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I - CHAPITRE I

Candide était un jeune homme de Westphalie. Il vécut son enfance et sa jeunesse au château du baron Thunder-ten-tronckh. Celui-ci avait mis au point une philosophie : vivre dans le meilleur des mondes. Son château hébergeait la baronne Cunégonde -la fille du baron-, son fils et Pangloss, l'homme savant. Candide était épris de Cunégonde. Un jour, celle-ci espionna Pangloss qui faisait la cour à une femme de chambre (Paquette). Émue et excitée, elle voulut mettre cela en pratique avec Candide. Mais le baron les prit en flagrant délit et expulsa Candide du château.

II - CHAPITRE II
Lorsqu'il fut sorti du château, il erra jusqu'à Valdberghoff-trarbk-dikdorff. Il fut abordé par deux hommes qui convinrent de son aptitude à devenir le héros de leur patrie : la Bulgarie. Ils lui firent faire des entraînements, qu'il maîtrisa peu à peu. Lorsqu'il décida d'aller se promener, il fut arrêté par quatre hommes qui lui infligèrent une peine : être frappé d'un coup de baguette par chaque soldat de l'armée. Le roi des Bulgares le gracia au moment où il n'en pouvait plus et demandait la mort. Il se fit soigner, et quand il put remarcher, le roi des Bulgares se mit en guerre contre le roi des Abares.

III - CHAPITRE III
Lors de cette bataille, qui fut une véritable boucherie, Candide se cacha. Lorsque le combat se calma, il partit du champ de bataille. Il croisa deux villages pillés, brûlés et anéantis par chacune des deux parties (Bulgare et Abare). Il rejoignit la Hollande, mais il n'avait plus de provisions. Il demanda alors aux villageois de lui donner du pain. Mais ceux-ci le houspillèrent de faire l'aumône. Un villageois (Jacques) qui ne faisait pas note des propos de Candide sur la religion le recueillit chez lui. Candide le remercia de son hospitalité et alla se promener le lendemain matin. Il croisa un homme en bien mauvais état.

IV - CHAPITRE IV
Cet homme vérolé était en réalité Pangloss, le précepteur de philosophie adoré de Candide. Il lui expliqua que Paquette lui avait transmis la maladie et qu'il ne pouvait se faire soigner, car il n'avait pas d'argent. Il ajouta que les Bulgares avaient mis la seigneurie du baron à sac et que ce dernier, la baronne, Cunégonde et son frère avaient été tués. Candide convainquit Jacques d'héberger Pangloss et de payer ses frais médicaux. Deux mois après (à son service), ils l'accompagnèrent à Lisbonne en bateau. Mais durant la traversée, le temps se gâta.

V - CHAPITRE V
Leur embarcation fut prise dans une tempête. Par le tumulte des flots et le peu d'aide d'un matelot, Jacques tomba du bateau et se noya. Bientôt le vaisseau fut détruit et Pangloss et Candide regagnèrent la berge. Lisbonne fut, à leur arrivée, prise d'un important tremblement de terre, la ville fut partiellement détruite. Le lendemain Pangloss et Candide tentèrent de

tirer les survivants des décombres. Lors d'un repas avec eux, Pangloss tenta de philosopher autour de cette catastrophe. Mais un homme, proche de la religion, n'était pas d'accord avec lui.

VI - CHAPITRE VI
Après le tremblement de terre, les savants de Lisbonne se mirent dans l'idée de brûler quelques hérétiques pour conjurer le sort. Deux Portugais, un Biscayen, ainsi que Pangloss et Candide (suite à la discussion Chap. V) furent amenés sur la place de ce sacrifice. Pangloss fut pendu et Candide fut roué de coups. Cependant, un autre tremblement de terre fit surface. Candide, ayant purgé sa peine, se remémorait ses amis qui avaient péri (Pangloss et Jacques), quand une vieille dame lui demanda de la suivre.

VII - CHAPITRE VII
Cette femme âgée mena Candide dans une maison et s'occupa de le nourrir et de le soigner durant plusieurs jours. Elle ne répondait pas à Candide quand il voulait connaître son identité. Puis un jour elle le fit sortir de la maison pour l'amener dans une autre. Elle le fit s'installer dans une superbe pièce et ramena une femme voilée. Lorsqu'il la dévoila, il découvrit Cunégonde. Elle s'était remise de ses blessures et voulait savoir ce qui était arrivé à Candide depuis son départ. Il lui raconta son périple.

VIII - CHAPITRE VIII
Cunégonde raconta, elle aussi son histoire depuis leur séparation. Elle évoqua l'invasion des Bulgares en son château, son viol et sa blessure au ventre par un des soldats. Mais elle fut soignée par un autre soldat bulgare à qui elle plut. Peu de temps après, cet homme, lassé, la vendit à un Juif nommé Don Issachar. Cependant, il conclut un marché avec le grand Inquisiteur (homme de la religion chrétienne) : ils se partagèrent Cunégonde. Elle se trouvait aux premières loges lors de l'autodafé ( Chap.VI) et reconnut Pangloss et Candide. C'est ainsi qu'elle le fit recueillir par la vieille dame. Pendant cette discussion, Don Issachar arriva pour profiter des plaisirs que devait lui donner Cunégonde.

IX - CHAPITRE IX
Don Issachar s'indigna de devoir partager sa femme avec un troisième homme. Il se jeta sur Candide avec son arme, mais ce dernier le tua d'un coup d'épée. Tandis que Cunégonde et Candide s'inquiétaient de leur devenir, le grand Inquisiteur entra. Il fut surpris et fâché de voir Candide ici : proche de Cunégonde et avec un homme à terre. Candide réfléchit rapidement et choisit de tuer le grand Inquisiteur pour se sauver. La vieille dame conseilla aux amants de prendre les chevaux de l'écurie et de fuir vers Cadix. Lorsqu'ils furent, tous les trois, déjà loin (dans un cabaret à Avacéna), on découvrit les corps des deux hommes.

X - CHAPITRE X

Dans une auberge où ils avaient fait escale, on avait volé tous les biens de Cunégonde. Pour se faire de l'argent, ils vendirent un de leurs chevaux. Arrivés à Cadix, Candide se présenta pour devenir capitaine et embarquer sur un bateau pour le Paraguay. Il réussit l'épreuve et emmena avec lui Cunégonde, la vieille dame, deux valets et deux chevaux. Durant leur trajet sur les flots, Candide et Cunégonde discutaient de la notion « du meilleur des mondes ». La vieille dame leur fit comprendre qu'ils n'étaient pas à plaindre, vis-à-vis de son histoire. Elle la raconta.

XI - CHAPITRE XI
La vieille dame était la fille du pape Urbain X et de la princesse de Palestrine. Elle grandit dans un confort superbe et devait se marier avec le prince Massa-Carrara. Sa beauté était véritablement resplendissante. Mais peu de temps avant leur mariage, le prince eut un rendezvous avec une ancienne maîtresse et celle-ci mourut. La princesse de Palestrine décida d'emmener sa fille prendre l'air vers ses terres de Gaïète. Cependant, sur leur chemin, elles se firent attaquer par des corsaires qui les pillèrent et les dénudèrent. Les corsaires apportèrent leur butin au Maroc. À leur arrivée, ils furent attaqués par leurs ennemis qui voulaient voler leurs femmes. Leur combat fut sanglant, les femmes, dont la mère de la vieille dame, furent écartelées. Quand le combat prit fin, tout le monde fut mort, sauf la vieille dame. En réunissant ses forces, elle parvint à s'extirper des cadavres et à rejoindre le bord d'un ruisseau. Elle s'évanouit puis fut réveillée par un homme.

XII - CHAPITRE XII
Cet homme, eunuque et ancien chanteur pour la princesse de Palestrine, emmena la jeune fille dans une maison pour la soigner et la nourrir. Il découvrit qu'il l'avait gardée lorsqu'elle était petite. Il lui promit de la ramener en Italie, mais finalement il se ravisa et la vendit à un sérail d'Alger. Là-bas elle contracta la peste, mais une fois guérie elle fut vendue de ville en ville jusqu'à Constantinople. À Azof, son sérail fut assiégé par les Russes. Ses maîtres ne voulurent pas abdiquer et leurs attaquants les privèrent de nourriture. Ils se mirent à manger une partie des femmes : une de leurs fesses. Mais les Russes réussirent à entrer et tuèrent les maîtres (les janissaires). Soignées par un docteur français, les femmes furent envoyées à Moscou. Puis de ville en ville, de service en service, la vieille dame rejoignit le service de Don Issachar où elle rencontra Cunégonde. Elle précisa à la fin de son histoire qu'elle leur en avait fait part pour leur montrer qu'il y a toujours quelqu'un de plus malheureux que soi.

XIII - CHAPITRE XIII
Cunégonde et Candide demandèrent à chaque personne à bord de raconter son histoire. Ils arrivèrent bientôt à Buenos-Ayres. Ils rencontrèrent le gouverneur Don Fernando d'Ibaraa, y Figueroa, y Mascarenes, y Lampourdos, y Souza qu'ils prièrent de les marier. Celui-ci envoya Candide plus loin, avoua ses sentiments à Cunégonde et lui demanda de l'épouser. La vieille dame lui conseilla d'accepter pour lui prendre son argent. Mais à cet instant, la police espagnole débarqua : selon les bijoux volés, on reconnut Candide et Cunégonde, comme les meurtriers du grand Inquisiteur et de Don Issachar. Cunégonde resta pour se marier avec le gouverneur et la vieille dame avertit Candide de sa perte. Il tenta de fuir.

le tua d'un coup d'épée. Ils s'enfuirent en feignant d'être Jésuites. le valet de Candide. mécontent de son attitude.XIV . croyant bien faire. ce dernier lui fit part de son désir de mariage avec elle. ils rencontrèrent deux femmes qui se faisaient poursuivre par deux singes. les routes étaient faites d'or et de pierres précieuses. Cacambo habilla Candide avec les habits du prêtre et le fit monter à cheval. Là-bas. Il lui expliqua que sa sœur était vivante et qu'elle se trouvait à Buenos-Ayres. XVI . leur apprit que Candide avait tué un jésuite et qu'il était de leur côté. Candide. connaissant leur langage. ni au Portugal. et ne voulaient pas partir de la région où vivait Cunégonde. XVIII . pour ne pas être arrêtés. tandis qu'ils s'étaient arrêtés pour manger. Après l'attaque des Bulgares. En effet.CHAPITRE XVII Ayant remercié les Oreillons de leur hospitalité. Candide. Mais ce n'était pas une bonne idée et dans la nuit. grâce à son origine allemande. Mais ils ne savaient pas vers quelle ville aller : ils ne pouvaient ni rentrer en Westphalie. les restaurants locaux étaient subventionnés par leur gouvernement.CHAPITRE XVI Dans leur fuite. Ils se décidèrent à rejoindre Cayenne. Ils conclurent que ce pays était le meilleur des mondes. Lorsqu'il redemanda à Candide où était sa sœur. il fut sauvé par un prêtre. ils voulurent payer leurs hôtes avec l'or qu'ils avaient ramassé. l'emmena dans le repère de jésuites (ennemis du gouverneur) qu'il connut petit : Los Padres. Mais les convives éclatèrent de rire et leur expliquèrent que ce n'était pas la monnaie de leur village et que de toute manière. Leur route fut longue et semée d'embûches. celui-ci était surprenant. Quand ils eurent bien mangé.CHAPITRE XVIII . Il fit envoyer des hommes à Los Padres pour confirmer ses propos et permettre leur libération. Ils en ramassèrent et rejoignirent un palais. puis monta de rang en rang dans la hiérarchie ecclésiastique. ils furent capturés par la tribu des Oreillons (à laquelle appartenaient les filles). ils offrirent bonne hospitalité à Candide et Cacambo. Quand ils atteignirent enfin un village. Ils furent invités à table avec d'autres personnes du village. XVII . Le jésuite se moqua de lui et le frappa.CHAPITRE XIV Cacambo. un Eldorado. Cacambo. ils se décidèrent à partir. Les faits avérés. tua les deux singes pour sauver les filles. il put s'entretenir avec le commandant. Mais très vite Candide le reconnut : c'était le frère de Cunégonde qui était présumé mort. Il était désormais colonel et prêtre jésuite. XV .CHAPITRE XV Le frère de Cunégonde commença à raconter ce qui lui était arrivé. Ils voulaient les manger car Candide avait un habit de jésuite.

Mais il était différent de lui : il n'espérait plus rien de la vie . (et qui transportaient l'or et les pierres). Il en conclut que pour une fois. Après un mois passé aux côtés du roi. Là-bas ils furent très bien accueillis. Le roi leur fit visiter la ville. Ils abordèrent alors le Surinam. à travers les traductions de Cacambo. XX . alors que Candide espérait revoir Cunégonde. caché et inaccessible était une ancienne tribu Inca. Ils furent interrompus par un combat entre deux autres vaisseaux. Le roi leur fit construire une machine pour sortir et prendre avec eux tout l'or qu'ils voulaient. XXI . Et ceci malgré le fait que ses parents aient pensé que le vendre était un honneur pour lui. Il leur apprit que ce village. Ils se séparèrent. mais leur richesse était encore grande. Celui-ci coula et Candide put récupérer un de ses moutons. on les amena auprès d'un vieillard savant. Ainsi. car elle était la préférée du gouverneur. à vivre dans un pays merveilleux. Il embarqua sur un bateau français en ayant pris avec lui un homme honnête et aussi triste que lui. Il partit les attendre à Venise.CHAPITRE XXI . Mais celui-ci leur expliqua qu'il ne pouvait récupérer Cunégonde. émus. interrogea le vieillard sur leurs pratiques religieuses. Il comprit qu'elles étaient bien différentes de celles de l'Europe. Candide envoya Cacambo la chercher avec une partie de leurs richesses. celui qui avait eu un mauvais comportement était puni.CHAPITRE XX Cet homme se nommait Martin et avait vécu autant de choses horribles que Candide. ils possédaient de quoi libérer Cunégonde et payer le gouverneur de Buenos-Ayres.CHAPITRE XIX Durant leur voyage. Candide. Martin se disait manichéen et décrivait le monde comme allant à sa perte en raison du comportement des hommes. Candide alla plaider sa cause auprès d'un juge qui l'écouta tout en lui demandant de l'argent. qui à la surprise de Candide. Ils se dirigèrent vers le port où ils trouvèrent un marchand pour les emmener à Buenos-Ayres. ils perdirent un à un les moutons qui les avaient fait sortir de l'Eldorado. Puis le vieillard les envoya au palais du roi. Il en trouva un. Ils demandèrent alors au roi de leur donner un moyen de partir du pays.Après ce dîner. qui comprit rapidement qu'il était très riche. ni cour de justice. ne nécessitait ni prison. Ils discutèrent durant le voyage sur la condition humaine. Ils rencontrèrent un esclave noir qui n'avait plus qu'une jambe et un bras. XIX . Les Espagnols l'appelèrent Eldorado. dont celui qui avait volé Candide. Dépité par tant de malhonnêteté. Il lui vola sa cargaison. Il leur expliqua que son handicap provenait de la traite des esclaves dans les plantations de canne à sucre. Les retrouvailles avec l'un de ses moutons lui donnèrent du courage pour retrouver Cunégonde. Cela finit par le mettre dans une tristesse sans fin. Il partit avec l'homme qu'il choisit parmi tant d'autres (un savant) pour Bordeaux. Candide resta à Surinam afin d'attendre qu'un marchand l'emmène à Venise. Candide se rendit compte que ce monde perdait son optimisme. ils se décidèrent à le quitter pour libérer Cunégonde.

Elle raconta à Candide ce qu'elle avait vécu après son départ. des personnes mal intentionnées. Candide tomba malade.CHAPITRE XXV . Martin en fit la critique tandis que l'abbé leur racontait les principes qui régissent la vie des comédiens. Martin et Candide furent spectateurs de l'exécution d'un amiral. Ils arrivèrent à Bordeaux. Martin lui répondit qu'il avait vécu là-bas mais qu'il n'avait pas vraiment apprécié l'accueil des Français. il retrouvait des personnes qu'il croyait disparues à jamais. Candide paya le commandant du bateau pour qu'il les emmène rapidement à Venise. Il en fut de même pour le « théatin » (abbé. Puis. Candide lui proposa de l'emmener à Venise avec lui. Candide reconnut qu'elle paraissait heureuse mais ne l'était pas. Candide discuta ensuite avec un homme qui lui faisait penser à Pangloss. Il lui fit croire que Cunégonde était à Paris et prévint la police du caractère suspect des deux étrangers. Ils voulurent rencontrer un homme qui n'avait jamais été malheureux : le sénateur Pococuranté. Il ne pensait pas que Cacambo s'embêterait à la ramener. Candide fit chercher Cunégonde. fut emprisonnée. Ils jouèrent aux cartes et dînèrent. La police vint les arrêter. XXII . Candide demanda à Martin s'il était déjà allé dans ce pays. en vain. À cet instant. XXIV . Candide paya son geôlier qui le libéra et l'envoya à Dieppe chez son frère. Un abbé qui s'était rapproché de Candide leur fit découvrir la Comédie-Française. le frère Giroflée) qui regrettait d'être abbé. l'abbé les emmena chez la marquise de Parolignac. avec son pessimisme naturel qu'il ne la reverrait jamais. la marquise l'emmena dans une pièce à part et le séduisit. Là-bas. Mais Candide renonça à ses avances. Martin gagna son pari malgré le fait que Candide pensait qu'en leur donnant de l'argent ils seraient plus heureux. mais fut guéri grâce à son ami Martin qui l'éloigna des mauvaises personnes.CHAPITRE XXIV À Venise. Ils discutèrent sur le nombre peu élevé d'individus heureux sur Terre. ils firent la critique de différents ouvrages de littérature. qui s'étaient rendu compte de sa richesse. Arrivés à Portsmouth. Martin évoqua. L'abbé s'en servit pour le prendre au piège. La fin de la soirée approchant. XXV . Candide eut tout de même envie de connaître Paris. Ce dernier était content de constater qu'au fur et à mesure de son périple. Il raconta ensuite à l'abbé son amour pour Cunégonde. devint la maîtresse de son médecin. se fit soigner. et devint prostituée à Venise. Elle contracta la vérole. XXIII . coupable de n'avoir pas tué d'amiral français.CHAPITRE XXII Arrivé à Bordeaux. Arrivés là-bas. Ils rejoignirent Venise en passant par les côtes françaises et Lisbonne. La jeune femme était en réalité Paquette.CHAPITRE XXIII Sur leur bateau. Martin expliqua à Candide comment était l'Angleterre. Celui-ci accepta et ils se remirent à discuter de la condition humaine. ils prirent un bateau qui les mena vers l'Angleterre. Outré par tant de violence. Martin paria avec lui que même le couple qu'ils observaient n'était pas si heureux qu'il semblait.Ils se rapprochaient de la France. tout en lui léguant quelques objets de sa fortune. Avec les autres personnes. le suivaient partout.

Candide les racheta et fut un peu surpris de l'enlaidissement de Cunégonde. Pangloss assura à Candide. pour la musique et l'opéra. Candide acheta la liberté de Cacambo et ils prirent un bateau pour Propontide (où se trouvait Cunégonde). mais après s'être baigné avec un musulman. Mais à nouveau. Candide termina sur le fait que seule l'espérance de revoir Cunégonde le rendait le plus heureux des hommes. puis il montra son dédain pour les œuvres de Raphaël. il pensait encore que ce monde était bien : il conservait sa philosophie. Candide nota qu'il devait être bien heureux de pouvoir avoir tant de connaissances pour critiquer les choses. Lorsqu'ils le quittèrent. l'emmêlement des savoirs scientifiques dans les encyclopédies et le mauvais goût de la mise en forme de son jardin.CHAPITRE XXVI Candide. En entrant dans la bibliothèque. XXIX . Chacun à leur tour. car ils s'étaient fait piller les moutons porteurs des diamants par un voleur. En effet. le baron s'opposa à ce mariage. lors d'un de leurs repas du soir avec quelques étrangers. Ils partirent au port. ils risquaient d'être emprisonnés dans la nuit.CHAPITRE XXVII Martin et Candide. puis s'était fait emprisonner à Buenos-Ayres. Candide reconnut parmi les rameurs son ami Pangloss et le baron Thunder-ten-tronckh (frère de Cunégonde). Virgile et Cicéron. Il fut ensuite valet d'un chevalier. Pangloss raconta. il fut condamné à ramer pour être rentré dans une mosquée alors qu'il était chrétien. vinrent les informer d'un départ imminent. lui.CHAPITRE XXVIII Candide s'excusa auprès du baron d'avoir tenté de le tuer. retrouva Cacambo. XXVI . Tous les autres convives étaient des rois qui avaient perdu leur place suite à différentes guerres. qu'il avait été « mal pendu » et que son corps avait été racheté par un médecin qui le soigna. . Il acheta leur liberté. montèrent sur un bateau en partance pour Constantinople. Il lui apprit qu'il était devenu esclave et que Cunégonde était à Constantinople. Il observa ensuite la pauvreté des pièces de théâtre. que dans tous ces malheurs. afin de libérer Cunégonde. Et se dirigèrent tous vers un autre vaisseau.CHAPITRE XXIX La troupe retrouva Cunégonde et la vieille dame. Il ajouta qu'elle était devenue très laide. Cet homme commença par expliquer qu'il s'était lassé de deux jolies filles qui s'occupaient de lui. il fut jugé coupable et contraint de ramer dans les bateaux. il n'avait plus de plaisir.Ils furent accueillis chez le sénateur Pococuranté. Ils discutèrent de l'improbabilité du souper qu'ils avaient fait : six rois détrônés mangeant ensemble. Celui-ci expliqua qu'il s'était fait soigner. Par la suite il se fit rapatrier à Constantinople. Cacambo raconta alors que Cunégonde était elle aussi esclave. puis fut emmené à Constantinople. XXVIII . les esclaves de ces rois. avec l'aide de Cacambo. et lui expliqua qu'en critiquant tout. il fit part à Candide de son dégoût pour certains auteurs classiques de référence tels qu'Homère. Martin n'était pas d'accord. Candide voulut le tuer à nouveau. Il renouvela ses vœux de mariage auprès de Cunégonde et de son frère. XXVII . Dans cette ville.

Candide fut ruiné. Ils vécurent tranquillement dans une maison avec la vieille dame. Cunégonde devint aigrie et tout le monde s'embêtait dans la maison. la situation initiale.CHAPITRE XXX Cacambo conseilla à Candide d'envoyer le baron ramer.XXX . La description qui ressemble à un conte de fée contribue à dénoncer un univers fondé sur l'illusion. et plein d'illusions sur la réalité. À ceci s'ajouta l'arrivée de Paquette et du frère Giroflée. mais des indices indiquent au lecteur qu'il faut prendre le récit au second degré.Voltaire Chapitre 1 Introduction Dans ce début de chapitre 1 de Candide."enregistrer sous. CANDIDE . Cela se fait par petits paragraphes successifs. Lecture du texte Télécharger cet extrait du chapitre I de Candide . Mais peu à peu l'ambiance se détériora. Tout semble aller pour le mieux... Après s'être entretenus brièvement avec un derviche.") Lu par Laeticia . La perspective critique et philosophique est donc déjà présente dès le début de l'oeuvre. Eden). Pangloss. Martin et Cacambo (Candide marié à Cunégonde).source : litteratureaudio. C'est l'incipit du conte. Celui-ci les fit entrer chez lui et leur montra que son bonheur et sa fortune étaient le fruit du travail de ses terres. le contexte. correspondant à peu près chacun à un personnage. Candide et Pangloss discutèrent de ces propos et en conclurent que le bonheur reviendrait avec le travail. et le ton ironique est déjà présent dès le premier chapitre. Candide.com . pour s'en débarrasser. Ainsi.Voltaire en version mp3 (clic droit . Pangloss et Martin rencontrèrent un Turc. le chapitre est clôt par le départ de Candide et sa découverte du monde. chaque habitant de la maison s'affaira à mettre en pratique ses dons et rapidement la vie fut plus confortable. ruinés eux aussi. et il a pour fonction de présenter les personnages. Voltaire donne l'image du meilleur des mondes possibles. avec des préjugés sur l'innocence (cf.

Il avait le jugement assez droit. Il concluait qu'après le bonheur d'être né baron de Thunder-ten-tronckh. fraîche. appétissante. Ils l'appelaient tous monseigneur. c'est. je crois. avec l'esprit le plus simple . et que le reste de son arbre généalogique avait été perdu par l'injure du temps. tout est nécessairement pour la meilleure fin. et faisait les honneurs de la maison avec une dignité qui la rendait encore plus respectable. Les jambes sont visiblement instituées pour être chaussées. grasse. Remarquez bien que les nez ont été faits pour porter des lunettes. le troisième. dans le château de M. le château de monseigneur le baron était le plus beau des châteaux et madame la meilleure des baronnes possibles. Extrait du chapitre 1 de Candide . que les choses ne peuvent être autrement : car. de la voir tous les jours . ceux qui ont avancé que tout est bien ont dit une sottise . disait-il. et. Les pierres ont été formées pour être taillées. Sa physionomie annonçait son âme. âgée de dix-sept ans. les cochons étant faits pour être mangés.Il y avait en Westphalie. tout étant fait pour une fin. Il prouvait admirablement qu'il n'y a point d'effet sans cause. Monsieur le baron était un des plus puissants seigneurs de la Westphalie. » Candide écoutait attentivement. et nous avons des chausses. s'attirait par là une très grande considération. et que. Sa grande salle même était ornée d'une tapisserie. dans ce meilleur des mondes possibles. le baron de Thunder-ten-tronckh. car il trouvait Mlle Cunégonde extrêmement belle. Le fils du baron paraissait en tout digne de son père. le vicaire du village était son grand aumônier. aussi avons-nous des lunettes. il fallait dire que tout est au mieux. Sa fille Cunégonde.Voltaire . et croyait innocemment . Les anciens domestiques de la maison soupçonnaient qu'il était fils de la soeur de monsieur le baron et d'un bon et honnête gentilhomme du voisinage. et le quatrième. pour cette raison qu'on le nommait Candide. un jeune garçon à qui la nature avait donné les moeurs les plus douces. était haute en couleur. et pour en faire des châteaux. quoiqu'il ne prît jamais la hardiesse de le lui dire. d'entendre maître Pangloss. qui pesait environ trois cent cinquante livres. et ils riaient quand il faisait des contes. « Il est démontré. que cette demoiselle ne voulut jamais épouser parce qu'il n'avait pu prouver que soixante et onze quartiers. le plus grand baron de la province doit être le mieux logé . nous mangeons du porc toute l'année : par conséquent. car son château avait une porte et des fenêtres. Tous les chiens de ses basses-cours composaient une meute dans le besoin . Pangloss enseignait la métaphysico-théologo-cosmolonigologie. et le petit Candide écoutait ses leçons avec toute la bonne foi de son âge et de son caractère. le second degré de bonheur était d'être Mlle Cunégonde . Madame la baronne. Le précepteur Pangloss était l'oracle de la maison. et par conséquent de toute la terre. aussi monseigneur a un très beau château . le plus grand philosophe de la province. ses palefreniers étaient ses piqueurs .

les personnages sont mis en scène dans un lieu imprécis: « en Westphalie ». L'évocation de ce contexte s'apparente donc beaucoup à celle du conte. grasse. La présentation du baron se fait par petites étapes. On se situe donc dans un monde qui semble lointain. Son pouvoir est mis en relief: « un des plus puissants » avec des signes extérieurs de richesse: « tapisserie ». Tout d'abord. Il décrit ses origines généalogiques: c'est un enfant naturel. La baronne est évoquée en premier lieu par sa masse. « admirablement » => présentation dans le discours de Pangloss. Enfin Pangloss est décrit en dernier. qui est un pays peu connu et qui a la réputation d'être arriéré. On retrouve la formule traditionnelle: « il y'avait ». des phrases brèves font le tour de tout ses biens. Le narrateur établit une relation entre sa physionomie et son caractère: « esprit simple ». un endroit merveilleux et coupé du monde et de la réalité. de même. il est assimilé à un « oracle ». Cela laisse une perspective d'évolution. II. Puis Cunégonde est décrite par trois adjectifs: « fraîche. incapable de duplication ni de dissimulation. Les caractéristiques du conte La description du lieu en fait un microcosme. « sa physionomie annonçant son caractère ». voire imaginaire: le monde d'un conte. les richesses. appétissante »: elles représente la sensualité. Candide est en porte-à-faux au château. .Annonce des axes Etude méthodique I. « le château ». il est ingénu mais pas sot: « il avait le jugement assez droit ». il n'a pas de caractère. Toutefois. « grand aumônier » : cette apparence de richesse fait de lui un personnage important. car il est discrédité et il n'appartient pas à la caste représentée par le fils du baron. elle apparaît comme l'image traditionnelle d'une maîtresse de maison et digne de respect dont elle profite. Ainsi on trouve beaucoup de superlatifs: « le plus beau ». le ton est administratif. Tout est sous le signe de la richesse et de la beauté. et un monde fixé dans des codifications sociales rigides. ainsi quelle pouvoir. les termes employés sont valorisants et élogieux: tout va bien. Candide est un élément important du premier paragraphe. La présentation des personnages Les personnages sont présentés successivement selon l'ordre d'entrée en scène. C'est un personnage central plus que principal. et montre qu'il est capable d'éducation et de progrès. l'époque est intemporelle. le nom de château: « Thunder-ten-tronckh » a des sonorités abruptes relevant de l'imagination. Le fils du baron est décrit très brièvement: « en tout digne de son père ». On retrouve également les personnages et le milieu traditionnels: le contexte aristocratique. Candide est un personnage naïf.

Le pouvoir et la considération des personnages relèvent donc de l'illusion. de même le rapport entre la masse de la Comtesse et le respect dont elle jouit. montrant qu'il s'agit ici d'une satire.Chapitre 2 (extrait) De "Candide. Les effets de décalage Les effets de décalage et de distorsion sont des indices pour le lecteur. Cet extrait est l'occasion pour Voltaire de débuter la critique principale de son livre et de faire la satire de l'armée tout en soulignant la naïveté de Candide qui fait de lui une proie facile face au piège . mais en réalité elle ne comporte aucune logique: la conclusion qu'il formule est donc totalement inacceptable. III. et Candide ne connaît que ce qui l'entoure. Il n'y a aucune référence au monde extérieur. on a dans un premier temps l'impression d'un noble qui mène grand train. il comparera le monde réel à l'enseignement de Pangloss => double plan du conte et de l'enseignement philosophique. Les exemples qu'il prend reposent sur une démonstration soi-disant logique: « donc ». Il y'a une confusion et une distorsion dans la description. « vicaire du village » <=> « grand aumônier ». soulignant l'illusion de la richesse et de connaissance dans laquelle vivent les personnages. « palefreniers » sont ici « piqueurs ». Ainsi. et le narrateur souligne implicitement que chez le baron tout est faux. Il y'a donc une confusion entre la réalité et l'apparence.Le lecteur est donc entraîné dans un univers merveilleux où tout va pour le mieux. « par conséquent ». basé sur des valeurs fausses. chassé du paradis terrestre" à "comme un prodige. ex: « chiens de basse-cour » complètent « la meute ». Voltaire raconte l'enrôlement et l'instruction militaire de Candide par les Bulgares. mais quelques éléments inattendus le mettent sur la voie d'une distorsion dans l'harmonie générale. A partir du chapitre suivant. le raisonnement de Pangloss est totalement décalé (Pangloss=« tout en langue »). pour le montrer. on note de nombreux rapprochements faussement logiques. comme la relation entre la puissance du baron et la présence de « portes » et de « fenêtres » à son château. De même. Voltaire place des indices dans le texte qui attirent l'attention du lecteur. alors qu'il ne s'agit que d'un petit seigneur de province. L'enrôlement . et non d'une réalité. le narrateur lui donne la parole au discours direct. Conclusion Dès le chapitre 1 de Candide. c'est un monde fermé sur lui-même." Introduction Au début du chapitre second de Candide.

mettez-vous à table . qui s'appelle Valdberghoff-trarbk-dikdorff. dit-il en faisant la révérence. répondit-il.Ah ! monsieur. Candide. le soutien. il les prend et veut faire son billet . se traîna le lendemain vers la ville voisine. et je vois bien que tout est au mieux.Oui. -. et il ne reçoit que vingt coups . Extrait du chapitre second (2) de Candide . -Vous avez raison. Il s'arrêta tristement à la porte d'un cabaret. Lecture du texte Télécharger cet extrait du chapitre second de Candide . » On le prie d'accepter quelques écus. -. non seulement nous vous défrayerons. le défenseur. vous voilà l'appui. dit l'un de ces messieurs. « Messieurs. c'est ma taille. » On lui met sur-le-champ les fers aux pieds.com Candide. les hommes ne sont faits que pour se secourir les uns les autres. -Oh ! très volontiers. levant les yeux au ciel. et votre gloire est assurée. la neige tombait à gros flocons.. marcha longtemps sans savoir où. messieurs » . -.") Lu par Laeticia . -.Non. le lendemain il fait l'exercice un peu moins mal. tirer. et on le mène au régiment.source : litteratureaudio. le surlendemain on ne lui en donne que dix.des recruteurs. dit Candide : c'est ce que M..Voltaire en version mp3 (clic droit . les personnes de votre figure et de votre mérite ne payent jamais rien : n'avez-vous pas cinq pieds cinq pouces de haut ? -. chassé du paradis terrestre. nous vous demandons si vous n'aimez pas tendrement le roi des Bulgares.. mais nous ne souffrirons jamais qu'un homme comme vous manque d'argent . il se coucha sans souper au milieu des champs entre deux sillons . à gauche. doubler le pas.Point du tout. messieurs. « C'en est assez. » Ils s'avancèrent vers Candide et le prièrent à dîner très civilement. le héros des Bulgares . on se met à table : « N'aimez-vous pas tendrement ?. lui dit un des bleus. et on lui donne trente coups de bâton . votre fortune est faite. hausser la baguette. vous me faites beaucoup d'honneur. Deux hommes habillés de bleu le remarquèrent : « Camarade. n'ayant point d'argent. et qui a la taille requise. -. et il boit. mais je n'ai pas de quoi payer mon écot. leur dit Candide avec une modestie charmante. dit-il. on n'en veut point. pleurant. Pangloss m'a toujours dit. voilà un jeune homme très bien fait. remettre la baguette. et il faut boire à sa santé.Ah ! monsieur.. -. coucher en joue. mourant de faim et de lassitude. tout transi. les tournant souvent vers le plus beau des châteaux qui renfermait la plus belle des baronnettes . On le fait tourner à droite.Comment ! c'est le plus charmant des rois.Oh ! oui. lui dit-on."enregistrer sous. et il est regardé par ses camarades comme un prodige. dit l'un. j'aime tendrement Mlle Cunégonde.Voltaire Annonce des axes . car je ne l'ai jamais vu.

" Paroles flatteuses des deux hommes envers Candide : "les personnes de votre figure et de votre mérite". "civilement".. dans laquelle il est vulnérable. va dès ses premières péripéties commencer un apprentissage douloureux. coupé de la réalité où il ne connaissait aucune contrainte."le prièrent". . "un homme comme vous". la neige tombait à gros flocons". L'accumulation de verbe d'action à l'infinitif donne une idée donne l'impression que Candide est manipulé. travail)."n'avez-vous pas cinq pieds cinq pouces de haut ?". Une courtoisie de façade Les recruteurs remarquent Candide sans que celui-ci ne s'en aperçoive. "tout est au mieux" : le naïf Candide ne se méfie pas. Cette phrase est annonciatrice de la suite de l'œuvre puisque Candide. "en faisant la révérence". hausser la baguette. "n'aimez vous pas tendrement ?" : idée d'un questionnaire comme pour un recrutement classique. Voltaire paraît noircir le tableau. "vous me faîtes beaucoup d'honneur". d'une mécanique . Idée de renversement très rapide de situation qui surprend le lecteur : "sur-le-champ". Voltaire ne nous fait part d'aucune réaction de Candide -> impression de docilité de Candide. levant les yeux au ciel" : Candide regrette son éviction du château. Ses paroles semblent trop exagérées pour être honnêtes. "monsieur" (plusieurs fois) : fausse amabilité . II. Perte de liberté pour Candide. bousculé. va connaître la réalité du monde et de ses malheurs (souffrance. Enumération pour montrer la rapidité de l'apprentissage ("On le fait tourner à droite.."modestie charmante". douleur. "pleurant. Le jeune homme n'est jamais sorti de son château merveilleux. .Commentaire littéraire I. Cette découverte de ce monde équivaut à une véritable désillusion pour Candide. Idée d'un dressage. artificiel. La place de ce passage dans l'œuvre : de l'illusion à la désillusion Candide a été "chassé du paradis terrestre" : référence à Adam de la Genèse. chassé du château considéré comme le paradis. Candide limité à son univers faux et verni. Critères : "un jeune homme très bien fait. Candide est dans une situation de grande fragilité. Candide enrôlé violemment chez les bulgares "les fers aux pieds" les recruteurs passent d'un comportement flatteur et doux à un comportement violent. "se traîna". 2. Nous avons le champ lexical de l'épuisement ("transi". Candide passe d'un univers à son contraire. Candide trompé par les Bulgares 1."les Hommes ne sont fait que pour se secourir les uns les autres" : maxime servant à masquer leurs intentions . et qui a la taille requise."). à gauche. de pacotille (comme il est décrit par ironie). Sa naïveté et son désarroi physique le rendent très vulnérable et facilement influençable. "mourant de faim et de lassitude") et une idée de dépouillement total : "se coucha sans souper au milieu des champs entre deux sillons .

Forte complicité auteur/lecteur. Candide Commentaire composé du chapitre 3 . Selon Voltaire. Conclusion Cet extrait du conte philosophique Candide annonce la suite de la teneur de l'œuvre. Candide garde en mémoire son éducation. Statut d'anti-héros. la nostalgie de la vie idéale au château. et il va illustrer ce propos au cours des péripéties de Candide. Celui-ci représente le philosophe allemand Leibniz que Voltaire cherche à discréditer. Il subit des événements déconcertants et il est manipulé. Le rapport repose sur un art du décalage avec ironie du narrateur : au dessus de l'histoire vécue naïvement par Candide. dit l'un. III. La portée argumentative du passage 1. Le regard neuf mais conditionné du héros sur le monde Bien qu'annoncé comme héros. l'enseignement optimiste de Pangloss. hyperboles : "plus beau des châteaux qui renfermait la plus belle des baronnettes"). Le regard ironique de Voltaire Le narrateur étant externe. Dénonciation de la violence militaire (fortement connotée prussienne par la suite) et la manigance des recruteurs. le monde contemporain est imparfait. qui rient au dépend de Candide grâce à la phrase en aparté ("Camarade. se superpose un deuxième niveau de lecture qui a une forte orientation argumentative et critique. Il n'a pas de jugement personnel. Candide est loin d'en incarner traits habituels.destinée à détruire sa personnalité. chassé du paradis terrestre où Pangloss lui a proféré sa philosophie optimiste. Candide se fait manipulé car il est influencée par la pensée optimiste de Pangloss ("le meilleur des mondes"). Cette découverte est très brutale pour notre "anti-héro Voltaire. Voltaire utilise l'ironie pour convaincre le lecteur. va peu à peu découvrir que le monde est plus cruel que ce que lui laissait entendre son ami philosophe. Candide. 2. il se limite à la vision optimiste de Pangloss. Candide porte donc bien son nom de héros naïf. le lecteur s'aperçoit avant Candide que celui-ci va être manipulé. voilà un jeune homme très bien fait") et grâce aux marques ironiques sur Candide et sa crédulité ("comme un prodige". qui a tout à apprendre sur le monde du 18ème siècle avec toutes ses horreurs et barbaries.

Candide s’enfuit au plus vite dans un autre village : il appartenait à des Bulgares. toujours marchant sur des membres palpitants. et en quoi Candide est un héros différent des autres. les canons. tandis que les deux rois faisaient chanter des Te Deum. se cacha du mieux qu’il put pendant cette boucherie héroïque. qui tenaient leurs enfants à leurs mamelles sanglantes . il prit le parti d’aller raisonner ailleurs des effets et des causes. Pour ce faire. l’auteur met en scène un héros. est sans doute le philosophe des Lumières le plus célèbre et le plus populaire en raison de ses contes philosophiques mais aussi de son combat mené toute sa vie contre les erreurs judiciaires. Nous sommes ici au début du chapitre III. lorsqu’il écrit Candide en 1759. Ses provisions lui manquèrent quand il fut en Hollande . De ce fait. nous verrons dans un premier temps comment Voltaire instaure sa vision de . La baïonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quelques milliers d’hommes. Candide. Ici des vieillards criblés de coups regardaient mourir leurs femmes égorgées. Ainsi. le premier mal du monde. si leste. si bien ordonné que les deux armées. d’autres. Les trompettes. et gagna d’abord un village voisin . et qu’on y était chrétien. et ce qu’il devint Rien n’était si beau. Par conséquent. nous sommes en droit de nous demander quels sont les procédés utilisés au sein de la critique.Comment Candide se sauva d’entre les Bulgares. formaient une harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en enfer. qui tremblait comme un philosophe. Candide. si brillant. et des héros abares l’avaient traité de même. mais ayant entendu dire que tout le monde était riche dans ce pays-là. Candide a été chassé du château de Thunder-ten-tronckh et découvre la guerre. Des cervelles étaient répandues sur la terre à côté de bras et de jambes coupés. à demi brûlées. Les canons renversèrent d’abord à peu près six mille hommes de chaque côté . chacun dans son camp. il était en cendres : c’était un village abare que les Bulgares avaient brûlé. les hautbois. Le tout pouvait bien se monter à une trentaine de mille âmes. il exprime son point de vue au sujet de l’optimisme. il ne douta pas qu’on ne le traitât aussi bien qu’il l’avait été dans le château de monsieur le baron avant qu’il en eût été chassé pour les beaux yeux de mademoiselle Cunégonde. les tambours. portant quelques petites provisions dans son bissac. selon les lois du droit public. trois ans après un terrible tremblement de terre qui a ravagé la ville de Lisbonne. Candide. criaient qu’on achevât de leur donner la mort. ensuite la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface. arriva enfin hors du théâtre de la guerre. et n’oubliant jamais mademoiselle Cunégonde. dit Voltaire. qui découvre toutes les formes du mal au cours de ses aventures. là des filles. les fifres. Enfin. rendaient les derniers soupirs . Il passa par-dessus des tas de morts et de mourants. éventrées après avoir assouvi les besoins naturels de quelques héros. ou à travers des ruines. Introduction François Marie Arouet.

en d’autres termes. outre l’ironie. Toutefois. Il est d’abord. fuient les difficultés en fermant les yeux sur celles-ci. il est spectateur du désastre. Dans un second temps. il aborde. lorsqu’il « s’enfuit au plus vite dans un autre village ». Afin de parvenir à ses fins. si brillant. par l’emploi d’oxymores. il est également un véritable antihéros. Ainsi. et. des amplifications et des accumulations. franchit tous les obstacles et en sort indemne. À travers cette peinture de la guerre. « trembl[e] comme un philosophe » (notons au passage l’autodérision de Voltaire). En effet. si leste. ce qui. toujours convaincu par les propos de Pangloss. comme des gradations. montrer les limites de l’optimisme. il insiste sur les similitudes entre les deux armées. laissant derrière lui deux populations mourir chacune des mains de l’autre. Voltaire veut. Ainsi. Voltaire affirme son point de vue sur l’optimisme en se cachant derrière Candide. Développement Tout d’abord. en disant que « rien n’était si beau. nous nous demanderons en quoi Candide est un héros différent des autres. Enfin. prend donc la décision « d’aller raisonner ailleurs des effets et des causes ». Ensuite. Dans un premier temps. Voltaire décide de mettre en avant les absurdités de la guerre. puis nous nous demanderons quels sont les traits de personnalité de Candide qui font de lui aussi bien un héros exemplaire que différent des autres. Candide. dans le premier paragraphe. qui ne sont pas sans rappeler le registre épique. une fois de plus dans son œuvre. il veut avant tout prouver que le monde dans lequel il vit est loin d’être le « meilleur des mondes possibles ». il n’en reste pas moins que Candide est au centre du récit. la guerre est une boucherie certes. il utilise des figures d’amplification.la guerre. de « cervelles […] répandues sur la terre » et de « bras et jambes coupés ». Voltaire utilise un registre profondément ironique. il montre que les raisons du combat ne sont autres que des ripostes non fondées entre les deux clans puisque Candide arrive dans un village bulgare que « les héros abares [avaient] traité de même ». si bien ordonné que les deux armées ». si Candide est au centre des descriptions et sort vivant « du théâtre de la guerre ». et ainsi de prouver que la guerre est totalement stupide autant sur le fond que sur la forme. Pour ce faire. Par ailleurs. il est mort de peur. gênés par une réalité trop dure. par exemple en disant que « les deux rois faisaient chanter des Te Deum ». si le point de vue est omniscient. nous pouvons affirmer que Candide est bien un héros. il est question d’un village ravagé. nous analyserons les procédés utilisés par Voltaire pour critiquer la guerre. « se cach[e] du mieux qu’il . revient à dire que les optimistes. lorsqu’il décrit avec précision des villages en flammes. un climat de moquerie. De fait. En premier lieu. son ton est profondément railleur et instaure. Voltaire décrit ce nouveau lieu puis ne parle plus que de son héros pour narrer la suite de ses aventures. En dernier lieu. Puis. lorsqu’il décide « d’aller raisonner ailleurs des effets et des causes ». dès le début du texte. toujours sous ses yeux. malgré ce qui se passe autour de lui. Les mouvements du texte sont liés à ses mouvements. Enfin. un héros encore convaincu des valeurs optimistes. la stupidité des troupes qui ont à cœur des actes purement barbares : pour elles. mais une « boucherie héroïque ». emplis de filles « éventrées après avoir assouvi les besoins naturels de quelques héros ». et parvient de ce fait à tourner en dérision les troupes. question du spectacle horrible de la guerre qui se déroule sous ses yeux.

. à la fin du chapitre premier. Conclusion Cette étude nous a donc permis de voir quels procédés utilise Voltaire pour élaborer sa critique. puis de voir en quoi Candide est un héros différent des autres. Ainsi. il est évident qu’il ne les comprend pas et.Voltaire L'Utopie de L'Eldorado ch 17 De "Ils approchèrent enfin de la première maison. Son voyage initiatique le pousse à découvrir le monde. comme il le fait tout au long de son œuvre. à réaliser que Pangloss ne détenait pas forcément toute la vérité. rappelonsle. il ne dout[e] pas qu’on ne le trait[e] aussi bien [que] dans le château de monsieur le baron ».tout allait assez mal en Westphalie". à ce stade du récit. puisque ni vraiment héroïque ni au second plan. il réagit avec le recul que lui impose cette éducation. à travers un registre profondément ironique. (Candide. Peut-être aurait-il été judicieux d’étudier ce texte sous l’angle de la critique de la religion.p[e]ut ». et poursuit son voyage comme si ce qu’il venait de traverser n’était ni plus ni moins qu’un chemin banal pour parvenir à son but. est un personnage naïf et innocent qui. il fut « chassé [à grands coups de pied dans le derrière] pour les beaux yeux de mademoiselle Cunégonde ». Pangloss. nous pouvons remarquer qu’il n’a pas de but précis. Voltaire parodie le registre épique et montre l’absurdité de la guerre. Candide est un héros étrange. Tellement convaincu par le raisonnement optimiste de Pangloss. l’est aussi dans celle du dogmatisme. dans ce texte. afin de voir si Voltaire. d’où. Cunégonde est plus importante que la « boucherie héroïque » qui se déroule sous ses yeux. n’a pas acquis assez de maturité. pour lui. n’est pas assez éclairé pour comprendre les failles de l’optimisme. s’il voit et vit des événements horribles. et. De ce fait. Profondément optimiste pour avoir suivi l’instruction d’un maître entièrement convaincu de vivre dans « le meilleur des mondes possibles ». qu’il erre sans savoir où il va et ce qu’il veut atteindre.) Candide demeure un personnage naïf et. à voir des horreurs humaines. très virulent dans sa critique de l’optimisme.. au raisonnement de Leibniz. De fait. « s’enfuit au plus vite dans un autre village ». si son voyage a tout d’une quête. mais il reste incorrigiblement optimiste et « ayant entendu dire qu’[en Hollande] tout le monde était riche […] et qu’on y était chrétien. s’il est au centre de l’œuvre. la thèse de Voltaire. Son héros." . garde son innocence et continue à marcher sur les chemins de l’optimisme à l’image de son maître Pangloss. Il réalise par là une parfaite critique de l’optimisme et s’oppose ainsi. CANDIDE . S’il vit les événements qui l’entoure. fuit les difficultés et les regarde d’un air ébahi. Candide ne veut visiblement pas s’attarder sur une vision négative du monde dans lequel il vit.. Candide.. De plus. est totalement implicite." à ".

qui firent quelques questions à Cacambo avec la discrétion la plus circonspecte. l'hôte et l'hôtesse éclatèrent de rire. et encore plus dans le logis. un contour bouilli qui pesait deux cents livres. c'est ici un cabaret. de Voltaire : c'est un conte philosophique . le tout dans des plats d'une espèce de cristal de roche. dit l'hôte. Une foule de monde s'empressait à la porte. et est accompagné de Cacambo qu'il a rencontré làbas. Candide. tous d'une politesse extrême. entrons. et six cents oiseaux-mouches dans un autre . ainsi que Candide. Quand le repas fut fini. nous voyons bien que vous êtes des étrangers . et entendit qu'on parlait péruvien . vêtus de drap d'or. deux singes rôtis d'un goût excellent. c'était sa langue maternelle : car tout le monde sait que Cacambo était né au Tucuman. Il vient de fuir les jésuites au Paraguay. » Aussitôt deux garçons et deux filles de l'hôtellerie. et se tinrent longtemps les côtés. a été chassé du château dans lequel il a passé son enfance et parcourt le monde pour retrouver Cunégonde. Une musique très agréable se faisait entendre. ils ne savent plus où se rendre : ils n'en peuvent plus et. des ragoûts exquis. Pardonnez-nous si nous nous sommes mis à rire quand vous nous avez offert en . Voltaire force ici l'aspect merveilleux de ce pays : il annonce l'utopie. Ils arrivent par hasard à L'Eldorado : ils ont failli mourir dans les remous du fleuve. Enfin ils se remirent : « Messieurs. trois cents colibris dans un plat. Cacambo crut. épuisés. Cacambo s'approcha de la porte. dit-il à Candide . Les garçons et les filles de l'hôtellerie versaient plusieurs liqueurs faites de canne de sucre. dont il a été séparé. Ils approchèrent enfin de la première maison du village . On servit quatre potages garnis chacun de deux perroquets. héros éponyme du conte. Les convives étaient pour la plupart des marchands et des voituriers. et les cheveux renoués avec des rubans. nous ne sommes pas accoutumés à en voir. bien payer son écot en jetant sur la table de l'hôte deux de ces larges pièces d'or qu'il avait ramassées . et qui répondirent aux siennes d'une manière à le satisfaire.INTRODUCTION Ce texte est un extrait de Candide. des pâtisseries délicieuses . « Je vous servirai d'interprète. elle était bâtie comme un palais d'Europe. Poursuivis. dans un village où l'on ne connaissait que cette langue. se laissent porter par le courant d'un fleuve à bord d'un canot. et une odeur délicieuse de cuisine se faisait sentir. les invitent à se mettre à la table de l'hôte.

écoute est agréable "odeur délicieuse" => plaisir de l'odorat également "ragoûts exquis. l'exotisme représente une luxe. et il leur offre le luxe aussi : le gouvernement lui aussi est riche (par opposition à la France : misère est grande. et le gouvernement est pauvre lui aussi) 2. Vous avez fait mauvaise chère ici. cette impression de grande richesse est encore accentuée par la gratuité : le gouvernement offre la nourriture aux habitants et aux étrangers. je me suis souvent aperçu que tout allait assez mal en Westphalie. et Candide les écoutait avec la même admiration et le même égarement que son ami Cacambo les rendait. » Cacambo expliquait à Candide tous les discours de l'hôte. même ceux des enfants : ils sont "vêtus de draps d'or" l'abondance : le repas est pantagruélique : les plats sont nombreux. les larges pièces d'or que Candide et Cacambo ont ramassés sont "des cailloux de grands chemins" aux yeux des habitants : les conquistadors cherchaient de l'or. car il faut absolument qu'il y en ait de cette espèce.Le luxe et la richesse      les maisons sont excessivement luxueuses : elles sont "bâties comme des palais d'Europe " les vêtements indiquent la richesse du peuple. parce que c'est un pauvre village . pâtisseries délicieuses" => plaisir du goût les enfants qui les servent sont beaux et bien vêtus => plaisir de la vue . Et. Toutes les hôtelleries établies pour la commodité du commerce sont payées par le gouvernement. et où toute la nature est d'une espèce si différente de la nôtre ? C'est probablement le pays où tout va bien .Un monde de plaisir et de bonheur  Plaisir des sens : "musique très agréable" => plaisir de l'ouïe. inconnu à tout le reste de la terre. mais il n'est pas nécessaire d'en avoir pour dîner ici. » Extrait de Candide ou l'optimiste de Voltaire ANNONCE DES AXES I-Les caractéristiques II-La satyre : ironie de Voltaire de l'utopie COMMENTAIRE I. Les récipients même indiquent la richesse du village : ils sont faits dans "un espèce de cristal de roche". mais cet or n'a dans cet endroit aucune valeur. quoi qu'en dît maître Pangloss.Les caractéristiques de l'utopie 1. Vous n'avez pas sans doute de la monnaie du pays. mais partout ailleurs vous serez reçus comme vous méritez de l'être.payement les cailloux de nos grands chemins. « Quel est donc ce pays. et tous exotiques : pour Candide. disaient-ils l'un et l'autre.

il dit qu'il "faut absolument qu'il y en ait de cette espèce". dans un monde réel. Dans la dernière réplique de Candide. en même temps que Candide.Il force les traits de l'utopie et l'aspect merveilleux    C'est un monde plein de sensations agréables : le ravissement de tous les sens montre que les deux voyageurs évoluent dans un rêve.Politesse et savoir-vivre   Extrême politesse et discrétion de la part des commerçants et des voituriers présents dans l'auberge (dans le monde de Candide. Voltaire.La satyre : l'ironie de Voltaire 1. 2. jamais.La morale de Voltaire    Voltaire caricature ce monde pour montrer qu'il n'existe pas. L'abondance du repas montre elle aussi que ce n'est qu'un rêve : tout y est trop abondant pour être réel : le morceau de viande qu'ils mangent "pesait deux cent livres" . se moque de ce monde idéal. car Voltaire force les traits de l'utopie à dessein. Les habitants sont heureux et montrent leur bonheur : ils rient ("éclatèrent de rire"). Mais cette incrédulité est aussi celle du lecteur. Les habitants sont généreux : après avoir servi un repas pantagruélique. pleinement satisfaits. qu'il est "trop parfait" pour être réel. l'abondance est aussi extrême. riches et tout le monde s'entend bien. ils s'excusent de la mauvaise chère qu'ils ont présentés aux voyageurs. les lecteurs n'y croient pas non plus. 3. II. ce n'est qu'un rêve. il le caricature. Il y a un équilibre : on compte autant de filles que de garçons (" deux garçons et deux filles") : la population est stable. en exagérant. CONCLUSION . mais que ce n'est qu'un rêve. La gratuité du repas provoque l'incrédulité de Candide.  Les sens sont ravis. il explique que l'on veut absolument qu'un monde parfait existe. équilibrée. Conclusion partielle : Voltaire fournit absolument tout ce qui constitue un monde idéal : les gens sont heureux. mais ils les informent. Par cette phrase. accentuant le bonheur et le plaisir des habitants et des voyageurs. Voltaire insiste sur le fait qu'un monde parfait tel que l'Eldorado ne peut exister. c'est Voltaire qui s'exprime : quand il parle de ce monde idéal. mais. les voituriers sont les moins polis de tous) Les habitants sont honnêtes : aubergistes auraient pu profiter de l'ignorance de Candide et Cacambo et leur réclamer un dû pour le repas. Ce monde idéal émerveille Candide et Cacambo qui ne croient pas ce qu'ils voient.

il dénonce le rêve : il faut être réaliste. et avec l'utopie. tout le monde y est heureux. il parle des troglodytes. arrêter de rêver. Il dénonce l'utopie. et dénonce lui aussi l'utopie d'un monde idéal.Ce monde idéal nous est présenté avec ironie par Voltaire: ce pays est absolument merveilleux. => rapprochement : Lettres Persanes. Retourner à la page sur Candide . Mais cet extrait pose aussi une question : après avoir vu ce monde idéal. Voltaire nous rappelle en quoi consistent nos rêves. C'est la morale de Candide : Voltaire nous rappelle que le bonheur est le fruit du travail et non du rêve. mais il n'existe pas. de Montesquieu : dans la lettre 12. que faut-il faire? Le texte qui termine Candide répond à cette question : Candide et ses amis achètent une ferme et cultivent leur jardin.Voltaire ! Retourner à la page sur l'oral du bac de français ! Merci à ce CANDIDE .Voltaire Eldorado Chapitre 18  Recherche Chercher une analyse de texte :  Rubriques .

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. si on se jetait à genoux ou ventre à terre . LECTURE Télécharger cet extrait du chapitre XVIII de Candide . et qu'on ne plaidait jamais.") Lu par Laetitia . Cette découverte joue un rôle capital dans l’évolution de Candide."enregistrer sous. les vêtirent de robes d'un tissu de duvet de colibri . les marchés ornés de mille colonnes.com Vingt belles filles de la garde reçurent Candide et Cacambo à la descente du carrosse. et qui lui fit le plus de plaisir. Candide demanda à voir la cour de justice. dit le grand officier. » Candide et Cacambo sautèrent au cou de Sa Majesté. les fontaines d'eau rose. est d'embrasser le roi et de le baiser des deux côtés. le parlement . Cacambo demanda à un grand officier comment il fallait s'y prendre pour saluer Sa Majesté . on leur fit voir la ville.Voltaire en version mp3 (clic droit . toute pleine d'instruments de mathématique et de physique.INTRODUCTION La visite d’Eldorado introduit une pause dans le récit jusque là rapide et trépident. qui coulaient continuellement dans de grandes places. « L'usage. les fontaines d'eau pure. Extrait de Candide ou l'optimiste Voltaire ANNONCE DES AXES ETUDE . En attendant. pavées d'une espèce de pierreries qui répandaient une odeur semblable à celle du gérofle et de la cannelle.. au milieu de deux files chacune de mille musiciens. si on mettait les mains sur la tête ou sur le derrière .source : litteratureaudio. et on lui dit que non. selon l'usage ordinaire. Quand ils approchèrent de la salle du trône. qui les reçut avec toute la grâce imaginable et qui les pria poliment à souper. si on léchait la poussière de la salle . Candide et Cacambo contemplent dans l’émerveillement le monde qui apparaît comme le contraire du monde qu'ils connaissent. après quoi les grands officiers et les grandes officières de la couronne les menèrent à l'appartement de Sa Majesté. ce fut le palais des sciences. Ce qui le surprit davantage. les édifices publics élevés jusqu'aux nues. les conduisirent aux bains. on lui dit qu'il n'y en avait point. celles de liqueurs de canne de sucre. dans lequel il vit une galerie de deux mille pas. quelle était la cérémonie. Il s'informa s'il y avait des prisons. en un mot.

posent des questions sans cesse. " en attendant "… .I. bien mettre en valeur le monde visité en inviter le lecteur à percevoir le contenu philosophique. Candeur au rôle révélateur . . . Un monde trop parfait : . politique. ils sautent au cou. Des vertus et des richesses. " cour de justice. cela n’a plus de sens. but . Emploi systématique de " mille ". fontaine d’eau….Empressement enfantin. mœurs. " mille colonnes ". L’utopie traditionnelle. . .Redondances : " les grands officiers et les grandes officières ". 2. institutions. II. pluriel .Sur les procédés : si on se jetait à genoux ou ventre à terre. " grandes places ". Naïveté de Candide et de Cacambo. Surenchère des détails féeriques. " jamais on ne fit meilleure chère " 2.Référence à Thomas More : le pays qui n’existe pas / où tout est parfait. . A la fin. Conclusion : les voyageurs n’ont qu’une vue superficielle et candide. " élevés jusqu’aux nues ".grandeur. " les fontaines d’eau…. " deux files mille musiciens chacun ". ornés de mille colonnes.Clichés qui surchargent : élevés jusqu’aux nues.Connecteurs temporels qui différencient les quatre démarches des voyageurs : " après quoi ". parlement " Ecart comique qui prouve que les personnages n’ont pas de recul pour juger objectivement de la manière de respecter les convenances. grandes ". 3.. énormément de tout : " grands. .formes superlatives : " le plus de plaisir ". . Une utopie 1.Sur les institutions . Pays imaginaire où un régime politique idéal gouverne un peuple heureux. si on léchait la poussière.". organisation. Une critique d’Eldorado 1. . fontaines d’eau pure. mettait les mains sur la tête ou sur le derrière.Tous les aspects sont vus : religion.

soif de justice. Elle ne fait que suggérer. " espaces publics élevés jusqu’aux nues ". Des idées. Ce voyage à Eldorado apporte une référence nouvelle à Candide. la tyrannie insupportable. La fonction du passage 1. dont le contact a montré qu’elles reposaient sur . mais pas organisation). La richesse n’a pas rendu mauvais les habitants .Défense acharné de Voltaire de la culture et du progrès . abordable. le palais de justice et les prisons n’existent pas. .. mépris du beau => absence d’enthousiasme des habitants. Il devient une alternative possible aux valeurs de Thunder-ten-tronckh. goût du travail et de la culture. . Evolution de Candide. générosité.Climat de fraîcheur et de propreté. soudés. Critique européenne.Les hommes sont unis. .Contre la monarchie absolue des rois de France. ouverts.Focalisation zéro. accueillants. Tout est normal et neutre. rapports hiérarchiques assouplis. Nous n’avons que des idées vagues (monarchie libéral. Egalité entre les deux sexes : grands officiers et officières . Ce n’est pas une référence absolue. . 3.Urbanisme et urbanité : joindre l’utile à l’agréable.Révèle l’arbitraire et la fanatisme de la justice royale . aucune tyrannie . " galeries de deux mille pas ". Cela permet à Voltaire de faire des propositions. " marché orné de … ". 3. polis.Une monarchie libérale : monarque tolérant.Pouvoir royal et religieux hostile à diffusion de l’instruction et de la culture dans le peuple 2. contre le fanatisme et pour la liberté. " pavés odoriférants " . (Encyclopédie) .Critique de l’urbanisme anarchique parisien . Or = boue. Absence de détails minutieux.Développement des sciences : Eldorado y consacre de grands moyens : " galerie… instruments de mathématique et de physique " Conclusion : idéal des Lumières III. relations commerciales aux dimensions esthétiques. Pas de proposition d’un système mais plutôt de valeurs : bonheur.

Satire constructive. CONCLUSION Dans cet extrait de Candide. Voltaire nous livre un procès de la société de son temps. nouvelles valeurs proposées au lecteur. C’est le combat des philosophes de Lumières. Il en comprendra le prix à mesure qu’il s’en éloigne.l’illusion.Voltaire ! Retourner à la page sur l'oral du bac de français ! CANDIDE Voltaire Le nègre de Surinam (Chapitre 19ème)  Recherche Chercher une analyse de texte :  Rubriques Aidez-moi ! Forum Maths première Biologie première Histoire-géo première Les TPE Avertissement Liens . Retourner à la page sur Candide .

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Tout est payé par le gouvernement ». I. . Tout est donc fondé sur le partage = mythe d’une société sans argent. Voltaire. idéal inaccessible. Toutefois c’est le commerce et l’activité industrielle qui permet aux habitants de vivre heureux. ne pouvait que donner son avis sur cette question dans Candide. associé à la question du bonheur. Le 18ème siècle connaît une grande mutation économique : l’argent issu de la richesse foncière et l’aristocratie est peu à peu remplacé par l’argent produit du commerce (de plus en plus international). qui a très bien su faire fructifier ses avoirs. du travail agricole et de l’industrie naissante (fin 18ème en Angleterre). L’argent est présent dans le tout le conte : • Indirectement dès les premières lignes : « …ornée d’une tapisserie. château… » • Explicitement : chapitre 2 : Candide « n’ayant point d’argent… ». chapitre 30 : « La petite terre rapporta beaucoup… » • L’Eldorado est un endroit à part (utopique) : la pauvreté (manque d’argent) n’existe pas : « vous n’avez sans doute pas la monnaie du pays mais il n’est pas nécessaire d’en avoir pour dîner ici.CANDIDE de Voltaire Les grands thèmes L’ARGENT DANS CANDIDE Les philosophes des Lumières ont tous posé le problème de l’argent.

L’argent.000 F en deux parties d’un jeu certainement truqué. On choisit un texte célèbre que l’on tourne en dérision dans le but de faire rire le lecteur… aux dépens bien sûr de l’auteur parodié. • Chapitre 22 : Argent = source de corruption : Candide perd 50. Il faudra attendre le 19ème siècle pour que l’argent apparaisse à nouveau sous son jour négatif : le père Grandet. • introduire des anachronismes. en réalité une petite terre où chacun va travailler selon ses capacités. L’idée de Voltaire est claire : l’argent honnêtement gagné par le travail est un argent propre qui génère des sentiments nobles. source de souffrances : • C’est pour l’argent qu’on se bat : Candide vend sa liberté (et peut-être sa vie) aux sergents recruteurs du chapitre 2. • inverser le rôle des personnages. III. Il fait d’abord la fortune de ses parents près de M. Candide rencontre Jacques l’Anabaptiste qui lui offre argent et hospitalité : cet argent provient de l’activité manufacturière de Jacques. L’argent du jardin est le fruit d’un travail collectif de la terre (et de l’artisanat) : nous sommes dans la société pré-industrielle de la première moitié du 18e siècle. imaginé par Balzac et les grands industriels fous d’argent des romans de Zola. Voltaire se fait l’écho de cette évolution dans Candide. avare. Il faut donc que le lecteur reconnaisse l’œuvre parodiée et mesure l’écart entre le modèle et le détournement. « Nous vous défrayerons. « La petite terre rapporta beaucoup ». . LA PARODIE DANS CANDIDE Définition : La parodie détourne un texte (d’un genre ou d’une œuvre) de manière à le ridiculiser. • Chapitre 30 : au terme de leur périple. L’argent « positif » : • A la fin du chapitre III.II. L’argent a toutes les qualités quand il est acquis ainsi par le travail. Argent = piège pour le naïf Candide. Quels sont les principaux procédés de la parodie ? • Amplifier les tics d’un écrivain. les héros s’installent dans un « jardin ». ici la générosité. les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous ». mais nous ne souffrirons jamais qu’un homme comme vous manque d’argent ». • Chapitre 19 : l’argent transforme les hommes en victimes : le nègre de Surinam a été vendu par sa mère (naïve ?) à des esclavagistes. Conclusion : Candide a été écrit dans une période d’expansion de la bourgeoisie commerciale et de l’exploitation rationnelle de la terre (mouvement des physiocrates). vanderdendur qui le fait travailler pour un salaire de misère : amère déception de l’esclave : « les chiens.

elle c’est Eve. Candide lui. Quelles sont les parodies présentes dans Candide ? • La philosophie de LEIBNITZ est simplifiée et caricaturée dans le personnage de PANGLOSS. Alors que les femmes perdent leur liberté. Candide le sera petit à petit. mais aussi la vieille et Paquette (cette dégradation est liée dans tous les cas à l’amour vénal). Cunégonde. chapitre 1) : elle entraîne Candide vers sa chute. L’IMAGE DE LA FEMME La société du 18ème siècle est une société masculine. I. • Le conte traditionnel (Perrault) est constamment parodié : les retrouvailles sont une inversion du conte : Cunégonde est devenue laide et acariâtre. De manière plus globale. les hommes du conte n’évoluent pas . naufrages. • Le roman picaresque (très à la mode en 1750 avec le diable boiteux de LESAGE par exemple. est un archétype du conte que Voltaire respecte et ne parodie pas. que les évènements sont uniquement au service d’une idée philosophique. L’Eldorado par contre. Candide. Par contre. accumulation invraisemblable de malheurs… Le lecteur se perd littéralement … c’est le but poursuivi par Voltaire : faire sentir. Candide lui. donne de la femme une image dévalorisée même si Cunégonde joue un rôle narratif très important. II. qui est. • Le paradis terrestre est démystifié dans le chapitre I (l’origine de la chute. conquiert la sienne. Le seul point commun est la perte de leur naïveté : Cunégonde est rapidement (et brutalement) déniaisée. que l’essentiel n’est pas là. le rôle de la femme etc…) : parodie de la Genèse. ils persistent d’ailleurs souvent dans leurs erreurs : Plangloss et Martin par exemple. La femme vénale (= associée à l’argent) : • Les femmes sont l’incarnation du désir. au fil de ses (més)aventures. • caricaturer les personnages de l’œuvre parodiée. 1707) et le roman d’aventures sentimentales (le feuilleton) sont parodiés sans vergogne : enlèvements. non pas une dégradation mais un apprentissage. • L’héroïsme guerrier est ridiculisé dans l’épisode de la guerre entre les Arabes et les Bulgares (parodie de récits épiques). c’est leur propre sensualité qui est à l’origine de leur dégradation : elles vont toutes devenir des . vers son expulsion du « paradis » de Thunder-ten-tronckh. les femmes sont réduites à un rôle de mère et d’épouses. dans une certaine mesure un miroir révélateur de cette société.• transposer dans d’autres lieux. La vieille : « j’inspirais déjà de l’amour » . L’homme et la femme : des destins différents : Toutes les femmes connaissent une dégradation physique. sociale et morale : Cunégonde bien sûr. • On trouve quelques traces de parodie de « Mille et une nuits » (traduit en 1704 par Galland) mais ces contes sont peu utilisés. par la parodie. duels. d’autres époques. connaît. la tentation (cf. A part quelques aristocrates ou grandes bourgeoises qui tiennent salon.

Candide dit au moine Giroflée : « vous avez une très jolie fille pour votre récréation ». comme la noblesse ou la philosophie. Le conte Voltairien a pour but de toucher un large public et vulgariser ses idées. des tricheurs. l’épisode du nègre de Surinam). Le merveilleux est la source première du conte voltairien car les faits sont imaginés sans aucun souci de vraisemblance. lequel réplique « qu’il entretient des filles » (chapitre 24). Mais l’exotisme et le goût des voyages viennent s’ajouter à cette trame. est une illusion : illusion de la promotion sociale (Candide aime Cunégonde ainsi il espère devenir un Thunder-ten-tronckh). Pococuranté en parlant de ses domestiques « ce sont d’assez bonnes créatures. objets des dérives des hommes. III. L’innocente Paquette est obligée de se prostituer. tantôt merveilleux (les Romans de la Table Ronde). des joueurs. LE CONTE VOLTAIRIEN I. Conclusion : Les femmes sont bafouées. • La femme est doublement victime : à la souffrance physique s’ajoute la souffrance morale provoquée par les viols et autres sévices sexuels. je les fais quelquefois coucher dans mon lit ». La femme-objet : • La femme est considérée comme un simple objet de plaisir : en parlant de Paquette. elles n’existent plus quand l’amour a disparu. C’est Rabelais qui va au 16ème siècle. • N’existant que par et pour l’amour. • La Marquise de Parolignac (chapitre 22) dirige un salon qui est. Elles restent bien soumises. Au 17ème siècle : la grossièreté disparaît mais le merveilleux reprend ses droits (les contes de Perrault 1698) et on traduit les conteurs orientaux (« les Mille et Une nuits » en 1702). Au chapitre 25. devenue intéressée…). Les seules femmes « heureuses » sont les musulmanes qui « parfument les barbes » (chapitre 30). humiliées. • La mère n’hésite pas (par naïveté ou cupidité ?) à vendre son fils aux marchands d’esclaves (cf. dans l’unique but d’exprimer une pensée philosophique. etc… = le monde n’est qu’une vaste prostitution (la vieille est aussi devenue une entremetteuse : elle « place » Cunégonde. Cunégonde a été violée et a eu «le ventre fendu » (chapitre 7). car Voltaire veut nous montrer que l’amour. Résultat d’une longue évolution : A l’origine (pendant le Moyen-âge). .animaux de plaisir. faire la synthèse des deux courants antérieurs (réaliste et satirique) : énorme succès. La baronne a été violée et coupée en morceaux (chapitre 8). et Cunégonde est aussi. illusion du physique et de la beauté (Cunégonde est devenue une horreur). le conte est un récit oral (troubadours) qui est plutôt grossier et satirique (les fabliaux). à l’image de la société. corrompu et vénal : on y côtoie des fripons.

de l’autodafé chapitre 6… méfaits de l’esclavage). le fils du Comte. la religion. ironie de Voltaire). dévoilée (Cunégonde perdra ses belles apparences trompeuses pour apparaître à la fin sous son vrai jour). ayant été obligé de quitter le PARADIS. L’Utopie est au début un pays imaginaire où un gouvernement idéal règne sur un peuple heureux. Ils sont tous prisonniers d’une idée fixe (Pangloss. L’utopie est aussi une mode du 18ème siècle. Candide : retrouver Cunégonde) et le lecteur ne peut pas s’identifier à eux et surtout pas sympathiser avec eux. 2°) Les « effets de réel » sont nombreux (description du champ de bataille chapitre 3. Depuis la Renaissance on parle de contrées fabuleuses. malheur après malheur. la noblesse). 3°) C’est un regard ironique sur le monde qui oblige le lecteur à s’interroger et à remettre en cause ses préjugés (la guerre. remplies d’or.II. mais dès le 18ème siècle. De nombreuses actions rappellent aussi la propre vie de Voltaire. va connaître l’ENFER avant de retrouver sa vraie place dans le MONDE (le jardin du chapitre 30). 4°) C’est une galerie de personnages schématiques. 3°) Le conteur (Voltaire) est omniprésent : c’est lui qui tire toutes les ficelles de l’intrigue et il mène son lecteur où bon lui semble (humour. L’UTOPIE Définition du mot : en grec cela signifie « en aucun lieu : nulle part ». III. sans aucune profondeur psychologique (différents des personnages romanesques du 19ème siècle). L’auteur promène une marionnette dans diverses situations extrêmes qui servent à : 5°) L’illustration de la thèse de Voltaire : le conte est un voyage de pure fantaisie dont le seul but est de ridiculiser l’optimisme et de montrer l’ampleur de l’emprise du MAL sur le monde. II. l’esclavage. 2°) C’est une découverte du monde : Candide va être « déniaisé » et la réalité du monde et de la vie va lui être peu à peu. I. le mystère et les coups de théâtre de Candide). conte de la Table Ronde). Quels sont les grands principes du conte voltairien ? 1°) Voltaire fait appel à l’imagination du lecteur grâce au voyage et grâce au romanesque (voir les nombreux rebondissements de l’action. l’utopie est un idéal politique qui ne tient pas compte de la réalité. Une tentative de définition du conte voltairien : 1°) C’est un roman d’apprentissage au cours duquel le naïf Candide. Les manifestations de l’Utopie dans Candide : . Les sources : Voltaire reprend une longue tradition du merveilleux (contes des Mille et une nuits ». le sens du mot s’élargit . situées par les voyageurs en Amazonie : Voltaire situe l’Eldorado à cet endroit. Marmontel a publié en 1777 un livre merveilleux : « Les incas » et Voltaire lui-même a écrit la conquête du Pérou.

c’est-à-dire de critiquer aussi. • un palais des sciences. d’hospitalité. IV. il se tait sur l’essentiel : l’économie. l’aspect féerique du pays : c’est en fin de compte un rêve. trop parfait pour être vrai. Voltaire ne croit pas à la cité idéale et d’ailleurs. l’Eldorado est un modèle théorique. • le jardin du chapitre 30. 2°) Les utopies valorisées : • L’Eldorado (voir III) mais aussi. Candide et Cacambo décident de quitter ce lieu d’utopie : « les deux heureux résolurent de ne plus l’être » car Candide court après l’amour –autre illusion. C’est l’Utopie du pouvoir absolu. c’est l’anti Thunder-ten-tronckh.et aussi il a le désir d’être puissant et riche en Europe –autre leurre. tous les idéaux de Voltaire (exemples à rechercher) : • La religion naturelle et le Déisme. fondé sur un système non exportable où règne un ordre et une harmonie factice : c’est le monde inversé de Thunder-ten-tronckh. de la tolérance. et Etat religieux) : « c’est une chose admirable que ce gouvernement (…) les Pères y ont tout et les peuples rien . L’Eldorado est peutêtre le meilleur des mondes possibles mais il n’existe pas car un pays où le Mal n’existe pas n’existe pas lui-même et surtout les héros vont le quitter. • un urbanisme organisé.1°) Les Utopies rejetées par Voltaire : • Celle de Thunder-ten-tronckh : c’est un « paradis » immuable où tout est soumis à Dieu le Père sur terre. l’agriculture. la justice et il insiste surtout sur le merveilleux. Conclusion : En fin de compte. Cet oubli est-il possible ? Le mal et la souffrance risquent de réapparaître et le désir de philosophie. de la richesse. C’est aussi une utopie. L’Eldorado ou la cité idéale : une utopie très voltarienne (chapitres 17 et 18)… On retrouve réunis comme dans un catalogue. OPTIMISME et UTOPIE sont la même illusion. irréalisable (utopique dans le sens moderne) . de liberté. le comte. III. • Celle des Jésuites du Paraguay (chapitre 14) : c’est l’utopie d’une société gouvernée par les Jésuites qui confond pouvoir religieux et pouvoir politique (religion d’Etat. …Mais trop peu crédible : En réalité. autoritaire. monde du bonheur. isolé. c’est un monde clos. refermé sur lui-même (chapitre 1). On oublie ses grands problèmes par le travail plus qu’on ne les résout. c’est le chef-d’œuvre de la raison et de la justice ». . • un pouvoir sans répression. sur l’Eldorado. • une atmosphère de tolérance. Comme Thunder-ten-tronckh.

Les lecteurs. . La rencontre de Candide avec le nègre au sortir de l'Eldorado constitue un choc brutal et un retour à la réalité du mal: Candide ne peut plus se laisser aller à une quelconque croyance optimiste. . .Candide ou l'optimisme. il leur raconte sa misérable vie qui se résume à peu de choses. Ses malheurs sont dus à un commerçant blanc. Ceci est une réaction envers certains philosophes de l'époque comme Leibniz. Introduction Le nègre de Surinam constitue une dénonciation de l'esclavage et l'exemple même de l'atteinte aux droits de l'homme et à la liberté.Généralités : .Voltaire dramaturge du 18ème siècle (1694-1778).Candide est un conte en prose où Voltaire critique la vision optimiste. à travers cet épisode vont être confrontés à une réalité historique que Voltaire intègre à sa démonstration avec efficacité. philosophe français qui écrivit contre l'intolérance. 1759. L'extrait : -Candide et Cacambo rencontrent un nègre au bord d'un chemin.

dans l'état horrible où je te vois ? -. et tu fais par là la fortune de ton père et de ta mère. écrivit le nom de Cunégonde sur les arbres. lorsque ma mère me vendit dix écus patagons sur la côte de Guinée. nous sommes tous cousins issus de germains. adore-les toujours. et que la meule nous attrape le doigt.Télécharger cet extrait du chapitre III de Candide . répondit le nègre. » En approchant de la ville. À la seconde journée deux de leurs moutons s'enfoncèrent dans des marais. ils te feront vivre heureux. mon Dieu ! lui dit Candide en hollandais. deux autres moutons moururent de fatigue quelques jours après . quand nous voulons nous enfuir.. transporté. Quand nous travaillons aux sucreries.de Voltaire Commentaire littéraire . Extrait du chapitre 19 de Candide ou l'optimiste . Les fétiches hollandais qui m'ont converti me disent tous les dimanches que nous sommes tous enfants d'Adam. Vanderdendur. dit Cacambo . les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous. elle me disait : " Mon cher enfant. -. Je ne suis pas généalogiste . C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe. il manquait à ce pauvre homme la jambe gauche et la main droite."enregistrer sous.Je l'avoue. bénis nos fétiches. Les chiens. monsieur. -. Or vous m'avouerez qu'on ne peut pas en user avec ses parents d'une manière plus horrible. vous voyez comme les richesses de ce monde sont périssables . dit le nègre.J'attends mon maître. Candide. sept ou huit périrent ensuite de faim dans un désert . que fais. le fameux négociant. d'autres tombèrent au bout de quelques jours dans des précipices. il ne leur resta que deux moutons.") Lu par Laetitia . l'Europe et l'Afrique n'en pouvaient rassembler.com La première journée de nos deux voyageurs fut assez agréable. il n'y a rien de solide que la vertu et le bonheur de revoir Mlle Cunégonde. c'est l'usage.Oui. On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l'année. n'ayant plus que la moitié de son habit. Nous sommes au bout de nos peines et au commencement de notre félicité. Enfin. Vanderdendur. Ils étaient encouragés par l'idée de se voir possesseur de plus de trésors que l'Asie. et y furent abîmés avec leurs charges . mon ami. « Eh. Candide dit à Cacambo : « Mon ami. blancs et noirs. on nous coupe la main . on nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les deux cas. tu as l'honneur d'être esclave de nos seigneurs les blancs.Est-ce M.source : litteratureaudio. c'est-à-dire d'un caleçon de toile bleue . appartenant aux Hollandais. " Hélas ! je ne sais pas si j'ai fait leur fortune. M.. Cependant. ils rencontrèrent un nègre étendu par terre.tu là. mais ils n'ont pas fait la mienne. qui t'a traité ainsi ? -. dit Candide.Voltaire en version mp3 (clic droit . mais il nous reste encore deux moutons avec plus de trésors que n'en aura jamais le roi d'Espagne. mais si ces prêcheurs disent vrai. et je vois de loin une ville que je soupçonne être Surinam. après cent jours de marche.

Explication calme et détaillée de " l'usage ". c'est un rappel émouvant du passé. . l'accent est mis sur " l'absence de la moitié de l'habit ". l'horreur n'en n'est que plus perceptible.I . b) L'ironie apparaît aussi dans le choix de certains termes à double sens " fameux " différent au terme valorisant illustre. Ce n'est pas un constat. Vandedendur est rendu célèbre par sa cruauté. Les paroles de l'esclave ont cette même tonalité d'acceptation de son sort en fonction d'une même réglementation.L'ironie Cette ironie se révèle dans le décalage entre la l'objectivité du constat et l'horreur de la situation décrite. b) Constat dans les paroles de l'esclave . c) Cependant. présence d'une parole vivante. . Candide et Cacambo en mouvement et le nègre qui est étendu par terre. II .Dans la logique de l'usage. le nègre va donner la parole à sa mère (Rappel des propos de sa mère en employant le style direct).Le " ils " désigne Candide et son valet Cacambo. la mère au style direct.Affirmation d'une attitude de soumission. Il y a donc opposition entre liberté de mouvement des uns et immobilité de l'autre. Symétrie de la construction de la phrase et résultat obtenu sans aucune émotion. Cependant après la parole résignée de l'esclave. .La constat n'est pas seulement de sa situation personnelle mais il établit l'histoire de tous les esclaves. Tout est mis sur le même plan.Un constat Le récit de la rencontre avec le nègre est fait par le narrateur qui semble ne pas prendre partie et donner les choses telles quelles se sont passées. de passivité "j'attends mon maître" . Rencontre de trois personnages. . C'est un formalisme administratif que met en relief Voltaire par le ton faussement détaché. c) Insistance détachée sur les closes du contrat établit par l'usage (= mutilation systématique) " je me suis trouvé dans les deux cas ".La présentation du nègre est faite sans apitoiement d'abord à travers des détails vestimentaires " la moitié de son habit " puis indication de sa mutilation. a) Un constat dans le récit . célèbre : il est dépréciatif. Il y a là une distorsion ironique qui insiste sur la situation réelle de l'esclave. a) Une priorité aberrante. .Dans la relation établie entre l'esclave et l'économie.

20) l'Eglise "seigneur" (l. Cette contradiction trahit l'hypocrisie des prêtres.18) "bénit" (l .dégradation sur la plan moral et spirituel : la langue. en Europe ". Voltaire fait ainsi appel à la sensibilité de son héros et à travers lui à celle du lecteur.Les différents éléments de la dénonciation L'émotion de Candide souligne l'horreur de l'état dans lequel se trouve l'esclave et cette horreur ne peut inspirer que de la pitié. e) Insistance sur l'hypocrisie des prêtres. Quelques figures de style à éventuellement commenter : Voltaire montre l'horreur de (l. b) Dénonciation de l'illusion Optimiste qui conduit à l'esclavage à cause de l'attitude de sa mère..dégradation sur le plan social. décalage entre notion de plaisir en Europe et vie inhumaine pour les esclaves.29) "fétiches" . Voltaire met en évidence la contradiction " nous sommes tous enfants… " alors qu'on pratique l'esclavage. L'esclave renverse même le système des valeurs fondamentales : Esclave = honneur. .27) "Adam" (l. c) Dénonciation de l'esclavage qui est un système brutal et cruel parce qu'il exploite la souffrance pour la plaisir de quelques privilégiés : " c'est à ce prix ….parce que l'esclavage est un traitement dégradant . Ici aussi distorsion. Le mot "fétiche" est une impropriété de terme afin d'éviter la censure. l'esclavage est la propriété d'un autre homme.15) "C'est à ce prix que vous mangez du l'esclavagisme : on mutile pour faire baisser le prix du sucre sucre en Europe " ->argument déjà prit par Montesquieu Voltaire met en valeur les contradictions entre les fondements de la religion et le traitement des noirs. Raccourci efficace " c'est à ce prix que vous manger du sucre en Europe ". Il est recommandé par la mère. Ironie Euphémisme Champ lexical de (l. a) Pourquoi dénoncer l'esclavage . III .d) Relation entre l'esclave et le sucre.5) "mon dieu" (l. la religion.

1.19) "fétiches" (l. Répétition expressive . avec lequel Voltaire s'est accroché.9) " Venderdendur " Van düren. à l'époque.7) "maître" "Venderdendur" (l. Il montre bien les difficultés rencontrées par les esclaves. Traite des noirs En ce temps-là .20) négociant "seigneur" (l. les perroquets Les noirs sont moins bien traités " (l . (l. Vision du noir : (l.3-11) "un caleçon de toile" Nègre dénigré ? emploi d'adjectifs péjoratifs.2) "n'ayant plus" (l .4) "pauvre Homme" Citation péjorative.6) "état vision réductrice.2) "moitié habit" (l. la toile était faite pour envelopper la marchandise.8) Champ lexical du "négociant" (l . on s'enfuie coupe la jambe" Paradoxe Voltaire fait passer à travers le nègre un message très fort. Enumération Litote Ironie (l. Forte présence du négociant exprime la domination du blanc sur le noir .13-14) "attrape le doigt coupe la main.10) "le nègre" Cela montre qu'un noir n'est pas respecté en tant qu'homme .3-11) "caleçon de toile" (l. quand nous voulons nous enfuir on nous coupe la jambe" (l .12à14) "quand la meule nous attrape le doigt on nous coupe la main .21) "Les blancs" (l.17) "ma mère me vendit dix écus patagons" (l. (l.19) "ils te feront vivre heureux" <-> (l. Contradiction entre les idées de leurs parents et le traitement du nègre. horrible" Litote Ton implicite (l.29 à 30) "Or vous m'avouerez qu'on ne peut pas en user d'une manière plus horrible avec ses parents" (l . les chiens .Patronyme à double sens Allitération Assonance (l.24) "sont mille fois plus heureux que que les animaux qui eux sont nous" respecté pour leur obéissance.8. Parallélisme Code noir de 1685 Cela va à l'encontre des préceptes de la bible Voltaire insiste une fois de plus sur le thème de l'esclavage. (l. libraire hollandais.23) " les singes . "Vendeur à la dent dure" souligne le caractère cruel du négociant.

C'est pourquoi on peut dénoter de l'ironie. C'est pourquoi nous pouvons déduire que ce texte participe fortement au combat de Voltaire contre l'intolérance et l'injustice. Au premier abord.La vision du noir est très sombre. notamment quand Voltaire traite de la religion. le constat paraît neutre. On se demande comment ils font pour vivre. le fait que le point de vue soit externe tend à nous faire penser que le constat est neutre. Il décrit de manière authentique la cruauté des négociants. Comme nous l'avons dit auparavant. L'étude de ce texte nous montre que c'est Voltaire qui s'exprime à travers le nègre. Toutes les figures de style montrent une très bonne organisation du texte. morbide. Retourner à la page sur Candide . Conclusion : Cet extrait de Candide est basé sur le constat de l'infamie de la traite négrière. Pourtant la description très crue de la mutilation des nègres et du négoce de ceux-ci suscite un sentiment de révolte et d'indignation chez le lecteur.Voltaire ! Retourner à la page sur l'oral du bac de françai .