www.nouraIisIam.

org

PREMIERE PARTIE
ABOU BAKR "AS-SIDDIQ" (LE VERIDIQUE)
LE DEFENSEUR DE L'ASSISE DE L'ETAT
SA NAISSANCE ET SES ORIGINES
SES ÉPOUSES ET ENFANTS.
SA CONVERSION A L'ISLAM.
LA PARTICIPATION D'ABOU BAKR DANS LES BATAILLES CONTRE LES
MECREANTS ET SES PRISES DE POSITION.
LES MERITES D'ABOU BAKR ET SA SCIENCE .
L'ELECTION D'ABOU BAKR.
L'OEUVRE D'ABOU BAKR.
L'ASSEMBLAGE DU CORAN PAR ABOU BAKR.
ABOU BAKR ET LES HADITH QU'IL A TRANSMIS.
EXEMPLES DE JUGEMENTS PRONONCES PAR ABOU BAKR.
SERMONS D'ABOU BAKR .
MORT D'ABOU BAKR.


Le Messager de AIIah (Que Ia Bénédic tion et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a dit :
"Certes, Aboû Bakr, tu seras Ie premier individu de ma communauté à entrer au
Paradis !" (Rapporté par ABOU DAWOUD et AL HAKIM)
Le Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a dit :
"S'iI m'avait été permis d'avoir pour ami intime queIqu'un d'autre que AIIah, ceIa
aurait été Aboû Bakr. SeuIement, iI est mon frère et mon compagnon. " (Rapporté
par BOUKHARI)
AIIah Le Très Haut a dit : "C'est AIIah Qui I'a déjà secouru quand, expuIsé par Ies
infidèIes, et se trouvant au fond de Ia grotte, seuI à seuI avec son compagnon, iI se
mit à Iui dire, I'encourageant : "Ne t'affIige pas ! AIIah est avec nous". AIIah fit
descendre sur Iui Sa sérénité réconfortante et I'assista de troupes invisibIes..."
(S9/V40).
D'après Ibn 'Omar (Que AIIah soit satisfait de Iui), Ie Prophète (Que Ia Bénédiction
et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a dit à Aboû bakr : "Tu étais mon compagnon dans
Ia caverne, et tu seras mon compagnon près du bassin (au Jour de Ia Résurrec-
tion)." (Rapporté par TIRMIDHI)
Le Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a dit :
"Certes, Aboû Bakr, tu seras Ie premier individu de ma communauté à entrer au
Paradis !" (Rapporté par ABOU DAWOUD et AL HAKIM (
Le Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a dit :
"S'iI m'avait été permis d'avoir pour ami intime queIqu'un d'autre que AIIah, ceIa
aurait été Aboû Bakr. SeuIement, iI est mon frère et mon compagnon." (Rapporté par
BOUKHARI)
'Omar Ibn AI Khattâb (Que AIIah soit satisfait de Iui) a dit :
"Y en a t-iI un meiIIeur que ceIui qui fut "I'un des deux", avec AIIah pour
troisième ! ?"
SA NAISSANCE ET SES ORIGINES
Son nom est Aboû Bakr 'Abd-AIIâh Ibn Abî Qouhâfa 'Othmân Ibn 'Amir Ibn 'Amr Ibn
Ka'b Ibn Sa'd Ibn Taïm Ibn Mourra Ibn Ka'b Ibn Louaï Ibn GhâIib AI Qourachi At-
Taïmi. Son Iignage rejoint ceIui du Prophète de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut
de AIIah soient sur Iui), dans un ancêtre commun : Mourra Ibn Ka'b.
II est connu sous Ie surnom â'as-Siddîq (Ie véridique), mais on I'appeIait aussi 'Atîq
(affranchi) ou 'Abd-AIIâh. On raconte qu'iI était connu sous ces noms depuis
I'époque préisIamique, et que I'avènement de I'IsIam n'avait fait que Ies confirmer.
- Mouss'ab Ibn Az-Zoubaïr, ainsi que AI-Laïth Ibn Sa'd et d'autres ont rapporté que
toute Ia communauté a été unanime à dire que I'appeIIation d'as-Siddîq Iui avait été
donnée parce qu'iI avait été Ie premier à croire au message du Prophète (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui), sans jamais avoir douté de Iui et
sans que sa foi ait jamais fIéchi, depuis son adhésion. II a pris des positions
remarquabIes, et n'a jamais remis en cause Ies dires du Messager de AIIah ; ce fut
surtout évident à I'occasion de I'événement d'aI issrâ' wa-I-mi'râj (Ie voyage
nocturne et I'ascension).
- On a dit qu'on I'avait appeIé 'Atîq à cause de Ia beauté de son visage (car Ie mot
'Atîq admet cette acceptation). Certains ont dit que c'était à cause de son Iignage
pur. D'autres ont rapporté qu'iI n'avait été surnommé 'Atîq (dans Ie sens de
"affranchi") qu'après I'avènement de I'IsIam et après I'événement de I'ascension du
Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui), Iorsqu'iI avait
apporté courageusement son soutien au Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et
Ie SaIut de AIIah soient sur Iui), aIors que nombreux étaient Ies musuImans qui
doutaient ! Le Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur
Iui) Iui aurait aIors annoncé que AIIah I'avait affranchi de I'Enfer. (Rapporté par
TIRMIDHI)
Avant I'IsIam, on I'appeIait aussi 'Abd aI Ka'ba, que Ie Prophète (Que Ia Bénédiction
et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) changea en 'Abd-AIIâh.
* * *
Aboû Bakr appartenait à Ia tribu de Qouraïch ; ses parents étaient tous deux des
Banoû Taïm. C'étaient des gens dont Ies hommes étaient réputés par Ia douceur de
caractère et Ia bonne éducation. On rapporte aussi que Ieurs femmes étaient
connues pour Ieur coquetterie, qu'eIIes étaient, parmi Ies femmes arabes, Ies pIus
appréciées, et qu'eIIes avaient beaucoup de faveur auprès de Ieur époux. Peut-être
était-ce dû au fait que Ies Banoû Taïm s'étaient sédentarisés depuis Iongtemps, et
que Ie commerce, auqueI iIs s'adonnaient, nécessitait de Ia bonne éducation et un
certain savoir-vivre, ignoré par Ies bédouins dont Ia vie exigeait au contraire de Ia
rudesse et un caractère dur.
Cette bonne éducation était d'aiIIeurs manifeste dans Ia famiIIe d'Aboû Bakr. Les
sources de I'Histoire nous informent que rares étaient Ies famiIIes qui jouissaient
d'une soIidarité, d'une affection et d'une intimité comparabIes à ceIIes qui
unissaient Aboû Bakr à ses parents d'un côté, et à ses enfants d'un autre côté.
Son père s'appeIait 'Othmân mais iI était connu sous Ie nom d'Aboû Qouhâfa. Sa
mère s'appeIait SaIma et était connue sous Ie nom d'"0umm AI Khaïr" (Ia mère du
bien).
Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) est né deux ou trois ans après
I'événement de I'EIéphant, donc pIus ou moins en I'an 572-573 apr. J.-C., si nous
considérons que Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah
soient sur Iui) était né I'année de I'EIéphant, qui a été fixée aux aIentours des
années 569-571 apr. J.-C. seIon Ies dires des historiens. Aboû Bakr était de deux ans
et queIques mois pIus jeune que Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie
SaIut de AIIah soient sur Iui). II est né à Ia Mecque, qu'iI ne quittait que pour
s'adonner au commerce. Dès son jeune âge, iI avait Ia réputation d'être un homme
intègre, bon, honnête et IoyaI. II jouissait d'un grand respect auprès des siens. La
tribu de Qouraïch I'avait désigné pour Ia représenter dans Ies Iitiges qui
I'opposaient aux autres tribus dans Ies discussions pour Ie prix du sang {ad-
diyyat}, Iors d'incidents menant à Ia mort d'hommes. II faisait partie de ceux que I'on
consuItait pour Ies affaires graves touchant à Ia sécurité de Ia tribu. II était une
personne très attachante, respecté de tous pour sa générosité, ses bienfaits et Ie
soutien qu'iI apportait aux nécessiteux de tout genre. Sa bonté Iui vaIut de gagner
I'estime des gens et d'être I'ami intime du jeune Mohammad Al Aminé. Lorsque AIIah
annonça à Son Envoyé qu'iI I'avait éIu pour transmettre Son uItime message aux
Hommes, Aboû Bakr fut Ie premier à y adhérer ; iI déIaissa sa richesse et Ies
honneurs dont iI jouissait auprès de Qouraïch pour un bien pIus durabIe et éterneI :
Ia Satisfaction de AIIah !
II fut Ie premier des Compagnons du Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie
SaIut de AIIah soient sur Iui) et son ami très proche.
II était d'une vertu exempIaire. Sa fiIIe 'Aïcha (Que AIIah soit satisfait d'eIIe) a dit de
Iui : "Par AIIah, Aboû Bakr n'a jamais dit de poésie, avant I'IsIam ; et depuis I'époque
même de Ia jâhiliyya
1
, iI évitait, ainsi que 'Othmân, de consommer de I'aIcooI !
(Rapporté par IBN 'ASSAKIR). On a rapporté qu'on a demandé à Aboû Bakr
pourquoi iI n'avait jamais bu d'aIcooI, et qu'iI a répondu : "Parce que je vouIais
préserver mon honneur, et sauvegarder ma réputation ; car ceIui qui consomme de
I'aIcooI ne fait attention ni à son honneur, ni à sa dignité !" Lorsque Ie Messager de
AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a été informé de ce
qu'avait dit Aboû Bakr, iI dit : "Aboû Bakr a dit vrai ! Aboû Bakr a dit vrai !"
(Rapporté par IBN 'ASSAKIR)
1 aI jâhiIiyya : I'époque préisIamique.
LES TRAITS PHYSIQUES D'ABOU BAKR (QUE AIIah SOIT SATISFAIT DE LUI) Ibn
Sa'd a rapporté qu'Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) avait un teint cIair, qu'iI
était maigre, n'avait pas de Iarges épauIes, que ses cheveux étaient abondants, qu'iI
avait Ie front dégagé, des yeux enfoncés dans Ieur orbite, et qu'iI avait Ie dos
Iégèrement courbé. Ses pieds étaient fins, iI était d'une taiIIe pIutôt moyenne et avait
une apparence agréabIe.
SES ÉPOUSES ET ENFANTS.
Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) a épousé, avant I'IsIam, QatiIa Ia fiIIe de
Sa'd, qui Iui a donné 'Abd-AIIâh ainsi qu'Assmâ', qui fut I'une des femmes Ies pIus
courageuses de I'IsIam.
Aboû Bakr épousa aussi, avant sa conversion, Oumm Roûmân, qui Iui donna 'Abd-
Arrahmâne et aussi 'Aïcha, qui devint I'épouse du Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie
SaIut de AIIah soient sur Iui).
Après sa conversion à I'IsIam, iI épousa Habîba fiIIe de Khârija Ibn Zaïd Ibn Abî
Zouhaïr AI Khazraji. EIIe Iui donna une fiIIe que 'Aïcha (Que AIIah soit satisfait
d'eIIe), nomma Oumm KaIthoûm.
Puis Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) épousa Assmâ' Ia fiIIe de 'Oumaïss,
qui Iui donna Mohammad.
SA CONVERSION A L'ISLAM
Aboû Sa'îd AI Khoudri (Que AIIah soit satisfait de Iui) a raconté qu'Aboû Bakr a dit :
"Ne suis-je pas ceIui qui a Ie pIus de mérite pour succéder au Prophète ? Ne suis-je
pas Ie premier homme à m'être converti à I'IsIam ? Ne suis-je pas ceIui qui a teIIe
quaIité, et teIIe quaIité... ?" (Rapporté par TIRMIDHI et IBN HIBBAN)
Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) était très proche du Messager de AIIah
(Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) : iI était son ami ; et Aboû
Bakr savait que son ami était Ie pIus iIIustre d'entre tous Ies Arabes, et que son
honnêteté était exempIaire. Aussi, dès que Ie Prophète Mohammad (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) annonça sa mission, iI fut Ie premier
homme à y répondre et à y adhérer.
Zaïd Ibn Arqam (Que AIIah soit satisfait de Iui) a rapporté que Ie premier homme à
avoir prié derrière Ie Prophète fut Aboû Bakr." (rapporté par IBN ABI KHAïTHAMA)
'AIî Ibn Abî TâIib (Que AIIah soit satisfait de Iui) a rapporté qu'Aboû Bakr (Que
AIIah soit satisfait de Iui) a éte Ie premier homme musuIman." (Rapporté par IBN
'ASSAKIR)
Tous Ies musuImans sont unanimes à ce sujet. Quant aux modaIités, certaines
versions disent que Ie Prophète de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah
soient sur Iui) s'est adressé particuIièrement à Iui ; mais d'autres ont rapporté que
Iorsque Ie Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) s'est
adressé pubIiquement aux gens dans I'enceinte de Ia Ka'ba, Aboû Bakr a eu écho de
cet appeI, et qu'iI est aIors venu trouver Ie Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut
de AIIah soient sur Iui) en Iui demandant : "0 Aboû aI-Qâssim, que vient-on de me
dire ?" AIors Ie Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) Iui
aurait demandé ce qu'on Iui avait raconté à son sujet. Aboû Bakr Iui aurait répondu:
"On m'a dit que tu appeIais à I'unicité de AIIah, et que tu prétendais être un
messager !" Le Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) Iui
aurait aIors dit : "Oui, Aboû Bakr ! Le Seigneur a fait de moi ceIui qui annonce aux
gens Ia bonne nouveIIe (bachîr), et a fait de moi I'avertisseur {nadhîr), et II m'a mis
sur Ia voie d'Abraham ; mon message s'adresse à tous Ies Hommes !" AIors Aboû
Bakr dit au Prophète: "Par AIIah ! Je ne t'ai jamais vu mentir, et, certes, tu as été
créé pour cette mission prophétique, car tu es d'une grande honnêteté, et tu es
connu pour maintenir Ies Iiens de parenté et pour tes nobIes quaIités ! Tends Ia
main pour que je prête Ie serment d'aIIégeance !"
Le Prophète de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a dit :
"Quand j'ai invité Ies gens à embrasser I'IsIam, tous ont pris un temps de réfIexion
et d'hésitation, excepté Aboû Bakr : iI ne s'est pas retenu, et n'a pas hésité !"
(Rapporté par IBN ISHAQ dans sa Sîra)
Aboû Darda' (que AIIah soit satisfait de Iui) a rapporté que Ie Messager de AIIah
(Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a dit : "N'aIIez-vous pas
Iaissez tranquiIIe mon compagnon ! N'aIIez-vous pas cesser, et Iaisser tranquiIIe
mon compagnon ! Lorsque je vous ai dit : "0 peupIe, je suis Ie Messager de AIIah
auprès de vous ! Vous m'avez répondu :
"Menteur !", sauf Aboû Bakr qui, Iui, m'a cru !" (Rapporté par BOUKHARI)
AU SERVICE DE L'ISLAM
1. L'accompagnement du Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient
sur Iui)
Les savants de I'IsIam ont rapporté qu'Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) a
accompagné Ie Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) tout
au Iong de sa mission, et a été omniprésent à ses côtés depuis Ie jour de son
adhésion, jusqu'à Ia mort du Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de
AIIah soient sur Iui). II ne I'a pas quitté ni pour un dépIacement, ni pour un séjour au
Ioin, excepté Iorsque Ie Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur
Iui) Iui a confié certaines missions, comme par exempIe Iorsqu'iI I'a désigné à Ia tête
des pèIerins musuImans en I'an 9 de I'hégire.
Aboû Bakr a participé aux côtés du Messager de AIIah à toutes Ies bataiIIes qui ont
opposé Ies musuImans aux mécréants. II a été honoré par Ie Messager de AIIah qui
I'a choisi comme unique compagnon Iors de son émigradon de Ia Mecque vers
Médine. AIIah a rendu éterneI cet accompagnement dans Sa ParoIe révéIée: "Et se
trouvant au fond de Ia grotte, seuI à seuI avec son compagnon..." (S9/V40).
II a déIaissé Ies siens pour Ia cause de AIIah, et a dépensé toute sa fortune au
service de I'IsIam. II fut un des rares Compagnons à rester ferme dans Ies situations
Ies pIus critiques, et n'a pas douté un instant de I'appui octroyé par AIIah à Son
Messager, Iors de Ia bataiIIe d'Ouhoud et de Ia bataiIIe de Hounaïn, aIors que tout Ie
monde avait pris Ia fuite ! 'AIî (Que AIIah soit satisfait de Iui) a rapporté que Ie
Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) Iui avait dit
à Iui et à Aboû Bakr, Ie jour de Ia bataiIIe de Badr : "Avec I'un d'entre vous, iI y a
I'ange GabrieI, et avec I'autre, iI y a I'ange MichaeI !" (Rapporté par AHMAD et AL
HAKIM)
2. Son courage et ses sacrifices
Les deux hadîth suivants montrent Ie courage dont faisait preuve Aboû Bakr (Que
AIIah soit satisfait de Iui) :
'Orwa Ibn az-Zoubaïr a raconté qu'iI avait demandé à 'Abd-AIIâh Ibn 'Amr Ibn AI 'Ass
de Iui parIer de ce que Ies mécréants avaient fait subir de pIus dur au Messager de
AIIah. II répondit : "J'ai vu 'Oqba Ibn Mou'aït, aIors que Ie Prophète (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) était absorbé dans sa prière dans un
coin de Ia Ka'ba, prendre son vêtement, Ie passer autour du cou du Prophète et
I'étrangIer gravement avec ; aIors Aboû Bakr est arrivé et I'a repoussé en disant :
"Vous vouIez tuer un homme qui dit : "Mon Seigneur, c'est AIIah, et qui vous
apporte Ies preuves de votre AIIah ! ?" (Rapporté par BOUKHARI)
'Aïcha (Que AIIah soit satisfait d'eIIe) a raconté : "Lorsque Ies Compagnons du
Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) eurent atteint Ie
nombre de trente-huit hommes, Aboû Bakr insista auprès du Prophète (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) pour qu'iI procIame en pubIic son
message. Le Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) Iui fit
remarquer que Ies musuImans étaient encore très peu nombreux ; mais iI n'a pas
cessé d'insister auprès du Prophète jusqu'à ce qu'iI acceptât ; aIors Ies musuImans
se réfugièrent dans Ia mosquée auprès de membres de Ieur cIan, et Aboû Bakr se
Ieva et prononça un discours dans IequeI iI appeIa Ies Qouraïchites à adorer AIIah,
et à suivre Son Messager. Aussitôt, Ies mécréants se jetèrent sur Aboû Bakr et Ie
frappèrent durement, presque jusqu'à Ie défigurer ! (Rapporté par IBN 'ASSAKIR).
Aboû Bakr fut Ie premier homme à prêcher pour I'IsIam.
Le message de I'IsIam rendit Ies Mecquois pIeins de haine contre Ie Prophète et Ies
nouveaux convertis. Mohammad (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur
Iui) se moquait ouvertement de Ieurs idoIes, et Ieur montrait I'erreur dans IaqueIIe iIs
se cantonnaient en adorant des pierres inertes qu'iIs scuIptaient de Ieurs propres
mains ! La réaction des mécréants de Ià Mecque, et pIus spéciaIement ceIIe d'un de
Ieurs chefs, Aboû JahI, fut vioIente, et Ies persécutions furent crueIIes envers Ies
musuImans, surtout envers Ies escIaves convertis, et ceux qui n'avaient pas
d'origine nobIe, ou qui ne jouissaient pas du soutien d'une tribu puissante ou d'un
cIan réputé. Ces gens furent Ies premières victimes des exactions commises par Ies
mécréants. IIs ne pouvaient fuir Ies tortures, mais refusaient aussi de renier Ieur
foi : on Ies affamait en Ies privant de nourriture et d'eau, on Ies fouettait, on Ies
brûIait au fer, on Ies faisait coucher sur Ie sabIe brûIant, on déposait sur Ieurs
poitrines de Iourdes pierres! En dépit de ces tortures, BiIâI (Que AIIah soit satisfait
de Iui) ne cessait de Ies défier en procIamant tout haut son attachement et sa
confiance absoIue en AIIah, iI disait : "Ahad ! Ahad!" (AIIah est Un ! AIIah est Un !)
Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) va mettre Ia fortune que AIIah Iui avait
donnée au service de ses frères dans Ia foi : iI va racheter pIusieurs escIaves
musuImans et Ies Iibérer du joug de I'escIavage et de Ia torture. AIIah (Qu'iI soit
Ioué) a dit à son sujet : "(Un feu fIamboyant) dont sera préservé Ie très pieux, qui
donne de son bien pour se purifier. Non pas en Ie faisant en échange de queIque
bienfait reçu. Mais uniquement par désir de pIaire à son Maître Le Très Haut ; ceIui-
Ià, en vérité, ne sera pas déçu mais sera combIé !" (S92/V 17-21).
Aboû Houraïra (Que AIIah soit satisfait de Iui) a rapporté que Ie Messager de AIIah
(Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a dit : "II n'y a pas de biens
qui m'ont été utiIes (pour défendre Ia cause de AIIah) comme I'argent d'Aboû Bakr!"
aIors Aboû Bakr pIeura et dit : "0 Messager de AIIah, moi et mon argent sommes
pour toi !" (Rapporté par AHMAD)
On a rapporté que Iorsqu'iI se convertit à I'IsIam, Aboû Bakr possédait une fortune
évaIuée à quarante miIIe dinars, et qu'iI a tout dépensé pour Ia cause de AIIah ! (IBN
'ASSAKIR d'après 'Aïcha)
Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) a réussi à Iibérer sept musuImans, qui
étaient tous torturés pour avoir adhérer à I'IsIam : 'Amir Ibn Fouhaïra, Oumm
'Oubaïss, Zanîra, Nahdîya et sa fiIIe, une escIave de Banoû Mou'ammiI et BiIâI (Que
AIIah soit satisfait d'eux tous, et Ies accueiIIe dans Ses Béatitudes).
SeIon Ies historiens, Ies Mecquois n'ont pas hésité à utiIiser tous Ies procédés afin
d'asphyxier Ie nouveau message et de décourager Ies nouveIIes adhésions, et à
faire apostasier ceux qui étaient déjà musuImans. Ainsi, AI 'Ass Ibn Wâ'iI refusa de
payer ses dettes à Khabbâb Ibn AI Aratt qui était devenu musuIman. Ibn Hichâm a
rapporté dans sa Sîra : "Quant à Aboû JahI, s'iI entendait dire qu'unteI avait rejoint
Ia nouveIIe reIigion de Mohammad, s'iI s'agissait d'un nobIe et d'un puissant, iI Iui
faisait des reproches et des insuItes, en Ie traitant de renégat, et s'iI était
commerçant, iI Iui disait : "Par AIIah, nous ferons en sorte que pIus personne
n'achète tes marchandises, jusqu'à ce qu'eIIes pourrissent. Si Ie converti était un
faibIe, sans défense, iI Ie frappait et poussait Ies autres à agir de Ia même manière !
3. L'émigration en Abyssinie
Le simpIe fait de vivre à Ia Mecque était devenu périIIeux pour Ies nouveaux
adhérents à I'IsIam. Dans chaque cIan, chaque tribu, iI y avait de nouveaux
musuImans. Cette situation décIencha une foIie meurtrière et un terribIe
acharnement de Ia part de Qouraïch et de ses aIIiés à I'encontre du Prophète et des
ses Compagnons : Ies ennemis des musuImans étaient même des membres de Ieur
propre famiIIe. AIors Ie Prophète de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah
soient sur Iui) conseiIIa à ses fidèIes de partir en Abyssinie, en Ieur disant : "Partez
en Abyssinie, où iI y a un roi auprès duqueI personne n'est Iésé, et nuI ne saurait
I'opprimer ; c'est un pays de vérité ! Restez-y jusqu'à ce que AIIah rende Ies choses
pIus aisées." (IBN HI-CHAM, Sîra, tome 1, p. 280)
Les ennuis d'Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) n'étaient pas moindres que
ceux des autres musuImans, bien qu'iI fût membre du ConseiI des Sages de Ia cité
de Ia Mecque, et que Ia réputation de ses æuvres phiIanthropiques dépassait Ia
Mecque eIIe-même. A son tour, iI fut contraint de quitter son pays, et demanda Ia
permission du Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur
Iui) de pouvoir partir Iui aussi en Abyssinie. II prit Ie chemin du Yémen, pour s'y
embarquer dans un port. Lorsqu'iI arriva dans Ia région de Qârah, Ie chef de
I'endroit, Ibn Ad-Doughounna, fut étonné et choqué de savoir qu'un homme aussi
iIIustre qu'Aboû Bakr se trouvait, Iui aussi, obIigé de quitter sa patrie ! Très touché,
iI offrit à Aboû Bakr sa protection, et Ie ramena à Ia Mecque où iI décIara
pubIiquement qu'iI serait désormais Ie protecteur d'Aboû Bakr. II faut savoir qu'Ibn
Ad-Doughounna était un aIIié miIitaire de Qouraïch ; c'est pour cette raison que Ies
Qouraïchi-tes acceptèrent cette intervention. Après queIque temps, Ies Mecquois
firent demander à Ibn Ad-Doughounna de dire à son protégé de ne pIus réciter Ie
Coran en pubIic, car ceIa attirait Ies femmes et Ies jeunes gens ainsi que Ies
escIaves de son voisinage. Ibn Ad-Doughounna demanda à Aboû Bakr de ne pas
rendre sa position pIus difficiIe et de cesser son prêche ; mais Aboû Bakr répondit
courageusement à son protecteur : "Je n'ai pIus besoin de ta protection ! AIIah me
suffit !", iI décida néanmoins de rester à Ia Mecque, et de renoncer à I'émigration en
Abyssi-nie, car de graves événements se préparaient, et des compIots se tramaient
qui menaçaient Ia vie même du Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de
AIIah soient sur Iui) ! (IBN HICHAM, Sîra)
Les persécutions que rencontraient Ies musuImans étaient si vioIentes que Ie
Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) conseiIIa à
ses Compagnons d'émigrer en Abyssinie pour échapper à Ia répression de
Qouraïch. C'est ainsi qu'iIs partirent au mois de Rajab de Ia dixième année de Ia
mission du Prophète (615 apr. J. C.). IIs étaient douze hommes et quatre femmes.
Certains avaient des montures, et d'autres marchaient à pied. AIIah Ies protégea
jusqu'à ce qu'iIs rejoignissent Ia côte, où iIs s'embarquèrent sur deux navires. C'est
Iorsque Ies musuImans apprirent Ia nouveIIe de Ia conversion de 'Omar Ibn AI
Khattâb (Que AIIah soit satisfait de Iui), et que Ie message sortait de Ia cIandestinité,
qu'iIs retournèrent à Ia Mecque. Mais Ies Qouraïchites avaient entre-temps envoyé
un émissaire auprès du Négus (Ie Roi d'Abyssinie) pour Iui demander de rapatrier
de force Ies réfugiés musuImans, et cet émissaire avait essuyé un refus ; aIors, à Ia
Mecque, Ies persécutions se firent pIus sauvages encore à I'encontre des
musuImans. Cette situation très difficiIe, poussa Ie Prophète de AIIah à conseiIIer à
ses Compagnons de repartir de nouveau pour se réfugier auprès de ce roi juste. IIs
étaient, cette fois, quatre-vingts-trois hommes, ainsi que onze femmes Qouraïchites
et sept femmes d'autres tribus. IIs s'étabIirent en paix dans ce pays. Quand Ie
Messager de AIIah émigra à Médine, trente-trois hommes et huit femmes Ie
rejoignirent ; deux hommes moururent à Ia Mecque après Ieur retour, et sept autres
personnes furent retenues par Ies Qouraïchites.
Lorsque Ies gens de Ia tribu de Qouraïch constatèrent Ia manière avec IaqueIIe Ie
Négus (roi d'Abyssinie) avait accueiIIi Ies musuImans et Ies avait honorés, Ieur
haine à I'encontre du Prophète de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah
soient sur Iui) et des musuImans restés à Ia Mecque s'accentua. De pIus, Ia
conversion de 'Omar Ibn AI Khattâb et de Hamza agaça Ies Mecquois, qui prirent Ia
ferme résoIution de boycotter Ie cIan des Banoû Hâchim, d'isoIer Ies musuImans
dans une vaIIée aride, et de Ieur faire subir un bIocus socio-économique pour Ies
affamer. Ceci dura trois années, trois années de souffrance qui s'achevèrent avec Ia
mort des deux soutiens du Messager de AIIah : son oncIe Aboû TâIib et I'épouse du
Prophète (Ia mère des croyants) Khadîja (que AIIah soit satisfait d'eIIe). C'était en
I'an dix de Ia mission prophétique (620 apr. J. C.).
Après cette épreuve. AIIah amena par Sa voIonté certains notabIes de Qouraïch à
rompre Ie pacte avec Ies Ieurs, et à restituer à Ia tribu des Banoû Hâchim Ie droit de
rentrer chez eux.
C'est dans ce contexte de deuiIs, de persécutions et de répressions permanentes
que I'événement d'aI-issrâ' wa-I-mi'râj va avoir Iieu, pour réconforter Ie Messager de
AIIah et Ies musuImans.
4. L'événement du voyage nocturne et de I'ascension (aI issrâ wa-I-mi'râj) du
Prophète, et Ia réaction d'Aboû Bakr
AIIah (Que soit Iouée Sa Toute-Puissance) a dit : "GIoire à CeIui Qui fit voyager
Son serviteur Ia nuit, de Ia Sainte Mosquée à Ia Mosquée très éIoignée dont Nous
avons béni Ies abords afin de Iui montrer certains de Nos Signes. Certes, AIIah est,
entre tous, L'Audient, L'Omniscient." (S17/V1).
AIIah invita auprès de Lui Son Envoyé (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient
sur Iui). Cette rencontre avec Le Seigneur, fut Ie décIenchement d'une nouveIIe
phase de Ia mission prophétique : ce fut durant cette nuit céIeste que AIIah
prescrivit Ia prière, moyen de renforcement fondamentaI de Ia foi, pour empIir Ie
fidèIe de I'omniprésence de AIIah dans sa vie. Ce fut Ie voyage d'une nuit de Ia
Mecque vers AI Qoudss (JérusaIem), où Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et
Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) guida tous Ies messagers dans une prière commune,
marquant ainsi Ie parachèvement de Ia reIigion divine par I'uItime message que
AIIah adressait à I'humanité. Quant à I'ascension, eIIe fut une rencontre intime avec
Ie Seigneur : AIIah dévoiIa à Son serviteur éIu ce qu'iI vouIut de Ses Signes ; puis ce
fut Ie retour sur Ia terre avec pIus d'énergie, pIus de confiance en Ia victoire de
AIIah.
En quoi consista I'événement d'aI issrâ' wa-I-mi'râj ? D'après MâIik Ibn Sa'sa' (Que
AIIah soit satisfait de Iui et de son père), Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et
Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) Ieur a parIé de ce qui s'est passé Ia nuit où iI a été
transporté vers Ia Mosquée d'al Aqsâ, puis son ascension vers Ies cieux :
"J'étais couché, j'étais entre I'éveiI et Ie sommeiI, et voiIà que queIqu'un se présenta
à moi (iI s'agissait de I'ange GabrieI), qui m'ouvrit Ia poitrine, sortit mon cæur et Ie
Iava dans une cuvette en or, rempIie de certitude et de foi (imân) ; iI m'en rempIit Ie
cæur. Puis on fit venir une monture qui n'était pas un muIet, mais pourtant d'une
race supérieure à I'âne, de couIeur bIanche..." (Le rapporteur du hadîth mentionna
qu'iI s'agissait de Bourâq).
"Le Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) dit ensuite :
"Nous nous en aIIâmes ; j'étais toujours accompagné de GabrieI (Paix sur Iui). Nous
montâmes au cieI ;
Ies gardiens du premier cieI demandèrent : "Qui est-ce ?" GabrieI Ieur répondit que
c'était Jibrâ'îI (GabrieI) en compagnie de Mohammad, qui avait été convié par AIIah
(Loué soit Son Nom). On nous ouvrit, iIs me souhaitèrent Ia bienvenue, et on me
présenta au premier cieI : mon père Adam (Paix sur Iui) m'accueiIIit avec égards, en
me disant : "Bienvenue à mon enfant pieux !" ; iI en fut de même au deuxième cieI,
où je vis Ies deux cousins Jésus ('Issâ) et Jean-Baptiste (Yahyâ) ; dans Ie troisième
cieI, je vis Joseph (Yoûssouf) ; dans Ie quatrième, Enoch (Idrîss) ; dans Ie
cinquième, Aaron (Hâroûn) ; dans Ie sixième. Moïse (Moussa), et dans Ie septième
cieI, Abraham (Ibrâhim) ; puis je fus conduit vers Ia Iimite céIeste (sidrat aI
mountahâ).
"L'ange GabrieI me Iaissa, me disant qu'iI ne pouvait m'accompagner pIus Ioin car,
au-deIà de cette Iimite, iI serait consumé par I'apparition divine. J'entendis Ie bruit
de Ia PIume {aI qaIam) inscrivant Ies décisions divines et Ies prédestinations. Là, je
me prosternai devant mon Seigneur... Puis AIIah me prescrivit cinquante prières.
Lorsque je repassai auprès de Moïse, ceIui-ci me demanda combien de prières mon
Seigneur m'avait prescrites ; je Iui répondit : "Cinquante prières par jour". II me
recommanda de retourner auprès du Seigneur afin de demander un aIIégement pour
ma communauté, car AIIah avait prescrit moins que ceIa aux fiIs d'IsraëI, qui n'ont
pas pu s'en acquitter!"
"Le Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) s'en retourna
donc auprès de AIIah, Qui réduisit Ies prières de dix, mais chaque fois Moïse
demandait au Prophète de retourner auprès de AIIah pour demander une
diminution, et ce, jusqu'à ce que AIIah prescrivît définitivement cinq prières par jour,
dont Ie mérite serait cependant de cinquante prières." (IBN HICHAM, Sîra)
Le Iendemain, Iorsque Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah
soient sur Iui) informa Ies Qouraïchites de son voyage, iIs se mirent à se moquer de
Iui. Mais Aboû Bakr, Ie sincère, ceIui qui connaissait Ia véracité de Ia paroIe de
Mohammad et son honnêteté, dès qu'iI fut informé des dires du Prophète, répondit :
"S'iI I'a dit, c'est que ceIa est vrai ! Je Ie crois déjà pour pIus que ceIa, Iorsqu'iI me
dit qu'iI reçoit Ies nouveIIes du cieI !" Dès ce jour, Aboû Bakr acquit Ie surnom d'as-
Siddîq (Ie véridique).
5. al hijra (L'émigration du Prophète à Médine), et I'honneur accordé à Aboû Bakr
d'être son compagnon du voyage
L'émigration du Prophète à Médine eut Iieu Ie 12 Rabî' 1 / 622 apr. J. C.
AIIah Le Très Haut a dit : "Ceux qui se joignirent au Prophète dans son exiI, ceux qui
se pressèrent de Ies accueiIIir, ceux qui Ies suivront dans Ia bonne voie, tous
recueiIIeront en échange, Ia vive satisfaction de AIIah. IIs Lui témoigneront Ia Ieur
pour Ies bienfaits qu 'iIs recevront de Sa Main généreuse. II Ieur réservent ra auprès
de Lui, et pour I'Eternité, des jardins baignés de ruisseaux. Triomphe incomparabIe,
en vérité !" (S9/V100).
* *
Médine est une oasis fertiIe à quatre-cent-vingt kiIomètres au nord de Ia Mecque par
route, de nos jours. La popuIation arabe de Médine (anciennement dénommée
Yathrib), provenait de deux tribus "AI Awss" et "AI Khazraj".
Les habitants étaient fondamentaIement des Arabes idoIâtres, mais iI y vivait aussi
des juifs, détenteurs d'un Iivre sacré : Ia Thora. Ce voisinage des Arabes avec Ies
juifs avait famiIiarisé Ies premiers avec des notions teIIes que Ia prophétie. Ainsi
quand Mohammad se présenta aux pèIerins de Médine (Yathrib), six d'entre eux
prêtèrent attention aux dires du Prophète Mohammad : grâce à Ieur perspicacité et à
Ia pureté de Ieur esprit, en pIus des données qu'iIs détenaient des juifs sur Ia
prochaine apparition d'un nouveau prophète, iIs furent convaincus et iIs se
convertirent à I'IsIam. IIs prêtèrent Ie serment d'aIIégeance en dehors de Ia Mecque,
à un endroit appeIé "AI 'Aqaba".
De retour chez eux, iIs commencèrent à prêcher Ieur foi auprès des Ieurs ; Ieur
connaissance était Iimitée, mais néanmoins, beaucoup répondirent favorabIement à
cet appeI.
Un an après, Iors du pèIerinage annueI à Ia Ka'ba, une déIégation composée de
douze personnes converties à I'IsIam, se présenta auprès du Messager de AIIah :
dix de Ia tribu des Khazraj, et deux des Awss. Ces personnes prêtèrent Ie serment
d'aIIégeance, au même endroit qui témoignait de I'adhésion voIontaire et
convaincue du premier groupe de convertis médinois à I'IsIam.
Ces deux événements vont donner un souffIe nouveau à Ia mission prophétique, et
seront décisifs dans Ia vie des musuImans de Ia Mecque.
En effet, Mouss'ab (Que AIIah soit satisfait de Iui), que Ie Messager de AIIah (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) avait envoyé à Médine pour enseigner
I'IsIam aux nouveaux convertis, revint au bout d'un an pour annoncer au Messager
de AIIah I'adhésion massive de tous Ies Arabes de Yathrib (Médine) à I'IsIam, à
I'exception de trois famiIIes seuIement !
Ainsi Ies musuImans de Ia Mecque pouvaient-iIs trouver à Médine un nouveau foyer,
où des frères dans Ia foi étaient prêts à Ies accueiIIir et à Ies protéger ; aIors Le
Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) Ieur
ordonna d'émigrer. IIs commencèrent à quitter Ia Mecque par petits groupes pour
fuir Ia répression aveugIe des Qouraïchites qui ne cessaient de s'ampIifier ! Bientôt
iI ne resta pIus à Ia Mecque que Ie Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah
soient sur Iui) et sa famiIIe, Aboû Bakr et sa famiIIe, ainsi que Ies escIaves convertis
à I'IsIam, qui n'avaient pas pu se Iibérer de I'emprise de Ieur maître, ainsi que Ies
femmes et Ies enfants.
Ce départ massif des musuImans inquiéta Ies Qouraïchites, iIs décidèrent donc
d'éIiminer physiquement Ie Prophète de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de
AIIah soient sur Iui). AIIah (GIoire à Lui) en informa Son Messager, en révéIant : "(Et
rappeIIe-toi), quand Ies mécréants compIotaient contre toi, pour t'assassiner ou te
bannir ; en vérité, iIs compIotaient, mais AIIah est, certes. CeIui qui est Ie pIus
capabIe de mettre en échec Ieur stratagème : iI n'est pIus sûres voies que ceIIes de
AIIah !" (S8/V30).
Donc Ie départ des musuImans s'était effectué seIon Ies directives du Prophète
(Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui), dans Ia pIus grande
discrétion, et dans Ia cIandestinité. SeuI, 'Omar Ibn AI Khattâb (Que AIIah soit
satisfait de Iui) I'avait annoncé en pubIic devant Ies Qouraïchites, en Ies défiant.
Quant à Aboû Bakr, chaque fois qu'iI demandait Ia permission d'émigrer, Ie
Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) Iui
ordonnait de rester, et iI Iui disait :
"Ne sois pas pressé ! Peut-être AIIah te donnera-t-II un compagnon !" (IBN HICHAM,
Sîra)
Lorsque Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui)
sut ce que Ies mécréants de Ia Mecque avaient décidé, et après que AIIah (GIoire à
Lui) Iui eût permis d'émigrer à son tour, iI contacta Aboû Bakr, son ami intime, et Iui
confia Ia charge de se doter des provisions nécessaires et de deux montures, puis
iI Iui annonça qu'iI serait son compagnon pour ce voyage accompIi pour AIIah. La
joie d'Aboû Bakr fut immense, Iui qui avait déjà acheté deux chameIIes qu'iI avait
confiées aux soins d'un berger pour Ies faire paître, .dans I'attente d'un départ
éminent !
Dans Ie dernier tiers de Ia nuit, Ie Prophète Mohammad (Que Ia Bénédiction et Ie
SaIut de AIIah soient sur Iui) sortit de chez Iui, à I'insu de ceux qui surveiIIaient sa
maison, et prit Ia route de Médine, en compagnie de ceIui qu'iI avait choisi pour
être son compagnon : Aboû Bakr as-Siddîq.
AIIah Le Très Haut dit, pour expIiquer que ceux qui surveiIIaient Ia maison du
Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) n'aient rien vu :
"Nous avons pIacé devant eux une barrière, et derrière eux une barrière : Ies voiIà
aveugIés, iIs ne peuvent rien voir !" (S36/V9).
Ce fut un voyage rempIi de péripéties, durant IequeI Aboû Bakr fit montre d'un
attachement unique en son genre envers Ia personne du Messager de AIIah (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui). AI Hassan Ibn Abî Hassan AI Basrî a
rapporté que Iorsque Ie Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur
Iui) prit Ie chemin de rémigration en compagnie d'Aboû Bakr, iI se réfugia avec son
compagnon dans Ia caverne de "Thawr", Ie temps de fausser Ies recherches des
Qouraïchites. Lorsqu'iIs arrivèrent près de Ia caverne, Aboû Bakr se précipita à
I'intérieur pour vérifier s'iI n'y avait pas queIque animaI dangereux.
Quand Aboû Bakr avait pris Ie chemin avec Ie Messager de AIIah, iI avait emmené
avec Iui tout son argent, cinq ou six miIIe dirhams, pour Ies mettre au service de
I'Envoyé de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) ; quand Ie
Prophète Ie sut, iI Iui demanda : "Qu'as-tu Iaissé à ta famiIIe ?" Et Aboû Bakr (Que
AIIah soit satisfait de Iui) répondit, avec Ia conviction de ceIui dont Ie cæur est
rempIi par I'omniprésence divine : "Je Ieur ai Iaissé AIIah et Son Prophète !"
Aboû Bakr fit preuve d'une affection et d'une attention particuIières à I'égard de Ia
personne de I'Envoyé de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur
Iui). On a rapporté que tout Ie Iong du trajet vers Yathrib (Médine), tantôt iI marchait
devant Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui),
de crainte qu'un danger ne surgît de devant, et tantôt, se rappeIant que Ie danger
pouvait surgir de derrière, iI se mettait derrière Ie Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie
SaIut de AIIah soient sur Iui) !
L'honneur que Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient
sur Iui) a accordé à Aboû Bakr as-Siddîq était justifié ; iI fut Ie seuI compagnon du
Messager de AIIah aux moments Ies pIus déIicats de sa mission, et Ies pIus décisifs.
Aboû Bakr savait ce que ceIa vouIait dire et que tant d'honneur devait se mériter ;
c'est pour cette raison qu'iI ne faiIIit pas à sa responsabiIité, et ne cessa de se
montrer tout au Iong de sa vie à Ia hauteur de Ia confiance que Iui avait accordée Ie
Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui).
LA PARTICIPATION D'ABOU BAKR DANS LES BATAILLES CONTRE LES
MECREANTS ET SES PRISES DE POSITION
Après tant de persécutions. AIIah (GIoire à Lui) va ordonner à Son Messager de
porter Ia bataiIIe dans Ie terrain des mécréants ; après treize années d'infatigabIes
efforts, et de prêche auprès des Mecquois, I'heure est arrivée pour défendre avec
Ies armes Ia Vérité persécutée, et de faire payer aux mécréants Ieur oppression et
Ieurs exactions.
Le 12 Safar en I'an 2 de I'hégire du Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah
soient sur Iui), AIIah révéIa : "Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de
se défendre), parce qu'iIs sont vraiment Iésés ; et AIIah est certes capabIe de Ies
secourir. Ceux qui ont été expuIsés de Ieurs demeures, sans qu 'iIs aient commis
aucune exaction, simpIement pour avoir dit:
"AIIah est notre Seigneur !"..." (S22/V39-40).
Le Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) mena Iui-même
Ies bataiIIes contre Ies mécréants. La première fut ceIIe d'"AI Abwa'" ou bataiIIe de
"Waddân". EIIe se dérouIa au mois de Safar, douze mois après I'émigration à
Médine. Au totaI, Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah
soient sur Iui) mena dix-neuf ghazwa ou bataiIIes, sans compter ceIIe de Ia reprise
de Ia Mecque. Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) prit part à toutes ces
bataiIIes aux côtés du Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah
soient sur Iui) ; iI y fit preuve de bravoure et de courage. On a rapporté que 'AIî (Que
AIIah soit satisfait de Iui) demanda un jour à des gens présents dans son
assembIée :
"Dites-moi queIIe est Ia personne Ia pIus courageuse d'entre tous (Ies
musuImans) ?" IIs Iui répondirent : "C'est toi !" II dit :
"C'est vrai ! Chaque fois que je me suis trouvé en combat contre queIqu'un,
toujours je suis sorti gagnant ! Mais cependant dites moi, qui est I'homme Ie pIus
courageux ?" IIs répondirent :
"Nous ne savons pas !" AIors 'AIî dit ; "C'est Aboû Bakr ! Le jour de Ia bataiIIe de
Badr, nous avions instaIIé pour Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut
de AIIah soient sur Iui) un auvent pour qu'iI fût à I'ombre du soIeiI, et nous nous
demandâmes qui se chargerait de Ie protéger d'attaques surprises des
Qouraïchites. C'est Aboû Bakr qui se proposa pour cette mission périIIeuse : iI se
tint à Ia hauteur du Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient
sur Iui), tenant son épée à Ia main, et chaque fois qu'un Qouraïchite s'approchait du
Prophète, iI Iui tombait dessus. Certes, Aboû Bakr est I'homme Ie pIus courageux !"
(Rapporté par AL BAZZAR)
Lors de Ia bataiIIe de Badr, I'un des fiIs d'Aboû Bakr, qui n'avait pas adhéré au
message de I'IsIam, se battait du côté des mécréants de Ia Mecque, contre Ies
musuImans. Lorsqu'iI se convertit par Ia suite, iI dit un jour à son père : "0 père ! A
Badr, à deux reprises, tu as été à "portée de mon épée, mais mon amour fiIiaI
m'empêcha de te tuer !" AIors Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) Iui dit :
"Mon fiIs, si moi, j'avais eu une teIIe occasion, tu ne t'en serais pas sorti sain et sauf
!" Cette fermeté d'Aboû Bakr mous montre combien était grande sa fidéIité envers
AIIah et Son Messager. Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) a pu concrétiser
cette quaIité qui garantit à I'individu de pouvoir goûter au pIaisir immense de Ia foi,
c'est: "que AIIah et son Prophète soient pIus chers à ton cæur, que toute autre
chose..." (Rapporté par BOUKHARI)
Pendant Ies pourparIers qui aboutirent au traité d'Aï Houdaï-biya, en I'an 6 de
I'hégire, Aboû Bakr était à côté du Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah
soient sur Iui). Le porte-paroIe des Mecquois était 'Orwa Ibn Mass'oûd Ath-Thaqâ-fî ;
dans Ia discussion, iI tentait de faire renoncer Ie Messager de AIIah à entrer dans Ies
Iieux saints et Iui dit : "Par AIIah, je prévois que ces Compagnons qui te soutiennent
vont te déIaisser demain, car si tu savais ce que Qouraïch a préparé pour
t'empêcher d'y entrer !" AIors Aboû Bakr I'insuIta en humiIiant Ieur divinité et Iui
répIiqua : "Crois-tu que nous aIIons abandonner I'Envoyé de AIIah !" Cette réaction
d'Aboû Bakr montre à queI degré cet homme réputé pour sa gentiIIesse savait
s'imposer pour défendre I'honneur du Prophète de AIIah, et devenait intraitabIe pour
ce qui était de sa conviction.
Aboû Bakr fut un des témoins du traité d'Aï Houdaïbiya qu'a ratifié du côté de
Qouraïch SahI Ibn 'Amr des Banoû 'Amir Ibn Lou'aï. Le déIégué mecquois, nous
rapporte-t-on, était très surpris de Ia fermeté d'Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de
Iui), Iui qui était réputé auparavant pour sa douceur !
La dernière campagne du Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient
sur Iui) fut ceIIe de Taboûk ; eIIe a opposé Ies musuImans aux Byzantins. Le
Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) demanda à
ses Compagnons et aux musuImans en généraI de s'investir compIètement dans
cette bataiIIe décisive et d'apporter une aide maximaIe. Aboû Bakr (Que AIIah soit
satisfait de Iui), à son habitude, Ià encore exceIIa et fit preuve d'un sacrifice unique
pour Ia cause de AIIah : iI déposa tout son argent et tout ce qu'iI possédait devant Ie
Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui), ce qu'iI Iui
vaIut Ia satisfaction du Prophète qui Ie désigna comme porte-étendard de cette
expédition.
Aboû Houraïra (Que AIIah soit satisfait de Iui) a rapporté que Ie Messager de AIIah
(Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a dit : "Toute personne qui
m'a prêté main forte, j'ai pu I'en récompenser, excepté Aboû Bakr : iI a eu pour moi
tant de bienfaits, que seuI AIIah saura I'en récompenser au Jour du Jugement
dernier, et en vérité, iI n'y a pas d'argent qui m'ait été aussi utiIe, comme I'a été
I'argent d'Aboû Bakr !" (Rapporté par TIRMIDHI)
Ibn Kathîr a rapporté d'après Ibn 'Abbâss, Anass, 'AIî, Jâbir Ibn 'Abd-AIIâh et Aboû
Sa'îd AI Khoudri (Que AIIah soit satisfait d'eux), que Ie Messager de AIIah (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) disposait de I'argent d'Aboû Bakr
comme s'iI était Ie sien !"
LES MERITES D'ABOU BAKR ET SA SCIENCE .
Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) se comptait au nombre des savants parmi
Ies Compagnons du Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui).
1. Ce que I'on a rapporté de Iui
Ibn Sa'd a rapporté que Iorsqu'on a demandé à Ibn 'Omar (Que AIIah soit satisfait de
Iui) queIs étaient Ies Compagnons qui étaient réputés par Ieur savoir, et à qui on
s'adressait pour obtenir des réponses juridiques !atâwa}, iI répondit : "SeuIs Aboû
Bakr et 'Omar avaient I'habitude de Ie faire, du vivant du Prophète de AIIah (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) !"
Dans une autre version. AI Qâssim Ibn Mohammad a rapporté qu'Aboû Bakr, 'Omar,
'Othmân et 'AIî avaient coutume de donner des réponses juridiques du vivant du
Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui).
Ibn Kathîr a dit : "Aboû Bakr était Ie pIus savant dans Ie Livre de AIIah parmi Ies
Compagnons, car iI est arrivé au Messager de AIIah de Ie désigner pour diriger Ia
prière à sa pIace, or Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah
soient sur Iui) a dit par aiIIeurs : "CeIui qui guide Ies autres dans Ia prière doit être
Ie pIus savant d'entre eux !"
'Aïcha (Que AIIah soit satisfait d'eIIe) a rapporté que I'Envoyé de AIIah (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a dit : "II ne peut être question,
Iorsqu' Aboû Bakr est présent dans un groupe, que ce soit queIqu'un d'autre que Iui
qui dirige Ia prière !" (Rapporté par TIRMIDHI)
"'imâm An-Nawawî a rapporté qu'Aboû Bakr faisait partie des Compagnons qui
avaient mémorisé Ia totaIité du Coran.
En pIus, iI était I'un des pIus savants dans Ia s#$nna du Prophète (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui), car iI fut Ie Compagnon du Prophète
de AIIah, du début de sa mission prophétique jusqu'à sa mort. Et si nous n'avons
pas beaucoup de hadîth rapportés par Iui, c'est qu'iI n'a pas vécu Iongtemps après
Ie Prophète, et que Ies charges de I'Etat qui Iui ont été confiées ne Iui ont pas Iaissé
de temps pour I'enseignement et Ia transmission.
Ibn Kathîr a rapporté qu'Aboû Bakr était queIqu'un de très éIoquent, et sa réputation
est confirmée en Ia matière.
Al%imâm Ahmad Ibn HanbaI a affirmé que Ia #$mma (Ia communauté) considère à
I'unanimité que Ie meiIIeur des hommes après Ie Messager de AIIah (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui), est Aboû Bakr, puis 'Omar.
Tirmidhî a rapporté que 'Omar Ibn AI Khattâb (Que AIIah soit satisfait de Iui) a dit :
"Aboû Bakr est notre "maître", et iI est Ie meiIIeur d'entre nous tous. II était Ie pIus
aimé d'entre nous par Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah
soient sur Iui)."
'Abd-AIIâh Ibn Chaqîq a raconté avoir demandé à 'Aïcha (Que AIIah soit satisfait
d'eIIe) qui d'entre Ies Compagnons était Ie pIus aimé par Ie Prophète de AIIah (Que
Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) ?" EIIe répondit : "Aboû Bakr !"
-"Puis qui ?" - EIIe répondit : "Puis 'Omar !" - "Puis qui ?" - EIIe répondit : "Puis
'Oubaïda Ibn AI Jarrâh". (Rapporté par NAS-SA'I et AL HAKIM)
2. Les versets coraniques révéIés à son sujet
AIIah (Qu'iI soit Ioué) a dit : "...Si vous ne Iui portez pas secours... AIIah I'a déjà
secouru, Iorsque ceux qui avaient mécru I'avaient banni, deuxième de deux. Quand
iIs étaient dans Ia grotte et qu'iI disait à son compagnon : "Ne t'affIige pas, AIIah est
avec nous !" (S9/V40). Les musuImans disent à I'unanimité que Ie Compagnon dont
iI est question ici est Aboû Bakr.
AIIah Le Très Haut a dit aussi : "...AIIah fit descendre sur Iui Sa sérénité..." (S9/V40).
&S$r l$i&, c'est-à-dire sur Aboû Bakr.
AIIah Le Très Haut a dit : "Quant à ceIui qui donne et craint AIIah, et décIare
véridique Ia voie de Ia bonne récompense, Nous Iui faciIiterons Ia voie de I'aisance...
" (S91/V5-7). Ibn Mass'oûd a dit au sujet de cette sourate, qu'iI s'agissait d'Aboû
Bakr Iorsqu'iI racheta BiIâI (que AIIah soit satisfait de Iui) à Oumayya et Oubaï Ibn
KhaIaf, puis Aboû Bakr Iui rendit sa Iiberté.
Et quand AIIah a dit : "...Certes, vos æuvres sont divergentes!" (S91/V4). C'est-à-dire
: Ies æuvres d'Aboû Bakr et ceIIes d'Ou-mayya et d'Oubaï ne sont pas, certes, Ies
mêmes !
Ibn Jarîr a rapporté, d'après 'Amir Ibn 'Abd-AIIâh Ibn Az-Zoubaïr, qu'Aboû Bakr
avait I'habitude de racheter de vieiIIes personnes escIaves qui se convertissaient à
I'IsIam, ainsi que Ies femmes, et Ies affranchissait ensuite ; aIors son père Iui dit :
"Mon fiIs ! Si tu rachetais des hommes forts et que tu Ies Iibères, ce serait mieux
pour toi, car iIs pourraient te défendre, et repousser de toi toute nuisance !" Aboû
Bakr Iui répondit : "0 père, je ne cherche que ce qui est auprès de AIIah !" C'est
aIors que AIIah révéIa : "...Quant à ceIui qui donne et craint AIIah, et décIare
véridique Ia voie de Ia bonne récompense, Nous Iui faciIiterons Ia voie de
I'aisance..." (S91/V5-7).
D'après 'Abd-AIIâh Ibn Az-Zoubaïr,'c'est au sujet d'Aboû Bakr que AIIah a révéIé ce
verset : "...CeIui qui empIoie ses richesses pour faire Ie bien et qui se purifie... II
n'accorde ses bienfaits qu 'en cherchant Ia Face de son Maître Le pIus EIevé, et iI
sera très certainement satisfait." (S91/V 18-21). (Rapporté par AL BAZZAR)
'Aïcha (Que AIIah soit satisfait d'eIIe) a raconté que jamais Aboû Bakr n'a faiIIi à un
serment, jusqu'à ce que AIIah révèIe Ie jugement se rapportant à I'expiation des
serments {Kaffârat aI yamîn)
1
:' (Rapporté par BOUKHARI) Voir S5/V89, au sujet de
I'expiation du serment non tenu.
Oussaïd Ibn Safwân a rapporté que 'AIî ( Que AIIah soit satisfait de Iui) a dit :
"Concernant Ia ParoIe de AIIah : "CeIui qui apporta Ia Vérité...", iI s'agit ici de
Mohammad ; puis AIIah ajoute : "...et ceIui qui y crut" (S39/V33), iI s'agit aIors
d'Aboû Bakr." (Rapporté par AL BAZZAR et IBN 'ASSAKIR)
Quant au verset : "...ConsuIte-Ies sur toute chose. " (S3/V159). Ibn 'Abbâss a dit : "II
s'agit d'Aboû Bakr et de 'Omar Ibn AI Khattâb." (Rapporté par AL HAKIM)
Ibn Chawdhab a dit : "A propos de Ia ParoIe de AIIah : "Ceux, au contraire, qui
auront été hantés par Ia crainte de Ieur Seigneur auront deux paradis (jardins)"
(S55/V46), AIIah annonce à travers ce verset Ia bonne nouveIIe à Aboû Bakr."
(Rapporté par IBN ABI HATIM)
Au sujet de Ia ParoIe de AIIah : "...Si au contraire vous cherchez à conjurer contre
Iui, sachez aIors que AIIah est Son AIIié, et qu'iI a derrière Iui, comme soutiens,
GabrieI et Ies vertueux d'entre Ies croyants. " (S66/V4). D'après Ibn 'Abbâss et Ibn
'Omar, ce verset a été révéIé au sujet d'Aboû Bakr et de 'Omar. (Rapporté par
TABARANI)
'Abd-AIIâh Ibn Houmaïd a rapporté dans son exégèse, d'après Moujâhid, que
Iorsque AIIah a révéIé Ie verset suivant : "Certes, AIIah et Ses Anges prient sur Ie
Prophète.." (S33/V56), Aboû Bakr a dit : "0 Messager de AIIah, chaque fois que AIIah
te donne du bien. II nous y associe !" AIors AIIah Le Très Haut a révéIé : "C'est Lui
(AIIah), qui prie sur vous, ainsi que Ses Anges pour vous faire sortir des ténèbres
vers Ia Iumière. " (S33/V43).
Quant à Ia ParoIe de AIIah : "Et Nous avons recommandé à I'Homme d'être bon
envers ses parents. Sa mère Ie porte dans Ia douIeur, et I'enfante dans Ia douIeur,
gestation et sevrage durent trente mois ; puis quand iI atteint sa maturité, à I'âge de
quarante ans, iI dit : "Seigneur ! Inspire-moi pour que je Te rende grâce pour Tes
bienfaits ainsi que pour Tes bienfaits envers mes parents. Et dirige-moi pour
accompIir des æuvres pies, qui Te rendent satisfait de moi, et bénis ma
descendance pour qu 'eIIe soit vertueuse. Je me repens à Toi, et je me range au côté
des soumis. De teIs hommes Nous agréerons Ies meiIIeurs de Ieurs actes, et Nous
passerons outre Ies moins bons. IIs seront parmi Ies gens du Paradis de par Ia
Promesse de Vérité qui Ieur a été faite." (S46/V15-16), Ibn 'Abbâss a dit : "Ce verset
a été révéIé au sujet d'Aboû Bakr." (IBN 'ASSAKIR)
Ces attestations de AIIah Le Très Haut en faveur de Ia personne d'Aboû Bakr
montrent cIairement que Ie choix, que Ies musuImans firent par Ia suite pour Ie
désigner à Ia tête de Ia communauté, était justifié. Aboû Bakr (Que AIIah soit
satisfait de Iui) va se montrer digne de cette éIection, continuer I'æuvre du Prophète
de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui), et veiIIer à I'unité de
Ia #$mma.
L'ELECTION D'ABOU BAKR
1. Les indices sur Ia désignation d'Aboû Bakr
Nombreux sont Ies hadîth du Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah
soient sur Iui), qui manifestement Ie désignaient comme son successeur direct à Ia
tête de Ia communauté. En pIus, à de nombreuses occasions, Ie Messager de AIIah
(Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a montré sa préférence envers
Aboû Bakr pour diriger Ies musuImans dans Ies prières ; ainsi pendant sa dernière
maIadie, iI fut teIIement affaibIi qu'iI ne put se rendre à Ia mosquée pour guider Ies
gens dans Ia prière, aIors Ie Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient
sur Iui) désigna Aboû Bakr pour cette charge, maIgré Ies recommandations de
'Aïcha afin que Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient
sur Iui) Ie décharge de cette responsabiIité ; 'Aïcha (Que AIIah soit satisfait d'eIIe) a
justifié son intervention, afin que Ie Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de
AIIah soient sur Iui) nommât queIqu'un d'autre, en expIiquant que son père (Aboû
Bakr) était un homme très sensibIe, qui pIeurait faciIement pendant Ia prière et que
Ies musuImans risquaient de ne pas entendre sa voix ! Mais Ie Prophète (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) insista et se mit même en coIère.
(Rapporté par BOUKHARI et MOUSLIM)
Un jour où Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) était absent, Ie Prophète (Que
Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) ordonna aux musuImans de prier
sans Iui ; aIors, on demanda à 'Omar de s'avancer pour diriger Ia prière. Quand Ie
Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) entendit Ia voix de
'Omar, iI se fâcha et dit : "Non ! Nop ! Non ! AIIah et Ies musuImans ne veuIent
qu'Aboû Bakr pour diriger Ia prière !" {hadîth moutawâtir), rapporté aussi par 'Aïcha,
Ibn Mass'oûd, Aboû Sa'îd, Hafsa, 'AIî Ibn Abî TâIib, et Ibn 'Abbâss (Que AIIah soit
satisfait d'eux tous).
Après que Ies musuImans eurent repris Ia Mecque aux mécréants de Qouraïch, en
I'an 8 de I'hégire, Ie Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui)
désigna Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) pour diriger Ies musuImans dans
I'accompIissement des rites au premier pèIerinage hajj) sous I'IsIam de I'année
suivante.
Houdhaïfa (Que AIIah soit satisfait de Iui) a rapporté que Ie Prophète (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a dit : "Prenez exempIe sur ceux qui
viendront après moi : Aboû Bakr et 'Omar !" (Rapporté par TIRMIDHI et AL HAKIM)
'Abd-AIIâh Ibn 'Omar (Que AIIah soit satisfait de Iui et de son père) a rapporté avoir
entendu Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur
Iui) dire : "Onze caIifes me succéderont ; quant à Aboû Bakr, iI restera peu de
temps !" (Rapporté par AL BAGHAWI, avec une chaîne de transmission jugée
bonne hassan)).
Lors de sa maIadie, Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah
soient sur Iui) a dit : "Fermez toutes Ies portes des maisons privées qui donnent
sur I'intérieur de Ia mosquée, et ne Iaissez parmi eIIes que Ia porte d'Aboû Bakr !"
(Rapporté par IBN 'ADIY, d'après Anass Ibn MâIik). Ce hadîth est appuyé par des
versions simiIaires rapportées par BOUKHARI, MOUSLIM, TIRMIDHI, TABARANI et
AI BAZZAR.
Les savants musuImans sont unanimes à considérer que ces hadîth désignent
cIairement et sans ambiguïté Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui), pour
succéder au Prophète de AIIah, à Ia tête de Ia communauté.
Joubaïr Ibn Mout'im a rapporté d'après son père (Que AIIah soit satisfait de Iui)
qu'une femme s'est présentée auprès du Prophète de AIIah (pour affaire) ; Ie
Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) Iui dit de revenir
une autre fois. La femme Iui demanda : "...Et si je ne te retrouvais pIus (en vie) ! ?"
AIors Ie Messager de AIIah Iui dit : "Si tu ne me trouvais pIus, adresse-toi aIors à
Aboû Bakr." (Rapporté par BOUKHARI et MOUSLIM)
On a demandé à 'Aïcha (Que AIIah soit satisfait d'eIIe) : "Si Ie Prophète (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) avait pu désigner queIqu'un à sa
succession, qui aurait-iI pu choisir ?" EIIe répondit : "CeIa aurait été Aboû Bakr !"
On Iui demanda : "Puis qui ?" EIIe répondit : '"Omar !" On Iui demanda: "Puis
qui ?" EIIe. répondit : "Aboû 'Oubaïda Ibn AI Jarrâh !" (Rapporté par MOUSLIM)
Tous ces hadîth démontrent Ia prééminence d'Aboû Bakr sur I'ensembIe des
Compagnons (Que AIIah soit satisfait d'eux tous).
'imâm Châfi'î (Paix à son âme) a dit : "Toute Ia communauté était unanime quant à
I'accession d'Aboû Bakr au caIifat, car après Ia mort du Prophète (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui), iI était nécessaire que Ia
communauté ait un chef, et on n'a pas trouvé un homme meiIIeur qu'Aboû Bakr, et
c'est pour ceIa qu'iIs Iui ont prêté serment d'aIIégeance !" (Rapporté par AL
BAIHAQI)
( ( (
L'amour qu'éprouvaient Ies musuImans envers Ie Messager de AIIah (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) était unique, et quand I'Envoyé de
AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) rendit Ie dernier soupir,
Ie choc fut terribIe. Le décès du Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de
AIIah soient sur Iui) stupéfia tout Ie monde, Ies réactions étaient empreintes de
douIeur, et parfois vides de toute Iogique. Ainsi 'Omar Ibn AI Khattâb (Que AIIah soit
satisfait de Iui) tira son épée et décIara : "Le Messager de AIIah n'est pas mort, iI est
aIIé vers Son Seigneur, comme Ie fut Moïse, et iI va revenir ! CeIui qui dira que
Mohammad est mort, je Iui trancherai Ia tête !"
Quand Ie Messager de AIIah est mort, Aboû Bakr n'était pas Ià: après Iui avoir
demandé Ia permission, iI était parti pour rendre visite à son épouse, en dehors de
Médine ; Iorsqu'on I'envoya chercher, iI entra dans Ia maison du Prophète (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui), Ie saIua, I'embrassa sur Ie front et
dit : "Par mon père et ma mère que je sacrifierais pour toi ! Tu sens bon ; tu Ie
sentais de ton vivant, et même mort ! Par Ie Seigneur de Ia Ka'ba ! Mohammad est
mort !"
Quand iI entra dans Ia mosquée, et entendit 'Omar menacer toute personne qui
affirmerait Ia mort de I'Envoyé de AIIah, iI interpeIIa Ies musuImans et Ieur dit : "0
peupIe ! Que ceux d'entre vous qui adoraient Mohammad, sachent que Mohammad
est mort ! Quant à ceux qui adorent AIIah, qu'iIs sachent que AIIah est Vivant et ne
meurt pas ; puis iI a récité Ia ParoIe de AIIah : "En vérité, Mohammad n'est qu'un
messager, comme d'autres messagers qui I'ont précédé. Si jamais iI mourait ou
venait à être tué, seriez-vous hommes à retourner sur vos pas, et à vous décIarer
renégats ? Quiconque Ie fait, ne nuira en rien à AIIah ; et AIIah récompensera, à Ieur
juste vaIeur, Ies personnes reconnaissantes." (S3/V144).
Ce discours d'Aboû Bakr eut un effet direct sur Ies musuImans, car iI Ieur a rappeIé
une vérité dogmatique qu'iIs avaient oubIiée dans ce moment de deuiI : c'était que
Mohammad était un morteI, et que Ia vraie foi se mesurait face à une teIIe épreuve!
Le Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) n'avait-iI
pas dit : "La patience, c'est Iors du premier choc !" (Rapporté par AHMAD et
d'autres)
). Son éIection
'Omar Ibn AI Khattâb (Que AIIah soit satisfait de Iui) a dit Iors de son sermon, à
son retour du pèIerinage : "J'ai appris que I'un d'entre vous avait dit qu'après Ia
mort du Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) iI ferait acte
d'aIIégeance à UnteI ; car Ia désignation d'Aboû Bakr n'était d'après Iui qu'une
erreur, qui s'était accompIie ! Et c'est vrai, qu'eIIe s'est accompIie ainsi, et AIIah a
préservé (Ia communauté) de ses conséquences néfastes. Aujourd'hui, iI n'y a
personne d'entre vous à qui tout Ie monde soit prêt à obéir comme à Aboû Bakr ! II
était Ie meiIIeur d'entre nous Iorsque Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie
SaIut de AIIah soient sur Iui) a rendu Ie dernier soupir ! 'AIî et Zoubaïr étaient restés
chez Fâtima. Les ansâr (Médinois), eux, s'étaient tous réunis dans Ia saqî!a des
Banoû Sâ'ida, tandis que Ies m#$hâjir#*n (Mecquois) s'étaient raIIiés à Aboû Bakr,
et s'étaient rassembIés autour de Iui. AIors je Iui suggérai que nous aIIions chez nos
frères Ies ansâr ; c'est ce que nous fîmes. Sur Ie chemin, nous avons rencontré
deux hommes pieux ; iIs nous ont informé de ce que Ies gens étaient en train de
discuter, et d'éIaborer (comme décision au sujet de Ia succession du Prophète).
Puis ces deux personnes nous ont recommandé de ne pas y aIIer et de mettre à
exécution notre propre décision. Mais nous nous sommes présentés quand même
chez Ies ansâr. Là-bas, nous aperçûmes un homme enveIoppé dans une couverture.
Nous demandâmes qui c'était : on nous répondit que c'était Sa'd Ibn 'Oubâda qui
était maIade. Lorsque nous nous asseyâmes, un des intervenants des ansâr se Ieva
et, après avoir Ioué AIIah, dit : "Nous sommes Ies aIIiés de AIIah, et Ies cavaIiers de
I'IsIam ! Quant à vous Ies émigrants {aI mouhâjiroûn}, vous êtes un groupe d'entre
nous ! et voiIà que des gens d'entre vous veuIent prendre I'affaire en main, et nous
excIure !" Lorsqu'iI eut terminé j'ai vouIu prendre Ia paroIe, et exprimer une position,
dont j'avais bien préparé Ie texte, mais Aboû Bakr, qui était pIus patient que moi, et
envers qui j'avais du respect, me demanda de patienter ; aIors je n'ai pas vouIu Ie
contredire au risque de Ie fâcher, et je me tus ;
Aboû Bakr était en effet pIus savant que moi. II prit Ia paroIe. Par AIIah ! II a cité
toutes Ies idées auxqueIIes j'avais pensé, et Ies a mieux déveIoppées ! II a dit : "Tout
ce que vous avez dit sur vos mérites (à vous, Ies ansâr) est juste ; cependant tout Ie
monde est unanime pour reconnaître que Ia direction (des musuImans) revient à ces
gens de Qouraïch ; et quant à moi, je choisis pour vous I'un de ces deux hommes :
'Omar Ibn AI Khattâb ou Aboû 'Oubaïda Ibn AI Jarrâh !" ('Omar dit :) "De tout ce qu'iI
a dit c'est cette phrase qui m'a dépIu, car comment aurais-je pu diriger des gens
parmi IesqueIs iI y aurait eu Aboû Bakr ! Par AIIah ! iI m'est préférabIe que I'on me
coupe Ia tête que d'accepter une teIIe décision ! AIors un homme des ansâr se Ieva
et dit:
"Que I'on désigne deux caIifes, un parmi Ies ansâr, et I'autre parmi Ies m#$hâjir#*n !
La discussion s'envenima, et Ie ton monta, et nous avons eu peur que I'on se
sépare sans qu'iI y ait un accord entre Ies musuImans, ce qui aurait été une porte
ouverte devant toute forme de discorde et de crise. AIors je me suis Ievé et j'ai dit à
Aboû Bakr : "Tends Ia main pour que je te prête serment d'aIIégeance ! II a tendu Ia
main, j'ai prêté Ie serment, Ies m#$hâjir#*n firent de même, et Ies ansâr Ies
suivirent. Je jure par AIIah, que nous n'avions pas d'autre issue, pour Ie bien de Ia
communauté, que d'éIire Aboû Bakr (Rapporté par BOUKHARI et MOUSLIM)
Dans une autre version, iI est dit qu'Aboû 'Oubaïda Ibn AI Jarrâh se Ieva et dit : "0
vous Ies ansâr, vous avez été Ies premiers aIIiés de I'IsIam, aIors ne devenez pas Ies
premiers à changer dans Ia reIigion de AIIah et à innover !" AIors Bachîr Ibn Sa'd (Ie
père de Nou'mân Ibn Bachîr), se Ieva et dit : "0 vous Ies ansâr ! Si nous avons eu Ie
mérite de nous battre pour Ia cause de AIIah contre Ies mécréants, et d'être parmi
Ies premiers musuImans, en vérité, nous I'avons fait dans I'unique but de pIaire à
AIIah, et par obéissance à notre Messager : nous avons æuvré pour notre devenir !
C'est à AIIah que revient ce bienfait en notre faveur ! Sachez que Mohammad (Que
Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) était de Qouraïch, et Ies siens ont
davantage de droits ; et par AIIah, AIIah ne me verra jamais me quereIIer avec eux à
ce sujet ! Craignez AIIah, et ne divergez pas avec eux, et ne Ieur discutez pas cette
autorité." Aboû Bakr se Ieva et dit : "Voici 'Omar, et voici Aboû 'Oubaïda !
Choisissez ceIui que vous vouIez d'entre Ies deux !" Mais iIs se Ievèrent et dirent,
tous deux : "Non, par AIIah ! Nous ne reconnaissons pas ce droit à quiconque
d'autre que toi ! Tu étais Ie meiIIeur d'entre Ies m#$hâjir#*n, et tu étais I'un des deux
dans Ia caverne en compagnie du Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah
soient sur Iui). Le Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient
sur Iui) t'a désigné pour Iui succéder dans Ia direction de Ia prière ; et Ia prière est Ie
fIeuron de Ia reIigion! Qui pourra prétendre être capabIe de te diriger, ou de gérer
Ies affaires sinon toi ? Tends Ia main pour que I'on te fasse aIIégeance. AIors Bachîr
Ibn Sa'd se précipita et Iui a fait Ie premier aIIégeance". Lorsque Ies Awss virent ce
qu'avait fait Bachîr Ibn Sa'd, iIs prêtèrent Ie serment d'aIIégeance à Ieur tour, et
reconnurent à Aboû Bakr cette éIection ; tous firent de même, excepté Sa'd Ibn
'Oubâda, 'AIî et Ies Banoû Hâchim, qui étaient occupés à préparer Ies funéraiIIes du
Prophète de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui).
3. Le premier sermon (TAboû Bakr
Anass Ibn MâIik a raconté qu'après I'éIection d'Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait
de Iui) dans Ia saqî!a des Banoû Sâ'ida, Aboû Bakr tint une assembIée généraIe
avec Ies musuImans, Ie Iendemain, dans Ia mosquée ; aIors 'Omar se Ieva, iI Ioua
AIIah et Lui rendit grâce, puis dit : "AIIah a unifié votre affaire sous Ia bannière du
meiIIeur des Compagnons du Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah
soient sur Iui), de ceIui qui fut I'un des deux dans Ia caverne : Ievez-vous et prêtez-
Iui aIIégeance." AIors Ies gens se Ievèrent et ce fut Ia +ai
1
a (serment d'aIIégeance)
pubIique, où toute Ia communauté a ratifié cette éIection. Ensuite Aboû Bakr se Ieva,
iI Ioua AIIah, seIon I'usage, puis dit :
"0 peupIe ! J'ai été désigné à votre tête, et je ne suis pas, certes, Ie meiIIeur d'entre
vous. Si je fais bien, aidez-moi ! Si j'agis maI, corrigez-moi ! La vérité est un dépôt
qui m'a été confié pour un temps {amânat) : j'y veiIIerai ! Et Ie mensonge, c'est de Ia
traîtrise! Le pIus faibIe d'entre vous sera puissant auprès de moi, jusqu'à ce que je
Iui obtienne son droit ; et Ie puissant d'entre vous sera faibIe (sans vaIeur) auprès
de moi, jusqu'à ce que je Iui arrache Ie droit qui revient aux autres, et ce par Ia
voIonté de AIIah ! 0 Gens ! Ecoutez-moi : chaque fois qu'un peupIe déIaisse Ie
combat pour AIIah {al jihâd), AIIah Iui infIige I'humiIiation ! Et chaque fois que Ie vice
se répand dans un peupIe. AIIah I'éprouve par des caIamités ! Obéissez-moi, aussi
Iongtemps que j'obéirai à AIIah et aux directives de Son Messager ; mais si je
désobéis à AIIah, vous ne me devrez pIus aucune obéissance. Levez-vous pour Ia
prière, que AIIah vous bénisse !" (IBN ISHAQ, Sîra)
Hassan AI Basrî (Que AIIah Iui fasse miséricorde) a rapporté:
"Après que tout Ie monde ait prêté Ie serment d'aIIégeance, Aboû Bakr s'est Ievé et
a prononcé ce discours : "J'ai été chargé de cette responsabiIité sans I'avoir
souhaité ! Par AIIah ! combien j'ai souhaité que queIqu'un d'entre vous m'en
décharge ; vous m'avez chargé de me comporter envers vous comme Ie Messager
de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) Ie faisait. Je ne puis
agir de même, car Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah
soient sur Iui) a été appuyé par Ia RévéIation ,al -ahy), grâce à IaqueIIe iI était
préservé de I'erreur ! Tandis que moi, je ne suis qu'un simpIe humain, et je ne suis
pas meiIIeur que I'un queIconque d'entre vous. AIors surveiIIez-moi ! Si vous me
voyez sur Ie droit chemin, suivez-moi ; et si vous voyez que je m'éIoigne du droit
chemin, corrigez-moi !" (IBN SA'D, Tabaqât)
D'après une autre version, iI aurait dit : "0 gens ! Vraiment, je suis comme
quiconque d'entre vous ! Je ne sais pas si vous n'aIIez pas compter sur moi pour
accompIir tout ce que Ie Messager de AIIah avait Ia capacité de faire ! Sachez que
AIIah a choisi Mohammad (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui)
entre toute I'humanité, et qu'iI I'a préservé de toute erreur ; quant à moi, je ne fais
que Ie suivre, et je ne suis pas un innovateur ! Si vous me voyez sur Ie droit chemin,
suivez-moi, et si je m'en éIoigne, aIors corrigez-moi !"
Ainsi Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) va marquer de I'empreinte de Ia
sincérité son éIection, en affirmant que Ie rôIe de I'autorité est, en vérité, de servir Ia
cause de AIIah, de continuer I'æuvre du Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de
AIIah soient sur Iui), et de veiIIer aux intérêts de Ia communauté, en toute équité.
Les événements qui vont jaIonner Ia période de son caIifat, attesteront de Ia véracité
des dires d'Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui). II ne faiIIira pas à sa tâche, et
surprendra même Ies Compagnons du Prophète par sa fermeté dans ses prises de
position, et son anaIyse profonde des situations Ies pIus graves (Que AIIah soit
satisfait de Iui, et Ie combIe de Ses bienfaits).
L'OEUVRE D'ABOU BAKR
1. L'expédition de I'armée d'Oussama Ibn Zaïd
Avant sa mort, Ie Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui)
avait décidé d'envoyer Oussama Ibn Zaïd à Ia tête d'une armée pour punir Ies tribus
arabes situées aux confins de Ia Syrie, pour Ie soutien qu'eIIes avaient apporté aux
Byzantins, Iors de Ia bataiIIe de "Mou'ta"
1
. Par Ia même occasion, Oussama
vengerait Ies musuImans morts Iors de cette bataiIIe, parmi IesqueIs figurait son
père, Zaïd Ibn Thâbit (Que AIIah soit satisfait de Iui).
AIors que I'on préparait I'expédition, Ie Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de
AIIah soient sur Iui) était tombé maIade puis mourut. L'expédition avait donc été
retardée, Ie temps de I'instauration du nouveau pouvoir exécutif. Après son
éIection, Ia première décision d'Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) fut Ia mise
en æuvre de cette entreprise.
Mais voiIà que certaines tribus qui avaient embrassé I'IsIam, et dont Ia foi n'était pas
soIide, commencèrent à manifester des doutes et des signes d'abandon de
certaines des prescriptions de I'IsIam. IIs pensaient que Ia mort du Prophète (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) signifiait Ia fin de I'IsIam! En pIus,
certains qui n'avaient pas saisi Ia sagesse de I'IsIam dans Ies prescriptions se
rapportant à Ia distribution de Ia richesse coIIective, mirent en doute Ia nécessité de
teIs commandements ! IIs ont considéré Ia za.ât comme une forme de taxe que
Mohammad (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) Ieur avait
imposée à Ia manière des rois !
D'autres ont profité de Ia mort du Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut
de AIIah soient sur Iui) pour prétendre à sa succession, et ont même procIamé qu'iIs
étaient eux-mêmes de nouveaux prophètes ! Parmi eux nous citons : TouIaïha AI.
La bataiIIe de Mou'ta s'est dérouIée au mois de Joumâdâ de I'an 8 de I'hégire.
Assdî, AI Asswad AI 'Anssî, MousaïIima al /adhdhâ+ ("Le menteur"), Sajjâj Ia
Tamimite, etc.
C'est dans ce contexte de désordre qui récIamait que I'on prenne fermement en
mains Ia direction de I'Etat, mais aussi que I'on continue à propager Ie message de
AIIah, pour reIéguer à jamais I'associationisme 0hir.), que Ie caIife Aboû Bakr (Que
AIIah soit satisfait de Iui) a décidé I'envoi de I'expédition d'Oussama.
Aboû Bakr se trouvait dans une situation difficiIe, mais iI se devait, par amour
envers Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui)
et parce qu'iI était confiant dans Ia sagesse des décisions du Prophète, d'exécuter
et de ratifier cette entreprise au risque de Iaisser Ia Mecque et Médine sans défense.
Certains Compagnons Iui demandèrent d'annuIer I'expédition; d'autres Iui
demandèrent de démettre Oussama de cette charge, prétextant en ceIa son jeune
âge, car iI n'avait, à ce moment-Ià, que 18 ans ! IIs vouIaient qu'un autre pIus âgé
soit désigné, surtout qu'un nombre important des pIus éminents Compagnons du
Prophète, teIs que 'Omar, se retrouvaient sous ses ordres. Mais Aboû Bakr Ieur
répondit : "Je jure par CeIui Qui détient mon âme dans Sa Main ! Même si je savais
que Ies animaux sauvages aIIaient me charger et faire de moi Ieur proie (parce que
Médine se retrouverait sans défense), je ratifierais I'envoi de I'armée d'Oussama !"
Aboû Bakr dit à ceux qui vouIaient qu'Oussama soit déchargé de cette
responsabiIité : "QueI droit ai-je, moi, de renvoyer un homme choisi par Ie Messager
de AIIah ? !" et iI se fâcha contre 'Omar, aIIant jusqu'à Iui tirer Ia barbe, et Iui dit :
"Que ta mère te perde ! Tu me demandes de congédier un homme que Ie Messager
de AIIah avait désigné !"
Aboû Bakr vouIait, en maintenant cette décision, combattre ce sentiment de Ia
période préisIamique {al jâhiliyya) où I'on estimait Ies gens en fonction de Ieur âge,
mais aussi de Ieur statut sociaI. RappeIons que Ie père d'Oussama, Zaïd Ibn Hâritha
(Que AIIah soit satisfait d'eux deux), était un escIave que Ia mère des croyants
Khadîja (Que AIIah soit satisfait d'eIIe) avait offert au Prophète (Que Ia Bénédiction
et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) après Ieur mariage. Le Prophète (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) I'affranchit et Ie traita comme son
propre fiIs. D'où ce sentiment de mépris qui avait persisté dans I'esprit de certains
Arabes, et qu'Aboû Bakr a vouIu combattre en maintenant Ia décision du Messager
de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui). II confirma par Ià que
Ia vaIeur des êtres humains avait une autre base que ceIIe de Ia fiIiation, ceIIe de Ia
piété et du savoir-faire, comme I'a dit AIIah Le Très Haut : "Le pIus nobIe d'entre
vous, auprès de AIIah, est Ie pIus pieux d'entre vous. AIIah est CeIui Qui sait et Qui
est bien informé." (S49/V13).
Trois semaines après Ia mort du Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut
de AIIah soient sur Iui), I'expédition d'Oussama prit Ia route. Et c'est I'occasion de
constater Ia modestie du caIife Aboû Bakr :
- En premier Iieu, iI demanda Ia permission à Oussama, Ie chef de I'expédition, de
pouvoir garder 'Omar Ibn AI Khattâb à ses côtés, pour Iui demander conseiI et
s'appuyer sur Iui dans Ies moments difficiIes que connaissait Ia communauté ;
- Aboû Bakr accompagna I'armée jusqu'à Ia sortie de Médine : Ie jeune chef de
I'armée était à chevaI, et Aboû Bakr, tenant Ies rênes du chevaI, aIIait à pied !
Oussama Iui demanda : "0 successeur du Prophète de AIIah ! Monte aussi sur un
chevaI, ou aIors permets-moi de descendre !" Aboû Bakr Iui dit : "Par AIIah ! Je ne
consentirai à accepter aucune de tes deux propositions ! En quoi ceIa peut-iI me
nuire si je me saIis Ies pieds dans Ia poussière, si c'est pour Ia cause de AIIah !"
Puis iI donna ces directives à I'armée : "Ne vous comportez pas en traîtres ! Ne
mutiIez pas (vos ennemis), ne tuez ni enfant, ni vieiIIard, ni femme. N'abattez pas et
ne brûIez pas Ies paImeraies, ni Ies arbres fruitiers. Ne tuez ni mouton, ni vache et
ni chameau, sauf pour vous nourrir. Vous aIIez passer près de gens qui se sont
retirés du monde pour s'adonner à Ia retraite (des moines chrétiens) : Iaissez-Ies
tranquiIIes à Ieur vocation...". Puis iI Ieur dit : "...Partez au Nom de AIIah !"
Oussama mena sa campagne, par Ia VoIonté de AIIah, avec succès. II attaqua Ie
pays des "Qoudâ'a" et Ieurs aIIiés. II resta dans Ia région quarante jours. Cette
victoire rempIit de crainte Ies tribus qui avaient apostasie, et Ies personnes qui
avaient cherché à semer Ia division entre Ies musuImans paniquèrent.
C'est dans ce contexte qu'Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) va Iancer Ies
musuImans dans une série de bataiIIes contre Ies apostats et Ies imposteurs al
m#$tana++i'#*n). Ces guerres furent appeIées 1#$r#*+ ar-ridda.
2. Les guerres contre Ies apostats {ahl ar-ridda}
La reIigion musuImane est, tout ensembIe, un engagement spiritueI et temporeI, que
Ies individus doivent chercher à déveIopper et à sauvegarder, particuIièrement en
respectant Ies obIigations formuIées dans Ie message transmis par Ie Prophète de
AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui).
Ainsi Ia za.ât, deuxième obIigation de I'IsIam, a été instituée par Ia Loi révéIée, tout
comme Ia prière. AIIah Le Très Haut a dit: "AIIah anéantira I'usure et fera fructifier
I'aumône. Et AIIah n'aime aucun pécheur ingrat ! Quant à ceux qui croient, font
æuvres bonnes, accompIissent Ia prière et s'acquittent de Ia zakât, Ieur saIaire est
auprès de Ieur Seigneur !" (S2/V276-277).
La za.ât est un des moyens qui mènent à Ia sincérité, IaqueIIe permet de
s'approcher du Tout-Puissant. Par ce don voIontaire, on affirme Ie sens de sa foi en
I'unicité de AIIah, et on exprime que I'amour de I'Unique (AIIah), dépasse tout autre
amour, y compris I'amour des biens de ce bas-monde. La za.ât est une purification
de I'âme contre I'avarice, égocentrique par nature. EIIe est aussi une contribution
généreuse pour une justice sociaIe. Ce sont ces sens que AIIah Le Très Haut a
vouIu incuIquer aux gens par Ie biais de cette obIigation reIigieuse, et c'est ce que
certaines tribus n'ont pas compris, appeIant Ia za.2t: itâwa (tribut, impôt) !
Pour sauvegarder I'intégrité de I'Etat et I'union des musuImans, iI était urgent de
réagir avec fermeté face à ce danger.
Le Cheikh Dhahabî a rapporté que Iorsque Ia nouveIIe de Ia mort du Prophète (Que
Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) se répandit parmi Ies tribus,
certains apostasièrent et refusèrent de verser Ia za.ât ; aIors Aboû Bakr prit Ia ferme
décision de Ies combattre. 'Omar et d'autres Compagnons Iui conseiIIèrent d'y
renoncer ; iI Ieur dit aIors : "Par AIIah, s'iIs refusent de me remettre ne serait-ce
qu'une jeune chameIIe qu'iIs avaient I'habitude de donner au Messager de AIIah, je
mènerai bataiIIe contre eux pour qu'iIs me Ia versent !" 'Omar Iui dit :
"Comment peux-tu te battre contre ces gens, aIors que Ie Messager de AIIah (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a dit : "II m'a été ordonné de me battre
contre Ies gens jusqu'à ce qu'iIs reconnaissent qu'iI n'y a pas d'autre AIIah que
AIIah Lui-même, et que Mohammad est Son Messager. CeIui qui en aura attesté, ses
biens et sa vie seront préservés, exception faite de ceux qui manquent à Ieurs
devoirs, auqueI cas c'est à AIIah qu'iI revient de Ies juger" ! ?" Aboû Bakr Iui
répondit :
"Vraiment, je me battrai contre tout individu qui fera une différence entre Ia prière et
Ia z.a.ât ; car Ia za.ât est un devoir auqueI iIs ont manqué dans Ieurs biens !" 'Omar
dit : "C'est à ce moment que AIIah ouvrit mon cæur à Ia vraie compréhension de ce
probIème, teI qu'iI a guidé Aboû Bakr à Ie comprendre, et j'ai eu dès Iors Ia certitude
que cette décision était Ia vérité-même !" (Rapporté par BOUKHARI et MOUSLIM)
Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) décida donc de punir Ies tribus qui
avaient apostasie, et iI sortit à Ia tête d'une armée, qu'iI conduisit sur une distance
de douze miIIes sur Ia route menant à Najd ; mais des Compagnons teIs que 'AIî Ie
suppIièrent de revenir à Médine, Iui rappeIant que, pour Ia communauté, iI était
cruciaI qu'iI reste sain et sauf. AIors iI désigna KhâIid à Ia tête de I'armée, et Iui
ordonna de rappeIer aux gens Ies cinq obIigations de I'IsIam, et de se battre contre
tous ceux qui renieraient I'une d'entre eIIes, tout en acceptant Ie repentir de ceux
qui reviendraient à I'IsIam. Aboû Bakr donna Ies instructions suivantes à I'ensembIe
des combattants : "Je recommande aux soIdats de AIIah, Ia crainte de AIIah dans
toutes Ies circonstances, et I'obéissance à Ieurs émirs (commandants)."
Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) a formé douze bataiIIons, et a désigné à Ia
tête de chaque bataiIIon un "émir", à qui iI a recommandé de faire appeI aux
musuImans des différentes tribus près desqueIIes iIs aIIaient passer, tout en Ieur
recommandant de Iaisser une partie de Ieurs cavaIiers pour protéger Ieur famiIIe.
Voici Ia Iiste des différents commandants (émirs), et des régions vers IesqueIIes iIs
furent dépêchés :
- KhâIid Ibn AI WaIîd (Que AIIah soit satisfait de Iui) a été envoyé pour combattre
TaIha Ibn KhouwaïIid AI Asdî à Bouzakha ; après avoir mené à bien cette mission, iI
devait marcher sur MâIik Ibn Nouwaïra à AI Boutah ; - 'Ikrima (Que AIIah soit satisfait
de Iui) a été envoyé pour combattre I'imposteur MousaïIima Al /adhdhâ+ ("Le
menteur") ;
- ChourahbîI Ibn Hassana a été envoyé en renfort auprès de 'Ikrima, puis devait se
diriger vers Qoudâ'a ;
- AI Mouhâjir Ibn Abî Oumayya a été envoyé au Yémen pour combattre AI Asswad AI
'Ansî ;
- Houdhaïfa Ibn Mihsân a été envoyé aux gens de Dabâ à Oman ;
- 'Arfaja Ibn Harmama aIIa en direction de Ia tribu de Mouhra, et devait rejoindre
ensuite I'armée de Houdhaïfa ;
- Souwaïd Ibn Mouqârrim fut envoyé à Touhâma, au Yémen ;
- AI 'AIâ' Ibn AI Hadramî fut envoyé au Bahraïn ;
- Tarifa Ibn Hâjiz, envoyé chez Ies Banoû SouIaïm et Hawâzin;
- 'Amr Ibn AI 'Ass fut envoyé à Qoudâ'a ;
- KhâIid Ibn Sa'îd a été envoyé aux confins du Proche-Orient (Ach-Châni).
Le message d'Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) aux apostats
Après avoir Ioué AIIah, par Ies formuIes de reconnaissance qui Lui sont dues, et
rappeIé Ia mort de I'Envoyé de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient
sur Iui), iI a dit :
"J'ai été informé de ce que certains d'entre vous ont rejeté I'IsIam après y avoir
adhéré. En vérité, iIs se sont trompés vis-à-vis de AIIah, ont agi avec ignorance et
ont suivi Ie chemin du DiabIe. AIIah
Le Très haut a dit : "Et Iorsque Nous dîmes aux Anges : "Prosternez-vous devant
Adam", iIs s'exécutèrent tous, excepté IbIiss (Satan) qui faisait partie des djinns, et
qui se révoIta contre Ie commandement de Son Seigneur. AIIez-vous cependant Ie
prendre, ainsi que sa descendance, pour aIIiés en dehors de Moi, aIors qu 'iIs sont
pour vous des ennemis ? ! QueI mauvais échange pour Ies injustes !" (S18/V50).
AIIah a dit aussi: "Le DiabIe est pour vous un ennemi (juré). Prenez-Ie donc pour
ennemi ! II ne fait qu'appeIer ses partisans pour qu'iIs soient des gens de Ia
Fournaise !" (S35/V6). Je viens de vous envoyer UnteI à Ia tête d'une armée
composée des m#$hâjir#*n et de ansâr, ainsi que de ceux qui Ies ont suivi sur Ie
chemin de Ia Vérité ; et je Iui ai ordonné de ne se battre contre personne, sans
I'avoir appeIé auparavant au chemin de AIIah. CeIui qui; répond à son appeI, y
souscrit, cesse (sa rébeIIion) et fait æuvre bonne, iI doit I'accepter et I'aider à s'y
maintenir ; quant à ceux qui s'y refusent, je Iui ai donné I'ordre de Ieur mener
bataiIIe, de Ies tuer et de prendre en butin tous Ieurs biens.
"CeIui qui Ie suivra, ceIa vaudra mieux pour Iui ; quant à ceIui qui s'y refuse, qu'iI ne
se croit pas préserver du châtiment de AIIah. Sachez que j'ai demandé à ceIui que je
vous ai envoyé comme messager de vous rassembIer tous en un Iieu pour vous Iire
mon message, et de Iancer I'appeI à Ia prière al adhân) : ceux qui y répondront en
appeIant à Ieur tour à Ia prière, iI doit se retirer de chez eux, et accepter d'eux Ieur
retour (à I'IsIam)."
MousaiIima "aI kadhdhâb" ("Le menteur")
MousaïIima fut Ie pIus rusé de tous Ies imposteurs qui ont prétendu à Ia prophétie. II
était de Ia région d'AI Yamâma. II avait été reçu par Ie Messager de AIIah (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) avec Ia déIégation des Banoû Hanîfa.
A son retour auprès des siens, iI avait prétendu être Ie partenaire du prophète
Mohammad (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) dans Ia prophétie.
II avait appeIé son peupIe, qui I'avait suivi ! Et iI avait envoyé au Prophète de AIIah
(Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) Ie message suivant :
"De MousaïIima Ie messager de AIIah, à Mohammad Ie Messager de AIIah : voiIà, j'ai
été désigné pour m'associer à toi, iI me revient ainsi qu'aux miens Ia moitié de Ia
terre, et à Qouraïch I'autre moitié. Cependant Ia tribu de Qouraïch sont des gens
transgresseurs !"
Le Prophète Mohammad (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) Iui
avait répondu :
" Au Nom de AIIah, Le Très CIément par essence. Le Très Miséricordieux par
exceIIence. De Mohammad Ie Messager de AIIah à MousaïIima Ie menteur : Que Ia
paix soit sur ceIui qui suit Ia guidance. Sache que Ia terre appartient à AIIah, qu'iI Ia
donne en héritage à ceIui qu'iI veut d'entre Ses serviteurs, et qu'en vérité, Ia bonne
fin est pour Ies pieux."
Après Ia mort du Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui),
I'occasion se présenta à MousaïIima. II forma une grande armée. II affronta I'armée
d'une prophétesse chrétienne, du nom de Sajâh. Cette femme s'était indignée de ce
que Ies prophètes étaient toujours des hommes. EIIe avait pris Ia décision
d'attaquer Médine à Ia tête d'une armée puissante. En route, eIIe avait rencontré
MousaïIima ; ce dernier voyant en eIIe une sérieuse concurrente, et sachant de pIus
qu'iI ne pourrait pas Ia vaincre par Ies armes, s'était mis à Ia courtiser. Sajâh était
tombée dans son piège et iIs s'étaient mariés. Fort de sa nouveIIe armée composée
de 40 000 hommes, MousaïIima avait entamé son épopée.
Le caIife Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) envoya 'Ikrima Ibn Abî JahI pour
Ie combattre, tout en Iui recommandant d'attendre Ies renforts menés par
ChourahbîI ; mais 'Ikrima s'était empressé d'attaquer MousaïIima, I'attaque se
soIdant par Ia déroute totaIe des musuImans. ChourahbîI, qui avait appris Ia
nouveIIe en route, campa en attendant Ia décision du caIife. Aboû Bakr envoya aIors
Ie message suivant à 'Ikrima :
"Je ne veux pas te voir rentrer à Médine, car tu risquerais d'entamer Ia ferveur des
combattants engagés (aiIIeurs) !" Puis iI Iui ordonna de rejoindre Houdhaïfa et
'Arfaja, et de rejoindre ensuite Mouhajir Ibn Oumayya, pour mener campagne au
Yémen puis à Hadramawt.
D'un autre côté, Aboû Bakr ordonna aussi à ChourahbîI d'attendre I'arrivée de
KhâIid Ibn AI WaIîd avec son armée. KhâIid mena Ia bataiIIe contre MousaïIima. Au
début, I'armée musuImane subit un dur échec, et de nombreux Compagnons du
Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) tombèrent comme
martyrs dans cette bataiIIe. Nous citons :
SâIim, Aboû Houdaïfa, Zaïd Ibn AI Khattâb, Choujâ' Ibn Wahb', 'Abd-AIIâh Ibn SahI,
MâIik Ibn 'Amr, ToufaïI Ibn 'Amr Ad-Doussî, Yazîd Ibn Qaïss, 'Amir Ibn AI Bakîr, Aboû
Doujâna Sammâq Ibn Harb, Tâbit Ibn Qaïss Ibn Chammâss, etc. Soixante-dix parmi
Ies pIus éminents h#$!!âd (ceux qui mémorisaient tout Ie Coran) sont morts (Paix à
Ieur âme).
KhâIid Ibn WaIîd (Que AIIah soit satisfait de Iui) changea aIors de tactique pour
défaire MousaïIima. Par une attaque surprise, iI changea Ie court de Ia bataiIIe.
MousaïIima s'enfuit avec queIques-uns de ses Iieutenants ; iIs se réfugièrent dans
un jardin fortifié. Mais Ies musuImans réussirent à y entrer, en Iançant un des Ieurs
par-dessus Ia muraiIIe, et qui réussit à Ieur ouvrir Ia porte. MousaïIima fut tué, ainsi
que ses compagnons.
II faut s'arrêter ici un moment, pour souIigner que Ia Iance qui tua MousaïIima Ie
menteur fut Ia même que ceIIe qui avait tué Hamza, I'oncIe du Prophète (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui), Iors de Ia bataiIIe d'Ouhoud, au mois
de ChawwâI, en I'an 3 de I'Hégire. Le combattant, dans Ies deux cas, était Wahchî,
un escIave appartenant à Hind qui, avant de se convertir à I'IsIam, était, ainsi que
son mari Aboû Soufyân, parmi Ies pIus grands opposants au message de I'IsIam.
Pour venger Ia mort de son père et de son frère, tués Iors de Ia bataiIIe de Badr au
mois de Ramadan, 19 mois après I'Hégire, Hind avait promis à Wahchî qu'eIIe
I'affranchirait s'iI tuait Hamza, et c'est ce qu'iI fit.
Après Ia prise de Ia Mecque, Wahchî s'était converti à I'IsIam; Ie Messager de AIIah
avait accepté sa conversion, car I'IsIam efface tous Ies péchés commis
précédemment par Ia personne aIors qu'eIIe était encore dans I'incroyance ; mais Ie
Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) Iui avait simpIement
demandé de ne pas se présenter devant Iui, car iI Iui rappeIait trop Ia mort atroce de
son oncIe, qui avait été éventré juste après !
Wahchî participa donc, avec Ies musuImans, à Ia guerre contre I'imposteur
MousaïIima, et iI réussit à Ie tuer de sa Iance ; iI remercia aIors AIIah de Iui avoir
accordé cette faveur, qui Iui permettait de diminuer I'ampIeur de ce qu'iI ressentait
comme une Iourde faute.
Le Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a dit :
"Les seigneurs des martyrs sont : Hamza Ibn 'Abd-AI MouttaIib, et tout homme qui,
pour avoir dit une paroIe de vérité en présence d'un roi injuste, a été tué !"
(Rapporté par AHMAD, NASSA'I et IBN MAJJAH)
Par I'éIimination de MousaïIima et de son mouvement, Ies musuImans ont marqué
un coup d'une grande importance sur Ie pIan stratégique, mais aussi sur Ie pIan
psychoIogique, que ce soit auprès des musuImans, ou sur Ies différents
mouvements de souIèvement !
IIs remportèrent non sans peine toutes Ies bataiIIes contre Ie mouvement des
apostats {al m#$rtaddîn3), et ceIa eut une conséquence directe : Ie raffermissement
des bases de I'Etat dont Ie prestige fut instauré à jamais, par I'Aide de AIIah et Son
Appui!
Dans ses bataiIIes, KhâIid Ibn AI WaIîd (Que AIIah soit satisfait de Iui), que Ie
Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) avait
surnommé &sa4! Allah al mas5#*6 (I'épée de AIIah tirée de son fourreau), a joué un
rôIe prédominant. II a anéanti Ie mouvement de TouIaïha AI Assdî à Najd. Ce dernier
avait prétendu recevoir Ia visite de I'ange GabrieI (Paix sur Iui) à I'instar du Prophète
Mohammad, et avait inventé certaines pratiques cuItueIIes pour marquer son
indépendance vis-à-vis du message de I'IsIam. II avait été suivi par Ies tribus de
Ghatafân, de 'Aïss, de Dhibyân, Ies Banoû Fazâra et Ies Banoû Assad. KhâIid Ies
battit, et TouIaïha s'enfuit en Syrie; ensuite iI se repentit. KhâIid (Que AIIah soit
satisfait de Iui) se dirigea ensuite vers Ies Banoû 'Amir, dont Ie pays s'étendait de
I'Est de Médine jusqu'au GoIfe arabique : Ià, MâIik Ibn Nouwaï-ra se refusait à
envoyer Ia za.ât 7 KhâIid Ie tua. De Ià, iI aIIa chez Ies Banoû Tamîm, auprès desqueIs
était apparue Sajâh, qu'iI avait battue précédemment. EIIe se repentit, et retourna à
I'IsIam.
Puis, comme nous I'avons raconté pIus haut, iI éIimina MousaïIima qui s'était donné
Ie titre de "Rahmân AI Yamâma" (Le miséricordieux d'Aï Yamâma) !
KhâIid (Que AIIah soit satisfait de Iui) se dirigea ensuite vers Ie Bahraïn, où AI
Houtaïm, Ie chef de Ia tribu des Banoû Bakr, avait prétendu à Ia prophétie, et s'était
fait appeIé "Rahmân AI Yaman" (Ie miséricordieux du Yémen), du vivant même du
Prophète Mohammad (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui).
Avertissement
II est d'une grande importance de rappeIer que Ie rejet de I'IsIam et de I'autorité
musuImane ne sont pas survenus uniquement après Ia mort du Prophète (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui). Le message de AIIah a traversé un
désert de rejet, de persécutions, et sa route a été parsemée de sacrifices énormes.
Lorsque Ies fidèIes de I'IsIam se sont muItipIiés, nombreux sont Ies gens qui
suivirent Ie courant, sans grande conviction. IIs n'ont pas saisi Ia transcendance
que I'IsIam cherche à réaIiser dans Ie cæur du croyant, à travers Ia foi en AIIah.
Ainsi du vivant du Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui),
et ce à partir de Ia fin de Ia dixième année de I'hégire, des imposteurs sont apparus
et se sont procIamés prophètes, à I'exempIe de MousaïIima, AI Asswad AI 'Ansî,
'AIqama Ibn 'AItha, Oumm RafI SaIama fiIIe de MâIik et d'autres.
II est vrai que Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient
sur Iui) avait réussi, à unifier Ies tribus arabes pour en faire une communauté de foi.
Le Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) avait su étendre
son autorité sur une bonne partie de I'Arabie du centre, qui engIobait Ia Mecque,
Médine et Ies régions avoisinantes, c'est pourquoi certains I'avaient nommé "I'émir
du Hijaz". II avait démanteIé I'esprit de parti, mais certaines personnes ont vouIu
réanimer cet esprit. Dès I'annonce de Ia mort du Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie
SaIut de AIIah soient sur Iui), iIs ont réussi à attirer à eux toutes Ies personnes qui
n'avaient pas saisi Ia portée de I'IsIam ni Ie sens de ses prescriptions, ainsi que Ies
hypocrites et Ies chefs déchus de Ieurs avantages.
II faut aussi rappeIer que certaines tribus ne s'étaient pas converties à I'IsIam, mais
eIIes avaient simpIement signé des traités avec Ie Messager de AIIah, traités dont
I'échéance coïncidait avec Ie décès du Prophète de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie
SaIut de AIIah soient sur Iui). EIIes ont profité de cette échéance pour se rebeIIer
contre Ia nouveIIe autorité centraIe.
Donc, Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) a bien compris Ie danger de ces
mouvements sur Ia stabiIité de I'Etat, et sur Ia mission qui incombait aux
musuImans : Ia propagation du message de AIIah sur Ia terre. AIIah Le Très Haut a
dit : "Légèrement ou Iourdement équipés, éIancez-vous toujours vers Ie combat !
Mettez, vos biens et votre vie au service de AIIah ! CeIa vaudra mieux pour vous ;
n'en doutez, pas !" (S9/V41).
Cette fermeté d'Aboû Bakr était justifiée, et eIIe démontre Ia sagesse de I'homme
et Ia portée de ses résoIutions.
Les bataiIIes contre Ie mouvement des apostats n'étaient pas des bataiIIes contre
des personnes qui auraient vouIu rejeter Ia foi à IaqueIIe iIs avaient adhéré ;
c'étaient pIutôt des guerres poIitico-reIigieuses.
La poIitique du caIife Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) face à ce grave
probIème, comportait deux phases :
- La première étape fut de rappeIer aux meneurs de ces mouvements Ia gravité
de Ieur démarche : iI Ies appeIait à se repentir et à cesser de se révoIter et de
porter atteinte à I'IsIam en engendrant, par Ieurs impostures, un désordre dans
Ia communauté ;
La deuxième phase consista en I'envoi de bataiIIons dans toutes Ies régions où iI y
avait un foyer de division !itnd).
Les conséquences des guerres d'apostasie
II est évident que ces guerres d'apostasie {h#$r#*+ ar-ridda), dont Ies instigateurs
furent Ies imposteurs et Ies tribus arabes assoiffées de grandeur, furent
décIenchées avec I'aide et sous Ia direction des deux super-puissances de I'époque
: Byzance et Ia Perse, qui s'étaient vues refouIées de I'Arabie, et dont Ies intérêts
économiques et stratégiques avaient été fortement ébranIés. II en aIIait de même
pour Ies tribus juives et Ies hypocrites de Médine, qui avaient perdu tous Ieurs
avantages, surtout après qu'iIs aient fait aIIiance avec Ies mécréants, et que
Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) eût décidé de Ies
chasser définitivement de ce qui devait devenir Ie deuxième Iieu saint de I'IsIam :
Médine.
Ainsi Ies victoires remportées par Ies musuImans seront riches de conséquences
positives pour Ia communauté musuImane :
- Ces guerres, en premier Iieu, seront une occasion précieuse, pour enraciner
I'esprit de soIidarité entre Ies musuImans, ainsi que Ie sens de I'organisation, de Ia
responsabiIité et Ie respect de I'ordre.
- Les musuImans vont acquérir une expérience miIitaire, grâce aux combats qu'iIs
ont dû mener sur différents fronts en même temps.
Ces guerres étaient Ie moyen idéaI pour faire disparaître une fois pour toute I'esprit
tribaI et de parti ; eIIes ont définitivement reIiée toute I'Arabie au centre de I'autorité
moraIe et poIitique de I'Etat isIamique, car Ia reIation de ces régions avec I'Etat
était Iimitée, au début, au versement de Ia za.ât. Là, c'est I'union poIitique qui se
réaIise.
Cette nouveIIe situation va permettre I'instauration de nouveaux rapports qui
auront pour effet direct I'enracinement de Ia foi dans Ies cæurs de ces gens sur de
nouveIIes bases.
Ces guerres seront I'annonce du début d'un mouvement qui sera dirigé pour Ia
propagation du message de AIIah, vers Ia Perse, I'Irak et Ie Proche-Orient A0h-
,hâm). Et Ie pIus extraordinaire, c'est que Ies Arabes qui furent derrière Ies
mouvements d'apostasie participeront d'une manière active à ces !#$t#*hât, et
feront preuve d'un sacrifice unique dans I'histoire universeIIe de Ieur vie et biens,
pour servir Ie Message de AIIah (GIoire à Lui).
3. Al !#$t#*hât sous Ia direction d'Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui)
Nous utiIiserons Ie terme !#$t#*hât (ouvertures), pour définir I'action que menèrent
Ies musuImans pour propager Ie message de I'IsIam. Le terme de "conquêtes",
utiIisé dans Ies Iivres écrits en Iangue française donne une fausse image de cette
action, et Ie Iecteur garde dans I'esprit I'idée d'une coIonisation et d'un
envahissement ! II s'agit en fait d'une mission sacrée dont chaque musuIman a Ia
charge : Ia transmission de Ia reIigion de AIIah. AIIah Le Très Haut a dit : "...Et
appeIIe à ton Seigneur. Tu es certes sur une voie droite. " (S22/V67).
AIIah Le Très Haut a dit aussi : "La vraie reIigion, pour AIIah, c'est I'IsIam." (S3/V19).
( ( (
Quand I'IsIam est apparu, Ia direction poIitique et économique du monde était entre
Ies mains des Perses et des Byzantins, qui ne cessaient de s'affronter par aIIiés
interposés : Ies Arabes! Vu Ieur situation géopoIitique, chacune de ces deux
puissances visait au maintien de ses intérêts dans Ia région. Byzance, dont Ia
capitaIe était ConstantinopIe, avait des visées sur Ies côtes orientaIes de Ia
Méditerranée ; quant à Ia Perse, ses intérêts directs se situaient sur Ies côtes du
goIfe persique et Ies zones du goIfe arabique. Dans ce contexte, Ies Arabes étaient
divisés, et souvent en guerre Ies uns contre Ies autres.
Quand Ie message de I'IsIam est né, iI unit Ies cæurs de ces frères ennemis. II en fit
une unique communauté æuvrant pour Ie Bien. Leur but était devenu Ie même : Ia
transmission de Ia ParoIe de AIIah au monde. Cet acte est considéré comme Ie
summum du sacrifice par IequeI Ie croyant manifeste sa foi et son amour envers
son prochain, pour Ie sortir des ténèbres de I'incroyance vers Ia Iumière de Ia
guidance et de Ia foi. AIIah Le Très Haut a dit : "AIIah est Ie Protecteur des
croyants : II Ies fait sortir des ténèbres vers Ia Iumière. Les incréduIes ont pour
patrons Ies "Tâghoût"' : ceux-ci Ies font sortir de Ia Iumière vers Ies ténèbres : iIs
seront Ies hôtes de I'Enfer où iIs demeureront immorteIs." (S2/V257).
La sîra (Ia conduite) du Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah
soient sur Iui) en matière de prédication du message de I'IsIam, envoyant des
déIégations et des messagers aux rois des pays avoisinants, servit de Iigne de
conduite à Aboû Bakr dans ses décisions en Ia matière. En effet, I'IsIam s'adresse à
toute I'humanité ; AIIah Le Très Haut a dit : "Nous t'avons envoyé à Ia totaIité des
Hommes, uniquement comme annonciateur de Ia bonne nouveIIe et comme
avertisseur ; mais Ia pIupart
1 &8âgh#*t& : terme arabe désignant toute forme de fausse divinité.
des Hommes ne savent pas. " (S34/V28). AIIah a dit aussi : "Nous t'avons seuIement
envoyé comme une miséricorde pour Ies mondes." (S21/V107).
Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) a compris I'enjeu poIitique et vitaI pour
I'IsIam, qui résidait derrière ses choix. Aboû Bakr a dit à ce sujet : "Chaque fois
qu'un peupIe déIaisse l3 jihâd (I'effort pour étabIir Ia reIigion de AIIah), AIIah I'éprou-
vera par I'humiIiation !"
AIIah Le Très Haut a dit : "Nous avons fait de vous une communauté éIoignée des
extrêmes pour que vous soyez, Ies témoins de ce que font Ies Hommes, et que Ie
Prophète soit témoin de ce que vous faites." (S2/V143).
A partir de ces données reIigieuses, I'universaIisme du message de I'IsIam est
évident : iI appeIIe à faire parvenir Ia ParoIe de AIIah à I'humanité toute entière.
Parce qu'iI a compris ce que ceIa impIiquait quant à Ia situation poIitique de Ia
région, Ie caIife Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) a décIenché Ie
mouvement des !#$t#*hât, pour sauver Ies déshérités de Ia tyrannie des injustes et
Ies ramener vers Ia justice de I'IsIam, et en même temps pour préserver Ia
communauté musuImane des dangers que représentaient ces deux puissances.
Cette action de transmission de I'IsIam aux déshérités et aux égarés de Ia terre, ne
pouvait se réaIiser qu'en s'attaquant aux deux puissances de I'époque : Byzance et
Ia Perse, qui représentaient Ie danger majeur pour I'existence même de I'IsIam, et
dans ce cas iI vaIait mieux attaquer Ie premier, au risque de voir son entité mise à
I'épreuve, à I'exempIe de ce qui s'était passé avec Ies mouvements des imposteurs.
Le caIife Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) confia cette charge à I'armée
musuImane, qui était spéciaIement sous Ie commandement du Compagnon du
Prophète KhâIid Ibn AI WaIîd (Que AIIah soit satisfait de Iui).
Fath AI 'Iraq : I'ouverture de I'Irak
Après que KhâIid et ses compagnons eussent réussi à éIiminer tous Ies foyers de
rébeIIion, et à mettre fin aux mouvements d'apostasie en Arabie (Bahraïn, Yémen...),
Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui), informé de Ia situation poIitique dégradée
de I'empire perse, donna I'ordre à KhâIid Ibn AI WaIîd de se diriger à Ia tête de
I'armée vers I'Irak, où iI fut rejoint par AI Mouthannâ Ibn Hâritha Ach-Chaïbâni et
Mad'oûn Ibn 'Adiy AI 'IjIi, et ce en I'an 12 de I'Hégire (633 apr. J. C.).
L'empire perse était affaibIi, comme I'a décrit TABARI dans son Tarîkh : "Le
gouvernement de I'empire de Perse était tombé entre Ies mains de femmes et
d'enfants..."
Sur ordre du caIife Aboû Bakr, KhâIid Ibn AI WaIîd quitta AI Yamâma, et se dirigea
vers AI Madâ'in. Successivement Hîra fut prise, ainsi qu'OboIIa qui était une pIace
frontière de Ia Perse du côté de I'Arabie. Cette pIace était commandée par Ie généraI
Hourmouz, qui avait sous son commandement vingt-miIIe hommes. Lors d'un
combat singuIier KhâIid tua Hourmouz, ce qui mit I'armée perse en déroute. Cette
bataiIIe fut appeIée Ia bataiIIe des chaînes dhat as-salâssil), car Ies Perses avaient
apporté avec eux des chaînes avec IesqueIIes iIs projetaient d'enchaîner tous Ies
musuImans qui seront faits prisonniers ! Mais, seIon une autre version, Hourmouz
avait enchaîné ses soIdats Ies uns aux autres pour qu'iIs ne fuient pas Ia bataiIIe !
L'avancée de I'armée musuImane continua, et Ies victoires se succédèrent : Madsar,
WaIadja. KhâIid (Que AIIah soit satisfait de Iui) s'empara de I'Irak, des viIIes de
Bassora, de Hîra, et de Sawad. Ensuite ce fut Ia prise d'Aï Anbar. Une fois sa
mission accompIie de ce côté de I'Empire perse, KhâIid se retourna vers 'Aïn Tamr,
une forte garnison perse ; à cette époque, Ie roi de Perse venait de mourir, et on
avait éIevé sur Ie trône une femme. La situation de I'armée perse était
catastrophique, et ceIa n'était que favorabIe à I'avancée de I'armée musuImane. A
chaque nouveIIe victoire, KhâIid envoyait ses émissaires et ses agents dans toutes
Ies contrées pour appIiquer Ia Loi de AIIah et faire régner Ia justice entre Ies
habitants.
Fath Ach-Châm : I'ouverture du Proche-Orient
Après que KhâIid en eût terminé avec Ie front perse, Ie caIife Aboû Bakr (Que AIIah
soit satisfait de Iui) Iui ordonna de se diriger vers Ach-Châm, où Ies musuImans se
préparaient à affronter Ies Byzantins dans Ia fameuse bataiIIe d'Aï Yarmoûk, au mois
de Rabî' II I'an 13 de I'hégire.
Les historiens ont rapporté que Ie nombre d'hommes engagés dans cette bataiIIe du
côté byzantin était de 100 000 hommes seIon Ibn AI Athîr, ou de 240 000 hommes
seIon Tabarî. Quant aux musuImans, iIs étaient entre 40 000 hommes et 46 000
hommes.
Quand KhâIid arriva à AI Yarmoûk, iI trouva que I'armée musuImane était divisée en
quatre, avec à Ia tête de chaque partie un commandement ! II réunit Ies quatre
commandants, qui étaient Aboû 'Oubaïda, Yazîd Ibn Abî Soufyân, ChourahbîI Ibn
Hassana et 'Amr Ibn AI 'Ass, et Ieur dit : "La situation dans IaqueIIe se trouve
I'armée musuImane est pIus grave encore que cette grande armée qui Ies entoure ;
et c'est une situation, qui, en vérité, profite pIus à son ennemi ! Je sais que c'est Ia
recherche du prestige qui vous divise ! Par AIIah, mettons-nous d'accord à ce que
chacun d'entre nous dirige I'ensembIe de I'armée, à tour de rôIe, pour une journée !
Et accordez-moi Ie commandement unifié pour Ia première journée." Les autres
chefs acceptèrent Ia suggestion de KhâIid, et AIIah a accordé Ia victoire aux
musuImans en ce jour-même !
AIors que Ia bataiIIe aIIait commencer, un courrier arriva qui annonçait Ia mort du
caIife Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui), et Ie fait que 'Omar Ibn AI Khattâb
(Que AIIah soit satisfait de Iui) avait été désigné à Ia tête de Ia communauté
musuImane. 'Omar ordonnait par Ie même courrier Ia destitution de KhâIid, et Ia
nomination de 'Oubaïda Ibn AI Jarrâh, au commandement généraI de I'armée
musuImane. KhâIid ordonna que I'on garde sous sceIIé Ie courrier et qu'on n'en
divuIgue pas Ie contenu, de peur que ceIa n'affecte I'enthousiasme des musuImans
qui risqueraient d'être mis en déroute, surtout que Ies deux armées étaient en face
I'une de I'autre !
Tabarî dans son Tarîkh a rapporté ceci : "...Or on annonça à KhâIid qu'Aboû Bakr
était gravement maIade, à Médine. Les musuImans furent découragés par cette
nouveIIe. KhâIid Ieur adressa ce fameux discours dans IequeI iI Ieur dit : "Jamais,
depuis I'existence de I'IsIam, iI n'y eut un jour (décisif) comme ceIui d'aujourd'hui.
Jamais une armée d'infidèIes aussi nombreuse ne s'est trouvée en présence des
musuImans. Ne vous abandonnez pas au découragement à cause de Ia maIadie
d'Aboû Bakr. Combattez dans Ie sentier de AIIah et Iuttez pour Ia reIigion de AIIah !"
"La bataiIIe se termina en faveur des musuImans et Ies Byzantins subirent une
défaite cuisante. On a estimé Ies pertes byzantines à 100 000 morts.
"Une fois Ia bataiIIe finie, KhâIid entra chez Aboû 'Oubaïda Ibn AI Jarrâh, et Iui
remit Ie commandement généraI de I'armée musuImane seIon Ies ordres du
nouveau caIife 'Omar Ibn AI Khattâb (Que AIIah soit satisfait de Iui).
"Nous aimerions rapporter ce que Ie caIife 'Omar Ibn AI Khattâb (Que AIIah soit
satisfait de Iui) a dit à KhâIid pour justifier Ie fait de I'avoir démis de ses fonctions :
"Je ne t'ai pas destitué de tes fonctions parce que j'avais queIque doute sur ton
honnêteté, mais parce que j'ai constaté que Ies musuImans commençaient à trop
s'attacher à ta personne, aIors j'ai vouIu te protéger des dangers que pouvait te
causer Ieur fascination."
Les causes des victoires musuImanes
L'IsIam incite ses fidèIes à s'efforcer d'appIiquer de pIus en pIus sincèrement Ies
prescriptions divines, et à Ies transmettre aux autres, même au prix de Ieur vie.
Cette reIigion est fondée sur I'adoration de I'Unique (AIIah), gIoire à Lui, et cette
adoration impIique un amour sans Iimite, et une Iutte contre tout ce qui attire
I'homme pour I'éIoigner du bien et qui I'écarté du chemin de AIIah.
AIIah a chargé Ies fidèIes de transmettre Sa ParoIe et Ses commandements aux
Hommes. AIIah Le Très Haut a dit à ce sujet : "Ceux qui transmettaient Ies
messages de AIIah et qui Le craignaient, et ne redoutaient personne en dehors de
Lui..." (S33/V39). Cette transmission est désignée par I'expression &jihâd !î sa+îli-
llâh& (I'effort sur Ie chemin de AIIah), et par conséquent Ie recours à Ia guerre n'est
pas excIu si queIqu'un tente d'empêcher Ies musuImans d'accompIir cette mission
divine.
Ce sacrifice déIibéré que Ie croyant fait de sa vie pour transmettre Ia ParoIe de AIIah
à I'humanité, est Ia cause première qui expIique Ies victoires musuImanes
successives Iors des bataiIIes qu'iIs ont menées contre Ies Perses et Ies Byzantins.
C'étaient des hommes qui avaient réussi à se débarrasser de tout égoïsme, et
s'étaient portés voIontairement au service de AIIah.
En vérité, seuIs Ies gens qui ont atteint un niveau de purification et de sincérité
sans équivoque, sont capabIes de faire un don pareiI. AIIah nous Ies a décrit dans
Son Livre : "II y a parmi Ies croyants des hommes qui ont été fidèIes au pacte qu'iIs
avaient concIu avec AIIah. Certains d'entre eux ont atteint Ie terme de Ieur vie,
certains autre attendent ; iIs n 'ont point faiIIi à Ieur engagement, et Ieur attitude ne
change pas... " (S33/V23).
Si Ies musuImans furent victorieux, ce fut pour Ies raisons suivantes :
- IIs ne cherchaient pas à nuire à I'humanité, Ieurs bataiIIes n'étaient pas des
bataiIIes de conquête, en vue d'asservir Ies peupIes et Ies priver de Ieurs droits Ies
pIus éIémentaires ! Ces bataiIIes musuImanes étaient des bataiIIes qui
n'engendraient ni destruction ni désordre. Et nous avons noté qu'à chaque fois
qu'une région était ouverte, KhâIid Ibn AI WaIîd nommait un émir et Iui donnait Ia
charge d'organiser Ia vie du groupe en toute équité.
- Les armées musuImanes ont fait preuve d'un sacrifice unique. IIs recherchaient Ia
mort aIors que Ieurs opposants s'attachaient pIus à Ia vie. Le martyr était béni, et
admis dans Ies jardins d'Eden. AIIah Le Très Haut a dit : "Ne dites pas de ceux qui
ont été tués dans Ie chemin de AIIah qu 'iIs sont morts ! Non !... IIs sont vivants,
mais vous n 'en avez. pas conscience. " (S2/V154).
- Le respect des ordres et I'obéissance aux chefs, ainsi que Ia confiance qui régnait
entre Ies "émirs" et Ies soIdats étaient Ies garants de Ia victoire. Surtout, iI faut
noter que I'armée musuImane était une armée de voIontaires, y compris Ies
commandants : iIs se considéraient tous comme des frères dans Ia foi, et tous
participaient au jihâd uniquement pour pIaire à AIIah ; et faisant don de Ieur vie pour
que Ia Iumière de I'IsIam sauve Ies hommes et Ies sorte des ténèbres de
I'égarement.
- Les musuImans ont fait preuve d'une connaissance de stratégie miIitaire
ébIouissante, surtout grâce à KhâIid Ibn AI WaIîd (Que AIIah soit satisfait de Iui).
- La situation poIitique en Perse et à I'intérieur de Byzance a fait que I'armée
musuImane s'est trouvée à maintes reprises devant des forces désorganisées, qui
se battaient sans beaucoup de conviction.
- Les musuImans furent accueiIIis en Iibérateurs par des peupIes souffrant
d'injustice et d'expIoitation humaine. Les musuImans étaient Ies messagers de
I'espoir et de nouveIIes vaIeurs. IIs refusaient toute forme d'expIoitation, que ce soit
au nom d'un Iignage, d'une cIasse sociaIe ou d'un poste reIigieux.Tous ces facteurs
furent des éIéments essentieIs et décisifs dans Ies victoires musuImanes. De pIus,
Ia recherche de Ia satisfaction de AIIah, qui motivait Ies musuImans, Ieur a permis
de conquérir Ie cæur de ceux à qui iIs s'adressaient, grâce à Ia sincérité dans Ieur
démarche. L'amour de AIIah et de Ieur prochain Ies motivaient, et non pas Ia
recherche du butin comme I'ont prétendu certains détracteurs ! Ainsi nous Iisons
dans Ie Iivre de Raymond CHARLES, Le droit musuIman',( Série Que sais-je ?, n°
702, pp. 10-11.) se référant à J. SCHUMPETER :
"...Le génie de I'Envoyé de AIIah fut d'avoir su modifier son Iangage ; désormais ce
dernier s'adressera à I'instinct de piIIards mieux doués pour entendre Ies appeIs à Ia
guerre sainte que pour suivre Ies prêches sur Ie Jugement dernier : "Le facteur de
Ia conversion intime fut rabaissé au rôIe d'une discipIine personneIIe du guerrier.
Cette organisation convenait au Bédouin comme I'eau au poisson."
Comment peut-on accepter de teIs propos aIors que Ie message de I'IsIam n'a pas
cessé de se propager depuis 14 siècIes, grâce à Ia sincérité et aux sacrifices dont
ont fait preuve ceux que I'on a appeIés "Bédouins" !!!
Ces Hommes se sont mis au service de AIIah, et ont fait abstraction des passions
passagères ; en vérité, un effort pareiI impIique une rupture avec Ies attaches de ce
bas-monde. AIIah Le Très Haut a dit à Ieur propos : "Certes Ies vrais croyants sont
ceux qui croient en AIIah et en Son Prophète, sans pIus jamais être sujets au doute ;
qui y vont de Ieurs biens et de Ieurs personnes au service de AIIah. TeIs sont Ies
croyants authentiques." (S49/V 15).
4. La direction de I'Etat au temps d'Aboû Bakr
Avant d'être investi comme caIife, Aboû Bakr était un commerçant. Au début de son
caIifat, iI continua à habiter dans Ia banIieue de Médine avec sa femme Habîba ;
mais après six mois, iI vint s'instaIIer à Médine même pour mieux gérer Ies affaires
de I'Etat. Cependant iI continuait à vendre et à acheter des étoffes pour subvenir
aux besoins de sa famiIIe ; en pIus, iI s'occupait de son troupeau de moutons, qu'iI
faisait paître Iui-même de temps en temps, et iI trayait Ies brebis pour des gens !
Avec Ies événements qui surgirent, Aboû Bakr comprit Ia nécessité de se Iibérer
compIètement pour se consacrer entièrement aux affaires de I'Etat. II dit un jour :
"Non, par AIIah ! on ne peut s'occuper du bien-être des musuImans tout en
s'adonnant au commerce !"
AIors Ies musuImans Iui fixèrent un saIaire annueI, qu'Ibn Sa'd, dans ses Tabaqât a
évaIué à une somme qui variait entre 2 500 et 6 000 dirham par an ; mais, avant de
mourir, Aboû Bakr ordonna à sa famiIIe de rembourser cette somme en vendant
pour ceIa son verger !
Les réaIisations d' Aboû Bakr
D'après Souyoûtî, Aboû Bakr fut Ie premier à avoir mis sur pied Ie trésor de I'Etat
+a4t al mal). Cette trésorerie était située au début dans Ia IocaIité de "As-Sounah",
et ce Iieu n'était pas gardé. Le caIife avait fait instaIIer une serrure dont iI avait Ies
cIés, et iI dépensait pour Ies musuImans jusqu'à ce qu'iI n'en reste rien. Puis,
Iorsque Ie caIife vint s'instaIIer à Médine, iI Ie fit transférer, et iI se chargeait Iui-
même de Ia distribution des dons aux musuImans.
Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) fut Ie premier à avoir mis sur pied Ie
registre de donations : iI donnait de Ia même manière à I'escIave et à Ia personne de
statut Iibre, Ia même vaIeur à I'homme et à Ia femme, aux grands et aux petits. En
pIus iIs investissaient une partie des revenus du Trésor dans I'approvisionnement
des armées musuImanes en chevaux, chameaux et provisions.
Après Ia mort d'Aboû Bakr, Ie nouveau caIife 'Omar Ibn AI Khattâb (Que AIIah soit
satisfait de Iui) convoqua Ies pIus éminents Compagnons, parmi IesqueIs iI y avait
'Abd-Arrahmâne Ibn 'Awf et 'Othmân Ibn 'Affân : iIs ouvrirent Ie trésor et iIs n'y
trouvèrent rien ! Car Aboû Bakr dépensait tout pour Ie bien-être des musuImans.
On a demandé à un homme, chargé de peser Ia monnaie pour Ie caIife, à combien iI
évaIuait Ia vaIeur des biens qui avaient transité par +a4t al mal, et iI répondit :
"Environ 200 000 dirhams".
Les gouverneurs
Quand Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) accéda aux fonctions de caIife, Ies
musuImans n'avaient d'autres territoires que Ia péninsuIe arabique. Le caIife I'avait
divisé en régions wilâyat), et iI chargea des gouverneurs ou émirs pour veiIIer à
Ieur bon fonctionnement. Chaque émir avait Ia responsabiIité de diriger Ies prières,
d'appIiquer Ies sanctions et de faire justice, car Aboû Bakr n'avait pas nommé de
juges.
Voici Ia Iiste des différentes régions musuImanes Iors de Ia désignation d'Aboû
Bakr, ainsi que Ie nom de Ieur émir respectif:
1. La Mecque : son émir était 'Itab Ibn Oussaïd : iI avait été désigné par Ie Messager
de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui), et Aboû Bakr Ie
maintint dans ses fonctions.
2. Tâ'if : son émir était 'Othmân Ibn Abî AI 'Ass, Ie Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie
SaIut de AIIah soient sur Iui) I'avait désigné, et Aboû Bakr Ie reconfirma dans sa
fonction.
3. San'â' (Yémen) : son émir était AI Mouhajir Ibn Abî Oumayya, c'est Iui qui I'avait
ouvert, et iI a été confirmé pour Ia diriger après Ia fin des guerres d'apostasie.
4. Hadramawt : son gouverneur était Ziyâd Ibn Labîd.
5. KhawIan : son gouverneur était Ya'Ia Ibn Oumayya.
6. Zoubaïd et Rimi" : Ieur gouverneur était Aboû Moussa AI Ach'arî.
7. AI Janad : son émir était Mou'âdh Ibn JabaI.
8. Najrân : son émir était Jarîr Ibn 'Abd-AIIâh.
9. Jarach : son gouverneur était 'Abd-AIIâh Ibn Thawr.
10. Bahraïn : son émir était AI 'AIâ' AI Hadramî.
11. En ce qui concerne I'Irak et Ie Proche-Orient, qui avaient été ouverts pIus tard, iI
revenait à I'émir de I'armée de nommer des responsabIes sur Ies Iieux, parce qu'iI
faIIait passer par une période de transition avant qu'un gouverneur civiI ne
s'instaIIe, tant qu'iI restait un risque d'attaque de Ia part des anciennes famiIIes
régnantes et de Ieurs aIIiés.
Les gouverneurs touchaient Ieur saIaire de +a4t al mal (Ie Trésor de I'Etat).
RappeIons que ces gouverneurs étaient en grande majorité des Compagnons du
Messager de AIIah ; c'étaient des gens honnêtes, qui avaient été Ioués par AIIah
pour Ieur sincérité et Ieur intégrité.
L'organisation de I'administration

Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) avait des secrétaires qui inscrivaient ses
ordres et directives : iIs étaient parmi Ies pIus iIIustres Compagnons du Prophète
(Que AIIah soit satisfait d'eux). Nous ne citerons que 'AIî Ibn Abî TâIib, 'Othmân Ibn
'Affân et Zaïd Ibn Thâbit.
Pour ses cachets, Ie caIife avait une bague sur IaqueIIe était inscrit: &ni'ma al
qâdir#$-llâh#$' ("AIIah est certes Le pIus CapabIe !").
Quand iI devait prendre de graves décisions concernant Ie fonctionnement de I'Etat,
ou Iorsqu'iI devait rendre justice ou décréter une Ioi, Ie caIife Aboû Bakr a toujours
eu recours à Ia consuItation {0h#*râ) des Compagnons du Prophète, et pIus
spéciaIement 'AIî, 'Omar, 'Othmân, Sa'd Ibn Abî Waqqass, et Sa'îd Ibn Zaïd.
L'armée musuImane et son fonctionnement
A I'époque d'Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui), Ies soIdats musuImans
étaient tous des voIontaires qui participaient aux différentes expéditions mus par
Ieur foi, et qui n'avaient d'autre désir que Ie martyr pour Ia cause de AIIah. IIs
dépensaient de Ieur argent pour s'approvisionner. AIIah Ies a Ioué dans Le Saint
Coran : "Les vrais croyants sont seuIement ceux qui croient en AIIah et en Son
Messager, qui par Ia suite ne doutent point et qui Iuttent avec Ieurs biens et Ieur
personne dans Ie chemin de AIIah. Ceux-Ià sont Ies véridiques !" (S49/V15).
Après Ies victoires, I'émir distribuait Ies 4/5 du butin entre Ies combattants, et Ie 1/5
restant revenait de droit à +ait al mal, par I'intermédiaire duqueI on Ie distribuait aux
nécessiteux parmi Ies musuImans, ainsi que dans tout ce qui aIIait dans Ie sens de
I'intérêt de Ia communauté.
Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) n'a jamais contraint Ies musuImans à
s'engager dans Ies bataiIIes, même Iors des bataiIIes contre Ies apostats ; iI a
ordonné ceci à ses commandants : "Libérez de son engagement toute personne ne
désirant pas participer à I'ouverture !ath) de I'Irak et du Châm ! N'enrôIez pas de
force ceux qui ne Ie désirent pas ! Faites appeI aux musuImans qui ont participé à
I'éIimination des mouvements d'hérésie {ar-riddda), ainsi qu'à ceux qui sont restés
fermes dans Ieur foi après Ia mort du Prophète de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie
SaIut de AIIah soient sur Iui).

L'ASSEMBLAGE DU CORAN PAR ABOU BAKR
En Introduction

La reIigion musuImane est fondée sur Ie Message transmis par AIIah I'Unique au
Prophète Mohammad (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) ; eIIe
stipuIe que AIIah (Qu'iI soit gIorifié) a décidé, dans Sa Science aussi ancienne que
Lui, que Ie Message transmis au dernier des prophètes resterait vaIide jusqu'à Ia fin
des temps et dans Ie monde entier. La conservation de ce message, Ie Saint Coran,
n'a pas été confiée aux seuIs humains, mais nous savons d'ores et déjà que AIIah
s'en est chargé, et que Sa VoIonté va s'accompIir par I'intermédiaire des Hommes !
AIIah Le Très Haut a dit : "C'est Nous Qui t'avons révéIé "Ie RappeI édifiant", et
Nous veiIIerons, certes, à son intégrité." (S15/V9).
Cette VoIonté divine va s'accompIir à travers Ies ordres et directives de AIIah (GIoire
à Lui), et de Son Messager, qui seront transmis aux fidèIes, à propos de Ia reIation
qu'iIs doivent entretenir avec Ie Livre révéIé.
La préservation du texte révéIé s'est accompIie grâce à deux moyens : I'écriture et
Ia mémoire. Dans Ie Saint Coran, AIIah, Le Miséricordieux, fait I'éIoge de I'écriture et
de Ia Iecture. II dit :
"Lis, au Nom de ton Seigneur Qui a créé,
II a créé I'Homme d'un caiIIot accroché !
Lis, car ton Seigneur est Le pIus Généreux,
Qui a enseigné au moyen de Ia pIume..." S9:;<1-=).

Le Prophète Mohammad (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a
ainsi compris I'importance de I'écriture ; mais ceIIe-ci n'était connue que de
queIques-uns de ses concitoyens. Le Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de
AIIah soient sur Iui) chargea donc ceux de ses Compagnons qui savaient Iire et
écrire, de prendre note des versets transmis. C'était une chose importante, mais iI
était égaIement important que Ia majorité des musuImans apprennent à Iire et à
écrire : or, iI se fait qu'au moment de Ia bataiIIe de Badr, certains Arabes mecquois
furent faits prisonniers par Ies musuImans, et parmi eux se trouvaient des hommes
Iettrés. Le Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) Ieur offrit
Ia possibiIité d'être Iibérés, Iorsqu'iIs auraient appris à Iire et à écrire à un certain
nombre de musuImans.
Le Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) recevait Ia
révéIation par fragments ; iI ne Iui était révéIé que queIques versets à Ia fois, qu'iI
transmettait aIors aux musuImans. En pIus, iI a chargé officieIIement des
Compagnons de prendre note de tous Ies versets révéIés : ce sont ceux qu'on
appeIIe Ies écrivains de Ia révéIation .#$ttâ+ al wahy). Chaque fois que Ie Prophète
de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) transmettait Ies
versets nouveIIement révéIés, iI précisait aux écrivains à queI endroit du texte iIs
devaient prendre pIace, par rapport aux versets déjà connus. Cette organisation du
texte ne venait pas de Iui, mais d'une prescription divine.
Les écrivains de Ia révéIation étaient Zaïd Ibn Thâbit, assisté de 'Abd-AIIâh Ibn
Mass'oûd, 'Abd-AIIah Ibn Az-Zoubaïr, Oubaï Ibn Ka'b, 'AIî Ibn Abî TâIib, Thâbit Ibn
Qaïss, etc.
Cette conservation du texte vouIue par AIIah Ie Tout-Puissant aIIait s'accompIir à
travers d'autres comportements des musuImans : Ies pratiques cuItueIIes.
Afin d'apprendre à mieux utiIiser Ies sources de Ieur foi, Ies musuImans apprirent Ie
Coran par cæur. Les mérites de ceux qui ont étudié tout Ie Coran par cæur ont été
vantés par AIIah (dans pIusieurs passages du Coran), et par Ie Prophète (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) qui a dit : "Le meiIIeur d'entre vous,
c'est ceIui qui apprend Ie Coran et Ie fait apprendre aux autres."
De même, Ia prière est Ie Iien entre Ie croyant et son Créateur;
or, dans Ia prière, iI faut réciter des passages du Coran : donc, tous Ies musuImans
doivent apprendre au moins une partie de Ia ParoIe de AIIah. Ainsi, de génération en
génération, Ia communauté musuImane a préservé Ie Saint Coran. Le rôIe de Ia
première génération fut de Ia pIus haute importance dans cette démarche.
La conservation par écrit du texte coranique par Aboû Bakr
Après Ia mort du Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui), on
disposait d'une copie compIète du Coran. Cet exempIaire était inscrit sur des sortes
de fiches, faites d'omopIates de chameaux, de feuiIIes sèches de paImiers, de
pierres taiIIées, ou encore de parchemins.
Notons par Ia même occasion que Ie caIife Aboû Bakr faisait partie des
Compagnons réputés pour Ieur connaissance du Coran:
Ia preuve en est que Ie Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur
Iui) I'avait désigné pour diriger Ies musuImans dans Ia prière. Le Messager de AIIah
(Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a dit : "C'est ceIui qui connaît
Ie mieux Ie Livre de AIIah, qui guide Ies gens (dans Ia prière) ! " (IBN KATHIR)
Donc Ie caIife Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) prit Ia décision d'assembIer
Ia ParoIe de AIIah. Cette décision fit suite aux guerres que Ies musuImans menèrent
contre Ies imposteurs et Ieurs aIIiés : Zaïd Ibn Thâbit (Que AIIah soit satisfait de Iui)
a raconté qu'Aboû Bakr Ie convoqua, après avoir mis fin à Ia révoIte d'AI Yamâma.
Quand je me suis présenté, a-t-iI dit, j'y ai trouvé 'Omar Ibn AI Khattâb (Que AIIah
soit satisfait de Iui). Aboû Bakr me dit : "II y a eu beaucoup de tués parmi Ies q#$rra
Ie jour d'AI Yamâma, et je crains que ceIa n'arrive dans d'autres Iieux où Ies
musuImans se battent : parmi eux, iI y a des Compagnons qui mémorisent Ia totaIité
du Coran (al q#$rra'), et on risque de voir une partie du Coran se perdre s'iIs
disparaissent ; je considère qu'iI serait mieux d'assembIer Ie Coran, et de Ie
réécrire. A 'Omar, qui m'a suggéré cette initiative, j'ai demandé comment je pourrais
faire queIque chose que Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de
AIIah soient sur Iui) n'a pas faite, et 'Omar m'a répondu : "Par AIIah, je jure qu'iI vaut
mieux I'assembIer !", et iI n'a eu de cesse de chercher à me convaincre, jusqu'à ce
que AIIah m'eut amené à comprendre Ia nécessité d'un teI acte, et à en devenir
convaincu. Je me suis donc raIIié à I'avis de 'Omar !"
Zaïd continua de raconter : '"Omar était assis et ne disait toujours rien ! Et Aboû
Bakr continua : "Tu es un homme jeune et pIein de sagesse, et nous avons
confiance en toi, car tu as fait partie de ceux qui écrivaient Ia RévéIation au temps
du Prophète de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui). (C'est
pour ceIa que je te charge) de rassembIer Ie Coran, et de rechercher ceux qui en ont
connaissance." Zaïd dit : "Par AIIah! Ce qu'iI me chargeait d'accompIir était pIus
Iourd pour moi, que s'iI m'avait demandé de dépIacer Ies montagnes ! AIors j'ai
demandé à Aboû Bakr et à 'Omar : "Comment vous permettez-vous de faire queIque
chose que Ie Messager de AIIah n'a pas accompIi ? !" AIors Aboû Bakr me
répondit : "Je jure au Nom de AIIah, que ceIa est meiIIeur !" Zaïd dit : "Je n'ai pas
cessé de refuser cette offre, ainsi que I'initiative ; quant à eux, iIs continuèrent à me
convaincre, jusqu'à ce que AIIah m'eût guidé pour comprendre Ia nécessité d'une
teIIe initiative ! AIors j'ai commencé à assembIer Ies textes qui étaient rédigés par
fragments sur divers matériaux, et je me suis adressé aux différents q#$rrâ' parmi
Ies Compagnons, jusqu'à ce que je trouve Ies deux versets qui me manquaient de Ia
Sourate at-taw+a (Ie Repentir, Sourate 9), auprès de Khouzaïma Ibn Thâbit. Puis j'ai
transmis Ies feuiIIets entiers à Aboû Bakr, chez qui iIs ont été conservés jusqu'à sa
mort. IIs furent ensuite conservés chez Hafsa, Ia fiIIe de 'Omar Ibn AI Khattâb et
épouse du Prophète de AIIah (Que AIIah soit satisfait d'eIIe)". (Rapporté par
BOUKHARI)
Aboû Bakr fut Ie premier à appeIer Ia copie du Coran :
m#$sha!. (Cité par SOUYOUTI)
QueIques informations se rapportant aux commentaires du Coran faits par Aboû
Bakr
On rapporté que I'on a interrogé Aboû Bakr au sujet de Ia ParoIe de AIIah : "IIs te
demandent ce qui a été décrété au sujet d'aI kaIaIa"..." (S4/V176), iI répondit : "Je
vais vous dire mon opinion à ce sujet. Si ceIa est juste, ce n'est que par Ia grâce de
AIIah que j'y suis parvenu, et si je me trompe, ceIa vient du DiabIe ! Je pense qu'iI
s'agit du cas (en matière de partage de I'héritage), où Ie parent et I'enfant sont
morts, et où Ia question est de savoir à qui I'héritage revient de droit."
Lorsque 'Omar a été investi, iI a gardé cette expIication comme base juridique à ce
sujet, en disant : "Je serais gêné de changer un jugement étabIi par Aboû Bakr.
(Rapporté par AL BAIHAQI)
Amir Ibn Sa'd AI Bajii a rapporté qu'Aboû Bakr a dit, au sujet de Ia ParoIe de AIIah :
"A ceux qui agissent en bien est réservée Ia meiIIeure (récompense) et même
davantage..." (S10/V26), que cette meiIIeure récompense et même davantage, "c'est
Ie fait de voir Ia Face de AIIah (Qu'iI soit Ioué)". (Rapporté par IBN JARIR)
On rapporté qu'Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) a dit, concernant Ia ParoIe
de AIIah &,3$> q$i dis3nt : "Notre Seigneur est AIIah" et qui ensuite se tiennent sur
Ie droit chemin..." (S46/V13), qu'iI s'agit de personnes qui I'ont dit et qui s'y sont
maintenus jusqu'à Ia mort : ceux-Ià font partie de ceux qui étaient droit et justes ! "
(Rapporté par IBN JARIR)
ABOU BAKR ET LES HADITH QU'IL A TRANSMIS
L'imâm An-Nawawî a rapporté dans son Iivre Tahdhîb, que Ie caIife Aboû Bakr (Que
AIIah soit satisfait de Iui) n'a transmis que 42 hadîth, et iI expIique que Ia raison n'en
est pas une incompétence queIconque ou un manque de savoir, surtout Iorsque
nous savons qu'Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) fut Ie premier homme à
croire en Ia mission du Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur
Iui), et qu'iI a été Ie Compagnon du Prophète du jour de son avènement jusqu'à sa
mort !"
Sa grande connaissance de Ia s#$nna du Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut
de AIIah soient sur Iui) est attestée. L'imâm Souyoûtî a rapporté que Iors des
discussions dans Ia saqîfa au sujet de Ia succession du Prophète (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui), Aboû Bakr a dit aux ansâr (Ies
Médinois d'origine) tout ce que Ie prophète de AIIah avait dit à Ieur sujet, et qu'eux-
mêmes ignoraient ! Ceci est une preuve suppIémentaire de sa profonde
connaissance des dires, actes et approbations du Prophète de AIIah.
On expIique Ie peu de hadîth transmis par Aboû Bakr, par Ie fait qu'iI soit mort avant
que Ies successeurs des Compagnons {at-tâbi 'oûn) ne prennent en charge Ia
sounna du Prophète, et ne s'occupent de son assembIage.
Nous pouvons ajouter comme expIication qu'iI n'ait pas pu disposer de temps pour
enseigner et transmettre Ia s#$nna aux musuImans, en devenant caIife dès Ia mort
du Prophète (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) : iI s'est trouvé
confronté à de nombreux probIèmes afin de sauvegarder Ia communauté,
particuIièrement Iors des guerres d'apostasie, iI a dû envoyer des armées contre Ies
empires de Perse et de Byzance, et en pIus suivre Ies affaires des musuImans...
CeIa expIique aisément que peu de hadîth nous soient parvenus par son
intermédiaire.
Mais un nombre important d'iIIustres Compagnons ont transmis des hadîth
rapportés par Aboû Bakr. Nous ne citerons que 'Omar, 'Othmân, 'AIî, Ibn 'Awf, Ibn
Mass'oûd, Ibn Az-Zoubaïr, Ibn 'Amr, Ibn 'Omar, Ibn 'Abbâs, Houdaïfa, Anass, Zaïd Ibn
Thâbit, AI B ara' Ibn 'Azib, 'Oqba Ibn AI Hârith, Zaïd Ibn Arqam, 'Imrân Ibn Houssaïn,
Aboû Houraïra, Aboû Sa'îd AI Khoudri, Aboû Moussa aI Ach'arî, BiIâI, 'Aïcha et
Assmâ' ses deux fiIIes, Jâbir Ibn 'Abd-AIIâh et autres... (Que AIIah soit satisfait d'eux
tous).
Voici un choix de hadîth rapportés par Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) :
1 : Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) a rapporté que Ie Messager de AIIah
(Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a dit au sujet de Ia mer : "Son
eau est pure et purificatrice, et Ie cadavre en est Iicite !" (Rapporté par DARA-
QOTNI). Ainsi, Ies animaux qui y vivent d'habitude et qui y sont recueiIIis morts sont
Iicites et permis à Ia consommation).
2 : Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) a rapporté que Ie Prophète (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a dit : "Le siwâ. est un purificateur de
Ia bouche, qui rend AIIah satisfait de vous." (Rapporté par AHMAD)
3 : Aboû Bakr 4 : D'après Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui), Ie Prophète
(Que AIIah soit satisfait de Iui) a raconté avoir demandé au Messager de AIIah (Que
Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) de Iui apprendre une invocation
qu'iI utiIiserait dans sa prière ; Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut
de AIIah soient sur Iui) Iui répondit : "Dis :
Seigneur j'ai commis beaucoup d'exactions envers moi-même, et en vérité, iI n'y a
que Toi Qui pardonnes Ies péchés ;
Seigneur accorde-moi par Ton pardon, et combIe-moi de Ta Miséricorde, car Tu es
Le Pardonneur, Le Très Miséricordieux par exceIIence !" (Rapporté par MOUSLIM)
(Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a dit : "CeIui qui aura fait Ia
prière du matin en groupe, sera sous Ia protection de AIIah (toute Ia journée). CeIui
qui porte atteinte à Ia vie de ceIui-ci porte, en vérité, atteinte à Ia Promesse de
AIIah ! AIIah ne Ie Iâchera pas jusqu'à ce qu'iI Ie fasse traîner en Enfer, face au soI !"
(Rapporté par IBN MAJJAH)
5 : Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) a rapporté que Ie Prophète (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a dit : "Quiconque fait correctement
ses abIutions, puis accompIit deux rak'ât et demande à AIIah de Iui pardonner, sera
pardonné !" (Rapporté par AHMAD, et Ies quatre SOUNAN)
6 : Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) a raconté que Ie Prophète (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a dit : "Evitez Ie Feu ne serait-ce que
par une aumône que vous faites de Ia moitié d'une datte, car (une teIIe) aumône
rectifie ce qui n'était pas droit (dans vos actes), vous protège de Ia mauvaise fin et a
auprès de ceIui qui est dans Ie besoin Ie même effet (de Ie rassasier) que si c'était
queIqu'un qui n'avait pas faim qui Ia mangeait !" (Rapporté par ABOU YA'LA)
7 : D'après Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) Ie Messager de AIIah (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) a dit : "CeIui qui construit une
mosquée pour AIIah, AIIah Iui érige une maison au Paradis." (Rapporté par
TABARANI)
8 : Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) a raconté avoir entendu Ie Prophète de
AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) dire : "AIIah Le Très
Haut a dit : "Si vous vouIez avoir droit à Ma Miséricorde, aIors soyez pIein de
compassion envers Mes créatures." (Rapporté par IBN HIBBAN et DAILAMI)
EXEMPLES DE JUGEMENTS PRONONCES PAR ABOU BAKR.
- Boukhari a rapporté que Ie caIife Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) a
donné droit au grand-père d'hériter à Ia pIace de son fiIs défunt.
De même, iI a donné au petit-fiIs Ie droit d'hériter à Ia pIace de son père défunt.
De même iI a donné Ie droit à I'héritage à Ia grand-mère paterneIIe et à Ia grand-
mère materneIIe, pour hériter à Ia pIace de Ieur fiIs ou fiIIe défunt(e).
- Lors du divorce de 'Omar Ibn AI Khattâb et de sa femme, Aboû Bakr a donné Ie
droit à Ia prise en charge de Ieur enfant Assim à Ia mère, disant à 'Omar : "Son
odeur à eIIe, son affection et sa gentiIIesse sont meiIIeures et pIus utiIes pour Iui
que toi !" (Rapporté par Sa'îd Ibn Mansoûr d'après 'Omar)
- AI Baïhaqi a rapporté que Qaïss Ibn Abî Hâzim a raconté qu'un homme s'était
présenté devant Aboû Bakr pour se pIaindre de son père, qui vouIait mettre Ia main
sur tous ses biens et en disposer à sa guise ! Aboû Bakr ordonna au père de ne pas
Ie faire, Iui disant qu'iI n'avait droit qu'à ce dont iI avait besoin ! AIors Ie père Iui dit :
"Le Prophète de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui) n'a-t-iI
pas dit : "Toi et ton argent, vous appartenez à votre père !" Aboû Bakr Iui répondit:
"Certes, iI I'a dit ! Mais iI vouIait parIer du droit à une pension!"
- Ibn Abî Chaïba a rapporté qu'Aboû Bakr a décrété Iors d'un jugement que Ia diyya
(prix du sang) pour une oreiIIe perdue par un acte de vioIence, est de quinze
chameaux.
SERMONS D'ABOU BAKR
Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) a prononcé un jour un discours dont on a
conservé Ie texte, que voici :
"Louange à AIIah, Seigneur des mondes. Je Le Ioue, je Lui demande de I'aide, et je
Lui demande I'honneur pour ce qui surviendra après Ia mort, car mon heure se
rapproche ainsi que Ia vôtre. J'atteste qu'iI n'y a pas de AIIah sinon AIIah I'Unique,
Lui seuI. Qui n'a aucun associé, et j'atteste que Mohammad est Son serviteur et
Messager. AIIah I'a envoyé avec Ia Vérité annonciateur de Ia bonne nouveIIe, pour
avertir ceIui qui est "vivant" (Ie musuIman qui aura Ia vie éterneIIe), mais aussi pour
affermir Ia vérité maIgré Ies mécréants. CeIui qui obéit à AIIah et à Son Prophète est,
certes, sur Ia bonne voie, tandis que ceIui qui Ieur désobéit, s'est égaré d'une
manière évidente. Je vous recommande de craindre AIIah, et de vous maintenir
fermement à I'Ordre de AIIah qu'iI a Iégiféré pour vous, et vers IequeI II vous a
guidés ; car I'essence de I'IsIam, après I'attestation (de foi), c'est I'obéissance à
ceIui qui a été désigné à votre tête, et à qui AIIah a déIégué votre tuteIIe. CeIui qui
obéit à AIIah et aux responsabIes de Ia communauté, et ce, en mettant en évidence
Ie bien et en réprimandant Ie bIâmabIe, aura, certes, Ie succès et se sera vraiment
acquitté de son devoir. Je vous invite à être attentifs et à ne point suivre vos
passions, car Ie gagnant sera ceIui qui se sera préservé de Ia passion, de Ia cupidité
et de Ia coIère. Prenez garde à Ia vantardise, car au nom de quoi pourrait-iI se
vanter, ceIui qui a été créé de terre, qui redeviendra de Ia terre et sera I'appât des
vers de terre ! ? CeIui qui est maintenant vivant, demain sera mort ! ?
"Duvrez de jour en jour, et d'heure en heure, et prenez garde à I'invocation que
pourrait faire contre vous ceIui que vous auriez opprimé, et considérez-vous parmi
Ies morts ! Soyez patients, car I'action nécessite de I'endurance ; et dans ce cas Ie
fait d'être attentif est très utiIe, et æuvrez car ceIa vous sera utiIe. Craignez Ie
Châtiment de AIIah, dont II vous a avertis, et empressez-vous de conquérir ce qu'iI
vous a promis de sa Bonté. Soyez perspicaces et comprenez convenabIement,
craignez-AIIah et préservez-vous ; car votre Seigneur vous a expIicité ce qui a causé
Ia perte de ceux qui ont vécu avant vous, ainsi que ce qui Ies a sauvés. AIIah vous a
expIicité dans Son Livre ce qu'iI vous a interdit et ce qu'iI vous a permis. Les actes
qu'iI aime vous voir faire, et ceux qu'iI n'aime pas.
"(Sachez) que je vous servirai de toute mes forces, sans retenue, et AIIah est, en
vérité, CeIui sur IequeI on s'appuie. Car iI n'y a de force, ni de puissance qu'en AIIah.
"Sachez que ce que vous faites en toute sincérité, c'est envers votre Seigneur que
vous Ie faites ; et vous préservez, par Ia même occasion, vos chances de réussite :
c'est pour votre féIicité que
vous æuvrez. Quant aux bonnes actions voIontaires que vous accompIissez, faites
en sorte que ceIa vous serve de provisions pour demain, pour compenser ce que
vous avez négIigé hier ! EIIes vous seront rétribuées, Ie jour où vous serez comme
un misérabIe, et que vous en aurez très certainement besoin !
"Serviteurs de AIIah, rappeIez-vous vos frères et amis qui sont partis, iIs sont Ià,
résidant auprès de ce qu'iIs ont accompIi auparavant. IIs sont descendus (après Ia
mort) en des Iieux de maIheur ou de bonheur !
"En vérité. AIIah n'a point d'associé, et II n'a pas entre Lui et Ses serviteurs de Iien
de parenté en vertu duqueI II rétribuerait certains en bien, ou Ieur éviterait une
punition. Tout ceIa ne s'aquiert qu'en Lui obéissant et en suivant Ses ordres ; et
sachez qu'iI n'y a pas de bien qui sera suivi du Feu, ni de maI qui sera suivi du
Paradis.
"Je dis ceci, et je demande à AIIah de me pardonner, ainsi qu'à vous. Priez sur
votre Prophète ! Que Ia paix de AIIah soit avec Iui. Et que Ia paix de AIIah, Sa
Miséricorde ainsi que Sa +ara.a soient sur vous." (Rapporté par IBN 'ASSAKIR)
'Abd-AIIâh Ibn Hakîm a rapporté qu'Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) a
dit Iors d'un sermon : "Je vous recommande de craindre AIIah, et de Le Iouer
par ce dont II a Ie mérite ; de mêIer Ia crainte à I'amour de Lui ; car AIIah a Ioué
Zacharie et sa famiIIe, en disant : "...IIs Nous invoquaient par amour et par
crainte... " (S21/V90).
"Sachez, serviteurs de AIIah, que AIIah a pris pour otage votre âme : à vous, en
contrepartie, de vous acquitter de vos devoirs vis-à-vis de Lui ! Car II a pris votre
engagement à ce sujet ! II vous a racheté Ie peu qui dépérit, contre queIque chose
de pIus important qui dure !
"Ceci est Ie Livre de AIIah, dont Ia Iumière ne diminue jamais et dont Ies miracIes
n'ont pas de fin ! Prenez conseiI auprès de Iui, et prenez des provisions de "sa
Iumière", pour Ie jour de I'obscurité" (dans Ia tombe). Car AIIah ne vous a créés que
pour L'adorer.
"AIIah a chargé de votre surveiIIance des Anges nobIes de vous surveiIIer qui
enregistrent tous vos actes : iIs savent ce que vous faites.
"Puis sachez, serviteurs de AIIah, que vous voyez Ie matin, et Ie soir qui arrive, aIors
que vous êtes sous Ia coupe d'une décision (Ia mort) qui risque de vous faire
tomber d'un moment à I'autre, et qui vous a été cachée. Donc, si vous pouvez faire
en sorte que ce décret de AIIah vous atteigne aIors que vous êtes occupés à æuvrer
pour AIIah, faites-Ie ! Cependant, vous ne pourrez y parvenir qu'avec I'aide de
AIIah..."
PAROLES DE SAGESSE D'ABOU BAKR
Le caIife Aboû Bakr as-Siddîq (Que AIIah soit satisfait de Iui) a dit :
- "Que AIIah bénisse un individu qui s'est mis tout entier au service de son frère !"
- "II n'y a aucun bien dans une aisance qui aurait comme suite I'Enfer ! Et iI n'y a
aucun maI dans un maI (difficuIté, souffrance) qui aura comme suite Ie Paradis !"
- "Si queIque bien t'échappe, cherche à Ie rattraper, et si Ie bien te rejoint, aIors
cherche à Ie surpasser !"
- "Sache qu'auprès de toi, iI y a des surveiIIants qui t'observent de Ia part de AIIah !"
- "Cherche à te corriger : Ies gens seront amenés à être corrects avec toi.
"AIIah voit ton intérieur, de Ia même manière qu'iI perçoit ce qui est apparent en
toi !"
"La sagesse Ia meiIIeure est de craindre AIIah. La bêtise Ia pIus grave est de Lui
désobéir ; Ia vérité Ia pIus authentique est de préserver Ie dépôt confié aI amânat),
et Ie pIus grave mensonge, c'est Ia traîtrise !"
- On a rapporté que Ie poète Labîd s'est présenté devant Aboû Bakr et a chanté
ces vers :
"En vérité, toute chose en dehors de AIIah n'est que mensonge!
AIors Aboû Bakr Iui dit : "Tu dis vrai !" Puis Labîd continua et dit :
"Et tout déIice est amené à disparaître !"
AIors Aboû Bakr Iui répondit : "Tu mens ! Auprès de AIIah iI y a un déIice qui ne
dépérit jamais !" Puis, après Ie départ de Labîd, iI dit : "Parfois Ie poète prononce
des paroIes de sagesse!"
- On a rapporté qu'Aboû Bakr passa près de 'Abd-Arrahmâne Ibn 'Awf qui se
disputait avec son voisin ; aIors iI Iui dit : "Ne te quereIIe pas avec ton voisin, car
Iui, iI reste, aIors que Ies autres ne seront pas Ià (pour t'aider) !"
- On a rapporté que Iorsqu'Aboû Bakr présentait ses condoIéances à queIqu'un, iI
disait : " En vérité, iI n'y a pas de réconfort que I'on puisse apporter pour un
maIheur ; cependant ne pas patienter ceIa n'apportera rien ! La mort est pIus aisée
que ce qui I'a précédée, et n'est pas pIus dure que ce qui va Iui succéder ! RappeIez-
vous Ia disparition du Messager de AIIah ; votre maIheur s'amenuisera. Et que AIIah
vous récompense ampIement pour votre endurance devant ce maIheur (qui vous
affecte). (Rapporté par IBN 'ASSAKIR d'après Aboû 'Ouyaïna)
PAROLES ET COMPORTEMENTS PIEUX D'ABOU BAKR
Aboû Bakr était réputé par sa piété et iI veiIIait à ne consommer que Ies choses
d'origine Iicites. Ka'b Ibn 'Ajra a raconté qu'Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de
Iui) avait un jeune escIave avec IequeI iI avait concIu un contrat de rachat de Iiberté.
Ce dernier, chaque jour, Iui apportait une partie de son dû en nourriture, et à chaque
fois Aboû Bakr Ie questionnait sur son origine ; si eIIe était Iicite, iI I'acceptait, sinon
iI Ia refusait. Un jour qu'Aboû Bakr jeûnait, Ie jeune homme Iui appporta de Ia
nourriture. Aboû Bakr en mangea au moment de rompre son jeûne sans poser Ia
question habitueIIe ; soudain, iI se Ie rappeIa et demanda au jeune homme d'où iI
avait gagné cette nourriture. Le jeune homme Iui répondit : "C'est I'arriéré d'un
paiement pour une fausse divination que j'ai faite pour des gens, avant que je ne
devienne musuIman !" Aboû Bakr bondit de sa pIace et dit:
"Oh ! Tu as faiIIi me mener à Ia catastrophe !", puis iI se mit Ie doigt dans Ia bouche
pour se faire vomir, mais voyant qu'iI ne pouvait pas y arriver, iI demanda de I'eau et
se mit à boire puis à se faire vomir, jusqu'à ce qu'iI se soit assuré qu'iI ne restait rien
dans son estomac de Ia nourriture qu'iI avait avaIée. Certains Iui dirent : "Que AIIah
te bénisse, ô Aboû Bakr ! Tout ça pour une seuIe bouchée !" II Ieur répondit : "S'iI
avait faIIu pour Ia faire sortir faire sortir mon âme avec, je I'aurais fait, car j'ai
entendu Ie Messager de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui)
dire : "Tout corps qui a vu sa croissance évoIuer grâce à une nourriture interdite, a
fortiori, Ie feu en est pIus méritant !", aIors j'ai craint que mon corps ne soit nourri
par cette bouchée interdite." (Rapporté par BOUKHARI)
Mou'âdh Ibn JabaI (Que AIIah soit satisfait de Iui) a rapporté qu'un jour, Aboû Bakr
était entré dans un verger, et voyant un oiseau perché sur une branche, iI Iui dit :
"Bienheureux que tu es ! Tu te nourris de cet arbre et tu te protèges avec son
ombre! Puis Iorsque tu mourras, tu ne seras point jugé ! Oh ! si Aboû Bakr pouvait
être comme toi !" (Rapporté par AHMAD et AL HAKIM)
On demanda à Aboû Bakr ce que signifiait teI verset, aIors iI répondit : "QueIIe terre
pourrait me contenir, et queI cieI pourrait me couvrir, si je disais au sujet de Ia
ParoIe de AIIah ce que AIIah n'a pas vouIu dire !"
On a rapporté qu'Aboû Bakr avait I'habitude de jeûner pendant Ies jours d'été, et
qu'iI s'abstenait de jeûner en hiver !" (Rapporté par AHMAD)
'Omar Ibn AI Khattâb (Que AIIah soit satisfait de Iui) a rapporté qu'un jour, iI avait vu
Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) se tenir Ia Iangue et dire : "C'est ceIIe-Ià
qui m'a entraîné sur Ie chemin de Ia perdition !" (rapporté par NASSA'I)
QUELQUES INVOCATIONS D'ABOU BAKR
Mou'âwiya Ibn Qourra a rapporté que Iorsqu'Aboû Bakr invoquait AIIah, iI disait :
"Seigneur, fais en sorte que Ia fin de ma vie soit Ia meiIIeure, et que Ia meiIIeure de
mon action soit Ia dernière, et que Ie meiIIeur jour pour moi, soit Ie jour de Ta
rencontre !" (Rapporté par Sa'îd Ibn Mansoûr)
AI Hassan (AI Basrî) a raconté qu'on Iui a rapporté que Iorsqu'Aboû Bakr invoquait
AIIah, iI disait : "Seigneur je Te demande ce qui est Ie meiIIeur pour moi dans mon
devenir. Seigneur, fais en sorte que Ie tout dernier bien que Tu me donneras soit Ta
satisfaction, et Ies hauts degrés dans Ies Jardins des déIices (éterneIs)." (Rapporté
par AHMAD)
Lorsqu'Aboû Bakr priait sur un mort, iI disait : "Seigneur, Ton serviteur, sa famiIIe,
ses biens et son cIan I'ont déIaissé ! (Seigneur) ! Le péché est énorme, et Tu es,
certes, Pardonneur, Miséricordieux, vraiment !" (rapporté par IBN ABI MALIK)
On a rapporté que Iorsque queIqu'un vantait Aboû Bakr, ce dernier disait : "Seigneur
! Tu es mieux informé que moi-même à mon sujet, et moi je suis mieux informé
qu'eux de ce que je suis ! Seigneur, fais en sorte que je sois mieux que ce qu'iIs
pensent, pardonne-moi ce qu'iIs ignorent de moi (Ies défauts), et ne me tiens pas
rigueur de ce qu'iIs disent de moi !" (Rapporté par IBN 'ASSAKIR)
Aboû 'Imrân AI Jouni a raconté qu'Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui)
disait : "Je souhaiterais tant être un poiI sur Ie corps d'un serviteur croyant !"
(Rapporté par AHMAD IBN HANBAL)
MORT D'ABOU BAKR
Tabarî a rapporté dans son Tarîkh qu'Aboû Bakr avait été invité à un repas par un
des principaux chef de Ia communauté juive de Khaïbar ; Ie caIife se trouvait à tabIe
avec AI Hârith Ibn KhaIada, qui était Ie médecin réputé des Arabes, et on Ieur
présenta un pIat de riz. Aboû Bakr en mangea une bouchée. AI Hârith en prit de
même une bouchée, mais Ia rejeta aussitôt en s'écriant : iI y a dans ce riz un poison
qui tue au bout d'une année ! Et iI en fut ainsi : au bout de cette même année, Aboû
Bakr tomba maIade un Iundi, et mourut quinze jours après, Ie mardi, huit jours avant
Ia fin du mois."
AIors qu'Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) agonisait, iI se découvrit Ie
visage et dit à sa fiIIe 'Aïcha (Que AIIah soit satisfait d'eIIe), qui était affIigée : "Ne
sois pas dans cet état, mais récite pIutôt : "Et puis, voici Ie vertige de Ia mort,
dévoiIant du coup Ia vérité. VoiIà, Homme, ce que tu cherchais à fuir!" (S50/V19).
Aboû Bakr dit ensuite : "Prenez ces deux habits, Iavez-Ies, et utiIisez-Ies pour mon
IinceuI ; car Ies vivants ont pIus besoin du neuf que Ie mort !"
Lorsqu'Aboû Bakr sentit Ia mort venir, Ies gens Iui demandèrent de Ieur
recommander un successeur, aIors iI Ieur désigna 'Omar Ibn AI Khattâb. On Iui dit
qu'iI désignait à sa succession queIqu'un de dur, dont Ie cæur n'était pas tendre ! Et
on Iui demanda ce qu'iI dirait demain à son Seigneur. Aboû Bakr répondit : "Je
dirai : "J'ai désigné à Ia tête de Tes créatures, Ie meiIIeur d'entre eux !"
Dans une autre version on a rapporté qu'Aboû Bakr avait formuIé I'intention de
désigner 'Omar à sa succession, mais qu'iI vouIait s'assurer du bien-fondé de sa
démarche, et qu'iI s'adressa aIors à 'Abd-Arrahmâne Ibn 'Awf, en Iui demandant de
Iui dire ce qu'iI savait de 'Omar. CeIui-ci Iui répondit : "Tu m'interroges au sujet de
queIque chose dont tu es pIus informé !" Mais Aboû Bakr insista, aIors iI dit : "II est
Ie meiIIeur homme sur IequeI on puisse avoir un avis queIconque, cependant iI est
dur !" Aboû Bakr Iui dit : "En vérité s'iI se comporte ainsi, c'est parce qu'iI constate
que je suis doux avec Ies gens ; mais si Ia charge de I'Etat Iui revient, iI déIaissera
beaucoup de I'apparence qu'iI essaie de se donner !" Puis Aboû Bakr s'adressa à
'Othmân, et Iui demanda Ia même chose. 'Othmân Iui dit : "Par AIIah ! Tout ce que je
sais de Iui, c'est que son fond est meiIIeur que ce qu'iI apparaît de Iui de I'extérieur,
et qu'iI n'y a pas parmi nous queIqu'un de meiIIeur que Iui !" Puis Aboû Bakr
demanda à 'Othmân de garder secrète Ia discussion qu'iIs avaient eue ensembIe.
Puis Aboû Bakr demanda Ia même chose à Oussaïd Ibn Houdaïr, à Sa'îd Ibn Zaïd
ainsi qu'à d'autres Compagnons, mouhâjiroûn et ansâr, et tous ont conforté Aboû
Bakr dans son avis. AIors Aboû Bakr convoqua 'Othmân Ibn 'Affan et Iui dicta ce qui
suit :
"Ceci est ce qu'Aboû Bakr Ibn Abî Qouhâfa confie à 'Omar! Au Nom de AIIah Le Très
CIément par essence. Le Très Miséricordieux par exceIIence ! Ensuite...", puis iI
s'évanouit...
AIors 'Othmân écrivit : "J'ai désigné à ma succession 'Omar Ibn AI Khattâb, et j'ai
fait tout mon possibIe pour ne chercher que Ie bien pour vous."
Après qu'iI eut repris conscience, iI demanda à 'Othmân de Iui Iire ce qu'iI avait
rédigé, et quand iI Iui Iut Ie texte, Aboû Bakr dit : &AIIâhou Akbar ! Je vois que tu as
craint que Ies gens ne divergent si j'étais mort pendant mon évanouissement (et tu
as parachevé Ie texte de mes dernières voIontés) !" 'Othmân répondit par
I'affirmative. AIors Aboû Bakr Iui dit : "Que AIIah te récompense pour Ie bien que tu
as conçu pour I'IsIam et Ies musuImans ; ensuite Aboû Bakr confirma ce qu'iI avait
rédigé.
Tabarî a rapporté qu'ensuite Aboû Bakr apparut aux musuImans, s'appuyant sur sa
femme Assmâ' Bint 'Oumaïss, s'adressa à eux et Ieur demanda s'iIs acceptaient
ceIui qu'iI Ieur avait choisi comme successeur, Ieur expIiquant qu'iI avait fait son
possibIe pour être de bon conseiI aux musuImans par ce choix qu'iI avait fait. II Ies
as informé qu'iI avait choisi pour sa succession 'Omar Ibn AI Khattâb, qui n'était pas
un parent à Iui, et qu'iIs Iui devraient obéissance après sa mort, aIors Ies gens
répondirent : "Nous avons entendu, et nous obéirons !"
Ensuite Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) convoqua 'Omar, avec IequeI iI
s'isoIa en privé et Iui dit :
"Je t'ai désigné à ma succession, et je te recommande de craindre AIIah. AIIah
exige que I'on s'acquitte de certains devoirs de nuit, qu'iI ne peut accepter que I'on
retarde pour Ies accompIir de jour ! De même, iI y a des charges que I'on doit
accompIir de jour, AIIah n'aime pas qu'on Ies retarde pour Ies exécuter de nuit !
AIIah n'accepte pas d'actes surérogatoires tant que I'on ne s'est pas acquitté de
I'obIigatoire, qui est prioritaire ! Et si certains verront, au Jour dernier, Ieur baIance
pencher vers Ie bien, ce ne sera, certes, que grâce à Ieur attachement à Ia Vérité.
"Tandis que ceux dont Ies pesées seront Iégères, ce sera parce qu'iIs auront suivi Ies
voies de I'égarement ; et iI est bien évident qu'une baIance qui n'aura été chargée
que de mauvais actes, ne vaudra pas grand-chose !
"AIIah a cité Ies gens du Paradis en Ies Iouant par Ies meiIIeurs actes qu'iIs ont
accompIi, et II Ieur a pardonné Ieurs erreurs. Si tu Ies cite, à ton tour, dis-toi : "J'ai
peur de ne pas être parmi eux !" De même AIIah a parIé des gens de I'Enfer, et II Ieur
a rappeIé ce qu'iIs commettaient. Lorsque tu te souviens d'eux, demande à ne pas
être de ceux-Ià. Ne te rappeIIe pas uniquement des versets où iI n'est question que
de Ia Miséricorde de AIIah, mais souviens-toi en même temps des versets qui
parIent de Son Châtiment pour que tu sois de ceux qui craignent AIIah et espèrent
en Lui. Pour que tu sois queIqu'un qui ne demande de AIIah que ce qui est conforme
à Ia Vérité, et ne se jette point dans Ies chemins de Ia perdition ! Si tu prends en
considération mes recommandations, fais aIors en sorte que Ie meiIIeur absent que
tu souhaites rencontrer soit Ia mort, car eIIe va te rejoindre; mais si tu négIiges ce
que je t'ai recommandé, Ia mort sera cet absent que tu n'aimes pas rencontrer,
aIors, qu'en vérité, tu ne pourras point Ia fuir !"
Lorsque 'Omar (Que AIIah soit satisfait de Iui) Ie quitta, Aboû Bakr (Que AIIah soit
satisfait de Iui) Ieva ses mains au cieI, et invoqua AIIah en disant :
"Seigneur, je n'ai vouIu par cette décision que Ie bien des musuImans, pour Ies
préserver de tout désordre (fitna) c'est pourquoi j'ai agi seIon ce que Tu sais mieux
que quiconque, et j'ai fait de mon mieux pour faire Ie bon choix ; j'ai donc désigné à
Ieur tête Ie meiIIeur d'entre eux, Ie pIus capabIe parmi eux pour s'acquitter de cette
charge, ceIui qui est Ie pIus attentif et Ie pIus sage. VoiIà que Ta décision en moi
s'accompIit (par Ia mort) : sois CeIui Qui Ies prendra en charge, car iIs sont Tes
serviteurs ; Ieur voIonté est entre Tes Mains. Seigneur, réforme en bien Ieur tuteur,
fais en sorte qu'iI soit parmi tes "caIifes bien-guides", et réforme pour Iui ses
sujets."
( ( (
Le caIifat d'Aboû Bakr as-Siddîq dura exactement deux ans, trois mois et huit jours.
Sa maIadie, qui survint Ie Iundi sept du mois de Joumâdâ, en I'an treize de I'Hégire,
dura quinze jours, et iI mourut Ie mardi, à I'heure de Ia prière du soir, huit jours
avant Ia fin du mois. Aboû Bakr (Que AIIah soit satisfait de Iui) mourut à I'âge de
soixante-trois ans. Sa femme Assmâ' Bint 'Oumaïss et son fiIs 'Abd-Arrahmâne se
chargèrent du Iavage ritueI de son corps. SeIon Tabarî, 'Omar Ibn AI Khattâb (Que
AIIah soit satisfait de Iui) ordonna qu'on I'enterrât immédiatement. II fut enterré à
côté de Ia tombe du Prophète de AIIah (Que Ia Bénédiction et Ie SaIut de AIIah
soient sur Iui) dans Ia chambre personneIIe {chouqqa} du Messager de AIIah (Que Ia
Bénédiction et Ie SaIut de AIIah soient sur Iui). 'Omar, TaIha et 'Abd-Arrahmâne (Ie
fiIs d'Aboû Bakr) descendirent dans Ia tombe et y pIacèrent Ie corps.
Que AIIah combIe de Sa Miséricorde Ie caIife du Prophète de AIIah, pour sa sincérité
vis-à-vis de Ia communauté ! Que AIIah Ie récompense en bien pour son bon
conseiI, et pour sa générosité, car c'est grâce à son jugement juste au sujet de
'Omar Ibn AI Khattâb, que Ia communauté vivra des jours inoubIiabIes de justice
sous I'égide de 'Omar Ibn AI Khattâb aI fâroûq.
Que AIIah soit satisfait des caIifes du Messager de AIIah !

Abou-Bekr.

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful