EMBRYONIC DEVOURMENT "Reptilian Agenda" CD - Reviewed by www.metalland.

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Depuis qu'on traite avec, on a fini par se rendre compte que Deepsend Records était le
spécialiste du pavé bien saignant qui pèse sur la brioche, avec notamment, au rayon français, le
premier opus de DILUVIAN sorti en 2010. Là, c'est au tour de ses petits protégés d'EMBRYONIC
DEVOURMENT de faire une troisième fois l'actualité du label.

La spécificité de ce combo US, c'est son côté caméléon du tech-death. C'est à dire, présent là où
on ne l'attend pas vraiment. Sans concession sur le plan de brutalité, il est donc capable
d'insuffler ce caractère complètement imprévisible dans sa musique, de bifurquer
soudainement pour prendre soit le chemin du riffing alambiqué à s'en arracher les cheveux par
poignées, soit la voie royale du prog' digne d'ATHEIST, force basse slappée, descentes de drums
meurtrières et leads de guitare d'outre-espace ("Masonic Angeldust", "Sealed With Resin"). Une
espèce de metal extrême change-forme en quelque sorte, sans apparence fixe ni définitive, et
qui vous entraînera irrémédiablement dans ses filets sur la demi-heure qu'il occupe. Rassurezvous, c'est largement suffisant vu la complexité de la bête, du quota d'écoutes requis pour
cerner l'univers de Reptilian Agenda.

Caméléonesque, le groupe l'est aussi à travers son concept, développé depuis ses débuts
discographiques. Une théorie fumeuse selon laquelle une race extraterrestre reptilienne aurait
été croisée avec l'espèce humaine, engendrant un hybride capable d'adopter les traits de l'un
ou de l'autre, et qui évidemment, tirerait les ficelles de notre monde... Ah ah ah ! S'il nous est
permis de pas adhérer à un tas de conneries pareil, il est par contre beaucoup plus ardu de ne
pas reconnaître les nombreuses qualités de cet opus : dense, créatif, azimuté, d'une démarche
moderne très fraîche sans avoir à renier ses racines old-school. Maintenant, manque juste d'un
peu de liant de de cohérence dans le tracklisting afin de rendre le tout plus persuasif encore. En
l'état, les deathsters de tout poil auront un bel os à ronger entre deux rasades de DYING FETUS

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