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Ir,rÊun AUTEUR

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GILBERT SIMONDON

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Du Mod.e d'existence des objas techniqur-r, Paris, Aubier, l9y8 (réimpr. 1989, zoor). L'Indiuidu et sa genèse physico-biologique, Paris, PUF, ry6+ (rééd. Grenoble, Millon,

rs9).
L'Indiuiduation psychique et collectiue, Paris, Aubier, 1989. Deux leçons sur I'animal et l'homme,Paris, Ellipses, zoo4. L'Inuention dans les techniques, Cours et conférences, Paris, Le Seuil, zoo5. L'Indiuiduation à la lumière des notions dz forme et d'informatioz, Grenoble, Millon,
2OO5.

Cours sur la Perception

Gg6+-rç6), Chatou, La Transparence, zoo6.

IMAGINATION ET INVENTION
(t965-r966)

Edition établie par Nathalie Simondon
et présentée

par Jean-Yues Chateau

*
LES EDITIONS DE r-A TRANSPARENc' I

nHrlos""Jr?à

PRESENTATION
Une théorie de l'image à la lumière de k notion d'inuention et dr I'inuention à Ia lumière de k notion d'image

,

r. srTUATroN DU COURS nr. 1961-1966 OÂNS L'ENSETGNEMENT

ET

t'c,uvnn

DE GILBERT sIMoNDoN

Imagination et Inuention ' est un cours professé en 196;-1966, à Ia Sorbonne (à I'Institut de Psychologie de la rue Serpente), dans le cadre du certificat de psychologie générale qui, dans I'organisation des études alors en vigueur, constituait la base des licences de psychologie et l'un des quatre certificats obligatoires de la licence d'enseignement de philosophie. Ce système, dont nous avons eu la chance de bénéficier juste avant sa suppression à la fin de I'année suivante, ry66-r967, fut remplacé, en philosophie, par une licence en trois années, dont tout enseignement de psychologie fut supprimé. Ce cours est donc un ultime témoignage de ce qui, vers la fin de cette époque, pouvait se faire dans cet enseignet. Le cours sv Imagination et Inuention a été publié sous forme de polycopié distribué aux étudiants, puis dans le Bulletin dz Psychologie entre novembre 1965 et mai ry66. Nous en avons édité certains passages, qui correspondaient à l'invention dans le domaine des techniques, dans : Gilbert Simondon, L'Inuention dans les techniques, Cours et conférences, Paris, Le Seuil, zoo5, édition établie et présentée par Jean-Yves Chateau. Pour ce qui est d'une présentation simple de I'ensemble de la pensée de Simondon, on pourra consulter none Vocabulaire dz Simondoz (Paris, Ellipses, zoo8 ; première édition dans Le Vocabukire d.es philosophes, vol. V, Paris, Ellipses, zoo6). Dans la suite de cette présentation, quand nous nous réftrerons au Cours sur Imagination et Inuention, nous donnerons seulement I'indication de la page sans rappeler le titre.

rsBN 978-2-3to5r-q7-8 Dépôt légal : zoo8, octobre @ Les Éditions de La Transparence, zooS 8, avenue des Pommerots, 784oo Chatou

www. latrans parence. fr
Assistante éditoriab :

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Nathalie David

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VIII IMAGINATION

ET IN

pnÉspNrettoN rx effet, si on le compare à celui qui avait été proposé aux étudiants trois ans auparavant, à la fois est nourri de réftrences internationales très nombreuses à des travaux spécialisés de psychologie scientifique et présente une conception d'une grande originalité, oir les autres doctrines, notamment philosophiques, interviennent non pas tant pour être exposées, mais examinées, discutées, analysées, situées. Ce coprs est ainsi, en même temps, plus scientifique et technique par I'information qu'il expose, et plus théorique et philosophique par la conception d'ensemble qu'il propose. Des diverses doctrines étudiées, scientifiques ou

ment de psychologie générale, qui constituait une part importante de la formation des philosophes, du moins de ce que Gilbert Simondon y faisait, car il ne faut pas méconnaître la force de sa personnalité et son
originalité. Le Cours de ry65-r966 porte sur l'imagination et I'invention. D'un certain point de vue, cela limitait par principe I'ampleur du développement et le degré de détail des analyses qu'il était possible de consacrer à chacune des deux notions, même si, on le verra, c'est une théorie réunissant organiquement les deux qui est présentée ici, et oir, par principe, aucune des deux ne peut pâtir de la place consacrée à I'autre. Mais, de plus, divers éléments Peuvent être considérés en complément de ce cours, tant en ce qui concerne I'imagination que I'invention, qui étaient disponibles à l'époque pour les étudiants, outre ceux qui nous sont accessibles aujourd'hui dans les cours ultérieurs de Simondon.
a) En ce qui concerne I'irnagination, Simondon avait donné I'année précédente (1964-196), à la Sorbonne, un cours sur la perception', dans

philosophiques, c'est

la portée philosophique qui est avant tout

et

constamment recherchée, la manière dont elles permettent de construire

lequel

abordait les relations entre perception et imagination, d'une façon qui anticipe, nous y reviendrons, la perspective et les thèses du .o.rrc d. ry65-t966, en ce qu'elles ont de plus novateur et de plus radical. Dans la deuxième partie (à proPos de n I'image intra-perceptive dans la percepdon des formes ) et du ( contour subjectif o, p' 8z), il se
réftre explicitement à ce passage de son cours sur la perception. D'autre part, dans son cours sur lrnagination et Inaention (notamment dans les n lectures conseillées ) et dans la troisième Partie, p- r27 et r3o), Simondon renvoie à un cours sur I'imagination qui avait été fait en ry62-r961 par un autre professeur de psychologie, Juliette Favez' Boutonier, et publié au CDU (en 1965). Ce cours présentait les principales théories classiques de I'imagination que l'on trouve chez des philosophes ou des psychologues proches de la philosophie' notamment depuis Taine (comme Ribot, Bergson, Sartre, Husserl, Freud, Jung, Eliade, Lacan, Ortigues, Bachelard, Piaget). Simondon considère comme
acquise, grâce à ce cours récent, la connaissance de base de ces doctrines, atrxquelles il se réftre sans les réexposer dans leurs éléments et leurs détails, et il caractérise son proPre cours, à la première phrase de son Préambule, comme la présentation d'une < théorie (p. l). Ce cours, en

il

non pas une théorie au sens d'une doctrine exclusive des autres, mais une perspective d'ensemble qui, sans chercher à discuter le détail des autres doctrines si ce n'est pas utile au propos essendel, les présente surtout pour faire apparaître par leur moyen les problèmes qu'on ne peut manquer de se poser à propos de I'imagination. Simondon ne fait pas une grande confiance à la dialectique ou à la discussion réfutative pour avancer vers la vérité, ni même pour I'exposer. Bien sûr tout ne se vaut pas, et sa ( théorie , disqualifie un certain nombre de thèses, mais il cherche toujours avant tout ce qui peut être positif en elles et, chaque fois que cela est possible, un point de vue suscepdble de faire apparaître les thèses en conflit comme des positions qui ont quelque chose de juste mais qui sont partielles, et qui se complètent lorsque I'on trouve le point neutre par rapport auquel elles se répartissent. La théorie recherchée est celle qui permet de prendre les choses de façon suffisamment globale pour que les diverses réalités et les divers niveaux d'analyse, qu'il faut savoir distinguer sans nécessairement les séparer, puissent être mis en relation. C'est ce que I'on peut rapporter à la méthode < génétique, de
Simondon.

Or

ce cours se caractérise précisément par l'ampleur de la conception

"

r. Ce cours, qui avait été distribué aux étudiants sous forme de polycopié, puis avait dans le Bulletin d.e Prychologie (de janvier à mai 1965), a été édité en z0o6 aux éditions de La Transparence, avec une préface de Renaud Barbaras, sous le titre : Cazrrs sur la Perception Q964-ry6).
été

publié

qui se fonde sur la psychologie scientifique, telle qu'on I'entend ordinairement, la psychanalyse, la psychologie génétique, la psychologie animale, mais aussi la biologie, la zoologie, l'éthologie, la littérature, I'esthétique, la sociologie, autant que sur la philosophie. Dans la perspective retenue, la connaissance des travaux scientifiques d'actualité exposés n'empêche pas Simondon de reprendre et de justifier certaines des analyses des psychologues anciens, tels que Taine ou Ribot, loin du mépris oir certains, pourtant moins savants, avaient tendance à les tenir en les déclarant o dépassés o (attitude fréquente de Sartre). L'ampleur de la conception se manifeste aussi par le fait qu'elle se préproposée,

(i. la perception. 4c.r faits de culture et de civilisation. les rend solidaires comme des moments successifs dans le développement "n"lyr. L'lnucntion dans les techniques. et auquel Simondon se réftre brièvement dans son cours. enfants ou adultes. dans un cours de psychologie. sur Ia nature et le statut de I'objet imaginé. tpri pcut paraîti" éronnanre d'abord. en un sens' de la psychologie). soit considérer surtout l'imaginé et construire la représentation de I'activité imageante ou imaginante qui est censée y correspondre. toutes deux pouvant être considérées comme phases d'un même processus cyclique de genèse. de manière décisive. pour des raisons de principe. au moment même oir ce cours fut donné. soit considérer surtout I'activité imageante ou imaginante et ( tirer quelques conclusions. En ce qai concerne l'inuention. r. Il s'agit de faire aussi bien une vraie théorie de exisre au terme d'une u genèse spécifique procédant de I'abstrait au concrer > . de manière brève. Les S II et III de ce second gique. 4. ni.r isole d'ordinaire. qui sont deux points de vue en quelque sorre solidaires ei même èquivalents : u I'invention est l'aspect mental' psycholopropre d'existence > n. les étudiants po.. relevant. z. Or ce risque de partialité est bien réel : < imagination ) est un terme qui présente une certaine ambiguïté (Simon- -ôd. celui de I'image. I'association de ces detx notions dans le cours ne constitue en rien un alourdissement ni même une extension véritable de son objet. sans les confondre. Cet ouvrage (sa thèse secondaire) présente une rhéorie de I'invention des objets techniques et précisément aussi des relations entre I'invention et I'imagination. rééditions en ry69. comme la motricité. généralement.84. giques psychologie individuelle autant que des comportements de grouPes. 1989 et zoor)' t. . dans d'autres textes concernant aussi bien I'imagination que I'invention et leurs relations. comme déterminées dans le cycle d'une genèse. de considérations de don note que son usage possède pour cela avantages et inconvénients). de la "olr. car on peut. il ne s'agit ni de tenir n imagination > et u invention ) pour des termes à peu près synonymes' ni I'imagination pour une faculté intervenanr de I'extérieur dans le domaine de I'inveniion. pour en faire la théorie.23. 1958. sente. qu'une vraie théorie de I'invention apportant une lumière sur la nature de I'imagination et de I'image mentale . car c'est la seule voie pour découvrir la nature de chacune d'elles. Publié chez Aubier-Montaigne (Paris. publiédepuis i958. ni une théorie de la création et de I'invention qui envelopperait ou supposerait sans examen suffisant une représentation de l'imagination et de I'image. mais d'étudier chacune à la lumière de l'étude de I'autre. b) d'un même organisme. des compléments utiles et éclairants pouvaient être trouvés. voire de l'invention. sur les rapports de la psychologie et de la technologie chez Simondon. ce sont ces coufs dont nous avons publié et présenté les principaux dans: (1. Le premier chapitre de la première parrie Du Mode d'existence du objex techniques étudie (c'est son titre) le ( processus de concrétisation ) caractéristique de Ia genèse de I'objet technique: il est ce qui z. des vivants animrux aussi bien qu'humains.. on le voit. plus précisément. p. Mais surtout. Simondon. et les fonctions intellectuelles (qu'on appelle parfois n supérieures . étudiant n l'évolution de la réalité technique n dont le mode d'existence a été ainsi caractérisé. la justification de cette insertion. d. De manière générale. outre les couis qui seront réalisés les années suivantes et dont la lecture peut compléter àujourd'hui celle du cours de ry65-r966 '. I'imagination. Le second chapitre.X IMAGINATION ET INVE pnÉsBxrerroN xr chapitre. op. des divers niveaux biolo- et psychologiques d'analyse du vivant. de . bien que sans éviter de souligner les différences. cours de 1968 intitulé : L'Inuention et le déueloppemrnt da uchniqucs. la sensorialité. présentent de façon très synthétique les relations entre imagination et invention dans une perspective qui correspond à celle que développe le cours de ry61-r966: unité génétique fondée sur un dynamisme transductif de I'image.t'rraient lire Du Modz dbxistence des objets techniques'. des fonctions psychiques q. notamment dans les techniques. non pas une théorie de I'imagination et de I'image dont on pourrait tirer secondairement des conséquences à propos de la création. Telle est. La théorie que présente Simondon ne joue pas de cette technologie. Du Modz d'existence des objets tecbniques. d'étudier les rapports entre elles par la voic d'une des notions. même si l'intitulé de son cours ne s'était rapporté qu'à I'une ou à l'autre : il présente une théorie qui. L'Inuention dans les techniques. P. monrre les relations entre processus de concrétisation (point de vue technologique objectif) et invention (point de vue de I'inventeur. Notamment.tè I'o. cit. mais d'établir leurs relations efFectives simple Ainsi. on pourra consulter la présentation que nous avons faite de l'ouvrage cité. ainsi qu'il est habituel chez Simondon. I'imagination suscepdble de rendre compte de l'invention (de la possibilité et du fait de I'invention). L'uNlrÉ cÉNÉrrque DE L'IMAGINATIoN ET DE L'ItnrENTIoN Le but du cours n'est pas d'analyser les relations entre ces notions. Simondon. et il n'aurait pas été possible pour Simondon de séparer les deux. comme rendant compte de manière homogène.).

il reprend. PUF.srNtetroN xrrr ambiguité. 186). dont on se souvient et que I'on " reproduit u de façon plus ou -àitt déformée et recomposée. ry4o.. q. explicative. parfois (à la difference d'un objet ou d'une æuvre d'art). indépendam*int et en dehors du moment de I'invention. à se dépasser et à sortir d'elle-même comme dans I'invention. dans son. lui apporter une justification qui n'était pas jusque-là aussi apparente ou effective. également celle des invenreurs. p. 1936. tzz. Si l'on peut dire que Bergson ne développe pas I'analyse de I'imagination dans I'invention technique de façon suffisamment détaillée et précise pour qu'elle se monrre justifiée. même dans les trois premières parries. c'est une manière éminemment bergsonienne de critiquer et de philosopher (voir la première page de La Pensée et le mouaant: u Ce qui a le plus manqué à la philosophie. PUF. de I'activité d'imagination que I'on aurait pu considérer èn général et sans prêter attention à ces diÊ révèle er permer de comprendre dans sa réalité ftrences . en tout cas la capacité de trouver des renforts dans la science la plus instruite et la plus inventive et de résister à des critiques rapides. Ribot. cependant cetie < tendance à dépasser l'individu sujet qui s'actualise dJns I'invention est (. voire de I'invention. et peut-être cela fait-il partie des conditions de son incompréhension... Psychologie phénoménolagique dz l'irnagination. En cela. la reprendre. encore moins I'invention rechnique. coll. dans le domaine des sciences et des techniques . I'invention fait sortir fimage de I'intérieur de l'être vivant pour se réaliser dans le milieu (difftrence de nature ontologique : elles n'ont pas le même u mode d'existence ').r. voire de son injustice à l'égard de Bergson. Bergson se réfère à cet ouvrage dans son article sur L'effort intellectuel. de la nécessité pour la théorie de l'imagination et de I'image de pouvoir rendre compte de I'imagination créatrice. toujours possible dans I'image même la plus statique. Sartre dira de façon un peu cavalière er sans avoir vraiment cherché peut-être à comprendre Bergson. qui porte selon l'inuention'.r productrice ou créatrice en général et I'imagination qui r. recueilli dans L'Énergie spirituelle. inyente des réalités techniques effectives : il s'agit de penser l'image de telle manière que I'on puisse comprendre sa possibilité dans ces divers cas. concrète. pour què cela soit possible ? L'imagination reproductrice et I'imagination pràductrice ne sont ni opposées ni confondues. machine. on le verra. Simondon va. Paris. convaincante. n'est pas une conséquence. (r9oz. elle est de part en part théorie de I'imagination et de I'image son titre sur -. comme souvenr. la développer.. et théorie du -ouvement et de I'activité conduisant à la création et à I'invention. toujours soucieuse de comprendre ce qui peut être intéressant chez les auteurs les plus anciens. Taine (De l'intelligence. à partir de la seconde moitié du XIX.Il) étudie l'imagination des artistes. rgoo). rectifie profondément la doctrine b'ergsonienne par un tel apport de précision et que c'en est une contestation . mais sans non plus confondre ses différents régimes. u Idées o. un titre (ou un sous-titre) envisagé pour ce coufs paf Simondon. L'imaginaiion et I'image mentale ne sonr pas non plus étudiées sans tenir compte du fait qu'elles ne se rapportent pas toujours à un objet déjà p. p"t. productrice d'æuvres. mais aussi. et l'invention proprement dite prolonge ce mouvement essentiel de I'image.. est cependant d'une grande r.6z-g). la nature de I'imagination et de I'image. rzotz1 et L'Imagination. et surtout dans celui des techniques. Paris. édition du Centenaire. elle n'est pas sans intérêt.9+6). Gallimard..XII IMAGINATION ET INVENTION pn-É. voir aussi p. il est notable que Sartre construit une théorie de l'imagination sans prendre vraimenr en considération la création artistique. d'une certaine manière. mais. au cours de son analyse du rapporr du schéma dynamique à o Llnvention. ni à un objet que I'on imagine àe façon créative (u productrice D' et non plus o reproductrice >). la manière dont les psychologues classiques français. dans les differents domaines oir elle est éildiée. l'image sous toutes ses formes tend. Simondon note en conclusion que.. génétique. lui apporter de Ia précision et.) virtuellement contenue dans les trois stades antérieurs du cycle de l'image o (p. p. oir il prend l'exemple de la construction d'une tale. est : n Images mentales et inventions . une application dans des conditions parriculières.r948. . même si Ia réponse qu'il apporte. en général.. s'il ne s'agit évidemment pas de confondre une chose inventée et une image. est zusceptible de fonctionner techniquemenr : comment penser I'image . de la façon la plus décisive : il traite de la nature de l'imagination en relation avec celle de I'invention : c'est tenir compte. mais parfois à un objet que I'on va réaliser matériellement dans l'extériorité et qui. révélant ainsi ce qui est porentiel dans toutJ image et ce qui esi le régime général du développement de I'image. Paris. même si elle est simplement esquissée. sinon dans ses résultats (d'un point de vue de la réception). mais on peut aussi considérer que. Or. il en âit apparaître I'intérêt et la profondeur. même dans la quatrième partie. moyennant les précisions apportées. rééd.men- l'image dans I'effort d'invendon. Pour le dire rapidement avant de I'expliquer dans la suite. siècle '. r9j9. Ainsi peut-on caractériser de la façon la plus générale la problématique du cours de ry61-r966.rà. que ce dernier ne dit pas u clairement ) ce que c'est que ce schéma dynamique et comment il fonctionne (L'Imaginaire. ont posé le problème de I'imagination en liant l'étude de sa nature à celle de la création. notammenr p. Telle est toujours l'ambiguité de l'apport de précision en philosophie.rpotJ"rrt à trois stades de son dévelopPement. z" éd. de même que fimagin"iio. dans la position du problème qu'il se donne. son "nalyse effective.. à certains égards. vivante. sur un manuscrit. ce faisant. quand la critique prend cette forme.tçn. r97r. c'est la précision n). On peut bien sûr considérer que Simondon.6sraz sur limagination créanice (Alcan. qui portent explicitemenr sur I'image selon des points de vue différents cor.

pour Simondon. q.eule essence. le n rasoir d'Occam u doit être manié avec délicatesse er surtout de façon récurrenre. Pour des raisons de principe. la forme d'une discussion de définitions possibles conduisant à l'élaboration de celle qui permettrait de rendre compte de ce que I'expérience semble nous aPprendre. juger absolument hétérogènes les images menrales et les images matérialisees. de donner à ce traitement. 4) ou u imagination . esr de reconnaître la plus grande quanriré de differences dans la réalité telle que la propose I'expérience et de lui faire son droit en Ia Le souci d'étudier I'imagination et I'invention comme une totalité organique génétique et cyclique ne détourne donc pas Simondon de traiter. un instrument sans revenir sur sa valeur. mais dans I'unité transductive (c'est-à-dire qui opère de place . l'image. à un seul modèle.. il y a chez Simondon une position de principe et ce qu'on serait tenté d'appeler un o narurel . du préjugé métaphysique aussi bien qu'une définition de son essence qui en exclurait une variété ni la possibilité de son r. C'est par une auscultation fine de I'expérience. cela accroît sa difficulté : il faut détnir en tenant compre de la possibilité que ce que I'on définit de façon peut-être juste à tel momenr comprenne en soi des potentiels propres qui le feront échapper à cette définition. ou plutôt transductive. Cela ne dispense en rien évidemment de la tâche d'élaboration des définitions. En somme.). ge qu'il y a de plus importanr. Certaines définitions peuvent correspondre à des consrructions habiles et cohérenres mais qui barrent I'accès au réel dans sa complexité effective au lieu de le favoriser. Ici. difficiles à déterminer de façon juste. p". prenant ainsi en comPte des contraintes très exigeantes pour la théorie de l'imagination. D'une part. par méthode. ici càmme souvent' en sorte d'échapper autant que faire se peut à cette difficulté de principe. etc. à quoi I'on cherche alors de force à réduire toute la diversité. ne relevant de façon dernière ni de I'identité ni de la difference. avant toute construction systématique et toute définition préalable qui serait censée garantir une fois pour toutes de I'errance. Peut-il sembler au moins dans un premier temps. radicale. recueillant non pas (seulement) dans I'unité du concept et de la définition. telle qu'elle y est analysée. p".o--. (p. les considérations sur I'image n'étant que prétexte de psychologie pour les aborder: les trois substantielles premières parties traitent de l'image. qui doit pouvoir valoir pour elle aussi bien. sans même y songer peut-être. Les problèmes de définition des notions ne paraissent pas. n perception ). parce qu'elles ne suivenr pas. etc. mais d'une unité organique. chercher à établir une définition. 3. décisive. c'esr seulemenr ainsi que ces articulations se révèlent réellement). les relations de l'imagination et de I'invention ne sont pas seulement plus équilibrées. et notamment celui. surtout depuis la fin du xIX" siècle. Il n'est pas possible. à sa manière et dans le cadre de son ample conception. Notons qu'il ne s'agit pas. qu'affrontent et sur lequel s'affrontent les psychologues et les philosophes. génétique. son caractère génétique (sur ce point. avec la perception. il ne comm. on suit d'abord ce que l'expérience la plus large. er surtour son dynamisme génédque (or. quelque critique qu'il puisse être amené parfois à formuler à l'égard de Bergson. mais de façon détaillée et comme pour eux-mêmes. redisons-le. qu'on pourrait utiliser ensuite . pour Simondon.r. en tour cas pas ce qui peut se régler et se originalité par rapport à eux.. leur liaison est intime. comme tâche prioritaire. Le grand risque est que les définitions les plus rigoureuses et les plus serrées détournent par narure de suivre . mais il commence (dès le Préambule et l'Introduction) en soulignant les problèmes que posenr er que risquent de cacher les définitions er les simples significations arrachées aux mots comme < image o. que de multiplier inutilement les entités (par exemple . des problèmes de l'image et de I'imagination'. (( désir o.. I une . plus que tout autre.ù. il accorde une place éminente et une attention excePtionnellement détaillée et instruite à l'invention technique. Ce qui caraoérise la recherche de Simondon. de considérer que ce qui intéresserait surtout Simondon serait la question technologique de l'invention. donne un fondement génétique et transductif à la compréhension de I'invention. transductive.rt le plus caractéristique et le plus essentiel de la réalité: son évolurivité. L'IMAGE MENTALE ET L'ltllAGINATIoN : PRoBLÈMES fixer d'abord. (p. de leurs rapports. D'autre part. on revendique.XIV IMAGINATION ET INT pnÉsnNterroN xv possible ou qui ramènerait de force à I'unité une forme hétérogène. et. on le voit. malgié une apparence er une argumenration parfois très élaborée. de s'instruire avant tout de I'expérience elle-même. de toutes les ramifications que suggère d'abord I'expérience. Le risque est aussi bien de tout ramener (par exemple tout ce que I'on nomme u image u dans la langue commune) à une seule déûnition. que la nature de I'image peut être déterminée sans exclure des variations qui lui seraient propres' évolution. car une définition de I'image qui interdirait I'hypothèse d'une évolutivité génétique qui lui serait essentielle relèverait. prétend nous apprendre . les images perceptives et les images mentales. les articulations du réel (comme on pourrait dire de façon platonicienne).ri . profondément bergsonien).. telle qu'en témoignent les uns et les autres de manière multiple et pas toujours cohérente. u symbole .

G. J. il faut les Penser ensemble' C'est une thèse importante de ce cours. Simondon fit cours sur La Sensibilité et sur SensibilitJ et Perception. n. mais comme des phases d'un processus de développement quasi organique. L'image n'est pas une lbid.r. sans que Sartre (auteur encore très en vue à l'époque de ce cours' notamment pour sa théorie de I'imagination) soutient comme un des fondements de sa doctrine : n I'image et la perception. cela veut dire notamment que ce n'est qu'une conscience. 5. Simondon. L'objet de I'imagination n'est pas vraiment un objet réel : < I'image est une conscience > r. no. pour saisir cette grande proximité et cette liaison intime. qu'il ne faut pas commencer par chercher à réduire.) d'un anéantissement d'une conscience p. Tandis que n I'objet de la perception déborde constamment la conscience . et récipioquement > o. dont la troisième partie L'individuaperceptives unités des par un chapitre sur l'individuation tion psychique o) "o--in. selon Simondon. Coars sur la Perception.t lignes âe i'Imaginaire. même si l'on peut en distinguer les notions : n La capacité de percevoir esr peu éloignée de la force d'imaginer. dès que I'on n'envisage pas exclusivemenr le pouvoir de fiction de I'imagination. p. on ne peut ainsi séparer réellemenr imagination et perception. dont témoignent les cours donnés à la sorbonne q. L'image esr ( une cerraine façon qu'a I'objet de paraître à la conscience. op. représenrent les deux grandes attitudes irréductibles de la conscience.diuidu et sa genèse physico-biologique.XVI IMAGINATION ET INVENTION en place) de ce dont on suit finement la genèse. venons de citer (et il y en a d'autres encore).ÀoËI. l'évolution.r. p.. Millon. il ne peut être I'objet que d'une u quasi-observarion > '. dans le cadre d'un cours d'Initia' tion à la psychologie moderne (Bulktin dr Ps\cholngie de décembre ry66 ù mai 1967). dont I'imaginaire esr le n corrélatif noématique >'.rr.. 6. Simondo n. apparaissait (n déjà dans sa thèse principale sur L'Indiuiduation. il s'y donne comme absent : on ne peut pas vraiment I'observer.. r Ibid. tant elles sont étroitement liées I'une à I'autre en dcte. dès les pr. L'lmaginaire. er or) I'imagination enrretienr des rapports multiples avec la perception. z3t. Pour le redire de façon netre : o la formation d'une conscience imageante s'accompagne (. C'est que I'on ne peut séparer percePtion et imagina' "tior. z. cit' L'année 1966'1967. . p. Cours sur la Perception. s'oppose absolument à < exister en fait > r. avec lequel le cours sur lrnagination et Inuen'tion présente une grande conrinuité.. cette thèse contredit frontalemenr noramment I'idée principale que pnÉsBNrerroN xvrr lisante" de la conscience ). Il s'ensuit qu'elles s'excluent I'une I'autre o'. 3. 15.-P. G. Mais. ce n'est pas si diftrent que cela d'imaginer.25. J.. si I'on préftre.. même si on ne les confond pas. Or. p.r.rn genre commun (il serait rrès pauvre du fait de sa généralité) .r. capacité et force).t d'"blrd leur ségrégation. z3r. comme n la grande fonction "irréar. L'intérêt â. une certaine façon qu'a la conscience de se donner un objet > +. il faut donà suivre les differences entre elles tout en faisani apparaître leur liaison.l. mais dont il serait difficile ou stérilisant de fixer la riotion à"r. qui avait déjà été exposée dans celui de I'année précédente sur la perception. mais. . de dcs notions lumière à la L'Indiuiduation : voit forme et .rs des combinaisons diftrentes. on verra qu'elles ne sonr pas très diftrentes I'une de l'autre. Sartre.un même genre. p. Ibid. p. L'Imagination. zoo5. car on cacherait sinon un air de famille réel entre elles et une continuité génétique effèctive.r. 4. C'est par réference et opposition à Ia o fonction du réel . L'Imaginaire.. t9. sous le titre : L'I. de Pierre Janet que certe caracrérisation originaire de l'imagination et de I'image prend le sens d'une opposition er d'une incompatibilité radicales evec la perception. La perception et I'imagination ne sonr pas identiques (est significative la diftrence indiquée par les rermes choisis pour les caracrériser . cette façon se caractérise par le fait que l'objet s'y donne comme ne s'y donnanr pas en chair et en os. ou.pti'. 3. voire la dispaàtion : on a sans doute intérêt à appeler-n images o des réalités assez àiffér. l'objet de I'image n'est jamais rien de plus que la conscience qu'on en a. précisément. I'on donne à ce mot le sens d'une construction fictive o . dans la mesure otr il est impossible de percevoir sans imaginer. zz9. zo.'information.. C'est qu'o exister en image. Sartre peut opposer I'image à la perception dans la mesure oùr celle-ci est analysée comme conscience de passivité. conscience de quelque chose qui s'impose.-ièt. Percevoir. p. loin d'être deux facteurs psychiques élémentaires de qualiié semblable er qui entreraient simplement da. Encore faut-il avoir une conceprion juste de la perception autant que de l'imagination. p. Si-o'"do" pour les problèmes de perception. d. 4. sinon cerre identité. PUF) date de ry64' z. Ibid. Paris. non Pas comme de genre à espèce ou d'espèce à espèce d. Sartre définit l'imagination. conscience d'une cerraine objectivité qui se donne.. G.-P. Sartre.. . pas une réalité objective. simondon avait abordé la question des rapports de l'imagination et de la perception dans son cours de I'année précédente sur la perception'. p. dont la première édition (partielle. L'Imaginaire.3.. il se définit par c€tte conscience > u..

en accordanr une n spàntanéité. entre souvenir er perception.28. qui lui paraît discutable. dans la mesure oir il fait de l'image. o (p. pauvreré en réalité objectiue. dans L'Imaginatioz '.. refuse de suivre Sartre. il faut bien reconnaîtrè une r. 4t-7o. c'esr la conceprion de la n conscience imageÀte o. 5.XVIII IMAGINATION ET INVENTION pnÉsnNrerroN xrx perception. r89. même si elle ne I'est pas actuellement). dans Matière et Mémoire. là est la principale Q". de I'image r n'est qu'une < espèce de contrepartie indéfinissable du fait que I'objet se donne comme un néanr > +. Simondon ne s'oppose pas ranr à telle ou telle thèse : il cherche plutôt à montrer que les thèses en présence ont toures quelque chose de vrai.r. qu'il n'y avait pas. expriment une activité qui les forme. (à laquelle il réduit l'image) le conduit. ce n'esr pas une simple propriété observée de l'image. on n'y trouve que ce qu'on y met. Cela le conduit aussi. (p. mais rien ne nous prouve que même dans les cas les meilleurs la prise de conscience épuise toute la réalité de cetre acriviré locale. S'efforçant de monrrer que rous les philosophes et psychologues ont fait la faute de penser I'imagination à partir de la perception et par difiërence avec elle (diffërence de degré). I'extériorité objective. auquel il consacre quelques pages. néanrisante. ù. une réalité existant dans le monde extérieur (toute réalité est image.13. mais qu'elles sont insuffisanres . La o spontanéité . dans la mesure oir o elle met I'accent sur le rapport d'existence et d'action entre I'objet et le sujet qui se tisse à travers image ou symbole et non. p. la maladie). Ibid.. une < conscience imageante . rour en reconnaissant clairement de grands mérites à son analyse. er supposent peut-être l'existence d'une fonction qui les emploie . Pour lui. pour le sujet humain. elle l'irréalise.. sur les rapporrs de signification permettant de rapprocher plus ou moins images et symboles des signes o (p. à Sartre. c'est dans la mesure oir n il suppose que les images menmles procèdent d'un cerrain pouvoir. un peu comme s'il y avait un danger vital de confusion (l'hallucination. Ibid. il y a nécessité de trouver n dans []a nature intime [de Ainsi. a. p. en même remps. c'est dans cette mesure aussi que les analyses de sartre sont intéressantes. elle fonde I'impossiimages. Cependant. . pour Sartre.. p. c'èst donc I'insrrument même de la réfutation iadicale de la théorie de Bergson qui est contesré et rerourné conrre sartre. Comme souvent. I'image] un élément de distinction radicale ) par rapport à la perception'. chapitre I..rrce imageante.acan. Simondon approuve sartre de lier essentiellement fonction imageante et fonction symbolique'. autrement que comme une conscience. et il en parle comme d'une bévue. impossible. p. comme consriturive du problème tel que le pose Sarrre. 3. dit Sartre. y compris celle de Husserl. Elle s'oppose à Ia fonction de réel. à s'opposer avec nerteté à Bergson (qui avait pourtant affirmé clairement.. c'est cela qui fait sa ( pauvreté essentielle ).i. une diffërence seulement de degré). Il rappelle tranquillement que la thèse de Sartre correspond en un sens à un usage courant aujourd'hui. voire absurde. et il trouve que n I'interprétation de Sartre est extrêmement intéressante . bilité de reconnaître aux images un mode d'existence suffisammenr consistant et autonome. Yoir L'Imaginaire. contrairement à certains psychanalystes. dans la mesure oir elle est susceptible d'être perçue. dont la perception est la forme majeure. cerre conception de Ia o conscience imageante ) permer de donner roure sa parr au caractère subjectif des mais c'esr trop puisque.rs. dans Matière et Mémoire. une telle apparition consciente de I'image est ef[ectivement possible. cela paraît. indépendammenr de I'activité d'une conscience. abcolue à I'image (c'est-à-dire à la conscience imageante). 293c. difficulté. p. 4). p. a un intérêt. que Simondon. I'image puisse exister dans r lbid. Ibid. mais non entièrement justifié: < Le mot d'image est généralement compris comme désignant un contenu mental dont on peut avoir conscience . 3a. il faut chercher un point de vue oir elles puissent se compléter. tlo). Sartre semble en prendre le contre-pied de façon radicale et systématique. Mais peur-être s'en- ferme-t-il lui-même dans cette problématique trop exclusive.. d'un archaisme philosophique et psychologique. à refuser du même geste toute réalité objective des images. qui renvoie à la n psychologie des facultés ). paftiellement dans la situation d'anticipation. si le mot < imagination . On peut supposer au contraire que les aspects conscients de I'activité locale sont des cas d'affleurement presque exceptionnels qui se rattachent à une trame contin. On peut dire ainsi que n la conscience imageante pose son objet comme un néant o ' : elle le vise comme irréel. I'imagination est fonction o irréalisante >. Mais sa conception de la * co.. comme la plupart des doctrines. C'est précisément sur ce point fondamental. Yoir L'Imagination. précise Simondon. z. Toute sa théorie semble reposer là-dessus. car en cerrains cas. Pour Sartre. Or. c'est sa définition nécessaire et essentielle. er surrout dans celle du symbole-souvenir . er notarnment à l.. chapitre III. ou plutôt tel que la réalité apparaisse de façon complète.

À cette mode intellectuelle récenre.). la description des images en termes de subjectivité s'est imposée o s).. la conception de l'imagination de Gaston Bachelard. Simondon demande de ne pas commencer par altérer et simplifier l'expérience : < pourquoi exclure comme illusoires les caractères par lesquels une image résiste au librearbitre. Paris. èdirt. à la première ligne âe sa méthode . (ibid. q"'il prés. z. p. de o décrire o les images et de < laisser de côté les théories o (propos qui rappelle précisément celui de Bergson au début du premier chapitre de Matière et Mémoire). il ne reprend pas son problème. Ibid. Voici donc restaurée la thèse bergsonienne de I'extériorité de I'image : elle n'a rien d'absurde en ellemême et correspond à I'expérience la plus commune. est un Àsemble d"'images".et Mëmoire. Ibid. même s'il est désormais enseveli . p. nous le ve. O" reconnaît bien ici la manière habituelle de Simondon : il ne s'agit pas. et elle établit un rapport effectif avec ce qui s'y trouve : o Que de fois I'univers m'a soudain répondu. mais un vrai monde. sur ce point. mais il relativise l'argument sartrien du caractère ancien et dépassé de la tentative bergsonienne : refuser toute objectivité et toute force propre au monde des images. L'Imaginaire. quand il dit dans LAir et les Songes: n percevoir et imaginer sonr aussi antithétiques que présence et absence. t2: << Que de fois au bord du puirs. r1-r5.ù. j'ai murmuré le nom des eaux lointaines. po. sans doute. qui le dispense d'avoir davantage à discuter et à dialectiser. certes. en somme.rà pas vraiment la thèse de Bergson. mais il fait porter son difftrend sur le principr que constitue le recueil de l'expérience . malgré la force propre de l'argument fondé sur le témoignage de l'expérience humaine la plus ancienne. parce que le cours de Madame Favez-Boutonier sur I'imaginaassez longuement la conception bachelardienne.. que " de rejeter I'extériorité des images.Ce qui n'esr pas l'objet premier de Bergson dans Matière et Mémoire: il s'agit pour lui d'abord de caractériser non pas tant la nature générde de l'image (comme réalité matérielle). concret et abstrait. p.. < La marière. . . 1943. qu'il invoque. dans la mesure où il conduirait à rattacher exclusivement les images au sujet qui les produit er n à exclure l'hlpothèse d'une extériorité primitive (p. refuse de se laisser diriger par la volonté du sujet. cet élan est sans persévérârrc€ )). pour lui. sur la vieille pierre couverte d'oseille sauvage et de fougère.À Sartre qui ptopoi. en un sens.-P. Simondon et (Matière . p.. Simondon ne procède pas à une réfutation pointilleuse de Sarrre. . que la réalité matérielle comme image pour aurenr que nous pouvons la percevoir (que ce soit actuellement ou non). +. comparable à celle à laquelle ce dernier se livre contre ses adversaires. ro. Notons que si. Voir J. siècle que . ô mes objets ! comme nous avons parléo !o Ce monde imaginé n'esr pas sans existence et sans force sur le rêveur.. o tion avait présenté du cours. LAir et les songes. Simondon avait voulu trouver un appui chez un penseur conremporain célèbre pour ses écrits dans ce domaine. il suffit de la compléter par la caractérisation de ce qui est subjectif dans I'image. mais moins que ce que l. s'impose le réalisme de r.).. u [c]'est une attitude courante chez les penseurs contemporains pour qui I'image renvoie à une "conscience imageante". le nom du monde enseveli. dit-il. Essai sur l'inagination du mouuement. par exemple.rr. par principe. Simondon oppose I'ancienneté de l'expérience humaine (depuis extériorité et une sorte d'objectivité aux images. Ce n'esr guère qu'à partir du xVII. de polémiquer et de réfuter dans le détail les analyses de Sartre.pnl les Anciens . édition du Centenaire.. Sartre. il aurait pu évoquer.r. Simondon fait donc porrer sur la théorie sarrrienne une critiquè comparable. 7). appelle une chose une exisrence située à mi-chemin entre la "chose'i la "représentarion" .. z. à la subjectivité. c'est I'ampleur séculaire de cette expérience.rrte pas lui-mème' "e mais qu'il cite dans sa bibliographie.pr.rorrr.. 3.. Bachelard peut sembler proche de Sartre et l'avoir compris.. â'aban- r. . . c'est s'absenter ) 2. Et par "image" nous entendons une cerraine . p. si I'on veut rendre compte de sa nature complète .Z).. mais il va montrer que la formule bergsonienne qui fait de I'image un intermédiaire est tout à fait justiûable si I'on veut caractériser sa nature : une o réalité intermédiaire entre sujet et objet. à celle que l'on peut opposer à une n psychologie des facultés o : faire une parr trop importante. passé et avenir. Gaston Bachelard. 16r).). telle que nous en faisons communément I'expéiience. Cela. Sans doute. Imaginer. Certes. le défaut du terme n imagination o : il risque d'induire en erreur. ( souvent cette absence est sans loi. et se présente d'elle-même selon ses forces propres. dans la mesure où. Mais c'est pour préciser dans la fin de sa phrase : u c'est s'élancer vers une vie nouvelle r. Sans doute. habitant la conscience comme un intrus qui vient déranger I'ordre d'une maison oir il n'esr pas invité ? > (p. en recommandant de lire roure ses æuvres (et o particulièrement La Psychanalyse du ft.ions. selon I'expression de Sartre (ibid. car o alors. Corti. des images par rapporr au sujet . sous peine de nier leur réaIité. (titre de la première section de I'Introduction donner les préjugés. Tel est. qui est plus que ce que l'idéaliste appelle une représentation. ce serait aller contre le sens commun fondé sur une expérience fort ancienne de I'humanité.r. (p...)O( IMAGINATION ET INVENTION pnÉsnNrerroN xxr Homère) : o fl]'aspect d'indépendance et d'objectivité de I'image a f.*irt. cependant I'imagination poétique véritable inaite au uolage vers un autre monde.

p. qui rend possible cette conception opposanr absolument le perçu et l'imaginé. mais elles s'imposent aussi avec leur force propre. le caractère psychiquement fondamental de I'imagination créatrice o. p. mais que l'æuvre d'art comme telle. Car. Plutôt que de chercher à penser I'imagination à partir de la perception (envisagée comme répétition de la perception. Paris. elle peut être créatrice véritablement.. I'invention technique d'une machine dans n L'effon intellectuel . ce qui est o "beau". il y a aussi des images qui précèdent et informent la perception. si I'on peut dire. p. qui interdit de penser une imagination n réalisante o. o n [l]l ne faut point se lasser d'affirmer r.. (problématique qui consonne bien avec celle du o mode d'existence . Essai sur I'imagination des forces. coll. le vernis qu'on a passé sur les couleurs >. ou dans sa diftrence avec la perception. p. métaphysique.effectif. des objets techniques de Simondon. isolé de I'univers . on est porté à oublier rout ce qui est inconscient et qui s'épanche dans la vie consciente. andyse. même si c'est moins clairement et précisément que Sartre ne le souhairerait. dans la seconde partie de sa conclusion : o il semble qu'il soit temps de tirer quelques conclusions . ce ne sonr que o les résultats des coups de pinceau. C'est qu'on ne peur pas séparer la u fonction de l'irréel . Quand il thématise le rapport à l'æuvre d'an comme telle (à I'exrême fin de L'Imaginaire. mais le fonctionnement effectif. Est-ce cette conception de I'image et de l'imagination. I'empâtement de la toile. Mais cela n'est point vrai. à . de réceptivité. consrruite par opposition notionnelle exclusive. diagnostique Bachelard conscience n'est pas n imageante ). n Idées o. Ibid. Corti. il faut dire que n I'ceuvre d'art est un irréel . r. il ne semble jamais envisagé comme le produit possible d'une réalisation. elles font rêver. d'un devenir-réel à paftir de I'imagination'. en revanche. si nous voulons placer I'image en avanr même de la perception. Ibid. de o I'objet d'art. z. mais sur son incompatibilité avec elle.. Gallimard. en tout cas essentielle. qui est requis). 16z). er I'imagination créatrice (et non pas reproductrice) est ce qui précède toute perception et peut I'informer: elle est prospective du réel. qu'elle soit de degré ou de nature). son grain.XXII pnÉsnNrR:troN xxrrr I'irréalité >'.. 4o. le réel et I'image (contre Bergson qui. comme dans les techniques : le inventive d'un fonctionnement réel objectif. 3.. On a affaire à deux atmosphères intellectuelles er de sensibilités diftrentes. Sartre organise son propos comme une polémique contre I'idée qu'elle pourrait être considérée comme une réalisation: o On pense qu'il y a eu passage de I'imaginaire au réel. Ici. p. des images créatrices. les images dépendent de la force de l'imaginarion. t4..: dans sa description. la vouloir y échapper. ou plutôt ses résultats. de réel o. Tandis que la psychologie sarrrienne de l'imagination. tel est I'objet que se donne Bachelard au début de La Terre et les rêueries de la uolonté. et il faut u redoubler d'attention si nous voulons découvrir I'activité prospective des images. avec la perception. comme chez Sartre. 13. La Psychanalyse du feu. Id. p. est objet de perception. (p. massive.162). (p. Si I'on veut définir le < type existentiel de l'æuvre d'art . c'est un être qui ne saurait se donner à la perception >. de I'imaginaire comme monde. édition du Centenaire. dit-il.. La Tene et les rêueries dz la aohntë. C'est que parfois o le rêve est plus fort que l'expérience ) r . comme dans la perception. 1947.. dans lequel on peut vivre et avec lequel il faut compter il y a de la n névrose. 5. pour elle. er Sarrre pousse sa systématisation jusqu'à dire qu'il est n dans sa nature même. 1965. comme une aventure de la perception >r. 4. p. rééd. n Le psychisme humain se formule primitivement en images o 6. que ( ce qui est réel ). qui doit se gagner sur et contre lui. Le monde imaginaire ainsi décrit est bien loin de la n néantisation o sartrienne et de sa conception de I'imaginarion comme n fonction irréalisante >. Ibid.. mais c'est qu'il précède depuis toujours toute expérience objective. elles constituent un monde que I'on peut contempler et explorer. une fois qu'ils sont donnés à percevoir. au contraire. mais sans que cela ne conduise à négliger la force des images. 3. et des images dont le rycle y conduit). 16ù. ry38. même dans le domaine artistique (mais qu'en serait-il si on envisageait le domaine de l'objectivité technique !) ? Ou bien est-ce plutôt I'absence de considération pour la possibilité de l'imagination inventive dans le domaine technique (où ce n'est pas seulement I'objectivation matérielle. Bachelard fait t lbid. ou mieux à recevoir) la possibilité d'une imagination créatrice et encore moins d'une imagination . il faut montrer n le caracrère primitif. quand le réel est présent dans toute sa force. in L Energie spirinelb. 5. 946 ) ? . 6. Les images ne sont pas toutes répétition ou représentation de ce qui a été perçu . enrière- ment centrée non pas seulement sur son opposition à la perception. de passivité . elle est o imaginante ). Bachelard. p. La considération de I'imagination comme n fonction irréalisante o (par opposition à la n fonction du réel > que serait essendellemenr la perceprion) semble empêcher qu'on puisse la comprendre comme fonction de réalisation. affirme Bachelard en réponse à Sartre : n un trouble de la fonction de l'irréel retentit sur la fonction du réel n'. a. Paris. G. la o fonction du toute sa place à la puissance de I'imagination créatrice. semble ne pas envisager véritablement (autrement que selon ses æuvres.

en quoi consiste alors I'image. On ne peut les ramener toutes à un seul statut. Les images peuvent être purement mentales ou bien matérialisées en n objets-images. n les images imprègnent les civilisations et les chargent de leur force o. etc. Car le mot n image ) peut être pris temps. ( contenant en quelque mesure volonté. mais parfois aussi qu'elle semble être dans le sujet et qu'on peut l'observer comme un objet extérieur. mais sans pour cela confondre et négliger les diffërences. dans I'anticipation. (notamment sous I'influence de Ia résonnance affectivoémotive). les diverses images s'organisant progressivement en sousensembles sous I'effet de I'expérience (c'est la phase de la perception). et celles qui sont tournées vers ce qui est présent (la perception). qui conduit le jeune vivant dans son milieu. (P. en général. C'est le comportement programmé génétiquement. Les images mentâles seraient ( comme des sous-ensembles structuraux et fonctionnels de cette activité organisée qu'est l'activité psychique caractères observés des images. selon Simondon. elle paraît réalité intermédiaire entre I'objectif et le subjecti[ entre le concret et I'abstrait. en mettant de côté d'abord préjugés et théories. Or. r8). Ainsi.. pour ne pas être conduit à réduire toutes les sortes d'images à une seule essence.il&i . L'image est alors conçue comme un n quasi-organisme (. par lequel u le sujet possède un analogue du milieu extérieur >.. mais de montrer qu'en un sens. L'image n'est pas seulement une n motrice. o elles conservent une certaine opacité D . puis à recevoir. enfin à conserver et à "recycler" dans I'action les signaux incidents venant du milieu " (p. Il ne s'agit Pas non plus. l). au début de la vie. appétit et mouvement. 9). par exemple celui d'être la reprise et la reproduction plus ou moins déformée ou recomposée de ce qui a déjà existé . LË CYCLE DE L'IMAGE ET DE L'INVENTIoN Ainsi donc. (3) Enfin. peuvent trouver leur compatibilité et leur cohérence dans le cadre de cette conception qui semble dissoudre les oppositions traditionnelles en changeant le sens et la valeur de bien des formules utilisées jusqueJà : on peut dire maintenant que I'image dépend du sujet et. il faut refuser de en des sens diftrents : image mentale. à suivre de place en place la manière dont chaque moment ou phase rend possible le suivant en constituant des conditions en partie originales pour sâ genèse (cela correspond à ce que Simondon nomme u démarche transductive o)... schéma' etc. Ainsi les qui semblent parfois contradictoires.. un faisceau de tendances motrices. (z) Ensuite. elles sont comme des monades secondaires habitant à certains moments le sujet et le quittant à d'autres o. I. de ( rernener toute l'activité mentale à I'image en cours de genèse.)OOV IMAGINATION ET INVENTION pn-ÉssNt{rroN )ocv 4. . sans se laisser conduire pour cela à oublier qu'elles se forment et se développent en étroite relation entre elles. voire u désir ). (institutions. si I'on veut décrire la réalité et son expérience. et ultérieurement dans I'invention. qu'elle semble se confondre parfois avec la conscience elle-même dans son rapport à un objet extérieur. (r) I'image est d'abord. ou bien. parfois. il faut distinguer les images qui sont tournées vers le passé (souvenir). les images s'organisent et se slttématisent en n un véritable monde mental . il faut dire que I'image a un caractère à la fois objectif et subjectif. . dans une pure spontanéité motrice. produits. Dans son développement quasi organique. On peut être hanté. existe une activité locale faisant du sujet un véritable générateur de signatx servant à anticiper. la méthode consiste à examiner dans quelle mesure on peut en former une conception génétique. mais à des étapes d'une activité unique soumise à un processus de d&eloppement " (p. attente. richesses). Dans ces conditions. ( perception o. +). entre le moi et le monde (p. qu'elle a son propre dynamisme. elle est aussi un ( germe o : les images ont ( un mode complexe d'existence et de proliferation .) habitant le sujet et se développant en lui avec une relative indépendance par rapport à I'activité unifiée et conscient. puis au cours de la relation perceptivon les aspects de choisir entre la thèse de la subjectivité radicale des images et I'affirmation de son caractère simplement objectif . celles qui sont tournées vers le futur (anticipation. et. plutôt qu'image. I'image mentale qui ont fourni matière aux discussions et aux études déjà publiées ne correspondent pas à diftrentes espèces de réalités. note Simondon. cependant. on est bien conduit. avant toute expérience et reconnaissance d'objet. elles apparaissent presque comme des organismes secondaires au sein de l'être pensant: parasites ou adjuvantes. à reconnaltre la n relative indépendance des images )) r ( on ne peut les gouverner que de manière indirecte o . mais résultante D (comme si elle dépendait entièrement d'une pure n conscience imageante spontanée o). I'image devient un mode d'accueil des signaux et informations venant du milieu et une source de schèmes de réponses à ces stimulations. il faudrait Peut-être parfois dire n symbole )).A THÉORIE: LE PRIMAT DE L'IMAGÊ. possédé par certaines images et on ne s'en délivre pas toujours facilement. enfin dans le souvenir. à la fois concret et absnait. en même tion. invention). image matérielle. Au total. mais de montrer que. il ne s'agit pas de ramener ces diverses formes à I'identité. pour faire droit à la diversité polymorphe et sans cesse évolutive de la réalité des images et de l'imagina- " (p. anticiPation à long terme de I'expérience de I'objet.tl).

I'expérience seronr là) . par lui-même. z. Simondon. de la n prégnation >. Cf. G. Cette activité locale venanr du sujet. institués. C'est parce que Sartre pense I'image comme conscience et comme une essence avant tout déterminée par rapport et contraste avec la perception. tient à des réflexes anti-associationnistes. artaquer. elles les précèdent et les informent. Faisant de l'image une conscience et la considéranr comme incompatible avec la perception. le nombre de griffes. seulement un cas parriculier). contre les faits. constirués. r L'organisme est un ensemble de schèmes de conduite aussi nettement définissables er ayant une valeur taxonomique aussi nerte que la forme des phanères. par exemple. z93r)': la perception et. ainsi que I'importance de I'action. en donc dans l'être vivant comme anticipation des conduites possibles. ignorant le problème de la réalisation d'une æuvre à partir de I'imagination. soit en très pèu de temps (c'est le cas. ce sonr des séquences dont l'être vivant posèd. pt. ce que I'on méconnaît quand on fait de la perception une essence sui generis exclusive de toute influence de I'imagination et. comme ce pourra être le cas ultérieurement. d'expérience. mais c'est surtout la n psychologie des facultés > qui constitue une difficulté. mais la condition pour que le mouvement. programme en lui-même. Les objets (vivants ou non) qui sont identifiés dans le milieu . pour ce qui est de leur rapPort aux perceptions. il faut reconnaître que la sensorialité n'est pas première. ils {*. de perception. elle est précédée par la motricité (p. tous ne sont pas des images r. < Priigungr. Il faut donc. (ibid. s'il ne faut pas confondre imaginer et percevoir. jouer à vide ses conduites avant de les appliquer à un objet réel . tisse à . permerranr au sujet d'aborder le milieu avec de nouvelles anticipations : elle marque la fin d'un cycle et le début d'un nouveau. de toure sponranéité motrice : Ies images ne proviennent pas d'abord de perceptions antécédenres. sous forme de préparation des situations de renconrre de I'objet et d'anticipation des réponses. généralemenr. Comme programmes partiels des comportements. l.èd. du mouvement. soit progressivement et de façon différentielle. . elles r. identifiés. si l'on ne veut pas défendre coûte que coûre. p. fournir un contenu aux anticipations. dans ces fonctions. chaque fois diftrent.orrr p". du rôle maternel. mais. faire face. dans I'image. les conduites de réaction au milieu ne sont pas premières . non seulemenr on peur dire avec Bachelard que I'imagination est plus primitive que la perception (l'imagination reproductrice n'érant pas le modèle ou I'essence de I'imagination. acceprer I'idée que les premières images ne sonr donc pas conscientes. < parce que les facultés ont été définies d'après les tâches dominantes : anticiper. le souvenir. quand la perception. comme il possède son propre corps ) (p. Or. où la perception est consciente. +). plus radicalement encore. I'organisme peut. ou après. progressivemenr reconnus (comme selon I'explication empiriste) . une conceprion qui refuse le primat de la vie et du mouvemenr par fPport à la conscience et la perception. de mémoire ou de perception.t pto. ce sont les conduites motrices spontanées qui sont primitives. erc. que sa conceprion ne peur que paraître insuffisante à Simondon'. les images morrices primitivis n'ont d'autre contenu que ces mouvements eux-mêmes (mouvements autocinétiques non finalisés). er si n fp]armi les souvenirs. virtuellement utilisés. se lever. . et le souci de ne pas les confondre avec des perceptions n'est pas décisif pour les détnir . liées aux conduites les plus simples par lesquelles le vivant prend possession du milieu . y compris l'être humain.r. donnés sur le mode de ce qui peut être r. mais cette activité existe aussi bien en présence de I'objet (dans la perception) qu'avant I'expérience. p.ri. imagination . par laquelle il constitue. Sarrre ne conçoit pas que le mouvemenr puisse être origine première des images. à la première identification des objets (vivants ou non) qu'il y rencontre. Or. comme anticipation. de vécu. comme symbole-souvenir . par où s'est formé un savoir. pas au sens. roo.r. se cacher. percevoir. dont le sujet est capable en fonction de son équipement organique et des aléas de la découverte du milieu. et ils peuvent. elles sont motrices. fuir. endogène. La crainte de voir associer la notion d'image à celles d'anticipation. (p. I'image joue ou peut jouer un rôle. en tout cas. Cours sur la Perception. plus ou moins complètement. Maii cela ne v-eut pas dire que les conduites motrices primitives sont accompagnées d'imaçs (considérées comme des représenrations conscienres qui. refusanr toute possibilité d'inconscient. se rappeler mémoire. leur donner un but. pourraient motiver et orienter ces mouvements. puisqu'elles précèdent la perception (réception des signaux venanr du milieu). Sartre a aperçu n le rapport d'existence et d'action entre I'objet et le sujet. et. proviennent des mouvements spontanés.ç. lù. tels qu'ils s'organisenr conformément à des programmes spécifiques de I'individu et en fonction des renconrres qui s'opèrent aléatoiremenr dans le cadre du milieu où il se trouve. d'abord perçus. aux trois moments du temps correspondent perceprion. par exemple. images premières. qui se ravers image ou symbole >.). c'est qu'elle est une activité locale. par lhctiuité motice d'exploration autocinétique. I'action ou I'affectivité puissenr êrre sources d'images et analogon pour elles. c'est qu'ils aient été d'abord objets de conscience.%). Ces schèmes d'action existent sont distingués.)OC\[ IMAGINATION ET INVENTION pnÉsnNrerroN rc<vrr (4) L'inuention peut alors survenir comme un cltangement d'organisation du système des images. n Ce qui caractérise l'image. chez l'être vivanr. plus originairement. de l'affectivité et du savoir.

Cette anticipation prend la forme d'une projection dans le milieu d'images possibilité dans le sujet une activité locale. c'est la même chose). recherché.+r).. Il y a ici une réforme profonde qui La donation de l'objet dans la perception a comme condition de possibilité de la perception sera atteinte). aucun signal provenant du milieu ne serait reçu comme tel. 66) au point qu'existe la possibilité de leur comparaison avec des . lo). C'est par elle que la rencontre avec I'objet propremenr dit. est suggérée. la conscience qui caractérise la perception comme présence à ce dont la présence s'impose de façon irrécusable) . ce qui s'appelle perception. qui assure le sentimenr que l'objet ne change pas de forme lorsqu'on fait varier sa position er donc ce qui . mais la vie. une activité de l'imagination. ayanr une srrucrure. L'image. Les images morrices se " réfèrent au o schéma corporel ). le mouvemenr un peu organisé et constanr: c'esr la première forme de I'image. est ( une première forme de l'image a priori. ne peut correspondre à une perception (réception de signaux provenanr d'un objet du milieu). I'image.ù. dans ces conditions. I'organisme. identifié. L'image.Mais surtout. une forme . otr. elle ne peut être confondue ni avec la perception ni avec la conscience. lz). peut-être < catégories de perception u. que roure activité du sujet peut faire évoluer ? Y compris dans les perceptions les plus simples (conduites perceprivo-motrices progressives). essentiellemenr. I'image intra-perceptive joue un rôle dans o I'effet concepts. C'est. pour ainsi dire. reconnu. dont le contenu est essentiellement moteur (p. dans ce cas. L'activité motrice. dans ce cas. sans laquelle il n'y aurait aucune ségrégation des signaux qui peuvent exister dans le milieu er. qui n'est rien d'autre en quelque sorre que la vie. ni de reprendre un point de vue n associationniste .t peur rap- n . d'être appelée u image >. est possible : c'est elle qui le recrute. la vitalité. lr) . er qui constituent ainsi le postulat de toutes les conduites nouvelles (p. elle est une initiative organisée. la conscience non plus. en fonction de I'activité du sujet selon toutes ses dimensions . puisque I'on se situe avant la perception et la conscience (et I'on échappe aux problèmes embrouillés traditionnels concernanr les relations entre imagination et perception).. précède la perception et la conscience (en tout cas. peut-être sera-t-on moins étonné de voir maintenant que I'image peut avoir sa place inévitablemenr. de constance >. elle est o anticipation de I'objet . une (p.Mais il ne s'agit pas seulemenr de consrater que la perception d'un objet suppose les faces qui en restenr inaperçues (qu'o. elle n'est pas déterminée par l'objet (perçu ou quasi perçu). On devra dire qu'elle ne reçoit pas son objet comme dans une donation. que I'on a observée avant I'existence même de la perception. les objets que ses programmes comportemenraux rendent possibles pour lui (bons ou mauvais objets. Elle est produite par une activité locale du système neryeux.. comment l'activité anticipatrice de I'imagination. dans ces conditions. lors de la rencontre avec le milieu.+o). dans la perception (n images intra-perceptives >). non seulement de la psychologie traditionnelle. Si I'on a compris que I'image dans la situation motrice primitive pré-perceptive. capable. mérite bien. mais aussi au moins d'une certaine phénoménologie : la perception n'est pas première. de n faire naître perpétuellement des ébauches de mouvements qui ne sonr pas des réponses à des stimulations. lieu de repos. u les images apparaissent sous forme d'anticipation perceptives de potentialités. par principe. proies ou prédateurs. Il ne s'agit toujours pas de confondre perceprion et imagination. donc. tant que ce recrutement et cette constitution ne sont pas suffisamment avancés : elle se présente comme une activité anticipatrice. comme un cercle que I'on fait pivoter sur l'axe d'un de ses diamètres continue d'être perçu comme un cercle et non comme une ellipse b. <Une anticipation ne peut être seulement une initiative . < [L]a source primordiale de l'a priori paraît bien être. qui le constitue en objet susceptible d'être perçu. rayonnent à partir de lui et lui sont inhérentes (p. figure maternelle ou substitut. sous forme d'anticipations de mouvement. mais qu'elle Ie recrute (elle le rencontre.r àt o lru o. consistance par rapport à elle-même. peut les précéder et faire advenir son objet par anticiparion et Proprement recrutement. n'esr pas rapport statique à l'objet mais sans cesse susceptible d'évoluer. " o ébauche de perception r. (p. dans la mesure où u elles sont plus générales que les objets individuels o (p. I'image qui fait advenir l'objet pour le sujet. cela même qui paraît absurde et impossible pour la phénoménologie sarrrienne. le mouvement. pourrait-elle être éliminée durant la perception. et quand le mouvement est organisé. de fait) au cours de la conduite motrice et de I'activité de génération de signaux en direction du milieu qui I'accompagne. d'origine endogène.INVENTION pnÉsexterroN xxrx motrices à partir de cette source unique et première qu'est I'organisme avec ses schèmes moteurs rayonnant à partir du schéma corporel . mais qu'elle se trouve être organisée et strucrurée avec un minimum de constance et qu'elle conduit à I'identification d'un objet (c'est alors seulement que la les recrutant au cours des rencontres occasionnées par ses autocinèses. mais de tenir compte du fait que la perception. l'élit. que ce soit la conduite perceptivo-motrice la plus simple ou la perception la plus élaborée. le retient. en tant qu'elle n'est pas purement essai et errance.

dans la deuxième phase du cycle de la genèse des images. Enfin. ou du moins pouvoir en sortir I tout moment. mais activité différentielle. dans son essence universelle. même quand ce contour n'est aucunement matérialisé dans la réalité objective. et les éléments. la nécessité d'avoir tvec son objet une relation déréalisante. voit qu'il manque une ou plusieurs bêtes à son troupeau. elle n'est pas non plus donnée par les éléments pris un par un. cette tendance prend la forme d'un analogon du milieu. Cette page du Cours sur la Perception '. sans compter. leur classement. Il serait encore correct de dire que le contour subjectif est une véritable image intra-perceptiue. il y a passage à une universalisation de cette possibilité : le symbolisation permet de reconstruire tout le réel de façon objective et calculée et elle peut êffe communiquée comme telle à tous les autres. I'image étant ainsi un processus potentiel d'amplification du donné actuel à tout moment: lors de la phase de la rymbolisation. qui sont manipulables. qui rend possible dele simuler ' de façon rédiste et efûcace. il y a possibilité de nÊcrutement de réalité. p. elle est ce en quoi apparaît une structure de I'objet répondant directement au sujet de la perception. condition de I'invention technique. Elle n'est pas un germe de néant au sein de la perception. À tout. dans la perception. de rédisation. et l€s images sont d'abord motrices. c'est le cas de la mère qui < voit que son enfant couve quelque chose . conduisant à recruter dans le milieu des objets rcmplissant ses attentes programmées. Elle participe à la vitalité de la perception. p.pnÉspNtarroN porter à la mémoire ou à un savoir général sur la structure de I'espace). z3o. leur organisation en une figure et son contour ressemblent à n une induction intra-perceptive >. dans la perception. qui mérite d'être relue attentivement. et même telle qu'un phénoménologue n'aurait rien d'essentiel à lui reprocher). On peut dire que. La ségrégation des unités perceptives. qui sert de fond à " Ia figure de ce qui est perçu et fait apparaître immédiatement la différence par rapport à ce qui est attendu. elle ne détruit pas nécesSairement son rapport au réel. qui recrute de quoi tendre à sortir du donné. la relation figure-fond apparaît. Cours sur la Perception. l'image est encore ce qui fait que celleJà n'est pas pure passivité. mais I'activité perceptive la suscite comme exprimant une configuration conforme à la distribution et à la valence des éléments o (on voit clairement que I'analyse n'a rien d'associationniste. * . elle est isomorphe à la représentation du sujet. Ensuite. mais instantanée. c'est à un changement d'ordre de grandeur qu'on a rffaire : dans I'invention effective d'un objet technique. en quelque sens qu'on I'entende. si on I'analyse d'assez près. On ne peut rendre compte de ce qu'est effectivement percevoir sans faire intervenir >oo<t d'imaginer. Certaines perceptions peuvent o d'un seul coup d'æil n renseigner sur une situation complexe otr le nombre et I'enchevêtrement des facteurs est trop grand pour pouvoir être perçu (ce qu'on appelle parfois o intuition o) . constitue les formes majeures de cette tendance de I'image à se dépasser. mais est gestaldste. Les premières conduites sont motrices. la puissance et I'activité de I'imagination et de I'image. ou celui du berger qui. même s'il doit pour cela être d'abord possible (dimension ontogénétique de I'invention). elles s'organisent entre elles comme un système de symboles. et plus encore capable d'inventer des objets techniques fonctionnant effectivement.s les phases de ce cycle de l'image. lors de I'invention. Or. au-delà des distinctions notionnelles de base. elles jouent un rôle décisif comme images n intra-perceptives ). auquel on peut se rapporter efficacement comme C'est ce qui rend possible à I'invention d'advenir. alors on ne peut attribuer à l'image. c'est un point sur lequel Simondon avait déjà insisté dans de fort belles pages du Cours sur la Perception de I'année précédente. spontanées. On saisit la I un analogue du monde. c'est un être effectivement inédit qui peut êûe recruté. de symboliser. cette image n'est pas un élément. mais opèrant o à I'intérieur du champ percepdf lui-même. à la dimension du sujet de la perception. La possibilité de se souvenir. Ce sont des cas de n perception différentielle (p. r Cf. fait apparaître la difficulté de séparer l'activité de percevoir et celle r. qui enveloppe tout et échappe à la manipulation. < [L]'image intra-perceptive est suscitée dans I'activité perceptive ) avec facilité et spontanéité. I'efFet de contour apparaît. d'anticiper. auquel il renvoie ici : quand. Simondon. Z8) : il y a une image riche et complexe. dans la symbolisation. productrice d'æuvres. Le âit et la puissance de la symbolisation et de l'invention technique sont une prcuve irréfutable que I'imagination peut être une fonction de réel. Si I'on doit rendre compte de la possibilité d'une imagination véritablement créatrice. pendant I'activité perceptive. la considération du ncontour subjectif u ou de nl'image associée. L'Inaention dans les techniques. o ne nécessitant pas un travail après la perception sur des images o. surtout. On voit l'importance décisive de la prise en compte de I'invention et de sa liaison étroite avec l'imagination dans la théorie de l'image. (p. ordre de grandeur intermédiaire entre le monde..46-47. Mais.82) fait apparaître que I'on ne peut sans artifice séparer perception et image dans I'expérience. Voir G.

incorporant aux organismes des propriétés qui étaient laissées aux effets aléatoires du milieu. comme une paft de l'équipement mental. r8y. à la manière dont procède l'évolution vitale selon Lamarck. mais des phases successives d'un unique processus de genèse. le changement d'ordre de grandeur a une portée ontologique (n ontogénétique o). tend à se dépasser et à sortir d'elle-même. notammcnt dans les techniques. L'image. < Si l'invention était seulement I'organisation d'un donné. reste pas dans l'être vivant. I'attachement du sujet aux situations ayant constitué son histoire. : < I'invention se distingue des images qui la précèdent par le fait qu'elle (. enfin. Le Cours sur la Perception fait apparaître la perception ( comme une modalité privilégiée du rapport vivant et donc actif de I'homme à son monde >. Cependant. 185-186). et même plus radicalement. op.)'. la fonction vitale de la perception et son rapport aux ttructures motrices premières.) r. n Selon cette théorie théorie de I'imagination et de I'invention présentée ici permet de reisir de façon particulièrement claire et synoptique l'unité thématique ct problématique de la pensée de Simondon. et auec l'inuention réussie.. du cycle de I'image. elle recrute plus que ce qu'elle prévoit. mais enjambe les limites spatio-temporelles du vivant pour se raccorder au milieu qu'elle organise. de l'imagination et de I'invention que pro- et qui deviennent dans des organismes plus complexes I'objet de fonctions régulières n (ibid. Le cours sur Imagination et Inuentioz montre qu'on pourrait en dire autant de I'imagination. les contraintes de cet objet impliquent un plus long détour. dans le sens centripète. on pourre se reporter à notre présentation du volume de cours ct conférences de Simondon consacrés à L'Inaention dans les techniques. une mesure plus large qui réalise une incorporation de réalité. s'il exprime. dans une ccrtaine mesure. avanr " même celui de I'invention. rtr* . dans I'invention. Pour ce qui est de ceux qui sont propres à I'invention. à la première page de sa préface. c'est de l'être qui est recruté. l). car l'organisation se limiterait à la résolution du problème . avant I'expérience de l'objet. Cette présentation s'est attachée principalement aux problèmes des rapports entre lmegination et invention.ry1). comparable en son déroulement ar. 186). à tous ses stades. I'image mentale n'est limitée par le sujet individuel qui la porte (p. et I'invention proprement dite prolonge ce mouvement en révélant objectivement ce qui est le régime général du développement des images : n [l]a véritable invention dépasse son but. I'intention initiale de résoudre un problème n'est qu'une amorce. les classes perceptives qui servent de système subjectif d'accueil à I'information incidente postulent une application universelle . puisque. dont elle provient. il s'opère à I'intérieur des images et entre elles o un changement de structure qui est aussi un changement d'ordre de grandeur.. le lien symbolique des imagessouvenirs. [e Jean-Yues Chateau t. (p. (p. À aucun des trois stades de sa genèse. C'est la radicalité et la cohérence de m signification biologique qui s'expriment dans le fait que I'image y rpparaît elle-même comme une sorte d'organisme en développement. pour les raisons qu'on vient de rappeler brièvement. imagination reproductrice et invention ne sont ni des réalités séparées ni des termes opposés. sans création d'un objet. Cctte théorie fait apparaître I'imagination et I'image comme une fonction vitale fondamentale. prépare aussi et surtout I'usage de réversibilité qui le convertit en voie d'accès vers les choses.rx autres processus de genèse que le monde vivant nous présente (phylogénèse et ontogénèse) n (p. il faut noter que la ( tendance à dépasser I'individu sujet qui s'actualise dans I'invention est d'ailleurs virtuellement contenue dans les trois stades antérieurs du cycle de I'image . mais dès qu'apparaît un objet séparé. comme la voie par laquelle le psychisme vient tu vivant (pas seulement humain). cette incorporation à I'univers des choses productibles d'une surabondance d'être n'aurait pas lieu. comme le dit fort justement Renaud Barbaras. (p. Pose cerre théorie. passe par l'image.pnÉsBNretroN xrorrrr forme de l'unité de I'image. la projection amplifiante de la tendance motrice. Toutefois. cit. esr une hypothèse implicite de déploiement dans le monde .

IMAGINATION ET INVENTION fte65ee66) .

Enfin. L'image mentale est comme un sous-ensemble relativement indépendant à l'intérieur de l'être vivant sujet . Selon cette théorie du rycle de l'image. comparable en son déroulement aux autres processus de genèse que le monde vivant nous présente (phylogénèse et ontogénèse). De I'univers de symboles intérieurement organisé. Après I'invention. qui peut être sa production. imagination reproductrice et invention ne sont ni des réalités séparées ni des termes opposés. l. à sa naissance. enrichie des apports cognitifs et intégrant la résonance affectivo-émotive de I'expérience. lorsque lc sujet est à nouveau séparé de I'objet. devient symbole. capable d'intégrer plus d'images complètes selon le mode de la compatibilité synergique. mais à des étapes d'une activité unique soumise à un processus de développement. le cycle recommence. quatrième phase du devenir des images. mais des phases successives d'un unique processus de genèse. I'image est un faisceau de tendances motrices. peut surgir I'invention qui est la mise en jeu d'un système dimensionnel plus puissant.PREAMBULE Ce cours présente une théorie : les aspects de l'image mentale qui ont fourni matière aux discussions et aux études déjà publiées ne correspondent pas à diftrentes espèces de réalités. au cours de I'interaction entre I'organisme et le milieu. per une nouvelle anticipation de la rencontre de l'objet. anticipation à long terme de I'expérience de I'objet . tendant à la saturation. elle dwient système d'accueil des signaux incidents et permet à I'activité perceptivo-motrice de s'exercer selon un mode progressif. I'image.a principale difficulté que rencontre cette théorie du cycle de I'image provient de deux sources : .

Le signe est. un terme supplémentaire.t . ' aux trois moments du temps correspondent perception. elles prennent sens par leur réunion. mais cette activité existe aussi bien en présence de I'objet (dans la perception) qu'avant I'expérience. sans blance intrinsèque ou une analogie entre la structure du signe et celle de I {.orrt p". un point important de terminologie mérite d'être éclairé pour éviter des confusions : celui du rapporr entre signe et symbole. comme un drapeau pour un ancien combattant. et permettre en quelque mesure de la réactiver .. d'un grand danger. Le mot d'image est généralement compris comme désignant un contenu mental dont on peut avoir conscience. se retrouve quand le mot de symbole signifie critère de ralliement. par là on peut comprendre la valeur des objets symboliques qui concrétisent I'image-souvenir. le sujet.. c'est la psychologie des facultés qui crée un barrage conceptuel. qui s'ajoute à cette réalité. entretient avec le symbolisé une relation analytique .. les symboles vont par paires. ou une serrure sans clef. comme aniicipation.o-p1. le Symbole des Apônes ou le Symbole de Nicée sont des professions de foi réalisant la coïncidence mentale d'une pluralité d'hommes et écartant I'hérésie. parce que les àcultés ont été définies d'après les tâches dominantes *nii. ils n'en prolifèrenr pas moins. qui peuvent être soit arbitraires.encore d'une maison dans laquelle on a vécu . la formule de la chose. . a donné quelque chose de lui-même à cette réalité . mais rien ne nous prouve que même dans les cas les meilleurs la prise de conscience épuise toute la réalité de cette activité locale. en revanche. il implique une tendance à la reconstitution de I'unité primitive. où I'on brisait une pierre. Ce sens primitif. L'image-symbole peut emprunter le secours de la matérialité des objets : un n souvenir ).rt ""iil d. on peut supposer au conrraire que les aspects conscienrs de I'activité locale sont des cas d'affleuremenr presque exceptionnels qui se rattachent à une trame conrinue . enfin à conseryer et à ( reclrcler o dans laction les signaux incidents venant du milieu. ils se rattachenr à un soubassement qui les porte après les avoir préparés. mémoire. les deux symboles. Plus matériellement. ne serait-ce qu'un fragment de métal venant d'un champ de bataille. tous images. ce qui ferait du signe le chiffre. Enfin. et aussi plus essentiel. d'institution conventionnelle. tËll.. Initialement. il conserye une image qui est assez intense pour être comme un fragment de la réalité de la situation. fragments d'objets . Une clef sans serrure. endogène. dans l'anticipation. à une situation. est un mode d'accès au tout . cfu ( désirr. ayant participé avec force à une action. se rappeler. Parmi les souvenirs. o. comme dans le rite des relations d'hospitalité. et plus unirreisel. chaque famille conservait et transmettait à ses descendants le fragment reçu. le tableau noir existe .e des champignons qui ne produisenr pas certe partie visible. sa réunion sans vide à I'autre fragment authentifiait la relation. les symboles étaient les deux fragments d'un objet unique scindé par rupture. le symbole est nostalgique. chaque symbole tend vers I'autre symbole. c'est qu'elle est une activité locale. existe une activité locale faisant du sujet un véritable générateur de signaux servanr à anticiper. enfin dans le souvenir. ce qui veut dire qu'un symbole est un fragment d'un tout primordial qui a été divisé selon une ligne accidentelle . . il prend sens par la réunion avec son complémentaire. comme la partie visible du champignon. puis à recevoir. pàrtée par le mycélium plus durable.r. I * i8.-percevoir. ou. mais de monrrer que. reconstituent I'unité primitive .. les symboles. ou (( perception ). puis au cours de la relation perceptivo-motii.t par lui-même sans le mot qui le désigne . . :J. par rapprochement. er surrout dans celle du symbole-souvenir. qui est aussi le sens fort. Le même mot d'image paraît être appliqué à des réalités différentes lien entre elles. ce qui caractérise I'image. . au contraire.. La relation du couple humain est ainsi interprétée par Platon comme reconstituant I'unité primitive de I'androgyne complet (mythe du Banquet). par rapport à la réalité désignée. car en cerrains cas.. soit fond?es par une ressem- Dans l'étude de la genèse des images. d. n symbole o. En fait. z. partiellemeni-dans la Ia chose nommée. un reste.ip.4 IMAGINATION ET INVENTION pnÉetvlnulr 5 r. elle permet de le susciter. "pér. leur action sur le milieu n'en a pas moins de force. selon les cas. il faudrait dire. Le rapport qui existe entre la clef et la serrure est de cette espèce. tel est le souvenir d'un combat. qui est réellement le symbole. apparition conscienre de I'image est effectivement possible. *:'i :{r : çomme symbole-souvenir. permettant l'authentification de tous ceux qui appartiennent à un groupe . et ultérieurement dans l'inrrentiôn. ne sont pas des réalités complètes .rrr. il ne s'agit pas de ramener toute I'activité mentale à l'image en cours de genèsè. Le symbole.rt . relative à la rectitude des dénominations. nous nommerons symboles les images-souvenirs qui résultent d'un échange intense entre le sujet et une situation. sortanr terre . situation d'anticipation. Ils tirent leur sens de I'image-souvenir mentale.r. tend vers le milieu où se situe son répondant. pour le sujet humain. là est la principale diÊ ficulté. imagination. une relique (la partie vaut le tout). qui sont complémentaires. on peur laisser de côté la-question du Cratyle.

et tend à exclure I'hypothèse d'une extériorité primitive des images par rapport au sujet. un lambeau de vêtement pris à une personne sont un fragment de l'intermédiaire de la relation symbolique. Le symbole n'est jamais flatus uocis . C'est une attitude courante chez les penseurs contemporains pour qui I'image renvoie à une n conscience imageante D. il est précieux. habitant la conscience comme un intrus qui vient déranger I'ordre d'une maison où il n'est pas invité ? L'aspect d'indépendance et d'objectivité de l'image a frappé les Anciens : Homère. une simple mèche de cheveux. Par contre. refuse de se laisser diriger par la volonté du sujet. CONCRET ET ABSTRAIT. sa réalité et permettent d'agir sur la personne. Cette rédaction se présente comme symbole du cours. PASSÉ ET AVENIR I. Mais pourquoi exclure comme illusoires les caractères par lesquels une image résiste au libre-arbitre. et se présente d'elle-même selon ses forces propres. représente le songe se tenant au chevet du lit de Nausicaa. expriment une activité qui les forme.IMAGE CoMME nfuulÉ INTERMÉDIAIRE ENTRE OBJET ET SUJET. sont la base des voults seryant aux opérations magiques . et supposent peut-être I'existence d'une fonction qui les emploie. le terme n imagination ) peut induire en erreur. au livre YI de l'Odyssée. selon l'expression de Sartre. car il rattache les images au sujet qui les produit. par INTRODUCTION A. les images mentales peuvenr être employées comme voults. à distance. renvoie à la o psychologie des facultés o . . au moment où Athéna apparaît à la jeune princesse pour I'inciter à aller laver les vêtements sur le rivage oil Ulysse . OBJET ET SUJET Le mot d'n imagination cependant. Même sans matérialisation adjuvante.6 rrraecINetIoN ET INvENTION en lesquels la partie vaut le rout et communique avec lui. car il suppose que les images mentales procè- dent d'un certain pouvoir. L. il suppose un réalisme implicite.

L'intensité des stimulations sensorielles et des réactions spontanées apporte un pouvoir moteur à I'image de la justice. Dans le calme de la nuit. les images ne sont pas aussi limpides que des concepts . Les simulacres qui produisent les rêves existent réellement. intenses.. ils se soudent les uns aux autres. elle révèle.. une intention.. - . Les rites d'évocation (néhuia). une réalité qui n'a pas sa source dans le sujet mais qui. mais elle traduit bien et concrétise cer aspecr de relative extériorité de l'image. à mi-chemin entre I'objectif et le subjectifl La croyance aux fantômes er aux spectres esr peut-êrre un vestige dégradé de la relation au u numineux > . Malebranche se défiait du pouvoir des imaginations fortes. le remplacement temporaire des absents par leur colosse. d'images en devenir. respecte Ia charge d'extériorité et de relative indépendance des images par rapport au sujet. bien que les êtres dont ils sont issus aient disparu . elles n'obéissent pas avec autant de souplesse à I'activité de la pensée. I'erreur du rêve consiste ieulement à attribuer une vie actuelle à I'objet qu'ils représentenr. car il savait combien l'image intervient dans la conduite de la vie. L'image qui envahit le sujet esr une apparition. Spinoza a décrit la servitude humaine et a trouvé dans la connaissance inadéquate que donnent les images un des principes de cette servitude (voir l'analyse de la jalousie. C'est seulement à partir du XVII'siècle que la description des images en termes de subjectivité s'est imposée. si nous croyons voir bouger les figures de rêve. explique par des causes physiques commenr de nombreuses images se for- pourrait supposer que ce caractère à la fois objectif et subjectif des images traduit en fait ce statut de quasi-organisme que possède I'image. etc. elles sont comme des monades secondaires habitant à certains moments le sujet et le quittant à certains autres. car elle peur se surimposer au monde de la représenrarion objective et de la situation présente. des Cerbères.. elle est du o numineux . . Une telle explication. . car il oriste des groupements. Pascal. peuvent émouvoir l'âme. sans efficacité ni conséquences . et ne posséder qu'un faible < pouvoir idéo-moteur . donnant des Centaures. ces simulacres. statue qui était honorée comme celui qu'elle représentait. Elle n'est pas non plus du réel vulgaire et quotidien. Elles peuvent être. Lucrèce (De Rerum Natura. habitant le sujet et se développant en lui avec une relative indépendance Par rapport à I'activité unifiée et consciente ment sponranément dans I'atmosphère (vapeurs. qui ne reçoit pas de stimulation intense . n'est pas seulement ce que nous nommerions un événement subjecdf . livre I$. vient à lui et le recherche.r'. de la force armée. dans l'action. on ne peut les gouverner que de manière indirecte . nuages semblables à des géants ou à de hautes montagnes). stables ou mouvants. pleines de danger. des Scyllas : le Cenraure provient de la soudure des simulacres provenant d'un cheval et d'autres simulacres provenant d'un homme. les images interviennent avec force. avaient noté combien la pompe des grands apporte de prestige à ceux qui s'entourent de gens d'armes et de tumulte. elles conservent une certaine opacité comme une population étrangère au sein d'un état bien organisé. il manifeste un pouvoir. au-dessus de I'ordre des réalités quotidiennes . Par les images. même quand ces aspects concrets sont seulement évoqués et non perçus. contre I'unité personnelle. mais parce que nous recevons un grand nombre de simulacres successifs représentant des attitudes progressivement variées. manifeste. elle peut être plus forte que lui et changer sa destinée par un averrissemenr ou une interdiction. mais a une charge de présage . la vie mentale contient quelque chose de social. comme le fantôme esr dir passer au rravers des murailles. CONCRET ET ABSTRAIT L'image n'est pas une réalité sans forces. dans la méditation et le recueillement. en particulier). faibles et anciens. Le songe. 2. avec les figures de rêve qui I'animent. Mais. appétit et mouvement.it p"r p"t.. dans les situations contraignantes. les images que la conscience admet peuvent n'être pas virulentes. En fait. renforçaient par des perceptions cntièrement objective et objectiviste. elles apparaissent presque comme des organismes secondaires au sein de l'être pensant : parasites ou adjuvantes. de besoins. Z6Z-IZ6). Les simulacres émis jadis par des objets ayant cessé d'exister peuvent se conseryer et s'unir les uns aux autres selon les hasards de leurs courses vagabondes . mais elles peuvent aussi apporter la réserve de leur pouvoir et de leur savoir implicite au moment oùr des problèmes doivent être résolus. de désirs ou de crainte. au conrraire.8 rrrmcrNenoN ET INvENTIoN TNTRODUCTTON 9 aborde en naufragé. qu'elles vivent actuellement (IV. la vision de l'esprit est semblable à celle des yeux. la représentation des disparus par des images. ce qui restitue I'impression de mouvement. déclare. un germe de dédoublement. On la densité des images du monde numineux. Montaigne. comme des toiles d'araignée ou des feuilles d'or. Contenant en quelque mesure volonté. Toute image forte est en quelque mesure douée d'un pouvoir ântomatique. Mais il est important de noter que les plus rationalistes des philosophes anciens onr essayé d'expliquer par des causes physiques ce caracrère d'extériorité de l'image plutôt qu'à le nier.

un moyen de refus : elle calcule et montre les inconvénients. ou plus généralement d'émotion. et des idéaux définis . pour choisir. Ies Femmes dans les civilisations patriarcales. parce que chaque image a un poids. I'image primitive s'est réalisée et trouve dans l'état social assez de justifications pour se stabiliser. ce qui implique. car. er c'esr pour cela qu'elle permer le choix. cst mangeur de grenouilles et d'escargots. Chez I'enfanr se constiruent de telles représentations semi-concrètes des personnes qui vivent à moyenne distance (les éducateurs. il se produit un phénomène de causalité cumulative qui finit par faire exister comme attitude réelle et étet social objectif le contenu d'une image stéréotypée. au bout de quelques rycles d'échanges récurrents allant de I'image au réel et du réel à I'image par la perception. les peuples proches (par exemple les Anglais vus par les Américains) sont considérés comme propres . un certain niveau d'instruction. En certains cas. sont perçus comme des n Don Juan o. ces images ne sont pas des perceprions. seule I'image est en fait régulatrice. son air taciturne. Grâce à cene synrhèse qu'opèrent les images. et que I'on peut peser et comparer des images.IO IMAGINATION ET INVENTION NII Dans les rapports entre nations et ethnies interviennent les clichés ou images stéréotypées que I'on nomme en anglais < stereotypes o (voir cnquête de I'UNESCO). avec de grandes dents. les moyens deviennent homogènes aux fins. . également abstraites et concrères. La pensée abstraite est surtout un frein. comme intermédiaire entre I'abstrait et le concret. I'image de I'ennemi se pose sur n'importe quel individu dont (exemple de ceux qui exercenr certe profession. il faut être à une certaine distance du réel. en devenant des modèles. I'image est un échantillon de vie. ou n le vilain nom qu'il porte >. En temps de paix. comme les Juifs dans les pays chrétiens d'Occident. affectives. et de telles représenrations jouent un rôle déterminant dans I'organisation de la conduire. le Français. l'Anglais est pour un Français un voyageur en @stume à carreaux. les conséquences lointaines . dans son ouvrage sur La Responsabilité. modèles). Dans le choix d'une profession. en cçrtaines régions des États-Unis. I'image. On peut choisir une activité en pensanr à I'image du train ou de I'autorail qui nous permettra d'aller dans la ville où I'on doit exercer cette activiré. de pureté. ces images expriment différents degrés de la distance sociale : le degré imaginaire de saleté corespond à l'éloignement. l'échantillon de vie que donne I'image de chaque profession envisagée possède des éléments d'anticipation (élan vers les voyages. La meilleure situation pour le choix est celle qui permet la formation et I'usage d'images réellement mixres... ne pas se trouver déjà engagé . purement mentde et subjective à l'origine : c'est ce que montre Gunnar Myrdal dans l'importante enquête sur le statut des Noirs aux États-Unis . car elle est assez abstraite pour dégager le sujét des situations prégnantes et assez concrète pour fournir un échantillon ayant chance d'être fidèle. des données cognitives rait pas la géographie.) qui sont des amorces d'activité en suspens. Ce phénomène de causalité cumulative a joué un rôle important dans l'établissement des stéréotypes des diverses minorités. Dans les situations d'urgence et d'inquiétude. a montré comment s'efFectue (surtout dans les sociétés primidves) l'attribution de la responsabilité. Fauconnet. enfin des conrenus affectifs et émotifs . la charge affectivo-émotive de ces images devient prépondérante. de certains détails vus ou entendus). et cette fois de manière objective. En fait. vision de l'avenir). C'est aussi un . les images prennent tour leur relief vital er amènenr la décision . pour I'Anglais. des craintes: les Français.. elles ne correspondent pas au concret pur. une distance moyenne. I'auteur cite également des Ertes du Moyen Âge énonçant comme présomptions supplémentaires dc culpabilité < la mauvaise mine . les choix professionnels prédéterminent un certain mode d'éducation des enfants. En cas de guerre ou de conflit. d'un accusé. à leur tour. tandis que la pensée conceptuelle les en sépare. cognitives. des conrenus cognitifs (représentation du réel. les préjugés qu'ont les employeurs ou logeurs Blancs sur les qualités et défauts des Noirs prédéterminent la possibilité ou I'impossibilité de telles ou telles conduites (par exemple les professions) .). mais elle reste partiellemenr abstraite à cause de l'aspect lacunaire et partiel de cet échantillon. enfin un retentissement affectif (impression de sécurité. les camarades). et matérialise n l'image du jeune ) que se font les adultes. ces représentations semiooncrètes expriment de manière statique des allures perceptives assez caricaturales : le Français est en Allemagne un n Monsieur décoré qui ne Le cheminement vers la liberté commence avec la connaissance selon l'ordre des causes. En ce sens. I'agent secret.. par rapporr à I'objet. une certaine force. mais non des concepts ou des perceprions. synthétise en quelques traits des charges morrices. un trait de physionomie ou un détail vestimentaire attire l'attention : ctcst I'espion. Les réalités trop purement quotidiennes er concrères ne peuvent devenir aussi ôrtement normatives : nul n'est prophète en son pays. actuellement les adolescents dans nos sociétés : la crainte et la haine des adultes les immobilise dans un rôle étroit. le semi-concrer de I'image comporre des aspects d'anticipation (projets. recherche du pouvoir. elles expriment lussi des attitudes. les perceptions provoquent un enrraînement par la situation .

au contraire. mais par I'usage qu'elle fait de la mode en tant que faisceau d'attitudes manifestées et rendues perceptibles. mais aussi le mode d'accueil des images concrétisées en objets. I'image est une résulttnte. cur le véhicule. est capable de bondir. de possibilités. déposée dans la t[ode. la découverte de leur sens. avec un ruban tigré enroulé autour du tuyau. car il adapte à certains gestes. Qui va du mental au réel objectif par les processus sociaux de causalité cumulative. les costumes des corps de rnétiers tendent aussi à disparaître.iet. l'azur esr couleur du ciel. les déformations professionnelles ) attirent moins I'attention qu'au XVII' siècle (comédies de Molière) . Chacune de ces images se développe en éléments moteurs et affectifs . quand il le veut. I'image. fait de conscience mais aussi ob. Son caractère intermédiaire. il reste possible de le colorer (Azur) ou de charger d'images le distributeur luimême (le tigre Esso. préserve conrre la pluie ou le froid. à travers les échanges et I'activité des groupes. lui donne une intense epecité de propagation . I'image devient source dc perceptions complexes éveillant mouvement. une personne choisit un groupe d'attitudes. Le vêtement intervient comme sélecteur. représentation cognitive. devient institution. ils sont porteurs de signifiGttions latentes. En adoptant une mode définie. Volontairement. se propagent et se reproduisent à I'état néotdnique. I'individu esr perçu comme moderne ou traditionnel. et des queues de tigre à accrocher aux voitures). Si I'on peut considérer comme action I'ensemble des échanges économiques. jusqu'à la forte prise de conscience de Sénèque. comme I'essence. en un senc. interdit d'autres gestes. ils se multiplient. quand le produit est vendu emballé. mais aussi conatives et rffcctivo-émotives . En effet.12 IMAGINATION ET INVENTION TNTRODUCTION r3 phénomène de causalité cumulative qui a stabilisé pendant des siècles I'image de I'esclave antique. une expression' un épiphéàomène. de limites. produit. un aspect transitoire de superstructure . cllcs constituent aussi une charge et introduisent une tension qui détermine partiellement le devenir social. Le vêtement. le rôle joué par I'image dans la décision apparaît aisément . et sur des détails tels que la coiffure. est diffusée aussi bien par les réseaux commerciaux que par les o mass media n diffusant I'information. tout ce qui intervient comme intermédiaire entre sujet et objet peut prendre valeur d'image er jouer un rôle de prothèse à la fois adaptatrice et restrictive. Pour cette raison. c'est I'emballage qui est porreur d'images (cas des poudres à laver) . parce que I'imagination n'est pas seulement I'activité de production ou d'évocation des images. les monuments' les objets techniques. comme le masque de théâtre qui immobilise I'expression de la physionomie mais donne à la voix une grande portée. les particularités du langage. le masque. En ce sens. mais développe et amplifie les possibilités retenues. Presque tous les objets produits par I'homme tont en quelque mesure des objets-images . mais elle est aussi un germe : elle peut devenir une amorce de @ncepts et de doctrines. rffections et émotions. richesse. pour bonasse et pacifique qu'il soit. lles images expriment des faits gociaux et économiques (par exemple. I'aft. le personnage mettent I'organisme à une distance moyenne des choses et stabilisent le rapport au monde physique et social en le médiatisant. par la coupe des vêtements. chaque personne apporre les données concrètes qui la rendent reconnaissable. Même en dehors du sujet. Toute image est suscepdble de s'incorporer à un processus de récurrence matérialisant ou idéalisant. mais dès qu'elles sont matérialisées et objectivées.'on ne pcut les ûaiter comme une pure résultante. va aussi du r{cl objectif au mental. Des phénomènes collectifs. L'étude de l'imagination doit opérer une recherche de sens des objetsimages. les objets-images sont presque des organismes' ou tout au moins des germes capables de revivre et de se développer dans le rujct. si le produit est vendu au distributeur. la même personne affirme son appartenance à un groupe er son adhésion à un ensemble de normes partiellement conceprualisables et abstraites. La causalité circulaire. I'allure de la mode féminine selon Courrèges n'implique pas les mêmes valeurs que celles de Chanel . non pas seulement cognitives. un certain style de vie . ce rôle prothétique restreint le nombre des possibilités. c'est-à-dire de la . le tigre que I'on met symboliquement dans le moreur. rend vulnérable . les images içnprègnent les civilisations et les chàrgent de leur force . comme réalité intermédiaire entre I'abstrait et le concret' entre le moi et lc rnonde. le commerce crée des conditionnements donnant une existence imaginaire à des produits qui ne portenr pas en eux de caractères assez nets pour déterminer le choix. tels que la mode. n'est pas seulement mentale : elle se matérialise. provenance étrangère) qui se surajoutent à leurs caractères propres. De nos jours. Mais la valeur imaginale de I'intermédiaire entre sujet et objet se reporte sur les indices de niveau de vie. impliquent I'existence du caractère semi-abstrait de I'image. les o nouvelle. l'emploi des matières plastiques dans les vêtements). ou. jusqu'à ce qu'ils ffouvent l'occasion d'être réassumés et déployés jusqu'au stade imaginal en se trouvant réincorporés à une invention tccents. des phénomènes rcls que l'évolution de la mode ne sont nullement superficiels. Par ses traits particuliers. un produit ou un objet sonr tour habillés d'images (niveau social.

tous les sens ônt leurs images. en les remettant en invention. Cet aspect a été rndysé par Taine. pour tous les rerrains et tous les ciels. au sens propre du terme. tandis que la sensation antagoniste est le réducteur spécial' Le polypier d'images qu'est I'esprit est ainsi comparable au polypier de cellules qu'est le corps : les cellules sont en interaction les unes par rapport rux autres . il tend vers I'universel parce qu'il est plurifonctionnel. I'image. ET AvENIR Le mode complexe d'existence et de proliferation des images signalé par de nombreuses métaphores appartenant aussi bien au domaine viwnt qu'au monde non-vivant (cristallisation) fait des images. mais dans les cas les plus fréquents cette hallucination est détruite par les ænsadons antagonistes. instrument d'activité mentale plus maniable que la sensation elle-même' .tt. éventuellemént.. la prise de conscience ne suffit pas. sociale. en asrronautique . la mode vestimentaire par exemple. C'est une tâche philosophique. une analogie entre les vêrements bordés de blanc et les balisages ou repères que lùn emploie en aviarion.r. L'analyse esthétique et I'analyse technique vont dans le sens de I'invention. pour le vêtement de ville et d'intérieur. soit matérialisées en objets-images. Pour la vie individuelle. ce qui assure la stabilité chromatique. rectiûant Promptement I'illusion qui accompagne I'image et se développerait en hallucination. psychologique. Si I'image est différente de la sensation. le tiavail en usine ou sur les chantiers. fantômes vestiges des civilisations disparues. non comme vêtements de ville ou d'intérieur.. car elles opè. phénoménologique. Les objets-images æuvres d'art' vêtements. ils tendent et se développent. ce n'est pas dens son contenu ou son mode propre d'apparition. c'est-à-dire en ellemême. tierce réalité cntre I'objectif et le subjectif. L'image comporte toujours une hallucination plus ou moins longue. par l'approfondissemenr de I'image qu'ils recèlent. Le concret de la réalité inventée n'esr pas. pourrait être repensé selon des normes de perceptivité ayant un sens fonctionnel pour la circulation sur les ro. dans I'ouvrage intitulé De I'intelligence: :une image Gtt une sensation spontanément renaissante. ordinairement moins énergique et moins précise que la sensation proprement dite. ainsi que par les souvenirs et jugements généraux. puisque ce genre de réalité a pour sens de se manifester et d'imposer sa nâture d'image. machines entrent en obsolescence et Jevien. prothétique. appelle un mode particulier d'analyse que I'on pourrait nommer. 3. L'existence des différentes catégories d'objets-images. esr un næud d'actualité [é1u réseau des réalités conremporaines .. L'image et la sensation correspondante ont des effets égaux et semblables. au moyen. soit purement mentales.du passé qui s'amenuisent avec les nent des souvenirs larvaires. nessÉ. peut tendre vers le souvonir. de sauuer Li phA nomènes en les réinstallant dans le devenir. mais aussi à la recherche d'un haut àegré de perceptivité dans de mauvaises conditions d'éclairage . ce qui veut dire qu'ils se déclarent comme objets prothétiques pour I'extérieur. et se manifester surtout comme une réftrence au passé.t entre passé et avenir. C'est cetre charge d'invention qui peut revivre quand I'objet-image est redécouvert et analysé. I'objet-image.rrrr. il reste abstrait) et emploie des solutions qui h rattachent au réseau des réalités contemporaines . pour le sujet individuel comme pour les tlouPes. réincorporation efficace au monde . sa réalité d'image Get alors paradigmatique : elle permet de comprendre d'autres réalités connexes avec lesquelles elle s'articule et dont elle est solidaire. rangs sociaux et des grades. les images aussi .. en effet.r I5 perspective pour elles d'une nouvelle existence. sous les Ëpèces d'une reviviscence de sensations complexes. et en suscirant à nouveau leur plénitude imaginale de réalité inventée et produite. L'image est le substitut de la sensation. des intermédiait. Toute véritable et complète découverte de sens est en même temps réinstallation et récupération. dans la parure ou le vêtement. il existe . L'objet-image esr un véritable intermédiaire enrre concrer et abstrait quand il condense plusieurs fonctions en unité (s'il corres- pond à une seule fonction.rté. ou technique. vêtements et ceux des ouvriers travaillant sur les routes. a servi à la perceptior à. en effet.. le moins stable en apparence.14 IMAGINATION ET INVENTION . mais par I'effet des réducteurs de I'image. arbitraire et subjectif comme un mouvement de fantaisie individuelle. d'une-transposition : ce qui. elles aboutissent dans l'état de veille raircnnable à un équilibre mutuel. qui forment par leur cohésion un corPs de réducteurs auxiliaires. est invention réelle dans la mesure où le vêtement intègre en unité des disponibilités économiques et des normes opératoires_ou perceptives : les bottes blanches d'hiver et les manteaux imperméables de même couleur correspondent à la disponibilité de matières plastiques synthétiques teintées dans la masse.nt une redécouverte du sens de ces objets-images en les percevant comme organismes..rni p"r. esthétique. car les organismes n'ont pas seulement une srrucrure connaissable. les vêtemènts sonin opticalisés. plus ou moins timidement.

L'anticipation.ssai syrrrbàftque de solutions aux problèmes prévus. il n'est plus le champ privilégié & I'optatif. à un mode nouveau de réalité. mais non de véritables inventions. cet efFort de rationalisation collective du regard leié sur I'avenir esr une des caractéristiques du monde . polià et formalisée par le souvenir actif. La prophétie comme image verbale accompagne et exprime ce cycle souterrain qui va du passé à I'avenir comme d'un Automne à un Printemps. À llrrr forte raison.r"leurs. Les religions sont pourtant des modes d'être selon lesquels prrsé et avenir..16 IMAGINATION ET INVENTIoN TNTRODUCTTON r7 lative. Ce qui est détruit reviendra.a . Les nécessités de la prévision à bng term.rtion créant des objets-images esthétiques. qui sont surtout des drapolations. à son tour. c'est-à-dire sa fonction prophétique. voire natiâns) corresponà l t" fonction des projets et des anticipations rationnelles à court. permet la _De prefiguration d'un avenir proche ou lointain. exemple à suivre pour les autres générations :_l'image-souvenir veut se réincarner . L'imagination des artistes et des écrivains peut préformer un nouvel état social. Pour prévoir. Et. il ne s'agit pas seulement de voir mais d'inventer et de vivre : la t{ritable prévision est en une certaine mesure praxis. un rcfuge pour le désir d'éternité. en &hors et au-dessus des rationalisations prospectives. . L'image.nid"nr la mesure où I'image mentale se matérialise non seulemenr par les processus de causalité" cumu- par son sens er son mode de déploiement. . couvée o. _ Cependant. comme nous le trouvons dans les romans d'anticipation. l'image incorpore du passé et peur le rendre disponible pour le travail prospàctif. s'écrie que Dieu lui rendra la vie et le fera renaître.emploi de I'image comme souvenir: dans I'anticipation. La mort prépare une naissance. à travers I'image constituée.r".r. comme les estampes qui repréienrent des scènes h'istoriques. et se projette vers I'avenir .. non pes seulement supputé. du désir. le temps commence à s'organiser comme Itopace . déjà exsangue.< jusque ès signes célestes )).. Ce qui manque à la prospective pour être Urc réelle anticipation. L'érrocatln du passé .à-*. il a jeté sur la foule ses intestins arrachés.. selon la ponée envisagée. . Seul le passé.rer. elle Glt I'image du monde réel saisi dans sa tendance et poussé plus loin. pàur l'homme. schématisée autremenr que I'ancienne. jusqu'au bris du pot-àJait.h.rpé. qui agit brutalement comme réducteur. communiquent et se prêtent brcc. réserve d'émotion orienlê liée à un savoir. était devenu matière de science.. . I'image complète de la mort déclare et prophétise I'annonce d'une naissance. coloré de I'idée sociale. L'activité d'andcipation . Pour la vie collective. ou long terme : il existe des-spécialistes en prospective spéciarisée. prêt à mourir. le futur est annexé par le savoir.. comme les anticipations du vol humain et d. Et I'on peut penser à la parole n si le grain ne meurt. avec les historiens scienthtes.r.. prothétiques. de l. le recours à I'avenir était empreint d'une fortË ch"rge affective ..-por"in : au siècle dernier.opposée. L'aile. u. cependant. p. gui répondent aux légendes d'Icare et à I'aventure prométhéenne.l ( veaux. nouvelle vie.rt didr. il est rrès rare que I'imagination soit puremenr repro_ d'ctrice ou purement créatrice..orri moins effiàces. dlc ajoute à la prospective une force u proactive D' Une forme bien ancienne et oubliée de I'image est celle des religions. L" prorp. c'est ce pouvoir qualitatif cette physis qui donne I I'avenir sa véritable dimension comme développement en cours. assure cette continuité de l'acte fidèle à son progrès .. ainsi que dans _ I'opération ircrificielle. . l'invention est si fortement tendue vers I'avenir qu'elie donne l'existence.rrt. mais aussi selon les voies d.. techniques. Dans le livre des Macchabées. ou du vouloir. et il peut se produire une proliferation amplifianre comparable à celle que La Fontaine décrit dans la fable oùr pirrette voit àe. au moment oir. un nouveau visage de la vie. condent l'écho d'aspirations anciennes.orr. pour I'action ont introduit la rationalisation dans la dimendon d'avenir et en ont chassé le mythe.tive dans le domaine collectif (entreprises. esr souvenir autant qu'invention. r*llement anticipé. gonflé d'espérance. G émotive.r. ûn des premiers témoins. reprend de vieux rêves.rr.précisém. hors du sujet. déjà matérialisées dans d.. I'image retrouve sa dcnsité et sa force qui la porte vers I'anticipation de I'avenir collectif. et fait en une certaine mesure violence au présent pour I'amenei à s'ouvrir vers un avenir de reviviscence. et l'. saisi par avance selon I'aspect cognitif et émotif. et. La douloureuse consommation du passé prépare une renaishnce. l'image est la base de I'anticipation. mémoire autant qu'anticipation..u voyage manière. Ia fiction scientifique est une des voies par lesquelles I'image tltrouve son pouvoir d'avenir. tendance au développement de I'acte déjà commencé. ce qui meurt renaîtra. prticulièrement dans I'acte prophétique.'anciennes images-objets. Le sang des martyrs est tcmence. cette évocation préiente des idéaux] véhicules d. les réducteut. cochons. elle apporte avec elle la sous-jacence d'une anticipation. moyen.. ce qui se Gorrompt refleurira en un immense cycle. tout au moins en domaine écotromique et démographique. I'in. la dimension dtrvenir restait mythique et recélait un recours voilé à la transcendance. ou_les images d'Épinal qui proclament la légende de l'épopée napoléonienne.

s selon un mode systématique de liaisons. permettant d'aborder le milieu avec vtlles anticipations d'où sortiront des adaptations qui n'avaient pas été possibles avec les anticipations primitives. c'est-à-dire sans corrélation étroite avec les autres sous-ensembles de I'organisation psychique.I8 IMAGINATIoN ET INVENTIoN INTRODUCTION r9 Cet ordre de tierce réalité n'est ni pleinement perceptible ni entièrement conceptualisable: l'étude de I'image doit en ce domaine se compléter par l'évocation des mythes du devenir.". est riche en éléments moteurs endogènes . l'cxpérience. et des vitesses diffërentes. Enfin. Ensuite. Une part de la réalité des groupes est faite d'images. croissance er développement manifestenr des étapes èt des cycles. puis à un état final de liaison systématique et nécessitante où les éncrgies primitivement cinétiques sont devenues des tensions d'un sys!èrne. cycle. mais ils existent aussi dans le développement organique tement humain. et même la notion de Némésis. elles s'organisent et se stabilisent en groupements intérieurement corrélés celon les dimensions du rapport entre I'organisme et le milieu. et il serait possible de distinguer essentiellement trois étapes : d'abord celle de la croissance pure et spontanée. Autrement dit. ce serait. dans I'expérience percePtivo-motrice. comme le chemin vers le haut et le chemin vers le bas chez les philosophes grecs anciens. L'invention pourrait alors être considérée comme un changement dbryanisatioz du système des images adultes rarnenant. de monuments. le retentissement affectivo-émotif achève I'organisation dci imag. le rerour de la Grande Année. dans ces conditions. dans l'image.. matérialisées sous forme de dessins. les images rubiraient des mutations successives qui modifieraient leurs relations llutuelles en les faisant passer d'un statut de primitive indépendance mutuelle à une phase d'interdépendance au moment de la rencontre de l'objet. son intensité peut donc varier a co1g préadapte. paiailleurs. tnticipation. B. les images deviennent effectivement et directement fonctionnelles . transition ou s'effectue une dédiftrenciation suivie d'une réorganisation. anrérieure à I'expérience de I'objet à laquelle I'activité fonctionnelle se gement de niveau. et aussi de rournures de langage. l'équivalent des étapes . d'outils et de machines. HypoTHÈsn ou DyNAMrsMr cÉrvÉrrquE DE L'TMAGE: PHASES ET NIVEATIX Les études d'ontogénèse ont montré que les processus de croissance ne couvrent pas de manière uniforme tous les organes et systèmes fonc- tionnels d'un être vivant: il existe des déphasages de chacune de ces croissances partielles par rapporr aux aurres. d'évocations et de cornmunications . ayant lui aussi ses contraintes. ir topologie. des domaines. embryon d'activité motrice et perceptive. I'activité mentale à un nouvel état d'images libres renaisPcrme$ant de recommencer une genèse: I'invention serait une noude nnce du cycle des images. si bien qu'il est malaisé de préciser le momenr où un organisme arrive à l'état adulte complet . et sonr : { 'i t. se développe ici pour elle-même. de vêtements. et à l'état libre. chaque image. puis une nouvelle systématilrtion interne et symbolique. la systématisation. l'image devient un mode d'accueil des informations venant du milieu et une source de schèmes de réponses à ces stimulations . surtout chez les organismes complexes. et I'ontogénèse du compor- cmbryonnaires de la croissance organique. Autrement dit. ses modes d'accès complexes. par un changpment de niveau. de formule comme les proverbes qui sont de véritables images verbales (comparables aux slogans) : ces images assurent la continuité culturelle des groupes. il se fait un véritable monde mental oir se trouvent des régions. chaque cycle comportant trois phases : l'anticipation. de statues. des points-clefs qualitatifs par lesquels le sujet possède un analogue du milieu extériear. après cette étape d'interaction avec le milieu correspondant à un tpprentissage. De tels processus sont très apparents au séparés par des périodes de cours des métamorphoses de certaines espèces vivantes. I'image. I'invention opère un chan- Ne peut-on supposer. i perpétuellement intermédiaires entre leur passé et leur avenir: ils sont aussi bien des véhicules d'expérience et de savoir que des modes définis d'attente. que les images menrales sont comme des sous-ensembles structuraux et fonctionnels de ceme activité organisée qu'est I'activité psychique ? Ces sous-ensembles pourraient ainsi posséder un dynamisme génétique analogue à celui d'un org?nç ou système d'organes en voie de croissance. elle marque la fin d'un cycle et le début d'un nouu. comme une anticipation non contrôlée par la référence externe à l'expérience du milieu. le rythme de conflagration et de déflagration. Elle montre des pré-adaptations mais non des adaptations. Chacune des phases de la genèse de l'image peut être mise en rapPort lvec une activité ou o fonction o dominante : Avant l'épreuve de I'objet apporté par le milieu. elle port evec les coordinations héréditaires de mouvements éthologiques ont révélées .

La densité émotionnelle et le faisceau de nuances qualitatives qui s'incorporent à ce souvenir particulier constituent une charge. Dans la relation directe au milieu. ajustée à la strucrure des objets sous forme de schème pré-perceptif ou intra-perceptif. en æuvre d'art. I'expérience est déjà la phase antithétique correspondant à la relation la plus serrée entre I'organisme et le milieu.:T INTRODUCTIOI\ de motivation. I'anticipation est en ce sens une préexistence des coordinations héré- . traduit la spontanéité de l'organisme et la préexistence d'une activité d'anticipation se déployant avant l'expérience.perçu afipoitée par I'expérience. la motricité précède la sensorialiré. comme changement de niveau. p"rr. ce mixte particulier ï représente un point d'insertion de l'activité mentale dans le milieu. plus o puissantes >. dans cette irnage a posteriori. comme peut-êtrè dans celui des à i: '. et efFectiv. il condense une situation. mais I'aspect dialectique des rapports entre I'organisme et le milieu n'est qu'un aspect partiel du processus de genèse. d'un souvenir. il a un pouvoir qualitatif. le sujet conserye er détient en lui un analogon de la réalité extérièure qui peui se matérialiser en caricature. on peut penser qu'une étude approfondie des rapports entre I'organisme et le milieu permettrait de comprendre I'origine du schème dialectique et par conséquent conduirait à le situer. au partenaire. le monde des imagessouvenirs réalise un véritable univers mental. condensent à la fois le mouvement spontané endogène de I'anticipation à long terme qu'était I'image a priori et la pluralité hétérogène du. à la proie.. c'est l'efFet affectivo-émotif. la résonance.Àt la catégorie des images-souvenirs. comme anticipation que. et se présente comme échantillon d'une situation plutôt que comme souvenir d'une expérience. Cette synthèse à proportions égales d'énergie endogène morrice et d'information venue du milieu est un symbole concret de la relation enrre le sujet et le milieu. ces modes d'organisation étant autant de n logiques u qui peuvent fournir des points d'appui à la pensée réflexive et systématisente. liés à des structures exogènes. est une organisation analogique de symboles . la phase thétique. Autrement dit. ùn souvenir est une véritable image a posteriori quand il se manifeste avec une prégnance er une intensité qui lui conftrent un pouvoir organisateur . ne pouvant plus accueillir d'expérience nouvelle.-. ou plutôt constitue les bornes et les voies d'un univers mental polarisé et tendu. L'échec du changement de structure de I'univers des symboles se manifeste dans des modalités pathologiques lorsque I'invention. Après la perception. Le niveau primaire peut être nommé biologique. un état de système oir se conserveni.rrt inaperçues parce qu'elles sont au service de I'activité perceptive. il est une source de réactivation des attitudes. qui prend la place prépondérante . à le relativiser.. .t . antérieure à I'expérience. ne peut se produire et développer un nouveau cycle. c'est en ce sens que I'on peut parler d'images a priori. c'est surtout comme affirmation d'une succession progressive des modes d'organisation des images à travers les diftrentes phases. En ce sens. Cetre anricipation à court terme. I'image est alors le point remarquable qui se conserve quand la situation n'exisre plus . est marquée par la prédominance des contenus cognitifs. que le sujet doit modifier sa structure pour trouver des dimensions d'organisation plus vastes. ou vital : c'est celui qui implique la participation de tout I'organisme comme moyen d'ac$alisation. c'est lorsqu'il est saturé. en voult. perpétuellemenr appropriée et réadaptée à la situation. avec la capacité de reviviscence des situations à partir de l'évocation de I'image. rê. . au lieu de le conserver comme principe inconditionnel d'intelligibilité du devenir. et la prédominance des éléments moteurs primaires dans cette activité est à rapprocher du fait individus. Par cette image qui conserve une densité objective et contient une référence à I'altérité du réel éprouvé. dans le développement des espèces.F i g # $ s long terme des conduites. il devient nécessaire de définir les principaux niveaux auxquels peut se situer la genèse dynamique des images. p€rmet de la faire renaître. se manifester à l'état séparé sous forme d'erreurs ou d'illusions mais qui. Mais on doit noter que tout souvenir n'est pas une image. en cerrains cas. jusqu'au mode hallucinatoire d'apparition et d'action (cas des Leerlaufreaktion en éthologie : ce sonr des aitivités à vide). ce souvenir particulier est un point remarquable qui a un sens pour une topologie du système de l'expérience passée en train de s'organiier . Si l'idée d'une évolution dialectique peut être conservée. Si I'invention opère un changement de niveau. 3 'I' Une telle hypothèse générale de la genèse des images pourrait conduire à une interprétation dialectique (l'image a posteriori a les caractères d'une synthèse). on pourrait dire qu'il s'agit ici. sont devenus des forces et des énergies d'état en suspens selon le mode potentiel. capables de surmonter les incompatibilités éprouvées. Cet univers oir les mouvements. n'esr pas nouvelle en psychologie. Par analogie er extension de vocabulaire. la conserve avec son réseau de forces et de tendances.20 IMAGINATION ET INVENTION t. habituellemerrt. on pourrait parler d'irnages a lraesenti qui peuvenr. et qui engage cet organisme dans les situations selon des catégories telles que la relation au prédateur. l'image fournit I'activité locale qui est un mode d'accueil des informations incidentes.

le monde des images a posterizri paraît bien être le principe des réflexivités amplifiantes. Enfin. ou celle de Bergson avec I'idée d'élan vital .rrt centre actif de spontanéité er rayonnant vers la pluralité des situations ou des objets. unie à une valence affectivo-émotive définie. er non pas seulement une situation. en un certain sens. de I'attitude d'ascendance ou de soumission pour les espèces sociales. il développe un analogue mental de ce cession ou de l'évolution . mais à la reconnaissance et à l'analyse de I'objet. de désir. s'identifie à la source unique et inconditionnelle de la projection. De telles intuitions se rrouvent au principe de doctrines philosophiques comme le platonisme. si la logique implicite des images a priori fournit le modèle primitif d'une réflexivité intuitive tandis que celle des images intra-perceptives est I'amorce d'une systématisation inductive ou déductive. À un niveau de formalisation moins élevé. réflexif. que I'on peur nommer psychologique. le sujet. ou de la pensée dialectique. L'expérience perceptive est dirigée par des formes ou < patterns o innés correspondant à la saisie du r*r à. avec ses valences. conrenant I'association d'un trait représentatif et d'une modalité de réaction du sujet. à la perception de son étar présenr. dans l'application du schème hylémorphique . pris comme exemple non limitatif du niveau formel de cette activité. d'état de besoin éprouvé. impliquant une participation de tout I'organisme. au lieu d'être l'éveil d'une activité instinctive. animée par un transfert analogique de niveau en niveau. elle suppose qu'il existe un objet. par exemple. bien que ce terme ne soit pas pleinemenr satisfaisant. Après I'expérience. de la rencontre du partenaire. tandis que I'usage a posteriori rappoft primaire. comme on la voit à I'Guvre. mais à montrer qu'aucune de ccs trois systématisations ne recouvre de manière complète I'activité d'invention. au monisme de I'intuition a priori s'oppose en ce cas la per- manente dualité des deux principes hétérogènes saisis ensemble . venant du milieu.. Par exemple. informé par l'activité locale qui lui confère I'unité. la situation réciproque de la matière et de la forme est comparable à celle de I'apport exogène d'information incidente. par I'intuition réflexive. q. chez le sujet. implique dans I'activité locale constiruanr les images une participation plus spécialisée du système nerveux . l'image sert ici d'insrrument d'adaptation à l'objet. trop peu stable pour servir de paradigme. au lieu d'engager directement I'organisme dans chaque situation de rapport au milieu. d'une conversation. il subsiste comme image quelques mots. de plan d'action. elles supposent comme source d'intelligibilité et de développement un éprouvé complexe. Comme anticipation. capables de refaire idéalement la genèse des événements et de I'histoire à partir d'un nombre limité de repères dotés d'une valence particulière I c'est ce tyPe d'organisation des image s en analogoz de l'univers qui intervient dans les pensées philosophiques de rype dialectique . l'image a priori apparaît sous forme d'intuition motrice. L'anticipation. Ce complexe mémoriel est un repère pour I'organisation de la représentation du milieu. l'activité a priori des images se déploie dans lcs différentes espèces de pensée initiatique. I'image proprement psychique est le symbole affectivo-émotif de I'objet. la fuite. une expression rypique avec une certaine intonation de I'interlocuteur. Dans l'expérience. de la pro- dimente la structuration des figurations et des mythes à signification collective large . en ce sens. à la saisie diftrentielle ûne des signaux incidents . à I'appréciation des variations et des differences. se manifeste sous forme de motivation er d'anricipation consciente. La résonance est faite surrour d'apprentissages intenses mais limités à des situations rypiques comme les réalise le phénomène de Prâgung étudié par les éthologistes.'il opère des systématisations effectuées du point de vue du sujet dominant son rapport au milieu.22 IMAGINATION ET IN

ENTION INTRODUCTION 2J ditaires d'actes instinctifs comme I'agression. de schème de projection p"rt"ni d'r. ayant son origine dans des situations historiques. avec un enchaînement d'images qui préparenr la rencontre de l'objet. Ce même niveau formel d'activité se manifeste selon la modalité de I'expérience présente par une schématisation abstraite de la classification. Il peut exister enfin un troisième niveau de I'activité des images que I'on devrait nommer formel ou. ne vise pas seulement à faire apparaltre la relativité de l'intuition. p"r-. il remonte idéalement à l'origine absolue de I'existence actuelle et de I'expérience. de I'aliment. la doctrine de Plotin. L'esquisse d'un rattachement des modes réflexifs à I'activité des images. situations selon les modes primaires du danger. I'activité locale produisant les images ne serr plus de mode d'accueil à des catégories primaires d'exisrence. du discours. Le niveau secondaire. il serait possible d'orienter l'étude de l'image vers une analyse des contenus culturels. . et opère une anticipation pure..

autant d'anticipations -de.rrâ l'anticipation de l'activité. I'illimité du vàuloir projette pour la vie entière I'enveloppe de toutes les réditgs possibles. correspond au contraire aux images les plus directemenr insérées "temps dans. se réfléchit ou se réfracte. & l^ rencontre des objets réels se profile et stordonne dans ^od.s situations âc h vie. c'cst parce que le caractère de liberté illimitée du pouvoir moreur. principe àes aniicipations. n priori.nt conduire leur tribu vers la terre promise. c'est le moment oir-l'iniividu r. Chaque journée prend partieileÀent l'apparence d'un cycle complet qui entraîne une variation conrinue de la prédominance de telle àu telle catégorie d'images. laisse la première place aux images-symboles._ Les patriarches Savai.Âment éprorirées s'évoquent et reprennent vie.r. enfin.TÉ- C.Le développe- si la vie des synchronisations dans le devenir génétique des images mentales r. récurrenrs qui sont susceptibles d'interftrer avec eiles.. cent.I'expansion L'alrernance des jours et des nuits module plus ou moins profondément (selon le type de vie. la nuit est le d."i d"nr 1'adaptation réussie de la maturité.rrt^I. I'objet apparaît avec une organisation dont la ligne ne prolonge pas toujours celle du projet anticipateur.niée collective et de I'usage officiel et public de la divination.e unique. Dans l'élan de l'être jeune. l. de la journée se projettent comme les rayons qui divergent à partlr d'u.'1. remplacée par une pluralité de prospectives pratiques. foyer et source : I'action futur. prenant. tele qu'elle existe d'ans le tlavai].À.h"rrg. il faudrait dire que la vieillesse correspond à la possibilité de l. la première lueur de l'aube chassJtoute cette foule des images du passé. Les images du soir. qui iont des inventions majeures ou mineures. LA vIE coMME cYcLË DE r. parce four nouveau. L.-ent de cycle où s'opèrent parfois les changements de . conduisant à voir les situations sous un images et des visages' et le passé se systématise.rr. le faisceau des actes potentiellement projetés æ diffirse. Les"chapitres en sonr des rnent de I'individu fait apparaître et successivement diverger à partir d'une commune origine une pluralité de pouvoirs qui sont autant de pOstulats de rencontre des objets. sont celles du souvenir.Ë1o. c'est-à-dire à se màttre en accord phénomènes "rr.. CHAMPS D. .. Au contraire..rNDr_ VIDU Dans la Narure.t ceNÈsn DES IMAGEs est comparée à une journée dont la jeunesse serait le matin. les situations ancienne-Jrrt o. Le sujet organise sa relation au réel comme un territoire où tout n'est pas construit. uitr"rrt après l'inrense activité du jour.24 IMAGINATION ET INVENTION INTRODUCTION 25 CÉT.r.éc.. la vie."ppoir aux objets .invention. impression de liberté dans la phase inchoative du .ss.. mais oir le plan du ionstruit tient compte du donné. des amorces de réalisation . du renouvellement. dans I'expérience du réel éprouvé comme limite ei comme obstacle. voulu. fait selon un plan. 1.. 2. lc meilleur . la perception .A NOTION DE CYCLE TIeuE DE L'IMAGE. après le repos et avanr le début de l'action dominent les anticipations du mouvemenr. cc. c'est pourquoi on dit que la nuit porte qU. plus fortement les motivations qui le portent à l'action.. se récapitule quand I'action cesse ou se relâcÀe. prémédité. éprouvant ..APPLICATION DE I.uÉner amplifiante du projet... le degré d'urbanisatiàn. fruit d'une longue expérience. Il n'en va pas ainsi dans nos sociétés. e-rt ima[i. L'unité de I'intuition morrice . imaginée selon les lignes du désir. er senr quii ..qui implique une réfërence au réel er une prépondérance des éléments cogttitifr.ré. Et pour aller jusqu'au bout de I'hypothèse analogique. mais eussi une résonance subjective et une force magique dans la conscience de soi.r. plus largement.. syNcHRoNrsATroN AVEC LE RyTHME NycrnÉ. mais le rôle prophétique du vieillard s'ajoutait dans I'Antiquité à la possession de-la iagesse. au momenr où le sujet renonce partiellement à I'activité insérée. une dimension sociale. est commun à ces deux phases. on observe que les activités rycliques tendent à se synchroniser. comme moyen de communicarion et de réévocation postfacto des rctes fondamentaux de la vie.elle fait apparaître des solutions qui ne paraissaient pas contenues dtns I'univers de la veille. esr celui d'un parallélisme au moins partiel de I'ordre des événemenrs et de celui de i'activité du sujet. Plus tard. L'IMAGE À r'ocrÉRIEUR DE L. ligrr. sous forme d'honneurs et de titres... . La relation directe au milieu. peut-on observer ? conseil. ... les images qui sont des projets. L'image que le lujct a de son activité et même de ses projets est le reflet d'une situation.. s'ordànne en ensembles selon une topologie affectivo-émorive nuancée de regret ou de satisfaction. la journée et.ioir de la vie. l'évocation invâlontaire du passé peut prendre assez de relief pour faire surgir comme spectres I'imaç des êtres disparus .) I'activitéïumaine. . Le déclassement actuel des vieillards a pour corrélatif un affaiblissement des modes prophétiques de l" p.t I'origine de ses conduites.

puis décadente) par lesq_uelles passenr les differentes modalités culturelles. elle est rèaliste parce que sa modalité est le présent de I'actuel complet. læ premier est la prépondérance. ésotérique. I'année a été bonne ou mauvaise. quand les cultures sont dans toute leur for..est le. LE CYCLE DES IMAGES ET LE DEVENIR DES CIVILISATIONS de tend vers I'unité du hic et nunc approfondi qu'on nomme I'universel . est à dominante aristocratique et sacrée.26 IMAGINATION ET INVENTION TNTRODUCTION 27 3.. ceci signifie sans doure que les formes de culture soumises à un devenir cyclique sont celles qui impliquenr une réel ordonné et aménagé.r. et introduisant à une connaissance initiatique. on peut trouver deux traits dominants. ou même de traiter le monde comme une réserve d'images. la période post-classique recherche les images affectivo-émotives intenses. une culture trouve dans les images de la légende des situations actuelles et communes. du désir. comme les poèmes de Tyrtée. un univers complet. on peur se demander si la notion de cycle ne permer pl"s d.. . comme la nuit . elle est consommée. de l'action en rrain d..*poraire l'une des trois phases du rycle des images. un achèvement selon la subjectivité. des images a priori. Pascal comparant I'humanité à un homme unique qui apprendrait toujours et n'oublierait jamais.. Enfin. o.. c'est le monde du roman.. il se crée dors une esthétique. le début de l'année était à pâques.. elle se désacralise. constructrices d'un réel objet.temps du renouveau.rrdre compte de la succession d'étapes qui se manifer. de valeurs élevées. le àéveloppement du conrenu des cultures. comme le note la genèse des images er sonr vus à rravers la pÉdomin"rr.s'évoque le souvenir des morts. de maturation. I'art n'y est plus spectacle mais substitut de la réalité sous forme de symboles qui sont des pseudo-objets . produisent un univers - -.ntr. Alors.tt. Jors que l'été est le temps de I'isolement et de I'activité individuelle.r* 1o.Été. de I'imaginaire comme un second réel. Par contre. . 4. le printemps. cett. D. roites étés. L'IMAGINATToN ET LEs sAIsoNs forte charge d'images mentales . "rr.. parce que ces cycles ont plus ou moins profondément synchronisé _rous .. et servant de normes à la connaissance et à l'action individuelles.emblent supposer que . les sciences pures ont bien une naissance. Dans la succession des phases primitive. âË t" science gr€cque ) ou ( le crépuscule des idoles n . alors que les cultures à leur àé. La mytho3a1lu. de l'élan... tendues vers I'action. I'année vieillit. classique. comme I'art de Pindare et d'Eschyle ou comme nos Chansons de Geste . à"r. dans la phase primitive. selon une perspective de projection vers l'avenir. classique. sans qu'il y ait d'ailleurs une coÏncidence nécessaire entre chacune des moàalités en évolution (religion. au lieu d'inciter à I'action ou d'instaurer des perceptions d'un d'images qui habille et masque le monde sans adhérer à lui. I'Automne. et de la vieillesse. de l" jeuness. correspondant à une vision positive du monde. Dans norre mythologie. mais elles sont plus progressives.. .r. selon une logique de l'identification. celui du réalisme du travail. Mauss a indi[ué la manière dont la vie des Esquimaux est changée lorsque la longue nuit polaire ramène la vie collective avec ses rires et ses cérèmonies. au midi de l'année..1.oÀplir. les processus de croissance.les régions tempérées et plus encore dans les régions circumpolaires. Des expressions telles que u I'auror.rr. classique.rlt. elles sont essentiellement plastiques. la vie collective a subi dans le passé et conrinue a-ctuellement à subir le contrecoup des saisons soit selàn le rphme du travail agricole soit selon I'alternance du travail et des loisirs. Autrement dit. Jadis. l'action se détend. Dans. s'appliquent en une certaine mesure aux successions historiques_de phases (archa'r'que ou primitive.). est permet d'échapper luins' allure historique I'emorce d'une fissure les.nées. mais une façon d'éprouver les images apportées par I'art.ee logie des saisons rejoint celle des âges de la vie et des heures du jour. I'exploit. . Tout ce qui. dans le monde. mais non doublé. les formes culturelles se détachent de la vie réelle comme un double qui la masque.lin. . Le 15 aofit esr comparable au momenr de midi et à la pleine maturité de la vie. décadente. arts.rir.métaphores analogiques du jour et de la nuit. pÀ1.'". elle donne le spectacle de I'action en train de s'accomplir . qui est comme re matin du rycle de I'année. le travail se roralise sous forme de récolte faite. célébrant I'acte. Les valeurs esthétiques deviennent dominantes et constituent En faisant un pas de plus vers le caracère collectif de la genèse des images. poignantes . selon une logique de la participation. les cultures classiques posent des perceptions. perpétuellement présentes dans la vie comme sens des rapports humains au niveau moyen. du romantisme.trË d. . à Ia forci de l'âge : c'esr la culmination dans I'image poétique de nMidi. c'est-à-dire non Pas une manière de percevoir. p. Enfin l'Hiver apporte en sa dormance I'aftente d'une renaissance.Ë. elle consacre la gloire des héros et pousse à I'action élevée. puis de déclin correspondent directement au fonds commun d'images constituant les cultures. les cultures archarques sont centrées eutour de I'action. de. plus cumulatives. au lieu de célébrer les hauts faits ou de susciter les forces qui poussent à agir.

a'i*"g. c'est à I'occasion d'activités . Chez les espèces les plus simples. c'est affirmer que le rchème stimulus-réponse n'est pas absolument premier. L'art esthétique.. A... car elle correspond à un mode de relation entre I'organisme et le milieu qui suppose un degré assez élevé d'organisation de la réception des signaux.. par opposition à I'activité plastique. souvenir symborique seraient ainsi res trois modalités fondamentales du contenu d'images constituant la base des cultures. l.)r- A.i . La notion d'objet mériterait d'ailleurs d'être analysée avec précision. cai la troisième étape n'est pas celle de la positivité qu'Auguste comre découvre dans ra loi àes troir lt"t.r"irràt . les symboles prennent sens selon la perspective d'une vie antérieure imaginaire.od. d... C'est cet p. "ri Platon chasse de la cité. DONNÉES BIOLOGIQUES: COMMENT I-A MOTRICITÉ PRÉcÈpn I-A SENSoRIALITÉ r.28 IMAGINATION ET II\TVENTION à la perception pour entrer dans I'univers affectivo-émotif . . AspECT pHvLocÉuÉrleuE : LE oÉvnroppnurNT DE r-e uornrcrrÉ pnÉcÈns cELUI DE I-A sENsoRIArrrÉ ..r. .tio1. changent de structure^.il produit: il construit des ruines. qrr. et qu'il se réfère à une situation de rapport actuel entre I'organisme et le milieu qui a déjà été préparé par une activité de I'organisme au cours de sa croissance. CONTENU MOTEUR DES IMAGES L-IMAGE AVANT L EXPERIENCE DE L OBJET ) . diftrentes en cela des sciences. savoir esr progressif et continu alors qu'après chaque rycre les cultures se désorganisent.t. perception. mer au passé ce qu.éro. priicipes nouveaux. Les recherches de Jennings sur les organismes les plus simples montrent que les réactions (conduites en présence d'un objet) sont précédées par des spontanéités motrices existant avant la réception de signaux caractéristiques d'un objet.r. lrnrueLISATIoN Dire que la motricité précède la sensorialité. pnBvrrÈns PARTIE .

nouveauré exogèné. .-. les tropismes eux-mêmes. c'esr affirmer que les êtres vivants les plus primitifs font un grand. dans I'occurrence des stimuli provenant du milieu et apportanr des informations.st errentiellemenr moteur.iti. La relation perceptivo-mo. il se déploie aussi. de toutes les tentatives Provenant de I'organisme et lui permettant d'aborder activemenr l. cette activité est seulemenr ralentie ou accélérée par les conditions du milieu (thermocinèses. qu'interviennent des-discontinuités. alà t. homogène. comme tentative .ronà.t t perceptif est beaucoup plus pauvre q-u'il ne faudrait pour dirig. ou dans les conduites d'essais et d'erreurs."* des oiganismes tres élémentaires..rté et de hasard. -o. de petite taille_.r* de faire naître perpétuellement des ib". ou avec les conduites l-ro--é.lle*. -o.la rencontre d'un prédateur. organisme er milieu.rrr... thèse.rrr. dont le .r.t caracère autocinétique de la conduite primaire dË I'org"nir-e.rrt._ dès. .errière d'objet. c'est I'inverse qui se produit.orrt.rtement centralisé et fortement télencéphalisé. base de l'invention. Le hasard ne se manifeste pas seulement. . encore très primitifs.r par Jennings " auoiding reactions o. c'est la rencontre de ces deu* nourreautés qui fait la relation perceptive: au faisceau de signaux.de la représentarion analogique du milieu.rt. l'anticipation endogène venue de I'organisme. rappà. il se peut que les'... et aussi plus constants ... mais non polarisée par le milieu . selon ce-tte hypo_ nirait I'aspect le plus primitif de ce que deviendra la genèse d'images anticipatrices dans les organismes possédant un systèrne . à partir d'une source endogène.rip. Ils constituent une réaction à des agents plus qu'à de véritables objets.o-port. essai fictif qui ne conduit à I'acte qu'après la réception de repères perceptifs permertant d'assurer l'ajustement au milieu réel. les mouvements brownoides et les cinèses sont plus primaires que les tropismes. qu'apparaît une Véritable réaction à un objet.. . en effet..-ents qui ne sonr pas des réponses à des stimulations. second acte d'un drame dans lequel les déux piotagonistes. cela conduit à penser que cette avance de l'équipe-e"t moteur se conserve avec le développement. d. De telles conduites manifestent I'existence d'une activité locale qui.-.. e^fficacement.. comme le sont en général les ..nt les conduites autocinétiques sont dangereuses puisqu'elles peuvent porter I'organisme à.du système mais se trouve intégrée à I'organisme sous forme d'une capacité possédée par le système . l'équipement moteur est en avance rur l'équipemenr sensoriel.Âenrs er leur permettre de s'effectuer utilement. moteur des changements de structure que l'être vivant peut apporrer à son organisation les activités finalisées de recherche ill.nombre de mouvements qui n'aboutissent à rien.. C'est seulement avec les pathies. dès qu'apparaissent de véritables objets et non de simples gradients. le centre de gravité restant fixe). mais ne réalisent pas une adaptation. mais encore na*.ru . de réponse à un objet soient beaucoup plus fréquents q.r.lo IMAGTNATION ET TNVENTTON CONTENU MOTEUR DES IMAGES 3r spontanées. à.r-"n.. . celle des initiaiives de I'organisme qui va à la rencontre du milieu.t au milieu avec une série complexe de possibilités de conduites déjà prêtes . existaient chacun comme source primordiJe d.h. les conduites spontanées sont une anticipation p.. même si elle disparaît ultérieurement d. et qui est la première forme de I'image a priori.r.rà-. de manière finalisée et économique. les conduites spontanées d'anticipation ne peuvent être adaptatives que si elles resrent virtuelles.. non-réactionnelles. à I'intérieur de I'organisme. nécessaire des perceptions. les images de mouvements seraient . Nous supposons donc que la première forme de I'anticipation avant la relation de I'organisme à I'objet est I'ensemble d'activitès faisant de I'organisme un système auto-cinétique . four- Dire que la motricité précède la sensorialité dans le développement des espècËs. i. sur le modèle des conduites perccptives. l'activité qui se manifeste dani les mouvemenrs browno'rdes àes organismes inferieurs.iontinue à fournir la base des anticipations..ra. activités spontanées. sans directivité marquée dans Natur. .rerveu* hi. mais chez les espèces inftrieures. photocinèses). une orientation. correspond I'acdvité local^e.o. manifestent les mouvements brownoTdes (comme le montrent les observations de Viaud sur le mode de dispersion d'une population dans un milieu . Et I'on peut supposer que chez les organismes supérieurs c€tte sponranéité anticipatrice se conserve mais est intégrée à factivité du système nerveux sous forme d'une source d'iniltiatives. et qui constituent ainsi le postulat de toutes les conduites nouVelles.et_conservent donc une pan impoit"t t.ra"rr. "n Contenues dans le système nerveux au lieu d'être effectivement réalisées les unes après les autres. des schèmes de conduites prêtes à se réaliser.r:. parce que Iéq. elles ne constituent un moyen efficace de recherche que dans un milieu supposé homogène sur de grands parcours. d'une fonction de nouveauré endogène. que les perceptions d'objets peuvenr apparaître' chez les espèces supérieures. adaptée.

assez Particuliers à chaque espèce. De plus. fournir un contenu aux anticipations. les coordinations héréditaires dépassent souvent en généralité l'espèce qui les manifeste. Enfin. Le cri d'alarme. mais aussi une préparation à I'action.2 IMAGTNATTON ET rN-TENTrON CONTENU MOTEUR DES IMAGES l' 2. contractions musculaires. attaquer. après déclenchement par un itimulus.. comme programmes partiels des comportements. fuir. L'organisme. cà. Ces schèmes d'action existent donc dans l'être vivant .rrr. anticipation des conduites possibles. dans la colère. comme structure. espèce de langage naturel interspécifique.. plus ou conduites avant de les appliquer à .. elle esr une initiative organisée. etc. il y a là une base pour I'activité locale d'anticipation. comme s'il était dans une situation. schèmes de conduite aussi nertement définissables et ayanr une valeur taxonomique aussi nerre que la ôrme des phanères. puis les études éthologiques. gui ne sont pas seulement un retentissemenr. Le mouvement. les situations étant improvisées. pourtant' il existe une certaine préfiguration de I'objet spécifique correspondant au déclenchement des activités instinctives. si la motivation est fort€. . qui est l'équivalent dynamique et cinématique de ce qu'est. se lever. antérieurement à I'expérience de I'objet. façon de progresser. et ils peuvent. comme I'organisme peut. Même pendant la veille.. se cacher.r. mais servir d'instrument à un mode primitif de communication par les mouvements.r. ne peuvent guère fournir la base d'une saisie directe du sens des conduites par d'autres espèces. faire fa. Une espèce esr reconnaissable non pas seulemenr par la foime des grganes. mais aussi par les schèmes de comportemenr: manière de boire. LES cooRDINATIoNS rrÉnÉonernns D'ACTIoNS DANS LES TMAGES MOTRICES une anticipation ne peut être seulement une initiative.rr. oculaires. accomplissaient à vide..t. serrés. si les éléments du système d'action. sous forme de préparation des situations de renconrre d'autres espèces. sans présence d'aucun nid d'Abeilles à déterrer. au cours desquels on note.Àbl. comme sur un nid imaginaire. maiche. ces processus mettent en valeur très particulièrement la spontanéité du système nerveux et le jeu de la motivation. il postule I'objet. virtuellement utilisés. Il existe ainsi une séméiologie dei corporelles propres à chaque espèce. Aux séquences élémentaires du système d'action s'ajoutent des coordinations héréditaires faisant partie des activités instinctives telles que I'observation courante. le mode de leur agencemenr.o. I'anatomie d'un orgaÀisme. il n'est besoin d'aucune stimulation pour que le programme instinctif se déroule. les mouvements propres à la capture des abeilles.r. des mouveÀ. jouer à vide ses un objet réel . qui peut aller jusqu'à un jeu -ot.rr gratuit. les ont découvertes' Or.. cn captivité. ayant une structure. Lucrèce les a notés au cours du sommeil chez les chiens. Genz a observé de jeunes Bondrées apivores qui. une forme. de sauter. en ce qui touche à I'anticipation des conduites morrices ? Oui. lorsque les motivations sont suffisantes .tr-. Râber l'a étudié chez le Dindon mâle élevé dans . il existe donc une véritable base biologique de I'imaginaire. le rassemblement agressif.. préadapté à un objet. si bien qu'elles peuvent non seulement alimenter des anticipations. LE sysrÈME D'ACTroN coMME BASE oNTocÉNÉrrqur DEs TMAGEs MOTRICES 3. en particulier. nécessairement des réactions à des objets ou à des situations réelles .rt .ô--. De tels schèmes moteurs soulignent les rêves. . Existe-t-il une base biologique d.. . d. une consistance par rapport à elle-même. Lorenz et de I'objet et d'anticipation des réponses Tinbergen ont montré que les coordinationqhéréditaires ne sont Pas il possède son propre corps . poirrg.. et si la motivation est très forte. séquences dont l'être vivant possède le programme en lui-même. Les modalités de I'objet correspondant aux coordinations héréditaires ne sont pas précises. selon son système dtaction. I'action instinctive peut continuer à se dérouler en vertu d'un ordre complètement endogène. leur taille relative. les rites de pariade. Il manque seulement à cette action les composantes taxiques qui l'adaptent à l'obiet réel lorsqu'il est présent (cas du roulage d'æuf chez I'Oie grise). est une véritable anticipation pratique de sa présence et même de sa structure . Ces découvertes sont importantes pour une recherche de I'origine des images de mouvement' car elles montrent que l'organisme possède une réserve de schèmes complexes de conduite pouvant être activés de manière endogène. sous les espèces drr système d'action. de ramper. comme Darwin I'a montré : rétraction des lèvres qui découvre les dents pour préparer à mordre. une faible stimulation externe suffit. "ttitudet moins complètement. I'action imaginée avec force est accompagnée d'anticipations motrices qui sont son conrenu organique lè plus constant : phonation esquissée. la conduite des parents envers les jeunes comPortent des coordinations d'actions qui font image et peuvent être compris par etc. Les émotions. mais le fondement de I'activité étant fourni par ces schèmes que l'être possède et qu'il peut à rour momenr susciter. le nombre de griffes.rt d.r. de saisir un objet. comportent des anticiparions motrices mettant en jeu des éléments du système d'acrion.

ce n'esr pas É fieu d'en faire I'inventaire pour analyser les images motrices. 1s11ç51. d'après les récits anciens des tentatives réelles de vol. tour en restant conjecturale.-. chez certaines espèces. mais très importants dans la locomotion humaine (le saut et l'élan) étaient incorporés à ces anticipations . Mais on p. pourvu qu'ils se présentent un certain nombre de jours ou d'heures après la naissance des jeunes. sont pris comme u être à suivre o . de prédestination du partenaire).t d'exercice et d'apprentissage impliquant réftrence aux objets. elle est l'être que I'on peut suivreCet apprentissage qui se fait complètement et en une seule fois est nommé n Prtigungo par l'école éthologique. un chiffon noir suspendu er agité par le vent déclenche la conduite agressive . et ne résultent pas de I'influence du milieu. et constitue I'une des bases des images motrices. en ce cas. qui fait partie de son système d'action et intervient dans ses coordinations héréditaires. .rrr. Jung a donné une interprétation de ielles images en supposant que l'évolution avait laissé subsister dans les espèces supérieures des images provenanr de formes vivanres apparues à âes stades antérieurs de l'évolution (par exemple le dragon.nt se demander aussi si_les images motrices du vol sont bien de véritables anticipations. la mise en jeu endàgène de comportements instinctifs en I'absence du stimulus adéquain'amène p". sa force et sa rapidité montfenr le rôle de I'image comme anticipation essentiellement motrice des situations. par exemple I'ensemble d'attitudes du jeune Oiseau par rapport à la mère. représenration hallucinatoire du stimulus spécifique. coup de foudre. Cependant.J4 IMAGINATION ET INVENTION CONTENU MOTEUR DES IMAGES 3' I'isolement. que des schèmes de mouvement inessentiels chez les oiseaux. la relation devient plus sélective (la n mère. mais la perception du stimulus o mère o n'est pas du tout sélective . intéresianre.NÈsB -o1. Il existe donc certains <patterns o perceptifs jouant le rôle de stimuli déclenchants. consé- quences d'expériences primitives faites sur la base d'anticipations ins- tinctives. sentiment d'élection définitive. sous une forme schématique et fruste. Ceci montre que I'homme imagine partiellement le vol à partir de l'élan de la course èt du saut en longueur. vécu près des cours d'eau depuis très longtemps. la mise en jeu du développement perceptif sous forme ".t nent de la perception des oiseaux. est surtout I'anticipation d'une conduite .même si leur espèce n'a jamais savent nager sponranément. un objet noir aplati sur le sol amène au contraire la conduite précopulatoire. Ce serait l'origine des differences individuelles dans les catégories primordiales de la représentadon des parents.r. Les études de l'école éthologique ont montré qu'il se produit. Elle pourrait être partiellement confirmée par le fait que certains animaux par exemple des mammifè1s. en cas de très forte motivation. il demande seulement un support objectif. dans le cas des coordinations instinctives . t dit. cette interprétation est séduisanie. n'est pas une séquence de réactions . Au sujet des images du vol. induite pai l'anticipation motrice. après transposition subjective. sloNreNÉIrÉ oBs ANTIcIIATIoNS MoTRIcES AU couRs DE t'oNTocÉ. n'est pas nécessaire pour que le développement moteur fasse apparaître des schèmes organisés . préparé par une course.5 . Cette réalité autonome des conduites virtuelles est une base organique d'anticipations. un homme. doit répondre à certains signaux spécifiques). elle a ses lois propres. L'importance des coordinations héréditaires est d'aurant plus grande que la relation au stimulus spécifique peut être relativement aléatoire. Nous savons cependant que les images de mouvement n'ont pas toujours pour contenu I'anticipation de conduites inscrites dans le programme spécifique des coordinations héréditaires . des images de vol. mais on peut se demander si. des éducateurs' et peut-être du socius en général. I'anticipation motrice des conduites se produit en vertu du développement endogène.. On peut se demander si de telles périodes sensibles où se réalise une < Prliguag o n'existent pas aussi chez I'homme dans le cadre des conduites instinctives (passions. qui ne sont pas tirées de la perception. on peut norer. et soutenu par des ailes battantes. ou si ellrs otont. .rit. I'organisation des mouvements' au cours de I'ontogénèse. se rapportant à I'image du reptile). 4. le phénomène de Prâgung (imprinting). Le cadre des coordinations héréditaires est probatlement trop étroit pour permertre d'expliquer la genèse et le contenu de toutes les images à contenu essentiellement mais il montre que ces images peuvent avoir un conrenu antérieur à une perception définie. il importe de noter que I'image de la mère. Carmichael) montrent que le développement moteur peut être contemPorain du déveloPpement perceptif mais qu'il ne lui est ni postérieur ni subordonné étape par étape . c'esr le cas. un chien. même si ultérieurement ce contenu est transformé par une élaboration complexe. un comportement est déjà virtuellement prêt. pour I'homme.r. une conduite définie. ultérieurement. les premiers essais de vol ont utilisé le saut dans I'air. Les études des embryologistes (Coghill. est préformée .

I'activité d'exécurion.). piend pour substitut de la proie un objet. le même objet presque quelconque peur d'ailleurs être I'occasion de difftrenrs ( jeux ) moreurs . ne peut compenser les effeti de I'inve"rsion des membres. fabriquent pour les enfants des poupées qui sont des objets d'art. un animal familier .roi. \feiss. qui a u.. informe selon les normes perceptives. I'organisme jeune est en possession d'un savoir-faire qui n'aurait de sens que si le problème de la recherche de l'objet était résolu . les iéquences qui apparaissent les premières au cours de I'ontogénèse sont lis activiiés d'exécution. et recrutent des objets substitutifs pour le jeu.i"pt. Les conduites de jeu et les activités à vide peuvent s'interpréter au moins partiellement à partir de cette genèse à rebours des séquences de comportement. La ressemblance perceptive joue ici un rôle beaucoup moins accentué que Ia convenance motrice comme substitut . Si I'on ajoute à cette manière de voir I'idée que des capacités motrices créent un besoin quand elles arrivent à l'état de plein développement. il est support et but de mouvements préformés. de jeunes Cormorans possèdent le mouvement qui leur permet de construire un nid par fixation de brindilles avant de savoir porter les brindilles. sur un matérÈl expérimental analogue. en chaque cas. non-motivés. la plus purement motricè et la plus stéréorypée. qui est l'exercice préalable des activités d'exécution au moment oir les activités de préparation et de recherche sont encore impossibles. toujours sur des UrodÈles.r. a montré I'inhérence à I'organisation nerveuse et à la structure du corps des schèmes organisés de mouvements : la transplantation des membres perturbe les réactions actrices au point qu'aucun apprentissage. de là vient I'erreur des adultes qui.re portée générale. s'exercer sur un objet.to. un tel pou. les prendre. quand la phase d'exécution des comportements est prête. Des phénomènes collectifs se greffent sur cette activité de recrutement à partir des tendances motrices pré-perceptives. Des résultats analogues ont été obtenus par Grohmann étudiant expérimentalement I'apparition des mouvemints de vol chez les pigeons (par immobilisation d'un groupe-témoin). ainsi. capable de saisir avec ses griffes et de mordre. correspondant à la phase de consommation qui. mais non de chercher des proies et de les détecter. Les êtres humains eux-mêmes peuvent être recrutés comme suPports de jeu moteur. c'est-à-dire devenir des images de ce qui doit être combattu. Ainsi. telles sont les adoptions d'animaux traités de manière maternelle par des adultes. de telles constructions ne valent pas plus que la poupée de chiffons. I'enfant. est la dernière. mais la condition première de possibilité de ces phénomènes est I'existence de motivations préalables . les conduiies instinctives apparaissent aussi de manière inversée.presque quelconque : une bobine sur li plancher. au début. on peut comPrendre I'existence.. sexuellement recherché..rt un faisceau de mouvemenrs de capture. le jeu de la poupée correspond à la fin des séquences de compoftement de la reproduction. constituant tn K Pattern r. protection. de véritables automates mimant I'enfant véritable d'un point de vue perceptif : pour le jeu. Un jeune Chat. un foyer de motivations est constitué par l'inhérence à I'individu de montages . il demande seulement un objet mès élémentaire et à peu près quelconque : un ourson en peluche. etc. parmi toutes ces recherches. Chez l'être humain. a montré qu'une immobilisation de plusieurs jours par I'action d'une substance chimique ne rerarde pas I'accès à la pleine capacité motrice.IMAGINATION ET INVENTIoN CONTENU MOTEUR DES IMAGES 37 '6 coghill a étudié l'ontogénèse du comportemenr de la natation chez les Urodèl^es. opératoire suscite comme supporr objectif un substitut. carmichael. il se constitue une image non pas à partir des caractéristiques objectives de l'objet-substitut. celles de Kortlandt sont particulièrement importantes. Le jeu primaire et instinctif n'a pas besoin de figurations perceptives. dans le comportement complet. À partir de cette obsèrvation.. etc. elle peut s'actualiser à propos d'un objet-substitut. mais conforme aux ?dtterns moteurs de ne peut donc.ment réei complet. L'essentiel du jeu est pré-perceptif. mais seulement d'une grande variété d'objets quelconques Pouvant être recrutés par les tendances motrices groupées en configurations. bercé. cai les l'anticipation commence par la fin du comport.. une boule de chiffons. chez I'adulte. garde avec attitude d'intimidation. mise en phases préparatoires de recherche et de rransporr de l'objet font défaut. c'est-à-dire possédant seulement les caractères de support de I'opération motrice. les rechercher. on peut saisir une des causes de I'activité imaginaire d'anticipalion . rejeté du groupe. apparaissanr comme une forme progressivement développée et diftrenciée de manière endogène. I'essendel est que cet objet puisse être pris dans les bras.. dans un comporrement complexe. or. mais à partir de la configuration des tendances motrices préalables. quand ces tendances ne sont pas absorbées par les situations intégrées à I'existence quotidienne . car elles montrenl que. ou bien la chasse et la mise à mort ritualisée.r. une peloie de laine. de pouvoirs spécifiques de recrutements d'objets quelconques comme supports moteurs de tendances motrices (agression. à un moment oir I'immaturité sexuelle rend impossible les phases préalables de ce comportement. c'est que I'image de la proie est encore i. même au bout d'une année. transporté .

avec les besoins correspondant à l'exercice de cette disponibilité constiruée. Certains faits d'imitation existent chez les Oiseaux (mots du langage humain. mais une organisation o gestaltisée > de mouvemenrs. à cause de son carâctère très primitif et très large. Peut-être s'agit-il de schèmes moteurs extrêmement primitifs. sur l'origine des images de mouvement. comme celui qui donne chez I'homme des images de vol. qui n'est pas seulement une dépense motrice incoordonnée. chez I'homme. de I'origine de schèmes moteurs a priori (en apparence au moins). comme ceux des réactions ou mouvements libres de I'enfant flott". PTTÉUOUÈNCS O'TNOUCTION '.ieun.trt p. avec d'assez fortes motivations.rn trt non plus apprendre à se servir d'un dispositif comme la serrure à'une boîte en voyant agir un de leurs congénères qui sait la faire fonctionner. selon des gradients.rt.). non dans la réorganisation de la < Gestah > motrice . un tel schème -ot. synthétique. Le rôle joué par les apprentissages dans les conduites définitives peut être considérable sans rien enlever au caracrère primitif d'images motrices correspondant à des systématisations partielles du comportement. mais il ne faut voir Ià qu'une conjecture. généralement appuyés sur un sup- apprentissages. qui est la base du recrutement d'objets quelconques comme supporrs d'images. évoqué plus haut. Chaque étape (voir u Prone progression in human infant aboutit en fin ") de cycle à un comporremenr défini. or.. En fait. d'orienration. insulaires en quelque façon. des notions telles que celle de u singerie . Mais en fait. très diftrents de tout jeu.ttt pourrait animer des images allant jusqu'à I'intuition du vol orbital avec une liberté relative par rapPort à I'habitacle . mais ces apprentissages interviennent surtour dans le cadre des relations perceptivo-morrices. L'insertion du schème dans le milieu dem"nde det Les phénomènes dits n d'imitation o sembleraient devoir faire penser que la perception d'un mouvement est nécessaire pour que ce mouve-.titt.. LES IMAGES MOTRICES ET L'IMITATION. parmi d'autres possibles. Ces occasions de fonctionnemenrs séparés. qui pourrait se suffire à lui-même s'il n'était seulement un momenr d'une genèse plus vasre. recom- . Ces animaux ne p. en présence de la même espèce de nourriture. ne rePosent sur aucun fondement sérieux. ne se produiraient pas si le développemenr ontogénétique du comportemenr s'accomplissait selon un plan de simultanéité absolue de la croissance des sous-ensembles. il sera réincorporé dans ses lignes essentielles au < pattern " définitif plus complexe. qui le libère des effets contraignants de la pesanteur Par I'effet de la poussée hydrostatique . servant à insérer une configuration de mouvements dans le milieu perceptivo-moteur réel et concret' existent aussi chez les animaux en liaison avec les stéréotypies motrices les plus nettes et les plus stables : le schème du vol est inné chez les Oiseaux. une agitation. etc. les apprentissages peuvent. une attiûde caractéristique. mises avec d'autres Poules à.. airs musicaux.imitation servile des mouvements perçus. Les phénomènes pris pour des faits d'imitation sont généralement des cas d'induction sympathique : Katz et Revesz ont découvert ce phénomène en observant des Poules d'abord nourries solitairement jusqu'à refus de la nourriture . mais ce schème a priori ne rienr pas compte de l'inclinaison du sol. correspondanr à un besoin d'agir selon une direction définie par ce montage moreur. au lieu de I'image. dans le liquide amniotique. C'esr cetre existence des lignes essentielles d'un comportemenr que I'on peut considérer comme fournissant le contenu des images motrices d'anticipation des conduites. Ces remarques ne permettent pas de résoudre le problème. et impliquant un recours à I'information perceptive. ètre reptoduit par un autre individu de la même espèce . les études de Gesell ont montré que I'ontogénèse du comportement est semblable à la croissance : non seulement elle se fair selon des principes de polarité. les phénomènes adjuvants d'apprentissage. Ce sont elles également qui permerrenr le jeu. SYMPATHIQUE port objectif (poupée. er non pas de façon homogène comme un ballon que I'on gonfle. D'ailleurs. modifier de manière très importante les adaptations sensori-motrices. il s'agirait donc d'une forme d'apprentissage ne suPposant pas de sPontanéiié ni la préexistence d'une image motrice chez le sujet qui reproduit un mouvement. de Ia nécessité pour l'Oiseau de compenser pour se poser l'effort du vent. les premières' pourtant rassasiées. ballon.. c'est la disponibilité de la Gestah morrice.' supPosant la possibilité chez les animaux de l. (expériences sur les effets du port de lunettes prismatiques déformantes). Il n'a pas été possible d'apprendre à écrire à des singes en guidant leur main pendant de longues heures. avant la naissance. mais de tels faits sont rares et entrent plutôt dans la catégorie gZnérale des perfectionnements d'un schème inné que dans celle à'une l-itation pure. avec une grande plasticité. mais de plus elle s'efFecrue selon des cycles successifs séparés par des dédiftrenciations préparant de nouvelles structurarions. perfectionnement du chant spécifique) . provisoirement abandonné.J8 IMAGINATION ET II{VENTION CONTENU MOTEUR DES IMAGES J9 moteurs organisés.

c'est-à-dire selon les catégories primaires des conduites. et qui sert de repère dans I'espace. le mouvement et le bruit de picorage exercenr une induction sympathique qui équivaut à la renaissance de la motivation qui avait disparu . en éprouvant I'impression qu'on libère son énergie sans réserve et en risquant le tout pour le tout. En fait. ces animaux aussi gravement mutilés n'essayent pas de se traîner sur les moignons de leurs membres . ordre que celle de la course à grande vitesse pour prendre élan bien correspond qui ruisseau. sans hésitation ni ralentissement. mais. se mettre à fuir. ils adoptent d'emblée un mode de reptation comparable à celui des animaux qui n'ont pas de pattes . de plus en plus vite. il s'effectue une restructuration complète. les obstacles sur lesquels on se précipite. . est innée absolumenr . sans doute. extéroceptives er proprioceptives. Il est plus sensible encore pour les rites de pariade (films dits érotiques) et pour la manifestation de la violence (phénomènes dits o de foule . le poussin sait picorer .i CoNTENU MOTEUR DES IMAGES 4r mencent à manger dès que les secondes se jettent sur la nourriture . Les mouvements qui Peuvent être imaginés sont ceux qui correspondent à une mise en æuvre possible du schéma corporel humain. soit par suite d'amputations ou d'incapacités motrices de divers ordres . Cette représentation schématique constante et nécessaire à la vie normale peut subir des altérations. I'induction sympathique suppose la préexistence d'une image motrice ayant valeur de motivation. un franchir un obstacle.'T 5 T 40 IMAGINATION ET INVENTION . une image concrète de mouvement implique toujours en quelque mesufe une réference au schéma corporel du sujet. cet effet est sensible pour la prise de nourriture. La base primordiale des differentes images motrices. cette interprétation est conforme au principe holistique de Goldstein. c'est en quelque mesure se mettre à sa place et dans sa situation. chants révolutionnaires. développé en théorie générale de I'organisme et de ses fonctions. Il correspond au fait que l'individu sair se servir d'emblée de l'ensemble de ses organes. Goldstein cite une expérience au cours de laquelle des cobayes. parce que ce ralentissemçnt. Cette image motrice Peut se développer avec une assez bonne précision analogique parce qu'elle est du et -ê-. parce qu'elles sont issues d'un système d'action d'abord éprouvé comme le réseau organisé des mouvements du corps ProPre.otrp -oi. la u force de l'exemple o s'exerce par les effets de l'induction sympathique . chanrs. Naturellement. se lever et partir. c'est développer en soi-même cette Progressive application de toutes les forces à l'élan. Par contfe' il est beau. a accordé une importance particulière aux phénomènes de récupération des fonctions par réorganisation d'ensem- ble après lésion. selon I'intuition motrice. au sortir de l'æuf. dans I'ouvrage intitulé La Stntcture de l'organisme. films. haie. . rNrrÉnrNcE DEs TMAGES MorRrcEs eu scHÉue coRpoREL On nomme schéma corporel la représentation que chacun se fait de son corps. à force de vitesse. on pourrait dire que le schéma corporel contient I'intuition du système d'action de chaque individu. la motricité est réorganisée comme un tout à partir des possibilités fonctionnelles restantes de tout I'organisme . en particulier pour les activités les plus instinctives . Tous les modes de reproduction et de transmission de séquences temporelles peuvent susciter I'induction sympathique : télévision. utilisée par la propagande des régimes totalitaires. mais la part des anticipations morrices dans I'organisation du schéma corporel est considérable. et I'organisation du corps. mais après une mutilation. selon une doctrine qui généralise le rapport figure-fond énoncé par la Psychologie de la Forme . ni déviation possible. comme si notre corps était cet objet. quand I'anesthésie cesse.rs aisé d'imaginer un avion qui va atterrir. Parce qu'il faut s'élever en bout de piste et franchir. 6. cette approche de la piste sous un angle défini ne correspondent pas à un usage du schéma corporel humain. le schéma corporel intègre des données sensorielles de divers ordres. imaginer un avion qui décolle. sous cet aspect particulier.. car la conduite de picorage. De tels effets d'induction existent chez I'homme. elle intervient essentiellement dans les domaines où il existe des conduites instinctives. sont amputés des quatre membres . chez les Poules. résumé exhaustif et organisé des intuitions motrices. image semi-concrète des possibilités du corps. il ne s'agit pas d'imitation. mais aussi discours. Goldstein. jadis étudiés par Le Bon). Le schéma corporel intervient comme un sélecteur dans l'anticipation imaginative des diÊ férents mouvements. musique (discours de Hitler. comme une à un usage des possibilités motrices humaines. La modalité des images motrices est le possible. ni recul. anesthésiés. I'organisme traduit bien la correspondance entfe I'intuition motrice. marches militaires) . non seulement lorsque I'ensemble du corps est intact. pour des conduites telles que se rassembler. Avoir l'intuition concrète du mouvement d'un objet. c'est l'intuition des mouvements possibles dans leur organisation et leur enchaînement. entrer dans une salle. Par exemple. la détection des difftrents rypes d'induction sympathique pourrait servir de mode d'investigation des conduites instinctives . En reprenant la notion de système d'action déjà présenrée. soit en fonction de lésions du cerveau (lobe pariétal).

imagine un supplice ordonné par une ogresse : faire. le niveau psychique de l'activité se réÊre à un milieu déjà exploré et organisé selon le mode biologique. enragée de ne pouvoir faire exécuter sa vengeance. et supposent que le milieu soit déjà inventorié et classé selon les catégories primaires (défense. l'organis-è. selon les catégories percePtivomotrices de I'action courante. Toutefois. Elles peuvent seulement résulter d'une activité mentale d'anticipation pré-perceptive Prolongeant les catégories primaires des coordinations héréditaires et se déploypt à vide.. attaque. pHoBIEs nr BxecÉnerloNs coMPULsrvEs: cARAcrÈRE AMPLIFIANT ons Érnrs D'errENTE de (agoraphobie. puis. les catégories et les activités psychiques ne s'opposent pas à l'ensemble des activités primaires : elles viennent après. comme mode d'expression.T . En résumé. Provenant d'un On nomme phobie. et des iéq. l'arrivée inopinée du roi. l'ogresse. anticipation prend la forme d'une projection dans le milieu d'images motiices à partir de cette source unique et première qu'est I'organisme avec ses schèmes moteurs rayonnant à partir du schéma. quand le milieu est devenu territoire. d fonctionnement de l'organisme qui n'engage Pas cet organisme tout entier dans la situation.rrr^. la gesticulation. aux mouvements de rejet et d'évitement.ous forme de souvenir. au dégofit. : 42 IMAGINATION ET INVENTION I I CoNTENU MOTEUR DES IMAGES 4J i! Il est probable que certaines pressions culturelles interviennent chez l'adulte humain pour limiter l'emploi des images motrices comme moyen d'intuition de la réalité . d. recrutent. le sujet est ramené d'abord à une activité de niveau primaire . Perrault.. L'in". pleine o d. et est n dévorée en un instant par les vilaines bêtes qu'elle y avait fait mettre . mais on doir norer iombien I'utilisation motrice du schéma corporel est étendu e. LES IMAGES DANS LES PATION Érers D'ATTENTE ET D'ANTICI- de la perception et de I'acrion montre qn.'évocation précédente des conditions organiques de I'anticipation la conduite. se jette elle-même la tête la première dans la cuve. sous forme d'anticipation du comporrement. impliquant la projection sur le réel des images du mouvemenr selon la logique du schéma corporel humain. . ou claustrophobie).rrrr. mais aussi en même remps automobile et cheval. ce monde déjà organisé est traité selon le mode secondaire. Plus tard. est délicat à employer. d'activité dont il est le principe.l. situations de certaines certains objets. à un niveau qu'on peur nommer psychique. tuition motrice.. c.^. Le terme n psychique o.r"p"tdt. Ce même caracrère d'une logique projective de I'anticipation apparaît dans la dynamique des états d'arrenre et d'anticipation du sujet. r. c'est-à-dire à un territoire . vipères. la peur morbide B.ieter la reine et ses enfants dans .. pour caractériser un niveau. pour nos ancêtres. ce qui veut dire que le sujet passe des situations aux objets . au cours de I'ontogénèse. de certains actes. Devant une situation inconnue. le mode logique (ou formel) apparaît quand les objets sont pris comme cadres ou supports de relations. des objets qui peuvent être sélectionnés soit par certaines conditions de l'expérience individuelle.o-portement. sous forme d'anticipations de mouvement.tt. le schéma corporel s'étend jusqu'à I'animation inrerne des objets d'usage les plus immédiatement liés . prédateur. De telles croyances ne Peuvent évidemment s'appuyer sur I'expérience perceptive.r. chez les enfants. Pour éviter des confusions. ce qui suppose qu'ils aient déjà été identifiés au niveau secondaire. proie. les catégories de la perception I'emportent peu à peu sur celles de I'image motrice . Mais une étude de l'origine des modes de I'expression verbale devra très probablement restiruer les conditions primitives d'une sémantique du geste. comme tel. le serpent et le crapaud étaient des occasions de manifestation de dégoirt très accentué . soit par des modalités culturelles. psychique. le plein développemenr des conduites intègre les spontanéités motrices à des séquencei-organisées.. réalise un animisme implicite. on peut admettre que le niveau psychique correspond à un .r. dans le conte intitulé La Belle au Bois dormant. . enfin. sans contrôle ni limite perceptive. pô... ce qui réduit leur disponibilité pour le jeu.. peut-êrre vaudrait-il mieux dire o secondaire ) par opposition à primaire.. Ainsi. mais qui fait appel surtout au système nerveux et aux organes des sens . recule devant I'emploi de la parole ou de l'écrit. par ailleurs.À la suite d'une heureuse péripétie.) pour pouvoir s'exercer. ce phénomène existe de manière atténuée dans le psychisme courant : les coordinations héréditaires d'actions relatives à la fuite. la source primordial e de l'a priori paraît bien être. au sens propre du terme. un enfant qui joue n'esr pas seulement automobiliste ou cavalier. les lignes de l'avenir postulé onr autanr d'importance que les données du présent ou le retentissement de l'expéri.tr I'ensemble de - I.rr.orpor. de couleuvres et de serpents . pour mimer des objets en mouvement.

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objet réel. L'élaboration psychique suit ici les lignes du système d'action de I'organisme ; dans le bestiaire imaginaire, il n'existe pas seulement des animaux repoussants correspondant au dégoût, au vomissement - dévorants et agressifs correspondant à la mais aussi des animaux -, réaction d'évitement er d'aurres enfin à l'étouffemenr, au manque d'air : c'est, en particulier, le o souffle ), cette salamandre imaginaire qui suffoque celui qui respire son exhalaison toxique ; il existe aussi, selon les mêmes catégories imaginaires, un ( souffle , qui est une grosse chenille, mortelle pour le bétail, quand elle est cachée dans I'herbe. Il est probable que ces croyances ne sonr pas absolument gratuites : le crapaud a en effet, dans la peau, un venin, mais c'est surtout chez lui un moyen de défense, tout à fait passive, et d'ailleurs peu efficace, contre des agresseurs ; I'intervention de l'activité imaginaire se manifeste ici par une véritable projection amplificatrice de cette propriété d'avoir du venin ; le crapaud imaginaire a aussi une ( bave n empoisonnée, et de plus il lance à ceux qui I'approchent des jets d'urine qui brûlent les yeux. On assiste donc ici à une amplification par projection en divers sens et selon diverses modalités de I'action vénéneuse. Quant aux n souffles o, salamandres ou chenilles, il est possible que des accidents réels aient été causés ; certaines chenilles peuvent faire des piqûrres venimeuses dans l'æsophage, lorsqu'elles sont absorbées par les ruminanrs, et I'enflure peut gêner la respiration ; mais la grande crainte des bouviers vise la météorisation du bétail, qui a une origine très differente ; la malfaisance imaginaire des n souffles , résulre de I'amplification et de la projection en divers sens du pouvoir de faire enfler et d'étouffer. Les images motrices, comme schèmes de comportement ou comme intuitions du déroulemenr interne des phénomènes, sonr amplifiées par une activité psychique qui les agrandit, les systémarise, er surrour les projette sur les choses supposées objectives et réelles. Ces choses, en fair, sont avant tout des résultats de I'activité de projection amplifiante caractéùsant le fonctionnement psychique a priori, illimité, sans frein objectif et stimulé de manière endogène par la force des morivations. Ces automatismes de I'amplificarion et de la projection pourraient sans doute être découverts dans les différenrs aspecrs des mythes collectifs ou des croyances individuelles ; selon les lieux et selon les temps, les objets offerts par le monde comme écran de cette projection amplifiante sont differents ; mais les dimensions fondamentales de l'activité qu'il projette restent les mêmes, parce que le réseau de motivations change peu. Tout au moins, ce réseau de motivations exprime des conditions qui ne se modifient que lentement au cours du remps ; de nos jours et

dans nos sociétés, les mythes de mangeurs d'hommes et de dévoreurs d'enfants tendent à disparaître : c'est que la hantise de la faim, comme motivation de base, tend à s'efFacer. L'ogre, le monstre carnivore, la Bête mangeant troupeaux et bergers, comme celle du Gévaudan, ce sont des images du passé. Pour bien imaginer l'ogre, il faut avoir faim, et être hanté par le désir de dévorer ses semblables, comme cela s'est produit dans le siège de certaines villes, au cours des guerres. Rejetée comme horrible hors de la personnalité, cette tendance sert Pourtant de germe à I'image de I'ogre, quand elle est amplifiée et projetée à I'extérieur, sur un être ayant forme humaine mais qui est supposé chercher à se nourrir toujours et par élection de chair humaine fraîche. Le Minotaure, le Morhout de la légende de Tristan et Yseult, les Goules, etc., représentent le résultat à diftrentes époques et dans diffërents contextes culturels, de la même projection. Mais en d'autres cas le processus d'amplification continue à s'exercer sans produire une projection ; autrement dit, le mythe n'apparaît pas, il n'y a ni crapaud mangeur ni ogre dévorant, seulement une exagération compulsive de certains aspects de protection, de préparatifs, de précautions. Ombredane, dans le cours sur la motivation et le problème des besoins, analyse un certain nombre de cas d'exagérations compulsives. La compulsion est une conduite que l'individu accomplit sans autre motivation que d'écarter I'angoisse ou la culpabilité qui s'élèveraient si l'acte n'était pas accompli ; l'exagération compulsive est I'amplification démesurée d'une activité pouvant, à l'origine, être une précaution raisonnable. L'exagération traduit cet effet d'amplification lié à I'aspect a

priori de l'anticipation motrice dans I'imagination en exercice ;

la

crainte de manquer de nourriture, au lieu de se projeter en images d'ogres ou de monstres, peut s'exprimer par I'amassement indéfini de réserves alimentaires (sucre, sel) ; certains aspects de I'avarice peuvent être interprétés comme exagérations compulsives ; Ombredane cite les personnes qui ne partent jamais sans un ( en-cas )), Petit rePas portâtif permettant de lutter contre une brusque privation de nourriture, même si un trajet purement urbain rend cette précaution totalement inutile ; Ombredane cite aussi les exagérations des soins de propreté, la lutte contr€ les microbes, etc. Naturellement, ces conduites ont bien été notées dans les maladies mentales, mais elles existent aussi dans la vie courante non-pathologique, et peuvent prendre une tournure collective, au point d'être de véritabl es patterns of culture, : chaque civilisation amplifie certains modes de défense, avec les exagérations correspondantes : contre la pauvreté, contre la maladie, contre la transgression de
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certaines normes, etc. Ceci équivaut à une projection imaginaire collective sous forme d'images mythiques, complémentaires de ces conduites d'anticipation exagérée (le Juif errant, le Diable comme renrareur er séducteur...). Des phénomènes comme la course aux armemenrs sont, au moins partiellemenr, de I'ordre de I'amplification par exagération compulsive ; ils ont pour corrélatifs des images mphiques de l'ennemi : le péril jaune, les rouges, etc. Mac Laren, dans le film Neighbours (les voisins) a traduit ces phénomènes d'amplification et d'accélération des conduites rivales et opposées. (Jmbredane indique Ombredane rndrque par par ailleurs ailleurs comment la la montée de de I'anxiété recrute des indices de plus en plus précoces d'une situation objective pouvant conduire à un manque, bien avant le moment où le manque est réel : la peur de manquer d'air sous un runnel, liée à la claustrophobie, fait ressentir vivement les ffaces de fumée, de poussière, qui indiquent le caractère confiné de l'atmosphère du lieu ; une psychose des n pauvres gens privés d'air pur ) commence à se développer dans les grandes villes, alors que la composition chimique de I'atmosphère est loin d'indiquer un danger d'asphyxie. Peut-on considérer certaines allergies comme comparables à ces processus d'amplificadon d'une activité de défense ? Oui sans doute, en ce qui concerne les ef[èts, mais I'aspect psychique d'activité est voilé, dans le cas des allergies, tandis qu'il est ner er conscient pour les exagérations compulsives, qui s'accompagnent d'une multitude de justifications et de raisonnemenrs.
2. ASPECTS PARTICULIERS DES IMAGES BLEMENT

DE rA CRAINTE;

rn nÉoou-

L'attente négative, la crainte, a son mode particulier d'organisation qui a voulu faire de la pensée philosophique, avec I'esprit critique, un moyen de délivrer I'humanité des effets de la crainre, c'est-à-dire des images qu'elle engendre et des exagérations qu'elle produit. Selon Lucrèce, la crainte fondamentale qui afflige l'homme est celle de la mort. Toutes les craintes annexes, par exemple celle de la maladie, de la pauvreté, ne sont que des aspects détournés er mineurs de la réaction devant la menace de la mort. La crainte de la mort a pour caracrère essentiel que, dans cet effet de I'imagination, I'homme se dédouble : il se voit debout à côté de son propre cadavre et se lamente sur ce pauvre mort qui est lui-même, un peu comme lorsqu'on voit un ami mort. Ce dédoublement imaginaire et illusoire conduit à ressentir par anticipation une grande doudes images. Elle a été attentivemenr étudiée et décrite par Lucrèce,

leur, car on suppose qu'il y aura un moment où l'on sera ce cadavre et oir, pourtant, conscience et sensibilité seront conservées. Ce dédoublement, Lucrèce le combat et le réfute, car selon le matérialisme atomistique strict, dès que l'homme meurt, les atomes (molécules) qui le composaient se dispersent ; l'âme, qui n'existe que sous la forme du rassemblement des atomes légers contenus dans l'enveloppe corporelle, se disperse, et il n'y a plus de conscience ; les forces de liaison qui faisaient le composé vivant ayant cessé d'exister, rien ne subsiste de ce composé que des éléments aussi dispersés après la mort qu'avant la naissance ; le néant d'après est tout à fait analogue au néant d'avant ; avent notre naissance, nous ne sentions ni n'avions conscience ; après notre mort, nous ne sentirons ni n'aurons conscience de rien. Mais il ne suffit pas de décrire I'illusion de l'imagination stimulée par la crainte ; il faut encore analyser ses effets pour les combattre. L'animal, quand il éprouve la peur, absorbe sa peur dans la réaction de fuite. L'homme connaît d'avance I'inutilité de la fuite quand le danger est omniprésent, comme la tempête ou I'orage. Privé de tout refuge dans le monde physique, I'homme invente alors un recours transcendant en un être plus puissant: il forge I'image des dieux pour pouvoir les supplier. En fait, c'est encore à partir de lui-même que I'homme opère un dédoublement en posant à I'extérieur de lui l'image d'un être analogue mais plus puissant. Le malheur est que, après le danger, I'image dédoublée, réalisée, matérialisée, demeure, et menace l'homme du haut du ciel : il faut lui rendre un culte, l'honorer, lui offrir, pour apaiser son courroux, des sacrifices honteux, sanglants, criminels comme celui d'Iphigénie. En somme, par ce dédoublement qui lui a permis d'apaiser momentanément sa crainte, I'homme a perdu sa liberté. Il s'est aliéné, pour employer une expression qui sera reprise plus tard par Feuerbach. La religion est la crainte superstitieuse liée à cette image réalisée, ritualisée, et aux rites qui s'y rattachent. L'analyse de Lucrèce (reprise chez Horace) conduit à voir le surnaturel comme un ensemble d'images tirées du réel et de la vie humaine, puis illusoirement agrandies et séparées pour servir de support au geste de supplier, de but aux sacrifices et aux rites auxquels l'homme est conduit par la peur. De manière accessoire, Lucrèce propose des méthodes destinées à lutter contre le pouvoir de I'imagination, avec ses prestiges et ses illusions qui enlèvent à I'homme sa liberté, en particulier dans les passions amoureuses ; on voit s'ébaucher une sorte de médecine des passions par I'intermédiaire de la représentation objective de la nature. La sagesse épicurienne vise à donner à I'individu la connaissance exacte de ses

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IMAGINATION ET INVENTIoN

CONTENU MOTEUR DES IMAGES 49

limites et aussi de ses besoins réels, qui sont très modestes (il suffit d'éviter la douleur et de satisfaire les besoins naturels et nécessaires). On pourrait dire que la sagesse épicurienne consiste à donner au présent toute sa plénitude en ne le laissant pas dévorer par les forces de I'imagination qui perpétuellement anticipe et arrache l'homme au présent pour le lancer à la recherche de tout ce qui n'est pas actuellement donné. Au lieu de rester en repos dans les limites de son présent, I'homme va courir les mers, essaye de s'emparer du pouvoir, veut des richesses, et dilapide ainsi sa seule richesse : un peu de temps pour vivre. L'imagination est une force qui arrache au présent, empêche le repos dans l'état d'ataraxie, tire vers l'avenir anticipé er vers des réalités que I'actuelle sensation ne donne pas. L'imagination a le pouvoir de rendre I'homme étranger à la situation présente et indiftrenr à ce qui lui est donné réellement, comme si ce n'était pas à lui. En rermes actuels, ou tout au moins récenrs, on pourrait dire que l'image altère la sensation, la dénature, diminue la force du présent, base de la sagesse. Pour lutter contre I'image en ranr que pouvoir d'anticipation, Lucrèce a effectivement éré amené à bien reconnaître I'effet de projection qui la caructérise. Mais le dédoublemenr paraît très particulièrement lié aux érats d'aftenre négatifs, impliquant une crainre ; I'indépendance apparente de I'image, séparée du sujet bien qu'elle I'exprime, correspond à une barrière que le sujet instaure entre lui-même et la réalité posée par le dédoublement. Dans la crainte, le sujet se met à I'intérieur d'une espèce de camp retranché, édifié avec les moyens qu'il a à sa disposition ; I'avenir est étranger parce qu'il est à I'extérieur ; le monde se dichotomise en intérieur et extérieur parce que I'apparition de la barrière est le résultat du mouvement de défense, d'expulsion ; les dieux eux-mêmes qui sont imaginés pour lutter conrre les réalités menaçantes sont étrangers à l'ordre humain actuel du sujet, parce qu'ils sont au-delà de cette barrière défensive. Ce qui esr au point de départ, c'est le geste défensif qui sépare le proche du lointain, installe des défenses pour conserver la réalité proche, et dédouble en quelque manière le sujet pour envoyer un émissaire de lui-même, sous forme d'un Dieu plus fort, combattre l'adversité menaçante dans le camp extérieur. Le sujet a envoyé combaftre hors du camp retranché un autre moi qui emporte un peu de sa réalité, et ainsi crée le point de départ de l'aliénation, qui est, en fait, une dualisation.

3. I'IMAGE DANS LEs

Érars D'errENTE posITIFs

les états d'affente sont positifs, impliquant désir et recherche active, I'image correspond bien aussi à une projection amplifiante, mais il ne se crée pas un dédoublement, parce que la dichotomie du proche et

Q"*d

du lointain n'est plus postulée ; l'état d'attente positive agit comme par une suppression des obstacles et des distances réelles. Le désir positif constitue des images selon une relation d'immanence, à l'inverse de la
transcendance constituée par la crainte.

L'analyse de Lucrèce ne s'applique peut-être pas à tous les dieux des Anciens: ils n'étaient pas tous au même degré ceux que l'on invoque dans la crainte et à qui on offre des sacrifices sanglants ; sous la religion lointaine et ofÊcielle de la cité se développaient des cultes initiatiques ayant davantage de sens pour l'homme intérieur dans le recueillement de ses pensées quotidiennes que pour les cérémonies collectives. De plus, la crainte n'est pas le seul motif puissant qui puisse stimuler le désir de s'adresser à une image ; le regret de la perte des disparus, la volonté de les retrouver, de continuer à vivre avec eux, est une motivation aussi puissante ; passer de l'état d'actuelle séparation à une nouvelle réunion future, c'est chercher le chemin qui conduit aux Enfers pour aller, comme Orphée, chercher Eurydice et la ramener à la lumière. Voyage, cheminement, passage, purifications et attentes ont pour sens de renouer ce qui a été rompu, de retrouver une médiation 1à où la mort a porté son glaive. L'espérance cherche des voies et prépare un voyage ; les images de I'espérance ne visent pas à écarter pour se défendre ; elles ne posent pas de transcendance, mais tracent le chemin d'une continuité entre les rivages de la vie et de la mort ; c'est le sujet qui doit se ffansformer et se purifier pour être digne du voyage ; I'au-delà commence dès maintenant et dès les premiers pas. Médiation, immanence de la révélation, destinée du divin à travers l'humanité et sous la forme de I'existence humaine, c'est ce qui se trouve dans la religion d'espérance qu'est le Christianisme naissant. L'idée même d'incarnation et f image de la nativité résument ce mouvement qui est le contraire de I'aliénation : le divin peut être là, hic et nunc, dans la paille et sur le bois, comme sur cette planche oir nous posons nos mains. La nativité est l'image de I'absence de distance du divin ; comme la vie d'un enfant, le divin commence là. Le mot d'immanence ne convient d'ailleurs pas parfaitement pour exprimer cette genèse sans hiatus, car l'immanence paraît enfermer et contenir ce qui est immanent. L'anticipation selon I'espérance amène une continuité par rapPort au présent qui est comme une naissance.

se rapproche du quotidien. il s'ensuit un effet de rapprochement subjectif . de communion. le cas mixte des états d'attente. comme anticipation de l'avenir personnel. 4. chronique de la n petite histoire . éprouvée comme limitée et déterminée. mais elle ne prend ni le sens exclusif d'un mouvement vers I'extérieur. Sous la forme du feuil- . ou encore de l'éloignement spatial. La participation au merveilleux historique comme monde intermédiaire s'établit de la même manière. de l'extrême richesse. actrices : ces personnages ne sont pas parmi les plus importants. esr bien plus fréquent. il se produit une espèce d'immobilisation des images projetées à une distance intermédiaire entre celle de la vraie rranscendance et celle de I'immanence par rapport au sujet : ainsi se consrirue un monde imaginaire des images d'anticipation. un ouvrage beau et profond : Lux Perpetua. Il s'agit là d'une n rierce réalité . dans les religions individuelles de I'espérance . selon I'expression qu'Edgar Morin a employée pour caractériser certains phénomènes culturels et de transmission d'information. Il n'est pas possible d'évoquer. il opère un déploiement imaginaire du pouvoir personnel par la participation à la geste d'un héros. il est fils. d'une part de ses motivations .IMAGINATION ET INVENTION 'O CoNTENU MOTEUR DES IMAGES 5r La dimension d'éternité prend elle aussi un sens diftrent. la projection amplifiante continue à exister. en raison des barrières de la naissance. même sommairemenr. comme I'arc-en-ciel qui est toujours entre nous-mêmes et l'horizon. une barrière . symbolisée par le matin et par la flamme. de crainte et d'espérance mêlées. Mais ces cas purs. visibles surtour dans les images religieuses. deFranz Cumont. jamais irréversible : la mort même n'esr pas un obstacle absolu. Le roman a été longtemps le support de I'activité d'imagination comme pouvoir d'évasion . et renàue la continuité du temps avec la première existence. se transformer. mais par ailleurs. qui fait partie d'une catégorie intermédiaire entre I'engagement dans le présent des situations et I'absence. comparables à celles de I'existence quotidienne et vulgaire que chacun mène . ces moyens constituent précisément un écran intermédiaire. comme on le voit dans les lanternes des morts surmonrées d'un Coq (cimetière de Germigny près d'Orléans). dans la crainte transcendantalisante. roure la richesse et la diversité des images par lesquelles les diftrents peuples ont évoqué la vie future . parce qu'elles sont moins installées. l'éternité personnelle est une nouvelle vie. qui n'ont pas grand espoir de voir leur condition. tend vers une médiation qui s'arrête à michemin . et surtout plus virtuelles. I'anticipation de la réincarnation ou de la résurrection dépasse la morr. Palingénésie et résurrection se rrouvenr dans des modÀ d'anticipation où la réalité présente n'est jamais définitive. dit Platon. non-accessible. une résurrection. mais ils entourent les plus importants. posanr le rranscendantal de I'image dédoublée devenue idole. sont rares . La participation au merveilleux est rendue possible par la presse (surtout les hebdomadaires à grands tirages photographiques) et aussi par la radiodiffusion et la télévision . filmés. artistes. Le dédoublement suivi d'aliénation est le contraire de I'introduction initiatique. e pour effet de priver cette vie réelle. il existe. soit avec la direction centrifuge du geste qui écarte pour éloigner. ont commerce avec eux : c'est la cour et non le souverain . En ce cas. moins éloignées. qui caractérise I'anticipation du renouvellement selon l'espérance. oir crainte et espérance se mêlent en proporrions variables. intégrée au corps social. par la description des aspects quotidiens de l'existence des personnages historiques les plus prestigieux: amours des rois. LE MERvEILLEtrx coMME carÉconrn DE L'ANTTCIpATIoN MIxrE La projection amplifianre apparaît toujours dans l'æuvre de l'image anticipatrice. les princesses sont supérieures aux reines. Le déversement des désirs dans le monde intermédiaire du merveilleux a pour corrélatif un appauvrissement de l'horizon du réel . dans des circonstances relativement communes de leur vie. soit avec la recherche immédiate de communication initiatique. aussi. photographiés. ces personnages portent des signes d'appartenance à un monde éloigné. ni celui de la participation intérieure selon le monde de la naissance dans le hic et nunc immédiat : par rencontre de ces deux mouvements tendant I'un vers la transcendance et I'autre vers l'immanence. Un exemple de cette tierce réalité est fourni par le merveilleux actuel des princes. le recours au merveilleux. On peut noter que la participation à ce monde intermédiaire est rendue possible par le fait que les personnages merveilleux sont décrits. flottant enrre I'extrême distance et la parfaite proximité. de l'étiquette. supérieur. Les moments d'accès à ces écrans sont ceux du loisir. au moins pour les croyances de l'Antiquité. le recours au merveilleux traduit l'existence de fortes limites et de la monotonie des situations ou des tâches. L'Amour. immobile. la cour tend vers la ville. car elles peuvent devenir des reines. LEs IMAGES D'ANTrcIpATroN DANS rns Érers MIxrEs. flottant entre les réalités de fond et le sujet. comme celles de la ménagère ou de la dacrylo... né des limites éprouvées dans la vie quotidienne. est fils de Poros et de Pénia (Abondance et Privation) . le voyage. pour tisser le voile de merveilleux actuel.

o. le plus fort des sentiments humains. cachée sous son manteau et sous la suie qui couvre ses joues. de Nonchalante et de Babillarde est un analogon de leur virginité . de figuration. réalité. Dans ce dernier conte.rr"gè. entre des objets. Un tel changement de nature prolonge et amplifie le mouvement des sentiments humains. a certes conservé ses couleurs vermeilles. dans la souillon que tous méprisent. otr l'enfant de Mara. mais elle est dans un château entouré de ronces et de buissons. Souvenr. C'est le miracle qui vient après l'attente extrême. l'objet n'a pas été métamorphosé. elle est cachée dans la farine et se trouve tout à coup découverte. la véritable princesse. En d'autres cas. des enchaînemenrs illimités d'épisodes. franchit la barrière de la sacralité et appelle un miracle. or et diamant. mais il esr en un état voisin de la mort. n'est pas I'expression d'une communication perceptive entre les deux réalités . Il en est ainsi dans la légende o De l'Enfant qu une femme tendit à h Vierge Marie. le miracle . au moment de l'essai de la bague. que I'on dit hanté ou habité par un ogre . non de perception. joue aussi un rôle d'analogon qui permet de retrouver. Finette seule conserve sa quenouille intacte. réside dans I'objet . en miniature. ou comme dans lei conres et mythes. un symbole qui permer d. I'amour maternel. on doit préciser la diftrence importante qui existe entre I'objet métamorphosable. mais reste l'analogon d'une aurre réalité. surrout dans le feuilleton. chaque type d'état d'arrenre suscite un merveilleux qui lui correspond : Cendrillon rêve au Prince . la bague. mais seulemenr pour celle qui aura eu le courage de le mettre dans son lit. dans I'insécurité et le danger. Le lien symbolique qui existe. et seule l'intensité du désir peut lui rendre la vie . La conservation de l'état d'aftente après la fin du roman peut susciter des suites multiples. la pantoufle ou la bague ne sont pas perceptivement liées à la femme désirée . quand la métamorphose des objets est une métamorphose demandant le concours d'un pouvoir surnaturel . ce sont les modes du devenir qui fondent I'analogie. qui apparaissent alors comme un appel à un pouvoir surnaturel pour qu'il réalise ce que l'être humain peut seulement appeler de ses væux et attendre. que la psychanalyse a étudiés. L'oiseau Bleu aussi est un prince. la quenouille de verre de Finette. . parce que I'objetsymbole suscite. lorsqu'enfin il faut faire venir la gardeuse de dindons. la Belle au Bois dormant. mort et déjà froid. siècle.52 IMAGINATION ET IN-r'ENTION CoNTENU MOTEUR DES TMAGES leton. pour I'amour du sien qu'elle auait perdu o. les guerriers. elle aussi : n Esr-ce vous. comme on le voit dans les romans du XIX. mon prince ? lui dit-elle . au milieu de la confusion des menaces de bataille. Ici. la clef de I'avenir est dans l'intensité de l'état présent de désir. tètrou. mais ceux du merveilleux existent selon la dimension des modes du devenir anticipateur. support de l'attenre chargée de désir er de crainte. ou de cadavre. selon la catégorie de l'anticipation. La quenouille de verre est un symbole de la virginité parce qu'elle se brise d'un seul coup et de manière irréversible. trouvée par le prince dans le gâteau. pofteur des chances du désir. et se referment dès que le prince a passé.. qui ne subit pas de métamorphoses. ici. blessée par un fuseau. se traduit dans la perte d'intérêt qui intervient quand la fin est dévoilée prématurément. cet aspect complémentaire de I'imaginaire par rapport au réel. Les qualités du merveilleux sont le contretype de celles du réel vécu. est précieuse . On peut évoquer encore LAnnonce faite à Marie de Claudel. les mêmes désirs et les mêmes craintes que le symbolisé . comme Peau d'Âne. il alimente très directement les états d'attenre et d'anticipation par le suspense qu'il crée entre les épisodes. et I'objet-symbole. pensenr aux grandes actions claires et illustres oir I'on a pour soi la netteté d'une juste cause et le soutien du surnaturel. porté sur un objet apparemmenr ignoble mais transfigurable : le crapaud peut redevenir un prince.rei la ') jeune fille. elle peut être perdue . Dans un autre conte de Perrault. [. reprend vie en se métamorphosant au moment où Violaine l'allaite . se révèle dans la splendeur de sa robe blanche lorsque glisse la peau d'âne. LAdroite Princesse. la pantoufle de vair (zibeline) perdue par cendrillon est un analogon. chargé d'aftente. Il existe aussi des symboles perceptifs. au lieu d'être figuré dans le déroulement de I'action du héros (ce qui autorise la participation du sujet). la baguesymbole sert d'amorce à la métamorphose de la souillon en princesse. parfois même par un véritable sacrifice . comme dans LÂge d'or. l'animal esr en fait un être humain en disgrâce qui doit être racheté et sauvé par beaucoup d'amour et de .a bague d'or de Peau d'Âne. Cette modalité temporelle. L'extrême désir se projette dans l'objet qu'il suscite et transfigure : la princesse attendait. en allant des hautes classes aux classes inftrieures et de la ville aux campagnes. être vivant. enchaîné par un sort dans son état animal. vous vous êtes bien fait attendre. il s'opère en ce cas une conversion de I'objet devenant. Parfois. les ronces et les buissons s'écartent d'eux-mêmes. en même temps qu'à I'exacerbation du désir par I'attente : la bague a déi\ été vainement essayée à toutes les femmes du pays. anté-perceptif qui impliquent des catégories d'action. qui est ici essentielle. il faut I'ardeur d'un prince qui se sent ( tout de fsu . pour que tous les grands arbres. I'objet reçoit un pouvoir de métamorphose. L'accès au merveilleux peut parfois se nuancer de surnaturel.

car il est aussi la métamorphose de la jeune fille. le Chevalier au barillet. solitaire et délaissée. et en épouse spirituelle de Pierre de craon. des légendes supposent la présènce du surnaturel dans les métamorphoses qu'on pourrait nommer amplifiantes : là où il n'y avair rien. mouvement de la vie et de l'évolution créatrice). . dirigé seulement par I'intuition primordiale d'une ligne. I'irrémédiable n'exisre plus : saint Nicolas. redevenant des arbres vivants. proliftrant. lépreuse.. les plus lourdes étaient prises plus tard et ûansportées au moyen d'une brouette. pi".e au vivanr ressuscité . feuilles .. arrivant un soir chez le boucher qui a tué trois petits enfanrs.ri e. pose la main sur le bord du saloir où ils reposenr. plusieurs (en particulier celles des grandes statues) appartiennent à la catégorie de o l'imagination reproductrice n . et aussitôt cette larme se multiplie et bouillonne . Peuvent construire un monde réservé où s'exerce et se concrétise le schème moteur: c'est le travail de l'amateur. soit p"i l. Le saint est celui qui renverse le cours dé I'irréversible. le baril déborde et donne naissance à un ruisseau d'eau vive. Parmi les formes ainsi créées. expriment véritablement ce pouvoir amplifiant. L'image elle-même de la cité idéale est pleinement déterminée et limitée. précisément Parce que le Dieu dégage sa responsabilité. Parfois cependant. en mère qui allaite son enfanr. à la force déterminante et nécessitante selon I'ordre des causes qu'exerce sur le sujet la pression sociale. c'est-à-dire de I'homme qui agit par amour de ce qu'il fait. du geste de construire qui se diversifie en allant de I'avant. Le recours au merveilleux. d'un thème moteur. alors que l'obligation se ratrache àla uis a tergl. i. plus simplemenr mais aussi plus généralemenr. ces pierres étaient ramassées aussitôt . et les enfants reviennent à la vie. Les Surréalistes ont accordé beaucoup d'importance à cette manifestation de I'imagination humaine qui s'exerce en dehors des voies de I'imitation. venant de I'excès même de Pénia. Poros. comme les vies que choisissent les âmes dans le mythe platonicien. limites et éprouve une cerraine fermeture . n'est pas la seule voie qui permette à l'anticipation imaginaire de l'avenir d'exercer son pouvoir amplifiant. avec d'autres exemples des produits de ce même genre d'activité chez d'autres amateurs. Un film intitulé Violons dTngres présente le palais idéal. mais d'autres. Cet homme. elles sont seulement le contre-type de situations réellement éProuvées ou perçues. elle peut être jugée et se rrouve prédéterminable. " souffrances éprouvées au cours de la vie antérieure que la plupart des âmes se réincarnent dans un corps de lutteur. Grâce au surnaturel. Il existe aussi dans I'individu humain des forces productives qui. qu'elle a fidèlement aimé. facteur de réalité dans le temps projeté. Dans la métamorphose. c'est alors en fonction des seuls désirs et des reul. parce qu'il existe à nouveau ce sens de I'ouverture et cette dimetrrion illimitée d'avenir selon laquelle aucune action particulière ne peur créer un irrémissible n jamais plus . Quand le devenir n'esr pas conçu comme amplificateur (soit par I'intervention de la grâce. si elles étaient assez légères.t fl. après Pénia. ce qui éiait desséché reverdit. a donné corps. et il l'a liée à I'intuition du mouvemenr. l'image de I'avenir comme destinée individuelle ou collecdve rencorrrr. travaillant seul pendant de longues années. Ces images de l'avenir. er I'on peur se demander si elle ne joue pas un rôle aussi essentiel que celui q. Le développement du bricolage dans les sociétés industrielles contemporaines ne correspond pas seulement à certaines nécessités socio-économiques (raréfaction des serviteurs. regret et remords peuvent se transmuer en repentir. les amorces du monde imaginaire se trouvent dans les moments de moindre tension de l'activité obligatoire et collective . Le postulat initial de I'amateurisme est une relative dichotomie qui isole du temps et du lieu de I'obligation collective le théâtre et I'objet de la passion constructive. Bergson a ressenri profondémenr cerre nécessité d'ouverture pour la vie morale. le facteur Cheval. ne comportent pas d'élément créateur . En ce sens. découvrait au cours de sa tournée les pierres aux formes singulières qu'il organisait en ensembles fantastiques .. I'image cohérenie du possible comme anticipation pensée selon I'avenir et la crainte intervient dans ce que I'on nommait en philosophie u la vie morale r.. jettent racines.rrr. et à ce qui n'a plur de vie de la rerrouver. dans une conception ryclique du temPs qui revient sur lui-même au bout de la Grande Année. qui n'avait pu puiser une seule gourre d'eau dans son baril.e " accordé à l'obligation. au surnaturel. elles s'inspirent des temples du Cambodge. surtout les arrangements non-figuratifs de pierres. ainsi. Telles sonr aussi les légendes hagiographiques où les Bâtons de pèlerin' secs et noueux. selon son récit. ou de Paon. que Cheval avait vus pendant son service militaire . coirt élevé des réparations . une larme tombe sur la bonde ouverte du baril. au moment où le héraut a annoncé que n le Dieu dégagi sa responsabilité . grâce à lui. qui a construit pendant de longues années le palais idéal à Hauterives.!! IMAGINATION ET INVENTION CONTENU MOTEUR DES IMAGES '4 est muldple. laisr. quelque chose se manifeste. d. la présence du surnaturel permet à l'irréversible d'être délié de son irréversibilité. de ryran. plus modestement. à un rêve qu'il avait eu. pouvoir amplifiant du surnaturel. sent son cæur se fendre et pleure au souvenir de ses fautes passées . cadarrr.

'7 C. I'atelier privé restitue la dimension à. pur). on retrouve cette préoccupation de la disponibilité de l'opérarion fabricatrice par rapport à l'intention imaginante. dans un décor où se multiplie la splendeur du réel. scHÈME DE I-a pRoJEcrIoN DANs LE PI-AToNIsME.ni. avec une participation importante des Classes aisées. et I'impression de liberté peut n'être qu'apparenre. En analysant de près les caractères de l'équipement destiné aux bricoleurs. nôrs pn L'INTUITION L'intuition de la projection amplifiante à partir des potentialités actuelles peut servir de base à une opération réflexive par laquelle le sujet s'installe dans I'unicité du mouvement-source pour accomPagner intuitivement la différenciation dans le multiple et dans le devenir successif de cette intention ou force initiale. même si elle emploie comme relais le pouvoir de structures conceptuelles. On peut noter l'importance du développement de ce genre d'activité dans utte société comme celle des Ét"tsUnis.. comme anticipation motrice. grâce à lui. mais elles exigent ensuite la non-simultanéité des différentes opérations d'usage. retrouvent l'accès immédiat à des instrumenrs de producrion. dans tous les cas. d'une tâche à I'aurre. er ils deviennent maîtres de I'ensemble de l'æuvre. d'une maturation. La rhétorique de la virtualité est l'indice d'anticipation imaginaire caractérisant I'activité de bricolage. à des demandes imprévisibles non préparées par un projet. les machines destinées aux amateurs se présentent volontairement et systématiquement comme parfaitemenr convertibles. production locale indépendante de l'économie domaniale et manoriale. selon le hasard des urgences. depuis la première ébauche selon I'intuition de l'image jusqu'à l'achèvemenr concrer de la réalisation. adaptables à toutes les tâches. PRINCIPE DE CONNAISSANCE NÉ. En résumé. elle opère vers I'avenir la projection amplifiante des potentidités du présent du sujet. dans le cadre du loisir laissé par les occupations de la société industrielle . l'employé. à niveau économique élevé. ce qui nuit à l'anticipation à court terme et à I'adaptation dans le présent qui caractérise l'organisation intra-perceptive des tâches d'exécution.!'ji IMAGINATION ET INVENTIoN '6 et de I'entretien des principaux objers d'usage) et à I'utilisation d'un équipement complexe dans un habitat décentralisé . soit enfin par une action véritable sur une matière ouvrable en situation de loisir . L'imagination comme anticipation n'esr plus ainsi une fonction qui détache de la réaliré et se déploie dans I'irréel ou le fictif . La modalité de l'imaginaire est celle du potentiel . c'esr la réinstallation d'un artisanat d'honneur. du manque d'autonomie. elle est même plus purement inconditionnelle et plus parfaitement unique que les . elle ne devient celle de I'irréel que si I'individu est privé de faccès aux conditions de réalisation.PTBXTVB r. cc déploie selon diftrents contextes culturels en apportant une métamorphose amplifiante de I'objet. elle amorce une activité effective de réalisation. le fonctionnaire. dans un n travail en miettes . non pas concept. I'effet de I'anticipation comme image a priori est une prolifération amplifiante à partir d'une origine unique située dans le sujet . parce que le sujet qui projette I'image est le propriétaire des instrumenrs de production et le détenteur de la matière ouvrable nécessaire. le bricolage apparaît aussi comme l'organisation d'une disponibilité opératoire permanente d'outils et de matières ouvrables. à tous les matériaux. Ces machines à tout faire réservent abstraitemenr une parfaite liberté selon I'anticipation à long rerme. rn. I'ouvrier. En fait. les montages et combinaisons d'outillage . on peut dire que I'image. la flexibilité esr souvent plus apparente que réelle.TNTUITION COMME IMAGE A PRIORI PURE. née partiellement comme un mode de compensation de la régularité contraignante. en régime de loisir et de liberté. où il y a indépendance de la conception et de la réalisation. pour I'individu . L. cette proliferation multiplie dans l'avenir les voies et les formes . Comme principe d'une pensée philosophique. d'un développement comportant differenciation et supplément d'être . de tels équipements paraissent avoir été pensés selon le sentiment de la liberté illimitée d'un usage virtuel (donc selon la logique du projet. le factotum devant à tout instant répondre. et du caractère par. initiatique ou mystique. I'image a priori est idée. désintéressé. Une telle vision est. elle est I'analogue d'une croissance. plutôt que selon la préoccupation d'un usage fonctionnel. sans rapport direct avec le o travail noip des classes laborieuses. le salarié. partiellement au moins.. soit par l'identification à un monde imaginaire oir d'autres agissent à la place du sujet. poussée parfois jusqu'à un excès non-fonctionnel . dans une perspective d'arr. pouvant être alimentées avec toute espèce de courant électrique. soit par le recours au merveilleux ou au surnaturel. vestige des emplois de "factotttm>>. CoNTENU MOTEUR DES IMAGES cellaire des tâches de la vie courante. mais.. selon I'expression de Friedmann. ou compensée par une grande perte de remps quand il faut changer.

l'exisrence esr une projection des essences. les yeux tournés vers le mur oir se portent les ombres. multiple. plus ou moins éloignées. le sujet du regard coïncide avec I'unité de la source d'où ils émanent. ils ne connaissaienr pas non plus de source de lumière assez petite Pour Pouvoir être traitée comme un point géométrique. venait se placer entre la tource de lumière et l'estrade où les thaumaturges brandissent les cilhouettes qui portent ombre. il éclaire les idées-archérypes . mais elle est I'intuition du mouvement des rayons qui projettent . C'esr ce qui donne sa portée au mFthe de la caverne. démiurgique lorsqu'on passe des intelligibles aux sensibles . à partir des ombres et des reflets du monde de génésis et pbtora. Cependant. parce que la projection à partir d'une source de lumière se fait selon le principe des triangles proportionnels . il est le Soleil du monde intelligible . analogue au soleil qui. mais tout près de la source même d'où partent les rayons en lcur unité. qui peuvent le représenrer. à qui se retourne d'un effort violent. I'ombre est d'autant plus grande qu'elle est éloignée du modèle portant ombre. comme copie démiurgique. La dialectique philosophique. éclairant les objets. La connaissance remonte en sens inverse de cette projection par degrés successifs qui donne l'existence sensoriellement perceptible. imprécis. les Anciens ne connaissaient pas les sysrèmes d'optique qui permettent d'obtenir la ponctualité . mais elle devient aussi plus floue. qui remonte vers les intelligibles. au-delà de l'essence et de l'existence. en étant non plus parmi les copies et dans les existences en devenir. par étapes successives de purification et d'initiation. peur encore s'appliquer au cheminemenr de la connaissance dans le monde intelligible. c'est-à-dire à partir des images les plus multipliées et les plus inconsistanres de la projection. ce qui aurait rendu la netteté indépendante du npport d'agrandissement. mais I'intuition de toute projection vers I'existence et le multiple. comme il est dit du Bien. le passage de I'essence intclligible parfaite à l'existence selon la génération et la corruption est lndogue. Dans I'illuminisme. de l'Un par rapport au multiple. elle installe donc bien I'esprit. d'arriver au terme de l'une des dialectiques dans le vestibule du Bien. cette relation est assimilable à celle de l'être Par raPPort ru devenir. le regard contemplatif va dans le sens des rayons qui projettent l'existence . Il peut paraître paradoxal de considérer la théorie platonicienne de la participation comme exprimant une image primordiale de mouvemenr pur. c'est bien l'intuition de l'anticipation à l'état pur qui est cherchée dans cette remontée au principe le plus inconditionnel. La relation de modèle à copie est la base de la participation . Le savoir philosophique est un regard qui accompagne la projection en train de se faire. la connaissance fait à I'envers le chemin suivi par la projection ou par I'imitation démiurgique. Sensible. et qui deviennent d'aurant plus imprécises qu'elles sont plus éloignées de la réalité première. l'excellence er la supériorité du Bien par rapport au multiple et au devenir ne pourraient se comprendre sans un postulat essentiel : le Bien esr source de l'intelligibilité et de la participation dans le monde des intelligibles. dans le monde des sensibles. bien avant les ombres portées (existences) et même avant les modèles (essences). les multiplie. leur permet de porter ombre. à l'a priori le plus complet et le plus radical. le plus antérieur à tout mode d'être. multiples sous un cerrain aspecr. pcrmet d'assister à la démiurgie qui projette les existences comme si un Spectateur. jouent dans la projection amplifiante un rôle qui n'esr pas celui de la source de la projection . et finalement de I'essence per rapport à I'existence dans le sensible. ce qui permet. de voir les modèles euxmêmes et la source de la projection . il faut saisir cerre théorie de la connaissance à partir de I'expérience de la dégradation progressive d'un modèle original (archérype) à travers les diftrentes images. mais aussi les dégrade. à la projection qui dégrade et éloigne. directe dans le monde des intelligibles. L'initiation philosophique la plus haute n'est donc pas seulement une connaissance des modèles (Idées) mais un mode d'être qui fait coïncider le philosophe avec la source absolue des formes et des existences . c'est-à-dire à la source.IMAGINATIoN ET INVENTIoN CoNTENU MOTEUR DES IMAGES 59 '8 idées . se trouvent du côté de la copie alors que le modèle possède I'unité de l'unicité et la perfection de I'essence intelligible . les idées. Ce n'est pas le mouvement. ce qui les amplifie. la source une de toute projection. Dans la projection d'ombres (thaumaturgie). existe. puisqu'elle apparaît avant tour comme un exemple de théorie contemplative. La contemplation philosophique n'est pas une participation à I'activité démiurgique. au lieu de rester entre les thaumaturges et l'écran. ou les reflets de reflets. la démiurgie en train de s'accomplir. Dans la doctrine platonicienne. comme les copies de copies. il est possible. comme origine première de la projecrion. derrière les idées. . employée analogiquement à partir du paradigme des sensibles. cerre méthode de conversion. audelà de I'essence et de I'exisrence.

après la contemplation. l'intuition donne la connaissance parce qu'elle s'efFectue au terme d'une remontée qui permet de retrouver une anticipation absolue. Mais ce n'est pas toute l'existence. de I'explication.. l'intuition du mouvant n'est plus contrainte de s'absorber dans la pure anticipation du geste créateLû a priori. Par un violent effort de torsion sur soi-même. On trouve.t. en ce sens. les géomètres écrivent. on pourrait dire que le mouvant est une perpétuelle origine qui se prolonge. après avoir vu. Mais Pourtant' le caractère primordial du contenu moteur en toute image d'anticipation a . toute couPée d'incises. L'origine est toujours présente. INTUITIoN DU MoLTvANT ET coNNAIssANcE DE t'ÉvoturIoN cnfurnrcp Une intuition pure du mouvant permet. le mouvement est toujours inchoatif . et de saisir le monde selon la procession. il anticipe. n'est pas simple métaphore . la conversion n'est pas nécessairement suivie d'une redescente vers l'existence temporelle. il n'est jamais isolé de son passé. Dans cette doctrine encore. Bergson et plus encore Teilhard de Chardin font de I'intuition le point de départ d'une participation réelle au devenir de la vie à travers I'humanité. reflétant un certain aspect de la civilisation. au contraire. il continue l'évolution. après avoir cherché. la connaissance est rendue possible Parce que le sujet est dépositaire de l'élan vital : il retrouve en lui ce qui existe au dehors . non plus. Les doctrines philosophiques de I'intuition diftrent selon les époques si I'on s'attache aux idéaux normatifs : celle de Platon propose des .r. le mouvement n'éloigne Pas de l'origine. elle accompagne le fleuve à trevers son cours. Teilhard de Chardin a ajouté à la dimension individuelle ou personnelle de cette participation à un devenir créateur celle du collectif. la contemplation. serait pourtant toujours la même en train de durer. il reste source à travers l'existence. est l'équivalent de la participation et de la procession n'est plus une dégradation obligeant le philosophe à s'attacher à la contemplation de I'unité en son origine . découvrant la manière dont il particiPe. qui ont un rôle pragmatique et utilitaire mais pluralisent et immobilisent le réel . la pensée logique et conceptuelle correspond à une connaissance de ce qui e$ partes extra partes. de saisir en sa nature profonde la vie sans l'obstacle des concepts. car I'intuition permet de saisir l'évolution comme créatrice. chez Bergson. préparée par I'exercice (lectures des textes. comme une phrase unique que l'on aurait commencée depuis longtemps. la Création n'est pas localisée à l'origine. Aussi bien. prolonge et continue sa Participarion . la matière elle-même est comme un mouvement qui se défait . l'intuition n'est pas. celle de Plotin invite à l'extase dans la saisie mystique de I'lJn. tracent la figure de la solution. images des nombres . ce qui est en lui n'est pas autre chose que l'élan originel qui maintenant se prolonge à travers le sujet. I'esprit exprime ce qu'il a vu en paroles et en discours. Ce qui. une Permanente anticipation de lui-même. voient . qui est comme une extase. du geste de communication. qui est liberté et unité. la contemplation révélatrice est le point de départ du discours. La connaissance est une conversion qui amène au point où il est possible de saisir la procession qui organise les existences à partir de l'Un. fæs automatismes et les aspects de fermeture s'ordonnent selon ce mouvement unique qui les dépose au cours de sa marche : instincts et Sociétés closes sont comme les eaux qui tournent en rond pendant que lc front d'eau du fleuve poursuit sa marche.6o IMAGINATION ET INVENTION CoNTENU MoTEUR DES IMAGEs 6t 2. À n'importe quelle étape de son développement. le philosophe peut se détacher des habitudes du langage et des servitudes mécanisées de la pensée conceptuelle pour saisir par intuition les continuités qualitatives et dynamiques du moi profond. I'intuition est une participation au mouvement créateur de l'évolution . Selon une telle doctrine. selon l'ordre du quantitatif et du statique. en ce cas. au principe de la procession . PROCESSION ET CONVERSION une seconde voie est possible dans l'usage de I'intuition d'anticipation : celle que Plotin emploie pour monter vers I'Un.rr. quittant la source. Autrement dit.irr. car l'aboutissement à l'épanouissement de la personne lui paraît une limite arbitraire. car l'élan Vital est un perpétuel a priori. fixes que la projection amplifiante a seulement pour rôle de multiplier et de faire exister . dans un état qui est un complet a priori par rapport à tout déploiement de l'expérience sensorielle et de I'existence temporelle. pure subjectivité . Plotin compare la contemplation au moment oir les géomètres. et qui. le sujet. comme chez Platon qui veut faire du philosophe le magistrat d'une cité aux lois fixes. elle reste présente à travers les étapes du devenir. 3. chez Bergson. conversation). qui se trouvent rejetées au profit de la source unique connue par intuition et participation. une âttitude dualiste qui reflète assez bien celles de Platon et de Plotin. se fait dans le recueillement et le silence . suit l'évolution dans son développement. car il n'y a pas de dégradation. I'image. supérieur à toutes les hypostases . toute la temporalité. I'unité du jaillissement primordial se conserve dans la continuité du mouvement de la vie qui va se diversifiant à travers la matière . selon Bergson.

IXIÈME PARTIE CONTENU COGNITIF DES IMAGES IMAGE ET PERCEPTION A. de la génésis eis ousian. donnant l'adaptation globale à une situation ainsi qualifiée . DEI. malgré la fixité des archérypes. nôrn DU MILIEU oRcANIsÉ EN TERRIToIRE On peut considérer comme biologique la relation au milieu qui s'efFectue selon les catégories primaires de valence et de signification . la philosophie est aussi une connaissance des mixtes. était latent chez Platon . reconnu comme étant cet objet-ci.t* 6z IMAGINATIoN ET INVENTIoN priori. cette doctrine philosophique riche en images a priori a-t-elle pu devenir très naturellement l'inspiratrice de la plus haute école de philosophie politique du monde antique. DONNÉES BIOLOGIQUES SUR LES FONCTTONS PERCEPTTVES r. I'objet n'est Pas encore identifié en tant qu'individuel. et le modèle des plus audacieux des réformateurs. d'une proie. Aussi. la catégorie informationnelle du biologique est celle de la première adaptation dans un milieu qui n'est Pas encore organisé. À chacune de ces catégories de situation corresPond une mobilisation définie du système d'action de I'organisme. c'est l'état d'alerte et de vigilance qu'un être vivant est obligé de conserver hors de son territoire- . cerÉconrEs BIoLocIeuEs IRIMAIRES ET cATÉcoRIEs PsYcHIQUES sEcoNDAIREs. la première prise d'information que l'être vivant doit effectuer est celle qui permet de répondre à des questions telles que o s'agit-il d'un prédateur. déjà saisi dans I'expérience . oùr par conséquent n'importe quoi peut apparaître n'importe oir et n'importe quand . Les images a priori sont ftcondes. d'un jeune de la même espèce. après la longue route tèn mahran hodon de la pensée philosophique. ? o. d'un partenaire sexuel.. selon la métrétique philosophique des idées-nombres. même et surtout lorsqu'elles se réinsèrent dans le monde comme des anticipations à long terme. de la dyade indéfinie. reconnu et classé. ici..

prendre une attitude active et se rapprocher. on peut supposer que les animaux ne peuvenr avoir d'activité propremenr psychique qu'à I'intérieur de leur territoire. Ainsi. se cacher pour rien dans son terrier à la moindre alerte. er que ce territoire est d'autant moins vaste et fortement organisé que I'animal a moins de capacités perceptives et de possibilités d'intégration. On a noté. toute rupture intense dans une situation normale. 2. plus I'organisation du milieu est poussée. en fonction des erreurs évitées. mais il ne voit pas les choses comme des objets permertanr des conduites intelligentes. parce que les premiers essais engagent relativement peu d'activité et sont parfaitement réversibles . des conduites de rype percepdf primaire où la prise de position par rapport au milieu ne peut attendre que l'information soit complète .2éro de la classification perceptive. etc. le dégrossissage préalable selon les catégories primitives est réduit . L'IMAGE coMME ANTrcrpATroN rvuÉoIATE DANS I'IDENTIFICITIoN Dn r'oB. s'attendant à trouver des ennemis ou des proies. il vit selon un régime biologique de perceptions. Ici.nr. instruments) réussissent beaucoup mieux lorsqu'un animal se rrouve dans son territoire que lorsqu'il est dans une situation oùr il n'a pas pu organiser le milieu. dans les occurrences de signaux. à la limite. le rôle des images intra-perceptives est primordial : comme la perception n'est donnée qu'en fin d'activité. mais de situer la fréquence des conduites de rype biologique ou psychique. de la défense. chaque étape qui précède se fonde sur une ébauche de perception qui est préci- . par suite de la nouveauté ou du caractère émouvant de la situation. se rapprocher pour rien d'une proie possible. l'être vivant peut déployer une activiré proprement psychique. À la fin de I'action. que le Jaguar. s'il attendait d'avoir réuni assez d'information pour attaquer à coup sfir. Chaque vague de données sensorielles est le " releaser o (déclencheur) d'une réaction définie qui permet de recevoir une nouvelle vague d'informations fournies par un autre s. ce sont des conduites qui se défont aussi rapidement qu'elles s'accomplissent. Or. L'homme. après la perception massée ou après les étapes successives de conduite d'approche. laisse de grandes chances d'erreur. de la première surtout. par exemple 9 sur ro.. or. le Philanthe qui chasse les Abeilles domestiques n'a pas assez de capacité de synthèse sensorielle et d'intégration de l'information prise à distance pour masser toute la prise d'information avant de commencer à se jeter sur sa proie . capable de grands détours compliqués quand il chasse. car il n'y a pas de doute sur la classe de l'objet. plus aussi la nécessité préalable d'efFectuer. IMAGE ET coNcEPT Les éthologistes ont défini avec précision. se monrre d'une grande inertie quand on lui propose en captivité un problème qui se résoudrait aisément par un détour simple. d'ailleurs. Quand le système nerveux est moins développé. au moyen d'expériences et d'observations. à la diffërence des actions consommatoires intervenant en fin d'opération. C'est que. autant d'informations sont recueillies pour identifier I'objet que si la synthèse sensorielle avait été possible à partir de la position primitive d'observation.64 IMAGINATIoN ET INVENTIoN coNTENU cocNrrrF DEs IMAGES 65 Dans le territoire.nr. après un très court repérage catégoriel. agit de même. c'est-à-dire commencer à agir. en particulier. ou encore des partenaires. Ceci a pour conséquence. il manquerait toutes les occasions. I'activité d'organisation primitive prend plus de place . il faut parler. dans ce monde nouveau et inorganisé. c'est-à-dire dans un monde où il n'y a plus de nouveauté selon les carégori€s vitales de I'attaque. car l'insuffisance de I'information unisensorielle des premières étapes. mais avec cette conduite perceptivo-motrice progressive. Il ne s'agit pas d'opposer I'animal à I'homme. rapprochant le Philanthe de I'Abeille et lui permettant de mettre en æuvre un sens diftrent du précédent. au contact direct de I'objet. quand les possibilités de concentration plurisensorielle de l'information sont plus faibles. c'esr-àdire postérieure à I'identification de I'objet après ce premier dégrossissage qu'est le classement selon les catégories vitales. la conduite est perceptivo-motrice en ce sens qu'elle est faite de vagues successives de prises d'information et de réactions motrices qui modifient le rapport entre l'organisme et le milieu. il n'est pas possible d'éviter I'erreur. qui commence par le dégrossissage selon les valences primaires. Toute situation entièrement nouvelle. dans les conduites perceptivo-motrices progressives. Ces conduites sont cependant possibles et fëcondes selon leur logique d'erreurs et d'essais de plus en plus engagés. et ce que I'on nommait jadis régression peut parfaitement se comprendre comme une mise en æuvre de catégories perceptives de type biologique. ce qui est une véritable conjecture opératoire sur la nature possible de l'objet comme appartenant à I'une des catégories auxquelles s'applique le système d'action de l'individu. le champ est libre pour I'activité psychique. au moment de la consommation. en particulier. que les résolutions de problèmes impliquant une imagination inventive comme celle que I'homme déploie (détour. constituent une occasion de repriseà.

ultérieurement. ces configurations sont donc. de mouvement. XVIII ft964-r96) du Bulletin de (N. Dans le cas de I'homme. surgissement d'une obligation. ces catégories u priori de la perception sont une des bases des associations et évocations spontanées qui interviennent après la perception . donc des constructions a posteriori résumant I'expérience. des analogues des concepts pour les conduites plus élaborées fondées sur des apprentissages. avant que I'on ait vu ce que c'est. comme I'ont montré les expériences de l'école éthologique sur la perception du prédateur par les Oiseaux de basse-cour. même par I'homme. L'impression qu'il se passe quelque chose. par vagues successives. AspEcrs soclALrx L'éthologie a mieux analysé les o releasers. par exemple dans les réactions de poursuite so<uelle du papillon Eumenis Semele mâle. bien qu'elle ne comporte aucune précision informationnelle. c'est cette configuration qui accueille les données sensorielles . soit de défense. de forme (abdomen gonflé) et de couleur (gris et non rouge) qui est l'image perceptive I priori de l'Épinoche femelle pour le mâIe. dans les conduites animales que dans les conduites humaines. pour les Oiseaux. les apports des autres sens viendront réduire cette anticipation riche de possibles.. quelque chose de terrible. amenant la nage caractéristique de la conduite de cour. elles prolongent les images d'anticipation à long terme et s'insèrent dans la relation au milieu même si les motivations sont moins fortes que celles qui permettent aux images complètement pré-perceptives de s'exprimer.. c'est le caractère 4 priori et gestaldsé de chacune des images permettant une séquence d'action . C'est une classe entière qui déclenche la poursuite . la situation se referme sur I'identification d'un objet. dans cette configuration. si les stimuli incidents n'ont pas les caractères correspondant à l'image. soit de prise d'information prudente et détournée. ces configurations stables permettent à la perception d'être efficace et suivie d'action sélective même quand elle ne s'adresse pas à un individu déterminé.. il y a liaison a priori de la couleur et du pattern. il est possible de donner des exemples de ces images supposant une vaste compossibilité et amenant une attitude définie. Les images de classes sont gestaltisées. Si elles ne sont pas des concepts. Mais on peut les considérer comme la base de certains concepts qui sont en fait des images enrichies et précisées par I'expérience. sous forme d'anticipations perceptives de potentialités. il y a donc liaison a priori. Ces a priori gestaltisés sont habituellement organisés en série plus ou moins complexe. mais seulement à un représentant de l'espèce présentant les caractères requis (voir le cours sur I'Instinct de ry64-t96)' . sous forme de phanères. Le cours sur l'Instinct a paru dans le tome Psycbologie. chaque configuration. qu'un évènement important vient d'arriver est la plus riche de toutes. supposant la compatibilité primordiale nécessaire pour qu'une attitude effective de réponse soit amorcée et permette de continuer I'approche. Le type de figurations varie selon le sens dominant de chaque espèce . étant le signal qui permet la séquence suivante . ils peuvent assurer l'évitement des croisements entre variétés de la même espèce (cas des plumes colorées et r. << 3. comme plus générales que les objets individuels. pour les conduites instinctives. si précis que. Un rassemblement autour d'un accident. une émeute. Bourdon. soit de fuite. il s'agit souvent de groupements de stimuli visuels. Cet intérêt du nouveau arnenant un haut niveau de vigilance peut ensuite se diversifier selon des catégories définies : arrivée de personnes amicales ou hostiles.. comporte une vaste compossibilité et amène une attitude. En fait. .) . avec laquelle commence I'activité proprement psychique. pour que la réaction d'alarme intervienne. ou de menaçant. Dans d'autres configurations. il faut non seulement que le leurre présente le stimulus ( cou court >. On peut citer encore la combinaison gestaldsée d'attitude (tête levée). la bousculade de gens qui fuient sont d'abord perçus de manière primitive. au cours d'une conduite comme la parade sexuelle. parce que les faits d'apprentissage jouent un rôle masquant dans les conduites humaines. Abeille sauvage. I'objet volant qui déclenche I'approche du Philanthe peut être Abeille domestique. l'image est I'anticipation de l'objet à rravers des caractères potentiels plus riches que la saisie de I'objet identifié . la réaction ne peut avoir lieu. Faut-il les considérer comme analogues aux concepts. CenecrÈREs PARTTCULTERS DES IMAGES DANS LES PERCEPTIONS rNsrrNcrrvEs sELoN rns nspÈcrs. mais. et comme base des concepts ? Elles sont diftrentes des concepts en ce qu'elles sont des a priori permettant I'insertion de l'être vivant dans son milieu. Les images apparaissent ainsi. É. bonne ou mauvaise nouvelle. non pas les résultats d'une expérience inductive.66 IMAGINATIoN ET INVENTIoN coNTENU cocNITIF DEs IMAGEs 67 sément I'image . ce qui importe. dans le sens du déplacement . parfois en une seule fois (Prligung). D. elle constitue la clef neurophysiologique de la réaction . mais encore que le bec soit situé en avant. de la forme et du mouvement. quand le sujet esr dans une situation où les données sensorielles arrivent de manière nouvelle et imprévue.

En fonction du développement de chaque individu. quand elle adopte des animaux. un enfant perçoit mal les situations qui se rapPortent aux sentiments amoureux. rendant possible la perception des réalités avec un sens défini . à des images intra-perceptives. correspondent. au moment de la guerre de Corée. tandis que le frein instinctif du déploiement de la conduite n'sxi51s plus. choisit ceux qui ont les caractères de I'image de I'enfant . sont des ersatz d'enfants . qui perçoit certaines allures et configurations ayant un sens pour les conduites instinctives. qui est à la fois l'enfant à protéger et le héros viril. mais de la capacité de saisir perceptivement le sens d'une situation . on peut donc supposer que les images intervenant dans la perception sont ou bien soumises à évolution.68 IMAGINATION ET INVENTION coNTENU cocNITIF DES IMAGES 69 arrangées en étendards que les Canards ont sous les ailes . certaines circonstances collectives ont réalisé d'autres groupements. . les journalistes I'image du cadavre agressive ou photographes de guerre jouent le rôle de capteurs de I'image inhibitrice . À la représentation d'une pièce de théâtre classique. ayant d'une part des caractères correspondant aux n releasers o sexuels. un enfant. on peut noter l'existence.) Tinbergen estime que les guerres contemporaines sont devenues très meurtrières non seulement à cause de I'augmentation du pouvoir des armes. une dispute comme celle du début du Cid. tels que celui du petit soldat. il existe une configuration caractéristique de l'enfant perçu par les parents (front bombé. tout au moins la o gamine o. ne pose nullement de principe du tiers exclu. des condensations de configurations perceptives (par exemple. Brigitte Bardot. vides . I'image de la femme-enfant. Les statuettes stéatopyges préhistoriques sont encore plus surprenantes . Particulièrement. ainsi. proies. non encore éveillé sexuellement. Les images biologiques correspondant aux conduites instinctives sont-elles constantes pour une même espèce à travers le temps ? C'est une question délicate. Enfin. Tinbergen suppose que la même fonction existe chez I'homme. pourra percwoir comme bataille la parade sexuelle des animaux. en particulier pour l'espèce humaine . rycladiques ou minoennes. la perception du sang versé inhibe très fortement I'agressivité . d'autre pan les traits de I'enfant). blessé. mais aussi parce que les armes frappent au loin. est parfaitement saisie par un enfant jeune. On peut noter aussi que l'industrie du film réalise parfois des groupements. cette image se retrouve dans les ersatz animaux permettant de combler un besoin de satisfactions instinctives . le n poilu o. est au contraire freinée dès que I'adversaire est vu à terre. la cour du nées pour recevoir des formulations differentes quand elles intervien- mâle comporte des battements d'ailes qui montrent ces groupements de plumes) . les mouvements. Tinbergen estime enfin que les déclencheurs des conduites instinctives ne peuvent agir que dans une situation perceptive concrète . ou bien assez indétermi- nent dans les formes d'art ou les représentations magiques et religieuses. pleurant sur le champ de bataille ses parents morts. peuvent aussi jouer le rôle de stimuli-clefs du comportement . Parfois. elle correspond à une image instinctive. Ces condensations sont possibles parce que chaque image. manifestent une allure de la femme qui n'est pas conforme aux canons des sociétés européennes modernes. pour un modf d'injustice subie. Shirley Temple. les images intraperceptives élémentaires apparaissent les unes après les autres. les poupées. au contraire. même avant toute blessure. ces scènes sont Pour lui sans structure. pour un très grand nombre d'espèces. une femme qui n'a pas d'enfant. c'est ce que l'on pourrait nommer la n conscience possible o de l'individu . sinon I'enfant. au cours des combats entre animaux. tandis que le Moineau ou le Rouge-gorge sont traités maternellement. sans qu'il soit possible d'avoir I'image des ennemis blessés ou morts . étant seulement une configuration. une luffe. Le même fait s'est produit en France assez récemment lorsqu'une petite fille nommée Delphine a été victime d'un attentat terroriste. un groupement de traits. sélectionné pour les besoins de I'industrie du film (jadis Shirley Temple) incarne I'image qui est le n releaser o des conduites instinctives. il ne s'agit pas ici d'un développement perceptif ou intellectuel global. (Effectivement. parents. si elle est stimulée au début par la vision de I'adversaire. et non un objet déterminé. menton effacé). car la stimulation des conduites agressives se fait autant ou plus qu'avant par l'image de I'adversaire. en plus de son allure de bébé optimum. Ainsi. les chants. fabriquées par les adultes. était sexualisée par des danses. les n idoles schématiques o. qui correspond à I'allure féminine optimum. il existe une régulation des conduites qui intervient à trevers les changements de configuration que la situation concrète et complète comporte . des situations oùr elle était le partenaire d'adultes masculins. sanglant . l'enfant optimum. d'attitudes de soumission ou d'abandon qui inhibent l'agressivité de l'adversaire. des chants. prédateurs. Un Oiseau à long bec pointu n'appelle pas les sentiments maternels. la situation est devenue boiteuse. en certains de ses rôles. les journaux du monde entier ont publié la photographie d'une petite coréenne de 4 ou 5 ans. parce que les situations de compétition correspondent à sa relation au milieu. est aussi. toute seule au milieu d'un terrain chaotique.

contenue dans le sang. si toutefois elles existent. alors que d'autres situations n'ont pas de sens pour lui. il ne s'agit pas d'un dressage. cet état primaire absolu n'existe que lorsque I'arrivée d'information est trop faible pour que la dichotomisation en réactions de fuite ou d'approche soit possible I c'est fréquemment le cas pour le jeune. mais elle est aussi attrayante comme présence possible d'un objet quelconque qui peut être proie ou partenaire. cet état. parce que cette conception correspondait à la représentâtion de cultes initiatiques réels dans certaines religions de pays éloignés . le Christianisme a été vu à Rome comme une religion initiatique qui faisait des sacrifices humains de jeunes enfants. elles sont bien primaires. il paraît donc assez malaisé d'affirmer que le nouveau est par lui-même répulsif ou attrayant .70 IMAGINATION ET INVENTTON CoNTENU COGNITTF DES TMAGES 7t La notion de conscience possible concerne bien la perception des situations selon un mode primitif pourtant. un jeune Chimpanzé est effraÉ par une poupée dont les yeux sont faits de boutons de bottines . la valence de familiarité ou d'étrangeté est impliquée dans la saisie perceptive comme celle du prédateur ou de la proie. de rapport aux parents ou aux jeunes . Mais en certains cas les réactions orientées paraissent être imposées à l'organisme par la . surtout dans le registre de la sensibilité dominante de chaque espèce . avant d'être affirmée de manière définitive et universelle. accueillant certains traits. ainsi. il est difficile d'en rendre compte à partir des notions de gestaltisation définies par l'éthologie. est sans doute une des premières perceptions gestaltisées de I'enfant . par exemple. la conscience possible est ici celle du ( nonRomain o. il existe une substance. dès que les différents individus détectent sa présence dans I'eau. cette substance porte la terreur dans le groupe entier . quoiqu'il s'agisse d'un primaire collectif . Y a-t-il une perception réellement primaire de I'effrayant. ils ont une réaction de fuite immédiate. le visage humain vu de face. un groupe défini est capable de saisir le sens de certaines situations. ce serait une structure visuelle < pithécophobogène n . au moment de la Révolution russe. dans la genèse des mythes et Ia déformation des nouvelles. Le sens visuel étant dominant chez les Primates. en tant que familier ou inconnu. L'existence d'images constituant les catégories primitives de la perception. les paysans ont saisi immédiatement le changement de propriété de la terre. mériterait des recherches plus précises. car elle implique un aspect collectif : à une certaine époque et dans une situation déterminée. L'Homme est zoon politikon. Pourtant. Par exemple. elles ne sont pas moins spontanées et moins primaires que celles qui permettent l'adaptation primordiale aux situations de danger. mais non le fait que l'autorité politique n'était plus détenue par le Tsar . pression dans le sens de I'uniformité) et constituent la base des régulations psychosociales . mêlant tout ce qui est exotique et barbare. qui a des adaptations sensorielles imparfaites . affirmant que la poupée effraye le jeune singe parce qu'elle est nouvelle dans son expérience. inattendue . la propagation des rumeurs. Il est effectivement très difficile de dire quel est le degré de généralité (donc la richesse de potentialité en formes compossibles) que recèle une perception primaire. puisqu'il s'agit de représentations conscientes et appartenant par un biais aux contenus culturels.cole de la Forme) ont tenté de ffouver des structures visuelles jouant ce rôle de signal d'derte ou possédant un pouvoir d'appel. est en fait une véritable perception . d'un apprentissage. elles se modifient selon les conditions collectives (sentiment du danger. de façon aussi primaire et aussi gestaltisée que le partenaire ou le parent nourricier . Naturellement. Ceci laisse prévoir I'importance du caractère perceptif et primaire des stéréorypes (clichés) culturels. qui se répand dans I'eau dès que I'un des individus du groupe de Vairons est blessé . la curiosité. I'idée que le domaine des réalités sociales est celui des apprentissages tandis que les catégories directement biologiques selon les instincts seraient spontanées est très théorique. chez le Vairon. les structures innées servant de base à la perception ne pourraient atteindre un pareil degré de sélectivité et de précision. des psychologues (en particulier ceux de l'É. Sur le plan des phénomènes. du déviant. il y a des images intraperceptives qui ont un sens pour les situations psychosociales . toutefois. présence d'un prédateur éventuel. on pourrait dire qu'il n'y a rien de biologique dans ces manières de percevoir. après la première vague de prise d'information. la mobilisation préalable des réactions est l'état de vigilance exaltée . la représentation de l'étranger. pourra être aiguillé vers la mise en jeu du système d'action pour la fuite ou pour I'approche . la conscience possible agit comme un sélecteur d'informations incidentes. la réponse est alors la vigilance. ou bien les deux seules catégories primaires sont-elles celles de la répulsion et de l'appel ? Mais la nouveauté est-elle répulsive ou attrayante ? Elle est répulsive comme danger possible. mais Guiraud critique cette interprétation. le socius est perçu immédiatement. du dangereux. la conscience possible joue un rôle de premier plan . il n'est guère douteux que des possibilités de qualifier d'emblée des groupements de stimuli selon les catégories instinctives existent chez de nombreuses espèces. refusant d'autres traits . En effet. avec les réactions qui leur correspondent. le nouveau est une catégorie qui contient en elle toutes les possibilités de réactions . selon Guiraud.

Mais à côté de cette image de compossibilités en régime de perception progressive. ou bien si certaines perceptions commencent d'emblée par la réception d'un signal déjà fortement orientant. et avec des conséquences diftrentes pour I'introduction d'apprentissages. à partir de la simple perception de classe initiale. car la réponse stéréotypée à un stimulus-clef manque de plasticité et d'adaptabilité. ælon le régime progressif. et continuer ainsi jusqu'à l'activité de consommmation-exécution. on pourrait dire qu'il s'agit d'anacoluthes du comportemcnt. indiftrence) apparaissent seulement comme conclusion de la perception progressive. et capables de déclencher directement une activité de consommation ou d'exécution. et non le délinquant seul . autrement dit. au contraire. l'intervention d'une séquence de comportement instinctif. Il est probable que les deux modalités perceptives existent. Selon Mendelssohn. car elle a commencé comme une perception de régime progressif et a dévié vers une réaction spontanée. mais elle n'est pas une véritable réaction instinctive. ce saut brusque est délictueux. Dans ces conditions. sélectivement reçu sans apprentissage. partiellement au moins. comme s'il y avait chez la victime un certain pouvoir d'appel des gestes délictueux. comme celui de cour. son manque de contrôle des émotions. par analogie avec l'étude des procédés d'orpression. Certains faits de délinquance paraissent bien pouvoir être interprétés selon ce schéma du passage brusque à l'activité d'exécution. cet auteur préconise des mesures de prévention et de cure s'adressant aux victimes. Cette fonction de déclencheur direct d'une réaction d'exécution est d'autant plus effacée que les conduites fondées sur l'apprentissage remplacent plus complètement les conduites instinctives autonomes . la bifurcation vers les activités brusques d'exécution n'est probablement pas complètement aléatoire. une telle réaction a formellement les caractères d'une réaction instinctive (réponse directe et immédiate à un stimulus configurationnel). comme dans un fonctionnement automatique. on ne peut pas en rendre compte en invoquant seulement I'impulsivité du sujet. en résumé. les attitudes possibles (salut. une employée. vICTIMo- LOGIE ET PSYCHOLOGIE DES PROFONDEURS On pourrait dire. pour se dédoubler ensuite selon un plan dichotomique en attitude de fuite ou d'approche. marque un saut brusque dans le régime de la perception. ou tout au moins à une différenciation de type social et collectif (une jeune bourgeoise. il est difficile de dire si toute perception commence par des étapes très générales telles que la réaction à la nouveauté.çry. comportant des dichotomies successives. la coexistence dans le même être vivant des deux emplois de I'image intra-perceptive (comme classe potentielle ou comme déclencheur) peut être l'occasion de changements du régime de corrélation entre perception et activité amenant. Les disputes et les coups sont de même type et marquent la bifurcation des séquences progressives de comportement vers des réactions instinctives. voir une femme. joue un rôle de déclencheur d'attitudes et de sélecteur d'informations. les victimes sont en certains câs porteuses de n Patterns ) percepdfs qui stimulent telle ou telle catégorie de réactions instinctives. dans les perceptions primaires de rype progressif. ainsi. une Tourterelle ayant toujours vécu en cage réagit par la fuite à la présentation d'un Serpent. c'est se diriger vers une identification progressive qui aboutit à la reconnaissance de la personne. et non pas seulement inconvenant. réversibles au début. car les victimes possèdent un ( potentiel victi- nôrr DE L'IMAGE INTRA-pERcEprIvE DANS LEs cHolx.. et enchaîne directement l'activité consommatoire (tentative de viol). comme première perception selon le régime progressif. 4. de Jérusalem. il faut faire une place à des configurations spécifiques ayant un sens prédéterminé. ne comportânt point de logique du tiers exclu : ce sont les principes d'une logique des classes comme système de compossibilité.. mais non de déclencheur d'une activité de consommation ou d'exécution . un passage direct et abrupt à une activité d'cxécution . sans réaction préalable de vigilance ou de curiosité. De jeunes Singes ont des réactions d'effroi devant un être humain habillé de grands voiles noirs correspondant à l'image du fantôme. et induisent. après une réception d'information . avec une importance differente selon les espèces. le comportement du sujet. Mais ce schéma général de I'anacoluthe de comportement reste trop sommaire . et n'est pas conforme aux normes collectives . comme si l'image des compossibilités avait été confondue avec un déclencheur spécifique. cependant. Il faut tenir compte aussi de la présence des stimuli configurationnels qui amorcent le court-circuit opératoire. une élégante. et entraînant une réaction définie appropriée. s'il franchit les étapes des séquences instinctives elles-mêmes. que l'image. ceci expliquerait le caractère de large compatibilité des images. i* : 72 TMAGTNATTON ET rN'TENTrON j CONTENU COGNITIF DES IMAGES 7J structure du stimulus ayant un sens immédiat .). comme la vision d'un Serpent par un Oiseau. particulièrement dans les cas où la préméditation intervient peu . c'est la sffucture du couple agresseur-victime qui explique les actes délictuetx. parce qu'elle n'est pas progressive.

cette fonction peut être nommée dérivation. la diftrence entre les données sensorielles et I'image est interprétée comme un état de l'objet . etc. proprement psychique. enfin la dérivation . pulsions qui prédisposent à telle ou telle catégorie d'actes (par exemple.ET. Le principe de constance se décompose en plusieurs aspects particuliers. comme I'objet peut évoluer pendant la perception elle-même. I'interprétation théorique de Szondi s'appuie sur la distinction des caractères dominants et des caractères récessifs . la non-indifftrence à telle ou telle catégorie de photographies indiquerait sélectivement I'existence dans le sujet d'une pulsion capable d'orienter sélectivement vers une catégorie définie d'actes. de plus grande généralité auquel est rapporté I'ensemble des signaux incidents . à celle de la flamme d'une bougie). tant qu'il s'agit d'un spectre continu de radiations dans le visible.r r-74 TMAGTNATTON ET TNVENTTON CoNTENU COGNITIF DES IMAGES 75 mal o qui stimule les agresseurs éventuels. Szondi. angle sous lequel I'objet est vu). Par contre. qu'on peut nommer de niveau secondaire. la constance peut être en défaut . proximité d'autres objets. dans un ordre de recherches voisin. La théorie de Szondi est contestée.oue toujours le rôle du modèle. par exemple quand la réception d'informations se fait dans un territoire où l'objet est identifié et où les domaines d'apparition de chaque catégorie de données se trouvent déjà classés et ordonnés. une constance des degrés de gris. Il faudrait cependant un supplément de recherches. cependant. ce qui veut dire que le signal utile est I'indice de la diftrence entre ce que I'on sait déjà de I'objet (quiddité. avec une méthodologie rigoureuse. a pensé que la perception permettait des choix correspondant à des pulsions très sélectives du sujet. ce qui permet de supposer que les victimes émettent une certaine information orientant les actes délictueux. dimensions. mais. les tests projectifs de perception prennent un relief intense dans la perspective de la théorie des pulsions de Szondi. également conjectural. à I'usage de tests de choix de photographies de differentes catégories de criminels . ces trois activités sont de plus en plus fines et prolongent la prise d'information progressive du régime primaire. formes. qui est le terme extrême de la prise d'information selon les classes et le passage à la saisie diftrentielle. ROLE DE L IMAGE INTRA. pour valider l'hypothèse de base de la victi mologie. coNsrANcE pERcEpTIVE ET ADAPTATIoN DE B. dans la pratique. I'information incidente intervient comme élément de décision dans cette compossibilité. mais qui mérite d'être cité. un objet circulaire continue à être perçu comme circulaire même si le plan du cercle n'est pas perpendiculaire au rayon visuel . la constance des formes a des limites . En chaque catégorie. Effectivement. mais elle présente formellement l'intérêt d'une hypothèse audacieuse qui attribue le déterminisme des choix personnels profonds à des perceptions complexes décelant chez les autres sujets des tendances qui ne s'expriment pas dans I'action quotidienne et courante . en laissant toutefois la liberté des diverses sublimations socialement admises. r. l'activité locale du sujet est avant tout différentielle. comme c'est On nomme constance un effet général de la perception qui . même si la température de couleur de la source varie dans de larges limites (de celle du Soleil. du < pattern. par exemple. cette hypothèse se comprend mieux si I'on admet une structure de la personnalité en couches et niveaux (psychologie des profondeurs) . vers 6yoo" K. L'image intra-perceptive .PERCEPTIVE DANS I-A D'INpoRMATIoN PRTSE Quand les perceptions de type instinctif n'ont pas lieu d'exister. I'activité locale permet la sélection d'une information relative à cette variation actuelle . il existe une constance des couleurs. rapport à ce savoir. quand le plan du cercle est presque parallèle aux rayons visuels. une constances des tailles. par exemple celui de la constance des formes . la constance a des limites . la constance des couleurs se maintient malgré les changements de composition chromatique de l'éclairage. Enfin. la prise d'information différentielle. couleurs) et ce qui est effectivement nouveau par assure la les malgré faisceaux propriétés absolues comme des de saisie des objets rapports variables et changeants qu'ils entretiennent avec le sujet au cours de leurs déplacements et malgré les changements de conditions de milieu (éclairement. I'image est le système de compossibilité des états . il s'opère une certaine concentration de délits de même espèce sur certaines personnes (par exemple les tentatives de viol). tendance à étrangler) . L'information n'est plus en ce cas relative à la classe ou à I'identité de l'objet. dans une perception de rype secondaire. les couleurs sont altérées si la structure du spectre de radiations devient discontinue. nôrn DE L'TMAGE INTRA-pERcEprrvE DANS L'IDENTIFICATIoN L'oB. Il convient d'étudier successivement l'identification de I'objet. elle aboutit.

pendant la guerre. S'il s'agit d'un unique objet qui se déplace. L'TMAGE DANS LA pERcEprIoN plrpÉnnNTTELLE Quand. le mouvement. cefte anticipation à court terme est déçue : visuellement l'avion est en avant du point d'oùr provient le son. L'activité PercePtive. pris comme enclume dans un atelier. paraît beaucoup plus gros que sur le poteau . une impression de non-constance (agrandissement. paraît énorme. des papiers peints : tout cela paraissait different de ce que l'on voit quand on pénètre dans un appartement. La fonction perceptive de constance implique la mise en jeu d'une activité d'anticipation à court terme comParable à celle des servomécanismes et des prédicteurs qui assurent la poursuite des objets en pointage automatique . La constance au sens habituel du terme est un cas Particulier de I'activité d'anticipation à court terme permettant I'identification de l'objet et la réception permanente des signaux permettant de le suivre. Très généralement. ici. c'est par raPPort à ce masque prédéterminé. d'un objet connu.. si les données perceptives cadrent avec ces anticipations. identifié malgré la distance. quand on entend le son d'un avion à réaction au-dessus de la tête. rapetissement. differentielle. couleurs changées. donc de la situation sur un continuum. La constance. relativement à la constance. la perception de la taille reste aléatoire . Si les conditions imposent spontanément une percePdon réduite (par exemple lorsqu'une personne apparaît au sommet d'une falaise. la recherche visuelle est dirigée vers le point de I'espace où I'objet paraît émettre un son .76 TMAGTNATTON ET INVENTION CoNTENU COGNITIF DES IMAGES 77 le cas avec les sources électroluminescentes à vapeur de mercure. de situation sur un continuum .). est comme un objet virtuel dont I'apparition en tel ou tel lieu est anticipée à partir de I'entourage. de saisir I'objet comme constant. il peut exister une discontinuité d'ordre de grandeur provoquant. production d'images. quand I'objet apparaît. permet de saisir un objet en vision réduite. est comparable à un calcul implicite rapide de l'échelon dimensionnel ou chromatique. gai. objet sonore et objet visuel sont supPosés être en coincidence spadale . paraissent plus petits . 2. les données sensorielles sont reçues de manière stable et normalisée. en fonction de la distance et des objets qui I'entourent. I'entourage. comme celui d'une mère qui saisit avant le médecin que son enfant est malade. impliquant activité d'anticipation. Ainsi. pour presque tous les objets mobiles d'abord détectés par le son. posée dans un escalier. L'univers des toits n'est pas celui de I'intérieur des maisons. des objets de maison. quand l'objet sort de son entourage habituel. on fait appel à la perception réduite. la réception est donc.. anticipée sur le continuum de la taille. mis à I'extérieur. I'image intra-perceptive de l'avion à réaction tient compte du décalage entre la localisation sonore et la localisation visuelle. les maisons éventrées laissaient voir à la lumière du jour et à l'extérieur des meubles. au bout de quelques essais. et très sale sous la lumière du soleil.. I'anticipation est réadaptée. la vision à travers une lunette de visée. un homme que I'on connaît. I'anticipation imaginaire des changements de ses dimensions et aspects permet. c'est par rapport à ces images qu'il est saisi . contient réftrence à I'expérience. c'est qu'il n'y a pas d'image des poteries de cheminées dans les maisons. elle comporte des postulats relatifs à un type déterminé d'objets. pour étudier la constance percePtive. apparaît secondairement comme fatigué. c'est-à-dire des rypes d'entourage permettant I'anticipation dimensionnelle et I'activité comparative.. un morceau de rail de chemin de fer. paraît plus gros que les rails fixés aux traverses. La sensibilité à l'état demande une image perceptive riche et précise. de la forme . Inversement. ainsi. Ce que I'on nomme u intuition ) ou o pressentiment )). Entre deux univers de cette espèce. de taille nettement supérieure à celle des autres qui sont sur les massifs de cheminées . de la couleur. il y a des univers de constance pour un objet déterminé. qui découpe une petite plage sans entourage. et n'est pas universelle . sans objets de dimension connue dans I'entourage immédiat). par exemple. mais avec les avions rapides. c'est-à-dire à une situation de l'objet où le champ dimensionnel (ou qualitatif) est limité. l'image supPose donc un code de ffansformation de l'objet. déjà en ce cas. sans le rapport intrinsèque de la dimension de la tête par rapport à la dimension du corps. une poterie de cheminée. que les signaux incidents sont reçus et interprétés comme donnant connaissance d'une personne grande ou petite. pârce que le son qui arrive en ce moment-ci est celui qui a été émis par I'avion une ou deux secondes plus tôt. on ne saurait s'il s'agit d'un adulte ou d'un enfant. L'information reçue est comparée à ce < pattern. qu'il n couve quelque chose )' peut être attri- . et pouvant être modifiés par l'éducation . posé sur une table. L'image. tendu. le schème de I'objet constituant son image en tant que système de compossibilités intrinsèques Permet la perception de l'état actuel comme une figure sur le fond des compossibles intrinsèques. actuellement anticipé. on cherche à le voir plus loin . une formule de potentialité permettant de prévoir les transformations des signaux reçus en fonction de l'entourage et de l'action en cours. Un isolateur de ligne téléphonique. par le jeu de la constance. comparative. l'éclairement.

Dans le cas de la perception différentielle. comme I'intuition de la mère devant son enfant qui commence à être malade . des tendances qui donnent au sujet une impression définie. cette perception déborde parfois sur l'état actuel. une chute de neige . la nécessité de les saluer sans froisser personne et sans oublier de saluer d'abord les personnages les plus importants. mais comme un véritable organisme dans telle ou telle attitude. Les personnes qui ont longtemps veillé un malade savent percevoir avec une grande finesse le moment où son état s'améliore ou bien. un état alarmant . sans compter. il faut que le lieu soit devenu un territoire. elle apparaît aussi dans les techniques et plus généralement dans I'intuition du connaisseur assez familiarisé avec une réalité organisée pour connaître concrètement la compossibilité de tous ses états . pourtant. Le mot d'intuition est souvent employé quand la perception d'un état implique que le sujet tienne compte d'un grand nombre de données à la fois. c'est ce que Pascal nomme le cæur. sans la présence de I'objet perçu. Cette dimension de l'individuel comme système de compossibilité d'un certain nombre d'états liés entre eux se trouve illustrée et mise en valeur par la méthode clinique d'observation. cette image ne joue son rôle que dans la perception. lorsqu'il le connaît bien . Cette représentation concrète est une image. en fait. mais elle rendrait sensible un changement s'il était possible de modifier en une seule nuit le nombre des colonnes de cet édifice.78 rMAcrNATroN ET nwENTroN CoNTENU COGNTTTF DES rMAGËS 79 bué à la richesse de I'image de la compossibilité des états de I'enfant que seule la mère possède . et non pas seulement un champ d'activité . il s'agit de la perception d'un état . Le bon président de séance perçoit l'état de I'assemblée comme on saisit les attitudes successives d'une bête . non-manipulable. de I'humidité. c'est qu'elles ont pu former un schème interne qui permet de percevoir l'état actuel par rapport au modèle particulier du sujet. un orateur a aussi une perception d'état de son public. Mais en fait. se détériore . le médecin ne peut comparer cet enfant qu'à d'autres enfants du même âge. il faut avoir une image assez précise de cette société pour qu'elle puisse être vue non comme une pluralité discrète de personnes. organisée en système de n masques o. carla mise en équation de ces ordres préftrentiels interftrant avec une topologie complexe serait fort ardue. il n'y a pas de représentation indépendante de I'image comme réalité énumérable et manipulable. il voit qu'il manque une ou plusieurs bêtes . avant l'éruption de la Montagne Pelée. ces réactions sont appropriées à l'état perçu de I'ensemble de l'atmosphère. après identification de I'objet. et l'image tirée inductivement de I'expérience d'autres enfants du même âge (il s'agit d'ailleurs plutôt d'un concept) ne peut pas être aussi bien adaptée à la perception diftrentielle que celle qui vient des différents états de cet enfant lui-même. de clichés auxquels est comparée la manière d'être actuelle. sans se livrer à aucune opération discursive et à aucune exploretion . Les réactions des Oiseaux ou des Insectes sont parfois utilisées pour prédire le temps par les personnes qui les ont longuement observées . qui permet au sujet. contracté. voilà des exemples d'application de I'esprit de finesse . parfois même le pressentiment d'une avalanche peut précéder l'événement qui paraît aléatoire et imprévisible. Le mode opératoire découle naturellement de cette perception d'état . un grand nombre d'images mentales. assez fine pour servir de base à une perception de l'état actuel dans la signification qu'il prend pour le sujet. I'image qui sert de fond à la perception est comparable à celle qu'un berger a de son troupeau . un cas souvent cité est celui de l'image des colonnes du Panthéon. l'esprit de géométrie ne pourrait résoudre ces problèmes en un temps assez court. étiré. Ce genre de perception de l'état demande une connaissance singulière du lieu en tous ses détails . étalé. il ne pourrait pas compter mentalement ses moutons au moyen de l'image . et par conséquent non-descriptible . l'esprit de finesse habite celui qui possède déjà une image de l'organisme qu'il aborde. au contraire. un amateur de montagne est plus capable qu'un profane de percevoir l'état qui précède un orage. la disposition de difftrentes personnes dans une salle.. une anticipation à court terme de ses états possibles. Par exemple. La perception difftrentielle des états de l'objet ne s'adresse d'ailleurs pas seulement à un être humain . pour pouvoir résoudre le problème de l'esprit de finesse. c'est pourquoi les animaux qui habitent un territoire défini sont souvent les premiers à percevoir un changement irréversible. en particulier celles des voyants. dont l'essence est de dwelopper chez I'observateur une représentation concrète du sujet. présentent ce caractère de masque nondétaillable. de la lumière. l'image mentale ne permettrait pas de compter les colonnes. la diversité de leurs conditions. mais elles ne peuvent remplacer I'objet. elles sont un mode d'accueil de I'objet. d'avoir une perception de son état.. Pourtant. on a vu les Serpents quitter en masse le lieu où allait se produire le cataclysme et aller se noyer dans la mer. l'image qui permet cette perception ne serait pas assez mobilisable pour . ces images restent des schèmes. et c'est le décadrage entre I'image et les données de la percepdon qui apparaît avec netteté . répondant aux problèmes à résoudre qui comportent un très grand nombre de principes très subtils .

en tant que porteurs de nouveauté possible. et de tous les tableaux qui paraissent regarder le spectateur. Tout un ensemble de phénomènes d'habitudes. après la réunion. au sujet de la perception. On pourrait dire que I'image interne des rythmes et des régularités neutralise les occurrences de signaux. dans I'expérience du mouvement consécutif visuel. assez forte pour éveiller un sujet endormi. Seules les occurrences complètement aléatoires ne Peuvent être neutralisées par l'image. c'est I'image qui structure le message reçu par le sujet. cet effet peut d'aillcurs se produire sur n'importe quel fond (par exemple un visage humain).reçoit les données extérieures comme on corrige des réponses tielle. à quoi servent les millions de points distincts que la vue peut recueillir en un court laps de temps ? ils alimentent précisément cette activité réceptrice diftren. seules les erreurs. et. C'est ce retard qui permet à I'image de surgir sous forme de signal différentiel envoyé illusoirement à la réception psychique.) L'efficacité de ces masques subjectifs des incidences est telle qu'elle peut. auxiliaire de la perception. par contre. on s'adapte au passage régulier des trains la nuit. le caractère mystérieux de la Joconde. la perception fonctionne en ce cas comme un comparateur qui envoie à la réception proprement psychique les signaux de dérivation. L'image est asservie aux incidences. il cause. sont transmises au véritable récepteur.. lorsque les données apportées par les signaux incidents présentent une régularité. le négatif des signaux externes continue à agir pendant plusieurs secondes . . qu'il s'agisse d'une occurrence surnuméraire ou d'une absence. c'est-à-dire les noncoïncidences entre l'image (jouant le rôle normatif de la grille) et les données actuelles incidentes (les réponses). en ce cas. DE L'IMAGE DANS I'ADArTATIoN AU CHANGEMENT. en sens inverse du mouvement primaire. possède une certaine inertie . comme rien ne lui fait équilibre. pourvu qu'il porte quelques amorces de structure. Ce rôle joué par I'image intra-perceptive permet de rendre compte la de capacité énorme de réception sensorielle d'information. au sens où I'on entend le mot d'habitude quand il s'agit d'une adaptation diminuant la vigilance. ne viendrait-il pas d'une certaine imprécision mêlée à des traits qui appellent les images mentales ? Un grand nombre d'arts utilisent la suggestion. qui est essentiellement un appel d'images avec des données perceptives inachevées. une irrégularité dans le régime des signaux incidents déclenche une véritable réception psychique. Ce sont les mêmes images d'incidences régulières qui permettent de receuoir les accélérations et les ralentissements comme réalité nouvelle sur un fond de mouvement déjà donné . une photographie floue. par effet diftrentiel et dérivation. où les reflets suscitent les images. etc. nÉRrveuoN 3. et seuls les décadrages par rapport à ces modèles sont effectivement perçus au sens propre du terme. jouant le rôle d'un négatif Cinématique des occurrences perceptives. sous forme d'un coup d'arrêt du bruit. moins précis qu'elles . I'image seule est aussi obscure que la perception sans le secours de l'image. nôrr On peut assister à une mise au point de I'activité réceptrice pendant la perception elle-même. quelques détails. parce que les données sensorielles sont juste suffisantes pour susciter des images . tel est le phénomène de la boule de cristal. un arrêt brusque du bruit fait percevoir le silence comme un véritable signal positif. est ( comme un fantôme.8o IMAGINATIoN ET INVENTIoN coNTENU cocNITIF DEs IMAGES 8r permettre l'énumération. créer des illusions PercePtives intenses . les rythmes et variations continues font partie du système d'accueil des signaux incidents. qui codées en appliquant une grille . un tableau seulement esquissé peuvent avoir une force d'évocation plus grande que des æuvres précises et achevées . après quelques secondes d'adaptation. (On peut citer aussi I'exemple ancien du tic-tac du moulin. lorsqu'elle porte à faux. mais ne les saturent pas. En ce cas. quand la variation des occurrences perceptives est trop rapide . mais sufÊsantes cependant pour la susciter. car ils sont plus pauvres que les images. c'est-à-dire saisis comme nouveaux et capables de déclencher une attitude nouvelle ou une action dans le sujet. par exemple une loi d'occurrence itérative . ou dans la pénombre. l'arrêt de la courroie raÉe ou du disque porteur de spirale crée un effet consécutif de mouvement illusoire. une impression illusoire de mouvement inverse du mouvement primaire. Si les données sensorielles sont trop pauvres pour équilibrer l'image. au bruit des machines. l'image interne du mouvement reçu. aPPartient à cette genèse de modèles de neutralisation des occurrences Perceptives . pERcEpTroN DE r-a. de tous les présents . une personne vue à travers le brouillard. nécessaire et essentiel pour que la comparaison puisse s'effèctuer. alors que la faculté d'appréhension attentive d'éléments discrets et nouveaux est limitée à quelques unités binaires par seconde . mais avec un retard. quand le tnouvement primaire cesse. moins riches que les images. il faut à peu près zo secondes pour la constituer pleinement. contenu de réception psychique.

Effectivement. au point que le carcé apparaît comme un rectangle quand il est vu dans la situation d'une pierre qui supporte du poids . Simondon. 'Woodworth emploie pour désigner cette catégorie p. dans I'expérience du contour subjectif (voir le cours sur la Perception. non périphériques. dans un grand nombre d'expériences sur des représentations géométriques ou des maquettes réalistes. Piéron a proposé que l'on monte cette configuration dans un ensemble non seulement significatif mais concret et réel. des barrières. centraux et psychologiques. L.hlung ne sont nullement exceptionnels ou rares. Éliane Vurpillot a égdement comparé différents montages de l'illusion de Poggendorf en version non-significative ou en version significative . TMAGES CÉOVIÉTRIQUES Si les déformations perceptives proviennent de l'introduction de r. où elle Provoque élargissement. Cours sur zoo6. il est malaisé en ce cas d'éviter les interftrences venant de I'adaptation perceptive à l'échelle du phénomène perçu (effets de perspective. Voir G. forces imaginaires dans la conûguration des objets. représentation du schéma corporel dans la situation. c'est-à- . la bande venicale à bords parallèles devient un frt de colonne antique dans un décor de ruines. Selon Lipps.8z IMAGINATIoN ET INvENTIoN coNTENU cocNrrrF DEs TMAGEs 83 C. tout au moins un organicisme latent de la perception qui suppose des tensions. des actions dans les formes des choses. D. par exemple avec un homme tirant l'eau du puits au moyen d'une corde passant derrière une planche. élévation. et mise en lumièrer particulièrement. dans le Bulletin d'e Psychologie de mai t965. expliqué selon la théorie del'Einf)hlung. des résistances. et non d'effets proprement optico-géométriques. Pour faire des expériences concluantes sur ces effets dc I'image intra-perceptive.216 s4. sinon un animisme implicite. expansion de I'une des parties par rapport aux autres. cet effet. par Schumann. L'objet se modifie dans la représentation perceptive de manière conforme à la tendance implicitement introduite par le sujet. Des effets.) h Perception (ry64-ry6). théâtres) corrigent d'emblée les lignes. et l'oblique interceptée est une corde que tendent deux diables. manifeste une déformation qui exagère sa dimension vefticale. les dimensions.. de phénomènes perceptifs l'expression d'u image attachée o.IMAGE INTRA-PERCEPTIVE DANS I-A PERCEPTION DES FORMES. qui est le symbole graphique de réalités de grande taille comme un monument ou des êtres humains. éprouvée par le sujet en présence du spectacle des choses. I'oblique devient une corde ou un filin tendu sur une poulie par un ouvrier qui soulève un sac. ici encore. et introduite dans les objets. un carré. comPensant d'avance la déformation perceptive qui les ferait paraître gauches. coNTouR suBJEcrIF ET IMAGE essoclÉn L'existence d'images intra-perceptives a été découverte au cours des études sur la perception visudle des formes. qui nomme Einfthlung (empathie) cette introduction dans I'objet perçu d'une tendance. pour que ces déformations induites par le sujet soient harmonieusement compensées . des colonnes qui constituent les éléments significatifs. r. il faudrait que les figures géométriques non significatives aient la même taille que les figures significatives réelles. il se produit un changement d'ordre de grandeur de l'objet perçu lorsqu'on passe de la version nonsignificative. c'est bien dans ce sens qu'il faudrait conduire la recherche si l'on veut détecter et mesurer avec précision et objectivité I'influence sur la perception de I'imaginaire actuel . correspondent bien à la théorie dynamique de Lipps G8gù. on doit découvrir une diftrence entre les illusions perceptives produites avec un matériel non-significatif et celles que produit un matériel significatif ayant les mêmes propriétés géométriques. rétrécissement. serait causé par la force verticale de réaction élastique que le sujet imagine dans la pierre.. et qu'il existe. considérée comme étant d'origine purement centrale. p. c'est-à-dire celle des portes. mais encore les propriétés de base de tous les organismes. c'est pour cette raison que les colonnes des temples ne sont ni parallèles ni également espacées. primitivement isolé. à la version significative. La Transparence. C'est ainsi que I'illusion de Poggendorf a été montée par Filhene en version significative .). contraction. puis inséré dans une pile de rectangles et de carrés verticalement superPosés où il apparaît comme une pierre supportant le poids de tout l'édifice. (N. et que les vastes plans horizontaux sont affectés d'une certaine courbure. des forces. Les architectes constructeurs de vastes monuments (temples. É. les espacements. n84 et suivantes) '. On arriverait peut-être à montrer que les effets de l'Einf. n peinture muette sur un tableau o. Chatou. intervenant comme un pouvoir de modification des dimensions et des rapports des sous-ensembles perceptifs. On pourrait peut-être en effet résumer aussi bien les phénomènes de contours subjectifs que ceux del'Einfihlungen disant que le sujet de la perception a tendance à saisir dans les configurations du réel des sousensembles ayant non seulement la taille moyenne de I'organisme humain vivant.

ensemble de deux croix de Malte imbriquées. par exemple à partir d'un bruit blanc offrant. les divers types possibles de configurations perceptibles. comme il n'y a pas de lignes de fuite. Ainsi. I'autre en rayons . la polarité. Les groupements percepdfs ne se font Pas au hasard. Ce qui correspondrait à l'équilibre stable. ce n'est pas l'opposition toute simple des blancs et des noirs qui découpe des régions dans un ensemble . De semblables groupements en unités organiques sont possibles avec des sons. en se superposant l'un à I'autre. ni non plus en vertu des seules symétries et des seuls équilibres géométriques . elle a un sens fonctionnel comme le tégument d'un organisme par rapport aux organes qu'il recouvre et dont il manifeste la pluralité groupée. Le même phénomène se produit avec la croix de Rubin. au moment du basculement perceptif. c'est se mettre soi-même comme organisme à la place de cette corde . peuvent apparaître. autrement dit. c'est la formule du maximum de contenance et de solidité avec le minimum de cire employée. qui bascule de lui-même lorsque le condensateur gouvernant l'élément inactif atteint la diftrence de potentiel convenable pour que cet élément devienne conducteur. 2. la n bonne forme o des nids d'abeilles correspond à un système de compadbilité. au moins en une certaine mesure. d'autre part en raison du mode d'adossement des cellules les unes contres les autres par l'imbrication des fonds . Les inversions se font d'ellesmêmes. se mouvoir en bloc. anéantissant les détails par un développement et un tirage n durs r. entre les alvéoles individualisées et le rayon qui les groupe. à cause de son caractère aléatoire. I'autre est fond et paraît se prolonger sous la figure. au minimum d'énergie potentielle du système. mais de cet équilibre particulier et rare que réalisent les . mais elles peuvent aussi être induites par I'attention volontaire. I'orientation des mouvements et du schéma corporel. un saut brusque fait passer de l'une des configurations à l'autre. L'ordre de grandeur des contours et des images attachées est le même que celui oir se manifestent les effets habituels de l'Eiffihlung parce qu'il correspond à une des catégories les plus primaires de la perception. ee 3. percevoir une corde comme droite parce qu'elle est tendue par une force. donne I'impression d'un dessin à l'encre de Chine. ce qui montre que l'équilibre figurefond n'est pas assimilable à un équilibre stable. il faut aussi de la précision. d'une part grâce à la structure hexagonale. le point de vue subjectif est tantôt au-dessus de I'escalier. du n piqué o dans la vue prise pour que des ensembles se détachent . mais la correspondance. ici. en un certain sens. L'Einf:ihlung pevt être rapprochée de ces effets de saisie de sous-ensembles organisés et organiques comme intermédiaires entre l'ordre élémentaire des microstructures et l'ordre des configurations d'ensemble . comme I'escalier de Schrôder. un aft totalitaire d'oppositions violentes. dans un ensemble perceptif ce n'est ni les microstructures ni les configuradons d'ensemble. le régime de la perception comportant des configurations réversibles est formellement semblable à celui d'un basculeur. quand I'une est figure. l'une en arcs de cercle. il s'agit d'un équilibre. Les réversibilités apparaissent particulièrement avec les figures géonrétriques pouvant être vues selon une perspective spatiale. se dilate pour soulever un fardeau. tantôt au-dessous . impliquant changements spontanés au cours de la perception qui prolonge.8+ TMAGTNATToN ET rNvENTroN coNTENU cocNITIF DES IMAGES 8y dire la capacité de se mouvoir. des chances multiples de structuration subjective. Si des réversi- Il est possible de redonner un sens au principe d'isomorphisme de la Psychologie de la Forme en I'appliquant au niveau intermédiaire et moyen d'ordre de grandeur des réalités perçues . c'est que la potentialisation continue à s'accomplir pendant la perception elle-même . ou I'imaginer comme le corps qui s'étire dans I'effort de tension. mais ne présente pas réellement I'effet de masses de la réalité. L'ruecE coMME srNGUr-ARrrÉ ou svsrÈME pRrvILÉcIÉ os coMpA- flsrtrrÉ pERcEprrvE ENTRE oRDREs DE GRANDEUR Un deuxième argument important en faveur du caractère métastable des équilibres perceptifs est l'existence de réversibilités . entre I'ordre moléculaire et I'ordre solaire des réalités. un contour enveloppe un sous-ensemble qui pourrait être un organisme vivant. la rencontre de répondants vivants du sujet dans l'univers. donc à un état dégradé. Contrairement à I'erreur habituelle des amateurs de technique photographique en grandes masses violentes et contrastées. d'une république de détails . c'est faire de la corde le prolongement du bras. tendre tout entier dans le même sens . ces effets de réversibilité ne seraient guère concevables si I'on supposait que la perception définitive correspond à l'état le plus probable. si parfaites et géométriques qu'elles soient. Un contour est la frontière active d'une population d'éléments. la compadbilité. LEs nÉvpnsrsrrrrÉs bilités. ce qui fait image. rare et précieux. ce serait l'état dégradé d'une configuration désordonnée oir se mélangeraient simultanément. il n'y a pas de contour subjectif quand les détails à grouper n'existent pas ou ne sont pas apparents. toujours précaire et tendue.

ou la sphère qui est la plus petite surface permettant d'enfermer un volume déterminé. I'irrégularité. sphère). n'a pâs une particulière prégnance . le caractère géométrique pur et constant. c'est que sous certains aspects ils réalisent des minima dimensionnels. la plus simple de toutes les formes géométriques. les clôtures des lois et des institutions humaines . Il est vrai pourtant qu'en certains cas les régularités sont éminemment remarquables et deviennent prégnantes. on rencontre tout à coup un cercle bien découpé sur le sol. et deviennent les cercles des fees ou les pas de danse des sorcières . donc quand. ou encore les æuvres d'art qui instituent une harmonie entre la structure de chacun des éléments et celle du tout . ce qui saute aux yeux. ce qui est prégnant. au milieu d'un décor chaotique de ravinement. donc de I'imprévisible. et qu'on se trouve sur un fond de hutte préhistorique ou sur quelque trace d'une activité humaine plus récente. du singulier. rattache ces structures de systèmes en état stable aux formes prégnantes (ligne droite. rare et imprévisible : elle indique que I'Homme a passé par là. est I'enveloppe d'un univers au sein d'un autre univers . le ballon. Sur la route bien plane et droite. qui se dressent sur les sols friables recouverts de grosses pierres plates surprennent par la finesse de leurs lignes verticales et minces. Dans I'existence et dans les diverses situations.) . au milieu d'une lande et de terres inhabitées. au lieu d'être la formule du système d'ensemble. comme un cercle de champignons. Derrière elle se profilent les interdits. donne la surface plane et horizontale des eaux ou la surface sphérique de la goutte en suspension dans un liquide isotonique . ils sont des moyens. elle est nouvelle en ce lieu. leur rencontre est prégnante dans la nature sauvage . au terme de I'amortissement de toutes les oscillations par dégradation de l'énergie. comme dans I'antique et dure légende de la fondation de Rome. ce qui fait image et se détache. du fossé qu'il ne faut pas franchir sous peine d'être abattu par son frère. les n cheminées des ftes . Des formes géométriqaes peuaent deuenir prégnantes Dans la perception la plus courante. le bathyscaphe. n'est évidemment pas le même que celui qui. il est fonctionnellement le système de compatibilité entre deux milieux inclus I'un dans I'autre. elle cause un état d'alerte et un sursaut de la vigilance comme un véritable signal de changement de régime ou d'imminence d'une rencontre. est déjà le signe de la frontière. b. des sous-ensembles apparaissant comme jouant un rôle de médiateurs et d'intermédiaires. Et de manière générale. la forme sphérique est une bonne forme quand c'est une structure intermédiaire telle que la citerne. comme la ligne droite qui est le plus court chemin d'un point à un autre. mais ces cas sont précisément ceux oir I'apparition d'une régularité sur un fond de chaos ou de confusion aléatoire est une singularité qui marque que I'on change de domaine . ou bien les compatibilités d'organes dans un corps vivant. de I'accidentel. par exemple. les dangers. ce qui est prégnant. Même produites par la nature. Une personne se diftrencie d'une autre parce que les régularités et les symétries de I'organisme s'ordonnent selon une par lcurs rapports mutuels Un arc en plein cintre. mais quand ils sont pris comme solutions d'un problème. c'est la source de nouveauté qui fait piège pour une action continue (scandale signifie u piège . c'est I'imprévisible qui s'impose et devient figural sur le fond des régularités. a. entre une configuration plus vaste et une matière élémentaire . cette forme est prégnante et saute aux yeux. dans un monument qui est tout entier de style homogène. Les formes géométriques sont habituellement artificielles . c'est la cicatrice ou la tache. ces minima deviennent des optima. les triangles sont rares dans la nature sauvage. cette prégnance n'est . I'ampoule en verre mince qui enferme un filament et le soustrait à I'action de I'atmosphère . cet équilibre. au milieu d'un visage lisse et régulier. c'est le nid de poule. l'amorce de virage après la longue monotonie des parcours sans détail . Les singukrités sont plus prégnantes que les régularités certaine formule singulière qui caractérise chaque personne en tenant compte de certains aspects accidentels. elles sont interprétées au moyen de croyances légendaires. gagné sur la menace du désordre et du chaos. occurrence d'originalité. non en tant que systèmes dont l'énergie est dégradée. source possible d'information. dues à l'érosion. ce qui. les cercles parfaits et les carrés. Si. car il y a des cas où les formes géométriques sont au contraire des solutions d'exception au problème de maxima et de minima que pose le rapport entre deux ordres de grandeur de la réalité. ce n'est pas la régularité. mais leur présence insolite comme signal. la ligne droite. comme les fondations d'une tour de guet.! X 86 IMAGINATIoN ET INVENTIoN coNTENU cocNrrrF DES TMAGEs 87 inventions humaines. cependant. l'information apporte la connaissance de la nouveauté. Le cas des figures géométriques comme images prégnantes ne signifie donc pas que la prégnance s'attache aux états d'équilibre stable et aux formes les plus probables d'après les lois du hasard. ce ne sont pas les formes elles-mêmes qui sont prégnantes. Dans un milieu de configurations déatoires une forme géométrique est prégnante parce qu'elle est forcément potentialisée comme signal virtuel.

oùr les formes prégnantes ne sont effectivement pas toujours les plus singulières. Une forme géométrique violente. pourtant. on accepterait mal un wagon dont les tôles seraient nervurées verticalement. ajoutant aux objets des objets supplémenraires. ne respecte pas. mais parce qu'elles sont comme la mesure unique qui rend compadbles les termes extrêmes : elles représentent la singularité réussie de cette compatibilité. ne sonr pas . par opposition au rarabiscot. Les textures peuvent d'ailleurs être produites de manière artificielle. comme celles dont on revêt les wagons des trains rapides ou cerrains immeubles modernes (rue Croulebarbe à Paris). si l'on représente géométriquement sur une feuille de papier ce genre d'arc. comme ces ifs que le jardinier découpe selon la fantaisie pauvre en formes du maître des lieux . c. devenues plurifonctionnelles. et au sens générd du mouvement du train. Mais il commence à se dégager un arr analytique. des ouvrages d'arr. qui est comme l'essence petceptivJ de la configuration. lorsque les surfaces elles-mêmes.très élevée. enfin. chaque bois a ses lignes. plus . et non horizontalement. telle est la plane.t ti. comme un tableau qu'on suspend devant le mur quand la maison esr consrruite. comme les lignes du bois . instrument de torture des formes implicites: ce rabot ûace des moulures. qui est comme un dialogue des trois formes. sur une maison. tendue. car. on peut voir aujourd'hui le jardin du château de Villandry). les fibres du chêne n'ont pas le même dessin que celles du châtaignier ou de l'érable. sur un irain. amorceraient une multitude de petits remous et seraient contraires à I'aérodynamisme des surfaces . par rapport au plein-cintre. le caractère prégnant s'attache aux qualités moyennes non parce qu'elles sont I'effet d'une dégradation tendant vers I'homogénéité. il existe des formes élémentaires dans la matière. L'image intra-perceptiue est le style commun de k texture et de la confguration Une pareille médiation est une rencontre rare. Chaque matériau possède déjà les microstrucrures. des nervures parallèles à la plus grande dimension d'un objet correspondent à la meilleure résistance à la torsion er au flambage. d'autre peinture. il serait contraire à I'harmonie perceptive de disposer sur un immeuble les tôles nervurées dans le sens hoiizontal. la forme naturelle de I'arbre est remplacée par la monstruosité de cubes ou de boules végétales (Musset a décrit les ifs ( en rangs d'oignon o de Versailles . comme celle que donne le tournage en imposant une figure de révolution au bois. ne prend pas en charge. ainsi. s'éloignent également de part et d'autre de cette proportion moyenne. ne correspondrait pas au meilleur écoulement possible des filets d'eau . Il serait possible sans doute de trouver des exemples analogues dans les arts du son. ce ( couteau à deux mains o des tonneliers qui se laisse gui- der par les fibres. une plaque de métal sorrant du laminoir se plie de façon diftrente selon la direction du pli par rapport au sens de la déformation causée par le laminoir . Entre la matière et la forme peut exister un rapport violent et arbitraire. sans peinture et sans plâtre. aussi fines et nombreuses que le désire I'artisan. la texrure originelle que la taille.n taillés de granit ou de porphyre n'aurair besoin d'aucun plâtre. mais celles qui jouent dans un ensemble le rôle du médiateur entre des termes extrêmes de hauteur ou de timbre . ne prolonge pas les formes implicites et muettes de la matière brute devenue matière ouvrable. sans rapport défini avec la sûucrure matérielle. De même encore. . on peut consrarer . dans cet ensemble. Or. de la longueur du train conforme à I'horizontalité des voies.88 IMAGINATION ET INVENTION coNTENU cocNrrrF DES TMAGES 89 pas due aux caractères intrinsèques de I'arc en demi-cercle pur. primitifs . c'est-à-dire à partir du Sud : un ârc en pleincintre est surmonté d'un arc surbaissé et encadré par deux fenêtres en ogive. des caténaires. une disposition horizontale.it. il est comme le centre actif à partir duquel se dédoublent et s'opposent les caractères extrêmes des formes surbaissée et ogivale. c'est-à-dire dans le scns de la longueur du wagon. quand il est comme le médiateur d'autres formes qui. mieux on peut suivre les lignes réelles de la matière . C'est le cas de la cathédrale d'Orléans (Sainte-Croix) vue du cloître de la cathédrale. Une muraille construite en blocs bien ajustér .que brme d'une tour élancée et d'ailleurs cctte esthétique analytique correspond à une perception implicite de I'opération des choses : les nervures verticales. le polissage. le plein-cintre joue un rôle médiateur intense . quand I'immeuble comme celui de la rue Croulebarbe a la . dans tous les cas. le tout étant saisi d'une seule vue . il peut le devenir. en ce cas. volontairement ou involontairemenr . il n'est pas particulièrement prégnant . ne peuvenr être posées de manière arbitraire par rapport à la configuration de l'ensemblè dans lequel elles jouent un rôle . le ffaitemenr au jet de sable peuvàt manifester sans rien ajouter ou cacher. cer art consisre à traiter du premier coup la matière pour qu'elle apparaisse avec la texture et l'aspect qui s'intégreronr directement à la configuration. qui ne produit pas des objets supplémentaires eisàcondaires venant masquer les objets de base.ment encore. et qui peut ne pas se produire dans les occasions courantes.r. Plus I'outil est primitif.L'art a été longtemps de type synthétique. la forme découpant et maîtrisant la matière avec la dureté artificiellement normative de la géométrie à travers la nature. les tôles nervurées devant résister à la déformarion.

n'importe quel détail peut être ajouté f1uis5. On peut nommer image ce style commun à la configuration d'ensemble et à l'élément.IVENTION gl seulement des revêtements. de fausses fenêtres . ce qui est plurifonctionnel reste ouvert. une ligne peuvent se dwelopper selon la formule d'une progression définie d'avance selon un réseau pluridimensionnel. à la configuration d'ensemble. I'image n'est pas donnée par les seuls éléments. d'air. dans ses fonctions perceptives. des rouleaux de ruban adhésif o opticalisé ) peuvent être collés sur des voitures automobiles. boucles d'oreilles . donc irritant et vain au sens propre de ces deux termes. mires. On pourrait aussi. mais encore d'énergie. se rassemblent. mais jouent un rôle dans la rigidité de I'ensemble (technique de construction des véhicules sans châssis. on pourrait faire passer d'autres canalisations. Cet architecte ne dissimule pas ses matériaux. on peut noter que cet art analytique est le plus accueillant. selon le principe de la poutre. par effet totalitaire. jouant un rôle de masque. capables de créer seulement. c'est-à-dire surchargé selon le mode baroque par le bijou ou des modfs peints ou collés: camées en forme d'échiquier. Une recherche logique et mathématique sur les textures a été faite par César Jannello. Il n'existe sans doute pas beaucoup de couvents au monde dont le style pourrait admettre que l'on dépose une citerne métallique de propane tout près des bâtiments. d'eau. géométriques et contrastés. Le Corbusier a été très sensible au rapport des microstructures à la configuration. l'image est la rencontre réelle du postulat des éléments et du postulat de I'ensemble en une axiomatique perceptive de compatibilité. n'emploie pas de plâtrage. au couvent de l'Arbresle. non seulement d'êtres humains pour les différentes pièces. il ne faut pas confondre avec cette prolifëration automatique des microstructures perceptives des recherches oir les microstructures sont intégrées à la configuration de manière à souligner les articulations de cette configuration. en fait. cela est possible avec le style de Le Corbusier. le plus capable d'intégrer des réalités nouvelles. peintures et tatouages de diverses espèces montrent que le vêtement est remplaçable. soufflé en vagues et crêtes par un ( canon o qui projetait latéralement I'enduit. dans ces longues cellules. Un baroque contemporain apparaît et se développe avec les automatismes proliftrants de l'Optical Art. puis servent à habiller des objets ayant déjà leur forme et leur sens . ce collectif est un collecteur et distributeur. employé pour certains autocars). la non-dissimulation du matériau permet de faire converser en image les textures et les configurations . progressent avec de longues lignes de fuite dans les couloirs. routes. sur les T renversés des couloirs du couvent dominicain de I'Arbresle. il n'est pas impossible que la mode de I'opticalisation elle-même s'inspire de techniques de balisage (pistes. de gonflement. sur des meubles. et I'on éprouve un peu I'impression d'être dans une . des cheminées. l'intérieur des cellules a été crépi d'un revêtement dur à base de ciment. qui en créent seulement le besoin chez le sujet. Enfin. sur divers objets. par exemple. un rectangle. prolonger sans rupture le couvent pour I'agrandir. lorsqu'elles sont rectangulaires. les tuyaux et câbles. par un véritable balisage en réseau (chaussures blanches. d'informations . mais elle s'est emparée de ces modfs à haute perceptivité pour en faire un usage rhétorique. En ce dernier cas. Comme dans un organisme vivant. sont développés pour eux-mêmes. ce qui laisse flottante et indéterminée I'image intra-perceptive . elle n'est pas non plus imposée par les lignes de l'ensemble. si des formes encore inconnues d'énergie devaient un jour être distribuées. s'alignent. des modfs microstructuraux.eproàuisant en noir et blanc le dessin du signal à'arrêt absolu des chemins de fer (un carré divisé en quatre carrés blancs et rouges) . Le corps humain lui-même peut être n opticalisé . particulièrement lorsqu'on dispose de l'ordonnance de vastes surfaces et de grands volumes où I'on peut organiser selon une progression définie le réseau des fenêtres. et cet apport de détails rocailles est illimité en surcharge et complexité. ourlets de couleur vive à un vêtement) . fleurs. au lieu d'être cachés dans les coins et noyés sous les revêtements. De telles formules sont intéressantes pour I'architecture. engendrant des impressions de courbure. bifurquent. à quinze mètres de la chapelle . cibles. par un apport de microstructures qui se surimposent à la forme du corps humain de manière relativement arbitraire. à I'opposé de la chapelle. la lumière accentue le relief de I'enduit. suspendus géométriquement à des T renversés en cornière.!I "ç CoNTENU COGNTTTF DES IMAGES 90 IMAGINATION ET II. Le baroque au moins dans ses développements les plus automapourrait se définir par I'indépendance des microtisés et vulgarisés structures par rapport aux configurations. de Buenos Aires : un point. de creusement des surfaces. à exdter leur perceptivité. un couloir est un lieu de passage . chaque ligne de la configuration d'ensemble est plurifonctionnelle . non saturé . Enfin. le ciment apparaît comme ciment. drapeau utilisé dans les courses d'automobiles) . grâce à la conception modulaire. le sens de la n rationalité intra-perceptive o demande que la direction des nervures soit parallèle à la plus grande dimension de chacune des plaques de tôle. arbitraire par rapport à la configuration. et l'étagement des plans en hauteur. précisément parce que son unité est celle de I'image qui n'est pas matérielle et qui fait le pont entre les textures et la configuration.. Naturellement. détaché de la fonctionnalité.

de significations qui se dégagent de I'acte perceptif et donnent à un monument sa portée. les émissions vocales. la prégnance des formes est l'expression de l'inhérence de I'image intra-perceptive . en les laissant libres de conserver le tempo de leur exisrence spontanée. I'image intra-perceptive est le point-clef d'insertion dans le monde de ce couplage. il n'est entouré d'aucune limite. tel est le segment d'autoroute par lequel. est comme le prolongement de la. son revêtement granuleux. un cours d'eau à franchir. sur ce plateau âpre et sauvage. les attitudes qui permettent à l'être humain d'intervenir en formant avec I'animal observé un groupe naturel . En redescendant vers Saugues. Ce bloc massif et simple. le rôle de la mère. il ne s'agit pas de l'état de repos d'un système unique. la pierre du pays. en venant de Paris. en éthologie.nÀcuNc. En résumé. L'équilibre qui s'exprime dans I'image intra-perceptive est celui du vivant par rapport à un milieu. ou de bornes. il est en quelque façon la dernière des pierres tumulaires qu'on rrouve au long de la route. devant le vaste horizon ouvert. avec ses hauts lampadaires. elle est l'amorce de I'expression concrète de forces. non celui du plus bas niveau d'énergie d'un système . une dénivellation à vaincre peuvent suffire pour créer ce couplage (qui est I'image intra-perceptive) entre la dimension de I'ensemble intégré au monde er les microstructures de l'ouvrage humain . érigé au Mont Mouchet. Ce mode d'acquisition engendre des modes d'activité et de réactions aux stimuli pris pour des instincts congénitaux alors qu'il s'agit en fait d'apprentissages d'une espèce particulière. rnannrNrrNc) : Lorcnz a décrit en r9j. Cette stabilité de I'image comme opération commune de la texture et de la configuration ne se limite pas à un effet perceptif fermé sur luimême . elle est symétrique de l'exisrence de I'organisme du sujet par rapport à la limite qui sépare Ie sujet du monde. dans la compadbilité tendue et pensée des matières les plus élémentaires et des vasres configurations insérant cette part de réel dans le monde. Lorenz a découvert ce mode de conditionnemenr parce qu'il a estimé que I'impératif catégorique des chercheurs. le monument prend sens parce qu'il est la sûucrure de singularité qui collecte et concentre la force des choses. r-e pnÉcNATroN (r.pierre de la montagne . on trouve de ce même granit riche en quarrz. par rapport à un Oiseau né en incubatrice artificielle. était de vivre avec des animaux dans un cadre narurel. un mode d'acquisition consisranr en une sorte d'imprégnation très brève et très précoce. NIVEAU DES CONDITIONNEMENTS ÉTÉVTENTAIRES PRÂGUNG ET PÉRIoDES SENsIBLES r. I TROISIÈME PARTIE CONTENU AFFECTIVO-ÉUOTIT' DES IMAGES IMAGE A POSTERIORI. I'Homme peut jouer. d'aucun décor. on arrive à Clermont près de Montferrand. Elle est l'acte du sujet qui rrouve sens à tous les ordres de grandeur du réel perçu. tel est aussi le segment du nouveau parcours de la route traversant Châtelleraulq en déviation à travers le quartier neuf. et servant de suppons aux clôtures. suier et monde . Lorenz a perfectionné cette méthode d'observation par participation en apprenant les gestes. De même. taillé à grands éclats. et ne résulte pas d'un état d'équilibre stable. mais du couplage de deux systèmes.* tl' 1 92 IMAGINATION ET INVENTION caverne en roc brut. cette image n'est pas donnée. par exemple. Étant né du sol et restant attaché au lieu comme la mémoire qu'il perpétue. de rendances. comme s'il y avait un lien d'unité profonde et substantielle entre la nature et la technicité. s'il sait répon- . Dans I'art analytique. OU SYMBOLE A. le lien entre la narure et la technicité apparaît lorsque la configuration se rattache à la réalité géographique sur laquelle I'ouvrage d'art a été construit . Tel est le sens de ce monument aux morts de tous les maquis. et le paysage de fond des montagnes et de la ville .

on peut donc dire que pratiquement le fait d'être né dans un milieu déterminé permet la reconnaissance de ce milieu à certains stimuli caractéristiques et crée la tendance à choisir ce milieu de préférence à d'autres. la sensibilité à la lumière. dans un nid de Fauvette. devenu adulte. lcs rrrorlllités réactionnelles.. pour cela. l'équilibre thermique. wirrrrr ). ils impliquent association d'une certaine modalité du comporrement à un ensemble caractéristique de stimuli ayant fait partie du milieu.94 IMAGINATION ET INVENTION coNTENU errBcuvo-ÉMorrF DEs TMAGES 95 dre aux diftrents cris du jeune Oiseau comme le ferait sa mère. mais aussi de conditionnements héréditaires. où es-tu ? . par exemple. En instituant ainsi une relation très précoce entre le jeune animal et I'observateur. avec possibilité pour les sujets de se diriger aussi bien vers le bois que vers le terrain découvert . Lorenz a étudié I'ensemble des conduites de l'oison Martina en apprenanr ce que veut dire le n wiwiwiwi . il semble que les réactions de choix devant des configurarions du milieu puissent non seulement faire l'objet d'apprentissages individuels. les descendants de chacun des deux groupes étaient amenés dans un dispositif expérimental constitu é par un souterrain débouchant à la limite enrre un espace boisé et un espace découverr. il peut s'agir. Des chercheurs américains ont capturé des rongeurs d'une même espèce. un jeune Oiseau (Oie grise. qu'il s'agisse du parent naturel ou d'un parent adoptif. et ayanr acquis une valence déterminée. alors que la relation avec un parent nourricier humain peut être parfaitement durable si l'être humain a appris à répondre selon la sémantique de I'espèce. et les difftrents cris de I'adulte. on peur les rapprocher de plusieurs catégories de faits. etc. ( gangangangang )). la prégnation s'effectue. Canard) fixe en lui l'image de l'être-parent. sans arbres. qui paraissent être des traits de caractère et des caractéristiques innées de la personnalité. préférence pour tel ou tel genre d'habitat. Ces rongeurs étaient ensuite élevés en laboratoire. les réactions de défense ou de sympathie peuvent porrer la marque déterminante d'apprentissages précoces et irréversibles. un oison peut commencer par suivre un chien. les cas observés d'enfants-loups onr montré la prédilection de ces enfants pour le genre de nourriture (par exemple de la viande crue) qu'ils avaient eu à manger chez leurs parents nourriciers animaux . de I'oison (n je suis ici. sonr probablement aussi des apprentissages reçus de manière très précoce (habitudes alimentaires. qui jouent un si grantl rirlc tllrrs . les autres en forêt. Cependanr. puisque les descendants du Coucou né. D'ailleurs. Naturellement. par exemple. peur-êrre en cerrains cas par I'expérience héréditairement ûansmise. I'apprenrissage équivaut ici à une ( seconde nature n. répondant à telle ou telle image . le support de I'information dans les organismes n'esr peur-être pas exclusivement cérébral. la proportion de ceux qui choisissaient le même habitat que celui de leurs parents était plus élevée que celle des sujets âisant le choix contraire. parmi les descendants des rongeurs ayant vécu en terrain boisé. Particulièrement. celles dont les femelles pondent leurs æufs dans les nids d'autres Oiseaux. continuent à pondre dans des nids de Fauvette. On peut d'ailleurs aller plus loin . le fait reste . puis. cerre expérience globale ne permer pas de dire quel est le siège de ce principe de choix qui s'est transmis . un certain nombre d'heures ou de jours après sa naissance. et peut-être aussi réaction de symparhie ou d'antipathie à l'égard de personnes ayant telle ou telle allure. Homme ou animal d'une autre espèce. qu'il s'agisse des animaux ou des hommes. s'il cfface les n traces o mnésiques nerveuses. peut laisser place à unc rransmission d'information ou de dispositions réactionnelles par unc voie chimique non-nerveuse (expériences sur les Planaircs) . la valence des diverses configurations de stimuli peur êrre modifiée par I'apprentissage individuel précoce. Chez l'Homme. ou tout au moins se fixe selon un régime d'échanges entre le jeune et son entourage . les apprentissages ne sont pas seulement représenrarifs ou moteurs .). Sans faire d'hypothèses sur les représenrarions chez les animaux. Mais un très grand nombre d'autres apprentissages. ces faits sont remarquables parce qu'ils apparaissent comme une interference du non-humain avec l'humain. ce qui expliquerait que le remplacemenr d'un système nerveux par un autre (transmission héréditaire des seules strucrures de I'espècc). ou encore ( ran ). le jeune Coucou. d'une disposition organique (développement plus ou moins grand des surrénales) modifiant le régime des besoins. sont dotées du pouvoir de reconnaîrre I'espèce des parents nourriciers . ainsi. Lorenz a noté qu'il se produit des apprentissages en très peu de temps . et ils ont attiré I'attention sur I'irréversibilité de ces apprenrissages fondamentaux. et le choix diftrentiel peut être I'effet d'une recherche de preferendum. de type affectivo-émotif. le n wirrrrr. on a remarqué que les variétés parasites de I'espèce Coucou. er c'est dans le nid de cette espèce qu'il pond de préférence . dans des conditions identiques . est capable de reconnaître le nid de l'espèce qui lui a servi d'hôte. un certain nombre de signaux et de réponses sont nécessaires . aussi bien que les préftrences alimentaires ou les autres réactions de choix. transmissibles aux descendants. selon certaines recherches. ou bien n gangingang ). mais il abandonne bientôt ce parenr adoptif qui ne répond pas à ses signaux caractéristiques. les uns dans un milieu de rase campagne. Ces observations ne sont pas isolées .

oit I'auteur analyse les causes d'un grand nombre de cas de dyspareunie. par exemple. mise à l'épreuve permanenre de I'affection de ceux qui I'entourent) qui rendent l'adaptation difficile et souvent provoquent le rejet : il manque l'image complète de la mère. le processus d'introjection. de guide . ainsi. Mais on peur se demander s'il ne s'agit pas là d'une vision quelque peu anthropocentrique des diftrentes situations.nts. définissent et fixent la valence des images. et I'entourage comporte des objets privilégiés aussi bien que des êtres privilégiés comme la mère. Stekel a étudié sous cet angle la sexualité humaine. un enfant abandonné a besoin de constituer en lui I'image de la mère à un âge déterminé . la nourriture esr recherchée et prise dès la naissance par le jeune. même si I'enfant est bien traité dans une famille adoptive. En ce qui concerne les animaux. tout au moins pour certaines espèces. Mais toutes les images ne concernent pas les êtres humains . L'autre catégorie. au cours de l'ontogénèse.96 IMAGINATION ET INVENTIoN coNTENU eppccrrvo-ÉMorrF DES TMAGES 97 les choix. qui sont une des bases de I'organisation du comportement. il peut continuer à présenter les caractères de la conduite des abandonniques (indifférence affective. et où le manque de structures préalables laisse à la conduite une certaine marge d'indétermination. En outre. car les réactions de fuite devant le signal indiquant I'approche du prédateur spécifique peuvenr être aussi précoces que celles de recherche de nourrirure. puis des éducateurs. Éthologie et psychanalyse onr mis I'accent sur les phénomènes d'apprentissage irréversible relevant de la relation primitive aux parenrs et aux autres êtres vivants. de difftrenciation accenruée entre les images d'êtres vivanis (p"r. dans les deux ouvrages intitulés L'Homme impuissant et Ld Femme frigide. peut-être moins intéressante pour une comparaison avec I'homme. La nourriture n'est d'ailleurs pas le seul rype de fonction pouvanr provoquer des prégnations qui définissent des images primordiales . qui a déjà des adaptarions sensorielles et les automatismes coordonnés du système d'action rendant cette activiré autonome (tendance à picorer. complètement dépendants de leurs parents pour la nourrirure . Dans tous ces cas. à gratter le sol. enfin. le rapporr à I'objet esr aussi primitif que le rapport au socius ou au parenr . Ce domaine permettrait de nouvelles recherches pour une éthologie plus générale. les parents sont les intermédiaires nécessaires entre le jeune et le monde dans le cas des nidicoles. dans certaines catégories. et on peur supposer qu'il se produit des élections d'objets privilégiés ayant la même valence que le parenr dans les cas cités par Lorenz. Mais on peut dilater cerre interprétation. celle des objets. Même dans le cas de I'Homme. seul le nid est une réalité non vivante ayanr rang d'objet .ET Il est assez probable que les premières expériences ne comporrenr pas Les études de psychanalyse ont insisté sur I'importance des expériences précoces de I'enfant en présence de la mère. congénères) et les objets . elle n'a été envisagée qu'à rravers le rattachement symbolique à la première. Insectes) au moment de la naissance du jeune. le parent a surrour une valence de protecteur. AspEcrs HUMATNS DEs coNDrrroNNEMENrs ÉrÉupNTArREs 3. mais pour les nidifuges. les prégnations concernent le milieu. Les conduites d'une vie entière apparaissent comme dirigées par les composantes affectivo-émotives de certains moments fondamentaux de I'histoire du sujet. . il existe aussi une relation primitive aux objets. Pour les Oiseaux. mais permeftant d'analyser les déterminants des conduites d'espèces placées moins haut dans l'échelle des vivants. à déterrer les nids d'insectes souterrains comme chez les Bondrées). incorporation imaginaire d'un objet ou d'une personne aimée ou hai'e dans le moi ou le surmoi du sujet. 2. mais il se produit ensuite un dédoublement qui sépare les images de la relation aux êtres vivants de celles qui représentent le milieu comme base du territoire peu à peu organisé. souvent. ce sont des images complètes qui sont ainsi introduites dans le psychisme élémentaire (voir les études de Mélanie Klein) et qui servenr de modèles aux choix et aux réactions ultérieures du sujet. et considérer cette acquisition de valences affectivoémotives comme pouvant s'instituer toutes les fois que le sujet se trouve dans une situation neuve. La nécessité. où l'éveil des motivations est intense. et plus généralement de l'entourage. a été analysée avec beaucoup moins d'attention . le caractère très précoce de la relation aux objets sans rapport direct avec le parenr ne fait pas de doute. de la constitution de réactions affectivo-émotives définies fait apparaître des périodes privilégiées que I'on peut nommer périodes sensibles . le parent est absent ou déjà mort (Reptiles. lorsque cet âge est dépassé. d'attitudes. sont des réalités aussi primordiales. constitue une base très durable de réactions affectivo-émotives à des situations déterminées . la réalité n'est probablement pas aussi simple ni aussi homogène. le refuge. I'abri. LES IMAGES DE r'oB. qui ne se rapportent pas nécessairement à l'enfance. incluant une réponse affectivo-émotive à un groupement défini d'images. de perceptions offertes par les adultes.

Une éducatrice de génie. une des sources majeures des objets d'élection pour les enfants . à moins qu'ils ne deviennent semblables à des instruments (modèles réduits d'auromobiles utilisés comme automobiles de courses lancées à la main). dans les centres urbains. et baptisée u Jaunette 2 .image du Moi. En eftèr. se laver. un peu comme l'adulte choisit des voitures selon une série. donc de barrières économiques. il forme couple avec lui. l'objet est l'autre.du Moi en rant que psychanalytique que I'objet soit le symbole . stables. peur être remplacée par une autre poule jaune. Laissons de côté les poupées. on pourrait dire que Maria Monressori a voulu ne pas faire de l'enfant un être artificiellement nidicole. cadeaux). de ritualisations (achat à NoëI. mais un autre en couplage serré avec le Moi. Pour emprunter une métaphore à I'ornithologie. Les normes de I'adulte restent à I'extérieur de I'objet d'élection : le modèle réduit. autant qu'il a besoin de trouver des présences humaines aimantes et généreuses. non-décevants. faux objets par lesquels I'enfant rrouve un plus petit que soi qui lui permet d'être semblable à un adulte dans un monde de convention et d'artifice . satisfaire ses besoins organiques. qu'on peur nommer jouet. élue comme objet préféré. a compris l'importance du rapport direct entre I'enfant er les objets . .. le jeu de la poupée se déroule partiellement en présence de l'adulte. comme le symbolon avec I'autre symbolon. C'est toute une dynastie d'objets élus qui peur se succéder ainsi. elle a mis à la mesure des prises de l'enfant les objets qui sont les points-clefs de son univers matériel : des lavabos qui ne soient pas à la taille de l'adulte. à tort ou à raison. et que I'aspect didactique ou autoritaire est réduit d'autant . mais il est évident qu'à partir de telles bases une place aussi importante que possible est faite à la découverte sponranée par la manipulation et I'observation. le jouet est le répondant du moi dans le milieu. on peut saisir toute I'importance normative et pédagogique de la consrruction des jouets. mais il ne suffirait pas de dire qu'il s'agit d'une méthode acrive. des boutons de porte qui obéissent atx forces et au type de préhension des jeunes enfants. outre qu'elles enchaînent la liberté de choix dans l'élection de l'objet-symbole. La civilisation américaine de l'époque. occasion de la formation des images. arsenal des jeux de rôle. qui sait ménager des successions et filiations dans les noms et les formes. ces jouets. Maria Monressori. pour le meilleur et pour le pire. un vieux réveil. permeftanr à I'enfant d'organiser lui-même son territoire d'objets sans avoir recours de manière permanente à I'adulte soigneur pour s'habiller. on peut considérer le jouet (ou I'objet familier recruré par I'enfanr sans intention de I'adulte) comme correspondant à des prégnations relatives âux choses. De là résulte ce lien profond er essentiel dans la vie de I'enfant avec I'objet élu. le symbolon admet des remplacements . En ce sens et dans cette mesure. un arbre. pour que le nouveau prolonge affectivement I'ancien . chef de l'équipe lançant les missiles ou les satellites. esr encore une occasion de jeu de rôle par laquelle l'enfant peur jouer à être comme adulte. un épiderme du Moi). une poule jaune. er non le même. ou rour au moins un nidicole artificiellement prolongé . ce peut être un animal. Il en est le répondanr er I'associé. sans confusion avec le Moi (sauf en certains cas exrrêmes où les apparrenances deviennent comme une enveloppe. parce qu'elle a pensé que I'enfant avait besoin de trouver des objets manipulables. moitié du tout dorigine dont les symbolà proviennent par division aléatoire. d'ailleurs. sont ainsi les protofypes de la relation à I'objet. car une méthode peut être acrive tour en faisant appel à des réalités essentiellement humaines . très ouverte aux objets. qui constituent. comme la fille de la première. de la mère surtout. a fait un large accueil à ce principe de la méthode Monressori. ceci ne signifie pas malgré l'interprétation . bien qu'il ne soit pas toujours ce que I'adulte entend par ce mot. son meilleur ami. il n'est pas que I'humain qui soit réel. habilement éditée par le construcreur. des pierres. il s'agit d'activités centrées sur les objets. Ces normes adultes. se développant dans des pays où la densité humaine était faible et le personnel peu nombreux.. qui passe par I'intermédiaire d'un achat. impo. des boutons en clef de barrique qui se laissent saisir en préhension palmaire (1" préhension digitale vient plus tard et manque de force pendant longtemps). La Casa dei Bambini est un milieu riche en objets stimulants et non-trompeurs. et leurs caractères sonr occasion de prégnation dans l'enfant. reproduction à l'échelle de véhicules ou d'engins. Nous ne cherchons pas à développer ici les aurres aspecrs de cette méthode pédagogique. elle a voulu faire un o milieu révélateun d'objets autour de l'enfant. ce sont des jouets-accessoires. ici. La pédagogie de Maria Montessori est un beau travail de physiologie des fonctions perceptivo-motrices chez I'enfant. représentant du Moi. préhensibles. capitaine attaquanr le fort Alamo. par rapport au Moi. et nommée u Jaunette ).TT. et de relations avec les adultes représentatifs ou de troc . sent un caractère déjà socialisé à ce choix. 98 IMAGINATIoN ET INVENTIoN coNTENU errBcuvo-ÉMorrF DEs rMAcEs 99 Et pour l'homme. En effet. En dehors de cet aspect systématique et cohérenr. quand il est jeu de rôle et non première expression des activités d'exécution de I'instinct parental. ne provoquant pas d'expériences affectivo-émotives négatives. considérée. ou plus simplement chef de gare .

le stimulus supra-normal joue donc un rôle en certains cas dans les choix suivis de prégnations. en résistant à I'usure et aux chocs. De plus. LE SYMBOLE r. Le sens de la vue est chez I'homme celui qui peur convoyer (au moins dans les récepteurs périphériques) le plus d'information .IMAGE MENTALE. En résumé. Cela réserve de cruelles et amères déceptions lorsque l'objet a été réellement élu et qu'il se casse entre les mains de I'enfant. soit des æufs plus gros. avec une rhétorique du signe de reconnaissance. Nous ne prétendons pas faire une analyse du retentissement sur I'enfant des avatars du jouet devenu objet d'élection. on peut dire qu'il n'y a pas besoin de prégnations.li T i IOO IMAGINATION ET INVENTION avec les camarades. semblent indiquer que la netteté des catégories sensorielles intervient dans la prégnation. il suffit donc qu'il fonctionne au moment de la vente. mais on peut relever d'assez fortes présomptions en faveur de I'existence de tels effèts. à cette prééminence correspond une aptitude élevée des organes ou des voies . chez les jeunes enfanrs. choisit la couvée supra-normale artificielle ou étrangère et délaisse la sienne . et n'avoir ni secret ni faiblesse . quelques observations sur la préftrence marquée pour les objets présentant des couleurs saturées er vives plutôt que des teintes délavées aux couleurs atténuées. un jouet. le conditionnement (emballage) des produits de consommation couranre manifeste une recherche des couleurs vives et des contrastes . objet d'élection souligne l'imporrance de sa consrrucrion selon des normes de fiabilité élevée. dans la prégnation chez les animaux. comme il y a une transition presque continue entre les effets d'images consécurives et les véritables images-souvenirs n'impliquant pas de stimulation périphérique récenre. au lieu de I'accompagner fidèlement dans sa croissance. L'IMAGE coNsÉcurrvn Si I'on entend par n image > une représentation concrète à contenu sensoriel construite en I'absence de stimulations sensorielles ou apparaissant en I'absence de ces stimulations le phénomène nommé -. Un très grand nombre de jouets sont comme la soupière d'un conre d'Auvergne : les hôtes du Dauphin d'Auvergne ne devaient pas I'ouvrir sous peine d'être chassés. de la signature du fabricant. Les élections d'objets peuvenr faire sentir leurs effets. NIVEAU DES PROCESSUS PSYCHIQUES : L. à l'âge adulte. bien que l'objet ne soit plus présent. car la stin image consécutive ) ne mérite que paftiellement mulation sensorielle y joue un rôle. n'ouvrenr jamais les objets dont ils se servent. ne doit pas être une réserve de secret. conrrasrés. pour les produits de qualité. peut-être toute une vie. s'adressant à des connaisseurs. même quand ce serait utile. sous des formes multiples. I'image du jeune demandant la nourriture étant spécifiquement prédéterminée. L'objet-symbole. il importe d'envisager I'image consécutive. Il resterait à dire selon quels caractères perceprivo-moreurs s'effecruenr les apprentissages irréversibles de la relation entre l'enfanr er les objets . chez l'être humain. tels sont les motifs de l'intérieur du bec et du gosier des jeunes Oiseaux ouvrant le bec dans I'attente de la nourriture . le grand Pluvier. elles offrent un emballage discret. comme la civilisation américaine conremporaine. Par exemple. Dans ce cas précis. vivemenr colorés qui servent de stimuli spécifiques et interviennenr comme de véritables clefs de la prégnation . avec un plus fort contraste. le protorype du monde. Cependant. eux. En certaines civilisations qui laissent subsister une certaine continuiré entre I'enfance et l'âge adulte. ainsi que de formes d'imagination traduisant les traditions et les goûts d'une population définie (série Mickey Mouse). cet associé parfait du moi. les civilisations qui opposent les valeurs d'enfance à celles de l'âge adulte n'agissent pas de même . devant une situation de choix où se B. mais le seul fait que le jouet puisse devenir CoNTENU erpnctlvo-ÉMorlF DES TMAGEs ror trouve sa couvée normale à côté d'une couvée ( supra-normale o comportant soit un plus grand nombre d'æufs. une clef de Barbe-Bleue devant des parents qui. devrait durer toure une enfance. une enceinte mystérieuse qu'il ne faut pas ouvrir.. il est. sur le comptoir du magasin.. le mythe du jouet chez I'adulte amène assez généralement le mépris des normes de fiabilité : le jouet n'esr pas sérieux . l'ouverture du bec du jeune au moment de I'approche du parenr est un stimulus-clef sélectif qui conditionne le don de nourriture. en demi-teintes. son nom. soit enfin des æufs dont le motif tacheté est plus vigoureusement dessiné. Cet effet peut être rapproché du rôle joué. les divers aspecrs de l'élection des objets sous forme de prégnation restent à étudier de manière méthodique et objective. mais il y a continuité entre ce cas d'extrême sélectivité et d'aurres cas où la prégnation peut intervenir à I'intérieur d'une marge d'indétermination. dans les choix. pour I'enfant. et en ne se détruisant pas si I'enfant l'ouvre. pour assurer et remplir pleinement son rôle élémentaire de point-clef du monde objet. par les motifs (n panerns r) très inrenses.

on peut les obtenir en fixant d'abord . cette image secondaire se nomme image de Purkinje. si les images consécutives se rattachent aux phénomènes d'adaptation sensorielle active. parfois légèrement teinté. revenanr) de Bidwell . elle se produit après stimulation de l'æil par une plage lumineuse. mais les paupières sonr translucides et la lumière continue à passer à travers la peau en se coloranr par rransmission à travers le sang. Si la plage est très brillante (il s'agit d'une plage blanche). tome II. Les images consécutives peuvent d'ailleurs se superposer aux perceptions. ce qui fait varier à la fois la quantité de lumière transmise et sa composition chromatique. En résumé. mais. mésopique. scotopique). l'image n de fatigue . une fenêtre par exemple . ou encore < ghost o (fantôme. elle peur se produire par vagues et selon diftrentes modalités. le son-image se présente comme un faible son continu. ces phénomènes appartiennenr à la catégorie de I'inhibition adaptative active bien plutôt qu'à celle de la fatigue. peut se super- . et effectivement. On ne peut cependant affirmer qu'il s'agisse seulemenr de phénomènes de fatigue des différentes parties de la rétine . il semble judicieux d'accepter la distinction qu'établit Yves Le Grand dansl'Optique physiologique. et cette impression subsiste pendant quelques centièmes de seconde. etc. après un intervalle assez long se présente I'image tertiaire (image de Hess). si la stimulation a été assez forte . c'est la raison pour laquelle Cuvillier refuse à ces phénomènes le nom d'images. l'image secondaire est de courte durée . par exemple par une explosion . page 3r3 : les effets de contraste consécutif (ou contraste successif) sont nommés à tort images consécutives : ce sont des images consécutives de fatigue. ou blanche. intermédiaire entre la perception er le souvenir. Manuel dz Philosophie. les oscillations de phases positives et négatives des images consécutives (phases de Hess) peuvenr être rapprochées des ondulations de prééquilibre observées par Broca er Sulzer. que le stimulus soit continu ou transitoire. puis en fermant les paupières sous le soleil. olfactives ? Théoriquemenr. enfin. on peut s'attendre à trouver des images consécutives d'autant plus nettes qu'un sens est plus largement adaptable . pourpre. on peut observer un son consécutif. les images consécutives surimposées aux objets sont alors en gris. durant plusieurs secondes. coNTENU errncnvo-ÉMorrF DEs TMAGEs roi. mais le son-image n'esr pas la répétition du stimulus . en général de fréquence élevée (on dit que o les oreilles sifflent o). on y voit I'image consécutive sous forme d'une figure de même forme teintée de la couleur complémentaire. dans la pratique. qui possède plusieurs régimes (photopique. vert. peut-être aussi des centres. rour en étant moins largement adaptable que la vision.. après I'audition d'un son intense. ce qui donne en général une teinte pourpre persistante qui se surimpose aux effets proprement consécutifs et interfère avec eux. on peut obtenir certains de ces effets (au moins les deux premiers) en fermant brusquement les yeux après avoir fixé une plage colorée. et en les serrant plus ou moins. ou bien peut-on parler. tertiaires. loÀque la stimulation cesse er se trouve remplacée par I'obscurité.IO2 IMAGINATION ET INVENTION nerveuses. si les récepteurs onr été vivement stimulés sans possibilité d'adaptation préalable. on observe dans I'image consécutive une fuite de couleurs (vert. est nommée n image consécutive o . Les images consécutives appartiennent-elles seulement à la vision. I'image naît une seconde fois. or. n'onr rien à voir avec les images consécutives véritables . et propose celui de n sensations consécutives r. généralement avec une coloration complémentaire si la plage stimulante était colorée . L'interftrence des effets consécutifs avec une stimulation lumineuse diffirse à travers les paupières produit des résultats qui sont d'une grande richesse esthétique .rn. si. cerre réapparition. d'où les noms d'images consécutives primaires. d'images consécutives sonores. ou satellite de Hamaker. I'audirion. page r9o) . tome r. jaune. Les effèts consécutifs paraissent être d'aurant moins marqués que la capacité d'adaptation er la capacité de réception d'information d'un sens sont moins grandes. et parfois une image quaternaire ou image négative de Hamaker. Après un second intervalle. c'est-àdire des effets d'adaprarion qui. rouge.). secondaires. après avoir fixé une figure de couleur vive. selon Yves Le Grand. car elles suivent les mouvemenrs des yeux et changent de grandeur selon que l'écran sur lequel on fixe les yeux est plus ou moins éloigné (Cuvillier. L'image consécutive visuelle primaire esr nommée image de Hering. à faire réapparaître après un court intervalle la stimulation réelle causée par les objets . Les premières images consécurives sont vraisemblablement dues à des phénomènes rétiniens. on porte son regard sur un écran blanc. car cela peut détruire des éléments rétiniens). régiort lumineuse du ciel (pas le soleil lui-même. couvre cependant une étendue considérable dans les rapports d'énergie (rzo à r3o décibels) et les rapporrs de fréquence (rz octaves) . tactiles. bleu. les images consécutives véritables sont des phénomènes de persistance. . résultant d'un phénomène d'adaptation. . par exrension du rerme. ce phénomène se produit aussi pour des figures à contraste en blanc et noir. la plage lumineuse paraît renaître après un bref intervalle.

qui adhère légèrement à la peau quand on I'applique en appuyant. peuvent être le plus aisément confondues avec la perception réelle d'un objet. et aussi dans le registre racdle : si I'on projette une lumière sur un écran. de prestidigitateurs et de jeux de société utilisent cette confusion de I'image immédiate et des données sensorielles. . soit parce que le n bruit de fond . pour les sons faibles. décrit les cas d'audition lointaine d'une cloche ou d'une horloge : n Plusieurs fois. des bruits se situant dans la bande de fréquences que sélectionnent les récepteurs auditifs quand ils reçoivent des sons faibles. visuel à alimenter telle catégorie d'images immédiates plus qu'une autre. il m'est arrivé d'écouter les sons lointains d'une cloche ou d'une horloge. Je remarquais bientôt qu'ils se répétaient indéfinimenr. il se retrouve dans le registre visuel. on peut citer parmi d'autres l'expérience suivante : on montre à une personne un disque. Le bruit de fond des organes des sens apporte une stimulation qui interfère avec les signaux effectivement apportés par le milieu et qui peut alimenter I'image immédiate . cette sélectivité disparaît pour les énergies plus élevées (courbes de Fletcher) . C'est que mon imagination en prolongeait la série après que mon oreille avait cessé de percevoir. et aussi selon l'âge. et on invite le sujet à faire tomber le disque sans s'aider de ses mains : la personne essaye effectivement de faire tomber un disque imaginaire. cette stimulation liminaire peur se produire d'ailleurs de diftrentes manières. acceptant un délai plus grand que celui de la persistance sensorielle à caractère périphérique. les suggestions venant d'autres personnes sont très efficaces. Un très grand nombre de ( tours . Comme les sons perçus étaient très faibles et aussi peu localisés que possible. aussi bien. qu'elle continue à sentir collé à son front. donc d'une perception et non d'une simple donnée sensorielle. Quel est le degré de précision de l'image immédiate ? Il semble très diftrent selon les sujets. Aubert). plus il fait effort. Dans le cas de la perception du mouvement autocinétique (Charpentier. Dans le registre auditif. pour autant que la distinction entre sensation et perception puisse être adoptée comme désignant de manière pratique une activiré périphérique d'une activité centrale plus intégrée. comme une pièce de monnaie. un disque semblable. des récepteurs ou des centres (si toutefois on peut admettre qu'il existe un n bruit de fond o des voies nerveuses et des centres) constitue par lui-même une source de signaux. des chants. assez peu accentué. l'équilibre entre le contraste successif et l'image se produit au bout de deux minutes environ. mais aussi des souvenirs plus anciens et éventuellement des normes collectives. malgré le phénomène de Purkinje. dans le cas des stimulations lumineuses intenses. et ceci de manière progressive à partir des conditions initiales d'une vision correcte (expérience de vision tachistoscopique) . mais. ce qui est précisément l'étendue du registre de la voix humaine avec ses harmoniques . Les images immédiates sont celles qui. plus le sujet est motivé. les images immédiates auditives les plus courantes sont des paroles. Dans le registre tactile.). dans La Parole intérieure. on applique sur le front du sujet. la courbe des seuils inferieurs indique que. plus l'oreille fonctionne comme un sélecteur et éventuellement un générateur sélectif de bruits endogènes . Le cas des faibles signaux extérieurs est celui qui est cité par Egger . mais on l'enlève en cessant d'appuyer. alors qu'il n'y a rien. si ce bruit de fond était un bruit blanc. Egger. d'après les recherches de Roberrson et Fry. il arrive un moment où le sujet ne peut plus dire si l'écran est encore faiblement éclairé. chez le sujet normal. on nomme image eidétique une image surtout visuelle qui a un degré de précision comparable à celui de la perception directe et qui se prête à . lorsque les organes récepteurs sont stimulés de manière juste liminaire . ce qui ne prédétermine pas le < brouillard de fond. ensuite. ou s'il paraît être éclairé . avec une stimulation initiale de roo b/m'et un champ d'observation ultérieure de roo b/m'. plus les sons sont faibles.IO4 IMAGINATION ET INVENTION poser à une véritable image de persistance et I'annuler . Les récepteurs visuels ne manifestent pas chez l'homme le même changement de sélectivité en fonction du niveau des signaux. et la chose me paraissait invraisemblable. plus aussi les images peuvent être prises pour des stimulations réelles et objectives. plus il peut soutenir la confusion entre des images immédiates et des perceptions objectives. plus il est sélectif (ou u coloré . la sensibilité des récepteurs est plus grande entre 6oo et Sooo Hertz. p. il conduirait seulement à une élévation des seuils . er apparaissanr comme la persistance ou la répétition d'une donnée déjà structurée. soit par suite de la faible énergie des signaux. ce n'est d'ailleurs pas seulement l'image immédiate qui intervient. en la faisant décroître de manière progressive. le dernier entendu et le premier imaginé avaienr présenté les mêmes caractères et je n'avais pu les distinguer à temps. TMAGES coNTENU erructryo-ÉMorrF DEs TMAGEs rot rvuÉnrerBs ET rMAcEs ErnÉrrques On donne le nom d'image immédiate à un mode de persistance plus complexe. 2. généralement. mais qui peut se décoller au moindre mouvement . selon le sens considéré. il n'est pas équiénergétique . en appuyant. to6 (cité par Cuvillier).

les derniers témoins d'un univers mental aujourd'hui disparu o. Devant de tels cas. de la pensée sauvage er d'un symbolisme abstrait. et une aptitude symbolique abstraite très développée. d'ordinaire. peut avoir I'expérience des images eidétiques lorsqu'il se ffouve dans une situation de violente stimulation émotive. Pour Taine. en m'appuyanr particulièremenr sur les mouvements successifs de cette pièce. il permet I'apprentissage rapide de I'information mise sous forme concrère.. p. par exemple.. plusieurs parries. avec l'ordonnance des diverses pièces. p. comme s'ils {i irr l. la créativité suppose. il le peut. Essertier (Les Formes inferieures dc lbxplication. Et même s'il fallait admettre que l'eidétisme est un aspect de la pensée sauvage.. Il est bien plus facile de me uomper lorsque je regarde l'échiquier qu'aurrement. intégrée au développement d'un symbolisme intellectuel. le sujet voit simuhanément tout l'échiquier et to. mais o . comme La Bourdonnais. S'agit-il d'une aptitude élevée ou assez primitive ? Taine affirme que ( ce ne sont pas les plus profonds joueurs qui poussent le plus loin ce tour de force u .rroy". certains joueurs peuvent mener simultanément.ro. Elle est intéressante dans la mesure oir on peut ratracher le phénomène des images eidétiques à un régime défini de I'activité mentale er à un niveau de vigilance diftrent de celui qui donne la pensée réflexive ou I'attitude critique. qui a cette faculté. l" case . On peur norer que certe capacité coïncide avec le maximum d'activité perceptive (produisant le maximum d'illusions optico-géométriques de ro à 14 ans). ne sachant ni lire ni écrire. la tête tournée conrre le mur : u On a numéroté les pions et les cases . des schémas.urr. avec une très ferme prégnance des détails. pièces telles qu'elles étaient en réalité au dernier coup joué.rt. enveloppant les mentalités en même temps que les formes sociales. vu écrit. concrète du réel. Et lorsque j'ai quelque doute dans mon esprit sur la position exacte d'une pièce. ses calculs.. comme d. qui suppose à la fois une vue directe. Taine note qu'une mémoire concrète riche en images comparables aux images eidétiques existe chez de nombreux arrisres : certaines images bien plus irrégulières. et non pas celle d'un autre échiquier o (ouvrage cité. ni I'ombre des pièces. et selon la description de l'un de ses amis.r rc6 IMAGINATIoN ET INVENTIoN à i I CoNTENU erprcrrvo-ÉMorrF DEs TMAGES ro7 l'exploration mentale . en particulier de Colburn.ti l. l'échiquier m'apparaît en enrier avec ce nouveau changement. neuve.8o) rapporte le cas des jeunes calculateurs prodiges.. donnerait une base à la créativité. plus difficiles à rappeler que celles des joueurs d'échecs se présentenr avec une précision . souvenr ils gagnent.81) a émis I'hypothèse d'une nature primitive des images eidétiques : elles seraient une survivance ( de cette mémoire prodigieuse que l'on rencontre parfois chez le primitif. ce ne serait pas une raison pour considérer cette activité mentale comme une simple survivance ou un signe de < régression o."rt. le développemenr de l'eidétisme passe par un maximum chez les enfants de ro à 14 ans . des nombres peuvent être soumis à des opérations.rt clairement devant lui.i . ou tour au moins j en ai une représentation exacre. cette remarque irait dans le sens des observations faites sur les jeunes calculateurs prodiges. géographie. leur est présente. étaient écrits sur un tableau . certains traits concrets de la situation se fixent et peuvenr faire réapparaître plus tard la scène de manière presque hallucinatoire. en vision eidétique. cite le cas des joueurs d'échecs qui peuvent conduire une partie d'échecs les yeux fermés. avec une étendue er une lucidité d'imagination tout à fait prodigieuses . s'il veut les voir. qui sont parfois très ignorants et arrivent malaisément à se perfectionner dans la théorie mathématique. et peut-être de I'imagination inventive en général .ti " été joué de la partie. tout sujet. comme aptitudes réunies dans le même sujet. Cette hypothèse est peut-être exagérément 3 conforme à une théorie de l'évolution unilinéaire. en efFet.t très petits détails de leur srructure . pendant les insomnies. on leur nomme là pièce déplacée et la nouvelle case qu'elle occupe . . q. afin de pouvoir se rattacher et revenir mentalement à certe première impression . les termes extrêmes de I'ancien et du nouveau. L'eidétisme peut au contraire apparaître comme une des racines de I'imagination artistique. ce joueur affirme qu'avant de commencer if commence par bien regarder l'échiquier tel qu'il esr au début. je rejoue mentalemenr rour . n Et au fur et à mesure qu'on déplace une pièce. peut être épelé I'envers . dans le même ouvrage. 8r). dans De I'intelligence (r.r à. des diagrammes. Il est clair qu'à chaque coup la figure de l'échiquier tout entier. Je vois la pièce. une activité de rype assez primitif.t la couleur exactement telles que le rourneur les a faites. mais..i 1. c'àst-à-dire que je vois l'échiquier qui est devant mon adversaire. nécessaire à la construction ordonnée et organisée d'une æuvre nouvelle . comme dans un miroir intérieur.. er conrre de très habiles . revenant. un mot. Taine ajoute que ces représentations se répètent ou durent involoniairement. à chaque coup de I'adversaire. il ne voit ni le tapis verr..rt . plus nuancées. Taine. Taine. sans quoi ils ne pourraient prévoir les suites probables du coup qu'ils viennent de subir et du coup qu'ils. ne peuvent jouer mentalemenr que deux parties ensemble . . En ce sens. par exemple. américain. et continuent ainsi pendant plusieurs heures . ils commandent eux-mêmes le mouvement de leurs propres pièces. mais les très grands joueurs.ior'r.o-Àander.

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IMAGINATIoN ET INVENTIoN

coNTENU

errnctlvo-ÉvorlF

DES IMAGES

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ou statuaires qui, après avoir considéré attentivement un modèle, peuvenr faire son portrait de mémoire. ( Gustave Doré a cette faculté ; Horace Vernet I'avait; Abercrombie cite un peintre qui, de souvenir et sans I'aide d'aucune gravure, copia un marcyre de Saint-Pierre par Rubens, avec une imitation si parfaite que, les deux tableaux étant placés I'un près de I'aurre, il fallait quelque attention pour distinguer la copie de l'original. o Taine cite également le cas de Mozart qui, ayant entendu deux fois le Miserere d'Allegri, à la chapelle Sixtine, le nota tour entier de mémoire : n il était défendu d'en donner copie, et l'on crut le maître de chapelle infidèle, tant le tour de force était grand >'. De même, Balzac revoyait les objets en lui-même, éclairés et colorés comme ils l'étaient au moment où il les avait aperçus ; Testut, anatomiste, allait à ses cours en ayant devant les yeux ( la vue imaginaire de la région à décrire o. Ces deux derniers cas, cités par Cuvillier, sont à rapprocher d'une expérience d'apprentissage
égale, chez certains peintres, dessinateurs

mais conservation des déplacemenrs, des directions, des positions) ; les caractères conservés par I'image eidétique consriruenr comme autanr de points de soudure entre le sujet et son enrourage ; ces points de soudure réservent les voies d'accès ultérieures du sujet aux objets du milieu ; ils offrent aussi des éléments pour une activité combinatoire. D'ailleurs, plusieurs auteurs, observant I'eidétisme, ont noté la plasticité de ces images ; le point de départ est bien fourni par l'état initial d'une situation effectivement perçue ; mais le sujet peut ensuite agir mentalement sur I'image eidétique en lui imposant des transformadons, comme s'il agissait effectivemenr sur des objets (écrire un nombre à la craie sur un tableau imaginaire, modifier la position des pièces sur l'échiquier imaginé en vision eidétique) ; quand la représentarion devient incerraine, I'image eidétique, d'après les témoignages des joueurs d'échecs étudiés par Taine, peut être restaurée par une récapitulation des différentes modifications successives qui onr eu lieu au cours de la partie. \floodworth cite les recherches d'Urbantschitsch (rgoù sur les images eidétiques, ainsi que celles de Jaensch, er estime, à l'inverse de I'opinion de Taine, que l'image eidétique est notablement diftrente de la perception ; elle ne ressemble pas à une photographie, parce que ses détails ne sont pas tous simultanémenr présents ; elle se développe progressivement ; lorsqu'une question relative à un détail est demandée, il peut se Passer un certain temps avant que ce point s'éclaircisse suffisamment Pour permettre une réponse. o De petits détails se révèlent, alors que des parties adjacentes de I'image resreronr en blanc (Kltiver r9p). La quantité de détails signalés ne correspond en aucune façon à la somme de ce qu'on pourrait trouver dans une image réelle. o La plasticité de I'image eidétique est telle que certains sujets peuvenr la modifier délibérément ou sous l'influence de la suggestion ; les objets peuvenr changer de forme ou de couleur, er se mouvoir à I'intérieur de l'image. EnfiÀ, chez les enfants, on nore que les sujets n'obdennent de bonnes images que des scènes qui les intéressent; les images eidétiques fixent les objets significatifs d'une siruarion, et les traits significatifs de ces objets particuliers ; elles sonr en ce sens très diftrenres des photographies ou des tableaux des peintres qui s'intéressent aux rapports des masses d'ombre et de lumière sans dégager les lignes saillantes des objets remarquablcs (\Woo dwor th, Psy c h o lo gi e exp é r im enta le, p. 6 z- 61) . Pour \(/oodworth, I'image eidétique esr un phénomène dc nrérrrrirc beaucoup plus que de perception ; elle possède les caracre\r'cs dcs innl;,cs mnésiques, et non pas ceux de la perception. Cette conclu.sion sc rlrl)proche assez de celle de Binet, étudiant la mémoire du jouctrr d'i.chccs

de Brière de Boismont, cité par Taine ; Brière de Boismonr s'esr exercé à imprimer en lui la figure d'un de ses amis, er esr arùvé à avoir une représentation mentale visible, paraissant exrérieure et o placée dans la direction du rayon visuel ), avec la grandeur et les attributs du modèle ; o I'image est vâporeuse et d'une autre nature que la sensation objective..., mais limitée, colorée ,. Taine affirme que des écoles de dessin de Paris entraînent leurs élèves à reproduire de mémoire un ensemble d'objets vus pendant peu de temps ; cerre aptitude se développe : au début, les élèves éprouvent de la difficulté ; l'image disparaît dès que I'objet est voilé ; ensuite, I'image revient et peur être maintenue pendant un temps suffisant pour permettre le dessin. On peut ajouter que les prestidigitateurs développent ce mode de mémoire par image eidétique ; après avoir vu le public d'une salle pendant quelques secondes, cerrains sont capables, les yeux bandés, de décrire les personnes qui composent le public, comme s'ils étaient doués de perception exrra-sensorielle ; en fait, ils utilisent I'image eidétique. L'image immédiate se distingue de I'image eidétique par le fait que l'image immédiate, très proche de la sensarion et de la perception, conserve des caractères concrets dépounnrs de significarion ; dans I'image eidétique, les caractères, tout en restant concrets, sont déjà sélectionnés dans le sens de leur fonction typique et significative (absence des ombres et des détails de sculpture des differentes pièces dans le jeu d'échecs,
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faut avoir entendu soi-même ce Miserere pour apprécier l'ampleur et la pré-

cision d'une telle mémoire musicale.

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IIO IMAGINATION ET I}iN/ENTION
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et découvrant qu'elle contient la représentation du mouvement que la pièce peut faire (n le Fou n'est point telle pièce de forme baroque, c'est fTspnux du essentiellement une pièce qui a une marche oblique v, laboratoire d.e psychologie d.e k Sorbonne, t892, page 44).On peut dire que I'image eidétique est déjà, en un certain sens très élémentaire, le symbole, parce qu'elle découpe la perception et la stylise en fonction du sujet conservant le souvenir. Le fait que l'image eidétique mérite d'être étudiée comme phénomène mnésique n'enlève d'ailleurs rien au caractère particulier de son acquisition. Et I'on pourrait peut-être noter, sous réserve de recherches ultérieures, qu'il existe une certaine continuité entre les phénomènes d'empreinte et ceux d'eidétisme ; les situations intenses, amenant un haut degré de vigilance, favorisent I'acquisition d'une image eidétique qui peut d'ailleurs ne pas concerner directement I'objet créant l'émotion et suscitant la vigilance élevée. Ainsi, au cours d'une conversation téléphonique apprenant une nouvelle importante et demandant des réponses attentives et précises, il peut arriver que l'on acquière en vision eidétique le souvenir d'un détail visuel sans rapport logique avec le contenu de la communication, qui ne demande aucune activité perceptive visuelle : image du filetage d'une vis de l'appareil de téléphone, d'un détail du mobilier, etc. Le plus souvent, les images eidétiques acquises au cours d'une situation intense sont liées à l'objet central et significatif autour duquel s'organise cette situation ; mais si la situation est abstraite et symbolique, intéressant un seul sens, comme dans une conversation téléphonique, I'image fixée peut ne pas être liée à l'objet central et significatif, ce qui montre que la situation n chaude o suscite pour les diftrents ordres d'activités perceptivo-sensorielles un état comparable aux périodes sensibles favorisant I'empreinte.
3. LEs IMAcEs-souvENrRS
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selon la perspective de I'eidétisme, car rien ne permer, théoriquement, de restreindre à la seule catégorie visuelle ces phénomènes d'empreinte perceptivo-sensorielle ; on rrouve d'ailleurs chez Prousr d'autres images eidétiques olfactives, comme celle de I'odeur de pétrole d'une auromobile, noyau d'une multitude d'impressions visuelles, sonores, relatives aux voyages, aux horizons des routes, aux paysages traversés. La reviviscence, selon la description de Proust, se produit par I'intermédiaire de cette odeur, de longues années plus tard, et dans une situation bien difftrente de celle du voyage, puisque le sujet senr I'odeur de pétrole qui monte de la rue alors qu'il se réveille dans un hôtel parisien. (Nous employons le mot n eidétique , en opéranr une cerraine généralisation, car ce terme, à l'origine, ne s'appliquait qu'à la catégorie visuelle.) L'existence d'un centre eidétique actif dans I'image-souvenir se heurte à un argument souvent présenté et devenu classique, celui de I'impossibilité de l'énumération des éléments de I'objet représenté ; en particulier, si I'on demande à une personne déclarant qu'elle n voit , bien le

( TypEs

TMAGTNATTFs

; NorIoN D'IMAGINATIoN REIRODUCTRICE; ) ; LES IMAcES cÉNÉnlquns

L'image-souvenir est celle qui peut réapparaître un temps quelconque fin de la situation perceptive à laquelle elle se rapporte ; l'image est alors I'occasion d'une représentation, d'une reviviscence, caractérisant l'état secondaire et le distinguant de l'état primaire, qui se prolonge plutôt qu'il se représente dans I'image consécutive et dans l'image immédiate. Une question théorique se pose: en quelle mesure faut-il distinguer I'image-souvenir de I'image eidétique ? En fait, le noyau d'image éidétique peut servir de centre actif à une image-souvenir complexe. L'exemple célèbre de la madeleine de Proust pourrait être analysé
après la

Panthéon en imagination, de compter les colonnes qu'elle o voit,,, l'énumération est généralement impossible ; à partir de l'épreuve de cette incapacité, certains auteurs ont contesté le caractère concret des images-souvenirs er ont considéré les descriptions d'images comme un pur bavardage. En fait, une telle épreuve n'est nullement concluante ; les chercheurs qui ont étudié les difftrentes opérations d'analyse perceptive (en particulier le Professeur de Possel, pour consrruire une machine à lire), onr reconnu I'importance des supporrs concrers, des points d'arrêt qui permetrenr au regard qui analyse d'avoir des repères dans I'objet. Il est à peu près impossible, en effer, de compter les barreaux d'une grille, les rangs de briques d'un mur, sans prendre des repères. Quand les hétérogénéités naturelles de I'objet offrent d'ellesmêmes ces repères (un barreau rouillé, un auffe plus mince, erc.), I'analyse perceptive est aisée. Dans un objet réel vu en situation concrère, les hétérogénéités locales peuvenr être importantes er progressives, accompagnant et guidant I'activité perceptive : les colonnes du Panthéon, disposées en cercle, sonr roures éclairées de manière difftrente par la lumière ; de plus, les intervalles apparents qui les séparent, du point de vue de I'observateur, sont en progression ascendante, par I'effet de la perspective, des extrêmes vers le centre. La résistance de ces repères, points d'appui de l'activité perceptive analysanre, n'exisre plus dans I'image, parce que l'image est déjà plus abstraite et plus ( pure u que la perception ; sur I'image menrale du Panthéon, il ne reste plus les ombres ni les détails, les diftrences de reinte, qui individualisent les

IIZ IMAGINATION

ET INVENTION

coNTENU arrectrvo-ÉMorrF DEs TMAGES

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colonnes, donnant une structure interne à la série. Par contre, l'énuméretion des éléments d'une image eidétique reste possible quand ces éléments sont differenciés par leur fonction significative, comme c'est le cas pour un mot écrit (les lettres, en tant que leffres, sont différentes les unes des autres, non seulement dans la perception, mais dans I'image). Les chercheurs de la deuxième moitié du XIX' siècle ont été sensibles aux diftrences individuelles en matière de vivacité et de précision des images-souvenirs ; d'abord, on peut se demander si toutes les personnes ont à un même degré cette capacité de représentation mentale semiconcrète ; mais les descriptions et analyses subjectives sont délicates à interpréter, si on cherche à les utiliser comme base d'estimation absolue pour mesurer le degré de u concrétude , des images des différents sujets. Par contre, une rypologie a des chances d'être moins arbitraire quand il s'agit de comparer, chez une même personne, le degré de vivacité et de précision des images relevant des différentes catégories sensorielles. Cet aspect diftrentiel, d$ù noté dans la littérature et dans les arts, a été signalé par Fechner en 186o et étudié par Galton (r88o). Fechner, demandant à ses sujets d'évoquer l'image d'un objet défini, notait des différences d'aptitude dans cette évocation. Galton avait constitué un questionnaire de la n table à déjeuner o : les sujets étaient invités à évoquer I'image de leur table à déjeuner au moment où ils prennent leur repas du matin, en précisant le degré de définition des objets, l'éclat plus ou moins vif de la scène, le caractère des couleurs (distinctes, naturelles...). Les érudits et les savants interrogés par Galton avaient tendance à répondre qu'ils n'avaient pas d'images mentales; mais d'autres réponses montraient que certains objets (un ou deux, par exemple, de ceux qui étaient posés sur la table) restaient nets dans I'image-souvenir de plusieurs sujets ; après avoir cherché à établir une corrélation (inverse) entre la vivacité de I'imagination et les dons intellectuels, les investigateurs continuant les recherches de Galton se tournèrent vers l'étude des types imaginatifs, selon la diversité des aptitudes de chaque sujet pour I'imagerie visuelle, auditive, etc. Les études de Charcot sur l'aphasie ont montré que telle ou telle classe d'images prédomine selon les individus considérés ; en systématisant ses observations, Charcot a ramené à quatre les ( types imaginatifs ) : type uisuel, type audit$ type moteur, Vpe mixte. Le n visuel o se rappelle un texte en se représentant la page où il est imprimé ; au moment de I'apprentissage, il a recours à des schématisations spatiales, emploie les gravures, les repères colorés, les graphiques ; il a de plus tendance à convertir en représentations visuelles des données

relevant d'autres sens, et trouve, s'il est poète, des métaphores exprimant dit : n les dentelles du son que le fifre découpe o). Hugo employait la gravure, le dessin à I'encre de Chine, avec de fortes oppositions d'ombre et de lumière, pour traduire sa vision de scènes et de situations complexes oir interviennent aussi des éléments non-visuels (par exemple: un orage sur un château accroché au flanc d'une colline escarpée). Il déclarait que les idées abstraites évoquaient en lui des images concrètes : la loi, c'est I'image de juges en robe rouge, la couleur, I'opposition du vert d'une plante et du rouge d'une draperie, la forme, o un bloc rond, une épaule de femme > (cité par Cuvillier, d'après Ribot, Idees généralrt, p.ry).Le type visuel peut d'ailleurs se diversifier selon la prédominance des représentations concrètes des formes, des couleurs, des rapports géométriques, des signes typographiques. Michel-Ange, devenu presque aveugle, employait le toucher pour reconnaître et admirer les statues. Un peintre comme Delacroix accorde la primauté, dans son æuvre, à la recherche des couleurs intervenant non seulement comme éléments, mais comme image, parce qu'elles donnent I'atmosphère de la scène (voir p{ exemple le tableau intitulé < Femmes d'Alger ), tout inondé d'une lumière blonde baignant les objets et les personnages) ; un autre tableau de Delacroix s'intitule o Bataille entre un cheval bai et un cheval bai-brun dans une écurie o. Naturellement, il faut tenir compte de la culture romantique de l'époque (la couleur est un manifeste contre le classicisme de la ligne ; Hugo dit : n je mis un bonnet rouge au vieux dictionnairs o), mais la couleur a chez Delacroix une force significative qu'elle n'a pas chez tous les peintres de la même époque. La mémoire visuelle géométrique concrète correspond à des performances telles que celles des joueurs d'échecs. Quant au type n visuel typographique ), il se trouve chez les personnes qui voient mentalement imprimé chaque mot qu'on prononce ; Bourdon, dans L'Intelligence, p. 44, cite le cas d'un étudiant qui voyait ses propres paroles écrites ou imprimées, n généralement en plus gros caractères que celles des autres o. Fernald (tgo) a montré que I'image proprement ( photographique o d'un mot est très rare ; il n'a jamais trouvé, au cours de ses expériences, un sujet réellement capable de lire les lettres d'un mot d'arrière en avant, sur I'image mentale ; généralement, les sujets à qui on demande ce travail se plaignent que les lettres ne restent pas toutes à leur place, quand ils essayent de lire à I'envers ; les sujets qui ont de bonnes aptitudes pour évoquer les images visuelles arrivent à lire à I'envers quand ils ont trouvé un procédé consistant à décomposer le mot en plusieurs groupes de syllabes et à renverser séparément chaque syllabe. Au contraire,
cette conversion (Hugo

tel que d'épeler le mot d'un bout à I'autre à plusieurs reprises. se répétait intérieurement d'énormes symphonies. conceptuelle . le titre du poème de Hugo o Oceano nox ) constitue facilement une image auditive sans que I'on songe à la signification : n Nuit sur I'Océan . ce n'est qu'abstraitement qu'on peut renverser le cours du temps). comme les noms suivis de l'épithète de nature. cette aptitude devenir image n'est pas directement liée à la significadon théorique. Binet note aussi que les personnes de ce type. se gravent dans l'esprit le son de leurs paroles. comme illustrant les propriétés de I'image eidétique proprement dite . et aussi selon les écoles. I'existence de blocs indissocia- bles qui se répètent dans le texte. dans La Parole intérieure.. comme dit Platon. ces propriétés. l'image visuelle n'est pas assez complète pour permettre de lire dans toutes les directions. les mots n pittoresques . Le rype imaginatif moteur est parfois associé. elle consiste à utiliser des groupements et des localisations . liste des paires de nerfs crâniens. bien que le maximum de sensibilité de I'audition corresponde aux sons habituellement présents dans l'expression verbale et le chant .. zr. généralement des enfants. tout n'est pas également source d'image mentale : il existe des structures privilégiées que même les sujets les moins doués pour les images auditives retiennent sans déformation. généralement et pour les sujets les mieux doués en imagerie visuelle. qui était capable dès l'enfance d'accompagner de mémoire des opéras enriers. la méthode employée pour vaincre cette difficulté est la même chez le n visuel ) ou ( I'auditif o . à la vision neffe d'un groupe inversible de deux ou trois lettres au maximum. Mûller. D'ailleurs. au type auditif. Sans reprendre I'exemple de Mozart.. et on y rrouve ce que l'École de la Gestalt nommait des u significations implicites o incluses dans la structure des noms des personnes et des lieux : Tistet Védène. déjà cité. qui font image . dans l'acquisition. les auditifs se répètent verbalement les noms des chiffres (Psychologie du raisonnement. Stricker a particulièrement étudié le rype moreur. et qu'il faut apprendre.. on la trouve surtout dans les textes composés aux époques où l'écriture était peu répan- due : ce n pharmahon >>. dans I'ouvrage intitulé Du langage et de la musique. les onomatopées sont assez nombreuses dans les Contes. affirme que route pensée s'accompagne d'une sorte de bruit intérieur. se montrent capables de lire à long et inhabituel. ses mots-images. vers) sans recommencer à réciter tout le texte . étaient . On doit noter d'ailleurs que la supériorité du n visuel o ne s'étend guère au-delà du retournement de la séquence allant de gauche à droite en séquence inverse . au nombre desquels se rrouvaienr rous les aspects récurrents des séquences sonores. qui est comme une parole mentale. dans un texte dit. est plus ou moins important selon les auteurs. sont réduites. as-tu du cæur ? ) -à n Tout autre que mon Père l'éprouverait sur I'heure ! . il est possible de citer celui de Beethoven qui. doivent être considérés étrangère inconnue -. Le type o auditif o est décrit par Binet comme correspondant à la traduction en noms et mots des signes utilisés pour une opération faite mentalement. . assonances. sans support graphique : pour faire de tête une addition. même si le sujet a une tendance visuelle très marquée . abstraite. selon certains chercheurs. on peut cependant norer que l'étendue du registre de la voix humaine n'est pas aussi considérable que celle de I'audition. les sons. en lisant à la manière habituelle. Fernald. Pampérigouste. est favorable à la fixation des images sonores . c'est ce que montre l'épreuve du cané d. aux sons. les séquences sonores sont très malaisément réversibles par travail sur l'image mentale . par exemple dans une langue l'envers un mot efl vision eidétique. Selon Mùller. parce qu'il existe un lien entre la représentation auditive et les mouvements permetrant de prononcer un mot ou d'émettre un son . dans I'image mentale courante. devenu sourd. rythme) facilite la mémorisation et permet de reprendre l'évocation à I'un des points d'articulation (strophe. ont constaté que le sujet qui a appris ainsi le carré éprouve d'importantes difficultés à le réciter de bas en haut. pour apprendre un texte. dans une séquence sonore complexe. et celui de Mendelssohn. Daudet a une grande tendresse pour les bruits. c'esr-à-dire cette drogue contre l'oubli. La structuration des séquences (rimes. cité par Cuvillier). et d'éliminer chaque fois une lettre (cette méthode séquentielle unidirectionnelle est comparable à celle que I'on pourrait employer sur une image auditive . au lieu d'être visuels ou auditifs.e lemes. p. Stricker affirmait être lui-même un cas typique . Dans la littérature.. le couplage n'esr donc pas total entre la phonation et I'audition. Binet. tous les sujets travaillent de la même façon. Egger. composé de 16 ou 25 lettres disposées en carré. le sort fait aux bruits. et de plus importantes encore à le réciter en suivant les lignes obliques.rr4 IMAGINATION ET ITWENTION coNTENU eprnctrvo-ÉMorrF DEs TMAGEs rrt les sujets qui n'ont pas de bonnes images visuelles ont finalement recours à un procédé moins efficace. a fait perdre I'usage des procédés de mémorisarion sans support matériel. Il existe un ensemble considérable de procédés mnémotechniques qui utilisent les images sonores : liste des noms des empereurs romains. Les rares cas où des sujets. comme n Rodrigue. si nets en poésie et en musique.

il serait important d'analyser les caractères de I'imagerie de manière moins sensorielle et plus formalisée. leur acquisition. ce qui prouve que leurs images verbales sont essentiellement motrices. Fernald. un écrou. un o auditif n peut imaginer les mots cités en conseryant la bouche ouverte. certains sujets n'arrivent pas à imaginer ces mots. Au terme de ces estimations. devaient exister de riches images gustatives. L'étude de la perception de la causalité par Michofte permet de discerner quelques cypes d'images de mouvement (reptation. sans cependant représenter une inépuisable variété comparable à celle des images sonores ou visuelles . faits d'images et peut-être aussi de sensations de mouvements articulatoires. récurrences . en ce cas. mais la perception n'épuise nullement la réalité du mouvement du corps propre . C'est que nos civilisations ne sont guère manouvrières . sans écrire. ce sont elles qui permettent d'évoquer telle matière.. comme un robinet. les types purs sont rares. tantôt motrices. sable.. mais comment distinguer exactement I'habitude motrice de I'image motrice ? La véritable question qu'il faudrait se poser. saveur de résine d'une aiguille de pin mise dans la bouche. les images sont. Stricker avait défini une épreuve permettant de montrer I'importance de l'élément moteur d'une image verbale si l'on essaye de penser des mots ne pouvant être prononcés qu'en fermant la bouche (comme n bubble>>. velouté. évoquait pour lui des odeurs. Cuvillier estime que chez un gourmet comme Brillat-Savarin. d'autres encore dans la catégorie tactile. bois. étudié par Toulouse en 1897. durée. peut être importante chez certains sujets . Charcot ajoute à ces trois types purs un type mixte : selon leur origine. tantôt visuelles. . Paul Fraisse expose la méthode la plus complète et la plus récente. des chiffres. Ce n'est pas essentiellement I'organe des sens recevant l'information qui détermine à lui seul une classe d'images mentales. le sujet doit estimer quelle image est la plus nette et la plus vive. de constituer à lui seul un rype d'imagination. un peu comme on s'éclaircit la voix avant de chanter. Le Manuel pratique de Psychologie expérimentalc de M. on peut parler d'habitudes . un boulon. il existe des images tactiles. à ce titre. choc. a. insistantes. le phénomène le plus courant est le pouvoir remarquable d'évocation d'images des autres registres que possèdent les stimulations olfactives ou gustatives : odeur de goudron des routes. Bowers. certaines personnes ont besoin de l'écrire. L'image kinesthésique du mouvement est cependant nette dans la représentation de certains objets dont l'usage implique un geste très défini. Selon 'W'oodworth. Pourtant. Naturellement. pour retrouver I'orthographe d'un mot. d'autres dans la catégorie sonore. on verrait alors que I'indice de mouvement (stabilité. séquence irréversible. le rype mixte est en fait le rype le plus commun . beaucoup plus essentiellement. c'est celle de la légitimité du parallèle établi ainsi entre le contenu acteur des images et les contenus percepdfs . les notations olfactives sont fréquentes. il peut y avoir des images de mouvement dans la catégorie visuelle. les mots du registre tactile sont peu nombreux si I'on sort de la catégorie des tissus et de I'ameublement (soyeux. sans besoin réel. Au contraire. aux sonnettes. etc.. la vivacité des images de mouvement liées à ces objets apparaît dans la tendance à agir sur ces objets. mais plutôt d'autres caractères relevant de la situation : configuration stable et simultanée. << utisp r).fi6 IMAGINATION ET INVENTIoN coNTENU erprcrrvo-ÉMorlF DEs IMAGEs n7 presque tous kinesthésiques. Mtller. serait de rype olfactif : la représentation de personnes. séquence réversible. en fait. poussière. terre de telle ou telle consistance. celle de la comparaison systématique par paires entre les images de registre diftrent . le mouvement perçu est. en fait. le disque d'appel de I'appareil de téléphone. altération. chez le même sujet. après avoir mobilisé ce registre de représentations kinesthésiques concrètes par quelques mouvements arrondis du poignet. et des divergences assez sensibles peuvent apparaître. de maisons.). un bouton de sonnette . en se contraignant d'avance à maintenir la bouche ouverte. et constituent un des aspects de l'attachement aux détails concrets du monde et à certaines modalités du travail. On pourrait ajouter que la part motrice de certaines images comme celles des mots. il existe évidemment des réceptions liées au mouvement et permettant de I'adapter aux objets. changement de configuration de la situation) affecte un très grand nombre d'images. de rues. le registre tactile ne paraît pas avoir été jugé digne. aux appareils de téléphone. Il est d'ailleurs possible que certaines personnes représentent une tendance vers un type olfactif ou gustaûf : Zola. à la situation (contrôle moteur et perceptivo-moteur) .. tantôt auditives. plus logique. Enfin. La dominance de tel ou tel type d'imagerie chez un sujet peut être étudiée par des ( tests objectifs d'imagerie > progressivement perfectionnés depuis Binet par Angell. qui porte les enfants à toucher aux robinets. en traitant les images comme des groupements de signaux. Davis. le mouvement des objets dans le champ perceptif . poursuite) qui apparaissent dans les catégories perceptives et peuvent aussi se conserver dans la représentation mentale. auteur de la Physiologie du goût. le classement correspondant à toutes les réponses du sujet est comparé à la manière dont il estime lui-même appartenir à tel ou tel type imaginatif. Dans l'æuvre de Baudelaire. << mutter>>. par les anciens chercheurs.

n de même. Berkeley. éranr données les conditions d'éclairage. er tirage en positif. basané. Les considérer comme génériques. un travail de condensation. mais c'est toujours une main particulière. Aucun effort de pensée ne pourra me procurer l'idée abstaite r. a mérité longuement I'attention et l'étude de la philosophie. Après avoir bien centré et cadré l'appareil (pour que les yeux er la ligne du nez de tous les sujets coïncident sur la plaque sensible). d'organisation qui donne à I'image une signification générique compatibilisant une pluralité d'expériences concrètes . et il est alors possible de chercher à expliquer toute I'activité mentale à partir de cette activité dont l'image générique est un premier résultat. a étudié la possibilité de cette interprétation générale de l'activité mentale. huit. refuse la continuité entre ces contenus percepdfs et la pensée théorique hautement formalisée. Ç's51 Les images mentales sont-elles génériques ou Particulières ? joué la connaissance théorie de rôle en là une question qui. on photographie chaque sujet pendant un dixième de seconde . et ma représentation actuelle n'esr que leur résidu o. de se représenter I'idée des choses particulières qu'il a perçues.II8 IMAGINATION ET IN'r'ENTION coNTENU arrucrrvo-ÉMorrF DEs TMAGEs rrg comme I'avait constaté Betts en r9o9. on peut bien imaginer détaché du corps la main. plus exactement. et si la prise de vue. noir. comme les théories scientifiques). ou. imaginer séparément d'un objet des qualités qui ne peuvenr exister qu'incarnées dans cet objet . c'est affirmer qu'il se produit o dans la mémoire ). droit. On ne peur. C'est la question qui oppose I'empirisme (affirmant la continuité) à I'idéalisme qui. comme dans le cas de I'empreinte. ainsi.ll. par un processus de fusion. agglutinées par leur ressemblance. ou bien si. de sommation. selon Berkeley. elles se sont confondues. fixage. le temps total d'exposition de la plaque sensible est bien d'une seconde en rour. de simplification. sans hiatus marquant une difference de nature entre le contenu des perceptions et celui des idées. constituant I'air de famille reconnaissable. a nié également la continuité. dans le tome II de l'ouvrage intitulé De l'intelligence. avec forme et couleur particulières . arrive à dégager les traits communs. dans les Principles of Human Knowledge. s'il y a dix sujets. vision en Dieu). le nez. en étendant le questionnaire de Galton. et a déclaré ne pas posséder o I'admirable faculté d'abstraire ses idées o . I'image est en ce cas le résultat d'un processus d'induction primaire et concrète . Galton. doit durer une seconde. Considérer les images mentales comme particulières. dans le passage des sens particuliers au sens commun s'effecrue déjà un travail de généralisation et d'abstracrion. ainsi délabrées. on voit que seuls apparaissent nerrement les traits présents chez sept. Descartes a affirmé avec vigueur la discontinuité entre la perception et les principes du savoir théorique (idées innées) . si bien que les détails fortement marqués sonr ceux qui ont bénéficié d'un processus physique de sommation des quantités de lumière successivemenr appor- *- . grand. Cette affirmation est contraire à la conceprion de I'induction chez Aristote . même quand il admet I'origine perceptive du contenu des images. centaure). en se superposant de façon aléatoire à d'autres détails individuels. prenanr plusieurs membres de la même famille. z6o) montre comment s'efFecrue le passage des perceptions particulières aux images génériques. les aurres détails sonr flous. Après développemenr. on photographie sur la plaque unique chacun des sujets pendant une fraction du remps de pose total correspondant à la somme de toutes les prises de vues successives . aucune de ces images particulières n'a survécu complètemenr dans son esprit : < les vingt ou trente résurrections se sont émoussées les unes les autres . Le problème est de savoir si l'on peut passer graduellement des perceptions aux idées abstraites. entre une pluralité de circonstances perceptives d'acquisition et la réapparition d'une imagesouvenir unique. Quand un sujet a vu vingt ou rrenre araucarias. un nez particulier. (o abstrait o ne signifie pas ici o résultant d'un processus d'abstraction o mais hautement formalisé. courbé. historiquement bien déterminée dans l'existence du sujet. en raison du par la réponse qu'on lui donne. I'objet ne peur pas être imaginé sans ses qualités. Huxley pense que les images génériques se consriruenr comme les portraits génériques obtenus par photographies composites selon le procédé mis au point par Galton vers r88o. dix sur dix sujets. par un procédé purement physique d'atténuation des détails individuels et de conservarion des caractères se présentant chez un grand nombre de sujets du groupe considéré. de les composer et de les diviser de diverses manières (homme à deux têtes. le doute méthodique conduit à rejeter aussi bien les idées adventices que les idées factices. pour laquelle il faut alors chercher une origine et une source non-percePtive (innéité. I'idée que je me forme d'un homme doit êffe d'un homme blanc. petit ou moyen. Berkeley ne se reconnaît que la faculté d'imaginer. mais toujours avec une forme et une couleur particulière . Taine. ayanr été photographiés dans des conditions de surexposition telle qu'ils n'apparaissenr que faiblement chacun. Taine (De I'intelligence. au contraire. ce processus ne s'arrête pas à un premier degré. er ce travail se continue dans le passage de l'intellect patient à l'intellect agenr. la pensée abstraite est radicalement differente de la n pensée concrète . c'est faire remonter I'origine de leur acquisition à une circonstance.

au cours de la vie du sujet. une origine absolue dans l'expérience . mais pourranr rattachées à cette ligne de savoir par une sorte de greffe . Les classes inductives. on peut avoir vu des milliers d'arbres sans avoir aucunement une image précise de ces arbres. quand on connaît le cèpe. er le cheminement du savoir concret a plutôt une srructure d'arbre se développant en ramifications de plus en plus complexes qu'une structure de sommation.*. L'image est déjà un procédé de connaissance partiellement formalisé et permettant la généralisation par systématisation analogique. après inversion de r8oo. il fait peut-être partiellement une erreur sur le rôle trophique des racines. de I'empreinte primitive aux étapes successives. avec ou sans poils urticants : le lamier blanc. divise et subdivise une classe en sous-classes. ramifier I'arbre . à travers le véhicule qu'est I'image. mais on pourrait le perfectionner . I'apport d'un savoir nouveau .rues. origine de la classe. quoiqu'il soit un peu rigide. il faut comprendre sa classe est donnée dans CoNTENU arrrcrrvo-ÉMorrF DES IMAGES rzr portée. etc. une refonte théorique du savoir conserve raremenr les cheminements dichotomiques de la découverte. il suffit d'être tombé une seule fois dans une touffe d'orties pour en conserver une image précise. car il exige des coïncidences euclidiennes alors que les êtres vivants ont plutôt une structure topologique. même s'ils appartiennent à une espèce unique dont les diftrents individus sont très semblables. non-superposables aux données de I'empreinte primitive. il constitue. qui travaille sur le résultat actuel d'un processus d'évolution des êtres vivants. et à I'activité de l'image qui. Anglais). s'il ne s'agissait pas d'empreintes successives venant s'embrancher sur une expérience primordiale. en se tota- . comme I'arbre qui. La connaissance inductive par les images a été efficace dans I'Histoire naturelle ancienne. la bouche dans le sol. Il resterait pourtant à savoir si l'induction s'efFectue selon le processus de totalisation par sommation dont les portraits composites sont l'équivalent physique (assez peu différent du processus physiologique de frayage des voies invoqué pour expliquer la formation des habitudes de manière uniquement mécanique chez Descartes). professionnels. pratiquement. ou bien si la dynamique des images se rapproche plus de la croissance des êtres vivants. un véritable mode de calcul automatique. la dichotomie provient simplement de ce qu'il faut rajouter. C'est ce qui explique la dichotomie fréquente en n bons ) er ( mauvais o. il serait difficile d'expliquer la grande généralité de la dichotomie dans la pensée concrète. et voir que l'affirmation d'Aristote selon laquelle u pense jamais sans image n'est pas seulement la reconnaissance d'une infirmité impliquant nécessité d'extraire et d'apprendre . or. le lamier rose. comme l'arbre y a ses racines. se subdivise progressivemenr depuis les maîtresses branches jusqu'aux ramuscules. le réel est habituellement beaucoup plus complexe et plus simultané . la possibilité de progrès indéfini de la pensée. en essayant de former par superposition mentale. au cours des expériences successives qui apportent des caractères nouveaux. à une classe déjà constituée. Par contre. vrais et faux : il a fallu rajouter des sous-classes. la la première expérience. à partir de cette première empreinte. les diftrentes variations du rype d'une espèce végétale ou animale à partir d'une souche primitive s'efFectuent selon un processus de réactions adaptatives à des conditions nouvelles (altitude.. l'image générique des animaux et celle des végétaux. les dichotomies viennent d'empreintes secondaires. ont un germe. C'est l'image qui. l'âme ne lisant. I'empirisme contient et affirme. ce qui est dichotomique. . recommençant chaque année son processus initial de germination manifesté par le tronc. mais il exploite énergiquement les possibilités de systématisation et de découverte de I'image. climat. En fait. reçoit à partir de la souche première (l'empreinte initiale) des embranchemenrs manifestant les empreintes ultérieures venues s'ordonner par apporrs succes- . le procédé fut appliqué non seulement aux différents membres d'une même famille. elle contient aussi I'idée que le savoir progresse à partir de l'expérience. on peut noter que le nombre de présentations des objets n'intervient qu'indirectement dans la formation d'une image. peut-être à cause d'une connaturalité des processus de croissance ou d'évolution des vivants et des modes de développemenr des images. la sffucture d'embranchement est commune à la taxonomie du naturaliste. Avant de rejeter en bloc la thèse empiriste. et pour former aussitôt. par un système analogique. c'esr le nouveau par rapport à l'ancien. mais à des groupes ethniques $uifs. le bolet Satan devient un n faux o .r Ii I2O IMAGINATION ET INVENTION tées sur les mêmes régions de la plaque par les dix prises de . Ce procédé n'a pas été systématiquement exploité. En fait. c'està-dire au fond de concentration du multiple en unité. Quand Aristote dit avec audace qu'une plante est comparable à un animal qui vivrait tête en bas. On peut noter en effet que la connaissance inductive qui servait de base à Aristote par son adéquation avec la réalité objective est celle qui porte sur le monde vivant considéré comme objet d'investigation taxonomique . etc. la classe de ce qui ressemble aux orties. À l'époque. interaction avec les autres espèces) qui présente une importante analogie formelle avec celui de I'image-souvenir s'enrichissanr er se diftrenciant à partir d'une empreinte primitive. Autrement dit. malgré la théorie de Ribot qui adopte Ia conception de Taine et de Huxley sur les images génériques.

C'est en ce sens que la maison paternelle est le modèle de toutes les maisons. De même. tous les individus sont logiquement équivalents comme source d'information . des familles. ils sont équivalents en ce qui concerne leur apport informatif à la compréhension de la classe vers laquelle ils convergent . du recours en cas de détresse. des groupes. il n'y a pas de privilège ni d'antériorité par rapport à d'autres cas .T22 IMAGINATION ET INVENTION coNTENU errecrrvo-ÉMorrF DEs TMAGES rz) sifs partiellement divergents autour du tronc premier. qui est la mère selon I'empreinte originelle. Mais il s'agit là d'une systématisation idéale. d'ailleurs. mais de multiples interactions selon un mode de simultanéité. petit et roux. les divergences déductives. et selon l'induction.la classification des roches. et un troisième comme un araucaria au tronc lisse ou aux branches non recourbées . un autre plus grand et jaune sera vu comme o un grand araucaria jaune ). on sait que les Cygnes ont été considérés comme des Oiseaux nécessairement blancs jusqu'au jour où I'on a trouvé des Cygnes noirs en Australie . des chiens . dans la nature. vraie peut-être lorsqu'on parle d'une connaissance conceptuelle. l'exrension s'esr effectivement étendue. qui ne peuvent être que successifs dans I'expérience du sujet. dans laquelle les traits primitifs continuenr à jouer un rôle majeur. Il en va de même. avant le travail scientifique. onr un sens par rapport à la mère donnée à l'origine. encore peu formalisée. un peu aberrant. tous sont également. oùr la connaissance courante a déjù reconnu. tel chien. avec tous les phénomènes de métamorphisme. une exception en ce qui concerne la couleur. devenant la bonne mère de façon explicite seulement quand les expériences ultérieures onr révélé l'existence de mauvaises mères . a la même importance que tel autre. Si cet araucaria de notre première expérience était petit et verr foncé sur un terreau noir. pour abstraire la définition du chien à partir des différents chiens effectivement rencontrés. Tout en cherchant à expliquer les raisons qui ont permis la réussite épistémologique d'une connaissance par images. grand et blanc . Les expériences ultérieures se définissent par des apports de divergence ayant un sens par embranchement secondaire sur la source archérypale originelle: la mauvaise mère. Cette manière de présenter le cheminement de l'image dans le souvenir par des embranchements asymétriques s'écarte donc assez notablement d'une ligne inducdve rassemblant dans la compréhension de la classe le contenu commun aux différenrs câs individuels concrets anrérieurement rencontrés . dans la même mesure et simultanément. En effet. mais la compréhension ne s'esr pas appauvrie de la caractéristique de la blancheur du plumage . est beaucoup moins nette lorsque les processus de formation. Cette structure d'arbre. autremenr dit. des variétés. le caractère de blancheur aurait dû disparaître de la compréhension du Cygne . dans le processus de déduction exploitant les résultats de I'induction (déduction n formelle . la plus authentique. qui restera la plus vraie. elles sont asymétriques. que la Mère ou le Père sont le modèle de l'autorité ou de la source des biens. I'induction efface I'historicité des apports d'information. Pour prendre un exemple plus âcile à analyser que celui de la bonne mère et de la mauvaise mère. er le Cygne noir d'Australie apparaît comme marginal. il y a un premier araucaria. allant de l'unité des principes à la multiplicité des conséquences. symétrie entre la bonne mère et la mauvaise mère.) : les conséquences sont au même niveau les unes que les autres . et qui sera source ç des normes pour toutes les empreintes successives. est moins perméable à I'induction taxonomique que les espèces d'animaux ou de plantes. le contenu de I'image du Cygne comporre encore la blancheur. logiquement. en fait. une image originelle de cet arbuste régulier aux aiguilles vertes et drues. il importe de se demander si le schéma de I'empirisme rend bien compte du devenir des images. et de manière assez paradoxale. adventives . la belle-mère. pour la compréhension. selon les images . la plus éminente dans le souvenir. malgré les apparences du langage. selon l'image. tous les araucarias que nous avons vus ne sont pas sur le même plan . la mauvaise mère est 1 . particulièrement dans I'image-souvenir. non lorsqu'on veut décrire la genèse de I'image et le mode de connaissance qu'elle donne : les divergences et les convergences des images sont marginales. Pour reprendre l'exemple de I'araucaria choisi par Taine. elle sert de souche aux apports ultérieurs qui modifient I'extension de la classe sans remanier complèremenr sa compréhension. mais il n'y a pas. le schéma empiriste devenu traditionnel semble bien supposer qu'il s'opère une réduction progressive de plusieurs cas à une notion plus commune et plus abstraite (compréhension de la classe) . des lignées. de principe. n'impliquent pas une évolution à étapes successives à partir d'une souche. la classe est déjà donnée avec la première empreinte . L'origine des classes esr contenue dans une empreinte jouant un rôle archérypal de premier modèle. d'embranchements. sont symétriques aux convergences inductives. la mauvaise mère et la belle-mère sonr moins fondamentales que la bonne mère. les differents cas concrets observés sont ainsi théoriquement simultanés et aussi importants les uns que les autres. les expériences successives (en tant que sources d'images-souvenirs) s'inscrivent comme des variantes par rapport à un texte de base dont l'antériorité est respecrée comme un terme de réftrence absolu er une source inépuisable de normes compâratives.

Huxley. accenruée. un ( arbre . à parrir d'une conception de la constitution de I'image-souvenir par embranchement d'empreintes successives sur un tronc commun et primitif provenant de la première empreinte. et partiellement réfractaire même à une élucidation par la conscience . une espèce de monstre. d'une même personne. c'est-à-dire d'un changement de structure. on peut prévoir le processus de saturation de l'image et de formation du symbole . irréductibles les unes aux autres . il est possible que la totalisation intervienne dans les cas où il n'existe pas d'empreinte. il faut que les dichotomies préalables. pour que I'image-souvenir puisse évoluer au point de devenir un symbole. Nous ne prétendons nullemenr que I'hypothèse de la constitution des images génériques par un procédé de totalisation ne rend pas compte d'un certain nombre de processus . mais les souvenirs lointains. elle se présente sous cette forme avec I'opacité d'un véritable objet. c'est-à-dire dans les cas où l'acquisition des souvenirs se fait avec des motivations relativement faibles et resre près du fonctionnemenr de la mémoire immédiate. et que le souvenir. le restituer. il s'agit plutôt de ce que l'on nommera plus tard isomorphisme (Théorie de la Forme) que d'une véritable induction impliquant réception passive des données reçues par la perception. pour prolonger la métaphore photographique.ç r24 TMAGTNATION ET II{VENTION . L'image devenue symbole condense une expérience contradictoire . on peut dire que I'action du révélateur a lieu après chaque apport de I'expérience. soienr t . et qui le rend difftrent d'une totalisation comparable à celle du portrait composite. or. consriruant les classes de totalisarion. avec un équilibre inrerne qui constitue la cohérence mais aussi en même remps la tension de ce système. '.i lL ffi! . fondatrice de la classe. er se développanr à travers une série d'empreintes successives qualitativemenr difftrentes. de contrefaçon de la mère. liant énergiquement l'être vivant au milieu. la connaissance selon I'image est donc differente de la connaissance inductive classiquement décrite. I'image d'une personne aureur d'une longue liste de bienfaits et d'une aussi longue liste de méfaits n'est pas du tout la même que celle d'une personne qui ne fait ni bien ni mal. d'images-souvenirs développées à partir d'une première empreinte tend à devenir un symbole quand les tendances opposées des empreintes successives amènent la structure primitivement asymétrique (la mauvaise mère comme cas aberrant de la mère primitive) à un état de symétrie où I'image est un couple de qualités incompatibles et pourtant liées ensemble (la mère qui est à la fois bonne et mauvaise. source de vie et menace d'absorption niant I'individu-enfant). homogènes les unes par rapport aux autres dans I'une des voies dichotomiques. qui fait sortir toute la vie mentale des images et de leurs relations. le processus de totalisation décrit par Taine. c'est I'hétérogénéité des empreintes rattachées à une même source qui donne au symbole sa rension interne. Ce couple de qualités incompatibles et pourtant liées exprime l'état de sursaturation de l'image-souvenir. a recours en fait à I'idée d'un processus de développement analogue dans le cas des phénomènes naturels et dans celui des images mentales. état métastable qui est la condition nécessaire de I'invention. ouvre le registre de deux images génériques séparées de totalisation . d'autre part. inversement. et des situations comme enveloppantes . équivalent de l'objet comme concret. Ainsi.s tf il tr ffir e& &F +i* isr *i :l empreintes relatives à cet objet. dans le tome II de l'ouvrage intitulé De I'intelligence. Enfin. peut exister à l'intérieur de la constitution progressive de l'image en progrès vers l'état de symbole : quand les dichotomies principales sont efFectuées. il faut qu'elle condense une expérience intense. On doit d'ailleurs noter que Taine. Ribot. au lieu de rester à l'état d'organisation latente jusqu'à la fin de la série. si les bienfaits er les méfaits interftraient dans un unique registre. Enfin. n'attendent pas pour trouver leur organisation que toutes les n prises de vues o successives et partielles aienr pu avoir lieu . d'une part. surchargé par les empreintes successives qui constituent ainsi une série dans laquelle les aPPorts nouveaux peuvent entrer en conflit avec les apports anciens sans les effacer. qui ne peut être connu et pensé que par réference à la mère originelle et authentique. La caractéristique épistémologique la plus importante de I'image-souvenir est l'indépendance de l'extension par rapport à la compréhension . le symbole est aussi le chemin vers I'objet. nourricière et captative. les expériences. à partir des traces. en ce sens qu'il est un moyen pour le susciter. I'image-symbole attache le sujet aux événements dont il a le souvenir complexe. et le fait dépendre de ces événements dont il conserve un fragment réel et représentatif. peuvenr se recouvrir et effacer ainsi partiellement leur individualité historique : la liste des bienfaits.t T CoNTENU errectrvo-ÉMorlF DEs IMAGES rz. et des méfaits. est corrigé er remanié à chaque nouvel apporr d'une expérience inrense. Et les ffaces sont efficaces pour susciter I'objet quand tous les diffërents aspects de I'objet sont simultanément représentés dans le système des t s ri i 3 ::- i t. irréductible à toute ( attitude de conscience ). forrement accentués émotivement' et par ailleurs relativement pauvres en information. resrant perpétuellement neuffe . restituant la compatibilité dans un système nouveau. pour que les totalisations puissent s'effecruer. ils s'effaceraient les uns les autres . ( contre nature )).

empiristes correspondent à des mémoires partielles . soit employer le corps comme ob. apportant d'autres satisfactions mais faisant perdre la sécurité et les satisfactions rattachées à la dépendance. t . L'TMAGTNATRE coMME MoNDE oBJETS-SYMBOLES oRGANIsÉ . Pour reprendre les expressions employées plus haut. représentation inconsciente qui est sous le complexe et constitue I'un des organiseurs du développement psychique : I'Imago organise des images et des pensées . la mère est représentée comme une espèce de lieu de repos. Le symbole induit des c. La tendance du symbole à se développer en action manifeste la tension interne que recèle le groupement de caractères divergents . de l'Italien. aussi la connaissance selon les images entraîne-t-elle la substitution possible d'un individu à un autre comme support de la responsabilité (otages. la simultanéité tendue de ce couple divergent d'aspirations s'exprime symboliquement dans le désir de la mort lié aux formes précoces de lien avec autrui . peut donc avoir les propriétés d'une image générique. NorIoN D'IMAGo . se sont manifestées I'une après I'autre dans leur pleine expression. une nation . revenant sur le caractère absolument premier du rapport à la mère. au sein du moi. la connaissance selon I'image confond I'individu et le groupe . vourrs ET L'image-souvenir. soit recruter ou même construire de nouveaux objets qui sont des analogues de la réalité représentée par I'image. p. c'est pourquoi le développement de I'image dans la direction du symbole s'efFectue de la même manière. on pourrait dire qu'une dichotomie se produit au moment où la possibilité d'autonomie vient se greffer sur la relation primitive à la mère . par des conduites et des attitudes. 8S-S9). L'Imago est symbole parce qu'elle renvoie à une réalité autre que celle du moi. le sevrage correspond à la naissance de I'autonomie. a un contenu mental analogue à celui de l'image d'une personne : le caractère générique de la portée d'une image disparaît quand I'image est constituée . de cette liaison. de I'Américain. et elle peut renvoyer à cette réalité autre parce qu'au lieu de résumer et de condenser linéairement les expériences successives. I'Imago est la figure d'équilibre qui rend symétriques I'indépendance et la liaison à la mère. retour à une existence intra-utérine . le passage progressif de l'image au symbole se fait par interaction entre ces mémoires partielles : I'image est antérieure aux empirismes partiels et elle se développe en allant plus loin que leurs effectuées par un mode plus implicite et plus résultats. EN euEL sENs L'IMAGo Esr uN syMBoLE Lacan (tome VIII de l'Encyclopédiefançaise) nomme Imago I'entité paradoxale. l'Imago du sein maternel qui est à la base du complexe du sevrage. Telle est. et par rattrapage. par exemple et en particulier. mais cette action peut soit s'exprimer directement. vraiment marginale par rapport à la relation à la mère. la représentation inconsciente qu'est I'Imago du sein maternel correspond à la dualité simultanée de la liaison étroite avec la mère.IVENTION : CoNTENU errBcrrvo-ÉMorrF DEs TMAGES tz7 primitif de mémoire. met cette relation sur le même plan et au même niveau que I'indépendance. tant que la possibilité d'autonomie reste asymétrique. il ne se crée pas une Imago .). occasionnelle. selon la perspective qui vient d'être évoquée. elle les concrétise et les condense en une entité paradoxale qui est Ia manifestation. et est ainsi à la base de certaines structures dont le complexe est un facteur concret. etc. et du désir d'affranchissement correspondant au développement personnel de I'enfant . elle rend compte d'attitudes manifestant le næud de forces contradictoires qu'est tout complexe. et de manière asymétrique. r. La situation d'origine de I'enfant humain est la relation d'extrême dépendance vis-à-vis de la mère . pour tel individu. l'Imago se constitue comme une figure d'équilibre tendu qui. I'image de I'Anglais.ro 126 IMAGINATION ET II. en fait. de renoncement à I'individualité séparée (voir le cours de Madame Favez-Boutonier sur L'Imagination. L'Imago réunit donc en un équilibre tendu et symétrique deux situations qui. I'image est antérieure à la répartition des tâches entre ces mémoires partielles. en faisant après-coup. de nirvana. que l'image soit celle d'une personne unique ou d'un groupe . mimique expressive). un groupe ethnique. celle les processus décrits par les théories qui correspond aux empreintes . sans construction intermédiaire.iet intermédiaire (imitation. sans que la source de l'information soit constituée par une pluralité d'individus de la classe envisagée : ce peut être un individu aussi bien que la pluralité d'individus constituant une famille. objet d'aspiration. une dépendance éprouvée comme menace et danger d'absorption. et au cours de l'expérience. et même de plusieurs images génériques en relation d'interaction. du rapport réel avec autrui comme source d'altérité.

Enfin. la Nature . orgueil et humilité. vivement attirante. elle est par avance le résumé exhaustif des rapports concrets.. la mère pensées.) qri ne peur être formalisé par la simple bipolarité d'un spectre qualitatif continu. Simplement. Mais il ne semble pas qu'il y ait de diftrence de nature entre une formalisation de type primaire. Dans la perspective de Lacan. I'Imago maternelle est la réunion en couple simultané des deux perspectives successives du rapport avec la mère. moins insérées dans I'action du groupe. même s'il faut admettre que la réalité du symbole est plus complexe que celle de l'image. l'intrus. comme celle du spectre des qualités et attitudes entre deux termes extrêmes opposés (comme la vie et la mort. etc. de la Loi. tension entre des termes extrêmes.dipe. grâce à la dualité des termes extrêmes. parce qu'elles résument les changements de situation provoqués par le développement du sujet dans son rapport à une même personne . selon des modalités moins universellement collectives. elle condense et réordonne l'expérience pour en faire un mode d'accès universel à une réalité donnée.. Mais les srrucrures binaires aussi permettent la communication. I'Imago comme organiseur est bien déjà un symbole élémentaire. parce qu'il marque les termes extrêmes de I'expérience. Pour Mircea Eliade. la Société. en particulier. la marâtre . et le rival. et constitue donc aussi un mode d'accès à la réalité symbolisée. du point de vue de l'enfant. il existe une difference entre I'image et le symbole. le salut individuel dans une religion . il existe un cerrain raccordement qui rattache au sein d'une même culture les srructures binaires individuelles aux structures ternaires impliquanr la présence de la Société. mais nécessite une structure au moins ternaire. des images. la dualité. plus elle peut accueillir d'expériences. les symboles formalisant des rypes d'empreinte où intervient. comme celle du complexe d'G. Toutefois. la dichotomie de la vie et de la mort individuelles s'y . des attitudes 1 1 : 4l . le mode binaire répond à la succession temporelle de l'hétéro généité des attitudes et des rapporrs dans une situation qui se modifie.. la Loi. alors que les images se réêrent à l'existence individuelle . richesse et pauvreté. qui est à la fois une réplique du moi. Elle formalise la série aléatoire des empreintes. à partir du sujet. une formalisation bi- naire ouvre une classe plus large pour I'interprétation de I'expérience qu'une formalisation ternaire. Naturellement. er n'impliquant pas le même degré de vigilance : les contes et légendes. puis le complexe d'CEdipe. L'Imago n'est pas seulement le résumé de l'éprouvé . l'Imago. contient virtuellement tout l'éventail des situations possibles par rapporr à un être déterminé . la présence efficace d'un tertium quid (le Père. L'Imago est symbole parce qu'elle fait passer du spectre discontinu de I'expérience historique au spectre continu des possibles contenus entre des termes extrêmes antithétiques . parce qu'elles formalisent I'expérience de l'interaction et donnenr un terrain d'universalité correspondant à l'expression intellectualisée. en plus des variations de la relation à autrui formalisables en spectre continu. parce qu'elle contient en représentation. le symbole est surtout religieux. c'est bien d'une formalisation qu'il s'agit dans les images et les symboles faisant le fond commun d'une culture. qui sont comprises entre les termes extrêmes inclus dans I'Imago (ici. comme source de toute subsistance et la mère comme anéantissement de I'individualité de l'enfant) . Lacan cite d'autres complexes et I'Imago correspondante : au complexe de I'intrusion correspond l'aber ego. alors que les images expriment une dualité de personnes. Les structures ternaires permettent effectivement aux individus d'un même groupe de communiquer. adulte. il peut tour contenir. de la Divinité : tel est. une gamme de possibilités qui la rendent capable de correspondre à toutes les situations réelles du rapport à une réalité : la mère. il peut paraître étrange de considérer des modes primaires de pensée comme des formalisations. la bivalence contenues dans I'Imago expriment la dualité réelle d'autrui et du sujet. déploie un large spectre de relations possibles jalonnées par des situations effectivement éprouvées. le symbole apparaissant au niveau des complexes où il y a trois termes (complexe d'CEdipe). elle marque le début de la réversibilité vers I'action. Plus une formalisation est élémentaire. consciente ou non-consciente. tandis que la formalisation rernaire implique une simultanéité objective et une pluralité dans le champ des objets (par exemple le père et la mère simultanément présents par rapport à I'enfant et en rapport entre eux comme couple en même temps qu'ils sont individuellement en rapporr avec I'enfant). en particulier selon la perspective des études de Mircea Eliade. pourrant. un moule d'images appartenant au passé de I'humanité (et peur-êrre à des étapes pré-humaines du devenir de I'espèce). L'Imago est symbole parce qu'elle ramène à I'objet dans toute l'étendue de ses manifestations possibles.F . cette distinction revient à peu près à dire que les images sont plus primitives que les symboles. . les myrhes. la dépendance et l'autonomie) et une fôrmalisation formalisation plus plus complexe complexe faisant fâisant intervenir une structure ternaire. vigilante et consciente. I'Imago. 728 IMAGINATIoN ET INVENTIoN coNTENU errucrrvo-ÉMorrF DEs TMAGEs rz9 qui rejoignent autrui de manière bivalente. oscillations de la Némésis). Mircea Eliade reprend à peu près l'idée d'archérype de Jung: l'archétype est comme un schéma de I'imagination. le rapport bipolaire entre la vie et la mort enveloppe rout . présentent parfois des structures binaires (l'ogresse.

il importe de signaler la théorie de Piaget qui. elle n'apparaît vraiment qu'à un niveau oùr il y a au moins le jeu. l'éternel) qui est supérieur et antérieur à l'autre. Ortigues sur Le Discours et le symbole. car il y a symbole dès qu'il y a formalisation des empreintes . il est nécessaire. ne peuvent recevoir leur formalisation que dans de telles structures de conversion entre la forme binaire et les formes plus complexes. le registre de l'individuel est binaire. utilise des symboles manifestant I'affectivité (intentions. simples adjuvants au début. nie la distinction entre la fonction imaginaire et la fonction symbolique: il s'agit de la pensée irréfléchie. dans L'Imaginnire. er par là même un pouvoir symbolique. celui du rappoft au moi. une symétrisation des empreintes. permettant les correspondances . il vaudrait donc mieux parler de n symbole binaire )) ou o symbole ternaire o plutôt que d'image dans le premier cas et de symbole dans le second. parce qu'elle met l'accent sur le râpport d'existence et d'action entre l'objer et le sujet qui se risse à travers image ou symbole et non. Ce que nous voulons dire. une activité de construction qui fait qu'elle n'est pas le simple prolongement de la perception : n l'image simple est une imitation intérieure de I'objet auquel elle se rapporte. condensant et organisant en système de compa- . si l'on peut dire. elle se fait de manière progressive par le recours à des objets qui. faute de temps. déjà dans I'image. temporel-éternel) qui est. voir le cours sur L'Imagination par MadameFavez-Boutonier. (Pour une étude des diffërenres carégories de I'imaginaire et une discussion de la terminologie. z. le jeu. tout en maintenant dans une perspective génétique la distinction entre I'image et le symbole. I'interprétation de Sartre est extrêmement intéressante. I'image-souvenir peut déjà recevoir une formalisation. rattache la distinction entre image et symbole à celle qu'il établit entre les fonctions d'accommodation et les fonctions d'assimilation . font la transition avec les concepts . et donnant la signification. d'envisager quel rôle jouent les objets employés comme supports ou instruments de la formalisation symbolique. comme le sacrifice. plus tard. créé-créateur. serait-il même possible d'acquérir des symboles ternaires permertant la communication avec autrui sur un mode universel ? Le monde de I'imaginaire individuel prépare l'accès au registre habituellement nommé symbolique . Donc. correspondant à la vie individuelle. c'est qu'il s'opère une véritable formalisation implicite des images selon les dimensions les plus simples.) Sartre. qui vise la possession de l'objet. Par contre. le créateur. le propre de la fonction symbolique est la connexion entre des signifiants et des signifiés . L'apparition de l'invention dans I'activité humaine n'est pas une nouveauté absolue et brusque . la joie et la tristesse. dans La Formation du symbole chez I'enfant. ces structures de rattrapage sont aussi des structures de conversion. dans la perspective d'une étude ultérieure de I'invention et de la création. et particulièrement le commentaire de la thèse de M. mais il comporre bien une formalisation des expériences. Les actions éthico-religieuses de passage et de transformation de soi. les symboles stabilisés par les conventions. comme la plupart des doctrines. La théorie de Piaget. quelle que soit sa portée. sur les rapporrs de signification permetrant de rapprocher plus ou moins images et symboles des signes. les images étant plus primitives que les symboles. I'imaginaire individuel reflète des conditions très universelles d'existence dans la mesure où il exprime la vie et la mort. particulièrement. prennent de plus en plus de relief et d'indépendance en concrétisant. permettant. n'exclut pas la possibilité de formes de transition entre images et symboles. cette formalisation donne déjà aux images une signification et une portée symboliques. y compris celle de Husserl. la santé et la maladie. puisqu'il s'agit d'une vie et d'une mort éternelles . même quand elle concerne l'individu seul ou son rapport très primitif au parent . la conversion du binaire en rernaire est rendue possible par une structure intermédiaire (sacré-profane. le plaisir et la douleur. mais elle s'insère dans une structure plus complexe du point de vue du terme privilégié (le sacré. désirs) .Fectives entre elles. car elle n'est dichotomique qu'à l'un de ses termes extrêmes. comme le rêve. à double enrrée. La distinction entre image simple et symbole correspond à I'accès au niveau de la représentation : quand les images admettent l'établissement de correspondances af. mais il existe. le passage au niveau symbolique s'efFectue . en particulier par le langage. nécessitant une étude spécialisée qui est laissée de côté dans ce cours. t'onyET-sYMBoLE Le cas pur de l'image ou du symbole comme réalités mentales ne pourrait être entièrement étudié qu'en faisant appel à l'analyse de la rêverie et des rêves. si les symboles binaires n'étaient pas formés. de même que l'imitation extérieure est une copie directe du modèle au moyen du corps propre ou de mouvements projetant les caractères imités en une reproduction matérielle o. c'est-à-dire sous forme d'un spectre continu de rype binaire. selon Piaget. Bien que la définition de la n conscience imageante n de Sartre puisse être discutée. 92 et suivanres.I3O IMAGINATION ET INVENTION coNTENU errncrrvo-ÉMorrF DEs TMAGEs r1r retrouve dans un contexte de surnaturel. Enfin. p. I'assimilation du réel au moi.

la mémoire fournit. La fonction symbolique de l'imitation. Chaque culture définit d'ailleurs la classe d'objets permettant la participation selon le mode du transfert d'appartenances . la remémorarion des bonnes et des mauvaises notes. combien elles adhèrent aux symboles . de nos jours et en France. les demeures jadis habitées par un personnage célèbre ûouvent plus âcilement des acheteurs à un prix élevé. mode d'accès par le savoir conscient. si bi. les concepts les plus fréquemment utilisés par le maître dont le souvenir esr en même temps consacré et profané par I'imitarion. s'imprégner du savoir du philosophe . elle suscite l'objet mimé et le fait vivre par évocarion. qu'il est joué. selon le mode de la participation par possession d'objets. après la mort de ce sage. on voit le corps propre servir d'objet intermédiaire quand il s'agit. manipulés. prêtent i.r. les imagines des ancêtres. c'est le bon et mauvais maître qui revit p"r. c'est le spectre entier du souvenir qui se réincarne. Un auteur ancien se moque de I'admirateur d'un sage qui.r. l'évàcation des disparus s'accompagne d'un certain effet d'induction de leurs habitudes.r3Z IMAGINATION ET INVENTION les coNTENU epplcrrvo-ÉMorrF DEs IMAGES rJj tibilité une pluralité de fonctions simultanées et successives. dans la fonction de souvenir et d'évocation. est plus forte que la répugnance à porter des vêtements qui ne sont pas neufs. Dans les funérailles de la Rome anrique. pourranr. sans doute parce qu'ils . mais aussi mode d'accès selon une opération d'influence qui prend sens dans I'opération magique. si minime soit-elle. conseryés. mais la recherche de participation à la vie d'une personne célèbre et admirée. lés star. ses tics. comme des fragments de vêtement. De la même manière. un éclat de pierre. comme celle que Chateaubriand rapporta du Jourdain. des normes. i * 4 s j . et la croyance en leur force opérante est si forte qu'elle peut produire des mouvements collectifs puissants: au moment oùr Lindbergh se posa au Bourget après avoir traversé l'Atlantique. mais toute I'ambiance du temps où cette promotion écoutait ses leçons : rous ceux qui symbolisent ainsi en imitant sont membres d'un groupe. telle ou telle manière d'utiliser les schémas dialectiques peur resrer indissociable de I'image du professeur qui les a enseignês. il s'agit bien d'une caricarure multiforme plutôt que d'une photographie uniforme . emportés. le cortège était précédé de mimes qui évoquaient la mémoire du disparu en repioduisant sa manière de marcher. _ Le premier. par l'intermédiaire du lien de propriété . un peu d'eau d'un fleuve.r. notre culture est pourtant globalement défavorable à l'emploi d'objets achetés d'occasion . quand elle est employée de façon inrense. dans des conduites moins purement réflexives : certaines maisons. ces objets symboliques. tous ces éléments interviennent dans la célébration du passé. car cette réalité est privée de I'une de ses parties.oi. et il constitue un mode d'accès à cette réalité. les sectateurs des grands maîtres sont en général moins matériellement idolâtres. les vêtements et les maisons occupent une place éminente comme objets intermédiaires. Selon les catégories du souvenir devenu image-symbole. avec le meilleur et le pire. à rravers l'image. entre anciens élèves du même professeur.rporrd bien à la reviviscence du souvenir . Mais la recherche des appartenances est courante. des paroles qu'ils auraient prononcées dans telle ou telle circonstance .r.i ïi t: { t I $ . qu'ort peut éprouver I'impression non de penser par soi-même mais de s'exprimer à la manière de ce professeur lorsqu'on emploie les mêmes schémas : I'activité d'expression. et en particulier I'activité verbale. les tournures expressives. et il s'effectue ainsi partiellement une assimilation au sujet. persuadé qu'il pourrait.. considérée comme vulgaire. des choix qu'ils auraient faits. des triomphei et des humiliations . la foule se précipita sur le héros pour le porter en triomphe. les gestes habituels. En dehors du corps propre. en étudiant à la lueur de cette lampe. mais aussi sur le Spirit Of Saint-Louis pour en arracher des morceaux afin de les conserver comme souvenirs. tout ce qui constituait la caricature motrice et les attitudes individuelles appartenant en propre à cette personne. On nomme < souvenirs . comme si l'objet mimé prenait possession de celui qui mime. revendent des robes ou des manteaux ayant appartenu à des actrices . les objets intermédiaires les plus facilement mobilisables sont ceux qui peuvent être détachés. par usage d'un symbolon matériel. c'est retenir quelque chose de la réalité à laquelle on l'emprunte. liés par une espèce de rituel : le ton de voix. Notre culture restreint I'aitivité mimétique.i' T :1 & t leur substrat concret à ces aspects abstraits d'une évocation intégrale à travers le corps propre comme objet intermédiaire le plus disponible. !6 . les appartenances d'une personne sont en une certaine mesure en relation symbolique avec elle. une boucle de cheveux. le ffait est sans doute inhabituel en matière de pensée philosophique .orr. et elle induit l'imitation mimétique prenanr le corps comme objet intermédiaire. de faire revivre non seulement l'enseignement du professeur. . le souvenir est un analogon de la réalité sur laquelle il a été prélevé.. De nos jours . I'accent. acheta sa lampe d'argile. On peut nommer objets intermédiaires ou analogues. on peut noter d'ailleurs combien les significarions sont [éàs à des conditions concrères d'activité. Prendre un souvenir-symbole. le plus facilement utilisable de tous les objets intermédiaires est le corps. dans I'imitation expressive. Cette activité du mime avait le même sens que les portraits.

Ce sont précisément ces organes de manifestation qui sont recrutés en premier comme symboles. mais la logique implicite des images permet précisément cette croyance au transfert du pouvoir par le moyen de I'objet prothétique. sont comme des enveloppes du corps propre . avec les organes de base. portée par un organisme comme le sceptre au bout du bras . dans les espèces dont les phanères ne sont pas aisément modifiables. ils expriment l'insertion du corps dans le monde extérieur. et aussi parce que. généralement plus durables qu'une simple acrion. tout ce qui est mobile. l'objet prothétique est alors aussi bien centripète que centrifug. selon un mode ( sauvage . strictement. appeler un complément instrumental prothétique qui fixe et immobilise en symbole matérialisé (donc détachable) le médiateur de la manifestation . Dans une catégorie voisine. ils matérialisent et expriment ses limites. par là. I'arme symbolique est à la fois une menace contre le sujet et un objet qu'il peut prendre en main pour menacer autrui. la manifestation. ses possibilités d'action . et qui forment des instruments ou un territoire : c'est la catégorie des organes ou mouvemenrs de manifestarion. car la manifestation du pouvoir apparaît dans les attitudes et les phanères. ils se raccordenr au monde. peut être perçue comme indépendante de ce sujet. a tendance à être choisi comme objet intermédiaire conservanr des propriétés absolues . ce qui. ils expriment les < points chauds . détaché de tout organisme. est à peu près comparable à la croyance selon laquelle la corde de pendu porte bonheur . et aussi parce que leur relative extériorité leur permet d'être surchargés artificiellemenr de vernis. Les armes d'un guerrier. ce par quoi ils s'articulent de manière efficace er remarquable avec le mode naturel et social. parce que le porteur du sceptre s'évanouit alors que le sujet le prend en main . ce fait que la perte de I'objet prothétique soit comme une mutilation pour celui qui savait l'employer n'amène pas comme conclusion selon une logique conceptuelle la possibilité d'un transfert de force ou de pouvoir à n'importe quelle autre personne ayant pu s'emparer de I'objet. remplaçant la série linéaire et discontinue du souvenir. et celui que le sujet charge de transmettre au monde le pouvoir de son propre organisme . la suppression de l'objet-instrument enlève au corps l'un de ses pouvoirs. s'adresse au sujet. Naturellement. Ce statut intermédiaire entre celui d'un organisme et celui d'un objet du milieu rend possible la formation du symbole à partir de la manifestation perçue à travers un objet. La manifestation. liés à I'extérieur et chargés d'expression plus que les organes nécessaires à la vie. d'une manière très différente de celle des organes essenriels. en effet. de même. et les objets du monde extérieur soumis à manipulation. puis les objets de collection. car les phanères manifestenr une capacité relationnelle de I'organisme. travaux d'amateurs. Il existe ainsi une catégorie de réalité intermédiaire entre I'organisme comme Éalité autosuffisante et nécessaire. comme organes de manifestation. le mode d'être des organes de manifestation peut. les deux sens. est déjà virtuellement détachable de I'individu pour continuer à exprimer sa force. le sceptre d'un empereur sont des appartenances très directement symboliques parce qu'elles prolongent de manière prothétique les organes de manifestation. est assez souple et mobile pour servir à I'expression. diftrents rypes de coiffirres) . dans des fonctions telles que la respiration ou la nutrition . sans apprentissage préalable .I34 IMAGINATION ET INVENTION coNTENU errBcrrvo-ÉMorrF DES TMAGES t1. Ces objets sont des points remarquables. Le symbole . devient ainsi progressivement symétrique. ses frontières acrives . parce qu'elle déborde vers I'objet le sujet qui manifeste. des rermes extrêmes de la réalité . une attitude. dessins. dans les organes moteurs proprement dits . et existent pour l'extérieur et vers I'extérieur. n'est univoque que lorsqu'elle est orientée. I'idée que les cheveux et les ongles détiennent de la force vitale. et parfois liés de manière *i. et non pas. mais le sceptre devient symbole quand il est à la fois dirigé contre le sujet et dirigé par le sujet vers le monde .. les deux orientations se croisent et déploient entre elles le spectre continu des occasions imaginaires d'expérience. t le sceptre perçu est dirigé en un seul sens . de parures et bijoux. ce sonr des effecteurs qui ne portent pas sur des objets. porté par autrui. qui n'opèrent pas sur le monde. organisation. on rrouve les objets directement produits par une personne : leftres manuscrites. est en même temps celui qui. et d'être traités dans le sens d'une intensification ou d'une spécialisation de leur fonction perceptive (ongles longs. visible. de couleur. à un rang. dans cette même mesure. ils sont suivis par les objets d'usage comme les meubles. de perception et d'action . les organes de manifestation se raccordent de manière continue au vêtement et à la parure (perruques) . mais qui manifestent et affichent un mode d'être. à I'origine vivement asymétrique. un étar. c'est aussi la manifestation qui forme I'amorce du souvenir tendant à restituer I'objet et la situation . parce qu'ils sont détachables sans nuire à la vie. L'image-souvenir.. la fonction symbolique est en conrinuité avec celle des phanères dans les diftrentes espèces. des situations et des êrres. dans la liaison prothétique. même détachés du corps. le sceptre est une figuration matérialisée de la u main de gloire o à I'index étendu. 1' profonde à une fonction. comme les cheveux et l'extrémité des membres. du corps. elle devient un système tendu et métastable quand le même objet prothétique. les cheveux et les ongles ont la vertu des extrémités .

qui ne sonr pas faits de l'équilibre entre deux orientarions opposées se neutralisant provisoirement. au lieu de laisser flotter I'univers des symboles entre le monde des objets et le sujet. on pourrait dire. les rend disponibles. elle est la tension entre ces deux images. modificatrice des structures.. Le sujet en qui la majorité des images se convertit en symboles perd partiellement ses souvenirs en tant qu'historiques. créatrice. s'interposant entre le vivant et le milieu. en I'insérant dans le monde objectif et dans la régularité sociale . tout comme celui de I'arme menaçante dans la main d'un autre. . leur capacité d'expression. avec des objets orientés ayaît un sens défini et univoque par rapport au sujet lui-même . ils traduisent aussi bien la force des choses que les virtualités d'action du sujet . celui de symbole. le successif devient simultané. tandis que l'image est issante et non passante.86 TMAGTNATToN ET rNvENTroN coNTENU eprEcrrvo-ÉMorrF DEs IMAGEs rj7 est une apPartenance ayant srmultanement est simultanément plusieurs plusleurs propnétalres propriétaires et plusieurs orientations vers I'objet. la direction particulière de la manifestation a perdu son univocité originelle devant la dualité possible des orientations. pour l'employer comme mode d'accès dans I'opération analogique d'invocation ou d'envoûtement . mais il s'agit d'une extraction des éléments de manifesrarion à partir des situations complères . mais ayant conservé leur pouvoir. les arts pratiquent un certain exorcisme qui. chargé de toute l'énergie potentielle d'un système métastable. I'image-souvenir tend vers le sratur de l'objet. Par là. Comme exemple supplémentaire. se concrétisent pendant que le souvenir des organismes porteurs et des circonstances particulières se fond et s'estompe. les symboles peuvent être pris pour du réel objectif. chargés de sens et de force . L'évolution de l'image-souvenir vers l'état de symbole esr un certain processus d'abstraction. la magie puise dans l'imaginaire des moyens d'évocation ou d'influence en matérialisant des symboles qu'elle réindividualise. prêt à amorcer un changement de structure. particuliers. en essayant de le rendre à nouveau concret sans continuer le cycle de l'image qui s'est formalisée en symbole en perdant les attaches du souvenir daté et personnel. détachés des circonstances empiriques de leur apparition. baptise d'un nom propre. ce qui fait qu'ils ne peuvent adapter le sujet comme organisme agissant à son milieu. La formalisation du souvenir qui donne le symbole est I'opération qui transforme les objets < issants o. Dans les maladies mentales. productive. on peut prendre celui de la croix : elle est souvenir tant qu'elle perpétue la mort du Christ . âit d'eux les pierres d'attente de I'imagination inventive . leur capacité d'indiquer des potentiels.. le voult est un analogon de l'être à envoûter. L'image-souvenir est devenue un symbole quand l'orientation. construit avec le plus grand nombre possible d'objets-symboles empruntés à l'être réel. les symboles sont des o objets absolus . Le monde des symboles est une espèce de pandémonium flottant entre la situation d'objet et celle de sujet. ce n'est pas de l'intérieur et sans opération constructive. sortes de points-clefs porteurs des forces. ces rermes extrêmes des situations. car son sens esr alors renversé quand il est dit : n in ltoc signo uinces ) . ce passage à la fonction de symbole est d'ailleurs I'indice d'un changemenr de la portée du Christianisme par rapport à la réalité temporelle. en objets ( passants o qui attendent d'être repris en main selon le projet ori ils reffouveront une orientarion. ne donnent que des images. l'individuel prend une portée universelle. I'arme-symbole n'est ni tenue en main par le sujet ni brandie conrre lui par autrui . que l'insertion dans l'univers peut être retrouvée . les symboles ne sont pas situés par rapport au moi. mais il est pétri d'imaginaire. en langage héraldique. Mais le cycle de l'image ne peut être inversé . De manière concrète. Le symbole n'est qu'un pseudo-objet. le relatif détachement de ces objets significatifs les mobilise. Tous ces emplois de l'imaginaire symbolique sont naïfs en une certaine mesure. sirués par rapport au sujet et à la situation. mais de manière complètement différente des objets du milieu. on pourrait dire que le monde mental des symboles est celui des objets n vus de profil . Le souvenir de I'arme tenue en main par le sujet. Que le symbole est toujours ( passant > et jamais o issant . comme une arme vue de profil qui contient potentiellement le geste qui la tournera vers aurrui ou contre le sujet . car ils reprennent un contenu formalisé. en même temps qu'il perd ses propres appartenances . à son territoire .. ils sont des pouvoirs sans support. façonne à la ressemblance d'un être vivant. ou bien ils peuvent habiter le sujet qui se sent possédé et qui perd sa liberté et son pouvoir d'initiative dans I'action . sans sujet aussi bien que sans milieu extérieur pour les insérer. mais elle devient symbole à I'intérieur de la Chrétienté quand elle devient en plus le signe dtr kbarum ou celui des Croisés. dans le symbole. datés. des objets ou organes de manifestation. au sens où n abstraction ) signifie o extraction à partir de . ce qui était aux autres commence à appartenir virtuellement au sujet. le fixe en le représentant. alors qu'ils sonr pourranr i : t des points-clefs des situations. en le ritualisant. ces deux directions de I'arme marquent les termes extrêmes de I'attaque et de Ia défense . Mais ces images forment un symbole quand l'arme esr en même remps saisie comme pouvant menacer le sujet er être prise en main par lui pour menacer autrui . en devenant symétrique.

n'esr qu'un momenr du devenir de I'image. l'étude de ces modalités présente plus d'intérêt pour I'histoire des groupes et des cukures que pour I'explicitation du devenir complet de I'image considérée comme une quesrion de psychologie u générde o. seules subsistent celles que fixe I'empreinte d'une situation intense . L'TNVENTToN ÉrÉrranNrerRE . par une réduction du nombre des élémenrs conservés et proposés finalement comme matières d'invention . mais la manifestation ne s'épuise pas en elle-même . celle du symbole.l i1 I . en se formalisant en symbole. la fabrication d'un instrument. Il serait certes intéressant d'étudier pour eux-mêmes les emplois directs de I'imaginaire comme modes d'expression. elle ne s'épuise pas non plus dans l'imaginaire. quand elles sont seulemenr des imagessouvenirs. propose des instruments pour une action nouvelle . ils se ramènent à I'unité sous les espèces d'un défaut d'adaptation intrinsèque de I'action à elle-même dans ses diftrentes séquences et dans les sous-ensembles qu'elles impliquent . r-A coNDulrE ÉrÉMENTATRE f' ti. le souvenir. non dans une inversion du cycle déjà accompli. la fantaisie. Ainsi s'explique le fait que le monde imaginaire puisse paraître plus riche que celui de I'invention : les images sont plus nombreuses que les symboles. QUATRIÈME PARTIE L INVENTION rt . un monde artificiel d'apparences. en inversant un devenir dont l'achèvemenr ne peut être que dans I'invention. la tronçonne en la séparant en segments.-è. selon un cheminement antérieurement invisible dans la strucrure de la réalité donnée. dans la magie.T t * A. le symbole absorbe la manifestarion. Est problématique la situation qui dualise I'action. et parmi les images-souvenirs ainsi collectées. c'est-àdire à I'interruption par un obstacle. RôLE DE L'AcrrvrrÉ LrBRE i l:' DANS LA DÉCOUVERTE DES MÉDIATIONS r.r ou pÉroun rl + 'il r 3 À quelle situation correspond I'invention ? À un problème. les solutions apparaissent comme des restitutions de continuité autorisant la progressivité des modes opératoires.!i '. quelques-unes seulement se formalisent en symboles pour organiser le monde de l'imaginaire servanr de base à I'invention." ) $ r*é s . et dans le recommencement d'un nouveau rycle de rapport avec le réel. comme il s'agit d'emplois qui interrompent le cycle de I'image et I'empêchent d'arriver à son état d'achèvement.\ t: . soit parce qu'il manque un moyen terme. le symbole est un mixte de sujet et d'objet qui a valeur instrumentale pour I'invention . sous sa forme la plus condensée. roures les tendances motrices ne reçoivent pas la confirmation d'une expérience perceptive . il ne peur que se dégrader er consrruire illusoirement un faux concret. le rêve. la critique platonicienne des arts comme fauteurs d'illusion s'applique essentiellement aux arts qui cherchent à rerrouver une existence à partir de symboles.} . qui a auranr de sens fonctionnel par rapport à I'action à entreprendre après l'invention que par rapporr à I'action déjà accomplie. Mais il importe de noter que le cycle de l'image est une genèse marquée en chacune de ses étapes par une décantation. Dès qu'une action est accomplie et une expérience faite. soit parce que la réalisation d'une parrie de I'action détruit une aurre partie également nécessaire . Le souvenir. qui n'est qu'une étape. d'un accomplissemenr opératoire continu dans son projet. LEs orrrÉnnurps nspÈcEs DE coMpATrBrLrrÉ.I38 IMAGINATIoN ET INVENTIoN lorsque la formalisation s'est accomplie. la magie . la rhérorique. Le détour. au rerme de laquelle devient possible un nouveau cycle d'action à rravers I'objet inventé. par une discontinuité jouant le rôle d'un barrage. L'invention est I'apparition de la compatibilité extrinsèque entre le milieu et l'organisme et de la compatibilité intrinsèque enrre les sous-ensembles de l'action. l'associarion de plusieurs opérateurs sont diftrents moyens de rétablir la compatibilité & . de communication ou d'influence dans les arts. toutefois. hiatus et incompatibilité sont les deux modes problématiques fondamentaux.

la dimension de I'acte final du résultat englobe. car chaque voyageur est parfaitement capable d'imaginer tout seul commenr il continuerait à marcher si le rocher était déplacé . les machines simples. ou même le plan incliné. ici. L'invention établit un certain rype d'action en retour. la simultanéité virtuelle des départs imaginés régresse vers la simultanéité des efforts. à chacun de ses gestes. mais sur un trajet infime. I'invention est la découverte de médiation entre ces ô . il s'agit là d'un rerour d'information. par conrre.r ! t: r{. de même. Avec un treuil ou un palan. dont les données . le groupe des voyageurs existe virtuellement selon le résultat. Dans un cas semblable. mais il est aisément mis de côté par rous les voyageurs unissant leurs efforts . intensité de la force et déplacement. s ment-problème (un barrage sur le passage de chacun). qui font du chemin le lieu de passage de plusieurs itinéraires individuels sans couplage muruel . celui du résultat (le chemin ouverr pour tous) et celui de l'événe- i I & t f ï t 1 rt * . en fait. par exemple. selon le thème d'une fable classique. le résultat collectif est comPatible avec le résultat individuel. dérerminés par chaque voyage p{ticulier.rt modifiées : dans la nouvelle persPective du résultat collectif (et non plus individuel) I'opération devient le déplacement Pâr chaque voyageur d'une fraction du rocher . mais l'invention conserve sa place fonctionnelle de système de transfert entre des ordres différents . Le couplage des effons. bien qu'ils soient arrivés devant I'obstacle à des moments diftrents. comPatible avec ses forces . tro. est insoluble selon les données de départ. intrinsèque et extrinsèque. dans les conditions du problème se manifestent négativemenr les lignes possibles d'une solution . comme le levier. Il s'effectue ainsi un rerour structuranr du contenu de l'anticipation sur la formule de l'action présente . ou plutôt d'un retour d'organisation dont la source est I'ordre de grandeur du résultat.. I'accumulation de gens arrêtés par le rocher les uns après les aurres constitue progressivement une simultanéité des attenres et des besoins. cette mise en balance ne peut avoir lieu que si le tout du rocher est poussé au même instant par tous les voyageurs. car il ne demande pas de médiation instrumentale ni de division du travail. le recours à des médiations hétérogènes est nécessaire. car c'est au même instant qu'ils peuvent tous reprendre leur voyage. visible dans I'unité du résultat. le régime opératoire qui I'a produit. dans le cas choisi. c'est I'anticipation collective qui modifie chacune des actions individuelles en construisant le système de la synergie. le chemin étant ouvert à chacun quand il est ouvert au groupe . dans ses caractères dimensionnels. La racine de la solution est la communication entre deux ordres de grandeur. L'invention consiste en ce cas. il ne fait pas parrie de celui du résultat imaginé . d$à. réalisant ainsi par un effet négatif le champ dans lequel peut se déployer I'action compatible.$ . I'invention est facilitée par le fait que les sujets sont en même temPs des opérateurs virtuels . il faut encore que cerre anticipation revienne vers le présent en modifiant la structure et les conditions de I'opération actuelle .t I4O IMAGINATION ET INVENTION r t L'INVENTIoN r4r . régresse vers l'acte de résolution er vers I'invention . le rocher qui a roulé au milieu d'un chemin encaissé arrête successivement plusieurs voyageurs. or. à faire varier les deux facteurs. Dès que le problème ne Peut trouver sa solution que dans un ordre de grandeur très diftrent de celui de l'individu et du geste élémentaire par la taille ou la complexité. de manière à les adapter aux capacités de I'organisme de I'opérateur. I'action individuelle de pousser est compatible avec la somme des actions des autres individus grâce à la simultanéité additive des poussées parallèles . tout en respectant le principe de la conservation du travail. en laquelle gît la solution. le treuil de carrier. Le problème est résolu quand une communication est établie entre Ie système d'action du sujet pour qui se pose le problème et le régime de réalité du résultat . le régime de I'opération pensée comme achevée et complète.r. est plus considérable . agit comme s'il âéplaçait une infime fraction de la charge. c'est cette comPatibilité intrinsèque qui rend possible la compatibilité extrinsèque du rapport entre la force d'un homme et le poids d'une fraction du rocher. le cabestan. comme le rocher n'est pas divisible. donc la tension vers une simultanéité des départs quand l'obstacle sera levé . et la tâche d'invention. il déplace toute la charge indivisible. car il est trop lourd pour un seul homme. d'alimentation récurrenre (feed-back) qui va du régime du résultat complet à I'organisation des moyens et des sous-ensembles selon un mode de compatibilité. qui est celui de la compatibilité : les diftrentes interruptions des voyages primitivement indépendants créent la collectivité des voyageurs arrêtés.r. I'interruption de I'action causée par l'évènement-problème amorce le passage à I'ordre de grandeur du résultat. Quand le problème est résolu. le problème. le sujet fait partie de l'ordre àe réalité en lequel le problème est posé . Dans l'exemple du rocher.. l'association par communauté d'intentions au sein d'un groupe homogène est un cas privilégié. I'organisation de la compatibilité sous la forme de la synergie revient à mettre en balance la force de chacun des voyageurs avec une fraction du rocher à déplacer . manifestent dans leur structure Ia fonction de ûansfert essentielle que ces dispositifs matérialisent. L'anticipation et la prévision ne suffisent pas. portant sur ces médiations. un opérateur unique.

pour transporrer un liquide. chez I'animal.. conservant sa spontanéité et son pouvoir d'auto-reproduction. s. avec substitution temporaire de l'objet-instrument à l'objet-but . ce qui correspond seulement à la phase terminale d'un comportement. fuite. et de caractéristiques physico-chimiques comparibles avec la conservation de l'organisme (température moyenne.. une subordination de la chaîne actonale de sélection ou fabrication de I'objet à la poursuite du but. ne peut être dissociée de l'organisation préexistante d'un territoire . mais il existe difftrents niveaux de découverie de la médiation réalisant la compatibilité.! 'tf fl un détour cognitif. Enfin. comme une enveloppe. or. acidité. sous forme d'un changement d'itinéraire. causticité. comme problème. Par l'invention. la compatibilité intrinsèque de I'organisme s'étend à une situation qui. la poursuite d'un but.. dans les deux cas. Pour les problèmes de déplacemenr des fardeaux (il y a problème quand le système d'acrion et les forces corporelles ne sonr p"i dir.. comme I'itinéraire principal. si la médiation consiste seulemenr en un mode opératoire modifié ou supplémenraire. qui est. pour un très grand nombre d'espèces. L'étude des situations impliquant un détour a été faiæ généralement pour mesurer I'intelligence dans les différentes espèces animales .T I4Z IMAGINATION ET INVENTION I s t . tout au moins.t médiateur est une barre. torrrè"r. le but étant déjà perceptible mais ne pouvant être directement atteint. il en va di même pour les corps pulvérulents ou les petits objets. il it 5 . À cette première réserve sur la généralité de la conduite de détour comme invention s'en ajoute une seconde : le détour' Pour une espèce déterminée. comme objets intermédiaires. qui a formé des images dirigeant l'action. par au liquide. fait partie d'une conduite définie. d'animaux ou plus généralement d'êtres vivants. n'est pas seulement un détour opératoire . le détour réalisable sans organisation préalable du territoire est un détour à courte distance du but. comme dans le porrage des grandes pièces de gibier. mais seulement de choisir. primitivement. et déjà marqué. le corps humain est inefficace .. un plateau. ne réalise pas cette compatibilité. dont quelques cas concrets ont été cités plus haut. médiation grâce à laquelle le système d'acrion du sujet peut avoir prise sur la production du résultat par une action ordonnée. mais pourtant non quelconque. Autrement dit. correspondant à une motivation déterminée. à un certain niveau de vigilance' etc. prises non coupanres. composition ni toxique ni corrosive. Ces diftrentes médiations ont une essence commune comme système d'adaptation . quand le problème vient de la diqproporiion de la force de I'opérateur et de la masse du fardeau. : conduite de prédation. les molécules de liquide ou les grains de poudre sonr d'un ordre de grandeur qui ne les rend pas efficacement manipulables par le corps humain sans un objet intermédiaire qui les rassemble par milliards . c'est selon les lignes différenciées de ce territoire que le détour est possible. de déveloPper : la classe considérable des animaux domestiques et des plantes cultivées a été sans doute une des premières dépositaires de l'activité inventive de l'espèce humaine. il est cependant nécessaire de noter que les diftrentes situations expérimentales ne permettent la mesure que si les conditions de base sont comparables . toxicité). le détour par I'instrument. I'obj. mais c'est I'homme qui suppose aussi est bénéficiaire de ce détour. en efFet. est comParable à un objet intermédiaire aux multiples propriétés . les inventions les plus élémentaires consistent en l'usage d'un médiateur adaptatif qui relie le régime du résultat aux aptitudes àe I'op_érateur.ment efficaces). qu'il n'est pas nécessaire de construire.). par rapport à laquelle peut intervenir une conduite de détour. les fardeaux solides. et existent comme résultat d'un apprentissage généralement précoce. ainsi. bien appropriée au porrage sur l'épaule.ils ne peuvent être divisés. de capturer. ? L IN'r'ENTION r43 deux ordres. l'objet médiateur renrre dans la catégorie générale des adaptateurs d'impédance. euand c'est le volume du fardeau qui crée le problèm. opère comme s'il s'adressait à un objet solide d'un ordre de grandeur hàmogène au sien. comme un solide manipulable. le dressage est I'institution d'un détour de comportement. le détour est sPontané dans t . elle est moins complexe que si elle fait intervenir un objet intermédiaire dont la sélection et l'usage demandent des modes opératoires médiats . sonr manipulés par I'intermédiaire de machines qui réalisent I'adaptation des forces . en un temps où les instruments étaient encore peu nombreux et rudimentaires. de dresser. er par rapport à lbrganisme Japport humain. Des objets intermédiaires sonr nécessaires pour sauvegarder I'intégrité du corps dès que I'objet esr rrop fortement hétérogène par rapport à I'organisme sèlon I'une de ses caractéristiques (température extrême. qu'il faut mettre dans un sac. ils ont été prédéterminés au moment de la reconnaissance. il faut un solide intermédiaire. I'organisme de I'opérateur. etc. ou mieux dans une besace. un cas intermédiaire entre I'invention de détour et la médiation instrumentale est l'usage. Cette catégorie de l'être vivant modifié.t. Parfois. outre o. En dehors du territoire. en agissant sur I'objet intermédiaire. Ia conduite de détour peut ne Pas aPParaître parce qu'il n'y a pas eu d'organisation préalable .. d'abandon d'un itinéraire principal très fréquenté pour un itinéraire secondaire plus rarement pris. les détours possibles font partie de manière actuelle du territoire .

le concret perceptif unisensoriel doit être dépassé par une activité centrale de synthèse pour que I'intuition de la solution apparaisse . des femelles qui entraînent le prédateur loin de leur petit (caille.de détour au sens anthropomorphique du terme -_que . de manière générale. en le tirant. Phoque) . le bond ou le vol rectiligne . la perception du but inhibe les actes qui détournent de ce but. ou à faible distance de la proie I'on peut parler. ainsi que les observations sur les Poules. qui éprouvent beaucoup plus de difficultés que les Singes ou les Chiens devant un problème de détour. 'W'. Les expériences de détour ont été tentées sur un grand nombre d'espèces animales . c'est ce changement de catégorie. èt de Bierens de Haan . plutôt qu'en termes d'invention 'I a . or. considérer le détour comme une invention dans les conduites animales ? Oui. ce type de détour est celui qui implique la représenration àes effets éloignés des actes (n foresight . pour pouvoir faire un détour. quand le but est à I'extérieur de la spirale. Fischel a posé à des Tortues un problème de détour en leur donnant un morceau de Lombric derrière une paroi de celluloid . la présence de l'Einsicht se manifeste par une augmentation brusque des succès. On peut rapprocher de ce dispositif celui que Piéron a employé pour le Poulpe. en ce cas. Bierens de Haan donne à un Poulpe la possibilité de uoir à petite distance un Crabe . le Poulpe est arrêté par l'obstacle tactile et moteur de la plaque de verre . de classe de comportem. le détour n'est pas exactement un détour par rapport à un but. le détour apparaît aussi bièn comme modalité de la fuite ou de la défense que comme aspecr de la poursuite des proies. plus qu'une perception directe . et K. Ainsi. par exemple du remplacement du bond terminal du prédateur par un prolongement de I'approche lente en reptation. malgré le rype de stimulation pouvant déclencher une conduite ne comporranr pas le détour mais. avec des transitions insensibles depuis les schèmes moteurs simples (comme le saut tortillé du Lapin. par exemple. même si par hasard un tentacule du Poulpe vient à rencontrer le Crabe. un Chat réussit à résoudre un problème de détour progressif mais non un problème impliquant des oscillations de distance par rapport au but. d'une véritable substùution d'un mode d'action à un aurre. Cette observation présente un intérêt très grand pour l'étude théorique du détour comme invention . et particulièrement dans les apprentissages de labyrinthes avec repères visuels . parce que la classe de comporrement est changZe. ainsi que des expériences de Bierens de Haan sur le même animal. en rermes de flexibilité du diftrentes espèces de f I I T d'un trajet nouveau. peut-on. elle montre que l'intégration perceptive des données de plusieurs sens est un adjuvant important pouf la découverte des solutions . (par exemple pour s'asseoir sur une chaisei alors que la marche à reculons fait partie de la conduite de défense. barre à mi-hauteur I'aquarium dans lequel se déroule cette tentative de capture du Crabe par le Poulpe . invisible dans I'eau. mais à condition de préciser qu'il s'agit du détour impliquant une représentarion. donc par une discontinuité dans la courbe des erreurs en fonction des temps. Mac Dougall attribuent les succès dans les problèmes de détour à une intuition anticipatrice comparable à l'Einsicht remarquée par Kôhler dans diftrents types de tâches. la donnée tacdle est pourtant une indication qui pourrait amorcer la solution du problème de détour : le tentacule a effectué le détour qui permettrait la capture du Crabe. la réussite apparaît d'un seul coup. même au sein de la une situation définie et fait réellement parrie du système d'action de I'animal.it. est au contraire un obstacle impliquant des maxima et des minima de plus en plus importants dans la distance par rapport au but . un grillage disposé en spirale autour d'un but. un détour possible dans I'explorarion. on doit norer qu'il existe comportemenr que se posent les problèmes de détour correspondant à la majorité des situations expérimenrales. C'esr donc. mais un mode d'action spécifique . qui n'est pas toujours possible ou qui demande un apprenrirr"g. lié à la course) jusqu'aux comportements spécifiques plus complexes (la fuite en zigzagdu Lièvre) et aux ( manæuvres . les expériences sur les Singes sont devenues classiques. une plaque de verre.en!. Pompiles).r"tions créant la crainte .rr. pour I'animal. De ce point de vue. nous retrouvons ici. dans les . il n'y a pas intégration de cette donnée sensorielle tactile au problème initialement posé en termes de stimulus visuel . il s'agit alors en fait. la stimulation ayant été visuelle. la marche à reculons esr une conduite spontanée chez cerraines espèces rransporrant un fardeau (Fourmis. l'animal partant de l'extérieur. I'animal doit d'abord arriver à la catégorie de compomement dans laquelle le détour existe. par conrre. alors que le même grillage. constitue un détour progressif et continu. une image. l'animal partant du centre. c'esr seulement dans la phase terminale du comporremenr près du refuge. Lewin a signalé la difficulté qu'éprouvent les jeunes enfants à s'approcher d'un but à reculons. selon que le parcours implique des alternances de rapprochement et d'éloignement par rapport au but ou bien au contraire possède un caractère progressif et continu .I44 IMAGINATION ET INVENTION t'ItnrENTIoN r4t détour. dans ces conditions. permettant au prédateur de s'approcher sans être vu ou éventé ..) et le maintien prolongé d'une direction d'activité. selon les expériences de Hobho. peur ne plus l'ètre dans la fuite.

le contexte cognitif dans lequel peut apparaître la situation de détour est plus complexe que le fonctionnement des organes des sens comme récepteur . mais alors que l'équipement et le savoir-faire inné des animaux se trouvent limités. six ou sept Fourmis les tirant. par exemple dans les cas d'apprentissages de labyrinthes admettant plusieurs solutions. ce cas est comparable à celui des différentes utilisâtions d'instruments citées plus haut. car c'est l'occasion du développement d'images compatibilisant les données des divers sens .146 IMAGINATIoN ET INVENTIoN L'TNvENTIoN r47 situation perceptive. bien qu'il y ait usage d'une médiation instrumentale semblable à celles qu'emploie I'activité artisanale humaine. du genre Pofurhachis. tantôt sont plus rares et paraissent bien devoir être attribuées à une invention individuelle. est une réserve de solutions pour l'invention concrète. Ridley. ont observé cette construction des nids de feuilles. Prométhée. il doit façonner des outils et apprendre à s'en servir. dans des conditions qui tantôt indiquent une activité stéréorypée se retrouvant généralement chez les differents individus d'une même espèce. C'était donc un lieu commun réflexif important dans I'Antiquité classique . quand elle peut se développer comme mode de compatibilité plurisensorielle. Piéron estime qu'on ne peut en ce cas parler d'invention. On comprend pourquoi I'organisation préalable d'un territoire avec explorations multiples et variées esr une des conditions de la résolution des problèmes de détour. Le détour comme invention concrère a d'ailleurs sa réciproque sous la forme du raccourci. en r93j. ce qui fait I'infirmité initiale par défaut d'équipemenr tour constitué assure aussi la supériorité finale. d'innovation individuelle. a observé des Ammophiles polonaises en train de faire la même opération avec des écailles de fruits de bouleaux. La Fourmi rouge des tropiques. ce qui implique une certaine plasticité et adaptabilité aux données du milieu dans la sélection de l'instrument . Oecophylk smaragdina. er ils sont d'auranr plus rapidemenr découverts que cette image est plus précise. re uÉontroN TNSTRUMENTALE Le recrutement d'un objet appartenanr primitivemenr au milieu extérieur et son emploi comme instrumenr a été considéré longtemps. En r9o5. rapproche plusieurs feuilles les unes des autres. la petite pierre transportée correspond à une réorganisation du milieu . mais plutôt d'une confusion analogique ou d'une extension de I'instinct. * 1. les Peckham ont observé une Guêpe. Bugnion. Ammophih urnaria. il s'agit d'une manæuvre habituelle à tous les individus de I'espèce. comme outil ou instrument. I'homme. etc. comme une manifestation propre de I'intelligence humaine. ce qui permet un comPortement collectif avec division du travail (certaines ouvrières maintiennent les feuilles bord à bord pendant que d'autres manient les larves). Mais s'agit-il d'une invention individuelle ? Minkiewicz. Là encore. et qui survient aussi comme invention brusque. ou chez Camponotus senex.) et I'usage d'un instrument bien détaché du milieu et rattaché à I'organisme comme une prothèse. l'usage des instruments se trouve chez les espèces animales. est une recette appartenant à I'espèce. mais non d'invention individuelle. cette actiuité locale servanr de système récepteur aux signaux sensoriels . donnés une fois pour roures comme un caractère de l'espèce. Hingston. qui vit dans les manguiers. malgré cela.. Doflein. on pourrait le retrouver même dans la mythologie. l'attaque. avec une idée plus générale du progrès étroitement lié aux capacités inventives et à leur retentissement sur la société. qui apparaîr comme une amélioration des conduites. creusement. tarière) ni le savoir opératoire inné pour les employer sans apprentissage préalable . ce cas établit la continuité entre les simples organisations (aplanissement du sol. propriétaire de la recette. 14 .. l'image. les détours possibles préexistent dans l'image. un peu comme une carte routière est une réserve toujours prête d'itinéraires. qui se retrouve chez d'autres espèces de Fourmis. Les Stoi'ciens onr fréquemment repris le développement du thème suivant : chaque espèce animale possède sous forme d'organes spécialisés son équipemenr propre pour la défense. z. Ces idées se rrouvent aussi chez les Sophistes et chez Lucrèce. Lansiaux et Roussy ont noté chez des Araignées I'utilisation d'une petite pierre comme poids tenseur de la toile quand I'ancrage de I'un des rayons inferieurs était rendu impossible par l'absence de support . On peut donc parler d'organisation. d'un être vivant. ce comportement impliquant usage.. puis les fixe bord à bord en utilisant comme navette une larve sécrétant un fiI. d'où le nom d'n Homo faben choisi pour désigner notre espèce. au contraire. en train de damer la surface du sol au-dessus de son nid avec un petit caillou tenu entre ses mandibules. particulièrement chez les philosophes et moralistes. sysrème actif de réception des données sensorielles. t Pourtant. avec Icare. les capacités humaines ne sonr pas limitées . la construction du nid. ne possède ni ces organes-outils (pince. mais il apparaît dans des conditions oir l'instrument remplace comme fragment détaché des autres objets une occasion convenable que la situation aurait pu offrir d'ellemême .

ne pouvanr atteindre directement un but (par exemple un fruit suspendu au-dessus de la cage)."î et une expérience préalable sous forme àe manipulàorrs . Chardonnerets).. . jeu de manipulatiàn) qui servent de système d'accueil à des données perceptives .s de l'équilibre dans la superposition ou dans l'appui contre les parols (qui correspondraient.) qui est recrutée au moment de la difficulté. i" .ù. ce qui prouve que des conduites qu'on peut dire. Bierhens de Haan a trouvé des Chardonnerets capables de résoudre ce problème du premier coup.meni une perception. mais . soit un échafaudage de caisses ou une échelle qu'on laisse à leur disposition dans la cage parmi d'aurres objets. on pourrait dire q. d*. la Fourmi a fait basculer dans le vide successivement les charges (il s'agissait de cadavres de Fourmis) et est descendue ensuite sur le sol pour achever le transport.mmanihemenr des bâtons) . avec ou sans obstacles (barreaux) rendant la saisie des rapports plus complexe. grande . Goélands et Corbeatx brisent les coques dures en les laissant tomber sur des rochers. dans ces conditions.. ainsi. efficace et rapide.incliner .r.'le sing.'-. par application de normes humaines { . I'objet recruté en premier lieu comme instrumenr étant un objet long (planche. Krihler a étudié I'emploi de médiations instrumenrales chez lisent soit des bâtons emmanchés les uns dans les -"r. quoiqu'elle ait conduit à un certain gaspillage de la charge . en tout état de cause. ces animaux uti- Un aspect voisin de I'instrument pour atteindre un but éloigné est celui du problème de I'instrument servant à attirer un objet hors de portée directe. continuité entre le détour.r. expéditive. les Singes supérieurs qui manipulent spontanément le.r."rr. du rôie joué par la spontanéité des conduites conrenant à l. mais une image mentale complète formée grâce aux élémenti -oi. Singes dans des situations où. aussi.I48 IMAGINATION ET INVENTION r'Il.. Il y a. d'exploration.o-p"àble à une e*ploration pour la structurarion du territoire.5o m du sol. Linvention instrumentale demande non pas séul. car la longueur totale des déplacements et le temps de travail se trouvaient à peu près divisés par quinze par rapport à ce qu'auraient demandé des montées et descentes successives complètes.rction proprement dite d'un instrumenr demande une capacité d'intégration plus :1. c'est en .r1. cette conduite peut être rapprochée de la découverte du raccourci. après avoir décroché les quelques Fourmis mortes qui avaient été retenues au bord de la planche par des fibres de bois provenant du sciage brut. avanr roure conduire finalisée. On voit ici toute l'import". Mais s'agit-il bien d'une invention individuelle ou plutôt d'une conduite spécifique ? Il s'agit à coup sûr d'une conduite bien adaptée à la situation. ces conduites indirectes abondent dans les modes opératoires des diffërentes espèces .t .rrr.rvENTroN r49 les 'w. comme aussi l'acte de coincer un fruit pour le manger dans des creux d'écorce d'arbre (chez les Sitelles).orrt. emmanchables qu'on met à leur disposirion.au forçage dans l'.r..trrc impliqués dans la manipularion et l'exploration. er non pour grimper. cLst grâce à ces éléments moteurs qu'il se constitue une image mentale active pouvant servir de solution à un problème. à r. le recrutement dans le milieu d'un instrument. mais nous n'avons pu faire assez d'observations pour savoir si l'emploi de la chute libre pour faire descendre des fardeaux est courant chez les Fourmis .. ce qui demanderait des conditions mécaniques d'équilibrË stable. déviés dans leur chute par le vent.origine des éléÉnts moteurs (n besoin . tâton. . er que I'emploi de l'instrument à reconsrruire est découvert à ûavers I'image mentale déjà constituée au cours de cet apprentissage ouverr. . il s'agissait ici d'une conduite parfaitement individuelle et à I'extérieur de la fourmilière. bâton). bien une grande caisse sur une petite qu'une petite . pour un Oiseau. c'est l'image de I'emmanchement (réalité perceptivo-motric..t des règi. la Fourmi n'a cependant Pas récupéré un certain nombre de cadavres qui. . données^toutes faites à des linges' sont choisies en verru de leurs qualités perceptives pour servir d'éléments d'échafaudage. mais sans discernement adéquat de leurs propriétés opératoires complexes . La simple enquête perceptive au moment où le problème est posé conduit bien à des sélections d'objets comme médiateurs. arrivent à emmancher ensuite les segmenrs pour résoudre le problème du fruit suspendu au-dessus de la cige ..ip.*"rr de ces objets comme point d'agpui instantané pour sauter. nous avons observé chez la Fourmi rousse de nos contrées l'utilisation de la pesanteur pour transporter des charges .rné échelle. de haut. particulièrement sous la forme de la ficelle ou du fil attaché à cet objet. la conduire que l'on observè met en æuvre surtour une sélection perceptive. et les conduites indirectes comme celle qui consiste. des caisses or. *. . étaient tombés sur le bord d'une table au lieu d'aller jusqu'au sol . au lieu de Porter les charges une à une d'une planche en bois oir elles se trouvaient. cas.. Erhardt affirme que de tels actes de traction sont normalement utilisés dans les conditions naturelles de vie de plusieurs espèces d'Oiseaux (Mésanges.. s'il atteint le but. Les Bouvreuils agissent de même pour câsser les écailles des pommes de pin. il place l'échelle verticalemenr conûe unè paroi ians l.r. alors que d'autres doivent apprendre la manæuvre . en un certain sens. à élever dans les airs une coque et à la laisser tomber sur un rocher oir elle se brise .

soit pour les neutraliser s'ils sont défavorables . c'est ce que Piéron nomme une recerre spécifique . I'argument le plus courant pour refuser à de telles réussites chez les animaux le nom d'invention consiste à dire que les conduites en question se trouvent communément dans une espèce. Mais encore faut-il que tous les termes du problème aient auParavant été convertis en termes opératoires. si le comporrement est stéréotypé. I'organisation préalable du territoire oir se posera le problème et oùr seront trouvés les instruments de la solution . il ne s'agit effectivemenr pas d'invention. t n * I r- g ! ? & . il s'agit du recrutement sélectif de certaines données de l'expérience passée par la représentation actuelle du but concret à atteindre. mais intense à cause de la tension vers un but proche. eu'une distance entre objets soit un Parcours effectivement accompli. cette expérience est commentée par Viaud qui. C'est pourquoi il est raisonnable de considérer comme un crirère d'adaptation inventive la réponse. L'invention. si l'on tient compte pauvres et du sysrème d'action beaucoup plus limité de la plupart des espèces animales. les modes opératoires avec leur contenu moteur constiruent par euxmêmes la plus élémentaire des axiomatiques qui n'a pas besoin d'être construite. des relations de continuité entre l'organisme et l'objet qui constitue le but . voit dans la réaction des Nécrophores une marque d'intelligence . de la même axiomatique. soit pour les utiliser s'ils sont favorables. il faut d'abord qu'il soit posé en termes cohérents. à des facteurs aléatoires qui surviennent dans I'exécution d'une tâche.nolmÉ. puis orientant et inclinant le cadavre plat du Campagnol pour qu'il glisse le mieux possible dans la crevasse de dimension convenable. caractérisée par une discontinuité. plus les chances de découverte d'une organisation adéquate sont élevées . D'ailleurs. ne sonr pas seulement collectives chez les Insectes. pour qu'un problème puisse être résolu. à travers I'activité s'effectuent des traductions en termes homogènes d'opération des dimensions et Propriétés des choses. ou ce qui a résisté à tout effort de déplacement. I'uniformité des modes opératoires ne prouve pas que le processus d'invention soir absent : le nombre de possibles est limité. plus I'image mentale de la situation et des objets est riche et précise. coNDUITE DE oÉroun ET DE LA uÉprerroN INsTRUMENTALE Dans les deux cas. il existe une nécessité permanente de faire face à la nouveauté partielle des situations par une activité d'organisation des modes opératoires . un champ gradient important qui entre en interaction avec toute la population d'images mentales condensant l'expérience passée. le problème de la capacité d'invention chez les animaux coïncide ici avec celui de leur intelligence. a l $ "1. dans I'expérience passée. I'extrême complexité des conditions de I'acrion humaine fait que les inventions se signalent habituellemenr par une dispersion des modes opératoires. il s'opère une organisation parce que la sûucture la plus simple et la plus petite (un but à atteindre dans I'action actuelle) gouverne un ensemble plus vaste . par une conduite organisée et économique.'. la manipulation. dans la situation problématique. de moduler une population d'images mentales portant le résultat d'explorations et de manipulations ayaint demandé une très longue et très complexe activité . Viaud ajoute des observations qu'il a faites dans la plaine d'Alsace sur des Nécrophores essayant d'enfouir un Campagnol dans des crevasses du sol. ont été établies. est ici un détour par le passé . Voilà pourquoi la condition des inventions concrètes est I'exploration. la proximité du but et I'intensité de la motivation créent une forte Pente. ils découvrent les liens et les coupent) . parfois fortuitement. qu'une masse soit ce qui a été soulevé avec un effort défini. parce que c'est l'organisme qui la donne. comme en une algèbre implicite . Dans la vie humaine comme dans la vie animale. alors que l'emploi d'une formule apprise d'une recerte . à I'inverse de Fabre. la découverte de solutions pratiques (de la praxi) est très analogue aux simplifications et structurations qui interviennent au cours d'un apprentissage . l'invenrion la plus simple est celle qui porte sur les modes opératoires.rvENTIoN r5r représentation du problème . Cette interaction entre le chamP de la finalité (gradient de but de l'action anticipée) et le champ de l'expérience permet paradoxalement à une situation simple. et la coruuuNns DE re. ingénieuses. en particulier celle de Fabre sur les Nécrophores essayant d'ensevelir une Taupe que I'expérimenrateur a attachée à une baguette l'empêchant de descendre (les Nécrophores finissent par venir voir ce qui se produit . c'est-à-dire homogènes. Des observations et des expériences ont été faites. impliquant des schèmes moreurs.I'O IMAGINATION ET INVENTION t'Il. r. parce qu'il y a homogénéité entre ces modes.rÉs d'organisation des tâches. mais le fait qu'un comporrement se rencontre fréquemment dans une espèce ne prouve pas qu'il ne résulte pas d'une multitude d'inventions concordanres er parallèles . faisant partie du même système. 3. explorant la forme de la crevasse. les rapports éprouvés des objets avec les capacités d'action effectuent la plus primitive des formalisations. comme organisation.des cadres plus conduit à I'uniformité. mais. au cours des explorations et des manipulations.

à savoir ce recrurement amplifiant des images déjà constituées antérieuremenr par le champ de finalité immédiate du problème. une conception communicable et Par conséquent exprimable . du désir ou de la crainte. dans une situation problématique ultérieure. TENTION PORTANT SUR LES SIGNES ET LES SYMBOLES r. pour que les images soient des instruments d'invention obéissant à la situation finalisée où elles s'organisent. il faut donc une alternance de longues durées (exploration. porteuse d'expérience.l j i I t i ii I liaires animaux. serviteurs ou esclaves. excès de la récompense ou de la punition). si une image actuelle. toutefois. L'emploi d'animaux domestiques pour effectuer une tâche demande déjà à celui qui les dirige une représentation plus théorique de I'activité des opérateurs. parce qu'elle ne sort pas de I'opérateur qui est le milieu de la formalisation et de I'exécution. mais aussi des problèmes généraux et théoriques par rapport auxquels les difficultés réelles apparaissent comme des cas particuliers (comme ce fut le cas. Si les processus d'acquisition étaient aussi fortement polarisés que les situations problématiques. particulièrement dans le cas de I'Homme. pour que l'amplificarion exisre. ne peur être matière de véritable invention pratique porranr sur le réel. la pensée pratique peut rester implicite. on comprend dans ces conditions. Cette condition esr formellement la même que celle d'une amplification par interaction de champs. grâce à un couplage aussi irréversible qu'il se peut entre I'actuel et le passé . des images rrop accentuées ne permettenr pas I'invention. car elles n'oÊ friraient plus alors aucune prise au champ modulant développé par la situation finalisante . coordonnables. La plus modeste des inventions pratiques est aussi le résultat d'un acte d'amplification qui tire en quelques instants profit de longs apprentissages antérieurs. du projet et de la réalisation.*péri. Pour exécuter une tâche. de la résistance des masses et de la direction des outils . mobiles. pour bon nombre de problèmes de mécanique ou d'hydrostatique) ? On peut supposer que ce passage des cas particuliers concrets aux cas généraux et théoriques s'est effectué. alors que l'acquisition désintéressée. peu finalisés. mais seulement un contenu de phantasmes. par I'intermédiaire de la formalisation partiellement théorique et abstraite que demande I'emploi des auxiliaires vivants dont il âut organiser I'action en vue d'une fin. L. de I'application des forces. c'est-àdire engendrant des images mobiles. faiblement finalisée. au moyen d'ordres et d'un système univoque et cohérent de données directrices pour I'exécution des tâches. obéissant aux lignes de force d'un champ de finalité.I}. l'état neutre. pour synchroniser les activités et harmoniser les exécutions fragmentaires.i {i .t . la persévération . à partir de I'action. manquerait de sa condition de base : un gain supérieur à I'unité.ài. parce que sa condition. dès I'Antiquité. il faut qu'elles soient dans un état voisin de la neutralité tout en restant faiblement chargées . er de courres durées (situations problématiques) à fort gradient de but .rr.r'2 IMAGINATION ET INVENTION r'TNvENTIoN rt1 et plus complexe. manipulation libre) oir I'activité est faiblement motivée. mais seulement I'itération. c'esr-à-dire faiblement polarisée. au contraire.. J I I * i . I'invention organisatrice ne serait pas possible. l'effort de symbolisation n'est pas contraint de se déployer en un système indépendant de signes. I'image fortement polarisée du schème ou du projet. les images qui expriment le désir de voler n'ont guère contribué à I'invention de l'avion.l.r. aussi près q. porrùI. le rapporr est de tl4 ce qui veut dire qu'il n'y a pas d'amplification . prépare de manière optimale l'organisation inventive. développée par la situation finalisante. ou évocation d'images mentales qui permet l'invention organisatrice . invente et exécute. Ce n'est donc pas la seule association de souvenirs. ne laissent pas des images aisément utilisables. détachables. pourquoi les situations violemment stimulantes (émotion intense.nce passée . d. le passage des situations concrètes à une formulation symbolique permettant de résoudre non seulement I'infinie diversité des problèmes pratiques en chaque situation. I-a FORMALTSATTON Ir{ÉTROTOCIQUE OBJECTIVE: DES TECHNIQUES AI''X SCIENCES Comment a pu s'effectuer. le conducteur restant à côté des auxi- *i 't' I T . B. . cet état de faible polarisation correspond au résultat du processus de saturarion décrit plus haur. pour rendre cohérents les efforts finalisés d'une équipe. Tant que chaque individu imagine. er qui se produit après I'expérience de I'objet . on peut nommer gain le rapporr des mesures de ces durées entrant en relation d'interaction et se faisant équilibre sous forme de champ d'expérience et de champ de finalité dans la situation problématique. pour que l'invention ait les meilleures chances d'exisrer. la transmission des ordres ne Peut rester un assujettissement pas-à-pas . assez fortement polarisée pour faire équilibre à I'image actueilè et la neutrafiser. I'homme fait appel à d'autres hommes. mais à plus faible gradient. Lorsque. fait surgir une seule image du passé. il faut que les images condensanil'. sans être pourtant complètement neutres. .

la navigation. mais elle lui prépare des instruments et lui ouvre un domaine fonctionnel. plus la compatibilité peut s'efFectuer par mise en rapport de réalités percePtivement hétérogènes. à un stade ultérieur de la recherche. qui ne se neutralisent pas d'une voiture à l'autre. la métroiogie n'est pas encore la science comme symbolisme universel des opérations de conversion. traduit d'abord un idéal métrologique étendu à I'ensemble de l'univers. les funiculaires oir le câble est fixé. sous formes de données et de règles . on senr leur influence dans la stéréométrie des Anciens et dans les formulations oir il s'agit. En particulier.n.t T'4 IMAGINATION ET INVENTION L'Il. Ordre et organisation. Le recours à une médiation instrumentale sous forme d'un autre être vivant ou d'une machine provoque. à ung voiture montante et à I'autre bout à une voiture descendante. Les formula- l: t dons abstraites des problèmes de géométrie en analyse se sont universalisées à l'époque oir l'on a cherché à construire des machines capables de ffacer toutes les courbes. cette difficulté est si grande qu'elle àonduit souvent à des formalisations n théoriques .. Un aspect particulier de la formalisation des tâches aux fins de transmission des ordres s'est manifesté avec I'apparition des machines automatiques complexes capables de recevoir tous les ordres avant le début de I'opération. c'est seulement après réussite de la transmission complète des règles du jeu d'échecs à une machine automatique que I'on a pu considérer ce système comme complètement formulé. une des premières machines à jouer aux échecs obéissait à toutes les règles codifiées du jeu d'échecs. la consrruction des navires. avec le mouvent. et à des représentations qui ne sont que pédagogiques. oùr la compatibilité est directement . de construire à partir d'un élément donné. et préparant l'existence d'un monde indépendant de réalités inventées. L'idée que rien ne se perd et rien ne se crée. La recherche de modes d'expression précis et iniégraux des techniques a conduit à l'universalisation (à des hns d'homogénéité et d'univocité) des unités de mesure et du système interne qui lés rattache les unes aux autres (système métrique décimal) . il a fallu réinventer logiquement de manière explicite les activités pratiquées par I'homme selon des règles mi-implicites. la traduction en termes uniformément explicites des tâches et des problèmes. faisant partie du savoir implicite et pratique. Le recours à la représentation abstraite commence avec l'usage des animaux domestiques et prend sa pleine extension avec I'esclavage ou avec des formes du travail impliquant subordination. ordre donné et structure de I'exécution se ûouvent être des formalisations de la tâche selon les exigences de la transmission d'information de celui qui sait et veut à celui qui exécute et obéit. mais mertait deux ou plusieurs pions I'uniur l'autre dans la même case : cetre règle. de la conservation de l'énergie ou de la matière malgré les changements de signe ou d'état physique. de ûacer. c'est-à-dire simplifiées. la forme de I'ordre donné est resrée dans le style de la géométrie pendant des siècles. n'avait pas été insérée dans le système donné comme ordre au joueur automatique . par exemple. mi-explicites . L'architecture (construction par une équipe ayant un chef).également chargéés . le géomètre est pour lui-même. réalisent une invention par maintien d'une quantité constante d'énergie potentielle du système pour des voitures supposées. la recette doit se convertir en modalité logique. il reste seulement. Un grand nombre d'inventions apparaissent comme une organisation des conditions de la constance.rvENTIoN rii donc formalisable de I'ensemble du projet esr nécessaire. même si. exprimable en nombres et figures. en une seule personne.t.t progrès au siècle des Lumières (voir en particulier l'Enryclopédie de Diderot ei d'Alembeft comme exemple d'une expression explicite des modalités opératoires des métiers). pour la machine' à vaincre les frottements et à assurer les accélérations et décélérations des départs et arrêts. à l'un des bouts. universel coihcide bien. sont des techniques qui ont tôt développé des positions abstraites de problèmes . probablemenr parce qu'elle a incorporé à son contenu un ensemble d'énoncés qui jouaient un rôle dans la transmission des ordres d'exécution rationnels. ce qui esr une réinvention des modès opératoires achevant de les rendre indépendants du sujer. celui qui donne I'ordre et celui qui cherche à I'exécuter avec sa propre règle et son propre compas.fois. qu'il s'agisse de matière ou d'énergie. la prise de conscience de la valeur logique des inventions et de la possibilité de représenter clairement les modes opératoires dans un i"ttg"g. Tout. donc formulation de la tâche de manière univoque à rravers un système d'ordres. par le recrurement des effets supplémentaires imprévus qui apparaissent. le schème du funiculaire. de mener une ligne ayant telles propriétés . dans nos civilisations. Ainsi. l'universalisation métrologique permet de mesurer des grandeurs et de découvrir des constances par conversion d'une forme concrète en une autre' ce qui est une Source à'in rention. Ainsi. La règle et le compas sont des instruments d'exécution. Plus est parfait le développement du système symbolique de mesure. en termes opératoires. Un aspect supplémentaire de la nécessité de formalisation des modes opératoirès impliquant leur réinvention explicite et préparant leur oÈjectivation est celui de l'enseignement à des enfants ou à des adultes non par I'apprentissage direct par pratique et manipulation mais sous formè d'e"prèssion claire .

que dans le cas des funiculaires. 2. selon une dichotomie qui se traduit par la séparation du loisir et de l'activité de travail. soulignant les transitions. Les arts et les modalités religieuses de la vie collective correspondent à la formalisation de l'action par opposition aux opérations. Ainsi. servant à la propitiation des débuts du travail par les prémices offertes. Quant à la conservation des masses. Ce premier niveau de formalisation. et étend de plus la compatibilité aux accélérations et décélérations synchronisées . même si les célébrations ponctuent les grandes phases de changement du travail au cours des saisons. Nécessaire pour franchir la distance et I'hétérogénéité entre la conceprion et l'exécution. Ce cas cité des funiculaires et des machines de Gramme des tramways est seulement pédagogique. tandis que la formalisation religieuse est le principe et le garant de cette dichotomie et du rythme d'alternance entre temps de loisir et temps de travail. On pourrait dire que ce mode de formalisation est objectif aussi indépendant que possible des réferences à un sujet . elle a permis de formaliser la métrologie de base de la Chimie au remps de Lavoisier. c'est-àdire ce qui. se séparant du premier par une dichotomie nécessaire pour que I'homogénéité des modes opératoires soit conservée i tout ce qui n'est pas opératoire. car la synchronisation de la montée de I'un des véhicules avec la descente de I'aurre. d'une émotion. donc à la séparation mais aussi à la compatibilité des modes de travail et de loisir : le calendrier est religieux. ritualisant les moments-clefs de début et de fin des travaux et des jeux. individuelle et collective. peut aussi se formaliser et s'exprimer selon des catégories subjectives autorisant la participation et l'action par communication d'un sentiment. hors des situations homogènes et concrètes. Très exactement d'ailleurs. Le symbolisme métrologique. c'esr-à-dire simplifié . ne serait plus nécessaire. par conversion en électricité. qui sont des normes et des ritualisations mais non des procédés. à I'activité d'invention. après avoir rationalisé l'étude technique des combustions pour l'éclairage puis des autres oxydations (respiration de I'Homme). permet de comprendre et d'inventer des compatibilités de plus en plus vasres . elle a. FoRMALTsATIoNs DE TypE suBJEcrrF (Nonu. T l Ê . les machines de Gramme de l'un des véhicules fonctionnenr en réceptrices (donc comme moteurs) pendant que celles de I'autre fonctionnenr en génératrices (donc comme frein). il faut non seulement le synchronisme mais le parallélisme et la proximité des voies. en s'érendanr. il tend vers l'exécution des tâches par un opérateur impersonnel. condition de possibilité des mesures employant comme instrument la balance (par I'intermédiaire des poids) ou plus directement les systèmes élastiques. les formalisations d'opérations. un troisième seuil pourrait être franchi par une seconde conversion en énergie chimique dans des batteries d'accumulareurs. est affectivo-émotif. la formalisation symbolique tisse un monde abstrait de représentations d'objets et de formules de relations qui est la réserve universelle de détours et de médiations dans I'exercice de l'activité inventive. en continuité avec les procédés opératoires des techniques. non-humain ou même non-vivant. d'un mode défini de retentissement ou d'une motivation. il faut encore le synchronisme mais la proximité n'esr plus nécessaire . c'est la formalisation artistique qui est le pendant de celle des modes opératoires du travail (le temps de l'art est celui du loisir). elle aussi.rrrvrs ET ARTISTrquns) Mais un autre mode de formalisation est possible. avec le funiculaire. c'est une formalisation pour un opérateur quelconque qui offre un terrain au développement du savoir scientifique comme système universel des compatibilités. ses modes de compatibilité. selon une logique implicite des commencements et des fins. donnant un niveau plus élevé d'expansion. se distingue de I'opération . se détachent progressivement de cette fonction asymétrique de communication pour devenir une symbolique universelle et homogène qui sert de base aux opérations abstraites. ou du ralentissement de I'un avec le démarrage de l'aurre. prépare I'invention scientifique et développe une représentation du monde où le savoir et le pouvoir sont mutuellement convertibles l'un dans I'autre. des arrêts et des reprises. mais il contient malgré tout des schèmes d'inventions réelles du )ox siècle rentrant dans le cadre des applications du principe de la conservation de l'énergie. peut donner naissance à celui des ffamways ou des trains électriques couplés par le circuit électrique d'alimentation . avec les structures complexes du faste et du néfaste selon les temps et les lieux.ry6 IMAGINATIoN ET INaTENTIoN r'TNVENTIoN rj7 percepdble sous forme de mouvement de montée et de descente. dans le rapport avec le monde. l'action. avec les batteriestampon' il n'est besoin ni de synchronisme ni de proximité pour que la compatibilité soit conservée. utiles au point de départ comme moyen de communication pour donner des ordres ou opérer un dressage éducatif lorsque I'opérateur délègue à un tiers la fonction d'exécution tout en gardant la direction du travail. En ce sens. les changements de régime. ce qui donne la même conservarion d'énergie mécanique. avec les machines de Gramme.

avec I'ensemble d'un univers juridique. ù formalisation va dans le sens de I'extension' de la découverte d. iantôt remarquable et tantôt à peine visible. ..rri nodon et de la technique de la bande sonore' le son a incorporé aussi des bruits. aux rites d'initiation ou d'exclusion.orrt mises au même niveau que les bruits et sons. les limites des ". à chaque nouvelle incorporatiorr. l'invention donne des modes d'expression et de communication nécessaires à la participation collective et opère une découverte de compatibilité avec I'ensemble des idéaux du groupe.o*p"tibilité entre des données à I'origine hétérogènes. c'est un mode de compatibilité entre des formes précédemment isolées. Au XVII' siècle. au nom de I'homogénéité.r.rr d'axiomes de décision entraînant une représentation universelle du monde et des hommes.. tend vers I'universel.t. et s'exprimant par une symbolique de I'action pouvanr être enseignée et propagee.r de la cité.. Si I'on prend seule-ént la cinématographie.rrr. forQuant à I'invention artistique. d. les inventions successives de formes symboliques recrutent par élargissement des effets et des modes d'apparition de la réalité qui n'avaiettt p"t primitivement droit de cité en domaine artistique . évidemment. de baptême de promotion. hommes du même pays et étrangers. dans nos sociétés. celle de I'enregistrement d'images sur une bande magnétique. att. et qui tendent vers une expression universelle. dans le domaine du symboliime artistique. puis droit spatial). ou .". ce qui esr vraiment I'invention d'une époque. er dépassant.ttues compatibles . à tour ce qui opère une action comme origine absolue ou fin d'une existence.r. au cours de h mème æuvre. ainsi. correspond au rFhme des fttes et des commémorations. chaque nouvelle extension du domaine de l'action humaine se marque par une invention qui autorise une systématique de compatibilité englobant ce domaine (droit international. . réaction de puristes. Ln. l'Homme er interdits religieux (le sabbat est âit pour non I'Homme pour le Sabbat).. et en cela. Une déclaration de guerre ou la signature d'un traité sont des actions qui existenr comme manifestations formalisées. en alternance avec ces composants. ayant la logique proPre de chacun des genres et de chacune des formes d'art . c'està-diie apporr du rôle des acteurs . la couleur aussi sera complètement comPatible avec les autres asPects composants quand elle sera. À chaque éloque. c'est I'architecture qui a joué ce rOl.r.rri*ment admis le son. fondre avec elle . et répondent à des problèmes . le Christianisme a offert des normes pour les rapports entre ceux qui avaient des droits er ceux qui n'avaienr pas de droits selon les cités anciennes . la télévision. est un des développemenrs contemporains de la formalisation de l. il doublait I'image t"tt t.ibilité avec le mode nouveau de transmission et de production qrr'. à ce qui institue.rrives. encore récente. La clef de ces extension. comme moyen d^'expression unique .de . sous cefte nouvelle foime. Elles donn.orrrroait de manière essentielle.nt une symbolique de I'action en produisanr un univers exprimable de normes. principalemenr sous forme d'un système ". on Peut voir que cet art' considéré à I'origine comme une formalisation de la vision du mouvement. elle produit aussi une représentation complète et universalisable.s. ainsi. créateur de normes et d'une systématique complète des rapporrs enrre les individus et entre les groupes . après incorporation. et les parol. .nts-clefs de I'action. les inventions normatives opèrent une découverte de compatibiiité pour des modes d'existence qui n'avaient pas de sens ni àe point d'insertion dans les srrucrures normatives pié. les nations. il a donné une cité des normes résolvant le problème de la compatibilité entre les empires. les individus. dans la mesure oir elle opère la mafiùtion du loisir. rrr. et I'enlourage empirique de chacun des sujets. et avec une technique autorisant cette compatibilité éiroite. d'argumentations . le film devenait une tribune de disde tirades. panégyrie permanente et universelle des arts' parce qu'elle per- Ê . L'invention. au lieu d'être une occasion de choix de sujets hauts en couleurs. il èst en train de découvrir en ce moment la logique de sa .action. Les formalisations axiologiques s'adressenr aux points-clefs et mo-. Cette symbolique établit un système de conversion des àctions les unes dans les autres. puis la couleur. les paroles par rapport à l'ensemble du contenu sonore et par râpport à l'image rotrt dèrr. communicables..i . er une grande part de la pensée politique théorique se déploienr en inventant à chaque étape un système de compatibilité ro. a proclamé le vrai cinéma détruit . avec l'élargissement de la "o. des cérémonies d'inauguration. c'est qu'un nouvel élément n'est plus. s'est développé. le droit..nt. ou les normes dei rapporrs entre riches et pauvres. cet art' pourtant. ce qu'il aurait été à l'état isolé. en découvrant des " modes de compatibilité de leur emploi simultané.éd. le son a d'abord été parole au cinéma. tantôt en exergue et tantôt accessoires. .o*p". et la barrière juridique coutumière (que celui qui est sans faute jette la première pierre).h"q. permet de les comparer et de les metffe en rapport même si elles se déploient dans des conditions hétérogènes et concrètement dissemblables selon les lieux..i. dans Ie domaine normatif aussi. les moments. puis. devenant parfois non-compréhensibles ou insignifiantes . En toutes ces occasions. Les révolutions aussi. anéantit..I'8 IMAGINATION ET INVENTION L'INvENTIoN r59 Cette modalité religieuse de formalisarion.

. c'est trouver un système des unités fondamentales assez ii-ple. it l" gouverne. bie.rvENTIoN t6l 3. une morale plus récemment inventée s'installe. le pouvoir de modeler l'infinie diversité des relations à'. inventer une morale.rlr. puis la télévision. ils ont donné une structure normative à la relation du maître aux esclaves en la modulant au moyen du modèle de la relation plus simple et plus primordiale entfe le père et ses enfants (justice. elles deviennent commensurables.t. L'Italie de la Renaissance avait montré la voie en ce domaine. . la règle de réciautres ce que vous ne voudriez pas qu'on vous prociie (ne faites ["t "..l". dans les cités anciennes. ont pris le relais du livre et du journal comme véhicule des arts .). dans des ensembles synthétiques organisés comme les palais ou les hôtels particuliers.r. ce fut tantôt la pensée religieuse. les morales de chacune des classes ou des castes. primordiale. musique et chant. Dans la formalisation métrologique. ils sont plutôt des systèmes symboliq. plus . il en va de même . La source de compatibilité dans les inventions de formalisation est aussi un processus d'amplification. Plus anciennement. de l'art du jardinier et du fontainier. les volumes. gravures) et faisant du livre le milieu àe la compatibilité des arts. Le cinéma. À la fin iu xvIII'et surrout au XIX siècle.. . plus puissantes... comparables à la musique.Àple l'ordre décimal avec les préfixes déca. n'avaient pas de point commun' n'étaient pas compatibles entre elles . "rts dans la mesure où cinéma et télévision sont comme I'architecture âu XWI' siècle et le livre au XIX' siècle. au théâtre.orr.WENTIoN t'Il. chaque progrès de I'invention technique servanr J. consiste à installer comme source de normativité une image fondamentale. et donc capable de moduler ces activités : celle du rôle.ti in. par exemple. . de recrutement' Paf lequel une structure petite et simple go. kilo. qui sert de paradigrye à la plus gr"nde.. Dans la morale chrétienne.r.. peinture.'. jouer).orpore à son rour les autres aspecrs de la normativité en les situant par rapport à ses catégories. plus simple que celle de toute activité déjà codifiée. dans I'intervalle d'indifference qui restaiiau-dessous du seuil des morales précédentes . et la plus simple. tantôt la théorie politique. absorbant à la mesure de ses moyens les arts plastiques.une absolue universalité : chaque système s'insère dans une chaîne d'inventions. ce fut la littérature qui offrit un domaine ouvert aux modalités particulières. Les relations les plus complexes entre grandeurs à mesurer trouvent ainsi une possibilité de réduction et de commutation . hecto. dans le domaine normatif. à la sculpture.rt l* plus petit. la peinture. la fraternité est la situation-étalon. . de la persona. . comme était naguère I'imprimerie s'adjoignanr la lithographie et les gravures à grand tirage. Protection. Pour cette raison.rpport permet un élargissemenr de la compatibilité entre les pa. grâce au développement de la diffusion du texte imprimé. le dessin (illustrations.ti. Quand les Anciens onr découvert que les "u es. tantôt la recherche juridique qui offrit aux ( valeurs o un groupement compatible en constituant un système complet d'après le problème dominant de l'époque qui devenair comme une vasre demeure pour tous les aurres problèmes .r.): .. assez près du sujet pour qu'il soit antérieur à tout cas complexe soumis à la décision normative .rthétiq.t porrède une normativité intrinsèque comme rôle (jouer jusqu bo. où se manifeste à chaque époqui un arr dominant servant de système de référence et de conrenant âux autres. l'architecture religieuse avait aussi constitué le milieu et le système symbolique universel intégrant sculpture..t* ht).rt celle d'une dominance organisante plutôt que d. elle ne contredit pas L" . par sa normativité plus fine.rt. leur capacité ry. qui "rr.. de l'ébénisterie. l'invention d'une morale de compatibilité. qui peut être aussi bien rôle de soldat que d'empereur. ce serait une erreur de vouloir les traiter comme des arts à part.ri s'amplifie en gouvefnant les relations avec autrui selon la morale de la chariié. une maison des arts er non un arr cherchant à se fermer sur lui-même sous la poussée d'un groupe professionnel inhibant I'ouverrure de I'invention permanente. s'efforçant de faire voir et enrendre.tt.r.uliers. la compatibilite esi réalisée par la découverte' en ayant des réalités complexes Lo--. les symboliques de I'acrion et les symboliques artistiques sont affectées de relativité historique .r d. d'une structure simple qui est la base du système (unités fondamentales) et leur mode de combinaison (par e*. et de façon pl. . LEs pRocnssus D'AMPLIrICATIoN DANS I-A' FoRMALISATIoN mettait I'intégration de la sculpture. réalité.res étaient des hommes et non des biens ou des outils qui parlent.o-p"ribilité reposant sur une invention technique en voie de développemenr. Pure et simple. moins chargée de formalisation sociale que la relation du pèie aut enfants.". les densités. De cètte manière. au système juridique du temps de la Révolution de ry89 a fait suite un système économiio-social q. et module des réalités plus vastes.tète le modèle de la fraternité comme base de toutes les relations humaines donnent à une situation très simple et très dépouillée. de la peinture. Dans le domaine axiologique. Cette démarche esr comparable à celle que nous voyons à l'æuvre dans les arts. avec le stoicisme. Les formalisations s'accompagnent toujours de dominances .o-pl..160 IMAGINATIoN ET II.

T62 IMAGINATIoN ET INVENTIoN L'INvENTIoN r6J d. produit po. parce que la nouvelle norme s'installait en deçà de la loi.ror-"tivité encore plus universelle."rrd. homogénéité relative er une fluidité qui les rendent -otil. des molécules en état métastable sont.irr. et ceci est possible parce que les réalités complexes peuvent être provisoirement . pour pouvoir jeter la pierre à la femme adultère. mais intérieurement' intrinsèquement' riches en possibilités de transformation. exré. C.orrrii.. saturadon progressive au cours d. mais.r. les images résultant de I'expérience et I'exprimant possèdent un. l'invention. elles recèlent une énergie potentielle élevée.lagenèse des images. l'invention d'une. or. Les diftrentes formalisations apporrenr la compatibilité sous forme d'interaction enrre les diftrenm oodr.r. de la manipulation libre. ce qui leur permet de se manifester extérieurement comme faiblement polarisées.organisme.. Ainsi. g. et ainsi. l'expérience condensée cônstitue un système potentialisé comparable aux grosses molécules de la chimie organique . on p. ce qui .. structure recrure et répanit pour un résultat amplifiant des ressources fournies par le milieu . noter que la principale limite de ces cultures réside . grâce à la structure interne d'ampliâcation.. presque neutres' ce qui les rend faciles à distribuèr au moyen de forces de faible niveau.r. apporte avec elle une réserve considérable d'expérience accumulée . L'acte d'inveniion n'esr pas essentiellement diftrent des modes de croissance avec organisation qui canctérisent les organismes : au cours de la croiss"r. de grandùr d'une réalité qui s'échelonne (famille.r synthèses mentales un contenu disponible . en voie de croissance .rùvelle formalisation revienr à découvrir un modèle plus petit. constituant autant d'inventions.. prarique ou symbolique (formalisation) est le résulrar d'une interaction enrre un champ de finalité er un ".. transmissible.inter_ valle entre le jugement de soi et la décision d. le Christ fait porter ia mor"le leurs rapports externes. autour de chaque centfe fourni par la réference PercePtive et motrice à l'objet s'est construit un système plurivoque de-propriétés des choses et de modes d'accès de l. extérieurement presque neutres. Sans vouloir nier la possibilité théorique ou l'existence actuelle de cultures dans certaines espèces animales. Pour que I'interaction organisatrice puisse s'exercer.ieurement plus près de l'état neutre que ne l'étaient I'iniliative motrice spontanée ou la rencontre percePtive.o-p"r"-ble à celui que les Processus d'assimilation procurent à I'organis-.n. la perception conservenr une hétérogénéité relative et adhèrent aux objets. . de plus en plus puremenr inchoatif.agir conrre auûui. qui devient disponible quand elles sont distribuées dans I'organisme constitué .t d.. I'Imago. donne une réserve de contenus en état de latence.rr.INVNNTION COMME PRODUCTION D'UN OBJET CREÉ OU D'UNE CEUVRE Le processus d'invention se formalise le plus parfaitement quand il produii un objet détachable ou une æuvre indépendante du sujet. résolvant le problème lvant que la normativité ancienne enrre en jeu. il fauàrait se la jeter aussi à soi-même . I'organisation est possible parce qu'elle s'opère pendant l'état de latence des réalités soumises à ltorganisation.n ét"t de latence. à I'intérieur de I'Imago complexe.rrr. ce qui revient à considérer la personne humaine comme une fin er non comme un moyen.is. terre habitée entière) .rriË. plus considérables . tels-sont aussi les résultats de I'exploration. il faut que les matériaux organisés soient homogènes et sensibles aux champs qui les répartissent en modulant leur flux .s ph"ses. . parce qu'elle ne retient pas même l'être concret avec toute son affectivité. L'organisation se produit quand le simple dirige un flux de réalités complexes . L. plus simple. à. jusqu'à l'état sursaturé qui suit la rencontre de I'objet. dans l. La genèse des images. dans l'épisode de la femme adultère qui allait être lapidée.l champ_ d-. intérieurement.l .rt à augmenter la sensibilité et en même temps I'universalite de h formalisation. entre I'homme intérieur et le geste. sous certe forme. mais seulement la volonté bonne et le respect de la raison en soi-même et en autrui.. qui peut être suscitée Par un champ faible. la réalité endogène faible et minime gouverne et distribu e la réalité exogène. de n I'expérience Pour voir > . la situation de réciprocité entre le jugement de soi et le jugement d'autrui . pouvant être mise en commun' constituant le support d'une relation de participation cumulative.. .expérience accumulée. la formalisation dànne ainsi ".r* une valeur a"Ëlogique exemplaire à un acte. Telle est I'Imago avec son caracrère dè plurivocité . et servanr de paradig-. il crèe dans I'exam. Kant a proposé . et de libérer leur contenu lorsqu'elles ont été mises en place. plus rapproché du sujet. dans de la charité sur I'intervalle d'indiftrence qui sépare ia lapidation en elle-même du jet de la première pierre pat l" phr"se n que Ëelui qui est ' sans faute jette la première pierre o. cité. ordr. ce sont àinsi des structures de plus en plus simples qui servent de base à la formalisation normative.ti l. la première pierre ne fut jamais jetée. Mutatis mutan- ces morales mais évite d'avoir recours à elles. tandis que les donrrees d.

de manière nefte et décisive.. est aussi celle des organes partiellement visibles et descriptibles. Il n'y a pas de progrès assuré ranr que la culture. les engrenages. est inadéquate et inesseniielle.oées. la couche intermédiaire de réalité. correspondant au senriment intérieur du sujet créareur qui pense produire un n htéma es aei )'. puis les moteurs à cylindres en V. c'est dans les formes les plus élémentaires que la conservation de I'objet constitué ou sécrété par les générations précédenres esr la plus . mais pourtanr interprétable par d'aurres êtres vivants qui le réutilisenr en prenant pour point de départ le résultat de I'effort terminal de leurs prédécesseurs. s'il y a création dans le domaine de la couche externe de manifestation. tout comme celles du vêtement se trouvent limitées par la forme du. c'est précisément sous ce rapport que l'universalité et I'intemporalité sont le plus directement entia. Le caractère d'universalité et d'intemporalité de l'objet créé est susceptible de se manifester à des degrés pl. sont possibles. humus des forêts) .ace comme support organisé des générations suivantes (coraux.ffi. le dissimulent.tt ôbj... En prenant comme exemple l'a. la nécessité de ménager une relative liberté de mouvements.. une définition par I'utilité. comme le poète latin : < non omnis moriar rr. même si l'individualité de l'objet créé n'est pas conservée au cours des inventions successives. part.r. génératrice d'électricité) . la transmissio n. mi-technique et miJangage. faute d'un objet constitué comme détachable des êtres vivants qui l'ont produit. L'organisation d'un ".ultur. dans le domaine des techniques er dans celui des arrs. La création d'objets permet le progrès. chaque objet et chaque æuvre ont à une époque donnée une aire de diffusion limitée.rr. dans la pauvreté des moyens de transmission successive. avec sa double dimension d'universalité spatiale et d'éternité temporelle. de la mesure de la cylindrée à la dénomination du rype ou de la série. car les cultures se modifienr avec les sociétes . c'est comme invention d'une compatibilité entre l'automobile de tourisme et d'autres productions techniques (par exemple la carrosserie unique pour voitures commerciales et pour n breals .r. selon I'expression de Thucydid... 164 IMAGINATIoN ET INVENTIoN L'INvENTIoN r6t organisatrice qui manque aux sociétés animales que le pouvoir de création d'objets. Chose acquise pour touiours.. Le processus de création d'objets apparaît en divers domaines. toutefois. comme dans le domaine du vêtement . nid ou d un territoire s'efface avec le couple ou le groupe qui l'a constitué . tous les coloris. r.tr d. selon les catégories des besoins. ces modifications sont limitées par la compatibilité avec I'emploi. corps.. j. etc. si I'on entend par création la constitution â.tt de manifestation. on tfouve diftrentes couàh.rr o. depuis peu le moteur incliné.c cRfurIoN DEs oBJETS TEcHNTQUES La continuité du créé.. ce qui leur ajoute des significations locales et transitoires qui surchargent le contenu technique. restent indépendanres l'une de I'autre . et de conserver une suffisante utilité . sans parler de l'incorpor"iio. il y eut l'époque des longs moreurs à grand nombre de cylindres en ligne. er la production dbbjets. de type familial) ou entre I'automobile et û . parce qu'elle attire l'attention sur ce par quoi de tels objets sont des prothèses de l'organisme humain . plus récenres englobant les précédenres. or. Les variaiions sur la couche externe sont à la fois infinies en nombre et assez limitées . Autrement dit. dans la mesure oùr tout ce qui s'adapte à l'être humain court le risque de devenir un moyen de manifestation et d'être recruté comme phanères supplémentaires. qui est un tissu d'inventions prenant appui les unes sur les lJ.. cependant. ces effets de causalité cumulative ne réapparaissenr guère ensuire.rtomàbile dite de n tourisme o (bien que ce mot n'ait plus grand sens par rapport à la majorité des usages actuels). et parfois lui imposent une distorsion.r. au moins pour nos civilisations.. le nombre de paliers.r q"1 vont de l'objet de manifestation (à l'extérieur) à I'objet technique à peu près purement créé (dans les parties peu visibles ou inconnues de la majorité des utilisateurs. âé. L. mais il est particulièrement net.r. càmme le moreur. parce qu'elles sont continues' sans saut nécessairement imposé par la nature des choses . tout au moins. fréquente en Italie.. Cette virtualité consisre en une possibilité permanenre de réincorporations à des æuvres ou à des créations ultérièures sous forme de schème ou d'élémenr. son taux de comPression. for-. ce n'esr pas rant la capacité de spontanéité r. qui affiche sa cylindrée. la. d'une parr. et les solutions employées pour les circuits annexes (filtre d'huiË. ne mourrai pas tout entier r. toutes les modificatio. chose pouvant exister et avoir un sens de manière indépendante de I'activité du vivant qui I'a faite.) . . Un grand nombre d'objets techniques sont irabillés . o. l'objet créé est précisément un élément du réel organisé comme détachable p". il existe dans I'objet créé une universalité et une éternité virtuelles. qu'avec I'espèce^humaine er sous forme d'objets créés ayant un sens pour une .1". i'"i.r ?. d'autres en nflat-twinr.t moins élevés. n'apparaît nettement que si l'on fait atrtraction de la destirr"tiott d'utilité des objets techniques .". infinies. qu'il a été produit selon un code contenu dans une culture qui peÀet dË I'utiliser loin du lieu et du temps de sa création.

mais d'une adéquation directe et immédiate entre l'acte d'inv. mais l'apparition de ce métal au pointclef qu'est le tableau de bord permer à I'auromobile de parler. en son essence .. 1. L'utilité du choix de I'aluminium en petites quantités. Lamanifestation (couche externe) et I'expression (couche moyenne) ne pourraient exister si elles n'étaient portées par. au moment oùr la toile était remplacée par des surfaces métalliques . discontinue. dans les agrandisseurs photographiques. autrË. Chaque objet créé participe ainsi à factivité contemporairre^de création selon d. le . ii*tody"-"misme d. sur laquelle les couches externe er moyenne se développent en parasites. est à peu près nulle.. optiques sont il .. invention est aussi plus n sauvage _> que la productiàn ultérieure à grande diffi. fait Àaintenant partie de I'ensemble et reçoit un grand développement. et jusque dans I'ameublement (boutons de portes. aux objets un certain mode de communication entre I'homme et les choses.i foi-. Par là. ..-. tendance vers les grandes ou les petites dimensions) . relation sémantique avec I'univers des techniques en voie de progrès. dans la mesure oir il le peut. par I'emploi visible d'alliages légers ou d'aluminium ayant un sens fonctionnel dans la construction aéronautique. l'organîation de la couche interne et Proprement technique fait de I'objet crééle produit d'une véritable invention qui le formalise concrè.t. comme le placard intégré aux murailles.t. poignées).off. de technicité productive et résistante. jadis rapporté à la carrosserie de l'exrérieur.rrir. victorieuses d. le prestige d'une technique triomphante en laquelle le matériau a une utilité fonctionnelle. où les masses à mouvoir dépassent la force d'un homme. à bagages de l'automobile. le langage de l'avion . cet emploi correspond aussi à la transposition en tous domaines d'une tendance qui s'est affirmée dans un secreur si général qu'il institue des d'autres catégories d'objets. elle enregisrre et incorpore Toutefois.rvENTIoN 167 apprentissages durables et fait rayonner des normes perceptives :t op"ér"toir. par la recherche des conditions d'une compatibilité intrinsèque : il ne s'agit plus ici d'un acte de manifestation ni à'rrt. Cette communication . de guerre. à ce moment.166 IMAGINATIoN ET INVENTIoN r'Il. participant ainsi.. après la Seconde Guerre mondiale. répartis selon 1. L'emploi d'un matériau manifestant I'actualité ne reflète d'ailleurs pas seulement. on trouve les alliages légers dans les appareils médicaux.rr l'objet inventé peut en certains cas causer une régression. par exemple l'habitation moderne.. dans l'auromobile de r9zr. dans la communication avec son conducreur. mais un monde des objets créés. à toute l'activité contemporaine. réalisent un décapag: q. en explorant à chaque momenr les possibilités les plus récentes. elle se manifeste simultanément dans un très grand nombre de catégories de la production. de difficulté extrême. I'aluminium était un métal plus u technique o qr. la couche interne. la réaction des couches exter. qui n'est pas non plus sans influence sur le vêtement (angles vifs ou formes arrondies et amples.r.ntion et I'objet créé . cette esthétique des objets créés. comme cela s'est produit récemment dans le domaine de la photographie. dans un très grand nombre d'appareils ménagers.r. oir I'usage d'appareils dont les caractéristiques I'on voit se généraliser "très au-dessous des possibilités actuelles de production. et oùr les instruments de bord sont nécessaires. Au contraire. car I'ensemble est ainsi allégé de manière inûme .s circonstances sociales et psycho-sociales. selon un cype défini de lignes er de volumes.. . en lui donnant les caractères d'un organisme. Cette sémantique de I'actualité du créé se traduisait. avec une importance variable s. I'objet créé est un réel institué par l'invention. au sein d'une technique définie.lon i.roy". par exemplè pour un tableau de bord d'automobile.s modalités générales unifiant les solutions et les alignant soir sur les techniques de pointe soit sur les réalisations dont l'uàge constant impose des normes communes à I'ensemble d'une populatioÀ. Les situations de danger. dans la couche interne et la couche moyenne. er esr déjà plus profonde que la simple manifestation exrerne .. au même momenr.. s'adressant partiellement au connaisseur. comparable aux règLs d'une langu. qui les fait appàraître comme le produit d'une époque er d'une civilisation. on quitte la couche de manifesrarion externe de la réalité technique pour passer à la couche intermédiaire de la communication avec I'utilisateur. catégories d'usage. comparablgs à d1s baies. plus réservée.rl la maison à vastes surfaces vitrées a imposé à I'automobile ses grandes glaces presque planes. il ne s'agit encore que d'une organisation de compatibilité extrinsèque.l. . en raison du caractère n pilote u de I'aviation progressant à pas de géants.s moyennes des objets créés fait qu'il existe à chaque moment non pas seulement des collections parallèles des objets créés. comme s'il fallait que l'homme ûouve en chaque objet une occasion d'explorer l'effet des plus récentes découvertes. esr plus une sémantique qu'une esthétique . on vit sur l'auromobile de rourisme une proliftration d'automatismes mineurs et d'asservissements ùyant une utilité dans la marine et l'aviation. tendant à devenir une koinè.rsion .. une création. l'inesseitiel faisant apparaître I'objet inventé à l'état fondamental . la version primitive d'. cette essence est première et peut exister sâns manifestation ni expression. corrch. selon une norme d'actualité.

mais dans la compatibilité entre cette réduction de chambre noire qu'est un appareil .rr*ge donnant la première place à la couche la plus essentielle . . les appareils à grande diffusion correspondent à une fonction de loisir.r. po."nt les spécialisations divergentes selon diftrentes couches. la chambre photographique équipée de plan-fiIm.168 IMAGINATIoN ET INvENTIoN L'INVËNTIoN 169 mais qui possèdent en revanche quelques automarismes assez limités.. I'appareil d'amareur est devenu un appareil à pellicules roulées. et ouvrant sans apprentissage l'usage de la photographie à un large public ignorant tout de l'optique et de la photométrie. Ces deux dichotomies successives onr donné une tripaitition finale au rerme de laquelle on rrouve.*ant également sans altération I'effet de la lumière après exposition sous forme d'image latente jusqu'au développement . il" prise de vue a une valeur professionnelle. est de prendre une photographie . L'ancien appareil d'amareur n'a pas disparu. c'est à cette industrialisation que correspondent les appareils de prise de vue utilisant des chargeurs fermés.'"ppliquerà des conditions éloignées de celles d'un jour lumineux èt de sujets situés à plusieurs mètres de I'opérateur. dans l'exemple qui a été . correspondant à la prédominance de l'expression. er la prise de vue professionnelle .t. le développement et le tirage quelques secondes ou dizaines de . On peut norer que certe tripartition correspond à des fonctions nettement séparées de l'usage de la photographie par les diftrents opérateurs . En s'éloignant du lieu et du momenr de I'invention.. la couche exrerne de manifeit"iiott i'exprime dans la grande diffirsion des appareils simplifiés mais automatiiés et fermés.t. mais il s'est spécialisé dans la fonction de reportage en se perfectionnant.. aPPorte une comPadbilité temporelle et locale ent.. . au moins en ce qui concerne le grand fot-"t employé et le dispositif du soufflet' L'appaieil Polaroid Laid.t p. sachant non seulement utiliser correcremenr un appareil de prises de vues. mais de manière auxifiaire.loppement vue par vue. alors que I'appareil professionnel conservait le système de la plaque sensible sur support de verre ou en plan-fiIm. Le système Polaroi'd Land. sans mise au poini àe distance.ord. pour la couche purement technique. or. l'invention a consisté à faire tra"lr"rr. après la prise de vue. dont ils sont une manifestation' et à laquelle ils se ffouvent négativement adaptés par le fait que leurs automatismes n'ont pas d'é"tendue .rssi ielui qui maintient le degré le plus élevé de compatibilité entre les processus oPtiques et les Processus_ chimiques : avec un appar. l'appareil de reportage appartient à un journaliste qui prend des photographies à l'occasion d'une enquête ou d'un . La troisième dichotomie s'esr produite avec le lancement industriel du développemenr er du tirage qui ne permet plus le contrôle ni I'adaptation unitaire de chaque tirage aux écarrs du temps d'expositio.r . . enfin.^1.rt a. mais aussi développer et rirer les éléments sensibles . dans les emplois scientifiques..rr.il professiànnel utilisant des plaques ou du plan-fiIm.r.o.. un premier clivage s'est produit quand la grande majorité des amateurs a abandonné à des artisans le soin de développer er tirer les pellicules . qui prennenr une importance difftrente selon les usages et les milieux sociaux . permeffant d'éviter de grosses erreurs sur les temps d'exposition.. photo-chimique et Ie phénomène d'optique h déàuverte d'unle prépaiation conservant longtemps sa sensibilité après la fabrication..ï.rrtout pour les vues en couleur qui tolèrent peu d'erreurs . .rto-iorrélation la divergence de l'évolution adaptative qui spécialise le produit selon les catégorËs d'utilisateurs.. la chambre photographique est dans les mains d'un homme dont la fonction essentielle. qui passer ". ainsi. surtout par -Érr. au lieu de continuer l'évolution divergente qui t . Itblet technique comme produit de l'invention se caractérise de manière essentielle par son caractère organique. surface chimique photo-sensible . réelle des objets . de".rffir"ri.hi-iq. la couche intermédiaire. ". la photàgraphie s'est d'abord développée chez les amateurs savanrs et les piofessiànnels.. faciles à transporter et à expédier.r. .p*.o-p"tibilité réside dans la mise en suspens de l'activité .hoËi. enfin. le soubassemenr de la photographie comme invention ne doit pas être cherché seulement d"ns I'appareil de prises de vues. au moment où il opère. et même plus perfectionnés des appareils de rePortage' il est possib]e de "rr. avec une optique très élémentaire er un réglage automatique de I'ouverrure du diaphragme.. Particulièrement.. s'opposant à mer aussi . Et. les dàu" processus dont I'interaction constitue la photographie comme inveniion . I'objet technique peut d'ailliurs subir un c_hy-aSe selon les différentes couches.t oy"g. on peut ïoir q.i. à ce momenr. les différents perfectionnements successifs ont appàrte les conditions d'une compatibilité plus parfaite entre le phénophysique. l'. ce sysrème met en æuvre un appareil IoÂp"t"ble à une chambre photographique professionnelle. i" . que I'on pourrait nomstructurale et fonctionnelle. pourvus de tous les réglages optiques et photométriques.r-.r. du materiau sensible entre la fabrication et le développement' ce qui permet d'insérer la prise de vue dans cet intervalle temporel. se concrétise dans les appareils de reportage. géographiques... les chambres noires et les produits photo-chimiques tels que le bitume de Judée étaient connus I'invention de la photographie . vailler directement et automatiquement la lumière sur une matière photo-sensible à I'intérieur d'une petite chambre noire formant une i-"g.

il serait partiellement faux de dire que l'invention est faite pour atteindre un bui.r l. avec rétro-action des photographies sur I'attitude des acteurs..u1e technique primitivement unique. o. il s'agit du proceisus physique de formation d'image réelle et du process. A poste fixe. en particulier la décentralisation extrême de I'activité d'exécution.nt une part de la combusdon.s aspects de l'activité des amareurs. l'invention est réalisée à l'occasion d'un problème . Il y a dans la véritable invention un saut. grâce à la surabondance d'efficacité de l'objet créé quand il est réellement inventé. rassemble en unité ces faisceaux divergents et couvre route l'étendue des emplois possibles.. mais. mais ce dispositif ne peur être appliqué. effectue ier. D'autres exemples pourraient être pris. une première photographie servant à améliorer le cadrage. loàomobiles). navires. et de la nécessitè d'un bâti réftactaire pour canaliser la flamme autour des bouilleurs.rrt progrès majeur revenant sur un dispositif déjà inventé pour le perfectionner est un acte instituant une compatibilité entre des processus primitivement incompatibles . qui porte sur l'essentiel. l'invention apporte une vague de condensations. de concrétisations qui simplifient l'objet en chargeant chaque structure d'une pluralité de fonctions . telle est I'invention de llarc seguin qui a créé la chaudière tubulaire propre à la production d'énergie thermique à poste mobile (locomotives. De cette manière.. car ils acheminent I'air chaud. Dans cette même mesure. cette nouvelle vague d'inventiàn en-màtière de photographie augmente à ce point la compatibilité entre le processus physique et le processus chimique qu'elle rend possible la rétro-action à I'intérieur de la prise de vue.r"n. mais les effets d'une invention dépassent la résolution du problème.t emplois analogues. Le caractère plurifonctionnel se complète par le fait que le foyer.pot.. . et servent d'autre part à l'échange thermique . I'invention d" diiporiti' pokroid Land est un fruit de I'industrialisation très poussée .T7O IMAGINATION ET INVENTION L'Il. l'entourage réfractaire est supprimé. Marc Seguin a rendu compatibles la chaudière simplement cylindrique et une multitude de bouilleurs en inversant le schéma des bouilleuis et en les mettant dans la chaudière' ce qui non seulement accroît la surface de chauffe. restirue ceri"ini d.. à cause de sorgrand poiàs et de son encombrement. le franchissemenr d'un échelon de progrès essentiel a le pouvoir de faire reconverger en unité de base les difftrentes branches d. le foyer envoyant directement la flamme et les gaz chauds dans les tubes tr"rré. mais la concrétisation apporte en plus des propriétés nouvelles. cetre compatibilité appartient à la catégorie des états d'équilibre. mais il importe avant tout de noter pour la présente étude le fait que I'inventio.. ainsi.t matière .rvENTloN r7l et l'aspect d'expression de la chambre photographique fondamentale.rsant la chaudière parallèlement à son axe et I'eau autour des tubes. réaliser un effet enrièrement prévisible d'avance . et qu'on pourrait nommer o fonctions surabondantes ). plus réduit.car les propriétés de I'objet dépassent l'attente . et d'indépendance opératoire complète par rapport à un univers industriel concentrarionnaire. la compatibilité est d'ordre topologique . et ne constituent pas seulement une organisation limitée et consciente de moyens en vue d'une fin parfaitement connue avant la réalisation.. car on pourrait imaginer de faire pro- liferer les bouilleurs autour du corps de la chaudière . mais les gaz dans àes tubes tia't. à un véhicule rerrestre. des fonctions complémentaires qui n'avaient Pas été recherchées. la surface de chauffe avait été accrue par I'adjonction de bouilleurs extérieurs au corps rylindrique de la chaudière . certe véritable invention. pour la photographie. un pouvoir amplifiant qui dépasse la simple tr . Naturellemenr. De manière Presque paradoxale. depuis I'usage pro- écarte l'aspect de manifestation fessionnel jusqu'à celui des loisirs. non seulement les fonctioni anciennes sont conservées et mieux accomplies. constituant la classe d'un véritable avènement de possibilités venant s'ajouter aux propriétés attendues de l'objet. lorsqu'on emploie des charbons fournissant beaucoup de gaz.1. ces tubes deviennent ainsi plurifonctionnels.h.rl.r. mais aussi diminue la masse d'eau à échauffer.. en passanr par le i.-. amplifiant. et qui apporte un progrès majeur. l'enveloppe extérieure de la chaudière peut être calorifugée. compatibilisés par le phénomène de I'image latente. lout l'échange thermique étant condensé à I'intérieur.riq. la disposition des sujets et le réglagè optique de la photographie suivante. qui se prolonge à I'intérieur des rubes. d'une part. autorisant la succession temporelle des phases par la mise en suspens d'une activité. ainsi que de sa fragilité."g. que des progrès mineurs d'adaptation sociale ou économique avaient superficiellement diftrenciées. I'invention est occasion de découverte en Par cet "tp. comme la mise en place des personnages avanr une prise de vue cinématographique. En d'aurres cas. la chaudière . tout le long de la chaudière.tr photo-Àimique. pour augmenter le rendement du rapporr foyerlchaudière.. situés atx deux extrémités de la chaudière. l'inversion du schéma des bouilleurs consiste en ce que ce n'est plus l'eau qui est dedans et les gaz chauds au dehors. s'il s'agissait d'étudier en euxmêmes les faits d'évolution des objets techniques . il n'y a rien d'autre que ces tubes entre le foyer et la boîte à fumée. ce dispositif aurait naturellemenr pu être généralisé. en particulier. selon un effet courant en matière technologique.

une mise en mouvement. la grille-écran. r' Un exemple plus récent est fourni par la turbine Guimbal.tposition de plusieurs étages.IvENTroN t7i finalité et la recherche limitée d'une adaptation. de prendre exclusivement des exemples dans les objets techniques du monde industriel . . mais dans les fonctions modulatrices et détectrices. mais dès qu'apparaît un objet séparé. qui crée la difficulté et pose le problème de l'équilibre. augmenrant la résistance inrerne du tube et rendant le flux à peu prei independant de la tension instantanée d'anode . par les obstacles . amène propriétés -déparrement des conditions qui étaient celles de la position du un problème. simplement utiles comme adjuvantes_. la pesanteur. "rr. on peur prendre. I'objet technique industriel fait partie de la catégorie plus générale des objets artificiels qui représenrenr en divers do-aines les réussites d'une formalisation conduisant à la surabondance fonctionnelle. car l'organisation se limiterait à la résolution du problème . La véritable invention dépasse son but . comme exemple de fonction seulement adjuvante.. Les fonctions surabondantes peuvenr parfois être secondaires. de plus.. cette incorporadon à I'univers des choses productibles d'une surabondance d'être n'aurait pas lieu. . sans élément plan pouvant fléchir. une partie de voûte serait. cette communication des forces fixe les uns contre les autres les éléments par le seul fait de leur taille en tronc de pyramide. prise seule. puis elle a manifesté ses très remarquables propriétés pour les fréquences correspondant aux ondes hertziennes.r. ce qui apporte un allègement et un gain de place. . on s'aperçoit du caractère plurifonctionnel des divers éléments. cette aptitude a été utilisée dans les locomobiles. une mesure plus large qui réalise une incorporation de réalité. prises eniemble. sans nécessité de cheville ou ciment . principalement vers le haut : cette surabondance fonctionnelle pefmet d'employer la voûte pour Porter une autre voirte au-dessus t. Pont du Gard. incluse avec I'alternateur dans la conduite forcée. les déséquilibres comPensés apportent des fories qui rapprochent les unes des autres les diftrentes parties de l'édifice. intermédiaires enûe la fermeture totale et la pleine ouverrure : la triode à vide est devenue en quelques années la pièce cenrrale de l'amplificateur pour courants téléphoniques. est employée comme moyen de cohésion de l'édifice terminé . Les forces développées dans I'ensemble formalisé et plurifonctionnel qu'est la voûte dépassent son ordre de grandeur . Il n'est d'ailleurs pas du tout nécessaire. mais apporre en outre une possibilité de modulation par voie électronique I chaqu. à l'occasion du à"s déjà évoqué. si bien que la découverte l'emporre sur l'intention initiale .. et qui deviennent datts des organismes plus complexes l'objet de fonctions régulières.tp.état. non seulemeni dans les -à. en^accomplissant sa fonction d'écran électrostatique. se font mutuellement équilibre. au lieu de se borner à résoudre un problème. elle travaille dans l'édifice . ce qui fournit un interiupteur à une infinité j. il n'a pas seulement rendu réglable le flux électronique. I'introduction d'une troisième grille. comme les poutres. chaque pierre est partiellement toiture et muraille et même la clef de voûte reçoit et transmet les forces provenant des autres éléments . Cet enjambement amplifiant dépassant les conditions du problème est nécessité. elles peuvenr aussi devenir primordiales.r7Z IMAGINATION ET INVENTION L'Ir. dans la création d'objets par invention. incorPorant aux organismes des propriétés qui étaient laissées aux effets aléatoires du milieu. pour décrire les caractères principaux de I'invention comme formalisation.rt rempl". le progrès est essentiel à l'invintion constituant un objet créé parce que I'objet. sans créadon d'un objet. en possédant des nouvelles en plus de celles qui résolvent le problème.rt"g. le fait que la paroi externe d'une chaudière tubulaire per. " introduit une grille de commande entre cathode eianode dans la valve primitive à effet thermoélecrronique. LJne nouvelle vague de propriétés du tube électronique s'esr manifestée avec l'inrroduction (à des fins d'isolement électrosiatique) d'une grille-écran enrre la grille de commande et l'anode. Si I'invention était seulement I'organisation d'un donné. la voûte comme procédé de construction. les contraintes de cet objet impliquent un long détour. Si I'on prend. amplificateurs ou oscillateurs. comme on le voit dans le à'eile. en déséquilibre . Par conrre. par exemple.. l'intention initiale de résoudre un problème n'est qu-'une amorce.r.. à la manière dont procède l'évolution vitale selon Lamarck. lorsque ree de For.. d'une surabondance fonctionnelle'. châssis. roures les parties d'une voûte. en raison de sa grande rigidité et de sa forme géométrique parfaitement rectiligne que ne surcharge plus aucune adjo=nction dè bouilleur.-piit pas seulement cette fonction de barrage à sens unique. le gain "ppott. comme suppresseur d'émission secondaire. si bien que non seulement l'ensemble est en équilibre. invendon. la pesanteur est intégrée à la voûte. intervenant d'une part comme maillon d'un transfert de forces de compression et d'autre part comme partie d'une surface de couverture . mais que. dans la bande des fréquences musicales. produiien plus un effet accélérateur du flux d'électrons. la iésolution du problème par formalisation crée un objet artificiel possédant des propriétés qui dépassent le problème.r. tout près de I'anode.

L'incorporation dans un ensemble qui esr non seulement logiquement mais aussi réellement et matériellement formalisé. une orgânisation . l'émission secondaire d'électrons par l'anode a d'abord été un inconvénient. Pour cefte raison. cet effet a été positivement incorporé au fonctionnement d'ensemble dans la cellule dite photomultiplicateur. er avec le bénéfice de I'identité des coefficients de dilatation. mais aussi des poutres et des porte-à-faux que seuls le bois ou le métal auraient permis de réaliser. pour être complètement organisé.tr . selon l'expression de Teilhard de Chardin. pourrait faire croire que la technique capitalise une somme toujours plus grande de réalités naturelles. compatible avec lui-même . opère un recrutement imPrévu dans le projet de résolution du problème. et amène une solution plus grande que le problème. doit être plus complexe et plus riche que ne le suppose le projet strict de résolution du problème . et de ses intentions. comme un organisme. Il incorpore. Un effer secondaire nocif dont il faut bien tenir compte dans la recherche de compatibilité exigée par la formalisation de I'objet créé (auto-corrélation structurale et fonctionnelle). il possède alors des propriétés nouvelles qui lui permettent de résoudre. le bâtimenr en béton précontraint dépasse celui qui aurait été possible en pierre. dans les tubes électroniques. réalisant l'enjambement amplifiant caractéristique de I'objet inventé : le béton précontraint permet de réaliser non seulement ce que I'on aurait pu construire en pierres. jouaient au mieux leur rôle s'ils restaient perpétuellement en traction.. où l'effet d'émission secondaire est systématiquement provoqué en cascade. la nature se recrée comme formalisation nécessitante et concrétisation à l'intérieur de l'univers des techniques. appauvrissant l'univers de ces réalités . l'efFet entre dans le système de l'objet créé . on s'est heurté à des effets négatifs qui empêchaient le remplacement direct. d'aurres problèmes. pour provoquer l'amplification d'un faible flux initial de photo-électrons. involontairemenr.. nécessaire pour que I'objet créé soit compatible avec lui-même. il a fallu armer le béton en lui adjoignant des barres métalliques . mais aussi parce qu'elle ajoute des effets aux conditions primitives au lieu de sélectionner des effets pour une prise d'information. se produit devant le sujet i par la plus-value de I'invention. lorsqu'on a voulu remplacer la construction en pierres par du béton. lJne vue superficielle. L'invention complète la perception non seulement pârce qu'elle réalise en objet ce que la perception saisit. se naturalisent. la perception correspond à la phase en laquelle I'effet dépend du milieu. non-dialecdque.i I e !) $r f. selon la voie la pl. ltévolution progressive des techniques. Par ailleurs. ce supplément. par surabondance d'être.I74 IMAGINATION ET II\WENTION t'INVENTIoN 175 que suscite une organisation limitée à une finalité directe et stricte . travaillant en traction. le groupe des objets créés incorpore de plus en plus de réalité naturelle. Cet accroissement est comparable à une plus-ualue fonctionnelle due au travail des réalités naturelles incorporées à I'objet créé pour qu'il soit entièrement r. de moins en moins artificiel en chacun de ses éléments . ce qui a pour résultat le fait que les techniques. comme fait la perception. fait passer les effets naturels dans le monde des techniques. Ainsi. Le progrès. Plus les techniques se font objet. cet effet d'amplification Paf recrutement d'effets nâturels dans l'invention technique a des conséquences pratiques et sociales parallèles aux conséquences théoriques. n les pièces sont plus grandes que la maison u que I'on voulait construire. il va au-delà des perfectionnements visés par I'inventeur.ttt. ces éléments élastiques. L'invention créatrice d'objet est ainsi la dernière phase d'un processus dialectique qui passe parla perception . de dynode en dynode. d'aurres effets de I'univers. avec le gain de raccordements homogènes à l'ensemble de la construction. mais en fait. mauvaise résistance des blocs aux efforts de traction) . ensuire. qui choisit parmi les possibles offerts par la situation. progressivement. d'oir résulte la technique du béton non seulement armé mais précontrainr. plus elles tendent à faire Passer la nature dans le créé . bois. de cette manièfe. Le mécanisme de la plus-value économique que Marx a décrit dans Le Capital exprime dans le monde du travail humain une des conséquences de la mise en æuvre des l" . au sens majeur du terme. qui opérerait seulement. non-amplifiant (possibilité de fissures. devient ensuire une partie positive du fonctionnement d'ensemble. grâce à ce recfutement d'efFets. est la conséquence des actes d'invention . et fer. incorporant toujours plus d'effets ( sauvages ))' est de moins en moins arbitraire. jeu de la dilatation.o. L'objet créé. d'abord limité par des palliatifs. les inventions créatrices d'objets. par la nécessité du progrès des techniques. d'effets non recherchés par I'intention finalisée de résolution du problème par organisation conduit à un dépassement des conditions du problème en puissance et en universalité d'applications. limité par I'emploi de la troisième grille (suppresseur) dans la structure penthode . l'invention tient compte de la nature comme supplément nécessaire à la simple finalité pratique et anthropocentrique. car il n'existe généralemenr pas de solution parfaitemenr sur mesure à un problème particulier. apportent à la découverte scientifique des données que I'observation perceptive ne Peut extraire du réel. ainsi. le groupe des objets créés. grâce à la plus-value amplifiante de chaque invention constituant un objet. parce que.

par I'intermédiaire des objets créés. er avec I'exigence des conditions d'accueil. l'échec de certains modèles (Frégate de Renault) ne tient pas à des défauts techniques. inversemenr. de l'élevage. Leroi-Gourhan a étudié les phénomènes de diffusion. et était recruté comme un effet naturel . de transmission. le succès du modèle 4L répond au contraire à une bonne étude de la pluralité des besoins. univoques et limités. il est seulement visible de manière privilégiée dans ce domaine qui est un cas particulier touchant de près la société humaine. mais il devient à la fois un générateur de force motrice à poste fixe. qui est en fait un utilisateur-opérateur et non pas un consommateur. car non seulement les conséquences mais aussi les conditions de la genèse d'une invention impliquent des contenus collectifs et des aspects historiques. le ffacteur agricole a été réinventé après r95o. de rransposition des techniques dans le cadre de I'ethnologie. étaient conçues à partir d'un emploi idéal en régions planes de monocultures sur de grandes surâces continues. sPectre continu reliant des . en particulier de la double destination (transport des personnes et des choses) . elle caractérise tout le domaine des objets créés par invention. doit comporter l'étude des voies de diffusion d'une invention. et sa diffirsion a été rapide. une étude complète de marché. lorsqu'il s'agit d'objets techniques .176 IMAGINATIoN ET INVENTIoN L INVENTION t77 inventions techniques ayant permis la révolution industrielle . mais l'effet d'amplification ne se limite pas au domaine du travail des opérateurs . puisqu'elle implique I'adapta- tion de l'objet à un système d'usages virtuels qui ne correspondent pas du tout à un concept univoque. avec des phénomènes complexes comme ceux qui se produisent lorsqu'une population esr mise en présence d'objets manifestant un développemenr plus avancé que le sien (outils de métal importés dans un pays qui emploie des outils de pierre) dans les ouvrages intitulés L'Homme et la Matière et Milieux et Techniques. Plus généralement. en Passant par I'emploi comme tracteur et moteur. sous sa nouvelle forme. car I'objet peut être une synthèse réelle. A ce point de vue. r9t8). pour les régions de polyculture et de petite ou moyenne propriété. de la polyculture. restent abstraits. et permettent d'organiser la production d'une chose en vue d'une fin préétablie. mais non de créer I'objet comme matérialisation d'une image. en ce domaine. exprimant efficacement le rycle de I'image. mais à un défaut de connaissance des compatibilités extrinsèques nécessaires. la plurifonctionnalité d'usage correspond à I'une des fonctions essentielles de l'invention comme créatrice de compatibilité . pour I'essentiel. Une étude analogue pourrait être faite sur le marché de I'automobile en France . avec la manière particulière dont le savoir et le pouvoir se transmerrenr sous forme d'objets constitués ou de procédés de production. Aubier. non seulement dans leur rapporr avec la société humaine. sociale et politique . le fait que I'invention soit créatrice d'objets joue ici un rôle essendel. L'évolution dialectique amplifiante n'est pas non plus seulemenr humaine. alors que les conceps d'usage et de finalité. la production efficace de machines agricoles s'est longtemps heurtée à un manque d'adaptation des machines aux fonctions réelles pour le travail . et un porteur universel d'outils alimentés directement en énergie mécanique par le moteur. parce que ces régions avaient franchi les premières le seuil économique de I'accès au machinisme industriel .e d'existence des objets techniqaes. ce qui montre qu'il ne s'agissait pas. par I'expansion hors de l'individu de la phase terminale d'invention créatrice. Or. Paris. de préjugés à vaincre ou de conditions économiques à attendre . Ie perfectionnement d'un objet technique dans le sens de la concrétisation et de l'élévation du niveau de la compatibilité interne produit une adaptabilité externe que l'on désigne en Amérique par I'adjectif <uersatile) et que I'on peut comparer à la flexibilité. La recherche complète des applications de cerre conception de l'objet technique créé par invention dépasserait une étude de psychologie < générale ). c'esr le rapporr de l'homme à la nature qui est soumis à un processus d'évolution dialectique amplifiante dont le fondement actif est dans l'invention. au sens que prend ce terme en psychologie. car un objet technique véhicule avec lui une information implicite et explicite sur ses conditions d'emploi er sur le choix des modèles . le tracteur n'est plus seulement agricole (fait pour remorquer une charrue). un tracteur routier monté sur pneumatiques et pouvant rouler vite. nos sociétés voienr se poser le problème du rapport d'information récurrenre entre le producteur er le consommateur. mais aussi dans leurs rapports avec la narure . en France. ainsi. dans le monde rural français de la petite propriété. ces machines' et particulièrement les tracteurs. la mise au point des caractéristiques d'un modèle par le consrrucreur esr une étude de compatibilité non seulement intrinsèque mais aussi extrinsèque. qui ne sont pas seulement économiques mais culturelles (vok Du Mod. cela signifie que le travail des opérateurs ouvriers était incorporé dans le schème des inventions. ce qui crée la compatibilité étroite de l'effet de remorquage et de I'effet de source d'énergie: l'invention du mode intrinsèque de compatibilité entre ces deux effets a rendu possible la compatibilité extrinsèque par adaptation du ffacteur multifonctionnel à une gamme continue d'usages entre I'emploi comme tracteur et l'emploi comme moteur.

po'ts. AUTREs cerÉconrns la source. De I'immense empire romain qui fut un cheÊ d'æuvre d'organisation en de multiples domaines. selon des voies analogues à celles qu'emPrunte la technicité. de rype superficiel. le noyau résistant de sacralité (voir l'étude sur Tecltnicité et saualité. en trois numéros : novembre-décembre t96o. les analogies topologiques entre les diftrentes couches des objets ne constituent pas l'essentiel des effets de l'activité d'invention comme terme de la genèse des images . 2. le déveloPPement de cette formalisation. E') o'on. Ceci permettrait de dire que Pour une Part la sacralité correspond à une activité de création concrétisant une genèse d'images. et élude l'invention. l'objet sacré n'est pas multipliable comme I'objet technique inventé . La catégorie des objets esthétiques se prête. Si tous les chemins mènent à Rome. les désirs. I'automobile devant transporter des personnes et I'automobile devant transporter des marchandises. ou par fragmentation d'un objet primitif unique . Tecbnicité et saualité. le mode d'existence de ces objets âit apparaître une pluralité de couches plus ou moins profondes. selon le postulat de la praxéologie . des voyages rapides. à la manière dont procède I'amplification concrétisante des techniques. c'esr quand la technique rencontre I'objet et le façonne qu'elle se constitue comme réalité spécifique et indépendante. janvier-fevrier 196r. c'esr-à-dire en organisation d'une action efficace. Sans doute. -'est parce que les Romains de I'Antiquité ont inventé la consrruction des routes comme objets stables. concrétisant la technique des communications. entraîne I'incorporation de réalités d'abord non humaines à un monde ayant sens Pour l'homme. dans nos sociétés. c'est I'effet d'amplification par recrutement de réalités primitivement non prévues et inclusion de ces réalités. des ffansports.ç ! r78 TMAGTNATToN ET rNvENTroN L'INVENTIoN 179 termes extrêmes comme le tracteur et le moteur. Peut-être même le processus dialectique décrit plus haut peut-il se produire aussi avec la diffirsion du sacré. voies. c'est-à-dire plus ou moins rapprochées du résultat de I'invention. ce qui est parvenu jusqu'à nous et agit encore. et incorporait une nature. mais la sacralité se Propage en une certaine mesure par contact et intention. D. la circulation récurrente d'information entre la production et I'utilisation virtuelle fait communiquer directement I'image et I'objet créé. les atrenres . d'organiser un monde limité selon les normes tirées de I'objet créé. comme on dispose un mobilier en fonction des objets d'art qu'il doit mettre en valeur et dont il sera le milieu. une étude puremenr économique de la genèse et de I'emploi des objets techniques est insuffisante. pouvanr dépasser les barrières temporelles et culturelles. avec des pouvoirs nouveaux dépassant l'origine. plus facilement à I'observation. pARTlcuI-rÈntueur. l'essentiel. avec les modes. Historicité dc I'objet technique. et formalisant toute l'étendue de l'image d'un pouvoir dont le siège était à Rome mais qui tirait sa subsistance des provinces. L'objet peut totaliser er condenser les prises d'informations exprimant les besoins. (N. sinon à I'analyse . demeures. mais cachent àussi en une certaine mesure ce qu'il y a d'essentiellement sacré. permettanr l'invention compatibilisante. Pour la même raison. ce réseau d'objets a survécu à I'empire. c'est ce qui a été créé comme objet. mars-juin :96r. Toutefois. la ritualisation du sacrifice consritue une réticulation spatiale et temporelle qui universalise la sacralité et crée entre nature et sacralité une interaction formellement comparable à celle qui caractérise le développement des objets techniques. Il ne s'agit naturellement pas de réduire routes les techniques à des productions d'objets . du commerce. aqueducs. partie d'un cours de psychologie sociale fait à la Faculté des Lettres d.nrs cnÉÉs . rattaché au profane par différentes zones qui médiatisent et protègent. par la circulation continue des choses et des êtres humains. c'est bien ce qui se produit aussi dans l'évolution des r. Cours publié sous le titre Psycbosociologie de la Tecbnicité dansle Bullztin de lEcole pratique dc Psychohgie et de Pédagogie. Lyon. ce qui constitue . conséquence du caractère cumulatif des inventions. Or. publié danr le Bulletin de l'École prarique de Psychologie de l'Université de Lyon)'. qui impliquent la diffusion au sein d'un groupe d'amateurs Partiellement initiés et parfois capables de reproduire. dans un système formalisé . on la trouve aussi dans le domaine du sacré. parce qu'elle ne tient pas compte de leur mode d'existence. et avec la même opacité par rapport à une analyse conceptuelle en termes d'univocité. d'imiter. parce qu'il dépassait par l'invention la finalité particulière de chacun des actes. routefois.4spects psycho+ociaux dz la genèse dz l'objet dhsage. alors qu'une définition concepruelle selon la finalité réalise seulement une abstraction unifonctionnelle. enfin. et les sryles..ET nsrrrÉrrqun L'existence de plusieurs couches autour d'un objet répondant à des images mentales n'est pas une caractéristique exclusive de l'objet technique . Lyon. L'on. qui est de résulter d'une invention condensant en objet un faisceau d'informations contenues dans la réalité d'une image parvenue au terme de son devenir. de nombreuses techniques ont consisté et consistent encore en découvertes de procédés. avec incorporation d'effets qui ne sont contenus ni dans I'intention finalisée ni dans le projet de ritualisation.

etc. sans perte ni profit. mais de manière relativement marginale par raPPort à l'activité centrale. comme faisant partie de la PercePtion esthétique. dans un univers fermé et choisi de connaisseur qui opère en chapelle. l'objet décoratif et la chanson à la mode font partie de cette catégorie superficielle . l'incorpore à une formalisation si complète qu'elle détermine. Dans le domaine de I'architecture.r. en fonction du caractère déjà pittoresque de ces objets. ce furent les profusions de rubans ou de fleurs. les motifs optiques peuvent avoir un sens et être intégrés. un public assez cas des objets techniques. I'obsolescence de ces formes d'art est comparable à celle des objets techniques en lesquels prédomine la couche superficielle qui fait d'eux les accessoires d'une attitude définie . pour cette raison. cette modalité représenre. ou tout au moins elle pourrait apparaître comme primitive. on peut prendre celui des objets opticalisés. pour I'essentiel. un autre objet en forme de coloquinte. l'æuvre définitive intègre en modalités L . et se rrouve imposé de manière violente à des formes dont la genèse ne prévoyait pas cette rencontre . le morceau de Xenakis est Pourtant une æuvre qui intègre des sons et des bruits très primitifs produits par des instruments faciles à construire. dans le texte écrit. toutes choses qui sont habituellement confiées o aux collègues de la batterie o .. Or. mais n'acceptait pas que I'on nomme cela n musique .I8o IMAGINATIoN ET INVENTIoN L'INVENTToN r8r differents arts. pour les peindre. Cette activité. qui est celle d'une réalité exprimée. elle épuise son sujet comme on épuise une énergie naturelle. selon une remarque de M. Ignace Meyerson. malgré la noblesse de cette attitude de refus selon des normes élevées. une violoniste de I'orchestre montrait avec une tristesse sensible les objets qui lui avaient été donnés comme instruments : un n sifflet à bouche ). ou la narure. le commerce livre des rubans adhésifs opticalisés que I'on peut coller sur n'importe quel objet de n'imporre q. emploient les arts comme un auxiliaire de leur activité principale. une maison. les meubles. Et cela est vrai. Ainsi. ni oublier . il n'est pas créateur parce qu'il n'est pas démiurgique. Naturellemenr. mais en ce cas précisément. comme le ciment. sans rapport avec le sens. parce qu'elle prend dans le monde des réalités homogènes . des arbres. additif sans activité d'incorporation. Conformément au schéma de ce retournement dialectique. modifié selon les remps er les lieux. nous avons cité le pouvoir de découverte de la pensée de Le Corbusier. cette æuvre intègre les effets d'une matière sonore ( sauvage u. Une æuvre est moins vaste que les conditions de son invention quand elle est dirigée par une finalité prédéterminée et prédéterminanre qui se donne la possibilité de choisir un objet à modifier en le détachant des conditions de son existence naturelle. de taille et de couleur adaptées à I'objet et à la situation. les marques de l'activité humaine constructrice. de nos jours et en France. une cible. une bouée. est brut d'une certaine façon . des déplacements de la source localisable du son dans la masse des exécutants. comme une fusée. Cet usage superficiel n'est pas récent : à d'autres époques. I'activité des créateurs en matière d'art devrait être archaïsante. De même. au lieu d'amplifier. comme exemple actuel. L'art agit ici par apport d'une pellicule superficielle préétablie sur des choses qui ne sont pas modifiées selon leurs caracrères essentiels . étendu de gens cultivés apprécie les toiles impressionnistes. comme les traces des planches de coffrage. une borne . Une manière d'agir er un ensemble de procédés se conservent et se transmettent à travers le temps sans apprendre. au cours de I'exécution. un amâteur éclairé demande à I'objet d'art d'être satisfaisant et réussi dans un univers marginal et limité. peuvent être conservées pour le mode percepdf définitif de la construction . comme le journaliste emploie la photographie . c'est-à-dire à apprécier des techniques raisonnablement anciennes . La musique de Xenakis (par exemple télé-tecteur présenté en avril ry66 par I'ORTF) déconcerte les musiciens professionnels . manière. sous la forme du n violon d'Ingres o pratiqué avec goût et distinction. on Pourrait dire qu'il s'agit de sons bruts aussi bien que de sons musicaux . sur les vêtements. le journaliste demande à la photographie d'être techniquement réussie et satisfaisante comme auxiliaire de sa recherche ou de sa découverte. c'est extraire par sélection un aspect déjà constitué. existant depuis des millénaires . ce qui manque le plus en ce cas pour qu'il y ait invention est la découverte de compatibilité . bruts ou industriels. producteur de ses propres normes . l'amateur d'art a tendance à être conservateur. ces motifs sont de forme. capre et réduit . cette violoniste se résignait à utiliser ces objets n selon le rythme imposé n. mais seulemenr masquant. sans accroissement ni diminution des limites. et le caractère à la fois futuriste et sauvage de son emploi des matériaux. lorsqu'ils soulignent les points remarquables d'un objet. dans la mesure où ils produisent des æuvres indépendantes de leur créateur et plus vastes que les conditions de leur invention. sans être des créateurs. choisir un paysage. en restant dans la couche superficielle du réel. I'usage. depuis les vêtements et les bijoux jusqu'aux automobiles er au mobilier . comme dans le l'attitude et la tendance de ceux qui. sans dissimulation : ce qui sort du travail industriel. le motif opticalisé est produit à part. La couche moyenne de la production d'objets créés esthétiques est celle où l'activité n'est ni un plaquage aléatoire ni une invention amplifiante mais une élaboration qui reste sur place.ll. une mire.

Le passage de la technicité à la sacralité. la carrière de I'avenir et I'ampleur du monde comme lieu de manifestation . la maison paternelle. mais le perfectionnement consiste à élever le niveau de compatibilité intrinsèque en resserrant le couplage entre les sous-ensembles. L'invention technique se perfectionne par la résonance interne de I'objet produit.. certe matérialité formalisée par llnvention. Les avions-cargos contemporains sont adorés par les indigènes de Fort Moresby (n cargo-cuhr). qui divergent dans la sacralité et la catégorie esthétique. si_bien qu'un même objet peut. Ces techni- b F i' i I ! Il t . est I'origine d'un écho qui se multiplie er se nuance en se diversifiant. seule de son espèce en certe place .t bâtiment le pouvoir de manifester la réalité aurochrone en sa matérialité perceptiblé. dans la relation de compatibilité qu'elle enrretient avec I'univers des autres æuvres d'art. à ce qui demand.rvENTIoN r83 perceptives les moments de sa fabrication qui restent ainsi perpétuellement présents. Il est celui en qui la _d'un genèse des images révèle le désir d'exister des êtres . le sacré est au-delà du causal et le caractère artistique au-delà du fonctionnel . ou en passanr d'une culture à une aurre. est revêtue de sacralité. c'est-à-dire par la situation en laquelle chaque sousensemble est modulateur de tous les autres .r t. et les consritue en système compatible pour toure la durée de l'æuvre. mais dans le passé absolu des sources originelles ancestrales et mythiques. L'æuvre donne une dimension d'avenir au geste transitoire . La catégorie du sacré est celle du passé absolu et originel. or'. le créateur sauve les phénomènes parce qu'il est sensible à ce qui. recrute et manifeste en les dilatant vers le temps à venir et I'universalité d'un espace.. une invention ( naïve ) ordonne selon la finalité et de manière uni-directionnelle. art). fond des remps et dans I'humilité étroitement située d'un lieu.i.ti". conêre I'universalité spatiale à ce qui la consrirue. comme dans un organisme. éminent. en chaque phénomène. non comme les constructeurs véritables des avions. existe une relation logique entre les trois types de formalisation de l'objet. le domaine des ancêtres. par contre. au cours à. comme en train d'être actuellemenr accomplis. .e. donna. le créateur est sensible au virtuèI. au lieu d'être enseveli dans le passé. comme un mot ou une tournure dans unè langue indéfiniment enrichissable . la finalité reste ainsi provisoirement supérieure aux relais de causalité qu'elle asservit . est rendu possible par le rejet dans le passé de I'origine de l'objet. la sacralité échappe vers I'indéfini du passé à toute causalité historiquement assignable. elle l'universalise temporellemenr. changer de catégorie (sacralité. comme la véritable essence esthétique échappe à toute finalité assignable vers I'indéfini de l'avenir . esr une demande de manifestation amplifiante. Tout inventeur en matière d'art est futuriste en une certaine mesure.univers signiplutôt d'exister une seconde fois en renaissant dans un ficatif où chaque réalité locale communique avec l'universel et où chaque instanr. c'est-à-dire impliquant et portant l'existence actuelle du sujet individuel f et collectif .. sans aucune modification de l'objet. d'exist. dans I'objet technique qui. d.I82 IMAGINATIoN ET IIVVENTIoN L'Il. L'amplification esthétique recrute des effeis acruels. qui construisent dans leurs villages des aires d'atterrissage et une tour de contrôle sommaire pour les inviter à se poser parmi eux . ce déplacement de catégorie est possible parce que les indigènes attribuent à leurs ancêtres la création de ces avions. par exemplele o brainstormingo d'Osborn. d'assez nombreuses techniques de facilitation de I'invention (ou d'augmentation du niveau de créativité) ont été présentées. comme si elle avait pour sens d'être une manifestation du caractère local des choges en tanr qu'elles sont I'aspect particulier unique d'un univers multiforme. selon un processus d'individuation. elle donne aussi une dimension d'universalité spatiale à une réalité locale en I'insérant dans un ensemble oir elle joue un rôle plein. or. seule au monde de son espèce. telles sànt les sources d'effets que l'art majeur. technicité. et considèrent les Blancs comme de simples voleurs et détenteurs. en vue d'un résultat. le signe enjambement postulé vers I'avenir. c'est-à-dire invenreur d'objets créés. I'objet esthétique n'est complètement cohérent par rapport à lui-même et au monde que selon une perspective dont le point de fuite est dans un avenir indéterminé. ce qui veut dire qu'il dépas se le hic et nunc des besoins et des fins en enrôlant dans l'objet créé des sources d'effets qui vivent et se multiplient dans l'æuvre .-p. l'interaction étroite du causal et du fonctionnel produit le plus grand rapprochement possible de I'objet créé et de la réalité naturelle. non Pas dans un passé historique. À l'itrrer. comme objet construit et organisé par les êtres primordiaux par rapPort à notre existence. dans l'æuvre constituée. Il serait possible d'étudier les conditions qui facilitent I'invention chez les individus et dans les groupes . archai'sme de la réalité sauvage er caracrère local de la manifestation perceptive de la matière. ce qui revient à donner à chacun d'eux un pouvoir modulateur sur la sûucture des autres. les galets roulés et polis de la rivière la plus proche ànt été incorptrés à la façade du couvent de I'Arbresle. les differents sous-ensembles qui sont ainsi comme des auxiliaires recrutés et situés . comme l'empreinte d'un bois de coffrage dans le ciment emplissant les vides. est au présent.

n â'". un changement de structure qui est aussi un changement d'ordre de grandeur. inversion. au cours d'un processus critique globalement désigné sous le nom d'invention quand ses résultats sont positifs. La dernière veut montrer comment.I84 IMAGINATIoN ET INVENTIoN ques s'énoncent souvenr sous forme de règles négatives : refus des préjugés. d'Osborn) . de limites. CONCLUSION nÉceprrur-arroN Les trois premières parties du cours étudient la genèse de l'image à travers les étapes du cycle direct de la croissance. par transposition.) . lorsque le point de saturation de cet élément est atteint (point de saturation qui dépend des capacités d'organisation de l'information possédées par chaque être vivant). Ceci signifie que I'invention. comme la déduction systématique. L'invention technique peut ainsi servir de paradigme à des processus de création s'exerçant . Il existe un couplage possible entre la créativité dans le groupe et I'attitude inventive chez I'individu : la dialectique socratique en esr un des plus illustres exemples. etc. comme un organisme ou un organe au sein d'un organisme plus vaste.r. du développement et de la saturation d'un élément sous-individuel de I'activité mentale considéré. s'opère et s'exprime dans la position d'un système organisé incluant comme sousensemble l'être vivant par lequel elle advient. tend à éliminer les modes d'activité mentale produisant des représentations strictement univoques. ou de sources d'information extérieures à l'être vivant. I'invention se distingue des images qui la précèdent par le fait qu'elle opère un changement d'ordre de grandeur . pour laisser la place à la genèse (sous forme d'images) de représentations complexes et non univoques. le groupe devient organisme dans la mesure où chaque membre module les autres . I'esprit de ces méthodes.tr gZnéralement. mutatis mutandis. en fait. Un groupe s'organise dans la mesure où. elle ne reste pas dans l'être vivant. le changement de rôles est un des moyens pour substituer progressivement à une strucrure de finalité hiérarchisante un état de résonance interne du groupe .r. Formellement comparable à un changement de milieu (le désir de changer de milieu est d'ailleurs I'un des substituts de I'invention manquée). t I . en plus d'un aspect général de recherche ouverte. au lieu d'être un système hiérarchisé d'exécution. des attitudes et des spécialités parmi les membres du groupe donne en quelque manière des supports vivants aux représentations : chaque état des rapporrs entre les personnes matérialise un essai de combinaison des principes.. mais seulement sous forme de contraintes. mais enjambe les limites spatio-temporelles du vivant pour se raccorder au milieu qu'elle [æ groupe découvre des significations er arrive à résoudre un problème en s'inventant lui-même comme organisme. par l'établissement d'une réciprocité entre les éléments sousindividuels (images à l'état de symboles) et les lignes directrices d'un sur-ensemble qui. La distribution concrère des doctrines. c'est à ce moment que le groupe devient capable de création. les règles positives sont plus floues (essai de solutions inverses de celles qui existent. chacun des membres n module ) tous les autres. la résolution des problèmes dans les groupes est âcilitée par rour ce qui augmente la plurivocité des représentations et la pluralité des attitudes en chaque participant membre du groupe. induite par un besoin de compatibilité interne. des coutumes. de l'attirude systématique et critique (n think ap or shut up. au cours des trois étapes précédentes. domaines r pl. tentative de suppression d'un élément. il s'opère. t. n'existait pas à l'état d'actualité. comme une pârt de l'équipement mental. de la relation hiérarchique. changement d'échelle. par les échanges.

186 IMAGINATIoN ET IIVVENTIoN coNcLUsIoN t87 organise. viaducs. c'est cette relative extériorité qui se réalise dans l'invention par la position d'objets créés servanr d'organiseurs au milieu. leur formule est la continuité souple de la bande de surface. . dans la double perspective de la relation avec une nature tendant. doit être douée de cohérence et de stabilité en tant qu'objet physique (imperméabilité. le point triple est aussi organiseur social. à devenir le sur-ensemble organisé des territoires compatibles.t la recherche de cette compadbilité interne est ce qui apparaît en premier lieu comme le but de I'invention consciente et volontaire : il peut exister plusieurs formules de compatibilité selon les matériaux employés . directe ou à travers une nouvelle médiation plus petite (véhicule). les classes perceptives qui servent de système subjectif d'accueil à l'information incidente postulent une application universelle. l'image mentale n'est limitée par le sujet individuel qui la porte. constitue l'enveloppe de I'individu. plus petits que I'organisme et portés par lui. elle permet aussi la conservation et l'amélioration des défenses. parfois à de grandes distances. dispositifs contre les avalanches.. pour surcharger la nature d'un supplément d'artifice . de remises. Instrument. et de la relation avec le social. prépare aussi et surtour l'usage de réversibilité qui le convertir en voie d'accès vers les choses. la voie romaine est fondée sur le système de la rigidité des assises . des ouvrages d'art. l'objet créé est en fait un point du milieu réorganisé par I'activité orientée d'un organisme. sur-ensemble de fonctions organisables en synergie. À aucun des trois stades de sa genèse. enfin.. ce point esr un point triple. Pour ces raisons. La compatibilité externe par rapport au sujet se résume dans la viabilité pour un mode de parcours et d'opération défini (traction par chevaux qui proscrit les fortes pentes mais autorise les virages. I'attachement du sujet aux situations ayant constitué son histoire. C'est topologiquement qu'il faut caractériser cette médiation. La compatibilité externe par rapport au milieu général est faite du tracé de la route. L'outil et I'instrument font. beaucoup plus que la résistance bloc par bloc des assises.): c'est la caractéristique d'adaptation à l'être vivant. Ces deux compatibilités externes. ou structure particulière d'un territoire. car il devienr une voie de relations entre les individus. de chemins.). par l'æuvre de ce système. véhicules rapides à moteur. partie de I'enveloppe de Il convient de préciser d'abord . par sa fonction. elle permet à l'individu de se mouvoir à travers le milieu d'une manière continue. s'il exprime. comme des postes avancés. Un objet créé n'est pas une image matérialisée et posée arbitrairement dans le monde comme un objet parmi des objets. bien plutôt. un système de couplage enrre le vivant er son milieu. Une voie de passage. la route. plantations préventives. il est. tunnels. ni la fabrication d'instruments.. La compatibilité interne qui fait de la route une construction consistante apparaît ainsi comme un système de transfert dans les deux sens entre l'être vivant et le milieu . avec le milieu ( sauvâge ) et avec l'individu vivant. La tendance à dépasser l'individu sujet qui s'acrualise dans I'invention est d'ailleurs virtuellement conrenue dans les trois stades antérieurs du cycle de I'image. mais inversement. pour se raccorder au milieu sauvage. à la mise en place de routes. donc plus grand que lui. comme les chemins et les protections. pour exister selon la compatibilité interne. dans le sens centripète. esr une hypothèse implicite de déploiement dans le monde .. haies d'arbres. un point double en lequel le monde subjectif et le monde objectif communiquent. de continuité. la route romaine se dénivelle dalle par dalle tandis que la route contemporaine se déséquilibre en longues ondulations ou en plis. répartition égale des charges sur le terrain. Ce caractère auto-constituant de I'objet créé est tellement fort que l'invention est PoRTÉE DE I-A coNcEPTIoN PRoPosÉn le caractère relatif de l'objet créé . elle est fondée comme un édifice . organisant leurs fonctions réciproques. de glissements de terrain. le système des objets créés. et resre. de compatibilité intrinsèque et aussi de compatibilité avec le reste non-élaboré du milieu et avec l'organisme. avant I'expérience de I'objer. des ensembles relativement élastiques mais qui doivent être très imperméables et parfaitement drainés . On ne peut opposer ni I'opération constructive humaine à la pratique animale. le lien symbolique des images-souvenirs. les routes actuelles sont. En ce cas. quand elle est établie. En vieillissant.. en tant que chaussée. des médiations supplémentaires telles que ponts. de limites à l'intérieur d'un territoire servant de milieu à l'organisme. selon même les possibilités d'avalanches. la projection amplifiante de la tendance motrice. selon le relief et la cornposition des terrains. outil. des sécurités.. portage à dos de mulet. I'individu et médiatisent son rapport avec le milieu. I'objet porteur du résultat d'une activité d'invention a reçu un supplément de cohérence. Dans les espèces sociales. sont le résultat de la compadbilité intrinsèque qui permet à un même objet d'accomplir une pluralité simultanée de fonctions. par son origine. développe autour d'elle.

I88 IMAGINATIoN ET INvENTIoN coNclusroN r89 généralement une manière de supposer le problème résolu par un biais non-tautologique . il est aussi l'enveloppe des existences concrètes individuelles. ainsi que des médiateurs de la relation entre les êtres vivants et le milieu. la solution consisre à faire équivaloir à ce n problème résolu D une gradation d'opérations qui se rendent possibles les unes les aurres jusqu'à l'achèvement : nivellemenr. Le simple marquage olfactif ou visuel constitue déjà un bornage cohérent. emmagasinage de la nourriture. rapprochant I'ordre de grandeur du milieu ( sauvage o de celui de l'opérateur individuel. jusqu'à la dernière couche de revêtement pour laquelle le travail du profileur demande déjà une chaussée ou le fouissage d'un terrier. car elle commence à exister dès qu'il y a un effet cumulatif et cohérent d'organisation de rapports entre I'individu et le milieu.. même dans les meilleurs cas (sociétés de Termites). Une des raisons principales de cette difference réside dans la multiplication des médiations qui existe chez I'homme entre I'objet créé et la nature. des matériaux . Les objets créés les plus concrets et les plus complets comme les nids. soit de modes opératoires eux-mêmes très spécialisés. en plus de toutes les fonctions habituelles du nid poussées à un degré élevé (thermorégulation) est en plus une voie d'accès aux objets sur lesquels les termites travaillent. le marquage a un sens pour les relations sociales intra-spécifiques et interspécifiques. de la nature vers l'homme et de I'homme vers la nature. L'objet créé existe dès qu'une activité définie surdétermine le monde naturel et lui confère une topologie qui exprime la présence des êtres vivants selon un mode sélectif de conduites. grâce au transport aisé des machines. les terriers. On ne saurait nier pourtant qu'il existe une diftrence. L'objet créé est d'abord le monde comme réalité organisée en territoire . l'objet créé est hautement plurifonctionnel.. mais elle peut aussi intégrer des inventions. en raison de cette préadaptation. genre dont I'invention est une espèce . Le cænosarque est-il objet créé ou organisme ? On saisit ici la continuité entre les fonctions de croissance et I'activité de création. et plus généralement la constitution d'un territoire. comme la construction d'un nid . et entre I'objet créé et l'opérateur. retraite. d'une part. Du même coup. erc. L'objet créé est cumulativemenr organisé par des opérations liées de manière cohérente. mais I'univers de médiation qu'ils forment et en lequel chacun sert partiellement de moyen aux aurres. Il existe un rapport direct des modes opératoires et des organes à I'activité créatrice d'objets. faisant exister un mode de médiation intermédiaire . en effet. est indéfiniment anastomosé et comporte une multitude de relais . comme chez les Coraux.. mais rien n'oblige à considérer la construction et la fabrication des insrruments comme I'occasion principale de I'invention . qui se développe au mieux quand on peur employer la méthode du o problème résolu o. par exemple. de manière si étroite que pour certaines espèces il se confond presque avec l'organisme. où I'activité de I'opérateur ne peut disposer d'un enchaînement complexe de médiations. Comme un très grand nombre d'animaux sont pourvus soit d'organes spécialisés. une médiation de plus entre l'objet créé et l'être vivant qui le crée. En certains cas. empierrement de base. croissance et invention convergent dans la production du réseau des objets créés. des hommes. si la route était déjà faite. Ce n'esr pas chaque objet créé qu'il faut considérer à part des aurres. la médiation instrumenrale n'est pas nécessaire. aussi les ordres de grandeur mis ainsi en communication et en interaction sont-ils beaucoup plus importants que dans le règne animal.). lui-même en rapport avec les emplacements fonctionnellement rattachés aux autres activités (repos. en rapport avec l'usage de ces organes. Si l'on considère I'objet créé comme un médiateur du rappoft enûe les êtres vivants et le milieu. à cause du caractère de cohérence interne. Le seul biais par lequel un équivalent de la pluralité humaine de médiations se déploie dans les espèces animales est la spécialisation anatomo-physiologique des individus travaillant en coopérâtion ou I'enchaînement des spécialisations successives des individus au cours de leur vie (Abeilles) : par là se retrouve la pluralité des phases de parfaitement nivelée. au moins de degré. d'autre part . Le progrès de I'objet créé consiste en un développement de la compatibilité intrinsèque de I'objet qui étend la portée du couplage enrre le milieu et l'être vivant : rel esr. dérivés des voies de passage naturelles jadis employées. I'usage d'instruments est assez rare chez les animaux . le développement de tous les objets créés que sont les moyens de cdmmunication d'origine humaine. comme la termitière qui. I'insrrumenr et I'outil ne sont qu'un relais de la création d'objets. de compatibilité multiple de l'objet créé. entre les capacités actuelles de production d'objets créés chez l'homme et chez les mieux doués des animaux sous ce rapport. mais tendant de plus en plus vers des modes internes de compatibilité qui permerrenr une pénétration plus étendue et plus universelle du milieu naturel. il est moins malaisé de trouver le lien entre I'invention dans les espèces animales et chez I'homme . La catégorie du créé est donc plus large que celle de I'invention. il ne serair pas difficile d'en construire une autre à quelques mèffes. le réseau de moyens d'accès dans les deux sens. sont également des næuds de relations intra-spécifiques et interspécifiques.

. si la portée de chacun de ces actes esr inftrieure à la dimension de la tâche. de sa destination. Varsovie. à côté des cirs exceptionnels où une réorganisation spectaculaire et de grande envergure se propage à travers une société er fait date. et un effort d'inventions distribuées au cours d'une tâche.e k France et de I Étranger. 196o.I9O IMAGINATION ET INVENTION coNcLUsIoN r9r facture artisanale et I'opération industrielle comme objet complètement organisé.ieurs est dans la société humaine I'organisation du travail. Mais on est en droit de penser qu'après avoir séparé I'homme des animaux et I'action utile de I'action en général. avant la rencontre de I'objet. le cycle de l'image mentale Progressant vers l'invention apparaîtrait peut-être comme un degré élevé de I'activité de l'être vivant considéré. -ott ent. il exisre un tissu continu de réorganisations implicites. l'étude de r I'image rmage mentale menfale pourrait oevenlr un pourrarr devenir un cas partrcuiler particulier de oe l'étude I etude d'un c un ensemble plus vaste de phénomènes . mais non les formaliser comme un absolu. ce qui serait d'ailleurs assez conforme aux autres recherches d'Espinas. ajustant dans le détail er en cours d'exécution les tâches à elles-mêmes et au milieu . développement. mais pourtant singulier. Enfin. Tel est en particulier le cas de l'activité animale de création d'objets.t tàrlt. même dans les formes les plus primitives. selon la définition donnée en r88o par Alfred Espinas dans l'article intitulé Les Origines dz h technologie. paru dans la Reuue philosophique d. il se formalise en invention détachable des conditions d'exécution. En ce sens. se ûaduit. qui ne sont pas généralisées. c'esr par la phase finale d'invention que le cycle de I'image menrale révèlerait son apparrenance à la catégorie générale des processus d'auro-organisation de l'activité. des moyens concrets de sa réalisation .. avec les recherches de Slutsky. et à ce titre absolu. . Tadeuz Kotarbinski. intermédiaire stable entre la ! ]l & t L T â il i r. I'invention déborde I'exécution . c'est le cas de I'activité animale ou de type artisanal. comme un système autocinétique en interaction avec un milieu. intriquées dans le travail. qui reste ainsi particulier et unique : c'esr I'objet d'arr. On comprendrait pourquoi. les inventions ne se manifestenr pas en dehors de l'opérateur. rgzz). couvrant plusieurs tâches. Dans I'objet artisanal. Le caractère autocinétique. centre scientifique de Paris. I'objet créé reste essenriellement dépendanr des conditions particulières de son insertion dans le milieu. qui se manifeste par I'initiative motrice dans les formes les moins élevées. Les Oigines dz h praxéologie. la praxéologie pourrait devenir une praxéologie générale. un cas particulier remarquable est celui de I'adéquation dimensionnelle entre une æuvre et une invention organisatrice : I'objet créé est tout entier organisé en un seul acte. Selon cette perspective fournie par l'analyse de l'objet créé. incorporant l'étude des formes les plus élémentaires de I'activité. opérant des raccords partiels d'organisation . peut êrre aussi imporranr qu'un acte dtinvention massé qui réorganise d-'un coup une situation . I'image mentale se charge d'information extéroceptive puis se formalise en symboles du réel avant de pouvoir servir de base à I'invention organisatrice. ( science des formes les plus universelles et des principes les plus élevés de I'action dans I'ensemble des êtres vivants . 1965. guidée à son origine par la ligne des tendances motrices projetant la rencontre des objets. s'est développée dans le sens de l'économie et de I'organisacion de I'activité humaine.. mais cet acte ne déborde pas en dehors des limites de I'objet créé. cité par Kotarbinski dans Les Origines dz h praxéologie) '. par la spontanéité de fonctionnement qui amorce. chez les formes à système nerveux complexe. I'invention reste à I'intérieur des limites de I'exécution. La praxéologie. en lesquelles I'invention est distribuée au long de I'exécution. et qui s'achève dans I'invention. Hostelet a également confirmé cette tendance vers l'étude de l'activité humaine. sans résidu ni zone floue. dans I'objet industriel. invention et exécution sont contemporaines I'une de I'autre et de même dimension. L'étude de l'image mentale et de I'invention nous conduit ainsi à la praxéologie. le caractère de cycle organisé que l'on voir à l'æuvre dans le devenir de l'image mentale tendant vers l'invention. Chaque tâche comporre un certain nombre d'actes d'organisation . Moscou. les situations analogues. puis de Bogdanov (Tecnlogie. le cycle de I'image. ne se propagenr pas en dehors du champ d'application pour lequel elles ont été faites . or. tel est aussi le cas de la production artisanale. chacune étant trop minime pour pouvoir se propager à I'extérieur de la situation. dans I'objet d'art. À . ainsi que Thadée Pszczolowslct (Les Principes dz l'action fficace. Si au conrraire I'acre d'invention est massé. ces réorganisations mineures sont aussi des inventions. Académie Polonaise des Sciences. qui peut les répéter à l'occasion de tâches analogues. dont un des aspects ma. comme dans le travail industriel.

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R.t15. t zz.TNDEX DES NOMS PROPRES Antiquité Aristote iug. A. Chanel G. Colburn Z. de: ro8. de : 41. : ro8. R. : rr8-u9.6t. A. 146. 12. Davis: rr7. : r9r. Angell J. R.47. Berkeley G. 49. Cumont F. : ro8. . : ro3.rzr. Eschyle:27. Brière de Boismont A. Brillat-Savarin J. van : rr5. ro4. Coghill G. rr1. : yo. Balzac H.8. Baudelaire C. : rr5. Carmichael L. : rz.6o-6r. E. rr7. : 68.6o. : roz. : rr7. et Moym Age Pindare 27. d'Alembert J. Macchabées: ry. rt1.-R. Beethoven L. Épicure | 47-48.58. Horrce:.-M . 46-48. Charcot J. Claudel P. Betts G. . r41. : r44. : Io8. BogdanovA. Binet A.r2o. :8. 22. Charpentier A. H.:71. rt7- Darwin C. Daudet A. fo. Âge clnsique et Telnps modemes Abercrombie J. 28. Tyrtée:27. Bourdon B.: r47. Thucydide: 164. Broca A. : rr7. : u8. Allegri G. Platon : j. Lucrèce Plotin : zz. A. Bardot B. Le Rond : ryJ. tr4.36. :32. Homère: 7. Chateaubriand F. : 28. 6o. Bierens de Haan J. Sénèque: rz.: rc6.: t7. : rr7. : ro5. : roy. : ro3. : n3. Bowers P. : ro9-rro. j4. rr7. rr4. ro8. Bugnion E. J4.36.: n. Courrèges Bidwell S. : g. Comte A. Bergson H. 6r-62. Auben H. Cuvillier A. r38. rrz.

I7'. t71. Action 126.79. Michotte A. r33. : ro3. 146.T. ro3. rz9.:44. G. : ro3. r17-ry8. 'Weiss 'Woodworth Xenakis A. Ridley: r47. L.t S9. de : 88. : 85.rt7. Spinoza B. : r4y. 45-46. : ro4. ---+ abstrait. : rr3. : ro8. : u. : 115-116. Jaensch E. 167. E. de : 9. de : 16. 4t-57. : ro4. : ro8. Causalité/finalité : u-r3. Schumann F. Rubens P. : 3o. Feuerbach L. tzo. r78. 9. rzo. Grohmann I. j1. r6t. . INDEX DES PRINCIPAI.:44 Hostelet G.-B. Michel-Ange: rr3.:47. ro8. 9. Delacroix E. : v7. : 46. Peckham G. Fechner G. Meyerson I. J tropisme. Axiomatique : 90. Taine H. Fraisse SZ. 97. M. Mtiller G. souvenir.. t59-t6o. rrr.. r24. i rrj. t65. Sulzer D. Tinbergen N. Myrdal K. j7. Huxley 1 rr9. to6-ro9. : 98.TVENTIoN rNDEx r99 KarzD. Râber Revesz Erhardt A. : rrJ-Lr4. : Stekel'Sf. Husserl E. Hering E. von : ro2. PoggendorfJ. Klûver H. Proust M. Hitler A. t64. Egger de rc7. : 83. Filhene .: n9. rr3. r8o. l. : 33. Molière : 13. l-a Bourdonnais L.. \f. r8r. rrt. r2z. tz1. t t Animisme :42. : r9r. Galton F. Mac Laren N.: t47. : ro8.6. Le Grand Y. rj9. P. G. I..79. : rc7. t 39. rrt. 16. R. P. r7z. Pascal B. Mac Dougall . : ro9. Espinas A. : t7o-r7t.: ry6. r45. : n7-r28. 122. : r8r. :36. G. Analogon + i zo. La Fontaine J.: u7. ro9. 68.: ry3. Doré G. r83. Teilhard de Chardin P. Leroi-Gourhan A. 28. Favez-Boutonier J. t9-z1. : roz. Imago. : rr3. G.t 16. Hess C. r8z. rjj-t62. : 96. : 9r. Morin E. : ro8-rr5. Fletcher H. r7S. Vernet H. : r9r. S. : r1o. : ro8. t24.: tr7. Concret : 9-ro. 6o-62. Lindbergh C. r8o. zJ. réaction. : 4o-4r. Diderot D. : r8r. G. : rry. Urbantschitsch V. : ro9. T. Lewin K. : 82. Le Corbusier : 9r. rr7. Viaud G. Kotarbinski T. : t1. Doflein F. l:.-P. 4 concret. r87-r88. r4o. G. Hamaker H. image. Kohler'W'. Pszczolowski T.69. ryo. &. : r4y. Ribot T. : roz. u9. Vurpillot E. Montessori M. r 33. Ombredane A. r6-t7. De Forest L.5. de: 9. : ry6. Mozart'\ù7'. rj7. Minkiewicz R. Lavoisier A. --â A.t 4). Jennings H. Lipps T. sacralité. 4c. 83. Ortigues E.27. C. Mauss M. Mendelssohn J. r1. rt8. Stoïciens : 146. Archérype -) organicisme. 84.8. : rrz. : 38. 9o.r47. Slutsky E. Fernald M.: r47. Mahé Lacan J. Testut L. Fabre J.IX CONCEPTS Abstrait i ro. ZoIaE. de Monet de: ryy Lansiaux: r47. i j. r2-t1. : roz. jz-j). t74-r78. i t8. L. Piaget J. Piéron H. : 4o. de: rrr. r85. Stricker S. . 8r. rr8-rr9. 87. Jung C. Gesell A. : 83. r74. r5rrjl. H. : r7y. tr&. : rr8. : 82. : ro9.23. E. 66. Descartes R.: g. rzo. rzj. Cinèse: 3o. ro. Surréalistes: .. Baroque: 90.85-86. ro5. Lorenz K. r42. Marx K.o. r83-r84. LamarckJ. Szondi L. J9. : yr. : r9r.14. + r81. zo. 12. Guiraud P. Fischel'W. P. et K. : 14. : rrz. : 6r. 88. r3o-rjr. rr7. : r7z. rzo. rtr. r1-tt. Sophistes : 146. tt4-rtr. An : 28. Goldstein K. tzr. Toulouse E. V.rto. rz4. r)9-r43. 62. S. : 82. Hugo V. 3r. : 116. Montaigne M. Compatibilitél. : 83. : 96. Roussy: r47.89-9r. Robenson V. Anticipation i T4. 6j-67.T. rr8. Hingston R. Klein M. Rubin E.-tt9. Eliade M. : r4y. r8r. Hobhouse L. Schrôder E.83. Friedmann G. : rz7. t J1.rt7.:49.t FryG. zj. .: ry6. ro7. : r9r. r48. : 68. technicité. : ro5. ---+ initiative. to-36. Jannello C. 76-77. Gramme Z. rjt.:26. mémoire. F.A. : 4o. : r5o. r77r78.:7r. 92. 9J-94.-C. Kordandt A. : r3o. j4. Le Bon G. Malebranche N. : 85. Possel R. Amateurisme: 28. t58. Seguin M. i 7. Musset A. Perrault C.I98 IMAGINATIoN ET II. . Temple S. A. Fauconnet P. : rro-ur. r45. H. Sanre J. R. rrr. rz9. : r5y. 162. : r47. Mendelssohn B. Purkinje J. Genz 31. R. : rr4. Essertier D. : ro4. : r9r. : 83. r69-t7r. : 29. rro.: u. rro.

r83. Itz. 6j-66. 9t-94. Mémoire : 4. Imago : rz7-r29.2OO IMAGINATION ET INVENTION Concrétisation r7r. ï26. Sémantique (ou séméiologie): 32. 7o-76. Pensée pensée rr4. rz6. 1c. t88. 96. 4j. simulacre. structure. 158-159. t76. rto. Figure/fond ro4. obstacle. 2c. symbole. pensée sauvage : ro7. 185-186. Magie : 25. r38. t51. Objet objet-but : r43. 66. + + analogon. r2r. tlz-r34. 116. )4. r49. ryo. 16z. rrJ. t77. mémoire. 2r- Intuition. 1c. suPerstructure. r88. sémantique. territoire.32. 18-19. 15.22. rlr. 66-67. rj1. r4z-t46. II7.r7t-t76. zz. u6. objet-symbole : 12. 9?. 7o-7r. Jeu: 3639. ro7-Lto. zz-24. r4j. rr. rz}-rjt. image consécutive : ror-ro3. rj4. r4J. 22. 86. mémoire. Forme (Geçah) : t6. psychologie des facultés I /. 49. ro4-to5. t77. image. jr. i 88. r3r. Einsicht. 81-86. rri. Imago. territoire. 87. 83. pqychologie des profondeurs : 74. )43j. Institution i 4.r. simulacre. r24. rj7-rJ8. motrice 16. Praxéologie: r78. rJ7. t8z. rJt. g6. Milieu (relation au) : 3.tli. r38. 17-58. 47. ry8. 9J. image attachée: 82.8i. r4j. Motivation I zo. 16.69. i Réaction t9-4o. rtr-rrt. 176. 3-4. too.. -+ milieu. J Merveilleux i jr-j7. : g. Ensemble r8z. Obstacle i zt.80. Initiative : 3o. 55. 164. 7J. r77. rtr. INDEX 2OI Machine: 14. zo. r57. + Sacrifice | ( {/. rj7. zg. 64. t71-t76. : 2{t l/t . ---) solution. rJ4-r3r. 51. r22. 26. t74-t76. 16. r7g.34j5. Détour : 64. 136. r1. t7o. rg-zt. ro8. Psychisme i 43. image anticipatrice : 5o. 96. 85-92. t6z-r63. 116. â t). milieu. Rêve:8.. 27-28. r2r. -* animisme. t8z. signe. organisme. 17. 79. 42. roz- Imagination imagination créatrice : 16. r41. 66. IIO. r83-r89. r53. t39. tlt. l. 24. signe. 19-42. 7J. rrr-rjz. rrg. r83-r84. Décision : ro. 6g. . r3o. tz4-t26. r8r. Prascis : 17. 67. image olfactive : ro3.77-8o. rro. -+ anabgon. 66. Problème Einf)hlung (empathie) : 8z-84.motion : ro. t48-r49. Nouveau : t6. --+ forme. symbole. 81-86. 7r-72. 9 sous-ensemble. t3z. z7. t88. 167.3o. jJ. 185-186.83-84. Jo. -+ 57. rrr. j3-34. rrr. É. r78.95. 59-62. + Signe: 4-J. r37-r78.6. r3. jr-r7. t7o. 73. jJ-J6. Constance | 7r-77. 52. t73. imaginaire. g7-rot. ryy image-souvenir: y. Pattern. r9-zo. nature. voult. tt8. : 4r.. + to-rz. nature. t75. 16. Imitation r3r-r32. 2g-j3. r2t. rt7. r49. 8z-83. -) analogon. 7j. tz5-t26. technicité. rtr. r)o. t6z. r38. j2. Créateur : 6r. t15-ry6.4. Imaginaire . 40-42. )6. 85. image a posteriori : zo-zr. Corps 4r. rJ. territoire. rt4. Réalisme:6.89-92. r2g. i19. image immédiate : ro4-rot..8r. 49. 63-86. Métastabilité :84. 44. Prégnation | 93-94. 66. 41. 161. ro1. r3g. r8. ror. Organicisme :81. )z.78. rrt. rJ8. 9t-97. rro. to9. 16o. 17-j8. ro8. --+ anticipation. 20. 37-)8. 16. rr8-rr9. rro. g4-91. structure. r37. r84. 2r. 22. 4r. imagination reproductrice i j. 53. sur-ensemble. 3c. jr. Formalisation i 23. 92. rtr. r9r. action. r9o-r9r. 99. 44. détour. )t. 79. 44. ]g-4o. j8-19. 86. r8-r9. r33. rt6. r8o. 67. 6t. zz-27. Perception: 4. r1o. 27-28. t14t16. tr.70-74. rr831. rt6. 186. image-objet: souvenir. t6o. rt7. t4o. t37-r18. r73. t6t-t62. t6. Nature 87-88. --+ information. art. 24. rzo. rr5. Idée : 17. t17.83.4-1c. r39-r4o. t24. toz. 167. 86-87. 49146. jz. r8o-tïz. souvenir. t64.94. 4 pratique: rt3. 64. t79-r8r. zz. i g. Jouet : 98-roo. r2r-rzz. 46-47. 83.30. information. 87. image tactile : to3. ry5-ry6. -+ -+ 42. r24. 46-47. 99. r66-t67. r42. rtj-r6j. rzo. r79.z. souvenir. tz4.70. 42. image a priori: zo. Divin : 49. 163. zo. Psychologie Psychologie de la Forme i 4r. 89-92. r6j. t7t. symbole. 12. r79. j6.86-87. rr8-rr9. ryr-rj4. r3z. 49. ro. t9. 161-166. Progrès : 17. information. orga. t46. 95. rJ4. rlt. Sacralité i Habitude :8r. roz. r2z. rto-rtl. ro7. t79r8o. r73-r74. ro8-rr2. rz9. objet intermédiaire : tz6. 16. sauver les phénomènes ) : 14. r43. ro8-rr2. zL. rtj. Jt. J i tJj. Einsicht: 45. 28. image eidédque : rot-ro6. rrr. t5t. 40-43. 7476. j7. objet-instrument 142-r4t. rzt. Résonance i J. 58. r66-t67.rjj. t75. Organisme : J. r8z-r83.6. image. --+ forme. image : 72. simulacre. r81-tgt. image auditive : rr4. Imago. 19. zg- -+ intuition.nisme. Dialectique : zr. 1. 1r. rr4. 57-18. r3t-r32. 8o. 24. ro7. Microstructure : 84. . t71-t74. 97-98. image-symbole: S. schéma corporel : 4o-42. r89. Image cycle de I'image . 6]66. image visuelle : rr4.. t4r-t42. sémantique. zz. corps propre : image intra-perceptive 77. ry2. r?'o. 9o.. bonne forme : 8y-86. 44-4J. 92. 16o. r)o. rz4. Pnigung (irnpinting) : zz. Information . ro8. 99-roo. t72-r7r. rS8. r9o. r82. )t r3-r4. 2628. 77. r59.8t-84. + merveilleux. rr. r9r.

1. sémantique.8586. r15. Structure jj. 2g CONTENU MOTEUR DES IMAGES . t6tt6z. rO2. z6 des images et le devenir des civilisations. [Jn : 6o. 16. NorroN DE cycl. signe. Symbole i j-6. virtualisation. signe. ---+ art. DoNNÉEs BIoLoGIQUES. 1. Technicité i 92. Synchronisation avec le rythme nycthém&d. 43. 7 rto. rO5.c. 4r-42. souvenir-symbole : r33. 69.16. + TABLE DES MATIÈNTS --* symbole-souvenir: 4. P}IASES ET NTVEAIIX. t4y-r46. rJ7. vII : rr. z9 RTALTTÉ. rt B. sur-ensemble. + magie. r)j-r)4. 97. Stéréotype l. I8 Voult : 6.2g la motricité précède z. ry9r7L. t4r. r9o. rz2-r25. 98. 146. r77. 83-84. rt6. zo-zr. Les coordinations héréditaires d'actions dans les images motrices. fupect phylogénétique : le développement de celui de la sensorialité . c. mémoire. Objet et sujet. t5z. ET AVENIR. r88. ryr. ro4. 78. 24 r. sémantique. t79. I{YPOTHÈSE DU DYNAMISME GÉNÉTIQUE DE L'IMAGE. microstructure. 28.. rr}. 24. r47. 86. z7-28.2o-zz. r74 r83. rz. Surabondance (fonctionnelle) : r7r174. ensemble. 7t-72. r2o-r22. t86-r89. r. r47. r8y. rS.ZO2 IMAGINATION ET INVENTION Simulacre: 8.8. 8o. 18y. structure. i j. Usage: ro. : Sur-ensemble : 18y-r86. rO8. + 6t. Territoire i zt. + problème. t1-t6. ensemble. r8-r9. symbole.70. tz4-t38. organisme. clrAMps D'AppLrcATIoN DE Ij. PRÉAMBULE.24. -+ analogon.rrrÉ TNTERMÉ.18. 6o.7 A. r83.Le qcle PREMIÈRE PARTIE t'nxpÉntnNcE DE t-'on1nr. J. rz7-t)o. -) cinèse.3 par Jean-Yves Chateau. Téléologie --+ causalité. sous-ensemble. Concret et abstrait. milieu. t67r7o. r1g-r4o. 64. rro. 86. [æ système d'action comme base ontogénétique des images motrices. image. z6 4. Souvenir: rj}-ul. 46-118. structure. rrr. 16. des images. 3z 3. zJ. r54. 14. pnÉsnNtlrloN. coNcRxr ET ABSTRAIT.72. ---) information. z4 z. 63-64. r48.rnuR DE L'INDTvIDU. 42. zo. -) forme. Passé et avenir. ---) forme. zo. 70.o. r8y. rz4. t1t. r4z-t4j. TNTRODUCTTON. L'IMAGE À r'nxrÉp. Imago. r4j. COMMENT I-A MOTRICITÉ pNÉCÈOB I-A SENSO- r. ri:-r52. z5 L'imagination et les saisons. 96. nature. r8o. 136. Sous-ensemble 3. 6r. 99. : Superstructure: r3. Jz. L'IMAGE AVANT A. 82. PASSÉ. microstructure. 9 3. t4o. r37. L'TMAGE coMME nÉ. 73-74. simulacre. r83. Solution r84. sacralité. r7)-r7r. 7 z. t34.E cÉNÉrtqun DE L'TMAGE.I-avie comme cycle de la genèse 3. ---+ information. Sz-51. Socius : 3j.DrArRE ENTRE oBJET ET suJET. 164. r48. superSuperstition : 47. tJ . Tropisme :3o3r. 97. 167.

r39 z. Caractères particuliers des images dans les perceptions instinctives selon les differentes espèces. IMAGES cÉor"rÉrnrquEs. la conduite élémentaire du détour. les types imaginatifs . victimologie et psychologie des profondeurs. 63 z. fupects particuliers des images dans la crainte . 4o B. 72 s. phénomènes d'inducdon sympathique. Spontanéité des anticipations motrices au cours de l'ontogénèse. 63 r. Les images motrices et l'imitation. fupects humains des conditionnements élémentaires. SENSTBLES. NTVEAU DES CoNDITIONNEMENTS ÉrÉueNreIRES : PRÀcUNG ET PÉRIODES 9l 93 Intuition du mouvant et connaissance de l'évolution créatrice. Le schème de la projection dans le platonisme . r39 . voulTs z. L'image dans les états d'attente positifs. nôrr DE L'IMAGE INTRA-pERcEprrvE DANS LA pRrsE D'INFoRMATIoN. r3r ET oBJETs-s\Mnotæs. 46 7. rôle de I'intuition. 82 r.2O4 IMAGINATION ET INVENTION 4. Les images d'anticipation dans les états mixtes . 65 3. La prégnation (Prtigung. Constance perceptive et adaptation. 57 A. 85 r. 8z z. les images génériques. Perception de la dérivation. 6o r. Rôle de l'image intra-perceptive dans I'identifiiation de I'objet. IMAGE ET I'objet.IXIÈME PARTIE PERCEPTION. imprinting). rro r. Catégories biologiques primaires et catégories psychiques secondaires. Les images de z. LEs IMAGES DANS LEs TABLE ors uerlÈn-es 2ot C. Rôle de I'image intra-perceptive dans les choix. tot z. 97 B. Les images souvenirs .42 L'image comme singularité ou système privilégié de compatibilité perceptive entre ordres de grandeur. 6o 3. pRINcIpE DE nÉrunxwr. 84 3. ST c) L'image inta-perceptiae est le slyle commun de z. Rôle du milieu organisé en territoire. Procession et conversion. 74 eUATRIÈME PARTIE - 1'111vBNTION. L'objet-symbole. . rz6 r. L' image dans la perception différentielle. Inhérence des images motrices au schéma corporel. L'image consécutive. Image et concept. ooNNÉns BrolocreuEs suR LEs FoNcrIoNs pERcEprrvns. rz7 4. 67 c. A. 3. Contour subjectif et image associée. le merveilleux comme catégorie de I'anticipation mixte. 39 6. ro4 n 3. nôrn DE L'ACTIVITÉ rrsRx DANS I-A oÉCOu- r. Phobies et exagérations compulsives d'attente.86 b) Des formes géomëniques ?euaent deaenir prégnantes mutuels. 7y z. 43 . notion d'imagination reproductrice . yo ration. L'IMAGINATRE coMME M6NDE onceNrsÉ. 49 par leurs rapports k textare et de la confgu- 4. Les difftrentes espèces de compatibilité .57 z. L'TNyENTION ÉLÉMENTAIRE VERTE OBS l"rÉOrerloNs. Érers D'ATTENTE ET D'ANTIcrpATroN. L'IMAGE INTRA-PERCEPTIVE DANS LA PERCEPTION DES FORMES.ou syMBoLE).L'image comme anticipation immédiate dans l'identification de I'objet. La médiation instrum ennfe. 63 - CONTENU COGNITIF DES IMAGES. caractère amplifiant des états a) Les singukrités sont plus prégnantes que les régul"arités. Images immédiates et images eidétiques. 146 Rôle de I'image dans l'adaptâtion au changement. L'INTUITToN coMME IMAGE A pRIoRI puRl. LE 5YMB6LE' ror e. CONTENU AFFECTIVO_ÉMOTIF DES IMAGES 93 r. fupects sociaux. en quel sensl'Imago est un symbole. 8o . 96 DEI. NTyEAU DES pRocEssus psycHleuEs : L'IMAçE MENTALE. Notion d'Imago.88 c. r39 r. Les réversibilités. (rvrecr A posrERIoRI. CoNNAISSANCE TROISIÈME PARTIE . 7 7 3. 35 y. le dédoublement.

Propriétés communes de la conduite de détour et de la médiation instrumentale. rt3 r. r8y poRTÉE DE LA coNcEprroN pnonosÉr. La création des objets techniques. ry3 z. r85 nÉceprrurl.a. ryr B. Les processus d'amplification dans la formalisation. r.6 IMAGINATIoN ET INVENTIoN 3. N'd'édition : rr7 N" d'impression : o83127 Imprimé en France . 16r 163 c.rrvnr. Formalisations de rype subjectif (normatives et artisriques). I'objet esthétique.troN. L'INVENTIoN coMME pRoDUcrIoN D'uN oBJET cnÉÉ ou D'UNE c. 165 2.s.2c. rg7 rNDEX DES pRrNCrpAIrx coNcEpTs. r57 3. paniculièremenr. r78 coNclusroN. Autres catégories d'objets créés . I93 Cet ouvrage a été achevé d'imprimer en octobre zooS dans les ateliers de rNDEX DES NOMS PROPRES. [a formalisation métrologique objective : des techniques arrx sciences. L'INvENTIoN noRTANT suR LEs SIGNES ET LES syMBoLEs. 186 BIBLIOGRAPHTE.France) s. rgg Normandie Roto Impression (6nyo Lonrai .

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