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FOURNITURES DE BUREAUX
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Copie de Lciires

Jos. VA]S( JÇIEL
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Porte aux Vaches

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ANVERS

Presented to the

LIBRARY ofthe
UNIVERSITY OF TORONTO
by

PROFESSEUR EMILE LEHOUCK

OEUVRES COMFLETFb
DE
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POQggl^à

IMPRIMERIE DE LAGN'Y

OEUVRES COMPLETES
DE J.-B.

POQUELIf!

LIÉ
wouvEr.ï.E KDàTionr

M.

PHILARÈTE CHASLES
PROFESSXXR
AI]

COLLEGE DE FRANCE

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Chaque homm« de plus qui

sait lire t*- isr

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lecteur de pXiis pour Mulière.

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TOME PREMIER

PARIS

CALMANN LÉVY, ÉDITEUR ANCIENNE MAISON MICHEL LÉVY FRÈRES
3,

BUE AUBER, 3
1888

Droits ds reproduction et de traduction réservés

SEP 2 - n^ ^1 .

c'est que l'élève de Lucre:-:-. c'est incontestablement Molière ou Poquelin qui reproduit avec l'exactitude la plus vive et la plus complète le fond du génie français. pas de formule qu'il ne se soit efforcé de détruire. mois de tous les écriyains que la France a produits. Le sens de la vie pratique. Ce qui est certain. sans excepter Voltaire lui-même. sur le dix-huitième siècle. Tout ce qu'il a vouiu détruire est en ruine. qu'il a recommandé d'après Gassendi. comme l'exprime si bien Swift. il exerça sur l'époque subséquente. « Quel est le plus grand des écrivains de mon règne? Sire. imprégné de l'esprit anglais | ar — son séjour à Londres. le protégé de Louis XIV. c'est Molière. Les types qu'il a créés ne peuvent mourir. Non-seulement Despréaux ne se trompait pas. a fini par l'emporter sur les idées qui imposaient à la société française. déchiré l'étoffe avec la doublure? l'histoire le dira. la plus active. » demandait Louis XIV à Boileau. poursuivait un but déterminé vers It^uel il a marché d'un ^las ferme.JE A^^ -BAPTISTE POQUELIN MOLIÈRE MORT LE 17 FÉVRIER 1673 NÉ LE 15 JANVIER 1622. tarlùt 1 . obstiné. En raison de cette identité de son génie avec le nôtre. la plus redoutable influence. pas de crédulité qu'il n'ait saisie corps à corps pour la terrasser. A-t-il. sur l'époque même où nous écrivons. Il n'y a pas de superstition qu'il n'ait attaquce.

.. à ce que l'on croit du moins. Les pamphlets pour et contre lui composaient déjà une bibliothèque. Homme d'action. lui furent imputés de son vivant. Vers la même époque. romanesque après sa mort. collecteur d'anas. qvod religal). excellente à consulsoumettre à l'examen le ter. trente-deux ans après la mort du comédien populaire. forcée de se réfugier en Hollande. aimant l'exagération des récits et incapable de critique. véritable devise de Molière Et religtonîs nodos sotvere curo'. complètent l'ensemble des documents comtemporains qui ont servi de base à cette légende de Molière. Enfin quelques détails authentiques. réalités. Il est un mythe comme Jules César et Apollon. sont venus se confondre dans un inextricable chaos où la figure de Molière a disparu. qu'une légende inexacte. Tous les vices jusqu'à l'ivrognerie.. nommé Grimarest. événements. aucun document biographique. Le sujet de Tartuffe est dans Lucrèce. c'eat rompre le« entraves qui nous enchaînent {religionis . à peine une lettre. du roi ou de sa troupe^ occupé de son gouvernement et de la création de ses œuvres. une comédienne. sans cesse en face du public. calomnieuse de son vivant. prétendit. raconter et expliquer sa vie. lorsqu'un écouteur aux portes. ' Ceque je veux. . La puissance de Molière sur les esprits a été telle. jusqu'à l'inceste et au vol. Les vertus les plus éthérées lui furent attribuées par les prêtres de son culte. à : Lucrèce appartient ce vers. s'est ibrmée autour de cette gloire popuaire. tantôt les tournant avec adresse. Dates. souvenirs. jetait dans un libelle les souvenirs de coulisse qu'elle avait pu recueillir sur Tintérieur du mé^iage de Molière et de sa femme. mais qu'il est bon de plus scrupuleux.foulant aux pieds les obstacles. il n'a laisséaucune trace de sa propre vie. semés dans l'édition de ses œuvres publiée par Lagrange en 1682.

Taschereau. sans vouloir attacher aucune superstition philolo- gique à ce fait singulier. C Hait la demeure des Poquelin. Poclin. . se transforma tour à tour et par une métamorphose naturelle en Pauquelin. non loin des piliers des Halles on vayait. Ce nom. AUan Ramsay Robert Burns l'emploient souvent. ou /etn. qui se retrouve intégralement dans une pièce authentique citée par M. Ses auteurs remontaient à des Pawklyn d'Ecosse. répugnant à l'orthographe française et latine. /j/Ji. Poclain. parles sculptures qui l'ornaient autant que par son achalandage. Poguelin. près rue desVioilles-Étuvesetde la rue Saintcimetière des Saints-Innocents. mois dont l'orthographe inexacte ne choquait alors personne : \v Pavillon des Cinges. grâce au zèle et à la curiosité infatigable d'une armée de scoliastes et de critiques. Une troupe de singes grimpante un pommier et se jetant des pommes avait été taillée dans la pierre. Au coin de Honoré. indique la grâce ou l'élégance au moyen du diminutif: l'autre. une maison à pignons antiques. habitée de père en fils par de riches tapissiers du roi et remarquable par son enseigne. ne peuvent plus être contestes Les ancêtres de Molière étaient Écossais. l'une. Pooquelin etPoquelin. Paicklyn. Pmoky nieuse. qui tenaient rang . la sagacité populaire et la pénétration ingéet Dans ce la le sens. de là les mots brodés sur une espèce de tente ou de pavillon suspendu au-dessus de la boutique.Essayons d'en extraire le petit nomiare de faits donlia biographie de Molière doit se composer désormais et qui. et dont les descendants étaient devenus bourgeois de Paris. Pocguelin. Ajoutons. C'est sous celte dernière forme que nous apparaissent le père et le grand-père de Molière. soldats ou arche?s de Charles VIII. puis tapissiers du roi de père en fils.au commencement du dixhuitième siècle. que des racines teutoniques du mot Pawklyn ou Poquelin.

Ses condisciples. Les causeries de Gassendi. le prince de Conti. allèrent. qui transmettait la libre pensée de la Renaissance au monde nouveau du dix-septième siècle. mais qui. s'il n'avait pas écrit en latin et prévenu les dangers par l'a- ménité de son commerce et la réserve de sa conduite. leur cours d'humanités terminé. Voltaire. favorisè- rent les belles-lettres et les formules brillantes de l'intelligence. qui. de l'aveu de leurs parents. admirables humanistes. écrit le malin et doux phi: . qui n'ont pas laissé de trace. surnommé Gassendi. s'écartant du sens chrétien de la grâce tel que la sévérité des jansénisi s l'enseignait. dirigeaient l'éducation française. le beau poëme matérialiste du romain Lucrèce. et pétrirent de leurs propres mains Molière. car la charge de tapis- du né roi était déjà et dans ki famille. Gassend eût été brûlé ou tout au moins exilé. riait des scolastiques et de leurs raisonnements sur le vide. Sous la direction de Gassendi. comme premier essai de son talent énergiqu •. sous les noms de Jean-Baptiste. qui complétait la découverte de Harvey.honorable dans sier lin. Gassendi lui communiqua sa persévérante haine pour le mensonge et pour la servilité de la pensée toujours séduite par la tradition ou la mode. ont déterminé la voie philosophique suivie par Molière « L'heureux temps. chez les jésuites. Hesnault. Cyrano de Bergerac. Bernier. et l'enfant Poque- baptisé le 15 janvier 1622. Jean Baptiste fit ses classes comme externe à Paris au collège de Clermont. le fils du tapissier se mit à traduire en vers français. Fontenelle. et quinze ans lorsqu'on lui en fit obtenir la survivance. écouter les leçons de ce savant et prudent Gas- send. avait neuf ans lorsque la même charge fut transmise à son père Jean Poquelin. depuis la fin du seizième siècle. la bourgeoisie . et poursuivait de son ironie ceux qui ne voyaient aucun salut hors de la formule aristotélique. habiles à aiguiser les facultés de l'esprit. Nul n'avait plus grande horreur de la routine que cet observateur à la fois sagace et hardi. Chapelle. apercevait dans le ciel cinq nouveaux satellites de Jupiter.

Louandre). que celui où. jeunes artistes. s'était emparé des esprits. « Le roi. son théâtre n'en est que le dévelop! pement. fils de familles. Ravis de divertir les autres pour s'amuser eux-mêmes. la manie des Académies. date précise (comme le dit très-bien M. nous pouvions philosopher à notre gré et rire à notre » Pour ce aise de la comédie que joue le monde entier chef d'école si modéré et si habile. Sa famille avait fondé sur il lui de grandes espérances. joué en 1632. les envieux étant absents. pour- alla étudier le droit à Orléans. rire et philosopher. poètes en herbe. De nombreuses colonies dramatiques se répandaient à travers la France et l'Europe. le brillant élève du collège de Clermont se détacha tout à coup de sa famille. La folie des théâtres succédait à. » Pas de jeune gentilhomme qui ne fût fier de jouer la comédie et de bien « pousser une passion. Molière prit au sérieux les enseignements de Gassendi. ne craignant pas les espions. et les deux proLe noble métier d'acteur et d'auteur. surtout en Italie à la fondation des aca- . vrées du succès du Cid. dit — — Corneille dans l'Illusion : Le théâtre Est dans un lieu si haut.losophe à l'un de ses amis (toujours en latin). attirait les jeunes âmes. venait de déclarer par ordonnance que Vétat de comédien ne peut être désormais imputé à blâme et préjudiciable à la réputation des comédiens dans le commerce public. Le même phénomène s'était manifesté en Espagne du temps de Lope. allaient chercher fortune. c'était même chose. en Angleterre à l'époque de Shakespeare. en \Q!i\. enifessions se confondaient. que chacun l'idolâtre. et fit quoi? aucun fait et aucun renseignement positif ne l'attestent. Le goût de la comédie et des représentations scéniques. émané de l'Italie. se il paraît prouvé qu'il recevoir avocat. En 1645. « A présent. nous livrant sans crainte à la recherche du vrai. accompagnés de leurs belles.

dans un lieu couvert. qui peignait pour son théâtre ses propres décorations. surtout le Roman comique de Scarron et le Viage entreicnido (Voyage amusant) de Rojas décrivent plaisamment cette vie nomade. pas de labeur qui l'effraye. tout est sacrifié à l'œuvre unique. passion. c'est-à-dire en plein vent. Gaieté. puis au port SaintPaul. » Emporté par le mouvement général. rien de livré au hasard . au carrefour de Buci. les soins de Molière sont consacrés à la création de sa troupe. il planta ses tréteaux d'abord à la porte de Nesle. ceux de Cosnac. Entre 1645 et 1660. réunissant un petit nombre d'enfants de famille qu'il qualifia à'illuslre tlicùire. onn'avoit . autant d'académies que de hameaux. il sait oii il va. dit Segrais. Un écrivain étranger. jamais il ne s'écarte de sa route. Pourquoi donner ce titre d'illustre au petit groupe nomade dont il était directeur? Et quel est le sens de ce bf^plême nouveau (Molière) qu'il imposa à son génie et qu'il a rendu glorieux? C'était le théâtre éclatant par excellence qu'il voulait créer (illustris). rien de flottant.autant de démieSj qui créèrent chacune leur théâtre troupes de thôûlrc que d'académies. tendre vers un but) l'origine du mot Molière qu'il prit en quittant celui de Poquelin et qui avait déjà appartenu à deux romanciers obscurs. enfin au Jeu de Paume de la Croix-Blanche. érudition. récitait des odes et des satires habillé en Scaramouche et soutenait en Italie la dernière gloire de la « Comédie de l'art. mais il fut bohémien de génie. où se trouva maintenant un des pavillons du palais de l'Institut. dont il fit quelque chose de lellement accompli. que a jamais. pas de moyen qu'il n'emploie. veut trouver dans 7noliri (faire etfort. . en face de l'Hôtel de ^îlle. non sans quelque apparence de raison. jamais âme plus ardente et plus passionnée ne fut servie par un plus infatigable esprit. Une ambition soutenue caractérise en effet Molière . Molière ne fut pas plus bohémien que son époque. profondément déterminé et résolu. celle de Molière comme de Salvator Rosa. Les Mémoires de Tristan.

à Narbonne. à Lyon. personnage libre dans ses mœurs et violent dans son austérité. gouvernait sa petite république avec une extrême vigilance. en 1653. à user même de leurs défauts. formée de sa main. à ]i3éziers. 11 en éloit l'àme. » n'a fait que reproduire l'image affaiblie du généreux Molière. Molière soignait tout. il n'y en a jamais eu. oîi. à incarner leurs caractères dans ses rôles. l'ayant invité à se rendre auprès de lui pour jouer devant les États h Dépit amoureux. il apparaît à Nantes. surveillait tout. qui eut beaucoup de succès. puis à Bordeaux. dans le charmant personnage du comédien « le Destin. à gouverner rien vu de elle étoit • Segraisiana. à pénétrer le caractère de ses acteurs. Tout était intrigue et débauche autour de ce bizarre prolecteur de Molière. lui offrit. le prince de Conti. obtint. l'Étourdi. qui n'accepta pas sa proposition et continua de courir la province. passa le carnaval de 1638 à Grenoble. Il avait trente-six ans. vint s'établir à Rouen. 173. » Costumes. une habileté consommée à distribuer les emplois. Son ancien condisciple. diction. et marchait à travers la France d'un pas libre eldéjà triomphant. pendant son séjour dans celte ville. où sa première œuvre sérieuse. Il ne quitta le Languedoc qu'en 1657. On croit que Scarron. la Thèbaule. . fut jouée sans succès. un rare talent de comédien. école de la vie dont il a tiré si grand profit! En 1648. dit-on. la permission de venir jouer devant la cour. en 1654. Sa trace se perd dans cette Odyssée lointaine et vagabonde.tel et on ne le verra jamais. per« sonnages. de l'attacher à sa personne en qualité de secrétaire. selon les autres. à Pézénas. ii ne pourra jamais y en avoir de pareille *. et. à Montpellier. selon les uns. pendant la tenue des États présidés par le prince de Conli. puis à Avignon. p. communiquait à chacun son activité et son énergie. favori du peuple et des siens. enfin. une médiocre tragédie de sa composition. soit du duc d'Orléans. par l'entremise soit du prince de Conti. fut représentée et bien accueillie. dit-on.

d'ailleurs créé. la jambe belle. surchargée d'amours légères ou sérieuses qui se croisent et se mêlent comme dans un dédale. impérieuse créature. beaucoup gros marchant gravement. dit l'a connu. d'exercer sur lui une influence redoutable. autant que Junon. cela n'est pas prouvé. Mademoiselle Debrie (tel était le nom de théâtre de Catherine Leclerc. avaient absorbé treize années de son errante jeunesse. trois déesses qui le gênaient. Mais on ne peut douter de l'étrange et dramatique situation qu'il occupait dans sa troupe nomade entre Madeleine Béjart. le port noble. pour ainsi dire. Pallas et Vénus embarrassaient Jupiter au siège d'Ilion. maigre. Qu'il ait été forcé à Pézénas de sauter dans la rue par une fenêtre pour échapper à un mari mécontent. » Il ne connaissait ni la ville ni la cour. Soit que le caractère peu indulgent de Madeleine eût porté Molière à chercher des distractions ailleurs ou que l'âge eût altéré la beauté de l'ancienne soubrette. les lèvres épaisses. l'observation. pour être le modèle et le lypedi' l'artiste méridional. ni trop gras plus grande que petite. habile danseuse. Comme Shukespeare. l'amour. d'une beauté majestueuse et classique et qui repoussa ses hommages. la mademoiselle Poisson. flUe d'un procureur au Châtelet. disait son ami Chapelle. avait deux ans de plus que Molière. c'était elle sans doute qui l'avait entraîné dans la vie nomade. De là ces arabesques et ces enjolivements de sa légende. mariée à un sieur de Modène et devenue veuve.8 leurs passions et à profiter de leurs rivalités et de leurs travers . . « le teint brun. ^ui bouche grande et le nez l'air sérieux . la taille ni trop les anciens et les Italiens. Elle ne cessa pas. il avait connu les faiblesses et les ivresses de la passion. femme . l'art. mais seulement la province et le monde. mademoiselle Debrie et mademoiselle Duparc . et qui sembleraient à peine avoir dû lui laisser le temps de créer une de ses œuvres. m. Madeleine. Molière avait arrêté s^s regards sur mademoiselle Duparc. l'étude.ilgré les inconstances du poète. les sourcils noirs et forts.

Auprès de made- moiselle Debrie. devant le roi. de l'aveu de tous les contemporains. série de triomphes entremêlée de rares échecs et soutenue par la constante sympathie . dans la salle des Gardes. Une enfant destinée à punir Molière de ses légèretés ou de la fougue de ses passions de ces trois femmes. le 24 octobre de la même année. au vieux Louvre.ns la vie du poëte. moins rare que l'on ne pense. : — — et l'inébranlable protection du roi .et d'ElmeWilquin). — sa vie sociale et politique. se montra plus indulgente. chez elle.. il permit à la troupe de prendre le titre de Troupe de Monsieur et de jouer sur le théâtre du Petit-Bourbon. conduite par son directeur Molière. alternativement avec les comédiens italiens. Ici s'arrête le long apprentissage de Molière et commence pour lui une vie nouvelle composée de trois sillons qui s'entre-croisent sa vie passionnée et intérieure. » Le roi le tint pour agréable satisfait du Docteur amoureux. arrive à Paris en 1658. ce grand homme était un acteur tragique détestable. sa vie d'études et de travaux. lutte ardente et habile contre les difficultés de sa direction ou plutôt de son gouvernement. que Molière lui-même avait instruite et presque vue naître et qui va tenir une place importante s'élevait à côté dc. Il y remplissait le premier rôle. surtou* contre les crédulités et les sottises humaines. l'amour. Molière venait se consoler de ses échecs et pleurer ses faiblesses. était moins une affection violente qu'une indulgente et charitable sympathie. et comme. Elle joue Nicomède. qui passait pour la meilleure de France. qu'il aborda et terrassa sans pitié. c'était la jeune sœur de Madeleine. étrange caractère. il est probable que la conscience du peu de succès qu'il avait obtenu lui lit adresser au roi la prière de représenter devant lui « un de ces petits divertissements qui lui avaient acquis quelque réputation et dont il régalait les provinces. non sans . la plus douloureuse qui se puisse imaginer. Cette troupe. sans ménagements. douée d'un grand talent pour la scène d'une beauté accomplie.

les forteresses de la vieille tradition et à ployer les esprits à cette convenance. comme nous le montrerons. » Après l'École des Femmes il reçoit une pen- sion de mille livres. C'est là que l'on verra s'établir par degrés et se dévelo. le Mariage forcé. à démanteler. continuent. Bientôt la troupe de Molière obtient de passer au théâtre du Palais-Royal. une jeune épouse coquette et adorée. œuvres est un combat . du vivant de son père. pelle. déesses. avec une subvention de sept mille livres. et sa faveur ne peut être un moment ébranlée. l'École des Fonmes. Aussi renvoyons-nous le lecteur à chacune des introductions qui. ni par les scolastiques encore estimés. sa troupe est nommée TROUPE DU ROI et attachée au service du monarque. les Fâcheux. ne craignaDt pas de frayer sa voie et de conquérir Lon succès môme à travers les plus légitimes ap puis et les plus i'ortes bases de la société tiumaine. «sans y ajouter celui de tapissier. comme dii encoi'e Cha5> il cheminait si péniblement.10 adresse . en août 1665. Enfln Molière devient l'âme de toutes les fêtes données à Versailles. il prend le litre de valet de chambre du roi. « La source de ses maux était en lui-môme. il avait trou\é bon de joindre uu fléau plus terrible pour un homme sérieux et passionné. ce que M. A la fin de 1661. que l'on peut Chacune de ses cliami) de bataille. A ces trois au milieu desquelles. Bazin appelle si bien l'association tacite du monarque et du poëte. apprécier la sîrétégic du maître. ni par les ministres. depuis l'arrivée de Molière à Paris jusqu'à sa mort. sont destinées à éclairer la marche qu'il a suivie. ni par les médecins qui soignent le roi. si l'on peut le dire. en les leplaçaul au milieu des faits et des passions qui les ont produits ou \ us naître. Les Précieuses ridicules frappent l'hôtel de Rambouillet . dans l'édition présente. à cette décence élégante qui devaient êlre les caractères de la société nouvelle.per. — . la portée de ses atta(|ues et la valeur de sa conquête. ni par les courtisans du petit lever. c'est sur le en relisant successivement les drames de 'lolièrc.

du physicien Rohault. en butte aux galanteries et aux assiduités de tout ce que la cour avait de brillant. devenu l'ami du peintre Mignard. S'il faut ajouter foi à la chronique. en effet. n le dit lui-même. l'un le don Juan. Les liens du mariage étaient rompus. . dont les grâces charitables de mademoiselle Debrie ne pouvaient tarir la source.. mais remplie de grâces et de talents qui furent le désespoir et l'unique amour de Molière Armande-Gresinde Béjart. de Boileau Despréaux. le hardi et brillant Lauzun. Molière retrouvait auprès de mademoiselle Debrie. Jaloux à la fois comme don Garcie et Sganarelki. passa pour s'être laissée séduire par celui que ne dédaignaient pas les princesses. Le roi. l'autre le Lovelace de leur époque. dans une solitude champêtre et opulente. coquette indomptablCj admirable cantatrice. di-ait-elle. » disent les contemporains. « un peu maigre. Lié avec Chapelle. tint sur les fonts de baptême le premier enfant de Molière. 11 y avait. qui recevait ses tristes confidences. pour désarmer la calomnie. né le 28 lévrier 1664. il ne voyait sa femmô qu'au théâtre et allait à Àuteuil. vingt-trois ans de différence entre — Molière et sa femme. La femme du comédien. Louis. Molière exigea de sa femme des explications et reçut d'elle l'aveu très-équivoque d'une inclination « pure. pour M. on peut joindre le nom de l'abbé de Richelieu à celui des deux héros. pleurer en liberté sa faiblesse et sa douleur. » Cette jeune fille de dix-sept ans. était née avec les der- nières disposilions à la tendresse. toujours patiente et sympathique. de Guiche. Bientôt le drame que le grand poëte avait préparé de ses propres mains suivit son cours nécessaire. d'ailleurs peu digne de crédit quant à ces annales secrètes du boudoir. élevée sur ses genoux.11 « Son âme. sœur cadette de Madeleine. les consolations de cette amitié mêlée de ten dresse qui donnent à ce personnage un caractère touchant et singulier. de Jean de La Fontaine. jusqu'à la fin de sa vie. devint sa femme le 2C février 1662. Ses ennemis s'écrièrent qu'il épousait sa fille. » le plus jeune et le plus beau des seigneurs.

mais urgente et presque sévère. Il lut le manuscrit devant le légat. de Guiche et sa femme. qui élait en Flandre. s'acquittant avec la plus active exactitude des tâches pénibles oî des improvisations nombreuses que le roi lui commandait. plus estimée à son apparition que populaire. en Flandre. Il avait reconnu combien est impuissante la prétention de demander à la vie une perfection qu'elle. se présakmi de la parole royale et profitant de l'absence du monarque.\1V la requête modeste. du premier rang parmi les rois de la scène élégante et du drame de salon. fit l'Imposteur. Molière. de leur direcleur. au Raincy fi pr'pnrailles voies. 11 avait compris combien est facile la séduction <îe l'apparence et du simulacre. par cette création. il travaillait. exrommuBié par farchevéque de Paris. avoc la ape. Dans des conférences narliculières avec le roi. ch^z Monsieur. Molière essaya trois actes de la pièce devant le roi. trop habile pour ne pas faire mine de l'approuver. où deux camarades de Molière présenter mu à Louis .% i-2 Au milieu de ces angoisses et parmi les tracas de son métier. il créa Tarluffc et le Misanthrope. refuse aux plus austf""cs et aux plus indulgents: c'est là le Mismithroxc. pour aitemdre un résultat éloigné mais certain. 7'/ cj/f" olb clvrcher pr'Jie(tion auprès du roi lui-même. Suspendu par ordre du premier président du parlemeni. si l'on peut le dire. et dangereuse l'habileté qui se pare des dehors d'une perfection souveraine: voilà Taituffe. audiences intimes dont personne ne nous a révélé les delà ils. « Le . se rendit maître. qui s'était donné le plaisir de faire entrer à la fois dans son drame Lauzun. puis chez le prince de Condé. qui eut peur des interprétations que Ion pourrait donner à son consentement. adoucit quelques passages du dialogue et lui ouvrit hardiment le ihénire. il changea le liirr' de son œuvre de Tortaffe. En 1667. Cinq années de diplomatie persévérante furent né- cessaires pour que Tarluffc prît possession du théâtre. Faire jouer la première de ces pièces n'était pas difficile. Molière obtint enfin l'oulopisation verbale de jouer 2''()7((//e à Villers-Cottere!s. M.

dans l'Avare. Arnault. dans le Médecin malgré lui. de danses et de décorations DreïQue magiques. Il s'agissait d'ailleurs d'une liitte suprême entre les tartuffes qui en voulaient aux plaisirs de Sa Majesté et ceux qui avaient le soin de la divertir » Le roi répondit avec bonté. qui est sa vie stitué aii mérite. les tartuffes de la formule médicale et de la Fn culte. Amphitryon. La victoire reste à sa persévérance et à son adresse. En effet. Bazin fait remarquer à ce propos avec beaucoup de justesse que les querelles du jansénisme n'étaient pas terminées. la Comtesse cl'Escarbagnas. glisse son Tartuffe h l'ombre du bref accordé par Clément IX. d'un génie toujours présent. et le fait jouer de l'aveu de Louis XIV. et que la représentation de Tartuffe pouvait aigrir et envenimer de nouveau des plaies que Louis XIV avait intérêt à fermer. et ne leva pas encore l'interdit. tion. enfin dans le sublime et hardi Don Juan. cette les hypocrisies.îr la rapidité de son ob"i'<? nce et la création de nombreux divertissements. les hypocrites d'érudition et de bel esprit. mettant à profit la paix universelle. de la formule héréditaire et du rang social subque Tartaffe et le Misanthrope. Molière avait touché le point culminant de sa gloire. le grand athlète de Jansénius. Improvisateur incomparable. Aussitôt Molière. mêlés de musique. le 5 février de la même année. dans les Femmes savantes. le bref définitif de réconciliaroi avait sa parole. arrive à Paris vers la fin de janvier. le Bourgeois gentilhomme. 11 alla même. revint à Saint-Germain le 7 septembre 1668. . écouta ses sollicitations et ses prières. M. vit Molière. jusqu'à s'attaquer à l'excès du respect filial et à l'abus de l'autorité paternelle chez l'homme vicieux. sans s'élever plus h'ut campagne coiUre elle-même. Dans l'Antour médecin. furent frappés tour à tour. il s'ocquittait envers le roi son protecteur p.de Pourceaugnuc. fait sa soumission le i décembre 1668 . sans donner une solution définitive.13 nul de ses sujets ne pouvait l'empêcher de la tenir. d^ns Georges Dandin. M. Entre 1664 et 1673. les hypocrites de l'étiquette. daté donné du 19 janvier 1669. il continua.

Il avançait ainsi. fournil à l'envi des traits au pauvre Molière. Molière. On n'explique la prodigieuse fécondité de ces rapides enfantements mêlés de plusieurs chefs-d'œuvre que par les ressources dont le roi lui permettait de disposer. et acheva en peu de temps une carrière si courte et si remplie. La jeune Armande rentra dans la maison de son mari.14 Les Fâcheux. Molière devint père d'un enfant qui mourut presque aussitôt. originelle toux plus fréquente et plus âpre. l'Amour médecin. la dernière qu'il ait produite. Le monde demi-sceptique : Chapelle au milieu duquel vivait Molière. jésuites. le 15 septembre 1672. C'était un malade véritable. l'ordre sévère qu'il apportait lités dans sa vie. Le régime était abandonné. et ses jalousies effrénées comme l'apanage de Sganarelle et de Geoiges Dandin. Mèlicerte. lorsque la plaie de celte âme tendre saigna de nouveau. les convives de Ninon furent les sacrificateurs et la Faculté de médecine fut la victime. trouva la plaisanterie excellente. réunis autour d'une table bien servie. et tout était vaincu. médecins. ou plutôt un mourant. de Pourceaugnac. se mit. Enfin le Malade imaginaire parut sur la scène. précieuses. enfin la combinaison des qua- les plus rares et des conditions les plus heureuses qui aient pu développer et favoriser le génie de l'artiste. à railler la raillé à la fois médecins sants. jansénistes. marquis. apparurent ainsi. la société de de Ninon. M. la vie devint plus dissipée et plus bruyante. et se réjouit fort de composer à frais communs la cérémonie burlesque du Malade imaginaire. La Danse Macabre du moyen âge n'a pas d'enseignement plus douloureux que ce bouffon homme de génie et ce philosophe arlislc venant en robe de chambre de malade plaisanter à la fois la santé qui et . dans une œuvre nouvelle. qui se moquait de la mort et de l'impuissance humaine à la prévenu' et à la suspendre. ceux-ci et élégant et malades ceux-là comme impuiscomme crédules. évoqués par le génie de l'artiste. qui avait sa propre misanthropie comme le type de la fausse sagesse. l'autorité quC lui éiail accordée.

comme toujours. « Non^. dit-il. avant l'arrivée d'un troisième ecclésiastique. en prononçant le mot juro de la célèbre cérémonie. . par deux sœurs religieuses. PniLARÈTE ClHASLIiS. dit Grimarest. il avait résisté aux prières de ceux que l'état do sa santé effrayait et qui ne voulaient pas qu'il se rcp. qu'il courage de soutenir jusqu'au bout. qu'il envoya chercher. et c'est au milieu de cette œuvre si triste et si grotesque qu'il a expiré. que deviendroient tous ces pauvres gens ? » S'ignore et la On eut le le reporta chez lui après la représentation. l'imprudence niaise de ceux qui prétendent guérir et la stupide fantaisie des imaginations frappées. plus compatissant et plus chrétien. il mourut le 17 février 1673. Suffoqué par le sang.dît au théâtre. et assisté. Deux prêtres de sa paroisse. refusèrent leur secours.15 mort qui arrive. aux intérêts de sa troupe. Dévoué. à la quatrième représentation du Malade imaginaire. Il était épuisé et sentait l'approche de ses derniers moments. C'est le comble de l'incertitude et de la débilité humaines dont Molière a fait la satire.

.

telle est la comédie « air improvise » que les Italiens ont inventée. et qui. conforme aux situations. ESSAIS DE JEUNESSE ET IMITATIONS DE LA COMMEDIA DELL' ARTE I.ŒUVRES COMPLÈTES DE MOLIÈRE PREMIÈRE ÉPOQUE 1645-1658 PREMIÈRES ŒUVRES. LA JALOUSIE DU BARBOUILLÉ. m. que par les singuliers tours de force héros de la farce accomplit. canevas italien. le cosarrêté d'avance. le type invariable. LE MÉDECIN VOLANT* COMÉDIE le caractère est convenu. le Médecin sauteur. canevas italien. La souplesse physique et la facilité du dialogue prêtent. 1653. sur un plan tracé. le langage différent. celle que Scaramouche et Mezzetin ont fait applaudir en France. imitation de IV. L'ÉTOURDI. 1 Le le titre de l'arlequinade italienne épitli&te justifiée est : Il Medico volante. s . 1654. l'italien. improvisent un dialogue Des personnages dont tume pittoresque. si ce n'est de la valeur. au moins du charme à Trivelin. LE DÉPIT AMOUREUX. imitation de l'italien. IL — — LE MÉDECIN VOLANT.

la seule qui. saute d'une fenêtre à l'autre. sos masques. La pièce de Boursault finit par un vers insolent « : Faisons des médecins. lorsqu'il allait du collège de Clermont aux Saints Innocents et de la halle au collège. pour s'acquitter de son double personnage. les germes obscurs du Médecin mal gré lui. la traduction du Medico volante fut un des premiers efforts de ce jeune esprit qui débutait par l'admicette vive ^ ration docile. Boursault versifia plus tard ce canevas. de traduire t d'arranger quelques-uns de ces canevas qui lui plaisaient . favorable à l'agilité du jeune acteur. et de la rue dans la maison. ses lazzi déjà imités par nos farceurs qui tenaient en plein air leurs assises sur le pont Neuf. qu'il fit jouer en 1661. Je ne doute pas que sa troupe nomade n'aitsouvent représenté. . pour divertir les provinciaux. cette charge populaire. au commencement du dix-septième siècle et à la fin du seizième. forme enfantine. par la troupe de Molière. et qui. de l'Amour médecin et des Fourberies de Scapm apparaissent confusément dans cette ébauche. le 25 mai 1666. Poquelin enfant. représentée en- suite à Paris.18 forme de l'art. dut admirer souvent la farce italienne. Quelques traits du rôle de l'avocat semblent révéler la touche de Molière . ne doit faire qu'un avec le canevas du Médecin volant. ses tréteaux. Trèsjeune il essaya d'adapter à nos mœurs. ou volaiis ou volés ! » La prétendue comédie de la Casaque. fût populaire dans le midi de l'Europe. valet et médecin à la fois.

amant SABINE. VALÈRE. GROS-RENÉ valet de Gorgibus. . Si vous en pouviez envoyer quelqu'un qui fût de vos bons amis. Vraiment. que je crois qu'ils eussent été ma- vous n'étiez aimé mais. qui est assez crédule. de Lucile. SCÈNE I. comme ma cousine m'a confié le secret de l'amour qu'elle vous porte. cousine de SGANARELLE. VALERE. et le laisser pester tout son soûl avec Villebrequin. il conseilleroit à la malade de prendre l'air à la campagne. Lucile. quel conseil me SABINE. donnes-tu ? Eh bieri. l'épouser. par ce moyen. il y a bien des nouvelles. et qui fût de notre intelligence. si . UN AVOCAT. m'envoie quérir un médecin. que nous nous sommes vues à l'extrémité par l'avarice de vilain oncle. je n'en connois pas un . contrefait la malade. SABINE. valet de Valère. Mon oncle veut résolument que ma cousine épouse Villebrequin. père de Lucile. Mais le moyen de trouver sitôt un médecin à ma porte. et. et qui voulût tant hasarder pour mon service! Je te le dis et mon franchement. fille VALÈRE. Sabine. dès l'heure que je vous parle. C'est que ma cousine. Le bonliomme ne manquera pas de faire loger ma cousine à ce pavillon qui est au bout de notre jardin.VALÈRE. vous pourriez l'entretenir à l'insu de notre vieillard. de Gorgibiis. et le bon vieillard. nous nous sommes avisées d'une bonne invention pour différer le mariage. et les affaires sont tellement avancées. LUCILE. riés dès aujourd'hui.LE MÉDECIN VOLANT « PERSONNAGES GORGIBUS.

où i'-ai-je? Ahl pour dix . envoyez-moi voir quelle heure il esl à une horloge.VALÈRE. Ah J'ai ! mon besoin de comme pauvre Sgannrelie. VALÈRE. homme. Chez le bonhomme Gorgibus. pour faire le médecin. je n'ai pas l'esprit tant. va. médecin. Je songe à une cliose si vous faisiez habi-ller votre valet en médecin .. Adieu. quez de moi. je suis assez votre et par quel bout serviteur pour n'en rien faire du tout m'y prendre. vous vous mo! . monsieur ? employez-moi seulement en vos affaires de conséquence. . pistoles. je le vais chercher. abreuver un cheval. voir combien le beurre vaut au marché. C'est VALÈRE. que j'ai de joie de te voir . SGANARELLE. je ne dis pas que je ne sois médevoyez-vous bien. bon Dieu ? Ma foi. tant subtil. Mais. SCÈNE II. il n'y a rien de si facile à duper que le bon. VALÈRE. SGANARELLE. ou pour quelque chose d'importance par exemple. monsieur. . quand je serai médecin. pour vous dire la vérité. monsieur Je "uis prêt à faire tout ce qu'il vous plaira mais. un lourdaud qui gâtera tout . : je sais faire. monsieur. c'est alors que vous connoîtrcz ce que Ce que je sais faire. cin car. Ce n'est pas cela.tO LE MEDECIN VOLANT SABINE. . Où diable trouver ee maroufle à présent? Mais le voici tout à propos. Moi. voir sa fille qui est malade. . VALÈRE. c'est qu'il faut que tu contrefasses le médecin. toi dans une afiaire de conséquence mais. VA ÈRE. Si tu veux entreprendre cela. mais il faut s'en servir fauie d'autre.. •. je te donnerai dix pistoles. SGANARELLE. SGANARELLE. je ne sais pas ce que lu sais faire.

21 mais tu es un lourdaud qui. cela est bien clil'ticilc de faire le médecin et si je ne fais rien qui vaille ? VALÈRE. si je m'en mêle. qu'aucun médecin qui d'ordinaire : . ma tille est bien dépêchez-vous. pourvu que tu parles d'IIippocrate et de Galien. qui sont les dix le dites. le médecin mais vous verrez que. : ! . Ou dit un proverbe. SGANARELLE. et que tu sois un peu effronté. je vois bien que cette maladie-là reculera Et c'est ce qui me fait GROS-RENÉ. au lieu de bien pourrois SGANARELLE. néanmoins. et me donner les licences. GROS-RENÉ. on dira Après le médecm.. GROS-RENÉ. . Laissez-moi faire . Que diable aussi pourquoi vouloir donner votre fille à un vieillard? Croyez-vous que cène soit pas le désir qu'elle a d'avoir un jeune homme qui la travaille ? Voyez-vous la Allez vilement chercher un médecin. Après la mort. GORGIBUS. Valère et Sganarelle s'en vont.. je pistples promises. {galimalias). : C'est-à-dire qu'il faudra lui parler philosophie. monsieur.GORGIBUS. tique. a. et m'inslruire de ce qu'il me faut faire. . Dieu. gare la mort Mais. ne soyez point en peine je vous réponds que je ferai aussi bien mourir une personne ! Eh mon soit dans la ville. ! connexilé qu'il y Va-l'en vite bien les noces. qui se laissera élourdir de ion discours. SCÈNE III. mathéma- s'il est un homme facile. enrager . car cl malade. quand je songe. comme vous vous réponds de tout. m faire. GORGIBUS. . etc. H n'y a rien de si facile en celte rencontre Gorgibus est un homme simple. venez seulement me faire avoir un habit de médecin. je croyois refaire mon .SCÈNE oien. grossier.

le plus habile. et qui sans doute guérira ma cousine.. un médecin du commun. SABINE mon oncle. On me l'a indiqué par bonheur. GORGIBUS. salamalec. je suis désespéré. - SABINE. pas que je sois un médecin ordinaire.^Rodri* Ne vous imaginez Vieux mot français. afir Je vous trouve à propos. 22 LE MEDECIN VOLANT *. et m'en voilà sevré. Je m'en un médecin pour moi. Très-humble serviteur à monsieur envoie quérir pour voir ma fille qui toute le est médecin. SGANARELLE. le plus docte médecin qui soit dans la Faculté végétale. Tous les autres médecins ne sont. Je vou* malade je met? . et Galien. GORGIBUS. qui sai' les plus beaux secrets. persuada qu'une personne ne se porte pas bien quand elle est malade. GORGIBUS. Hippocrate dit. . mon espérance en vous. SGANARELLE. J'ai des talents particuliers. tenez. SGANARELLE. I est si savant. voilà qui me suit . pour vous apprendr'' une bonne nouvelle. Il sort. encore en usage dans le peuple vieilles : serneU'j neuve appliquée à de chaussures. sensitive et minérale. un homme qtii vient des pays étrangers. par vives raisons. aussi bien que poui ventre d'une bonne carreliirc vais chercher votre fdle . à mon égard. GORGIBUS. qu'il me guérît. que je voudrois de bon cœur être malade. j'ai des secrets. que des avortons de médecins. et je vous l'amène. Salamalec. J'en suis fort ravi. le voilà. Je vous amène le plus habile médecir (lu monde. CÈNE IV. Vous avez raison de mettre votre espérance en moi car je suis le plus grand. Où Le est-il donc? SABINE.

mais moi. je puis connoître la maladie de la fille. : les médecins. Que je cela! voilà bien de quoi! Faites-la pisser copieusela sorte. * Hémistiche célèbre du Cid. SGANARELLE. j'ai grand'peur qu'elle ne meure. Per omnia sœ- cula sœculoru7n. je l'avale. se contentent de la regarder . SABINE. empruntée aux derniers tréteaux. (Sal)ine rentre ^. Mais encore. à vous dire la vérité. (Sabine sort. Eh quoi ! GORGIBUS.SCENE gno. le la fille no sont qu'une chose et. il ne faut pas qu'elle s'amuse à se laisser mourir sans l'ordonnance de la médecine. Monsieur Gorgibus. y auroit-il moyen de voir de l'urine de l'égrotante ? GORGIBUS. SGANARELLE. Oui-da Sabine.) Monsieur le médecin. n'importe . il y en avoit trop peu pour avoir un bon jugement qu'on la fasse encore pisser. ce qui un peu la laideur de celle dépoùlante facétie. Ne vous étonnez pas de cela . grande inflammation dans les intestins elle n'est pas tant mauvaise pourtant. as-tu du IV 23 cœur *? signor. J'ai bien eu de la peine à la faire pisser. d'ordinaire. ment. no. c'est sa fille. qui suis un médecin hors du commun. et qui n'a rien de Molière. Si tous les malades pissent de veux être médecin toute ma vie. copieusement. : SGANARELLE. monsieur. vous l'avalez? SGANARELLE. sang du père et de même . Ah ! qu'elle s'en garde bien 1 . par l'allcî^ration de celui du pore. vite allez quérir de l'urine de ma fille. une fiole médicale remplie de vin blanc. Eh Il ! ce n'est pas lui qui est malade. voyons un peu. . qui jouissait alors de toute sa popu- larité. corrige 2 Snbine apporte . SABINE sort et revient. si. signor.) Voilà de l'urine qui marque grande chaleur. parce qu'avec le goût je discerne bien mieux la cause et les suites de la maladie mais.

Eh bien. SGANARELLE. au chapitre qu'il a fait de la nature des animaux. que votre fille est fort malade. et que la bile qui se répand par le corps nous fait devenir jaunes. et qu'il n'est rien de plus contraire à la santé que la maladie. je la ferai venir. GORGIBUS. SCÈNE V. Vite une table. dit. monsieur. comme les humeurs qui ont de la connexilé ont ses oeaucoup de rapport car. avec ce grana homme. SGANARELLE. Oui. mademoiselle. . de l'encre SGANARELLE. ce grand médecin. Oui. du papier. SGANARELLE. comme la mélancolie est ennemie de la joie. . LUCILE. C'est fort bien fait. cent belles choet. Tant pis. monsieur. SABINE. . Il faut que je vous fasse une ordonnance. Oui. SGANARELLE. SGANARELLE. elle ne peut pas pisser davantai^e. vous êtes malade ? LUCILE. monsieur Gorgibus. aux reins? LUCILE. si vous voulez. GORGIBUS. nous pouvons dire. voire fille ne pisse que des gouttes ? voilà une pauvre pisseuse que voire fille je vois bien qu'il faudra que je lui ordonne une potion pissalrice. c'est une marque que vous ne vous portez pas bien. Est-ce que vous ne le savez point ? a-t-il Y . - SABINE. Elle est levée . N'y auroil-il pas moyen de voir la malade? Quoi ! .. quelqu'un qui sache écrire ? GORGiBUS. Voilà tout ce qu'on peul avoir..i« LE MÉDECIN VOLANT SABINE sort et revient. par exemple. Sentez-vous de t^randes douleurs à la tête.

un peu l'air. Monsieur. fille prît Je crois qu'il seroit nécessaire qu'elle se divertît à la que votre pagne. - L'AVOCAT. cam- GORGIBUS. Ils sortent tous. L'AVOCAT. ne m'en souvenois pas j'ai tant . moment? - GORGIBUS. SGANARELLE. je vous suis venu témoigner la part que j'y prends. seul. voilà un fort habile homme de mes amis. après ce que m'a dit monsieur Gorgibus de votre mérite et de votre savoir.SCENE Ah lête. loisir. SCÈNE J'ai . il faut aller à mes malades.GORGIBUS. SGANARELLE.. Monsieur. J'étois là dedans avec le plus savant homme I l'avocat. SGANARELLE. fort beau jardin. Allons visiter les lieux. N'y auroit-il pas moyeu de l'entretenir un SCÈNE VIII. le et quelques chambres qui l'y ferai si vous trouvez à propos. GORGIBUS. qui souhaiteroit de vous parler et vous entretenir. ! VIII Sij je SGANARELLE. . mon- l'avocat. Nous av(ns un y repondent . Je n'ai pas le sieur. Holà. Ayant appris la maladie de mademoiselle votre fille. et . et que je lui offre mes services comme ami de toute sa famille. je loger. j'ai eu la plus grande passion du monde d'avoir l'honneur de votre connoissance. l'avocat. monsieur Gorgibus la droite .. holà ! monsieur Gorgibus y est-il? ouï dire que lu faut il que je SCÈNE VII. VI. GORGIBUS. et vous faire offre de tout ce qui dépend de moi. L'AVOCAT. d'affaires dans la que j'ouljlic la moitié. lade fille de monsieur Gorgibus étoit mam'informe de sa santé. Je ne prendrai pas avec vous.

S'il fût demeuré tant soit peu l'allois mettre sur une matière sublime et relevée. je ! . Il faut avouer qui excellent : : SGANARELLE. Les premiers hommes qui firent profession de la médecine furent tellement estin'êtes pas de ces la Vous d'avoir cette belle science. experieniia magistra rcrum. Vos heures vous sont préL'avocat sort. Ce n'est pas qu'on doive mépriser un médecin qui n'auroit pas rendu la sanlé à son malade. ce qui rend sa parfaite connoissance fort difficile et c'est fort à propos qu'Hippocrate dit dans son premier aphorisme Vita brevis. puisqu'elle ne dépend pas absolument de ses remèdes. experimentum. Ficile tantinapota baril cambustibus. Que vous semble de Il cet homme-là ? SGANARELLE. Monsieur. j'ai peur de vous . et. qu'on les mit au nombre des dieux pour les belles cures qu'ils faisoient tous les jours. je croîs que que ceux en quelque science sont dignes de grande louange. (Gorgibus luidonno de l'argent. occasio aiitem prceceps. médecins qui ne s'appliquent qu'à médecine qu'on appelle rationale ou dogmatique. vous ne trouverez pas mauvais. difficile. dans l'espérance qu'à la première vue j'aurai l'honneur de converser . et je crois que vous l'exercez tous les jours avec beaucoup de succès. ars vero longa. l'avocat.particulir'rement ceux qui font profession de la médecine. ni de son savoir interdum docta plus valet arte malum. tant à cause de son utilité que parce qu'elle contient on elle plusieurs autres sciences. quelque petite chose.26 j'ai LE MÉDECIN VOLANT pris la liberté de vous saluer à ce dessein le . loisir. à Gorgibus. més être importun j'ai que je prends congé de vous.) Eh que voulez-vous faire ? GORGIDUS. GORGIBUS. etc. sait davantage. avec vous avec plus de cieuses. Cependant je prends congé de vous. judi cium periculosum. Je sais bien ce que je vous dois.

Eh bien. Il faut avouer que ce bonhomme de Gorgibus est un vrai lourdaud de se laisser tromper de la sorte! (Apercevant Gorma foi. votre serviteur SGANARELLE. Sganarelle. et je suis fort en peine où je le pourrois ren- contrer. tout est perdu c'est à ce coup ([ue voilà gibus. ne sais ce qu'aura fait Sganarelle : je n'ai point eu de ses nouvelles. I . seul. (il prend l'argent. je lui ai conseillé de faire prendre l'air à sa fille. tellement qu'elle est fort éloignée du vieillard. GORGIBUS. SCÈNE Je IX. .) Mais bon. Bonjour. sort. laquelle est à présent dans un appartement qui est au bout de leur jardin. le voici. gart on . — VALÈRE. Vous moquez -vous. Sganarelle sort. Ah que tu me donnes de joie Sans perdre de temps. je ne suis pas un homme mercenaire.) Voire (rès-humble serviteur. monsieur Gorgibus? Je n'en prendrai pas. . - VALÈRE. j'ai si bien fait. VALÈRE. qu'as-tu fait depuis que je ne t'ai pas vu? SCÈNE X. GORGIBUS. je la vais trouver de ce pas.) Ah la médecine renversée mais il faut que je le trompe. Monsieur.SCENE XI 27 SGANA BELLE. Je mesuis introduit chez lui. Merveille sur merveille : me ! ! V SGANARELLE.SGANARELLE. SGANARELLE. (Sganarelle revient en habit de valet. et que vous pourrez l'aller voir commodément. et Gorgibus rentre dans sa maison. vous voyez un pauvre . monsieur. que Gorgibus prend pour un habile médecin. SCÈNE XI. SGANARELLE.

i¥?

LE MÉDECIN VOLANT
:

ne connoissez-vous pas un médecin qui est arrivé depuis peu en cette ville, qui fait des cures admi-

au désespoir
rables?

GORGIIÎUS.

Oui, je le connois

;

il

vient do sortir de chez moi.

SGANARELLK. nous sommes jumeaux et, comme nous nous ressemblons fort, on nous prend quelquelois l'un pour l'autre.
Je suis son frère, monsieur
:
;

Je

me donne

GORGIBUS. au diable si je n'y

ai

été trompé. Et

com-

ment vous nommez-vous ? SGANARELLK.
Narcisse, monsieur, pour vous rendre service. Il faut que vous sachiez qu'étant dans son cabinet j'ai répandu deux aussitôt fioles d'essence qui étoient sur le bord de sa table il s'est mis dans une colère si étrange contre moi, qu'il m'a mis hors du logis; il ne me veut plus jamais voir, tellement que je suis un pauvre garçon à présent, sans appui, sans support, sans aucune connoissance.
;

GORGIBUS.
je suis de ses amis, et je vous promets de vous remettre avec lui je lui parlerai d'abord que je le verrai. SGANARELLE. Je vous serai bien obligé, monsieur Gorgibus.
; ;

Allez, je ferai votre paix

Sganarelle sort, et rentre aussitôt avec sa robe de médecin.

SCÈNE

XII.

- SGANARELLE, GORGIBUS.
SGANARELLE. quand ces malades ne veulent pas
et qu'ils

Il

faut avouer que,

sui-

vre

l'avis

du médecin,
le

Monsieur

s'abandonnent à la débauche... GORGIBUS. médecin, très-humble serviteur. Je vous de-

mande une
Qu'y

grâce.

a-t-il,

SGANARELLE. monsieur? est-il question do vous rendre

service ?

SCÈNE

XIII

29

GORGIBUS. Monsieur, je viens de rentontrer monsieur votre frère, qui est tout à fait fâché de...

SGANARELLE.
C'est un coquin, monsieur Gorgihus.

GORGIBUS.
Je vous réponds qu'il est tellement contrit de vous avoir

mis en
C'est

colère...

SGANARELLE. un ivrogne, monsieur Gorgibus.

Eli

!

GORGTBUS. monsieur, voulez-vous désespérer ce pauvre garçon?

SGANARELLE. Qu'on ne m'en parle plus mais voyez l'impudence de ce coquin-là, de vous aller trouver pour faire son accord je vous prie de ne m'en pas parler,
;
;

GORGIBUS. de Dieu, monsieur le médecin, faites cela pour l'amour de moi. Si je suis capable de vous obliger en autre chose, je le ferai de bon cœur. Je m'y suis engagé, et...
7\u

nom

SGANARELLE. Vous m'en priez avec tant d'instance... Quoique j'eusse allez, touchez là, fait serment de ne lui pardonner jamais je lui pardonne. Je vous assure que je me fais grande violence, et qu'il faut que j'aie bien de la complaisance pour vous. Adieu, monsieur Gorgibus.
;

Gorgibus rentre dans sa maison, et Sganarelle s'en va.

SCÈ?!i XIII.

- VALÈRE, SGANARELLE.

VALÈRE. que j'avoue que je n'eusse jamais cru que Sganarelle se fût si bien acquitté de son devoir. (SganareUe Ventre mon pauvre garçon, que je l'ai avec ses habits de valet.) Ah d'obligations que j'ai de joie et que... SGANARELLE. Ma foi, vous parlez fort à votre aise. Gorgibus E°/a rencontré ; et sans une invention que j'ai trouvée,' toute !a mèche
Il

faut

!

I

!

90

LE MÉDECIN VOLANT
Mais fuyez -vous-en
Valère sort.
*,

éloil découverte. (Apercevant Gorgibus.)
le voici.

SCÈNE

XIV.

- GORGIBUS, SGANARELLE.
GORGIBUS.
j'ai

Je vous clierchois partout pour vous dire que votre frère
:

parlé à

m'a assuré qu'il vous pardonnoit mais, pour en être plus assuré, je veux qu'il vous embrasse en ma présence entrez dans mon logis, et je Tirai chercher. SGANARELLE. Eh monsieur Gorgibus, je ne crois pas que vous le trouviez à présent; et puis je ne resterai pas chez vous, je crains
il
;
;
!

trop de sa colère.

GORGIBUS. vous y demeurerez, car je vous enfermerai. Je m'en vais à présent chercher votre frôre ne craignez rien, je vous réponds qu'il n'est plus fâché.

Ah

!

;

Gorgibus sort.

SGANARELLE, de

la fenêtre.
;

Ma

foi,

me

voilà attrapé, ce coup-là

il

n'y a plus

moyen

de m'en échapper. Le nuage est fort épais, et j'ai bien peur que, s'il vient à crever, il ne grêle sur mon dos force coups de bâton, ou que, par quelque ordonnance plus forte que toutes celles des médecins, on ne m'applique tout au moins
* sur les épaules. Mes affaires vont mal mais pourquoi se désespérer? puisque j'ai tant fait, poussons la fourbe jusqu'au bout. Oui, oui, il en faut encore sortir, et faire voir que Sganarelle est le roi des fourbes.

un cautère royal

:

Sganarelle saute par la fenêtre et s'en va.

SCÈNE XV.

- GROS RENÉ, GORGIBUS, SGANARELLE.
GROS-RENÉ.
foi
!

Ah ma
!

voilà qui est drôle
!

I

comme

diable on saute
ici, et

ici

par les fenêtres Il faut que je demeure voie à quoi tout cela aboutira.
*

que je

'

Pour enfuyez-vous, Le fer rouge.
:

c'est-à-dire, vous., fuyez d'ici

SCENE XV!
GORGIBUS.
Je ne saurois trouver ce médecin
s'est
;

31

je

ne

sais

où diable

il

caché. (Apercevant Sganarelle qui revient en habit de médefrère
est

cin) Mais le voici. Monsieur, ce n'est pas assez d'avoir par-

pour ma satisfaction, de vous cherchois partout pour vous prier de faire cet accord en ma présence. SGANARELLE. Vous vous moquez, monsieur Gorgibus; n'esL-cc pas assez que je lui pardonne ? je ne le veux jamais voir.

donné à votre
:

;

je

vous

prie,

l'embrasser

il

chez moi,

et je

GORGIBUS.
Mais, monsieur, pour l'amour de moi.

SGANARELLE.
Je ne vous saurois rien refuser
:

dites-lui qu'il descende.
la porte, Sganarelle

Pendant que Gorgibus entre dans la maison par y rentre par la fenêtre.

GORGIBUS, à
qu'il fera tout ce

la fenêtre.
:

il m'a promis que vous voudrez. SGANARELLE, à la fenêtre. Monsieur Gorgibus, je vous prie de le faire venir ici je vous conjure que ce soit en particulier que je lui demande pardon, parce que sans doute, il me ferait cent hontes, cent opprobres devant tout le monde.

Voilà votre frère qui vous attend là-bas

;

Gorgibus sort de sa maison par

la

porte, et Sgdnarelle par la fenêtre.

GORGIBUS.
Oui-da, je m'en vais lui dire... Monsieur, il dit qu'il est honteux et qu'il vous prie d'entrer, afin qu'il vous demande pardon en particulier. Voilà la clef, vous pouvez entrer je vous supplie de ne me pas refuser, et de me donner ce con;

tentement.

SGANARELLE.
vous entendre de quelle manière je vais le traiter. (A la feMonsieur mon frère, je vous nêtre.) Ah te voilà, coquin demande pardon, je vous promets qu'il n'y a pas de ma
Il

n'y a rien que je ne fasse pour votre satisfaction

:

allez

!

!

faute.

Pilier

de débauche, coquin, va, je t'apprendrai à

venir avoir la hardiesse d'importuner monsieur Gorgibus,

32
v^e

^E MÉDECIN VOLANT
lui

rompre

frère...

la lête

de tes sottises
dis-je,

Tais-toi,

te

!

Monsieur mon

Je ne vous désoblig...

Tais-toi,

coquin

!

GROS-REXÉ. Qui diable pensez-vous qui soit chez vous à
GORGIBUS. C'est le médecin et Narcisse son frère que différend, et ils font leur accord.
;

pr(?sc..'l

?

ils

avoient quel-

Le

diable emporte

GROS-RENÉ. ne sont qu'un. SGANARELLE, à la fenêtre.
!

ils

la

Ivrogne que tu es, vue il voit bien
I

je t'apprendrai à vivre
qu'il a failli, le

!

Comme il baisse
Ah
!

pendardi

l'hypo-

crite,

comme

il

fait le

bon apôtre

!

GROS-RENÉ. Monsieur, dites-lui un peu par plaisir
son frère à
la fenêtre.

qu'il

fasse mettre

GORGIBUS.
Oui-da... Monsieur le médecin, je vous prie de faire paroître votre frère à la fenêtre.

SGA.NARELLE, de
Il est

la fenêtre.

le

indigne de la vue des gens d'honneur, et puis Je ne saurois souffrir auprès de moi.

GORGIBUS. Monsieur, ne me refusez pas cette grâce, après toutes celles que vous m'avez faites.

SGANARELLE, de la fenêtre. monsieur Gorgibus, vous avez un tel pouvoir sur moi, que je ne vous puis rien refuser. Montre-toi, co-

En

vérité,

quin

!

(Après avoir disparu un moment,

il

se

remontre en habit de
(il

valet.)

Monsieur Gorgibus,
la

je suis votre obligé,

disparoit

encore, et reparoît aussitôt en robe de médecin *.)

Eh

bien, avez-

vous VU cette image de

débauche ? GROS-RENÉ. Ma foi, ils ne sont qu'un et, pour vous le prouver, lui un peu que vous les voulez voir ensemble.
;

dites-

i Ce sont ces tours de passe-passe qui expliquent decin volant.

le titre

de

Mé-

SCENE XY
GORGIBUS,

Mais faites-moi la grâce de le faire paroître avec vous, et de l'embrasser devant moi à la fenêtre. « SGANARELLE, de la fenêtre. C'est une chose que je refuserois à tout autre qu'à vous , mais, pour vous montrer que je veux tout faire pour l'amour de vous, je m'y résous, quoique avec peine, et veux auparavant qu'il vous demande pardon de toutes les peines qu'il vous a données. Oui, monsieur Gorgibus, je vous demande pardon de vous avoir tant importuné, et vous promets, mon frère, en présence de monsieur Gorgibus que voilà, de faire si bien désormais, que vous n'aurez plus lieu de vous plaindre, vous priant de ne plus songer à ce qui s'est passé.

Il

embrasse son chapeau

et sa fraise, qu'il

a mis au bout de son coude,

Eh

GORGIBUS. bien, ne les voilà pas tous deux?

GROS-RENÉ.

Ah

!

par

ma

foi, il est sorcier.

SGANARELLE,

sortant de la maison, en médecin.

Monsieur, voilà la clef de votre maison que je vous rends; je n'ai pas voulu que ce coquin soit descendu avec moi, parce qu'il me fait honte je ne voudrois pas qu'on le vît en ma compagnie, dans la ville où je suis en quelque répu;

tation.

Vous
feint

irez le faire sortir
le

quand bon vous semblera. Je

vous donne
Il

bonjour, et suis votre serviteur, etc.
aller, et,

de s'en

après avoir mis bas sa robe, rentre dans

la

maison par

la fenêtre.

11

faut
lui

s'il
Il

GORGIBUS. que j'aille délivrer ce pauvre garçon en vérité, a pardonné, ce n'a pas été sans le bien maltraiter.
;

entre dans sa maison, et en sort avec Sganarelle en hubit de valet.

SGANARELLE.
Monsieur, je vous remercie de la peine que vous avez prise, et de la bonté que vous avez eue, je vous en serai obligé
toute

ma vie.
GROS-RENE.
pensez vous que soit à présent le médecin?
s

35

LE MÉDECIN VOLANT
GORGinUS.

n s'en

est allé. qui a ramassé la robe de Sgaparellc..

GROS-RENÉ,
Je le tiens sous

bras. Voilà le coquin qui faisoit le médecin, et qui vous trompe. Cependant qu'il vous trompe et joue la farce chez vous, Valôre et votre fille sont ensemble, qui s'en vont à tous les diables. GURGIBUS. Oh que je suis malheureux! mais tu seras pendu, fourie, coquin SGANARELLE, Monsieur, qu'allez-vous faire de me pondre? Écoutez un mot, s'il vous plaît. Il est vrai que c'est par mon invention que mon maître est avec votre fille m^s, en le servant, je ne vous ai point désobligé c'est un parti sortable pour elle, tant pour la naissance que pour les biens. Croyez-moi, ne faites point un vacarme qui tourneroit à votre confusion, ci envoyez à tous les diables ce coquin-là avec Villebrequia. lilais voici nos amans.
!
!

mon

;

:

SCÈNE

XVI.

-VALÈRE, LUCILE, GORGIBUS, SGANARELLE.
VALÈRE.
à vos pieds.

Nous nous jetons

GORGIBUS.
Je vous pardonne, et suis heureusement trompé par Sganarelle, ayant un si brave gendre. Allons tous faire noces,
et boire à la santé

de toute

la

compagnie.

m DU

UtDF.CI.V

VOLAOT.

Le canevas qui nous est Jalousie du Barbouillé n'est l'incisive parvenu sous le titre de la qu'une imitation servile de L'art y ces farces qui éveillaient son génie. au grand scandale de sa famille. manque. vigueur de Molière s'y annonce. Les pièces qui nous restent d. Frais émoulu de ses classes. Molière a déjà choisi la formule inutile de la science et les vaines draperies de la rhétorique..LA JALOUSIE DU BARBOUILLÉ COMÉDIE Le jeune Poquelin sortait du collège des jésuites et des leçons de Gassendi.e ce temps-là » sontdelamesme beauté que le lieu où l'onenfaisoit » la représentation. il leur préférait. » et le théâtre fut orné de tapisseries qui donnoient des : 3> 5) I) .que la comédie se jouoit en plein air et en plein » jour. « J'ai ouï dire à des gens agez. et qui. Tabarin et Guillot Gorju. qu'ils avoient veu le théâtre de la comédie de Paris de la même structure et avec les mêmes décorations que celui des danseurs du pont » Neuf. On y voit la bourgeoise dominant son mari de toute la force de sa finesse et de toute l'autorité de son sang-froid la femme de Georges Dandin apparaît. avec Bernier et Chapelle^ du Ferio Darii Bamalipton et de l'inutile parlage des docteurs scolastiques. » raconta Perrault. sous le nom de V Illustre théâtre. que le bouffon de la troupe se promenoit par la ville avecun tambourpour avertirqu'on alloitcom» mencer. Sans doute cette facétie fut l'une des premières que représenta la troupe des enfants de famille dirigée par Molière. alla s'établir à la porte de Nesle. Ensuite on les joua à la chandelle. Pour but de sa colère et de sa satire. il riait.

Par économie. La symphonie estoit d'une flûte et » d'un tambour. elles rctomboient rudement sur eux quand ils entroient sistoit > » T> » ou quand ils sortoient. ce qui les rendoit presque tout » noirs. etmettoient souvent en désordre les coefïures des comédiens. Le persécuteur des faux docteurs. de tous ceux qui sacrifient aux mots la réalité de Il n'a que vingt ans la vie.» Telle était. la prend déjà les armes. . des avocats. des scolasiiques. pour mettre au-devant du théâtre. probablement. la mise en scène des jeunes acteurs de la porte de Nesle. s Ces entrées et ces sorties estoient fort incommodes. comme le faisait Gros-Guillaume. » comm. se haussoient et se baissoient et par main d'homme. ou de deux méchans violons au plus. Poquelin. à peu de chose près. guerre commence^ . des faux médecins. fussent identiques. le Docteur pédant (18 juin 1660). pour les allumer » sans artifice » et les moucher. et dont le titre seul nous est parvenu. et la Jalousie du Gros-René (15 avril 1663). à la Jalousie du Barbouillé. se couvrait ou se barbouillait le visage de farine. Ces chans deliers.e elles n'éclairoient les acteurs que par derrière » et un peu sur les côtés. parce que. Il ne serait pas impossible que deux autres canevas ou farces jouées par sa troupe à Paris. on s'avisa de faire des chandeliers avec deux » lattes mises en croix portant chacun quatre chan» délies. ne s'ouvrant que fort peu en haut. le chef de la troupe. suspendus grossièrement avec des cordes et ï des poulies apparentes. Toute la lumière cond'abord en quelques chandelles dans des plamais » ques de fer-blanc attachées aux tapisseries.36 » NOTICE entrées et des sorties aux acteurs par l'endroît où elles se joignoient l'une à l'autre. » ? sauf le titre. le Fariné de l'hôtel de Bourgogne.

la carognc en sortiroit avec son passe-pariout. LE BARBOUILLÉ. avouer que je suis le plus malheureux de tous : les hommes J'ai une femme qui me fait enrager au lieu de me donner du soulagement.. elle me fait donner au diable vingt fois le jour au . SCÈNE Il faut ! j I. Je m'en allois vous chercher pour vous faire une prière sur une chose qui m'est d'importance. Si tu latuois. Ah! pauvre Barbouillé. bien lourdaud.LA JALOUSIE DU BARBOUILLÉ ïl PERSONNAGES LE BARBOUILLÉ. LE DOCTEUR. puisque tu m'abordes sans ôter ton Il faut * Sans doute la figure de l'acteur était couverte de farine^ . amant d'Angélique. suivante d'Angélique. et fréquente je ne sais quelle sorte de gens. et bien mal morigéné.. que tu es misérable Il faut pourtant la lieu ! punir. CATHAU. mon ami. ANGÉLIQUE. elle aime la promenade. Si tu la faisois mettre en prison. LA VALLISE. car tu serois pendu.- LE DOCTEUR. l'intention ne vaut rien. il faut que je lui demande un bon conseil sur ce que je dois faire. GORGIBUS. VALÈRE. et de faire les choses à mon souhait. SCÈNE II. que tu sois bien malappris. Que diable faire donc ? Mai? voilà monsieur le docteur qui passe par ici. LE BARBOUILLÉ..LE BARBOUILLÉ. . I de se tenir à la maison. seul. LE DOCTEUR. fille mari d'Angélique de Gorgibus. père d'Angélique. la bonne chère. VILLEBREQUIN..

. Or de l'affaire que je veux vous proposer .. Je vous prends pour un docteur. quatre. le fondement et le premier de tous les nombres. vel salvus dc'buterpar un discours mal digdr(^. Qu'il vienne de Villcjuif ou d'Aubervilliers. i« parce que. Quoi qui Salve. et je ne songeois pas à ce que je faisois mais je sais bien Ma foi. : D'accord. LE BARBOUILLÉ. deux. Eh pour I me prends-tu. comme sept. cela fait : galant. six. 2° parce qu'il y a deux facultés nécessaires pour la parfaite connoissance de toutes choses. comme je suis parfait et de la perfection. LE DOCTEUR. je ne m'en soucie guère. Sache auparavant que ja ne suis pas seulement une fois docteur. encore. pour qui prends-tu? LE BARBOUILLÉ. doctor doctonim erudilissirae. prenant Z. .38 LA JALOUSIE DU BARBOUILLÉ I cliapeau. huit. c'est que j'avois l'esprit en écharpe. temporis et personœ. je suis le premier de tous les docteurs. neuf et dix fois docteur l'unité est la base. parlons il faut un peu que vous sa- chiez. Sais-tu bien d'où vient le mot galant l-. cinq.. me çà. au lieu de dire: sis. ' . 3° Parce que le le nombre de trois est celui selon Aristole. et. cela fait ga. le sons et l'entendement. je suis deux fois docteur. et puis. LE DOCTEUR. C'est que.ommc? LE BARBOUILLÉ. cela fait galant homme. sans observer raiionem loci. Mais. comme je suis tout sens et tout entendement. trois. que toutes mes productions sont aussi.. moi. ajoutant homme. et. aussi. que vous êtes galant homme. excusez-moi. LE DOCTEUR. man ami ? LE BARBOUILLÉ. le docte des doctes . Sache que le mot galant homme vient d'élilgani prenant le g et l'a de la derniCre syllabe. et puis. LE DOCTEUR. ajoutant un a et les deux dernières lettres. je suis trois fois docteur. mais que je suis une.

. LE DOCTEUR. LE DOCTEUR. comme je travaille incessamment pour ma gloire. Poquelin. je n'en doute pas. la physique et possède toutes quatre. m'en sers avec avantage et que j'en connois l'utilité. admises par la scolastique et combattues par Gassendi. . maître de Molière. Oh ! parle tant que tu voudras! LE DOCTEUR. Il faut que j'aie bonne patience. comme je : . que le nombre de cité et. la différence. expérimentale et positive. et que je le suis en effet par mes talens. LE BARBOUILLÉ. . je me sens obligé de dire de moi-même ter quaterque heatum ! 8« parce que le nombre de huit est le nombre de la justice à cause de l'égalité qui se rencontre en lui. attaque les professeurs et soutient la philosophie pratique. Que diable. Dos son premier pas dans la carrière dramatique. il est comme je impossible de faire aucun bon raisonnement. écrivant pour les tréteaux. et que la justice et la prudence avec lesquelles je mesure et pèse toutes mes actions me rendent huit fois 9" parce qu'il y a neuf Muses. je suis métaphysique et. 4» Parce que la philosopliie a la et quatre parlies. le genre. 6° Parce que le et. et que je suis égadocteur Icment chéri d'elles. comme on ne peut passer le nombre de dix sans faire une répétition des autres 70 Parce . je suis cinq fois docteur. j < Idées générales. l'espèce. nombre de six est le nombre du travail .SCENE Eh II 39 LE BARBOUILLÉ. monsieur le docleur. comme je les que je suis pariailcmcnt versé en quatre fois docteur.. sans la connoissanco des- quels et. la morale. icelles. je suis six fois docleur. LE BARBOUILLÉ. 10° parce que. bien. la logique. LE BARBOUILLÉ. LE DOCTEUR. le propre et l'accident. sept est le nombre de la félipossède une parfaite connoissanco de tout ce qui peut rendre heureux. 50 Parce qu'il y a cinq universaux <. Écoutez-moi donc.

LE DOCTEUR. et toute autre chose que vous pourriez ^^' „^ Jj" demander. cet élui dans un coffre admirable. LE DOCTEUR. cette citadelle dans une ville célèbre. de l'argent. Oui. quatre. cinq. de l'argent. si vous me satisfaites sur ce que je veux de vous. LE BARBOUILLÉ. cette chambre dans un appartement agréable. trois. et que. pour un homme attaché à l'intérêt. et qui consiste à deviner et à nommer tout haut le nombre de doigts élevés ou aljaissés par la partie adverse. Eh 1 de l'argent? LE BARBOUILLÉ. Un. six. pour une âme mercenaire ? Sache. s'amuse à jouer à la mourre ^. ah Que diable est ceci ? je croyois savant. c'est que je vous prie de m'écouler. et je trouve un ramoneur de cheminées. cette province dans une monarchie florissante. cl qu'il est le nombre universel. on a trouvé le docteur universel. quand tu me donnerois une bourse pleine de pisioles. moira. ne se trouve pas dans les dictionnaires. quand on m'a trouvé. quatre. cette île dans une province opulente.. ce château dans une citadelle incomparable. cette ville dans une île fertile. ! bienf ce n'est pas cela. je contiens en moi tous les autres docteurs. ce coffre dans un cabinet curieux. huit fuis neuf. démonstratives et convaincantes. trouver un homme bien donneroit un bon conseil. je vous donnerai ce que vous voudrez.. aussi.40 LA JALOUSIE DU BARBOUILLÉ nombres. qui me . ce . trois. que je suis une.cabinet dans une chambre magnifique. mon ami. Ce mot. ah. . dix docteur. Tu me prends donc pour un homme à qui l'argent fait tout faire. que. et que cette bourse seroit dans une riche boîte. vraies. et croyez que je ne suis pas un homme à vous faire perdre vos peines. ah. deux. troussant sa robe derrière son cul. qui. celle t Jeu venu d'Italie. si Oh vous en voulez. cette boîte dans un étui précieux. au lieu de me parler. deux. sept. usité alors parmi les ramoneurs et les gens du peuple. Ainsi tu vois par des raisons plausibles. cet appartement dans un château pompeux.

Ah! changez de discours. ANGÉLIQUE. où seroit cette ville célèbre. Il sort. GAÏHAU. je vous assure que vous m'obligerez beaucoup mon mari est si mal de me tenir quelquefois compagnie bâti.LE BARBOUILLÉ. Ma foi.ANGÉLIQUE. que je me soucierois aussi peu de ton argent et de toi que de cela. n'y a rien déplus aisé que de le lui. où seroit cet appartement agréable. où seroit ce châte< u pompeux. SCÈNE IV. VALÈRE. . où seroit ce cabinet curieux. vous me faites trop d'honneur de me vouloir souffrir. où seroit cette riche boîte dans laquelle seroit enfermée la bourse pleine de pistoles. Mademoiselle. 11 s'en va. où seroit celte île fertile. puisqu'il n'en veut point. voyez porte-guignon* qui arrive. contenter I cru qu'il lui falloit il parler d'argent. je vous ferai connoître. où seroit cet étui précieux. je III. par mes empressemens. CATHAU. je suis au désespoir de vous apporter de 1 Mot composé dont il est inutile d'expliquer le sens et qui se trouve à la fois d'accord avec l'usage populaire et les tentatives de Ronsard. je LE BARBOUILLÉ. m'y suis mépris: à cause j'ai qu'il est vêtu comme mais. 41 I monarchie dans tout le monde et que tout le monde où seroit cette monarchie florissante. si ivrogne. .SCÈNE IV . VALÈRE. Mademoiselle. que ce m'est un supplice d'être avec lui. . où seroit cette province opulente. Je vous promets de contribuer de tout mon pouvoir à votre divertissement et. m'en vais courir après SCÈNE . . coni^Jjien j'ai de joie de la bonne nouvelle que vous m'apprenez. un médecin. GATHAU. VALÈRE. . où seroit cette citadelle incomparable. Monsieur. et je vous laisse à penser quelle satisfaction on peut avoir d'un rustre comme lui. VALÈRE. puisque vous témoignez que ma compagnie ne vous est point désagréable. ANGÉLIQUE. où seroit ce coffre admirable. si débauché.

42 si LA JALOUSIE DU BARBOUILLÉ mdchantos nouvelles. Ah. sans aller chez le notaire. tu corromps ma femme depuis que tu la sers. GORGIBUS. LE RARfiOUILLÉ. par ma foi. de vous trouve défenses que je vous ai le certificat je ANGÉLIQUE. après toutes les vous me voulez envoyer de Gemini en Capricorne*. Eh bien. ne vois-tu pas qu'il est si soûl qu'il sait ne ce qu'il dit? V. et avec un homme. mesdames . qui querelle ma Il faut savoir ce que c'est. mais aussi bien . ANGÉLIQUE. Monsieur. toutes deux. LE BARBOUILLÉ. elle ne vaut pas la moitié de ce qu'elle valoit. Ma foi. les auriez-vous puisque votre frère est fort malade. LE BARBOUlLLli. gâtez. GORGIBUS. je suis votre servante. ne m'en dites pas davantage. CATHAU. Vraiment oui.. je m'ctonnois bien si nous aurions longtemps du repos. ah madame la carognc.. Laisse là cet ivrogne. Ah ! le voilà verni . Cathau. ANGÉLIQUE. les toi. Eh quoi Deux ! toujours se quereller ? ! vous n'aurez pas la paix dans votre ménage * signes du zodiaque. ANGÉLIQUE. YILLERREOUIN. faut-il gronder pour cela ? de m'apprendre que sujet de querelle ? mon frère est bien Ce monsieur vient malade où est le : CATIIAU. CATHAU. . vous la baillez bonne. ! faites. et vous rends grâce de la peine que vous avez prise. SCÈNE - GORGIRUS. Ne fille 1 voilà pas encore mon maudit gendre VILLEBREQUIN. apprises de quelque autre et. Vous vous carognes . voilà mon cocuage.

LE DOCTEUR. GORGIBUS. C"est mon gendre et ma iMonsieur. que j'apporte l'union chez vous. GORGIBUS. c'est lui GORGIBUS. si vous l'aviez fait. en présence de tes parents. mettez donc votre bonnet. LE DCCTEUR. I Qu'est ceci? quel désordre! quelle querelle quel graquelle buge quel vacarme quel bruit quel différend ! ! ! ! combustion! Qu'y a-t-il.. LE BARBOUILLÉ. je suis bien tenté de te bailler une quinte major '.. LE DOCTEUR..) Tiens.SCÈNE VI LE BARBOUILLÉ. (A Angélique. ! î Allons. l'heure où vous avez choisi ce grigou VILLEBREQUm. dites-moi un peu la cause de leur différend. . Au diable rescarcelle. Oui-da : GORGIBUS. ANGÉLIOUE. YILLEBREQUIN. messieurs? qu'y a-t-il? qu'y a-til? Çà. fille qui ont eu bruit ensemble. la paix ! - CATIIAU. voyons s'il n'y a pas moyen de vous mettre d'accord. le Savcz-vous d'où vient ' mot bonnet? Ca sont Allusion triviale aux cinq plus fortes cartes du jeu de piquet. taisez-vous SCÈNE VI. Et qu'est-ce que c'est? voyons. LE DOCTEUR. Mais aussi qui commence toujours à. que je sois votre pacitîcateur. GORGIBUS. ici les cinq doigts de la main. Mais en peu de paroles.. 43 Cette coquine-là m'appelle ivrogne. LE DOCTEUR. ANGÉLIQUE. Que maudite soit CATHAU. çà.

LE DOCTELH.«4 LA JALOUSIE DU BARBOUILLÉ GORGIBUS. LE DOCTEUR. Com- mencez donc. Soyons donc Voilà qui est Il GORGIBUS. GORGIBUS. puisque je vous en prie. Neuni. Je ne crois pas que vous soyez homme à me tenir long- temps. Dites donc vite celte querelle. au lieu do se faire écouter. . Socrate recommandait trois choses fort soigneusement à la retenue dans les actions. je ne savois pas cela. C'est ce que je veux faire. voilà qui est bon. parce des catarrhes et fluxions.. LE DOCTEUR. GORGIBUS. mais. GORGIBUS. je veux bien m'arrêler un moment. la plus belle qualité d'un honnête homme. bref. qu'on ne les entend point. la sobriété dans ses disciples : le manger. monsieur Gorgibus. J'ai quelques affaires pressantes qui m'appellent à la ville. Ma foi. GORGIBUS. et de dire les choses en peu de paroles. Cela vient de bonimi qu'il garantit LE DOCTEUR. Voici ce qui est arrivé. pour remettre la paix dans votre famille. LE DOCTEUft. Vous saurez donc. monsieur Gorgibus. Oui.. fait incontinent. que c'est une belle qualité que de dire les choses en peu de paroles. c'est de parler peu. LE DOCTEUR. bon est. GORGIBUS. faut avouer. J'aurai fait en un moment. se rendent le plus souvent si importuns. Virtutem primam esse puta compescere linguom. est. et que les grands parleurs.

LE BARBOUILLÉ. mobile cum fixo. LE DOCTEUR. Tu es docteur quand I : . Monsieur le docteur. il faut Vous quoi I êtes un ignorant. ANGÉLIQUE. vous commencez la Il faut que quelque autre me conte le désordre. un toutes les bonnes disciplines. Eii narration sans avoir fait un moi indocte. sans façon. . Tite. Mademoiselle. que quelque autre me dise la cause de leur querelle. vous saurez que. le sujet de votre combustion. tu n'aimes que le dactyle. . quand vous êtes devant la moustache d'un docteur d'cxorde ! un homme ignare de un âne en bon français. tu n'aimes que la conjonction. le génitif. mots. Venez çà. et je suis docteur quand je veux. des genres. docteur Je me moque bien de vous de votre doctrine. vous. vous parlez trop . touchez là. Monsieur Gorgibus. dépêchons. vraiment oui. vile. sans vous amuser à beaucoup de discours. Voyez-vous bien là mon gros coquin... ANGÉLIQUE. Monsieur le docteur. monsieur Gorgibus.. Tu as la mine de suivre fort ton caprice des parties d'oraison. et enfin de la quantité. comme Ah et 1 moi. Laissez-moi donc parler. VILLEBREQUIN.. tu veux ? Ouais Je pense que tu es un plaisant docteur. s'il vous plaît parlez avec respect de votre époux. quia constat ex una longa et duabus brevibus. LE DOCTKUR. Doucement. de la syntaxe. évitez GORGIBUS. la prolixité.SCÈNE En peu de VI ^ 45 LE DOCTEUB. tranchez-moi d'un apophthegme. dites-moi un peu quelle est la cause. contez-moi un peu le détail de ce vacarme. que le masculin des déclinaisons. mon sac à vin de mari? LE DOCTEUR. ! LE DOCTEUR.

et. ma fille. si se rompt. à la mienne volonté LE BARBOUILLE. VILLEBREQUIN. LE BARBOUILLÉ. Eh ! que diable donc est ceci? LE BARBOUILLÉ. Voilà qui est bien. si se casse. et LE DOCTEUR disant que la pais est une belle chose. Voilà qui est bien. Eh monsieur le docteur. GATEAU.46 LA JALOUSIE DU BARBOUILLÉ LE DOCTEUR. serviteur et bonsoir. . A suppose La volonté préprésuppose des moyens pour arriver à ses fins. GORGIBUS. le Barbouillé aUaclie le Docteur par le pied et le tomber dos et : le Barbouillé l'enlraîne pied. . Gorgibus et Angélique s'en vont. ou je le Audi. comme s'il u'étoit point Le Barbouillé et le Docteur disparoissenl... de grâce LE DOCTEUR. quœso. voulant dire Li cause de la querelle. et vivez bien avec votre mari. le souhait ! J'enrage I LE DOCTEUR. — GORGIBUS. écoulez-moi. je ne m'en mets guère en peine mais tu m'écouteras.. mol a quelque chose de doux à l'oreille. le à terre. Oh ma foi. Au milieu de tout fait bruit. : monsieur le docteur. LE BARBOUILLÉ. I mienne volonté. ... Olez-moi co mot. quelque chose plein d'cmpliase- monsieur le docteur I LE BARBOUILLÉ. ou si se brise. retirez-vous chez vous. ce Yoilà qui est bien commence. le Docteur doit toujours parler. auroit ! . parlent tous à la ce fois. pendant qu'il Docteur se doit laisser tomber sur le par la corde qu'il lui a attachée au l'entraîne. ! I dit Cicéron. LE DOCTEUR. compter par ses doigts toutes ses raisons. voilà un terme bas et populaire. VILLEBREQUIN. Allons. vais casser ton museau doctoral. ANGÉLIQUE. Villcbrcquin. à la mienne volonté la le souhait. et la fin présuppose un objet. j'enrage. Adieu.

: présentement. SCÈNE VIII. SCÈNE IX. le bal sera fini dans un moment vous n'aurez pas le bien d'y" voir celle que vous aimez. Que sortoit je suis . Cela ne peut se différer et. Je serai revenue auparavant lui. Au diable l'ignorant j'ai bien envoyé toute sa science par terre. I seule. si vous tardez d'un quart d'heure.SCÈÎ^E SCÈNE Vil. LA VALÈRE. Je m'en vais cependant au logis comme si de rien n'éloit. je vous suis obligé du soin que vous avez pris. je vais faire un tour un bal que donne une de mes voisines. ce sera pour une autre fois. si vous n'y venez tout . SCÈNE X. Cathau la porte est fermée ! ! . 'et Jesavois bien que j'aurois raison de ce diable de docteur de sa fichue doctrine. . comme si j'élais son chien.VALÈRE. . Allons donc ensomble de ce pas. Cependant que mon mari n'y est pas. Il faut pourtant que j'aille ! un peu voir si ma bonne ménagère m'aura fait à souper. Ouais Cattiaii. seul. malheureuse suis arrivée j'ai resté trop tard. rassemblée est finie . car il est quelque part au cabaret il ne s'apercevra pas que je suis sorlic. LA VALLÉE. je justement comme tout le monde ! mais il n'importe. Monsieur.ANGÉLIQUE. et je vous promets de me rendre dans une heure à l'assignation que vous me donnez. seule.- ANGÉLIQUE.LE BARBOUILLÉ. Ce maroufle-là me laisse toute seule à la maison. X VALLÉE. Il entre. Ils s'en vont. à . Elle s'en va. 47 . VALÈRE.

et par le temps qu'il fait ? ANGÉLIQUE. en repos. Ah! crocodile! ah! serpent dangereux! pour lu me caresses me trahir.48 LA JALOUSIE DU BARBOUILLE XI. avoir soin du ménage. tu peux aller coucher là d'où tu viens. Eh! mon pauvre cher petit cœur. mon LE BARBOUILLÉ. dans la rue. à l'heure qu'il est. donner ordre au souper. mais. qu'en veux-tu dire? Tu me querelles quand je suis en compagnie comment donc : faut-il faire ? LE BARBOUILLÉ.t'en au diable. Non. Cathauf Eh bien. ANGÉLIQUE. Cathau? et d'où venez-vous. ouvre-moi. Adieu. SCÈNE . sans tant de discours inutiles. et me laisse Il faut être retirée à la maison. Calhau. Ouvre. et je le le dirai après. D'où je viens? ouvre-moi seulement. Oui. à la fenêtre. ANGÉLIQUE. je n'ouvre point à une coureuse front comme ! loi. Tu ne veux pas m'ouvrir ? LE BARBOUILLÉ. Eh bien. LE BARBOUILLÉ. madame la carogne. Comment si diable ! être toute seule à l'heure qu'il est Je ne sais c'est imagination. bonsoir. qu'a-t-ellc fait. ANGÉLIQUE. petit mari. des enfants. adieu.LE BARBOUILLÉ. mais mon m'en paroît plus rude de moitié. ah! ma foi. si lu l'aimes mieux. LE BARBOUILLÉ. ANGÉLIQUE. va. Sata7ïas ! . vade rétro. je n'ouvrirai pas. pour être toute seule. ANGÉLIQUE. OU. ouvre donc ! LE BARBOUILLÉ. je t'en prie.

Ah. si tu ne m'ouvres. Seroil-elle bien assez solie pour avoir fait ce coup-là? il faut que je descende avec la chandelle pour aller voir. qui sans doute viendront de se coucher. me pousses à bout et que tu me mettes en colère. si tu Tiens. ah. bonne chienne ? Sais-tu bien que. c'est-à-dire bien fort. la bonne bêle et qui y perdra le plusde nous deux? Va. je ferai quelque chose dont tu te repentirast LE BARBOUILLE. faisant semblant de se frapper. voilà mon couteau tout prêt. pour savoir I . je suis vindicatif pitié . ah. je suis inexo- ANGÉLIQUE. de la femme qui t'aime tant? LE BARBOUILLÉ. porte : mes parents. Tu ne veux donc pas m'ouvrir? LE BARBOUILLÉ. voilà qui est bien pointu. et tu seras pendu. je m'en vais tout à cette heure m'en donner dans le cœur. Je t'ai déjà dit vingt fois que je n'ouvrirai point .SCÈNE XI Quoi ! 49 lu ANGÉLIQUE* ne m'ouvriras pas ? LE BARBOUILLÉ. tiens. ANGELIQUE. tous les diables. je m'en vais si me tuer devant la ici auparavant nous sommes bien ensemble. suis inflexible tu m'as offensé. comme rable.. Non. LE BARBOUILLÉ.. Prends garde. LE BARBOUILLÉ. Et que feras-tu. va. tu n'es pas si sotte que de faire ce coup-là. ne m'ouvres. ANGÉLIQUE. va-t'en au diable. si tu ANGÉLIQUE. Et tu n'as point de Non. je ANGÉLIQUE. Aïe! je suis morle! LE BARBOUILLÉ. ANGÉLIQUE. tue-toi. crève. je ne m'en soucie pas. Tune le crois donc pas? Tiens. Adieu donc. me trouveront morte. ah.

Eh quoi 1 GORGIBUS. et revient. Cathau. diablesse que tu es. qu'a-t-elle fait. sauront les vérités. mes parens.. ! ! ! I SCÈNE m. VILLEBREQUIN. ne savois-je pas bien qu'elle n'dtoitpas si sotte? lille est morte. elle Ma m'avoit . il me menace. . pour lui apprendre à faire la bête. faire un vacarme horrible. à l'heure qu'il est. à croquer le marmot tout le long du jour LE BARBOUILLÉ. Je m'en vais me coucher cependant. je lui aurois apostrophé cinq ou six clystères de coups de pied dans le cul..50 LA JALOUSIE DU BARBOUILLÉ Il ANGÉLIQUE. infâme. Elle a je l'eusse trouvée en vie. monsieur l'ivrogne? Ah! vraiment. chacun aura faut bien son tour. LE BARBOUILLÉ. Ouvre vite. Si je peux entrer dans la maison subtilement cependant que tu me chercheras. fait foi. qui vont venir dans un moment. Cathau? et d'oîi venez-vous. ANGÉLIQUE. Sac à vin. et si elle court comme si le cheval de Pa- bien peur tout de bon. de la querelle et de la dissension I VILLEBREQUIN. Cathau. le voilà qui est soûl. après m' avoir fait cette fraycur-là. LE BARBOUILLÉ. Oh oh je pense que le vent a fermé la porte. ouvre-moi. et lu laisse une pauvre femme avec des petits enfants. ou je te casserai la tête I colet*. Qu'est ceci? toujours de la dispute. ANGÉLIQUE. GORGIBUS. Mais voyez un peu. îlais aussi ce n'est pas l'heure * de revenir. Hé ! Calhau. Ne devriez- Proverbe populaire. vous ne serez jamais d'accord? ANGÉLIQUE. sans savoir s'ils ont besoin de quelque chose. que je l'attrape.GORGIBUS. tu ne bouges du cabaret. fait de gagner du pied car. . Cathau Eh bien. va. Eh bien.

où il prouve que toutes les parties de l'univers ne suDsistent que par l'accord qui est entre elles ? VILLEBREQUIN. le Ce n'est rien. me donne I ! .U quatre-vingts pages. I SCÈNE XIII. voulez-vous que je vous lise un chapitre d'Aristote. des tions. LE BARBOUILLÉ. .SCÈNE vous pas. Ah est oppr. çà. des débats. ANGÉLIQUE. Moi. LE BARBOUILLÉ. AdieUj bonsoir. tout monde est d'accord. VILLEBREQUIN. propos d'accord. . VILLEBREQUIN. au diable si j'ai sorti de la maison demandez plutôt à ces messieurs qui sont là-bas dans le parterre. accordez-vous demandez-lui pardon. des altercations éternelles! combusQu'est-ce? qu'y a-t-il donc? On ne ' sauroit avoir du repos. nous vous remercions. embrassez votre mari. des querelles. Je bien vivre avec votre femme? : LE BARBOUILLÉ. Çà. allons.mée VILLEBREQUIN. ma fille. que Tinnocence c'est elle qui ne fait que de revenir. des différends. du désordre. Allons. XIII famille. Non. Cela est-il bien long? LE DOGTECR. LE DOCTEUR. VILLEBREQUIN. GORGIBUS. Si comme un bon père de et vous retirer de bonne heure. et soyez bons amis. pardon j'aimorois mieux que le diable l'eut emporide. monsieur le docteur. DOCTEUR. GORGIBUS. Je suis dans une colère que je ne me sens pas. r. — LE DOCTEUR.. de la dissen- sion.E Eh quoi I toujours du bruit. à la fenêtre. cela n'est pas long cela contient environ soixante A . en bonnet de nuit et en camisole.

puisque ainsi est bonsoir latine bona nox. . LE DOCTEUR. uous autres. LE DOCTEUR. . Non. AUons-uous-en souper ensemble. Adieu donc. Il 11 Vil est pas besoin.52 LA JALOUSIE DU BARBOUILLÉ GORGIBUS. VILLEBREQUIN. Yous^ PC le voulez pas ? ^ GORGIBUS. : FIN DE LA JALOUSIE DU BARBOUILLE.

même les satires du trei- » Voy. parlements et seigneurs. le mouvement de la Fronde tourbillon confus princes. ET A PARIS SDR LE THÉÂTRE DU PETIT-BOURBON. C'était le temps des ruses. il échappe aux vieillards chagrins. des Molière avait quiité Paris à la tête de sa petite troupe. avec cette rare finesse dont tout le monde riait et qui se riait de tous. il lit et relit les facéties du seizième I. Il trotter comme peu près comme Shakespeare. siècle. mécontent de sa famille. et. poussé inquiète. » librement par son humeur vit à Lélie. l'époque où Mazarin fuyait à Sedan après avoir épousé secrètement Anne d'Autriche et préparé. qui maudissait le comédien no'made. EN 1C53. des trames. Laborieux aussi. des doubles emportait dans un changements de parti les plus imprévus et des catastrophes les plus étourdies. forte ses pas en divets lieux '. le gouvernement de Louis XIV. et triples fourberies. les femmes. acte scène ii. les protestants et les catholiques. au courant de !a belle littérature contemporaine. fuit les vieux penards fait qui veulent son bidet « brider sa jeunesse. Ici commence pour lui une odyssée provinciala qui n'a point laissé de traces. l'Étourdi.L'ETOURDI J)U LES CONTRE-TEMPS COMÉDIE nEPRf:SENTÉE POUR LA PREMIÈRE FOIS A LYON. jetant la plume au vent et très-amoureux du hasard. La France était en feu . LE 3 NOVEMBRE 1658. . des événements et des nouveautés de caractères. Comme le jeune héros de sa première œuvre.

qui l'a esquissé avec grâce et vigueur. et représenté en 1642. Le goût populaire était exécrable. Noël du Fail. pendant son voyage à Narbonne il avait seulement entrevu la cour. traduit de l'espagnol d'Alarcon. die d'intrigues et d'aventures Le personnage qui en occupe le centre. avaient couvert la Péninsule. Il n'avait pas d'autres modèles. Molière n'osait pas se hasarder sur cette trace. dont le type remonte jusqu'à l'esclave antique. supérieur dans son ordre. dès le commencement du siècle précédent. ce petit-fils de Dave et cet aïeul de Figaro aime la ruse pour la ruse et mêm. Les tours d'adresse de Scaramouche amusaient encore les plus difficiles. avait ouvert une nouvelle voie que personne n'avait suivie. un garçon généreux et honnête dérange. Sicilien comme les Mazzarini. 1 : )> l'intrigue dans un rang subalterne. depuis Venise jusqu'à Rome. filles de la Renaissance et soeurs jumelles de ces académies qui. En face de ce maître fripon. et qui rappelle le Sbratta de Ber- nardino Pino da Cagli. ingénieux dramaturge du seizième siècle *. coméce fut t Étourdi. Grotto. par les maladresses de sa loyauté. qui tient une grande place dans le théâtre italien moderne. Frappé de la supériorité du Menteur. emprunté à VEmilia de « l'Aveugle de l'Adriatique. Valet à tout faire. les escroqueries et les ruses du fourbe qui veut le servir. Ce personnage de l'Étourdi appartient tout entier à V Innavertito du comédien Nicole Barbieri. le valet qui feint d'avoir été chassé par son maître et qui * U Cieco d'Adriai .54 L'ÉTOURDI . Il connaissait peu le monde. La plupaitdes ressorts subsidiaires du drame. il essaya sa première comédie. aime Rabelais. est le génie zième il vantes .e de respecte profondément sa mission. l'Arioste. Cersurtout il feuillette l'immense bibliothèque de comédies italiennes. le Menteur de Corneille. l'esclave achetée par un amant. En courant la province dans cette situation peu favorable au travail de l'esprit. digne des galères.

le déncûment romanesque emprunté maladroitement à Cervantes. que le roi venait de concéder à Molière. de huit toises de largeur et d'autant » de profondeur. Le théâtre reste toujours vide. qui ne tien* pas à l'action. la pièce avait eu beaucoup de succès en province. à laquelle la troupe nouvelle dut payer un droit. et entre icelles corniches. directement opposé au > dais de Leurs Majestés. Au fond de l'œuvre se trouve cachée et comme en germe la pensée secrète du futur contemplateur. architraves. que le jeune Quinault. contemporain et rival de Molière. rien ne ressemble davantage à une brillante et leste gravure de Callot. Représentée à Lyon en 1653 pour la première fois. L'inexpérience de la jeunesse se trahit par plus d'un défaut de composition et de style . tous ces détails sont de l'Innavertito. elle fut jouée sur le théâtre du PetitBourbon. > En l'un des bouts de la salle. en partage avee la troupe italienne. est de dix-huit toises de longueur sur huit > de largeur. dit un coa» temporain. étoit élevé un théâtre de six > pieds de hauteur.NOTICE 5S entre au service du rival. l'expression emphatique et confuse des sentiments de l'amour. tels sont l'épisode du valet Ergaste. les archaïsmes et les provincialismes surabondent. Son » pourtour est orné de colonnes avec leurs bases. Le 3 novembre 1658. l'intérêt de cœur n'est pas même indiqué. au bout de laquelle il y a encore un demi» rond de sept toises de profondeur sur huit et demi de ï large. Deux . Mais il y a dans toute l'œuvre un air vif et charmant d'aventure qui va bien à l'époque de Louis XIII et qui s'effacera sous Louis XIV. enfin la nullité des deux personnages de femmes. la suture grossière des di\ erses parties de l'œuvre. des arcades en niches. cha» piteaux. la bague qui sert de signe de reconnaissance pour livrer l'esclave. « Cette salle. frises et corniches d'ordre dori> que. le tout en voûte semée de fleurs de lis. » L'Étourdi obtint un succès si brillant à Paris. se plut à l'imiter et à le versifier quelques années plus tard.

* Sur une place publique. truffaldino. Louis BÉJART. luttent ensemble et se déjouent l'un l'autre. ERGASTE. de truffa. M"« DebrU'.' PANDOLFE. BÉJART aîné. * ce rôle à ^ Mot espagnol. . trom- perie. vieux trompeur . AIVDBÈS. TRUFFALDIN 5. MASCARILLE HIPPOLYTE. CÉLIE *. fils ACTEURS La Grange. il est plein de cœur c'est ce qui le perd. il est loyal. M"« DUPARC. Molière. en effet. cru Égyptien. Truffaldîn en vieillard Mascarille portait le masque d'Arlequin. valet de Lélie. Deux troupes de masques.56 NOTICE types. La scène est à Messine *. comme dans les coraédies antiques. père d'Hippolvte. fille d'Anselme. Molière. le qn'il n'osait pas le jouer Nom italien. fils de lamiile. LÉANDRE. joua Lyon et à Paris sous le masque. père de Lélie. M. ses ennemis prétendirent autrement. l'un de générosité étourdie. esclave de TrufTaldin. ami de Mascarillc. de Pandolfe. Un courrier. vieillard. petit masque. Sainte-Beuve a eu raison de le dire t Molière est plus triste que Pascal. l'autre de fourberie vigilante. 2. * sicilien Celle devait être vêtue en Égyptienne. » ! : : PERSONNAGES LÉLIE. mascarilla. Donnée profonde et douloureuse Lélie n'est pas seulement étourdi. A]V'SELME. .

en intrigues fertile. Aux vœux de son rival portera plus d'obstacle. ' LÉLIE. me c'est là ce qui m'afflige.- LÉLTE. Voici bien des affaires dans ma passion toutes choses contraires Léandre aime Célie. Eh. Malgré mon changement.4SCARILLE. LÉLIL. Léandre aime Célie J'ai : ! . dans nos soins communs pour ce jeune miracle. mon côté je n'épargnerai rien. Préparez vos efforts. Sûr que d". il faudra contester. Eh bien. SCÈNE II. je puis me rassurer. Nous verrons de nous deux qui pourra remporter Qui.- LÉLIE. MASGARILLE. . LÉLIE. eh bien. désespérer : Puisque j'ai Ion secours. est toujours mon rival. oui. tant pis Toutefois j'aurois tort de . Quoi? LÉLIE. Il l'adore. et vous défendez bien. N'a jamais rien trouvé qui lui fût difficile : Qu'on te peut appeler le roi des serviteurs. MASGARILLE. I. MASGARILLE. Ah ! Mascanlle I M. Tant pis. Je sais que ton esprit.éandre.L ETOURDI &/ ACTE PREMIER SCÈNE I. et. . par un trait fatal. te dis-je.

. Eli ! Et qu'en toute la terre.BS L'ÉTOURDI MÂSCÂUILLE. Et de quels beaux sermons on vous régalera. Ma foi tu me fais tort avec cette invectivai Mais enfin discourons un peu de ma captive : Dis si les plus cruels et plus durs sentiments Ont rien d'impénétrable à des traits si charmans *.. ! . Vous êtes romanesque avecque 2 vos chimères Mais que fera Pandolfe en toutes ces affaires ? C'est. signifient : Dis-moi si l'âme la plus dure peut résister à tant de beautés. S'imaginant que c'est dans le seul mariage Qu'il pourra rencontrer de quoi vous faire sage . qui ne sont pas écrits en français. ' Galimatias. Ces deux vers. Nous sommes les coquins qu'il faut rouer de coup>i. et qui attestent l'iuexpérience du poëte. LÉ LIE. Et dans un autre temps. Je vois pour sa naissance un noble témoignage Et je crois que le ciel dedans un rang si bas . trêve de douceurs. * Ancienne forme de : avec. Quand nous faisons besoin. comme dans son visage. Et.. . Cache son origine. s'il vient à savoir que. MASCAUILLE. rebutant son choix. et . les lois.. Il est avec Anselme en parole pour vous Que de son Hippolyto on vous fera l'époux. votre père. nous autres nn.isiîraljlcSj Nous sommes les chéris et les incomparables . ne l'en tire pas. dès le moindre courroux. Quand vos déportements lui blessent la visière. au moins à ce qu'il dit: Vous savez que sa bile assez souvent s'aigril Qu'il pesle contre vous d'une belle mani( re. Dieu sait quelle tempête alors éclatera. D'un objet inconnu vous recevez Que de ce fol amour la fatale puissance Vous soustrait au devoir de votre obéissance. dans ses discours. Pour moi. monsieur.

mail non étouffer. A Il part. MaisLéandre. selon la • Vieillard rusé et . Et. espèrent par envie Oter aux jeunes gens les plaisirs de la vie. qu'il faut diriger. inventions. Haut. bon à me fâcher. je m'offre à vous servir. met en courroux. que ces penards^ chagrins Nous viennent étourdir de leurs contes badins. et qu'il est très-certain Qu'on ne peut me taxer que d'être trop humain. D'un censeur de plaisirs ai-je fort l'encolure?Et Mascarille est-il ennemi de nature * ? Vous savez le contraire. mon amour. Pour frustrer un rival de ses prétentions. vous dis-je. détours. Ma foi. à l'instant. aifaires? Qu'un valet conseiller y fait mal ses MASCARILLE. mécontent. et vous devriez tâcher.ACTE Ah ! I. LÉLIE.. N'a point été mal vu des yeux qui l'ont fait naître. SCENE II 69 LÉLIE. vertueux par force. Vous savez mon talent. quand je l'ai fait paroître. que tu peux me ravir. fourbes. • C'est-à-dire ennemi des penchants naturels morale de Gassendi. trêve. : Trouve ruses. je vous prie. Moquez-vous des sermons d'un vieux barbon de père se : Poussez votre bidet. Tout ce que j'en ai dit N'était rien que pour rire et vous sonder l'esprit. Que chez moi les avis ont de tristes salaires. irêve plutôt à votre politique LÉLIE. vient de me déclarer Qu'à me ravir Célie il va se préparer C'est pourquoi dépêchons. Sais-tu qu'on n'acquiert rien de ! Elle n'est pas fort bonne. à votre rhétorique ! MASCARILLE. et cherche dans ta tète Les moyens les plus prompts d'en faire ma conquête. j'en suis d'avis. Mais vous.. Ah Au ! c'est par ces discours reste. et laissez faire. Archaïsme.

Quoi? MASCARILLE. Non. faut pourtant l'avoir. Laissez-moi quelquô îemps rêver à celle A Que Eh part. rien. Où? MASCARILLE.BO L'ÉTOURDI MASCARILLE. Vous ne pourriez Parlez avec Anselme. Elle n'iroit pas bien. il faut. Mais ne pourriez-vous pas? LÉLIE. Allez chez Truffaldin. je m'abuse. à la fin. Il Il LÉLIE.. Je ne sais. est vrai. C'est une foible ruse. Et tu me C'en est trop. Et que lui puis-je dire ? MASCARILLE. bien. Ah ! comme vous courez I Ma J'ai cervelle toujours Irouvé votre si fait : marche à pas mesures.. faire ? Que MASCARILLE. LÉLIE.. Mais vous alliez. le slratagèmc ? MASCARILLE. affair-». . J'en songeois une.. c'est tomber d'un mal dedans un pire. pourrois-je invenler pour ce coup n(ficcssairc? LÉLIE.. Et quelle? MASCARILLE. mets à bout par ces contes frivoles. LÉLIE. LÉLIE. LÉLIE.

icur! la voilà qui paroît à propos. Mais Truffaldin. Nous n'aurions pas besoin maintenant de rêver A clierclier les biais que nous devons trouver. Prends garde. La fenêtre est ici. Que monsieur Est un autre vilain qui ne vous laisse pas. LÉLIE.. en offrant à ma vue Les célestes attraits dont vous êtes pourvue ! ! . MASCARILLE. Quoi? c'est. manier ses ducats Qu'il n'est point de ressort qui . Et l'argent est le dieu que surtout il révère. Je sais bien qu'il seroit très-ravi de la vendre Car enfin en vrai ladre il a toujours vécu Il se feroit fesser pour moins d'un quart d'écu.ACTE I. MASCARILLE. Empêclier qu'un rival vous prévienne et vous brave. LÉLIE. LELIE. Comme vous voudriez bien. . c'est. Mais le mal. Âh que le ciel m'oblige. Mais tâchons de parler à Célie un moment.. si vous aviez en main force pisloles. Pour savoir là-dessus quel est son sentiment. : LÉLIE. MASCARILLE.. Monsieur. par un prompt achat de cette esclave. Ei pourrions. De ces Égyptiens qui la mirent ici. bOD'..CÉLIE. pour Fait de nuit et de jour exacte sentinelle. est en quelque souci Et trouvant son argent qu'ils lui font trop attendre. . SCÈNE II!.. elle. Truffaldin. votre père pour votre ressource Pût faire maintenant ouvrir la moindre bourse. Dans ce coin demeurons en repos. qui la garde. SCÈNE III 61 MASCARILLE.

à Célie. MASCARILLE. quelque L'ETOURDI je Que mal cuisant que m'aient causé vos ycuv prends de plaisir à les voir en ces lieux ! CE LIE. Ce style maintenant n'est pas ce qu'il nous faut. retiré dans Que faites-vous dehors? et quel soir. qu'avec raison votre discours étonne. Est-ce là le seigneur Truft'aldin ? • De l'italien conged^ licence. i m îoin. et sachons vite d'elle Vous le Ce 4ue. je saurai lui parler. CÉLIE.. vous talonne. SCÈNE IV. LÉLIE. Vous à qui je défends de parler à personne? CÉLIE. Ce malheureux vieillard dcvoit-il rencontre cruelle 1 nous troubler? MASCARILLE. si dans quelque chose ils vous ont outragé. ma gloire à chérir ma blessure. . TRUFFALDIN. à Lélie.. prenez là d'un ton un peu trop haut. Et vous n'avez pas lieu d'en prendre aucun soupçon. MASCARILLE. Et.62 Et. MASCARILLE. retirez-vous.- TRUFFALDIN. Je puis vous assurer que c'est sans mon congé *. Eh bien ! LÉLIE. dans Célie ! sa maison. Autrefois j'ai connu cet honnête garçon . TRUFFALDIN. Mon cœur. LÉLIE.. MASCARILLE. N'entend pas que mes yeux fassent mal à personne.. Ah ! leurs coups sont trop beaux pour me faire une injure! Je mets toute El. Profitons mieux du temps. Allez.

pour savoir si ses soins amoureux Ont sujet d'espérer quelque succès heureux. SCÈNE IV Oui. Sous un astre à jamais ne changer son amour. sûr que de votre bouche Je puis apprendre au vrai le secret qui nous touche. veillant sur ce rare trésor. Il vient de découvrir un rival redoutable Si bien que. Mais je l'ai vue ailleurs. que blanche magie. : CÉLIE. MASCARILLE. MASCARILLE. et ma joie est exrtême De pouvoir saluer en toute humilité Un Jiomme dont le nom est partout si vanté. Très-humble serviteur. La science que j'ai m'en peut assez et. quoi qu'il ait fait. le lui permettre encor. Il auroit bien voulu du feu qui le dévore Pouvoir entretenir la beauté qu'il adore Mais un dragon. Le maître que je sers Languit pour un objet qui le tient dans ses fers. Quoi te mêlerois-tu d'un peu de diablerie ? I CÉLIE. m'ayanl fait connoîlre Les grands talens qu'elle a pour savoir l'avenir. CÉLIE. J'inconmiode peut-être .ACTE I. Monsieur. Cette a du cœur. TRUFFALDIN. lui-même. où. Sans me nommer fille l'objet pour qui son cœur soupire. instruire. dans l'adversité. Je viens vous consulter. TRUFFALDIN. Non. N'a pu. Voici donc ce que c'est. '^ CÉLIE. Sous quel astre ton maître a-l-il reçu le jour? MASCARILLE. . Je voulois sur un point un peu l'entretenir. tout ce que je sais n'esi . Et ce qui plus le gène et le rend misérable. je suis tout vôtre. MASCARILLE.

MASCARILLE. Éclairer quelqu'un. . Et je vous l'envoyois. à p irt. I MASCARILLE. CÉIIE. ce serviteur fidèle. La peste soit la bête I Oh Ce * TRUFFALDIN. Nous avous conservé éclaireur. ô Truffaldin C'est par ! faire. Qu'il n'appréhende pas de soupirer en vain Il a lieu d'espérer. démai'clies. Je vais vous enseigner ce que vous devez LÉLIE. éclairer se3 . regardant Lélie. Pourvu qu'entre nous deux le prix soit arrêté. ! JIA5CA1ULLE. Vous offrir mon service. mon de vous inquiéter. fâcheux qui toujours nous éclaire Ji "î Au diable le *t CÉLIE. merveilleux pouvoir de la vertu magique CÉLIE. C'est là tout le malheur. oh qui des deux croire ? ! ! discours au premier est fort contradictoire. mais ce fort dépend d'un gouverneur Difficile à gagner. Mot vieilli. Si ton maître en ce point de constance se pique. C'est beaucoup . d'un esprit plus doux. les joignant. et voudra bien se rendre. Et que la vertu seule anime son dessein. d'humeur à trop faire connoître Les secrets senliiiicns qu'en son cœur on fait les sais naître. et le fort qu'il veut prendre N'est pas sourd aux traités. Dont je vous veux dans i>cu pa\cr la liberté. ordre seul qu'il vous vient visiter. Cessez.J4 Elle sait conserver Elle n'est pas L'ÉTOURDI une noble fierté. nous épie. Mais je comme elle. l'espionner. MÂSCARILLE. Pour . et vous parler pour elle. Je vais en peu de mots vous les découvrir tous. et.

ou je Mettez. flûtes mieux d'accord. crainte ici-dessous de quelque manigance*. Songe au moins do Léandre à rompre les desseins . J'ai Je sais ce que je sai. MASCARILLE. MASGARILLE. si tu ne mets Célie entre mes mains. Oui. Mais quoil cette action ne me doit point surprendre ? Vous êtes si fertile en pareils contre-temps. Mais. quoi bon se montrer. Que vos écarts d'esprit n'étonnent plus les gens. seul. De peur que ma présence encor soit criminelle. • il faut user d'un autre. vos SCÈNE V. - LÉLIE. et.. le cerveau blessé j TRUFFALDIN. SCENE V 65 Monsieur. Qu'il ne puisse acheter avant moi cette belle. et ne prenez jamais cette licence. Fort bien. C'est bien fait. l'argent Seroit dans notre affaire un sûr et fort agent. tour de passe-passe fait h lamK&. c'étoit fort l'entendre. Du mol espagnol manganilla. comme un étourdi. Je voudrais qu'encor. ce gaiant homme a Ne le savez-vous pas? MASCAUILLE. MASCARILLE. Ah ! mon Dieu pour un ! rien ( Le mal est-il si Je te laisse. El vous. pour me jouer. LÉLIE. sans flatterie A nous eût d'un bâton chargés de compagnie. A Célie Rentrez.ACTE I. me voilà bien coupable grand qu'il soit irréparable ? Enfin. filous fietfés. Me venir démentir de tout ce que je di? 11 LÉLIE. me trompe fort. ce ressort manquant. Je pensois faire bien* MASCARILLE. e . A dire vrai.

bien élevée. Mais. Sont comme les enfants. Votre Nérias* ANSELME. dus Depuis deux ans entiers. Que dit-elle de moi. Par mon chef. quelque soin qu'on emploie. Que 1 c'est grande pitié. . c'est la même racine que genî en ar. à part les quatre premiers vers. Dieu la belle proie A tirer en volant Chut. I ! Elle? MASCARILLE.glûis. Basteî ce n'est pas peu que deux mille francs. Je viens de voir.. Pour vous elle est de flamme.63 L'ÉTOURDI SCÈKE VI. ! El jamais tant de peine à retirer le sien Les délies aujourd'hui. cette génie' assassine? MASCAUILLE.. . MASCARILE. El dont avecque peine on fait l'accouchement.. L'argent dans une bourse entre agréablement. le terme venu que nous devons le rendre. me soient enfin rendus. C'est lors que les douleurs commencent à nous prendre. que l'on conçoit en joie.ANSELME. MASCARILLE. ANSELME.. ANSELME. c'est un siècle étrange J'en suis confus. iÏA]is\6 gentleman. il faut que je voie Si je pourrois un peu de prùs le caresser. Jamais tant que le nôtre ! d'amour pour le bien. Pour : ngréable. Anselme. El qui ? MASCAPaLLE. Je sais bien les discours dont il le faut bercer. Encore est-ce un bonheur. Et VOUS airae tant. ANSELME.

Que comme un époux. El que tu daigneras éteindre mes ardeurs? ANSELME. sont bien dissimulées! Mascarille en effet.ACTE T.? MASCAUILLE prend la bourse et la laisse tomber... la sienne. El vous veut. Oui. Viens çà: lorsque tu la verras. ANSELME. . Mais pourquoi jusqu'ici me les avoir celées? Les filles. SCÈNE VI 1 67 ANSELME. Que tu me rends content MASCARILLE. ANSELME. ce visage est encore fort mettable.. S'il n'est pas des plus beaux.. Anselme. La. Et me veut. Peu s'en faut que d'amour la pauvrette ce meure... Quoi? MASCARILLE. La bouche avec ANSELME. Et vous veut. par ma foi. Si bien donc. crie-i-elle à toute heure.? MASCARILLE. * Bourse qu'Anselme porte k la main depuis son entrée en scène et dans laquelle il a rinteation de placer l'argent qu'il espère toucher.. quoiqu'il tienne. Ah! je l'entends. mon mignon. Prendre la bourse. ANSELME.. J'ai de la mine encore assez pour plaire aux yeux. Ne vous regarde plus.? MASCARILLE Si bien veut prendre la bourse*. il est des-agréable. donc qu'elle est sotte de vous. vraiment.. ANSELME. MASCARILLE.. Oiiand est-ce que l'hymen unira nos deux cœurs... qu'en dis-tn? quoique vieux.

Et je vais le donner de quoi faire pour elle L'achat de quelque bague. I ANSELMH. Mascarille.. Laissez-moi faire. Je veux mains cet objet de mes vœux. Laisse-moi.68 Vanle-lui L'ÉTOURDI mon mérite autant que tu pourras. à part. MASCARILLE. Ah! non ANSELME. Jelesais. mais pourtant. MASCARILLE. Régaler par tes revenant. Non.. une étrange sottise. Que le ciel te conduîsfjl Ah' vraiment. ANSELME. ou telle bagatelle .. Et tu ponvois pour loi ni'accuser de froideur. à part. MASCARILLB. Point du tout. Je suis homme MASCARILLE. tu te souviendras. s'il vous plaît. longs discours! ANSELME. Sans du moindre présent récompenser ton zèle je faisois Tiens. je ferai le orésenl. MASCARILLE. Je reçois par ta bouche une bonne nouvelle. .^e tu trouveras bon. Non. Je t'engage à servir mon amoureuse ardeur. ANSELME. J'agis sans intérêt.. cela me desoblige. laissez votre aigenU Sans vous mettre en souci. Adieu donc. vous dis-je: d'honneur. Adieu.. MASCARILLE. ANSELME. MASCARILLE. pas. Anselme.. revenant.

Certes. LÉLIE. - LÉLIE. ramassant la bourse. Qu'elle garde toujours l'ardeur de me voir sien. A qui la bourse? ANSELME. lui. en bon françois' le dire.. . François pour frauçaw. MASCARILLE. Soit . . ANSELME. Qu'un Dont * je cours. rival qu'il doit crauidre étrangement nous presse: Cependant. Qu'est-ce donc? Qu'ai-je fait? MASCARILLE. la honte et le danger. ANSELME. donne-la pour moi mais surtout fais si bien. vous faites rage. continuez de même. Qui m'épargne un grand trouble et me rend mon argent. LÉLIE. si cela l'accommode.ACTE I. qur«id je tente un coup pour l'obliger. LÉLIE. SCÈNE VII. et qu'enfin je le dois. - LÉLIE. bien l'impuissance où son père le laisse. Nous avancerons fort. l'argent étoit perdu pour MASCARILLE. a rimé avec c?o«. Qu'après vous payerez. Je vais m'en décharger au logis tout à l'heure. moi tout seul. SCtNE wm. Ma foi! sans moi. Ah! dieux! elle m'étoit tombée! Et j'aurois après cru qu'on me l'eût dérobée! Je vous suis bien tenu de ce soin obligeant.s j usqu'à la fiu du dix- septième siècle.. et Ircs-fort. ou je meure. MASCARILLE. MASCARILLE. et payez aujourd'hui D'un jugement très-rare et d'un bonlicur extrême. SCENE VIII 69 Et l'on m'a mis en main une bague à la mode. Le Puisque je puis Il sait sot. C'est ôlre officieux.

Au nom Un de Jupiter'. la fourbe sera fine. je devois au dos avoir mon luminaire. votre vue excite ma colère.. Il falloit. per Bacco. LÉLIE. pour réussir. de peur qu'en ce dessein. Allons voir. MASCARILLE. j'y vais mettre la main. en effet. Que Oui. Tu me devois par signe avertir de l'affaire. MASCARILLE. voici mon homme justement. Dont tout présentement je veux voir les effets A la charge que si. c'ctoit pour la captiv/' j'attrapois l'argent dont votre soin nous prive.. Non. . Nous avons conserré succè». Bon. S'il est ainsi. encore un coup. .TO L'ÉTOURDI LËLIS. Oui. Lélie sort. j'ai tort. Mais surtout hâte-toi. je te le promets. I après cela. De ne me mêler Allez donc plus de rien dire ou rien faire.. LÉLIE. Allez. c'étoit. Menons bien ce projet. SMl faut qu'elle succède^ ainsi que j'imagine.. quitieroit tout peut-être Mais j'avois médité tantôt un coup de maître. bourreau. : » Succéder. MASCARILLE. Et ne nous chantez plus d'impertinens propos ai^tre. être bien rafiiné I LÉLIE. ' Jnron italien : per Jove.. laissez-nous en repos..? Quoil MASCARILLE. LÉLIE.. mais qui l'eût deviné? MASCARILLE..

insupportable en tout. A Je suis mal satisfait de parler franchement. PANDOLFE. perdez cette croyance . fils. percer les mailles de iurmure. PANDOLFE. Et l'on nous voit sans cesse avoir maille à partir*. oîi^ je le vois rebelle. et bien avant poussée. MASCARILLE. Selon les uns macidom paiiin. A l'heure même encor nous avons eu querelle Sur l'hymen d'Hippolyte. selon les autres. Moi? Monsieur. Monsieur? PANDOLFE. Archaïsme. PANDOLFE. Oîi.Discussion à soutenir. Querelle? MASCARILLE. car j'avois la pensde ' La fausse confidence de Mascarille pour gagner la confiance de Pandolfe se trouve dans VÉpidique de Piaule. se disputer. De mon maître f Vous n'êtes pas le seul qui se plaigne de l'être : . d'oii elle a passé daos Y Innavertitr de Barbieri. Oui. pour : auquel. . . Je vous croyois pourtant assez d'intelligence Ensemble.ACTE SCÈNE !X. PANDOLFE. — ' Oîi.PANDOLFE. mon MASCARILLE. c'est-à-dire se battre. SCÈNE IX 71 . Je me trompois donc bien . MASCARILLE. I. Mascarille ! MASCARILLE. Met à chaque moment ma patience à bout*. Sa mauvaise conduite. querelle. Toujours de son devoir je tâche à l'avertir.SGpATtager une monnaie trop petite pour qu'on la divise. Je le vois offenser le respect paternel. par l'indignité d'un refus criminel.

Répondre? Des chansons dont il me vient confondre. C'est S'il étoit un secret qui m'importeroil fort* mais à votre prudence di'couvert . C'est parler comme il faut. vivez en personne d'honneur. PAKDOLFE. Je suis auprès de lui gagé pour serviteur. Sachez donc que vos vœux sont trahis Par l'amour qu'une esclave imprime à votre fils. Vous le verriez dans peu soumis sans nul effort. Mais sa raison n'est pas maintenant la maîtresse. Si je pouvois parler avecque hardiesse. comme lui.72 Qu'à tout ce L'ÉTOURDI qu'il faisoit tu donnois de l'appui. lui fais-je* assez souvent. I MASCARILLE. MASCARILLE. Et que peut-ii répondre? MASCARILLE. Monsieur. Il ne tienne de vous des semences d'honneur. Moi? Voyez ce que c'est que du monde aujourd'hu!. Parle. Je le puis confier avec toute assurance. c'est-à-dira d'une in* : fluence fâcheuse. PANDOLFE. MASCARILLE. dans le fond de son cœur. au nom de Dieu. Et. ' * Pour dis-je. Qui serait d'une grande portée pour moi. vous ne pourriez pas lui dire davantage Que ce que je lui dis pour le faire être sage. Et comme l'innocence est toujours opprimée! Si mon intc^grilé vous étoit confirmée. Vous me voudriez encor payer pour précepteur: Oui. Tu dis bien. Archaïsme qui remonte au onzième siècle. comme on le considère. Cessez de vous laisser conduire au premier vent. PANDOLFE. Ce n'est pas qu'en effet. Réglez-vous. regardez l'honnête homme de père Que vous avez du ciel. . Cessez de lui vouloir donner la mort au cœur.

El la faire passer en une autre contrée. ici. quand bien même il seroit résolu *. //. Je vois Anselme. et les restc> Vive fourbes aussi 1 ' Pour : quaud même ce serait une résolution accomplie. je suis le secret confident. Je connois des marchands. de la faire écarter. va. dis-je. Qu'il auroit pris le joug que vous avez voulu. Cependant A son devoir. l'apprenne encore par ta bouche. mains pour achever le MASCARILLE. ... ACTE On m'en avoit De voir que je Vous \oycz Vraiment si I. ce conseil me plait fort. Et. s'il savoit ce discours. Acheter sourdement l'esclave idolâtrée. PANDOLFE. : PANDOLFE C'est très-bien raisonner . Anselme a grand accès auprès de Truffaldin Qu'il aille l'aclieter pour vous dès ce malin : Après. pouvant réveiller son caprice. désirez-vous le rendre? Il faut. et puis bien vous promettre D'en retirer l'argent qu'elle pourra coûter. . je suis ravi de cela.. MASCARILLE. SCÈNE IX Ï3 parlé . tes la fourberie... sans bruit. si vous voulez en mes mains la remettre. Il faut. Car enfin.. PANDOLFE. Cet autre objet. Au mariage encor peut porter préjudice. mais l'action me touche MASCARILLE. allons avertir mon maître de ceci. Et la me"re en Bon . J'ai toujours peur qu'on nous vienne surprendre Ce scroit fait de moi. seul. si l'on veut qu'à l'hymen il se range A cet amour naissant il faut donner le change.. malgré votre fils. je m'en vais faire effort Pour avoir promptement cette esclave funeste. est neutre. Et de plus. pour rompre à toute chose cours.

. . L'ÉTOURDI - HIPPOLYTE. . J'ai tort. Que du choix de Lélie. ! Oui. Archaïsme emprunté On couche de vingt pistoles. Non. c'est ainsi que lu me rends service Je viens de tout entend-re. MASCARILLE. où l'on veut m' obliger. HIPPOLYTE •. puisque ainsi l'on m'outrage. I sans finir mon ouvrage. Mais il faut savoir que tout cet artifice Ne va directement qu'à vous rendre service. A moins que de cela.74 SCÈNE X. * Proverbe italien : salir le mosche al naso. Tu Tu couclies d'imposture et tu soupçonné ? m'en as donné. Vous faire dire vrai. Jette dans le panneau la l'un et l'autre vieillard.. Et. et j'avois lieu d'attendre Qu'on te verroit servir mes ardeurs pour Léandre. HIPPOLYTE. On met au jeu vingt pistoles. Qu'à dessein de mettre au pouvoir de Lélie .. au Coucher d'imposture. m'avois promis. Ton adresse et tes soins sauroicnl me dégager Que tu m'affranchirois du projet de mon père Et cependant ici tu fais tout le contraire Mais tu t'abuseras je sais un sûr moyen Pour rompre cet achat où tu pousses si bien Et je vais de ce pas. lâche. Par quelle illusion penses-tu m'éblouir? Traître. MASCÂRILLE. : I . traître. depuis l'avant-dernière réplique de Mascarille. et voir ton arlitice . * Elle a paru snr la scf'ne. Mascarille a l'imposture pour enjea. peux-tu nier ce que je viens d'ouïr? MASCARILLE. : * jeu. Que mon soin par leurs mains ne veut avoir Célie. Ah que vous êtes prompte î La mouche tout d'un coup à la tête vous monte ^. au coin d'une rue. Votre esprit contre moi fait le petit démon. sans considérer s'il a raison ou non. qui semble être sans fard. Que ce conseil adroit. Ici. et je devrois. s'irriter. pour payer de ruses. l'eussé-je *.

Non. laissez-moi faire. Et pardonne aux transports d'un ])remier mouvement. quelque effort que je fasse. on s'en vient. Pourrois-tu te résoudre à me quitter ainsi ? MASCARILLE. l'arrêtant. Qu'il me faut de la sorte essuyer vos caprices. d'imposteur. SCÈNE X % de cette invention Dans le dernier excès portant sa passioîî. MASCARILLE. Et que. j'ai tort. Je m'en vais réparer l'erreur que j'ai commise. Apprenez qu'il n'est rien qui blesse un noble cœur Comme quand il peut voir qu'on le louche en l'honneur. Tu l'as formé pour moi. vous aurez mon maître. pour récompense. Anselme. il est en ma puissance De détourner le coup qui si fort vous offense. Puisse tourner son choix du côlc de Léandre. HIPPOLYTE. . HIPPOLYTE. pour vous. rebuté de son prétendu gendre. Mais je veux réparer ma faute avec ceci. Mais. Non. Oui. Eh! mon pauvre garçon. puisqu'on reconnoît si mal mes bons offices. Vous ne vous plaindrez point de mes soins désormais. et je vous le promets. je t'ai dit de trop grosses injures : 1 » Pour Pour : : au dernier excès. de hauteur '. de lâche. Il est vrai. Mais votre promptitude est de mauvaise grâce. Eh ne me traite pas si rigoureusement. je ne le saurois. Me traiter de faquin. je le confesse. Oui. Et dès ce même pas rompre mon entreprise. HIPPOLYTE. ! ! Tirant sa bourse. que ta colère cesse J'ai mal jugé de toi. non. Mascarille ? MASCARILLE. de son haut. HIPPOLYTE. Quoi! tout ce grand projet. qui m'a mise en courroux.ACTE Et faire que l'effet ' I.

Mais déjà je commence à perdre mon courroux Il faut de ses amis endurer quelque chose. D'un regret éternel je devenois la proie Bref. L'espérance du gain n'est pas ce qui me flalte. l'emmenoit chez lui J'ai détourné le coup. Ton maître te fait signe. Crois qu'Hippolyte au moins ne sera pas ingrate. et j'en étois frustré : . N'ayez point pour ce fait l'esprit sur des épines. MASCARILLE. mais songe à bien agir pour moi. par crainte» Le pauvre Truffaldin l'a retenue. C'étoil fait de mon bien. IIIPPOLYTE. 1 : si . MASCARILLE. Que diable fais-tu là? Tu me promets merveille. HIPPOLYTE. Poarras-lu mettre à fin ce que je me propose. HIPPOLVTE. et veut parler à toi : Je le qaiile. MASCARILLE. Eh! tout cela n'est rien. et tant fait que. Anselme Il avoit l'esclave. mais j'ai paré l'atteinte. si je ne me fusse en ces lieux rencontré. c'étoit fait de ma joie. Pour ce n'était que. SCÈNE XI. Sans que ' mon bon génie au-devant m'a poussé. quand ce stratagème à nos vœux manqueroit.Î6 L'ÉTOURDI Mais que ces deux louis guérissent tes blessures. LÉLIE. Et crois-tu que l'effet de tes desseins hardis Produise à mon amour le succès que tu dis? MASCARILLE. Ce qu'il ne feroit pas. Mais la lenteur d'agir est pour moi sans pareille.LÉLIE. J'ai dos ressorts tout prêts pour diverses machines. . Et. je suis tendre à ces coups^ . Déjà tout mon bonheur eût été renversé. un autre le feroit. .

A vos désirs enfin il a fallu se rendre Malgré tous mes sermens. 1 par mon adresse. chou. loup-garou. Et trois : Quand nous serons C'(5toil à dix. lanterne. SCENE I 71 MASCARILLE. et rompre mon attente. ACTE SCÈNE I. Je vous laisse à penser ce que ç'auroit été. MASCARILLE. ô cervelle incurable cet achat favorable . faire une bévue. Me * Bouteilles et verres de tin. Auprès d'Anselme encor nous vous excuscrou».. II - LÉLIE. Pour en pouvoir tirer ce que nous désiroir:». je n'ai pu m'en défendre. Qu'Anselme entreprenoit . Mais. et si de Mascarille Madame la nature avoit fait une fille. . si dorénavant votre imprudence éclate. nous le faut mener en quelque * hôtellerie Et faire sur les pots décharger sa furie. MASCARILLE. Et puis pour votre amour je m'emploierois encore J J'aimerois mieux cent fois être grosse pécore. Donner de vos revers au projet que je tente. sur cette sûreté. Toutefois n'allez pas. Et que monsieur Satan vous vînt tordre LÉLIE. que je voulois laisser^ En de nouveaux périls viens de m' embarrasser. nous ferons une croix. Devenir cruche. : Et pour vos intérêts.ACTE II. Il le cou ! seul. Entre mes propres mains on la devoit livrer Et vos soins endiablés nous en viennent sevrer. Je suis ainsi facile .

Je viens de le tuer (de parole. : • En deux syllaLes ou-vricrs. On est venu lui dire et par mon artifice. J'ai fait que vers sa grange il a porté ses pas. et. Dites absolument que je ne suis qu'un sot. Que les ouvriers les - qui sont après son édifice. Tu jo serai prudent. pour pouvoir mieux feindre ce trc'pas. Parmi Avoient qu'ils en jettent eucor. quand d'un bel objet on est bien amoureux. j'entends) Je fais courir le bruit que d'une apoplexie : a\ r Le bonhomme surpris a quitté celte vie. hors nous deux. Jouez bien votre rôle et. en peut IVcn servir à la petite ruse Que sa flamme wiourd'hui me force d'approuver. i . verras seulement. Souvenez-vous-en bienj J'ai commencé pour vous un hardi stratagème. Mais avant. trouve une étrange voie Pour adresser mes vœux au comble de leur joie. Non. Il a volé d'abord. ne crains rien. - LÉLIE. Et produis un fantôme enseveli pour lui. Adieu.58 L'ETOURDI flatta. mes soins pour l'objet qui vous LÉLIE. fait fondemens Dans l'esprit d'un chacun je le tue aujourd'hui. pour mon personnage. vous dis*. * Har : je vous dis. Enfin.. Mais. te dis-je. Son esprit. il est vrai. Votre père fait voir une paresse extrême A rendre par sa rhori tous vos désirs contents. je vous ai dit à quoi je vous engage. Si vous apercevez que j'y manque d'un mot.. : SCÈNE II. Que ne feroit-on pas pour devenir heureux? Si l'amour est au crime Il une assez belle excuse. comme à la campagne Tout son monde à présent. l'accompagne. par hasard rencontre d'un trésor. MASCARILLE.

Je vous le garantis trépassé coamie il faut. Au reste. scèn: m. et ne peut rien souffrir : Il . La nouvelle a sujet de vous su ''prendre fort. certes. n'en a que la mine. tu devois attendre jusqu'au soir.ACTE II. l'excès de son transport fait M'a De peur que A faire en grande hâte ensevelir le mort. MASCARILLE. donne des coups vLle'jls Archaïsme d ''jîi suranné du temps âe Moiièrt. jamais homme n'eut si hâte de mourir. . Juste ciel! qu'ils sont prompls! Je les vois en parole. cet objet. Allons nous préparer à jouer notre rôle. qui le rend hypocondre. qui Lélie (et l'action lui sera salutaire) • • Pour Pour : il se . Qui tôt ensevelit bien souvent assassine. Outre qu'encore un coup j'aurois voulu le voir. Il se bat *. Il a. pour venir au discours de tantôt. MASCARILLE. MASCÂRILLE. s'est fait en maints lieux contusion et bosse. . Et ii^^ est cru défunt. inviter. EtLélio? MASCARILLE. ANSELME. ANSELME. un vilain coup ne me l'allât semondre^ ANSELME. Et veut accompagner son papa dans ia fosse : Enfin. MASCARILLE. pour achever. N'avoir pas seulement le temps d'être malade. ANSELME.ANSELME. Non. N'importe. Èlre mort de la sorte! MASCARILLE. SCÈNE III 79 Par la douceur du bien qui m'en doit arriver. grand tort ie iui sais mauvais gré d'une telle incartade.

se trouvf ians nos VJ***^ fabliaux. Et consoler un peu ce défunt de son sort. Par le piaisir de voir faire honneur à sa mort Il Il hérite /teaucoup . * la elle abat les humains. df circonstance pressante. comme en ses affaires guères. cher Lélie enfin il étoit homme. seul. . voudroit vous prier. Tu me l'as déjà dit. et je m'en vais le voir ! MASCARILLE. c'est-à-dire par suite de la nécessité msfantia. d'o'i elle a passé dans les contes d'Eutrapei. De lui prêter au moins pour ce dernier devoir'. LÉLIE. Il ANSELME. Tâchons à ce progrès que le reste réponde Et. En suite. se trouve assez neuf et ne vok encor Que son bien la plupart n'est point en ces quartiers. en suite de l'mstance \ D'excuser de tantôt son trop de violence. . Sans leur dire gare.RO L'ÉTOURDI D'un bel enterrement veut régaler son pore. pleurant. Jusques ici du moins tout va le mieux du monde. Ah! ANSELME. Sortons . mais. dit-il. 2 L'. Conduisons le vaisseau de la main et de l'œil. Ah! ANSELME. n'a point pour la mort de dispense de Rome. Mais quoi.ANSELME. En peu de temps parfois on fait bien du chemin. SCÈNE IV. . Ou que ce qu'il y lient consiste en des papiers.nventicn du valet qui suppose la mort d'un vieillard pour es•:roper de l'argent destiné. ! On LÉLIE. Las! en si peu de temps! il vivoit ce malin ! MASCARILLE. ANSELME.. de peur de trouver dans le port un écueil. MASCARILLE. je ne saurois qu'avec douleur très-forte Le voir empaqueté de cette étrange sorte. LÉLIE. . à un service funéraire.

pour toutes les prières. i^h! Le grand déplaisir MASCARILLE. LÉLIE. ANSELME. Ce Si. animal. deuil enraciné ne se peut arracher. Ali! ANSELME. Il n'en fera rien. sur l'avis Au LÉLIE. votre ennui persévère. je suis tout vôtre. je connois son humeur. LÉLIE. ANSELME. de votre serviteur. SCÈNE IV 81 El contre eux de tout temps a de mauvais desseins. Tenez. ANSELME. Ah! MASCARILLE. au moins faites qu'il se modère. Ah! MASCARILLE. mot s'augmente LÉLIE. Ce fier Tout le monde y passe. Vous pourriez librement disposer de mon bien. à ce Il : Comme M^CARILLE. que sent monsieur mon maitre i . malgré ces raisons. 'Je sais que vous verrez aux papiers du bonhomme Que je suis débiteur d'une plus grande somme liais. s'en allant.ACTE II. Mon cher Lélie. songer à ce malheur. J'apporte ici l'argent qui vous est nécessaire Pour faire célébrer les obsèques d'un père. Ahl ah! sa douleur! ne peut. N( pcrdroit \)ns un coup de ses dents meurtrières. et le ferai paroître. sans mourir. quand par ces raisons je ne vous dcvrois riei. reste. LÉLIE. Vous avez beaupvêcher.

Dieu je frémi Pandolfe qui revient! Fût-il bien endormi ' Comme depuis sa mort sa face est amaigrie! Las! ne m'approchez pas de plus près. seul.. El jamais ici-bas. Ah! ANSELME. HASCARILLE. . je vousj^rie. mot que je demande. * ' Soulagement. . D'oïl peut donc provenir ce bizarre transport? PANDOLFE. Adieu. HÀSCARILLE. le loisir comment vous contenter? Donnez-lui quand ses de se désattrisler *. Le monde est rempli de beaucoup de traverses: Chaque homme tous les jours en ressent de diverses. Des événements Aliî l'inceriiiude est grande.osé par Molière.PANDOLFE. Dites-moi de bien loin quel sujet vous amène. ANSELME. plût à Dieu qu'il dormît en paix dans le tomljeâû. l'état qu'il est. Je sens mon cœur qui se gonfle d'ennui. Faisons-lui signer le ANSELME. PANDOLFE. Ah! ANSELME. m MASCARILLE. ! Ah bon ! ! ! J'ai trop de répugnance à coudoyer un mort. Et m'en vais tout mon soiil pleurer avecque lui. SCÈNE V. ANSELME.Sï I/ÉTOURDI ANSELME. déplaisirs prendront quelque allégeance •. Archaïsme.. je crois qu'il seroil à propos Qu'il me fit de sa main un reçu de deux mots. * Mot comj. Las! en Et. Pour. Mascarille. J'aurai soin d'en tirer d'abord votre assurance.

» Laidir pour : s'enlaidir. Pour Dieu! ne prenez point de vilaine figure. Mais. Sitôt Vous êtes habillé D'un corps aérien qui contrefait le vôtre. dormez-vous? êtes-vous éveillé? Me ® connoissez-vous pas? ANSELME. Mais qui dans un moment peut devenir tout autre. Las! je voua en promets. et véritablement Je me serois passé de votre compliment. PANDOLFE. Si voire âme est en peine. ANSELME. et je viens de vous voir. « Suppression delà particule ne. Las! pour un trépassé vous êtes bien gaillard. par sa bonté.ACTE Si II. Je crains fort de vous voir comme un géant grandir. . * Pour : prendre part à la gaieté d'Anselme. Qui traite de défunt une personne en vie? ANSELME. Est-ce jeu. C'est trop de courtoisie. que Mascarille en a dit la nouvelle. Comble de joie et do santé Votre défunte seigneurie. il m'y faut prendre pari*. riant. PANDOLFE. Quoi! j'aurois trépassé sans m'en apercevoir? ANSELME. SCÈNE V 83 pour me dire adieu vous prenez tant de peine. Et tout votre visage affreusement lai lir '. Archaïsme. dites-nous. et ne m'effrayez guèresl Foi d'homme épouvanté. Hélas! vous êtes mort. Malgré tout mon dépit. que vous serez content. et cherche des prières. PANDOLFE. PANDOLFE. je vais faire à l'instant Prier tant Dieu pour vous. ou bien si c'est folie. enfin. J'en ai senti dans l'âme une douleur mortelle. Et que le ciel. Disparoissez donc. je vous prie.

ANSELME. Et qui pour ses desseins a d'étranges ressorts. ma foi. Archaïsme familier. Dont parmi les chemins ^ on m'a désabusé. Quoi qu'il puisse coûter. utilité. 11 Il faut ANSELME. aidez-moi vous-même à retirer L'argent que j'ai donné pour vous faire enterrer. en effet. si l'on peut le prendre. bien. 5 Pour: obstacles. . Archaïsme. l'argent. Et d'être liiicor si prompt à une sottise. ma raison. votre Je vais faire informer ^ de cette affaire ici Contre ce Mascarille. n'allez pas divulguer un tel conte. bonne dupe à trop croire un vaurien. profit. Et j'en prolongerois le plaisir davantage: Mais.En venant ici. avec cette mort. : PANDOLFE. sur la route. Anselme. * Pour ouvrir une enqucle. En une autre saison. tant pis pour vous. Archaïsme. Sur qui ne peuvent rien la crainte et le remords. prfijudice. et fourbe foui'bissime. : . celle naïveté Dont vous accompagnez voire crédulité. PANDOLFE. je le veux faire pendre. embarras. Malepeste du sot que je suis aujourd'hui De grâce. me seroit un charmant badinage. Mascarille est un fourbe. sans m'en mettre en souci. du latin damnuin. c'est bien 1 lui. * Dam. donc qu'aujourd'hui je perde et sens et bien la me sied bien. pour J beaucoup. Pandolfe. vous seriez fort jolie! Touchons un peu pour voir.- S/é L'ÉTOURDI prou ' J'ai do ma frayeur en cette conjoncture. de porter faire tête grise. i De l'italien pro. un trésor supposé. De A Ah! c'est donc l'enclouure'! de toute l'aventure! moi. prode. dites-vous? le Voilà nœud secret dam *. On en feroit jouer quelque farce à ma honte Mais. Pour Et moi. et. M'auroii-on joué pièce et fait supercherie ? Ah! vraiment. seul. Fomente dans mon âme un soupçon légitime.

Je les connoîtrai bien Est-ce tout? .. A ce que je puis voir. avec ce passe-port. quoiqu'ils semblent très beaux. votre douleur vous quitte? LÉLIE. Iklaisje vois. mon brave escroc.LÉLIE.. . elle Que dites-vous? Jamais ne quittera Un cœur qui chèrement toujours la nourrira.. SCENE VI 85 peu sur un premier rapport. je croi. Enfin je vous raccroche. Je reviens sur mes pas vous dire avec franchise Que tantôt avec vous j'ai fait une méprise. LÉLIE. vous ne tenez plus rien. sans y penser. montrez-les-moi. SCÈNE VI. comme ANSELME. ANSELME LÉLIE. 1 Mon Dieu Vous me qu'on feroit bien de les faire tous pendre LÉLIE. sans voir Anselme. J'en ai. ANSELME Tant mieux. Qu'on ne reçoit plus rien qui soit hors de soupçon.. De nos faux monnoyeurs l'insupportable audace . chétif beau-père . ANSELME. montrez. I faites plaisir ai de les vouloir reprendre. Je puis à TrufFaldin rendre aisénieni visite. Maintenant. mêk's que je liens faux Et j'apporte sur moi de quoi mettre en leur place.î ACTE D'examiner si II. Vous tuez donc des gens qui se portent fort bien? El qu'auriez-vous donc fait sur moi. Mais je n'en point vu de faux. Mon argent bien-aimé rentrez dedans ma poche Et vous. . Pullule en cet État d'une telle façon. Que parmi ces louis. ANSELME. Oui..

allez mourir de honte : et de regret. Anselme. sage. Verbe archaïque dans lesens a*. Ma * d'une belle manière. la colère fait mal. Tout de bon ? LÉLIE. Moi. . ! i Quoi ! que seroit-ce ? LÉLIE. la chance a bien tourné Pourrois-lu de mon sort deviner l'injustice? MASCARILLE. Voire rival après sera bien étonné. .Juelque sot ferait cela. Vous vous moquez peut-être? LÉLIE.LÉLIE. .86 L'ÉTOURDI foi. Quelle surprise extrême! D'où peut-il avoir su sitôt le stratagème? SCÈNE VII. Sous couleur de changer de l'or que l'on douicit'. Quoi! vous étiez sorti? Je vous cherchois partout. pour * ' * : se donner un gendre. LÉLIE. Il tant dire J'en liens. pour Pour:queron soupçonniiit faux. MASCARILLE. Archaïsme proverbial. Eli bien. en sommes-nous enfin venus à bout? Je le donne en six coups au fourbe le plus brave. MASCARILLE. Dans le sens italien. Çà. MASCARILLE. donnez-moi que j'aille acheter notre esclave . MASCARILLE. instruit de l'artifice. Tu te vas emporter d'un courroux sans égal. : . monsieur! Quelque sot* . MASCARILLE. M'a repris maintenant tout ce qu'il nous prèloit. LÉLIE. sensé. Et j'allois prendre en vous un beau-fils fort discret"! je ni'engendrois Allez. Il est trop véritable. seul. Tout de bon j'en suis inconsolable. Ah mon pauvre garçon. lif. * S'engendrer.

jamais mon bien te fut considérable*. Que les plus clairvoyans l'auroient cru véritable? Vous avez en effet sujet MASCARILLE. LÉLIE. quoi qu'enfin il arrive. loisible. ou qu'elle reste je là. Et sois plus indulgent à ce peu d'imprudence! Sans ce dernier malheur. Ah n'aye point pour moi si grande indifférence. et je si veux l'avouer. Point. Si tu m'es inflexible Je m'en vais me iyer. je n'ai pas LÉLIE. et Répare ce malheur. LELIE. Gélie. Ce iv cîi : .ACTE Et je veux II. Non. de vous louer. ne m'avoueras-tu pas Que j'avois fait merveille. me Pour moi. SCENE VII 87 Que Que choyer. MASCARILLE. mais une locution très-liasardée. Je vous baise les Mascarille me sois secourable. ! mon MASCARILLE. je n'en ferai rien. Eh bien. Fais-moi ce plaisir. ! m'en soucie autant que de cela. et qu'en ce feint trépas J'éludois un chacun ' d'un deuil si vraisemblable. soit ou Uhrc. Je ne puis * te fléchir? pas * Vyjiiv je trompais tout le monde au moyen d'un un archaïsme. je suis coupable. filsl le loisir. Soit MASCARILLE. LÉLIE. Pour jugé digne de considération. il vous est . ou captive^ Li^andre l'achète. LÉLIK. LÉUE. mains. Archaïsme. après tout. : deuil. MASCARILLE. Mais.

LÉLIE. Faites ce qu'il vous plaît. Adieu. MASCARILLE. Tu n'auras pas regret de m' arracher la vie? MÂSCABILLE. habits. ma foi. du Ihéàlre. LÉLIE. Archaïsme excédent. LÉLIE. . Je vais le pousser. Quoi!. Adieu.. MASCARILLE. Et. rival et Truffaldin ! achète Célie * ah : ensemble! de frayeur je tremble. quoi que ces esprits jurent d'effectuer. Que Il vois-je ? mon .88 L'ÉTOURDI UASCÀRILLE. pour avoir mes Que je fisse le sol. MASCARILLE. Savois-je pas qu'enfin ce n'ctoit que grimace. monsieur Lélle.. LÉLIE. Tu voudrois bien. et que je me tuasse. Mascarille. Du mol deviser parler pour tuer le temps. Ah! que de longs devis*! LÉLIE. Non. LÉANDRE. Tupz-Yous donc vite. si Qu'on n'est point aujourd'hui Vlil prompt à se tuer? SCÈNE - TRUFFALDIN. Truffaldin parle bas à Léandre dans le fond LÉLIE. Yois-tu le fer prclî MASCARILLE. LÉLIE. MASCARILLE. Non. LÉLIE. MnSCARILLE.

ne faut point douter qu'il fera ce qu'il peut. j'en suis ravi. TrufTukliu sort. Pour moi. c'est une affaire faite. Voilà la récompense De vos brusques erreurs. LÉ LIE. rivai. de vou e impatience. . LÉANDRE. ne sais. voilà seul. Laisse-moi. pour mieux les rendre vains. LÉ LIE. Que "Je dois-je faire? dis. 11 à part. par des moyens plus doux Je vais. comme je crois. Archaïsme. Grâces au J'ai ciel. savoir ce qu'il projette. et je n'ai plus de crainte. veuille me conseiller. su me l'assurer. * Ponr : de pitié. TfiUFFALDIN. fasse Allez. faut que je l'attrape. MASCARILLE. qu'il poui-ra ce qu'il veuf. s'il a de l'argent. MASCARILLE. MASCARILLE. je vous fais grâce Je jette encore un œil pitoyable * sur vous. mon bonheur hors d'alteinic. Laissez -moi l'observer. Il Quoi que désormais puisse entreprendre un n'est plus en pouvoir de me faire du mal. en s'en allant. et que de ses desseins Je sois le confident. Que veux-tu que je Pour empêcher ce coup ? MASCARILLE. Et. . je vais le quereller.ACTE Il II. Lélie sort. Qu'en arrivera-l-il ? LÉLIE. à Léandrc. SCÈNE VHI 80 MASCARILLE. Quand on viendra tantôt.

ou je ne pourrai. Écoute. fu m'as p'iu de tout temps. . Qui? MASCARILLE. Et me faire un affront si sensible aiiX épaules. ! MASCARILLE Aie ! dit ces deux vers dans la maison. ! aïe ! à .on? MASCARILLE.30 L'ÉTOURDI SCÈNE IX». Il ne me falloit pas payer en coups de gaules. Et qu'après m'avoir eu quatre ans pour serviteur. Mascarille. Mais. tu voulois m'engager A la mettre en tes mains. LÉANDRE. D'où procède cela? Qu'est-ce? que te fait. Je te le dis encor. el entre sur le théâtre'. et je souhailois fort - Les incidents de celte scène et de la suivante sont empruntés k Barbieri. je te ferai voir. MASCARILLE. Que ce n'est pas pour rien qu'il faut rouer le monde. mais fort homme d'honneur. Pour une bagatelle bat d'une façon cruelle. Et pourquoi? Il me ! chasse. LÉANDRE. : LÉANDRE. MASCARILLE. et quitte ce transport. Lélie. auteur de VInnavertito. el je veux faire en sorte Qu'un autre te l'enlève. Ou je jure bien fort que je m'en vengerai. LÉANDRE. Ah vraiment il a tort.'aide au meurtre I Ah! ah! ah! ah! ah ah! traître! ô au secours on m'assomme bourreau d'homme! I ! LÉANDRE. et me MASCARILLE. Oui. Que je suis un valet. batteur que Dieu confonde. je saurai m'en venger Une esclave te plaît. On vient de me donner deux cents coups de bâton.- LÉANDRE. ou le diable m'emporte.

rendu cet office lui-même. * Pour : m'offre de. Je puis à mon brutal trouver des chàtimens : De Gélie. plein d'esprit et fidèle. J'empêche qu'un rapport de tout ceci l'irrite. Et que dans mes efforts pour vos contentemens. De me déterminer à l'hymen d'Hippolyle. par mon adresse extrême. l'acliat fait. d'autant mieux que le destin propice M'offre ' à me bien venger. Là vous pourrez la mettre avec toute assurance.ACTE Qu'un garçon II. Où puisse être en secret celte captive aimable. en vous rendant service. Je songe auparavant à chercher les moyens D'ôler aux yeux de tous ce qui charme les mien-i. Oui.. A trouver promptement un endroit favorable Et. Mon amour LÉANDRE. ma bague est la marque choisie Sur laquelle au premier il doit livrer Gélie. : ' Mauvais* locution.. Pour pw un paquet apporté. servir. Je viens de l'acheter moins encor qu'il ne vaut. : A mon Enfin. monsieur. Si tu service si le un jour pût attacher son zèle parti te semble bon pour loi.. Ainsi que je l'apprends d'un paquet apporté*. MASCARILLE. : mes actions j'étois tout à fait maître Mais quoi! mon père l'est : comme il a volonté. . Enflammé d'un objet qui n'a point de défaut. MASCARILLE. Hors de la ville un peu. je puis avec raison D'un vieux parent que j'ai vous offrir la maisor. s'est Tu Si de la verrois paroître. MASCARILLE. Donc avec Truffaldin (car je sors de chez lui) J'ai voulu tout exprès agir au nom d' autrui. en un mot. je t'arrête veux me avec moi. Quoi! Célie est à vous? LÉANDRE. SCÈNE IX «l comme toi.

je veux que l'on s'apprête A me peindre en héros. Mais chut. MASCARILLE. Quand. et Pour en pouvoir juger I! répondre soudain. Dès que par Truffai din ma bague sera vue..na foi. El qu'au bas du portrait on mette en lettres d"or : Vivat Mascari'.HIPPOLYTE. LÉA>DRE. en marchant je pourrai vous l'apprendre. une nouvelle. et va pour moi prendre celle beauté. .MASCARILLE. HIPPOLYTE. ' Oui. . je vais te servir d'un plat de Fut-il jamais au Oh ! monde un plus heureux garçon que dans un moment Lélie aura de joiel ! Sa maîtresse en nos mains tomber par celte voiel Recevoir tout son bien d'oîi l'on attend le mal El deven'r heureux par la main d'un rival Après ce rare exploit. un plaisir souhaitf*. Je dois vous annoncer. SCÈNE X. va-t'en à JJascarille. tu me fais El dans celle maison lu me la conduiras. faudroit la savoir. Léandre. fourbum imperatorl 1 SCÈNE XII. . Donnez-moi donc la main Jusqu'au temple.. LÉANDRE. Hippolyte est ici sur nos pas.TRUFFALDIN. . LÉANDRE.lus. Ya. Oui. ma façon. Aussitôt en les mains elle sera rendue. MASCARILLR.98 L'ÉTOURDI Et de cette action nul n'aura connoissaaca. Mais la trouverez-vous agréable ou cruelle? LÉA^'DRE. MASCARILLE. HIPPOLYTE. un laurier sur la tête. Tiens donc. . SCÈNE XI. me servir sans davantage attendre.

Je crois que c'est Truffaldin qu'il se nomme. « Conservez-moi chez vous cette fille si chère. TRUFFALDIN.. TRUFFALDIN. • n continue. TRUFFALDIN lit. obligez-moi de m'enseigner un homme. Lui rendre seulement la lettre que voici. par un bruit assez doux. « Le ciel. « Et vouf^^vais de vos soins récompenser si bien. MASCARILLE. . à quatre ans par des voleurs ravie.TRUFFALDIN. « Que ma fille. Et que lui voulez-vous? Vous le voyez ici. dont la bonté prend souci de ma vie. à Truffaldin. SCENE XIII 93 TRUFFAr. '( « Don Pedro de Gusman. que je veux rendre extrême. « Pour l'aller retirer je pars d'ici moi-même. « Que par votre bonheur. « Comme si de la vôtre elle icnoit le rang. « Marquis de Montalcane.ACTE Que voulez-vous? II. « Si vous sûtes jamais ce que c'est qu'être père. « Vient de me faire ouïr. . je reconnois bien la bague que voilà. Seigneur. Et vous trouvez sensible aux tendresses du sang. « De Madrid. UN COURRIER. Je vais quérir l'esclave. arrêtez un peu là.. « Sous le nom de Célie est esclave chez vous. Cette bague connu© ma venue. LE COURRIER. El qui? LE COURRIER.DIN. Oui. Vous dira le sujet qui cause SCÈNE XIII. MASCARILLE. TRUFFALDIN. « Vous bénirez le jour où vous causez le mien. LE COURRIER.

f

f>4

L'ÉTOURDI

Quoiqu'à leur nation bien peu de foi soit due', lis me l'avoient bien dit, ceux qui me l'ont vendue, Que je verrois dans peu quelqu'un la retirer, Et que je u'aurois pas sujet d'en murmurer; El cependant j'allois, par mon impatience, Perdre aujourd'hui les fruits d'une haute espérance.

Au

courrier.

Un

seul

moment

plus tard, tous vos pas étoient vains,
fille

J'allois

mettre en l'instant cette

Mais

suffit; j'en aurai tout le soin

en ses mains qu'on désire.

Le courrier sort

A

Mascarille.
lire.

Vous-même vous voyez

ce que je viens de Vous direz à celui qui vous a fait venir Que je ne lui saurois ma parole tenir
;

Qu'il vienne retirer son argent.

MASCARILLE. Mais l'outraga

Que vous lui

faites.

TRXJFFALDIN.

Ah! le Le sort

Va, sans causer davantage. MASCARILLE, seul. fâcheux paquet ^ que nous venons d'avoir
a bien
la

El bien à

donné la baie ' à mon espoir; malheure * est-il venu d'Espagne, Ce courrier que la foudre ou la grêle accompagne. Jamais, certes, jamais plus beau commencement N'eut en si peu de temps plus triste événement.
* Aux Égyptiens. Molière entend par là les Bohémiens q\A achetaient ies esclaves et les revendaient.

-

Locution proverbiale usitée

même

aujourd'hui.

^

De

l'ilalien

dar

la baïa, tromper,

tourner en plaisanterie.

Ar-

chaïsme venu

d'Italie.

l'origine de la

heure. Archaïsme qui remonte à langue française. Lorsque la sœur d'ililpéric partit pour l'Espagne, et que l'essieu de son char se brisa, le peuple cria wtour d'elle, dit le chroniqueur: Mala hora! maXQ heure, mauvaise iieure, malheur Nous avons conservé « la bonne heures Cet ar "liaïsTia est d'un grand effet chez Malherbe
latin
! :

Du

mala hom, mauvaise

Allez

.1

la

malt heure,
joie

^ui prenez votre

allez, âmes tragiques, aux HÙ&ères publiques

i

ACTE
SCÈNE

II,

SCENE XIV
riant,

9o

xiv- LÉLIE,

MASGARILLE.

MASCARILLE.

Quel beau transport de joie à présent vous inspire?
LÉLIE.

Laisse-m'en rire encore avant que te le dire.

MASCARILLE.
Çà, rions donc bien fort, nous en avons sujet. LÉLIE,

Ah!

je

ne serai plus de

tes plaintes l'objet.

Tu ne me diras plus, toi qui toujours me cries, Que je gâte en brouillon toutes les fourberies J'ai bien joué moi-même un tour des plus adroits.
;

Il est vrai, je suis prompt, et m'emporte parfois : Mais pourtant, quand je veux, j'ai l'imaginative * Aussi bonne, en effet, que personne qui vive; Et toi-même avoueras que ce que j'ai fait part D'une pointe d'esprit oîi peu de monde a part. MASCARILLE. Sachons donc ce qu'a fait cette Imaginative.

LÉLIE. d'une frayeur bien vive D'avoir vu Truffaldin avecque mon rival, Je songeois à trouver un remède à ce mal. Lorsque, me ramassant tout entier en moi-même, J'ai conçu, digéré, produit un stratagème Devant qui tous les tiens, dont tu fais tant de cas, Doivent, sans contredit, mettre pavillon bas.
Tantôt, l'esprit

ému

MASCARILLE.

Mais qu'est-ce?
LÉLTE.

Ah!
J'ai

s'il

te plaît, donne-toi patience.

donc

feint

une

lettre

avecque diligence.

d'un grand seigneur écrite à Truffaldin, Qui mande qu'ayant su, par un heureux destin, Qu'une esclave qu'il tient sous le nom de Célie
*

Comme

culte abstraite.

Facullé active d'imaginer, tandis que l'imagination en est Sa faArcliaïsme excellent.

P6

L'ÉTOURDI

Est sa fille, autrefois par des voleurs ravie, Il veut la venir prendre, et le conjure au moins De la garder toujours, de lui rendre des soins
;

Qu'à ce sujet il part d'Espagne, et doit pour elle Par de si grands présens reconnoitre son zèle, Qu'il n'aura point regret de causer son bonheur. MASCARILLE.
Fort bien.

La

lettre

LÉ LIE. Écoute donc, voici bien le meilleur. que je dis a donc été remise
;

Mais sais-tu bien comment ? En saison si bien Que le porteur m'a dit que, sans ce trait falot

prise,
',

Un homme
Vous avez

l'emmcnoit, qui
fait

s'est

trouvé fort sot.

MASCARILLE. ce coup sans vous donner au diable T
LÉLIE.
si subtil

Oui. D'un tour

Loue au moins mon Dont je romps d'un

m'aurois-tu cru capable? adresse, et la dextérité

rival le dessein concerté,

A vous
Je

MASCARILLE. pouvoir louer selon votre mérite,
d'éloquence, et

manque

ma

force est petite.

Oui, pour bien étaler cet effort relevé. Ce bel exploit de guerre à nos yeux achevé,

Ce grand

et rare effet

d'une Imaginative

Qui ne cède en vigueur à personne qui vive,

Ma

langue est impuissante, et je voudrois avoir Celles de tous les gens du plus exquis savoir. Pour vous dire en beaux vers, ou bien en docte prose, Que vous serez toujours, quoi que l'on se propose,

Tout ce que vous avez été durant vos jours
C'est-à-dire,

;

un esprit chaussé tout à rebours*, Une raison malade et toujours en débauche,
» Pour : bizarre et gai. Archaïsme Bois-P.olert et leurs contemporains.

très-commun dans Saint-Amand,
vêtement ou une chaussure

" /-sur etouruée.

:

mis à l'envers,

Comme un

ACTE UI, SCENE
Un Un

I

97

envers du bon sens, un jugement à gauche, brouillon, une bête, un brusque*, un étourdi, Que sals-je? un... cent fois plus encor que je ne di.
C'est faire en abrégé votre panégyrique.

LÉLIE.

Apprends-moi le sujet qui contre moi te pique Ai-je fait quelque chose? Éclaircis-moi ce point. MASCARILLE. Non, vous n'avez rien fait; mais ne me suivez point,
:

LÉLIE.
Je te suivrai partout pour savoir ce mystère.

MASCARILLE.

Oui? Sus donc, préparez vos jambes à bien
Car je vais vous fournir de quoi
LÉLIE,
Il

faire,

les exercer.

seul.

malheur qui ne se peut forcer^ Aux discours qu'il m'a fails que saurois-je comprendre^ Et quel mauvais office aurois-je pu me rendre?
m'échappe.

ACTE
SCÈNE I.-

III

MASCARILLE.

Taisez-vous,

ma

bonté', cessez votre entretien;

Vous

êtes

une

sotte, et je n'en ferai rien.

Oui, vous avez raison,

mon

courroux, je l'avoue

Relier tant de fois ce qu'un brouillon dénoue,
C'est trop de patience, et je dois en sortir,
1

Pour

:

forcené, extravagant. Archaïsme

venu de
:

l'italien

bruso^

âpre
*

et singulier.

Galimatias-, peut-être Molière a-t-il voulu dire

ne puis vaincre, dompter. Nouvelle preuve ue

l'inhabileté

malheur que je du poëte,

ie à tant de talent, de génie et d'observation. unie 5 rarjilie ('.es monologues métaphysiques de Corneille, empruntés \ l'Espagne, et spécialement à Cakleron :
colère',

Vous négligez

ô pitié? sourdes â mes désirs, mon crime...
ifforace, acte iv, scène Tti.J

Oi

L'ÉTOURDI

Après de si neaux coups qu'il a su divertir'. Mais aussi raisonnons un peu sans violence. Si je suis maintenant ma juste impatience, <)n dira que je oède à la difficulté;

Oue

\e me trouve à bout de ma subtilité : Et que deviendra lors^ cotte publique estime Qui te vanle partout pour un fourbe sublime,

que lu t'es acquise en tant d'occasions, ne t'êlre jamais vu court d'inventions? L'honneur, ô Mascarille! est une belle chose; A les nobles travaux ne fais aucune pause Et, quoi qu'un maître ail fait pour le faire enrager. Achève pour ta gloire, et non pour l'obliger. Mais quoi! Que feras-tu, que de l'eau toute clairet Traversé sans repos par ce dcaion contraire, Tu vojs qu'à chaque instant il le fait dcch mter, El que c'est battre l'eau de prétendre arrêter Ce torrent effréné, qui de te;; artifices Renverse en un moment les plus beaux édifices. Eh bien, pour toute grâce, encore un coup du moins Au hasard du succès sacrifions des soins; Et, s'il poursuit encore à rompre notre chance,
lit

A

;

J'y consens, ôlons-îui toute notre assistance.

Cependant notre affaire encor n'iroit pas mal Si par là nous pouvions perdre notre rival. Et que Léandre enfin, lassé de sa poursuile, Nous laissât jour entier pour ce que je médite. Oui, je roule en ma tête un trait ingénieux, Dont je promettrois bien un succès glorieux
Si je puis n'avoir plus cet obstacle à combattre.

Bon, voyons

si

son feu se rend opiniâtre.
II.

SCÈNE

-LÉANDRE, MASCARILLE.

Monsieur,
*

j'ai

MASCARirXE. perdu temps ^, votre homme' se dédi^

Divertir, du lalin divcrfere, clétoiirner. * Lors, pour: aloi's. Arrlia'isme.

* P>im

:

(lu

Icmp?. Ellipse archaïque.

ACTE
De
la

III,

SCÈNE

II

80

LÉANDRE.
chose lui-môme il m'a fait un rdcit; Mais c'est bien plus j'ai su que tout ce beau mystère D'un rapt d'Égyiions, d'an grand seigneur pour père, Qui doit partir d'Espagne et venir en ces lieux,
:

N'est qu'un pur stratagème, un trait facélieur, Une histoire à plaisir, un conte dont Lèlie

A

voulu détournernotre achat do Gèlic*. MASCARILLE.
la fourbe!

Voyez un peu

LÉANDRE.
Et pourtant TruffrJdin Est si bien imprimé' de ce conte badin, Mord si bien à l'appât de cette foible ruse. Qu'il ne veut point souffrir que l'on le désabuse. MASCARILLE. C'est pourquoi désormais il la gardera bien.

Et je ne vois pas lieu d'y prétendre plus rien.

LÉANDRE.
Si d'abord à

mes yeux

elle

parut aimable,

Je viens de la trouver tout à fait adorable; Et je suis en suspens si, pour me l'acquérir,

Aux extrêmes moyens
Par
le

je ne dois point courir,

don de ma foi rompre sa destinée. Et changer ses liens en ceux de l'hyménée. MASCARILLE. Vous pourriez l'épouser? LÉANDRE. Je ne sais; mais enfin, Si quelque obscurité se trouve en son destin. Sa grâce et sa vertu sont de douces amorces Qui, pour tirer' les cœurs, ont d'incroyables forces.
1

*

Phras3 maladroite
:

et

embarrassée, qui signifie
Celle.
î

:

au moyen duquel

on a voulu nous délourncr d'acheter 2 Imprimé, pour impressionné.
.

a

Bruyère, cinquante ans plus
»

tard, dans son discours de réccplioii à l'Académie, parlait « des choses

dont nous sommes
^

le

plus fortemenl imprimés.
le

Pour

:

attirer,

dans

sens italien

;

la calamiia tira il ferrOf

l'aimant attire

le fer.

100

L'ETOURDI
MÀSCARILLE.

Sa vertu, dites-vous?

LÉANDRE. Quoi? que murmurcs-lyV Achève, explîque-toi sur ce mot de vertu.
MASCARILLE. Monsieur, votre visage en un moment s'altère, Et je ferai bien mieux peut-être de me taire.

LÉANDRE.
Non, non, parle.
MASCARILLE.

Eh bien donc, très-charitablement
Je veux vous retirer de votre aveuglement.
Cette
fille...

LÉANDRE
Poursuis.

MASCARILLE.
N'est rien moins qu'inhumaine.

Dans

le particulier elle oblige sans peine,

Et son cœur, croyez-moi, n'est point roche, après tout, A quiconque la sait prendre par le bon bout; Elle fait la sucrc^e, et veut passer pour prude :

Mais

je puis en parler

Vous savez que

A me

avecque certitude. quelque peu d'un métier devoir connoîlre en un pareil gibier. LÉANDRE.
je suis

Cdie...

MASCARILLE.
Oui, sa pudeur n'est que franche grimace, Qu'une ombre de vertu qui garde mal sa place,

Aux

Et qui s'évanouit, comme Ton peut savoir, rayons du soleil qu'une bourse fait voir.

LÉANDRE.
Las! que dis-tu? Croirai-je un discours de
la

sorte?

MASCARILLE.
Monsieur, les volontés sont libres que m'importe? Non, ne me croyez pas, suivez votre dessein.
:

Prenez cette matoise,

et lui

donnez

la

main;

LÉLIE. Quelle surprise étrange 1 MASCARIÎ. Va-t'en jusqu'à la poste. d'un coup étonnant ce discours m'assassine. - LÉLIE. . LÉLIE. Du chagrin qui vous tient quel peut êlre l'objeff LÉANDRE. Oui. Moi? LÉLIE. Mon Pour esprit LÉANDRE. LÉANDRE. que c'est.. LÉANDRE. n'imposa davantage. Vous-même. MASCARILLE. Et vous épouserez le bien public en elle. LÉANDRE. lorsqu'ils se trouvent vaioA LÉANDRE. ne court pas après si peu de chose. Qui ne s'y fût trompé? Jamais l'air d'un visage. LÉLIE. vous aviez pourtant de grands desseins.LE. Quoil vous pourriez. Célie en est la cause. à part. SCENE III 101 Toute la ville en corps reconnoîtra ce zèle.. elle . SCÈNE III.ACTE III. Si ce qu'il dit est vrai. LÉANDRE. après avoir rêvé. Pourtant le vois bien ce je n'en ai point sujet. Courage! s'il s'y peut enferrer tout de bon. Seul. Nous nous ôtons du pied une fâcheuse épine. et voi Je ne sais quel paquet qui doit venir pour moi. Mais il faut dire ainsi. Si j'étois assez sot pour chérir ses caresses. LÉAiSDRE. Il a pris l'hameçGu..

Pour. Et que j'aurai toujours bien moins de répugnance A souffrir votre amour qu'un discours qui l'offense. « irapiUer k soi à trop de lâcheté. C'est de l'hébreu pour moi. Votre procéd(5 de l'un à l'autre bout. arrêtons là ce discours importun.retenez cette atteinte mortelle: elle. Mais. si vous voulez. J'aime fort la beauté qui n'est point profanée. de ne me pas entendre. tout beau. commun. servez-la sans soupçon. ! nous savons tout. êtes bon: Allez. je n'y puis rien comprendre. Et ne veux point brûler pour une abandonnée. Mon Dieu LÉLIE. LÉLIE. LÉLIE. . je rue réputé trop lâche d'entendre. Léandre LÉANDRE. Sachez que je m'impute ' à trop de lâcheté D'entendre mal parler de ma divinité. croyez-moi. sa beauté n'est pas des plus le reste est lort Mais en revanche aussi communes. Ce que j'avance ' ici me vient de LEANDRE. me moquorois LÉLIE. surtout. cessez do craindre pour un bien Oii je scrois fâché de vous disputer rien. bonne part.It» Je L'ÉTOURDI bien de toutes vos finesses. » la faute de évidente. vous dis-je cncor. Quoi? LÉANDRE. Léandre. Contre moi tant d'cftbits qu'il vous plaira pour Mais. ! Ah! que vous Vous pourrez vous nommer homme II est vrai. Quelles finesses donc? LÉANDRE. LÉANDRE. à bonnes fortunes. Tout beau. LÉLIE. Comme le verbe a deux français est datifs. Feignez.

LÉANDRE. Langue de serpent. Il prétend D'une fille d'honneur insolemment médire. LÉLIE. Oui? LÉANDRE. * lui calomnier amené par la la plus rare vertu du vers. Parbleu je le ferois mourir sous le bâton. un pcndaid. Vous osez sur Et ' Célie attacher vos morsures. nécessité 5ais et une cheville. lui SCÈNE IV. Je connois bien son cœur. MASCARILLE. Et moi gage que non. fertile en impostures. n'étoit pas garant de tout ce qu'il m'a dit. est aussi une faute de fran«calomniera elle la plus rare vertu. LÉANDRE. SCENE IV ÎD3 LÉ LIE.» Lui. chien maudit! MASCARILLE. LÉLIE. LÉLIE.ACTE III. Quiconque vous l'a dit est un lâche. Mais enfin Mascarille D'un semblable procès est juge compétent: C'est lui qui la condamne. On ne dit pas: . LÉLIE. Lui-même. Et que peut-être encor je n'en ferai que rire! Gage qu'il se dédit. On ne peut imposer de tache à celte fille. LÉLIE. Venez çà. S'il m'avoit soutenu des faussetés pareilles. LÉANDRE. - LÉLIE. bon. je S'il couperois sur-le-champ les oreilles. Ah! bon. Moi. Quoi? le voilà. ! LÉANDRE.

mœurs du temps comportaient ce détail de Ja vie domestique. Fût-ce mon propre frère. retenez l'ardeur qui vous emporte. Laissez-moi contenter C'est trop mon courage offensé. Laissez-moi. Dépèche. à pari. J'ai dit ce que j'ai dit: no vous emportez point. Aï! LÉLIE. je vous dis que c'est un tour d'adresse. Doucemeni. * LÉLIE. . •. confesse. un peu. Non. me faire une plaie au plus tendre de l'âme. Tu a'échapperas pas. Tous ces signes sont vains. MASCARILLE.Wl Qui L'ETOURDI puisse faire éclat sous un sort abattu! MASCARILLE. Quels discours as-tu faits? MASCARILLE. qu'as-tu dit? Vide entre nous ce point. LÉLIE. l'arrêlanl. point de clin d'œil et point de raillerie. il me la payeroit. LÉLIE. MASCARILLE. basa Lélie. ou je m'en vais. bas à Lélie. Quoi ' 1 châtier : mes gens n'est pas en ma puissance ? Pour ' Les inventé par mon adresse. non. MASCARILLE. LÉANDRE. Parle donc. C'est ! LÉLIE. MASCARILLE. Ahl je vous ferai bien parler d'une autre sorte! lîalte LÉ ANDRE. ce discours est de mon industrie LÉLIE. que de vouloir le battre en ma présence. lueUanl Tépée à la maiu. bas à Lélie. Mon Dieu point ne cliercbons querelle. sourd à quoi que ce soit. Fut-il jamais au monde un esprit moins senséî LÉLIE. Et sur ce que j'adore oser porter le blâme. Je suis aveugle à tout.

LÉLIE. vos gens? MàSCARILLE. Et. quelque signe qu'on donne I LÉLIE. Léandre. ! LGLIE. C'est maintenant le nôtre. qui me va tout gâter. à part.ACTE TU. et me la baillez bonne.. MASCARILLE. plein de violence. Doucement. MASCARILLE. à part. l'avoir chassé. Léandre. c'est mon valet. SCENE IV LE ANDRE. Et qui ne comprend rien. Hem! que veux-tu conter? MASCARILLE. bas à LéUe. Donc les LÉANDhE. ou lui de vouiv. Ah! le double bourreau. LÉANDRE. Vous rêvez Il n'est bien. pousse. Pousse. Encore Il va tout découvrir. Le trait est admirable ! LÉLIE. Eh bien. à Mascarille.. Je ne sais ce que c'est. roué de coups? Vous vous moquez de moi. à pari. Sans doute. 10» Comment. foint du tout. Pour quelque mal commis. bourreau . coups de bâton ne sont qu'imaginaires? . Hors de votre service il n'a pas été mis? LÉLIE. lu fais bien les affaires. ' Quand j'au':X)îs volonté de le battre à mourir. Vous n'avez pas chargé son dos avec outrance? LÉLIE. pas mon valet? LÉANDRE. LÉANDRE. El comment donc le vôtre? LÉANDRE. Moi.

MASCARILLE. Faisons l'Olibrius. d'un tour délicat mon esprit te soupçonne. Occiseur. sa mémoire.. Tous CCS signes pour toi ne disent rien de bon. Enfin chez son rival je m'ancre avec adresse. adieu. et point dissimulé. La règle suivie aujourd'hui à cet égard n'était pas encore fiïée. il a l'esprit franc. : Adieu. MASCARILLE. Je veux de son rival alontir * les transports. tout heur. je te le pardonne. m'étant commis à ton zèle hypocrite.nous accompagne: Mettons flamherge au vent et bravoure en campagne. . Lélic. * K'est pas synonyme de ralentir. Et vous ne pouviez souffrir mon artifice. non.. diton. très-humble serviteur. C'est bien assez pour moi qu'il m'a désabusé. LÉ ANDRE. au rôle ridicule prêté parles anciens inysicres au personnage d'Olibrius. LÉLIE. Il t'avoit accusé de discours médisans Contre.Pour: bonheur. mon garçon. gouverneur des Gaules. l'occiseur d'innocens '. Oui.. Courage. Lui laisser son erreur.LÉLIE. Mais pour l'invention. Et que.. Il MASCARILLE. Aicliaïsme. : 5 Expression [iroverbialepour: fiiire le fanfaron. On ralenlii le pas d'un cheval : . MASCARILLE. Il * Pour en imposer. du latin occldere. El!e se rapporte. me la fait manquer avec de faux rapports. va. A si bon compte encor je m'en sois trouvé quilte Ceci doit s'appeler un avis au lecteur. Voyez phis haut. Non. Et par qui son amour s'en éloit presqu ailé? • Non. Cette fourbe en mes mains va mettre sa maîtresse. .1«8 L'ÉTOURDI ne sait ce qu'il dit . SCÈNE V. Archaïsme. qui vous rendoit service. De voir par quels motifs tu m'avois imposé *.

Chacun. le premier jour de mai. disparu depuis ' le seizième siècle. MASCARILLE. 2 : Au . Prendre les contre-temps et rompre les mesures'. Qu'on en fasse présent au cabinet d'un roi. LKLIE. sur ma foi. J'en ferois encor cent de la sorte. Mais que de leurs ressorts la porte me soit close. Tant pis. ne peut aie traverser. moins. Je crois que vous seriez un maître d'arme expert. et digne. alenlit un pas trop lent que l'on veut modérer fiuessos cl ces libertés de langage ont. Grand et sublime cffo il d'une Imaginative Qui ne le cède point à personne qui vive I une rare pièce. Proverbe populaire qui fait alSssiou h une coiiliime germanique devenue française. C'est LÉLIE. Et.ACTE Mon ai.. on qui va trop vite davantage encore. devait se paver d'une I)rancbe verte. si je . pourvu que tes soins on qui je me repose. : Peint d'affaire il poursuil sa pointe jusqu'au bout. d('pits. Et n'est point satisfait qu'il n'ait découvert tout. si facilement. Je ne in'clonne pas A romps tes attentes moins d'être informé des choses que tu tentes. et parlons d'autre chose. non. Je ne m'apaise pas. SCENE V 107 J'ai JjedU lui faire signe. pour t'emporter à de justes Fais-moi dans tes desseins entrer de' quelque chose. et montrer que c'est ruse. Pour: mis hors de mes gardes. en tout cas. et quiconque éUài i^rts sans vert payait l'ameude. C'est ce qui fait toujours que je suis pris sans vert'. Vous savez à merveille. en toutes aventures. Puisque chose est faite. Ces . Idiotisme familier. ^ Terme d'csciime forcer son adversaire à changer son attaque. il n'y faut plus penser.. Au LÉLIE. la Mon rival. MASCARILLE. C'est ce que les Anglais appellent io po a moy ing. Laissons là ce discours. MASCAUILLE. brave inconiinent vient qui le désabuse. : lieu de enUer pour.

De quelle vision sa cervelle est frappée I Vous êtes de l'humeur de ces amisd'épée' Que l'on trouve toujours plus prompts à dégainer Qu'à tirer un teston. portant pour effigie la tête de Louis XII. LÉLIE. De m'y trouver si bien dès le premier quart d'heure. S'il ne lient qu'à cela. et de pareilles feintes Aux vieillards comme lui sont de dures atteintes. de mon bra"»? MASCARILLE. chérit fort la lumière. et. J'ai peur. Leur font faire à regret triste réflexion. s'il falloit le donner*. faut premièrement Me rendre un bon oflice. mode de prêter son épée et de donner son sang à gens que : l'on n'estimait ni n'aimait. de mon sang. et nous verrons ensuite Si je dois de vos feux reprendre la conduite. Je l'ai fait. C'est que de votre père la colère. Nous avons MASCARILLE. ce malin. Le bonhomme. . Ou m'a dit qu'en justice il m'avoit recherché. LÉ LIE. dis-moi. La vision le choque. Que puis-je donc pour toi ? MASCARILLE. Trait de mœurs du temps de Louis XIII. Elle ne fut démonétisée que gous Henri III. si le logis du roi fait ma demeure. As-tu besoin. Oui. mort pour l'amour de vous. tout vieux'. LÉLIE. • Et ne veut point de jeu dessus celte matière Il craint le pronostic. mais non pas pour nous. * Pour C'était la compagnon de duel.108 L'ÊTOURDï Il Jo suis trop en colère. ^ Ellipse archaïque pour: tout vieux qu'il soit. je n'y résiste pas. Il faut absolument apaiser fait la paix. contre moi fâché. et valant dix sous tournois. ^ Petite monnaie fabriquée en 1513. Qui sur l'état prochain de leur condition.

ERGASTE.ACTE Que III. MASCARILLE. Songez à vous tantôt. MASCARILLE. et qu'il se persuade Archaïsme populaire qui signifie : dans le temps qui suivra. et qui n'a pas pour équivalent exact le mot après. ERGASTE. pour nous nuire. Ah mon Dieu ! ! nous verrons. Non. . du mot espagnol pariido. Ma prenons haleine après tant de fatigues. est hors de garde enfin. Pour : réunit une troupe..ERGASTE. Léandre. le peut être. Léandre fait parti' Nous sommes amis autant qu'on Pour enlever Célie Qu'il a mis ordre à * . indiquant la succession des * faits. et j'en suis averti tout. ' cet acte appartient à l'Étouidi italien de Barbieri.. Lélie sort. N'avons-nous point ici quelque écoutant? MASCARILLE. MASCARILLE. Je te chcrchois partout pour te rendre un service. SCÈNE VI*. Et Gélie arrêtée avecque l'arlifice. Cessons pour quelque temps le cours de nos intrigues. LÉLIE. Toute la fin de VInnavertito.. Contre moi dès longtemps l'on a force décrets Car enfin la vertu n'est jamais sans envie. Pour le donner avis d'un secret important. Quoi donc? ERGAST'Î. nous le fléchirons. Mais aussi tu promets. . foi. Archaïsme. Allez donc le fléchir.. Et de nous tourmenter de même qu'un lutin. Je sais bien les desseins et l'amour de ton maître . SCÈNE VI 109 j'aye peine aussi d'en sortir par après*. Oui. Et dans ce maudit siècle est toujours poursuivie.

il ne faut tarder guères. ^ Proverbe populaire.llu L'ÉTOURDI D'entrer chez TrufFaldin par une mascarade. Si je vais me masquer pour devancer ses pas. SCÈNE II faut. premier ^ que lui.MASCARILLE. De ce coup hasardeux ne craindrons point de suites. . le soir. à celte époque. Oui? Suffit . par : Je sais où gît le lièvre. Il ne sait pas le? dons dont mon âme est pourvue. Et tirer les marrons ' de la patte du chat. assez souvent. Adieu.VRILLE. Et. Des femmes du quartier en masque l'alloient voir. faut tirer à nous ce que d'heureux Pourroit avoir en soi ce projet amoureux '. sans travail. Allons donc nous masquer avec quelques bons frères Pour prévenir nos gens. Le soupçon tombera toujours de son côté. si nous faisons la prise. une surprise adroite et non commune. Il aura fait pour nous les frais de l'entreprise. qui signifie : il faut prendre avantage dei projets ^ amoureux de Léandre. avaient et une flexibilité qu'ils ont perdues. à couvert de toutes ses poursuites. par son dessein déjà presque éventé. Et que nous. Et là. Sans courir le danger. C'est ne se point commettre à faire de l'éclat. proie. nous boirons pinte à la première vue. Puisque. Les mots. Bertrand et .cotte Et contre cet assaut je sais un coup fourré Par qui je veux qu'il soit de lui-même enferré. Croyez que je mets bien mon adresse en usage Si j'ai reçu du ciel les fourbes en partage. Fournir en ua moment d'hommes et d'attirail. Premier. une souplesse Raton. Je pourrai bien tantôt lui souftlei. Ayant su qu'en ce temps. L(^andre assurément ne nous bravera pas. * : Phrase embrouillée. Voyez la faljJe de La Fontaine. MASC. il n'est pas au comble do sa joie. et me puis. pris adverbialement. en tenter la fortune. il VII.

Il ERGASTE. Qui s'en va. J'ai deux bons pistolets. sans m'arrêtcr.ACTE III. un mot. U . et mon épée est bonne. A Mascarille lors j'ai couru tout conter. comme je vous ai rencontré par hasard.LELIE. j|Holà! quelqu'un. • Mon drôle assurément leur jouera quelque trait Mais je veux de ma part seconder son projet. à sa fenêtre. rompre cette partie Par une invention dessus le champ bâtie . J'ai cru que je devois de tout vous faire part. Quelqu'un de sa brigade M'ayant de ce dessein instruit. . LÉLIE. Et. Voici l'heure. ERGASTE. je reconno-Urai ce service SCÈNE IX. : Ya. ils seront surpris à Foin! Que n'ai-je avec moi pris mon aspect. Qu'est-ce? qui me vient voir? * Probablement nn bâton ce qui ne se comprend guère. 11 LÉLIE. Il ne sera pas dit qu'en un fait qui me louche Je ne me sois non plus remué qu'une souche. - LÉLIE. m'a-t-il dit.TRUFFALDIN. . mon porte-respect* 1^ Mais vienne qui voudra contre notre personne. . ] SEÈME X. puisiiu a «ne épée et deux pistolets. de ces esprits SCÈNE vm. T)i m'obliges par trop avec celte nouvelle lidèle. TRL'FFALDIN. prétend l'enlever avec sa mascarade? n'est rien plus certain. LÉLIE. SCÈNE X mal nés ili le ne suis point au rang Qui caclicnt les lalens que Dieu leur a donnés.

Canaille * . soir. fourbes méchants. idiot vêtu d'une robe de laine. et qu'elle a l'air Bon Dieu. sans vous faire outrage. SCÈNE XI. Fermez soigneusement votre porte ce TEUFFALDIN. je veux à vos yeux leur en faire l'affront. 1 El sans doute bientôt ils viennent en ces lieux. TRUFFALDIN. Pour mouierie. bonsoir et grand merci. déguisé en femme. où courez-vous? le pourroil-on apprendre? Truffaldin. et qui indiquait une troupe de masque ilntroduisant dans les maisons pour y danser. dieu de la folie. robin-mouton. et vous. : : '•> * Métaphore populaire la corde de l'arc. masqués. Certaines gens font une mascarade Pour vous venir donner une fâcheuse aubade* Ils veulent enlever votre CC'lie. Nous allons voir beau jeu. retirez-vous d'ici. vous pourrez voir tout de la fenêtre. qui TRUFFALDIN. Expression populaire pour Tour : : . et MASCARILLE sa suite. me surprendre! Masques. dieux LÉLIE. Pourquoi? LÉLIE. Oh! les plaisants robins*. pensent LÉLIE. A Mascarille. TRUFFALDIN. - LÉLIE.im L'ÉTODRDI LÉLIE. Eh quoi! %ous murmurez? mignon! Mais. qu'elle est jolie. Eh bien. Demeurez. ouvrez-leur pour jouer un momon'. si la corde ne rompt'. Archaïsme dont l'étymologie tf t Moûius. farce de carnaval. qu'avois-jc dit? Les voyez-vous paroitre? Chut. seigneur. et voir votre visage? TRUFFALDIN. Peut-on lever le masque. Allez.

A quel saint me vouerai -je? MASCARILLE. . MASCARILLE. SCÈNE XIII.. Jïascarille. te faire cette frasque! Il me prendroit envie. après avoir démasqué Mascarille. rare Imaginative. pour : toute la nuit. — LÉANDRE et sa suite. n'étant point averti Dos secrètes raisons qui t'avoient travesti? Mallieureux que je suis. TRUFFALDIN. * TRUFFALDIN. allons: J'entends venir des gens qui sont sur nos talons. camarade. LÉLIE. est-ce toi? MASCARILLE. MASCARILLE. Tarare! allons. cœur pour moi n'est de bronze ou de fer. Adieu. d'avoir dessous ce masque Été. De me battre moi-même. c'est quelque autre. ! Ah si ton I Vois-moi. sublime esprit. Nenni-da. et me donner cent coups.î AGTt. Au grand diable d'enfer LÉLIE. Sans bruit. llélas! quelle surprise! et quel sort est le nôtre I L'aurois-je deviné. Lasl si de ton secours ta colère me prive. MASCARILLE. SCÈKE XII. ne faisons rien que de la bonne sorte.. à sa fenclre. LÉANDRE. SCENE XIII HZ - LÉLIE. sans y penser. Qu'encore un coup du moins mon imprudence ait grâce S'il faut pour l'obtenir que tes genoux j'embiasse. LÉLIE. Quoi masques toute nuit i assiégeront ma porte l ! i Ellipse archaïque. m. masqués. LÉLIE. en ce juste courroux.

Tu ranimes par là mon LÉLIE. Fi I • cela sent mauvais. Mais. LÉLIE. jamais je suis dans la puissance. Elle vous fait présent de celte cassolette *. Dispensez-l'en ce soir. du mot italien far gela. espérance morte. La belle est dans le lit. Nous sommes découverts. tirons de ce côté. pester. Tout cerveau qui le fait est certes de loisir '. ACTE IV SCÈNE I*. devine quel présent plus que populaire Truffaldin. — LÉLIE. si 9 1 Pour: en a le loisir. aux grands nf« de la foule. le * Au lieu de: tourner en joie souci qui vous inquiète. et je suis tout gâté. ne gagnez point de rhumes à plaisir. Toujours de ma colère on me voit revenir.. ou plutôt tradnction de l'acte II deVEmiliaàQ Grottoqui est elle-même une imitatiou des Adelphes de Térence. elle vous en supplie. je ne m'en puis tenir. pour vous régaler Du souci qui pour elle ici vous inquiète. J'ai beau jurer. ^ On éclats de * Imitation. J'en suis fâché pour vous. la permission. quand je n'auroisplus qu'un seul morceau de pain.m L'ÉTOURDÏ Messieurs. Il est un peu trop tard pour enlever Celle. Et que. et ne peut vous parler.. MASCARILLE. déguisé en Arménien. MASCARILLE. faisait aux ravisseurs de Célie. LÉ ANDRE. Vous voilà fagoté d'une plaisante sorte. réjouir. Aussi crois. One tu seras content de ma reconnoissance. MASCARILLE. .

Celle dont il a vu qu'une lettre en avance iAvoit si faussement divvdgué la naissance. touché d'ardeur pour ce qui le regarde. iDe là. iJe venois l'avertir de se donner de garde. m'éloigner du trouble. que je lenois certaines. 'entendois tout de bon que lui seul héritât. songez à vous dans ce nouveau dessein. )\xe s'il le trouvoii bon. - 3uc. fi'étoit le ît vrai moyen d'acquérir sa tendresse. avenant que Dieu de ce monde m'ôtât. si l'on vous voit commettre unesottisôj Vous n'imputerez plus l'erreur à la surprises Votre rôle en ce jeu par cœur doit être su. Avec empressement ne songcoil à venu lui dire. las du monde et de sa vie infâme. Ile voulois travailler au salut de mon âme. pour résoudre* avec votre maîtresse es biais qu'on doit prendre à terminer vos vœux. bridé * le bon sire je suis . SCÈNE I 115 MASCARILLE. Que. dirigé comme Je voulais. je n'aurois d'autre envie lui le reste il de passer chez de ma vie . j'ai fait de grands discours Sur les fourbes qu'on voit ici-bas tous les jours. en joue. * ' Pour Pour : j'ai bridé. : décider les biais qu'on doit prendre. sans lui demander gages pour e mettrois en ses mains. le servir. chez lui t'a-t-il reçu? D'un zèle simulé iS'il j'ai MASCARILLE. et le fruit de mes peines ont. et pouvoir longuement Près de quelque honnête homme être paisiblement. l'on couchoit Mais que j'avois tiré mon épingle du jeu. Archaïsme. A. K^ue pour moi. que l'on le surprendroit. uelque bien de mon père.ACTE Basle I IV. Et que. comme. moralisant. Au moins. Mais comment Trutïlildin LÉLIE. et de plus d'un endroit. Et que même à tel point m'avoit su ravir. 1 . par mon zète. Qu'on avoit bien voulu m'y mêler quelque peu . iQue I lui.

Ah! de peur de tomber. Mais à tant différer je me fais LÉLIE. ne courons pas si fortl Voj'ez-vous? vous avez la caboche un peu dure. et. oui. de l'effort. Autrefois Truffaldin de Naples est sorti. Un sien fils. et sa femme. MASCARILLE. C'est assez. Venant m'entretenir d'un fils privé du jour. qui se nommoit Horace. LÉLIE. : . Dont il fut seulement soupçonné dans sa ville (De fait il n'est pas homme à troubler un État). 11 en eut la nouvelle Voulant dans quelque ville emmener avec lui. Une fille fort jeune. Et sur qui j'ai tantôt notre fourbe construite. A quelque temps de là se trouvant trépassées. écolier. quand j'aurois passé jusques à trois. Peut-être encor qu'avec toute sa suffisance Votre esprit manquera dans quelque circonstance. mais. Rendez-vous affermi dessus celte aventure. Dont cette nuit en songe il a vu le relour. Un certain maître Albert. les jugf-ant morts après ce temps-là-. jeune. Il écrit à Bologne. L'obligea d'en sortir une nuit sans éclat. Il vint on cette ville.ue. l'avoit conduit Mais. A ce propos. Lui-même a su m'ouvrir une voie assez belle De pouvoir hautement vous loger avec elle. pour mieux être instruit. . voici l'histoire qu'il m'a dite.m L'ÉTOURDI Je Youlois en secret vous aboucher tous deux. l'espoir qui resloit de sa race. Outre ses biens. je sais tout : tu me l'as dit deux fois. laissées. ni de ce fils Horace. le rendez-vous qu'il donaO Durant deux ans enliers ne lui fil voir personne Si bien i. . Oui. . pour se joindre tous. Sans que de cet Albert. où. MASCARILLE. dans ce grand ennui. El s'appeloil alors Zanobio Ruberli Un parti qui causa quelque émeute civile. et prit le nom qu'il a.

qu'importe? Vous leur aurez ouï leur disgrâce conter. servons-nous-en. et chez qui vous devez Attendre quelques jours qu'ils seroieul arrivés. * Mais. LÉLIE. Pour moi. comme prouve les l'histoire et gentilhomme provençal emmenée chez figure à la cour de Louis XIII. Horace vous chargea de voir ici son père. parti plus tôt pour chose nécessaire. SCÈNE 1 117 aient découvert jamais la moindre trace. le Molière dit vérité. Si j'ai. Et leur aurez fourni de quoi se racheter. d'une fille de qui rs-fint fair« ' . Belle difficulté! Devez-vous pas savoir Qu'il étoit fort petit alors qu'il l'a pu voir? Et puis. Voilà l'histoire en gros. MASCAUILLE. S'il alloit de son fds me demander lamine? MASCARILLE. Qui les aurez vus sains l'un et l'autre en Turquie. Mascarille. Il est vrai. j'ai vu déjà cent contes de la sorte '. il C'est qu'en fait d'aventure est très-ordinaire De voir gens pris sur mer par quelque Turc corsaire. jDcs l'abord mon esprit a compris tout le fait. Mais que. plutôt. Je vous ai fait tantôt des leçons étendues. le temps et l'esclavage Pourroient-ils pas avoir changé tout son visage^ LÉLIE.ACTE Douze ans IV. Sans nous al ambiquer. Ces répétitions ne sont que superflues. Maintenant vous serez un marchand d'Armt^nie. Après quiaze ou vingt ans qu'on les a crus perdus. Puis être à leur famille à point nommé rendus. Écoute. redite seulement Afin de vous servir ici de fondement. un tel moyen trouvé Pour les ressusciter sur ce qu'il a rêvé. Dont il a su le sort. Je m'en vais là dedans donner le premier trait. qu'aucun. LÉLIE. un seul point me chagrine. dis-moi. la s'il connoît qu'il m'a vu. Kabyles. outre cela.

- LÉLIE. Et le poil et l'habit déguisoient grandement.. vous dis-je. Laisse-moi gouverner. parce qu'il sent bien le secours qu'il me donne. jusques au soir. Fort bien. MASCARILLE. Au moins soyez prudent. LÉLIE. Zanobio Ruberti.us Que faire? L'ÉTOURDI MÂSCARILLE. les voir? Mais le nom de la ville où j'aurai pu MASCARILLE. La Et répétition. LÉLIE. est inutile. LÉLIE.. Turquie ou Barbarie. MASCARILLE. Tout. Truffaldin. SCÈNE II. Pour ne vous avoir vu que durant un moment. il ne me faut plus rien. LÉLIE.. va-t'en commencer. Horace dans Bologne écolier. Va. LÉLIE. et vous conduisez bien : Ne donnez point ici de l'imaginative. est égal. dans Naples citadin Le précepteur Albert. cet endroit de Turquie. il fait le Mais. Tunis. . Mais. De mémoire Nous avons êtes-vous dépourvu? dit tantôt qu'outre que votre imat^e N'avoit dans son esprit pu faire qu'un passage. 11 me tiendra. je crois. mais bien quelque chose approchant. j'ai déjà nommé douze fois cette ville. MASCARILLE.. à propos. Ah! c'est me faire honte Que de me tant prêcher! Suis -je un sot à ton compte? Non pas du tout . . dit-il. Que ton âme est craintive 1 MASCARILLE. chien couchant • Quand il m'est inutile.

TRUFFALDIN. seigneur Truffaldin. Ce sont soins superflus. je TRUFFALDIN. quels biens vous rendrai-je. à Mascarille. Puisqu'en vous il est faux que songes sont mensonges. Vous avez vu ce fils où mon espoir se fonde? LÉLIE. MASCARILLE. . C'est ce que je disois. SCÈNE III 119 familiarité jusque-là s'abandonne. Il vous a dépeint tel que je vous vois parolire. de mon sort adouci! ^ 1 MASCARILLE. Mais les voi-' SCÈNE III- - TRUFFALDIN. Mais on voit des rapports admirables parfois. et parlé fort de moi? LÉLIE. Vous que je dois nommer l'ange de mon bonheur? LÉLIE. Il V0U8 a dit sa vie. je LÉLIE. à Lélie. J'ai.. Plus de dix mille fois. le plus gaillard du monde. MÂSCARILLE. croi. Quelle grâce. Sois béni. ne sais pas oii. TRUFFALDIN. juste ciel. Je m'en vais sans obstacle. C'est à vous de rêver et de faire des songes. seigneur. vu quelque ressemblance De cet Arménien. et je vous en dispense. Oui. Je vais être de près éclairé des beaux yeux Dont la force m'impose un joug si précieux. Quelque peu moins.. avec des traits de flamme. MASCARILLE. Peindre à cette beauté les tourments de mon àr Je saurai quel arrêt je dois. TRUFFALDIN. TRUFFALDIN.ACTE Sa IV. LÉLIE.

Est. ririj pour l'entendre.120 L*ËTOURDI visage. Quel moyen vous dit-il de rencontrer son père? MASCARILLE. Si.. Turin ? Mais celte ville pense. Le TKUFFALDIN.. Voyez s'il répondra*. Il n'étoit point d'adresse à j'ai mon adresse égale. après s'être escrimé. Cela pourroit-il être. . le valet se Truffaldin ayant surpris les signes que Mascarille fait à son maîdonne l'air de repasser une leçon d'escrime. avoir cette lumière. profonds ce portrait est tracé. le port. si Le sang bien autrement conserve Par des traits si cette image . Certain vice de langue à nous autres fort rude que dans tous Et pour dire Tunis. . Que mon père.. à Turin. Vous ne l'enlondez Et c'est en veut dire Tunis. Je repasssois un peu Quelque leçon d'escrime autrefois en ce jeu . A Truffaldin. laUFFALDIN. Où l'avez-vous laissé? LÉLIU. votre fils. cerveau malhabile I pas. effet là qu'il laissa Mais C'est les Arméniens ont tous une habitude. En Turquie. A part. depuis ce temps.. TRUFFALDIN. les mots ils changent nis en ils prononcent Turin. à part. Il falloit. en Piémont. tre. il n'avoit que sept ans. je TRUFFALDIN. Et * battu le fer en mainte et mainte salle. El son pr(^cepleur même. Auroit iîeine à pouvoir connoître mon visage? MASCARILLE. Suffit. il A Truffaldin. MASCARILLE. lorsqu'il m'a pu voir.

ACTE

IV,

SCÈNE
je

III

£2i

TRUFFALDIN,

à Mascarille.

Ce n'est pas maintenant ce que A Lélie.
Quel autre
!

veux

savoir.

que je devois avoir? MASCARILLE. Ah seigneur Zanobio Ruberti, quelle joie Est celle maintenant que le ciel vous envoie!
ditil

nom

LÉLIE.
C'est là votre vrai

nom,

et l'autre est

emprunté.

TRUFFALDIN.
Mais où vous
a-t^il dit qu'il reçut la clarté?

MASCARILLE. Naples est un séjour qui parott agréable; Mais pour vous ce doit être un lieu fort haïssable. TRUFFALDiN. Ne peux-tu sans parler soulï'rir notre discours?
LÉLIE.

Dans Naples son

destin a

commencé son

cours.

truffardin.
Oîi l'envoyai-je jeune, et sous quelle conduite?

MASCARILLE.

Ce pauvre maître Albert a beaucoup de mérite D'avoir depuis Bologne accompagné de fils, Qu'à sa discrétion vos soins avoient commis.
TRUFFALDIN.

Ah!
MASCARILLE,
à part.

Nous sommes perdus

si

cet entrelien dure.

TRUFFALDIN.
Je voudrois bien savoir de vous leur aventure, Sur quel vaisseau le sort qui m'a su travailler ^«i SIASCARILLE.
Je ne sais ce que c'est, je ne fais que bâiller. Mais, seigneur Truffiildin, songez-vous que peut-ôtrô Ce monsieur l'étranger a besoin de repaître,

Et
*

qu'il est tard aussi?

Pour

:

tourmenter. Archaïsme.

ISS

L'ÉTOURDI
LÉ LIE. Pour moi, point
éle

repas,

MASCARILLE. Ah! vous avez plus faiïi que vous ne pensez pas*. TRUFFALDIN. Entrez 4onc.
LÉLIE.

Après vous. MASCARILLE,

à Truffaldin.

Monsieur, en Arménie Les maîtres du logis sont sans cérémonie. A Lélie, après que Truffaldin est entré dans sa maison. Pauvre esprit! pas deux mots! LÉLIE. D'abord il m'a surpris; Mais n'appréhende plus, je reprends mes esprits,

Et m'en vais débiter avccque hardiesse... MASCARILLE.
Voici notre rival, qui ne sait pas la pièce.
Ils

entrent dans la maison de Truffaldin.

SCÈNE IV.-

AKSELME, LÉANDRE.
ANSELME.

Arrèlez-vous, Léandre, et souffrez un discours Qui cherche le repos et l'honneur de vos jours. Je ne vous parle point en père de ma fille,
intéressé pour ma propre famille. Mais comme votre père, ému pour votre bien, Sans vouloir vous flatter et vous déguiser rien Bref, comme je voudrois, d'une âme franciie et pure, Que l'on fît à mon sang en pareille aventure; Savez-vous de quel œil chacun voit cet amour Qui dedans une nuit vient d'éclater au jour? A combien de discours et de traits de risée Votre entreprise d'hier est jtartout exposée?

En homme

;

1

Pour

;

que vous ne

le

pensez; faute de français.

ACTE

IV,

SCÈNE IV

l«l

Quel jugement on fait du choix capricieux Qui pour femme, dit-on, vous désigne en ces lieur Un rebut de l'Egypte, une fille coureuse. De qui le noble emploi n'est qu'un métier de gueuse J'en ai rougi pour vous encor plus que pour moi, Qui me trouve compris dans l'éclat que je voi
:

Moi, dis-je, dont la fille, à vos ardeurs promise. Ne peut sans quelque affront souffrir qu'on la méprise. Ah Léandre, sortez de cet abaissement Ouvrez un peu les yeux sur votre aveuglement.
!
!
i

Si notre esprit n'est pas sage à toutes les heures,

Les plus courtes erreurs sont toujours les meilleures. Quand on ne prend en dot que la seule beauté, Le remords est bien près de la solennité; Et la plus belle femme a très-peu de défense Contre cette tiédeur qui suit la jouissance. Je vous le dis encor, ces bouillaus mouvemens, Ces ardeurs de jeunesse et ces emportemens. Nous font trouver d'abord quelques nuits agréables; Mais ces félicités ne sont guère durables, Et, notre passion alenlissant son cours. Après ces bonnes nuits donnent de mauvais jours;

De
Les

fils

viennent les soins, les soucis, les misères, déshérités par le courroux des pères.

LÉANDRE. Dans tout votre discours je n'ai rien écouté Que mon esprit déjà ne m'ait représenté. Je sais combien je dois à cet honneur insigne

Que vous me voulez
Et
vois,

faire, et

malgré

l'effort

dont

je suis

dont je suis indigne; combattu.
vertu
:

Ce que vaut votre fille, Aussi veux-je tâcher...

et quelle est sa

ANSELME.

On ouvre cette porte Retirons-nous plus loin, de crainte qu'il n'en sort* Quelque secret poison dont vous seriez surpris.
.

J-2«

L'ÉTOURDI
SCÈNE V.

-

LÉLIE, MASCARILLK.
»

MASCARILLE. Bienlôl de notre fourbe on verra le débris, Si vous continuez des sottises si grandes.
LÉLlË.
Dois-je LHernellement ouïr tes réprimandes?

De En

quoi le peux-tu plaindre? Ai-je pas réussi tout ce que j'ai dit depuis?

MASCARILLE.
Couci-couci.

Turcs par vous appelés hérétiques. Et que vous assurez, par serments authentiques Adorer pour leurs dieux la lune et le soleil.
les

Témoin

Passe.

C'est qu'ici votre

Ce qui me donne un dépit nonpareil, amour étrangement s'oublie

;

Près de Célie, il est ainsi que la bouillie, Qui par un trop grand feu s'enfle, croît jusqu'aux bords, Et de tous les côlés se répand au dehors. LÉLIE. Pourroit-on se forcer à plus de retenue? Je ne l'ai presque point encore entretenue. MASCARILLE. Oui, mais ce n'est pas tout que de ne parler pas; Par vos gestes, durant un moment de repas, Vous avez aux soupçons donné plus de matière Que d'autres ne feroient dans une année entière. LÉLIE.

Et comment donc?

MASCARILLE.

Comment? Chacun

a

pu

le voir

:

A

table, oîi Truffaldin l'oblige
fait

de se

seoir,
elle.

Vous n'avez toujours
Rouge, tout
*

qu'avoir les yeux sur

interdit, jouant

de

la prunelle,

Traduction libre, mais

la

scène

m de

l'acte

fidèle quant au mouvement et au sens, de IV de YAngi:lica, de Fabricio de Fornaris.

ACTE

IV,

SCÈNE VI

125

Sans prendre jamais garde à ce qu'on vous servoit, Vous n'avirz point de soif qu'alors qu'elle buvoit; Et, dans ses propres mains vous saisissant du verre, Sans le voufoir rincer, sans rien jeter à terre, Vous buviez sur son reste, et montriez d'affecter

Le côté qu'à sa bouche elle avoit su porter. Sur les morceaux loucliés de sa main délicate, Oa mordus de ses dents, vous étendiez la patte Plus ûrusquement qu'un chat dessus une souris,
Et les avaliez tous ainsi que des pois gris
'.

Puis, outre tout cela, vous faisiez sous la table

Un

Dont

A

un Iriquetrac* de pieds insupportable, deux coups trop pressans, puni par deux fois deux chiens liès-innoccns,
bruit,

Truffaldin, heurté de

Qui,

s'ils eussent osé, vous eussent fait querelle. Et puis après cela votre conduite est belle? Pour moi, j'en ai souffert la gêne sur mon corps. Malgré le froid, je sue encor de mes efforts. Attaché dessus vous comme un joueur de boule Après le mouvement de la sienne qui roule, Je pensais retenir toutes vos actions, En faisant de mon corps mille contorsions.

LÉLIE. Dieu! qu'il t'est aisé de condamner des choses Dont tu ne ressens point les agréables causes Je veux bien néanmoins, pour te plaire une fois, Faire force à l'amour qui m'impose des lois.

Mon

1

Désormais...
SCÈNE

VI.

-

TRUFFALDIN, LÉLIE, MASCARILLE.
MASCARTLLE.
parlions des fortunes d'Horace.

Nous

• Proverbe populaire faisant allusion aux anciens charlatans de nos places publiques, qui avalaient devant le peuple une grande quan-

tité
*

de gros pois.

Pour

;

bruit et

mouvement semblables

4és lancés par le coruel.

On

écrit

à ceux que produisent Ics aujourd'hui tric-trac.

\Se

L'ÉTOURDI
TROFFALDIN.

A
C'est bien fait.

Lélie.

i

Que
Il

je

Cependant me ferez-vous la grâce puisse lui dire un seul mot en seoret?
LÉLIE.

[
f

j

faudroit autrement être foit indiscret.
Lélie enire dans la

I

maison de Trull«ldin.

i

SCÈNE

VII.

- TRUFFALDIN, MASCARILLE.

Écoute

:

sais-tu bien ce

Non

;

mais,

si

TRUFFALDIN. que je viens de faire? MASCARILLE. vous voulez, je ne larderai guère,
le savoir.

(

Sans doute, à

TRUFFALDIN. D'un chêne grand et fort, Dont près de deux cents ans ont fait déjà le sort, Je viens de détacher une branche admirable, Choisie expressément de grosseur raisonnable, Dont j'ai fait sur-le-champ, avec beaucoup d'ardeur.
Il

montre son bras.

bâton à peu près... oui, de cette grandeur. Moins gros par l'un des bouts, mais, plus que trente gaules, Propre^ comme je pense, à rosser les épaules Car il est bien en main, vert, noueux et massif. MASCARILLE. Mais pour qui, je vous prie, un le! préparalif?
;

Un

TRLTFALDIN. Pour toi premièrement puis pour ce bon apôtre Qui veut m'en donner d'une* et m'en jouer d'une autre Pour cet Arménien, ce marchand déguisé,
;

:

Introduit sous l'appât d'un conie supposé.

Quoi
'

I

MASCARILLE. vous ne croyez pas?,..
:

Pour

faire accroire

un conte

et

me

jouer un tour. Expression

populaire.

ACTE

IV,

SCÈNE VIII

TRUFFALDIN. Kc cherche point d'excuse: Lui-même heureusement a découvert sa ruse, En disant à Célie, en lui serrant la main, Que pour elle il venoil sous ce prétexte vain* Il n'a pas aperçu Jeannette, ma fillole*. Laquelle a tout ouï, parole pour parole; Et Je ne doute point, quoiqu'il n'en ait rien dit, Que tu ne sois de tout le complice maudit. MASCARILLE. Ah! vous me faites tort. S'il faut qu'on vous affronte, Croyez qu'il m'a trompé le premier à ce conte. TRUFFALDIN. Veux-tu me faire voir que tu dis vérité? Qu'à le chasser mon bras soit du tien assisté; Donnons-en à ce fourbe et du long et du large, Et de tout crime après mon esprit te décharge. MASCARILLE.
Oui-da, très-volontiers, je l'épousterai^ bien, Et parla vous verrez que je n'y trempe en rien.

A

part.

Ah

1

vous serez rossé, monsieur de l'Arménie,
!

Qui toujours gâtez tout
SCÈNE
vin.

-LÉLIE, TRUFFALDIN, MASCARILLE
à Lélie, après avoir heurté à sa porle.

TRUFFALDIN,

Un mot, je vous supplie. Donc, monsieur l'imposteur, vous osez aujourd'hui Duper un honnête homme, et vous jouer de lui? MASCARILLE. Feindre avoir vu son fils en une autre contrée, Pour vous donner chez lui plus aisément entrée I TRUFFALDIN bat Lélie.
Vidons, vidons sur l'hure^.
*

Pour

filleule.

Expression rustique. La cour, du temps de Vaugoias,

Jisait déjà filleul et filleule,

* Pour : épousseterai. * Pour: vidons les lieux.

LÉLIE. LÉLIE. LÉLIE. TRUFFALDIN. Bourreau MASCARILLE. qui le I bat aussi.. C'est a\w^ Que les fourbes. • Ellipse. de pester contre vous. Ah coquin ! MASCAHILLE. cet affront éclatant pu prévoir. fuyez au plus vite. pour voilà ce que c'est. .. tirez. A moi. qui rentre Mascariile dans sa maison. Et d'avoir en tout temps une langue indiscrète. à L'ÉTOURDI ]\Iascarille. l'action de ce traître. Peut-on vous demander comme va votre dos? LÉLIE. Gardez-moi bien cela. à la fenôlre de Truffaldin.. je suis content. je me vengerai de ce trait déloyal ! » Tîroz. ou bien je vous assomme. pour celte fois-ci. je n'ai point de courroux^ Je cesse d'éclater. voilà que c'esl^ Ma main Ab I sur voire échine a lavé votre faute. LÉLiE. Voilà. le baUant toujours en le chassant. MASCARILLE. Sont ajustés ! ici. Tirez. par un valet. de ne voir pas Jeannette. Quoi! tu m'oses encor tenir un tel propos? ! L'auroit-on MASCARILLii. tirez'. revenant. rentre. Voilà qui me plaît fort.^12o T. Qui vient insolemment de maltraiter son maître? MASCARILLE.ÉLÎE. Quoique de l'action l'imprudence soit haute. vous dis-je. pour: fuyez. Quoi donc ! je sorois homme?. suit Truffaldin. Archaïsme employa : par La Fontaine et Racine. Mais.

Vous auriez aperçu Jeannette sur vos pas. • Terme da jeu de piquet. 9 . SCÈNE VIII le 129 MASGARILLE. MASGARILLE. sous ce prétexte utile.. Et d'où doncques * viendroit celle prompte sortie? Oui vous n'êtes dehors que par voire caquet. et. Quelque sol. Dont l'oreille subtil a découvert le cas. Vous vous êtes causé vous-même tout LÉLIE. mai. pourquoi me LÉLIE. LÉLIE. le plus malheureux de tous les misérables! voir chassé par toi? MASGARILLE. pour 'Pour: donc. Je n'étois point fâché d'évaporer ma bile. si j'ai votre foi Qu'on ne vous verra point vouloir venger sur moi. Enfin la chose est faite. fraftper devois donc. aidé par le poste où je suis. Truffaldin lorgnoit exactement: Et puis. notre remarque sur avecque. je vous dirai. Si vous n'étiez pas une cervelle folle. Moi? IIASGARILLE. Les coups sur votre râble assénés avec joie. toi. LÉLIE. Tu plus doucement. Quand vous avez parlé naguère à votre idole. j'empêche au moins que de cet artifice Je ne sois soupçonné d'être auteur ou complice. Je vous promets. ou par quelque autre voie. ACTE IV. Soit ou directement. Je ne lis jamais mieux que d'en prendre l'emploi Par là. dit à Célie? On auroit pu surprendre un mot MASGARILLE. Mais encore. Je ne sais si souvent vous jouez au piquet: Mais au moins faites-vous des écarts ^ admirables. pkis haut. Voyez. De contenter vos vœux avant qu'il soit deux nuits.

MASCARILLE. soitanl de chez Truffaldin. Me fasse voir toujours disgrâce sur disgràcel MASCABILLE. Promenez que jamais Vous ne vous mêlerez dans quoi que j'enlreprennCo LÉLIE. faut voir maintenant quel biais je prendrai. Faut-il seul. LÉLIE. Ce n'est pas encor tout. Allez quitter l'habit et graisser voire dos. mon repos. MASCARILLB. Si vous y manquez. que cela vous suffise. Soit. promettez donc ? LÉLIE. en sortant. . Mais surtout gardez-vous de prendre aucun souci. jo viens te dire une nouvelle Qui donne à les desseins une allcmie cruelle. voire fièvre quartaine LÉLIE. Oui. Puisque je fais pour vous. Qu'est-ce que dessus moi ne peut celte promcsseY Vous le MASCABILLE. Demeurez en repos. SCÈNE IX. je te le promets. Il SCUl. Quoi((ue ton traitement ail eu irop de rudesse. Oui. qui me suii à la trace. ^ 1 Mais tiens-moi donc parole. je m'y tiendrai.130 L'ÉTOURDI LÉHE. MASGAUILLE. Quoi! vous n'êtes pas loin? Sortez vite d'ici. LÉLIE. ei songe à MASCABILLE.ERGÂSTE. va. EBGASTE. N'aidez point mon projet de la moindre entreprise. que le malheur. ' Exclamation. pour: que la lièvre quarte vousprenMl . Mascarille. MASCABILLE.

Il s'est fait un grand vol. Pour: dans au lieu 1 l'espoir. donner pour les gants. les An!i. Ce que les Finnçais appellent le pnurlioire cl le pot-de-vin. vieille fort hâve. sur un sou[)(. les Allemands. [Faire pour quelques jours emprisonner ce drôle. l'argent que * l'on jelle dans It iiianche. SCÈNE IX 181 A l'heure Qui Arrive. . son bien. Je veux adroitement.Toutefois. . par qui? l'on n'en sait riefts Eux autres rarement passent pour gens do bien.et les Italiens.lais. par un trait merveilleux de mon art. changer par son autorité. avec une sini^nlière pruderie.ACTE IV. Que son père. Dessus ' l'avide espoir de quelque paraguanle ' Il n'est rien que leur art aveuglément ne tente. même mot dessM' ^ De l'espagnol para. El du plus innocent toujours à leur profil [La bourse est criminelle. arrivé contre toute espérance. Lorsqu'un rival s'éloigne. Qui sont pour de tels coups devrais délibérés. En vain nous apprenons que Léandre est au point De quitter la parlie. par et dans. un autre plus funeste S'en vient nous enlever tout l'espoir qui nous reste. guanfps. nous entrons dans un autre.il jamais destin plus brouillé que le nôtre? Sortant d'un embarras. et ne nous troubler point. Du côté d'Hippolyte t'ait Qu'il a tout emporte la balance.on frivole. le triukgeld.'iiiployé de : On a vu plus haut. de justice altérés. MASCARILLE. Fut. Et me flonncr le temps qui sera nécessaire Pour lâcher de finir cette fameuse afïaire. et sent assez que je parle. accompagné d'une El vient cliez Truffaldin raclieler cette esclave Que vous vouliez. et paye son délit. Xdiconsiii'eru'ioj(. un jeune Égyptien. avec pins de snlitililéencoi'e. le pour. la huona muncia la bonne manche. Sans doute c'est l'amant dont Célie a parlé. jje sais des ofliciers. Je crois que je pourrai retarder leur di'part. pour elle il paroît fort zélé. Et va dès aujourd'hui conclure le traité. n'est pas noir pourtant.

malgré tous ces coupa. et je le cautionne. Ah! chien! ah! double chien! mâtine de Ta persécution sera-t-elle éternelle? ERGA. Et pensent tous avoir un Lélie à leur suite. comme on résisloit à lâcher sa personne. le Si Ion maître au moment ne vrai désespéré.- MASCARILLE. et. Ton En affaire a. rompre ton stratagème: « Je ne saurois souffrir. Certaine affaire à te quitter m'oblige SCÈNE II. Qu'à l'heure que je parle ils sont encore en fuite. pour moi j'en suis persuadé) brouillon dont il est possédé Se plaise à me braver. J'en réponds sur sa mine. MASCARILLE. Adieu. diroil (et On Que ce démon .loil bien. Voir qui l'emportera de ce diable ou de nous.132 L'ÉTOURDI ACTE V SCÈNE I. MASCARILLE. D'abord il a chargé si bien sur les recors. Le traître ne sait pas que cet Égyptien Est déjà la-dedans pour lui ravir son bien. ERGASTE.-iTE. et me l'aille conduire Partout où sa présence est capable de nuire Pourtant je veux poursuivre. a-t-il dit hautement. » Et. je suis stupéfait de ce dernier prodige. ERGASTE. fût venu lui-même. Oui. - MASCARILLE. cervelle I Par les soins vigilans de l'exempt Balafré drôle étoit coffré. Qu'un honnête homme soit traîné honteusement. Qui sont gens d'ordinaire à craindre pour leur corps.

Hais ils viennent songeons à l'exécution Celle maison meublée est en ma bienséance*. plein d'impatience. apprenant votre sort. La guerre en quelque estime avoit mis mon courage*. suspetJu à une des maisons de noncer une maison meublée. Depuis. Je puis en disposer avec grande licence. et j'en garde la clé. Nul que moi ne s'y tient. Et. Aient pu me détacher de ma persévérance. - CÉLIE. Je n'ai. * Un écriteau. Et j'y pouvois un jour. ni voire indifférence. et dont Molière a fait son dénoûmenten le g:Uant. il n'est rien N'ait fait Enfin. un honorable emploi. El qu'un fourbe est contraint de prendre de figuresv . Vous le savez. Et que le prompt effet d'une métamorphose. d'avec vous séparé Pour beaucoup plus de temps que je n'eusse auguré. épargné temps ni peine. Vous aviez en ces lieux été mise en otage. Prétendre. la place. Lorsqu'on me vit pour vous oublier toute chose. Et ne voit son départ qu'avecque répugnance. par un hasard. dès un assez jeune âge. Parmi vos compagnons sut ranger votre amant. Qui suivit de mon cœur le soudain changement. . Si le sort nous en dit. que mon cœur pour vous prouver l'excès de son ardeur. SCENE 111 133 quelque peu de notre intelligence. Célie.ACTE Cî^lie est V. sans trop croire de moi. ANDRÈS. ANDRÈS. Dieu qu'en peu de temps on a vu d'aventures. Sans que mille accidens. ! SCÈNE ili«. Que pour certain argent qui leur importoit fort. Et qui de tous vos gens détourna le naufrage. doit aa- 2 Imitation malheureuse de la nouvelle de Cervantes intitulée la Boftémien7ie. en les servant. Chez les Vénitiens. pour vous rejoindre. Je lâche à profiter de ce' te occasion. tout sera bien réglé. ayant trouvé la vieille Égyptienne.

13* J L'ÉTOURDI \ccours vite y briser ces chaînes d'intérêt. Toutes mes volontés ne butent * qu'à vous |)laire. Archaïsme populaire. N'explique point mon cœur en celle occasion. déguisé ANDRÈS. Autant que vous voudrez. par son èmolion. * Pour : u'oiit de but que. et mon cœur n'amlMtionnera CÉLIE. Allendroit que ce mal eût pris un autre cours. Et. si j'avois sur vous quelque peu de puissance. comme devant. Moi pour serfir à fous. Que d'être auprès de vous tout ce qu'il vous plaira. Pourrons-nous y bien être? MASCARILLE. Vofre zèle pour moi visiblement (jclate Pour en paroîlre tri>te. "relions une maison à vous mettre en repos. faites qu'il se diffère. Et recevoir de vous les ordres qu'il vous |)laît: Cl pendant on vous voit une morne tristesse. : C SCÈNE IV. MASCARILLE. il vous faut encor suivre. . Seigneur Suisse.- CÉLIE. au moins ])our trois ou quatre jours. Et mon visage aussi. en Suisse. L'écriteau que Toici s'offre tout à propos. du butin J'y consens. Une douleur de tête y peint sa violence. Me garde pour tous deux de quoi pouvoir y vivre: Que si. Venise. parmi les combats. ANDRÈS. Oui. êles-vous de ce logis MASCARILLE. ANDRÈS. Alors que dans vos yeux doit briller l'allégresso. Si pour vous 'a retraite fait avoit quelques appas. Notre voYOge. il faudroil être ingrate. le maître? ANDRÈS. moi pour d'étranclierchafons champre carnij Ma che non point lorher te cl:ans te méchanlvri.

ou s'il être son sœuit ANDRÈS. fenir pour marchantUSé! pien pour lemanter à la palais chouslice La procès il faut rien. Non. Mon Ou foi. Ce n'est pas pour cela. mon pelil maissoo. SCÈNE IV 135 ANBUÈS. sti fil. fromage pon. Li ne porte pas pien ? ANDRÈS. ilÀSCARILLE. l'afocat pien méchant. il couler tant t'archant! La procurair larron. S'il être son famé. .ACTE V. Fous toiic mener sti file Pour fenir pourmener et recarier la file? ANDRÈS. MASCARILLE. MASCARILLE. mariage al monsieur? ANDRÈS. MASCARILLE. Elle a mal à la tête. A Il Célie. enlre-fcus tans Célie. la fissagc. et te MASCARILLE. m'importe. pien choli. Entre-fous. Fous noufeau dans Oui. Moi chafoir te pon fin. moi foir à ANDRÈS. Andrès et Mascarille enlreiU dans la maison. Je suis à vous dans un moment* la vieille Je vais faire venir promptemeut. La matame Quoi? est-il MÂSCARILLE. ANDRÈS. Je crois votre maison franche deloiU ombrage. MASCAMLLE. Conlremander aussi notre voituie prèle.

l'écriteau . je l'avoue. pour la garder s'y tient. Comme je conjecture. Sans doute l'écriteau que vous voyez paroîlre.. Ma parole m'eiig?ge à rester en attente. . le ciel Comme de mes destins SCÈNE veut disposer. VI.ANDRÈS. ANDRÈS. à Andrès qui sort de la maison. un grand secret Mais pour vous il n'importe.. Que quelque nœud subtil qu'il doit avoir ourdi Pour mellre en mon pouvoir certaine Égyptienne Dont j'ai l'âme piquée. LÉLTE. et voir. Peut-on vous demander quelle. et même plusieurs coups. au moins. Certes. LÉLIE. Quelque soit le transport d'une âme impatiente. ceci me Ah ma I foi. Et mon vakt. la nuit. A laisser faire un autre. Je voudrois à tout autre en faire Je l'ai déjà manquée. . marque au moins qu'on la loue. C'est un logis garni que j'ai pris tout à l'heure. A mon père pourtant la maison appartient. Je ne sais Lisez. ne sauroit être Que quelque invention du valet que je di. Qui diantre l'auroitmis? et par quel intérêt?. LÉLTE. sans rien oser. surprend. — LÉLIE. LÉLIE. et qu'il faut que j'obtienne. Demandiez-vous 'quelqu'un dedans celte demeure? ANDRÈS. est cette aventure? LÉLIE. ANDRÈS. je devine à peu près ce que c'est! Cela ne peut venir que de ce que j'augure. 13# L'ÉTOURDI SCÈNE V.. et vous serez discret.

Quoi! vous la connoissez? ANDRÈS. C'est moi qui maintenant Viens de la racheter. discours surprenant! ANDRÈS. je vous aurois sans doute Épargné tous les soins que ce projet vous coûte. ANDRÈS.. l'année bis- . ne m'en SCÈNE dire? El quel remercîment?. ANDRÈS. LÉLIE. Il MASCARILLE.ACTE Vous l'appelez? V. Eli bien... faites point. Sa santé de partir ne nous pouvant permettre. VII. je n'en veux nullement. LÉLIE. ANDRÈS. LE LIE. Eh que ne ! disiez-vous ? Vous n'aviez qu'à parier. El je suis très-ravi. Que pourrai-je vous Non. Que vous m'ayez instruit de voire intention. ne voilà pas mon enragé de maître! nous va faire encor quelque nouveau bissêtre*. ANDRES. dans celle occasion. Afchaïsme populaire remontant aux Romains qu'on na * : fatalité peut écarter. Au logis que voilà je venois de la mettre. Quoi j'obtiendrois de vous I le bonheur que j'espère? Vous pourriez?. MASCARILLE. SCÈNE VII ^Î7 ANDRES. Tout à l'heure on va vous satisfaire. LÉLIE. LÉLIE. à part. - LÉLIE. Altération du mot bissexte. allant frapper à la porte. Célie.. de bis sextiis.

J'ai tout ce que mes vœux lui pouvoicnt demandei". Va. Partie connoîlre. faire un malheur. De \h faire un bisséire. lève le masque. mon foi cliamais loi cliei Si toi point t'en aller. Eh bien. Ton jargon allemand est superflu. Et tu n'as pas sujet de rien appréhender. Ce valet vous servoit avec beaucoup de feu.}38 L'ETÔUUDI LÉLIE. demeurez quelque peu. -LÉLIE. te poing. ne te déguise point. Chai point fendre chaînais le famé ni le iille. Mascarille. Moi souisein chant l'honneur. Car nous sommes d'accord. Mais je reviens à vous. » Mot composé comme Molière en fait beaucoup: désosier. LÉLIE. che paille ein coup LÉLIE. tartufBer . Le plaisant baragouin! il est bon. sur ma foi! MASCARILLE. LÉLIE. MASCARILLE. et sa bonlé m'olilige. Je me dessuisse ' donc et redeviens moi-même. te moi. Sous ce grotesque habit qui l'auroit reconnul* Approche. moi non point Maquerille. et reconnois ton maître. Allez fous pourmener. ANDRÈS. le dis-je. SCÈNE VIII. que diras-tu? sextile ayant toujours été regardée comme vouée aux plus grands malheurs. MASGARILLli. MASCARILLE. va. LÉLIE. 1 tiable. MASCARILLE. Si vous êtes d'accord par un bonheur extrême. MASCARILLE. et sois le bienvenu. Tout est accommodé. sans toi rire LÉLIE.

ACTE V. est vrai. Mais confesse qu'enfin c'est avoir fait beaucoup. quel bonheur au mien pourroit être égalé? ANDRÈS. MASCARILLE. Et j'aurai cet honneur d'avoir fini l'ouvrage. Comme je vous connois. Archaïsme perdu aujourd'hui. MASCARiLLE. ANDRÈS. j'étois dans l'épouvante. LÉLIE.LÉLIE. Pour quelques jours retournons sur nos pà«. avoir chanté. et toutefois je n'en ai guère envie. SCENE X j'ai i^ MASCARiLLE. Pour : éluder. . El trouve l'aventure aussi fort surprenante. . S'il falloit le payer aux dépens de mon cœur. vous aurez été bien plus heureux que sage. MASCARILLE. il Vous * voilà bien d'accord. vous doime Céllo. feignois à * LÉLIE. vous ne le voudriez pas: Adieu. Soit. vous suis redevable. LÉLIE. Et ne pouvois me croire en cet événement. MASCAhlLLE. - CÉLIE. Que l'âme ravie De Tu voir d'un beau succès notre peine suivie. MASCÂRILLHr ANDUÈS. N'est-ce pas là l'objet dont vous m'avez parlé? Ah Il 1 LÉLIE. avoir peine à. Vous êtes généreux. de ton déi^uisement. ne l'avouois je serons condamnable: Mais enfin ce bienfait auroillrop do rigueur. Jugez dans le transport où sa beauté me jette Si je dois à ce prix vous acquitter ma dette. d'un bienfait je Si je SCÈNE X. sorlir Au moins j'ai réparé mes fautes à ce coup. après Je ris. SCÈNE IX.

Indigne d'aucun soin. Le trépas me doit seul prêter son assistance. Plus l'obstacle est puissant. par de ciifférens nœuds. Pour le couronnement de toutes ses sottises. qui parlé bas. le servir malgré lui. lui a CÉLIE. De ce retardement j'aitends fort peu de chose. Je veux. voit de succès peut bien persuader ' Ce qu'on El je t'ai Qu'ils ne sont pas cncor fort près de s'accorder : déjà dit qu'un cœur comme le nôtre Ne voudroil pas pour l'un faire injustice à l'autre. Mais en vain son dépit pour ses fautes commises Lui fait licencier mes soins et mon appui. cesse tes efforts pour un malencontreux. un traître. un bourreau dcHostable.MASCARILLE. manque plus que de mourir enfin. Voilà le vrai Il ne lui moyen d'achever son destin. après mon imprudence. Et dessus son lutin obtenir la victoire. Hem! vous m'entendez bien. je ne veux pTu» Te demander pour moi de secours superflus. MASCARILLE. * n'est pas Amphigouri. plus on reçoit de gloire. et que l'on se propose. Et que très-fortement. SCÈNE XI.140 L'ETOURDI LÉLIE. - CÉLIE. à Mascarille. Je me trouve attachée au parti de tous deux. Qui ne sauroit souffrir que l'on le rende heureux. Pro])ablement rniitenr veut dire: Ce qui se passe 'e nature i. . Je suis un chien. Quoi que tu veuilles dire. quoi qu'il en soit. Et les difficultés dont on est combattu Sont les dames d'atours qui parent la vertu. taire croire que Lélie et Andrès soient prêts à s'accoider. de rien faire incapable! Va. . SCÈNE XII. C'est troj) . Après tant de malheurs.

s'il ne peut avoir plus de place en mon àme. SCÈNE XIII. lorsque mes amans sont devenus les vôtres. HIPPOLYTE.ACTE Si Lélie a V. Depuis votre séjour. MASCARILLE. Juge ce que tu peux te permettre d'espoir. Licence archaïque. m'y prendre de tous sens ro. Semblent vous enrichir chaque jour de nos pertes. Qui ne souffrira point que mesponsors secrets Consultent jamais rien contre ses intérêts. Remuer terre et ciel. Oui. El vous dirai bientôt ce qui se pourra faire. Mais je vais employer mes efforts plus i)uissans'. - HIPPOLYTE. Sur ces difficultés qu'oppose mon devoir. les dames de ces lieux Scplaigi''^pt j'istemenldes larcins de vos yeux. de Irès-fâclieux obstacles.ii' tâclior de trouver un biais salutaire. Si. Que j'en fais aux désirs qu'il met en évidence. Ce sont. Andrèspour son partage a la reconnoissance. Si vous leur dérobez leurs conquêtes plus belle Et de tous leurs amans faites des infidèles Il n'est guère de cœurs qui puisspnl échapper Aux trai's dont à l'abord vous savez les frapper. Et je ne sais point l'art de faire des miracles. don de mon cœur ne couronne sa flamme. à dire vrai. les plus puissants. à vos chaînes offertes. SCENE XIII 1*1 pour lui l'amour et sa puissance. Et mille libertés. Au moins dois-je ce prix à ce qu'il fait pour mo' Si le De Et de n'en choisir point d'autre au mépris de sa faire à mes vœux autant de violence foi. Un seul m'eût consolé de la perte des auiresj : i Pour. . Quant à moi. toutefois je ne me plaindrois pas Du pouvoir absolu de vos rares appas. CÉLIE.

grande nouvelle. J'y vois tant de raisons capables de défendre L'inconstante de ceux qui s'en laissent surprendre.SCARILLE. Vous vous consoleriez de leur perte aisément. Et le vais voir tantôt. HIPPOLYTE. HIPPOLYTE. Vos yeux. Ramené sous mes SCÈNE XIV. Pourtant en ce discours je n'ai rien avancé Qui dans tous les esprits ne soit di'jà passé. vos propres yeux. CÉLIE. et succès surprenant.i't'i L'itTOURDI vous me les ôtiez tous. CÉLIE. un dur procédé donl je rne plains à vous. Au contraire. CÉLIE. Et trouveriez pour vous l'amant peu souhaitable Qui d'un si mauvais choix se trouveroit capable. se connoisscnl trop biea Pour pouvoir de ma part redouter jamais rien. Que je ne puis blâmer la nouveauté des feux Dont envers moi Léandre a parjuré ses vœux. Je crois qu'étant tombé dans cet aveuglement. HIPPOLVTE. *. sans haine et sans colère. Grande. MASCARILLE. Et ne prendront jamais de pareilles alarmes. on sait bien que Célie A causé des désirs à Léandre et Lélie. j'agis d'un air tout différent. MA. Èlais qu'inViumainemenl C'est Voilà d'un air galant faire une raillerie. sans parler du reste. Et trouve en vos beautés un mérite si grand. Mais épargnez un peu celle qui vous en prie. Et. Ils sont fort assurés du pouvoir de leurs charmes. Que ma bouche vous vient annoncer maintenant! CÉLIE. Qu'est-ce doncf * Se counaisscut trop bien? Molière I .- lois par le pouvoir d'un père.

accourus d'aventure. Et. Ont à les décharpir^ eu de la peine assez.. '" . 143 MASCARILLE. D'abord leurs scofhous. * Mot provençal et napolitain. - Alors qu'une autre vieille assez défigurée. La vieille Égyptienne à l'heure même.. L'ayant de près au nez longtemps considérée Par un bruit enroué de mots injurieux A donné le signal d'un combat furieux. Et que l'on veut savoir qui causoit cette humeur. Qui pour armes pourtant. Ne faisoit voir en l'air que quatre griffes sèches. Tant leurs esprits étoient par la fureur poussés. CÉLIE.ACTE V. Archaïsme populaire. Ainsi que force monde. 2 Escofpons. Eh Passait dedans la l)ien? MASCARILLE. place. poiu. Dont ces deux combattans s'efforçoient d'arracher Ce peu que sur leurs os les ans laissent de chair.ont volé par la place. Celle qui la première avoit fait la rumeur. Écoutez. et ne songooit à rien. coij'a. après celte tempête. dans le patois langnedocicn. à l'éclat du murmure. dagues ou flèches. Songe à cacher aux yeux la honte de sa tête. Quoi? La fin MASCARILLE. Andrès et TrulYaldin. mousquets. nom ancien d'une coiffe de femme.di'signor les coillnrcs des femmes du peuple. d'une vraie et pure comédie. SCÈNE XIV flallerie. bagasse*. On disait également cscojfions ou scoffions. On dit encore. \oici sans CÉLIB... Pour: forcer deux personnes qui s'écharpent de se lâcUai". Le plus célèbre poëme qui existe CB patois iiapoliliiin est la Vaiasseide. On n'entend que ces mots: chienne. Cependant que chacune. Ont rendu le combat risibicmcnl affreux. laissant voir à nu deux têtes sans cheveux. louve.

J'avois. mon père. Celle que vous voyez. les jours étant finis. sans pourtant reconnoître La source de mon sang et l'auteur de mon être' Oui. Que cela servit fort pour avancer sa vie Si bien qu'entre mes mains cette fille ravie Me faisant redouter un reproche fâcheux. Au nom de Zanobio Ruberti. Mais il faut maintenant. je crois. ayant changé quelque tem. 144 L'ÉTOURDI Malgré la passion dont elle étoit c^mue. puisque je l'ai connue Qu'elle fasse savoir ce qu'elle est devenue. D'Albert. Me vola ce trésor. mes p.. et dans le même instant Que pour votre intérêt je me tourmentois tant. vous le savez. Pendant tout ce récit. Faisoit voir. „'près ce temps. ime secrète envie Me pressa de revoir les iniens et ma patrie . qui me gardoit. Dont j'élevois l'enfance. seigneur Zanobio Ruberli. en mes mains votre fille.-t-elle dit tout haut. Hélas! de ce malheur Votre femme. Je vous fis annoncer la mort de toutes deux. A Truffaldin surprisa tenu ce langage: Quoi donc! le ciel me fait trouver heureusement Celui que jusqu'ici j'ai cherché vainement. quittant Pourtant. Selon que me poussoit un désir curieux: et. dès quatre ans. Portai durant six ans mes études. A.is en divers lieux. Et que j'ai ois pu voir. répétoit plusieurs fois. Lorsque Naples vous vit quitter votre famille. conçut tant de douleur. •. Andrès. que sa voix.ps de visage. cette infâme sorcière. ô rencontre opportune! Oui. Dedans notre maison se rendant familière. Ayant sur Xruft'aldin tenu longtemps la rue* C'est vous. la fortune Me fait vous reconnoître. sa «race et ses attraits. Me sentant naître au cœur d'autres inquiétudes Je sortis de Bologne. Qu'on m'a dit qui viviez inconnu dans ces lieux. si quelque erreur n'abuse ici mes yeux. je suis Horace votre fils. par mille traits. et qui.

hors les deux championnes. Truffaldin ressentoit des transports ordinaires. Léandre est de la troupe. Donne à cet hyménée un plein consentement. Que* pour mon propre les voici venir. Voyez que d'incidens à la fois enfantés? fait qu'il Dont '' CÉLIE. Qui du combat encor remettent leurs personnes. Pour le nouvel Horace a proposé sa fille. HIPPOLYTE. MASCARILLE. Et j'ai vécu depuis. sort je n'en aurois pas plus. Et que. affaires. * Pour : si bien que. Un tel Mais ravissement rend ries esprits confus. Mais dans Naples. hélas je Et n'y sus votre sort que par des bruits confu. Trufïàldin maintenant vous reconnoît pour sienne. pour retrancher ce que plus à loisir Vous aurez Par le moyen de vous faire éclaircir la confession de votre Égyptienne. pour mettre une joie entière en sa famille. Andrès est votre frère. Mascarille sort. Je demeure immobile à tant de nouveautés. Une obligation qu'il prétend reconnoître le père. ! SCENE JIV 1^5 vous trouvai plus. et votre père aussi. Moi je vais avertir mon maître de ceci. comme de sa sœur Il ne peut plus songer à se voir possesseur. Le ciel en sa faveur produit comme un miracle. Je vous laisse à juger si. Et. . Enfin. lorsque à ses vœux on croit le plus d'obstacle. Tous viennent sur mes pas.ACTE V. A vous obtient pour épouse à mon maître^ témoin de tout l'événement. Venise poui un temps borna mes courses vaincs. sans que de ma maison J'eusse d'autres clartés m que d'en savoir pendant ces le nom.Si bien qu'& votre quête ayant perdu mes peine?.-. et.

et croyois faire faute. . Qui l'auroit jamais cru que cette ardeur si pure Pût être condamnée un jour parla nature! Toutefois tant d'honneur la sut toujours régir.ria- \aiten inésenco d'Andrès. que diras lu de moi. Célie veut expiiiner un combat secret qu'clia ••-'. CÉLIE. Qu'en y changeant Pour moi. vain vous parleriez pour excuser vos feux. Je ne pouvois savoir quel obstacle puissant me un pas si doux et si glissant. gt^néreux pardon est ce que je désire Mais j'atteste les cieux qu'en ce retour soudain : Un Mon père fait bien moins que mon propre dossein. Ahl mon père! TRUFFALDIN. HIPPOLYTE. à célie. Et détournoit mon cœur de l'aveu d'une flamme Que mes sens s'eftbrçoienl d'introduire en mon âme TRUFFALDIN. je fort peu je puis la retenir. En LÉANDRE. CÉLIE.- TRUFFALDIN. en te recouvrant. HIPPOLYTE. Quand je n'avois pour vous qu'une estime Ir's-iiaule. Je viens d'entendre ici ce succès merveilleux. Ah! ma fille! CÉLIE. ANSELME. PANOOLFE. LÉANDRE. Mais. ANDRÈS. à Célie. blâmois. Sais-tu déjà comment le ciol nous est prospère? CÉLIE. M'arrêloii sur * > Guli : atius. à Léandre. ANDRÈS TRUFFALDIN.140 L'FTOUROI SCÈNE XV. Si j'ai devant les yeux ce que vous pouvez dire.

ANSELME. Et que son pre aussi nous soit vite amené. PANDOLFE. bonheur que le ciel me renvoie Mais.. ANDRÈg MASCARILLE. -TRUFFALDTN. TRUFFALDIN. de ce que je vous dois. Il m'a presque étouffé. . à Mascarille. et Célie est à voi*a LÉLIE. à Lélie. ANDRÈS. à Lélie. Voyons si votre diable aura bien le pouvoir De Et détruire à ce coup si. Vos vœux sont couronnés. LÉANDRE. à Lélie. Dans cette joie.. mon gendre. LÉLIE. destinée. Vous armerez encor votre Imaginative. Oui. Que de vous maintenant dépend ma SCÈNE XVI. Je m'acquitte par là 11 PANDOLFE. contre l'excès du bien qui nous arrive. il est vrai. MASCARILLE. la joie. . La chose est résolue.Je crains fort pour Célie. HIPPOLYTE. Croirai-je que du ciel la uui'isance absolue. faut que je t'embrasse et mille et mille fois. MASCARILLE. Par un coup imprévu des deslins les plus doux. SCENE XVI 147 songe aussitôt à me priver de toi.. je vous prie. doucement. LÉLIE. TRUFFA LDHS. un si solide espoir. CÉLIE.ACTE Si je V. Et t'engage à son fils sous les lois d'hyménée? CÉLIE. puisqu'un même jour nous met tous dans Ne nous séparons point qu'il ne soit terminé.. . Si vous la caressez avec tant de transport Ai! aï! : De vos embrassemens on Vous savez le se passeroit fort.

J'ai des démangeaisons de mariage aussi. voilà Ions pourvus. ANSELME. N'esi-il point quelque fiUft Vous Qui pùl accommoder le pauvre Mascarille? A voir chacun se joindre à sa chacune ici. MASCARILLE. . Aiions donc . J'ai ton fait.148 L'ÉTOURDI MASCARILLE. et que les cieux prospêrc-8 Nous donnent des eafans dont nous soyons les pères! FIN DE L ETOURDI.

après le succès éclatant de Y Étourdi que commença la vie amoureuse de Molière. sensuel et méditatif comme lui. souvent l'un et l'autre. placé au milieu de femmes de théâtre belles ou coquettes. vie si sérieuse et si folle. le calque maladroit de l'une des plus faibles intrigues du théâtre italien {y Intéresse de Nicole Secchi). des entraves que la convenance sociale impose. Cette empreinte nouvelle s'annonce dans le Dépit amoureux. grâce aux licences de son odyssée comique.LE DÉPIT AMOUREUX COMÉDIE ' REPRÉSBNTÉE POUR LA PREMIÈRE FOIS A MONTPEltlER AU MOIS DE DÉCEMBRE 1654 ET A PARIS SUR LE THÉÂTRE DU PEUl-BOUREON AU MOIS DE DÉCEMBRE 1658. tant que dura sa vie d'artiste. Tendre et passionné comme Shakspeare. s'y joignent à l'emploi des vieux res- . l'impropriété du langage. indépendant. la folle complication des narrations romanesques et la mauvaise enet ce fut tente du théâtre. « N'est-il point. il éprouva et reproduisit sur la scène. Le décousu de scènes mal enchaînées. les douleurs. les caprices et les ivresses de sa passion favorite. dont elle constitue la valeur. si vive et si désespérée. disait à \a fin Molière (parlant sous le masque de son brillant rôle de Mascarille). N'est-il point Qui pût accommoder C'était le quelque fille pauvre Mascarille ? » aux habitants de Lyon qu'il se plaignait ainsi.

on ne sait si ce fut à Montpellier en décembre 1654. le feutre sur l'oreille et la plume sur le feutre. On sait avec quelle peine le prince de Conti venait d'obtenir de la noblesse languedocienne les la promesse signée d'observer les édits contre duels. Cal lot. la com- en rabat et — 1 La Tessonnerie. enfin les deux personnages du traducteur pédant et du spadassin méridional. tels sont le bon sens populaire de Gros-René. ont sans doute inspiré Molière. emprunté sans cérémonie à un prédécesseur peu — — connu*. en valet sicilien. l'épée toujours au vent et dont les spectateurs languedociens durent reconnaître les originaux. le poing sur la hanche. . oh y trouve encore ces frères qui deviennent des sœurs. espèce de Sancho en livrée. Sous cette mosaïque d'emprunt. jouèrent cette œuvre aimable et incomplète devant les États présidés par le prince de Conti.150 sorts espagnols. en 1658. ou à Béziers en décembre 1655. costumé en bretteur de phraste. vêtue en brillant cavalier de Louis XIII. NOTICE remis en œuvre par les Italiens. Garnier et Hardy. ces sœurs qui se changent en frères . Lope de Vega dans le Chien du jardinier. l'un Métaphraste. enfants perdus et retrouvés. D'autres signes indicateurs annoncent le développement de son génie. Horace dans sa charmante idylle lyrique*. La Rapière. l'autre. c'est-à-dire le demi-masque sur la face. toute la défroque de Rotrou. * Donec gratus eram tibi. Mascarille. matamore du Midi. l'ardente et immortelle peinture de deux jeunes cœurs épris l'un de l'autre trahit le génie de Molière et le fond d'une âme involontairement attendrie. la jeune fille Ascayne. 3féta- en longue robe de docteur. quelques vives parodies de l'empha&e et du raffinement espagnol. ratifier le jugement favorable des spectateurs méridionaux. ce charmant la Rapière. Paris et la cour devaient.

LE DÉPIT Ar^ïOURKUX plication et 15t l'obscurité romanesque du sujet appar- tiennent en propre à l'auteur italien. Il faut à ce jeune esprit cinq années de nouvelles aventures. enfin Paris. de douleurs et d'études. pour qu'il abdique ses prétendus maîtres et prenne conscience de lui-même. le centre du mouvement civilisé. PERSONNAGES .

Le doute est mieux fondé. Mon âme » prendroit lors une pleine assurance. vous parle à toute heure du jour. ou je suis une bête. pour être un amant rebuté. Je voudrois. Sur quoi vous avez pu prendre martel en tête *. Et. te Ou du moins qu'avec moi loi-môme on ne trompe. . pourtant je n'en crois rien. Me donne ce chagrin que tu ne comprends pas. Cet honneur qu'on nous fait. grâces à Dieu. du latia martulus. Et tout ce que d'ardeur font paroîlre les femmes Parfois n'est qu'un beau voile à couvrir d'autres flammes. sur ses dé) laiairs et son impatience. Valère enfin. Les gens de mon minois ne sont point accusés D'être. qui cause votre crainle. Avoir de l'iuquiétude. Je ne vois point encore. et me rend difficile Une entière croyance aux propos de Lucile. ni rusés. Et ce qu'à ces faveurs. Y voir entrer im peu de son transport jaloux. GROS-RENÉ. M'emi>oisonne à tous coups leurs plus charmans appas. je ne le démens guères Et suis homme fort rond de toutes les manières. Tient mon bonheur en doute. pour trouver un tel destin plus doux. Pour que l'on me trompât. cela se pourroit bien. Je dirai (n'en déplaise à monsieur votre amour) Que c'est injustement blesser ma prud'liomie. à mon avis. Et Valère. ni fourbes. Il témoigne de joie ou bien d'indifférence. Semble n'être à présent souffert que par contrainte» ÉRASTE. me soupçonner de quelque mauvais lour. Pour moi. vous montre assez d'amour. Montre depuis un temps trop de tranquillité. Et se connoîlre mal en physionomie. après tout. Elle vous voit. expressioa proverbiale. dont lu crois l'apparence. Souvent d'un faux espoir un amant est nourri : Le mieux reçu toujours n'est pas le plus chéri . Lucile.152 LE DÉPIT AMOURETJX rival ta foi Qu'en faveur d'un ne se corrompe.

Pourquoi subtiliser. de cette vue on n'accroît son dédain. si bien qu'on éteigne une flamme. : même. El ne rompt point sa chaîne avec si peu d'éclat Qu'elle puisse rester en un paisible état. je t'en conjure. Lorsque par les rebuts ÉRASTE. . . si laisse jamais dedans l'indifférence . C'est une faute de grammaire. une âme est détachée. dis-moi. El l'on ne sauroit voir. Un peu de jalousie occupe encore une âme. franchement je m'y fie Et ne suis point de moi si mortel ennemi. et non un ar- chaïsme. De ce qu'on a chéri la fatale présence Ne nous El. Elle veut fuir l'objet dont elle fut touchée. . si tu n'en crois rien. SCENE I il 153 fait. Gonnoissant qu'il poussoit d'inutiles soupirs. Archaïsme. et faire le capable A chercher des raisons pour être misérable? Sur des soupçons en l'air je m'irois alarmer! Laissons venir la fête avant que la chômer. comme Voir chérir un rival d'un esprit satisfait? Et. me doit être la commune * Pour Pour : sans sujet. Peut-être que son cœur a changé de désirs. Je n'en prends point pour moi sans bonne et juste cause Et mêmes * à mes yeux cent sujets d'en avoir S'offrent le plus souvent que je ne veux pas voir. sans en être piqué. Posséder par un autre un cœur qu'on a manqué. Avec vous en amour Celle que vous aurez * je cours même fortune. ou sans moitié d'un sujet. Que je m'aille affliger oans sujet ni demi*. Toi-même penses-tu qu'on puisse.ACTE I. Si j'ai lieu de rêver dessus cette aventure ? GROS-RENÉ. crois-moi. GROS-RENÉ. : . je ne sais point tant de philosophie Ce que voient mes yeux. Pour moi. Le chagrin me paroît une incommode chose . Notre amour est bien près de nous rentrer au sein : Enfin.

Je veux croire les gens quand on me dit Je t'aime Et ne vais point chercher. A m " . St. MARINETTE. ÉRASTE. ma foi. . foif tout à l'heure sur toi.je la vois qui passe. Comment? MARINETTE. Ma Demande. Archaïsme rapide et re- grettable.SMoi KKUX _ La maîtresse ne peut abuser votre foi. Si Mascarille ou non s'arrache les cheveux. I ÉRASTE. Voilà de tes discours. Et que ce beau rival en rie ainsi qu'un fou.. ÉRASTE. l'Intéresse • Pour : que je meure. Et vous promets. : GROS-RENÉ Mais SCÈNE II». moins que la suivante en fasse autant pour moi : Mais j'en fuis la pensée avec un soin extrême. A son exemple aussi j'en rirai tout mon soûl Et l'on verra qui rit avec meilleure grâce. Quoi? • Traduction delà comédie italienne de Nicolo Secchi. nous étions MARINETTE. GROS-RENÉ. GROS-RENÉ. je meure". Vous êtes aussi là.154 Li. : Que tantôt Marinctte endure qu'à son aise j Jodelet par plaisir la caresse et la baise. Oh! oh! que fais-tu là? GROS-RENÉ. ÉRASTE.. DKP. Marinette! MARINETTE. Pour vous chercher j'ai fait dix mille pas. pour m' estimer heureux. monsieur Depuis une heure Vous m'avez fait trotter comme un Basque. si cela n'est pas.iT .

place. la place . Il est jaloux I * Au teoiple. en vérité. planté par Marie de Médicis Royale. ÉRASTE. Qui te fait me chercher. Qui pour vous n'a pas trop mauvaise volonté Ma maîtresse. MARINETTE. GROS-RENÉ. Apprends-moi donc. et la grande. dis-moi si ta belle maîtresse N'abuse point mes vœux d'une fausse tendresse. Quelqu'un. eh d'où vous vient donc ce plaisant mouvement'^ Elle ne fait pas voir assez son sentiment? Quel garant est-ce encor que votre amour demande? ! Que lui faut-il ? A moins que Bagatelle. . Comment? GROS-RENÉ. Il falloit en jurer. Je ne t"en voudrois pas pour cela plus de mal : Au nom des dieux. SCÈNE II 15ô MARINETTE. son GROS-RENÉ. ni dans la grande place '. Le mot temple ne pouvait choquer Le cours était le Cours-la- — Heine. de grâce. jusques en un tel point. chez vous. De Valère? Ahl vraiment la pensée est bien belle Elle peut seulement naître en votre cervelle. ni les catholiques. . qui venait d'être coustiuite. MARINETTE. Valère se pende. MARINETTE. en un mot. MARINETTE. Ah ! chère Marinette. au cours. Eh. d1 les protestants. ÉRASTE. pour : à l'église.ACTE l. Ton discours de son cœur est-ii bien l'interprète? Ne me déguise point un mystère fatal . Qae vous n'êtes pas Au temple. cœur ne s'assurera point.

. Qu'afin de vous punir je vous tinsse caché Le grand secret pourquoi Tenez. ÉRASTE. « Étoit * capable de tout faire Pour Pour : niais. Et d'avancer par là les desseins d'un rival. à ce que je vois. L'opinion que j'ai de moi-même est trop bonne Pour croire auprès de moi que quelque autre te plût. : : Vos chagrins Et j'en sais font ouvrir les yeux d'une maîtresse . je vous et sortez ï Vous m'avez dit ÉRASTE lit. quoi qu'il en soit. édition de 4694. Que venois-tu m'apprendre? MARINETTE. * : sortez de doute. Gela. Eh bien. et d'être assez badin* Pour m'aller emmaigrir avec un tel chagrin! Outre que de ton cœur ta foi me cautionne. Vous mériteriez bien que l'on vous fît attendre. Lisez-le donc tout haut. C'est jouer en amour un mauvais personnage. de ce mal est-elle aussi frappée? GROS-RENÉ. Moi. je m'élois fort trompée. Cen'est pas un archaïsme. en passant vous soit dit. tel Enfin. Aux qui doit son destin le plus doux soins trop inquiets de son rival jaloux. hors de doute*. après tout. jaloux Dieu m'en garde. ai tant cherché. n'en parlons plus. témoigner de l'ombrage. Sens que l'on trouve dans le Dictionnaire du tA" caclémie. personne ici n'écoute. voilà comme il faut être effet. . misérable à crédit. que \otre amour . voyez ce mot. et jusqu'à ce moment J'avois de votre esprit quelque bon sentiment Mais. Ta tête I Où En diantre pourrois-tu trouver qui me valût? MARINETTE. tu dis bien Jamais de ces soupçons qu'un jaloux fait paroîlrc! Tout le fruit qu'on en cueille est de se mettre ma). Au mérite souvent de qui l'éclat vous blesse. 156 LÉ DÉPIT AMOUREUX Je vous croyois du sens. Et se rendre. seigneur Éraste. mais une faute.

ajoute que ma mort Est prête d. avoir l'aveu d'un père. je te dois beaucoup. Ne MARI^•ETTE. Elle désavoueroit bientôt un tel écrit. comme une déité GROS-RENÉ. si tu la lui dis. vous en donne la licence « Et. si c'est en votre faveur. « Je vous réponds de mon obéissance. A propos. si j'ai pu lui déplaire. Oîi mon âme a cru voir quelque peu de lumièr&j Ou. Tantôt encore? Eh bien? .ACTE « Il I. » MARINETTE. Ah! cache-lui. ce n'en est pas le tein[<5. de grâce. parlons point de mort. « Je vous réponds de mon obéissance. Si je lui rapportois vos foiblesses d'esprit. et je prétends Reconnoîlre dans peu. « Faites parler les droits qu'on a dessus mon cœur. Je ne me trompe guère aux choses que je pense. « Et. ÉRASTE « relit. qui me l'as ! apporté. une peur passagère. vous ai cherchéi ÉRASTE. r « Je Ah! quel bonheur! Je te dois regarder [Je toi. si c'est en votre faveur. Je vous en donne la licence. savcz-vous oià je MARINETTE. Les soins d'une si noble et si belle courrière. Au reste.'expier l'erreur de ce transport. « Faites parier les droits qu'on a dessus mon cœur. Que je vais à ses pieds. Sacrifier ma vie à sa juste colère. vous le disois bien: contre votre croyante. SCKNL il 157 se couronnera « S'il pt!Ut lui-mcme dans ce jour. de la bonne manière. ÉRASTE. ÉRASTE.

votre cœur magnifique promit. dès Me mois passé. Là. Monsieur. le Ali! j'entends. Ce que j'en ai dit n'est pas MARINETTE. ÉRASTE. s'il me rebuloil. Travaillez à vou^ rendre un père favorabic. MARINETTE. ÉRASTE. prends sans davantage attendre . Quand puis-je rendre grâce à cet ange adoiable? MARINETTE. Refuser ce qu'on donne est bon à faire aux fous. ÉRASTE. clans cette boutique Où. accepte-la donne sa bague. GROS-RENÉ.i5S LE DÉPIT AMOUREUX MARINETTE.. Où voub savez. MARINETTE. lui Oh que non ! ! ÉRASTE Te plaire.. que je vous presse. j'ai tardé trop toi A m'acquitter vers d'une telle longtemps promesse: Plais.. de sa grâce. dois-je?. La m&toise ! ÉRASTE. Celle-ci peut-être aura de quoi pour colle que je doi.. . . Mais. Tout proclie du marché. GROS-RENÉ. vous vous moquez j'aurois honte à la prendre... une bague. Il est vrai. Pauvre uOlUeuse. GROS-RENÉ. Ce sera pour garder quelque chose de vous. Où donc? MARINKTTE. ÉRASTE.

il plaisir.. Je plains le pauvre hère. D'une façon ci' d'autre il faut qu'elle soit vôtre: Faites votre pouvoir.ciel de mon âme. est chose bientôt faite. SCENE II! iHd MARINETTE. GROS-R'^NÉ. . Avec GROS-RENÉ. que dirons-nous aussi de notre amour? Tu ne m'en parles point. Adieu. chère comète. Un hymen qu'on souhaite. Alors comme ost?s. Sachant ce qui se passe. me veux-tu de même? MARINETTE. mon désir. mon astre. GROS-RENÉ. Entre gens comme nous. Marinette sort. Érastc relit la leUre tout bas MARINETTE. ÉRASTE. arc-en. Gros-René. ÉRASTE. Albert n'est pas un homme à vous refuser rien. Le bon Dieu soitloué. Adieu. MARINETTF Adieu. Je te veux. ÉRASTE. ACTE I. suffit. et nous ferons le nôtre. Et nous. seigneur Valère? . Touche. GROS RENÉ Eh bien.- VALÈlîE. Adieu nous en saurons le succès dans ce jour. à Gros-René. beau lis^n de ma flamme. GROS-RENÉ. Pour vous on emploiera toutes sortes d'efforts. MARINETTE. GROS-RENÉ. no^affaires vont bien. SCÈNE m. Adieu. Valère vient à nous. ÉRASTE.

et j'en suis bien de môme. ÉRASTE. Le plus parfait objet dont je serois charmé N'auroit pas mes tributs^ n'en étant point aimé. Pour moi. vous êtes le modèle D'une rare constance. seigneur Érasle? ÉRASTE. ERASTE. Et votre fermeté Doit être un rare exemple à la postérité. j'aime fort que l'on m'aime. Pour Lucile? VALÈRE. ÉRASTE. Il est très-naturel. dans son àme. VALÈRE. Et je ne forme point d'assez beaux sentimens Pour souffrir constamment les mauvais traitemens. VALÈRE. je suis peu fait à cet amour austère. Qui dans les seuls regards trouve à se satisfaire. VALÈRE.. Plus foris de jour en jour. ÉRASTE. ÉRASTE. Pour Certes. Lucile cependant. ÉRASTE. Rend tout ce que je veux qu'elle rende à ma flamme. Lucile.t^ LE DÉPIT AMOUREUX VALÈRE. l'avouerai. Enfin. quand j'aime bien.. je elle. VALÈRE. E{\ bien. Et mon amour plus fort. En En quel état vos feux? quel état l'amourt VALÈRE. Vous êtes donc facile à contenter? .

Non. VALÉRE. et veux ôtre discret.. le bon sire. vous me poussez. Ne vous abusez point. VALÈRE. Pas tant Que vous pourriez penser. Si j'osois vous montrer une preuve assurée Que son cœur. je sais que j'y je suis en sa grâce VALÈRE. Mais je vous fâcherois. GROS-RENÉ. moi. il me suipreûd. h n^ain? ÉBASTK. Ne laissez point Lisez. seigneur bien.. croyez-moi. après avoir lu. ÉRASTE. Votre présomption veut que je l'humilie. ÉRASTE. SCÈNE III 101 VALÈRE. VALÈRE. et..e. Eh Adieu. le Où vient-il donc pour lui de voir ÉRASTE.ACTE 1. ÉRASTE. découvrir en secret. Oui.. 11 . Sans trop de vanité. «Je puis croire pourtant. Vous connoissez VALÈRE. votre âme en seroit altérée. cet espoir si certain.. ÉRASTE. mol pour rï?e? Certes. duper vos yeux à trop de foi. Érast. tiens une assez bonne place. de Lueilfi. Ces mots sont doux. r«ant et s'^îu allant. ÉRASTE. et j'ignore. entre nous. Croyez-moi. VALÈRE.. Si je vgys osois. Vraiment. contre mon envie. Il e&t fou. que Moi.

car je n'ai pas été Je ne vais pas aussi. Bonjour. i ' Pour! ôissimu)ons.463 LE DEPIT AMOURFUX est Quel diable de mystère caché là-dessous. serviteur. Pour 0(1 se dirige. La rigueur Doucement. tkASTE. je Bonjour. MASCARILLE. à part. Je ne crois pas cela de voire courtoisie. monsieur. Oui. tout de ce pas Non. MASGARILLE. : * Aixhaïsme. Non. ne trouve point d'étal plus malheureux Que d'avfcir un patron jeune et fort amoureux! GROS-RENÉ. ÉRASTE. MASCARILLE. MASCARILLE. est extrême . SCÈNE IV. GROS-RENÉ. car je suis arrêté. GROS-RENÉ. jele vois paroître . GROS-RENÉ. ÉRASTE. Je prétends m'en aller. pour le jeter sur l'amour de son maître. Vous nous fuyez bien vile en uuoi vous fais-je peur? Ali ! i i aiAsCAKlLLE. du latin quo tendit. car. Et ne demeure point. Arcliaïsme. je pense. je ne reviens pas. Où Que tend Mascarille à cotte heure"? fait-il? revient-il? va-t-il? ou s'il demeure? MASCARILLE. même*. . Mascaiille. Feignons'. 11 uous est resté : tout de ?V'** . Son valet vient.- ÉRASTE.

Mais d'où diantre. Touche. Outre qu'en nos projets je vous craignois un peu. mais que la langue a yerdu. après tout. avez-vous su la ruse ? Car cet engf gement mutuel de leur foi N'eut pour témoins. MASGARILLE. Certes. GROS -RENÉ. Vous lirez sagement votre épingle du jeu. Sans doute. que deux autres et moi. ih que dia-tu ? ! ' ' Mot créé par Molière. J'ai su qu'en ses amours ton maître éloit trop bici^ Et je serois un fou de prétendre plus riea Aux étroites faveurs qu'il a de cette belle. . Oui. et mes feux que j'éteins Laissent la place libre à vos heureux desseins.ACTE T. A'ous avez bien fait de quitter une place Où l'on vous caressoit pour la seule grimace . et je te cède aussi la Marinette. MASGARILLE. la nuit. sachant tout ce qui se passoit. Plût à Dieu ! ÉRASTE. ou si c'est raillerie? ÉRASTE. El l'on croit jusqu'ici la r. nous n'avons plus sujet de ja1ou=îe. Et mille fois.haîpe fort secrète Qui rend de nos amans la llamme satisfaite. Mais est-ce un coup bien sûr que votre seigneurie Soit désenamourée *. Nous devenons amis. SCÈNE IV i*^ ÉRASTE. Mot également créé. * Passons sur ce point-là noire rivalité N'est pas pour en venir à grande extrémiK?. Gros-René sait qu'ailleurs je me jette. vous me plaisez avec celle nouvelle. faux espoir dont on vous repaissoit. ÉRASTE. MASGARILLE. J'ai plaint le On offense un brave homme alors que l'on l'abuse. . et aont il a enrichi la langue.

Tu penses fuir ? MASCARILLE. Monsieur? ÉRASTE. ÉRASTE.. MASCARILLE. Vous en avez menti MASCARILLE.. Ah Gros-René I ! GROS-RENÉ. ÉRASTE. ÉRASTE. monsieur. monsieur. mtâme * MASCARILLE. qui trompe tout le monde En vous trompant aussi. qui peut vous avoir dit Que sous ce faux semblant. je ne raiiioïs point. MASCARILLE. je le veux bien. ÉRASTE. Â Mascarille. ÉRASTE. Je démens un discours dont je n'ai que trop peur. D'accord. ÉRASTE. leur ardeur sans secoade D'un secret mariage a serré le lien. Nenni. Et ne sais pas. l est la femme. Vous avez tout pouvoir. Vous êtes un coquin. je raillois.169 LE DÉIMT AMOUREUX MASCARILLE. Je dis que je suis interdit. . Quoi Lucile MASCARILLE. Ah Non. I Monsieur. ! vous railliez. Et cette audace Ménteroit cent coups de bâton sur la place. Non.

SCÈNE IV 465 ERASTE. C'est ce qu'il vous plaira. ÉRASTE. J'y consens. MASCARILLE. monsieur. Elle ira faire encor quelque sotte harangue. MASCARILLe. ou si c'est imposture. tirant son épée. . Sans marchander. ou je veux que la vérité pure S'exprime par ta bouche. 1 Hélas Je ne dis rien. Assure chose vraie.ACTE Il I. pas. Hélas je la dirai* Mais peut-être. MASCARILLE. donc? MASCARILLE. A ma juste fureur rien ne te peut soustraire. ÉRASTE. Parle mais prends bien garde à "e que tu vas faire. Archaïsme yopuian'e. rompez-moi les jambes et les bras. ÉRASTE. je ne suis pas ici Pour vous rien contester. Ou si c'est I . MASCARILLE. Tu mourras. est donc vrai? MASCARILLE. plutôt. Et me laissez tirer mes chausses * sans murmure. Si tu mens d'un seul mol en ce que tu diras. * i'our : s'en aller. Veux-tu dire? Voici. Que dis-tu ERASTE. Non Je ne dis pas cela. ÉRASTE. de quoi te délier la langue. si vous le trouvez bon. Eh! de grâce. que je vous fâcherai. de peur de mal parler. Donnez-moi vilement (juelques coups de bâton.

" ÉRASTE. Si. malgré mes sermens. Il l'impute à l'effet d'une haute prudence Qui veut de leurs secrets ôter la connoissance. ÉRASTE. Ote-toi de nies yeux. que j'ai dit ici. Et qu'en voire faveur son cœur témoignera. Ma langue. monsieur. Et c'est après cinq jours de nocturnes visites. Eh Nous en tenons * bien. vous doutez de ma foi. * Pour . la moindre chose. Locution populaire. ÉRASTE. Que depuis avant-hier ils sont joints de ce nœud. Expression impropre. Gros-René peut venir une nuit avec moi. . GROS-RENÉ. tous deux. Faute «l'un homme iuexpéii meule. Et veut absolument que tout ce qu'il verra. elle- maraud ! MASCARILLE. . Hh bien? GhoS-RENÉ. A fait un pas de clerc * dont elle s'aperçoit Mais enfin cette affaire est comme vous la dites. Et Lucile depuis faitencor moins paroîlre La violente amour qu'elle porte à mon maître. Ce mariage est vrai? MASCARILLE. en cet endroit. Etje lui ferai voir. étant en sentinelle.m En tout ce LE DÉPIT AMOUREUX si Faiies-moi pis encor. tuez-moi j'impose. vrai. C'est ce que je demande. Que nous avons dans l'ombre un libre accès chez ÉRASTE. Tandis que vous serviez à mieux couvrir leur jeu. Et de grand cœur. SCÈNE V. si i'auiie est vériiahlc *.

El que voilà l'état. sors de ma Qu'avecque ses écrits elle me laisse en paix. GROS-RENÉ. et que c'est une baie * Qui sert sans doute aux feux dont l'ingrale le paye. MARINETTE.ACTE Las! il I. Ma niaîtresse au jardin Oses-tu me vous permet de la voir. Marcine bien leur concert. malgré s i souplesse. Les Lestrigons. SCÈNE VI. parler. ÉRASTE. Ma pauvre Marinelte. Gros-René. 2 Raillerie contre les grands . et dis à ta maîtresse Va. Et dis-lui bien el beau que. passaient pour anthropophages. âme double et traîtresse 1 présence. ne l'est que trop. Est pire qu'un satrape. El ce qu'a t'ait Valère. Crocodile trompeur. de qui le cœur félon le pique. Il déchire la lettre et sort. ou bien qu'un Lestrigon *I Va. MARINETTE. M'oses-tu bien encor parler. es-lu bien éveillée? faire est donc leur âme travaillée? un tel accueil à nos soins obligeansf Olil que ceci chez nous va surprendre les gens! De quel démon Quoi! Voyez plus haut. femelle inique. va rendre réponse à ta bonne maîtresse. aille au diable avccque seule. sur le soir. - ÉRASTE. ni Nous ne sommes plus El désormais qu'elle sols. SCÈNE VI bourreau détestable I A&i ÉRASTE. en voyant cet écrit. mots et les invectives des poètes contemporains. infâme! que j'en fais. toi. peuple de la Campanie. tromperie. MARINETTE. le Jo vois trop (lapparence à tout ce qu'il a dit. Je viens vous avertir que tantôt. MARINETTE. ni mon maître moi. dis-moi donc quelle mouche GROS-RENÉ. * Pour : conte.

nourrie avec vous.. Hélas! que j'ai de peine à rompre mon silence! FROSINE. FUOSINE. Ouais! ceci doit donc être un important secret? ASCAGNE. Nous serions au logis beaucoup moins sûrement. dont voi avez connu Dans tous vos intérêts l'esprit si retenu Moi. Dieu merci. FROSINE. si je pouvois le cacher davantage. à secret. vous savez la secrète raison Qui cache aux yeux de tous mon sexe et ma maisOD.. Ou que de quelque endroit on ne nous puisse cnlondro. Iraducti'jii modèle déleâlai:le. I • I Qui sais.168 LE DÉPIT AMOURI^UX ACTE SCÈNE II M. Ascagne. Et nous pouvons parler avec toute assurance. FROSINE. Trop. ASCAGNE. sommes-nous bien ici! Prenons garde qu'aucun ne nous vienne surprendre.ASCAGNE. FROSINE. Oui. Ah c'est me faire outrage 1 Feindre à s'ouvrir à moi.. je suis Mais. Ici de tous côtés on découvre aisément. ASCAGNE. et qui liens sous silence Des choses qui vous sont de si grande importance.j Vous savez que dans celle où passa mon bas âge Je suis pour y pouvoir retenir l'hériiage Empruntée Mauvaise d'ua * à Vl/tteresse. un tel discours. . puisque je le dis à vous-même à regret. de Secciii. pour fille ASCAGNE. Vous ne le saunez point. Et que.

En laveur des présens le secret fut promis. dôgiiisée. En bonne foi. dis-je. Mais cepenaant je vois qu'il garae intelligence Avec celle de qui vous tenez la naissance. Mais. Albert ne l'a point su de nous. ce point sur quoi vous me pressez : Est une affaire aussi qui m'embarrasse assez Le fonds de cette intrigue est pour moi lettre close. où vous étiez nourrie (Votre mère d'accord de cette tromperie Qui rempiaçoit ce fils à sa garde commis). S'il voyoit chez un autre aller tout l'héritage Dont sa maison tiroit un si grand avantage. Comme le mal fut prompt dont on la vit mourir. De son époux absent redoutant le transport. Son trépas imprévu ne put rien découvrir. Quand. et l'a rendu mon père? FROSINE. Ces vers conius et vagues signilieiit : ic ?i. La supposition fut de son sentiment. dont j'ai pris . et. Et qu'on vous prit chez nous. à ce discours. ici. J'ai su qu'en secret même n lui laisoit du bien.>i?. pour cacher un tel événement. L'ayant plus de douze ans conservé dans son anie. Au destin de qui même avant qu'il vînt ai jour Le testament d'un oncle abondant en richesses D'un soin particulier avoit fait des largesses. El peut-être cela ne se lait pas pour rien. Quand il mourut. Et c'est aussi pourquoi ma bouche se dispense A vous ouvrir mon cœur avec plus d'assurance. Dont mon déguisement fait revivre le son*. ue p. pour sa femme. Éclaircissez un doute où je tombe toujours. Et que sa mère fit un secret de sa mort. ce fils. avant que passer. Se pourroit-il qu'Albert ne sût rien du mystère Qui masque ainsi mon sexe. Et ma mère ne put m'éclaircir mieux la chose.is perdre l'héritage du jeune Ascygne. afin de le iioui. l'objei a tant d'amour. Frosine.ACTE II. SCÈNE I l'ôO <^ne relâchoit ailleurs le jeune Ascagne mort.

Et que ses traits subtils. J'ai de quoi toutefois surprendre plus votre âme« FROSINE. Ont su trouver le cœur d'une fille peu forte • J'aime enfin. ASCAGNE. ASCAGNE. autre chose à vous dire. lui. dieux! sa Je suis sa femme. Que mon sexe à ses yeux n'a pu se déguiser. . il LE DÉPIT comme il AMOUREUX le vous veut porter au mariage. dont à la maison Votre imposture enlève un puissant héritage. FROSINE. c'est un mauvais langage» Je ne sais s'il sauroit la supposition Sans le déguisement. Frosine. doucement. Il n'est pas temps encore. Sachez donc que l'amour ne sait point s'abuser. Mais la digression Tout insensiblement pourroit trop loin s'étendre : Revenons au secret que je brûle d'apprendre'. Et. sous l'habit que je porte. de votre sexe ayant le moindre ombrage. Et quoi? ASCAGNE. prétend. Et qui. et ce cœur qui soupire A bien. N'entrez pas tout à fait dedans l'étonnement.f 170 D'autre part. Verroit incontinent ce bien C'est encore lui retourner! un plus grand sujet de s'étonner. pour vous surprendre. L'objet de votre amour. FROSINE. FROSINE. femme * Cette narration confuse et entortillée est très-m»l écrite. J'aime Val ère. etpppar- tient K l'original ilaiitn. Vous aimez! ASCAGNE. Ah! vous avez raison.

Et je ne pouvois voir qu'on rebutât sa flamme. dis-je. Je la suis. Et paya pour un autre avec beaucoup d'usure. Me sembloit un amant digne d'être écouté. et les blâmai si bien. ma chère. Tant mes sens coup sur coup se trouvent confondus. comme vainqueurs. Je vais vous l'expliquer. Ainsi mon cœur. Ni qu'il ait de mon sort la moindre connoissance. Par un coup réfléchi reçut une blessure. Valère. sans qu'il le pense. reçus dedans mon âme. l'amour que j'eus pour lui Se voulut expliquer. et ne raisonne plus. cehù-là l'emporte. ASCAGNE. FROSINE. et vient à bout De toute ma raison. A ces énigmes-là je ne puis rien comprendre. rejetés de l'objet qui l'enflamme. ^ ASCAGNE. dans les fers de ma sœur arrêté. enfin. SCÈNE I i7i ASCAGNE. Sans qu'un peu d'intérêt touchât pour lui mon âme. Et ses vœux. Ahl certes. si vous voulez m'entendre. en lui parlant. Étoient. sa femme. sans pouvoir m'en défendre. Ce Encor I n'est pas encor tout. mais sous le nom d'aulruu * Pour : je quille le discours. Frosine. Je voulois que Lucile aimât son entrelien. Le est neutre. Que moi-même j'entrai. ASCAGNE. Je blâmois ses rigueurs. .ACTE II. un peu trop foible. Enfin. Je me laissois gagner aux soupirs qu'il pcrdoit. je le* quitte. FROSINE. Oui. hélas I Se rendit à des soins qu'on ne lui rendoit pas. Dans tous les seutimens qu'elle ne pouvoit prendre. FROSINE. moi qu'il persuadoit. C'étoit. Oh! poussez.

une amant trop aimable • Crut rencontrer Lucile à ses vœux favorable. Je devois une femte à ses commandcmens. .172 LE DÉPIT AMOURKUX nuit. la plujjart des vers * précédents et suivants. voyant mon père en d'autres sentimens. parole. Tout entretien secret se devoit éviter. Sous ce voile trompeur. di. ' Ces deux mots •'imaicnt encore ensemble. pou'vu qu'il arrive au but qu'il se propose. Ne jugez-vous pas bien. au surphis. Et me suis assuré l'époux que je vous FROSINE. Qu'ainsi de notre amour nous fei ions un mystère ** Dont la nuit seulement seroit dépositaire. Mais enfin aujoura'hui je me découvre à vous. avec sa mine froide '? Cependant vous avez été bien vile ici . El. pour : avec laquelle. Quand l'amour est bien fort. Car veux que la chose ait d'abord réussi. Geste. Je lui dis que pour lui mon âme étoit blessée. Afin que vos conseils. écrit. ne m'en dît jamais rien.. cet Dans ma bouche. sans m'ai rêler sur toute l'industrie Dont J'ai j'ai conduit le fil de cette tromperie*. Que du déguisernent il ne reconnut rien. qui flalloit sa pensée. et cheville Dont. comme le sont. Peste! les grands talens que votre es|)rit possède ! Diroit-on qu'elle y touche. Ses projets seulement vont à se contenter.. Mais voici cet époux. de jour. Et qu'entre nous. rien ne peut l'arrêter. poussé jusqu'au bout un projet si hardi. à regarder l'issue. Et je sus ménager si bien cet entretien. Licence condamnables. Il cioil que tout ie reste après est peu de chose. Mais que. do même que du mien. Et que. Qu'elle ne peut longtemps éviter d'être sue? ASCAGNE. je * Ce vers est «îvJdemniPnt dritpstablc. Enfin. de peur do rien gâter. de son côté. Qu'il me verroit alors la même indififérence Qu'avant que nous eussions aucune inlelligence.

rompre notre entretien. . Puisque vous le ASCAGNE. Vous-même. Je pourrois assez mal répondre à votre atienlt*. un peu trop su me plaire. Et que. Je voudrois de bon cœur couronner votre flamme. non. si je faisois tous les vœux de son cœur. vous pouvez bien.VALÈRE. faisiez. Et comment? ASCAGNE. Cette confession n'est pas fort obiigeau'j^*. Non. ASCAGNE. tort de mêler ma présence. régnant dans votre âme. VALÈRE. si quelque événement Alloit mettre à l'épreuve un si doux compliment. je vous dis que. Valère. VALÈRE. injustement. AS'JAa:vE. Et si c'étoit quelqu'une oiî par votre secours Vous pussiez être utile au bonheur de mes jours? ASCAGNE. Eh quoi! vous voudriez. si j'étois fille. SCENE II 173 .ACTE SCÈNE il. VALÈRE. Moi? ASCAGNE. ASCAGNE. II. VALÈRE. Alors qu'à leur effet un pareil si s'oppose. Ces protestations ne coulent pas grand'cliose. VALÈRE. Point du tout. Je ne tarderois guère à faire son bonheur. VALÈRE. FROSINE. Je disois que Valêre Auroit. Si vous êtes tous deux en quelque conférence Je Où je vous fasse me retirerai. Mais vous seriez bien pris.

. Ce que je vous ai dit. Et le moindre scrupule a de quoi m'offenser il Quand Si s'agit d'aimer. à des bontr^s que vous auriez pour nous. Ascagne.l:4 LE DIÎPIT AMOUREUX fille et Qu étant De mon cœur vous aimant tendrement. El que. A moins que le ciel fasse un grand miracle en vous. S'il est vrai.i. pour moi. Que pareille chaleur d'amitié vous transporte. VALÈRE. Je ne m'engage point à vous servir. Il ne vous reste rien qui pour nous s'intéresse. si j'étois fille. Et je vous fais ici tout l'aveu qu'il ASCAGNE.. Enfin je suis sincère. J'ai l'esprit délicat plus qu'on ne peut penser. il ne faut rien prt^tendre. Que vous gardez pour moi le même sentiment. 0. ASCAGNE. et vous le devez prendre Tout de même. adieu votre tendresse. ASCAGNE. Je n*avGis jamais vu ce scrupule jaloux. Ainsi donc ASCAGNE. Mais cela n'étant pas? Je l'ai dit comme fille. m'est interdit. Valère. si vous n'êtes fille. tout nouveau qu'il est. Je m'allasse engafior avec une ])roinesse servir vos ardeurs pour quelque autre maîtresse I si Un pénible efl'ort. sans fard. VALÈUE. Bref. ce mouvement exige. m'oblige. Mais. VALÈRE. au moins absolument. ddsornîaii Vos intérêts seioût les miens. je vous promeia. Mais sans fîrd? VALÈRE. N'oulrageroit point celle une flamme plus forte oii je vivrois pour vous. vous ne m'assurez.

Où votre cœur pour moi se pourra découvrir. ASCAGNE. VALÈRE. . Et pourquoi? ASCAGNE. VALÈRE. Et j'ai quelque secret de même à vous ouvrir. et croyez. VALÈRE. Ascagne. ASCAGNE. . Voire discours m'étonne. vous dire un important mystère. Ce n'est pas la saison De m'expliquer. par avance. VALÈRE. Nous verrons qui tiendra mieux parole des deux. ASCAGNE. Vous promettez ici plus que vous ne croyez. C'est que j'ai de l'amour qui n'oseroit paroîtrc. s'il est en ma puissance* ASCAGNE. Pour raisou. Plût à Dieu que ma sœur!. besoÏQ pour cela de l'aveu de queique autre. et lors. Eh! de quelle façon cela pourroit-i! être? ASCAGNE.ACTE J'ai bientôt à II. Non. mais c'est une personne Il n'est pas encor temps Qui VOUS touche de près. ïe vôtre. Que votre heur est certain.. rMjn.. dites l'objet pour qui vous m'employez. nous expliquant nos vœux. Expliquez-vous. vous dis-je. Et vous pourriez avoir sur l'objet de mes va:'ux Un empire à pouvoir rendre mon sort heureux. Vous saurez mon J'ai secret quand je saurai VALÈRE. ez-le donc. SCÈNE II *T5 VALÈRE. ASCAGNE. VALÈRE. Oîi l'effet de ces mots me sera nécessaire.

Si vous le '•apneliez et qu'il ne revînt pas. vous vois parler contre son intérêt! ASCAGNE. Il s'expliqufi à mes yeux intelligiblement. Je sais qu'il est rangé dessous les lois d'un autre. ASCAGNE. je veux l'aimer. Et mes vœux maintenant tournent de son côté. pour son ca'ur.l 76 LE DÉPIT AMOUREUX VALÈRE. que mon cœur s'y propose. SCÈNE III. MARINETTE. Valcre. Si ce n'est Ai'îsi âe''/)uvrez-lu). C'est toute la douceur frère. Adieu. sujet. quand Et je mciLE. d'orgueil et d'injustice. ASCAGNE. - LUCILE. Et je sais. Il croît trouver en vous l'assistance d'un frère. à Marinette. les trois LUCILE. vous voyez une métamorphose. cette action a de quoi l'aftliger. Je le quitte.n trait honteux à vos appas. c'est ainsi que je me puis venger. Et moi content. ma sœur. mon sentiment* . Et. LUCILE. premiers vers. mon dessein vous déplaît. ASCAGNE. FROSINE. C'en est Et. FROSINE. Mon Que dites-vous. pour embrasser le vôtre. Valére sort. sans peur. Je veux cliérir Valère après tant de tierté. j'ee suis content. tout ce que j'en dois croire. j'aurai soin de ma gloire. oue cela. au change La vôtre me surprend avec plus de De vos soins autrefois Valère étoit l'objet: Je vous ai vu pour lui m'accuser de caprice. D'aveugle cruauté. si fait. Et ce seroit r. Cette inégalité ma sœur? Comment! courir me semble trop étrange.

vous me désespérez. MARINETTE.ACTE II. Si vous effectuez vos desseins déclarés. je vous prie. SCENE IV «77 Ou.. madame. MARINETTE. et saisit promptement qu'il croit servir à Tout ce son ressentiment. court à sa vengeance. vous êtes sensible aux prières d'un Quittez un tel dessein. c'est assez. cruelle sœur. Si vous lui dérobez l'amant qui peut lui plaire. Je ne sais point pour qui vousvous intéressez. Éraste est un parti qui doit vous satisfaire. Un cœur ne Il pèse rien alors que l'on l'affronte. Et des feux mutuels.. vous auriez pitié de l'état de son âme. Et je vois dans son cœur de tendres mouvemens A dompter la fierté des plus durs sentimens. Mais de grâce. et n'ôtez point Valère Aux vœux d'un jeune objet dont l'intérêt m'est cher. sur ma parole. ma sœur. Oui. ASCAGNE. Allez. ASCAGNE. Mon frère. Que je suis assuré. est assez prompte. La pauvre infortunée aime avec violence. cessons ce discours. à ces mots vous restez interdit? vous refusez de le faire. SCÈNE iw. . sî Lui va faire savoir que son Quoi! mon frère. La résolution. Connoissant de quel coup vous menacez sa flamme. . El je ressens si bien la douleur qu'elle aura. LUCILE.LUCILE. El qui. LUCILE. frère. Si si sur vous je puis avoir crédit. qu'elle en mourra. Et me laissez un peu dans quelque rêverie. ma bouche ardeur me touche. Ah! ma sœur. A moi seul de ses feux elle fait confidence. a droit de vous toucher.

à cet autre message. je comprends que vous avez raison.è LE DKPIT AMOUREUX extrême MARINETTE. Puisque rien ne le doit défendre de ma haine. en pareil cas. En effet. Car enfin aux transports d'une bonne nouvelle Jamais cœur ne s'ouvrit d'une façon plus belle . Au moins. Qui.. Quoi! tu voudrois chercher hors de sa lâcheté La secrète raison de cette indignité ? Cet écrit malheureux.î i. MARINETTE. feignent tant de langueur. n'aura pas sujet d'en triompher longtemps. Et cependant jamais. Et que celte querelle est pure trahison. Marrnelle eut dou nez. Fille ne fut traitée avecque tant d'outrage. Vous me voyez encor toute hors de moi-même! Et. Eh Il bien. qu'il s'en vante et rie à nos dépens. pour nous accrocher. trop foiblesque nous sommes Foin de notre sottise. Nous en tenons. Peut-il à son transport souflVir la moindre excuse? MARINETTE. Laissons à leurs beaux mois fondre noire rigueur. De récrit obligeant le sien tout transporté Ne me donnoil pas moins que de la déilé. Rien ne s'est pu passer dont il faille être en peine. quoique là-(ftssus je rumine sans fin. dont mon âme s'accuse. quoi qu'on eu puisse dire. madame: Aux bons el puis prêtons l'oreille chiens de pendards qui nous chantent merveille. et j'y perds mon latin. Rendons-nous à leurs voeux. je lui ferai voir qu'en El une âme bien faite Le mépris suit de près la faveur qu'on rejette. Je ne sais. Quand on sait qu'on n'a point d'avaniage sur vous. traître! faire voir celte insolence Le L'aventure me passe. est-ce un bonheur bien doux. bien. LUCILE. pour causer de si grands changemons. Ce qui s'est pu passer entre ces courts moniens. . et peste soit i des hommes! Lt'CILE.

soit alors sévère. Auroit ouvert l'oreille à la tentation LUCILE. De descendre jamais Que ton affection me Et licime à quelque lâcheté. je veux que ton zèle s'exprime A me bien mettre aux yeux la grandeur de son El même.. Et choisis mal ton temps pour de telles saillies ! Enfin je suis touchée au cœur sensiblement. Pour me donner celui de me pouvoir venger). SCENE V De ne permettre rien un soir qu'on vouloit rire^ esjjoir 170 Quelque autre.. traître aussi ma vie me redonnât envie. Détester à mes pieds l'action d'aujourd'hui. dont j'aurois tort. ALBERT. MARINDTTE. LUCILE. et laissez faire à nous. colère. fille El je scrois plutôt toute Que mon gros S'il vient. dis-je. Par un coup de bonheur. sous Mais moi. comme il faut la main à ma MARINETTE. Que tu dis de folies. *. par un sort à mes désirs propice. Prononciation que mot matrimonium. n'ayez point peur. Quand. qui veut curés de campagne avaient adoptée pour !« dire mariage. du matrimonion . si jamais celui de ce periide amant. Lucile. me parler pour lui. pour le moins autant de colère que vous.ACTE M. iiesdo vos. Au contraire. De vouloir à présent concevoir l'espérance (Car le ciel a trop pris plaisir à m'affliger. Rentrez. J'ai Vraiment. ~ ALBERT. ' je veux un peu les l'entretenir. SCÈNE V. Et. et me faites venir Le précepteur. . Il reviendroit m'offrir sa vie en sacrifice. si mon cœur étoit pour lui tenté Je le défends surtout de ciime. je pense.

qu'il me faut conserver. MÉTAPHRASTE. C'est comme Maître est dit a magis ter . Bruno Nolano. ! En Nous quel gouffre de soins el de perplexité jelLe une action faite sans équité * . SCÈNE VII «. sur quoi que je m'arrête. Ma famille en opprobre et misère jetée Tantôt pour ce lils là. .<80 LE DEPIT AMOUREUX S'il sait Hi m'informer de lui. ou bras ca'ssé. dans . voulu. MÉTAPHRASTE. j'ai euro diligenter^. : Las vous ne savez pas? vous l'a-t-on annoncé ? Votre fils a la fièvre. d'une scène oubliée du Déniaisé.ALBERT. point quel ennui depuis peu l'accompagne. par la fourbe éventée. ALBERT.. Je crains cent accidens qui peuvent arriver. D'un enfant suppose par mon trop d'avarice Mon cœur depuis longtemps souffre bien le supplice Et.. Mandatum tuum Maître. . à tous momens. me hâte d'obéir à votre comniandenienl. ! Ahl. ou jambe. J'appréhende au retour celte triste nouvelle .ALBERT. quand je vois les maux où je me suis plongé. l'italien Étymologie burlesque enipruDlée à sa comédie du Pédant. Enfin. On ne souffre pas le supplice d'un enfant... de la Tes-onnerie. S'il advient que dehors quelque affaire m'appelle. qui me gouverne Ascagne. SCÈNE VI. Cent sortes de chagrins me roulent par la tête. * * Imitée ^ Je » Phrase très-mal faite. MÉTAPHRASTE. Tantôt je crains de voir. Je voudrois à ce bien n'avoir jamais songé. qui diroit trois fois plus grand *.

et cent mots me cracher. Ne sont encor pour moi que du haut allemand.. Maître. Ce jargon n'est pas fort nécessaire. A mon fils • * A un Pour fils : on ne saurait préférer qu'un que j'ai résolu d'avoir. Faire le pédagogue. Laissez donc en repos votre science auguste. Poursuivez. meure Si je savoîs cela. sur quelque parti que je sonde son cœur. Oui. Mais. dites journellement. ALBERT. d'interrompre ainsi. MÉTAPHRASTE. encore une fois. : Il est vrai filius : Filio MÉTAPHRASTE. fils. non potcst prœferri ALBERT. Donc. Maître. Je veux poursuivre aussi j Mais ne poursuivez point. ALBERT. maître. Et que soigneusement je l'ai toujours nourri. Et que votre langage à Soit.ACTE II. dans un entretien qu'avec vous je destine -. soit... depuis cinquante ans. Ne m'a jamais rien fait apprendre que mes heures. l'hymen me paroît faire pcur| Et. Mon fils me rend chagrin vous savez que je l'aime. à la bonne heure. quoiqu'il eût la tête des meilleures. Comme si vous étiez en chaire pour prêcher. c'est la troisième. MÉTAPHRASTE. mon foible s'ajuste. Je vous crois grand latin : Mon père. et. Je m'en rapporte à ceux qui m'en ont assuré Mais. . donc. Nisi '. me semble grand docteur juré. vous. en discouiant ensemble. N'allez point déployer toute voire doclnue. SCÈNE VII Je 181 ALBERT.

votre fils ? ALBERT. auteur fameux D'un terme plus choisi que le mot que vous dites. Puisque je suis certain que. LE DÉPIT pareil lien il AMOUREUX Pour un est froicl. Mon Dieu! MÉTAPHRASTE. Eh bien donc. laissez là. Les Grecs. cl recule. Il faut choisir MÉTAPHRASTE. moi. Et je l'aperçus hier. ALBERT. maître éternel. Il : Je ne sais MÉTAPHRASTE. Et moi. Et tous ces autres gens dont vous voulez parler : Eux et mon fils n'ont rien ensemble à démêler. d'auteur.. Dont avec Atticus Et le comme aussi les même fait sermon. ALBERT. je vous prie.ASTE. Comment auroit-il pu l'avoir dit. Ame du monde enfin n'ctoit lors que nous deux? MÉTAPHRASTE. Virgile est là nommé comme un El qu'il suffit ici de mon seul témoignage. Dans un lieu reculé du bois. Et non comme témoin de ce qu'hier vous vîtes.in-?.. si dans l'âme ne sentiroit point une secrète flamme Quelque chose le trouble. ni de témoin. ou je suis fort déçu .. Un endroit écarté. Peut-être a-t-il l'humeur du frère de Marc-Tuî>e. les Albanois. que je n'ai pas besoin De terme plus choisi.. ce Virgile. Grecs disent Atanaton. latine. locus. pourtant les mots mis en usage . secessus l'a dit : Virgile Est in secessii. avec l'Esclavonie. voulez-vous dire . dans ce lieu tranquille. MÉTAPnP. ie vous dis. ALBERT. Dans un recoin du bois où nul ne se retire. sans en être aperçu.

Tu Homme ALBERT. me ALBERT. votre inflammation! Que voulez-vous de moi ? ALBERT. . Que ' je tré. Mais qui cause. en usage liansles écoles. Me Tout prêt de vous ouïr. MÉTAPHRASTE. voilà MÉTAPHRASTE. ALBERT. s'il tais. ne tient qu'à cela. Je serai le diable qui t'emporte. ALBERT. Vous ferez sagement. La peste Soit du causeur f MÉTAPHRASTE. Comme on dit. veux-tu m'entendre sans conteste? MÉTAPHRASTE. Cliien d'homme! 0ht que je suis tenté d'étrange sorte De faire sur ce mufle une application! MÉTAPHRASTE.ACTE Pai' les II. ! sans doute. ALBERT. Vous ai-je dit vingt fois. Tant mieux. MÉTAPHRASTE. Un Et dit là-dessus doctement mot que vous serez bien aise assurément D'entendre.>'asr-c Vers (le DespaimiMO. seigneur. vivendo bonoSt scribendo sequnre peritos *. Quînlilien en fait le précepte. quand je parle. ou démon. Je veux que l'on m'écoute. Ah Vous Je sei'ez satisfait. SCÈNE VII ^83 meilleurs auteurs.

MÉTAPHRASTE. Fort bien. J'ai promis que je ne dirois rien. Dieu vous en fasse la grâce! MÉTAPHRASTE. MÉTAPHRASTE. I ALBERT. ALBERT. Ainsi soit-il. Je ne desserre pas la bouche seulement. achevez vilement. ALBERT. ALBERT. de grâce. Et n'appréhendez plus l'interruption nôtre. Suffit. C'est assez dit. ALBERT. MÉTAPHRASTE. à paru Le traître 1 MÉTAPHRASTE. MÉTAPHRASTE. Parlez. Parlez quand vous voudrez. Vous ne vous plaindrez pas de mon peu de silence. MÉTAPHRASTE. cou rage au moins je vous donne audience. Vous n'accuserez point mon caquet désormais. Je suis exact plus qu'aucun autre ALBERT. Depuis longtemps j'écoule . ALBERT. Mais. Je le crois. Dès à présent je suis muet. MÉTAPHRASTE.i84 Si je dis plus LE DÉPIT AMOUREUX mou ALBERT. . il est bien raisonnable Que je parle à mon tour. J'y vais.

moi parler un peu.. ou je m'en vais. . D'où vient fort à propos cette sentence expresse D'un philosophe: Parle afin qu'on te connoisse. (Trad. bourreau détestable. MÉTAPHRASTE. je suis ivre! Je n'ai pas dit. Ma patience est bien. Pierre Ménard. Paris. Oh! que les grands parleurs sont par moi détestés! Mais quoi! * si les savans ne sont point écoutés. SCÈNE VIII 135 ALBERT. MÉTAPHRASTE. Eh ! l'étrange torture Derechef! laissez.ACTE \ H. Eh 1 bon Dieu le Partageons voulez-vous que j'écoule à jamais? parler-.. Et changer mon essence en celle d'une bête. Donc. Parbleu.'afi.. se distingue pas D'un savant qui se ALBERT. tu te tairas SCÈNE VIII. I ALBERT. Doncque. je vous conjure. au moins. ! Un sot qui ne dit mot ne tait..) le scène sont empruntés à la traduction de Pédant. si de parler le pouvoir m'est ôté. Quelques traits de cette Bruno ^Q\d.*. Per Joveml ALBERT. MÉTAPHRASTE. Me voilà pour huit jours avec un mal de tête. Quoi! voulez-vous poursuivre? Ce n'est pas encor fait.Boniface et 1633. j'aime autant perdre aussi l'humanité. Encor? Bon Dieu! que de discours! Rien n'est-il suffisant d'en arrêter le cours? ALBERT. seul.. MÉTAPHRASTE.. J'enrage I MÉTAPHRASTE. Pour moi.

Pour moi. et dire en diligence A notre vieux patron toute la manigance. Et par les écoliers les maîtres fustigés. Qu'un fou fasse les lois. Que par les criminels les Que le lièvre craintif. est un évaporé: ! L'autre. do ' Les trois scène« suivantes Secchi. les Qu'à poursuivre les loups les agnelets s'ébattent. ciel parfois seconde un dessein téméraire. Que le malade au sain présente le rwmède. qui fait fuir. juges soient jugés. fils. . . MÉTAPHRASTE. sont eniDruntées de l'Intei'f'ssç. Miséricorde! à l'aide... ( .183 Si l'on veut Il LE DEPIT que toujours ils AMOUREUX aient lu Ijoaciio close. ! Gare une irruption sur notre friperie Au moins. avant qu'on puisse échauffer sa furîo. qu'une imprudence a trop fait discourir. faut Que Que donc renverser l'ordre de chaque chose poules dans peu dévorent les renards.ALBERT. MÉTAPHRASTE. ma pointe. III - MASGARILLE. fuyant. Son qui m'embarrasse. que les femmes combattent. lo Albert somio aux oreilles de Métaphrasle une cloche de mulet. ACTE SCÈNE I. Le Le remède plus prompt où C'est de pousser j'ai su recourir. Et l'on sort comme on peut d'une méchante affaire. les jeunes enfans remontrent aux vieillards. diable disant ce que j'ai déclaré. SCÈNE IX.

Il peine: s'en va. La réplique Quel est soudaine. Vous n'avez pas Monsieur. De tout Ah t vraiment. SCKNK H iSI Quelque cnosc de bon nous pourra succéder. SCÈNE II. ALBERT. bonjour. monsieur. Ne m'as-tu pas donné le bonjour? MASCARILLE.. pour vous donner Le bonjour. homme brusque ! Il heurte. Sans perdre un seul moment. Encor? MASCARILLE. MASCARILLE. ALBERT.- ALBERT. ALBERT. Et les vieillards entre eux se pourront accorder. ALBERT. 0ht oh! Mascarille? qui te peut amener. ALBERT. de la part du nôtre. MASCARILLE. je m'en vais trouver II l'autre. ' \j^ pluriel amis. C'est ce qu'on va tenter. frappe à la porte d'Albert.. MASCARILLE. Amis *. Oui. Je viens. et. est un idiotisme italien encore en usago et que Molière traduit liltéralement. nmici. .ACTE lU.VRILLE. tu prends beaucoup de mon cœur. Oui franne? MASr. ouï.

Alil c'est un autre Ton maître MASCARILLE. Mascarille l'arrête. importe à tous deux grandement Voilà mon ambassade *. ALBERT. voudroitvous prier d'une chose instamment. l'arrêunt. seigneur Polidore.188 LE DÉPIT bien. Il souhaite un moment. t'a chargé De me saluer? Oui. je suis à son service. Oui luais . Attendez. et souffrez qu'en deux mots je tiuisse. AMOUREUX ALBERT. quand il voudra. Cet homme est MASCARILLE. te dis-je. Va. Je n'ai pas achevé. Eh Il s'en va. La fin de celte scène est une imitation de Vlnnavertiio^ ôe BarDieri. vous dif-je. secret. qui a servi à Molière pour son Étourdi. monsieur. sans doute. MASCAHILLE. Il s'en va. ALBERT. je viens encore Vous saluer au nom du fait. pour vous cntrelcnir D'une affaire importante. que je lui souhaite une joie infinie *. ALBERT. bonjour. sou complimcnl. Il heurte. • : ' . Qu'il vient Un grand Pour di--lui que je. Et qui. de découvrir en ce même moment. El quelle est-elle encor l'affaire qui l'oblige Il A me vouloir parler? BIASCARILLE. ennemi de la cérémonie. Je lui suis obligé. et doit ici venir. MASCARILLE. Eh bien. ALBERT.

et je crains fort du père Et la grande richesse et la juste colère. I)e prévenir l'éclat oîi ce coup-ci m'expose. Le style de Molière n'est pas encore formé. SCÈNE IV 18'J $CÈNE Iti . par la fraude entré dans ma maison.ACTE III. ! ! ". ^ Scène imitée. sans doute. L'espoir de l'intdrêt m'a fait quelque infidèle '. bêlas c'en est fait. S'être ainsi marié sans qu'on en ail su rieni Puisse cette action se terminer à bien Je ne sais qu'en attendre. il n'est plus de saison. N'en sera point tiré. de Vlnfe^'eîsi. ! 1 1 * Albert veut dire: quelqu'un m'a trahi par l'espoîr d'une récompense. faire qu'en douceur passât toute la chose Mais. juste ciel ! je tremble: Car enfin nous avons peu de commerce ensemble. POLIDORE. . les quatre premiers vers sans voir Albert. Quelque tempôlr va renverser mes desseins. Et voilà sur ma vie une tache étemelle.ALBERT. Estime dans le sens pafsif. El ce bien. est celui que je crains. valu pour moi. Mais je l'aperçois seul. Archaïsme. pour mon estime Suivre les mouvemens d'une peur légitime. Je tremble à l'aborder. Par qui je me suis vu tenté plus de vingt fois De rendre à Polidore un bien que je lui dois.Au lieu de : pour ma réputation. mais avec supériorité. Et I ! SCÈNE iv5. de Secchi. Et ce secret. POLIDORE. . Oh que la vérité Se peut cacher longtemps avec difficulté Et qu'il eût mieux. ALBERT. Dieu Polidore vient POLIDORE. que dans cette sortie 11 n'entraîne du mien la meilleure partie. Ma fourbe est découverte.ALBERT.

ALBERT. ALBERT. Je vois. Ilélas! oui. au trouble de vos yeux. ALBERT. ALBERT. . Que vous savea déjà qui m'amène en ce» lieux. POLIDORE. J'en dois rougir de honte et de confusioa. Grâce. 11 est-très assuré. Et je n'eusse pas cru ce que je viens d'apprendre. Il change de visage. Dieu fait miséricorde au pécheur misérable. ô seigneur Polidoreî Ehî c'est POLIDORE. ALBERT. POLIDORE.itAi LE DÉPIT AMOUREUX retieDt. POLIDORE. C'est ce qui doit par vous être considéré.'"ea Afin de l'obtenir je me ALBERT. au nom de Dieu ! grâce. Quel sera mon langage^ POLIDORE. Il faut être chrétien. La craiiiit me POUDORE. ALBERT. ALBERT. La nouvelle a droit de vous surprendre. moi qui de vous présentement rnnplo. le El je ne prétends point excuser coupable. POLIDOItli. Je trouve condamnable une telle action. seigneur Albert. POLIDORE. Gon âme est tout émue. Par où lui débuter? ALBERT. jette à genoux.

Quelle douceur. POLIDORE. Vous me fendez le cœur avec cette bonté. ALBERT. ALBERT. SCENE iV FOLlDOUli. Je ne veux de vos biens que ce que vous voudrez De tous ces intérêts je vous ferai le maître. Conservons mon honneur. ALBERT. î 1 • Que puissiez-vous avoir toutes choses prospèreâ f .ACTE m. je m'y dispo?*?. ALBERT. Hélas seigneur Albert. Et je suis trop content si vous le pouvez être. Vous me rendez confus de tant d'humilité. POLIDORE. ALBERT. J'ose vous convier qu'elle n'éclate point. Eh oui. ALBERT. encore un coup! POLIDORE. je ne veux autre chose. POLIDORE. Je suis le suppliant dans une telle injure. Pardon. «01 Je dois en cet état être plutôt que vous. Et moi. Quant au bien qu'il faudra. POLIDORE. vous-même. POLIDORE. j'ea suis touché de même au deruier point. J'ai de cette action une douleur extrême. Ahl quel homme de Dieu! quel excès de douceur 1 POLIDORE. vous-même en résoudrez. ALBERT. après un tel malheur ! ALBERT. Prenez quelque pitié de ma triste aveuturo* POLIDORK. Hélas pardon vous-même I I j ALBERT.

II ne vous faut rien feindre. POLIDORE. Eli que parlez vous là de faute et de Lucile? . ' Pour : si cela contribue Ji vous soulager. Et de votre conduite ainsi détruit l'attente. J'avouerai qu'à lui seul en est toute la faute . I POLIDORE.nc commençons point un discours inutile. Remarquons. POLIDORE. . Sans l'incitation d'un méchant suborneur. et me ri^'jouis fort Que tout soit terminé par un lieurcux accord. et réparons l'offense Par la solennité d'une heureuse alliance.1B2 LE DÉPIT AMOUREUX POLIDORE. Gomme on vous voit puissant et de biens et d'amis. J'en rends grâces au ciel. Embrassons-nous on frères. ALBERT. quelle méprise ici ! et qu'est-ce qu'il m'apprend I Je rentre d'un trouble en un autre aussi grand. et que. une fo's pour tcdtes. Un esprit de douceur nous met d'accord tous deux. l'emploi du verbe faire dans le même sens et avec la même vairur que les Anglais donn. selon mes vœux. . Dieu ! à part. ALBERT. ALBERT. J'y consens de grand cœur..Tour: -r. Je veux bien que mon fils y trempe grandement: Même. Soit . rapitluns pas dans notre esprit. Puisque la chose est faite. Arcliribine Cïcellen!. Que le traître a séduit sa pudeur innocente. Que voire fille avoit une vretu trop haute Pour avoir jamais fait ce pas contre l'iionneur. si cela fait à votre allégement*. et perdu. Ne ramcntevons rien-.ntau mol io do. Votre ressentiment me donnoit lieu de craindre Et Lucib tombée en faute avec mon fds. ! Le bon Dieu vous maintienne ALBERT..

si je dij un mot. VALÈRE. et d'une humeur si terrible. POLIDORE. A quoi pensez-vous là. si POLIDORE.POLIDORE. SCÈNE VI.ACTE III. qui veut que je vous SCÈNE V. Enfin. Il faut qu'un peu de temps remette son esprit. et vois ce qui le presse. POLIDORE. D'accuser un enfant sage et saint. s accroît volontiers. A quoi que sa raison l'eût déjà disposé. SCÈNE VI l'Jj Dans ces divers transports je ne sais que répondre. A Remettons. - POLIDORE. "Voici mon jeune fou. Un mal subit me prend. Je prends part à sa honte. . j'ai peur de me confondre. L'image de l'affront lui revient. VALÈRE. d'où nous vient tout ce trouble. Je lis dedans son âme. Son déplaisir n'est pas encor tout apaisé. le beau mignon. Que En fais-je tous les jours qui soit si criminel? quoi mériter tant le courroux paternel? Je suis un étrange homme. et sa fuite Tâche à me déguiser le trouble qui l'agite. Et. à tantôt l'entretien. je vous prie. seigneur Albert ? ALBERT. Expression doublement impropre 13? . et son d-niil m'attendrit. rien. et il paisible la I Las ! il vit comme un dedans maison Du * matin jusqu'au soir est en oraison! Po-ij . Et nous n'aurons jamais autre chose aux oreilles. vos bons déportemens Troubleront les vieux jours d'un père à tous momens^ Tous les jours vous ferez de nouvelles merveilles. laisse. La douleur trop contrainte aisément se redouble *.

du latin succedcre. Te croiras-tu toujours? et ne pourrai-je pas Te voir être une fois sage avant mon trépas î ! VALÈRE. que j'ai reçu du ciel pour mon martyre. ) Dire qu'il pervertit l'ordre de la nature. Sans craindre de la suite un désordre puissant On le prend pour un autre. SCÈNE VII. VALÈRE. MASCARILLE. ii un mot oui fût fâcheux anorouve mes ^enx Pour d'un dénoùment. et le pauvre innocent Ne sait pas seulement ce que je lui veux dire Ah! chien. ceaers suk. Que Il je viens de trouver. la savoir Je ne sais point sur qui ma conjecture asseoir Mais enfin d'un succès * cette affaire est suivie. Et fait du jour la nuit. Dont j'ai tous les sujets d'avoir l'âme ravie. . Il Il ne m'en a nas excuse * dit ma : faute. - VALÈRE. MASCARILLE.T idi LE DEPIT AMOUREUX. ô la grande imposture Qu'il n'a considéré père ni parenté En vingt occasions horrible fausseté! Que de fraîche mémoire un furtif hyménée : A la fille d'Albert a joint sa destinée. Oui. et me contraindre un pea Dans ce juste courroux. Il ne sera pas homme à m'en faire un aveu. seul et rêvant. MASCARILLE. mon père. Mascarille. la sait? VALÈRE. D'où diantre a-t-il pu VALÈRE. . D'oii peut venir ce Il faut user d'adresse. coup ? Mon âme embarrassée Ne voit que Mascarille où jeter sa pensée. . sait toute notre affaire.

si c'dtoit moi Qui vous eût procuré celte heureuse fortune? Bon! bon! tu voudrois bien C'est moi. Ahl monsieur. MASCARILLE. J'ai de fortes raisons qui m'ont fait révéler Un hymen que vous-même aviez peine à celer. vous dis-je. Et qui vous Mais. Traître. VALÈRE. Tout beau. MASCARILLE. Qui me perds tout à fait. monsieur. ai produit ce favorable VALÈRE. C'étoit un coup d'État. Expression iiiipropr*. si tout présentement n'en vas recevoir le juste payement ! MASCARILLE. Mon âme. sans te railler? MASCARILLE. ici m'en donner d'uno.ACTE m. Que lu meures. Attendre le succès qu'aura cette aventure. Et que me diriez-vous. effet. là. jamais tu n'eusses avoué Le trait que j'ai bien cru que tu m'avois joué. C'est la fidélité que tu m'avais promise? Sans ma feinte. je vous conjure. il faut sans discourir. pour niouiir. . et s'il le diable m'emporte n'est de la sorte! l'épée à la main. et vous verrez l'issue * Pour : je proteste contre la surprise. qu'est ceci? Je défends la surprise *. Que Si je fais raillerie. VALÈRE. moi dont le patron lésait. SCÈNE VII Et je voudrois savoir qui peut être capable D'avoir pu rendre ainsi son esprit si Iraitabîec Je ne puis l'exprimer l'aise que j'en reçoi. 195 MASCARILLE. Daignez. meUant Et qu'il m'entraîne. de qui la langue à causer trop habile D'un père contre moi vient d'échauffer la bile. VALÈRE. Tu moi. N'est pas en bon état.

les cinq ALBERT. Je ne vois ici rien à vous mettre en fureur. est-ce vous de qui l'audace insigne Met en jeu mon honneur et fait ce conte indigne? MASCARILLE. Plus je premiers vers sans voir Valère. Et voient mettre à El si fin la containie où vous êtes? VALÈUE. MASCARILLE. Comment. ALBERT.ens du trouble où donné d'abord. MASCARILLE. prenez un temps un peu plus doux. Ah monsieur.ALBERT.l'JG LE DÉPIT AMOUREUX Condamner la fureur que vous avez conçue. j'ai Plus jerev'. Nous verrons. Se trouvent par mes soins pleinement satisfaits.. gendre Coquin tu portes bien la mine De pousser ies ressorts d'une telle machine Et d'en avoir été le premier inventeur. VALÈRE. î\!ais enfin mes projets pourront s'effectuer. ! SCÈNE VIII. Vous ne remercierez de ma rare conduite. et. Sur Car Lucile soutient que c'est une chanson. Mais Lucile. content dans la suite. Seigneur Albert. Trouves-tu beau. De quoi vous fâchez-vous. . pourvu que vos souhails. VALÈRE. Aile son père sort. Et faire un tel scandale à toute une famille ? ! ! me sens piqué de ce discours étrange. El m'a parlé d'un air à m'ôter tout soupçon. de diffamer ma fille. Et contre votre gendre ayez moms de courroux. ALBERT.. Toujours serez-vous lors à temps de me tuer. MASCAKILLE. qui ma peur prenoit un si dangereux change: | - I . Dieu fera pour les siens. dis-moi. tous ces (Mscours ne sont que dos sornettes? MASCARILLE.

. Maisvenonsà la preuve. vous en reste? . et la laissez parler. s'il est vrai que ce soit chose failo. et. Monsieur. SCENE VUl 197 MASCARILLE. cette chaîne secrète? ALBERT. Tout doux: et. de son pèie implorer le pouvoir. Quoi Lucile n'est pas. Et. il est aisé de vous faire paroître Qu'il dit vrai. Quel seroit notre but de vous en faire accroire? ALBERT. encor! diffne maître D'un semblable valet! les menteurs hardis! MASCARILLE. Et non pas recourir à cette lâche feinte. traître. sinon qu'il dît des véritc^s? être Si quelque intention le prcssoil La recherche en pouvoit Il falloil Il falloit pour Luciio. honnête et civile ^ l'attaquer du côté du devoir. Veux-tu te voir casser les jambes et les bras? VALÈRE. D'homme d'honneur. sans nous quereller. il est ainsi que je le dis. en tout vos vo]ont(?s. ALBERT. Voulez-vous l'approuver.ACTE Le voilà prêt de faire Iir. Ils s'entendent tous deux comme larrons en foire. sous des liens secrets. à part. et n'y sera jamais. ALBKRT. MASCARILLE. VALÈRE. s'il est constant. A mon maître? I ALBERT. Qui porte à la pudeur une sensible atteinte. Et si le démenti par elle ALBERT. Bon! voilà l'autre Faites sortir Lucile. MASCARILLE. toi. Que voudrois-je. que cela ne soit pas. Non. MASCARILLE.

\u malgré moi. je vous proleste. Deux mots de votre aveu confirment nos paroles* LUCILE. Allez. Et m. Il va frapper à sa porte. Sachons un peu. YALÈRE. . Promettez à leurs vœux votre consentement. un mot. Enfin. Et j'ai charmant objet! un valet a parlé. Seigneur Albert.onsieur votre père. Si de sa propre bouche elle ne vous confesse Et la foi qui l'engage. Que me vient donc conter ce coquin assuré? MASCARILLE. Je crains. Pourvu que. MASCARILLE MASCARILLE. tout ira bien. - LUCILE. madame. Toute chose conspire au bonheur de votre âme. LUCILE. Bon! me voilà déjà d'un beau titre honoré. ALBERT. ALBERT. Holàl Lucile. craignez rien. notre hymen révélé. MASCARILLE. ALBERT. bannissant toutes craintes frivoles. monsieur.Jf« LE PÉPIT AMOUREUX JIASCARILLE. MASCARILLE. Ne SCÈNE IX. El je veux m'exposerau plus dur châtiment. Vous laisse votre époux et confirme vos vœux.. VALÈRE. Elle n'en fera rien. monsieur. 11 faut voir celle affaire. et l'ardeur qui la presse.. quelle belle saillie Fait co conte galant qu'aujourd'hui l'on publie? VALÈRE. à Valère. au moins silence. Pardcîi. averti de vos feux. à Mascarille.

Quoi l'ardeur de mes feux vous a fait mon époux? sait tout. Mon père. et. . son courroux ne peut être adouci. Eh Est-il bien. mon inclination. Mais. Perdre même le jour avant que de m'unir A qui par ce si moyen auroit cru m' obtenir. Et pensez m'obtenirpar ce beau stratagème? Ole plaisant amant. Mais j'impute bien moins ce bonheur de ma flamme C'est A l'ardeur de vos feux qu'aux bontés de votre âme. Je vous apprendrois bien à me traiter ainsi C'en est fait. SCÈNE IX IHO LUCILE. ému par l'éclat d'un sot conte. Allez. Et vouloir déguiser est un soin inutile. Mon inclination. t VALÈRE. HASCÂRILLE. les destins et mon père. les deslins. adorable Lucile. Que Et c'étoit j'ai un secret que vous vouliez cacher. le grand mal que voilà î LUCILE. On me verroit combattre.. Et que mon père. dont la galante ardeur Veut blesser mon honneur au défaut de mon cœur. une imposture égale à celle-là? en ma présence même. Je sais que vous avez sujet de vous fâcher. mon sexe avecque bienséance Se pouvait emporter à quelque violence.ACTE Noire hymen? III.. c'est moi. I On VALÈRE. oui. un bien qui me doit faire mille jaloux. en ma juste colère. VALÈRE. LUCILE. Paye avec mon hymen qui me couvre de honte! Vous l'osez soutenir Quand tout conlribueroit à votre passion. à Mascarille. de mes transports forcé la violence A ne point violer votre expresse défense.

Consommer indique l'absorption. quelque petite honte A faire un libre aveu de l'amour qui vous dompte.200 LE Di-PIT Eh AMOUREUX MASCARILLE. MASCARILLE. quoi bon maintenant toute cette grimace? Quelle es/ Votre pensée. La belle raillerie! Pour: chagrin. je le crois'. ladestiuctiou * * Ellipse archaïque. Archaïsme suranné. je vous jure Que déjà vous devriez avoir tout confessé. la dernière. Quoi vous pouvez ouïr ces discours effrontés. quoique l'on reproche au feu qui vous consomme *. Et qu'une fille. et quel bourru * transport Contre vos propres vœux vous fait roidir si fort? Si monsieur votre père étoit homme farouche. 1 Madame. On était encore incertaii sur le sens de ces deux mots h lY-poqiie de Vaugelas cl de Th. Vous n'avez pas été. Et vous ne dites mol à ces indignités? ALBERT. pour : à ce que je crois. Vous sentez. On sait que la chair est fragile quelquefois. Cor ueille. et consumer. Que veux-tu que je die? Une telle aventure Me met tout hors de moi. . LUCILE. n'est ni caillou ni bois. sans doute. je crois bien. mais il permet que la raison le louche. Pour: consume. . Et vous ne serez pas. Mais. bizarre. s'il vous a fait prendre un peu de liberté. enHn. Entre * mon Quoi? ce qui s'est passé maître et vous. ! Passe. la première. A madame. Et quoi donc confesser? MASCARILLE. Et lui-même m'a dit qu'une confession Vous va tout obtenir de son affection. Par un bon mariage on voit tout rajusté Et. Laissez-moi lui parler. de grâce. LUCILE. Le mal n'est pas si grand que de tuer un homme.

ALBERT. Voy. Et nonobstant cela. VALÈRE. En savoir un peu plus de nouvelles que moi Et pour vous celte nuit fut trop douce pour croire Que vous puissiez si vite en perdre la mémoire. Va. SCÈNE X«. qu'on me coupe une oreiiîe. monstre d'efTrontorie. SCENE X LUCILE. p. MASCARILLE. C'est trop souffrir. Leurs bras peuvent du mien reparer l'impuissance. - ALBERT. Veux-tu deux de mes gens qui te bâtonneront? MASCARILLE. ALBERT. sa main vient sur ta joue De faire une action dont son père la loue.. 140. mon père.ACTF HT. Entre ton maître et moi? MASCARILLE. M'emporte. MASCARILLE. rs-As embellie. MASGARILLE. que je croi. coquin. Je vous dis que Lucile agit par honte ainsi. Et. Va que s'est-il passé. Vous devez. ! ' So^ne empruntée à Secchi. Je crois qu'elle me vient de donner un soufflet. Si tu portes fort loin une audace pareille MASCARILLE. Voulez-vous deux témoins qui me justifieront? ALBERT. si j'ai dit rien que de très-constant 1 ALBERT. un impudent valet Elle lui î donne un soufflet. MASCARILLE. qu'un diable en cet instant.. scélérat. Leur rapport doit au mien donner toute créance. . nonobstant cola. . LUCILE.

? ALBERT. chèvre. ALBERT. capra. Arcliaïsnie . Connoissez-vous Ormin. la potence mise au milieu du marché? Vous verrez confirmer par eux MASCARILLE. * Pour : cabriole. MASCARILLE. Connois-tu bien Grimpant^le bourreau de MASCARILLE. pour signe. Et. Je fn dis j'aurai raison de tout ceci. qui me font incapable De punir sur-le-champ l'affront que tu me lais Tu n'en perds que l'attente. cet hyménée. jadis El si la ville? rechercha. Tu verras achever par eux ta destinée. MASCARILLE. ALBERT. ton front nous le fait assez voir. qu'ils ont pris Ce sont eux MASCARILLE.ne. pour témoins de leur foi. du lalin. l'obstiné vieillard ! le ALBERT. Lucile avoit un voile noir. pour sip. MASCARILLE. rends grâce âmes ans. MASCARILLE. ALBERT.9^-1 LE DKPIT que AMOUREUX ALBERT. Et Siiiion le tailleur. Et ces yeux les ont vus s'entre-donner parole. ce gros notaire liabile? ALBERT. . fourbe damnable! Va. Et ces yeux te verront faire la capriole '. Et. et je te le promets. Ce sont eux qui dans peu me vengeront de toi. ALBERT.

FROSINE. ASCAGNE. Je vois coups de bâton et gibets apprêtés. Aussi. dans le désespoir dont mon cœur est outré. VALÈRE. MASCARILLE. Je Si.VALÈRE. Eh bien. L'aventure est fâcheuse. monsieur. Ah ma ! chère Frosine. SCENE I 203 . pour être en paix dans ce désordre extrême. traître. pour moi de tous côtés. . Je puis en rencontrer d'assez haut à mon gré. je prétends que ce soit à ma vue. Non.t ACTE SCÈNE XI. me vais d'un rocher précipiter moi-même. en furie Te fera voir si c'est matière à raillerie. mon amour seul. Adieu. MASCÂRILLE. MASCARILLE. ce beau succès que tu devois produire.ASCAGNE. IV. suis-moi . FROSINE. J'entends à demi-mot ce que vous voulez dire: Tout s'arme contre moi. Je ne saurois mourir quand je suis regardé. Et mon trépas ainsi se verroit retardé. la fuite est superflue: Si tu meurs. MASCARILLE. à quels maux aujourd'hui Te vois-tu condamné pour le péché d'aulrui 1 ACTE IV SCÈNE I.. Malheureux Mascarille. VALÈRE. . Suis-moi. non. VALÈRE.

11 faut qu'elle passe outre. et me donnez conseil. et Lucilc et Valùre. soit qu'Albert ait part au stratagème. Jugez s'il aura lieu de souffiir ma présence: f me laisse à ma naissance. Je trouve que c'est là raisonner comme il faut. Ou qu'avec tout le monde on l'ait trompé lui-même. au point oîi je me voi.20'( LV DÉPtT sort AMOUREUX absolument a conclu ma ruine. Je n'en ai prévu guère une meilleure issue. N'est pas assurément pour en demeurer là Le . en prenant votre place. FROSINE. Tout ce que votre esprit ne voit que d'aujourd'hui. ASCAGNE. Quedois-je faire enfin? Mon trouble est sans pareil Mettez-vous à ma place. Car je suis maintenant vous. Ame donner conseil dessus cette disgrâce. venue au point oiî la voilà. dans ces obscurités. je vous en prie. Frosine. et. Mais ces réflexions devaient venir plus tôt. dès le moment de vos desseins pour lui. L'action le disoit. Voudront chercher un jour. Car enfin. Quel remède trouver? Dites. et vous êtes moi: Conseillez-moi. Surpris des nouveautés d'un semblable mystrrc. ASCAGNE. de sa tendresse. Voudra-t-il avouer povir épouse une fille Son intérêt détruit fait C'est Qu'il verra sans appui de biens et de famille? FROSINE. Par qui tous mes projets se verront avortés. S'il arrive une fois que mon sort éclairci Mette ailleurs tout le bien dont le sien a grossi. dès que je l'ai sue. Celte affaire. et. C'est prendre peu de part à mes cuisants ennuis : . Qui vous a jusqu'ici caché cette lumière? Il ne falloil pas être une grande sorcière Pour voir. Ce doit être vous-même. quelque sentiment Où pour ma fourbe alors put être mon amant. Hélas! ne traitez point ceci de raillerie.

Frosine. vrainent. après tout? Je vois fort peu de jour A tourner celte affaire au gré de votre amour. ÉRASTE. FROSINE. A peine ai-je voulu lui porter la nouvelle Du moment d'entretien que vous souhaitez d'elle. El Marinclte aussi. Non. tenant son quant-à-moi * Va. Nous pourons. Ah! pour cela toujours il est assez bonne heure* La mort est un remède à trouver quand on veut. ASCAGNE. ASCAGNE. Si rien ne peut m'aider. d'un dédaigneux museau. parler de cette affaire. Je m'abandonne toute aux traits du désespoir. Savez-vous ma pensée? Il faut que j'aille voir La.. voire ennui m'est sensible^ Et pour vous en tirer je ferois mon possible.ACTE Que de rire et IV. il faut donc que je meure:FROSINE. tout de bon.. qui pourroit nous distraire. Mais Éraste vient. SCÈNE II . Pour suivre son chemin m'a tourné le visage. je fais élat de lui comme de toi. sur ce beau langage. si vos conseils propices Ne conduisent mon sort parmi ces précipices. retirons-nous. . en marchant. . Dis-lui qu'il se promène et. non. Lâchant un Laissez-nous. Encore rebuté? GROS-RENÉ. beau valet de carreau l . : ^ Proverbe populaire dont l'usage s'est conserTé. va. Jamais embassadeurne fut moins écouté. FROSINE. SCÈNE II 205 de voir les termes où j'en suis. Mais que puis-je. Non. Allons. GROS-RENÉ. non.ÉRASTE. Qu'elle m'a répondu. Et l'on s'en doit servir le plus tard que l'on peut.

Devoit être insensible au bonheur d'un rival? Tout autre n'eût pas fait même chose en ma place. . Ce cœur impatient lui rend toute sa gloire. El mettons noire amour au rang des vieux pcché. Et se fût moins laissé surprendre à tant d'audace? De mesjustes soupçons suis-je sorti trop lard? Je n'ai point attendu de serments de sa part. et mon sort et le \6lre N'ont rien à se pouvoir rcproclior l'un à l'autre. L'ingrate 1 recevoir avec tant de fierté Le prompt retour d'un cœur justement emporté! Quoi le premier transport d'un amour qu'on abuse Sous tant de vraisemblance est indigne d'excuse? Et ma plus vive ardeur. lorsque tout le monde encor ne sait qu'en croire. ÉRASTE. et le sien voit si peu Dans oe profond respect la grandeur de mon feu ! I Loin d'assurer une âme et lui fournir des armes Contre ce qu'un rival lui veut donner d'alarmes. en ce moment fatal. Il Si nous avions l'esprit de nous faire valoir. Il cherche à s'excuser. Non. Et rejette de moi message. puisque Ton lemoignc une froideur extrême A conserver les gens. Et lui faire senlir que l'on a du courage. LE DEPIT AMOUREUX M'a plante là comme elle. Qui souffre ses mépris h^^ veut bien recevoir. Et ce dépit si prompt à s'armer de rigueur Découvre assez pour moi tout le fond de son cœur. GROS -RENÉ.^. L'ingrate m'abandonne à mon jaloux transport. Soyons tous deux fâchés. écrit. El. abord Ah! sans doute un amour a peu de violence. je ne prétends plus demeurer engagé Pour un cœur où je vois le peu de part que J'ai. Et de quel prix doit être à présent à mon âme Tout ce dont son caprice a pu flatter ma flamme. Qu'est capable d'éteindre une si foible offense. Et moi de même aussi. ! faut ap!)rendre à vivre à ce sexe volage. Et. je veux faire de même.r?r.

Et ne sera jamais qu'animal. si nous ne les verrions Sauter à notre cou plus que nous ne voudrions. L'autre du dur. Ohl qu'elles nous sont bien ficres par noire fauto' Je veux être pendu. mon maître. ainsi qu'on l'inlerprèLe. enfin tout va sans savoir où. Je veux mettre en mon cœur une nouvelle flamme. Ainsi que la tête est lequel est des plus forts: Et que le le chef du corps. Un certain animal difficile à connoître. et crois. A toutes je renonce. voyez-vous.ACTE IV. comme un animal est toujours animal. corps sans chef est pire qu'une bête. GROS-RENÉ. goûtez bien. de t. et l'on voit que l'un tire A dia. ÉRASTE.iâce. Pour moi. sur toute chose. Nous voyons arriver de certains embarras. Et. aussi sans repartie. Et. l'un demande du mou. pour punir le sien par un autre aussi grand. la femme est. Et moi.r le compas. un mépris me surprend. La brutale partie alors veut prendre empire Dessus la sensitive. La lête d'une femme est comme la girouette Au haut d"ime maison. je ne veux plus m'embarrasser de femme. en bonne foi. tant qu'entier le monde durera: D'où vient qu'un certain Grec dit que sa tête passe Pour un sable mouvant. Sans tous ces vils devoirs dont la plupart des hommes Les gâtent tous les jours dans le siècle où nous sommes. et jamais no sera Que femme. comme on dit. quand sa vie Dureroit cent mille ans. Que vous feriez fort bien de faire comme moi. l'autre à hurhaut. Ce raisonnement-ci. Et de qui la nature est fort encline au mal . Car. Pour montrer qu'ici-bas. Que tout ne soit pas bien réglé pr. Car. SCENE II 207 Les femmes n'auroient pas la parole si haute. comme Si le chef n'est pas bien d'accord avec la lêîe. qui tourne au premier veatî C'est pourquoi le cousin d'Aristote souvent . La femme est toujours femme.

Va tantôt à la cave. nous autres gens d'é'. mais ne vous rendez point.. El nous aimons bien mieux. monsieur. MARIXETTE. j'ai bien peur que ses yeux resserrent votre chaice. ÉRASTE.. qui passent par ici..203 LE DEPIT AMOUREUX la mer. mon maître. s'il vous plaît. et non les Dépits.is est trop grossie r et comme rudimentairc. MÂRINETTE. Mullère a trouvé dans son ci'ur amoureux les traits charmants et touchants de ce petit chel-d'ituvre.. Comme on voit que la mer.. Quand. GROS-RENÉ. les Dédains amoureux. Et lors un. Les flols contre les flots font un remû-mc^nage Horrible. On voit quand une femme a sa tête fantasque. Dieu merci. ' Scène dont l'idée seulement se trouve dans le canevas italien cilé par Cailhava.. Qui veut compétiler par de certains... Or. qui.. propos. Assez bien. C'est fort bien raisonner. certaine façon. certain vent. Je l'aperçois encor.' Mais je les vois. e canfv. i .. La compare à On ne peut rien trouver de . de cerlainsflois. d'où vient qu'on dit qu'au iHOndc si stable que l'onde. par comparaison ( car la comparaison Nous fait distinctement comprendre une raison. Une comparaison qu'une similitude) Par comparaison donc.'//? Sdegni umorosi.- LUCILE. Vient à se courroucer. Ne te mets pas en peine. comme on l'a traduit. GROS-RENÉ. GROS-RENÈ. le vent souffle et ravage. Tenez-vous ferme au moins! ÉRASTE. une tempête en forme de bourrasq'ie.udc. ÉRASTE. malgré le nautonier. par. De. quand l'orage s'accroil.. et le vaisseau. Les femmes enfin ne valent pas le diable. ainsi qu'un banc de sable. et tantôt au grenier: Ainsi. SCÈNE III».

faudra me résoudre à n'aimer jamais rien. et. madame. vient à nous. C'en est fait. Et je dois vous montrer que les traits du mépris Sont sensibles surtout aux généreux esprits. Je l'avouerai. puisque votre haine Chasse un cœur tant de fois que l'amour vous rauitae. Eh bien. 14 . Et qu'affranchi d'un joug qui faisoit tout mon bien. Non-seulement la langue mais Molière ne la connaissait pas encore. et connois bien Ce que de votre cœur a possédé le mien. Non. quoique oulragé. SCENE ITI im LUCILE. Il C'est la dernière ici des importunités Que vous aurez jamais de mes vœux rebutés. non.ACTE Ne me soupçonne Il IV. Mon âme saignera longtemps de cette plaie. Assez Je peine encore à m'en voir dégagé : malgré la cure qu'elle essaye. Peut-être qu'après tout j'aurai. Mais enfin il n'importe. il est possible. pas d'être faillie à ce point. je l'avouerai même. et m'épargner encor cette dernière. Je vivoistout en vous. et. Vous pouvez faire aux miens la grâce (out entière. • ÉRASTE. eh bien. ne croyez pas. Ellipse archaïque. Monsieur. * Pour: éclairé sur. mon amour pour vous sans doute éloit extrême. ils seront satisfaits. Possible que *. ÉRASTE. mes yeux observoicnt dans les vôtres Des charmes qu'ils n'ont point trouvé dans tous lr:S aulroa. je me veux guérir. Oui. LUCILE. Que je revienne encor vous parler de ma flamme. MARINETTE. madame. Un courroux si constant pour l'ombre d'une offense M'a trop bien éclairé de * votre indilférence. Et le ravissement oii j'étois de mes fers Les auroit préférés à des sceptres offerts. n'était pas fixée. * Pour.

De me voir revenir. Que je perde la vie Lorsque de vous parler je reprendrai l'envie I LUCILE. ÉRASTE Oui. n'en parlons plus. Moi-mêne de cent coups je percerois mon sein. Je romps avecque vous. oui. Ce seroit bien en vain. LUCILE. Fort bien I . Je ne veux rien garder qui puisse retracer Que Ce que de mon esprit il me faut effacer. enfin je vous le rends. n'en parlons donc plus. GROS-RENÉ. LUCILE. ingrate une preuve certaine je veux sans retour sortir de votre chaîne. ÉRASTE. n'ayez pas peur Que je fausse parole eussé-jeun foible cœur Jusques à n'en pouvoir effacer votre image. pour trancher ici tout propos superflus. Yoilà le diamant que vous m'aviez fait prend. Et. pour vous suivre au dessein de tout rendre. MARINETTK. Non. ÉRASTE. C. la vue Cent charmes merveilleux dont vous êtes pourvue. non.2i0 LE DÉPIT AMOUREUX romps pour jamais. Voici votre portrait. Mais il cache sous eux cent défauts aussi grands. c'est m'obliger. Si j'avois jamais fait celte bassesse insigne De vous Soit . revoir après ce traitement indigne. et j'y Puisque vous le voulez. Et moi. Tant mieux . El c'est un imposteur. Et vous donner. il présente à Bon! LUCILE. Croyez que vous n'aurez jamais cet avantage .

N'ayez pas le dernier. MARINETTE.ce bracelet. fit cette agate à vous. Ferme l LUCILE. ô beauté charm?nte! « Que toujours je vous aimerai.ro GROS-RENÉ. GROS-RENÉ. « ÉRASTE lit. « Mais je sais. et de mon cœur voulez être éclaircî. SCÈNE III T-U esl à ÉRASTE. » . à Lucile. MARINETTE. Enfin voilà le reste. Il déc. Elle est de vous. Épaste. mon amour ardente. Et jusqu'à quand je souffrirai. LUCILE. .hire la IcUre. Vous m'assuriez par là d'agréer mon service C'est une fausseté digne de ce suplice. même fortune. bout. LUCILE. à Érasie. « Vous m'aimez d'un amour exlrôme. Elle déchire la iv. Tenez bon jusqu'au. Poussez ! ERASTE. qu'on mettre en cachei. LUCILE a J'ignore le destin de « lit. Sultit. Et la main et la lettre ont menti toutes deux. « LUCILE. vous encor.ACTE n . J'aurois regret d'en épargner aucune. » Voilà qui m'assuroit à jamais de vos feux.jt IV. aimé-je fort qu'Éraste m'aime ainsi. à ucile. « Si je n'aime Éraste <r Au moins de même. « Éraste.

à Lucile. à Lucile. < est loul.Sia LE DÉPIT AMOUREUX KRASTE. Que faut-il davantage' le ÉRASTE. à Éraste. Ah ! Lucile. MARINETTE. à Lucile. je vous promets. Je ne dis pas cela pour vous rendre attendrie. ÉRASTE. Et. cherchez partout. Lucile. LUCILE. Retirez-vous après cet effort de courage. N'aura jamais pour vous de passion si tendre. il n'y faut plus songer. on les traite aulremc?*. Mais personne après moi. LUCILE. Non. Adieu donc. MARINETTE. MARINETTE.' . Jîe confonde le ciel si la mienne est ÉRASTE. Qu'attendez-vous encor? GROS-RENÉ. vous n'en aurez jamais De si passionné pour vous. grâce au ciel. Quand on aime les gens. mien Se fera regretter. GROS-RENÉ. Que sois-je exterminé si je ne liens parole frivole î LtCILE. un cœur comme LUCILE. ! Adieu donc. Vous avez voulu rompre. J'aurois tort d'en former encore quelque envie. et je le sais fort bien. Mes plus ardents respects n'ont pu vous obliger . un cœur fait comme est fait le vùti o Se peut facilement réparer par un autre. Allons. à Érasle. non. à Éraste. Éraste. Vous triomphez. ôtez-vous de ses yeu::. quoi qu'on vous iasàc enlciidrc. GROS-RENÉ. Érasle. Voilà qui va des miens.

ACTE Oii fait IV. Et que cela n'est plus de saison ce me semble. ÉRASTE. alors qu'on les aime. LUCILE. Sur beaucoup d'apparence avoir l'âme saisie. l Se résoudre à les perdre. de jalousie. ÉRASTE. Oui. Et vous voyez cela d'un esprit satisfait? LUCILE. Ehl que celafoiblement vous soucie *. verbe neutre dans chaïsme hors d'usuge. jamais vous ne m'avez aimé. et vous. Ar- . on ne peut en eiï. ÉRASTE. le sens actif. Lucile. Mais laissons là ces discours superflus: Je ne dis point quels sont mes pensers là-dessus. ÉRASTE. ÉRASTE. Peut-être en seroit-il beaucoup mieux pour ma vie. doux une offense amoureuse.. on peut. LUCILE. Pourquoi ? je crois LUCILE. Quand on aime les gens. La pure jalousie est plus respectueuse. Par la raison que vous rompons ensemble. Mais. Éraste. SCÈNE III 213 de leur personne un meilleur jugement. étoit Non. On voit d'un œil plus ÉRASTE. Si je. LUCILE. mal enflammd. Nous rompons? LUCILE. vous l'avez fait. votre cœur. quoil n'en est-ce pas fait? ERASTE.. Comme moi? * Pour: vous cause souci. Non. Coikime vous. vraiment.

c'est vous qui l'avez bien voulu. non. MARINETTE. . : Ni moi sur cette peur trop tôt le demander Consentez-y. Je le demande enfin. vous avez voulu vous contenler vous-niôme. ! la lâche personne GROS-RENÉ. ' voulait de nouveau. LUCILE. Ce pardon obligeant? LUCILE. C'est faiblesse aux gens que leur perle nous blesse. demeurer immoi telle. Ah J'en rougis de dépit. LUCILE."s-rc. SCÈNE IV. Mais. De faire ^oir LUCILE. GROS-RENÊ. Pour: gnt table. Remenez-inoi chez nous. ÉRASTE. encor revonloit il ' sa prison. Non. Mais. n'en faites rien. I le foible courage! MARINETTE. Ah vous ne pouvez I pas trop lot me l'accorder. ÉRASTE.MARINETTE. Moi? point du Moi? Je vous tout. madame. Sans doute. cruelle. . faire un plaisir exlrême. C'est ai cru là vous qui l'avez résolu ÉRASTE. du latin rursus.814 LE DÉPIT AMOUREUX LUCILE. Point. pour votre intérêt. Si. tout fâché qu'il est. dciiiandoit pardon? grande. ma foiblesse est trop J'aurois peur d'accorder trop tôt voire demande. si mon cœur ÉRASTE. une flamme si belle Doit. me raccorde''ez-vous. Archaïsme tr.

toi. mon oreille. j'aurois de l'amour pour ta chienne de face? Moi. ^ Pour: galon. Voilà ton demi-cenl d'épingles de Paris. Que tu me donnas hier avec tant de fanfare. un petit ruban de couleur différente. voilà Ton beau galand^ de neige. Et ne pense pas. sans y chercher tant de façons. comme le prouvent les lettres de Balzac et de Voituie. GROS-RENÉ. J'oubliois d'avanl-hier ton morceau de fromage. même regardez. Tiens. G )S-RENÉ. et de gants de même pays. l'on t'en fricasse Des filles comme nous. Tu . Ardez* le beau museau.GROS-RENÉ. Pour nous donner envie encore de sa peau! Moi. pour te montrer que tu m'es à mépris. nous prends pour une autre. avec ta nonpareille' ] Il n'aura plus l'honneur d'être sur toi. du mot espagnol ga/un. ! GROS-RENÉ. je te chercherois? Ma foi. J'en suis gonflé de ragel Ne t'imagine pas que je me îl rende ainsi. auprès de I! ma colère. Apocope et archaïsme populaire tout à fait hors dims le bas peuple.INETTE. tiens. Tiens tes ciseaux.ACTE IV. et tu n'as pas affSîrc A ma sotte maîtresse. Je voudrois pouvoir rejeter le potage Et * Pour : d'usage. encor ton couteau. ou nœuds d'Espagne. avec ta chaîne de laiton. habit de fête. Oui tu le prends par là? Tiens. VP. qui vient lui-même de gain.iilNETTE. viens frotler ton n.\er ta : dupe aussi. ^ a nonpaieille était nllachait legaiand. qui . On faisait alors présent de galands. Tiens.-/. La pièce est riche et r'"*": Il te coula six blancs lorsque tu m'en fis don. tro . Viens. MARINETTE. SCIÎNE IV 215 GROS-RENÉ. MARINETTE.

ou même d'une lige (le Lié [frsiuca. faire. ou d'un seul rameau. Rompre la paille. fais point les doux yeux je veux être fâché. une affaire conclue.urc de la paix. Vois. MARINETTE.?i6 Li: lu DÉPIT a:jûurelx Que Je n'ai manger. la /laillc rompue par le débiteur insolvable sur le seuil de son logis indiquait qu'il l»risait avec l'honneur et avec la société commune des hommes. Ou ne \\)inprons-nous pas? MARINETTE. j'ai l'esprit trop touché. GROS-RENÉ. bonne bête ! s'en plus dédire. toi. * . Prends g^rde à ne venir jamais me repricr. GROS-RENÉ. était le symbole convenu qui indiquait la rup. en livrant ce qui lui restait à ses créanciers. . point maintenant de tes lettres sur moi. Ne me lorgne point. GROS-RENÉ. romprons-nous. Dans la législation romaine. MARINETTE. Oui. Proverbe populaire dont l'origine est germanique. paille). car tu me fais rire. MARINETTE. GROS-RENÉ. GROS-RENÉ. Qu'en dis-tu. voilà le moyen de ne Romps. pour n'avoir rien à Loi. Vois. toi. Romps. Une paille rompue* Ne Rend. c'est en finir absolument avec quelqu'un. entre gens d'Iionneur. Le sens de ce symbole est resté jusqu'à nous profondément empreint dans la langue. tu sais ce Et des tiennes que j'en saurai MARINETTE. fis me Mais j'en ferai du feu jusques à la dernière. La rupture d'un faisceau de branchages. MARINETTE. Tu ris. Il faut rompre la paille. Vois toi-même. Pour couper tout chemin à nous rapatrier. La peste soit ton ris! voilà tout mon courroux Déjà dulcifid.

Je me veux introduire au logis de Lucile. Est-ce que tu consens que jamais je ne t'aime? MARINETTE. Ni moi non plus. Dis. « « « D^s que l'obscurité rognera dans la ville. Je ne dirai rien. lie . je te pardonne. SCÈNE I 217 GROS-RENÉ. Ma foi. GROS-RENÉ. Moi? Ce que tu voudras. Mon Dieu! qu'à tes appas je suis accoquinél MARINETTE. Et moi. Va El vile la de ce pas préparer pour tantôt. Ni moi. Monologue imité de ['Intéresse de Secclii. Ce que tu voudras. Que Marinelte est sotte après * son Gros-René! ACTE V SCÈNE r-. je te fais grâce. GROS-RENÉ. « Quand • lanterne sourde.-MASGARILLE. cl les armes qu'il faut. Archaïsme passé de mode.ACTR V. toif MARINETTE. il m'a semblé d'entendre: : 2 cl Pour en faveur de. GROS-RENÉ. la grimace.mais avec plus de v^ive vivacité. MARINETTE. nous forons mieux de quitter Touche. * il m'a dit ces mots. MARINETTE. GROS-RENÉ.

ou d'un frère en furie? « Penses-tu qu'aucun d'eux songe à nous faire mal? Oui. Je suis scandalisé d'une étrange manière. tant pis pour elle. ^ De"X ferrailleurs. je le pense et surtout ce rival. Ce mot populaire. qui n'est espoir est que nous irons. « Mais lu seras armé de pied en cap. d'aller sans besoin risquer tu sais quel ainJ sa peau. bon Dieu! Suis-jeun Roland. . alTÏe. l'espoir où je me fonde '. « Mascarille. Ellipse exagérée et excespas un archaïsme. dites-vous. et si quelqu'un nous grondj « Nous nous chamaillerons". mon rnaîlre. » Oui. ou hrro^ d" iîif. Expression pro- vorbialfi hors d'usage. Pour : mon * Pour : me réfugier daus lo tiûis. moi qui me suis si cher. je vous prie. Je n'ai pris eu le temps de vous pouvoir n'pondre. car. Qu'il ne faut que deux doigts d'un misérable fer Dans le corps. se batire en fer/aillaiit. » Luciie est irrilde. Vous voulez. Nous D'un garanlira-t-il. . que nous avons conservé. cet rival. dans le fourré. et raisonnons sans bruit. « Nous irons bien armés. sive.218 LE DEPIT AMOUREUX vilement chercher un iicou pour te pendre. ou d'un père. alors à la mode. est Eh bien. Yonczçà. amour. * Pour : pe-cer les mailles de la cotte d'armes . chamailler. Mais je vous veux ici parler et vous confondre : Défendez-vous donc bien. en tous cas. » Mais l'amour un sot qui ne sait ce qu'il dit. » Tant pis J'en serai 1 : moins léger à gagner le laillis-. « JJais l'amour veut que j'aille apaiser son esprit. aller voir cette nuit Luciie? « Oui. pour vous mettre un humain dans la bière. Moi. Wascarille. » El que pensez-vous faire? « Une action d'amant qui se veut satisfaire. » Va Une Que « « action d'un homme à fort petit cerveau. Mais motif à ce desseia m'appelle. mon patron. viaiment. ferait croire que mnilh à partir s la ninne oiigine. Quand je views à songer. voilà justement Ce que votre valet ne prétend nullement. dans lYtonnement Où m'a jelé d'abord un tel commandenKMit. Ou quelque Ferragus ^? C'est fort mal me connoître.

pourvu que toujours je brame le menton*. VALÈRE. « Ohl tu seras ainsi tenu pour un poltron! » Soit. Ne me Quand fais point ici de contes superflus. J'approuve ce transport. Et cet empressement pour s'en aller dans l'ombre Pêcher vite à tâtons quelque sinistre encombre. Et je veux l'adoucir ou terminer C'est un point résolu. Je n'ai jamais trouvé de jour plus ennuyeux Le soleil semble lit s'être oublié d. Je sens de sou courroux des gênes trop cruelles . entière en ses rebuts. pour quatre. A table com])tez-moi.. * Tour : remuer la mâclioire et in. MASCARILLE.VALÈRE. Fort bien. MASCARILLE. El jusqu'au qui doit recevoir sa lumière Je vois rester encore une telle carrière. qu'il faudra s'introduire En cachette. Mais le mal est. Que VALÈRE. je trouve l'air de (îclui-ci fort doux. MASCARILLE. Pour moi. monsieur. Mais comptez-moi pour rien s'il s'agit de se ballro. si vous voulez. Et que de sa lenteur mon àme enragera. si l'autre monde a des charmes pour vous. SCÈNE 11 219 d'armure si bien jointe une vilaine pointe. V. il n'est point Oîi ne puisse glisser SCÈNE II.ACTE Et. Vous voyez que Lucile.uiG. Archiûstrie et pioveibe. de plus. Eiifin. VALÈRE. Et vous ferez le sot tout seul. .ins les cieux . mon sort.er. . je crois que jamais il ne l'achèvera. je devrois trouver cent embûches mortelles. je vous assure. Je n'ai pas grande faini de mort ni de blessure..

cïiélif.220 LE DÉPIT Et AMOUREUX niiirp. Je ne crois pas. Moi. MASCABILLE. Monsieur. et locution usitée aujourd'hui.. De la virginité des filles de la ville? Sur la tentation ai-je quelque crédit? Et puis-je mais *. Qu'ai-je fait pour me voir rouer jambes et bras? Suis-je doue gardien. j'ai pour de vous VALÈUE. Mais j'auroisun regret mortel. monsieur. je ne suis pour rien dans tout cet embarras. LA RAPIÈRE. Une toux me tourmente Dont le bruit à mourir. MASCARILLE. - VALÈRE. de bonne part je viens d'être informé Qu'Éraste est contre vous fortement animé. moi. du latin magis. ne seront pas si méchanls qu'ils le disent? Et. Ce mal se passera. Et qu'Allîcrt parle aussi de faire pour sa fille Rouer jambes et bras à votre Mascarille. de ne vous point laisser. SCÈNE III. MASCARILLE. De moment en moment. Conlraciion archaïque. Éraste n'aura pas si bon marché de nous. Vous voyez le supplice. MASCÂRILLE.. qu'il se veuille passer. si j'étois cause Qu'il fût à mon cher maître arrivé quelque chose. Je serois ravi. : importun vous fera découvrir Il tousse. Oh! qu'ils 1 Pour : puis-je davantage . prends du jus de réglisse. si le cœur leur en dit? VALÈRE. . quelque belle ardeur que ses feux lui produisent. LA RAPIÈRE. pour employer ce siyle. VALÈRE. Et comment? MASCARILLE.

LA KAPIÈRE. Et sur qui vous pourrez prendre toute assurance. Soit Qu'il vous cherche. mon bras esl tout à vous. parti. monsieur de la Rapière. et mais 'îoyez averti vous peut faire un mauvais . provom^aux. Monsieur do la Rapière. deux amis aussi que je vous puis donner \ Qui conlre tous venans sont gons à dégainer. LA RAPIÈRE. mais quant à votre escorte. ua homme de la sorte. Le bourreau ne lui put faire lâcher deux mots. Il mourut en César. VALÈRE. Je vous rends grâces. J'ai MÂSCARILLE. Et moi. SCÈNE III 221 LA RAPIÈRE. Sans être accompagné que de lui seulement. encore eût pu nous assister. et toute la rage des . Sans le triste accident qui vient de nous l'ôter. vous faisoit besoin. Je vous suis oblige^. pour vous montrer combien Je lui je l'appréhende. offrir ce qu'il demande. duels sous Louis XllL qui résume toute l'existence des spadas?iiis niérl« etc. Et par toute la ville aller présentement.. Acceptez-les. Doit être regretté . le grand dommage! et l'homme de service! petit Gille Le Vous avez su le tour que lui fit la justice.ACTE S'il V. esiiagnois. Monsieur. veux.plaisance. s'il me cherche. italiens. VALÈRE. C'est trop de com. VALÈRE. > Trait de mœurs dîonaux. je suis Vous savez de tout temps que un bon frère^ VALÈRE. et. LA RAPIÈRE. monsieur. lui cassant les os.

Ne nous obstinons point à rester dans la rue. sans plus de discours. VALÈRE. laissons-le .. il est fois. Que maudit soit l'amour.VALÈRE. pour : faire mitis . SCÈNE IV. Cependant avec moi viens prendre à la maison Pour nous frotter'. * catiis. et c'est Ascagiie vient ici.. C'est qu'il sent le bâton du côté que voilà. vous voulez lenler Dieu? Quelle niuîacc> Las! vous voyez tous deux comme l'on nous menace. si je t'cnfcnds. Quoi! monsieur. Du latin. I Eh monsieur mon On ne meurt qu'une MASCARILLE. si doux de vivre.cbat doux). cata. et Impression populaire. MASCARILLE. . résous-toi de me suivre. .822 LE DÉPIT AMOUREUX MÂSCARILLE. pour si longtemps!. MASCARILLE. Je n'ai nulle démangeaison. et sens obscur. Nous renfermer. préparer se combat.. Enfin.. et les filles maudites Qui veulent en lâter. Ellipse 'rop forte.. la chatte hypocrile. puis font les chattemites*! * Pour : prendre des armes. Combien de tous côtés. cher maître. VALÈRE.. faquin ! Tu m'oses proposer un acte de coquin? Sus. Je m'en vais t'assommer de coups. VALÈRE. si maintenant ma prudence en est crue. Que regardes-tu là? MASCARILLE. Allons nous renfermer. il faut attendre Quel parti de lui-même il résoudra de prendre.

Par qui ses intérêts n'étoieni pas tous les vôtres. . 223 . et non latine. pour : la femme d'Albert n'eut que vous pour fruit de sa dernière grossesse. comme on l'a prétendu. Esl-il bien vrai. La crainte d'un époux et l'amour malcrnelle Filent l'événement d'une ruse nouvelle. Ayant depuis longtemps concerté son dessein. . * . conlcz-moi bien loul de point en jjoinù FROSINE. Frosine. Albert étant absent. et. Voilà (le voire sort un mystère éclairci. et peut en avou* d'autres. cl ne rèvc-jo point? De grâce. Ces sortes d'incidents ne sont. Expression impropre. dessous main. Fit son fils de celui d'Ignés la bouquetière.ACTE V. Cette Ignés vous relâche. Vous en saurez assez le détail. Nous en avons nous deux votre père int'ormd Un billet de sa femme a le tout confirmé . L'éclat de son secret devenu nécessaire. par votre autre affaire. Vous devîntes celui qui tenait votre rang Et la mort de ce fils mis dans votre l'aiialle Se couvrit pour Albert de celle de sa fille. Que votre feinte mère a caché jusqu'ici . ^/Our l'ordinaire. Sa femme en secret lors se rendit son vrai sang. Sul'tit que vous sachiez qu'après ce testament Qui vouloit un garçon pour tenir sa promesse. laissez faire. et que lui. Plus qu'on ne pou voit croire a servi votre feu. Elle en dit des raisons. Enfin celle visite. Qui vous donna pour sienne à nourrir à ma mère. FROSINF. La mort ayant ravi ce petit innocent Quelque dix mois après. où j'espérois si peu. SCENE V SCÈNE V. ASCAGXE.ASGAGNE. Que De la femme d'Albert la dernière grossesse N'accoucha que de vous'. redits trop de l'ois de moment en moment.

Vous valez Mais monde. le voici * Récit obscur.. Ah! Frosine. le bonhomme fils El pour son FROSINE. Eh! que ne dois-je point à vos soins fortunés! Au reste. où vous m'acheminez I. prenons plaisir à l'aventure. et c'est moi qui l'as-'irc. Allez faire venir tous vos gens promptement. Approchez. et tiens mon fils heureux Quand il saura l'objet de ses soins amoureux. pour dire tout. un tel nom m'est permis. dans sa hardiesse.vous. Enfin. ma fille. Et. ajusté si Nous avons bien les intérêts. Fait briller tant d'esprit et tant de gentillesse. embarrassé et trè?-nial écrit. . tout au . encor nous défend de rien dire.224 LE DEPIT AMOUREUX encore notre pointe. Qu'autant que votre père il montre de tendresse A confirmer les nœuds qui font votre allégresse '. doucement à lui déplié ces mystères. la joie ASCAGNE. ASCAGNE.. Et j'ai su le secret que cachoient ces habits. est SCÈNE VI. Vous avez fait un trait qui. Que je vous en excuse. ASCAGNE. - POLIDORE. après. con ir. de Polidore. Vous obéir sera mon premier complimen!. mené si prudemment Son esprit pas à pas à raccommodement. POLIDORE. jointe. en humeur de rire. FROSINE. Pour n'effaroucher pas d'abord trop les affaires. poussant plus avant Quelque peu de fortune à notre adresse Aux Si intérêts d'Albert.c tons le? par sages de cette pièce dans lesquels Molière essaje d'exyUquer Timbre glio italien qu'il emprunte.

mon Est d'un J'ai père. Los disgrâces souvent sont du ciel riH'élées. je le veux bien. mais. 15 . homme de cœur.i . - POLÏDORE. et je vous en révère. Mais. MASCARILLE. VALÈRE. les choses clian«é do hcn . Tu vas avoir en tête un puissant adversaire. non. quand il ne veut pas voir Que le transport d'Éraste ail de quoi m'émouvoj ! On me Mais faisoit POLIDORE. à quelque dépit que ma faute vous porte.ACTE V. MASCAUILLE. POLIDORE. ! Valère! il s'apprête un combat Où toute ta valeur te sera nécessaire. monsieur. un tel songe m'abat. Père dénaturé VALÈRE. SCÈNE Vlï 225 SCÈNE KM. dû vous offenser. Non. qui se veille bouger. Ce sentiment. tantôt redouter sa menace depuis ont bie. fils vous prive. MASCARILLK MÂSCABILtE. Chien de poltron POLIDORE. à Valère. en Je le pousse cet endroit moi-même I à faire ce qu'il doit. Et personne. j'ai songé celte nuit de perles défil(^es Et d'œufs cassés. monsieur. au moins. VALÈRE. Pour retenir des gens qui se vont égorger? Pour moi. Et voire honneur fait bien. et je suis criminel D'avoir fait tout ceci sans l'aveu paternel . La nature toujours se montre la plus forte. s'il arrivs> Qu'un funeste accident de votre Ne m'en accusez point.

C'est un brave homme . Moi. sans le pouvoir fuir. Ascagne. VALÈRE. . MASCARILLE. mon père. d'un Tu vas être altaqué. Enfin. tu le vas voir paroître. Ascagne? POLIDORE. qui de me servir m'avoil donné sa foi I POLIDORE. d'uire imposture ils te rendent coupnlile.. Oui. a. Oui. dans le champ où l'honneur vous appellÇ: Qu'un combat seul à seul vide votre querelle. POLIDORE. VALÈRE. condamne aussi . POLIDORE. Veut qu'à les propres yeux cet hymen s'accomplisse.. c'est lui qui prétend avoir affaire à toi. Lui. Et Lucile. Lucile épouse Éraste. el sans nulles remises. Point de moyen d'accord? VALÈRE.2!» Llv DEPIT AMODREUX ennemi plus fort Et. d'un cœur endurci. : Dont lo ressentiment m'a paru raisonnable Si bien qu'Albert et Que tu satisferois moi sommes tombés d'accord Ascagne sur ce tort . Et qui veut. le fuir! Dieu m'en garde! El qui donc pourroil-ce être? POLIDORE. Dans les formalités en pareil cas requises. VALÈRE. MASCARILLB. pour convaincre mieux les discours d'injustice. Mais aux yeux d'un chacun. et te Et. il sait que les cœurs généreux Ne mettent point les gens eu compromis pour eux.

ce procédé.ALBERT. Et l'on voir un trait de perfidie étrange. est odieux A peine en puis-je croire au rai)p(>ri de mes yeux.. Avez-vous disposé Oui. Eh bien. Si je n'avois en main qui m'en saura venger. ALBERT. oui. POLIDORE. Mais c'est trop me pousser. . SCÈNE VIII VALEKE ! une impudence à me mettre en fureur. Un semblable discours me pourroit affliger. il Voici venir Ascagne. ÉRASTK. Et. honneur 1 SCÈNE VIII. quand j'aurai rendu voire honte publique. Lucile. C'est de toute pudeur se montrer ennemie. ACTE Ah Elle c'est V. Allez. puisqu'on m'y veut forcofs pu trouver sujet de balancer. Et non pas la valeur du bras que l'on m'oppose. si j'ai courage du vôtre? me voilà prêt. Dont il faut hautement que mon amour se venge. Et vous devriez mourir d'une telle infamie. conscience. LUCILE. les combattans? le On amène VALÈRE. le nôtre. Votre coupable hymen n'aura rien qui me pique. MASGARILLE. VALÈRE. A Lucile. faire . pas que cet amour prétende encore à vous: Tout 50n feu se résout en ardeur de courroux Et. Et sans beaucoup d'effort. ce respect est à bout. aura l'avantage De vous changer bien vite de langage. Non : : LUCILE. a donc perdu sens. A toute extrémité fait mon esprit se résout. Un reste de respect en pouvoit être cause. foi.

AL3ERT. et vous. Je prenois intérêt tantôt à tout ceci. que maintenant il me le fasse voir.r^T. Je ne veux plus en prendre. VALÈRE. la prudence est toujours de saison Mais. Se moque-l-oii de moi? Je casserai la tête A quelqu'un des rieurs. comme Ascagne a pris sur lui l'affaire. r saura pour Lui? tous vous mettre à la raison. Aux yeux de tous? GROS-RENÉ. VALÈRE. Mais. puisque son erreur me Nous le satisferons. VALÈRE. Il ne le fera pas. . VALÈRE. ÉRASTE. POLIDORE. mon veut faire querelle. C'est bien fait. Mais il pourra dans peu le lui faire savoir. ASCAGNE. MARINETTE. POLinORE. VALERE. t'y Il Ne l'ignore. aussi. trompe pas.. Mais enfin. FROSINE. AIARINETTE. tu ne sais pas encore Quel étrange garçon est Ascagne. LUCILE. Cela ne seroit pas honnête. Je le plains de défendre une sœur criminelle. Quand il joindroit au sien encor vingt autres bras. MxiSCARlLLE. fiRASTE. VALÈRE. brave.. Enfin. .228 LE DEPIT AMOIREUX SCÈNE IX. ÉRASTE. Sus donc. GROS-RENÉ. voyons l'efFel. et je le laisse faire. - ALPF.

c'est assez rire Qui t'abusa. allez voir plulôléclaler uia foiblesse. Mais il veut bien mourir. bien loin de vanter le pouvoir de mon bras. dans celle avenlure où chacun m'inléresso. ACTE Non. Ne me fit pas un cœur pour tenir contre vûU3. ' Pour : regarder dans les yeux tout le uioude. je V. Oui. si sa mort nécessaire Peut avoir maintenant de quoi vous satisfaire. Sa flamme est toujours pure et sa constance extrême. que le je die. Fit ce déguisement qui trompe tant de gens. non. ASCAGNE Ah! souffrez que Valère. Vous GonnoîLre que le ciel. en présence de tous. joignant leur famille à la nôtre. Un intérêt de bien.. POLIDORE. Et j'en prends à témoin votre père lui-même. Celle qui justement ne peut être qu'à vous. pour victoire facile. Expression inipropie. . En vous donnant pour femme. dès ses plus jeunes ans. de ta fureur. El qu'il vous réservoit. faute de français. Non. mon fils. Et. qui dispose de nous. '. cœur qui vous est engagé D'aucun crime envers vous ne peut ctre chargé. ne suis pas si méchant qu'on nm i>*t. Ne va point regarder à tout le monde aux yeux Je te fais maintenait un discours sérieux. SCÈNE IX 22î» ASCAGNE. Et depuis peu l'amour en a su faire un autre Oui. Et je vois qu'il est temps de te tirer d'erreur. après sa perfidie traits effrontés. Celle à qui par serment ton âme est attachée Sous l'habit que tu vois à tes yeux est cachée... De finir le destin du frère de Lucile. VALÈRE. quand toute Et les la terre. Ascagne va par vous recevoir le tréj)as.

A fîemé parmi vous un si grand embarras. ALBERT. . ce compliment se fera bien chez nous. El c'est là justement ce combat singulier Qui devoil envers nous réparer votre offense. El qui. Merveille. en un mol. pai oC lessorl qu'on ne rom|)renoil pas.. Mais vous ne songez pas. El. Vous. je ne veux pas songer à m'en défondre. et cependant Vous saurez le détail de tout cet incident. est un ar- chaïsme perdu. dont l'adrosse subtile.. Allons lui faire en prendre un autre.23- Lie DEPIT AMOUIU'UX Oui. Lucile. c'eSv c''e. VALÈRE. en tenant ce langage. pardon. VALÈRE. El qu'un nœud plus sacré donne force au premier. Cet habit. Souffre mal les discours que vous lui pourriez faire. et je me sens saisir De merveille' à la fois. Non. ÉRASTE. El nous aurons loisir de nous en faire tous. d'amour et de plaisir: Se peut-il que ces yeux. cher Valère. LUC ILE. Un tel événement rend tescsprils ccnfus: Mais en vani lu voudrois balancer là-dessus. ALBERT. Il faut voir de vos leux toute imposture ôt(^e.. puisque Ascagne ici t'ail place à Dorothée. non. Et pour qui lesédits n'ont point fait do défense. ' Pour : d'émerveillement. La nuit. POLIDOnE.. reçut la foi sous le nom de Lucilc. La surprise me flatte. ALBERT. dans le sens actif. Allons. si mon âme abusée. Mais. si celte aventure a lieu de me surprendre. L'oubli de celle injure est une chose aisée.

tu feras Comme les autres font. Par qui doit Marinelte être ici possédéo? Il faut que par le sang l'affaire soit vidée. quand l'hymen aura joint nos deux peaux. Ou je ferai beau bruit. seul. Va. Les balles qui ne frappent pas le but nne marque blanchâtre qui indique le point qu'elles out frappé. GROS-RENÉ. Dégénèrent souvent en maris paciliques. cutTipère? GROS-RENE. MARINETTE. Mais de son Mascarille et de mon Gros-Roué. Eh mon 1 Dieu. * tée laissent Pour: ne produiront pas d'elîet. et tu t'adouciras. Ces gens. Mais il faut qu'un galant soit fait à faire envie. Nenni. avant l'hymen. mon sang dans mon corps sied trop uicii Qu'il l'épouse en repos. ne crains rien de ma foi. Bien entendu je veux une femme sévère. petit mari. va. Expression proverbiale emprunau lir des armes à feu. cela ne me fait rien.<. Deriiumeur que je sais la chère Marinetle.. SCENE iX 2 Qu'il reste encore ici des snjcls de carnai. tel qu'il mon galant? . Voilà bien à tous doux notre amour courMimi^. . Et tu crois que de toi je ferois Un mari passe cucor. MARINETTE. MASCARILLE. MASCARILLE. '. : ./?. est. MASCARILLETu crois te marier uourioi tour. Les douceurs ne feront que blanchir contre moi Et je te dirai tout. . Je prétends qu'on soit sourde à tous les damoiseau. L'hymen ne ferme pas la porte à la fleurette. on le prend On n'y va pas chercher tant de cérémonie.ACTE V. si fâcheux et critiques. Écoute. nenni.

T. ' attaché Pour : langue de serp^it. FIN ^*J UEt'ir AUUC'. Taisez-vous.T .î?3!> LF DÉPIT AMOUHKIIX I MASCARILLE. as de pique ^i ALBERT. allons-nous-en chez nous Poui!tjr*r-6 on liberté des entretiens si doux. Les sorcières modernss ou un sens défavorable à cette couleur du jeu de wrl-ï. Pour'» troisième fois. piquante. Ola Un mari confident! fine pratique AIARINETTE.

SGANARELLE. L'ÉCOLE 1661. XII. imitation de l'espagnol. imitation de l'espagnoL J661. V. SUR LE THÉÂTRE DU PETIT-BOURBON. XI. tion de l'italien. XIII.DEUXIÈME ÉPOQUE 1659 COMÉDIES DE MŒURS. le succès de r Étourdi et du Dppit amoureux venait de dxer à Paris la troupe de Molière. par . on admirait le jeu comique de Mascarille et de ses camarades. 1662. LES PRÉCIEUSES RIDICULES COMÉDIE REPRÉSENTÉE POUR LA PREMIÈRE FOIS A PARIS. DON GAlîCIE DE NAVARRE. Le règne de Louis XIV commençait. LES PRÉCIEUSES RIDICULES. L'IMPROMPTU DE VERSAILLES. 1600. VIII. — 1664 — IMITATION D0 DRAME m'iROÏQUE ESPAGNOL. VI. La salle du Petit-Bourbon. imita- Vil. L'ÉCOLE DES FEMMES. 166/i. dont la réputation grandissait. LE MARIAGE FORCÉ. XIV. IX. 1663. 1663. 1659. X. 1664. Î661. DES MARIS. était souvent pleine. ou LE COCU IMAGINAIRE. au Louvre. LA PRINCESSE D'ÉLIDE. LA CRITIQUE DE L'ÉCOLE DES FEMMES. LES FACHEUX. LE 18 NOVEMBRE 1659. Néanmoins le nouveau maître de la scène ne se détachait guère de ses prédécesseurs et de ses rivaux que par une verve plus spirituelle et plus nourrie.

le roi étant à Irun. Croisy. avec force rubans. d'une vérité poignante. la reine des Précieuses. donnent dans le romanesque. et se présentaient d'eux-mêmes au public. qui s'étaient joints celles qui représentent l'excès. superbement ornées et semblables à mademoiselle Paulet la Lionne de Voiture. les Précieuses ridicules furent jouées par la troupe de Molière devant la cour et la bourgeoisie. L'œuvre nouvelle produisit un effet surprenant. emprunté de l'Italie. mais ses ridicules imitatrices. faisaient leur entrée sous leur propr^' nom. Elles sont entichées. Le 18 novembre 1659. l'originalité éclatait. Madame de Rambouillet elle même. pour imiter la belle désinvolture andalouse. La Grange à la troupe de Molière. « se démontant les hanches. fleurs et dentelles. qui tourne au bel esprit. » dit un contemporain. Nulle attaque directe aux travers contemporains ne signalait le réformateur des mœurs et le souverain des esprits. Ensuite apparaissait le vieux bourgeois. où elles viennent se faire admirer du beau monde. d'une naïveté parfaite et d'une ex(iui>e finesse de ton. mécontent de sa famille. Marie-Thérèse d'Autriche. d'où il devait ramener sa fiancée. fier de sa roture. Les deux « Pecques provinciales » sont récemment débarquées dans la capitale. bourgeoises qu'elles . ville et comme madame la duchesse de Longue mademoiselle de Montpensier. gonflé de sa fortune. mêlée encore de capricos italiens et de souvenirs espagnols. et une Dès la première scène Deux nouveaux acteurs. Nos héroïnes. Les voici elles-mêmes. partage la gaieté générale. On n'avait pas encore vu sur le théâtre une farce en un acte et en prose dans le genre des saynètes espagnoles. l'afféterie du récemment dugôut italiro- espagnol. écrite du plus vigoureux style. qui dépensent en frivolités son revenu péniblement acquis. Assurément ce n'est pas elle que l'on raille. qui assiste à la représentation avec sa cour. et ne parlant que du bout des lèvres avec un rhythme musical. pressé surtout de marier ses filles.^Vt LES PRÉCIEUSES RIDICULES ironie plus goguenarde et plus gauloise.

» Pour elles parquet des les désirs d'un soupirant nouveau sont « l'ode involontaire de novices en chaleur. énigmes. qu'il est aisé de juger que le marquis le purte «t * Scarron. » Pour elles. « la secrète. la j upe de dessus est « la modeste. leur sont familièies. Pierrot ou Claude. parfums. Elles-mêmes se sont débaptisées. et son chapeau si )» petit. Mais voici venir le brillant séducteur de ces héroïnes. ou Bruim en 1793. » la seconde. » El es ne dansent pas. . elles tracent sur le chiffres et des lacs d'amour. et en adorent les subtilités. ce monarque céladonique qui employait une paire de pincettes pour saisir un billet doux dans le corsage de mademoiselle de Hautefort. a Sa perruque est si grande. Elles disent comme cet écrivain. Elles lait virginal et ceut mille autres drogues ' n'appellent pas leur valet Jacques. comme les puritains de Cromwell donnaient à leurs fils le nom deVa-et-ne-pèche-jamais. Elles s'expriment comme le -Do)i«. Portraits. factices formules de la poésie tombée en enfance. perles. qu'il faut « pêcher dans le /ac de sa pensée avec l'hameçon du souvenir. ne pouvant souffrir un mot qui rappelle une idée physique. » Prudes jusqu'à la dernière affectation. coques d'œufs. qu'on apercevait un peu. Murini ou VAréiin. Baume. des raffinements 235 du Cyrus et de la Clélie. ou celui de Sois-sauvépar-la. raffolant de platonisme pur. Elles no savent que l'amour appris dans la carte du Tendre. ces élèves de VAstrée appartiennent encore à la vieille cour de Louis XIII. en 1812. comme Gongora. madrigaux.. » et la dernière.grâce. pieds de mouton. comme on s'appelait René ou Atala. qu'elle balaye la place à » chaque fois qu'il fait la révérence. Corinne ou Delphine. mais Almanzor. premier modèle de ce beau langage. Elles dépensent tout l'argent du bonhomme en Bîanc. « la friponne. Elles ont le fcinatisme du bel esprit. NOTICE sont.

la précioiité recula dans les profondeurs du passé. JGCO. c'est l'emphase burlesque de Balzac auprès de la gentillesse maniérée de Voiture. ? qu'il n'est pas possible de dire s'ils sont de roussi de » vac/ie d'Angleterre ou de maroquin. » C'est Masrarille.23> » LES l'IlÉClEUSES RIDICULES bien plus souvent dans la main que sur la tête. le faux gracieux. Peircsc. •Récit en prose eu vers de la farce des Préciemes. Le vicomte de Jodelet complète le marquis de Mascarille. c'est Mascarille. Il y avait longtemps que les esprits fermes. Un brandon de glands lui sort de la poche comme d'une curne » d'abondance. valet comme des Valois. Régnier. ïy> » sa il poudre". Chapelle. Richelieu lui-même. Gassendi. . là. homme de guerre. Guy-Patin. Ce ne fut pas un succès. le joli.. les esprits délicats. ses rubans. Ils ont un demi» pied de haut. mais un éclat de rire universel On en avait assez de ce vieux monde Corneille pâlissait. ou plutôt Molière. les esprits caustiques ou pénétrajits. lui. mais grave et laconique. c'est Jodelet. ses canons et !. porte avec mignardise le demi-masque de velours noir. Malherbe. homme de poids. et chacun est fort en peine de savoir » comment des talons si h^mts et si délicats peuvent » porter le corps du marquis. la plume sur l'oreille et traînant avec majesté sa longue rapière à la Sully. le rafflné. la bonne Gournay. et ses canons semblent n'être faits que pour servir de caches aux enfants qui jouent à la cligne-musette. La jeune cour et la société nouvelle firent des gorges chaudes de toute celte défroque des vieux ridicules longtemps en faveur. et ses souliers sont si couverts de rubans. et bientôt il va se doubler d'un vicomte. Burlesque symbole de l'élégance affectée et surannée. les embrassements solennels. Il est la « Mascarilla marquis. les grands gestes. son i rabat' se peut appi^ler un honnête peignoir. la société faisait peau neuve. Desmarets. avaient protesté : — : 1 Col rabattu sur et la cliemise. Paris. le pourpoint » boutonné jusqu'au menton. Double image de la vieille cour ici.

n'avait pu i'emiiècher de convenir que le raffinement de son ami « donnoit quelquefois dans l'excès . les veisifica- leurs ronsardistes et les amoureuses éprises d'Alexandre et de Cyrus étalent tour à tour la pompe et l'exubérance de leurs pensées. Tallemant des Réaux lui-rtiême. avaient essayé contre le goût à la mode de maladroites représailles. Scaramouche et Trivelin. Enfin un poëte bizarre. œuvre étrange où l'imagination raille l'imagination. et publier contre elle son Cercle des femmes. toucher à l'arche sainte. Riohelieu avait signalé à son protégé Desmarets le sujet des Visionnaires. dès l'année 1656. avaient prêté leur théâtre à l'abbé de Pure et enrichi de leurs lazzi \^ canevas grossier qui les mettait en scène. Il faut rendre justice à l'infortuné Chapuzeau le Mascarille de Molière se montre dans cette mauvaise ébauche sous la forme d'un nommé Germain. vulgaires bouffons qu'elles méprisaient. Les comédiens d'Ilalie. Quelques écrivains du dernier ordre. . Le spirituel et caustique ami des Pisani. Historiette de In Maison de la marquise de Hambouiliet. Chapuzeau. marquis postiche que son maître emploie au même usage et que l'on bàtonne à la fin de la pièce en présence de sa belle humiliée. « Ja: 1 Voyez Tallemant. entretiens comiques en six entrées dialoguées. s ouvert quelques faibles et impuissantes attaques contre cette forteresse protégée par le cours même de la civilisation. avait osé. où Oïl avait déjà les héros romanesques et pourfendeurs. parodie qui n'e^t pas sans mérite.NOTICE contre la 2:17 contagion subtile de l'hôtel de Rambouillet. dédaignés à juste titre par les précieuses et chassés de leurs ruelles. Tout était donc préparé pour cette révolution qui allait inaugurer en France une époque nouvelle. qui devint précepteur de Guillaume 111 et passa dans les régions du Nord une partie de sa vie.

fit jouer la pièce devant lui et partagea l'opinion du public. une voix bourgeoise.» Tout à coup les yeux se dessillèrent. voilà la bonne comédie » Le bruit du succès traversa la France. jeune aux yeux duquel l'hôtel de Rambouillet était l'asile de ses ennemis. Le vieil ami des précieuses. » J'en ris pour plus de dix pistoles. LES PRÉCIEUSES RIDICULES VAmalrmmf^^ de Quinault. Qu'on n'en vit jamais tant ensemble » » Que Dans ces jours passés. la Cassandre de Boisroberf. l'Œdipe de Corneille. demanda le manuscrit. «furent Par gens de toutes qualités. car nous approuvions toutes » ces sottises. « » » » Tant la pièce semble friande . Cette ' Douueou. Ménage. vint à Paris de vingt lieues à la ronde afin d'avoir divertissement de cet ouvrage.-. dit-il encore. Mais oyant leurs fines paroles. Ill . pendant que la troupe donnait à Paris deux le représentations par jour de la pièce favorite. Molière. et. » du Pelit-Bourbon.?. » Du milieu du parterre. s'écria en sortant du théâtre du PetitBourbon « Monsieur Chapelain. » Les comédiens visités » » de Molière. sous. A plusieurs tant sages que fous j'y portai (rente Pour moi. le lut. s'était écrié ! : « Courage. ce l'hôtel me semble. roi. préface de tn Cocue imaginaire. sans doute celle d'un contemporain de mademoi« !) On le : selle de Gournay. dit le journaliste Loret. qui passe pour Je » plus charmant et le plus délicat que l'on ait vu au » théâtre '. il va falloir détruire ce » que nous avons adoré. N'eurent une vogue si grande •» que cette action folâtre. « mais.

.tenir ruelle pourétoufferdèssa naissance une » comédie.33 se soutint quatre mois entiers. page 217. Voy. drames. « cet abbé des plus galans » dont Molière. Chapuzeau récrivit en vers son Cercle des femmes. il doubler et tripler le prix des places. autorité redoutable qui avait épouvanté Scarron. » Les académies de femmes et tous ces petits cercles précieux dont Tallemant se moque ^ perdaient leur influence. Le champion le plus hardi de ces dames et de leurs travers fut un sieur de Somaize. préface de VÈcolierde Salamanque. L'autorité des ruelles disparut. « On ne vit plus de belles » dames en possession de faire la destinée des pauvres » auteurs. contenue dans les mémoires de son mari. disait un critique^. celui du Marais. satires.NOTICE Vogue extraordinaire fallut . dans son Dictionnaire des précieuses et dans deux misérables pièces intitulées les Véritables précieuses et le Procès des précieuses. qu'il fit représenter sans succès sur un théâtre rival. fut frappé de discrédit. Une édition subreptice parut avec un privilège obtenu par surprise. » comme le dit si bien La Bruyère. Pamphlets.. L'esprit faux. Nouvelles nouvelles. De Visé. n'avait fait qu'habiller le canevas « à la française. l'Histor. Marquis et précieuses trouvèrent leurs défenseurs.. 18^:5. dissertations critiques. libelles. accablèrent le satirique. » prétendait que Molière le déro- l'abbé Cotin. On affirma même que la veuve du farceur Guillot Gorju avait vendu à Molière la pièce tout entière. Le vieux monde attaqué ne se rendit pas sans combat. bait. Les plus partiales ne colportèrent plus d'a» vance des facturas par les maisons comme on fait en » sollicitant un procès i.. Paris. qui. Paulin. « L'auteur de la \ ^ ' Scarron.^. L'abbé de Pure. pour revendiquer la création de Mascarillc. de la Vicomtesse d'Auchy. Ed. IIl^ partie. . Il fallut le rang et l'autorité de mademoiselle de Montpensier pour en maintenir un seul au Luxembourg sous l'autorité de Segrais et de « celui où l'imagination a trop de part. calomnies de tout genre. prit hautement le parti des Arthémises et des Clélies.

. au sublime Boyer. le populaire. Nous citerons entre autres: procédé irrégulier le moyen que « Faire estime débuter par— du ders'accommoder de quelqu'un le bel air des choses débiter les » nier bourgeois dans les formes exercer les espr ts » sentiments se défaire de chose » sécheresse de conversation tissu d'un roman intelligence » tout à fait choquante chasser sur nos courir après le mérite » épaisse être des nôtres s'inscrire en faux être en » terres enchérir sur se piquer d%sprit » passe de n'être lesprit assaisonne sa comme il faut » pas de refus danser proprement peupler la solitude bravoure ..^ — : — « s'encanailler — humeur communicative à fait françaises malgré — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — j> > — . à l'admirable M. Il n'y a certes pas à le comparer à l'illustre Boisrobert. » plupart de celles que Molière a incriminées. et doivent.•JVn » LRS PRF. . > public. Le — — — — — eic.CIKUSES RiniCULE? du Petit-Bourbon.. Le raffinement. » Mais rêta. Boileau et Racine suivirent Molière. sont aujourd'hui de l'usage le plus authentique et le plus naturel.-it si plein de feu. en les plaçant dans la bouche de ses personnages ridicules. introduisit dans l'iliome et dans l'usage commun une multitude d'expressions ingénieusement métaphoriques devenues tout Molière Chose étrange! la » le blond hardi des cheveux. la cour.jtc. farce « '> un voleur. qui e. n'est qu'un singe et plagiaire d'habitude. Magnon. qu'elles avaient poussé trop loin et qui leur avait fait deviner et préparer jusqu'à la nouvelle orthographe que devait inaugurer Voltaire. aidé par les Italiens. ils i Quant aux comédiens du Petit-Bourbon.tout à la ne jouent leurs » force de » brigues. r- dit-il. rien qui vaille. Le cours de l'influence italienne espagnole s'arle Personne toutefois ne put empêcher que long règne des précieuses ne laissât dans le langage et les mœurs des traces indélébiles.. le coup était porté. les esprits sérieux. auteur d'At- t laxirce.

de ne les faire voir qu'à la chandelle. il m'imporloit qu'on ne les dépouillât pas de ces ornemens. Mais. et je trouvois que le succès qu'elles avoient eu dans la représentation éloit assez beau pour en demeurer là.si je l'accusois d'avoir pu applaudir à une souiso comme le public est le juge absolu de ces sortes : y auroit de l'impertinence à moi de le déj'aurois eu la plus mauvaise opinion du mou !e de mes Précieuses ridicules avant leur représentation.. et. le Lutrin de Loileau. Voy. je dois croire maintenant qu'elles valent quelque chose. et mépriser par honneur ma comédie.PRÉFACE «. comme une grande partie des grâces qu'on y a trouvées dépendent de l'action et du ton de voix. J'offenserois mal à propos tout Paris. pour ne point donner lieu à quelqu'un de dire le proverbe'. 16 . mci'. laido au grand jour. ^ C'est-à-dire du tliéâlre de Molière dans la boutique des librnir 3S du Pillais. » Le vrai siècle de Louis XIV était nauguré. et Louis XIV lui-même avait reconnu le poète jui devait l'aider le plus ftTicacement dans son œuvre politique.ur. d'ouvrages. et je pardonnerois toute autre violence plutôt que celle-là. qu'à appartenaient à Molière. ) 2U Je n'ai plus. s'écria-t-il. PRÉFACE DES PRÉCIEUSES RIDICULES PAR MOLIERE C'est une chose étrange qu'on imprime les gens malgré eux! Je ne vois rien de si injuste. puisque tant de gens ensemble en ont dit du bien. et je ne voulois pas qu'elles sautassent du théâtre de Bourbon dans la galerie du Palais*. Ce n'est pas que je veuille faire ici l'auteur modeste. il quand * Expression proverbiale : Belle à la chandelle. étudier le monde. J'avois résolu. dis-je.

Mon Dieu! l'étrange embarras qu'un livre à mettre au jour. que les plus excellentes choses sont sujettes à être copiées par de mauvais singes qui méritent d'être bernés. que ces vicieuses imitations de ce qu'il y a de plus parfait ont été de tout temjis la matière de la faire voir qu'elle se tient partout satire honnête et comédie. Maison au jour sans me donner le loisir de me reconnoître. et je suis tombé dans la dis- grâce de voir une copie dérobée de ma pièce entre les mains des libraires. par la même raison que les véritables sa- Pour: effiracité. 1 . et qu'un auteur est neuf la première fois qu'on l'iuiprime! Encore si l'on m'avoit donné du temps. leur origine. J'aurois parlé aussi à mes amis. à présent mes confrères. et j'aurois pris toutes les précautions que messieurs les auteurs. et consentir à une chose qu'on ne laisseroit pas défaire sans moi. et l'on n'iguore pas qu'une louange en gioc d'un livre. l'étymologie de toutes deux. qui. et que. Il faut donc se laisser aller à la destinée. et dont j'aurois tenté la libéralité par une épi tre dédicatoire bien tleurie. pour la recommanou des vers dation de françois. J'en ai même qui m'auroient loué en grec. ne m'auroient pas refusé ou des vers lalins. leur définition. et je ne manque point de livres qui m'auroient fourni tout ce qu'on peut dire de savant sur la tragédie et la comédie. et le dernier mal est encore pire que le premier. Outre quelque grand seigneur que j'aurois été prendre malgré lui pour protecteur démon ouvrage. accompagnée d'jyi privilège obtenu par sur» prise. J'ai eu beau crier: temps! ô mœurs! on m'a fait voir une nécessité pour moi d'être imprimé ou d'avoir un procès. ma pièce. j'aurois tâché de faire une belle et docte préface. j'aurois pu mieux songer à moi. Archaïsme que le style fhéolodqiie a conservé. J'aurois est d'une merveilleuse efficuce' à la tète me met voulu dans les bornes de la permise. et je ne puis même obtenir la liberté de dire deux mots pour justifier mes intentions sur le sujet de celte comrdie. ont coutume de prendre en semblables occasions./il LLS PRÉCIEUSES RIDICULES je n'ai Cependant pu l'éviter. et le reste.

sur le théâtre. PERSONNAGES ACTEURS LA GRANGE. puisque Dieu J'a voulu. inventée par les italiens. ou quelque autre. de Luynes^ veut m'aller relier de ce pas: à la bonne heure. GORGIBUS. Deux porteurs de chaise. Violons. la Cornmedia dell de son libraire. ( DU CROISY. Molière. non plus que les juges. \^ \ M"« Duparc. Debrik. ou masques de Arte. servante des précieuses ridicules. LE MARQUIS DE MASCARILLE. Du Cboisy. Béjart. La scène est à Paris. ALMANZOR. comme j'ai dit. Brécolirt. laquais des précieuses ridicules. MAROTTE. valet de du Croisy.rUÉFACE vans et les vrais 243 s'offenser du Docteur de braves no se sont point encore avisés de la comédie. L'Espy. aussi les véritables précieuses auroient tort de se piquer. Voisines. on ne me laisse pas le temps de respirer. valet delà Grange. bonbonrgeois. le prince ou le roi. et du Capitan. lorsqu'on joue les ridicules qui les imitent mal. . nièce de Gorgibus. ^^^^^^^- j I i^"^"^ la Grange. et M. dans la maison de Gorgibus. * Personnages symboliques. les princes et les rois de voir Trivelin*. Mais enfin. * Molière donne habilement l'adresse et le nom pour que l'on n'aille pas acheter la contrefaçon. Mad. CATHOS. LE VICOMTE DE JODELET. Les ouvrages se vendaient alors reliés au moins eu parchemiu. faire ridiculement le juge.

LA GRAKGE. Seignear la Grange. Pas tout à fait. on ne pouvoit nous faire pis qu'elles ont fait? ler. A-t-on jamais vu.vous de notre visite? L'n êtes-vous fort satis- A votre avis. et de telle façon. Eh bien? DU CROIST. à dire vrai. de pecux. CROISV.LA GRANGE. deux pccques* provinciales faire plus les renchéries que celles-là. Ellipse arcliaïque et d'excellent eflet.56*4 LES PRÉCIEUSES RIDICULES SCÈNE 1. se rattacliantà l'italien pecora. quand nous aurions été les dernières personnes du monde. animal insupportable. que je me veux venger de cette impertinence. . tant se frotter les : DU CUOISY. LA GRANGE. Du languedocien pécqua. Que fait? dites.. Je n'ai jamais vu tant parler à l'oreille qu'elles ont fait entre elles. tant bâil- yeux. Regardez-moi un peu sans rire. LA GRANGE. je l'y prends. me semble que vous - Pour : si ce n'est oui et non. Sans doute. LA GRA>*GE. Quoi? DU CROISY. dites-moi. je vous avoue que j'en suis tout scandalisé. DU DU CROISY. Je connois ce qui nous a fait Il i Peur : mijaurées. affectées. prenez la chose fort à cœur. el demander tant de fois Quelle heure est-il? Ont-elles répondu que* oui et non à tout ce que nous avons pu leur due? El ne m'avouerez-vous pas enfin que. LA GRANGE. avons-nous sujet de i'êlrc tous deux? DU CROISY. Pour moi.. et deux hommes traités avec plus de mépris que nous? A peine ont-elles pu se résoudre à nous faire donner des sièges.

C'est une chose que vous pourrez mieux apprendre d'elles que de nous. GORGIBUS. Les affaires iront-elles bien? Quel est le résultat de celte visite? LA GRANGE. DU CROISY. nu CROISY.GORGIBUS. et nos donzellcs ri- bonne part. En un mot. au sentiment de beaucoup de gens. Mot pris en entre 1650 et 1660. pour une manière de bel esprit car il n'y a rien à meilleur marché que le bel esprit maintenant. SCÈNE II. jusqu'à les appeler de vers. Ce que j'en prétends faire? Il faut. c'est que nous vous rendons grâce de la faveur que vous nous avez faite. qu'en prétendez-vous faire? LA GRANGE. Eh bien. qui passe.. et demeurons vos très-humbles serviteurs. L'air prt'cieux' n'a pas seulement infecté Paris. LA GRANGE.SCÈNE s'est aussi II 245 il mépriser.. en mauvaise part depuis Molièio. dicules en ont r(^pandu dans les provinces. nous leur jouerons tous deux une pièce qui leur fera voir leur sottise. et dédaigne les autres brutaux. nommé Mascarille. DU CROISY. . si vous vois ce qu'il faut être pour en être bien reçu m'en croyez. II se pique ordi. Eli bien. encore? LA GRANGE. vous avez vu ma nièce et ma fille. C'est un extravagant qui s'est mis dans la tête de vouloir faire l'homme de condition. J'ai un certain valet. ' Pour : air de raffinement excessif. un peu mieux leur monde. bonne part . et pourra leur apprendre à connoîtrc humé leur et ambigu de pn'cieuse . Tout ce que nous pouvons vous dire. nairement de galanterie et valets. Vos très-humbles serviteurs. Mais sortons d'ici auparavant. Et comment. Jo et. DU CROISV. c'est un de coquette que leur personne.

. SCÈNE V. pour le moins et quatre valets vivroienl tous les jours des pieds de moutons qu'elles em: ploient. et mille autres brimborions que je ne connois point. il semble qu'ils sortent mal satisfaits cl ici. envie de me ruiner. Que désirez-vous. GATHOS. GORGIBUS.GORGIBUS. D'où pourroit venir leur mécontenlemenl? 11 faut savoir un peu ce que c'est. MAROTTE. monsieur? GORGIBUS. les lèvres. . vraiment. Je ne vois partout que blancs d'œufs. Dans leur cabinet. Holà Ouaisf ! SCÈNE III. . IV.GORGIBUS. de faire tant de de froideur? Vous avois-je pas commandé de les recevoir comme des personnes que je voulois vous donner pour maris? * Verbe créé par Molière pour les ^f-1ins de la scène. seul.240 LES PKÉCIEUShS RIDlCULîiS GORGIBUS. le lard d'une douzaine de cochons. je pense. depuis que nous sommes ici.MADELON. De la pommade pour pommadé * SCÈNE . ont. GORGIBUS. Ces pendardes-là. Où sont VOS maîtresses? MAROTTE. lait virginal. GORGIBUS. GORGIBUS. dépense pour vous graisser le museau Dites-moi un peu ce que vous avez fait à ces messieurs. Que font-elles? MAROTTE. C'est trop dites-leur qu'elles descendent. MAROTTE. . que je les vois sortir avec tant Il I est bien nécessaire. Elles ont usé. . avec leur pommade.

2it Et quelle estime. Mon Dieu! que si tout le monde vous ressembloit. leur véritable auteur. mon père.il rien de plus obligeant que cela? Et ce lien sacré où ils aspirent n' est-il pas un témoignage de l'honnêteté de leurs intentions? MADELON. - selle sité. Je n'ai que faire ni d'air ni de chanson. Je te dis que le mariage est une chose sainte et sacrée. aussi bien que moi? Est. . Cela me fait honte de vous ouïr parler de la sorte. Et par où veux-tu donc qu'ils débutent? par le concubinage? N'est-ce pas un procédé dont vous avez sujet de vous louer toutes deux. Le moyen. qu'une fille un peu raisonnable se pût accommoder de leur personne? GORGIBUS. La belle le galanterie que la leur ! Quoi ! débutor d'abord par mariage ? GORGinUS. un roman seroit bientôt fini La belle chose que ce scroit. Héros et héroïnes des romans dont on raffolait. Et qu'y trouvez-vous à redire? MADELON. et qui semblent aujourd'hui naturels. et vous devriez un peu vous faire apprendre le bel air des choses. étaient alors nouvelli'meiit iiivenlées et appartenaient au style précieux. ce que vous dites là est du dernier bour- geois. honnêtes gens que de débuter par là. Ah ! mon père. voulez-vous que nous fassions du procédé irrégulier* de ces gens-là? CATHOS. si d'a! bord Cyrus épousoit Mandane. la notice de cette pièce.SCrN E V MADELON. et que mademoide Scudéry. ridiculisés par Molière. GOUGIBUS. avait fait paraître par précionon pas sous son propre nom. mon oncle. et que c'est faire en MADELON. sur les mots de celte espèce. Voyez. expressions qui sont aujourd'hui du commun usage. fût marié àClélie^l et qu'Aronce de plain-pied * Faire estime ii procédé irrégulier. mais sous celui de son frère.

Prepère. enlcvemens. sache débiter les beaux sentimens. et sortir de là tout rêveur et mélancolique. qui paroît à notre rougeur. .2«8 LES PRÉCIEUSES RIDICULES GOr. et ce sont des règles dont. il doit voir au temple. . En effet. il ne se peut rien de plus marchand que ce procédé et j'ai mal au cœur à la seule vision que cela me fait. les rivaux qui se jettent à la traverse d'une inclina- tion établie. qui se doit faire ordinairement dans une allée de quelque jardin. et que sa recherche soit dans les formes. ma cousine donne dans le vrai de la en venir de but en blanc faisant à l'union conjugale. Voilà les désespoirs. mou oncle. de nous accoutumer insensiblement au discours de sa passion. GORGIBUS. jiousser le doux. Il cache un temps sa passion à l'objet aimé. Il faut qu'un amant. et de tirer de nous cet aveu qui fait tant de peine. mon père. et prendre justement le roman par la queue encore un coup. ou à la promenade. Que me vient conter celle-ci ? MADELON. oii l'on ne manque jamais de mettre sur le tapis une question galante qui exerce les esprits de : l'assemblée. en bonne galanterie. pour un temps. mour qu'en le contrat . cousine qui vous dira aussi bien que moi que le mariage ne doit jamais arriver qu'après les autres aventures. ou dans quelque cérémonie publique. le tendre et le passionné. et ce qui s'ensuit. les jalousies conçues sur de fausses apparences. on ne sauroit se dispenser.GIBUS. bannit l'amant de notre présence. et qui. pour ôtre agr(?able. Après cela viennent les avensuivie d'un tures. les persécutions des pères. Ensuite il trouve moyen de nous apaiser. Le jour de la déclaration arrive. voilà Mon ma mièrement. Quel diable de jargon enlends-je ici? Voici bien du haut style. la personne dont il devient amoureux ou bien être conduit fatalement chez elle i)ar un parent ou un ami. et cependant lui rend plusieurs visites. CATHOS. les les comme choses se traitent dans les belles manières. les plaintes. Mais ne faire l'adu mariage. tandis que et cette déclaration est la compagnie s'est un peu éloignée : prompt courroux.

Ces cartes allégoriques devinrent une manie. on n'y tient pas. Eh! de grâce. Calhos. au fond. Ne voyez-vous pas que toute leur personne marque cela. PetitsSoins. et un habit qui souffre une indiDieu quels amans sont-ce là Quelle ! ! frugalité d'ajustement.SCENE V chose. alors garnis de dentelles et noués avec deux les a remplacés. Voyez les portraits de Saint-Evremont et de Conieille. une tête irrégulière en gence de rubans. un chapeau d(^sarmé de plumes. On y est conduit par le fleuve A' Inclinai inn. puis par le hameau des Billets-Doux. grande préroman de Clélie. dans son cols rabattus... Je pense qu'elles sont folles toutes deux.ent. et qu'il s'en faut plus d'un grand demi-pied que leurs hauts-dechausses ne soient assez larges. après quoi tout est dit. et qni eut un succès prodigieux. et nous appelez autrem. La comédie porta un coup mortel à celte géographie /idicnle. qui mène au chàleau des Petits-Soins. ces noms étranges de baptême ? * ! Ne sont-ce pas vos noms Invention allégorique de tnademoiselle de Scudéry. bien que ce ne soit. et vous. mon cheveux. GOnCIBUS. et qu'ils n'ont point cet air qui donne d'abord bonne opinion des gens? Venir en visite amoureuse avec une jambe toute unie. - Pour : cordons àglonds. Le fait 2'jO moyen de bien recevoir des gens qui sont tout à incongrus en galanterie! Je m'en vais gager qu'ils n'ont jamais vu la carte de Tendre. et quelle sécheresse de conversation! On n'y dure point. défailes-vous de ces noms étranges. laissant aux seuls hommes rabat et la calotte que portaient autrefois les laïques. il y en eut pour la coquetterie et mime pour le jansénisme. La cravate d'Eglise le . firent fureur. ville capitale du pays de Passion. accommodé au goiU du sircle. sont des terres inconnues pour eux*. cieuse. et l'on arrive à son but par le village des Billets-Gulunts. que le Roman de la Rose. C'est Tewlre. mon père. Comment. Billeis-Galans et Jolis. Madelon. et que Billets-Doux. MADELON. et je ne puis rien comprendre à ce baragouin. J'ai remarqué encore que leurs rabats^ ne sont pas de la bonne faiseuse. GORGIBUS. dont il faut s'emparer.Vers.

. Il n'en faut point douirr. qu'une oreille un peu délicate pâtit furieusement à entendre prononcer ces mots-là. Laissez- nous faire à loisir le tissu de notre roman. je connois leurs familles et leurs biens. c'est que je trouve le mariage une chose tout à fait choquante. Souffrez que nous prenions un peu haleine parmi le beau monde de Paris.260 LES PREClEïïSES RIDICULES MADELON. elles sont achevées®. Je n'entends point que vous ayez d'autres noms que ceux qui vous ont été donnés par vos parrains et marraines et pour ces messieurs dont il est question. Il est vrai. que ma cousine a clioisi. el ne m'avouerez-vous pas que ce seroit assez d'un de ces noms pour décrier le plus beau ro- Mon man du monde? CATHOS. à part. et la garde de deux filles est une charge un peu trop pesante pour un homme : . ont une grâce dont il faut que vous demeuriez d'accord. je n'entends rien à toutes ces balivernes! je 1 i'i Mot renouvelé par madame de : Staël. Comment contre un est-ce qu'on peut souffrir la pensée de coucher homme vraiment nu? MADELON. Dieu! que vous êtes vulgaire*! Pour moi. Pour moi. oîi nous ne faisons que d'arriver. et je veux résolument que vous vous disposiez à les recevoir pour maris. et qui. c'est que vous ayez pu faire une fille si spirituelle que moi. tout ce que je puis vous dire. de mon âge. Archaïsme excellent. el le nom de Polixène. que je me suis donné.) Encore un coup. GORGIBUS. CATHOS. (Haut. Je me lasse de vous avoir sur les bras. mon oncle. Pour accomplies. Écoutez il n'y a qu'un mol qui serve. et n'en pressez point tant la conclusion. A-t-on jamais parlé dans le beau slyle de Cathos ni de Madelon. est resté a bon usage. un de mes étonnemens. et celui d'Aminte. mon oncle. depuis elle. GORGIBUS.

si vous êtes au que son maître vous veut venir voir. MADELON. Voilà un nécessaire qui demande si vous êtes en comsotte. Dame! je n'entends point le latin. allez dire qu'on nor3 peut voir. ! est-il. comme vous.. MAROTTE. j'en fais un bon serment. la filophie dans le grand Cyre. SCÈNE VII. quai. ma chère? j'en suis en confusion pour lui. MAROTTE. - CATHOS. que ton père a la forme enfonc(îe la matière que son intelligence est épaisse. Le moyen de souffrir celai Et qui MAROTTE.SCENE . J'ai peine à me persuader que je puisse être véritablement sa fille. Mon dans fait Dieu. L'impertinente! le MADELON. d je me regarde aussi. ou. Je le croirois bien. et je crois que quelque aventure un jour me viendra développer une naissance plus illustre. Voilà un laquais qui demande logis. Que veux-tu. CATHOS.- CATHOS. à visibles. . modité d'être MAROTTE. vous serez religieuses. Apprenez. marquis de Mascarille.. ma I chère. MADELON. maître de ce laquais? Il me l'i nommé le MADELON. et qu'il sombre dans son âme MADELON. ou vous serez mariées toutes deux avant qu'il soit peu. I CATHOS. et je n'ai pas appris. C'est sans doute un bel esprit qui aura ouï parler de nous. et po'T rrn i. SCÈNE VI. Dites : vous énoncer moins vulgairement. o il y a :oules les apparences du monde. et dit MADELON. Ah! ma chère. un marquis Oui. VII r:"î veux être maître absolu et. pour trancher toutes sortes de discours. ma foi.

' Pour : comme un chrétien. la saison mes souliers en boue ? DEUXIÈME PORTEUR. . Il ma chère. là. DEUX PORTEURS. ii. là. Vous jusqu'ici. MASCARILLE. là. MAROTTE. si vous voulez que je vous entende. Je le crois bien. monsieur. Dame aussi I c'est que la porte est étroite. que j'exposasse l'embonpoint de mes plumes aux inclémences de pluvieuse. Apportez-nous le miroir. il faut parler chrélien *. ôtez votre chaise d'ici. Je pense que ces marauds-là ont dessein de me briser. Holà! porteurs. à force de heurter contre les murailles et les pavés. Ajustons un peu nos cheveux au moins. là. venez nous tendre ici dedans le conseiller des grâces. s'il vous plaît. MÂDELON faut le recevoir dans cette salle basse plutôt qu'on chambre. et que j'allasse imprimer Allez. SCÈNE VIII. là. et gardez-vous bien d'en salir la glace par la communication de votre image. PREMIER PORTEUR.MASCARILLE. et soutenons notre répuialion. Archaïsme qu! consiste à employer l'adjectif comme uu adverbe. avez voulu que nous soyons entrés MASCARILLE. Hein? DEUXIÈME PORTEUR. Par ma foil je ne sais point quelle bête c'est là. comme un homme civilisé. Assurément. Vite. monsieur.noranlc que vous êtes. holà! Là. Payez-nous donc. Voudriez-vous. MASCARILLE.252 LES PRÉCIEUSES RIDICULES CATHOS. s'il vous plaît. CATHOS. Je dis. . faquins. jotre Elles sortent. que vous nous donniez de l'argent.

payez-nous vitement I ! ! ! ! MASCARILLE. au petit coucher. mes maîtresses qui vont venir tout à MASCARILLE. Çà. Il est raisonnable. vous avez donné un soufflet à mou camarade. voilà l'heure. Ah ah je vous apprendrai à vous connoître Ces canaillesl^i s^osent jouer à moi PREMIER PORTEUR. (Levant son bâton. coquin demander de l'argent à une personne de ma qualité I DEUXIÈME PORTEUR. Je dis que je veux avoir de l'argent tout à l'heure. MASCARILLE. Doucement! liens. Allez. venez me reprendre tantôt pour aller au Louvre. mais l'autre est un coquin qui ne ce qu'il dit. MASCARILLE. On obtient tout de moi quand on s'y prend de la bonne façon. Qu'elles ne se pressent lïicnt point'. Quoi? PREMIER PORTEUR.. . et. Monsieur. ie suis ici posté commodé- pour attendre.MAROTTE. ne suis pas content. Tiens. MAROTTE..) MASCARILLE. Comment.. prenant un des bâtons da sa chaise. je SCÈNE IX. Non. MASCARILLE. Vite donc. Est-ce ainsi qu'on paye les pauvres gens? et votre qualité nous donne-t-elle à dîner? MASCARILLE. Oui-da! tu parles sait comme il faut.SCÈNE I IX 253 MASCARILLE. lui donnant un soufflet. toi. es-tu content? PREMIER PORTEUR. celui-là. . PREMIER PORTEUR. voilù pour le soufflet.

MASGARILLE. voici. ALMANZOR. CA-THOS. MADELON. et nous n'avons garde. La renommée accuse juste en contant ce que vous valez. MADELON. au moins. vous serez surprises sans doute de l'audace de ma visite. après avoir salué. repic et capot tout ce qu'il y a de galant dans Paris. CATHOS. ce n'est pas sur nos terres que vous devez chasser. MASGARILLE. Ah je m'inscris en faux contre vos paroles. Mesdames. et vous allez faire pic. Pour voir chez nous le mérite. et le mais votre répulalion vous attire celte mèmérite a pour moi des charmes si puis- que je cours partout après hii. Madame? Vitc. y a-t-il sûreté pour moir Almanzor son. Mais. Holà ! Almanzor 1 ALMANZOR.'Rs MAROTTE.2c. affaire. vous poursuivez le mérite. il faudroit faire donner des sièges. Ma chère. CATHOS. de donner de notre sérieux dans le doux de votre flatterie. ma cousine et moi. Si ! MADELON. chante sans. CATHOS. il a fallu que vous l'y ayez amené. .voiturez-nous ici les MADELON.MADELON. MASGARILLE.î les précieuses RiDiccr. Les SCÈNE X. Que craignez-vous? . Votre complaisance pousse un peu trop avant la libéralité de ses louanges. commodités de ici la conversation. MASGARILLE.

* Terme d'escrime. c'est le caractère enjoué. Telle est la prétentioi plus ridicules héros du grand Cyrus. nos yeux n'ont point de mauvais deset voire cœur peut dormir en assurance sur leur prnd'hnmie. je m'en et je MADELON. monsieur. Ah I par ma ou je de mal. que dites-vous de Paris? . » dans : le même les sens. cœur. MASCARILLE. frnncliise.f^GENE X Quelque vol de chise*. après s'être peigné et avoir ajusté ses canons. qu'en pourrions-nous dire? Il faudroit être l'anti. garantie suffisante. pour comme Turcs traitaient les Mores d'Afrique. ne soyez pas inexorable à ce fauteuil qui vous tend les bras il y a un quart d'heure conteniez un peu l'envie qu'il a de vous embrasser. MADELON. Je vois bien que c'est un Auiilcar^. et de traiter une âme de Turc à More*. Voiture. quelque assassinat de ma fran- des yeux qui ont la inine d'être de fort mauvais t^arçons. Ma chère. du bel il ias! psprit et de la galanlerie. i ils se mettent sur leur garde meurtrière défie I '. CATHOS. Ne CATHOS. Eli bien. dit: « J'ai perdu ma 2 Expression proverbiale. veux caution bourgeoise® qu'ils ne me feront point foi. de l'un des . je tiens que hors de Paris lut pour les honnêtes gens. pour ne pas confesser que Paris est le grand bureau des merveilles. MADELON.pode de la raison. Comment. le centre du bon goût. mesdames. de faire insulte aux libertés. ' il n'y a point de sa- Liberté du cceur. Pour moi. Je vois '>:5 mon MASCARILLE. seins. ^ Pour: caution donnée par un bourgeois solvable. Mais de grâce. MASCARILLE. diable d'abord qu'on ici ! ^ps approche. : 6 Pour : un personnage enjoué. m'en vais gagner au pied *. craignez rien. * Pour gnoinfir liu terrain en levant le pied .

et qui était devenue très à la mode.nT. Hélas! nous ne culière qui sommes pas encore connues. on est instruit de cent choses qu'il faut savoir de nécessité. Vous recevez beaucoup de visites? Quel bel esprit est des C'est vôtres? MADELON. et je puis dire que je ne me lève jamais sans une demi-douzaine de beaux esprits. CATHOS. si l'on veut être du beau monde. mais nous sommes en passe de l'être. pour moi. une vérité incontestable. * Pour : intellectuelles. par le moyen de ces visites spirituelles^. de Cabinet des Muses et de Ricueil de Poelies. quand il n'y auroit rien autre chose que cela. mon brun 2 Chaise à porteurs. Il est vrai que la chaise est un retranchement merveilk'ux contre les insultes de la boue et du mauvais temps. MADELON. si vous nous faites celle amitié car enfin il faut avoir la connoissance de tous ces messieurs-là. et qui Elil . ï . Et certains autres qu'on nous a nommés aussi pour être les arbitres souverains des belles choses. tous les beaux esprits s'étnient fait un devoir d'insérer leurs productions dans des recueils. inventée en Angleterre. faisaient les délices des gens à la mode. C'est moi qui ferai votre me MADELON.r? CATHOS. affaire mieux que personne. MASCARILLE. c'est que. et vous savez qu'il y en a tel dont il ne faut que la seule fréquentation pour vous donner bruit de connoisspuse. MASCARILLE.SÇ>6 LES PRECIEUSES RIDIC. Ce sont eux qui donnent le branle à la réputation dans Paris. mais nous avons la chaise *. ils rendent tous visite. qui sous le liUe à' Espadon saAirique. Dieu! nous vous serons obligées de la dernière obligation. Mais. Il y fait un peu crotté. Depuis le règne de Henri IV. MASCARILF-E. que le marquis de Montavait Iniporlée en France. ce que je considère particulièrement. et nous avons une amie partinous a promis d'amener ici tous ces messieurs du Recueil des pièces choisies *.

quatre cents épigrammes et plus de mille madrigaux. qui séparait de la muraille le lit de 17 . si l'on ignore ces choses. s'il falloit qu'on vînt a me demander si j'aurois vu quelque chose de nouveau que je n'aurois pas vu. sans compter les énigmes et les portraits. pour moi. Il est vrai qu'il est MADELON. deux cents chansons. tel que vous me voyez. celui-là en est à la troisième partie de son romai. C'est là ce qui vous fait va- dans les compagnies et. d'ail5e. honteux de n'avoir pas des premiers tout ce qui se fait.irs meublé avec beaucoup d'élégance. . et ne sache pas jusqu'au moindre petit quatrain qui se fait chaque jour. la plus jolie On sait à poml nommé tel un tel a composé pièce du monde sur un sujet. mais ne vous mettez pas en peine: je veux établir chez vous une académie de beaux esprits. 257 On apprend parla chaque : jOur ies [telites nouvelles galantes. cl demandent un esprit pro' Pour: assemblions de gens à la mode.SCENE X sont de l'essence d'un bel esprit. je m'en escrime un peu quand je veux. MASCARILLE. un tel auteur a fait un tel dessein. celui-là a composé d-es stances sur une infidélité monsieur un tel écrivit hier au soir un sixain à mademoiselle une telle. Pour moi. et je vous promets qu'il ne se fera pas un bout de vers dans Paris que vous ne sachiez par cœur avant tous les autres. C'était l'espace. Les portraits sont difficiles. MASC VRILLE. et. autant de sonnets. cet antre met loir ses ouvrages sous la presse . celui-ci a l'ail un madrigal sur une jouissance. une telle a (ait des paroles sur un tel air. Je VOUS avoue que je suis furieusement pour les portraits* je ne vois rien de si galant que cela. je ne donnerois pas un clou de tout l'esprit qu'on peut avoir. . dont elle lui a envoyé la réponse ce matin sur les huit heures. CATHOS. je trouve que c'est renchérir sur le ridicule. les jolis commerces de prose et de vers. j'aurois toutes les hontes du monde. qu'une personne se pique d'esprit. et vous verrez courir de ma façon dans les belles ruelles ' de Paris. En effet.

MASCARILLE. Je m'imagine que le plaisir est grand de se voir imprimé. et j'en ai fait que je vous donnerai à deviner. Écoulez donc. Cela est au-dessous de ma condition mais je le fais seulement pour donner à gagner aux libraires. cela sera si MADELON. C'est ils sont bien tournés. . BfADELON. c'est-à-diie les dcsservanls de la prêtresse et de sou templo. Oh ! oh ! je n'y prenois pas Tanrlis que. MASCARILLE. il faut que je vous die un impromptu que je fis hier chez une duchesse de mes amies que car je suis diablement fort sur les impromptus. Les madrigaux sont agréables quand MASCARILLE. MASCARILLE. . Mais à propos. . I Votre œil en tapinois me dérobe mon cœur . Nous y sommes de toutes nos oreilles. sans songera mal. L'impromptu est justement la pierre de touche de l'esprit. les énigmes. à mettre en mon talent particulier l'Histoire . je garde : vous regarde. MASCARILLE.238 lond pas. Sans doute. et des mieux reliés. dans le temple de ralcôve. qui me perséexemplaire au moins. : Ah ! certes. LES PRECIEUSES RIDICULES vous en verrez de ma manière qui ne vous dt'plairoul CATHOS. . Je vous en promets à chacune un. Pour moi. du dernier beau j'en retiens un vous le faites imprimer. je fus visiter CATHOS. MADELON. et je travaille madrigaux toute romaine. MADELON. cutent. et oîi se tenaient rangés. j'aime terriblement Cela exerce l'esprit. MASCARILLE. quatre encore ce matin. les uicôvistes. Au voleur ! au voleur! au voleur au voleur! la précieuse.

MASCARILLE. oh! oh! MADELON. sans songer à mal. MASCARILLE. je n'y prenais pas garde. Ahl mon Dieu. oh! oh! La surprise. je trouve ce oh! oh! admirable. Tapinois. CATHOS. c'est-à-dire. Dieu. MASCARILLE. Tout ce que je fais a l'air cavalier. en cachette. votre œil en tapinois. comme un pauvre mouton. 11 en est éloigné de plus de deux mille lieues. qui est extraordinaire. oh! oh! Oui. Tout à fait bien. Tudieu ! vous avez l'ai le MASCARILLE* goût bon. Oh! oh! voilà comme un homme qui s'avise tout d'un coup. MASCARILLE. Ah mon Sans doute et j'aimerois MADELON... je vous contemple. cela ne sent point le pédant. je vous observe. Eh I je ne pas tout à fait mauvais.SCÈNE X 259 CATHOS. tandis qu'innocemment. Que vous semble de ce mol tapinois? n'est-il pas bien choisi? Je CATHOS. façon de parler naturelle. MASCARILLE. que dites-vous? Ce sont là de ces sortes de choses qui ne se peuvent payer. je m'amuse à vous considérer. tapinois. je nem'aporcevois pas de cela. Mais n'admirez-vous pas aussi je ti'y prenais pas garde? 7i'y prenois pas garde. MADELON. . il semble que ce soit un chai qui vienne de prendre une souris. voilà qui esl poussé dans le dernier galant. sans malice. mieux avoir fait ce oh ! oh ! qu'un poëme épique. Avez-Yous remarqué ce commencement. MADELON. Tandis que. je vous regarde. Il semble que cela ne ! soit rien.

chante. Le Pour: du chromnliqup. me lo ravit. Moi? Point du tout.iccoideavecld raffiuement des prccieusest. la. . etc.. tragé la MASCARILLE. B faut avouer cela a un tour spirituel et galant. dérobe Il Me que mon cœur. Vous avez appris la musique? MASCARILLE. MASCARILLE. Les gens de qualité savent tout sans avoir jamais rien Je veux vous dire l'air appris. mais il n'iniporie. La brutalité de la saison a iurieusemenl délicatesse de ma voix. m mascliroiiiMi (jufi se compose de demi tons. vous trouverez l'air a votre goût: Rem. * culin. Le mot est niijnura'. Comment donc cela se peut-il ? MASCARILLE. Écoutez la. Ahf que voilà un air qui est passionné ! Est-ce qu'on n'en meurt point? MADELON. la. CATHOS. Oh oh ! ! je n'y prenois pas garde. ne se peut rien de mieux. Assurément. 0' si ma chère. Il y a de la chromatique ' là dedans. hem. que j'ai fait dessus. HADELON. c'es» Il à la cavalière. A» vo- leur! au voleur! c'est au voleur! au voleur! Ne qi:i diiii'Z-\"uu> pas un homme crie et court après ! le faire arrêter? Au voleur que au voleui ! un voleur pour au voleur ! au voleur! MADLLON.260 LES PRÉCIEUSES RIDICULES WADELON. ets'. la. me l'eiiiporle. ArchaTsme. CATHOS. la. CATHOS. MASCARILLE.

au. mesdames? CATHOS. et l'auteur m'en est venu prier encore ce matin. du tout. comme si l'on crioit bien l'on. MADELON. le grand fin. cl leur donner de la réputation vous laisse à penser si. au. quand nous oisons quelque chose. au voleur! MADELON. au. Nft trouvez-vous pas la pensre bien exprimée dans le clianl? Au voleur! au voleur! Et pus. des clioses. MASGARILLE. car je me suis engagé défaire valoir la pièce. au. Je n'ai encore rien vu de celte force-là. c'est sans t5tude. si vous voulez aussi bien on en doit jouer une nouvelle que je serai bien aise que nous voyions ensemble. Ce n'est pas de refus. je suis enlhoueia^mée de l'air et des paroles. j'y &uis tort exact. Tout ce que je fais me vient traité naturellement. le fin du fin. comme une personne essouffl(^e. . MASGARILLE. de di- Nous avons vertissemens. C'est là savoir le fin CATIIOS. Mais je VOUS demande d'applaudir comme il faut quand nous serons là. le parterre ose nous contredire Pour moi. Tout est merveilleux. au voleur! Et tout d'un coup. été jusqu'ici dans un jeûne effroyable MASGARILLE. Mi DELON. et MADELON. La nature vous a en êtes en vraie mère passionnée. Je m'offre à vous mener l'un de ces jours à la comédie.SCENE X "Mi MASGÂRILLE. pour nous engagera et je les trouver belles. : I . vous l'enfant gâté. je vous assure . C'est la couiume ici qu'à nous autres gens de condition les auteurs vieniuntlire leurs pièces nouvelles. A A quoi donc passez-vous rien le temps. MAiJCARILLE.

262 et. LES PRECIEUSES RIDICULES quand j'ai Voilà qui est beau promis à quelque poëte. et s'arrêter au bel endroit : et le moyen de haha? connoîlre où est s'y arrête. 1 : Ne m'en il parlez point MADELON. . au chapeau et à l'habit. s'y passe cent choses tous les jours. C'est assez puisque nous sommes instruites. Entre nous. Ah! ma j foi. trompe. et beau vers. aux bas. il y en avait aux souliers. ^2 Menue garniture des vêtements. et les choses ne valent que ce qu'on En effet. à cette époque. Je ne sais d'avoir fait MASCARILLE. qu'on ignore dans quelque spirituelle qu'on puisse être. mais vous avez toute quelque comédie. si le comédien ne ne vous avertit par là qu'il faut faire le broule CATHOS. ils ne savent pas faire ronfler les vers. étaient chargés de rubans. MASCARILLE. en veux faire représenter. CATHOS. Belle demande Aux grands comédiens ' il n'y a qu'eux ai I composé une que . qui. qui soient capables de faire valoir les clioses. CATHOS. MASCARILLE. y a manière de faire sentir aux auditeurs les beautés d'un ouvrage. Et à quels comédiens la donuerez-vous? MASCARILLE. : dira. nous ferons notre devoir de nous écrier comme il faut sur tout ce qu'on les provinces. il faudra que nous je la voyions. je crie toujours : devant que les chandelles soient allumées. les autres sont des ignorans qui récitent comme l'on parle. Eh I il pourroit être quelque chose de ce que vous dites. de plumes et de dentelles . à l'épée. c'est un admirable lieu que F-ris. il les fait valoir. Que vous semble de ma congruente à l'habit? petite oie * ? La trouvez-vous 1 Allusion à la troupe de l'hôtel de Bourgogne. si je me la mine MADELON. qui avait pris l'habitude de l'emphase. aux gants.

Vous ne vous? dites rien de MASCARILLE. Mode qui remontait à Louis XIII. Le mot perdriyon signifie aussi une belle couleur violetle. ^ Bande d'étoffe flottante au-dessus du genou et couvrant la moitié de la jambe. à-dire du marchand qui avait la vogue pour la « petite oie. Attachez un peu sur ces gants la réflexion de votre odorat. mes plumes 1 Comment les trouvez- CATHOS. MASCARILLE. Que dites-vous de mes canons ^ ? MADELON. CATHOS.SCÈNE X CATHOS. sublime en est touché délicieusement. Elle est tout à fait de qualité . Et celle-là? Il donne à sentir les cheveux poudrés de sa perruque. n'ai jamais vu porter si haut l'élé- MASCARILLE. Je puis me vanter au moins qu'ils ont un grand quartier fait. Savez-vous que le brin me coitcun louis d'or? Pour moi. MASCARILLE. Le ruban en est bien choisi? *. Ils ont tout à fait bon air. plus que tous ceux qu'on Il faut avouer que je gance de l'ajustement. Furieusement bien. C'est PerJrigeon tout pur MASCARILLE. i Nom . MADELON. Effroyablement belles. Je n'ai jamais respiré une odeur mieux conditionnée. 5t63 Tout à fait. MASCARILLE. et nous ignorons si c'est à la boutique de Perdrigeon qu'elle a dû son nom. Ils sentent terriblement bon. MADELON. MADELON. le MADELON. MASCARILLE. » c'estpour les rubans.

MAbELON. jus. qu'à mes cliausselles. Il . c'est fort mal en user. MAROTTE. Je vous assure que nous sympathisons vous et moi. J'ai une délicatesse furieuse pour tout ce que je porte et. avant qu'on l'écorche. Le vicoaile de JoJelei. Il a MADELON. je ne puis rien souffrir qui ne la soit de bonne Ahi ! faiseuse. à me plaindre de voire procédé. MASCARILLE. est écorché depuis la tête jusqu'aux SCÈNE XI. CATHOS. et votre Vous avez plus de peur que de mal. mesdames. Quoi I toutes deux contre el à M'atlaquer à droite gauche mon cœur en même temps Ah c'est conlre le droit ! I ! des gens meurtre. ahi ! doucement j'ai Dieu me damne. . on demande à vous Qui? vuir. un tour admirable dans l'esprit. - CATHOS. cela n'est pas honnête. MAROTTE. cœur crie Comment. Madame. la partie n'esi pas égale . faut avouer qu'il dit les choses d'une manière pariicu- lière. MAROTTE. pieds. Qu'est-ce donc? qu'avez-vous? MASCARILLE. diable ! il MASCARILLE. et je m'en vais crier au CATHOS.Wt j'ai LES PRECIEUSES RIDICULES cette manie de vouloir donner généralcmcni sur tout c qu'il y a de plus beau MADELON. ahi 1 s'écrianl ! brusquement. CATHOS. MASCARiLLE. M\DELON.

MAROTTE.CATHOS. C'est mon meilleur ami. Baise-moi donc encore un peu. le MADELON. Le connoissez-vous? MASCARILLE. nous commençons d'être connues. . que je vous présente ce gentilhomme: sur ma parole il est digne d'être connu de vous. marquis! (Ils s'embrassent l'un l'autre. . SCÈNE MASCARILLE.ET. Il sommes vus. MASCARILLE. je te prie. JODELET. Mesdames. ci MASCARILLE. j'ai de joie de te voir ici ! MASCARILLE. Que je Que suis aise de le renconirer l JODELET. XII. monsieur. Le vicomte de Jodelei? MAROTTE. Ah I vicomte ! JODELET. MADELON. à Calhos. voilà beau monde qui prend le chemin de nous venir voir. MASCARILLE. CATHOS. ALMANZOR. MADELON. JOOFT.} Ah I MASCARILLE. CATHOS. Ma toute bonne. ii est juste de venir vous rendre ce qu'on vous doit et agrt^ez . y a quelque temps que nous ne nous je suis ravi de cette aventure. et Le voici.SCENE XII "ZCS MASCARILLB. Faites entrer vilement. Oui.

CATHOS. et nous savons ce que faire aussi. Vous ne m'en devez vous savez Il rien.«86 LES PRÉCIEUSES RIDICULES VOS attraits exigent leurs droits seigneuriaux sur toutes sortes de personnes. que vous voyez dans le vicomte un des vaillants hommes du siècle? C'est un brave à trois poils *. et la première fois que nous nous vîmes. est vrai MASCARILLE. toujours vous répéter les choses? Voyez-vous pas qu'il faut le surcroît d'un fauteuil? MASCAUILLE. MASCARILLE. Savez-vous. Tous les portraits de la du seizième sièric et du coinniencemeul du dix-septième sont remarpables par la taille particulière et la pointe effilée de ces ornements du * : fin vLsag3. . Oui. C'est pousser vos civilités jusqu'aux derniers confins de la flatterie. mais non pas si chaud qu'ici. IJADELON. marquis. des veilk s de la cour et des fatigues de MASCARILLE. il commandoit un régiment de lavalerie sur les galires de Malte. Et dans des lieux où il faisoil fort chaud. JODELET. Cette journée doit être marquée dans notre almanach à Almanzor. JODELET. ! Pour portant la moustache et la royale. il faut-il ne fait que sortir d'une le maladie qui lui a rendu le visage pâle comme vous fruits voyez. petit garçon. regardant Calhos et Madelon. comme une journée bien heureuse. Ahi ahil ahi! JODELET. mesdames. MADELON. Allons. Notre connoissance s'est faite à l'armée. Ne vous étonnez pas de voir le vicomte de la sorte. la Ce sont guerre. que nous nous sommes vus tous deux dans l'occasion. JODELET.

de cette Il m'en doit bien souvenir. CATHOS. je sen" quelque chose. vous sentirez quel coup 1 î'étoit là. Je pense que tu as raison. estvra:. et qui l'avait précédé sur le théâtre. et je me souviens que je n'élois que petit officier encore. Que veux-tu dire avec la demi-lune? C'éloit bien une lune tout entière. vicomte. Je les aime aussi . veux pendre l'épée au croc. que vous commandiez deux mille chevaux. jus* Oui. et tâtez celui-ci. 1 Ici égé que MolifTe-Mascnrille s'adresse à Jodelet-Brécourt. que la cicatrice est grande. La guerre est une belle chose. Il est vrai là. C'est ce qui fait Pour moi. mais. après avoir touché l'endroit. demi-lune que nous emportâmes sur les ennemis au siège d' Arras ^ ? JODELET. un furieux tendre pour les hommes d'c'pc'e. ma foi. dont je porte encore les marques. . ma foi j'y fus blessé à la jambe d'un coup de grenade. JODELET. MASCARILLE. MASCARILLE. MASCARILLE. CATHOS. Tâtez un peu. JODELET. la cour récompense bien mal aujourd'hui les gens de service comme nous.SCENE Il XII 2G7 MASCAUILLE. que je MADELON. j'ai MASCARILLE. Y êtes-vous? MADELON. mais vous étiez pourtant dans l'emploi avant que j'y fusse'. Donnez-moi un peu votre main. Te souvient-il. mais je veux que l'esprit assaisonne la bravoure. S l(j54. comédien plus lui. tement au derrière de la lête. de grâce.

la dernière campagne que j'ai faite. une fétf. Néanmoins le mot aniïlais yods'-nd. « Donner un repas. bien avisé. ce que vous MASCARILLE. . Pour au de)à de l'enceinte. Je ne cite que pour mémoire l'éiymoloi^ie du P. Ce sont des marques honorables qui font voir ce qu'on Il n'est pas nécessaire: est.268 LES PRÉCIEUSES RIDICULES MASCARILLE. une partie de plaisir. nous le croyons sans y rega-der. WASCARILLE. Ma « foi. là ton carrosse? Pourquoi ? MASCARILLE. Bnuliours. as-tu CATFOS. MASCARILLE. ( lemblcruii auloriser celte dernière oiigiue. sous Louis XIII. * : I ^ Détail de mœurs el expression de l'époque. parce que et telle d'un spiritiiPl musicien. mettant la mîin sur le bouton de son haul-de-chausse. renfermait 56. qi. Nous ne saurions sortir aujourd'hui. MADELON. Voici un autre coup qui me perça de part en part à l'atC'est taque de Gravelines *. un coup de mousquet que je reçus. . découvrant sa poitrine. ei qui étaii oniée par des fossés et des remparts. JODELET.i a le niùnir -eus envoyé par le bon Dieu }. JODELET.780 hectares. Ayons doncles violons pour danser. 1659. donnerions un cadeau '. Nos iioulevaids actuels occupeul l'emplacement de celle promenade alors à la mode. Nous et leur m(''nerions promeni-r ces dames hors des portes *. parce les buveurs tombent que ces plaisirs tombent des nues et nous surprennent. qui. » surtout à la campagne. MASCARILLE. cadit. cr/^y^nc/o. c'est JODELET. MADELON. . Nous ne doutons pas de Vicomte. êtes. Je vais vous montrer une furieuse plaie.

Basque. CATHOS. Moi. une furieuse dépense en esprit. MASCARILLE. la Verdure. pour moi. Cascaret. que l'en semble? MASCARILLE. je veux faire un Il impromptu là-dessus. et nous faites venir tes messieurs et ces dames d'ici près. 269 nous y consenions mais il faut donc quelque surcroît de compagnie. la Violellel Au diable soient tous les laquais! Je ne pense pas qu'il y ait gentilhomme en France plus mal servi que moi. J'aurois envie d'en faire autant mais je me trouve un peu ! . JODELET. que nous oyions quelque chose qu'on ait fait pour nous. Au moins. très-énergique. Holà Champagne. Il médite. Lorram. pantalon gaulois. sortir d'aflaires iicriiicnt Du latiu. Almanzor sorU MASCARILLE. je dis que nos libertés auront peine à sortir d'ici les Draies* nclles. je reçois d'étrang-o secousses.ins d'une vul. : ! toujours seul. ' Expips'sion provprbinle s. Que tout ce qu'il dit esi naturel I II tourne les choses le plus agréablement du est vrai qu'il fait monde. bmcca. . Eh je vous en conjure de toute la dévotion de mon cœur.SCÈNE XII îiADELON. et mon cœur ne tient plus qu'à un filet. CATHOS.:arllé désagréable. MADELON. Pirard. que dis-tu de ces yeux? JODELET. Almanzor. Ces canailles me laissent Pour cela. Bourguignon. pour peupler la soiiinic de notre bal. marquis. poir : ou plutôt du celtique. MADELON. Mais toi-même. Provençal. Pour vous montrer que je suis véritable. MASCARILLE. Vicomte. dites aux gens de monsieur le marquis qu'ils aillent quérir des violons.

et m'a voidu mener à la campagne courir un cerf avec lui? MADELON. Et du galant. Mon . Le spcond dr ces mots se rap« Ma et le premier aux qnalilés du cœur. s:tf)£ X!ii. portait à riiitelli^'-ence. 270 LES PRECIEUSES RIDICULES incomir. JODELET. JODELET. 1! y a plus de trois semaines que je ne lui aie rendu visite. MASCARILLE. Dieu. comme un démon. un pull trop pressé je vous trouverez Il le a de l'esprit vous ferai un impromptu à plus beau du monde. chère » était une précieuse. " Lue . Vicomte. CATHOS. mes chères^.issez piquante à la manie poétique de Brécourt-Jodclet. . sans doute. y a-t-il longtemps que lu n'as vu la comtesse? JODELET. ALMANZOR VIOLONS.LUCILE. chère. diable est-ce là? Je fais toujours bien le premier mais j'ai peine à faire les autres. Que vers . qui écrivait beaucoup et sans aucun talent.«ion '. LUCILE. que MADELON. . Voici nos amies qui viennent. nous vient des précieuses. MASCARILLE. » expression restée dans la langue. dis-moi un peu. MASCARILLE.odé de la \eine poétique. MAROTTE. CÉLIMÈNE. Vous nous avca obligées. nous vous demandons pardim Ces messieurs ont eu fantaisie de nous donner les âmes des pieds et nous vous avons envoyé quérir pour remplir les vides de notre assemblée.. MADELON. MADELON. Ma foi ! ceci est loisir. AiASCARlLLE. Sais-tu bien que le duc m'est venu voir ce malin. et du bien tourné. ' Al!i. pour la quantité des saignées que j'y ai faites ces jours passés *.

LUCILE. la. MAROTTE. CATHOS. dansant ensuite. Il la. dansant lui seul comme par prélude. vous ne m'aviez pas dit que JODELET. la. . ahl coquins. que vous êtes. Les violons sont-ils venus? ALMANZOR. la. ! Ah H y a trois heures Aliil ahi! ahi! MASCARILLE. prenez place. CATHOS. Ferme! JODELET. infùnie LA GRANGE. la. violons. Oui. Ma franchise va danser la courante aussi bien que mes Oh! quels ignopieds. violons. La. un bâton à la main. la. la. ayant pris Madelon pour danser. emporte I : fais que sor- SCÈNE XIV. l'un de ces jours.SCENE XIV MASCAUILLE. CATHOS. MADELON. En cadence. violons de village! la. . à vouloir faire l'homme d'importance I . 271 Ce n'est ici qu'un bal à la hâte mais. ils sont ici. LA GRANGE. les coups en seroient aussi. la. LA GRANGE. (|ue failes-vous ici? que nous vous cherchons. a tout à fait la taille élégante. en cadence t rans! Il n'y a pas I moyen de danser avec eux. mes chères. Ahi! ahi! ahil C'est bien à vous. JODELET. ne sauriez-vous jouer en mesure? La. Holà ne pressez pas si fort la cadence je ne tir de maladie. Et a la mine de danser proprement. MADELON. la. monsieur. la. IIASCARILLE. se sentant battre. Allons donc. Le diable vous la. nous vous en donnerons un dans les formes. la. CÉLIMÈNE. la. MASCARILLE.DU CROlSy. MASCARILLE.

vous ne vous rirez pas de nous. MAROTTE. CÉLIMÈNE.ure semblant de rien. MAROTTE. CATHOS. et je me serois emporl('\ MADKLON. JODELET. Nous nous con- y a longtemps.272 LES PRÉCIEUSES RIDICULES DU CROISY. Quellp est donc colle audace. MASGARILLE. une gageure. SCÈNE XV. car ! je suiS violent.. MASGARILLE. VIOLONS. Trois ou quatre spadassins entrent. Que veut donc C'est dire ceci ? JODELET. et entre amis on ne va pas se piquer pour si peu de chose. . JODELET. CELIBÎENIi. MADELON LUCILE. de venir nous troubler delà sojle dans noire maison! DU CROISY Comment. violons. vous autres. MADELON. MADELON. promets. Mon Dieu je n'ai pas voulu t. et ennent vous vous donnent le bal? . Entrez. mesdames. Ce n'est rien il : ne laissons pas d'acliever. iui Voi'. laquais! . LA GRANGE.CATHOS. noissons SCÈNE XVI. Quoi! vous laisser battre de la sortel MASGARILLE. marauds. CATHOS. LUCILS. Ma foi.' vous apprendra à vous connoître. qu'ils v UADKLON. en notre présence I MASGARILLE. nous endurerons que nos soient mieux laquais l'aire reçus que nous ^amour Vos à nos dépens. Endurer un affront comme colui-là.DU CROfSY LA GRANGE. je vous MADELON.

ma foi. et de nous supplanter avec nos propres habits. du mot celtique brav. Vite. MASCARILLE. îst iii Pour: beaux habits. vous avez l'audace d'aller sur nos bri- sées! vous irez chercher autre part de quoi vous rendre agréables aux yeux de vos belles. si vous les voulez aimer. LA GRANGE. coquins. monsieur et moi. beau vous faites. ni honnête de nous MADELON. ciel! quelle insolence! LA GRANGE. JODELET. On dit encore dans le nord de la France « Comme il » pour Comme il est fier de son costume ] Arcliiiisme passé mode.MADELON. Ah! ahl DU CROISY. je vous en assure. nos laquais les : 273 et cela n'est ni débaucher comme LA GRANGE. fortune quelle est ton inconstance ! ! Vite. jusqu'à la moindre chose. qu'on les dépouille sur-le-champ. ce sera. nous vous laissons toute sorte de liberté pour cela. Ah < I quelle confusion I tourni^. marquisat et la vicomte à bas. C'est trop LA GRANGE. et. SCÈNE XVII. mesdames. pour leurs beaux yeux. : brave I : 18 . Mais ils n'auront pas l'avantage de se servir de nos habits pour vous donner dans la vue. que de nous supplanter. en l'état qu'ils sont. CATHOS. dont le sens s'est dédepuis. MASCARILLE. CATHOS. dépêchez. MASCARILLE. Qu'on emporte toutes ces bardes. qu'on leur ôle DU CROISY. vous pouvez continuer vos amours avec eux tant qu'il vous plaira. JODELET. violons. Maintenant. .SCENE XVII Oui. que nous n'en serons aucunement jaloux. Adieu notre braverie Voilà le *. et nous vous protestons.

à ce que je vois et je viens d'apprendre de belles affaires. Et vous. à Mascarille. malheureux que je suis. la moindre disgrâce nous fait mépriser èe ceux qui nous chc^rissoient. marauds. SCÈNE XVIII. MADELON. JODELET. Traiter comme cela . père. vioi^NS. Ah mon faite. UN DES VIOLONS. Allons. infâmes! Ils se sont ressentis du trai- tement que vous leur avez fait. camarade. allons chercher fortune autre part je vois bien qu'on n'aime ici que ie> Cî-'tte apparence. CATHOS. Demandez à monsieur le vicomte. une pièce sanglante GORGIBUS. Ah! coquines que vous dames qui ! sortent. GORGIBUS. Je crève de dépit! UN DES VIOLONS. nous autres? MASCARILLE. c'est Dne pièce sanglante. vraiment. il faut que je boive l'affront. Demandez à monsieur le marquis. c'est UADELON. de ces messieurs et de ces ! . MASCARILLE.274 LES PRÉCIEUSES RIDICULES MADELOIS. . mais qui est un effet de votre impertinence. êtes vous nous mettez dans de beaux draps blancs. qu'ils nous on/ Oui. Qu'est-ce donc que ceci? Qui nous payera. et qu'on n'y considère point la vertu toute nue. -GORGIBUS. MADELON. Ah! je jure que nous en serons vengées ou que je mourrai en la peine. et cependant. Qui est-ce qui nous donnera de l'argent? JODELET. à Jodelet. un marquis! Voilà ce que c'est que du monde. osez-vous vous tenir ici après votre insolence? MASCARILLE.

les baUant. et voici la monnoie dont je vous veux payer. chansons. MADELON. (Seul. qui vilaines. puissiez-vous être à tous les diables 1 FIN DES PREClKl!Sfc:S RIDICULES. et voilà ce que vous vous êtes attiré par vos extravagances. romaus. . sonnets I et sonnettes. oui. Oui.SCENE XIX SCÊHE XIX. pendardes. pernicieux amusemens des esprits oisifs. Allez vous cacher. je ne sais qui me tient que je ne vous en fasse autant. . Monsieur. vers. à leur détaut. pour ce que nous avons joué ici. UN DES VIOLONS. allez vous cacher pour jamais êtes cause de leur folie. je vais vous contenter. nous allons servir de fable et de risée à tout le monde. CATHOS. nous entendons que vous nous contentiez. sottes billevesées. Et vous. GORGIBUS.GORGIBUS. 275 violows.") El vous.

Le roi Marquis. la petite république formée des mains de Molière est en danger dès sa naissance. Molière a trente-huit ans. Cependant il faut faire vivre une troupe de douze personnes dévouées qui ont suivi sa fortune et dont il est l'unique soutien. Les étymologistes le font dé- river de l'italien cocnzu. La cour n'est pas revenue encore des frontières d'Espagne. esJ de la « conueiie. partisans de Hardy et de Garnier. Elle est organisée cependant et ne demande qu'à mar* Mot qui ne s'emploie plus que dans il la mauvaise compagnie. Le beau monde a quitté Paris . le protège. qui ne nut jamais apprendre notre langue ni s'associer à nos mœurs. haut de la lète cumbere. PREMIÈRE FOIS A PARIS. » Ardiaïâme de Molière. La plus 'Jièses. ou enfin de cncvlns. citrouille. protecteur en titre de la troupti qui porte son nom. grands hommes des ruelles. oiui conhypocelle qui fait du « cocu » le mari a'avait rieu d'iadéceut ài'époqus latin ou du spirituelle de ces .SGANARELLE ou LE COCU * IMAGINAIRE COMÉDIE RliPSlÉSENTÊE POUR LA. la jeunesse et le roi marchent avec lui. coucou. arbitraires. Marie-Thérèse d'Autriche. L'été va commencer. toutes assez. LE 23 MM 1600 SUR LE THÉÂTRE DD PETIT-BODRBON Six mois se sont écoulés depuis la représentation et le siiccès des Précieuses. et . où Louis XIV va chercher sa fiancée. dont est inutile d'expliquer le sens. compagne de son trône et de sa couche royale. ont beau l'attaquer et le combattre. Monsieur. On est embarrassé. ne paye point aux acteurs la pension promise. frère du roi. la bourgeoisie.

Molière en trois actes. le médiocre l'Espy prononce d'une voix caverneuse les sentences de Gorgibus. n'oublia pas ses anciens amis Villebrequin et Gros-René. et obtint un succès de rire fou qui utiliser la Pour choisit une vieille pièce italienne — . se chargea du rôle principal. passionnés et bizarres. Molière se rapproche autant que possible des masques italiens qu'il admire. il a mis en réserve pour son usage les rôles bouffons. pour ménager leur temps et leurs peines. ou Arlequin cornu d' imagination).oxivero Arlichino cornxUo per opinione (le Portrait.» d'une grande agilitédecorps(iejournalisteLoretrappelle ce fammx àameur). troupe et lui venir en aide. impossibles et grotesques. admirablement divertissant dans le comique. à Scarron. puisque les bouffons la firent encore applaudir à Paris un de ces fruits corrompus de l'Italie dans en 1716. Le gros Duparc. 277 pour rendre ses acteurs plus complets dans leurs rôles. à sa voix.NOTICE cher. avec sa lourde panse et la rondeur de ses allures. Molière. mais non sans gaieté populaire. contemporain de Boccace. Molière effaça les grossièretés les plus choquantes du Ritratto . sans moralité. rôle fatigant au dernier point. reiiforça le canevas italien de plusieurs emprunts habilement faits au i'iflîiCiOM de Sorel. le pâle et élégant Brécourt est le vicomte de Jodelet. est Gros-René. à Sabadino. à Montaigne. même à son caractère. et ramène à l'unité de la nature humaine la fantnsque variété de ces types convenus. à Rabelais. le public y a pris goût. Lui-même. a déjà spécialisé l^urs talents et assigné à chacun le type approprié à sa nature. « habile (disent les contemporains) à monter j et à démonter vinglfois sonvisage dans la même scène. artiste et pour ainsi dire peintre de ses rôles. habitué de bonne heure aux lazzi que lui avait enseignés Scaramouche. œuvre naïve fondée sur un quiproquo plaisant. prêta la vigueur de cette versification mordante qu'il avait apprise chez Lucrèce à l'ingénuité des mœurs bourgeoises. sa décadence. hargneux et quinteux. esquisse sans élévation.

» Un autre fanatique nommé Neufvillenaine. qu'il remercia de sa ^ympathie et de son larcin.> Le Cocu «r — Fontaine : « » En met-on son bonnet Moins aisémeul que de coutume? » « et » du mol tout aussi fameux de Monta gne: a-l-on placé l'honneur des femmes? » Où diable . quoique Paris fût.. le vulgaire époux aussi malheureux de se croire trompé que de l'être . ornée d'arguments admiraiifs où il notait les diverses nuances de son jeu. C est le ménage de Si^anarelle avec ses ridicules et ses déboires. imaginaire trouva d^s fanatiques. Molière ne se formalisa pas Dans l'édition qu'il publia lui-même de ses premières comédies. le double évanouissement de Lélie el de Celle sont rach tés par la mâle et simple vigueur du stjle. « Joué à l'époque où chacun quitie Paris pour aller se divertir à la campagne (ainsi parie Donneau. Après la sixième. ce semble.258 NOTICE se prolongea et grandit pendant quarante représentations. Alors il se hâta de la faire imprimer en la dédiart a Molière.. ia grossièreté de quelques détails.. enfin le double commentaire du mot de La i . il s est trouvé assez de personnes de condi» tion pour remplir plus de quarante fois les loges et » le théâtre du Petit-Oourbon. > aésert. mais non jouée). le calque trop fidèle du cantvas original. il la Savait par cœur. et assez de bourgeois » pour remplir autant de fois le parterre. la franche reproduction des angoisses triviales de la vie. dans la préface * de sa Corue imayi7iaire. il reproduisit même le^ observations et argumens » de Neutvillenaine. Point de but moral. C'est le mariage tel qu'il es ou peut f'tre. allait répéter de maison en maison des fragments de la pièce nouvelle dont il ne manquait pas une représentation. qui fut imprimée à la tin de > 1660.. quoi qu'on en ail dit. C'est encore ici une œuvre inhabile où la scène reste souvent vide. où la répétiion des mômes moyens.

amant de Célie. Deerie.SGANARELLE la raillerie 279 Le bon sens pratique de Gassendi descend ici cynique. SCÈNE I. M"* DUPARC. Mad. CÉLIE. dans l'espoir de la séduire et de la capter. La scène sur une place publique. Paris. . LA SUIVANTE de célio. Béjârt. La Grange. ACTEURS L'EsPY. De nouveau les sornettes romajusqu'à triviale de Saucho semble. sa fille. CELIE. fait sa preaiièie apparition. qui ne lui réus- La cour. PERSONNAGES GORGILIJS. UN PaRENT de la femme de est Sganarelle. M"« Debrie. GROS-RENÉ. et son père la suivant. père de Valère. l'île des Faisans. DUPARC. Molière. va s'éloigner de ce sillon populaire et essayer l'imitation espagnole. GORGIBUS. Que marmottez-vous là. LA SUIVANTE de lélie. sira pas. petite impertinente? . LÉLIF]. et cocu LA FEMME de Sganarelle. CKLIE. k son retour de la pièce et l'applaudit. enfin la serqui deviendra la Martine des la nesques sont vilii. » Femmes savantes. sortant tout éplorée. VILLEBHEQUIN. valet de Lélie.endées. SGANARRLLE. Ah 1 n'espérez jamais que mon cœur y conseute. approuve Bientôt Molière. vante « ra son devenu Gros-René plane sur forte l'er en gueule.GORGIBUS. bourgeois de Paris. bourgeois de imaginaire.

Et vous parlez de Dieu bien moins que de Clélie.iSO SGANARELLE ce que j'ai r(!so]u Vous prétendez choquer ? Je n'aurai pas sur vous un pouvoir ai3solu? El. CÉUE. Pour être aimé de vous doit-il manquer d'appas? Allez. dites-vous. sans beaucoup de longueur Si mon bras sait encor montrer quelque vigueur. Hélas 1 GORGIBOS. ! Je vous ferai chanter hélas de belle sorte Voilà. qui mieux. les ducats d'or. ayant vingt mille bons ducats *. ou de moi. Votre plus court sera. < Pour : * Sans doute . votre jeune cervelle Vondroit régler ici la raison paternelle ? Qui de nous deux à l'autre a droit de faire loi ? A voire avis. équivalaient à 11 l"r. D'accepter sans façon l'époux qu'on vous destine. neufs (car leur valeur ^('pendait do leur oonservation et de leur poids). Vous pourriez éprouver. hélas! Que veut fois dire ceci? ici ! bel hélas qu'elle nous si la donne colère une me transporte. Jetez-moi dans le feu tous ces méchans écrits Qui gâtent tous les jours tant de jeunes esprits. J'ignore. Et dois auparavant consulter s'il vous plaît Informé du grand bien qui lui tombe en partage. Dois-je prendre le soin d'en savoir davantage? Et cet époux. sans beaucoup de délai. sotte peut juger ce qui vous est utile? Par la corblcu gardez d'dcliauifer trop ma bile . au lieu de ces sornettes. Expression impropre. ! I : *. ou de vous. Eh Voyez le Eh que ! bien. tel qu'il puisse êlre. de quelle humeur il est. voilà le fruit de ces empressemens Qu'on vous voit nuit et jour à lire vos romans. Lisez-moi comme il faut. qui. par sottes raisons. avecque cette somme Je vous suis caution qu'il est très-honnête homme. madame la mutine. de notre monnaie. 90 0. Des quolibets d'amour votre tête est remplie.

. je disposois de moi Mais vous-même à ses vœux engageâtes ma foi. mon père. il sera mari. toi chéri. que j'oublie La constante amitié que je dois à Lélie? J'aurois tort. C'est là qu'en peu de temps on apprend à bien vivre Et. Et que sans Mais. Vous sauriez un peu mieux suivre mes volontés. auteur de quatrains moiraux que l'on faisait apprendre aux entants. dont le bien l'en dégage. Que je n'entende plus vos soties doléances. je vous prie. On dit aujourd'hui guide au masculin. . Ce gendre doit venir vous visiter ce soir. à vos impertinences. manquez à le bien recevoir . antre grave magistrat. * Pibrac. . Et plein de beaux dictons à rc'citer par cœur. Valère. je crois bien. ce nom d'époux engage Et l'amour est souvent un fruit du mariage. Un autre est survenu.ia de pecadores. Lui fût-elle engagée encore davantage. Mais suis-je pas bien fat de vouloir raisonner Oîi de droit absolu j'ai pouvoir d'ordonner? Trêve donc. historiographe de l^rance. GORGIBUS. docte magistrat du seizième siècle. ouvrage ascétique de Louis de Grenade.SCÈNE . s'il lui le reste est une le triste affaire. au lémiiiin. à douze ans. si.Guide. et un gros morceau de pain dans sa panetière. qui servirent au même usage. écrivit les Tablettes de la Vie et de la Mort. et les doctes Tablettes Du conseiller Matthieu i l'ouvrage est de valeur. et que madame de Maintenon. Manquez un peu. Lélie est fort bien fait mais apprends qu'il n'est rien Qui ne doive céder au soin d'avoir du bien : . Plus que l'on ne le croit. Que l'or doune aux plus laids certains charmes pour plaire. si vous n'aviez lu que ces moralités. sans vous.Matthieu. . n'est pas de ne l'est amant. allait étudier dans les champs en gardant les moutons. Quoi! vous prétendez donc. 1 281 Les Quatrains de Pibrac. couverte d'un masque pour préserver son teint. traduction littérale de la Gv. Le Guide des pécheurs ^ est encore un bon livre. CÉLIE.

LA SUIVANT!! de cémb. Je ne veux pas en dire davantage. alors qu'on éternue *. El je tremble à présent dedans la canicule. madame.. passé comme un éclair. Et je l'éprouve en moi. LA SUIVANTE. . croyez-moi. Il n'est rien de plus vrai. ! I : Le précepteur qui fait répéter la leçon la terre. lui vivant. Et ne profite point en est séparé. El tarder tant à dire un oui si plein de charmes Hélas! que ne veut-on aussi me marier! Ce ne seroit pas moi qui' se feioil prier El. Ne fût-ce que pour l'heur d'avoir qui vous salue D'un Dieu vous soit en aide. ! L'embon[)oinl merveilleux. l'œil gai.ÏSa Si je SGANARELLK ne vous lui vois faire un fort bon visage. * Qw croit beau tant qu'à l'arbre s'il il se tient bien serré. : * Ponr : qui me ferais prier.\djectif pris dans le sens de l'adverLo. Et je suis maintenant ma commère dolente. Ce n'est ni un archaïsme ni une faute. ' Imitatioa du passage d'une nouvelle de Sabadino. le teint d'un chérubin. ma tiès-chcre maîtresse. Quoi refuser. Croyez que j'en dirois bien vite ime douzaine. Que d'avoir un mari la nuit auprès de soi . mais une locution populaire d'un charmant eiïet. madame. chélive pécheresse Le bon Dieu fasse paix à mon pauvre Martin! Mais j'avois. Enfin il n'est rien tel. Sécher même les draps me sembiuil liilicule. SCÈNE II. Ce que tant d'autres gens voudroieni de tout leur cœur! A des offres d'hymen répondre par des larmes. : . * Peur d'une belle maiii/^re.- CÉLIE. loin qu'un pareil oui me donnât de la peine. Pendant cet heureux temps. ^ Je vous. A Il votre jeune frère a fort bonne raison dit Loisque. avec Cftie rigueur. nous discourant des choses de que la femelle est ainsi que le lierre.. Je me couchois sans feu dans le fort de l'hiver. l'âme contente.

Elle laisse tomber le portrait de Lélie. Ah! soutiens-moi. Il comme que l'art y représente. lui monlrant le portrait de Lclie.. SGANARELLE. traits Vois attentivement les jurent à de ce visage . Je veux croire. ma toi. CÉLIE.e ne <lu mot. Et cependant il faut.. Et que vous avez lieu de l'aimer tendrement.. Ah! bons dieux! vile. CÉLIE. Ah! ne m'accable Ils point par ce triste présage. elle pâme*! Eh! quelqu'un! SCÈNE III. LA SUIVANTE. mon cœur c'est lui d'éternelles ardeurs . Puisque si hors de temps son voyage l'arrcle. Votre Lélie aussi n'est. Ellipse populaira» . après tout qu'ils ne sont pas menteurs.. LA SUIVANTE.SCENE m 283 CÉLIE. et prendre ce mal fail? LA SUIVANTE. SGANARELLE. Qu'est-ce donc? me voilà. D'oiJ vous pourroit venir. Mais approchons pourlanl. Peux-tu me conseiller de commoltre un forfait. Ma maîtresse se meurt ! SGANARELLE.CÉLIE. LA SUIVrtNTE. D'abandonner Lélie. Il esl vrai que ces traits marquent un digne amant. qu'une béfe. ètub-vous mortP* OuaisI el. El la grande longueur de son éluignemenl Me le fait soupçonner de quelque changement. dp crier de la sorte. Quoi! n'est-ce que cela? Je croyois tout perdu.. El que. LA SUIVANTE de cÉLia. holà! Madame. ' Pour : elle se pâme. conserve à mes feux une amitié cousiaule. Madame.

Ils témoignent pour nous des ardeurs nonparcillcs. elle auroit tort de se laisser mourir. Tant que dans celui-ci Il l'on peut êlre de mise. Dans les commencemens ce sont toutes merveilles. Et sa fuite a trompé mon désir curieux : Mais de sa trahison je ne suis plus en doute.284 SGANARELLE LA SUIVANTE.. la suivante la porte chez elle avec un homme que amène. Aller en l'autre monde est très-grande sottise. Ah! qu'est-ce que je voi? Mon mari dans ses bras. LA SGANAKELLE. et je veux le surprendre. SGANARELLE. . et je ne sais qu'en dire. Approchons-nous pour voir si sa bouche respire. Certes. LA FEMME DE SGANARELLE. foi! je . FEMME db SGANARELLEj en passant la main sur le sein de Célie. la soulenir. Je ne m'étonne plus de l'étrange froideur Dont Il je le-vois répondre à ma pudique le ardeur. Mais je m'en vais descendre. SCÈNE V. réserve.. veuillez SCÈNE IV. mais j'y trouve encor. Voilà de nos maris procédé commun . Et le peu que j'ai vu me la découvre toute. l'ingrat. 11 faut se dépêcher de l'aller secourir. Elle est froide i)artout. ses caresses à d'autres. leurs plaisirs le Et par jeûne des nôtres. SGANARELLE. Je vais faire venir Quelqu'un pour l'emporter. nourrit. Il s'est subitement éloigné de ces lieux. Il me trahit sans doute. — LA FEMME de sganarelle. regardant par la fenêtre. Ce qui leur est permis leur devient importun. moi. Ma ne sais pas Quelque signe de vie. - CÉLIE. Mais les traîtres bientôt se lassent de nos feux.

Et que. Arrhaisrae priîvinciai. . et regardant par-dessus l'épaule de sa femmo. ma En ramassant . soupçon je rne sens l'âme émue. Quoi peste. LA FEMME DE SGANARE[XE. le baiserî I ! I Ah! j'en tiens! LA FEMME DE SGARArELLE poursuit. Oh que cela sent bon SGANARELLE. que Celle avoil laissé le portrait tomber. c'est-S-dire : dans ns un espace de temps égal à celui (^ui vient du se jjasser. sans apercevoir son mari. ne nous dit jD'uu fort vilain rien de bon. le voudroil bien aussi. n'en faut plus qu'autant * elle se porte bien. LA FEMME DE SGANARELLE. jLe travail plus que l'or s'en doit encor priser. se croyant seul. Mais quel est ce bijou que le sort me présente? L'émail en est fort beau. seroit grand à la tentation. mon honneur. Jamais rien de plus beau ne s'offrit à ma vue. ciel ! c'est mmiaturc I 1 I Et voilà d'un bel homme une vive peinture SGANARELLE. commode comme moi. » . la gravure charmante. la croYoit se croyant seule.SCENE VI Et portent autre part ce qu'ils doivent chez put. Pour il ne s'en faut guère. elle sera bien. bue considère-t-elle avec altenlion? ^e portrait. On i Mais J'aperçois ma femme. EUE VI. LA FEMMh SGANARELLE. et ce n'éloit rien. et j'en sais telle ici foi. Ouvrons. à part. de sganarellk. Il morte. à part. Avouons qu'on doit être ravie Quand d'un homme ainsi fait on se peut voir servie. s'il Le penchant : en tontoit avec attention.SGANARELLE. Ah que j'ai de dépit que la loi n'autorise A changer de mari comme on fait de chemise! I 285 Cela seroit Qui.

. Au lieu de mon mon lui rustre.. . Archaïsme inusité aujourd'hui. et je tiens dans mes mams du mal dont je me plains. Tu crois par ce moyen. Mon courroux n'a déjà que trop de violence. Tenir l'original LA FEMME DE SGANAKELLE.. aussi bien que je tiens la copie. SGANARELLE. arrachant Ail ! mâtinel Noui vous y surprenons en faute contre nous. Ce visage. Pour qui mille beautés soupirent nuit et jour. SGANARELLE un mari d'une peld. ô ma trop dii^ne femme 1 Monsieur. Il faut joindre au mari le raj^oùt d'un galant? LA FEMME DE SGANARELLE. je vous prie : est avérée. pour rassasier votre appétit gourmand. SGANARELLE. A La chose d'autres.. tout bien compté. à votre calcul. en tout et partout. ce port que tout le monde admire. ne vaut pas bien madameT Et. ne crois pas relenir mon bijou. Bref. Et songe un peu. Tentends à demi-mol où va la raillerie. ma personne charmante N'est donc pas un morceau dont vous soyez contenlet Et. si propre à donner de l'amour. El diffamant l'honneur * de votre cher époux. Je songe à te rompre le cou. de par Belzébul.5 28G . défigurer. Écoule. Pourquoi ? Un bon certificat ! * Four : salir. Sans le charger encor d'une nouvelle offense. de Ah! que n'ai-je aussi bonne mine le portrait. LA FEMME DE SGANARELLE. qui vous puisse emporter I Quel plus rare parti pourriez-vous souhaiter? ?eat-on trouver en moi quelque chose à redire? Cette taille. Donc. SGANARELLE.. Que ne puis-je..

SGANARELLE. et j'en crève d'ennui. Pour rien... Et tu m'oses jouer de ces diables de tours? LA FEMME DE SGANARELLE.. mais à toi. pour chose saus imporlaucc.. Et -l^f mon front de vos dons vous doit remercier.^ Et l'on va m'appeler seigneur Corn(^lius: J'en suis pour mon honneur.. te dis-je. Et tu m'oses tenir de semblables discours? SGANARELLE. Avec lequel. °. qui me Votes. LA FEMME DE SGANARELLE. après m'avoir fait la plus sensible offense Qui puisse d'une femme exciter la vengeance.. Que me veut donc conter par là ce maître ivrogne? SGANARELLE. de l. qu'il no r^af dérauger puuv aJer voir : . Le drôle avec lequel. Je t'en ferai du moins pour un bras ou deux côte^ LA FEMME DE SGANARELLE. le mignon de couchette. Et quels diables de tours? Parle donc sans rien feindre. madame la carogne! Sganarelle est un nom qu'on ne me dira plus. Ah cela ne vaut pas la peine de se plaindre! D'un panache de cerf sur le front me pourvoir. Le malheureux tison de ta tlamme secrète. Donc. SGANARELLE. LA FEMME DE SGANARELLE. Regardant le portrait Le voilà' le beau tils. j'ai t^rand lorl de crier.vSCÉNE VI SGANARELLE. ma nue. Hélas! voilà vraiment un beau venez y voir M LA FEMME DE SGANARELLE. Tu pn>nds d'un feint courroux le vain ainusemcH Pour prévenir l'effci de mon ressenliniput? t • pas sfc Prjverbe ffipiil.élie. Avec lequel. Tu ne m'entends que trop. Doux objet de mes vœux. Poursui.

De l'hymen de Tu sais que je Avant Célie on alarme l'adore. cajole tes maîlrefses.53a SGANARELLE pareil D'un procédé l'insolence est nouvelle 1 qui querelle. je l'aurai malgré toi. SGANARELLE. Que je m'en sens. parle! GROS-RENÉ. Va. arrivé. Sans prendre de repos. Avez-vous le diable dans le corps^ Pour ne pas succomber à de pareils efforts? Depuis huit jours entiers. Sans préjudice encor d'un accident bien pire. Nous sommes à piquer de chiennes de mazetles. tous les membres roués.. De qui le train maudit nous a tant secoués. mais un bon repas vous seroii nécessaire . LÉLIE. ni manger un morceau. vous sortez bien et beau. Qui m'afflige un endroit que je ne veux pas dire Cependant. nous y voici. - LÉLIE. SCÈNE Vil. Elle lui arrache le portrait et s'en[iilt. Oui. monsieur. Oui. GROS-RENÉ. : Ce grand empressement n'est point digne dcblàni'î. Adresse-leur tes vœux. GROS-RENÊ Etiîia GROS-RENÉ. Mais. la croiroit-on pas une femme de bien? LA FEMME DE SGANARELLE. et je mon âme. pour moi. avec vos longues traites. poursuis ton chemin. Celui qui lait l'offense est celui SGANARELLE. veux être instruit.. LÉLIE. si je l'ose. Je voudrois vous prier de me dire une choser * Eh bien. tout autre soin. de ce funeste bruit. courant après elle. Eh Ne I la bonne effrontée! A voir ce fier mainticô. tu crois m'échapper. et fais-leur des caresses : Mais rends-moi mon portrait sans le jouer de moi.

va mander si tu veux.iimeiiiis mii'U\ mourir que ''ir. me saisit. LÉLIE. autre ellipse po|)iihiiie. Je ne saurois manger. ou : faut que je meurp. g. bourrez-vous. Contre les coups que peut vous porter la fortune Et.i 1» . De vingt verres de vin entourez votre cœur. Tais-toi. mon âme est lerme à loiU Et les plus grands revers n'en vieiidroicnt pas à bout. quand j'ai bien mangé. à part. Licence de style très-énergique. monsieur. Mais. '. GROS-RENÉ. Je ne réplique point à ce qu'un maître ordonne. Si ferai bien. » Tauruure doul : « j'. GROS-RENÉ. et non pas de la faim. SCENlE VII Pour s'aller éclaircir. bas. et de l'inquiétude De voir qu'un sot amour fait toute votre étude. en deviondroit plus fort Pour jioovoir résister aux attaques du sort : J'en jugfc par nioi-mêine. (\f^ la coacisiou égale la v't.RENÉ. la su|ipressiitn du pronom EnruoniiHl. Ah! quel ordre iniiumam« LÉLIE.— Je meurp. « Pour : ainsi je ferais. Et moi. sans m'imporluner. Et. je te l'ordonne I GROS-RENÉ. Lorsque je suis à jeun. de l'inquiétude. pour je mangerai.de l'autre ellipse également archaïque.. Croyez-moi. du latin sic. Apocope archaïque. c'est-à-dire l «e p»s raauger. et sans réserve aucune. sans doute. Elle eil SQlvi'. » Pour : contre tout. GROS. et la 2S9 moindre disgrâce. LELIE. Laisse-moi m'informer de l'objet de mes vœux. j'ai de la faim. pour fermer chez vous l'entrée à la douleur. me terrasse. je meure •• Votre dîner pourtant seroit prêt tout à Ineure. Haut. de rc>te affaire. Et votre cœur. J'ai LÉLIE.

II T LÉLIE. SCÈNE IX.SGANARELLE. et qu'en toute rencontre On te rejette au nez le scandaleux affront Qu'une femme mal née imprime sur ton front? LÉLIE. Êtrf^ LÉLIE. qui cause ma vergogne. il se tourne d'un autre côté. Qu'on te mette en chansons. Il et je puis voir à l'aise la trogne Du malheureux pcndard ne m'est point connu. Mot populaire. Dieux! qu'aperçois-je ici? que dois-je croire aussi? SGANARELLE. SGANARELLE. qui se rapporte lui-même à l'italien et à ''esùiganl truffa. vagabond. sans voir Lélie. sans alarmer ma jorti des mains qui le tenoient de moi. Ah! pauvre Si^anarelie. et tenant dans ses mains Nous l'avons. à part. . foi.290 SaANARELLE stÈNE VIII. à quelle destinée Ta réputation est-elle condamnéel Faut. Apercevant I/iie qui le regarde. non. — LÉLIE Non. Et si c'est mon portrait. Ah! truande *l as-tu bien le courage De m'avoir fait cocu dans la fleur de mon âge? » Pour : femme dévergondée. . de l'espagnol truhr:^. & part. konffon. le portrait. à part. LÉLIE.. sans voir Lélie. à part. à part. Le père m'a promis.. tromperie. Faut-il SGANARELLE. Metrompé-je? SGANARELLE. Ce gage ne peut. à trop de peur mon âme s'abandonne. et la fille a fait voir Des preuves d'un amour qui soutient mon espoir. que désormais à deux doigts l'on te montre.

c'est mon lui portrait tourne lui-même. LÉLIE. 1 . LÉLIE. un maudit élourneau.. .. dans sa galanterie. à part. s' éloignant encore. Je Haut. Puis-je. climinati! iVi marmot. Eh! de grâce. vous vient. SGANARELLE le dos. que lient Sganarelle. Retirez-moi de peine.. un mot. à part. à part. Sganarelle veut s'éloigner. Puis-je obtenir de vous de savoir l'aventure Qui fait dedans vos mains trouver cette peinture? SGANARELLE. et regardant encore le portrait Jonc m'abuse Cet point.. veux accoster. Et ce n'est pas un fait qui soit secret pour nous Que les douces ardeurs de la dame et de vous. en des mains de votre connoissancc. LÉLIE. A qui donc en a-t-il? LÉLIE.. Mot populaire. Ma surprise est extrême! à part. veut-il Que me conter? LÉLIE. petit personnage grotesque. homme est curieux. éloit L'honneur d'être connu de Votre Seigneurie Pour .. et dites d'oîi Ce Il portrait qui vous fâche est votre ressemblance. C'est mon homme. ou plutôt c'est celui de ma femme. le souci qui vous tient. me voilà de son trouble cclairci Sa surprise à présent n'étonne plus mon âme. SGANARELLE. ici..SCÈNE IX Et 291 femme d'un mari Faut-il qu'un marmouset qui peut passer pour beau. *. SGANARELLE. ce désir? Mais je m'avise examine Lélie et le portrait qu'il tient. Je ne sais pas si j'ai.. D'où lui vient Il à part. Nous savons. Dieu merci. le à part. ! Ah! ma foi. SGANARELLE.

SCÈNE XI. Se mêlant aux travaux d'un assez long voyage. LA FEMME DE SGANARELLE. Son mari? SGANARELLE. et je m'en Sur l'iieure à ses parens. Me donne tout à coup un choc si violent. Ah quand mille sermensde ta bouche infidèle Ne m'auroient pas promis une flamme éternelle.. Ingrate! et quelque bien.. et mari irôs-marri ^ ... SCÈNE vais l'apprendre X. du mot de la qui se rapporte à maerens. se croyant seule. dont vous tenez ce g^ge. al'fligé.. — LÉLIE. ^ Pour : chfgrin. Malgré moi.292 M. monsieur. LA FEMME de Apercevant sganarelle.. douleai J .. son mari. Quoi! Est celle. diles-vous. Hélas! qu*^! mal vous presse? Je vous vois prêt..iis fditos-moi celui SGANARELLE de cesser désormais Un amour qu'un mari peut trouver ton mauvais^ El songez que les noeuds du sacré maiiage. Le seul mépris d'un choix si bas et si honteux Ail! On me ! l'avoil bien dit. et Devoitbien soutenir l'intérêt de mes feux. Vous en savez la cause. LÉLIE. SGANARELLE. Que mon cœur devient foible et mon corps chancelant. vous dis-je. LÉLIE. que viens -je d'entendre I que c'éioU de tous L'tiomme le plus mal fait qu'elle a\ oit pour époux. Lélie. et je suis son mari. ma femme. mon perfide. Mais ce sensible outrage. Oui. à tomber en foiblesse. — LÉLIE. basse latinité matritio.

pour \oiis l'évanouissement. de pareils forfaits. SCÈNE XII. El SI l'homme. C'est 29? un ttiâl qui m'a pris assez subitement. Qui sait comme en ses mains ce porlrail est venu. effet. 1 D'après la tradition. C'est SGANARELLE C'est-à-dire qu'il faut toucher au doigt la chose. Le trop de promptitude à l'erreur nous expose. D'un mari sur ce point j'approuve le souci. Nous serons les premiers à punir son offense. : . qu'elle soil criminelle : un point délicat.SCÈNE XIII LÉLIK. il On ne peut pas mieux dire. Par ce portrait enfin dont je suis alarme. si c'est ce qu'on pense. * Pour prendre l'attitude de la chèvre qui bondit. parent. et. et. la femme LE PARENT. Entrez dans celle salle. ne s'imputent jamais. après tout. M:iis tf'est prendre la chèvre un peu bien vite aussi': Et tout ce que de vous je viens d'ouïr contre elle Ne conclut point.SGANARELLE. ici LÉLIE. Et les sueurs au front m'en sont trop lôt venues. LE PARENT. en est boa D'aller tout doucement. Sans les bien avérer. Je crains LA FEMME DE SGANARELLE. . lui peut être connu? Informez-vous-en donc. en attendant qu'il passe. SCÈNE XIII. Pfûverb« qai 0*est pas tout à fait hors d'usage. - SGANARELLE. ce parent était un vieillard à cheveux blarcs. Peut-être sans raison Me suis-je en tète mis ces visions cornues. UN PARENT de DE SGANARELLE *. Pour un moment ou deux j'accepte cette grâce.

: . De l'italien maschera.. . porter un masque. dans tout le cours de la pièce. *. vous rends grâce. SGANARELLE.SGANARELLE. les voyant. LÉLIE.-m Mon déshonneur SGANARELLE n'est pas tout à fait confirmé. Envions seulement le bonheur de sa flamme. Si vous sortez je sitôt. De l'obligeant secours que vous m'avez prêté. ! II n'est plus question Voici. LÉLIE. Non. à part. à part. dissimuler. sur la porte de sa maison reconduisant Lélic LELIE à part.. ma foi. la Ali que vois-je? Je meure* de portrait à cette heure. « il en changeoit plus de vin^'t lois. et votre mal. Fnr lamaschera. Jlais je dois condamner cet injuste transport. de sgvnaretxb . monsieur. Tâchons donc par nos soins SCÈNE XIV. En s'approchant de Sganarelle. C'est par trop vous hâter. - ^ . chose en propre original. Oh! trop heureux d'avoir une si belle femme! * lifre et. SGANARELLE. LA FEMME SGANARELLE. autant qu'on puisse rendre. et cet objet m'inspire. 289. Pour la fausse hypocrite. non. El n'imputer mes maux qu'aux rigueurs de mon sort.- SGANARELLE. SCÈNE XV. p. nous avons conservé jeter le masque. pourra bien vous reprendre. à part. Mo démontait son visapje dans cette scène d'iuie nwnière adminlilf. D'après le témoignage d'iui contemporain ( NeufvilieDRine). LÉLIE. voyons ce qu'il me pourra dire. qui est aussi féminin.. 11 m'aperçoit. » Voyeî plus haut. I LA FEMME DE SGAIVARELLE.. Ah! mon âme s'émeut. La masaue' encore après lui fait civilité! La femme de Sganarelle rentre dans sa maison.

Et qui vous a parlé. Archaïsme passé d'usage. sot. SGANARELLE. Allez. que Molière. « Ils ruèrent Absalon une grande fosse. » dans . Dont le coupable feu. voyant CÉLIE. CÉLIE. Quoi! Lélie a paru tout à l'heure à mes yeux! Qui pourroit me cacher son retour en ces lieux? SGANARELLE. » dit la vieille traduction des Rois. Célie s'approche peu à peu. a introduit dans notre langue. Ce n'est point s'expliquer en termes amliigus. Et demeure les bras croisés comme un jocrisse'! Ahl je devois du moins lui jeter son chapeau. 2 3 Une des formations de mots familières au poëte. ou crolter son manteau*. en entrant. hautement. . * Pour : lancer rudement. si belle femme! Malheureux bien plutôt de l'avoir. le premier. Type du giuoco. ou plutô badinage. pour contenter ma rage. ce procédé n'est point du tout honnête.SGANARELLE.SCÈNE XVI SCÈNE XVI. qui semble se rapporter à l'italien gioceso. d'où vous est-il connu? 1 Pour : ni demi-respect. disent-ils. Regardant par où Lélie est sorii. Celui qui maintenant devers vous est venu. Cet étrange propos me rend aussi confus le côté Que s'il m'étoit venu des cornes à la lête. Sans respect ni demi* nous a cocufié*! Mais je le laisse aller après un tel indice. Faire au larron d'honneur crier le voisinage. auquel Scarron et le Sage ont aussi fait des emprunts. Nuance archaïque malheureusement pnrdue. * Ces deux vers sont imités du roman de Sorel. Lélie qui s'en va. à part. qui re» monte à la fin du onzième siècle. ami de Guy-Patin. 295 à sa fenélre. Tous les élymologistes ont renoncé. à Sganarelle. Et sur lui. pour lui parler. seul. CÉLIE. celte infâme. Lui ruer* quelque pierre. à trouver l'origine de ce mot. raillerie. Verbe qui ne s'emploie plus qu'au neutre. trop bien vérifié. de Sganarelle. Francion. Pendant le discours et attend. que son transport soit fini. Ohl trop heureux d'avoir une sans voir Célie.

. Ce damoiseau. adore ma femme. Celui qui maintenant. On dérobe Comment? SGANARELLE. leur rentrée en grAce en lui disant: k Nousrhas^ez vous pour des prunes?» Que celte orij^ine soit vraie ou fausse. De se voir sans cliagrin au point où je me voi. CÉLIE. oui. Ahl j'avois bien jugé que ce secret retour Ne » pouvoit couvrir que quelque lâche tour. madame: y I ma femme. cÉLiE. me : et ma femme CÉLIE. Et je le £ donnerois à bien d'autres qu'à moi. Oui. Mais c'est peu que l'honneur dans mon affliction. avec toute licence. Si je suis afflige''. ce n'est pas pour des prunes*. Quel trouble agite SGANARELLE. .C.. L'on me dérobe encov la réputation CÉLIE. CÉLIE. pour un petit dommage. SGANARELLE SGANAKELLE. parlant par révérence.Or.. dit-on. Des maris malheureux vous voyez le modèle l'honneur iu pauvre Sganarelle. chassés par populaire est resté. 1 D'où vous peuvent venir ces douleurs non communes? SGANARELLE. madame. Il me déshonore. ainsi votre âme? ' T ï Ne me condamnez point d'un deuil hors de saison. Et j'ai su par mes yeux avrrer aujourd'liui Le commerce secret de ma femme et de lui. oblinn :iî. l'adore. I Hélas C'est ce n'est pas moi qui le counois. Quelques élèves de Pcrle doyen pour lui avoir volé des prunes. 1 Et laissez-moi pousser des soupirs à foison. SGANARELLE. Me fait cocu. le proverbe CVst-à-dire boniie.

. et ce * cœur Pour : la bouté même. la istessa bonlA» . Qui ne soit l'enfer n'a point de gêne pour ton crime une trop douce peine. Ah! traître! scélérat! âme double et sans foi! SGANARELLE. C'est la forme italienne. SGANAKELLE. La bonne âme t CÉLIE. Il est trop vrai pour moî.ne de la vie. Vous prenez ma défense avec trop de bonté: Tout le monde n'a pas la même charité. SGANARELLE. bien loin. Avoir amsi traité Etia Aie! même innocence et la même* bonté 1 SGANARELLE soupire haut. ton mépris l'expose SGANARELLE. non. Que voilà bien parler ! CÉLIE. CÉLIE. Qui. Mais c'est trop. Par un pressentiment de ce qui devoit être. que ta lâche action? Et peut-on lui trouver une punition? Dois-tu ne te pas croire indii:. en le voyaal paroltre. CÉLIE.SCENE XVI Et j'ai tremblé d'abord. qui tantôt ont appiis mon martyre. 29Î rire. Aprrs t'être souillé de celle perfidie? Est-il rien de plus noir ciel I est-il possible? SGANAKELLE. CÉLIE. Un cœur qui jamais n'a oîi fait la moindre chose f A Il mériter l'affront est vrai. n'en ont rien fait que CÉLIE. El plusieurs.. Bien loin d'y prendre part. Non.

qu'excite ma disgrâce M'enseigne hautement ce qu'il faut que je fasse. ma et irès-chère madame.débonnaire est ma grande vertu. En ï Il revient après avoir fait quelques pas. de peur d'être battu. De semblables affronts.298 SGANARELLE sauroity songer sans mourir de douleur. Mon mal vous touche trop. ce pendard qui m'affronte: Montrons notre courage à venger notre honte. son courroux. Que le ciel la préserve à jamais de dangerl Voyez quelle bonté de vouloir me venger! effet. sans dire mot. Vous apprendrez. . rien ne m'en peut distraire. Je hais de tout mon cœur les esprits colériques. Je ne suis point battant. et qu'un fer pour ma peine. El l'humeui. sans aucun respect. El l'on ne doit jamais souffrir.SGANARELLE. sait ce qu'il te faut faire. CÉLIE. vous me percez l'âme. Ne SGANARELLE. à moins qu'être un vrai sot. Ne vous fâchez pas lanl. Et porte grand amour aux hommes pacifiques. M'aura d'un vilain coup transpercé la bedaine. Et. Quand i . mettant affront dessus affront. pour se venger. Mais mon honneur me dit que d'une telle offense Il faut absolument que je prenne vengeance : Ma Au foi! laissons-le dire autant qu'il lui plaira. Charger de bois mon dos commo il a fait mon front. maroufle. diantre qui pourtant rien du tout en fera! j'aurai fait le brave. D'avoir le s'il vous plaît: cet homme a bien !a mine sang bouillant et l'âme un peu mutine. Il pourroit bien. Courons donc le cliercher. SCÈNE XVII. à rire à mes dépens. faire cocu les gens. Et j'y cours de ce pas. Doucement. Mais ne l'abuse pas jusqu'à te figurer Qu'à des plaintes sans fruit j'en veuille demeurer: Mon cœur.

Et d'attacher l'honneur de l'homme le plus sage Aux choses que peut faire une femme volage! Puisqu'on tient. tout crime personnel^ Que fait là notre honneur pour être criminel ? Des actions d'autrui l'on nous donne le blâme: Si nos femmes sans nous ont un commerce infâme. Plus tortue. Mais pourquoi. N'allons donc point chercher à faire une querelle Troublent-ils pas assez Sans s'aller. et nous sommes les sols. N'avons-nous pas assez des autres accidens Qui nous viennent happer en dépit de nos dents? Les querelles. à bon droit. ayant tout compassé Qu'il vaut mieux être encor cocu que trépassé. et la taille moins belle? Peste soit qui premier * trouva l'invention De s'affliger l'esprit de celte vision.SCÈNE XVII de mon trépas. En tout cas. C'est que je ne suis pas seul de ma confrérie. El trop malsain pour ceux qui craii^nent la colique» Et quant à moi. soif et maladies. Ellipse archaïque. . procès. je trouve. en se/ez-vous plus gras? La bière esf un séjour par trop mélancolique. moi. Pour : le premier. Si ma femme a failli. méprisons les alarmes. et les gens de police Nous devroient bien régler une telle injustice. 11 faul que tout le mal tombe sur noire dos: Elles font la sottise. Voir cajoler sa femme et n'en témoigner rien Se pratique aujourd'hui par force gens de bien. mon honneur. Quel mal cela fait-il ? La jambe en devient-elle 299 Que par la vilie ira le bruit Dites-moi. qu'elle pleure bien fort. de surcroît. C'est un vilain abus. faim. aviser sottement De se faire un chagrin qui n'a nul fondement? Moquons-nous de cela. El mettons sous nos pieds les soupirs et les larmes. le repos de la vie. pleurer. Pour un * affront qui n'est que pure bagatelle. ce qui peut m'ôlerma fâcherie. après tout. puisque je n'ai point tort.

A Et suivre mon devoir je suis déterminée tout Je prétends gourmander me soumettre en mes propres sentimens. Oui. * Poor : cabriolaroiant . je veux bien subir une si juste loi Mon père. . disposez de mes vœux et de moi . dans l'ardeur qui m'enflamme. MeUanl la m^in sur sa poitrine. Si nous n'étions point vus de gens qui s'en riroientl Approche -loi de moi. le contentement de te voir si bien née Me fera r&jeunir de dix fois une année. Parhleu. SCÈNE XVIII. Faites. Je vais dire partout qu'il couche avec ma femme. Ail! voilà qui me plaît. Une telle action n'a pas mauvaise grâce. le courroux nie prend. c'est trop être poltron: Je veux n'solûment me venger du larron. LA SUIVANTE de célib. Ce changement m'étonne. viens çà. que je t'embrasse. sens là pourtant romuer une bile Qui veut me conseiller quelque action virile : Oui. -GORGIBUS. quand il veut. SCÈNE XIX. Je Di'jà me pour commencer. de ne me venger pac^ Mais je le serois forl. LA SUIVANTE. si Un père.806 SGANARELLE L'on m'appellera sot. - CÉLIE. quand vous voudrez siLçner cet hyménée . de parler de grande joie à l'heure me transporte. CÉLIE. la sorte. à vos commandemens. LA SUIVANTE de célib CÉLIE. de courir au ir(''pas. GORGIBUS. Va. peut sa fille baiser. Sans que l'on ait sujet de s'en scandaliser. Que mes jambes sur l'heure en capriolei oient '.

SCENE XXI CÉLIE. armé LA SUIVANTE DE CÉLIE. Apprends donc que Lélie mon crcur par une perfidie. LÉLIE. Je veux voub reprocher au moins en celte place. . Qui rend Jonc contre moi ce courroux légitime? CÉLIE. SGANARELLE. A Qu'il étoit pu blesser en ces lieux sans. SCÈNE XX.. el mon plus grand désir. LÉLIE. el bravez ma mémoire Avec le digne époux qui vous comble de gloire. CÉLIE.. guerre mortelle à ce larron d'honneur . Ce seroit que ton cœur en oui du déplaisir. Guerre. en cap. CÉLIE. vivez continte. Quoi ! me parler encore! Avez-vous celle audace? tel. LA SUIVANTE. - CÉLIE. Quoi I tu fais le surpris et demandes ton crime! de pied SCÈNE XXI. LA SUIVANTE. Oii. SGANARELLE. CÉLIE. Avant qup pour jamais je m'éloigne de vous.LÉLIE. et voire choix est Qu'à vous rien reprocher je serois criminel.. tu m'en esiimeras.. Il esl vrai qu'elle est grande. Mais il vient à nous. Vivez. Cela pourroit bien être. CÉLIE. j'y veux vivre. LÉLTE. iraîire. Et lorsque tu saura» 301 Par quel motif j'agis. LA SUIVANTE de cklie. LÉLIE.

Ah ! quel contentement J'aurois à le tuer! Prenons-en le courage. 5 — i . cheval d'une allure aisée et d'une taille ordinaire. lui luoiitriiiil St. LÉLIE. » c'est aller en guerre. on verra du carnage. se retournant encore. « Monter sur ses grands chevaux. sans nie faire répondre. si je le rencontre.302 SGANARELLE CELIE. Au beau milieu du cœur. Cet objet suffit pour te confondre. Oi^i je le trouverai. il approche de LéISe.. LÉLIE. Mais pour vous obliger bien plutôt à rougir. à Lélie. Proverbe populaire qui s'est conservé jusqu'à nos jours. CÉUE. plus grand et vigoureux. . Qui. * Ici. Pourquoi ces armes-là? SGANARELLE. tourne les yeux. Dans les batailles il chevauchait le destrier. A LÉLIE. et remonte au temps delà chevalerie. je le veux dépêcher. Et. moulait le palefroi. en voyage et liabituellement. Ah ! je vois. LÉLIE. le même mot rime avec lui-même. Que j'ai pris pour la pluie. Le chevalier. Je n'en veux à personne.aiiarelle. comme on le voit. Tirant son épée à demi. SGANARELLE. a souillé notre honneur*! Tourne. LÉLIE. j'ai juré sa mort. qui donc en veut-on? se retournant. il faut que je lui donne. C'est un habillement A part. Oui. sans miséricorde.. Ma colère à présent est en étal d'agir Dessus ses grands chevaux® esi monté mon courage. rien ne peut l'empêcher. Je ne parle pas.. SGANARELLE. à part. Eh? SGANARELLE..

qui s'approchoit pour le tuer. LÉLIE. Là. t Sganarelle. tu vois qu'elle prend ta querelle! mon 1 enfant. je connois par là que vous êtes coupable De l'infidélité la plus inexcusable. Qui jamais d'un amant puisse outrager la foi.SCÈNE XXI A part. Oui. sois un peu vigoureux. D'où vous naît cette Suffit. et. si je n'étois sage. ici qu'il a fait. tâche à faire un effort généreux. monsieur. LÉLIE. SGANARELLÏ. hardi à part. à ! poltron! dont j'enrage. On un étrange carnage. SGANARELLE. deux ou trois En le tuant tandis qu'il tourne le derrière. Vous savez bien où le bât me fait mal . après s'être 303 pour s'exciter. J'ai elle fait bien de défendre mes droits. Courage. pas sans dessein. un peu de cœur! I à part. CÉLIE. de ce discours l'insolence cruelle! SGANARELLE. LÉLIE. faisant LÉLIE. plainte. Il t'en doit dire assez. Sans doute. vous faites bien de le vouloir défendre. donné des soufflets Ah! Lâche. Cet objet dont tes yeux nous paroissent blessés. n'est point selon les lois: raison de m'en plaindre verroit arriver .. mon choix est qu'on n'y peut rien reprendre. fait retourner Sgana- relle. vrai cœnr de poule GÉLIE. Ah cesse devant moi. Lélie. Puisqu'un pareil discours émeut voire colère. Celte action. . et quel chagrin brutal?.. oui. Je dois de votre cœur me montrer du beau choix tel satisfait. Que n'ai-je SGANARELLE. Traître. Et l'applaudir Oui. Allez. CÉLIE.

LA SGANARHLLE. LÉLIE. venue. parle à lui-même.e passe: de certains feux de fort mauvaise tçrâce. Vous me défendez mieux que le ne saurois faire. à ma barbe. SCÈNE ^ XXII. Et du biais qu'il faut vous prenez celte affaire. traître. carogno. dessus ce poml n'ayez aucun scrupule: Un Je sais qu'elle esi à vous . La déclaration est assez ingénue.^ CÉLIE. Ah! Quoi qu'ici lu sais bien. LA FEMME SUIVANIE DE CÉLIE LA FEMME DE SGANARELLE. AJlcz. madame. semblable soupçon est bas et ridicule. eu taire votre bien.CÉLIE. el vois ce qui ^. un esprit trop jaloux. Je ne suis point d'humeur à vouloir contre vous Faire éclater.n'fcj El vouluir. Que ce n'est pas du tout agir en bon chrétien. CÉLIE. LÉLIE. Parle. Allez. Mais Il est ne suis point dupe. il pourra t'c^claircir. di'fend. . Et votre âmedevroit prendre un meilleur emploi Que de séduire un cœur qui doit n'être qu'à moi. Tu la viens quei^c-ller lorsqu'elle t^etjji'les me Et tu de peur qu'on l'ôte ton galant. SGANARELLE. ! me De De qui son soupçonnez-vous d'avoir une pensée âme ail lieu de se croire oiïensée? celle lâcheté voulez-vous me noircir? CÉLIE. à sa la femme. dissimuler ! LÉLIE.804 SGANARELLE Mais voire conscionce el le soin de votre Ame Vousdcvroieul nioilieaux yeux qm. . je CÉLIE. ma feiimieeslniafcnr. ne croyez uas aue i'ou eu ait euvie. SGANARELLE. L'on ne d^mandoit pas. DU SGANARELLE. à Gélie. et bien loin de brûler.

LA SUIVANTE. A lui. Qui vous l'a dit? LÉLtE. montrant Sganarelle.SCÈNE XXlî Se tournant vers Lélie. Elle se met entre Lélie et sa maîtresse. plus je l'écoute. Et si*. qu'est-ce qu'à son cœur peut reprocher LÉLIE. et j'en suis fort ravie. que c'étoit à ma femme Pour: cependant. et moins je puis l'entendre. Ma foi. LÉLIE. lUl? Oui-da ! tA SUIVANTE. Mariée I à qui donc? LÉLIE. Dont l'ardeur résisioit à se croire oubliée. C'est lui-même aujourd'hui. Que lorsque sur le bruit de son hymen fatal. Que me veut-on conter? LA SUIVANTE. Je vois bien à la fin que je m'en dois mêler. LA SUIVANTE^ Est-il vrai? Moi? * J'ai dit SGANARELLE. J'accours tout transporté d'un le vôtret amour sans égal. Depuis assez longteups jetâclie à le comprendre. à Sgauarelle. LA SUIVANTE. Vous. Comment. je ue sais pas Quand on verra finir ce galimatias . Archaïsme inasité aujourd'hui. â LËLIE. et Répondez-moi par ordre. 305 Tu vois si c'sst mensonge. me laissez parler. 20 . Que l'infî^èle a pu me quitter pour un autre. la Mon abord en ces lieux trouve mariée. Â Lélie.

J'ai fait Je n'ai point reconnu les C'est dans sa foiblesse entrer monsieur chez nous.ELLE. LA FEMME DE SGANARELLE. à Sganarelle. Prendrons-nous tout ceci pour de l'argent comptant? Mon front l'a. SGANAP. est vrai le voilà. LA SUIVANTE. Montrant Lélie. lait Qui m'a par vos soins remettre à la maison. Ellipse archaïque. Et même. Vous m'avez dit aussi Que celle Éloit liée aux mains de qui vous avez pris ce gage à vous des nœuds du mariage SGANARELLE. je crains d'être trotnpée. CÉLIE. Et vous aviez besoin de mon peu d'ellébore. après ton injuste courroux.soa sga. El je l'avois de ses mains arraché. doux que soit le mal'. Ellipse archalqa*. . SGANARELLE. eu bien cliaude * pourtant^ LA FEMME DE SGANARELLE. Sans doute. moi qui du Et je l'ai laissé choir en celte pâmoison A Sganarelle. crainte toutefois n'est pas trop dissipée. Tantôt de Il mon : portrait je vous ai vu saisi. Vous voyez que sans moi vous y seriez encore. portrait ai causé l'aventure. Que me viens-tu conter par ta plainte iiiiporlunet Je l'avois sons mes pieds rencontré par fortune. Dans un grand trouble d'Ame. Ma Et. Montrant sa femme. sar mon âme. LÉLIE. * Pour : quelque doox que soitla mtl. quand. à part.narelle LÉLIE. Quej'élois marié. • Pour: oneularme chaude. traits de sa peinture. Et n'eusse pas sans lui découvert son péché.

et dont l'ardenl amour Verra. la promesse accomplie Qui vous donna l'espoir de l'hymen de Célie. Quoil monsieur. LÉLIE.SCENE XXIH SGANÂRELLE. LA FllMME DE SGANARELLE. Monsieur. mon cœur vient d'accepter Un hymen que toujours j'eus lieu de rebuter. Soit. à sa femme. LÉLIE. àLélie. Mais gare le bois si j'appronds quelque chose' Ah! CÉLIE. que vous croyez. SCÈNE xxm. dieux. Très-humble serviteur à \ otre Seigneurie *. s il est ainsi. vous me voyez en ces lieux de retour. SGANARELLE. GORGIBUS. c'est ainsi que je fais mon devoir: je crois. croyons-nous gons de bien. d'un effet Ironique et charmant. . Monsieur. que je revois en ces lieux de retour. et ce qui me désoleMais je le vois venir. j'ai pris 1 ettet. Oui. Oui.GORGIBUS. Accepte sans façon le maiclié qu'on propose. après avoir parlé bas ensemble. est-ce ainsi qu'on trahit mon espoir? GORGIBUS. Je risque plus du mien que tu ne fais du lien. Le malheureux secours de mon obéissance Et. depuis un moment. Verra. Brûlant des mômes feux et mon ardent amour . Il me LÉLIE. LÉLIE. monsieur. CÉLIE. tiendra parole. Brûlant des mêmes feux. 307 Ehî mutuellement. vous croyant sans pour ma vengeance . LA FEMME DE SANARELLE. . qu'est-ce donc que j'ai fait? Je dois de mon courroux appréhender foi. Qui promesse accomplie de l'hymen de Célie. la comme me donna l'espoir * Triple rime féminine. LA SUIVANTE de CÉLIE. J'ai promis à mon père.

riche en vertu. CÉLIE. Sous des liens cachés trompant les yeux de tous. Qui rompt absolument ma parole donnée.. jour pour se donner la foi I .. Allons choisir le ma vie. Un tel choix me plaît fort. Et. Est-ce répondre en fille à mes commandemens? Tu te démens bientôt de tes bons senlimens. Et que. GORGIBUS. sans votre congé. père. Je vous viens. LA SUIVANTE de célie. Mon tils. . Mais j'aperçois son père: Il vient assurément pour conclure l'affaire.. LÉLIE. LA FEMME de sganarelle. dont votre fille acceptait l'hyménée. Un secret important que j'ai su ce malin. Ma tille Mon CÉLIE. Je ne vous puis celer que ma fille Célie Dès longtemps par moi-même esl promise à Lélie.VILLEBREQUIN. Si. Mon GORGinUS.. Et cette juste envie D'un bonheur éternel va couronner GORGIBUS. ailleurs s'est engagé. Qui vous amène ici. là.308 SGANARELLE en suit les lois. son retour aujourd'hui M'empêche d'agréer un autre époux que VILLEBUEQUIN. Brisons Valère votre fils GORGIBUS. lui. SCÈNE XXIV.. à dégager vers lui voire promesse. LÉLIE. GORGIBUS. coinme des parens le bien et la naissance M'ôlcnt tout le pouvoir de casser l'alliance.. SGANARELLE. seigneur Villebrcauin? VILLEBREQUIN. Vit depuis quatre mois avec Lise en époux. tantôt. Pour Valère. devoir m'intéresse.

ne croyez jamais rien. 309 rm DE S6A1VA8ELLE ou U. Et quand vous verriez tout. A-l-on mieux cru jamais être cocu que moi? Vous voyez qu'en ce fait la plus forlc apparence Peut jeter dans l'esprit une fausse créance. cocu JIMâ'iINATRS .SCÈNE XXIV gGANARELLE. seul. De cet exemple-ci ressouvenez-vous bien.

l'élé- ponvoir nouveau. Parler l'espagnol et le bien parler. Le cardinal Mazarin. le 24 juillet 1660. troupe qui jouait. malgré ses danses nationales et ses ardents boléros. fort bien le drame de gance qui allaient caractériser le Lope et deCaldéron. » Tout se dirigeait donc vers la dignité. venait de nnrier que son cœir maternel avait toujours désirée. A côté de la troupe italienne qui avait partagé avec Molière la salle du Petit-Bourbon était venue s'établir. Le théâtre qui lui vait été concédé occupait la place . Molièra et sa troupe n'avaient rien à gagner à ce mouvement des mœurs. dit-on. (ils son à celle ci — très-bien. SUR LE THÉÂTRE DU PALAIS-ROYAL reine espat^nole. la pompe. Espagnole ell^^ même. disait Fuen Sal~ dagneen contemplant le lit de parade où cette comédie se jouait: « Voilà un cardinal mort qui représente Anne d'Aulriche. grave. REPRÉSENTÉE POUR LA PREMIÈRE FOIS A PARIS.DON GARCIE DE NAVARRE ou LE PRINCE JALOUX COMÉDIE Héroïque. sérieuse. LE 4 FÉVRIER 1661. » gard lit cette attitude Repréde commandement qui ne tro-npait personne. une troupe espagnole. arrivait de Fontarabie escortée d'une cour salante. conservait sa puissance bien avant dans la mort. senta muy bien eso defunto cardenal. «qui [au un contemporain. La jeune reine. On devait regarder le destructeur des Prèc'cuses et l'auteur du Cocu imaginaire comme un bouffon indigne d'arrêter les regards de la bonne société. c'était faire sa cour aux deux reines.

Notre sire a trouvé bon. La moitié » la salle découverte et en ruines^. sans autre forme de procès. de la Grange. 1660.. après la fête*. dit Sauvai. de pierre et de plâtre « Qu'ils avoient au Petit-Bourbon*. désolé. située dans l aile droite du palais. mais beaucoup plus vaste que la précédente. « «i Ou diligemment on travaille A leur servir vaille que vaille. qui ea donne la description exacte. était délabrée. « . en face du passage Ra Izwill. dit Loret. qui furent bien accueillies on lui permit de jouer ses pièces dans la grande salle du Palais-Royal. » Ms. On ne prévint même pas les pauvres acteurs. on mit îa pioche et le « marteau dans le théâtre « Fait de bois. Leur métier docte et jovial ) « La salle du Palais-Hoyal. . pour bâtir la colonnade. » que vaille. « pour le plus grand > théâtre du monde. qui. Mu<te historique ^ 30 octobre 1660. » Cette enceinte déserte et délabrée. Molière. n <i <( Qu'où leur donne et qu'on leur apprête (Pour exercer. et le plus commode qu'il y ait jamais « Vaille ~ » de de la ' Loret. « Trois poutres charpente étaient pourries et estayées. Cette salle.NOTICE 311 sur laquelle la colonnade du Louvre se déploie aujourd'hui. » De la Toussaint. depuis la mort de Richelieu. et. » dit le bon Loret. présenta : dinal de Richelieu avait fait représenter Mirnme. était res-té vide. où le car1660.. paï^sait. » Les démolitions commencèrent le lundi 41 octobre au roi ses doléances.

chacun venoit à s'entrecrotter. marchoit sur les habits de ceux qui étoient au-dessous » de lui. on les » monte et descend aisément. » étoient si incommodes. on cou» vrit ces degrés. qu'à grand peine pouvoit-on monter et descendre. et » de l'invention de Mercier. et qui pis est le huitième degré » ils commençoient à s'élever de plusieurs toises au » dessus des acteurs. » qu'une partie. joint qu'ils occupoient beau» coup de place. et depuis le trente ou quarantième jusqu'à l'infini. quoiqu'il » j> j> j> ji T> j> 3) )) T> ' Banquettes. Au Palais-Royal il n'en va pas » ainsi. . qui » n'avoient guère moins d'un pied et demi de haut. les » spectateurs du vingt-septième degré ne sont point au» dessus des acteurs.312 DON GARCIE DE NAVARRE ne consiste qu'en vingt-sept degrés • et en deux rangées de loges. ' Bancs. servant en même temps de » siège et de marchepied. et comme ils ne portent tous ensemble qu'une toise et demie ou environ. il s'en trouve vingt-sept. Mais parce qu'avec quatre ou cinq » pouces de hauteur. l'espace des* » tiné pour les spectateurs n'en a que dix ou onze de » profondeur. Au reste. afin de pouvoir passer par derrière t » je laisse là les autres commodités qui s'y trouvent. comme les autres qui étoient au-dessus marchaient sur les siens. on y rangeoit des formes^ qui n'occupoien. qui est quatre ou cinq » fois plus que dans le théâtre de pareille grandeur. il n'y auroit pas moyen de s'asseoir » dessus. là les degrés n'ont que quatre ou cinq pouces » de haut. lorsque ce théâtre fut rendu au public. qui pourtant ne sont pas si bien ca» eu. dans un lieu où les Grecs et les Romains auroient eu de la peine à en placer six ou sept au plus. et que. le Vitruve ou le Palladio » de notre temps ceux des théâtres anciens. il est dressé dans une salle » qui n'a pas plus de neuf toises de large. et cependant un si petit lieu tient jusqu'à quatre mille personnes. et par ce moyen.

et qui. III. \\ 87. L'œuvre. qui en avait fait cinq actes. après Rotron et Richelieu. Ni sa personne et sa voix. captivent les spectateurs ou le lecteur de ces trois journées. appesantie par d'interminables longueurs. surchargé d'hexamètres pénibles. se lancer dans la carrière des drames héroïques et galants? Répudiant labrutalité significative de Sganarelle. le jaloux par excellence. était un embarras et un piège pour Molière. . se trouve un Don Garcia de Navarra dont l'auteur est inconnu. devint une œuvre défectueuse sillonnée de traits de génie On a peine à démêler le sens de l'intrigue.NOTICE » 313 chés. avait été reprise en sousœuvre. qui avait déjà passé par deux mains étrangères. s'est soutenu quelque temps sur la scène espagnole. ou essayer les broderies délicates. les nuances un peu pâles de Zaïde et de la Princesse de Clèves? Va-t-il. destinée aux représentations héroïques. étendue et subtilisée par l'Italien Cigognini. Ce talent ingénu et vigoureux va-t-il imiter Calderon et Lope. en subira Dans le nombre infini de pliegos dont se compose la bibliothèque du drame espagnol.» La concession de cette grande salle à machines. ne convenaient . t. Lui-même. Il aura cette faiblesse. ni sa physionomie et les habitudes de son jeu. va-t-il s'essayer aux péripéties castillanes et à et il l'élégie la amoureuse? peine. qui n'est ni meilleure ni pire que ses nombreuses sœurs. Le vers de huit syllabes. qui a pour principal mobile la jalousie du héros. la fougue du dialogue. rapide comme une nuée d'oiseaux ou de flèches traversant le ciel. par la rapidité de l'action et le choc violent des événements imprévus. et qui. qu'en entrant on n'en aperçoive nne partie'. les assonances nombreuses. publiés en 1653 sous le titre de il Prinripe geloso ( le prince jaloux ) Molière appliqua la trempe sérieuse et solide de son esprit à ce sujet. ' Sauvai. écrit d'un sty\e souvent obscur. y joua le principal rôle et précipita la chute de l'œuvre condamnée. la facilité des rimes.

Après six représentations la pièce disparut de la scène. écrivait à ses amis: «Il suffit de vous dire que la pièce est sé» rieuse et que Molière y joue le premier rôle. La perruque qui Les mains sur suit le côté qu'il incline. au genre On riait de le voir et de l'en- tendre. Les pies en parenthèse. Lps pa-sages sur lesquels il avait le !>lus compté et dont l'effi t touchant ou tragiqu lui semblait ct-riain avaient excité le rire. d'un air peu négligét ses paroles '• » » Les yeux fort égarés. Le modeste artiste ne publia jamais son œuvre malvenue. où. dit un contemporain. Vous > comprenez comme on s'y est diviTti. Ses ennemis triomphèrent. Malheureux homme de génie! Le critique à la moJe. que le comédien La Grange tii imprimer plus tard. )) D'un hoquet éternel séparant Son désastre fut complet. sous la main ducile et patiente de l'homme de génie. de Visé. • » les côtés. les Femmes savantes et h Misanthrope. par M. détachés du rôle « d'Elvire » et du « Prince » se retrouvent épars dans Amphitryon. de Fieurj * l'hôtel . • ils ont repris toute leur valeur. le ch f de la bande hostile. (( Le nez au vent. » Molière se tint pour battu. il se contenta de sauver quelques débris du naufrage Ces fragments. L'Impromptu de de Condé. et l'épaule » » en avant.S14 NOTICK qu'il tentait.

DONl-: • ELVIRE. Non.DON GARCIE DE NAVARRE 315 PERSONNAGES DON GARCIE. confidente de done Elvire M"« BÊJARX.E de done Elvire. ?mante de don Sylve. Molièrh M"* DuPARC de DON ALPHONSE.x pour cette pr féronce. d'Élise. autre confident de d'Élisf. ÉLISE. Klvire. : dona. dans tout ce qu'il peut être. amant . El le prince n'a point. prince le nom éon. du latin domina. joint à même naissance.'>PE. cru prince de de don Sylve. aimée par Mauregat. Don Tout Sylve. pour lues. Ma s ce^ chaîne^ du ciel qui tombent sur nos âmes Déiidèient eu moi le de tm de leurs flammes . ' La scène est dans Astorgue. Ml. amant DON ÈDRE. DONE I(. DONE ELVIRE.NÈS *. " Ignès.parloil en tous doi. sous princesse de Léon. La prononciation espagnole usitée à la coui de France est imitée par Molière. . éaiypr d'Ignés. pour ces deux amans. ce n'' st p int un choix qui. don Garcie. usurpateur de l'État de Léon. Si lo iiérile seul prenoil droit sur un cœur. commi' s lui. : et du provençal domna. ville d'Espagne {royaume de Léon). ACTlîURS amant de done prince de Navarre. ' Houe pour madame. Gastille. ACTE PREMIER SCÈNE I. I La Grange. comtesse. ÉLISE. Et je serois encore à nommer le vainqueur. DON l. fil briller à mes yeux : Is éclat qualités d'un héros glorieux Mèm de vertus. DON ALVAR .- DONE ELV[RE. Ce qui lit pr('f< rer l'amour qu'il lait paroîire. confident de don Garde . UN PA(. Sut régler de mon œnr les si'crels sentiniens .

Ainsi. d'un étroit lien. Quand je regirdois l'un. Qu ind de l'autre à mes yeux s'offr» it le sacrifice El don Sylve. où pour vous il s'engage. que vous avez appris. ÉLISE. D'un devoir d'amitié couvrir tous vos refus. D'un dehors favorable amusoit ses désirs. Laissa vers don Garcie entraîner tous mes vœux. Mais son premier amour. ÉLISE. Son secret rrvélé vous est une matière A donner à vos vœux liberté tout entière Et vous pouvez sans crainte. De A ces nobles rivaux l'amoureuse poursuite de fâcheux combats. ont jm longtemps douter Qui de ces deux amans vous vouliez mieux traiter. Cet amour que jiour lui votre astre vous inspire N'a sur vos actions pris que bien pru d'empire. Me sembloit mériter un destin plus heureux. '. complaisante à ses brûlants soujiirs. rien ne me rcprochoit Le tendre mouvement oià mon âme penchoit . égale entre les deux. madame. Élise m'a réduite. El vouloit réparer. Mais je me l'impulois à beaucoup d'iuiusiico. Plus de tous ses respects je plaignois la disgrâce : Ma pitié. . après tout. pins dans !non âme un autre prenoit place. . puisque avant ces ^oins. Donc Ignés de son cœur avoil n çu l'hommage. cette comtesse et vous. à cet amant confus. par des liens aussi fermes que doux. Ce qu'au fond de mon cœur je lui faisois d'outrage. Et la lon.316 DON GARCIE DE NAVARRE El toute n^on estime. DONE ELVIRE. Joignit les intérêts de son père et du mien. L'amitié vous unit. par ce foible avantage. Doit de cette contrainte affranchir vos esprits Et. dans ses soins amoureux.4ie amitié qui. Je m'opposois encorce qu'au sang de Gaslille Du feu roi de Léon semble devoir la tille . Et que. Puisque nos yeux. .

I i i J'ai voulu.» On ne montre jamais tout ce que l'on ressent. de cette sombre et lâclie jalousie Rien ne peut excuser l'étrange frénésie |Et. Sans employer la langue. Et semble préparer. une simple rougeur. ne l'autorise-t-ll pas. Un silence. je l'ai trop informé Qu'il peut bien se flatter du bonheur d'être aimé. sur cette matière. Et. : Et voir d'un œil égal l'un et l'autre mérite Mais que conlre ses vœux on combat vainement^. Ellipse arcliaîqU*. non. . sans si rupule. Un éclat à briser tout commerce entre nous? ÉLISE. * Pour.ACTE Il I. Si d'un prince ialoux l'éternelle foiblessi. que j'ai lieu de chérir la nouvelle Qui m'appril que don Sylve éloit un infidèle. il est des int rprètes Qui parlent clairenirnt des atteintes stcrètes. et. ailleurs donaor tous ses suffrages. par mes actions. Puisque chez notre sexe. Tout parle dans l'amour. est assez pour expliquer un cœur. dans mon juste couiroux. un regard. est vtai : Si d'une autre contrainte il souft're la rigueur. ajuster ma conduite.es. SCENE I 317 DONE ELVIRE. je l'avoue. où l'Iionneur est uissari. El que la différence est connue aisément De toutes ces faveurs qu'on fait avec élude. Un soupir. si . de votre bouche il n'a point su sa gloire. Reçoit indignement les soins de ma tendresse. Puisque p^r ses ard 'urs mou cœur tyrannisé Conlre elles à présent se voit autorisé Qu'il en peut justement combattre les honimac. Mais enfin quelle joie e^i peut prendre ce cœur. Le moindre jour doit être une grande lumière. Est-ce un crime pour lui que de n'oser la croire ? Et ce qui d'un rivdl a pu flatter les teux L'autorise-t-il pas ' à douter df vos vœux? DONE ELVIRE Non. Mais.

. par ces soupçons El sans déguisement j • je suis trop offensée. Querelle egali'Uient mon chagrin et ma joie. Le prince Il iion Gare e est cher à mes désirs . Et dans tous mes regards ne peut rien remarquer Quer) faveur d'un rival il ne veuille expliquer! : ' ! : . n'ont point de fondement. | Pour le moins font-ils loi n'une âme bien atteinte. plus nous devons l'aimer. te dis m pensée. Non. avoir pour nous des charme» j C'est par là que son feu se peut mieux exprimer. J'en irahissois les soins sans | E f j L ! 1 m'en apercevoir. peut d'un cœur illustre échauffer les soupirs' Au milieu de Léon ou a vu sou courage . lustre amant. Ah ne m'avancez point cet éirange maxime I Partout Id jalousie est un monstre odeux Rien n'en peut adoucir les traits injurieux E plus l'amour est cher qui lui donne naissance. qui perd à tous muuiens Le respect ijue l'amour inspire aux vrais amans. Puisque vous le voulez.. Voi un prince empo té. Qui. lorsque nous l'aimons. De jaloux mouvemens doivent être odieux. Et mes regards au prince.. Se blablcs à ces eaux si |jun s et si belles. ! Dans les u e^ toujours on pai oit se forcer ! Mais le^ autres. Et. puisqu'en voire âme un prince magnanime. Ainsi.5f8 DON GARCIE DE NAVARRE où du cœur fait A celles pencher l'habitude . en un pareil m iriyre. non. Et d'auties cliériroien'. i' si les soupçons de cet i. En disoient toujours plus que je n'en voulois dire. Plus on doit ressentir les coups de cette offense. ÉLISE. S'ils part-'nl d'un amour qui déplaît à nos yeux Mais tout ce qu'un amant nous peut m ntrer d'alarmes Doit. ce qui fait votre plainte. dans les soins jaloux où son âme se noie. plus il est jaloux. Qui coulent sans effort des sources naturelles. Enfin. DONE ELVIRE. Ma pitié pour don Sylve avoil beau l'émouvoir. ùé\d> se foni sans y penser.

El dans votre billet ils sont si bien marqués. si les bruits communs ne sont pas des bruits vains. Et je ne c le -{joint que j'aurois de l'ennui Q e la gloire en tût due à quelque autre qu'à lui. par d neureux succès d'une haute vail ance. Oui. Je n'y veux poin . ÉLISE.>l un soin qu'à ma bouche il me vaut udeux commelirft La faveur d'un écrit laiss aux mains d'un amant * tHéii Kétend &.. Et. Los vœux les pi s ardrns que mon cœur puisse faire C'est que son bras encor sur un perfide sang Puisse aider à ce frèro à reprendre son rang. C esi inutilement qu'il prétend* doiie El vire : L'hymen ne peut nous joindre. à ce qu'il aime . Et ne les range aux loi^ que je lui veux prescrire.. M'enlever aux desseins de nus lâches tyrans. Si la bonté du ciel nous ramone mon frère. Que quand il les verra de la sorte expliqués.soins de sa reconnaissance : Mais. . à se régler aux vôtres . Élise employer cette leltre . C'est au prince. El sa flamme timide ose mieux éclater Lorsqu'on favorisant elle croit s'acquitter. dans ces muis forcés. et j'abhoire des nœuds Qui d viendront sans doute l'n enfer pour tous deux. S il ne purge ses feux de leuis transports jaloux. Ellipse beaucoup trop fort«. Élise. Car un cœur amoureux prend un plaisir extrême A se voir redevable. avociout cela. Mériter toub ie. Braver en ma faveur des périls les plus grands. Et. Et. s'il pousse mon courroux. C'e. Bien que l'on pût avoir des sentimens tout autres. i'aime qu'un secours qui hasarde sa tête Somble à sa passi n donner droit de conquête. '. DONE ELVIRE. mettre ma destinée A couvert des horreurs d'un indigne hyménée. madame. J'aime que mon péril m'ait jeue en ses main*. SCÈNE I ^fî de sa flamme un noble t(^moignage.ACTE Me donner I. .

et ses tidèles trames Jusqu'ici Des grands. DONE ELVIRE. SCÈNE II.J20 DON GARCIE DE NAVARRE Des lémoÏES trop constans de notre attachement : Ainsi donc empêchez qu'au prince on ne la livre. je trouverois mon sort tout à fait doux. . J'admire cependant que le ciel ait jeté Dans le goût des esprits tant de diversité. don Louis. qui vit à sa prudence Par le feu rçi mourant commettre son enfance. madame. ont pratiqué les éjne* . DON ALVAR. ÉLISE. et ce frère. Oui. Et que ce que les uns regardent comme outrage Soit vu par d'autres yeux sous un autre visage. Et. en Castille élevé. comme du peuple. bien que le tyran.DONE ELVIRE. Si j'avois un amant qui pût être jaloux. le voici. Jamais son zèle ardent n'a pris de sûreté A l'appât dangereux de sa fausse équité : Mais. De rentrer dans ses droits voit le temps arrivé. Ce généreux vieillard a cru qu'il était temps D'éprouver le succès d'un espoir de vingt ans: Il a tenté Léon. depuis sa lâche audaci?. ÉLISE DONE ELVIRE. Pour moi. Je saurois m'applaudir de son inquiétude Et ce qui pour mon âme est souvent un peu rude. A caché ses destins aux yeux de tout l'État. C'est de voir don Alvar ne prendre aucun souci. . Toutes vos volontés sont des lois qu'on doit suivre. Pour l'ôler aux fureurs du traître Mauregat . L'ail souvent demandé pour lui rendre sa place. les peuples émus par celte violence Que vous a voulu faire une injuste puissance. Votre retour surprend: qu'avez-vous à m'approndre? Don Alphonse vient-il? A-t-on lieu de l'attendre T* DON ALVAR. Nous ne le croyions pas si proche.

et don Sylve en personne Commande le secours que son père \ous donne. la DON ALVAR. DON ALVAR. Et ne veut le montrer qu'en têt d'une armée. Mais son cœur au tyran ' fut toujours endurci. Il fait auparavant sem'T sa renommée. DON GARCIE. Je viens m'intéressor. Archaïsme banni de la langue à ciuse de sa dureté. Mais je crains q e Mais. Pour enleiul. Madame. admirez que. Expression impropre. SCÈNE III 325 Tandis que la Casiille armait dix mille bras_ Pour redonn r ce prnce aux vœux de ses États. Michel Montaigne e! Corneille. de Léon annoncent pour certain comtesse Ignés il va donner la main.. Le prince entre SCÈNE III. qui menace un tyran plein de crimes. et que Jean-Jacques Rousseau n'a pas craint d'employer. DONE ÉLISE. DON GARCIE. Ce frère. ELVIRE. malgré les bruits la tempête Que Qu'à votre usur[iateur oit^ gronder sur sa tête. au doux espoir qu'il vous vient d'annoncer.ici. mon frère y puisse trop devoir. Que tout prêt à lancer le foudre punisseur ' Sous qui doit succomber un lâche ravisseur. DON ALVAR.ACTE I. et j'en suis en souci. DONE ELVIRE. DONE ELVIRE. Un secours si puissant doit flatter notre es. Il cherche dans l'hymen de cette illustre fille L'appui du grand crédit où se voit sa famille.. Je ne reçois rien d'elle. On le trouve chez du Vair. Troisième personne du présent de l'indicatif ouïr. Tous ÉLISE. On investit Léon. nécessaire à la langue. ^ Au lieu de: pour le tyran. oir. De trop puissans motifs d'honneur et de tendi essf la presse. > Archaïsme admirable. madame. '-* : 21 . Opposent ses refus aux nœuds dont ou Pour.

Ses voe ix se sont ar lés contre votre naissance. Afin que de ce cœur le noble sacrifice Pût du ciel envers vous réprer l'injusiice. Done Elvire n'est pas au bout de cet effort. madame. Qui va faire à vos pieds choir l'infidélité^ i'^t rendre à votre sanj toute sa dignité.32ii DON GARCIE DE NAVARRE de mon amour les transports légitimes: Son sort oifro à mon bras des périls glorieux Dont je puis f tire hommage à l'éclat de vos yeui Flatte Et car eux m' icqu'rir. si je pu s le dire sans offense. Et votre sort tenir des mains de mon amour Tout ce qu'il doit au sang dont vous tenez le jour. D'un frère et d'un État les suffrages propices. Wais ce n'est pas assez. puisque enfin lescieux. Mais ce qui plus me plaît d'une attente si chère. Leur chaleur indiscrète a d'un destin plus bas Souhaité le partage à vos divins appas.dans votre personne Il cherche à me gagner les droits d'une couronne. tout mon cœur voudroit montrer aux yeux de tou3 Qu'il ne regarde en vous autre ciiose que vous. Je sais que vous pouvez. Jj DON GABCIE. . ïrou\ez bon que ces feux prennent un peu d'espoir Sur la mort que mon bras s'apprête à faire voir. pour être roi. Que l'aveu d'un État et la faveur d'un fr re. C'est que. par d'illustres services. de tout ce juste h mmaee. j'euleods ce que vous voulez dire. prince en vengeant nos droit-i Faire pour votre amour parler cent beaux exploits. Et qu'il soit soupçonné qui. pour le prix qu'il espère. Oui. DONE ELVIRE. le ciel vous rend ce frère* Et qu'ainsi mon amour peut éclaler au moins Sans qu'à d'autres motifs on impute ses soins. si le ciel m'est propice. Et qu'ils osent briguer. i'À cent fois. Et je vous vois à vaincre un obslacle plus fort. La gloire d'un revers que v ais doit sa justice. Mais. A mes feux prévenus dérobent l'avantage. Oui.

à tous coups. El que vous bannirez enfin ce monstre affreux. Mais. DON GARCIE. Celle jalouse humeur doni l'importun capiice i Aux vœux que vous S'oppose à m'offrez rend un manvais office. pui qu'il taul parler. DONE ELVIRE. on se peut mcp endre. hélas observer sous ! que ienx l'on aime. Je sais bien que pour vous DONE ELVIRE. contre eux.ACTE I. Quand tous VOUS révèrent trop. . DONE ELVIRE. Quand d'un injuste omltrnge Voire raison saura me réparer l'outrage. jii Arme Ah ! les mo^ vemens de mon le courroux. Q li de son noir veni empoisonne vos feux.ppas.ehpie effort a ej fasse Qu'un pou (le jalousie en mon co^ii Ikmuc (il. Souvent on entend mal Et par trop de chaleur. DON GARCIE madame. DON GARCIE. faut Quand vous saurez m'aimer comme il DON GARCIE Eh! que peut-cn. C'est là son plus grand soin. Sans que vous lenumu iez n'est pis score pour eux. qu'on croi bien enli^ndrc. prince. Quand votre passion ne fera ien paraîire t)cnt ï-e pui se indigner celle qui l'a fait naître. oir? c Ce me sera. il est vrai. ses mouvemcna Ne prendront pas de moi de trop bas sentimens DON GARCIE. SCENE III 323 mon cœur en vain soupirt. Ils DONE ELVIRE. absent de vos divins . El l'obstacie puissant qui s'oppose à mes ffiix.vouo savoir Quand vo s pourrez me plaire. et li'ur attente. les Qui ne cède à l'ardeur que ni'i spiienl \os yeux? DONE ELVIRE. désirez. une ftveur extrême. madame. qi.cfc^ El qu'un rival. et prendie quoique eS.

En des termes exprès. dont j'accepte la loi. Vous vous m'en faire jurer. El je croyois cet ordre un assez doux langage i'our n'avoir pas besoin d'en dire davantage. Je ne dis point quel ciioix. au fort de tant d'assauts. Il demande un . dire que je vous aime.ême. : Doi d'un amant discret satisfaire la flamme El c'est à s'en (édire autoriser nos vœux. de vos soupçon. des plemes clartés d'un glorieux espoir.s-v. Que je ne puis trouver dans le peu que je vaux. s'il m'éloit volontaire.nn Au DON ^iARClE DE NAVARRK repos de ce cœur vient livrer j'ai clos Soit caprice ou raison. 1 . Oui. Cependant votre amour n'est pas encor content. . croyance Q votre âme en ces lieux souiïio df> son absence. un cœur veut qu'on l'entende. El n'aime pas ces feux dent l'importunitc Demande qu'on s'explique avec plus de clarté. Dissiper 1rs horreurs que se mcmstre y fait choir. Daignez donc étouffer le d ute qui m'accable.. Le premier mouvement qui découvre notre âme I . Dépend bien plus de vous qu'il ne d('p('nd de moi. DONE ELVIRE.la tyrannie est grande Au moindre mot qu'il dit. Entre don Sylve et vous mon âme pourroil faire. Et que malgré mes soins vos soupirs amoureux Vont trouver à -tous coups ce rival trop heureux Mais. si de tels soupçons ont de quoi vous déplaire. soit plus é latant il . pour vous en assurer. Mais vouloir-vous contraindre à n'êtro point jaloux Auroit dit quelque chose à lont autre que vous. me faut à voi. obstineriez à il i)eut-ctre qu'encoi-. Et faites qu'un aveu d'une bouche adorable Me donne l'assurance. Il vous est bien facile. c'est vous qui pouvez par deux mots pleins de ilannu Contre la jalousie armer toute mon âme. hélas de m'y soust aire Et leur bannissement.veu qui Pour l'ôter de scrupule. Prince. toujours la combats. Que vouloir plus avant pousser de tels aveux. Et.

je suis trop téméraire. DON ALVAR. . pour périr enc r par de plus rudes co ps. Vous promettez beaucoup. SCENE IV 32". Je ne de plus grande clarlé Je cro s que vous avez pou moi quelque bonté. fait. Ah! madame. . DON GARCIE. demande p Et je me vois heureux plu^ que je ne mérite. Que le ciel me déclare ne éternelle guerre.. Et je reçois la loi qu'il daigne me prescrire. Que ce nu'onvous promet doit être inviolable . ÉLISE. Puissé-je voir sur moi fondre votre courroux Si jamais mon amour descend à la foiblesse De manquer au devoir d'une telle promesse. il suffit pour me rendre croyable. DON GARCIE. je renonce à mes soupçons jaloux.ACTE Èh De bien. est un arrêt bien doux. Ou. Que d'un peu de pitié mon feu \ous sollicile. madame. prince et je doute fort Si vous pourrez sur vous faire ce grand efforl. Si jamais dans Fait. Que le courrier attende. I.. DONE ELVIRE. DON GARCIE. Pour affranchir mon cœur de leur injuste empire. . UN PAGE présentant un billet à done Ëlvire. tout ce qui vous plàîl je dois me satisfaire. J'en étois en peine.DONE ELVIRE. DONE ELVIRE. et lu m'obliges fort. Et que l'heur d'obéir à sa divinité Ouvre aux plus grands efforts trop de facilité. . mon âme aucun jaloux transport SCÈNE IV. Que je tombe à vos pieds d'un éclat de tonnerre. C'en est L'arrêt qui les condamne . eh int bien.

ces regards qu'il jette. D'un mal qui tout à coup vicnl d'allaquer mon cœur. DONE ELVIRE. n'esique dans l'esprit. vous dis-je. DON GARCIE DE NAVARRE . Il me semble Que vous me répondez d'un ton fort aliéré. DON ALVAR. J'ai cru que vous aviez qu^^lque secret ensemble. de jaloux. par ! cet écrit.) Qui vous arrête.. à part. DONE KLVIRB. Souvent plus qu'on ne croit ces maux ont de rigueur. Et quelque prompt secours vous scroit nécessaire. Ce cliangcment soudain a lieu de me surprendre: le D'où pcul-il provenir? pouir il-on apprendre? DON GARCIE. Mais encor. Lisez-le. ÉLISE. Et je ne voulois pas l'interrompre. au milieu du serment? DON GARCIE. Pour me trailcr apn'-s de faible. vous prend-il-d'ordmaire? DON GARCIE. Parfois.sas SCÈNE V. diles-nioi. madame ? DON GARCIE. Ah I prince foible il DONE ELVIRE. non. DONE ELVIRE. ce mal. Eh birn. Voi''-jepas que déjk cet écrit l'inquièle ? A Prodigieux effet de son tompérameiit I (Haut. Ah ma main I DONE ELVIRE. le refusai Je vois votre pensée. bas. et de quoi l'on m'accuse. DON GARCIE. prince. Non. DON GARCIE. Guérissez-le.. ei satisraites-vous.DONE ELVIRE. Je dois ici vous rendre témoignage . Je vous vois tout à coup le visage égaré. Par cet Si. écrit.

bien mon cœur DON GARCIE. à ce que je connoi.ACTE Qu'à I. » Le tyran toujours m'aime » Vers moi. » D'un destin plus doux que la haute vertu le mien » ! DoNB Ignies. vous le lirez pour moi. Si vous vous obstinez à (elle résistance. » Il semble avoir tourné toute sa violence. Oui. J'aurois tort de vouloir vous faire violence. » Puiôsiez-vous jouir.. » Dont » il poursuivoit l'alliance » De vous et de sou tils. . m J'ignore encor par où finira mon martyre. Il est de done Ignés. Pour me justifier je ne veux point le voir. Oui. DONE ELVIRE. DON GARCIE lit. Ceux qui sur moi peuvent avoir empire. au moins. DONE ELVIRE. Et. C'est pour vous obéir. Et c'est assez entin que vous avoir pressé De voir de quelle main ce billet m'est tracé. depuis votre absence. oui. DONE ELVIRE. belle El vire. . 327 cet écrit n'a point donné d'ombrage que vos bontés m'en laissent le pouvoir. et. » Par de lâches motifs qu'un faux honneur inspire. tenez. pour me porter au dess'in qu'il a pris. C'est ce que vous voudrez . DONE ELVIRE. SCENE V . » Approuvent tous cet indigne lien. Ma DON GARCIE. et je puis dire.. Je m'en réjouis et pour vous et pour moi. » Dans son âme est affermie. volonté toujours vous doit être soumise : Si c'est votre plaisir que pour vous je le lise. » Mais je mourrai plutôt que de consentir rien. « Malgré l'effort d'un long mépris. Je consens velontiers à prendre cet emploi. prince. DON GARCIE. dcpêcliez-vous de lire.

Et qu'avant qu'y manquer je veux perdre la vie. avis conservez la s'il De mes est vrai DON GARCIE. DONE ELVIRE. Que de doutes fréquens ses vœux soient traversés. Que votre âme les forme. à parler franchement. ïl est fort naturel. pour moi que votre amour soit grand. jaloux que par vos yeux. Tout ce que fait le prince. don Lope. Adieu. Car que d'un noble amour une âme bien saisie En pousse les transports jusqu'à la j . et qu'il n'est en ces lieux Fâcheux que par vos soi^is. et je l'approuve assez: Mais ce qui me surprend.328 DON GARCIE DE NAVARRE DONE ELVIRE.. Et. ÉLISE. chose a passé d'une douce manière. seroit des momens Oii je pourrois entrer dans d'autres sentimens. Mais qu'on ail sans amour tous les stins d'un jaloux. Cependant apprenez. Eh DON GARCIE.. ACTE SCÈNE I. Je vais faire réponse à celte illuslro amie. à n'en point mentir. N'est pas ce qui me donne un grand étonnemcul. C'est une nouveauté qui n'appartient qu'à vouik . prince. Croyez que désormais c'est toute mon envie. e. à vous mieux armer Contre ce qui prend droit de vous trop alarmer. II - ÉLISE. une âme bien éprise. DON LOPE. il Mais.lousie. Encore un coup. Des soupçons qu'elle prend ne me :end point surprise. quoil vous croyez donc?. Donnez-en à mon cœur les preuves qu'il prétend. mémoire. don Lope. c'est d'entendre Que \Ous lui préparez les soupçons qu'il doit prend. Je crois ce qu'il faut croire. J'ai Et la calmé votre trouble avec cette lumière.

Pourvu que sa fortune en tire quelque fruit? Tout ce qu'on fait ne va qu'à se mettre en leur grâce. Et s'aille inquiéter si son discours leur nuit. faut qu'en cette humeur votre esprit DON LOPE. D'applaudir en aveugle à ce qu'ils veulent faire. la Chacun règle sienne au but qu'il se propose.sprit des grands. C'est de flatter toujours le foible de leur cœur. Et dansr>i. a-t-on vu. sur cette conduite à son aise l'on glose. Les miles conseils font passer pour fâcheux. s'il vous plaît. qu'on tâche de surpreiMro. A nourrir leurs erreurs. Par la plus courte voie on y cherche une place Et les plus prompts moyens de gagner leur faveur. Enfin. . Oiî vous jette d'abord l'adroite complaisance. Qui sur tous ces flatteurs venge équitablcinent Ce qu'a fait à leur gloire un long aveuglement. SCÈNE I 329 DON LOPE. Je songe auprès du prince à bien faire ÉLISE. : ÉLISE. En vous laissant toujours hors de la confidence. Qu'on cherche auprès des grands que son propre inti'irt Qu'un parfait courtisan veuille charger leur suite D'un censeur des défauts qu'on trouve en leur conduite. Mais il est des revers qu'on doit appréhender. Ces maximes un temps leur peuvent succéder. et jamais dans leur âme Ne porter les avis des choses qu'on y blâme. . Cependant je dirai que votre âme s'explique Un peu bien librement sur votre politique . charmante Élise. rebuté par vous des soins de mon amour. on voit partout que l'art des courtisans Ne tend qu'à profiter des foiblesses des grands. Un rayon de lumière à la fin peut descendre. Et n'appuyer jamais ce qui peut leur déplaire C'est là le vrai secret d'être bien auprès d'eux. ma cour. Et. Mais savez-vous qu'enfin S'il il fera mal la sienne. l'entretienne? Et quand.ACTE Que II.

je vous laisse tous deux. Serviront assez mal vos assiduités. J'aurois un peu de peine à voir qu'en ma présence Il reçût des effets de quelque préférence. El qui suis seuiemiMii par d'utiles leçons La pente qu'a le prince k de jaloux soupçons? Son âme semble en vivre et je mets mon étude A trouver des raisons à son inquiétude. que sans moi l'on ne sachet Et dans mon procédé que faut-il que je cache? On peut craindre une chute avec quelque raison. DON ALVAR. après tout. El. Et m'en remercier comme d'une victoire Qui combleroit ses jours de bonheur et de gloire. Je sais tort bien qu'Élise a l'esprit trop discret Pour aller di\ ulguer cet entretien secret. à son repos il Et. Quand on met en usage ou A fournir le sujet d'un secret entretien.330 DON GARCIE DE NAVARRE Et ces nobles motifs. enflé d'une nouvelle.- ainsi. Donner C'est lorsque plus une atteinte mortelle. DON LOPE. A voir de tons côtés s'il ne se passe rien . bien que je renonce à l'e-poir de vos vœux. Outre que je pourrois désavouer sans blâme Ces libres vérités ^urqui s'ouvre mon âme. Expression impropre. le roi ÉLISE. si je puis. au prince rapportés. El je veux. DON ALVAR. moi qui partout n'avance Que li-s soins approuvc's d'un peu de complaisance. ÉLISE. quanti je nuis venir. m'épargner ce souci. dit. . m'aime. Mais mon rival paroît. et je vois sa raison D'une audience avide * avaler ce poisson. Qu'ai-je ruse ou trahison Mais qu'ai-je à redouter. Enfin nous apprenons que * de Navarre Pour : d'une oreille avide. Tout amant de bon sens en doit user SCÈNE II.

ACTE
f'our les désirs

II,

SCÈNE IV

331

du prince aujourd'hui se déclare, nouveau renfort de troupes nous attend l'our le famoux service où son amour prétend, le suis surpris, pour moi, qu'avec tant de vitesse
Hl qu'un

Ou

ait fait

avancer... Mais...

SCÈNE

111.

- DON

GARCIE, ÉLISE,
DON GARCIE. Que fait
ÉLISE.

DON ALVAR.
la

princesse?
ainsi,

Quelques lettres, seigneur; je le présume Mais elle va savoir que vous êtes ici.

DON GARCIE.
J'attendrai qu'elle ait
fait.

SCÈNE

IV.

- DON

GARCIE.

Près de souffrir sa vue. D'un trouble tout nouveau je me sens l'âme émue* Et la crainte, mêlée à son ressenlimenl, Jette par tout mon corps un soudain tremblement. Prince, prends garde au moins qu'un aveugle caprice, Ne te conduise ici dans quelque précipice,

Ne donnent un
Vois
si

Et que de ton esprit les désordres puissans peu trop au rapport <le tes sens; Consulte ta raison, prends sa clailé pour guide;
de
tes

soupçons l'apparence

est S'ùide;

pas leur voix; mais aussi garde bien Que, pour les croires trop, ils ne t'imposent rien, Qu'à les premiers transports ils n'osent trop permettre,

Ne démens

Et

Ali! qu'est-ce

posément cette moitié de lettre. que mon cœur, trop digne de pitié, Ne voudroit pas donner pour son autre moitié? Ma s, après tout, que ilis-je? Il su fit bien de l'uue, El n'eu voilà que trop pour voir mon iuforluue,
relis
((

»

Quoique votre rival... Vous devez toutefois vous...

332

DON 6ARC1E DE NAVABRE
» Et vous avez en vous à...
» L'obslacle le plus grand...

»
I)

Je chéris tendrement ce...

))

»

Pour me tirer des mains de... Son amour, ses devoirs... Mais il m'est odieux avec,

Otez donc à vos feux ce... Méritez les regard que l'on... » Et lorsqu'on vous oblige... » Ne vous obstinez point à... »
» »

mots est assez éclairci main, se fait connoîlre ici ; Et les sens imparfaits de cet écrit tunesle. Pour s'expliquer à moi n'ont jias besoin du reste. Toutefois, dans l'abord agissons doucement. Couvrons à l'infidèle un vif ressentiment Et', de ce que je tiens ne donnant point l'indice, Confondons son esprit par son propre artifice. La voici. Ma raison, renferme mes transports, Et rends-toi pour un temps maîtresse du dehors.
Oui,
sort par ces
sa
;

mon

Son cœur, comme

;

SCÈNE

V.

- DONE

ELVIRE,

DON GARGIE.

DONE ELVIRE. Vous avez bien voulu que je vous tisse attendre? DON GARCIE, bas, à part. Ahl qu'elle cache bien... DONE ELVIRE.

On
Que
le roi votre

vient de nous apprendre

père approuve vos projets, El veut bien que son fils nous rendent nos sujets; Et mon âme en a pris une allégresse extrême.

DON GARCIE.
Oui,

madame,

et

mon cœur

s'en réjouit de

même ;

Mais...

ACTE

II,

SCÈNE V

333

DONE ELVIRE.
Le tyran sans doute aura peine à parer Los fouclies que partoui il cnienti murmurev; El j'ose me flatter que le même courage
Qui put bien me soustraire à sa brutale rage, urs d'Astorgue arniché de ses mains, Kt, dans les lie faire un sûr asile à braver ses desseins, Pourra, de tout Lc'on achevant la conquête, Sous ses nobles efforts faire cIiot cette tête.
ii

DON GARCIE Le succès on pourra parler dans quelques jours.
Mais, de grâce, passons à quelque autre discours.
Puis-je, sans trop oser,

vous prier de

me

dire

A

qui vous avez pris,
le destin

madame,

soJn d'écrire
ici?

Depuis que

nous a conduits

DONE ELVIRE.
r
irquoi cette

demande,

ei

d'où vient ce souci?
fantaisie

DON GARCIE.
D'un désir curieux de pure la curiosité naît de

DONE ELVIRE.
la ji.lou<»
.

DON GARCIE.
Non, ce
n'est rien

du tout de ce que vous pensez,

Vos ordres de ce mal me défendent assez. DONE ELVIRE.
J'ai

Sans chercher plus avant quel iniérê' vous presse, d'ux fois à Léon écrit à la couitesse. Et deux fois au ma'quis don Louis de Burgos, Avec cette réponse êtes-vous en repos?

DON GARCIE.
Vous n'avez point
écrit à

quelque autre personne,

Madame?
DONE ELVIRE.
No:i, sans doute; et ce discours m'étonne,

DON GARCIE. De grâce, songe'/ bien, avant que d'assurer. En manquant de mémoire, on peut se parjurer.

334

DON GARGIE DE NAVARRE
DONE ELViRË.
ri'^

Ma

bouche, sur ce point,

peui-êire parjure.

DON GARCIE.
Elle a dit toaleiois

une

liauie imposture.

DONE ELVIRE.
Princel

DON GABCIE.

Madame!
ciel! que' est

DONE ELVIRE. c nouvement?

Avez-vous, diles-moi, perdu le jugement? DON GARCIE. Oi'i, oui, je l'ai perdu, lo s ue clans votre vu J'ai pris, pour mon mallie t, le poison qui me
El que

;

tue,

D ms
Do

cru trouver q elque sincériié les traîtres appas dont ji' fus enchanté.
j'ai

DONE ELVIRE.
quelle trahison pouvez- vous

donc vous plaindre

DON GARCIE.
Ah! que ce cœur est double, ei ait bien l'art de feindre! Mais tous moyens de Uiir lui vont être soustraits.
Jetez

Sans avoir vu

De

connoissez vos t aits: il m'est assez faci e découvrir pour qui v us employez ce style.
ici

les

yeux,

et

1^ leste,

DONE ELVIRE. Voilà donc le sujet qui vous trouble I'' spritî DON GARCIE.
Vous ne rougissez pas eu vo\ant
<

et écrit?

DONE ELVIRE.
L'iwnocence à rougir n'osi po n accout mée. DON GARCIE. Il est vrai au'en c s lieux ou la voit opprimée. Ce billet cl 'menii pcur n'avoir poini de seing... DONE ELVIRE. Po' rquoi le démentir, puisqu il est de ma main'?
Chinirement (1« scfîne transporté aven quelques modiiicatiODJ heureuses dans le Misuitthrope, acte V, scène u.

ACTE
i

II,

SCÈNE VI

^^

DON GARCIE.

lEncore est-ce beaucoup que, «'e franchise pure, Vous demeuriez d'accord qu' c'est votre (^criture, Uais ce sera sans doute, et jVn S'Tois garant, Ju billet qu'on envoie à quoique indifférent; oins ce qu'il a de tendresse é\idei te Du du 5Lra pour une amie, ou pour quelque parente.

DONE ELVIRE.
•^on, c'est
il

j'ajoute

pour un am ait que ma main l'a formé; de plus, pour un amant aimé.

DON GARCIE.

(Arrêt
i

ït

,;e

puis, ô perfide!...

DONE ELVIRE.
z,

pri

ce indigne,

De ce lâche transport l'égarem- nt insigne, '^ien que de vous mon cœur m' prenne point de loi, u à soi, il ne doive en ces lieux aucun compie e~veux bien ni" purger, pour votre seul supplice. Ou crime que m'impose un insolent caprice. /ous serez éclairci. n en dout z nuileme t. rête en ce même moment. i'ai ma dtfens<î ^ous allez recevoir une pleine lumière ;
Ion innocence
Lt

ici
t:

paroîtra tout entière;
etlant juge en \olre inlén't,

je

veux, vous

'ous faire prononcer

vous-même votre DON GARCIE.
DONE ELVIRE.

arrêt.

:e

sont propos obscurs qu'on ne
à vos dépens vous

s uiroit

comprendre,

lientôt
il,

me

pourrez entendre.

se, holà!

SCÈNE

VI.

- DON GARCIE, DONE
ÉLISE.

ELVIRE, ÉLISE

Madame ?
DONE ELVIRE,
i

à don Garde.
,iu

Obs'ive^ bien
j'ose à

moins
&uii..,,

vous tiom^or eaipiojcr que-q-ca

S:?G

DON GARCIE DE NAVARRE

par un seul coup d'œii ou geste qui l'insiruiie. Je chorche de ce coup à parer la surprise.
Si,

A
Le

Élise.

que tantôt ma main avait tracé, Répondez promptement, oii l'avez-vous laissé
billet
j'ai sujet

Madame,

ÉLïSE. de m'avouer coupable.

Je ne sais comme il est demeuré sur ma table; Mais on vient d m'apprcndre en ce même moment Que don Lope, venant dans mon appartcmenl, Par une liberté qu'on lui voit se permettre,

A

fureté partout, et trou é celte
il

tir .

Comme
En deux

la déplioil,

S'en saisir

Léonor a voulu promptement, avant qu'il eût rien lu;
lui,

Et se jetant sur

la lettre

contestée

justes moitiés dans leurs mains est restée;

Et don Lope, aussitôt prenant un pro pi essor, A dérobé la sienne aux soins de Léonor.

DONE ELVIRE.
Avez-vous
ici

l'autre?

ÉLISE.
Oui, la voilà,

madame

DONE ELVIRE.
A don Garcie.

Donnez. Nous allons voir qui mérite le blâme. Avec votre moitié rass mblez celle-ci, Lisez, et hautement; je veux l'entendre aussi.

DON GARCIE.

Au prince

don Garcie. Ah

!

DONE ELVIRE.
Achevez de
Votre âme pour ce mot ne
lire;
doit pas s'interdire.
lil.

DON GARCIE
f<

%

»
»

Quoique votre rival, prince, alarme votre âme, Vous devez toutefois vou> cniudr- plus q e lui; El vous vez en vous à détr ire aujourd'hui L'obstacle le pli. s grand que trouve votre flannr.Gc

ACTE
» Je chéris

II,

SCENE VI

337

tendrement ce qu'a fait don Garcie » Pour me lircr des mains de nos liors ravisseurs. » Son amour, ses, devoirs, ont pour moi des douceurs; » Mais il iii'esl odieux avec sa jalousie.
Olcz donc à vosfeuK ce qu'ils en font paroltre, que l'on jette sur eux; » Et lorsqu'on vous oblige à vous tenir heureux, » Ne vous obstinez point à ne |)as vouloir l'être. » DONE ELVIRE. Eh bien, que dites-vous? DON GARCIE.
»

» Méritez les regards

Ah! madame,

je dis

Qu'à cet objet mes sens demeurent interdits; Que je vois dans ma plainte une horrible injustice, El qu'il n'est point pour moi d'assez cruel supplice. DONE ELVIRE. Il suffit. Apprenez que si j'ai souiiaité Qu'à vos yeux cet écrit piit être présenté, C'est pour le démentir, eicent fois me dédire De loui ce que pour vous vous y venez de lire. Adieu, prince. DON GÂRCIE Madame, hélas où fuyez-vous? DONE ELVIRE. Où vous ne serez point, trop odieux jaloux I
1

Ah

!

DON GARCIE. madame, excusez un amant misérable,

Qu'un sort prodigieux a fait vers * vous coupable, El qui, bien qu'il vous cause un courroux si puissant.
Eût été plus blâmable à rester innocent. Car enfin, peut-il être une âme bien atteinte. Dont l'espoir le plus doux ne soil mêlé de crainte? El pouniez-vous penser que nion cœur eût aiwé,
Si ce billet
S'il n'avait
fai al

ne

l'eût point

alarmé;

point frémi des coups de cette foudre,

Pour: envers vous. Expression Impropre plutôt qu'archaismc.

. Auroicnt du monde entier bravé le témoignage. sort trop plein laisse Un Et nous . diles-moi pas dans cel événement senibloit si claire.. < Passage Iransporté daus le Tartuffe^ acte IV..:rques de bonté dont vous n'étiez pas digne. artc quel- ques cuaugemeals. dans ces lieux rangés sous ma puissance. Votre âme se forçoit à quelque complaisance Que. vous a fait voir. : Vos doutes rencontroient dos garans assurés Vous n'aviez rien à craindre. mon bonheur si on poudroî Vous mêmes. . Et je pourrois descendre à celte lâcheté Moi. aux soupçons une pente facile. âme a de peine à pouvoir s'assurer. Trahir mes senlimens. D'un masq e de laveur vous couvrir nés dédains! ! La gloire sur mon cœur auroit si peu d'empire! VouspoDvez le penser. prenilre le parti d'une honteuse feinte! Agir par les motifs d'une servile crainte. et d'autres.338 DON GARCIE DE NAVARRE figurois lout Donljo me N'eûl. Pour moi. par une erreur insigne. pour être en vos mains. mes senlimens. fait DONGARCIE. Moins on mérite un bien qu'on nous Plus notre espérer. J'ai douté du bonheur de mes témérités * J'a cru que. DONE ELVIRE. Qu'il n'est rien sous les cieux qui puisse Et. scène v. sur ce gage. La haine que pour vous il se résout d'avoir. assez bien éclairés. s'il l'y forcer.. malgré voire pouvoir. et. et vous me l'osez du et Apprenez que ce cœur ne sait point s'abaisser. . DONE ELVIRE. Des m. iiélas qui me Je pouvois démentir. Qu'il saura bien montrer. qui crois si peu mériter vos bontés. de gloire à nos yeux est fragile. déguisant pour moi votre sévérité. mon erreur jeté tout aiiire amant: ! Si d'une preuve. Oui. vous Et dans le pouviez faire.

Va percer. Cette épée aussitôt. ne présumez pas qu'ayant su vous déplaire. . Je puis vivre une heure avec votre colère. Que si votre courroux ne peut être apaisé. SCENE VI l'êlre. Si mon crime Si : : ! Ah ! prince trop cruel I DON G RCIK. et ne m'en défends pas: demande grâce à vos divins appas. Non. el ue veut jamais DON GARCIE. Madiimc. à vos yeux. M'arrache à des tourmens que je ne puis souffrir. Et de mille vautours les blessures cruelles N'ont rien de comparable à ses douleurs mortelles. Déjà de ce moment la barbare longueur Sous ses cuisans remords fait succondjer mon cœur. parlez. * Les la traits nombreux Je cette scène ont été rapportés par Molièrt dans scène vi de l'acte II d'Amphitryon. vous n'avez qu'à me le déclarer S'il n'est point de pardon que je doive espérer. ce traître cœur. 330 vous faire connoître pouU 6ié lâche. en iiiourant. Eli bien. je suis je est trop grand pour se voir excusé. si ce coup légitime Efface en votre esprit l'image de ir'xz cr me. et II. Mais coupable. Il faut qu'un coup heureux. le cœur d'un misérable. Ni le vif repentir que mon cœur vous expose. Je la demande au nom de la plus \ive tlamme Dont jamais deux beaux yeux aient fait brûler une âme. vous ne regardez ni l'amour qui le cause. dont les perplexités Ont si fort outragé vos extrêmes bontés Trip heureux. madame. en me faisant mourir. Et ne laisse aucuns traits de votre aversion Au foible souvenir de mon affection C'est l'unique faveur que demande ma flamme '. par un coup favorable. Ce cœur.ACTE Braver votre Qu'il n'a furie. Dites. DONE ELVI^S.

j'y Msis. Et moi. Résolvez l'un des deux. DON GARCIE. Non. DONE ELVIRE. Que Par l'aveu d'un pardon n'est-ce pas se trahir. Prononcez-en l'arrêi. DON GARCIE. DONE ELVIRE. Et plus il devient fort. ador ble princesse. je ne puis vivre. con-Tvor dfs r taiil Faut-il enror pour vous bonlf^s. L'amour n'excuse pomt «le tels cmportcmens. courroux qu'excite voire offense Ne puisse jusque-là faire aller ma vengeance. Puisqnepourvous venger je vous offre ma mort. D'un supplice si grand ne tentez point l'effort. l'amour.. vous méritez ma haine. dire au cruninel qu on ne peut le liaïr? DON GARCIE. à moins que vos bontés Accordent un pardou à mes témérités. ei j'obéis sur l'heure. ne m'en parlez point. plus il trouve de peine. Vous me haïssez donc ? DONE ELVIRE.. souffrez..310 DON 6ARCIE DE NAVARRE DONE ELVIRE.. le El que toul DONE ELVIRE. DONE ELVIRE. . de punir ou d'absoudre. Tout ce qu'il a d'ardeur passe en ses mouvemens. ne peul jamais outrager quand fait il aime. DON GXRCIE. J'y veux tâcher. DONE ELVIRE. Ah! c'en est trop. El vous voir m'ouirager p 'l'ind gniiés? Un cœur Et ce que DON GAKCIE. il l'excuse lui même. au moins. Hélas! j'ai trop fait voir ce que je puis résoudre. DON GARCIE. hélas' je crains bien que perde mes soins. : Laissez je me veux mal d'une telle foiblesse. Qui ne sauroit haïr ne peut vouloir qu'on meure.

DON LOPE. s{ù^:. Je vous dirai.DON GARCIE. Mais quel est ce secret dont tu voulois m'instruire? Voyons un peu. Va. Seigneur. . n'est point de soupçons que je doive écouter. Ml DON GARGIE. mon cœur t'en donne le pouvoir. Dans les doux mouvcmens du transport qui me charme.ACTE Enfin. DON GARCIE. Sans que nous essayions d'en partager la gloire Et nos troupes aussi peuvent élre en état La Castille . DON LOPE. Mais. II. DON LOPE. DON GARCIE. Ne me viens point parler de secret ni d'alarme. SCÈNE VII. Seigneur. DON LOPE. cru que le secret que je viens de surprendre Méritoit bien qu'en hâte on vous le vînt appiendre. parle . Et que surtout le peuple y fait pour son vrai roi Un éclat à donner au tyran de l'effroi. je veux ce qu'il vous plaît.. pour changer d'entretien. . D'iuiprimer quelque crainte au cœur de Mauregat..neur. Et d'un divin objet la bonté sans pareille A tous ces vains rapports doit fermer mon oreille Il : Ne m'en fais plus. je suis. puisque vous voulez que je n'en touche rien. Que déjà dans Léon on \oil chaque famille Lever le masque au hruil des troupes de Casiille. je viens vous informer D'un secret dont vos teux ont droit de s'alarmer. je n' rien à vous dire. DON GARCIE. SCÈNE VII SeuI. Après ce qu'à mes yeux on vient de prf^senlcr. Mes J'ai Seigneur. du moins n'aura pas la victoire. soins en tout ceci n'ont que votre intérêt. va.

en ce lieu le devoir de mon zèle Trahiroil le secret d'une telle nouvelle. pnroles. Je ne réplique point à ce commandement. Enfin. I A . Ainsi. madame. seigneur. ont de quoi vous déplaire. je veux savoir la cliose absolument. relâclier mon courage Au pardon trop honteux d'un si cruel outrage? De toute la chaleur mon ÉLISE. Mais. s'il n'en est point qui davantage irrite. malgré tant d'éclat.tu Que Que vient de témoigner le dis-tu de de l'étrange toiblesse cœur d'une princesse? voir d. Moi. Mais que. de pareils forfaits donnera toujours grâce. . D'autant plus aisément. Il n'en est point aussi qu'on pardonne si vile Et qu'un coupable aimé triomphe à nos genoux De tous les prompts transports du plus bouillant courroux. l'art Je saurai désormais trouver de me taire. l. quelque dépit que l'on vous ait causé. seigneur. puisque mes avis m'en ont trop fait savoir. DON GARCIE.-DONE ELVIRE. DONF ELVFRE. ACTE SCÈNE III ÉLISE. sans rien embrasser. Sortons pour vous l'apprendre: Vous-même vous et. Je ne m'étonne point de le voir apaisé Et je sais quel pouvoir. Vos Et. je dis que d'un cœur que nous pouvons chérir Une injure sans doute est bien dure à so ffrir.34-2 DON GARCIE DE NAVARRE DON LOPE. DON LOPE.- me tomber si promptement ressentiment? Et. verrez ce qu'on en doit penser. que dis. quand l'offense Dans un excès d'amour peut trouver sa naissance. malgré voire menace. Élise.

aux dépens d'un pénible combat. Crois que je ne puis être au prince de Navarre. Ne prends point de clartés pour régler l'avenir. quoi qu à mes destins la fortune prépare. si dcîsormais on pousse ma colère. * le Misunihropet «de . Il n'est point de retour qu'il faille qu'on espère. un esprit qu'un peu d'orgueil inspire Trouve beaucoup de honte à se pouvoir dédire. dans le pardon que l'on vient d'obtenir. Et souvent. Fait sur ses propres vœux un illustre attentat. Et réduit tout mon cœur. A Que de Il ces noirs accès qui troublent sa raison n'ait fait éclater l'entière guérison. Amsi. alors qu'il ne croit pas Ce qu'on ne dit jamais qu'après de grands combats * t En est-il ÉLISE. puisque notre cœur fait un effort ex rême Lorsqu'd se peut résoudre à confesser qu'il aime. Et que. scène iv. A n'en plus redouter l'affront d'une rechute. L'amant qui voit pour lui franchir un tel obstacle Doit-il impunément douter de cet oracle? Et n'est-il pas coupable.ACTE m. en tout tenijs rigoureux. quelque ardeur qui m'impose des lois. Que mon front a rougi pour la dernière fois. Moi. Puisque l'honneur du sexe. S'obstine par honneur. que ce mal persécute. I r^^ DONE ELVIRE. un qui so't plus digne de courroux? Et. Oppose un fort obstacle à de pareils aveux. (Juand je pourrois reprendre un tendre sentimentj C'est assez contre lui que l'éclat d'un serment: Car enfin. El. SCÈNE Ah! saclie. je liens que toujours un peu de défiance Tirade transportée presque tout entière dans III. Mais quel affront nous fait le transport d'un jaloux? DONE ELVIRE. ÉLISE. et n'a rien qu'il n immole la noble fierté de tenir sa parole.

si j'ai dans ces lieux franchi quelques obstacles. Si. N'en disputons plus. Et qu'être sans éclat entré dans cette ville. Oui. Ahl seigneur. C'est de voir qu'à mi>ii bras les rigueurs de mon sort Ont envié honneur de cet illustre effort. C'est un scrupule entin dont mon âme est blessée. Et t'aitàuion rival. pour rompre vos liens. DONE ELVIRE.uslice.le viens vous dire donc que je rends grâce au cieux De vous voir hors des mains d'i n tyran odieux. j'avois..DONE ELVIRE. DON ALPHONSE cru don Sylve... je sens je ne sais quoi Me prédire un éclat entre le prince et moi. Ce qui m'est un sujet d'éiernelle torture. En Et^qu'il est dangereux qu'un cœur qu'on a charmé Soit trop persuadé. parmi les douceurs d'une telle aventure. Et. Je sais que mon abord. cou re mes désirs. ELISE. par quel sort vous vois-je maintenant? DON ALPHONSE. Mais. madame. madame. DONE ELVIBE. d'être aimé. Mais. niadauie. L'ardeur de vous revoir peut bien d'autres mir clés. Qui.. C'est un événement qui' vous n'attendiez pas. ô ciel en ces lieux don Sylve de Castillel ! SCÈNE il. Chacun a sa pensée. Dont l'ordre d'un rival rend l'accès difficile. est surprenant. avec trop d'in. Offrir les doux périls d'un si famaix service. Qu'avoir pu me soustraire aux yeux de ses soldats. .844 DON GARCIi: DE NAVARRE ces occasions n'a rien qui nous offense. Mais. malgré ce qu'on doit aux vertus dont il brille. 1 . . Tout mon cœura senli par de tr prudes coups Le rigo reux destin d'eue éloijjÇné de vous. Et je n'ai pu nier au tourment qui le tue Quelques niomens secrets d'une si chère vue.

je sais que vous avez un cœur Qui des pins grands périls vous peut rendre vainqueur. Et c'est in ustement qu'on se plaint d'un alheur Quand un autre plus grand s'offre à noire douleur Ce secours d'un rival m'est un cruel martyre Mais. El je ne doule poinl que ce généreux zèle. Mais. pour rendre à son front l'éclat d'une couronne. sans cette action dont vous étiez capable. Dont la chaleur vous poisse à veuger ma querelle N'eût. Je sais. contre les efforts d'un indigne projet.ACTE Des senlimens sans doule Et. seigneur. On sait ce qu'en ami plein d'ardeur et de foi . je III. DON ALPHONSE. Et. le rude coup dont je suis atterré ! . seroit-elle obstinée A vouloir asservir toute ma destinée? Et faut il que jamais il ne tombe sur nous L'ombre d'un seul bienfait qu'il ne vieune de vous Ah souffrez. seigneur. madame. Oui. ciel n'eût voulu m'en dérober la gloire. SCENE II les siens. dans les maux où mon d'Slin m'expose. JEt ne vous plaignez point de voir un autre bras Acquérir de la gloire où le vôtre n'esi pas. Ne ni'allachenl-ils point par d'assez puissaiis I nœuds T Quoi votre âme. hélas! de mes maux ce n'est pas là le pire. Contre nos ravisseurs vous marchez en personne. N'étes-vous pas conieni? et ces soins généreux . aussi beaux que Si le pouvois poir vous gagner celle victoire. DONE ELVIRE. Le comte votre père a fait pour feu le roi: Après l'avoir aidé jusqu'à l'heure dernière. Ou au soin l'un autre aussi je doive quelque hos«. mon cœur doit cesser de s'en plaindre. Avec trop de raison vous voulez n 'y contraindre. Le coup. . Il donne en ses Étais un asile à mon frère Quatre lustres cnliers il y cache son sort Aux barbares fureurs de quelque lâche effort. Pu Mon sort à la Castille est assez redevable. faire en ma faveur tout ce qu'un autre a fait.

N'eh. Lorsqu'ils veulent d'un crime affranchir vos vertus. Et. semble vous confondre. El que. Répondez-vous. s'ils sont suivis. la victoire Oui. c'est un crime. et trop noble cl trop haute. Vous plaindre avec raison. la fortune prépare L'heur des plus beaux succès aux soins de la Navorre^ Ah madame. Assuré que vos vœux ne seront j)a3 pour moi.les miens dans votre âme emportent Et cette occasion de servir vos appas. seiiineur. Vous-même. Pour vouloir m'obliger à commettre une faute. Si vous pouviez m'offrir. Mais je marche en tremblant à cet illustre emploi. Ne me demandez rien avant que regarder Ce qu'à mes sentiments vous devez demander. dites-vous s'il est de l'équité De me voir couronner une infidélité. Un cœur à d'autres yeux offert en sacrifice. Ainsi tous mes efforts ne seront que fumée. ! faut-il me voir précipité De l'espoir glorieux dont je m'étois flatté? El ne puis-je savoir quels crimes on m'impute.t Cet éclatant exploit qui vous fut salutaire. Cet avantage offert de signaler son bras. Pour avoir mérité celte effroyable chute? DONE ELVIRE. sans beaucoup d'injustice. et les premières flaniKic Ont des droits si sacrés sur les illustres âmes. Qu'il faut perdre grandeurs. Oui. et renoncer au jour. Contre vos fiers tyrans je conduis une armée.346 C'est oe DON GARCIE DE NAVARRE me voir par vous ce rival préféré. celle âme. que le pur effet du bonheur de vous plair& Que le secret pouvoir d'un astre merveilleux Qui fait tomber la gloire où s'attachent vos vœux. sur celte froideur qui . seigneur ce que je puis répondre: Car enfin tous vos soins ne saiiroienl ignorer Quels secrets de votre âme on m'a su déclarer. et blâmer mes refus. je ne vois que trop que ses feux pleins de gloira Sut. Et je la crois.

iuocent de son premier vainqueur. à DON ALPHONSE. El boulenez l'honneur de voire premier choix. ardeur que peut prendre l'estime Pour . ma constance abattue Voit un cours nécessaire à ce mal qui me tue . ! ! Ah I madame. après mes efforts. et rejeter mon cœur joug i. et ne suit pas sans peine L'impérieux effort de l'amour qui lentraîne Aucun espoir pour vous n'a flatté mes rlésirs. dût être mon sort à jamais malheureux. uurag<? haut. Mais n'exigez de moi que ce que je vous dois. Oui. puisqu'il vous faut tout dire Oui. pour un cœur magnanime. Ce que pour un ingrat (car vous l'êtes. Il n'est : . . Mais. Et. Malgré vos feux nouveaux.he vers transportés ilans la scène de l'acte IV des Femmes savantes. mes yeux n'offrez point son mérite : que trop présent à l'ingrat qui la quitte. Sous le Je ne sanrois souffrir l'épouvantable idée De vous * voir p ir un autre à mes yeux possédée ii . J'ai peur qu'il ne soit pas envers vous innocent. Je ne puis renoncer à l'espoir de mes vœux.i. Et.. SCÈNE Plutôt que de pencher vers un second J'ai poi'J' -'ous celte II 3'j7 amour *. voyez quelle tendresse Vous conserve le cœur de l'aimable comtesse. ce cœur l'ose plaindre. Elle a fait de l'éclat que donne un diadème Voyez combien d'efforts pour vous elle a bravés ! Et rendez à son cœur ce que vous lui devez. dans son ardeur extrême.ACTE m. Elle a d'un choix constant refusé le bonheur Quel mépris généreux. Qui ne m'ait arraché pour elle des soupirs Qui n'ait dans ces douceurs fait jeter à mon âme Quelques trisles regards vers sa première flamme Se reprocher l'etîet de vos divins attraits. Qi. Et mêler des remords à mes plus chers souhaits. J'ai fait plus que cela. ! : Sortir de votre chaîne. si mon cœur vous dit ce que pour elle il sent. j'ai voulu sur moi vous ôler votre empire. seigneur).

Mais. ALPHONSE. Et. mon abord. ne perd qu'un intidcle D'un pareil déplaisir on se peui consoler Mais moi. madame. en effet.DON GARCIE. s'il faut que je le die. Ne croyoient pas trouver si bonne compagnie DONE ELVIRE. sans nous vouloir surprendre. DONE ELVIRE. DON ALPHONSE. vous deviez nous faire au moins l'honneur De nous donner avis de ce rare bonheur.. surpieud au d rnier point. qui m'offre vos appas. comme je connois bien. je crois que de cette visite. DON GARCIE. A don Sylve. DON cru don Sylve. De vou^ rendre en ces lieux ce qu'on voudroil vous icndre.. après mon cœur esl-il coupable? le fort ascendant que prend voire beauté Lai-^se-t-il aux esprits ai. Cette vue. tout. Et mes pas en ce lieu. Il peut bien quelquefois montrer quelque toiblesse Mais enfin sur nos sens la raison. Et toujours notre cœur est en noire pouvoir. Comme vous l'assurez. seigneur. Vous n'avez que les maux que vous vouez avoir. par un malh(!ur qui ne peut s'c^galer. une princesse aimable. vous n'étiez point instruite. 848 lÛÛN le GàRCIE de NAVARRE t'clairer Et flambeau du jour. F-i hymen iraliis mon tn pas. Les héroïques soins vous occupent si fort. Madame. la maîtresse. DON GARCIE. SCÈNE III. J'ai celui de quitter une aimable persoiine. en me perd<?Mt. Doit avant cet Je sais que je Mais. .cune liberlé? MOias je suis ici biv'n plus à plaindre qu'elle : bon cœur. El tous les maux encor que mon amour me donne. je ne l'aticnduis point. DONE ELVIRE. Assez mal à propos trouble voire entre ien . de même que vous. . Oui.. ! : . madame. El nous mettre en état.

Et l'on prendra le soin de vous en avertir. Prince.z pas sujet de blâmer la surprise : Il ne tiendra qu à vous de vous en garantir. s'appuyant toujours sur des ' hauts sentimens. d'un sang un peu cliaud réprimant les bouillons. un peu mieux. Ne commettez-vous point vos vertus héroïques. vous avez tort .ACTE III. j'aurois eu tort Et dos grL. Trouver celte action trop indigne de vous? DON ALPHONSE. et sa visite est telle Que vous. je n'ai jamais îierclié l'obscurité El. di nt oh vante les soins. affectent les ti'moins. SCENE III . Au secret que j ai fait d'une telle visite. Remeitons nos débats après d'autres affaires. I. • Tour * Pour : d'avoir un secret.(l> conquérans les sublimes pensies Sont aux civilités avec pcme abaissées. Et. DON GARCIE. Loin d'aimer le secret.a distinction entre r/<^p:)rlitirel drlinilivemenl qu'après i'f^pnqim de Muliére.ance à la gloire élevée. Vous n'aur. 3'. N'oublions pas tous diux de\ant qu nous parlons. Et ne craignez-vous point qu'on pu sse. Je ne sais si quelqu'un blâmera ma conduite.9 Que de vous en tirer. Mais les grands con iuérans. Faute de tfC5 génériil ne s'est faile fait français. à don Garcie.xpression iinpiopre. dès l'en. Cependant d meurons aux termes ordinaires. 1.2 Po t: de. Même remarque. seigneur. DON GARCIE. . ! c'en est trop et votre esprit devioit f indre que prendre sa qe relie. Ah Madame . DONE ELVIRE. : en fait de projets. I. i|uand j'aurai sur vous à faire une enireprise..je sa s qu'aux reje s * qui veulent la clarté. Leur âme. Prince.. Mai. aux yeux de tous. Lorsqu'il veut ignorer su venue en ces lieux.. Ne s'abaisse jamais à des déguisemens. En passant dans ces lieux par des * sourdes pratiques. . Les fait dans leurs projets ail r tête levée. El.

Et que mes sentimens sont d'une âme trop grande Pour vouloir les cacher. Quoi que vou' soupçonniez. pour qui je m'intéresse. sans hésiter. Et. tranchez le mol. si je . pour le sentiment intérieur réfléchi. ' Pour : le ressentiment des ardeurs. tout votre cœur s'explique s C'est au déguisement donner trop de crédit. . sans vous amuser d'une attente frivole. m'en empêcherez-vous? Avez-Vjus sur mon cœur quelque empire à prétendre? Et. Que j'aurois du regret d'en faire un désaveu. Si votre cœur sur moi s'est cru que''^ue pouvoir. expressloa : imjTopre. Racine disait avec raisoa: « Leresseatimeatd'uabiealiut.. veux l'aimer. Mais apprenez de moi qu'il est fort estimé Que ses hautes vertus. ai-je votre ordre à prendre^ Sachez que trop d'orgueil a pu vous décevoir. Au moins est-il en moi de promettre à ses vœux Qu'on ne me verra point le butin de vos feux. Archaïsme regrettable.330 DON GARCIE DE xNAVARRE j prompte à vouloir la défendre Perbuade assez mal qu'elle ail pu \ous surprendre. pour régler mes vœux. Et. puisque vous le voulez. iiessentiment.. forcez toute contraint3. aux soins qu'il me fait voir. Faute de français. Dites que de ses feux vous res&^ilez l'atteinte Que pour vous sa présence a des charmes si doux. il m'importe si peu.» - . Voilà mon cœur ouvert. Ne désavouez rien. lorsqu'on me les demanda. Méritent mieux que vous les vœux d'une princesse Que je garde aux ardeurs *. puisque vous l'avez dit. . et je tiendrai parole. Cette chaleur si DONE ELVIRE. Je ne vous dirai point si le comte est aimé . . DON GARCIE Poussez donc jusqu'au bout cet orgueil héroïque^ Et que. DONE ELVIRE. C'est à quoi je m'engage. Tranchez. Tout le ressentiment * qu'une âme puisse avoir Et que si des destins la fatale puissance M'ôle U liberté d'être sa récompense.

Êles-vous satisfait? et mon âme attaquée S'est-clle. DON GARCIE. si vos soins s'attachent âme plaire. vous est doux de voir un aveu plein de gloir-*. i'ingrale à m'es yeux. Cependant. A don Sylve. pour vous y porter. Et. pour flatter votre flamme. hautement étouffées.DON rit et GARCIE. l'on verra peut-être arriver bien des choses. comte. par sa valeur. Jn désespoir va loin quand il est échappé. en celte occasion. dans iCS mon juste courroux. jamais n'être à moi vient d'engager son âme. 5ur les feux d'un rival marquer voire victoire: fiais c'est à votre joie un surcroît sans égal. !t chacun. fureur qui m'anime a de trop justes causes. à voire avis assez bien expliqu(îe? 351 Voyez. )'en avoir pour témoins les yeux de ce rival. Tout vous fouit 1 votre âme. . i lais La t sachez qu'on n'est pas encore oîi l'on prélend. Songez que voire bras. pourra. e saurai bien trouver. SCÈNE IV. pour vous ôtertout lieu de soupçonner S'il resle quelque jour encore à vous donner. de ses feux. Fermez l'oreille enfin à toute sa furie. d'ur. SCENE IV El mes vrais sjiiliinoas à vos yeux (-lak's. obstacle n'est pas ce qui me met en peine. DON ALPHONSE cru don S/iy^. Et. îl mes prétentions. lous verrons quelle attente en tous cas sera vaine. . Qu'à punir nos tyrans il doit tous ses efforts. DON ALPHONSE. et moyens d'empêcher qu'elle ne soit à vous. c'est moi qui vous en prie. li . superbement de ma confusion. Soûlez à pleins transports ce bonheur éclatant. capricieux quels que soient les transpoiis. vos vœux iriomphans sont d'illustres trophées.ACTE m. ït tout est pardonnable à qui se voit trompé. m'est nécessaire.

DON ALPHONSE. Et me donnez moyen de faire ma retraite.reur trouve une pente aisée. encore une fois. Par un plus vif remords n'expia son vous n'obtiendrez pas. DON GARCIE. DON ALVAil. Je sais. Giorioux (icc douceurs que vous en remportez. comme. . sortez. Prinre. Et que je ne veux point qu'un pareil entretien Puisse trop échauffer votre esprit et le mien. enlre rivaux. ACTE IV SCÈNE I. Ces lieux vous sont ouverts : oui. non. A défendre la gloire ou venger le malheur. DON ALVAR. comte. offense.ûs intérêts videra les débals. Retournez. affranchissez-moi d'une gêne secrète. Non.DONE ELVIRE. sortez-en.352 DON GARCIE DE NAVARRE Ou Mais. ei perdez l'espérance De me peisuader l'oubli de celle offense. Quand nous en serons là. Quelque juste fureur qui me presse et vous il flatte. don Alvar. . Mais. que je pense. apprenez que ma lête Peut seule dans vos mains mettre voire conquête. Et son vain repentir. ne craignez point qu'on pousse votre esprit A violer ici l'ordre qu'on vous prescrit. il fait pitié. Et les soms qu'on eu jjrend ne font rien que l'aigrir^ A quelques faux respects ci ou -il que je défère? Non. Sollicite un paidon qi-e Madame. l'âmo la plus posée des termes d'ai!j. Cette plaie en mon cœur ne sauroit se guérir. non: il a poussé trop avant ma colère. Jamais cœur. qui porte ici vos pas. le sort entre nos bras De tous i. je sais quand faut qu'elle éclate. DONE ELVIUE.

DONE ELVIRE. et son amour séduit Sur une fausse alarme a fait tout ce grand bruii.. il sait trop bien. Oui. Le prince a cru l'avis. Madame. On sait bien que le prince est dans un âge à suivra Les premiers mouvemens ou son âme se livre.ACTE Et. n'en a pas encore une entière assurance. dites-lui qu'il doit bien tout peser. De l'erreur de son maître à fourni la matière. prévenu d'une fausse lumière. ce peut une fausse nouvelle. DONE ELVIRE. a donné sa présence. et vous l'excuseriez. à contre-temps. dans ces lieux gardés. Ah! Il c'est trop promptemenl qu'il croit mon innocence». dont le zèle indiscret A de l'abord du comte éventé le secret. . Mais. N'étendons pas plus loins un discours qui me lasse : [1 réveille un chagrin qui vient. lui vient d'êlre connue. don Alvar. de grâce. DON ALVAB. En troubler dans nw-n cœur d'autres plus imporlans. de peur de s'abuser. SCENE I ^ dans sa douleur vous le considériez. Vous avoit mis aussi de celle intelligence Qui. Et qu'en un sang bouillant toutes les passions Ne laissent guère place à des réflexions. être 23. de me saisir. Et le bruit du trépas de si l'illustre comtesse Doit s'emparer bien de tout Qu'aucun autre souci n'a droit mon déplaisir. DON ALVAR. d'un trop grand malheur la surprise me presse. qu'il chasse. Don Lope.. est un visible effet Du vif remords qu'il sent de l'éclat qu'il a fait. Nadame. Un bruit assez confus. Dites-lui.' Mais d'une telle erreur son âme est revenue: Votre innocence enfin. toucheroil votre àme. Il si IV. Et don Lope. Et ne se hâle point. Mais mon retour au prince en porte unç cruelle.

Dites-lui qu'il s'avance. Si vous me cherchez. ÉLISE. DONE ELVIRE.. madame. Et par cet envoyé. Mais il veut n'être vu que de vous seulement . qu'il vifnne promplement. fait. il sollicite Qu'il puisse sans témoins vous rendre sa visite. Du Un sort de done It^nôs peut se voir éclairci. De quelque grand ennui qu'il puisse 6lrp Il en aura toujours moins SCÈNE II. Tandis que lu |)ren(lras le soin de l'am^-ncr. madame. demander audience.- DON PÈDRE ÉLISE. nous serons seuls.. madame. J'attenrlois qu'il sortit.- qu'il n'a mérité.î 33* DON GARCIE DE NAVARRE agité. En quel lieu votre maître? DON PÈDRE. il faut le voir. Le ferai-je venir? ÉLISE. ÉLISE. par un des siens. . Vous inconnu. DONE ELVIRE. dans un moment dici. ÉLISE. pour vous dire Ce qui veut maintenant que voire âme respire. ÉLISE. Assuré '^a'Oû l'attend avec impatience. DONE ELVIRE. qui vient pour cette confidence. Où?. Que mon impatience en ce moment est forte deslinl est-ce joie ou douleur qu'on m'aiportet SCÈNE III. Élise. me voici. Il est proche d'ici. DON PÈDRE. En bien. PuiS(|ue votre chagrin. DONE ELVIRE. ÉLISE. et je vais l'ordonner.

îl des charmants transports d'une pleine allégresse iaisir à votre aspect le cœur de la princesse . Il faut cacher à tons le secret de mon sort. liais allez là dedans étouffer des soupirs. elle-même a pris soin et n'eût aucun témoin. ÉLISE. ^ous la trouverez seule IJue : votre abord fût libre SCÈNE V. Seigneur. sous cet équipage et le bruit de ma mort.. dans ces lieux. ma triste destinée une feinte mort que je me suis donnée. bis-je pas don Alvar dans < Pour : épié.ACTE Et qu'il Seule. . Mais que vois-je? Ali ! madame '. . SCENE V *. Tant de précautions qu'il affecte de prendre. ÉLISE... 353 ne se verra d'aucuns yeux éclairé Je ne sais quel secret en doit être auguré. ÉLISE.. tiers tyrans.. A& surprise en public eût trahi vos désirs. pour vous attendre lOn a fait. SCÈNE IV. déguisée en homme.. Mais le voici déjà. ma fuite. — DONE IGNÉS. 'our me voir à l'abri de l'injuste poursuite }ui pourroit dans ces lieux persécuter ÉLISE.DON ? ALVAR. Éiise. mes yeux. DONE IGNES. Pour qui j'aurois souffert une mort véritable . Ne me découvrez Et laissez res| irer [Sous point. IV. oyei rÉtourdi. ÉLISE. le sens que nous avens signalé plus tiaut. par elle évité cet Et. C'est elle qui m'arrache à tons mes ar je puis sous ce 'ai nom comprendre mes hymen redonlahle parens.

ma Pour effet : accord. DON GARCIE. Ah I sois un peu sensible prends pitié Élise. L'art de ces deux rapports fortement les assemble. ÉLISE. d'un en ur infortuné. DON ALVAR. manière de s'accorder. Le prince me renvoie Vous prier que pour lui votre crédit s'emploie. De on doit n'espérer rien. et voudrois m'efforcer De cacher à ses yeux ce qui peut les blesser. un monstre affreux de votre Je serois complaisante. S'il n'obtient par vos soins SCÈNE VI. Un amant suit sans doute une utile méthode. . Ce n'est pas que l'ingrate. Qui font croire en deux cn'urs les mêmes senlimens.DON GARCIE. yeux que ne fait la Seigneur. Je le sais . et d'un mauvais équivoque. hélas l'effet I les destins inhumains de ces justes desseins. princesse.. Son âme a des transports. un moment d'entretien. Et nous n'aimons rien tant que ce qui nous ressemble. Mais le voici lui-même. aux yeux de mon rival S'opposen'i à N'ait fait contre mes feux un aveu lui trop fatal. . ÉLISE. •. que je verrois le tourment qui vous presse Mais nous a\ons du ciel. viennent toujours me tendre Un piège dont mon cœur ne sauroit se défendre. Et témoigné pour * des excès de tendresse Expression jusie. Et. puisqu'elle vous blâme. ses jours. tu vois Qu'aux plus vives douleurs C'est avec d'autres abandonné. belle Élise. et à ma disgrâce extrême. Que nous jugeons de Lui fait tout Et. malgré tous mes soins. mais.aae don garcie de inavarre DON ALVAR.. ou du tempérament. DON GABCIE. S'il fait qu'à notre humeur la sienne s'accommode j El cent devoirs font moins que ces ajustemeus *. et chacun diversement : que sa fantaisie jalousie.

je veux faire au moins.ACTE Dont Mais. introduit. Dérober tout prétexte à son int^ratitude. différez l'effet ÉLISE. Que vois-je ? ô justes cieux I m'assure au rapport de mes yeux ? Ah sans doute ils me sont des témoins trop fidèles! Voilà le comble affreux de mes peines mortelles I que je . ÉLISE. C'est une liberté qu'il faut qu'elle m'octroie d'ici . El. le cruel objet IV. Et ne la voyez point...DON GARCIE. Celui dont les avis ont causé mon offense Que don Lope jamais. Qui trouve les moyens de le faire en aller. Faut-il I regardant par la porte qu'Élise a laissée enlr'ouverle. SCENE VII : 357 f ' me reviendra sans cesse l'ait comme j'ai trop d'ardeur enfin m'avoit séduit. venant m'excuser d'un trait de promptitude. SCÈNE VII. Ah ! si tu me chéris. De de ce dessein. DON GARCIE. obtiens que je la voie . lui parleft Demeurez donc. A don Garcie. faut que ce soit elle. avec une parole. Je ne pars point qu'au moins son ÉLISE. Quand cru qu'en ces lieux elle D'un trop cuisant ennui je senlirois l'atteinte A luJ laisser sur moi quelque sujet de plainte. DON GARCIE. Non.. seigneur. je m'en vais DON GARCIE. si promptement. Laissez un peu de temps à son ressentiment. . grâce. Il à part. ne m'oppose point une excuse frivole. fier dédain. Que ce soit de son cœur pure infidélité . Oui.. DON ALVAR. seigneur. Dis-lui que j'ai d'abord banni de ma présence . DON GARCIE. si je m'en vois quitté.

DON GARCIE. DON GARCIE.. que votre espiil lâcl. quand par des soupçons je mo scnloi? troul)ler. Seigneur.. le desiin. DON ALVAR...358 DON GARCIE DE NAVARRE ! Voici le coup fatal qui devoit m'accabler El. Quelle atteinte soudai e.. J'ai VU... Elvire I Ah Ah ! seigneur. Qu'avez-vous vu. Je ne saurois parler. si noire... Seigneur. la DON ALVAR. * dans .. qui vous puisse émouvoir? DON GARCIE. c'(Hoil le ciel. vu ce que mon âme a peine à concevoir.e à se rappeler.. G'étoil... Vengeance !. DON ALVAR.. J'ai ?eit:. je suis trahi. DON GARGIE. don Alvar . C'en est fait. DON ALVAR. Deux vers tmi^poités te\lucllement et sous un aspect comiqtt« la scène ii de l'acte IV du Misanthrope. Don Alvar: c'en est trop que so itenir Lorsque mes yeux font toi d'une action DON ALVAR. vu ne me contestez point. doni la s'uirde monare rrésageoil à mon cœur cotte iiorrible di^grâce. Je suis. . ciel !.. nos passions nous fout prendre souvent Pour cliose \éntable un objet décevant.. je suis assassiné Un homme (sans mourir te le pu s je Un homme dans les bras de l'iati lèh bien dire?). Ah ! tout est ruinf^ *. sa gloire. Mais. J'en mourrai. 1 sur ce que j'ai point. le Et Ne renversement de toute la nature m'étonneroit pas comme cette aventure.ncur. seigneur. qui pourroit. la chose est bien certaine. DON ALVAR. princesse est venueuse au DON GARCIE.

vous? el quel e. Ahf que sensiblement Mais il cette atteinte faut voir qui c'est. DON GARCIE. Â vos comparable en courroux. Est ce l'heureux amant sur ses pas revenu. Oui. Il ne faut rien répondre à cet esprit farouche. N'ont jamais rien produit de si méchant que vous*. Expression impropre y en a beaucoup dans cette œuvre iniparfaile. de grâce. jo vous prie. c'en est un autre. démons. DON GARCIE. Don Alvar. il Pour: vous ne vous attendiez pas. el vous n'attendiez pas' Q le j'eusse découvert le traître dans vos ras. oui. |)ar la porte entr'ouverte. Mais. SCENE VII! 359 âme à la vertu nourrie Se puisse. Ou * quelqu'aulre rival qui m'éloit mconnu? la Quatre vers qui se retrouvent dans scène m de l'acte IV du Misanthrope. La voici. à part. DON ALVAR. peut flatter votre audace? Osez-vous à mes yeux encor vous présenter? Et que me direz-vous que je doive écouter? Que Que toutes les horreurs dont une di'loyaulés n'ont rien de les DON GARCIE. Un consoiller moclioque en celle occasion. laissez-moi. le sort. te peux-tu retenir? SCÈNE . j'atiendois l'excuse d'un outrage. '^ comme . Et je ne prends asis que de ma passion. Qu'un funeste hasard... VIII... Ah! vcalmont. DON ALVAR. DONE ELVIRE.DONR ELVfRR. DON GARCIE. Eût offert à mes yeux votre honte et ma perle. DON GARCIE. à ce que je vois. Ma fure ir. âme et le ciel est capable .ACTE Et de croire qu'unû IV. et de me touche! ma main punir.spoir Eh bien. Après \os procédés. DONE ELVIRE. c'est un autre langage. que voulez.

Et par quel beau discours que l'artifice inspire. je suis prête à l'ouïr. Si pour moi votre bouche avoit parlé snns feinte. Assez paisible:i!eni vous a-l-on écouté? Et pourrai-je à mon tour parler en liberté? DON GARCIE. DONE ELVIRE.. Je souffre le dépit de me voir outragé. n'espérez rien après un tel outrage. l't.. Par ces fréquens soupçons qu'on trouvoit odieux. Et le masque est levé de votre trahison. Que l'amour veut partout naître sans dépendance.3«0 ciell DON GAKCIE DE NAVARUR donne à mon cœur des forces supporter des douleurs suffisantes si Pour i)Oiivoir cuisantes! Rougissez «laintenanl. Non. Mon cœur n'auroit eu droit de s'en prendre qu'au sor( Mais d'un aveu trompeur voir n a flamme applaudie. je suis tout à la rage. Il faut que mon amour se venge avec éclat. Trahi de tous côtés. C'est une trahison. c'est une perfidie Qui ne sauroit trouver de trop grands chatimens. Je sais que sur les vœux on n'a point de puissance . non. Mon astre me disoit ce que j'avois à craindre. malgré tous vos soins et votre adresse à feindre. sans être vengé. Et que toute âme est libre à nommer son vainqueur: Aussi ne trouverois-je aucun sujet do plainte. Vous pouvez l'ajouter. Si vous avez encore quelque chose à me dire. vous en avez raison. Et. mis dans un triste état. Et que mon désespoir achève par moi-même. Voilà ce que marquoient les troubles de mon âme. Que jamais par la force on n'entra dans un cŒur. Qu'ici j'immole tout à ma fureur extrême. . Et je puis tout pernieltre à mes ressentimens. Mais ne présumez pas que. Je cherchois le malheur qu'ont rencontré mes yeux. Je ne suis plus à moi. sop arrêt livrant mon espoir à la mort. Gen'étoit pas en valu que s'alarmoil ma flauiaie. DONE ELVIRE.

dis-je. Appréhende toujours d'offenser ce qu'il aime. et qui doit faire crcirs Que. mon sort malheureux à ce point. Et rien que la raison rende moins supportable. il en fait des éclats Que.. Rien dont la nouveauté soit plus inconcevable. Et de mes actions défende l'innocence Contre le moindre effort d'une fausse apparence. Ne conserve pour moi nul sont'. l'amour ne souffre pas. Je vois. DON GARCIE. Il voudroit contre tous en être le garant. que VOUS voyezbien. sans être blessé. j'écoule. sans se rebuter. voit échapper . Mais c'est peu des soupçons. force ciel ! quelle est ma patienç^f DONK ELVIRE. Rien. j. crois.menl d'estime. Ah Autant Il I j'ai prêté l'oreiile la pareille. de si prodigieux. si R. Qu'un cœur qui dit qu'il m'aime. Oui. qui plus que la mort même. Je me vois un amant qui. faites au moins que je puisse jouir De doux ou trois momens de paisible audience. et veux. et jamais sous les deux ne l'ut rien. DONE ELVIRE. 5CENK VIII $«i Sinon. Ah! surtout ne m'mterrompe? point. DON GARCIE. Don Garcie montre de l'impatience pour parler. Loin d'agir en amant. dans tout cet amour que sa bouche m'exprime. Applique tous ses soins à me persécuter. Oui. Est celui qui s'en fait l'ennemi le plus grand. ma colère.. Eh Ji^ bien.'pondre à ce discours C'est rempli de fureur. quand tout l'univers douteroit de ma gloire.ACTE IV. On ne aux soins que pn'nd sa flamme Aucune occasion de soupçonner mon âme. au fond de ce cœur qu'ont pu blesser mes yeux. sans nulle aigreur. Qui fasse droit au sang que j'ai reçu des cieux. rendez-moi J'admire mon destin. je vois. qu'il vous a plu.

El ne dema dcz point d'autre preuve que moi. El de tous vos soniçons démentir le Ciédit. El lui donner moyen. Prince.i main Mais prêtez bien l'oreille à ce que je vais dire : • . A toute extrémité dans ses doutes il passe. Pour croire aveaglémeul ce que mou co^ur vous d. efface tout le crime. celle maïque d'eslune. Et ce nVsi nue fureur. Prom^. Et n'est-ce pas. DONE ELVIRE. (|u'injiire. prononcer contre voua. C' tte soumission. A Cependani aujou d'iiui je veux fcmer les yeux Sur tout ce qui devroil me le rendre odieux. do vouloir démentir voire vue. f ''•eue:' Veut sur ma seule foi oroin. Si. 36» DON GARCIE DE NAVAKRE et cherche avec respect pouvoir s'éclaircir de ce qu'il croit suspect. Mon honneur. Qui se plaint doucement.pli' d.. DON GARCIE. malgré cet objet qui vous a pu surprendre. De tirer son saiul d'une nouvelle iujure.. sans doute a dû paroît e émue. ou bien vous en tirer. Il faut que de nous deux le destin s'accomplisse: Vous êtes maintenant sur un grand précipice. Pour condamner l'erreur du tn ubie dû je vous voi Si de vos sentimens la p ou'. El.. dans la chaleur. si je puis an jour choisir ma di'Siin 'e Sans choquer les devoirs au rang ou je su née. vous me rondez ce que vous devez rendre. Encore un peu d'atlcnlion. et quo luciiac^.t à votre amour et mes vœux et ui.l. Du passé dans ce cœur Je rétracte à l'inslani ce qu'un juste courroux M'a fait. par une bonté pure. satisfait parce respecl S'i'da i. Et ce que voire coeur pourra délibérer Va vous y faire choir. El vous allez savoir ma résolution.mon inuoeeneo. qu'il le Ce grand emporleuienl J'aurois tort m'a fallu souffrir Part de ce qu'à vos yeux Et votre âme hasard vient d offrir.

Qno vous me rctusiez de me faire entre nous Un sarrifi('e eniior do vos soupçons jaloux . veut sousliaire un perfide au coup qui le menace. et qu'on manque d'excuse. Je choisnai |>liilôl d'être à la mort qu'à vous. D'une offre de pardon on emprunie la ruse : Votre feint'. vous faut de moi détacher à l'inslanl. quoi que le destin puisse oriJonnor de nous. prodi. Ce mot s'est conservé dans certains cas. Tuijratc. El. p ir le nœud subtil du choix qu'elle embarrasse. et Mais il .ieux I Cl' fatal auiour né de vos traîtres yeux! Parce qu'on est surprise. le faire. douceur forge un amusement. SCÈNE si VIII 363 vous obtient peu fi'empire.harrasser un cœur? Ah! que vous s ivez Itien ici contre nioi-uiême. .ACTE Si celle offre sur IV. Voilà dans ces deux choix de quoi vous satisfaire : Avisez "nainlenant celui qui peut vous plaire *. DON GARCIE. A mes vœux pour jamais renoncer de vous-même El j'altosie du ciel la |)llis^ance suprême Que. Juste ciel ! jamMs rien peut-il être inventé Avec plus d'artifice et de loyauté? Tout ce que des enfers la malice étudie A-l-il rien de si noir que cette perfidie? El peut'lie trouver ilans toute sa rigueur Un plus crwel moyen d'e. Oui. vous serez coulent. consultez-vous.mce Que vous peuvent donner mon cu'ur et ma naissance Et que de \olre esprit les ombrages piiissans Forcent mou innocence à convaincre vos sens Et porter à vos yeux l'éclatant témoignage S'il D'une vertu sincère Je suis prête à à qui l'on lait outrage. vos dexiénlés vealeni me détourner De * F'oiir: prenez avis de vous-même. vous servir de uia foil)lesse El uK'nager pour vous l'effori ex rême. ne vous suFMi pas de toute l'assur. Pour divertir l'offei de mon ressentiment.

Je souscris à tout. accusant ma fureur. DONE ELVIRE. Ah! c'est trop en souffrir et mon cœur irrité Ne doit plus conserver une sotte bonté Abandonnons l'ingrat à son propre caprice. n'aura pas l'avantage De dérober sa vie aux efforts de ma rage. . Et quel fameux prodige. don Garcie. OU!. Allez. . Vous vous repeniire/./'"-S DON GARCIE DE NAVARRE D'un éclaircissement qui doit vous condamner: Et votre âme. DON GARCIE. Oui. consentons qu'il périsse. Non. mes vœux. et DON GARCIE. je prétends voir ce qui doit vous défendre. vous m'entendez. Mais je vous apprendrai que c'est trop m' offenser. feignant une innocence entière. Le traître. Et.DONE ELVIRE. Faites personne chérie. aussi bien. l'état où je suis.. SCENE U. tous ces discours sont de vaines défaites. dites que je l'en sortir la un peu prie. Soit. . Et c'est moi bien plutôt qui dois vous avertir Que quelque autre dans peu se pourra repentir. quel qu'il soit. DONE ELVIRE. . A Élise. DON ALVAR... puisqu'il veut périr. à Éliso. DONE ELVIRE. A cet éclat vous voulez me forcer. Ne s'offre à m'en donner une pleine lumière Qu'à des conditions qu'après d'ardens souhaits Vous pensez que mon cœur n'acceptera jamais Mais vous serez trompée en me croyant surprendre.. DON GARCIE. Songez que par ce choix vous allez vous prescrire De ne plus rieu prétendre au cœur de done'Elvire. Peut de ce que j'ai vu justifier l'horreur. de l'éclat que vous faites. En ne prétendent plus rien. ÉLISE. non. DONE ELVIRE.

DON GARCIE. Est réduit à loule heure aux soins de se défendre. grâces au ciel. en bulle aux soupçons qu'il peut pi endre. igrtès. SCENE X m DON GARCIB. éclaircis. Voici de son jaloux. Qui ne vous laisseront aucun lieu de douter. A done Ignés. A trahir . DONE ELVIRE. ELISE. en sortant. sans doute.DONE ELVIRE. Voici. DONE ELVIRE. et si de done Ignés Vos yeux au même instant n'y connoissent les traits ! DON GARCIE. Et mon honneur. déguisée en ÉLISE.. Voyez bien ce visage.a persécuiée.. à part. Vous avez d'autres yeux à pouvoir consulter. Attendez. vous serez satisfait. pardonnez s'il faut que je consente vos secrets et tromper voire attente Je me vois exposée à sa témérité. homme à . Et surtout désormais songez bien à quel prix \ Vous avez voulu voir vos soupçons SCÈNE X. ciel I DONE ELVIRE. un nouveau Um. Et sous tel habit elle cachoit son sort. en montrant done . Toutes mes actions n'ont plus de liberté. IV.\ ACTE Et je puis. lui DONE ELVIRE. ce qui les a fait naître Ces soupçons obiigeans que l'on me fait paroître. don Garcia. Prenez garde qu'au moins cette noble colère Dans la même fierté jusqu'au bout persévère. . Sa mort est une adresse au besoin inventée Pour fuir l'autorité qui l'a ii. Madame. DONE IGNÉS DON ALVAR. Si la fureur dont votre âme est émue Vous trouble jusque-là l'usage de la vue. fruit Pour mieux jouir du de cette feinte mort.

El l'assuré témoin qu'on produit de ma honte. SCÈNE XI. je vois que vous avez raison.DON GARCIE. Fuyons-en prompiement l'atteinte envenimée. Enveloppent mes sens d'un" profonde horreur. p. dissipani mon erreur. allons. El ne Et. Voyez . voilà le sujet d'une fureur si prompte.38Ô DON GARCIE DE NAVARRE surpris ce jaloux. qu'a De cent indigniu's m'ont l'ait souffrir les coups. Jouissez k celte heure. Et. Qu'un tonnerre éclatant mette ma tête en pondre. Mais sachez que j'aurai sans cesse la mémoire De l'outrage sanglant qu'on a fait à ma gloire . à don Garcie. madame. Nos doux embrassemens. Tombent sur moi du ciel les plus grands châtimens. Quelles tristes clartés. en tyran absolu. Mou plus grand sert il ennemi se rencontre eu moi-même. . Mais l'enfer dans mon cœur a soufflé son poison. Seigneur. Évitons les effets de sa rage animée. ôlons-nous de ces lieux Qu'infectent les regards d'un monstre furieux. de vos soupçons l'injuste violence la même vertu * vient de faire une offense. l'éclaircissement que vous avez voulu. Lorsqu'à souffrir vos feux je pourrai me résoudre! Allons. plus haut. 297» Pour : la vertu même. El ne faisons des vœux. si je puis jamais oui lier mes sermons. <ians nos justes desseins. Que pour nous voir bientôt affranchir de ses mains. A De don Oarcie. DON GARCIE. par un trait fatal d'une rigueur extrême. laissent plus voir à mon âme abattue Que l'effroyable objet d'un remords qui me tue I Ahl don Alvar. ait Que me d'aimer du plus ardent amour Qu'une âme consumée • jamais mis au jour. DON ALVAR. Oui. A DONE IGNÈS.

par une belle audace. Et j'aurai des douceurs dans mon insiant fatal. iDe ravir cette gloire à l'espoir dun rival. SCENE XI 36' par ces il mouvemens à tout qui font toute ma peine. Mais il Et qu' « C'est 11 lie puisse dire en se voyant v ngée: illustre alternat par son trop d'amour qu'il m'avoit outragée. 11 n'est ma mort est nécessaire. Cet amour Il fnul. de celte conô^quence Auroit bien le pouvoir d'etïacer votre offense. DON GARCIE. • laut que de ma main un Porie une mort trop due au sein de Miuregat. L'oiilrage Si j'ai pu renoncer à l'espoir de ses vœux. Les moyens glorieux de sortir de la vie.. IV. dans cette illustre envie. . j soins ni raisons qui m'en puissent distraire faut que mon son. par un juste devoir. seigneur.ACTE Si. Faire à ce noDle eiîori servir mon désespoir. DON ALVAR. beaucoup moins fâcheux. par un grand coup qui signale ma foi. DON GARCIE. Qu'en expirant pour elle elle ait regret à moi. faut coup se rend diene de haine? vengfT par mon juste trépas que j'ai fait à ses divins appas. DON ALVAR. la vie est Renoncer à Seigneur.. Le coup dont la Gastilieavec bruit le menace. Mais hasarder. El je veux me chercher. Aussi bien quels conseils aujourd'iiui puis-je suivre? Alil j'ai perdu l'objet pour qui l'aimois à vivre. Que j'aille prévenir.. Rende à cetie princesse un service éclatant. Un service. en se précipitant. Allons. Faire. Non. don Alvar..

368 DON OARCIE DE NAVARRE ACTE V SCÈNE I. L'a prévenu lui-même en immolant le traître. ce qui n'a pas peine à gagner la croyance. Dans ce peu au'il en dit. Ce coup au cœur du prince. Et poussé dans ce jour don Alphonse à paroîlre.DON ALVAR. done Elvire a su ces nouvelles semées. Il sorloit ÉLISE. On entend publier que c'est la récompense Dont il prétend payer le service éclatant Du bras qui lui fait jour au trône qui l'attend. jamais Il il ne fut de rude surprise. Et vient prendre en ces lieux la princesse sa ïcuar Et. Pour : de ce qu'un rival. DON ALVAR. rival * prévenir l'ennui lui. désespoir il De son prompl celle jusle tournail toul rc'clai. vcnoit de former celle hauie enlreprise l'avide désir A De d'immoler Mauregat. De don Alphonse Et que c'est là Lui voir prendre un époux de la main de ce frère.. A /emporté l'honneur qu'il pcnsoil obtenir. Oui. il donne assez à voir Que don Sylve «îi i' époux qu'elle doit recevoifo DON ALVAR. dans el d'elle attend ce jour. el Y chercher son pardon. . . Qui vient de lui mander que Léon. si ÉLISK. Oui. Et du vieux don Louis les trouve confirmées. par un revers prospère. Qui d'un si prompt succès va goûter la doucev. Ses soins précipilés vouloicnt à son courage morl assurer l'avantage. Qu'un partageai celte gloire avec de ces murs quand un bruil trop fidôîé Est venu lui porter la fâcheuse nouvelle Que ce même rival qu'd vouloil prévenir. * l'heureux retour qu'on doit. Ellipse peu gramniatiGale» .r..

Mais. don Alvar. Un A El le triste succès de tout ce qu'il m'adresse lui M'efface son offense. mon cœur trop vengé par de Madame^ on auroit tort de trouver à redire u .oint d'un trop prompt changement. DONE ELVIRE.. qui l'expose à ce trait de rigueur. . éclatant arrêt de ma gloire outragée jamais n'être à lui me tenoit engagée. ÉLISE. SILENE II 369 ÉLISE. ici. il est assez à plaindre. venir le prince Don Avalar sort. homme. par un soin pitoyable.ACTE Y. Son intérêt pourtant. et de la lettre aussi . je parle. Et cherche maintenant. Et je le Et je n'ai point connu qu'à ce succès qu'on vante.. SCÈWE II. Maisquand par les destins il est exécuté. Sa disgrâce imprévue a pris droit de l'éteindre Sans lui laisser ma haine. et Oui. madame. rend ma si tendresse : rudes coups Laisse à leur cruauté désarmer son courroux. DON ALVAR. lui Souffrez que devant vous. . Si je perds contre lui tout mon ressenlimont.DONE ELVIRE. si j'en ai bien jugé. Et le ciel. ÛONE IGNÉS. Est encor cher au cœur qu'il a tant outragé. N'a que trop bien servi les sermons de mon cœur. A consoler le sort d'un amant misérable. déguisée en Faites. J'y vois pour son amour trop de sévérité. Et je crois que sa flamme a bien pu mériter Celte compassion que je lui veux prêter. Sur cet événement dont on surprend mon âme Et ne m'accusez . DONE IGNÉS. La princesse ait fait voir une âme fort contente De ce frère qui vient. Est sans doute bien rude^ trouve à plaindre en son inquiétude. .

Ce qu'il a fait pour vous. Lorsqu'on veut de mon cœur lui faire un sacrifice. DONE ELVIRE. si de votre amour les déplaisirssont grands. Que je bais les faveurs de ce fameux service. . bien que voire fait amour ait mérité les coups courroux. DONE IGNÉS. et notre paix est faite. Madame. lorsque c'est en vain qu'on s'oppose à sa rage. Bien que ces noirs soupçons aient offensé ma gloire. avec quel front faut-il que je m'avance. DON GARGIE. pour disposer de moi. El. Ma Que colère est éteinte. lui sur du ciel éclater le . el sa pâleur De ce coup surprenant marque assez la douleur.. Prince.. SCÈNE III. contre un coup qui l'étonné.DON GARCIE.370 DON GARCIE DE NAVARRE Aux tendres sentimens qu'on voit qu'il vous inspire. Quand je viens vous offrir l'odieuse présence. par ce triste état où sa rigueur vous jette. J'avouerai toutefois que je plains son m Iheur Jusqu'à voir nos succès avec quelque douleur. Votre sort dans mon ànie a fait du changement. Oui. Il vient. Et que l'ordre des cieux. DONE ELVIRE. Et vGudrois bien pouvoir racheter lesmomens Où le sort contre vous n'armoit que mes sermens. ne parlons plus de mon ressentiment. à cette violence Où la grandeur soumet celle de ma naissance. Et ne se serve point. Mais enfin vous savez comme nos destinées Aux intérêts publics sont tou ours enchaînées. déguisée en homme j ÉLISE. Dans mon frère qui vient me va montrer mon roi.. Et. Du pouvoir qu'en ces lieux votre valeur vous donne Ce vous seroit. un indigne transport De vouloir dans vos maux lutter contre le sort. Cédez comme moi. Par des indignités qu on auroit peine à croire. prince. Et.. sans doute. Qu'il se fasse un secours de la part que j'y prends.

Ne . déj. Peut-être n'ira pas si loin que vous pensez. C'est faire voir.i mon rival commence de paioîire De Léon vers ces murs il semble avoir volé Et ' . Ce qui peut me rester.ACTE La soumission prompte résistez V. dans mon malheur extrême. une bonté trop rare. Et jesais. propice à mes désiis. Oui. donc point à ses coups éclatans. Mon astre m'abandonne au déplaisir fatal De me voir prévenu par le bras d'un rival. Affranchisse mon ca'ur de tous ses déplaisii's. bientôt dans ces lieux don Alfonse doit êlre. J'ai mérité du sort tout ce qu'il a de pire. Et faire que ma mort. l'on me fait attendre. En l'état où je suis je n'ai rien à vous dire. Par oii pourrois-je. hélas! dans ma vaste disgrâce. lorsque par un juste et fameux sacrifice Mon bras à votre sang cherche à rendre un service. Madame. DON GARCIE. Ouvrez les murs d'Astorgue au Irère que j'attends. quelques maux qu'il me faille endurer. C'est de chercher alors mon remède en moi-mémo. Il n'a fait qu'outrager vos attraits glorieux. Laissez-moJ loniire aux droits qu'il peut sut moi prétendre Ce que mon triste cœur a résolu de rendre Et ce fatal hommage. . Que vouloir adoucir le coup qu'on me prépare: Sur moi dans de tels soins vous pouvez laisser choir Le foudre rigoureux de tout votre devoir. Pour recevoir 1 Pour : le prix d'un tyran immolé. Et je le vois venir sans oser contre lui Tenter de votre cœur le favorable appui. oîi mes vœux sont forcés. Que je me suis ôté le droit d'en murmurer. Vers vous de quelque plainte autoriser l'audace? Mon amour s'est rendu mille fois odieux. commence Faute de françai». à. SCENE ^I 371 est grandeur de courage. madame. après cela je n'ai Je suis digne du coup que rien à prétendre. Et.

ni je ne voudrois pas. ÉLISE. De tous mes dép. madame. Si pour ce changement je pousse des soupirs. Madame. Je vais en liberté laisser toute votre âme. vos yeux à quereller les cieux. Si les foibles attraits qu'éiale mon visag M'cxposoient au destin de souffrir un volage. Us viennent de le vuir fatal à vos désirs £i. que du ciel le funeste courroux Ait pris chez moi les traits qu'il lan* e contre vouiL Et rendu mes regards coupables d'une tlamme Qui traite indignement les bontés de voire âme. il s'est servi de vous El mon froui ne doil point rougir d'une inconsiance . Ouvrir les murs d'Astorgue à cet heureux vainqueur. Et sabir de on sort la dernière rigueur. . Si vous y consentie/ je ne pusse braver. Qui de vos traits aux miens marque la ddlérence. Jeter le Non.aisirs n'imputez pas sa cause. Nous me endre/. Quand. ii'osi elt'ori liiii^iniii moindre obstacle à vos justes desseins. justice en croyant que mon cœur Fait de vos int'rêls sa plus vive douleur. N'ont point pour moi. sans ooute. dans cette douleur que l'amitié m'excite.DONEIGNÈS.DONE ELVIRE.déguiséeeahoiiiœe. I\Iais ce a'e. Le ciel ne pouvoit mieux m'adoucir de tels coups. . A pouvoir esp. je i SCÈNE IV.^l pas à moi. me plains d'une disgiàce horrible.-se valoir ici ce que j'ai de puissance: que. C'est un événement dont. . DONE ELVIRE. pour m'ôier ce cœur. au désespoir où son destin l'expose. Que bien plus que l'amour l'amitié m'cbt sensible. ne contrains point vos seniimens. dont on h lit la m(^moire.Ter cet aveu plein de gloire. par des efforts irop vains.372 DON GARCIE DE NAVARRE craignez point du tout qu'aucune rc^sistance Np Il Fa. si ji' El que. pour vous conserver. madame. C'est de voir DONE IGNÉS.

nir si . mécouter un moment. seigneur. Madame. Veuillez être témoin de ce que je vais dire. Ne DONE IGNES.. DONE ELVIRE Avant que vous parliez. DONE ELVlRE.. plus lot su. madame. DONE IGNÉS. des désirs d'un volage Au point de leur naissance ayant banni l'hommage. Et qu'on doit toute chose à l'exp ou immortel Qui replace mon frère au trône palemel. déguisée en homme . Son succès. cru don Sylve.ACTE V.niusie silence Q y\ m'a de vos d( ux cœurs caclié l'intelligence. un cœur dont les tributs grand iroublf à vos vœux combattus. quoique je sache bien fuiroit à ma place un pareil entretien. ÉLISE. . DONE ELVIRE. Madame. SCÈNE V Je m'accuse pour vous de 9Î3 moi peu de mérite. et. Madame. le voici. Eussent pu renvoyer. peut-être à toutes deux Nous auroii dpari^né des troubles si fâcheux El mes justes froideurs. Je sais bien qu'un bienfait de cette conséquence Ne saurait demander trop de reconnois^ance. Accusez-vous plutôt de i'.DON ALPHONSE. Et j'admire avec tous comme en si peu de temps Il donne à nos destins des succès éclaians. DONE ELVIRE. je demande instamment Que vous daigniez. Qui n a pu Causent un reiv. Sans rencontrer ses yeux vous pouvez être ici. DONE ELVIRE. dans un tel martyre. si le ciel seconde ma pensée. Qu'où j'y consens. . Ce secret. DONE IGNÉS. SCÈNE V. -ortez point. n'aura rien dont vous soyez blessée. Déjà la renommée a jusqu'à nos oreilles Porté de votre bras les soudaines merveilles.

et par deux mots je vous l'eusse épargné. Oc la mort d'un tyran me veut donner la gloire. j'en réponds. où l'on va m'exposer. lit ce qui d'un 1 tel bruit a fourni le sujet. Et veuille que ce frère. Que vous donner un cœur qui ne se donne pas. qui sait quel inttVêt m'anime. enfin. Madame. qui partout se fait croire. Lorsqui' par la contrainte on obtient ce qu'on aime? C'est un triste avantage. regretlaWai Pour : comme un homme généreux. S'obstine à triomplier d'un refus légitime. Ce n'est pas que ce cœur au mérite d'un autre Prétende réserver ce qu'il refuse au vôtre Non.. en cette occurence. ne veut rien devoir à cette violence Qu'exerce sur nos cœurs les droits de la naissance. ArchaUm» . . Si votre fausse alarme eût sur vous moins gagné.. Et pour l'objet qu'il aime est toujours trop zélé Pour souffrir qu'en victime il lui soit mimolé. et vous donne ma foi Que personne jamais n'aura pouvoir sur moi. Il . Laissant par don Louis échauffer scm devoir. Et ne permettez pas que ce coup glorieux moi. de tous vos avantages. comme on nous fait savoir. Mais le seul peuple. \ remporté l'honneur de cet acte héroïque Dont mon nom est chargé par la rumeur publique. seigneur. Il peut mieux honorer votre haute vaillance Et c'est à vos vcrlus faire un présent trop bas. Je sais qu'un bruit commun. Commence.S74 DON GARCIE DE NAVARRE * Mais. seigneur. un joug impérieux Que votre amour. Peut-on être jamais satisfait en soi-même. quoi quo de son Usez en généreux Jette sur cœur vous offrent les hommage». d'être roi pour me tyranniser. de votre discours assez souffert la suite. Léon à d'autres prix dont. . A Qu'une sainte J'ai retraite à toute autre poursuite. DON ALPHONSE. et l'amant généreux ces conditions refuse d'être heureux.

par une feinte utile. Et. Que.ACTE V SCÈNE V pour appuyer son illustre projet. . Don Louis du secret a toutes les clartés. pour faveur souveraine. par celle nouvelle. et Léon son vrai maître. Et. secondé des miens. Par son zèle prudent il a su tout conduire. Et le sang qui nous joint m'a si bien détaché éloit touché. Que ma flamme querelle un tel événement. * Pour : semer le bruit. Que les chères douceurs de sa première chaîne. j'avois saisi la ville. Archaïsme hardi. Mes feux par ce secret ont reçu sans murmure Le changement qu'en eux a prescrit la nature . A vos yeux maintenant le ciel le fait paroître Oui. mais très-expressif. Mais dans le même instant un secret m'est appris. 2t doit aux yeux de tous prouver ces vérités. Et qu'en mon cœur le frère importune l'amant. Vous attendez un frère. je suis don Alphonse. si ce qu'on en dit se trouvoit véritable. Et c'est par un des siens qu'il vient de m'en instruire. et mon sort conservé. Est un fameux effet de l'amitié sincère Qui fut entre son prince et le roi notre père. fit semer *. Et le moyen de rendre à l'adorable Ignés Ce que de ses bontés a mérité l'excès: Mais son sort incertain rend le mien misérable . Ellipse outrée. votre sujet elle soit traversée. ' Pour'qui doive me reudre. En vain Léon m'appelle et le trône m'attend La couronne n'a rien à * me rendre content Et je n'en veux l'éclat que pour goûter la joie D'en couronner l'objet où le ciel me renvoie. . Et sous le nom du sang de Castille élevé. D'autres soins mainlenaint occupent ma pensée : C'est que. Qui va vous étonner autant qu'il m'a surpris. De l'amour dont pour vous mon cœur Qu'il ne respire plus. il a poussé les bras Oui d'un usurpateur ont hâté le trépas. . K* Don Louis : Non qu'à.

employé pw Pascal. . ni suprême puissance. que ce seroit en vain Que vous présumeriez de fléchir mon dédain. Pour : pardonnez-moi. Mais par ce cavalier. si vous l'étiez *. c'est de vous que j'ai raison d'attendre Ce que de son destin mon ftme peut apprendre. ravissement comblez-\ous une sœur? tel : nom loin * Pour si vous étiez coupable. DON ALPHONSE. reconnoissani done Ignés. Qui gagnât sur mon coeur u'oublier celle offense.)erplexités ! De voir ici briller vos célestes beautés. doux eu ces . L'adjectif est évidemment trop du verbe.. de grâce. gardez de me faire un outrage. Sachez.. Hâtez Ne désespoir. El. mon Seigneur ces nouveautés ont droit de me confondre. e\ par votre discours. Et de vous hasarder à dire que vers moi Un cœur dont je fais cas ail pu manquer de J'en refuse l'idée. Ah ! DONE IGNÉS. l'un de sr-s plus fidèles. Instruisez-m'en. il m es. L'outrage que ses rares vertus. ou le l)ien de mes jours. Madame. par ces justes tributs. Mais vous. avec quels yeux verrez-vous un volage Dont le crime.re amour Si done Ign("s est morte. Je n'entreprendrai point de dire à vo'. Cette flamme vers moi ne vous rend point coupable. Archaïsme très-expressif. Ah madame. Vous en pourrez sans douie apprendre dos nouvelles. foi.l souffrez-moi * la douceur).376 DON GARCIE DE NAVARRE j'ai fait à Et pouvoir réparer. DONE ELVIRE. Rien n a pu m' offenser auprès de la princesse Et loul ce que d'ardeur elle vous a causé Par un ^i haut mérite est assez excusé. . Et qu'il n'est repentir. Mon De * frère (d'un que. vous étonnez pas si je larde à répondre. et l'excuse me blesse . DONE EL VIRE. dans le noble orgueil doni je m j sens capable. . ou respire le jour.

El l'ame la plus sage. De vos commande Mais ie vous a\out'rai que cet. Archaïsme qui remoule à i'origiue de la langue employé ici pour le iiesoiu de in riuie. Donui'zmoi..ACTE Que V. yuie. vos commaudemens ont prescrit à mon âme : JDe bouffnr sans éclat le mall. Réjxind malais ment de ses émotions. ÉLISE DON GARCIE. vous treuve " M rxpose à la rigueur dune trop rude épreuve . tcÈNE VI. El mon dessein n'e t pas de leui' rien opjioser..x pronon''ialinn trissyllabique Louis XV. épargnez moi cette cruelle atteinte. DONE IGNÉS. El qu'un pareil objel dans mon âme fait naître jUn irans|iori dont j'ai |>eur que je ne sois pas maître. SCÈNE VI ! 375 j'aime vOire choix.le obéissance Vous le voyez assez m'arrache la puissance. enrore une fois. Je sais qnede vos vœux vous pouvez disposer. s'il m'avoil pu tirer rospocl sonm s où je \eux demeurer.-i. béguisée en . Mais.nie. El. iDe laissez M idame.eur de ma tlamme Cei ordre sur mon cœur doit être lout-puissant. et mourir dans la croyance un peu de violence. homme. De grâce. 1 1 joie où je ' de ce mot prouve que . Pour trouve. en ces occasions. DON ALPHONSE. cru don Sylve. Expressions tout à fai '-' : impioiire. sou I. .DON GARCIE. deux momens de contrainte *. . El je préiends mourir en vous obéissant . Dui. cachez-moi votre contentement.e gayeté * iSur|irend avî dépourvu toute ma fermeté. El je me puuirois. et bénis l'aventure Qii vous fuit couronner une amitii^ si pure pi de deux nobles cœurs que j'aime tendrement. Que le me devoir vous fait f. forinail deux syllabes. DONE ELVIRE. M il. ^ Pour : couUaigiiez-vous deux moments. . par pitié. quoi que d'un rival vous inspirent les soins. aujourd'hui dipliUioiigue.

Et dans voire rival elle trouve son frère. . Seigneur. DON GARCIE. je saurai bien mourir. ajirès un long martyre. a tout ce qu'il t'rjirt. je me haïr avec op me trouve indigne ti de raison le . grâces au ciel. El. . Sur quoi l'on m'a tant fait d'inuliles leçons. . je crois. .378 DON GARCIE DE NAVARRE N'en rendez pas mes yeux les malheureux témoins : C'est la moindre faveur qu'on peut. El tout autre que moi se verroit fortuné Mais ces douces clartés d'un secret favorable Vers l'objet adoré me découvrent coupable . de pardon sort Et. Seigneur. pour longtemps. Et ce fameux secret vient d'être dévoilé.. DON ALPHONSE. C'est don Alphonse. tombé de nouveau dans ces traîUes soupçons. doit me confondre. Hélas I cette bonté. Doit perdre tout espoir d'êire jamais heureuse. seigneur. El bientôt Je vais oîi . Qu'il se voit en état de servir votre amour. Et goûte d'autant mi. Oui. quelque la heureux succès que seule mort est toute me présente.ux son bonheur en ce jour. l'on doit Moi-même La mort. Elle goûte un succès à vos désirs prospère. Mon cœur. Lorsque dans ma disgrâce un amant peut descendre. madame. prétendre. sans le voir. dont on a tant parlé. mon attente.. Je ne l'exige pas. Et par qui mon ardeur si souvent odieuse. Ce n'est pas un spectacle où je doive courir Madame. permettez-moi de blâmer votre plainte. enfin. départ rendra vos vœux conlens : de ses feux mon àiiie consumée N'apprendra votre hymen que par la renommée. de quoi vous murmurez. . sans vous rien prendre. A mes plus chers désirs elle daigne répondre je craignois. mon DONE IGNÏLS. le ciel l'a Le coup que délouraé. De vos maux la princesse a su paroîlre altemie Et cette joie encor. Ne lui vient que des biens qui vous sont prépares.

J'y vois partout briller un excès d'amitié. Mais ici le temps presse.insposition de l'adjectif très-contraire au génie de la laugue Sacritice fait à la rime. vos douleurs. V. dans l'excès des biens que cet aveu m'octroi'j Rends capable mon cœur de supporter sa joie! plaintes. joigne à jamais nos cœurs et nos États. sans me gêner. Ciel. jetie en mon âme un plus doux sentiment. après nos vains débats. . seigneur. )onner le dernier coup au parti des tyrans. non . ît. et Léon nous appelle [liions dans nos plaisirs satisfaire son zèle. i a. Ti.'içaisc. Et votre maladie est digne de pitié. Prince. . lo . Mon roi. pour tout dire enfin. Je vois. Par lui de mes sermens je me sens détachée. FIN DE DON GARCIE DK NAVAKKE. prince. . jaloux ou non jaloux. vos respects. peut nie donner à vouSé DON GAUCIE. m'ont touchée. je vois qu'on doit quelque indulgence Aux défauts oîi du ciel fait pencher l'influence Et. par notre présence et nos soins différons. Vos DON ALPHONSE.ACTE Non. SCENE VI 379 DONE ELVIKE. àe ce transport le soumis mouvement •. veux que cet hymen.

-. 1660. V. . 2761 31o| Vil.. Colin. FIN Ok j:. J661. — Imprimerie de Lagny. Le Dépit amoureux. . Poquelin Molière i PREMIÈRE ÉPOQTTR ?.. coméi/e héroïque. Cocu imagin?i''e. .a tasle va mtmER voluus. 111.-B. E. comé'lie. Les PrécieustJ ridicules.. comédie Vî. . . — — ie53. comédie VÉlourJi. ou le 2. . II. comédie 1/|9J DEUXIÈME ÉPOQUE (1659-1664). comédie.'^3j .- f» 35 53 i La Jnlousie du Barbouillé.. 1659.. Doa Garde de Navarre. 1654. (ifilS-lS^R^.TABLE Notice sur J. Sganarelle. comédie IV. Le Médecin volant.

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