, etc.


THÈME 3 MATÉRIAUX
6

Exercice 5 Vieillissement des cires contenues dans les liants
de peinture

Analyse de la question posée
La lecture de la question indique que le choix des mots clés à retenir (en gras ci-dessous) doit
se porter sur ce qui permet d’identifier la cire d’abeille et ce qui permet de montrer qu’un
temps long s’est écoulé depuis sa fabrication.

Les deux spectres IR informent sur les deux questions à la fois (l’identification, et l’évolution).
Ces spectres traduisent l’absorbance de l’échantillon en fonction du nombre d’onde.
• Pour l’identification, il faut trouver les points communs entre le spectre de la cire d’abeille
et celui prélevé sur la toile : les bandes à 2 918 et 2 850 cm
–1
, caractéristiques des liaisons
C–H présente dans l’ester constituant la cire d’abeille, de même que l’absorption à 1 737 cm
–1

caractéristique de la double liaison C=O de l’ester.
• Pour l’évolution, il faut examiner la différence entre les spectres. Ils diffèrent par
l’apparition d’une absorption à 3 436 cm
–1
, et la disparition d’une absorption à 1 712 cm
–1
.
Ces absorptions son en accord avec la disparition de l’ester (liaison C=O) et la formation de
l’acide (liaison O–H).




Microméga TS Spécialité Exercices de Bac, thème 3 ©Hatier 2012
7
Exercice 7 Les cristaux liquides

Données :
http://www.techniques-ingenieur.fr/base-documentaire/materiaux-th11/materiaux-actifs-et-
intelligents-surfaces-fonctionnelles-42126210/cristaux-liquides-a1325/etat-cristal-liquide-
a1325niv10001.html#1.3

La réaction de synthèse est :

2 RCOCl + 2 HO–Ar–NH
2
+ OHC–Ar–CHO « cristal liquide » + 2H
+
+ 2Cl

(DOC. 1)

Cependant, la réaction ne pourrait pas être sélective car les groupes OH et NH
2
réagissent
avec le groupe COOH (DOC. 1), il faut donc utiliser des groupes protecteurs (voir chapitre 20)
et envisager plusieurs étapes ; dans l’ordre (en notant G les groupes protecteurs) :

• HO–Ar–NH
2
+ (G1)OH (G1)–O–Ar–NH
2
+ H
2
O (DOC. 3)
• 2 (G1)–O–Ar–NH
2
+ OHC–Ar–CHO (G1)–O–Ar–N=HC–Ar–CH=N–Ar–O–(G1) (DOC. 1)
• (G1)–O–Ar–N=HC–Ar–CH=N–Ar–O–(G1) + H
2
O HO–Ar–N=HC–Ar–CH=N–Ar–OH (DOC. 3)
• HO–Ar–N=HC–Ar–CH=N–Ar–OH + 2 RCOCl RCO– O–Ar–N=HC–Ar–CH=N–Ar–O–CO–R (DOC. 1)

Chaque liaison N=C peut être Z ou E (DOC. 2), ce qui donne 3 stéréo-isomères possibles ZZ, ZE
et EE (ZE = EZ) (C12).

Par spectroscopie IR, il est possible de voir la présence des groupes C=O et C=C pour
confirmer que la molécule possède bien ces fragments (voir chapitre 4).

Il reste à mesurer les deux températures de fusion du composé (voir l’introduction de
l’exercice).



THÈME 3 MATÉRIAUX
8
Exercice 8 Repérer et mesurer la pollution domestique

La synthèse pourrait être :
Le formaldéhyde qui n’a pas réagi lors de la polymérisation (DOC. 3) est présent dans les
objets et matériaux domestiques : parquets, moquettes, isolation, meubles… Il est dangereux
pour la santé comme le révèle sa fiche signalétique. Sa détection est donc souhaitable.
L’analyse du document n° 2 permet d’expliquer le fonctionnement du dispositif.
Les molécules de fluoral P piégées dans les nanopores du capteur n’absorbent pas dans le
visible, comme l’indique son spectre (DOC. 2, fig. 3). Lorsqu’elles réagissent avec le
formaldéhyde, le 3,5-diacétyl-1,4-dihydrolutidine (dont l’absorbance présente un maximum
à 420 nm) est formé. Le capteur se colore en conséquence (DOC. 2, fig. 2). Cette méthode
permet de repérer aisément la présence de formaldéhyde et d’en estimer la concentration
dans l’air à l’aide, par exemple, d’une échelle de teintes.
NB Les termes en gras sont considérés comme indispensables pour défendre les idées
présentes dans cette synthèse.