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L* Tieck et le Théâtre espagnol .

Ions droils réservés. .

TIECK ET LE THÉÂTRE ESPAGNOL PAR J.î^^^'^^H BIBLJOTHÈQUE DE LITTÉRATURE COMPARÉE L.-J. ^ C'% RIEDER & EDITEURS loi. BERTRAND l'Université lettres Agrégé de Docteur es ^é^ F. PARIS J9>4 . A. RUE DE VAUGIRARD.

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Préface CE n^est téraire pas un des faits les moins curieux de V histoire lit' que le renouveau de gloire' et dHnfluence dont jouit Calderon dans la première moitié du mérite. il a su. comme un ami. Le Von veut. la responsabilité de cette résurrection revient à V école romantique allemande. tandis que les calderoniens de la première heure se détournaient vers d'autres idoles. On a fait de L. Tieck a donc associé aux poètes anglais les grands représentants de la poésie espagnole. Tieck resta fidèle au théâtre espagnol. Pour ne parler que du théâtre et s'en tenir aux littératures modernes. qui est et le plus représentatif de pensée romantique profondément et le conde et dangereuse du poète espagnol. On n'a pas davantage le droit de voir en lui un aveugle partisan de Calderon . lui emprunta des rythmes. si XIX^ siècle. ou. Il fît mieux encore : il lui demanda des leçons d^art dramatique. Tieck l'hommelige de Shakespeare . cherchant simplement à calmer les admirations excessives. Puis. un des premiers. mais évident de st)n inspiration. à éclairer une critique trop passionnée. la couleur même de certaines œuvres. c'est faire du tort à la largeur de ses idées et à sa culture multiple. comprendre le génie de Lope. qui devina le romantisme insoupçonné. des métaphores. la nature et Vévolution de ce culte chez la Vun des poètes. Vaction à la fois fé- . Il est assez certain que c'est Tieck qui découvrit Calderon. qui sait discerner les 1 qui a subi le plus longtemps. comme un homme qui sait aimer les livres. Il m^a semblé inté- ressant de rechercher les causes. le plus plus sincèrement. Il les a aimés.

pour définir sa place dans le chœur des le hispanisants et pour saisir la portée de sa critique. n'eut jamais d'ami comprendre et fût digne de le juger. Somme toutSy cette étude est encore fragmentaire . Il les étudia avec un vrai. Chemin tour de faisant. l'occasion se présentera de regarder au. Il est utile. d'une cassure profonde de son être . devait plaire par- ticulièrement à son goût de poète. mais ne veut pas choisir entre fut point deux amis. Cet éternel inquiet souffrit toujours. avec sa double inspiration à la fois réaliste et romantique. Le drame espagnol. œuvre est pénétrée des subtiles influences que laisse un commerce familier et une sympathie raisonnes. de conseils nombreux : MM. car c'est lui-même qu'il aimait et cherchait en eux. Je ne prétends pas faire le tableau complet du calderonisme romantique. Sa critique. qui quitta de bonne heure. amour véritable . mais seule- ment indiquer quelques opinions contemporaines des jugements de Tieck. Tieck ne a été toute sa vie enet un isolé dans Vexislence le : il touré d'un cercle nombreux d'admirateurs qui pût le de disciples il . de situer ses idées et les lieu phases diverses de son évolution dans mi- où elles se sont développées. ses nouvelles. plus ou moins vivement. mais. Baldensperger. c'est entrer plus profondément dans sa pensée que de constater ce qu'il pense de l'une de ses plus toute son chères adorations. le désir de trouver auprès des génies supérieurs de l'humanité Vapaisant spectacle de la beauté harmonieuse et diverse. pour cette étude. elle a .i Préface défauts. et particulièrement propres à expliquer ces jugements. C'est auprès des grands hérauts du temps passé qu'il prit l'habitude de se réfugier. J'ai eu besoin. je me plais ici à leur adresser un hommage public de ma reconnaissance. Solger à part. C'est donc comprendre un peu mieux Tieck que d'étudier ce qu'il doit à Lope et Calderon. Tieck laissons-nous entraîner en dehors de son cercle. Mérimée et Farinelli m'en ont comblé . il sentit toujours le besoin de demander à d'autres la confirmation de ses propres tendances.

une contribution à V histoire comparée des littératures espagnole et allemande. curieux et ar- tiste.-J. les picaresques et le moyen âge allemand. élevé. et par-dessus tout un hommage attardé à lascience . Je donne donc ce travail pour ce qn^il veut être : une contribution partielle. parfois émouvant. critique intelligent. A. de Calderon sur l'époque romantique mais les et à l'inspiration d'un écrivain attachant. sérieux. poète souvent délicieux et fin. informé et remarquablement esprit qui eut le tort de n avoir que quelques-uns des dons du génie J. mais elle dei^rait être complétée par une recherche analogue sur ses rapports avec Shakespeare. Elle apporte quelques précisions nouvelles relatives à Vinfluence elle ne résout pas grands problèmes que soulève l'histoire littéraire au sujet de cette influence. les Italiens. . Préface 3 quelque intérêt par ce qu'elle nous apprend de la valeur intime du talent de Tieck .. BERTRAND. mais à peu près impartiale à Vélude de l'œuvre critique et poétique de Tieck.

.

eut trop la passion de la vérité universelle et du progrès indéfini de la culture pour prendre goût au pittoresque original. et de bonne heure on se plut à les considérer comme une mine inépuisable de motifs et de sujets faciles à transposer. dut être mis à la portée des temps nouveaux. ni vérita- blement réaliste et les deux caractères les plus accusés de la poésie castillane restèrent à ses yeux une indéchiffrable énigme. Cervantes lui-même.L. . les habitudes de la technique traditionnelle détournaient les esprits d'un se drame qui rythmes les plus disparates. C'est par une série d'efforts que le monde rationamoquait des trois unités et adoptait les . Lope et Calderon apparurent surtout comme un objet de curiosité. mais exotique et archaïque de la littérature espagnole. comme le xviii* siècle fran- çais. auquel aboutit une évolution importante de la critique. TIECK ET LE THÉÂTRE ESPAGNOL Calderon et l'Allemagne préromantique LE XVIII* siècle allemand. Mais les rigueurs du goût français et classique. Il ne fut ni mystique.

p. A. bien des erreurs et des hérésies devront être professées avant qu'on ait rendu justice au théâtre es- pagnol et que la pensée allemande en ait compris et aimé les charmes étrangers. Il doit ensuite rompre avec la philosophie du bon sens. Leipzig. Lope avant d'en avoir extrait les valeurs actuelles et fécondes. eine — bibliog. Cf. Confrièuftons k l'élude de l'hispanisme de G. Literaiurgesch. encore Menéndcz y Pelayo. f. t. Die Calderon. s'arracher à la conception matérialiste et prosaïque du monde. I. . rùny la — II. Zeits. commune Dès se entreprise par Kant et les poètes classiques. le nom même 1. Sturm und Drang ». F. Depuis Morhof \ Lope de Vega passait pour un auteur immensément fécond.Literatur. Les opinions sur le littéraires cle. I. 1894. CaWerôn y su <ea<ro (1881). Berlin. in 10 Bd. et t.. Farinelli. et dès lors seulement.dans Cultura espafwla. publiés aussi séparément. mais sans art . 1907. Apunles sobre Caldemûsica en Alemania. Spanien und die spanische Literatur im Lichte der deutschen Kritik und Poésie. p. Tieck et le Théâtre espagnol va se détacher de ses théories étroites et surannées. Berlin. vergl. Leasing. 1909. Paris. Calderons Ausgew/ihlte Werke. avant le xix' sièont été analysées par les articles de A. Calderon-Sludien. Breymann. voir W^. 120 sq.. (1892). théâtre espagnol exprimées en Allemagne. la pensée allemande va trouver admirablement propre à comprendre le drame d'un Galderon. Einleitung. 109. Munchen. Voir aussi son Grt7iparzer und Lope de Vega. p. Ubersicht. krit.6 liste L.Pitollet. Sur Galderon en Allemagne à travers le xvii% le xviii" et le xix° siècles. corriger toutes ses idées relatives à l'art dramatique ce sera le rôle . Farinelli. t. lors. et les intro- ductions des différentes pièces. Mais une aussi importante révolution dans les idées une longue gestation bien des esprits devront s'exercer autour du théâtre de Galderon et de critiques exige . 1905. Les jugements de Lessing sontétudiés parG. 194 sq. Il doit d'abord se mettre à l'école de Shakespeare. VIII (1895). von Wurzbach. V. rendu « dre tous ses droits à l'idéal et à la poésie c'est la tâche .-E. N.

ou bien ce que nous en disent les Français *. Gottingen. dont toute la science hispanique était du reste superficielle. Gerstenberg plaçait Calderon à côté de Shakespeare. Calderon théâtre espagnol dans son ensemble ne préoccupèrent pas monde crudit. Dieze se contenta d'ajouter au sec résumé Dieze lui-même déclarait : « on ne connaît de Lope que le de Velàsquez quelques notices bibliographiques. » La personnalité de Lope et de Calderon valait bien la peine d'une longue et minutieuse étude. Malgré ces appels. encore moins le public. hunst. Cependant des souffles nouveaux allaient traverser la critique. l'imagination brillante et le mysticisme religieux de Calderon ne pouvaient intéresser les disciples de Gottsched et de Wieland. p. .quelques allusions ou des indications fragmentaires. non par . biographiques et littéraires qui témoignent d'une très sérieuse information. nom. Dieze. 1769. Geschichle der spanischen Dichtund mit Anmerkiingen erl/îuterl von J. Calderon et Lope restaient des étrangers pour l'Allemagne. ûberselzt Velàsquez. Gronegk espérait rajeunir l'art allemand en lui infusant un peu de l'inspiration espagnole et con: seilla aux auteurs d'imiter Lope. appela l'attention sur diverses œuvres dramati- ques Virginia. Dieze. 11 faut faire con- naître le monde espagnol. la science hispanisante s'étend. Lessing. élargit ses curiosités et pousse ses investigations.Calderon fut et l'Allemagne préromantique 7 et le déformé le et l'œuvre resta inconnue. mais par une grande étude d'ensemble c'est la tâche que s'impose l'érudit . La Vie est un songe et V Alcade de Zalamea. Il se proposait de développer toute cette partie de son travail 1. 33i. note. Parmi nous Allemands.-A. dans un ouvrage spécial qu'il Don Luis Joseph Aus demspan. YEssex. Le réalisme vivant de Lope.

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L. Tieck et le Théâtre espagnol

préparait sur la scène espagnole et qui n'a jamais vu
le

Dans une note, il conte avec assez de préciLope et la richesse de son œuvre *. Il faut bien, avoue Dieze, pour être impartial, reconnaître que Lope avait réellement beaucoup de génie et
jour
'.

sion la vie de

qu'il est souvent original. 11 offre des beautés véritables,

des traits inattendus, une grande imagination créatrice.
n'est

Les Espagnols condamnent aujourd'hui son théâtre qui pas conforme aux règles. Velâsquez accuse Lope

corrompu le drame espagnol. Dieze ne nie pas que les pièces de Lope de Vega ne soient, au point de vue de la régularité, de la vraisemblance et en général de la correction classiques, pleines de fautes, et de fautes impardonnables. Cependant le jugement de Velâsquez est trop dur. Lope connaissait parfaitement les règles classiques ainsi qu'en témoigne son traité théorique YArte Nuevo ; mais il écrivait pour le peuple et se conforma au goût du peuple '. Galderon, que Diez fait naître en 1601 et mourir en 1687, est à ses yeux le plus célèbre des poètes dramatiques d'Espagne *. Pourtant, ajoute-t-il, Blas Nasarre, le jugent sans bienveillance. et, d'après lui, Velâsquez « Son grand génie produisit parfois des traits inimitables, mais ils sont accompagnés de traits bas et vulgaires... 11 n'étudia pas le théâtre des anciens... On ne trouve chez lui aucun caractère, aucune description ou modèle digne d'être imité... Que dire de ses femmes? » Immoralité, indécence, méconnaissance des droits des parents, excès de la passion, il a tout mis en scène»
d'avoir
:

'

1.

Ihid., p. 299 noie.

2. Ibid., p.

239 note. 329 note, sq.

3. Ibid., p.
4.
5.

Ibid., pp. 242 et 244 note.
Ibid., p. 340 note, sq.

Calderon

et

l'Allemagne préromantique

9

tout embelli et a rendu le vice dangereux. Blas Nasarre

admire cependant

le naturel et la légèreté

du

style de

Lope, et la noblesse gracieuse du style de Calderon. Il reconnaît aussi le savoir-faire dramatique avec lequel le poète excite et ranime l'intérêt de ses intrigues. Dieze trouve la critique espagnole amère et excessi on se place, dit-il, au point de vue de la poétique sive
• ;

on n'y saurait trop contredire. Mais Calderon est encore populaire en Espagne il a autant de génie que Lope de Vega, qu'il dépasse souvent de beaucoup, non par le nombre de ses pièces, mais par l'invention, l'exécution soignée de ses drames et son art. Les plans sont souvent très heureux, et toujours construits avec un art surprenant. 11 y a dans ses comédies des caractères excellemment dessinés il fait parler à ses personnages un langage trop choisi. Sa
aristotélicienne,
; ;

langue

est

belle, gracieuse, noble,
et

sublime,

parfois

La grande irrégularité blâme avec raison, qu'on pièces et ses dans règne qui un poète dramasoit qu'il ne pas n'empêche pourtant tique dont on puisse beaucoup apprendre *. » Le théâtre espagnol est pour la littérature allemande une mine
ampoulée
peu naturelle.
«

précieuse et inépuisable. Les Français y ont pris à pleines mains les Allemands peuvent à leur tour en
;

retirer des trésors.

Pour
t-il

faciliter cette enquête,

il

fallait

mettre son théâ-

tre à la portée

de tout

le

monde. Aussi Dieze annonce-

un livre qui traduira les meilleures et les plus remarquables des pièces de Lope, les unes tout entières, les autres en fragments '. La critique de Dieze eût pu

1. 2.

Geschichte, etc., p. 341 note.
Ibid., p. 342 note.

3. Ibid., p.

329 note.

«o

L. Tieck et

le

Théâtre espagnol

être féconde, si elle eût dépassé le petit cercle d'éru-

de son travail indigeste et mal ordonné. Son goût fut étroit, enfermé dans
dits qui seuls pouvaient tirer parti

les limites traditionnelles

;

et

pourtant, malgré ses ré-

serves classiques,

il

eut le sentiment de la puissance

dramatique de ce théâtre et de l'injustice de la critique espagnole il prononça le premier et timide essai de réhabilitation, et prépara les réactions prochaines. Bertuch suivit les suggestions de Dieze, fît connaître dans son il/a^«:;m la vie de Lope',une liste des œuvres du poète, une traduction d'une œuvre cervantesque das wundertâtige Puppenspiel *, une traduction de la Gatomaqitia et un extrait de Der schmerzliche Zwang
;

:

'

[La Ftierza lastimosaY VAlIgemeine Deutsche Bihliothek
.

déclarait que la pièce de
lière

Lope

était aussi «

peu régu-

qu'une pièce quelconque de Shakespeare, mais

que pourtant elle s'impose au lecteur, excite l'attention et ne saurait être lue sans intérêt » ^ C'est encore à Lope que vont les préférences de J.-B. Galvi. Boscân et Lope de Vega « sont deux admirables poètes, mais qui marquent les bornes du domaine du bon goût chez les Espagnols" ». Lope n'est pas exempt du gongorisme de son époque. Quant à Galderon, il ne nous est pas cité ici parmi les poètes les plus
célèbres de son pays.
1.

Magazin der spanischen unJ porlugiesischen
t.

Lilleratiir, hrg,

von

F. J. Bertuch,
2.

1,

p. 232.

Ibid.,

1,

35 sq.

3. Ibid., I,
,

119 sq.

4. Ibid t. III, p. 1 sq. 1782 (410 p.) édité aussi à part: Theater der Spanier und Portugiesen, 1782 (334 p.) qui contient aussi der Teiifel ans der Kohlenkumrner, p. 121 sq (La cueva de Salarnanca).
:

A. û. B., Berlin, 1783, p. 449. Spanische Sprachlehre iind Clirestomatliie, 1190, Hclmstedt, pref. p. 2. Galvi donne (p. 135 sq), de Lope, la fin du livre III de la Jérusalem.
5.

€.

Calderon

et

rAlIemagne préromantique

1 1

Butenschœn, qui se proposait d'adapter à la scène allemande quelques-uns des meilleurs drames espagnols de Lope et de Calderon, espérait qu'ils pouvaient plaire et que ces deux poètes méritaient l'attention du public. Il admirait dans Calderon le feu de sa poésie, la beauté de sa langue, la peinture des caractères, mais l'accusait d'irrégularité il accusait de même Lope d'a;

voir corrompu le goût de ses contemporains. Tous deux,
disait-il, sont fils

de leur temps, mais on ne saurait leur

comparer

les « génies »

appliquent mal les

modernes, qui de parti pris bonnes leçons reçues '.

Un

autre et plus sérieux critique, Blankenburg, étu-

dia le théâtre espagnol dans l'esprit de Lcssing. « Les

comédias,

dit-il,

ne sont pas conçues suivant les mo-

dèles classiques, mais en revanche elles respirent la
vie et la vérité, bien plus
tes suivant ces modèles.
;

que beaucoup de pièces

fai-

On

n'y trouve pas de dévelop-

pement de caractères tout l'intérêt est dans le comique des situations et la complication de l'intrigue la bizarrerie de ce théâtre estjustifiée par l'originalité des mœurs populaires. Le critique se défend de comparer le drame espagnol au drame anglais, ou à celui des autres peuples le mélange du comique et du tragique réside dans le tempérament même de la nation. Blankenburg préfère expressément Calderon cependant il déclare que Lope est un grand poète, grand créateur et écrivain doué, mais qu'il a corrompu le goût de son
;

;

;

temps

'^

Tout cet

effort

de critique suscita des curiosités arden-

1. Lciden siveyer edien Liebenden nach dem Spanischen des Don Miguel de Cervantes Saavedra, etc., von G. F. Butenschœn, Ileidel-

bcrg, 1789, préf., p.
2.

XL
t.

sq.

Literarische Zuslilze zu Sulzers allgemeiner Théorie der
1,

schœnen

Kûnste, Leipzig, 1796,

p. 288 sq. et p. 303 sq.

Fr. Wolfenbuttel.. W.I î L. les poètes espagnols rire volontiers. Tieck et le Théâtre espagnol tes. A. in Beziehang anf die Frage : Warum giebt es keinen deutschen Nationale harakter. Z. des couleurs les plus romantiques. Les voya- geurs eux-mêmes n'ont. 2. à l'imitation française ' il est vrai.). . anonyme. II. 419 sq. que de bien tradi- tionnelles conceptions.. Gaertner publièrent à parest tir de 1770 un Spanisches Theatei\ qui une traduc- a 1. « En aucune nation. Gemâlde von Madrid. Un caractère national bien saillant y donne au génie dramatique un domaine nettement délimité. on ne trouvera plus qu'en Espagne ce qui doit contribuer à réaliser l'idéal d'une scène comique. l'opinion littéraire s'émeut. Spanien wie es çjegenuolirtig ist. gardé encore l'orthographe de Lopez. toutes les « sottises » de ce genre naissait Humboldt ne con- que quelques œuvres de Galderon. . J. 1802. parce ne grimacent pas pas de subtilité. Fischer détestait les autos et *. Zachariae et G. Berlin. t. la gaieté seule retentit dans leur rire \ » On voit qu'ils : Quelques tentatives furent faites pour vulgariser tout au moins quelques sujets de la comédie espagnole. Kaufhold conseillait de s'en tenir . Pourtant On reconnaît combien la poésie espagnole est étroitement subordonnée au tempérament même de la race et à la vie nationale. et ne laisse point s'épanouir les émotions douces. déclare VAllgemeine Literahirzeilung. p. Ghr. A propos des Vntersuchungen ûber den deutschen J^alionalcharakler. ni de rancune moqueuse. sous la plume de voyageurs enthousiastes. L. 1795. Kaufhold 3. p. 499. n° 327 (7 déc. 1794.. Gotha 1797. qui se met à briller. les mœurs et usages de la vie commune fournissent une riche moisson de comique leur climat leur dessèche et ossifie les fibres. Nombre d'esprits se tournent déjà vers l'Espagne. 197.

. Cependant. Cervantes lui-même. p. Cependant. l'idéal 3 vol. . Et Calderon sembla personnifier mieux que personne cette Espagne exotique. se et montra sous des traits à la fois moins romanes(Jues plus romantiques. Braunschweig. dont on reconnaît pour la première fois la valeur nationale et romantique. quelques voix favorables s'élèvent.Literalur. Originalen (1783) *. VV. . encore quelques essais isolés dan» Breymann. 1783. 79 sq et passim. au sein même de l'Aufklaerung. par des explorateurs attentifs et enthousiastes. L'Aufklaerung ne peut se départir de son esprit. sans bien le comprendre. Une nouvelle visitée critique découvrait les rapports entre la : littérature et la vie nationale des peuples l'Espagne. qui appellent l'attention sur les richesses du théâtre espagnol. 1770 sq. peu à peu. Cf. G. R. Ce sont de pauvres initiatives sans doute mais ces traductions et ces critiques témoignent au moins d'une grande bonne volonté et de sympathies nouvelles. de sa foi dans le goût moderne. 2. Leipzig. Dresden. de son beau mépris pour le mysticisme et les préjugés de l'Espagne. Becker donnait des Schaiispiele nach span. Lope commença à se dégager du brouillard obscur et apparaître sous des traits plus précis on aima tout de suite. appelait l'attention du monde littéraire sur cet art original et incompris et conduisait les esprits à pénétrer plus avant dans cette littérature immensément nouveau. . la vérité et la force de son réalisme et de son comique très sain. Dit Calderon. des poussées plus tourmentées secouaient les âmes.Calderon et l'Allemagne préromantique i 3 tion de Linguet*. riche et si manifestement con- forme à 1. de sa foi aux progrès du goût.

il avait découvert dans les conceptions de ses nouveaux amis des tendances analogues à Tieck . dès xvin" siècle. à conduire la littérature nouvelle dans les voies où elle allait désormais librement évoluer. les rêves mystiques une admirable inspiration lyrique et des puissances d'idéal merveilleuses qui répondaient d'emblée à l'art de leur nouvelle doctrine et enthousias- mèrent les jeunes et troubles imaginations. ardeurs des passions sanglantes. et qui contribua. à la fois les dons les plus précieux du poète et du critique. était alors à un moment décisif de sa route. Las de l'Aufklârung et de toute sa fausse. les appels allait la fin du de jeunes et ardents critiques. qui eut. C'est Tieck qui annonça pour la pre- mière fois l'évangile calderonien. talent délicat et passionné. les et guerriers. pour son malheur. trouver dans cette poésie lointaine de l'Espagne le des charmes émouvants. — Son évolution vers Calderon L'école nouvelle. pittoresque de la vie réelle. que réclamaient. autant que les Schlegel.Il Louis Tieck. étroite et pauvre littérature. souple et audacieux. Le repré- sentant le plus complet du romantisme allemand est sans conteste L. Tieck.

5 Louis Ticck — Son évolution vers Calderon le 1 ses propres rêves. Le sens secret de la vie et les jeux de l'imagination s'animaient mystérieusement dans l'œuvre des poètes. 11 avait chanté les martyres et les bienfaits de la foi. mais les fantaisies des romantiques. la poésie des légendes chevaleresques ou antiques: et ses héros même les plus actuels et les plus vivants sont enveloppés d'une atmosphère de mystère et de passion qui leur donne la parfaite dignité de l'art et le parfum des cultures orientales. et dans les poètes de l'étranger des trésors de mysticisme et de beauté profonde et fantastique. le royaume des esprits s'éclaire aux yeux de l'initié. Calderon était plus exotique et plus romantique que Cervantes lui-même qui avait conduit notre poète à l'Espagne. dans passé de l'Allemagne un im- mense épanouissement de poésie romantique. et allait. Peu importent la forte organisation des caractères et l'intérêt dramati- que lité! ! Peu importent ! le naturel de l'action et les réatoute réa- lités individuelles Peu importe en somme s'agitent Le poète sait voir. Des puissances merveilleuses s'éveillent. qui dévoilait désormais des vérités encore insoupçonnées. qui était pour Tieck le symbole admirable du monde. l'âme même des choses. la poussière brillante de rêve et de mystère où flottent les êtres. 11 avait déjà conçu cette identification suprême de la vie et du rêve. Calderon allait apporter à l'idéalisme de la jeune génération un plus riche aliment. autour des marionnettes qui dans le monde et constituent l'apparence extérieure de l'humanité. les luttes de la raison contre la divinité. plus que Cervantes et Shakes- . L'idéal apparaît désormais comme un monde nouveau. la poésie infinie et impalpable. un monde plus poétique et plus vivant que celui des hommes de chair et d'os et c'est dans ce monde d'art et de rêve que vont habiter désor.

p. » (Ed. I. XIV. tout m'apparaît à son image. dès 1800. et c'est à cette époque l'art et le nom de Shakespeare qui dominent toute leur enquête critique. ses amis romantiques avaient gardé l'idéal de leurs débuts. . la conception d'un art tion déjà ancienne de Shakespeare et de Cervantes se . Tieck et le Théâtre espagnol peare. C'est à quoi laisait plus tard allusion Grillparzer il : « Lorsqu'il (Tieck) a mis comme lunettes Shakespeare. le contraste entre son tempérament réaliste et son art romantique et l'énigmatique mystère de son œuvre. tout ce que j'apprends a des rapports avec lui. le roman. 83. on ne se velle. fait point en un jour une âme nouTieck était trop profondément travaillé par l'ac- pour donner tout entier et subitement à son nouveau culte. t. . voit les choses les plus magnifiques. c'est pourquoi je l'étudié incessamment. en Grèce ou en Espagne.. Mais chez tous les hérauts de la poésie romantique se manifeste. est l'esprit de Shakespeare auquel je rapporte et tout involontairement et souvent sans en avoir con- science . Kr. tout l'explique. vivant fabuleux. un esprit nouveau. 11 avait traduit la Tempête (1796) et le Bon Quichotte (1799-1801) autour de lui. Tout ce qu'il y a de divin. à qui ne suffisaient plus les 1. universel. Cervantes excitait aussi toutes les curiosités par la singulière antithèse de sa nature. 1 L. tous les drames des autres sont des drames qu'il a » Dans un autre domaine. précipiter une évolution depuis longtemps préparée. . 141). complet. Briefe iiber Shakespeare (1800. « Le centre de mon amour et de ma connaissance.6 . réaliste et transcendantal. Sch.) . Pourtant. p. dit Tieck. dans notre temps ou dans les plus anciennes traditions du monde préhistorique. oublié d'écrire '. Necker. quand ce n'est pas lui qui explique les autres êtres.

Wackenrodcr avait donné à ses nostalgies religieuses des tendances mys- des réfutations tiques celles que fortifièrent encore des influences comme de J. les miracles de la foi. L. I. Cf. En Galderon Tieck devina c'était le génie même du un génie plus moderne romantisme. et Raich. Galde- ron seul pouvait le satisfaire. Dorothea. G'est désormais aux yeux de la jeune uni- école le versel. vers Calderon 17 idées de la première heure cet idéal sublime. de science certaine. Quoi qu'il en soit. On ne saurait voir là l'effet du hasard. Kopke *. p.etc. etc. gnages de ses proches de ses contemporains sempourtant l'argumentation de la conviction . 283 sq. ses nouvelles dirigées contre la contagion religieuse. Kopke. Les témoiet . a .pour la : richesse de son imagination. 2. du dualisme sent et foi où l'ombre et la lumière. Ce sont les drames religieux et philosophiques de Galderon qui frappèrent d'abord l'attention des néophytes. Ttecft.. ïieck l'aima. blent dès l'abord décisifs Kôpke est faite pour ébranler les décla- rations postérieures de Tieck. 158. Le drame de Galderon ajoute à ces attirances la séduction de sa poésie et de son enthousiasme.. si Tieck converti véritablement au catholicisme. Tieck en particulier était alors sur la voie d'une crise religieuse qui Il est difficile faillit être très grave.U. Tieck.Louis Tieck. drame du monde lui-même. Bœhme ou de Tauler. nous conte R. 1. s'est de savoir. II. Kopke. L. de ses formes étranges et de sa nouveauté.. le réel et l'idéal s'unisse confondent dans le mysticisme poétique de la méridionale. — Son évolution . Schle^el. Voiries éléments de cette controverse dana. 241. sont la plus suggestive *. cette curieuse communion porte du sensible et du suprasensible qui est profondément espagnole. etc. p. l'intérêt qu'il aux choses catholiques. I. Tieck traversa taut au moins la pensée catholique.

comme le monde des choses. vécu puissamment. . les triom- phes de la Croix. homme et Dieu. Tout vit et palpite dans son œuvre la nature humaine. ce sont ses qualités romantiques. ouvert ses sens aux beautés de la nature comme aux charmes de la vie. Tieck. poète philosophe. Ge qui allait attirer les romantiques vers Galderon. Il sentit la corres- pondance secrète entre les splendeurs de la vision et la richesse de la forme. Galderon lui présentait les problèmes transcendantaux sous l'aspect de la vie l'aspiration à l'idéal. La pensée ne : que si elle s'entoure de toutes les grâces de la réalité. tout prenait la forme de conflits passionnés et dramatiques. Galderon est avant tout un poète. pénétrante et irrésistible. qui a aimé. aussi étudiet-il Galderon plutôt que Fichte. ce sont précisément les qualités qui distinguent Galderon de Lope. L'idée n'eut accès dans sa conscience que sous des formes concrètes et vivantes. et l'inspiration lyrique de toute cette poésie. le sacrifice du croyant. il . nes et le rêve de la foi. Plus que tout autre romantique.1 8 L. Tieck considéra le poète espagnol moins comme un auteur dramatique que comme l'artiste la fois créateur et suprême du romantisme. qui est à prophète. G'est là ce qui conquit le délicat poète que fut L. l'amour de la recherche métaphysique et de la vérité abstraite qui caractérise les Schlegel. l'harmonie des vers. Ticck et le Théâtre espagnol Tieck n'eut point le sens spéculatif. la lutte entre les passions humai. il sentit ce que cette l'attire œuvre avait de musical et d'artiste. musicien et modeleur de et formes plastiques. Aussi préfère-t-il les poètes aux philosophes. les sentiments les plus purs et les images les plus profondes. Tous ses héros baignent dans une poésie lumineuse et mystérieuse. Tieck ne connut guère alors l'œuvre de Lope et des autres poètes dramatiques de l'Espagne mais l'eût-il connue.

et. éclipsa Cervantes et pendant de longues années. Calderon domina désormais Shakespeare. . la vie et la puissance de cette œuvre. — Son évolution vers Calderon 19 n'aurait sans doute point compris son admirable réalisme. imprima à ses œuvres poétiques les marques profondes de son génie et de son art.Louis Tieck. sa conscience.

c'est ainsi que les deux amis s'engagent. furent reprises. « J'avais alors entrepris la l'année suivante. Schlegel se laisse peu à peu gagner. probablement mais LE la conversion définitive ne s'opéra qu'au cours de .. . (1798-1804) premier contact date de 1798. et à Lope mais non sans peine. I Bd. ni disposition que fort efforts. commencées dès 1793 à Gœttingue. tout au moins celles qui sont encore acceptables pour le goût moderne. Lndwig Tieck's Schriften. 1828.. si nous en croyons Kopke. G. dans la polémique contre Soltau (1798). Reimer. où se trouvait la Dévotion à la Croix. Ce travail me conduisit à Galderon dont j'avais quelques tomes. à traduire toutes les œuvres de Cervantes. qui tient les renseignements vertir à Calderon de Tieck. même ses comédies. Berlin.. Mais. qui 1. J'appris à connaître Boscàn et Garcilaso et ces études. Schlegel se laissa plus difficilement con« Tieck venait de recevoir le volume : de Calderon. G. Vorbe- richt. traduction de Don Quichotte.m Première période romantique de Tieck. car je n'avais à ma peu de ressources bibliographiques » *. G. XXVIII. p. ïieck nous conte comment il fut amené au théâtre espagnol.

Première période romantique de Tieck
lui plaisait plus

21

que toute autre pièce.

Il

conta l'im-

pression qu'elle avait faite sur lui et invita Schlegel à la lire à son tour. C'est ce qui eut lieu le lendemain,
:

ne put partager l'enthousiasme (le son ami. Beaucoup de choses lui semles opinions. Schlegel

on échangea

blaient, dit-il, insuffisamment motivées, les longs dis-

cours,

peu naturels
;

;la pièce était,

pour son goût, trop

catholique ce n'est qu'à force de coupures et de rema-

niements qu'on pouvait la rendre agréable au goût allemand *. Vers la fin de sa vie, Tieck insiste volontiers sur sou rôle et les initiatives qu'il avait eues dans
les

mouvements

littéraires
ici

auxquels

il

avait pris part;

et l'on

peut craindre
ne

que sa mémoire ne farde un peu
point spontanément intéressé

l'histoire.

Pourtant, la scène paraît assez vraisemblas'est

ble. G. Schlegel

ne s'occupe de Cervantes que sur les instances de Frédéric. 11 est probable, de même, que
à l'Espagne
;

il

le
Il

mérite d'avoir découvert Calderon ne lui revient pas. en restait, dans sa critique, au point de vue strictelittéraire,
et,

ment

conquis par

l'art

de Shakespeare

époque, il jugeait Calderon à travers Shakespeare. Les objections étaient déjà ce que
devaient être les critiques de
tard. Mais Tieck était, en

qu'il traduisait à cette

Tieck vingt ans plus

1798, tout à la joie et à la

passion des découvertes, aussi rompit-il une lance en l'honneur de son nouveau poète. « Il faut, répliquaitil

à Schlegel, acquérir lafaculté de croire à la légende...
cela,
»

il n'est pas nécessaire de croire la légende Tieck ne va donc pas jusqu'à se faire une conscience catholique, la naïveté d'un croyant espagnol du XVII* siècle, mais il a le sens du mystérieux et

pour

même.

de la poésie religieuse

;

et c'est ce côté

de son inspira-

1.

Kôpke,

op. cit.,

l,

251.

22

L. Tieck

et

le

Théâtre espagnol

tiou,

cet état d'âme romantique qui est conquis par Galderon mais le cœur même du poète ne se donna pas tout entier. Cet -enthousiasme, Tieck ne le contint pas en luimême il s'efforça de le communiquer autour de lui. Nous avons peu de traces de cette propagande sa correspondance de cette époque ne nous est pas parvenue. Mais les échos des séances de lecture, qui le rendirent populaire dans le monde littéraire, nous disent, mieux que des exclamations sd'amour, l'admiration du poète pour le drame espagnol et les premiers succès de son
;
;
;

apostolat. «

La présence de Tieck à
',

léna, dit

un des

té-

moins
et

les plus qualifiés

contribua surtout à exciter

passionner les jeunes âmes... Je n'avais jamais entendu de lecture d'une vie aussi profonde et aussi animée et qui parlât plus à l'imagination. Tout y était, et

en abondance, les moyens intimes et les procédés exorgane admirable, souple et expressif chantérieurs gement du ton pour les différentes personnes et les deux sexes le regard plein d'âme la fantaisie, la puis:

;

;

;

sance des caractères, violence des passions, intelligence

profonde de l'œuvre, mise en valeur du détail, comme de l'ensemble, une rare endurance. » La pièce où Tieck
manifesta particulièrement ces qualités fut
:

La Vie

est

un

songe^ de Galderon.
*
:

Deux moments en furent surroi,

tout admirés

« le

long discours du

au début, où

régnait une telle clarté de l'analyse, tant d'art et d'attention dans le maniement de la phrase périodique qu'on peut appeler ces pages un véritable chef-d'œuvre à

1.

litterarischen

Erinnerungen eines weimarischen Veteranen ans dem geselliffen und Theater-Leben, par H. Schmidt, Leipzig, BrockActe
1,

haus, 1856, p. 56 sq.
2.

scène

6.

Première période romantique de Tieck
elles seules
fait

23

;

ensuite le récit de Rosaura

*

situé tout à
Il

vers la

fin,

en plein champ de

bataille.

fut dit

avec une telle précipitation, une hâte d'en finir, une telle conscience du moment mal opportun, un effort d'en
atténuer à tout prix l'inconvenance qu'on eût souhaité que le morceau fût plus long. Dans les rôles de Glarin
et

des femmes, Tieck donna un exemple surprenant de

la souplesse de sa voix, capable de se modifier suivant la cat

personne, et d'exprimer
*

le

comique

et

le

déli-

».

Tieck poursuivit désormais ses études de littérature dramatique espagnole. Lope ne fut pas tout à fait oublié. C'est ainsi que, dès 1798, Tieck demandait à Frédéric Schlegel quel était le pendant espagnol de Roméo
et Juliette. « La pièce de Lope sur le sujet de Roméo, répondait Schlegel, ne porte pas ce titre quel est celui qu'elle porte, les canailles ne le disent pas ^ » Il
;

conçoit avec G. Schlegel le plan de traduire une série

de collections de drames espagnols, des pièces de Galderon, de Cervantes, de Lope, de Moreto, etc. *. Mais c'est en somme Calderon qui l'emporta. Le romantisme de Tieck s'exagérait encore sous l'influence de ses amis mystiques, de Tauler et de J. Bœhme, et, en outre, de
Novalis et Schelling
;

le naturel et la

puissance réaliste

de Lope

ne pouvaient inspirer ses rêves immatériels et

supraterrestres. Calderon, au contraire, avait su donner

1.

2.

Acte III, scène 10. Erinnerungen., etc.,

p. 57.

3.

Holtei, III, 314 (27 juillet). C'est la pièce de

Lope

:

Castelvines y

Monteses.
4. Ibid., III,

visite à Schiller,

275 (20 sept. 1802). Lorsqu'en 1799 Tieck vint rendre on causa littérature espagnole. Schiller demanda :

« Pensez-vous que Lope de Vega ait une si grande ressemblance avec Shakespeare ? » Mais Tieck se récusa et ne voulut pas donner de réponse au pied levé (Kôpke, I, 257).

44

L. Tieck et

le

Théâtre espagnol

aux vérités austères de la religion le brillant vêtement de ses symboles: sa foi docile, ses visions allégoriques, ses images merveilleuses c'était une admirable évoca;

tion de poésie mystérieuse et vivante, que Tieck découvrait en

même temps

dans Galderon

et

dans

le

moyen

âge de ses rêves.

La
la

agissait

même évolution qui amenait Tieck vers Galderon en même temps sur ses amis romantiques aussi
;

propagande du poète ne tarda-t-elle pas à porter ses fruits et à provoquer autour de lui des conversions
importantes.

G. Schlegel n'avait pas été conquis spontanément par Galderon son goût très ferme avait besoin d'une certaine initiation. Il venait de traduire Shakespeare, se passionnait pour Gœthe, et il dut faire effort pour se mettre au diapason de cette poésie nouvelle. Les confé;

rences d'iéna (1798) ne savent encore rien du drame espagnol: « les Espagnols, dit-il seulement, ont toujours
fait leurs

comédies et tragédies à leur manière » S Et « Le théâtre espagnol est celui qui s'est le moins inspiré de l'ancienne comédie, comme on le voit dans Sulzer, article de Blankenburg sur la comédie. Il ne se plie à aucune règle, a beaucoup de conventionplus loin
:

nel, présente des

et contient les plus Fort de cette science étrangère, G. Schlegel condamne en bloc le théâtre « romantique » de l'Espagne. « Les Espagnols sont bien loin derrière

masques singuliers
*.

bizarres intrigues

»

la perfection des Anglais
le plus

;

Shakespeare atteignit
'.

l'art
»

haut que nous connaissions en ce genre

En

1.

A.

W,

Schlegels Vorlesungen ûber Philosophische Kunstlehre,
*

etc., p. 179.
2.

Ibid., 197.

3. Ibid., 217.

Tieck. mais pas moins parfaite. I. et commence par le début de la Nmnance et quelques pièces gel se de Galderon il y travaille toute l'année 1802 sa traduction de Galderon contenant Die Andacht zwn Kreuze^ tîber allen Zauber Liebe. qui était une sorte de préface à la traduction du théâtre. vol. En 1801. se borne aux protagonistes de l'école. A elles reprochèrent sa prolixité. 17-19. dans ses développements oraux. Schlegel réservait cet article à la Zeitung fur 1. Les notes qu'il prit en vue de ces cours et qui ont été éditées par J. 19. ont gardé peu de traces de ces critiques caldéroniennes. G. Guillaume commençait sa propa- gande Lope * critique. 7 sq. 192.G. Minor dans les Deutsche Literatur-Denkmalen. son manque de plan. Voir pour Galderon. Galderon au contraire apparut comme un exemple d'une poésie tout à fait différente de Shakespeare. firent sans Ses conférences de Berlin (1801-1804) doute une place importante à Galderon. Gomme Dante. pour Lope. : parut à Pâques 1803 ». Schlegel dut.' En 1803 parut YAufsatz ûber das spanische Theater. En même temps. Schle- met à l'étude du drame espagnol. Calderôn und die altère deuische Romantik. 2. L'enthousiasme de Tieck fit le reste. faite L'étude des rapports de G. III. die Schœrpe und die Blume^ . et Mûller. mais il est assez vraisemblable que G. Mayer . se désintéressant à peu près de leur milieu et des idées romantiques où ils ont évolué. und. p. Guillaume et Frédéric Schlegel. . Galderon fut consacré véritable théologien. Berlin. il projette de publier un recueil de traductions dramatiques. son excessive abondance. Schlegel avec le drame espagnol a été par E. notre critique n'avait donc pour l'Espagne qu'une sympathie bien tiède etpeu éclairée. des 18. remplir de nombreuses lacunes. II. du reste. et L. C'est de beaucoup l'article le mieux soigné et le plus complet de l'ouvrage qui. p. 1912. 205.Première période romantique de Tieck aS 1798. Miinnig. La part qu'il prit à la traduction du Don Quichotte et à la polémique entre Tieck et Soltau aviva ses curiosités hispaniques. 110. Jh.

78 sq. Schlegel reconnaît l'avoir pris d'abord pour un maniériste mais depuis il a découvert le romantisme de son style et l'essor de sa poésie. ne pussent faire grand effet sur la scène allemande. p. calculé d'après des principes très conséquents et selon les intentions artistiques les plus profondes tout est d'un maître parfait. notre critique rendait hommage aux mérites de Lope. mais déclare qu'une douzaine de pièces teur sur sa manière. dans A. Il faut distinguer dans son œuvre quatre classes de comédies. fasc. 1. Ùber das Spanische Theater. 1. Galderonest un poète. Dans cette dissertation.2 6 L.les pièces historiques. Grillparzer und Lope de Vega. ni par la défaut noter la barbarie de la forme. mais ne manque pas de vigueur. par exemple. Il confesse qu'on assez Lope. ^ donc pas condamné sans appel et sans réserves mais il apparaît bien petit à côté de Calderon. digne plus que personne de ce nom. à éclairer le lec- Lope ne surprend point par des élans vers des hauteurs extraordinaires. 12-13. remaniées et mises au point.c. à la vérité de la peinture. Calderon n'a pas écrit une ligne négligée tout est au contraire achevé. l. . Voir un résumé de l'article. T. 2. les pièces bibliques et légendaires. les drames mytholo- Lope de Vega n'est . 11 est peu de ces pièces qui. mais . . des situations intéressantes et beaucoup d'action dramatique. pour ce qui concerne Lope seulement. : I. il admirer la peinture des caractères les pièces à sujets modernes. FavineWi. couverte de profondeurs inconnues. p. . mais la paraître dans VEuropa '. Dans ses drames historiques. Tieck et le Théâtre espagnol fit die élégante Weit. qui joint à l'élégante mondanité et à un comique incomparable. par suite surtout du manque de suffit ne connaît pas livres. renferment beaucoup d'esprit de bonne compagnie. qui atteint parfois à la grossièreté.1803.

Bœcking. avoue G. dans les t. quand on a choisi un favori comme mode autres. 2. Und hohes Heil und Giorie zugetrunken '. de ne pas en oublier tous les chanta même ses adorations caldéroniennes lyrique. 1804.n. Cherub nunim Ghore Sei dir mein Gruszgesandt zum sel'gen Ohre. 32 sq. 1. Chaest caractérisé avec enthousiasme . bref une inspiration magnifiquement nationale et méridio: nale. Blamenstrœusze p.tik. l'honneur d'être cité Les autres poètes ne sont que des noms. la poésie fantastique. Il est dif- du reste. une imagination exaltée. la lutte des sentiments plus pro- prement espagnols honneur. Berlin. mais une passion dévorante. Cnlderôn und die sellere deut- sche Roma.p. I. éd. dans E. les comédies d'intrigues. 228. non la finesse de l'analyse psychologique. Il Galderon. . Calderonest célébré . Wo in Und des ew' g-en Friihling's Jugendflore Die Scliôriheit aile Himmel wird. en 1803). Ce qui caractérise Galderon. Voir l'analyse détaillée de l'arLicle de l'Europa. p. Werke. sp&nischer und portugiesischer Poésie. Sâmmtl. la poésie espagnole ficile. s'éteint. comme poète religieux. 372 (fut écrit italisenischer. mais point c'est le drame romantique qui a atteint chez lui la suprême perfection. pour tout ce qui concerne Galderon. die Lieb' Aurore^ Blumen lichte Sternenfunken : ! Galderon. Cervantes a comme un grand précurseur.Première période romantique de Tieck 27 cun de ces genres exclusivement giques et fantastiques. c'est. dont la Numance est le plus beau titre de gloire mais . amour et jalousie. du hier schon Gottheit-trunkea Herold der Wonne. après Galderon. Schlegel. Miinnig. sur le la deiner Dichtung Labyrinth versunken.

. » 2. spràch der Poésie (1800). en passant la «célèbre Célestine ». tout ce qu'il trouve à dire sur VAlarcos (1802) trahit une indans la forme. Jugendschriften. 3. (1846). En «grossière et vulgaire s'éteint pas . Fr.1803). tes il Dans Gene distingue parmi les poè- espagnols que Cervantes. Après Cervantes. mais pas de poètes.p. écrivit ses Lacrimas (1803) où il réunissait toutes sortes de mètres espagnols. plus vraiment méridionales l'essor des . Buchholz réédite dans son Handbuch der Spanischen Sprache und Literatur le texte du Principe constante. Sîimmtl. Werhe. Ibid. S. Dans sa réédition de 1823. le Shakespeare espagnol. tée. Pellegrin (La Motte Fouqué) fit paraître ses Dramatische Spiele (1804). la fantaisie ne de Lope de Vega jusqu'à Gozzi. est Calderon. il cite cessaire du tout » ^ C'est ce théâtre. Il note que les mètres italiens se retrouvent dans les œuvres les plus parfaites de Cervantes et de Calderon « où elles sont un élément né1803. à Ziebingen. qui allait inspirer tant de passions. Minor. Cependant. La prose de Lope est ». Tieck et le Théâtre espagnol voilà tout le Poète de la nature. 246. p. fluence de Lope. dit-il. 2« éd. encore ces virtuoses se consacrèrent-ils au théâtre » *. qui sont nés sous l'inspiration de Calderon. « il eut. poète de l'amour. de Calderon. d'école de Tieck et qui avait vécu quelque temps auprès de lui. et. La nostalgie du Sud attire les âmes vers les nations que l'on croit plus particulièrement caractéristiques. exception brillante. Schlegel se tint d'abord sur la réserve. Werke. p. Schiitz. poète de Dieu. etc. il 11. etc. y bien des virtuoses estimables. : ajouta une phrase en l'honneur de Calde- ron « La seule exception. . un camarade études orientales donne un intérêt nouveau à ce peuple 1. 35 (dans la Nachricht von einigen seltneren italienisahen nnd spanischen Dichterwerken. 352.8 a L. si vande Cervantes *. VIII. V. Galderon romantique.

La scène espagnole au contraire a été jusqu'à maintenant comme une terre lointaine. N° 68. et d'autre part. tout contribue à affermir cette conviction que c'est bien Tieck qui a voulu profiter de cette occasion pour rendre hommage au poète espagnol dans une revue considérable et dont il était déjà collaborateur. les remarques relatives aux mètres ou à la forme. L'article. S'il n'a pas recueilli le compte-rendu dans ses Kritische Schriften. plus important que la traduction du poète anglais. autour de Galderon. et soutint franchement de vue de l'école. il s'efforce à son tour de créer un drame romantique dont la forme tout au moins s'inspirera des modèles caldéroniens et tâchera de les acclimater définitivement dans la poésie allemande. mais fidèles de son œuvre. signé T. Schlegel. Le culte exalté de la forme groupe les enthousiasmes auprès des artistes du est vers. dit l'auteur. . est le pendant du Shakespeare il est même les points . qui est courant dans la critique de Tieck.. depuis. de la rédaction qui attribue le compterendu à « l'un des connaisseurs les plus parfaitement au courant de la littérature dramatique de l'Espagne ». L'article parut anonyme le 7 juin 1803. enfin la note.Première période romantique de Tieck 20 demi-oriental qu'est l'Espagnol. Les idées. entièrement conquises à G. et qui sont familières aux amis immédiats de Schlegel. L'hommage de Tieck double : il exprime son ad- miration dans un article de critique qui salue la traduction de G. possèdent des traductions bien prosaïques. le style qui est à la fois d'un poète et d'un critique. ne saurait être que de Tieck. Le Spanisches Theater. car celui-ci est devenu depuis trente ans assez familier aux Allemands. qui connaissent sa langue. dans la Zei- tung fur die élégante Welt '. c'est qu'il le trouva sans doute trop superficiel et que du reste son point de vue s'était. Schlegel. les rapprochements avec le théâtre anglais et Shakespeare. très modifié. vu certaines de ses pièces sur le théâtre. en particulier. soupçonnée seulement d'après les descriptions de quelques rares voyageurs. et ont même 1.

la pro- fondeur du génie qui pénètre jusqu'aux plus secrets mystères de l'âme et l'ardente fantaisie qui répand ses rayons sur la nature entière ». qui est « l'antithèse même du Nord et du Midi. en même temps qu'elle évoque dans notre âme les sentiments les plus profonds L Amour plus fort que tous les charmes se ioMe parmi la plus riche magie de couleurs du fantastique et du merveilleux LEcharpe et la Fleur combine les intrigues les plus ingénieuses de la vie mondaine et de la galanterie pour en tirer les aventures les plus compliquées et les plus amusantes. Tieck et le Théâtre espagnol Les traductions qu'on en avait n'étaient que des extraits remaniés et défiguraient en particulier Galderon. Le travail de G. . l'esprit le » Galderon lui apparaît le comme plus remarquable et la littérature l'artiste plus con- dramatique de l'Espagne.3o L. » Le parallèle s'impose à notre auteur mais il en conclut tout de suite à un antagonisme insoluble. la splendeur de sa poésie et l'ingéniosité de ses intrigues. . . sommé de . La Dévotion à la Croix passionne irrésistiblement par le pathétique de ses situations. Le critique note l'originalité de ses formes. Schlegel a mis fin à ces misères et nous fait connaître enfin la véritable physionomie de l'auteur espagnol. Les deux poètes sont également grands mais Galderon l'emporte sur Shakespeare pour ce qui est de la clarté et de l'elFet dramatique son théâtre agit sur des couches plus larges que celui de Shakespeare le poète anglais frappe tous . « Cette belle variété n'est qu'un échantillon des infinies richesses d'un poète dont le nom sera bientôt chez nous aussi célèbre et vénéré que celui de Shakespeare. . pour Le lecteur se trouve transporté comme par un enchantement parmi les fleurs printanières L'article respire la plus enthousiaste admiration : l'Espagne « d'une lointaine zone. .

La même « année. les voiles brillants et l'incomparable richesse. 189.. les conquiert avec une puissance merveilleuse. Schlegel. propagande critique la seule passe que l'on puisse lui attribuer est anonyme. au symbolisme de son œuvre. I. dans ses créations originales. vers cette époque. 3. il en . des (Voir aussi éd. Tieck se mais il se tient à l'écart de la . le zèle qui en Allemagne la traduction de Calderon promet d'exercer la meilleure influence S » Tieck est donc tout acquis à la religion de Calderon est possible .) . p. Tieck affirmait encore sa foi caldés'éveille à Nous sommes en un temps où l'amour et l'intelligence du beau. Schr. . Aussi n'agit-il pas directement sur le développement de la légende caldéronienne tout l'honneur de la découverte et de la lutte resta à G. regarde de préférence les côtés extérieurs. Et lui-même va tâcher de tirer parti. qu'il admire chez Calderon au lieu de s'intéresser. comme les Schlegel. . et représente ce jeu souriant dans la structure tout entière de ses drames et dans les formes poétiques soigneusement travaillées qui donnent tant de grâce à son style. Calderon au contraire conçoit la vie d'un il joue point de vue plus simple et plus immédiat avec elle. IV. Witkowski. Shakespeare lui semble donc un plus grand penseur. p. liers. nouveau sa préface aux Altdeutschen Minnesânger ronienne. à la création poétique ce sont dès lors surtout des qualités de forme . Calderon un plus brillant poète.Première période romantique de Tieck 3 i ceux qui ne sont pas fermés absolument à toute émod'art. et étudie les poètes espagnols avec tout . lit dans on (1803) dit-il . Kril. consacre tout entier. et pose devant leur esprit des problèmes singution mais il n'est vraiment et parfaitement compris que de ceux qui savent à la fois jouir de la poésie et philosopher. 1.

d'un lyrisme nébuleux et détourné. pp. 2. : Cf. est toute musique et toute poésie . Tout est une occasion à de belles chansons et de belles strophes. Berlin. mais son âme cate. aucune 1. La même fée qui avait guidé ses pas vers l'Espagne romantique le mena vers les contes charmants et aventureux de la littérature populaire. Schriften (1798). de Tieck. Felber. 29. . la dissertation hndwig Tiecks LyEine Untersuchung de W. 1902. à la production poétique par les irrésistibles élans de son cœur. 1. l'inspiraproprement lyrique. Tieck' déjà partisan d'une métrique plus souple et plus déli- seulement apparaître Tharmonie prosoit une musique discrète et enveloppante les modèles du moyen âge avaient largement contribué à étendre son goût. des caractères et la régularité du dessin tous les per- sonnages sont des reflets tion tout entière est de l'âme du poète. 47. ni par la fécondité créatrice de son imagination. était Avant ses grands drames romantiques. qui laisse fonde du sentiment. qui . Tieck et le Théâtre espagnol leçons de style et de versification qu'il a trouvées au- près de l'artiste espagnol. la logique . La forme prend dans son œuvre un rôle essentiel il n'est pas poussé. sur le lyrisme rik. et son imitation de Galderon resta toute formelle. Miessner. Peu importe dès lors la vérité de l'action. etc. . comme Gœthe. Aussi Tieck se préoccupa-t-il surtout d'étendre les ressources de sa langue et de sa métrique. Kr. p. 108 sq. A Galderon pas plus qu'à Shakespeare. Le spectacle du lyrisme méridional confirma ses idées et ses préférences. Tieck ne prit aucune figure. et toutes les ombres qui passent emportent des chants et des rythmes qui se pressaient dans la fantaisie du poète *.3a L.

» . t. XXIX.Première périocle romantique de Tieck intrigue. on ne saurait se passer de ce rythme espagnol. dit-il lui-même '. 1911. qui consiste à introduire dans le drame des mètres compliqués et des effusions lyriques. le fis un sens dans VOctavian sur toutes les voyelles » Tieck eut très délicat de l'harmonie des mots. fait semblait plutôt était Ce qu'il connaissait d'eux lui pour décourager l'imitation. 157 « Le drame est une synthèse absolue des deux autres genres opposés. XXIX. XXXIX. dit-il encore dans son Vorbericht. W. Schlegels Vorlesanqen iiber philo: sophische Kunsllehre. 1 des Schriften. me sembla convenir excellemment à certains sujets ^ » Le mètre qu'il préféra fut celui du « romance ». p. 1. Wïinschc. fbid. A. autrement que les anciens. p.. 3. Hg. les miracles de la légende en face des mouvements de la pasVorbericht du Ibid. p. etc. dont la matière minutieusement fournie par res. la nature solitaire. Leipzig.. von A.. ler et fait naître toutes sortes de sugpar- gestions.. de la puis- sance musicale du vers. Ibid. épique et lyrique. plut tellement à mon oreille que je *. qui est toute harmonie et toute mu- sique. Pourles contes populai- tant la Ge?ioveva et le Kaiser Octavianus. p. Ce fut surtout la forme qui le séduisit « Ce procédé. Calderon lui donna des modèles d'un drame romantique où devaient se rencontrer et se fondre tous les genres arbitrairement distingués par les esthéticiens. « Si l'on veut. traduire fidèle- ment Calderon. 4. qui flotte autour de la rime. XXXVIII. 2. et évoquer les rochers et les bois. les sentiments de piété. 33 aucun sujet. surtout de l'art de Galderon. trahissent incontestablement l'influence de la tech- nique espagnole. : nouveau pour moi. etc. et comprit admirablement la poésie de Calderon. Le charme étrange de cet accord. que l'on pouvait. p. introduire dans le dialogue le récit et le lyrisme *. Cf. « Je crus.

n'apparaît encore pas chez Tieck . 46. Tieck y a pieusement suivi le conte populaire de Geneviève . sont différents Genoveva et Golo). P. als roniAntische Dichtung betrachtet von 3. Les autres formes particulièrement méridionales sont d'origine italienne. 61 tous exclusivement réservés aux Sarrasins (Zulma) . On a noté quelques Otho ressuscite comme le réminiscences possibles Prince Constant pour achever son œuvre Zulma rappelle Luna qui suit le chef maure de la Virgen del ^ : . (en4. 34 sion. la confession sont parées chez les deux poètes de traits identiques.re et. Ludwig Tiecks Genovevu J. est essayée. p. Le tercet n'est familier qu'à Lope Tieck y a recours quclque. la plus ordinaire et la plus probante. chez 1. 107 sq. 52. Mais c'est en somme une influence insaisissable. Graz. à cette époque. 2. La Genoveva (1799) était née cependant sous d'au- tres constellations. qui est le mètre pré. lyrique et dramatique Et c'est une applica- tion de ses nouvelles conceptions que sa double tentative de drame romantique '. Avant la période d'influence espagnole. qui était prépondérante .. aussi n'y a-t-il point de place pour des imitations étrangères. Tiecic et le Théâtre espagnol réalité montrer l'invraisemblable à côté de la trouva l'idée d'un genre ». avec des variantes qui en rompent la régularité monotone '. les visions. La Genoveva a peu de choses du poète espagnol le vers de romance en particulier. 73sq. on ne trouve pas Tieck de rythmes dramatiques espagnols Zerbino contient déjà des octaves et des sonnets. » C'est dans Cal- deron qu'il « à la fois allégo- rique. 1899. Ranftl. l'imitation n'est pas plus incontestable. même la quintilla. et ^. Les autres types p. la redondilla par contre. féré de Calderon. mais il est possible que Tieck en ait puisé l'idée dans les imitations caldéroniennes. Sagrario. mais ces mètres doivent leur origine à l'inspiration du seul Cervantes. Au point de vue de la forme.

les apaisements profonds '. 115). 8.. 225 sq. sur toute cette imi- en particulier. En somme. p. 271 sq. 5.. 270 sq. 3^ la stance au contraire est une des formes pré. Ibid. p. férées de la poésie caldéronienne Tieck en fait à son tour un emploi fort large. 76 et 90). des rêves célestes tification des la plainte de Geneviève la béa- héros ce sont toujours des effusions ly- riques. La stance.. 6. 133 sq. XIII.. 208 sq. drame espagnol Tieck '.. acte Tanger) sont peu réguliers et pas caractéristiques. Ihid. loc. p. si Tieck a interpolé dans la trame de qu'il avait sa pièce des formes lyriques. dit-il. des stances (p. 72. 115 sq. 93-94. p. p.. 70 sq.. Hiigli. 7. les souvenirs de détail viennent d'ailleurs \ Lorsque fut écrit le Kaiser Oclavianus (1801-1803).. 50. Ihid.Première période romantique de Tieck fois ' . p. est la strophe préférée de Geneviève. les tourments de Golo ®. Ibid. 9. Ibid . un arrêt de l'action et une sorte d'élévation de l'âme.. 67 sq. p. La Melusin& (1800) offre des sonnets (p.. 40. 267 sq. 1900. p. Schlegel. Cf. Ihid. fried). Hiigli. Ziirich.. 86 sq. : 1. 49 sq. plage de P.. p. (t. lui fait dire l'espoir inébran- lable de la foi tel *. Die romanischen Slrophen in der Dichlung deulscher Ronfiunliker... l'influence caldéronienne avait poussé des racines plus . c'est parce admis dans l'inspiration générale de son théâtre des éléments proprement lyriques il avait suivi la leçon de G. le sonnet avait aussi droit de cité dans . (dcr Unbckannte). p. p.. . 112 sq. 148 sq. cit. 205 sq. Le drame espagnol lui avait donné Tieck ne lui a pris en l'exemple de cette variété fait que le principe. les ambitions royales de Charles Mar'.. Ihid. 198 sq. 70. p. 3. 91 sq. p. et écrit en octaves des scè- nes entières le ^ . ^ . (der Pilgrimm-SiegI. Cf. 2. Les tercets de Galderon (El principe constanle. 4. 228 sq„ 260 sq. p. 126-142) et la redoiidilla tation.

) les facultés ou qualités générales de l'homme El Albedrio. de là. où tous les personnages sont des symboles ^ La Foi et l'Amour. j'es- sayai dans ce conte merveilleux d'expliquer sie ma conception de la poéromantique de façon à la fois allégorique. etc. Tieck et le Théâtre espagnol profondes. El Entendimiento. : pénètre leur âme d'héroïsme et ils passent dans la vie diminuée : comme des ombres subtiles et flottantes en eux chantent la nature et les rêves et les divines aspirations vers l'idéal. ou au contraire de 1. le mendiant. qui s'unissaient déjà dans Psiquis y Cupido^ apparaissent de nouveau dans le prologue de Tieck. Tieck déclarait plus lard (Vorhericht. » 2. Cf. le Chevalier. le Poète. La Lascivia. le roi. qui sert de prologue à VOctavianus.. la Bergère. l'Amoureux. la beauté. Der Aufzitg der Ro?ncmze. dont elle renouvelle les rythmes et l'inspiration essentielle. : . le Voyageur. p. un « auto » qui célèbre le mystère de l'Art. ni de péripétie les hommes sont eux-mêmes des types c'est le Berger. la part excessive l. Comme l'auto calderonien. die Tapferkeit et der Scherz. El Amor. Elle apparaît dans l'œuvre tout entière mais et la deuxième pardu drame. La Romance personnifie la poésie méridionale.Schriften. c'est une grande allégorie. XXXVIU): « Pris par l'enthousiasme de Galderon pour la poésie allégorique. El Deseo. mais accompagnés cette fois de leur fille la Romance. La Memoria. velle qui vit et parmi les hommes et se fait une mythologie nouaimer d'eux : et de douceur. est un « auto » véritable. Il n'y a pas à vrai dire d'action. la Nave del Mercader. dans IUl gran tealro del miindo le riche. médiocres réalismes . le sage et un enfant. le paysan. qui suivent c'est toute fidèlement leurs maîtres et sont par suite les serviteurs fidèles de la Romance . De même que Galderon extériorise (El pintor de sti deshonra. lyrique et dramatique. etc. *. Tieck représente à côté de der Glaube tie : particulièrement dans le prologue et die Liebe.j6 L. etc.

de type ddc. etc. P. ni à la 2. la scène du troisième char. et caractérisé aux vers pairs par une assonance féminine double. la Vaillance. soit e * c'est le sages de Calderon : — : : ababacc 1. la plus grande partie du discours de Baltasar est écrite dans le rythme du « romance ». à quatre temps forts (7 ou 8 syl: labes). Les autos de Galdcron sont avant tout. chacune de ces strophes. au — e. 4. d'admirables développements poétiques. 18.). P. 25 (l'Amour et ses interlocuteurs) et p. 27. p. ailleurs. Les assonances espagnoles sont beaucoup plus variées et plus riches que l'assonance allemande. A noter que la métrique allemande n'admet pas. l'élision des voyelles. la prédominance aussi des rimes ou assonances féminines sont certainement imputables à l'influence de Calderon. où déborde l'imagination la plus riche. — e. qui du reste est introduit pour la première fois par la Romance elle-même c'est le mètre trochaïque. * soit i — e *. assonance i o. : — . la plus gracieuse et la plus détestable. sur l'assonance u a *. P. introduit par der Glaube. dans le même auto. Ochoa. qui doit généralement se contenter pour la deuxième syllabe de la muette. dans la romance. soit a . qui se poursuit à travers tout un développement e mètre de nombreux pasdans la Cena de Baltasar par exemple. 21 et 24 sq. L'assonance a et die Pilgerin).Première période romantique de Tieck laissée à l'inspiration 3y lyrique. a soit o —e^ — . P. L'auto donnait au poète allemand l'exemple d'une liberté inouïe de mètres et de strophes la prédominance du trochée dans les vers d'inspiration plus proprement lyrique. 5. le Badinage et la Foi. Cf. Ed. eux aussi. 29 sq (die Tapferkeit. — e est limitée Romance. etc. 712 sq. Le rythme ordinaire du prologue de Tieck est celui du « romance » espagnol. Les chants qui terminaient le Prologue ont le caractère d'une glose curieuse après les chœurs de guerriers et de pâtres se trouvent quatre strophes prononcées par l'Amour. (der Glaube 3.

a . 39 assonance o ... plus librement encore.. o — e p.. Gœschen. Steig' auf in der alten Pracht. il est exclusivement réservé à la Romance et au Sommeil ^ dans la deuxième partie. Wundervolle Mârchenweit. p. les chrétiens. Tieck et le Théâtre espagnol comme (letra) dernier vers un vers de la strophe bien connue et qui est comme le leitmotiv de base de tout le poème ' : Mondbeglanzte Zaubernacht.. 308 sq. par exemple. c'est la forme ordinaire des discours des Sarrasins. . . 321 sq. 219 sq. p. K. e — e. — e . p. .. E. 298 sq. a — . 319 sq. u — e . 11 y a une glose dans l'Esscx que Lessing citait tout entière (Werke. de Golimbra *. 255 sq. Die romanischen Sli-ophen in der Dichtnng deulscher Romantiker.. Lealia. 3. 136 sq. C'est la strophe même qui termine le prologue. o — . Voir sur ces survivances de formes italiennes ou espagnoles dans la poésie de L. Hiigli. Die den Sinn gefangen hait. ou Florens ne l'emploient que dans leurs dialogues avec les infidèles Il ne faut pas cher- 1. .. e . 123 sq. Octavianas. 113 sq. o — e . de Roxane. 168. éd. les mètres méridionaux l'emportent. et de nouveau. a — u p. o . de Marcebille. p. VI. est un des plus fréquents dans la première partie.38 L. 288 sq).. C'est dans le Kaiser Octaviamis que les mètres espagnols vont se donner libre carrière ^ Le vers du « romance ». achève la pièce elle-même. t.. conreprise mais clut le poème ci-dessus. p. p. e . D'un bout à l'autre de VAufzug der Romanze courent les rythmes calderoniens dès que la Romance a fait son entrée. 273 sq.. p. p. du Sultan. et préludent ainsi richement à la symphonie étrange de strophes et de vers lyriques qu'est proprement le drame de Kaiser Octaviamis. ei 4. Ibid. de . Ber- trand. Tieck. p. au —e . p. 2. trochaïque et uniformément assonance. p.

OcUvianus. 364). par ex. 86... etc. 495.. 77 et Bernh&rdi.. Ochoa. Galderon se servit aussi beau- coup du vers de romance.. 33 sq. p. Octavianus. Tieck ne faisait rien d'autre que de suivre fidèlement l'exemple donné par Galderon. 393 sq. à rimes ordid nairement féminines disposées ainsi démon d c c'est dans ce mètre que Gipriano répond au à l'acte II du Magicien * et qu'Eusebio dit ses remords et ses adorations religieuses dans l'acte III de la Dévotion à la Croix '\ La deuxième partie de V Octavi'anus renferme un grand nombre de ces dizains 36 strophes. 3. 388 sq. II. u . 12 sq. e p. . Galderon. acte (Roderich. Cf. 3"8 sq... a — e . très rigouils reusement. 253 sq. de Fierabras et des siens . 315 sq... 2.. a — p. p. et p... les chrétiens n'y ont recours que. 231 sq. Kl 4. 381 sq. Type abababcc. 332 sq. 435. 225 sq. p. La redondilla tient aussi sa place *. Ed. qui justifie la métrique de son beau-frère. p. etc... et généralement dans la : labbaacc . Sprachlehre. c'est dans la Puente de Manlihle celui de Floripes et ses suivantes... .. o . u — 1. . Ibid. De type abbaaetaab ba p. 245 sq. 302 sq. 5. p.. 194 sq. 324 sq... 359 sq. Hiigli.. p. dans les scènes les orientales de VOctaviamis On y trouve encore majestueuses stances * et même quelques quintillas ^ Certaines émotions plus particulièrement lyriques sont exprimées par l'espinela la strophe contient dix vers. 383 sq. 6. o .Première période romantique de Tieck 39 cher dans cette particularité d'intention cachée. 214 sq. III entre le Démon et Justina. p. e . e — e.. toutes du même type.. etc. Cf.. 304 sq.. 9 sq. 334 sq. mkgico prodicfioso. 399 sq. p. 327 sq. cit. 323.. 313 sq. généralement trochaïques et heptasyllabes (octosyllabes quand ils sont de terminaison féminine). dans les scènes où rencontrent leurs ennemis. loc.. 349 sq. p. Ibid. p. : bouche de Marcebille \ p...

3. 222 et Florens. Tieck en fait un monologue proprement lyrique. que Galderon admit dans ses pièces. type abba cde p. 856) déclarait déjà: « L'OcLavian est une carte modèle de tous les mètres romans et médiévaux. Même le mètre iambique de la silva. Cf. 218. par exemple (2" acte).. c'est dans un sonnet * que Florens évoque le souvenir de son heure d'amour. Marco- bille. Fernando compare. dans un sonnet du Principe constante les destinées des lui réplique il (acte II) hommes avec celle des fleurs. Haym {Die romantisehe Schule. 398. Die romanischen Sirophen. p. Hiigli. Tieck et le Théâtre espagnol Le sonnet est aussi pour le poète espagnol un moyen de rompre le développement dramatique de l'action par des strophes de recueillement lyrique. p. et Fénix . la Grande Zénobie. et ce que Tieck tient certainement de . » . en comparant les fleurs avec les étoiles des sonnets dans la Dama duende et El mayor encanto amor. . Golimbra. p.. 296.p. 366 (Arnulphus). 2. Ge qui est propre au drame espagnol. etc. L'exemple de Galderon justifie l'audace de Tieck Tieck introduit le sonnet dans le drame allemand c'est dans un sonnet qu'Octavianus exhale la lassitude y a de même . plus spécifiquement cervantesque. et peuvent avoir été empruntés aux Italiens ou même plus simplement aux imitations déjà tentées par les amis de Tieck *. p. ode. p. Cf.40 L. 4. Ibid. Voir pour tous ces rythmes. la Vida es suefio (acte III) tenta le poète allemand qui la mît dans la bouche de Florens ^ On trouve toutes sortes de rythmes dans VOctavianus un grand nombre rappellent les combinaisons prosodiques de Galderon. p. 349. Galderon. mais ne sont pas originairement espagnols. encore les sonnets de le 1. ^ de son âme. 377. c'est l'introduction de ces mètres dans Octavinnus. Le sonnet de Tieck est du Ibid. Mais tandis que le sonnet de Galderon n'est qu'un des moments du dialogue. — 7.

où passent des ombres insaisissables. p. cette correspondance consciente entre la forme extérieure du vers et le sentiment profond ou la couleur générale de l'âme. ainsi que l'Alberto de la Dévotion à la Croix. et dont il se contenta les de développer diversement données. où tout dans un rêve aimable la poésie recherche les émotions mêmes de la musique. La première partie de V Octavianus rappelle bien Mûnnig. . comme la vieille africaine du Prince constant (début de l'acte II). Quelques autres motifs religieux peuvent avoir quelque rapport avec des images ou des figures calderoniennes. Pourtant. sait lire l'avenir de Félicitas d'après les lignes de sa main Arnulphus. cette variété et cette qui avait séduit son sens délicat de poète. on a tenté de rapprocher quelques motifs caldéroniens de certains motifs de VOctavianiis '. harmonie des mètres. rencontres prouvent au moins l'inspiration l'affinité très étroite de du poète espagnol et du poète alle- mand. Mais on ne peut jamais conclure à des réminiscences directes cependant ces . op. qu'il Tieck a extrait la matière tout entière du conte popudécouvrit par hasard. La pièce d'Octavianus est une symphonie ro- mantique. C'est une apparition qui engage Dagobert et Salomon [Sihila del Oriente) à construire le temple le Sultan et les Péruviens [La aurora en Copacavana) invoquent en vain leurs Dieux ApoUodorus. laire.. cit. 86 sq. et c'est à son tour une longue et étourdissante fantaisie musicale que son Kaiser Octavianus. rêve de la vie contemplative du solitaire. se résout en fantaisie et se fond . . C'est avant tout la musique du drame espagnol De là. 1. . .Première période romantique de Tieck 41 drame et le sens admirablement juste de leur valeur musicale. E.

Guido. Guy épouse Floripes. Florens Marcebille. La suite est différente. dans les deux œuvres le géant Golimbra aime la fille du Sultan Marcebille. Le géant païen provoque les Français en combat singulier. Le canevas du conte populaire mettait Tieck sur la voie de : personnages se ressemblent un moment. 188. comme Fierabras aime Floripes Golimbra a le tempérament du matamore.ft L. Tieck n'a guère touché à sa matière. comme Floripes. été proposé que von Wurzbach. Dans la comedia espagnole comme dans le drame allemand la reine est aimée d'un favori. bête fauve (une ourse chez Lope. Ce sont donc en somme les mêmes aventures que Tieck et Galderon avaient tous deux découvertes dans les traditions de même inspiration. un défi à Guy de Bourgogne est terrassé et à tous les pala- Fierabras est vaincu par les preux de Gharlema- gne . . C'est exactement. Florens vient chercher Marcebille parmi ses soldats. encore la pièce intitulée : El animal de Hnngria. c'est la jeune fille même qu'ils servent qui prépare la perte des géants Marcebille aime Florens. comme Fierabras celui d'un tranche-montagne. . Situations et . Le rapprochement n'a guère. à ma connaissance. Et comme Guido s'aventure jusqu'au camp des infidèles et dérobe le voile de Floripes. Fierabras l'imitation. L'armée des chrétiens est en face des Sarrasins. : lance dins . avec tous ses héros et ses détours et 1. Mais la deuxième partie de V Octavianus peut être comparée avec une pièce bien connue de Galderon La Puente de Mantible. chassée l'un des enfants est nourri par une . Chez Tieck comme chez Galderon. Tieck et le Théâtre espagnol curieusement El nacimiento de Ursân y Valentîn de Lope de Vega '. Golimbra par le seul Florens . calomniée. par S. en passant Lope de Vega und seine Komœ: dien. p. à un degré merveilleux.. une lionne chez Tieck) *. Cf. W.

les amoureux y aiment mieux les longs baisers que les longs discours. . son style fleuri et poétique sont passés dans l'adaptation romantique. le conventionnel de la chevalerie . chez une arène ». d'abord la haine du mot « propre le sol est. qui semblent plutôt empruntés au théâtre espagnol. qui rappelle par sa poltronnerie et sa fourberie naïve les rôles comiques de Galderon. le . Si certains caractères amusants sont particulièrement appuyés. Ce- du moyen pendant il a ajouté des détails nouveaux. Le style de Galderon est aisément imitable. c'est lui. le bateau à voiles est une lyre de perles un oiseau de toile. Le conte allemand n'est point galant. de Glemens un gracioso véritable. dont la vanité grandiloquente est à peine indiquée dans le conte. Le caractère du géant. des Espagnols de Galderon avec des traces de gongorisme. s'affirme plus nettement chez rapproche de Fierabras. Au contraire. tout cet esprit de l'amour qui a tant plu aux imaginations du xvii* siècle. l'œuvre n'a pourtant rien de réaliste et de prosaïque loin de là. un ton auquel on n'était point fait dans la littérature allemande. Sa maladie pro- pre est le : gongorisme d'azur ». et qui viennent directement du maître espagnol. espagnole. le ciel « un et champ pur la source d'argent. tout au plus peuton voir dans la simplicité de Glemens le repoussoir nécessaire et traditionnel aux exaltations religieuses et guerrières des héros la pièce de Tieck a mis à côté Golimbra et le tavien n'offre pas le rôle . Hornvilla. des préciosités romantiques. des obscurités voulues. car il fourmille de procédés caractéristiques. son art affecté et précieux. la légende 43 âge. Tieck fait de ses amants de vrais méridionaux. Guarin par exemple. Le style a des allures nouvelles.Première période romantique de Tieck SCS merveilleux exploits. L'histoire d'Ocdu bouffon.

et fardent leurs joues. .272. les forêts du matin •. P. P. certaines comparaisons peuvent même être directement rattachées à des souvenirs calderoniens c'est ainsi que le rapprochement des étoiles avec les fleurs : . 7.. où se personnifient les objets les plus divers. K. qui est chez Tieck le lan- gage ordinaire des Sarrasins.44 L. 5.313. Parfois. Tout se résout en métaphores compliquées. Ibid. des rubis les sourcils. p. 220. 4. Toute cette langue fleurie et mais volontairement précieuse. Ibid.p. 221. . . qu'il appelle les lèvres. P. La rose secoue ses boucles d'oreille sur les fleuret- tes qui l'entourent % les fleurs se baignent dans la rosée boivent les rougeurs et colorée. Tieck a où se comparent les choses les plus disdonné aussi dans ce travers: c'est ainsi '. en longues tirades ampoulées.. . Sind die Blumen nicht wie Sterne In das grûne Gras gesunken ? ' 1.. des soleils ose l'image : Und den Saum der Morgenrothe Tragen die entzûckten Wolken *. 2. 3. parates. des ' . 306. .312. Ibid. Octav ianiis. Ibid. arcs et les regards. s'inspire certainement de la tradition générale fixée par Calderon. p. des flèches il '. les yeux.. Ibid. 6. Tieck et le Théâtre espagnol homme n'est plus que le poids de sa trace avant le lever du jour se dit poids d'un : . Ibid. Antes que el sol reconociendo el alba Con mâa furia nos hiera y nos ofenda.

Cette marche harmonieuse et cadencée s'exprime dans Calderon par des répétitions voulues. Kaiser OcUvianus. 3. hermosura *. 6. Ibid. wenn auch spai. su discreciôn . éd. 305. en su dulzura Da à entender su perfecciôn. surtout au début du. p. III. 10. Ibid. p. Le symbole de la rose et du lis se prolonge à travers toutes les scènes d'amour. La que La que 1.Les images du poème allemand s'opposent en ordre symétrique : Sie Sie kûmmert's nicht. 1863. le Tesoro del t.. b. p. 515. un artistique balancement de la période. qui donne à la phrase tant d'ingéniosité et d'affectation. III. le motif des sonnets du Prince Constant où Fernando et Fénix célèbrent les charmes symboliques et parents des fleurs et des étoiles.. wer jammert. 4.Première période romantique de Tieck 45 reprend (acte II). Paris. Ibid. * kômmt und flieht. p. . des tournures identiques. 2.1bid. wer gewinnt. Que corio es el caudal mio Que torpe mi entendimiento Que sin razôn mi discurso Que sin discurso mi ingénie î 1 ! ' ! La que cania. Durch ein hohes Gluck erfreut sie '. 273 sq... Zu sagen. calla su I. par exemple dans tentro espanol. was mir Muth giebt und Verzagen *.Los dos amantes del cielo (début). et l'antithèse elle-même de cette double métaphore se développe longuement dans les strophes délicieuses de Roxane '. Und den Jammer. 509. de Ochoa. lee. t.p. In das laute Lachen streut sie Uiivermerkt der Thrânen Saat. vers..

p. Aspid. So wie wir aile meinen. Gual pierdo. p. à esa fiera. Und den Schmetterling verlanget Und die Biene nach dem Glanze. ialsa esfinge. schon stûrzt er sich herunter Und Und Und der Flusz erschrocken schaeumet.. Ciego encanto. E. der Gottheit voile Gaben ' Je gewâhren. Was Was Denn das Hôchste.4^ L. was die Erde. t. elles constituent des refrains plus ou moins ca1. 30t. A esa muger. 4. I. ô cual busco . Ibid. Ed. denn so rostig. Ibid. So stark und so gewaltig ist kein Mensch *. cismade Inglaterra). Gual hallo al fin. Sieh. 3.. Wie der Baum voll Bliithen hanget.. Ailes. 5. p. es kommt der kûhne Streiter^. Tieck et le Théâtre espagnol Ya no se. p. Und die Wiese wâchst zum Kranze. 6 cual solicite. So scheuszlich. 272. 373. 203 {La.. A ese basilisco. Ibid. ni cual procuro. . Einz'ge. Ibid. das Leben. 6. in so missgeschafFnen Waffen.. 282 {El 2. p. la fin Lorsque ces répétitions symétriques se produisent à de longs développements poétiques ou de stro- phes. Und die kleinen blauen Quellen '. à use *.. â ese airado tigre Tieck a repris le même procédé dans son Octavianus.. p. 329 sq.de Ochoa Octavianus. mayor inonstruo los celos). sie schwimmen dreist herûber.. Gual dejo...

Mâdchenblume. 2. liebste Mâdchenblume. p. 273 sq. 277 sq.. Aussi les mots se le vers est. Ibid. Ainsi Marcebille de chaque dizain le souvenir de ' Jenen rost'gen. 303. p. schwarzen Ritter *. La phrase du poète allemand ne gagne pas plus que celle de l'Espagnol 4 être analysée et commentée elle est faite pour être lue à haute voix et séduire par la seule harmonie de l'ensemble et le chant mystérieux de ses rythmes. die du dort geboren * !. par suite de cet souple. Ochoa. p. rbid.. d'un rythme musical et pénétrant. délicat et .. 47 C'est Calderon aflfectionne ces leit-motiv. Liebesbiume. liebste Mâdchenblume ! Rose. ainsi que chaque dizain du premier monologue de Sigismundo. 1. . Octivianas.. Tieck à son tour aime à reprendre. avec des variations. qui poursuit son imagination et son cœur.. dans La Vida es Sueno (acte I) se termine sur le vers : Tengo menos libertad '.. Liebesblume. p. et à intervalles irréguliers. Rose.Première période romantique de Tieck ractérisés. vraiment art savant. sûsze Rose !. 4. Rosenblume. Roxane répète sous des formes diverses son hymne à la rose : Rose. I. le motif dominant de son évocation ou de son rêve. comme de Calderon... Le vers de Tieck. sûsze Rose '. 3. 3. Ainsi Lealia chante à son tour sa fleur symbolique en rappelant le retrouve à nom à la la fin fin des périodes.

esta afrenta. Tieck et le Théâtre espagnol groupent-ils. Este cuidado. Teatro 1. 334.. este delirio. 107. Este rigor. . Constant. Début du Prince (M. si puedo. Luceros que esto mirais. este agravio. en barro.48 L. en bronce. p. du Glanz des voUen Stromes.. C'est ce qui explique ces accumulations de termes. Estos celos ^. Arboles que lo asistis '. Esta deadicha. t. Cielos que lo consentis. Ibid.. p. Edition de Ochoa. moins d'après leurs associations logiques que d'après leur valeur musicale. Estrellas que esto influîs. En oro. Altos montes que lo véis. Este asombro. en plata. 2. Disimiilaré. 641. Meer mit deinem weiten Spiegel. qui donnent au style de Calderon et de Tieck sa redondance et son ampleur. Menéndez y Pelayo) Madrid. 1837. Aves que lo repetis. Citons de Calderon : no le Gampo pueden lisonjear cielo tierra y mar '. en piedra. de Calderon. On tions : rencontre souvent chez Tieck de ces énuméra- Sùsze Fluren. esta ofensa. Vientos que lo estais oyendo. etc. esta pena. heil'ge Wâlder. Este dolor. seleclo I. parfois synonymes. 3. p.

Cette langue imagée.. Liebesblicke. Aile wo die Lieder aile wohnen aile ' 1 Wesen. p. 3. no- tons-le bien. dans V Octavianus le style préféré des Sar. l'accumulation des synonymes ou de mots parents. 332. Schriflen.. nirs de Calderon affleurent encore. Octavianus. . 4. 273. rbid. Ibid. p. p. Und die Fische und die Pflanzen. Herzen. en 1803.. Ibid. des Arabes de toutes les grâces du Midi. rasins est. Heimath.Première période romantique de Tieck 4^ Luft mit deinem lieben Othem. 17. Halm und das spanische Drama.. comme le fait Schneider. 335. Und die Thiere und die Steine.. les souveLe Prolog zur Magelone (1803) renferme des stances et des sonnets ^ Ce sont souvent les mêmes procédés de style.. où se pressent les évocations de beautés naturelles. le cultisme qu'il traduit de l'expression. Sprangen Sterne. 2. 5. Quellen. où tous les mots chantent. et des personnifications . t. si Tieck connaissait alors Len trois diamants. Tieck semble n'avoir guère connu de la poésie aussi pare-t-il la poésie orientale que les réminiscences qu'il pensait trouver dans la littérature espagnole couleurs caldéroniennes.. . mâchtige Gebirge. p. Und die Menschen betend dankten *. aus dem Bronnen Mond und Sonaen *. même époque ont un ca- dominé par l'influence des poètes du moyen-âge. 232 sq. des allégories 1. Und die Sterne und die Lichter. I. XIII. p. 333. p.. Cependant.. Sinnen zu begliicken '. . Wohin Seufzer. de toutes les Les autres ouvrages de la ractère différent. Il est difficile d'affirmer. Fr.

Tieck conçut le plan d'une tragédie de Balduin à : la manière espagnole c'est une nouvelle qui fut écrite. p. 111. et n'eut du reste aucun succès '. 3. LXIV. p. Le Poetisches Journal. 1. 275 (20 sept. . . .). La forme de Tieck. n'alla pas au delà du deuxième fascicule.. l.5o L. coup plus tard (Der griechische Kaiser. qu'il commença en 1800. tout heureux d'être débarrassé du Don Quichotte^ se souciait peu de ces tâches ingrates et minutieuses *. et qui se proposait d'exprimer « des idées ou des découvertes dans le domaine de la poésie espagnole peu connue alors en Allemagne » *. Tieck et le Théâtre espagnol mais c'est ici l'inspiration du Minnesang qui l'emporte. 2. Vorbericht zur drilten Lieferung. mais Tieck. Tieck joua donc un rôle important dans cette renaissance caldéronienne mais il ne consentit pas à se ranger en public parmi les apôtres du nouveau culte. G. : recueillir. comme celle de tout le romantisme. les rythmes espagnols eurent droit de cité sur la scène allemande. Schlegel essaya de tirer parti de son expérience et voulait lui confier la traduction de B lanças manos no ofenden (1802). à côté des recherches shakespeariennes et des passes polémiques. à cette imitation. Le poète ne se sentait pas qualifié pour cette enquête et cette conquête critique. Désormais Tieck est au bout de cette inspiration il lui faudra près de vingt ans pour se . En 1804-1805. gagne. Holtei. c. Son effort se borna à l'adaptation des formes dramatiques ou lyriques de Galderon VOctavianus est à lui seul un manifeste après lui. Brie/e etc. \l. mais beau1830). . Le plus fort de la crise était passé. plus de souplesse et d'harmonie elle y perd de sa vigueur et de sa pureté. Schriflen.

qui est soit un sens caché et allégorique.IV Evolution de Tieck. ils sont. Les hommages affluent. « le plus grand poète dramatique de sa nation et l'un des plus grands que le monde ait jamais vus. Les figures de Calderon apparaissent comme derrière . enveloppées dans une clarté magique. complètement opposés. — Mysticisme et inaction. isclie un voile ténu et transparent. le fantastique d'un état d'âme aventureux ou l'effet secret de la sympathie. Calderon poursuit '^ sa marche envahissante. 11 est aussi unique. dit-elle.. La traduction et le commentaire donnent de Calderon une idée assez diverse c'est le Calderon religieux. T^ENDANT le long silence de Tieck. comique. Mais pour autant qu'ils se ressemblent par leur universalité romantique et leur infini génie créateur. et c'est G. et qui vient à son heure. mythologique et . Le public l'accueille avec ferveur la revue JenaAllgemeine Literaturzeitung publie un compte rendu très enthousiaste. en somme le Calderon romantique.. par leurs conceptions générales et leur art. Schlegel qui les reçoit au nom du poète qu'il vient de traduire et de commenter. Calderon fut. car elles . » Les tra- ductions espagnoles réjouissent le critique. soit un symbole mystique. aussi inaccessible que Shakespeare.

. féconder le génie allemand. se félicitait aussi d'avoir enfin un exemple de ce théâtre espagnol dont on parle tant. Z. qui n'avait pourtant pas de sympathie pour la nouvelle école. ! sement. vivant sous des cieux plus cléments. qui ouvre. il la demande à Gœthe et quand il a lu la Dévotion à la Croix. 1806. v. p. le libre essor de la fantaisie . /. Schlegel. de qui la culture littéraire était rudimentaire. peu résistèrent à la contagion. signé C. I. Z. et Gest une conception absolument nouvelle. Ce retour de la pièce tout entière vers une doctrine première. 9 (20 janvier). dont la voix écoutée ralliait encore les initiatives les plus diverses. la passion ardente. sans les Parmi compétence '. f.52 L. et vit plei- nement n'est-il la vie de ses sens aussi le drame espagnol point une minutieuse analyse de caractères. 2. 1804. Les philosophes. auteurs eux-mêmes. On le voit en 1802 ardent à se procurer une œuvre de Galderon il . quels transports « La pièce de Galderon m'a jeté dans un grand ravisla . fasc. rafraîMais il faut se garder genre de celles qui sont esIl sayées depuis quelque temps » *. disait-elle. acquiert à un degré plus puissant que les races du Nord. Schelling. s'enthousiasme sans réserves. un monde véritable de « chir. plus qu'on ne saurait dire.. Tieck et le Théâtre espagnol apportent à l'Allemagne de nouvelles sources de jouissances. le dénouement religieux. . A. tout cela touche à l'antique. il est moins renfermé en lui-même. L'Espagnol. de nouvelles sources d'inspiration. n" 106. 233 sq.. 129. L. le sentiment de la vie réelle. mais poésie. (3 mai). des perspectives sur les grandeurs dont est capable la poésie romantique. donnèrent l'exemple. . demande à G. des imitations dans le peut animer. La Neue Leipziger Zeitung. sans cesser d'être romantique et 1.

118 sq. dès 1803. et a atteint la perfection que la théorie spéculative pouvait ne croire possible que dans l'avenir *. 1913. le poète moderne remanie la matière. de Bûchner et Dumont. Nachgelassene Schriften. les Lacrimas de Schiitz Goethe nnd die Romantiker. mais n'a point atteint l'art Aussi préfère-t-il. Dieu barbare. Sâmmtl. Tout le monde approuve. Poétique. la repétrit. suivirent l'irrésistible courant. Schiller lui-même. du génie total. 225. un Shakespeare. t. 1. II. I. V. Je me contente d'en extraire ici et dans la suite les appréciations qui me paraissent les plus importantes pour mon objet. » deron à Shakespeare comme un Dieu. Solger note à son tour des éléments antiques dans Galderon et Shakespeare. dans El mayor encanto amor par exemple. et l'adapte à son tempérament propre '. romantiques ou non. 1. Wollf. 3. il offre à Cîœlhe. 2. article de K. Voir une étude assez poussée sur les rapports de Gœthe et de Galderon dans Gœlhe-Jahrbuch. 301 (§ 94). franc. Werke. rend hommage. Galle poète anglais lui apparaît . p. J'y ajouterais volontiers quelques souvenirs de Cries. 1.Evolution de Tieck. 1862. mais. se félicite de la traduction de Schlegel. au passé par sa matière mais est éternel par l'art et la forme. p. Jean-Paul s'étoimc que des nations et des siècles « aient pu méconnaître un Aristophane. 5. p. Gœthe avouait franchement « que si Schil- . Il ne renvoya le Galderon qu'en avril 1803. et qui a réalisé l'idéal tient suprême Galderon au contraire de l'artiste. qui avait eu des méfiances à l'égard du théâtre espagnol. en espère les plus heureux résultats. comme un . 109 (1803). — Mysticisme et inaction 53 moderne '. ajoute-il. Trad. Goethe à son tour fut conquis ^ G'est le 11 septembre Le en échange de pièce de GaldeI. Les poètes. qui donne en particulier la bibliographie de la question. Voir Schellings Leben. un Galderon » *. 2 octobre. 726 sq.427. dans son Esthétique. : la ron. p. qui apparet ses sujets. à ses mérites originaux. 4.

Paulus. Ce n'est qu'en 1804. Gœthe und die Romantiker. Schlegel : « S'il n'y avait trop de difficultés. que le manuscrit du Prince Constant provoqua une nouvelle déclaration encore plus passionnée Gœthe met ce drame au-dessus de la Dévotion à la Croix. 155. on lui accorderait davantage » En 1803. 120 et 121. « Tel est le Galderon Et le 14 il vaut autant que Shakespeare. 122). on pourrait la ré: : ! . the « : Je me plus vive » à l'apparition du Spanirappelle encore très bien l'expression de Gœ- La connaissance du poète espagnol m'ouvrit un monde noiiveau Weimarisches Jahrbuch fur deutsche Sprache. p. I. et même. si c'était possible. mais trop en dehors de l'horizon de notre public. « Je dirais même que si la poésie disparaissait de la terre. Ibid. Dorothée Schlegel. et sous l'influence de son mari. que G. Schlegel lui Croix. 1805) à C. III. il apprend de Schellingque Goethe trouve la pièce « merveilleusement grande et parfaite».Jahrbuch. . .v. 1er et lui avaient connu plus tôt Galderon. l. 2 oct. D. Gœthe. Raich. p. » : Zeitgenossen par H. 1.. Gœthe reçoit le premier tome tout entier. 2. Schiller lui-même. qui n'aimait pas manifesta « « la joie la sches Theater. Hesse. 141 (juin 1803). ils auraient pu dans leurs pièces éviter bien des fautes Schlegel. Gries ûber sich iind seine ratur nnd Kansl. 1803. je ferais jouer la Dévotion à la Croix à cette pièce est Weimar. ». Gl. 1. vit en Galderon un type lumi- neux de poète catholique * elle eut avant tout la religion de l'art le catholicisme lui apparut comme la . 1. à ce sujet les déclarations très sensiblement différentes faites à Eckermann (Conversation du 12 mai 1825.54 l" Tieck et le Théâtre espagnol fit 1802. en mal de catholicisme. 159 « et magnifique. 4. p. 160 (nov. Quant à Lope. mais à huis-clos et pour quel- ques initiés '. D. 1855. tablir d'après cette seule pièce S » Gœthe écrivait lui- même à G. F. Ed. p. » * Il pronxet pourtant de faire donner une re- présentation de Galderon. Schlegel. parvenir sa Dévotion à la Le 11 octobre. p. 3. Gœthe l'ignora. c. LileJ.

. parmi les plus grands et décidait de l'évolution religieuse qui entraîna tant tingués. p. . 3. et se laisse plus particulièrement captiver ajoute-t-il. I. Das deutsche t. Eichendorff. II. I. Romberg compose et fait jouer en 1807 un vacillations de l'axe terrestre \ » J. 23. Briefwechsel der Brader Grimm an hessische Freunde. 67 sq. Stengel. La scène de Marguerite en prison est a. 1886. — Mysticisme et inaction 55 religion la plus artiste. Stuttgart. 230. Schlegel. Les amis et disciples des classiques comme des roman- tiques se tournent avec curiosité vers l'étoile nouvelle. p. à F.vonGanderode and ihre Freande. Le botaniste Nées von Esenbeck « Peut-être. Le poète était entré. p. : deron dans son monologue du même Amantes del Cie/o.tar. Ibid. Geiger. Adelswesen. s'accuse de prendre plaisir à Galderon : (1804).llitera. mais Gal- genre Los dos de profondeur et de richesses. 4. dit-elle. mais pourtant très alle- mande *. von E.Evolution de Ticck. 162. 5. comme une source de Jouvence '. B. 1894. aux yeux d'esprits dis- des romantiques. au collège catholique de Breslau. Le musicien H. et le futur poète Eichendorff tint un rôle dans ces représentations de Noël *.. Ibid. dans certaines écoles on jouait les chefs-d'œuvre religieux de Galderon. 1. est-ce un signe de maladie. Galderon pouvait donc être rangé.hrgg. Voir Kirschner-Nationa. 244 (1808 Saint-Jean). en 1801. elle préférait Galderon à Gœthe lui-même. quelque chose comme une épidémie ou et bien cela se rattache-t-il aux Grimm lut Galderon Lope*. Le monologue de Faust est certainement bien beau. Kar. manifesté plus d'un esprit tout caldéronien. 2. qui a conservé à Galderon et à Cervantes leur force et leur génie jusqu'à l'âge le plus avancé En 1808. L. p. Kœrner passe du Don Quichotte au théâtre espagnol par das Leben ein Traiim. p.

dans Cuit. avec les résultats les moins attaquables des recherches récentes. 3. : « J'y ai trouvé. Kœrner éprouva des déceptions aux Autos sacramentales écrit-il. une certaine magnificence dans l'exécution. etc.. chez Galderon qui prévaut. Tieck et le Théâtre espagnol opéra inspiré de Galderon: Ulysses und Circe *. rendirent *. dit Richter dans sa 4. femmes. dont il relevait lui-même. etc. des Grecs en général. mais la hardiesse des idées a ble avoir un grand charme. Signalé par A. maîtres et disciples. « Le quatrième défaut des romantiques. etc. Shakespeare semcomposé avec plus d'amour. Briefe. 135 n. de la poésie. » . de Gœthe. mais qui s'efforça loyalement de concilier la science des hispanologues du xvni* siècle. 204 (9 oct. moins d'esprit que chez Lope ^ Mais dans l'ensemble.. qui n'était point précisément romantique. 2. toute l'école. La popularité de Galderon s'étendait de plus en plus Lope ne fut goûté que d'un petit groupe de curieux. est de se ressembler les uns aux autres. Grimm trouvait dans Galderon de la caricature. p. Pourtant l'enthousiasme caldéronien rencontra quelques inquiétudes et des critiques. de Shakespeare. 1907. la mùsica. p. f". Iloltei. et même des indifférents.. . 1. 265)... « J'y sens quelque chose de superficiel dans la mise en œuvre. Vorschale der Âsthelik (trad. » Au sujet des comédies. Lettre à Tieck. règne en maître ab» monde qu'il a créé. de Galderon.56 L. de la force insolente. des Briefwechsel. 230. Ils offrent surtout pour traits communs un éloge extraordinaire de l'amour sensuel. hom- mage au nouveau Dieu Une des adhésions les plus importantes est celle d'un critique. II. mais peu d'imagination. Apuntes sobre Calderôn y esp. 1807). Farinelli. II. il fait aussi des réserves. de beaux vers. et Il il * c'est l'inspiration défie toutes les exi- gences de la vraisemblance solu dans le J. etc. une recherche excessive de l'effet.

comédies religieuses. Bouterwek tient le plus clair de sa science hispanique de Nicolas Antonio. (1801) une information et une impartialité autres que celles de G.Evolution de Ticck. Qu'est-ce qu'une comedia? ' . 2. Madrid. et TEspagne. 367. 21 tomes. son Âslhelik. de fîgurôn. dem Ende t. 'vies Bouterwek caractérise chacun de de saints et autos ces genres. rarement gâtée par quelque affectation dans le style qui est une simple trace de négligence et de : . Bouterwek déploya dans sa Geschichte der spa- nischen iind portugiesischen Poésie und Beredsamkeit '. Bouterwek ne voit pas là ce qui constitue un théâtre parfait. P. Ibid. comédies héroïques ou historiques. 3. mais la satire n'en est pas un élément essentiel. toutes les classes y une nouvelle dramatique sont admises.-F. miracles dans les drames religieux. t. voilà les traits principaux de ce théâtre. 219« Les comédies de cape et d'épée sont des nouvelles galantes dramatisées. II. 1804. 1815 (2' éd. Cf. mythologiques. Gottingen. s'attardant surtout aux comédies de mœurs espagnoles il y admire le naturel et la fougue de la peinture. 366 sq. III de la Geschichte der Poésie und Beredsamkeit seit des XI IL Jahrhunderts. qui a vraiment l'a créé la Gomedia espagnole. Gottingen. de Dieze. 1776. presque toujours soutenue par l'élan de l'inspiration. Schlegel. p. C'est le de Lope de Vega. de cape et d'épée.. . dont l'intérêt comique réside surtout dans l'ingénieuse complication des situations.Mysticisme et inaction 5y F. ou tout au moins qui faite ce qu'elle est depuis *. » . J. en se contentant de cette première ébauche. et qui firent tort à Galderon C'est Lope de Vega. lui semble s'être privée des fruits d'une évolution plus pure et plus complète. avenC'est : tures surprenantes dans les pièces historiques. Les diverses catégories de pièces sont passées en revue . Rœwer. des Eloges de Obras Suellas 1. dit-il à son tour.). p. ni la peinture des caractères intrigues compliquées pour les comédies de la vie commune.

2. Bouterwek n'est guère mieux renseigné que Dieze. p. p. 388. Les autos renferment d'imposantes allégories '. Dieze. dit il. Ibid. Ses comédies d'intrigue ont fait vivre sous leur forme la plus pure . 384. 447. Ihid. . Montalvân eût pu devenir un grand peintre de caractères ^ Un des plus célèbres des auteurs de comedias est Galderon. 3... Bouterwek comme. donner la palme à Lope de Vega. Pour ce qui est de l'invention. 505. mais que il visa consciemment à congâta le goût du temps cilier l'art ancien avec le style moderne. relevée par les traits les plus hardis ce qui donne à ce genre sa bizarrerie exotique de la poésie véritable. mais tous s'inspiraient du maître et ne formèrent qu'une grande école *. les auteurs de comédies pullulèrent. on ne saurait. 4. Sur Galderon.. . 504) fait mourir Galderon en 1687. Virués fut un poète véritable. p. 443. et Galderon est aussi habile que lui à imaginer ses intrigues et ses situations l'imagination de Lope est en général plus hardie. p.. du reste. il : En guise d'exem- La Viuda de Valencia. voilà *. Ticck et Je TTiéâtre espagnol précipitation. qu'il complète avec les indications de La Huerta. Ibid. (p. Geschichte. Ibid.58 L. 378. 6. Ibid. car il n'a pas inventé le genre. tant dans l'inven" tion de ses sujets que dans son art et son style il atteint par là à une « noble grandeur ». Dans voit aussi le tableau le plus fidèle de l'âme la vraie piété. Après Lope. Bouterwek ne pouvait résister au plaisir de faire à son tour le parallèle classique entre Lope et Galderon °. mais aussi plus grossière.. notre critique analyse les autos. p. d'après le espagnole dogme et catholique. Les caractères y sont déterminés suivant des types convenus et traditionnels ^ ple. 5. 1. . mêlée aux rêves les plus fantastiques. Galderon est infiniment plus délicat. p. Suit une analyse de San Nicolùs de Tolentino.

. dit-il. Bouterwek indique en passant quelques traits des comédies de cape et d'épée.Evolution de Tieck. Ibid. Bouterwek signale surtout Don Fernando {El principe constante) qu'il appel' lerait yoloniiers assez attentivement Der portiigiesische Regulus. et les saillies plus ou moins répugnent particulièrement au public moderne. 509. Pourtant. de subtilités et d'antithèses que seul le goût espagnol du temps pouvait admettre certains gestes. une œuvre admi: 1. p. mais fidèles pourtant à la règle même qu'elles se sont données *. apparence déréglées et à coup sûr point exemplaires. des procédés constants. les types — Mysticisme et inaction 5^ généraux de caractères qui occupaient déjà tout le théâtre espagnol. Ibid. 618. . 2. p. comme de leurs valets ou servantes. en . et plus que Lope. Ce ne sont pas dos comédies de caractères. p. et la monotonie et la pauvreté psychologique de tout les ce théâtre. à la subtilité de ses observer les sentiments féminins l'élégance dramatiques. est tellement chargé de métaphores. de sa langue et de combinaisons sa versification complètent l'harmonie de ces œuvres. Parmi les comédies héroïques. .. Mais on ne saurait rejeter en bloc toutes les comédies sous le vain prétexte qu'elles ne spirituelles des valets sont pas conformes aux règles d'Aristote. qui le condamnent au nom du goût français. mais de pures comédies d'intrigue elles sont pourtant riches en traits caractéristiques qui font dériver le développement dramatique des profondeurs de l'âme il excelle en particulier. . Ibid.. 506.et l'analyse « C'est. font preuve à ses yeux d'étroitesse de goût et de malveillance *. 3. critiques modernes (Blas Nasarre). Il est vrai que le style des cavaliers et des dames.

6o

L. Tieck et

le

Théâtre espagnol
»
',

rable et pénétrée de l'esprit de la véritable poésie

où resplendissent de belles descriptions, des images brillantes et l'héroïsme généreux d'un grand prince. Sur les autos, parmi lesquels Bouterwek range La Dévotion à la croix, le critique insiste peu « Ce sont les œuvres les plus profondes et les plus grandes que l'on ait vues dans ce style sur la scène espagnole. Mais la raison et le sens moral sont souvent si malmenés par les croyances fantastiques de ces pièces qu'on doit
:

féliciter les nations

qu'un sort meilleur a préservées de

ces plaisirs

*.

»

Les autres poètes dramatiques ne sont que des satellites.

L'essentiel de sa critique,
et

Bouterwek

l'avait exIl

primé à l'endroit de Lope

de Galderon.

avait

apporté à la critique hispanisante quelques précisions nouvelles, quelques dates, des faits peu connus, des
classifications,

une science mieux ordonnée

et

des curio-

sités passionnées.

La science de Bouterwek manque sans nul doute à nos yeux d'ampleur et de sûreté ses moyens d'inves;

tigation étaient restreints, son goût ne dépassait celui

de l'Aufklaerung qu'à contre-cœur. Mais il mit désormais dans les mains de la critique et du public une
étude d'ensemble, un instrument de recherche précieux,

dont les romantiques allaient user largement. Guillaume Schlegel, tout le premier, puise sans trop de scrupule dans V Histoire de la Littérature espagnole
;

quand il revient, momentanément, à la critique littéraire, un de ses premiers efforts s'applique à mettre à nouveau Galderon au point du goût romantique et à
et

grouper

les

enthousiasmes épars.

1.
2.

Ibid., p. 520. Ibid., p. 524.

Evolution de Tieck

Mysticisme

et inaction

61

Après avoir, dans sa comparaison des deux Phèdres, déclaré l'inspiration de Calderon toute religieuse, ou, dans sa Lettre à Fouqué (1806), célébré l'art fantastique
et musical,

l'enthousiasme
le

religieux ou national, le
et la vie

pathétique,

mouvement

de son théâtre,

un nouvel hommage au poète vénéré, et se préparait à un double effort '. Des esprits curieux s'inquiétaient de ses retards « Quand donc paraîtra la suite du Shakespeare et de Calderon ? » * demande W, Grimm à Malsburg. Le deuxième tome, qui
G. Schlegel allait rendre
:

devait paraître en 1803, ne vit le jour qu'en 1809.
Prinz.

Il

contenait Die Brûcke von Mantible et Der standhafte

et

Les conférences que G. Schlegel fît à Vienne en 1808 publia l'an d'après reprirent, en ce qui concerne le

théâtre espagnol, les thèmes et les développements de

de VEuropa. Cependant G. Schlegel a lu Bouterwek et profité de sa science. Il distingue trois périodes dans l'histoire de ce drame, caractérisées par
l'article
'

Cervantes, Lope et Calderon. Cervantes est
teurs.
la

un des créaSon Trato de Argel pêche par l'excès du récit, maigreur de l'ensemble et l'insuffisant relief des
;

figures

la

Numance

est

digne de la tragédie antique

et

surabondamment que Cervantes eût pu se donner un génie dramatique. Lope a écrit infiniment, mais un petit nombre de pièces suffit pour se former une idée
y)rouve
t. Voir l'étude de cette traduction et en général des rapports de G. Schlegel avec la littérature espagnole dans El. Miinnig, Calde-

ron, etc., p. 19 sq. La Dévotion à la Croix {die
fut traduite par J. F. L.
2.

Andacht zum Kreuze)
8").

Menzel en 1811 (Bayreuth, Briefwechsel der Gebriider Grimm nnd E. 0.
A.

v.

der M&lshurg,

p. 219 (1806).
3.

W. von

Schlegels Vorlesungen iiher dramatische Knnst

nnd

Lilleratur, Dritte Ausg.
(ch.

von E. Bœcking, Leipzig,

1846, II, p. 375 sq.

XXXV).

.

6a

L. Tieck et
« Il n'arrive

le

Théâtre espagnol

de son art
pièces

:

jamais à des hauteurs extra*
;

ordinaires, ni

à des profondeurs inconnues »

ses

historiques ont une certaine rudesse
;

qui n'est

pas sans caractère

comédies de mœurs sont d'une fine mondanité et renferment beaucoup d'esprit. Les défauts sont la prodigalité, une invention sans frein et une mise en œuvre négligée, le manque de profondeur et de nuances. Les autres poètes n'ont pas davantage atteint la perfection. Seul Galderon représente l'apogée du drame espagnol. Le critique examine avec une information convenable la production dramatique du poète espagnol. « Parmi cette surabondance d'œuvres il n'y a rien de jeté au hasard, tout est mis au point d'après des principes sûrs et conséquents avec les intentions artistiques les plus profondes et dans la parfaite maîtrise de son art *. » Certains considèrent le pur et grand style de cet art romantique comme une manière et ces hardis envols de la poésie jusqu'aux limites de l'imaginable comme des égarements. Personne ne peut
ses

rester insensible à son art. 11 est avant tout homme de théâtre; l'effet dramatique est à ses yeux l'essentiel, et pourtant tout est chez lui poésie éthérée G. Schlegel distingue quatre classes de comedias
qu'il caractérise
:

représentations d'histoires sacrées
;

d'après l'écriture et la légende

pièces historiques

;

pièces mythologiques ou sorties de l'imagination

du

poète

;

enfin tableaux de la vie de société et des
qu'il

mœurs

modernes. Celles

admire

le plus, ce sont les autos,

1.

Voir

les

mêmes

phrases dans

l'article

de l'Enropa, plus haut,
p.

p. 26.
2. Vorlesungen, p. 385. Voir aussi plus haut, l'Europn.

26-27, l'article

de

Evolution de Tieck.

Mysticisme

et inaction

à cause de leurs allégories et de l'enthousiasme reli-

gieux qu'ils expriment.

Les caractères de Galderon sont ceux de toute son

époque il y eut alors une véritable école poétique dont Galderon est le plus pur représentant. L'Espagne tout entière fut une école d'héroïsme et de foi, et c'est pourquoi elle engendra ce génie admirable. Si le sentiment religieux, le courage et la bravoure des héros, l'honneur et l'amour sont les fondements de la poésie romantique, il fallait que l'Espagne, qui était née et qui
;

(^

avait grandi sous de pareils auspices, prît le vol le plus

hardi

*.

»

De

là,

sur la scène de Galderon, tout ce mer-

âme musicale, ces couleurs parfums, cette harmonie des mètres les plus variés, la délicatesse de ces jeux ingénieux, la magnificence des images et des comparaisons. Même les comédies
veilleux, cette pureté, cette
et

de mœurs sont pleines de ce charme merveilleux qui enveloppe le comique et transforme la vie nationale.

Tous

les

sentiments de son théâtre, amour, honneur et
«

jalousie sont des principes idéaux, que seul le gracioso

a le droit de parodier.
le sujet, est

Toute sa poésie, quel que

soit

un

infatigable

hymne
:

d'allégresse sur les

splendeurs de la création

aussi chante-t-il avec

un

ctonnement toujours nouveau et toujours joyeux les productions de la nature et de l'art humain, comme s'il les voyait pour la première fois dans leur premier habit de fête» *. G'est donc comme poète espagnol, merveilleusement représentatif du génie de sa race et de nation, c'est comme poète chrétien, c'est en somme comme un poète splendidement romantique que G. Schlegel célèbre avec
tant d'enthousiasme Galderon.
1.

rbi'L, p. 392.

2. Ibid., p.

397.

sous la double pression des évé- nements politiques et chrétien. sq. toutes les pièces d'un poète. C'est d'après cette idée : de l'invention. le premier fruit de la poésie chevaleresque il est absolument indépendant de . 2''éd. Geschichte der allen und neuen Lilleraiur. toute influence extérieure. 1815. Son premier maître. Parmi les improvisateurs de toutes les nations et de tous les temps. Lope est le premier. » . t. Vorlesitngen gehalten zu Wien imJahre ISIS. il y règne une certaine unifécondité formité qui explique cette extraordinaire . Fr. et c'est pourquoi si il exprime admirablement l'âme nationale. VUI. d'une nation reposent sur une idée générale et même chez toutes. qui est la dont chaque pièce est une mani- fondamentale que Lope improvise. Sch\egc\. les illustrations était arrivé à la conception d'un art véritablement national dont il chercha dans l'his- toire de la littérature et dont la plus parfaite expres- sion fut à ses yeux l'art espagnol en général. et commune. Schlegel a traduit de l'espagnol ont trouvé des imitateurs et on ne saurait dénier à tous ceux-ci le talent poétique le malheur est qu'ils nous aient reproduit la beauté romantique du drame espagnol sous une forme faits par la littérature : . et celui qui a le plus de talent poétique il a la richesse festation. une langue poétique et une ardente imagination. Tieck et )e Théâtre espagnol Frédéric Schlegel. ne nous donne de ses mérites qu'une idée confuse car ses innombrables pièces sont superficielles et peu soignées . et de son évolution religieuse. toutes qualités qui sont du reste fort communes en Espagne mais le théâtre ne comporte pas de négligence.1846. Voir surtout p. G. dit-il. 119 Frédéric Schlegel se félicitait déjà des progrès . d'une époque.64 L. allemande « Tieck et ce que A. 1. l'éclat du style.Werke. Il y a des pièces qui nous . Vienne. le théâtre de Galderon surtout \ Le théâtre espagnol est.. p.Dans VAnzeige von Gœlhe's Werken. bien trop diminutive. 1808 (Voir les Sâmmll. 116. Lope de Vega.

réalités pittoresques leur sens profond. Le deuxième stade montre avec les passions et les tions. sans : . et le romantisme est toute poésie. — Mysticisme et inaction 65 montrent l'apparence fugitive de la vie. on ne saurait sans tation en Allemagne. derrière les actes. mais encore de résoudre l'énigme de l'existence. 128. Le christianisme n'est pas tant dans les sujets de ces pièces. » . : c'est l'art : de Galderon. les caractères.. Calderon a un défaut il précipite le dénouement. l'âme : : . dans la vie. p. « C'est. le plus grand de ce groupe est Shakespeare.. mais dans le sentiment et l'art original même quand la matière s'y prêtait le moins. Galderon apparaît comme poète croyant. « Le romantisme repose sur le sentiment d'amour qui règne en poésie avec le christianisme et par le christianisme. etc. et caldéronien. sa surface brillante. ses complicaprofondeur et sans poret de beaucoup d'autres Lope de théâtre tée c'est le c'est le genre dramatique le plus auteurs espagnols et bas. le poète chrétien par excellence et c'est pourquoi il est le poète le plus : romantique'. la réalité devient romantique. l'idée qui les domine. dégager la vie des confusions de la réalité et parvenir jusqu'à sa forme et son évoelle s'élance vers l'avenir et éclaire lution suprêmes les mystères de l'homme intérieur c'est l'art chrétien. et perd le meilleur de ses eflEets dramatiques. etc. Le romantique désigne seulement la beauté et la poésie spé- cifiquement chrétiennes.Evolution de Tieck.. Geschichte. Mais la poésie dramatique a un autre but plus haut c'est non seulement d'exposer. dans toutes les situa. » Cependant. tions et sur tous les rapports. Mais tout est enveloppé par le l'art charme merveilleux de Cependant. précisément parce que ce théâtre est national. « Cette danger en introduire l'imiabondance de fleurs et 1. Schlegel cite les œuvres les plus connues la Dévotion à la Croix et le Prince Constant.

wo oben. duire'. Drum sollen aile Feen auch bereiten Des Dichterhimmels diamantne Krone Dir. d'après l'exemple de Galderon. etc. Nicht Zaub'rer blosz von diesen Seeiigkeiten.. Galderon. » Ein Zauber liegt im Meeresgrunde Kein Garten. nein. Geschichte. « Les deux pièces du nouveau volume de Schlegel sont beaucoup plus mauvaises que celles du premier. p. 132. La propagande nouvelle des Schlegcl eut des conséquences très vastes. et apparut désormais comme un des maîtres les plus incontestables de l'art romantique. Tieck et le Théâtre espagnol d'images qu'engendre une fantaisie méridionale peut être trouvée belle quand cet excès fait partie de la nature elle-même. duftend aile Sinne allen Entrauben. aus kùnstlichen Krystallea Ein Wunderschloss. du Sonaenstrahl der Geister -. zum schônsten Lohne. SîimmlL Werke (1822-1825).. IX. Galderon acquit une véritable popularité. La traduction de G. Im eignen Garten seelig selbst der Meister . wo. Schlegel ne recueillit certes pas que des éloges.66 L. à entourer de poésie nos drames' modernes. Bezaubert selbst wohnet. Schlegel. 2.. mais aucun artifice ne peut la repro- Mais on devrait tout au moins chercher. Doch kijhlend. dans le Pont de Mantible. C'est encore au poète que vont les adorations poétiques de Fr. sùsz umspielend jede Wunde. l'intrigue est 1. p. Die Baeumchen sprossen aus dem lichten Grande. in die Runde Farbige F'iammenwogen uns umwallen. . 35. L. seitwaerts. blitzend von Metallen. .. Kein Meer.

qui parle à toutes les croyances et doit satisfaire tous les cœurs.. A Jacob. éd. particulièrement le Prince Constant.. J. Briefwechsel der Briider répond. 4. Je sentis clairement que ce poète. Arnim et toi préférez l'Andiçht zum . p. XII. quelle désillusion lui ap- porta l'essai de Schlegel : « La traduction de Galderon me parut insuffisante et imparfaite. etc. Le Pont de Mantible a moins de valeur'. le Prince Constant est meilleur et quelques passages sont pleins de poésie *. » Grillparzer conte.flen Prinzen. La traduction obtint des suffrages dans tous les camps. c. dont l'essor s'élançait presque au-dessus de la poésie elle-même. VJenaische Allgemeine Literaturzeitiing approuvait 1. Bruçhslûcke. » Schulze mettait le Prince Constant au même rang que la Divine Comédie \ Jarriges parle de la tragédie du Prince Constant « dont la noblesse dépasse tous les éloges "" ». (28 août 1809). n'avait pu se mouvoir parmi les phrases aussi raides et disloquées *.. 263. p. Ueber den sta. la religion chrétienne s'unissent en un tableau vivant et brillant. Briefwechsel der Brûder Grimm. 2. Je le mets plus haut que la Dévotion à la Croix. in-12°. p. et un supplément musical. 48 (Année 1813). Werke. 6. Leipz. d'une pure humanité. p. Wolf en Prince Constant.).Contient une gravure en couleurs qui représente P..Evolution de Tieck. 117 (25 juin 1809). Grimm l.Ge n'est que plus tard que la Dévotion à la Croix séduisit le plus vivement l'imagination pieuse des romantiques. W. 157 (28 août 1809). et point les hommes. il est vrai beaucoup plus tard. les voix discordantes furent rares. A. Weimar. Necker (Hessc.. surpris et ému plus que jamais. p. où seul le miracle est intéressant. « J'ai été. 1811. Grimm aimait dit-il.. 157. etc. W. Briefwechsel. » Pourtant. 5. La plupart des romantiques applaudirent.ndha.. Le courage d'un héros plein de génie. : « Gôlhe. Grimm 'déclarait son œuvre « hautement excellente ». le 24 uov. — Mysticisme et inaction 67 nulle. Jacob lui 3.

nos jugements sont indépendants l'un de l'autre. on avait joué à Kœnigsberg das Lehen ein Traum. Krenz. t. t. Dès 1809. et initiait le public aux mystères son- de l'assonance Gœthe admira beaucoup geait. 4. p.» Cf. 5 fois à Halle. 120 sq. de 1812 à 1817. 1810. Grisebach. 1812-1815. En 1812. dès 1807. Das Frommansche Haiis. i. 1889. n" V. 6 (juin 1812). p. dans Cultura espanola. Voir dans l'article de WoUf (Gœthe-Jahrbuch.. (Cf. 2. il une tragédie Trauerspiel in der Chris- tenheit. de 1811 à 1815. » Ce n'est pourtant pas Gœthe qui introduisit Galderon sur le théâtre allemand.) . 88. encore d'autres jugements cités par A. 127) les attestations du succès de la pièce. m. cit. von Humboldt in ihren Briefen (v. resté manuscrit. 5. Wilhelm und Carol. Ticck et le Théâtre espagnol sans réserve le charme pénétrant des scènes principales du Prince Constant '. Brentano et moi le Standhafte Prinz. A. E. dont Gœthe des entretiens très intéressants. Bettina. 3. n" 197. à le Prince Constant : *.. Apuntes sobre Galderon etc. p. La même année fut joué Das Lehen ein Traum. Sydow) IV. 4 fois à Lauchstaedt La Vie est un songe fut. 195. 3» éd.ils provoquèrent une grande sensation. 1907. op. qui roulaient surtout sur Shakespeare et il fait encore plus de cas '. Berl. T. Hoffmann. d'après la traduction d'Einsiedel et Riemer ^ . G. 1813.68 ' L. 102 (26 mars 1808). joué 6 fois à Weimar. et aucun parti n'accepte de les mettre sur le même pied. Stuttgart. « Lorsque les drames de Galderon de la Barca furent connus en Allemagne grâce à la magistrale traduction de Schlegel. joué 5 fois à Weimar. p. p. t. Hesse. .tige Magus. p. mais le succès ne fut vraiment général et définitif que lorsque Gœthe eut fait représenter le Prince Constant sur la scène de Weimar (1811) *. Einsiedel traduit aussi El màgico prodigioso : der wunderlS. éd. » Cf. Savigny. Leipzig. eu avec aussi sur Galderon. il s'intéresse en« J'ai. Le Prince Constant fut. Breymann. de Humboldt. Farinelli. écrit core vivement à Shakespeare et Galderon. p. XV. qui eût célébré l'héroïsme d'un il martyr et dont n'a écrit qu'un fragment. 373 (25 août).

1. Aus dem Leben zweier Dichter. un hommage au triomphe de la foi catholique. A. tre ne furent joués. Nous lûmes ensuite la Dévotion à la Croix dans le même but. I. déclarait G.Evolution de Tieck. car son tempérament manquait de vigueur. Cf. 1836. — Mysticisme et inaction 69 VVolff ne put y prendre le rôle de Sigismund. Nul ne pourrait. p. C'est un de ses amis. Le résultat de notre les étude fut que nous ne pûmes nous convaincre si cette pièce réussirait ici. à qui l'on présenta la Dévotion à la Croix. cit.. 362 (15 févr. VU. p. 1. Confessa écrivit der Liebhaber nach dem Tode {El galàn fantasma de Calderon) pour Hoffmann qui désirait en composer la musique * ni l'un ni l'au: : . puis meurt avant d'avoir rien fait. Contessa's Schriften. Voir les E. et dès les premiers actes nous tombâmes d'accord que cette pièce. 4. t. qui est succès 18 sq. p. nous faire connaître les causes et la nature de ce succès '. Mais Hoffmann tarde à se mettre au travail. 81. 1831). éd. Bien qu'une partie du public. « Mis en goût par les comptes rendus de journaux. devait avoir du ici. mieux que Hoffmann lui-même. un fait unique dans les annales du théâtre. bien que Gœthe ait plus tard déclaré avoir eu beaucoup de peine. 5. Cette représentation fit beaucoup de bruit. les amis de Wieland entre autres. Préface de Houwald. je lus d'abord cette pièce à Hoffmann. Dans son article Ueber die Auffûhrung der Schauspiele des Cal: . P. 3. liesse. Gesprseche mit Eckermunn. W. pour disposer favorablement l'opinion S le retentissement de ces initiatives eut au dehors de Weimar E. ' Hoffmann fit la même tentative auprès du public de Bamberg. Schmidt. qui annonçaient l'accueil favorable du Prince Constant sur la scène de Weimar. 2. des résultats immédiats. Funck. Leipzig.. » Z. le Pont de Mantible. op. d'après La Banda y la Flor *. T. le libraire Kunz. qui lui mit Calderon entre mains. Schlegel.. le Prince Constant. Breymann. Hoffmann a composé lui-même un opéra Liebe und Eifersucht. Un ami de Hoffmann. C'est. La pièce est alors confiée à J. aient manifesté une hostilité évidente.

1812. et qui sera et restera l'Eglise triomphante. « La Dévotion Croix excita un enthousiasme universel. qui combat avec une divine puissance contre la vulgarité. la tendance de la pièce. et c'est pourtant elle qui séduisit le plus le grand public. XV.) Cf. on se demanda. ne peuvent être jouées avec vérité et leur effet catholique. qui se sont convertis d'une âme véritablement poétique à l'Eglise invisible. Tieck et le Théâtre espagnol « Lorsque les pièces de Galderon. non sans hésitation. » . si on pouvait compter sur la faveur du public et quel drame avait le plus de chances d'être bien accueilli. le Magicien prodigieux. que l'on prenne La grande Zénohie. l'ennemie héréditaire.jo L. à la la den eines Theater-Direktors. III. qui pénètre à la fois profondément l'ensemble et le détail. de FouVI. autour de Hoffmann. et de se laisser em. .. sont les gens qui ont pu comprendre leur profond romantisme.. ne serait sans doute pas facile à trouver mais il fallait de plus qu'il fût capable plus que d'autres de saisir l'idée. Bamberg suivit. t. 1818 (Werke. 195 sq. dit-il en 1812. 128 sq.. Seule la scène de Weimar voulut donner l'exemple. Si que par des acteurs catholiques devant un public on veut jouer des pièces de Galderon en des lieux non catholiques. les déclarations de Hoffmann relatives à Galderon dans les Seltsame Leideron de la Barca.. comme Dévotion à la Croix. C'est VAndacht ziim Kreuze qui eut alors le moins de suffrages. » La plupart considérèrent les drames de Galderon comme une curiosité de l'époque où l'art dramatique naissait à peine aussi pas un théâtre n'osa-t-il s'attaquer à ces pièces. qui reposent sur le plus profond principe catholique. Hoffmanns Werke.. p. qui comprend des drames comme ceux de Galderon dans leur pleine beauté et toute leur force. Des pièces. 76). qué. p.. t. le Prince Constant. elles ne firent pas peu d'effet cependant rares . furent popularisées en Allemagne par la traduction de Schlegel. « Un public. auf dem Theaier in Bamberg (dans Mnsen. le Pont de Mantible. IV. sur une idée absolument étrangère à toute autre église.

A. fiir deiitsche Philologie. comprit admirablement l'inspiration catholique de la Dévotion à la Croix.8 avril 1809. . L. v. 2. 20.. qui est de représenter le martyre chrétien de don Fernand. n" 27. Hofi&nann est donc obligé de constater que le public de son théâtre se préoccupa moins de la valeur esthétique ou de l'originalité littéraire de Calderon que de l'inspiration religieuse de quelques-unes de ses pièces. der Mal»bvrg). Allff. Aussi le théâtre fut-il considéré par beaucoup comme un lieu de pieuse édification. 53. p. der Deutschen. l'intérêt s'éveille. I. Teatro espanol dado à 1' luz. . qui est trouvé trop cher ' il promet 12 volumes au moins de Calderon paraissent La Devociôn. 1904 {Briefw. Julia apparut sous ses habits de nonne.. et dans le ciel glorieux. El principe constante. Le Pont de Mantible intéressa moins encore. II. de l'appui « de savants espagnols». fut truqué Eusebio rentra dans son tombeau. moins goûté beaucoup ne comprirent pas l'idée de l'œuvre. malgré les innovations du décor. Stendel et Keil. où se donnèrent rendez-vous dévots et prêtres. La librairie ellemême vient encourager cette popularité. Anz. : : . mit E. Quoi qu'il en soit. Contre le Théâtre de Norwich se dressent les éditeurs de la Biblioteca espanola-italiana. 7. J. 1809) et un anonyme {Berl. vol. conte Hoffmann. car il ne convient qu'à une grande scène. Le dé- nouement. et dont la foi catholique était entière. — Mysticisme et inaction 7» porter par la puissance de la langue hardies et fantastiques métaphores. du 16 fév. Norwich se vante dans la même revue. Norwich publie en 1809-1810 son Teatro espanol '. 1809. Le Prince Constant fut. Annoncé déjà dans p. Zeit. Los empenos de un ocaso. dont le goût n'était point perverti. 1. n" L'annonce est datée du 14 nov. Heyse. » et l'élan de ses Le public de Bam- berg. n" 31 (1" fév. 1809). 222. 1809. Zeit. Inlellicfenzbl du 21 janv. La Vida es sueno. Brema. Mais l'entreprise est tout de suite à bout de souffle. Z. Eusebio l'appelait d'un geste muet. 1808. 1810.Evolution de Tieck.

où toutes les nations. Les romantiques avaient. mais explicable de l'histoire littéraire du monde. sq. Tieck et le Théâtre espagnol les Calderon envahit donc tous voir l'indignation d'un domaines : la librai- rie. Tieck ne pouvait rester absolument en arrière d'un et s'établit mouvement qu'il avait tant contribué à déclancher. Alt-englisches Theater oder Snpplemenle zum Shahspenr. contre Leconteu de Gantelu qui l'avait maltraité S En peu d'années la gloire de Calderon s'impose en Alle- magne solidement. von L. p. (1810). I. . Le qui a sa place dans l'évolution de la vie sociale. III-XIV. il recouvre ses énergies et revient à Calderon. Bd. et littéraires et phénomènes soudains. la critique. Schlegel. préface de la deuxième partie. revenant d'Espagne. t. I. 1" fasc. la poésie.. le théâtre. depuis Novalis. Realschulbuchhandlung. 1811. Après G. ne formaient qu'un 1. la préface il organise son étude en une dissertation à peu près suivie..'préface de la première partie. évoqué volontiers l'image de l'Europe médiévale. Pendant de longues années. unies par une Panthéon. III. 217. 2° vol. 2. Ces études furent publiées avec d'autres sur le même sujet dans l'article des Kritische Schriflen : Das alt-eiisetzt glische Theater. lui apparaît comme un moment remarquable. prend en termes très vifs le parti de Calderon . comme le drame anglais. Son intelligence avisée se refuse à voir dans les du passé des éclairs mystérieux drame espagnol.72 L. p. Il est amusant de Allemand constatant les résis- tances françaises Rehfues. il croit devoir exposer tout au long sa conception du poète espagnol et contrairement à ses habitudes. 140 sq. qu'il insère dans les de son Alt-Englisches scientifi- Theater (1811) ^ Déjà s'affirment progrès de sa culture que. I -XXI II. il avait eu à lutter contre la maladie et sa paresse naturelle. En 1811. le voyageur. Uber- und hrgc. p. même foi. Tieck.

L'honneur. ïieck considère à son tour le moyen âge comme l'heureuse époque. Schlegel avait divisé son œuvre en comédies les pièces à d'intrigues. des légendes. pièces chevaleresques. c'est la poésie.Evolution de Tieck. la conscience de l'humanité. Tieck se contente donc de répéter . N'ya-t-il pas un moyen de retrouver cette unité perdue ? C'est l'art. pourrait-on dire». Le théâtre les il est resté l'unique moyen pour rapprocher hommes en une : même jouissance et une même édification est né de ce besoin d'unité et de a-t-il suivi depuis le communion. C'est cette forme d'art qui se retrouve dans toute sa perfection chez Calderon. disait Schiller. est sorti Il sances populaires. des sujets d'histoire espagnole. La rupture fondamentale de ère. qui contes. « provinciale. la vie particulière des corporations et l'esprit républicain de la bourgeoisie. Aussi le théâtre moyen âge une évolution réguspontanément des réjouisdu peuple luisont des lière et ininterrompue. il est profondément national. disait Fréd. Tieck omet les Fiestas Calderon. a fait une co- . c'est le théâtre. dit-il. les sujets. que Schiller reportait aux débuts de notre ne date d'après Tieck que de la fin du moyen âge. les tournois. il En Espagne. et les grand spectacle : drames religieux. Dès lors. l'amour. Schlegel. où les fêtes populaires. s'éparpiller. les formules de G. chaque pays élabore une poésie particulière et nationale. la religion sont les motifs princi- paux de l'inspiration de ce théâtre par là. les grandes as- semblées. précise Tieck. Mais cette poésie va se disloquer. G. la chevalerie et la religion avaient créé une ample et harmonieuse unité dans l'Europe morcelée. a gardé les traits même : le ton. — Mysticisme et inaction 73 seul peuple et une seule civilisation. la simplicité. se dégrader et se parodier elle- même. Schlegel.

1. les actions l'homme au ture destin. sans transitions. p. dit-il. : p. coups de théâtre des péripéties frappantes La struc- du drame avait dès le début éveillé la curiosité de l'auteur dramatique. . sont ses légendes religieuses. ses chefs-d'œuvre. (Phantanas.74 1" Tieck et le Théâtre espagnol médie d'intrigue. antithèse. disait- il dans le Phantasus (1812). 220. Ce n'est là d'ailleurs qu'une boutade. p.l. qui est une admirable œuvre d'art. et de durement. la beauté musicale : donnent son plus bel éclat à la poésie espagnole. dit-il encore d'après Schlegel. Schriften. les discours aux discours. drames nationaux chacun reflète . 125 sq. Ce sont. 150 sq. La forme de notre poète . 1. En 1803.) 2. Schriften. poétique et nationale s'est conservée jusqu'à nos jours dans le théâtre espagnol. de Vienne. « Ce sont Espagnols. Tieck avait déjà ébauché un parallèle entre Shakespeare et Galderon. » Sauf quelques égarements sans gravité. où tout est an- mais où les antithèses les plus hardies se balancent harmonieusement. IV. poète religieux qu'il préférait alors l'enthousiasme. Kr. un drame où revivent en une merveilleuse musique les légendes héroïques et chevaleresques. mais. En 1811.l. » C'est pourquoi ce théâtre penche vers l'allégorie. 221. qui cherche à surprendre chez Galderon ses procédés et le secret de son art. éd. p. caractères. ou Schriften. par des *. t. cette inspiration religieuse. 1818. ce théâtre intéressa particulièrement il en fît une vaste architecture où s'oppo- sent des masses d'ombre et de lumière. il oppose à nouveau le théâtre anglais l'un et l'autre des au théâtre espagnol*. synthèse. Tieck voyait dans : la division tripartite les du drame espagnol un haut symbolisme . C'est « donc le La foi religieuse. ceux qui enthousiasment et ravissent l'âme. qui ont atteint la plus grande perfection dans la division de leurs pièces elle exprime dans leur drame la division même de l'Idée thèse. où les caractères s'opposent aux tithèse. Kr.

Calderon au contraire à un jardin bien taillé. qui ne laissent pas s'épanouir d'individualités.Evolution de Ticck. — Mysticisme et inaction j5 ne se ressemblent que par leurs côtés extérieurs: on trouve. de l'amour. dans l'un comme dans l'autre. t. et Schriften. de L. 125. Le une poésie historique. contrastés violemment. Vienne. où poussent de splendides fleurs méridionales. t. 151. Grund. le drame espagnol est une poésie romantique. Shakespeare est comparé à un jardin anglais. l'inspiration religieuse. au cordeau sont les codes de l'honneur. I. X à XV) t. Dans le drame de Shakespeare. le comique est intimement mélangé au tragique le théâtre espagnol au contraire les sépare strictement et garde rigoureusement aux scènes de passion leur caractère poétique et sublime. 1. l'objectivité et la logique historique. la complexité l'âme de sa nation. où la végé- drame anglais est . PhantsLSUS (dans les Sâmmlliche Werke. . p. mais le ton de romance. IV. la diversité et la musicalité des mètres sont parfai- tement inconnus au théâtre anglais qui vise au contraire à la clarté. le mélange du comique et du sérieux. de l'amitié ou de la haine. Aussi trouvons-nous souvent les mêmes mots. métaphores. 1818. les stances et les autres mètres pourraient être comparés aux alignements d'ifs et de buis '. l'enthousiasme qui domine l'ensemble et pénètre jusqu'au détail. p. une langue sublime. tout ce qui rappelle la nature libre est écarté l'ensemble est dominé par une haute inspiration. Calderon n'est point condamné Tieck accepte . Ils de l'action et la préférence pour les sujets indigènes. de la jalousie. Dans le détail. tation s'organise en puissants massifs ces massifs tracés . Dans le Phantasus (1812). Mais dans le même Phanlasus. les amis qui célèbrent la gloire de Shakespeare oublient Calderon à cette heure solennelle. les mêmes artificielle . mais .

affirme Tieck. est un peu lâche. c'est encore. et c'est la forme qui a trouvé sa perfection dans Galderon n'est . Kr. 223. 3. n'a qu'une forme. ce n'est point le grand drame libre et beau de la vie et dans cette constatation gisent tous les griefs futurs Tieck se détourne déjà de l'idéal de sa jeunesse et de : . (11 mars 1812). Schriften. . On ne saurait voir là une excommunication majeure de Lope de Vega Tieck ne condamne expressément que ses tentatives bâtardes. t. En 1812 '.!. II. on peut L'imitation de Galderon est chose facile sans peine découvrir ses procédés et la structure générale de son drame on peut par conséquent faire à son tour des œuvres impeccablement caldéroniennes. Briefe. Tieck commence à connaître Lope il cite. il semble que Tieck ait ébauché avec et . Le drame espagnol. est bien différent de la convenil tion de la tragédie française. c. le plan d'un opéra de géants et de fées. la pure tradition romantique. ce conventionnel. et il donne trop peu de relief à ce qui est pour nous le . : le point principal ^ Mais le théâtre espagnol. 137. Quoi qu'il en soit. aux yeux du poète. 111 sq. Cependant c'est Galderon qui lui paraît plus hautement représentatif du génie espagnol et plus digne d'inspirer les modernes. non dans une imitation. Phantasus. III. Holtei. tout ce qui le précède qu'une préparation. p. . à propos de Magelonne. et ce que Lope cherche et tente dans d'autres voies est presque toujours confus manque de maturité. le Théâtre espagnol son mais il reconnait que cet art est artificiel car a sa racine. dit-il. 2. mais dans l'enthousiasme et l'héroïsme et la religion de la nation '. : . dit-il. les Trois Diamants de Lope sa manière. Reichhardt 1. l.y6 L. drame de Galderon. Tieck et art.

Reichhardt de faire rapporter à leur pièce de grosses recettes. le meilleur de son inspiration romantique il se retrouve aux premières heures de recueillement.Evolution de Tieck. Galderon au . à travers les années tourmentées de la domination étrangère. . L'évolution de Tieck n'est pas mais un goût nouveau se trahit dans encore décisive . contraire artiste est considéré surtout comme un . Tieck va condamner le romantisme des épigones. Tieck avait perdu. plus conscient. ses déclarations . et prendre parti pour une conception nouvelle de l'art et de la vie qui. une poésie moins idéa- . mais compassé Lope n'est plus dé- daigneusement oublié. un admirable. sans exclure Galderon. plus critique et le moins poète il rassemble dans Phantasus ses œuvres de jeunesse. et se prépare à une nouvelle activité. moins nébuleuse. et Tieck n'insista pas. les divers mouvements littéraires qui passent autour de lui vont déterminer un pas définitif. Shakespeare reprend tous ses droits il est le poète inspiré. devra lui mesurer sa place et ouvrir la voie à liste. et moins sponse proposait . immense et profond. tané. et son art n'est plus accepté sans réserves. plus proche de la terre et de la vie. « Comment s'appelle la pièce espa- gnole?» lui demande alors son beau-frère. artiste. Galderon lui apparaît dès lors moins isolé au milieu des choses et des hommes parmi lesquels il s'éleva. — Mysticisme et inaction 77 d'après Galderon.

1281. II. n" 162. p. 1265. En outre. celle qui reste absolument fidèle à . n" 224. Galderon traductions espagnoles. K. 1814. 1905. p. p. et que les dévotions reprirent de plus belle. n» 223. 1815. 1777. : l'original.Gaederz.m Wegefand. 160. dans la tourmente. n" 225. beaucoup mais la fumée était à peine dissipée que les romantiques revinrent à leur idole. 1 nfl ucnccs N ouvcl les (1811-1819) ¥ ES années de la guerre firent du tort à l'activité lit- '-' téraire. 151. Malgré les avertissements et les méfiances de son ami J. en 7 volumes. On négligea. n» 159. s'échelonna de 1815 à 1829. Georg Rist. 1291. p. le . Schlegel sur le terrain des . Wasicha. Dès 1814. p. p. Goethe. n" 161. 1793 11» . 1788. et celle qui veut être intelligible et facilement accessible àsapropre nation V » La traduction de Gries. quelques fragments de das Leben ein Traum et die grosze Zenobia parurent dans Welt \ 1. Gries crut avoir en Allemagne assez d'autorité pour lutter avec G. Th. 1274. la Zeitiing fïir die élégante (Jries à 2.. p. Le principe de la traduction est posé par Gœthe lui-même « 11 faut concilier les deux façons de traduire. Leipzig. Gœthe l'encourageait il se mit au travail en 1814. Neae Foigre.

. 6. Schriften. Mais la contrefaçon s'en empara les livres suivants fu. La lettre est de 1816. p. I. faillit promettre à Gries d'écrire quelque chose sur le Mage *. Z. dont les poètes modernes jouissent encore »4 . Les traductions magistrales de l'Ariosle. Nachgel. Solger signalait. 1815) contient une analyse de l'auto sacranientale 1. 5. p. t.Voss. du Tasse et de Calderon ont infiniment élargi l'horizon poétique et créé cette heureuse perfection de la forme. UniversilStsleben. Aussi Gries se plaignait-il de l'ingratitude du public : n° 211. 148 (12 avril 1817). (Article : pièce. H. Effectivement les premiers volumes se vendirent bien. p. 44) nous conte l'influence de Gries Gries aimait beaucoup la compagnie des étudiants. éd. Eichendorff {Halle und Heidelberg. « Goethe fait excellemment remarquer que les rapports de l'école et de l'église. de Las Plantas. rent accueillis avec indifférence. 1684 (26 oct. Weimarisches Jahrbuch fur deulsche Sprache Litleralur und J. IV. Ibid. c. Cf.) 2. peuvent être sans peine dégagés de cette Kiinst. p. II. 141. 153. dans les Wiener Jahrbûcher \ l'excellente traduction de Gries qui est « dans toutes les mains » *. se contenta de faire un compte rendu du travail de Gries dans VJenaische A. 150.. p. 1855. T. de même que la vie sociale. l. Gaederz. Abeken rédige à son tour un compte rendu dans les Heidelbe7'ger Jahrbiicher de 1817 VHermes de 1819 donna sa critique *. Les amis du traducteur se donnèrent beaucoup de mal. 611. 16. » 3. qui avait eu aussi l'idée de traduire le Calderon.. méridionale.Influences nouvelles 79 Gries déclara lui-même sa traduction supérieure à celles de G. L. p. p. D. Kïirschner. « Gries nous a ouvert le monde merveilleux de la poésie . dont il présidait les réunions à la brasserie. II. F. Gœthe la recommanda très chaudement. III. II. Schlegel et de Tieck et se décerna le titre de premier traducteur allemand *. Gries ûber sichnnd seine Zeilgenossen par H. 4. II. d'après le manuscrit même de la deuxième partie '. v.

260. Conv. G. 3. 534 (23 fév.. L B. n" 82. Zwickau). BUtt.. Ein Schrecken wild uad panisch Packt mich beim Worte Spanisch : Noch '. 1817). I. ein Traum traduit par Grillparzer Malsburg annonce ses Schaiispiele von Don Pedro Calderon pour la Saint-JMichel de 1818.. J. (1824-27. P. Briefe. Tieck et le Théâtre espagnol Jûngst war mir recht gesegnet Herr Calderoa begegnet. Das Spanische Theater Mag weder Hund noch Kater. n»' 62-63.8o L... le Morgenblall de la même année.. A. L. f. Keil publie les de Da^ Leben (juin 1816) .d. G.. J. . Schriften. von Zahlhaas remanie Das Leben ein Traum (1818) ^ G. et ils paraissent. Schlegel. Z. 1818 (30-31 mars). 2 vol. Holtei. NaLchgel. Le dernier volume parut en 1829.. 146. 49 sq. d. n° 1914 W . public allemand ? » demandait Le traducteur dut interrompre sa tâche. A.-B. en 6 tomes. La même revue publie. Baermann et Richard traduisent tant bien que mal toute une série d'œuvres de Galderon ils appliquent les principes de G.Gerhardt en l'hon- neur de Zahlhaas. Pourtant la popularité de Calderon ne tiédissait pas West adapte La Vida es sueno à la scène allemande.. Gedichte und poetische Uberselzunyen von I. 4. des vers de W. p. le Prince Constant (1820). C. Fragments dans la Zeit. Maemminger. La Wiener Modenzeitung publie un fragment ist . J. le LU. de 1819 à 1825. Stuttgart. etc. le 4 août 1818. Voir IV. A. mais les deux collaborateurs manquent également d'art et de méthode *. Cf. 2. Gries. el. faisait plus d'illusions. Dichters D. 1. mais Griesne se « lire le Que peut bien Solger à Abeken *. metrisch treu iib. Die Schauspiele des berûhmten Castil. transportant le lieu de l'action de Pologne en Espagne (1816). Ich bin mit Ariosten nicht auf meine Kosten. de 1821. Welt.

< . à qui sa conversion catholique faillit coûter son poste de bibliothécaire. La bibliothèque de Hambourg ne contenait pas d'édition complète de Calderon. Dramatische Werke. 3. de choses actuel en Espagne. éclairé par de brillan- et les répliques de Baermann. analyse le théâtre du poète espagnol en des volumes enthousiastes reste . Val. Bibliotecas y Museos. 2. 332-353 et de juillet-août 1909.Julius. on ne peut guère attendre de ce pays des rééditions nouvelles de ses anciens écrivains*. Lewald consacre vers la même époque un poème pasla richesse de ce génie ^ sionné. 4. 1. t. Madrid. I contient une courte biographie. p. W.H. 1818). III. plein de parfums. XII. Gœthe célébra le pays splendide baigné par la mer et couvert de fleurs et de fruits.-J. Fntelligenzbl. Annonce de J. au poète espagnol '. n" 205. des renseignements sur les écrits de Calderon et leurs diverses éditions. I. III. » On promet donc un Calderon de 8 ou 10 volumes. et la direction qu'a prise la littérature moderne en Espagne. Briefe. tollet. 1844. et un particulier. 17 août 1819.Influences nouvelles 8 i Comedias de Don Calderon de dit-il. Leipzig. de rayons et de couchers de soleil. p. n"' de mai: juin 1909. « Etant donné. 336. Ein Menschenleben. 207 sq. 5. Keil et Brockhaus. p. se refusa à la prêter. Welt. (1. Zeil. il n'apprécie du que modérément les traductions à la mode. p.. 113. qui l'avait. 365 (19 nov. p. Schmidt. Le t. f. qu'il appelle « des tours de force plutôt que des œuvres d'art » et se propose de faire connaître à son tour toute Klingemann dédie à Calderon un prologue récité sur le théâtre de Braunschweig *. On étudie Calderon consciencieusement. el. p. 1-23 (tiré à part A propôsilo de unascartas inéditas de Johann Georg Keil à N. Voir à ce sujet l'étude très intéressante et très poussée de C. l'état la Barca. 3 seulement paraîtront de 1820 à 1822 '. Holtei. 1909). En fait. t. Teil. Pidans la Revista de Archivas.

sa figure. donnent Gubitz. Tieck et le Théâtre espagnol que lui fit connaître le Galderon de Gries et il admira en Galderon lui-même le digne descendant des Orientaux '. l. Vosxische Zeitang. 5. Gœthe déclare que la Fille de l'Air est à ses yeux la plus adsq. . un succès triom- phal \ Aucun moyen n'était plus propre que le théâtre pour répandre en Allemagne le goût et le sens de l'art de Calderon. mirable des pièces de Galderon. 3. 4. Les n. 313 une analyse de la pièce et une critique de la traduction.). La scène de Weimar joua Die grosze Zenobia{^Oiain\. pour l'anniversaire de tes constellations. a. Le. 1861. Briefwechsel (à Goethe) 1799-1818. p. Wolff. Reclam. à la pièce » Le public. Dans Gaederz. » Cependant la pièce n'eut pas de succès. fut représenté sur la scène de Berlin (15 oct. 1815). éd. II. L c. 297 (23 fév. la Ce qui est mis en scène à Weimar sous la direction de Goethe. fit bien joué. qui se chargea du rôle de Fernando. 1816). disait la Zeitung fur die élégante Welt % excite l'intérêt de tous ceux qui duchesse régnante. p. sut admirablement exprimer la lassitude et la piété résignée du prince. P. tendances presque cathodisait Zelter. 131-132 (29 mai 1816). Teichmann. 150. a *. N" 38.Gf. Schlegel. p. n" 145. t. 311 et 40 p. C'est grâce à lui et Devrient que le Prince Constant de G. Wolff surtout. qui avait quelet ses « que chose d'espagnol.8î L.manto y Leai. a s'entendent aux choses d'art et qui sont accessibles à la jouissance artistique. Lillerarischer Nachlass. WoUf. -A. p. 116 (18 nov.39. Wolff traduit Amigo. à Goethe). Wolff emporta de Weimar la tradition caldé- ronienne. Graf Briihl. A. 506 (20 oct. 1816). p. t. avec la mise en scène de Goethe et la musique de Giirrlich. sous le titre de Schwere Wdhl. P. 2. p. liques firent le reste '. qui fut jouée à Berlin en 1822. avec souplesse et assurance d'ailleurs bien disposé. I.

Calderon n'est certes pas le seul responsable du drame fataliste. drame tes et brutales. Miillner. les idées sombres et superstitieuses. Houwald composent des pièces puissamment tragiques. du reste. se manifeste mètre trochaïque trahissent une in- fluence caldéronienne qui les domine et les pénètre. Les succès du drame fataliste. les moyens extérieurs dont fois se sert le poète pour mani- fester cette puissance (malédiction. sombres et tourmentées. autant de procédés chers à la à Calderon et aux écrivains du allemand. la prédiction sinistre qui poursuit Marianne [El mayor mônstruo. le « les plus tragiques personnages de Calderon seule Jerta. Le style même de ces drames. Werner cherche à les concilier avec les idées chrétiennes. {Dévotion à la Croix). la voix autorisée des critiques et des poètes. Espagnols de Castille. et moins dans des imitations de détail que dans l'esprit de l'ensemble. poignard). La prédestination qui sauve un bandit los celos).Influences nouvelles 83 da reste tout plein de l'inspiration caldéronienne. les péripéties. sont plus ardents et plus farouches que actes sanglants . Les héros principaux. ce cauchemar qu'elle ne le comprend pas. de sang germanique. Die Schuld est traversée de souffles âprement espagnols les passions y sont violenfataliste . Schiller et Tieck avaient ramené sur la scène Le drame à la est mode l'antique fatalité. où passe le spectre effrayant du Destin. tout contribue à prolonger cette crise d'en- thousiasme. Cependant c'est . les représentations des pièces de Calderon. Le romantisme célèbre autour de Calderon ses derniers triomphes. Werner. les y apparaît sous les formes pundonor » y parle avec autorité. Lope de Vega resta dans l'ombre. la jalousie les plus convulsives. Et c'est en cela que Calderon lui montre la voie. Z. qui sont. reste pure et noble au milieu de .

p. La traduction ne parut qu'en 1820. 5. 4. Th. n» 249. s'écrie J. p. Bouterwek même « Lope de Vega est incontesfut injuste à son égard tablement un des plus grands génies de toutes les nations des temps modernes. sous le titre Lopez de Vega (sic) iib. von J. prit la défense du poète oublié dans un article de la Zeitung fur die élégante Welt (1817) % qui annonçait et préconisait une traduction de Lope en préparation. Bd. Halm und das spanisehe Theater. » Les irrégularités de son théâtre sont celles de son temps il ne faut pas oublier que l'Aristarque de la scène espagnole était alors un savetier de tielles : Madrid. Aucun ne l'égale pour . Barth. I. On s'aperçoit de l'existence d'un Tirso de Molina. D'autres écrivains se fâchaient contre la tyrannie des Schlegel et ils de Galderon. adorent le sauvage et fantastique Galderon et ne disent pas un mot d'Otway ^ » 1.84 L. n" 64. Schreyvogel *. Fr. 13. p. 19. 1985 (16 déc). il se plaignit qu'on eût sacrifié à Galderon un poète si grand. Zeil. A. Sa fécondité est une preuve de l'énorme grandeur de son génie '. et jusqu'à sa fécondité. Schneider. fiir die eleg. 1817. : Schauspiele des 3. : l'abondance de l'imagination. une voix s'éleva pour protester contre les injustices de la nouvelle critique. chez J. La préface reproduit l'article de 1817. qui n'était pas dans le camp romantique et qui se flattait de renouer les traditions critiques du xviir siècle. C'étaient le ton et les idées et les points de vue de la critique préromantique. Welt. Leipzig. 521 sq. Corneille et Goldoni. « Ces Schlegel. la richesse de l'invention et l'ardeur de la fantaisie. Tagebûcher. 1903. On a reproché à Lope son irrégularité. Soden. Berlin. développé et allongé d'une bibliographie. Graf von Soden. Tieck et le Théâtre espagnol Lopeque Uhland étudiait à Paris en 1810-11 K En 1817. (31 mars). p. 2. auteur de Don Juan et ancêtre de Molière. . qui sont les qualités essen- du poète.

VAlcalde de Zalamea et. disait La Motte Fouqué. 1815. il semble que roniennes : les romantiques n'aient pas eu beaucoup d'illusions sur ses sympathies caldé« Je n'ai qu'à rappeler. Elster. (16 déc). I. Gefûhle. beaucoup de bon si vous autres poètes vous ne vous étiez pas rendus étrangers par vos lectures grecques. Hrgg von Max Morris. Les premiers coups sérieux furent portés par Solger et 11 and Ansichten (paru en 1819). » C'est dans le même sens que s'ex- primait la Zeitung fur die élégante Welt. t. Arnim lui-même) refuse de soit du poète espa- y eut bientôt quelque flottement dans l'enthousiasme. Le critique cite.Influences nouvelles 85 Quant au public. bouche de son directeur de théâtre des paroles sévères à l'adresse du poète la Arnim pouvait mettre dans ' : espagnol deron. . 38. Heine. Bilder 2. espagnoles et anglaises. 182. p. n" 248.. Werke. émue et édifiée *. par la puissance de sa profonde poésie et de sa pensée. t. p. 1. * et d'irréconciliablement étranger ». 150 (été 1820). comme exemple. p. mettre sur la scène quoi que ce gnol. Leipzig. le monologue de la jeune fille. Cf. notre public qui met ya là ces pièces tantôt trop bas. Hcsse. tantôt trop haut. Je cite d'après les Ausg. en particulier. éd. ouvert des voies nouvelles. il ne vous serait pas difficile de tirer de ces pièces quelque chose qui intéresse. p. la plupart des jugements portés sur Calderon car s'il a parfois. (1816) VII. par son caractère vivant. il « J'ai lu cette nuit quelques pages de Cal. » Et le directeur (en l'espèce. 4 vol. 1982 sq. sur cette désaffection du monde romantique. 3. « La langue imagée et orientale de Calderon lui semble avoir quel- que chose d'étrange et de bizarre pour l'Allemand. la grosse masse des lecteurs et des spectateurs n'en reste pas moins plutôt pétrifiée d'étonnement que vraiment .

des longs entretiens qui eurent lieu sur la poésie et sur Shakespeare en particulier. la joie que vient de lui faire 1.86 L. Gries lui contait les malheurs de son Calde- ron^ qui ne trouve pas de lecteurs et dont l'éditeur s'est lassé. En 1817 surtout. Il connu Tieck dès 1808. beaucoup de cho- ses à dire sur sa haute perfection. Nachgelassene Schriflcn. Solger fit un assez long séjour auprès de son ami leur correspondance renferme le souvenir . son doctrine à voir dans propre maître. Les autres amitiés de Solger ne pouvaient que le confirmer dans ses sympathies hispanisantes. L'évo. dans l'œuvre d'art la suprême expression de Fldée divine. . il est amené par sa l'esthétique la clef même de la philosophie. au nom de principes nouveaux. surtout vers Shakespeare et Calderon. mais ne commença qu'en 1811 ce long avait commerce de dominer tout lettres et le de visites qui allait désormais développement de leurs conceptions. au nom d'un ro- mantisme renouvelé. Après avoir porté à Calderon comme à la littérature espagnole un intérêt fugitif. On dut aussi causer beaucoup de Calderon. tres philosophes romantiques. ISi:). Solger confiait à Abeken qu'il venait de lire le Mage ^ « Il y aurait. En 1816. En 1817. car c'est juste à ce moment que s'éveille de nouveau l'intérêt de Tieck pour la poésie espagnole. Tieck et le Théâtre espagnol Tieck. ses relations personnelles qui dirigèrent ses préférences vers la poésie proprement romantique. le rencontra de nouveau en 1810. 534 (23 fév. comme lution de sa pensée l'entraînait vers la poésie ce fu- rent. » En 1818. autant que ses théories générales. Schelling. il an- nonce au même Abeken l. Solger s'en était éloigné pour se plonger dans les mystères de la recherche métaphysique mais comme d'au. dit-il.

Influences nouvelles

87

un nouveau volume de Galderon'. En 1819, cependant*,
il confesse qu'il est loin de connaître toute l'œuvre de Galderon; ses multiples occupations l'empêchent d'en mais il a le sentiment de posséder la lire davantage
;

vérité et de pouvoir, de son point de vue dominateur,

juger de la beauté en général. Solger rencontre donc à tous les tournants de sa

drame espagnol, et est obligé de lui faire une dans son système il l'apprécie, non pas comme place un historien informé et impartial, mais en esthéticien, appliqué à découvrir le sens profond et les lois généroute le
:

rales de l'œuvre caldéronienne.

Le drame
tik
',

est,

d'après ses Vorlesiingeii ûber Àsthe;

la représentation

l'Idée

de l'Idée dans la réalité mais ne saurait s'exprimer directement Qt sans inter-

médiaires. Le

drame moderne présuppose

tout

un

sys-

tème de concepts, qui doivent être représentés dans une action réelle et qui à leur tour renferment une Idée supérieure *. Dans ce sens, on peut dire que le

drame moderne
de Galderon,
le

le drame même drame espagnol en général. Il consiste

est

symbolique. C'est

dans un faisceau de concepts sur l'amour, l'honneur, la religion, la chevalerie, auxquels la réalité doit répondre parfaitement, mais qui heurtent parfois violemment cette réalité et déchaînent ainsi les conflits dramatiques qui forment l'action. De là, le caractère moral et lyrique de tout ce théâtre
ventionnels. Dans le
1. 2. 3. 4. 5.
'.

Mais ces concepts sont parfaitement arbitraires, condrame espagnol, les motifs de réaIbid.,
Ihid.,
I,
I,

p. 606 (23 janv. 1818).
II, 605).

706 (1" janvier 1819) à Tieck (Cf. aussi Editées par Heyse, Leipzig, 1829.
Ibid., p. 319.

Ibid.

88
lité

L

Tieck

et le

Théâtre espagnol

sont conçus abstraitement et groupés
;

suivant

un

certain système

les idées
fait

d'amour y sont tout à
sont considérés

de religion, d'honneur et abstraites. Leurs rapports
d'avance
;

comme

définitifs et arrêtés

chaque cas particulier doit s'y plier. Voilà qui est bien commode pour le poète qui n'a plus dès lors à se préoccuper de l'analyse et de la peinture préalable de ces
idées'.

Mais cette abstraction n'est pas ce qu'on a cru la poésie espagnole ne cherche pas à magnifier des concepts aussi abstraits que l'honneur en général, la religion ou l'amour cette fausse interprétation a valu de nos jours à la littérature espagnole un enthousiasme qui ne lui revenait pas *. Ce qu'on y trouve, ce sont
:
;

des lois sociales

et

bien précises,

communes

à tout un

peuple

;

cette

communauté des

idées générales est une
l'art.

des conditions essentielles de

Tieck l'avait déjà
;

affirmé dans la préface de son Alt-Englisches Theater

Solger reprend ses théories sur la nationalité artistique
et le

conventionnalisme du grand drame espagnol. Cette

simplicité de l'analyse, l'abondance de la langue, le

dogmatisme du ton donnent à ce drame une allure épique, ou plutôt une tendance incertaine, tantôt épique et tantôt lyrique \ Le drame de Galderon sort donc des limites du genre aussi Solger a-t-il beaucoup de peine à l'enfermer dans ses définitions il ne condamne pourtant pas encore, mais ces restrictions valent déjà
; ;

des critiques.

Sa pensée continue, grâce à une étude attentive du
théâtre espagnol, à se développer, à la fois dans le

1. 2.

Ibid., p. 174. Ibid., p. 175.

3.

Lettre à Abeken, Nachgelassene Schriflen,

t.

I,

p. 574 (15

nov.

1817).

Influences nouvelles

89

sens de sa doctrine générale, et dans le sens des idées

y a entre ces deux esprits une singulière conformité de tendances qui aboutit aux mêmes formules, aux mêmes goûts et aux mêmes condamnations. Les théories de Solger sur le théâtre et en général sur le théâtre espagnol prennent corps autour
de Tieck.
Il

des Conférences de G. Schlegel. La Beiirteiliing der Vorlesungen ïiber dramatische Kunst und Literatur
(1818) constitue
le

véritable

testament

critique de

Solger
Il

'.

en mai de la même année. « J'aurai bientôt fini », écrivait -il à Tieck le 12 de ce dernier mois. Tieck vint le voir, presque malade, vers cette époque le 12 juin, le compte rendu
travaillait à cette

étude en

avril, puis

;

était

envoyé à

la

revue qui devait l'insérer, aux Jahr*.

bïicher der Litteratiir

11

fut

donc terminé

et

mis au

point sous l'inspiration directe de Tieck.

De là, les rencontres d'idées et d'expression qu'on a pu signaler et qui tiennent moins à une influence exclusivement
et

reçue par le survivant qu'à une très étroite

tfès

féconde collaboration des deux intelligences.
L'article

de Solger constate dès l'abord
Solger, trop étriquée
;

l'insuffi-

sance de la critique de Schlegel. Son étude du théâtre

espagnol

est, dit

;

on n'a guère

de détails que sur Cervantes
le théâtre

encore ces détails mancette

quent-ils d'exactitude. G. Schlegel passe trop vite sur

du poète de
et

la

Numance

;

œuvre eût

mérité un examen plus
larité

attentif,

à cause de la régu-

de son plan

de sa ressemblance, peut-être

1. Jahrbiicher der Litteratur, t. VII, p. 80-155 (de juillet & sept.). Reproduit dans les Nachgelassene Schriflen und Briefwechsel (hg. von Tieck und Raumer, Leipzig, 1826), t. II, p. 597 sq. 2. Voir, pour la composition de cet article, les Nachgel.Schriften, I,

p. 726 sq.

90

L. Tieck et

le

Théâtre espagnol

moins inconsciente qu'on ne croit, avec les anciens. Lope de Vega est l'objet, chez G. Schlegel, d'une mention trop rapide. Un poète qui exerça sur le théâtre de son temps une domination aussi exclusive, qui eut sur le goût de sa nation une influence aussi absolue, qui fut le prédécesseur de Galderon, a dans la littérature un rôle trop considérable pour être expédié en quelques lignes. Quant à Galderon, Schlegel n'en étudia que les côtés les plus extérieurs ses discours ne renferment que des généralités sur le sentiment national en Espagne. Le critique dit bien que les principaux objets de ce drame
;

furent la religion, l'amour et l'honneur

;

il

célèbre le

charme de son
il

style et la richesse

de ses images. Mais
profonds,

n'a

point

su

découvrir les

caractères
:

mais essentiels de son drame quelle est la place de Galderon dans l'art ? A quel point de vue s'estil placé pour juger la vie humaine ? Quelle est la nature de sa philosophie ? de ses créations ? de ses caractères ? de sa composition et de son art ? Autant de questions que G. Schlegel ne s'est même pas posées, et que Solger cherche à résoudre, en évitant autant que possible de faire appel à son propre système et en embrassant, non pas le seul drame de Galderon, mais le théâtre espagnol tout entier. Le point de départ de Solger est presque celui de Schelling dans le drame, une mythologie est indissecrets,
:

pensable
sente

;

il

faut entre l'idée et l'action qui la repré-

un rapport symbolique et constant. La mythologie du théâtre espagnol est une mythologie abstraite, formée par un système fortement construit de concepts
généraux sur l'honneur, l'amour, etc., une mythologie définitive, qui a fixé une fois pour toutes jusqu'à ses détails mêmes et prétend résoudre d'avance une foule

et point . comme Calderon. ne sait pas toujours garder présente la vie intérieure. est inutile et manque au théâtre espagnol. Puisque les concepts sont fixés et bien arrêtés. une grande âme. Elle a par là quelque chose de froid et de sec. la de Tieck. Solger De cette dégagea les conséquences essentielles. théorie. De là une certaine monotonie. point les limites de son sujet elle ne vole point.Influences nouvelles 91 de cas particuliers. de Aussi laisse-t-il une grande marge aux combinaisdns les collisions l'art et de la technique dramatique : de ces concepts entre eux ou avec la réalité peuvent être diversement combinées tant dans la tragédie que dans la comédie. mais systématisée et appro- fondie. les mystères des âmes profondes Leur théâtre n'a rien de psychologique. Elle exige une foi absolue et se manifeste tout entière dans toutes les actions du drame elle se groupe autour de concepts déterminés le droit . thèse même une forme nouvelle. sous Criiz). la poésie méridionale est pour une grande part l'œuvre de la raison et du calcul. : et la vertu [E/ màgico prodigioso)^ le néant et la présomption de la sagesse humaine [La vida es stieno). le salut que nous assurent la religion et la foi inébranlable {La devociôn de la C'est. Toute le la poésie des peuples méridionaux se tient dans : monde de la vie et de l'activité extérieures lui restent cachés. la thèse de 1817. du tout d'une imagination effrénée. les mêmes complications mêmes concepts. toute cette recherche et analyse des plus intimes profondeurs de la nature humaine qui est si importante dans Shakespeare. Elle ne dépasse . parfaitement cohérente et générale. qui sert de base à . Ce sont tou- jours les des qui donne au drame l'apparence du conventionnel « Il y a réellement quelque chose de conventionnel et même : mêmes données.

C'est . et sans accepter et la thèse personnelle l'allégorie » critique sur le symbole C'est lorsque l'objet signifié et l'image qui le signifie sont absolument distincts l'un de l'autre que domine manifestement l'allégorie. écrit Solger à même époque est plus précise encore. Le meilleur exemple en est le drame de Calderon. p. D'où vient à Galderon sa réputation de grand poète d'imagination particulière ? C'est que l'abstraction même des con- cepts impose par contraste une évocation de la réalité .. ses types sont en petit nombre et leur arrangement devient souvent semblable à une mosaïque. . Ibid. qui. car elle est aussi limitée que l'est le domaine même de l'abstraction et de l'allégorie.. II. 1907. Ce conventionnel et ce maniéré ont donné naissance à une technique artificielle. intense de la fantaisie manifeste dans des tableaux particuliers réalité vivante est donc à l'expression signice qui développe une activité ce drame où le concept se et précis « de la un drame du allégorique. se transfigurer donc recevoir les ornepar la variété.92 L. 706. la vie. p. la plasticité. Les idées de Solger sur l'allégorie sont exposées dans Erwin. du concept. 218. la matière doit ments les plus variés. chez des poètes moins grands et moins habiles. 3. 2. ce qui peut se prendre au sens ordinaire du mot *. Aussi tombe-t-elle dans la manière. I. Tieck et le Théâtre espagnol ces concepts » ^ Les autres poètes espagnols sont encore plus caractéristiques à cet égard. la réalité matérielle servent ficative La nature. la richesse des images. Une lettre de la tion. Schr. dégénère en « mécanisme » *. . 602. 1. Cette fantaisie n'est pas infiniment riche. 1" janvier 1819) est . L'abstracïieck (Nachyel. On ne saurait dire que Calderon en soit exempt ses images se répètent.

prend pitié du plus grand criminel il y aurait là une thèse dangereuse pour toute religion si on voulait interpréter la . véritable rêve. . Das Leben ein Kreiize. il peut reprendre indéfiniment les mêmes matériaux. le conventionnel est devenu le maniéré de là la pauvreté habilement masquée de la matière et la monotonie des thèmes c'est pourquoi ses pièces ont toujours Taspect de mosaïques. C'est d'une pensée véri- tablement profonde que de découvrir que la vie et le rêve ont même valeur que la vie n'a de sens et de valeur que si elle est considérée comme rêve la sa. Der icunderkUige MaguSy Die Andacht zum du monde. allégorie.Influences nouvelles ^3 Par quoi le théâtre de Galderons'clève-t-il au-dessus des autres œuvres espagnoles? Par le contenu profond. au su- C'est faire tort à l'artiste que de considérer son si œuvre comme un document théologique. . . mû même pièce de façon plus littérale. et c'est Mais on admire à faux la religion de Galderon. par une merveilleuse miséricorde. La Dévotion à la Croix aurait une conclusion assez fade lait on vou- en tirer tout simplement comme leçon que Dieu. et appartient toujours strictement jet. C'est parce que cette pièce a été mal comprise qu'elle a trouvé des détracteurs et qu'elle a enthousiasmé à ce point les mystiques. La Déune pièce allégorique et point y a plus de mysticisme dans Shakespeare . gesse et la prudence du vieux roi sont en définitive le rale De cette philosophie se dégage une moprécisément cette morale qui a valu au poète tant d'admirateurs en Allemagne. de la chevalerie. devenue . votion à la Croix est Il mystique. de l'amour. La religion ne tient chez lui pas plus de place que les autres grands sentiments de l'honneur. néant dans lequel la vie réelle se résout par ses contradictions. par l'idée métaphysique qu'il exprime. partent d'une conception essentielle et représentent le Traum.

nov. bien des fois calomniée. 2. 1817). Ibid. Il... 3. c'était le mysticisme. sur ce sujet. 4. 1. l. p. Tieck avait poursuivi C'était l'art un idéal exclusif. 683 (10 Ibid. laissant une et. p. Tieck re- trouva les conceptions esthétiques de sa jeunesse :«Me 1798* tal » On aurait tort de croire à . tion régulière les théories qu'il émettait en 1811 au sujet de Calderon reparaissent plus tard sous d'autres formes lieu de considérer l'art de vue qui a changé au du haut de quelques sommets.. L'esprit de sa doctrine ne périt pas cependant tout en. Tieck et le Théâtre espagnol tort que dans Galderon. . œuvre incomplète tier depuis. Et Schlegel a eu ter « l'enthousiasme religieux de tant van» *. et presque soudain. il étudiera Galderon du . mais c'est le point . ou plutôt ce qu'il appelait art. 500(30 janv. revenu en cercle où j'en étais en un revirement toses idées continuent leur évolu- de tout son être . point de vue de l'art . il reprand désormais contact i. Tieck pour sa part garda tout ce qu'il put d'une pouvait écrire à son ami influence qui avait été féconde et définitive. il l'interprète de mes idées et de : Vous êtes mes pressentiments *. 1. 1818). ! . Sol- ger lui dessilla les yeux voici.94 L. de Calderon en particulier. s'écrie-t-il. 610. inspiré de J. Nachffel. Bœhme et de Calderon. p. du poète espagnol Cette critique devait dans la pensée de Solger ser- une étude plus générale et plus approfondie de la littérature espagnole.Schr.. » : « Et quelque temps après l'art et « J'ai en votre jugement sur surtout sur la poésie une confiance presque ab» solue '. Jusqu'alors. Solger se promettait de revenir plus tard Ibid. 4M (7 mai). Mais il mouvir d'introduction à rut cette même année à l'âge de 39 ans. Dès 1816.

dans sa manière il reste grand et imperfecCalderon est « le maniériste le plus achevé ^— au sens favorable du mot — que je connaisse . Ibid. faut voir ici l'influence de la terminologie et des théo- 1. malgré leur caractère arbitraire. I. 3. une admirable profondeur et une jeune ardeur. 2. exactement à cette époque que Tieck se remet ardemment à l'étude des Espagnols. 696 (17 déc. Schr. 1818. et « un parfait ma- tible ». dit-il encore. 10 nov. la passion. ni bien dite mais il . Ibid. et tous ces préjugés. d'une allégorie grossière ou même enfantine..Influences nouvelles 95 il avec la vie. et par là se soumettent à un ordre de lois différentes. sinon supérieures '. la nature. Nachgel. sont élevés au-dessus de leurs fonde- ments naturels jusqu'à une gloire supérieure et ont. et quelquefois. écrit Tieck ^ « est absolument allégorique. l'amour. est niériste. . Solger insiste sur ce qu'il y a d'allégorique et de maniéré dans le théâtre de Calderon.. me suis encore plus convaincu j 'ai de ce carac- depuis que lu beaucoup de ses autos sacramenta- qui sont souvent d'une grande hauteur poétique. I. » La pensée de Tieck n'est point claire. mais parfois aussi pleins d'arbitraire. Calderon. les. la réalité matérielle et grâce à Solger admet sa valeur esthlétique désormais Shakespeare va grandir de tout ce que perd Calderon et Lope luimême dispute à Calderon la deuxième place. 1818). surtout dans les Loas. « Je lis beaucoup de Calderon et des poètes espagnols tant que je peux '. . la religion. grâce auxquels l'homme peut malgré toute sa raison rester homme. La Sibylle de V Orient. et je tère. » C'est Les idées qui s'éparpillent dans sa studieuse correspondance avec Solger ont une très frappante analogie avec celles de son ami. . 683.

dit un poème à G. être séduit et contrarié par l'art du poète espagnol mais loin de se plaindre de ces incertitudes. Tieck à son tour reconnut dans le système de Solger le point de vue central. au nom duquel il allait désormais faire l'examen de sa conscience et réorganiser son esthétique personnelle. lui apprenait la valeur insoupçonnée de Lope de Vega.96 ries L. Il. den Krânze bunt umglûhen. Und Galderon. Gediçhte. il allait . Tieck avait désormais les points de vue doctrine sereine et solide qui lui permetet allait lui définitifs. donner l'au- 1. littéraires et nombre de ses thèses . t. Schlegel L Son étude passionnée du théâtre espagnol lui découvrait enjQn autour de Galderon des poètes distingués. Tieck et le Théâtre espagnol de Solger Solger avait emprunté à Tieck ses goûts .. Dresden. il en savait la raison et s'en félicitait il n'eut pas de remords à chanter les louanges de Galderon . autour duquel convergeaient toutes ses idées. mais il les avait élargis et refondus dans les formes de son système. Désormais. p. 93.. 1821. couragement Tieck trouva donc auprès de son ami à la fois un enet des avertissements. . la tait de fonder ses jugements dace de la critique. : . En face de cet admirable spectacle d'art.

Ce moins préoccupé des . etc. p. publiée de 1604 à 1647 (n° 2817) * et plusieurs 1. Tieck. signale la vente de ce même 7 . Kôpke. Ses propres collec- tions. de Lope la Colecciôn de sus come. C'est ainsi qu'on trouve. mais surtout les recueils complets de Lope et d'autres poètes. Berlin.). A. celle d'Ochoa. en particulier sur le drame espagnol. complètement originale. le 10 décembre 1S-!i9 et jours suivants par MM. dans son catalogue. Cataloguée dans Catalogue de la bibliothèque célèbre de M. dias. surtout ses collections espagnoles étaient admirablement riches. 567. du reste. principes dominants que de la recherche scrupuleuse ce fut un homme de bibliothèque. trad. Asher et comp. l'édition de Bôhl de Faber. Ticknor. au milieu des critiques romantiques. Sa bibliothèque (vendue en 1849) ^ contenait des recueils généraux sur la littérature. '^ fut un érudit studieux et patient. pour laquelle le roi Frédéric-Guillaume IV lui donna des éditions espagnoles extrêmement précieuses qu'il avait achetées lors de la vente de la première collection (Cf. II. t.. 1849 (7930 n°"). Magnabal. L. exemplaire (le 7* connu. dit-il)..VI Le livre sur le théâtre espagnol (1819-1 840) ¥ A physionomie de Tieck critique est. Tieck réunit une nouvelle bibliothèque. p. Après cette vente. II. 133 sq. Ludwig Tieck qui sera vendue à Berlin. : 2. le Spanisches Theater de Zachariae et Gartner (1770-1771).

ainsi décrit Catdlogo de comedias de sous le n" 2802 du Catalogue : los mejores ingenios de Espana4 ^ i6B1 . de Richard. Tieck. 1735. Cat. Indice gêne- rai alfahético de todos los titulos de Comedias antiguas y modernas y de los Autos sacr amentales^ etc. de Moreto (2698. un catalogue de comédies en plusieurs parties. 1785. alf. de las comedias Espanolas. des œuvres de Diamante (2574). d'Aug. 1611 (2819). de J. Catalogue. Schmidt. Catal. G. celles de Bruxelles. . Teatro Espanol ^ov Don Vie. de las Comedias. de Rojas (2758) avec notes marginales de Tieck.98 L. etc. Tieck et le Théâtre espagnol autres éditions. la celle de Malsburg. 1776 (2820). W. Garcia de la Huerta. de comédies espagnoles des poètes réputés comme les plus obscurs (après le n" 2801) ^ Tieck avait aussi toute une bibliothèque érudite d'ouvrages bibliographiques et critiques. tomes II à VIll (n^ 2456).. de Tirso de Molina (2678). « Les trois premiers. 2699). Keil (2458). de Moratfn (2693. traduction allemande de 1820 (2844). la deuxième édition de Gries (2462). un nombre considérable d'éditions les plus séparées. 1° Madrid. Madrid. sont intercalés et complétés à la main par M. 1824 (2846). 2 vol. 1828(2845). de Rojas Zorilla (2760-1). 2695. Tieck possédait divers tomes des éditions de 1637-1684. contenant des notes et une notice de Tieck sur les éditions dont l'au- teur s'est servi). de Vega (n° 2761. p. De Galderon. 2696. Fr. V. un volume de Hohenthal contenant Los Bandos de Verona de Rojas et Los Castelvines y Monteses de L. Madrid. 117 sq. de 1760-1763 (2457). le Pasatiempo critico de Bohl (2461).2694. d'Alarcôn (2419). les deux derniers sont entièrement manuscrits par le même et renferment des notices biblio- graphiques et littéraires fort curieuses recueillies pen- 1. 2799). d'Eichendorff (2463). ajoute le Catalogue.

301 (7 juin 1821). parce qu'il apporte dans ses études littéraires ses goûts les plus intimes et et ses idées générales. l'in. 2. tourmenté par une grande crise 1. 11 avait été. l. Tieck n'était pas à court de bonnes intentions. L'écriture de ces notes.lurgesch. comme pour Cervantes. et souvent illisible. les feuillets inédits de la Bibliothèque de Berlin qui sont les débris des nombreuses fiches réunies au *. des bouts d'ob- servations qui devaient évoquer chez l'auteur des développements tout mais sont pour nous parfaitement insigniiiantes. deSchnorr von Karolsfeld. Holtei. y a des ana- lyses de pièces fragmentaires ou à peine indiquées. que Tieck projeta et peut-être et même commença ! livre sur le théâtre auquel l'encourageaient ses amis. . dès son premier commerce avec Galderon.Le livre sur le théâtre espagnol 99 » dant plus de quarante ans par ce savant célèbre. Les notes prises sur les ouvrages et mêmes de sa biblio- thèque. Bibliothek de Berlin sous p. Tieck est un critique original. ressemble à celle des lettres il Tout n'est pas également intéressant dans ces notes . Ses idées sont commandées moins par l'impartialité d'une étude objective que par le développement de son intelligence de ses goûts littéraires. cours des pérégrinations bibliographiques de Tieck enfin les la jugements épars dans les articles critiques et correspondance sont autant d'éléments d'un ouvrage sur la littérature et en particulier sur le théâtre espagnol. nerveuse écrites vers 1840. Briefe. grâce à la complaisante autorisation du Directeur de la section des Inédits. n" 9738. 321) qui se : le titre trouvent à la Kônigliche Tiecks Nachlass. la plus ingrate de la collection berlinoise des papiers posthumes de Tieck. Hauffen. entiers. quelques passages ne sont qu'une indéchiffrable sténographie. consulter ces notes (déjà signalées par A. De plus. p. « Où en est votre espagnol ? Escribdis. XV. mais il avait perdu la belle ardeur de ses débuts aussi bien lui manquait-il. C'est en 1911 que j'ai pu. formation scientifique qu'il sentait nécessaire. Zu Tiecks Nachlass dans Archiv fur Littera. escribâis » disait Malsburg *. c.

« La plus ancienne forme du théâtre. Schriften. il rencontre ses nouvelles métamorphoses le théâtre est devenu pastoral ou comique et se compose de motifs peu variés. XVIII. mêmes K Tel était l'état de la scène avant Quoi qu'il en soit. Tieck et le Théâtre espagnol catholique. la foi chrétienne put inspirer le théâtre et créer une puissante tradition de littérature pieuse. 1817). Schriflen. identique dans l'ensemble. ajoute-t-il. où caractères et personnages revenaient souvent . l. En suivant l'évolution du drame espagnol. Kr. 76. où moines et prêtres peuvent assister sans scandale aux représenta. « Presque aussi ancien. I. » . qui avait attiré son attention sur le caractère puissamment religieux du drame espagnol aussi lui attribuait-il une origine religieuse. tions. Tieck déclare que le plus ancien théâtre naquit en Angleterre. 3.. p. une forme particulière qui est pré. I. si primitif fûtCervantes. dernière moitié de sa vie de dominer sa pensée se détourne de ses mystiques et de ses . d'aimer sérieusement et de toute son âme Calderon et les madones de Raphaël sans croire aux formes et aux rites^ du catholicisme *. LXXI (1829). 330 (1817). 328. Schriflen. 1. où fleurissait pour la première fois une vraie et originale culture. était plus avancé que le théâtre anglais de la même époque *. 247 (1823). il. est le théâtre espagnol. t. Ailleurs (Krit. Il revendique malgré tout le droit d'admirer encore les poètes espagnols. Schriflen. Vorbericht. ples — — 2.Schr. « Depuis deux siècles et demi les Espagnols et toujours les Kr.loo L. XI. Tieck promet sur ce point de plus amdéveloppements qu'il réserve pour son ouvrage d'ensemble jamais publié sur Shakespeare. Cependant. est née du mystère \ » En Espagne surtout. 4. le point de vue religieux cesse dans la Tieck amis catholiques. t. spécialement en Espagne. dit-il. cisément celle du mystère. ce théâtre. les autos de là aussi dans le drame moderne. De là.

Kr. soumis à une forme déterminée. et. histoire véritable. in- trigues de cour. une certaine grâce. grâce à son style conventionnel. » Lorsque ce théâtre devint poésie de cour. domine. dit encore Tieck. dit générale. Tout spec- tateur qui entre dans la salle reconnaît sans hésitation ce devant lui. 2. suivant aussi l'inspiration nationale qui souffla autour d'eux pendant les guerres de l'indépendance. Schr. meurtres. du vivant de Lope déjà. formèrent une école. et qui lui donnait.Le livre sur le théâtre espagnol lOi » possèdent une véritable scène nationale qu'il a *. lui-même peut lire dans le drame espagnol la situation du peuple. Tieck à son tour considère la littérature comme une image de la culture qui lui donne naissance. I. que 1. qui . Tieck *.. C'est a fait localisé dans le un théâtre. tout temps et l'espace. tout était. or- ganise et pénètre toutes les œuvres a aussi cette inspiration le « drame espagnol Les poètes.. 328 sq. et l'historien . : quelle que fût la di- versité des sujets événements politiques. II. p. tout était déjà si fermement établi et consacré le carac- par la tradition et tant de grands talents. (1831). ils se passionnèrent pour les originalités nationales des divers peuples. miracles. et s'intéresse à ce qu'elle a de caractéristique et d'irréductible. p. IbiJ. Est-ce influence de son ami Raumer ? Est-ce plutôt le développement logique de ses propres idées de 1811 et de la tradition générale du romantisme ? Les romantiques eurent le culte de tout ce qui est indigène et suivant la leçon de Herder. ses rapports avec le roi et les prêtres le théâtre espagnol lui apparaît donc comme un excellent document historique. qui ordonnait même les éléments les plus rebelles et les plus étranges. aventures comiques. . Chaque poésie a un esprit propre. légendes. 197.

. Qu'est-ce qui caractérise ce nité y prennent drame ? C'est. plus forts que l'humanité même. Ibid. tout plein de l'âme espagnole et de la vie même des tère de cette velle. son maître. Tieck ne le condamne donc pas. la galanterie. la montagne et les bois '. la mer. la une fois pour toutes et définitivement de ce que sera foi. l'hérésie. Mais le critique trouve désormais le rapport profond qui unit ce caractère du drame espa- gnol au tempérament national. Les héros de ce théâtre sont dominés et guidés par leurs préjugés sociaux. Aucune : règle de vérité historique 1. s'affirme donc de nouveau. Les sentiments généraux de l'huma- une teinte espagnole.loa L. cette galanterie artificiel artificielle et cet sentiment d'honneur. il s'accorde pleinement sur ce point avec Goethe. *. temps qui le l'ont créé. la plaisanterie. tout. l'esprit chevaleresque. p. la royauté. l'amitié.. » La thèse ébauchée par Tieck dès 1811 et développée par Solger. plus forts que tout. des coutumes et un es- prit de cour qui souvent choquent la nature n'est point superficiel. Dramatische Blâlter. En tout cas. la religion. mais il est manifeste qu'il aime mieux la belle et libre nature d'autres poètes. « On est convenu. cette convention invariable. 2. la grâce. conventionnel. II. l'honneur. 75. L'élés'unit ment conventionnel mais intimement au ton fondamental. p. les fleurs. la nature même et les couleurs qu'il faut pour peindre la lumière. Tieck et le Théâtre espagnol poésie ne subit aucune altération nouLe théâtre espagnol est donc un théâtre unique. le caractère. même l'antiquité la 329. latines ? Qu'a donc ce théâtre de plus que les autres scènes A côté de cette tradition rigoureuse. l'amour. dit Tieck. III. règne dans le drame espagnol la liberté la plus large.

est rapproché de nous. p. : .. C'est une fâcheuse doctrine que l'illusion dramatique désintéressent. Aucune règle : aristotéli- cienne. Aussi le poète n'a-t-il pas besoin d'analyser justifier longuement les motifs . 196. p. II. Ibid. sq. ni de temps il se moque les des pédan- tesques exigences des faux savants. transporté dans le temps présent et mis en harmonie avec ce qui nous entoure tout se passe sur un même plan. sens. Schr. le spectateur voit toutes sortes de peuples. C'est le résultat combiné du double principe. Voilà ce il est qui donne à ce drame son caractère artificiel souvent un défi à la raison. IV. p.. Ibid. les acceptés tion est n'est pas comme ils sont donnés. des extraordinaires. . 329. 4. 1. sans oublier un instant ni lui-même. 329. Ibid. Kr. d'une raison artiste \ et du bon II. Espagnols s'en effets En Espagne. convention et liberté.. : l'œuvre surtout d'une subtile dialectique. ni ses mœurs '. ni de lieu. sur lequel repose tout le théâtre espa- gnol. les terbandes de brigands. 2. la et de événements sont logique de l'ac- le dénouement moins arbitraire que le reste *.. 3. 184. Ainsi la vie et l'âme de l'Espagne absorbent et même les éléments les plus divers donnent à tous la marque caractéristique de la race. Le rythme de l'action dramatique n'est pas chez les Espagnols le rythme ordinaire du drame et de la vie la pièce espagnole s'ordonne en antithèses symétriques la trame et le style même sont tout en contrastes *. d'événements étrangers. . 185 (1827) et 11. ni son pays. 5. livre sur le théâtre espagnol io3 même la solitude des montagnes. II.Le plus reculée..328. Ibid. II. ribles : tout près des spectateurs '.

2. Cf. p. inspirée par les thèses personnelles et les sen- timents littéraires du poète. c'est précisément cet allégorisme poétique. de féerie et d'enthousiasme*. II. 247.. Miracles. services religieux. I. Ibid. Chacune des bonnes pièces de Lope est con: duite les comme un conte plein d'une haute poésie . p. '. p.1 04 L Tieck et le Théâtre espagnol Cependant le ton fondamental de ce drame espagnol est romantique c'est un conte et c'est de la vie réelle '. Vorberichi zur 5. Ibid. IV. se reflètent mystérieusement l'éternité il et néant parfois aussi.. 1. 329 sq. Tieck voit dans le théâtre de Lope et de Calderon cette dualité singulière qui montrait dans l'âme romantique les exigences d'une raison puissante et subtile en conflit avec les essors les plus insensés d'une imagi- nation insatiable et d'une irrésistible sensibilité. la XXIV. rappellent drames de TEspagne. même choses les plus ordinaires de la vie y sont enveloppées de poésie. II. d'idéal. « Calderon et beaucoup de poètes espagnols sont » allégoriques et glissent assez souvent jusque dans l'allégorie froide. . il conduit notre imagination au bord de l'abîme. 196. XI. le où . qui résout en rêve et en vision la vie cet Comment tout entière au lieu de lui donner une expression exacte et précise . 313. ses autos en partiétrangement les mystères *. t. apparitions du Christ ou de sa mère ne sont pas rares tout est au serPar là les . antagonisme profond peut-il être dénoué ? L'art espagnol est un art allégorique.. Ibid. 184. Sa critique reste donc. 154. §èche personnification de l'idée. t. Ce qui caractérise son théâtre. 3. malgré le ton objectif qu'elle re- cherche. IV. dans 4. 11. Schriften. légendes. Lieferung. Ibid. produit des choses insipides et ineptes culier. messes..

et fut aussi conduit à des rapprochements qui l'aidèrent les En même temps que à éclairer encore davantage ses idées. le théâtre Il n'ignora pas grec . poussé son enquête. « Calderon et l'Escits *. Ibii. Kr. pièces mythologiques.. et d'autre chercher critique les part à les rapprocher de nouveau et termes de la conciliation nécessaire. C'est donc partout la même inspiration allégorique ou symbolique. 3. points de vue s'en trouveront tout ensemble élargis et œuvres de Lope et de Galderon. Il a assis ses idées littéraires sur une esthétique puissante et affermi ses jugements. II. et en particulier beaucoup de lyrisme '. à les distinguer nette- ment.Le livre sur le théâtre espagnol io5 vice de la religion populaire. Tieck étudiait le drame des autres littératures. quelque manière. le 1. Les autres genres. La l'apet tous ses que Solger appliquait au Fortunat^ Tieck . d'interminables ré- mélange des trois éléments poétiques. c'est une pensée. la liberté d'allures. pièces historiques. qui avait déjà inquiété le critique du Phantasus et avait surtout frappé Solger. 11 a appris de son ami à dissocier l'idée et la réalité. Schr. 2... depuis. 223. 11 trouvait chez les Grecs quelque convention *. peu décadent il Euripide surtout plut à son goût un aimait chez lui ce qu'il a de moderne. et la légende s'est ou- verte à tous ses souffles. Ibid. 195. Mais Tieck a. 194 . pliquera désormais aux œuvres étrangères renouvelés. pièces politiques et : comédies ont plus ou moins le même caractère ce qui donne à l'œuvre son unité. tragédies bourgeoises. II. . il ne s'en tient plus aux généralités audacieuses et superficielles. l. qui peut lui être extérieure et que beaucoup de modernes nomment Idée.

l'anti- cherchent comme » elle à réunir des éléments qui semblent s'opposer glais. 2. faire paraître l'anglais prosaïque. . Le drame anglais n'a pas cette galanterie et ce point d'honneur artificiel. dit-il. Kr.. 3. Schr. gnol est : dit-il. études et nouvelles. vise avant tout à la vérité individuelle des caractères. Où est l'art suprême ? 11 semble que les préférences du critique aillent à l'art de Shakespeare « Ce qui peut.io6 L. à la logique dans tie le développement de l'action. 182. car ils pendant de *. et s'appliqua à comprendre mieux l'un par l'autre. à la minude l'explication psychologique. l'occasion de eut bien des fois comparer le théâtre anglais au théâtre espagnol. II. poussée souvent à l'extrême. IV. ces et ces mœurs et sentiments du monde de la cour. Ibid. mais heurtent à la fois la vérité la poésie et blessent nos sentiments humains eux-mê- 1. IV. Galet tous les poètes de sa nation au contraire se repètent indéfiniment. se développe et s'agrandit ébauché en 1811 Tieck se préoccupe surtout de noter les divergences. qui sont des pré- jugés du moment.. à l'ingéniosité du plan et de l'architecture au contraire le drame espa. c'est précisé'. par lallégorisme et révocation des forces les plus secrètes de la fantaisie *. Le drame anglais. Tieck fut surtout un fervent admirateur du drame anil étudia passionnément Shakespeare. Le parallèle qu'il avait à peine . remarquable par la finesse dialectique. Ibid.. 197. ment deron ce qui fait vraiment sa poésie » Shakespeare crée sans cesse des œuvres également originales. Tieck et le Théâtre espagnol le pagne forment en quelque sorte quité grecque. et dédia à leur souvenir traductions. ses pré11 décesseurs et contemporains. 152 (1827).

Schriften. a souvent. ses figures n'en gar- dent pas moins leur sublime et pure poésie ". par contre. Tieck professa pour elle une admiration soutenue et enthousiaste. Nachgel. est il n'a fait presque » aucune. « peut-être supérieur à Calderon. Tieck ne méconnut pas Lope.. Pour. II. IV. quelque chose de bizarre qui fait presque rire. p. mais Lope. Lope de Vega est-il plus grand que Calderon? Dès 1818. 696. y a là une dififérence de races ce qui aux yeux de l'Allemand ou de l'Anglais est considéré par l'Espagnol comme secondaire. au plus fort de la passion. Ce fut pendant longtemps Calderon qui lui sembla le plus pur représentant de ce drame aussi est-ce à Calderon qu'allèrent d'abord ses hommages passionnés. et s'intéressa vivement à cette œuvre immense et hétérogène. dans sa correspondance avec Solger * se manifestent des incertitudes. qui ne sépare pas le comique et le sérieux. 4. 2. tant. et quoique l'ironie du poète plane parfois sur les scènes farouches et violentes. 331. peut-être aucune œuvre parfaite. 132. Ibid. ce qui est pour l'Espagnol vraie poésie et vrai drame est pour l'Allemand irrévocablement étranger. il Dram. Il est le plus essentiel : le drame espagnol au contraire isole le tragique et le comique.. I. 73. III. Shakespeare il est théâtre espagnol'. Schr. Quoi qu'il en soit. . la collection complète de ses comédies. C'est dans le comique que l'Espagnol reprend l'avantage l'Anglais. chose rare de nos jours.il posséda. et quelques réserves qu'il fasse au sujet de la Comédie espagnole. 1. Kr. dit notre poète.Le livre sur le théâtre espagnol 107 mes '. Dès lors. 3. Blâtler. exempt du conventionnel du non plus de ces récits qui pas n'a : n'en finissent plus et qui sont souvent presque indépen- dants du reste.

Tout cela se retrouve sans doute dans Lope. 4. IV. Schr. . les contes les plus étranges. Kr. 182 (1827). pearien. Ibid. 2. presque aussitôt que le théâtre anglais.. sont diamétralement opposés. des apparitions. Ibid. dans Shakespeare. Lope et Shakespeare. 329. p. Blâtter.. mais au fond. Lope n'est pas comparable à Shakespeare ne veux en aucune manière le mettre à côté de Shakespeare '. qui rappellent par leur conception le genre de Goldoni. des aventures héroïques.. c'est précisément ce qui est commun à toute l'époque. Il. Ce que Lope a de Shakes» : peine des ressemblances entre ses pièces. » On l'a nommé le Shakespeare espagnol c'est que probablement on ne sait pas tout ce qu'a d'original le poète britannique. p. Schr. Tandis que Shakespeare en impose à Tieck par 1. 182 sq. 380 (1834). des comédies où l'in- prédominent tantôt l'étude des caractères. 99. là des hasards singuliers. des légendes religieuses. tantôt est trigue. . aflaires des événements politiques. X. Ce grand poète a produit des œuvres dans presque tous les genres possibles. des de meurtre. pas d'autres critères. Il.Jo8 tient L. 5. 6. et surtout pour le créateur de la scène espagnole '. II. Novellen. Les Allemands ont été. A>. IV. 3. Des scènes de la vie bourgeoise. et mélange du tragique du comique beaucoup n'ont .. ici des passions. IV. tout d'une si surprenante diversité qu'on trouverait à * Malgré « Je tout. « Le théâtre espagnol fut fondé par Lope de Vega. surtout frappes de ce qui n'est pas conforme à l'art français le : violation constante des trois unités % la passion.. 182 et Ges. Ibid. 350. la scène anglaise et la scène espagnole. Dram. Tieck et le Théâtre espagnol Lope pour un grand poète \ pour un écrivain richement doué *. t.

Farinelli. Leipzig). Tieck avait le sentiment et le goût de la saine et large nature. Schr.éd. C'est ainsi qu'il citait les Autos de Lope». 1. toutes sortes d'éléments de ses anciennes conceptions idéalistes. Werke. les anciens dieux dans le temple des noupelle : ce qu'une note encore inédite ap- veaux. de la vie et de la réalité. ce qu'il admire le plus dans Lope. ses hésitations et ses réticences. p.Le livre sur le théâtre espagnol 109 sa profondeur.. où les tendances les plus contradictoires se supportèrent assez bien. et ne manquait guère l'occasion de manifester sa connaissance du poète espagnol. avec leurs Loas. Il rencontra Lope dans nombre de ses excursions à travers la littérature. 10 nov. mais ce fut une âme compliquée. Gegenstândlichkeit. I. son ennemi le plus ardent. c'est précisément grande naïveté Natur. Wahrheit. aussi A. 11 (1837). Dès 1818. De là. Grillparzer und Lope de Vega. 80 (1827). Tieck était donc arrivé à une conception que Grillparzer. 2. Xlil. . Kr. mais parce que son propre goût ne savait prendre parti. et Lope lui offre un des plus admirables exemples de cet art vivant et pittoresque. 683. avec les beaux dédains d'une certaine école pour la réalité. Schriften.le Niievo mundo^ qui n'a point su donner à ce sujet un Nachgel. ne devait énoncer que beaucoup plus tard '. Tieck a rompu avec le mystique idéalisme. Cf. Cette rencontre des deux antagonistes prouve que leurs esprits étaient moins inconciliablement opposés qu'ils l'ont cru. 3. 18. et ce qui lui semble la manquer '. Moritz Necker (Hesse. Voir Grillparzers sâmmll. 1818. et qui garda précieusement. : . p. II. t. 11 n'ose pas préférer expressément Lope de Vega non qu'il ait eu peur des partialités caldéroniennes des autres romantiques. à Galderon. à côté du réalisme nouvellement conquis. ni condamner ce qu'il avait aimé.

i\ovellen. p. IV. p. comme la reconnaissance d'intérêt . La Cloche d'Aragon. Classés parmi les papiers inédits de Tieck de la Kônigliche BiCf. Ces notes de Tieck ressemblent étrangement aux analyses ' : où Grillparzer écrivait au jour le jour ses appréciations sur les pièces espagnoles.> 'O L. » t. 139 (Los melindres de Becaractère de Belisa. Belisa est « geziert. qui est l'histoire d' Alarcos ». tout avec exagération « les caractères ne sont pas plus intéressants que l'intrigue. Tieck et le Théâtre espagnol peu iiigi'afc dintérôt et de vivacité dramatiques S La Fuerza lastimosa. . pièce. l'intérêt ne pro- gresse pas. et le dénoue- ment est possible à chaque moment. 3. lisa) n'aime pas davantage le pruderie. qui est malheureusement la scène principale : bliothek de Berlin. 9738.. celui du roi moins que les autres les aventures ne sont pas motivées les grandes scènes. 2. Sa/nm/i. t. El Mayorazgo dudoso. C'est tantôt un simple ré- sumé de est des l'intrigue « : la Nina de plata elle est contée assez minutieusement. Werke. renferme certai- nes grandes beautés pour la Dama une grande place nisch ». Werke. furchtsam. médiocres de Lope.X. Cf. tous les personnages sont des comiques >>. 5. Ibid. « Très bonne Sâmmtl. 382. XHI. La pièce. d'après Tieck. XIII. Tieçks Nachlass. et au fond. 350. Bien que cette comédie soit beaucoup plus faible que la précédente (La Z)«ma 6oô(Z?). qu'il appelle une sotte entêtée. mais admire beaucoup les scènes où Jse manifeste sa Grillparzer. lau. n" 13. ajoute Tieck en terminant. 1. 4. Ges." . comme melindrosa. p. mais *.elle n'en est pas moins remarquable ^ El Mayorazgo dufigures doso est. Grillparzer. manque dramatique les caractères n'existent pas. assez invraisemblable et . sauf de l'action. 130 une scène. le Tantôt au contraire. Les papiers inédits de Tieck contiennent divers jugements sur des pièces de Lope La Nina de plàta^ La Dama melindrosa. l'analyse littéraire prend » .

. dit Tieck. est intelligente. t. » L'Arte Niievo.) Krit. Sçhriften. II. . groupent d'autres poètes dramasi grand par ailleurs. 246. des grands traits puisés dans la vie ordinaire. Sçhriften. elle est presque bâtie comme une nouvelle et a tout à fait le caractère nouvellistique » *. « Le début est excellent. Dram. Cervantes % . trop raide pour être une plaisanterie. . IV. car 246 et 3. XIII. A par: là tout devient général et insignifiant. t.1 Le livre sur le théâtre espagnol 1 1 du prisonnier et de son fils. ne fut critique de Lope. 100. p. mais puissant et extraordinairement doué. Une jalousie de femme dans la première scène. Ce n'est pas une des meilleures pièces de Lope elle contient cependant . mais pauvre artiste. peu instruit de l'art véritable et des lois mêmes du drame. p.. mais il ne put. Aristote et les règles qu'il admet. est la chose la plu&jnepte (das Abgeschmackteste) qu'il ait jamais écrite trop drôle pour être prise au sérieux.. Personnes et 1. Lope lui apparaissait comme un génie mal éclairé *. {Kr. Nous n'avons malheureusement pas l'opinion de Tieck en excepte le sur les meilleures comédies de Lope. Mais on peut conclure de ces fragments de critique que Tieck demandait au poète espagnol la vérité individuelle des caractères et l'intérêt dramatique des situations. p. comme d'autres. événements sont individualisés. HI. riche et varié. Blâtter. 53 sq. produit que les plus fades et les plus méprisables pièces de théâtre. une intrigue fortement construite. quoique sa dangereux pas un rival insuffisante. il n'aurait dans cette voie. comme Ben Jonson. que Molière lui-même n'eût pas mieux écrite. Ibid. grand poète. » Lope y célèbre Horace. preuve qu'il n'avait pas contir de 2. « : science de sa propre grandeur : « Heureux fut-il que son génie » ait dé- passé ses idées. « Si on début. ne produisent pas leur effet le dénouement n'est pas satisfaisant. jeter dans la balance ses Autour de Lope se tiques de valeur. plus admirable par l'ensemble de ses œuvres que par la perfection de quelques-unes.

un successeur et disciple de Galderon. ! ci ! » Mira de Mescua n'est pas. La pièce Como amante y como honrada est « prolixe. und Beredsamkeil. presque sentimentale le malentendu est poussé à l'extrême tout est développé jusqu'au bout et pourtant elle n'excite aucun intérêt. des passages entiers ont été pres- que textuellement reproduits par Galderon. Tirso de Molina ne semble guère avoir occupé notre il avait. Gomme nous sommes loin de Lope Gomme on se rapproche déjà terriblement de Galderon. V. mais sans trouver la délicatesse ni la langue de celui. car il était déjà connu et estimé au temps de Gervantes. Gesc/iic/ife der span. il étendit ses lectures espagnoles. 1. ritable original dans Tirso Bouterwek. Tieck et le Théâtre espagnol propres œuvres théâtrales. Sur Montalvàn. . Ge n'est que plus tard. ni naturel. car on prévoit la solution à tout moment. Kr. p. . XIII. 197. 80. dit-il. p. En réalité.Schr. et de la pièce El esclavo del Demonio une imitation de la Devociàn de la Cruz. Tieck n'a point dit sa pensée dans ses ouvrages critiques mais une note manuscrite témoigne de peu de sympathie. Novellen.1 1 î L. Tieck ne souffle mot..ll. manque de composition et d'art ! Des autres pièces. ni poésie.. p. Sâmmtl. qu'il découvrit le vé*. G'est plutôt le contraire qui est vrai La Dévotion à la Croix a manifestement emprunté son plan et divers détails à YEs. Werke. quand . . t. par contre. Poésie moins affirmatif que le déclare Tieck « Il aima mieux la manière plus grossière de Lope que le genre plus délicat de Galderon. » Grillparzer. . Los Baiios de Argel^ qui est une des meilleures.. 531 est : 2. Ces. de bonne heure deviné que le critique Don Juan du théâtre des marionnettes n'est pas celui de Molière et des Italiens. . comme le veut Bouterwek'. t. 63 fait expressément de Mira de Mescua un imitateur de Galderon. clavo del De?nonio . ni vérité.

TV. A Solger il écrivait dès 1818 « Cet esprit est une des plus singulières apparitions de la littérature'. La perfection absolue exige « l'inspiration qui pénètre et saisit les réalités individuelles : Dans cette sphère de la suprême perfection. Ibid. p. en 1824. BUitter. Tieck l'avait quelque temps aimé avec une exaltation exclusive .. pouvait écrire Dorothée en 1822. Tieck dénombre les plus grands poètes modernes. et point Calderon \ Quand. » Et quand. en 1828. Cal- 1. p.). Mais lorsque ses yeux se rouvrirent au monde réel et que tombèrent presque soudain les voiles mystiques qui troublaient admit enfin d'autres sympathies. il : . toutes ses puissances de romantisme et d'idéal avaient trouvé dans la poésie de l'Espagnol une nierveilleuse expression. p. p. gnol est toujours « 11 admirable » *. 72). et fit descendre Calderon de quelques degrés. Krit. n'aime plus Calderon comme autrefois '. p. Schriflen. mais elle y anvolume de Gries. La nonce 6. II. l'Arioste. p. Cf. Calderon est vraiPapa. ill'appelle le « délicat Calderon » ' en 1827 il déclare qu' « il est impossible de ne pas admirer la perfection en 1828. Shakespeare et Goethe. Schriflen. 15 {Dram.. 380 (1834). Dante. » Notes inédites de Nachlass. ' . se demande parfois « ment plus grand poète que Lope. il essaie de définir l'idéal de l'art. IV. 151. Tiecks de Dorothée n'est pas datée. 111. il cite Camoëns.Mais les restrictions si sont graves. 187. Nachgel. : il en exclut encore Calderon. 683 (10 nov. 8 . 185. la lettre Krit. 3. 5. Ibid. plus haut même que Cervantes et que Shakespeare. Schriflen.. encore II. Cervantes.Le livre sur le théâtre espagnol ii3 Mais au centre de ses admirations espagnoles resta toujours Calderon. et il avait dressé Calderon sur le plus hautain pinacle de l'art. le poète espade ses œuvres immortelles » sa vision artistique. qui parut en 1822. le 5° Kônigliche Bibliothek de Berlin. . 1. w 76. 2.» En 1822. 4. II.

le frisson Il c'est l'effroi mystérieux devant le le di- d'épouvante qui passe dans sublime. et la violence de ses passions méridionales en . II. beaucoup célébré l'ardeur '. Tieck conte que Tinspiration d'Obéron a salué en Espagne surtout Cervantes. 185 (1827). chez lui. et de VOctavianus. ni douce. est conçu suivant une cer- taine norme. dont il a toutes les grandeurs et les faiblesses.s allé Biich (1834). dit-il. 11. plus que Lope. sa religion n'est ni sereine. même le et sentiment. dont il est tout au plus un cousin « à la mode de Bretagne » *. on ne peut le comparer à Shakespeare. Mais. mais qui a eu des défauts considérables. Pas plus que Lope. Ibid. pas moins croyant. ni sim- plement pieuse vin. bien qu'il s'en approche beaucoup » Il semble que ce soit là la conclusion définitive du critique allemand. de la religion le sujet apparent de ses drames. « n'est même plus. Shakespeare s'il qui préserve la foi sans anéantir l'homme et sans sup- primer il l'est la liberté. réalité. . et ne saurait être admiré sans réserves. comme Calde- ron..114 1— Tieck et le Théâtre espagnol deron ne trouve point de place. elle 1. exagéré l'enthousiasme religieux de Calderon. II. car ne fait pas. Tieck prend position contre la critique caldéronienne de son temps. Ibid. y a en réalité une forme supérieure du christianisme. Ibid. . 257. 3.. Camoëns. Shakespeare et fondeur Gœthe ont plus de provont davantage au cœur ^ On a de même . Lope et Calderon. Calderon est le parfait représentant de la scène espagnole. ces explosions sont plus calculées qu'on ne croit tout. Calderon est un grand génie. 249 (en français dans le texte). On a.. Aussi est-ce à propos de Calderon que Tieck donne les caractéristiques les plus profondes et les plus intéressantes du théâtre espagnol tout entier. Dans Da. et a touché en Allemagne Tauteur de la Genoveva. 2.

Ibid. Tieck se demande fin d' « l'effet de ces horreurs n'est pas à la le véritable obscurcir complètement sentiment religieux. IV. Ce mystère énigmatique.. Tbid. cette angoisse et cette peur inexplipiété du foi divin. où arrive à sa perfection. (1827). 2. p. cette puissance du destin ont été mises en scène par Galderon. Dieu et la foi en Dieu doivent inspirer l'épouvante. 3. Cet élément du sentiment il reli- gieux apparaît dans beaucoup de légendes espagnoles. en son contraire Cette erreur de l'inspiration caldéronienne a exercé il est difficile de démêler le sublime du ridicule. lorsqu'un poète comme Calderon s'empare d'un sujet. 184 (1827).Schriften. cette horreur dans cable l'édification. II. «En Calderon s'unissent les deux éléments essentiels du drame espagnol le sublime de ses allégories et le comique. et d'agir ainsi à l'encontre des luttes fécondes de Cervan- 1. Kril. des histoires miraculeuses et les autos. » Mais c'est précisément cette conception fatalistique de Galderon qai lui a valu la plupart de ses admirateurs. et c'est là souvent ce qui fait sa grandeur. Cette intervention du ciel. : sur son art une influence fâcheuse plus absurdes de la fausse poésie chevaleresque. et l'emporla paisible si tent trop facilement sur la sérénité. » . Dans la plupart des cas. deviennent prépondérants. et de le transformer » '. « Beaucoup exigent que l'esprit manifeste sa présence par des effets fantasmagoriques le divin. . et la simple .Le livre sur le théâtre espagnol i i 5 n'en agit pas moins dans son théâtre comme la force profonde et secrète de la pensée *. 212 sq. il les mêle et les fond ensemble intimement \ « Aussi n'a-t-il pas craint de reprendre les thèmes les .

dramatique ne sont distinguées absolument que par les esthéticiens elles peuvent se pénétrer et se confondre dans tous les genres. mais ils sont parfois trop froids et parfois même ampoulés et arrivent. Tieck avait appris de Solger à différencier les genres le drame doit désormais être avant tout dramatique. 2. déclare Tieck. et ses chevaliers vivent sique : « entourés d'une admirable muQuels transports lyriques de la passion. . III. Ibid. : poèmes épiques. Ibid. 1828. Aucune pièce. mais l'une doit constituer la base fondamentale *. consciemment. 194. L. ? C'est qu'il est pu échapper un merSes héros un véritable poète lyrique.. à se parodier eux-mêmes Peut-il » en dehors de l'opéra. p. 1826. de l'amour de la piété dans ses romances ou ses stroQuels tableaux. . Il. ailleurs sans ^. » Cette réserve marque une rupture définitive avec l'idéal des jeunes années. est d'être un génie parde Calderon le défaut essentiel 1.. Ces airs de bravoure appartiennent essentiellement au génie du drame espagnol. Scftr.11. Tieck et le Théâtre espagnol Gomment tous ces défauts ont-ils aux admirateurs de Calderon veilleux poète. « Les trois sortes de poésie lyrique.. Il y a même un excès de lyrisme de ses drames semblent des tranches de romans et de y avoir. romances et octaves. épique et . A>. 197 sq. Ibid. beaucoup de pièces de Calderon se rapprochent peut-être du genre cherquelques-uns ché '. 4. un drame lyrique ? C'est un point.. XVIII. II. En tout cas. quel feu phes à forme de canzone et ! de la narration dans ces liras. sq.ii6 tes '. : La grandeur de Shakespeare faitement dramatique . Vorrede. sur lequel on peut discuter longuement. 3. presque aucun acte ne manque de ces morceaux d'apparat. le vouloir.150.

à quelques nuances près. 27). de sentir la fraîcheur des vallées. à peine sortis du frai et dégagés de cherchent 1. Galusky. p.. . des montagnes. la poésie subjective dé son drame. Paris. Il dépeint les mœurs des oiseaux « qui dirigent leur vol rapide à travers les vastes espaces du ciel » . Ce lyrisme du théâtre caldéronien s'exprime particulièrement dans ses descriptions de la nature. par de gracieux contrastes. on rencontre fréquemment chez Calderon et chez ses contemporains des descriptions éblouissantes de la mer. est entre guillemets. et c'est toujours le trictive et même ton d'admiration res- florissante de critique défiante ^ « A l'époque la plus de la comédie espagnole. 69-70. Louis Tieck. montagnes. op. Une lettre de Tieck à Alexandre de Humboldt note les procédés habituels et quelques réussites du poète espagnol.Le livre sur le théâtre espagnol 117 : est ce qui fait par ailleurs le meilleur de sa puissance son inspiration lyrique. dans le jugement sur Calderon et Shakespeare. composées mais dans le mètre des romances et des canzone presque toujours ces tableaux sont semés de traits allégoriques et chargés de couleurs artificielles. La préface de la traduction du deuxième tome est de juillet 1848. Il. et non la nature elle-même. est tiré d'une lettre inédite adressée à l'auteur par M. pp. et la note 100. p. Voir Cosmos. « Tout ce qui. Traduit par Gh. à la les liberté dont jouit toute la nature organique. La lettre de Tieck est de 1847 (Holtei. 1855. qui nous empêchent de respirer l'air libre. le prince Sigismond déplore sa captivité et l'oppose. les poissons « qui la vase. des jardins et des vallons couverts de forêts. cit. Essai d'une Description physique du Monde. 464. t. de voir les . » Le Cosmos parut de 1845 à 1862. Dans la comédie de Calderon intitulée La Vie est un Songe. Leurs vers harmonieux et sonores nous mettent toujours sous yeux une description ingénieuse qui revient uniformément. II. par Alexandre de Humboldt.

s'écrie Sigismond désolé. comme on ne saurait le contester. dans la comédie du Prince Constant. Le lyrisme de tinct et Galderon lui apparaît conventionnel. souvent môme même en liberté. Dram. moi chez et l'esprit qui la vie est plus active puis avoir la et les appelant à son aide les antithèses. Si. dès le début de sa carrière romantique. excessif et précieux. 2. que Tieck n'établisse pas formellement ce parallèle est évident qu'il préfère il l'atmosphère poétique dont le poète anglais se plaît à envelopper ses figures. porté aux questions de la métrique et en par- aux rythmes variés du théâtre espagnol ne se dément pas dans son âge mûr. et moi. devant lequel les plaines n'ouvrent un libre chemin . la forme sous laquelle il s'exprime se confond avec son esprit et son génie ^ » Le pied qui répond le mieux ticulier 1. « Ghez tout vrai poète. . L'intérêt que Tieck avait. je ne de cette manière. la littérature dramatique doit surtout s'occuper des événements. p. dont l'immensité semble ne pouvoir suffire à leurs courses aventureuses. BlUtter. des passions et des caractères et les descriptions de la nature ne peuvent être qu'un reflet extérieur des sentiments des personnages. que Don Fernand s'adresse au roi de Fez. » C'est plus libre. Cosmos. 191. comparaisons subtiles et tous les raffinements de l'école de Gongora. Shakespeare l'emporte sur Galderon par cette parfaite adaptation de ses élans lyriques . Tieck et le Théâtre espagnol déjà la mer. II. 1.ii8 L. Il n'est pas jusqu'au ruisseau dont les détours sinueux serpentent à travers les fleurs. en trop comme artificiel. 70. bien *. somme trop dis- nettement extérieur à l'action drama- tique. aux tableaux fantastiques et trop ornés des Espagnols.

Calderon métrique : ses déclamation du vers caldéronien. . mais il dit-il. 2. Krit. Schlegel.Le livre sur le théâtre espagnol 119 au tempérament espagnol est le trochée. à des questions subtiles ou de profondes et bizarres réponses. » Dans Cervantes luttent encore le trochée et l'iambe Lope a des vers iambiques de 11 syllabes on n'en trouve plus aucune trace . les sonnets aux antithèses. atteindre à la plus grande beauté. I. et. Mais il n'y faut pas voir un mètre élégiaque comme chez les poètes allemands les « romances » espagnols sont en général courageux et violents le trochée est le mètre rapide et enthousiaste '. 189 sq. doivent être débités avec la plus grande vivacité et rapidité. avec violence et passion . la lira aux éclats de la passion ou aux tableaux de la nature. spirituels et ingénieux. quand la scène l'exige. C'est le « ro- mance « ))qui l'a naturalisé dans lalittérature espagnole. « Les récits. Dram. les répétitions : peuvent. A ce propos (p.. Tieck s'est. le tercet est rare *. Schriflen. offre la plus grande variété rythmes sont admirables et caractéristiques la stance est réservée aux descriptions magnifiques. grâce au débit. L'acteur. Grics et Malsburg d'avoir traduit Calderon dans les mêmes rythmes qui lui sont propres. 121. qui sont presque toujours tendres ou badins. en homme de théâtre. Les trochées rimes. avec plus d'animation encore que le mètre de la conversation ordinaire. III. préoccupé de la dans Calderon . doit doit le dire. les longs discours de Cal- deron qui sont presque toujours assonances. mais semble douter que ces mètres soient propres à la scène allemande. respecter le trochée. si possible. rarement 1. .. . BUiller. . . c'est les parenthèses ils par là qu'on fait accepter la minutie de leur description. Ses trochées ont toujours beaucoup de douceur et une admirable harmonie. 191) Tieck félicite G. dans les parenthèses.

est qu'il connaît à la fois dans le texte et dans les traductions de Gries et de Malsburg. 49 sq. 356. ni se troublent à la vue du « nu et du naturel. Krit. 330. » . Tieck fut un lecteur admirable ce sont ici les règles de son art qu'il nous donne. 111. Il. 3. mais il a distin- gué nombre de ses pièces et a donné sur elles des jugements personnels. il a jugé Galderon en poète autant qu'en critil'esprit qui les que. de la poésie caldéronienne en particulier . Il a certainement mieux compris que son temps le génie profond de la même poésie espagnole. à condition que ce soit dit en belle et poétique langue *. p. 4. une des pièces les plus remarquables de la scène espagnole *. Blâlter. la passion grandiose et criminelle. rien de tout cela ne déplaît au cœur élevé de l'Es- pagnol. p. même lourde peut être quand le poète choisit les stances ou le sonnet *. Schr. Ibid.I 20 L. Quelques-unes lui parurent hors de pair. 330. . III. Tieck et le Théâtre espagnol et passionnés peuvent être dits un peu plus lentement la déclamation avec plus de légèreté. la grandeur des offensés. une des plus nobles et des plus brillantes œuvres de Galderon gination pervertie '.. IV. 2.. quent. Ibid. Tieck ne s'est les sur le théâtre pas borné à des considérations généradu poète espagnol. El Alcalde de Zalamea. Schr... Dram. le malheur suprême. II. ce que peuvent produire la misère et le désespoir. comme les Les Espagnols n'ont point l'imaFrançais ils ne s'offus. Tout ce qui est vraiment humain. II. et Krit. et c'est pour avoir cherché dans les formes extérieures du vers anime qu'il a pu pénétrer aussi intimement l'art de Galderon. (1831). Contenue. t. » Alcalde de Zalamea est une de ces nobles U 1.

La casa con dos puertas est rapproché par Tieck de La Dama duende. 3. elle est pas aussi surprenante que dans les plus prosaïque. détail et aux incidents. La dama duende^un des chefs-d'œuvre de Galderon. le bouffon est assez ». rituel et porté à l'intrigue le gracioso est très . en un mot. « Si excellente. le premier acte noue les intrigues le deuxième 1. Bibliothèque royale de Berlin. si musicale et sublime que soit la première scène de l'acte III. « La pièce est ingénieuse. quelconque .Le livre sur le théâtre espagnol m œuvres.. mais le châtiment est trop raffiné et a moins de force dramatique *. Ibid. notes inédites. Pro- bablement. 2. . » en el querer bim !) « Fuego de Dios (titre complet est une des plus ingénieuses et des plus agréables piè: ces d'intrigue : le caractère d' Angela est excellent. ir. et cette situation n'est autres pièces. Ses récits sont. une des dernières '. a tout le charme d'une nouvelle et du merveilleux luimême. mais semble trahir une certaine fatigue . par suite sommes-nous plus décidés à prêter attention au por vengarse . si parfaite. la nature et de la plus douloureuse musique » Don Gutierre a plus d'une ressemblance avec Casarse . Ibid. 88. parce qu'une bienséance de convention. trop fleuris. la pruderie et l'imagination pervertie n'entendent plus ces résonances qui s'élèvent du plus profond de '. comme d'habi- tude chez Galderon. il n'y a aucun caractère « véritable c'est la situation seule qui doit exciter tout l'intérêt. elle ne pourrait être supportée par un public français. spi. et en même temps le suprême caractère dramatique l'explication de l'intrigue précède celle-ci. amu- sant .

C'est. probablement une des plus faibles *. 4. » Les « autos » attirèrent aussi l'attention du critique. p. etc. à rattacher moment [y les innombrables liens à l'action » Darlo lodo . 51. parmi les comédies héroïques de Galderon. « Dans cette pièce règne la manière. p. » La Cisma de Inglaterra conte à d'Henri VIII et sa façon l'histoire et d'Anna Boleyn.. 5.I2Î est divisé. Tieck est dans ses Kr. en poésie celle Abnudena. à chaque On apprend dans '. s'intéresse surtout aux allégories celle de Mujer fuerte [^ Quién hallarâ mujer avec assiduité . Tieck et le Théâtre espagnol le cas. fuerte ?) lui paraît trop celle de étroite et trop accentuée . le troisième pas de progression de même où pourtant la complication s'accroît. Dram. c'est ainsi qu'il note dans ses papiers une analyse de Suefios hay que verdad son. Gampaspe) sont des Espagnols du temps de Galderon. et le sujet existe à peine. 533. téristique d'une certaine époque qu'on ne saurait nous demander de nous y transporter par l'imagination *. fatigante et pauvre de El ano santo de Roma très belle et la 1. t. 2. cette pièce à suivre pas à pas les intrigues. . p. en trois scènes. Ibid. II. BUitter. Apelle. trouve insignifiantes quelques Loas. Ibid. I. avec force allégories manifestations catholiques ^ que Duelos de amor y lealtad est aussi un drame historimais « il est si proprement espagnol et si carac.. Schr. 80. Tiecks Nachlass. et n'offre L. Geschichle der spanischen Poésie. Il se fâcha contre Bouterwek qui avait pris pour un auto la Dévotion à la Croix Lui-même étudia ce genre '". 3. La remarque de . El cubo de . no dar nada) a un caractère romanti- que les héros (Alexandre. comme c'est souvent .

Le livre sur le théâtre espagnol Jîî un pèlerinage des vertus religieuses contre le suicide.. l'un de l'autre ? Gomme Shakespeare ? » El Santo rey don Fernando représente dans la prenoble. il ne la comprend pas très bien. mais au-dessous de Galderon. est un détail de l'organisation matérielle du excellent théâtre le préoccupe à propos de cet auto. « Lasegunda esposa {y triunfar muriendo) ressemble aux mascarades anglaises la scène d'autrefois était certainement différente de celle de nos jours. mière partie le supplice des Albigeois. l'allégorie El divine Orfeo est « d'une beauté extraordinaire y est grandiose la pièce est grandiose et pro. L'organisa- du décor semble à Tieck « extrêmement remarquable » et du reste. etc. la volupté. « elle est stupidc. ' » Les autres poètes espagnols se groupent autour.. fonde. 4 Garros mais comment ? A côté ? Au-dessus dit-il. . (c . . Tieck connut un grand nombre de leurs ouvrages.. 11 y a peu d'allégorie. G'est ainsi qu'il donne d'abondants renseignements sur la pièce Casarse par vengarse. 1.. » . que d'aucuns attribuent à Galderon. mais où il préfère voir l'œuvre de Rojas le style de Rojas se rapproche . des traits vraiment grands. 11 y avait. tout y est particulier et arbitraire. ornée de la plus brillante poésie tion ». Quant à la Loa. . mais à la longue fatigants c'est plutôt une suite d'aventures que de la poésie . qui apparaît ici comme chose sainte et naturelle la deuxième partie est presque une pièce héroïque. Tout ce que dit ici le critique au sujet des autos est dans le l Nàchliss de Berlin. On ne saurait croire comment un grand génie peut tomber à l'occasion dans l'inepte. El ano santo de Madrid^ qui est à peu près de la même époque. . au contraire : c'est .

Dram... dit-il. Schr. Note inédite. dit une note manuscrite. médiocre et bouffonne. 55. et tout est saisissants. les caractères n'existent pas ».. Blutter). II. et plus terne ». Tieck rappelle El desdén con el desdén de Moreto. 313. » A propos de Lesage encore. p. 89. 82 sq.. Tieck le comparerait plutôt à Emilia Galotti. qui lui est peut-être postérieur. 74 et II. confusions. La pièce est excellente. plus d'une ressemblance frappante avec Don Gutierre. Ibid. II. inédite. « l'esprit et la fantaisie 3. 8 sq. Kr. 1. les péripéties et les coups de théâtre sont vaincante. la langue.. En tout cas. etc. I. « Cette tragédie a. 7. III. . 2. \ Amparar al enemigo est dans le style de Galderon Solis « retourne à l'antique naïveté les personnages sont souvent grossiers. Primero es la honra « débute. d'un Moreto Ibid. p. comme Giistos y disgustos de Galderon. et Kr. « pièce célèbre. .1 24 L. va-et-vient fatigant des personnages. Une grande partie de la pièce est dans la ma: : . II. Notre érudit cite en outre de Moreto Todo es enredo amor ^ et No puede ser *. moins poétique. Tieck et le Théâtre espagnol il de celui de Galderon. 75. II.11 vante encore (Dram. nière des nouvelles '. 5. ». 165. 4. Note Blâtter. Ibid. mais est plus verbeux et plus terne. p. p. II. ce n'est « qu'une ombre à côté de la pièce de Galderon » ^ Solis est dans YAlcdçar del secreto trop ingénieux et peu personnel ce sont les éléments traditionnels de la scène espagnole jalousie. la psychologie consi bien ordonné et mis en place tions ultérieures (inspirées par la subtile sagesse du poète qu'aucune des imitadu reste par Gil Blas) ne saurait se mesurer avec elle '. mais est moins ingénieuse. pénétrante et charmante » *. 6. Schr.

11. tous les anciens éléments religieux et populaires sez tard et ils ont. Salazar très postérieures à Galderon Elegir al enemigo par exemple. Ibid. et l'on peut ni de la 1. d'une curiosité très active et d'un labeur incessant. selon notre érudit. 6. 4. Tieck cite encore d'autres noms et d'autres titres. 5. Ibid. 154. voulu régenter et totalement méconnu les grandes œuvres de son passé. Schr. au hasard des rapprochements et des lectures il connaît même des œuvres de A. Krit. rogné. forme de son théâtre espagnol. Mais la poésie a eu beaucoup de peine à vivre en Espagne une censure impitoyablement « éclairée » a peu à peu que lui avaient . Tieck s'étonne que l'Inquisition ait toléré de pareilles pièces et suppose que l'esprit ecclésiastique devait alors être plus doux qu'aujourd'hui '. . Les nouvelles productions sont rait ni presque toutes sans vie et le célèbre Moratin ne sauen richesse ni en humour être comparé à un Goldoni '. IV. qui est une pâle imitation de Galderon * il signale le nom de Guellar inconnu à Nicolas Antonio '. Ibid.. Ge théâtre a trouvé des défenseurs habiles et patriotes. I..Le livre sur le théâtre espagnol ii5 Antonio Zamora fît jouer El hechizado por fuerza le roi. le théâtre espagnol a gardé. 2. 3... Ibid. on n'a « jamais réussi à détourner la nation véritable de ses poètes vénérés. Autant de preuves devant : : . p. 220. Après Galderon. Ibid. sous le* nom d'abus.. poétique et national donné ses premiers maîtres *. « Le prosaïsme et la fausse critique n'ont pénétré dans la poésie espagnole qu'as- nom des règles mal entendues. » Quoi qu'il en soit. au '. 331 (1831). le caractère religieux.

1.. pour leur rappeler quels héros ils possèdent dans leurs grands poètes. II. » Tieck revient encore la même année sur cette bienheureuse réaction de l'Espagne. Mais un Espagnol s'est insurgé. . parmi lesquels se sont élevées de nos jours les voix les plus bruyantes. IV. Kr. 185 (1827).. de sorte que c'est l'Allemand qui a été obligé de défendre le poète contre son propre peuple. que les déclarations de M. Tieck et le Théâtre espagnol avec assurance affirmer que ni Racine. Paris. parce qu'elle est solidement établie sur les besoins et la pensée du peuple '. Pitollet. ni Shakespeare ne pourront jamais transformer la scène espagnole.-J. p.) Voir sur cette affaire l'étude très documentée de G. N Bôhl von Faber et de J. « H est remarquable. . En érudit informé. Alcan. . II. de raisonnable et de poétique. de Schlegel sur Galderon et l'Espagne aient déjà provoqué une querelle. » (Nachgel. Tieck découvre des traces de ce théâtre dans l'Allemagne du xvii* siècle les Marionnettes qui vinrent d'Angleterre par les Pays-Bas appor. « Le goût pour la poésie nationale ne put être anéanti et trouva ses défenseurs. 124 (1827). La Querelle Caldéronienne de J. Par là il participe de tous les défauts de ce peuple mais par là aussi il est rebelle à Tieck reconnaît volontiers la valeur toute imitation littéraire de ce drame mais ne croit pas qu'on puisse l'acclimater en Allemagne. . et du plus terne des points de vue modernes. a pris parti contre son grand compatriote et les admirateurs étrangers de celui-ci. disait déjà Solger. Un Allemand qui vit dans ce pays les a fait connaître en leur langue aux Espagnols. Krit. La querelle caldéronienne de Bôhl de Faber avait attiré l'attention des romantiques allemands. 2. reconstituée d'après les documents originaux. 612. de tout ce qu'il y a dans cette race d'original et d'excessif. Schr. Schr. .1 a6 L. » Le théâtre espagnol de la grande époque lui semble donc l'expression la plus vaste et la plus adéquate de l'âme espagnole. Schriften. 1909. de sorte qu'il va renverser à son tour la pédantesque admiration de l'étranger *. de naturel et de grand. de Mora.

Le livre sur le théâtre espagnol 127 tèrent avec elles leur répertoire. Kr. qui était en partie espagnol*. Galderon et l'Espagne restèrent longtemps pour les Allemands des mondes inconnus. Au XVIII' siècle. II. 199. Ibid. Schr. et Galderon qu'en Espagne '\ Grâce à la révolution littéraire du début du siècle. 19. Schr. Kr.. Ges. le drame fataliste. jouent des pièces inspirées de Shakespeare. IV. 6. les conventions étriquées du théâtre et une morale mal entendue peuvent faire tort à la vraie et grande poésie '. on a retrouvé les génies poétiques du passé et on sait leur on joue rendre les hommages qui leur sont dus désormais du Galderon authentique sur les scènes alle: : mandes '. Novellen. Kr... Blàller. dès avant 1600. I. 356 (1831). 2. IV. 139.Schr. on trouve encore des souvenirs de Galderon. 4. p. Dram. car on y voit comment et le la trivialité prosaïsme. Malgré ces premières tentatives.. sans doute à travers Linguet la comparaison entre la pièce espagnole et la pièce allemande ne man. du goût. . catholique et lyrique. Les troupes d'acteurs qui parcourent l'Allemagne. « Galderon n'a-t-il pas été découvert de notre temps en quelque sorte comme une île perdue * ? » Les Allemands s'appliquent désormais à comprendre les littératures étrangères Shakespeare est plus vénéré chez eux qu'en Angleterre. 195.n. que pas d'intérêt. et transformer la c'est ainsi qu'on a poésie allemande à son image : : fabriqué 1. VA?nf marin Graiimann vient de VAlcalde de Zalamea. V. 3. 5. de Lope et de ses disciples *. 11 faut se réjouir sans réserve de ces progrès on a voulu incorporer Mais on est allé plus loin Galderon à la littérature allemande. p. 160.

Mais les poètes modernes n'ont pris à Galderon que ce personnage extérieur de son drame. 4. comme Calderon. 3. 1. ni la foule. IV. Ibid. la critique et la ou la raison conscience dans certaines limites. mais ramener de nouveau cette explication audacieuse au thème fondamental et rendre ainsi à ce dernier une vie nouvelle *. la réalité. Dram.. celui-là trouvera dans cette gêne un accroissement de sa liberté '. et se passionne pour qui l'a personnifié .. 215. Blâtter. et n'offusquaient Gelui qui se point les croyants. dont Shakespeare a fait un tableau si doux et si profond. « gédie divine. En cela encore l'imitation de Galderon a été superficielle inintelligente. p. après lui. cette grande providence que chantèrent en termes grandioses Eschyle et Sophocle. les connaît et les respecte. Tieck et le Théâtre espagnol Schiller n'est pas étranger à ce renouveau de la tra- Le destin. appeler de nouvelles interprétations. chez ces poètes comme dans fataliste. Ge rema^) 1. mais il le donne tel qu'il est. 214.iî8 L. « Galderon et ses contemporains étaient retenus par leur génie. 187. les gens à la fois poètes et pieux. Schr. . meut dans ces limites. A>.. 216. Le miracle et la légende doivent se libérer de la lettre pour s'élever jusqu'aux régions qu'ils ont créées eux-mêmes. 2. cette absurdité même ^ Ce drame fataliste est aussi drame catholique : et ce sont précisément des protestants qui s'y sont montrés plus catholiques que les catholiques et eux-mêmes *. visible qu'à certains yeux. » C'est Schiller : on a exigé plus encore on en a fait un dieu terrible et mystérieux. n'est. unir ce qui est absurde aux yeux de la raison avec les sentiments les plus profonds de notre âme. Werner ne sait pas. Ibid.

affirme ïieck. ce que les modernes n'ont point su discerner : ont imité les thèmes et les procédés de Calderon. drame religieux. . A>. tenté de créer un drame lyrique. les Espagnols *. « c'est ce qu'il a d'étrange. métrique espagnole. 247 sq. retournée à cette gallomanie. les vers de la comédie espagnole. sans pénétrer son esprit. par un détour. « Elle est.. stance. d'imiter lira. autant d'erreurs. où se donnent libre carrière toutes sortes de mètres et toutes sortes de rythmes trochée. et c'est. de l'artificiel. que nous devions nous donner la peine. canzone. et d'erreurs dangereuses. Eh bien. Guerre à ce qui n'est pas allemand. 2. Au nom de quoi a été faite la réforme littéraire au début du siècle ? au nom du sentiment national. à une gallomanie pire que celle dont Lessing avait délivré la scène la gallomanie de Drame n'a rien d'allemand : : de l'impossible et de l'irraisonné. II. /J. de la froide convention et de la barbarie » voilà ce qu'une érudition insuffisante a été chercher chez l'emphase. II.Le livre sur le théâtre espagnol 119 niement que C'est ils le poète espagnol faisait subir aux légendes religieuses leur donnait une véritable valeur artistique. Calderon de G. fut le cri unanime de la nouvelle école. Ce qu'on a été emprunter à Calderon. cela 1. a cru faire assez en chassant la prose du théâtre . romance. ni retrouver la beauté de sa langue *. Schr. disait-il à la fin de sa carrière. On on a. « J'ai cru. fataliste. espinelle. ce qu'on ne comprenait pas. d'exotique. depuis le Shakespeare et le : ïicck lui-même a sa part de responsabilité dans cet engouement. 429 (1843). » Les excès de ses disciples l'empêchent de s'en féliciter. . ce qui n'est pas allemand.. Schlegel. la littérature moderne.

le Méridional. l'imagination. Schrœder. Ibid. . des leçons étrangères qu'on mette à la base Shakespeare. 5. Ibid. chaque petit . et qu'il n'a jamais lus ^ » Ce n'est pas ainsi qu'une influence devient féconde. malgré tout. certes.. Schiller. D. IV. (28 août 1828).. etc.. puis étudions Gœthe. tienne compte. Weimarisçhes Jahrbuçh. 2. tout manque aux Allemands pour comprendre Galderon. le caractère fondamental de l'Allemand n'est pas d'être cosmopolite. Indépendance de goût. Ibid. nomme et critique des auteurs. largeur d'esprit. 210 (1827). 185 (1827). p. Tieck jugea donc bon de faire d'abord l'éducation du 1. mais avec circonspection et discrétion Et qu'on étudie sérieusement les œu« vres étrangères De progrès dans il la connaissance des littératures méridionales. 49. je n'en vois Tous veulent dire leur mot. les » : Espagnols. nous ne cesserons pas de nous étonner ^ » Quoi qu'on en ait dit. enfant est vrai aucune trace. 217 (1827). compétence. l'on veut.. IV. les Italiens.. de tout imiter. de tout accepter. « Qu'on . 206 sq. L'homme du Nord a pour faculté essentielle la raison. çais et les Anglais. Cette universalité diminue l'Allemagne si et ruine son théâtre. « Ce qui est pour l'Espagnol la véritable poésie et le véritable drame est si loin de nous qu'il faut d'abord s'y familiariser et que.. Lettre à Gries. lemands ne le comprendront jamais qu'imparfaitement. mais qu'on Les Al- représente ses pièces et laisse là l'imitation. IV. 3. même les plus difficiles. IV. qui s'éveille Faut-il répudier Galderon? Non '. Tieck et le Théâtre espagnol même âme qui exerce le charme le plus dangereux dans une » '. Ibid. les Fran- même *. Ans dem Leben von J. Gries. de tout comprendre.l56 L. 4.

par contre. Verschollene Hersensgeschichten... » Galderon.. ne semble pas avoir un succès indiscuté. moiren. ble. Que va-t-il lire aujourd'hui ? Un de ces Henri de Shakespeare qui vous remuent les nerfs ? Le terrible Richard III.. ou bien ses Espagnols qu'il aime tant ? Le Secret public ou le Juge de Zalamea ? Ces points d'interrogation pleins d'angoisse étaient sur les physiono- mies de tous les habitués. et comme Tieck gardait aussi pour Galderon son habitude 1. il passait dans la salle un soupir de soulagement. Mais si la voix disait entre les deux Der zerbrochene Krug ou Minna von Barnhelm. les initiés retomtaient avec des soupirs secrets et des mines résignées aus et dem Spanischen innocentes dans la position la plus patiente et la plus possible.. p. Le poète espagnol ne lui offrait pas le champ où pouvait se délumières : commode velopper sa maîtrise.. Berl. toutes les respirations retenues dans la chambre. bearb. Drama des Galderon. sont curieuses à revivre. Wellner. Met.Le public.. 474. et tout près.. 1881.. d'un franc point d'exclamation si ce pouvait être une courte comédie Et lorsque Tieck disait de son admi: ! rable et pleine voix : Der Richter von Zalamea. Karoline Bauer. Tieck était assis dans son fauteuil. Helmina de Ghézy partageait les appréhensions et les répugnances de Karoline Bauer. le Galderon des lectures de Tieck.il donna le signal à sa vieille Friederike. von. « Avec Galderon. dit son biographe. où se donnait rendez-vous une société choisie et presque cosmopolite. A. 11 livre sur le théâtre espagnol i5i élova la lecture à la hauteur d'un art vérita- Ces séances de Dresde.... Naçhgel. dit une auditrice '. Un silence inquiet. Les ténias trochaïques du poète espagnol ruinaient tout l'art de sa déclamation. à l'ordinaire. . « A sept heures précises. III. Tieck ne réussit pas très brillamment.

disait-elle encore. à Brentano. dans le bain artistique des trochées d'une tragédie mystique.. Helmina. » En 1843. Cf... . tu as tenu bon Prince constant lui-même. Est-ce que tu le comme t'amuses beaucoup? — J'aurais mieux aimé le Chat Botté.. Inès. il avait beau faire. c'était toujours par complaisance pour Malsburg. Fort . 2. Malsdit burg à Wilhelm: « Mon bonhomme. on ne savait bientôt plus si c'étaient Alvaro. Pendant que Tieck faisait sa lecture. la sonorité et de l'action. qui donnait l'exemple de l'auditeur modèle. pendant un soir d'été. était le grand favori \ 11 ne bougeait pas. « G'était ce que j'avais entendu de plus parfait. 1840. und ihre Sôhne.. Les soirées Galderon n'étaient donc pas amusantes en été. laissa échapper l'enfant.. Et pourtant il n'est pas possible que tu aies tout compris. Bettina von Arnim et et Karoline Bauer vont souplesse de la voix écouter la Dame Kobold Bettina admirait la pléniet la tude et la force.. Ruiz. 191 sq. II. Wilhelm. Il n'y avait pour Helmina rien de plus terrible que de se tenir tranquille.. Ghézy.. p. « J'ai de nouveau ressenti une véri*. Laura ou le prince qu'il faisait parler.. « Gependant tout Vie est le monde ne détestait pas au même point Galderon. rien ne devait bouger. fois à comprendre la comédie de Galderon 1. heureusement. 419. Oldenburg.. 1884). ce devenait même une torture. 19 (Vienne.. que j'ai appris ici pour la première '. Galderon n'avait pas souvent son tour. I. Garus aimait entendre lire et relire la un songe. Geschiçhte meines Lebens. Tieck lisait encore la Dame Ko- W. Tieck et le Théâtre espagnol de ne jamais donner le nom du personnage qui parlait. table adoration devant cette pièce » En 1840. encore sur ces lectures Meissner. Un soir après la lecture d'une pièce de Galderon. 3.i32 L. I. J'avoue. même pas. SchafThausen. 30 oct. Lebenserianerungen. p.

. grâce à la qua- de ses auditeurs. on représente Das Leben ein . reçut les titres de « Hofrat ». Quoi qu'il en soit. Der Arzt seiner Das ôffentliche Geheimnis 2 fois. continue-t-il. 2 fois Das offentliche au public toutes Geheimnis fois. si le prince Jean soutenait en théorie les tendances espagnoles. Donna Diana 13 Lebenserinnerungen. De 1816 à 1825. cette action per- Pour s'exercer sur un lité et l'autorité sonnelle de Tieck n'en devait pas moins. c'est-à-dire sous Tieck. 2. Le théâtre de Dresde n'est pas. 330. avoir une certaine portée et des conséquences fécondes. « les déboires Gutzkow du poète : Tieck avait commencé ses fonctions en essayant d'offrir les comédies espagnoles '. Tieck ne semble avoir fait qu'en passant un excès de zèle hispanophile. Elle se compléta par quelques tentatives théâtrales. Tieck fut pendant longtemps le conseil- ler dramatique. l'influence de de 1825 à 1834. le plus envahi par les drames caldéroniens. il choisissait. 3 fois Der Arzt seiner Ehre. dans Ausg. En 1825. et surtout A. la princesse Amélie s'y opposait dans la pratique. après avoir demandé conseil à Tieck. Le roi de Prusse lui- même voulut connaître ce talent du poète berlinois. p. » Mais. 1909. Voir la liste des représentations caldéroniennes en Allemagne chez Breymann. 389 sq. le critique officiel du « théâtre. qui n'eurent pas le même succès. fois. on avait joué * 7 fois Das Lehen ein Traum^ 9 fois Donna Diana. sans bienveillance. XI.. Quant à l'intendant. Der fois. p. cit. A il Dresde. ce que Tieck déconseillait. op. p. Werke. Ludwig. t.Le livre sur le théâtre espagnol i33 hold devant un public nombreux. Archiv fur das Sliidium der neaeren Spraçhen und Lileraturen. : Traum 4 Ehre 4 1. de Dramaturg» avec de sa colla». cercle restreint.. 148 sq. il s'en faut. la mission « d'assister de ses conseils et boration la direction générale du théâtre nous conte.

Die Macht des Bluts 1 fois. Ticck et le Théâtre espagnol Stern von Sevilla 7 fois. 139. L. a même ennuyé et déplu » la pièce fut sifflée. 165. conte un journal du temps. t. op. La Derliner Schnellpost s'attaque. Das Leben ein Traum ne 1.. roniennes de quelques romantiques. La presse prit parti contre la tentative malheureuse de Tieck. 1826. et 32 pendant les dix premières années de son action. 447. Tieck avait fait annoncer Dame Kobold et réussit à la faire mais les spectateurs se fâjouer le 5 janvier 1826 chèrent a.. n» 17.. Cependant de nombreux théâtres admettaient Galderon dans leur répertoire.i34 L. fur gebildele Stœnde. Friesen. Le public sut du reste faire respecter ses droits. le Journal fur 4. p. I. Tieck. CfKunsl. cit. p. p. 1826. Dame Kobold 1 fois soit au total 21 représentations de drames espagnols dans les neuf années qui précèdent la nomination de Tieck. 488. le succès de certaines adaptations et la concurrence des autres scènes allemandes *. La différence n'est pas excessive et s'explique par le caprice de la mode. . 3. et les avertisse- ments de Tieck étaient mieux écoutés qu'il ne l'eût peut-être lui-même désiré. . etc. XLI. p. Luxas und Mode. Mitternachtblatl Lit. 19. n" 212. mais à l'adaptation allemande de Hell et se plaint « des jardiniers qui veulent faire du théâtre allemand un jardin botanique plein de végétaux exotiques ou même un herbier plein de plantes étrangères et desséchées » *.. Don Guiierre (1826). Karol. Malgré les conseils de ses amis et du régisseur. non à Galderon. ne cite en fait de représenta- tions véritablement patronnées par Tieck que Die Dame Kobold. 2. « L'intrigue n'a pas intéressé. ' . Bauer. n° 62 sq. p. Das Lehen ein Traum (1829). Le public et une part de la critique ne partageaient donc pas les exaltations caldé. 1826.

à ce que vous allez dire de Preciosa. Stahr. . eut. qui pris une part active au mouvement. ses relations personnelles avec le monde du théâtre. 2. « C'est très important. n'apparaît plus que 14 fois en 1834. Stahrs gesammelte kleine Schriflen. 1871. Voir A. ce qui est chiffre pour ces dernières années un scènes. Mecklemburg. p. Briefe. p. se disputent les moyen. 44 fois les tionneurs de la représenta- tion.. » Immermann le renseigne sur les pièces de Calderon qu'il met en scène '. 331. disait A. Du reste incomplet. II. Lope de Vega et Cervantes auxquels son âme est unie maintenant dans l'univers infini 1. 161. A. p. son action sur le travers l'Allemagne . 3. même les plus pauvres. vous sèmerez peut-être les germes de bien mauvaises pièces. Prenez garde. III. néglige les théâtres secondaires de Stralsund. Cal- deron. des disciples rappelaient le nom de Tieck à côté des noms de poètes qu'il avait aimés. dans chambre mortuaire les esprits de Shakespeare. IV. »*. . Donna Diana de Schreyvogel qui . Ibid. aussi le ton de ses critiques dramatiques est-il celui d'un directeur de conscience. La parole du poète est écoutée . Robert'. lui écrivait L. Si vous en faites un éloge sans réserve. sa « Je vis. Danzig. en 1819. cit. Quand il mourut. loc.Le fut pas jouée livre sur le théâtre espagnol i35 moins de 203 fois de 1816 à 1824 mais les dix années suivantes ne virent guère cette pièee que 66 fois sur l'affiche. 92. théâtre de Dresde et ses chroniques dramatiques éten- dent son autorité. ont pourtant Holtei. p. Toutes les drames espagnols \ On ne saurait voir dans ce triomphe de Calderon à un résultat des seules campagnes de Tieck mais on ne peut oublier non plus le rôle important joué par Tieck dans la vie dramatique de son époque ses séances de lectures. 402 (écrit en 1853). 4. Ludwig. Cf. Berlin. I.

Il s'intéressa à la tra- 1. Tieck et le Théâtre espagnol L'intelligence lumineuse. mais il posséda l'admiration passionnée et le sens de la grande beauté d'art. 11 commença par le Calderon^ qui parut en six tomes de 1819 à 1825. Die Morgenrôte . Weine. Fûrst. car elles sont toutes sensiblement du même modèle. 1819-25. 1907 p. . 2. Graf Lucanor. esp. Apuntes est à la de sobre Calderon. que les critiques modernes déclarent mauvaise. etc. II. d'affec- tions dévouées et touchantes. écrivait Dorothée vers 1822. Der Schullheisz von Zalaniea. V. Frau. Sur l'enthousiasme de Malsburg pour Galderon. G. Leipzig. mais Bas Lehen ein Traum. Cette traduction. VI. voir A. cette lettre. und du ivirst siegen. Echo und Narzissus. 134 et passim. Otto '. peu près de la même année. qui "vient de paraître. la sûreté du goût et l'expé- rience technique de Tieck inspirèrent confiance autour de lui. Die Seherin des Morgens. IV. Dans le cinquième volume de Gries. Es ist besser als es war. Pedro Calderon. Weisze Hande krânken nicht. t.. C(jntiennent: I.. Les Schauspiele von D. 6 Bde. il y a aussi deux pièces qui me plaisent beaucoup E. Le b" tome de Gries étant de 1822. Farinelli. Les pièces citées par Dorothée sont traduction de Malsburg. semblait à Tieck les plus fervents de la : supérieure à celle de Gries '. surtout à cette époque. von Copacabana^ Echo und Narciss et Der Gartenunho Id^ je ne peux presque jamais les lire sans le plus grand ravissement. ples. Es istschlimmer als es war. Il fut entouré. Weib.. adressée sans doute à la famille de Solger.. F. Wohl und Weh III.I 36 L. sa parole fit Dans ce monde de « disci- autorité : Je lis toujours. Notes inédites de Tieck. Der Gartenunhold. » von der Malsburg fut un des familiers maison du poète il n'eut pas lui-même un tempérament de créateur. 3 et 4 (sauf Das Leben ein Traum). dans Cuit. Aussi se consacra-t-il à des travaux de traduction. Die Morgenrôte in Copacavana. Die Seherin des Morgens. Galderon avec beaucoup de plaisir mais les comédies m'attirent peu. Freund. n° 76 non daté.

et grâce. malgré l'insuccès des derniers vo- 1. à Tieck. que Tieck avait oubliée dans ses papiers. Il traduisit enfin un certain nombre de pièces de Lope de Vega. L'étude de la littérature espatrait gnole fut pour tous deux un la d'union *. Holtei. « légua la sienne. un goût très vif pour tout ce qui est grand » *. Moza del Cdntaro *. ture hispanique et lui .. l'innocence et la naïveté. Erinnerungen. II. La Sevilla^ Estrella de El mejor Alcalde el Rei/. Briefe. Kœpke. Chez Lope au contraire il admire « la fraîcheur du naturel. « des traces de procédés poétiques ». p. Slern. Avant Malsburg projetait un nouveau recueil de coméPentecôte 1822. 1836. . 1824.Le livre sur le théâtre espagnol i 37 duction de Marcos de Obregon. II. Scepter isl und Blâme oder der Stem von Bas Sevilla. 3. 309. Malsburg est dans l'introduction de son Lope revenu à une critique plus objective il découvre maintenant. C'est à Tieck qu'il demandait des conseils au sujet d'un compte rendu de la traduction Baermann' il le tint au courant de ses études de littéra. Lope fut désormais partiellement accessible dans une traduction assez fidèle et put pénérent cordialement à la raire. Gries lui-même. Leipzig. dies de Lope. il partagea la bibliothèque de Tieck. » Jusqu'à mort de Malsburg (1824). sa mort. . chez Calderon. 4. Der besle (Rééd. les deux amis collaborè- même étude d'histoire littéGrâce à Malsburg. Richter der Kônig. C'étaient les conceptions mêmes de Tieck il n'est guère douteux que ce ne soit à Tieck que Malsburg emprunta le plus clair de ses idées nouvelles. 19. trer dans les couches plus profondes. dans une certaine mesure. . KrugmMchen.) 2. Tandis que la préface du Calderon déborde encore d'enthousiasme trouble et affecté pour ce poète. Dresden.

lûmes de son Calderon. 2. Le défaut ordinaire de Calderon est. 206. quoique cette manière soit plus noble et plus élégante que celle des Français par exemple \ » Gries a entendu des critiques très vives contre les Boucles d'Ab salon on le blâmait d'avoir traduit une pièce aussi indécente d'autres au contraire. 148 sq. 1855. Shakespeare. ajoute-t-il. à quelque pays qu'ils appartiennent.i38 L. comme celui que donnent les anciens. 259 (29 mai 1829). C'est dans qui se répètent à chaque occasion semblable. ne vous détournez pas de ce beau travail. WeimPirischts Jahrhuch. les comédies de cape et d'épée que Calderon et a dépensé le meilleur de son inspiration ros sont du reste. faites. B. et Gœthe est du nombre. Un plaisir absolument pur. Espagnols déguisés du temps 1. Holtei. » Aussi Grieslui soumet-il son plus récent volume encore manuscrit. Vous et Schlegel. ne perd pas complètement es11 découvre un merveilleux rapport entre ses idées personnelles et celles de Tieck et puise dans cette rencontre une nouvelle confiance. Cervantes et Gœthe dans ses meilleures œuvres.. Lettre du 28 août 1828. on ne saurait le demander à Calderon. lui dit-il. l'excès énorme de phrases toutes : : . p. I. répond si complètement à la mienne que je n'ai pu m'empêcher de vous adresser le livre. des tous ses héquelque temps . approuvent. Tieck et le Théâtre espagnol poir. Greis. « Comment ceux qui se sont laissés enthousiasmer par votre Calderon peuvent-ils souffrir les derniers misérables essais ? Si l'éditeur veut aller de l'avant. Ausdem Lebenvon J. en dehors du gongorisme. 11 est et reste absolument maniéré.. Tieck ne manque pas de l'encourager. et il rend à son tour hommage aux théories caldéroniennes du critique « Votre conception du poète. p. vous serez toujours nommés comme des autorités '. p. .

Wollf. absolument théâtral. la pressurer. avec du sucre . de toute la boire comme moût ou comme vin fait façon. aucune illusion c'est la technique de nos opéras comiques les motifs principaux sont toujours les mêmes. Briefe. il faut avaler la liqueur telle qu'elle est. autant de critiques de Tieck et de Solger. Goethe dit. dans son Kunst und Altertum . . événements doivent être remaniés. )) excitant savoureux et ou la refuCalderon déplorait grandement l'influence de : 1. rectifié au dernier point. Les sentiments. 3. . 1913. 133 sq. Kunst und Altertum. . 259. délicieux. « Shakespeare nous présente la grappe pleine chacun de nous peut et mûre et fraîchement cueillie à son gré la manger grain par grain. . relevé avec des épices. et s'accordent que Calderon veut voir la nature. manière. Holtei.préparés. Le poète se trouve au seuil de Thyperculture il donne une quintessence de l'humanité. t. la scène alle- apparaissent librement sous cet Pourquoi ne pas leur donner accès à mande ' ? Abus des mêmes motifs. Il est. dit-il. nous en éprouvons du bien-être. : . sublimés pour être du domaine de cet art c'est ainsi qu'ils sont dans Calderon. sq.Le livre sur le théâtre espagnol i39 de Philippe IV lières qu'ils : Ce n'est que dans les comédies famiaspect. Voir les autres jugements de Gœthe. rien n'est laissé au choix ou à la volonté du spectateur nous recevons l'esprit de vin distillé. : avec celles de Gœthe. fasc. fait pour les planches dans ses pièces. Gœthe-Jahrhnch. situations. p. adouci (1822). Chez Calderon au contraire. 2. dans l'article déjà cité de K. 111. . I. qui se sont transmises à Gries. modernité de ses personnages. 128 (1822): Ûber Càlderons Tochler der Lufl. analogues en somme à celui-ci. p. comme ser Il *.

est plus brusque. L'influence de Tieck se prolongea jusque dans les tem- péraments les plus disparates. II. Gœthe des amis professait une vive estime pour Tieck. p. t. de la nature. 2. von Humboldt admirait. dans ses . 27. sur la foi de son ami. Cf. Holtei. Ghez Gœthe. à son tour. de la puissance dramatique. les échos des lectures et des entretiens de Dresde Tieck. p. où il demande à . 130 (25 déc. explicable reste par sa propre nature. II. avaient donné l'exemple des admirations caldéronien- nes et des restrictions. Hesse. restrictions au nom de la na- ture. n'y a-t-il pas eu une de ces mystérieuses rencontres d'évolutions non parallèles. et Tieck. 69. cas. Alex.140 « L. il du tout En semble probable que les critiques adressées à Galderon par l'un et l'autre poète eussent été moins fermes et moins nettes si elles n'eussent répondu à un état d'âme qui commençait à s'imposer et dont ils furent les plus brillants interprètes. La réaction de Tieck était longuement préparée par le développement nouveau de son talent. p. éd. Tieck et le Théâtre espaj^nol n'ont-ils pas suc'. il est certain que Solger. quel est celui qui a suivi articles. la volte-face. 1825). la direction de ses études et ses théories anciennes. « le plus profond connaisseur de toutes les littératures dramatiques ». qui a précédé. Kosrnos. ses amitiés. dont apportaient volontiers à regrettait d'avoir été séparé par des querelles d'école communs Gœthe . les allégories Gesprdcha mit Gœthe. surtout dans sa correspondance. qui rapprochent Tieck des plus grands ? Quoi qu'il en soit. les mètres et les descriptions et l'éclat de Galderon ^ Les idées de Platen sur Galderon sont en 1. de l'art sain et naïf de Shakespeare. c. puisait des inspirations auprès du maître vénéré il est difficile de déterminer quel est celui . l. Combien d'Allemands de mérite combé sous l'influence de Galderon » il .

1825. même apparaissent. p. 275. dans Platens Werke. 1. Span. 3. suivant la leçon de G. t. Ailleurs. Le rôle de Schack dans les tructifs qu'il lui a » *. Gotta.. Holtei. ibid. dit-il. 2. communiqués « le rapports littéraires de l'Allemagne et de l'Espagne est important. II. V.. comme maniérés » *. Tieck Goethe. et suivante). 11 constate bien. il voit une base nationale et religieuse. Sehlegel. 201 (Lettre du 29 déc. Bas Theater als ein Nationalinstitut. une forme achevée. Peu à peu. Gries se lasse Tieck la référence exacte du passage de la Vida es suefio qui correspond à ces caractéristiques. et le remercie dans une lettre « des nombreux renseignements si insson esprit crédule . II. Pour lui aussi. . Tieck était incontestablement plus grand connaisseur de cette branche ». 24. p. se réjouit de son approbation. Epigramme. ibid. l'opinion se détourne de Galderon.. Platen prend parti pour Tieck et Gal- deron contre leurs adversaires. von Schack demande à Tieck des livres et des conseils il le tient au courant de ses travaux hispaniques. t. mais il fait à son tour des restrictions importantes au sujet de Galderon. F. Il n'est pas sans intérêt de constater ses attaet ches avec la critique hispanique de Tieck. dont Shakespeare nous est donne des modèles '. original et riche. et. 1843. Chez Galderon. « est véritablement national ». parent par son évo- lution de la scène grecque. 1844. à côté de la grandeur morale du peuple païen. ibid. p. Le théâtre espagnol du xvi* siècle. 138. un certain effort vers l'art caractéristique. que les pièces de Cervantes ne sont plus jouables et que Lope de Vega rappelle encore beaucoup la première enfance du théâtre. grâce aux appels de Solger. « Populaire. lorsque Galderon le veut bien. comme chez les somme celles Grecs. p. il plein d'une crédule dévotion. Theater.Le livre sur le théâtre espagnol 141 de ïieck. mais son code d'honneur.

p. p.. et surtout point au Briefwechsel zwischen W.14*. p. Halle. Z. G. von Humboldt und A. qui ont en tableaux inspirés magnifié la foi catholique. 1. » Mais Galderon ne lui apparaît plus que comme un savant espagnol. Schlegel s'écriait Am Galderon ein schlimmer Raub ach Wer konnte ihn wohl begehn als Raupach. du Schlegel. Bœcking). 220 (1828). 190. et décide d'abandonner définitivement la traduction du poète. (Werke. 1— Tieck et le Théâtre espagnol de rindiiférence du public. 2. fut autrefois mon poète préféré. que j'ai telle- ment perdu de vue depuis longtemps que je n'ai même pas lu les traductions de mes successeurs. t. . Le public semble être d'avis qu'ils s'en tirent tout au moins aussi bien que moi. S. « Galderon. t. 1824. Aussi bien tout son enthousiasme est-il tombé. . 1829 (jouée à Vienne dès 1826). Leipzig. Les conversions catholiques de Gries et peler dans le de ses amis le révoltent. aime et les tre espagnol. VIII. Il s'efforce encore de rendre justice au poète espagnol « De grands poètes. VIII. un Galderon. Hrgg von A. 175. et je n'ai rien à y objecter '. Gries et von Malsburg. : ! ! 1826. W. 1908. ses goûts littéraires et ses amitiés personnelles des temps romantiques. t. un homme de bonne compagnie *. Schlegel renie ses sympathies religieuses. Niemeyer. Leitzmann. Lettre 20 au 26 juin Berichtigung einiger Missdeutangen. Schlegel ne revient plus au théâ- Dante. qui tentent de le rapcamp caldéronien. Gontessa demandait que le théâtre allemand ne fût pas semblable au théâtre étranger théâtre espagnol ou français '. 214). Werke (Ed. écrit-il à G. » Schlegel n'entend pas les hommages de Bœhl von Faber. G. Quand parut la Tochter der Luft de Raupach. I. p. de Humboldt (1824). MM. un : je les ai admirés et aimés je les admire encore. Aus Bulthasairs Leben (1821-1823) dans les Sc/»ri/<en.

éd. Auch an seinem immer neuen Farbenschmelz mein Selbst Auj^' erfreuen. 2. toute : la poésie du moyen âge. et a gardé. Riickert raille les nicurs » rema- de Calderon : Calderon mît seiner steifen Formenpracht kann ich begreifen. Keil à N. Calderon und 1. Madrid. Aber wer ihn heut nocli gelten Machen will. dit-il. Cotta en 6 vol. fut élevé au-dessus de Shakespeare. . dans son Ecole romantique. jusqu'à nos jours. car c'est en lui que l'on trouva. Rûckert. plus purement gravée. H. sous ses formes principales : las inéditas de Sur cette désaffection. t. Mais « des protestations s'élèvent. Phantome seiner krassen Kloster-Holluft gelten lassen. : * 8eine Bearbeiter. L'admiration enflammée des premiers temps devenait peu à peu de l'indifférence '. qui signale p. Wo Kû er stehn will auf den Brettern. Wird die Zeit herab ihn schmettern Die mit Furstenknecht und Pfaffen iftig nichts mehr hat zu schafi'en \ La Jeune Allemagne dont le règne s'affirmait de plus en plus dépouilla délibérément ces influences de l'Espagne romantique Heine poursuivit d'une satire mordante les tendances réactionnaires et catholiques du . culte caldéronien « Calderon. p. des amitiés Calderon garda sans doute fidèles. den mtiss ich schelten. 173 Kritik.Le livre sur le théâtre espagnol 143 Les romantiques eux-mêmes maudissaient les funestes résultats d'une trop servile imitation et reprenaient leur liberté d'appréciation en face du poète espagnol. 1909. \ propôsito de unas carJ. Julias.-G. 33 sq. les raisons de l'échec de l'édition calderonienne. voir C. PitoUet.. III.

Die roma. Ûberall umhergestrichen. accaparé par un parti d'ultras. dann in Spanien. Elster. Cf. et. qui avaient pris part aux folies caldéroniennes et qui s'affranchirent à leur tour de cette tyrannique influence. Bibl. Galderon. Zacharias mère Werner alla aussi loin qu'on pouvait aller sans être enfermé dans un asile d'aliénés '.niische Schule. Inst. Grillparzer par exemple. furent dès lors imitées avec toute leur folie sacrée en Allemagne fleurirent alors ces poèmes aux croyances disparates. où on souffrait en l'honneur de la de Dieu comme le Prince Constant » . éd. . D'autres. Un des premiers. La leçon de Tieck avait porté ses fruits. Les pieuses comédies du poète-prêtre castillan dont les fleurs poétiques avaient fumées de l'encens. III. Comme il avait découvert Calderon.. moins d'action sur le développement de la pensée allemande.• 44 L.. Erst in England. C'est bien à Tieck que revient en majeure partie l'honneur d'avoir révélé rent. l'art de Calderon. Schlegel : V. à l'Europe et à l'Espa- gne elle-même. Tieck et le Théâtre espagnol chevalerie et monachisme. indirectement. protestant ou nom aussi de l'esprit national que les nouveaux poètes déclarent la guerre à Calderon. dans lesquels on aimait mystiquement. p. comme la Dé. 233. 125. jetzt in Brahmas Finsternissen. été aspergées d'eau bénite et baignées dans les votion à la Croix. p. C'est donc au nom tout au moins anticatholique. il s'était délivré de cette emprise obsédante et dangereuse à laquelle ses années romantiques avaient été soumises. deutschen Rock und Schuh zerrissen. l. et d'une inepte profondeur. t. épigramme sur G. au d'un idéal moderne. eu- par le recueillement de leur existence et leur mépris des tâches critiques. et d'autre part d'avoir montré les limites de cet art et son irréductible originalité. allait désormais partager les défaites de son parti. à sa nation. il décou- ibid.

Ce n'est pas une palinodie Tieck ne se sentait plus guère le droit de blâmer sa jeunesse et de condamner : des initiatives qui. Mais les excès des faux dis- ciples l'avaient mis en garde contre les conséquences de ses premiers enthousiasmes. comme à ses œuvres personnelles.Le vrit livre sur le théâtre espagnol 145 Lope de Vega. Mais Ce qui le point de vue était changé. et accepter à son tour le réalisme dans l'art. avaient été vigoureuses pu être fécondes. Le théâtre espagnol s'éclaire dès lors. 1. l'avait jadis ravi romandans Galderon lui sem- blait maintenant contestable ou tout au moins peu conforme au génie allemand. dans les Schriften. Au nom de ses idées théoriques. Tieck pouvait encore admirer Galderon. Vorberieht. t. et laissa au temps seul le soin de décider '. XXXIX. De ces principes nouveaux. tre espagnol. La leçon de Solger lui avait ouvert le monde de la spéculation philosophique. Et c'est au nom de ses idées qu'il accueillit dans ses. comme le romantisme de tous les temps. il Même les innovations . et tout y apparaît mieux organisé et plus vivant. Tieck se détachait de ses premières théories tiques. Tieck tire les conséquences les plus instantes. lyriques qu'il avait essayées ne l'enthousiasmaient plus se demanda si l'assonance peut devenir allemande. p. et les applique aux œuvres et aux poètes les plus remarquables de l'histoire universelle. qui justifiaient dans une mesure le romantisme de jadis. mais non sans poser les restrictions nécessaires il devait se rapprocher de Lope. et transmis des lois générales. et eussent somme toute. 1* . I.propres rêves poétiques les héroç et les formes mêmes du théâcertaine .

des ractères. 102). plus volontiers les parmi les livres que parmi la trace de ce hommes. malgré ses dénégations. qui sont les seules productions poétiques de sa maturité. t. motifs. des procédés de style. . l'un des héros : est enfermé toute une nuit et n'est libéré qu'à grand'peine. ont gardé commerce. pal de ses Reisenden est terné. Ges. les picaresques aident son imagination. dès 1815. Et c'est ainsi que dans une autre nouvelle Eine Sommerreise. inle comme un 1. Les Anglais. et ne peut. Dans sa lutte contre le faux romantisme et les travers de son temps. le poète requiert toutes sortes de collaborations. Le personnage princiaussi pris pour un autre.VII Le théâtre espagnol et les Nouvelles de Tieck TiECK vécut. (1833). C'est certainement à l'idée Le théâtre espagnol vient à son tour lui fournir des problèmes et des ca- Lope de Vega que Tieck doit de son hôpital de fous. comme Los Locos de Valencia Tieck n'était pas loin de penser que « tout homme peut être pris pour un fou. les nouvellistes français. Novellen. convaincre V Eine Sommerreise véritable dément. (p. Die Reisenden (1822) nous introduisent en effet dans une maison d'aliénés . si on se met à le regarder pour tel » *. Ses nouvelles.

Adlerfels c'est ainsi que Floriano prend le nom de se déguiser et à dissimuler leur nom. celle deBlanka. Le mariage simulé de Fedra et de Floriano a failli avoir sa contrepartie dans la nouvelle allemande il y a en tout cas chez Tieck une mort simulée. tous les amoureux et la délivrance de tous nos fous. séduite. nous ne voyons pas les malades véritables Tieck' au contraire nous présente diverses catégories d'idées fixes et de démences partielles. Tieck. n'est autre que le séducteur de Franziska. . chez nos deux poètes. l'établissement où ils nous font entrer est une des curiosités du pays car il est. qu'en Erilila est arrêtée sur . laisse au second plan les aventures d'amour et s'intéresse surtout à la situation du pseudo-fou aussi son hôpital est-il résolument fermé aux entreprises de l'autre sexe. Cependant divers détails trahissent l'influence lopesque de même qu'Erifîla a été abandonnée par Leonato. : rendez-vous des visiteurs. Les deux ouvrages se terminent également par le mariage de . le sont. chez le poète allemand comme dans son modèle espagnol. pris pour le . . Chez le poète espagnol. est dédaignée par Adlerfels s'il y a une mésalliance chez Tieck entre le comte et la fille du pasteur. Lope n'a L'action des deux ouvrages est différente d'autre but que de nouer les fils d'une intrigue d'amour : compliquée et romanesque. Franziska. au contraire. De toutes façons. le comte Birken et Raimund. presque tous. Les fous de Lope ne le apparence et de bon gré. ils ont. c'est peut-être un souvenir de l'amour entre le valet et la maîtresse dans les Fous de Valence. une curieuse propension à C'est ainsi que baron Linden. Quant aux héros. comme l'exige du reste l'organisation moderne. . Wolfsberg. . mais une simple présomption et considérée tout aussitôt comme dangereuse.Le théâtre espagnol et les Nouvelles de Tieck 147 directeur de l'erreur commise.

Schriften. avec sa division en scènes. p. Friedrich est pital à qui sa et certaines prérogatives. La nouvelle de Tieck est une véritable coméson dada. La com- aime son secrétaire Teodoro. les domestiques de l'asile. romanesque. . 17. p. Ibid. du même auteur. 272. 1. ses libres évolutions. t. un des pensionnaires de l'hôbonne tenue a valu quelque indépendance mais qui revient volontiers à y a trop de ces ressemblances partielles pour qu'on puisse mettre en doute l'influence du poète espagnol. Tieck et le Théâtre espagnol Beltrân et Erifila. De même que Tomâs et Martin. il est retesse de Belflor. Diana. : La Praeba de los ingé- . Die Verlolmng ' (1822. III. ment inconsciente. et ne sait pas se venger. Le sujet a quelque parenté avec celui de nias. 3.. Les rôles secondaires de Tieck rappellent ceux de Lope. 102 sq. celui d'Elvira. obediencia laureada qui est que son mauvais frère et époux par une reine. C'est un problème très moderne que Tieck a emprunté à Lope de Vega dans sa nouvelle Die Ahnenm'ohe (1832) '.148 L. publiée en 1823) conte l'histoire d'une jeune fille méprisée des siens. 83. t. Le thème général du récit est la mésalliance d'une jeune fille de la plus haute société : : moins aimé par son père qui est cependant élu comme c'était le sujet même du Perro del hortelano *. 11 une comédie de Lope. 2.dit un des personnages l'imitation n'est donc pas absoludie. p. Die Ahnenprobe. son . traitée par tous en Gendrillon n'est-ce pas le cas du Carlos de La . le dédale de ses complications et l'élégant sans-gêne du dénouement. sont d'anciens fous libérés. mais hésite à l'épouser à cause de son origine plébéienne au moment où Teodoro va partir. « Gela se passe presque comme dans la comédie » '. 4.

et où Tieck a inséré. grâce aux intrigues de son valet. . et mour. même péripétie. . Tandis que Teodoro partage son cœur entre Marcela et Diana. comme Las Ferias de Madrid^ au milieu de la foire populaire. fidèle et désintéressée. et par là toute la portée du problème s'évanouit. et le mariage a lieu sans autres accidents. au contraire. tocratique mais sa naissance bourgeoise effort. s'agitent et se croisent toutes sortes de travers et de vices. . Le problème. toute une ascendance ariss'attendre . deux fiancés même situadénouement. même . toute prête aux derniers sacrifices. Edmund Frimann. au lieu des intrigues d'ad'une bande de pi'caros organisés insaisissables.Le théâtre espagnol et les Nouvelles de Tieck 149 connu. de la part du comte on peut même un moment à découvrir au jeune homme. Mais la scène a été située en Allemales fourberies . La nouvelle de Tieck a donc emprunté à Lope de Vega les éléments d'une intrigue mais ses personnages et la thèse tout entière sont d'une conception proprement allemande. et pourtant. au contraire. ardente. et qu'il ne se retourne vers Diana que par ambition. secrétaire comte See- stern. Rien de plus opposé cependant que l'esprit des deux poètes. Der Jahrmarkt (1831) nous transporte. par le comte Ludovico. est une nature noble. et la jeune comtesse Elisabeth il y a aussi des . Teodoro accepte fort bien la tromperie qui le fait passer pour le fils d'un étranger. par un héroïque comte rompt . le est confirmée . secret entre Edmund. Dans la nouvelle de Tieck. s'impose avec force chez Tieck Frimann est de bonne et brave bourgeoisie le comte voudra-t-il faire de lui son gendre c'est dans l'âme du vieillard que se livre une lutte mortelle entre ses préjugés nobiliaires et ses sentiments de père et d'ami. résistances terribles. où avec ses préjugés et unit les tion. le il y a de même un amour du . comme à Teodoro.

ment identique chez Tieck et chez Lope sanglant qu'il fit . dangereux de ses sujets '. Novellen. t. C'est ainsi que Der Jiinge Tischlcrmeisier (ébauché. écrit dans le style et le rythme des romances. dans sa Campana de Aragon. Tieck et le Théâtre espagnol gne. célèbre les conditions moyennes. de Lope. de sa canne. vassaux pour son humilité et sa faiblesse. à peine une nou- long poème.j 5o L. puis un . Ce ne sont pas seulement des situations que Tieck a prises à Lope. la noblesse des métiers manuels et la fière seulement et modestie du bourgeois fils montre le digne du Mendo espagnol. abat les fleurs les plus hautes Ramiro suit cet avis. L'événement avait. en 1795. méprisé de demande conseil à son abbé. la discussion de la légende espagnole et de ses sources historiques. mais terminé en 1819 et les plus publié en 1836). n'insiste pas sur les sacrilèges d'Alfonso. fait cacher Ramiro. mais surtout des types humains. des caractères. La suite de l'histoire est à peu près exacteRamiro. 350. où Tieck fait allusion à la pièce . et fait décapiter les plus turbulents ses . X. non sous le lit. il est vrai. qui conte le règne du roi Ramiro et l'exemple pour s'imposer. Tieck remonte plus haut jusqu'à Don Sancho et Pedro. en quelques pages. qui descend dans le jardin et. Voir Ges. Il y a fort peu de différences entre la légende de Tieck et celle de Lope. et le l'o- poète a pu déployer dans ce cadre emprunté toute riginalité de son talent et sa connaissance Die Glocke von Aragon (1838) est velle c'est. du monde. hommes et choses sont également modernes. p. mais au-dessus du lit. comme le signale Tieck lui-même. été déjà mis sur la scène par Lope de Vega. qui déclarait dans El sabio en : Leonhardt s'y su casa : 1.

ni se séparer de la profession qu'il aime vénère *. Cf. t. Madrid.. où l'épouvantail s'anime et. bien des aventures épouse la fille d'Ambrosius \ Dans Eigeîisinn und Laune (1835). en su casa ou le Villano en su rincôn de même que Lope revient volontiers à cet éloge de Vaitrea mediocritas^ Tieck. Comedias.1fôns<r«o de los Jardines. XIII. El rey Bamba. ni la cour. de Lope. Ges. VI. 1615. Garcia del Castenar (Rojas). y a peu de points communs entre le Tischlermeister et El sabio . où Ophelia s'amourache de l'épouvantail fabriqué par son père. p. dont le prototype n'est pas rare chez le poète espagnol. 286 sq. La quinta de Florencia. après . 3fi) compare lui-même l'épouvantail de sa Vogelscheuche avec l'Achille du . qui ne veut pas aller voir Paris. montre ailleurs la vanité des aristocraties héréditaires et la noblesse des bonnes bourgeoisies. XIII et XIV. L'auteur (ibid. t. A part cette ressemblance des caractères. Farinelli.. '. représente un jeune et brillant seigneur amoureux d'une statue de Vénus Tieck a parodié cette situation dans sa Vogelscheuche. in-4°. Los milagros del desprecio. l'héroïne est une sorte de M"" Bovary avant la lettre. t. p. 3. La dama melinnombre de comédies i. fol. 117. Carbonero me engendré Labrador quiero morir . Mi padre quiere morir. une fantaisie du même genre dans: El marmolde Felisardo.Nov. .Le théâtre espagnol et les Nouvelles dé Tieck i5i El que naciô para humilde Mal puede ser caballero. et. drosa.. C'est la psychologie du paysan dans Ei Villano en et il su rincôn. V. 2. poussé par les préoccupations de son temps. Grillparzer und Lope de Vega. Sur l'amour de la vie simple et désenchantée chez les personna- ges de Lope.como naciô. Leonardo. imitée de Bandello..

est apporté sans connaissance dans une famille hospitalière. séquences. comme Lope. c'est pourquoi fidèle à Galderon. et les conséquences sociales d'une conduite irrégulière et tourmentée. La Vitloria Accorombona affirme plus hautement encore cet idéal de femme supérieure. qu'elle n'épouse du reste la Belisa de pas ses autres aventures dérivent de cette déception sentimentale et en tirent implacablement toutes les con. frapper les membres qui ne sont pas sains et dont la contagion est dangereuse. op. où l'attend l'amour d'une jeune fille c'est précisément un motif préféré de Galde. cit. qui est heureusement un gentilhomme déguisé. Der Geheimnisvolie {iS21) introduit un jeune cavalier qui. être rigoureusement condamné dans la vie pratique la société a le droit de .. Farinelli. que représentent les héroïnes du théâtre de Lope. à son sens. Tieck n'était point. précipité de cheval. . Le romantisme du sentiment devait. il resta toute sa vie 11 ne lui a pas emprunté de thème Cependant son imagination était trop pleine des héros et des aventures de Galderon pour qu'il n'en restât pas quelque chose dans ses œuvres proprement dit. p. Eigensinn und Laune met au jour les dangers de ce féminisme capricieux. l'impuissance et l'inconsistance des sentiments irraisonnés. originales. Tieck et le Théâtre espagnol de Lope montrent ces et ardentes.I 52 L. 1. la coquette Emmeline s'amourache de son cocher. Gomme Lope s'éprend d'un esclave. Pourtant Tieck garda toute sa vie ses rêves et ses penchants romantiques. 291. débordant d'indulgence pour les faiblesses du cœur. énergique et pas- sionnée. difficiles et mêmes types de et femmes prudes la logique audacieuses que de leur tempérament mènerait droit à la honte des déclassées '.

. à titre de page.Les astrologues supposés. contraimotifs. ne sait pas à temps expliquer le malentendu. Tandis que les souvenirs de Lope étaient déguise en homme amant (Cf. tout comme El Pintor de su Deshonra. don Enrique se donne pour un maître à danser de même Franz {Die Geselhchaft auf dem Lande) se fait passer pour un peintre. plutôt d'inspiration réaliste. se retrouvent dans les nouvelles de Tieck. où le héros Gardenio se fait passer pour un parent d'Amérique afin de s'introduire dans la famille de celle qu'il aime de même Kronenberg est pris pour un cousin de la maison. Dans la pièce El maestro de Danzar.Le théàirc espagnol et les Nouvelles de Tieck i53 ron. nous retrouvons le souvenir de cette ruse dans la nouvelle intitulée Abendgesprdche où GaBcilie prend le costume de j ockey pour se rendre compte de la constance de son prétendant. soit dans El mèdico de su honra ou dans Gustos y disgustos. la Providence. Der Jahrmarkt et Die Wundersuchtigen. se fait aimer de Cécile et se trouve tout décontenancé le jour des éclaircissements. la princesse Troila . ce sont des éléments plus nettement romantiques que le poète allemand puisa discrètement à l'abondante source calderonienne. qui fait le fond de l'action dans Ahnenprobe^ a été traité déjà par Galderon dans Agradecer y no amar. qui avaient été mis en scène par Galderon dans El astrologo fîngido. Les autres poètes espagnols lui fournirent quelques Der Geheininisvolle reprend l'intrigue de la Comedia Entretenida de Gcrvantes. qui suit. Si la Lisarda de Manos hlancas no ofenden se pour s'assurer de la fidélité de son de Las Burlas y enredos de Bcnito de Lope. amie des héros de Tieck. vient au secours du héros confondu et l'histoire finit. celui qu'elle aime). se met dans les bonnes grâces de tout le monde. . Le thème des amours entre un jeune homme pauvre et roturier et une jeune fille de la plus hautaine aristocratie.

qui ment pour le plai. La première idée du tempérament imaginatif de Kronenberg a pu venir de la Verdad Sospechosa. sous des traits sensiblement parents. et heupas de bon cœur la honte de son métier ne jouit pas de la débauche qu'elle fille organise. elle la n'a d'autre ressource que le suicide. dans le roman picaresque des Espagnols. Tieck a conscience de son indignité reuse nature elle n'accepte et . Gusmân de A Z/arac/ic. mais. et qui est du reste devenu courant dans la littérature la colère de l'amant rebuté. par un mariage. pour l'amour de l'art. On la retrouve du reste. qui se tourne en haine. elle sait ce qu'elle est et ce qu'elle peut. 11 y a dans Eigensinn und Laune une vieille entremetteuse. au contraire. Mais la Gélestine de sir. ' . la et la Gabrina de Gepeda veuve Blanchard a ouvert une maison de rendez-vous elle mène son monde avec beaucoup d'habileté. Ge ne sont donc pas seulement les sujets des comédies espagnoles qui inspirent l'imagination lassée de 1. mais le Menteur allemand se trouve dans une situation différente du Garcia d'Alarcôn et le milieu est tout à fait moderne en tout cas le Wehlen de la nouvelle de Tieck est bien l'incorrigible trompeur. par exemSalamanqne. elle veut arracher sa aux dangers qui l'entourent.1 54 L. ple ou le Bachelier de . Pour en finir avec cette vie sans issue. elle aspire à refaire son existence. Tieck et le Théâtre espagnol rement à la comédie espagnole. qui rappelle en quelque mesure la Gelestina comme Gelestina en effet. et ses sentiments maternels ont survécu à la ruine de son ancienne . et : conduit le jeune lerie et la faire homme à accuser Eliodora de sorcel- condamner à mort. . El infamador de Juan de Gueva exposait déjà le motif développé par Tieck dans son Hexensahbath.

et séparées par des car les diverses scènes y sont nettement tranchées tirets. XIII. »). Tieck nous trans- porte d'un lieu à un autre. dans la présente étude. disait déjà Lope. t. Volontiers. pre pratique s'éloigne des modèles donnés. Obras saellas. Die Vogelscheuche^ qui est divisée en acscènes. 2. 70. médies*. On trouve des ressemblances analogues avec les comédies de Shakespeare ou des autres poètes dramatiques d'Angleterre. «Tieck établissait une différence. et que Tieck lui-même appelle une coc'est tendance médie-nouvelle fantastique ^ C'est l'exagération d'une commune à tous ses ouvrages du même genre. t.. les mêmes préceptes que les co. . p. non pas se développe comme une action comme un drame classique. et ne croyait guère possible de tirer un drame d'une nouvelle ses définitions cherchent à embrasser autant que possible le genre de Boccace et celui de Cervantes mais sa pro. XIV. d'un groupe de personna- ges à un autre groupe. t. et sa nouvelle ressemble beaucoup à la comedia. 7 : « Ma nouvelle dramatique . VIII. qui ont souvent extrait leurs pièces de nouvelles ou de chroniques mon dessein est. « Les nouvelles ont. Lope s'est bien souvent contenté de mettre en scène des nouvelles. Volontiers. p. de limiter ma recherche à la poésie espagnole. Une nouvelle même a un caractère particulièrement drama- tique tes et . récit et il supprime tout donne directement la parole à ses héros. mais à la façon nonchalante ou cavalière des pièces espagnoles.Le théâtre espagnol et les Nouvelles de Tieck i 55 Tieck . Et c'est parce que la nouvelle de Tieck a quelque chose 1. en particulier des nouvelles de Boccace et de Bandello sa comédie a donc aussi quelque chose de nouvellistique. même Tieck emprunte à Lope et Galderon leur art et leurs caractères. La nouvelle de Tieck dramatique. L'aspect extérieur de la nouvelle est significatif. Ges. p. 255 (ou encore ibid. Novellen. . Ne soyons pas trop surpris de cette influence.

comme à Boccace. de dramatique qu'elle a pu garder pruntés au drame espagnol. C'est certainement au théâtre de Lope et de Calderon qu'il a pris ce procédé romanesque. faire. Tieck et le Théâtre espagnol tan4. l'autre [Der Jahrmarkt) se une réputation comme astrologue rares sont les . Je n'ai ici d'autre ambition que de rassembler les motifs qui ressemblent le plus aux motifs espagnols. terriblement une cour pressante par son propre rival *. La plupart des comédies de cape et d'épée reposent sur des confusions issues elles-mêmes de déguisements. rapportent toutes sortes d'aventures de ce genre ni Lope. ni Calderon ne sont ménagers de la vie de leurs . et que terminent presque toujours heureusement des reconnaissances opportunes. Ce sont partout les aussi sa Gaecilie des . 48. Cf. tel autre [Eine Sommerreise) prend un faux nom l'un [Die Wimdersi'ichtigen) s'imC'est ailleurs [Die gnito * . Une des péripéties coutumières du théâtre espagnol du xvr siècle est le duel les mémoires du temps nous . 2. Cf. nouvelles de Tieck où l'un des héros principaux ne porte pas un masque qui se lève au dénouement. héros. Une étude analogue devrait être autres littératures familières à Tieck. p.1 56 L. Tieck fait du duel un usage plus fréquent que ne le 1. Viola (La Douzième Nuit ou ce que vous voudrez). Los locos de Valencia (cl caballero portugués). tel . tume d'un homme même nouvelle se laisse déguisements les plus romantiques A hendgesprâche prend-elle le cospar contre le jeune enseigne de la Gcmâlde) un prince qui voyage incopersonnage {Die Gesellschaft auf dem Lande) se donne pour un peintre.. Ibid. etc. les déguisements de jeunes filles dans Shakespeare. Autant de procédés chers aussi aux poètes anglais. Rosalinde {Comme il vous plaira). faite pour les . d'éléments em. sous un costume féminin. pose fait comme un mage célèbre. et leurs cavaliers sont toujours prêts à dégainer.

velles se la plupart de ses noudénouent par un* ou généralement par plusieurs mariages. Die Verlobung se termine par le mariage de Dorothée.. XIV. Le théâtre espagnol et les Nouvelles de Tieck i 57 permettaient les mœurs de son époque. entre les personnages les moins accordés. celles de Jenny avec un inconnu. et que justifie le seul désir de faire un sort à toutes les héroïnes. Un autre procédé. Pido me den tesiimonio Que acaba sin matrimonio La Comedia Entretenida. Ludwig Licht {Der Mondsïichtige) inflige à un impertinent une sanglante correction. 275. Dans Der Gelehrle. d'Antoinette elle-même : La contagion a gagné Tieck avec Adrian. de la Sommerreise se dénoue pacifiquement mais le faux comte de Wiinderlichkeiten tue son adversaire le Kronenberg (dans Der Geheimnisvolle) a aussi une . t. outre les noces du professeur et d'Helena. nous avons à la fin. La mode en était si répandue que Cervantes pouvait se rendre cet hommage à la fin de la Entretenida . Die Klausenburg ont des conclusions analogues. familier surtout à Lope. affaire ' . de sa et mère et de M"° Erhardt. 1. Les motifs de l'intrigue espagnole se retrouvent donc SchrifUn. et de Werner avec Gertrud. La rencontre . . Les jeunes gens de Tieck ont certainement du sang espagnol dans les veines. p. Liebeswerben unit une aimable un peu audacieuse jeune fille à l'aventurier le plus . inquiétant Die Vogelscheuche^ Die Ahnenprobe. consiste à dénouer les intrigues les plus enchevêtrées par des mariages mariages improvisés le plus souvent.

dans Der f'ùnfzehnle November ont l'oreille com: ami plein d'indulgence Gotthold. chez Calderon les interminables tirades où s'expose la pièce. qui répète la Il l'intrigue générale. le chaudronnier de Die Ahnenprobcj l'Eulenbroeck des Gemâlde ou un ami spirituel et plein d'entrain. à côté de une action parallèle. apparaît sous toutes sortes de formes c'est comique comme l'Eduard des Wunderlichkeiten. C'est le confident. L'action de ses nouvelles manque aussi généralement de vigueur. Les personnages qu'il met en scène ont souvent aussi d'étranges airs de parenté avec les héros du théâtre espagnol. dans Ber Gelehrte. comme les aventures des héros cal- déroniens se trouvent reprises par les valets et les sui- . ture d'autres héros plus sympathiques. donnée principale. tel le Mansfeld du Zauberschloss. y a volontiers dans la nouvelle de Tieck.i58 L. plus que L. et n'exercent sur la marche de l'action qu'une influence secondaire. entre domestiques ou entre rôles de deuxième plan. Souvent ces bouffons inconscients ne sont que la caricatantôt un rôle délibérément . souvent de vie et presque toujours de simplicité. Tieck. un brave homme ridicule. Rœmer dans die Gesellschafl auf dem Lande^ ou le Jeune Allemand de Wasser7nensch ou les fous tous ensemble des Reisenden. dem Lande^ Thomas. dans Die Gesellschafl auf plaisante qui convient à leur rôle. Le désir de grouper tous ses personnages en un tableau final. le clow^n anglais. Tieck aime beaucoup cet et qui subit volontiers Werner. devenu plus tard classique. a Le gracioso surtout. qui est la manière ordinaire de Galderon et Lope. oblige notre nouvelliste à toutes sortes de libertés et d'invraisemblances. vantes. 11 dû plaire particulièrement à l'ironiste gourmand qu'était . Tieck et le Théâtre espagnol chez ïieck.

chez Lope surtout. la vie se résout en action et les hé- mœurs du ros ont avant tout le génie de la lutte.Le théâtre espagnol et les Nouvelles de Tieck i Sp D'autres personnages. contribua aussi puissamment à ranimer son inspiration refroidie et peupla les nouvelles réalistes de Tieck de ses romantiques évocations. Tieck des modèles d'art réaliste il est. la On ne saurait parler d'imitation . . ont des nouvelles de pu prendre quelques . des La nouvelle de Tieck est généralement aussi une peinture de mœurs contemporaines. nine. xvii° siècle. et qu'il a fait revivre dans les œuvres de sa maturité. il mais animé et coloré. la curiosité fémiméchanceté des passionnés. de ses prédécesseurs et successeurs. autant de sentiments ou de caractères qui ne sont pas proprement espagnols. d'événements récents ou en cours. le manque de sens moral. de situations actuelles et des relations sociales nouvelles. la représentation de la vie actuelle et quotidienne est le tableau fragmentaire. le picaro l'aventurier. et ce drame étranger. le mensonge. Sujets. contentons-nous de et cons- signaler la parenté des œuvres. qui avait tant fécondé sa critique. autant types coutumiers du théâtre de Lope. traits à des ancêtres espagnols roué. et que le poète allemand a remis en scène sous des L'amour. Le théâtre espagnol a fourni à L. Tieck a trouvé abon- damment de quoi nourrir son imagination dans le théâtre des Espagnols. thèmes généraux. l'hypocrisie religieuse. de ridicules à la mode. l'ami de rival. de l'intrigue ©t . la jalousie. esprit même de l'action truction principale de ses œuvres. personnages. Mais tandis que chez les Espagnols. familiers Tieck. le vieillard amoureux. . mais dont Tieck trouvait dans le théâtre espagnol d'admirables spécimens. l'entêtement des vieillards et l'emportement des jeunes gens. traits divers. dans beaucoup de ses comédies.

souvent poétiques. Tieck et le Théâtre espagnol des réalisations. Tieck n'eut pas davantage agréables le sens et de la vie individuelle ses nouvelles. des méditatifs et des discou- reurs et ne vivent que d'une vie diminuée. rager cette conception sisté . que nous . L'exemple de Lope et de Calderon dut encou. se heurter et s'accorder au gré du caprice ou du. des intrigues ou des mœurs. et point l'analyse psychologique des individus. Mais la nouvelle de Tieck est bien différente. comme lai-même. La Vittoria Accorombona et le Tischlermeister sont seuls vivants et puissamment organisés mais c'est par leurs discours. succès aux leurs héros appale comme des jouets de leur imagination. de la comedia de Lope et de Calderon chez lui. ne contiennent guère de tempéraments vigoureux et bien définis. que l'ironie du poète évoluer. ils n'ont pas. hasard. un indissoluble faisceau de tendances et d'actions. Le romanesque est l'atmosphère de toutes les nouvelles de Tieck.j6o L. point fait : .effort du poète consacré à la peinture des à situations. et pourtant imagination romanesque. Les autres personnages ont quelque chose des marionnettes. beaucoup plutôt que par leurs actes. voilà les deux caractères principaux qui sont communs au théâtre espagnol et à la nouvelle de Tieck. qualités personnelles de la volonté raissent . in- sur les rapports qui unissent les destinées aux le tempéraments. les personnages de Tieck sont avant tout. mais un réseau capricieux et mouvant d'illogiques combinaisons. apprenons à les connaître. en général. à ses yeux. Intérêt pour la vie moderne. est plus gros . les actions aux sentiments. par son esprit tout entier et par la culture qu'elle suppose. . artificielle et arbitraire. Le monde lui apparaît gouverné par la fantaisie une vie humaine n'est pas.

qui . volontiers combatives. presque protestantes. deviennent plus intérieurs lus au et plus profonds. les sentiments s'élargissent. et garder. Le tragique s'atténue. Tieck a su. le meilleur de son origi- On peut dire en vérité qu'il n'a pris à Lope et Calderon que ce qu'il y avait de sa propre nature dans leur œuvre il est plus que jamais resté lui-même en . point de ces préjugés sociaux qui sont plus forts que les lois humaines ou divines.Le théâtre espagnol et les Nouvelles de Tieck i6i de ces violences. ce sont. Il . point de ces casuistiques morales qui gênent à peine les pires excès de la jalousie et de l'amour. qu'il aimait et lisait avec tant de passion. dans : ses créations de la dernière partie de sa vie. Ce sont les idées de Tieck. didactiques et modernes. la vie morale se complique et s'affine les conflits. s'inspirant du théâtre espagnol. les idées de son temps il n'y a rien des idées du xvii" siècle espagnol. de ces passions exaspérées qui se traduisent par les crimes les plus brutaux et les plus subtils. un peu prosaïques. sont réso- nom d'une morale stricte et presque bourgeoise. s'inspirer du drame nalité. dans une certaine mesure. Les idées sont allemandes. dans ses imitations. se conforme à la vérité contemporaine.

Tieck admira Calderon à l'égal de Shakespeare. toutes sortes de particularités de métrique et de style. par sa vision tout entière du monde et par son tempérament de poète. . Son œuvre propre en fut toute rajeunie.• vil Conclusion UNE part importante de faite l'évolution romantique s'est . et par là il eut une influence efficace sur le dévelopla littérature pement de dramatique du romantisme. plus que Shakespeare peut-être. non le sujet ou la pensée. Tieck était plus que tout autre préparé à comprendre spontanément le poète espagnol sa première critique fut un acte de foi. et se laissa prendre tout de suite par le merveilleux de cette religion. Par le développement de sa crise religieuse. C'est donc en poète que Tieck goûta son poète. la Geneviève^ VOctavian offrent le premier modèle d'un drame et tout pénétré de lyrisme et brillant des couleurs des formes les plus originales de la poésie caldéro- nienne. Il emprunta beaucoup à Calderon. la magie de la forme et la musique de la langue. qui donnent à son vers une physionomie nouvelle . mais . autour de Tieck ce n'est pas Tieck qui pro- clama publiquement le nouvel art caldéronien. mais c'est à lui que revient l'honneur de la découverte et du premier enthousiasme.

Conclusion t63 Pendant de longues années. ses idées s'approfondissent. et dans leur commune . un allé- . Tieck étudie Galderon. et qui va s'affirmer. de tout le travail scientifique contemporain son admiration devient plus profite . revient aux picaresques. mais comme une œuvre d'art de soigneuse ordonnance et de forme splendide. non comme le belle produit d'un génie irrésistiblement inspiré et d'une nature fougueuse et passionnée. sa traduction et ses commentaires provoquèrent de nombreuses conversions et tout un mouvement d'enthousiasme qui alla s'amplifiant à travers tout le premier quart du siècle. il découvre volontiers les éléments dramatiques et vivants. 11 relie le théâtre espagnol à l'évolution générale de la littérature européenne. ses réserves sur le conventionnel de la manière de Galderon décèlent un effort d'indépendance tout à fait original. à l'occasion. que ne dépare pas ce qu'elle a d'artificiel. G. C'est en 1811 seulement que Tieck s'occupe de faire connaître à son tour ses conceptions personnelles au sujet du théâtre espagnol . le théâtre espagnol tout entier. De 1811 à 1819. méditation grandit une doctrine commune. et restaure Lope de Vega dans tous ses droits. et le drame de Galderon lui apparaît désormais. 11 critique. il chante la supériorité du drame religieux de Galderon et les beautés de l'inspiration nationale . Tieck collabore intimement avec Solger. et s'il ne va pas jusqu'à énoncer des critiques formelles. Tieck prend désormais conscience de sa mentalité nouvelle il se réconcilie avec le réalisme littéraire. parfois audessus de Galderon dans Galderon lui-même. il confronte la scène espagnole avec la scène anglaise. ïieck se tint à l'écart du chœur caldéronien. à côté. Schlegel. vérité historique et heurte la vérité humaine. raisonnée. son conventionnel proprement national qui dédaigne la .

. mais il cherche. son drame fataliste presque immoral ce qui fait pardonner ses étrangetés. exotique et plagiaire de son époque est un anachronisme. volontiers de tative mo- Lope de Vega. et par l'organisation même du récit. mystique. c'est l'admiciel. Lope est plus près de la nature. des crimes contre la raison. il puise dans le monde contemporain ses types et ses problèmes. . la partie romantique des Nouvelles est souvent inspirée des dèles espagnols. sa foi religieuse est aveugle et farouche. à élever ses visions au-dessus des réalités vulgaires.lé^' L. La tende Tieck n'a pas réussi il ne sait pas nouer son intrigue ni donner un intérêt dramatique à son action il ne sait pas non plus faire vivre ses héros et . déguisements. ni l'art de Lope. nouveau les caractères des uns et des autres et expri- merait. la puissance musicale de et le charme de ses évocations. duels. par une intrigue romanesque. au nom duquel il poursuit son œuvre critique. sans aucun souci d'imitation. par un art original. L'art qu'il appelle de tous ses vœux. motifs méridionaux. Tieck et le Théâtre espagnol gorisme tantôt profond et tantôt puéril. Galderon représente le paroxysme de cet artifi- manque d'ardeur véritable. la vie et la pensée de l'Allemagne moderne. un art de synthèse qui ne serait ni l'art de Shakespeare. ni l'art de Galderon. rable poésie de ses drames. les Nouvelles de Tieck. Mais le génie espagnol est trop original et trop différent de l'âme allemande pour qu'on puisse espérer une conciliation les imitations allemandes de Galderon sont de véritables erreurs de goût. la manière romantique de tout son art. Le drame fataliste. est un art allemand. à faire acte de poète en même temps que d'observateur . mais réunirait en un style son vers . il . G'est le but même que se proposent les œuvres proprement poétiques.

: pensée juste Tieck équilibrée.. l'antithèse fondamentale du romantisme sont en lui il est éga. également réaliste. et M. C'est la thèse soutenue par 0. p. : il est parfois là. ses tableaux les actuelle. als Dramatiker und Dramaturg. dit le dernier. enthousiaste et insatiable. Son évolution tout entière est contenue entre ces deux pôles il a eu le sentiment de sa double nature. de là ses luttes. couleurs la vives et nettes réalité Mais pensée pouvait être aujourd'hui à opposer la critique et la pratique de Tieck. si on compare le Tieck poète de 1800. C'est là. est un idéaliste. à mettre en contradiction le réalisme On aime de sa théorie avec l'idéalisme de sa poésie semble-t-il. : réalité. soulevée sans cesse d'élans et de rêves tous les déchirements. Tieck als Dramaturg. Kaiser. qui se laisse Tieck condamne la vie actuelle dans les mondes plus poétiques du moyen âge du catholi- cisme espagnol. Galderon s'impose à son admiration 1. n Le poète Tieck. d'autre part. 1897. Leipzig. BischofT. ses incertitudes. . 55. L. p. *. passionnée pour les mouvements de la vie dont elle a le sens immédiat et très l'exagération d'une fin. en même temps réaliste et idéaliste de la contra- diction essentielle de toute son œuvre. 1885. conciliation qu'il désire mais cette synthèse se fait surtout aux dépens l'idéal. : . » Evidemment. éprise de poésie nébuleuse et lointaine. et rêve d'unir en lui les deux termes opposés idéal et . Il croit trouver dans les thèses romantiques la . lement idéaliste. et. nettement organisée pour est une âme mal l'observation extérieure. avec le Tieck critique de 1827.. le critique Tieck est un réaliste. dans la dissertation Der Du&lismus Lndwig Tiecks. Bruxelles. 3 sq.Conclusion i65 donner à de la féconde. et s'enfuit et du réel. ses impuissances. Au nom absorber par du rêve subjectif qu'il porte en lui.

La leçon de Solger et fait le reste. et il l'artifice. . dans ses Nouvelles d'établir les c'est donc au nom du réalisme l'imitation de limite^ qu'il condamne dans sa critique le drame de Galderon c'est au nom du et réhabilite l'art de Lope de Vega romantisme qu'il s'inspire de leur art dans sa création poétique. ni. la doctrine est la même. est possible. et Cervantes . ni Galderon. à ses ouvrages poétiques. en géné. non réel. Mais la Vie devient pressante et hostile les chocs de la guerre et la tyrannie française rappellent au . Ses idées apprennent à recher- cher dans la littérature du passé et. Mais ni Lope de Vega. Le point de vue diffère. enseigne le philosophe. le modèles de l'art drame espagnol ne furent aux yeux de Tieck les l'art harmonieux et total qu'il rêvait. impartiale et désintéressée des deux antago- Tieck applique la doctrine à sa critique le comme . Lope et les autres poètes une place honorable à côté de Galderon trouvent dans le théâtre . ral. souvenir de la vie espagnol. qui eût été la synthèse parfaite de l'idéal et de la réalité. Dès lors. par un anéantissement du fices mais grâce aux sacri- communs du réel et de l'idéal. La synthèse du réel de l'idéal. par une conci- liation nistes. et Goethe. de dont les héros véritables sont Shakespeare. romantique les nécessités de l'actualité nationale. Ticck et le Théâtre espagnol autant par son mysticisme et sa poésie que par l'originalité et la recherche de son art. Tieck se rend compte de ce qu'il y a d'étranger et d'inquiétant dans Galderon et énonce ses premières réserves.i66 L. Tieck se plaît à constater les beautés de mais il en montre aussi les dangers et tâche d'autre part l'art espagnol.

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Nachgelassene Schriften und BriefSoLGER (K. BôHL VON Faber(J. 1819-1825. Neue Leipziger Zeitung. — Schauspiele des Lopez de Vega. Necker. XIII. Bibl. der).Bibliographie /. Malsburg (E. (H. — 8'>C.. Surtout le contient une biographie et une 1 (qui bibliographie sommaires (p. Paris. 7 vol. les Studien zum spanischen Thealer). von Moritz (F. Leipzig. Leipzig. 1843.-O. vii-xix). von Tieck und Raumer.-N. Hrgg. 12 tomes. s.) 16 tomes(surtout dans t. Leipzig. Cotta. J. rééd. Erwin 4 Gesprache ûber das Schône und die Knnst. dessen Leben. Hrgg. — — H. A. von . etc. gust — Gesammelte 5 Werke des Grafen Au- von Platen. 1815.-W. Halm und das spanische Drama. 1824. Polychorda.-F. 1824-1827. Scepter und Blume. SàmtUche Werke. — Schauspiele von D. La querelle Caldéronienne de J. in-8<'.-G. d.Brockhaus. de Mora. B. Tûbingen. Berlin. von E. Halm Heine (Fr. Pitollet.). Leipzig. Et les revues du temps. Max Hesse(s. l. 171 fi.. lenaische Literaturzeitung. 1820.)* wechsel. : Band.-J. a. Fr.). Bôhl von Faber et J. Elster. Zwickau.). — — 1826. Berlin. Stuttgart. Platen (Aug. reconstituée d'après les documents originaux. le tome II tome son Vorhericht sur Das Leben isl Traum^ et le XII avec sa Schlussanmerkung et le Nachwori. Institut. Dresden. 1909. .Grafvon). Karakier und Schriften). villa. 1907). Hrgg. 8". qui clôt les polémiques suscitées par la traduction. der beste Richter ist der Kônig. Panthéon. de Bode.6 tomes von Seder Stem oder Stern. Schneider. Barth (avec une préface Ûber Lopez de Vega. das Krug- màdchen von Lope de Vega. 1909. in-lô. von).). P. Sàmtliche Werke. G. Zeitung fur die élégante Welt.-N. Leipzig. SODEN (J. a. I. et t. (jRiLLPARZER — — Alcan. Bd.-F.

e. Berlin. Leipzig. : On BIOGRAPHIES DE TIECK RuDOLPH Kôpke. Vienne. 8°). Nachgelassene Schriften. 30 vol. 8°. publiées pour la première à Breslau 1825-1826). . ne saurait oublier. 2 to- mes in-12. Berlin. 1817-1824. le Catalogue de la bibliothèque célèbre de M. Krilîsche Schriften.2 vol. Tiecks Nachlass. 1848. 1835-1842. 1821-1823. Auswahl und Nachlese. Gesammelte Novellen. Ludwig Tieck qui sera vendue à Berlin le iO déc. Hrgg. Leipzig.tyi L. i 849 et jours suivants par MM. Leipzig. Erinnerungen aus des Dichters nach dessen mûndlichen und schriftlichen Mittheilungen. Asher et comp.-G. 8'^ (ou les Sâmmtliche WerA. P. sous le n" 9738. G. édition apocryphe deL. 1849. 1855. A. Tîeck et le Théâtre espagnol Tieck et Calderon ŒUVRES DE TIECK chriften. Grund. Section des archives de la Kônigliche Bibliothek de Berlin. quand on étudie les rapports de Tieck avec les littératures étrangères. (Les tomes fois III et IV (1852) ne sont qu'une ré- édition des Dramatische Blâtter. 8". Vermehrt und verbessert. Kôpke. 20 vol. von R. Dresden. Zum erslenmale gesammelt und mit einer Vorrede herausgegehen. Reimer. Gedichte. 1828-1846.. dem Leben — Ludxing Tieck. Hilcher. en 1840). 1855. et Vittoria Arrocombona. 14 tomes 8° {Der junge Tischlermeister a été publié à part en 1836. Breslau. 3 vol.

1864. 1863-1864. Berlin. Breslau. 1825-1842. Ausg. Jahrhunderls.). 107-115). 1856. von H. Diss. Leipzig. 1900. — Briefe an Lndwig v. Dichtung belrachtel. 1897. Ludwig Tieck. Berlin. a. 50-65) ScHÔNEBECK (E ). Houben. Hesse (s. Diss. liker . von).). Schaffhau- — sen. Zurich.Hrgg. Ludwig Tiecks Lyrik. von).— Bibliographie lyi Tieck. Leipzig. Graz. Tieck und Solger. bearbeitet von A. — Ludwig Tiecks Genoveva als romantische Ranftl Kaiser (0)..). Romantische Kritik und Satire bei Ludwig Tieck. 4 to- mes ScHMiDT 8*. — ÉTUDES SUR TIECK — Der Dualismus Ludwig Tiecks als Dramaund Dramalurg Diss. Erinnerungen eines weimarischen Vetera(H. — Die romanischen slrophen iu der Dichtung 8". nerungen eines alten Freundes aus den Jahren — — Chezy (VV.). von K. 2tomes8<'.). 1885. chung. 1871. 1907 (pp. Leipzig. 1899. Bauer (K.Wellner. Berlin. ErinHermann Freihebr von Friesen. (Voir surtout les Lebenserinnerungen. GuTZKOW. H. Gœttingen. 8».). — Die deutsche Novelle im ersten Drittel des XIX. 1881. Ausgewâhlt und herausg. lier pp. — Verschollene Herzensgeschichlen. nen aus dem geselligen litterarischen und TheaterLeben. 8°. — . Nachgel. H. 1910. Leipzig. (En particu- HûGLi (E. 8». HoLTEi (K. 2 vol. M. 1907. L XI). BiscHOFF (H. GûNTHER (H.). 1902. Helmina und ihre Sôhne.). (J. deutscher Romanliker. Wien. 8». Tieck als Dramaturg. WerA. — EwALD (K.e. Felber. Brockhaus. Blanke. — L.). Bruxelles. Eine UntersuM1ES8NER (W. iWemoiVen.

. Leipzig. 1914.174 L. Paris. Alcan.). Wer/fe. Ludwig Tiecks Leben und Werke. Préface). qui comble précisément quel: ques-unes des lacunes les plus graves du présent travail.Tieck (G. et le Théâtre espagnol WiTKowsKi (Dans Ludwig Tiecks ausgeivâhlte Max Hesse. — L'hispanisme de Tieck et de l'époque romantique tout entière est étudié à un autre point de vue dans mon ouvrage Cervantes et le romantisme allemand.4 tomes 8».

préfère Calderon. Critiques de Tieck 112. le Magazin et Lope. Schlegel 60-63 de Fr. influence sur ïieck. jugement sur Calderon et Lope. Boccacb. éditions nouvelles 8071 — — — — tions — — — Breymann. 10.. 154. Lope de Vega. 23 111.. 39 n. von). Compte rendu du Calderon de Gries 79. Brûhl. 86. 122. 17 id. 125 n. 155. Schlegel 62. Buchholz. — — jugements romantiques 81 Gœthe 81-82 — représentations nouvelles 82 — drame fataliste 83 — Résistances et critiques 84-85 — Solger 86-94 — 81 . Arnim (Bettina von). Bernhardi. 82 n. Butenschôn. 98. BoscAN. son histoire poésie espagnole 57-60. 80.. — 137.INDEX ALPHABÉTIQUE Les chiffres de V index indiquent les pages. Blankenburg. Alarcôn. Ben Jonson. Calderon théâtre 85. Schlegel 2021 lectures calderoniennes à léna 22-23 études calderoniennes des romantiques 23-25 critique de G. influence sur le jeune G. Barmann. Influence sur G. on se borne aux indications les plus intéressantes Abeken. Pour les noms trop fréquents. traduction de drames espagnols. — Calderon. Aristophane. Schlegel 25-27 critique de F. 80. Becker. BÔHL (von Faber). Arnim (A. Bbrtuch. Schlegel 64-66 succès de la deuxième partie de la traduction 66-68 premières représentations 68 raisons de leur succès 69-71 édition Nor15-17 — Tieck 18-19 — — — — — — — — — — — — — — — — — BouTERWEK. Calderon. Bauer (Karoline). 132. 11. — de la wich — Nouvelles appréciade Tieck 72-76 plan d'opéra 76-77 traduction de Gries 78-80 adaptations. 53. traductions.. Schlegel 28 critique de Tieck 29-31 imitation de Tieck 32-50 succès de la traduction de Schlegel 5152 Schelling 52 Goethe 53Dorothée Schlegel 54-55 54 autres jugements 55-56 réserves 56 Bouterwek 57-60 nouvelle critique de G. 113. 11. son Handbuch 28. traduit Calderon 81 n. — et le Blankenburg Butenschôn 11 11 G. 97. BÔHME. — — 94. de Humboldt 12 esprit des temps nouveaux 13 Calderon génie romantique — — — — — — Bandello. 132. Brentano. 20. 68 n. accepte Lope. 10. 155. 131 et n. 98.. 68 n. Tieck. 13. 6 n. et xvin' siècle 5 l'Allemagne du Dicze 7-10 Arioste. 142. 68 u.

67.. 18. 80. 132. 82. GuTZKOw. 26 n. Ghézy (Wilhelm). Schlegel 142 Contessa 142 Riickert 143 Heine 143 influence sur les nouvelles de — — — — — — — — — — — — — — — deron. von). Goethe. EiNSIEDEL. Immermann. 98. 114 n. Gries. 79 n. 55 — Théâtre 61-89 — étudié par Tieck 111 — 113. 142. 130. Garus.. 6 n . ses adaptations caldéroniennes — — Guellah jugé par Tieck. 40 n. ignore Lope. 135.. fataliste 83. GOLDONI..). 61 ses jugements 67. pré- fère l'esprit de Lope 56. 25. 7-10.). édite les œuvres de Galderon 80-81. 99 Haym. 113. 154. Calvi Lope 10. 82 n. 105. Histoire de lu Poésie espagnole. Jarriges. critique du Calderon de Schlegel 67 traduit un passage de Das Lehen — — — — 34 n. Keil. 39 n. — — ein Traum (J.-A. . Grimm lit Galderon 55. 140. 132.d. 12. 131. attaque le parti caldéronien 143. 114. 54 n. drame Dieze. Numancia 138. Klingemann. Fariivelli. 97. 55. Gerstenberg. 133. Hauffen. et l'Allemagne du xviii" siècle. Euripide. 78 n. 85 n. 134. 98. de Humboldt 140 140 Platen 141 Schack 141 G.. 12. Fischer. 98. Kant. 32 conquis par Galderon. Devrient.. 109. imitation des Espa125. 53-54 admire le Prince Constant 68 conversations avec G. 132. Camoèns. 69 — jugements HouwALD. 144. Humboldt (Wilhelm von). dédie à Calderon un prologue 81. 153. 119. 12. 110 n.-Th. Heine. 7. Diamante. 6. 113. 67.. p. 70-1. Grimm (W. 154. 40 n. 109 u. Grillparzer. influence de Tieck. 125. 120. 24. 142. 136 Influence de Tieck 137-139 Tieck 152-160.. 56 n. Chézy (Helmina de). Dante. ElCHENDORFF.). 82. Gervantes. — 27 Gûrrlich.. HÛGLi. 86. 55 n. 5 conduit à Galderon 13 traduction du Don Quichotte 16 Influence sur les romantiques 16-23 la — — — — 142-143. Gronegk gnols. Gadbrz. Gépeda. traducteur de Galderon 78-80 82. 138 Ses idées définitives sur Galderon — — — — — — — — — 139-140 — 166. 16 n. Hoffmann (E. 68 n. 7. 38. 117. Hell. 98. Gal- n.176 Index alphabétique études de Tieck 98-100 jugements de Tieck sur le théâtre en général 102-107 Lope et Galderon 107-109 variations dans l'admiration de Tieck 113114 jugements de Tieck sur le génie du poète 115-120 sur — — — GâRTNER. Gontessa adopte un drame de deron 69. de Humboldt 68 fait jouer des drames caldéroniens à Weimar 68-69 Les principes relatifs à la traduction 78 recommande la traduction de Gries 79 autres représentations caldéroniennes 82 113. Geiger. 12. Shakespeare et Gal- — — ses œuvres particulières 120-123 réserves de Tieck sur l'influence caldéronienne 127-130 lectures caldéroniennes de Tieck 131-133 représentations de Dresde 133-135 Dorothée Tieck 136 Malsburg 136-137 Gries 137-138 Gœthe 139Al. Gueva (Juan de la). 82 n. 144 n. FiCHTE. 68. Humboldt (Al. 135. 68. Kaufhoi. GuBiTz. 114.

— Dramatische Schlegel (Dorothée) admire le catholicisme de Calderon 54-55. Lewald. 8-9. 55. comparé avec Calderon 24. 135.. 23. 66. 98 125. — — 128. 68 n. IVÔRNER. PiTOLLET.. 80. SCHROBDER.. 6. 69 n. 23. 17 n. Shakespeare. 125 renie Calderon 142 141. Mbnzbl.. 53. Molière. 6$. 112. Rbichhardt. SCHULZE. édite un Teatro espanol 71. 73. Salazar. MoRETO. 23 s'enthousiasme pour Calderon 52-53 54. de). ScHELLiNG. La Huerta. Platen.). 86. 84. Schutz. 35. Lbsage. les RojAS (A. 95. 17. 68 — comparé avec Calderon 74-75 — 77. Ranftl.. ScHACK. étudié par Tieck 112. 13. 72. Solger 89-94 96. 54 n. 129. — — 89. Schiller. 69 n.-67. KuNz (Funck). 61 n. drame fataliste 83. RojAS. 41 n. Lacrimas.. 143 n. 142 n. demande des conseils à Tieck 141. 53. 100 n. 20.. 11 UrsT. Val) critique de Calderon 81. traduit en allemand LuDwiG (A. 98. LiNGUET. 144.). Motte Fouqué Spiele 28 85. 61 remanie le Prince Constcinl. autos 81. P. ScHMiDt (H. Lessing. Menéndbz y Pblato. ScHHiDT (J. jugé par Tieck 125. 98. blâme le culte caldéronien 143. — NovALis. Mira de Mbscua. Malsburg. 54 n. lit Calderon avec Tieck 20-21. Nasarre (Blas). 59. 83. 80 Calderon 84. 98. 49 n.. loi.).. — jugé par Tieck 98 — jugé par Tieck (La). 81. MuiiLNER. MâHHiNGBB.%63. jugement sur le théâtre 140-141. ScHREYvoGEL. 25 n. projet de traduction 23 traduction 25 Conférences de Berlin 25 Article de VEaropa 25-27 Poème sur Calderon 27 30. 119 n. 67. 84 n. 78. 124. 23. 124. 53 n. Rauhbr.Index alphabétique KÔPKK. — u'aimc pas Raich. — Comparé avec Lope et Calderon 106-107 12 — — . 6 n. 31.). 56 n. 76-7. RiCHART. MiEszNER. Schneider. 22 n. MoRATiN. 80 — encourage Tieck au travail 99 — 120. 23 53. 23 n. 51. 28. Savigny. approuve le drame de Calderon. 130. 38 n. Nées von Esenbeck. sonnet à Calderon 127. Ruckert. — — — — 30-31 — 32. 34 n. 123. 23. 80. 27 n. n. 65 — traduction de Calderon. 79. 7. influence sur son frère 21 s'occupe de Lope 23 jugement du Gesprsech 28 Alarcos 28 Conférences de Vienne 64-66 Sonnet à Calderon 66. 72. Otwat. 11.36-137.. ses réserves sur Robert. 78. conseils à Tieck 135. 3 en Allemagne au xviii" siècle 6 10 traduction de la Tempête 16 Influence sur Tieck 16 21. RiCHTER (Jean-Paul). — — — — — — — — — — — — — — MûNNiG.. Rkmfubs. 132 — Influence de Tieck 1. 98. Schlegel (Fréd. Rombert. 80. 32 n. RlBMBR. NoRwicH. 52 Conférences sur l'art dramatique 60-63.. Schlegel (Guillaume). ScHHiDT (W. 133. 124. imite Calderon 56. Shakespeare 21 ses premiers jugements publics 24. Raupach. 98.— critiqué par n. intéressé par Dus Lehen ein Traum 55. 81 n. 91. MORHOF..

jugé par Tieck. histoire du théâtre espagnol 100 étude du milieu et du moment 101 Garactères généraux du drame espagnol 102-105 Gomparaisons avec les autres littératures 105-107 Tieck et Lope 107-111 les successeurs de Lope 111113 Galderon. 140. poète lyrique 116-118 — Vers de Galderon 119120 — diverses pièces de Galderon 120-123 — Rojas 123-124 — Moreto 124 — Solis 124 — Zamora 125 — Salazar 125 — — Guellar 125 — Moratin 125 — Influence du théâtre espagnol en Allemagne 126-128 — critique du drame fataliste 128 — critique de rimitation étrangère 130 — lectures caldéroniennes de Tieck 131-3 — pièces espagnoles jouées à Dresde 133-135 — s'inspire de Lope dans ses nouvelles 146 sq. Tieck. Schlegel 61-62 par Fr. métrique 38-41 sujets 41-43 style 43-49 Prolog zu Magelone 49-50 Poetisches Journal 50 Préface de VAllEnglisches Theater (histoire du théâtre espagnol) 72-75 jugements de Phantasus 75-76 Lope 76 projet d'opéra 76-77 influence de Solger 94 idées nouvelles 94-96 la bi- — — — — — — — — — — — — — bliothèque espagnole de Tieck 97 critique de Tieck. 97 n. 131. premier jugement sur Galderon 53 approuve la traduction de Gries 79-80 son amitié avec Tieck 85-86 Jugement des Vorlesnngen 87-88 la critique des Vorlesungen de G. 146idée de Lope sur la pa152 renté de la nouvelle et de la comédie 155 technique de Lope et technique de Tieck 155160 Lope et l'idéal de Tieck — — — — — — — — — — — — — — — — — 164-166. 135. 34 35 le Kaiser Octavianus et le théâtre caldéronien. 166. son talent 14 son évolution 15 son catholicisme la parenté de son tempé17 rament et de l'esprit de Galde18-19 ron ses premières lectures caldéroniennes 20-21 séances de lecture à léna 22 Projet de traduction de drames espagnols 23 article anonyme sur le Spa. TiRso de Molina. 143. 119 traduction de Malsburg 137 influence sur les nouvelles de Tieck. 109-111. TiCKNOR. — — — VELâSQUEZ. — Vega (Lope de) — dans l'Allemagne du XVIII" siècle 5 — critique de Morhof 6 — de Gronegk 1. 135. 141. 139. 156 n. 113. 123. 7-8. — parenté des sujets 146-154 — parenté des motifs et des caractères 154-155 — technique de Tieck et technique du drame espagnol 155-160 — esprit de l'imitation de Tieck 159-161 — l'art de Tieck 162-166. 136. 102. de Butenschôn de Blankenburg 11 jugé par les jeunes romantiques 23 par Schiller 23 n. Schlegel 64-65 par Tieck en critique admirative 1812. 79. — SoLGER.. — — — — — — 117. 114. Schlegel 89-84 Influence sur Tieck 94-96 102.nische. 130. 113. 128. 164.t Theater 29-31 se félicite du succès de Galinfluence de Galdederon 31 ron sur son art 32 ses idées sur la métrique espagnole 33 — — — — analyse de son génie 114— Galderon. 25. 107. 105. 104. 163. 129. 107. 105. Stahr. SoDEN. 162. 76 de Soden 84 critique de G. 118.178 Index alphabétique 108. 10. 23. — — — — Genoveva. . 126. ViRués. admiration 113- — — — — Schlegel 25-26 34 jugé autour des romantiques 56 jugé par Bouterwek 57-59 par G. Tieck (Dorothée). 139. 17. 11. 124. 141. Tauler. par G. de Dieze 7. 58. 127. SoLis. Schlegel 90 critique de L. 108.). — — — Uhland étudie Lope 84. 113. Tieck (Louis). prend la défense de Lope 84.. 98 — étudié par 114 116 Tieck 112. 166. 138. de Bertuch de Galvi 10. Voss(H. SOLTAU. 155 n.

6 H. 67 69. vod) ZACHARiiE. 139 n. . 144. WoLFK WoLLK. 97. 12.. ZAHtHAAS. drame 128. ' fataliste 83 — WUBZBACH (W. Wernkr (Z. 42 n. Zorilla. 53 n. 11. 80. 82..). Zamora jugé par Tieck 125. A. 98.). WlELAND.Index alphabétique i 70 WaGHENRODER.. (P. 7. II.

— — — — — — — — — — — — — — 1913. Heilbronn. . 16. des. des. chriften. 1813. Ottos. allen. 64. lire : Denkmale Silten. en 1827 Folge. 176. 113. Otto. 24. strophen CÉPEOA. 173. 21. 28. MilNNIG. amanto. 5. . Strophen CEPEDA. — — — 1. iu. MUNNIG. Heilbrona. in. — — — — — — — — — — 18. au lieu de : Denkmalen. 166. note 2. Erwin. Erwin 4. 3. en 1827 . ligne 14. 169. 4. 168. 28. adapte. 37 a. 171. 4. Folyei. 172. von. 25 a.ERRATUM Page 25. amante. 170. 10. 82. adopte. 68. 176. 170. Schriften. de.

4 TABLE DES MATIÈRES Pages Préface 1 I. — Mysticisme et inac- tion (1804-181 L'Allemagne caldéronienne. Article de Tieck {Zeitung fur die élégante Welt. Dieze. — Évolution de 1). Oclavianus : miniscences. Imitation de Tieck. Bouterwek et le théâtre espagnol. traduction et critique (Europa). Schlegel. réiavianus. Galderon en Allemagne avant l'époque romantique. — Première . Schlegel. 1803). Tieck. . style 20 IV. Shakespeare. La poésie romantique et Calderon. Fr. La découverte. — Calderon tions et l'Allemagne préromantique. G. Genoveva. G. — Louis Tieck. La forme. Bertuch. Le romantisme de TiecketCalderon.804). Schlegel. Lessing. Tieck. Schlegel : critique des Vorlesangen. période romantique de Ticck(i798- Les romantiques. Traduc5 II. Fr. — Son évolution vers Calderon. Philosophes Critiques : et poètes. Prologue de l'Ocemprunts métriques. Le catholicisme et Calderon. Rlankenburg. 1 m. Cervantes.

critique de G. Théorie Le théâtre espagnol. Influence du drame caldéronien en Allemagne. Imitations de Lope de Vega. sa genèse. romanesque des motifs personnages 146 162 Conclusion Bibliographie 167 175 Index . La critique de Tieck. Influence de Solger sur Tieck 78 VI. Le théâtre espagnol et le théâtre grec et Shakespeare. — Le livre sur le théâtre espagnol (1819-1840). Lope de Vega. Schlegel et de Galderon.jSî Table des matières Leur intlu ence. Solger. — Le théâtre espagnol et des de Tieck. Inspiration générale cons: truction de la nouvelle. : disciples 97 et les nouvelles Vil. antithèse. intelligence de la manière de Galderon V. Sa bibliothèque. allégorie. 51 — Influences nouvelles (1811-1819). Gries. ses caractères conventionnel. Richard. de divers : sujets et caractères. Expansion en Allemagne. Galderon et ses imitateurs. Traductions (1811-1817). Admiration pour la forme. Projet d'oùvrage critique. Bârmann. Allenglisches Theater. Lope de Vega. de Galderon. Le caldéronisme à Weimar et dans le public. Tieck (1817-1853). Résistance de Tieck. Gonséquences de sa critique amis et : : — . ses successeurs.

BÉDIER. BALDENSPERGER et L. Bertrand L. J. F. l'histoire des idées.BIBLIOTHÈQUE DE LITTÉRATURE COMPARÉE publiée sous J. professeur à l'Université de Lyon. professeurs à la Sorbonne. c'est dans son sens étendu que Von a compris ce terme de littérature comparée. professeur au Collège de France. LR développement penser a fait récent des études de littérature comparée qu^il y aurait quelque les utilité à créer une Bibliothèque qui grouperait travaux dispersés jusqu^à les présent et qui permettrait au public de suivre ces études. CAZAMl AN. l'histoire des mœurs et de la civilisation. progrès de in- les relations tellectuelles entre les différents peuples n^ont paru dignes d'intérêt. Jamais. et au succès de cette publication. la direction de MM. Elle restera largement ouverte à des recherches variées . broché 4 fr. Un vol. Placée sous le contrôle des maîtres dont on a lu les noms. TIECK ET LE THEATRE ESPAGNOL in-S». . plus qu'à notre époque.-J. semblent également intéressées au développement de ces travaux. L'histoire des littératures na- tionales. la Bibliothèque présentera les garanties scientifiques les plus sérieuses. A. P HAZARD.

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