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Valerie.jeannot@yahoo.

fr – lycée Descartes, Montigny-le-Bretonneux

- L’argumentation 2de, Les Lumières, Voltaire - Question sur un corpus orpus et corrigé !"#et d’étude $ L’argumentation $ con%aincre, persuader, déli"érer orpus (les textes sont après le corrigé) $ &exte ' $ Micromégas, Voltaire, c(apitre ), de * 'lors monsieur Micromégas, adressant la parole + un autre sage , + la -in du conte. /)02 &exte B $ Zadig ou La Destinée, c(apitre /1 $ * L’ermite ,, de * Quand l’ermite et lui -urent dans leurs appartements , + * 2rends ton c(emin %ers Ba"ylone ,. /)3) &exte $ Candide, Voltaire, c(apitre 45, de * 6ne c(ose ac(e%a de con-irmer Martin dans ses détesta"les principes , + Le der%ic(e, + ses mots, leur -erma la porte au ne7. &exte D $ Essai de théodicée, * a"régé de la contro%erse ,, Lei"ni7 8extrait9 I -Question sur un corpus : :elon ;uelles -ormes 8registres et procédés9 et + ;uelles -ins les argumentations de notre corpus prennent-elles position sur la ;uestion de la 2ro%idence< Les textes, li"res de droits, sont reproduits ci-dessous. Texte : Micromégas! Voltaire! chapitre ", de * 'lors monsieur Micromégas, adressant la parole + un autre sage , + la -in du conte. Micromégas, un habitant de la planète Sirius, où les hommes sont de grande taille, effectue un vo age interplanétaire! "u cours de son périple, il s#est lié d#amitié avec le secrétaire de l#"cadémie de Saturne, plus petit $ue lui, % le nain &! Ces deu' hommes parviennent sur la terre où ils découvrent des (tres minuscules ) les hommes! *enant un % vaisseau avec l#é$uipage sur un ongle &, Micromégas engage avec eu' une conversation philosophi$ue!

'lors monsieur Micromégas, adressant la parole + un autre sage ;u’il tenait sur son pouce, lui demanda ce ;ue c’était ;ue son =me, et ce ;u’elle -aisait. * >ien du tout, répondit le p(ilosop(e male"ranc(iste ? c’est Dieu ;ui -ait tout pour moi $ #e %ois tout en lui, #e -ais tout en lui ? c’est lui ;ui -ait tout sans ;ue #e m’en m@le. – 'utant %audrait ne pas @tre, reprit le sage de :irius. At toi, mon ami, dit-il + un Lei"ni7ien ;ui était l+, ;u’est-ce ;ue ton =me < – ’est, répondit le Lei"ni7ien, une aiguille ;ui montre les (eures pendant ;ue mon corps carillonne, ou "ien, si %ous %oule7, c’est elle ;ui carillonne pendant ;ue mon corps montre l’(eure ? ou "ien mon =me est le miroir de l’uni%ers, et mon corps est la "ordure du miroir $ cela est clair ,.

Mais il y a%ait l+. il ne %it rien .uand on lui eut en-in adressé la parole $ * Ce ne sais pas. A--ecti%ement. tom"a dans une poc(e de la culotte du :aturnien. par mal(eur.ui.uoi #e doute -ort. ils %erraient le "out des c(oses. Le :irien reprit les petites mites ? il leur parla encore a%ec "eaucoup de "onté. L’animal de :irius sourit $ il ne trou%a pas celui-l+ le moins sage ? et le nain de :aturne aurait em"rassé le sectateur de LocBe sans l’extr@me disproportion.u’il -Ft un peu -=c(é dans le -ond du cGur de %oir .u’on ne pense. . D ce discours.ue les in-iniment petits eussent un orgueil pres.uement pour l’(omme. Ce ré%ère la puissance éternelle ? il ne m’appartient pas de la "orner $ #e n’a--irme rien ? #e me contente de croire . Qu’il y ait des su"stances immatérielles et intelligentes. comment #e pense. #e m’en étais "ien douté. et le ra#ustèrent -ort proprement. et .uipage. mais #e sais .ue cela se trou%ait dans la :omme de :aint &(omas ? il regarda de (aut en "as les deux (a"itants célestes ? il leur soutint . tout était -ait uni.ue le :irien a%ait sur son ongle. Hl -aut .u’il sa%ait tout le secret. il leur donna ce %olume a%ant son départ $ on le porta + 2aris + l’'cadémie des sciences ? mais. . Hl leur promit de leur -aire un "eau li%re de p(ilosop(ie écrit -ort menu pour leur usage. et dans ces con%ulsions le %aisseau. c’est de . Texte # : Zadig ou La Destinée! chapitre $% : & ' (er)ite * (extrait) Zadig et l#ermite $ui l#accompagne ont été re+us avec une parfaite hospitalité par un philosophe retiré du monde dans sa maison % où rien ne sentait ni la prodigalité ni l#avarice &! Quand l’ermite et lui -urent dans leur appartement. . leurs soleils.6n petit partisan de LocBe était l+ tout auprès ? et . dit-il. selon Eomère. ils -irent long-temps l’éloge de leur (Jte.ue. leurs étoiles.ue #e n’ai #amais pensé . es deux "onnes gens le c(erc(èrent longtemps ? en-in ils retrou%èrent l’é. c’est de .uer la pensée + la matière. dans ce li%re.uoi.ue leurs personnes.uoi #e ne doute pas ? mais .u’il y a plus de c(oses possi"les . leurs mondes. est le partage des dieux $ leurs épaules et leurs %entres allaient et %enaient.u’un li%re tout "lanc $ * '( I dit-il.u’+ l’occasion de mes sens. . un petit animalcule en "onnet carré .ue in-iniment grand. .ui coupa la parole + tous les animalcules p(ilosop(es ? il dit .uand le secrétaire l’eut ou%ert. .u’il soit impossi"le + Dieu de communi. Le %ieillard au point du #our é%eilla son camarade. nos deux %oyageurs se laissèrent aller l’un sur l’autre en étou--ant de ce rire inextingui"le .

ue ma reconnaissance + %otre tante.ue sous les ruines de cette maison oM la 2ro%idence a mis le -eu. et tou#ours su"#ugué par l’ascendant de l’ermite.ui ne t’a point -ait de mal < &andis .ue du "ien. %oil+ la maison de mon c(er (Jte détruite de -ond en com"le I L’(eureux (omme I D ces mots Kadig -ut tenté +-la--ois d’éclater de rire. et . An disant ces mots. il est donc nécessaire . et le -ils .ue ce #eune (omme dont la 2ro%idence a tordu le cou aurait assassiné sa tante dans un an. lui dit l’ermite en l’interrompant $ apprene7 . il le sui%it malgré lui + la dernière couc(ée. Mais. Kadig épou%anté #eta des cris.ue tout le monde dort encore. et %oulut l’emp@c(er de commettre une action si a--reuse. tu es donc descendu de l’empyrée pour apprendre + un -ai"le mortel + se soumettre aux ordres éternels < Les (ommes. Le #eune (omme empressé marc(e aude%ant d’eux. Kadig lui demanda la permission de parler.uatre "elles ailes cou%raient un corps ma#estueux et resplendissant de lumière.ue son %isage prenait les traits de la #eunesse.ui a%ait un ne%eu de . Hl le prend alors par les c(e%eux. dit Kadig. plein d’agréments et son uni. sont tou#ours mal(eureux $ ils ser%ent + éprou%er un petit nom"re de #ustes répandus sur la terre.partir.ue de le noyer < Cesrad reprit $ :’il a%ait été %ertueux. t’est-il permis de noyer un en-ant .ui était dé#+ asse7 loin a%ec son compagnon. et mit le -eu + la maison. et le #ette dans la ri%ière. étant rompu depuis peu. dit l’ange Cesrad.ue #e mar. Alle -it du mieux . le maLtre a trou%é un trésor immense $ apprene7 .u’elle put les (onneurs de sa maison. et est engou--ré dans le torrent. et %ous dans deux. de dire des in#ures au ré%érend père.u’+ un pont . . Vous m’a%ie7 promis plus de patience. L’en-ant tom"e. L’ermite l’entraLnait par une -orce supérieure ? la maison était en-lammée.uillement. e -ut c(e7 une %eu%e c(arita"le et %ertueuse . et s’il eFt %écu. Ce me dé-ie de moi-m@me.ue espérance. :on (a"it d’ermite disparut ? .uand tu aurais lu cet é%énement dans ton li%re des destinées.ui méritait le plus d’@tre éclairé. et de s’en-uir ? mais il ne -it rien de tout cela. reparaLt un moment sur l’eau. il prit un -lam"eau. Quand ils -urent sur le pont $ Vene7. Qui te l’a dit. ! monstre I J le plus scélérat de tous les (ommes I s’écria Kadig. de le "attre. répondit Cesrad. #e %eux laisser + cet (omme un témoignage de mon estime et de mon a--ection.ue le %ieillard n’a%ait plus de "ar"e. la regardait "rFler tran. . "ar"are < cria Kadig ? et . dit l’ermite au #eune (omme.uator7e ans.ui. dit-il ? mais tandis . son destin était d’@tre assassiné lui-m@me a%ec la -emme . .u’il de%ait épouser. dit-il ? mais oserai-#e te prier de m’éclaircir un doute $ ne %audrait-il pas mieux a%oir corrigé cet en-ant. et l’a%oir rendu %ertueux. ! en%oyé du ciel I J ange di%in I s’écria Kadig en se prosternant. il aperNut . s’il n’y a%ait . Mais .u’il y ait des crimes et des mal(eurs < et les mal(eurs tom"ent sur les gens de "ien I Les méc(ants. était de%enu un passage dangereux. Le lendemain.uoi I dit Kadig. Dieu merci I dit-il.ue le Ba"ylonien parlait. L’ermite. elle ordonna + son ne%eu d’accompagner les %oyageurs #us. et il n’y a point de mal dont il ne naisse un "ien. #ugent de tout sans rien connaLtre $ tu étais celui de tous les (ommes .ui en de%ait naLtre. il -aut .

u’il -aut adorer. !rosmade t’a en%oyé pour c(anger sa destinée.ui le mal ne peut approc(er. de . et n’y gagnait plus rien.ue #amais andide et d’em"arrasser 2angloss. reprit Cesrad. . omme il disait mais. s’étaient "rouillés. Ma pau%re en-ant I sa%e7-%ous "ien . selon les ordres immua"les de celui . ette nou%elle a%enture les engagea + p(ilosop(er plus .ue %ous m’a%e7 coFté le "out du ne7. Mais.uie ? ils allèrent le consulter ? 2angloss porta la parole. et se soumit. dit KadigQ.ui %ient de périr est tom"é dans l’eau par (asard. dit andide. et en-in -rère Riro-lée s’était -ait turc. .ui serait par-ait. Kadig + genoux adora la 2ro%idence. dit Martin + andide. S '( I a( I dit 2angloss + 2a. .ue -rère Riro-lée et 2a.ui em"rasse tout. l’ange prenait dé#+ son %ol %ers la dixième sp(ère. Pai"le mortel I cesse de disputer contre ce . cette terre serait une autre terre.ue c’est par un m@me (asard .uette continuait son métier partout.uette et le -rère Riro-lée.ui se croyait le plus mal(eureux de tous les (ommes.u’ils %irent un #our a"order dans leur métairie 2a. :ou%iens-toi de ce p@c(eur . S De . Vous a%e7 regorgé de millions de piastres.ue %os présents seraient "ientJt dissipés et ne les rendraient . S . L’ange lui cria du (aut des airs $ 2rends ton c(emin %ers Ba"ylone. et une oreille < omme %ous %oil+ -aite I e( I .uette. mon ré%érend père. * Ce l’a%ais "ien pré%u.point de mal < 'lors. s’étaient . %ous et acam"o. et tout ce .uoi un aussi étrange animal . 2a.uoi te m@les-tu < lui dit le der%ic(e ? est-ce l+ ton a--aire < S Mais.ue cette maison est "rFlée $ mais il n’y a point de (asard ? tout est épreu%e. ou récompense.ue dans la demeure éternelle de l’Otre supr@me.uittés.ue #amais. ni deux glo"es dans les c(amps in-inis du ciel.ui étaient dans la plus extr@me misère ? ils a%aient "ien %ite mangé leurs trois mille piastres. Les (ommes pensent . le ciel %ous ramène donc ici parmi nous.ue cet en-ant . . s’étaient raccommodés. . Hl n’y a ni deux -euilles d’ar"re sur la terre. Hl y a%ait dans le %oisinage un der%ic(e très--ameux . il y a (orri"lement de mal sur la terre.(extrait) 6ne c(ose ac(e%a de con-irmer Martin dans ses détesta"les principes.ui passait pour le meilleur p(ilosop(e de la &ur. un oeil.ue plus miséra"les.ui soient sem"la"les. et %ous n’@tes pas plus (eureux .ue tu %ois sur le petit atome oM tu es né de%ait @tre dans sa place et dans son temps -ixe. et lui dit $ * MaLtre. ette immense %ariété est un attri"ut de sa puissance immense.ue l’(omme a été -ormé. a%aient été mis en prison ? s’étaient en-uis. nous %enons %ous prier de nous dire pour. ou punition. Hl a créé des millions de mondes.. ou pré%oyance. dont aucun ne peut ressem"ler + l’autre.u’est-ce . de -aire (ésiter plus .uette.ue ce monde I . ’est . Texte + : Candide! Voltaire! chapitre . ne peut @tre . l’enc(aLnement des é%énements serait un autre ordre de sagesse ? et cet ordre.

u’on lui ou%re m@me le c(emin .u’il y en ait de damnés.ue peut emp@c(er le péc(é d’autrui et ne le -ait pas. S &e taire.u’il y ait du mal ou du "ien < Quand :a Eautesse en%oie un %aisseau en Tgypte.uand on -ait son de%oir.u’on contri"ue au mal.u’on ne doi%e point le -aire.ue tous les (ommes soient sau%és ? et par la consé.u’on ne saurait se dispenser raisonna"lement de pré-érer + d’autres considérations ? et c’est une %olonté consé.uand il s’agit de Dieu9 sans -aire une action déraisonna"le. en consé. par les. du meilleur des mondes possi"les.uente. et on peut dire. ont entendu par l’antécédente. et de l’(armonie prééta"lie. mais .ue les (ommes ne pèc(ent point. !n nie la ma#eure de ce syllogisme ? car il se peut . etc. dit 2angloss. Quicon.uand.u’ils pèc(ent ? cette permission étant une suite des raisons supérieures ? et on a su#et de dire généralement .uente.ui %eut. >éponse.u’on puisse emp@c(er le péc(é. de la nature de l’=me.uente ou -inale et décrétoire 8.u’il -ait naLtre. il %eut permettre . + ces mots. mais y contri"ue plutJt. Donc. dit le der%ic(e.uoi . Texte .uoi . Le der%ic(e.ui a tou#ours son e--et9. leur -erma la porte au ne7. et . celle . !"#ection.ue des exemples d’une notion plus générale.u’on ne le pourrait sans commettre soi-m@me un péc(é ou 8. de raisonner un peu a%ec %ous des e--ets et des causes. par la m@me raison.ue la raison demande. Dieu peut emp@c(er le péc(é des créatures intelligentes ? mais il ne le -ait pas.ui résulte des %olontés antécédentes. !n ne %eut pas ces maux. c(acun pris en soi et comme détac(é 8particulariter et secundum . Mais ce ne sont . dit le der%ic(e. .u. H. : Essai de théodicée! & a/régé 0e la contro1erse *! 'ei/ni2 (extrait) V. S Ce me -lattais.Qu’importe.ues-uns. Hl se peut aussi . et on en a -ait l’application + Dieu lui m@me. et il y contri"ue plutJt par son concours et par les occasions . en parlant de la %olonté de Dieu antécédente et consé.ue-ois en -aisant des c(oses .uente . on -ait ce .u’on est o"ligé de -aire ? et .ue la %olonté antécédente de Dieu %a + la production du "ien et + l’emp@c(ement du mal. de l’origine du mal. on n’est point responsa"le des é%énements.ue.uence du péc(é persé%érant.uid.uelles on %eut le "ien.u’il en ait une par-aite connaissance. tout "ien considéré.ui %eut . /U. s’em"arrasse-t-elle si les souris .u’on les pré%oit. !n en a donné des instances. Ce sais . . par sa %olonté consé. lors m@me . ou 8en parlant de Dieu9 .ue . . &(om.uel. parce . art. . mais on les %eut permettre pour un plus grand "ien. . en est complice. .ue Dieu %eut par sa %olonté antécédente . . celle . et . .u’il en soit "ien in-ormé. .ui sont dans le %aisseau sont + leur aise ou non < S Que -aut-il donc -aire < dit 2angloss.uel.

$ l’in&erse. <ous sommes presque . présentent sou&ent des idées. %a + la production d’autant de "iens . ou -inale et totale. tandis que . une métamorphose 0 l’habit 5 d’ermite disparut 7 quatre belles ailes cou&raient un corps ma3estueux et resplendissant de lumière 6. qui accepte une entité di&ine pour laquelle 5 il n’y a point de hasard 6. 2roposition de corrigé L’argumentation vise à convaincre ou à persuader d’idées que l’on défend. dès lors qu’il est question de l’action di&ine 0 5 l’être suprême 89: a créé des millions de mondes 6.l suit en cela (adig. dont la com"inaison de%ient par l+ déterminée. restitue deux dialogues entre des personnages qui se déplacent d’un lieu . /ourtant une signification philosophique doit en être tirée. utiliser le registre mer&eilleux tout d’abord puisque Micromégas présente 5 deux habitants célestes 6. encore. elle est implicite 0 c’est le propre de l’argumentation indirecte. qui agrémentent le récit. 6.ue "ien ou de c(a. nous dit Leibni1 0 toutes ces hyperboles fascinent le lecteur émer&eillé par la magie di&ine. l’irrationnel accepté. proprement parler. est admise une explication du monde que la raison ne peut démontrer 0 un être supérieur et surnaturel.uente. l’homme la possibilité de pécher.ues maux et l’exclusion de . /uisqu’il s’agit de lire le sens de l’uni&ers.ue mal ? mais . /aradoxalement. . probablement le sens que &eut lui attribuer Voltaire. personnage éponyme du conte philosophique de Voltaire paru en !"#.uel.ue la %olonté di%ine consé. Voltaire s’enhardit . Micromégas. . sui%ant la mesure du degré de c(a. Le théologien use de la raison afin de le prou&er. tandis que (adig assiste .ues "iens. comme le meilleur plan possi"le de l’uni%ers le demande. qui. lorsqu’il s’agit d’é&oquer la 5 &olonté de 2ieu 6 0 l. Mais la très sérieuse théodicée de Leibni1 traite aussi du mer&eilleux 0 le non démontré. un troisième texte narratif. dans la sacralité du propos de Leibni1. =e registre mer&eilleux doit aussi être reconnu.uel. Leibni1 expose dans l’Essai de théodicée des raisonnements au moyen d’arguments qui &isent . les stéréotypes de la figure d’un ange sont ici con&oqués. Même si les échanges de propos au style direct. finalement. dans le conte qui porte son nom et date de !*!.u&res . et le secrétaire de l’$cadémie de %aturne con&ersent a&ec des humains. Mais Leibni1 imprime la gra&ité du traité de philosophie . 'n ange prendra la parole de&ant (adig qui &oyage &ers )abylone. qui opposent des êtres de fiction. l’autre et méditent sur leurs expériences. ser&ent . la fin de la première &ersion du conte 0 il faut entendre l. Leur 5 &ariété est un attribut de sa puissance immense 6. Les trois textes de Voltaire sont en effet des extraits de récits. 5 adore 6 et se soumet. la postérité 0 Leibni1 3ustifie le mal sur la 4erre comme un moyen de laisser . mais dans le but finalement que le monde tende . Les documents de notre corpus présentent dès le premier abord deux procédés radicalement différents d’argumentation. Candide de Voltaire.u’on en peut mettre ensem"le. sa démonstration. il ne s’agit guère de raisonnements . la logique et la rationalité sont utilisées pour prou&er les desseins de 2ieu. un 5 plus grand bien 6. tandis que la méditation des expériences et le charme séducteur de l’ironie. che1 Voltaire.V9. s’il commence par protester. 5 tout est 89: pré&oyance. +nfin.u&re de !"-. con&aincre d’idées explicitement formulées 0 l’argumentation est alors dite directe. nous montrer que l’acceptation de la /ro&idence bute sur la raison. et comprend aussi la permission de . 2eux procédés différents pour deux pensées qui se confrontent de manière féconde et ont laissé ces .

que ce ren&ersement. annoncée comme 5 ob3ection 6 cette thèse est donc donnée elleAmême comme un raisonnement critique de l’attitude de 2ieu 0 5 Cuiconque peut empêcher le péché d’autrui et ne le fait pas. L’enfant 89: est engouffré dans le torrent 6 mais c’est parce que 5 ce 3eune homme89: aurait assassiné sa tante dans un an. =eluiAci construit son argumentation dans notre extrait sur une disposition critique 0 une thèse est exposée. ainsi. grand renfort de radicalité et de redondance 0 5 c’est 2ieu qui fait tout pour moi 0 3e &ois tout en lui. le 5 li&re tout blanc 6 qui symbolisera l’ineffable et l’inintelligible de l’origine de l’uni&ers et de sa finalité 0 5 le bout des choses 6. l’égard du Mal. la conclusion constate que 2ieu exerce la complicité possible . Le geste et l’in3onction sont une repartie cinglante . pour permettre un plus grand bien. a&ant d’expliquer pourquoi. 89:. . précède la mineure. une critique moqueuse. caricature encore. une logique imparable 0 la ma3eure établit l’existence d’une complicité dans le péché. il s’agit d’une 5 ob3ection 6 . son tour par un syllogisme. nous laisse entendre Voltaire. . le lecteur doit comprendre qu’il ne faut donc pas chercher . . 2ans Zadig. comme le silence est imposé par le der&iche. $ fortiori quand elle détruit par le ren&ersement le peu de sens que l’on pou&ait y saisir 0 l’>me du Leibni1ien est 5 une aiguille qui montre les heures pendant que 8s:on corps carillonne. /ourquoi un tel acharnement contre toute tentati&e de prou&er que le monde tend &ers le )ien B Voltaire s’en prend aux raisonnements de Leibni1. 2ieu. ce type de déduction est très difficile . dit l’ange au ne&eu de son h@tesse:. qui enseigne qu’il faut 5 8se: taire 6. L’auteur nomme donc ici le procédé dont use la thèse qu’il re3ette 0 un 5 syllogisme 6 7 c’est un raisonnement déductif qui en appelle . . 3e fais tout en lui 7 c’est lui qui fait tout sans que 3e m’en mêle 6. mais qu’on ne doi&e point le faire. &otre tante8. est aussi représentée de manière caricaturale 0 5 il faut que 3e marque ma reconnaissance . +n effet. ou l’exécution sordide d’un animal de basseAcour. et8(adig: dans deux 6. En nie la ma3eure de ce syllogisme 6 A le passage que nous &enons de citer A dit Leibni1. ici . =e silence marque la fin de Micromégas . =’est cette &iolence du sort. tous les questionneurs de la /ro&idence. dont la première &ersion s’achè&era sur le bonheur parfait du héros éponyme. mais dont la conclusion. et 5 ferm8e: la porte au ne1 6 de ses &isiteurs métaphysiciens 0 cette brè&e scène de comédie dans Candide est un exemple d’argumentation indirecte .Voltaire use du registre satirique. armes égales. en est complice. la mineure pose que 2ieu peut empêcher le péché. mais y contribue plut@t.l use . réfuter 0 la bataille que mène Leibni1 est rude. et le 3ette dans la ri&ière. l’ob3ection est . . dans Micromégas. Mais il ob3ecte un argument 0 5 il se peut qu’on puisse empêcher le péché. parce qu’elle &ient brouiller la raison.l répond donc. élucider cette /ro&idence. 5 on ne doi8t: point le faire 8empecher le péché: 6. l’existence de la /ro&idence. . son tour réfutée 0 5 Déponse. qui fait le mal par la &oix de l’ange ?esrad. Le 5 Leibni1ien 6 de Voltaire définit son >me par deux métaphores contradictoires 0 les Lumières méprisent la métaphore. la main de 2ieu. il caricature la puissance di&ine. =’est sans doute la raison pour laquelle Voltaire choisit une métaphore cette fois. qui procède . . parce qu’on ne le pourrait sans commettre soiAmême un péché ou Fquand il s’agit de 2ieuG sans faire une action déraisonnable 6. qui rend incompréhensible et incroyable la notion de la /ro&idence 0 l’excès caricatural nous montre que la /ro&idence est proprement impensable 7 l’ordre du monde est incompréhensible. 'ne loi générale est appliquée.l le prend alors par les che&eux. c’est elle qui carillonne pendant que 8s:on corps montre l’heure 6. quoi qu’il en soit bien informé. la fois dr@le et symbolique. dessein. =’est pourquoi 5 la /ro&idence 8lui: a tordu le cou 6. l’expression é&oque un meurtre barbare. 6 2ans la seconde partie de l’extrait. Mais le propos est beaucoup plus pessimiste que dans Zadig. ou bien.

I 6. L’explicit du conte . -. puis.uand l’on ne peut .ues "ien des -acettes de cette .ue par la sagesse et les pou%oirs. 89:que la &olonté di&ine conséquente 89: comprend aussi la permission de quelques maux et l’exclusion de quelques biens. comme l’expli. que relaie la référence . Mais l’on aura reconnu dans * le meilleur plan possi"le de l’uni%ers . .ue Voltaire ridiculise + de nom"reuse reprises dans la "ouc(e du précepteur puis ami de andide. $ ils a--irment connaLtre * tout le secret .ues. cité plus (aut de L#essai de théodicée la dé-ense du * meilleur des mondes possi"les .ui * se trou%WeX dans la :omme de :aint &(omas .ue présente notre extrait o--re dans une antit(èse un stimulant et drJle ren%ersement de cet oxymore. art.ue s’en prendra le t(éiste Voltaire. ou c(oisir la -oi. $insi. ainsi cité 0 5 particulariter et secundum quid.ue non démontré et m@me démenti par les -aits < suggère andide.ui parle . un théologien faisant autorité 0 %aint 4homas. comme en témoigne 0 5 on a sujet de dire généralement que la &olonté antécédente de 2ieu &a .ue le géant constate ..ue nous rele%ions dans sa démonstration. et on peut dire. dou"le de Lei"ni7 $ les noms portraits sont un autre procédé de l’argumentation indirecte ? ils permettent d’identi-ier des personnages allégori. $ Dieu. ou * Micromégas . L’on remar. l’empêchement du mal 6. e corpus illustre donc un prodigieux dé"at . 6 +nfin. la démonstration de Leibni1. 2angloss. la production du bien et . . Paut-il renoncer + l’a--irmer comme une %érité et accepter le doute.. Mais ce n’est #amais au créateur . partir de cas particuliers.ue se taire. le théologien utilise des arguments d’autorité 0 ils relè&ent de la persuasion car ils ne démontrent rien mais reHoi&ent leur &aleur par le fait qu’ils sont défendus par une personne faisant autorité ou établis par une habitude. c’est-+-dire .ue c’est raisonna"le.uera .ui puise dans le comi.u’il est9 *les W(ommesX in-iniment petits WontX un orgueil pres.ue in-iniment grand .ui ne s’arr@tera pas a%ec Candide. Voltaire a exploré dans ses contes p(ilosop(i. 4hom. . Lei"ni7 est encore décela"le $ c’est l+ l’argument d’autorité .uestion $ il a longtemps (ésité et dé"attu a%ec Lei"ni7 8. :es contes célè"res sont l’Gu%re de sa longue 0éli/ération 8%oir plus "as9 . .ue 8+ l’in%erse de ce .ui a tra%ersé le dix(uitième siècle $ -aut-il accepter le monde malgré les sou--rances et les cruautés et s’en remettre + 2ro%idence parce .ue sa -orce de su"%ersion.ue l’optimisme né d’un raisonnement . au moyen de ce genre littéraire . Hl atta. comme Kadig < !n le %oit.ue Lei"ni7 donne un nom + la * 2ro%idence . comme Micromégas. il tire une loi générale 0 5 ce ne sont que des exemples d’une notion plus générale. plusieurs types de raisonnement sontAils employés successi&ement. par la même raison. qui donnent toute l’apparence de la rationalité .ui en éclaire encore le sens..plus loin d’un raisonnement inductif 0 . parce . qu. comme le meilleur plan possible de l’uni&ers le demande.ui était mort mais rayonnait encore9. .ui incarnent des idées $ le tout-parole * 2angloss . $ cet oxymore dénote la -ai"lesse – et en m@me temps l’(umilité – d’un @tre aussi gigantal par la taille .ue Lei"ni7 < Y’est-ce pas déraisonna"le.

ue Voltaire s’en prend et. sur l’argumentation directe . .3'I#3434 : réfléchir sur une 0écision! peser le pour et le contre! seul ou 0ans un 0é/at 5 plusieurs. * dont les lecteurs -ont euxm@mes la moitié . Les religions ne se -ondent pas.ui pose comme un a priori le mer%eilleux d’un Dieu maLtre de toute c(ose. ne pose-t-il pas les "ases de l’at(éisme < L’argumentation indirecte de Voltaire est "ien menaNante pour une argumentation directe oM se décèle un dé-aut de rigueur $ des prémisses 8l’a priori9 non pas discuta"les mais plutJt indiscuta"les $ inaccessi"les + l’entendement (umain. < >etenir par cGur $ :ZLL!RH:MA $ ma#eure $ &ous les (ommes sont mortels. . dans leurs textes sacrés.ui seule #usti-ie . onclusion $ Donc :ocrate est mortel. . e .sans -ondement . Mineure $ !r :ocrate est un (omme.u’il appelle dans d’autres c(apitres de Candide * a priori .ui con%ainc par la raison mais sur l’argumentation indirecte de la para"ole. malgré son déisme. est l’a--irmation sans preu%e + l’origine de tout le dé%eloppement .u’un Dieu tout puissant laisse le monde @tre en%a(i par le mal. !M la raison "ute 8l’a priori n’est pas démontra"le9 reste la -oi $ n’est-ce pas + elle -inalement. Ye sont-elles pas des récits comme les aimait Voltaire. .ui #usti-ie le mal $ la poursuite d’un plus grand "ien.