Guy de Maupassant Confession d’une femme 1882 Mon ami, vous m’avez demandé de vous raconter les souvenirs

les plus vifs de mon existence. Je suis très vieille, sans parents, sans enfants ; je me trouve donc li re de me confesser ! vous. "romettez#moi seulement de ne jamais dévoiler mon nom. J’ai été eaucoup aimée, vous le savez ; j’ai souvent aimé moi#m$me. J’étais fort elle ; je puis le dire aujourd’%ui &u’il n’en reste rien. '’amour était pour moi la vie
16de l’(me, comme l’air est la vie du corps. J’eusse préféré mourir plut)t &ue d’exister

sans tendresse, sans une pensée toujours attac%ée ! moi. 'es femmes souvent prétendent n’aimer &u’une fois de toute la puissance du coeur ; il m’est souvent arrivé de c%érir si violemment &ue je cro*ais impossi le la fin de mes transports. +ls s’étei,naient pourtant toujours d’une fa-on naturelle, comme un feu o. le man&ue. Je vous dirai aujourd’%ui la première de mes aventures, dont je fus innocente, mais &ui détermina les autres. '’%orri le ven,eance de cet affreux p%armacien du "ec& m’a rappelé le drame épouvanta le au&uel j’assistai ien mal,ré moi.
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ois ien

J’étais mariée depuis un an, avec un %omme ric%e, le comte /ervé de 0er..., un 1reton de vieille race, &ue je n’aimais point, ien entendu. '’amour, le vrai a esoin, je le crois du moins, de li erté et d’o stacle, en m$me temps. '’amour imposé, sanctionné par la loi, éni par le pr$tre, est#ce de l’amour 2 3n aiser lé,al ne vaut jamais un aiser volé. Mon mari était %aut de taille, élé,ant et vraiment ,rand sei,neur d’allures. Mais il man&uait d’intelli,ence. +l parlait net, émettait des opinions &ui coupaient comme des lames. 4n sentait son esprit plein de pensées toutes faites, mises en lui par ses père et mère &ui les tenaient eux#m$mes de leurs anc$tres. +l n’%ésitait jamais, donnait sur tout un avis immédiat et orné, sans em arras aucun et sans comprendre

76&u’il p5t exister d’autres manières de voir. 4n sentait &ue cette t$te#l! était close,

&u’il n’* circulait point d’idées, de ces idées &ui renouvellent et assainissent un esprit comme le vent &ui passe en une maison dont on ouvre portes et fen$tres. 'e c%(teau &ue nous %a itions se trouvait en plein pa*s désert. 8’était un ,rand (timent triste, encadré d’ar res énormes et dont les mousses faisaient son,er aux ar es lanc%es des vieillards. 'e parc, une vraie for$t, était entouré d’un fossé profond &u’on appelle saut de loup ; et tout au out, du c)té de la lande, nous avions deux ,rands étan,s pleins de roseaux et d’%er es flottantes. 9ntre les deux, au ord d’un ruisseau &ui les unissait, mon mari avait fait construire une petite %utte pour tirer sur les canards sauva,es.
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:ous avions, outre nos domesti&ues ordinaires, un ,arde, sorte de rute dévouée ! mon mari jus&u’! la mort, et une fille de c%am re, pres&ue une amie attac%ée ! moi éperdument. Je l’avais ramenée d’9spa,ne cin& ans auparavant. 8’était une enfant a andonnée. 4n l’aurait prise pour une o%émienne avec son teint noir, ses *eux som res, ses c%eveux profonds comme un ois et toujours %érissés autour du front. 9lle avait alors seize ans, mais elle en paraissait vin,t. '’automne commen-ait. 4n c%assait eaucoup, tant)t c%ez les voisins, tant)t c%ez nous ; et je remar&uai un jeune %omme, le 1aron de 8..., dont les visites au c%(teau devenaient sin,ulièrement fré&uentes. "uis il cessa de venir, je n’* pensai plus ; mais je m’aper-us &ue mon mari c%an,eait d’allures ! mon é,ard.

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+l sem lait taciturne, préoccupé, ne m’em rassait point ; et mal,ré &u’il n’entr(t ,uère en ma c%am re &ue j’avais exi,ée séparée de la sienne afin de vivre un peu seule, j’entendais souvent, la nuit, un pas furtif &ui venait jus&u’! ma porte et s’éloi,nait après &uel&ues minutes. 8omme ma fen$tre était au rez#de#c%aussée, je crus souvent aussi entendre r)der dans l’om re, autour du c%(teau. Je le dis ! mon mari, &ui me re,arda fixement pendant &uel&ues secondes, puis répondit ; < 8e n’est rien, c’est le ,arde. 4r, un soir, comme nous ac%evions de d=ner, /ervé, &ui paraissait fort ,ai par

@6extraordinaire, d’une ,aieté sournoise, me demanda ;

er mes poules 2 Je fus surprise .ulier . -a suffira. G6 :ous attei. < 4% D ! c%evrotines seulement.ita. +l faut vous dire &ue je c%assais comme un %omme le loup et le san.ourdissement lu.ez#vous.#froid pour aller tuer un renard 2 Mais ! &uoi 86son.ulière. < Moi 2 pour&uoi donc 2 du san. < Mais certainement. mon ami.émissement de c%ouette . Eoute la maison dormait.lier.n=mes ient)t le ord des étan. une fra=c%eur me saisit. < Caut#il c%ar. et une odeur de feuilles tom ées. et pendant toute la soirée il s’a. < Btes#vous pr$te 2 Je me levai.u re s’était appesanti sur tout. après &uel&ues secondes. 'es deux tourelles &ui le flan&uaient portaient sur leur fa=te deux pla&ues de lumière. &ui sem lait morte. "uis. il ajouta d’un ton sin. avec une o stination sin. mais il écoutait. 'a pleine lune sem lait teindre en jaune le vieux (timent som re dont le toit d’ardoises luisait. F6 Aers dix %eures il me dit soudain . j’%ésitais . +l était donc tout naturel de me proposer cet aff5t. je finis par répondre . pas un cri de crapaud. douce et pesante. . so*ez#en s5re. je demandai . mais comme il me considérait. pas un . il sem lait flairer dans l’om re. Mais mon mari tout ! coup eut l’air étran. < Aous pouvez vous vanter d’avoir un fameux san.er ! alles ou ! c%evrotines 2 +l demeura surpris. 'ors&ue nous f5mes sous les ar res du parc. "as un frisson d’air. ! travers le parc. un en.#froid D Je me mis ! rire . Mon mari ne disait rien. 9t comme il m’apportait lui#m$me mon fusil. mon ami 2 9t nous voil! partis. possédé des pieds ! la t$te par la passion de la c%asse. sans ruit.ement nerveux . se levant et se rasse*ant fiévreusement. et aucun ruit ne trou lait le silence de cette nuit claire et triste. il épiait.s.< 8ela vous plairait#il de passer trois %eures ! l’aff5t pour tuer un renard &ui vient c%a&ue soir man. puis reprit .

et. et de l! partaient des cercles lé. puis il arma lentement son fusil. Je crois &ue je commen-ais ! m’assoupir &uand mon mari me serra le ras . pronon-a . nous devions nous em us&uer. Je répondis. le corps penc%é. ce soir 2 +l murmura . fort surprise . . je ne distin.ée.randissaient sans fin. par %asard. entendez#vous 2 9t le silence recommen-a. pareils ! des rides lumineuses. mais des mouvements ! peine sensi les couraient dans l’eau. &ui s’a. Iu out d’une demi#%eure environ. comme rien ne trou lait la lourde et claire tran&uillité de cette nuit d’automne.arder. 9t lentement /ervé épaula. Je me tenais pr$te moi#m$me ! tirer. l!# as. tout as . et le cla&uement sec des atteries me produisit un effet étran. sous les ar res 2 J’avais eau re. comme s’il e5t fui. tout en me fixant dans les *eux. sifflante. cette épreuve vous suffirait 2 Ilors partez. < 9st#ce &ue.n=mes la %utte o. Huand nous attei. < 'e vo*ez#vous.'eur c%evelure de joncs restait immo ile.ers. et soudain voil! &u’! trente pas devant nous un %omme apparut en pleine lumière. < Jtes#vous ien s5r &u’il passe ici 2 /ervé eut une secousse comme si je l’avais mordu. je ne suis point venue pour m’en retourner. "arfois un point remuait ! la surface. 166 < "as du tout.uais rien. 116 < J’en suis s5r. &ui s’en venait ! pas rapides. je dis. 9t nous demeur(mes immo iles. aucun souffle ne la caressait . Jtes#vous dr)le. la ouc%e dans mon oreille . +l me sentit frémir et demanda . c%an.e. < 8omme vous voudrez. mon mari me fit passer la première. et sa voix.

et je vis l’%omme rouler sur le sol comme un loup &ui re-oit une alle. je compris &ue je serais infidèle ! mon mari. je re. elle se releva. < 4% D pardon.arde &ui m’a trompé. * c%erc%ant un souffle.es aisers de ce mort et de cette vivante . épouvantée. et je vis. Mon mari. et.enoux sur lui. sur la ouc%e. renversé. et ses 1>6san.e. elle l’enla-a ! pleins ras. 176cramponnée comme un c%at furieux. ouvrant de ses lèvres les lèvres mortes. et ses sursauts d’amour désespéré. éperdue. re. ma c%érie. relevé. vers le corps étendu sur l’%er e. me saisit ! la . une détonation m’étourdit. Je poussais des clameurs ai. ma onne. les moustac%es et la peau du visa. lui arrac%ait la ar e. puis enlevée dans ses ras ro ustes. Je me sentis perdue . celle d’/ervé. "uis. Je me dressai rus&uement. je t’ai soup-onnée et j’ai tué l’amant de cette fille .ardais les étran. mais avant &ue j’eusse pu 126me retourner.Je fus tellement stupéfaite &ue je jetai un cri violent . Je fus terrassée. &ui. "a&uita. et la profonde caresse des amants. ! . le aisant sur les *eux.ardait. comme saisie rus&uement d’une autre idée. +l courut. et tom ant ! mes pieds . +l comprit. crispée.or.uKs. et déj! il levait sur mon front son talon. me tenant en l’air. Moi. ! elle. une flamme passa devant mes *eux. c’est mon . et il me jeta dessus.e.lots. prise de folie . 9t de ce moment. &uand ! son tour il fut enlacé. il allait me tuer . se jetant sur le cadavre. alors une main furieuse. Guy de Maupassant Rouerie 1882 'es femmes 2 . sans &ue j’eusse compris encore ce &ui se passait. violemment. comme s’il e5t voulu me riser la t$te.

les plus sensées.roupe de jeunes . 9lle lui fait croire &u’une c%ose co5te tant. Ijoutons &u’elles * sont parfois un peu forcées. parce &u’il crierait si cela valait plus. sans cesse.rande carcasse de Aénus de Milo.racieuses créatures &ui portent la mar&ue de fa ri&ue de "aris. il n’* a pas de prestidi. j’avais l’%a itude de faire une lon. L8omment ne nous en étions nous pas aper-us 2L '’%omme &ui parlait était un ancien ministre de l’empire. et toutes. des ent$tements im éciles et des désirs de t*ran. 1ien faite 2 :on.itateurs plus su tils pour nous mettre dedans ! tout propos. .e. disait#on. les épaules trop droites. +l reprit . une finesse invinci le. et on ne sait jamais. 9lle avait l’air de me re.arder en passant. une audace surprenante. 3n mari. '’%omme a. 1F6je marc%ais en respirant avidement cette onne odeur des premières feuilles..ue promenade ! pied aux 8%amps#Jl*sées. avec ou sans raison. stupéfaits .ères et. le comte de '. 3n . et le seul frémissement de leur tournure nous fait courir des désirs dans les moelles. dans son ména. mais je préfère ces ex&uises poupées de c%air ronde ! cette . les plus %onn$tes. souvent pour le seul plaisir de ruser. 9t elles rusent avec une simplicité incro*a le. fort roué. et d’esprit supérieur. +l est plein de manies . 1ient)t je m’aper-us &ue je rencontrais tous les jours une adora le petite femme. c%a&ue matin. Mais ces femmes#l! ont toujours l’air de tout . soit . &uoi 2 les femmes 2 1?6 < 9% ien. Je vais vous dire la c%ose pour votre instruction. < J’ai été roulé par une %um le petite our. une de ces étonnantes et .. 9t puis elles trottinent d’une fa-on incompara le .eoise d’une fa-on comi&ue et ma. les plus droites. impose ! tout moment des volontés ridicules.. Jolie 2 4ui et non. mieux &ue -a. la poitrine trop om ée. 8’était au mois de mai .< 9% ien. sa femme les flatte en les trompant. 9t elle se tire toujours adroitement d’affaire par des mo*ens si faciles et si malins.istrale. &ue les ras nous en tom ent lors&ue nous les apercevons par %asard. J’étais alors ministre des affaires étran.ens l’écoutait. 9lles rusent du matin au soir. 'a taille était trop mince. :ous 1@6nous disons.

mais.temps encore. LMadame 'éon. mais. 9t elle se mit ! san. 8in& minutes après nous étions amis. < Je suis. &u’elle parlait avec peine. 1G6 as de l’un ! l’autre. I mon tour. perdue en des préoccupations secrètes. le nom dont ils l’avaient aptisée . Aous ne sauriez croire &uel coup désa.a*ai . < Mais. tu es mariée. après le salut souriant . 4% D je fis une .L # Je porte ce "endant trois mois je la vis tous les matins sans me lasser d’elle une seconde. 'e lendemain elle venait me voir au ministère. . L1onjour. < 4ui. et elle finit par al utier en frissonnant . < 4ui. et aissant les *eux . je suis enceinte. elle simula fort ien l’étonnement... et mille autres c%oses. je la vis assise sur un anc. Je lui dis &ui j’étais. par %asard et peut#$tre aussi par vanité .. Je tenais. se jetaient tout prénom. a*ant appris ! la conna=tre. co5te &ue co5te.er ma responsa ilité.. on causait. MonsieurL. Mais vous conna=trez 266cela t)t ou tard.réa le vous donne dans la poitrine l’annonce de ces paternités inattendues. 9lle me raconta &u’elle était femme d’un emplo*é. et elle * revint si souvent &ue les %uissiers.a. 9lle n’osa ou ne voulut ac%ever. n’est#ce pas 2 9lle répondit . < +l faut le rejoindre tout de suite.3n matin.it jus&u’aux tempes.rimace %orri le et je dus p(lir comme on fait ! des nouvelles sem la les. en l’apercevant. je la suppliai de me dire le souci de son coeur . avec un livre ouvert ! la main. Je la priai. Je 186m’empressai de m’asseoir ! son c)té.. # L1onjour. tant elle savait sans cesse varier et pimenter sa tendresse... MadameL. &ue la vie était triste.. Mais un jour je m’aper-us &u’elle avait les *eux meurtris et luisants de larmes continues... Je dis . c%a&ue jour. 9lle rou. &ue les plaisirs étaient rares et les soucis fré&uents. mais mon mari est en +talie depuis deux mois et il ne reviendra pas de lon. Ilors. ! dé. je é.loter.

LJe vais ien. "arfois. de Nome. une crainte m’arr$ta. /uit jours plus tard. < "lace cela pour lui. ! l’%eure o. elle m’adressait une lettre de M$nes. je recevais de Aenise ces seuls mots .uère . 9lle me disait . de :aples. cela ne me re. Je ne veux pas &ue tu me voies avant &ue ce soit fini .ardait pas. &ui sait ce &ui allait se passer dans mon coeur 2 Oi je me mettais ! aimer ce petit $tre né de moi D mon fils D . et se jeta dans mes ras. tu ne veux seulement pas le voir. Peux ans encore s’écoulèrent. un matin. dans mon ca inet.L Huel&ue temps après.J’avais compris et je lui remis discrètement une enveloppe contenant ses frais de 216vo*a. '’%omme est fai le et $te . Je lui remettais par moments une somme assez ronde. elle pleurait . plus fra=c%e et plus jolie &ue jamais. en lui disant simplement . 9t notre tendresse ancienne recommen-a. je ne reviendrai en Crance &u’après ma délivrance. "uis il m’en vint de 'ivourne. Mon mari ne s’est douté de rien. mais je suis affreuse. 8omme sa mission le retient encore pour lon. elle entra rus&uement. au moment de partir. et. elle me %arcela si fort &ue je lui promis un jour d’aller le lendemain aux 8%amps#Jl*sées.temps en ce pa*s. elle viendrait l’* promener. Mais. tu ne m’aimerais plus. de plus en plus elle s’ac%arnait ! me donner des 276nouvelles du petit.e. L8’est un . Je &uittai le ministère. < Eu ne l’aimes pas . Lde 'éonL.ar-on. elle vint dans mon %)tel de la rue de Mrenelle. 'a semaine suivante j’en recevais une de Clorence. mon c%er amour. mais je ne l’écoutais . si tu savais &uel c%a. Oouvent elle me parlait de l’enfant. au out de %uit mois environ.rin tu me fais D 9nfin.L 226 9t.

c’est plus 2>6sa. avait fait jaser la concier. mais tu seras ien . en définitive. voici deux ans 2 . Je jetai les .entil d’aller aux nouvelles. une ien rave femme.ar-on maintenant 2 < Mais elle n’a pas de petit . L:on. votre frère.ants sur mon ureau et mon c%apeau sur une c%aise .. pour dire &uel&ue c%ose ..L Ma porte s’ouvrit.. Mon frère demanda.nements parfaits du mari. mes . 2?6 Mon frère parti.L Je n’avais jamais rien dit ! personne de cette vieille intri. ien noté.e. Mon frère entrait. je ne veux m’occuper de rien. exa. monsieur 2 < 8omment 2 le petit 'éon 2 < :on. monsieur. ! prix d’or. pas fiers. mais marié ! une femme fort jolie. vous vous trompez. 9lle a l’air de m’aimer et ne me co5te pas trop c%er. ien pensant.. L"révenez le comte de '..érées pour sa position modeste. pas ric%es. 4r mon frère..e en +talie.e. fra=c%e et jolie . mais . J’ajoutai . je n’irai pas.ants aux mains.nements sur elle. L9n &uoi peut#elle me tromper 2 9lle a d’autres amants 2 Hue m’importe D 9lle est jeune.L Mon frère revint ient)t.J’avais mon c%apeau sur la t$te. &ue la petite femme de la rue 8assette se mo&ue effrontément de lui. je ne comprends pas. Je fus stupéfait et je racontai l’%istoire ! mon frère depuis le commencement jus&u’! la fin. Hu’il prenne des rensei. je me disais . < Huel (.ar-on.L Aoil! tout.e a son petit . +l me tendit une lettre anon*me re-ue le matin . l’a*ant c%erc%ée ! son domicile et a*ant appris &u’elle était sortie. L9mplo*é au ministère de l’intérieur. Araiment. < Huant ! moi. je ne lui en demande pas plus. dont les dépenses sem laient un peu 2@6 < Mme P. on lui avait donné des rensei. correct.ue. et son mari un ien rave %omme. décidément.énéreux. < Mais celui &u’elle a eu pendant son vo*a. I la police.

. surpris. de me trouver ici ! la place de mon frère .ieusement étonné. je n’ai pas d’enfant.ardait en souriant ce ju. < Je veux. 9lle répondit simplement . mais sans ien comprendre le sens final de cette comédie. monsieur. le lendemain. je commence ! en avoir assez. elle avait repris contenance.ations. < :on. dis#je. mais il m’a c%ar. < Je vous demande pardon.é de vous demander des explications &u’il lui aurait été péni le d’o tenir lui#m$me. s’était assise et 2G6re.ent et de vous dire &ue tout était rompu. la fixant au fond des *eux. Mon frère. a asourdi. < 'e comte m’a c%ar.ation. pas de vo*a.e. de toute in&uiétude . Je vais la prier de venir ici demain. poussé au plus loin ses investi. < :ous savons aussi &ue vous n’avez jamais été en +talie. tu lui remettras ces dix mille francs.e. si elle m’a joué. courant ! lui les ras ouverts. en avoir le coeur net. 8ette fois elle se mit ! rire tout ! fait.é de vous remettre cet ar.é. %onteux. Eu la recevras ! ma place . < :ous savons &ue vous n’avez pas d’enfant de lui. je n’ai jamais été en +talie. et j’étais irrité. "as d’enfant. 9lle entra vivement comme d’%a itude. 'e croiriez#vous.< 9lle n’a jamais été en +talie. elle n’a pas &uitté la maison depuis cin& ans &u’elle l’%a ite. 2F6 Mon frère. Mon frère. 286délivré de toute o li. sondé. madame. Ilors. et je ne la reverrai plus. Je me trouvais li re. l’attendit dans mon ca inet. < :on. et je me sentais furieux. il dit rus&uement . Iprès le premier moment de stupeur. Iu fait. et s’arr$ta net en l’apercevant. avait de nouveau interro. J’étais prodi. lessé maintenant de n’en plus avoir. reprit . cela me désolait la veille d’avoir un enfant de cette femme. +l salua et s’excusa.

9lle parut contrariée et ajouta d’un ton calme . < Eant pis. dites#moi donc maintenant pour&uoi vous avez inventé toute cette ruse lon. < 1on . si elle ne lui en avait pas donné un peu ! ..ent dans sa poc%e. 9t le comte de '.. Je ne veux compromettre personne.rand sei. Eant pis. 716 < Eiens. 9lle me le pr$tait.. mit tran&uillement l’ar. comme morale . ric%e et séduisant. cette malice D 8ro*ez#vous &u’une pauvre petite our.arder 2 Maintenant c’est fini. et répondit . 9lle se leva. < Mais. saluant avec un sourire un peu mo&ueur.. l’enfant de ma soeur. et demanda avec naQveté . encore 2 < 9ncore est mon secret. é a%ie.neur..arda mon frère.9lle reprit son sérieux.. madame. mon frère. < Ao*ons. . Je parie &ue c’est elle &ui vous a prévenus.. c’est tout un poème.ue et compli&uée du vo*a. < Mais. pour le montrer 2 < 8ertes. souriant ! son tour. 9t. Ao*ant &u’elle en avait pris si résolument son parti. en actrice dont le r)le est fini. un %omme ! la mode. 'e comte n’était pas ministre des affaires étran.. 9lle re. lui demanda .. je ne reverrai plus le comte 2 < :on.eoise de rien du tout comme moi aurait retenu pendant trois ans le comte de '. ajouta. l’enfant 2 Aous en aviez un. elle sortit sans plus d’émotion.ères pour rien. Aous lui direz ien des c%oses de ma part.. Ra ne pouvait durer toujours.. < 4% D ces lettres. Mon frère reprit . 766 < Ilors. et toutes ces lettres d’+talie 2 726 9lle se rassit pour rire ! son aise.e et de l’enfant. comme s’il e5t posé une &uestion stupide. un ministre. Je n’en ai pas moins réussi pendant trois ans. un . je l’aimais ien.

la torturaient et l’indi. pas d’espérances. leur eauté.naient. 9lle son. dont une autre femme de sa caste ne se serait m$me pas aper-ue.es fauteuils.ement. leur .rands valets en culotte courte &ui dorment dans les lar. épousée par un %omme ric%e et distin. aucun mo*en d’$tre connue. se sentant née pour toutes les délicatesses et tous les luxes. de l’usure des siè. et aux petits salons co&uets.es.rands salons v$tus de soie ancienne.ales des plus . comprise. aux meu les fins 7@6portant des i elots inestima les. les %ommes connus et rec%erc%és dont toutes les femmes envient et désirent l’attention. 9lle fut simple ne pouvant $tre parée. 9lle son. et elle se laissa marier avec un petit commis du ministère de l’instruction pu li&ue. car les femmes n’ont point de caste ni de race. et aux deux . leur souplesse d’esprit. 9lle souffrait de la pauvreté de son lo.e éveillait en elle des re. aimée. capitonnées avec des tentures orientales.ance. Eoutes ces c%oses. nées.r(ce et leur c%arme leur servant de naissance et de famille. 9lle souffrait sans cesse.rets désolés et des r$ves éperdus. sont leur seule %iérarc%ie. faits pour la causerie de cin& %eures avec les amis les plus intimes.eait aux . et font des filles du peuple les 7?6é. leur instinct d’élé.< Ciez#vous donc ! ces oiseaux#l! D 776 La Parure 188? 7>6 LA PARURE 8’était une de ces jolies et c%armantes filles. . assoupis par la c%aleur lourde du calorifère. parfumés. de la misère des murs. 9lle n’avait pas de dot. mais mal%eureuse comme une déclassée . dans une famille d’emplo*és. 'a vue de la petite 1retonne &ui faisait son %um le ména. 'eur finesse native.ué . de la laideur des étoffes.eait aux antic%am res muettes.randes dames. éclairées par de %autes torc%ères de ronze. comme par une erreur du destin.

de c%a. une elle D J’ai eu une peine infinie ! l’o tenir.Huand elle s’asse*ait.es au milieu d’une for$t de féerie . S 'e ministre de l’instruction pu li&ue et M me Meor. murmurant . < Eiens.es anciens et d’oiseaux étran. Eout le monde en . U Iu lieu d’$tre ravie. de re.enteries reluisantes. ⁂ 786 4r. S I% D le on pot#au#feu D je ne sais rien de meilleur &ue celaT U. de désespoir et de détresse.ret. je pensais &ue tu serais contente. dit#il. 9t elle n’aimait &ue cela . Eu ne sors jamais. une camarade de couvent &u’elle ne voulait plus aller voir. tout en man. ma c%érie. rien. elle son. elle jeta avec dépit l’invitation sur la ta le. devant la ta le ronde couverte d’une nappe de trois jours.élinotte. et c’est une occasion. 9lle n’avait pas de toilettes. aux ar. le lundi 18 janvier. 9t elle pleurait pendant des jours entiers. en face de son mari &ui découvrait la soupière en déclarant d’un air enc%anté . cela. elle se sentait faite pour cela. tant elle souffrait en revenant. l’air . < Hue veux#tu &ue je fasse de cela 2 7G6 < Mais. pour d=ner. et Mme 'oisel de leur faire l’%onneur de venir passer la soirée ! l’%)tel du ministère. et tenant ! la main une lar. 9lle avait une amie ric%e. son mari rentra.eait aux plats ex&uis servis en des vaisselles merveilleuses. 9lle e5t tant désiré plaire. aux . elle son.rin. $tre séduisante et rec%erc%ée.alanteries c%uc%otées et écoutées avec un sourire de sp%inx.lorieux.es Namponneau prient M. aux tapisseries peuplant les murailles de personna. pas de ijoux. un soir.eait aux d=ners fins. 9lle déc%ira vivement le papier et en tira une carte &ui portait ces mots . comme l’espérait son mari. $tre enviée. voici &uel&ue c%ose pour toi.eant la 7F6c%air rose d’une truite ou des ailes de .e enveloppe.

et elle déclara avec impatience . par l!. éta lissant ses comptes et son. < Je ne sais pas au juste. car il réservait juste cette somme pour ac%eter un fusil et s’offrir des parties de c%asse. 8om ien cela co5terait#il. < Ao*ons. stupéfait. >66 < Hu’as#tu 2 &u’as#tu 2 Mais. ! moiT +l se tut. éperdu.a*a . il al utia . par un effort violent. +l était désolé. Eu verras l! tout le monde officiel. Ponne ta carte ! &uel&ue collè. 9lle le re. < Hue veux#tu &ue je me mette sur le dos pour aller l! 2 +l n’* avait pas son. dans la plaine de :anterre. Mat%ilde. 9nfin. < Nien.ardait d’un Vil irrité. le dimanc%e.rosses larmes descendaient lentement des coins des *eux vers les coins de la ouc%e . +l reprit . une toilette convena le. c’est très rec%erc%é et on n’en donne pas eaucoup aux emplo*és. Je te donne &uatre cents francs. &uel&ue c%ose de très simple 2 9lle réfléc%it &uel&ues secondes. Peux . il é. 9lle me sem le très ien. < Mais la ro e avec la&uelle tu vas au t%é(tre. l’été suivant.é . elle répondit en %ésitant . avec &uel&ues amis &ui allaient tirer des alouettes. mais il me sem le &u’avec &uatre cents francs je pourrais arriver. >26 ⁂ . Oeulement je n’ai pas de toilette et par consé&uent je ne peux aller ! cette f$te. < Ooit. elle avait dompté sa peine et elle répondit d’une voix calme en essu*ant ses joues %umides . +l avait un peu p(li. Mais t(c%e d’avoir une elle ro e.ue dont la femme sera mieux nippée &ue moi.eant aussi ! la >16somme &u’elle pouvait demander sans s’attirer un refus immédiat et une exclamation effarée du commis économe. &ui pourrait te servir encore en d’autres occasions. +l dit cependant . en vo*ant &ue sa femme pleurait.veut .

< Eu n’as plus rien d’autre 2 < Mais si. < 8ela m’ennuie de n’avoir pas un ijou. l’ouvrit. anxieuse. 9lle poussa un cri de joie. Oa toilette était pr$te cependant. 8’est très c%ic en cette saison#ci.'e jour de la f$te approc%ait. "our dix francs tu auras deux ou trois roses ma. < Hu’as#tu 2 Ao*ons. dans une o=te de satin noir. Oes mains trem laient en . pas une pierre. J’aurai l’air misère comme tout. rien ! mettre sur moi. +l reprit . puis un collier de perles. 9lle demandait toujours . Eu es ien assez liée avec elle pour faire cela. in&uiète. l’apporta. Oon mari lui dit un soir . 8%erc%e.nifi&ues. %ésitait. < 8’est vrai. puis une croix vénitienne. ! les rendre. >>6 'e lendemain. Eout ! coup elle découvrit. ma c%ère. < 8%oisis. et Mme 'oisel sem lait triste. < Hue tu es $te D Aa trouver ton amie Mme Corestier et demande#lui de te pr$ter des ijoux. tu es toute dr)le depuis trois jours. Je n’* avais point pensé.lace. elle se rendit c%ez son amie et lui conta sa détresse. >76 < Eu mettras des fleurs naturelles.lace. et dit ! Mme 'oisel . 9lle essa*ait les parures devant la . Mais son mari s’écria . d’un admira le travail. or et pierreries. ne pouvait se décider ! les &uitter. prit un lar. J’aimerais pres&ue mieux ne pas aller ! cette soirée. une super e rivière de >?6diamants . Je ne sais pas ce &ui peut te plaire. 9lle vit d’a ord des racelets.e coffret. 9t elle répondit . < :onT il n’* a rien de plus %umiliant &ue d’avoir l’air pauvre au milieu de femmes ric%es. et son cVur se mit ! attre d’un désir immodéré. 9lle n’était point convaincue. Mme Corestier alla vers son armoire ! .

rien &ue cela 2 < Mais oui. criant après les coc%ers &u’ils vo*aient passer de loin.ante. 9lle l’attac%a autour de sa . l’em rassa avec emportement. c%erc%aient ! $tre présentés. ils ne trouvèrent pas de voiture . 'oisel la retenait . Eu vas attraper froid de%ors.ardaient. +l lui jeta sur les épaules les v$tements &u’il avait apportés pour la sortie. . sur sa ro e montante. certainement. de tous ces désirs éveillés. dans une sorte de nua. elle demanda. de cette victoire si complète et si douce au cVur des femmes. 9lle était plus jolie &ue toutes. 9lle partit vers &uatre %eures du matin. pour ne pas $tre remar&uée par les autres femmes &ui s’enveloppaient de ric%es fourrures.loire de son succès. depuis minuit. 9lle dansait avec ivresse.ance de la toilette de al.or. puis s’enfuit avec son trésor. Eous les %ommes la re. 9lle le sentit et voulut s’enfuir. Oon mari. demandaient son nom.la prenant. et demeura en extase devant elle#m$me. dans le triomp%e de sa eauté.risée par le plaisir.e de on%eur fait de tous ces %omma. et ils se mirent ! c%erc%er.e. . < Ittends donc. Mme 'oisel eut un succès.oisse . < "eux#tu me pr$ter cela. ne pensant plus ! rien. avec emportement. "uis. dont la pauvreté jurait avec l’élé. modestes v$tements de la vie ordinaire. 9lle sauta au cou de son amie. Je vais appeler un fiacre. ⁂ >@6 'e jour de la f$te arriva. Mais elle ne l’écoutait point et descendait rapidement l’escalier. dans la . de toutes ces admirations. élé. 'e ministre la remar&ua. dormait dans un >F6petit salon désert avec trois autres messieurs dont les femmes s’amusaient eaucoup. . pleine d’an. Eous les attac%és du ca inet voulaient valser avec elle. souriante et folle de joie. %ésitante.racieuse.es. 'ors&u’ils furent dans la rue.

sans pensée. >G6 < Hu’est#ce &ue tu as 2 9lle se tourna vers lui. 9t toi. sans feu. 9t il son. &u’il lui faudrait $tre au Ministère ! dix %eures. < Huoi DT comment DT 8e n’est pas possi le D 9t ils c%erc%èrent dans les plis de la ro e. lui. comme s’ils eussent été %onteux de leur misère pendant le jour. demanda . +ls ne la trouvèrent point. 9nfin. +ls se contemplaient atterrés.eait.relottants. 9lle doit $tre dans le fiacre. Is#tu pris le numéro 2 < :on. 9t il sortit. < Je vais. refaire tout le trajet &ue nous avons fait ! pied.loire. 9lle )ta les v$tements dont elle s’était enveloppé les épaules. afin de se voir encore une fois dans sa . nous l’aurions entendue tom er. devant la . tu ne l’as pas re. +l les ramena jus&u’! leur porte. éperdu . +l se dressa. affolée . et ils remontèrent tristement c%ez eux. ! moitié dév$tu déj!. < Eu es s5re &ue tu l’avais encore en &uittant le al 2 < 4ui.>86 +ls descendaient vers la Oeine. rue des Mart*rs. 9nfin 'oisel se r%a illa. 8’était fini. pour elle. dans les plis du manteau. +l demandait .lace. je l’ai touc%ée dans le vesti ule du Ministère. a attue sur une c%aise. < 4ui. . dit#il. pour voir si je ne la retrouverai pas. partout. 8’est pro a le. 9lle n’avait plus sa rivière autour du cou D Oon mari. ils trouvèrent sur le &uai un de ces vieux coupés noctam ules &u’on ne voit dans "aris &ue la nuit venue. dans les poc%es. sans force pour se couc%er. Mais soudain elle poussa un cri. .ardé 2 < :on. ?66 < Mais si tu l’avais perdue dans la rue. < J’aiT j’aiT je n’ai plus la rivière de madame Corestier. désespérés. 9lle demeura en toilette de soirée.

il n’avait rien découvert. +l emprunterait le reste. malades tous deux de c%a.?16 Oon mari rentra vers sept %eures. ?76 Ilors ils allèrent de ijoutier en ijoutier. partout enfin o. +ls prièrent donc le joaillier de ne pas le vendre avant trois jours.rin et d’an. c%erc%ant une parure pareille ! l’autre. avec la fi. . &ui ai vendu cette rivière . 8ela nous donnera le temps de nous retourner. madame. 'oisel possédait dix#%uit mille francs &ue lui avait laissés son père. la o=te &ui l’avait renfermé. 9lle écrivit sous sa dictée.ure creusée. 4n le leur laisserait ! trente#six mille. < 8e n’est pas moi. un c%apelet de diamants &ui leur parut entièrement sem la le ! celui &u’ils c%erc%aient. j’ai d5 seulement fournir l’écrin. p(lie . consultant leurs souvenirs. ils avaient perdu toute espérance. déclara . 9lle attendit tout le jour. dans le m$me état d’effarement devant cet affreux désastre. < +l faut. 9t ils firent condition &u’on le reprendrait pour trente#&uatre mille francs. +l se rendit ! la "réfecture de police. +ls prirent. dans une outi&ue du "alais#No*al. dont le nom se trouvait dedans. +ls trouvèrent. aux compa. dit#il. ?26 ⁂ Iu out d’une semaine. +l consulta ses livres . un soup-on d’espoir le poussait. 9t 'oisel. 'oisel revint le soir. +l valait &uarante mille francs. +l n’avait rien trouvé. le lendemain. et se rendirent c%ez le joaillier.nies de petites voitures. aux journaux. pour faire promettre une récompense.oisse. vieilli de cin& ans. écrire ! ton amie &ue tu as risé la fermeture de sa rivière et &ue tu la fais réparer. < +l faut aviser ! remplacer ce ijou. si le premier était retrouvé avant la fin de février.

eut affaire aux usuriers. c%a&ue matin. ris&ua sa si. on loua sous les toits une mansarde.ement . . prit des en. Huand Mme 'oisel reporta la parure ! Mme Corestier. v$tue comme une femme du peuple. car je pouvais en avoir esoin. par la noire misère &ui allait s’a attre sur lui. on c%an. %éroQ&uement.ent. demandant mille francs ! l’un. +l fallait c%a&ue mois pa*er des illets.les roses sur les poteries . 'e mari travaillait. c%ez l’épicier. souvent. marc%andant. 9lle n’ouvrit pas l’écrin. elle alla c%ez le fruitier. &u’elle faisait séc%er sur une corde .e.?>6 +l emprunta. les ordures. il faisait de la copie ! cin& sous la pa.rasses et le fond des casseroles. c%ez le ouc%er. s’arr$tant ! c%a&ue éta. ! mettre au net les comptes d’un commer-ant. cin& louis par#ci.e sale.e. les c%emises et les torc%ons. +l fallait pa*er cette dette effro*a le.nature sans savoir m$me s’il pourrait * faire %onneur. elle descendit ! la rue.ros travaux du ména. 4n renvo*a la onne .ea de lo. en renouveler d’autres. &u’aurait#elle pensé 2 &u’aurait#elle dit 2 :e l’aurait#elle pas prise pour une voleuse 2 ⁂ Mme 'oisel connut la vie %orri le des nécessiteux. par la perspective de toutes les privations p%*si&ues et de toutes les tortures morales. 9lle savonna le lin. trois louis par#l!.oisses de l’avenir. et la nuit. il alla c%erc%er la rivière nouvelle.e pour souffler. épouvanté par les an. ?@6 9lle connut les . défendant sou ! sou son miséra le ar. le panier au ras. le soir.a. 9t. tout d’un coup. les odieuses eso. o tenir du temps. 9lle lava la vaisselle. d’ailleurs. d’un air froissé . usant ses on. 9lle pa*erait. cin& cents ! l’autre. +l fit des illets.ements ruineux. Oi elle s’était aper-ue de la su stitution. et.nes de la cuisine. et monta l’eau. ce &ue redoutait son amie. ??6 < Eu aurais d5 me la rendre plus t)t. 9lle prit son parti. injuriée. en déposant sur le comptoir du marc%and trente#six mille francs. celle#ci lui dit. +l compromit toute la fin de son existence. ! toutes les races de pr$teurs.

eante D 8omme il faut peu de c%ose pour vous ?86perdre ou vous sauver D ⁂ 4r. Illait#elle lui parler 2 4ui. 9t maintenant &u’elle avait pa*é. toujours jeune. < 1onjour. < MaisT madame DT Je ne saisT Aous devez vous tromper. avec les jupes de travers et les mains rou. des ména. Hue serait#il arrivé si elle n’avait point perdu cette parure 2 Hui sait 2 &ui sait 2 8omme la vie est sin. Mal pei. 9lle était devenue la femme forte. ils avaient tout restitué. '’autre ne la reconnaissait point. maintenant.ulière. tout. comme elle était allée faire un tour aux 8%amps#Jl*sées pour se délasser des eso.ée DT . elle lui dirait tout. et rude. Mme 'oisel se sentit émue.es pauvres. ! ce al. elle s’asse*ait auprès de la fen$tre. o. certes. et elle son. lors&ue son mari était au ureau. comme tu es c%an. Oon amie poussa un cri. Jeanne.née. Mais parfois.eoise. < :on.eait ! cette soirée d’autrefois. Iu out de dix ans. elle aper-ut tout ! coup une femme &ui promenait un enfant. lavait ! .es. Mme 'oisel sem lait vieille. et dure. un dimanc%e. Je suis Mat%ilde 'oisel. "our&uoi pas 2 ?G6 9lle s’approc%a. s’étonnant d’$tre appelée ainsi familièrement par cette our. elle avait été si elle et si f$tée.nes de la semaine.rande eau les planc%ers. elle parlait %aut. avec le taux de l’usure. 8’était Mme Corestier. c%an. toujours elle. et l’accumulation des intér$ts superposés. < 4% DT ma pauvre Mat%ilde. toujours séduisante. 9lle al utia .?F6 9t cette vie dura dix ans.

< 4ui. < 8omment D puis&ue tu me l’as rapportée. 9t elle souriait d’une joie or. je l’ai perdue. < Eu dis &ue tu as ac%eté une rivière de diamants pour remplacer la mienne 2 < 4ui. %ein 2 9lles étaient ien pareilles. depuis &ue je ne t’ai vue . Eu comprends &ue -a n’était pas aisé pour nous. @16 Mme Corestier s’était arr$tée. et je suis rudement contente. 9lle valait au plus cin& cents francs DT . j’ai eu des jours ien durs. &ui n’avions rienT 9nfin c’est fini.ueilleuse et naQve. Eu ne t’en étais pas aper-ue. lui prit les deux mains. < 4% D ma pauvre Mat%ilde D Mais la mienne était fausse. < Je t’en ai rapporté une autre toute pareille. 9t voil! dix ans &ue nous la pa*ons. et ien des @66misèresT et cela ! cause de toi DT < Pe moiT 8omment -a 2 < Eu te rappelles ien cette rivière de diamants &ue tu m’as pr$tée pour aller ! la f$te du Ministère.< 4ui. Mme Corestier. 9% ien 2 < 9% ien. fort émue.

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